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Full text of "Bulletin de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique"

BULLETINS 



DE 



L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES 



BELLES-LETTRES DE BRUXELLES. 



4.J0I. 3./f. 



BULLETINS 

( V^ 

m m m 



L'ACADEMIE ROYALE 



DES 



SCIENCES ET BELLES-LETTRES 

DE BRUXELLES. 



TOME XU. - II rae PARTIE. - 1845. 



BRUXELLES, 

M. HAYEZ, IMPRIMEUR DE L'ACADÉMIE ROYALE. 

1845. 



\* 



iCL 






M| h\v 



BULLETIN 



DE 



L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES 



ET 



BELLES-LETTRES DE BRUXELLES. 

1845. — N° 7. 



Séance du 5 juillet. 

M. le baron De Stassart, directeur. 
M. Quetelet, secrétaire perpétuel. 



CORRESPONDANCE. 



M. le Ministre de l'intérieur adresse à l'académie, pour 
être déposé dans ses archives, un catalogue des instruments 
de physique et des objets d'histoire naturelle qui ont ap- 
partenu à l'ancienne académie impériale et royale de 
Bruxelles. Ce catalogue a été retrouvé par M. Gachard, 
parmi les archives de la chancellerie des Pays-Bas, à 
Tom. XII. 1. 



( 2) 

Vienne, que les Français firent transporter à Paris, en 
1809, et qui, en 1815, ont été remises aux commissaires 
néerlandais. 

La société ethnographique de Paris fait parvenir les 
deux premiers volumes de ses publications, et exprime le 
désir d'entrer en relation avec l'académie. Ces propositions 
sont acceptées. 

L'académie reçoit encore un mémoire manuscrit, inti- 
tulé : Essai d'une monographie du genre Lis, par M. D. Spae , 
de Gand. (Commissaires : MM. Martens, Morren et Kickx.) 



RAPPORTS. 



Rapport sur le Mémoire de M. l'abbé Carton concernant 
l'éducation des sourds-muets. — MM. Sauveur, le baron 
de Stassart et Verhulst, commissaires, demandent que 
l'académie publie comme supplément au mémoire cou- 
ronné sur l'éducation des sourds -muets, les notes que 
M. l'abbé Carton lui a fait parvenir avant le jugement 
prononcé sur son travail. Ces propositions sont adoptées. 

Rapport sur l'Inscription grecque de la colonne dite 
de Pompée à Alexandrie. — M. Roulez fait un rapport 
sur l'inscription grecque de la grande colonne de granit 
thébaïque qui s'élève sur une colline dans le voisinage 
d'Alexandrie, et qui, érigée à Dioclétien, est vulgairement 
appelée colonne de Pompée. 

Cette inscription, dit M. le rapporteur, dont M. Zizinia 



( 3 ) 
a fait parvenir une copie au Ministère de l'intérieur, a déjà 
été publiée, il y aura bientôt un demi-siècle , par D'Ansse 
de Villoison, d'après deux copies parfaitement conformes 
qu'il a reçues de personnes différentes. M. Roulez pense 
donc que la communication faite à l'académie ne présente 
qu'un intérêt secondaire. 

— L'académie, sur les conclusions de ses commissaires 
MM. Cantraine, Wesmael et Kickx, ordonne ensuite l'im- 
pression d'un mémoire de M. VanBeneden sur l'anatomie, 
la physiologie et le développement des Bryozoaires qui ha- 
bitent la côte d'Ostende, ouvrage.desliné à faire suite à des 
recherches publiées antérieurement par le même auteur. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Sur la comète du mois de juin 1845. 

Une comète, visible à l'œil nu, a été découverte à Parme, 
le 2 juin , à 2 */» heures du matin par M. Colla; elle pré- 
sentait un noyau très-brillant, et avait une queue longue 
de plus de 1°. 

Cette comète a été aperçue le 5, à Paris, le 7 à Berlin, 
et le 8 à Londres et à Bruxelles. 

A Paris , elle a été observée le 5, le 7 et le 8 juin : les 
deux dernières observations ont été faites avec les instru- 
ments méridiens, lorsque la comète était à son passage in- 
férieur. 

A Bruxelles, trois positions ont été prises les 10, 11 et 



(4 ) 

12 avec les instruments méridiens (1); elles ont donné : 



Juin lOi 12»' 43 m 48^1 t. m. astr. de Brux. 


; A.R.90" 9' 34" 


; D.-4-45» 14' 15' 


Id. 11 12 59 17,2 — 


; 95 1 36 


; 44 42 25 


Id. 12 13 13 11,1 — — 


99 29 47 


; 43 56 11 



Au moyen de ces trois positions, MM. Houzeau et Mailly 
ont calculé les éléments paraboliques de la comète, le pre- 
mier, d'après une méthode qui lui est propre; le second, 
par la méthode de Laplace. Le tableau suivant renferme 
les résultats auxquels ils sont parvenus, mis en regard des 
nombres calculés à Paris, d'une part par M. Faye, et de 
l'autre, par MM. Eugène Bouvard et Goujon. 





PARIS. 


BRUXELLES. 


Temps du passage au péri- 
hélie Juin. 


Faye. 


Bouvard et 
Goujon. 


Houzeau (2). 


Mailly. 


5,63097 


5,65057 


5,792805 


5,58125 


Longitude du périhélie . 


262" 37' 52" 


262° 28' 9" 


261°57'13" 


262°42' 6" 


Longitude du nœud ascend. 


338 32 17 


338 23 20 


339 30 21 


338 12 36 


Inclinaison 


48 55 21 


48 54 16 


49 9 46 


49 27 51 


Distance périhélie. 


0,400715 


0,400847 


0,401295 


0,3990 


Sens du mouvement . 


Rétrograde, 


Rétrograde. 


Rétrograde. 


Rétrograde. 



D'après la note insérée dans le Compte-rendu de la séance 



(1) Les observations ont été faites par MM. Quetelet, Houzeau, Bouvy et 
Liagre. 

(2) Ces éléments diffèrent un peu de ceux qui ont été insérés au Moniteur 
Belge du 15 juin; M. Houzeau ayant corrigé les résultats auxquels il était 
d'abord parvenu. 



(5) 

du 9 juin de l'académie de Paris, les éléments de M. Faye 
représentent l'observation moyenne à 17" en longitude, et 
à 9" en latitude; la position moyenne du 7 juin, calculée 
d'après les éléments de MM. Bouvard et Goujon, diffère de 
la position observée de — 14" en longitude, et — 4" en la- 
titude. 

Pour Bruxelles, la position moyenne du 11 juin, calculée 
d'après les éléments de M. Mailly, diffère de la position ob- 
servée de — 17",3 en longitude, et de -*- 3",8 en latitude. 



Sur l'état météorologique des premiers mois de 1845. (Ex- 
trait d'une lettre de M. A. Perrey, de Dijon, à M. Quetelet.) 

« En comparant avec mes observations les tableaux que 
vous avez eu l'obligeance de m'adresser, sur les tempéra- 
tures observées à Bruxelles et à Louvain , j'ai remarqué 
que les plus grands froids avaient eu lieu généralement 
à Dijon, les mêmes jours qu'en Belgique; mais le dégel a 
commencé ici le 22 février; et, dans le reste du mois, le 
thermomètre n'est plus descendu à 0°, ce qui n'a pas eu 
lieu chez vous. De plus , je remarque l'irrégularité consi- 
gnée au tableau suivant : 



BRUXELLES. 



-t-3','9 
+5,2 

+ 4,2 



-o?5 
-4-1,4 
-0,4 



N.-NNE.-NO. 
OSO.-O. 
ONO.-NO. fort 



LOUVAIN. 



+3°9 

■v. 

+3,6 



0,'7|ONO.-O.-ONO. 



(),() 



HKO.— NNO.— NK 



DIJON. 



MIN. VENTS. 



-f-2','0 
-4-0,6 
-4-3,0 



( 6 ) 

Le minimum du jour n'est noté ici que le lendemain à 
midi. Ainsi \eminimum noté pour le 5 , est celui de la nuit 
du 5 au 6. Il n'en est pas ainsi à Louvain. Mais les maxima 
n'eu présentent pas moins un contraste remarquable. 

Pour ce trimestre, voici les principaux phénomènes 
météorologiques observés à Dijon. 

Avril. — Le baromètre n'a pas offert de baisse remarquable ; 
le minimum 720 ram ,55 a été noté le 9, à 4 h. du soir : le 
mercure n'a commencé a remonter d'une manière bien 
sensible que le surlendemain ou même le 12 , jour où il a 
atteint 756 mra , c'est-à-dire à peu près la même hauteur que 
le 8. Le maximum a eu lieu le 50 et a été de 748 mm ,61. La 
variation mensuelle a donc été de 28 mm ,06. 

Le maximum thermométrique 19°, o a eu lieu le 22 j le 
minimum l°,01e 1 er . 

Du psychromèlre d'August , j'ai déduit pour la plus 
grande humidité 0,90 le 17 et le 19 j pour la plus petite, 
0,40 le 1 er . La quantité d'eau recueillie a été de 85 mm en 
12 jours ; celle de l'eau évaporée dans le mois , de bO mil- 
limètres. 

Les vents ont été très-variables et n'ont pas présenté de 
caractère marqué dans leur allure. La résultante est sensi- 
blement le NO. 

Le 4 , à 8 h. du soir , la lumière zodiacale s'aperçoit 
parfaitement : elle est blanchâtre et s'étend jusqu'à 4 ou 5o 
au delà des pléiades. C'est la seule fois de l'année que je 
l'ai bien distinguée. 

Le 10, grésil de forme sphéro-pyramidale bien caractéri- 
sée (2 mm de base et 3 de hauteur )j le 14, averse de grêle 
pendant plus de 15™. 

Le 20 , coucher du soleil remarquable ; les nuages pré- 
sentent des teintes variées et des groupements fantastiques 
qui rappellent les descriptions des voyageurs aux régions 
équinoxiales. 

. Le 21 au soir, visibilité du Mont-Blanc. C'est la seule 
fois que je l'ai aperçu cette année. 



( 7 ) 

Pendant tout le mois, taches nombreuses au soleil. 
Mai. — Le baromètre a varié seulement de 747 n,m ,S4 le 1 er , à 
730 mm ,44 le 10. Différence mensuelle 17 mm ,10. Le ther- 
momètre n'a rien présenté non plus de remarquable : maxi- 
mum absolu 22°, 0; minimum abs. 4°, 2. Mais l'humidité a 
été très-variable : les extrêmes ont été 0,915 le 29, et 0,58 le 
23. On a recueilli 49 mm d'eau en 11 jours ; l'eau évaporée 
dans le mois s'élève à 69 millim. 

Vents très-variables ; plusieurs fois les nuages ont chassé 
dans une direction orthogonale à celles qu'indiquait la gi- 
rouette. 

Le 1 er , météore lumineux dont la description a élé in- 
sérée aux Comptes rendus, t. XX , séance du 12 mai. 

Le 6 et le 8, le mauvais temps a fait manquer l'observa- 
tion de l'éclipsé de soleil et celle du passage de mercure. 

Le 21 , à 9 h. du soir, un long nuage formant une bande 
de 4 à S° , d'un blanc éclatant et très-peu dense est dirigé 
du SO. au NE. direction suivant laquelle il chasse assez 
vile. Un peu à l'ouest , près du zénith , est un long 
cirrhus parallèle sur lequel s'implantent des ramifica- 
tions opposées, qui rappellent les feuilles de fougères. Celte 
curieuse disposition dure peu de temps ; mais le lendemain, 
nouvelle apparition du phénomène, et cette fois avec des 
caractères remarquables, ou du moins des caractères qui 
m'ont frappé et sur lesquels je suis bien aise , Monsieur , 
d'appeler votre attention. 

Le 22, 9 h. du soir , une longue bande d'un blanc brillant , 
un peu à l'orient du zénith (comme la veille) ; s'étend de 
l'OSO. à l'ENE. d'un bout à l'autre de l'horizon. Deux ou 
trois bandes parallèles, moins brillantes et séparées par des 
espaces azurés et de largeur sensiblement égale à celle des 
bandes , s'aperçoivent de chaque côté de la principale. Au 
zénith, quoique très-sensibles, d'autres bandes parallèles 
sont moins remarquables ; mais à l'ouest , on en compte 6 
ou 7 plus apparentes , de longueur moins grande et sépa- 
rées par d'étroits intervalles dont deux forment des raies 



(8) 

d'un noir tellement intense , tellement obscur, qu'une per- 
sonne à qui je les montre les prend d'abord pour deux im- 
menses traînées d'une fumée épaisse. Toutes ces bandes 
paraissent immobiles et on distingue facilement à travers les 
unes et les autres , les étoiles de troisième grandeur , 
malgré l'éclat de la lune qui se trouve au-dessus d'un im- 
mense stratus à l'horizon SE. Elles paraissent converger 
toutes vers un même point de l'horizon situé à l'ENE. ,où 
elles semblent se confondre. 

Vers 9 h. 30 m. , il ne reste plus de bandes au zénith , 
deux seulement , mais plus pâles, persistent du côté de l'est ; 
il y en a encore 6 ou 7 au nord où un seul intervalle est d'un 
noir tout à fait obscur. Alors un cumulus , chassant de 
l'ouest ; atteint le méridien du côté du sud (il est peu dense, 
car il n'occulte pas a Virginis), puis il se dissout à peu près 
vis-à-vis cette étoile, et deux ou trois bandes réapparaissent 
au zénith, mais moins brillantes et discontinues. Ce phéno- 
mène de dissolution de cumulus vis-à-vis a Virginis , et de 
formation de bandes zénithales se renouvela encore quel- 
que temps après. Au nord , les bandes ne changent pas 
sensiblement d'éclat ni de position. 

A10 h., j'examine le ciel avec le polariscope de Savart. Les 
franges sont très-prononcées dans le vertical passant parle 
point de concours apparent des bandes, soit vers ce point, 
soit dans la partie opposée du ciel; elles faiblissent dans les 
verticaux voisins et disparaissent complètement pour des 
azimuths de lb" à 20°. Elles s'affaiblissent de même en ap- 
prochant du zénith où je n'ai pu les apercevoir. 

Vers 10 h. 50 m. , les bandes claires se ravivent à l'est et 
se prolongent davantage du côté du SO. pendant quelque 
temps. Un troisième cumulus se dissout encore en appro- 
chantdu méridien. Les bandes du nord, qui n'ontpas changé 
sensiblement d'aspect, ont beaucoup moins d'amplitude. 

Avant 11 h., quelques nuages s'élèvent à l'ouest et s'a- 
vancent rapidement, d'autres les suivent et le phénomène 
disparaît. 



(9) 

Sonl-ce les cumuli dissous qui engendrent les cirrhi pa- 
rallèles , ou ces bandes claires ne sont-elles qu'un effet optique 
dû à la position de la lune , à sa hauteur et à sa lueur propre ? 
Est-ce ce phénomène qu'on désigne sous le nom de bandes 
polaires? Les indications que m'a fournies le polariscope et 
que j'ai eu l'honneur , Monsieur , de vous exposer avec dé- 
tail, présentent-elles quelque chose de remarquable ? Comme 
c'est la première fois que ce phénomène curieux s'est offert 
à mes regards, vous me pardonnerez de vous en entretenir 
aussi longtemps. 

A 9 h. du soir, le 22, le baromètre était à 734 mm ,90 et les 
thermomètres du psychromèlre d'August marquaient 9°, 3 et 
6°, 5 , d'où j'ai conclu pour l'humidité 0,66. Vent SO.Dans 
la matinée , beau temps. Avant midi , le vent passe à l'Ouest , 
où il reste tout le jour ; en changeant il amène des nuages 
nombreux qui se succèdent jusqu'à 6 h. Al h. et à 3 b. pluie 
orageuse qui dure peu , sans tonnerre. Température maxima 
17«,1. 

Le 27 , pas de taches au soleil ; c'est la première fois de 
l'année que j'ai vu le disque immaculé. 
Juin. — Le baromètre et le thermomètre n'ont rien présenté d'ex- 
traordinaire dans ce mois; le premier a varié de 731 mm ,06 à 
749 mm ,57, etle second de 10°,5 à 28. Ce qu'il a présentéde 
plus remarqnable , ce sont les orages. Nous n'en avons pas 
eu moins de 10 , dont deux avec grêle. L'humidité ( moyenne 
0,70) n'est pas descendue au-dessous de 0,44, quantité ob- 
servée le 23. Eau tombée 80 millimètres en 11 jours; eau 
évaporée dans le mois 75 millim. 

Le 8 ; brouillard curieux par sa densilé ( on ne voyait pas 
h 200 mètres de distance), sa couleur blanc mat, son peu de 
durée (de 7 h. à 8 h. 30 m. du matin) et son peu d'éten- 
due. 11 a occupé un espace de quelques lieues (3 ou 4 seu- 
lement ) entre Beaume et Dijon en longueur. Sa largeur 
était beaucoup moindre. Des bords de la Saône où l'air était 
libre , ou le voyait osciller comme un voile ondulant sur la 
côte qu'il cachait entièrement. Je me trouvais dans le brouil- 



( 10 ) 

lard même à Aloxe, près de Beaume, et les vieillards du 
pays m'ont assuré qu'ils n'avaient jamais rien vu de pareil , 
même en automne. Le reste du jour a été un peu brumeux 
avec pluie fine par intervalles. A Dijon , ciel nuageux comme 
à l'ordinaire. 

Le 14, le vent a soufflé à diverses reprises de tous les points 
de l'horizon. Nous avons eu deux forts orages, le premier a 
1 h. et le deuxième à 8 h. du soir. Ce dernier a été accom- 
pagné de grêle , et à un fort coup de tonnerre , les six che- 
vaux d'une diligence sortant de la ville se sont simultané- 
ment abattus, mais ils n'ont point été blessés, non plus qu'un 
pâtre qui se trouvait près de la voiture , et qui a aussi été 
renversé. Comment a agi la foudre? 

Le 15 , nouveaux orages. Le premier vient du sud et la gi- 
rouette de l'observatoire placée à plusde 50 m au-dessus du sol 
indique un vent d'ouest. Cinq heures après , c'est-à-dire , à 
9 h. du soir , le deuxième a versé une véritable nappe d'eau 
pendant 20 minutes , durant lesquelles les thermomètres 
du psychromètre sont tombés de 20° et 18° à 18» et 17°,8. A 
9 h. 25 m. , ils étaient remontés de 0°,2 tous les deux. Eau 
tombée 17 millimètres. 

Le 18, deux orages encore, Tuu peu considérable dans 
le jour j l'autre plus fort, la nuit suivante. Eau tombée 18 
millimètres. 

Tous ces orages ne paraissent pas avoir eu d'influence 
sensible sur le baromètre. 

Les vents très-variables jusqu'au 23 , sont restés fixés à 
l'ouest dans les derniers jours du mois , les seuls durant 
lesquels je n'ai pas aperçu de taches au soleil. 

» Ma lettre est déjà bien longue, et pourtant , Monsieur, 
je vous demande la permission de vous signaler encore 
quelques phénomènes de météorologie et de physique du 
globe parvenus à ma connaissance. 

Janvier. — Dans la nuit du 19 au 20, tempête terrible déjà si- 
gnalée. Tonnerre dans les bassins du Doubs et de la Saône ; 



( 11 ) 

grêle à Bourg ; mistral terrible à Marseille. A Montbéliard, 
à l'est-sud-est, un météore scintillant, plus gros que les étoi- 
les, rose, s'est élevé à 12' sur la chaîne des montagnes. 
Secousses de tremblement de terre ? 

Cette tempête, qui y a duré toute la nuit , a été épouvan- 
table à Bayonne. Ainsi elle paraît avoir sévi sur toute la 
France. 

Le 23 , à Triesle, triple secousse de tremblement de terre 
dont le mouvement oscillatoire allait du NO. au SE. La 
première secousse a eu lieu à 4 h. , la deuxième à 7 h. 35 m. 
I58 s. et la troisième à 7 h. 36 m. A 7 h. le ciel était couvert 
de nuages gris-cendré. Le baromètre indiquait 28 p ,96,le 
thermomètre 6°, 8 R. , l'hygromètre de Saussure 6°, et le 
vent soufflait de l'E. \ NE. 

Dans les derniers jours du mois , orages avec tonnerre 
et vents impétueux à Bordeaux, surtout le 29, à Blaye. 

Vers la même époque , trombe sur la route des sables à 
Nantes. 

Février. — Nuit du 3 au 4 , violent coup de vent à Saloniquej la 
tempête a duré jusqu'au 7. 

Dans la même nuit du 3 au 4 , fortes avalanches dans la 
vallée d'Ossau. (Pyrénées.) 

Mars. — Le 9 , ouragan désastreux à l'île Bourbon ; c'est le troi- 
sième depuis le commencement de l'année. Le 10, violente 
tempête du SSE. à Tercière dans les Açores. 

Le 19, inondation désastreuse à Prague j le 31 , à Co- 
logne. 

Avril. — Le 3, 5 h. 30 m. du matin, à Parme, deux faibles se- 
cousses de tremblement de terre. Direction du SE. au 
NO. Elles ont été ondulatoires et presque simultanées. 
Durée totale, 3 ou 4 secondes. On les a ressenties dans le 
duché de Guaslalla et de Modène j à ce qu'il paraît dans le 
premier avec beaucoup d'intensité. ( Lettre de M. A. Colla. ) 
Le 7 , à 3 h. 82 m. du soir, à Mexico , oscillations du sol , 
légères d'abord , puis fortement prononcées. La direction 
du mouvement paraissait être du nord au sud. La durée 



( 12) 

peut-être évaluée à plus de deux minutes. Les secousses fu- 
rent terribles , on ne se rappelle pas en avoir éprouvé de 
semblables , et l'état des édifices prouve leur violence. 

Sur la grand'place, les chaînes entourant le portique 
s'agitaient avec force, les dalles du pavé s'ouvraient, les ar- 
bres se balançaient étrangement, les édifices paraissaient 
suivre un mouvement d'oscillation : la grande flèche parti- 
culièrement, posée sur l'horloge de la cathédrale, vibrait 
avec une étonnante rapidité. 

A 3 h. 36 m. , le mouvement avait cessé. L'air était 
lourd, le ciel nébuleux et sombre et la température élevée. 

Il est impossible d'énumérer les dommages causés. Il n'y 
a probablement pas une maison qui ne porte des marques 
de ce terrible événement. Beaucoup sont fendues et pro- 
fondément lézardées , d'autres menacent ruine ou sont tom- 
bées. Certaines rues , comme celle de San Lorenzo , la 
Misericordia, Tempeate, Zalro, Victoria et laGrand'rue ont 
principalement souffert. Le pont de Tezo-Slale s'est écroulé, 
l'hôpital San Lazaro est en ruines , l'hospice fortement en- 
dommagé , et les églises de San Lorenzo et San Fernando 
ont beaucoup souffert. La magnifique chapelle de Santa 
Theresa n'existe plus ; aux premières secousses , la coupole 
si hardie, que la capitale comptait parmi ses plus beaux 
monuments, tomba, ainsi que la voûte qui est sous le ta- 
bernacle. Heureusement que toutes les personnes qui se 
trouvaient dans cette église si fréquentée ont pu se sauver. 
A 8 h. on avait tiré des décombres des autres édifices, 
17 personnes, qui ont été conduites à l'hôpital. 

A 6 h. 4o m. et 7 h. 15 m., deux autres secousses légères 
qui n'ont causé qu'une nouvelle crainte. 

Le 10 , nouveau tremblement très-violent ; choc très- 
court. Ruines nouvelles, même dans les villes et dans les 
villages aux environs. 

Le 14, une heure moins un quart, à Murcie (Espagne) , 
fort tremblement qui a duré 8 à 10 secondes. Le ciel était 
serein et le soleil brillait de tout son éclat , ce qui rend , 
écrivait-on , ce phénomène encore plus surprenant. 



( 13) 

Mai. — Le 3 , àPolenza (Basilicate) , une secousse ondulatoire du 
N. au S. Elle a duré trois secondes : deux autres secousses 
moins fortes à peu d'intervalle. 

Le 15 , 8 h. du soir, à La Rochelle (Charanle Inférieure), 
une secousse légère. 

Les 19, 20 et 21 , à Corleone (Sicile) , secousses qui 
n'ont occasionné aucun malheur. 

Le 29, neige à Genève ; à Saint-Gall , elle atteint un pied 
(33 centim. ) de hauteur ; à Thann (Haut-Rhin) , et dans le 
Midi , à Auch , Tarbes, etc.... 

Le 23 , à Sulmona (Abruzze-Citérieure), secousses lé- 
gères. 

Le même jour ; à 7 h. du matin , une partie d'une des 
montagnes situées hors des murs d'Albate, province de 
Téruel (Espagne) , s'est affaissée , se séparant du reste de la 
montagne, en écrasant dans sa chute 7 maisons sises au 
pied. L'éboulement a duré près d'une heure , se faisant par 
gradation ; les habitants pensaient que c'était un tremble- 
ment de terre. 
Juin. — Le 8, vers 4 h. 30 m. du matin , à Zara (Dalmatie), pe- 
tite secousse ondulatoire de tremblement de terre. 

Le 15 , à Saint-Imier (Rhône) , une portion de forêt assez 
considérable s'est éboulée : i'éboulement avait commencé 
depuis un mois. 

Orages et inondations presque partout en France , dans 
le courant du mois. Les journaux sont remplis de descrip- 
tions plus ou moins tristes. J'ai particulièrement remarqué 
celui du 2 , épouvantable dans lesPyrénées, et celui du 10 , 
tout à fait désastreux de Buzancy à Tonnay, dans les Ar- 
dennes. 



( 14 ) 



PHYSIQUE. 



Sur une grêle extraordinaire, observée à Liège le 13 juin 
1845, par M. D. Leclercq (lettre à M. Quetelet.) 

« Je prends la liberté de vous communiquer une parti- 
cularité de l'orage qui a éclaté à Liège le 13 de ce mois, 
de 4 à 6 heures de l'après-midi ; c'étaient des morceaux de 
glace qui accompagnaient la grêle et la pluie qui tom- 
baient. 

» Pendant toutela matinée le temps a été des plus beaux, 
sous un ciel bien pur on éprouvait dès 7 heures du matin 
une chaleur étouffante; à l'ombre, le thermomètre indi- 
quait 19° Réaumur; vers 11 et 12 heures il marquait 25° 
dans beaucoup d'endroits de la ville. Vers 1 heure de 
l'après-midi le temps commença par s'obscurcir, on re- 
marquait dans le ciel de nombreux nuages, ils étaient 
immobiles, à bords déchirés et présentaient l'aspect de 
nombreux tas placés les uns sous les autres. 

» L'obscurcissement resta le même jusqu'à 4 heures et 
demie, et la chaleur aussi intense; si parfois le soleil se 
montrait pour quelques moments , ses rayons avaient une 
teinte très-blafarde; enfin le temps se rembrunit et l'orage 
commença à 4 heures 5 /*; après 25 minutes il y eut une 
interruption d'une demi-heure environ , puis l'orage re- 
commença; cette fois la pluie qui tombait par goutte- 
lettes de m ,02 à m ,025 de grosseur, était mêlée avec de 
la grêle et de la glace. 

d La grêle variait de grosseur, mais ne dépassait pas le 
volume d'une noisette; tantôt elle était blanche et opaque 



( 1») 
tantôt transparente, mais avec un noyau blanc dans l'inté- 
rieur; elle était plus ou moins arrondie, quoiqu'elle pré- 
sentât plusieurs facettes planes. 

» Les morceaux de glace étaient transparents , et l'ap- 
parence qu'ils montraient se confondait avec celui du cris- 
tal; ils étaient plans, à l'exception toutefois de quelques 
morceaux qui étaient concaves vers le milieu pour un côté, 
et de l'autre convexes, mais assez faiblement; leur épais- 
seur ne dépassait par m ,0045; leur longueur et leur lar- 
geur étaient fort variables. Des morceaux recueillis sur des 
tas de foin recouvraient la paume de la main , ou étaient 
aussi longs et aussi larges que le petit doigt, je n'en ai 
point vu avec des dimensions plus fortes. Quant à la forme 
elle était parallélogrammique , les bords quoique sinueux 
étaient arrondis ; des morceaux recueillis sur des appuis 
de fenêtres présentaient même ce caractère. » 



BOTANIQUE. 



Enumeratio synoptica plantarum phanerogamicarum ab 
Henrico Galeotti in regionibus Mexicanis collectarum, 
auctoribus M. Martens et H. Galeotti. 

SCROPHULARINEAE. R. Br.; Endl. 
I. ALONSOA. Ruiz. et Pavon. 
i. Alonsoa parviflora. HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1724.) 

0. — Se trouve dans les endroits humides de la Sierra 



( 16) 
de Yavezia et de Capulalpan , près d'Oaxaca , à 7,000 pieds. 
FI. rouges. Décembre. 

II. CALCEOLARIA. Feuill. 
2. Galceolaria mexicain a? Benth. 

(Coll. H. Gai. N° 1055.) 

Caule herbaceo glabro apice pubescenti, foliis petiolatis op- 
positis ovatis acutis pinnatifido-incisis, lobis ovato-oblongis 
inciso-serratis supra pilosiusculis subtus glabris, fîoribus ter- 
minalibus subcymosis. — Affinis Calceolariae scahiosaefoliaeVi. 
et Sch., sed petiolis non connatis, foliis basi non pinnalis sed 
tantum pinnatifidis difFert. 

0. — Croît aux bords des ruisseaux des régions élevées 
de la cordillère d'Oaxaca, surtout à la Neveria du Cerro de 
San Felipe (nord d'Oaxaca), de 8,000 à 9,000 pieds. FI. 
jaunes. Septembre. 

5. Galceolaria traghelifolia. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N° 1056.) 

Caule erecto herbaceo pubescenti divaricato-ramoso , foliis 
petiolatis oppositis ovato-lanceolatis acuminatis inciso-dupli- 
cato-serratis, supra appresse pilosis subtus canescentibus gla- 
briusculis, pedunculis axillaribus subgeminis folio dimidio 
brevioribus, calycis laciniis ovato-oblongis subglabris, fîori- 
bus luteis majusculis. — Affinis Calceolariae bicolori R. et Pav. 

G. — Aux bords des ruisseaux du pic d'Orizaba , surtout 
près de la Vaqueria del Jacal de 9,000 à 10,000 pieds. FI. 
jaune-vif. Août. 

III. ANGELON1A. H. et B. 
4. Angelonia saligariaefolia. HBK. 

(Coll. H. Gai. N« 1013.) 

0. — Dans les savanes marécageuses des forêts de chê- 
nes, près de Zacuapan , à 2,500 pieds. FI. violet-bleu. 
Juillet. 



( 17 ) 

IV. MAURANDIA. Ortega. 

6. MAURANDIA ANTIRRIIINIFOLIA. HBK. 
(Coll. II. Gai. N» 1043, 1071 et 1094.) 

2Uj. — Dans les haies de Tehuacan de las Granadas 
(département de Puebla) , à 5,000 pieds; dans les plaines 
d'Oaxaca, près Guayapa, de 5,000 à 6,000 pieds, et au- 
tour des mimosa, au Puerto de Zimapan, au nord de 
Mexico, de 6,000 à 7,000 pieds. FI. violettes. Août. 

6. Maurandia sarcla yana. Lindl. 

(Coll. H. Gai. N» 1095.) 

2kj. — Se trouve avec l'espèce précédente au Puerto de 
Zimapan. FI. violet-foncé. Août. 

V. RHODOCHITON. Zuccar. 

7. fliiODOciiiTOx vollbile. Lindl. 

(Coll. H. Gai. N<> 1069.) 

2kj. — Dans les forêts de Llano-Verde (cordillère orien- 
tale d'Oaxaca), de 5,000 à 6,000 pieds. FI. pourpres. 
Juillet. 

VI. PENSTEMON. fferit. 

8. Penstemos roseum. Don. 

(Coll. H. Gai. No« 1044 et 1052.) 

4. — Dans les forêts alpines du Cerro San Felipe et de 
Yavezia (Oaxaca), de 7,000 à 9,000 pieds, et dans les 
forêts de pins et de chênes de Real del Monte, à 8,000 
pieds. Fleurit de juin à octobre. 

9. Penstemon CORDAT um. Nobis. 

P. Perfoliatum ? Brongn. 
(Coll. H. Gai. N» 1045.) 

Herbaceum glanduloso-hirsuto-villosum ; caule erecto hir- 

suto folioso, foliis cordato-ovatis longe acuminatis amplexi- 

caulibus subspinuloso-serralis utrinque villosulis , florihus 

brève pedunculatis axillaribus dense corymboso-verticillatis , 

TOM. xii. 2. 



( 18) 

calycis laciniis lanceolatis ciliatis hirsutis , flore subcampanu- 
lato glabriusculo lobis subaequalibus rolundatis, staminibus 
et anlheris glabris. — Affine Penstemon ovato Dougl.; sed hir- 
sutie, floribus majoribus subsessilibus ac verlicillatis diver- 
sum. — Folia sub-2polI. longa, l-|poll. lala, flores pollica- 
res subcampanulati lilacini, eau lis sub -4-pedalis. 

e. — Dans les savanes humides du Cerro San Felipe, 
à 9,000 pieds. FI. lilas. Septembre. 

iO. Penstemon verticillatum. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N" 1046.) 

Caule herbaceo pubescenti , foliis ovato-lanceolatis acumi- 
natis amplexicauhbus glabriusculis rigidis subintegerrimis , 
floribus brève pedunculalis subcorymboso-verticillalis , pe- 
dunculis pilosis, calyce glabriusculo , corolla inflato-campa- 
nulata glabra, limbo irregulariter 5-lobo , inferiori porrecto 
intus piloso, genitalibus glabris. — Affine Penstemon cordato 
nobis ; sed glabritie foliisque angustioribus diversum. — Folia 
sub Spoll. longa, lpoll. lata , flores pollicares lilacini. 

e. — Se trouve avec l'espèce précédente. FI. lilas. Sep- 
tembre. 

11. Penstemon campanulatum. Don. 

(Coll. H. Gai. N° 1096.) 

©. — Dans les bois de chênes de El Sabino, près Izmi- 
quilpan (nord de Mexico) , à 7,000 pieds. FI. rouge-vif. 
Septembre. 

12. Penstemon IIumboldtii. Don. 

(Coll. H. Gai. N° 1047.) 

O. — Dans les forêts alpines du Cerro de San Felipe, 
près d'Oaxaca, à 7,000 pieds. FI. rouge-carminé. Sep- 
tembre. 

13. Penstemon ei.egans. Don. 

(Coll. H. Gai. N°* 1051 el 1053.) 

0. — Dans les forêts de Real del Monte et sur les ro- 



( 19 ) 
chers porphyriques du Cerro Ventoso,près Pachuca, à 
8,000 pieds. FI. violettes. Juin-septembre. 

14. Penstemon baubatum. Don. 

(Coll. H. Gai. No 1050.) 

e. — Dans les forêts de El Sabino, à 7,000 pieds. FL 
rouge-vif. Septembre. 

Vô. Penstemon civnwoïni s. Don. 

(Coll. H. Gai. Nos 1049 et 1054.) 

2[. — Sur les rochers porphyriques de El Sumate, près 
Real del Monte , de 7,000 à 9,000 pieds. 

16. Penstemon lanceolatum ? Benth. 

(Coll. H. Gai. No 1048). 

Obs. Differt spécimen nostrum a P. gentianoïdes cui affine , pedunculis 
axillaribus bifloris folio liiplo brevioribus ; corolla breviori tubuloso-subcam- 
panulata inflala purpurea. — Calyx subS-phyllus laciniis ovatis acuminatis, 
pedicelli pedunculum subaequantes semi-pollicares , corolla vix pollicaris. 

2J.. — Sur les rochers trachytiques du pic d'Orizaba, à 
la Vaqueria del Jacal, de 8,000 à 12,000 pieds; cette es- 
pèce croît jusqu'à la limite inférieure des neiges éternelles. 
FI. violettes. Août. 

VII. RUSSELIA. Jacq. 

17. Rlsselia TERM FLORA? HBK. 

(Coll. H. Gai. No 1012.) 

Caule hexangulari glabro, foliis ternis brève petiolatis ova- 
lis serratis acutis supra pilosulis subtus glabriusculis , floribus 
dense corymboso-subverticillalis. — Folia pollicaria , flores 
coccinei ^-pollicares. 

4. — Dans les savanes boisées de Zacuapan , à 3,000 
pieds. FI. pourpres. Juin. 

18. RUSSELIA PANICULATA. NobtS. 
(Coll. H. Gai, No 1011.) 

Subglabra caule erecto multangulo , foliis verticillatis sub- 
quaternis petiolatis subcordato-ovatis acutis inaequalibus ser- 



(20 ) 

ralis subtus pubescentibus , corymbis pedunculatis multifloris 
in paniculam terrainalem congcslis. — Flores Slin. longi coc- 
cinei laxe paniculati, folia pollicaria. — Affinis Busseliae 
multiflorae ; sed foliis verlicillatis differt. 

2J.. — Sur les rochers humides de Sola (sud d'Oaxaca), 
à 4,800 pieds. FI. rouges. Septembre. 

19. RtSSELIA FLORIBUNDA. HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1009.) 

1\. — Sur les rochers et dans les taillis de la terre chaude 
tempérée de la côte atlantique (Zacuapan, Chinantla, etc.) , 
de 2,000 à 5,000 pieds. FI. rouges. Juin-décembre. 

20. RlJSSELIA VERTICILLATA ? HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1010.) 

Species propter spécimen mancum dubia. — Folia obovata 
petiolata glabra f- pollicaria. 

4. — Sur les rochers de la Misteca Alta et de la Sierra, 
au nord d'Oaxaca , de 7,000 à 8,000 pieds. FI. rouges. 
Avril-septembre. 

VIII. CAPRARIA. L. 
2i. Capraria iïïtegri folia. JYobis. 

(Coll. H. Gai. No 653.) 

Herbacea pilosa ; caule gracili, foliis sessilibus obovato-spa- 
thulatis integerrimis ciliatis , pedicellis axillaribus solitariis ac 
geminis unifloris, calyce 5-partilo laciniis lineari-lanceolatis 
acuminatis uninerviis, corolla calyce vix longiore tubuloso- 
campanulata , laciniis limbi ovatis oblusis aequalibus. — Folia 
alterna J- 1 1- pollicaria pilosiuscula, flores 3-lineares brève 
pedicellati , fructus oblongi biloculares glabri polyspermi. 

@. — Dans les fentes des rochers gneissiques de Juquila 
del Sur (côte pacifique d'Oaxaca) , à 5,000 pieds. FI. blan- 
ches. Septembre. 



(ai ) 

IX. MIMULUS. L. 

22. MlMULUS GLABRATUS. Kiltlth. 
(Coll. H. Gai. No 1000.) 

e. — Se trouve dans tous les endroits humides des ré- 
gions froides d'Oaxaca, Puebla, Mexico et Vera-Cruz, de 
7,000 à 9,000 pieds. FI. jaunes. Avril-août. 

23. Mimulus? 

(Coll. H. Gnl. N» 999.) 

Obs. Spécimen incompletum. 

4. — Croît au bord du Rio Antigua , près Vera-Cruz. 
FI. violet-pâle rayé de rose. Juin. 

24. MlMULUS ANDICOLUS. HBK. 

(Coll. H. Gai. No» 1003, 1057 et 1062.) 

4. — Sur les rochers humides du pic d'Orizaba, de 
9,000 à 12,000 pieds, et dans les forêts de Real del 
Monte, de 8,000 à 9,000 pieds. FI. jaunes. Août. 

X. LEUCOCARPUS. Don. 

25. Leucocarpus alatus. Don. 

Syn. Mimulus perfoliatus. HBK. 

(Coll. H. Gai. No 997.) 

2j.. — Dans les endroits humides de la terre tempérée, 
près de Xalapa , à 3,000 pieds. FI. jaunes. Mai. 

XL HERPESTES. Gdrtn. 

26. Herpestes pilosa. Nobis. 

(Coll. II. Gai. N» 1024.) 

Herbacea pubescenti-pilosiuscula ; caule gracili divaricato- 
ramoso , foliis petiolatis oppositis ovatis obtusis duplicato-cre- 
nato-serratis utrinque pilosiusculis suhlus nigro-punctalis , 
floribus longe pedunculatis axillaribus oppositis fasciculatis- 
quc, calyce subaequaliter 5-partito laciniis lanceolatis acumina- 
lispilosis integerrimis , corollae tubo elongato. — Cauliselon- 



( 22 ) 

gatus ramis £-l|-peda1ibus, internodia 2-4-pollicaria , folia 
pollicaria basi cuneata, pedunculi filiformes graciles 2-3-pol- 
licares, corolla f -pollicaris alba calyce triplo longior. — Affi- 
nis Hespestes Vandellioïdes HBK. 

4. — Croît dans les endroits humides, près de Zacua- 
pan, à 3,000 pieds. FI. blanches. Février. 

27. IIerpestes chamaedryoïdes. HBK. 

(Coll. H. Gai. N°« 998 et 7231.) 

e. — Dans les champs humides de Zacuapan, à 3,000 
pieds y et dans les montagnes de Yavezia (Oaxaca) , à 6,500 
pieds. FI. jaunes. Juillet-novembre. 

28. Herpestes monnieria. HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 7110.) 

©. — Dans les champs de la Antigua , près de Vera- 
Cruz. FI. jaunes. Juin. 

29. Herpestes vandellioïdes. HBK. 

(Coll. H. Gai. N"s 1059 et 1083.) 

6. — Sur les rochers de Santa Maria, près Morelia de 
Michoacan, à 6,000 pieds, et dans les champs près de 
Toluca, à 7,500 pieds. FI. jaunes. Août. 

XII. BUCHNERA. Z. 

30. BlCHMRA LONGIFOLIA? HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1280.) 

Obs. Spécimen mancum. 

6. — Sur les rochers de la Venta del Reynoso. FI. lilas. 
Septembre. 

31. BUCHNERA ELONGATA? StO. 
(CoU. H. Gai. No» 759 et 767.) 

Caule subtetragono scabriusculo , foliis asperrimis triner- 
viis, inferioribus oblongis integerrimis oppositis, caeteris li- 
neari-lanceolatis acuminatis subserratis alternis oppositisque , 
spicis terminalibus Iaxis, bracteis subulatis calyce minoribus, 



(H) 

0. — Dans les savanes et au bord des taillis de Zacua- 
pan, à 5,000 pieds, et de Juquila et Yolotepeque (côte 
pacifique d'Oaxaca) , de 5,000 à 6,000 pieds. FI. lilas. Sep- 
tembre-décembre. 

XIII. BUDDLEIA. L. 

32. Blddleia mollis. HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1032.) 

%. — Dans les bois de la Sierra de Yavezia, près 
d'Oaxaca, à 6,500 pieds. FI. jaunâtres. Septembre. 

33. BUDDLEIA LANCEOLATA? Bmth. 
(Coll. H. Gai. No 1034.) 

Obs. Folia superiora integerrima , caetera non ultra médium serrulala 
longe acuminata, subtus albido-et-fusco-tomentosa. — Maxime admis 
Buddleiae acuminatae HBK. 

* . — Dans les forêts de Juquila (côte pacifique d'Oaxaca), 
à 5,000 pieds. FI. blanc-jaunâtre. Septembre. 

34. BLDDLEIA DENTATA? HBK. 

(Coll. H. Gai. N« 1033.) 

Foliis ovato-lanceolatis acuminatis dentatis , panicula magna 
sublrichotoma. — Folia % 8pollices longa, 3-4poll. Iata,petioli 
sub 2-polIicares. 

4 . — Dans les forêts du Cerro San Felipe , au nord 
d'Oaxaca, à 8,500 pieds, et dans la cordillère de Yavezia, 
de 7,000 à 8,000 pieds. FI. jaunes. Septembre. 

35. Blddleia acuminata? HBK. 

(Coll. H. Gai. No 7049.) 

Foliis supra sparse stellalo-pubescentibus subtus molliter 
stellato-tomentosis ovato-lanceolatis acuminatis basi attenuatis 
petiolatis, panicula terminali ramis patentibus oppositis, glo- 
merulis oppositis brève pedicellatis. 

i . — Dans les forêts de la colonie allemande de Mira- 
dor, à 5,000 pieds. FI. jaunes odorantes. Décembre. 



(24) 

50. llimmiv ei.liptica. Nobis. 

(Coll. II. Gai. N» 1268.) 

Ramis teretibus , petiolis pedunculis calycibus foliisque 
subtus fusco-tomentosîs , foliis brève petiolatis oppositis ellip- 
tico-rotundatis supra pilosiusculis subtus fusco-lanatis integer- 
rimis , pedunculis oppositis terminalibusque , capitulis florum 
confertis dense paniculato-congestis , dentibus calycis abbre- 
viatis rotundatis. — Folia Spollices longa, 2poll. lata, basi et 
apice rotundata, capitula magnitudine cerasi minoris brève 
pedunculata in paniculas strictas simplices axillares ac termi- 
nales fusco-hirsuto-tomentosas disposita , flores brève pedi- 
cellati calycem bilinearem paulo excedentes. — Affinis Bud- 
dleiae polycephalae HBK. ; sed foliis integerrimis petiolatis 
abunde distincta. 

t . — Sur les rochers du Cerro de Quinzeo, près de Mo- 
relia, à 7,000 pieds. FI. jaunâtres. Août. 

57. lîl IDDLEIA VEREASCIFOLIA. HBK. 

(Coll. H. Gai. N» 1036.) 

S. — Dans les forêts de Moran, près Real del Monte, 
à 8,000 pieds. FI. jaunâtres. Août. 

58. BUDDLEIA PSEUDO-VERTICILLATA. NoblS. 
(Coll. H. Gai. N<>« 769 et 2589.) 

Ramulis teretibus foliisque junioribus stellato-fuscescenti- 
tomentosis , foliis petiolatis acuminatis in petiolum decurren- 
tibus, caulinis glabriusculis ovato-lanceolatis dentatis, race- 
mis oblongo-lanceolatic integerrimis ferrugineis, capitulis 
multifloris brève pedunculatis bractealis axillaribus verticillum 
globosum mentientibus. — Folia caulina -4poll. longa, 2 poil, 
fere lata, profunde et inaequaliter dentata; folia ramulorum 
M-pollicaria, corolla extus ferruginea. — Affinis Buddleiae 
verticillatae HBK. 

%. — Aux bords des ruisseaux de Yavezia, de 6,000 à 
7,000 pieds, et dans la plaine de Guadalaxara, à 5,000 
pieds. FI. blanc-jaunâtre. Septembre-décembre. 



(25 ) 

59. lil 1)1)1. EIA SALV1F0UA? VuUl. 
(Coll. H. Gai. N» 1037.) 

Foins subsessilibus subintegerrimis lanceolatis subtus fus- 
cescenti-tomentoso-pubescentibus , floribus cymoso-glomera- 
lis, cymis in racenaum terminalem dispositis. — Folia 2-3- 
pollicaria , racemi 8-4-pollicares. 

5 . — Aux bords des ruisseaux de Moran , près de Real 
del Monte, à 8,000 pieds. FI. jaunâtres. Août. 

40. IU 1)1)1. LIA OBTUSIFOLIA. NoMs. 
(Coll. H. Gai. N° 1038.) 

Rarais subtetragonis glabris ; ramulis paniculis foliisque 
subtus ferrugineo-tomentosis, foliis ovato-oblongis obtusis 
brève petiolatis basi attenuatis supra glabriusculis versus 
apicem serrulato-denticulatis , paniculis patentibus subtricho- 
tomo-ramosissimis , floribus glomeratis. — Folia 1-2-pollica- 
ria, juniora integerrima. — Affinis Buddleiae microphyl- 
lae HBK. 

* . — Dans les bois du Gerro de Quinzeo , près de Mo- 
relia deMichoacan, de 6,000 à 7,500 pieds. FI. jaunâtres. 
Août. 

41. BUDDLEIA INTERMEDIA. HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1035.) 

i . — Aux bords des ruisseaux de la Vaqueria del Jacal , 
au pic d'Orizaba, à 10,000 pieds. FI. blanches. Août. 

XIV. SIBTHORPIA. L. 

42. SIBTHORPIA PARVIFOLIA. Nobis. 
(Coll. H. Gai. N° 7040.) 

Pilosa 5 foliis rotundatis 5-7-lobis basi profunde emarginatis 
utrinque appresse paleaceo-pilosis, pedunculis axillaribus soli- 
tariis elongatis gracilibus foliuiii excedentibus calyceque se- 
riceo-pilosis, corolla rosea calyce duplo majore. — Folia dia- 
mclro 3-lineari , non profunde lobata 5 petioli |-l~pollicares 



(26) 

flexuosi, pedunculi subsesquipollicares , capsula orbicularis 
bilocularis diametro 3-lineari. 

t . — Dans les savanes et bois de la colonie allemande 
de Zacnapan, à 3,000 pieds. FI. jaunes. Octobre-janvier. 

XV. VERONICA. Z. 

45. Veronica xalapeksis. HBK. 

(Coll. II. Gai. No 1725.) 

S . — Sur les rochers du pic d'Orizaba à la Cueva del 
Temascal , à 11,000 pieds. FI. bleues. Août. 

XVI. LEUCOPHYLLUM. HBK. 
44. Leucophyllum ambiguum. HBK. 

(Coll. H. Gai. No 7210.) 

4. — Dans les bois de Zimapan (nord de Mexico) , à 
5,000 pieds. FI. lilas. Août. 

XVII. ESCOBEDIA. R. et Pavon. 

43. ESCOBEDIA LINEARIS. Schkcht. 

Syn. Azafranillo incolarum. 

(Coll. H. Gai. N° 1072.) 

2J.. — Dans les savanes de Zacuapan (Vera-Cruz) et de 
Talea (Oaxaca), de 3,000 à 4,000 pieds. FI. blanches. 
Juillet. 

XVIII. GERARDIA. L. 

46. Gerardia laciniata. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 1070.) 

Caule virgato ramoso pilosiusculo , foliis ovatis subpectinato- 
pinnatis, laciniis Hneari-filiformibus obtusis distantibus, pe- 
dunculis folio sublongioribus, calyce pubescenti ultra médium 
5-fido , laciniis linearibus obtusis , corolla campanulata calyce 
duplo longiore. — Caulis gracilis erectus , folia subpollicaria 
tenuitcr laciniata , calyx 4-o* lineas longus , corolla |-pollica- 



(9f ) 

ris flava , capsula ovata mucronata calyce duplo longior. — 
Affinis Gerardiae pectinatae Torr. et Don. 

4. — Dans les bois de chênes de la Sierra , au nord 
d'Oaxaca (Yavezia, Capulalpan, etc.), à 7,500 pieds. FI. 
jaunes. Novembre-février. 

47. Gerardia peduncularis. Benth. 

(Coll. H. Gai. N»« 1014, 1015 et 1058. 

$. — Sur les rochers de Zacuapan, à 3,000 pieds; 
dans les bois du Cerro de la Virgen, près de Juquila del 
Sur (Oaxaca) , à 7,000 pieds , et près de Guadalaxara , à 
5,000 pieds. FI. roses. Juillet-décembre. 

48. Ge 11 AUDI A PROSTRATA. HBK. 
(Coll. H. Gai. N« 1093.) 

e. — Dans les champs de Real del Monte , à 8,500 
pieds. FI. jaunes. Septembre. 

XIX. LYNCEA. Cham. et Schîecht. 

49. Lyncea hispida. Ch. et Schl. 

(Coll. H. Gai. N° 7067.) 

6. — Dans les haies et endroits humides de ïotutla , 
près Zacuapan , à 4,000 pieds, et de Juquila del Sur (côte 
sud d'Oaxaca) , de 3,500 à 5,500 pieds. FI. blanches. 
Août, 

XX. CASTILLEJA. Mutis. 

lîO. CASTILLEJA INTEGR1FOLIA. L. 

(Coll. H. Gai. N" 1067, 1081 et 1087.) 

4. — Dans les champs de Yavezia, à 7,000 pieds ; dans 
les bois de Moran et de El Sabino, près Real del Monte, 
de 7,500 à 8,500 pieds. FI. rouges. Septembre-novembre. 

81. CASTILLEJA PECT1NATA. Nobis. 
(Coll. H. Gai. No 1074.) 

Fruticulosa pilosa ; foliis pectinato-subpinnatis , laciniis li~ 
nearibus distantibus elongatis 2-3-jugis , brncteis laciniato- 



(28 ) 

pectinatis , floribus racemoso-spicatis , pedunculis et calycibus 
pilosis. — Folia pollicaria pectinato-laciniata , flores rub'ri si- 
miles floribus Castillejae integrifoliae L.; sed pedunculati. — 
A f Huis Castillejae laciniatae Hook. 

0. — Dans les forêts de pins de la Cueva del Temascal, 
au pic d'Orizaba, de 9,500 à 12,500 pieds (limites de la 
végétation phanérogame). FI. rouge-vermillon. Août. 

152. Castilleja lithospermoïdes. ÏÏBK. 

(Coll. H. Gai. N»s 983, 1080 et 1088. 

0. — Dans les champs de cannes à sucre de Zacuapan, 
à 3,000 pieds; sur les rochers du Cerro de las Nabajas, 
près de Tulancingo , et dans les bois de Moran , près Real 
del Monte, de 7,500 à 8,500 pieds. FI. rouges. Juillet- 
octobre. 

153. Castilleja longiflora. Kunze. 

Syn. C. tenuiflora? Benth. 

(Coll. H. Gai. No 987.) 

0. — Dans les endroits humides de ïehuacan , à 5,000 
piecls. FI. rouges. Août. 

154. Castilleja longibracteata. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 988.) 

Caule fruticoso erecto glabriusculo, foliis linearibus acurai- 
natis elongatis 3-nerviis subglabris , floralibus lanceolato- 
linearibus flore sublongioribus , superioribus vel bracteis 
obovato-lanceolatis apice fimbriatis , floribus longe peduncu- 
latis racemoso-spicatis , calyce tubuloso-inflato glabriusculo , 
corolla calycem longe excedente apice pilosa. — Flores 1 |-pol- 
licares, pedunculi semipollicares. — A Castilleja integrifo- 
lia L. , cui amnis , praesertim bracteis majoribus pedunculis- 
que longioribus differt. 

4. — Dans les bois de Juquila del Sur (côte pacifique 
d'Oaxaca), à 5,000 pieds, à Talea et dans le Rincon (cordill. 



( 29 ) 
orientale d'Oaxaca ) , de 5,000 à 4,000 pieds. FI. rouges. 
Septembre. 

] ô ] ô. Castilleja angustifolia. Nobis. 

(Coll. H. Gai., N°» 1033, 1078 et 1098.) 

Foliis amplexicaulibus linearibus elongatis acutiusculis pa- 
lenti-subreflexis 3-nerviis, floralibus ovatis apice dilatatis 
coloratis, spica densa brevi. — DifFert a Castilleja lithospermoï- 
«fesHBK., foliis angustioribus longioribus acutis reflexo-paten - 
tibus. 

0. — Dans les champs et bois de Mirador, à 3,000 pieds, 
et sur les laves du mal-pais du volcan de Jorullo, à 4,000 
pieds. FI. rouges. Février-août. 

86. Castilleja scokzonerifolia. HBK. 

(Coll. H. Gai. N°» 986 et 1091.) 

0. — Dans les ravines d'Arumbaro, près Morelia de 
Michoacan, à 4,000 pieds, et dans les forêts de la Misteca 
Alta (Oaxaca), à 7,500 pieds. FI. rouge-vif. Avril-sep- 
tembre. 

J57. Castilleja hirsuta. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N°* 984 et 1079.) 

Gaule fruticuloso bumili ramoso dense hirsuto-villoso , fo- 
liis obovalo-sphatulatis 3-nerviis apice rotundalis integerrimis 
villosis scabris , corolla calycem coccineum longe excedenle. 
— Folia f-pollicaria, flores pollicares. 

0. — Dans les champs de Zacuapan , à 5,000 pieds. 
FI. rouge-vif. Février-juillet. 

i>8. Castilleja tolliccensis. HBK. 

(Coll. H. Gai. N«s 1075 el 1090. 

0. — Croît par touffes dans les sables volcaniques au 
bord du lac de l'ancien cratère du volcan de Toluca, à 
12,000 pieds, et dans les plateaux ponceux du pic d'Ori- 
zaba jusqu'à 13,000 pieds d'élévation; limite extrême de 
toute végétation phanérogamique. FI. rouge- vif. Août. 



( 30) 

î>9. Castilleja morakensis. II BK. 

(Coll. H. Gai. N- 1082. 

0. — Dans les bois de Moran à 7,500 pieds et dans les 
champs humides de la Jordana (entre Toluca et Zinape- 
cuaro) , à 7,000 pieds. FI. rouges. Août. 

60. Castilleja tenuifolia. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N»" 995 e t 996.) 

Annua, herbacea, subglabra ; foliis glabris, caulinis subpec- 
tinato-pinnatis , laciniis lineari-filiformibus elongatis distanti- 
bus, floralibus laciniato-tripartitis, floribus pedunculatis longe 
racemoso-spicatis distantibus , pedunculis pubescenti-villosis , 
calyce villoso coccineo tubuloso apice ampliato breviter fîsso , 
corolla exserta , stigmate capitato subbilobo. — Caulis pedalis 
teres, folia 2poll. longa laciniato-pinnata , laciniis utrinque 
2-4filiformibus pollicem et amplius longis dessicatione con- 
tortis. 

0. — Dans les bois et savanes de Juquila del Sur, Yo- 
lotepeque, Cerro de la Virgen (cordillère au sud d'Oaxaca), 
de G,000 à 8,000 pieds. FI. jaunes et rouges. Septembre. 

61. Castilleja tenuiflora? Benth. 

(Coll. H. Gai. N° 1089.) 

Obs. Affinis Castillejae scorzoneri folia. HBK. a qua praesertim corolla 
calyce dimidio longiore diffeit. 

0. — Dans les bois du Cerro de Quinzeo, près Morelia , 
à 8,500 pieds. FI. rouges. Août. 

62. Castilleja speciosa. Nobis. (§ Euchroma. Don.) 

(Coll. H. Gai. N° 1073.) 

Caule suffruticoso simplici erecto hirsuto, foliis ovato-oblon • 
gis obtusis 5-nerviis pilosis , floralibus latioribus apice dilata- 
tis coccineis 2-B-fidis, floribus axillaribus sessilibus subspicatis, 
corolla calycem excedente. — Bracteae 14-161in. longae, 
81in. latae apice latiores coccineae irregulariter fissae , folia 
caulina semi-amplexicaulia nervosa l-l|poll. longa. — A cae 
teris speciebus, foliis bracleisque majoribus differt. 



( 31 ) 

4. — Dans les champs et bois de Zacuapan , à 3,000 
pieds. FI. décembre-avril. 

65. Castilleja arvensis. Schlecht. 

(Coll. H. Gai. N<" 985, 1077 et 1106.) 

0. — Dans les champs de Zacuapan, à 3,000 pieds, et 
sur le flanc oriental du pic d'Orizaba, à 5,000 pieds. FI. 
rouges. Février-juillet. 

XXI. LAMOUROUXIA. HBK. 
64. Lamourouxia microphylla. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N° 1005.) 

Fruticosa ramosa; ramis tetragonis palentibus, foliis glabris 
lineari-oblongis minutis parce serratis, pedunculis oppositis 
folio longioribus , calyce campanulato regulari , limbo 4-fido , 
laciniis ovatis brevibus integerrimis, corolla tubulosa bilabiala 
glanduloso-pubescenli-tomentosa , labio inferiore breviter 
8-lobo. — Folia caulina ôMïlin. longa, 1-2 lin. lata, ramea 
3--41in. longa reflexa , corolla pollicaris , labium superius ga- 
leatum compressum , inferius subB-lobum, lobis rotundatis 
parvulis subaequalibus. — Species affinis Lamourouxiae Jala- 
pensi HBK. ; sed foliis subintegerrimis , calyce -4-dentato , 
corolla glanduloso-pubescenli hirta differt. 

5 . — Dans les bois humides de Yolotepeque et Sola 
(cordillère au sud d'Oaxaca) , de 6,500 à 7,500 pieds. FI. 
rouge-vif. Septembre. 

63. Lamourouxia cordata. Schlecht. 

(Coll. H. Gai. N°s 991 et 1004.) 

t . — Savanes et bois de la colonie de Mirador , à 3,000 
pieds, et dans les forêts de la Sierra de Yavezia, près 
Oaxaca, à 7,000 pieds. FI. rouges. Juillet-décembre. 

66. Lamourouxia virgata. HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1007.) 

©. — Dans les bois de Yavezia , à 6,500 pieds. FI. roses. 
Décembre. 



(32) 

G7. Lamourouxia macrantiia. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N<>« 994 et 1104.) 

Pilosa; caule herbaceo simplici elato parum folioso, foliis 
brève petiolatis ovato-oblongis subcordatis obtusissimis dupli- 
cato-crenatis intemodio duplo brevioribus, floribus axillari- 
bus oppositis pedunculatis, calycis laciniis ovalibus integerri- 
mis , tubo corollae ventricoso , anthcris reniformi-sagittatis 
pilosissimis muticis , omnibus fertilibus. — Flores rubro-coc- 
cinei, sub-Spoll. longi, f poil, lati, labio inferiori trifido sub- 
pollicari, folia lf poil, longa, basi pollicem lata. 

0. — Aux bords des ruisseaux du Cerro San Felipe , 
près d'Oaxaca , de 8,000 à 9,000 pieds, et sur les versants 
du pic d'Orizaba, de 8,000 à 9,500 pieds. FI. vermillon. 
Août-octobre. 

68. Lamourouxia xalapensis. HBK. 

(Coll. H. Gai. No 1007 bis.) 

0. — Dans les endroits humides de Xalapa, à 4,000 
pieds, et dans les bois de Yalina (cordillère orientale 
d'Oaxaca), à 7,500 pieds. FI. rouges. Décembre. 

G9. Lamourouxia tenuifoma. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N° 992.) 

Herbacea, ramosa, glabriuscula ; rarais 4-gonis, linea lafc- 
rali pubescenti alterna, foliis linearibus serratis , calycis glabri 
laciniis ovato-Ianceolatis integerrimis , corolla tubuloso-ven- 
tricosa viscoso- pubescenti. Flores coccinei lf poil, longi, 
|poll. lati, folia 8-101ineas longa, lincam lata. — Affinis 
Lamourouxiae serratifoliae HBK.; a qua foliis angustioribus 
floribusque majoribus facile distinguitur. 

0. — Dans les bois des régions tempérées froides de 
la cordillère orientale d'Oaxaca (San Andres,Roayaga, etc.), 
à 6,000 pieds. FI. écarlates. Juin. 

70. Lamourouxia laciniata. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N° 990.) 

Caule fruticuloso teretiusculo subpilosulo, foliis laciniatis 



subbipinnatis glabriusculis, laciniis lincaribus acuminatis inle-- 
gerrimis distantibus , calycis subfarinosi laciniis ovato-lanceo- 
lalis intcgerrimis , antheris omnibus fertilibus mucronatis. 

— Corolla 1 f-pollicaris coccinea, labii inferioris laciniis linea- 
ribus, folia 1 £ pollicem longa, poil. lata, tenuiter laciniata. 

— Admis Lamourouxiae multifidae HBK. 

e. — Sur les basaltes du Cerro de Macuiltepeque, près 
Xalapa, à 5,000 pieds; dans les bois de chênes et sur les 
rochers de Juquila del Sur (côte au sud d'Oaxaca) , à 5,000 
pieds. FI. rouges. Mai-septembre. 

7i. Lamourouxia viscosa. HBK. 

(Coll. H. Gai. Nos 993 e t 1076.) 

B. — Dans les champs de Tehuacan, à 5,000 pieds, et 
dans les dunes de Vera-Cruz. FI. rouges. Avril-août. 

72. Lamourouxia multifida? HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1102.) 

Foliis pinnatifidis , laciniis linearibus incisis. — Affinîs 
Lamourouxiae laciniatae nobis ; sed folia minus laciniala. 

B. — Dans les bois de Talea (cordill. orient 10 d'Oaxaca), 
à 4,000 pieds. FI. orangées. Août. 

73. Lamourouxia xalapensis? HBK. 

(Coll. H. Gai, No 1105.) 

Obs. Calyce antice fisso ad Castillejas accedit; sed foliis oppositis lan- 
ceolatis acuminatis serratis caeterisque notis Lamourouœiam Xalapen- 
sem. HBK., aemulatur. 

B. — Dans les bois de Zacuapan et de Xalapa , de 3,000 
à 4,000 pieds. FI. rouges. Août. 

74. Lamourouxia ovata. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 989.) 

Caule herbaceo bifariam pnbescenti-villoso , foliis sessilibus 

ovatis obtusis subpellucidis inaequaliter duplicato-crcnalo-ser- 

ratis glabriusculis , floralibus similibus, floribus axillaribus 

pedunculatis , calyce campanulato magno nervis pilosiusculis 

Tom. III. 3. 



( 34) 

Iaciniis ovatis obtusis subintegerrimis. — Stamina 4 fertilia 
subexserta, flores 1 1 -pollicares rubri, folia submembranacea, 
siccatione non nigrescentia, late ovala profonde crenato-ser- 
rata 1-1 ~ poil, longa, pollicem et amplius lata. 

e. — Dans les montagnes calcaires de Zêta, près de 
Sola (sud d'Oaxaca) , à 8,000 pieds. FI. rouges. Septembre. 

75. Lamourouxia laciniata. Nobis. var. Pilosa. 

(Coll. H. Gai. No 1085.) 

Caule foliisque subglanduloso-pilosis. 

e. — Dans les bois de San Pedro, près de Real del Monte, 
à 8,000 pieds. FI. rouges. Août. 

76. Lamourouxia rhinanthifolia ? HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1086.) 

06s. Species haec foliis profunde duplicato-serratis , calycis Iaciniis ser- 
ratis a Lamourouxia cordata differt. 

e. — Dans les bois de El Sabino, près de Zimapan , 
à 6,500 pieds. FI. rouges. Août. 

XXII. PEDICULARIS. Tourn. 

77. Pedicularis orizarae. Schlecht. 

(Coll. H. Gai. No 1064.) 

0. — Dans les forêts de chênes et de pins du pic d'Ori- 
zaba, de 9,500 à 11,500 pieds. FI. violettes et blanches. 
Août. 

78. Pedicularis tripinnata. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N» 1063.) 

Galea obtusa truncata sub apice 2-4-denlata, calyce foliaceo 
pilosiusculo sub 5-fido , Iaciniis ovatis acuminatis serrulatis , 
caule elato pilosiusculo, foliis alternis pilosis, caulinis lanceo- 
latis reflexis pinnatifidis , Iaciniis inciso-serratis , radicalibus 
sub 3-pinnatis, Iaciniis parvulis inciso-serratis, floribus pedi- 
cellatis longe spicato-racemosis. — Caulis 2-pedalis simplex 
parum foliosus, spica subpedalis , corolla pollicaris rubro- 
purpurea, folia caulina, sicut et bracteae, sub|-poilicaria, 



(35 ) 

folia radicalia longe petiolata oblonga 8-4-poll. longa, 1-1 1 
poil. la la, pinnis primariis inferioribus ovatis poil. Iongis, 
|poll. Iatis, pinnis secundariis 3 lin. longis, 2 lin. latis pin- 
natifidis , laciniis oblongis inciso-serratis. 

6. — Dans les bois de Jésus del Monte, près Morelia 
de Michoacan, à 7,000 pieds. FI. rouge-violet. Août-oc- 
tobre. 

79. Pedicularis mexicana? Zucc. 

Syn. (P. orizabae? Benth.) 

(Coll. H. Gai. No 1065.) 

Obs. Proxima Pediculari orizabae. Schl.; sed spicae breviores laxiflorae, 
flores rubri. 

0. — Dans les savanes humides et dans les forêts de pins 
du Cerro de San Felipe , près d'Oaxaca , à 9,000 pieds. 
FI. rouges. Septembre. 

80. Pedicularis 

(Coll. H. Gai. N» 1066.) 

Obs. Spécimen mancum ; flores dense spicati , folia opposita sessilia li- 
nearia lobato-pinnatifida. 

e. — Dans les bois et savanes du Pelado de Capulalpan 
(cordillère orientale d'Oaxaca), à 9,000 pieds. FI. violettes. 
Décembre. 

PEDAL1NEAE R. Brown. 

MARTYNIA. L. 

1. Martynia diandra. 

(Coll. H. Gai. No 1002.) 

4. — Dans les dunes de Vera-Cruz. FI. violettes et roses. 
Septembre. 

2. Martïnia fragrans. Bot. Reg. 

Cornusuelo incolarum. 
(Coll. H. Gall. No 1061.) 

4. — Dans les champs de la vallée du Rio Grande de 



( 36) 
Mextitlan (au nord-est de Mexico), à 4,500 pieds. FI. vio- 
lettes et jaunes. Août. 

3. Martynia triloba? Schîecht. 

Toritos et Cornusuelo incolarum. 

(Coll. H. G-all. N" 1001.) 

Obs. Propter spécimen mancum species dubia. 

e. — Dans les champs de maïs des vallées de Tehuacan 
et d'Oaxaca , à 5,000 pieds. FI. roses , grandes. Août. 



PANLEONTOLOGIE. 



Résumé Géologique sur le genre Chiton Lin., par M. le 
baron de Ryckholt, major au 2 e régiment d'artillerie. 

Le genre Chiton Lin. (Oscabrion en français), actuelle- 
ment si multiplié dans les mers intertropicales, n'a été 
que très-rarement signalé à l'état fossile; jusqu'à ce jour 
il n'a point été trouvé dans les terrains siluriens; M. Sand- 
berg en décrit trois espèces du calcaire dévonien de Vil- 
mar , savoir : le chiton priscus , fasciatus et subgranosus. 
Le premier de ces trois oscabrions a été rapporté par ce 
paléontologue à une espèce du calcaire carbonifère de 
Tournay, décrite par M. le comte de Munster; mais, comme 
il serait contraire aux saines doctrines de la géologie d'ad- 
mettre l'existence d'un même mollusque dans deux étages 
géologiques si tranchés, nous croyons devoir changer le 
nom spécifique de Priscus donné à l'espèce dévonienne, en 
celui de Sandbergianus , persuadé que nous sommes que ce 



( 37 ) 
savant aura été induit en erreur par quelque analogie 
trompeuse. 

M. le comte de Munster, comme nous l'avons dit plus 
haut, a décrit le premier, sous le nom spécifique de Pris- 
ais, l'espèce si commune dans le calcaire de Tournay et 
plus encore dans l'argile qui lui est subordonnée; il y 
avait donc quatre espèces d'oscabrions bien connues des 
terrains paléozoïques, lorsqu'en 1845 M. le professeur de 
Koninck, à qui la science doit de si importantes décou- 
vertes, en signala deux espèces nouvelles, le Chiton gem- 
mâtes et concentricus du calcaire carbonifère de Visé (1). 

Malgré les recherches faites dans tous les pays , ce genre 
n'a plus été retrouvé dans les étages supérieurs , si ce n'est 
dans les terrains tertiaires les plus récents, soit qu'il ait 
été anéanti avec la formation carbonifère, soit que, par 
la petitesse des espèces ou la fragilité de leur test, il n'ait 
pu laisser des traces de son existence (2). 

M. de Lamarck, vers le commencement de ce siècle, 
mentionna dans les Annales du muséum, sous le nom de 
Grignoniensis , la première espèce fossile connue de ce 
genre; il l'avait recueillie dans les terrains pliocéniques 
des environs de Paris. Le savant auteur de la Malacologie 
méditerranéenne et littorale, M. le professeur Cantraine, 



(1) Nous n'admettons pas dan* ce genre les débris organiques décrits avec 
doute par cet auteur sous le nom de Chiton ? cordifer. 

(2) Le Chiton diluvianus décrit par MM. Potiez et Michaud, Galerie des 
mollusques ou catalogue, etc., tome I er , page 555, pi. 57, fig. 15, ne serait, 
selon M. le professeur de Koninck, qu'un moule usé d'une coquille polytha- 
lamc. Je suis entièrement de son avis. — M. Defrance ( Tableau des corps 
organisés fossiles, page m) cite encore deux espèces d'oscabrions fossiles 
des terrains tertiaires sans les décrire ; nous ne les comprenons pas dans 
notre énumération. 



(38) 

en décrira une deuxième espèce des mêmes terrains d'Ita- 
lie , sous le nom de subapenninus ; nous ne connaissons 
donc en ce moment que huit représentants fossiles de ce 
genre; à ce nombre nous venons en ajouter dix autres, que 
nous avons découverts dans le calcaire carbonifère du pays. 
En résumant nos connaissances actuelles sur ce genre , 
nous arrivons à conclure que: Le genre oscabrion a paru 
sur le globe à l'époque où se déposèrent dans le sein des 
mers les terrains dévoniens; qu'il prit de l'extension sous 
l'époque géologique suivante , et qu'à partir de cette époque 
il s'éteignit pour ne plus reparaître qu'avec les terrains plio- 
céniques, et acquérir le maximum de développement numéri- 
que dans les mers actuelles. 

Observations préliminaires. — Avant d'entreprendre la 
tâche que nous nous sommes imposée, il ne sera pas hors 
de propos de jeter un coup d'œil sur la conformation de la 
coquille du chitonnier, et de chercher, si faire se peut , à 
en déduire quelques généralités que nous pourrons invo- 
quer dans nos diagnoses pour arriver à une bonne déter- 
mination des espèces , et même à leur recomposition lors- 
qu'elles ne seront que partiellement connues, c'est-à-dire, 
que nous tâcherons d'établir la corrélation qui doit néces- 
sairement exister entre les différentes parties de ce tout 
assez compliqué. 

Cette coquille, comme on le sait, se compose de huit 
pièces nommées fort heureusement cérames par M. le pro- 
fesseur de Koninck; les deux extrêmes seroot dorénavant 
désignées par moi sous le nom de cérame buccale et cérame 
anale , parce qu'elles sont destinées à abriter la bouche et 
l'anus de l'animal ; j'appellerai dorsales les six autres céra- 
mes comprises entre celles-ci. 



( 39 ) 

Les cérames extrêmes sont toujours plus ou moins 
arrondies ou sémi-lunaires; la cérame buccale se distingue 
de la cérame anale par le manque de deux prolongements 
nommés apophyses ; toutefois lorsque le contour des céra- 
mes dorsales est limité par une ligne sinueuse ou concave, 
la cérame anale est en outre munie d'un appendice qui 
représente assez exactement une partie plus ou moins 
grande de la surface antérieure de la dernière cérame 
dorsale, et sert à la relier avec elle ; nous nommerons cette 
espèce de cérame complémentaire , fausse cérame, pseudo- 
ceramus: de la forme de la cérame anale nous pourrons donc 
déduire approximativement celle des cérames dorsales; ces 
dernières dans chaque individu diffèrent de taille entre 
elles. Les deux moyennes sont les plus grandes; celles qui 
précèdent ou suivent celles-ci diminuent régulièrement de 
taille; si en outre l'on observe que les extrémités sont 
arrondies , il est évident que le pourtour de tous les osca- 
brions est elliptique, mais à axes extrêmement variables. 
J'insiste sur ce point, parce que, pour la recomposition du 
Chiton priscus de Mùnst., le principe constant de l'inégalité 
des cérames a été perdu de vue, et par suite l'on a reconsti- 
tué une coquille impossible. 

Les cérames dorsales sont divisées en deux aires laté- 
rales et une médiane reliées entre elles par une surface 
plus ou moins convexe , presque toujours lisse , appelée 
carène dorsale. 

Les aires latérales sont presque toujours raboteuses, 
tandis que l'aire médiane est ou lisse ou infiniment moins 
rude; les deux surfaces sont nettement séparées par une 
ligne ou côte qui est l'exacte reproduction de celle qui limite 
le bord postérieur de la cérame qui précède; cette côte est 
produite par le refoulement de la matière calcaire qui , pen- 



(40) 

dant l'accroissement de l'animal, tendait à se déposer sur 
l'aire médiane, mais a été arrêtée par le bord de la cérame 
superposée qu'elle a en quelque sorte moulée (1); l'aire 
médiane de chaque cérame mesure donc exactement toute 
l'étendue qui , pendant les diverses périodes de l'accroisse- 
ment de l'animal, a été successivement cachée par celle qui 
la précède; or chaque partie de cette surface ayant été à son 
tour recouverte pendant le travail d'accroissement , elle 
n'a donc pu prêter au développement d'ornements bien pro- 
noncés autres que ceux résultant de l'entrecroisement des 
lignes ou stries qui indiquent les limites successives de la 
cérame. 

Les cérames dorsales sont identiques de chaque côté de 
la carène dorsale, et plus ou moins symétriques en leur con- 
tour, c'est-à-dire, que presque toujours à chaque saillie, à 
chaque rentrant du côté antérieur , est opposé au côté posté- 
rieur un rentrant ou une saillie. Les extrémités inférieures 
des cérames dorsales sont toujours plus ou moins arrondies 
et implantées dans le bord du manteau de l'animal, qui est 
fréquemment protégé à l'extérieur par un tégument fibreux, 
épais et souvent orné de granulations , d'écaillés , d'épines 
ou de poils, et embrasse tout le pourtour de la coquille; 
nous le désignerons sous le nom de tégument palléal, tegu- 
mentum palleale (2). 



(1) Cela est tellement vrai que, dans les espèces dont le test est extrême- 
mentmince, telles que le Chiton disjunctus , Fremb., stramineus Sow., etc., 
Ton a de la peine à distinguer les diverses aires. 

(2) M. Bruguiùre a fait figurer, planches 160 à lGSde V Encyclopédie mé- 
thodique, un certain nombre d'oscabrions qui paraissent déroger aux princi- 
pes que nous venons déposer ; en les examinant avec attention , il sera facile 
de se convaincre que ces monstruosités sont le produit d'une spéculation 



( 41 ) 

Chaque cérame dorsale est munie antérieurement, et 
presque toujours dans le prolongement du bord inférieur, 
de deux apophyses à extrémité arrondie et soudées sur la 
surface interne de la cérame, dont toute l'épaisseur fait 
saillie sur elles. 

L'usage de ces apophyses nous paraît multiple, et nous 
concluons de leur structure et de leur placement qu'elles 
servent : 1° de pivot au mouvement basculaire des cé- 
rames; 2° de point d'appui à l'animal pour se déployer, 
lorsqu'il s'est pelotonné; 5° à fonctionner comme coin, 
pour supporter le premier effort dans les mouvements rela- 
tivement précipités de cet animal si apathique, tels que la 
contraction et le déroulement; 4° à porter, du moins 
partiellement, les muscles latéraux. 

Leur surface est toujours lisse et l'on remarque une 
impression à la partie correspondante de la cérame voi- 
sine; il nous paraît aussi que cette partie doit être lubri- 
liéepar une sécrétion de l'animal. 

Lorsque l'on examine la face interne des cérames, l'on 
voit, vers le côté postérieur et longeant celui-ci, une la- 
melle sillonnée ou striée libre près des muscles et sous la 
carène dorsale, où elle acquiert le plus grand développe- 



intéressée de la part des marchands naturalistes , qui ont retranché ou sub- 
stitué des cérames ; parfois ils ont porté plus loin leur coupable industrie en 
sculptant ou gravant au burin des ornements impossibles , ou en modifiant à 
l'aide des acides les couleurs naturelles de la coquille ; ainsi ce savant a fait 
représenter des coquilles de ce genre composées de six ou de sept cé- 
rames. 

Lamarck paraît avoir cru à l'existence de ces formes anomales, mais son 
continuateur M. Deshayes ne renvoie que très-rarement à ces planches, et seu- 
lement pour des espèces communes et bien connues ; les autres sont restées 
sans nom connu dans la science. 



(42) 

ment; cette lamelle est formée par la continuation de la 
couche supérieure ou ornementifère qui se replie sur la 
surface interne; nous pensons qu'elle sert d'attache à une 
membrane extensible faisant corps avec le manteau de 
l'animal , et destinée à étendre ou à rendre plus uniforme 
l'action des muscles dorsaux. 

M. Deshayes, tome VII, page 489, delà nouvelle édition 
des Animaux sans vertèbres par Lamarck, s'exprime ainsi : 
« Comme on peut facilement le comprendre, un seul 
» muscle ne peut suffire pour exécuter ces mouvements 
» (se rouler sur lui-même et se redresser) ; aussi il y en a 
» trois partant de la première pièce et se rendant à la 
» seconde; trois autres fixés à cette seconde pièce se ren- 
» dant à la troisième; ainsi de suite pour toutes les 
» autres. » 

En effet, les impressions musculaires peuvent presque 
toujours s'observer sur les espèces fossiles , et fournissent 
parfois le moyen de distinguer les espèces qui ont quelque 
affinité entre elles par suite de la destruction de la couche 
supérieure. 

Nous concluons des observations qui précèdent: 

1° Que les cérames dont la surface est uniforme dans 
toute son étendue, appartiennent au genre Chitonellus 
Lamk. (Oscabrelle en français) , parce que l'accroissement 
des cérames de cette catégorie étant indépendant de la 
cérame voisine, cette dernière ne peut y imprimer la trace 
de son bord postérieur, et que par suite les aspérités peu- 
vent s'y développer librement ; 

2° Que de la connaissance de la cérame anale dérive à 
peu près celle des cérames dorsales; 

5° Que lorsque l'on connaît l'un des grands côtés d'une 
cérame dorsale, on peut à peu près en déduire l'autre et 
par suite la forme de la cérame anale; 



• (43) 

4° Qu'un fragment de cérame dorsale, qui montrerait la 
ligne ou côte qui sépare les aires , suffirait pour déter- 
miner approximativement la forme de la cérame entière; 

5° Que les éléments diagnostiques auxquels on a recours 
pour décrire les espèces fraîches, tels que le contour géné- 
ral , la couleur , les ornements des cérames et du tégu- 
ment palléal, et qui suffisent amplement pour arriver à une 
bonne détermination, ne peuvent que très-rarement être 
invoqués par le paléontologue, parce que le dernier ne 
travaille généralement que sur des cérames isolées qui ont 
fréquemment perdu la couche supérieure et ne conservent 
plus le moindre vestige du tégument palléal. Il devra donc 
signaler dans ses diagnoses ou utiliser les éléments sui- 
vants, pour parvenir à une bonne détermination : 

1° La forme des diverses cérames; 

2° Les ornements, s'ils ont résisté à l'action destruc- 
tive de la fossilisation ou corrosive des eaux salées (1) ; 

3° L'épaisseur du test , lorsque les cérames qu'il examine 
ont des rapports de forme avec celle d'une autre espèce 
déjà décrite, et que la couche supérieure en est détruite; 

4° L'angle dièdre des cérames , que nous croyons pour 



(1) II est certain que de nos jours le degré de salure des mers a la plus grande 
influence sur la conservation des coquilles de ce genre, c'est-à-dire, qu'elles sont 
d'autant moinsbien conservées que les eaux dans lesquelles ces animaux vivent, 
tiennent plus d'hydrochlorate de soude en dissolution ; il est probable qu'il en 
était de même à l'époque carbonifère , car nous possédons bon nombre d'exem- 
plaires fossiles de cette époque, qui sont entamés par une forte érosion qui en a 
rendu la surface spongieuse et comme vermoulue, quoique les ornements aient 
persisté sur la surface imbriquée , comme cela se voit encore sur le Chiton 
aculeatus Lin . des mers d'Asie, et une foule d'autres dont l'énuméralion serait 
trop fastidieuse. Nous en concluons que le degré de salure qui a pu pro- 



I 



(44) 

chaque espèce aussi constant que l'ouverture de l'angle 
spiral chez les gastéropodes turbines; 

5° Les impressions musculaires aussi invariables dans 
les individus de la même espèce que chez les mollusques 
acéphales conchifères, mais offrant de légères modifica- 
tions de forme dans les différentes espèces ; 

6° Le développement plus ou moins grand de la la- 
melle interne, qui varie pour chaque espèce , et celui des 
apophyses. 

Nous devons cependant faire observer qu'il faut une 
certaine habitude pour faire choix d'une cérame parfaite- 
ment intacte pour mesurer l'angle dièdre, vu qu'il est 
assez rare d'en trouver dont cet angle n'ait été ou agrandi 
par une pression verticale ou rétréci par une compression 
latérale; dans beaucoup de cas il sera avantageux de 
prendre pour point de comparaison entre l'angle dièdre de 
diverses cérames le double de l'angle compris entre l'ar- 
rête supérieure de la carène dorsale et la côte qui sépare 
l'aire latérale de l'aire médiane; par là on sera dispensé 
de tenir compte de la déformation qu'ont pu éprouver les 
cérames. 



duire ce résultat, doit être au moins le même que celui qui, dans les mers 
actuelles, engendre des effets analogues; or, d'après les expériences de M. Gay 
Lussac, notre zone carbonifère correspond exaclemement à lalatitudede l'Océan 
où le degré de salure est le moindre; il en résulte évidemment que l'ordre de 
salure des mers a été au moins interverti une fois depuis l'époque carbonifère , 
et que la zone de l'Océan , qui à cette époque tenait le plus de sel marin en 
dissolution , est précisément celle qui de nos jours est la moins salée ; ce résul- 
tat est tout à fait opposé à celui auquel arrive M. Defrance en se fondant sui- 
des considérations erronées sur le mélange de coquilles fossiles fluviatiles et 
marines. Voir page 57 de son Tableau des corps organisés fossiles. 



N n I. CniTON tornacicola, de Ryckholt. 

(1>1. I. Fig. 1-3.) 

C. Testa minimâ , ovali , convexâ ; ceramis extremis , areis latcralïbus 
et tegumento palleali granosis ; ceramo buccali anticè obtuse roslrato, 
suberecto , tnedio lateribus compresso , postice arcuato ; ceramo anali 
omnimodè ceramo buccali consentaneo ; pseudo-ceramo ? ceramis 
dorsalibus anticè et posticè lineâ paraleîlâ triflexuosâ delineatis; ca- 
rinâ dorsali latâ et rotundatâ ; areis medianis levibus. 

Dimensions, — Longueur 4 mill.; par rapporta la longueur, 
largeur -nn>; hauteur^. 

Coquille petite, ovale, convexe; la surface des cérames ex- 
trêmes , les aires latérales et le tégument palléal sont ornés de 
granulations qui nous ont paru confluer a leur base; toutefois, 
ces granulations n'ayant résisté qu'en petit nombre aux causes 
destructives que nous avons signalées précédemment, nous 
n'osons invoquer ce dernier caractère ; la cérame buccale serait 
semi-lunaire, si elle n'était rétrécie vers le milieu du côté palléal 
soit naturellement soit par accident; par suite, la partie anté- 
rieure se termine un peu en bec de flûte , se redresse et se 
rejette en arrière ; la cérame anale est en tout de conforma- 
tion analogue à celle de la cérame buccale , mais ayant été re- 
poussée sous la cérame qui précède , il ne nous est pas possible 
d'en faire connaître la fausse-cérame autrement que par induc- 
tion ; elle a dû avoir la forme de la moitié antérieure de V avant- 
dernière cérame; les cérames dorsales sont limitées par deux 
lignes parallèles à triple courbure, dont la médiane détermine 
la carène dorsale qui est large et arrondie ; l'aire médiane est lisse. 

Observations. — Quelques déchiquetures du tégument pal- 
léal qui ont persisté nous permettent de conclure que ce der- 
nier était couvert de granulations ; notre coquille étant fixée 
sur une valve de Cardiomorpha , il ne nous est pas possible 
d'en faire connaître les caractères intérieurs. 

Localité, — Elle est de la dernière rareté dans l'argile de 



(46 ) 

Tournay, subordonnée au système anthraxifère supérieur ; nous 
n'en connaissons que deux exemplaires. 

Explication des figures. 

PI. 1, Fig. 1. Exemplaire de grandeur naturelle; de ma collection. 
Fig. 2. Le même grossi. 
Fig. 3. Le même vu de côté. 

N° II. Chitom scaldiakus, deRyckholt. 
(PI. I. Fig. 4-6.) 

C. Testa minimâ, ovatâ, convexâ , crassâ, levi ; ceramo buccali semi-lu- 
nato; ceramo anali? pseudo ceramo? ceramis dorsalibus f lateribus 
medio coarctatis , lineis binis parallelis, trisinuatis delineatis ; areis 
lateraîibus parum amplis; carinâ dorsali latâ et rotundatâ; tegu- 
mento palleali? 

Dimensions, — Longueur des six cérames en place 2 f mill., 
largeur 2 mill. , hauteur 1 mill. 

Coquille petite , ovale , convexe , solide , lisse ; cérame buc- 
cale semilunaire ; cérame anale et fausse cérame inconnues , 
mais de facile recomposition; cérames dorsales limitées par 
deux lignes à triple courbure, dont la médiane détermine une 
carène dorsale large et arrondie ; les aires un peu concaves en 
leur milieu redeviennent convexes vers la région palléale; 
aires latérales petites et peu distinctes. Le tégument palléal et 
les caractères intérieurs de cette coquille me sont inconnus; la 
couleur de cet oscabrion paraît avoir été d'un blanc grisâtre ou 
bleuâtre, car il a conservé cette couleur, quoique la gangue 
dans laquelle il a séjourné pendant tant de milliers d'années , 
soit d'un noir assez intense. 

Observations. — Nous avons dit que les aires latérales de 
cette coquille étaient fort petites ; il est évident qu'il en sera 
ainsi chaque fois que les cérames dorsales auront peu de lon- 
gueur et seront circonscrites par des lignes onduleuses ; car 
dans ce cas ces aires resteront en quelque sorte à l'état rudi- 
mentaire pendant les premières périodes de l'accroissement de 



(47 ) 

l'animal, et se confondront d'abord avec la limite postérieure de 
la cérame ; comme on peut le voir sur le Chiton gigas Chemn., 
et autres. 

Localité, — Rare dans l'argile subordonnée au système an- 
thraxifère supérieur de Tournay; je n'en connais que deux 
exemplaires. 

Explication des figures. 

PI. I, Fig. 4. Exemplaire de grandeur naturelle, vu en dessus ; de ma col- 
lection. 
Fig. 5. Le même grossi. 
Fig. 6. Le même vu de profil. 

N° III. Chiton nervicanus, de Ryckholt. 

(PI. I. Fig. 7-9.) 

C. Testa ovato-elongatâ } carinalâ ; carinâ triangulari, obtusâ ; ceramo 
buccali? ceramo anali posticè dilatato, rotundato et trilamelloso, an- 
ticè paululùm angustato, truncato et insuper sulcatulo, carinâ 
haud terminait ; ceramis dorsalibus ovato-oblongis , carinâ posticè 
in apiculum exstante; areis lateralibus longitudinaliter sulcatis, 
area medianâ sulculis undulatis ornatâ; apophysibus elongatis, 
cuspidatis. 

Dimensions. — Longueur d'une cérame dorsale 17millim.; 
par rapport à cette longueur, largeur antérieure ^ ; largeur 
médiane -^ ; largeur postérieure -^ ; hauteur antérieure ^ ; 
hauteur postérieure ^ ; angle dièdre 95°. 

Coquille ovale, fort allongée , fort déprimée, à carène trian- 
gulaire, un peu émoussée; cérame buccale., ? cérame anale pos- 
térieurement dilatée , arrondie et formée de trois lamelles qui 
semblent s'appliquer les unes sur les autres; ces lamelles sont 
parallèles au côté palléal et dégénèrent près du bord antérieur 
en un même nombre de sillons peu marqués ; ce bord est un 
peu rétréci et tronqué; sa carène n'est point terminale; 
cérames dorsales antérieurement un peu rétrécies et posté- 
rieurement un peu dilatées et arrondies , munies de deux apo- 



(48) 

physes un peu effilées; la carène se termine en pointe etdépasse 
un peu le bord postérieur; aires latérales ornées de sillons 
longitudinaux bien marqués ; ces sillons s'étendent en s'efla- 
çant et eu se repliant sur Y aire médiane. 

Observations. — Le contour des cérames , leur longueur 
comparée à leur peu de hauteur distinguent éminemment 
cette espèce de ses congénères de l'époque carbonifère; elle 
dépasse en longueur le Chiton prisais de Miïnst. 

Localité. — Fort rare dans l'argile subordonnée au système 
axthraxifère supérieur. 

Explication des figures. 
PI, T, Fig. 7. Cérame dorsale de grandeur naturelle, vue de côté ; de ma 
collection. 
Fig. 8. La même vue en dessus. 
Fig. 9. Cérame anale, vue en dessus ; de ma collection. 

IN IT. CniTON mempiscus, de Ryckholt. 

(PI. II. Fig. 5-10.) 

C. Testa ovatâ, convexâ, carinatâ, carinâ gibbâ et obtusâ; ceramo buc- 
cali fornicalo , anticè semi-circulari , posticè utrinquè rotundatè- 
truncato, insuper trisulcato, medio extremitatîbus excelsiore, ceramo 
analij anticè subsemi circulari, dilatato, posticè angustato, sub- 
rostrato } insuper striis undulatis, tenuissimis , confertis ornato, 
carinâ aduncâ; ceramis dorsalibus anticè sinuatis, posticè vix ro- 
tundatis , apice prœalto , terminali , utrinquè, costis binis exslan- 
tibus indè adangulum anticum latescentibus , angulalis; areis late- 
ralibus rugis crassis, plicaeformibus obductis; areâmedianà anticè 
trisulcatâ , alibi passïm levi; tegumento palleali. . . ? 

Dimensions. — Longueur de notre plus grande cérame dor- 
sale 17 mill. ; par rapport à la longueur , largeur fh'i hauteur 
antérieure j§§\ hauteur postérieure ^j angle dièdre 6&°. 

Coquille ovale , convexe , carénée , carène très-bossue et 
obtuse; cérame buccale fortement voûtée, antérieurement semi- 
circulaire, postérieurement coupée un peu obliquement de 
chaque côte du sommet par deux faibles arcs de cercle a con- 



( *9 ) 

Vexité extérieure ; la surface est beaucoup plus déprimée aux 
deux extrémités qu'au milieu; trois sillons profonds, parallèles 
au bord antérieur et places à des distances inégales , détermi- 
nent près de celui-ci d'abord un tore filiforme , ensuite un listel 
plus large; quelques stries concentriques en complètent les 
ornements; cérame anale antérieurement dilatée, incomplète- 
ment semi-circulaire par une légère saillie du bord près des 
apophyses , postérieurement un peu rétrécie en forme de bec ; 
la surface est ornée de stries fines onduleuses très-rapprochées, 
dont quelques-unes sont plus marquées; la carène fort busquée 
est presque terminale ; cérames dorsales à bord antérieur sinueux 
et postérieur à peine arrondi; carène dorsale fortement in- 
clinée d'arrière en avant et en bec de corbin ; de chaque côté 
du sommet, qui est terminal et fort élevé, partent en s'élargis- 
sant deux côtes saillantes qui aboutissent à l'angle antérieur ; 
elles forment un angle qui mesure l'espace occupé par les apo- 
physes pendant les accroissements successifs de la cérame, 
l'inférieure limite Taire latérale qui est couverte de rides et de 
plis parallèles au côté palléal; trois de ces rides, en passant sur 
Y aire médiane près du bord antérieur, dégénèrent en sillons 
qui produisent des ornements analogues à ceux de la cérame 
buccale; partout ailleurs elle me paraît lisse. Les apophyses 
des cérames dorsales, â l'opposé de celles de la cérame anale, 
sont plus larges que longues. 
Tégument palléal. . . ? 

Observations. Je ne crois pas m'ètre trompé en rapportant à 
une même espèce les trois cérames que je viens de décrire; il y 
a dans leur faciès quelque chose de si concordant que je ne puis 
douter un instant de l'exactitude de ma détermination. La ca- 
rène de la cérame anale est la plus terminale que je connaisse 
parmi nos espèces fossiles ; il est impossible de confondre cet 
oscabrion avec aucune des espèces connues, tant ses gibbosités 
lui donnent un caractère propre; il a dû avoir une longueur 
presque égale à celle du Chiton priscus de Mùnst. 

TOM. XII. 4. 



( 50 ) 

Localité» J'ai recueilli cette espèce dans l'argile subordonnée 
au calcaire anthraxifère de Tournay ; elle y est rare. 

Explication des figures. 

PI. II, Fig. 5. Cérame buccale vue de côté. 

Fig. 6. Idem vue de devant. 

Fig. 7. Cérame dorsale vue en dessus. 

Fig. 8. Idem vue de côté. 

Fig. 9. Cérame anale vue en dessus. 

Fig. 10. Idem vue de côté. 

Tous ces exemplaires sont de ma collection. 

N* V. Chiton mosensis, de Ryckholt. 

(Pl. 1. Fig. 10.) 

Testa ovato-convexâ } çarinatâ rugis tenuibus irregularibus varié decus- 
sata \; ceramo buccaïi...? ceramo anali semi-lunato ; pseudo-ceramo 
anticè subsemi-circulari , posticè rotundato ; ceramis dorsaîibus pe- 
nitùs pseudo-ceramo consentaneis? apophysibus magnis et crassis. 

Coquille ovale, convexe, carénée, carène obtuse ; sa surface 
est couverte de petites rides irrégulières, s'entre-croisant dans 
tous les sens; cérame buccale.,,? cérame anale semi-lunaire; 
fausse-cérame antérieurement incomplètement semi-circulaire 
et postérieurement arrondie ; la surface est couverte près du 
bord antérieur de huit à dix lamelles qui s'imbriquent récipro- 
quement, et sont ornées chacune d'une série unique de fines 
granulations ; cérames dorsales à peu près de même forme que 
la fausse cérame...? apophyses aussi larges que longues. 

Observations. Nous ne possédons de cet oscabrion que la cé- 
rame anale, mais qui suffit amplement pour déterminer la forme 
des autres cérames. L'espèce a cela de remarquable que la 
couche supérieure se replie sur le côté palléal , en formant un 
bourrelet sur la surface interne; nous en concluons qu'elle 
était dépourvue de tégument palléal. 

Localité, Dans les affleurements friables du calcaire anthraxi- 
fère supérieur de Visé; rare. 



(51 ) 

Explication des figures. 
PI. 1 , fig. 10. Cérame dorsale vue en dessus; de ma collection. 
NB. Les rides ne sont pas suffisamment marquées sur le dessin. 

W° VI. Chiton viseticola , de Ryckholt. 
(PL III. Fig. 10-11.) 

C. Testa elongatâ, convexd, tenui, rnarginatâ, carinatd, carinâ ro- 
tundatd ; ceramis extremis seriatim graniferis ? Ceramis dorsalibus 
elongato-scutiformibus, anticè emarginatis , posticè utrinquè obliqué 
arcuatis, tenuissimè granulatis; areis lateralibus longitudinaliter 
rugosis, rugis tenuibus et limbatis ; ared mediand concentricè et un- 
dulatim striatd, apophysibus brevibus segmentiformibus ; tegumento 
palleali nullo? 

Dimensions. Longueur de la plus grande cérame dorsale 
connue 13 mill.; par rapport à la longueur, largeur ^ ; hau- 
teur antérieure^; hauteur postérieure ~ ; angle dièdre 110°. 

Coquille ovale, allongée, convexe, fragile, marginée, à ca- 
rène dorsale arrondie ; cérames extrêmes inconnues, mais à en 
juger par les espèces vivantes de ce genre qui ont des rapports 
de forme et d'ornements avec celles-ci, elles sont probablement 
couvertes de petites granulations; cérames dorsales allongées, 
antérieurement échancrées en leur milieu, et postérieurement 
limitées de chaque côté par un arc de cercle à grand rayon et 
à concavité extérieure ; les aires latérales sont ornées de rides 
semblables à de minces ourlets et disposées parallèlement au 
bord palléal ; elles s'étendent en s'effaçant et s'aplatissant iné- 
galement sur Yaire médiane, où elles décrivent des lignes ondu- 
leuses d'autant plus prononcées que l'accroissement de l'ani- 
mal est plus avancé ; outre les rides la surface entière y compris 
le bourrelet marginal, est élégamment guillochée par des stries 
et des granulations punctiformes aussi serrées que possible , 
et si fines qu'on ne les découvre qu'à l'aide d'un instrument 
grossissant. Bourrelet marginal saillant et plus épais que les 



( 52) 

rides décrites plus haut; il remplace probablement le tégument 
palléal; apophyses courtes et en forme de segment de cercle. 

Localité. Cette coquille a été recueillie par moi dans les affleu- 
rements friables du calcaire anthraxifère supérieur de Visé; 
elle y paraît fort rare. 

Explication des figures. 

PI. III, Fig. 10. Cérame dorsale vue en dessus; de ma collection. 
Fig. 11. Grandeur naturelle. 

1S° VII. Chiton legiaccs, deRyckhoIt. 

(Pi. IV. Fig. 5-G. 

Chiton GEMMATUS , de Koninck , Description des animaux fossiles , etc., 
pi. XXIII, fig. 2, c, d. 

Testa...? ceramis extremis...? ceramis dorsalibus solidis, convexis, an- 
ticè truncatis, posticè vix sinuosis, angulis infimis rotundatis, areis 
anticè striato-granulosis , alibi passim erosis ; apophysibus latis et 
crassis. 

Angle dièdre , 105°. 

Coquille. ..? cérames extrêmes. . . ? cérames dorsales très-épaisses 
et convexes, à côté antérieur tronqué, à côté postérieur à peine 
sinueux, et dépassé par le sommet; la surface entièrement ron- 
gée par l'hydrochlorate de soude , parait avoir été couverte de 
fines granulations qui se montrent encore sur la partie imbri- 
quée, qui est en outre finement striée; les apophyses sont plus 
larges que longues. 

Observations. Cette espèce est remarquable par son élévation 
et par l'épaisseur de son test; elle a été confondue par M. le 
professeur de Koninck avec son Chiton gemmatus; elle a, en 
effet, quelque affinité par ses ornements avec ce dernier; mais 
sa forme l'en éloigne beaucoup. 

Localité. Dans les affleurements friables du calcaire anthra- 
xifère de Visé, où elle est fort rare. 



( 53 ) 

Explication des figures. 
PI IV, Fig. 5. Cérame dorsale vue en dessus; de ma collection. 
Fig. 6. Idem vue de devant. 

N° VIII. Ciiiton eburonicus, de Ryckholt. 

(PI. IV. Fig. 7-8.) 

Testa ovatâ f sub-excelsâ , granosâ, granis validis serialibus, carinatâ, 
carinâ subacutâ, latere palleali medio coarctato, paululùm concavo; 
ceramis extremis...? ceramis dorsalibus, antico latere sursùm trun- 
calulo et ulrinquè sinuoso; latere postico subrostrato carinâ exslante 
et utrinquè ex apice vix arcuato; areâ medianâ leviore; apophy si- 
bus latissimis ; lamellâ interna praelongà , subplicatâ , angustiore; 
tegumento palleali. . . ? 

Angle dièdre , 85°. 

Coquille ovale, assez élevée, carénée, carène peu convexe ; à 
région palléale comprimée, même un peu concave; sa surface 
est ornée de granulations assez fortes, confluantes à leur base 
et disposées en séries parallèles aux côtés; cérames extrêmes..,? 
cérames dorsales antérieurement un peu tronquées et sinueuses 
de chaque côté de la troncature; côté postérieur un peu en 
pointe par la saillie de la carène et légèrement arqué de chaque 
côté du sommet; aires latérales faisant un angle obtus ayec 
Yaire médiane; les granulations y sont bien plus fortes que sur 
la surface de cette dernière; apophyses beaucoup plus larges 
que longues et occupant toute la partie sinueuse du côté anté- 
rieur ; la lamelle musculaire fort développée dans le sens de la 
longueur, l'est comparativement moins dans l'autre sens que 
dans les espèces décrites précédemment; la surface est couverte 
de fins plis transversaux ; tégument palléal...? 

Observations. Les caractères que nous venons de signaler 
distinguent éminemment cette belle espèce de ses congénères 
de la même époque; nous n'en connaissons que les cérames 
dorsales ; cependant, si la forme pointue, que nous avons assi- 



( 54) 

gnée provisoirement à la cérame buccale figurée pi. IV, fîg. 1, 
comme appartenant au Chiton gemmatusde Kon., venait à être 
constatée, il faudrait bien certainement rapporter cette dernière 
à l'espèce dont nous nous occupons; car il est positif pour nous 
que la cérame buccale du Chiton gemmatus doit être limitée 
antérieurement par une ligne semi-circulaire. 

Localité, Dans les affleurements friables du calcaire anthraxi- 
fère supérieur de Visé , où l'espèce n'est pas fort rare. 

Explication des figures. 

PI. IV, Fig. 7. Cérame dorsale vue en dessus. 

Fig. 8. Idem vue de côté; de ma collection. 

NB. Les granulations ne sont ni assez fortes, ni assez rapprochées sur 
les dessins. 

W° IX. Chiton turnacianus, de Ryckholt. 

(PL II. Fig. 1-4.) 

Quoiqu'il existe une incontestable affinité de forme entre la 
cérame dorsale figurée pi. II , fig. 2, et celle du Chiton priscus, 
probablement par suite de la destruction de la couche orne- 
mentifère , nous la considérons comme distincte avec d'autant 
plus de raison , que les cérames extrêmes ne se rapportant à 
aucune des espèces déjà décrites , ne subsisteraient pas moins 
pour justifier l'admission de l'espèce dans la science , si l'on 
venait un jour à reconnaître que la cérame dorsale appartînt à 
une autre. Il existe toutefois entre les trois cérames une con- 
cordance de caractères qui nous paraissent suffisants pour les 
attribuera une même espèce. 

Ce sont principalement l'épaisseur du lest cinq ou six fois 
plus forte que celle des cérames analogues du Chiton priscus 
et les impressions toujours fortement prononcées, tantôt sail- 
lantes, tantôt creusées dans l'épaisseur du test; elles rendent 
l'espèce reconnaissable au premier aspect ; la surface des céra- 
mes extrêmes est à peu près lisse. 



(58) 

Persuadé que les paléontologues n'éprouveront aucune diffi- 
culté de classer l'espèce à l'aide des figures que nous en don- 
nons, nous nous abstenons de la décrire plus amplement. 

Localité. Dans l'argile subordonnée au système anthraxifère 
supérieur de Tournay ; rare. 

Explication des figures. 

PI. IV , Fig. 1 . Cérame buccale vue en dessous et brisée pour en faire voir 
l'épaisseur. 
Fig. 2. Cérame dorsale vue en dessous, brisée par le même motif. 
Fig. 3. Cérame anale vue de côté. 
Fig. 4. Idem vue devant. 

I\<> X. Chiton sluseanus, de Ryckholt. 

Nous possédons une cérame dorsale un peu incomplète du 
calcaire anthraxifère supérieur de Visé, remarquable par sa 
forme presque circulaire , l'épaisseur de son test et le grand 
développement de la lamelle musculaire, qui parait légèrement 
marginée ; la surface près du côté antérieur est finement striée, 
partout ailleurs elle est trop fortement encroûtée pour pouvoir 
en donner une description ; aussi attendrons-nous de nouveaux 
documents pour la faire figurer ; cependant , persuadé que les 
indications que nous donnons suffisent pour la faire reconnaî- 
tre, nous la dédions aux frères de Sluse , tous trois célèbres à 
des titres différents et nés à Visé. 

IV XI. Chiton sandbergianus, de Ryckholt. 

Chiton priscus , G. Sandberg , Neues Jahrbuchfùr Minéral. , page 399. 

Nous avons récemment découvert dans le calcaire dévonien 
de Visé (1) une cérame dorsale que nous croyons pouvoir être 



(1) Cette espèce a été trouvée avec les coquilles suivantes : 

Terebratula prisca , Belcrophon tuberculalus , Nerita subcostata Ma- 

crocheilus arculatus, Euomphalus radiatus, Caïceola sandalina, etc. 

Toutes coquilles éminemment dévoniennes, mêlées par suite de causes faciles 



(56) 

rapportée à celle espèce ; elle se dislingue de celle du Chiton 
priscus par ses aires latérales plus lamelleuses dans l'âge adulte , 
par la lamelle musculaire , par l'angle dièdre un peu plus 
grand, etc. Il faudrait cependant être à même de comparer 
entre eux les exemplaires des deux localités avant de pouvoir 
trancher la question d'identité. Ne pouvant le faire en ce mo- 
ment, nous nous bornons à signaler cette nouvelle découverte 
aux paléontologues. 

IV tf XII. Chiton priscus, de Munster. 

(PI. III. Fig. 1-9.) 

Chiton PRISCUS, Munster (Graf zu) 1839, Beitrâge zur Pétri/. Kunde , I , p. 38, 

pl-» %- 4 - 

Chiton priscus, de Koninck, 1842, Description des animaux fossiles , etc. , 

page 321 , pl. XXIII , fig. 1, a, b, c, d. 

€. Testa ovalo-elongatâ , convexâ, carinatâ, carinâ oblusiuscula ; ce- 
ramo buccali forniciformi , aperturâ anticâ semi-circulari } posticâ 
subrectè angulari, insuper lamelloso vel sulcato , striato; ceramo 
anali suborbiculari vel sphaericè-lriungulari plus minùsve fomicalo, 
insuper lamellîs circularibus imbricato , antt'cè sinuatlm sulcifero; 
ceramis dorsalibus lateribus rotundatis , antico suprà emarginato , 
postico in analogicum apiculum exstante utrinquè costulâ vel lineâ 
ex apice ad angulum infimum diagonalî bipartitis ;areis lateralibus 
long itudinali 1er imbricatim lamellosis vel sulcalis; areâ mediand 
undulatlm , striis demis tenuissimis vel sulculis ornald ; apophysi- 
bus brevibus et hemicycliis ; legumento palleali...? 

Dimensions. Longueur du plus grand exemplaire que nous, 
ayons pu recomposer 105 mill. ; par rapport à la longueur, 
largeur f—, hauteur >£§§ ; angle dièdre 1 10°. 



à expliquer, avec des coquilles du calcaire anthraxifère supérieur ; comme il 
me paraît impossible, en examinant la roche, de séparer nettement les deux 
terrains, il ne serait pas impossible que notre oscabrion appartînt au der- 
nier; dans ce cas, cette cérame se rapporterait au Chiton priscus et n'en, 
gérait qu'une variété locale. 



(S7 ) 

Coquille ovale , allongée, convexe, à carène dorsale un peu 
émoussce; cérame buccale en forme de voûte, à ouverture semi- 
circulaire, à reins presque perpendiculaires entre eux ; sa sur- 
face est ornée près du bord antérieur de deux ou trois rangées 
de lamelles qui s'imbriquent disposées parallèlement à l'ouver- 
ture; les lamelles, presque toujours détruites soit par la fossi- 
lisation, soit par l'action corrosive des eaux salées, ne sont que 
l'apanage du jeune âge ; elles disparaissent avec l'âge adulte et 
sont remplacées par un nombre de sillons inégalement marqués; 
à tout âge l'on observe en arrière de ces dernières , un certain 
nombre de stries d'accroissement, variable selon l'âge ou la 
conservation des exemplaires que l'on a sous les yeux ; parfois 
au lieu de sillons et de stries, l'on observe un même nombre 
de petites côtes obsolètes, qui ne sont, pensons-nous, que des 
lamelles usées ; il y a donc lieu de croire que la surface de cette 
cérame était entièrement couverte de lamelles plus ou moins 
prononcées; cérame anale orbiculaire dans le jeune âge, un peu 
tronquée antérieurement lorsque l'animal a acquis tout son dé- 
veloppement ; elle est ornée de lamelles circulaires, non con- 
centriques, appliquées les unes sur les autres; ces lamelles, au 
nombre de cinq 01: oix distinctement superposées, composent 
le bord postérieur ; elles dégénèrent en sillons près du bord 
antérieur et ne persistent que rarement et toujours que par- 
tiellement sur la carène; cette carène est fort saillante, non 
terminale , à base anguleuse ? limitée par deux sillons diver- 
gents d'arrière en avant dans la direction des apophyses, qui 
sont courtes et semi-circulaires et placées à mi-hauteur du 
bord antérieur; la surface de cette cérame est sujette à une 
foule de modifications ; elle est plus ou moins lamelleuse, plus 
ou moins sillonnée , plus ou moins convexe , et souvent les 
bords en sont retroussés. Les quatre côtes des cérames dorsales 
sont limitées par des arcs de cercle , l'antérieure est en outre 
échancrée en son milieu , tandis que la partie correspondante 
du côté postérieur est dépassée par la carène qui se termine 
en petite pointe. Aires latérales limitées par une petite côte ou 



(58 ) 

par une ligne qui se dirige de chaque côté du sommet vers 
l'angle inférieur ; sa surface est couverte de lamelles imbriquées ; 
dans l'âge adulte et sénile, ces lamelles s'oblitèrent et se chan- 
gent en sillons , dont quelques-uns sont très-profonds ; l'aire 
médiane est ornée de fines stries onduleuses très-serrées dans 
le jeune âge , et plus tard de quelques sillons peu marqués. 
Les apophyses sont en tout semblables à celles de la cérame 
anale , seulement elles sont placées dans la direction du côté 
palléal ; tégument palléal, . . ? 

Observations, Quoique la description de cet oscabrion ait été 
faite à plusieurs reprises, nous pensons qu'elle restait encore 
en grande partie à faire ; il fallait pour cela un ensemble de 
matériaux que l'on ne peut se procurer que fort difficilement , 
et seulement à la longue , après d'incessantes recherches ; notre 
diagnose a été établie sur une multitude d'exemplaires de la 
plus belle conservation; l'on remarquera que la figure que 
nous en donnons diffère sensiblement de celle de M. le pro- 
fesseur de Koninck ; son pourtour est elliptique , les cérames 
dorsales diminuent graduellement de largeur à partir des 
médianes; la cérame anale est plus arrondie, plus lamel- 
leuse, etc. 

Localité, Les cérames de cette espèce se trouvent abondam- 
ment à Tournay , dans l'argile subordonnée au système an- 
thraxifère supérieur; elle sont rares dans le calcaire même. 

Explication des figures. 

PI. III, Fig. 1. Exemplaire recomposé d'après nos plus grandes cérames.. 

Fig. 2. Cérame buccale vue en dessus. 
Fig. 3. Idem au trait , vue de côté. 

Fig. 4. Cérame dorsale adulte , vue en dessus. 
Fig. 5. Idem adulte , vue de côté. 

Fig. 6. Idem jeune , vue de côté. 

Fig. 7. Idem adulte, vue en dessous. 

Fig. 8. Cérame anale vue en dessus. 
Fig. 9. Idem vue de côté. 



(59) 

IX" XIII. Ciiiton GEMMATUS, de Koninck. 

(PI. IV. Fig. 1-4.) 

Chiton gemmatus, de Koninck, Description des animaux fossiles , etc., 
pi. XXIII, fig. 2, a, b. 

Testa ovato-depressâ, carinatâ, granuliferâ, granulis minimis seriatïm 
disposais ; ceramo buccali anticè utrinquè obliqué truncato ? et in 
apiculum subleve desinente, posticè semi-circulari ; ceramo anali an- 
gusto, anticè arcuato f posticè hemicyclio; pseudo-ceramo ferè dor- 
salibus consentaneo ; ceramis dorsalibus lateribus coactatis, carinâ 
convexâ posticè exstante , lateribus infimis et antico valdè rotunda- 
tis; areis lateralibus explanatis; areâ medianâ ampliofe et leviore; 
apophysibus maximis. 

Angle dièdre 1S0°. 

Coquille ovale déprimée , carénée ; la surface est ornée de 
fines granulations disposées en séries concentriques; la cérame 
buccale se termine un peu en bec de flûte? tandis que les côtés 
palléal et postérieur sont arrondis ; la surface terminale se fait 
remarquer par l'absence de granulations ; la cérame anale est 
étroite, échancrée antérieurement et semi-circulaire postérieu- 
rement; fausse cérame pr/ sque conforme aux cérames dorsales; 
la projection horizontale du contour de ces dernières reproduit 
assez exactement une losange dont les angles inférieur et an- 
térieur seraient fortement arrondis , tandis que le postérieur 
ne l'est que faiblement ; la carène est fort obtuse ; les aires la- 
térales sont petites et presque horizontales ; les granulations y 
sont plus marquées que sur l'aire médiane. Les apophyses sont 
singulièrement développées. 

Observations. — Lorsque M. le professeur de Koninck dé- 
crivit cette espèce, la cérame buccale en était inconnue; l'on 
remarquera que la description que nous en donnons est loin 
d'être aussi complète qu'on pourrait le désirer, quoique suffi- 
sant amplement pour la faire connaître ; cela provient de ce 
que l'unique échantillon que nous avons pu recueillir étant 
engagé dans la roche, la forme de la partie antérieure reste 



( 60 ) 

douteuse; nous sommes cependant persuade qu'elle est arron- 
die et non taillée en bec de flûte. 

Nous avons maintenu le nom spécifique de gemmatus pour la 
cérame anale figurée pi. XXIII, fig, 2, a, 6, de l'ouvrage pré- 
mentionné, tandis que la cérame dorsale, fig. 2, c, d, de la 
même planche, devient pour nous le Chiton legiacus, sa confor- 
mation ne permettant pas de la rapporter à la même espèce. 

Localité. — Dans les affleurements friables du calcaire an- 
thraxifère supérieur de Visé ; rare. 

Explication des figures. 

PI. IV, Fig. 1. Cérame buccale vue en dessus. 

Fig. 2. Cérame dorsale vue en dessus. 

Fig. 3. Cérame au trait vue de côté. 

Fig. 4. Cérame anale vue en dessus, sec. de Koninck. 
NB. Les deux premiers exemplaires sont de ma collection. 

Chiton? cordifer, de Koninck. 

(Pl. IV. Fig. 9-16.) 

Chiton? cordifer, de Koninck, 1842, Description des animaux fossiles , etc., 
page 324 , pl. 22 , fig. 5 , a et b. 

M. le professeur de Koninck, en décrivant sous ce nom géné- 
rique des débris organiques un peu cèramiformcs de l'argile 
carbonifère de Tournay, a émis des doutes sur la place qu'il leur 
assignait; nous les avions classés dans notre collection avec les 
crinoïdes, et plus tard nous ne les en avons retirés qu'à regret, 
malgré l'autorité de ce savant ; une étude plus approfondie de 
la coquille du chitonier nous a démontré que la conformation 
de ces débris les exclut du genre auquel ils avaient été rap- 
portés , et qu'ils appartiennent à un autre ordre d'animaux 
bien différent, aux Radiaires et probablement à un genre 
voisin du genre pentremites Say. Ma détermination se fonde sur 
les considérations suivantes : 

1° Le manque d'apophyses et d'impressions musculaires; 

2° Nous avons exposé dans nos généralités le mode d'accrois- 



(61 ) 

sèment auquel la coquille du genre qui nous occupe est sou- 
mise , et nous avons reconnu qu'aucun ornement isole de 
quelqu'imporlance ne pouvait se développer sur la carène 
dorsale ; 

8° Dans toute cérame dorsale il existe un point qui est 
commun aux trois aires ; c'est l'origine de la cérame ; au delà 
de ce point qui forme la limite postérieure de la génératrice ou 
de l'arête supérieure de cette carène, l'on reconnaît la cérame 
à l'état embryonnaire ; c'est aussi de ce point que commence la 
division en trois aires ; or dans les débris dont il est ici ques- 
tion , l'aire médiane ne commence que lorsque les aires laté- 
rales sont complètement développées, c'est-à-dire . de la pointe 
du cœur qui se trouve située à peu près sur la moitié de leur 
longueur; 

4° Si l'on examine les débris attentivement et que , consi- 
dérés comme cérames , on les suppose en place , l'on recon- 
naîtra sans peine que l'accroissement a eu lieu d'avant en 
arrière ; or la cérame se développe d'arrière en avant ; 

b*° Les deux impressions linéaires qui partent de la pointe 
du cœur en donnant à 'lJ surface qu'elles limitent, une appa- 
rence d'aire médiane , ne sont autres que celles qui résultent 
du contact des deux pièces voisines , lorsque l'animal se con- 
tracte, comme cela se voit chez lespentremites, etc., nous avons 
fait représenter, pi. IV, fig. 9-16, les différentes pièces qui 
depuis la publication de M. le professeur de Koninck, sont con- 
sidérées par quelques géologues, les unes comme cérames 
anales, les autres comme cérames dorsales , parce que nous 
croyons que la figure donnée par cet auteur a été faite d'après 
un exemplaire un peu fruste ; il sera facile de voir que ces débris 
organiques diffèrent sensiblement entre eux, quoique tous 
soient cordifères. 





( 62) 


Relevé des espèces connues par ordre de terrains. 




SYSTÈME DÉVONIEN. 


Chiton sandbergianus, 


de Ryckholt. 


subgranosas , 


Sandberg. 


fasciatus , 


id. 


SYSTÈME ANTHRAXIFÈRE SUPÉRIEUR. 


Chiton priscus, 


de Munster. 


gemmatus , 


de Koninck. 


concentrions , 


id. 


tornacicola , 


de Ryckholt. 


scaldianus , 


id. 


nervicanus , 


id. 


mempiscus , 


id. 


mosensis, 


id. 


viseticola , 


id. 


legiacus, 


id. 


aburonicus , 


id. 


sluseanus , 


id. 


turnacianus , 


id. 




SYSTÈME TERTIAIRE. 



Chiton grignoniensis , Lamarck. 
subapenninus , Cantraine . 



— L'Académie ordonne également l'impression d'une 
notice de M. Nyst sur quelques Bulimes nouveaux ou peu 
connus (cette notice sera imprimée dans le prochain Bul- 
letin). 



Bull, rie / 'Acaei. ( . ML 2 'part, paye 62 - 



PU. 




t-ô. Chiton Tornacicola. S.A.S. de Rvck. ~-ç Cliiton Servie anus. SJLS.de Rvck. 
érSi — Scaldianus. SAS. de Rvck. 10. Mbsensis. SA.S.de Rxck. 



£////. iù> ! Acad. t. XII. 2 'p<jrt,p«yc 62 



PLU. 




■ 



-4 Chiton Turnacianus.S. \ S. de HVck. 5-jo. Chiton Mempiscus. S. A S.deHvek. 



lit///. ,/<> / Ara//, t. $.11, 2 ''purtjpagr, 62 



ri. Il 







£-4.Chiton Gemmatus. S.A.S-deKon. 7-8. Chiton Sluseanus.SA.S.deRvek. 



J- 6. 



Lediacus. SAS.deRvck.^-^ Chiton';' Cordifer. S.A.S.deKon. 



( 63) 



HISTOIRE DU PAYS. 



Nouveaux extraits d'une chronique de Flandre inédite, com- 
mençant en 1294 et finissant vers l'an 1468 ; parle baron 
de Reiffenberg. 

Les extraits que j'ai déjà publiés d'une chronique de 
Flandre inédite dont j'ai fait l'acquisition à Gand , peuvent 
donner une idée de son importance et de son mérite. En 
voici un autre qui concerne le règne du comte Gui de 
Flandre , un des anciens souverains de ce pays sur lequel 
on possède le plus de documents de toute espèce. 

La réponse de Philippe-le-Bel au légat du pape Boni- 
face était connue, mais ce fait reproduit ici avec une sim- 
plicité énergique , n'en contribue pas moins à faire appré- 
cier l'esprit du temps et l'opinion des politiques sur les 
limites des deux puissances. 

Suivant l'auteur naïf les rois et princes n'ont que deux 
rôles, ils sont ou dolents ou joyeux, dolents dans le revers, 
joyeux dans le succès. Ils ne sortent pas de là. Le person- 
nage que joue l'empereur est à peu près celui de Charle- 
magne dans les romans carolingiens ou du roi Noble dans 
le Renard. Ainsi que Karles li ber et Noble, il se met dans 
de grandes colères , profère de terribles menaces et 
lance des arrêts foudroyants ; mais en définitive , il cède et 
se radoucit presque toujours. 

Il est même beaucoup moins digne, car ce successeur 
des Césars , si fier , si majestueux , ne se met pas en peine 
de changer de sentiment et de langage, le tout pour quel- 



(64 ) 

ques écus. Il a vraiment l'air d'appartenir à notre époque 
positive et financière. 

Les mœurs grossières et rudes de ces siècles se montrent 
à nu ; la cupidité sans frein , la cruauté sans miséricorde, 
la vengeance atroce et insatiable. 

Le défaut d'ensemble, de plan et de persistance dans les 
actes de la politique s'aperçoit en ce petit tableau. Les 
grands desseins étaient presque impossibles , et toute la 
diplomatie la plus déliée de nos jours aurait peine à faire 
marcher d'accord tant de ressorts isolés, opposés entre 
eux, travaillant sans suite et sans harmonie. 

Les vêpres flamandes terminent la narration. 

On remarquera que l'auteur, comme tous ceux de son 
époque, n'est pas trop sûr du chiffre des corps armés qu'il 
met en mouvement, ou des morts qu'il laisse sur le champ 
de bataille. 

Il est évident que la plupart du temps il exagère ces 
nombres. 

Je vais le laisser parler. 

Du discord et guerre qui fut entre Philippefe-Bel, roi de France, 
et Gui de Dampierre, conte de Flandres, à cause que ledit 
conte mariait sa fille en Engleterre , sans le congié dudit roi , 
dont ilpcrdi sa dite conté. 

Fol. 1. En l'an de grase Nostre Segneur mille deus cens quatre-vins 
et quatorsse rennoit ou roialme de Franche Phelippe-le-Biel , 
et en Flandre le conte Guy de Donpière, qui fu fils de le con- 
fesse Margueritte , et ot en son vivant ij famés , dont il ot plui- 
seurs enfants. Le première femme fu fille l'advoué de Biétune. 
De celle ot li contes iiij fils , Robiert, Ghilamme de Crievecuer, 
Ghilamme Patrenostre et Phelippe de Diette; et ij filles dont 
l'une fu mariée au conte de Guerleres et l'autre au conte de 



( 65) 

Jullers. Et de l'autre femme qui fu fille au conte de Lusembourc 
et contesse de Namur, ot li contes iij fils, Jehan, Gui et Henry, 
et une fille qui fu filloelle ou roy Phelippe et lu nommée Fli- 
potte. Li rois Edouars d'Engletière fist ceste fille demander 
pour Edouars, son fil, et le conte lui fiancha en la main des 
mesages. Il fu brièvement dist au roy de Franche , lequel par 
consail manda au conte de Flandres qu'il venist parler à luy , 
et amenast Phelippe, sa fille; et li contes y ala et y mena la 
pucelle. Quant le roy le tint, il dist que elle demoroit(l) de- 
viers luy et le détint , et blâma moult le conte de chou que il 
avait fait , et lui comraandast que vuidast le conté de Flandres, 
car fourfaite l'avait pour che que il estoit deffendut par le 
consail des prinches et des haus hommes , que prinche ne 
noble homme du roialme de Franche ne mariât ses enfants 
hors du roialme, sans le congié du roy, et qui sans congiet le 
fasoit , il estoit au volloir du roi de luy desyreter. 

Li conte ne pot trouver mierchit au roy, pour prière d'amis 
ne convenenches qu'il peuist faire, ains demora sa fille par 
deviers le roy, qui ne vault mie que le mariage se fesist, pour 
che que le roy d'Engletière estoit ses anemis ; et ot li contes 
consail d'aucuns de ses amis, qu'il apielleroit du roy devant le 
sain père , et envoia à Rome pour relever l'apiel. Li pape Bo- 
nifasse vault bien que li apiaus se fist , et envoia à Paris j légal 
qui dist au roi de par le pape qu'il rendist au conte de Flandre 
sa fille et le laisast marier là où il l'avoit afiyé , et lui laisast 
goïr de sa tière paisiblement, et se ce ne voloit faire, il lui 
asinoit jour devant le sain père et ses officiers, dont luy res- 
pondi le roy que le pape ne se devoit point meller de sa se- 
gnourie tierryane, et qu'il avoit court de droit pour ses hommes 
jugier. Li légaulx reporta au pape le responsse du roy. Quant 
le conte seult que le roy ne se voloit amolyer parle mandement 
du pape , il manda le fait au roy d'Engletière, et requist aide 



(1 ) Demorroit , demeurerait. 
Tom. XII. 



( 66 ) 

à ses amis, et fist grande assemblée de prinches en la ville de 
An 1293. Granmont. La fu le roy d'Engletière , Ardouffle (1) l'enpereur 
d'Alemagne, li duc Daufrique (2) , li duc de Braibant, li conte 
de Guellere, li conte de Julers, li conte de Holande, li conte 
de Bar, qui avait espousée la fille du roy d'Engletière. Par 
devant ches prinches que j'ai nommet et pluiseurs autres, fist 
li contes de Flandres , apriés pluiseurs parolle devisées , hom- 
maige au l'empereur de le conté de Flandres. L'empereur le 
rechut et lui proumist de le garandir contre tous hommes , 
et ausi firent tous les autres segneurs. A dont furent faites 
lettres de deffianche où li aloyés mirent cacuns leur seaulx , et 
furent ces lettres portées au roy de Franche par iij abés , dont 
li uns fu de Jenghens (3) , li aultres de Grammont et li tiers de 
saint Bavon de Gant. Quant li rois Phelipe ot rechut ces def- 
fianches , il manda ses homes et ses soudoyers pour aler en 
Flandres, et quant il deult partir de Paris à tout son armée , il 
envoia Jaque de Seinpol à Coulongne, savoir si poroit détryer 
l'empereur de venir contre lu y , et lui envoya iij sommiers 
d'or et d'argent. Quant ledit Jaque vint à Coullongne , il y 
trouva l'empereur , et lui dist salut de par le roy de Franche 
qui lui prioit qu'il ne fust point en l'aiue de ses anemis pour 
lui grever , et que à son couronnement il avoit fait sierment 
qu'il n'acroisteroit son fief sur le roialme de Franche , et li rois 
de Franche avoit ausi juret à sen sacre que il n'entreprendroit 
riens sur l'empire , et qu'il gardast bien sen sierment , comme 
il voloit que le roi de Franche gardast le sien. A dont lui fist 
Jaque présent desdis sommiers , et li empereur le rechut moult 
liement, et lui proumist qu'il ne se melleroit pour l'une partie 
ne pour l'autre. Et ausi rechut-il grans présens de par le conte 
de Flandres; mais quant le conte sent que l'empereur l'avoit 



(1) Ardouffle, Arnoul. 

(2) Pour Jutrique, Autriche. 

(3) Enghicn? 






(67) 

ainsi tray, il manda le fait au duc d'Otrisse, qui estoit sen 
parent, lequel manda ses amis sans jour ne sans eure , et en 
asembla bien xiiii m hommes , puis deffia l'empereur , et ala 
mettre siège devant la ville d'Ais. Là vint l'empereur à tout 
xviii" 1 hommes pour le voloir desicgier, mais le duc lui livra 
bastaille , laquelle fu grande et orible et y ot grant ochesion 
d'un costet et d'autre. Mais enfin li empereur y fu ochis et le 
plus grant partie de ses hommes, et le remennant s'en fuy 
comme vaincus. 

Apriés leditte desconfiture entra le duc d'Ostrisse en la ville 
d'Ais et s'i fist couronner comme empereur. Tantos apriés sen 
couronnement , vint le conte de Haynau à Ais et releva sen pais 
de l'empereur comme raison estoit , puis exorta tant l'empe- 
reur qu'il envoia demander une des filles de Valois à femme, 
lequel mariage le roy Phelipe acorda, et ainsi pierdi le conte 
de Flandres l'aloianche de l'empereur d'Alemagne et de plui- 
seurs segneurs qui estoient de sen linage. 

Apriés ledit mariages bostés , le conte de Hainau s'en ala par 
deviers le roi de Franche, qui avoit mandet ses hommes pour 
aler en Flandres , comme dist est. Quant ledit conte de Hainau 
vint au sierviche du roy , il y fu moult notablement rechus , 
car il estoit niés au conte de Flandre , mais ledit conte lui avoit 
faitpluiseurs grief, dont il se voloit vengier, car le sierviche qu'il 
fasoit au roy, c'estoit de se pure volonté, sans contrainte nulle. 

Apriés le venue dudit conte de Hainau, le roy se parti de 
Paris, et s'achemina deviers Flandres, et le conte de Flandres 
d'autre costé avoit mandet ses hommes et pluiseurs soudoyers 
et envoia Ghilamme, sen fil , à Douay pour le ville garder, le- 
quel ot espousé la fille Raoul de ISeelle, connestable deFranche. 
Apriés envoia le conte Robers, sen ainet fil, à Lille, et avoec 
luy grant plentet de soudoyers ; cieus Robiers ot ij fis de sa da- 
raine femme qui fu fille au duc de Bourgongne , et estoit con- 
tesse de Namur; et estoit la dame trespassée, dont Lois, li 
ainnés de ses fis releva leditte conté du roy de Franche , et ne 
se mella de le gherre. Et li autre fils ot nom Robert, et fu puis 



(68) 

segneur de Cassiel, et les aultres fils du conte Guy furent en- 
voyés à Graramont et en aultres ville pour garder les frontières 
du pays contre l'ost du roy de Franche qui chemina tant qu'il 
vinrent à Douay ; lequelle ville il laissèrent sans asalir , par le 
consail d'aucun favorisans les Flamens. De là s'en ala li ost en- 
viers Lille , et se logèrent à Seclin , se non le conte de Foriés 
et chelui de Sansoire, qui s'en aloient à tout xx m hommes viers 
le Pont-à-Rasse. Là il trouvèrent grant nombre de Flamens qui 
leurs deffendirent le pasage , et se partirent de Douay bien 
vi ra soudoyers , qui vinrent taper en le queur des Franchois. 
Ainsi furent Franchois asalis devant et derrière et y ot grant 
ochision d'un costet et d'autre, mais enfin furent Flamens des- 
confis et s'en refuirent viers Douay; mais les ij contes les en 
cauchèrent si tangrement (1) qu'il entrèrent avoecque eus en 
la ville de Douay. Là il furent ochis du commun et décoppés par 
pièches, et puis furent entières en le mère églisse de la ville, et 
les aultres franchois qui estoient à Cans s'enfuirent enviers 
Seclin et nonchèrent au roy le mort de ses ij contes , dont li 
rois fu moult dolans. 

Entrues que li rois reposoit à Seclin boutan (2) le fu en ré- 
glisse Sain-Piat de Seclin , dont li rois fu moult dolans , car il 
avoit deffendut que nus ne messesist as églisses sur estre punis 
en cors et en biens , mais on ne povit savoir qui ch'avoit esté. 
Lors fist-il crier que qui avoit bouté le fu en réglisse , qu'il le 
venist nonchier et on lui donroit xl <£. Quant chelui qui l'avoit 
boutlet 6y le crit, il vint dire au roy que ç'avoit-il esté, dont 
lui fist le roy donner les xl <£. , mais incontinent qu'il fu cnsus 
du roy , il fu pris du rois des rihaus qui lui toli sen argent et 
le pendi à i quenne. 

Tantos que le roy se fu partis de Paris pour aler en Flandres, 
le roïne, se feme, s'en ala en se tière de Canpaigne, où li conte 



(1) aigrement? 

(2) Boutèrent. 



(69 ) 

de Bar menoit guerre , pour che que il esloit alyés au conte de 
Flandres; et mena la roïne avec luy le duc de Loraine , le vi- 
conte de Nerbone , le conte de Rousi et pluiseurs soudoyers ; 
dont li conte de Bar ot paour que se tière n'en fust destruite et 
pierdue , siques il se rendi à le volenté de la roïne , sans faire 
bastaille , et la roïne l'envoia en prison à Paris , et s'en ala à 
tout sen armée apriés le roy , et le trouva à Seclin , où il se de- 
voit partir l'endemain pour aler à Lille , et lui conta la dame 
comment il avoit pris le conte de Bar , dont li rois fu joieus. 

Le nuit sain Jehan-Bastitre l'an MCC et LXXXXV1I (1297) , se 
party li rois de Franche de Seclin et vint aségier le ville de 
Lille , en lequel esloit en garnison Robiers de Biestune , ainné 
(il du conte de Flandres, lesquelz deffendirent la ville l'espasse 
de ij mois contre le roy et son pooir. Entrois que le siégé estoit 
devant Lille, Robert d'Artois à tout xv m hommes s'en ala fourer 
enviers Furnes; là il encontra bien xxx m Flamens que le conte 
de Jullers menoit. Là y eut orible ochission d'un costet et d'aultre, 
car le fil de conte d'Artois y fu tués , et le conte de Jullers pris 
et menés en prison à Saint-Aumer. Là il morru, et en le fin 
furent lesdis Flamens tous mors et desbaretés et le ville de 
Furnes arse et destruitte. 

Apriés envoia le roy de Franche Charle de Valois , sen frère, 
à tout xx m hommes à Courtray , laquelle ville se rendi sans cop 
férir. L'endemain s'en ala-il à Bruges, lequelle se rendi parail- 
lement , et y fu rechus à moult grant honneur. 

Apriés ces coses ainsi avenues Robiers de Biétune se parti de 
Lille et s'en ala à Gand. Là il trouva le conte de Flandres et le 
roy Edouart , à tout xv c Englés, à quel Robiert demanda se le 
ville de Lille seroit point secourue et qu'elle ne se pooit plus 
tenir. Quant le conte Guy entendi sen fil , il commencha à lar- 
myer en regardant sen fil et le roi Edouars et dist : « Élas ! je 
ne say que faire, car tous cheus quy s'estoientaloyés avoecque 
my m'ont du tout falit fors seullement le roy Edouart que 
occhi, à qui je prie qu'il me voelle esdier à che besoing. » Lors 
luy dist le roy qu'il ne li fauroit point et qu'il s'en r'iroit en 



(70) 

sen païs pour asambler ses gens , et qu'il le venroit secourir 
à c m hommes; dont le conte le remierchia. 

Le matin que li rois se devoit partir, les bourgeois de Gand 
vinrent au mestre d'oslel du roy pour estre payés, car pluiseurs 
avoient acrut grant plinte d'avoir à des Englés , pour leur des- 
pense; mais le maislre d'ostel leur dist qu'il ne pairoit per- 
sonne tant qu'il seroit revenus d'Engletière. Dont lesdis bour- 
gois s'esmement contre lesdis Englois, telement que ledit 
maislre d'ostel y fu tués et xv c Englés (1), mais li rois escapa 
li xc° et monta en mer, et s'en ala en Engletère, pensans que 
jamais ne se niellerait des Flamens. 

En ces adevalle se rendi Lille au roy sauve cors et bien, et 
ousi fist le ville de Granmont, en lequelle estoient en garnison 
le conte de Namur et ses ij frères Jehan et Guion , lesquelz 
s'en n'alèrent à Namur pensant que leur gherre ne pooit lon- 
guement durer. 

En bien pau de tans le roy fist tant qu'il conquist loulte 
Flandre et que le conle Guy et ses iiij fis du primier mariage se 
rendirent à luy , et furent mis prisonniers à Compiègne, et le 
conle Guy fu mis à Pontoise. Mais Philippe de Dieste (plus 
haut Diette) escapa et s'en ala siervir le pape Bonifasse. 

A priés ces cosses ainsi avenues le roy s'en n'ala à Paris et 
laissa Jaque de Sainpol , frères au conte de Sainpol et au conte 
Robiert d'Artois , manbour et gouverneur de Flandres, lequel 
fist tout par le moyen d'aucun gros bourgeois de Bruges , qui 
avoient part à le tarte , qu'il esleva à payer morte main ou dit 
pais, et , que plus estoit, de aucuns moroit sans laisier hoir de 
sa char, tous ses biens estoient au roy, dont cheus dou pais 
estoient dolans , mais il le soufroient pour pais avoir. 

Ne demora pas longuement apriés que ledit Jaque , par le 



(i) Le chroniqueur a dit plus haut qu'il n'y avait près d'Edouard et du 
comte Guy que 1500 Anglais. Ils auraient donc été égorgés jusqu'au dernier, 
ce qui n'est pas croyable. 



( 71 ) 

consail desdis bourgeois , requist à iiij membres de Flandre de 
lever une taille oudit pais , c'est à savoir sur cacun feu un 
gros le semaine, l'espasse de vij ans; lequelle on ne li veut 
point acorder, dont il fu si argues qu'il jura qu'il l'aroit manpré 
leurdeus. Dont fist-il mener toutsen avoir, dont il avoit gran- 
ment, au castiel de Malle, et y laisa pour le garder x chevalier, 
Ix soudoyers et xxxvi bourgois de Bruges , qui estoient de sen 
costet. Puis monta à cheval et s'en ala à Paris pour avoir grasse 
du roy de lever leditte taille , de lequelle il ne peutfiner. 

Entrois que ledit Jaque estoit a Paris s'asanblèrent de le 
ville de Bruges bien \ m hommes , toutte gens de petite cha- 
vanche , et en estoit capitaine , bouchiers apiellés Jehan Biede , 
liquelz s'en alèrent asalir le castiel de Malle. Quant cheus qui 
estoient devens virent qu'il ne se pooient deffendre contre tant 
de gens, il se rendirent sauve leurs vies. Mes quant les Flamens 
furent dedens, il ne tinrent foy ne convenenche, ains tuèrent 
tous les soudoyers franchois qu'il trouvèrent dedens. Et les 
gros bourgois qui lenoient le partie de Jaque de Sainpol , il 
copèrent les tiesles , puis partirent tout l'avoir dudit castiel 
autant à l'un comme à l'autre , puis revinrent à Bruges et fi- 
rent j roy d'un tiseran de draps apiellés Piètre , liquelz estoit 
sages et soutis en fès de gherres , car il avoit en sa jonesse 
sievit les gherres, et proumirent tous d'obéir à luy comme à 
leur segneur, tant qu'il n'aroient le conte Guy ou l'un de ses fis. 

Quant les nouvelles vinrent au roy de Franche que cheus de 
Flandres avoient pris son avoir et tués ses soudoyers, il quierra 
à Jaque de Sainpol xx m Franchois pour remaistre cheus de 
Flandre en obéisanche et faire justice de cheus qui avoient 
méfiait. Quant le roy Piètre seut que ledit Jaque venoit à tel 
armée, il benni (I) de Flandres tous cheus quy avoient eslet à 
prendre ledit castiel de Malle , lesquelz s'en alèrent viers le 
Dam qui est de l'empire. Puis manda audit Jaques comment il 



(1) Bannit. 



(72) 

avoit bennit dieux qui avoient meffait au roy et que la ville de 
Bruges et cheus du Franc estaient près d'obéir à luy , comme à 
leur souverain. Quant Jaques oy ces nouvelle il fu moult joieux 
et s'en ala à Bruges comme mal avisés, comme vous orés. Quant 
ledit Jaques et ses Franchois furent ostelés en le ville de Bruges, 
le roy Piètre s'apensa que ledit Jaques le poroit bien nuire, dont 
fist-il commandement que tous ostelier qui avoient ostetetlesdis 
Franchois mesisent à leurs ostèces i escut d'asur à iijfleur de lis 
d'or, afin que lesdis Franchois peusent reconnoitre leur ostèces 
entre les autre , pour esquéer le péril qu'il en poroit venir. 
Quant che fu fait et que le solloil fu es conset, ledit a Piètre 
manda à bennis qui estoient au Dam qu'il revenisent inconti- 
nent en le ville, armés et enbastenés. Quant il furent revenus, 
ledit Piètre leur dist qu'il alasent par les ostèces où ils verroient 
les armes de Franche , et tuasent tous cheux quy ne saroient 
parler flament. Et firent un cry pour eus reconnoistre , qui 
estoit Schild vrient. Par ceste manière furent ochis en le nuitié 
bien xviij c Franchois. Mes ledit Jaque de Sainpol escapa et ala 
nonchier au roy le pierte de ses gens et comment les Flamens 
les avoient trais. Quant li rois entendi ces nouvelles, moult en 
fu dolans, mais il manda incontinent gens d'armes à tout costés, 
en lequelle armée furent les segneurs ci-apriès dénommés , 
c'est à savoir le conte de Sainpol et Jaque son frère , le conte 
d'Eu, le conte de Clermont, le conte de Boulogne, le conte 
d'Estampes, le conte de Ghine , le conte de Soison, le fil du 
conte de Uainau , apielés Jehan-sans-Pité , et Godefroit d'Apre- 
mont, et pluiseurs autres segneurs, et bien c m hommes, les- 
quelz furent livrés à Bobiert, conte d'Artois, liquelz se par- 
tirent de Paris au mois de juillet l'anMCCC et II (1302). 

— M. le baron de ReifFenberg présente ensuite le 
manuscrit d'un Mémoire ou Éloge du feldmaréchal prince 
Charles- Joseph de Ligne. (Commissaires : MM. le baron de 
Gerlache , le baron de Stassart et Moke.) 



(73) 



Nouvelles observations sur le manuscrit de la bibliothèque 
royale, connu sous le nom de Liber Guidonis ; par 
M. Schayes, correspondant de l'académie. 

Chaque jour nous révèle de nouveaux trésors littéraires 
dans le riche dépôt des manuscrits de la bibliothèque 
royale, grâce surtout aux travaux érudits de M. de Reif- 
fenberg qui le premier a appelé l'attention de l'Europe 
savante sur cette célèbre bibliothèque des ducs de Bour- 
gogne, jadis inaccessible, enfouie longtemps dans les caves 
de l'ancienne cour (brûlée en 1731), puis pillée parles 
Français, une première fois en 1745, et d'une manière 
plus déplorable encore en 1 794. Enfin , il est reconnu au- 
jourd'hui qu'après les bibliothèques du Vatican , de Paris 
et de Vienne , il ne se trouve nulle part une collection de 
manuscrits plus précieuse que celle de l'ancienne biblio- 
thèque de Bourgogne. 

Les intéressantes notices que M. de Reiffenberg a lues 
devant l'académie sur le codice, connu sous le titre de 
Liber Guidonis (1) , et l'analogie qui existe entre le contenu 
de la majeure partie de cet ouvrage et le genre favori de 
mes études, la géographie comparée de l'antiquité, du 
moyen âge et des temps modernes, m'avaient inspiré le 
désir de faire moi-même un examen attentif du Liber Gui- 
donis. Mes recherches n'ont pas été sans résultat , car outre 
l'avantage qu'elles m'ont procuré de pouvoir communiquer 
à l'académie quelques observations à ajouter à celles de 



(1) Voir les Bulletins de 1845, l ro partie; p.4G8, 2« partie, p. 75, et 1844, 
l ro partie, p. 314; 2 e partie, p. 15. 



(74) 

M. de Reiffenberg, ce manuscrit m'a paru d'une impor- 
tance telle que j'ai pris la résolution d'en publier toutes 
les parties inédiles ou celles déjà éditées , mais dont le texte 
présente néanmoins des différences notables, c'est-à-dire 
les sept huitièmes du volume entier. En effet, je ne crois 
pas exagérer en disant que le Liber Guidonis est non-seule- 
ment un des manuscrits les plus précieux de la bibliothè- 
que royale , mais qu'il occuperait encore le même rang dans 
toute autre bibliothèque de l'Europe. Ce n'est donc pas 
sans raison que M. de Reiffenberg a témoigné le regret 
d'avoir dû se borner à n'en donner que de simples extraits 
dans les Bulletins de l'académie. 

Messieurs, le Liber Guidonis est, comme vous l'a fait 
connaître M. de Reiffenberg, un recueil de plus de vingt- 
cinq traités différents d'histoire et de géographie. A en 
juger d'après le titre, cette compilation serait l'œuvre d'un 
seul écrivain du nom de Gui ; mais ce titre est évidemment 
faux, car cet auteur qui n'est autre que Gui de Ravenne , 
comme il nous l'apprend lui-même (1) , florissait indubi- 
tablement avant la fin du VII e siècle, et ne peut par consé- 
quent avoir recueilli des documents datant du commence- 
ment du XII e siècle, tels que la chronique qui se trouve 
dans notre manuscrit, et qui s'étend jusqu'à l'année 1108. 
Il est donc à croire que le copiste qui a transcrit le ma- 
nuscrit en 1119, lisant en tête du livre le nom de Guido, 
aura par ignorance attribué la rédaction entière du recueil 
à Gui de Ravenne , dont la description de l'Italie forme le 
commencement de la compilation. Ce qui sert encore à 



(1) Ravenna in qua idem cosmographiac exposilor hujus lient indintus 
vnus Christi servus eocorlus sum , fol. 5. 



(7i>) 
confirmer ce fait , c'est que les savants italiens du XV e siècle 
qui ont eu entre les mains les écrits de Gui , ne le disent 
auteur que de cette topographie, d'une histoire de la 
guerre des Goths et d'une chronique des papes : un écri- 
vain français du XVII e siècle, Oudin , lui conteste même 
ces deux derniers ouvrages, qui ne sont point parvenus jus- 
qu'à nous, mais lui attribue, sans grand fondement toutefois, 
une histoire de la guerre de Troie. Du reste quelqu'intc- 
ressants que soient la plupart des documents que renferme 
le Liber Guidonis , le plus important est, à notre avis, 
la description de l'Italie , de Gui de Ravenne , parce que 
c'est jusqu'ici le seul manuscrit connu de cet ouvrage des 
premiers siècles du moyen âge , dont naguère encore le sa- 
vant Walckenaer déplorait vivement la perte (1) et dont 
Flavio Biondio (Italia illuslrata) , Antonius Galateus (2) 
( de situ Japygiœ et in epist. Loysio Palatino ) et Gabriel 
Barrius (de antiquitatib. Calabriae, lib. H), écrivains du 
XV e et du commencement du XVI e siècle , ne nous avaient 
conservé que de faibles fragments. 

Dans une savante et ingénieuse dissertation , insérée au 
tom. X des Rerum italicarum scriptores de Muratori, Berelti 
tenta de prouver que la description du monde, connue 
sous le titre de Géographie de l'Anonyme de Ravenne, pu- 
bliée en premier lieu par don Placide Porclieron , qui en 
fixait la date au VII e siècle, et une seconde fois par Jacques 
Gronovius en 1722 (5) ■> n'est qu'un abrégé de Gui de Ra- 
venne. Cette opinion a été adoptée par Wesseling, Fabri- 



(1) Voir l'article Gui de Ravenne dans la Biographie universelle. 

(2) Et non pas Gerlatius, comme ledit M. Walckenaer dans l'article bio- 
graphique de Gui de Ravenne. 

(5) A la suite de son édition de Pomp. Mêla. 



(76) 
cius et par d'autres auteurs. Le célèbre médecin Astruc 
entreprit de la combattre dans un mémoire sur le nom et 
les ouvrages du géographe de Ravenne , qui forme le chapi- 
tre XII de ses Mémoires sur l'histoire naturelle du Lan- 
guedoc, et prétendit que la géographie de l'Anonyme de 
Ravenne n'avait pas le moindre rapport avec celle de Gui 
de Ravenne. Beretti et Astruc n'ont pu argumenter que 
d'après les seuls fragments de la description de l'Italie de 
Gui de Ravenne, connus de leur temps; mais maintenant 
que nous avons retrouvé le manuscrit complet de cette 
topographie, sa confrontation avec celle de la description 
de l'Italie dans l'Anonyme, ne permet plus de douter que 
celle-ci ne soit un abrégé de la première, abrégé fort 
défectueux, plein d'erreurs et de lacunes, et dans lequel 
la plupart des noms des lieux sont défigurés de la manière 
la plus étrange. C'est donc à tort qu'Astruc a prétendu 
que l'ouvrage de l'Anonyme n'avait rien de commun avec 
celui de Gui de Ravenne ; et Beretti s'est trompé à son 
tour en présumant que la géographie de l'Anonyme n'était 
tout entière qu'un abrégé ou même une copie tronquée 
de Gui de Ravenne. Il est vrai qu'en parlant de Ravenne 
et en désignant cette ville comme le lieu de sa naissance, 
Gui donne à son livre le titre de Cosmographie , d'où l'on a 
lieu de conclure qu'il ne s'était pas borné à faire une des- 
cription des villes de l'Italie, comme Astruc et M. Walcke- 
naer l'avaient supposé jusqu'ici d'après les savants du 
XV e siècle, qui n'ont cité et probablement n'ont connu que 
cette monographie, mais qu'il avait entrepris de publier 
une géographie du monde ancien. Ce qui vient à l'ap- 
pui de cette conjecture, et prouve que si l'auteur ne put 
réaliser en entier son projet, il l'exécuta au moins partiel- 
lement, c'est que l'on trouve à la page 51 de notre codice 






(77 ) 

un périple ou description des bords de la Méditerranée 
qui commence et finit à la ville de Ravenne, et dont le 
Tond et le style trahissent à l'évidence la plume qui traça 
la description de l'Italie. L'abrégé de ce périple forme 
le cinquième livre de la géographie de l'Anonyme. Mais de 
ce que Gui de Ravenne aurait résolu de décrire toute la 
partie de la terre connue de son temps, travail qu'il ne 
put mener à terme ou dont au moins il n'existait plus, a en 
juger par notre manuscrit, que des parties détachées dès le 
commencement du XII e siècle, — il ne s'ensuit point que 
l'ouvrage de l'Anonyme ne soit tout entier qu'un abrégé 
de celui de Gui de Ravenne; car non-seulement le prologue 
de Gui diffère totalement de celui de l'Anonyme, mais la 
compilation de ce dernier renferme des extraits tirés d'au- 
teurs postérieurs de plus de trois siècles à Gui de Ravenne. 
L'événement le plus récent dont il soit fait mention dans 
la description de l'Italie par ce dernier, est la prise de 
Brindes et deTarente par Grimoald, duc de Bénevent, en 
668; d'un autre côté, dans le périple de la Méditerranée, la 
ville de Carthage figure encore comme une cité riche et 
puissante (1). Or, on sait que Carlhage, prise une seconde 
fois sur les Grecs par les Arabes en 698 , fut alors détruite 
de fond en comble et ne se releva plus jamais (2) , preuve 
évidente que Gui de Ravenne doit avoir écrit sa cosmogra- 
phie avant la fin du VII e siècle. La description du paradis 
terrestre, extraite des quaestiones du pseudo-Athanase , 



(1) Kartagho maxima, regalis, inclita, fortissimo,, opulentissima atque 
nobilissima quam robustissimus Christi martir et pontifex Ciprianus 
diverso dogmatum nectare poematum, quoque ac sophiae cultibus flori- 
dam praebuit, fol. 32. 

(2) Lebeau , Histoire du Bas-Empire. 



(78 ) 

auteur postérieur au VIII e siècle, que l'on trouve dans 
l'Anonyme (1), témoigne à son tour que ce dernier s'est 
servi de documents d'un âge plus récent que celui où floris- 
sait Gui deRavenne. 

Il résulte donc de ces observations, que Gui de Ravenne 
et le géographe connu sous le nom de Y Anonyme de Ravenne, 
auteurs tous deuxd'une géographie ou description du globe, 
sont des écrivains entièrement distincts; que le premier 
vécut au VIP siècle, et le second, son copiste et son abré- 
viateur, mais pour quelques parties seulement, lui est 
postérieur de deux siècles au moins (2) , et enfin que l'A- 
nonyme de Ravenne ne devra plus désormais s'appeler 
que l'Anonyme, puisque l'unique motif qui lui avait fait 
donner ce nom jusqu'ici , c'est qu'il avait transcrit aveu- 
glément dans sa compilation, faite sans choix ni juge- 
ment (5), le passage de la description de l'Italie par Gui, 
où celui-ci désigne Ravenne comme sa ville natale (4). 

Ce peu de lignes suffiront , je pense , pour faire apprécier 



(1) Ravenn. Ânon., lib. I, c. 7. 

(2) L'Anonyme ne doit pas être antérieur au X e et probablement même au 
XI e siècle. Ce fait est d'une assez haute importance pour la géographie an- 
cienne delà Belgique, car il prouve que c'est à tort que plusieurs historiens et 
savants ont invoqué l'autorité de l'Anonyme pour faire remonter jusqu'au 
VII e ou VIII e siècle l'existence de celles de nos villes dont la première men- 
tion se trouve dans l'ouvrage de ce géographe compilateur. 

(3) Comme preuve de l'ignorance de l'Anonyme, il suffira d'observer qu'il 
compte la Campine (Campaniam) parmi les fleuves de la Belgique (!ib. IV, 
c.26). 

Voir aussi Tiraboschi, Storia de la letteralura italiana, tome III, p. 200, 
et Guiguené, Hist. littér. d'Italie, lomel, p. 103. 

(4) Nous avons donné ce passage plus haut. L'Anonyme l'a copié de la 
manière suivante : Ravenna nobilissima , in qua licet idiota ego hujus cos- 
mographiae expositor, Chrislo adjuvante, genilus sum (lib. IV, c. 31). 



I 



(79) 

toute l'importance de la description de l'Italie de Gui de 
Ravenne, dont notre copie manuscrite est, suivant toute 
probabilité, la seule encore existante en Europe, et pour 
rectifier les erreurs et les contradictions dans lesquelles 
des savants les plus distingués sont tombés au sujet de ce 
monument géographique du Vil siècle. 

A la description de l'Italie de Gui de Ravenne succède, 
dans notre recueil, une autre description de cette contrée 
célèbre et de la Sicile, intitulée : Liber provinciarum Italiae. 

Ce traité inconnu à l'Anonyme, et entièrement inédit 
jusqu'à ce jour, est-il également l'œuvre de Gui de Ra- 
venne? Rien dans le texte ne prouve directement ce fait, 
mais rien aussi ne sert à l'infirmer. Quoi qu'il en soit, tout 
atteste que cet ouvrage remonte au moins à une époque 
aussi ancienne que le précédent. 

Vient ensuite une troisième description de l'Italie, en 
tête de laquelle on lit : Item de provinciis Italiae secundum 
quosdam philosophos. Cette description, plus succincte que 
la seconde, dont elle diffère totalement, a été reproduite 
dans la géographie de l'Anonyme, mais considérablement 
abrégée et avec des omissions qui en rendent le texte pres- 
que inintelligible. Ainsi des dix-huit provinces de l'Italie 
décrites dans le manuscrit, l'Anonyme en a passé trois sous 
silence, la provincia Dardensis , la Pouille et YÉtrurie. Il y a 
d'autres différences notables dans l'un et l'autre ouvrage, 
comme on pourra s'en convaincre en comparant les deux 
textes que nous mettrons en regard l'un de l'autre. 

Le traité suivant du codice a pour titre : Liber de ori- 
gine et qualitate romanae urbis. Cette topographie des qua- 
torze quartiers de l'ancienne Rome est la même que celle 
qui se trouve à la suite de la Notice des dignités de l'em- 
pire (Notitia dignitatum imperii romani), et qui fut écrite, 



( 80) 
sous le règne de Constantin plutôt que sous celui d'Hono- 
rius ou de Valentinien 111, comme le suppose le P. Labbe. 
C'est la seule description complète de la ville de Rome, 
composée avant la destruction de l'empire romain , qui soit 
parvenue jusqu'à nous; car il est reconnu maintenant que 
les deux autres descriptions de Rome ancienne, qui ont 
paru sous les pseudonymes de Rufus et de Publius Victor, 
sont des ouvrages apocryphes du XV e siècle. La copie du 
Liber Guidonis que nous avons collationnée soigneuse- 
ment avec le texte de l'édition des Dignités de l'empire, du 
P. Labbe, nous a offert de nombreuses variantes et plu- 
sieurs additions importantes. Le préambule, qui traite de 
l'origine de Rome, des sept montagnes de la ville , des 
aqueducs et de ceux qui en ont ordonné la construction , 
manque même entièrement dans l'imprimé. 

Mais un document de notre compilation bien plus inté- 
ressant encore, c'est le célèbre itinéraire ou routier de 
l'empire romain, connu sous le nom d'Itinéraire d'Antonin. 
On sait que cet ouvrage, qui contient une nomenclature et 
la distance respective de toutes les villes, de tous les bourgs, 
villages et relais de poste placés sur les grandes voies de 
communication de l'empire romain, fut rédigé, tel que nous 
le possédons, sous le règne d'Honorius et d'Arcadius (1), 
et qu'avec la carte romaine dite vulgairement Tables de Peu- 
tinger, il constitue la source principale pour la connais- 
sance détaillée des différentes parties du globe soumises à 
la domination romaine. Comme la Belgique était comprise 
dans les limites de cet immense empire, ce document est 
pour nous d'un intérêt plus direct que les autres traités dont 



(1) La première rédaction remonte au règne d'Auguste. 



(81 ) 

se compose le recueil du Liber Guidonis. Notre manuscrit 
de l'itinéraire d'Antonin est doublement précieux, d'abord 
parce qu'il est un des plus anciens qui existent de cet ou- 
vrage, et, en suite parce qu'il paraît avoir été inconnu à 
tous les éditeurs de l'itinéraire, puisque aucun d'eux ne l'a 
cité , et que nous y avons trouvé une foule de variantes 
qui ne sont point indiquées dans l'excellente édition des 
vetera Romanorum itineraria de Wesseling , édition dans 
laquelle cet illustre savant a annoté non-seulement les va- 
riantes de l'itinéraire d'Antonin, recueillies par lui dans les 
codices qu'il avait consultés pour son admirable travail, 
qui est un modèle d'érudition et de saine critique, mais 
encore celles qui se trouvaient dans toutes les éditions pré- 
cédentes de l'itinéraire. 

Le traité qui fait suite à l'itinéraire d'Antonin contient, 
sous le titre de liber totius maris, le périple ou description 
des côtes de la Méditerranée, que nous avons cru pouvoir 
attribuer à Gui de Ravenne. Il est imprimé , comme nous 
l'avons dit, mais avec des abréviations et nombre de va- 
riantes, dans l'Anonyme, dont il forme le livre V (1). La 
phrase suivante par laquelle il commence : Si subtilius scire 
voluerit (lector) totas circumquaque parte per littora maris 
positas civitates unam post alteram, quamquam easjam in 
propriis patriis nominaverim (2), atteste que nous n'avons 
ici que le fragment d'un ouvrage plus considérable. 

Suit un second périple de la Méditerranée, ayant pour 
titre : Iter marilimum, et qui a été publié dans les éditions 
de l'itinéraire d'Antonin par Surita et Wesseling; ici en- 



(1) Pag. 796 et suiv. de l'édition de Gronovius. 

(2) Cette même phrase se trouve également répétée en tête de la description 
de l'Italie de Gui de Ravenne, mais elle y est placée sans aucun motif. 

Tom. xii. 6. 



(82) 
core notre manuscrit, comme les précédents, diffère par 
de nombreuses variantes des textes imprimés. 

Nous ne dirons rien des chapitres de notre recueil inti- 
tulés : De regnis militiaeque vocabulis ; de civibus; de anu- 
lis; de divisione orbis (fol. 57 à 50 v°), parce qu'ils sont 
extraits textuellement des liv. II et III des Origines d'Isi- 
dore de Séville. Il en est de môme des chapitres ayant pour 
titres : De mare Mediterraneo ; de sinibus maris; de insulis 
et promontoriis ; de septem monlibus caeterisque vocabulis 
(fol. 52 à 57 v°), tirés des liv. XIII et XIV du même ouvrage. 

Les noms des prétendus philosophes qui ont fait la des- 
cription de Y\mi\ers(Nominaphilosophorumqui universum 
orbem descripserunt) qu'on lit au fol. 51 v° de notre ma- 
nuscrit, sont les mêmes que ceux qui figurent dans l'Ano- 
nyme, et qui appartiennent à des personnages fictifs et 
entièrement apocryphes. La description des limites de l'A- 
frique, de l'Asie et de l'Europe ( terminum Africae et Asiae, 
terminum Asiae et Europae , terminum Europae et Africae) 
qui y fait suite, se trouve également dans l'Anonyme (lib. 
III et IV, p. 763-695), mais avec une rédaction différente. 

M. de Reiffenberg ayant publié dans le Bulletin de l'Aca- 
démie la chronique qui commence au fol. 57 v° du codice 
et le poëme sur la prise de Tunis par les Pisans et les 
Génois en 1088, nous n'avons rien à ajouter à ses obser- 
vations sur ces deux documents, auparavant inédits et 
ignorés. Nous nous contenterons de répéter qu'ils sont 
sortis tous deux de la plume d'écrivains postérieurs de plu- 
sieurs siècles à Gui de Ravenne. La chronologie des empe- 
reurs romains et byzantins et des rois et ducs lombards 
(fol. 69 v°) est plus ancienne, et pourrait être attribuée avec 
plus de raison à cet auteur; elle n'a pas encore été publiée, 
à ce que nous sachions. 



(fi3) 

L'histoire d'Alcxandre-le-Grand (fol. 74), quoique rem- 
plie de fables, mérite une attention particulière; mais les 
prétendues lettres de ce roi, qui occupent les fol. 79 v°à 
109 v°, sont plus intéressantes encore; car jusqu'ici on ne 
connaissait que quatre ou cinq de ces lettres et notre ma- 
nuscrit en renferme jusqu'à trente-trois. Tout apocryphes 
qu'elles sont, rien n'empêche de croire que celui ou ceux 
qui les ont composées n'aient eu sous les yeux quelques-uns 
de ces nombreux ouvrages, aujourd'hui perdus, écrits sur 
la vie et les exploits d'Alexandre-le-Grand par d'anciens au- 
teurs grecs et romains. Notre manuscrit prouve, d'ailleurs, 
que ces lettres sont d'une date plus reculée qu'on ne le sup- 
posai t généralement. 

L'histoire de la guerre de Troie du pseudo-Dares de 
Phrygie (fol. 110) ne diffère en aucun point du texte 
imprimé; mais elle est suivie d'une autre description 
du siège de Troie et des aventures d'Énée beaucoup plus 
volumineuse, et, à notre connaissance, encore entière- 
ment inédite. 

Enfin, les deux derniers morceaux qui terminent le ma- 
nuscrit du Liber Guidonis, sont l'histoire romaine d'Eu- 
trope et sa continuation par Paul Diacre; mais celle-ci 
s'arrête au commencement du chapitre V du livre XL Ces 
copies, collationnées sur les textes imprimés, ne nous 
ont offert que de légères variantes, mais les soixante-onze 
premières lignes de l'ouvrage d'Eutrope manquent dans 
toutes les éditions. 

Telles sont les remarques que j'ai eu l'occasion de faire 
sur le Liber Guidonis. La mise au jour des nombreux do- 
cuments de ce codice, soit entièrement inédits, soit publiés 
jusqu'ici d'une manière incorrecte et incomplète, ne peut 
manquer d'intéresser vivement les savants; et parmi ces 



(84) 

documents, les plus précieux sont, sans contredit , ceux 
relatifs à la géographie des premiers siècles du moyen âge; 
car on sait combien sont rares les traités de cette nature 
antérieurs aux XII e et XIII e siècles ; cette pénurie est telle, 
qu'à l'exception de l'Anonyme, de la description du monde 
par le moine irlandais Dicuil et de la géographie arabe 
d'Ibn-Haukal, on ne connaissait jusqu'ici aucune topogra- 
phie générale du monde ancien écrite entre le VII e et le 
XII e siècle. 



Observations sur l'opinion de MM. de Longpérier et de Witte, 
concernant les figurines de bronze et de fer } et la sta- 
tuette de Casterlé, par M. le chanoine de Ram, membre 
de l'académie. 

Si j'ai suivi avec un vif intérêt la lecture de la notice 
de M. de Witte (1) , je dois avouer que j'éprouve en même 
temps un véritable regret de ne pouvoir adopter l'opinion 
de ce savant archéologue, au sujet de la question soulevée 
par la découverte de la statuette de Casterlé. 

M. de Witte rapporte indistinctement à un type com- 
mun toutes les figurines de fer et de bronze semblables à 
celles de Calais et de Casterlé ; il n'y voit que des produits 
de l'art du moyen âge au XIV e et au XV e siècle. Son ami , 
M. Adrien de Longpérier, membre de la société royale des 
antiquaires de France, leur a assigné cette date nouvelle 



(1) Figurines de bronze et de fer ; par M. de Witte , correspondant 
de V académie. Bulletin de l'académie, lom. XII, l re part., p. 544. 



(85) 

dans un article qui a été mis sous les yeux de l'académie (1) . 
Ce savant se propose de faire imprimer dans la Revue 
archéologique un nouveau travail sur cette question. 

M. de Witte me prie de suspendre mon jugement jus- 
qu'après la publication du travail de M. de Longpérier. 
J'aime à me conformer à cette invitation : cependant j'es- 
père qu'on voudra bien me permettre de présenter dès-à- 
présent quelques observations qui m'ont été suggérées 
par les notices de MM. de Longpérier et de Witte. 

M. de Longpérier a publié trois figurines en fer, appar- 
tenant à M. Alfred Lorne. 

N° I. Figure velue, tenant des deux mains une massue 
terminée en profil humain. 

. N° 2. Autre semblable , dans la même attitude, et fixée 
sur une plate-bande avec cul-de-lampe et clocheton gothi- 
que. 

N° 3. Autre, armée d'une massue et d'un bouclier, 
portant un chef contourné et un losange en abîme. 

Si nous sommes porté à croire que la figurine n° 1 pour- 
rait appartenir à une époque antérieure au XIV e siècle, 
nous ne contesterons cependant pas que M. de Longpérier 
rend à leur véritable époque les figurines n° 2 et n° 3, en 
les classant parmi les productions de l'art au XIV e ou XV e 
siècle. Le caprice des artistes, ou même le souvenir des 
traditions anciennement répandues dans les Gaules, ont pu 
être la cause que des figurines, faites au XIV e ou XV e siècle 
pour servir d'ornements à des chenets, à des serrures de 
porte ou de coffre , aient certains rapports avec ce que 



(1) Figurines de fer ; par M. Adrien de Longpérier. Paris 1840, 12 pages 
in-8", avec une planche. 



(36) 

nous croyons être, jusqu'à preuve positive du contraire, 
la représentation de l'Hercule gaulois ou germain. 

D'autres figurines, à peu près de la même époque, 
semblent avoir des rapports plus marqués encore avec 
celte représentation. Mais, comme le remarquent aussi 
MM. de Longpérier et de Witte , ces figurines qui 
portent parfois des inscriptions arabes , grecques ou lati- 
nes, et qui sont chargées de symboles, sont des monu- 
ments propres aux sectes gnosliques du moyen âge , ou 
même des créations baphométiques. Le célèbre orienta- 
liste de Hammer a jeté un jour tout nouveau sur cette 
question dans son mémoire latin sur le mystère du Bapho- 
met révélé , ouïes Templiers convaincus par leurs propres 
monuments d'avoir été des gnostiques et des ophites (1). 

Comparons maintenant cette double classe de figurines 
aux statuettes qui sont semblables à celles de Calais et de 
Casterlé , et nous remarquerons une différence totale de 
style, différence qui nous empêche de les réduire toutes 
à un type commun. 

A l'appui de leur système, MM. de Longpérier et 
de Witte n'ont fait valoir jusqu'ici, contre la statuette de 
Casterlé, que deux arguments. Ils croient que son origine 
ne peut être très-ancienne , d'abord parce que les figurines 
qu'ils ont examinées, sont dans un état parfait de conser- 
vation et peu oxydées ; ensuite parce que dans la plupart 
de ces figurines le sexe n'est pas indiqué. Ce sont les seules 



(!) Mysterium Bapkometis revelatum , seu Fratres militiœ Templi , 
(jua Gnostici et Ophiani aposlasiœ idoladuliœ et impuritatis convicti per 
ipsa eorum monumenla ; dans les Fundgruben des Orients , bearbeitet 
durch eine Gesellschaft von Liebhabern , auf Feranstaltung des Herrn 
Grafen fFenceslaus Rzewuski. Vienne 1818, in-fol v tom. VI, p. 1 — 120. 



(87 ) 
preuves qui aient été produites par MM. de Longpérier et 
de Witte. 

Examinons, à notre tour, la valeur de ces deux argu- 
ments. 

Le plus ou le moins d'oxydation ne prouve pas toujours 
pour ou contre la haute antiquité d'un monument. Dans 
les musées de Rome et de Naples on voit des monuments 
étrusques et romains , non-seulement en métal précieux , 
mais aussi en bronze et en fer, qui sont dans l'état le plus 
parfait de conservation , quoique la date de leur découverte 
soit assez récente : voudrait-on contester leur authenticité 
parce que la rouille les a respectés? On sait comment on 
exploite en Italie et ailleurs la passion de certains amateurs 
peu éclairés. Une antiquité, fabriquée la veille, leur est 
remisele lendemain entièrement couverte de rouille et par- 
faitement oxydée. Notre spirituel confrère, M. Cornelis- 
sen, n'a-t-il pas fait, en pleine académie, l'humble aveu 
d'une faute de jeunesse? et qui de nous ne se souviendra 
longtemps de la naïveté avec laquelle il nous a parlé de ses 
dieux Lares qu'il fit fabriquer, près du Ghetto, en quittant 
Rome en 1795? 

Pour ce qui concerne la statuette de Gasterlé , elle est en 
bronze de première qualité; la pureté et la délicatesse de 
ses formes le prouvent. Or, selon l'avis d'un chimiste dis- 
tingué à l'examen duquel j'ai soumis la statuette (1) , un tel 
bronze conservé dans un endroit sec ? sous terre, ne peut 
s'oxyder que très-difficilement, et seulement d'une manière 
superficielle. Aussi notre statuette n'offre que çà et là une 
couche très-mince d'un vert de gris très-adhérent, que les 



(1) M. le professeur Martens , membre de l'académie . 



( 88) 
antiquaires estiment même comme propre à défendre le 
métal d'une altération subséquente. Elle est encore recou- 
verte en plusieurs endroits , et particulièrement dans les 
sillons, d'un sable argilleux et très-ferrugineux, qui y ad- 
hère assez fortement et n'a sans doute pas peu contribué à 
empêcher l'oxydation. 

Rien ne s'oppose donc à croire que la statuette de Cas- 
terlé ait pu se conserver intacte dans cette terre ocreuse 
sèche, pendant un grand nombre de siècles. S'il est permis 
de la faire remonter avec M. de Witte jusqu'au XIV e ou 
XV e siècle, malgré son état de conservation, rien n'em- 
pêche qu'on ne la fasse également remonter au temps des 
Romains ; car une statuette en bronze de bonne qualité, qui 
a pu se conserver intacte pendant trois ou quatre siècles , 
se conservera également pendant vingt et trente siècles, 
tant qu'elle restera placée dans les mêmes conditions. 

Il nous importerait de connaître dans quel état de con- 
servation ont été trouvées la figurine de Calais (1) , et celles 
qui ont été décrites par Klemm (2) et Wagener (3). Nous y 
reviendrons plus tard ; occupons-nous pour le moment du 
second argument allégué contre nous par MM. de Witte 
et de Longpérier. 



(1) M. Pigault de Beaupré, membre honoraire de la société des antiquaires 
de la Morinie , donna à M. Pagart le plâtre de cette statuette , trouvée dans 
la vase , à une assez grande profondeur , par un des ouvriers occupés en 
1839 à creuser le chenal du port de Calais. M. Pagart dit que l'original du 
plâtre mérite d'être remarqué par sa belle conservation. Voyez, Mémoires de 
la société des antiquaires de la Morinie, t. V, p. 356. 

(2) Handbuch der Germanischen Allerthumskunde , Dresde, 1836, 
in-8", p. 354-358, et les planches XX et XXI. 

(3) HandbuchdervorzuglichsteninDeutschlandentdecktenAlterthiïmer 
aus heidnischcr Zeit. 






(89) 

« Il est encore une circonstance , dit M. de Longpé- 
» rier (1), dont on ne peut se rendre compte qu'en se 
» reportant aux usages des artistes du moyen âge : c'est 
» l'absence de sexe chez plusieurs des figurines de fer. Cette 
» particularité prouve surabondamment, selon moi, que 
» leur origine ne peut être bien ancienne ; car j'y vois un 
» signe certain de l'influence des idées chrétiennes. » 
M. de Witte déclare qu'il partage entièrement cet avis , et 
que dans l'absence de sexe il voit un signe non équivoque 
des influences chrétiennes (2). 

Sans doute , les idées chrétiennes exercèrent , sous le 
rapport moral , une grande et salutaire influence sur les 
productions de l'art. Pour faire comprendre et respecter 
la pureté divine de sa morale et de ses dogmes, le chris- 
tianisme eut à lutter, pendant les premiers siècles, contre 
la licence extrême de l'art païen , révélateur officieux et 
officiel de toutes les turpitudes mythologiques. Cependant, 
malgré la délicatesse et la sévérité des idées chrétiennes , 
un grand nombre de monuments attestent que l'art chré- 
tien, même à son début, s'est permis de représenter des 
ligures dans lesquelles rien n'est voilé, et qu'il s'efforça de 
concilier ces représentations avec les règles de la décence. 
Le docteur Munter et d'autres savants , qui ont écrit sur les 
monuments primitifs des chrétiens, en donnent des exem- 
ples (5). 



(1) Broch. cit. p. 7. 

(2) Bulletins de l'académie, t. XII , part. l re , p. 546. 

(ô) Voyez Munter , Sinnbilder und Kunstvorstellungen des alten Chris : 
tenthums, Altona, 1823, in-4°, et Paciaudi , De sacris Christianorum bal- 
mis. Rome , 1758 , in-4°. Je crois avoir même remarqué des représentations 
semblables dans des fresques des catacombes de Sainte-Agnès hors des murs , 



(90) 

Les artistes du moyen âge étaient moins sévères, moins 
délicats. Les sculptures de certaines stalles, les statuettes 
placées dans les niches de quelques cathédrales gothiques 
et de plusieurs autres édifices , même les bas-reliefs des 
anciennes tombes , nous en fournissent des preuves. 

Les figurines n° 2 et n° 3, que M. de Longpérier a pu- 
bliées, rappellent évidemment le style du XIV e ou XV e 
siècle, et cependant le sexe est exprimé dans ces deux 
figurines. Cette circonstance ne se remarque point dans 
la figurine n° 1 , qui semble appartenir à une époque plus 
ancienne. 

Il est donc peu exact de dire, en règle générale, que 
l'absence de sexe est un signe certain de V influence des 
idées chrétiennes. Il est plus inexact encore de prétendre 
que cette absence prouve surabondamment que l'origine de 
ces figurines ne peut être bien ancienne. 

Au contraire, nous croyons avec Dom Martin (1), que 
les images des dieux sans sexe sont marquées au coin de 
l'antiquité gauloise la plus reculée. 

Vers 1727, on découvrit plusieurs figures de Mercure 
sans sexe, à Framont, une des plus hautes montagnes qui 
séparent la Lorraine de l'Alsace. Cette découverte confir- 
mait que les Gaulois avaient l'habitude d'ériger les tem- 
ples et les statues des dieux sur les lieux les plus élevés, 
toujours déserts , quelquefois inaccessibles , tel que devait 
être anciennement Framont. La plupart des statues qu'on 



à Rome. Le père Marchi publie en ce moment un ouvrage extrêmement re- 
marquable sur les monuments primitifs de Part chrétien : Monument i délie 
Arti chrisliane primitive nella mctropoli del Crislianesimo dcsegnati ed 
illuslrati. Rome , 1844 , in-4°. 
(1) Religion des Gaulois , lom. I , png. 542. 






(91 ) 

y trouva représentent Mercure. On pouvait en conclure 
qu'il y avait eu dans ce lieu un ou plusieurs temples où 
les Gaulois offraient leurs sacrifices à Mercure. Les urnes 
qu'on y trouva prouvent en outre qu'ils y enterraient aussi 
leurs morts , et que peut-être on y sacrifiait des victimes 
humaines. 

Une planche de l'ouvrage de Dom Martin représente les 
Mercures sans sexe trouvés à Framont (1). Le savant bé- 
nédictin explique l'absence de sexe dans ces figures en se 
reportant aux idées et aux usages des druides. Selon lui , 
ce symbole a rapport à deux vérités, prises du fond même 
de la religion des Gaulois; l'une regarde le dogme et l'autre 
la morale. 

Les Gaulois pensaient comme les Perses, qu'il ne fallait 
point reconnaître des divinités mâles et femelles, et que 
l'excellence et l'immensité des dieux ne permettaient pas 
de les représenter sous aucune figure humaine (2). Long- 
temps on s'attacha scrupuleusement à ces maximes fon- 
damentales, et bien des siècles s'écoulèrent avant qu'on y 
donnât la moindre atteinte. Mais enfin l'exemple des Ro- 
mains et des autres nations entraîna les Gaulois. L'usage 
de représenter les divinités sous une forme humaine s'in- 
troduisit peu à peu. Les druides, pour sauver la doctrine 



(1) Tom. I, pag. 358. — Les anciennes figurines , publiées par Klemm, 
sont également comme celles de Calais et de Casterlé , sans indication de 
sexe. 

(2) t< Deorum maxime Mercurium colunt , eut certis diebus , humanis 
quoqua hostiis litare fas habent. Herculem ac Martem concessis anima- 
libus plaçant... Caeterum , nec cohibere parietibus Deos , neque in ullam 
humani oris speciem adsimulare , ex magnitudine coclestium arbitran- 
tur. » Tacitus, de Moribus Germanorum , n° IX. 



( 92) 
primitive du naufrage dont elle était menacée, et pour 
empêcher que l'ancienne croyance ne s'affaiblît et ne s'ef- 
façât entièrement dans les esprits, s'avisèrent de repré- 
senter les dieux sans sexe , afin que sous ce symbole la 
vérité se conservât, et que les Gaulois, du moins les plus 
éclairés, ne fussent portés à suivre les sentiments des na- 
tions qui croyaient que les dieux étaient sujets à la cor- 
ruption, aux vicissitudes et à toutes les faiblesses hu- 
maines. 

Dom Martin conclut, d'après ces observations, que les 
monuments qui représentent des dieux sans sexe, sont 
marqués au coin de la plus haute antiquité, et qu'ils doi- 
vent avoir été des premiers qui ont été employés à figurer 
les dieux selon le véritable génie des druides et selon 
l'esprit des plus anciens Gaulois. 

La vérité morale, exprimée par l'absence de sexe, 
désigne la pureté avec laquelle les Gaulois croyaient qu'il 
fallait approcher des dieux. Parmi les druidesses, les unes 
gardaient toujours la virginité; les autres, quoique ma- 
riées, vivaient dans la continence pendant la plus grande 
partie de l'année. Le nombre des druides qui suivaient les 
mêmes lois était bien plus considérable encore. Ils fai- 
saient tous profession d'habiter les bois et les solitudes, et 
d'être séparés de tout commerce avec le monde; toutes les 
fois qu'ils devaient offrir des sacrifices ou exercer des 
fonctions attachées à leur ministère, ils étaient obligés de 
s'abstenir de l'usage du mariage. C'est aussi ce que mar- 
quait la ceinture qu'ils donnaient à leur Mercure sans sexe. 
Une ceinture de cette espèce avec des anneaux enclavés 
l'un dans l'autre, qu'on voit dans les Mercures de Framont, 
n'exprimait qu'une seule chose, savoir que pour avoir un 
accès facile auprès des dieux , pour être en état d'offrir des 






(93 ) 
sacrifices et de participer aux mystères , il fallait réprimer 
tous les mouvements qui intéressent la pureté (1). 

Au lieu de cette ceinture et de ces anneaux , la statuette 
de Casterlé porte à la hauteur de reins une corde ou cein- 
ture soutenant une draperie ou une espèce de petit ta- 
blier qui couvre une partie du bas-ventre et de la cuisse 
gauche. Si les archéologues eussent fait attention au sym- 
bolisme de cet ornement, ils se seraient sans doute gardés 
de le transformer en poignard à courte lame (2). 

Nous arrêterons ici nos observations sur les notices de 
MM. de Longpérier et de Witte ; observations qui nous 
semblent suffire pour constater que ces deux savants ar- 
chéologues n'ont pas encore péremptoirement décidé la 
question soulevée par la découverte de la statuette de Cas- 
terlé. Lorsque le nouveau travail de M. de Longpérier aura 
paru, nous profiterons de ses lumières pour nous livrer à 
un examen approfondi de ce qui concerne l'âge, les attri- 
buts et la signification de la statuette de Casterlé. La 
question la plus importante consiste dans la fixation de 
l'époque à laquelle appartient ce monument : est-il anté- 



(1 ) On peut voir dans les Recherches historiques et critiques sur les mys- 
tères du Paganisme , par le baron de Sainte-Croix , comment on se prépa- 
rait pas le jeûne et la continence à l'initiation des mystères de Mithra et 
d'Eleusis , et à la célébration des Thesmophories. 

(2) La statuette de Calais est sans draperie. Dans une figurine publiée par 
Klemm , planche XXI, n° 1 , qui a une grande ressemblance avec celle de 
Casterlé, on remarque aussi une espèce de tablier. Klemm y voit, à tort selon 
nous , un poignard à courte lame. « Es ist (dit-il dans la description de cette 
« figurine) ein Keulenschwingender Mann mit einer Lôwenphysiognomie. 
» Erlràgt.... einen Band um den Kopf und ausserdem einen gewundenen 
» Gùrtel, von welchem zwei Zipfel herabhangen, die fast das Ansehn 
» jenes Dolches mit kurzen Klingen haben. Die Keule , welche die Statue 
» in der Hand gehabt , fehlt. Der Korper ist durchbohrt. » Ouvr. cit., p. 557, 



( 9-4 ) 
rieur a l'invasion romaine dans les Gaules? est-ce le pro- 
duit d'une époque moins ancienne? Ma première note (1) 
ne préjuge ni ne décide rien à cet égard; elle se borne à 
citer l'opinion émise par M. Pagart sur la statuette de Ca- 
lais, entre laquelle et celle de Casterlé il existe une ressem- 
blance frappante, ressemblance qui disparaît totalement 
lorsqu'on compare ces deux monuments aux figurines 
prises pour type par MM. de Longpérieret de Wilte. 

— Après ces observations de M. le chanoine de Ram , 
M. Roulez a donné les renseignements suivants : 

Mon nom étant intervenu dans la discussion soulevée 
dans le sein de l'académie à propos de la statuette de Cas- 
terlé, je crois devoir entrer dans quelques explications sur 
les motifs qui m'avaient paru justifier l'attribution que je 
lui ai donnée. Cette figurine est évidemment une imita- 
tion, à la vérité, fortement altérée, de l'Hercule des 
Grecs et des Romains. J'y ai vu l'Hercule des Germains plu- 
tôt que l'Hercule gaulois, parce que la plupart des monu- 
ments analogues qui m'étaient connus, provenaient de 
contrées habitées par des peuples germaniques. En adop- 
tant la dénomination de Klemm (2) et d'autres antiquaires 
allemands, j'ai indiqué un rapprochement curieux, sans 
toutefois lui accorder plus d'importance et de confiance 
qu'il ne mérite. Selon une tradition rapportée par plusieurs 
auteurs (5), Hercule, retournant en Grèce avec les bœufs 



(1) Bulletins de V Académie, tom. XI, part. I re , p. 40. 

(2) Germanische Alterthumsk., S. 554, folg.— Une statuette conservée au 
Musée de Prague, et publiée tout récemment par M. Wocel ( Grundzùge der 
Bœhmischen Alterthumskunde. Prag. 1845. Taf. II, fig. 1), est prise pour le 
dieu Perun lançant la foudre. C'est simplement Hercule brandissant sa massue. 

(5) jŒschylus, ap. Strabon., IV, i, 7, p. 138. Dionys. liai., I, 41 . Hygin., 






(93 ) 

de Géryon et traversant la Ligurie, y fut attaqué par des 
brigands qui voulurent lui enlever ses troupeaux. Le héros 
thébain, après avoir épuisé ses traits contre eux, resté sans 
armes et sentant ses forces défaillir, tomba sur les genoux. 
Dans ce moment fatal, Jupiter vint au secours de son fils 
en faisant pleuvoir des pierres avec lesquelles celui-ci mit 
ses ennemis en fuite. M. J. Grimm (1) pense que c'est une 
légende analogue, perdue pour nous, qui a donné naissance 
au surnom de Saœanus attribué à Hercule sur quelques in- 
scriptions latines déterrées dans les provinces rhénanes. 
Or, il est remarquable que plusieurs des figurines, repré- 
sentant le même personnage que celle de Casterlé, offrent 
précisément celle position agenouillée. 

Je dois dire que j'avais été également frappé de cette es- 
pèce de tablier qui voile les parties génitales à quelques- 
unes des statuettes en question; mais j'avais regardé celle 
particularité comme l'effet du contact des idées chrétiennes 
avec l'art du paganisme, et cette raison m'avait amené à 
croire qu'il fallait fixer la fabrication de ces figurines à l'é- 
poque de l'introduction du christianisme, vers le VI e et le 
VIP siècle. Grégoire de Tours (2) fait mention d'idoles de 
métal adorées par Clovis. 

Telle est l'idée que je m'étais formée de la nature et de 
l'âge de ces monuments, avant de connaître l'opinion déve- 
loppée par M. de Longpérier et adoptée par M. de Witte. 
Je rends volontiers hommage à la solidité et à la vraisem- 



Poet Jstron., II, 6. Pompon. Mel., II, 5. Schol. Lycophr., 048, etc. Cf. de 
Witte, Etude du mythe de Géryon, p. 55. 

(1) Deutsche Mythologie, S. 203, fog. 

(2) II, 29 : Nihil sunt dii, quos colitis .• Sunt enim aut ex lapide, 

aut exligno, aut ex métallo aliqoo sculpti. 



(96) 

blance de la plupart de leurs arguments ; mais pour me 
ranger à leur avis sans réserve, je voudrais qu'il fût bien 
constaté que toutes ces figurines ont appartenu à des us- 
tensiles ou meubles; car je m'expliquerais difficilement 
leur existence isolée, autrement que comme objets du culte, 
et, par conséquent, d'origine païenne. Ne serait-il pas pos- 
sible aussi que l'Hercule germanique ait servi de type aux 
représentations des géants du moyen âge (1)? Du reste, 
j'avoue humblement mon incompétence pour trancher 
cette question; je n'ai jamais eu l'occasion d'examiner au- 
cun de ces monuments, pas même celui deCasterlé; je ne 
les connais que par les dessins qui en ont été publiés. 



Phénomènes atmosphériques annotés par un chroniqueur du 
cinquième siècle; par M. le chanoine de Ram, membre 
de l'académie. 

La chronique d'Idace, dont nous publions en ce mo- 
ment une nouvelle édition avec les notes et les commen- 
taires du père Garzon (2) , renferme quelques indications 
propres à compléter le catalogue chronologique des phéno- 
mènes atmosphériques. Ces indications, que nous allons 



(1) Une homélie anglo-saxonne, De temporibus antichristi (dans Beda, 
p. 495. Cf. Grimm, l. c, S. 110) parle d'un Hercules gigas . 

(2) Idatii Episcopi Chronicon, correctionibus , scholiis et notis illu- 
stratum a Joanne Matthœo Garzon, Hispano, e Soc. Jesu, edidit P.-F.-X. 
de Ram. Bruxelles, 1845, in-8°. — Voyez Compte rendu des séances de la 
commission royale d'histoire , tom. IX, p. 6. 



(97) 

transcrire , nous les soumettons à l'appréciation de notre 
savant et infatigable confrère M. Quetelet (1). 

402. Solis facta defectio ni Novemb. feria il. Florez (2) 
adopte une autre leçon, il lit tertio Idus novembris. Le 
même écrivain et le père Garzon, se conformant aux cal- 
culs de Petau et de Riccioli , prétendent que la férié est 
mal indiquée, et que c'est à la feria m et non à la feria n 
que l'éclipsé doit être placée. L'auteur de la Chronologie des 
éclipses , imprimée dans l'art de vérifier les dates (5) , 
indique pour l'année 402, trois éclipses : 1 er juin , éclipse 
partielle de lune; 11 novembre, éclipse de soleil; 25 no- 
vembre , éclipse partielle de lune. 

418. Solis facta defectio die xiv Kal. Augusti, qui fuit 
feria y. Au lieu de feria v, il faut feria vi. La chronique 
de Marcellin annote aussi cette éclipse sous la même année, 
et elle ajoute l'indication d'un autre phénomène : Stella ab 
Oriente per septem menses surgens ardensque apparuit. 
Rœsler remarque qu'il convient de lire : per Septembrem 
mensem. 

419. Gravissimo terme motu sancta in Hierosolymis 
loca quassantur. 

Même année. In gallicana regione , in civitate Bitlerris 
(Béziers) multa signa effecta terri fica Paulini epistola ejus- 
dem civitatis episcopi enarrat ubique directa. Voyez Gallia 
Christ. ,nov., tom. VI, p. 295, où ce passage de la chronique 



(1) Voyez notre note sur l'importance que les anciens chroniqueurs atta- 
chent aux phénomènes atmosphériques, etc. ; Bulletins de l'académie, 
tom. IX. l re part., p. 544. 

(2) Espana sagrada, tom. IV, p. 352. 

(3) Édition in-8" de Paris ,1818, tom. I, p. 295. 

Tom. xh. 7. 



(98) 

d'Idace est cité dans la notice de Paulin , deuxième évêque 
de Béziers. 

442. Comelœ sidus apparere incipit mense Decembri, 
quod per menses aliquot visum , subsequentis in pestilentia 
plagœ, quœ fere in tolo orbe diffusa est, prœmisit ostentum. 
Marcellin fait également mention de cette comète: Stella, 
quœ crinila dicitur , per plurimum tempus ardens appa- 
rut t. 

447. Solis facta defeclio die ix Kal. Jan., qui fuit m feria. 
Cette éclipse eut lieu le 25 décembre 447 ; il faut donc lire 
dans le texte d'Idace :x Kal. Jan., comme le remarque Gar- 
zon , qui a soin de rectifier dans la note lx (pag. 205 de la 
nouv. édit.) une faute chronologique faite par Pagius et 
Calvisius. 

Marcellin ne parle pas de l'éclipsé, mais d'un tremble- 
ment de terre, et surtout des ravages qu'exerça une mala- 
die pestilentielle : Famés et aëris peslifer odor multa millia 
hominum jumenlorumque delevit. 

450. In Gallaecia terme motus assidui; signa in coelo 
plurima ostenduntur. Nam pridie Nonas Aprilis tertia feria 
(le mardi 4 avril), posl solis occasum, ab aquilonis plaça, 
coelum rubens sicut ignis aut sanguis efficitur, intermixtis 
per igneum ruborem lineis clarioribus in speciem hastarum 
rutilantium deformatis. A die clauso usque in horam fere 
tertiam signi durât ostensio , quae mox ingenti exitu perdo- 
cetur. Ces phénomènes étaient, dans la pensée d'Idace et 
de ses contemporains, les avant-coureurs d'une calamité 
publique. Attila entra dans les Gaules peu de temps après. 

4M. Multa hoc anno signa procedunt. Quinto (lisez sexto) 
Kal. Octob. a parte Orientis luna fuscatur. In diebus se- 
quentis (praecedentis?) Paschae visa quaedam in coelo in 
regionibus Galliarum, epislola de his Eufronii Auguslodu- 



(99) 

nensis episcopi ad Agrippinum comitem facta evidenler os- 
tendit. Stella comètes a xiv Kal. Julias apparere incipit, quae 
m Kal. diluculo ab Oriente visa post occasum solis ab occi- 
dua parle mox cemitur; Kalendis Augusli aparté Occidentis 
apparet. La lettre de l'évêque d'Autun, Euphronius, existe- 
t-elle quelque part (1) ? 

452. Idace dit que les Huns, qui ravageaient l'Italie, 
sont subjugues, et par des plaies venues du ciel (plagis coe- 
lestibus) et par l'armée de Marcien. La chronique connue 
sous le nom de Chronicon impériale Prosperi lyronis, re- 
marque l'apparition de plusieurs phénomènes en 452 : 
Plurima hoc anno signa apparuerunt. Marcel! in parle 
de la chute de trois aérolithes : Hoc tempore très magni 
lapides e coelo in Thracia ceciderunt. 

455. In Gallaecia terrae motus, et in sole signum in 
or tu, quasi altero secum concertante , monslratur. Les an- 
ciens éditeurs d'Idace rapportent ce phénomène à l'an- 
née 454. 

458. Quinto Idus Junias die iv feria ab hora quarta in 
horam sextam ad speciem lunae quintae vel sextae, sol de 
lumine orbis sui minora tus est. 

462. In provincia Gallaeciae prodigiorum videnlur signa 
diversa. Aéra D. vi Nonas Marlias pullorum cantu ab 
occasu solis luna in sanguinem plena convertitur. Idem dies 
sexta feria fuit. Petau parle de cette éclipse partielle de 
lune, du 2 mars , 462 : Hic est annus 462 quo ineunle feria 
sexta, hoc est paulo post mediam noctem diei 2 Martii, 
obscurataestlunaaddodrantemdiametri (Ralionarii temp., 
part. 2, lib. IV, cap. XIII). 



(1) Voyez GalliaChrist. nov., tom. IV, p. 358. 



( 100) 
464. Decimo tertio Kal. Augusti, die n feria in speciem 
lunae quintae sol de lumine suo ab hora tertia in horam 
sexlam cernitur minoratus. Petau dit à ce sujet : Quod ad 
defectionem solis attineti contigit rêvera Julii xx, feria se* 
cunda, hora vm (1). 

468. Légat i de Gothico reversi nunciant portenta in Gal- 
liis visa aiiquanta in conspeclu **** similem ipsi de continuo 
solem, alium paruisse visum**** (2) solis occasu. Congregatis 
etiam quadam die concilii sui Gothis, tela, quae habebant in 
manibus, a parte ferri vel acte, alia viridi, alia roseo, alia 
croceo, alia nigro colore naturalem ferri speciem aliquandiu 
habuisse mutatam; medio Tolosae civitatis iisdem diebus e 
terra sanguinem erupisse , totoque diei fluxisse curriculo. 
Isidore, dans son histoire des Goths, répète à peu près la 
même chose. 

469. Durissimus extra solitum hoc eodem tempore an- 
nus hiberni, veris, aestatis, autumni in aeris et omnium 
frucluum permutatione diffunditur. 

Signa etiam aiiquanta et prodigia in locis Gallaeciae 
pervidentur. Idace, ou pour mieux dire, le continuateur 
de sa chronique, énumère ces prodiges, également men- 
tionnés par Sigebert de Gemblours, sous l'année 494, et 
il termine son travail par ces mots : Et multa alia ostenta, 
quae memorare prolixum est. 



(1) De doctrina temporum , tom. I, pag. 537, et tom. II, pag. 4G0 , 
édit. de Le Clerc. 

(2) Le texte présente une double lacune. 



( loi ) 



Nouvelles observations sur Noire-Dame de Tournay , par 
M. B.-G. Du Mortier. 

Les études archéologiques, naguère encore si mépri- 
sées, sont aujourd'hui à l'ordre du jour et font l'objet des 
méditations des savants et des distractions des gens du 
monde ; partout on s'en occupe , les académies en font le 
thème de leurs concours, les assemblées scientifiques le 
but de leurs congrès. La réunion archéologique de France 
va bientôt se réunir à Lille, dans le but de visiter les nom- 
breux monuments de nos provinces, et spécialemet la ca- 
thédrale de Tournay, le monument le plus curieux du pays, 
le plus riche en monuments archéologiques. Il ne sera 
donc pas hors de propos d'examiner ce qui se rattache à la 
grande question de l'introduction de l'art ogival dont nous 
avons cru pouvoir donner l'explication. 

Les monuments de Tournay sont les incunables de l'ar- 
chéologie de l'ouest de l'Europe. Us sont à la Gaule sep- 
tentrionale et à la Germanie ce que sont les monuments de 
Byzance à l'empire d'Orient. L'église d'Équelmes est encore 
aujourd'hui une basilique primitive et sauvage avec chœur 
et abside, et où l'on voit encore les simples meurtrières 
qui constituaient tout le système d'éclairage de l'intérieur. 
L'église de S l -Piat, à travers les modifications qu'elle a 
subies, est encore une basilique à trois nefs de l'époque la 
plus reculée. Celle de S'-Quentin, située sur le forum, et 
qui vraisemblablement remonte à l'époque de saint Éloi , a 
conservé entièrement sa forme primitive, à l'exception des 
caroles du chœur et des ouvertures de cette partie de l'é- 
difice. L'église de S^Brice, située près du tombeau de Chil- 



( 102) 

déric , est une ancienne basilique ainsi que celle du château 
du Bruille. Celle de S l -Jacques paraît moins ancienne. Enfin 
celle de laMagdelaine, fondée en 1251 par l'évêque Walter 
de Marvis , est le plus moderne de nos édifices religieux 
primitifs. Tous ces monuments présentent des enseigne- 
ments précieux pour l'étude de l'archéologie. Mais au mi- 
lieu d'eux s'élève comme une reine, la majestueuse cathé- 
drale dédiée à la Reine du ciel, avec sa nef et son transept 
romans et son chœur ogival ; sa grandeur et son éléva- 
tion dépassent de beaucoup toutes les églises du pays, et 
étant elle-même en quelque sorte l'histoire de l'art dans 
le nord des Gaules, elle peut, mieux qu'aucune autre, ré- 
soudre les questions les plus délicates que soulèvent les 
études archéologiques. C'est donc un point très-important 
que de déterminer l'époque de la construction de la partie 
romane et celle du chœur ogival. 

Déjà en 1857, dans un premier travail sur Notre-Dame 
deTournay, j'ai cherché à établir que l'église romane dont 
il nous reste en entier la nef et le transept, est mérovin- 
gienne et remonte à l'époque de saint Éleuthère et de Clovis. 
Depuis lors, en 1841 , appliquant une donnée nouvelle à 
l'appui des enseignements historiques, j'ai imaginé de 
rechercher le pied type de l'édifice, et démontré que le 
plan de la cathédrale avait été exécuté d'après le pied 
romain. 

Cette opinion était trop éloignée des idées reçues pour 
ne pas trouver des contradicteurs. En France , plusieurs 
écrivains admettent comme une vérité démontrée, qu'il 
n'existe pas dans les Gaules de monuments religieux anté- 
rieurs à l'an 1000. D'après ce système, la cathédrale ro- 
mane de Tournay aurait été construite au XI e siècle et le 
chœur ogival serait des XII e et XIII e siècles. Telle est l'opi- 






( 103) 
nion développée par l'auteur des Recherches sur l'histoire 
et l'architecture de la cathédrale de Tournay. 

Je n'entreprendrai pas de rencontrer toutes les objections 
de la longue réfutation que l'honorable auteur a faite de mes 
deux mémoires, et dans laquelle mes opinions sont sou- 
vent dénaturées pour être plus facilement combattues; réfu- 
tation qui d'ailleurs ne repose que sur des suppositions et 
dans laquelle l'auteur est à chaque instant en contradiction 
avec lui-même, présentant tour à tour la vieille église de 
SVÉleuthère comme existant encore et comme n'existant 
plus. Je me bornerai donc à établir par de nouvelles preu- 
ves les vérités que j'ai avancées, et si je puis arriver à la 
démonstration de ces vérités, il sera facile d'en tirer des 
conséquences importantes pour l'archéologie du moyen âge. 

Dans l'ordre de nos recherches, le premier point à éta- 
blir est d'exposer sommairement tous les documents an- 
ciens relatifs à la cathédrale. L'analyse chronologique que 
nous en donnons, fruit de plus de 15 années de recherches, 
montrera la situation des documents historiques dans tout 
son jour. C'est en procédant de la sorte que Savigny et 
Raynouard ont démontré la continuation du droit romain 
et de l'existence municipale à travers le moyen âge. 



§ 1. Église primitive. 

Ann. 298-500. Ireneus, riche citoyen de Tournay, 
donne le terrain pour bâtir la première église; saint Piat 
commence l'église et fait faire les fonts baptismaux. (He- 
riman, Hist. restaur. Sancli Mart. Tom., dans le Spicil. 
d'Acheri, II, p. 905.) 

Hirenaeus proprium suum fundum Deo donavcrat ad ec- 



( 104) 

clesiam BeataeMariae ibi erigendam , quam D. Piatus con- 
secravit. (Catuli Tornacum Nerviorum, p. 5.) 

Unde factum est ut in ipsis primordiis christianae fidei, 
domum orationis, ecclesiam videlicet beatae Dei genitricis 
Mariae , quae necdum Mis et populis nota erat, secundum 
posse suum (Piatus) edificaret et locum baptismatis in quo 
filii adoptionis renasccrentur in ea construeret. (Chronica 
Tornacensis m Corp. chron. Flandr., p. 487; Chron. episc. 
Torn. in Mouskes, 1533.) 

315. « En cette année 315 on jeta les premiers fonde- 
ments de l'agrandissement de l'église Notre-Dame, sous 
une profondeur de 60 pieds et^lâ de large. Je fais observer 
que ce fut le père de saint Éleuthère, appelé Irénée, qui 
donna le premier fonds, et quatre gentilshommes romains 
dont on ne peut déchiffrer les noms par la trop grande an- 
cienneté, qui tirent les premières avances, car ils donnè- 
rent un don de six mille marcs d'or. » (Manuscrit de Joseph 
de Pestre, greffier de Tournay, rédigé sur d'anciennes 
chroniques perdues depuis.) 

§ 2. Église romane. 

484-525. Saint Éleuthère , restaurateur de la foi dans 
le Tournaisis, reconstruit l'église de Noire-Dame. C'est ce 
qui est constaté par l'ancien office que l'on chante encore 
en son honneur dans la cathédrale. Duplici aedificatione 
sacerdos Eleutherius nostram erexit ecclesiam ejus merilis 
et templi surrexit allitudo et nostrae ad Christum erectae 
sunl animae. (Aut. ad. magnificat, propr. eccl. Torn.) 



( 105) 

Faits relatifs à saint Éleuthère et à la cathédrale. 

FérioIus,qui vivait en 870 avant, l'invasion des Normands, 
a décrit les miracles de saint Éleuthère, parmi lesquels il 
s'en trouve plusieurs qui eurent lieu dans la cathédrale. 
Et ce qui prouve que cette église est la même que la ca- 
thédrale actuelle , c'est que Fériolus désigne sous le nom 
déporta Mantilia, la porte latérale du Nord-Est, qui a con- 
servé ce nom jusqu'à nos jours, et qui aujourd'hui encore 
se nomme porte Mantile. Diverses chroniques du XII e siè- 
cle rapportent également plusieurs actes du saint patron 
de Tournay , qui se rapportent à sa cathédrale et dont voici 
l'analyse : 

1° Guérison de l'aveugle Mantilius. — Mantilius autem 

rétro relictus clamabat : pie pater coecum respice duc- 

torem enim perdidit et quis eum ab hac ecclesia beatae 
virginis Mariae abducere valeat non invenit. — (Ferioli 
Tractatus de translatione corporis beati Eleutherii. Manus- 
crit. Bibl. de Tournay.) 

2° Guérison du lépreux Peritius. — Peritius ad janua 
templi quae illis diebus vocabatur Mantilia, quae respicit 
fluenta Scaldis ,jacebat damans et dicens : quomodo introibo 
ecclesiam. — (Fériolus, ibid.) 

3° Saint Éleuthère absout Clovis d'un péché secret. — 

Dum missarum solemnia frequentaret claritas magna 

facta est per totam ecclesiam beatae virginis Mariae. — 
(Liber de antiquitate urbis Tornacensis. Manuscrit du XII e 
siècle. Bibl. de Tournay.) 

4° Clovis comble saint Éleuthère de ses bienfaits. — 
Rex Hludovicus multa relinquens dona beato Eleulherio ad 
sua féliciter rameavit. (Lib. de anliq. urbis Tom.) 



( 106 ) 

Hex Ludovicus deo et bealo confessori gralias retulit, 
multaque dona ei relinquens ad propria rediit. (Heriman , 
Chronice Tornacensium. Manuscrit de 1146.) 

Et puis tant qu'il maintint l'empire 
Fist maint bien le vesque le hire. 

(Phil. Mouskés , vers 506 et 507.) 

5° Mort de saint Éleuthère. — Sanctus Medardus advenit 
et sanctum corpus mortuum invertit, et in ecclesiam beatae 
Mariae sepulcrum novum parari praecipit. — ( Vita Beati 
Eleutherii. Manuscrit du XII e siècle.) 

525. L'évêché de Tournay est réuni à celui de Noyon 
par le conseil des évoques et l'assentiment du roi , des cu- 
riales et du peuple, mais saint Médard, pasteur des deux 
évêchés, conserve à chaque église cathédrale la dignité épis- 
copale : Ut utrique ecclesiae cathedralis semper honos ma- 
neret bénigne concessit. (Fortunatus, Vit. S. Médard., 
cap. XVIII, ap. Surius, tom. III.) 

525-659. La cathédrale fondée par saint Éleuthère est 
continuée et augmentée par saint Médard, saint Éloi et 
saint Achaire, évoques de Tournay. Fuit enim fundalapri- 
mi tus pet B. Piatum martyrum et apostolum Tornacensium 
ac per Beatos Eleuthcrium , Medardum, Eligium et Acha- 
rium Tornacenses epicopos.... augmentata. Dufief, Copia 
antiqui libri fabricae nobilissimae ceci, cathedr. Tom. 

578. Donation des droits régaliens faite par Chilpéric 
à l'évêque Crasmer. Dans la charte donnée à ce sujet, le 
roi Chilpéric concède la jouissance de ces droits, ad eccle- 
siam ipsius ponlificis Chrasmari quae est in honore beatae 
Mariae in ipso Tornaco constructa. [Carlulaire du cha- 
pitre , litt. C. n° 1.) Jean de Colomne, auteur de la Mer des 



( 107 ) 
histoires, dit au sujet de celte donation : « Cestuy Chilperic 
» fonda Nostre-Dame de ïournay. » Belleforest professe la 
même opinion dans sa Cosmographie : « Nostre-Dame de 
ïournay, belle et magnifique église, dit-il, avoit esté fondée 
et enrichie par le roy de France Chilperic. » « Je crois bien, 
dit Cousin , que le basliment de la nef de ceste église, tel 
que nous voyons encore de nostre temps, peut bien avoir 
esté faict assés tost après la donation de Chilperic, des 
moyens que l'évesque et les chanoines ont eus de sa libéra- 
lité, au lieu du vieu basliment qui estoit auparavant. » 
(Car t. 52.) 

595. Cette donation est confirmée par plusieurs auteurs 
et spécialement par Grégoire de Tours, lorsqu'il dit que de 
son temps, la ville de Tournay était sous le pouvoir de sa 
sainte basilique : quae (urbs) nunc in ipsius sanctae basi- 
licae ditionibus detinetur. (Gregor. Tur. Mirac. S. Mart. 
1. 4, cap. XII.) — Cette citation de Grégoire de Tours 
prouve l'existence de la cathédrale à cette époque si recu- 
lée; le molnunc montre que c'était nouvellement, à savoir 
depuis Chilperic, que la cité était possédée par l'évêque. 

605. « Nous voyons que pendant le cours de ceste an- 
née 605, l'on fit construire la chapelle de Sainte-Allarde 
vis-à-vis le portail de l'entrée du chœur de l'église cathé- 
drale de ceste cité. » (Manuscrit de Joseph de Pestre, gref- 
fier de Tournay, rédigé sur d'anciennes chroniques.) 

814. Engherrand d'Harlebeque donne 15 autels à la 
cathédrale. (Summ. Statut., p. 45; Hov. 2, 152.) 

817. Louis-le-Dcbonnaire accorde à la cathédrale cer- 
tains terrains appartenant au fisc royal , pour amplifier les 
cloîtres des chanoines, in ampli /icanda et dilalanda claustra 
canonicorum.... in ditionc ipsius ecclesiae. — (Miraeus, 
dipl. 4,556.) 



( 108) 

854. Charles-le-Chauve confirme les droits du clergé 
de l'église de Notre-Dame, située dans Tournay, et fixe à 
30 le nombre des chanoines. — Praedictae ecclesiae sanctae 
Dei Genitricis Mariae semper Virginis in praefata Civitate 
Tornaco sitae. — Praeterea statuimus ut ultra tricenarium 
nunerum in congregatione fratrum praedictae sanctae Dei 
Genitricis Mariae ecclesiae, nullus clericorum adjiciatur. 
(Baluz. Capitut., éd. 2,2 col. 75; Miraeus, l c, III, p. 9.) 

880. Libertinus, tribun de Tournay, est enterré dans 
la cathédrale avec Censorinus Caesar, tribun du pagus de 
l'Escaut. Libertinus autem tribunus tandem soluto naturae 
debilo.... in manu domini spiritum commendavit et cum 
Censorino Caesar e tribuno Scaudinensi, in beatae Mariae 
Virginis ecclesia requiescit. (Feriolus , l. c. — Guibertus de 
Tornaco.) 

876-890. La basilique de saint Etienne, située au bout 
de la cathédrale, est détruite. Praesulatum Tornacensis eccle- 
siae Heidilone viro prudente et justo possidente , basilica 
beati Stephani prothomartxjris , quae sita est post ecclesiam 
Christi Genitricis semper que Virginis Mariae, deslructa est. 

— (Elevatio corporis B. Eleuth., manuscrit du XII e siècle.) 

— Ce passage prouve bien que la cathédrale ne fut pas dé- 
truite à cette époque. 

882. Les Normands s'emparent de Tournay. Le haut 
clergé, sous la conduite de l'évêque Hédilion, et une par- 
tie de la population, se réfugient à Noyon. (Heriman., 
Chron. Torn.) 

Ejus (Hedilonis) tempore clerus et cives Tornacenscs 
cum pinguioribus etreliquiissanctorum ac rébus etjocalibus 
ecclesiae et suis Noviomum se transtulcrunt , civitate Torna- 
censi a Normannis devastala , depopulata et inhabitabili 
effecta. (Chron. episç. Torn., Mousk. , 1 , 536. 






( 109 ) 

912. Retour des Tournaisiens dans leur ville : alors, dit 
Hériman, quelques prêtres attachés à l'église de Notre- 
Dame, qui est située dans la cité, revinrent àTournay rap- 
portant à leur église les objets sacrés qu'ils avaient sauvés 
avec eux dans leur émigration. — Tune aliqui ex clero beatae 
Mariae in areem ejusdem cimtatis atque sedis episcopalis 
sitae, ad propria remeaverunt , suppellectilem suam quam sibi 
in peregrinatione sociam fecerant, referentes. (Herim. Chron. 
Torn.J — Ce témoignage du célèbre abbé de Saint-Martin , 
qui vivait deux siècles à peine après l'événement, prouve 
à l'évidence que la cathédrale ne fut pas détruite par les Nor- 
mands. On sait d'ailleurs que ces barbares ne détruisirent 
pas les monuments, mais qu'ils se bornèrent à les piller. 

917. Edouard I er , roi d'Angleterre, vient à Tournay ; il 
visite la cathédrale et fait don de 1000 marcs d'or. (MSS. 
de Pestre). 

950. Fulcher, évêque de Tournay, donne à des cheva- 
liers les biens des églises de Saint-Quentin et de Saint- 
Pierre à Tournay, et ruine ainsi ces églises. Il détruit les 
monastères des chanoines de Saint-Quentin et des reli- 
gieuses de Saint-Pierre. — Fulcherus monasteria canoni- 
corum Santi-Quintini in foro et Sancti-Pelri in quo moniales 
degebant destruxit et eorum bona dissipavit militibus dis- 
tribuendo. (Chron. episc. Torn. in Mousk., I, 557.) 

952. Louis d'Outremer donne le village de Markain aux 
ecclésiastiques faisant leurs devoirs en l'église de Tournay. 
(Cousin H, p. 24 et 49.) 

955. L'évêque Fulcher, après avoir spolié les églises de 
son diocèse, se voit placé, en vision , entre deux autels qui 
étaient alors au presbytère de l'église Notre-Dame de 
Tournay. Sequenti nocte vidit in somnis quodesset inter duo 

ALTARIA QUAE ERANT IN PRESBYTERIO ECCLESIAE SaNCTAE Ma- 



( no) 

riae Tornacensis. (Heriman., in spirit., Il, 498.) Les au- 
tels ici désignés sont ceux du transept ; laissant de côté 
la vision de Fulcher, il demeure constant qu'Hériman re- 
connaît dans sa narration , écrite en 1146, que la cathé- 
drale et les deux autels presbytéraux existaient du temps 
de cetévêque, c'est-à-dire 40 ans après les Normands. 

986. Donation faite à la cathédrale en faveur de saint 
Nicaise. — {Cousin, II, p. 49.) 

980 à 1050. Pendant ce siècle et le suivant, le corps de 
saint Nicaise fut conservé en la cathédrale. (Cousin, II, 
p. 47, 48, 49.) — Donc on ne le construisait pas à cette 
époque. 

1054. Tournay , prise et brûlée par l'empereur Henri. — 
La partie supérieure de la nef de la cathédrale y fut brûlée. 
(Poutrain, p. 156). Cet incendie de la cathédrale est sans 
doute controuvé, car ni Cousin , ni Mouskés n'en font men- 
tion. Poutrain aura confondu avec l'histoire de l'enlèvement 
de la châsse de saint Nicaise, dont parle Cousin, III, p. 51. 

Le corps de saint Nicaise, qui se trouvait à la cathé- 
drale, est transporté à Rheims. (Cousin, /. c.) 

1064. L'évêque Baldéric transporte les reliques de saint 
Éleuthèredans la cathédrale. Cousin, II, p. 80. — Cum anno 
domini millesimo sexagesimo quarto, Balderico episcopo, 
clero et populo Tornacensi visum est sacrum pignus ad 
basilicam cathedralem, tanquam ad locum digniorem et 
tutiorem esse transferendum. Propria sancti Eleutherh. 
— Et ita cum gaudio totius civitatis in ecclesia dei geni- 
tricis Mariae collocatum est corpus gloriosissimi confessoris 
(Guibert de Tornaco , Vit b. Éleuth. MSS. ) Le frère Gui- 
bert vivait vers 1250. 

Le clergé de la cathédrale fait des démarches à Rome 
pour obtenir la séparation des évechés de Tournay et de 
Noyon. 



( 111 ) 

1066. Un manuscrit moderne affirme qu'en 1066, l'é- 
vêque Baldéric fit la dédicace de la cathédrale. — Dedi- 
calio ecclesiae et festum in populo intra muros Tornaci , 
triplex, decenale cum octava. — (Ri tus officii, MSS. de Tau 
1646 appartenant aux archives de la cathédrale). En marge 
on lit ce renvoi apocryphe au mot ecclesiae. — Videlicet 
novae anno 1066. 

Ce qui prouve l'inexactitude et le peu de critique de 
cette indication de date, c'est que deux ans auparavant, en 
1064, Baldéric transporta solennellement le corps de 
saint Éleuthère dans la cathédrale, ce que certes il n'au- 
rait pas fait avant la consécration de l'église. Aussi n'ai-je 
rapporté ici cette date marginale que pour en établir la 
fausseté. Remarquons d'ailleurs que le manuscrit est de 
l'an 1646, et que par conséquent il n'a aucun caractère 
d'antiquité. Nous allons voir en 1070 une autre consécra- 
tion de l'église. Ces consécrations, si elles ont lieu, ne peu- 
vent se rapporter qu'à des profanations du temple. 

1070. L'évêque Radbod fait diverses restaurations à la 
cathédrale, et la reconsacre ensuite. — Radbodus Tornaci 
ecclesiam beatae Mariae reparatam dedicavit consecravit- 
que. — Notae circa hist., etc., MSSde 1600. — Radbodus 
ecclesiam beatae Mariae reparatam dedicavit , quin et civi- 
bus nobilioribus fdomicellis) dédit ferelrum in quo reliquias 
inclusit. (Notae hist. pro eccl., MSS. de 1640; archiv. 
auth.) L'indication relative aux damoiseaux ici rapportée 
est inexacte, car l'institution des damoiseaux eut lieu 210 
ans plus tard , en l'an 1280, comme nous le verrons plus 
loin. L'inexactitude de cette indication permet de douter 
de l'exactitude du reste, d'autant plus que ces manuscrits 
sont très-modernes, et qu'on ne retrouve dans les sources 
rien qui confirme l'assertion énoncée par les manuscrits 



( H2) 
de 1640. Remarquons d'ailleurs qu'en 1064, c'est-k-dire 
six ans auparavant, l'évêque Baldéric transporta les reli- 
ques de saint Éleuthère dans la cathédrale. Les répara- 
tions qui ont eu lieu sous Radbod ont dû se borner aux 
parties délabrées de l'église; mais il serait inexact de 
croire que cet évèque aurait reconstruit la cathédrale. 

1087. Henry, doyen de la cathédrale, accepte la dona- 
tion de quatre autels faite par Baldéric. 

1090. Odon est nommé par les chanoines écolâtre de 
Tournay. Odo a canonicis B. Mariae Tornacensis evocalur, 
scholae eorum magister constituilur, quam fere per quin- 

quennium regens Vespertinis quoque horis ante januas 

ecclesiae usque in profundam noctem disputantem et astro- 
rum cursus digiti protensione ostendentem zodiacique seu 
lactei circuli diversitates demonstrantem , etc. (Hériman, 
Hist. rest. S. Mart. in d'Acheri Spic. , II, 889). A cette 
époque la cathédrale servait encore à juger les procès, sui- 
vant l'usage des anciennes basiliques (Hériman, Cousin). 

1090. L'évêque Radbod fait cesser la discorde entre les 
chanoines et le gardien, et ordonne que les vicaires pré- 
posés dans Notre-Dame au service du peuple de Tournay 
auront les offrandes, à l'exception des chandelles du jour 
de la purification et du baptistère, qui appartiendront à 
l'église. Sciât igitur praesens aetas et futura, vicarios in 
sanctae Dei Genitricis ecclesia plebi tolius civitatis servituros, 
a canonicis debere constitui et quae his offeruntur eorum 
pertinere usui, exceptis candelis in purificatione sanctae 
Mariae et baptisterii, quae luminaribus pertinent ecclesiae. 
(Cartul. de N.-D.) 

1090. L'évêque Radbod tient, le 12 des kalendes de 
mars 1190, un synode à la cathédrale. — Actum Tornaco 
in ecclesia sanctae Mariae. (Cousin, III, page 120.) 






( 113) 

1092. L'évêque Radbod institue la procession annuelle 
de Tournay. Le feu ardent attirait tant de monde que 
l'église de Notre-Dame était toute pleine jusqu'au grand 
portail (Cousin, page 129). Eodem tempore ignea pestilen- 
tiel combusti ad ecclesiam B. Mariae in urbe Torna- 

censi constructam gregatim deferebanlur, et cum ipsa 

ecclesïa eorum multitudine tam repleta fuisset Radbodus 

totius provinciae populum in eadem sanctae Mariae con- 
gregari fecit ecclesia. (Heriman, /. c, page 891.) 

1098. Radbod meurt à Bruges et est enterré dans la 
cathédrale de Tournay. — Eo (Radbodo) itaque Brugis de- 
functo , sed Tornacum deportato et in ecclesia beatae 
Mariae sepulto, Baldericus successit. (Chronic. Torn.; Corp. 
chron. Flandr., 499.) 

1100. Alulf, chanoine, fait avec l'autorisation de Bal- 
déric diverses donations à la cathédrale. (Cousin, III, 
page 156.) 

1100. Walter des Salives fonde à Notre-Dame une vi- 
cairie sacerdotale. (Cousin , II, page 8.) 

1101. L'évêque Baldéric tient un grand synode dans 
l'église cathédrale de Tournay. (Hoverlant, III, page 187, 
et V, page 195.) 

1105. L'évêque Baldéric attribue l'autel de Laudas à 
l'office du prévôt de la cathédrale. (MSS. du chap.') 

§ 3. Chœur ogival et autres adjonctions ogivales. 

1110. EN L'AN 1110 FURENT MIS LES FONDEMENTS DU 

choeur neuf de la cathédrale, lequel n'a été voûté et 
achevé que 80 ans après ou davantage. (Cousin, vol. II, 
page 163.) 
1110. Charte de Robert, comte de Flandre, approu- 
Tom. xii. 8. 



( m ) 

vant la donation d'une manse de terre faite par Éverard, 
châtelain, et ses fils. (Poutrain, page 606.) 

1112. Éverard, châtelain de Tournay, oblige les reli- 
gieux de l'abbaye de Saint-Martin de payer la dîme au cha- 
pitre de la cathédrale. (Pourlr., p. 605.) 

1119. Ermengarde, sœur de Mouin, chantre de la ca- 
thédrale, y fonde un bénéfice sacerdotal. (Nov. V, p. 244.) 

1155. Simon de Vermandois , évêque de Tournay, tient 
un synode dans la cathédrale de Tournay; il oblige les 
chanoines à résidence. (GalL christ., III, p. 45.) 

1145. Le chanoine Henry, en traversant le soir les nou- 
velles constructions de la cathédrale, voit saint Éleuthère 
qui lui annonce que bientôt l'église de Tournay recouvrera 
un évêque particulier et sera séparée du siège épiscopal de 
Noyon. Cette relation, écrite par Hériman, historien con- 
temporain et qui fut présent à la narration d'Henry, est 
très-importante, puisqu'elle établit qu'à cette époque on 
travaillait aux constructions d'une partie de l'église, et 
qu'on les traversait la nuit, ce qui prouve que cette partie 
en construction n'était pas clôturée. Or, cela ne peut s'ap- 
pliquer à la partie romane de la cathédrale, où nous ve- 
nons de voir que l'on tenait des synodes et où nous verrons 
bientôt qu'on disait la messe tous les jours , mais unique- 
ment au chœur, qui avait été commencé en l'an 1110. Voici 
le passage du célèbre abbé de Saint-Martin. — Quidam 
adolescens canonicus noster nomine Henricus , pascali tem- 
pore feria v a x° liai, mail vespertina hora jam incumbente 
nocle solus forte per novam fabricam ecclesiae Sanctae 
Mariae non sine aliquo timoré transibat, et ecce subito voces 
quasdam, etc. — (Hériman, Chron. Torn. Manuscrit de la 
bibl. de Tournay, écrit en 1146.) 

1146. La cathédrale de Tournay récupère un évêque 



( 115) 
particulier et obtient sa séparation de celle de Noyon. 
Joyeuse entrée de l'évêque Anselme. (Cousin, III, p. 255.) 

1150. Letbert-le-Blond , doyen de la cathédrale, fonde 
la première chapellenie de l'église en faveur de l'autel de 
Sainte-Catherine. (Cousin, III, p. 265; Corp. chron., 567.) 

A sa mort , il est enterré dans le chœur, où l'on voyait 
encore, dans le siècle dernier, sa tombe en style ogival, 
dontDufief a conservé un dessin exact. (MSS. de labibl. de 
Bourg. 15762.) 

1160. Éverard de le Vingne donne à la cathédrale un 
calice d'or pour y célébrer la grand'messe tous les jours. 
(Cartulaire du chapitre., Nov. VI, p. 55.) 

1170. L'évoque Gauthier, avec l'autorisation du pape 
Alexandre III, porte le nombre des chanoines de 50 à 40. 
Cette augmentation du nombre des chanoines, fixé à 50, 
en 854, par Charles-le-Chauve , eut lieu à l'occasion de la 
vaste étendue du nouveau chœur. C'est ce qu'indique clai- 
rement la charte de Gaultier, lorsqu'il dit qu'il convient 
qu'une église aussi sublime ne soit pas déconsidérée par le 
petit nombre de ceux qui la desservent : Ne lam sublimis 
ecclesiae dignitas penuria deservientium ei deprimatur in- 
digna. (Gall. christ, III, p. 47 et 48, instrum.) 

1178. Donation de l'autel de Morselle, faite par l'évêque 
Everard, aux chanoines psalmodiant dans le choeur : Ca- 
nonicis psallentibus m choro in propria persona in horis 
diei et noctis. (Cartulaire du chapitre.) 

1190. Philippe d'Alsace donne à la cathédrale tous les 
serfs qu'il avait à ïournay. (Hov., VI, p. 86.) 

1195. L'évêque Etienne fait construire la chapelle de 
Saint-Vincent, qui unit la cathédrale au palais épiscopal. 
(Chron. des év. de Tournay , manuscrit du chapitre.) Lors 
de cette construction , l'évêque Etienne éprouva de vives 



( 116 ) 
résistances de la part du magistrat, au point qu'il dut re- 
courir à Philippe-Auguste. C'est ce qui résulte de la 
charte relative à la prébende de la chapellenie, récemment 
publiée parmi les lettres inédites de l'évêque Etienne, 
dans les Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque 
du Roi y publiés par l'Institut de France, tome X (1818), 
p. 105. Le célèbre évêque s'y exprime de la sorte. Expro- 
pter notum fieri volumus tam futuris quam praesentibus 

quod assensu capituli nostri, instituimus capellanum 

in oratorio sancti Vincenlii martyris (quod est episcopalis 
capella et quod multis expensis graïiose aedificavimus , et 
in eodem liberum introitum, quod Tornacensis episcopus 
antea habere non poterat, in majorem ecclesiam, non sine 
multa contradictione laicorum, auctoritate domini régis 
obtinuimus) , qui tanquam proprius capellanus singulis die- 
bus missam célèbre t in eo, etc. L'évêque Etienne fit la dédi- 
cace de la chapelle Saint-Vincent le mardi de la Pentecôte, 
ainsi qu'il conste de sa ccxx e lettre adressée à Jean, abbé 
de Sainte-Geneviève de Paris. Te rogamus et exhorta- 
mur in domino ut in vigilia sanctae Pentecostes copiam tui 
nobis facias, quoniam Deo volente sequenti a festo tertia 
feria proposuimus dedicare capellam nostram novam , non 
minus gloriosam materia quam gloriosam forma. Delectabi- 
liter occurrent tibi et aliis tecum intuenlibus pari décore et 
emulatione sancta contendentes in singulis fenestris vitreis 
Evurcius et Genofeva. (Bibl. patr., XII, 2, p. 539). On voit 
que les vitraux peints devaient avoir un grand caractère 
de nouveauté, puisqu'il les annonce comme une délicieuse 
surprise. 

1198. L'évêque Etienne fait voûter le chœur ogival et 
donne la quatrième partie des revenus du winage de l'Es- 
caut, qu'il avait acquis du châtelain , pendant dix ans, pour 



( 117) 
faire et exécuter convenablement la voûte du chœur. Iteli- 
quorum duorum quadralum unum damus, in opus major is 
eccîesiae, ad faciendam et formandam decenter testiludinem 
sive caelaturam ipsius ecclesiae. (Gartul. de la cathédrale.) — 
Il s'agit ici de la partie terminale du chœur, qui est voûtée 
en pierres blanches; jusqu'alors la voûte était sans doute 
provisoire et en bois. 

1215. Ferrand, comte de Flandre, est excommunié par 
l'évêque Gossuin, pour avoir violé la cathédrale, necnon 
ecclesiam violavit. (Charte de l'év. Gossuin, Cous. 4, p. 17 
et 18.) 

1215. L'église cathédrale est consacrée. Anno 1215 fuit 
consecrata nobilis ecclesia B. Mariae Tornacensis. (Ly 
Muisis, p. 162.) — C'est encore une consécration par 
suite de la violation du temple; l'excommunication du 
comte Ferrand en fournit la preuve. 

1242. L'évêque Walter de Marvis fait voûter le haut 
chœur. (Cousin, IV, p. 55.) — Il s'agit ici de la partie 
antérieure de la voûte du chœur, laquelle, commencée sous 
l'évêque Etienne , n'avait pas été achevée , et fut terminée 
en briques. Cousin ne dit pas dans quel document il a 
puisé cette indication. 

C'est par erreur que la chronique compilée dit que ce 
fut Walter de Marvis qui commença à élever le chœur. 
(Corp. chron. FL 9 p. 569.) Déjà Cousin a relevé cette er- 
reur : « Si fut en ceste année, dit-il, commence le hault 
ouvrage, j'entens la voûte du chœur de l'église N.-D. de 
Tournay; à quoy je ne doute pas que leuesque Gualter 
nait fourny de ses moyens, ce qui auroit donné occasion 
à aucuns de dire qu'il a fondé ou faict faire le dit chœur 
de l'église. (Cous., I. c.) 

1247. Le corps de saint Éleuthère est transféré dans 
une châsse nouvelle. (Car lui. cap. y lett. D.) 



( "8) 

1254. L'évéque Walter de Croix fait faire et consacre 
le grand autel de la cathédrale (MSS. du chap.). Le 
maître-autel de la cathédrale était en pierre de touche. 

1280. L'évéque Philippe de Gand fonde dans la cathé- 
drale la confrérie des damoiseaux. (Cousin, IV, p. 81 , ex- 
trait du registre des damoiseaux, MSS. bibl. de Bourg., 
fol. 949.) 

4299. L'évoque Jean de Wasonne construit la chapelle 
de Saint-Louis et y fonde deux chapelains perpétuels. 
(Cousin, IV, p. 94.) 

1358. L'évéque André consacre la cathédrale. — An- 
draeas .... dedicavit ecclesiam Tornacensem concessitque 
universis Christi fidelibus ecclesiam beatae Mariae Torna- 
censem in die dedicalionis ejusdem visitantibus quadraginta 
dies injunctis sibi poenilentiis et in ejus octavis triginta. 
(MSS. attribué à Ducambge écrit en 1600, appartenant 
au chap.). C'est encore une indication apocryphe et dont 
nous avons cherché en vain les preuves. 

1516. Le roy Henri VIII d'Angleterre, fait poser parle 
sieur de Montoye, gouverneur de Tournay, la première 
pierre de la paroisse Notre-Dame. (Cousin, IV, p. 272.) 

Telle est l'analyse chronologique de tous les documents 
relatifs à la cathédrale; nous avons réuni tout ce que nous 
avons pu recueillir, afin de mettre chacun à même de juger 
en connaissance de cause; or, à l'exception de la recon- 
struction du chœur ogival en 1110 et des accroissements 
successifs de l'édifice, on ne trouve aucune trace d'une 
démolition et d'une reconstruction de la partie romane, 
car je ne regarde pas comme une objection sérieuse la 
note marginale anonyme écrite sur le manuscrit de 1646, 
intitulé Ritus officii. En effet, aujourd'hui que la saine cri- 
tique préside à l'examen des questions historiques, on 



( 119 ) 
demande avant lont à connaître l'auteur d'une indication , 
afin de savoir si elle n'est pas apocryphe, et si elle émane 
d'un auteur digne de foi ou d'un rêveur; en outre, on exige 
de recourir aux sources pour vérifier cette indication. Or 
ici rien de semblable; une date de dédicace est mise en 
marge d'un manuscrit du XVII e siècle, on ignore de qui 
elle émane, sur quelle autorité elle s'appuie. Émane-t-elle 
d'un savant ou d'une main superficielle? c'est ce que l'on 
ignore. Correspond -elle avec les sources? évidemment 
non. Une telle indication ne peut donc être considérée que 
comme apocryphe. Nous ferons remarquer en outre que , 
d'après l'analyse historique que nous venons de présenter, 
il y aurait eu depuis le XI e jusqu'au XIV e siècle cinq dédi- 
caces et consécrations de la cathédrale: en 1066, dédi- 
cace par l'évêque Baldéric; 1070, dédicace par l'évêque 
Radbold ; 1213 , consécration par l'évêque Gossuin ; 1254, 
consécration par Walter de Croix, et enfin en 1358, dé- 
dicace par l'évêque André. Malheureusement nous ne re- 
trouvons aucune charte de toutes ces dédicaces, et le savant 
Cousin n'en admet aucune. Toutes ces prétendues dédica- 
ces et consécrations de l'église doivent donc se rapporter 
à des profanations du temple et nullement à sa recon- 
struction. 

L'analyse chronologique que nous venons de présenter 
est la confirmation de la dissertation sur l'âge de la cathé- 
drale que nous avons publiée en 1841 dans les Bulletins de 
l'académie. Notre opinion sur ce point était trop hardie, 
trop contraire aux idées reçues pour ne pas rencontrer des 
contradicteurs. Les objections présentées se bornent à 
trois principales: 1° l'invasion normande; 2° la forme 
cruciale du temple ; 5° les 5 tours de l'édifice. 

Plusieurs auteurs modernes ont écrit que N.-D. de Tour- 



( 120 ) 

nay aurait été détruite par les Normands; j'ai voulu véri- 
fier cette indication que je ne retrouvais dans aucun des 
anciens écrivains. J'ai recouru aux sources, et, loin d'y 
trouver rien de semblable , j'y ai trouvé l'indication non 
douteuse du contraire. Heriman , le célèbre abbé de Saint- 
Martin , donne dans sa chronique une longue relation des 
dévastations commises à Tournay par les Normands : « J'ai 
résolu, dit-il, de laisser à la postérité tout ce que j'ai pu 
recueillir sur ces désastres, soit au moyen des chroniques, 
soit par la mémoire des événements. » Or, dans sa narra- 
tion, il se borne à dire que les édifices furent dépeuplés 
et les églises du plat pays rendues inhabitables : Tornacensis 
quoque civitatis inter facinora sua destruxerunt muros, et 
aedificia depopulali sunt, cives et populus desolati sunt, et 
suppellectilia universa cum ecclesiis finitimis ac inhabita- 
bilem penitus reddiderunt. (Heriman, in d'Âchery spicil. 2, 
p. 903). Il n'y eut donc que les églises du voisinage de 
Tournay qui furent rendues inhabitables; de ce nombre 
était celle de l'ancienne abbaye de Saint-Martin, située 
hors de la première enceinte de Tournay, et qui, bien que 
dévastée par les Normands, existait encore et servait au 
culte lorsque, en 1092, Odon rétablit l'abbaye de S l -Martin. 
Il est donc constant que, d'après le témoignage d'Heri- 
man, qui vivait à une date rapprochée des événements, 
le résultat de l'invasion normande à Tournay est que les 
édifices de la ville furent dépeuplés , et que les églises du 
voisinage devinrent presque inhabitables. Or le célèbre 
abbé de Saint-Martin ne saurait être soupçonné de cher- 
cher à diminuer les crimes des Normands, puisque c'étaient 
eux qui avaient anéanti sa propre abbaye, fondée par saint 
Éloy, et dont il décrivait la restauration. On sait en effet 
qu'en Belgique, les Normands se bornèrent à piller, sans 






( 121 ) 

renverser les édifices comme les Vandales. C'est ainsi qu'ils 
transformèrent en écurie le palais de Charlemagne, à Aix, 
et la porta Nigra à Trêves, mais sans les détruire. ATouY- 
nay ils firent de même; aussi , lorsque plus tard le savant 
chroniqueur raconte le retour des Tournaisiens qui se- 
taient réfugiés à Noyon, il dit qu'alors quelques prê- 
tres de l'église N.-D., située dans la forteresse de la cité et 
du siège épiscopal , revinrent à leur domaine rapportant 
les objets sacrés qu'ils avaient emmenés dans l'émigration, 
desquels une partie avait été dissipée par les Noyonnais. 
Ce témoignage prouve bien que N.-D. de Tournay ne fut 
pas détruite par les Normands. Et en effet, pour qui a vu 
la masse énorme que présente la partie romane de l'édifice, 
il demeurera démontré que la destruction d'une construc- 
tion aussi massive serait un travail très-long et très-péni- 
ble, et certes, les Normands avaient autre cure que de 
passer leur temps à ces démolitions. 

Une autre objection est tirée de la forme cruciale de la 
basilique. On prétend que celte forme accuse une époque 
récente, et que sous les périodes romane et mérovingienne, 
on ne construisait pas d'édifice de cette configuration. 
Cette objection n'est pas plus fondée. Dès l'origine du 
christianisme , et surtout à l'époque de l'invention de la 
vraie croix, on a construit des édifices de forme cruciale. Le 
plan de l'église de Bethléhem , construite par sainte Hélène 
et que nous reproduisons ici (pi. II.), d'après le P. Quaresme, 
prouve le peu de fondement de cette objection. Il y a plus, 
le plan primitif de la cathédrale, plan que nous avons tracé 
planche I, en nous en rapportant aux données historiques 
et en nous bornant à établir un parallélisme absolu du 
chœur avec la nef et le transept, montre la plus grande 
identité de contour avec le temple de Sainte-Hélène, et 



C \m ) 

lait voir la haute antiquité de la cathédrale. Et cette anti- 
quité se trouve encore appuyée par la considération que 
N.-D. de Tournay est orientée, non sur le Levant , mais sur 
Jérusalem et Bethléhem , de manière que les fidèles age- 
nouillés pour prier dans la cathédrale, ont la face tournée 
vers les lieux saints. Cette orientation si remarquable, 
jointe à la forme comparative du plan, est une des preuves 
les plus fortes en faveur de l'opinion que nous avons sou- 
tenue dans notre dissertation sur lage de la cathédrale de 
Tournay. 

Il nous reste à rencontrer l'objection tirée des cinq tours 
de la cathédrale. On dit que les cloches n'ont été inventées 
qu'au VIII e siècle, et qu'ainsi l'existence des tours prouve 
que l'édifice est d'une date postérieure à cette époque. Cette 
objection paraît au premier coup d'oeil invincible, mais 
déjà dans sa savante histoire de l'archéologie, M. Daniel 
Ramée a dit avec raison que c'est une question de savoir si 
les tours des édifices religieux ont été faits pour les cloches, 
ou les cloches pour les tours. On voit en effet dans Gré- 
goire dcTours(l) que Léon, treizième évêque de cette église, 
faisait des tours en bois et les faisait recouvrir de métal 
bien avant l'époque assignée à la découverte des cloches. 
Les Mahométans ont des minarets à leurs temples et n'ont 
pas de cloches. À Tournay, le dôme, qui est certainement 
primitif, n'en a pas et n'en pourrait contenir. D'ailleurs, 
quant à la cathédrale qui nous occupe, cette question est 
superflue, attendu qu'il n'est pas impossible que les quatre 
tours latérales n'aient été élevées postérieurement à l'é- 
difice. Primitivement , les angles qu'elles forment pou- 



(I) Gregorii Turon. Hist., lib. x, cap. xxxi 



( 1^3) 

vaienl n'être que des chapelles ou des couloirs, comme on le 
voit fig. Sel 9 dans le plan de l'église de Belhléhem, et leurs 
murailles ne devaient s'élever qu'à la hauteur de l'édifice. 
C'est ce que prouve l'examen des deux tours antérieures, 
pi. I, fig. 12 et 15. En outre, leur rudesse et leur orne- 
mentation indiquent une complète décadence de l'art qui 
avait présidé à la construction de ce noble et majestueux 
édifice. 

Au point de vue archéologique, ce qui caractérise la par- 
tie romane de N.-D. de Tournay, ce sont les rapports qu'elle 
présente avec des édifices romains bien connus. Nous ve- 
nons de voir que le plan est identique avec celui de l'église 
de Sainte-Hélène à Belhléhem ; son élévation, sans présen- 
ter une aussi complète similitude, offre à chaque pas des 
réminiscences et des analogies qui révèlent sa haute anti- 
quité. Ainsi la façade latérale de la nef rappelle la con- 
struction des thermes de Domilien; les grandes arcades 
superposées de la nef (pi. 4) rappellent la construction du 
Colysée; les entablements du troisième ordre du transept 
(ibid.) rappellent plusieurs monuments romains de Nîmes. 
Tout cela s'écarte trop des édifices religieux de l'époque 
capétienne, pour pouvoir être rapporté à cette époque, d'au- 
tant que l'on ne saurait citer aucun monument de celte 
date qui ait du rapport avec la vieille cathédrale des rois 
franks. 

Il faut donc bien reconnaître que la partie romane re- 
monte à une époque où l'on avait encore conservé les 
traditions architecturales de l'art romain. 

Que si nous examinons la forme des chapiteaux (pi. 5 à 
8), nous y trouverons un enseignement non moins instruc- 
tif. Les chapiteaux du transept (pi. 5 à 6) sont de véri- 
tables chapiteaux composites, ornés de volutes; or, l'ad- 



( 114 ) 

jonction de volutes à d'autres ornements est entièrement ro- 
maine, et la forme de ces chapiteaux indique la décadence 
de l'empire et l'époque des Mérovingiens. Dans la nef, où les 
cintres accusent une forme byzantine (voir pi. 4), les chapi- 
teaux présentent ce même caractère byzantin avec une ri- 
chesse d'ornementation et une variété de formes compara- 
bles aux édifices élevés du temps de Julien et deClovis. Parmi 
les diverses variétés que nous en donnons à la pi. 8, nous 
signalerons le chapiteau n° % qui représente deux têtes de 
guerriers ornées du bonnet national du bas-empire, parti- 
cularité infiniment remarquable, et qui établit une preuve 
de plus en faveur de l'opinion que je soutiens. Un autre 
chapiteau (fig. 10) représente une tête de bœuf et un oiseau 
qu'on ne peut méconnaître à son cou déplumé et à son bec 
falciforme, et qui n'est autre que l'ibis sacré. Sur plusieurs 
chapiteaux on retrouve la pomme de pin et même le lotos. 
Voilà donc dans la cathédrale de Tournay Ibis et Apis, 
les animaux et les fruits sacrés du culte de Cybèle. Or, 
on sait qu'à divers temps on a découvert à Tournay 
des monuments qui établissent qu'à l'époque romaine le 
culte de la mère des Dieux y était en grand honneur. 
Pignorius a donné une dissertation sur plusieurs de ces 
objets sacrés, et le savant de Bast les a reproduits dans son 
ouvrage sur les antiquités delà Gaule Belgique. En 1821, 
en creusant le grand aqueduc qui traverse le forum, on a 
trouvé une pierre tumulaire romaine établissant l'existence 
d'un grand prêtre de Cybèle à Tournay (1). Or, retrouver 
dans l'église élevée à la mère de Dieu des restes du culte 



(I) Voici l'inscription que contenait cette pierre, telle que je l'ai recueillie 
à l'époque de la découverte. I! est bien malheureux que ce précieux monu- 






( 123 ) 
de la grande déesse, n'est-ce pas montrer la haute anti- 
quité de cet édifice? Le plan semblable à celui de l'église de 
Bethléhem, cette orientation sur la Judée, ces analogies 
avec les édifices romains du bas-empire, ces chapiteaux 
composites, ces guerriers couverts du casque du bas-em- 
pire, ces emblèmes du culte de Cybèle, tout cela ne saurait 
être sans signification, tout cela prouve que la partie ro- 
mane de notre cathédrale remonte à un temps où l'on 
avait encore conservé le souvenir récent de l'époque ro- 
maine, et confirme l'opinion que cette partie est méro- 
vingienne et due vraisemblablement à Clovis et à saint 
Éleuthère. 

Dans mon mémoire sur l'âge de la cathédrale de Tournay, 
employant une donnée nouvelle pour l'archéologie sacrée, 
j'ai établi que le plan de l'édifice avait été construit avec le 
pied romain de la décadence, dont la mesure est de 0.29,3. 
Voulant pousser mes investigations sur ce point, j'ai de- 
puis lors cherché à reconnaître si, au moyen de la mesure, 
il ne serait pas possible d'établir le pied type employé dans 
les diverses parties de l'édifice, et, après de longues et pé- 
nibles recherches, je suis parvenu à découvrir l'emploi de 
quatre mesures distinctes dans la cathédrale de Tournay. 
Comme je l'ai démontré précédemment, le plan de la partie 



ment d'antiquité romaine ait été détruit en 1831 par l'incurie des magistrats 
de cette époque. 

D. M. 

MONIMENTVM 

I N S T I T V S 1 

BIVIVS VLP 

I VSIVS A R 

CUIGALLVS. ' 



( 126 ) 
romane est en pied romain de la décadence; l'élévation de 
la même parlie est tout entière une variante du pied by- 
zantin, pied goth au moyen âge, et qui est de nos jours le 
pied anglais de 0.30,G. La chapelle Saint-Vincent, con- 
struite par Tévêque Etienne en 1195, est en pied de Paris, 
et le porche, dont la partie adossée à la cathédrale date 
du commencement du 13° siècle, est en pied de Tournay. 

L'existence du pied byzantin dans la cathédrale de 
Tournay paraîtra à peine croyable, mais rien n'est plus 
certain. Dans la nef, les colonnettes octogones et les fûts 
du premier ordre à droite ont de hauteur dix pieds goths; 
les plinthes 18 ou 22 pouces goihs et leurs retours 10 
pouces goths. 

Dans letriforium delà nef du côté gauche, les colonnettes 
octogones ont 12 pieds 9 pouces et les plinthes 14 pouces 
goths. Dans le transept, les colonnes du premier ordre 
du côté droit ont de hauteur totale 27 pieds et leur fût 24 
pieds goths. Celles du second ordre présentent des fûts 
dont la hauteur est, du côté gauche, de 8 pieds, et, du côté 
droit, de 7 pieds 6 pouces goths, et les pilastres qui les 
regardent ont partout 11 pouces goths de largeur. Dans 
la galerie supérieure, la hauteur totale des colonnes est de 
6 pieds G pouces, celle du fût de 4 pieds 6 pouces; les bases 
ont 13 pouces; les grands pilastres 21 pouces, les petits 
1 1 pouces ; les grandes pierres d'entablement ont 42 pouces 
et les petites 36 pouces goths. 

L'existence du pied goth comme pied type de l'élévation 
de l'édifice des rois mérovingiens ne saurait donc être ré- 
voquée en doute. Or, ce pied n'est qu'une variante du pied 
byzantin en usage à l'époque mérovingienne, et importé 
dans les Gaules par les architectes goths. On voit en effet 
dans la vie de saint Ouen et dans la chronique de saint Orner 






( 127 ) 

que les rois franks avaient des architectes golhs à leur 
cour (1); les architectes construisaient les églises royales, 
ce qui fit que cette architecture prit le nom d'architecture 
gothique, nom très-improprement attribué à l'architecture 
à voûtes pointues que M. de Caumont a heureusement dé- 
signée sous le nom de style ogival. Le pied dont ils faisaient 
usage est à proprement parler le pied goth ou mérovin- 
gien. Or, il est bien digne de remarque que ce fut un tour- 
naisien, saint Grimbald, qui introduisit au IX e siècle, sous 
Alfred-le-Grand , ce style en Angleterre, où il fonda un 
grand nombre d'églises et où ce pied est encore le pied na- 
tional. Saint Grimbald introduisit dans la Grande-Bretagne 
l'art tournaisien , et, ce qui le prouve, c'est que la crypte 
de Saint-Pierre à Oxford, bâtie par lui et qui se trouve fi- 
gurée dans le premier volume des Mémoires de la société 
des antiquaires de Londres, présente des chapiteaux évi- 
demment copiés sur ceux de N.-D. de Tournay. 

Pour atteindre ce résultat, saint Grimbald aura dû em- 
mener avec lui des ouvriers maçons et sculpteurs qui au- 
ront introduit en Angleterre, avec l'art de leur pays, le 
pied mérovingien, qui devint ainsi la mesure usitée dans 
la Grande-Bretagne, et s'y est conservé jusqu'à nous. 

Dans un mémoire que je prépare, je donnerai les vicis- 
situdes des anciennes mesures belges, et je montrerai que, 
sans qu'on s'en soit douté, le pied romain de la première 
et de la seconde époque, le pied byzantin-goth ou pied an- 
glais se sont perpétués dans notre pays jusqu'à notre époque. 

(1) On lit dans le P. Wilthem ce passage remarquable : Namis qui acta 
D. Audeoni condidit , ita de basilicâ D. Pétri Rotkomagensi sçripsit. 
Miro opère, quadris lapidibus, gothica manu, à primo Chlotaris Franco- 
rum rege , olim nobiliter constructa fuit. Paulo aliter Codex S li Judo- 
mari : denique ipsa ecclesia peu manum gothicam a primo Chlotario rege 
Francorum olim est nobiliter constructa. Acta cjusdem Judeoni qui in 



( 128 ) 

EXPLICATION DES PLANCHES. 

PI. 1. Plan primitif de la cathédrale de Tournay, rétabli par M. Dumor- 
tier. —Figure 1, nef; 2, transept; 3, chœur; 4 et 5 , apsides 
du transept; 6, apside du chœur; 7, dôme; 8, 9, 10 et 11, base 
des quatre tours servant d'ambulacres ; 12, porte Manlile; 13, 
porte du capitole ; 14, entrées de l'église et des deux atrium; 
15, porte des escaliers de la tribune ou triforium; 16, atrium; 

17, lieu des fonts baptismaux où saint Piat fonda l'église; 

18, place de la basilique de Saint-Etienne. 

PI. 2. Plan de l'église de Bethléhem, construite par sainte Hélène (d'après 
le plan du P. Quaresme). — Figure 1 à 9, comme à la plan- 
che 1; 10, porte principale; 11, porte d'entrée des souterrains ; 
a } a, a, a, piliers supportant le dôme ; b } b, piliers indiquant 
les ambulacres , 8 et 9. 

PL 3. Plan actuel de la cathédrale de Tournay. — Figure 1 à 14, comme 
à la pi. 1 ; fig. 15, porche; 16, grande chapelle; 17, chapelle 
de Saint-Vincent, 18, chapelle de Saint-Louis; 19, élargissement 
des chapelles de la carole gauche ; 20 , paroisse ; 21 , chapelle 
N.-D. de Laurette ; 22, porte de la sacristie ; 23, lieu où était la 
statue de Moïse ; 24, caroles. 

PI. 4. Coupe partielle de la cathédrale actuelle. 

PL 5. Chapitaux des apsides du transept. — Figure 1, 2, 5 et 6, chapi- 
teaux des grosses colonnes ; 5 et 7, chapiteaux des colonnes en- 
gagées du premier rang. 

PL 6. Chapiteaux des arcs, doubleaux du transept. 

PL 7. Chapiteaux de la galerie supérieure du transept. 

PL 8. Chapiteaux de la nef. — Figure 1, chapiteau à rinceaux; 2, idem 
avec figures coiffées de bonnets nationaux du bas-empire ; 3, idem 
représentant Clovis et Clothilde ; 4 , idem représentant la mort 
de l'architecte de la cathédrale ; 5 , idem avec colonne torse ; 
6, idem du triforium ; 7, idem de la galerie supérieure ; 8 et 9, 
chapiteaux de la galerie extérieure de la nef; 10, chapiteau re- 
présentant Ibis et Apis. 

PL 9. Chapiteaux du chœur ogival. 



bibliolheca D. Maximini sunt in membranis exarata, sic habcnt : Miro 
fertur opère construcla ab autificibus gothis ab antiquissimo Lolhario 
Francorum rege. (Wilth.. Dipt. Leod. app., p. 22.) 



( 129 ) 

— M. le directeur, en levant la séance, a fixé l'époque 
de la prochaine réunion au samedi 2 août. 



OUVRAGES PRÉSENTÉS. 



Annales des travaux publics de Belgique , I er cahier, tome IV. 
Bruxelles, 1845, 1vol. in-8°. — Trois exemplaires, de la part 
de M. le Ministre des travaux publics. 

Des races humaines , ou éléments d'ethnographie , par M. J.-J. 
d'Omaliusd'Halloy. Paris et Strasbourg, 18-45, 1 vol. in-8°. 

Annales et bulletin de la société de médecine de Gand, année 
1845, mois de mai, 15 e vol., 5 e livr. Gand, in-8°. 

Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacologie, pu- 
blié par la société des sciences médicales et naturelles de 
Bruxelles , 3 e année , cahier de juin 1 845. Bruxelles , in-8°. 

Messager des sciences historiques de Belgique , année 1 844 , 
2° à 4 e livr.; année 1845, l re et 2 e livr. Gand, in-8°. 

Mémoire sur les machines employées à monter et à descendre 
les ouvriers des mines; par M. A. Delvaux de Fenffe. Bruxelles, 
1845, in-8°. 

annales de la société de médecine d'Anvers, année 1845, 
livr. de juin. Anvers, in-8°. 

La revue de Liège, 6° livr. juin 1845. Liège, in-8°. 

Het Vaderland , tydschrift voor letterkunde en geschiedenis , 
l' te tot ll de aflevering. Antwerpen, 1844, in-8°. 

Journal historique et littéraire, tome XII, livr. 8. Liège, 
in-8°. 

Additions et corrections relatives à la notice sur le Liber flo- 
bidcs Lamberti canonicï, par M. le baron de Saint-Génois. 
Gand , in-8 û . 

Tom. xii. 9. 



( 130 ) 

Bévue zoologique par la société cuviérienne, 1845, n° 5. 
Paris, in-8°. 

Bulletin de la société géologique de France , 2° série , tome I er , 
feuilles 89-55; tome H, feuilles 17-19. Paris, 1848-1844, 
in-8°. 

Journal de la société de la morale chrétienne, 8° série, tome III, 
n° 6. Paris, 1845, in-8°. — Assemblée générale annuelle delà 
société de la morale chrétienne. 1845. Paris, in-8°. 

Mémoires de la société ethnologique, tomes I et II. Paris, 
1841-1845, 2 vol. in-8°. 

L'Investigateur, journal de l'institut historique, 12 e année , 
tome V, 2 e série, livr. 128 à 180. Paris, 1845, in-8°. 

Journal d'agriculture pratique et de jardinage, publié sous 
la direction du D r Bixio. 2 e série, tome II, n 08 10 et 11. Paris, 
in-8°. 

Béouverture du cours de littérature étrangère à la faculté des 
lettres de Montpellier, par M. Achille Jubinal, in-8°. 

Gerson , auteur de Vimitation de Jésus-Christ. Lettre de 
M. Onésime Leroy , à MM. les membres de l'institut historique, 
sur une étrange découverte de M, T... Paris, 1845, in-8°. 

Des céréales par rapport aux indigents; moyens d'assurer le 
pain aux ouvriers pendant les années de disette, par M. le D r 
Guilmot. Lille, 1844,in-8°. 

Handhoek der geschiedenis van het Vaderland, door M. G. 
Groen Van Prinsterer, 4 de aflevering. Leiden, 1845, 1 vol. 
in-8<\ 

Bouwkundige bijdragen , uitgegeven door de maatschappij 
tôt bevordering der bouwkunst. 2 do jaargang, 8 de en 4 de stuk ; 
8 dc jaargang, l 8te stuk. Amsterdam, 1844-1845, in-4°. 

Algemeene geschiedenis der wereld (door M. S. Polak) , 55 dc 
tôt 57 do aflevering. Amsterdam , in-8°. 

Uitkomsten der meteorologischen waarnemingen, gedaan te 
Utrecht, in de jaren 1889-1848. Medegedeeld door M r R. Van 
Rees. te Utrecht, 1844, in- 8°. 

Uittreksel uit de meteorologische waarnemingen gedaan aan 



( 131 ) 

hoordvan Z. M. Korvet Boreas , medegedeeld door M. W. Wenc- 
kebach. Te Utrecht, 1844, in-8°. 

De uitoefening der geregtelijke genecskunde in Nederland, 
hare gebreken, middelen tôt herstel derzelve. Door J.-C. Vande 
Broecke en Ph. Vande Broecke. Te Utrecht, 1845, 1 vol. 
in-8\ 

Naamlist derplanten en voorwerpen ingezondenvoorde achtste 
tentoonstelling van het genootschap voor landbouw en kruid- 
kunde te Utrecht. Utrecht , in-8° . 

Berigten en mededeelingen door het genootschap voor land- 
bouw en kruidkunde te Utrecht, 3 de aflevering. Utrecht, 1845 , 
in-4°. 

Extrait du programme de la société holladaise des sciences de 
Harlem , pour l'année 1845 , feuillet gr. in-fol. 

Letter ofthe secretary ofthe treasury communicating a report 
ofthe superintendent of the construction of standard weights and 
measures. Febr. 28, 1845, in-8°. 

Letter from the secretary ofthe treasury, transmittung the re- 
port ofthe superintendent ofthe coast sarivey, showing the pro- 
gress ofthat work. Dec. 27 , 1844 , in-8°. 

Etchings ofancient remains by Charles Roach Smith, n° VI. 
London , 1844, in-8°. 

The amer ican journal of science and arts , conducted by pro- 
fessor Silliman and Benjamin Silliman , vol. XL VII , n 08 1 et 2. 
Newhaven, 1844, 2 vol. in-8°. 

Proceedings of the academy of natural sciences of Philadel- 
phia, vol. II, n° 8. March and april 1845 , in-8°. 

Bômsches Antiquarium des Kôningl. Preuss. Notars Philipp 
Houben in Xanten. Xanten, 1 vol. in-fol. 

Antike erotische Bildwerke in Houben's Antiquarium su 
Xanten. Xanlen, 1 vol. in-fol. 

Archiv der Mathematik und Physik , herausgegeben von 
J.-A. Grunnert, 6 ter Theil, 2 te8 und 8 te8 Heft. Greifswald, 1845 , 
in-8°. 



I 



( 138) 

Isis. Encyclopàdische Zeitschrift , von Oken. 1845, Heft V. 
Leipzig , in-4°. 

Memorie délia reale accademia délie scienze di Torino. Série 
seconda, tomo VI. Torino, 1844, 1 vol. in-4°. 

Osservazioni concernenti alla lingua italiana ed a' suoi voca- 
bolari(da Angelo Pezzana). Parma, 1823, l vol. in-8°. 

Riposta aile censure pubblicate dal signor Maggiore Barone 
Giuseppe Ferrari intorno le osservazioni concernenti alla lingua 
italiana (dallo stesso). Parma, 1823, in-8°. 

Storia délia cittù di Parma scritta dal P. Ireneo Ajfb* Parma , 
1792-1795, 4 vol. in-4°. — Conlinuata da Angelo Pezzana, 
tomo 1° e 2°. Parma , 1837-1842 , 2 vol. in-4°. 

Memorie degli scrittori e letterati Parmigiani raccolte dal 
Padre Ireneo Affb e continuate da Angelo Pezzana. Parma, 
1789-1833 , 6 vol. en 9 tomes in-4°. 

Degli sforzi che si fauno a Napoli , sotto la influanza del 
Sig. Melloni persostenere la ipotesi di JVells sulla causa délia 
rugiada. Confutazione del dott. Ambrogio Fusnieri. Vicenza , 
1845, in-4°. 



BULLETIN 



DE 



L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES 



ET 



BELLES-LETTRES DE BRUXELLES. 

1845. — No 8. 



Séance du 2 août. 

M. le baron De Stassart, directeur. 
M. Quetelet, secrétaire perpétuel. 



CORRESPONDANCE. 



L'académie reçoit les communications suivantes : 
1° Une lettre de M. Galesioot, employé près de l'admi- 
nistration communale de Bruxelles, sur des antiquités 
romaines trouvées à Assche. (Commissaire : M. Roulez.) 
Tom. xii. 10. 



( 134) 

2° La description de quelques cryptogames inédites ou 
nouvelles pour la flore des deux Flandres, ainsi qu'un 
cahier contenant les échantillons types sur lesquels les 
descriptions ont été faites; par M. Westendorp, médecin à 
l'hôpital militaire de Bruges. (Commissaires : MM. Kickx 
et Martens.) 

5° Une lettre de M. le docteur Forster au sujet d'un 
météore brillant qu'il a observé, près de Londres, le 8 
juillet dernier, à 12 h. 5 m. Ce météore ayant l'éclat de 
Vénus, descendait du zénith vers £ de Cassiopée, où il 
s'éteignit. 



RAPPORTS. 



Sur un mémoire de M. de Spae, intitulé : Essai d'une mo- 
nographie du genre Lis. (Commissaires: MM. Martens, 
Kickx et Morren.) 

M. Martens présente les observations suivantes: 
a Je partage l'avis de M. Spae sur l'utilité d'une bonne 
monographie du genre Lis; mais je crains qu'il n'ait pas 
tout à fait atteint le but qu'il s'est proposé. Les caractères 
génériques qu'il donne des Lilium sont incomplets , et il 
n'est pas exact de dire que tous les lis ont les étamines plus 
courtes que la corolle (Ex. Lilium thunbergianum , où le 
contraire, je crois, s'observe). 

» Les phrases diagnostiques propres à l'auteur, sont gé- 



( 135 ) 
néralemcnt imparfaites, et ne caractérisent pas bien les 
espèces. Pour ne citer qu'un ou deux exemples, les dia- 
gnoses qu'il donne des Lilium bulbiferum et croceum sont 
inexactes, et surtout ne nous donnent pas les caractères 
distinctifs de ces deux espèces, consistant dans la capsule 
aculangulée et comme ailée du Lilium croceum et la capsule 
obtusangulée du Lilium bulbiferum. Les diagnoses que 
donne l'auteur des Lilium longiflorum et japonicum ne 
sauraient également faire distinguer ces deux espèces 
l'une de l'autre. En général il aurait dû se borner aux 
diagnoses de Kunth, Fischer et Schultes, et se contenter 
de les développer par de bonnes descriptions, comme il l'a, 
du reste, fait avec plus ou moins de succès. L'auteur aurait 
mieux fait aussi, ce me semble, de distribuer les lis d'après 
l'ordre tracé par Kunth, dans son Enumeratio plantarum, 
tome IV ; il aurait ainsi évité l'erreur qu'il a commise de 
placer le Lilium concolor Salisb. , qui a les fleurs plus ou 
moins roulées en dehors, dans la même section que les lis 
à fleurs campanuliformes. Le Lilium concolor me semble 
nécessairement devoir être rapproché du Lilium monadel- 
phum Bieberstein (1). 

» Malgré les imperfections que je me suis permis de 
signaler dans le mémoire en question , je suis loin de le 
croire dénué d'intérêt. Il contient des détails curieux sur 
la partie historique des différentes espèces de lis, et pourra 



(1) 11 me semblerait plus naturel d'établir trois sections de lis, savoir : 1" les 
Usa tépales droits, tels que les Lilium croceum, bulbiferum, pensilvani- 
cum } philadelphicum , etc.; 2° les lis à tépales réfléchis vers le haut, tels que 
les Lilium monadelphum , concolor, etc., et 3° les lis à tépales révolutés , 
tels que Lilium marlagon, pomponium, chalcedonicum, etc. 



( 136) 
servir à faire mieux connaître ces belles plantes aux hor- 
ticulteurs par la description détaillée que l'auteur donne 
de chaque espèce cultivée. Je pense donc que sa publica- 
tion pourrait être utile, après que l'auteur toutefois en aura 
fait disparaître les incorrections que Ton y rencontre et 
aura supprimé ou refondu les phrases diagnostiques. » 

L'académie entend ensuite l'avis de M. Kickx, second 
commissaire. 

« Je pense, comme mon honorable collègue M. Mar- 
tens, que le travail de M. Spae laisse surtout à désirer, 
quant aux diagnoses. 

» Je ne saurais cependant, pour ma part, blâmer l'au- 
teur d'avoir dit que les lis ont des étamines plus courtes 
que la corolle, assertion que j'ai trouvée exacte même pour 
le Lilium thunbergianum. Je ne lui ferai pas davantage un 
reproche d'avoir exclu le Lilium concolor du groupe des 
Martagons où il a été placé par Kunth, et dont il ne pos- 
sède pas les principaux caractères, comme on peut s'en 
assurer par la description supplémentaire qu'en donne 
Kunth , dans ses addenda et corrigenda. 

» Le but de l'auteur du mémoire paraît , du reste, avoir 
moins été d'écrire une monographie dans le vrai sens du 
mot, que de publier le résultat de ses observations sur un 
genre de plantes dont il s'était occupé depuis longtemps 
avec prédilection. Son essai aurait pu être mieux soigné et 
moins imparfait dans quelques détails ; mais tel qu'il est, il 
sera utile aux horticulteurs pour fixer leur nomenclature, 
où règne aujourd'hui beaucoup d'incertitude et de con- 
fusion. 

» J'estime donc avec l'honorable M. Martens, que l'aca- 
démie pourrait inviter M. Spae à revoir ses phrases des- 



( 137 ) 
criptives, et publier ensuite dans ses Bulletins son travail 
ainsi amendé. » 

M. Morren présente à son tour le rapport suivant sur 
le travail de M. Spae. 

« Le mémoire de M. Spae sur les différentes espèces du 
genre Lis me semble d'une utilité incontestable, non-seu- 
lement pour la botanique descriptive, mais aussi pour 
l'horticulture , une des branches les plus intéressantes de 
la prospérité publique de notre pays. Sa publication serait 
même chose opportune et d'un intérêt considérable, lors- 
qu'on réfléchit au commerce immense qui se fait en Belgi- 
que de ces lis du Japon , dont une seule bulbe a produit, en 
moins de quatre ans, à un seul horticulteur de Gand, plus 
de quarante mille francs de bénéfice net; je citerais au 
besoin les noms propres. Un autre cultivateur de ces lis, 
M. Constantin Gueldolf, propriétaire agronome des plus 
instruits de Gand , possède en ce moment plus de six cent 
mille de ces précieuses bulbes , et lorsque les tiges se cou- 
ronnent d'une vingtaine de fleurs et que ces fleurs ont 
de belles teintes et de belles formes, la Russie, l'Autriche , 
l'Angleterre, l'Amérique les enlèvent au commerce de 
Gand aux prix de cent cinquante, deux cents francs, et 
plus, le plant. Dans une telle occurrence , j'estime que 
l'académie royale des sciences et des belles-lettres de 
Bruxelles fera chose nationale et éminemment utile de pu- 
blier le travail de M. Spae. La science fécondera l'industrie, 
et cette science et cette industrie seront belges, car l'his- 
toire approfondie des lis a commencé à Redouté , notre 
célèbre peintre de S l -Hubert , pour finir à l'horticulture 
savante et mercantile de Gand. 

» Les horticulteurs ont grand besoin de se guider dans 



( 138 ) 

les véritables nomenclatures et connaissances des espèces. 
En toute justice, l'identité des individus est la première 
base des opérations, et il est facile de se convaincre par la 
lecture du mémoire de M. Spae, qu'assurer ces identités a 
été un de ses buts principaux. Il faut bien que les lis soient 
des objets d'actualité, comme il est convenu de s'exprimer 
aujourd'hui , puisque quatre botanistes de Belgique s'occu- 
pent, à ma connaissance, de travaux monographiques sur 
ce genre. Les publications nombreuses faites à l'égard de 
ces plantes par les écrivains anglais, allemands et français, 
faussent même tellement l'histoire de l'introduction et de 
la propagation de ces plantes, que pour peu qu'arrêt n'y 
soit mis, la confusion la plus inextricable sera bientôt le 
résultat des erreurs nombreuses dans lesquelles tombent 
ces écrivains. M. Spae a donc ajouté à ses descriptions 
des notes historiques ; mais si mon honorable confrère , 
M. Martens, trouve à louer cette partie dont j'approuve au 
reste l'intention et souvent les données, je crois qu'elle est 
la plus incomplète du mémoire. Je puis en quelque sorte 
assurer d'une manière certaine à l'académie qu'elle rece- 
vra sous peu un ou deux mémoires au sujet de l'histoire 
littéraire des lis, plus étendus, plus explicites et surtout 
plus complets. Leur publication , jointe à celle du travail 
de M. Spae, ferait un ouvrage général sur les lis où il ne 
manquerait guère plus que le pinceau d'un Redouté pour 
en faire un traité d'une utilité vraiment pratique et scien- 
tifique. 

» Je crois, comme mes honorables confrères, MM. Mar- 
tens et Kickx, que plusieurs diagnoses de M. Spae sont à 
revoir par lui, surtout celles qui regardent les Lilium 
bulbiferum , croceum , japonicum , longiflorum , thunbergia- 
num, etc. Cependant je ne saurais partager l'avis de M. Mar- 



( 139) 
tens sur des faits cités dans son rapport. Ainsi , le Lilium 
thunbergianum que j'ai revu en fleurs, il y a peu de jours , 
a décidément les étamines plus courtes que la corolle. 
M. Lindley, dans son Botanical register de 1859, planche 
58, est tout aussi explicite à cet égard. Il en est de même du 
Lilium concolor, qui ne me semble pas être un martagon 
dont les fleurs sont renversées et les parties du périanthe 
révolutées. La description de MM. Fischer, Meyer et iEve'- 
Lollemand lui donne aussi une corolle campanulée; et, de 
plus, l'observation directe de la plante confirme ceci : à sa- 
voir, que pendant l'époque de l'anthèse où les organes gé- 
nérateurs agissent , le périanthe est campanule , mais à la 
dernière période de la fécondation , les parties du périanthe 
se contournent légèrement, preuve que ce lis est un passage 
entre les formes campanulées et martagonées qui sont 
plus nettement limitées dans les livres que dans la nature. 
J'ajouterai que Sims a fait figurer ce lis avec des pétales 
droits. 

» La distribution des quarante-deux espèces de lis 
pourrait se faire, me semble-t-il , d'une manière plus na- 
turelle que celle indiquée par M. Spae d'une part et de l'au- 
tre par M. Kunth. Si j'avais à proposer une division mé- 
thodique qui serait indépendante des caractères tirés des 
nectaires, lesquels caractères sont trop peu divers dans le 
genre entier, et des couleurs, lesquelles par la culture va- 
rient aujourd'hui d'une manière si étrange, je proposerais 
cette division ci-après : 



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( 1*1 ) 
» Par cette méthode, les vrais lis sont séparés des mor- 
tagons : les premiers comme les seconds se distinguent par 
leurs fleurs droites ou penchées ; le genre s'ouvre par l'an- 
cien lis blanc, la fleur de Salomon, du Christ, de Char- 
lemagneetde Charles-Quint, par le lis de tout le monde 
enfin ; les caractères se puisent dans des organes et des 
formes bien tranchés, bien distincts, et le groupement 
des espèces associe celles-ci par leurs plus grandes ressem- 
blances. Si cette idée pouvait servir à M. Spae, je serais 
bien aise d'avoir pu lui indiquer cette voie; mais, quoi qu'il 
en arrive, et je tiens moi-même assez peu aux cadres qui 
ont la prétention d'enchaîner la nature et de la traîner 
froide et sèche sur une claie de compartiments, je me 
rallie à la proposition demesco-commissaires, MM. Mar- 
tens et Kickx, proposition qui est d'engager M. Spae à 
modifier son travail dans le sens des rapports et de prier 
l'académie de le publier, ainsi amélioré, dans la collection 
des mémoires des savants étrangers; je crains que ce mé- 
moire ne soit trop long pour les Bulletins. » 

Conformément à l'avis de ses commissaires, l'acadé- 
mie décide que M. Spae sera invité à revoir son travail , 
en ayant égard aux observations qui viennent d'être pré- 
sentées. 

— L'Académie , après avoir entendu ses commissaires , 
MM. le baron de Gerlache, le baron de Stassart etMoke, 
ordonne l'impression de la notice de M. le baron de Reif- 
fenberg, sur le prince Charles-Joseph de Ligne, présentée 
dans la dernière séance. 



( M8 ) 
LECTURES ET COMMUNICATIONS. 



Note sur un dégagement d'électricité qui a lieu dans l'expé- 
rience du créve-vessie , par J. Duprez, professeur de phy- 
sique à l'athénée et à l'école industrielle de Gand. 

L'expérience du crève-vessie, par laquelle on met en évi- 
dence, dans les leçons de physique, la pression que l'air 
exerce sur les corps, est généralement connue; mais ce 
qui, à ma connaissance, paraît n'avoir pas encore été 
observé, c'est un dégagement d'électricité qui a lieu dans 
cette même expérience. On peut facilement constater ce 
dégagement en employant, pour récipient du crève-vessie, 
un cylindre en verre de 20 à 30 centimètres de haut sur 
10 à 15 centimètres de diamètre. On perce à demi-hau- 
teur la paroi de ce cylindre d'un trou, dans lequel on 
mastique un conducteur de cuivre de 3 à 4 décimètres de 
long. A l'une des extrémités de ce conducteur, celle qui 
est placée dans l'intérieur du cylindre et à peu près sur 
l'axe de ce dernier, on visse une petite boule également en 
cuivre, de 3 à 4 centimètres de diamètre, et on recourbe 
l'autre extrémité, de manière à pouvoir plonger dans le 
mercure d'un petit godet dont on surmonte la tige d'un 
électroscope à feuilles d'or, et qui est destiné à établir une 
communication parfaite entre cet instrument et le con- 
ducteur. 

L'appareil étant ainsi préparé, on tend une membrane 
de vessie sur le cylindre, et après lavoir laissée sécher, 
on place le cylindre sur le plateau d'une machine pneuma- 



( 143 ) 
tique, en ayant soin défaire communiquer le conducteur 
avec le mercure contenu dans le godet de l'électroscope : 
puis on fait le vide. A l'instant où la membrane éclate , les 
feuilles d'or de l'électroscope, même lorsque leur lon- 
gueur dépasse sept centimètres, sont projetées contre les 
armatures de l'instrument, par l'électricité dégagée. Il ar- 
rive quelquefois, dans cette expérience, que la membrane 
présentant trop de résistance, n'éclate pas, lorsqu'on 
pousse le vide aussi loin que le permet la machine; mais 
alors un petit coup donné sur cette membrane avec l'ex- 
trémité légèrement effilée d'une tige de verre, suffit pour la 
faire éclater. Dans tous les cas, l'électricité dont se charge 
l'électroscope, est positive. 

On sait qu'en Angleterre, M. Armstrong et M. Faraday 
ont obtenu de l'électricité en laissant l'air s'écouler d'un 
vase dans lequel il avait été fortement comprimé. D'après 
M. Faraday, cette électricité doit être attribuée au frotte- 
ment que la vapeur d'eau contenue dans l'air comprimé, et 
condensée lors de l'expansion de ce dernier, exerce contre 
la paroi de l'orifice d'écoulement, ou contre les corps 
placés dans le courant. C'est en voulant répéter quelques- 
unes des expériences de M. Faraday, mais avec de l'air 
soumis à la seule pression de l'atmosphère, que l'idée me 
vint de faire l'expérience du crève-vessie. Il était donc na- 
turel , au premier abord , de regarder l'électricité dégagée 
dans cette expérience, comme produite par la même cause 
que celle à laquelle est due l'électricité observée dans les 
expériences de M. Faraday, et cela avec d'autant plus de 
raison, que déjà, dans une autre expérience, j'avais obtenu 
des signes électriques en laissant rentrer l'air dans un 
ballon de verre où le vide avait été fait. Cependant l'expé- 
rience et la réflexion m'apprirent bientôt qu'il n'en était 



( «44 ) 

pas ainsi. En effet, ce n'est point dans le frottement 
exercé par les particules d'eau contenues dans l'air, contre 
la partie du conducteur placée dans l'intérieur du réci- 
pient du crève- vessie, que réside la cause de la production 
électrique; car si, pour diminuer considérablement ce 
frottement, on remplace cette partie par un fil très-mince 
en cuivre soudé au conducteur, on observe que l'électri- 
cité dont ce fil se charge à l'instant où la membrane 
éclate , n'est pas moins forte que celle qu'on obtient avec 
la partie du conducteur terminée en boule. D'un autre 
côté, la large ouverture du récipient ne permet pas non 
plus d'admettre l'opinion que l'électricité proviendrait du 
frottement exercé contre le récipient lui-même. Enfin , il 
est difficile de supposer que la quantité d'eau produite par 
la condensation subite de la vapeur contenue dans l'air qui 
se précipite dans le récipient, soit assez considérable pour 
produire, par le frottement, une électricité aussi forte 
que l'électricité attestée par la divergence des feuilles de 
l'électroscope. 

C'est donc ailleurs que dans le frottement des particules 
d'eau , soit contre le conducteur , soit contre le récipient, 
qu'il faut chercher la cause de cette électricité. A ce sujet, 
on peut faire l'expérience suivante. On colle, à l'aide 
d'un peu de gomme arabique, sur la membrane de vessie 
tendue sur le récipient, et près du bord de ce dernier, 
l'une des extrémités d'une petite feuille d'étain de quelques 
centimètres de largeur, et on lie l'autre extrémité de cette 
feuille autour d'une petite tige recourbée en cuivre, 
qu'on fait plonger dans le mercure du godet d'un électros- 
cope. On fait communiquer ensuite le conducteur du réci- 
pient avec un second électroscope ; après quoi , on fait le 
vide dans le récipient. A l'instant où la membrane éclate, 



( "5) 
les deux électroscopes divergent fortement : celui qui com- 
munique avec le conducteur du récipient se charge, 
comme à l'ordinaire, d'électricité positive; tandis que 
l'autre, c'est-à-dire celui qui communique avec la mem- 
brane, se charge, au contraire, d'électricité négative. 

Il résulte de cette expérience que la cause du dégage- 
ment électrique réside à l'entrée du récipient; et, comme 
les parties de la membrane de vessie restées adhérentes au 
bord du crève- vessie, possèdent l'électricité négative, il 
est à présumer que celles qui sont enlevées et projetées 
dans le récipient, possèdent l'électricité contraire, et 
qu'elles communiquent cette électricité au conducteur 
qu'elles rencontrent. Cette supposition se vérifie directe- 
ment par l'expérience. On tend une membrane de vessie 
sur le récipient, et on la met, à l'aide de la feuille d'étain 
dont il a déjà été question , en communication avec un 
électroscope. On produit une petite déchirure dans cette 
membrane, et à l'aide d'une petite pince isolée, on arra- 
che rapidement une partie de cette membrane : à l'instant 
les feuilles de l'électroscope présentent une divergence 
négative. Si l'on présente la partie arrachée de la mem- 
brane à un second électroscope , les feuilles de celui-ci 
divergent aussitôt avec l'électricité positive. Cette der- 
nière expérience montre évidemment que l'effet électrique 
obtenu dans l'expérience du crève-vessie, est produit par 
la destruction de l'attraction moléculaire des parties de la 
membrane de vessie , et qu'il est analogue aux effets élec- 
triques qui ont lieu dans le clivage de certains corps. 



( 146 ) 

Notice sur quelques Bulimes nouveaux ou peu connus , par 
H. Nyst, contrôleur de la garantie, membre correspon- 
dant de l'académie. 

N° 1. Bclimus Funckii. Nyst. PI. 1, fig. 1, ab. 

B. testa ovato-elongata , subcrassa , medio ventricosa , sublaevi- 
gatâ , spadicea , nitida ; anfractibus 6 convexis , longitudi- 
naliter striatis, rugisque minimis obliquis, granulosis, 
ultimo cœteros œquante excepto , notatis, sutura, etc., su- 
tura subcrispa, angusto albo-marginata ; apertura ovali , 
intus fuscescente ; columella subtortâ, labro reflexo , in- 
crassato, marginato, pallide rufo. 

Bulimus Funckii. Nyst (1843). Notice sur deux coquilles colombiennes 

du genre Bolimus, extrait du 1 er vol. 
des Mémoires de la société royale des 
sciences de Liège. 

— superbus. (1844). Jonas, Zeitschrift fur Malakozoologie 

von Karl Menke, page 55. 

— caripensis. Valenciennes , Musée de Paris (sec. Cu- 

ming in litt.) 

Habite la Colombie, dans la province de Cumana , près de 
la caverne des Guacharos. 

Cette belle coquille, qui se rapproche, par sa forme, des 
B. chrysalidiformis et Mindorensis Sow., est de forme 
ovale, allongée et légèrement ventrue dans son milieu. Sa 
spire, obtuse au sommet, est composée de six tours con- 
vexes, séparés par une suture peu profonde, blanche et 
finement plissée. Le dernier tour est à peu près aussi 
grand que les autres réunis; il est dépourvu d'ombi- 
lic, ou plutôt ne laisse apercevoir qu'une fente ombilicale 
qui se trouve cachée par le bord columeliaire. Son test est 
épais, à peu près lisse, brillant, de couleur brun foncé 



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presque noir; sur les derniers tours l'on aperçoit de petits 
plis obliques et granuleux. L'ouverture est ovale-oblon- 
gue, d'un brun cendré à l'intérieur; son pourtour est 
d'un roux clair, et sa paroi postérieure, c'est-à-dire la par- 
tie de l'avant-dernier tour comprise dans l'ouverture, est 
d'un brun foncé semblable à celui de toute la surface. Le 
bord droit est très-épais et forme un bourrelet extérieur 
fort saillant. Le bord gauche est étalé assez épais, lisse, et 
se réunit supérieurement au bord droit et inférieurement 
à la columelle, qui est épaisse et munie d'un pli tordu très- 
oblique et blanchâtre sur le milieu de sa longueur. 

Cette espèce a 90 millimètres de longueur sur 40 de 
largeur. 

Observations, — Lorsque nous publiâmes, en 4845, 
notre Notice sur deux coquilles colombiennes du genre Bu- 
limus, M. Cuming, naturaliste , voyageur distingué à qui 
les sciences naturelles sont redevables de la découverte 
d'un grand nombre d'objets curieux qu'il recueillit aux 
Philippines , dans l'Amérique méridionale, ainsi que dans 
les îles des mers du Sud, etc., nous assura lors de son 
passage en Belgique , que ce Bulimus auquel nous donnâ- 
mes le nom de B. Funckii , le dédiant au naturaliste belge 
qui en fit la découverte, avait été décrit antérieurement 
par M. Broderip , dans le Zoological Journal de Londres , 
sous le nom de B. labeo. N'ayant pu à cette époque nous 
procurer cet ouvrage, nous eûmes soin d'indiquer dans 
les exemplaires que nous fîmes tirer séparément pour nous, 
notre notice étant déjà sous presse, l'observation que 
M. Cuming voulut bien nous communiquer pour notre 
gouverne. 

Ayant fait depuis de nouvelles recherches au sujet de 
cette intéressante espèce et pu consulter le Zoological 



( 148 ) 
Journal, dans la belle bibliothèque de M. Bernard Dubus, 
qui consacre ses moments de loisirs aux sciences natu- 
relles et particulièrement à l'ornithologie, laquelle lui 
doit des travaux intéressants publiés dans les Bulletins de 
l'académie des sciences et belles-lettres de Bruxelles , et qui 
a bien voulu nous permettre de consulter les nombreux 
ouvrages scientifiques qu'elle renferme, nous pûmes con- 
fronter les descriptions et figures données par M. Broderip, 
de son Bulimus labeo , et nous acquîmes la certitude que 
notre espèce en est très-distincte. Afin de mettre les ama- 
teurs à même de pouvoir en juger, ce Bulime n'ayant été 
décrit et figuré que dans le Zoological Journal de Londres, 
ouvrage qui se trouve très-peu répandu dans les bibliothè- 
ques particulières, nous avons jugé qu'il serait utile d'en 
donner ici une traduction de la description, ainsi qu'une 
copie des figures données par l'auteur anglais. 

N° 2. Bulimus labeo. Broderip. Nob. PI. 1, fig. 2, ab. 

B, testa ovato-producta , fusco-castanea , apicem versus rubra, 
fusco-varia ; anfractibus sex ventricosis ; ultimo fasciis 2 
nigris, hac média, illâ suturale, penultino fasciis 2 ni- 
gris suturalibus ; columella dente obtuso insigni; labio 
crassissimo , rejiexo, suprà pallide castaneo, infra nigro; 
aperturâ intus albida. 

Bulimus labeo. Broderip, Zoological Journal , vol. IV, 1829, p. 222, 
planche supplémentaire XXXI. 

Habite les bois du Pérou, Toulea, à l'est de Chacapoyas. 

Coquille épaisse, ovale, allongée, d'un brun marron; 
son sommet est rougeâtre ainsi que les tours supérieurs, 
qui sont pourvus vers la suture de flammes longitudinales 
de même couleur. Sa spire est composée de six tours ven- 






C 149 ) 
trus, le dernier est muni dans son milieu de deux bandes 
noires, dont l'une occupe le milieu, et l'autre borde la su- 
ture qui est blanche; l'avant-dernier tour a aussi deux 
bandes noires, mais toutes deux sont placées près de la su- 
ture; chacune des bandes inférieures du dernier et pé- 
nultième tours est trois fois interrompue. Sur le dernier 
tour, près de la base, qui est très-foncée, se trouve 
une bande légère plus large et de couleur claire. La colu- 
melle est remarquable par sa dent obtuse et blanche en- 
tourée de la belle couleur foncée de l'ouverture. La lèvre 
droite est très-épaisse et très-réfléchie, supérieurement 
elle est de couleur marron clair, inférieurement d'un beau 
noir-brun luisant, et si l'on éclaire fortement la partie où 
ces couleurs se fondent , elle montre cet aspect irisé que 
l'on peut observer dans le marbre lumachelle. Le bord 
inférieur de cette brillante lèvre est ponctué de points ou 
grains nombreux ressemblant à ceux du Cypraea tesludi- 
naria, qui semblent remplis d'une substance opaque, blan- 
châtre et dont la formation a donné lieu à une apparence 
irrégulière et presque fungiforme au bord réfléchi de la 
lèvre, sur son côté supérieur. L'intérieur de l'ouverture 
est blanc. 

La longueur de cette coquille est de 77 millimètres sur 
57 de largeur. 

Ce Bulime, dont le test est plus solide que celui de la 
plupart de ses congénères, a été recueilli par M. le lieu- 
tenant Maco de la marine royale de Toulea, à 9 lieues à 
l'est de Chacapoyas, au Pérou , en 1827, à environ 8,000 
pieds de hauteur absolue. 

N° 3. Bulimus melanocheilus Nob., pi. 2, fig. 3, «, b. 

B. testa ovatooblonga , suhperforatâ } striata , brunneo-vires- 
TOM. XII. 11. 



( 150) 

cente; anfractibus septem convexis, suturis undulatis albo- 
marginatis : ultimo, transvershn obscure zonato, spiram 
aequante ; apertura elongato-angusta , intus nitente , leu- 
cophaea ; labro incrassato subreflexo nigro-marginato; 
columella nigra subtorta lamina callosa labia jungente. 

Habite l'Amérique méridionale, au Pampas. 

N'ayant pu rapporter cette espèce à aucune de celles 
mentionnées par les auteurs, nous pensons pouvoir la con- 
sidérer comme distincte de toutes ses congénères qui ont 
été décrites. Elle se rapproche des B. bovinus Bruguière 
et B. chrysalidiformis Sow., étant ovale , oblongue , obtuse 
au sommet et légèrement ventrue, comme elles, vers le mi- 
lieu. Sa spire est composée de sept tours convexes et sé- 
parés par une suture peu profonde, ondulée et blanche; 
les premiers tours sont lisses et d'un brun foncé, tandis 
que les autres sont d'un brun-verdâtre qui donne à la co- 
quille une teinte bronzée ou olivâtre. Sur le milieu du 
dernier tour l'on aperçoit une zone transverse d'un brun 
clair, peu apparente qui longe la suture sur les tours 
suivants; à sa partie supérieure contre la suture, le der- 
nier tour est pourvu d'un bourrelet irrégulièrement plissé 
par les stries longitudinales de sa surface , qui sont plus 
apparentes en cet endroit que partout ailleurs , ce qui le 
rend comme crispé. L'ouverture est allongée, rétrécie à 
sa partie supérieure et élargie inférieurement, brillante et 
d'un gris cendré à l'intérieur , tandis que son pourtour est 
d'un beau noir brillant. Le bord droit est arrondi et ré- 
fléchi en dehors , le gauche est étroit , peu prononcé, et se 
réunit au bord droit et à la columelle, qui est épaisse et 
recouvre en partie la fente ombilicale. 

La longueur de cette belle coquille est de 80 millimè- 
tres sur 55 de largeur. 






( 151 ) 

N° -4. Bulimus taeniohis. Nob., pi. 2, fig. 4, a, 6, 
i?. testa ovato-elongata , perforatâ , apice obtusa , tcnui , exi~ 
lissime granulosa , fulvo-brunnea ; anfractibus septem sub- 
convexis, sutura albo-zonata, crispatâ , separatis; ultimo 
ventricoso; aperlurâ ovatâ, intus livida , labro albo acuto ; 
columella obliqua lamina callosa tenui labio jungente. 

Habite l'Amérique méridionale. 

Coquille ovale-allongée, obtuse au sommet. Sa spire est 
composée de sept tours légèrement convexes et séparés par 
une suture linéaire et ondulée; les premiers tours sont 
lisses et d'un brun foncé , les suivants sont bordés à leur 
partie supérieure d'une bande blanchâtre; toute la surface, 
de la coquille est couverte d'un épidermc finement gra- 
nulé; ce caractère n'est apparent qu'à l'aide d'une loupe. 
La suture est finement plissée dans le sens longitudi- 
nal. L'ouverture est ovale, élargie à la partie inférieure. 
La columelle ainsi que son bord droit sont de couleur 
blanche; l'ouverture est d'un brun blanchâtre à l'intérieur. 

La longueur de cette belle espèce est de 45 millimètres 
et la largeur de 20. 

N° 5. Bclimcs Popelàiriana. Nob., pi. 3 , fig. 5. 

B. Testa maximâ, crassâ, ovato - oblongâ , ventricosâ , sub- 
compressâ , subperforatâ , longitudinaliter striato-rugosâ, 
fuscâ; anfractibus sex convexis , rapide crescentibus , tribus 
supremis plicatis , quarto et quinto transversim granulosis ; 
ultimo obliquo, nitido , sutura, albo-marginato ; aperlurâ 
ovali intus albida superne subedentula , columella labroque 
albis, crassisj reflexis. 

Habite l'Amérique méridionale. 

Cette espèce est* l'une des plus grandes du genre. Le 
muséum de Bruxelles la doit à l'obligeance de M. le baron 



( 1&2 ) 
de Popelairde Terloo, à qui nous nous faisons un plaisir 
de la dédier, comme un faible hommage rendu à la géné- 
rosité avec laquelle il a bien voulu enrichir les différentes 
collections du pays de nombreuses productions naturelles 
recueillies, pendant le cours de ses excursions, dans l'Amé- 
rique méridionale , où il est encore dans ces moments. 

Ce Bulime a quelques rapports avec les B. ovatus Muller 
B. cantagallanus et granulosus Rang. 11 est ovale, oblong, 
très-ventru inférieurement, légèrement comprimé, épais 
et perforé. Sa spire, formée de six tours convexes, séparés 
par une suture profonde , bordée d'un liseret blanc sur les 
deux derniers tours, est obtuse, blanchâtre au sommet, 
ainsi que la partie supérieure des quatre premiers. Ceux-ci 
sont en outre couverts de plis longitudinaux et obliques 
qui dégénèrent en stries irrégulières sur les suivants, les- 
quelles sont en outre très-finement granulées dans le sens 
transversal. Les granulations disparaissent sur le milieu 
de l'avant-dernier tour. La coloration de cette coquille est 
brune, seulement celle du dernier tour est beaucoup plus 
foncée, très-lustrée, et interrompue par des flammelles 
longitudinales d'un brun noirâtre. L'ouverture est ovale 
et petite proportionnellement à la grandeur de la coquille, 
blanchâtre à l'intérieur; son bord droit est arrondi et ré- 
fléchi en dehors. Le bord gauche est épais , peu étalé et 
pourvu à sa partie supérieure d'une légère tubérosité; il se 
réunit au bord droit et à la columelle, qui est épaisse et se 
réfléchit sur la fente ombilicale qu'elle ferme presque en- 
tièrement. Tout le pourtour de l'ouverture est d'un beau 
blanc d'ivoire. 

La coquille a 15 centimètres de longueur sur 8 et Va de 
largeur. 

Les deux planches ci-jointes sont dues au pinceau ha- 



BiiQ.de 1 AcïuI. tomo 301,2? pact.pa.de l53. 




j 



.■-■■■ • 



Bulimus Popélairiana . Xvsi. 



Bull, de l'Acad, tome \!1,2 (> pari . pa^ei53 



PI 








ia.l>. Bulimus IVinckii.NvHt.^/'/.^Bijlinnis labeo.Brod 



( 133 ) 
bile de M. Symon-Brunelle, amateur distingué d'horticul- 
ture et promoteur zélé des sciences. Nous le prions d'agréer 
nos sincères remercîments. 

Avantde terminer cette notice, nous ajouterons que, dans 
un mémoire récemment publié dans les archives de Wieg- 
mann , M. le D r Philippi a commis à l'égard de ce genre 
Bulime un double emploi qu'il importe de signaler. Il s'agit 
du Bulimus bivittatus , dont il donne la diagnose sous le 
n° 37. Cette espèce n'est pas, comme on pourrait le croire, 
celle désignée antérieurement sous le même nom par So- 
werby. Il sera donc utile de changer cette dénomination 
fautive, et nous proposons d'appeler la coquille péruvienne 
de M. Philippi B. bitaeniatus. 

Nous signalerons en même temps les deux espèces sui- 
vantes du même auteur qui sont dans le même cas. 

La Fissurella nigra Philippi, n° 31, fait double emploi 
avec une espèce établie antérieurement par Lesson, Voyage 
de la Coquille. Ne connaissant pas cette dernière , nous 
nous bornons à signaler ce fait. 

La Natica acuta Philippi, n° 46 , devra aussi changer de 
dénomination faisant double emploi , avec une espèce fos- 
sile des terrains tertiaires des environs de Paris, établie 
antérieurement par M. Deshayes. Nous proposons , en con- 
séquence, de la dédier à l'auteur de ces diagnoses, en le 
priant d'accepter cette dédicace comme un faible hommage 
rendu à ses talents , et nous l'inscrivons dans notre cata- 
logue synonymique manuscrit sous le nom de Natica 
Philippiana Nob. 



( 15* ) 



Note sur une petite chronique manuscrite de l'abbaye de 
S'-Adrien, à Grammont, par M. le chan. J.-J. De Smet, 
membre de 1 académie. 



On sait que nos anciens cénobites se faisaient un devoir 
de conserver avec soin toutes les traditions qui se ratta- 
chaient au commencement et au progrès de leurs monas- 
tères, ou au souvenir de leurs fondateurs. Dans beaucoup 
d'abbayes , on comptait même la charge de chroniqueur 
parmi les principales fonctions du couvent , et celui qui 
en était pourvu, sans s'occuper le moins du monde de 
transmettre son nom à la postérité, vaquait aussi métho- 
diquement à sa besogne que le cellerier à celle de régler la 
dépense de bouche, ou l'économe à l'administration des 
reveuus de la maison. 

De là les chroniques que nous ont léguées la plupart des 
anciennes abbayes de Belgique. La célèbre abbaye de Saint- 
Adrien à Grammont, une des premières du pays (1) et, 
selon Sanderus, la seconde en ordre et en dignité des 



(1) Cette abbaye avait été fondée primitivement, sous l'invocation de 
l'apôtre saint Pierre, à Dickelvenne, l'ancien Ticlivinum, sur l'Escaut. 
Meyer, et d'après lui Van Gestel, indiquent l'année 750 comme celle de la 
fondation de cette maison ; mais cette date , qui est celle de la mort de saint 
Hilduard , fondateur du couvent , nous paraît fautive. Des documents conser- 
vés dans les archives de Termonde assignent l'an 734, ce qui semble beau- 
coup plus vraisemblable. La translation de l'abbaye à Grammont eut lieu en 
1081 sous les auspices du comte Robert de Jérusalem et avec le consentement 
de Gérard , évêque de Cambrai , qui fit à cette occasion une donation au cou- 
vent. En 1127, on y transporta d'un village du Hainaut les reliques de saint 
Adrien , et le monastère porta depuis le nom de ce martyr. 



( 155) 
maisons religieuses qui ont existé dans nos deux Flandres, 
fait une exception à l'usage ordinaire et ne nous a laissé 
aucun document historique du moyen âge. Peut-être faut- 
il en attribuer la cause aux fréquents désastres que la ville 
de Grammont , place frontière de la Flandre vers le Hai- 
naut , eut à essuyer de la part des Gantois et des Hainuyers 
dans nos guerres civiles , ou au terrible incendie qui dé- 
truisit le monastère en 1353. 

Quoi qu'il en soit, des pièces envoyées au bollandiste 
Conr. Jannincx, en 1707 , mais dont ce savant n'a pu faire 
aucun usage, prouvent qu'il existait encore alors quelques 
notes chronologiques de la vieille abbaye de Dickelvenne 
ou de Saint-Adrien , puisque ces fragments portent le titre 
de : Extractum ex annalibus S u Pétri in Dickelvenna, modo 
S a Adriani Gerardimontibus. 

Une partie des archives de l'abbaye de Saint-Adrien se 
conserve aujourd'hui au précieux dépôt des archives de la 
Flandre orientale, mais il ne s'y rencontre aucun document 
de ce genre. Nous avons donc trouvé avec plaisir dans une 
bibliothèque particulière de notre ville (1), un abrégé de 
ce vieux manuscrit fait avec soin et continué jusqu'au mi- 
lieu du dix-septième siècle par un religieux de Grammont. 
G'est un travail très-court, mais substantiel, qui mérite 
d'autant plus de confiance que l'auteur cite toujours à l'ap- 
pui de ce qu'il avance les litres originaux et nous dit pres- 
que chaque page : ut patet ex diplomate adhuc extante 
ou ex authenlico in hoc monasterio asservato , et d'autres 
observations semblables. 



(1) Dans celle de M. C. G. Van Crombrugghe, chanoine titulaire de Saint- 
Bavon et ancien membre du congrès national , 



( 136) 

On lit dans ce document des détails sur le séjour du roi 
Louis XI en Belgique et des preuves de l'affection que ce 
prince fourbe et cruel portait à l'abbaye de Saint-Adrien ; 
détails que Philippe de Comines , Olivier de la Marche et 
George Chastelain n'ont pas ignorés sans doute , mais dont 
on ne trouve aucune trace dans leurs excellents mémoires. 

Le jour où l'on célèbre la fête de saint Aubert (1), l'an 
4458, dit-il , Louis , encore dauphin à cette époque, arriva 
de Menin dans l'abbaye de Saint-Adrien et y demeura pen- 
dant deux nuits et un jour (2). L'année suivante il y revint 
la veille de la Sainte-Catherine et prolongea son séjour 
depuis le vendredi jusqu'au lundi suivant, et dans ce se- 
cond voyage, il conféra le titre de son conseiller à l'abbé 
de Saint-Adrien, qui était alors Nicolas de Frasnes, homme 
de mérite et fort avant dans l'estime de Philippe-le-Bon , 
qui s'était beaucoup entremis pour lui procurer la dignité 
abbatiale. 

Vingt-trois ans plus tard, après un règne long et souillé 
de crimes affreux, Louis s'aperçut que la vie allait lui 
échapper et avec elle cette couronne qu'il avait affermie et 
embellie à force d'astuce et d'iniquités. Saisi d'effroi à la 
pensée d'une mort prochaine, et ne sachant plus, littérale- 
ment parlant, à quel saint se vouer, il fit venir du fond de 
la Calabre l'humble François de Paule, qui l'exhorta à met- 
tre à profit le peu de temps qui lui restait à se préparer à 



(l)Le 13 de décembre. 

(2) Van Waesberghe , qui écrivit son opuscule Gerardimontium avant la 
rédaction de notre chronique , donne cette visite à l'an 1457 et cite les notes 
d'un ancien religieux comme autorité ; mais comme il ajoute peu après que 
Louis XI revint en 1450, il serait difficile d'avoir une entière confiance dans 
ses chiffres. 



( 157 ) 
une fin chrétienne; mais le monarque mourant, peu sa- 
tisfait de ce conseil, épuisa le trésor en donations aux 
églises et en fondations pieuses pour prolonger ses jours. 
S^Adrien de Grammont ne pouvait être oublié dans ces 
profusions. « Le 25 février 1482, dit notre anonyme, le 
roi envoya à notre église une offrande vraiment royale de 
1 1,944 livres tournois, et encore, la même année, le 7 juil- 
let, il lui fit un autre don de 7,555 livres, renfermés dans 
un coffret que l'on conserve encore dans le monastère. La 
cause de cette libéralité n'était autre que l'espérance qu'a- 
vait conçue le roi de recouvrer sa santé par les mérites de 
saint Adrien. Les religieux employèrent l'argent, qu'ils de- 
vaient à la crainte généreuse du roi, à faire fondre pour 
leur église quatre belles cloches (1), une de 15,000 livres 
de métal , une seconde de 12,000 livres, une troisième de 
11,000 et une quatrième de 9,000 (2). Louis eut à peine 
appris l'usage qu'on avait fait de ses dons, qu'il écrivit à 
l'abbé pour obtenir que son nom fût gravé sur la cloche ; 
car il pensait qu'on n'en avait fondu qu'une seule. Voici sa 
lettre, copiée sur l'original : 

« Loys , par la grâce de Dieu , roy de France. Très 
cher et bien aimé , nous avons sceu par celuy qui a pré- 
senté à Monsieur saint Adrien l'offerte que puis naguères 
avons envoyée , que faites faire un cloche pour vostre 
église, à laquelle, en commémoration de nous, avez 



(1) Ces belles cloches furent brisées par les iconoclastes , sortis de Gand , 
en 1578. 

(2) Si les sommes données par Louis représentent exactement le prix des 
cloches, on pourrait en déduire quelle était leur valeur, au poids, à cette 
époque. 



( 13» ) 
attribué le nom deLoys: si vous prions le plus de cœur 
que faire pouvons , qu'autour de la dite cloche veuillez 
faire escrire les paroles que vous envoyons en un petit 
brevet de papier , ci-dedans encloz , et vous nous ferez 
plaisir. 

Donné au Plesseys , le premier jour d'apvril. 

LOYS. 

Plus bas, Robert. 

Les mots que le roi désirait faire graver sur la cloche 
étaient ceux-ci : Le roy Loys de France unzième Ds. saint 
Loys de Marseille (1). 

Le roi de France n'était pas le seul prince dont l'abbaye 
de S'-Adrien ait obtenu les bonnes grâces , et souvent 
elle avait donné l'hospitalité à l'élite des grands seigneurs 
de France et de Belgique. Ainsi en 1453, quand on prépa- 
rait tout pour le siège de la forteresse de Schendelbeke (2) , 
occupée par les Gantois insurgés, le monastère avait ou- 
vert ses portes au duc Philippe, à son fils, le comte de 
Gharolais, et aux comtes de SMPol et d'Étampes, qu'ac- 
compagnait peut-être le preux chevalier Jacques de Lalaing. 
Aussi vit-on plus tard (1469) Charles-le-Téméraire accep- 
ter avec la même bienveillance que ses prédécesseurs 
l'avouerie de l'abbaye, et confirmer les droits et immunités 
dont elle était en possession. 

Beaucoup de princes et de grands seigneurs montrèrent, 



(1) S'agit-il peut-être d'une image miraculeuse de ce saint, révérée à 
Marseille ? 

(2) C'est la commune que le biographe de Jacques de Lalaing nomme 
Scanderbecque. 



il 



( 1S9 ) 
comme Louis XI, une grande confiance dans l'intercession 
de saint Adrien et firent des donations à son église. Nous 
avons cependant quelque peine à croire ce que Jean Van 
Waesberghe raconte , d'après des chroniques flamandes 
qu'il ne nomme pas, du pèlerinage qu'aurait fait à l'abbaye 
la duchesse de Lancastre, en 157G (1) , pour obtenir son 
heureuse délivrance de l'enfant dont elle accoucha peu 
après à Gand et qui prit son surnom de cette ville ; le même 
que le tragique anglais appelle dans son Richard II : 

Old John ofGaunt , honour'd Lancasler. 

Notre petite chronique ne dit rien de ce voyage , dont 
elle n'aurait sans doute pas négligé de faire mention , s'il 
s'en était gardé quelque souvenir dans le monastère. D'ail- 
leurs l'abbaye et l'église, devenues la proie des flammes, en 
1570, n'étaient pas entièrement restaurées à l'époque as- 
signée au voyage de la princesse anglaise. 

En 1476, la comtesse de Poitiers, Marguerite, fit don 
à l'abbaye de soixante-douze couronnes d'or, à charge d'un 
obit annuel pour son âme et pour celle de son mari , An- 
toine de Croy. 

Le chancelier Hugonet , qu'attendait une si triste fin , 
avait donné, en 1475, au même couvent une rente de huit 
florins d'or par an, pour qu'il fût chanté tous les ans une 
messe solennelle pour la prospérité du duc et de la du- 
chesse, de leur fille Marie, de lui-même et de sa famille. 

L'original d'une autre donation existe aux archives de la 
Flandre orientale; nous croyons faire plaisir en la transcri- 



(1) Van Waesberghe , Gerardimontium , pag. 157. 



( 160) 
vant ci-après , à cause du nom de son auteur et des soins 
minutieux qu'il y prend pour régler sa fondation. 

La chronique manuscrite dont nous venons de parler 
s'arrête en 1649 , mais on paraît avoir eu l'intention de la 
continuer : quelques feuilles détachées contiennent des 
notes qui semblent jetées sans ordre et sans soin sur le 
papier, mais elles ne présentent rien d'important à re- 
cueillir. 

Guillaume Hugonet, seigneur de Saillant , et Despoisse, vi- 
comte des ville et chastelenie d'Ipre, chevalier, chancellier de 
mon très-redoubte et souverain seigneur monseigneur le duc 
de Bourgoingne ; savoir faisons à tous que nous meu de dévo- 
cion envers le glorieux monseigneur saint Adriain , à ce que 
par ses mérites et intercession , Dieu nostre benoit créateur, 
vueille par sa miséricorde et singullière grâce conserver et 
acroistre la vie santé et prospérité de nostre dit très-redoubté 
et souverain seigneur, de nostre très-redoubtée dame madame 
la ducesse sa compaigne , ma très-redoubtée damoiselle de 
Bourgoingne sa fdle, de nous , nostre compaigne, noz enffans 
et autres noz parens, selon nostre intencion , nous avons fondé 
et ordonné une messe chacune sepmaine à tel jour, que le feste 
dudit glorieulx monseigneur saint Adriain sera escheue en 
lan , estre dicte et célébrée à lonneur et de loffice dicellui saint 
perpétuellement ou monastère dudit saint Adriain , à Grant- 
mont à lautel devant le glorieulx corps saint , par ung des re- 
ligieulx dudit monastère à heure convenable avant la grande 
messe dicellui monastère, et laquelle messe nous entendons 
estre sonnée par six cops dune des moyennes cloches dicellui 
monastère sans branle , et deux petis chierges estre mis et 
alumez sur ledit autel durant ladite messe ; et pour supporter 
le charge de la célébracion dicelle messe , nous avons donné et 
donnons audit monastère , seize livres parisis monnoye de 
Flandres, vingt gros la livre, de rente annuelle et perpétuelle, la 



( 161 ) # 

quelle nous avons fait acquérir de par nostre féal et bien amez 
Josse Vilain, recepveur de la ville de Grantmont, sur certains 
biens et héritages déclaries es lettres dudit acquest au prouffit 
dudit monastère, et icelles seize livres de rente monnoye des- 
susdit ferons admortir sans les frais etdespens dudit monastère, 
et aussi avons intencion de donner une casuble aube amite et 
autres habillemens pour le célébracion de ladite messe de et 
sur lesquelles choses acomplir selon nostre dite intencion, lesdits 
religieulx nous feront baillier leurs lectres. En tesmoing de ce 
nous avons fait mectre à ces présentes nostre seel armoyé de 
noz armes. 

Donné à Malines, le xxv e jour de novembre, lan de grâce 
mil quatre cens soixante et quatorze. 

Orig. sur parchemin , sceau détruit. 



POÉSIE DES TROUVÈRES. 



Des armes et des chevaux merveilleux, considérés comme 
moyens épiques dans les poèmes du moyen âge; par le 
baron de Reiffenberg. 

On a beau dire que nous vivons à une époque prosaïque; 
quoique cette remarque soit vraie à bien des égards , la 
puissance de la poésie est loin d'être anéantie. Pour que 
toute clarté poétique vînt à s'éteindre, il faudrait que le 
monde pérît ou que Dieu changeât les lois de l'organisa- 
tion bumaiue; car la poésie est l'élément le plus intime de 
notre nature. Elle existe encore, n'en doutons pas, elle 



( 162 ) 

nous anime, elle nous inspire, môme à notre insu; seule- 
ment elle s'est déplacée, et en perdant sa naïveté, elle a 
adopté d'autres formes, un autre langage. 

La jeunesse des nations , comme celle des individus , est 
l'âge du sentiment et de l'imagination. Jusqu'à un certain 
point elles peuvent dire avec Ylphigénie de Goethe : Je ne 
pense pas, je sens. Pour elles tout est image, individualité. 
Il semble même que ce monde réel dont elles connaissent 
à peine une faible parcelle , soit trop petit à leur gré , et 
elles s'ouvrent un monde fantastique, tout peuplé de mys- 
tères et de prodiges qu'elles se représentent encore d'une 
manière palpable et visible. En général plus l'existence 
positive des hommes est indigente et bornée, plus ils cher- 
chent à l'agrandir et à l'enchanter en s'élançant dans les 
sphères infinies du merveilleux. 

Pour de pareils êtres ce qui les protège, ce qui leur 
nuit est le résultat d'un pouvoir supérieur. Incapables de 
concevoir la Divinité dans sa grandeur abstraite , dans sa 
simplicité philosophique, ils l'éparpillent autour d'eux. 
Ainsi notre regard débile à supporter l'éclat du soleil qui , 
dans son fier isolement rayonne au centre du ciel désert, 
s'arrête sans peine sur la poussière éparse des étoiles. 

Chez les peuplades guerrières et ^ peine civilisées, des 
armes, un coursier , c'est l'action, la défense, l'attaque, la 
richesse, la gloire. De là tant de nobles superstitions et de 
crédulités charmantes, de légendes pleines d'attrait et 
d'originalité. 

Il faut qu'il y ait au fond de ces croyances et de ces 
fables quelque chose qui tienne fortement à l'humanité, 
puisqu'on les retrouve sous des nuances diverses dans tous 
les temps et dans tous les lieux. Si Vulcain , d'après la my- 
thologie grecque et latine , avec ou sans l'assistance des 






( 163 ) 
cyclopes Bronte, Stérope et Pyracmon (1), fabrique des 
armes pour Achille et pour Énée (2) , si Ulysse et Ajax se 
disputent les armes du fils du Pelée (3) , si Philoctète hérite 
de l'arc et des flèches d'Hercule , si Hector donne sa vale- 
reuse épée à Ajax qu'il vient de combattre (4), Véland, selon 
les mythologies Scandinave et germanique , forge pour les 
combattants illustres des glaives et des armures qui sont 
au rang des conquêtes les plus éclatantes , des héritages les 
plus glorieux, des présents les plus enviés. 

... Donis et tanto laetus honore, 
Expleri nequit , atque oculos per singula volvit ; 
Miraturque , interque manus et brachia versât 
Terribilem crislis galeam flammasque vomentem , 
Fatiferumque ensem , loricam ex aère rigentem , 
Sanguineam, ingentem : qualis cum coerula nubes 
Solis inardescit radiis, longeque refulget; 
Tum levés ocreas eleclro auroque recocto , 
Hastamque et clypei non enarrabile textum. 
(Virg. ubi supra.) 

Elias , le gentil , le noble combalant 
Bien fu reconforté de son père Oriant. 
Quant il estoit armé du riche jaserant, 
Quant il avoit lachiet le heaume luisant , 
Quant il avoit l'espée et Pescut pardevant , 
Et les kauces kauciés de l'acier ausicrquant, 
Quant il estoit montés au boin destrier vaucant, 
Quant le lance tenoit à ung boin fier trençant , 
En li avoit vassal noble , gentil et grant. 

{ Le Chevalier au Cygne , fol. xxv r°.) 

Nous mêmes, malgré notre scepticisme et notre froideur, 



(1) Iliad. lib. XVIII. 

(2) Aeneid. lib. VIII. 

(3) Ovid., Metamorph., lib. XIII. 

(4) Iliad. lib. VII. 



( 164) 
nous vanterions-nous de contempler sans une vénération 
presque religieuse l'épée du grand Frédéric et celle de Na- 
poléon , pourvu qu'on nous en eût démontré l'authenticité? 
car c'est là le trait caractéristique du siècle : des doutes, 
des preuves, des enquêtes et des doutes encore. 

Véland et ses frères Munificans etHanissart ou Aniseax, 
occupent une assez grande place dans notre introduction 
au second volume de Philippe Mouskes (Mouskés) (1). Nous 
citons en note des autorités nouvelles (2). 

Tyrfing, on le sait, jouissait également de la renommée 
d'un armurier célèbre (3); Salaires ou Salatrie est cité dans 
une version du Chevalier au Cygne, différente de la nôtre (4); 
Matol , fils de Matant, est indiqué par le roman de Dame 
Aye (5); c'était un juif de Jérusalem , et nous avons déjà fait 



(1) xcii-cïi. Rouges-Lions, héros du poërae de Baudouin Desebourc, 

suite de celui de Godefroid de Bouillon , possède aussi un glaive , ouvrage de 

Véland : 

Pais a cliointe l'espée de la forge Galant. 

(Ed. de Valenciennes , 1841 , I, 153.) 

(2) Ferd. Wolf, Altd. Bldtter von M. Haupt und Hoffmann, I Heft , 34- 
47 ; H. Schreiber , Taschenbuch fur Geschichte und Alterthum in Siïd- 
deutschland, Freib., 1840, IIJahrg.,pp. 67-152; III, 1841 , Nachtr. pp. 
401-408 ; Alfr. Maury , les Fées du moyen dge, Paris, 1843 , pp. 81 , 83; 
Edw. Le Glay, Raoul de Cambrai, Paris, 1840, in-8°, pp. 542; E. Du Méril , 
ffist. de la poés. Scand. Paris, 1839, in-8°, pp. 364-576. — Fœland , 
Vôland était une ancienne désignation du diable en Allemagne; on la retrouve 
dans la Hesse , et un procès de sorcellerie jugé à Marburg en 1633, en fournit 
la preuve. Proben eines Hessischen TTôrterbuchs von den gymnasial- 
Direktor Dr. Wilmar zu Marburg , dans Zeitschrift des Vtreins fur Hes- 
sische Gesch. und Landeskunde, B. IV, H. 1 et 2 (Kassel, 1845), p, 99. 

(3) Tijrfing oder das Zwergengeschmeide , ein Nordischer Kàmfer-ro- 
man, Bragur, I, 161-192; II, 103-131. 

(4) Depping et Fr. Michel, Véland, p. 90. 

(5) Mém. de la société des anliq. de France, nouv. série, t.V, 1840, p. 407. 



( «» ) 

observer que les israélites passaient pour des ouvriers 
habiles en ce genre. Dans la chanson de Gérard de Vienne, 
un bon juif, le fanatisme ne les condamnait pas tous , un 
bon juif appelé Joachim, donne des armes de prix à Oli- 
vier (1). Malakins, autre forgeron juif, mit sept ans à forger 
le heaume de Cornumarant , selon la version du Chevalier 
au Cygne que nous venons d'alléguer. Plus loin un juif est 
encore l'auteur du heaume donné par Abrehans à Baudouin 
deBeauvais (2). 

Ne peut-on pas dire que saint Éloi est le Véland chrétien , 
le Véland sanctifié par la légende ? 

Pour laisser moins de vides dans notre espèce iïarmeria 
poétique, nous reprendrons notre première nomenclature 
de glaives célèbres, ajoutant un astérisque au nom de ceux 
dont nous avons parlé précédemment. Cette table, ainsi que 
celle des coursiers merveilleux qui la suit, ne se trouve nulle 
part , et, dans sa premier édition , elle a paru d'un certain 
intérêt à quelques savants (3). 

* Almace. 

Angravendil, glaive fameux dans les traditions Scandinaves et 
dont parlent Torfaeus, Histor. Norv., I, 491, et Tycho Rothe, 
p. 21 , De gladiis veterum, inprimis Danorum schediasma, Hau- 
niae, vid. Rothen, 1752, in-12°, de 92 pp. sans les prél. (Rothe 
cite une dissertation du suédois Salanas, De gladio scythico , dis- 
sertation si rare en 1752, qu'il déclare n'avoir pu se la procurer, 
malgré d'opiniâtres recherches). 



(1) Deppinget Fr. Michel, Véland, p. 90. 

(2) Ibid. 

(3) « On trouvera dans ce travail, dit M. Ferdinand Denis, des détails 
tout à fait neufs sur les animaux revêtus d'un certain merveilleux , et qui 
animent les épopées du moyen âge, etc. « Le monde enchanté. Paris. 1843, 
in-8». p. 340. 

Tom. xii. 12. 



( 166 ) 

Balisarde. 

* Balmung. 

* Baptisma. 

Besing , glaive trouvé dans le tombeau du héros Scandinave 
Gerstada Ailfs. Rothe , p. 22. 

* Bitterfer. 
Blodgang. 

* Brimir. 

* Brinnig. 

Caledvwlch, épée d'Arthus, dans les traditions galloises ( The 
Mabinogion from the Llyfr Coch o Hergest and other ancient 
welsh manuscripts , with an english translation and notes, by 
lady Charlotte Guest. London, 1838, in-8°.) 

Caliburne , épée d'Arthus, la même quEscalibor. Voy. ce nom. 
Rothe, p. 29. 

* Ceselring. 

* Colada et * Tizon étaient deux glaives que le Cid avait enle- 
vés au roi Bucar , d'autres disent au roi de Maroc Jûnez et au 
comte Raymond-Bérenger. 

Al conde Don Remont à prison le han tomado. 

Hy ganô à Colada que mas vale de mill marcos de plata. 

(Poema del Cid, clans la collect. de Sanchcz , I, 267.) 

Malo a Bucar, al rey de alen mar, 

E ganô à Tizon que mill marcos d'oro val. 

(Ibid., p. 322.) 

« En todo este poema , dit Sanchez (p. 401 ) , es llamada Tizon, 
» como si dixeramos la ardiente spada. Despues la llamaron 
» Tizona, porque era spada; y no hubiera perdido su nombre 
» verdadero, si hubiera sido alfange. » 

Le Cid les donna à ses gendres , les infants de Carion ; mais il les 
leur fit restituer devant lescortèsde Tolède, après l'outrage qu'ils 
avaient infligé à ses filles. Il remit alors Tizon à son neveu Pero 
Bermudez , et Colada à Martin Antolinez. Chronica del famoso 
cavallero Cid Ruydiez campeador. Nueva edicion con unaintrod. 



( 167) 
hist.-liter. por D.-V.-A. Huber, Marburg, 1844, in-S°, cap. CCLH 
et sq., p. 262 , etc. Le Cid , suivant le Romancero , voulut qu'on 
l'enterrât tenant l'épée Tizon clans sa main droite: 

Y la Tizona que adorna 
Esta mi mano derecha, 
Non pierda de su derecho 
Ni venga à manos de fembra . 

(Adelb. Keller, Romancero dcl Cid. Slultg., 
1840, in-12, p. 233.) 

* Courtain, en allemand Cortynen. 

* Dainsleif. Rothe , p. 20 ; G. Grimm , Heldensage , p. 328. 

* Diiamy, voy. Hamy. 

Dolereuse ( Douloureuse ) , une des trois épées de Guillaume au 
court nez; elle avait appartenu au roi Capalu. Voy. Ideuse. 

Dragvandil, glaive dont parlent Torfœus, Hist. Norvey., I, 
319; Rothe, p. 21. 

Durandal. Dans la Armeria real de Madrid, on conserve une 
épée dite de Roland; elle a été gravée sur bois pour YEncyclopé- 
die catholique, tom. VI, pag. 666, artiele de Charlemagne , par 
M. Savagner. 

* Durissime. 

* Ekkesahs. 

Escalibor, Escalibur , Escalidars, épée d'Artus. Une relation 
de la bataille d'Azincourt , publiée par M. P. Roger , d'après un 
manuscrit de l'ancienne abbaye de Ruisseauville (Noblesse du 
comté de Flandre, d'Artois et de Picardie, p. 167), porte que 
« Chil de Hesdin vinrent à granteffortensès logeisdou roi d'En- 
» gleterre,et pillèrent tout l'avoir qu'il trouvèrent, et premiers, 
» il emportèrent Y épée dou roi Artus, qui valoit tant de finanche 
» que on ne le saroit exposer. » Monstrelet omet cette circon- 
stance et mentionne seulement l'épée du roi d'Angleterre. 
Fedbreid, Fetbreidr, voy. Fodbred. 

* FlNEGUERRE. 



( 168) 

Fiskhkryggr (arête de poisson). Glaive de Magnns , fils d'Erling. 
Snorr. , VI, 161. 

* Floberge, Flamberge, etc. Dans le roman des Quatre fils 
Aimon, Maugis, ravi par les Sarrasins, est élevé par la fée 
Oriande qui en est éprise et lui enseigne la magie. Grâce à de 
merveilleux secrets , il se rend maître de Bayard et de la bonne 
épée Froberge, qu'il donne, plus tard, à Renaud, quand il revient 
en France. Sur le sens de Froberge, consulter J. Grimm, My- 
tholog., 2 e Ausgabe. 1844 , 196, not. xxx. 

* Florence. 

Fodbred, épée de Thoralf-le-Fort. Snorr. Hist. , reg. Norveg., 
I, 157 (la table porte 57) ; Rothe, p. 21. 

* Freise. 

Frotho, épée à la garde d'or ou dorée, nommée par Saxo 
Grammaticus, lib. IV, p. 66. Rothe, p. 26. 

Garbain, au puing d'or esmeré, une des épées de Fierabras. 
Depping et Fr. Michel, Véland, p. 84. Elle fut forgée par Ha- 
nissart. 

* Gleste. 

* Gramanh. 

* Gramr.G. Grimm, Heldensage, p. 182. 
Grettisnôt, épée du héros Greter. Rothe, p. 21. 
Gulduialtin , glaive dont la garde était couverte d'or, ainsi que 

l'indique son nom, et qui est mentionné par Snorron, pp. 21 , 
300; Rothe, pp. 21, 28. 

GuNGtfER,épée d'Odin, fabriquée par les Efs ou Alfr. A. Maury, 
Les Fées du moyen âge, p. 82. 

* Hamy. 

* Hauteclaire. 
Havfut. 

* Hekesas, voy. Ekkesaiis. 

Hneitib, cimeterre d'Olaus, fils d'Harold; il avait appartenu 
à saint Olaf. Snorr., Hist. reg. Norv., II, 352; III, 4^7-8. 

* Hrotte, épée de Fofner. Eddae Mythol., p. 71; Rothe, p. 20. 

HviTTINGI , VOy. LlUSINGI. 



ç 169 ) 

Ideuse, épée de Guillaume au court nez, fabriquée à Valmeu : 

Trois en avoit qui valent Montagu. 
Là fu recuite , qui Alexandre fa , 
Le meillor roi qui ains fust connéu , 
Et Doloreuse, qui roi Capalu fu ; 
Et fu Meuse , qui fu faite à Valmeu ; 
C'est une terre où Ii homs vont nu. 

(Extrait du Roman de Guillaume au court 

nez ; P. Paris, les Manuscrits français, de, 

IH, 161.) 

Jokulsnôt, épée du héros danois Jokul. Rothe, p. 2d. 
* Joyeuse. Le trouvère Turold s'amuse à louer cette lame cé- 
lèbre. Fr. Michel, la chanson de Roland, p. 97 : 

Li emperère 

Si ad vestut sun blanc osberc saffret, 
Laciet sun helme ki est à or gemraet , 
Cinle Joiuse , unches ne fut sa per , 
Ki cascun jur muet xxx clartez. 
Asez saviem de la lanc parler 
Dunt notre sire fut en la cruiz navret , 
Caries en ad l'amure, mercit Deu ! 
En l'oret punt l'ad faite manuverer, 
Pur ceste honur et pur ceste bontet , 
Li nums Joiuse l'espée fut dunet. 
Baruns franceis ne l'deivent ublier , 
Enseigne en unt de Monjoie crier : 
Pur ço ne 's poet nule genteontrester. 

(Voy. Bourbillon, Le poëme de Ronceveaux. 
Dijon, 1840, in-12, pp. 58, 59.) 

Mar Joiousen so bevinc 
Karel , die stoute coninc , etc. 

(W.-J.-A. Jonckbloet, Roman van Karel 
den Groolen en zync xij pairs. Leiden , 
1844, in-8°, p. 99.) 

On conservait jadis dans l'église du S l -Esprit ou de l'Hôpital , 
à Nuremberg, les joyaux de t empire, la couronne de Charlema- 
gne pesant quatorze livres , le sceptre et le globe ou pumel , en 



( 170) 

un mol tous les ornements impériaux, à la réserve de l'épée 
Joyeuse, restée, dit-on, à Aix-la-Chapelle. Ils avaient été confiés 
à perpétuité aux magistrats, par lettres patentes de l'empereur 
Sigismond, en 1424, et ils ont fourni l'occasion de disserter doc- 
tement à Jean Mûllner, secrétaire du sénat de Nurenberg, à Léo- 
pold Wurfbain, Ch. Gottlieb Schwarz, J.-P. Roederke : grand 
et digne sujet de dispute entre la cité d'Agrippine (4) et celle 
de Hans Sachs. 

Kvernbitr (coupe -meule), cimeterre donné par le roi norwé- 
gien Adalstein à Hakon ou Haquin. La poignée en était d'or, 
mais la lame plus précieuse encore , puisqu'avec elle Hakon fendit 
une meule. Snorr. , III , 121, 
Lagulf. 

Leggbitr ( qui coupe les jambes ) , voyez Qvernbitur. Glaive 
nommé par Snorr.,111, 227. C'était celui de Magnus aux pieds 
nuds, roi de Norwége; la garde en était faite d'une dent de ba- 
leine. Rothe, pp. 21, 28. 

Liusin'gi, l'un des glaives d'Haldan ; l'autre se nommait Hvit- 
tingi. Saxo, p. 135; Rothe, p. 20. 

Logtiii, glaive d'Olon.Saxo, p. 142; Rothe, p. 20. 

Lovi, glaive de Bodvar Biaccon. Saxo, p. 31; Torfaeus, Hist. 
Norv., I, 282; Rothe, p. 20. 

Lucebel (bien luisante), épée de Vivian dans \eMalagys ou Ma- 
dog flamand. Mone, Uebersicht der Nied. Volks-Literatur, p. 44. 

Eswas gehoizzen Lucebel, 
Es was bessen dann Di: rendant {Durandal}. 
Merveilleuse. 

* Mimixg. 

* MlNNENC. 

Mistilstein, glaive du héros danois Seming. Rothe, p. 22. 
Montagu , épée nommée dans le Roman de Guillaume au court 
nez. Vov. Ideuse. 



(1) Nouveaux souvenirs d'Allemagne. Brux., 1845 . in-8°, 11,25. 



( 171 ) 

MuRGLIES. 
MlJSAGlNE. 

Nadur, cimeterre de Scallagrim. Rothe, p. 22. 

* Nagelring. 

Neiter, glaive célèbre dont parle Snorron. 11 appartenait au 
roi deNorwégeOlaûs ou Olaf le saint, et la garde en était recou- 
verte d'or. Rothe, pp. 21, 28. 

Plorance, épée de Fierabras. Deppinget Fr. Michel, Véland, 
p. 84 (et non 184); voy. Florence. 

Qvernritur, glaive du roi Haquin. Hist. régis Olài Trygvesons, 
c. 10; Rothe, pp. 21, 27. Le même que Knerbittr. 

Recuite. Elle appartint aussi à Guillaume au court nez. 

Refell , épée de Regin. Eddae Mythol. , p. 71; Rothe, p. 20. 

Risanôt , glaive du géant Grimer , fils de Grimolf. Rolv et Got- 
trici Saga, c. 50, p. 112; Rothe, p. 20. 

* Rose, épée d'Otnit et de Dieterich. G. Grimm, Heldensage, 
pp. 227, 234, 250. 

* Rosebrant. 
Sarrasine. 

* Sauvaigine. 

Scarde, glaive dont parle Snorron, IV, 44; Rothe, p. 21. Le 
roi André , se sentant près de mourir, l'envoya au comte de Skuli 
avec son bouclier. 

Scofmjng, glaive du roi danois Rolvon Krage. Voy. Stephanus, 
inNot. ad Saxonem, p. 73; T. Bartholinus, De causis contern- 
ptae a Danis adhuc gentilibus morte, p. 145; Landnama Saga, 
p. 88; Rothe, p. 20. 

* Screp. Rothe , p. 29. 

* SCHRITT. 

Sigrliom, glaive nommé par Torfaeus, Ser. reg. Dan. , p. 491; 
Rothe, p. 21. 

* Skoffnung; voy. Scofnung. 

Sortibra, épée mentionnée par Ârngrim Jouas. Spécimen Islan* 
diae, p. 54; Rothe, p. 21. 

ïiiegne. Torfaeus, Hist. Norv., I, 324. 



( 172) 

TlZQN , VOy. COLADA. 

* Tyrfing. Herv. Rudbechius, Atlant., III, 402, explique ce mot 
par épée de Mars, ou glaive du belliqueux Tyr. Rothe, p. 22. 

Wasken, ou Waschcn, nommée dans les Niebelungen. Épée 
d'iring de Danemarck. V. l'édit. de Von der Hagen, 1820, p. 248. 
Welsung, 

Parmi les épées qui n'ont point de nom déterminé, et les 
autres armes qui jouissent d'une certaine renommée poéti- 
que ou traditionnelle, et sur lesquelles les Scandinaves 
prononçaient leurs serments (I), on peut ajouter les sui- 
vantes à celles que nous avons déjà énumérées : 

L'épée de Raoul de Cambrai , forgée par Véland. 

Li rois li çainstl'espée fort et dure. 
D'or fu li pons (2) et toute la hendure (3) , 
Et fu forgîé en une combe (4)oscure. 
Galans la fist , qui toute i mist sa cure, 
Fors Durendal qui fu li esliture , 
De toutes autres fu eslite la pure. 
Arme en cest mont contre li rien ne dure : 
Iteles armes sont bien à sa mesure. 

( Edw. Le Glay , Raoul de Cambrai , p. 19. ) 

L'épée du roi Scandinave Suafurlami. Ce prince, revenant de 
la chasse, s'égara dans les montagnes. Au coucher du soleil , il 
aperçut une caverne dans une masse énorme de rochers et deux 
nains assis à l'entrée. Le roi tira son épée, et, s'élançant dans la 
caverne, il se préparait à les frapper, quand ceux-ci demandèrent 
grâce pour leur vie. Les ayant interrogés, Suafurlami apprit 
d'eux qu'ils se nommaient Dyerin et Dualin. Il se rappela aussitôt 
qu'ils étaient les plus habiles d'entre tous les Elfes à forger des 



(1) Th. Bartholinus, Th. Fil.. JntiqnitatesDanicae, Hafniae, 1090. ïn-4», 
pp. 78 et 79. 

(2) Pomeau. 

(3) Poignée, du teutonique hand. main. 

(4) Grotte, excavation, espagnol , comba. 



( 173 ) 

armes. II leur permit donc de s'éloigner, mais à une condition, 
c'est qu'ils lui feraient une épée avec un fourreau et un baudrier 
d'or pur. Celte épée ne devait jamais manquer à son maître, ne 
jamais se rouiller, couper le fer et les pierres aussi aisément que 
le tissu le plus léger, et rendre toujours vainqueur celui qui la 
posséderait. Les deux nains consentirent à toutes les conditions, 
et le roi les laissa s'éloigner. Au jour fixé, Suafurlami se présenta 
à l'entrée de la caverne, et les deux nains lui apportèrent la plus 
brillante épée qu'on eût jamais vue. Dualin , montant sur une 
pierre, lui dit : « Ton épée, ô roi , tuera un homme chaque fois 
qu'elle sera levée ; elle servira à trois grands crimes , elle causera 
ta mort. » A ces mots, Suafurlami s'élança contre le nain pour 
le frapper , mais il se sauva au milieu des rochers , et les coups 
de la terrible épée fendirent la pierre sur laquelle ils étaient 
tombés (1). 

Lepée de Gwrnach, géant des Mabinogion, la seule qui pût 
tuer le sanglier Trwyth. 

La lance de l'empereur Constantin, de laquelle Sigebert de 
Gemblours fait ainsi l'histoire, sous l'année 929 : « Lanceam 
» mirandi operis et clavis Ihesu Christi crucifixi sanctificatam , 
» quae dicitur primi et magni Constantini imperatoris fuisse, 
» donatam Rodulpho, régi Burgundionum et Italiae, à Sau- 
» sone comité, rex Henricus precibus , minis, muneribus , addita 
» etiam parte provinciae Suevorum , a Rodulpho comité extor- 
» quet, et hanc ad insigne et tutamen imperii posteris relin- 
» quit. » C'était payer un peu cher une relique très-suspecte : 
de riches présents et une partie de la Souabe (2) ! 

* Riiongomyart, la lance d'Arthus dans les Mabinogion, appelée 
quelquefois simplement Ron. 



(1) Hervarar Saga , ok Heidreks Kongs. Hafniae, 1785, in-4°, p. 9; Le 
Roux de Lincy , Le livre des Légendes , Introduction. Paris, 1806, in-8% 
pp. 163 et 164. 

(2) Voy. plus haut au mot joyeuse; Heliand , dans la Bibl. patr. cistcrc, 
VII , 166 B, et Vincent. Bell., Spec. hist., lib. XXV, c. 100. 



( 174 ) 

Carnwenhau, son poignard. 

Wynebgwrthucher , son bouclier. 

Le poignard d'Osla Gyllelvawr (dans la quatrième nouvelle des 
Mabinogion), lequel servait de pont sur les torrents à Arthus, 
et aurait suffi, pour cet usage, aux armées des trois îles de la 
Grande-Bretagne et des trois îles adjacentes, avec leur butin. 

Le couteau de Teithi Hên, fils de Gwynhan, selon les mêmes 
traditions galloises. La mer engloutit les possessions de Teithi 
Hên, lui-même eut peine à s'échapper, et il dut chercher un asile 
auprès d' Arthus. Son couteau avait cela de remarquable, qu'à 
partir de ce moment aucun manche ne put y rester. 

Emma, cuirasse d'Harald-le- Sévère. Script. Island. hist., VI, 
533, 385. 

La première armure de Frégus , dans le roman de ce nom , pu- 
blié par M. Francisque Michel , pp. 20-23. 

Celle d'Auboin, fils de Pinabel , dans le poëme de Dame Aye. 
Voir l'analyse de ce roman par M. de Martonne, Mérn. de la Soc. 
des antiq. de France, nouv. série, tom. V, 1840, pp. 598-434. 

La hache de saint Olaf , roi de Norwége , appelée Hel et que 
son père avait possédée. On dit qu'elle fut conservée longtemps 
parmi les reliques de l'église principale de Nidaros. C'est cette 
hache sacramentelle qui meuble probablement, mais modifiée en 
sa forme, l'écu du royaume de Norwége. Snorr., Hist. reg.Norw., 
111,35. 

Noublions pas, en passant, cette coutume singulière des 
anciens Norwégiens , chez lesquels , prendre par la garde 
une épée, c'était se reconnaître l'inférieur de celui qui la 
présentait (1). 

Il en est des destriers comme des armes. Le sentiment 
qui confond le guerrier avec son coursier, et dont la fiction 
du Centaure est la figure, a été exprimé par Millevoie dans 



(1) Snorr., 1,119. 



( 175 ) 
le chant qui commence ainsi, espèce ûeduma des cosaques 
de l'Ukraine, et qu'il prête à un arabe : 

Voix du désert , redis au loin mon deuil , 
L'ami du brave est au fond du cercueil. 

Pendant la guerre de trente ans le peuple et le commun 
des soldats croyaient qu'un esprit était caché dans le corps 
du cheval de combat de Wallenstein, et nous avons été té- 
moins, il n'y a pas longtemps, d'une démonstration à 
l'endroit d'un autre cheval de bataille, dans laquelle quel- 
ques-uns crurent mettre de la politique, mais où la plupart 
ne mirent en réalité que de la sensibilité et de la pitié. 

M. Loiseleur Deslongchamp a cru trouver dans l'Inde 
l'origine des chevaux magiques (I). De son côté, M. J.-J. 
Hanusch a recherché quel était le rôle du cheval dans les 
mythes slaves, qu'il fait dériver de la même source (2). 
Le savant Van Wyn, moins épris de l'Orient, avait déjà 
écrit quelques lignes sur le prix des coursiers dans le 
moyen âge (3). Les saga norwégiennes nous apprennent 
que les rois Allrek et Eirek mettaient leur ambition à 
dompter des coursiers, à les dresser, à les monter, qu'ils 
surpassaient tous les autres dans l'art de l'équitation, et qu'ils 
rivalisaient entre eux à qui l'emporterait par leur adresse 
comme cavaliers, ou par la beauté de leurs montures. Il 
arriva qu'un jour les deux frères, entraînés par l'ardeur de 
leurs palefrois, ne revinrent plus. On les chercha et on ne 



(1 ) Essai sur les fables indiennes , pp. 35 , 30. 

(2) Die Weissensch. des Slaw. Mythus. Lemberg, 1 842, in-8°, pp. 315-37 . 

(3) Lelter- en geschiedk. Aanteehenigen op de rymkr. van Jan Fan 
Heclu, 's Grav.. 1840, in-8°. pp. 174-17G. 



( m ) 

Irouva que leurs cadavres. Ces écuyers intrépides étaient 
victimes de leur passion favorite (1). 

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons déjà dit 
h ce sujet (2); mais nous compléterons encore notre pre- 
mière liste hippologique, abandonnant aux souvenirs clas- 
siques Cyllarus, cheval de Castor, Phosphorus , cheval ad- 
mirable (equus admirabilis) dont Ausone fit l'épitaphe par 
ordre de l'empereur Théodose, Boristhène , cheval de l'em- 
pereur Adrien , né dans le pays des Alains et dont l'inscrip- 
tion funéraire se lit dans l'anthologie de Burman (3) et 
dans les notes de la traduction d'Ausone de M. E.-F. Cor- 
pet (4); Ariotiy cheval immortalisé par Homère (5) et par 
le même Ausone (6) ; le coursier de Charitas enfin , lequel , 
tombé au pouvoir d'Antiochus, tua ce nouveau chevaucheur, 
pour venger son ancien maître (7) . Le chantre de l'Iliade (8) 
nous montre Diomède impassible au milieu du carnage et 
s'amusant à faire la généalogie des coursiers d'Énée qui 
descendaient de ceux que Tros reçut de Jupiter, pour prix 
de l'enlèvement de son fils Ganimède. C'étaient les meilleurs 
qu'il y eût sous le soleil. Anchise, àl'insu deLaomédon , 
leur amena ses cavales , et déroba ainsi des rejetons de 
celte race : il en naquit six chevaux dans son palais, dont 



(1) Snorr., 1,27. 

(2) Introd. au second volume de Ph. Mouskes , pp. cxi-cxxi ; Ann. de la 
bibl. royale deBelg., 1841 , 93; 1842, 55. Dictionnaire de la conversa- 
tion, XIV, 11-13. Encyclopéd. cath., VII, 173-174. 

(3) Lib. IV, no 399. 

(4) Bibl. latin.-fr.de Panekoucke , 1842, I, 327. 

(5) Iliad., lib. XXIII, v. 347. 

(6) Epit. XXXV. 

(7) Denis , le Monde enchanté, p. 68. 

(8) Ch. V. 



( 177 ) 
il en retint quatre qu'il nourrit avec soin; il donna à ses 
fils les deux autres , qui semaient l'épouvante dans les com- 
bats. Les enlever eût été un triomphe insigne. 

Pour nous, nous nous renfermons dans les traditions du 
moyen âge et dans celles du Nord et de l'Orient, dont les nô- 
tres ne sont souvent qu'un reflet ou une traduction littérale. 

L'astérisque remplit ici le même office que tout à l'heure. 

Abjir. 

Alsvidr. 
Aquilant (destrier) , nom générique qui signifie fusais et sub- 
niger , suivant Du Cange. 

Arvakr. 
Auferant, Afferant, nom générique d'un cheval de bataille ou 
d'un destrier, en espagnoM//èr&sr , de l'arabe Firiz, qui signifie 
cheval. T.-A. Sanchez, Colacion depoesias castellanas anteriores 
al sù/lo XV. Madr., 1779-90, IV, 291. 

Babieca, Bavieca , D.-V.-A. Huber , Cronica del famoso caval- 
lero Cid Ruydiez campeador, pp. 276, 309 (1). Gil Diez, ami 
duCidqui l'avait converti à la foi chrétienne, prit, après la mort 
du héros, ses précautions pour que la race de Babieca ne s'étei- 
gnît pas. Aussi, dit la chronique, a-t-elle produit pour la Castille, 
une multitude de bons et de précieux palefrois. Babieca survécut 



(1) Cf. Poema del Cid , publié dans le recueil de don T.-A. Sanchea , I , 
289. M. Eugenio de Ochoa , qui en a fait l'analyse dans la Revue de Paris , 
juin , 1841 , éd. de Brux. , pp. 58-77, est tombé dans une singulière mé- 
prise , surtout pour un espagnol. L'auteur dit que le Cid trépassa de ce siècle 
le jour de la Pentecôte , et M. de Ochoa , trompé par l'inversion de l'original , 
entend la Pentecôte de ce siècle , ce qui lui fait soupçonner une lacune. C'est 
encore M. de Ochoa qui , inventoriant les manuscrits espagnols des biblio- 
thèques de Paris , prend pour le chevalier sans peur et sans reproche, un se- 
crétaire d'étal du temps de François 1 er , appelé Bayard ; mais que celui qui 
ne s'est jamais trompé lui jette la première pierre et le condamne sur cette 
vétille. 



( 178) 

deuxannées à son maître; il mourut âgé de quarante ans, et fut 
enterré à la porte du monastère de San Pedro de Cardena. On 
planta deux ormes, l'un à sa tôte, l'autre à ses pieds. « E otrosi 
» Gil Diez tomava a tan grand sabor en mandar pensar el ca- 
» vallo Bavieca, que era grand maravilla : assi que las mas 
» vezes él lo levava al agua , e lo tornava al establo. E Gil Diez , 
» por haver linage del cavallo del Cid, compro dos yeguas las 
» mas fermosas que pudo fallar, e echaronlas al cavallo por 
» cabresto : e desque fueron prenadas, guardaronlas muy bien, 
» e la una pario macho , e la otra pario fembra. E dize la bis- 
» toria, que de hy se levanto linage deste cavallo en Castilla, 
» que ovo muchos cavallos, e buenos e muy preciados, et por 
» ventura los ay oy en dia : e vesquio despues de la muerte del 
» Cid dos anos, et luego morio, et, segun cuenta la historia, 
» duro bien quarenta anos : e desque morio, soterrolo Gil Diez 
» ante la plaça de la puerta del monasterio a manderecba : e 
» pusa hy dos olmos, unoa la cabeça, e otre a los pies , que son 
» oy dia muy grandes. » 

Dans le romance où le Cid est supposé dicter ses dernières 
volontés, il a soin de pourvoir à son fidèle destrier. 

Y si permitiere dios 

Que el mi caballo Bahieca 
Fincare sin su senor , 

Y llamâre a vuesa puerta , 
Abridley acariciadle, 

Y dadle racion entera ; 

Que quien sirve a buen senor 
Buen galarson dél espéra. 

( àdelb Keller , Romancero del Cid , 
p. 233.) 

Bai de Monsenie (le) , cheval d'Auboin , dans le Roman de Dame 
Aye. 

Barbamusche , cheval du sarrasin Climboron , dans la Chanson 
de Roland. 

Baucent, Bauchant, nom générique comme Fauvel, Auferant, 



( 179 ) 

Férant, Morel, et qui , dans certaines occasions, devient un nom 
propre. C'est celui du cheval de Fromont dans la chanson de 
Garin : 

Fromons envoie Baucent à Fromondin , 

Son bon destrier , que il paramoitsi. 

(P. Paris, Garin, II, 146.) 

Baucent, Bauçant, est le nom du sanglier dans une des bran- 
ches des romans du Renard, et M. Méon l'explique par de couleur 
jaune ou rousse. Le Roman du Renard, IV, 471. 

* Bayard (Byart, selon le poëme flamand publié en grande 
partie par M. Jonckbloet). Pulci , auteur du Moryante, fait entrer 
Astaroth dans le corps deBayard, cheval de Renaud, et Farfadet, 
dans celui de Rabican, cheval de Richardet. 

Beiffror ou Broiefort. 
Au début du poëme flamand (ÏOgier van Danemarck, on lit : 

Wie er Broyfort gewan 

Und Corteinen, das gut swert. 

(Mone, Uebersicht der altnied. folkslit, etc., 
p. 39. Cf. Gervinus , Gesch. d. D. Lilter. , 
3<le Ausg. , II, 89.) 

On li amaine (à Brunamon) Broiefort enseié ; 

De tel ceval nVïstes mais parler : 

Jouènes polains, quatre dens ot jetés; 

Il fu tous noirs , s'ot le front estelé , 

La jambe ot plate , si ot le pie copé ; 

Jà por montaigne ne l'convera suer , 

Por trois jors corre ne l'estuet arester , 

Ne l'en batront li flanc ne li costé ! 

(J.-B. Barrois, La chevalerie Ogier. 
Paris, 1842, in-4», p. 100.) 

* Belche. 

* Benig. 

Blancart ou Blanchard , cheval de Charlemagne et de Frégus : 

Blancart qui saute comme kievreul. 

(Fr. Michel , Li romans des aventures Fregus. 
Édimb., 1841, in-4", p. 177.) 



( 180 ) 

* Blanke. 

* Blodughofi. 

Bride d'or, cheval de Roland, dans l'Ariostc, ou plutôt dans 
le Boiardo. 

Broiefort , voy. Beiffror. 
Bukranos , cheval du héros Wende Anthyre , compagnon 
d'Alexandre- le -Grand et souche prétendue des ducs de Me- 
klembourg. 

* Corvigarus. 

Dame (la), cheval du duc René de Lorraine, à la bataille de 
Morat et à celle de Nancy. Hist. delà confédération Suisse, 1840, 
VIII, 134. 

Du, coursier de Mor d'Oerweddawg dans les Mabinogion ; le 
seul qui pût porter Gwyn à la chasse du sanglier Trwyth. 

* Entencendur. 

* ESTONNE. 

* Fal-Hofner. 
Falke. 

Fauve, mule de Dame Ghille ou Tromperie, dans le Renart le 
Nouvel, Méon , IV, 596. Elle est appelée aussi Fauvain. 

Fauvel, cheval de Garnier, dans le Roman de Dame Aye. 

Fauvel est de plus un cheval allégorique, emprunté à l'une des 
branches des romans du Renard, et dont le nom est le titre d'un 
poëme où l'on trouve six personnages principaux : Flatterie , 
Avarice , Vilenie , Variété , Envie et Lâcheté. Or les initiales de 
ces noms forment réunies celui de Fauvel. Paulin Paris, Les 
manuscrits français , n° 6812; Ach. Jubinal, Rutebeuf, I, 340; 
le même , Mystères inédits. Paris, 1837, in-8°, 1, 564-65. 

Ferant, voy. Mortel. 

* Flori. 

Fyau, Fyauwe, cheval de Richard, dans un fragment de poëme 
flamand du Cyde carolingien. J.-V. Adrian , Cat. cod. MSS. bibl. 
Giessensis. Francof., 1840, in-4°, n° XCVÏII, pp. 34-39. 

Cheval du même et de Gyberike, Guberyc ou Gysbert , dans le Ro- 
man van Karcl den Groote, publiée par M. Tonckbloet, pp. 95 et 



( 181 ) 

2(>2,et auquel appartiennent les fragments donnés par M. Adrian. 

Rytsart heeft Fyauwe bescreden , etc. 

(Adrian, p. 36; Jonckbloet, p. 210, v. 101.) 

Gardrfa, Gardrofa. 
Gautslafr, cheval donné au duc ou comte de Skuli. Snorr. , 
Hist. reg. Norveg. Hauniae, 1777, in-fol., V, 258. 
Gedefer. 
Gisl. 
Gladr. 

Gloer , Gloerr , Glfr. 
Glorifier. 
Gramimund. 
Grane, Grani. 
Gringolette. 

* Grivet. 
Gullfaxi. 

* GlîLLTOPPR. 

* Gyllir. 

Gwynn Mygdwn , le cheval de Gveddw, dans les Mabinogion , 
lequel était aussi rapide que la vague. 

* Hamskerpir. 

Hengroen, cheval de Kynwylsant, qui, à la bataille de Cam- 
lan , se sépara le dernier d'Àrthus. Mabinogion. 
Hofvarpnir. 

Hrafn. Le roi norwégien Adils aimait avec passion les cour- 
siers généreux et nourrissait les deux meilleurs de son temps , 
l'un appelé Slôngvir, et l'autre, une jument, nommée Hrafn, qu'il 
avait enlevée après la mort du roi Ala et qui donna le jour à un 
autre destrier du même nom qu'elle : Adils fit présent de Hrafn 
à Godgest, roi d'Héligoland (Halogaland) , mais ce chef l'ayant 
montée un jour et ne pouvant l'arrêter, fut désarçonné et tué en 
tombant. Snorr. , Hist. reg. Norveg. , Hauniae , 1777, in-fol. , I , 
p. 42. 

* Hrimfaxi. 

Tom. xu. 15. 



( 182) 

Kelpir, ou cheval démon, qui venait caracoler sur les rives des 
lacs d'Ecosse, invitant par ses gambades coquettes les jeunes gar- 
çons ou les jeunes filles à se hasarder sur sa croupe, comme 
Europe sur le taureau de Crête, puis soudain se précipitait dans 
le lac ou le torrent avec ses imprudents cavaliers. Le Kelpie du 
Loch-Tay emporta ainsi, en 1809, quatre beaux enfants tout 
fiers d'avoir dompté ce bucéphale sauvage. 

Il y a la plus grande analogie entre le Kelpie et les Dracs 
(Dracae), ou esprits aquatiques du Rhône, dont parle le maré- 
chal du royaume d'Arles, le bon Gervais de Tilbury, dans ses 
Otia imperialia , recueil curieux de sombres légendes composé 
par un anglais sous le ciel riant de la Provence (1). Super stit. 
poët. de l'Ecosse. (Rev. Brit. 1834, 2 e vol. Brux., p. 273.) 

Léo ou Lion, cheval de Walther d'Aquitaine, dans le Wal- 
tharius. Voy. Spadix et Ann. de la bibl. royal de Belgique , pour 
1841, p. 93. 
Lettfeti. 

Liart, nom de cheval dans le poëme de Fauvel, nom gé- 
nérique emprunté à la couleur de lie de l'animal. 

Llamrei, jument d'Arthus, dans le Kilhwch d'Olwen des Ma- 
binogion. 

* Loewe ou Lewe. 

Marchegai, le bon cheval du duc Élie, dans le roman iïAiol, 
analysé par M. Ach. Jubinal, OEuvres compl. de Rulebeuf, I, 
407-415. Ce cheval est un personnage fort amusant et qui de- 
vait le paraître encore davantage autrefois. A chaque instant il 
défend son maître, il l'aide, il le sauve des plus grands pé- 
rils par son adresse et son affection ; enfin Marchegai, dit M. Ju- 
binal (p. 409) , m'a rappelé le cheval du bohémien dans Quentin 
Durward. Elie donna Marchegai au jeune Aiol. 

* Miserion. 



(1) Sur ces Dracae, voir Walter-Scott, Chants popul. de l'Ecosse. 
Paris, 1826, III, 117-18. 






( 183 ) 

MORIEL, MOREL, MoRIAUS. 

Le Renart le nouvel met en scène li chévaus Moriaus et Fer- 
rans li ronchiés. 

Moreal de Daveles ou Morel de Daves, était le cheval du châ- 
telain deWaremme. Hemricourt, Miroir des nobles de Hasbaye, 
p. 556. Voy. Samson. 

Pardolo , cheval merveilleux qui erre dans les déserts de la Bis- 
caye; Denis, le Monde enchanté, p. 68. Quand le paladin don 
Diego Lopez eut perdu la fée Pied-de-Biche, qu'il avait épousée, 
et qu'il devint prisonnier des Maures, cette fée mit à la disposi- 
tion de ses enfants, pour aller délivrer leur père, le cheval Par- 
dolo, qui, raconte la légende, ne pouvait souffrir ni bride, ni 
selle, ni sangle, ni étrier, ni fers, mais conduisait son cavalier 
tout d'une traite et en une heure d'un bout de l'Espagne à l'au- 
tre, de Pampelune à Cadix. Le Roux de Lincy, Introduction au 
livre des légendes, p. 144. 

Passecerf, destrier du héros Gerger. J. Grimm, Ruodlands 
Liet, p. 516. 

* Passelande (autrement Passebreul). 

Pennavare, cheval du géant Lokefeer, dans Ferguut, édit. de 
M. Vischer, v. 5707. 

* Phlégon. 

* Rabican. 

Rainsant, la jument, dans une des branches du Renard, la 17 e . 
Méon, v. 7521-7610. 

* RlSPA. 

* Rondel. 

Rosenet le Bausant, cheval de Garnier de Nanteuil, dans le 
Roman de Dame Aye. 
Rusche. 
Salt-perdut. 
Samson, cheval bai et Morel , genêt de Naples, chevaux du 
grand duc de Guyse. Brantôme, OEuv., VI , 455. 

* SCIIEMINC. 

* SlLFRIN-TOPPR. 



(184 ) 

SkEIDBIUMIR, SCEIDBRIMIR. 

* Skinfaxi. 

Sleipner, Sleipnir; voy. J.-L. Heiberg, Nordische Mytholo- 
gie. Schleswig, 1826, in-8°, pp. 172-75. 
Slôngvir, voy. Hrafn. 

Sorel de Sor, briin clair, nom générique qui est parfois un 
nom propre, ainsi qu'on en a donné d'autres exemples. Le cheval 
de bataille de Guillaume I , roi d'Angleterre , s'appelait Sorel. 

Spadix , cheval d'Ekevrid, de couleur bai bigarré , dans le Wal- 
tharius. Ann. de la bibl. roy. de Belg. y pour 1842, p. 55. 
Svadilfari. 
Tachebrun. 
Taillefer , cheval de Pepin-le-Bref. 

Li bons cevaus que Ii dona 
Grains-d'or , le fix de sa seror , 
C lieues coroit en 1 jor. 

(F. Michel, le Roman du comte de Poitiers , p. 2.) 

Tzimin-chac. Lorsque Fernand Cortes alla à Honduras, il laissa 
son cheval de bataille en garde aux habitants du Yucatan. Crai- 
gnant d'abord que ce chef redouté ne leur redemandât ce noble 
animal et que celui-ci ne vînt à mourir, ils firent une statue à 
son image, puis ils finirent par l'adorer lui-même, et prétendirent 
le nourrir comme un de leurs dieux; ils ne lui présentaient que 
de la volaille et des gibiers exquis, qu'ils recouvraient de bouquets 
de fleurs. Ils l'avaient surnommé Tzimin-chac, le courrier du 
tonnerre. Mais hélas! les plus beaux noms ne peu veut préserver 
de la faim. Le pauvre cheval mourut bientôt accablé de trop 
d'honneur. Historia de Yucatan , compuesta por Diego Lopez 
Coculludo, p. 493; Denis, le Monde enchanté, p. 140. 

* Valglauma. 

Verts (chevaux). On lit dans la lettre du prêtre Jehan à l'em- 
pereur de Rome et au roi de France que, dans son pays, soi 
chevaulx vers qui courent plus tost que nulles autres bestes et ont 
deux petites cornes. Denis, Le Monde enchanté , p. 187. 



( 18») 

* Viellantin. Le Pulci a conservé ce coursier à Roland. 

VlNGSKORNIR. 

Le cheval blanc du roi de Thiernana-Oge , ou royaume de Jou- 
vence, était tel, selon les superstitions populaires irlandaises, 
qu'une fois monté dessus on recouvrait la jeunesse la plus floris- 
sante, mais qu'on ne pouvait en descendre sans être vieilli de toutes 
les années passées dans ce pays où les siècles s'écoulaient avec la 
rapidité des jours. Revue brit. Mai, 1845, éd. de Brux., p. 532. 

La chanson de Roland décrit ainsi le cheval de Turpin qui rap- 
pelle celui d'Ogier-le-Danois .: 

Li arcevesque cumencet la bataille , 
Siet el cheval qu'il tolit à Grossaille; 
Ço ert uns reis qu'il ocist en Danemarche., 
Li destrers est e curanz et aates , 
Piez ad copiez e les gambes ad plates , 
Curte la quisse e la crupe bien large , 
Lungs les costez e l'échiné ad bien halte , 
Blanche la eue et la crignete , jalve , 
Petites les oreilles, la teste tute falve. 
Peste n'en est nule ki encoutre lui alge. 

(Éd. de M. Fr. Michel, p. 58.) 

Le coursier de Perceval ne pouvait être un animal ordinaire : 

A tant este-vous Perceval 
Ki se séoit sour son cheval 
C'au vermel chevalier toli. 

(Fr. Michel , Frégus , p. 6.) 

Enfin le petit cheval de bois ou de fust, fabriqué par le nain 
Pacolet, passe par l'histoire des deux nobles et vaillants cheva- 
liers Valentin et Orson, neveux du roi Pépin (1), comme par 
celle de Cléomadès et un conte des Mille et une Nuits ou les Mille 
et un Jours, pour achever sa course dans le chef-d'œuvre de Cer- 
vantes, incomparable satire des imaginations romanesques. 



(1) Bibl. universelle des Romans, mai 1777, p. 122. 



( 186 ) 

On remarquera que le cheval ne paraît pas dans le Reinaerl 
flamand ni dans le Reynke de Fos en bas-saxon. 11 figure à peine 
dans l'une ou Vautre branche des Renarts français. 

Telles sont les traditions disséminées dans lesmonuments 
du moyen âge et qui concernent les armes et les coursiers 
merveilleux, deux choses qui résument la vie militante et 
aventureuse de la chevalerie et des temps qui l'ont pré- 
parée. 

La poésie est la plus vaste, la plus capricieuse, la plus 
indépendante des facultés de notre esprit. Enumérer d'a- 
vance, déterminer à priori les moyens qu'elle emploie, les 
machines qu'elle fera mouvoir, est chose impraticable; 
cependant il est dans certaines de ses productions des élé- 
ments communs qu'on y retrouve presque toujours, et qui , 
en conséquence , sont saisissables par une analyse en quel- 
que sorte préétablie. Nous n'osons dire que nous avons 
prouvé par l'essai qu'on vient de lire, l'intérêt dont cette 
analyse est susceptible. 



Notice sur les chartes de la ville de Virlon et sur la coutume 
de Beaumont en Argonne, par le chevalier Marchai , 
membre de l'académie. 

J'ai démontré par une précédente notice, du 5 octobre 
dernier , qu'auprès de la ville de Virton , il y avait eu , dans 
une antiquité reculée, une ville gauloise qui fut probable- 
ment incendiée deux fois pendant les derniers temps de la 
domination romaine dans les Gaules : la première, immé- 



( 187 ) 
diatemenl avant l'arrivée de Julien, en 356, qui repoussa 
les barbares au delà du Rhin; la deuxième vers l'année 
407, sous l'empire d'Honorius : j'ai démontré celle-ci par 
ce que les médailles et les monnaies découvertes dans le 
sol de ce territoire , ne sont pas d'une date plus ancienne 
que le commencement du règne de cet empereur. 

Lors de la réorganisation des communes au XII e et au 
XIII e siècle , cette ville , qui était sous la domination des 
comtes de Chini , obtint des chartes et des privilèges : je 
vais rendre compte de ceux de ces diplômes qui sont en- 
core en la possession de l'autorité municipale de Virton. 
Il y en a quatorze , dont la première est la plus importante, 
parce qu'elle sert à prouver que cette ville doit être classée 
parmi les plus anciennes communes qui ont obtenu des 
diplômes constitutifs, dits vulgairement d'affranchisser 
ment : 

N° 1. 

Loys, cuens de Chisnei (Louis, comte de Chini); c'est 
Louis V , fils puîné d'Arnoul , comte de Chini et de Loos , 
et de Jeanne d'Avesne, héritière de Chini. Il avait épousé 
Jeanne de Blamont (de Albomente). Il mourut en 1299, 
après avoir été comte de Chini pendant plus de 50 ans. 
La charte porte la date que voici : « En l'an de grâce mil 
CC et soixante-dix ans. El mois de julet, j> 

Le comte octroie à son chastel de Virton la ville, et à 
son ban, la loi et la franchise de Biamont (Beaumont 
en Argonne) , comme aux autres neuves villes de la prévôté 
de Virton, de sa conté de Chisnei. Ils prendront loi et con- 
seil à Monmaidei (Montmédi, qui est à 3 lieues S.-O.), 
moyennant « deuxgelines (ou poules) de rente, l'une à la 
» Saint- Jean-Baptiste, l'autre à la Noël, pour les aisances 



(188) 

jo de bois, le parcours et pâturage , redevables par chaque 
» bourgeois. » 

Chaque nouveau bourgeois payera 40 sols parisis dedens 
la première année. 

Aucun habitant de Saint -Mard, commune attenante à 
Virton vers le sud-ouest, ne peut acquérir un héritage ni 
à Virton ni sur son ban , à moins d'y être bourgeois , et 
aucun bourgeois de Virton ne peut s'établir à Saint-Mard 
sans perdre les droits de bourgeoisie. 

Les poids et mesures sont les mêmes qu'à Beaumont , 
dont le domaine provient de Jeanne de Blamont (de Al- 
bomente), femme dudit comte Louis. 

La coutume de Beaumont en Argonne , mise en vigueur à 
Virton etdans d'autres communes du com téde Chini, comme 
on vient de le voir, fut octroyée en l'année 1 182 , par Guil- 
laume , archevêque deRheims , cardinal sous le titre de S te - 
Sabine, qui avait fait bâtir sur une terre du ressort de sa 
manse archiépiscopale, la ville qu'il appela Beaumont, et qui 
depuis fut la propriété d'une comtesse de Chini et de Loos. 

Cette coutume est remarquable par sa libéralité et par sa 
clarté : plusieurs villes étrangères à la juridiction de l'ar- 
chevêque de Rheims l'adoptèrent. Cette coutume qui est 
au registre des Chartres du duché de Luxembourg (janvier, 
1600, n° 5. Littera pp, fol. 567), est en copie officielle- 
ment authentiquée par un notaire royal admis au grand 
conseil de Malines, du 51 décembre 1760. Au n° 12,576 du 
catalogue de l'ancienne bibliothèque de Bourgogne. 

Voici le résumé de quelques dispositions de celte cou- 
tume : 

Administration. — Le maire ou mayeur qui est comp- 
table aux fermiers du souverain , le receveur des deniers 
et revenus de la ville, sept jurés et quarante assermentés 



( 189) 
ne sont tenus d'exercer leurs fonctions que pour un an. 
« Ils sont établis du consentement général. » 

Service militaire. — Les bourgeois sont obligés de se 
trouver à l'armée du seigneur et sortiront toutes les fois 
qu'ils pourront retourner le même jour ou le lendemain. 

Propriétés. — « Leur sera permis (aux bourgeois) et à 
d tous aultres de vendre ou achepter tout ce qui viendra, 
» librement, assurément, sans payer winage (c'était un 
» droit sur les voitures) ou aultre redevance. 

» Le droit de vente d'héritage est d'un denier au sou- 
j> verain et d'un aultre denier au maire. 

» Les héritages sont assurés après un an de possession. 

» Un chascun sera admis à vérifier la vente de quel- 
» que chose. » 

» L'accusé d'avoir mal payé la disme de 2 gerbes sur 
» 12, et pour terres défrichées sur 44, se purgera par son 
» serment. » 

Justice. — « Ce qui aura esté discerné et arresté par les 
» jurés, sera ferme et stable, sans contradiction. » Cet 
article est reproduit deux fois. Mais avant le second , il y 
a : « Si quelqu'un contredit le jugement des jurés et ser- 
» mentes, et est bien fondé opposant le jugement, les ju- 
» rés payeront cent sols. » 

Ainsi, nous remarquons que non-seulement l'indépen- 
dance judiciaire est assurée, mais il y a un moyen d'em- 
pêcher l'abus de cette indépendance. 

Autres dispositions pénales. — Elles sont toutes stipu- 
lées en numéraire et non autrement; elles ont pour objet la 
sûreté des fonctionnaires, des personnes, tant bourgeois que 
forains, et des choses, telles que le domicile, les champs, 
les jardins, les vignes. (Voir plus loin aux forains.) -La cou- 
tume ne dit rien des insolvables; je présume qu'ils s'ac- 



( 190) 
quittaient par corvées. (Voir ci-dessous aux amendes d'in- 
jures payables par les femmes.) 

« Nul bourgeois ne pourra transférer plainte contre un 
» autre bourgeois à une autre justice, ni prétendre contre 
» lui à une autre juridiction. 

» La femme qui aura injurié une aultre femme, con- 
» vaincue du rapport de deux ou trois témoins, sera 
» amendable. » La coutume ajoute les dispositions d'après 
les mœurs carlovingiennes que voici : « Si elle ne paye l'a- 
» mende , la femme sera condamnée à porter des pierres 
» le jour de dimanche , en la procession , en sa che- 
» mise. » 

Il y a les mêmes dispositions pénales pour l'homme qui 
injurie la femme. 

Il y a aussi : « L'accusé soupçonné de larcin sera sou- 
» mis au jugement de l'eau. » 

Je pense que cette coutume, bizarre en apparence, 
ainsi que le jugement du fer rouge , fut établie pour effrayer 
l'accusé dans ces siècles barbares; car il devait être bien 
certain de son innocence pour se hasarder à une épreuve 
aussi dangereuse dans l'espoir d'un miracle. 

Emploi des amendes. — En général la moitié pour le 
seigneur, l'autre moitié pour « la munition de la ville. » 

Étrangers ou forains. — L'étranger s'établit en toute 
liberté ou franchise, en payant pour son établissement une 
somme , fixée par la charte à 40 sols parisis (voir page 
188 ci-dessus). Plus tard la somme fut d'un carolus. 

» Le droit d'asile est accordé avec toute assurance, 
» fors le larcin et homicide. 

» Si quelqu'un est trouvé coupable d'avoir apporté 
» injustement chose appartenant à quelque forain , vé- 
» rifiant son dire par deux témoins irréprochables , ob- 
» tiendra ses réquisitions. » 



( 191 ) 
N° 2. 

Jehan , roi de Bohême , comte de Luxembourg. 

Par lettres-patentes de l'an 1300 et quarante, le jeudi 
après feste Saint-Martin au moy de novembre. 

Achète à Thieri, son cousin, comte de Loos et de Chini, 
seigneur de Hinzeberch et Brankenberg, le chastel de 
Virton, la ville et la prévôté, qui lui sont échus par morte- 
main et résignation de Louis , en son vivant comte de 
Chini. 

11 confirme et ratifie aux bourgeois et bourgeoises de 
Virton (ces mots sont dans le texte) la charte octroyée par 
Louis, comte de Chini, en l'an de grâce 1270, au mois 
de julet. 

N° 3. 

Jehans d'Escauviers et autres gardeurs du scel de la 
prévôté de Virton, l'an de grâce 1340, le vendredi devant 
l'Annonciation N.-D., déclarent autoriser l'établissement 
du prieur et des frères de la Sainte-Croix, ordre de Saint- 
Augustin. 

Suit l'approbation octroyée par Baudouin, archevêque de 
Trêves. (En latin) Anno 1340 primo, mensisMaii die décima. 

N° 4. 

Johannes Marchio et dominus Moraviae, duxque Lut- 
zemburgensis. 

Innovatio, approbatio , ralificalio privilegiorum,jurium 
ac iibertatum opidi suide Verton. 

Datum Brunae, ad 1591 sextd die mensis Maji. 

N° 5. 

Jehan Guillaume de Verton , clerc du diocèse de Trêves , 
notaire impérial public. 
Instrument en vidimus daté de l'an 1449 (style de Trêves), 



( 192 ) 

indietion 12, le 9 janvier. Cet acte qui a pour objet la 
confirmation des privilèges de Virton , est daté de l'an 
1394 et octroyé par Josse, marquis de Moravie, qu'il ne 
faut pas confondre avec Jean de Moravie. 

N° 6. 

Ordonnance de Rodolf , marquis de Hochberg , comte 
de Neufchastel et gouverneur du duché de Luxembourg 
et comté de Chini. 

Datée de Luxembourg, le 7 décembre 1460 , qui anéan- 
tit , sur appel au conseil de Luxembourg , la procédure 
pour cause d'attentat à la sûreté personnelle , de la part du 
prévôt de Virton (officier du seigneur), qui avait fait arrêter 
les nommés Jacquemin , Henri et une femme appelée Pom- 
cette, l'un et l'autre dénoncés pour sorcellerie par une 
autre femme qui avait commis un meurtre et qui était sous 
la main de la justice. Le maire et les échevins de Virton , 
faisant valoir les privilèges de la ville contre le prévôt 
seigneurial , s'étaient emparés par force desdits prévenus. 

N° 7. 

Philippe (le Bon), duc de Bourgogne, etc., etc. 

Par acte daté d'Yvoix (Carignan) , le 3 novembre 1461 , 
en assemblée générale des prélats , nobles et bonnes villes 
du duché de Luxembourg et du comté de Chini. 

Vu la supplication du maire, échevins et communauté 
de la ville de Virton, confirme les privilèges antérieure- 
ment octroyés, selon ses droits, à l'héritage desdits pays, 

N° 8. 

Diplôme de Charles -Quint, esleu empereur des Ro- 
mains, etc., etc. 
Donné à Audenarde le 2 novembre 1521. 



( 193) 

Prenant en considération que la ville de Virton, située 
sur les frontières de France et de Lorraine , a été plusieurs 
fois détruite par la guerre , ses fortifications abattues et son 
artillerie enlevée , et qu'elle a été pendant 40 ans sous la 
main du duc de Lorraine, avant d'être remise sous la do- 
mination dudit empereur, dont les bourgeois sont fort 
joyeux, qu'ils ont été assiégés par Robert delà Marche et 
ses enfants, qui n'ont pu prendre la place , que lesdits 
bourgeois ont acheté pour 400 florins d'or de harquebuttes , 
poudre et plomb, ce qui leur ôte les moyens de réparer 
les portes et les tours, et même d'acheter de l'artillerie. 

Le prince leur accorde : 1 ° la remise de leur part de l'aide , 
due par la ville, à la province, montant, pour ladite part, à 
88 florins d'or; 2° la part due par la prévôté, montant à une 
semblable somme de 88 florins d'or ; 3° 450 livres de gros 
monnaie de Flandre, payables par le receveur du domaine 
de la ville et quartier de Virton, à charge de rendre compte 
de l'emploi des diverses sommes et de son reliquat, après 
les réparations des fortifications et l'achat de l'artillerie. 

N° 9. 

Jugement du prévôt de Virton. 

Du 26 août 1556, qui condamne un employé pour un 
droit indûment perçu sur des voitures de grain, arrivant 
du côté de Saint-Mard. (Voir la coutume de Beaumont.) 

N° 10. 

Jugement par forme de sentence arbitrale et amiable. 

Du 14 mars 1561 , vieux style (1562). 

Concernant les limites du territoire entre les manants, 
habitants et communautédeRobelmont, d'une part, et les 
manants, habitants et communauté de la ville de Virton, 
d'autre part. 



( IM ) 

N° 11. 

Lettres patentes de Philippe II, roi d'Espagne, etc., etc. 

Datées de Bruxelles , le 16 juin 1565. 

Prenant en considération la plainte des mayeurs , éche- 
vins et bourgeois de la ville de Virton, de ce qu'ils ne 
peuvent, les jours de foires et de marché, vendre du sel , 
parce que des marchands étrangers en viennent vendre au 
préjudice desdits bourgeois; 

Accorde auxdits bourgeois le droit de vendre seuls et 
de distribuer dorénavant du sel en ladite ville, en détail, 
et à moindre mesure que de quart de franchart , comme 
d'ancienneté. 

Il y a encore trois autres chartes plus modernes, je n'en 
fais aucune mention , parce qu'elles n'ont qu'un intérêt 
de localité. Je pourrais entrer dans des détails chronolo- 
giques plus étendus et dans des évaluations de monnaies , 
mais cela me paraît être superflu dans une assemblée aca- 
démique. 

— M. le directeur, en levant la séance, a fixé l'époque 
de la prochaine réunion , qui suivra les vacances de l'aca- 
démie, au samedi 41 octobre. 



( 193 



OUVRAGES PRESENTES. 



Description des coquilles et des polypiers fossiles des terrains 
tertiaires de la Belgique, par M. P.-H. Nyst. 2 e livr. Bruxelles, 
in-4°. 

Bulletin et annales de l'académie d'archéologie de Belgique, 
année 18-45, tome II , 3 e livr. Anvers, in-8°. 

annales d'oculistique , publiées par M. le docteur FI. Cu- 
nier. Tome XIII, 3 e série; tome I er , 6 e livr.; tome XIV, I r0 li- 
vraison. Bruxelles, in-8°. 

Gazette médicale belge, juillet et août 1845, in-fol. 

Mémoires de la société royale des sciences de Liège, tome II , 
Impartie. Liège, 1845, 1 vol. in-8°. 

Journal vétérinaire et agricole de Belgique , 4 e année , mai et 
juin 1845. Bruxelles, in-8°. 

Bulletin de l'académie royale de médecine de Belgique, année 
* 1844-1845, tome IV, n° 7. Bruxelles, 1845, in-8°. 

Annales de la société médico-chirurgicale de Bruges , t. VI , 
année 1845 , 2 e livr. Bruges , in-8°. 

Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacologie, pu- 
blié par la société des sciences médicales et naturelles de 
Bruxelles. 3 e année, cahier de juillet. Bruxelles, in-8°. 

Annales de la société de médecine d'Anvers, année 1845, 
livr. de juillet. Anvers, in-8°. 

Discussion à la société de médecine d'Anvers , concernant les 
associations de prévoyance en cas de maladie. Anvers, 1845, 
in-8°. 

Annales et bulletin de la société de médecine de Gand , année 
1845, mois de juin et de juillet. Gand, in-8°. 



( 196 ) . 

Différentes thèses des facultés de théologie et de médecine de 
l 'université de Louvain. Louvain , 1844 -18-45, in-8°. 

Les préjugés en Belgique. Appel aux écrivains Belges, par 
M. A. Wiertz. Liège, 1845, in-8°. 

Journal historique et littéraire, tome XÏI , livr. 4. Liège, 
in-8°. 

Programme publié par la régence de Bruges au sujet d'un 
éloge de Simon Stèvin. Feuillet in-8°. 

De l'antériorité du Brahmanisme sur le Bouddhisme, par 
M. F. Nève. Liège, 1845, in-8°. 

Des tendances nouvelles de l'art en Allemagne, par le même. 
Louvain, 1845, in-8°. 

Mémoires sur les filons en général, et le rôle qu'ils parais- 
sent avoir joué dans les phénomènes du métamorphisme, par 
M. Virlet d'Aoust. Paris, 1844, in-8°. 

Journal de la société de la morale chrétienne , S e série , 
tome IV, ii* 1. Paris, 1845, in-8°. 

Mémoires de la société royale des sciences, lettres et arts de 
Nancy. 1843. Nancy, 1844, 1 vol. in-8°. 

Bévue zoologique, par la société Cuviérienne, 1845, n° 6. 
Paris , in-8°. 

Essai d'une carte géologique du globe terrestre , présenté à la 
réunion des naturalistes d'Allemagne, à Gràtz, par M. A. 
Boné. Paris, 1845 , feuille in-folio oblong. 

Journal d'agriculture pratique et de jardinage , publié sous 
la direction du D r Bixio. 2 e série, tome III, n° 1. Paris, 1845, 
in-8°. 

Histoire des révolutions de la philosophie en France pendant 
le moyen âge jusqu'au XVI e siècle, par M. le duc de Caraman. 
Tome I er . Paris, 1845, 1 vol. in-8°. 

L'Investigateur, journal de l'institut historique, 12 e année, 
tome V, 2 e série, 131 e livr. Paris , in-8°. 

Bulletin de la société géologique de France , 2 e série, tome II, 
feuilles 20 à 28. Paris, in-8°. 



( 197 ) 

Notice lue à la société géologique (par M. Hardouin Miche- 
lin) , à l'occasion du décès de M. Huot. Paris, in-8°. 

The electrical magazine, conducted by M. Charles v. Walker. 
London, 1845, in-8°. 

Jahrbuch fur praktische Pharmacie und vericandte Fâcher. 
Band X, Heft 4, 5, 6. Landau , 1845, in-8°. 

Gottingische gelehrte Anzeigèn , l 8ter und 2 ter Band, aufdie 
Jahre 1844 und 1845. Gôttingen, 2 vol. in- 8°. 

Flora oder allgemeine botanische Zeitung, herausgegeben von 
der kônigl. bayer, botanischen Gesellschaft zu Regensburg. 
JNeue Reihe, Nov.-Dec. 1843; Jan.-Dec. 1844; Januar-Mârz 
1845. Regensburg, 184B-1845, in-8°. 

Annalen fur Météorologie , Erdmagnetismus und verwandte 
Gegenstaende , herausgegeben von D r J. Lamont. Jahrgang 
1844, ll les und 12 le8 Heft. Miïnchen , 1844, 2 vol. in-8°. 

Isis. Encyclopàdische Zeitung , von Oken. 1845, Heft VI. 
Leipzig , in-4°. 

Annalen der Staats-Arzneikunde , herausgegeben von Schnei- 
der, Schùrmayer und Hergt. Freiburg im Breisgau , 1845, 
10 ter Jahrgang, l stC8 und 2 te " Hefl. Freiburg, in-8°. 

Belgisch muséum, 1845, 2 da aflevering. Gent, in-8°. 

Een viertal uitheemsche Bloempjes op vaderlandschen bo- 
dem overgebragt door ïf.-J. Berlyn. Te Leeuwarden , 1845, 
in-8°. 

Programma van het genootschap voor Landbouw en Kruid- 
kunde. Te Utrecht, 1845, feuillet in-8°. 

Boutvkundige bydragen , uitgegeven door de maatschappy tôt 
bevordering der bouwkunst. Derde jaargang, 2 de stuk. Amster- 
dam , petit in-fol. 

Observationes astronomicae in spécula regia Monachiensi 
instilutae et editae a J. Lamont. Vol. XIV, seu novae seriei 
vol. IX. Monachi, 1844, in-8°. 

Atti deW J. e R. accademia Aretina di scienze, lettere ed 
arti. Volume primo e secundo. In Arezzo , 1848-1844, 2 vol. 
in-8°. 

TOM. XII. 14. 



( 198 ) 

Lettere ed articoli intorno alla quinta riunione de' scienziati 
Italiani tenuta in Lucca nel settemb. del 1843. Dal capitano 
consul tore Oreste Brizi. Arezzo , 1844 , in-8°. 

Sulla priorité di alcune osservazioni ed esperienze , di An- 
fjelo Bellani. Milano, 1845, in-8°. 

Un nuovo caso di rotazione dell 3 ago magnetico lettera di 
Dominico Ragona. Scina al signor A. De la Rive. Feuillet 
in-8°. 



BULLETIN 



DE 



L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES 



F.T 



BELLES-LETTRES DE BRUXELLES. 

1845. — N° 9. 



Séance du H octobre. 

M. le baron De Stassart, directeur. 
M. Quetelet, secrétaire perpétuel. 



CORRESPONDANCE, 



La société des antiquaires de Londres exprime le désir 
d'entrer en relation avec l'académie royale et lui fait par- 
venir la collection complète de ses mémoires. 
Tom. xii. 45. 



( 200 ) 

L'académie royale des belles-lettres , d'histoire et d'ar- 
chéologie de Stockholm fait également hommage de la 
collection complète de ses publications. 

Le secrétaire est chargé de présenter à ces deux corps 
savants les remercîments de l'académie et de leur offrir à 
chacun la nouvelle série des mémoires de l'académie de 
Bruxelles. 

Les membres du bureau de la Société de médecine de 
Liège donnent connaissance que ce nouveau corps savant 
a été inauguré le 14 mai dernier. 

Le conseil communal de la ville de Bruges transmet 
différents exemplaires du programme de son concours 
pour l'éloge de Simon Stévin. 

L'académie reçoit encore : 

1° Un mémoire manuscrit pour le concours de 1846, 
sur le défrichement des bruyères; ce mémoire porte la 
devise : Experientia docet. 

2° Un mémoire manuscrit sur la maladie des pommes 
de terre, par M. Blanquaert, de Gand. (Commissaires: 
MM. Stàs, Kickx, Morren et Martens.) 

5° Le 2 e fascicule de Y Herbier cryptogamique belge, par 
M. Westendorp. (Commissaires : MM. Kickx et Martens.) 

4° Le résultat des observations faites, en 1845, sur 
l'apparition des insectes dans les environs de Parme , par 
M. Rondani. 

5° Un mémoire sur quelques cétacés échoués sur les 
côtes de la Belgique, par M. Julien Deby. (Commissaires: 
MM. Wesmael et Cantraine.) 



( 201 ) 



RAPPORTS. 



Rapport sur une notice de 31. Westendorp , concernant 
quelques cryptogames des Flandres, par M. Kickx. 

La notice de M. Westendorp est uniquement consacrée 
à des détails descriptifs peu susceptibles d'analyse. 

Nous n'avons pas cru devoir nous livrer, à leur égard , à 
des vérifications minutieuses : c'eût été refaire le travail 
de l'auteur. Aussi nous bornerons-nous à quelques remar- 
ques pour lesquelles nous suivrons l'ordre des familles. 

La mousse rapportée par M. Westendorp au Bryum ery- 
throcarpum Schwaegr. nous paraît être le Bryum atropur- 
pureum Web. (Bryum erythrocarpum Brid. selon Wallroth) . 
L'auteur n'aura pas eu sans doute l'occasion de comparer 
sa plante avec la figure de Schwaegrichen qu'il cite. II 
aurait aisément reconnu son erreur. 

Nous ne sommes pas non plus d'accord avec lui au sujet 
de son Arthonialineola , qu'un premier examen nous avait 
conduit, dans le temps, à regarder aussi comme tel. Il ne 
répond qu'imparfaitement à la description de Chevallier, 
dont les espèces doivent en général être admises avec cir- 
conspection. 

Une remarque moins importante concerne le Spiloma 
melaleucum, autre plante de la famille des Lichens. L'échan- 
tillon ainsi étiqueté ne représente pas le type de l'espèce, 
mais bien la forme à thalle tartreux et lécidéoïde men- 
tionnée entre autres par Turner. Cette forme se rencontre 



( 202 ) 

du reste plus fréquemment que le type dont le thalle est 
beaucoup moins blanc, plus uni et plus mince. 

Dans la famille des Hypoxylées, le Verrucaria pinguîs 
et le Phacidium buxi fixeront surtout notre attention. 

Le nom de Verrucaria pinguis ayant été imposé par 
Fries au Pyrenula pinguis Chev. dès 4831 , le Nobis est 
inexact. En outre , la plante à laquelle s'applique ici cette 
dénomination est pour nous le Verrucaria nitida P> nilidella 
Floerk., dont ne sera probablement pas distinct le Pyre- 
nula nitida var. minor Duf., cité mal à propos comme sy- 
nonyme de ce Verrucaria pinguis. 

Quant au Phacidium buxi que l'auteur s'attribue égale- 
ment , nous devons faire observer, pour être juste , que 
cette espèce a été créée par M. Franquinet, de Maestricht, 
de qui nous l'avons reçue il y a plus de six ans, sous le 
même nom , et qui l'a décrite dans les Annales de la société 
d'histoire naturelle de cette ville. 

Nous signalerons ensuite parmi les Gasteromyces le 
Sclerotium inclusum Kunz. Il n'y est plus à sa place de- 
puis qu'il a été reconnu par Fries (Orb. veg. 1825) et par 
M. Desmazières pour être une hypoxylée du genre Ceu- 
thospora. 

Enfin nous terminons en citant deux espèces jusqu'ici 
inédites d'urédinées, les Phlaeospora violae et humuli, 
dont nous laisserons la responsabilité à l'auteur. 

M. Westendorp a préféré le nom générique de Phlaeos- 
pora à celui plus ancien et aujourd'hui généralement usité 
de Septoria, que lui-même adopte , d'autre part , dans Y Her- 
bier crytogamique , récemment publié, auquel se rapporte 
la présente notice. Aucun motif plausible ne légitime à 
nos yeux cette innovation. Elle surcharge au contraire 
inutilement la nomenclature d'un genre déjà nombreux et 
qui promet de le devenir davantage par la suite. 



1 



( 203 ) 

Malgré ces observations , le travail dont nous venons 
d'entretenir l'académie n'est pas dépourvu de mérite. 
L'on doit d'ailleurs tenir compte des difficultés inhérentes 
aux recherches auxquelles l'auteur s'adonne avec tant de 
zèle et de succès , et surtout lui savoir gré d'avoir joint à 
son mémoire les objets qu'il y décrit. Sans ces objets, véri- 
tables pièces à l'appui , les ouvrages descriptifs qui ne sont 
pas accompagnés de planches, échappent en quelque sorte 
à tout contrôle sérieux. 

Nous avons l'honneur de proposer à l'académie l'impres- 
sion de la notice de M. Westendorp dans les bulletins. 

L'académie, après avoir entendu M. Martens, second 
commissaire, a ordonné l'impression de la notice de 
M. Westendorp. 



Conformément à l'avis de M. le baron de Reiffenberg , 
rapporteur , qui est partagé par M. le chanoine De Ram , 
second commissaire, l'académie décide que des remercî- 
ments seront adressés à M. Ph. Wuillot, pour la commu- 
nication d'une notice manuscrite intitulée : Ericii Puteani 
Memoria. 



Rapport de M. Roulez sur une lettre de M. Galesloot, con- 
cernant des fouilles à entreprendre à Assche. 

Il existe en Belgique un grand nombre de localités où 
l'on pourrait exécuter des fouilles avec l'espoir fondé d'y 
rencontrer des objets d'antiquité. Mais les résultats ne 



( 204 ) 

pouvant avoir partout un égal intérêt et les fonds à consa- 
crer par l'académie à de pareilles entreprises étant très- 
limités, elle ne doit en disposer qu'avec le plus grand 
discernement. 

La demande qui lui est adressée par M. Galesloot con- 
cerne une localité qui, à diverses reprises, a été l'objet de 
discussions historiques. C'est à cet endroit qu'à raison ou 
à tort Des Roches a placé le camp de Q. Cicéron, l'un des 
lieutenants de César. Van Castel, dans son Histoire sa- 
crée et profane de V archevêché de Matines (t. II, p. 150), et 
après lui Heylen, dans nos anciens Mémoires (t. IV, p. 418), 
rapportent que plusieurs fois, et notamment en 1717, on y 
a découvert des médailles; mais ils ne disent pas même à 
l'effigie de quels empereurs elles sont frappées. Je pense 
donc que, dans le but d'obtenir quelques données sur 
1 âge et la nature de l'établissement qui exista à Assche à 
l'époque romaine, il est à propos de profiter des offres obli- 
geantes de M. Galesloot et des bonnes dispositions du fer- 
mier propriétaire du sol à fouiller; je conclus donc à ce 
q«;c l'académie, si l'état de ses finances le permet, alloue 
quelques fonds pour entreprendre des fouilles à Assche. 

Ces conclusions sont adoptées. 



{ *»D ; 



LECTURES ET COMMUNICATIONS. 



Observations météorologiques des mois de mai , juin , juillet , 
août et septembre 1845, faites à l'observatoire royal de 
Bruxelles, 

Dès qu'un fléau exerce ses ravages, il est naturel d'en 
rechercher les causes pour tâcher de les combattre. Mal- 
heureusement cette recherche est presque toujours inu- 
tile, et n'aboutit qu'à mettre au jour des opinions diver- 
gentes sur la nature et l'origine du mal. En désespoir de 
cause, c'est l'atmosphère qu'on rend responsable de toutes 
les anomalies qu'on observe et qu'on ne peut expliquer. On 
s'en prend tour à tour aux températures , aux pluies , aux 
vents, à l'électricité de l'air, etc. C'est ce qu'on peut 
remarquer encore au sujet de la maladie des pommes de 
terre qui vient de désoler nos provinces. Je ne prétends 
certainement pas qu'on ait eu tort ; mais je doute qu'on ait 
eu sous les yeux tous les éléments nécessaires pour décider 
cette importante question. 

J'ai cru que l'académie verrait avec quelque intérêt des 
tableaux un peu détaillés qui résumassent les observations 
météorologiques des cinq derniers mois, en même temps 
que les rapprochements que j'ai établis entre les résultats 
généraux et ceux des douze années précédentes. On peut, 
de ces rapprochements, tirer les conclusions suivantes : 

1° Les températures moyennes de chacun des cinq der- 
niers mois, à l'exception de celle du mois de juin, ont été 



( 206 ) 

inférieures aux moyennes des températures des mêmes 
mois pendant les douze années précédentes; 

2° Il en a été à peu près de même pour les moyennes 
mensuelles des minimums de chaque jour ; en sorte que 
mai , août et septembre de cette année peuvent être consi- 
dérés comme des mois comparativement très-froids ; juillet 
a eu une température un peu basse , tandis que juin est 
resté dans les limites ordinaires ; 

5° Le plus grand froid qu'on ait ressenti au mois de 
mai, pendant les treize dernières années, n'a pas été ob- 
servé en 1845, mais en 1856, 1837 et 1858. Les plus grands 
froids ressentis aux mois de juin, de juillet, d'août et de 
septembre, n'ont pas été observés non plus en 1845, mais 
dans des années antérieures. Cette circonstance peut tenir 
à ce que les grands abaissements thermométriques ne sont 
qu'accidentels : ils ne s'observent guère que par un ciel 
serein qui favorise le rayonnement , et on sait que le temps 
a été généralement couvert pendant ces derniers mois; 

4° Les températures de la terre , qui conservent fidèle- 
ment les traces du rayonnement nocturne et des plus 
grands abaissements du thermomètre , justifient ces con- 
jectures; elles présentent des résultats qui s'écartent peu 
de ceux donnés par les années précédentes, excepté la 
température du mois de mai et de septembre (1) ; 



(1) On a principalement consulté les indications du thermomètre placé à la 
profondeur de 15 centimètres, parce qu'il accuse, à 9 heures du matin, 
époque où on l'observe, les effets des températures qui ont régné 5 heures 
plus tôt; c'est-à-dire des températures minima de la nuit. Les observations 
des thermomètres placés en pleine terre au milieu d'une pelouse , au sud des 
bâtiments de l'observatoire, n'ont commencé qu'en 1838. Les échelles de 
ces thermomètres sont divisées en degrés centigrades ; les nombres donnés 



( 207 ) 

5° Le mois de mai de cette année a donné aussi une 
quantité de pluie qui dépasse sensiblement celle des an- 
nées précédentes ; les autres mois ne présentent pas d'a- 
nomalie à cet égard ; 

6° C'est encore pendant le mois de mai de cette année 
qu'on a compté le plus grand nombre de jours de pluie ; ce 
nombre s'est élevé à 25, tandis qu'année commune, il 
ne dépasse guère 14, et il a été tout aussi considérable 
pendant les mois de juillet et d'août qui ont suivi. 

En résumé, le mois de mai 1845 a été remarquablement 
froid , en ayant égard tant aux températures de l'air qu'à 
celles de la terre ; le nombre des jours de pluie a été con- 
sidérable, et la quantité de pluie a également dépassé les 
limites ordinaires. Il en a été à peu près de même pour les 
mois de juillet, août et la seconde moitié de septembre, 
excepté toutefois pour les quantités de pluie, qui ont con- 
servé une valeur normale. 

dans nos tableaux doivent subir les corrections suivantes : 

Au-dessus de la surface -f- 0°,69 

m ,05 de profondeur.... Proportionnelle / 

r r j à 19o = 0,00 

O m ,10 au-dessous de la surface -4- 0,39 

0">,15 » » + 0,69 

m ,20 » >: — 0,20 

0m,40 » » — 0,10 

Le thermomètre à minima suspendu (à m ,77 au-dessus du sol) au latis 
qui entoure les thermomètres en terre, descend généralement plus basque ce- 
lui exposé au nord , dont les résultats sont donnés dans les cinq premiers ta- 
bleaux. Cette différence est due à ce que cedernier estabrité par un petit toit en 
verre qui nuit un peu au rayonnement, tandis que le premier est exposé à la 
pluie et à la neige au milieu du jardin ; ce thermomètre n'étant abrité contre les 
rayons du soleil, qui par la planchette sur laquelle il est fixé , donne, à 9 heures 
du matin , des températures plus élevées que celui exposé au nord ; pour les 
dimanches ou les autres jours où Ton n'a pas observé, le minimum inscrit au 
jour suivant exprime le minimum des deux jours. 



( 208 ) 

Météorologie. — Observatoire royal de Bruxelles. 



MAI. 

1845. 




à ±3 

lu 

m 


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la temp 

inox. 


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VEIITS DOMINA!!». 


Atpect général de la journée. 




1 


mm. 

758,58 


15?5 


16°9 


io;g 


15?75 


90;5 


» 


OSO. 


Sombre, pluvieux, venteux. 




2 


55,25 


12,7 


15,6 


8,2 


11,90 


89,0 


1,27 


OSO. 


Nuageux, sombre, vent. 




5 


58,20 


11,7 


15,1 


7,5 


11,50 


86,0 


» 


oso.-so. 


Gris , nuageux ,vent désagréable. 




4 


55,46 


10,9 


13,8 


5,2 


9,50 


85,5 


1,78 


oso.-o. 


Nuageux , giboulées. 




5 


52,66 


8,4 


11,6 


4,7 


8,15 


85,0 


5,56 


ONO.-NO. 


Nuageux , froid, menaçant sou- 
vent la pluie. 
Nuageux , froid. 




6 


52,67 


8,6 


11,3 


5,6 


7,45 


80,0 


0,07 


ONO.-O.-SO. 




7 


47,95 


8,2 


12,7 


5,6 


9,15 


91,5 


0,70 


SSE. 


Nuageux, pluvieux. 




8 


46,58 


9,7 


13,4 


5,2 


9,50 


81,5 


2,55 


SSO.-S. 


Nuageux, variable. 




9 


47,55 


10,6 


15,8 


5,4 


10,60 


85,5 


0,25 


SSO.-S.-S8E. 


Nuageux, variable. 




10 


45,22 


10,6 


14,6 


6,0 


10,50 


89,5 


1,55 


SSE.-NNE.-E. 


Nuageux, pluvieux. 




11 


50,65 


12,0 


15,7 


5,2 


10,45 


85,5 


0,76 


SSE.-NNO. 


Doux et beau le malin , ensuite 

nuageux. 
Temps sale, pluvieux. 




12 


54,12 


9,6 


15,5 


5,5 


9,50 


90,5 


0,15 


SO.-SSO.-ONO. 




13 


55,54 


7,6 


9,8 


5,4 


7,60 


98,0 


6,87 


OSO. -ONO.-NO. 


Sombre , pluvieux. 




14 
15 
16 


60,97 
65,96 
65,20 


11,5 
9,5 
9,8 


15,5 
14,3 
12,7 


7,2 
6,5 
6,9 


11,25 

10,40 

9,80 


85,5 
85,0 
94,0 


1,78 
» 


NNO.-NNE. 

N.-RO. 

NNO.-NO.-ONO. 


Assez beau dans la journée, cou- 
vert le matin et le soir. 

Beau dans la journée, sombre le 
matin et le soir. 

Nuageux , gris. 




17 


59,10 


9,1 


12,6 


5,9 


9,25 


99,0 


5,22 


ONO.-SO.-NO. 


Sombre dans la journée, décou- 




18 
19 


56,49 
50,05 


7,8 
7,8 


10,5 
10,2 


5,9 
2,9 


7,20 
6,55 


87,0 
88,5 


0,25 
1,91 


O.-NNO. 
OSO.-ONO. 


Sombre le matin, variab. après 

midi; qq. pet. averses, vent. 
Temps sale, pluvieux. 




20 
21 


50,45 
49,71 


8,9 

8,2 


11,6 
12,9 


5,1 
5,4 


8,55 
9,15 


88,5 
90,5 


8,40 
6,12 


ONO.-N, 

SO.-SE. 


Très-var. , averses, parfois mt'l. 
de grêle; nuag. noirs, lourds. 
Pluies fréquentes, temps sale. 




22 
25 


45,84 
48,45 


6,8 
11,5 


12,2 
15,6 


5,4 
7,2 


8,80 
10,40 


94,0 
84,5 


12,55 

5,82 


E.-ENE.-ONO. 
O.-SSO.-SO. 


Temps pluvieux; gros nuages 

orageux , passants. 
Pluvieux, sombre. 




24 


55,24 


12,8 


16,2 


7,5 


11,75 


81,5 


4,07 


SSO.-ESE. 


Pluvieux , orageux. 




25 


54,27 


12,1 


18,2 


6,8 


12,50 


90,5 


11,07 


S.-SE.-E. 


Pluvieux , orageux. 




20 


50,19 


15,4 


20,1 


7,5 


15,70 


82,5 


3,82 


S.-ONO. 


Beau, un peu menaçant après 




27 


51,17 


17,1 


22,5 


10,0 


16,25 


77,0 


» 


NE.-ENE. 


Beau temps. 




28 


55,18 


17,9 


21,4 


12,7 


17,05 


85,0 


» 


ENE. 


Assez beau-, orageux dans la soi- 




29 


48,78 


15,8 


18,0 


15,1 


15,55 


94,0 


27,75 


ESE.-PI.-NO. 


Pluvieux, temps lourd. 




30 


46,74 


14,8 


15,4 


10,2 


12,80 


96,0 


2,68 


NO.-NNO. 


Couvert, sombre, pluvieux. 




51 
Mois. 


61,42 


15,2 


17,3 


9,4 


15,55 


86,5 


1,27 


ONO.-N. 


Beau temps. 




755,15 


11,1 


14,7 


6,8 


10,74 


87,8 


110,04 








( 209 ) 



JDIN. 
1845. 


11 

■vna 
«-«13 


60 J3 

— ".S 


EXTIIÊ 

de 
la temp. 

max. 


HES 

cent. 
min. 


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M n ' S 


§■3 . 
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ifî 


VENTS DOSHNAKT8. 


Aspect général de lu journée. 


1 


mm. 

763,51 


14?9 


22^5 


e;8 


14^55 


85?0 


» 


SE.-ESE. 


Très-beau. 


2 

3 
4 
5 
6 
7 


57,89 
47,88 
47,41 
52,56 
52,28 
57,59 


19,1 
18,7 
14,8 
15,8 
21,4 
18,2 


22,0 
24,5 
15,7 
22,5 
24,5 
18,9 


11,2 
12,0 

11,1 

10,5 
14,2 
14,5 


16,60 
18,15 
13,40 
16,50 
19,25 
16,70 


78,5 
85,5 
76,0 
84,5 
75,5 
79,0 


1,02 
0,13 
1,27 
1,02 
» 
0,51 


SSE.-OSO.-ONO. 

E.-SO. 

SO.-SSO. 

S.-SSO.-SSE. 

SE.-SSO. 

SSO.-ESE. 


Douteux le mat., beau ensuite; 
vent variable. 

Belle journ., chaud; temps me- 
naç. dans la soirée, vent frais. 

Assez beau , quelquefois mena- 
çant l'orage ; vent fort. 

Assez beau; vent désagréable 
après m.; très-beau le soir. 

Deau et temps menaçant alter- 
nativem., pas de pluie; vent. 

Un peu de pluie, sombre, mais 


8 


58,09 


15,6 


19,2 


10,7 


14,95 


75,0 


0,51 


SO. 


assez agréable- 
Beau ,vent fort. 


9 


66,79 


15,3 


19,6 


9,3 


14,45 


77,0 


« 


SO.HVNO. 


Beau temps. 


10 


67,82 


15,7 


25,2 


8,4 


15,80 


74,0 


» 


NE.-ENE. 


Très-beau. 


11 


62,47 


19,5 


27,1 


11,2 


19,15 


79,0 


» 


NE.-ENE. 


Id. 


12 


61,12 


22,9 


50,7 


15,4 


23,05 


79,0 


» 


ENE. 


Id. 


13 
14 


61,01 
59,77 


24,4 
20,9 


30,1 
26,1 


17,0 
17,1 


23,55 
21,60 


80,0 
85,5 


1,91 


ENE.-SO. 
NO.-SO.-ONO, 


Beau dans la matinée, orageux 

le reste de la journée. 
Assez beau. 


15 
16 


58,25 
55,22 


19,2 
21,8 


26,3 
27,1 


15,1 
14,7 


20,70 
20,90 


92,5 

85,0 


5,22 


ONO.-Ni\E. 
ENE.-ESE. 


Beau temps , orageux apres-m. ; 

averses dans la soirée. 
Très-beau. 


17 
18 
19 
20 


53,61 
51,69 
56,83 
59,98 


23,1 
25,7 

18,0 
19,0 


26,7 
26,9 
21,3 
21,7 


14,6 
14,9 
11,5 
13,4 


20,65 
20,90 
16,50 
17,55 


85,5 
85,5 
83,5 
76,0 


2,55 
11,07 


ENE.-E. 
SSO.-O. 
O.-NNO. 
N.-NE. 


Beau le matin; orag. , lourd et 
pluv. pend, le reste de la journ. 

Beaulematin;orageuxaprès m.; 
couvert , sombre le soir. 

Assez beau, nuageux; l'air est 
plus frais que les jours précéd. 

Assez beau. 


21 
22 


60,57 
54,95 


16,7 
18,1 


21,7 
21,7 


11,2 
10,7 


16,45 
16,20 


82,5 
81,0 


» 


ENE. 

NE.-NNE. 


Très-beau, agréable; le soir le 

ciel se couvre. 
Beau temps, nuages, vent assez 


23 


59,30 


15,3 


18,7 


9,8 


14,25 


84,5 


II 


ONO.-HO. 


Beau temps , vent assez frais. 


24 


59,36 


15,9 


22,3 


10,2 


16,25 


82,5 


>• 


SO. 


Beau dans la journée; le temps 
se gâte le soir. 


25 


52,36 


17,1 


18,9 


12,0 


15,45 


79,0 


0,89 


SO. 


Pluvieux , froid et vent. 


26 


51,25 


16,8 


19,0 


10,3 


14,65 


81,5 


0,64 


SSO.-O. -ONO. 


Vent, pluie dans la journ.; beau 
mais froid le soir. 


; 27 


53,95 


17,9 


21,4 


10,5 


15,95 


77,0 


0,25 


SSO.-SSE. 


Froid, pluies fréquentes, Mais 
peu fortes , vent. 


; 28 


45,41 


17,0 


19,7 


12,7 


16,20 


92,0 


4,96 


SSE.-SSO. 


Pluvieux , averses. 


29 


55,35 


14,6 


18,5 


10,5 


14,50 


85,5 


4,20 


SO. 


Assez beau , variable. 


30 


58,18 


17,6 


21,2 


9,0 


15,10 


76,0 


» 


S.-SSO. 


Id. id. 


Mois. 


756,67 


18,3 


22,6 


12,0 


17,52 


81,2 


36,15 







( 210 ) 





Il II . 
1845. 


ïî 

S* -S 

lia 


iii 

Sus 
£4, 


EXTRÊ 

de 
la temp 

max. 


MES 

cent. 
min. 


13 


il 


BSN 
£Î| 

sSa 

= S =3 


VENTS DOMINANTS. 


Aspect général de la journée. 




1 


mm. 

754,73 


19^6 


2o;9 


15^9 


17?40 


85°0 


0,13 


s.-so. 


Bourrasques , averses. 




2 


56,10 


18,0 


23,6 


13,2 


18,40 


82,5 


3,82 


SO.-NE. 


Douteux , orageux. 




3 
4 
5 


54,50 
60,23 
64,20 


25,1 

18,2 
18,0 


30,4 
22,1 
23,3 


16,5 
14,8 
13,8 


25,45 
18,45 
18,55 


81,0 
78,0 
82,5 


1,40 

M 

1,91 


SSO.-SE. 

O.-NO.-N. 

OSO.-NE. 


Très-beau, mais vent dans la 
journée; orageux le soir. \ 

Menaçant souvent la pluie ou 
l'orage. 

Beau temps. 




6 


60,91 


21,3 


32,7 


14,0 


25,55 


90,0 


» 


ENE.-SE. 


Très-beau , très-chaud. 




7 


57,88 


26,6 


32,5 


19,2 


25,75 


82,0 


» 


SE.-OSO. 


Id. id. 




8 


57,63 


22,7 


24,7 


16,0 


20,55 


89,0 


1,15 


OSO.-SSE.-SO. 


Nuageux , pluvieux. ', 




9 


60,17 


17,5 


21,7 


14,2 


17,95 


82,5 


0,07 


SO. 


Nuageux, vent. 




10 
11 


56,16 
50,14 


20,2 
17,7 


23,1 

21,8 


12,5 
15,1 


17,80 
17,45 


79,0 
90,5 


4,07 


SO. 
S.-OSO. 


Assez beau le malin , vent après 

midi, sombre et pluv. le soir. 

Variable, averses , vent et orage. 




12 


53,55 


13,4 


17,5 


11,5 


14,50 


95,5 


7,89 


ONO.-SO. 


Pluvieux) averses. ' 




13 


58,37 


16,1 


16,8 


10,0 


15,40 


81,0 


2,29 


so.-sso. 


Pluvieux. 




14 


54,49 


16,5 


18,8 


12,1 


15,45 


88,0 


1,15 


so.-oso. 


Pluvieux , fréquentes averses. 




15 


57,86 


13,8 


16,2 


9,7 


12,95 


85,0 


4,07 


OSO.-ONO. 


Pluvieux, averses. 




16 


58,51 


13,1 


16,0 


9,9 


12,95 


88,0 


4,07 


SO.-ONO. 


Averses fréquentes. 




17 


60,71 


16,1 


21,5 


10,5 


16,00 


80,0 


0,51 


sso. 


Assez beau. 




18 


60,83 


19,1 


20,2 


12,5 


16,25 


84,0 


0,07 


SSO.-O.-NNO. 


Sombre. 




19 


59,26 


17,0 


20,5 


11,2 


15,85 


82,0 


» 


NNO.-N. 


Assez beau, menaç. après midi. 




20 
21 


57,11 
57,06 


17,1 
17,8 


20,7 
21,6 


10,6 
15,1 


16,65 
17,55 


84,0 
82,0 


3,82 


NNE.-NiNO. 
NNO.-NE.-N. 


Beau jusqu'à midi, ensuite cou- 
vert et pluie. 
Très-beau , nuageux le matin. 




22 


56,46 


18,5 


25,1 


11,7 


18,40 


91,0 


0,25 


ENE. 


Beau. 




23 


54,14 


21,2 


24,7 


15,8 


20,25 


88,5 


4,20 


SE.-SO. 


Variable, aspect orageux, pluie. 




24 


55,00 


16,4 


20,1 


14,0 


17,05 


91,0 


0,89 


N.-NNO. 


Sombre, assez beau. 




25 


56,54 


18,2 


22,5 


15,6 


17,95 


85,0 


)> 


NNO.-N. 


Moins sombre, assez beau. 




26 


56,81 


16,2 


22,1 


15,6 


17,85 


96,0 


15,91 


E.-S. 


Sombre, orageux, pluv., vent 
variable. 




27 


56,77 


16,9 


21,5 


12,9 


17,10 


90,0 


8,40 


SSO. 


Sombre; pluie dans la soirée. 




28 


52,91 


17,9 


21,0 


15,4 


17,20 


87,0 


1,91 


S -SE. 


Pluvieux, orageux, fortes averses. 




29 


46,12 


13,7 


17,7 


10,9 


14,50 


95,5 


14,26 


ONO.-SSO. 


Pluvieux, averses. 




50 


54,89 


15,1 


19,2 


9,7 


14,45 


88,5 


1,53 


SO. 


Pluvieux. 




31 
Mois. 


50,53 


16,0 


18,5 


12,5 


15,40 


85,0 


0.76 


S. -SSO. 


Couvert; pluie après midi. 




756,47 


17,9 


21,9 


12,9 


17,59 


85,9 


84,53 

























( m ) 



AOUT. 
1845. 


il. 

pj 


lié 

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de 
la t fin ji 

max. 


KE3 

cent, 
min. 


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11! 

1H 


VENTS DOMINANTS. 


Aspect général de la journée. 




j i 


mm. 

755,08 


ie;e 


Hfl 


i2;s 


16?90 


85^5 


6,62 


SO.-SSO.-SSE. 


Variable , nuageux. 




2 


46,97 


17,2 


20,5 


12,5 


16,50 


92,0 


1-27 


SSE.-SSO. 


Plu vieux, orageux; tempête. 




5 


55,10 


15,5 


20,5 


11,1 


15,80 


87,5 


4,96 


SO.-SSO. 


Variable; vent fort. 




4 


54,40 


16,5 


21,5 


15,5 


17,40 


87,0 


1,65 


so.-sso. 


Assez beau ; nuages orageux. 




5 


51,52 


20,0 


25,2 


15,5 


18,25 


85,5 


0,07 


SSE.-S. 


Assez beau, mais incertain. 




6 


51,79 


17,7 


19,9 


15,0 


16,45 


86,5 


H 


oso.-o. 


Sombre, orageux, pluvieux. 




7 


52,51 


16,5 


19,1 


12,5 


15,70 


88,0 


1,02 


so.-oso. 


Id. id. id. 




8 


55,69 


15,8 


19,2 


11,9 


15,55 


87,5 


7,64 


oso.-o. 


Nuageux, pluvieux. 




9 


52,44 


14,0 


19,4 


11,5 


15,45 


97,0 


4,85 


sso.-so. 


Couvert, très-pluvieux; le soir 




10 
11 


48,55 
49,65 


12,5 
15,2 


15,9 
18,5 


11,2 
11,9 


15,55 
15,10 


87,0 
89,5 


9,04 
5,95 


so. 
so. 


Couvert, très-pluvieux; vent 

dans l'après-midi. 
Pluvieux; vent fort. 




12 


55,05 


15,5 


19,5 


12,8 


16,05 


92,0 


2,80 


OSO.-ONO. 


Pluvieux. 




15 


58,55 


14,7 


14,8 


10,5 


12,65 


89,0 


1,78 


0.-OSO.-0]VO. 


Id. 




14 


55,75 


15,5 


16,6 


10,5 


15,55 


92,5 


2,17 


OSO.-ONO. 


Id. 




15 


49,58 


12,5 


14,6 


9,5 


12,05 


97,5 


8,27 


OSO.-O. -ONO. 


Très-pluvieux; le soir le ciel se 




16 


49,51 


15,5 


15,0 


9,5 


12,25 


98,0 


25,55 


O.-ONO. 


découvre. 
Très-pluvieux. 




17 


55,07 


15,1 


15,2 


9,4 


12,50 


84,5 


5,44 


O.-ONO. 


Assez beau ; quelques averses. 




18 


54,85 


15,9 


19,7 


8,7 


14,20 


85,0 


1,15 


SO.-S.-SE. 


Très-beau. 




j 19 
20 


45,00 
48,65 


17,8 
14,7 


24,0 
18,0 


12,8 
11,0 


18,40 
14,50 


95,0 

88,5 


1,15 
1,02 


SSO.-SSE.-OSO. 
OSO. 


Assez beau le matin ; après midi 

vent fort et pluie orageuse. 
Nuageux , grand vent. • 




21 


56,56 


14,8 


17,5 


10,1 


15,70 


87,0 


0,64 


OSO.-SO. 


Assez beau, nuageux. 




j 22 


65,47 


14,0 


18,9 


8,9 


15,90 


91,0 


0,25 


SO.-ONO. 


Très-beau. 




25 


64,68 


14,8 


20,4 


8,6 


14,50 


87,0 


y» 


SSO.-OSO. 


Beau temps. 




24 


58,55 


16,1 


20,9 


10,2 


15,55 


87,0 


» 


SO.-OSO.-NNO. 


Id. 




25 


60,81 


14,8 


22,0 


10,5 


16,15 


90,5 


0,64 


ONO. -OSO. 


Très-beau. 




26 


56,41 


17,8 


21,2 


12,5 


16,85 


88,0 


0,64 


SO.-O. 


Beau. 




27 

28 


59,24 
61,15 


15,2 
14,5 


17,2 
19,4 


11,7 
11,2 


14,45 
15,50 


89,0 
90,0 


0,51 
9,29 


O.-ONO. 
ENE.-NE. 


Beau dans la journée; très-plu- 
vieux le soir. 
Beau, vent frais le matin. 




29 


61,55 


16,9 


25,1 


12,6 


17,85 


89,0 


a 


NE.-ENE. 


Très-beau; vent fort. 




5 50 


62,52 


17,1 


25,2 


12,0 


17,90 


91,0 


» 


NE. 


Id. id. 




51 

Mois. 


64,20 


15,5 


22,5 


15,0 


17,65 


91,0 


» 


NE.-ENE. 


Beau; se couvr. par intervalles. 




755,02 


15,4 


19,4 


11,5 


15,56 


89,5 


98,55 

















( 212 ) 






SEPT. 


ïî 

ij 

tm 


c Ce 

S-Ss 
Si*" 3 


EXTRÊMES 

de 
la temp. cent. 


u s 
v. -3 

3 M 


a s 
g , a 


511 


VENTS DOMINANTS. 


Aspect général de ta journée. 


1845. 




lu 

s &• 

g*- 


max. 


min. 


O V 




Ils 






1 


mm. 

763,84 


15"6 


19?0 


11°1 


15^05 


84?5 


»> 


ENE.-E. 


Très-beau. 


2 


62,14 


14,8 


19,2 


9,8 


14,50 


88,0 


» 


ENE.-NE.-NNE. 


Beau ■ variable. 


5 


62,61 


14,2 


17,7 


11,6 


14,65 


81,0 


» 


ENE.-NNE. 


Couvert, gris. 


4 


62,47 


15,9 


16,7 


9,1 


12,90 


82,0 


» 


HNE.-NE. 


Assez beau , gris. 


5 


60,65 


11,4 


16,3 


6,0 


11,15 


90,0 


i» 


HE.-ENE. 


Beau. 


6 


62,35 


10,8 


16,5 


6,1 


11,30 


91,0 


» 


ENE.-E. 


Très- beau , pas un nuage. 


7 


61,93 


11,5 


18,5 


5,1 


11,70 


89,0 


» 


E. 


Id. id. 


8 


60,35 


12,5 


20,9 


•5,4 


13,15 


90,5 


» 


ENE.-N. 


Très-beau. 


9 


60,63 


14,1 


22,0 


9,2 


15,60 


88,0 


» 


N.-O. 


Id. 


10 


58,95 


14,0 


21,7 


8,4 


15,05 


92,0 


» 


N.-NE. 


Très-beau; le soir ciel couvert. 


11 
12 


58,54 
56,26 


15,0 
12,5 


17,7 
17,8 


9,8 

7,2 


13,75 
12,50 


88,0 
95,0 




ENE.-E. 
ENE. 


Le matin le ciel se découvre; 

très-beau ensuite. 
Très-beau. 


13 


56,30 


11,8 


17,8 


7,5 


12,65 


94,0 


» 


NE.-E. 


Beau. 


14 


49,97 


15,2 


16,1 


8,1 


12,10 


92,0 


1,91 


SO. 


Pluvieux; orageux le soir. 


15 


44,27 


15,2 


17,7 


9,4 


13,55 


92,5 


6,87 


SSO. 


Pluvieux. 


16 


52,58 


12,5 


16,5 


8,7 


12,60 


92,0 


7,64 


OSO.-SSO. 


Id. 


17 


50,11 


18,5 


20,1 


16,0 


18,05 


92,0 


17,19 


OSO.-SSO. 


Pluvieux; vent fort. 


18 


47,51 


16,5 


18,1 


15,6 


15,85 


97.0 


6,49 


SSO.-SO. 


Venteux, nuageux. 


19 


55,20 


15,1 


16,6 


8,9 


12,75 


95,0 


2,95 


SO.-OSO. 


Venteux, nuages variables. 


20 


60,60 


11,5 


16,1 


7,0 


11,55 


90,0 


0,64 


SO.-S.-ESE. 


Beau. 


21 


52,15 


15,1 


19,5 


10,2 


14,75 


87,0 


i) 


SSE. 


Variable; pluv. dans la soirée. 


22 
23 


52,51 
57,05 


15,7 
11,5 


17,6 
13,0 


10,9 
8,2 


14,25 
10,60 


90,0 
98,5 


0,58 
20,62 


sso.-so. 

SSE.-ENE.-NE. 


Nuag., assez beau ; vent fort le m. 
et la nuit préc. ; pluie le soir. 
Sombre et pluie continuelle. 


24 


62,74 


9,8 


13,8 


6,4 


10,10 


87,0 


7,00 


NNE. 


Très-beau. 


25 


58,68 


9,5 


14,6 


5,2 


9,90 


92,0 


)> 


ENE. -SSE. -SSO. 


Très-beau ; couvert le soir. 


26 


50,58 


12,8 


15,5 


8,7 


12,00 


97,0 


5,44 


sso.-o. 


Brumeux dans la journée; beau 


27 


58,77 


10,5 


15,2 


7,2 


11,20 


95,0 


3) 


SO. 


Nuageux; pluie et vent dans la 


28 


55,96 


14,9 


17,0 


10,1 


15,55 


91,5 


1,65 


OSO. 


Assez beau. 


29 


57,87 


10,8 


15,1 


8,7 


11,90 


95,0 


» 


OSO.-SO. 


Sombre le matin; pluv. le soir. 


30 
Mois. 


50,98 


11,6 


15,5 


8,5 


10,90 


96,0 


2,55 


S. -OSO. 


Sombre mais assez beau. 


756,74 


12,0 


17,2 


8,7 


12,98 


90,8 


79,51 






( 213 ) 
Température de la terre, observée à 9 h. du matin. 



mai 1845. 



O m ,77 
au-dessus du sol. 



Slinim. Tempér. 



SURFACE DU SOL. 



dessus, dessous, 



0-,05 



m ,10 



m ,15 



m ,20 



m ,30 



m ,40 



0, m 60 



0"\80 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 (à raidi) . . 

11 

12 

13(àllh.|m.). 

14 

15 

J6 

17 Pluie . . . 

18 

19 

20 

21 

22 Pluie . . . 

23 

24 

25 

26 

27 

28 

29 

30 (à 11 h. m.). 
31 

MOYENNES 

de la Ire décade. 
2e » 
3e » 

Moyen, génér 



10°56 
7,33 

2,83 
1,78 
4,17 
3,61 
5,17 
4,77 

» 
3,61 
4,00 
6,67 
6,67 
6,67 



2,11 
4,55 
5,11 

4,55 
6,84 

5,78 
8,61 
12,33 
11,95 
13,94 
9,06 



5,02 
4,90 
8,69 

6,20 



13^77 
13,61 

8,44 
9,77 
7,61 
11,00 
12,17 
16,06 

9,61 

8,22 
13,89 
11,06 
11,95 



7,17 
8,89 
8,33 

11,55 
13,06 

» 
13,77 
19,88 
19,72 
17,89 
14,61 
13,55 



13?7 

13,7 

» 

8,7 
9,9 
8,7 
10,7 
11,7 
17,5 

12,4 
9,9 
13,1 
11,7 
12,5 



9,5 
11,6 



12,9 
12,9 

12,5 
17,5 
18,0 
17,6 
16,1 
13,7 



13°35 
14,15 

9,00 
9,60 
7,70 
10,75 
11,80 
18,50 

12,50 
9,50 
12,85 
11,25 
12,10 



9,75 
9,60 
9,35 

» 
12,60 
13,00 

11,80 
17,30 
17,20 
17,20 
15,65 
13,50 



2?18 
10,92 
» 
8,65 
8,35 
8,90 
9,18 
9,88 
13,44 

10,71 
9,35 
10,65 
10,31 
11,10 



8,30 
9,05 
9,20 

» 

10,90 
10,75 

» 
10,70 
14,75 
16,00 
15,26 
15,65 
12,74 



11?44 
10,12 

» 
8,19 
7,81 
8,50 
8,50 
9,00 
11,50 



8,69 



9,75 
10,37 



7,69 
8,44 
8,75 

» 
9,94 
9,81 
» 
10,12 
13,12 
14,81 
14,37 
15,00 
12,25 



10°94 
9,75 

» 
8,00 
7,62 
8,19 
7,87 
8,50 

10,25 

9,31 
8,37 
8,87 
9,50 
9,94 



7,35 
8,00 
8,37 

9,19 
9,37 

» 
10,00 
12,19 
14,00 
13,87 
14,50 
12,12 



11?50 
10,52 
» 
8,91 
8,60 
9,00 
9,00 
9,32 
11,10 

9,80 
9,10 
9,47 
10,41 
10,96 



8,20 
8,80 
9,17 

9,81 
10,05 

D 

10,70 

12 

14,36 

14,42 

14,91 

12,81 



11,55 
10,11 
14,71 

12,12 



11,8 
11,5 
14,5 

12,6 



11,86 
11,08 
14,18 

12.37 



10.19 



11,00 



9,38 
9,17 
12,02 

10,19 



8,89 
8,76 
11,51 

9,72 



9,74 
9,53 
12,09 

10,45 







11°20 


11°40 


10,60 


10,96 


» 


»» 


9,68 


10,15 


9,40 


9,86 


9,30 


9,65 


9,30 


9,70 


9,53 


9,90 


10,40 


10,51 


» 


» 


9,70 


9,60 


9,35 


9,10 


9,28 


9,50 


10,50 


10,67 


10,80 


11,07 


» 


» 


M 


,. 


8,80 


9,25 


9,10 


9,28 


9,48 


9,60 


» 


» 


9,65 


7,97 


10,15 


10,25 


» 


» 


11,20 


11,24 


12,15 


12,06 


13,65 


13,44 


14,25 


14,10 


14,52 


14,34 



3,20 14,35 



9,93 
9,65 
12,03 

10,54 



10°55 
10,45 

9,95 
9,70 
9,40 
9,50 
9,50 
10,05 

9,75 
9,55 
9,50 
9,90 
10,20 



9,50 
9,50 
9,45 

» 
9,60 
9,90 

» 
10,65 
11,30 
12,00 
12,60 
12,90 
12,50 



10,27 
9,78 
11,82 

10,62 



10°00 
10,00 
» 
9,75 
9,50 
9,40 
9,35 
9,40 
9,70 

9,60 
9,50 
9,50 
9,50 
9,80 



9,50 
9,45 
9,40 

» 
9,50 
9,70 

» 
10,20 
10,70 
11,20 
11,70 
12,10 
12,15 



9,89 
9,70 
11,21 

10,27 



9, 
9,55 
10,74 

9,98 



( 2U ) 



juin 1845. 



0"»,77 
au-dessus du sol. 



Minim. Temp. 



SURFACE DU SOL. 



0"\05 



m ,10 



0"\20 



m ,30 



ra ,40 



m ,60 



1 . . . . 

2 . . . . 

3 . . . . 

4 . . . . 

5 . . . . 

6 . . . . 

7 . . . . 

8 . . . . 

9 . . . . . 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 (àSh.dum.). 

19 

20 . . . . . 

21 

22 

23 

24 

25 

26 

27 

28 

29 

30 

HOYOM.S 

de la 1" décade. 
2 e » 
3« » 

Moyen, génér. 



5?28 
11,44 
10,61 

9,28 
13,94 
15,44 



6,67 
10,56 
15,22 
16,78 
16,39 

» 
13,61 
13,89 
15,89 
10,61 
13,44 
11,11 

9,72 
8,50 

11,22 

8,83 
13,89 

7 22 



10,21 
14,04 
10,07 



21?11 
20,95 
15,73 
17,44 
22,83 
18,50 

u 
16,95 
17,72 
22,22 
25,33 
26,78 
22,78 

21,61 
25,73 
24,33 
16,78 
20,56 
18,66 

16,72 
17,33 

17,22 
18,66 
16,44 

18,89 



18,90 
22,90 
17,70 



19,83 



17?5 
17,0 
15,6 
16,7 
17,6 
17,5 
» 

14,1 
13,7 
17,4 
20,6 
22,4 
22,5 

19,4 
22,5 
22,0 
17,5 
18,9 
16,9 

18,1 
19,0 

17,5 
18,7 

17,7 

16,6 



16,2 
20,4 
27,8 



16?70 
16,55 
15,05 
16,00 
17,00 



13,35 
13,00 
16,10 
19,55 
21,35 
21,65 

» 
18,90 
21,70 
21,20 
17,05 
18,95 
15,75 

17,75 

18,85 

16,70 
18,30 
17,50 

16,00 



15,57 
19,61 
17,26 



17,48 



15°20 
15,77 
14,74 
14,85 
15,85 
16,70 

13,10 
12,70 
15,40 
18,60 
20,40 
21,10 

» 
18,50 
19,70 
20,14 
16,25 
17,50 
16,07 

17,26 
17,70 

16,25 
16,50 
17,20 

14,15 



14,86 
18,62 
16,45 



16,64 



14°25 
14,81 
14,31 
14,00 
15,00 
15,81 

» 
12,75 
12,44 
14,81 
17,75 
19,50 
20,12 

18,00 
18,87 
19,12 
15,75 
16,75 
15,87 

» 
16,69 
16,75 

15,62 
15,41 
16,37 

13,50 



14,17 
17,85 
15,74 



15,92 



13°75 
14,25 
14,19 
13,44 
14,50 
15,12 

» 
12,75 
12,50 
14,69 
17,37 
19,00 
19,50 

18,00 
18,62 
18,62 
15,75 
16,56 
16,12 

16,75 
16,50 

15,37 
14,75 
15,87 

13,31 



13,81 
17,57 
15,53 



15,64 



14^60 
14,90 
15,00 
13,97 
15,03 
15,75 

» 
13,85 
14,25 
15,80 
18,09 
19,52 
19,82 

18,50 
19,40 
18,86 
16,45 
17,31 
17,27 

18,12 
17,73 

» 
16,36 
15,48 
16,47 

14,12 



14,67 
18,20 
16,51 



6,46 



14°45 
14,60 
15,30 
14,00 
14,72 
15,08 

» 
14,12 
13,75 
15,65 
17,40 
18,80 
19,40 

» 
18,95 
19,70 
18,97 
17,73 
17,90 
17,90 

18,80 
18,20 

» 
17,00 
16,10 
16,75 

■ 
15,10 



14^60 
14,74 
15,35 
14,17 
14,90 
15,30 



13°10 
13,40 
13,75 
13,40 
13,75 
14,00 



14,50 
18,28 
17,12 



14,59 13,70 

13,80 

15,93 

17,36 

18,58 

19,00 



18,85 
19,50 
18,78 
17,95 
18,07 
18,20 

18,90 
18,40 

17,36 
16,46 
16,88 

15,63 



14,68 
18,22 
17,40 



16,63 



16,77 



13,70 
14,50 
15,45 
16,40 
17,20 

17,50 
18,00 
17,95 
17,50 
17,35 
17,15 

» 
17,75 
17,55 

» 
17,00 
16,55 
11,50 

» 
15,75 



16,87 
16,18 



12^50 

12,7:, 

13,00 

13,00 

13,25 

13,35 
n 

13,45 
13,45 
13,80 
14,45 
15,20 
15,75 

» 
16,45 
16,80 
16,85 , 
16,65, 

k;,55 : 

16,50 

10,85' 
16,85 

» 
16,55 
16,30 
16, 

» 
15,ï 



15, 
16.43 



15,55 



( 215 ) 



JUILLET 1845. 



0-.77 
au-dessus du sol. 



JIHnim. I 



Temp. 



inrici i»d sol. 



o-.os 



m ,10 



0™,15 



0",40 



0",60 



0",80 



li.li) 



; (à 8 h. du m.) 



24 



26 . 

27 . 

28 . 

29 . 

30 . 

31 . 



de la l*« décade. 

2« » 



Moyen. gén£r. 



14°17 
12,39 
15,44 
17,22 
13,55 

13,77 
18,33 
13,72 
11,50 
12,50 
11,67 



8,44 
9,17 
9,66 
14,28 
9,49 

9,06 
11,84 
16,44 
14,17 
13,61 
12,78 



12,33 
11,89 
9,00 
12,61 



14,45 
10,55 
12,37 



12,46 



20°73 
18,61 
25,28 
20,00 
18,89 

27 72 
20,61 
19,00 
21,28 
17,61 
12,89 

17,22 
12,39 

p 90 

16,55 
20,11 
18,33 

18,94 
20,28 
20,78 
16,22 
20,73 
19,06 

» 
18,61 
13,61 
16,39 
16,95 



19°6 
17,0 
20,4 
20,9 
18,1 

24,2 
21,9 
18,0 
19,4 
18,1 
15,0 

18,7 
14,0 
13,7 
13,7 
19,0 
15,9 

18,7 
18,2 
21,2 
17,9 
19,5 
18,1 

17,6 
16,2 
15,5 
16,2 



21,35 
15,91 
18,16 



18,47 



20,0 
16,0 
17,9 



18,0 



19°00 
16,55 
19,50 
20,55 
17,50 

23,00 
21,10 

17,75 
19,00 
17,80 
14,60 

18,80 
14,00 
13,10 
12,95 
18,75 
15,40 

u 
18,50 
17,60 
20,80 
17,20 
19,20 
17,70 

17,50 
16,00 
15,15 
15,75 



17°70 
15,55 
18,55 
19,95 
17,65 

22,20 
22,10 
17,18 
19,40 
17,10 
15,12 

» 
17,67 
13,85 
13,76 
12,93 
17,80 
14,65 

17,25 
17,10 
20,00 
17,85 
18,03 
16,70 

» 
16,50 
15,92 
14,32 
15,35 



19,33 
15,68 
17,54 



17,52 



16°62 
14,87 
17,50 
19,19 
17,12 

21,25 
21,50 
16,87 
16,75 
16,50 
15,00 

16,62 
13,50 
13,44 
12,69 
16,62 
14,19 

16,25 
16,37 
18,90 
17,56 
17,25 
16,25 

16,00 
15,61 
13,75 
14,75 



18,92 
15,36 
16,90 



15°87 
14,62 
16,90 
18,94 
17,00 

20,75 
21,25 
17,12 
16,75 
16,50 
15,06 

» 
15,90 
13,56 
13,25 
12,87 
15,75 
14,12 

» 
15,69 
15,87 
18,31 
17,62 
16,81 
16,12 

» 
15,81 
15,56 
13,62 
14,62 



17,96 
14,82 
16,27 



17,06 16,35 



16°39 
15,31 
17,21 
19,74 
17,70 

» 
21,54 
22,10 
18,08 
17,82 
17,40 
15,91 

16,41 
14,30 
14,00 
15,54 
16,41 
14,95 

16,25 
16,50 
18,95 
18,37 
17,40 
16,92 

16,40 
16,13 
14,23 
15,25 



16°15 
15,98 
16,95 
19,30 
18,20 

21,00 
22,00 
19,20 
18,48 
18,25 
17,00 

16,20 
15,50 
14,92 
14,70 
16,30 



17,69 
14,63 
15,00 



15,77 



18,53 
15,61 
16,64 



16,93 



16?26 
16,18 
16,91 
18,90 
18,22 

20,60 
21,50 
19,31 
18,90 
18,36 
17,40 

16,46 

16,07 

14,48 

15, 

16,43 



15,80 16,20 



16,40 
16,60 
18,52 
18,72 
17,60 
17,50 

»< 
17,00 
16,75 
15,40 
15,92 



18,58 
16,08 
17,04 



17,23 



16,50 
16,85 
18,40 
18,68 
17,80 
17,77 

17,20 
16,94 
15,92 
16,25 



16?00 
15,95 
16,30 
17,45 
17,35 

18,85 
19,45 
18,70 
18,25 
17,95 
17,25 

16,50 
16,10 
15,70 
15,40 
16,05 
16,00 

16,25 
16,45 
17,20 
17,35 
17,35 
17,15 

» 
16,90 
16,75 
16,20 
16.05 



18,53 
16,33 
17,23 



15°75 
15,65 
15,95 
16,35 
16,70 

17,65 
18,00 
18,00 
17,75 
17,50 
17,00 

» 
16,50 
16,10 
15,80 
15,60 
15,80 
15,80 

» 
15,95 
16,10 
16,55 
16,70 
16,90 
16,75 

» 
16,65 
16,50 
16,25 
16,00 



17,59 
16,37 

16,76 



17,36 16,91 



16,87 
16,26 
16,43 



16,52 



Tom. XII • 



16. 



( 216 ) 



août 1845. 


au-dessu 
Minim. 


77 

; du sol. 

Tcmp. 


SURFACE 

au- 
dessus. 


DU SOL. 

au- 
dessous. 


ra ,05 


m ,10 


m ,15 


m ,20 


m ,30! 


B ,40 


m ,60 


0»,80 


l . . . . 


. 11°67 


16°28 


15°6 


15°00 


14°64 


14°25 


14?12 


14°69 


15°45 


15°81 


15?90 


15*95 


2 . . . . 


. 11,50 


17,17 


17,5 


17,00 


16,42 


15,69 


15,25 


15,80 


16,20 


16,40 


16,20 


15,95 


3 


. 


•> 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


4 . . . . 


. 10,67 


17,55 


16,9 


16,35 


16,10 


15,56 


15,31 


15,86 


16,20 


16,41 


16,20 


16,00 


5 . . . . 


. 12,55 


21,44 


18,1 


17,75 


16,90 


16,12 


15,75 


16,42 


16,80 


16.98 


16,50 


16,20 


6 . . . . 


. 14,61 


18,33 


18,1 


17,80 


17,67 


17,00 


16,62 


17,26 


17,30 


17,41 


16,70 


16,25 


7 . . . . 


. 12,66 


16,67 


16,4 


16,10 


16,15 


15,62 


15,47 


15,97 


16,45 


16,72 


16,50 


16,25 


8 . . . . 


. H,44 


16,44 


16,2 


15,75 


15,60 


15,06 


14,87 


16,40 


16,12 


16,44 


16,25 


16,20 


9 Pluie . . 


. 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


>' 


■ 


» 


■ 


10 ... . 


. 


» 


» 


» 


., 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


" 


11 ... . 


. 10,39 


15,89 


15,7 


15,55 


14,93 


14,31 


13,94 


14,48 


14,98 


15,36 


15,50 


15,65 


12 ... . 


. 12,44 


16,72 


16,9 


16,10 


15,25 


14,69 


14,37 


14,96 


15,40 


15,71 


15,60 


15,55 


13 ... . 


. 10,00 


15,00 


15,5 


15,00 


14,80 


14,25 


14,06 


14,60 


15,30 


15,60 


15,50 


15,50 


14 ... . 


9,88 


13,00 


14,1 


13,85 


13,60 


13,25 


13,12 


13,64 


14,50 


14,91 


15,20 


15,25 


15 Pluie . . 


. 


» 


» 


» 


» 


■ 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


16 (à 12 h. i) 


8,66 


13,44 


15,1 


14,90 


14,60 


13,87 


13,37 


13,90 


14,00 


14,30 


14,70 


14,95 


17 . . . . 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


18 ... . 


7,72 


16,39 


13,1 


12,50 


12,30 


12,00 


12,12 


12,67 


13,70 


14,60 


14,35 


14,65 


19 ... . 


12,33 


18,77 


18,1 


17,30 


16,00 


15,06 


14,44 


14,94 


14,98 


15,10 


14,90 


14,80 


20 ... . 


12,17 


16,33 


15,3 


14,90 


14,50 


14,19 


14,06 


14,75 


15,90 


15,62 


15,15 


15,00 


21 ... . 


. 10,28 


16,67 


14,9 


14,10 


13,35 


13,00 


12,87 


13,59 


14,60 


14,96 


15,00 


14,95 


22 ... . 


8,61 


16,22 


13,9 


13,50 


12,38 


12,00 


12,19 


12,86 


14,15 


14,54 


14,70 


14,80 


23 ... . 


7,00 


18,22 


14,4 


13,50 


12,30 


11,94 


12,12 


12,90 


14,10 


14,56 


14,60 


14,75 


24 ... . 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


>' 


25 ... , 


8,55 


17,06 


14,4 


14,25 


13,35 


13,00 


13,12 


14,09 


15,00 


15,36 


14,95 


14,80 


26 ... . 


. 13,22 


20,50 


18,7 


18,50 


16,35 


15,12 


14,62 


15,90 


16,10 


16,20 


15,50 


15,05 


27 ... . 


. H,67 


16,95 


16,7 


16,25 


15,20 


14,50 


14,25 


15,49 


15,85 


16,10 


15,45 


15,10 


28 ... . 


. 10,17 


13,50 


13,7 


13,75 


13,20 


13,00 


13,06 


13,96 


14,85 


15,20 


15,00 


15,00 


29 ... . 


. 11,11 


19,33 


18,5 


18,75 


15,65 


14,50 


14,00 


14,78 


15,45 


15,69 


15,40 


15,05 


30 (à midi) . 


. 11,84 


25,67 


26,8 


27,50 


22,40 


18,75 


15,50 


16,80 


16,10 


16,20 


16,20 


15,50 


31 ... . 

■OYE1CHES 

de la l re déca<] 


» 


» 


• 


» 


» 


» 


» 


» 


u 


» 


» 


u 


e. 12,16 


17,70 


17,0 


16,54 


16,21 


15,61 


15,34 


16,06 


16,36 


16,57 


16,32 


16,11 


2= » 


10,45 


15,69 


15,5 


15,01 


14,50 


13,95 


13,68 


14,24 


14,84 


15,15 


15,11 


15,17 


3e » 

Moyen, génjê 


10,27 


18,24 


16,8 


16,68 


15,13 


13.98 


13,53 


14,49 


15,13 


15,42 


15,20 


15,00 


R. 10,96 


17,21 


16,4 


16,08 


15,28 


14,51 


14,18 


14,93 


15,44 


15,71 


15,54 


15,4J! 


NB. Le 25 on a arraché les herbes. 





(117) 



SEPTEMBRE 1845. 


0-77 
au-dessus du sol. 


SURFACE DU SOL. 


m ,05 


0",10 


0",15 


m ,20 


0",30 


ra ,40 


m ,60 


0",80 


Minim. 


Temp. 


au- 
dessus. 


au- 
dessous. 


1 


11°33 


16?55 


16°1 


15°45 


14°97 


14°75 


14*81 


16°17 


16°80 


16?83 


16°00 


15°50 


2 


10,10 


16,22 


19,5 


18,90 


16,20 


15,00 


14,37 


15,90 


16,35 


16,61 


16,05 


15,70 


3 


11,11 


15,84 


16,4 


16,05 


15,45 


14,94 


14,75 


16,11 


16,60 


16,80 


16,00 


(1) 


4 


10,84 


16,11 


15,9 


15,70 


14,70 


14,06 


13,87 


15,28 


15,95 


16,27 


15,75 


M 


5 


4,11 


16,06 


15,2 


15,95 


12,00 


11,56 


11,81 


13,49 


14,90 


15,50 


15,50 


»» 


6 


5,28 


15,56 


14,5 


15,30 


11,90 


11,50 


11,81 


13,54 


14,80 


15,37 


15,20 


»» 


7 


» 


» 


» 


»> 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


»» 


» 


8 


3,33 


17,44 


15,6 


14,70 


11,70 


11,44 


12,06 


15,75 


15,00 


15,47 


15,10 


>» 


9 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


»» 


10 .... , 


>' 


» 


» 


» 


» 


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>' 


» 


» 


» 


»» 


», 




» 


» 


» 


» 


» 


■ 


» 


» 


■> 


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,, 


12 


» 


» 


» 


>» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


,, 




» 


» 


» 


» 


»■ 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


,, 


14 


» 


» 


» 


»» 


» 


». 


>. 


» 


» 


» 


». 


» 


15 (à 12 h. 1] . 


5,78 


15,89 


17,4 


17,95 


15,80 


14,12 


13,37 


13,98 


14,35 


14,83 


15,00 


„ 


16 


8,17 


13,89 


13,7 


13,50 


12,40 


11,75 


11,62 


12,35 


13,60 


14,20 


14,50 


,; 




12,06 


19,72 


19,0 


18,80 


17,05 


15,87 


15,06 


15,36 


14,90 


14,97 


14,75 


» 


18 (à midi) . . 


15,17 


16,78 


23,1 


16,60 


16,80 


16,12 


15,50 


15,82 


15,50 


15,60 


15,05 


» 


19 


11,33 


13,44 


14,1 


14,10 


13,40 


13,00 


13,00 


15,70 


14,50 


14,96 


14,90 


» 


20 


5,44 


16,50 


13,1 


12,75 


10,70 


10,31 


10,56 


11,58 


13,35 


13,88 


14,50 


.» 


21 


» 


» 


•<) 


k 


» 


» 


>» 


>• 


» 


» 


» 


» 


22 


8,89 


13,89 


13,7 


13,45 


13,18 


12,87 


12,75 


13,50 


14,10 


14,50 


14,35 


„ 




9,44 


11,95 


13,1 


13,00 


12,96 


12,50 


12,44 


13,08 


13,80 


14,20 


14,10 


>, 


24 


4,22 


12,44 


11,2 


10,80 


10,35 


10,25 


10,56 


11,52 


12,80 


13,38 


13,75 


,, 


25 (à 10 h. m.) . 


3,22 


15,89 


12,6 


13,25 


10,45 


9,56 


9,62 


10,70 


12,30 


12,95 


13,60 


,, 


26 


11,06 


12,72 


13,7 


13,15 


13,25 


12,75 


12,50 


13,28 


13,55 


13,79 


13,50 


H 




6,50 


14,77 


12,5 


12,75 


10,65 


10,00 


10,12 


11,01 


12,30 


12,92 


13,30 


» 


28 


» 


» 


»> 


u 


» 


» 


.. 


» 


» 


» 


>, 


U 


29 


8,06 


12,50 


11,9 


11,45 


10,85 


10,69 


10,87 


11,84 


12,80 


13,21 


13,25 


., 


30 


7,55 


11,72 


12,1 


11,80 


11,55 


11,12 


11,00 


11,80 


12,75 


12,94 


13,05 


• 


de la lie décade. 


8,01 


16,25 


16,2 


16,01 


13,85 


13,32 


13,35 


15,18 


15,77 


16,12 


15,66 


>, 


2^ » 


9,66 


16,04 


16,7 


15,62 


14,36 


13,53 


13,18 


10,80 


14,37 


14,74 


14,78 


., 


3e „ 

Moyen, «énjér. 


7,37 


13,23 


12,6 


12,46 


11,65 


11,22 


11,23 


12,09 


13,05 


13,49 


13,61 


» 


8,35 


15,17 


15,2 


14,70 


13,29 


12,69 


12,59 


12,69 


14,40 14,45 


14,68 


V 




re a été cassé. 





( 218 ) 



A INNÉES. 


TEMPÉRATURE MOYENNE 

de 9 heures du matin. 


MOYENNE 

des tempérât, minitn. de chaque jour. 


Mai. 


Juin. 


Juill. 


Août 


Sept. 


Mai. 


Juin. 


Juill. 


Août 


Sept. 


1833 

1834 

1835 

1836 

1837 

1838 

1839 

1840 

1841 

1842 

1843 

1844 

1845 

MOYENNES 

des 13 années. 


18°1 
17,0 
14,1 
11,4 
11,4 
13,9 
13,4 
14,3 
17,6 
14,8 
13,6 
12,5 
11,1 


19?2 
19,0 
18,3 
18,7 
18,1 
17,8 
19,1 
18,0 
15,5 
18,8 
15,4 
17,1 
18,3 


18°5 
21,9 
20,5 
19,9 
18,5 
19,3 
19,3 
17,0 
15,6 
18,2 
17,8 
17,3 
17,9 


16°2 
20,3 
18,6 
17,3 
19,4 
17,0 
17,4 
18,6 
17,2 
21,3 
18,9 
15,7 
15,4 


13°5 
16,8 
15,6 
13,9 
13,8 
15,1 
15,6 
14,6 
17,0 
14,3 
15,9 
14,5 
12,9 


10?8 
10,8 
8,4 
6,5 
6,4 
8,2 
7,5 
9,5 
11,7 
8,8 
8,0 
7,8 
6,8 


12?3 
13,1 
12,0 
13,1 
12,0 
11,9 
13,8 
12,1 
10,9 
12,0 
10,5 
11,1 
12,0 


12»5 
16,0 
12,8 
13,3 
12,5 
13,6 
13,7 
12,4 
11,5 
12,0 
12,5 
11,7 
12,9 


10?2 
15,8 
13,3 
12,4 
14,6 
12,7 
12,0 
12,9 
12,4 
15,0 
13,5 
11,1 
11,3 


9?5 
12,3 
11,6 
10,5 

9,3 
11,0 
11,7 
10,6 
12,6 
11,0 
11,0 
10,5 

8,7 


14,1 


17,9 


18,6 


17,9 


14,9 


8,6 


12,1 


12,9 


12,9 


10,8 



AMVÉES. 


absol 


i 
as des t 


linim 

empéra 


I 

. mensu 


elles. 


T 

à la pr 


EMPÉR 

ofondeu 


. DE I 

r de m , 


4 TER] 

iSà9h 


\E 

du m. 




Mai. 


Juin. 


Juill. 


Août 


Sept. 


Mai. 


Juin. 


Juill. 


Août 


Sept. 


1833 


3°9 


8?7 


9°5 


5?9 


6°4 


u 


„ 


» 


„ 


» 


1834 


6,4 


5,8 


9,4 


11,1 


4,2 


» 


» 


». 


» 


». 


1835 


4,5 


6,4 


7,9 


9,0 


7,3 


» 


» 


» 


»» 


» 


1836 


1,9 


10,1 


8,4 


7,6 


7,3 


'» 


« 


». 


» 


.. 


1837 


1,9 


4,0 


7,5 


7,5 


2,8 


» 


» 


» 


» 


» 


1838 


1,3 


5,5 


9,1 


8,1 


6,7 


12°1 


14°8 


17°4 


15?8 


14°2 


1839 


2,1 


8,2 


9,2 


8,2 


7,7 


11,7 


17,2 


17,2 


15,7 


14,5 


1840 


4,1 


7,1 


8,5 


9,6 


6,9 


13,0 


15,6 


15,4 


16,2 


13,6 


1841 


5,7 


5,6 


8,7 


8,2 


7,6 


14,2 


14,6 


14,9 


15,6 


15,6 


1842 


4,8 


6,9 


8,8 


10,5 


6,0 


13,7 


17,9 


17,6 


20,2 


15,6 


1843 


3,7 


8,3 


9,2 


10,2 


5,6 


12,0 


15,3 


16,5 


17,1 


16,2 


1844 


4,2 


6,6 


9,2 


«,3 


4,6 


» 


15,8 


16,1 


14,8 


14,3 


1845 

MIMHA 

des 13 années. 


2,9 


6,8 


9,7 


8,6 


5,1 


9,7 


15,6 


15,8 


14,2 


12,6 


1,3 


4,0 


7,5 


5,9 


2,8 


» 


» 


» 


» 


» 











(119 


) 












ANNÉES. 


de plu 


e tombée 


DANTIT 

par mois 


É 

en millic 


îùtri-s. 




I 

de jot 


OMBR 
rs de 


E 

pluie. 






Mai. 


Juin. 


Juill. 


Août. 


Sept. 


Mai. 


Juin 


Juil. 


Août 


Sept. 


1833 . . 




1,01 


42,24 


86,64 


37,67 


96,44 


4 


12 


15 


18 


18 


1834 . . 




26,30 


58,89 


29,18 


68,82 


6,84 


12 


16 


12 


11 


5 


1835 . . 




61,94 


58,70 


11,32 


22,78 


88,51 


14 


8 


4 


6 


18 


1836 . . 




43,86 


86,25 


87,55 


24,70 


77,02 


9 


19 


12 


6 


19 


1837 . . 




64,63 


27,77 


64,59 


93,54 


45,98 


20 


10 


12 


15 


9 


1838 . . 




51,76 


119,54 


43,39 


75,81 


54,50 


11 


24 


17 


17 


13 


1839 . . 




22,48 


179,96 


27,57 


63,31 


68,87 


12 


20 


18 


17 


18 


1840 . . 




71,28 


60,92 


76,09 


48,89 


103,9C 


22 


16 


22 


14 


21 


1841 . . 




67,58 


52,97 


138,63 


54,21 


42,14 


16 


18 


27 


16 


15 


1842 . . 




49,52 


36,72 


74,19 


69,17 


76,11 


12 


8 


16 


10 


16 


1843 . . 




52,89 


55,92 


67,03 


49,63 


35,14 


19 


21 


17 


14 


8 


1844 . . 




81,04 


32,57 


140,94 


116,08 


49,29 


12 


9 


21 


22 


14 


1845 . . . 




110,04 


36,15 


84,53 


98,35 


79,31 


25 


15 


24 


25 


13 



Nous joindrons aux tableaux précédents les indica- 
tions de l'électromètre de Peltier pour l'heure de midi, et 
l'aperçu de l'état du ciel à l'heure de l'observation. Les 
degrés de l'électromètre employé se comptent depuis .0 
jusqu'à 90°, qui indiqueraient l'état maximum de l'électri- 
cité. Les degrés du cadran mesurés à la balance électrique 
de Coulomb n'ont pas la même valeur; des expériences 
faites par M. Peltier lui-même, ont donné les équivalents 
marqués dans le tableau suivant : 



Électromètre 


Balance 


Electromètre 


Balance 


de 


de 


de 


de 


PELTIER. 


COULOMB. 


PELTIER. 


COULOMB. 


1 


1 


50 


279 


10 


12,5 


60 


545 


20 


42 


70 


1400 


30 


94 


80 


6000? 


40 


168 










( 220 ) 



Electricité de l'air en 1845. 

























! 


DATES. 


Électrom. 


ÉTAT DU CIEL. 


DATES. 


Electrom. 


ÉTAT DU CIEL. 


Mai. 






Juin. 






1 


0°0 


Gris, humide. 


19 


4- 30°5 


Cum. 


2 


-f- 33,5 


Stratus, couvert. 


20 


4- 17,5 


Cum.-slr. 


5 


-4- 27,0 


Cumulo-stratus. 


21 


4- 19,0 


Serein; cirrh. 


6 


4- 34,0 


Stratus épais. 


23 


4- 7,0 


Nuages gris au zénith. 


9 


-4- 30,5 


Cumulus. 


24 


0,0 


Cum. orageux. 


10 


4- 29,5 


Cumulo-stratus. 


25 


— 89,5 


Str. pluv. ; la pluie commence. 


12 


0,0 


Couvert, gris. 


26 


0,0 


Couv., il vient depleuv. 


14 


-4- 41,0 


Cumulus. 


27 


4- 7,0 


Couvert. 


15 


4- 34,5 


Cumulus. 


28 


4- 9,0 


Gris , pluv. ; grand vent. 


16 


4- 37,0 


Couvert. 


30 


4- 5,5 


Gris. 


17 


0,0 


Pluvieux. 


JuilL 






19 


4- 37,5 


Cumulo-stratus. 


1 


4- 9,0 


Strat.; couvert. 


20 


— 59,0 


Pluie au SO., stratus; un 












orage vient d'éclater. 


2 


4- 17,0 


Couvert; cum.-str. 


21 


4- 30,0 


Cumulo-stratus. 


3 


4- 8,0 


Serein. 


22 


-f- 9,0 


Couvert , pluvieux. 


4 


4- 16,5 


Couvert. 


23 


-4- 75,0 


Nua. pluv.; il pleut àl'E. 


7 


4- 14,5 


Très-chaud; serein. 


24 


4- 25,5 


Cumulo-stratus. 


9 


4- 16,5 


Couv. strat. 


25 


+ 18,0 


Stratus orageux. 


10 


4- 2,5 


Strat. 


26 


4- 28,5 


Cumulus. 


12 


- 40,5 


Nimhus. 


27 


4- n,o 


Beau , vaporeux. 


15 


— 83,0 


Pi. à l'hor. SO.; nimhus. 


28 


H- 32,5 


Beau; cumulus. 


16 


4- 14,5 


Couv.; gouttes de pluie. 


29 


4- 4,0 


Nuages orageux. 


17 


4- 33,0 


Cum. 


30 


4- 22,0 


rluie fine. 


18 


4- 25,0 


Couvert. 


31 


4- 40,0 


Assez beau ; cum.-slr. 


19 


4- 35,0 


Strat. ; presque couvert. 


Juin. 






21 


4- 20,5 


Couvert. 


2 


4- 49,0 


Cum. vaporeux. 


22 


4- 19,0 


Cum. 


3 


4- 24,0 


Cum. 


23 


4-29,0 


Cum.-str. 


5 


4- 30,5 


Cum.-str. 


24 


4- 26,0 


Couvert. 


6 


0,0 


Couvert; stratus. 


25 


4- 26,0 


Couvert. 


9 


4- 27,0 


Cum., légèrem* voilé. 


26 


4- 43,5 


Couvert. 


10 


4- 25,0 


Serein. 


28 


— 80,0 


Un peu de pluie; nimh. 


11 


4-27,5 


Serein. 


30 


4- 67,75 


Après la pluie; strat.; nimb. 


12 


4- 22,0 


Serein. 


31 


4- 26,0 


Couvert. 


13 


4- 16,5 


Ser. (Leverrea été cassé.) 









( 221 ) 



DATES. 


Electrom. 


ÉTAT DU CIEL. 


DATES. 


Electrom. 


ÉTAT DU CIEL. 




Août. 






Sept. 








1 


4- 29°0 


Cum. 


1 


4- 24°0 


Cum.-str. 




4 


4- 44,5 


Cum.-str. 


2 


4- 25,0 


Cum.-str. 




6 


4- 40,0 


Strat. 


3 


4- 17,0 


Gris ; couv. 




8 


— 81,5 


Après la pluie; nimbus. 


5 


4- 23,5 


Cum. 




11 


4- 11,0 


Vent fort ; cum-str. 


6 


-f- 32,5 


Pur, serein. 




12 


-4- 1,5 


Pluie à l'boriz. ; strat. 


9 


-4- 33,0 


Beau, vaporeux. 




13 


4- 18,0 


Strat. 


10 


4- 26,5 


Beau, vaporeux. 




18 


4- 27,0 


Cum. 


11 


4- 29,0 


Beau. 




19 


4- 31,0 


Cum.-str. 


12 


4- 25,5 


Cum. 




21 


■4- 32,0 


Cum.-str. 


13 


4- 27,0 


Gros cum. 




22 


4- 19,5 


Goût, de pluie, cum.-str. 


15 


— 84,0 


Pluie à l'bor.; cum.-str. 




24 


4- 30,5 


Cum. 


19 


+ 36,5 


Strat. ; vent fort. 




25 


4- 39,25 


Cum. peu. 


20 


4- 37,5 


Cum. 




26 


4- 39,5 


Cum.-str. 


21 


4- 30,0 


Cum. 




27 


4- 33,0 


Après un peu de pluie; Cum.- 
stratus. 


22 


4- 15,0 


Un peu de pluie au SO.jstr. 




28 


+ 20,0 


Vent fort E. Cum.-str. 


24 


4- 30,0 


Cum. 




29 


4- 29,0 


Strat. 


25 


4- 36,5 


Serein. 




30 


4- 19,0 


Très-beau. 


27 
28 
29 


4- 42,0 
4- 30,0 
4- 36,0 


Couvert. 
Cum.-str. 
Cum.-str. 





Outre l'électromètre de Peltier, on emploie encore à 
l'observatoire de Bruxelles un excellent galvanomètre de 
Gourjon pour mesurer l'état électrique de l'air. Il serait 
trop long de reproduire ici les indications de cet instru- 
ment, qui est observé 13 fois par jour. 



( 222 ) 

ÉTOILES FILANTES PÉRIODIQUES DU MOIS D AOUT 1845. 

Observatiom faites à l'Observatoire Royal de Bruxelles. 




JOURS ET HEURES. 


OBSERVATEURS. 


il 

g a 

■S 


ÉTAT DU CIEL. 


REMARQUES. 




8 août, 
de 9 h. £ à 10 b. du s. 


M. Bouvy. 


12 


Serein. 


Direction générale des étoiles 
filantes, du zénith vers le S., le 
SO. et l'O. Le point d'émana- 
tion paraissait se trouver dans 
Cépbée. Quatre étoiles filantes 
étaient fort belles; l'observa- 
teur était tourné vers le SO. 




8 août , 

de 10 h. a 10 h. £. 

de 10 h. là 10 b. 50 m. 


M. Liagre. 
Le même. 


17 

6 


Serein. 

Ciel nuageux, 
en partie couv. 


Les plus belles étoiles se di- 
rigeaient de Cassiopée vers la 
Lyre, le Dauphin et le Cygne : 
l'observateur regardait vers le 
S. A 11 h. le ciel s'est totale- 
ment couvert. 




9 août , 
de9h. £àl0h.dus. 


MM. Houzeau et 
Liagre. 


23 


Serein. 


L'un des observateurs était 
tourné vers le NO.; l'autre fai- 
sait face au SE. 




9 août , 
de 10 b. à 10 h. £. 


Les mêmes. 


16 


Serein. 


Les deux observateurs re- 
gardaient au SE. 




9 août, 
de 10 h. i à 11 b. 


Les mêmes. 


32 


Serein. 


L'un des observateurs faisait 
face au NO.; l'autre au SE. 




9 août , 
de 11b. à 11b. |. 


MM. Quetelet, 
Houzeau et Liagre. 


28 


Serein. 


Les trois observateurs em- 
brassent à peu près les trois 
quarts du ciel. 




9 août, 
de 11 h. i à minuit. 


Les mêmes. 


36 


Serein . 


Id. 




10 août, 
de minuit à min. -j . 


Les mêmes. 


29 


Serein. 


Id. 




11 août , 
de 9 h. àlOb. du s. 


M. Liagre. 


7 


Nuageux. 


L'observateur était tourné 
vers le S. La lune gênait; ciel 
en partie couvert pendant la 
seconde demi-heure. 




11 auût, 

de 10 b. 40 m. à 
11 h. 15 m. 


M. Bouvy. 


9 


Ser. ; par inter- 
valles quelques 
bancs de vap. 


Centre général d'émanation 
vers E de Cassiopée. L'ob- 
servateur regardait la partie 
méridionale du ciel. — Ail h. 
15 m. le ciel s'est couvert de 
vapeurs. 





( 223 ) 

Des quatre soirées du 8, 9, 10 et 11 août, une seule a 
été complètement favorable pour l'observation des étoiles 
filantes, c'est celle du 9. Le 8 et le 11 on n'a pu observer 
que très-peu de temps, et par des éclaircies ; la soirée du 
10 a été tout à fait couverte et pluvieuse. 

L'apparition du 9 août a été très-remarquable, et mon- 
tre que la périodicité du phénomène se continue d'une ma- 
nière fortement marquée. Pendant la soirée de ce jour, 
on a compté en trois heures 164 étoiles filantes, ce qui 
donne une moyenne de 55 par heure. On peut estimer 
à | du ciel la portion de la voûte céleste que pouvaient 
explorer les observateurs : ce qui donne, pour tout l'hé- 
misphère visible, 90 étoiles filantes par heure. Les con- 
stellations qui ont été le plus souvent traversées par les 
météores sont l'Aigle, Pégase, le Dauphin et le Cygne. Le 
point d'émanation, surtout pour les plus brillantes étoiles, 
paraissait situé vers Cassiopée et Persée. 



Observations de Dijon. — (Extrait d'une lettre adressée à 
M. Quetelet, par M. Alexis Perrey, professeur supplé- 
mentaire à la faculté des sciences de Dijon.) 

Le soir du 9, temps couvert. 

Le 10, de 9 h. 45 m. à 10 h. seulement, nous avons 
observé attentivement toute la région boréale et zénithale 
du ciel. Nous étions quatre; nous avons compté 15 étoiles 
filantes, dont une très-brillante, et toutes dans les con- 
stellations de Cassiopée et du Cygne : leur direction a été 
nord-sud. Avant 9 h. 45 m. , sans être assez attentifs, nous 



( 224 ) 

en avons compté une vingtaine, presque toutes aussi dans 
la voie lactée , et se mouvant dans la même direction. 

De 10 h. 50 m. à II heures, je suis resté seul , et j'ai 
vu dans les mêmes constellations 7 ou 8 étoiles filantes 
encore. A 10 h. 55 m. , un météore lumineux d'une blan- 
cheur éclatante est parti de a du Cygne et s'est éteint dans 
Antinous. Sa trace a été lumineuse dans toute son étendue 
pendant2 ou 5 secondes. Ail heures, le ciel se couvre. 

Le 11 et le 12, ciel couvert. 

Le 15, de h. à h. 20 m. du matin, 5 ou 4 étoiles 
filantes extrêmement faibles. A minuit 20 minutes, les 
nuages arrivent du nord , et tout le ciel se couvre. 



Observations des États-Unis. — (Extrait d'une lettre 
adressée à M. Quetelet par M. Herrick, de New Haven, 
Connecticut, États-Unis d'Amérique). 

Nous nous étions arrangés ici de manière à observer les 
étoiles filantes pendant les nuits du 8, 9, 10 et 11 août. 
Pendant quelques-unes des soirées précédentes, des obser- 
vations courtes et irrégulières semblaient annoncer que 
ces météores étaient plus nombreux que d'ordinaire , mais 
comme il n'y avait aucun système établi, on ne peut rien 
conclure de certain relativement à leur nombre. 

La soirée du 8 fut presqu'enlièrement couverte. A 10 
heures, le temps était si défavorable que nous abandon- 
nâmes notre poste. Le ciel continua à être nuageux pen- 
dant toute la nuit. 



( 225 ) 

Le 9, la soirée promettait. MM. George C. Murray et 
Wm. Manl. Smith, ainsi que moi, nous nous mîmes en 
observation un peu avant 10 heures. Nous avions vu quel- 
ques météores auparavant, mais nous n'avons commencé 
à compter qu'à partir de 10 heures. 

Entre 10 et 11 heures, nous avons observé soixante- 
quatre météores différents, savoir : 

Au NNE. 22, au SE. 20, au SO. 22. Total 64. 

Pendant cette heure , le ciel n'était pas entièrement se- 
rein , et notre vue était, sur une certaine étendue , bornée 
par des arbres. Je pense qu'il faudrait ajouter au nombre 
cité dix pour cent, pour ceux des météores qui nous ont 
été cachés par ces empêchements. Plusieurs d'entre eux 
étaient remarquables, et laissaient des traînées lumineu- 
ses; la majorité était, comme d'ordinaire, inférieure en 
éclat aux étoiles de seconde grandeur. La direction de la 
plupart étant prolongée, aurait passé près de la garde de 
l'épée de Persée. Peu après 11 heures, le ciel devint très- 
nuageux (mais pas avant que nous n'eussions vu encore 
17 étoiles filantes) , et vers une heure du matin (le 10), il 
ne permettait plus d'observer. A cette heure, nous nous 
retirâmes, ayant des raisons de croire que le ciel resterait 
nuageux jusqu'au jour. 

La nuit du 10 fut sombre et pluvieuse; il en fut de 
même de celle du 11, et dans aucune des deux, l'observa- 
tion ne fut possible. 

En ayant égard aux observations de la période d'août, 
faites les années précédentes, je crois être en droit de con- 
clure des résultats donnés plus haut pour une heure seu- 
lement, que le phénomène que l'on attendait n'a pasman- 



( 226 ) 

que; et que si le ciel avait été serein ici pendant les nuits 
du 9 et du 10, nous aurions vu (étant quatre observateurs), 
entre minuit et l'aurore, au moins 150 étoiles par heure. 

Je verrai avec beaucoup d'intérêt vos observations de 
cette époque , et je m'attends à les voir confirmer la con- 
tinuation de la périodicité de l'apparition météorique du 
mois d'août 

Je vais maintenant continuer la liste des aurores bo- 
réales observées ici depuis ma dernière communica- 
tion (1) : 

1845 , 50 avril. Nuageux au commencement de la 
soirée. A 9 heures, ciel en partie découvert et aurore 
boréale : étendue horizontale , environ 70° ; rayons nom- 
breux; les plus élevés d'entre eux atteignaient 40°, et 
étaient vaguement terminés. Lumière générale jusqu'à 10 
heures et demi au moins. 

1 er mai. Soupçonnée. 

5 mai. Tout à fait couvert dans la soirée. J'apprends de 
bonne autorité qu'entre 2 et 5 heures du matin, le 6, il y 
avait une bande brillante d'aurore boréale, mais on n'a 
pas vu de rayons. 

5 juin. Soupçonnée. 

17 — ld. 

24 — ld. 

24 juillet. Fortement soupçonnée. Probable; incertaine 
à cause du clair de lune. 

31 juillet. Lumière diffuse très-pâle, probablement due 
à une aurore. 



(1) La dernière lettre de M. Herrick était datée du 28 avril 1845; voyez 
tom. XII des Bulletins , V e partie , p. 531 . 



( 227 ) 

1 er août. Faible aurore boréale de 9 \ à 10 h. £; vue 
aussi après minuit; étendue horizontale d'environ 20°; pas 
de rayons. 

4 août. Aurore boréale. Plusieurs rayons courts pen- 
dant quelques minutes; lumière presque générale. 

Une grande partie du mois de juillet 1845 a été ici , et 
dans ce pays en général , d'une chaleur insupportable. Il 
est probable que depuis 1825 nous n'avons pas eu d'été 
aussi chaud. La sécheresse a de plus été excessive , et beau- 
coup de nos récoltes en souffriront sérieusement. 

En juin dernier, j'ai reçu (de mon ami le docteur Aza- 
riah Smith, de Broosa , Asie mineure) la note suivante 
extraite d'un journal inédit de feu le docteur Asahel 
Grant. 

(Mardin, Mésopotamie , 10 août 1839). « Ce soir, le 
firmament présentait un des spectacles les plus magnifiques 
que j'ai jamais vus. Les étoiles brillaient d'un éclat surpre- 
nant, même pour cette patrie des astrologues chaldéens. 
Vers la nuit , le ciel parut sillonné d'étoiles filantes , qui 
partaient toutes de la région de l'étoile polaire ; et pendant 
plus d'une heure que nous les observâmes , il se passa à 
peine un instant sans que nous en vissions quelqu'une tra- 
verser les cieux. La plupart se dirigeaient vers le sud , le 
sud-est et le sud-ouest, et plusieurs d'entre elles laissaient 
une traînée de lumière telle, qu'elles ressemblaient à des 
rayons d'un feu vif. Le soir suivant, cette apparition 
continua , mais les météores étaient moins nombreux et 
moins brillants. La troisième soirée , presque tout avait dis- 
paru. » 

Vous vous rappellerez que cette apparition a été très- 
riche dans ce pays. Le récit précédent est certainement de 
beaucoup d'intérêt, comme venant d'une personne qui 



( %m ) 

ignorait probablement la périodicité du phénomène, et 
d'une contrée qui nous fournit peu d'observations. 



Observations de Gand. — (Extrait d'une lettre adressée 
à M. Quetelet par M. Duprez, professeur à l'athénée de 
Gand.) 

L'état du ciel a été défavorable à l'observation du retour 
périodique des étoiles filantes au mois d'août, et ne m'a 
permis d'observer que pendant une heure et demie de la 
soirée du 9. Dans cette soirée , de 9 heures et demie à 10 
heures, à travers les éclaircies, j'ai compté 8 étoiles filan- 
tes, et de 10 à 11 heures, par un ciel plus ou moins serein, 
j'ai pu en observer 13; en tout 21 étoiles filantes, se 
dirigeant presque toutes du nord-est au sud-ouest. Après 
11 heures, le ciel étant venu à se couvrir entièrement, 
j'ai dû cesser d'observer. 

Pour voir jusqu'à quel point les nombres ci-dessus peu- 
vent être considérés comme dénotant une apparition 
extraordinaire d'étoiles filantes, je les ai comparés au 
nombre de météores observés les années précédentes , à la 
même époque et aux mêmes heures. Or , je trouve, dans 
mes observations faites de 1859 à 1844, que, dans la 
soirée du 9 août la moyenne des étoiles filantes observées à 
Gand, de 9 heures et demie à 10 heures, a été de 5,5; et 
que celle des météores observés de 10 à 11 heures, a été 
de 17,2. Si l'on rapproche de ces moyennes les nombres 
obtenus pour celte année, et si l'on remarque que les 



( 229 ) 

moyennes résultent d'observations faites par un ciel resté 
constamment serein, tandis que les observations de cette 
année ont été faites par un ciel en grande partie nuageux , 
il devient très-probable que, cette année comme les années 
précédentes, la nuit du 9 août aura été remarquable par 
une apparition extraordinaire d'étoiles filantes 



Observations de Parme. — (Extrait d'une lettre adressée 
à M. Quetelet par M. A. Colla, directeur de l'observa- 
toire de Parme.) 

Les étoiles filantes n'ont pas manqué à Parme, dans 

les nuits du 8 au 10 août dernier; j'en ai aussi compté un 
nombre très-considérable dans les nuits du 26 au 27 du 
même mois, et du 50 au 51 de juillet. Outre les étoiles 
filantes, pendant le mois d'août, j'ai constaté l'apparition 
de trois globes de feu dans les soirées du 17, du 19 et 
du 24 : les deux premiers météores ont paru dans la con- 
stellation de la Grande Ourse, le premier à 9 h. 10 m. et 
le secondas h. 55 m. (t. v. civil); quant au troisième, 
son apparition a eu lieu à 9 b. 10 m., entre le triangle et 
Persée. Dans les soirées du 25 et du 29 août, j'ai observé 
une clarté boréale très-sensible, c'est-à-dire l'apparition 
du phénomène que j'ai signalé dans ma notice : Considera- 
zioni intorno ad una luce particolare che manifestasi con 
frequenza in tempo di notte verso la parte boréale del 
cielo.... 



( 230 ) 



Observations de Dusseldorf. — (Extrait d'une lettre adressée 
à M. Quetelet par M. Schmidt, de l'observatoire de Ben- 
zenberg , à Bilk , près de Dusseldorf.) 

Je prends la liberté de vous communiquer quelques ré- 
sultats des observations que depuis trois ans je fais sur les 
étoiles filantes, et j'espère que vous les accueillerez d'au- 
tant plus favorablement, que j'ai vu dernièrement dans 
votre Correspondance mathématique et physique, combien 
vous attachez d'intérêt à une branche encore peu cultivée, 
et avec quel soin vous nous y communiquez plusieurs ob- 
servations sur les étoiles filantes. 

Lorsqu'au mois de juillet 1842 je commençai à observer 
les étoiles filantes sur le Hohenfeld près de Hambourg , mon 
intention n'était pas de m'arrêter aux périodes d'août et de 
novembre, mais je croyais que, pour apprendre à connaître 
à fond ces météores , c'est-à-dire leur distance , leur rapi- 
dité et leur direction, ou leurs propriétés physiques par- 
ticulières , il fallait observer ces phénomènes sur une 
échelle plus étendue. Je résolus en conséquence d'observer, 
tant que je serais seul, les étoiles filantes tous les soirs, 
et à différentes heures de la nuit , lorsque le temps serait 
serein , en ayant soin de remarquer les particularités de 
chacune d'elles. Chaque observation complète comprenait 
donc : 1° le temps moyen approximatif du lieu ; 2° la direc- 
tion du météore vers les régions du ciel ; 5° la marche à 
travers les étoiles; 4° la grandeur relative; 5° la couleur et 
la queue; 6° la vitesse apparente plus ou moins grande. 
Je crus nécessaire de faire particulièrement attention 
à toutes ces propriétés ; car il faut remarquer que dans 



( 231 ) 

les météores les transitions de la couleur, du blanc le plus 
éclatant au jaune, au rouge jaunâtre, au vert et au gris 
nébuleux (nebelgrau), ainsi que la différence de couleur en- 
tre la queue et le corps proprement dit de l'étoile filante, 
trahissent une différence chimique individuelle, de sorte 
que toutes les étoiles filantes ne doivent pas être regar- 
dées comme les mêmes. 

Les appendices et les queues, selon moi, ne sont pas 
moins dignes d'attention. Car , chose étonnante , ces der- 
nières sont tantôt parfaitement droites avec des bords pa- 
rallèles, tantôt plus larges et plus brillantes vers le milieu ; 
tantôt elles se montrent le plus larges et le plus éclatantes 
à l'endroit où le météore s'éteint. Le décroissement plus 
rapide de lumière qui a lieu quelquefois dans le milieu 
des traînées, semble confirmer en général ce qu'on a déjà 
supposé plusieurs fois , c'est-à-dire que les queues ont la 
figure d'un cylindre ou d'un cône creux. 

D'après le plan dont j'ai parlé ci-dessus, j'ai observé 
depuis 1842 les étoiles filantes tantôt sur le Hohenfeld 
près de Hambourg , tantôt à l'observatoire de Hambourg , 
tantôt à l'observatoire particulier de M. le conseiller 
Schumacher, à Altona. Dans les observations des mois 
d'août et de novembre , toutes les fois qu'il y avait des ob- 
servations correspondantes, je n'ai point négligé de déter- 
miner les différences de méridien, ni les parallaxes. (Astr. 
Nachr., n° 514, p. 167.) 

Voici les résultats : 



Tom. xit. 17. 



( 232 ) 

Hohenfeld et Hambourg. 





NOMBRE 


Nombre 


DIRECTION DANS LE CIEL. 


1842. 


de jours 


de 












(l'observât. 


MÉTÉORES 


E.-O. 


O.-E. 


N.-S. 


S.-N. 


Juillet . . . 


2 


15 


4 


1 





1 


Août .... 


16 


188 


53 


15 


10 


13 


Septembre . 


11 


21 


6 


3 


4 


2 


Octobre . . 


11 


53 


12 


6 


4 


2 


Novembre . 


12 


47 


30 


6 


1 


1 


Décembre . 
Totaux. . 


5 


7 


3 


1 


2 


1 


57 


311 


108 


50 


21 


20 



Sur les 311 météores observés, on a donc estimé la 
direction de 179. 



1842. 


nombre d'étoiles de 




et 


>ULEUI 

5 


i. 


V 


{» 


2 e 


3* 


4 e 


5 e 


6« 


-s 






grand. 


grand. 


grand. 


grand. 


grand. 


grand. 


s 


a 


a 


S 




Juillet . 


5 


2 


4 


1 


3 





9 


1 





2 


2 


Août . 


61 


61 


46 


14 


6 





174 





3 


2 


9 


Sept. . 


5 


8 


2 


3 





3 


18 





1 





2 


Octob . 


8 


9 


8 


8 








23 


1 


8 





2 


Nov. . 


9 


14 


14 


4 


6 





35 


2 


8 


1 


1 


Décem. 
Totaux. 


2 


1 


2 


2 








5 


1 


1 








90 


95 


76 


32 


15 


3 


264 


5 


21 


5 


16 



. ( £33 ) 

Hohenfeld, Hambourg et Altona. 











NOMBRE 

de jours 
d' observât. 


Nombre 

de 

MÉTÉORES 




nomi 


RÉ D' 


KTOILI 

4 e 

grand. 


!S DE 

5 e 

grand. 


6 e 

grand. 


1843. 


grand. 


2? 

grand. 


3« 

grand. 


Janvier 


c 


13 


3 


5 


1 


3 


1 





Février. . 








1 


1 











1 








Mars. . . 








9 


12 


5 


4 


3 











Avril. . . 








3 


5 


2 


1 


1 


1 








Mai . . . 








5 


7 


4 


2 





1 








Juin . . . 








1 


2 








2 











Juillet . . 








4 


9 


4 


3 


2 











Août. . . 








20 


150 


30 


43 


53 


17 


4 


1 


Septembre 








19 


107 


19 


34 


25 


24 


4 





Octobre . 








11 


33 


10 


9 


7 


6 


1 





Novembre 








7 


34 


6 


8 


11 


6 


3 


1 


Décembre 
Totaux 








4 


12 


3 


1 


5 


4 


1 





90 


385 


86 


110 


108 


63 


14 


2 











dire 

E.-O. 


CTION D 
O.-E. 


ANS LE 

M. -S. 


CIEL. 

S.-N. 


■ 

s 


ce 

e 
s 


► ULEUI 

S fco 
S S 


t. 






1843. 


2 
S 


"5 

M 

K 




Janvier . . . 


3 


2 


5 


3 


8 





3 


1 


1 




Février . 












1 





1 
















Mars . . 






9 


1 


1 


1 


7 


2 


5 










Avril. . . 






1 





3 


1 


4 


1 













Mai. . . 






5 


1 


1 





5 





2 










Juin. . . 






1 


1 








1 


1 













Juillet. . 






3 


5 


1 





4 


2 


2 


1 







Août. . . 






52 


25 


34 


39 


113 


4 


12 


12 


9 




Septembre 






43 


27 


20 


27 


76 


11 


17 


3 


1 




Octobre . 






8 


7 


7 


11 


23 


2 


5 


1 


2 




Novembre 






18 


8 


6 


1 


31 


1 


1 


1 







Décembre 
Totaux 






8 


2 


1 


1 


9 


2 


1 










151 


79 


80 


84 


282 


26 


46 


19 


13 



( 234 ) 

Hohenfeld et Hambourg. 



1844. 


NOMBRE 

de jours 
d' observât. 


Nombre 


nombbe d'étoiles de 


6 e 

grand. 




de 
MÉTÉORES 


I e 

grand. 


2 e 
grand. 


3 e 

grand. 


4 e 

grand. 


5 e 

grand. 




Janvier .... 


11 


16 


4 


3 


4 


3 


1 


1 




Février .... 


7 


4 








2 


1 


1 







Mars 


7 


7 








4 


2 


1 







Avril 


18 


27 


5 


3 


9 


6 


3 


1 




Mai 


9 


8 


2 


1 


2 


2 


1 







Juin 


3 


4 








2 


2 










Juillet 


15 


37 


5 


5 


15 


7 


* 3 


1 




Août 


15 


312 


51 


62 


87 


69 


31 


8 




Septembre . . 


15 


41 


4 


8 


14 


9 


7 







Octobre. . . . 


8 


28 


3 


11 


5 


3 


4 


2 




Novembre . . 


7 


27 


4 


3 


10 


8 


2 







Décembre. . . 
Totaux. . . 


5 


12 


4 


3 


1 


3 










120 


523 


82 


99 


155 


115 


54 


13 




DIREC1 


ION. 






COULEUR. 






De l'E. à l'O. . . 

NE SO. 




247 
11 
10 


Blanc 
Jaun 






. 352 
86 
17 










SE NO 




3-roug 






O. E. . . 

N S. . . . 




76 
78 
72 
11 
8 


Verte 
Nébu 




27 
40 




leuses 






S N. . . 








SO. NE. . . 






NO. SE.. . . 





























( 235 ) 



Lettre de M. Morren à M. Quetelet, sur les phénomènes 
périodiques observés en Chine. 

En 1840, dans le rapport décennal que vous avez pu- 
blié sur les travaux de l'académie , vous avez bien voulu 
signaler mon empressement à me tenir par tous les moyens 
qui sont en mon pouvoir , au courant des sciences à 
l'étude desquelles je me suis voué. Par cela seul , vous 
m'avez mis, pour ainsi dire, en demeure de justifier la 
bonne opinion que vous aviez de moi , et je crois pouvoir 
me permettre, dans la présente occurrence, de vous parler 
d'un sujet qui, sous tous les rapports , doit exciter vos plus 
vives sympathies. C'est vous dire déjà qu'il s'agit des phé- 
nomènes périodiques. 

Il est facile de s'assurer par la lecture de vos plus récents 
travaux sur cette matière que votre but est non-seulement 
de distribuer sur un grand nombre de points différents du 
globe les observations à faire actuellement et à l'avenir, 
mais de recueillir aussi toutes celles qui , méritant con- 
fiance et faites avec précision, ont déjà reçu l'un ou l'autre 
mode de publication. Les lois générales de la périodicité 
et des phases successives de la nature vivante, que vous ne 
tarderez pas, je pense, à déduire de ce grand cercle d'ob- 
servations, doivent être d'autant plus utiles à connaître 
que vous pouvez opérer sur une plus grande échelle. Jus- 
qu'à présent , l'Europe et l'Amérique du nord ont été les 
deux théâtres de vos explorations. Certes , cet espace est 
déjà assez grand , et les déductions que vous tirerez de la 
comparaison des phénomènes seront, par cela seul, de 
véritables lois cosmiques. Il me semble cependant que si 



( 236 ) 

Ton venait vous offrir un immense empire de plus, vous 
l'accepteriez avec empressement. C'est le but de cette lettre 
et si vous avez dit en 1840, que ma correspondance est ac- 
tive, veuillez me permettre de l'étendre, à votre profit, 
jusqu'en Chine. 

Pendant que vous faites rayonner de l'observatoire de 
Bruxelles vos Instructions relatives aux observations des 
phénomènes périodiques en Europe et en Amérique , un 
physicien, météorologue, naturaliste et philosophe tout à 
la fois, fait à Foo-Chow-Foo les mêmes recherches, à peu 
de chose près , que les vôtres et celles de vos collaborateurs 
européens et américains. Je ne sais si vos Instructions sont 
arrivées en Chine, mais il serait presque permis de le 
croire, tant il y a de l'analogie entre vos recherches et 
celles faites dans cet empire. Si au lieu d'imitation, il y 
avait coïncidence, il serait vrai de dire encore cette fois 
que lorsque les sciences et l'humanité sont arrivées à cer- 
taines connaissances, forcément et fatalement les décou- 
vertes se font et les doctrines naissent, sans doute d'après 
cette grande pensée deBossuet, que l'homme s'agite et que 
Dieu le mène. 

J'allais m 'éloigner de Foo-Chow-Foo; j'y reviens. Par 
une particularité qui ne doit pas échapper à un belge, il se 
fait que le savant observateur de la Chine porte un nom 
illustre dans l'histoire nationale de nos sciences. Le fonda- 
teur moderne des musées d'histoire naturelle (et en disant 
ici le fondateur moderne, j'entends faire allusion à ce qu'A- 
ristote seul parmi les anciens eut l'idée de faire réunir par 
Alexandre des êtres de la nature pour mieux les étudier) , 
celui qui les appelait dans son langage expressif des arches 
de Noé, était Tradescant qu'on sait être originaire des 
Flandres, et dont le tombeau existe encore dans le cime- 



* ( 137 ) 
tière de Lambeth à Londres. L'observateur de Foo-Chow- 
Foo est sans doute un descendant de notre célèbre flamand, 
car il se nomme G. Tradescant-Lay, et occupe le consulat 
actif de Sa Majesté britannique dans cette ville. 

Le calendrier publié pour Foo-Chow-Foo en 1844, ren- 
ferme, disposées dans des tableaux en regard, les données 
suivantes : 

Les températures maximum et minimum du mois, les 
températures extrêmes remarquables, prises des endroits 
différents où elles peuvent s'augmenter ou diminuer con- 
sidérablement, comme par exemple, près de dalles noires, 
près de demeures , etc. ; 

Les pressions barométriques qui présentent en général 
de singulières périodes stationnaires , comme par exemple 
la hauteur de 29,65, qui reste la même du 18 juillet ou 
28 du même mois ; 

Les observations hygrométriques ; 

Les vents; 

Les nuages , l'état du ciel , les pluies , les rosées et les 
phénomènes électriques. 

En regard de ces observations de météorologie se trou- 
vent placés les tableaux qui renferment, collationnés selon 
l'ordre des dates , les remarques sur : 

L'économie rurale et le jardinage; 

Les anthèses des fleurs et les maturités des fruits ; 

L'arrivée des oiseaux, l'apparition des insectes, et en 
général tout ce qui tient au règne animal ; 

Les événements politiques , l'arrivée des navires et les 
circonstances locales dont le souvenir est digne d'être con- 
servé. 

A propos des observations sur l'économie rurale et le 
jardinage, M. Tradescant-Lay note le retour périodique 



( 238 ) 

de l'emploi de certains instruments d'agriculture qui , re- 
présentés dans ces tableaux, indiquent par cela seul le 
retour des opérations agricoles , et j'ai trouvé dernièrement 
le même fait répété dans les annuaires des sagas du moyen 
âge, et que la littérature de la Suède nous a si bien con- 
servés. 

Dans cette même colonne relative à l'agriculture et à 
l'horticulture, l'observateur de Foo-Chow-Foo met en mu- 
sique les chansons dont les campagnards égaient leurs 
travaux et qui sont , à ce qu'il paraît , aussi périodiques en 
Chine que les jeux d'enfant le sont en Europe. 

De même, au sujet des oiseaux, M. Tradescant met en 
musique les chants de ces animaux , chants qui , comme 
on le sait aussi chez nous , se modifient , pour quelques 
espèces, selon les saisons. Relativement au règne animal, 
il se trouve encore, dans ce calendrier, des observations 
très-jolies sur les rentrées dans les habitations à époques 
fixes, de certaines araignées et sur les mœurs de ces ani- 
maux anthropophiles. 

Je ne sais, Monsieur le secrétaire perpétuel , si vous 
tenez pour agréables ces communications, mais si elles 
peuvent vous être de quelque utilité, je suis charmé de 
vous les avoir présentées. 



( 239 ) 

BOTANIQUE. 

Description de quelques Cryptogames inédites ou nouvelles 
pour la flore des deux Flandres, par M. G.-D. Westen- 
dorp , médecin de l'hôpital militaire de Bruges. 

MOUSSES. 

t. Bryom erythrocarpoiy Schwœgr. , Suppl., II, p. 100, tab. 70 (non 
Brid). — Br. sanguineum, var. Badiculosum , Brid, Bryol., I, p. 671. — 
Br. radiculosum, Brid , loc. cit., p. 655. (Double emploi). — Br. atro-virens , 
Vill. — Br. Sanguineum, Wallr. , Comp. fl. germ., III , p. 270. — West, et 
Wall. , Herb. crypt. belge } n° 54. 

Tige raccourcie, rameuse; rameaux atténués; feuilles large- 
ment lancéolées, rigides, à nervure assez prononcée; pédicule 
allongé, noir rougeâtre; urne subpyriforme , penchée, rouge de 
sang ; opercule mamelonné. 

Notre ami Wallays , médecin vétérinaire du gouverne- 
ment, à Courtrai, a trouvé cette belle mousse sur la terre, 
le long du chemin de fer de Courtrai à Tournay. 

LICHENS. 

2. Arthonia lineola Chev? , Fl. des env. de Paris , I , pag. 542. 
Thalle petit, très-mince, allongé, lisse et roussâtre; orbicules 

fort petites, linéaires, allongées, peu proéminentes, presque 
toutes parallèles , à disque plan , brun noirâtre. 

A été trouvée sur l'écorce des jeunes chênes , aux en- 
virons de Bruges et d'Ypres. 

3. Spiloma melaleucum Ach. — Coniocarpon nigrum , Dec. — Tracbylia 
melaleuca , Fr. — Chev., Fl. des environs de Paris , I , pag. 582. 

Thalle blanc , assez épais , fendillé , de forme et de grandeur 
indéterminées; orbicules éparses, d'abord noires, pulvérulen- 
tes , arrondies , obovales ou difformes , convexes et comme héris- 
sées vers les bords; offrant ensuite, après la chute de la poussière, 
un disque aplati , enfoncé , gris ou bleuâtre. 



( 240 ) 

Nous l'avons trouvé sur les troncs du frêne, au Mont 
de Fraises, près d'Ypres. 

4. Spiloma omvaceum Ach. — Coniocarpon olivaceum, Dec. — Chev., 
FI . des env.de Paris, I , pag . 5 82 . * 

Thalle blanc jaunâtre, arrondi, très-mince, parfois peu sen- 
sible ; orbicules irrégulières, pulvérulentes, jaune verdâtres , dis- 
paraissant entièrement avec l'âge. 

Celte espèce, qui est quelquefois entourée d'une ligne 
noire , a été trouvée sur un tronc de peuplier aux envi- 
rons d'Ypres , par M. Wallays. 

HYPOXYIXÉES 

5. Cytispora foliicola Lib., Cr. Ard., n°64. — Desmaz., Ann. se. na- 
tur., févr. 1842. — West, et Wal., Herb. Crypt. belge, n"20. 

Conceptacle nul; périthèces bruns, petits, ovales, nichés au 
nombre de 5 à 7 dans le parenchyme de la feuille, noircissant 
l'épiderme et se montrant au dehors sous forme d'un disque 
blanc, farineux, percé d'un ostiolé noir central, d'où sort, sous 
forme de cirrhe, une pulpe blanche. 

D'après M. Desmazières , ces périthèces ont '/ioo de mill. 
de longueur, sont cylindriques, obtus aux extrémités 
et contiennent 3 à 4 sporules semi-opaques et peu dis- 
tinctes. 

Croît hypophylle sur les feuilles de la pervenche, du 
lierre et du Prunus lauro-cerasus, aux environs d'Ypres. 

6. Dothidea STELLARia: Lib. , Crypt. Ard., n° 172. 

Pustules noires, confluentes, allongées ou lancéolées, blan- 
ches, intérieurement; thèques fixes, oblonguesà sporidies globu- 
leuses. 

Cette espèce , qui a quelque ressemblance de port avec 
le D. graminis Chev., a été trouvée sur les feuilles languis- 



( 241 ) 
santés du Stellaria holostea, au Mont de Fraises, près 
d'Ypres , par M. Wallays. 

7 Phoma samarorum Desmaz. — Mém. de la soc. roy. des se. de Lille, 
année 1 828.— Dubv , Bot . gai., II , pag. 727. — Desmaz , PI. crypt., n° 349 . 

Tubercules petits, noirs, orbiculaires et convexes, s'ouvrant 
par un pore d'abord arrondi , allongé ensuite , à bords blanchâ- 
tres; sporules oblongues, ayant , d'après M. Desmazières, Viso de 
mill. de longueur au plus. 

Se trouve, au printemps, sur les sam ares desséchées 
du frêne , aux environs d'Ypres. 

8. Phoma hederjï Desmaz, Mém. de la soc. roy. des se. de Lille , année 
1828. — Duby , Bot. gai., II , pag. 727. —Desmaz. , PI. crypt., n° 350. 

Tubercules petits, allongés, proéminents, noirs et luisants, 
s'ouvrant par un pore arrondi ou allongé, à bords blanchâtres; 
sporules presque globuleuses, hyalines, plus grosses que dans 
l'espèce précédente. 

Assez commune sur les tiges et rameaux morts du He- 
dera hélix , aux environs d'Ypres. 

9. Asteroma lonicerje Desmaz , Mém. de la soc. roy. des se. de Lille, 
septembre 1840. — PL crypt., n° 1097. 

Taches éparses, arrondies, de 5 à 5 mill. de diamètre, d'un 
noir mat, offrant au centre de très -petites cellules peu visibles à 
la loupe et sur les bords des fibrilles rayonnantes noduleuses. 

Croît sur la face supérieure des feuilles tombées et mortes 
du Lonicera periclymenum , aux environs de Bruges. Rare. 

10. Verrucaria pinguis Nob. — Pyrenula pinguis Chev. ? — Pyretoula 
nitida , var. Minor Duf. sec Desmaz. in Litt. 

Strome crustacé, mince, orbiculaire ou indéterminé, carti- 
lagineux, comme gélatineux étant humide, lisse, jaune bru- 
nâtre ou olivâtre; périthèces nombreux, souvent réunis vers le 
milieu de la croûte, petits, punctiformes, proéminents, noirs; 
ostiolc poriforme. 



( %42 ) 

A été trouvé au Mont de Fraises, près d'Ypres, sur les 
troncs du frêne. 

11. Hypoxylon confluens Nob. — Sphœria confluens, Tod. — Sphœria 
uda, var. Salicaria Pers. — Sphœria albicans, var. Confluens Pers. — Chev., 
Fl. env. Par., I, pag. 500. — Wallr., Comp. fl. germ., IV , pag. 852. 

Réceptacles superficiels, rugueux, noirs, globuleux, légère- 
ment déprimés autour de l'ostiole , qui est peu développé et pa- 
pilliforme, se réunissant ordinairement au nombre de 4, 5 ou 6, 
pour former de petits groupes allongés et isolés. 

Commune dans les vieux saules creux, aux environs 
d'Ypres. 

12. Hypoxylox spiculosum Nob. — Sphœria spiculosum, Pers., Syn., 
pag. 53. — Trichosphœra spiculosa, Dmtr. — Chev.,/ 1 /. env. Paris, I, 
pag. 490. 

Réceptacles immergés entre les fibres ligneuses, globuleux, 
épars ou agrégés, donnant naissance à des ostioles très-longs (5 
à 6 fois le diamètre du réceptacle) , grêles, presqu'égaux entre eux 
et traversant l'écorce , pour se montrer à sa surface , sous forme 
de petites papilles noires. 

Dans cette espèce le strome est peu sensible , et le bois 
où il est niché offre sous l'écorce des taches pulvéru- 
lentes, interrompues, d'un très-beau noir. 

Nous l'avons trouvé avec M. Wallays , sur un tronc mort 
de sureau , à Saint-Jean , près d'Ypres. Rare. 

13. Hyphasma racodium Nob. — Sphœria racodium, Pers., Syn. 7 
p. 74. — Wallr., Comp. fl. germ., IV, p. 836. — Chev. , FL env. Par. , I , 
p. 475. — Stigmatisphœra racodium Dmtr. 

Périthèces solitaires ou agrégés, globuleux, noirs, rugueux et 
recouverts de poils courts, raides et également noirs; ostiole pa- 
pilliforme; subiculum large , tomenteux , brun noirâtre, ressem- 
blant à un dematium , et dans lequel les périthèces restent en- 
tièrement cachés. 

Cette Hypoxylée nous a été communiquée des environs 
d'Ypres , par M. Wallays. 



( 243 ) 

14. Spheria tessellata Pers., Syn., pag. 48. — Wallr. , Comp. fl. 
germ., IV, pag. 827. — Chev., Fl. env. Paris, I, pag. 487. 

Périthèces globuleux, immergés entre les fibres corticales, 
disposés assez régulièrement en cercle au nombre de 5, 6 ou 7; 
loges arrondies irrégulières; ostioles solitaires, offrant à la sur- 
face de l'écorce des papilles convexes ou ombiliquées, d'un noir 
brillant et disposées comme les réceptacles. 

Cette Sphérie se reconnaît facilement à la ligne noire 
flexueuse ou circulaire qui circonscrit chaque groupe d'os- 
tioles. 

Nous l'avons observée sur des branches mortes du saule 
servant d'enclos d'une ferme, à Saint-Jean près d'Ypres. 

15. Spbleria dothidea var Rosse, Fr. Elench. fung., II, p. 86. — 
Phlseoscoria umbonata, Wallr. — Xyloma rosée, Dec. — Sphaeria rosso 
Schleich. — Merat , Fl. env. Par., p. 237. 

Tumeurs variables, arrondies, elliptiques, déprimées, de 10 à 
20 mill. et plus de longueur, soulevant et fendillant l'épiderme en 
lignes flexueuses ou concentriques; strome brun noirâtre conte- 
nant un grand nombre de périthèces arrondis, farcis de matière 
blanche et n'offrant pas d'ostioles distincts. 

Nous avons trouvé cette variété , qui pourrait peut-être 
bien faire une espèce du genre Hypoxylon, sur les troncs 
et branches mortes de rosiers sauvages dans les haies, du 
côté de Zillebeke , près d'Ypres. 

16. SpiLERiASETACEAPers., Syti., p. 62. — Fr., Syst. myc. ,11, p. 518. 
— Chev., Fl. env. Par., I, pag. 462. — Dryinosphsera setacea Dmtr. 

Périthèces épars, très-petits, globuleux, immergés, surmon- 
tés d'un ostiole qui s'élève à un millimètre au-dessus de l'épi- 
derme de la feuille, sous forme d'un poil noir, très-grêle et acéré. 

Croît sur les deux faces des feuilles mortes du chêne, dans 
tous nos bois. Assez rare à cause de sa petitesse. 

17. Sph.«ria perforans Rob. — Desmaz. , Mém. de lasoc.roy. des se. de 
Lille, année 1845. — PI. crypt., n« 1288. 



( 244 ) 

Périthèces immergés entre les fibres de la feuille, très-petits, 
épars, noirs, ellipsoïdes; loges remplies d'une substance blan- 
che, contenant des sporidies ovales, hyalines, biloculaires, de 
V40 à Vôo de mill. de longueur dans leur grand diamètre; ostioles 
perforants, très-courts, orbiculaires , convexes et offrant un 
pore assez grand. Ils se montrent à la face supérieure de la feuille 
sous forme de points noirs, épars, qui la rendent rude au tou- 
cher. 

Cette espèce , qui est assez commune dans les dunes de 
notre littoral , sur les feuilles roulées par la dessiccation, 
de YAmmophila arundinacea Dum. , laisse très-bien voir ses 
périthèces entre les fibres de la face inférieure de la feuille, 
sous forme de petites stries noires, d'un quart de mill. de 
longueur. 

18. Sphbria Moriformis Tod. — Chev., FI. env. Par., I, pag. 472. 
West, et Wall., Herb. crypt. belge, n" 25. 

Périthèces nombreux , friables , assez grands , presque conti- 
gus les uns aux autres, arrondis ou ovales, d'un noir mat et 
dont la surface est toute recouverte d'aspérités qui lui donnent l'as- 
pect d'une petite mûre; ostiole nul ou rarement papilliforme. 

Cette belle espèce a été trouvée par M. Wallays, à Zille- 
beke , près d'Ypres , sur du bois mort. 

19. Sphjeria cRiNiTAPers., Syn., p. 72. — Fr., Syst. myc, II, p. 450. 
Chev., FI. env. Par., I, p. 475. — Stigmatisphœra crinita, Dum. 

Périthèces épars ou groupés, presque immergés, ovoïdes, 
noirs, lisses, recouverts de poils mous, noirs, nombreux, dont 
les plus inférieurs s'étalent ordinairement en serpentant autour 
d'eux comme une petite chevelure ; ostiole papilliforme , comme 
usé. 

Nous avons trouvé cette espèce en abondance, sur des 
billes de bois pourries, qui avaient servi de support aux 
rails du chemin de fer de Bruges à Jabbeke. M. Wallays 
nous Fa fait connaître des environs de Courtrai. 



( 245 ) 

20. Spm*ria buxi Desmaz., Mém. de la soc. roy. des se. de Lille, armée 
1843 (non Dec.) — Sphœria atro-virens var ftlirebeli Fr. (non Spbaeria Mire- 
beli Moug). — West, et Wall., fferb. crypt. belge, n° 26. 

Périthèces très-nombreux, épars, petits, presque globuleux, 
d'un roux olivâtre, immergés dans le parenchyme de la feuille, 
noircissant l'épiderme, qui les recouvre; d'abord astomes, puis 
percés d'un ostiole poriforme; thèques claviformes, légère- 
ment renflées vers le milieu de leur longueur; sporidies hyalines , 
oblongues, obtuses, contenant une ou deux sporules très-petites. 

Commune sur la face inférieure des feuilles mortes du 
buis. 

21. Spileria cauliiïcola Wallr. Comp. fl. germ., IV, pag. 770. 
Périthèces très-petits, variables, nombreux, dispersés, innés, 

proéminents, convexes, d'un noir luisant à l'extérieur, conte- 
nant une matière blanchâtre à l'intérieur. 

Assez commune sur les tiges mortes de la scabieuse des 
champs, aux environs d'Ypres. 

22. Spiubria Eryngii Fr. — Duby , Bot . gai., II , pag. 710. — Wallr., 
Comp. fl. germ., IV, pag. 774. 

Périthèces très-petits , inégalement épars ou très-rapprochés, 
proéminents , convexes , noirs , d'abord innés , ensuite émergés , 
astomes et gorgés d'une matière blanchâtre à l'intérieur; for- 
mant, par leur réunion et leur délimitation , par les nervures de 
la feuille, des taches anguleuses grisâtres , plus ou moins grandes 
et visibles des deux côtés de la fueille. 

Nous avons trouvé cette espèce en abondance sur les 
feuilles mortes de YEryngium maritimum , dans les dunes 
d'Ostende. 

23. Sphjeria iauro-cerasi Desmaz., Ann. sc.nat., mars 1841. — PI. 
crypt., n° 1282. — West, et Wall. , Eerb. crypt. belge, n» 74. 

Périthèces épars ou très-rapprochés, très-petits, un peu iné- 
gaux de grosseur, dépassant rarement *k de mill. de diamètre, 
noir, luisant, globuleux, recouverts par l'épiderme, devenant 
ensuite libres et affaissés, à déhiscence irrégulière; disque blanc; 



( 246 ) 

thèques libres, hyalines, cylindriques, droites, obtuses aux 
extrémités, d'un 60° de mill. de longueur, contenant chacune 
4 sporules globuleuses. 

Cette espèce, qui doit être placée à côté du Sphœria 
ilicis, avec lequel il a quelque ressemblance extérieure, 
vient abondamment sur la face supérieure, plus rarement 
sur l'inférieure, des feuilles mortes et tombées à terre 
du Prunus lauro-cerasus , aux environs d'Ypres. 

24. Sphjîria leguminis cytisi Desmaz., Mém. soc. roy. de Lille, mars 
1843. — PL crypt. , n° 1292. — Sphœria leguminum , Wallr. , Comp. fl. 
germ., IV, p. 771 . — West, et VHsdk., Catal., n° 74. — West, et Wall. , 
Herb. crypt. belge , n° 72. 

Périthèces nombreux, très-petits, épars quoique fort rapprochés, 
recouverts par l'épidémie, d'un brun noirâtre, d'abord globu- 
leux, déprimés, ensuite planes, remplis d'une matière blanchâtre, 
contenant des sporidies hyalines, elliptiques, pourvues d'une 
cloison transversale qui les partage en deux loges; ostiole papil- 
liforme. 

Très-commune au printemps, sur les gousses et les pé- 
doncules du Cytisus laburmum, aux environs d'Ypres et de 
Bruges. 

25. Sphjeria myriadea Dec, — Duby, Bot. gai., II, pag. 710. — 
Desmaz , Mém. de lasoc. roy. des se. de Lille , mars 1843. — West, et Wall. , 
Herb. crypt. belge , n° 73. 

Taches gris cendré ou brunâtres , arrondies ou irrégulières , 
confluentes, sinueuses sur les bords, résultant du soulèvement 
de l'épiderme par les périthèces; ceux-ci sont presque impercep- 
tibles à l'œil nu, et ne paraissent à la loupe que comme des 
points d'un noir un peu luisant, hémisphériques, épars, réunis 
en grand nombre sur chaque tache. 

Cette espèce, dont nous possédons aussi une variété plus 
petite sur les feuilles du charme (var. /3 Carpini Desmaz.) 
et du hêtre (var. e Fagi Desmaz.), croît en hiver sur les 
feuilles sèches du chêne. 



( 247 ) 

26. Spiijeria atomus Desmaz., Ann. des se. nat., mars 1841 . PL crypt., 
fasc. XXIV. 

Taches brunes, arrondies , petites , de 5 à 10 mil], au plus de 
diamètre, à bords non circonscrits par des bandes plus foncées, 
supportant sur toute leur surface des périthèces excessivement 
petits, très-nombreux, épars, d'un brun foncé, innés, d'abord 
convexes , puis affaissés à leur centre. Pore et organes reproduc- 
teurs inconnus. 

Commune sur la face supérieure des feuilles mourantes 
ou presque desséchées du hêtre. 

27. Sph-ebia isariphora Desmaz., Mém. soc. roy. se. de Lille, mars 
1845. — PL crypt., n«> 1291 . 

Périthèces très-petits, globuleux, déprimés, épars, d'un beau 
noir lorsqu'on a soulevé l'épiderme, qui les récouvre presque tou- 
jours; ostiole poriforme; thèques à double membrane, conte- 
nant des sporidies ovale-oblongs , d'un vert d'eau très-pâle, et 
dont la longueur ne dépasse pas 1 /ioo de mill., d'après M. Desma- 
zières. 

D'après ce même observateur, les périthèces de cette hy- 
poxylée donnent fréquemment naissance, dans l'état adulte, 
à un isariw, qui s'attacherait sur le pore même dont ils 
sont percés; circonstance qui lui a valu son nom spéci- 
fique. Jusqu'à ce jour nous n'avons pu vérifier ce fait inté- 
ressant. 

Croît abondamment pendant l'automne , sur les feuilles 
sèches ou mourantes du Stellaria holostea, au Mont de 
Fraises , près d'Ypres. 

28. Microthyrium microscopicum Desmaz., Ann. se. nat., mars 1841. 
— PL crypt., n<> 1092. 

Taches irrégulières , plus ou moins étendues , d'un gris brun 

ou vineux ; périthèces très-petits, nombreux, épars, déprimés au 

centre , d'où s'élève une petite papille , percée d'une ouverture 

assez visible, noirâtre, un peu luisant, avec un reflet plombé, 

Tom. xii. 18. 



( 248 ) 

ayant à peine l h de mill. de diamètre; thèques fixes en massue, 
couchées et rangées circulairement autour du pore central , con- 
tenant des sporidies oblongues,un peu fusiformes, droites ou 
légèrement arquées, longues d'environ 1 /so de mill. et munies de 
trois cloisons. 

Lorsqu'on observe au microscope un de ces périthèces , 
qui n'adhèrent que faiblement au support , on remarque 
qu'ils sont formés d'une membrane très-mince, semi-dia- 
phane , offrant un réseau de fibrilles opaques , rayonnantes 
du pore central vers la circonférence et traversées par 
d'autres fibrilles qui les croisent de manière à imiter par- 
faitement la figure et le tissu lâche d'une toile d'araignée. 

Nous avons trouvé cette rare espèce , aux environs d'Y- 
pres, sur les feuilles mortes et tombées à terre du houx, 
pêle-mêle avec YAylographum vagum, YEustegiailicis, etc. 
M. Desmazières l'indique sur les feuilles du châtaignier , 
du hêtre et du chêne. 

29. Phacidium lauko-cerasi Desm., in Duby bot. gai., II , pag. 722. — 
Fr. Elench. fung. , II , pag. 156. — Sphœria cyathoïdea, Pers. in Hook., 
Herb. sec. Berk., Brit. fung., p. 293. 

Périthèces nombreux, épars, très-petits, d'abord presque hé- 
misphériques, d'un noir olivâtre, ensuite, après la déhiscence, 
ils deviennent d'un noir mat, concaves, un peu enfoncés dans la 
feuille, conservant leurs bords légèrement proéminents; ils s'ou- 
vrent au centre en 3 valves et présentent alors un disque charnu, 
dans lequel on observe des thèques droites, persistantes, conte- 
nant des sporules ovoïdes, écartées ou serrées les unes contre 
les autres et souvent disposées en une seule ligne. 

Croît abondamment sur la face inférieure des feuilles 
mortes du Prunus lauro-cerasus. Environs d'Ypres. 

50. Phacidium bdxi Frank. 

Périthèces innés, épars , petits , arrondis, convexes, déprimés- 
concaves, d'un noir olivâtre, s'ôuvrant en 2, 3 ou 4 laciniures 



( 249 ) 

irrégulières, laissant à découvert un disque d'un jaune sale, 
dans lequel on observe des thèques droites, elaviformes, conte- 
nant des sporules ovoïdes. 

Cette espèce est une de celles qui avaient été confondues 
avec le Sphœria buxi sous le nom de 5. atrovirens , par la 
plupart des cryptogamistes , avant que M. Desmazières 
eût bien décrit les caractères propres à cette hypoxyllée. 

Croît sur les feuilles mortes du buis , aux environs de 
Bruges , Ypres , etc. 

31. Aylographum vagum Desmaz., Mém. soc. roy. se. de Lille, mars 
1845. — Aylographum hederse, Lib., Jrd., n°272. 

Périthèces très -petits, d'un noir presque mat, ovales ou 
oblongs, presque toujours droits, dirigés dans tous les sens, 
épars ou quelquefois réunis deux, trois ou quatre ensemble et 
prenant alors une forme étoilée; les deux lèvres de l'ouverture sont 
relevées et figurent une petite crête; nucléus blanc, presque hya- 
lin , contenant des thèques à sporidies oblongues , plus grosses à 
l'une des extrémités et légèrement obtuses. 

Cette espèce est souvent mêlée sur la même feuille , avec 
le Microthyrium microscopicum, YEustegia ilicis, le Pha- 
cidium multivalve , etc. , du moins dans nos échantillons 
qui ont été trouvés sur les feuilles du houx. On le ren- 
contre aussi sur d'autres plantes à feuilles dures et per- 
sistantes. 

32. Leptostroma litigiosum Desmaz., Mém. de la soc. roy. des se. de 
Lille, mars 1843. — PL crypt. , n° 1327. — Sclerotium pteridis, Pers. in 
Moug. et Nestl., n° 673 (sec Desm.). — West, et Wall. , Herb. crypt. belge , 
n°76. 

Périthèces arrondis, très-petits, ponctiformes , épars ou ag- 
glomérés, d'un brun noirâtre, presque ternes, se détachant en- 
tièrement du support à la maturité. 



( 2S0 ) 

Assez commune sur les stipes mortes du Pteris aquilina~ 
dans les bois de Zillebeke et de Thourout. 

GASTROMYCES. 

33. Sclerotium iïtclusum Kunze. — Fr., Syst. , II , pag. 255. — Wallr. , 
Comp.fl. germ., IV, pag. 139. 

Peridiums d'un à un et demi mill. de diamètre, épars, hémis- 
phériques , d'abord immergés et recouverts par l'épiderme , de- 
venant ensuite libres, lenticulaires, noirs et rugueux; chair d'un 
jaune brunâtre, plus ou moins foncé. 

Commune sur les feuilles, à moitié pourries, des peu- 
pliers , pêle-mêle avec le Sclerotium populinum. 

34. Ch^etomium elatcm Kunze. — Conoplea cylindrica, Pers. — Desmaz., 
PI. crypt., n° 237. —West, et Wall., fferb. crypt. belge, n° 83. 

Peridiums cylindriques, presque en toupie, épars, d'un ferrugi- 
neux fauve, membraneux, couverts de poils simples et courts 
à la base, très-longs, rameuxet mêlés supérieurement; sporules 
transparents, elliptiques, contenus dans une masse gélatineuse. 

Assez commune sur les tiges des plantes herbacées et 
le chaume des céréales qui servent à couvrir les chau- 
mières, aux environs de Courtray, d'où M. Wallays nous 
Fa fait connaître. 

35. Arcyria flava Pers., Syn., pag. 184. — Trichia nutans, Bull, 
champ., tab.502 , fig. 3. — Mérat, FI. env. Paris, I , pag. 89. 

Peridiums agrégés, d'abord arrondis et blanchâtres, puis 
allongés, cylindriques et d'un fauve sale ; flocons fdamenteux s'al- 
longeant beaucoup, penchés, caduques ; sporules nombreux , d'un 
beau jaune paille, arrondis; stipe court et conique, s'attachant 
sur une membrane blanchâtre. 

Lorsque les flocons filamenteux sont tombés, la moitié 
inférieure du peridium persiste, et on le prendrait alors fa- 
cilement pour l'une ou l'autre petite pézize stipitée. 



( 251 ) 

Cette espèce, assez rare, a été trouvée sur des billes de 
bois pourries, ayant servi de support aux rails du chemin de 
fer de Bruges à Bloemendael. M. Wallays nous l'avait déjà 
communiquée des environs d'Ypres, du côté d'Elverdinghe. 

URÉDINÉES. 

36. Uiiedo longissima Sow. — Uredo culmorum et ferruginea, Schum. 
— Caeoma longissimum , Link. — Chev., FI. env. Paris i, I, pag. 403. 
{Non. U. Linearis Kx. FI. crypt. Louv., p. 156.) 

Groupes linéaires , parallèles, très-longs , nombreux , d'un noir 
grisâtre, s'ouvrant dans leur longueur ; sporidies petites , globu- 
leuses, d'une couleur ferrugineuse devenant brun noirâtre. 

Sur les feuilles et les gaines du Poa aquatica , dans les 
fossés des fortiûcations d'Ypres. 

37. Plbospora ribis Nob. — Septoria ribis, Desmaz., Mém. de la soc. 
des se. de Lille , mars 1842. — PI. crypt., n° 1179. — Ascochyta ribis Lib., 
Crypt. ard. , n° 53. — West, et Wall. , fferb. crypt. belge, n° 92. 

Taches nombreuses, petites, irrégulières , presque anguleuses, 
d'un brun pâle ou pourpré; périthèces innés, épars, très-pe- 
tits, d'un brun noirâtre, d'abord convexes, puis percés par un 
large pore; cirrhes rosés ou couleur de chair; sporidies allon- 
gées, linéaires, courbes, ayant environ l ko de mill. de longueur 
et contenant de 10 à 18 sporules globuleuses, semi-opaques. 

Assez rare sur la face inférieure des feuilles du groseil- 
lier noir. 

38. Phl^ospora violjî Nob. — Septoria violœ , Wall, in litt. — West, et 
Wall., fferb. crypt. belge, n° 94. 

Taches arrondies, pâles, zonées, entourées par une auréole brun 
roussâtre, assez large, qui se confond souvent avec d'autres qui 
se trouvent dans le voisinage ; les plus grandes taches ont quel- 
quefois jusqu'à 8 ou 10 mill. de diamètre; périthèces punctifor- 
mes, nombreux, d'un jaune brunâtre, épars, translucides comme 
de la cire , convexes et offrant au sommet un pore assez large , 



( 252 ) 

par lequel la substance sporidifère s'échappe sous forme de cir- 
rhes blanchâtres; sporidies très-étroites, linéaires, hyalines, 
cloisonnées, droites ou légèrement flexueuses. 

Cette espèce qui nous a été communiquée des environs 
d'Ypres, par M. Wallays, se trouve sur les feuilles lan- 
guissantes du Viola canina. 

39. Phl^ospora petroselini Nob. — Septoria petroselini Desraaz. , 
Mém. de la soc. se. Lille , année 1843. — PL crypt., n° 1174. — Depazea 
petroselini Desmaz., Ann. des se. nat. , 1842. — Ascochyta petroselini 
Lib., Crypt. ard., n° 252. 

Taches blanches, arides, arrondies ou indéterminées; péri- 
thèces très-petits, nombreux, épars ou agrégés, d'un noir bru- 
nâtre, perforés d'une ouverture simple; cirrhes blancs; sporidies 
allongées, linéaires, droites ou légèrement flexueuses, ayant, 
d'après M. Desmazières, ty« de mill. de longueur et contenant 6 
à 9 sporules globuleuses , opaques. 

Sur les feuilles languissantes du persil , au jardin de l'hô- 
pital militaire de Bruges. 

40. PhljEOSpora humdu Nob. — Septoria humuli , West, in lilt. 

Taches d'un brun pâle ou fuligineux, nombreuses, irrégu- 
lières et parfois anguleuses , parce qu'elles sont limitées par les 
veinules de la feuille; périthèces très-petits, épars, quoique 
réunis au centre de la tache, d'un brun noirâtre; sporidies li- 
néaires, droites ou plus ou moins flexueuses, longues d'environ 
l ko à */60 de mill., contenant 8 à 12 sporules globuleuses, semi- 
opaques. 

C'est à M. Wallays que nous devons la connaissance de 
cette espèce, qui vient sur les feuilles languissantes du 
houblon , aux environs d' Ypres. 

41. PiiLiEOSPORA Rosa; Nob.— Ascochyta rosarum, Lib., Crypt. ard., n°50. 
— Septoria rosae Desmaz., PI. crypt., n<> 534. —West, et Wall., Herb. 
crypt. belge, n° 93. 

Taches d'abord purpurines, puis brunes, arrondies, plus ou 



( m ) 

moins grandes , quelquefois entourées d'une auréole jaunâtre ou 
pourprée ; périthèces innés, bruns, épars, s'ouvrant au sommet 
par un pore arrondi ; cirrhes blancs ; sporidies linéaires , plus ou 
moins courbées, contenant 8 à 12 sporules globuleuses , opaques. 

M. Wallays nous a communiqué cette espèce des envi- 
rons d'Ypres et de Courtrai , où il l'a trouvée sur les feuilles 
languissantes de plusieurs espèces de rosiers cultivés dans 
les jardins d'agrément. 

42. Phl^ospora hyperici Nob. — Septoria hyperici Rob. — Desmaz. , 
Mém. de la soc. roy. des se. de Lille, mars 1842. — PI. crypt., n° 1178. 

Taches arrondies , allongées ou indéterminées , d'un brun roux 
ou pourpré, entourées parfois d'une auréole jaunâtre; périthèces 
petits, innés, proéminents, bruns, offrant à leur sommet un 
pore assez large; cirrhes très-déliés, d'un rouge clair; sporidies 
linéaires, droites ou légèrement courbées, de */30 de mill. de 
longueur et contenant 6 à 12 sporules globuleuses, opaques. 

Nous l'avons trouvé sur les feuilles languissantes de YHy~ 
pericum elodes au Mont de Fraises, près d'Ypres. 

CHAMPIGNONS. 

43. PEziZAATRATAPers., 5t/n.,pag. 069.— Desm., PL crypt., n"604.~ 
West, et Wall., fferb. crypt. belge, n° 99. 

Cupules sessiles, petites, éparses ou réunies par groupes, 
presque globuleuses, glabres, légèrement ridées étant desséchées, 
noirâtres, à ouverture connivente, blanchâtre; disque concave 
presque glauque ; thèques claviformes d'un 20 e de mill. de lon- 
gueur; sporidies oblongues contenant deux sporules. 

Var. B. Ebuli Fr. Duby, Bot. gai, II, pag. 753. — Cupules 
d'un noir grisâtre , entourées d'un bord sinueux très-blanc. 

Nous avons trouvé l'espèce et la variété sur les tiges 
pourrissantes de l'asperge officinale , au jardin de l'hôpital 
militaire de Bruges. 



( 254 ) 

44. Peziza iittorea Fr. — Duby , Bot. gai., II, pag. 750. — Wallr., 
Comp.fl. germ., IV, 489. 

Champignons groupés, très-petits, courtement stipités, n'ayant 
qu'un millimètre de hauteur; cupule hémisphérique-déprimée, 
glabre, d'un blanc sale, à disque rougissant; bord presque lacéré, 
légèrement réfléchi en dedans et blanchâtre. 

Cette espèce , qui se groupe de préférence autour des 
articulations de YArundo phragmites , a été trouvée par 
M. Wallays, aux étangs de Zillebeke et de Dikkebusch, 
près d'Ypres. 

45. Peziza graminis Desmaz., Ann. se. nat. } mars 1841. — PI. crypt., 
n" 1066. — West, et Wall. , Herb. crypt. belge , n<> 98. 

Sessile, éparse, glabre, erumpante, très-petite n'ayant qu'un 
tiers ou */• mill. de diamètre, concave, d'un brun pâle étant 
humide , plus foncé étant sèche; disque d'un gris blanchâtre ; bord 
blanc et frangé par des filaments courts et très-fins; thèques 
claviformes d'un 15 e de mill. de longueur, contenant des spori- 
dies oblongues, linéaires , cloisonnées et longues d'environ i ko de 
mill. 

M. Wallays nous l'a communiquée des environs d'Ypres 
sur les chaumes secs de plusieurs graminées. 

46. Peziza patola Pers., Obs. myc, I, p. 42. — Desmaz., PL crypt., 
n°1056. 

Stipitée, très-petite, hémisphérique, peu ouverte, velue et 
blanche à l'extérieur, glabre et d'un jaune pâle intérieurement. 

Cette jolie pézize, qui n'est rare qu'à cause de sa peti- 
tesse , se trouve sur les feuilles mortes et sèches du chêne , 
dans les deux Flandres. 

47. Pistillaria incarnata Desmaz., Mém. de la soc. roy. des se. de 
Lille, mars 1843. — PL crypt., n° 1515. 

Haute d'un à deux mill., renflé au sommet en une tête ovoïde 
ou en massue, obtuse, quelquefois légèrement aplatie et souvent 
marquée d'une ou deux fossettes ou d'un large sillon, d'une cou- 



( 255 ) 
leur incarnat à l'état frais, d'un rouge de brique étant desséchée ; 
spores presque ovales , hyalines; stipe cylindrique, atténué, gla- 
bre, de même couleur que la tête. 

Cette jolie petite espèce a été trouvée sur les feuilles 
sèches du Scirpus lacustris , à l'étang de Dikkebusch , par 
M. Wallays. Très-rare. 

48. Clavaria paludicola Lib., Cryp.ard., n°322. 

Hauteur de 5 à 6 mill. au plus sur 1 mill. d'épaisseur, éparse, 
à massue, comprimée, rugueuse, rude au toucher, jaune à l'é- 
tat frais, orangé étant sec. 

Cette petite clavaire , très-rare, a été trouvée sur la terre 
marécageuse à Langemarck par notre ami Wallays. 

BYSSOIDÉES. 

49. Actixonema Robergei Desmaz., Mém. soc. roy. des se. de Lille, 1840. 
— Àsteroma Robergei? Desraaz., PI. crypt., n° 1100 (an Actinonema caulin- 
cola, Pers. in Duby , Bot. gai., II , pag. 717 ?) 

Filaments rayonnants du centre vers la circonférence, rameux, 
dendroïdes, déliés, articulés, d'un brun noirâtre, semi-opaques; 
articulations noduleuses, inégales en longueur, ayant d'une à 
quatre fois le diamètre. 

Cette plante , dont on ne connaît pas encore les organes 
reproducteurs, s'étale et s'attache sur la moelle des tiges 
mortes de YHeracleum spondijlium , et imite assez bien , 
comme l'indique fort judicieusement M. Desmazières, les 
dernières ramifications d'un Batrachospermum tenuissi- 
mum qui aurait été étendu sur le papier. 

50. Arthrinium curvatum Kunze et Schm. — Camptoum curvatum, 
Link. — Duby , Bot. gai, II , pag. 926. — Lib., Crypt. ard., n<> 79. 

Filaments simples, petits, déliés, transparents, cloisonnés, 
réunis en petites touffes d'un brun noirâtre ; cloisons rapprochées 



(m) 

épaisses, noires; sporules serrées, très-petites, de même couleur 
que les filaments, fusi formes, courbées en forme de croissant. 

Cette Byssoïde croît sur les feuilles mortes du Scirpus 
lacustris , aux environs d'Ypres. 

51 . Oïdium ciiartarum Link. — Sporotrichum chartaceum, Pers. — Stil- 
bospora chartarum, Ehrenb. — Desmaz., PL cryp., n° 663. 

Taches noires, éparses, d'un aspect pulvérulent, formées par 
des filaments couchés; rameaux, transparents, articulés; articu- 
lations se disjoignant en sporidies globuleuses ou ovoïdes. 

Sur le papier gris ou roux conservé dans des lieux hu- 
mides. 

52. Sporendopîema casei Desmaz., Mém. soc. roy. des se. de Lille, dé- 
cembre 1826. — PL crypt., n<> 161 . — Mucor crustaceus, Bull. — iïgerita 
crustacea , Dec. — Oïdium Rubens , Link., obs. — Sependonium caseorum, 
Link. Spec. 

Filaments courts, simples ou rameux, dressés en petites touffes 
blancs devenant jaunes; sporidies agglomérées, grandes, serrées, 
placées sur une seule ligne de manière à figurer des cloisons, et 
d'un beau rouge vermillon. 

Assez commune sur la croûte des fromages salés de la 
Hollande et du Dauphiné. 

53. Fusisporium calceum Desmaz., Ann. se. nat., févr. 1842. PL crypt., 
nM151. 

Taches arrondies ou irrégulières de 3 à 4 mill. de diamètre, 
blanchâtres et pulvérulentes, entourées d'un cercle brunâtre 
assez large; sporidies cylindriques ou fusiformes et toujours ob- 
tuses aux extrémités, ayant depuis Vioo jusqu'à */so de mill. de 
longueur. 

Cette espèce , qui vient sur la face inférieure des feuilles 
languissantes du Glechoma terrestris , nous a été commu- 
niquée des environs d'Ypres (Vlamertinghe) par M. Wal- 
lays. Rare. 



( 257 ) 



Enumeratio synoptica planlarum phanerogamicarum in 
regionibus mexicanis ab Henrico Galeotti , collectarum. 
Auct. M. Martens et H. Galeotti. 

CONVOLVULACEAE. Endl. 
I. DICHONDRA. Font. 

1. DlCHONDRA SERICEA. Sw. 

(Coll. H. Gai. No 7016.) 

@. — Dans les champs et savanes de Xalapa, de Mira- 
dor et de Zacuapan, de 3,000 à 4,000 pieds. FI. verdâtres. 
Déc.-févr. 

II. EVOLVULUS. L 

2. EVOLVLI.US MICROPHYLLUS. NoblS. 
(Coll H. Gai. N° 1382.) 

Caule filiformi procumbente ramoso , ramis foliis pedunculis 
calycibusque sericeo-villosis, foliis subsessilibus parvulis ovatis 
obtusis , pedunculis unifloris bibracteolatis folio 3-4plo lon- 
gioribus , sepalis lanceolatis , corolla subrotato-infundibuli- 
formi, limbo integro. — Caulis gracilis, folia 1 lineas longa, 
flores parvi caerulei tubo brevissimo, limbo diametro 3-li- 
neari. — Affinis Evolvulo debili HBK. 

e. — Bans les savanes de la colonie allemande de Za- 
cuapan , à 3,000 pieds. FI. bleuâtres. Juin. 

3. EVOLVULUS DER1LIS. HBK. 

(Coll. H. Gai. N» 1365.) 

Obs. Corolla parvula caerulea exlus sericeo-villosa. 

©. — Sur les montagnes calcaires de Tehuacan, à 
5,500 pieds. FI. bleu céleste. Août. 

4. Evolvulus l'iLOsissiMUS. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N» 1390.) 



( 258 ) 

Pilosissimus ; caule filiformi elongato longé piloso, foliis 
brève petiolatis ovato-ellipticis utrinque appressè pilosis mar- 
gine ciliatis, pedunculis 2-3-floris folio longioribus, floribus 
pedicellatis , pediceliis bracteolatis , sepalis lanceolatis acumi- 
natis sericeo-pilosis , flore parvo albo. — Folia —pollicaria 
subsessilia. — Afîinis Evolvulo alpinoides R. Br. 

0. — Se trouve dans les champs, au bord duRio-Grande 
de Lerma, près de Guadalaxara, à 3,000 pieds. FI. blanches. 
Janvier. 

6. EVOLVULUS VERONICAEFOL1LS, HBK. 

(Coll. H. Gall. N« 1384.) 

Obs. Folia in speciminibus nostris subsessilia subcordato-orbiculata ^-pol- 
licaria sublus sericeo-pilosa, pedunculi uniflori bracteati folio dimidio bre- 
viores. 

@. — Sur les rochers de S. Maria, près de Morelia de 
Michoacan, à 6,500 pieds. FI. blanches. Août. 

6. Evolvulls villosus? R. et Pav. 

(Coll. H. Gai. N« 1357.) 

Caule debili piloso hirsulo, foliis subpetiolatis ovato-lan- 
ceolatis acutis utrinque appressè pilosis , pedunculis folia su- 
perantibus bracteatis bifidis 2-3-floris. — Folia |-pollicaria, 
flores parvi caerulei. 

@. — Se trouve et dans les savanes de Zacuapan , à 
3,000 pieds, et dans celles de la côte d'Oaxaca, baignée par 
l'Océan pacifique, de 1,000 à 3,000 pieds. FI. bleues. 
Septembre. 

7. Evolvulls sericeus. Sw. 

(Coll. H. Gai. No 1356.) 

e. — Se trouve à Zacuapan avec l'espèce précédente. 
FI. blanches. Septembre. 

8. Evolvulus longifolius ? Z. 

(Coll. H. Gai. N" 1357 bis.) 

Caule debili filiformi piloso procumbente, foliis remotis 



( 259 ) 

brève petiolatis lineari-lanceolatis acuminatis utrinquc ap- 
pressè pilosis, pedunculis capillaceis subunifloris folio triplo 
longioribus, flores caerulei, sepala hirsuto-pilosa. 

e. — Se trouve avec YEvolvulus villosus. FI. bleues. Sept. 

*9. EVOLVULCS ALBIFLORUS. NoblS. 
(Coll. H. Gai. No» 1386 et 1388.) 

Caulibus caespitosis sericeo-villosis , foliis subsessilibus ap- 
proximatis oblongo-lanceolatis supra adpresso-pilosis subtus 
sericeo-villosis, pedunculis axillaribus filiformibus unifloris 
folia superantibus , sepalis lanceolatis acuminatis sericeo-pi- 
losis, corolla alba infundibuliformi extus villosula. — Folia 
f-pollicaria , pedunculi subpollicares. — Affinis Evolvulo hir- 
suto HBK. 

e. — Dans les champs de la vallée de Mextitlan , au nord 
de Mexico , et dans les environs de Zimapan , de 4,000 à 
5,000 pieds. FI. blanches. Août. 

III. DUFOUREÀ. Kunth. 

10. DUFOUREA? VELUTINA. NoMs. 
(Coll. H. Gai. No 1380.) 

Frutex ; ramulis cinereo-tomentosis, foliis breviter petiolatis 
ovatis acutis integerrimis utrinque praeserlim subtus sericeo- 
velutinis, pedunculis axillaribus multifloris folium aequanti- 
bus, laciniis calycis exterioribus virescenlibus , corolla alba. 
— Spécimen incompletum; unde determinatio dubia. 

i . — On trouve cette belle plante, remarquable par la 
grande quantité de ses fleurs , près de la Venta de Aragon , 
sur la route de Tehuacan à Oaxaca , à 5,000 pieds. FI. blanc 
jaunâtre. Avril. 

IV. CONVOLVULUS. Choisy. 

il. CONVOLVULUS COERUI.EUS. JYobiS. 
(CoU. H. Gai. No 1359.) 

Caule suffruticoso? volubili, ramis divaricatis piloso-hir- 



( 260 ) 

sutis ac glandulosis, foliis brevi petiolatis ovatis acutis sub • 
cordatis integerrimis utrinque appressè pilosis, pedunculis 
3-S-floris folio duplo longioribus, floribus aggregatis, corolla 
subcampanulata coerulea, sepalis lanceolato-linearibus acu- 
minatis glanduloso-pilosis. — Folia pollicaria , corolla £-pol- 
licaris. 

4o. — Cette espèce se trouve dans les haies et champs 
de Zacuapan et de Mirador , à 3,000 pieds. FI. Déc.-juin. 

12. Convoi/vulus variabims. Schlecht. 

(Coll. H. Gai. K» 1351.) 

4o. — Dans les bois de Zacuapan , à 5,000 pieds. 
FI. blanches et roses. Juin. 

15. CONVOLVULUS POLYANTHUS. Schlecht. 
(Coll. H. Gai. N° 1350.) 

2k*?. — Cette jolie espèce produisant des milliers de 
fleurs azurées, se trouve avec les deux espèces précédentes. 
FI. Avril-août. 

14. COMVOLVDLUS? TENUIFOLIUS. NobtS. 
(CoU. H. Gai. N° 1373.) 

Caule gracili suffruticoso volubili, foliis petiolatis laciniato- 
pedatis, laciniis 9-11 linearibus acuminatis glabriusculis , pe- 
dunculis 1-2- floris folio longioribus , sepalis ovatis acuminatis 
exterioribus muricatis. — Capsula bilocularis , loculi2 ovulati, 
corolla ignota, folia pedata, laciniae 11 angustè lineares in- 
termediis f-pollicaribus. 

4u. — Dans les haies de Sola au sud d'Oaxaca, à 5,000 
pieds. FI. jaune clair. Septembre. 

15. Convolvulus luteus. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 1379.) 

Glaber ; caule suffruticoso volubili , foliis ovato-lanceolatis 
acuminatis basi subcordatis glabris , pedunculis subquadria- 
latis multifloris folio petiolato vix breviônbus , floribus pedi- 
cellatis cymoso-umbellatis , sepalis obovato-rotundatis subae- 



( 261 ) 

qualibus , corolla infundibuliformi lutea calyce triplo majore. — 
Petioli pollicares, folia 1^-pollicaria, corolla f-pollicaris. 

2Jo. — Dans les dunes de Vera-Cruz. FI. jaunes. Nov. 

16. CONVOLVULUS BONARIENSIS? Cav. 
(Coll. H. Gai. N° 1363.) 

Obs. Spécimen raancum ; folia non setulâ terminata. 

©<j. — Dans les champs de Tehuacan , à 5,000 pieds. 
FI. blanches. Août. 

17. CONVOLVULUS SUAVEOLENS. Nobis. 
(Coll. H. Gai. N° 1376.) 

Fulvo-hirsutissimus pilis rigidis patentibus basi tuberculatis 
(indique tectus ; caule suffruticoso volubili , foliis petiolatis 
cordato-ovatis acuminatis integerrimis , pedunculis multifloris 
subdichotomo-cymosis, sepalis ovatis obtusis dense muricato- 
setosis, corolla infundibuliformi elongata. — Caulis muricato- 
hispidus pilis longis fui vis patentibus hirtus, petioli l-l|-pol- 
licares, folia 1-3-pollicaria, calyx echinato-setosus 3-4 lineas 
longus, corolla alba noctu expansa suaveolens tubo 2-pollicari , 
limbo quinquangulo sub 2-pollicari. 

2/-o. — Dans les haies de Sola, au sud d'Oaxaca , à 5,000 
pieds. FI. blanches très-odorantes, vers 6 et 7 heures du 
soir. Septembre. 

18. CONVOLVULUS ATTENUATUS. NoblS. 
(Coll. H. Gai. No 1399.) 

Glaber ; caule herbaceo volubili , foliis cordato-ovatis apicc 
longe attenuato-acuminatis integerrimis vel basi subangulatis, 
pedunculis petiolo longioribus 2-3-floris, sepalis ovato-ro- 
tundatis subulato- acuminatis, corolla campanulata calyce 
quintuplo longiore. — Petioli 2-pollicares , folia 3 poil, longa 
basi 2? poil, lata sinu latissimo emarginato-cordata , calyx 
•4-linearis , corolla rosea pollicaris , fructus deest. 

4o. — Dans les ravines de Talea , au nord-est d'Oaxaca, 
à 3,500 pieds. FI. roses. Octobre. 



( 262 ) 

19. CONVOLVULUS.... 

(Coll. H. Gai. No 1404.) 

Obs. Spécimen mancum. Folia longé petiolata sagittato-cordata, pedun- 
culi elongati 2-5-flori, sepala ovato-lanceolata ciliata, floribus roseis, caule 
volubili pubescente-villoso. 

2[o. — Dans les haies de Cordoba , près de Vera-Cruz , 
à 5,000 pieds. FI. roses. Novembre. 

20. CONVOLVULUS ? MCNITIFLORUS. NoUs. 
(Coll. H. Gai. N° 1372.) 

Caule gracili volubili pîlosiusculo , foliis brève petiolatis latè 
cordato-ovatis acutis ciliatis utrinque glabris, pedunculis fili- 
formibus folio longioribus 1-2-floris, calyce 5-fido pilosissimo, 
laciniis lanceolatis acuminatis aequalibus , corolla subcampa- 
nulata parvula alba. — Folia pollicaria , pedunculi bipollicares, 
corolla 2 lineas longa. — Calyce gamophyllo a convolvulis re- 
cedit. — Fructum non vidimus. 

2kj. — Dans les haies de Sola , avec le C. tenuifolius , 
à 5,000 pieds. FI. jaune-citron. Septembre. Rare. 

V. IPOMOEA. Choisy. 

21. Ipomoea apiculata. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N» 1381.) 

Glabra; caule herbaceo volubili, foliis sinu profundo cor- 
datis trilobis rotundatis, lobis ovatis obtusissimis intermedio 
minore , pedunculis sub2-floris folio longioribus , sepalis 
inaequalibus obtusissimis ovatis apice setoso-apiculatis , flore 
amplo purpureo. — Folia f poil, longa, poil, lata, flos ut in 
Ipomoea purpurea. — Affinis Jpomoeae trifidae HBK. 

©ci?. — Dans les dunes de Vera-Cruz. FI. roses. Nov. 

22. Ipomoea hederacea. Jacq. 

(Coll. H. Gai. No 1395.) 

©o- — Sur les flancs du Volcan de Jorullo (Michoacan), 
à 4,000 pieds. FI. violet rose. Août. 



( 263 ) 

25. Ipomoea capii.i.acea. Don. 

(Coll. II. Gai. N» 1353 ) 

Syn. Convolvulus capillaccus. HBK. 

2[o. — Dans les savanes et haies de Mirador, à 5,000 
pieds. FI. violettes. Juillet. 

24. Ipomoea purplrea. Lam. 

(Coll. II. Gal.N» 1396.) 

2kj. — Dans les bois de Capulalpan et de Yavezia 
(Sierra, au nord-est d'Oaxaca), à 7,000 pieds. FI. pour- 
pres. Novembre. 

2ô\ Ipomoea affikis. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No» 1377 et 1385.) 

Syn. Mecatillo incolarum Mextitlan. 

Caule herbaceo volubili hirsuto , foliis cordatis Irilobis se- 
riceo-villosis , lobis inaequalibus ovatis apice attenuato-acu- 
minatis, lobo intermedio majore productiore, pedunculis folio 
longioribus trifloris, floribus pedicellatis, calycibus setoso- 
hirsutis, sepalis lanceolatis acutiusculis , limbo corollae subin- 
tegro. — Habitus fpomoeae hederaceae Jacq. ; sed pedunculis 
longioribus, calycibus non sessilibus, sepalis non apice li- 
neari-attenuatis facile distinguitur. 

4u. — Dans les haies de Sola , au sud d'Oaxaca , à 5,000 
pieds, et dans la vallée du Rio-Grande de Mextitlan, de 
4,500 à 5,000 pieds. FI. pourpres. Août. 

26. Ipomoea aristueata. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N° 1383.) 

Caule volubili suffruticoso tereti pubecenti-hirto, foliis 
longé petiolatis lalè ovatis dentato-angulatis basi profundè 
cordatis utrinque pilosiusculis , pedunculis elongatis folia mul- 
toties superantibus apice dichotomis hirsutis 8-10-floris, se- 
palis rotundatis subaequalibus pilosis sub apice longe mucro- 
nato-aristatis , corolla ampla infundibuliformi coccinea. — 
Folia 2-8 poil, longa, 2 £ poil, lata angulata apice in a,cumen 
obtusum brevem altenuata, pedunculi pédales et ultra , sepala 
Tom. xii. 19. 



( 264 ) 

mucrone viritli â-4-lineari dorso aristata , corolla 2-pollicaris 
limbo plicalo integro. 

2|A-\ — Dans les champs de S.-Maria, près Morelia de 
Michoacan , à 5,500 pieds. FI. roses. Août. 

27. Ipomoea lindenii. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 1360 , et coll. J. Linden n° 301.) 

Laevigata; caule suffruticoso volubili, foliis cordatis ovatis 
acuminatis, superioribus ovato-lanceolatis acuminatis , pe- 
dunculis sub 3-floris petiolo brevioribus, pedicellis pedunculo 
multo longioribus, sepalis inaequalibus oblongis obtusis mar- 
gine scariosis , corolla infundibuliformi-campanulata limbo 
sublobato. — Habitus Convolvuli sepium. L. — Folia sinu lato 
haud profundo cordata mucronato-acuminata laevigata 2-4- 
pollicaria , petioli fere longitudine foliorum , pedunculi brèves 
2-S-lineares apice pedicellos subpollicares unifloros saepius 
très gerentes, flores 1-1^-pollicares lutei. 

4u. — Dans les baies de la colonie de Zacuapan , à 
3,000 pieds. FI. jaune-citron. Novembre. 

28. Ipomoea piiosissima. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 1364.) 

Caule volubili hirsuto, foliis pedato-5-partitis utrinque 
dense sericeo-pilosis , lobo intermedio ovato acuminato utrin- 
que attenuato , pedunculis hirsutis folio longioribus bracteola- 
tis unifions, calyce fulvo-setoso-hirsuto , sepalis lanceolatis 
aequalibus, corolla infundibuliformi-campanulata. — Folia 
pedati-secta , lobis exterioribus minoribus ovato-oblongis , pe- 
dunculi bipollicares , corolla purpurea ferè 1 ^-pollicaris. 

4<_>. — Dans les bois de la Sierra de Yavezia ( au nord- 
est d'Oaxaca), à 7,000 pieds, et sur les rochers, près de la 
ville d'Oaxaca, à 5,000 pieds. FI. pourpres. Août-nov. 

29. Ipomoea iiirta. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 1374.) 

Caule volubili petiolisque hirtis, foliis hastato-sagiltato-cor- 



( 265 ) 

datis ovatis acuminatis utrinque glabris margine ciliolatis, 
pedunculis folio longioribus bifloris glabris, sepalis ovalo- 
oblongis acutiusculis hirsuto-pilosis , corolla ampla infundibu- 
liformi purpurea. — Folia superiora pollicaria, pedunculi 
bipollîcares , pedicelli 2-3-lineares, corolla subpollicaris. 

2J.U- — Dans les haies de Sola , au sud d'Oaxaca , à 5,000 
pieds. FI. roses. Septembre. 

30. Ipomoea pedatisecta. Nobis. 

(Coll. H.Gal.N» 1370.) 

Glabra; caule herbaceo gracili volubili, foliis 7-partito-pe- 
datis petiolatis, laciniis lineari-lanceolatis inlegerrimis se- 
taceo-acuminatis , pedunculis elongatis apice bifloris , sepalis 
ovatis acutiusculis albo-marginatis dorso muricatis, corolla 
infundibuliformi purpurea, limbo subintegro. — Petioli £-poï- 
licares , folia laciniato-pedata, lacînia média pollicari, caeteris 
minoribus; pedunculi axillares solitarii S-4-pollicares apice 
bibracteolati ac biflori , pedicelli graciles ^-pollicares et ultra , 
sepala 2-S-linearia margine scariosa , nervo praesertim medio 
subtus Iaeviter muricata; corolla pollicaris et ultra, lirabi dia- 
metro pollicari ; fructus ignotus. 

2|o- — Dans les bois, près de la côte pacifique d'Oaxaca, 
à Rio-Grande. FI. violettes. Septembre. 

51. IPOMOEA DELPIILMIFOLIA. NoMs. 

(Coll. H. Gai. N° 1366.) 

Caule herbaceo gracili volubili glabro , foliis breviter petio- 
latis subpedato-laciniatis , laciniis linearibus setaceo-acuminatis 
margine piloso-ciliatis , pedunculis elongatis unifloris ultra 
médium bibracteolatis , sepalis lanceolatis subaristato-acumi- 
natis margine scariosis dorso carinato-alatis, alis muricatis 
in petiolum decurrentibus, corolla infundibuliformi, limbo 
subintegro. — Petioli 2-3-lineares, folia pollicaria profonde 
sub-9-partito-laciniata, pedunculi 2-3-pollicares , sepala 8- 
linearia subcrislato-alata , corolla 1 ^-pollicaris purpurea. — 



( 266 ) 

Habitus Ipomoeae pcdatisectae nobis, a qua laciniis foliorum 
cilialis, pcdunculis unifloris, sepalis longioribus lanceolatis 
recedit. 

4o. — Dans les haies de Tehuacan , à 5,000 pieds. 
FI. violettes. Août. 

52. Ipomoea bona mox. L. 

(Coll. H. Gai. No 1400.) 

2|Oi — Dans les haies de Tehuacan , à 5,000 pieds. 
FI. blanches. Novembre. 

35. Ipomoea pauciflora. Nobis. (§ Orthipomoea. Benlh.) 

(Coll. H. Gai. N« 1403.) 

Glabra ; cauli erecto arboreo , foliis cordato-ovatis obtusis 
apice attenuatis , pedunculis solitariis unifloris apice incrassatis 
folio brevioribns, sepalis ovato-rotundatis aequalibus, corolla 
campanulato- infundibuliformi , limbo subintegro. — Petioli 
graciles pollicares, folia sub 2-pollicaria, pedunculi 1 £-polli- 
cares incrassati , sepala rotundata f-pollicaria, corolla alba 
£ poil, longa. — Affinis J. macranthae. 

5 . — Sur les monts calcaires de Chapulco et des envi- 
rons d'Oaxaca, à 5,000 pieds; atteint 25 à 50 pieds de 
haut. FI. blanches. Août-novembre. 

54. Ipomoea sidaefolia. Choisy. 

(Coll. H. Gai. N° 1406.) 

Syn. Convolvulus multiflorus. HBK. 

4u- — Dans les haies de Cordoba , près Vera^Cruz , à 
5,000 pieds. FI. blanc-jaunâtre. Janvier. 

55. Ipomoea latifolia. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N° 1401.) 

Glabra; caule herbaceo volubili , foliis longe petiolatis reni- 
formi-cordatis apice breviter cuspidatis , pedunculis peliolo 
subaequalibus apice trifloris bracteolalis , bractcolis lineari- 
subulalis, floribus magnis pedicellatis, sepalis ovatis apicu- 
latis, corolla infundibuliformi-campanulala. — Petioh 2-polIi- 



( 267 ) 

cares et ultra, folia l| poil, longa 2 poil, ad basim lata su- 
breniformia, sepala 3-4-linearia, corolla purpurea sub2 poil, 
longa. 

2j. u . — Dans les bois d'Arroyo-IIondo , près Cordoba , 
à 2,000 pieds. FI. violettes. Janvier. 

5C. Ipomoea macrantha. Don. 

(Coll. H. Gal.N» 1367.) 

Syn. Convolvulus macranthus, IIBK. 
Obs. In nostro specimine incompleto calyx et corolla extus glabri. 

S . — On trouve cette belle plante (1) , qui atteint 20 à 
50 pieds dans les environs d'Oaxaca et de Tehuacan , à 
5,000, et dans les plaines de Guadalaxara, à 4,000 pieds, 
où elle est fort commune. FI. blanches. Août-janvier. 

5g bis. Ipomoea iiirtiflora. Nob. ( Cephalantae. Choisy.) 

(Coll. H. Gai. N» 1398.) 

Caule volubili suffruticoso petiolisque adpresse fulvo-vil- 
losis, foliis cordalis ovatis acuminatis suprà sericeo-villosis 
subtus fulvo-sericeo-tomentosis, pedunculis axiilaribus folio 
duplo longioribus fulvo-villosis capitulo denso bracteato cy- 
moso latè expanso fulvo-serviceo-hirsutissimo terminalis , 
bracteis ovatis acutis adpressis intus nigricanlibus glabris 
extus dense sericeo-villosissimis, sepalis ovato-Ianceolalis extus 
sericeo-hirsutis, corolla tubuloso-infundibuliformi extus fulvo- 
hirsutà sepalis triplo longiori. — Petioli pollicares , folia sub- 
2-pollicaria , capitula multiflora densa pilis longis fulvis mol- 
libus crinita, 2 | poli, lata, vix poil, alta, bracteae exteriores 
subpollicares , sepala ^-pollicaria. — Accedit ad Ipomoeam 
eriocephalam Moric. 

2J.U- — Se trouve dans les bois de la Chinantla , à 2,000 
pieds. FI. violâtres. Août. 



(1) Nous possédons celte intéressante espèce à l'état vivant dans notre 
serre mexicaine. (Note de H. Galeolli.) 



( 268 ) 

VI. CALONYCTION. Choisy. 
«57. Calonyction Galeottii. Martens. 

(Coll. H. Gai. N» 1355.) 

Caule angulato laevi, foliis petiolatis glabris inlegris ovatis 
et ovato-lanceolatis acuminatis sagittato-cordatis , lobis basi 
rotundatis subincumbentibus , pedunculis axillaribus folio bre- 
vioribus 1-8-floris, sepalis inaequalibus ovato-oblongis obtusis 
apice setaceo-aristulalis , corolia elongata hypocrateriformi , 
limbo subintegro. — Petioli 1-1 |-pollicares , folia 8-4-poll. 
longa 1-1 £-poll. lata flores pedicellati, corolia purpurea tubo 
2-pollicari, limbi diametro 2-pollicari. 

4o. — Cette jolie espèce se trouve dans les endroits 
humides de Mirador , à 5,000 pieds , et à Juquila (côte sud 
d'Oaxaca), de 5,000 à 4,000 pieds. FI. pourpres. Sept.-janv. 

58. Calonyctiom dubium. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N« 1362.) 

Caule volubili laevigato, foliis sagittatis ovato-lanceolatis 
acuminatis pilosiusculis, pedunculis axillaribus unifions pilo- 
siusculis medio subarticulatis et bracteolatis folio brevioribus , 
sepalis lanceolatis muricatis, corollae hypocraterimorphae tubo 
apice sensim ampliato , limbo 5-lobo angulato , staminibus in- 
clusis. — Petioli vix pollicares , folia bipollicaria adpresso-pi- 
losula , pedunculi l£-pollicares , calyx asper muricatus, co- 
rolia ampla purpurca, tubo 2-3-pollicari , limbi diametro 
2 l-pollicari. 

Obs. Staminibus inclusis a génère Calonyction recedit. 

2jo. — Dans les forêts de la Misteca-Alta et d'Yavezia 
(Oaxaca) , à 7,000 pieds. FI. pourpres. Avril-novembre. 

59. Calonyction proximum. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N» 1378.) 

Caule volubili fruticoso glabro, foliis petiolatis ovatis acu- 
tiusculis supra glabriusculis subtus pubescenli-villosis, pe- 



( 269 ) 

dunculis petiolo brevioribus trifloris, pedicellis tomentosulis 
pedunculo longioribus, sepalis glabris ovato-rotundatis , ex- 
terioribus minoribus , corolla subhypocraterimorpba alba. 

— Folia 2-3 poil, longa, 2-poll. lata, petioli subpollicares , 
pedicelli subsemipollicares , pedunculi S-4-lineares , corolla 
l£-2-pollicaris, limbi diametro 1^-pollicari. — Affine Calon- 
yction Jacquinii Don , a quo foliis et calyce recedit. 

2j.çj. — Se trouve avec l'espèce précédente à Yavezia , à 
7,000 pieds, sur les rochers. FI. blanches. Novembre. 

40. Calonyction chenopodifolium. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 1375.) 

Câule fruticoso volubili muricato rugoso pilis reflexis hirto , 
foliis petiolatis subtriangulari-hastatis ovato-acuminatis inte- 
gerrimis pilosiusculis ciliatis, pedunculis axillaribus unifloris, 
sepalis ovatis obtusis apiculatis subaequalibus glabris margine 
scariosis, corolla hypocraterimorpha purpurca lirabo integro. 

— Caulis muricato-tuberculosus , petioli 2-3-pollicares pilosi , 
folia basi sinu lato subhastato-cordata ovato-lanceolata sub- 
triangularia apice atlenuato-acuminata, habitu folia Chenopodii 
bonus HenricusL. referentia , supra nervo medio pilosa subtus 
nervis et venis pilosiusculis , 3-4 pollices longa , basi 2 poil, 
lata , pedunculi 1^-pollicares pilosi, corollae tubus ampliatus 
2-3-pollicaris , limbi diametro 2-pollicari. 

4 U . — Dans les bois de chênes de Juquila (sud d'Oaxaca) , 
à 7,000 pieds. FI. pourpres. Septembre-décembre. 

41. Cai.okyction venistlm. Nobis. 

(Coll. J. Liaden. N° 306,) 

Caule suffruticoso volubili subsericeo-tomentoso , peliolis 
pedunculisque tomentoso-velutinis , foliis cordato-ovatis acu- 
minatis integerrimis supra pilosiusculis subtus albo-sericeo- 
lomentosis, pedunculis petiolo longioribus subtrifloris, sepalis 
ovatis obtusis sericeo-villosis , tubo corollae villoso, limbo 
explanato amplo subintegro. — Folia basi ovato-rotundata 



( 270 ) 

profonde cordata apice angustata sublus molliter sericea, se- 
pala pollicaria, tubus corollae 2-pollicaris, limbus amplus 
purpureus diametro S-pollicari. 

4 U . — De la province de Tabasco ? 

VII. QUAMOCLIT. Tourn. Endl. 

42. QUAMOCLIT TUBULOSA. NoblS, 
(Coll. H. Gai. No 1393.) 

Caule suffruticoso volubili , foliis subsessilibus integerrimis 
profunde cordato-ovatis acuminatis, lobis baseos rotundatis 
approximatis subincumbentibus , supra pilosiusculis subtus 
molliter velutino-pubescentibus, pedunculis cymosis multi- 
floris folio brevioribus, sepalis glabriusculis , corolla longe 
tubulosa coccinea, laciniis limbi ovato-lanceolatis acuminatis. 
— Folia 2-3-pollicaria , corolla 1 ^-pollicaris. 

2j. u . — Dans les champs d'Uruapan (Michoacan ) , à 
4,000 pieds. FI. rouges. Août. 

45. Quamqclit cocciivea. Don. (Var. hirsuta). 

(Coll. H. Gai. K° 1391.) 

Caule petiolisque hirsuto-pilosis , sepalis brève aristato-api- 
culatis. 

2j.;j. — Dans les plaines de Guadalaxara et sur les rives 
du lac de Chapala, à 5,000 pieds. FI. rouges. Janvier. 

44. QU AMOCL1T PEDATA. NoUs. 
(Coll. H. Gai. No 1392.) 

Glabra; caule herbaceo filiformi volubili, foliis 7-9-partito- 
pedatis, laciniis lineari-lanceolatis acuminatis integerrimis, 
pedunculis unifloris folio petiolato brevioribus, calyce muri- 
cato , corolla coccinea. — Petioli pollicares , foliorum laciniae 
^-pollicares , corolla tubulosa subpollicaris. — Affinis Jpomoae 
muricataeCav. ; sed laciniis foliorum latioribus brevioribusque 
di versa. 



(271) 

2£u' — Se trouve avec l'espèce précédente. F. carmi- 
nées. Janvier. 

48. QUAMOCLIT RUSSEMAEFLORA. NoblS. 
(Coll. H. Gai. N» 1354.) 

Glabra; caule tereti, foliis sagittato-cordatis ovatis hastato- 
trilobis acuminatis laevibus, lobo medio ovato-lanceolato , pe- 
dunculis axillaribus elongatis horizonlaliter patentibus apice 
cymoso-umbellatis , sepalis rotundatis apice mncrone flaccido 
aristatis, corolla tubulosa incurva, limbi erecti lobis ovatis 
obtusis, staminibus exsertis. — Folia 1-2-pollicaria hastato- 
triloba et trifida, pedunculi 6-7-pollicares multiflori, flores 
pollicares coccinei floribus Russeliae junceae similes. — Affinis 
Quamoclit mina. Don. 

4 U . — Dans les haies de Mirador, à 5,000 pieds. FI. 
rouges. Septembre. 

4C. Quamoclit vulgaris. Don. 

(Coll. H. Gai. No 1371.) 

4<j. — Dans les bois de la côte pacifique d'Oaxaca. 
FI. vermillonnées. Septembre. 

VIII. PHARBITIS. Choisy. 

47. PHARBITIS LONGEPEDUNCULATA. Nobis. 
(Coll. H. Gai. N° 1387.) 

Caule angulato volubili ramisque retrorsum birsuto-pilosis , 
foliis longé petiolatis integris late ovatis basi truncatis apice 
attenuato- acuminatis utrinque appressè pilosis, pedunculis 
elongatis folio petiulato triplo longioribus 4-5-floris, calyce et 
pedicellis fulvo-pilosis, sepalis oblongis obtusiusculis, corolla 
magna infundibuliformi, limbo 5-lobato. — Folia latiora quam 
longa, pedunculi inferiores subpedales, corolla 2-poIlicaris 
purpurea. — Affinis Pharbiti hispidae Choisy. 

4 U . — Dans les bois de El Sabino , près Izmiquilpan 
(nord de Mexico) , à 6,000 et 7,000 pieds. FI. rouges, 
Octobre. 



c api») 

48. PlIARBITIS DEALBATA. NobiS. 
(Coll. H. Gai. N» 1352.) 

Caule pubescenti-hirto, foliis longé petiolatis profonde cor- 
datis ovatis acuminatis integris supra viridibus adprcssè pi- 
losis subtus albo-velutino-toraentosis, pedunculis subbifloris 
folio brevioribus apice bracteatis , calyce albo sericeo-villoso , 
sepalis lanceolatis longe attenuato-acuminatis , corolla ampla 
infundibuliformi purpurea, limbo 5-parlito. — Petioli et pe- 
dunculi subbipollicares villosi , folia 3 pollices longa, 2 £ poil, 
lata, sepala lineari-lanceolata 6-8-lineas longa , çorollae tubus 
1 ^-pollicaris , limbo 2-polIicari. 

2j. u . — Dans les bois de Mirador et de Zacuapan, à 5,000 
pieds. FI. rose-vif. Juillet. 

49. Pharbitis lindeni. Nobis. 

(Coll. J. Linden. N»296.) 

Caule suffruticoso angulato volubili puberulo, foliis longé 
petiolatis sagittato-cordatis profonde 3-lobatis supra adpressè 
pilosiusculis subtus sericeo-tomentosis, lobis ovatis acumi- 
natis integerrimis intermedio paulo majori basi attenuato, 
pedunculis axillaribus 2-5-floris sericeo-hirtis petiolo multo 
brevioribus, sepalis ovato-ellipticis obtusis, exterioribus seri- 
ceo-pilosis, corolla campanulata rubro -purpurea. — Petioli 
3-pollicares , folia 3-4 pollices longa lataque ultra médium 
trifida subtus molliter sericea, pedunculi ^-pollicares, calyx 
^-pollicaris , corolla sub2-pollicaris limbo 5-fido. 

2j. u . — De la province de Tabasco ? 

IX. LEPT0CALL1S. Don. 
30. Leptocallis qlinata. Don. 

(Coll. H. Gai. V$ 1368.) 

Syn. Ipomoea rauricata. Cav. 

4. — Dans les plaines sablonneuses, près d'Oaxaca, 
à 5,000 pieds. FI. violettes. Septembre. 



( 273 ) 

06s. Restant specimina quaedam incompleta ad convolvulaceas pertinen- 
tiasubn»13C1, 1389 et 1402. 



POLEMONIACEAE Endlicher. 

I. GILIA. R. et Pav. 
1. Gilia tomentosa. Nobis. (§ Ipomopsis.) 

(Coll. H. Gai. N» 1279.) 

Caule suffruticoso raraoso albo-tomentoso , foliis sessilibus 
tenuissimis pinnatis bijugis, laciniis lineari-subulatis setoso- 
acuminatis subtomentosis , pedunculis raultifloris axillaribus 
folio brevioribus apice caulis subspicato-racemosis , corollae 
tubo calyce triplo longiore , lirabo patente 5-partito , antheris 
inclusis sessilibus. — Fruticulus ^-pedalis , flores aurantiaci. 
— Affinis Ipomopsidi eleganti Mich., sed caule huraili tomen-* 
toso, foliis minoribus, minus laciniatis, floribusque parvis 
differt. 

4. — Sur les rochers calcaires de la Cuesta Blanca, 
près Mextitlan , au nord-est de Mexico , à 6,500 pieds. FI. 
orangées. Septembre. 

II. H01TZIA. Juss. 
"2. IIoiï/ia Cervantesii. HBK. 

(Coll. H. Gai. N° 1452.) 

2j.. — Dans les ravines, près de Guadalaxara, à 3,000 
pieds. FI. lilas. Janvier. 
5. Hoitzia ramosissima. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N°« 1444 et 1453.) 

Pubescenti-hirta ; caule suffruticoso ramosissimo , foliis eau - 
Unis subsessilibus ovato-lanceolatis utrinque attenuatis sub- 
spinuloso-serratis glabriuseulis, rameis sessilibus lineari-Ian- 
ceolatis pubescenti-hirtis remote spinuloso-serratis, pedunculis 
axillaribus elongatis subramosis, floribus solitariis et geminis, 
pedicellis calyce duplo longioribus , bracteis linearibus mar~ 



( 274 ) 

gine et apicc spinuloso-acuminatis. — Caulis bipedalis a basi 
ramosus ramis diffusis, folia caulina 1 |-pollicaria in peliolum 
atlenuala; flores violacei lilacini. 

4- — Dans les bois de la Sierra de Yavezia , près Oaxaca , 
à 7,000 pieds. FI. lilas. Décembre. 

4. Hoitzia scABitA. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N« 7052.) 

Caule suffruticoso aspero pubescenli , foliis glabriusculis 
subpetiolatis ovalis utrinque ailenuatis acutis acuminato-ser* 
ratis supra rugosis seabris, floribus axillaribus subsessilibus 
conglomérats spicato-racemosis, bracteis ovato-lanceolatis 
serratis calycem aequantibus. — Folia caulina pollicaria, flores 
lilacini. — Affinis Hoitziae glandulosae Cav.; sed foliis scaber- 
rimis distincta. 

•$. — Dans les ravines de Zacuapan , à 5,000 pieds. 
FI. violettes. Octobre-mars. 

5. Hoitzia aristata. HBK. 

(Coll. II. Gai. N° 1451.) 

%. — Se trouve avec 17/. Cervantesiia Guadalaxara. 
FI. blanches. Décembre. 

6. Hoitzia coccinea. Cav. 

(Coll. H. Gai. Nos 1443 et 1449.) 

t . — Commune dans les environs d'Oaxaca , à 5,000 
pieds, dans la cordillère de Yavezia, à 7,000 pieds , et dans 
les montagnes de Zimapan, Mextitlan, etc., au nord de 
Mexico, de 5,000 à 7,000 pieds. FI. rouges. Août-déc. 

7. Hoitzia scariosa. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No» 638 et 1450.) 

An H. coerulea? Cav. 

Pubescenti-villosa , caule suffruticoso basi ramoso ramis 

virgatis striclis, foliis sessilibus lineari-Ianceolatis aculeato- 

serratis, pedunculis axillaribus solitariis subunifloris alternis, 

bracteis ovatis dentato-aristatis scariosis diaphanis purpureo- 



( 273 ) 

reticulatis , corolla pallidè lilacina bracleas vix excedente. — 
Folia i-pollicaria , stamina inclusa. — Affinis H. aristatae HBK. 

4. — Dans les champs de Tehuacan , à 5,000 pieds, et 
près de Morelia , à 5,500 pieds. FI. lilas. Août. 

8. IIOITZIA FLORIBUNDA. Nobis. 
{Coll. H. Gai. No 1448.) 

Syn. Loeselia rupestris. Benth. 
Glanduloso-villosa ; foliis pilosis ovalis grosse et acuminato- 
serratis basi in peliolum longum attenuatis, pedunculis mul- 
tifloris axillaribus bracteatis, floribus oppositis Jaxè raceinoso- 
spicalis, bracteis ovatis subdiaphanis cuspidato-serratis. — 
Flores coerulei ^-pollicares , folia 1-2-poIIicaria serrata serra - 
luris acuminatis. — Differt ab Hoitzia aristata K. , pedunculis 
multifloris oppositis , bracteis exterioribus non cordatis. 

5. — Sur les rochers gneissiques de Penoles (Misteca 
Alta) , à 7,000 pieds. FI. lilas. Février. 

9. Hoitzia pumila. Nobis. 

(Coll. H. Gai. N°7132.) 

Caule berbaceo subsimplici glanduloso-hirto , foliis caulinis 
petiolatis ovatis pilosiusculis utrinque attenuatis serratis , ser- 
raturis setaceo-aristatis, floribus brève pedunculatis axillaribus 
solitariis approximalis , bracteis setaceo-serratis. — Caulis se- 
mipedalis apice vix ramosus, folia ^-pollicaria, flores parvi 
caerulescentes in apice caulis subracemoso-spicati. 

4. — Sur les rochers de Sola , à 5,000 pieds. FI. bleues. 
Octobre. 

III. POLEMON1UM. Tourn. 

10. POLEMOîJflUM GRANDI F LORUM. Benth. 

Obs. Caule erecto piloso , foliis pinnatis apiceque decursivè pinnatis poly- 
phjllis, foliolo terminali integro, floribus terminalibus cernuis, catyce cam- 
j>anulato araplo piloso laciniis ovato-lanceolatis, corolla magna calyce duplo 
majori diametro 1|-pollicari. — Species insignis propter florismagnitudincm. 

2j.<j. — Sur les flancs du pic d'Orizaba , à 9,000 pieds, 
FI. lilas. Août. 



( 276 ) 

IV. COBAEA. Cav. 
il. Cobaea mNOft. Nobis. 
(Coll. H. Gai. N<» 1447.) 

Caule scandente, foliis abrupte pinnatis sub 3-jugis, foliolis 
ellipticis brève petiolatis obtusis actiminatis , pedunculis axilla- 
ribus folio brevioribus , calycis laciniis ovato-lanceolatis acu- 
minatis, corolla campanulata profonde 5-fida, lobis obovato- 
rotundatisapiculatis. — Staraina declinata , stigma quadrifidum 
exsertura, flores violacei. A cobaea scandenti L. differt pe- 
dunculis brevioribus, laciniis calycis ovato-lanceolatis , corolla 
rainori magis lobata , foliolis minoribus. 

4u. — Sur les flancs du pic d'Orizaba , à 9000 pieds. 
FI. Août. 

HYDROPHYLLEAE. R. Brown. 
I. EUTOCA. R. Br. 

1. Eltoca gracilis. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 3079.) 

Pilosa; caulibus decumbentibus gracilibus elongatis apice 
nudis floriferis, foliis caulinis sessilibus pinnatis, foliolis sessi- 
libus ovatis acutis inciso-serratis , terminait maximo inaequa- 
liter inciso-lobato , foliis radicalibus petiolatis elongatis pin- 
natis , foliolis sessilibus distanlibus rotundato-ovatis inciso-lo- 
batis, floribus laxè racemosis , capsulis glabris. — Caulis 
subpedalis , folia radicalia semipedalia , flores pallidè violacei 
pedunculati. — Affinis Eutocae bursifoliae Spreng. 

©. — Au bord des ruisseaux du pic d'Orizaba, de 9,500 
à 12,000 pieds. FI. blanc-violacé. Août. 

2. Eltoca acaulis. Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 3080.) 

Pilosa ; foliis pinnatis brève petiolatis , foliolis approximatif 
subimbricatis 3-6-jugis sessilibus ovatis ciliatis pilosis integer- 
rimis ullimo trilobo , peliolis pedunculis calycibusque hirsutis , 



%' 



( 277 ) 

floribus brève pedunculatis subsolilariis , capsulis sericeo-vil- 
losis. — Planla parvula subpollicaris, folia dense congesta 
1-2-pollicaria, flores albo-rosei. An. Polemonium acaule? 
Schiede. 

0. — Dans les endroits humides du pic d'Orizaba , à 
12,800 pieds. FI. blanc-rosé. Août. 

IL PHACELIA. Juss. 
5. Phacelia circinata. Jacq. 

(Coll. H. Gai. N» 7147.) 

4. Croît au bord des ruisseaux du Cerro de San Felipe, 
près d'Oaxaca , de 8,000 à 9,000 pieds. Septembre. 

HYDROLEACEAE. /?. Brown. 
I. WIGANDIA. Kunth. 

i. WlGANDIA MACROPHYLLA. Schlecht. 
(Coll. H. Gai. N° 1437.) 

$ . — Sur les rochers de l'Hacienda de la Compania , au 
sud d'Oaxaca, de 4,000 à 5,000 pieds. FI. violettes. Fév. 

2. WlGANDIA CRISPA. HBK. 

(Coll. H. Gai. No 1436.) 

i. — Sur les rochers d'Acultzingo, près Tehuacan, à 
G,500 pieds; près d'Oaxaca et de Mitla et dans la Sierra de 
Yavezia, de 5,000 à 6,500 pieds. FI. violettes. Avril-nov. 

II. NAMA. L. 

3. IVama hirscta- Nobis. 

(Coll. H. Gai. No 7164.) 

Herbacea; caule hirto decumbenti , foliis remotis petiolatis 
obovato-oblongis utrinque adpressè pilosis in petiolum decur- 
rentibus, floribus geminis pedunculatis axillaribus, corolla 
campanulato-infundibuliformi calyce duplo majore, limbi la- 
ciniis ovato-rotundatis. — Caulis gracilis pilis albis rigidioribus 



( 278 ) 

liirtus , folia pollicaria intcgerrima , pctioli semi-pollicarcs , 
pedunculi birti gcmini axillares longitudine petioli. 

0. — Au bord des ruisseaux du Cerro San Felipe, près 
Oaxaca , à 9,000 pieds. FI. blanches. Août. 

4. Nama rupicola ? Bonpland. 

(Coll. H.Gal. No 1068.) 

Caule tereti hirlo alterne ramoso , rainis apice dichotomis , 
foliis altérais petiolatis obovatis obtusis appressè pilosulis 
subtus canescentibus , pedunculis 2-3-floris axillaribus et ter- 
minalibus, floribus brève pedicellatis albis, sepalis spalhu- 
lato-linearibus hirtis corollaiu subaequantibus. — Caulis pe- 
dalis, folia pollicaria, petioli 1 ^-pollicares. 

0. — Dans les bois de la Nopalera, près Sola, au sud 
d'Oaxaca , à 8,000 pieds. FI. blanches. Octobre. 

NB. Pendant que cette notice était livrée à l'impression , nous avons reçu 
le t. IX du Prodomusde M. Decandolle, qui y a décrit , d'après M. Benlham , 
quelques-unes des plantes qui figurent dans cette notice. D'après le savant 
botaniste anglais, notre n° 658 ne serait que VHoitzia coerulea, Cav., identité 
dont nous n'avions pu être convaincus d'après la simple description de l'es- 
pèce de Cavanilles. Nous ne croyons pas pouvoir rapporter avec M. Decandolle 
le n« 7052 à V ffoitzia glandulosa , Cav., parce qu'il a les feuilles exces- 
sivement scabres , caractère non indiqué dans la diagnose de l'espèce pré- 
cédente. 



Notice sur une lettre autographe de Marie-Thérèse au prince 
Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas; 
par M. Gachard, membre de l'académie. 

L'histoire a proclamé les hautes qualités et les vertus 
émincntes qui brillèrent dans Marie-Thérèse, et la ren- 
dirent si digne du trône qu'elle occupa. Cette grande 
princesse, qui s'appliquait à faire sentir à ses enfants la 



( 279 ) 

satisfaction de mériter l'amour des peuples, la seule récom- 
pense, leur disait-elle, des travaux des souverains (1), se 
consacra tout entière au bonheur des états que la providence 
avait placés sous son sceptre. Les provinces belgiques fu- 
rent surtout de sa part l'objet d'une sollicitude incessante : 
elle les régit avec douceur, avec justice, avec amour; elle 
s'occupa d'y faire refleurir les diverses branches de la 
prospérité publique; elle introduisit, dans leur adminis- 
tration , une foule de réformes utiles , sans porter atteinte 
cependant à ces anciennes libertés, à ces vieilles coutumes, 
que la nation regardait comme les garanties les plus so- 
lides de sa félicité. 

Marie-Thérèse fut dignement secondée, dans cette noble 
tâche, par le prince Charles de Lorraine, son beau-frère, 
qui exerça le gouvernement général des Pays-Bas pendant 
trente-six ans (1744-1780). Le prince Charles s'était com- 
plètement identifié avec le caractère et l'esprit, de même 
qu'avec les intérêts des habitants des provinces confiées à 
ses soins : il aimait et estimait les Belges , parce qu'il 
avait su les comprendre; il se montrait observateur reli- 
gieux de leurs croyances et de leurs usages; il était dans 
toutes les occasions leur protecteur auprès de l'impératrice ; 
sa bonté, son affabilité, lui avaient conquis tous les cœurs. 
Aussi eut-il ce rare et insigne honneur de se voir de son 
vivant élever une statue par l'un des corps les plus indé- 
pendants dont fassent mention les annales des peuples 
libres, par les États de Brabant. 

La correspondance intime de Marie-Thérèse avec le 



(1) Voir, dans mes Analectes Belgiques, p. 161 , l'apostille autographe 
de Marie-Thérèse sur un rapport du prince de Kaunitz , son chancelier de 
cour et d'état , du 23 août 1774. 

Tom. xii. 20. 



( 280 j 

prince Charles de Lorraine , respirait toujours l'amitié et 
la confiance ; la correspondance $ office, qui s'expédiait par 
la voie du conseil suprême des Pays-Bas (1) , était quel- 
quefois moins agréable pour lui. Il arrivait qu'on n'y ac- 
cueillait pas des propositions qu'il avait faites, ou que l'on 
y blâmait des mesures qu'il avait prises, ou qu'on y pres- 
crivait des dispositions auxquelles il s'était montré con- 
traire, et cela en des termes qui ajoutaient encore à la 
sensibilité qu'il en éprouvait. Alors il prenait son recours 
directement à Marie-Thérèse : mais l'impératrice croyait 
devoir aussi des ménagements à ses ministres, d'autant 
plus que ceux-ci invoquaient le bien de son service, la 
raison d'État, et elle s'efforçait de justifier auprès de son 
beau-frère les ordres qu'il avait reçus, tout en l'assu- 
rant qu'ils n'avaient été dictés par aucun motif qui lui fût 
hostile, mais qu'au contraire, elle lui conservait la bien- 
veillance dont elle lui avait donné tant de preuves. 

Je pourrais rapporter bien des faits à l'appui de ce que 
je viens d'avancer. Je me bornerai toutefois à entrer dans 
les détails nécessaires à l'intelligence de la lettre qui est 
le sujet de cette notice. 

Le comte Charles de Cobenzl, qui vint remplacer, en 
1755, à Bruxelles, le marquis de Botta Adorno, en qualité 
de ministre plénipotentiaire de l'impératrice près du prince 
Charles de Lorraine, n'était pas seulement un habile di- 
plomate; il était aussi un homme d'état éminent : mais, 
comme la plupart des esprits supérieurs , il souffrait peu 
la contradiction, et ne se soumettait pas volontiers à une 



(1) Ce conseil fut supprimé en 1756, et ses attributions passèrent à la 
chancellerie de cour et d'état. 



( 281 ) 
impulsion étrangère. Son prédécesseur avait entretenu une 
correspondance régulière avec le duc de Sylva Tarouca, pré- 
sident du conseil suprême des Pays-Bas; il ne s'affranchit 
pas de cette obligation, mais il la remplit avec moins de 
ponctualité. Il fit prendre, par le prince Charles, sans qu'il 
en eût référé au conseil suprême, différentes mesures dont 
l'objet n'était pas d'une haute importance à la vérité, mais 
qui rentraient dans la catégorie de celles sur lesquelles ce 
conseil prétendait être préalablement entendu. 

Le conseil suprême, blessé de ce que le gouvernement 
des Pays-Bas affectait ainsi de méconnaître son autorité, 
voulut la lui faire sentir. Au mois d'octobre 1754, le prince 
reçut huit dépêches qui contenaient autant de décisions 
contraires à ce qu'il avait proposé. 

Ainsi il avait demandé que le baron de Boland fût nommé 
conseiller surnuméraire de courte robe au conseil de 
Luxembourg; que le comte de Woestenraedt fût établi 
commissaire aux assemblées des états de Limbourg. Ces 
deux points étaient refusés. 

Il avait demandé, pour la princesse Anne-Charlolte, sa 
sœur, que l'impératrice venait de nommer abbesse sécu- 
lière de S te -Waudru à Mons, une garde de hallebardiers, 
lorsqu'elle irait prendre possession de cette dignité. On lui 
répondait qu'il conviendrait mieux que la princesse eût une 
garde militaire de la garnison de Mons. 

Il faisait des objections sur une pension donnée au 
docteur Robert, professeur à l'université de Louvain. On 
lui répliquait qu'elle devait être payée à partir de la date 
de la précédente dépêche. 

Il annonçait qu'il enverrait des copies des représenta- 
tions faites par les anciens états de Flandre contre la nou- 
velle organisation delà province, en même temps qu'il 



( 282 ) 
transmettrait un règlement qu'on était occupé à rédiger 
pour ces états. On lui signifiait qu'il devait faire parvenir 
les copies, sans attendre la rédaction du règlement. 

Il rendait compte de quelques actes d'amortissement 
qu'il avait cru devoir faire expédier pour des biens de pe- 
tite valeur. On lui interdisait d'accorder tel amortisse- 
ment que ce fût, etc., etc. (1). 

Le prince Charles écrivit à Marie-Thérèse, pour lui 
exprimer la douleur que ces dépêches lui faisaient éprou- 
ver. 11 avait de la peine, disait-il à l'impératrice, à concilier 
tant de refus , suivis de si près , avec les bontés dont il était 
honoré par elle. « La façon de penser du conseil suprême, 
» ajoutait-il , diflère souvent de la nôtre dans les affaires 
» même de grande conséquence, témoin le nouvel arran- 
» gement de Flandre. Le comte Kaunitz (2) et le marquis 
j> de Botta (5) , très-instruits de la manière de gouverner 
» ce pays-ci, auraient confirmé ce que j'avance ici ; et, pour 
» remédier à cet inconvénient, je dois prier très-humble- 
» ment V. M. de me permettre de lui envoyer toujours de 
» petits extraits de mes relations, soit par le canal du 
» baron Koch (4) , soit par un autre qu'elle me fera la grâce 
» de m'indiquer. 

» Je finis par protester à V. M. qu'il n'est pas question 
» d'une augmentation d'autorité pour moi ; que je passerai 
» même par-dessus tout, pourvu que je me trouve en état 



(1) Correspondance de cabinet du prince Charles de Lorraine, t. III, 
aux arohives du royaume. 

(2) L'impératrice venait depuis peu de le nommer son chancelier de cour 
et d'état. 

(o) Il avait été rappelé des Pays-Bas , pour remplir la charge d'at/o (gou- 
verneur de l'archiduc Joseph.) 
(4) Secrétaire de cabinet de Marie-Thérèse. 



( 283 ) 

» de faire le service de V. M. de là façon la plus convenable 
» pour ses sujets et la plus utile pour ses finances (1). » 

A cette lettre Marie-Thérèse répondit, de sa main, le 
50 octobre 1754, par celle qu'on va lire, et qui est un 
monument de la prudence et de la sagesse de cette souve- 
raine, autant que de l'affection véritable qu'elle portait à 
son beau-frère : 

Mon cousin , dans l'instant je reçois celle où vous me mandez 
qu'il vous paroît que le conseil est mécontent du gouverne- 
ment. Je ne puis vous le nier; mais cela vient qu'ils prétendent 
de n'être assez informés des grandes affaires, et seulement 
après coup. Un de ceux dont je ne pourrois leur donner tort , 
est celle du papier que les anciens états de Flandre ont donné, 
en se plaignant du nouvel arrangement, en soi bon et salu- 
taire , mais non selon leurs coutumes , et que ce papier jusqu'à 
cette heure n'est pas encore de notre connoissance , et nous 
ignorons ce qu'il contient. Je veux encore excuser Cobenzl 
qu'il a craint que cela pourroit arrêter notre consentement ; 
mais , dans de si grandes affaires , comme dans les plus petites , 
il ne faut jamais rien retenir, et tout mettre devant les yeux : 
rectè faciendo neminem timeas; et une chose retenue ainsi 
donne de la méfiance, et on croit toujours qu'il y a quelque 
chose de retenu , même si cela n'est pas , dans toutes les autres, 
et cela donne prise aux gens qui veulent faire les bons servi- 
teurs ou zélés , de mêler la zizanie. 

Il y a encore une autre circonstance : c'est pour ies amortis- 
semens que vous avez accordés, et que je me suis réservés 
positivement. Vous les avez donnés bien, et pouvez -vous 
douter que cela, et encore plus, je vous accorderai? Mais , 
pour la règle , je vous prie , écrivez-en un mot toujours ici ; 



(1) Lettre du 20 octobre 1754 , dans le o c volume de la Correspondance 
de cabinet du prince Charles de Lorraine. 



( 284 ) 

je ne vous démentirai jamais , et tout restera selon les règles et 
instructions. Cobenzl écrit ici que l'archiduchesse Elisabeth a eu 
une plus grande autorité : on l'a bien regretté ici, et on lui a 
donné, encore du tems de l'empereur, bien des déboirspour cela, 
ayant reconnu les inconvéniens. Non pour votre personne, mais 
pour tous nos successeurs , on a fait vos instructions, et selon 
ce modèle, ceux du duc de Modène , et mon fils l'aura de même. 
Ce n'est pas sûrement par vous qu'on a commencé à diminuer 
les pleins pouvoirs , et vous pouvez , et j'espère que vous serez 
même assuré , ce que je ferai pour vous , je ne le ferai pas pour 
mes propres fils. Mais nous passons , et sommes déjà passés 
plus que la moitié de notre course , et les ordonnances restent 
pour les successeurs. Ainsi, je vous prie que Cobenzl s'y tienne, 
et n'aille pas chercher ce que les autres ont fait , car ça n'est 
plus. J'approuve infiniment que vous m'envoyez , par le canal 
de Weiss (l), les extraits des relations tout court et votre senti- 
ment, pour que je sois informée à tems à soutenir vos sou- 
haits, car je ne souhaite rien de plus que de pouvoir vous 
marquer en toutes occasions mon cœur et tendresse que j'ai 
pour vous, reconnoissant vos bonnes qualités , et j'ose dire les 
bons services que vous me rendez. Mais de la légèreté de Co- 
benzl je ne suis pas tant rassurée. 

Marie-Thérèse (2). 

Le prince comprit parfaitement les raisons que l'impé- 
ratrice lui donnait en des termes si bienveillants, et il se 
conforma à la marche qu'elle lui traçait. 



(1) Secrétaire de cabinet du prince. 

(2) Celte lettre est dans le 3 e volume de la Correspondance de cabinet du 
prince Charles de Lorraine. 



( 283 ) 



Observations sur la cloque des pommes de terre, 
par M. B.-C. Dumortier. 

L'épidémie qui a étendu ses ravages sur la récolte des 
pommes de terre dans presque tout le nord-ouest de l'Eu- 
rope, occupe avec raison l'attention publique. L'apparition 
subite d'une maladie inconnue, et qui est un vrai fléau , la 
rapidité de ses effets , la régularité de sa marche conta- 
gieuse, la vaste étendue de terrain que l'épidémie a ravagée; 
tout dans cet événement a un caractère d etrangeté dont on 
cherche avec raison à se rendre compte, alin de découvrir 
la cause du mal et d'en prévenir le retour. Nulle part on 
ne s'est plus occupé de celte question qu'en Belgique, où 
la maladie a apparu d'abord et sévi avec le plus d'inten- 
sité et d'où elle a rayonné sur les pays qui nous environ- 
nent. Beaucoup d'écrivains ont fait connaître leur opi- 
nion : les uns ont attribué la cause du mal à des insectes 
microscopiques, d'autres à des champignons parasites, 
d'autres encore à la dégénération de l'espèce qu'il fau- 
drait ressemer, plusieurs enfin y ont cru voir les effets 
d'une pluie contenant des sels délétères ou d'une action 
électrique ; mais il me paraît facile de démontrer que jus- 
qu'ici on n'a pas indiqué la vraie cause du mal et que l'on 
a observé trop tard , c'est-à-dire après l'invasion de la 
maladie, en sorte que l'on a pu prendre l'effet pour la 
cause. Le hasard a voulu que j'aie pu observer la maladie 
dès le début de l'invasion et suivre sa marche rapide dans 
les premiers jours de juillet dernier. En outre, j'ai pu 
confirmer mes observations lorsque la seconde invasion 



( 286 ) 

est venue attaquer à la mi-septembre les plantes qui avaient 
été mises en terre à la suite de la première invasion , dans 
l'espoir d'une récolte. Il m'a donc paru que c'était à l'aca- 
démie des sciences qu'il revenait de s'occuper de cette ques- 
tion , et c'est dans ce but que j'ai l'honneur de lui pré- 
senter le résultat de mes observations. 

C'est dans les derniers jours de juin que la maladie a 
éclaté en Belgique. Elle s'est montrée d'abord dans le 
district de Courtrai, et immédiatement après, dans le 
canton de Templeuve en Tournésis, rive gauche de l'Es- 
caut, ainsi que dans les environs de Lille. La grande 
invasion dans tout le bassin de l'Escaut s'est faite du 6 au 
8 de juillet. Me trouvant alors à la campagne, mon jardi- 
nier, qui connaissait déjà les dégâts produits par la mala- 
die sur la rive gauche de l'Escaut, appela mon attention sur 
ce qui se passait , et c'est à cette particularité que je dois 
d'avoir pu ainsi étudier la maladie dès le début de l'inva- 
sion. Voici ce que j'ai observé. 

Le premier jour de l'invasion, les feuilles des pommes 
de terre, qui jusque-là étaient planes et d'un vert foncé, 
parurent subitement recoquillées et grises, ou pour me 
servir de l'expression de nos cultivateurs, les feuilles 
étaient crollées. Tous les carrés de pommes de terre , tous 
les champs du voisinage présentaient le même phénomène. 
Les nuits alors étaient froides , le vent soufflait du nord- 
ouest et des pluies abondantes succédaient à un temps 
très-chaud et aride. Un jour ou deux après l'invasion , 
toutes les plantes présentaient des taches livides sur les 
feuilles et sur les tiges principalement au sommet des 
poussants; bientôt après, ces taches devinrent putrides 
et noires, en sorte qu'en trois à quatre jours, toute la 
végétation était en état de putridité. Pendant l'invasion , 



(287 ) 

je n'ai pu décourvrir aucune trace d'insectes ni de cham- 
pignons. J'ai soumis les parties livides ou putréfiées à l'exa- 
men microscopique sans y apercevoir ni l'un ni l'autre, 
mais les taches livides présentaient la chlorophylle dé- 
composée et le tissu cellulaire visiblement malade. 

D'ordinaire, la putréfaction commençait à la base du 
pétiole des feuilles terminales , qui étaient encore à peine 
développées , ainsi que sur les parties essentiellement pa- 
renchymateuses tendres et jeunes; elle gagnait immédiate- 
ment le bourgeon terminal dont elle produisait l'avorte- 
ment ; les feuilles inférieures étaient les dernières atteintes, 
et elles ont résisté sur les variétés robusies et sur celles 
hâtives, dont les tiges étaient plus aoûtées et les feuilles 
plus coriaces. 

Une particularité très-remarquable de la maladie, c'est 
que les tiges étaient devenues excessivement fragiles, sur- 
tout à la partie supérieure; la maladie avait visiblement 
désorganisé les tissus fibreux. 

C'est alors, et alors seulement qu'ont apparu des mi- 
riades de champignons parasites que j'ai reconnus être des 
botrylis , mais ces champignons ne s'attachaient qu'aux 
parties parenchymateuses putréfiées; je n'en ai jamais 
rencontré sur les taches de gangrène qui s'observaient sur 
la partie solidifiée des tiges. Je sais que plusieurs person- 
nes ont affirmé avoir vu le contraire , et je ne nie pas 
que cela ne puisse être, mais, pour mon compte, je puis 
affirmer avoir remarqué l'absence de botrytis sur les tiges, 
alors qu'ils étaient si abondants sur les feuilles et le bour- 
geon terminal. 

Dans l'origine, les tubercules ne présentaient aucune 
trace de maladie, et ce n'est que lorsque la putridité eut 
atteint les feuilles que j'ai reconnu les premières traces 



( 288 ) 

d'altération des tubercules. Ces premières traces se sont 
l'ait remarquer au système dermique (la peau) des tuber- 
cules, et elles apparurent d'abord sous la forme de taches 
livides de quelques lignes de diamètre. À ces endroits la 
peau était soulevée et n'adhérait plus au tubercule. En l'en- 
levant, on observait sur le parenchyme un liquide vis- 
queux qu'entourait une auréole livide. Les parties ainsi 
malades présentaient çà et là de petites picotures noires. En 
peu de jours toute la partie de la pulpe située en dessous 
de chaque tache delà peau était devenue noire et putride, 
et bientôt la putridité gagnant le tubercule l'anéantissait 
entièrement. Des tubercules recueillis lors de l'apparition 
des premières taches à l'épiderme et des premières pico- 
tures noires, quoique conservés dans mon cabinet, qui est 
très-sec et au midi , n'ont pu être préservés d'une destruc- 
tion totale. Dans l'origine les taches putrides paraissaient 
sur les côtés du tubercule, mais à la fin, j'ai remarqué 
qu'elles étaient souvent accumulées vers la partie connue 
sous le nom de couronne, qui est opposée à l'attache du 
tubercule. En coupant par rondelles , une pomme de terre 
atteinte , il est facile de voir que c'est là le siège du mal 
pour l'an prochain. 

Quant aux racines et aux tiges souterraines , elles se 
pourirent en même temps; mais une partie plus ou moins 
grande des tubercules était resté saine et exempte de la 
putridité. Les races hâtives dont les tubercules étaient 
presque formés, ont donc produit une partie de récolte, 
tandis que les variétés tardives dont les bulbes n'avaient pas 
atteint la grosseur d'une noisette , n'ont pas fourni un cin- 
quantième de la récolte. Il est même des champs où tout 
s'est pourri sans laisser un seul tubercule. 

En règle générale, la maladie a été d'autant plus funeste 



( 289 ) 

que le sol était plus humide; les variétés robustes ont 
moins souffert que les variétés délicates , celles hâtives ont 
mieux résisté que celles tardives. Ainsi la variété dite 
pomme de terre turque , à gros tubercules roses , veinés de 
rouge et autrefois très-usitée pour la nourriture des bes- 
tiaux, mais peu cultivée de nos jours, n'a ressenti au- 
cune atteinte de la maladie ; les plantes sont restées saines 
et vertes comme dans les bonnes années ; tandis que la 
variété tardive, connue dans les provinces wallonnes sous 
le nom de pomme de terre de Tournai/ , dont la peau est 
d'un rouge cendré, l'épiderme écailleux et la chair jaune, 
et qui est de toutes celles connues la plus parfaite et la 
plus délicate, a tellement souffert qu'à peine, dans les ter- 
rains bas, trouve-t-on quelques petits tubercules pour la 
conservation de la race; j'ai même remarqué des champs 
où il n'en reste absolument rien. 

De ces observations nous pouvons conclure ce théo- 
rème : 

Dans la marche delà maladie, la putridité a été en 
raison directe de l'humidité du sol et de la tardivité des va- 
riétés , et en raison inverse de la vigueur des races. 

Des faits que nous venons d'exposer , il ne faut pas con- 
clure, comme on l'a dit, que la maladie serait occasionnée 
par la dégénérescence de la plante et qu'il faudrait la re- 
semer, car dans tous les êtres organiques, il est reconnu 
que les races délicates et les parties non formées sont bien 
plus facilement atteintes par les causes extérieures que les 
races robustes et les parties aoûtées. C'est ainsi que la 
gelée détruit instantanément les feuilles et les jeunes tiges 
delà vigne, tandis qu'elle est impuissante sur les tiges 
dont le tissu ligneux est bien formé. 

La question du semis est indifférente. Dans le Tour- 



( 290 ) 

nésis, il est des cultivateurs tellement soigneux pour la 
culture de la pomme de terre, que jamais ils ne plantent 
que des tubercules de semis. L'on sait que la troisième 
année la pomme de terre de semis donne une récolte abon- 
dante, de manière qu'au moyen d'un roulement triennal , 
ces cultivateurs peuvent toujours remettre du plant nou- 
veau. Or, la maladie a sévi sur les plantes de semis comme 
sur les autres , sans la moindre différence. D'autre part , 
j'ai vu chez mon savant ami, M. le professeur Ad. Les- 
chevin, des pommes de terre qu'il avait reçues cette an- 
née d'Amérique et qui n'ont pas été plus épargnées que 
d'autres, fait remarquable, puisqu'il prouve que nos plantes 
ne sont pas plus dégénérées que celles du nouveau monde. 

La maladie ne peut avoir été occasionnée, ni par des 
insectes, ni par des champignons microscopiques. Les 
premiers sont encore à connaître, et, quant aux seconds, ils 
sont l'effet du mal, non la cause ; c'est ce que je puis affir- 
mer pour avoir étudié deux fois la maladie. Car, ainsi que 
je l'ai dit, à la suite de la destruction de la récolte dans 
les premiers jours de juillet , plusieurs cultivateurs ont re- 
planté des pommes de terre de 1844 dans l'espoir d'une ré- 
col te; ces tubercules sont en très en végétation, et ils étaient 
au moment de fleurir lorsque, vers le 20 de septembre , ils 
furent atteints de l'épidémie. Les mêmes phénomènes se 
firent remarquer quoique la cloque fût moins forte; bien- 
tôt la gangrène attaqua les sommets des tiges. J'observai 
de nouveau le mal au microscope, et je n'y vis aucune trace 
de champignons, si ce n'est lorsque la putréfaction fut 
complète. Il résulte donc de ces deux observations faites à 
près de trois mois de distance, que les botrytis ne sont pas 
la cause, mais le résultat de la maladie. 

Quelle est dont la cause de ce fléau ? à mes yeux , c'est 



( 291 ) 

une véritable maladie, une espèce de maladie épidémique, 
se développant sous l'influence de certaines conditions 
atmosphériques comme la cloque des pêchers; en un mot, 
pour moi c'est une véritable cloque qui devient sèche ou 
putride suivant les conditions sèches ou humides de la tem- 
pérature et du sol. Si au moment de la cloque cette tem- 
pérature est sèche, ou bien si le terrain absorbe rapide- 
ment l'humidité produite par des pluies abondantes , on 
aura la cloque ou crolle sèche, qui déterminera l'avorte- 
ment des bourgeons, diminuera le produit de la récolte 
et pourra amener des pourritures dans les silos et dans les 
caves. Si, au contraire, la température est humide, si le 
sol n'absorbe pas l'eau provenant des pluies abondantes, 
on aura la cloque ou crolle putride , comme on l'a obser- 
vée cette année dans les terrains bas. Alors la putridité 
une fois développée dans les tiges , s'en va par la sève des- 
cendante, déposer dans les tubercules, des foyers de putri- 
dité qui s'y développent, en commençant par le système 
cortical, et qui bientôt envahissent tout le tissu cellulaire 
et le décomposent en peu de jours. 

Ainsi , dans mon opinion, la cloque et la gangrène pu- 
tride des pommes de terre sont la même maladie a diffé- 
rents degrés; la gangrène n'est pas la maladie, mais le 
dernier degré de la maladie ; la maladie c'est la cloque. Et 
il n'est pas nécessaire que toutes les feuilles soient cloquées, 
il suffît que quelques feuilles le soient et que la maladie 
passe à l'état putride pour amener la décomposition des 
tubercules. 

La preuve que la maladie n'a pas eu son origine dans 
les tubercules, mais dans les feuilles, résulte de l'observa- 
tion suivante. A la suite de la première invasion, M. Yanden 
Steen avait fait replanter de vieux tubercules; la plupart 



( 292 ) 

entrèrent en végétation, plusieurs ne produisirent pas de 
tiges. En septembre toutes les plantes qui avaient végété 
furent atteintes de la maladie, et leurs tubercules sepouri- 
rent. Mais en déplantant celles qui n'avaient pas produit 
de tiges, on trouva que les vieux tubercules avaient pro- 
duit des tubercules nouveaux, et ceux-là étaient très-sains. 
Il est donc constant que la maladie a été produite par les 
tiges et que le mal est dans la cloque. 

La cloque de la pomme de terre, que nos paysans appel- 
lent la crolle, n'est pas d'ailleurs une maladie nouvelle; 
elle a fait il y a 67 ans de grands ravages dans notre pays, 
nos fermiers âgés en avaient gardé le souvenir, et l'appe- 
laient le feu Saint- Antoine. 

En 1778, les pommes de terre furent affectées, dans 
notre pays, d'une maladie soudaine qui excita des alar- 
mes générales. Déjà à cette époque cette plante servait d'a- 
liment à une grande partie de la population, surtout en 
Flandre, et la perte de ce précieux tubercule fut considé- 
rée comme une calamité publique; le mal parut tellement 
grand que l'année suivante, en 1779, la cliâtellenie d'Au- 
denarde crut devoir faire un appel à la science. Cette 
magistrature proposa alors un prix extraordinaire de 500 
florins à celui qui présenterait le meilleur mémoire sur 
le dépérissement des patates dans la châtellenie d'Audenarde, 
et sur les moyens d'y remédier. L'académie impériale des 
sciences et belles-lettres de Bruxelles , fut invitée à exa- 
miner les mémoires, et, dans la séance du 18 octobre 
1781 , la compagnie décerna le prix à P. Van Bavegbem , 
ancien médecin militaire, demeurant à Basserode (1) dont 



(!) Anciens Mémoires de V académie, lom. IV, p. xxiv. 



( 293 ) 

le mémoire parut en 1782 , sous le titre de Prijsverhan- 
deling over de onlaarding der aardappelen, Dordrecht, 
1782. La châtellenie, satisfaite de ce mémoire, doubla la 
valeur du prix proposé. L'année suivante, en 1785, Van 
Baveghem publia une seconde notice intitulée : Kortdoch 
noozaakelijk bericht lot het landvolk, om de aardappels in 
hunne icaare deugd, geaardheid en voor 't krollen te bewaren. 

Dans son mémoire couronné, Van Baveghem donne 
sur la marche de la maladie et sur ses effets, des détails 
d'autant plus intéressants à connaître qu'ils présentent la 
plus grande analogie avec ce qui s'est passé de nos jours. 

« Il y a maintenant neuf ans , dit-il, je fixai toute mon 
attention sur cet objet; je questionnai différents paysans 
et je demandai leur avis, dans le seul but de trouver quelle 
pouvait être la cause de cette maladie. A cette époque la 
maladie en question n'étant pas générale, il y avait peu 
de campagnards qui y prirent attention; ce fut là la cause 
qu'ils n'en prirent aucun souci, et je reçus donc, sur tou- 
tes mes questions, des réponses incomplètes. 

» Deux années plus tard , tous les paysans en étaient plus 
ou moins alarmés; c'était à l'époque où je commençai mes 
recherches. Je me fis indiquer par différents campagnards, 
les plantes dont le feuillage s'était contracté et crollé; car 
quelqu'un qui n'en avait pas d'expérience, pouvait à peine 
connaître la différence : je dis expérience, parce que les 
campagnards voyaient distinctement la différence. A celles 
de ces plantes où le feuillage n'était pas crollé, la fécon- 
dité était remarquablement plus grande , et cela fut la cause 
qu'ils recherchèrent les plantes crollées avec beaucoup de 
soin. 

» Avant que le feuillage commence à se croller, l'on s'a- 
perçoit que la pomme de terre commence à dégénérer; 



( 294 ) 

elle n'est plus d'un goût aussi bon , son état fariueux se 
perd, et lorsque déjà le feuillage se crolle, elle devient 
grasse, aqueuse, et si on continue à la replanter, elle de- 
vient si mauvaise, que même le bétail refuse de la manger.» 

On voit que la crolle ou cloque était alors comme au- 
jourd'hui la cause de la maladie , mais il ne paraît pas qu'à 
cette époque elle se soit développée à l'état putride. Van 
Baveghem parle bien des tubercules-mères qui se pourris- 
saient et dans lesquels on avait trouvé des vers, que l'on re- 
gardait à tort comme la cause de la maladie, mais le fait de 
la putridité générale que nous avons remarqué cette année , 
n'eût pas manqué d'être signalé par lui s'il eût existé. Sui- 
vant lui, la seule cause de la maladie résidait dans la dé- 
générescence de l'espèce, qui étant exotique, devait être 
changée de terrain de temps à autre comme le froment 
blanc, le lin et les oignons. Il recommande de ne pas 
planter trop profondément et de ne pas mettre le fumier 
contre les tubercules, mais de le placer au fond de la terre; 
de mettre un peu de chaux avec les tubercules. 11 engage 
surtout à faire revenir des pommes de terre de la Virginie 
et à régénérer l'espèce par le déplacement. 

Nous sommes entré dans quelques détails sur la mala- 
die des pommes de terre en 4 778 , et nous avons cru devoir 
donner une analyse succincte des deux mémoires de Van 
Baveghem, parce qu'ils sont à peine connus et qu'ils éta- 
blissent clairement que la maladie qui a sévi cette année, 
est, quoiqu'à un degré plus funeste encore, la même que 
celle qui a régné dans nos contrées il y a 76 ans et dont les 
cultivateurs âgés de la Flandre et du Tournaisis avaient 
gardé le souvenir. 

C'est une erreur que de penser que la maladie qui a sévi 
si cruellement cette année n'ait pas eu d'avant-coureurs. 



( 295 ) 
Si elle s'est déclarée instantanément et à l'improvisle, il 
n'en est pas moins vrai que depuis quelques années la 
cloque sèche commençait à apparaître; depuis 4 ou 5 ans 
cette maladie a fixé mon attention , et il est connu des 
fermiers que, dans les dernières années, non-seulement 
la plante ne rapportait plus sa récolte ordinaire, mais en- 
core qu'une partie se pourrissait l'hiver ; les plantes récol- 
lées dans les terrains humides étaient moins farineuses 
et plus aqueuses qu'à l'ordinaire, et en Brabant des fer- 
miers ont remarqué que depuis quelques années les cou- 
ronnes n'étaient plus propres à la reproduction de l'espèce. 
La maladie existait donc en germe depuis quelques années, 
et elle s'est développée cet été à l'état putride par suite 
dune espèce (Xinfluenza due à des circonstances athmos- 
phériques et à la grande humidité du sol. Partout où le sol 
absorbait l'humidité, la cloque est restée à l'état de clo- 
que sèche; c'est ce que j'ai observé dans l'Artois, le Cam- 
brésis, le Vermandois et l'île de France. Dans ces sols , qui 
reposent sur la craie ou le gravier, l'humidité ayant été 
absorbée, la maladie ne s'est pas portée au degré de cloque 
putride, mais elle n'en existe pas moins, ainsi que j'ai 
pu m'en assurer par moi-même dans un voyage que j'ai 
fait à la fin d'août. Dans les sables des dunes , le même 
résultat a été atteint, et j'ai remarqué que les tubercules 
qui nous arrivent d'Ecosse où l'on dit que la maladie n'a 
pas porté ses ravages , contiennent environ un dixième de 
plantes viciées. 

La marche de la cloque a été visiblement épidémique, 
c'est un fait inconnu jusqu'ici dans la science, mais qu'on 
ne saurait révoquer en doute. La maladie a éclaté dans 
la West-Flandre ; à la fin de juin elle y sévissait avec force; 
de là elle s'est portée sur l'Escaut, et elle a traversé ce fleuve 
Tom. xn. 21. 



( 29G ) 

du G au 8 juillet. Vers la même époque elle ravageait le 
pays de Lille et la Hollande. Elle s'est montré à Liège 
pour la première fois le 24 juillet (1); puis elle s'est portée 
vers l'Allemagne, où elle a dévasté tous les pays à sol 
humide. 

Le lo août elle avait fait peu de dégâts dans l'Ile de 
France, et le 40 septembre j'ai observé que toutes les 
plantes y étaient atteintes de la cloque sèche. Vers cette 
époque elle s'est portée en Angleterre et en Irlande; ainsi la 
marche de la maladie a été rayonnante et successive. On 
ne peut donc méconnaître ici tous les caractères d'une vé- 
ritable maladie épidémique , et ce n'est pas sans raison 
qu'on l'a comparée au choléra -morbus. Il est d'ailleurs 
digne de remarque que la pomme de terre n'a pas seule 
été atteinte par Yinfluenza; nos arbres fruitiers et nos plan- 
tes potagères s'en sont ressentis , et depuis l'époque de l'in- 
vasion , toute végétation a été souffrante. 

J'entends qu'on va me demander qu'est-ce que la cloque? 
A cela je répondrai que jusqu'ici on l'a ignoré; mais que ce 
qui vient de se passer doit éclaircir beaucoup cette ques- 
tion. La cloque est une maladie qui attaque les arbres 
fruitiers et surtout les pêchers. Son apparition est sou- 
daine et ses effets instantanés. Les cultivateurs ont remar- 
qué qu'elle sévit principalement lorsqu'à la suite des pre- 
mières chaleurs il survient des pluies froides accompagnées 
d'un vent de nord-ouest ; en une nuit elle recoquille les 
feuilles, cause la langueur et quelquefois la mort de l'arbre. 
Les feuilles de vertes et planes qu'elles étaient, deviennent 
pâles, coquilléeset raboteuses; les bourgeons se chargent 



(1) Mémoire de M. Morren. 



( 297 ) 
île calus et d'aspérités et bientôt ils laissent fluer la gomme. 
La maladie commence donc par les feuilles et attaque les 
tissus qu'elle décompose comme nous l'avons vu dans la 
marche suivie dans la maladie de la pomme de terre. La 
cloque n'atteint pas toujours toutes les feuilles de l'arbre, 
mais seulement un plus ou moins grand nombre, comme 
je l'ai observé à la seconde invasion , où elle a été moins 
forte qu'à la première. 

Trois opinions ont été émises sur cette singulière ma- 
ladie. L'abbé Rozier l'attribue aux pucerons ; La Ville- 
Hervé, d'accord avec les cultivateurs, lui assigne pour 
cause les vents de nord-ouest; Dumont-Courset croit 
qu'elle est produite par une transpiration arrêtée. Le sa- 
vant Bosc a démontré que l'opinion de Rozier n'est pas 
soutenable. Il est bien vrai que les pucerons dont les œufs 
sont transportés au printemps par les fourmis au sommet 
des jeunes pouces de pêchers , y développent par leurs pi- 
qûres une maladie qui recoquille les feuilles et leur donne 
jusqu'à un certain point l'aspect de feuilles cloquées; mais 
la cloque est une maladie toute différente et complète- 
ment indépendante des pucerons. A l'opinion de Laville- 
Hervé on a objecté que s'il est vrai que le vent de nord- 
ouest amène souvent la cloque, il est également vrai que 
cette maladie se développe quelquefois par d'autres vents, 
et c'est ce qui est arrivé pour les pommes de terre. A 
Tournay deux fois la maladie s'est développée par le vent 
de nord-ouest, mais je doute qu'il en soit de même partout 
ailleurs. Quant à l'opinion de Dumont-Courset, Bosc la re- 
garde comme plus probable, mais il fait remarquer qu'il 
faudrait de longues observations pour l'établir. Quoi qu'il 
en soit, toujours est-il vrai que la maladie qui a affecté les 
pommes de terre a présenté les mêmes caractères, avec cette 



( 298 ) 

double différence qu'elle a été contagieuse et qu'elle est 
devenue à l'état putride dans les terrains humides ou ex- 
posés à des pluies consécutives. 

Il me paraît donc hors de doute que le mal qui a atteint 
la pomme de terre est une véritable maladie contagieuse 
analogue à celle qui a ravagé notre pays en 1778 , et que 
cette maladie se faisait déjà sentir depuis quelques années, 
quoiqu'à un moindre degré. Si nous en jugeons par ce qui 
a eu lieu il y a 67 ans , cette maladie reparaîtra l'année 
prochaine, mais moins intense, puis elle disparaîtra peu à 
peu comme elle est venue. 

On ne peut donc, quelque soin que l'on prenne, compter 
sur une récolte complète en 1846. Faire revenir des 
pommes de terre de l'étranger, est sans doute une bonne 
chose, mais nous avons vu que cela n'était pas un préser- 
vatif contre l'invasion de la maladie. 

Pour assurer la récolte, il faudra éviter de planter dans 
des terrains humides et choisir de préférence les sols qui 
laissent passer ou qui absorbent l'humidité , comme les 
terrains graveleux et ceux qui reposent sur la craie ; dans 
les autres, les endroits secs et arides seront les meilleurs. 

11 est important de ne pas planter dans les mêmes champs 
où la maladie a sévi celte année. Il faudra aussi éviter les 
engrais longs qui entretiennent l'humidité et peuvent ainsi 
contribuer a développer la cloque putride. Si la cloque 
apparaît, il serait bien de couper aussitôt et de jeter au 
loin tous les bourgeons atteints avant que la sève viciée 
n'ait pu descendre dans les tubercules. 11 faudra d'ailleurs 
ne livrer à la terre que des tubercules parfaitement sains, 
rejeter tous ceux qui portent la moindre trace de pourri- 
ture, ou même des taches noirâtres à l'intérieur et avoir 
soin de planter de préférence les bases des tubercules qui 



( 299 ) 

sont moins atteints que leurs couronnes, où est le siège du 
mal. Il faudra cultiver de préférence les variétés hâtives; 
comme elles se développent plus vite, elles ont plus de 
change d'être arrivées à l'état de maturité au retour de la 
maladie. 

Il est également désirable de déplacer les pommes de 
terre d'un village à l'autre, d'un sol léger à une terre forte, 
et vice-vcrsa; ce déplacement donne plus d'activité à la vé- 
gétation. 

Quant à la nourriture des bestiaux , je ne» saurais assez 
engager lescultivateurs à planter, l'an prochain, la pomme 
de terre dite turque, qui a si admirablement résisté cette 
année à la maladie; on fera bien en outre de planter la 
betterave, la carotte et surtout le choux-caulet qui fournit, 
pendant tout l'hiver, une nourriture fraîche et abondante 
aux bestiaux, et qu'il est regrettable de ne pas voir plus 
cultivé dans la majeure partie de notre pays, tandis que 
dans le Tournaisis et le pays de Lille, on le regarde avec 
raison comme la plante la plus précieuse pour la nourri- 
ture des bêtes à cornes durant l'hiver et le printemps. 

A la suite d'une discussion à laquelle ont pris part plu- 
sieurs membres, M. Morren a promis de communiquer, de 
son côté, un écrit qui renfermerait l'exposé de ses opi- 
nions sur la nature de la maladie des pommes de terre. 

— M. Roulez présente une notice sur un bas-relief fu- 
néraire du musée d'Arezzo , représentant une scène de toi- 
lette. (Commissaires : MM. Cornelissen, Willcrns et de 
Reiffenberg.) 



( 300 ) 

M. le directeur, en levant la séance , a fixé l'époque de 
la prochaine réunion au samedi , 8 novembre. 



OUVRAGES PRÉSENTÉS. 



annales de l'observatoire royal de Bruxelles , publiées aux 
frais de l'Etat, par le directeur M. A. Quetelet. Tom. IV. 
Bruxelles, 1845, 1 vol. in-4°. — De la part de M. le ministre 
de l'intérieur. 

Mémoire à Vappui du projet de loi sur les prisons, présenté 
à la chambre des représentants, par M. le ministre de la jus- 
tice. Bruxelles, 1845, 1 vol. in-8°. — De la part de M. le mi- 
nistre de la justice. 

Idatii episcopi chronicon , correctionibus , scholiis et disser- 
tationibus illustratuma J.-M, Garzon, edidit. P.-F.-X. De Ram. 
Bruxellis, 1845, in-8°. 

Instructions populaires sur les moyens de combattre et de dé- 
truire la maladie actuelle des pommes de terre , par M. Ch. Mor- 
ren. Bruxelles , 1845, in-18. — Le même ouvrage en flamand. 

Description des coquilles et des polypiers fossiles des terrains 
tertiaires de la Belgique, par M. P.-N. Nyst. 3 e livr. Bruxelles, 
1845,in-4°. 

Esquisses ornithologiques , descriptions et figures d'oiseaux 
nouveaux ou peu connus, par M. leV te Bernard Du Bus. l ro livr. 
Bruxel., 1845, in-4°. 

Considérations sur T organisation des collèges , par M. F.-N.J.- 
G. Baguet. Louvain, 1845, in-8°. 

Société littéraire de V université catholique de Louvain. — 
Choix de mémoires III. Louvain, 1845, 1 vol. in-8°. 



(301) 

annales de la société de médecine d'envers, année 1845, 
livr. d'août et de septembre. Anvers , in-8°. 

Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacologie, pu- 
blié par la société des sciences médicales et naturelles de 
Bruxelles. 3° année, cahier de janvier 1844, d'août et de sep- 
tembre 1845. Bruxelles, in-8°. 

.annales de la société royale d'agriculture et de botanique de 
Gand. Mai 1845, n°5. Gand, in-8°. 

Journal vétérinaire et agricole de Belgique, 4 e année, juillet 
et août 1845. Bruxelles, in-8°. 

De la maladie des pommes de terre en Belgique et des moyens 
d'en arrêter les progrès, dans le présent et dans V avenir , par 
MM. P.-J. Valiez et P.-J. de Potter. Bruxelles, 1845, in-8°. 

Considérations sur la cause et la nature de la maladie des 
pommes de terre, par M. le D r Reni-Vanoye. Thourout, 1845, 
in-8°. 

De Voesophagotomie , mémoire par M. V. de Lavacherie. 
Bruxelles, 1845, in-4° . 

Journal historique et littéraire , t. XII, livr. 5 etG. Liège, in-8°. 

Mémoire sur les différentes fonctions que Veau remplit dans 
les composés à radical simple et sur la constitution de ceux-ci , 
par M. Maximilien Dugniolle. Bruxelles, 1845, in 8°. 

Commentaire de la loi sur V instruction primaire du 23 sep- 
tembre 1842, par M. J.-B. Bivort. Bruxelles, 1845, in-8°. 

Gazette médicale belge, sept, et oct. 1845. Bruxelles, in-fol. 

annales et bulletin de la société de médecine de Gand , année 
1845, mois d'août et de septembre. Gand, in-8°. 

Bévue de Liège, 8 e livr. , 15 août 1845. Liège, in-8°. 

Rapport sur la maladie des pommes de terre, par MM. Dieu- 
donné , Nollet, Le Roy, Biver et Scheler. Brux., 1845,in-8°. 

Annales de la société d'émulation pour l'étude de V histoire et 
des antiquités de la Flandre, t. II, 2 e série, n° 4; t. III , 2° sér., 
n° 1. Bruges, in-8°. 

Rapport sur la maladie actuelle des pommes de terre, par 
MM. Janssens, Loriers et autres. Anvers, 1845, in-8°. 



( 302 ) 

Bulletin de l'académie royale de médecine de Belgique, année 
1844-1845, tome IV, n ' 8 et 9. Bruxelles, 1845, in-8*. 

Histoire numismatique de la révolution belge, par M. Guioth. 
9 e et 10 e livr. Hasselt , 1845, in-fol. 

La science et la foi sur l'œuvre de la création, par M. H.-B. 
Waterkeyn. Liège, 1845, in-8°. 

annales de la société royale des beaux-arts et de littérature de 
Gand , 1844-1845, 2 e à 4 e livr. Gand , in-8°. 

Notes sur la géographie ancienne, et sur une dépression pro- 
bable de l'Afrique septentrionale, celle du lac Melghigh, par 
M. Virlet d'Aoust. Paris, 1845, in8°. 

Compléments de géométrie descriptive , par M. Théodore Oli- 
vier. Texte et atlas. Paris, 1845, 2 vol. in-4°. 

Journal de la société de la morale chrétienne , 3 e série , 
tome IV, n (,s 2et3. Paris, 1845, in-8°. 

Journal d'agriculture pratique et de jardinage , publié sous 
la direction du D r Bixio. 2 e série, t. III, n°» 2 et 3. Paris , 
in-8°. 

L'indépendant du canton de Vaud , n° 17, 30 août 1845. 
Lausanne, petit in*fol. 

V Investigateur , journal de l'institut historique, 12 e année, 
tome V, 2 e série, 132° et 133 e livr. Paris , 1845, in-8». 

Bévue zoologique, par la société Cuviérienne, 1845, n 08 7 
et 8. Paris, in-8°. 

Construction géométrique des amplitudes dans les fonctions 
elliptiques. — Propriétés nouvelles des sections coniques, par 
M. Chasles. Paris, 1844 , in-4°. 

Géométrie. Propriétés générales des arcs d'une section coni- 
que, dont la différence est recti fiable , par le même. Paris, 1843 , 
in-4°. 

Mémoires de la société royale et centrale d'agriculture , scien- 
ces et arts du département du Nord, séant à Douai , 1843-1844. 
Douai, 1845, 1 vol. in-8°. 

Bulletin de la société géologique de France , 2 e série, tome II, 
feuilles 24 à 30. Paris, 1844-1845, in-8°. 



( 303 ) 

Mémoires de la société d'agriculture , sciences et arts de ^ar- 
rondissement de Valenciennes , tom. IV, 1-12 cahiers. Valen- 
ciennes , 18-44, in-8°. 

Instructions pratiques sur l 'observation et la mesure des pro- 
priétés optiques , appelées rotatoires , avec l'exposé succinct de leur 
application à la chimie médicale , scientifique et industrielle , 
par M. Biot. Paris, 1845, in-4°. 

Leçons de calcul différentiel et de calcul intégral , par M. l'abbé 
Moigno. Paris , 1840-1844, 2 vol. in-8°. 

Discours prononcé à l'ouverture de la trentième session de la 
société helvétique des sciences naturelles , réunie à Genève, le 
11 août 1845, par M. le prof, de la Rive. Genève, 1845, in-8». 

Catalogue des livres de sciences, composant la bibliothèque 
de feu M. E. Geoffroy-Saint-Hilaire. Paris , 1845, in-8°. 

Annuaire magnétique et météorologique du corps des ingé- 
nieurs des mines de Russie, par M. A. -T. Kupffer. année 1842, 
n° 8 1 et 2. S'-Pétersbourg, 1844,2 vol. in-4°. 

Belgisch muséum, 1845, 3 do aflevering. Gent, in-8°. 

Geschiedenis der middeleeuwsche bouwkunde , hare oorsprong 
en ontwikkeling , door F. De Vigne. Te Gent, 1845, in-4°. 

Het vaderland en de vlaewsche Letterbode, 4 de aflevering, 
l 8te deel , l sle Jaergang. Anlwerpen , 1845, in-8°. 

Het vlaemsch tooneel in de XVII e eeuw, door F.-A. Sneilaert. 
Gent, 1845, in-8". 

Bydragen tôt de hennis van den tongval en het taeleigen van 
Kortryk, door den zelfden. Gent, 1844, in-8°. 

Eertxjds , naer en tegenwoordig. Kluchte , door jonkheer 
H.-F. Vanden Branden , uitgegeven door F.-A. Sneilaert, in-8°. 

De aardappel-epidemie in Nederlandin den jare 1845. Door 
M r C.-A. Bergsma. Te Utrecht, 1845, in-8°. 

De vlaamsche landbouw volgens van Aelbroeck en van Lich- 
tervelde, door denzelfden. Te Utrecht , 1845, in-8°. 

Algemeene geschiedenis der wereld (door M r S. Polak). 58 toi 
61 8le aflevering. Amsterdam , 1845 , in-8°. 

Proceedings of the royal sociely of Edinburgh, Contents and 



(304) 

index. Vol. I. Dec. 1832 to may 1844.Edinburgh , 18-15, iû-8°; 
Vol. II, n 08 25 and 26. 

Transactions ofthe royal society ofEdinburgh, vol. XVI, part. 
1 ; vol. XVII, part. 1. Edinburgh , 1845, 2 vol. in-4°. 

Proceedings of the geological society of London. Vol. IV, paris 
land2, n os 95-101. London, in-8°. 

Transactions of the geological society of London, Second sé- 
ries , vol. VII, parts 1 and 2. London, 1845, in-4°» 

Philosophical transactions ofthe royal society of London. 
For the year 1845 , part 1. London, in-4°. 

A report to the navy department ofthe United States , on ame- 
rican coals, applicable to steam-navigation , and to other pur<- 
poses. By Walter R. Johnson. Washington , 1844, 1 vol. in-8°. 

Fifty-eighth annual report of the régents of the university of 
the state of New- York. Made to the législature March 1 , 1845, 
Albany, 1845, 1 vol. in-8°. 

Proceedings of the academy of natural sciences of PhiladeU 
phia, vol. II , n° 7, in-8°. 

Magni Rotuii Scaccarii Normanniae sub regibus Angliae. 
Opéra Thomae Stapleton. Londini, 1840, 2 vol. in-8°. 

Codex Exoniensis. A collection of Anglo-Saxon poetry, from 
a manuscript in the library of the Dean and chapter of Exeter , 
by Benjamin Thorpe. London, 1802, 1 vol. in-8°. 

Caedmon's metrical paraphrase of parts of the Holy Scriptu- 
res in Anglo-Saxon , by the Same. London, 1832. 1 vol. in-8°. 

Collectanea antiqua , n° Vil. Etchings of ancient remains, 
by Charles Roach Smith. London, 1845, in-8°. 

Archaeologia, or miscellaneous tracts, relating to antiquity, 
published by the society of antiquaries of London. Vol. I, II , 
XI, XII , XIV, XVI to XXX ; index to the first fifteen volumes; 
item from volume XVI to volume XXX. London , 1804-1844 , 
ensemble SI vol. in-4°. 

The military antiquities of the Romans in North Britain , 
and particulary their ancient System of castrametation , by the 
late William Roy. London, 1793 , 1 vol. gr. in-fol. 



( 305 ) 

A collection of ordinances and régulations for the govefnmeftl 
of the royal household made in divers reigns , from king 
Eduard III to king JVilliam and queen Mary. London , 1790, 
1 vol. in-4°. 

Liber quotidianus contrarotulatoris Garderobae anno regni 
régis Edwardi primi vicesimo octavo. Londini, 1787, 1 volume 
in-4°. 

The electrical magazine, conducted by M r . Charles v. Wal- 
ker. , vol. II, n° 10. London, in-8°. 

The annals and magazine of natural hislory, vol. XIV , 
n os 88-101. London, in-8°. 

The natural System of architecture , as opposed to the artificial 
system of the présent day, by William Pettit Griffitb. London, 
1845 , in-4°. 

Archiv der Mathematik und Physik , herausgegeben von 
J.-A. Grunert , 6 ter Theil, 4 tes Heft. Greifswald, 1845, in-8°. 

Monatsberichte liber die Verhandlungen der Gesellschaft fur 
Erdkunde zu Berlin. Redigirt von D r Wilhelm Mahlmann. 
NeueFolge , l ter Band. Berlin, 1845, in-8°. 

Ueber die Zustaende der arbeitenden Klassenin Breslau.Yon 
Alexander Schneer. Berlin, 1846, in-8°é 

Bericht ûber die zur Bekanntmachung geeigneten Verhand- 
lungen der kônigl. Preuss. Akademie der fVissenschaften zu 
Berlin, Aug.-Dec. 1844 ; Januar-Juni 1845 , in-8°. 

Abhandlungen der kônigl. Akademie der IVissenschaften zu 
Berlin. Aus dem Jahre 1843. Berlin, 1845, 1 vol. in-4°. 

Jahrbuch fur praktische Pharmacie und verwandte Fâcher. 
Band XI, Heft 1. Landau, 1845, in-8<>. 

Uebersicht der Arbeiten und Veranderungen der schlesischen 
Gesellschaft fur vaterlândische Kultur im Jahre 1844. Breslau , 
1845, 1 vol. in-4°. 

Sulla vera essenza naturale dei materiali immediati attivi 
délia China gialla filosa e specie affini. Opuscolo seeondo di 
B. Jori. Reggio, 1845, 1 vol. in-8°. 

Intomo alla filosofia dcl dritto, lettere di Terenzio Mamiani 



( 306 ) 

délia Rovere e di Pasquale Stanislao Mancini. Napoli, 1844, 
I vol. in-8°. 

Continuazione délie Ore Solitarie, ovvero giomale di scienze 
morali, législative ed cconomiche. Anno 1842, 2° semestre, 
fasc. 7-12; anno 1844, fasc. 1-7. Napoli, in-8°. 

Délia utilità di ordinare i nuovi asili di mendicità nel regno 
di Napoli sotto la forma di colonie agricole, dal cav. Pasquale 
Stanisl. Mancini. Napoli, 1843 , in-8°. 

Jnalisi a due coordinate del prof. Ferdinando de Luca. Na- 
poli, 1844, 1 vol. in-8°. 

Nuovi elementi di geografia , che contiene lo studio elementare 
délia geografia antica , dallo stesso. Napoli , 1843, in-8°. 

Instituzioni efementari di geografia naturale , topografica , 
politica, etc. , dallo stesso. Napoli, 1843, 1 vol. in-8°. 

Opère deW abate Teodoro Monticelli , vol. III. Napoli , 1843 , 
1 vol. in-4°. 

Rendiconto délie adunanze e de" lavori délia reale accademia 
délie scienze. Sezione délia società reale Borbonica di Napoli, 
lomo III, n 08 13-16. Napoli, 1844, in-4°. 

Catalogo metodico dei mammiferi Europei di Carlo L. prin- 
cipe Bonaparte. Milano, 1845, in-4°. 

Specchio générale dei sistemi erpetologico , anfibiologico ed 
itliologico, del medesimo. Milano, 1845, in-4°. 

Catalogo metodico dei ciprinidi d'Europa e rilievi sul vo- 
lume XV 11 delV istoria naturale dei pesci delsig. Valencienues , 
del medesimo. Milano, 1845, in-4°. 

Trattato del magnetismo e, délia elettricità delV ab. Francesco 
Zantedeschi. Parte I. Venezia , 1844, 1 vol. in-8°. 

Ultimi progressi délia geografia, da Jacobo Grâberg da 
Hemsô. Milano , 1844, in-8°. 

Rappresentazione geometrica délie funzioni ellitiche di terza 
specie di dato parametro circolare, memoria di Barnaba Torto- 
lini. Roma, 1844, in-8°. 

Memoria sulV applicazione del calcolo dei residui alV inte- 



(307 ) 

grazione deW equazioni lineari a derivate parziali, del mede- 
simo. Roma, 1842, in-8°. 

Elementi di calcolo infinitésimale del medesimo. Tomo I. — 
Calcolo differenziale. Roma, 1844, 1 vol. in-8°. 

A finales regum Mauritaniae a condito Idrisidarum imperio 
ad annwn fugae 726; edidit Carohis Johannes Tornberg. 
Tom. I et II. Upsaliae, 1843-1844, 3 vol. in-4°. 

Diplomatarium Daleharlicum. Urkumder rorande Lands- 
kapet Dalarne, samlade och ufgifne af C.-G. Kroningssvàrd 
och J. Liden. Stockholm, 1842-1844, 2 vol. in-4°. 

Svenskt Diplomatarium, utgifvet a f Bror Emil Hildebrand. 
Tredje Bandet , forstaDelen. Stockholm, 1842, 1 vol. in-4°. 

Kongl. vitterhets historié och antiquitets academiens hand- 
lingar. Stockholm, 1789-1841 , 16 vol. in-8°. 

Svenska Fomsànger. En samling af kâmpavisor, Folk-visor, 
Lekar-och Dansar, samt Barn-och vall-Sànger, utgifne af Adolf 
Jwor Arwidsso» . Stockholm, 1834-1842, 8 vol. in-8°. 

Handlingar rorande sverges inre fôrhàllanden under konung 
Gustaf /. Stockholm, 1841-1845, 4 vol. in-8°. 

Samlingar utgifna a f svenska Fomskrift-Sàllskapet. Stock- 
holm, 1844, 2 vol. in-8°. 

Anteekningar ur kongl. wittethets, historié och antiquitets 
akademiens dagbok samt ont de under akademiens inseende 
stâllda kongl. samlingarna , for àr 1843, af Bror Emil Hilde- 
brand. Stockholm, 1844, in-8°. 

Bockstafs. Former under medelliden en ligt sverges ofjentliga 
handlingar teeknadeaf L.-F. Ràât. Feuille in- fol. oblong. 



BULLETIN 



DE 



L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES 



ET 



BELLES-LETTRES DE BRUXELLES. 

1845. — N« 10. 



Séance du 8 novembre. 

M. le baron De Stassart, directeur. 
M. Quetelet, secrétaire perpétuel. 



CORRESPONDANCE. 



M. le Ministre de l'intérieur adresse à l'Académie une 
notice de M. Guioth , ingénieur en chef des ponts et chaus- 
sées, sur des fouilles exécutées dans le tumulus qui existe 
à Brusthem, près de S l -Trond. M. le chanoine De Ram est 
invité à examiner cette communication. 

Tom. xii. 22. 



(310) 

La société du Musée Ferdinandeum d'Inspruck fait par- 
venir les 5 e , 6 e , 7 e , 8 e et 9 e centuries de l'Herbier du 
Tyrol. 

L'académie a également reçu les ouvrages manuscrits 
suivants : 

1° Un mémoire sur divers lieux géométriques du se- 
cond degré, déterminés par la géométrie descriptive; par 
M. Brasseur, professeur ordinaire à l'université de Liège. 
( Commissaires : MM. Dandelin, Verhulst et Pagani. ) 

2° Des considérations anatomico-physiologico-patholo- 
giques sur le Solanum tuberosum, par M. P.-H. Barbière, 
médecin vétérinaire, etc. (Commissaires : MM. Stas, 
Kickx, Morren et Martens.) 



RAPPORTS. 



Conformément aux conclusions de ses commissaires, 
MM. Cornelissen , Willems et le baron de Reiffenberg , 
l'académie ordonne l'impression de la notice de M. le pro- 
fesseur Roulez, sur Un bas-relief funéraire du musée 
d'Arezzo, représentant une scène de toilette. 



( 311) 
COMMUNICATIONS ET LECTURE». 



Notice sur une nouvelle théorie de la vision , par J.-G. Cra- 
hay, professeur de physique à l'université catholique. 

Bien des hypothèses ont été imaginées pour expliquer 
le mécanisme qui donne à l'œil la précieuse faculté de voir 
nettement les objets placés à diverses distances. Les unes 
sont insuffisantes en ce que les moyens qu'elles supposent 
dans l'organe ne sont pas capables de produire les effets 
demandés; les autres ont recours à des modifications de 
forme dont l'observation prouve que l'existence est impos- 
sible. De sorte que le problème reste encore à résoudre. 

Récemment une nouvelle théorie, proposée sur ce sujet 
par M. Sturm, a été publiée dans les n os 9, 11 et 17 des 
Comptes Rendus des séances de l'académie des sciences de 
Paris. Elle a été reproduite dans les n os 5 et 7 des Annales 
de physique et de chimie de Poggendorff, et depuis, elle 
a été citée comme levant toutes les difficultés. Cependant 
son savant auteur semble ne pas la considérer d'une ma- 
nière aussi absolue. « Si la théorie que je propose, dit-il 
» dans son mémoire, ne résout pas complètement les dif- 
» Acuités relatives à l'ajustement de l'œil, elle aura du 
» moins l'avantage de les diminuer notablement; car en 
» ayant égard à mes remarques, on n'aura plus besoin de 
» supposer dans l'œil les mouvements internes et les chan- 
» gements de forme trop considérables qu'exigent les autres 
» théories. » Ailleurs il dit : « Cette théorie sur la marche 
» des rayons dans l'œil aurait besoin d'être vérifiée par 



( 312 ) 

» des expériences directes , qui exigeraient , pour être con- 
» cluantes , des préparations et des mesures assez déli- 
» cates. Je ne dirai rien ici de mes essais , auxquels je n'ai 
» pas encore apporté la précision nécessaire. » 

L'auteur lui-même pense donc que sa nouvelle théorie 
a besoin d'être soumise à l'épreuve. Et, d'après cela , je 
prendrai la liberté de manifester mon opinion à son égard ; 
les moyens d'épreuve n'exigent ni des préparations ni des 
mesures délicates; ils se trouvent à la portée de quiconque 
a des yeux bien conformés. Exposons d'abord la partie es- 
sentielle de la nouvelle théorie : 

L'auteur, en s'appuyantsur des mesures prises par plu- 
sieurs savants physiciens et anatomistes sur des yeux 
d'homme et de quelques animaux, admet que la forme 
d'aucun des milieux réfringents de cet orgaue n'est celle 
d'un segment sphérique, ni même d'un solide de révo- 
lution; il pose que l'ensemble de toutes les parties de 
l'organe qui concourent à la vision peut être repré- 
senté, par rapport à la marche des rayons réfractés, par 
une seule substance homogène, terminée par un segment 
d'ellipsoïde dont le grand axe serait dirigé suivant l'axe de 
la pupille, dont l'axe moyen serait horizontal, et le petit 
axe vertical. Les rayons lumineux émanés d'un seul point 
placé au-devant d'un tel œil, et traversant la pupille, ne 
pourront pas, après la réfraction , converger en un foyer 
unique, et si la pupille est large, il ne se formera pas une 
surface caustique qui soit de révolution autour du grand 
axe; car les rayons dirigés très-près du grand axe dans le 
plan de la section horizontale de l'ellipsoïde , se réfractent 
comme s'ils tombaient sur le cercle osculateur de cette 
section au sommet du grand axe, et vont se réunir sur ce 
grand axe en un certain foyer F, tandis que les rayons di- 



(313) 
rigés dans la section verticale, qui a au sommet une cour- 
bure plus forte, vont concourir sur ce même grand axe en 
un autre foyer /", plus rapproché du sommet. Quant aux 
rayons voisins situés hors de ces deux plans, ils ne ren- 
contrent pas le grand axe après la réfraction (c'est-à-dire 
que leur plus courte distance à ce grand axe n'est pas une 
fraction infiniment petite de la distance du point d'inci- 
dence à ce même axe) . 

D'après ces considérations, il se forme dans chacun des 
deux foyers F, f, deux lignes lumineuses, perpendiculaires 
au grand axe de l'ellipsoïde, l'une verticale, l'autre hori- 
zontale; ces lignes, très-courtes, sont les images du point 
dans les deux foyers respectifs F et /", tandis que , dans l'es- 
pace compris entre F et f, les deux lignes lumineuses en se 
dilatant en largeur, mais diminuant en longueur, donnent 
lieu , dans des sections faites par un plan perpendiculaire 
au grand axe, à de petites surfaces de forme elliptique plus 
ou moins allongées, soit dans le sens de l'une, soit dans 
celui de l'autre des lignes lumineuses Fou /*, selon la dis- 
tance de la section à chacun de ces foyers; et dans la par- 
tie centrale de ces petites surfaces, la lumière est plus con- 
densée que dans celles qui l'entourent. 

Cela posé, l'auteur pense que « dans l'œil l'intervalle 
» focal Ff, propre à chaque faisceau provenant d'un point 
» extérieur, est non pas nul, mais seulement très-petit, 
» de 1 ou 2 millimètres au plus. Il admet , selon l'opinion 
» générale des physiologistes, que c'est la rétine seule qui 
» reçoit l'impression de la lumière (ou, selon Mariotte 
» et Brewster, l'enveloppe choroïde qui se trouve immé- 
» diatement au-dessous de la rétine , celle-ci étant trans- 
» parente). La direction du rayon central sur laquelle se 
» trouvent les foyers F, f, étant presque perpendiculaire 






(314) 

3 à la surface de la rétine, le point d'où émanent les rayons 
d lumineux sera vu avec une netteté suffisante, si la ligne 
» Ff, quoique très-courte, rencontre la rétine en un point 
» situé entre les deux foyers F et /*, ou même encore un 
» peu au delà de F ou en 'deçà de f; car alors le mince 
y> faisceau lumineux que la pupille a laissé passer, inter- 
» ceptera sur la surface de la rétine un espace extrême- 
» ment petit , incomparablement moindre que les sections 
» faites dans ce faisceau très-près du cristallin. A la vé- 
» rite, y> ajoute-t-il, « l'image d'un simple point sur la 
» rétine peut être alors plus étendue en longueur qu'en 
» largeur; mais comme la lumière est plus condensée au 
» centre de cette image et que ses deux dimensions, quoi- 
» que inégales , sont d'une extrême petitesse, on conçoit 
» que si l'on regarde un objet d'une étendue finie, des 
» points contigus de cet objet donneront sur la rétine des 
» images qui se superposeront en partie dans le sens de 
» leur longueur, de manière à former, par leur ensemble, 
» une image de l'objet assez nette et bien terminée. » 

Voilà la partie fondamentale de cette nouvelle théorie. 
Suivant l'auteur, elle explique comment, sans modification 
de l'œil, l'image d'un objet est sensiblement nette pour la 
vision, que la distance de l'objet à l'œil soit grande ou 
petite, dans les limites de la vision ; il suffit que l'organe 
soit constitué de telle manière que le déplacement inévi- 
table des deux foyers F et /"avec le changement de distance 
ait lieu dans des limites telles que le premier reste tou- 
jours en avant , l'autre en arrière de la rétine, ou au moins 
qu'ils ne s'en éloignent guère. 

Maintenant, si nous partons de là, il s'ensuivrait comme 
conséquence nécessaire, que deux objets déliés placés dans 
une même direction , mais à des distances différentes de 



(315) 
l'œil, comprises dans les limites de la vision distincte , de- 
vraient avoir leurs images à la fois également nettes. Or 
c'est ce que l'observation contredit formellement : quand 
l'image de l'un quelconque des deux objets est nette, celle 
de l'autre est dilatée, confuse; et quand, fixant cette der- 
nière, on la voit nette, c'est la première à son tour qui est 
confuse. Cette observation est assez connue pour qu'il soit 
inutile d'insister sur l'exactitude du résultat que je viens 
de citer; seulement, je dois ajouter qu'elle ne réussit pas 
aussi complètement chez des personnes qui sont très-pres- 
bytes, pour des raisons dont il est facile de se rendre 
compte d'après la théorie des lentilles. Chez les myopes, 
non plus, elle ne peut produire son effet, à cause que le 
défaut de leur vue consiste dans la trop petite étendue 
des limites de leur vision. Elle n'est applicable qu'à l'or- 
gane dans son état normal. On peut répéter cette expé- 
rience d'une manière plus convaincante encore en regar- 
dant les deux objets inégalement distants à travers deux 
petits trous percés dans une carte que l'on tient très-près 
de l'œil , les trous laissant entre eux un intervalle moindre 
que le diamètre de la pupille; alors, regardant l'objet délié 
le plus rapproché (la pointe d'une épingle à 20 ou 25 
centimètres de l'œil), celui-ci sera vu simple, tandis que 
le plus éloigné (la pointe d'une autre épingle à 1 ou 2 
mètres de distance) sera double; si, au contraire, on re- 
garde ce dernier, il paraîtra simple, et le plus rapproché 
sera double. Ces résultats sont inconciliables avec la théo- 
rie de M. Sturm. 

On pourrait ajouter encore ceci : qu'un petit trou bien 
rond percé dans une carte et regardé à diverses distances 
de l'œil , paraît toujours exactement circulaire , tandis que , 
d'après la nouvelle théorie, il devrait être elliptique, plus 



(316) 

ou moins allongé, le grand axe tantôt vertical, tantôt ho- 
rizontal , suivant la proximité de l'un ou de l'autre foyer 
F ou f de la rétine ; c'est-à-dire suivant la distance de 
l'objet à l'œil. Que, pour quelques personnes , cette forme 
du trou change réellement avec la distance , cela tient à 
des défauts résultant d'une organisation vicieuse de leurs 
yeux; la théorie doit s'adapter aux yeux bien conformés et 
tels que les possèdent la grande majorité des hommes 
dans la force de l'âge. 

Enfin, on peut légitimement se demander s'il serait 
possible que les objets fussent vus avec la netteté par- 
faite, la délimitation exacte des contours qu'on leur 
connaît, si chacun de leurs points avait sur la rétine 
une image d'une certaine étendue , quelque petite qu'elle 
fût , mais qui ne se réduisît pas également à un point ; et 
lors même que l'on supposerait que, dans sa partie cen- 
trale, cette étendue fût plus éclairée que sur le reste de sa 
surface. 

Plusieurs observations concourent à indiquer que l'œil 
éprouve un changement dans la distance focale , approprié 
aux diverses distances des objets. Reste la difficulté d'ex- 
pliquer par quel moyen il est opéré. Qu'il me soit permis de 
rapporter encore ici un passage du mémoire de M. Sturm, 
où il rend compte de ce qui se passe dans l'œil quand l'ob- 
jet change de distance : <r Si l'objet se rapproche ou s'é- 
» loigne , le petit faisceau de lumière qui , émané d'un 
» point de cet objet, traverse l'œil , changera de forme 
» graduellement ; ses deux foyers F et f au fond de l'œil se 
» déplaceront simultanément en marchant dans le même 
» sens, et restant toujours très-près l'un de l'autre, et il 
» suffira que l'un d'eux se trouve encore assez près de la 
» rétine pour que l'image n'occupe toujours qu'un très- 



(317 ) 

» petit espace sur la rétine et que la vision ne cesse pas 
» d'être distincte. » Puis il ajoute: « D'autres circonstan- 
» ces peuvent d'ailleurs contribuer à cette petitesse de 
» l'image (du point) ; savoir : la contraction de l'iris , le 
» déplacement imperceptible de la tête, lorsque l'œil se 
» fixe sur l'objet ou se dirige d'un objet vers un autre, ce 
» qui change un peu les incidences des rayons , et peut-être 
» aussi un très-léger changement de courbure du cristal- 
» lin. » Il semblerait, d'après cela, que l'auteur lui-même 
n'est pas persuadé que sa théorie dispense entièrement 
d'avoir recours à un changement de distance focale de 
l'œil ; changement qui est nécessairement amené par celui 
de la courbure du cristallin. Or, de toutes les parties de l'œil , 
c'est peut-être le cristallin qui est le moins susceptible 
d'éprouver un changement de forme. 

J'ignore si l'examen des formes des yeux a été répété 
sur un assez grand nombre de sujets , et surtout si , au 
moins pour la cornée, on l'a réitéré suffisamment sur des 
sujets vivants, pour pouvoir en conclure que tous les yeux 
à l'état normal ont effectivement la forme d'un segment 
d'ellipsoïde, ou que l'ensemble de toutes les parties de 
l'organe se réduit à cette forme, telle que la suppose la 
théorie de M. Sturm. Cette forme , observée sur quelques 
individus , pourrait être une aberration de la forme type , 
tout comme d'autres parties du corps varient plus ou moins 
d'un individu à l'autre. Cette supposition serait d'autant 
plus plausible que les mesures prises sur différents yeux 
d'une même classe d'animaux n'ont pas conduit à des 
formes constantes. Au reste, quand même cette constance 
de forme aurait lieu , il en résulterait une difficulté de 
plus pour rendre compte de la manière dont cet admirable 
organe remplit ses fonctions; car il faudrait expliquer 



( 318 ) 

comment, malgré celle forme ellipsoïdale, qui semblerait de- 
voir donner lieu à des images allongées, tantôldans un sens , 
tantôt dans un autre, d'après la proximité de la rétine de l'un 
des deux foyers F et /*, et, par conséquent, plus ou moins 
altérées, plus ou moins confuses, comment néanmoins la 
vision a lieu avec une netteté complète; le défaut d'achro- 
matisme étant insensible dans l'usage ordinaire de l'œil. 
Je ne terminerai point la présente note sans ajouter 
que, quoique je ne puisse admettre la nouvelle théorie 
comme une solution du problème, le mémoire deM.Sturm 
m'a paru néanmoins être un des plus beaux travaux qui 
aient paru depuis longtemps sur le sujet en question; il 
est appuyé de calculs très-savants sur la marche de la lu- 
mière à travers différents milieux placés à la suite les uns 
des autres. 



Deuxième mémoire sur l'induction, par M. le professeur 
Élie Wartmann de Lausanne (1). 

§ Vit. Sur la non-inlerfêrence des courants électriques. 

08. Parmi les théories partielles de l'électricité, celles 
de l'induction, soit statique, soit dynamique, paraissent 



(î) Ce mémoire a été communiqué, le 19 mars 1845, à la société vaudoise 
des sciences naturelles , et, le 17 avril , à celle de physique et d'histoire natu- 
relle de Genève; le Compte Rendu de la séance du 23 juin de l'académie des 
sciences de Paris en a reproduit les conclusions. Il fait suite aux recherches 
déjà publiées dans les Bulletins de l'académie de Bruxelles, tome X, 2 e 
part. , p. 381 , puis, d'une manière plus correcte, ûansles Jrchives de l'élec- 
tricité, t. IV, p. 34, et dans le Philosophical magazine , t. XXV, p. 226. 



( 319 ) 
avoir une importance majeure. On peut même dire que 
l'explication des phénomènes de l'induction servirait à éta- 
blir la véritable théorie de l'électricité. Réciproquement, 
quelques données expérimentales sur les propriétés par les- 
quelles ce fluide se rapproche ou se distingue de la lumière 
et du calorique, seraient fort utiles pour bien comprendre 
cette action d'influence qui paraît lui appartenir en propre. 
Je me propose, dans ce nouveau mémoire, d'examiner si 
l'électricité dynamique peut donner naissance à des inter- 
férences analogues à celles que présentent les deux autres 
agents impondérables. 

59. Deux courants électriques provenant de sources sem- 
blables ou de la même source, et primitivement égaux, 
sont-ils capables de se neutraliser en tout ou en partie, 
lorsque l'un d'eux conservant une intensité constante, celle 
de l'autre varie jusqu'à ce qu'il devienne comme seul , com- 
paré au premier? Tel est le problème que j'ai cherché à 
résoudre par trois méthodes indépendantes, celle des cou- 
rants induits, celle des courants directs et continus, et celle 
des dérivations. La nécessité de mesurer avec une grande 
précision les conducteurs que traversent les courants, et 
l'ignorance absolue dans laquelle nous sommes sur les lon- 
gueurs des ondulations électriques (si l'électricité est bien 
un phénomène dans lequel les mouvements de l'éther 
jouent un rôle) , rendent les expériences dont je vais rendre 
compte très-délicates et très-longues. Elles ont toutes été 
répétées un grand nombre de fois : les principales ont été 
reproduites devant la société des sciences de Lausanne. 

A. Méthode des courants induits. 

60. Dans mon premier mémoire, j'ai montré (22) qu'en 



( 320 ) 
Faisant passer par deux iils inducteurs des courants directs 
de même sens, on induit un courant égal à la somme de 
leurs effets élémentaires; tandis que (25, 24) si les deux 
courants inducteurs sont parfaitement égaux et de sens 
contraires, les deux courants induits se neutralisent, ou, 
pour mieux dire, n'existent pas' sensiblement. Mais en 
allongeant l'un des fils inducteurs et en laissant l'autre in- 
variable, on fait cesser l'égalité de leur conductibilité et de 
leur faculté inductrice; alors l'aiguille du rhéomètre, qui est 
dans le circuit du fil induit, indiquera un courant instan- 
tané, égal à la différence que cet allongement aura pro- 
duite. 

61. Deux cas pouvaient se présenter entre les limites 
d'induction qui correspondent à une longueur nulle et à 
une longueur infinie du fil additionnel , en appelant infinie 
celle qui oblige le courant à se décharger en entier par le 
fil invariable. Pour des allongements toujours croissants, 
on pouvait observer des valeurs du courant induit toujours 
croissantes, ou bien des valeurs intermittentes , tantôt plus 
grandes, tantôt moindres, et alors seulement il y aurait 
interférence dans le circuit induit. Or, des expériences mul- 
tipliées faites avec les appareils et les fils précédemment 
décrits au § I er , et dans lesquelles l'allongement du fil in- 
ducteur s'opérait par degrés infiniment rapprochés, ont 
montré que les angles de déviation augmentent sans aucune 
alternative, et ont conduit aux lois logarithmiques formu- 
lées dans le § III. Il n'y a donc pas d'interférence dans les 
circonstances où j'ai cherché à la produire. 

62. Le résultat fut obtenu en novembre 1841 et com- 
muniqué aux élèves de mon cours de physique au commen- 
cement de l'année suivante. On pouvait peut-être lui opposer 
que si l'induction, dont le caractère est d'être instantanée, 



(321 ) 

est produite par une onde unique, il n'est pas certain 
que les phénomènes d'interférence se manifestent dans son 
développement. Cette objection serait analogue à Celle qu'on 
a élevée contre l'explication par des ondulations électriques 
de la remarquable intermittence, découverte par M. le pro- 
fesseur De La Rive (1 ) , dans les conductibilités de certaines 
longueurs d'un môme lil métallique par des courants ma- 
gnéto-électriques soumis à des changements de direction 
alternatifs et rapides (2). C'est pour lever tout doute à cet 
égard que j'ai cherché à faire interférer deux courants con- 
tinus, lancés simultanément dans le même fil, soit en sens 
contraire, soit dans le même sens (5). 

B. Méthode des courants directs et continus. 

65. Les fils dont j'ai fait usage sont inscrits dans le ta- 
bleau suivant. Ils ont été choisis bien cylindriques et re- 
cuits avec soin. Leurs longueurs ne pouvant être appréciées 
directement avec une exactitude suffisante, parce qu'ils n'é- 
taient pas géométriquement rectilignes, ont été calculées 
par la formule. 

L = 5,8,47 i 



(1) Mémoires de la société de physique et d'histoire naturelle de Genève, 
t. IX. Voyez la suite de ces recherches dans les archives de l'électricité, 
tom. I, p. 75, où se trouve l'explication de cette apparente interférence. 

(2) Lami, Cours de physique de l'École polytechnique , § 860. 

(ô) M. Peltier a appliqué le même moyen, sans l'employer au même but 
que moi, pour graduer les rhéomètres thermo-électriques par sa méthode de 
la somme des courants réunis, § XXII de son mémoire dans Ann. ch. et 
phys.,t. LXXI,p. 225. 






(322) 



dans laquelle 



L est la longueur cherchée , en millimètres ; 
P le poids du fil , en grammes ; 
A sa densité ; 
R son rayon. 

Les pesées ont été faites par la méthode de Borda et avec 
une excellente balance de Fortin. Les rayons s'estimaient 
par la méthode d'enroulement. Les densités sont emprun- 
tées aux meilleurs tables connues. 



NOMS DES FILS. 


DENSITÉS. 


DIAMÈTRES. 


POIDS. 


LONGUEURS. 






Mètre. 


Grammes. 


Mètres. 


Fil de platine n° 2 . . 


22,0 


0,00200 


59,700 


0,864111 


— n"3 . . 


22,0 


0,00140 


31,404 


0,927720 


Fil de cuivre n° 2 . . 


8,9 


0,00300 


06,892 


1,067160 


— n° 5 . . 


8,9 


0,00000 


65,705 


1,046245 


— n"4 . . 


8,9 


0,00300 


200,255 


5,184726 


— n"5 . . 


8,9 


0,00500 


52,050 


0,828810 


Fil de laiton n" 3 . . 


8,4 


0,00050 


21,595 


11,596000 


— n'4 . . 


8,4 


0,00100 


28,116 


4,216216 


Fil d'acier n° 1 . . 


8,7 


0,00025 


5,599 


9,405405 



G4. J'ai construit un rhéomètre avec le fil de cuivre n° 5. 
Le fil ne fait que quatre révolutions et n'est pas recouvert 
de soie. Les deux aiguilles (choisies entre plus de cinquante) 
sont très-légères, aimantées à saturation, et font une oscil- 
lation entière en 10",4; la pointe de l'aiguille supérieure 
porte une petite languette de papier noirci qui permet de 
lire les déviations sur un cadran de m ,9 de diamètre. 



( 323 ) 

65. Afin d'avoir des sources d'électricité toujours com- 
parables et d'une constance parfaite, j'ai employé deux 
couples thermo-électriques formés de métaux qui ne su- 
bissent aucune al tération dans les conditions où ils devaient 
être placés. Les métaux sont le platine et le cuivre purs et 
parfaitement recuits; j'ai évité tout métal étranger en reje- 
tant les soudures. Les fils de platine n° 2 et de cuivre n° 5, 
ceux de platine n° 5 et de cuivre n° 2, ont été tordus dans 
un étau sur une longueur de O m ,010; puis, après avoir 
lié avec du fil de cuivre plus fin et bien recuit ces surfaces 
de contact , on les a plongées dans des quantités égales de 
mercure pur destiné à égaliser promptement la température 
dans toute leur étendue. Le mercure est renfermé dans 
deux éprouvettes de verre d'Allemagne, de dimensions 
égales et prises au même tube : des bouchons fixés de dis- 
tance en distance séparent les deux fils de chaque couple. 
Les éprouvettes réunies par une lame de plomb destinée à 
les maintenir verticales et parallèles, plongent dans un 
réservoir de cuivre étamé moitié plein d'une solution de 
chlorure de calcium dans l'eau. Enfin une lampe à double 
courant maintient ce bain à une température constante 
indiquée par un excellent thermomètre étalon gradué sur 
son propre tube. 

66. Toutes les communications des extrémités des cou- 
ples avec le rhéomètre , s'effectuent parle moyen des pinces 
avis de M. Poggendorff , qui ont l'avantage d'assurer un con- 
tact excellent sans ressort ni mercure. Ce sont des paral- 
lélipipèdes massifs de cuivre pur , dans lesquels on a percé , 
de part en part, trois ouvertures cylindriques parallèles que 
des vis de pression parcourent perpendiculairement à leur 
axe. 

07. Pour allonger le circuit du couple de longueur va- 



Cm) 

riable, j'emploie le rhéostat de M. Wheatstone. Celui qui 
m'a servi est formé de deux cylindres de m ,06 de dia- 
mètre; leurs pas de vis reçoit le fil de laiton n° 5 , qui fait 
soixante révolutions et dont la longueur utile est de 1 l m ,5. 
Il faut que ce lîl additionnel soit d'une texture homogène , 
parfaitement cylindrique et de sa nature très-bon conduc- 
teur, sans quoi il occasionnerait dans les lectures des per- 
turbations qui voileraient le résultat final. 

68. La disposition adoptée pour l'expérience, consiste à 
mettre le rhéostat dans le circuit de l'un des couples et à 
obliger le courant de l'autre couple à parcourir le rhéo- 
mètre en sens inverse de celui du premier (1). Chaque cou- 
rant possède alors deux voies de communication : ou bien 
par le fil gros, court et homogène du rhéomètre, ou à 
travers le circuit hétérogène et comparativement plus long 
de l'autre couple. L'expérience et le calcul prouvent que la 
dérivation produite par cette seconde voie est si petite 
qu'on peut la négliger. Par exemple, le courant du second 
couple donnant 14° de déviation à -+-114° C, l'addition du 
circuit de l'autre couple non échauffé fit tomber l'aiguille 
à 13°30'. Le premier couple ayant produit 26° à -+- 114° C, 
la dérivation causée par l'autre ramena l'index à 25° 40' et 
ne l'affecta plus d'une manière sensible quand la déviation 
fut réduite à 4° ou 3° par l'interposition d'une longueur 
suffisante du fil du rhéostat. Comme réchauffement dimi- 
nue la conductibilité des métaux dont j'ai fait usage, on 



(1) Voici un exemple numérique destiné à prouver la délicatesse de mes 
appareils de mesure. Le thermomètre marquant -h 143°, 
le premier couple faisait dévier l'aiguille de 0° à 39° est ; 

le second de 0° à 18» ouest, 

et l'opposition de leurs courants . . . de 1 à 29" est. 



( 325 ) 

peut croire que le fil hétérogène dont la soudure était 
portée de 110° à 140°, suivant les cas, ne livrait plus 
alors passage qu'à une imperceptible fraction du courant. 

69. Laissant invariable le circuit d'un des couples, on 
a modifié par degrés insensibles (comme le rhéostat permet 
de le faire si commodément) celui de l'autre, ou en re- 
tranchant toute la longueur du fil additionnel de 11 mè- 
tres, ou en la lui ajoutant , ce qui annulait presque son 
courant propre. La marche de l'aiguille du rhéomètre n'a 
jamais indiqué qu'une augmentation ou qu'une diminu- 
tion progressive de déviation , et mis en évidence l'in- 
fluence prépondérante d'un courant sur l'autre ou leur 
neutralisation mutuelle à cause de leur égalité en des / 
sens opposés. 

70. L'expérience a été répétée en lançant les deux cou- 
rants dans le même sens par le fil du rhéomètre. Elle a 
donné un résultat analogue, soit l'absence la plus com- 
plète d'intermittence dans l'allure de l'aiguille pour une 
addition ou une soustraction toujours croissante du fil 
additionnel. 

71. J'ai fait encore d'autres épreuves avec des piles 
hydro-électriques (6), en employant le thermomètre de 
Bréguet (5, c) comme moyen de mesure. Deux couples de 
Daniell ont été mis en relation avec cet instrument à 
l'aide de deux conducteurs de laiton bien égaux n° 4. En 
établissant un second circuit avec deux autres fils pareils, 
tels que le courant, partant des mêmes pôles , traversât le 
thermomètre en sens inverse du premier, l'aiguille est 
revenue à son zéro de départ et s'y est maintenue. Afin de 
m'assurer que cette neutralisation n'était pas seulement 
apparente et due à la circonstance que le double circuit 
suffisait à la décharge complète de la pile en dehors de la 

Tom. xii. 25. 



( 326 ) 

spirale, j'ai répété l'expérience avec quatre fils d'acier n° 1, 
formant un double circuit bien plus mauvais conducteur 
que celui des fils de laiton et avec dix couples au lieu de 
deux. Le résultat est resté le même. 

72. On pourrait peut-être élever contre la méthode des 
courants directs et continus les objections suivantes : 

a) Il convient d'employer au lieu de deux sources élec- 
triques semblables une seule source commune. Dans les 
phénomènes d'interférence lumineuse ou calorifique , c'est 
à la même radiation que s'empruntent les faisceaux qui 
s'entre-détruisent. 

b) Dans l'hypothèse ondulatoire de l'électricité, la cir- 
constance que les vibrations doivent traverser une partie 
d'un circuit (le fil du rhéostat) dont le diamètre est dimi- 
nué, pourrait s'opposer à la possibilité de leur interférence 
ultérieure avec un courant dont les vibrations n'ont pas 
subi une modification analogue. 

c) Semblablement , les variations de longueur d'un des 
circuits agissent sur Yintensité du courant qui émane d'une 
source constante. Or, il se peut que deux courants d'in- 
égale intensité soient incapables d'interférer dans des con- 
ditions dans lesquelles ils se fussent entre-détruits si leurs 
intensités eussent été égales. 

73. On doit remarquer que les deux premières objec- 
tions ne s'appliquent pas à la méthode des courants induits. 
Mais afin de leur enlever toute valeur, j'en ai imaginé une 
troisième , consistant à n'employer qu'un seul couple 
thermo-électrique, dont le courant passe à la fois en partie 
dans le fil du rhéomètre et en partie dans un fil de dériva- 
tion. Ce fil était celui de cuivre n° 4, et le couple, celui des 
fils de platine n° 2 et de cuivre n° 5. 



( 327 ) 

C. Méthode des dérivations. 

74. Lorsqu'on ferme avec le rhéomètre le circuit du 
couple, on peut opérer trois dérivations : du fil de platine 
à celui de cuivre, en obligeant ainsi une partie du courant 
à ne point traverser l'appareil mesureur ; du fil de pla- 
tine à lui-même, en établissant en des points quelconques 
sur sa longueur les jonctions avec les extrémités du fil de 
déviation , et faisant varier soit la distance de ces points , 
soit la longueur de ce fil ; enfin , du fil de cuivre à lui- 
même, en procédant d'une manière analogue. 

75. Le fil de dérivation avait m ,005 de diamètre et ne 
pouvait, en conséquence, être enroulé sur le rhéostat. 
Pour assurer un contact constant sur sa surface (condition 
extrêmement importante), et pour faire varier sa longueur 
aussi lentement que cela était nécessaire, j'ai employé un 
tube de cuivre pur long de O m ,05, percé d'un canal de 
m ,0054, et qui se fixe dans l'un des trous d'une pince de 
Poggendorff ; ses deux extrémités sont fendues en porte- 
crayon , et les lèvres se rapprochent à volonté par des an- 
neaux compresseurs. 

76. Aucune des trois dérivations n'a donné lieu à des 
phénomènes d'interférence. 

77. La seconde dérivation a mis en évidence le rôle re- 
marquable de la conductibilité sur l'intensité du courant, 
car le fil de cuivre n° 4, étant beaucoup meilleur conduc- 
teur que le fil de platine du couple, a augmenté la dévia- 
tion de l'aiguille d'une manière sensible. Dans l'une des 
expériences, en faisant les jonctions, d'une part, sur le fil 
de platine immédiatement après sa sortie de l'éprouvette , 
de l'autre, avec le rhéomètre, l'index fut poussé à 15 degrés 



( 328 ) 
de sa première position. Cet accroissement dans la dévia- 
tion s'affaiblissait , mais sans aucune intermittence , lors- 
qu'on rapprochait le premier point de contact du second. 

78. La troisième dérivation n'a produit aucune action 
sensible sur l'aiguille , comme il était aisé de le prévoir, 
puisque le fil de dérivation et celui de cuivre du couple 
étaient de même diamètre, et que chacun , pris à part, avait 
une conductibilité propre et des dimensions suffisantes 
pour transmettre tout le courant thermo-électrique. 

79. La méthode des dérivations me paraît être à l'abri 
de la troisième objection (72, c) , celle des intensités. En 
effet, la différence dans l'intensité des courants qui se réu- 
nissaient après être partis d'une même source et avoir 
suivi deux voies entièrement semblables, a pu être rendue 
aussi faible que possible sans qu'il en résultât d'interfé- 
rences. Or, l'analogie étant ici notre seul guide, il est 
nécessaire de se rappeler que, dans des circonstances tout 
à fait pareilles , les vibrations de l'élher qui constituent 
la lumière et celles des fluides élastiques qui engendrent 
le son , ont présenté des phénomènes d'entre-destruction 
bien évidents (1). 



(t)Dans l'expérience fondamentale de Fresnel, les faisceaux de lumière 
n'atteignent pas nécessairement les deux miroirs sous la même incidence 
et n'ont pas la même intensité lorsqu'ils interfèrent après la réflexion. 

Après que M. W. Weber eut montré que les surfaces suivant lesquelles le son 
disparait autour d'un diapason vibrant sont courbées hyperboliquement , 
M. Kane est parvenu , en suivant une idée de sir J. Herschel , à construire des 
tuyaux réunis dont les longueurs sont dans le rapport de deux à trois , ou de 
six à sept , et qui détruisent par interférence un des sons, en nombre déter- 
miné , qu'on fait passer par leur intérieur. ( Philosophical Magazine , 
tome VII , page 301 ; Poggendorff's Annalen der Physik, tome XXXVII , 
page 435.) 



( 329 ) 



Phénomènes atmosphériques , étoiles filantes et tremblements 
de terre en 1845. (Extrait d'une lettre de M. Alexis 
Perrey, de Dijon , à M. Quetelet, en date du 24 octobre). 

Pendant le dernier trimestre qui vient de s'écouler, les 
vents ont été généralement très-variables et le temps mau- 
vais : les instruments météorologiques n'ont rien offert, à 
Dijon , qui mérite d'être signalé d'une manière spéciale. 
Quoique le temps ait été très-pluvieux , nous n'avons pas 
recueilli beaucoup d'eau, comme le montre le tableau sui- 
vant; il faut en excepter septembre, qui a fourni cepen- 
dant moins d'eau que juin et avril. 





EAU TOMBÉE 


EAU ÉVAPOR. 


MOIS. 


en 


en 




MILLIMÈTRES. 


MILLIMÈTRES. 


Juillet 


52 


102 


Août 


52 


77 


Septembre 


72 


27 



Quant aux phénomènes observés dans ce trimestre et par- 
venus à ma connaissance, en voici la liste précédée de 
quelques faits relatifs aux trimestres antérieurs : 

Février. — Le 8 , dans la résidence de Menado (Java) , 
tremblement de terre terrible : des maisons ont beaucoup 
souffert. A Tankowunko, les secousses ont été d'une telle 
violence qu'à l'exception de quatre maisons, toutes les ha- 
bitations se sontécroulées : une trentaine de personnes ont 
été enterrées sous les décombres. Dix habitants de Feroca, 
arrivés à Banda-Neira , après avoir quitté leur île par suite 



( 330 ) 

de l'éruption du Legetala , ont annoncé que d'autres s'étaient 
réfugiés à Timor. 

Mars. — Le 5, le Mont Gedels (Java), situé à une 
cinquantaine de milles de Batavia, a lancé d'épaisses co- 
lonnes de cendres et de fumée. A 40 h. 50 m., une légère 
secousse de tremblement de terre s'est fait ressentir à 
Buittenzorg,mais sans causer de dégâts sérieux. Plusieurs 
districts de Java avaient d'ailleurs, vers celte époque, beau- 
coup souffert des inondations. 

On écrivait encore de Java (21 mai) : On a ressenti 
dans plusieurs îles diverses secousses de tremblement 
de terre . Bon nombre d'habitants se sont rendus à Ba- 
tavia, craignant une catastrophe. 

Ces phénomènes diffèrents-ils des précédents? 

Avril. — Le 5, fort coup devent près de l'équateur dans 
l'Océan Atlantique. On l'a ressenti sur le banc de Terre- 
Neuve. 

Juin. — Le 15, trombe d'eau à Fouraïde de S l -Jean-de- 
Luz (Basses Pyrénées). Des maisons loin de la rivière ont 
été inondées jusqu'au premier étage. 

Le même jour , à 9 h. 50 m. du soir , météore lumineux 
observé à Ville-Neuve-S^Georges (Seine et Oise). Voy. les 
Comptes Rendus de l'acad. des se, t. XX , p. 1799. 

Le 15 et le 18 /ouragans désastreux et éboulement d'une 
montagne dans le canton d'Aspet (Basses Pyrénées). Il y a 
un Aspet dans la Haute-Garonne. 

Le 17, à Bayonne , météore lumineux du côté de l'ouest. 

Le 22, à Messine , quelques secousses de tremblement 
de terre. 

Juillet. — Le 6, à S l -Orens, trombe d'air qui a trans- 
porté à vingt mètres la diligence de Bevel à Toulouse. La 
voiture a été renversée. 

Le 7, de 7 h. 50 m. du soir jusqu'à la nuit, à Lamarque 



( 331 ) 

(Gironde) , l'atmosphère était chargée de nuages épais, et 
de nombreux éclairs sillonnaient le côté du sud-ouest ; le 
vent soufflait par intervalles, et tout semblait présager un 
ouragan furieux. Il n'eut pas lieu , mais on vit un beau phé- 
nomène de mirage qui dura jusqu'à la nuit. 

Le 10, de 7 h. 15 m. à 7 h. 50 m. du soir, à Dijon, 
beaux rayons parhéliques. 

Le 21 , 7 h. du soir, arc-en-ciel remarquable observé a 
Venise par M. Zantedeschi. Dans l'arc principal la zone 
verte était immédiatement suivie d'une belle zone pourpre, 
et à celle-ci succédait immédiatement aussi une zone d'un 
vert pâle. ( Comptes Rendus, t. XXI, p. 324. ) 

Le 25, à Dijon, deux orages, dont l'un a été accompagné 
d'une trombe. ( Comptes Rendus, t. XXI , p. 443.) 

Le même jour, 8 h. du soir, à Vieille-Ville-les-Baons , 
Haute- Ville et autres communes de l'arrondissement d'Yve- 
tot, secousse de tremblement de terre. Elle n'a pas causé de 
dégâts, mais pendant plusieurs secondes, les meubles et la 
vaisselle ont été remués avec assez de fracas , pour mettre 
la population dans un vif émoi. 

On écrivait de Naples à la date du 26 : Récemment on a 
éprouvé plusieurs secousses de tremblement de terre dans 
la Basilicate. 

Je suis bien étonné de n'avoir trouvé, dans les journaux, 
aucune mention de la chaleur accablante du 3 juillet. La 
température n'a été que de 51°, mais l'air était extrême- 
ment pesant. Le ciel, quoique sans nuages, paraissait bru- 
meux. La visibilité était peu distincte à l'horizon. Lèvent 
a été sud tout le jour et très-fort. Les roses et autres fleurs 
ont été grillées dans ma cour. Le baromètre était descendu 
de 2 mill. environ depuis le 1 er . Le lendemain, c'est-à-dire le 
4, il a monté de plus de deux millimètres, lèvent soufflant 
encore du sud , mais très-faiblement. Dans la journée du 5 , 



( 332 ) 

le mercure a encore monté de 5 mill. et a atteint 747 mm ,l 7; 
dans ce jour, le vent a fait le tour de l'horizon. Le 7, le 
thermomètre a marqué 51°,8, mais la chaleur moins sen- 
sible n'a rien présenté de comparable à celle du 5 (1). 

Août. — Nuit du 9 au 10; les étoiles filantes ont ré- 
pondu à l'attente des observateurs, ainsi que dans les 
deuxnuits suivantes, durant lesquelles M. Colla en a vu un 
grand nombre. Le temps, assez peu favorable à Dijon, m'a 
toutefois permis, dans la soirée du 10, d'en constater un plus 
grand nombre que dans les nuits ordinaires. M. Colla me 
signale encore, dans une lettre, la nuit du 26 au 27. 

Le 17, 9 h. 10 m. du soir, le même observateur a vu 
un beau globe de feu parmi les étoiles de la Grande Ourse 
et un autre le 19, dans la même constellation. Le 24 , 
9 h. 10 m. du soir , une boule enflammée fut encore 
aperçue entre le Triangle et Persée. 

Le 16 , 4 h. 58 m. du soir , à Raguse (Dalmatie), trem- 
blement de terre précédé et suivi d'un grand mugissement 
souterrain. Il fut d'abord ondulatoire, puis saccadé, et dura 
huit secondes entières : peu de minutes avant ce tremble- 
ment, la mer s'éleva beaucoup au-dessus de son niveau 
ordinaire et submergea toute la chaussée de Gravesa. 

Le 1 8 , à 5 h. 50 ou 47 m. du soir , une nouvelle secousse 
très-forte, saccadée et précédée de détonations. Elle a duré 
2 secondes. Le ciel était serein, le niveau de la mer bas et le 



(1) A Bruxelles, le o, temps très-beau, serein, mais veut fort du SE. dans la 
journée ; le thermomètre centigrade s'est élevé à 30°,4 ; le soir nuages tour- 
mentés, orageux, venant du SSO. Depuis la veille, le baromètre était descendu 
de près de 4 mill. et le lendemain , 4, il était remonté de 7 millim. ; le 5 , il 
monte encore de 4 millim., et atteint 764 mn, ,18 ; pendant ce dernier jour , le 
vent a fait le tour de l'horizon. Le 6, le thermomètre s'élève à 52°,7, et le 7, 
à 52°,4 ; pendant ces deux jours, qui ont été les plus chauds de l'été, le temps 
est resté très-beau. 



( 333 ) 
vent soufflait du sud-ouest. A 9 h. 45 m., une deuxième 
secousse saccadée; elle a duré moins que la première. 

Le 19, 4 h. 15 m. du m., autre secousse de 2 secondes. 

Ce jour est celui du météore de Malaunay, dont la des- 
cription se trouve dans les Comptes Rendus de l'académie, 
t. XXI, p. 494,555 et 545. 

A Dijon , le vent a été sud jusque vers 2 h. Il a plu toute 
la matinée, depuis 6 h. Vers 1 1 h., le tonnerre a commencé 
à gronder et a continué jusqu'à 1 h. environ. A 2 h. (me 
trouvant à 12 kilomètres au sud de Dijon), pendant une 
assez forte averse, parmi les nuages très -noirs chassant 
rapidement du midi , j'en ai remarqué un petit, très-bas, 
gris-cendré, très-peu dense , consistant en quelques flocons 
d'aspect vaporeux ; il chassait aussi du sud , mais avec une 
rapidité beaucoup plus grande que les nuages noirs supé- 
rieurs. Au moment où il a passé sous une tache plus noire 
de cette couche, il y a eu un vif éclat de tonnerre sans roule- 
ment : je n'ai pas vu d'éclair. Quelques secondes après, il 
passait sous une nouvelle tache, et au même instant, j'ai 
vu un éclair extrêmement brillant, mais je n'ai entendu 
aucun bruit. Je me suis mis en route immédiatement pour 
rentrer à Dijon ; le ciel était chargé dans l'ouest et il pleu- 
vait fortement du côté de l'est. A 5 h., l'orage venant cette 
fois de l'ONO., s'est annoncé par de brillants éclairs, et 
un tonnerre presque incessant jusqu'à 5 h. Va; cependant, 
il a versé peu d'eau sur Dijon. La quantité recueillie dans 
la journée a été de 16 millim. Le baromètre est tombé de 
755 à 752 mill. environ. A minuit il était remonté à 
757 mm ,24. 

Le même jour, 5 h. du soir, à Zevenbergen (Hollande) , 
orage suivi d'une violente trombe du SO. qui a renversé 
des maisons et déraciné des arbres. Il y a eu aussi de 
grands dégâts à Trêves. 



(334) 

Le 20, 6 h. du soir, à Raguse(Dalmatie) , une violente 
secousse de tremblement de terre : durée, 2 ou 3 secondes. 
La mer était calme et basse. 

Nuit du 20 au 21 , vers minuit et demi, à Alger , une 
secousse en trois mouvements d'oscillation du sud au nord , 
qui se sont rapidement succédés. Elle s'est communiquée 
à une assez grande partie du mont Bouzaréah. 

Dans la soirée du 29, aurore boréale vue à Londres. 

Dans la soirée du 31, météore lumineux aperçu à 
Grenelle , près Paris. 

Septembre. — Nuit du 1 er au 2, éruption de l'Hékla, 
avec bruit et détonations. 

Le 2, trombe entre Padoueet Vicence. Des militaires 
ont été foudroyés à Monselice. 

Le 6, vers 9 h. 30 m. du soir, avant d'arriver à Lure 
( Haute-Saône), sur la route de Mulhouse à Paris, j'ai vu du 
haut de l'impériale de la diligence, un superbe bolide bien 
plus gros que Jupiter et d'une teinte bleue prononcée. Il 
se mouvait très-lentement de l'est à l'ouest, et brillait d'un 
tel éclat que les objets ont projeté une ombre bien sensible. 
Toute la route et la campagne voisines ont été éclairées. 
Avant de disparaître, le météore s'est brisé en trois fragments, 
dont les deux plus petits ont dévié, mais peu, vers le sud. 
Le bruit de la voiture m'a sans doute empêché d'entendre 
la détonation dont l'existence me paraît très-probable. La 
durée du phénomène m'a paru d'au moins 20 secondes : 
mais le postillon avait déjà aperçu ce bolide avant qu'il ne 
traversât la voie lactée, au sortir de laquelle j'ai commencé 
seulement à le voir. Il était alors un peu au sud du Cygne. 

Le 7, 11 h. du soir, éboulementà Buschlaws (Suisse). 
Nouveaux éboulements au même lieu , le 14 et le 19. 

Le 11 , pendant l'éruption de l'Hékla , on a ressenti au 
nord du Volcan quelques secousses souterraines. 



( 33d ) 

Nuit du 14 au 15, après 11 h., à Florence , une légère 
secousse de tremblement de terre. 

Le 19, 8 h. 45 m. du matin, à Paimbeuf (Loire-Infé- 
rieure), trombe venant de l'ONO. et formant une espèce 
de nuage de fumée en tourbillon qui faisait jaillir l'eau 
tout autour et la pompait en même temps. 

Le 22, à Couvice (Angleterre) , trois tremblements de 
terre sans dégâts. 



Récapitulation des hybrides observés dans la famille des 
Anatidées; par Edm. de Selys-Longchamps, correspon- 
dant de l'académie. 

L'occasion que j'ai eue de me procurer plusieurs hybri- 
des qui n'ont pas encore été signalés, m'a engagé à rédiger 
cette note. J'y ai joint quelques détails sur les autres 
croisements que j'ai vus depuis dans les ménageries , et 
principalement aux jardins zoologiques de Londres et de 
Dublin, en 1845. Enfin, pour compléter autant que possi- 
ble ce catalogue, j'y ai inséré un extrait de plusieurs ou- 
vrages où des faits analogues ont été publiés. 

En réunissant ces différentes catégories de renseigne- 
ments , je suis arrivé à un total de 24 à 25 croisements 
différents. Ils se décomposent ainsi qu'il suit: 17 n'out 
pas été publiés (à ma connaissance du moins) ; sur les 
25 j'en ai vu ou examiné 15. Parmi les 10 que je suis 
obligé de mentionner d'après les auteurs, 5 sont décrits en 
détail par des personnes dignes de foi et possèdent toute 
l'authenticité désirable; de sorte qu'en définitive, il ne 
s'en trouve que 5 sur lesquels on peut avoir des doutes. 



( 336 ) 

Je ne me dissimule pas combien cette note est encore 
incomplète : cela tient surtout au peu de soin que Ton met 
en général à enregistrer les données sur la provenance des 
hybrides. Ainsi il est arrivé souvent que l'on m'indiquait 
la généalogie d'un métis, mais sans pouvoir me dire le sexe 
des parents respectifs, ce qui est cependant de la plus 
grande importance, car un mâle de l'espèce A et une 
femelle de l'espèce B donneront un produit tout différent 
de celui d'un mâle de l'espèce B avec une femelle de l'es- 
pèce A. (Exemple : le Mulet et le Bardeau.) 

D'autres fois, lorsque les croisements ont eu lieu à l'état 
sauvage (ce qui est fort rare), on conçoit combien il est 
difficile d'éclaircir cette partie de la question. 

La nature de cette note m'a amené à faire quelques re- 
cherches sur les hybrides dans les autres familles d'oi- 
seaux, mais je ne les publie pas aujourd'hui , parce que je 
n'ai pas eu encore occasion de recueillir assez de faits 
inédits ou mal connus. Il en résulte que mon travail res- 
semblerait trop à une compilation. 

Je remarquerai seulement que les hybrides ont été sur- 
tout signalés entre le serin des Canaries (Fringilla canaria) 
et les autres espèces voisines de la même famille; entre la 
tourterelle rieuse (Columba risoria) et quelques autres 
Columba; entre les gallinacés des genres faisan (Phasia- 
nus), coq (Gallus), tétras (Tetrao)et lagopède (Lagopus). 

Les autres faits que j'ai recueillis sont isolés et moins 
bien connus. 

Parla liste que je donne, la proportion entre les diffé- 
rentes familles est changée, et les Anatidées occupent le 
premier rang. 

Des données que je possède , on peut déduire quelques 
remarques théoriques : 



( 337 ) 

1° Les hybrides observés jusqu'ici appartiennent pres- 
que tous aux oiseaux polygames (gallinacés, oies) ou d'un 
tempérament très-chaud , et couvant plusieurs fois par an 
(fringilles, pigeons, canards). 

2° La production des hybrides à l'état sauvage est exces- 
sivement rare , excepté dans les genres tétras et faisan , 
oiseaux polygames qui, dans le moment du rut, sont entiè- 
rement absorbés par le besoin de la reproduction, au point 
que leur discernement et leur ruse habituelle disparais- 
sent; et encore cette production n'a-t-elle lieu que dans 
certaines localités où l'une des deux espèces est en très-petit 
nombre. 

3° Les hybrides sont stériles en général, quoique d'un 
tempérament très-amoureux; et dans les cas infiniment 
rares où ils produisent , ils sont moins féconds que l'es- 
pèce d'où ils proviennent, et leur race tend à s'éteindre. 

4° Dans une même couvée , il est rare que les hybrides 
soient tout à fait semblables les uns aux autres. Les carac- 
tères n'ont pas de fixité et se rapprochent de ceux de 
l'un ou de l'autre des parents. 

Je hasarderai de conclure, en ce qui concerne plus par- 
ticulièrement les hybrides des Anatidées, qu'ils se rappro- 
chent du père ou de la mère par la couleur du plumage, 
et de l'autre parent par la couleur et la forme du bec et 
des pieds. Jamais ils ne ressemblent totalement à l'un ou 
à l'autre. On peut ajouter que lorsque l'un des deux parents 
a des nuances très-foncées dans le plumage, la couleur 
des petits s'en ressent fortement. 

Il en est de même de la taille : elle se rapproche ordi- 
nairement de celle du plus grand des deux. 

Nous remarquerons que la sous-famille des Anserinées 
nous fournit beaucoup plus d'exemples d'hybridité que les 



( 338 ) 

autres Anatidées. J'attribuerai volontiers cela à ce que les 
oies sont polygames. 

Trois croisements à ma connaissance n'ont pas été tota- 
lement stériles, ce sont ceux des Anser cygnoïdes et cine- 
reus, des Cygnus olor et immutabilis et des Anas boschas et 
acula. 

Il me reste à témoigner toute ma reconnaissance aux 
naturalistes français et anglais qui m'ont communiqué 
leurs observations ou dirigé dans leurs ménageries et leurs 
musées. Ce sont MM. le baron Fréd. de la Fresnaye , 
à Falaise; Bâillon et Jules de La Motte, à Abbeville; 
W. Yarrell, à Londres; Fraser, curateur de la société 
zoologique de Londres; Robert Bail, l'un des directeurs 
du jardin zoologique de Dublin ; W. Thompson , et W. Sin- 
claire, à Belfast. 

J'ai fait les démarches nécessaires pour obtenir des ren- 
seignements de plusieurs autres établissements scienti- 
fiques. Quelques-uns de l'Italie, de la Hollande et de la 
Suède m'ont répondu qu'ils n'avaient pas eu occasion de 
recueillir des Anatidées hybrides, excepté un ou deux con- 
nus de tout le monde. D'autres établissements, entre autres 
le Jardin des Plantes de Paris, ne m'ont pas fait parvenir 
de renseignements directs. 

4. Cygnus olor (çf) et Cygnus immutabilis (9). 
Cygne olor et Cygne invariable. 

J'ai vu cette année au Jardin zoologique de Dublin 
(Irlande) un cygne que M. Robert Bail m'a dit provenir 
d'un cygne domestique et d'un cygne invariable, capturé aux 
environs de cette ville. Chez Yolor les pieds sont noirs et 
le bec jaune rougeâtre. Chez Yimmutabilis les pieds sont 
blanchâtres et le bec gris jaunâtre pâle. 






( 339 ) 

Le métis avait les pieds gris lilas clair; le bec à peu près 
comme Yimmutabilis. Les jeunes de ce dernier naissent 
blancs. Ceux de l'espèce domestique sont gris jusqu'à près 
de deux ans. J'ignore si le métis a participé sous ce rapport 
de ses parents respectifs. 

Si mes souvenirs ne me trompent pas, il y avait des 
jeunes d'un second croisement , nés de ce métis et d'une fe- 
melle immutabilis, qui n'avaient presque plus rien de Volor. 
Il s'ensuivrait que ces hybrides ne sont pas stériles. Ce se- 
rait une nouvelle preuve de l'affinité de ces deux espèces 
ou plutôt de ces deux races locales. 

2. Cygnus musfcus (d*) et Anser cinereus ($>). 
Cygne chanteur et Oie cendrée. 

M. Bâillon me communique ce qui suit : 
« On a eu au Jardin des Plantes des métis du cygne 
» sauvage mâle et de l'oie domestique femelle. Je ne les 
» ai point vus , mais on m'a écrit qu'ils ressemblaient à des 
» oies avec le bec et les pieds du cygne. On ne les aura 
» pas conservés ; il aurait été cependant curieux d'étudier 
» le sternum de ces hybrides. On ne m'a rien dit non plus 
» sur la voix , qui est si différente dans ces deux espèces, » 

3. Anser leucopsis (à*?) et Anser canadensis(9?). 
Oie bernache et Oie du Canada. 

Plumage assez analogue à celui de la bernache, mais 
plus obscur. Il y a sur le front deux taches blanches sépa- 
rées par une ligne médiane noire, et ces taches sont isolées 
de la cravate par une autre bande noire allant du bec à 
l'œil. La cravate blanche atteint le dessous du bec et de 
l'œil ; elle est plus large que chez Y A. canadensis, et la partie 
noire du cou descend très-bas sur la poitrine comme chez 
VA. leucopsis. Le dos rappelle aussi cette dernière espèce 



( 340) 
par les ondes cendrées, quoique plus foncées. Le ventre est 
d'un blanc moins pur. Le bec et les pieds sont analogues 
à ceux du canadensis, par leurs dimensions. Il en est de 
même de la longueur du cou. Le bec toutefois est un peu 
plus court. 

Ces métis sont nés en état de semi-liberté, dans un parc 
de la province d'Anvers. Ils étaient même devenus très- 
farouches. C'est de là que sont venus ceux que l'on con- 
serve au jardin de la société royale de zoologie d'Anvers , 
où je les ai examinés. Par leurs allures et leur cri , ils res- 
semblent beaucoup m canadensis. L'un d'eux s'est accouplé 
avec un canadensis, mais n'a rien produit. 

4. Anser canadensis (d*) et Anser cinereus ($). 
Oie du Canada et Oie cendrée. 

Plumage analogue à celui du père (canadensis), mais les 
dessins altérés (sans doute la mère est une oie tapirée de 
blanc et huppée). Un cercle autour du bec et le tour de 
l'œil d'un blanc pur. La cravate d'un blanc sale, mal arrê- 
tée, touchant aux yeux. Cou noirâtre, mêlé de brun. Cette 
couleur s'arrête au-dessus de la poitrine comme chez le 
père. Le reste du plumage semblable. Bec et pieds analo- 
gues à ceux de la mère (cinereus) par leur forme et leur 
couleur, mais le bec un peu moins élevé, d'un jaune moins 
rougeâtre; l'onglet noir ou à moitié blanc , selon les indivi- 
dus. Les pieds couleur de chair. Le cou gros et court comme 
celui de la mère. La taille très-forte. 

Ces oies m'ont été envoyées par M. Jules De Lamotte 
(d'Abbeville). Elles proviennent d'un canadensis mâle qui 
s'était échappé de chez lui et qui s'étant abattu dans une 
ferme des environs, s'est accouplé avec des oies domestiques. 
Elle produit chaque année des métis qui sont inféconds. 



( 341 ) 
Ceux que j'ai eus chez moi ont été également stériles avec 
des oies , cygnes , ainsi qu'avec les métis de la bernache et 
de l'oie domestique. 

L'un des deux exemplaires diffère de celui que j'ai décrit, 
en ce que la face et le dessous de la tête sont blancs jus- 
qu'aux yeux et que la nuque offre une huppe, de sorte qu'il 
ressemble un peu plus à une oie domestique. 

5. Anser cinereus (o*) et Anser canadensis (9). 

Oie cendrée et Oie du Canada. 

M. W. Sinclaire Esq., des Falls près de Belfast (Irlande) , 
a bien voulu me transmettre le renseignement suivant : 

« Une couvée de trois petits a été produite à ma maison 
» de campagne. C'étaient des oiseaux lourds et peu gra- 
» cieux. Leur démarche était celle des oies domestiques, 
» sans aucune trace du beau port hardi du canadensis, au- 
» quel ils ressemblaient par la couleur plus qu'au père. 
» Leur cou et leur tête étaient d'un brun pâle (là où ces 
» parties sont noires chez le canadensis), et une nuance 
» plus claire de cette couleur sur les côtés de la tête 
» remplaçait la marque qui est d'un blanc pur chez cette 
» espèce. » 

6. Anser cygnoïdes (o*) et Anser canadensis ($). 

Oie cygne et Oie du Canada. 

Plumage analogue à celui du père ( cygnoïdes), quant à 
sa distribution, mais ressemblant beaucoup à celui de la 
mère (canadensis) par les nuances foncées. Bec et pieds 
analogues à ceux de la mère, mais le bec plus long , noir, et 
les pieds d'une couleur jaunâtre , à membranes plus larges . 
Le cou long et mince. Taille plus forte que celle des parents. 

Ce croisement, que M. le baron de La Fresnaye a obtenu 
Tom. xii. 24. 



( 342 ) 

dans son parc à Falaise, est remarquable en ce que nous ne 
trouvons plus aussi évidente la ressemblance du père dans 
le plumage et celle de la mère dans le bec et les pieds. Ce- 
pendant en discutant ses caractères, on peut, jusqu'à un 
certain point, les ramener à cette règle probable, si ce n'est 
que la couleur foncée de la mère canadensis a continué à 
prédominer dans le plumage, notamment à la queue et au 
cou , mais en se rapprochant du cijgnoïdes par la distribu- 
tion. Ainsi le tour du bec est blanc, pur, et cette couleur 
rejoint le haut de la gorge et les yeux. Cette couleur mal 
arrêtée ne forme pas cravate et occupe plus d'espace que 
chez le canadensis. Le noir du cou est mélangé de brun 
un peu roussâtre, le dessus du cou est plus foncé. Le 
dessous devient gris foncé sur la poitrine , où cette couleur 
descend aussi bas que la nuance isabelle de Y A. cygnoïdes. 
Là il y a un large ceinturon blanc, irrégulier, qui tranche 
sur le fond gris. 

Nous trouvons toutefois une autre anomalie : les pieds 
ne sont pas noirs , quoiqu'ils aient la forme de ceux de la 
mère. Le bec tient incontestablement de celle-ci , puisqu'il 
n'a pas de protubérance frontale, mais il est notablement 
plus long. 

C'est à M. le baron de La Fresnaye que l'on doit la pre- 
mière connaissance de cet hybride qu'il a signalé dans la 
Revue zoologique. Il en a obtenu sept à Falaise dans son 
parc et m'en a adressé un. Tous se ressemblaient à peu 
près. Ils sont d'autant plus remarquables qu'ils étaient plus 
gros d'un quart que le père, et presque d'un tiers que la 
mère. Ils étaient devenus farouches et vivaient en liberté 
dans le parc comme le canadensis, se nourrissant de cres- 
son , d'herbes , et nonobstant ils pesaient près de 13 livres. 

L'un d'eux s'est accouplé avec un canadensis, l'autre 



(343) 

avec un Anser erythropus (albifrons); un troisième avec 
une cane domestique, mais ils se sont montrés stériles. 
J'en ai vu d'autres à peu près semblables au jardin zoo- 
logique de Dublin : l'un d'eux avait à la poitrine le ceintu- 
ron blanc dont il est parlé plus haut ; son bec était verdâtre, 
tout piqueté de noir; les pieds jaune livide. L'autre à bec 
tout noir n'avait pas de ceinture thoracique blanche. 

7. ànser leucopsis ( < f?) et Anser cinereus (9?). 
Oie bernache et Oie cendrée. 

Plumage analogue à Y Anser leucopsis, mais beaucoup 
plus obscur et moins bien arrêté. Un cercle étroit d'un 
blanc pur autour du bec rejoint la cravate, qui est d'un 
gris blanchâtre , ainsi que le front. Le cou est noirâtre ; 
cette couleur passe au fuligineux sur la poitrine et s'étend 
sur les flancs comme chez Y Anser canadensis. Le cendré du 
dos est très-obscur; les ondes fuligineuses. Bec et pieds 
analogues à ceux de Y A. cinereus, par leur forme et leur 
couleur, mais le bec un peu plus court; l'onglet noir, à 
moitié blanc, selon les individus; les pieds couleur de 
chair terne, un peu jaunâtres; le cou est assez épais comme 
celui de l'oie domestique d'où ils proviennent; la taille 
presque aussi forte. 

Ces jolies oies ont été produites dans un parc des en- 
virons de Tongres. Leur cri est très-fort et tient de celui 
de l'oie domestique; leur caractère est courageux et que- 
relleur, au point qu'une seule est parvenue à régenter et à 
battre d'autres oies, et même un cygne sauvage, qui jusque- 
là était la terreur des oies du parc où il est renfermé. 

Ces hybrides ont été reconnus stériles lant entre eux 
qu'avec les autres oies. 



( 344 ) 

8. Anser erytiiropits (albifrons) et Anser leucopsis. 
Oie rieuse et Oie bernache. 

J'ai vu cette année au jardin zoologique de Londres de 
beaux métis de ces deux espèces. Ils sont en grande partie 
d'une couleur fuligineuse comme le cravan (Anser bernicla) , 
mais les pieds sont jaunâtres et la gorge et le front sont 
blanchâtres comme chez la bernache. Le bec est court , 
bleuâtre, avec l'onglet noir. 

9. Anser cygnoïdes (o*) et Anser cinereus (?). 
Oie cygne et Oie cendrée. 

Plumage analogue au cygnoïdes, ce qui se manifeste sur- 
tout par le cou , qui est orné d'une bande brune dorsale 
allant de la tête vers le dos. Le reste du plumage et les pieds 
étant presque semblables dans les deux espèces , on ne 
peut guère pousser plus loin la comparaison. Le bec tient 
de celui du cinereus en ce qu'il est plus ou moins mélangé 
de jaune, sans protubérance frontale, mais l'onglet est 
toujours noir. 

Ces métis ne sont pas stériles; mais je crois qu'ils sont 
moins féconds que les espèces d'où ils proviennent. L'un 
d'eux a produit, chez moi, avec une femelle d'oie de basse- 
cour semblable à sa mère, un second croisement, qui 
se rapprochait davantage de celle-ci par la nuance 
plus grise du plumage, le peu de longueur du cou, le 
manque de cercle blanc à la base du bec et la couleur de 
celui-ci, qui était orange avec l'onglet et les narines noi- 
râtres. Dans cet état, ces oiseaux avaient une ressemblance 
marquée avec l'oie des moissons (A. segetum), mais leur 
taille est plus forte et la forme du bec différente. 

Les hybrides de cet article ont été mentionnés par Pallas, 
Buffon , et par plusieurs autres auteurs. On s'est trompé 






(345) 
étrangement , je pense , en recommandant ces croisements 
comme moyen d'améliorer les races, car s'il est vrai qu'ils 
ne sont pas entièrement stériles, il faut cependant ajouter 
qu'ilssont beaucoup moinsfécondsque leur pèreetleurmère. 

10. Anser cinereus (a*) et Anser cygnoïdes ($). 
Oie cendrée et Oie cygne. 

J'ai vu dans une basse-cour, près de Louvain (Belgique), 
un métis que l'on m'a dit être le produit de ce croisement. Il 
ressemblait au père par le plumage, et à la mère par le 
bec, si ce n'est que les narines et l'onglet étaient noirs 
comme dans le second croisement mentionné à l'article 
de Y A. cygnoïdes <? et de Y A. cinereus S. 

Au reste, on ne peut nullement douter que le métis en 
question n'ait été souvent produit dans les basse-cours; et 
c'est à sa non-stérilité que l'on pourrait peut-être attribuer 
la dégénération de l'espèce de l'oie cygne sur le Continent, 
où elle ne possède plus en général une protubérance frontale 
aussi prononcée que chez les individus reçus de la Chine 
que j'ai vus au jardin zoologique de Londres. Chez ceux-ci 
on retrouve aussi le fanon de peau pendant sous le bec au 
haut de la gorge , qui est décrit et figuré par Buffon , et ce 
caractère a disparu chez la race que l'on élève en France 
et en Belgique. Cette race n'a pas non plus le bec mélangé 
de jaune comme celle de la Chine, et le manque de fanon à 
la gorge la rend conforme à la description de Y Anser 
cygnoïdes sponlaneus delà Russie méridionale, donnée par 
Pallas. Il m'a paru aussi que les individus de la Chine 
ont le bec plus court et plus élevé. 

il. ANSER CYGNOÏDES (d*) et ÏADORNA ^EGYPTIACA (9). 

Oie cygne et Tadorne d'Egypte. 
« Deux petits sont nés du jardin de la société royale 



( 346 ) 

* de zoologie de Dublin, mais ils ont été tués avant que 
j> le plumage ne fût développé. » (Note communiquée par 
M. Robert Bail.) 

i 2. Anser cinerus (férus) et Anser cinereus (domesticus). 
Oie cendrée (sauvage) et Oie cendrée (domestique). 

Ces oiseaux de même espèce, mais de race différente, ont 
couvé au jardin zoologique de Londres. On sait qu'ils se 
distinguent en ce que le bec et les pieds sont couleur de 
chair chez l'oie sauvage , tandis qu'ils sont d'un jaune assez 
marqué dans la plupart des races domestiques. 

Pour expliquer ces modifications, ainsi que quelques 
autres , comme le demi-cercle blanc qui se voit à sa base 
chez l'oie sauvage, on a supposé que Y Anser segetum ou 
même Y Anser erythropus pourraient bien avoir coopéré à la 
formation de la race domestique. (Voyez les observations 
à ce sujet , dans l'excellent ouvrage de M. W. Yarrell, sur 
les British birds). Cependant, pour que cette supposition 
fût admissible, il faudrait prouver que les espèces précitées 
produisent entre elles des métis féconds. Le révérend Léo- 
nard Jenyns note aussi comme un fait positif, que les oies 
domestiques d'un certain âge deviennent toujours blan- 
ches, ce qui existe aussi chez Y A. hyperboreus. 

43. Anser cinereus et Cairina mosciiata. 
Oie cendrée et Cairine musquée. 

Je n'ai aucune connaissance directe de ce métis, que je 
mentionne sur la foi d'une note envoyée d'Haïti à Buffon , 
par Lefèvre Deshayes. La voici : 

« M. de Tilly, habitant au quartier de Nippes, très-bon 
» observateur et très-digne de foi , m'a assuré avoir vu chez 
» H. Giraut, habitant à l'Acul des savanes, des individus 



( 347 ) 
» qui provenaient de cette copulation, et qui participaient 
» des deux espèces; mais il n'a pu me dire si ces métis 
* ont produit entre eux ou avec des oies et des canards. » 

14. Plectropterus gambensis et Tadorna ^gyptiaca. 
Pleclroptère de Gambie et Tadorne d'Egypte. 

€ Ces oiseaux s'accouplèrent , firent un nid et pondirent 
» des œufs au jardin de la société royale de zoologie d'Ir- 
» lande à Dublin. Mais les œufs furent détruits par mal- 
> heur. » (Note communiquée par M. Robert Bail.) .. 

15. Cairina moschata (©*) et Tadorna ,egyptiacà. 
Cairine musquée et Tadorne d'Egypte. 

J'indique cet hybride d'après Pallas (Zoogr., n° 542), 
qui rapporte qu'il fut autrefois produit dans la volière de 
Procope de Démidoff. Malheureusement il n'ajoute pas la 
description. 

16. Tadorna ^egyptiaca et Aisas boschas, var. immanis. 
Tadorne d'Egypte et Canard ordinaire , var. énorme. 

J'ai examiné ces oiseaux curieux au jardin et au musée 
de la société zoologique de Londres. Ils proviennent de 
l'oie d'Egypte et de la grande variété du canard domestique, 
nommé en Angleterre Pinguin duck. Leur couleur se rap- 
proche de celle de Yœgyptiaca, mais plus foncée. Us res- 
semblent au canard par la tête et le haut du cou, qui sont 
d'un noir à reflet verdâtre, mélangé de gris clair sur 
la gorge à la même place où la couleur grise paraît chez 
Yœgyptiaca , mais ils se rapprochent, d'autre part, du ca- 
nard par la base des ailes, qui est brune (et non pas blanche) ; 
les tarses assez courts , et le bec assez long. Les pieds sont 
gris clair. 



( 358 ) 

17. Tadorna vulpanser (<?) et Anas koschas (9). 
Tadorne oie-renard et Canard ordinaire. 

Le premier exemple de ces métis, et le seul publié, est 
cité par Buffon, d'après une lettre de M. Bâillon père, 
ainsi conçue : 

« J'ai vu dans ma basse-cour un tadorne mâle s'accou- 
» pler deux années de suite avec une cane blonde, et 
» cependant faire toujours à sa femelle les mêmes caresses. 
» Il avait alors cinq ans. Ce mélange a produit des métis 
» qui n'avaient du tadorne que le cri, le bec , et les pieds. 
» Les couleurs ont été celles du canard ; il n'y avait de 
» différence que dans la queue, qui a conservé sa teinte 
» jaune. J'ai gardé pendant trois ans une femelle de ces 
» métis. Elle n'a jamais voulu écouter ni les canards ni 
» les tadornes. » 

M. W. Sinclaire Esq., des Falls près de Belfast (Irlande) , 
m'a adressé les renseignements suivants sur des hybrides 
analogues à ceux décrits par M. Bâillon. 

« Il y a plusieurs années, un mâle du tadorne produisit 
» deux ou trois ans de suite avec une cane domestique aux 
» Falls près de Belfast. Plusieurs petits naquirent chaque 
» fois. La mère avait les couleurs d'un canard sauvage. Les 
d métis étaient de très-beaux oiseaux, d'une couleur 
» brune uniforme avec un lustre bronzé métallique; les 
» mâles plus foncés en teinte que les femelles. Ni l'un ni 
» l'autre n'avaient de blanc dans le plumage. Ils avaient 
» le beau port élevé du tadorne. 

» Un couple de ces hybrides fut donné à M. John Tem- 
» piéton , de Cranmore près Dublin. Ce naturaliste distin- 
» gué assura à M. Sinclaire que le mâle avait niché avec 
» une cane de sa basse-cour, et que les petits montraient 



(349) 

» au premier abord, par leurs faciès, qu'ils descendaient 

» du métis. Plusieurs autres couples furent conservés aux 

» Falls, mais ils ne produisirent ni entre eux ni avec les 

d canards, quoique les mâles se montrassent très-amou- 

» reux à l'époque du printemps. 

d8. Cairina moschata (o*) et Anas boschas (9). 
Cairine musquée et Canard ordinaire. 

C'est ce croisement que M. le professeur Schinz a décrit, 
comme espèce distincte, sous le nom (VAnas purpureo-viridis, 
d'après deux exemplaires tirés à l'état sauvage sur le lac de 
Neufchâtel. J'en ai examiné deux autres mâles absolument 
semblables, tués sur le lac de Genève, en avril 1815 et 
mars 1824; un autre recueilli à Abbeville le 20 novembre 
1818; enfin j'ai tué la femelle sur un étang àLongchamps 
sur Geer en décembre 1835. M. le professeur Van Beneden , 
deLouvain, m'a montré un mâle qui provient des environs 
de cette ville. La race a été vue également sur les lacs de 
la Lombardie. 

Tous ces individus ayant été observés à l'état sauvage , 
tous étant bien semblables les uns aux autres, je les ai 
admis provisoirement comme espèce dans ma Faune belge , 
tout en prévenant que ce sont assez probablement des 
métis des Anas boschas et moschata. 

Je ne puis expliquer ces faits mieux qu'alors, à moins de 
supposerque ces métis sont produits par des Anas moschatad 
qui , sur les grands marais , s'accouplent avec des Anas bos- 
chas 2 ; peut-être même viennent-ils des bords de la mer 
Caspienne, où le moschata est redevenu sauvage, selon 
Pallas. 

Je renverrai a la Faune belge ceux qui désirent une des- 
cription complète du purpureo-viridis; je dirai seulement 



( 350 ) 

que le mâle est en quelque sorte le bel aspect de YAnas lador- 
noïdes de l'Océanie. Il tient du moschata par la forme et la 
dimension de la queue, des ailes et un peu par celle du bec 
et des pieds, mais il se rapproche du boschas par le port, 
l'absence de nudité à la base du bec, le miroir vert pourpré 
des ailes souvent bordé de blanc, l'absence de blanc à la 
base des ailes, la couleur de la tête et du cou. La femelle res- 
semble également à celle du boschas par ces mêmes carac- 
tères. Le marron domine chez le mâle, le fuligineux obscur 
chez la femelle. 

J'ai vu quelques hybrides domestiques qui n'avaient pas 
la même netteté de caractères: l'un d'eux, d'après le révé- 
rend Léonard Jenyns, a été décrit par Donovan, sous le 
nom à'Anas bicolor. 

Buffon dit que ces croisements ont lieu journellement 
à Cayenne et à Haïti. Il en est de même aux États-Unis. 
M. W. Sinclaire me communique que des hybrides ont été 
souvent produits aux Falls près de Belfast, qu'on les 
considéra comme un excellent manger, et qu'un gentle- 
man qui a résidé pendant longtemps aux États-Unis l'a 
informé qu'ils y sont élevés en grand pour l'usage de la 
table. 

Malgré l'assertion de Sonnini , qui affirme que ces métis 
produisent sinon entre eux, du moins avec la cane domes- 
tique, je crois pouvoir affirmer , d'après le dire de tous ceux 
qui en ont nourri , qu'ils sont tout à fait stériles. 

19. Anas boschas (o*) et Cairina moschata (oj. 
Canard ordinaire et Cairine musquée. 

M. Bâillon m'écrit : 

« J'ai eu dans mon jardin un canard domestique mâle 
» qui a couvé avec une femelle du musqué. Les jeunes 



(351 ) 
> ressemblaient bien plus à cette dernière qu'au père. 
>► C'étaient de vrais canards musqués, un peu tachetés de 
d blanc et ayant le bec et les pieds du canard ordinaire, 
» sans avoir la moindre trace de nudité rouge à la tête. 
» Ils étaient inféconds entre eux comme avec la cane ordi- 
» naire et le musqué, quoique d'un tempérament très- 
» amoureux. » 

J'ai vu au jardin de la société zoologique d'Irlande, à 
Dublin, des métis qui m'ont été indiqués comme étant de 
la même origine et qui avaient en effet les caractères 
signalés par M. Bâillon. L'un d'eux, une femelle, était en 
entier brun violet (sans blanc aux ailes); le fonds du bec 
était rougeâtre comme chez le moschata, mais sans nudité. 
Un autre était gris et son bec noir. Je ne le place pas sous 
un numéro différent, pour ne pas multiplier sans preuve les 
articles, mais je pense qu'il provenait d'un canard boschas 
de la variété nommée obscura, qui a été importée, dit-on , 
d'Amérique. Tous deux avaient le port du musqué et la 
queue plus longue que le croisement nommé purpureo- 
viridis. 

20. Anas boschas et Anas boschas var. 
Canard ordinaire et Canard ordinaire, variétés. 

Les croisements que je vais mentionner ne sont pas à 
proprement parler des hybrides, puisqu'ils proviennent de 
simples races d'une même espèce, mais ils peuvent cepen- 
dant prendre place ici, parce que l'origine de ces races n'est 
pas bien connue et que leur non-stérilité vient à l'appui 
de l'opinion qu'elles ne sont pas spécifiquement distinctes. 

Voici comment on peut, je crois, les énumérer. 

4° La race en tout semblable au canard sauvage, que 
l'on renouvelle par les canards sauvages pris vivants. Le 
bec est vert, du moins chez le mâle. 



( 352 ) 

2° Celle qui n'en diffère pas par les formes, mais dont 
les couleurs ne sont pas fixes et tournent au blanc, au gris 
ou au noirâtre. Elle porte parfois une huppe. C'est Y Anas 
domestica de Linné. Le bec est jaune et non vert. 

5° Celle à plumage obscur, presque noir , à reflets ; de 
forme semblable au boschas, remarquable par son bec 
noir et ses pieds foncés. En Angleterre on la regarde 
comme une race américaine, mais je doute que ce soit 
bien YAnas obscura Gm. Wils. de New-York. 

4° Le Pinguin duck des Anglais. 11 ne diffère du canard 
domestique que par sa taille double et sa démarche lourde. 
Il se lient plus droit, ce qui lui a fait donner le nom de 
Canard pinguin. Je ne l'ai vu qu'en Angleterre. 

5° Le Canard chanteur ou appelant, qui sert à attirer les 
sauvages dans les canardières. Son plumage et sa taille 
sont ordinairement ceux du boschas, mais il est remar- 
quable par son bec très-court , droit et l'habitude de jeter 
des cris perçants et très-fréquents en nageant. On l'élève 
en Hollande. 

6° Le canard à bec courbé (Anas adunca L.), qui me 
semble identique avec VA curmrostra Pallas. Il est variable 
de couleur comme le canard domestique , mais très-remar- 
quable par son bec fléchi et comme brisé. 

Toutes ces races produisent entre elles des métis féconds 
qui participent de leurs caractères respectifs. On pourrait 
nommer ces races : Anas boschas, a. fera, b. domestica, 
c. obscura , d. immanis, e. clamatrix, f. adunca. 

21. Anas boschas (çf) et Anas acuta (2). 
Canard ordinaire et Canard pilet. 

M. Robert Bail m'a remis la note suivante sur cet oiseau, 
que j'ai vu ensuite au jardin zoologique de Dublin. 



( 383 ) 

<c Un A. boschas mâle et un A. acuta femelle ont pro- 
» duit un métis mâle, lequel, quoiqu'en plumage encore 
» imparfait, ressemble au boschas par la couleur, mais à 
» Yacuta par la longueur du cou et de la queue. » 

22. Anas acuta (à*) et Anas boschas [à). 
Canard pilet et Canard ordinaire. 

J'ai vu , cette année, au jardin de la société zoologique de 
Londres des métis issus d'un métis Anas acuta et boschas 
avec une femelle ù'acuta. Comme ils étaient dans leur pre- 
mière année, on ne pouvait pas bien juger delà couleur de 
la tête ni de la forme de la queue chez les mâles. Us avaient 
à peu près la couleur de la femelle de Yacuta, mais le bec 
et les pieds qui, chez cette espèce, sont noirs , étaient ici 
d'un gris jaunâtre. 

23. Anas quercedula et Rhynchaspis clypeata. 
Canard sarcelle et Souchet spatule. 

J'ai examiné au musée de la société zoologique de Lon- 
dres un canard mâle très-singulier qui provient sans aucun 
doute du souchet et de la sarcelle d'été. Son bec est long , 
intermédiaire , pour la forme , entre celui des deux espèces ; 
le haut des ailes est bleu clair; le miroir est grand et vert, 
en quoi il se rapproche du clypeata, ainsi que par les pieds 
jaunâtres. M. Yarrell, qui l'a étudié anatomiquement, a re- 
connu que c'est un mâle et que sa trachée-artère participe 
en effet de celle des deux espèces. 

Anas sponsa (o*) et Fuligula cristata (Ç). 
Canard fiancé et Morillon huppé. 

M. Bâillon m'écrit : 

« J'ai vu à Paris, chez M. Mordant de Launay,bibliothé- 
d caire au jardin du roi , des métis de VA . sponsa mâle et du 



w**' 



(354) 
» Fuligula crislata (Anas fuligula L.). — Les mâles et les 
» femelles se ressemblaient. Ils n'avaient rien des belles 
» couleurs du père; ils tenaient beaucoup de la mère par 
» leur nuance tout aussi sombre. Comme je ne les ai vus 
» que dans leur première année, je ne puis dire si les mâles 
» devaient avoir une huppe. Les uns et les autres avaient 
» le devant de la tête et le haut du cou jaunâtres, comme 
» sont quelquefois les plumes de TA. crecca. » 

M. Bâillon ne se rappelle pas bien la couleur du bec et 
des pieds, mais croit qu'ils ne ressemblaient pas à ceux du 
Fuligula. Il ajoute qu'un de ces oiseaux doit se trouver en- 
core dans les galleries de zoologie du jardin des plantes. 

24. Fuligula clangula? et Mergus albellus. 
Morillon garrot et Harlc blanchâtre. 

Il est très-probable qu'il faut regarder comme prove- 
nant de ces espèces l'oiseau décrit par M. Eimbeck, sous 
]e nom àe Mergus anatarius, et par le pasteur Brehm, sous 
celui de Clangula angustirostris. Voici les parties les plus 
importantes de la description de Brehm, qui, je pense, 
n'a pas encore été traduite : 

Le bec (long de 16 lignes chez la femelle) est beaucoup 
plus étroit que chez le Clangula. Par cette forme , ainsi 
que par l'onglet fort et les dents internes, il rappelle celui 
des Mergus, mais il est un peu élargi et non cunéiforme, 
de sorte que l'oiseau semble un métis. 

Mâle vieux : bec roussâtre foncé; l'onglet corné. Plumage 
blanc, du verdâtre foncé sur les plumes allongées du dessus 
de la tête et de la nuque. Avant l'œil une marque plus 
blanche non prolongée jusqu'au bec , et communiquant 
avec le devant de la gorge et du cou, qui sont blancs. Le 
dos, la queue (de 16 rectrices) et les rémiges primaires 



( 355 ) 

noires; les dernières passant au brun. Les scapulaires 
blanches. Le miroir noir, bordé de blanc en dessus et en 
dessous. Les couvertures des ailes en grande partie blan- 
ches, bordées de noir. Les quatre dernières rémiges blanc 
pur en dehors, gris brun en dedans; leur extrémité gris 
de perle; aux côtés de la face quelques plumes à pointe 
noirâtre et à raies transversales; les flancs lavés de gris; 
pieds roussâtre foncé, à membranes noirâtres. Ce mâle 
fut tué en février 4825 près de Brunswick. 

Le pasteur Brehm y rapporte, à cause de la forme du 
bec, une femelle de sa collection, tuée le 8 février 1829, 
à Renthendorf; elle ressemble tout à fait à celle du Clan- 
gula , le bec excepté. 

25. (Nota.) Pour compléter autant que possible cette 
note, je demande la permission de copier celle extraite 
par Sonnini de Y Histoire naturelle du duché de Lunebourg 
du docteur Jean Taube, page 257 : il s'agit de métis du 
coq domestique (Gallus domesticus) avec la cane domes- 
tique (Anas boschas). « Ces métis avaient les inclina- 
» tions et la structure extérieure de la cane. Tout le reste, 
» comme une partie du bec et des pieds, ils le tenaient 
» du coq. 

» Plusieurs petits de cette couvée se noyèrent dans l'eau, 
» mais il y en eut deux qui furent élevés. » On conçoit 
que je ne cite ceci que sous toutes réserves. Sonnini, tout 
en reconnaissant que les canes reçoivent quelquefois les 
caresses des jeunes coqs, doute avec raison que de pareilles 
unions aient été prolifiques. M. de Querhoënt avait com- 
muniqué à Buftbn une note sur l'union d'un canard avec 
une poule. Celle-ci avait pondu , mais les œufs n'étaient 
point éclos. 



( 356 ) 



Sur la maladie des pommes de terre, par M. Martens, 
membre de l'académie ; notice lue à la séance du 8 no- 
vembre 1845. 

Malgré le grand nombre de savants qui se sont occupés 
de la maladie des pommes de terre , on est loin d'avoir 
toutes les données nécessaires pour en connaître parfaite- 
ment la nature et les causes. Ces dernières ne sauraient 
être bien déterminées que par l'étude de la marche et du 
mode de développement de la maladie. Or, celle-ci a été 
très-peu étudiée sous ce dernier point de vue, et c'est pour 
combler cette lacune que je vais présenter quelques faits 
et considérations propres à éclaircir l'importante question 
qui occupe en ce moment le monde savant. 

On ne connaît pas encore avec précision les localités où 
la maladie a éclaté en premier lieu. Tout porte cependant 
à croire que c'est aux environs de Courtrai qu'elle s'est 
manifestée d'abord , et cela à la fin du mois de juin dernier. 
Quelque temps après, elle parut aux environs de Gand, et 
vers la mi-juillet, elle avait envahi presque toute la Flan- 
dre. A la lin du même mois, du 24 au 25 , elle fut signalée 
aux environs de Malines, et le 4 août j'ai trouvé les fanes 
des pommes de terre tardives entièrement détruites par le 
fléau , entre Anvers et Willebroek. Vers cette époque, le 
mal commença seulement à se montrer aux environs de 
Louvain , et quelques jours plus tard, il y avait produit 
les mêmes ravages. Il se communiqua ainsi de proche en 
proche, et ce n'est que du 14 au 17 août qu'il attaqua les 
champs de pommes de terre aux environs de Maestricht , 
sur la rive droite de la Meuse. Vers la fin du même mois, 



( 357 ) 
le fléau avait atteint les provinces rhénanes, et, dans les 
premiers jours de septembre, son apparition fut signalée 
sur la rive droite du Rhin , d'où il s'est étendu surtout vers 
le nord et l'est de l'Allemagne, au point que, vers la fin de 
septembre, les champs des environs de Hambourg etd'Er- 
furt présentèrent tous les symptômes de la maladie. En 
même temps que celle-ci s'est propagée vers l'Allemagne , 
elle a fait aussi des progrès du côté de la France. Elle fut 
observée dès la fin de juillet dans le nord de ce royaume , 
et, vers le 15 août , la maladie, qui s'était rapprochée suc- 
cessivement de Paris, atteignit également les champs de 
pommes de terre autour de cette ville. Se dirigeant de là 
vers le midi , elle se montra successivement à Orléans, puis 
à Lyon et dans le centre de la France , enfin dans le midi 
même du royaume, où les pommes de terre ne sont deve- 
nues malades qu'après le 15 septembre. La maladie a aussi 
pénétré vers la même époque en Suisse , et au commence- 
ment d'octobre, elle fut signalée dans le nord de l'Italie et 
entre autres aux environs de Mantoue. L'Angleterre n'a 
pas non plus échappé au désastre. La maladie, qui avait 
d'abord paru dans les contrées qui avoisinent l'embou- 
chure de la Tamise, à la fin du mois d'août, s'est avancée 
delà progressivement vers le nord et vers l'est , pendant le 
mois de septembre, malgré le beau temps qu'il faisait à 
cette époque; et au mois d'octobre, elle a pénétré en 
Ecosse et en Irlande. 

Le fléau s'est donc évidemment propagé d'un endroit à 
l'autre, à l'instar des maladies contagieuses qui ont si sou- 
vent ravagé l'espèce humaine. Or, comme celles-ci se trans- 
mettent généralement par des miasmes, c'est-à-dire par 
des particules de matières organiques spéciales ou plus ou 
moins altérées, émanées des corps malades et transportées 
Tom. xii. 25. 



( 35(1 ) 
par l'atmosphère, tout me porte à croire que la maladie des 
pommes de terre s'est propagée d'une manière analogue , et 
qu'il aurait fallu, pour l'arrêter, pouvoir concentrer ou 
retenir, en quelque sorte, le germe du mal dans les loca- 
lités infectées , comme on a cherché à arrêter les mala- 
dies contagieuses de l'espèce humaine à l'aide de cordons 
sanitaires. 

Si la maladie qui nous occupe s'est transmise par la voie 
de l'atmosphère, ainsi que la marche progressive du fléau 
le prouve surabondamment , comment se fait-il alors , me 
dira-t-on, que tous les végétaux indistinctement n'ont pas 
subi les atteintes du mal ? La réponse à cette question n'est 
pas plus difficile que celle de savoir pourquoi une maladie 
contagieuse ou épidémique, dansl'espèce humaine, épargne 
généralement les animaux domestiques, et n'attaque pas 
même indistinctement tous les hommes. On comprend 
aussi, d'après cela, pourquoi les plantes de pommes de terre 
les plus vigoureuses au moment de la manifestation du 
fléau, ont été moins atteintes que les autres, et c'est ainsi 
qu'on s'explique pourquoi la maladie a épargné en grande 
partie, dans le Brabant, les pommes de terre hâtives, dites 
pommes de terre de neuf semaines, au point que j'ai vu aux 
environs de Malines, dans les premiers jours du mois 
d'août, des champs de pommes de terre , dont une moitié 
plantée en pommes de terre tardives bleues , se trouvait 
complètement ravagée par le fléau , tandis que l'autre 
moitié, plantée en pommes de terre précoces, était ver- 
doyante et présentait le plus bel aspect. La végétation des 
pommes de terre hâtives étant beaucoup plus avancée lors 
de l'invasion de la maladie, et leurs fanes étant plus vi- 
goureuses et moins tendres que celles des pommes de terre 
tardives , encore très-éloignées alors de l'époque de leur 



( 359 ) 

maturité, elles ont pu résister beaucoup mieux à la cause, 
quelle qu'elle soit, du mal. Je citerai ici un fait à l'appui 
de cette manière de voir. J'ai observé, dans la province du 
Limbourg, aux environs de Maeseyk , le 26 septembre , un 
champ de pommes de terre jaunes tardives, qui était en- 
core verdoyant et ne présentait presque pas de traces de la 
maladie, au milieu d'autres champs profondément rava- 
gés. Les pommes de terre de ce champ , qu'on était occupé 
à arracher, étaient grosses et de la plus belle apparence. 
Interrogés sur l'époque à laquelle ces pommes de terre 
avaient été plantées , les cultivateurs m'apprirent qu'elles 
avaient été mises en terre vers la mi-avril, tandis que 
celles qui avaient tant souffert de la maladie et qui appar- 
tenaient à la même variété de pommes de terre , n'avaient 
été plantées qu'après le 15 du mois de mai. Ainsi les pom- 
mes de terre les plus avancées lors de l'invasion du fléau , 
en ont beaucoup moins souffert que les autres. 

Il se présente cependant une exception apparente à cette 
règle. Dans le Limbourg , et surtout dans le Limbourg 
néerlandais, et notamment à Maeslricht, on cultive une 
variété de pommes de terre précoces , à forme oblongue 
allongée. Ces pommes de terre, quoique hâtives, ont géné- 
ralement été presque aussi fortement atteintes de la mala- 
die que les pommes de terre tardives des mêmes localités. 
Ceci pourrait fort bien dépendre de quelque faiblesse ori- 
ginelle de ces pommes de terre, généralement moins vi- 
goureuses que les variétés hâtives cultivées dans le Brabant. 
L'été pluvieux de 1844 semble, du reste, leur avoir été 
très-défavorable et les avoir, en quelque sorte, prédispo- 
sées aux maladies. Le fait suivant ne me paraît pas laisser 
de doute à cet égard. Des pommes de terre précoces longues 
plantées à Maeslricht, le 5 avril , dans le grand jardin des 



( 360 ) 

hospices de cette ville, pour servir à la consommation de 
l'établissement, ont été mûres le 20 juillet; arrachées le 
50 de ce mois, elles n'ont donné que la moitié de la ré- 
colte habituelle, quoiqu'elles n'aient pas présenté la moin- 
dre trace de maladie et que tous les tubercules se soient 
conservés sans la moindre altération. D'autres pommes de 
terre pareilles, n'ayant été plantées dans le même jardin 
que le 5 juin , pour les faire mûrir plus tard et pouvoir les 
conserver plus longtemps, sont devenues malades sur 
place vers la fin du mois d'août. On les a arrachées le 
4 septembre; elles n'ont donné que le cinquième de la 
récolte ordinaire, et parmi les tubercules récoltés, plu- 
sieurs étaient altérés et quelques-uns même pourris. Si l'on 
considère maintenant que les pommes de terre hâtives cul- 
tivées dans le Brabant, sous le nom de pommes de terre de 
neuf semaines, ont été généralement aussi productives cette 
année que les autres années pluvieuses , ainsi que j'en 
ai fait la remarque à Louvain, on ne sera pas éloigné d'ad- 
mettre que ces pommes de terre devaient être plus vigou- 
reuses que les pommes de terre longues de Maestricht , qui 
ont été si peu productives cette année; c'est ce qui nous 
explique pourquoi celles-ci ont généralement plus souffert 
de la maladie que les pommes de terre précédentes. 

Quoiqu'il en soit, il est indubitable qu'aucune espèce 
ou variété de pommes de terre n'a été entièrement épar- 
gnée par le fléau, pas même les cordillères , récemment 
introduites, ni celles venues de semence depuis deux ans, 
ainsi que l'a fait observer M. Brants, savant hollandais, 
qui a fait aussi la remarque que les vingt-deux espèces de 
pommes de terre cultivées au jardin botanique de Gro- 
ningue ont été toutes indistinctement ravagées par la ma- 
ladie. Il a conclu avec raison de ces faits, qu'on ne saurait 



(361 ) 

attribuer le mal à une prétendue dégénérescence de la 
pomme de terre, et qu'il est, par conséquent, inutile de 
chercher à la renouveler par la voie du semis, pour pré- 
venir le retour du fléau. (Voir le rapport publié par la l re 
classe de l'institut néerlandais, le 22 septembre 4845). 
Ce qui doit achever de nous convaincre que la maladie ne 
saurait être le résultat d'une dégénérescence de la pomme 
de terre, c'est la rapidité même de la marche de cette 
grave affection. Les fanes de pommes de terre, qui présen- 
taient le plus bel aspect, ont souvent passé en trente-six 
heures de l'état de santé à une destruction complète ; ce 
qui suppose l'action soudaine d'une cause malfaisante 
très-énergique. 

Si, comme je crois l'avoir établi plus haut, la maladie 
actuelle des pommes de terre a présenté tous les carac- 
tères d'une affection contagieuse (et on ne saurait en 
douter en présence des faits nombreux qui montrent que, 
depuis le 20 août , malgré les influences atmosphériques 
les plus favorables à la végétation , le mal n'a cessé de s'é- 
tendre et de se propager au loin) , on doit se demander 
quelle peut être la nature du germe d'une affection aussi 
grave. Ici plusieurs opinions sont en présence, et on ne 
sera pas surpris de la difficulté de résoudre cette question, 
lorsqu'on songe à l'obscurité qui règne encore dans la 
science sur la nature des germes ou des miasmes qui pro- 
pagent les maladies contagieuses chez l'homme et chez les 
animaux. 

Des savants distingués, parmi lesquels je crois pouvoir 
citer MM. de Martius , à Munich (1) , Morren, à Liège , et 



(1) L'opinion de M. de Martius se trouve exposée dans une lettre adressée 
à M. Quetelet , en date du 19 août 1845. 



( 362 ) 

Payen, à Paris, pensent que le mal est dû à l'influence 
d'un champignon microscopique parasite se développant, 
soit à l'extérieur, soit même à l'intérieur des plantes de 
pommes de terre et jusque dans les tubercules. J'ai moi- 
même , avant de connaître l'opinion de ces savants, adopté 
jusqu'à un certain point cette manière de voir, puisque, 
dans un article inséré au Journal de Bruxelles , n° du 14 
août, je disais : « La maladie semble commencer par le 
» développement d'une byssoïdée , qui , sous forme de fila- 
» ments blancs très-lins, couvre les feuilles, surtout les 
» plus jeunes oti les plus tendres , principalement à leur 
» face inférieure. La feuille, couverte de cette byssoïdée sur 
» une de ses faces, contracte bientôt une couleur noirâtre 
» sur la face opposée, et périt promptement. Dès lors le 
» mal gagne la tige, qui noircit à son tour, et l'humidité , 
» qui ne peut plus se dissiper par la transpiration de la 
-> plante , stagnant dans la racine et dans les tubercules 
» déjà plus ou moins formés, en amène bientôt la putré- 

» faction » 

Dans cet article, et surtout dans un article subséquent 
inséré au Journal de Bruxelles, n° du 10 septembre, je 
considère la maladie de la pomme de terre elle-même ou 
des tubercules de la plante, comme n'étant qu'un état de 
pourriture partielle ou d'altération putride, commençant 
par les substances azotées du tubercule, et provenant, selon 
moi , tant de la mort prématurée des fanes , qui n'a pas per- 
mis aux tubercules d'acquérir le degré de maturité propre 
à leur parfaite conservation, qu'à la transmission du germe 
putride des fanes malades à la pomme de terre elle-même. 
La propagation de la gangrène des fanes aux tubercules 
de la plante , peut s'être faite, soit par communication di- 
recte , soit par la circulation de sucs viciés descendus des 



( 363 ) 

fanes dans la pomme de terre. Ce qui me porte à admettre 
ce dernier mode de transmission du mal , c'est que, d'après 
des observations de M. Brants, consignées dans le rapport 
indiqué ci-dessus, la partie encore verte des feuilles cou- 
vertes de taches noires, offre les vaisseaux et les cellules 
allongées remplis de sucs brunâtres , tandis que le paren- 
chyme est resté vert (1). On explique facilement , d'après 
cela, le fait intéressant observé par quelques membres de 
la société de médecine d'Anvers, et consigné dans leur rap- 
port sur la maladie des pommes déterre, à savoir, que des 
plants de pommes de terre dont les parties herbacées 
étaient encore en pleine végétation, offraient néanmoins 
des tubercules atteints de la maladie. Ce phénomène a 
même porté quelques savants à penser que la maladie des 
tubercules précédait celle des fanes ou se déclarait en 
même temps que celle-ci; mais la plupart des observateurs 
admettent le contraire, et se fondent avec raison sur ce que 
l'on trouve souvent des tubercules sains adhérant à des 
fanes atteintes de la gangrène, et sur ce que les tubercules 
les plus superficiels ou les plus rapprochés des fanes ma- 
lades, sont généralement ceux que la maladie attaque en 
premier lieu , ceux situés le plus profondément étant ordi- 
nairement les plus sains. 
Tous les savants sont loin de considérer la maladie des 



(1) II n'est pas difficile de comprendre comment la gangrène partielle , ou 
de simples taches de pourriture d'une feuille de la pomme de terre , peut , en 
infectant la sève descendante, rendre toute la plante malade, et provoquer 
surtout l'altération du tubercule , lorsqu'on songe qu'il suffit d'une plaie pu- 
tride chez l'homme pour infecter, dans certaines circonstances, le sang et don- 
ner lieu à des fièvres typhoïdes ou putrides très-graves, suivies souvent de la 
mort de l'individu. 



( 364 ) 

tubercules de la pomme de terre comme une simple alté- 
ration putride, dont l'humidité extrême de l'été a contribué 
probablement à favoriser le développement. MM. Morren 
et Payen, qui attribuent l'origine de la maladie à un 
botritis ou à une autre byssoïdée , croient que le champi- 
gnon peut, non-seulement se développer sur les fanes des 
pommes de terre , mais que ses sporules peuvent pénétrer 
même à l'intérieur de la plante et jusque dans les tuber- 
cules, y germer et déterminer ainsi l'altération de ces 
derniers. Ainsi , comme il paraît constaté qu'il se montre 
autour des cellules féculifères des pommes de terre alté- 
rées un liquide fauve ou brunâtre contenant des granules, 
M. Payen prend ces derniers pour des sporules, d'autant 
plus que, suivant lui , on observe des byssoïdées dans les 
méats intercellulaires des pommes de terre malades déjà 
depuis quelque temps. 

M. Morren a, je crois, le premier émis l'opinion que 
l'altération qui atteint les pommes de terre était due à la 
présence d'un botritis dans l'intérieur même du tubercule; 
de sorte que la maladie actuelle serait plus ou moins sem- 
blable à celle qui a régné en Bavière, en 1841 et 1842 , 
que le célèbre botaniste de Martius , de Munich, a rapportée 
au développement dans la pomme de terre d'un champi- 
gnon analogue au botritis, qu'il a décrit sous le nom de 
Fusisporium solani. 

Quant à moi , tout en admettant que la maladie actuelle 
des fanes de la pomme de terre puisse être due, au moins 
en grande partie, à un petit champignon développé sur 
les feuilles, je n'ai jamais osé admettre que ce cryptogame 
parasite vivant dans l'air, à la surface de la plante, puisse 
également bien se développer à l'intérieur de celle-ci , dans 
des conditions d'existence toutes différentes. J'ai donc cru 



C 365 ) 
devoir rapporter l'altération des racines et des tubercules 
de nos plantes de pommes de terre à un commencement 
de décomposition putride , qui n'atteint d'abord que les 
principes azotés de ces parties, et se manifeste par une co- 
loration brunâtre analogue à celle qui se produit dans la 
pulpe des pommes de terre saines râpées, lorsqu'on la laisse 
exposée à l'action de l'air. Cette opinion , que j'ai , je crois , 
émise le premier , il y a près de trois mois, dans le Journal 
de Bruxelles, n° du 14 août, a été en quelque sorte confir- 
mée par des observations postérieures de MM. Decaisne 
et Pouchet. Ces naturalistes distingués attribuent les bys- 
soïdées qu'on a rencontrées sur des pommes de terre pour- 
ries, à l'état de pourriture même, qui est favorable au 
développement de ces champignons. On ne doit pas s'éton- 
ner , au reste , de la facilité avec laquelle les pommes de 
terre dont les fanes ont été atteintes de la maladie , se sont 
altérées ou corrompues cette année, lorsqu'on songe que 
les pommes de terre dont les fanes ont été détruites pré- 
maturément par le fléau , n'ont pas continué à croître ni à 
mûrir cotome à l'ordinaire; elles sont restées petites, et, 
vues au microscope, elles présentent, suivant M. Brants, 
tous les caractères anatomiques des pommes de terre non 
mûres. Leur tissu cellulaire est aussi moins consistant ; ce 
qui , joint à la surabondance d'humidité dont elles ont été 
imprégnées cet été et aux sucs viciés qu'elles ont reçus des 
fanes malades, nous explique leur prompte et facile dé- 
composition. Aussi les pommes de terre les plus avancées 
en maturité lorsque le fléau est venu les atteindre , sont 
généralement les meilleures , les plus riches en fécule et se 
conservent le mieux. 

Ce qui me paraît prouver que les pommes de terre alté- 
rées ne renferment pas de germe destructeur particulier, 



( 366 ) 

ou, pour m'exprimer plus clairement, un champignon 
parasite interne cause de leur altération , c'est que ces 
pommes de terre ne nuisent pas plus aux pommes de terre 
saines placées dans leur voisinage , que les fruits gâtés ou 
corrompus ne nuisent aux fruits intacts. S'il en était au- 
trement, la présence dans une cave de quelques pommes 
de terre superficiellement altérées, devrait transmettre, 
ce me semble, la maladie à toutes celles qui s'y trouvent , 
et, fort heureusement, le contraire s'observe. Je conserve 
depuis plus de deux mois, dans une cave peu profonde et 
assez sèche, deux hectolitres au moins de pommes de terre 
précoces, dont j'ai séparé, il y a environ sept semaines, 
quelques tubercules malades qui ont été placés tout près 
des autres , mais sans les toucher immédiatement ; eh 
bien, jusqu'aujourd'hui, la grande masse de mes pom- 
mes de terre est restée parfaitement saine, et tout an- 
nonce qu'elles se conserveront. Je dois dire cependant que, 
d'après une observation de M. Payen (Comptes Rendus de la 
séance du 22 septembre 1845 de l'Institut de France), des 
pommes de terre altérées placées dans un air saturé d'hu- 
midité sous une cloche de verre , en présence de pommes 
déterre saines, ont communiqué leur altération à ces der- 
nières. Mais les émanations putrides des pommes de terre 
gâtées pouvaient fort bien, ici, par leur concentration sous 
la cloche et à la faveur de l'extrême humidité de l'air qui 
y stagne, provoquer la décomposition putride des tuber- 
cules sains ou intacts. 

On peut encore considérer, je crois, comme une des 
causes de la décomposition prématurée de nos pommes de 
terre tardives de cette année, leur constitution chimique 
qui, quoi qu'en aient dit quelques-uns, n'est pas identique- 
ment la même que celle des pommes de terre bien mûres 



( 367 ) 
d'une année ordinaire. Il est certain , pour moi , que les 
pommes de terre dont les fanes ont été malades longtemps 
avant l'époque de leur maturité , contiennent plus d'eau , 
plus de matières solubles albuminoïdes et beaucoup moins 
de fécule que les bonnes pommes de terre mûres des autres 
années : la diminution de la fécule va même jusqu'à 50 
pour cent. Voici le résultat d'une analyse faite au labora- 
toire de l'université de Louvain : on a opéré sur des pom- 
mes de terre dites pâles-bleues , toutes assez fortement at- 
taquées par la maladie ou plus ou moins altérées. Ces 
tubercules provenant d'un terrain sec des environs de Lou- 
vain , et arrachés le 10 septembre , ont donné : 



Eau . . 


. 81,6 


Fécule . . 


. 11,4 


Parenchyme . 


, 1,2 


Extractif . 


. 5,4 


Perte . . . 


• 0,4 



Total. ... 100 

Or, les pommes de terre saines et mûres d'une bonne 
récolte donnent au moins 20 p. % de fécule, d'après Vau- 
quelin , et ne contiennent généralement que 5 p. °/o d'ex- 
tractif. Je dois encore faire observer ici , dans l'intérêt de 
ceux qui voudraient extraire la fécule des pommes de terre 
gâtées par l'action de la râpe, que la laxité du tissu cellu- 
laire , et même la désagrégation des cellules dans les par- 
ties altérées, d'après l'observation de M. Payen, font que la 
râpe ouvre difficilement les cellules; ce qui fait qu'une 
bonne partie de la fécule de ces pommes de terre reste 
dans le parenchyme, d'où encore une perte notable de 
cette substance. Aussi, dans l'analyse mécanique des pom- 



( 368 ) 

mes de terre altérées, indiquée ci-dessus, on n'avait ob- 
tenu d'abord que 6,5 de fécule de 100 de pommes de terre, 
et le parenchyme restant pesait 6,1 ; mais il était évident 
que ce parenchyme , quoique ne donnant pas de fécule en 
le malaxant avec de l'eau, pouvait contenir encore beau- 
coup de cette substance; aussi l'ayant fait bouillir à la va- 
peur avec de l'eau acidulée par un peu d'acide sulfurique , 
jusqu'à ce qu'il ne bleuît plus par la teinture d'iode , 
son poids, après dessiccation , se trouva réduit à 1,2; de 
sorte que l'eau acide avait dissout 4,9 de fécule. Je dois 
encore faire remarquer que la fécule extraite des pommes 
de terre altérées était grisâtre, malgré les lavages répétés 
auxquels elle avait été soumise. 

Quoique le caractère contagieux de la maladie des pom- 
mes de terre soit favorable à l'opinion de ceux qui l'attri- 
buent à la présence d'un champignon malfaisant, attaquant 
sinon les tubercules de la pomme de terre, du moins ses 
fanes, il n'en est pas moins vrai de dire que beaucoup 
d'objections, plus ou moins fondées, ont été faites contre 
cette manière de voir. Quelques-uns, considérant les bys- 
soïdées comme des champignons inoffensifs (1) , qui se ma- 



(1) Quelques personnes se sont demandé comment il serait possible qu'une 
simple byssoïdée vivant à l'extérieur d'une feuille de pomme de terre , puisse 
avoir donné lieu aux taches gangreneuses observées dans son tissu. Ceci peut 
être dû au trouble que le parasite doit introduire dans les fonctions de la 
feuille, là du moins où il la recouvre d'une manière très-intime. Une fois , du 
reste, que ce trouble aura donné lieu à quelques taches gangreneuses, on 
conçoit avec quelle rapidité ces taches peuvent occasionner la mort de la 
plante , lorsqu'on songe que la gangrène partielle chez un être vivant peut 
se communiquer rapidement d'une partie à une autre , et , qu'en infectant la 
sève descendante chez les plantes , elle peut transmettre le mal à des parties 
plus ou moins éloignées de son siège primitif. 



( 369 ) 

nifcstent généralement sur des matières organiques en 
voie d'altération putride, sont portés à croire que leur ap- 
parition sur les feuilles de la plante malade n'est qu'un 
effet et non la cause de la maladie. Cette opinion a sur- 
tout été admise par ceux qui prétendent que la présence 
du byssusest loin d'être constante sur les fanes des pom- 
mes de terre, du moins dans l'origine de la maladie. Pour 
moi, je l'ai observé manifestement sur les feuilles de beau- 
coup de pommes de terre , à Louvain , alors que ces plantes 
commençaient seulement à devenir malades. C'était à la 
face postérieure ou inférieure des feuilles que le byssus ap- 
paraissait sous forme de taches grisâtres produites par des 
filaments blancs très-fins entrelacés ; et , du côté opposé de 
la feuille, à l'endroit correspondant à la tache grise, on 
voyait un commencement de tache brune, signalant l'in- 
vasion de la maladie. Je dirai encore que c'est surtout sur 
des plantes qui n'offraient que les premiers symptômes 
du mal que j'ai constamment observé la byssoidée en ques- 
tion. Je n'ai pas été, en général, aussi heureux en la 
recherchant sur des plantes dont les feuilles étaient 
déjà presque entièrement gangrenées. Quoi qu'il en soit, 
si la byssoïdée observée sur les feuilles des pommes de 
terre n'est pas la cause de la maladie , et si elle n'a pas con- 
tribué à sa propagation , il deviendra difficile d'expliquer 
le caractère éminemment contagieux de l'affection, à moins 
d'admettre qu'une maladie produite sur un végétal dans 
des circonstances atmosphériques données, puisse revêtir 
le caractère d'une maladie contagieuse et se transmettre 
ensuite à des individus de la même 'espèce, indépendam- 
ment des circonstances défavorables qui l'ont primitive- 
ment déterminée. Quelques faits peuvent être invoqués en 
faveur de cette manière de voir. M. Decerf , ayant observé 



( 3 ?° ) 

un superbe pied de balsamine, dont les racines étaient con- 
tinuellement plongées dans l'eau , être atteint d'une espèce 
de gangrène végétale , trempa la pointe d'un instrument 
dans le putrilage de celte balsamine et l'inocula à une bal- 
samine saine. Dès le lendemain , il y eut , à l'endroit de la 
piqûre, une tache livide, qui fit des progrès si rapides, qu'en 
moins de quatre jours toute la plante fut réduite en pu- 
trilage, et mourut. (Comptes Rendus de l'académie des 
sciences de Paris , tome 21 , pag. 623.) Mais si l'on consi- 
dère que l'état de pourriture d'un végétal ne se communi- 
que point à distance aux végétaux qui sont placés dans 
son voisinage en plein air, et encore moins à ceux qui en 
sont un peu éloignés, il sera difficile de croire que la gan- 
grène humide des pommes de terre , en la supposant pro- 
duite, dans quelques localités, par les simples intempéries 
des mois de juin et de juillet derniers, ait pu devenir con- 
tagieuse pour les pommes de terre saines des contrées 
voisines, surtout pendant le mois de septembre, lorsque 
les circonstances atmosphériques étaient favorables à la 
végétation. On concevra encore moins comment la maladie 
a pu se manifester chez nous, au mois d'octobre, sur les 
jeunes fanes des pommes de terre plantées en juillet et août 
pour la culture automnale , quoique ces fanes n'aient eu à 
essuyer aucune influence météorologique défavorable. Ce 
dernier fait, observé en divers endroits de la Belgique, 
doit faire repousser aussi l'opinion de ceux qui ont attribué 
la maladie au froid extraordinaire que nous avons eu au 
mois de juillet, à la suite d'un temps très-chaud. 

M. Driessens, pharmacien très-instruit, à Maeseyk, ayant 
rencontré sur les fanes des pommes de terre malades de 
petits coléoptères du genre des altises, et n'ayant trouvé ce 
petit insecte sur aucune autre plante voisine, crut que cet 



(371 ) 

animal pourrait bien être la cause de la maladie. Mais 
comme les altises ne font généralement que se nourrir du 
parenchyme des feuilles qu'ils perforent sans les altérer, 
il est difficile de croire que cet insecte, qui , à raison de sa 
petitesse et de la rapidité de son saut, échappe aisément à 
l'œil de l'observateur, puisse avoir produit l'état gangreneux 
des fanes de nos pommes de terre. Du reste, cette altise , vue 
à la loupe, ne m'a paru être que ÏAUica atricella Fabr. , 
à laquelle on n'a jamais reconnu des qualités délétères. 

Il reste donc toujours plus ou moins d'obscurité sur les 
causes de la maladie des pommes de terre , et en admettant 
même avec M. Du Mortier que celle-ci ne soit qu'une es- 
pèce de cloque analogue à celle qui attaque souvent nos 
arbres fruitiers (Bulletin de l'académie de Bruxelles , séance 
du 11 octobre 1845) , il n'en sera pas moins difficile d'ex- 
pliquer son développement , et surtout sa marche progres- 
sive, sans faire intervenir l'action d'agents malfaisants 
particuliers , soit de miasmes encore inconnus , soit de 
champignons parasites susceptibles d'occasionner la mort 
de la plante qu'ils attaquent. 

Si la question des causes de la maladie qui nous occupe 
nous inspire un si vif intérêt, c'est qu'elle se rattache inti- 
mement à celle qui a pour but de faire trouver les moyens 
les plus convenables pour prévenir le retour du mal et 
pour conserver les pommes de terre de la récolte de cette 
année. Jusqu'ici , les seuls moyens de conservation que l'ex- 
périence a sanctionnés , consistent à écarter des pommes de 
terre toutes les circonstances qui favorisent le développe- 
ment de la fermentation putride. J'avais cru, d'après cela , 
qu'on prolongerait la conservation de nos pommes de terre 
en les enfermant dans des tonneaux bien soufrés; mais 
l'essai que j'ai fait de ce procédé ne m'a pas donné de 



( 372 ) 

résultat favorable. Les pommes de terre qui avaient été 
enfermées pendant sept semaines dans un tonneau soufré 
présentaient en divers points de petites taches d'un noir 
très-foncé, produites probablement par de l'acide sulfuri- 
que, dont la présence à l'endroit des taches était facile à 
constater. Du reste, tout l'acide sulfureux du tonneau 
avait passé à l'état d'acide sulfurique. 

On est encore moins avancé dans la connaissance des 
moyens propres à prévenir le retour du mal. L'expérience 
seule pourra sanctionner ceux qui ont été proposés d'après 
des vues plus ou moins théoriques ou d'après les idées que 
l'on s'est formées des causes du mal; mais la prudence 
veut , ce me semble , que l'on s'attache surtout à planter des 
pommes de terre saines, vigoureuses et bien développées , 
à éviter, pour la plantation , les sols trop humides et ceux 
qui peuvent receler des restes des fanes malades de la ré- 
colte précédente. Il sera utile aussi de planter de préfé- 
rence des pommes de terre précoces , et de les mettre en 
terre le plus tôt possible, en février ou en mars , afin que si , 
par malheur, le fléau reparaissait , on eût encore le temps 
de retirer du même sol une autre récolte de plantes pota- 
gères ou fourragères. 

Après la lecture de cette notice, M. Morren a fait la 
communication verbale suivante : 

« Ma première intention n'était pas d'occuper les in- 
stants de l'académie par la maladie des pommes de terre, 
avant de présenter mon mémoire sur ce sujet; mais la 
communication que vient de lire mon honorable confrère, 
M. Martens, et plus encore le désir d'être utile dans les 
circonstances actuelles où se trouve le pays, m'obligent 
d'anticiper dès aujourd'hui sur le temps où je compte 



(373) 
achever mon travail. Dans un malheur public comme celui 
qui nous frappe en ce moment , on ne saurait recueillir 
assez de faits, alors surtout que leur utilité immédiate est 
incontestable. 

» Mon intention n'est pas d'entrer aujourd'hui dans la 
discussion de la cause. Je me contente de faire remarquer 
qu'après les débats qui ont eu lieu dans la commission 
nommée par le roi pour examiner l'état de la question 
relative aux pommes de terre ,. qu'après les discussions qui 
ont eu lieu, soit au sein des sociétés savantes, soit dans 
les journaux, l'honorable M. Martens opine toujours que 
c'est à une byssoïdée qu'il faut en revenir, pour assigner 
une cause à ce fatal fléau , et j'avoue que, pour ma part , 
jusqu'à ce jour , rien n'a pu ébranler ma conviction que 
le mal vient uniquement et seulement du parasitisme. Il 
n'y a même aucun fait de tous ceux qui ont été avancés 
par des personnes dignes de foi , qui ne soit parfaitement 
explicable dans cette manière de voir. 

» Je vais prendre date ici pour des expériences et des 
observations pratiques qui , je crois, sont actuellement 
importantes à connaître pour toutes les personnes que la 
question intéresse. 

» Des pommes de terre de la récolte de 1844 , emma- 
gasinées dans la cave de ma demeure, à Liège, et qui ne 
présentaient aucune trace du mal, ont été extraites de ce 
lieu, saines et bonnes, mises dans des sacs, transportées 
par le bateau à vapeur de Liège à Namur, et voiturées en- 
suite à deux lieues de cette dernière ville. Elles ont été 
chaulées sur le champ où l'on devait les planter, et ces 
opérations ont été faites fin septembre. Ces pommes de 
terre ont été atteintes du fléau et ont pourri sous terre. 

» Une partie de ces mêmes pommes de terre de 1844 , 
Tom. xii. 2G 



(374) 
emmagasinées saines dans ma cave, ont été chaulées dans 
cette même cave, puis transportées à douze lieues de Liège, 
plantées vers le 20 septembre, et ces pommes de terre se 
sont parfaitement conservées, ont levé, et n'ont pas, jus- 
qu'à ce jour, la moindre trace de maladie. 

» Ainsi , le chaulage n'a pas arrêté le mal , alors que les 
germes, provocateurs du mal, ont pu se déposer par l'air 
infecté sur les tubercules, les attaquer malgré le chaulage 
et les faire pourrir au dedans. 

y> De ces mêmes pommes de terre de 1844, partieont été 
plantées dans des pots et déposées ainsi dans une serre 
chaude, chaulées et non chaulées. Les non chaulées ont 
poussé plus vite , les chaulées plus lentement : réponse 
péremptoire à ceux qui ont prétendu que le chaulage était 
nuisible, parce qu'il surexcitait la végétation. Toutes ont 
donc poussé. Or, des pommes de terre développées dans 
une serre à ananas ont été placées sous le châssis levé, et 
ces plantes ont été attaquées du fléau. Cette expérience a 
eu lieu pendant le mois d'octobre. 

» Des pommes de terre de 1844, conservées dans une 
chambre et qui avaient poussé dans ce lieu des fanes allon- 
gées , mais non étiolées , ont été attaquées du fléau dans la 
chambre même, ainsi que des pommes de terre couveuses 
que je cultive, depuis deux ans, dans une de mes caves et 
qui produisent de jeunes tubercules, en ne poussant toute- 
fois que des tiges atrophiées pourvues de faibles et petits 
rudiments de feuilles. 

» Ces faits sont inexplicables par les hypothèses des tem- 
pératures, des dégénérescences, de la cloque, et ne peuvent 
recevoir d'explication plausible que par le parasitisme. 

» On a dit, imprimé et soutenu que des tubercules ne 
pouvaient être attaqués directement. Voici des faits fort 



j 



( 375 ) 

sérieux et même très-malheureux dont je suis assez affligé 
de devoir garantir l'authenticité. 

» Des pommes de terre ont été récoltées en Ecosse , 
avant l'arrivée du fléau dans ce pays, et d'autres pommes 
de terre ont été récoltées dans un pays où jusqu'à cette 
heure on n'a aucune preuve que le fléau ait sévi. Ces tuber- 
cules arrivent sains et dans un excellent état à Anvers. On 
les partage en trois parties. L'une d'entre elles est emma- 
gasinée dans une cave située sur le quai vis-à-vis des Pol- 
ders et pourvue de deux soupiraux donnant sur ce cotée 
Les deux autres parties sont renfermées dans des caves de 
l'intérieur de la ville. Au bout de quelques jours , les pom- 
mes de terre sont attaquées du fléau actuel dans la cave 
du quai, et le mal se déclare surtout dans une région 
semi-circulaire , éclairée par chacun des soupiraux. 

» Les pommes de terre de l'intérieur de la ville se con- 
servent saines. 

» Ces faits ne peuvent, encore une fois, s'expliquer que 
par le parasitisme, et de plus, ils prouvent que le mal peut 
attaquer directement le tubercule. 

» Sur ces tubercules ; près des yeux , il y avait le pre- 
mier jour de l'infection visible (ce mot n'est pas inutile), 
des botrytis en buissons , et vis-à-vis de ces amas , dans la 
chaire du tubercule, un nuage conique noirâtre. Deux 
jours après, les taches brunes se développaient comme 
d'ordinaire, et il n'y avait plus de trace de botrytis. 

» Parce que celui-ci est fugace, il n'en est pas moins 
actif, pas moins dangereux. 

» Je ferai ici une dernière réflexion , et elle n'est pas la 
moins importante : je la livre à la sérieuse méditation des 
agronomes et des personnes qui ne se laissent pas entraî- 
ner par l'esprit de système. 



(376) 

» Toutes les récoltes de pommes de terre faites autour 
des usines de zinc, à Angleur, à S'-Léonard , à la Vieille- 
Montagne , dans le cercle d'action des substances volatiles 
qui s'échappent autour de ces usines et qui font tant de ra- 
vage parmi quelques espèces d'arbres , ont été excellentes 
et à l'abri complet du fléau. L'honorable M. Charles de 
Brouckere, dont la philanthropie éclairée est aujourd'hui si 
utile et si dignement appréciée dans notre province indus- 
trielle , peut garantir ce fait comme moi , et ce fait est de 
la plus haute importance, car il ne peut s'expliquer que par 
l'action d'une substance métallique comme matière de 
chaulage sur la végétation. Le parasitisme seul est apte à 
répondre sur de tels problèmes, mais, après tout, qu'im- 
porte? Si les faits, l'expérience nous livrent des conséquen- 
ces semblables, il est rationnel et sage de les faire servir 
à la pratique, à la culture de 1846 , si pas avant. 

» Je me réserve de discuter ces faits et beaucoup d'autres 
dans un mémoire spécial ; mais, habitué à travailler dans le 
calme nécessaire aux études de la nature , je ne puis pas 
assigner une date très-prochaine à cette publication. 



Extrait d'une notice sur la maladie des pommes de terre , 
par M. le chevalier Marchai. 

Don Vincent Pazos, ancien consul général de Bolivie à 
Londres, est en ce moment à Bruxelles, pour établir en 
Belgique le centre de la correspondance d'une navigation 
à la voile, entre notre pays et la côte de la Guyane. Cette na- 
vigation partirait à la vapeur, depuis Para , dans la Guyane 
brésilienne, et remonterait le fleuve des Amazones avec les 
affluents jusqu'en Bolivie. J'en ai lu quelques détails à la 






(377) 

séance du mois de février dernier. Il m'a transmis récem- 
ment quelques renseignements, en langue espagnole, sur 
les causes de la maladie des pommes terre, en me de- 
mandant que j'en rende compte à l'académie. 

Ce fonctionnaire diplomatique fait observer d'abord que 
cette plante farineuse existe au milieu de l'Amérique du 
sud dans l'état de culture et dans l'état sauvage; que c'est 
l'aliment principal de ses compatriotes, tant Espagnols 
qu'Indiens, que lui-même il en connaît la culture, parce 
qu'il est cultivateur et fils de cultivateur. Il désire que les 
renseignements qu'il m'envoie soient accueillis avec indul- 
gence, parce que les sciences de la botanique et de l'horti- 
culture , sous le rapport de leur théorie, lui sont peu 
familières, mais il ajoute qu'il a une profonde connaissance 
pratique des travaux agricoles de son pays. 

Je vais analyser ce qu'il m'a écrit : Après les détails qu'il 
donne sur le quinquina, branche d'un revenu immense , 
dont le gouvernement de la république bolivienne vient 
d'octroyer le monopole à la banque nationale, sur l'ipé- 
cacuanha , sur diverses espèces de coton , de cacao , et sur 
d'autres productions végétales, répandues dans le commerce 
des deux hémisphères, il fait connaître qu'un des princi- 
paux bienfaits de la découverte du Pérou est l'importation 
en Europe de la patata (tel est le nom primitif péruvien, 
en langue quetchua, de cette plante). Nous l'appelons 
pomme de terre. 

La principale cause de la maladie de ce végétal en Eu- 
rope , qui fut importé en état de légume et non à l'état 
sauvage, doit provenir, selon lui , tant des pluies extraor- 
dinaires du dernier printemps, que d'une dégénération de 
vétusté; celle-ci doit provoquer chez les vieilles plantes la 
croissance d'une substance parasite, qu'il ignore être vé- 
gétale, tel qu'un champignon, ou animale , tel qu'un zoo- 



(378) 

phyte. Mais il assure que les mêmes symptômes de caducité 
ont quelquefois été remarqués dans son pays, et il indique 
les moyens pour les empêcher de se produire. Ces moyens 
consistent, tant pour la plantation que pour la conserva- 
tion de l'approvisionnement : 

1° Dans le changement total de localité, et même de 
pays, pour les turbereules que Ton plante ; 

2° Dans le soin de mettre, pendant quelques jours, les 
pommes de terre dans de l'eau claire , afin d'en faire dé- 
tacher les germes des substances parasites dont la planta- 
tion favoriserait le développement, qui pourrait être beau- 
coup plus actif sous le ciel des tropiques que dans notre 
zone tempérée boréale. Cette pratique a l'avantage, pour les 
pommes de terre qui servent à la nutrition du peuple boli- 
vien (on les appelle spécialement chuno, le nom patata étant 
générique) , de faire sortir de la pellicule une substance qui 
est nuisible à la santé et qu'il dit être graisseuse. 

M. Pazos entend par là ce que je présume être la sub- 
stance narcotique et même vénéneuse de cette plante 
solanée, qui est en effet sensible, lorsque les pommes de 
terre sont cuites à l'eau bouillante sans être dépouillées de 
leur pellicule, tandis qu'au contraire , en les cuisant sous la 
cendre, la pellicule se dessèche, ce qui détruit son venin. 

Il faut , ajoute M. Pazos, les laisser dans l'eau claire jus- 
qu'à leur gonflement; ensuite on les fait sécher sur de la 
paille, au soleil ardent de l'équateur, dans l'état de la plus 
grande propreté. On les laisse, pendant quelque temps, à 
l'air froid de la nuit, le thermomètre de Piéaumur Rabais- 
sant, en Bolivie, jusqu'à la température froide de deux ou 
trois degrés et presqu'à la gelée. La pellicule se détache de 
cette manière très-facilement, par la gerçure résultant d'une 
réaction de la grande chaleur au froid glacial. Après cela , 
on les entasse en les comprimant, pour faire sortir tout 



(379) 
reste d'humidité, c'est alors qu'on les appelle chuiio. On 
peut les conserver, par ce procédé, pour l'approvisionne- 
ment, comme dans nos caves en Europe. Elles peuvent y sé- 
journer jusque pendant trois ans ; elles sont même livrées au 
commerce dans cet état, et s'y vendent publiquement sur 
les marchés dans toute la Bolivie. Peut-être en Europe la 
chaleur incandescente d'un poêle suppléerait-elle à l'ac- 
tion du soleil. 

Quant aux pommes de terre destinées à la plantation, 
cette opération n'est pas de rigueur ; cependant leurgonfle- 
ment hâte la germination comme dans d'autres plantes , 
telles que les pois. 

La patata est cultivée avec une grande intelligence par 
les Indiens et les Espagnols, sur les deux versants oriental 
et occidental de la chaîne des Cordillères. Le déplacement 
du tubercule destiné à la plantation se fait jusqu'à les 
transporter d'un versant à l'autre des montagnes et même 
d'un terrain fort élevé au-dessus du niveau de l'Océan Paci- 
fique à un terrain plus bas et d'une température fort diffé- 
rente. Chacun sait que c'est sous la ligne, depuis l'Océan el 
jusqu'au sommet des plus hautes Cordillères, c'est-à-dire 
aux neiges perpétuelles , que l'échelle végétale a été établie , 
il y a 45 ans, par M. Humboldt, dans ces mêmes contrées ; 
elle s'y élève jusqu'aux froides températures polaires. 

L'engrais doit être formé avec un soin particulier. On y 
mêle quelquefois du guano, selon la nature du terrain, sur- 
tout lorsque des moutons et des lamas y ont été parqués. 
Le guano est une poussière volcanique dont les montagnes 
du Pérou sont couvertes : il ne faut pas confondre ce guano 
avec l'engrais homonyme que l'on exporte en ce moment, 
d'une petite île de l'hémisphère austral. 

La poussière du guano volcanique a pour objet, dit 
M. Pazos , de réduire plus facilement l'engrais à l'état 



( 380 ) 

(ïhumus et en même temps de détruire dans cet humus 
les germes de parasites. 

L'excès des pluies équatoriales hors de la saison de l'hi- 
vernage qu'on éprouve quelquefois, produit au Pérou, 
comme nous l'avons dit , la même maladie que celle dont 
les pommes de terre d'Europe ont été atteintes pendant la 
présente année, d'autant plus que le climat entre-tropique 
est plus humide que celui de l'Europe. Le croisement, 
c'est-à-dire la recherche des tubercules pour la planta- 
tion , se fait alors dans des contrées éloignées , comme on 
vient de l'exposer ; on y choisit toujours les plus belles 
plantes, et, autant qu'il est possible, elles doivent venir 
d'un gisement différent , et quelquefois même d'un ver- 
sant à l'autre des Cordillères. 

M. Pazos nous apprend que la culture de la pomme de 
terre est due à la civilisation philanthropique des Incas ; 
ils ont cherché à rendre la patata sauvage à l'état de lé- 
gume par une superfétation , résultant d'une amélioration 
de la terre végétale; il nous apprend aussi que c'est dans 
le haut Pérou, en Bolivie, que des jardiniers européens 
devraientêtre envoyés pour connaître, parla pratique, non- 
seulement des procédés qui ne sont pas encore en usage en 
Europe, mais aussi plusieurs espèces d'autres patatas culti- 
vées dont nous n'avons aucune idée, l'état d'amélioration 
et de variétés où elles sont parvenues, étant le résultat uni- 
que de la culture et ne pouvant guère s'expliquer par écrit. 

Il dit enfin qu'on cultive aussi YHélianthus tuberosus, 
qui est le topinambour ou la poire de terre; elle est com- 
mune en Europe; un millet qu'il appelle quinua, ou riz du 
Pérou (dont il ne donne pas le nom botanique); on s'en 
sert en Bolivie pour la confection de la bière et pour fa- 
voriser la lactation des nourrices , et enfin l'occa (Oxalis 



(381) 

tuberosa), plante saccharine qui ressemble à la betterave 
rouge dont il assure que l'utilité est fort grande et que l'on 
ne cultive point en Europe. 

Tels sont les détails que j'ai extraits de la très-longue 
lettre qu'il m'a fait l'honneur de m'adresser. Je m'abstiens 
d'y ajouter aucun commentaire ou aucune application aux 
procédés que Ton devrait employer en Europe , car je ne 
connais que très-superficiellement la botanique , dont j'ai 
négligé l'étude depuis plusieurs années, et encore moins 
l'horticulture. Ce n'est pas à moi, mais aux personnes in- 
struites de cette science, qu'il appartient d'indiquer ce qu'il 
serait utile de faire en Europe. Je me borne à remonter, 
comme un observateur doit le faire dans toute maladie, à 
la cause primitive; les experts en tireront les conséquences 
pour prescrire le remède. 



HISTOIRE LITTÉRAIRE ET POLITIQUE. 



Anciennes chansons françaises. Métiers à Tournay , en 1564. 
Notices par M. le baron De Reiffenberg. 



La chanson est la voix poétique des peuples; elle pré- 
cède toute espèce de littérature et en tient lieu pour une 
grande partie des hommes. Par le rhythme , qui a sa source 
dans notre organisation intime , elle met la sensibilité phy- 
sique au service de l'intelligence et de l'imagination ; elle 
ûxe et éternise la mémoire. C'est dans la chanson que les 
peuples déposent leurs souvenirs , leurs sentiments, leurs 



( 3 ^ ) 

joies , leurs colères , leurs malices , leurs admirations , et 
jusqu'à leurs croyances. Et quand déjà le fait est oublié, 
l'allusion insaisissable, longtemps encore les couplets mys- 
térieux, les refrains incompris courent de bouche en 
bouche jusqu'à ce qu'un érudit , un critique leur rede- 
mande la vérité qu'ils enveloppent. Le sauvage lui-même 
chante son histoire confuse, ses traditions incomplètes, 
ses superstitions inexplicables; et ne nous arrive-t-il pas 
souvent de fredonner des paroles dont le sens nous échappe, 
mais qui, bien interprétées , nous révéleraient d'importants 
secrets. 

On excusera donc , on approuvera peut-être la curiosité 
de ceux qui recueillent, autant qu'il est en leur pouvoir, 
les débris de la chanson ancienne. Nous préférons, quant 
à nous, les chants historiques et légendaires, mais ceux 
qui peignent la vie idéale , les passions et les mœurs de 
nos ancêtres, sont loin d'être à dédaigner. 

M. le baron Jules de Saint-Génois , placé à la tête de la 
bibliothèque de l'université de Gand, ne laisse rien perdre 
et ramasse avec une attention scrupuleuse le moindre 
morceau de parchemin qui peut contenir des renseigne- 
ments littéraires. Il a bien voulu nous communiquer deux 
feuillets mutilés d'un chansonnier du moyen âge et qui doit 
avoir été écrit au XIV e siècle. Ce chansonnier, de format 
in-12, donnait la musique de la plupart des pièces qu'il 
renfermait, musique sur cinq lignes de portée, en notes 
carrées comme celles du plain-chant, mais avec une por- 
tée différente. 

On y trouve cités les noms de messire Raoas et du sei- 
gneur de Vies-Maisons. 

Raous est Raoul de Soissons, de qui la chanson au 
comte d'Anjou, rapportée ici, se trouve dans les recueils de 



( 383 ) 

la bibliothèque royale de Paris, dont M. Paulin Paris a 
signalé minutieusement le contenu (1). 

Le comte d'Anjou était Charles, roi de Sicile , né vers 
1220, et mort en 1285. M. Paulin Paris lui a accordé, dans 
son Romancero (p. 119), une place des plus honorables. 

Le seigneur de Viés-Maisons s'appelait Gilles. Les re- 
cueils que je viens de citer , offrent plusieurs morceaux 
de sa composilion , mais je ne vois pas que M. Paulin 
Paris indique celui qui se lit plus bas. Au surplus, il n'est 
pas aisé de se souvenir, à propos de quelques vers, sou- 
vent de médiocre valeur, de tous les endroits où l'on peut 
les chercher, de tous les livres qui les ont pu reproduire. 
Un tel savoir est au-dessus des forces humaines (2). 

Voici ce que nous avons tiré des deux feuillets tronqués 
que nous devons à M. de Saint-Génois. Ils ont été détachés 
de la couverture d'un volume moisi. C'est peu de chose , 
sans doute , mais nous ramassons cette bagatelle par es- 
prit de conservation et pour le bon exemple. Le soin fana- 
tique que l'on met à préserver des vétilles peut sauver des 
objets précieux. 

(On)ques nul jor si bêle riens ne vi 

Ne jou ne nus, saciés bien sans doulance; 
Et si a dius si douce contenance 
K'el siècle n'a losengier ne félon 
Ki de lui puist dire se tout bien non. 
Sire, quant j'aim dame de tel valor, 
Loés le moi , si ferés nostre honour. 



(1) Les Manuscrits français de la bibl. du roi , t. VI , pp. 79 et 93. 

(2) Nous saisissons cette occasion pour faire remarquer que le chant sur le 
croisé belge, F rançon d'Arquennes, inséré au 1. XII, l re part., p. 262 de ce 
Bulletin , a déjà été imprimé au tome III du Thésaurus novus anecdotorum ? 
de Martèneet Durand. 



( 384 ) 

Encore messire Raous (pièce notée en partie). 

Hé cuens d'Ango , on dist par félonie 
Conques ne soc canter fors par autrui 
Il (lient voir , je n'es en desdi mie 
C'ains à nul jor sires de moi ne fui ; 
El s'il voelent savoir à cui je sui , 
Jelor dirai par ma grant cortoisie, 
Sacent k'amors m'ont si en lor baillie 
Ke je n'ai sens , volenté ne raison 
Ke je sans li sace faire cançon. 

percheus. 

Plus a pooir ke n'ait li rois de France , 
Car de tous maus puet doner alegance 
Et de la mort confort et garison ; 
Ce ne poroit faire nus morteus hom. 

A mors fait bien le rice dolouser 
Et le povre de joie karoler , 
Amors me fait son pooir esprover 
Plus que nului , ce saciés sans doutance ; 
N'onques ne poc mon cuer à ce torner 
Por peur de mort dont je sui en balancé 
Ke tout adès ne usce en ramenbrance 
Ma douce dame à la clère façon , 
U de biauté vie si très-grant fuison 
Ke li penser me font entroublier 
Peor de mort et ma santé cuidier. 

Dius, k'en puis-jou s'ele a mon cuer entier 
Quant tous li mons désire s'acointance , 
Certes jà nus ne m'en doit castoyer, 
Ke jà par moi n'en arai repentance 
De recorder sa très-douce samblance ; 
Et quant de çou prendrai confession , 
Ne m'en doinst donc santé se la mort non , 
Car quant mes cors la parole perdi, 
Pensa mes cuers : douce dame , merci. 
Suis-je l'ami plus c tans (sic) ke (je) ne di , 
Si me doinst donc de mes maus alegance... 



( 385 ) 



Fragment avec musique. 

... maitdonc autre rikour ne quier 

Car tout li bien ki st.... ( h'isteroient ? ) seroient mendre 

Ke li mien voir ; 
Las! je ne puis, s'on ne me viut entendre 
Grant joie avoir. 

Las ! je ne puis mon fin cuer castoier , 

N'envers amors n'el puis tous jours deffeudre, 

Ke tous les maus del mont m'i fait soier , 

Ne nus fors li ne me puet joie rendre. 

Si cruelment l'ame fait estoyer, 

K'apriés la mort m'estuet les biens atendre. 

De s'amort voir 
Las! je ne puis, s'on ne me viut entendre 

Grant joie avoir. 

De ceste amor ki si grief me despont 
M'esmervele ki m'a (si) pris sansfaintise, 
Ke je n'aim tant toutes celés del mont 
Ne tant par moi n'en est une requise. 
Las! je ne sai ke cist autre amant font, 
Mais j'aim adès cesti par tel devise 

Si bonnement, 
Sel' m'ait je ne sai en quel guise , 

L'en se repent. 



Les cançons aux signeur de Fiés-Maisons. (Musique. 

De bone amor et de loial amie 
Me vient souvent 

...n'oublierai son vis ne sa samblance 
Et pour k'amors ne se viut plus tenir 
K'ele de tous ne face son plaisir 
Et de toutes mais ne puet avenir 
Ke de la moie aie bone espérance. 



386 ) 



Commanl poioie avoir bone espérance 

A bone amor et à loial amie 

Ne à bel vis ne à bêle samblance? 

Ja n'avenra à nul jor de ma vie. 

Amor m'estuet, ne m'en puis plus soufrir , 

Celi cui jà ne venra à plaisir, 

Siens sui, commanl k'il m'en doive avenir 

Et se n'i voi ne confort ne aïe. 

Commant arai ne conpert ne aïe 

De bone amor contre cui n'ai poisance? 

Amor m'estuet , ço ki ne m'aime mie , 

Si n'en arai fors anui et pénance , 

Ne jà nul jor n'el oserai jehir 

Celi ki tant me fait de maus soufrir 

Mais de tel mort m'a jugié à morir 

Dont ja ne quier avoir ma délivrance. 

Cil meysmes. (Musique.) 

Moult ai esté longement esbahis 
Conques n'osai cançon.... 



IL 

La chanson allège le travail de l'ouvrier, et la condilion 
de l'ouvrier, aux différentes époques, est une des questions 
les plus intéressantes dont puisse se préoccuper un histo- 
rien philosophe. Le rôle des métiers dans les crises de la 
commune est ce qui a frappé le plus les écrivains; il leur 
promettait, en effet, des couleurs fortes et tranchées, des 
tableaux animés. Et d'ailleurs , les matériaux s'offraient 
d'eux-mêmes dans les poudreuses chroniques. Mais la vie 
intérieure de l'artisan, ses droits, ses privilèges, ses rap- 
ports avec les autres citoyens sont moins connus. Le livre 
d'Etienne Boileau, si parfaitement commenté par M. Dep- 



(387) 

ping, a jeté sur ce sujet de vives lumières. De son côté, un 
des membres de cette compagnie, dont nous regrettons 
chaque jour la perte, M. Pycke, a écrit sur l'état des métiers 
en Belgique; mais il est loin d'avoir tout dit et d'avoir em- 
brassé la matière dans toute son étendue. 

A ceux qui tenteront cette œuvre , nous ne pouvons que 
préparer quelques renseignements. En voici un que nous 
tirons encore de cette précieuse chronique de Flandre 
dont nous avons déjà donné plusieurs extraits. On verra 
que la chanson est encore compagne de l'émeute. 

J'ai déjà dit, d'après cette autorité, comment le roi de 
France ayant envoyé à Tournay, en 1364, un nouveau gou- 
verneur, appelé Oudart de Renty, celui-ci promulgua de 
nouvelles maltôtes et gabelles et souleva un mécontentement 
général , encore augmenté par la rigueur de l'hiver et la 
misère qui en fut la suite. Je laisse parler le naïf narra- 
teur : c'est une page qui n'est pas indigne de l'attention de 
M. Augustin Thierry : 

Fol. lxxij. Quant che vint le dimenche , ij e jour de frevier et 
jour de le Candeler, les gens alèrent en halle pour vir lesdittes 
gabielles censir , et y avoit tant de monde qu'il ne pooient tous 
{être) en le halle , et se tenoient pluiseurs au piet de le halle de- 
sous, et disoient l'un à l'autre que on les pooit bien censir et qu'il 
n'en pairoient riens. Entroès que on censisoit lesdittes censses, 
sire Jehan Hoquet , qui estoit souverains prouvost , descendy 
de le halle pour aler viers le marquiet ; mais il avoit tant de 
gens au piet de le halle desous que ledit prouvost ne pooit pas- 
ser, et luy disoient aucuns : « Sire, on lescensit pour nient, 
car nous n'en pairons riens. » Et tout jours s'efforchoit de passer 
sans mot dire , tant que un vielles {sic) homs, qui estoit sières 
ledit prouvost, luy dist : u Sire, sire, c'est sans raison, car 
pous n'en pairons riens. » Et avoec chou , dist-il tout haut : 
« Bonne gens, faites voie, se laisiés le prouvost passer, car il 



( 388 ) 

en a bien ouvret. » Quant ledist prouvost (entendit) soy ainsi 
ranpronner , il s'en argua et prist ledist homme par le quevai- 
che, comme s'il le veussist estranner, et commanda à siergans 
qu'il le mésissent en prison , en le fosse. Dont le prirent lesdis 
siergans et le voloient enmener , quant il prist à cryer : « Bonne 
gens, me lerrès-vous enmener? chou que j'ai dît, je l'ay dit 
ousi bien pour vous que pour my. » Dont coururent pluiseur 
gens et lerostèrentà dis siergans, malgré le prouvost, puis pri- 
rent à cryer : « alarme ! alarme ! » Delà s'enfuyrent-il vier l'os- 
tel mestre Piere d'Orgimont, lequel avoit aporté le mandement 
de leditte gabielle, à le requeste d'auquns des plus grans de 
la ville; mais il ne le trouvèrent point, car il s'estoit tout en 
haste partis de le ville, et en aloit viers Paris. Delà revinrent-il 
tout escauffés au bieffroit pour sonner le bancloq que pour le 
quemune armer et eus asambler, mais il trouvèrent le corde 
coppée ; dont montèrent aucuns tout hault sières (sur) les clo- 
ques et sonnèrent le bancloqque et le vingneron tout ensamble, 
que onques ne joquèrent jusques l'endenviin au cler jour. 

Quant le gouvreneur et cheus qui estoient en halle oyrent le 
hahay , cascuns s'enfuy que mieux mieux , et s'alla ledit gou- 
vreneur muchier en le glisse Nostre Dame, et demora là le 
nuitié; et les aultres bourgeois de la ville s'aloient muchier, 
cascuns là il cuidoit estre plus seurement. 

Dou bieffroit alèrent celle gent viers le court l'évesque pour 
rompre les prisons et laisser les prisonniers hors, et aussy pour 
y cuidier trouver ledit Piere d'Orgimont. Dont vint le vesque 
contre euls pour les voloir repaissir, et leur dist : « Biau se- 
gneur, soyés à vo pais, et je vous promaic sur à pierdre me 
n'évesquiet, que le gouvreneur et my ferons tant par deviers 
le roy que lesdittes gabielles seront misses au nient ; car sachiés 
que che n'a point esté par le gouvreneur, car c'est un boin 
loyel chevallier , mais il luy faloit obéir au mandement que le 
roy luy avoit envoyet , puis que nus ne le contredissoit. » 

Apriés ches parolles partirent celle gent du vesque, mais 
ains qu'il partissent , il alumèrent pluiseurs falos, car il estoit 



( 389 ) 

noire nuit, et disoient qu'il yroient par le ville pour trouver au- 
cuns de cheus qui avoient ceste besongne pourcachiet. Delà 
s'en alèrent-il à le porte de Mauls , et rompirent les prisons et 
laissèrent hors j homme flament qui estoit prisonnier pour pais 
brisée, lequel ala toutte nuit avoec eus. Delà alèrent-il à l'ostel 
sire Jehan Hoquet, souverains prou vost, et rompirent wis etfre- 
nestres et trachèrent partout en granges et en greniers ; mais 
il ne le trouvèrent point. Au partir prirent-il torses et falos et 
tourtiaus de falos chou qu'il en trouvèrent , puis s'en alèrent à 
cheus quy gardoient les clés des portes et des wiques de la ville, 
et firent tant qu'il eurent touttes lesdittes clés en leur mains et 
les donnèrent en garde à un de leur compagnons , afin que on 
ne laissast piersonne (aller) hors de la ville sans leur seut. Apriés 
s'en alèrent toutte nuit par les masons de ces gros bourgois, tel 
que sire Watier Wettin , sire Finart Mouton , sire Vinchant 
Daré, Jehan Maquet et pluiseurs autres. Les masons qu'il trou- 
voient closes, il ronpoient wis et frenestres et trachoient en 
canbres et en greniers , puis prendoient li aucuns à boire et à 
menguier , torsses et falos pour eus lumer , car il fasoit très- 
brun. En telles masons aloient-il que on leur ouvroit cambres 
et greniers escrins, et chou qu'il voloient avoir ouvert , et leur 
fasoit-on très-grant chière , et là ne fasoient-il for que trachier 
apriès cheux qu'il demandoient, et se partoient sans y riens 
meffaire. Ainsi s'en alèrent toutte nuit de mason en mason, 
criant : « Accensiseurs ! accensiseurs ! gabielle ! gabielle! nous 
n'en pairons rien. » Et se firent aucun une rime en manière de 
canchon qui (qu'ils) cantoient par les rues : 

Li gabelle est eslevée 

ALille,aussy à Douay 5 

Il moroit (mourroit) anchois cent hommes 

Qu'elle courût à Tournay. 

Et tout jours sonnoit le bancloqueet le wingneronssans point 
laquier. Avoecq celle gent s'estoient boutés pluiseurs des en- 
TOM. XII. 27. 



( 390 ) 

Fans et sierviteurs des grans bourgois , des Ghises , deBonfrure, 
d'Abis et de Vesture , et aloient criant et démenant corne les 
aultres qu'il ne feussent reconneus, car il s'i estoient boutés 
pour savoir et connoistre lesquelz estoient les plus avanchiés 
en celle armée, afin que selesdis bourgois revenoient au-desus, 
que cheus qui estoient les plus coupables peussent estre punis. 

Ainsi s'en alèrent toute nuit par ces rues criant et braiant 
cascuns à semé manière , et fu telle heure (tel heur) qu'il n'i 
avoit en celle armée que cokins, truans, hengons et gens de 
petitte valleur. 

Quant che vint viers le jour, il alèrent par les maisons des 
connestables (1) qu'il connisoient, euls dire qu'il asamblasent 
leur gens et les amenassent ou marquiet armés et enbastenés , 
pour défendre les franquisses et privilèges de la ville, et que 
cheus qui n'i voroient point venir , il les yroient tuer en leur 
maisons. 

Quant che vint viers le jour, lesclis connestables menèrent 
leur gens ou marquiet et y en avoit tant que à miervelles ; et y 
estoit Pières au Toupet avoec pluiseurs bouchiers de Saint- 
Pière et de Saint-Jaque, Yernoul du Secap et pluiseurs aultres 
bon riques marchans d'avant la ville ; et estoient trestous ren- 
ghiés selonc les ruisos du marquiet. Adont fist-on laquier les 
cloques du bieffroit et descendirent cheus qui les avoient 
sonnés. 

Quant che vint ledit lundy au matin , le gouvreneur manda 
à îNostre-Dame, là il avoit couquié le nuitié , aucuns de ceuls 
qui estoient ou marquiet, tel que Ernoul du Secap, Pière au 
Toupet, Jehan d'Avennes, Jehan de Leuze et pluiseurs aultres, 
lesquelz y alèrent et firent tant qu'il l'amenèrent ou marquiet, 
et monseigneur le vesque ousy ; et saluèrent le commun , puis 
alèrent à l'uis de le halle et s'apoia monseigneur le vesque à le 
pière, et là fist un moult bielle prédicassion en apaisant le 

(1) L'Angleterre a conservé ses constables. 



( 391 ) 

commun et en ramenant ses raisons , en escussant le gouvre- 
neur et luy aussi, en disant que de leditte gabelle il ne savoient 
riens et qu'elle avoit estet pourcacié et enpiétrée sans leur seut. 
Et se promirent au commun qu'il feroient tant par devers le 
roy qu'elle seroit mise au nient. Et s'escusèrent si bien que le 
commun fu auques rapaisiés et dirent à une vois qu'il voloient 
que ledit sire Oudart de Renty les gouvrenast et qu'il voloient 
que on envoiast par devers le roy , pour avoir la loy telle qu'il 
avoient du tamps Pière de le Marlierre, car il ne voloient plus 
estre gouvrenés par les gros bourgois qui avoient ainsi le ville 
apovrit, ains voloient qu'il fussent bouttés prisonniers et con- 
trains de amender et restituer chou que li ville estoit adamagié 
par leur culpe , et que jamais ne partiroient du marquiet se 
leur avoit le roy accordé chou qu'il demandoient. Àpriés requi- 
rent audit gouvreneur qu'il peussent r'avoir les bannières de 
leurs mestiers, comme il avoient eult du tamps passet, pour 
euls raloyer,se besoing estoit. Dont leur dist le gouvreneur 
qu'il les oroient très-volentiers et aussi tout chou qu'il voroient 
requerrir, mes qu'il fust raisonnable et à l'onneur du roy. 
Dont descendi ledit gouvreneur de le haulte halle et vint en 
l'artellerie de la ville , qui est sières (sur) le halle des laines , 
et fist mettre hors les bannières et les pignons des mestiers qui 
là estoient enfrumés ; et y avoit xliij bannières , lesquelles 
furent bailliés à mestiers qui s'en sièvent , chest à savoir : 

A blayers (marchands de blé). Estienne Boileau les appelle blae- 
liers (1). 

A brasseurs, 

A mierchiers, 

A laniers, 

A drapiers, 

A foulions , 

A tisrans de dras , 



(!) Règlement sur les arts et métiers de Paris. Paris , 1837 , in-4°, p. 20. 



( 392 ) 

A tendeurs (tondeurs) dedras, 

À tondeurs de grant forche , 

A caucheteurs (chaussetiers) , 

A détailleurs de v draps , 

A basteurs à Parquet (batteurs d'archal). Estienne Boileau, p. 515. 

A tainteniers (teinturiers) , de wedde (garance) , 

A tainteniers de boullon , 

A bouciers, 

A pisonniers (poissonniers) , 

A taneurs, 

A cordonniers , 

A coryers (corroyeurs) et tasseteurs (faiseurs d'une certaine 
espèce de bourses f fl. tasch). 

A boursiers , 

A parmentiers , 

A orfèvres , 

A boullenghiers , 

A mouniers (meuniers) , 
A vinniers, 
A navieurs, 
A carpentiers , 
A pletiers , 

A pletiers de viesse œvre , 

A carliers, escraingniers (menuisiers, ébénistes), cuveliers et 
soieurs {scieurs) d'ais. (Sur les escriniers , voir la publication de 
M. Depping , p. 205) , 
A plaqueurs , couvreurs de teulle et de gluy , 
A fruitiers , 

A barbieurs et fustalleurs , 
A wiés-wariés (fripiers) , 
A tapiseurs et quieteleurs , 
A moullequinniers , aletiers de toille et cureus, 
A craseurs, cordiers et gbehorliers (gorliers , ouvriers qui fai- 
saient les colliers et les harnais des chevaux de trait.) (Hécart, Dût. 
rouchi, 3 e édit., p. 234.) 
A mâchons , 
A courteleurs (courtiers?) de le vesquiet de Canbray, 



( 393 ) 

A courteleurs de le vesquiet de Tournay , 

A fèvres , caudreliers , armoieurs et fondeurs de letton , 

A cabeliers et basseniers (1). 

Quant che ci fu fet, ledit gouvreneur prist iij bannières à tout 
les armes du roy et en fist mettre l'une au bieffroit et l'autre à 
la bretecque , et le tierche fasoit-il porter devant luy, comme 
lieutenant du roy... 

L'émeute ne cessa point cependant, et les métiers con- 
tinuèrent d'y jouer un rôle marqué. La relation de ces 
troubles populaires remplit environ 48 pages, raison de 
plus de conjecturer que la chronique tout entière a été 
rédigée à Tournay même. 

En parcourant ici les noms des métiers , on s'étonnera 
peut-être de n'y point rencontrer de peintres , d'imagiers , 
ni d'autres professions qui tiennent aux arts. Il n'en faut 
cependant rien conclure contre l'aptitude des Tournaisiens 
à cette époque. Les professions libérales n'ont obtenu des 
privilèges , n'ont pu faire constater leur existence politique 
et communale qu'après les professions mécaniques; le bras 
l'a emporté d'abord sur la tête, la matière sur l'esprit : 
c'est l'histoire de l'humanité comme celle des individus. 



M. de Pradt et la révolution brabançonne, par M. le 
chanoine J.-J. De Smet , membre de l'académie. 

On convient généralement aujourd'hui que l'histoire est 
une science grave et sévère, qui exige avec un amour de 



(1) Cf. annuaire de la bibliothèque royale, 1845 , pp. 150-152. 



( 394) 
la vérité à toute épreuve (1) des recherches longues et 
consciencieuses; mais, il y a un quart de siècle, on ne 
l'entendait pas aussi sérieusement partout. Étudier les 
anciennes chroniques , écrites dans un latin barbare , re- 
monter aux sources des lois et coutumes, discuter avec 
impartialité les récits souvent opposés des annalistes : 
c'était là , pour quelques écrivains qui avaient plus de 
facilité que de savoir, un travail trop long et trop ardu. Ils 
trouvaient plus commode d'emprunter à quelque devan- 
cier une connaissance sommaire des faits et d'abandonner 
le reste à leur imagination. 

Notre histoire à nous n'a pas toujours élé à l'abri des 
attaques des écrivains de cette école, témoin l'écrit de 
M. l'abbé de Pradt, sur la Belgique, de 1789 à 1794, où il 
semble n'avoir vu qu'une pauvre querelle entre des moines 
ignorants et l'impétueux Joseph II. Certes, la matière a dû 
lui sourire; elle se prêtait peu, il est vrai , à cette bouffi- 
sure que n'approuve pas le docte M. Schlosser, mais, en 
revanche, elle offrait une mine abondante d'épigrammes 
contre les moines et contre l'ancien régime, qui allaient 
mieux à l'esprit du prélat diplomate. Si nous nous arrê- 
tons un instant à son œuvre , ce n'est pas que nous y atta- 
chions quelque importance, mais c'est que d'autres lui en 
ont donné , comme M. Dewez, qui s'y appuie continuelle- 
ment , même dans la dernière édition de son Histoire 
générale (2). Elle nous fournira d'ailleurs l'occasion de 
rapporter quelques faits, peu ou point connus, qui ont 
marqué l'avènement au pouvoir en Belgique du malheu- 
reux hls de Marie-Thérèse. 



(1) TVe quid falsi audeat, ne quid veri non audeat. 
(i>) Tome VII , pages 186 et suiv. 



( 395 ) 

N'allez pas vous imaginer que M. de Pradt aime les his- 
toriens superficiels : il gourmande vivement ces « intré- 
pides écrivains qui ne reculent devant aucune difficulté et 
dont le courage fait trembler pour l'histoire et pour la 
vérité , ces hasardeux historiens qui n'ont pas la bonne foi 
de nous indiquer les sources dans lesquelles ils ont puisé; » 
cette déplorable légèreté lui fournit même en partie le 
motif de son ouverture. Quant à lui, il a passé quelques 
mois à Bruxelles pendant son émigration , et quelque 
temps aussi à Malines sous l'empire; ne doit-on pas avouer 
qu'il était à même, par ces avantages de position person- 
nelle, de parler savamment de l'insurrection de 1789 et 
de ses suites? 

On s'est beaucoup amusé, quand il publia son livre, de 
la manière dont il peint le caractère des Belges , et il faut 
avouer que le Belge, qui n'était, selon lui, qu'un Hollandais 
imparfait, qui est voué au culte de l'habitude et à une 
succession de jours également paisibles, dont le calme 
fait le bonheur et dont la vie est une ligne droite (1), prê- 
tait le flanc à bien des plaisanteries; mais que pouvait-on 
attendre d'un publiciste qui tenait à la belle pension dont 
l'avait gratifié le roi Guillaume , et qui n'avait vu la Bel- 
gique que dans l'antichambre du comte de Mercy et dans 
le palais archiépiscopal de Malines? Ses connaissances en 
histoire ne sont pas moins singulières. On a eu tort, 
dit-il, de faire honneur aux moines des progrès de l'agri- 
culture en Belgique (2J, et pourquoi? parce que la Hollande 
et l'Angleterre ont bien su, selon lui, défricher leurs 
champs sans ces auxiliaires : ce qui prouve que M. l'an- 



(1) Delà Belgique depuis 1 789 jusqu'en 1794 , 2 e édit., p. 3. 

(2) Page 10. 



( 396 ) 

cien ambassadeur à Varsovie a cru bonnement que la 
Grande-Bretagne et la Hollande étaient encore incultes au 
milieu du XVI e siècle. Plus loin il assure avec un aplomb 
admirable que la possession de la seule seigneurie de 
Malines enfanta plus de forfaits que n'en a produit la réu- 
nion de dix provinces de France (1) ; mais à son tour il 
oublie d'indiquer les sources où il a puisé cette étrange 
comparaison. Autre échantillon de son vaste savoir : la 
noblesse de la Belgique, assure-t-il, n'est pas plus pure 
que celle de France, qui est peu distinguée, parce que la 
seule famille de Rohan pouvait entrer au chapitre de Stras- 
bourg , et que celles de Croy et de la Trémouille ne faisaient 
qu'y arriver; comme si la famille de Cro^ n'appartenait 
pas à la Belgique! Est-il plus heureux pour les faits plus 
rapprochés de son époque? Hélas ! non ; car le voilà qui 
nous apprend avec un sérieux imperturbable que le comte 
de Cobentzl avait régi les Belges avec douceur, et qu'après 
lui , le prince Charles de Lorraine s'était montré parmi 
eux plus en père qu'en maître. 

Mais ce serait à n'en pas finir, si nous prenions à tâche 
de relever toutes les bévues de l'historien diplomate : bor- 
nons-nous à ses vues sur notre révolution de 1789. 

M. de Pradt veut bien reconnaître quelques torts à Jo- 
seph II : « Quel besoin, dit-il (2), de troubler des peuples 
servant et payant bien , de leur ouvrir les yeux comme par 
force, de les frapper de clartés anticipées et supérieures à 
leur éducation? et quelle occupation pour un prince , que 
celle de régler , comme l'avait fait Joseph , des cahiers de 
théologie , ainsi que le nombre des messes et des cierges? » 



(1) Tage 18. 

(2) Page 50. 



(397) 
Nous avons d'excellentes raisons pour croire que, s'il avait 
réimprimé son livre depuis notre dernière révolution, 
l'auteur n'aurait eu garde de laisser subsister le premier 
membre de cette phrase : Servant et payant bien! L'insur- 
rection contre le roi Guillaume, qui voulait éclairer un peu- 
ple dont l'éducation était bien plus avancée qu'en 1789, et 
surtout le refus de payer, dans la suite , la pension contre 
laquelle M. de Pradt avait échangé ses droits à l'archevêché 
de Malines, auraient donné a ses assertions un démenti trop 
formel. 

Mais le prélat se serait apparemment trouvé dans une 
grande perplexité, si on lui avait demandé quels étaient les 
revenus que la cour de Vienne recevait de ce peuple payant 
si bien; et, s'il avait pris la précaution de s'en informer 
près des personnes compétentes, il se serait aisément con- 
vaincu que le trésor impérial ne s'enflait guère des sommes 
qu'y versait la Belgique. Peut-être le publiciste a-t-il voulu 
dire que les finances de nos provinces étaient en prospérité 
à l'avènement de Joseph II, et, comprise ainsi, son opinion 
ne manque pas de vérité. La Flandre, par exemple, qui 
était alors la province la plus obérée, avant les changements 
qu'on avait introduits dans sa constitution en 1754, s'était 
beaucoup relevée par les mesures administratives qu'on 
avait prises alors. Depuis l'an 1756 jusqu'en 1763, on avait 
payé au souverain en dons gratuits et accords la somme 
de 10,566,666 florins, sans créer aucune charge nou- 
velle (1) , et on avait remboursé depuis 1756 jusqu'en 1765 
la somme de 7,098,733 florins ; et cependant on trouve 
qu'en 1771 on aura annuellement un excédent net de 



(1) Registrum resol. cleri Gand, lom. IX. 



( 398 ) 
1,771,282 florins, et le clergé propose de diminuer les 
droits d'accises et de mouture. Cette prospérité continua 
les années suivantes, et, quoique la province eût payé 
554,151 florins aux cultivateurs , qui avaient dû abattre des 
bêtes à cornes par suite d'une épizootie, et 550,189 florins 
pour la construction du beau pénitentiaire de Gand (1) , 
l'excédant annuel était, en 1776, de 775,299 florins, et, 
par conséquent, de plus de 2,000 florins au-dessus du 
précédent (2) , et le clergé propose encore d'abaisser 
de deux tiers le droit de mouture et l'accise sur les bières. 
En 1778, les États de Flandre accordent un don gratuit 
de 1,600,000 florins. 

D'après ces chiffres, il est permis de dire que les Fla- 
mands payaient bien sous le règne de Marie-Thérèse : en 
ce sens, l'ancien ambassadeur a raison. 

Ce qui le prouve encore et montre en même temps com- 
bien on était attaché à l'impératrice-reine , malgré les in- 
novations destructives de la constitution qu'elle s'était 
permises, c'est la résolution que prirent les États de la 
même province, au commencement de l'année 1780, de 
faire ériger à Gand , aux frais du pays et de l'excédent des 
recettes, une statue de cette auguste princesse. Il me 
semble que les réflexions qu'ajoutent à leur consentement 
les députés ecclésiastiques, méritent de trouver une place 
ici : « Le clergé, disent-ils, est d'avis qu'on approuve la 
proposition, et qu'on demande l'agréation du prince-gou- 
verneur général pour ériger dans cette capitale une statue 
en mémoire de notre auguste souveraine, Marie-Thérèse, 



(1) Ces 550,189 florins n'étaient qu'un premier subside accordé pour cette 
construction. 

(2) Même registre. 



( 399 ) 

qui, pendant quarante ans, nous a gouvernés si heureuse- 
ment et sans guerre dans nos pays (1). Il ne donne cepen- 
dant son approbation que sous la condition expresse que 
le monument sera fait et achevé par des artistes indigènes, 
et qu'il sera inséré au registre des États qu'on ne l'a élevé 
qu a cause d'une administration heureuse de quarante ans, 
afin que des souverains qui aiment la flatterie n'en prennent 
occasion, plus tard, de demander le même honneur. » 

M. de Pradt et beaucoup d'autres écrivains paraissent 
ne reprocher à Joseph II que l'inopportunité de ses mesures 
et faire bon marché d'autres considérations; mais cette 
manière de voir ne prouve-t-elle pas de leur part beaucoup 
de légèreté? Plus les peuples étaient étrangers aux projets 
prétendument philosophiques et libéraux de l'empereur, 
plus était-il nécessaire de les y préparer et de les amener 
aux changements projetés sans brusquerie et sans secousse : 
Joseph II comprit-il cette nécessité? Sa mère avait su, par 
un gouvernement doux et protecteur, se faire pardonner 
plus d'une infraction aux lois constitutionnelles du pays ; 
mais au lieu de la prendre pour modèle et de se faire aimer 
des Belges, avant de commencer ce qu'il appelait leur ré- 
génération politique, il n'eut recours qu'à des moyens de 
violence , et sembla se faire gloire de s'aliéner la confiance 
de ses sujets. 

Les cérémonies de son inauguration n'avaient pas en- 
core eu lieu, et déjà, dans une tournée qu'il avait faite en 
Belgique, sous le nom de comte de Falkenstein, Joseph 
avait eu l'art de faire naître presque autant de préventions 
que Philippe II, dans une circonstance semblable. Par dé- 



(1) Même registre. 



( 400 ) 

cret du 7 mars 1781 , le prince de Starhemberg refusa , 
au nom de son impérieux maître , le don gratuit que les 
États des provinces avaient voté aux nouveaux gouver- 
neurs généraux, Marie-Christine et Albert de Saxe-Tes- 
chen; et, par un autre décret du 1 er juin , il fit connaître à 
ceux de Flandre que Sa Majesté les remerciait de leur 
bonne volonté, mais qu'il n'agréait pas leur projet d'ériger 
une statue à Marie-Thérèse (1). 

L'étranger qui a lu ou entendu dire combien était sincère 
l'affection des Belges pour cette grande souveraine , s'é- 
tonne assurément de ne trouver dans nos provinces aucun 
monument qui rappelle sa mémoire : on voit que ce n'est 
pas à la nation , mais à Joseph II de répondre de cet oubli. 

M. Dewez pense que l'empereur ne regardait le ser- 
ment , qu'il avait prêté à son inauguration , que comme 
une simple formalité , et tout ce qu'il se permit peu après 
porte à le croire. Peut-être craignit-il cependant que le 
peuple n'en jugeât différemment, car il prit quelques pré- 
cautions qui ne s'expliquent pas bien autrement. De temps 
immémorial, le comte de Flandre prêtait serment, dans 
la cathédrale de Saint-Bavon, de maintenir les droits et 



(1) Sur la proposition des États de Flandre, ceux du Brabant avaient 
demandé à leur tour d'être autorisés à ériger une statue à l'impératrice. 
Joseph II leur répondit moins sèchement : « Quant au désir des États d'ériger 
un monument pour la mémoire de Sa Majesté, ils ne pourront jamais mieux 
remplir ses intentions , ni se conformer à ses principes , qu'en combinant toute 
pareille démonstration avec l'objet essentiel de l'utilité publique. Ainsi le creu- 
sement de quelque canal , l'amélioration des ports d'Ostende et de Nieuport, 
la réparation de quelques places fortes, ou même la bâtisse d'une bonne ca- 
serne pour la garnison de Bruxelles, qu'on dit être très-mal logée, peuvent 
être des objets qui feront autant d'honneur à la gratitude des Étals, qu'ils en 
perpétueront l'avantage. « Gachard, Analect.., p. 471. 



(401 ) 

privilèges du clergé; Joseph proposa d'abord et décida en- 
suite , malgré les réclamations fondées des ecclésiastiques, 
que ce serment ne serait plus prêté désormais (1). Plus 
tard, il apprit avec humeur que les États de Flandre se 
proposaient de faire imprimer , comme de coutume , une 
relation exacte de son inauguration; et par lettre du 26 
juillet , le conseil privé leur déclara que cette dépense était 
inutile, puisque le procès-verbal contenait tous les articles 
nécessaires et que la liste, publiée par ordre du gouverne- 
ment, comprenait toutes les personnes qui avaient droit 
d'intervenir dans l'inauguration du prince. 

M. De Pradt serait assez disposé à louer les mesures de 
Joseph II , s'il avait su mieux prendre son temps ; il aurait 
donc fait bon marché des droits constitutionnels des peu- 
ples , et sa condescendance a lieu de surprendre ceux qui 
connaissent ses élucubrations libérales, qui toutes, à la 
vérité, distillent une seule idée. Quoi! il suffira qu'un sou- 
verain croie que la nation est assez préparée à des change- 
ments dans le pacte constitutionnel, pour qu'il lui soit 
permis de le tailler, sans consulter personne, sur le patron 
qu'il s'est imaginé ? Une œuvre humaine n'est pas immua- 
ble assurément, et une constitution bonne au XIV e siècle 
serait bien ridicule au XIX e . On a vanté à tort , semble-t-il , 
les précautions que prit Lycurgue pour rendre perpétuelles 
les lois qu'il avait données à Sparte , car c'était là prépa- 
rer la ruine de sa république. Les Belges du XVIII e siècle 
ne pensaient pas comme lui et convenaient volontiers de 
la nécessité de modifier d'après les besoins moraux et ma- 
tériels de l'époque leur constitution surannée, mais ils 



(1) MS. de Dom Malingie , tom. I , pag. 109 et 110. 



( 402 ) 

soutenaient , et avec grande raison , qu'il n'appartenait pas 
au prince seul de faire arbitrairement les changements 
à introduire dans le pacte inaugural : « Si réellement 
Joseph II a des vues honorables , écrivait dom Malingie, en 
1781 (1) , qu'il les exécute par des moyens justes ; s'il s'agit 
de corriger des abus introduits avec le temps dans la con- 
stitution civile, qu'il le fasse de concert avec les États; s'il 
est question du spirituel , qu'il s'adresse à ceux qui ont le 
droit de s'en occuper, et tout se fera avec ordre. » 

Les États eux-mêmes ne tinrent pas un autre langage : 
« Ce n'est pas, disaient ceux de Brabant, en 1787, que la 
jotjeuse entrée n'ait quelquefois reçu des changements, des 
modifications ; l'époque en est double : celle de l'inaugu- 
ration de Philippe-le-Bel à la fin du XV e siècle, et celle de 
l'inauguration de Philippe II , roi d'Espagne. Mais dans 
l'une et l'autre de ces importantes transactions, tout s'est 
passé du gré et du consentement des États et d'après l'o- 
pinion générale. » Plus loin, ils s'expliquent d'une manière 
formelle : « Si donc il est de la haute et souveraine déter- 
mination de Sa Majesté d'introduire dans l'administration 
civile ou politique du Brabant quelques changements in- 
compatibles avec la joyeuse entrée, promise solennellement, 
jurée publiquement, et de changer les formes constantes, 
observées jusqu'à présent, les remontrants , pour satisfaire 
à la religion du serment qu'ils ont prêté, osent supplier res- 
pectueusement que Votre Altesse Royale daigne obtenir que 
pareils changements ne se fassent point sans le consente- 
ment des trois États de la province ; afin que, selon les règles 
du droit naturel , la partie intéressée soit ouïe, et que, d'un 



(1) MS., tom. I,pag. 152. 



( 403 ) 

autre coté, l'on puisse par ce moyen ménager l'opinion des 
peuples. » 

Les États de Flandre s'expliquèrent dans le même sens. 

Nos constitutions modernes ont eu soin d'établir ce 
droit de la nation de la manière la plus formelle ; celle que 
nous a faite le Congrès ne s'est pas contenté de dire : « Les 
» chambres statuent, de commun accord avec le roi, sur 
» les points soumis à la révision, » elle veut de plus qu'en 
ce cas, il soit convoqué deux nouvelles chambres, et qu'elles 
ne pourront délibérer si les deux tiers au moins des mem- 
bres ne sont présents; enfin, elle statue encore que nul 
changement ne sera adopté s'il ne réunit au moins les deux 
tiers des suffrages (1). 

Il est étonnant qu'un publiciste renommé comme M. de 
Pradt semble ne pas même soupçonner que les mesures 
de Joseph II, quelle que fût leur excellence , étaient tou- 
jours illégales par défaut de consentement des représen- 
tants de la nation , et que le sabre ne pouvait fonder aucun 
droit. 

Quelles étaient cependant les modifications que récla- 
maient les constitutions de la Belgique à l'avènement de 
Joseph II ? M. de Pradt n'en souffle mot, et la plupart des 
écrivains qui ont parlé de la révolution brabançonne 
gardent à ce sujet le même silence. M. Dewez assure, à la 
vérité, que la diversité des lois et des coutumes avait intro- 
duit d'énormes abus (2), mais il n'en indique aucun et ne 
donne aucune preuve de son assertion. Les institutions des 
différentes provinces n'étaient pas dissemblables au point 



(1) Constitution de la Belgique, titre VII , art. 131. La loi fondamentale 
des Pays-Bas (xi e ch.) est plus sévère encore. 
(*2) Histoire générale, tom. VII , pag. 185. 



( 404 ) 

que plusieurs écrivains paraissent le supposer ; en se con- 
certant avec les États , un gouvernement aimé de la na- 
tion aurait pu effectuer les modifications nécessaires pour 
fortifier l'action de l'administration supérieure et détruire 
les abus réels. Il n'est pas assurément sans exemple qu'un 
pays composé d'États divers et régis par des lois différentes, 
ait joui de calme et de prospérité ; on pourrait même en 
indiquer de nos jours : mais Joseph entendait tout niveler 
chez nous par son épée seule. 

Quant aux abus qui pouvaient exister dans les affaires 
ecclésiastiques, les évêques ne se seraient pas opposés sans 
doute à des réformes utiles, si l'empereur les leur avait 
demandées ; ils ne s'opposèrent qu'avec peine à ses plans 
irréligieux , ou du moins subversifs des droits de l'église. 
En tout cas, la lettre si digne et si touchante que Pie VI 
écrivit en faveur de Joseph II aux prélats belges, prouve 
bien que le souverain pontife aurait accueilli avec bien- 
veillance toutes les réclamations fondées du monarque. 

L'université de Louvain occupa aussi le fils de Marie- 
Thérèse : les abus qu'on y signalait existaient et existent 
encore dans plusieurs universités, et si les belles-lettres, 
les sciences historiques et naturelles y étaient peu ou 
point en honneur, on pouvait aisément y mettre ordre 
sans tout bouleverser. D'ailleurs, le prince de Kaunitz con- 
venait lui-même que le mal était moindre qu'on ne le 
pensait; ne disait-il pas en effet (1) : « L'on ne peut pas 
dire que l'université de Louvain manque entièrement de 
sujets savants , il y en a plusieurs qui ont des connaissan- 
ces très-étendues dans leur partie. » 



(1) annuaire de l'académie, 1858, pag. 167. 



( 405 ) 

Nous ne pousserons pas plus loin ces recherches; ce se- 
rait dépasser le but de cette note, qui ne tend qu'à prouver 
que les pages consacrées par l'abbé de Pradt à notre ré- 
volution de 1 789 ne méritent aucune confiance. 



ARCHÉOLOGIE. 



Notice sur un ornement de bronze trouvé à Brunault et 
relatif au culte de Cybèle; par M. Roulez. 

Dans la notice que j'ai lue précédemment (1) à l'aca- 
démie sur l'établissement romain de Brunault-Liberchies, 
j'ai fait mention d'une plaque de bronze déterrée dans 
cette localité et maintenant en ma possession , promettant 
d'en entretenir ultérieurement l'honorable compagnie. J'ai 
l'honneur de lui présenter aujourd'hui un dessin de cet 
ornement avec l'explication du sujet qu'il représente. 

Un buste occupe le centre de la composition. Pris iso- 
lément, il ne pourrait guère être déterminé, mais les 
attributs qui l'entourent indiquent clairement qu'il repré- 
sente Cybèle. Nous remarquons en effet à côté de la déesse 
deux lions, son escorte habituelle, et aux deux extrémités 
la tête de son amant Atys, placée au-dessus d'une pomme 
de pin. La répétition de la même tête n'est due qu'au 
besoin de symétrie. 



(1) Voy. Bulletins, tom. X, part. II, p. 18. Cf. Jahrbiicher des Fereins 
von Allerthumsfreunden im Rheinlande , VI , s. 221 . 

Tom. xii. 28. 



( 406 ) 

Cet ornement a dix-huit centimètres de longueur sur 
sept de hauteur. Ses dimensions, comme le style de la 
composition, lui donnent une parfaite conformité avec 
celui qui a été publié par le comte de Caylus (1) , et l'on 
peut soupçonner avec fondement que tous deux ont été 
jetés dans le même moule. Une considération d'une autre 
nature vient à l'appui de cette conjecture : Bavay, où a 
été trouvé le dernier de ces monuments, est situé sur la 
même voie et à peu de distance de Brunault-Liberchies. 

Avant d'aborder l'explication archéologique du bronze 
de Brunault, il ne sera pas hors de propos de rechercher 
comment le culte de la grande déesse de Phrygie, auquel 
il se rapporte, a pénétré jusque dans nos contrées. 

Durant la seconde guerre punique, l'an 207 avant J.-C, 
les Romains envoyèrent à Attale , roi de Pergame , une 
ambassade solennelle pour lui demander l'antique statue 
jadis tombée du ciel à Pessinonte. Suivant les prédictions 
des livres sibyllins et de l'oracle de Delphes , la présence à 



(1) Recueil d'antiquités , etc., t. II , pi. CXVIII. Je transcris ici son texte 
explicatif en entier, afin qu'on puisse mieux juger de la ressemblance des 
deux monuments , p. 595 : « Cet ornement de bronze, dont je ne puis déter- 
miner l'objet , fait preuve, avec les autres morceaux de cette planche, qu'on 
travailla aux embellissements de Bavay pendant les différentes révolutions 
que les arts ont éprouvées chez les Romains. La description que je vais en 
donner indique le temps d'ignorance ou plutôt le mauvais goût qui avait suc- 
cédé aux véritables beautés de l'art et qui répandait dans les compositions le 
désordre et la bizarrerie. On voit sur ce monument une tête de Cybèle qui en 
occupe le milieu. Elle est singulièrement coiffée et accompagnée de deux 
lions représentés en entier. L'artiste a répété, pour la symétrie, à chaque ex- 
trémité , la tête d'Atys. On reconnaît ce prêtre malheureux au bonnet phry- 
gien, aux agréments de sa figure , et surtout à la pomme de pin , symbole de 
sa métamorphose. Ce morceau a été bien jeté. Sa longueur est de dix pouces 
et demi , et la plus grande hauteur de deux pouces neuf lignes. » 



(*" ) 

Rome de la déesse phrygienne devait délivrer l'Italie d'An- 
nibal, son terrible et implacable ennemi. L'arrivée de 
l'idole sacrée fut accompagnée d'incidents les plus ex- 
traordinaires. On la déposa provisoirement dans le temple 
de la Victoire sur le mont Palatin , jusqu'à ce qu'on lui eût 
élevé un temple particulier, et on institua en l'honneur de 
la Grande-Mère la fête nommée les Mégalésies, qui se célé- 
brait tous les ans au printemps (1). Le caractère orgias- 
tique du culte phrygien ne cadrait pas avec la gravité et 
l'austérité du génie romain. Le peuple honora donc la nou- 
velle divinité de la même manière qu'il vénérait ses autres 
dieux. Mais comme les cérémonies principales qui s'accom- 
plissaient à Pessinonte ne pouvaient être ni changées ni 
abolies, on fit venir de la Phrygie des prêtres et des prê- 
tresses pour les continuer (2). Ils constituèrent un collège 
sacerdotal dont les membres portèrent le nom de Galli et 
le président celui à'Archigallus (5). Plus tard, lorsque les 
superstitions et le fanatisme de l'Orient eurent pénétré dans 
la capitale du monde, à la suite du luxe et de la déprava- 
tion , les cris sauvages des Galles, leurs courses effrénées, 
les sons délirants de leurs tambours, de leurs cymbales et 
de leurs fifres , n'effarouchèrent plus les Romains corrom- 
pus et amollis. On vit même des personnes des deux sexes 
appartenant aux familles les plus considérables de Rome, 



(1) Livius,XXlX, 10. 11. 14; XXVI, 56. Ovid. Fast., IV, 247 sqq. 
Herodian , 1 , 34. 35. Silius , Pun. , XVII , 1 . sqq. Valer. Max. , VIII , 15 , 
3. Arnob. Adv. gentes, VI , 46 , p. 266, sq., etc. Cf. Zoega , Bassi rilievi 
di Roma , t . I , p. 48 sqq. et p. 88. 

(2) Dionys. Halic. , Ant. R. , II , 19 , p. 275 , éd. Reisk. 

(3) Orelli , Inscript. , 2319 , sqq. Plin. H. N. , XXXV , 36 . 5. Servius , 
ad jEneid. , IX , 16. Tertull. Apolog. , 25. 



( 408 ) 

prendre part à leurs cérémonies. Des inscriptions, dont 
les plus anciennes remontent au second siècle de notre 
ère , mentionnent des prêtres et des prêtresses de Cybèle 
avec des noms latins (1). 

Le culte de la mère des dieux ne se concentra pas dans 
Rome ni même en Italie, il se répandit aussi dans les 
provinces. Il paraît avoir rencontré beaucoup de prosély- 
tisme dans les Gaules , principalement dans le Midi , où 
l'influence romaine se fit plus fortement sentir. On en a 
trouvé des vestiges à Pennes (2) à Orange (3) , à Riez (4) , 
à Arles (5) , à Die (6) , à Valence (7) , à Lyon (8) , à l'Er- 
mitage près de Tain (9) , à Narbonne (10) à Leitoure (11). 
Ces vestiges disparaissent vers le Nord , et Tournay , où il 
exista un collège de Galles (12), est la dernière limite que 



(1) Cf. Zoega , l. c. , pp. 51 et 92 sq. 

(2) Inscription chez Muratori, Thesaur. inscript., p. 185, 3. Orelli, 
Inscr. latin, sélect. , n° 1896. 

(3) Muratori , 130, 2. Millin , Voyage dans le midi de la France, t. II, 
p. 154. 

(4) Muratori , 32 , 5. Millin. , l. c. , t. III , p. 48. 

(5) Autel de la bonne déesse , chez Millin. , ibid. , t. III , p. 503 sv. Atlas , 
pi. XXVIII , n« 6. 

(6) Inscription publiée par Spon, Miscellan., p. 98, L1X. Orelli , 2332. 

(7) Autel taurobolique , voy. Millin., ibid. , t. II, p. 88 sv. Allas, 
pi. XXVII, 5 et 6. 

(8) Inscriptions tauroboliques publiées entre autres par Muratori , 333 , 4. 
Millin. , t. I , p. 522. Orelli , 2322 et 2325. 

(9) Gruter,p. xxx, 2. Millin. , ibid., t. II , p. 73. 

(10) Muratori, 130, 3. Orelli, 2327. 

(11) Donati , p . 1 81 , 1 . Orelli , 2331 . 

(12) Ce fait résulte de la découverte d'une pierre funéraire qu'un archi- 
galle s'était fait ériger de son vivant. L'inscription en a été publiée plusieurs 
fois. Voy. Bulletin des sciences historiques , février 1827, p. 145 ; Orelli, 
2321 . Du Mortier , Bulletin de l'académie de Bruxelles juillet 1845 , t. XII, 
part. II, p. 125. 



( 409 ) 

nous indiquent les documents historiques. Quant à Bavay et 
à Brunault, les monuments qui y ont été déterrés ne four- 
nissent pas une preuve suffisante que la déesse phrygienne 
ait eu des autels dans ces localités , les monuments en ques- 
tion pouvant y avoir été apportés par des soldats romains 
adorateurs de Cybèle. Du reste , les Galles étaient des prê- 
tres mendiants (1) et n'avaient pas tous des demeures fixes. 
Plusieurs parcouraient les provinces portant une idole de 
la mère des dieux, célébrant leurs cérémonies bruyantes 
et dissolues et faisant un appel à la libéralité aussi bien 
qu'à la dévotion des populations (2). 

Pour arriver à l'intelligence de la composition que pré- 
sente le monument qui nous occupe, il est nécessaire de 
se rappeler l'association d'Atys au culte de Cybèle (3). 
La fête de la déesse se partageait en deux périodes princi- 
pales dépendantes d'Atys perdu et retrouvé. Le premier 
jour était un jour de deuil (4) : on enlevait le pin au mi- 
lieu duquel était suspendue l'image d'Atys, et on le trans- 
plantait dans le temple de Cybèle (5). A Rome, cet arbre 
se transportait devant le temple sur le mont Palatin (6). 



(1) Cic. De Legg., Il, 9, 16. 

(2) Lucian. Asin., c. 35. 37. Apulejus, Metam., VIII, 24, avec la note de 
Hildebrand, p. 721, Athen., V, p. 326. Perizon, ad. ^lian. Far. H. } IX, 8. 
Zoega , Bassi rilievi, 1. 1 , p. 51 . Lobeck , Aglaopham, p. 647. 

(3) Je renvoie pour l'appréciation des versions nombreuses et contradic- 
toires du mythe de Cybèle et d'Atys , au mémoire de M. Lenormant, Nou- 
velles annal, de l'instit. archéol. , 1. 1 , p. 219 sv. Cf. Creuzer , Religions 
de Vantiq., trad. de M. Guigniaut, t. II, part. I,p. 63 sv. 

(4) Tertullian , Apolog. , c. 25. 

(5) Plin., Hist. nat. } XVI, 10, 15. Arnobius, Adv. génies, V, 16, 
p. 179. Creuzer, ibid, p. 58. 

(6) Job. Lydus, De mensibus, p. 206. éd. Rhoeter. 



(410) 

C'est probablement à cet acte symbolique que fait allu- 
sion la représentation des médailles (1) , où l'on voit Atys 
la main appuyée contre un pin devant un temple magni- 
fique , à l'entrée duquel Cybèle est assise entourée de ses 
lions. Le second jour, on allait à la recherche d'Atys au 
bruit d'une sauvage harmonie produite en soufflant dans 
des cornes (2). Les Galles portaient sur leur tête par la 
ville l'idole de la déesse représentée probablement sur son 
char traîné par des lions (5). Ce fait paraît avoir inspiré la 
composition de la face principale de l'autel Albani (4), le- 
quel fut élevé pour perpétuer à la fois la mémoire d'un 
taurobole en l'honneur de la grande déesse et d'un criobole 
en l'honneur de son favori. Cybèle , identifiée avec Agdistis , 
est portée sur un char attelé de deux lions ; elle va à la re- 
cherche d'Atys qu'elle retrouve appuyé au pin sous lequel 
il s'est mutilé et a perdu la vie (5). Le coq perché sur 
l'arbre n'est peut-être que l'expression symbolique du nom 
de Gallus que l'on donnait aussi à Atys (6). 

C'est évidemment l'une ou l'autre de ces deux sortes de 
représentations que nous offre en abrégé le bronze de Bru- 



(1) Morell., Thés., 1. 1, tav. 81 , 12.Montfaucon , Ant. expl. supplém., 
1. 1 , pi. I , n° 1 . Eckel , Catal. mus. Vind. , t. II , p. 559 , n° 23. 

(2) Julianus, Orat. V. , p. 168. 

(3) Ovid. Fast. , IV, 185. Cf. Baumstark, Real-Encyclop. der Alter- 
thumswissenschaft , Bd. III, s. 643. 

(4) Zoega, Bassi rilievi, I , tab. 13. Guigniaut, Religions de l'antiquité, 
pi. LVIII , 230. 

(5) Arnobius, V, 16, p. 179. Orelli « Quid sibi vult illa pinus quam 
semper statis diebus in deum matris intromitlitis sanctuario ? Nonne 
illius similitudo est arboris sub qua sibi furens manus et infelix adolescen- 
tulus intulit et yenitrix Divum in solatium sut vulneris consecravit. » 

(6) Julianus, l. c, T£ rphy zéjuvi-Tcct to kpov kcù à.7r6'ppyTov Sépoç rov 
Séov rdXXou. 



( *M ) 

nault. La nature de l'ornement a exigé que l'artiste ne 
donnât que les bustes des deux divinités , remplaçât le pin 
par son fruit et omît d'autres attributs secondaires. Mais 
cette abréviation ne change rien au sens général de la 
composition : elle rappelle également une scène de la pé- 
riode de deuil de la fête de Cybèle et l'union de son culte à 
celui de son favori. 

La manière dont est coiffée la mère des dieux sur notre mo- 
nument mérite toute notre attention. La coiffure que nous 
lui voyons ne saurait être considérée comme la couronne 
tourelée qui orne habituellement sa tête (1); ce doit être 
une forme particulière de la tiare ou bonnet porté par les 
monarques de l'Asie, lequel, selon toute apparence, aura 
été donné primitivement à la déesse (2). 

Les lions sont un attribut essentiel de Cybèle. On y 
trouve des allusions dans un grand nombre de passages 
d'auteurs anciens (3). Ces animaux escortent tantôt son 
trône , tantôt traînent son char. On a donné diverses ex- 
plications de cet attribut. Selon Varron et Lucrèce (4), les 
lions sont un symbole de la nature la plus sauvage adoucie 
du sol le plus ingrat cédant à la culture. M. Creuzer (5) 
aime mieux voir dans le roi des animaux , au sang en- 
flammé , un emblème de la reine de la nature, qui de son 



(1) Cornutus, De nat. deor., VI, p. 17, éd. Osann. rrvp'yurôç, (jréfxvoq. 
Ovid. , Fast., IV, 217. (Corona) turrifera. Voy. d'autres textes cités par 
Zoega, Bassi rilievi , p. 94 (61). Statue du musée Pio-CIémentin : Visconti. 
M . P. C. , I , tav. 40. Bas-relief de l'autel Albani , cité plus haut , etc. 

(2) Cf. Zoega, l. c.,p.51 sq. 

(3) Beaucoup de ces textes ont été rassemblés par Zoega , l. c., p. 97 
sq. (82). 

(4) Varroap. Augustin. , Civ. dei, VII, 24. Lucret., II , 604 sqq. 

(5) Religions de l'antiq., trad. de M. Guigniaut, t. II , part. I , p. 67 sv. 



(412) 

feu puissant pénètre toutes choses et dompte tout ce qui 
a vie. 

Sur les représentations de l'art , Atys porte constamment 
le bonnet phrygien. Quelques-unes montrent ce bonnet 
parsemé d'étoiles (1) ; une tradition le lui fait donner par 
Cybèle (2). Sur notre bronze le dieu a le front décoré de 
trois ornements attachés sans doute avec un bandeau (3). 

Le cône de pin avait chez les anciens, à raison de sa 
forme, une signification symbolique (4) qui fut cause 
qu'on le consacra à Atys , de même que l'arbre qui le porte. 

M. le directeur, en levant la séance , a ûxé l'époque de 
la prochaine réunion au samedi 6 décembre. 



(1) Voy. Zoega , ibid , p. 98 (86). 

(2) Julian , Or. , V , p. 165. Sallust. De nat. deor. , 4. 

(3) Voy.unarchigalle ayant la tête ceinte d'une couronne d'olivier, à la- 
quelle sont attachés trois médaillons , chez Winkelman , Mon. ined. , n° 8. 
Guigniaut, Religions, etc. , pi. CXLI , 230 , a. 

(4) Voy. Creuzer , ibid. , p. 69. 



(413) 
OUVRAGES PRÉSENTÉS. 



Elnonensia. Monuments de la langue romane et de la langue 
tudesque du IX siècle, publiés par M. J.-F. Willems, 2 e édit. 
Gand, 1845, in-8°. 

Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacologie , pu- 
blié par la société des sciences médicales et naturelles de Bruxel- 
les, S 6 année, cahier d'octobre 1845. Bruxelles, in-8°. 

Annales de la société médico chirurgicale de Bruges , tom. VI, 
année 1845, 8 e livr. Bruges, in-8°. 

De la structure des dents, etc., par M. le D r A.-F. Talma. 
Bruxelles, 1845, in-8°. 

Revue de Liège, 9 e et 10 e livr. Liège , 1845, in-8°. 

Annales de la société de médecine d'Anvers. Année 1845 , 
livr. d'octobre. Anvers , in-8°. 

Messager des sciences historiques de Belgique , année 1845, 
3 e livr. Gand , in-8°. 

Gazette médicale belge, novembre 1845. Bruxelles, in-fol. 

Journal historique et littéraire, tome XII, livr. 7. Liège, in-8°. 

Annales d'oculistique , publiées par M. le D r FI. Cunier. 
Tome XIV (8 e série , tome II) , 4 e livr. Bruxelles , in-8°. 

Journal de la société de la morale chrétienne , 3 e série, tom. IV, 
n° 4. Paris, 1845, in-8<>. 

Sur les tremblements de terre de la péninsule Scandinave , par 
M. Alexis Perrey. Paris, 1845, in-8°. 

Revue zoologique, par la société Cuvièrienne. 1845, n°9. 
Paris , in-8°. 

Journal d'agriculture pratique et de jardinage, publié sous 
la direction du D* Bixio , 2 e série , tome III , n° 4. Paris, in-8°. 

Programma van het provinciaal Utrechtsch genootschap van 
kunsten en wetenschappen , voor het jaar 1845 , in-8°. 
Tom. xii. 29. 



(414) 

Différentes thèses, discours et programmes , de la part de l'uni- 
versité de Fribourg en Brisgau. ln-4° et in-8°. 

Flora , publiée par la société royale de botanique de Batis- 
bonne. 1845, n° 8 12 à 36 , in-8°. 

Recherches d'anatomie comparée sur le Chimpansè , par 
M.W. Vrolik. Amsterdam, 18-41 , 1 vol. gr. in-fol. 

fVerken uitgegeven door de vereeniging ter bevordering der 
oude Nederlandsche letterkunde, 2 de jaargang , 2 de aflevering. 
Leiden, 1845, 1 vol. in-8°. 

Nieuioe verhandelingen der eerste klasse van het Koninglijk- 
Nederlandsche Jnstituut van wetenschappen , letterhunde en 
schoone kunsten te Amsterdam. Elfde deel. Te Amsterdam, 1 845 , 
1 vol. in-4°. — Avec 3 programmes de concours. 

Verslag der eerste klasse van het Koninglijk- Nederlandsche 
Instituut over de heerschende ziekte der aardappelen, door 
M. W. Vrolik, secretaris. Amsterdam , 1845, in-8°. 

Flora Batava, ofafbeelding en beschrijving van Nederland- 
sche gewassen , door Jan Kops en J.-E. Van der Trappen. 137 de 
aflevering. Te Amsterdam , in-4°. 

Bouwkundige bijdragen, uitgegeven door de maatschappij tôt 
bevordering derbouwkunst. Derde jaargang, 3 de stuk. Amster- 
dam, 1845, in-4°. 

Isis. Encyclopâdische Zeitschrift, von Oken. 1845, Heft IX. 
Leipzig, in-4°. 

Neue Zeitschrift des Ferdinandeums fur Tirol und Vorarl- 
berg, ll tes Bândchen. Innsbruck , 1845, 1 vol. in-8°. 

Annalen der Staats-Arzneikunde, 18 ter Jahrgang, 3 tes Heft. 
Freiburg im Breisgau, 1845, in-8°. 

The numismatic chronicle, and journal ofthe nu'mismatic 
society, edited by John Yonge Akerman. April 1845, n° 28. 
London, in-8°. 

The journal of the British archaeological association , esta- 
blished 1843. N° 2, july 1845. London, in-8°. 



( 415 ) 



AVIS. 



Les membres de l'Académie avaient été convoqués pour 
se réunir le 6 décembre, quand, le 1 er du même mois, 
parurent les arrêtés royaux portant réorganisation de 
l'Académie avec adjonction d'une classe des beaux-arts. 

M. le Ministre de l'intérieur donna en même temps à 
M. le secrétaire perpétuel , des instructions pour contre- 
mander la séance du 6 , et pour convoquer à une séance 
publique d'installation les anciens membres de l'Académie 
et les nouveaux membres désignés par l'arrêté royal pour 
former la classe des beaux-arts. Cette séance d'installation 
fut fixée au 16 décembre, anniversaire de S. M. le Roi , 
et en même temps jour anniversaire de la fondation de 
l'Académie par Marie-Thérèse. 

Les détails de cette séance et les arrêtés concernant la 
réorganisation de l'Académie, se trouveront en tête du 
15 e volume des Bulletins. 



FIN DU DOUZIÈME VOLUME. 



Tom. xii. 30. 



TABLE DES MATIÈRES 

DU TOME XII 

DES BULLETINS DE L'ACADÉMIE ROYALE DE BRUXELLES. 



(Le chiffre I se rapporte à la I*« partie et le chiffre II à la 2 e partie.) 

A. 

Arrest (d'). Comète découverte à Berlin ,1,1, 214. 



Barbière. Considérations anatomico-physiologico-pathologiques sur le Sola- 
rium tuberosum ,11,310. 

Belli. Lettre au sujet de la note de M. Liagre, sur les oscillations du niveau à 
bulle d'air, I, 537. 

Benoist. Observations sur la floraison , 1 , 3 ,86. 

Bergsma. Observations sur la feuillaison et la floraison , l , 352. 

Birt. Observations sur la floraison, 1,3. 

Blanquaert. Mémoire sur la maladie des pommes de terre , II , 200. 

Brants. Observations sur la floraison et les migrations des oiseaux , 1 , 213. 



418 TABLE DES MATIÈRES. 

Brasseur. Mémoire sur divers lieux géométriques du second degré , détermi- 
nés par la géométrie descriptive, II, 510. 
Bruges. Concours pour l'éloge de Simon Stévin , II , 200. 



Cantraine. Observations sur la floraison et les migrations des oiseaux, I, 213. 
Notice sur une nouvelle espèce du genre Thyroptera Spix, 489. Com- 
missaire pour la notice de M. de Ryckboldt, sur le genre Chiton Lin., 
538. Commissaire pour le mémoire de M. Deby, sur quelques cétacés 
échoués sur les côtes de la Belgique , II , 200. 

Chavannes. Observations sur la floraison et les migrations des oiseaux, I, 213. 

Colla. Observations sur la floraison, I, 3. Découvre une comète télescopique 
dans la constellation de l'Éridan, 214. Comète du mois de juin 1845, 
II , 3. Lettre à M. Quetelet sur les observations de Parme , 229, 

Comète découverte par M. d'Arrest, à Berlin, 1,1; par M. Petersen , à 
Altona, 2 ; par M. Rumker, à Hambourg, ibid. ; par M. Colla, à Parme ; 
M. Schumacher , à Altona , et M. Peters, à Naples , 214 ; par M. Cooper , 
ibid. Comète du mois de juin 1845 , II , 3. 

Concours de 1845 , mémoires reçus, I, 87, 356. Concours de 1846, ques- 
tions proposées, I, 444. Mémoire sur le défrichement des bruyères, 
11,200. 

Cooper. Nouvelle comète , 1 , 214. 

Cornelissen. Commissaire pour le mémoire de M. de Reiffenberg, sur la plus 
ancienne gravure connue, 1, 525. Commissaire pour une notice de M. Rou- 
lez, sur un bas-relief funéraire du musée d'Arezzo, II, 299. 

Crahay. Commissaire pour la lettre de M. Louyet, sur une pile à courant 
constant , construite par M. Lippens ,1,2. Rapport sur une note de M. Le- 
clercq, sur la formation de la glace dans les eaux courantes, 3. Com- 
missaire pour un compas présenté par M. Gérard, 9. Notice sur le froid 
de l'hiver de 1844 à 1845, 216. Observations sur les températures, 300. 
Observations météorologiques, 309. Notice sur les pluies du mois de 
mai 1845, 540. Notice sur une nouvelle théorie de la vision , 11,311. 



1). 



Dandelin. Commissaire pour la note de M. Leclercq, sur la formation de la 
glace dans les eaux courantes , 1,8. Commissaire pour le mémoire de 
M. Verhulst , concernant la loi mathématique d'accroissement de la popu- 



TABLE DES MATIÈRES. 419 

lation , 8. Commissaire pour la note de M. Houzeau, sur les corrections de 
l'équatorial, 558. Commissaire pour le mémoire de M. Brasseur, sur 
divers lieux géométriques du second degré , II, 510. 

Deby. Mémoire sur quelques cétacés échoués sur les côtes de la Belgique , 
II , 200. 

De Gerlache (le baron). Commissaire pour les recherches de M. de Ram , sur 
les sépultures des ducs de Brabant à Louvain , 1 , 525. Nommé vice-direc- 
teur pour Tannée 1845-1846, ibid. 

De Hemptinne. Commissaire pour la note de M. Koene , sur la formation 
de l'acide hypoiodeux ,1,2. Demande l'insertion au Bulletin de la note de 
M. Louyet, concernant l'absorption des poisons métalliques par les plantes , 
17. Rapport sur les deux mémoires en réponse à une question de la classe 
des sciences , 587. Notice sur les manomètres à air libre , 541 . 

De Koninck. Commissaire pour la note de M. Koene, sur la formation de 
l'acide hypoiodeux, I, 2. Commissaire pour une balance de précision, 
présentée par M. Sacré , 17. Commissaire pour les recherches de M. Mar- 
tens, sur les variations de la force électro-motrice du fer , 509. 

Delvaux. Commissaire pour les recherches de M. Martens, sur les variations 
de la force électro-motrice du fer, 1 , 509. 

Depierre. Observations sur la floraison et les migrations des oiseaux, 1 , 215. 

De Ram. Commissaire pour la notice de M. Frocheur , sur le roman de la belle 
Hélène de Constantinople , 1 , 86 , 215. Quelques éclaircissements au sujet 
de la statuette de Casterlé , 556. Remarques sur la traduction de la chro- 
nique latine d'Edmond de Dynter, 541. Recherches sur les sépultures des 
ducs de Brabant à Louvain, 525. Commissaire pour le mémoire de M. de 
Reiffenberg , sur la plus ancienne gravure connue , 525. Commissaire pour 
le mémoire de M. Gachard , sur les changements apportés dans l'organisa- 
tion des états du duché de Limbourg, 558. Recherches sur les sépultures 
des ducs de Brabant à Louvain , 559. Observations au sujet de la notice de 
M. De Witte , sur les figurines de bronze , 549. Observations sur l'opinion 
de MM. de Longpérier et De Witte , concernant les figurines de bronze , 
II, 84. Phénomènes atmosphériques annotés par un chroniqueur du 
V e siècle, 96. Commissaire pour la notice de M. Guioth , sur des fouilles 
exécutées dans le tumulus de Brusthem , près de S'-Trond , 509. 

De Smet. Mémoire sur Baudouin IX , comte de Flandre et de Hainaut, I, 79 , 
500. Commissaire pour le mémoire de M. Moke, sur la bataille de Courtrai, 
525. Note sur une petite chronique manuscrite de l'abbaye de S'-Adrien, 
à Grammont , II , 154. M. de Pradt et la révolution brabançonne , 595. 

De Stassart (le baron). Nommé directeur pour 1845-1846 , 1 , 526. Demande 
que l'Académie publie, comme supplément au mémoire de M. Carton, les 
notes que l'auteur lui a fait parvenir , II , 2. 



•420 TABLE DES MATIÈRES. 

De Witte. Figurines de bronze et de fer , 1 , 544. 

D'Omalius d'Halloy. Notes sur les caractères naturels de quelques anciens 
peuples de l'Europe occidentale , 1 , 230. 

Donkelaer. Observations sur la floraison, 1 , 86. 

Donny. Mémoire sur un appareil de Thilorier modifié , 1 , 86. 

Dumont. Carte géologique du royaume ,1,5. 

Dumortier. Notice sur la cathédrale de Tournay , 1 , 525. Nouvelles obser- 
vations sur Notre-Dame de Tournay , II , 101 . Observations sur la cloque 
des pommes de terre, 285. 

Duprez. Observations sur les températures, 1 , 300. Observations météorolo- 
giques, 309. Note sur un dégagement d'électricité qui a lieu dans l'expé- 
rience du crève-vessie , II , 142. Lettre adressée à M. Quetelet sur les obser- 
vations de Gand , 228. 



F. 



Falck (M me la baronne) présente le buste en plâtre de M. Falck, ancien 

membre honoraire de l'Académie , 1 , 85. 
Ferdinandeum (le musée ), d'Inspruck, fait parvenir différentes centuries de 

l'Herbier du Tyrol , II , 310. 
Forster. Météore observée Ostende, I, 352. Météore brillant observé près de 

Londres, II, 134. 
Frocheur. Notice sur le roman de la belle Hélène de Conslantinople , 1 , 86 , 

214,273. 



Gachard. Note sur les commentaires de Charles-Quint , 1,29. Deux lettres 
autographes de Philippe II à l'empereur Maximilien II , sur les matières 
religieuses, 149. Sur le séjour de Charles-Quint au monastère d'Yuste , 
241. Lettre de Philippe IV, concernant l'astronome Langrenus, 261. 
Le cardinal de Granvelle quitta-t-il spontanément les Pays-Bas en 1564, ou 
sa retraite fut-elle l'effet des ordres de Philippe II? 311. Rapport sur le 
mémoire en réponse à la question relative au règne d'Albert et Isabelle , 
413. Mémoire sur les changements qui furent apportés, sous le règne de 
Marie-Thérèse, dans l'organisation des états du duché de Limbourg et des 
pays d'Outre-Meuse, 558. Notice sur une lettre autographe de Marie- 
Thérèse au prince Charles de Lorraine , II , 278. 

Galeotti. Enumeratio synoptica plantarum phanerogamicarum in regio- 
nibus Mexkanis çollectarum , 1 , 129 ; II , 15 , 257. 



TABLE DES MATIÈRES. -421 

Galesloot. Antiquités romaines trouvées à Assche, II, 133 , 203. 

Gérard. Compas présenté à l'Académie ,1,9. Nouveau compas à cercle gra- 
dué pour la division des roues , 352. 

Grandgagnage. Rapport sur le mémoire de M. Britz, sur les anciens juriscon- 
sultes du pays , 1 , 357. Commissaire pour le mémoire de M. Gachard, sur 
les changements apportés dans l'organisation des états du duché de Lim- 
bourg , 538. 

H. 

Herrick. Lettre sur les aurores boréales aux États-Unis, en 1843, 1844 et 
1845, 1 , 531 . Lettre adressée à M. Quetelet sur les observations des États- 
Unis, II, 224. 

Houzeau. Mémoire pour déterminer les éléments des orbites des comètes, I , 
2. Éléments et éphéméridede la comète découverte par M. d'Arrest, 107. 
Note sur la dernière comète découverte à Rome, 309. Note sur les cor- 
rections de l'équatorial , 538. 



Jenyns. Observations sur la floraison et les migrations des oiseaux , 1 , 213. 

K. 

Kickx. Observations sur la floraison , 1 , 86. Commissaire pour le mémoire de 
M. Spae, intitulé : Essai d'une monographie du genre Lis , II, 2. Com- 
missaire pour le mémoire de M. Westendorp, intitulé : Description de 
quelques cryptogames inédites , 134. Rapport sur le mémoire de M. Spae, 
intitulé : Essai d'une monographie du genre Lis , 136. Commis- 
saire pour le mémoire de M. Blanquaert, sur la maladie des pommes de 
terre, 200. Commissaire pour le deuxième fascicule de l'herbier crypto- 
gamique belge, par M. Westendorp, ibid. Rapport sur une notice de 
M. Westendorp , concernant quelques cryptogames des Flandres, 201 . 
Commissaire pour les considérations anatomico-physiologico- patholo- 
giques sur le Solarium luberosum , par M. Barbière ,310. 

Koene. Note sur la formation de l'acide hypoiodeux ,1,2. 

Kupffer. Lettre sur les ondes atmosphériques , 1 , 530. 



L. 



Leclercq. Sur une grêle extraordinaire observée à Liège, II , 14. 
Liagre. Mémoire sur les corrections de la lunette méridienne , I , 



422 TABLE DES MATIÈRES. 

Lippens. Sur une pile à courant constant ,1,2. 

Louyet. Surune pileà courant constant construite par M. Lippens ,1,2. Note 
sur l'absorption des poisons métalliques parles plantes, 17, 24. 



Macleod. Observations sur la floraison , 1 , 86. 

Marchai. Relation inédite de l'ambassade de Federigo Badovaro à la cour de 
Charles-Quint et de Philippe II , 1 , 52. Notice sur le musée militaire de la 
chambre héraldique à Bruxelles ; — sur l'archéologie de la Bolivie et sur 
les communications projetées des contrées intérieures de l'Amérique du 
Sud avec l'Europe , 183. Notice sur les chartes de la ville de Virton et sur 
la coutume de Beaumont en Argonne , II , 186. Extrait d'une notice sur 
la maladie des pommes de terre , 376. 

Mareska. Mémoire sur un appareil de Thilorier modifié, I, 86. Lettre à 
MM. Quetelet et Stas, 225. 

Martens. Commissaire pour la lettre de M. Louyet, sur une pile à courant con- 
stant, construite par M. Lippens, I, 2. Observations sur la floraison, 3. 
Rapport sur la note de M. Louyet, concernant l'absorption des poisons 
métalliques par les plantes, 17. Enumeratio synoptica pîantarum phane- 
rogamicarum inregionibus Mexicanis collectarum, 129. Recherches sur 
les variations delà force électro-motrice du fer, 309, 339. Commissaire 
pour le mémoire de M. Spae , intitulé : Essai d'une monographie du genre 
Lis , II , 2. Enumeratio synoptica pîantarum phanerogamicarum in 
regionibus Mexicanis collectarum , 15. Commissaire pour le mémoire 
de M. Westendorp, intitulé : Description de quelques cryptogames inédites, 
134. Rapport sur le mémoire de M. Spae, intitulé: Essai d'une mono- 
graphie du genre Lis, ibid. Commissaire pour le mémoire de M. Blan- 
quaert , sur la maladie des pommes de terre, 200. Commissaire pour le 
deuxième fascicule de l'herbier cryptogamique belge, par M. Westendorp, 
ibid. Rapport sur une notice de M. Westendorp , concernant quelques 
cryptogames des Flandres, 203. Enumeratio synoptica pîantarum 
phanerogamicarum in regionibus Mexicanis collectarum, 257. Com- 
missaire pour les considérations anatomico-physiologico-pathologiques 
sur le Solanum tuberosum, par M. Barbière, 310. Sur la maladie des 
pommes de terre , 356. 

Martini van Geffe. Observations sur la floraison , I, 86. 

Marlius (de). Observations sur la floraison , 1 , 86. 

Mauvais. Comète, I, 214. 

Mérode ( le comte Félix de). Réunion archéologique de Lille, I, 352. 



TABLE DES MATIÈRES. Azê 

Meyer (J.-C). Discours et mémoires ,1,2. 

Ministre de l'intérieur. Adresse, de la part de M. le marquis de Rumigny, un 
exemplaire du Dictionnaire français-berbère et du Rudiment de la langue 
arabe, 1 , 85. Communique le prospectus du septième congrès des savants 
italiens, 293. Envoie trois volumes des Œuvres de Laplace, 351. Com- 
munique une inscription grecque trouvée sur le piédestal de la colonne de 
Pompée à Alexandrie, 529. Adresse un catalogue des instruments de 
physique et des objets d'histoire naturelle qui ont appartenu à l'ancienne 
Académie, II, 1 . Adresse une notice de M. Guiolh, sur des fouille» exécutée» 
dans le tumulus de Brusthem , près de S'-Trond , 309. 

Moke. Mémoire sur la bataille de Courtrai , 1 , 525. 

Morren. Commissaire pour le mémoire de M. Spae , intitulé : Essai d'une mo- 
nographie du genre Lis, II, 2. Rapport sur ce mémoire, 137. Com- 
missaire pour le mémoire de M. Blanquaert, sur la maladie des pommes de 
terre, 200. Lettre à M. Quetelet, sur les phénomènes périodiques obser- 
vés en Chine , 235. Maladie des pommes de terre , 299. Commissaire pour 
les considérations anatomico-physiologico-palhologiques sur le Solanum 
tuberosum, par M. Barbière, 310. Communication verbale sur la maladie 
des pommes de terre , 372. 

N. 

Nève, père. Observations sur la floraison , 1 , 86. 

Nyst. Description de deux Bulimès nouveaux de la Colombie , 1 , 227. Notice 
sur quelques Bulimes nouveaux ou peu connus, II , 146. 

0. 

Observations sur la floraison, 1 , 3 , 213. 

Observations concernant les phénomènes périodiques , en 1844 , 1 , 86. 
Observations sur les migrations des oiseaux , pendant Tannée 1844, 1, 213. 
Observations sur les températures , 1 , 300. 
Observations météorologiques, 1 , 309; II, 205. 

Ouvrages présentés, I, 80, 210, 290, 346, 526, 550; II, 129, 
195, 300, 413. 



Pagani. Commissaire pour le mémoire de M. Verhulst, concernant la loi 
mathématique d'accroissement de la population, 1,8. Commissaire pour 



424 TABLE DES MATIÈRES. 

le mémoire de M. Brasseur, sur divers lieux géométriques du second degré, 
11,310. 

Peltier. Nouveau cyanopolarimètre , 1 , 352. De la cyanométrie et de la pola- 
rimétrie atmosphérique , 453. 

Perrey. Renseignements sur le dernier hiver, I, 353. Sur l'état météorolo- 
gique des premiers mois de 1845, II, 5. Lettre adressée à M. Quetelet 
sur les observations de Dijon, 223. Phénomènes atmosphériques , étoiles 
filantes et tremblements de terre en 1845 , 329. 

Peters. Comète observée àNaples, I, 214. 

Petersen. Nébulosité observée à Altona ,1,2. 

Phénomènes périodiques , l , 3 , 86 , 352. 

Q. 

Quatrefages (de). Note adressée à M. "Van Beneden , et relative aux observa- 
tions critiques sur les genres Éleuthérie et Synhydre , 1 , 79. Lettre en 
réponse aux observations critiques de M. Van Beneden , sur les genres 
Éleuthérie et Synhydre ,116. 

Quetelet. Circulaire de M. Schumacher d' Altona , relative à une comète décou- 
verte à Berlin ,1,1. Phénomènes périodiques, 3. Commissaire pour la 
note de M. Leclercq , sur la formation de la glace dans les eaux courantes , 8. 
Commissaire pour le mémoire de M. Verhulst , concernant la loi mathéma- 
tique d'accroissement de la population ibid. Commissaire pour un com- 
pas présenté par M. Gérard , 9. Présente le buste en plâtre de M. Falck, 
85. Met sous les yeux de l'Académie la première livraison de l'ouvrage de 
M. Raoul-Rochetle , intitulé : Choix de peintures de Pompéi, 86. Com- 
munique les observations qu'il a reçues sur les phénomènes périodiques 
en 1844, ibid. Commissaire pour un mémoire sur un appareil de Thilo- 
rier modifié par MM. Mareska et Donny , ibid. Commissaire pour un mé- 
moire de M. Liagre, sur les corrections de la lunette méridienne, ibid. 
Rapport sur un mémoire de M. Ath. Peltier, intitulé : Recherches sur les 
causes des variations barométriques , 91. Communique les renseigne- 
ments qu'il a reçus concernant la floraison et les migrations des oiseaux 
pendant l'année 1844, 213. Communique deux lettres relatives à des co- 
mètes , l'une de M. Colla , l'autre de M. Schumacher, 214. Sur le froid de 
1844 à 1845 , 216. Rapport sur le mémoire de MM. Mareska et Donny sur 
un appareil de Thilorier modifié , 294. Communique les indications des 
températures observées pendant le mois de mars, 300. Met sous les yeux 
de l'Académie le cyano-polarimètre de M. Peltier, le nouveau compas de 
M. Gérard , la projection orthographique de M. Vande Cotte , et le premier 



TABLE DES MATIÈRES. 425 

fascicule de l'herbier cryptogamique belge, par MM. Westendorp et Wal- 
lais, 352. Globe de feu observé à Bruxelles, 353. Rapport sur le mémoire 
de M. Liagre, sur les corrections de la lunette méridienne, 451 . Donne lec- 
ture des lettres de MM. Kupffer et Herrick, relatives à des observations 
météorologiques, 529. Commissaire pour la note de M.Houzeau, sur les 
corrections de l'équatorial, 538. Renseignements au sujet du passage de 
Mercure sur le soleil , 539. 



II. 



Raoul-Rochette. Choix de peintures de Pompéi , I , 86. 

Reiffenberg (le baron de). Rapport sur le supplément au mémoire concernant 
la description de la crypte souterraine de l'église d'Anderlecht, par M. Van- 
der Rit , 1 , 18. Rapport sur le mémoire de M. Scheler, concernant le verbe 
français, 20. Notices et extraits de la bibliothèque royale, fragment d'une 
chronique des papes ; Gauthier de Bierbeke ; fragments de l'histoire de l'ab- 
baye de Villers; Francon-le-Rouge ; pièces relatives à la construction de la 
cathédrale d'Anvers , 38. Commissaire pour la notice de M. Frocheur, sur 
le roman de la belle Hélène de Constantinople , 86. Paléographie; histoire 
littéraire; vie de saint Lambert, par Etienne et par Renier; le déduit delà 
chasse , par Gaces de la Bigue ; les Lépreux, 169. Rapport sur la notice de 
M. Frocheur, relative au roman de la belle Hélène , 214. Un croisé belge, 
Francon d'Arquenne, 262 . L'hiver de 1 365 ; la fête de l'arbaleste et du prince 
d'Amourà Tournay, en 1455, 321. Extraits d'une chronique de Flandre iné- 
dite; Jacques Van Artevelde ; siège de Tournay en 1339; ouragans et 
tempêtes-, pose delà première pierre du chœur de l'église Saint-Jacques à 
Tournay, en 1368 ; revue des compagnies bourgeoises de cette ville, 514. 
Commissaire pour les recherches de M. de Ram sur les sépultures des ducs 
de Brabantà Louvain, 525. Mémoire sur la plus ancienne gravure connue, 
ibid. Commissaire pour le mémoire de M. Gachard, sur les changements 
apportés dans l'organisation des états du duché de Limbourg, 538. Mé- 
moire sur la plus ancienne gravure connue, 539. Nouveaux extraits d'une 
chronique de Flandre inédite, II , 63. Notice sur le prince Charles- Joseph 
de Ligne, 141 . Des armes et des chevaux merveilleux , considérés comme 
moyens épiques dans les poëmes du moyen âge, 161. Commissaire pour 
une notice de M. Roulez, sur un bas-relief funéraire du musée d'Arezzo, 
299. Anciennes chansons françaises ; métiers à Tournay, en 1364, 381 . 

Rondani. Observations sur l'apparition des insectes , II , 200. 

Roulez. Rapport sur le supplément au mémoire concernant la description de 
la crypte souterraine de l'église d'Anderlecht, par M. Vander Rit, 1, 19. 



426 TABLE DES MATIÈRES. 

Un combat de chiens , 180. Le jeu de la balançoire, 285. Hercule Citha- 
rède, 541. Est invité à examiner une inscription grecque trouvée sur le 
piédestal de la colonne de Pompée à Alexandrie, 529. Observations au sujet 
delà notice de M. De Witte, sur les figurines de bronze, 549. Rapport sur 
l'inscription grecque de la colonne dite de Pompée à Alexandrie, II , 2. 
Observations sur l'opinion de MM. de Longpérier et De Witte , concernant 
les figurines de bronze, 94. Commissaire pour une lettre de M. Galesloot, 
sur des antiquités romaines trouvées à Assche, 1 55. Rapport sur cette lettre, 
205. Notice sur un bas-relief funéraire du musée d'Arezzo , 299 , 510. No- 
tice sur un ornement de bronze trouvé à Brunault et relatif au culte de Cy- 
bèle,405. 

Rumker. Comète observée à Hambourg ,1,2. 

Ryckholdt (le baron de). Notice géologique sur le genre Chiton Lin., I, 558 5 
II , 56. 

S. 

Sacré. Balance de précision , 1,17. 

Saint-Génois ( le baron de ). Note sur une arrière-petite-nièce du jurisconsulte 

P. Stockmans, 1,267. 
Sauveur. Rapport sur les deux mémoires en réponse à la question sur les 

sourds-muets , 1 , 571 . Demande que l'Académie publie comme supplément 

à son mémoire , les notes que M. Carton lui a fait parvenir, II , 2. 
Schayes. Nouvelles observations sur le manuscrit connu sous le nom de Liber 

Guidonis , 11,75. 
Scheler. Mémoire concernant le verbe français, 1,20, 294,455. 
Scherer. Observations sur la floraison ,1,5. 
Schmidt. Lettre adressée à M. Quetelet sur les observations de Dusseldorf, 

11,250. 
Schumacher d'Altona. Comète découverte à Berlin , 1 , 1 . Transmet des ren- 
seignements sur une comète , 214. 
Selys-Longchamps. Récapitulation des hybrides observés dans la famille des 

Anatidées, II, 555. 
Société ethnographique de Paris. Envoie les deux premiers volumes de ses 

publications ,11,2. 
Société des antiquaires de Londres. Exprime le désir d'entrer en relation avec 

l'Académie, II ,199. 
Société de médecine de Liège. Son inauguration , II , 200. 
Somerhausen. Discours et mémoires de feu M. J.-C. Meyer,I,2. 
Spae. Observations sur la floraison , 1 , 86. Essai d'une monographie du genre 

Lis, II, 2. 154, 141. 



TABLE DES MATIÈRES. 427 

Staring. Observations sur la floraison et les migrations des oiseaux , 1, 213. 

Stas. Commissaire pour la note de M. Koene , sur la formation de l'acide hy- 
poiodeux, I, 2. Commissaire pour la lettre de M. Louyet , sur une pile à 
courant constant , construite par M. Lippens , ibid. Commissaire pour une 
balance de précision présentée par M. E. Sacré , 17. Demande l'insertion au 
Bulletin de la note de M. Louyet, concernant l'absorption des poisons mé- 
talliques par les plantes , ibid. Commissaire pour un mémoire sur un appa- 
reil de Thilorier modifié , par MM. Mareska etDonny, 86. Rapport sur ce 
mémoire, 294. Commissaire pour le mémoire de M. Blanquaert, sur la ma- 
ladie des pommes de terre, II , 200. Commissaire pour les considérations 
anatomico-pbysiologico-pathologiques sur le Solarium tuberosum, par 
M. Barbière,310. 

Steur. Rapport sur le mémoire de M. Britz, sur les anciens jurisconsultes du 
pays , 1 , 359. 

Stockholm. L'académie des belles-lettres de cette ville fait hommage de la col- 
lection de ses publications , II , 200. 



Timmermans. Commissaire pour le mémoire de MM. Mareska et Donny, 
sur un appareil de Thilorier modifié, I, 86. Rapport sur ce mémoire, 294. 



Van Beneden. Note de M. de Quatrefages , relative aux observations critiques 
sur les genres Éleuthérie et Synhydre, 1 , 79. Mémoire sur un genre de 
Bryozoaires, 80. Sur la circulation dans les animaux inférieurs, 109. Ob- 
servations au sujet de lalettrede M. de Quatrefages , 124. Recherches sur 
la circulation dans quelques animaux inférieurs , 496. Mémoire sur l'ana- 
lomie , la physiologie et le développement des Bryozoaires qui habitent la 
côte d'Ostende , II , 3. 

Van de Cotte. Projection orthographique du passage de Mercure sur le so- 
leil, 1,352. 

Vander Rit. Supplément au mémoire concernant la description de la crypte 
souterraine del'église d'Anderlecht , 1, 18 , 20. 

Verhulst. Commissaire pour le mémoire de M. Liagre, sur les corrections de 
la lunette méridienne ,1, 86 , 451 . Commissaire pour la note de M. Hou- 
zeau sur les corrections de l'équatorial , 538. Demande que l'Académie 
publie comme supplément à son mémoire les notes que M. Carton lui a fait 



428 TABLE DES MATIÈRES. 

parvenir, II , 2. Commissaire pour le mémoire de M. Brasseur sur divers 
lieux géométriques du second degré , 310. 
Vincent. Observations sur les migrations des oiseaux ,1,3. 



W. 



Wallais. Herbier cryptogamique belge, 1 , 352. 

Walter. Sa mort, I, 351. 

Wartmann (Élie). Observations sur la floraison et les migrations des oiseaux, 
1,213, 352. Deuxième mémoire sur l'induction , II , 318. 

Wesmael. Commissaire pour le mémoire de M. Deby, sur quelques cétacés 
échoués sur les côtes de la Belgique , II , 200. 

Westendorp. Herbier cryptogamique belge , 1 , 352. Description de quelques 
cryptogames inédites, II, 134. Deuxième fascicule de l'herbier cryptoga- 
mique belge, 200. Description de quelques cryptogames inédites ou nou- 
velles pour la Flore des deux Flandres , 239. 

Willems. Présente, de la part de M. Wolters, un mémoire sur les inondations 
des rivières de la Flandre, I, 294. Commissaire pour le mémoire de 
M. Moke, sur la bataille de Courtrai, 525. Commissaire pour une notice de 
M. Roulez, sur un bas-relief funéraire du musée d'Arezzo , II , 299. 

Wolters. Mémoire sur les inondations des rivières de la Flandre , 1 , 294. 

Wuillot. Notice intitulée : Ericii Puteani memoria, II , 203. 



Z. 



Zantedeschi. Observations sur la floraison ,1,3. 



UN DE LA TABLE DES MATIERES. 




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