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Full text of "Bulletin de la commission des antiquités e la Seine-Inférieure ..."

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BULLETIN 



DE LA 



4:50 



COMMISSION DES ANTIQUITÉS 



BULLETIN 



DK LA 



COMMISSION DES ANTIQUITÉS 



DE LA 



SEINE-INFÉRIEURE 



TOME XIII 
— 1903 à igoS — 







IMPRIMERIE CAGNIARD (Léon GY, Sccc') 

Rues Jeanne-d'Arc, 88, et des Basiuge, 5 



1906 




^7 



LISTE DES MEMBRES 



DB 



LA COMMISSION DES ANTIQUITÉS 

DE LA SEINE-INFÉRIEURE 



J lir 1 1 I 1 



Juillet ïgoS 



Dates 

1902, i*f OCt. 
i854; 20 juin. 



1864, 17 mars. 
i865, 12 Janv. 

1866, 24 janv. 

1868, 14 mars. 
1871, 27 nov. 

1873, 9 avril. 
1875, 3 juin. 



Koms Cbulités 

Fosse, O ^, préfet de la Seine-Infé- 
rieure, président. 

De Robillard de Beaurepaire, ^, cor- 
respondant de rinstitut, archiviste 
honoraire, vice-président (arrêté du 
26 juillet 1875). 

Baudry (Paul), propriétaire à Rouen. 

SoMMÉNiL (l'abbé), chanoine honor., à 
Blosseville-Bonsecours, près Rouen. 

LoTH (Mgr), chanoine honoraire, 
curé de Saint-Maclou. 

Bataille de Bellegarde, à Rouen. 

Barbîer de la Serre, ancien inspec- 
teur des Eaux et Forêts, à Paris. 

Pelay, direct, d'assurances, à Rouen. 

Le Breton (Gaston), O ^, correspon- 
dant de l'Institut, ancien conserva- 
teur des Musées de Rouen. 



Il 

1875, 3 juin. TouGARD (l'abbé), docteur ès-lettres, 

professeur au séminaire du Mont- 
aux-Malades. 

9 nov. Sauvageot, ^, architecte du Gouver- 

nement, à Paris. 

1879, 17 mars. Lefort,. ^, architecte en chef du 

département et des monuments 
historiques. 

1880, 28 août. Vesly (Léon de), conservateur du 

Musée départemental. 
1882, 12 juin. Adeline, ^, architecte, aquafortiste, à 

Rouen. 

i885, 18 juin. BiocHET, notaire honoraireàCaudebec- 

en-Caux. 

— Beaucousin, bibliophile à Yvetot. 

— Drouet, archéologue à Caudebec-lès- 

Elbeuf. 

— MiLET, >^, conservateur du Musée de 

Dieppe. 

1887, ^^ ^^^* Garreta, ancien adjoint au maire de 

Rouen. 
1891, 23 mai. Coutan (D'), archéologue, à Rouen et 

au Tréport. 

1897, 22 févr. DuBOsc (G.), critique d*art, à Rouen. 

10 mars. Vallée (E.), agent- voyer, à Lille- 

bonne. 

1898, 29 août. Deglatigny (Louis), négociant, à 

Rouen. 

1899, 4 mai. MALicoRNE,conseillergénéral, à Forges. 

1900, 1 5 août. Le Verdier (P.), docteur en droit, 

conseiller général, à Belmesnil et à 
Rouen . 



III 



1901, 8 août. LoRiQUKT, conservateur de la Biblio- 

thèque municipale, à Rouen. 

1902, 26 juin. G. DE Beaurepaire, docteur en droite 

inspecteur divisionnaire de l'Asso- 
ciation normande. 

1904, 3o janv. Le Blond, ancien conseiller à la Cour, 

préfet honoraire, à Dieppe. 
^ Brunon, directeur de TEcole de Méde- 

cine. 

— RuEL (G.), architecte. 

— Sarrazin, avocat. 

1905, 8 juin. BoucTOT, député de la Seine-Inférieure, 

à Saint-Martin-Osmonville. 

■ » 

— Chevreux, archiviste du département. 



IV 



LISTE DES MONUMENTS HISTORIQUES 

DU DÉPARTÊMBHT D£ LA. 8BINË-INFÉRIEURE 

classés par arrondissements. 



MONUMENTS HORS CLASSE 

1° Edifice appartenant à VEtat 
La Cathédrale ou Notre-Dame de Rouen (i). 

2° Edifices appartenant au département 

ARRONDISSEMENT DE ROUEN. 

La salle capitulaire de St-Georges-de-Boscherville* (1822). 
I-,a maison de Pierre Corneille, au Petit-Couronne (1868). 

ARRONDISSEMENT DU HAVRE. 

Le théâtre romain à Lillebonne * (1818). 

(i) Les monuments dont la désignation est suivie d*un asté- 
risque sont classés au nombre des monuments historiques recon- 
nus par TEtat, et comme tels soumis au contrôle de la Commis- 
sion des monuments historiques, établie près du ministère des 
Beaux- Arts. 

Les autres monuments n'ont que le titre de monuments histo- 
riques départementaux, et sont donnés comme tels à la surveillance 
et au contrôle de la Commission départementale des antiquités 
de la Seine-Inférieure, dans les termes de l'arrêté préfectoral du 
i5 mai 1867 (v. Bulletin de la Commission, lomel, p. 67). 

Le dernier classement ministériel (loi du 3o mars 1887) ^^ 
range plus au nombre des monuments historiques de l'Etat : 
Buchy, Jumiéges, le Bourg-Dun, Envermeu, Sainte-Marguerite, 
Aumale, Saint-Wandrille. 



MONUMENTS CLASSES 



Première classe. 
Elbeuf. — Vitraux de l'église Sain te -Etienne* (i85o). 
Saint-Georgës-de-Boscherville. — L'église, la salle capi- 

tulaire et les restes du cloître*(i838-i887J. 
Petit-Quevilly. — Chapelle de Saint-Julien des Char- 
treux* (22 juin 1869). 
RouEK. — Saint-Godard. Les deux anciennes verrières du 
chevet des bas-côtés* (i85o). 
Saint-Maclou. L'église* (1838-1840). 
Saint-Ouen. L'église* (1838-1840). 

— Chambre aux Clercs* (1887). 

Saint-Patrice. L'église et les vitraux' ([85o). 
Saint -Vincent. L'église et les vitraux* (i85o). 

Deuxième clcase. 

Bi,aihville-Crevon. — L'église (1867). 
BtjcHY. — Le chœur de l'église (1867). 
Darkétal. — La tour de Carville* (iSSg). 

L'église de Longpaon (1B57). 
MoL'LmEAUï. ~ L'église* (i838-i84o). 
Rouen. — Saint-André (la tour) (iSô?). 

Cathédrale. Salle capJlulaire et cloître (1867). 

Croix-de-Pierre (la ion ta i ne de la) (1867); 

Saint-Gervais. La crypte et l'abside* (1867). 

Saint-Maclou. L'aître* (1867). 

Saint- Nicaise. Le chœur (1866). 

Saint-Romain (la chapelle dite de) à la Vieille- 
Tour* (1867). 

Troisième classe. 
Les AuTHiEUK sur le Port -Saint-Ouen. — Eglise et vitraux 



VI 

Bosc- Bordel. — Le porche de Téglise (1867). 
Caudebec-lès-EIlbeuf. — Tour du clocher ( 1 8 nov. 1884) . 
DucLAiR. — L'église* ( 1 867). ' 
Rlbeuf. — Vitraux de Téglise Saint-Jean* (1867). 
Épinay-sur-Duclair. — Porche de Tcglise (11 oct. 1888). 

Le Calvaire du cimetière (17 juin 1893). 
Fresquienne. — Clocher de Téglise (26 janvier 1870^. 
HouppEviLLE. — Eglise* (1867). 
IsNEAUviLLE. — EgHse ct vitraux (1867). 
JuMiÉGEs. — Eglise paroissiale (1867). 
Mont- AUX- Malades. — L'église (1867). 
MoNviLLE. — Les vitraux du xvi^ siècle* (2 5 août 1897). 
Neuville-Champ-d'Oisel. — La nefdeTéglise (1867). 
OissEL. — Porte des Mornons (3 novembre 1904). 
Préaux. — Les dalles tumulaires (1867). 
Rouen. — Saint- Paul. Abside de l'ancienne église (1867). 

Saint-Vivien. Le clocher de Téglise (1867). 
Ry. — Le porche de Téglise (19 décembre 1878). 
TouFFRfiviLLE (Annexe d'Esteville) . — Le retable de 

réglise (12 décembre 1877). 
Yainville. ~ L'église* (1867). 

ARRONDISSEMENT DE DIEPPE 

Première classe 

m 

Arques. — L'église* (i 838- 1840). 

AuFFAY. — L'église (i85o). 

BouRG-DuN. — L'église (i85o). 

Dieppe. — L'église Saitit-Jacques* (i 838- 1840). 

Envermeu. — L'église (1854). 

Eu. — L'église ou abbaye* (i 838-1840). 

Deuxième classe 

CrieL. — L'église (1867). 

Dieppe. — L'église Saint-Remi (1867). 

Eu. — Le tombeau des Guise* (église du collège) (1861). 



VII 



Sainte-Marguerite-sur-Mer. — L'abside etrautel (i 867) . 
Neuville. — Le chœur (1867). 
Tréport. — L'église* (1-867-1887). 

Troisième classe 

Ancourt. — Les vitraux de Téglise (1867). 
AvREMESNiL. — Le clocher de l'église (1867). 
Denestan VILLE. — Foflts baptismaux (4 février 1879). 
Sainte-Foy. — Le clocher de Téglise (i863). 
Saint-Martin-le- Gaillard. — L'église (1867). 
Saint- ViCTOR-L* Abbaye. — La statue de Guillaume-le- 

Conquérant (1867). 
Varengeville-sur-Mer. — L'église (1864). 

arrondissement du havre 
Première classe 

Etretat. — L'église* (i85o). 

FÉCAMP. — L'église de la Trinité ou TAbbaye (i838). 

Graville. — L'église ou abbaye de Ste-Honorine* (i85o). 

Harfleur. — L'église* (1844- 1887). 

MoNTiviLLiERS. — L'égHsc abbatiale* ( i85o). 

NoRviLLE. — Le clocher de l'église (i85o). 

Deuxième classe 

LiLLEBONNE. — Le clocher de l'église* (1867). 
Manéglise. — L'église* (1867- 1879). 
Saint-Jean-d'Abbetot. — Le chœur et la crypte de 

leglise*(i 838- 1887). 
Saint-Vigor. — L'église* (1867). 

Troisième classe • 

Angerville-l'Orcher. — L'église* (1867). 
Beuzeville-la-Grenier. -- L'église (1867). 
Cerlangue (la), -r- Le clocher de l'église* (1867). 
Etainhus. — L'abside de l'église (1867). 



vin 



Gawnïville. — Le clocher de TégUse (1867). 
Graimbouville. — L'abside (1867)* 
MoNTiviLHERs. — Le cloître et la croix du cimetière (1867). 
Raffetot. — Baptistère et médaillons (i5 déc. 1881). 
Sainneville. — La nef de l'église (1867). 
Saint-Eustache-la-Forêt. — L'église (i5 déc. 188 ij. 
Saint- Laurent-de^Brèvedent. — Le clocher (1867). 
ViRviLLE. — L'église (3i octobre 1874). 

ARRONDISSEMENT DE NEUFCHATEL. 

Première classe. 

AuMALE. — L'église (i85o). 
Gournay-en-Bray. — L'église* (i85o). 
Neufchatel. — Le chœur (i85o). 

Deuxième classe. 

Bures. — L'église (1867). 

SiGY. — Le chœur de l'église (i85o). 

Troisième classe. 

Blangy. — L'église (1867). 

Fresles. — Retable et tabernacle en bois sculpté (10 dé- 
cembre 1877). 
Neufmarché. ' — L'église (1867). 
Saint-Saens. — Les vitraux de l'église (1867). 
Vatierville. — Le clocher de l'église (1864). 
Villedieu-la-Montagne. — Le clocher de l'église (29 juin 

1868). 



arrondissement d'yvetot. 



Première classe. 
Caudebec-en-Caux. **- L'église* (i85o). 



Deuxième ctiJsse. 

Allouville. — Le chêne -chapelle (i86;). 
Blosseville-ès- Plains. — Les vitraux de l'église (i85o), 
Sainte-Gertrudb. — L'église' (1867). 
Valliquebville. — Le clocher de l'église' (i858). 
Vatteville. — L'église (1867). 
Veulbttes. — L'église (i85o). 

Troisième classe. 

BouDEViLLE. — L'église (i8ê3). 

CoNTEviLLE(a Paluel). — Fonts baptismaux *{ 10 août 1904). 

Inoooville-ès- Plains, — La nef (1867). 

Maulévriek. — Lutrin (8 août 1879). 

Saint-Wandrille. — L'église (1875). 

Chapelle Saint-Saturnin'(i837). 
Sasseville. — La croiï du cimetière (1867). 
Veulbs. — Le clocher de l'église (1867). 
ViLLGquiEK. — L'église et les "Vitraux (1867). 



X 



* _» 



LISTE DES SOCIETES 



AUXQUELLES LE BULLETIN DE LA COMMISSION EST ADRESSE 

CHAQUE ANNÉE 



Paris. 



Aisne. 



Comité des Travaux historiques au 
Ministère de Tlnstruction publique. 

Société des Antiquaires de France. 

Comité des Sociétés des Beaux-Arts 
(Palais -Royal). 

Société ethnologique du Trocadéro. 

Société des Amis des Monuments pa- 
risiens. 



Aube. 



Société académique de Laon. 
Société archéologique, histofique et 

scientifique de Soissons. 
Société historique et archéologique de 
Château-Thierry. 
Alpes-Maritimes. Société des lettres, sciences et arts des 

Alpes-Maritimes, à Nice. 
Société académique d'agriculture, des 
sciences, arts et belles-lettres de 
l'Aube, à Troyes. 
Société des lettres, sciences et arts de 
PAveyron, à Rodez. 
Calvados. Société des Antiquaires de Normandie. 

Société des Beaux- Arts de Caen. 
Société française d'archéologie. 
Cher. Société historique, littéraire, artistique 

et scientifique du Cher, à Bourges. 
Société des Antiquaires du Centre. 
CoNSTANTiNE. Société arch. du dép. de Constantine. 



AVEYRON. 



XI 



DOUBS. 

Drôme. 
Eure. 



Cote-d'Or. Commission des Antiquités du dépar- 

tement de la Côte-d'Or, à Dijon.' 
Société archéoiog., d'histoire et de lit- 
térat. de Tarrondissement de Beaune. 
Société des sciences historiques et na- 
turelles de Semur. 
Commission archéologique de Besan- 
çon. 
Comité d'Histoire et d'Archéologie à 

Romans. 
Société libre d'agriculture, sciences, 
arts et belles-lettres du département 
de TEure, à Evreux. 
Société libre d'agriculture, sciences, 
arts et belles-lettres (section de Ber- 
nay), à Bernay. 
Bibliothèque publ. à Pont-Audemer. 
Musée des Andelys. 
Société archéologique d'Eure-et-Loir, 

à Chartres. 
Société Dunoise, à Chateaudun. 
Garonne (Haute-). Société archcol. du Midi, à Toulouse. 
Gironde. Commission des monuments et docu- 

ments historiques, à Bordeaux. 
Hérault. Société archéologique de Montpellier. 

Indre-et-Loire. Société archéologique de la Touraine, 

à Tours. 
Loire-Inférieure. Société archéologique de Nantes et de 

la Loire- Inférieure, à Nantes. 
Société d'agriculture, sciences, belles- 
lettres et arts d'Orléans. 
Société archéologique et historique de 

rOrléanais. 
Société académique de Cherbourg. 
Société archéologique d'Avranches. 
Marne (Haute-). Société historique et arch. de Langres. 



Eure-et-Loir. 



Loiret. 



Manche. 



tu 



Morbihan. 
Nord. 



O101:' 



Orne. 

PAS-Dg-CAI^AIS. 



puy-dç'-dôme. 
Saône-bt- Loire. 

Savoie. 

Seine-^et-Marne. 

Seine-Inférieure, 



Société polymathique du Morbihan» à 

Vannes. 
Commission historique du Nord , à 

Lille. 
Comité flamand de France, à Lille. 
Société Dunlcerquoise pour Tencoura- 

gement des lettres, des sciences et des 

arts, à Dunkerque. 
Société historique de Compiègne. 
Société archéologique de Senlis. 
Comité historique et archéologique de 

Noyon. 
Société historique et archéologique de 

rOrne, à Alençon. 
Société des Antiquaires de la Morinie, 

à Saint-Omer. 
Société académique de Boulogne-sur- 

Mer. 
Commission des monuments histo^ 

riques du Pas-de-Calais, à Arras. 
Académie de Clermont-Ferrand. 
Société d'histoire et d'archéologie de 

Châlons-sur-Saône. 
Société savoisienne d'histoire et d'ar- 
chéologie, a Chambéry. 
Société archéologique du Gâtinais^ à 

Fontainebleau. 
Académie des sciences, beUes*lettres et 

arts de Rouen. 
Société libre d'Émulation du Commerce 

et de l'Industrie, à Rouen. 
Société des Amis des sciences natu- 
relles, à Rouen. 
Société des Amis des Monuments 

rouennais. 



tlll 



Seine-Inférieure. Bibliothèque des Sociétés savantes, à 

Rouen. 

— Blangy» 

— Bolbec. 

— Clères. 

— Dieppe. 

— Elbeuf. 

— Eu. 

— Fécamp. 

— Gournay. 

— Le Havre. 

— Montivilliers. 

— Neufchâtel. 

— St-Etienne-du-Rouv. 

— Yvetot. 
Musée de Caudebec-en-Gaux. 

— Lillebonne. 

Somme. Société des Antiquaires de Picardie, à 

Amiens. 
Tarn-et-Garonne. Société académique et archéologique. 
Vienne. Société des Antiquaires de TOuest, à 

Poitiers. 
Yonne. Société d'études d' A vallon. 

Société archéologique de Sens. 



Angleterre. 

Belgique. 

Etats-Unis. 



Russie. 
Suède. 



ÉTRANGER 

Société Royale desAntiq. de Londres- 
Société d'histoire et d'arch. de Gand. 
Institution Smithsonienne, à Was- 
hington. 
Société historique de New-Haven 
(Gonnecticut). 
Commission Impériale archéologique, 

à Saint-Pétersbourg. 
Société des Antiquaires royaux de 
Stockholm. 



PROCÈS-VERBAUX 

COMMISSION DES ANTIQUITÉS 

DE [.A SE1NE-1NFÉBIEUHE 

PENDANT l,ANNÉE rqo3 

SEANCE DU 20 FÉVRIER igoS 

Elle ouvre à deux heures un quart sous ia prési- 
dence de M. de Beaurepaire, vice-présideni. 

Étaient présents : MM. Adelîne, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, docteur Coutan, Deglatigny, G. Dubosc, 
Garreta, P. Le Verdier, Loriquet, Pelay, de la Serre, 
de Vesly et l'abbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. Héron et Malicorne. 

Le procès-verbal de la précédente séance, 19 dé- 
cembre r902, est adopté, après un mot de M. Degla- 
ligny, qui précise une information, et une légère aité- 
nuation que conseille M. le Président. 

Mort de M. GosseUn. — Le même membre tient à 
commencer cette réunion en rappelant la nouvelle et 
très notable perte faite par la Commission, dans la 
personne de M. H. Gosselin, inspecteur diocésain. 
Grâce à ses communications orales ou écrites, nous 
pouvions suivre dans leurs moindres particularités la 
restauration de la cathédrale et celle de l'urchevéché. 



Peu de jours avant sa mort foudroyante, il avait tenu 
à faire visiier en détail, par M. de Beaurepaire, cer- 
taines parties du palais archiépiscopal, pour prendre 
son avis sur la date des constructions primitives ; ses 
dernières dispositions témoignent d^une abnégation 
peu commune, puisque ses générosités concourront à 
un ensemble de restaurations où rien ne rappellera son 
souvenir. Il a eu aussi le mérite d'accroître très nota- 
blement, sinon même de créer la curieuse collection 
qui recueille, dans les dépendances de la métropole, 
les précieux fragments originaux que les restitutions 
actuelles font disparaître de l'édifice. Le procès-ver- 
bal ne saurait donc exagérer les regrets que provoque 
l'architecte distingué qui, jusque dans la tombe, a si 
bien mérité de notre an monumental. 

Correspondance imprimée. — Ses pièces se classent 
comme il suit : Bibliographie des Travaux histor, 
et archéoL, par R. de Lasteyrie, IV, i; Imp. nat., 
1902; in-4®; — Epigraphie du Pas-de-Calais, IV, 
1-2. Arras, 1902; in-40; — Mémoires de la Commis- 
sion départ.., du Pas-de- Calais, II, 4; ibid; — Mé- 
moires de la Soc. d"^ Emulation du Doubs, 1901 ; — 
Mém.., de la Soc... d'Agriculture d*Orléans, 1902, 
I ; — Mémoires de la Soc. des Antiquaires de la 
Morinie, XXVII; — Mém. de la Soc. des Anti- 
quaires de France^ LXI, 1900; — Bulletin histor. 
et philol. du Comité, 1902, 1-2; — Bulletin archéoL 
idem, 1902, 2; — Bulletin de la Soc. archéol. de 
Nantes, XLIII; 1902, i ; — Bulletin de la Soc, des 
Antiquaires de l'Ouest, 1902, 3 (2 ex. par erreur 
probable) ; — Bulletin de la Soc. archéoL de Tou" 
raine, 1902, 3; — Bulletin de la Soc. histor... de 



Langres, n^ 65; — Bulletin de la Soc. Dunoise^ 
no i32; — Bulletin de la Soc, des Antiquaires de la 
Morinie, n° 204; — Kongl, Vitterhets,,. Manads- 
blad, Stockholm, 1897; — Société d'Hist, et d'Arch, 
de Gand, Mémoires, IV, 2, 1902; Bulletin, X, 1-8; 
XI, I. L'envoi est fait avec prière d'échange; la Com- 
mission, consultée, estime que la proposition ne peut 
que lui être avantageuse. L'échange est donc accordé. 

M. Pelay obtient le premier la parole pour la série 
des communications qui se résument ainsi : 

Antiquités romaines à Lisieux, — Un extrait du 
Journal de Rouen, tïiddiitàM i3 courant, relate une 
découverte importante de statuettes, monnaies, céra- 
mique (avec nom de potier), lesquelles semblent de- 
voir se rattacher à la voie qui tendait à Pont-l'Evéque. 

Calvaire et vitrail d'^Yville, — Le 17 janvier der- 
nier, notre confrère a reçu la lettre suivante dont, sur 
le conseil de M. le Président, il donne lecture. 

Monsieur Pelay, 

Sachant tout Tintérèt que vous portez à tout ce qui 
louche à l'art, je m'adresse à vous pour vous demander 
humblement un appui auprès de la Commission des 
Beaux-Arts pour l'intéresser ù notre calvaire du cimetière 
qui, je crois, mérite quelque attention. Il doit être, si je ne 
fais erreur, du xv^ siècle. Au centre des croisillons, figure 
Tagneau; au revers une fleur épanouit ses pétales. J'ac- 
compagne ma requête de la photographie ci-jointe, autre- 
ment toute description serait superflue. Toute la masse 
retenue par une tige de fer oscille au souffle du vent, ce qui 
explique toutes ces morsures et fait craindre une rupture ; 
vous verrez aussi derrière l'agneau une tache blanche qui 



indique un morceau parti à côté d'une lézarde, qui a son 
pendant de Tautre côté. 

Si je ne craignais pas d'être trop importun, je vous par- 
lerais aussi d'un vitrail de la même époque, lequel repré- 
sente l'Annonciation ; il en manque une partie, et je fais 
des efforts pour le reconstituer. On demande la somme 
de 2 5o fr. et je n'ai que loo fr. à disposer. Il vous serait 
aisé de le voir, car il est en ce moment chez M. Boulan- 
ger, peintre-verrier, rue des Maronniers. 

J'ose espérer, Monsieur Pelay, qu'on aura grand pitié 
de nous; je vous en serai très reconnaissant. 

En attendant, je vous prie, Monsieur, d'agréer, etc. 

Thillard, 
curé d'Yville, 

Des réflexions diverses que provoque cette lettre, il 
résulte que la Commission ne dispose d'aucunes res- 
sources pour la restauration d'oeuvres archéologiques, 
si intéressantes qu'elles puissent être; que M. Lim- 
bourg lui a, il est vrai, donné le droit d'initiative pour 
les édifices en souffrance; mais que, voulût-elle en 
user, la première condition du succès serait la produc- 
tion d'un devis en règle; que d'ailleurs le secours ne 
saurait être emprunté au budget des monuments his- 
toriques, puisque le calvaire n'est pas classé, non plus 
que la fenêtre. 

Sous la réserve de remaniements au fût de la croix, 
et d'un artiste expérimenté qui sache donnera la resti- 
tution complète du vitrail une harmonie de tons satis- 
faisante, la Commission se montre très favorable aux 
deux projets. Ces dispositions s'accentuent, lorsque le 
secrétaire rappelle que l'église d'Yville est un des rares 
sanctuaires dédiés par Eudes Rigaud. 11 avait cruelle- 
ment souffert durant les guerres de religion; mais 



5 



M. le curé Thillard en poursuit depuis plus de dix 
ans la restauration; et dans ce village de trois cents 
habitants, il est arrivé à des résultats inespérés. 

Dans ces conditions, la Commission est unanime à 
recommander les travaux projetés à toute la bienveil- 
lance de la Commission départementale, qui pourra 
sans doute prélever sur les fonds des édifices parois- 
siaux les crédits peu élevés qui suffiraient à cette double 
restauration. 

Souvenirs du vieux Rouen, — Enfin notre collègue 
fait passer sous les yeux de ses confrères une très inté- 
ressante série de dessins, dont la plupart sont signés 
Merlin : l'église Saint-Martin-sur-Renelle (2 vues) ; — 
réglise Saint-Herbland (2 vues); — la place Saint-Go- 
dard, avant son élargissement; — la chapelle du Clos- 
Saint- Marc, non loin de l'Aubette, sur laquelle M. le 
Président donne quelques renseignements empruntés 
à un récent dossier; il est prié d'en faire la matière 
d'une prochaine communication; — une maison delà 
rue Ecuyère ; — la maison de la confrérie des Arba- 
létriers; — maison de la rue du Fardeau adossée à la 
Barbe-d'Or; — Porte d'une maison de la rue Porte- 
aux-Rats; — maison de la rue Boutard; — projet de 
Douane, non exécuté, mais qui ne le cède pas en lai- 
deur à celui qui fut adopté; — l'hôtel de la Vicomte, 
vis-à-vis du portail de Saint- Vincent. M. le Président 
explique qu'il en est resté de très belles caves; — mai- 
son de la petite rue Saint- Laurent; — enfin deux 
motifs d'ornementation sans attribution précise. On 
s'accorde généralement à y reconnaître des reliefs dé- 
coratifs que portait la muraille occidentale du Palais de 
Justice, avant la construction neuve. 



Portrait de Fabri, — M. Pelay signale en outre, 
en regard de la p. 48 du volume des Antiquaires de 
France, qui vient d'être mis sur le bureau, le portrait 
du Rouennais Fabri, dont notre confrère M. Héron 
a si bien réédité la Rhétorique. 

Eglise d^Houppeville. — M. le docteur Coutan 
commente d'abord la note ci-jointe : 

a Des vitraux, Tun date de 1 544 ; un autre de 1 545 ; 
un troisième est muni d'un cartouche portant un T 
et un H majuscules, séparés par un arbre vert. 

» Un quatrième vitrail représente une « espèce 
d'arbre apostolique », selon l'expression de Pabbé 
Cochet, disposé comme un arbre de Jessé et figurant 
le Christ, le Précurseur et plusieurs apôtres pendant 
V enfance. 

» La fenêtre voisine du chevet, côté nord, a un 
meneau détérioré, visité, il y a quelques années, par 
M. Sauvageot, qui devait en faire la restauration. 

» La première fenêtre du chœur, côté sud, a un 
panneau du bas brisé par un voleur ». 

Il raconte ensuite qu'à la prière de M. le curé, il 
s'est rendu à Houppeville. La restauration depuis long- 
temps à Tordre du jour, lui semble utile et même 
urgente. Il propose à la Commission d'émettre un vœu 
dans le même sens afin d'appuyer la demande qui doit 
être adressée à M. le Préfet. 

Ici la situation n*esl pas la même qu'à Y ville. 11 
s'agit en effet d'un monument historique et d'une en- 
treprise déjà étudiée par M. Sauvageot. La commune 
y avait même affecté un crédit; mais la réfection ayant 
été suspendue, les fonds auront reçu une autre desti- 
nation. 



Bien que le travail ne puisse être commencé d'un 
jour à Pautre, puisque la dépense totale n'est pas encore 
connue, la Commission appuie les conclusions de 
M. Coutan. Les principaux éléments du devis devront 
se retrouver dans les bureaux de la Préfecture; et, ici 
encore, la Commission départementale devra pouvoir 
statuer sur l'allocation du subside. 

Le méridien du jardin de rHôtel-de-Ville, — 
M. Pelay expose que les dégradations ne faisant que 
s'aggraver, il avait saisi une occasion fortuite de recom- 
mander cet intéressant débris à M. Tadjoint Houzard, 
au service duquel il ressortit. Comme les résultats se 
font attendre, M. G. Dubosc invile la Commission à 
renouveler une fois de plus ses pressants appels. Elle 
abonde d'autant mieux en ce sens, que le cas s'accom- 
modera très bien de la théorie du moins possible. A la 
dernière motion, en effet, le regretté M. Gosselin avait 
fait observer que la dépense serait minime, si Ton se 
bornait à un simple rejointoiement qui, exécuté avec 
soin, assurerait une longue préservation contre les 
accidents imminents. 

Déplus, il complète ainsi une communication pré- 
cédente : La petite monnaie que je croyais byzantine 
est une médaille indienne de la série qu'on appelle 
a Pagodes de Pondichéry ». 

Quant au jeton trouvé à Sotteville, lors de l'établis- 
sement d'une voie de garage, et portant à l'A/, l'effigie 
de César et au R/. l'Ecu de France, avec l'exergue 
Signum civitas rom. C'est une contrefaçon de Nu- 
remberg, d'un jeton du xvii* siècle, de la série des 
12 Césars gravée par Briot. Je dois ces renseignements 
à l'obligeance de M. Maurice Prou. 



8 



Les colonnes de J. Goujon, à Saint-Maclou, — 
M. Henri Jouin, secrétaire du Comité des Beaux-Arts, 
écrit en ce moment une étude sur la vie du célèbre 
sculpteur. Il s*est adressé à M. de Vesly pour obtenir 
un relevé des colonnes soutenant les orgues de Saint- 
Maclou, dont l'attribution n^est plus douteuse puis- 
qu'elle est constatée par un marché du 9 août 1541. 
Or, en exécutant ses dessins, notre collègue a remar- 
qué que le galbe des colonnes était différent de celui 
suivi de nos jours d'après les leçons de Vignole. Jean 
Goujon, au lieu de diminuer le fût de la colonne, à 
partir du tiers de la hauteur, a commencé cette décrois- 
sance dès la sixième partie prise de la base, lia obtenu 
ainsi des colonnes d'un galbe plus élancé ainsi que 
cela s'observe au tombeau du sénéchal de Brézé, à la 
cathédrale de Rouen. Cette remarque avait déjà été 
faite par A. Deville. 

M. de Vesly a observé également la taille du chapi- 
teau dont les acanthes offrent une disposition spéciale 
autour de la campane et dont le dentelé des feuilles 
reproduit encore les nodosités de l'époque ogivale et 
non les cavités des feuillages romains. J. Goujon a 
créé là un type de colonne qui a été adopté pendant 
une partie de la Renaissance. 

Enfin, M. de Vesly soumet à la Commission le des- 
sin de la bague dorée qui décore les colonnes de Saint- 
Maclou et qu'il a pu rétablir. 

M. Georges Dubosc demande qu'une copie des des- 
sins de M. de Vesly soit déposée dans le portefeuille de 
la Commission des Antiquités. M. de Beaurepaire dit 
qu'il dépend de M. de Vesly de déférer au vœu 
exprimé. 



Le Cutelier et le cimetière franc de Charleval. — 
M. de Vesly résume ainsi le mémoire avec plans qu'il 
se propose de présenter au Congrès de Bordeaux. 

L'Andelle, en arrivant à Charleval, avant de rece- 
voir les eaux de la Lieure, fait un brusque change- 
ment de direction. En cet endroit s'avance dans la val- 
lée un cap du plateau du Vexin que les habitants 
appellent la Côte Blanche ou le Catelier. Cette dési- 
gnation s'applique particulièrement à des vallonne- 
ments qui occupent le sommet de la pointe sur laquelle 
la famille Le Ber a élevé un calvaire (altitude, jS mè- 
tres). De cet endroit on jouit d'un panorama splen- 
dide : car la vue sMtend à plus de lo kilom. dans les 
directions est, ùord et ouest; aussi ce point a-t-il été 
remarqué, par la stratégie dès la plus haute antiquité. 

Quoique le « Catelier de Charleval » ait subi de 
nombreuses modifications, on peut encore reconnaître 
la forme rectangulaire d'un tertre qu'entouraient des 
fossés et tous les caractères que le général de la Noë a 
donnés pour les castella ou petits camps élevés pour 
la surveillance des routes et le passage des rivières. 

Les environs du Catelier sont encore désignés à 
l'archéologue par les noms du Grand et du Petit 
Thuit, portés par les fermes de la Côte Blanche. 

Qu'on fasse dériver le nom de Thuit du latin Tec- 
tum ou du Scandinave « Twait », tous les lieux por- 
tant ces noms m'ont toujours donné, dit M. de Vesly, 
des ruines de l'époque gallo-romaine. Et là, encore, 
mon enquête a confirmé l'expérience acquise; car, sur 
le plateau des « Thuit » le laboureur heurte, avec le 
fer de sa charrue, des substructions antiques. De plus 
le chemin principal de Cressenville, village situé sur 
le plateau, porte le nom de Parivoie, ce qui indique- 



lO 



rait le passage de la voie romaine de Rouen à Paris, 
par Radepont, Magny et Pon toise. 

Mes visites à Charleval, continue M. de Vesly, m'ont 
encore permis de reconnaître une nécropole franque 
mise au jour lors de Pagrandissement du cimetière 
actuel, en 1874. 

La nécropole antique entourait la chapelle dk 
Saint-Martin, démolie en 1572, lors de la cons- 
truction du château que Du Cerceau élevait pour 
Charles IX. Cette constatation n'aurait pas surpris 
Tabbé Cochet qui a toujours trouvé les cimetières des 
Francs sur le penchant des collines et à Tentour de 
chapelles dédiées à saint Martin et à saint Vulgain, 
deux saints qu'il appelait volontiers « mérovingiens ». 

C'est grâce à Tobligeance de M. Letailleur, libraire 
à Charleval, qui a collectionné les objets provenant 
des tombes, que M. de Vesly a pu en dresser Tinven- 
taire. 

Il a été trouvé des lances, des pointes de flèche, une 
hache ou francisque en T et un angon d'un type spé- 
cial, de o"'42o de longueur, terminé par une pointe 
quadrangulaire. 

Les objets en bronze sortis du cimetière de Charle- 
val comprennent des boucles et desornements de cein- 
turons dont la décoration est formée de petits cercles 
disposés en orbe avec, au centre, une croix gammée ou 
swastika. 

Les vases en poterie noire ne présentent pas de ca- 
ractères originaux. Ce sont des types déjà connus et 
les formes rencontrées à Ouville, à Envermeu et à 
Londinières. Les tombeaux en pierre avaient été bri- 
sés et leurs débris dispersés. 

Enfin notre confrère a le plaisir d'informer la Com- 



pagnic qu'il pourra, l'iic prochain, coniinucr ses ex- 
plorations archéologiques, grâce à une allocation de 
3oo fr. qui lui a clé accordée par le Ministère, alloca- 
tion que M. Le Breton a doublée sur les crédits affec- 
tés aux services des antiquités départementales. 

Grilles de Saint-Maclou. — La mention de Saint- 
Maclou amène un membre à demander où en est 
l'établissement de la clôture du côté nord, si énergi- 
quement réclamée à diverses reprises par la Com- 



II est répondu que notre confrère M. Lefort pourrait 
seul donner à ce sujet des renseignements précis. A 
défaut d'autres informations, on peut espérer une 
heureuse solution : car elle tient au cœur de M. l'ar- 
chitecte en chef. 

Variétés céramiques. — A propos d'une précédente 
communication de M. de Vesly, M. le Président pré- 
sente un pavé provenant de l'ancien château de Can- 
teleu, dont la fabrication n'annonce rien de normand. 
11 y joint un fragment de décoration en faietice, qui 
semble du xviii" siècle, et doit avoir appartenu à une 
cheminée. 

Château de Dieppe. — En excusant son absence, 
M. Milct a «dresse hier, ù M. le Président, la noie que 
voici : 

B Sachant que la conservation du château de Dieppe 
intéresse la plupart de nos collègues et surtout la 
Société des Amis des Anciens Monuments rouennais, 
dont M. Cou tan est président, je tiens à vous dire que, 
dans sa dernière séance, noire Conseil municipal a 
décidé d'offrir à l'État une somme certainement peu 



12 



élevée, mais qui n'en constitue pas moins une offre 
sérieuse, en vue de sauver de la mutilation ou de la 
destruction un de nos monuments des plus marquants 
dans notre histoire. C'est d'autant plus méritoire que 
la charge annuelle d'entretien ne pourra être que très 
lourde et sans affectation presque possible. 

» Et ce qui dans nos craintes peut nous consoler, 
c'est le vote d'une loi récente, portant qu'aucun monu- 
ment, vieux château ou autre, classé, ne pourra, dans 
l'avenir, être aliéné qu en vertu d'une loi ». 

M. Le Verdier ajoute queToffre de la ville de Dieppe 
est de 5 0,000 fr. L'État demande 275,000 fr. L'écart 
est considérable. 

M. le Président résume divers documents sur le 
sculpteur Jaddoulle. Il présente, en outre un assez im- 
portant dossier sur les anciens orfèvres rouennais, 
lequel prouve une fois de plus qu'il faut voir en eux 
non de simples marchands, mais des ouvriers et le 
plus souvent de véritables artistes. Il ajoute aussi ce 
mémoire : 

MONASTÈRE DES CÉLESTINS DE ROUEN 

Le premier fondateur du monastère des Célestins de 
Rouen fut le duc de Bedford, régent de Normandie, de 
1422 à 1435. Il est constant que dès 1430 il avait fait bâtir 
pour quelques religieux de cet ordre, alors peu connu en 
France, une modeste chapelle dans son manoir de Chan- 
tereine, dit Joyeux-Repos, près de la porte Saint- Hilaire. 
Lui mort sans entants, sa veuve, Jacqueline de Luxem- 
bourg, et ses héritiers, le marquis de Dorset et le duc de 
Glocester, firent abandon aux Célestins de leurs droits sur 
ce manoir. Le 2 3 mai 1445, Henri VI, roi d'Angleterre, 



i3 



approuva cette cession, et le 8 juillet 1446, il fil diSlivrer 
les lettres d'amortissement nécessaires (i)- Bientôt après, 
sans doute pour se conformer de plus en plus aux in- 
tentions de son oncle, le duc de Bedford, il donna à ces 
religieux, afin de les mettre en état d'achever leur église, 
une rente annuelle de 200 1. sur son revenu d'Angle- 

Après l'expulsion des Anglais, tout cela, ainsi que c'était 
a prévoii-, fut considéré par Charles VII comme non 
avenu. Toutefois, les Célesiîns ne perdirent pas à changer 
de souverain. Une nouvelle donation de ce prince les 

des rentes constituées sur le Domaine, en France, les 
dédommagèrent de celles qu'ils perdirent en Angleterre. 

Le dernier jour de novenibre 1449, Charles VM, étant 
alors à Caudebec, donnait à ces religieux tout le droit qu'il 
pouvait prétendre sur le manoir de Joyeux-Repos, vou- 
lant, disait-il danj ses lettres, ut idem tocus quem nuper 
edijicarat et construxerat, licet de peccuniis nostrîs, ac 
etiam occupabat defftinctus Johannes dux Bed/ordte 



(i) Les leltres d'amortissement sont accordées pour un revenu 
de 5oo i. tant en France qu'en Angleterre, Dans ces lettres 
Henri VI ne fait aucune allusion à la cession des héritiers du 
duc de Bedford. Il rappelle qu'il avait transféré aux Céiestins 
tout le droit qu'il pouvait avoir sur le manoir -de Joyeux-Repos 
Ccauaa successionis, confiscationis et fore/acture ant aliasj. Sa 
donation est faite ut in loco predicto, in honore Deî sueque glo- 
riosissime genitricis Marie, edificetur et comtruatur monastc- 
rium de prefalo Celeslinorum ordine, ianquam membrum 
cenobii S. Spirttus prope Sulmonam, Valvensis diocesis, quod 
principale monasterium in religione prefata censelur, West- 
minster 8 juillet 1446. Sur le repli : Per regem, marchione 
comité Suffolchie, domino Jacobo Fenys, milite, ac aliis. [I 
accorda aux mêmes religieux des lettres de sauvegariie et de 
commiltimus, Windsor, 25 avril 1448. Per regem, marchione 
comité Suffolchie, domino de Beauchamp et aliis presentibux. 



14 

sit ex nunc vera et légitima patrum Celestinorum pos- 
sessio (i). 

Le 6 février 1450 (v. s.), par lettres données aux Mon- 
tils-lès-Tours, il assignait aux Célestins une rente annuelle 
de 400 1. sur les vicomtes de Rouen, Caen, Bayeux et 
Orbec pour la dotation et fondation de leur monastère, 
jusqu'à ce que lui ou ses successeurs leur eussent payé 
6.000 écus d'or. Il rappelait dans ces lettres qu'aussitôt 
après la réduction de Rouen en son obéissance il leur avait 
donné le manoir du Joyeux-Repos pour y établir un mo- 
nastère dont il voulait être réputé le fondateur, et auquel il 
donnait le nom de ValrNotre-Dame, en reconnaissance 
des grâces et bénéfices que Dieu lui avait faits en la réduc- 
tion de la ville de Rouen. Enfin, par d'autres lettres, 
encore datées de Montils-lès-Tours, après avoir de nou- 
veau rappelé ses donations, le changement de l'ancien 
nom du monastère en celui de N.-D. du Val-de-Rouen, il 
annonçait son intention de voir cette fondation com- 
plétée : « Pour ce que au dit lieu n'avoit église, chappelle, 
ne terre benoiste ou consacrée où ils pussent reverrem- 
ment célébrer le divin service ne enterrer chacun d'eux », 
voulant icelle fondacion estre menée à perfection, il man- 
dait à ses conseillers, les archevêques de Reims, Rouen, 
Sens, les cvêques de Paris, M eaux, Evreux, Seéz, Bayeux, 
Goutances, au premier qui serait requis, « s'il apperoil 
que les abbé et prieur du dit Ordre eussent auctorité des 
saints pères, papes de Romme, de pouvoir recevoir de tous 
evesques catholiques la bénédiction ou consécration de 
leurs autels, églises ou chappelle, qu'il voulsist bien, de 
icelui lieu, en faveur de lui roi, benistre ou consacrer les 
églises, chappelle et terre pour faire cymetere. » (Charte 
originale portant la signature du Roi). 

(i) Charte originale. Sur le repli : Per regem^ comité Dunensi, 
Dominis de Torciaco et de Varena, magistro Johanne Burelli 
et aliis pluribus presentibus. Signé : Delaloere. 



i5 



Il fut aisé aux Célestins de fournir la preuve que cette 
autorisation leur avait été accordée par le Saint-Siège. En 
conséquence, la bénédiction de leur chapelle put être 
régulièrement faite, le 22 sept. 1458, par François de 
Brillac,évêque d'Orléans, en présence de Jean Bertaud, 
prieur de Mantes, de Jacques Guyon, licencié en décret, 
de Jean Garnier, maître ès-arts, bachelier en décret, secré- 
taire dudit évêque, de Jean Andrieu, chapelain du même 
prélat, et de Pierre de Trilhe, docteur en l'un et l'autre 
droit, archidiacre de Lodève, conseiller du Roi au Parle- 
ment de Paris. La communauté se composait alors de 
10 religieux; elle avait pour prieur Dom Jean Turby (i). 

Soit que ce monastère eût été construit avec trop d'éco- 
nomie, soit qu'il eût été ruiné par quelque accident, que 
nous ignorons, toujours est-il que, moins de 5o ans après, 
il présentait l'aspect le plus misérable. C'est ce qu'on doit 
conclure des lettres de frère Thibaud Artaud, provincial 
des Célestins, par lesquelles il déclare associer aux prières 
de toutes les communautés de sa province ceux qui contri- 
bueraient par leurs aumônes au rétablissement du monas- 
tère de Rouen : Monasterium Béate Marie de Rothomago 
quod cum omnibus proh dolor! pateat hue usque desertum 
et ab omni structura ad bene ordinatum monasterium ne- 
cessaria miserabiliter notumsit manere destitutum^ Rouen, 
24 juin 1494 (2). 

L'archevêque Georges d'Amboise vint au secours de ces 
religieux en accordant, le dernier jour de fév. 1498 (v. s.), 

(i) « Instrument du notaire apostolique et impérial par lequel 
il appert la fourme et manière de la bénédiction faite en Tostel 
des Célestins de Rouen ». Noms des religieux cités dans ce do- 
cument : Jean Multoris, sous-prieur, Hugues de Beaufort, 
^tienne Cardonne, Jean Marchequin, procureur, Etienne Julien, 
Pierre de Beusin, Mathieu Bâcher, Jean De la Mare, et un frère 
nommé Pierre Fabri. 

(2) L'acte est signé Fr. Artaud, provicincial, avec un beau 
paraphe; le sceau manque (G. 9202). 



i6 



des indulgences de 40 jours à ceux qui visiteraient leur église 
pendant la semaine sainte et y feraient quelque aumône. 
On voit par les termes dont se sert l'archevêque que des 
travaux, plus ou moins importants, étaient alors en voie 
d'exécution : Cupientes itaque ut ecclesia prioratus seu 
fratrum Celestinoritm civitatis RothomagensisChristijîde- 
libus congruis frequentetur honoribus^ ceptumque in ea 
opus débite perficiatur^ ac libris^ calicibus et aliis 
ecclesiasticis ad cul tu m divinum requisitis ornamentis de- 
center muniatur (i). Ce fut quatre ans après seulement 
que l'église fut consacrée par le même archevêque en pré- 
sence d'une nombreuse assistance de prélats et de hauts 
seigneurs (2). 

L'église des Célestins devint le 5iège d'une confrérie 
nombreuse et qui paraît avoir eu quelque importance. 

De puissants personnages, entre autres Jean de Hangest, 
seigneur de Genlis, capitaine de Rouen, beau-frère du car- 
dinal d'Amboise, le Premier Président Claude Groulart, 
Robert Le Roux de Tilly, le choisirent pour le lieu de 
leur sépulture. 

Parmi les principaux bienfaiteurs de ce monastère, on 
cite M. de Bourbon et son épouse fille de France, le car- 
dinal Georges d'Amboise, Louis de Graville, amiral de 
F'rance, et Henri Pottin, évéque de Philadelphie. 

Il est à croire, vu sa situation près des remparts et de 
la porte Saint-Hilaire, que l'église des Célestins ne fut pas 
épargnée p^fr les canons de l'ennemi pendant les sièges que 
la ville eut à subir en 1 562 (3) en 1 69 1 - 1 592 ; mais nous ne 

(i) On conserve le vidimus de ces indulgences, délivré par 
l'official, ic mars 1498. D'autres lettres d'indulgences furent 
accordées par Georges d'Amboise se qualifiant de légat du Saint- 
Siège, Blois, 12 des calendes d'oct. i5o4. La première lettre 
figure une Sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus. 

(2) Acte de la dédicace datée du 24 déc. i5o2. • 

(3) Un arrêt du Parlement du i5 mars i562, remet les Céles- 
tins en possession de deux cloches qui avaient été enlevées de 



connaissons aucun document qui puisse nous renseigner 
sur les licgàls qu'elle put éprouver dans ces circonstances 
critiques. 

L'objet de ce Mémoire n'étant pas l'histoire de la com- 
munauté religieuse, mais une étude purement archéolo- 
gique relative aux bâtiments qu'elle occupa pendant plus 
de trois siècles, je passe sans transition à l'époque oii 
s'opéra leur abandon ou leur destruction. 

La suppression des Célestins de Rouen et de leur Ordre, 
en général, avait été préparée par les dispositions de l'étlit 
du mois de mars 176S, concernant les ordres religieux. 

Les Célestins de France tenant leur Chapitre à Limay, en 
présence de l'évèque de Rhodez, Champion de Cicé, com- 
missaire du Roi, arrêtèrent, en conséquence des délibéra- 
tions particulières des maisons de leur Ordre, que * mal- 
gré le désir qu'ils auroienc de se conformer au!( intentions 
de S. M., ils la suppliaient de les dispenser de l'exécution des 
art. 5, 7 et iode l'éUit, se soumettant à toutes les conditions 
qu'il lui plairoit de leur imposer et préférant la suppres- 
sion et extinction de leur Ordre à la pratique d'observances 
qu'ils déclaroient Être tombées en désuétude avant leur 
entrée en religion et qu'ils n'auroient pas l'espérance de 
voir perpécuer parmi eux quand la ferveur les aurait enga- 

L'an. 5, un de ceux qui leur répugnait le plus, impo- 
sait aux supérieurs généraux l'obligation de visiter les mo- 
es, de les réformer, de réunir en un seul corps les 
i, statuts et règlements des Ordres et Congré- 
gations, a l'effet de les faire approuver par le Saint-Siège. 
Il exigeait, pour chaque maison, un nombre minimum de 
huit religieux, non compris le supérieur (ï octobre 1770). 
Les Célestins de Rouen, par acte du 3i mai i77r, adhé- 

leur monastère pendant les séditions et avaient éié transportées 
en l'église de Boisguillaume. Voir A. Héron, Deux Chroniques 
de Rouen, pp. 194, 197, 256. 



i8 



rèrent à la délibération du Chapitre de Limay. Dès lors ils 
ne se firent aucune illusion sur le sort qui leur était 
réservé ; et ce fut sans la moindre protestation qu'ils assis- 
tèrent à l'inventaire qui fut dressé de leurs biens (du 
3i mai au i8 juin 1771) par Jacques-Philippe Parent, curé 
de Saint-Cande-le-Jeune, et Jacques Marescot, avocat au 
Parlement, l'un et l'autre commissaires nommés par l'ar- 
rêt du Conseil du 8 mai précédent (i). 
Voici le texte de ce document : 

t Premièrement entrés dans l'église, nous l'avons 
trouvée distribuée en une neffe, un chœur et une sousaille 
(pour sous-aile) à gauche. Le chœur est orné d'une con- 
tretable fort belle, en bois doré, dont le tableau représente 
VAdoration des Mages, l'autel aussi en bois doré, sur 
lequel une croix et 6 chandeliers de cuivre argenté. 

» Dans le sanctuaire, au côté de l'Évangile, est le tom- 
beau de M. de Angets de Genlis (2). Le chœur est garni 
de stales hautes et basses, des deux côtés, en bois de chêne, 
un aigle de cuivre au milieu. Le chœur est séparé de la 
nef par une grille de fer et deux petits autels ayant leurs 
contretables en piastre avec images dont Tune de la 
Sainte- Vierge^ et l'autre de Saint Pierre Célestin^ les 
dites chapelles fermées toutes deux de leurs balustrades 
de fer. Dans la chapelle de la Sainte-Vierge est le tombeau 
et caveau de MM. Le Roux, vidâmes d'Esneval (3). La 
grille du chœur est surmontée d'un christ bronzé. 

» La sous-aile est composée de cinq chapelles, dont 

(1) Jacques-Adrien-Simon-Jude Aubry, secrétaire de l'arche- 
vêché, fit fonction de grefiier. 

(2) Jean de Hangest, sieur de Genlis, capitaine de Rouen et bailli 
d'Evreux, décédé en 1490, inhumé dans le chœur de l'église des 
Célestins ; son tombeau, creusé dans la muraille en façon d'une 
petite chapelle. Hist. de Rouen. 

(3) Robert Le Roux, sieur de Tilly, et Marie de Bellièvre, sa 
femme. 



19 

une sanz autel, les quatre autres avec autels peu décorés, 
attendu qu'on n'y dit pas la messe, et toutes fermées d'une 
balustrade de bois. Dans la plus proche du sanctuaire est 
le tombeau et caveau de la famille de MM. de Groulard. 

» Les vitres, tant du chœur que du reste de l'église, en 
verre peint ou verre blanc, toutes en assés mauvais état. 

» Les murailles et les voûtes de l'église, qui peut con- 
tenir environ 60 pieds de longueur sur 3o de largeur, en 
pierres surmontées d'un toit de charpente avec un clo- 
cher, le tout couvert d'ardoise. Dans le clocher, quatre 
petites cloches. La porte de l'église a deux bâtants et un 
guichet en bois de chêne, ladite porte de l'église étant 
dans une cour fermée d'une grande porte d'entrée don- 
nant sur l'Eau-de-Robec (i). » 

Je ne vois à signaler dans le mobilier de la sacristie 
qu'un « drap mortuaire ancien, en velours noir et croix 
blanche de damas avec galon de soye aux armes, de M. de 
Groulard; un grand devant-d'autel en velours noir avec 
bandes de satin blanc aux mêmes armes ; un petit devant- 
d'autel aussi de velours doré, et 2 crédences aussi de ve- 
lours noir, aux mêmes armes » (2). 

» Salle de compagnie. Ladite salle plancheyée et lam- 
brissée en entier, le lambris peint couleur de paille, mou- 
lure plus foncée ; à la cheminée une plaque, 2 attaches à 
3 branches de cuir doré. Dans le trumeau, un grand 
tableau représentant Minerve surmontée d'un petit attique ; 
un devant de cheminée représentant un chien en arrest. 

(i) A une copie de V Histoire de Rouen, copie que je possède, 
je vois cette addition : « Cette église est entièrement voûtée en 
pierre, Il y a orgue et chaires de chœur au nombre de 54 et 
7 chapelles. Le 14 juin 1748, le tonnerre a tombé sur leur 
cloche et Ta beaucoup endommagée, environ sur les i heure et 
midi ». 

(2) Dans l'église des Célestins, il y avait aussi les sépultures de 
Barbe GifTard, décédée en 1599, et celle de son mari, Claude 
Groulart, décédé en 1607. 



20 



Dans les trumeaux des croisées deux grands tableaux, 
l'un représentant S. M. Louis XV, et l'autre, la Renommée 
et les attribus de la Paix. Sur la porte d'entrée, un tableau 
en attique réprésentant le Pacte de famille. Dans ladite 
salle, deux crédences en bois de la couleur du lambris 
avec leurs tables de marbre, 12 cabriolets de cannes, 
peints comme les lambris et 4 rideaux de toile blanche ». 

Dans la salle à manger, pour trumeau à la cheminée, 
un tableau représentant Charles VI ï, fondateur, et le pape 
Célestin, instituteur de l'ordre. . . Un trictrac. 

La chambre d'hôte était tapissée de toile peinte en bleu. 

Le jardin présentait « 3 avenues de tilleuls très gracieuses 
et bien tenues, un verger aboutissant au mur de l'hôpital 
général, 4 parterres cultivés et entretenus par les religieux 
avec un jet d'eau et un bassin au milieu des 4 parterres ; 
ensuite un jardin légumier aboutissant, au midi, aux murs 
dudit hôpital général, entouré de charmilles, berceaux et 
terrasses, et terminé à l'est par une double terrasse plantée 
en haut bois et noyers, aboutissante au cimetière dudit 
hôpital, au bas de laquelle terrasse était une grille en fer, le 
tout orné, en outre, de 5 petites grilles de fer et 4 en bois 
peint. 

» L'emplacement du cloître, tombé par vétusté, était 
planté en tilleuls et garni de gazon, à l'entrée duquel se 
trouvait la loge du portier. » 

La totalité de l'emplacement, tant de l'église que de la 
maison et du jardin, contenait environ 3 acres. 

Quatre ou cinq religieux composaient cette commu- 
nauté en complète décadence : Fr. Claude Lorin, prieur; 
Fr. Pierre- Antoine Mitenne, sous-prieur et actuaire; 
Adrien Picard, procureur; François-Marin Mallette et 
César-Alexandre Feront, tous prêtres, ce dernier, absent, 
et se faisant soigner à Paris pour maladie. 

Les Célestins restèrent quelque temps encore en pos- 
session de leur maison. 



21 



Leur Ordre fut supprimé par un bref du pape du 3o oct. 
J778. Une ordonnance de l'archevêque, rendue à la suite 
d'un brevet du Roi, du 12 juin 1782, unit les biens du 
monastère de Rouen au séminaire Saint-Nicaise aux con- 
ditions suivantes : les revenus seront employés à faciliter 
réducation et l'instruction ecclésiastiques des pauvres 
clercs de la campagne, ceux de la ville en étant exclus par 
les règles du séminaire Saint-Nicaise. — Le séminaire 
continuera de payer à chacun des religieux Célestins de la 
maison de Rouen, qui sont au nombre de 3, jusqu'à leur 
décès, une rente viagère de 1,400 1.. qui sera portée à 
1,800 1., quand ils auront atteint l'âge de 70 ans. Il paiera, 
à la décharge de l'Hôpital général, une rente de 1,800 1., 
qui sera employée à l'entretien des prêtres qui desservent 
ledit Hôpital. Il paiera une rente de 1,200 1., à savoir : 
800 1. pour l'entretien de 4 sœurs de la Providence; 400 1. 
pour l'entretien de 2 sœurs d'Ernemont, en considération 
des écoles qu'elles tiennent pour les pauvres. Il paiera une 
rente de 200 L au curé d'Ectot-l'Auvray, qui est à portion 
congrue. L'archevêque ayant bien voulu consentir à la 
translation des corps de MM. Le Roux de Cambremont..., 
en la paroisse d'Acquigny, il fut ordonné que les fonda- 
tions faites par ces seigneurs y seraient acquittées et que le 
séminaire paierait annuellement à la fabrique de cette 
paroisse une rente de 400 1. Consentement fut donné à ce 
que les différentes fondations faites par le Premier Pré- 
sident Groulart fussent transférées en l'église de Saint-Au- 
bin-le-Cauf où furent transportés Jes corps de ce magis- 
trat et de Barbe Giffard, sa femme. 

Cette ordonnance de l'archevêque porte la date du 
12 juillet 1783. Elle fut approuvée par lettres patentes du 
Roi, de sept. 1783, dont l'enregistrement n'eut lieu au Par- 
lement que le 29 avril 1784. 

Le 24 oct. 1784, M. Le Rer, supérieur du Séminaire, 
usant du pouvoir qu'il tenait de Mgr de La Rochefoucauld, 
vendit, pour 120,000 1., à M. Jean -Nicolas Sevestre, mar- 



22 



chand à Rouen, « tout remplacement en cours, maisons, 
église, bâtiments et jardins que les Cclestins occupaient 
par eux-mêmes en la ville de Rouen, sur l'Eau-de-Robec, 
en ce non compris un terrain appelé le Cavalier^ vers le 
cimetière de l'Hôpital général ». 

Plus tard, le 8 sept. 1820, une partie de cet emplacement 
fut acquis, pour 38, 000 francs, par l'Hospice-Général. 
M. l'abbé Cochet, dans son Répertoire archéologique de 
la Seine-Inférieure^ en fait mention en ces termes : « Dans 
l'ancienne église, on fait les écoles de l'hospice. L'édifice 
était une belle construction de la fin du xv^ siècle. La 
maison, en retour d'équerre, et ses bâtiments en pierre 
du xvi« et du xviie siècle ». 

Enfin le secrétaire fait circuler la photographie qu'a 
bien voulu lui offrir, pour le portefeuille de la Com- 
mission, M. Tabbé Lavenu, professeur au Petit Sémi- 
naire, qui Ta expliquée dans cette courte note : 

« La Vierge d'ivoire de Colleville, — Elle est 
venue, dit-on, de l'abbaye de Fécamp ou plus proba- 
blement de Tabbaye de Valmont. Dom Gambier, 
moine de Valmont, Taurait emportée pendant la Ré- 
volution. Devenu ensuite curé de Colleville, il la légua 
à ses successeurs. 

» Sculptée dans un seul morceau d'ivoire (sauf le 
rosaire qui est une pièce détachée), elle mesure plus de 
o'"4ode hauteur. L'ensemble est lourd et les draperies 
y sont plus remarquables que les figures. La Vierge 
présente à l'Enfant une grenade entr'ouverte ; l' Enfant, 
d'une main tient un rosaire, et de l'autre ramène sur 
la poitrine de sa mère, un coin de son voile. Les traits 
des figures, surtout de celle de l'Enfant, sont à peine 
esquissés, sans relief et sans finesse. Tout au contraire 



23 



la couronne est finement et délicaiement ciselée, ainsi 
que les deux figures, une^de roi, l'autre de moine, qui 
soutiennent la banderole du socle. 

» L'œuvre a plus de valeur sans doute pour son 
ancienneté que pour sa beauté artistique. Il serait peut- 
être intéressant de la rapprocher des œuvres relatives 
au même sujet, qui se trouvent dans nos églises du 
XV® et du xvi* siècle (par exemple la statue qui orne le 
portail de l'église d'Anneville-sur-Seine). Mais je doute 
qu'on y trouve des ressemblances profondes avec les 
vierges flamandes de la même époque, comme quel- 
ques-uns l'ont pensé. 

» Uœuvre a été évaluée de 5,ooo à 14,000 fr., par 
les amateurs 1». 



A quatre heures la séance est levée. 



A. TOUGARD. 



24 



. SÉANCE DU 24 AVRIL igoS 

Elle ouvre à deux heures un quart sous la pré- 
sidence de M. de Beaurepaire, vice-président. 

Membres présents : MM. Adeline, P. Baudry, 
G. de Beaurepaire, D^ Coutan, Frère, Garreta, Le 
Verdier, Loriquet, Pelay ety^Fabbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. G. Dubosc, Héron et Mali- 
corne. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté 
sans autre remarque qu^un mot aimable pour le secré- 
taire. 

Correspondance imprimée. — Son important dosr 
sier se décompose ainsi : Bibliographie des,.. Socié- 
tés savantes de la France, IV, 2 (nos 6836-7466); 
igo3, in-40; — Annales de la Société... de Château- 
Thierry, 1901 ; 1902, gr. in-S^; — Mémoires de la 
Soc. d* Emulation d^Abbevil le, IV, 1902, pet. in-40; 

— 2^M//e^m idem, XX, 1900, 3-4; — Mémoires de 
la Soc. hist. du Cher, XVII; Bourges, gr. in-8o; — 
Mémoires de la Soc... d'*Avranches et de Mortain, 
XV; Avranches, 1902; — Mémoires de la Soc. 
d"" Agriculture... d*Orléans, LXXI, 1902; — Mé- 
moires et Documents de la Soc. Savoisienne, XLI ; 

— Bulletin archéoL du Comité des Travaux hist., 
1 902, 3 ; — Bulletin de la Soc. des Antiq, de France, 
1 902 ; — Bulletin de la Soc. archéol. d'Eure-et- 
Loir, XI, 5; — Bulletin et Mémoires... de la Cha- 
rente, 1902, 2 ; — Bulletin de la Soc. des Amis des 
Sciences natur. de Rouen, 1902 ; — (Confirmation de 
la mesure prise dans la dernière séance) Bulletin de 



25 



la Soc, de Gand, XI, 2; 190?; — Inventaire ar- 
chéoL idem, XXIX, 1908; — Annual Report 0/ 
Smithsonian Institution^ 1 900. 

Enfin, M. Léon Coutil, le savant ex-président de la 
Société normande d'Etudes préhistoriques, a envoyé 
à la Commission une communication de quatre pages, 
faite par lui au Congrès de Nancy, en igor, et qu'il 
avait bien voulu adresser d'abord en manuscrit à 
M. de Beaurepaire. Ce petit mémoire, sur des Parures 
Scandinaves trouvées dans les départements de V Eure 
et de la Seine-Inférieure y relate la découverte faite à 
Beausseault, en i85 1, et analyse, avec figure, la bague 
très rare, en or, trouvée dans la Seine à Rouen vers 
1892, et déposée au Musée des Antiquités. 

Quant aux fibules de ceinturon, en forme de tortue, 
M. Coutil en fait remonter les premières découvertes 
à i885. Il s'en est néanmoins recueilli plus de dix ans 
auparavant; et leur rencontre eut pour piquant résul- 
tat d'embarrasser singulièrement Tabbé Cochet, aguerri 
pourtant par près de quarante années d'explorations 
souterraines. Aussi sa joie fut-elle extrême, lorsqu'un 
échange de lettres avec M. Worsaë eut satisfait sa légi- 
time curiosité. 

Mort de M. de Glanville, — Voici quatre séances con- 
sécutives qui s'ouvrent par l'annonce du décès de l'un 
de nos confrères. Comme le remarque M. le Prési- 
dent, la perte de M. de Glanville est l'une des plus 
sensibles qui puisse atteindre la Compagnie. Doyen 
d'âge et de promotion de la Commission, dont il fit 
partie durait cinquante-deux ans, avec une assiduité 
que sa grande vieillesse rendait méritoire, M. de Glan- 
ville a pu y raconter de visu des faits (la destruction 



26 



du logis abbatial de Saint-Ouen, par exemple) aux- 
quels avaient assisté les deux générations précédentes. 
Par une persévérante et consciencieuse étude des mo- 
numents, par ses mémoires, notices et œuvres de 
longue haleine, comme membre enfin puis directeur 
de l'Association normande, M. de Glanville a occupé 
avec honneur Tun des premiers rangs dans le grand 
mouvement archéologique du xix^ siècle. Cest pour le 
procès- verbal un devoir de le constater afin qu'on y 
trouve la juste mesure des regrets de la Commission. 

Le Calvaire cTYville, — M. Pelay demande quelle 
suite a pu recevoir la délibération qui a occupé la pré- 
cédente séance au sujet de cet intéressant monument. 
M, le Président répond que nos vœux n'ont malheu- 
reusement aucune chance d'aboutir, le devis ayant 
présenté un travail de reconstruction qui va peut-être 
décupler la dépense. 

La Commission ne verrait pas avec plaisir une 
œuvre nouvelle substituée à ce vénérable débris des 
siècles passés. Mais c'est un cas de force majeure; car 
aux termes mêmes des explications envoyées par M. le 
curé au secrétaire, le 1 3 mars, les sculptures ont été 
trop mutilées par des chutes réitérées pour pouvoir 
subir une réparation durable. « Le morceau est très 
joli et digne d'être rendu à la postérité ». Aussi l'archi- 
tecte, M. Lassire, s'est-il appliqué à en proposer une 
reproduction d'une scrupuleuse fidélité. 

Il y a d'autant moins de chance d'obtenir une solu- 
tion que des instructions ministérielles prescrivent aux 
municipalités de laisser tomber de vétusté 4es calvaires 
situés sur leurs terrains. Cependant le chef de bureau 
demandera l'instant lextrait du procès-verbal, qui lui 



27 

sera remis après la séance pour être joint au dossier. 

Découvertes à Saint-Etienne-du-Rouvray . — Le 
même membre souhaite un court résumé des trois 
notes publiées à ce sujet par le Journal de Rouen, 
vers la fin du mois dernier. Il s'agit de plusieurs cer- 
cueils francs trouvés sous Tancienne mairie. L'un de 
ces sarcophages était divisé en deux parties et percé en 
dessus de deux trous. Depuis i85o on a signalé à dif- 
férentes reprises, dans ce même quartier, d'assez nom- 
breux cercueils mérovingiens, accompagnés d'objets 
en bronze et de céramique du même temps. Il faut 
croire à une agglomération assez considérable d'ha- 
bitants dès le vin® siècle. 

Enseignes disparues. — M. Pelay mentionne en 
outre la disparition de deux anciennes enseignes : de 
la Gerbe d'Or et de VEpi d'^Or, qui ornaient la place 
de la Cathédrale. M. le Président ajoute qu'une troi- 
sième enseigne qui présentait quelque intérêt a été 
soigneusement recueillie par le propriétaire de Tim- 
meuble. 

Colonne commémorative de la bataille d"" Arques, 
— Enfin notre collègue rappelle que ce petit monu- 
ment, qui intéresse notre histoire nationale^ portait une 
inscription qui en précisait la véritable signification. 
Cette inscription en a par deux fois été enlevée. 
M. Pelay propose à la Commission d'émettre le vœu 
que cette inscription soit à nouveau rétablie. La dé- 
pense, d'ailleurs très minime, pourrait être imputée 
sur le crédit affecté aux édifices communaux. Il pré- 
sente à Tappui de sa motion, une vue de cette colonne 
avec le texte qu'elle portait sur sa base. 



28 



La Commission, considérant surtout que cette co- 
lonne est un but de promenade très fréquenté à la belle 
saison, adopte avec empressement la proposition de 
M. Pelay^ et émet à l'unanimité le vœu que l'inscrip- 
tion soit rétablie. Quelques membres se demandent si 
on ne pourrait pas la graver sur la colonne elle-même 
pour diminuer les chances de destruction. 

M. Paul Baudry donne alors lecture des trois notes 
que voici : 

Antiquités gallo-romaines, — D'après une note 
d'un journal dont j'ignore le titre, une fouille prati- 
quée probablement tout au commencement de Tan- 
née, sur la propriété de M. Candavoine, avec les indi- 
cations de M. Delaporte, à Lisieux, a fait découvrir, 
dans une région très fertile en antiquités gallo-ro- 
maines, des objets intéressants, entre autres : une fosse 
de 70 centimètres de long, sur 40 de large, et 3o cen- 
timètres de profondeur. Dans cette fosse remplie de 
charbon se trouvaient 5 petites lampes en terre rouge, 
où Ton peut lire un nom de potier atimeti ; à côté 
étaient 2 petites coupes pour les offrandes, puis 2 sta- 
tuettes incomplètes de Vénus anadvomène; à 5o ou 
60 centimètres de la fosse, une urne en terre rouge, 
une sorte de palet, ayant probablement servi de poids, 
une médaille de Postume, puis i grand vase en tei*re 
grise renfermant des cendres et des ossements calcinés. 
Un peu plus loin, une petite urne avec anse en terre 
blanche, recouverte d*un vernis jaunâtre; çà et là 
3 autres statuettes de Vénus mutilées comme les pre- 
mières, une Faustine, de nombreux débris de poteries, 
de tuiles à rebord, et de vases en terre de Samos. Une 
couche assez régulière de moellons, mélangée de tuiles 



29 

et briques, paraissant former un encaissement, était 
peut-être l'aniique voie qui se dirigeait vers Pont- 

l'Évéque. 

La médaille du Grenier à sel. — Lorsqu'il y a 
quelque temps j*ai eu l'honneur de soumettre à la 
Commission un rare exemplaire d'une médaille en 
bronze frappée en 1714, à l'occasion de la construc- 
tion des greniers à sel, de la place Saint-Sever, aujour- 
d'hui place Carnot, j'ignorais, ce que j'aurais déjà pu 
savoir alors, qu'il est question de ces greniers à sel- et 
de médailles se rapportant à leur construction, chez 
un continuateur, en 1/38, de V Histoire de Rouen, de 
Farin. 

En effet, il y est dit que dans la première pierre de 
ces édifices, furent mises quatre belles médailles d'ar- 
gent, sur un côié desquelles était la figure du roi 
Louis XIV, avec l'inscription : ludovicus magnus rex 
CHBisTrANissiMus. Deux de ces médailles portent au 
revers l'élévation d'un bâtiment avec les mots ; pbovi- 
DENTiA PRiNciPis, et les deux autres l'inscription latine 
dont je vous ai précédemment donné le texte et qui, 
avec l'élévation du bâtiment, couvre l'exemplaire dont 
je suis possesseur.' 

Plusieurs membres expriment le désir que cette mé- 
daille soit reproduite dans le Bulletin. M . le Président 
sera heureux de leur donner satisfaction. 

Inscription. — Il y aura lieu de surveiller cequ'est 
devenue, pendant les travaux de réfection du pont 
Boïeldieu, l'inscription qui avait, de la caserne démo- 
lie, été reportée contre une rampe de ce pont, et qui 
constatait la hauteur des eaux en j 740. 



3o 



Mort de Lottin de Laval. — Une physionomie 
très originale de la région normande est disparue au 
commencement de igoS. Cest celle de Lottin de La- 
val, mort dans sa propriété des Trois- Vais, à Menne- 
val, près Bernay, où s*est écoulée la fin de sa verte 
vieillesse. t 

Lottin de Laval, né près d'Orbec, le 19 septembre 
18 10, était d'une nature très heureusement douée. Ses 
voyages en Orient, ses travaux littéraires archéolo- 
giques et artistiques, le procédé dit de Lottinoplastie 
qui lui est dû et grâce auquel on peut mouler facile- 
ment des incriptions et des bas-reliefs, lui ont assuré 
une grande réputation dans le monde savant; et il 
paraîtra peut-être à propos, quoiqu'il n'appartienne 
pas à la Seine-Inférieure, de conserver son souvenir 
dans notre Bulletin. 

La Cloche d"^ argent. — M. le docteur Coutan rend 
compte comme il suit de la visite qu'il a faite de cette 
cloche : 

M. Régnier (d'Evreux) et le docteur Coutan ont 
visité, le 16 mars 1903, la « Rouvel », dite Cloche 
d'argent. Ils en ont relevé exactement les dimensions 
principales et l'inscription. 

Voic4 ces dimensions : 

Hauteur verticale, mesurée à l'intérieur o" 99 

Diamètre, au niveau de la patte i 33 

La cloche est suspendue au moyen de six anses, 
ornées d'une torsade. 

On lit, au niveau du cerveau, sur une seule ligne, 
l'inscription suivante, en gothiques rondes, hautes de 
3 centimètres : . 



t oin : ion! : loim : mu : vsnm : nrin : foi : rui ; sur» : nrjïT 

La « Rouvel » est une des plus anciennes cloches de 
France ei même d'Europe. A Tappui de ce dire, il 
peui être intéressant de reproduire ici une liste de 
cloches datées ei antérieures au xiv" siècle. Cette liste, 
fort courte, a été obligeamment communiquée par 
M. Berthelé, archivisie du département de l'Hérauli, 
si compétent dans l'espèce. 

CLOCHES DU XII' SIÈCLE 

Iggelbach (Bavière) 1 144 



Sienne (Cathédrale) 1 1 59 

CLOCHES DU XUI« SIÈCLE 

FontenaiUes (Musée de Bayeux) _. . 1 202 

Liposthey [Landes) 1210 

Lichfieid (Cathédrale, Staffordshire) i255? 

Fribourg-en-Brisgau 1 258 

Solre-le-Ciiâteau (Nord) 1 260 

Aix-la-Chapelle (cloche municipale] . ... 1 20 1. 

San-Severino (La Marche, Italie) 1 297 

Notre confrère a vivement regretté de n'avoir pu 
monter jusqu'à la Cache-Ribaud, pour Texaminer 
avec le même soin. 

M. le Président estime que l'inscription qui vient 
d'être citée mériterait les honneursd'un fac-similé. 

Quanta la fêlure de ce vénérable airain, elle a fait 
surgir divers expédients. Il existe plusieurs procédés 
d'en supprimer ou d'en atténuer l'effet sur les ondes 
sonores, mais on comprend . qu'on n'y ait jamais 
recours sans quelque appréhension; c'est d'ailleurs à 
la Ville qu'il appartiendrait d'en décider en dernier 



32 



ressort. On a aussi échangé quelques mots sur un 
projet dont le Journal de Rouen doit s'être fait l'écho; 
il consisterait à refondre une c Rouvel » neuve sur 
les dimensions de l'ancienne, qu'elle remplacerait 
pour le couvre-feu. Il importe en tout cas de pourvoir 
à la conservation de cette doyenne de nos cloches 
locales. 

Le château de Dieppe, — M. le Président demande 
au même membre quelques explications sur la visite 
.des Amis des Monuments rouennais, en vue de sau- 
vegarder ce remarquable débris du vieux Dieppe. 

Notre confrère répond qu'il se propose d'en faire 
l'objet d'une communication détaillée à la Société des 
Monuments; il se bornera donc à déclarer que cette 
visite lui a révélé des particularités pleines d'intérêt 
sur l'architecture de cette forteresse, dont l'existence 
doit être sauvegardée à tout prix. 

La Ville, comme Técrit notre confrère M. Milet, 
demeure dans l'inquiétude sur la conclusion finale; 
aussi M. le maire et une députation des notables se 
proposent-ils de demander une audience au Minis- 
tère. On craint que la conservation ne soit assez stric- 
tement limitée. 

Plusieurs membres sont d'avis qu'il y aurait lieu de 
déterminer avec soin les conditions d'achat des terrains 
qui devront être aliénés, et spécialement que, selon la 
jurisprudence de Jersey et d'autres points voisins de la 
France, ils ne puissent, en aucun cas, devenir la pro- 
priété d'un étranger. M. Pelay demande à la Commis- 
sion d'émettre, sur ce dernier point, un vœu très expli- 
cite, et sa proposition est adoptée à l'unanimité. 

Grilles de protection pour Saint Maclou. — Cette 



33 

intéressante entreprise, toujours urgente, fait vivement 
regretter l'absence de M. Lefori, qui eût pu sans doute 
y apporter quelque lumière. Quelqu'un fait observer 
que la solution tant désirée pourrait bien avoir fait un 
pas, puisqu'un irotioir vient d'être f»sé au côté nord 
de l'édifice. 

L'incendie de Bolbec de lyfiS est connu dans ses 
causes et ses déplorables effets -, ceux de i 583 et 1676 
le sont moins, c'est celle considération qui paraît à 
M. le Président jusiifier la publication des deux docu- 
ments suivants : 

DÉCHARGE D'iHPOSmONS EtJ FAVEUR DO BOUKG 
DK BOLBEC INCENDIÉ 

Du xiin"!* jour de novembre i583. 

Sur la présentation des lettres-patentes iîq Roy, données 
ù Paris le xw!"' juillet derrenîer, par lesquelles sa Ma'*, 
de l'adviz de son Conseil et en considération de la pau- 
vreté où soudainement auroient esté réduictz les manans 
et habitans du bourg de Bollebec-en-Caux, par accideni 
de feu et combustion advenue audit bourg, aiant bruslé 
jusques à vui'^ maisons et autres sortes de logis, mesmement 
le clocher dudict lieu, les acquitez (sic) et deschargez de 
la contribution, paiement des tailles et autres impositions 
à quoy ilz pourroient estre tenuz pour et durant le temps 
de deux années prochaines ei consécutives commençant le 
premier jour du quartier dudit mois de juillet, excepté le 
taillon et gaiges du prévost des niareschaulx. lieutenant 
et archers, et, en oultre, les a aussy deschargez desdictes 
tailles et impositions pour le temps de trois autres années 
ensuivantes, qui seront prînses sur les six consécutives 
esgallement et par moictic, à commencer du jour de l'ex- 
piration des deux précédentes; desquelles tailles et impo- 



^4 

sitions remises, à quelque somme qu'elles puissent monter, 
sa dicte Majesté leur en a faict don, nous mandant icelle 
que, faisant jouir les dictz habitans du contenu èsdictes 
lettces, aions à les tenir quictes et deschargez par les rece- 
veurs qu'il appartiendra desdictes tailles et impositions 
pour le temps contenu cy-dessus, ainsy que plus au long 
elles le contiennent. » Ordonnance conforme (i). 

Requête au Roy pour Vincendie de Bollebec pour 
obtenir quelques fonds pour rebastir Végli^e ( en 
1676). 

Au Roy, 

Et à nosseigneurs de son Conseil. 

Sire, les pauvres habitants incendiés du bourg de Bolle- 
bec remonstrent très humblement à vostrfe Majesté qu'en- 
cor que ce bourg ne fust cy-devant remply [pour la] plus 
part que de personnes de fort peu de bien, néantmoins, 
comme ils sont laborieux, assidus au travail et très dili- 
gents, leur grande industrie dans le commerce de toutes 
sortes de marchandises, leur expérience dans les manufac- 
tures de draperies, de toilles, de futaynes, doubleuvres, 
droguets et autres ouvrages, Tavoit rendu d'autant plus 
marchand qu'il s'estoit remply (2), peuplé d'un grand 
nombre d'artisans de toutes sortes de mestiers tenants 
boutiques/owrwj^e5 (3) de toutes sortes de marchandises 
qui se peuvent débiter dans la campagne et ailleurs, son 
assiete luy donnant cest advantage qu'il est situé au milieu 
des terres, la place de son marché d'une si grande esten- 
due qu'elle renfermoit en son circuit un grand nombre de 
peuples et de marchands qui y abordoient de toutes partz 
et des meilleures villes de vostre royaume pour y acheter 

(i) Archives de la Seine-Inf. F. du Bureau des Finances, 
C. 1269. 

(2) Mot changé. 

(3) Mot ajouté en interligne. 



35 



et vendre toutes sortes de marchandises, bestiaux, grains 
et toutes sortes de choses nécessaires à la vie de l'homme. 
Une petite rivière qui coule à Tentour luy fournissoit des 
pressoirs, des moulins faisantz de blé farine, à fouler draps 
et autres moulins à huille; quantité de tanneurs, mégis- 
siers, chapehers, courroyeurs, tainturiers avec les autres 
corps de mestiers de merciers, essopier, chandelier, dra- 
pier, cordonnier, raareschal, blancheuvre, sellier, bastier, 
clouetier, rouetier, chauderonnier, estaimier, boulanger, 
pâtissier, tailleur d'habits, chaussetier, serrurier et toutes 
sortes de mestiers mécaniques, atiroient tous les peuples 
des environs et des villes prochaines, tant pour le sujet de 
leur commerce que pour la nécessité qu'ilz avoient du 
secours de plusieurs autres personnes qui y résidoîent, 
exerceantz les uns la justice, les autres la médecine (i), 
les autres la chirurgie, pharmacie et autres arts libéraux, 
qui rendoient le lieu commode et nécessaire à tout le 
monde aussy bien que la plus célèbre ville. Et on peut 
encore leur donner ceste gloire qu'il ne résidoit point 
dans leur bourg de faynéantznyde paresseux, puisqu'il n'y 
a rien de plus vray, et qui seroit confirmé par les mar- 
chands des plus grandes villes de vostre royaume, qu'ilz 
estoienc jour et nuict continuellement en course chez eux 
pour acheter ou vendre; et pendant que les uns estoient 
à la campagne, ceux qui restoient dans le lieu s'espar- 
gnoient si peu, de leur part, au travail qu'ils ne donnoient 
que bien peu de la nuit au repos pour faire subsister de 
cette sorte, par le travail et leur industrie, non seulement 
leurs familles, mais encore la plupart des pauvres gentz de 
plus de trois centz parroisses des environs qui vivaient 
soub^ eux par Vemploy qu*il!{ leur donnoient (2), ce qui 
leur donnoit un moyen certain de payer annuellement à 
V. M. plus de quarante cinq à cinquante mil livres pour 

(i) Les mots soulignés sont en marge. 
(2) Les mots soulignés ont été rayés. 



36 



les tailles, sel, aides et autres impositions dont le bourg 
estoit chargé, outre les logements des troupes de V. M . 
dans les quartiers d'hyver, que autres fréquents passages, 
qu'ilz recevoient avec toutes les bonnes intentions et 
Tobéyssance que de véritables et fidelles sujets doivent à 
V. M., sans que cela retardast leur négoce. Mais à pré- 
sent il est trop vray de dire, avec la dernière douleur (i), 
à V. M. qu'il a esté tout d'un coup [ruiné] par une incendie 
funeste et générale de tout le bourg, arrivée le vingt-cin- 
quiesme de juin ierw/er (2), sur les trois heures après midy, 
d'une façon si effroyable et d'autant plus étonnante ^we on 
ne peut pas présumer estre arrivée que par l'invention dé- 
testable de quelques malheureux incendiaires, puisque le 
feu (3), qui parut premièrement à un quartier du marché, 
proche les halles où tout le monde acourut au son du 
beffroy, fust veu, dans un moindre intervalle de demye 
heure, s'allumer à tous les autres quartiers, à diverses 
maisons des environs dudit bourg, avec une activité si 
violente, à cause de la grande ardeur du soleil et de la 
longue sécheresse de l'esté, que ceux qui avoient couru au 
secours de leurs voisins ne trouvoient, à leur retour, plus 
le moyen de rentrer chez eux ny sauver leurs biens, 
voyants leurs maisons brusler avec les autres, et que, à 
moins de trois heures, le feu avoit réduit plus de huict 
centz maisons en cendre et tous les meubles, marchan- 
dises et argent de tous les habitants, dont on n'estime pas 
la perte moindre de quatre millions, ce qui se justiffiera 
par les procès-verbaulx de Monseigneur Tlntendant et de 
Messieurs les Trésoriers de France qui ont descendu sur 
les lieux. L'églize qu'on ne présumoit pas pouvoir estre 
ateinte du feu de ceste incendie par la structure de son 
bastiment, toute de pierre jusques au comble, couverte 



(i) Les mots soulignés sont en marge. 

{2) Dernier en interligne. 

(5) Les mots soulignés sont en marge. 



^ 



37 

d'ardoise, comme son clocher, des plus beaux et plusesle 
vez du bailliage, fut la dernière qui finist ceste fatalle 
tragédie (i) par un semblable emhrazement de la belle (2) 
tour, par la fonte et débris de quatre des plus pesantes cl 
belles cloches du bailliage, cassées et fondues, de toutes 
les chapelles et partie de la nef, sans qu'ony ait peu don- 
ner aucun secours, de sorie que c'est à présent la Hicru- 
salem liestruite et le Temple de Dieu tombé dans la der- 
nière désolation, puisqu'il n'y a pas de lieu où il puisse 
esire à couvert, ny où le S' Sacrifice de la Messe puisse 
estre célébré pour la consolaiion des fidelles catholiques. 
C'est ceste principale considération, Sire, que les ecclé- 
siasiiques et les pauvres habitanz, prosternez aux pîcdzde 
Vostre Majesté; espèrent estre capables d'exciter la clé- 
mence, la grande piété et charité ordinaire pour le réta- 
blissement et rcdificaiion du Temple de Dieu, de l'Arche 
des fidelles, et que vous ne souffrirez pas aussy que le 
pauvre bourg, si fameux par son commerce, par l'indus- 
trie et diligence de ses habitantz et la commodité de sa 
situation, demeure longtemsun spectacle d'horreur dans ia 
veue des misérables restes de l'incendie et à l'avenir une 
campagne déserte, et que vous leur accorderez de vos 
grâces et pour donner courage aux habitans de travailler 
à le restablir et ù tous autres qui y pourront faire leur 
demeure, à l'exemple des habitans du bourg d'Auify (3), 
une franchise en exemption, pendant vingt années consé- 
cutives, de toutes tailles, impositions et logement des gens 
de guerre et une permission de lever au proffict de lad. 
église {5 mots rayés). 

Et ilz seront tenus et obligez de redoubler leurs prières 
et leurs vœux pour la prospérité de vos armées, la contî- 

(1) Ces deux mots substitués à incendie. 

(2) Belle, mot rayé. 

Ci) L'incendie d'Auftay (i() avril [61)3) n'avait laissé debout 
qu'une seule meison. 



38 



nuation de la santé de vostre sacrée personne et de toute 
la maison royalle (5 mots rayés) et à demeurer à jamais 
de Vostre Majesté 

Les très humbles, très fidelles et très obéissantz 
serviteurs et subjects les pauvres (i) ecclésias- 
tiques et habitantz de BoUebec (2). 

Au Roy 
Sire, 

L'incendie arrivée le 2 5 juin 1676, sur les trois heures 
de relevée, au bourg de Bollebec, Généralité de Roiien, 
proche du Havre de Grâce, composé de plus de cinq mil 
habitans a esté si généralle que sept à huit cens maisons 
en ont esté consommées jusqu'aux fondements, quoyque 
la pluspart fussent basties de pierre de taille et de briques, 
ensemble les meubles, marchandises, grains, bestiaux, 
argent monnoyé, titres et papiers, sans que les habitans 
en ayent peu rien sauver, à cause de la violence des flammes, 
qui a esté si grande que ceux qui ont bien ozé s'y exposer 
y ont trouvé leur perte ; et elles se sont mesme estendues 
sur leur esglise, qui estoit composée d'un chœur, d'une 
nef et de deux aisles où il y avoit plusieurs chapelles bas- 
ties de pierre de taille, couvertes d'ardoises qui sont à 
présent démolies, le clocher bruslé, les cloches brisées, 
cassées et fondues, jusqu'aux tombeaux et monuments, de 
sorte qu'il ne reste plus que un** ou cent maisons qui se 
sont trouvées à Tescart et esloignées, et lesquelles ne ser- 
vent qu'à loger les pauvres gens du bourg, ainsy qu'il est 
plus particulièrement justiffié par les procès-verbaux qui 
en ont esté faits, l'un par l'Intendant de la Province, et 

(i) Pauvres, mot ajouté. 

(2) Une main autre que celle qui écrivit cette requête a mis 
postérieurement en tête de cette pièce la date de 1626 dont la 
fausseté est évidente. 



-^0 



l'autre par les Trésoriers de France, qui ont esté envoyez 
au Conseil, en sorte que cet embrasement est l'un des plus 
grands qui se soit encore veu en France, et le dommage 
et perte duquel monte à plus de trois millions de livres, 
et dont il n'a pas esté possible de connoistre la cause ny 
d'y donner aucun remède, quelques soins que les habi- 
tans y ayent aporté, qui par ce malheur, imprévu autant 
qu'il est innocent de leur part, les a réduits à de si grandes 
extrémitez qu'ilz n'ont plus où s'habiter ny de quoy con- 
tinuer leur négoce en manufactures de draps, frocs, toiles, 
fil, laines, cuirs, grains, si utiles à la navigation et au bien 
du commerce. Ce qui les oblige d'implorer la bonté de 
Vostre Majesté pour la supplier très humblement de les 
descharger, du moins durant quinze ans, de toutes tailles, 
aydes et autres impositions, mesmedes arrehagesdu passé, 
et, attendu qu'ilz n'ont pas de quoy restablir leurs esglises 
et maisons, leur permettre de faire couper dans la forêt 
de Bretonne, qui est la plus prochaine du lieu, telle quan- 
tité de bois qu'il sera jugé nécessaire, suivant l'advis de 
l'Intendant de la province ; mesme un délay pour payer 
leurs debtes ; et préférence à ceux qui voudront bien leur 
prester leurs deniers pour rebastir, à l'exclusion de tous 
autres créanciers. Autrement ils seroient obligez d'aban- 
donner ledit lieu pour toujours, au grand préjudice de 
plus de dix mil pauvres paisans des lieux et circonvoisins 
à qui ils font gagner leur vie dans leur négoce, et encore 
des villes de Rouen, Dieppe et du Havre, qui profitent 
beaucoup de leur commerce ; ilz seront d'autant plus obli- 
gez de continuer leurs prières pour la santé et prospérité 
de Vostre Majesté. 

L'abbé Tougard résume de vive voix la note qui 
suit et offre en même temps au portefeuille de la 
Commission, de la part de M. le curéd' Arques, quatre 
bonnes photographies prises le i6 février, et environ 



40 

un mois après, ainsi que le plan, au centième d'exé- 
cution dressé avec beaucoup de soin par M. Pabbé 
Caumont lui-même, et daté du 23 mars. Des remer- 
ciements sont offerts à M. le curé. 

Fouilles à la mal adrerie d* Arques. — Une inté- 
ressante campagne archéologique s'est naguère opérée 
à Archclles dans les conditions assez curieuses que 
voici : 

Tout rhonneur en revient au châtelain du joli ma- 
noir, M. Edouard Lecorbeiller, propriétaire de la 
Maladrerie, qui est située, comme Ton sait, à une 
très faible distance au-dessous de la colonne commé- 
morative. Par un contraste piquant, le sol interrogé 
par Pabbé Cochet, presque au même point, avait 
refusé de répondre. 

Le nouveau curé d'Arqués, M. Pabbé Caumont avait 
été mis en éveil par les cercueils et par le fragment de 
dalle tumulaire, signalés en leur temps à la Commis- 
sion. Un tronçon de maçonnerie, d'aspect à peu près 
circulaire, provoqua son attention. Sur ses instances 
réitérées, M. Lecorbeiller se décida à des déblaiements 
considérables, d'abord un peu plus bas sur le chemin 
d'accès qui recouvre d'anciennes maçonneries. Ce 
grand travail a été accompli cet hiver par le brave fer- 
mier uniquement aidé de ses deux filles. Sur une pro- 
fondeur moyenne de i à 2 mètres, ils ont remis au jour 
une superficie de 140 mètres carrés environ, apparte- 
nant à deux constructions bien différentes. 

Le bâtiment du côté nord, flanqué à l'angle occiden- 
tal de la tourelle qui a fait entreprendre la fouille, pré- 
sente une vaste pièce encore imparfaitement dégagée, 
de 5"» 10 de largeur, pourvue d'une cheminée de 



4' 

2" o6 d'ouverture; le tout est entouré d'un mur de 
G™ 60 d'épaisseur. 

Au sud-est se développe avec une orientation bien 
cherchée, puisqu'elle a empêché le parallélisme des 
murailles, l'autre édifice beaucoup plus intéressant, 
puisqu'il n'est autre que la chapelle de la Maladrerie, 
celle-là même apparemment dont Eudes Rigaud fit la 
dédicace, le 12 juillet 1257. 

Elle mesure près de 22 mètres de longueur sur 
6™ 5o de largeur, les proportions d'une église de vil- 
lage. Les murs, flanqués de quatre contreforts de o"™ 80 
de largeur, sont épais de o" 85. Le chœur occupe, à 
Test, seul, une longueur de 9 mètres et se trouve sé- 
paré de la nef par deux autels larges de 2"' 26, comme 
le maître-autel du fond. Sur la droite, un mur qui n'a 
que o™ ?o d'épaisseur isole le bas de cette nef sur une 
largeur de S'" lo et une longueur de 4"^ 40, avec porte 
toute voisine de l'entrée principale. Sauf meilleur avis 
ce petit réduit semble avoir été réservé aux lépreux. 

Des fragments de colonnes, qu'on dirait sculptées 
depuis quelques mois seulement, se dressent encore, 
çà et là, dans les ruines des murs; et pour compléter 
le pittoresque, au milieu du chœur, un pommier cor- 
respond au magnifique noyer de la nef. Ces arbres, 
qui font songer à ceux du théâtre romain de Saint- 
André-sur-Cailly, sont appelés à disparaître : car ils 
recouvrent vraisemblablement des sépultures, sinon 
des caveaux dont l'ouverture ne peut manquer d'ajou- 
ter une page à l'histoire de cette maladrerie. 

Jusqu'ici, en effet, ces énormes terrassements n'ont 
donné que quelques fragments de pavés vernissés du 
Kvie siècle, dont voici les échantillons, avec une pierre 
où est gravé le nom de S. Médard. 



42 

Sur la demande du secrétaire, M. le curé d'Arqués 
a bien voulu offrir à la Commission deux photogra- 
phies et un plan qu'il a levé lui-même avec un grand 
soin.. Mieux que toutes les descriptions, ces trois pièces 
perpétueront dans nos archives le souvenir de cette 
fouille si remarquable à tant de titres. 

Le port de Tramanfleur. — M. Loriquet demande 
à M. le Président s'il peut lui prêter quelque secours 
pour déterminer l'emplacement de ce port, que cite un 
document du xiv^ siècle. M. de Beaurepaire n'en a 
aucune connaissance, et dit qu'il peut s'agir d'une 
simple anse aujourd'hui disparue. 

La Commission est ainsi amenée à échanger quel- 
ques idées sur l'altération des noms de lieu, qu'il 
serait à propos de redresser toutes les fois qu'on le 
pourrait avec certitude. M. le Président remarque que 
cette tâche serait infinie; sur quoi on reprend qu'il ne 
saurait être question de l'entreprendre méthodique- 
ment; mais que les corrections consignées au hasard 
des découvertes et des notices oîi elles se publieraient, 
seraient toujours autant d'acquis. M. le Président 
ajoute que la direction des cartes de l'Etat-major a 
parfois cherché à s'éclairer auprès des archivistes. A 
propos du nom Sainte-Adresse, inconnu aux calen- 
driers, écrit sur une carte « Sainte- Andresse » mais où 
le mot Adresse pourrait bien signifier a sentier es- 
carpé », il explique que les noms d'hommes eux- 
mêmes ne sont pas à l'abri de ces mystifications pré- 
tendues scientifiques; et qu'après les rébus du moyen 
âge Cantus lupi (Canteleu), Risus bovis (Ribeuf), De 
Victo fluctu (Vittefleur), on en est venu, en le lati- 
nisant, à sanctifier le peintre Saintigny. 



43 

Un des plus récents quiproquos de ce genre est sur 
l'heure corrigé par M. G. de Beaurepaire. Le Hêtre à 
rimage, devenu le nom d'une halte de la ligne d'Or- 
léans, devrait exactement se lire le Hêtre au Dimage. 
Quand ces incorrections sont une fois consacrées par 
Tusage, rien n'est plus difficile que de les supprimer; 
et on sait au prix de quelles démarches l'abbé Malais 
vint à bout de faire rendre à sa paroisse son véritable 
nom de Martin-Église, 

La séance est levée à quatre heures moins le quart. 



A. TOUGARD 



44 



SÉANCE DE rç JUIN igoS 

Elle s'ouvre à deux heures un quart, sous la prési- 
dence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Membres présents : MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, Coutan, Deglatigny, Garreta, Lefort, Le 
Verdier, Pelay, de la Serre, de Vesly et Tabbé 
Tougard. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté 
sans observation, sous le bénéfice de diverses commu- 
nications qu'il va provoquer. 

Correspondance imprimée. — Telle en est Ténu- 
mération : Mémoires de la Société archéoL de 
Montpellier, III, i; iqoS; — Dictionnaire du 
Rouer gue, par Affre; Rodez, igoS; gr. in-S» ; — 
Bulletin arehéol.,. de Tarn-et- Garonne, annéQ 1902, 
4 livraisons; — Bulletin trimestriel.,, de Touraine, 
1903, I ; — Bulletin de la Soc. archéoL de Nantes, 
1902, 2e semestre; — Bulletin de la Soc... de VOr- 
léanaiSy n® 176; — Bulletin de la Soc. des Anti- 
quaires de r Ouest, 1902, 4; — Bulletin de la Soc. 
Dunoise, n° 1 33 ; — Bulletin de la Soc.deLangres, 
no 66 ; — Bulletin de la Soc. archéoL de Bordeaux, 
XXIII, i et 2; — Bulletijn... te Gent, XI, n"^ 3; — 
Soc, arehéol. de Constantine, cinquantenaire, 
t. XXXV. 

Trois hommages d'auteurs, qui reçoivent les remer- 
ciements de la Compagnie : Les Cuirasses celtiques 
de Filly-Hamat, par M. le comte 01. de Beauregard ; 
— Recherches sur Valliquerville, par notre confrère 
M. Beaucousin; — Excursion arehéol. de Neufchd- 



45 

tel à Gaillef ont aine, i9o3, par un autre collègue, 
M. G. de Robillard de Beaurepaire. 

Enfin deux circulaires : i® Du Ministère de Flns- 
truction publique, du 9 courant, pour annoncer qu'il 
participera à l'Exposition internationale qui se tiendra 
l'an prochain, à Saint-Louis des États-Unis; 2° le 
29 mai dernier la Société historique de New-Haven, 
enConnecticut, a exprimé le désir d'échanger ses publi- 
cations avec notre Bulletin. La Commission consultée 
accepte la proposition avec reconnaissance. 

Sceaux des Chartreux, — L'omission de ces pièces 
par Canel, persuade à M. le Président que ces cachets 
ne sont pas communs, et il en place sous les yeux de 
nos collègues deux types différents. Plusieurs membres 
souhaitent que le plus important soit reproduit par un 
dessin qui puisse être inséré dans le Bulletin. 

M. G. de Beaurepaire accroît ce petit dossier de 
quatre photographies prises sur les constructions claus- 
trales qui subsistent encore. 

Maladrerie d'Arqués, — Le même membre s'est 
livré à quelques recherches sur les dernières mentions 
relatives à Texercice du culte dans Téglise Saint-Etienne. 
Il les résume de vive voix, et en promet l'analyse plus 
méthodique que voici : 

NOTE SUR LA MALADRERIE d' ARQUES 

Dans la séance du 24 avril dernier, M. l'abbé Tougard 
fit passer sous nos yeux des photographies prises sur l'em- 
placement de l'ancienne léproserie d'Arques. Elles nous 
montraient le bas des murs de la chapelle Saint-Etienne, 
enfouis jusqu'ici sous les terres d'un verger et récemment 
mis à jour. 



46 

Il m'a paru intéressant de rechercher à quelle époque 
cette chapelle avait pu disparaître. 

D'après Dom Duplessis, un arrêt du Conseil du 22 dé- 
cembre 1694 aurait uni cette maladrerie à l'hôpital de 
Dieppe; mais cette union n'aurait point eu d'effet (i). 

Les PP. Jésuites de Dieppe, ruinés par le bombarde- 
ment de 1694, obtinrent, en effet, un brevet d'union à 
leur maison de la chapelle Saint-Etienne, dont la collation 
appartenait au Roi. 

Le 24 décembre 1707, le P. de la Crochinière, leur pro- 
cureur, adressait à l'archevêque une requête à l'effet de 
procéder à cette union. 

Après conclusions du promoteur Carrey de Saint-Ger- 
vais, Mgr d'Aubigné ordonna une enquête et en chargea 
Pierre Yvart, licencié en théologie. 

L'enquête eut lieu les 21 et 24 septembre 170S. Des 
dépositions faites par les témoins nous extrayons ce qui 
suit : 

« Jean Cauvet, curé de Bouteilles, connaissait la cha- 
pelle Saint-Etienne, située sur la paroisse d'Archelles. Il 
savait, à n'en pas douter, que depuis plusieurs années on 
n'y célébrait jamais la messe, si ce n'est le 26 décembre, 
jour de Saint-Etienne. Il ajoutait : « Presque tous les ans, 
» la récolte du fermier est repostée dans lad. chapelle, et 
» on ne la retire que vers le temps de lad. feste pour mettre 
» lad. chapelle en estât de décence ». 

Laurens Croisé, conseiller et procureur du Roi au 
siège de l'Amirauté de Dieppe, déclara que les Jésuites 
avaient considérablement perdu au bombardement de 
1694 et qu'ils n'étaient plus qu'au nombre de 4 prêtres. 

Pierre Guillot, chapelain et directeur de Thôpital gé- 
néral du Pollet, nous apprenc^ que le s"" Le Tellier était 
titulaire de la chapelle et qu'il y faisait dire l'office une 

(i) Description de la Haute Normandie, tome I, p. ii3 et 
p. 139. 



fois par an, le jour de Saint Etienne. Il ajoute : « qu'à lad. 
» chapelle apartient un droit de chauffage dans la forest 
» d'Arqués ». 

On entendit encore comme témoins : Guillaume Gilles, 
curé d'Ancourt; François de Leury, maître chirurgien 
juré à Dieppe; François Le Comte, marchand h Dieppe; 
Jacques Touchais, lieutenant-général en l'Election d'Ar- 
qués. Leurs dépositions confirmaient celles des autres 
témoins sur l'état d'abandon de la chapelle. Il semble ce- 
pendant que le revenu s'élevât à 5 ou 600 livres. En tout 
cas, tous se montraient favorables à l'union sollicitée. 
Devant les résultats de l'enquête, le promoteur déclara 
ne faire aucune opposition à l'union, qui fut décrétée par 
l'archevêque, le 28 décembre 1708. Les religieux devaient 
seulement respecter les droits du s»* Le Tellier, titulaire 
actuel, sa vie durant (i). 

En 171 5, Mgr d'Aubigné vint visiter Arques et Ar- 
chelles. Dans les procès-verbaux de ses visites, il n'est plus 
question de la maladrerie de Saint- Etienne (2). 

Dom Duplessis nous apprend que le curé de Saint- 
Jacques de Dieppe était titulaire de la chapelle de Saint- 
Etienne, et que les Jésuites n'avaient commencé à jouir 
de ce bénéfice qu'après la mort de celui-ci, arrivée en 1725. 
Or, c'est précisément en 1725 que Mgr de Tressan relevait 
les Jésuites de l'obligation qui leur avait été imposée de 
célébrer 2 messes par semaine à Saint- Etienne. Ainsi, il 
est évident qu'à cette époque la chapelle était depuis long- 
temps en ruines. 

Saint- Pierre-de-Franqueville — Antiquités di- 
verses. — M. le Président groupe sur le bureau un 
lot très considérable d'épaves archéologiques, que 

(i) Archives de la Seine-Inférieure, G. 1490. 
(2) lbid,y G. 739. 



48 

M. Vaussier a recueillies avec un zèle qui l'honore. 
A des hachettes préhistoriques de grandes dimensions 
se trouvent jointes des monnaies et autres débris 
romains, poteries, etc. La tradition locale placerait au 
lieu de la trouvaille le centre primitif du village, qui 
s'est aujourd'hui déplacé. M. de Beaurepaire ne peut 
qu'encourager M. Vaussier à poursuivre son explo- 
ration . 

M. de Vesly annonce qu'il a l'iniention de prati- 
quer une fouille à Franqueville près de la mare du 
Tuit. 

Il met ensuite sous les yeux de la Commission le 
plan de Téglisede Bailleul-Neuville, dressé par M. Le- 
heurteur, architecte à Neufchâtel, ainsi que des pho- 
tographies dues également à celui-ci: Ces documents 
donnent remplacement et la figure du tombeau récem- 
ment découvert, ainsi que d'un petit sacraire à arcade 
trilobée. Ils servent également à diriger la discussion 
qui s'est élevée sur cette découverte et à montrer que 
le tombeau mis au jour par la démolition des boiseries 
du xvm^ siècle est bien différent de la dalle tumulaire 
que certains archéologues désignaient comme ayant 
recouvert le corps de Jean de Bailleul, roi d'Ecosse. 
Attribution dont M. d'Estaintot avait fait justice 

Le plan et les photographies sont offertes par M. de 
Vesly, pour les archives de la Commission. 

A propos des objets qui viennent d'être présentés à 
la Commission, M. Lefort demande comment expli- 
quer que dans un sol réputé vierge on puisse rencon- 
trer des hachettes polies, jusqu'à une profondeur de 
cinq ou six mètres. 

M. Le Verdier répond que, selon toute apparence, 
ces hachettes dont Tusage s'est prolongé jusqu'en des 



49 

temps beaucoup plus rapprochés de nous qu'on ne 
l'imagine généralement, ont dû glisser peu à peu entre 
les couches des divers terrains qu'elles ont rencontré. 
Cette conjecture s*appuie sur une pratique ordinaire 
à la culture locale. La marne, en effet, que nos pay- 
sans répandent sur leurs terres, est encore visible plu- 
sieurs années après à intérieur du sol. 

Grilles de Saint-Maclou, — Le public sait déjà 
depuis plusieurs semaines, dit M. Lefort, que la clô- 
ture va être incessamment posée dans la rue Martain- 
ville, grâce au concours de la ville et du département. 
L'État s'étant absolument refusé à toute allocation, 
c'est notre collègue, M. Pabbé Loih, qui s'est empressé 
d'intervenir pour compléier les fonds. 

Il ne faut pas se dissimuler que tout ce qui aura été 
fait demeurera insuffisant, tant qu'on n'aura pas 
étendu la protection des grilles jusqu'à la façade même 
du monument. 

Rouen — Céramique romaine, — M. de Vesly 
promet de rédiger pour le procès-verbal une notice 
abrégée des découvertes qui se sont de nouveau pro- 
duites aux Nouvelles-Galeries, et dont il fait circuler 
les pièces principales. 

M. de Vesly a recueilli, au milieu de nombreux 
débris de vases gallo-romains, retirés des fondations 
des Nouvelles-Galeries, rue Grand-Pont, à Rouen, 
trois fonds d'écuelles ou de bols en poterie rouge, avec 
ces empreintes sigillaires : scotns [Scotuus] cacasim 
[Cacasi Manus] et celle en deux lignes : 

ONESM [Onesimus] 
c ANNi [Caii Anni] 



3o 



Cette dernière marque est d'un potier d'Arezzo, et 
par conséquent d'origine italienne. Tous les noms 
cités figurent daift le Corpus Inscriptionum lati- 
narum . 

M. de Vesly complète sa communication en mon- 
trant une an téfixe trouvée aussi rue Grand-Pont. Ce 
rare et curieux spécimen de la céramique antique 
mesure o»" i55 de largeur et o™ i3o de hauteur (la par- 
tie supérieure est brisée) . Son ornementation se com- 
pose d'une tête radiée de palmes dans le style des coro- 
plastes de TEtrurie. Le musée de Saint-Germain n'en 
possède pas de semblable, et notre collègue espère bien 
que ce curieux vestige sera offert à notre collection 
départementale des antiquités. 

Auffay» — M. Pelay rappelle que le 3 mai dernier, 
un journal a relaté qu'un vase intéressant venait d'être 
trouvé dans ce bourg. Plusieurs membres observent 
à ce propos que ces sortes de nouvelles ne peuvent être 
enregistrées par la Commission qu'avec la plus pru- 
dente réserve, les correspondants dont elles émanent 
n'ayant souvent qu'une compétence au moins discu- 
table. 

Château du Champ- de-Batai lie, — Le même 
membre se permet de saluer avec bonheur la conser- 
vation de ce beau domaine historique, situé dans la 
commune de Sainte-Opportiine-du-Bosc, canton du 
Neubourg (Eure). Il vient d'être acheté par M. le 
vicomte d'Harcour 

Colonne commémorative de la bataille d* Arques, 
— Il demande enfin ce qui a pu être fait pour le réta- 
blissement de l'inscription qui précisait l'intérêt de ce 
petit monument. 



5i 



On répond que le vote de la Commission reste 
acquis, bien que rien n'ait déterminé les moyens d'en 
assurer Pexécution. Après un échange de réflexions, 
on incline à penser que, sans faire appel aux fonds 
départementaux, sur lesquels la Commission semble 
avoir des droits plus ou moins reconnus, l'initiative 
pourrait utilement être prise par M. le maire d'Arqués, 
visant la délibération de la Commission. 

U archéologie à outrance, — M. Lefort entretient 
la Compagnie d'une procédure archéologique qui vient 
d'être mise en vigueur à Sens. A la suite d'une décou- 
verte fortuite qui a résulté d'une restauration, le Pré- 
sident d'une Société locale, que la trouvaille avait vive- 
ment intéressé, a fait prendre une décision qui pres- 
crit la démolition intégrale de toute portion ancienne 
de muraille attaquée par un remaniement. Quelques 
membres ne sont pas sans faire valoir les raisons plau- 
sibles qui appuient cette manière d'agir. 

Le plus grand nombre estime toutefois qu*en tout 
état de cause mieux vaut laisser à leur place primitive 
les fragments antiques qu'on n'en tirera pas le plus 
souvent sans bien des chances de destruction. 

M. de la Serre offre au portefeuille de la Commis- 
sion deux dessins fort soignés, avec la courte notice 
qu'on va lire. Il en est vivement remercié par ses 
collègues. 

Clocher de Cottévrard. — L'église de Cottévrard 
(canton de Bellencombre) possède à son portail une 
tour du XVI* siècle, ogivale, très ornée, qui provient de 
l'ancienne église supprimée de Saint-Nicolas, de 
Rouen. Cette reconstruction, due à M. Courionne, 



52 



architecte, a été faite en 1843, aux frais de M. de Gro- 
mesnil de Carpiquet; elle a été exécutée avec beaucoup 
de soins et même d'habileté. Car toutes les sculptures 
fort riches et fort délicates sont intactes et donnent 
presque l'impression d'une construction neuve. 

Manoir de Calletot, — Le second dessin offert par 
M. de la Serre à la Commission, donne la façade 
principale du manoir de Calleiot, près de Bolbec; c^est 
une construction de la fin du xvi* ou du commence- 
ment du xvn« siècle, remarquable surtout par son 
appareil, formé d'assises alternées de pierre blanche, 
de brique rouge et de silex noir, formant des damiers 
et des losanges; ce mode de décoration est assez 
employé dans la contrée; on le retrouve dans les murs 
de réglise Saint-Eustache. 

Le manoir de Calleiot est aujourd'hui une ferme : il 
est maintenant réduit à cet étroit pavillon d'entrée, 
fianqué de deux tourelles cylindriques; mais Tensemble 
du manoir a dû être plus considérable. On a remplacé 
les bâtiments du xvi« siècle par des constructions sans 
caraaère. 

L'abbé Tougard ajoute que cet intéressante demeure 
seigneuriale, située près de la grande route, mais dis- 
simulée par des rideaux d'arbres, n'a pas été connue 
de l'abbé Cochet. Notre ancien collègue Brianchon, 
malgré son zèle pour les moindres antiquités locales, 
ne le vit qu'après la mort de Tabbé Cochet ; il avait 
commencé, sur Calletot, une notice qu'il ne lui a pas 
été permis d'achever. 

Portraits de l'Archevêché, — M. Le Verdier sou- 
met à la Commission ce qu'on lui a naguère raconté : 
que le grand portrait du cardinal de Bonnechose, 



s 3 



peint par Dupuy-Delaroche a été récemment trans- 
formé en médaillon, ce qui a fait disparaître la signa- 
ture. Une semblable modification aurait été pratiquée 
sur un autre tableau archiépiscopal. 

Bien que l'Archevêché fasse partie du domaine pu- 
blic, les faits en question sont d'ordre tellement intime 
que la Commission se refuse absolument à intervenir. 
Mais nul ne peut être surpris qu'elle exprime un regret 
sur ce qui a eu lieu. 

r 

Calvaire d'Yville, — Les prévisions exprimées à la 
dernière séance pouvaient faire présumer que cette 
question ne reviendrait plus à notre ordre du jour. 
Cependant le secrétaire croit que la Commission enten- 
dra avec intérêt la lettre qu'il a reçue le 2 mai, de 
M. le curé d'Y ville, avec une copie de la lettre envoyée 
par la Préfecture à la mairie. Tout cela ne compor- 
terait guère l'insertion au procès-verbal, sauf pourtant 
la conclusion du curé : « Je ne m'en occupe plus; le 
dossier restera aux Archives à titre d'information et de 
curiosité ». 

11 est fâcheux que l'ensemble des circonstances ait 
amené à prendre de toutes les solutions celle qui pré- 
sentait en tout genre le plus de difficultés. Car c'est ici 
surtout que la théorie du moins possible devait avoir 
la préférence. 

A quatre heures moins le quart, la séance est levée. 



A. TOUGARD. 



54 



SÉANCE DU 3i JUILLET igoS 



Elle ouvre à deux heures un quart, sous la prési- 
dence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Assistent à la siance : MM. Adeline, P. Baudry, 
G. de Beaurepaire, de Bellegarde, docteur Coutan, 
G. Dubosc, Garreia, Le Verdier, Pelay, de la Serre et 
Tabbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. Deglatigny, Malicorne et 
Milet. 

Après lecture, et à la suite de Taddition d'une phrase 
que propose M. Pelay, on adopte le procès-verbal de 
la précédente séance. 

Correspondance imprimée, — Y figurent les pièces 
ci-après : Mémoires de la Société... de PAube, LXVI, 
1902; — Bulletin de la Soc... de Soissons, i8gg\ — 
Bulletin de la Soc... du Midi de la France, n^^ 29 
et 3r; — Bulletin de la Soc. des Antiquaires de 
Picardie^ 1901, 4; 1902 compl.; 1903, 1 ; 4 livrai- 
sons ; — Bulletin de la Soc. d'' Eure-et-Loir ; n®s 6 et 7 ; 
— Bulletin de la Soc... deVOrne, 7 livraisons : XX, 
3 et 4; XXI, I à 4; XXII, I ; — Bulletin de la Soc. 
Dunoise, 1^4; — Bulletin d*Hist. eccles... de Va- 
lence, 129 à i32, 4 livr. ; — Bulletijn.., te Gent, 
1903; — Inventaire archéol. de Gand, xxx; — Dis- 
cours de MM. Omonty Julianet G. Bi^os, au Congrès 
des Soc. sav. tenu à Bordeaux, 1902; — Programme 
du Congrès des Soc. savantes à la Sorbonne, pour 
1904. 

Bulletin. — M. le Président met en distribution les 
procès-verbaux de Tannée 1902, qui terminent le 



55 



tome XII, de nos Bulletins, et conséquemment ren- 
ferment les trois tables ordinaires. Des remerciements 
sont adressés au rédacteur de ces tables. 

M. Pelay avait pris la peine de transcrire pour cetie 
séance les lignes gravées sur une pierre que conserve 
M. Augustin Lemarchand. Or, il se trouve que ce 
texte a été présenté à la Commission, par M. P. Bau- 
dry, dès le 20 mai 1892 (Bulletin, IX, î55). 

Ferronnerie, - Le même membre signale la dis- 
parition des remarquables grilles d'imposte qui déco- 
raient la maison bien connue jadis sous le nom de 
pharmacie Mézaize. M. le docteur Derocque en a 
racheté quelques-unes. On rappelle à ce propos que, 
par une disposition peu ordinaire, cet immeuble était 
engagé dans Penceinte de l'église Saint-Georges. 

Maisons canoniales, — Signalant la physionomie 
particulière que conservent aujourd'hui encore, à 
Noyon notamment, les anciennes demeures des cha- 
noines, notre confrère demande à M. de Beaurepaire 
s'il serait possible de déterminer quelles furent, à 
Rouen, les habitations de ces dignitaires de la métro- 
pole. 

M. le Président répond qu'on n'y parviendrait qu'a- 
près de longues et pénibles recherches. Il ajoute qu'un 
certain nombre de ces maisons n'appartenaient pas 
au Chapitre, et que plusieurs d'entre elles étaient mises 
en location par les titulaires qui avaient droit d'y rési- 
der. La rue des Chanoines n'en renfermait que deux; 
mais on en rencontrait rue de la Chaîne et rue Mas- 
sacre. 

Vhydrographe Descheliers, — En excusant son 



56 



absence, notre confrère, M. Milet, rappelle que 
M. Léopold Delisle a, au mois de décembre, parlé 
dans le Journal des S avants ^ d^une mappemonde 
signée Descheliers et datée de i543. Il se propose 
d'écrire à ce sujet un mémoire pour le Congrès de 
Géographie qui va se tenir à Rouen. Enfin il commu- 
nique à la Commission, sur le cachet de Desceliers, la 
note suivante qu'il a insérée dans un journal de 
Dieppe : 

a Ce cachet-matrice est formé d'un double balusire 
en cuivre dont Télégant dessin appartient bien au xvi« 
siècle ; à chaque extrémité est un cachet rond gravé : 
l'un, d'un écusson aux armes de France, surmonté 
d'une couronne fermée et flanquée de deux C couron- 
nés, exactement comme sur les monnaies de Charles IX; 
l'autre, également d'un écusson orné d'une sphère 
cosmique dont le pied est tenu par un puissant bras, 
surmonté d'un fleuron et accosté des deux lettres 
P. D., initiales de notre célèbre géo-hydrographe, au 
sentiment de M. Bénoni Ropert qui offre gracieuse- 
ment ce précieux objet à notre Musée. Attribution fort 
plausible, que je partage absolument, si nous consi- 
dérons que Desceliers a dû naître dans les premières 
années du xvi« siècle, que ses grands travaux se trou- 
vent, à l'heure présente, circonscrits entre les dates de 
1 543-1 553, et que par conséquent il a fort bien pu 
vivre sous Charles IX dont l'accession au trône est 
de i56o. 

» Conclure d'après le cachet à l'écusson royal, dont 
il usait concurremment avec le sien, qu'il fut investi 
d'une fonction publique se rapportant à l'enseigne- 
ment hydrographique dans notre ville, ce serait don- 



57 

ner raison à Thistorien Desmarquets,qui erre sur tant 
d'autres points. Notre double cachet mesure o,o56 mil- 
limètres de longueur et les extrémités gravées ont 
2 centimètres de diamètre. Nous ne saurions trop 
remercier M. Ropert de Tintérêt qu'il prend au 
Musée ». 

Franqueville — Antiquités diverses, — M. Vaus- 
sier a découvert dans ce village plusieurs antiquités 
dont M. le Président présente les types les plus inté- 
ressants : une belle hachette en silex (o™ i3 X o^oq), 
trouvée dans l'argile à une profondeur de 4 mètres, et 
une grande meule en poudingue de o™ ?o de diamètre 
sur 0^095 d'épaisseur. 

M. de Beau repaire fait ensuite, pour son propre 
compte, trois communications : il groupe d'abord des 
notes sur la généalogie des Fiérabras, dont la famille 
pourrait être originaire de Rouen. (Ces notes, encore 
incomplètes, sont réservées pour un prochain bulletin.) 

ÉTAT DES ÉGLISES DEPENDANT DU PRIEURÉ DE 
LONGUEVILLE, I/SS. 

Les églises construites dans nos campagnes depuis les 
premières années du xix^ siècle présentent toutes un ca- 
ractère d'unité qu'on est loin de rencontrer dans celles 
d'une époque antérieure. Gela tient à ce qu'autrefois il y 
avait une grande distinction à faire entre la nef et le chœur 
ou chanceau d'une église. La nef était à la charge des pa- 
roissiens, le chœur à celle des décimateurs. Les intérêts 
n'étant point les mêmes, il était rare que l'accord s*établît 
entre les paroissiens et les décimateurs. Il était difficile 
aussi qu'il ne s'élevât point quelques contestations entre 
ces derniers au sujet de la part qui leur incombait dans les 
frais de reconstruction ou de restauration, à proportion 
de la part des dîmes qu'ils percevaient. 



58 



Il paraîi évident qu'à Torigine le chœur était, en géné- 
ral, très resserré, mais que, dans les derniers siècles, par 
suite d'un changement de goût, il y eut tendance h l'étendre 
au-dessous de la voûte du clocher, assez ordinairement 
placé entre le chœur et la nef. D'où naissait une question 
assez délicate h débattre entre décimateurs et paroissiens, 
à savoir si, dans telle et telle église, cette partie intermé- 
diaire dépendait de la nef ou du chœur, et conséquem- 
ment si le clocher (c'était une grosse affaire) était à la 
charge des paroissiens ou à celle des décimateurs. On 
comprend par là comment une question de droit devenait 
une question d'archéologie et pourquoi des plaidoyers 
d'avocats, des observations d'hommes d'affaires, peuvent 
nous fournir des renseignements précieux pour l'étude de 
nos anciennes églises. 

Je citerai, à titre d'exemple, entre autres docu- 
ments à consulter, les notes d'un agent du prieur du 
prieuré de Longueville rédigées au sujet des églises qu'il 
avait été chargé de visiter, en 1788 (i). Je n'ai point re- 
cherché ce que pouvait être cet agent. Assurément ce 
n'était point un érudit ni un lettré. Mais c'était un obser- 
vateur qui notait tout ce qui pouvait intéresser, au point 
de vue pratique, le personnage dont il avait la confiance. 
Les petites notices qu'il a rédigées mériteraient toutes de 
prendre place dans les monographies des paroisses qu'elles 
concernent. Nous avons dû les abréger, mais nous en avons 
retenu assez pour en faire comprendre Tintérct. 

Le prieur de Longueville, à qui elles étaient destinées 
était Biaise-Marie d'Aydie, du diocèse de Périgueux, che- 
valier de Saint-Jean de Jérusalem. Il avait été nommé à 
ce prieuré, le 22 avril 1738, en remplacement de Charles- 
Joachim Colbert de Croissy, cvéque de Montpellier. 

(i) Arch. de la S.-lnf., F. du prieuré de Longueville, Titres 
généraux, rote 10. 



^9 

Etat de la valeur et quantité des terres décimables 
des paroisses dans lesquelles Monsieur le prieur 
a droit de prendre suivant les connaissances quon 
en a pu tirer des curés et laboureurs, faict avec 
Monsieur d* Agneaux, agent de M, le prieur. 

HÉBERVILLE (l) 

Le 5 nov. 1738. — Vu Tcglise dédiée à Notre-Dame. 
Messieurs d'Engiesqueville en sont les seigneurs hono- 
raires; le paironnage et la grosse dixme est attache au 
prieuré; le chancel est en bon état, et le clocher est dans 
le corps de l'église, hors du chancel. Il n'y a point de 
granges dixmeresses, mais une place pour en bâtir une, 
qui est présentement une place publique, dans laquelle il 
y a une mare et un arbre. 11 n'y a aucune réparation à 
faire au cancel. 

ENGLESQUEVILLE-LA-BRAS-LONG (2) 

Du 5 novembre 17 38. — Vu l'église dédiée à N.-D. 
MM. d'Engiesqueville en sont les seigneurs. Le prieuré 
de Longueville n'a qu'un trait de dixme consistant en 
5o acres de terre ou environ. Le surplus du dixmage, 
M. l'abbé de Grcstin en est gros dccimateur pour les 2 tiers, 
et M. le curé pour l'autre et les novales. 11 n'y a point 
de réparation quant à présent h faire au dehors du cancel, 
le tout étant en état; le clocher est construit dans le corps 
de l'église, entre la nef et le chœur; le prieur ne contri- 
bue aux réparations que pour un 6™«, le dedans du chœur 
esta blanchir, ce qui coûtera environ i5o livres. 

(i) Héberville, arrondissement d'Yvetot, canton de Fontaine- 
le-Dun. Cette église démolie de 1862 à 1866. Répertoire av' 
chéol., de M. l'abbé Cochet. 

(2) Anglesqueville-la-Bras-Long, commune du même canton. 
Duplessis et M. Tabbé Cochet indiquent sainte Anne comme 
patronne de cette église. 



6o 



MANÉGLISE 



Le 5 nov. 1738. — L'église est Jcdiée à saint Germain, 
MM. le prieur et les Religieux de Longueville en sont les 
seigneurs et patrons, et M. le prieur a les deux tiers de la 
grosse dixme, et M le curé l'autre tiers, les novales et 
vertes dix mes. 

Les habitans font travailler actuellement à leur église, 
A l'égard du chancel, il est en très bon état; mais il 
manque d'ornement et de linge, la Fabrique n'ayant que 
3o livres de rente. 

Il y a contestation au sujet du clocher, qui est en forme 
de tour quarrce, couverte de chaulme. Il y (a) au clocher 
pour environ 1,000 livres de réparations. Les paroissiens 
prétendent que le gros décimateur est tenu de le réparer 
à tout le moins dans sa moitié et même dans son entier, 
sous prétexte que le clocher semble faire partie du cancel 
attendu que l'office se fait sous le clocher et que le cru- 
cifix est placé entre la nef et le clocher. Le chancel n'a 
qu'environ 18 pieds, compris le grand autel. On objecte à 
ces prétentions que la voûte du clocher estélevéeau dessus 
de celle du cancel de 7 ou 8 pieds, que cette voûte du 
cancel est soutenue par des petits piliers détachés de ceux 
qui soutiennent ceux du clocher du côté du chœur. Il y a, 
du côté du nord, la forme d'une porte qui y étoit autre- 
fois. On peut prouver que le christ étoit autrefois placé 
entre le chœur et le clocher, que, la flèche du clocher étant 
autrefois tombé, les propriétaires se sont rendus maîtres 
des démolitions pour réparer la nef; que le s"" d'Harbou- 
ville, gentilhomme particulier, s'étant fait faire un banc 
dans le chœur, M^s les prieur et religieux l'obligèrent à le 
retirer et le placer sous ledit clocher, où il est encore. 

Comme par la prétention des habitants, ils ne veulent 
point faire les réparations du clocher, ce manque de répa- 
rations fera un préjudice considérable au cancel, parce 
qu'il pleut dans ledit clocher, et les écoulements d'eau 



6i 



gâtent les voûtes dudit cancel, pourquoi il conviendroit 
d'agir contre lesdits habitans. 

Il n'y a point de grange dixmeresse; mais les anciens 
de la paroisse disent qu'il y a une place devant l'église, 

ci-devant plantée d'arbres, qui appartient au prieuré 

Les habitants se sont emparés de cette place. 

SAINT-JOUIN-SUR-LA-MER 

9 nov. — L'église est sous l'invocation du saint dont elle 
porte le nom; située sur le bord de la mer... La princesse 
de Conty est dame en partie de la paroisse ; la cure à la 
collation du prieur, et la grosse dixme lui appartient... 
traits de dîmes aux religieux de St.-Georges-de-Boscher- 
ville, au Trésor de la paroisse (le trait de la Lampe) et aux 
religieux de Bonnenouvelle. 

ENCOURTEVILLE-SUR-HÉRICOURT ( I ) 

Du 14 nov. — L'église est sous l'invocation de la Nati- 
vité de la Sainte Vierge, et la cure à la collation du sieur 
prieur. 

Le cancel de l'église est entièrement en ruine. On dit 
que, du consentement de feu M. de Montpellier et le curé 
de la paroisse, a été fait à l'amiable un devis des répara- 
tions à faire au cancel, et ce çn l'année i735, qui se monte 
à 750 livres. L'on n'a point exécuté ce devis, ce qui est 
cause que le cancel est en une totale ruine, et qu'il faudra 
de nouveaux murs et une nouvelle charpente. 

OCQUEVILLE 

i5 nov. — L'église est sous Tînvocation de saint Vaast. 
M. le prieur en est le patron et seigneur en partie. 

L'église de cette paroisse est couverte d'ardoise, et le 
cancel de tuile. Il conviendroit, pour l'uniforme et la con- 

(i) Eglise d'Ancourieville, canton d*Ourville. Eglise rebâtie de 
1736 à 1758-, Cochet, Répertoire archéoL, p. 527. 



62 



servation, qu'il fût aussi couvert d'ardoise; la construction 
de l'église le nicrite. . . le clocher est annexé à l'église. . . . 
Il y a une grange dixmeresse de 72 pieds de longueur 
sur 2 5 de largeur. 

LE MESNIL-RURY (l) 

17 nov. — L'église est sous l'invocation de S^-Blaise. 
M. le prieur en est le patron, et M. le marquis de Malorty, 
seigneur. Le canchel est bien couvert et en bon état, à 
Texcepiion des murs où il y a 2 grandes lézardes. 

ANCIENS 

18 nov. — L'église est sous l'invocation de S^-Martin, 
M. le prieur en est le patron, et M. de Clercy le seigneur 
honoraire. 

L'église est couverte en ardoise, et le chancel en tuile, 
auquel, en dedans, le lambris qui est au haut ne vaut plus 
rien. Il convient le refaire à neuf de bois de sappe ; il y a 

2 vitres h remettre en plomb ; aux murs du chancel il y a 

3 grandes lézardes. 

La grange dixmeresse est de 70 pieds de longueur sur 
23 de largeur. 

OUVILLE-LA-KIVIÈRE 

18 nov. — L'église de cette paroisse est sous l'invoca- 
tion de S. Gilles. M. le prieur en est patron, et xM. le mar- 
quis de Thiboutot, seigneur. Llle se réédifie à neuf. A 
regard du cancel, les murs en sont bons, tant au dehors 
qu'au dedans. . . A l'égard du clocher, il tient au cancel; 
il y a deux pilliers du côté du chœur et deux du côté de la 
neffe. Les habitans prétendent n'être obligés aux répara- 
tions qui sont à faire pour la moitié, raport à la construc- 
tion. Cependant l'on peut opposer à cette prétention 
que les habitans ont toujours regardé ce clocher comme 

(i) Mesnil-Rury réuni à Torp-en-Caux sous le nom de Torp- 
Mesnil, canton de Doudeville. 



63 



entièrement annexé au corps de leur église, puisqu'ils ont 
toujours fait travailler précédemment, tant aux menues 
qu'aux grosses réparations. Cette paroisse consiste à envi- 
ron 5oo acres de terre sur lesquelles il y a 22 acres de 
novales. 

LONGUEIL 

19 nov. — L'église est sous l'invocation de S^- Pierre. 
Comme il y a 2 portions de cure et 2 curés, M. Samuel 
Bernard nomme à la i" comme seigneur du lieu, et M. le 
prieur nomme à l'autre. 

Pour le cancel, il n'y manque aucune chose, à la réserve 
des vitres qui sont en mauvais état. Il y en a 6 dans le 
chœur qu'il faut remettre en plomb et y mettre des jalou- 
sies de fil de fer. Cette dépense pourra aller, pour les 
6 vitres, h 3oo l. De plus, le pavé du chœur ne vaut rien. 
Il faudra bien 25o pavés, ce qui pourra monter à 20 1. 
M. le prieur n'est tenu à ces réparations que proportion- 
nellement au trait de dixme qu'il a dans la paroisse, qui 
n'est qu'un sixte. 

M. le prieur dixme pour un sixième dans cette paroisse 
d'un côté que Ton appelle le Côté de la Rivière. Ce can- 
tonnement peut consister à environ 600 acres de terre, 
sur lesquels il y a plusieurs décimateurs qui sont M. l'abbé 
de S. Vandrille, le chapelain de S. Nicolas de Griserue, 
M. Samuel Bernard, comme dixme inféodée, les curés de 
Nestanville, Manéhouville, le Catelier et Quiberville. De 
l'autre côté, et en deçà de la rivière, vers la mer, M . Sa- 
muel Bernard et l'abbé de S. Vandrille en sont les seuls 
décimateurs, et le dixmage consiste à environ 5oo acres. 

M. le prieur de Longueville paye au curé de la 2^ por- 
tion, pour sa part à cause du sixte, la somme de 5y \, 
18 s. 

Pour ce qui regarde le clocher, il est de la même situa- 
tion que celuy d'Ouville-la-Rivière. M. Samuel Bernard 
est exempt de contribuer aux réparations. Le sixte est 
loué à Bonnechose par le prix de 200 1. 



64 

BLANCMESNIL ( I ) 

19 nov. — L'église est sous l'invocation de S. Martin. 
M. le prieur en est patron, et M. Samuel Bernard sei- 
gneur. Le cancel et l'église sont en très bon état... .11 n'y 
a qu'environ 40 années que l'église est bâtie. 

La dixme de cette paroisse est d'environ 180 acres de 
terre, sur lesquelles M. le prieur a les deux tiers, et M. le 
curé l'autre. Il n'y a point de novales, et le s"* Samuel 
Bernard a un sixte qu'il prend sur la totalité de la dixme. 
Lesdixmes sont affermées par i36 l. 

OFFRANVILLE 

19 nov. — L'église de cette paroisse, qui est une des 
plus fortes, est sous l'invocation de S. Ouen et de S. Bar- 
thélémy. M. le prieur en est le patron et aussi le seigneur, 
à cause de son plein fief de haubert, divisé en 4 parties, 
dont il en a deux, les deux autres parties appartenant à 
M. le marquis de Manneville, gouverneur de Dieppe, et 
l'autre à M. Fournier d'Offranville, comme au droit des 
chanoines de Sauqueville. Le cancel de cette paroisse est 
grand et vaste, les murs sont très bons, la couverture est 
de tuile. . . 11 y a des réparations aux vitres et aux gril- 
lages estimées 5o l. Ledixmage de cette paroisse peut con- 
sister tout au plus en 2,5oo acres de terre, qui sont divi- 
sés en 1 1 traits, dont le prieur jouit de 10, et M. le curé a 
le II "»e^ qui est un des plus forts. M. de Manneville a 
aussi un trait très modique qui peut consister en 20 acres. 
Il n'y a point de granges dixmeresses. . . Les dixmes sont 
affermées à 10 particuliers par le prix de 3,700 1. 

SAINTE-GENEVIÈVE 

24 novembre. — L'église est sous l'invocation de la 
sainte dont elle porte le nom. Le chancel est en bon état 

(i) Blancmesnil, ancienne paroisse réunie à la commune de 
Sainte-Marguerite-sur-Mer (canton d'Offranville) 



65 



à rexception d'une vitre qu'il convient de remettre en 
plomb. . . Le prieur a les deux tiers de la dixme, et M. le 
curé l'autre. Le dixmage consiste en 35o acres de terre. 
Il y a dans cette paroisse des fermes qui ont des exten- 
sions sur celles de Beaunay, Biyille, Cailleville, Engles- 
queville et Gonneville, qui consistent h environ 3oo acres, 
sur lesquelles les décimateurs de ces paroisses dixment 
quoique les corps de ferme payent la taille sur ladite pa- 
roisse de S^e-Geneviève. . . M. le prieur a le patronage de 
cette église, et M. de Mathan est le seigneur de la pa- 
roisse. 

SAINT MAARD 

2 1 nov. — L'église est sous l'invocation de S. Médard. 
M. le prieur en est patron, et MM. de Mathan et de 
Giville-S.-Maard les seigneurs. . . Le clocher est au dessus 
du chœur au delà du sanctuaire, dont la couverture, qui 
est d'ardoise, mérite d'être réparée. On prétend que cette 
réparation du clocher ne regarde que les gros décimateurs. 
On demande des livres, ornemens et linges. La fabrique 
est très pauvre. Elle n'a que loo 1. de revenus. A l'égard 
de la dixme, M le prieur en a les 2 tiers, et M. le curé 
l'autre, outre ses novales. M. l'abbé de S^-Simon. abbé de 
Jumièges, a un trait de dixme qui consiste ù environ i5o 
acres. Le total de toutes les terres de la paroisse consis- 
tent à environ 55o acres de terre; l'acre est louée com- 
munément 12 1. 



SAINT-VALERY-SOUS-BURES 

22 nov. — L'église est sous l'invocation du saint dont 
elle porte le nom. M. Tabbé de Fécamp en est le patron, 
et M. le prieur de Bonne-Nouvelle en est le seigneur. 
M. le prieur (de Longueville) n'a que les deux tiers d'un 
trait de dixme dit d'Epinay, qui consiste en i5o acres, sur 
lequel M. le prieur n'a que les deux tiers. L'acre de terre 
louée communément G l. Cancel couvert en tuile. 



66 



EQUIQUEVILLE (l) 

22 nov. — L'église est sous l'invocation de S. Pancrace. 
Le chancel est en bon état, et comme le clocher en fait 
partie et que c'est sous les quatre sous-angles dudit clo- 
cher que l'on chante Toffice, et que deux pilliers soutien- 
nent le chancel, qui n'a pas plus de 4 pieds de longueur 
jusqu'à l'autel, les habitans entreprennent de le faire ré- 
parer et d'en faire porter la moitié de la dépense au gros 
décimateur. Il a été fait un devis de ces réparations, juri- 
diquement, et l'adjudication en a été faite, à Dieppe, le 
25 du mois d'oct. 1738, qui se monte à 1,450 1. M. le 
prieur est patron de celte paroisse, et M™e l'abbesse de 
S^-Amand en est la dame. 

M. le prieur a les deux tiers de la dixme, et M. le curé 
l'autre tiers. Tout le dixmage consiste à environ 5oo 
acres, et l'acre peut être louée ordinairement 6 livres. 

SAINTE-FOY 

Cette église est sous l'invocation de la sainte dont elle 
porte le nom. M. le prieur en est le patron et a un fief 
qui donne la qualité de seigneur. Le chancel est bâti à 
neuf depuis environ 8 ans. Il ne lui faut aucune répara- 
tions. Ce cancel et la décoration du choeur et du sanc- 
tuaire a coûté plus de 4,000 1., et M. de Montpellier y a 
contribué pour i,5oo 1.; le surplus a été donné par une 
dame pieuse. 

M. le prieur a toutes les dismes de celte paroisse, qui 
consistent h environ 5oo acres de terre. . . Il y a une ferme 
dans cette paroisse appartenante au prieuré, qui consiste 
en un corps de logis, écuries... colombier... Le clocher, 
quoique tenant au chancel, en est cependant séparé par 
deux arcades, et Ton estime qu'en cas de réparation le 
gros décimateur n'y contribuera en rien. 

(1) Equiqueville, ancienne paroisse réunie à la commune de 
Saint- Vaast-d'Equiquevflle . 



1 liée. — L'église est sous l'invocation de S. Martin et 
t)u patronage de M. le marquis deThîbouiot, qui en est le 
seigneur. La grosse dixme appartient aux chanoines de 
N.-D. de RoîJen, sur laquelle paroisse M. le prieur a un 
trait de dixme par raport aiiK fiefs d'Hastingue et des Isles, 
contenant environ 70 acres, dont M. le curé dixme son 
tiers en essence. .. A l'égard des réparations du chancel, 
M. le prieur n'en est tenu que pour un cinquit-nie. 

AtJPPEGARD 

a déc. — L'église est sous Tinvocation de S. Pierre. 
M. le prieur en est le patron, et M. le marquis de Manne- 
ville, gouverneur de Dieppe, en est le seigneur au droit 
du prieuré, ù cause d'un fief à luy aliéné par le prieur et 
les religieux, en 1730... Le chancel esten bon état. M. le 
prieur a tes deux tiers des dimes défalcation faite de deux 
traits appartenant l'un à l'abbaye de Fccamp, l'autre à 
M . le marquis de Mannevillc... L'acre de terre louée com- 
munément i5 I., et elle rapporte en bled communément 
1 5o gerbes. 



5 déc, — L'église est sous l'invocation de S. Aubin, au 
patronage de M. le prieur, qui en est le seigneur... M. le 
prieur a les deux tiers de la dîme, et M. le curJ l'autre 
tiers... L'acre est affermée communL'ment 17 1. 

LK GOUREL (]) 

5 déc. — Trait de dîme appartenant iS.M. le prieur, con- 



(:) La Gourbi, 
Brachy. 



68 



LONGUEVILLE 



8 déc. — L'église est sous l'invocation de S. Pierre. Le 
Roi, à cause du duché de Longueville, en est seigneur 
d'une partie, et M. le prieur d'une autre. Le sieur prieur 
a la présentation de la cure et jouit de toute la dixme en 
général et paye seulement 3ool. au curé, de portion con- 
grue. Réparation à faire au chancel. 

LA PRÉE (l) 

iodée. — L'église est sous l'invocation de S. Martin. 
M. le prieur en est collateur, M. L'Hermite de la Prée en 
est le seigneur honoraire depuis un procès perdu au grand 
Conseil, faute de titres. Chancel en bon état, nouvellement 
réparé par les héritiers de feu s"" Pierre Feuîllot, curé, 
décédé le 19 juin 1738, qui ont satisfait pour un tiers, et 
MM. les religieux pour les deux tiers, à la décharge de 
feu M. Tévêque de Montpellier. 

LE BOSLHART (bOSC-LE-HARD) 

10 déc. — L'église est sous l'invocation de S. Jean-Bap- 
tiste. M. le prieur en est le patron, et M. le comte de 
Boniface, marquis du Boslhart, en est le seigneur. Répa- 
rations à faire au chancel... grange dixmeresse de 70 pieds 
de longueur sur 24 à 2 5 de largeur... M. le prieur a les 
deux tiers des dixmes, et l'autre tiers appartient à M. le 
curé... L'acre de terre louée communément 10 1. et rap- 
porte environ i cent de bled par an. 

CROISY-SUR-ANDELLE, HAMEAU DE LA HAYE-EN-LYONS ET LE 

VAL-SAINT-PIERRE 

1 1 déc. — L'église est sous l'invocation de la Se Vierge, 
et la chapelle de la Haye qui en est la succursale, sous 
l'invocation de S. Pierre ; et, à l'égard du Val-S. -Pierre, 

(i) La Prée, ancienne paroisse du doyenné de Cailly, réunie à 
la commune de Saint-Martin-Osmonville. 



69 

la chapelle sous la même invocation, dont elle porte le 
nom, cette dernière chapelle entièrement ruinée... M. le 
prieur est patron de l'église et chapelle de la Haye, qui se 
trouvent réunies sous la seule et même collation que Ton 
fait de la cure de Groisy. M. le prieur est seigneur en 
partie de Groisy, et M. de Luxembourg pour une autre 
partie. 

Gomme on va réédifier l'église de Groisy, le chœur et 
chancel joignant la charpente de lad. église doit être remis 
à plomb pour mettre en état l'entrepreneur de pouvoir 
poser la charpente de l'église... La Fabrique n'a que 87 1. 
de rente... ornemens en mauvais état, n'a pu avoir des 
livres de chant; il tombe à la charge de la succession de 
Mr de Montpellier de les fournir, et comme le chancel fait 
construire par M. l'évêque de Montpellier n'est point lam- 
brissé, il conviendra aussi d'en faire la dépense puisque 
l'ancien l'était. M. le curé a son tiers des dîmes, et M. le 
prieur les deux autres tiers. L'acre, tant bonne que mau- 
vaise, peut rapporter 60 gerbes, à l'exception de 200 acres 
qui peuvent rapporter 100 gerbes. 

Un exemple des contestations auxquelles pouvait don- 
ner lieu la situation du clocher, nous est fourni par l'église 
de Saint-Riquier-en-Rivière : 

« En 1758, le clocher de cette église menaçait ruine. 
Les habitants et propriétaires prétendaient que le gros 
décimateur, qui était l'abbé de Saint- Victor-en-Caux, et le 
curé, étaient obligés de le rebâtir ou de le faire réparer. 
Geux-ci soutenaient le contraire. Ils donnaient pour rai- 
• son que, de tout temps, les décimateurs n'avaient eu soin 
que de la charpente et de la couverture du sanctuaire, où il 
y avait une voûte de pierre avec un cintre de même matière. 
— Ce clocher était placé à environ 3 pies du sanctuaire, 
et le dessous servait de chœur. — MM. les curés s'étaient 
placés sous ce clocher pendant les offices divins, parce que 
ce n'était pas l'ordinaire qu'ils s'asseyassent dans le sanc- 
tuaire, si ce n'était pendant la messe. On les y avait inhumés 



70 

parce que leur place de sépulture était toujours au pie du 
sanctuaire, A l'exclusion des laïques, si on en exceptait les 
seigneurs du lieu, et la place de ces derniers était réservée. 
Mais à Saint-Riquier, on y avait inhumé, précisément au 
milieu, messire de Bongard en 1764, qui n'était nulle- 
ment seigneur, ce qui donnait tout lieu de croire que ce 
prétendu chœur appartenait à M" les propriétaires. Enfin, 
ces derniers avaient fieffé une place de banc au pic du 
sanctuaire, du côté de l'Epître, à M. de Neuville, vers 
1730 ou 1720, pour le présent ou don d'une contretable 
qui avait coûté 400 livres (i) ». 



Extraits du rôle de la capitation du quartier Mar- 
tainville, ijo3 (Archives de la Seine-Inférieure, 
C. 3i2). 

Une guerre aussi onéreuse que longue donna au gouver- 
nement de Louis XIV l'idée de la capitation. Cette impo- 
sition d'un genre nouveau devait peser sur tous les sujets 
du Roi, et l'on peut dire qu'en cela elle fut avantageuse, 
parce que ce fut un acheminement très prononcé vers 
l'égalité en matière de contributions. Elle fut établie une 
première fois en 1695, avec promesse qu'elle cesserait trois 
mois après la publication de la paix. 11 n'était admis 
d'exemption que pour les religieux mendiants et pour les 
indigents. Le clergé en payait sa part, quoique d'une 
manière indirecte, puisqu'il donnait, pour en être exonéré, 
une somme de quatre millions. Cette imposition fut sup- 
primée après le traité de Ryswick, en 1697. Les besoins 
de l'Etat obligèrent à la rétablir trois ans après ; la Décla- 

(i) Mémoire du curé Bonnel, 14 novembre 1766. Arch.de la 
S.-Inf. G. 9027. 



7» 

ration du 12 mars 1701 y soumit les officiers royaux et les 
gentilshommes aussi bien que les roturiers. Entre les uns 
et les autres il n'y eut de différence que dans le mode de 
répartition. Tandis que pour la capitation roturière, la 
somme demandée par le Roi était répartie par l'Intendant, 

r 

elle l'était, pour le nombreux personnel des compagnies 
supérieures, par le premier président de ces compagnies, 
deux au moins de leurs députés et le procureur général ; 
pour le personnel des compagnies subalternes, par l'Inten- 
dant, conjointement avec le chef de chacune de ces com- 
pagnies ; pour la noblesse, par l'Intendant, conjointement 
avec un gentilhomme de chaque bailliage. De même qu'en 
1697, le clergé régulier et séculier eut h fournir, par une 
augmentation plus ou moins volontaire des décimes, 
l'équivalent de la capitation dont il restait affranchi. 

On n'a malheureusement conservé aux archives du 
département, pour la capitation bourgeoise de 1703 (je ne 
connais rien pour les années antérieures), que le rôle d'un 
des quatre quartiers de la ville de Rouen, le quartier 
Martainville, qui était le plus étendu, le plus populeux, 
mais aussi le plus pauvre de tous. 

On y voit le tableau fidèle des genres d'industries et 
aussi de la misère qui le distinguaient. On n'y remarque 
guère de métiers bien productifs, mais un nombre consi- 
dérable de ces hommes de peine vivant au jour le jour et 
qualifiés de gagne-liards. J'ai noté, dans l'extrait qui suit, 
ce qui m'a paru mériter quelque attention ; je ne serais 
pas surpris si l'on me prouvait que j'ai laissé de côté ce 
qui présente le plus d'intérêt. 



« Paroisse Saint-Denis. — Rue de l'Epicerie^ h gauche 
en descendant de Notre-Dame jusqu'à la porte de la 
Vieille-Touf : la dame veuve du sieur Le Coûteux, ban- 
quier, 90 1. ; les deux damoiselles, ses filles, 90 1. ; 2 ser- 
vantes, 6 1. ; I laquais, 3o s. ; André Tasset, ci-devant 



/ - 



horlogeur, sa femme, lingère, 20 1. — Rue Saint-Dents . 
Jacques-Mathieu Gravoisfils, maçon, i5 1. ; i'abbc Dufour, 
conseiller au Parlement, 1 cocher, 3 1. ; 2 laquais, 3 1. ; 
I servante, 3 1. ; la veuve Jacques Gravois, maçon, i5 l. 
— Rue de la Madeleine : le sieur Le Hue (le frère du 
chirurgien de l'Hôtel-Dieu), 3o 1. ; i servante, 3 1. ; dé- 
cède. — Basse- Vieille-Tour : Jean Héribert, au service 
de M. le marquis de Normanvillc, sa femme faisant des 
petits images de cartes, 1 1. 10 s. ; la veuve Lange, chirur- 
gienne, 7 1. 10 s.; i garçon, i 1. 10 s. ; Louis Le Rebour, 
faiseur de pipes, 3 1/ 

» Paroisse Saint-Cande-le-Vieux. — Rue du Bac : 
Marsollet, confiseur, 3o 1. ; i servante, 3 1- ; Julien 
Troussel, confiseur, 3o 1. ; i compagnon, 4 l. 10 s. ; i ser- 
vante, 3 1.; Guillots, chirurgien, i5 1.; 2 garçons, 3 1.; 
I servante, 3 1. ; la veuve Desfriches, chirurgienne, 7 1. 
10 s. ; I garçon, i l. 10 s.; Pierre Le Quesne, raffineurde 
sucre, 75 1.; i servante, 3 1.; David-Laurens Petit, mer- 
cier tenant sucrerie, jS 1.; Selle, apothicaire, 45 1.; le 
sieur Le Noble, vendant tapisserie en magasin, 120 1.; 
I valet, I 1. 10 s.; i servante, 3 1. — Cul de sac de la rue 
Pottart : M. Delanoë fils, marchand de toiles en magasin, 
1 5o 1.; I valet, i 1. 10 s.; i servante, 3 1. — Rue du 
Gaillardbois : Jean Oblin, hostellier, 1$ 1.; 1 valet, i 1. 
10 s.; 1 servante, 3 1. — Rue de la Savonnerie : Etienne 
Bourdon, aubergiste, tenant l'Hôtel de Lisieux, 20 1.; 
I garçon d'écurie, i 1. 10 s.; i servante, 3 L; le nommé 
Le Jeune, linotier, 3o 1.; le sieur Cardin Morin, marchand 
voiturier en magasin, i5o 1.; i homme de comptoir, 4 1. 
10 s.; I valet, i l. 10 s.; i servante, 3 1.; la veuve Pan- 
nier, linotière, 22 1. 10 s.; 3 enfants, 22 1. 10 s.; 1 garçon 
d'écurie, i l. jo s.; Cock, marchand anglais, 100 1. (parti 
depuis 2 ans) ; les sieurs Dermot et Paine, marchands 
irlandais, 100 1.; le frère dudit Dermot, i5 1. — Rue du 
Chien Jaune : les nommés Souillet père et fils, libraires 
sur le quay, 9 1. ; le nommé Daulin, coureur des messages 



73 

des épiciers, i 1. lo s. — A côté de la porte du Bac : le 
nommé Grandièrc, portier de la porte, 4 1. 10 s.; Nicolas 
Chaumont, faiseur de pompes et poulies de bois, 6 1.— 
Rue Grand-Pont : le sieur Le Prince, tenant magasin de 
•glaces miroirs, 45 1.; 1 servante, 3 1.; Nicolas Coulon, 
maître cartier, 20 1. ; la veuve Ringot, confiseuse, 22 1. 
10 s.; Sandelion, son gendre, confiseur, 3o 1.; i servante, 

3 1.; la veuve Bourdenave, chirurgienne, 7 1. 10 s.; i gar- 
çon, 3 1.; Guillaume Doury, vendeur de café et limonade 
en boutique, i5 1.; i garçon, 1 1. 10 s.; Roch Petit, gra- 
veur sur le quai, 4 1. 10 s.; Pierre Guillebert dit Timo- 
thée, armurier, 4 1. 10 s.; Pierre Le Grain, maître écri- 
vain, i5 l.; Delahaye, taillant de faux diamants, 3 1.; 
M. des Gantières, directeur des fermes des gabelles et 
grandes entrées, 2 laquais, 3 1.; i cocher, 3 1.; i fille de 
chambre, 4 1. 10 s.; i servante, 3 1.; Pierre Belard, con- 
fiseur, 45 1.; Samuel Gilbaut, menuisier ébéniste en bou- 
tique, i5 1.; Pierre Naval, vendeur de café et limonade, 
i5 1.; I garçon, i 1. 10 s.; Roussel, maître écrivain, 7 1. 
10 s.; Pierre Gonfreville, pipier, sa femme distribuant 
tabac, 4 1. 10 s.; Jean Le Prince, sculpteur, 10 1. — Rue 
des Charrettes : Guillaume Le Vieil, vitrier, 6 1. — (lour 
des Pigeons : le nomme Le Baron, joueur de violon, 6 1.; 
Petit, joueur de violon, 3 1. — Rue des Trois-Pucelles : 
Jacques Laignel, débiteur d'images sur le quai, 4 1. 10 s. 
— Rue Martainville : la veuve Le Prévost, chirurgienne, 
7 1. 10 s. ; I garçon, i 1. 10 s.; Savourey, maître cartier, 

4 1. 10 s.; Jean-Baptiste Le Conte, joueur de violon pour 
les cabarets, il. 10 s. — Dans la rue de Martainville, du 
côté gauche, cour nommée les Trois- Rois ^ autre cour 
nommée la Cour des Prêtres^ autre cour nommée le 
Grand Turc. — Rue du Petit-Ruissel : Charles Guerout, 
faiseur de moules à boutons et joueur de violon, 4 1. 10s.; 
Marguerite Prezot, montrant à lire, il. ro s. — Rue du 
^Ritissel (coiM* nommée Cour Godet ^ autre cour nommée 
Cour Cauchois où demeurait une fileuse de ploc). — 



74 

Rue neuve du côté du Ruissel jusqu'à la rue de la Grande 
Mesure : Adrienne Duval, faisant des allumettes, i 1. lo s. 
— Rue du Chaudron : Guillaume de la Haye, chasseur de 
bestiaux, 4 1. 10 s. — Rue du Ruissel : le nommé Sçavois, 
joueur de violon pour les cabarets, i 1. 10 s. (parti, est allé 
à la campagne, est très pauvre au rapport des voisins) ; 
Jean Bidaut, vendeur d'images, 3 l. ; Michel Serviau, 
crieur de gazettes, i 1. 10 s. (parti, est très pauvre) ; le 
sieur Charles, chirurgien, 7 1. 10 s. ; i garçon, il 10 s. ; 
François de Caux, maçon, sa femme filassière, 3 l. — A la 
suite de la rue du Ruissel : Cour du Pavage, Cour des 
Poulies^ où demeurait Antoine Cleron, pauvre, savoyard, 
imposé à I 1. 10 s. ; la rue du Battoir^ où demeuraient 
une bobineuse de fil, une éplucheuse de chameau (i), Jean 
Esnout, joueur de vielle imposé à i 1. 10 s. ; la rue de la 
Foulerie, la rue Saint-Marc^ la Cour des Trois Toupins^ 
où demeuraient Pierre Caron, pauvre, joueur de violon, 
imposé à i 1. 10 s., indiqué comme chargé de 4 petits 
enfants, la veuve Le Marinier, éplucheuse de chameau, 
imposée à i 1 10 s. ; la Cour Violette^ la rue de la Salle 
ou Pont Saint' Marc, la Cour de la Salle, la rue du Figuier, 
la Cour l'Hermitte^ la Cour de la Vérité, la Cour Dieppe- 
dalle, la Cour du Heaume, la Cour Caillou^ la Cour Saint- 
Eustache. — Dans la 4e Centaine de Saint-Maclou après 
les Chambres de la Ville du bas de la rue des Chinchers, la 
rue des Savetiers : Maître Marin Redreau, sculpteur, i51.; 
la veuve Martel, crieuse de vieils chapeaux, i 1. 10 s. ; 
Merioit, marchand de cheveux, 61. — Derrière l'Arche- 
vêché : le sieur Aveaux, maître chirurgien, i5 1. ; i ser- 
vante, 3 1. ; Louis Chaussetier, faiseur de pain d'épices, 
4 1. 10 s. — Rue Caquerel : Alain Le Tellier, porteur de 

(i) « On appelle absolument chameau le poil de cet animal 
filé en forme de laine très déliée. Les férondiniers s'en servent 
dans leurs ouvrages ». Dictionnaire des Arts et des Sciences, 
par M. D. G. (Corneille), 1694. 



7^ 

fleur, I 1. 10 s. ; Sébastien Le Sac, joueur d'instruments, 
9 1. ; Dieppedalle, chirurgien, tenant son droit de la veuve 
Delamarre, lo 1. ; i garçon, i 1. lo s. (est parti et court 
le pays); Jacques Decaux, relieur de livres, 9 1. ; la veuve 
Ghandellier, veuve d'apothicaire, i5 1. ; i servante, 3 1. — 
Rue Notre-Dame : Sébastien Decaux, relieur de livres, 
4 1. 10 s. ; la veuve du sieur Le Chandelier, ci-devant mé- 
decin, i5 1. ; Jacques de la FoUie, sculpteur, 4 l. 10 s. — 
Cour des trois Goblots : le nommé Gribouval, orlogeur, 
travaillant pour les maîtres, 7 1, 10 s. (au surplus sans 
biens). — Rue de la Gloe : Jean Caplet, maçon, 9 1. — 
Trou d'Enfer^ rue Martainville^ Cour de la Trinité où 
demeurait une débitrisse de tabac. Cour de la Petite 
Crosse^ Cour Cabota Cour Faucon^ Cour Saint-Eustache, 
Cour du Lièvre^ Cour de la Cocluche^ où demeuraient la 
veuve Baudouin, chirurgienne, imposée à 7 1. 10 s., et son 
garçon, à il. 10 s.; la Cour de la Nace^ où demeurait 
Etienne Accou, faiseur d'allumettes, imposé à i 1. 10 s. ; 
la rue des Augustins, où demeurait De la Croix, chirur- 
gien, tenant un privilège, imposé à 10 1., mais indiqué 
comme insolvable et chargé de 5 enfants ; la rue Mamu- 
chet^ la Cour des Toupins^ la Cour du Chapeau rouge, 
la rue Sarrasin, la rue Porchequin^ la rue Le Marinier^ 
la Cour Godet ^ la rue du Closet de la Madeleine, Vile 
Amette; — la rue de la Miette (dite aujourd'hui rue Da- 
miette) : la veuve Brasdor, maître de la Charue (pour 
Carue), 7 1. 10 s.; Pierre Le Prince, maître tapissier, i5 l. 
(parti au mois de septembre 1703, très mal dans ses 
affaires) ; Jean Lheureux, maître menuisier, 1 5 1. ; le sieur 
Sellier, tenant les coches de Paris, 45 1. ; M. d'Intraville, 
conseiller au Parlement, i servante, 3 1. ; M. le Président 
d'Amfreville, 2 laquais, 3 1. ; i servante, 3 1.; le sieur de 
Repainville vivant de son bien, i servante, 3 1. ; Luc 
Salvart, tailleur de cristal, 7 1. 10 s. ; M. Guerout vivant 
de son bien, 2 laquais, 3 1. ; i femme de chambre, 4 1. 10 s. ; 
I servante, 3 1. — Pont-de-Robec : Louis Hélye, maître 



76 

chirurgien, i5 1. ; i garçon, i 1. lo s. ; i servante, 3 1.— 
Rue Pigeon : la dame Delamarrc, veuve de chirurgien, 
10 1. — Rue du Rosier : la veuve Goubermare, avocat, 
i5 1. ; son fils vivant de son bien, 3o 1. ; i servante, 3 1. ; 
Nicolas Durand, faiseur de talons de bois, 3 1. ; François 
Le Vasseur, maître à chanter, 6 1. — Rue Martainville : 
Charles Ribart, vinaigrier, 20 1. ; Lambert, maître chi- 
rurgien, I 5 1. — Rue de la Chèvre : Marin Léon, joueur 
de violon, pauvre, i 1. 10 s. — Rue des Espagnols : 
M. du Tôt Frontin, vivant de son bien, i laquais, 1 1. 10 s.; 
I servante, 3 1. — Rue des Arpents : le sieur Le Prévost, 
maître de la Charrue (la Carue), 9L — Rue des Punaisiers 
(Cour des Hauts-Jardins) : le nommé Boos, joueur de 
violon, I 1. 10 s. (inconnu). — Rue Malpalu : M de Mot- 
teville, 2 serviteurs, 9 1. ; i servante, 3 1.; le sieur de 
Longuemare, avocat au Parlement, 3ol.; i servante, 3 1.; 
Adrien Lambert, maître chirurgien, i5 l. ; i garçon, i 1. 
10 s. ; Nicolas Du Four, faiseur de cadrans, 9 1. ; i servante, 
3 1. ; Le Coûteux, banquier, 40 1. ; i servante, 3 l. ; Jobart, 
avocat au Parlement, i laquais, i 1. 10 s. ; M. le Lieute- 
nant général (Le Pesant de Boisguilbert), i femme de 
chambre, 4 1. 10 s. ; i cocher, 3 1. ; 3 laquais, 4 1. 10 s. ; 
I servante, 3 1. ; Guillaume Adam, son secrétaire, 45 1. — 
Rue Tuvache : M. Cavelier, ci-devant vicomte de Cau- 
debec, i valer, i 1. 10 s. ; i cocher, 3 I.; i laquais, i 1. 
10 s.; I servante, 3 1. ; Heuzé, joueur de violon, 3 1. ». 



Trente sous sont le minimum de la capitation exigée 
nominalement du plus pauvre, mais, en réalité, reconnue 
pour irrécouvrable dans un très grand nombre de cas. Il 
est à remarquer que la femme de chambre supporte géné- 
ralement une plus forte imposition que les autres domes- 
tiques. Les cochers et les servantes sont plus fortement 
imposés que les laquais. 

Contrairement à ce que je m'imaginais, les dentelières \ 

I 

I 
I 

I 

I 

I 

I 



71 

ne figurent dans notre rôle que pour un faible chiffre, Sy. 
Toutes sont imposées au minimum de la capitation, 
à l'exception de la veuve Savourey, rue Saint -Denis, im- 
posée à 7 1. 10 s. ; de Madeleine et Marie Patallier, sœurs, 
rue de la Madeleine, imposées conjointement à i5 1. ; de 
Catherine-Marie Damécourt, rue du Figuier, imposée à 
4 1. 10 s., et de la veuve Baudry, rue Damiette, imposée à 
la même somme. 

On voit par ces rôles que le patronat était absolument 
inconnu, puisqu'un maître de métier n'avait avec lui qu'un 
ou deux ouvriers. La domesticité elle-même était loin 
d'avoir atteint le développement que nous lui voyons de 
nos jours. A ce point de vue, la composition de la maison 
du banquier Le Couteulx est significative. Il n'avait avec 
lui qu'une servante. 

Boisguillebert, lieutenant général au Bailliage, fait ex- 
ception. Il était, comme nous l'avons vu, servi par un 
secrétaire, Guillaume Adam, imposé à 45 1., une femme 
de chambre imposée à 4 l. 10 s., un cocher à 3 1., 3 laquais 
341., 1 servante à 3 1. 

Par ce rôle de capitation, nous sommes renseignés sur 
la situation de l'hôtel où résida et mourut Boisguillebert, 
moins connu par les fonctions judiciaires qu'il remplit 
dans notre ville que par son livre intitulé Le Détail de la 
France^ qui l'a fait regarder comme un précurseur des 
économistes. L'estime publique que lui a valu cet ouvrage 
paraissait une raison suffisante pour que Rouen songeât à 
signaler aux étrangers par une inscription la maison où il 
vit le jour. Il est certain que cette maison était située sur 
la paroisse Sainte-Groix-Saint-Ouen, puisque Boisguille- 
bert fut baptisé en 1646 dans l'église de cette paroisse. 
Mais, jusqu'à présent, on n'a pu déterminer exactement 
où cette maison était placée. 

Ne serait-il pas convenable, à défaut de cette infor- 
mation qui nous manquera peut-être toujours, de placer 
une autre inscription sur la maison où il mourut ? 



-8 

M. Le Verdier donne quelques explications verbales 
sur deux questions qui ont occupé nos précédentes 
séances et les résume aussitôt par écrit dans les termes 
suivants : 

Château de Dieppe, — L'on sait que la question 
du rachat du château de Dieppe par la Ville a été faci- 
litée par le classement de cet édifice comme monu- 
ment public et son rattachement au Ministère des 
Beaux-Arts. M. Le Verdier informe la Commission, de 
la part de M. le Maire de Dieppe, que l'affaire paraît 
maintenant en bonne voie. 

Arques — Inscription, — M. Le Verdier a vu M. le 
Maire d'Arqués et Ta entretenu de l'intérêt qu'il y 
aurait à rétablir, sur la base de la colonne commémo- 
rative de la bataille, l'inscription qui en a disparu 
dans ces dernières années. M. le Maire d*Arques lui a 
fait part qu'il allait saisir son Conseil municipal d'une 
proposition en faveur de celte restitution pour laquelle 
la commune demandera une subvention. 

Rouen — - Eglise Saint-Denis. — M. G. de Beau- 
repaire en fait circuler une belle photographie qui 
atteste le grand caractère de l'édifice. 

Exposition photographique, — A cette occasion 
M. Pelay annonce qu'une exposition photographique 
doit s'ouvrir en notre ville au mois de novembre, sous 
le patronage de la Société industrielle de Rouen. 

11 sollicite ceux de nos confrères qui le pourraient 
d'y prêter leur bienveillant concours. Le programme 
comprend spécialement la reproduction des rues au- 
jourd'hui disparues, et en particulier de celles dont se 
glorifiait le plus le vieux Rouen. 

M. Garreta appelle l'attention sur le méridien en 



« M 



79 

terre cuite qui orne la maison de M. Colli beaux, huis- 
sier, rue aux Ours, et renouvelle ainsi la mention de 
M. P. E'dudTy (Bulletin, IX, 378). On fait alors re- 
marquer Tutilité qu'il y aurait à dresser une liste de 
ces petits monuments encore subsistants ou détruits, 
tant à Rouen que dans la banlieue. 

Néville. — Le secrétaire explique enfin que Téglise 
de cette commune vient d'être Tobjet d'une bonne 
restauration, exécutée par des ouvriers de la région, et 
dont notre collègue, M. Lefort, a eu occasion de 
constater le mérite. 

Il s'y est produit deux épisodes qui sortent de l'or- 
dinaire et doivent être mentionnés ici : 

La basse nef méridionale est aujourd'hui décorée de 
deux écussons de la famille de Bréauté, lesquels étaient 
jusqu'ici conciencieusement badigeonnés. Deux autres 
écussons de moindre dimension, et qui restent à dé- 
terminer, ont été également remis au jour dans la 
muraille septentrionale. 

Un grand tableau posé sur le sol, derrière le confes- 
sionnal, avait souvent, attiré l'attention de M. le curé. 
Après avoir été rentoilé aux frais d'un Parisien, qui 
passe la belle saison à Néville, il a repris, et non sans 
raison, une place d'honneur : c'est une bonne copie 
de « la Nativité du Sauveur », par Ribera, au 
musée du Louvre. 

La tradition locale veut que la tribune de Torgue 
provienne de Saint-Etienne-des-Tonneliers. Il est vrai 
qu'elle fait intervenir dans son déplacement le nom 
de Mgr de Harlay, ce qui peut inspirer des doutes sur 
le fonds même du récit. 

La séance est levée à quatre heures moins le quart. 

A. TOUGARD. 



8o 



SEANCE DU 22 OCTOBRE 1908 

Elle ouvre à deux heures un quart, sous la prési- 
dence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Présents : MM. Adeline, P. Baudry, G. de Beau- 
repaire, D^ Coutan, G. Dubosc, Garreta, Pelay, de 
Vesly et Tabbé Tougard, 

Se sont excusés : MM. Héron, Malicorne, Milet. 

Une rectification est faite au cours de la lecture du 
procès-verbal de la dernière séance ; après quoi il est 
adopté. 

Correspondance imprimée. — Son' copieux dos- 
sier renferme ; Les Amis des Monuments rouennais. 
Bulletin, 1902; in-40 ; — Mémoires de la Société 
des Antiquaires de Picardie, XXXIV, iqoS; in-S^; 
— Mémoires de la Soc. des Antiquaires de la Mori- 
nie. Regestes des évéques de Thérouanne, par Tabbé 
Bled, I, 2; 1 Qo3, in-40; — Bulletin item ; n^ 206 ; — 
Mémoires de la Soc. hist. de Compiègne. Fouilles 
archéologiques... par Cauchemé, II, 1902; — Procès- 
verbaux, txc, item., IX-XI, 4 fascic; — Bulletin 
item, X, 1902; — Bulletin archéoL du Comité, 
1903, I ; — Bulletin hist. et philol. item, 1902, 3-4, 
1 fasc; — Bulletin de la Soc. hist... de TOrne, XXII, 
2; 1903; — Bulletin de la Soc. archéol. de Tou- 
rainCy XIV, 2; — Bulletin de la Soc. polymathique 
du Morbihan, 1902; 2 fasc; — Bulletin de la Soc. 
des Antiq. de r Ouest, 1903, 2® irim.; -;- Revue de 
VAvranchin, Bull, trimestriel, 1903, 6 ; — Bulletin... 
de la Soc. Dunoise, n° i35 ; — Commission des Anti- 
quités et des Arts de Seine -et-Oise, XXI H; — La 



8i 

Haute-Marne, avril igoS, i, 2; — Revue biblio-ico- 
nographique, V, 319-378; — Smithsonian Report, 
1901, 2; t3 extraits. Suit enfin une circulaire avec 
leure à Tappui, datée de Washington le i5 juin der- 
nier, demandant une notice sur la Commission, pour 
the Handbook to Learned Societies. On estime qu'il 
y a lieu de satisfaire à cette demande, ce dont on 
charge le secrétaire, que M. le président espère aider 
de quelque note imprfmée. Elle s'est en effet trouvée 
dans l'Académie, et est due à Ballin, qui fut secrétaire 
de la Commission durant une trentaine d'années. Le 
secrétaire actuel y a joint quelques lignes supplémen- 
taires et le tout a été expédié avant la fin du mois. 

M. de Beaurepaire signale particulièrement le Bul- 
letin des Monuments Rouennais, dont le président 
siège au milieu de nous. L'exécution en est encore 
plus méritoire que celle des années précédentes. 

M. Pelay remercie notre président de cette flatteuse 
appréciation, et se plaît à faire remonter une part im- 
portante de l'intérêt de ce Bulletin aux deux notices 
que M. de Beaurepaire a pris la peine de rédiger à son 
intention. Sur quoi M. de Beaurepaire fait quelques 
difficultés, qui n'ont aucun succès dans la Com- 
pagnie. 

Correspondance manuscrite. — M. de Beaure- 
paire lit la lettre que voici : 

Arques-Ia-Bataille, le 12 août 1903. 

a Monsieur le Pri^.sident, 

» En réponse à une communication de M. le 
Secrétaire de la Commission des Antiquités, j'ai l'hon- 

6 



82 



neurde vous informer que, dans sa séance du 1 1 cou- 
rant, le Conseil municipal a approuvé le vœu exprimé 
par ladite Commission, relativement au rétablisse- 
ment de rinscription qui se trouvait sur la colonne 
commémorative de la bataille d* Arques, et a déclaré 
consentir à participer à la dépense. 

» Vous pourrez donc, Monsieur le Président, en 
m'envoyant le texte à graver, me faire connaître le 
montant de la dépense et l'allocation que la Commis- 
sion des Antiquités se propose d'allouer pour ce 
travail. 

» Veuillez agréer. . . 

» Le Maire, 

» BOUTEÏLLER ». 

M. le Président estime que cette lettre ne peut 
qu'être agréable à la Commission; et, avec l'assenti- 
ment général, il lui propose de faire suivre l'affaire par 
noire collègue M. Le Verdier, qui s'en est précédem- 
ment occupé. 

Dessins du Havre, 174c. — Tel est l'objet de la 
communication suivante de M. Garreta : 

a Parmi les dessins en feuilles énumérés dans le cata- 
logue de J.-P. Le Bas, graveur (i), on trouve men- 

(i) « Catalogue de tableaux, sculptures, dessins, estnmpes en- 
cadrées, en feuilles et en recueils; d'un précieux fonds de plan- 
ches gi^avées avec leurs épreuves ; de divers ustensiles de gra- 
veur et autres objets de curiosité : le tout provenant de la suc- 
cession de feu M. Le Bas, premier graveur du cabinet du Roi, 
pensionnaire de Sa Majesté, conseiller en son Académie de pein- 
ture et sculpture, etc., dont la vente se fera dans les premiers 
jours du mois de décembre prochain, en sa maison, rue du Foin- 



83 



tionnés sous le n° 68, « six dessins des fêtes données à 
Louis XV, au Havre, lors du séjour de Sa Majesté : 
ils sont à la plume et lavés et ont été gravés de la 
même grandeur ». 

» Plus loin, parmi les planches gravées, rangées par 
maîtres, en suivant Tordre alphabétique; sous le 
n^ 553, et d'après N. Descamps, figure la suite des 
six planches : Le Voyage du roi Louis XV au Havre- 
de-Grace; et celle des trois vignettes pour le même 
ouvrage. 

» Ce sont les planches des grandes estampes qui or- 
nent la « Relation de l'arrivée du Roi au Havre-de- 
Grâce, le 19 septembre 1749, et des fêtes qui se sont 
données à cette occasion. A Paris, de l'imprimerie 
d'Hippolyte-Louis Guérin et de Louis-François Dela- 
tour, 1753 », grand in-folio. 

» J'ai l'avantage de présenter à la Commission les 
deuxième et troisième dessins de cette suite. Ils ont 
été dessinés sur les lieux par Descamps, professeur de 
dessin de l'Académie Royale de Rouen. Ils repré- 
sentent l'un : « Carenned*un navire dans le bassin du 
Havre, en présence du Roy, le 20 septembre 1749 »; 
l'autre : « Le Roy, étant sur le balcon des cazernes de 
la marine du Havre, voit exécuter différentes manœu- 
vres et une joute, le 20 septembre 1749 ». 

» C'est au sujet du premier de ces dessins que Cide- 
ville écrivait à Descamps, le 3o novembre 1749 : « Je 
» voudrois que la figure du roy sur son balcon dans 
» le bassin fut plus svelte et un peu plus remarquable 

Saint-Jacques, au coin de celle Boutebrie, par Me Hayot de Long- 
pré, huissier-commissaire-priseur ». A Paris, chez Clousier, 
Joullain et dans la maison de feu M. Le Bas. i vol. pet. in-8<^, 
1783. 



84 

» et moins grosse ; étendes aussi vos masses d'om- 
» bres » (i). 

» Il serait intéressant de savoir ce que sont devenus 
les quatre autres dessins de Descamps concernant le 
Havre, et aussi ceux qu'il avait fait pour Rouen ». 

M. le Président remercie M. Garreta et le félicite 
d'avoir recueilli ces deux œuvres remarquables. 

M. de Vesly a la parole pour la lecture de la note 
suivante : 

FOUILLES DANS LA FORÊT DE ROUVRAV, EN IQOS 

Après avoir remercié M. le Président d'avoir fixé la 
réunion un jeudi, afin de lui permettre d'y assister, M. de 
Vesly expose le résultat de ses recherches archéologiques 
dans la forêt de Rouvray. Cette communication peut se 
résumer ainsi : 

Les fouilles exécutées depuis trois années ont valu à 
notre collègue de nombreux encouragements. Non seule- 
ment M. le Ministre de l'Instruction publique lui a accorde 
une subvention pour continuer ses recherches, mais la 
Société d'Émulation, nos collègues MM. Deglatigny et 
Garreta se sont associés à ses travaux, ainsi que M. Gas- 
ton Le Breton, qui lui a laissé espérer une allocation du 
département. 

C'est grâce à tous ces concours qu'il a pu établir, sans 
laisser place au doute, que la grande silve rouennaise 
s'était, vers la fin du i^r siècle, couverte de nombreuses 
métairies et de somptueuses villas. La prospérité a régné 
dans ces cantons pendant toute la période dénommée 
« paix romaine » (Pax populi rotnani). Elle a cessé lors 
des invasions du in^ siècle pour disparaître complètement 

(i) Lettre citée par M. Ch. de Beaurepaire. 



85 



avec celles du v^, enfin il a fallu attendre les défriche- 
ments de i635, opérés aux Essarts de Grand-Couronne, 
pour voir défricher les ronces et les halliers qui recou- 
vraient les traces des incendies allumés par les barbares. 

En effet, outre les emplacements fouilles ou décrits pré- 
cédemment, M. de Vesly a retrouvé les substructions d'un 
groupe de 3 habitations gallo-romaines, au carrefour de 
l'ancienne route d'Elbeuf. 11 a relevé sur la croupe de la 
montagne, à l'est du même carrefour, des vestiges anti- 
ques et reconnu le « Puits Masson », dans un taillis cou- 
ronnant la « Roche du Pignon ». M. de Vesly a vu là des 
matériaux dispersés et roulants sur le sol. Au total trois 
puits, trois fana et douze emplacements antiques, bien 
caractérisés, ont été reconnus dans le cours des cam- 
pagnes de 1901, 1902 et 1903. 

Pendant sa dernière campagne de fouilles, M. de Vesly' 
s'est particulièrement attaché aux recherches du triage de 
la Mare du Puits. En trente-trois jours de travail, il a fait 
remuer plus de 1,000 mètres cubes de terres dans la par- 
tie comprise entre le petit fanum et la mare même. 

Dans cette opération la muraille est du temple a été 
complètement dégagie; un mur limitant le péribile (?) a été 
découvert ainsi que les substructions d'une vaste salle 
mesurant 19™ 60 de longueur sur 7"» 60 de largeur. L'hy- 
pocauste qui la chauffait présentait un four d'une section 
de o"' 80 en carré dans lequel débouchaient les tuyaux de 
chaleur. 

Diverses substructions ont été également retrouvées, et 
on ne saurait passer sous silence un petit bassin de forme 
carrée, de i mètre de côté, que des tuiles entouraient pour 
en former les parois. De larges dalles en pierre et des débris 
de colonne et d'un beau bas-relief ont été également 
recuellis. Malheureusement les fragments de cette sculp- 
ture n'ont pu être encore rassemblés et le sujet reconsti- 
tué. Il est d'ailleurs fort probable que plusieurs éléments 



85 



du bas-relief ont été employés pour remblayer le puits 
voisin. 

L'inventaire des médailles accuse deux cent soixante- 
dix-sept monnaies dont la série est identique à celles déjà 
étudiées, c'est-à-dire que les types d'Hadrien, d'Antonin 
et de Faustine, ainsi que ceux des empereurs gaulois et de 
Constantin y sont les plus nombreux. 

Quelques-unes de ces médailles offrent un réel intérêt. 
Telle, par exemple, la monnaie gauloise, en petit bronze 
coule, dont l'avers représente une tête d'un dessin bar- 
bare et le revers un cheval avec trois disques. Cette mé- 
daille d'une très belle patine appartient au type grec altéré 
et est identique à celles en potain, décrites par A. Devillc 
et que Lambert a reproduites dans son Essai de numis- 
matique gauloise (pi. I de la v^ et 2® séries). 

Un denier en argent, de César, consul pour la vie fois, 
avec, au revers, un crocodile et la légende aegvpto capta, 
est une découverte d'une très grande rareté dans la Gaule. 
Enfin, un petit dépôt de soixante-dix-sept monnaies, dont 
huit sont en argent ou saucées, a été recueilli. La plupart 
de ces monnaies sont aux effigies de Postume, de Tétri- 
cus et de Victorinus. 

Une médaille de Constance II avait été percée pour 
être portée comme amulette. 

Parmi les découvertes les plus importantes, il faut 
signaler :* 

i<> Une olla contenant des cendres et des ossements 
brûlés. Elle a été rencontrée au-dessous du remblai ro- 
main, à o"'6o de profondeur, et présente tous les carac- 
tères décrits par l'abbé Cochet dans les sépultures gau- 
loises de Moulineaux ; 

2° Un dépôt composé de vingt hachettes néolithiques et 
de vingt-deux oursins a été rencontré à 3 mètres de dis- 
tance du Fanum. Cette curieuse découverte, rapprochée 
de l'amulette à échinoderme trouvée, l'an dernier, aux 
Essarts, indique la survivance delà superstition de VOvum 



87 

anguinnm, dont parle Pline et que rappelaient, il y a peu 
de temps, M. S. Reinach et M. G. Chaudet; 

30 Les ossements du bœuf et du sanglier se sont rencon- 
trés en grande abondance : quatorze défenses de sanglier, 
dont deux ont dû servir d'ornement ou de polissoir, ont 
été trouvées; deux cornes de cerf et un daguet portant des 
traces de sciage et de travail ont été recueillis; 

40 Le bronsfe a donné quelques beaux objets parmi les- 
quels ; un fragment du rebord d'un prof ericulum. L'essai 
de restauration indique que ce vase mesurait o" 108 de 
diamètre intérieur et que son décor se composait de trois 
rosaces accostées de dauphins et de frettes. 

Une statera ou peson de o""25o de longueur, avec ses 
crochets de suspension, a été trouvée non loin du mur du 
péribole (?) Le musée de Rouen possède plusieurs romaines 
semblables et notamment celle recueillie à Cailly, en 1821, 
et la balance d'Archelles, provenant d'une fouille faite par 
l'abbé Cochet, en i863. Ce savant archéologue n'était pas 
éloigne de donner une attribution religieuse à l'édifice 
dans lequel il avait récolté cette statera. 

Un petit phallus de o'noiô, une petite dolabra en métal 
saucé et une épingle à tète polyédrique complètent l'in- 
ventaire des objets en bronze; 

50 Le fer a fourni de nombreux clous, et les objets col- 
lectionnés sont tous déformés par l'oxydation provenant 
de leur long séjour dans des terrains argilo-calcaires. 
Néanmoins, deux couteaux ont pu être bien déterminés. 
Le premier a une lame triangulaire de o"™ 06 de longueur 
sur o" 02 de largeur : il était ûxé dans un manche de 
om o5 de long. C'est un petit poignard. 

Le second, beaucoup plus grand, avait une lame incur- 
vée comme celle de nos canifs et qui se reliait au manche 
par un épanouissement en queue d'aronde. Ce couteau 
devait servir au « cultrarius » lors des sacrifices. A. Rich 
en cite un semblable, d'après un bas-relief, et qu'accom- 
pagnait l'inscription : Culirari ossa ; 



88 



6° La céramique n'a donne que des fragments de vase 
en terre rouge ornie de mappes ou en poterie noire avec 
dessins faits au strigile. 

L'œuvre des coroplastes gallo-romains s'est révélée dans 
des débris de statuettes de TAnadyomène, en terre 
blanche ; 

7° Le verre n'a été rencontré, sauf en de très rares et 
très petits fragments, qu'à l'état de scories. D'ailleurs le 
service des forêts a fait passer la charrue et la herse pour 
aménager le canton de la Mare-du- Puits, et, dans ce tra- 
vail tout objet fragile a été brisé. 

Par le résumé qui précède on peut juger de l'intérêt que 
présente l'étude de la forêt de Rouvray. M. de Vesly se 
propose de la continuer et d'essayer de retrouver les dé- 
bris du bas-reliëf de la Mare-du-Puits. Cependant d'ores 
et déjà, il est acquis que la forêt de Rouvray, ainsi que les 
silves de Bord, de Louviers, de Roumare, d'Eu et de Bro- 
thonne, a été habitée pendant l'ère gallo-romaine. 

Notre confrère fait observer quMl n'a pas voulu si- 
gnaler dans le procès- verbal de ses fouilles une fibule, 
retirée d'un milieu bien romain, mais dont l'orne- 
mentation offre la fleur de lis dite « au pied nourri ». 

M. le Président adresse à M. de Vesly ses meilleures 
félicitations pour les succès si enviables de ses persé- 
vérantes études. 

Visite du Premier Consul à Rouen. — Après avoir 
félicité notre collègue M. G. Dubosc, du très vif inté- 
rêt quMl sait donner à ses récits d'histoire locale, 
M. P. Baudry dépose sur le Bureau une lithographie 
qui commente l'un de ses articles. Il s'agit de la visite 
faite, par Bonaparte, à l'inventeur de machines à tisser, 
dites Biardes, du nom de cet industriel. 



8o 

On lit au-dessus du dessin : « 2 novembre 1802. 
Origine des métiers à tisser par eau ; » et en dessous : 
« Je compte sur vous, compte^ de même sur moi; 
vous metrouvere:{ toujours. Napoléon à J.-T.-G. Biard, 
2 nov. 1802 ». Enfin, à Tangle inférieur de droite : 
<f Lith. de Bénard ». A cette pièce est jointe la per- 
mission imprimée, en vertu des décrets des 3 ventôse 
an XIII et 3i mai 1807, P^^ laquelle Tinventeur au- 
torise à se servir et à mettre en activité lesdites ma- 
chines. 

Ce dessin est dû au frère de l'industriel. Cet artiste 
est connu par des copies de tableaux de Raphaël, qu'il 
exécuta sur une grande échelle. Le nom seul de Napo- 
léon, donné au célèbre visiteur, suffirait ù prouver que 
rimpression ne s en fit pas immédiatement; et d'ail- 
leurs Part de la lithographie ne date que de la Restau- 
ration. Il y a enfin de sérieuses raisons de douter que 
le tirage en .ait été exécuté à Rouen. 

Antiquités diverses, — Enfin, après avoir rappelé, 
d'après la presse locale, que les vestiges d'une ancienne 
faïencerie ont été exhumés, au commencement du 
mois, dans la rue du Cours, à Sotteville, plusieurs de 
ces débris « portant la marque de la Mettairie, avec les 
mots Caillon à Rouen » ; M. P. Baudryfait encore cir- 
culer un cachet trouvé, assure-t-on, en Etrurie, et une 
marque de potier oLi on lit en deux lignes : vai.ijrie 

FIRMES. 

Découvertes nouvelles à Franqueville, — M. le 
Président a encore reçii de M. Vaussier divers débris 
qui peuvent remonter jusqu'à l époque romaine; no- 
tamment des tuiles à rebord et des revêtements de mu- 



90 

railles portant des traces de peintures. Il semble donc 
hors de doute que les Romains ont résidé sur ce 
plateau . 

Il lit ensuite, en les commentant, les notices que 
voici : 

NOTK SUR LES LITRES ET CEINTURES FUNÈBRES 

Il n'est pas inutile de recommander aux archéologues 
le Traité des droits honorifiques^ de Tavocat Maréchal, et 
principalement, dans ce Traité^ le chapitre V, qui est re- 
latif aux litres et ceintures funèbres dont l'usage est depuis 
longtemps aboli. 

Suivant la définition qu'en donne cet auteur, « la litre 
est une trace en peinture de largeur d'un pié et demi ou 
de deux au plus, de couleur noire, autour d'une chapelle 
ou église, à l'honneur, mémoire et en signe de duëil du 
sieur patron de l'église du lieu ; les armes du défunt étant 
peintes sur divers endroits de cette trace. » 

Cette marque d'honneur appartenait en premier lieu au 
seigneur patron, parce que celui-ci était réputé le repré- 
sentant du fondateur de l'église ; mais elle était accordée, 
après lui, au seigneur haut justicier. On permettait aussi, 
en faveur d'un gentilhomme qui aurait fondé une cha- 
pelle à côté ou dans les ailes de l'église paroissiale, de 
faire poser sa litre dans cette chapelle, à condition que 
ce fût sur la face intérieure des murs, et non à l'extérieur, 
et sans préjudice du droit qui pouvait être réclamé, pour 
le seigneur patron, de faire représenter sa litre armoriée 
au-dessus de celle de son vassal. 

« Il y a, dit Maréchal, une autre espèce et forme de 
litre ou ceinture funèbre qui se fait de velours, damas, 
drap, serge, futaine ou autre étoffe, au dedans seulement 
des églises ou chapelles. Telles litres, parements d'autel et 
custodes, ne restent point après l'an et jour ; mais après le 
service du bout de l'an, l'étoffe appartient à la fabrique 



91 

pour en disposer par les marguilliers à son profit, si ce 
n*est que les héritiers du défunt, désirant après Pan et 
jour les retirer ou une partie pour les envoler en Téglise 
de leurs seigneuries, s'en accommodent avec les marguil- 
liers. » « Dans les paroisses de villages, poursuit cet au- 
teur, on se contente le plus souvent pour ces nobles, qui 
ne sont pas seigneurs, de faire litre aux piliers ou aux en- 
droits où ils ont leur banc, et on met sur cette petite litre 
leurs armoiries peintes sur du papier ou sur de la carte 
qu'on puisse enlever au bout de Tan. Cela ne peut être 
empêché par les patrons et seigneurs qui ont droit de litre 
puisqu'ils n'en souffrent aucun préjudice. » 

C'est ce que pensait déjà Jean Desloges, écuyer, quand, 
aux obsèques de son père, il se crut permis de faire atta- 
cher, en plusieurs endroits de l'église de Quctreville (i), 
« certain nombre d'écus en papier peint aux armes du 
défunt ». Mais, le patron de la grande portion de cette 
église (2), Jean de Grémonville, seigneur de Carantilly, vit 
là une atteinte à son privilège, et il fit arracher ces armoi- 
ries. Il y eut procès à ce sujet au Bailliage du Cotentin, à 
l'Echiquier de Normandie, enfin au Conseil du Roi. 
L'affaire se termina par un accord favorable à Desloges, 
accord que peut-être l'avocat Maréchal, s'il Teût connu, 
eût inséré dans son Traité. 

Cet auteur rapporte l'avis « d'un grand seigneur qui 
blâmait fort les litres, disant que c'étoit vouloir faire porter 
le duëil aux églises des personnes qui étoient récompensées 
au monde parleurs vanitez de biens faits dont ils devroient 
attendre la récompense au ciel. » 

Ce jugement, qui nous paraît des plus sensés, n'est point 

(i) Q,uétrevi]le, aujourd'hui commune de l'arrondissement de 
Coutances, canton de Montmartin. 

(2) La seconde ou petite portion de Téglisî avait pour patron 
Tabbé de Saint-Lô. Voir M. Renault, Revue monumentale et 
historique de V arrondissement de Coutances , 1860, p. i55. 



92 

absolument admis par Maréchal. Il ne voyait pas dans la 
litre une servitude, mais plutôt une marque de respect et 
de piété «qui tcmoignoit qu'on désiroit retourner dans le 
sein de l'église à laquelle, comme l'on s'estoit donné durant 
la vie, on s'y remettoit aussi entièrement après la mort : 
Ecce^ Domine^ tua reddimus tibi. » Il lui paraissait pour- 
tant raisonnable « d'y garder beaucoup de décence, tant 
pour la sépulture que pour les autres honneurs mondains 
qu'on rcherche plus pour satisfaire la vanité des vivans 
qu'afin de soulager les défunts (i) ». 

21 mars 1432 (v. s.). — « Comme il soit ainsy que ung 
an a ou environ, Jehan Desloges, escuier, s'' du lieu, fustalc 
de vie à trespassement et son corps enterré en l'église 
Se Agathe de Creteville, et il soit ainsi que à faire l'obsèque 
dudit feu des Loges, Jehan des Loges, escuier, son filz, 
eust désiré faire icellui obsèque de son dit père bien et 
honnorablement, et que de ce il fust mémoire pour le 
temps avenir, et en icelle espérance eust fait assembler 
plusieurs de ses seigneurs, parens et amis, et pour icellui 
obsèque faire plus honnorablement, eust fait faire certain 
nombre d'escus en papier, paint aux armes dudit feu des 
Loges, lesquelx escus eussent esté atachiez en plusieurs 
lieux de ladite église ; et tantost aprez icellui obsèque fait 
Jehan de Gremonville, escuier, seigneur de Karentilli, 
lequel est patron de la grant portion de ladictc église de 
Saincte Agathe, eust fait hoster et erracher iceulx escus, 
disant que pour ce que il estoit patron de ladicte église, 
iceulx escus lui povoient porter préjudice en son héritage 
et patronnage d'icelle église pour le temps avenir ; et aprez 
ce fait, eust prins ung gaige-pleige, par quoy la cause fust 
dévolue devant le bailli de Cotentin, par lequel il eust esté 
appoinctié que, pour l'onneur dudit trespassé et de sa 

(1) Traité des droits honorifiques des seigneurs dans les 
églises, par feu Mr. Maréchal, avocat. Dernière édition par 
M. Simon. A Paris, 1696, t. I, pp. 481, 482. 



93 

ligne, et sans préjudice dudit de Gremonville, ne de son 
droit de patronnage, iceulx escus seroient remis et assis 
en lad, église, dont ledit de Gremonville se fust doulu dud. 
bailli, par quoy lad. cause fust dévolue en TEschiquier de 
Normandie ; et depuis led. Des Loges soit tourné devers 
Nos Seigneurs tenans le Conceil du Roy à Rouen, et par 
vertu de leur mandement ait fait adjourner led. de Gre- 
monville afin de lui veoir adjuger provision en la matière : 
en laquelle court de Conseil icelles parties se soient com- 
parues, et ait esté icelle matière ouverte, pour laquelle 
apaisier et nourrir paix et amour entre icelles parties, qui 
sont prochains parens et de lignage, icelles parties soient 
assemblez ensemble, et par le moyen de noble homme et 
puissant seigneur Mons»* Jacques Paynel, chevalier, et de 
plusieurs de leurs autres parens, amis et conseulz, aient de 
lad . matière fait paix, traicié et accord en la manière qui 
ensuit : Savoir faisons etc.. furent presens lesd. parties, les- 
quelz congnurent avoir fait led. traictié ainsi et comme cy 
à présent déclaré : C'est assavoir pour le bien et honneur 
qui toujours est(oit audit) feu et en sa ligne, et afin qu'il 
soit mémoire de son obsèque, led. de Gremonville voulsit... 
et accorda que iceulx escus soient faiz en pappiers, pains 
aux armes dudit trespassé, et assis (es) lieux où ils estoient 
assis en lad. église, sans ce que ce face ou porte aucun pré- 
judice (audit) de Gremonville, eu patronnage de ladicte 
église ne autrement en quelque manière que ce (soit); et 
aussi dit et déclare ledit de Gremonville qu'il n'entendit 
onqwes oster les dis escus ou des(honneur) dudit des 
Lpges ne de sa ligne, car il congnoit iceulx estre nobles de 
toute ancienneté et ne pensoit fere aucun déshonneur aux 
armes, maiz le faisoit scullementcuidant garder son héri- 
tage, et en eust autant fliit au plus prouchain parent qu'il 
ait; et aussi dit ledit Desloges qu'il avoit fait mectre iceulx 
escus en ladicte église pour l'onneur et révérence dud. feu 
trespassé et de son obsèque et non autrement, et ne vou- 
loit ne n'entendoit que, pour avoir iceux escus ainsi assis, 



94 

il ne ses hoirs peussent acquérir aucun droit eu dit patron- 
nage ne que ce feist préjudice audit de Grémonville, 
lesquelles choses et chacune d'icelles lesd. parties pro- 
mistrent tenir, etc., et rendre tous coustz etc., lesd. parties 
obligeant tous leurs biens et héritages. En oultre icelles 
parties vouldrent et veullent par ces présentes que ces pré- 
sentes lettres soient publiées, leues et notiffiées en ladicte 
église et partout ailleurs où il plaira audit de Gremonville 
ou audit Desloges et à chacun d'eulx; et si promistrent 
lesd. parties aller prendre congié de court et faire l'amende 
dudit procès là où il appartiendra, se amende y eschet, 
jurèrent... renonçant... En tesmoing etc.. présens Jehan 
Baillet et Jehan Ducloz. » (Tab. de Rouen.) 



Marché pour la peinture de la chapelle Alorge 
en Véglise de Saint -M art in" du- Pont de Roueu, 

La famille Alorge était une des plus riches et des plus 
considérées de la bourgeoisie de Rouen, dans la seconde 
moitié du xiv^^ siècle et la première moitié du siècle sui- 
vant. Ce fut aussi une de celles qui se signalèrent le plus 
par leur libéralité envers les églises et les monastères. 

a Robert Alorge, nous dit Pierre Cochon dans sa Chro- 
nique, un des plus riches bourgeois de Rouen, ne qui y 
eust esté puis la mort de sire Jacques Le Lyeeur, jadis ca- 
pitaine de Rouen, qui estoit mort, passé avoit près de 
Go ans, lequel Alorge trespassa le mardy d'après Pasques 
1412, et fit moult de biens, c'est assavoir : lecanchel de 
S. Martin (S. Martin du Pont), as Cordeliers, la capelle de 
dessus la fontaine (des Cordeliers, rue Jacques Le Lieur^, 
les maisons du bout du pont, à l'église des Augustins et 
grant quantité d'autres biens, lequel eut un lilz nommé 



9^ 

comme luy Robert (i) et malvès à son père, et plaida à 
luy, et s'en courroucha tant qu'il en mourut. » 

Je ne prétends ni contredire ni approuver le témoignage 
de notre chroniqueur rouennais; mais ce qui est hors de 
doute, c'est que ce second Robert Alorge ne fut pas moins 
généreux que son père envers Téglise de sa paroisse. Il fit 
construire dans le cimetière qui y était attenant, auprès 
du chœur, une belle et notable chapelle qu'il prit soin de 
pourvoir de riches ornements. Il fonda une messe qui de- 
vait être célébrée à perpétuité, chaque jour, pour lui, pour 
Jeanne d'Aunoy, sa femme, pour son père et pour son 
aïeul Ricart Cappelet. 

Il fut de ceux qui ne se résignèrent pas à subir la domi- 
nation étrangère. Il conspira contre les Anglais en faveur 
du Dauphin qui fut depuis Charles VII, et pour ce fait eut 
la tête tranchée au Vieux-Marché, le i3 juin 1421. 

L'acte que nbus publions, emprunté aux registres du ta- 
bellionage de Rouen, concerne des travaux de peinture 
qui durent être exécutés dans la chapelle que Robert 
Alorge avait fait construire en l'église Saint-Martin-du- 
Pont. 

Le marché fut conclu avec deux peintres, dont Tun tout 
au moins (Richard de Cestre, pour d'Excester) nous pa- 
raît de nationalité anglaise. Il est à remarquer que, bien 
que la chapelle en question fût toute neuve, il avait semblé 
bon de la peindre et que le travail fut exécuté h l'instar de 
ce qui avait été fait dans le chœur de l'église abbatiale de 
Saint-Ouen. Par le même marché, Alorge voulut faire 
peindre, une salle de son hôtel « en couleur de vermeil en 
façon d'arbres et d'oudardes», genre d'ornementation que 
nous retrouvons dans les anciennes tapisseries. 

(i) Je ne crois pas que ce fût le fils aîné. Le 12 janvier 1420 
(v. s.), Guillemin Alorge, pour lui et pour ses frères ci sœurs 
puînés, enfans de feu Robert Alorge, baille à ferme, pour six 
ans, à Jean Morderet, un manoir avec jardin et terrjs, situe à 
Saint-Jncques-sur-Darnétal. 



96 

L'hôtel de la famille Alorge était situé sur la paroisse 
Saint-Martin-du-Pont, vraiseniblablement au bas de la rue 
Grand-Pont. 

Robert Alorge, que nous considérons comme une 
noble victime de son attachement à la France, ne laissa de 
son mariage qu'une fille du nom de Maline, laquelle épousa 
Jean Le Carpentier. Elle rentra en possession d'une partie 
de ses biens qui avaient été confisqués par le roi d'Angle- 
terre et donnés à divers particuliers. Ce fut ù cause d'elle 
que Jean Le Carpentier posséda les seigneuries de Rainfre- 
ville-sur-Ry et des Iles, près de Buchy (i). 

i3 décembre 1420. — « Richart Decestre, paintre, de- 
mourant h présent en la paroisse Saint-Pierre-l'Honoré 
de Rouen, et Pierres Huache, dit Daniel, semblablement 
paintre, de la paroisse Saint-Pierre-du-Chastel d'icelle 
ville, d'une part, et Robert Alorge, bourgeois d'icelle ville, 
d'autre part, lesquielx congnurent avoir fait marchié 
entr'eulx en la manière qui ensuit : c'est assavoir : que 
iceulx paintres se submistrent et obligèrent faire [paindre] 
de leur dit mestier la chappelle que a fait faire ledit Alorge 
en l'église Saint-Martin-du-Bout-du-Pont, par les voultes, 

(i) Actes du 7 janvier, ig mars 1454 (v. s.), (Tab. de Rouen). 
— La terre de Rainfreville paraît avoir été exploitée pendant 
quelque temps par Robert Alorge. Le 6 septembre 1420, il fit 
marché avec Pierre Prévost et Jehannin, son fils, « de mettre cette 
terre en bon compost et en trois areures, de faire trente acres de 
trémois en bon compost de une ou deux areures, et de semer les 
terres bien et deuement, moyennant 20 s. pour chaque areure 
d'une acre. » Le 22 octobre suivant, il loua pour six ans, à Robert 
Orieult, le manoir de Rainfreville, à l'exception d'une chambre 
et d'une étable à chevaux qu'il se réservait pour son usage. Le 
24 février 1420 (v. "S.) il louait i'3 acres de terre à Grainville- 
sur-Ry. Le dernier jour des même mois et an, il baillait à 
ferme, pour six ans, son manoir de Clerefeuille avec le colom- 
bier; le 10 mars suivant, il louait à métairie pour six ans la 
terre ie Rainfreville et 42 acres. (Tab. de Rouen.) 



97 

costés et pilliers jusques à terre, et par semblable touchant 
les chappelles de ladicte église au costc de lad. chappelle, 
jusques au bout de ladicte église, et paindre semblable- 
ment la voulte de dessoubz les cloches, en la coulleur et 
semblable painture du ceur de Téglise de Saint-Ouen de 
Rouen, et trouver toutes les matières à ce appartenantes, 
excepté une quavellée de cnux que led. Alorge leur sera 
tenu trouver; et avec ce lesd. paintres sont tenus paindre 
une salle hault ou devant de l'ostel dud. Alorge en couleur 
de vermeil fait en fachon d'abres et d'oudardes; et aussi 
paindre deux custodes pour la chappelle dudit Alorge et 
aux armes d'icellui ; et trouvera ledit Alorge toutes les 
matières pour faire ladicte salle et custodes seuUement ; 
et, se es voulions (?) de lad. chappelle ledit Alorge veult faire 
faire aucune chose de leur dit mestier, il sera tenu faire et 
trouver les matières à ce appartenant ; et pour ce faire 
doivent avoir la somme de xx l. t. et leurs despens en fai- 
sant lad. besoigne, laquelle besoigne lesd. paintres seront 
tenus et promistrent rendre toutes prestes de leur dit mes- 
tier dedens le jour de Pasques prouchain venant, de la- 
quelle somme de xx 1. t. led. Alorge paia et bailla présen- 
tement ausd. paintres la somme de x 1. t., et le demourant 
leur sera tenu paier aud. terme de Pasques, quant ils au- 
ront fait lad. œuvre par la manière que dit est, obligeant 
lesd. paintres, chacun pour le tout corps et biens, etc. ». 



NOTE SUR DES ORNEMENTS d'ÉGLISE DONNKS PAR TALBOT 
A LA CHAPELLE SAINT-GEORGES DE ROUEN 

Jean Talbot, comte de Shrewsbury, sieur de Talbot et 
de F'ournival, fut un des plus illustres capitaines du 
xve siècle. En récompense des services qu'il rendit à son 
pays, il fut comblé de biens et d'honneurs ; mais ni son 

7 



98 

habileté ni sa bravoure ne purent empêcher TAngleterre 
de perdre toutes les conquêtes qu'elle avait faites en 
France. Il fut tué à la bataille de Castillon le 17 juillet 1433. 

Talbot avait fait de longs séjours à Rouen, où il remplit 
pendant plusieurs années les fonctions de lieutenant du 
château, sous le duc d'York. 

Longtemps après que notre province eut été de nouveau 
et pour toujours réunie à la France, le nom de Talbot 
était connu à Rouen par la tombe de son frère Gilbert 
Talbot, tué pendant le siège de cette ville, et inhume dans 
une chapelle extérieure, la chapelle de Beauregard, au 
cimetière de Saint-Maur, et par la tombe de son fils, décédé 
en bas âge et inhumé dans la chapelle de la Sainte-Vierge 
de l'église de Saint-Ouen. Ces deux tombes existaient 
encore vers le milieu du xviiie siècle, comme on le voit par 
r Histoire de Rouen qui rapporte ces inscriptions : Cy 
gisent les entrailles de Messire Guillebert Talbot, che- 
valier anglais^ qui mourut le 18 oct. 1418. Il est gravé 
sur sa tombe portant son cœur en ses mains, ce qui a fait 
dire depuis en proverbe : « Il ressemble à Talbot, il porte 
^on cœur. » 

Cy gist noble homme Jean Tallebot, fils du- sieur Tal- 
lebot, maréchal de France (i), qui décéda es années de sa 
puérilité le 4 janvier 1438. (v. s.) (2). 

Ces tombes ont disparu à une époque où personne ne 

(i) En 1441, Henri VI avait créé Talbot comte de Shrewsbury, 
et peu de temps après maréchal de France. 

(2) L'Histoire de Rouen lui donne pour armes : « Ecartelé du 
I. et 4 de gueules à un lion d*or léopardé et les deux autres 
d'argent à un chevron de gueules »; et pourtant la même Histoire 
donne pour armes à Gillebert Talbot : « Ecartelé le i. et 3. de 
gueules à i. lion d'or rampant et les 2 autres d'azur à 2 léopards 
lyonnez passans de gueules. » 11 n*est pas douteux que les 
tombes ne portassent des armoiries, mais on peut douter qu'elles 
Rient été bien exactement interprétées. 



99 

se préoccupait guère de la conservation des monuments 
du passé. 

Il est probable qu'il en fut de même des ornements 
d'église que Talbot, dévot comme tout Anglais de son 
temps à saint Georges, avait donnés ^ l'église du Sé- 
pulcre de Rouen où ce saint était l'objet d'un culte par- 
ticulier. 

On voit par la pièce que nous publions ci-après que ces 
ornements furent le sujet de contestations entre les cha- 
noines du Sépulcre et les frères de la Cinquantaine, et que 
le donateur fut appelé ù faire connaître à qui il avait en- 
tendu en attribuer la disposition. 

a Jehan, conte de Shrosbery et de Wefford, sire de Tal- 
bot et de Furnyvall, mareschal de PVance, à tous ceulx 
qui ces présentes verront salut. Gomme pieça, par devo- 
cion, nous ayons donné ù Tesglise du Sépulcre, pour hon- 
neur et révérence de Dieu et de mons»" saint George, qui 
en icelle est honnoré, révéré etservy, une chapelle fournie 
de chasuble, tunique, dalmatique pour dyacre et soubz- 
diacre^ deux chappes et deux paremens d'autel, autrement 
nommez contre-autielz de drap de damas blanc, semez de 
jartiers pers, et soit arivé que parolles se soient meues, 
par forme de controversie, par entre les chanoines d'icelie 
esglise, d'une part, et les frères de la Cinquantaine de ceste 
ville de Rouen, d'autre, iceulx chanoines disans les aour- 
nemens dessus diz appartenir à ladicie esglise, et les diz 
frères disans au contraire iceux appartenir à leur confrarie, 
sur quoy ayons esté requis dire et desclairer notre volenté 
et intencion, savoir faisons et certifions que les veste- 
mens, aournemens et paremens dessus diz, en tant que 
donné en y avons, nous l'avons fait en propos, intention 
et volenté qui soient gardez et usez pour la décoration et 
service d'icelie esglise et non d'autre, espécialement à la 
feste de mondit sieur saint Georges, toutefois qu'elle es- 
cherra, et à telles aultres festes comme lesdiz chanoines 



too 



adviseront estre h faire, en la garde desquels voulions et 
entendons que les diz vestemens, aournemens et paremens 
soient et demeurent comme appartenans à ladicte esglise, 
desquelles choses iceulx chanoines nous ont requis ces 
présentes, que leur avons accordées pour leur valoir en 
temps et lieu ce que de raison et justice appartendra. 
Donné en tesmoing de ce soubz nostre seel et signe manuel, 
à Rouen, le xxn* jour de décembre l'an de grâce mil CCCC 
quarante quatre. Signé Talbot. » 



NOTE SUR UNE MAISON DE PLAISANCE, SISE A SOTTEVILLE, 
PRÈS ROUEN, APPARTENAI^T A PIERRE* CAUCHON 

Pierre Cauchon, le juge inique de Jeanne d'Arc, décéda, 
comme on sait, à Rouen, le i8 décembre 1442. Il laissait 
pour héritiers son neveu, Jean Bidault, et sa nièce, Jeanne 
Bidault. Jean Bidault, grâce vraisemblablement au crédit 
dont son oncle jouissait, fut tout à la fois archidiacre 
d'Auge, chanoine de Rouen, de Reims, de Lisieux et du 
Mans. Il mourut en février 1454, après avoir choisi, pour 
sa sépulture, la chapelle de saint Etienne en la cathédrale 
de Rouen, où avaient été inhumés Jean de Rynel, secré- 
taire du roi Henri VI et Guillemette Bidault, sa femme, 
sœur de ce chanoine (i). 

Par acte passé au tabellionage de Rouen, les neveux et 
héritiers de Jean Bidault disposèrent d'un manoir prove- 
nant de sa succession, et qui nous intéresse parce qu'il a 
appartenu à Pierre Cauchon. 

Peut-être ce prélat, occupe à Rouen pendant une no- 
table partie de sa vie comme membre du Conseil du roi 

(i) Fondation en exécution des volontés de Jean Bidault, 
2b mai 14S4. (Tab. de Rouen). 



» ♦ 



101 



Henri VI, avait-il acquis celte propriété comme lieu de 
repos. Elle était à proximité de Rouen, dans une paroisse 
de Texemption de Lisieux, où il pouvait se croire en son 
diocèse et exercer, sans contestation, la juridiction épis- 
copale. 

Quoi qu'il en soit, voici cet acte, trop peu long pour que 
je regrette d'avoir employé mon temps à le transcrire. 

27 octobre 1462. — « Noble homme maistre Loys de 
Rynel, escuier, sieur de Bracheul (i), baille en échange à 
héritage, à maistre Guillaume Le Tourneur, curé de 
S.-Ouen-des-Camps et chanoine de Rouen, etc. (pour 9 1. 
10 s. par an), c'est assavoir : ung jardin assis en la paroisse 
de Soteville lez Rouen, ainsi planté et cdiffié de maisons, 
coulombier, aysement et arbres dessus croissans et qu'il se 
pourporte... borné d'un côté Jehan Hermier, marchant, 
d'autre costéung fossé appartenant h la ville de Rouen ou 
au prieur de Grantmont, d'un bout au fossé moytoien entre 
ledit héritage et messire Jehan Féré, prestre, et, d'autre 
bout, au pavement ou cauchée du Roy nostre Sire, et le- 
quel jardin et héritage fu et appartint anciennement à def- 
funct Révérend père en Dieu, monsr Pierre Cauchon, de 
son vivant evesque de Lisieux, et depuis à deffunct maistre 
Jehan Bidault, en son vivant chanoine de Rouen, et de la 
succession duquel deffunct maistre Jehan Bidault ledit 
maistre Loys disoit iceluy jardin à luy appartenir proprie- 
tairement, entre autres choses, par les partages fais entre 
luy et ses autres frères et seurs semblables héritiers dudit 
deffunct M^ Jehan Bidault, son oncle. » 

Par un acte antérieur, du 24 avril 1461, les mêmes ven- 
deurs « vénérable et discrète personne maître Jacques de 
Rinel, chanoine de Rouen et de Lisieux, Philippe de Ri- 
nel, greffier des Esleuz à Caen, et Louis de Rinel, licencié 

(i) Un acte du tab. du 2 septembre 1461 nous apprend qu'il 
était- propriétaire d'un hôtel situé rue de la Chaîne, borné par 
rhôtel des Clémentins, situé rue Saint-Nicolas. 



I02 



ès-iois^ct seigneur de Bracheul, frères, enfants et hJntiers 
de défunt M" Jean de Rinel (i), avoient vendu à Jean de 
Gouvis, docteur es lois, archidiacre de Rouen, une place 
ou masure sise en la paroisse Saint-Jacques de Lisieux, 
rue de la Boucherie. » Pierre Cauchon en avait fait l'acqui- 
sition de messire Pierre Orieult, le 7 octobre 1436. 

Armoiries dans les vitraux. — Ce qu'il vient de 
dire amène M. le Président à prémunir contre une 
erreur qui peut assez fréquemment se produire. En 
effet, la vue d'un écusson dans un vitrail semble pou- 
voir permettre de dater aussitôt le travail du verrier. 
Or, il arrivera parfois qubn le rajeunira mal à propos. 
Car l*un des soins du nouveau propriétaire d'un 
domaine seigneurial était de substituer ses armes à 
celles de son prédécesseur, jusque dans les fenêtres de 
réglise. Toutefois le danger de cette méprise n'est 
guère à craindre dans les églises de ville, où il n'est 
plus question de ce patronage qui donnait le droit 
d'armorier ainsi les verrières du chœur. 

M. de Beaurepaire a enfin relevé dans Téglise de 
Sainte- Marguerite-sur- Duclair une inscription de 
I 535, ainsi que les données relatives à des fondations 
pieuses. 

Incidemment, M. Pelay constate le bon état de con- 
servation des litres funèbres de Saint-Pierre-Manne- 
ville et de Queviilon. 

Anciens calvaires de Cany, — Après une recherche 
qui s'est prolongée plusieurs semaines, M. Tabbé 

(i) Les deux Rynel avaient une sœur du nom de Jeanne qui 
avait épousé Jean de Croixmare, seigneur de Saint-Jean-du*Gar- 
donnay (Voir Tab. de Rouen, i5 déc. 1461). 



io3 



P. Aubry, vicaire de celte paroisse, a envoyé à leur 
sujet au secrétaire un petit mémoire qui va pouvoir 
figurer presque textuellement au procès- verbal. Cest 
qu'aussi ce jeune prêtre a du sang archéologique dans 
les veines ; c'est le petit-fils de Texcellent docteur 
E. Guéroult, qui donna, aux premiers congrès de la 
Sorbonne, des notes sur Jumiéges. Les vétérans de la 
Commission admiraient son assiduité à nos séances 
et n^ont pas oublié ses études intéressantes sur le 
Calidu. 

A peine un de ces calvaires mériterait-il une mention 
si elle ne s'autorisait de la description qui doit être faite 
de l'autre. Disons donc tout de suite que « à Caniel, 
tout au bord de la rivière et près de la route de Vitte- 
fleur, un socle de calvaire » avait attiré Tattention de 
M. le Vicaire, a Mais, poursuit-il, je n'ai trouvé pour 
toute inscription que celte date encadrée d'un filet : 




» Il paraît, d'après ce que Ton ma dit, que c'est 
remplacement d'un ancien cimetière ». 

M. l'abbé Balavoine, mort doyen du Chapitre, s'était 
intéressé à Tautre calvaire, alors qu'il était doyen de 
Cany. Mais il y fut trop peu de temps curé pour re- 
connaître ce vénérable débris. 

Dans un des hameaux qui dominent Cany au sud- 
ouest, à Vinfrainville, existe un vieux socle de calvaire 
en granit, abandonné dans une futaie, sur le bord de 
la route de Valmont. Il était autrefois quelques pas 
plus loin, au dire du cantonnier, et n'occupe son em- 
placement actuel que depuis le percement de la route. 



I04 

Le sol qui Ta recueilli fait partie du domaine de 
MM. d'HunoIstein. 

Au-dessous de la date 1614 est gravée, sur cette base 
octogone, une inscription qui n'a pu être totalement 
déchiffrée qu'avec beaucoup de patience : car les lettres, 
usées par le temps, étaient en bien des endroits recou- 
vertes de mousses ou enfouies sous terre. 

Les deux dernières lignes, séparées des précédentes 
par une épaisse moulure ronde, sont en plus grands 
caractères. On lit : 

CeTE f A ETE ELEVEE PAR FrS PiARD, PRB ET 

FONDEE DE C 80VLZ DE RENTE TOVS LES ANS 

A C PAVVRES Q.VY ASYSTERONT LE VENDREDY S. 

ET A CHANTER VeXILLA AVEC LES VERSET REPONS ET 

ORAISON SVIVANT LINTENTION DE FEV NOBLE HO/e 
AnTHOINNE PiaRD, SR de INFRAINVILLE, SON PERE. 

Ainsi qu'on Ta remarqué, la piété et la charité se 
trouvent ici réunies, suivant les meilleures inspirations 
de la foi chrétienne. Comme les premières maisons du 
hameau sont situées à plus d'un kilomètre de l'église 
paroissiale, la fondation Piard donnait lieu à Tune de 
ces belles processions chères aux habitudes de nos pères. 

Le vicaire de Cany a été aidé dans cette laborieuse 
exploration par M. l'abbé Delaune, curé de Vittefleur 
et enfant de Cany, et par deux hommes de bonne 
volonté qui, à grands coups de pioche, ont entièrement 
dégagé ce socle. 11 ne mesure pas moins de o m. 'jj à^ 
hauteur, et la surface du chapiteau qui recouvre le 
socle a o m. 49 de diamètre. 

a Le plat du rebord du socle porte imprimée la trace 
de pas qui ont usé le granit par frottement ». Il semble 
très vraisemblable que « les cavaliers, après avoir gravi 



io5 



Tétroile cavée, en tenant leurs chevaux à la bride, 
enfourchaient leur monture en cet endroit connu, et 
le socle du calvaire leur servait de marchepied na- 
turel ». 

Le mot Infrainville (dont lyqu'a supprimé un trou 
est restitué par conjecture) représente le nom le plus 
authentique de ce hameau. Il n^est jamais appelé au- 
trement à Cany, et Cassini l'avait ainsi marqué. Le 
WifFreville du cartulaire qu'a cité Tabbé Cochet, si la 
lecture est certaine, aura perdu son initiale comme il 
est arrivé à Imbleville, d'abord nommé Winbelevilla. 
L'n de la première syllabe, remarque M. de Beaure- 
paire, figuré d'ordinaire par une abréviation, aura 
promptement disparu. 

a II y a non loin de là une grande ferme oîi se ren- 
contrent, paraît-il, de nombreuses fondations à fleur 
de terre, entourées de vallonnements. Serait-ce l'ancien 
manoir des Piard ? » 

Un fragment des archives de l'ancienne paroisse de 
Crosville, aujourd'hui réunie à Vittefleur, prouve que 
Pabbé François Piard en fut curé de ibii à i633 au 
moins. M. Delaune, auquel on doit ce renseignement, 
observe que ce n'est qu'après 1614, date de la mort de 
son père, que le brave ecclésiastique, plus ou moins 
gentilhomme, signe : « François Piard-Vinfrainville, 
curé. » 

Et, comme pour que rien ne manquât à l'intérêt de 
cette petite trouvaille épigraphique, la légende s'en est 
mêlée. « Il paraît que cette croix est un objet de terreur 
dans la contrée. Déjà, dans Cany, j'avais entendu dire 
que, le soir, on la voyait entourée de flammes; qu'elle 



io6 

était défendue par des chats furieux et des monstres, et 
que beaucoup n'osaient passer auprès la nuit. En 
donnant ses coups de pioche, mon vieux cantonnier a 
redit toutes ces histoires-là, et il a conclu : « Oh ! allez, 
» Monsieur le Vicaire, il s'en est passé des choses 
r> drôles ici ; et il s'en passe encore, soyez-en sûr ! » 

Toutes ces traditions populaires « affirment claire- 
ment que, pour le peuple, cet endroit fut toujours un 
endroit maudit où se passa quelque crime, quelque 
combat meurtrier. » On pourrait aussi se demander si 
ces terreurs n'ont pas eu pour origine les scènes de 
violence qui ont pu accompagner la destruction du 
calvaire. 

<ï II y a beaucoup de Caniquais qui montent voir le , 

monument. On s'est avisé, dimanche soir, de recou- 
vrir de craie Pinscripiion supérieure. De cette sorte, en 
ce moment, le texte ressort magnifiquement. » 

M. le Président remercie M. labbé Aubry de sa 
communication, et, en même temps, le félicite d'avoir -i 

eu un si intéressant début dans celte exploration des 
débris du passé. 

Quincampoix. — M. le D"^ Coutan signale les graf- 
fites qui couvrent à profusion les murs extérieurs de 
cette église, et donnent une abondante série de noms ^ 

propres qui remonte jusqu'au xvii^ siècle. 

Eglise Saint- Vincent. — M. G. Dubosc appelle la 
sollicitude sur l'état inquiétant de dégradation où est 
réduite la verrière du « pèsement des âmes » qui sur- 
monte le portail latéral sud de cette église. Une conso- 
lidation serait d'autant plus urgente que si une bour- 
rasque jetait à terre'ce beau vitrail, la perte serait ab- 
solument irréparable. 



N 



107 



En cet ordre dUdées, M. Garrcia signale Tincohé- 
rence dont a souffert la reconstitution du vitrail des 
seigneurs de Croisset, dans la même église. 

La Commission se persuade que la fabrique, qui 
vient de faire de si grands sacrifices pour Tappropria- 
tion et Tembellissement de ce monument historique, 
saura encore trouver les moyens de pourvoir au 
péril que court sa remarquable verrière. Plusieurs 
membres se promettent d'intervenir officieusement 
auprès de quelques fabriciens de leur connaissance. 

La cloche d'argent. — Le projet qui semble avoir 
chance de prévaloir est l'un des plus raisonnables et 
consiste à substituer, pour les services municipaux, 
la Cache-Ribaud, à la /^OMi;e/. Mais il reste dans l'exé- 
cution un point dont la Commission se préoccupe à 
juste titre. Une combinaison propose, pour descendre 
la Cache-Ribaud, de démonter l'horloge; cette opéra- 
tion n'est pas sans inspirer des craintes sérieuses et 
M. Garreta s'y opposerait énergiquement. Personne 
ici n'a oublié les belles études de feu M. Hainaut, le 
savant et habile mécanicien : il y a prouvé que cette 
horloge, la première qui ait sonné les quarts, est ac- 
tuellement la plus ancienne du monde. Or, qui peut 
assurer que le démontage n'en comprornettra point le 
mécanisme six fois séculaire et même ne fera point 
naître des projets intéressés de remplacement? La 
Commission estime donc qu'il y a lieu d'employer 
tout autre procédé de descente, de façon à respecter 
rhorloge. 

Communications de M. G. Dubosc : 

Notre collègue présente plusieurs dessins publiés 
par la revue d'art anglaise The Burlington Maga:{ine 



io8 



(avril 1903), et qui fonispariie d'une Vie de Richard 
Beauchamp, comte de Warwick, contenue dans un 
manuscrit du Bristish Muséum. Ces dessins, qui ne 
sont pas enluminés, furent très probablement exécutés 
sur Tordre de la plus jeune fille du comte de Wa/wick. 
Certains se rapportent à des faits qui touchent à l'his- 
toire de Rouen sous la domination anglaise et à 
répoque de Jeanne d'Arc. Tels sont : le Siège de Rouen 
en 141g; Warjpick et le roi d"^ Angleterre Henri VI 
enfant. On estime que ces dessins ont été exécutés de 
1485 à 1490. 

Notre confrère signale également la disparition, dans 
la rue Dinanderie, aux numéros 20 et 22, d'une façade 
très délabrée du xyii^ siècle, comprenant rez-de-chaus- 
sée et premier étage en pierre, avec une ordonnance 
de pilastres doriques et corniche moulurée, porte cin- 
trée à deux vantaux, et enfin, dans l'imposte, un motif 
de ferronnerie. 

A propos du pape Clément VI, qui fut archevêque 
de Rouen et dont le souvenir s'est perpétué à Rouen 
comme fondateur du Collège des Clémentins, rue 
Saint-Nicolas, notrecoUègue indique que Clément VI, 
qui était Limousin, fit construire l'abbaye de la 
Chaise-Dieu, près de Brioude, dans la Haute-Loire. 
Une tour porte encore le nom de Tour Clémentine, 
Clément VI envoya à cette église six tableaux exécutés 
par Matteo de Giovanetto, de Viterbe, qui a peint les 
fresques du Palais des Papes, à Avignon. 

Clément VI s'occupa, de son vivant, de faire exécu- 
ter son tombeau qu'il voulut placer au milieu du 
chœur de la Chaise-Dieu. Il en confia le soin au sculp- 
teur Pierre Roye, qui s'inspira du tombeau de 
Jean XXII, qui existe encore dans la cathédrale d'Avi- 



i 






109 

gnon. Ce pape eut la pensée de grouper autour de son 
propre tombeau les images de tous les parents dont il 
avait fait la fortune. Cest ainsi que Pierre Roye sculpta 
autour du Pape gisant, quarante-quatre personnages 
parmi lesquels cinq cardinaux, cinq archevêques, neuf 
évêques et une longue suite de comtes, vicomtes et 
marquis honorésde la faveur pontificale. Ces statues 
sont disparues, brisées en i562 par les protestants, 
aux ordres de Blacons. La statue de Clément VI, éten- 
due sur une dalle de marbre noir, existe cependant 
encore : les pieds, les mains et une partie de la tête 
portent les traces évidentes d^une restauration très 
ancienne; mais la beauté des plis du vêtement révèle 
un grand sculpteur. Au xvm® siècle, le tombeau fut 
ouvert par les moines, et Tun d'eux constata que les 
restes du pape Clément VI, ancien archevêque de 
Rouen, n'avaient pas été profanés. Il serait intéressant 
de posséder une photographie ou un dessin du monu- 
ment du pape Clément VI à la Chaise-Dieu, dont l'ef- 
figie compléterait l'iconographie des archevêques de 
Rouen. 

M. Pelay rappelle qu'un portrait de ce pape orne 
la chapelle des Ursulines, rue Morand; et le secrétaire 
annonce que la publication des actes officiels de son 
pontificat a été entreprise par l'Ecole française de 
Rome. Un premier fascicule grand in-40 a paru. 

La séance est levée à quatre heures un quart. 

A. TOUGARD. 



\ TO 



SEANCE DU i8 DÉCEMBRE igoS 

Elle ouvre à deux heures dix minutes sous la prési- 
dence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président; l 

En présence de MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, Deglatigny, Drouet, Garreta, Le Verdier, 
Mgr Loth, Pelay, de la Serre, de Vesly et Tabbé l 

Tougard. i 

Se sont excusés : MM. Dubosc, Malicorne et Milet. i 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté après une rectification. 

Correspondance imprimée. — En voici le dépouil- 
lement : Assises de Caumont ; \W session, Caen, 
juin 1903, 2 vol. gr. in-S» ; — Annales de la Société 
historique et archéologique de Chdteau-Thierrj-, 
p. igo2; 1903, in-8o; — Tables, item, 1864-1900, 
in-8o; — Comité archéologique de Senlis, p, igo2; 
Senlis, 1 903 ; in-8o; — Société archéoL de Bordeaux, 
XXIII, 3-4; une livr. ; — Mémoires de la Soc., 
d* Orléans ; 1903, i ; ^~ Mém. de la Soc, des Anti- 
quaiî^es du Centre, XXVI ; — Recueil.., Soc. libre 
de VEurCy p. igo2 ; hlvreux, 1903 ; — bulletin ar- 
chéoL du Comité, 1903, 2; — Bull, de la Soc, | 
d'' Eure-et-Loir, XI II, 8; — Bull, de la Soc, archéol, 
de Nantes, XLIV ; — Bull, de la Soc. hist, et ar- 
chéol, de Langres, Gj ; — Bull, de la Soc, hist. et 
archéol. de l'Orne, XXII, 3 ; — Bull, de la Soc. j 
archéol, de Touraine; — Annales de la Soc. d*hist. 
et d' archéol. de Gand, V ; — Bulletin, item, XI, 6 ; 
— Report of the U, S. national Muséum de la 
Smithsonian Institution, Washington, 1903. 






1 1 1 



Correspondance manuscrite. — M. le Président se 
réserve à faire connaître, après les communications 
verbales, diverses notes sur des matières qui rentrent 
absolument dans les études de la Commission. 

Mort de M. Héron. — 11 estime que toute la Com- 
pagnie ressentira vivement la nouvelle perte qu''elle 
vient de faire dans la personne de ce travailleur émi- 
nent, entré depuis peu dans ses rangs, et de l'érudition 
duquel nous avions droit d^attendre de grands secours. 
L'un des chagrins du mauvais état de sa santé fut de 
ne pouvoir assister à nos séances. Avec lui disparaît 
un des derniers humanistes de bon aloi que rensei- 
gnement classique formait à merveille dans la première 
moitié du xix« siècle. 

Lillebonne. — En excusant tardivement son ab- 
sence, notre confrère M. Vallée a expliqué le 27 oc- 
tobre au secrétaire que, souffrant depuis six mois, il a 
dû forcément négliger les antiquités. 

« Je n ai pu, ajoute-t-il, visiter Timportante répara- 
tion du théâtre romain, où il y a encore beaucoup à 
faire. De nombreux débris de poterie vernissée y ont 
été mis à jour ». 

Il proteste enfin que son dévouement n'est pas re- 
froidi, et qu'aux beaux jours prochains, il espère 
a reprendre ses fouilles et toutes les recherches 
utiles ». 

M. Pelay a le premier la parole pour diverses com- 
munications. 

Grilles de Saint' Maclou. — Il signale d'abord le 
commencement de satisfaction qu'ont enfin obtenu les 
instances de la Commission, par la pose d'une partie 



I 12 



des grilles qui doivent protéger le côté nord du monu- 
ment. 

M. le Président ajoute, qu'en s'excusant, M. G. 
Dubosc avait aussi voulu signaler le fait à la Commis- 
sion. Il a également consigné dans un billet l'heureuse 
issue de la négociation relative au château de Dieppe, 
qui vient d'être acheté par la Ville. M. Le Verdier 
croit que l&prix est de i2 5,ooo francs. 

Tombeau de Clément VI. — Selon sa promesse, 
M. Pelay présente ensuite une photographie de ce 
monument, qui intéresse tout spécialement nos annales 
religieuses. 

Souvenirs de V abbaye de Sainte- Catherine. — 
Il analyse encore deux pages in-folio manuscrites, 
rencontrées hier parmi des pièces diverses, où sont des- 
sinés différents débris archéologiques avec deux textes 
funéraires, le tout copié sur la côte Sainte-Catherine. 
Il y aura lieu de vérifier si les épitaphes sont inédites 
avant de les insérer au procès- ver bal. 

M. Le Verdier insiste sur l'intérêt exceptionnel 
qu'offrent ces dessins. On n'y retrouve pas de simples 
épitaphes, mais l'esprit qui inspirait ces funèbres mo- 
numents. Et comme ces restes du xi« siècle sont loin 
d'être communs, notre confrère émet le vœu que ces 
inscriptions soient reproduites en fac-similé dans le 
Bulletin, Cette proposition est unanimement appuyée. 

Quevillon, — Enfin M. Pelay a relevé cette inscrip- 
tion dans le mur extérieur, côté de l'évangile, de 
l'église de Quevillon (canton de Duclair) : 

« Cy gist le corps de Michelle le brun » 



ii3 

Eglise Saint'Maclou. — Mgr Loth donne quelques 
détails sur d'heureuses innovations ou aménagements 
nouveaux propres à satisfaire tous les admirateurs de 
ce beau monument. 

Colonne d'' Arques, — L'abbé Tougard demande à 
M. Le Verdier quel succès a obtenu sa négociation 
avec M. le Maire d'Arqués, pour le rétablissement de 
rinscription commémorative dont la Commission 
Tavait chargé, comme il en a été informé par l'extrait 
du procès- ver bal. 

M. Le Verdier répond qu'il n*a encore fait aucune 
démarche. Il faudra sans doute déterminer la part du 
concours de la commune et celle du département, et il 
y aura lieu de dresser tout d'abord un petit devis du 
travail. Divers membres souhaitent que celle modeste 
réparation ne soit pas perdue de vue. 

Eglises diverses. — M. de la Serre lit la note sui- 
vante et l'accompagne de trois bons dessins pour 
Talbum de la Commission. 

ÉGLISE DE SAINT-GILLES-DE-LA-NKUVILLE 

L'église dé Saint-Gilles-de-la-Neuville était, au mois de 
septembre dernier, en complet remaniement. Les travaux 
doivent être actuellement terminés. On a refait le pavage, 
le berceau et les boiseries. La nef avait été, au xviieou au 
xviiie siècle, percée de grandes ouvertures cintrées sans 
caractère, comme on le faisait souvent h cette époque pour 
donner plus de jour et d'air ù l'intérieur des églises. On a 
plus d'une fois transformé ainsi des lancettes du moyen 
âge. Ces ouvertures viennent d'être elles-mêmes rempla- 
cées par des ogives d'un bon dessin. C'est donc une amé- 
lioration. Malheureusement, c'est la brique qu'on a em- 

8 



114 

ployée pour ce travail : elle se prête peu au tnoulurage 
des voussures et des embrasures. 

L'église se recommande, d'ailleurs, par des détails inté- 
ressants. 

La façade nord présente, au droit de la dernière travée 
de la nef et des deux premières du chœur, une chapelle à 
voûte d'arêtes terminée par une abside à trois pans. (7est 
le reste d'un bas-côté qui régnait autrefois le long de la 
nef, comme le témoignent des arcades rebouchées encore 
visibles sur la façade extérieure. La tour est au portail et 
forme porche ; celui-ci ouvre h l'extérieur par une porte 
ogivale à voussure torique et archivolte ornée de feuilles 
de vigne et de grappes de raisin, d'un assez bon travail ; 
elle retombe sur des colonneites à chapiteaux en crosse. 

L'édifice paraît, sauf les retouches, remonter au 
xiii« siècle. 

ÉGLISE DE TRIQUERVILLE 

Cette église, qui date du xvie siècle, est un édifice aban- 
donné et même à l'état complet de délabrement et de 
dévastation. 

Elle se compose d'une nef de quatre travées, avec colla- 
téral au côté nord, et d'un chœur plus étroit terminé par 
une absidiole arrondie. La nef est séparée du bas-côté par 
un rang d'arcades ogivales, portéessur de courtes colonnes 
cylindriques à chapiteaux. Une chapelle avec toit en pyra- 
mide carrée a été bâtie au côté sud de la nef, en pendant 
avec la dernière travée du bas-côté nord. A l'angle nord 
du portail, s'élève une tour carrée dépassant de 3 à 6 mè- 
tres le comble de la nef. Cette tour est le morceau capital 
de l'édifice : elle présente sur chaque face cinq ogives 
aveugles au premier étage et deux ogives claires au 
deuxième. Une tourelle cylindrique est accolée à l'angle 
nord-est. 

Cette église n'est pas des plus remarquables : j'ai cru 



ii5 



néanmoins intéressant d'en garder le souvenir au moyen 
du plan ci-joint, dans le cas où elle viendrait à disparaître 
tout à fait. Elle est pittoresquement assise sur le versant 
d'un vallon qui aboutit à la Seine. Sur l'autre versant, on 
a élevé, pour remplacer l'ancienne, une église d'une cons- 
truction légère et sans caractère architectural : elle est 
probablement provisoire. 



ÉGLISE DE BERNIÈRES 



Voici encore une ruine. C'est ce qui reste de Téglise ro- 
mane de Bernières-en-Caux, l'ancienne Beuzemouchel. 
Ces restes se composent d'une haute tour du xi« siècle, 
dont la projection forme un carré suivi, du côté de l'est, 
par une travée rectangulaire unique qui forme le chœur, 
et se termine par une abside semi-circulaire, à toit en 
forme de demi-cône. C'est une disposition qui s'observe 
aans plusieurs églises de l'époque romane, et notamment 
dans celles de Virville et de Saint-Jean-d'Abbetoi. 

Le carré et le chœur sont voûtés d'arêtes et séparés 
par une arcade à plein cintre. La voûte du chœur pré- 
sente, au point de croisement des arêtes, un pendentif 
élégamment sculpté. La nef a disparu : un solin, existant 
au côté ouest de la tour, indique à quelle hauteur s'élevait 
le faîte (ii mètres environ). Le lierre a envahi tout un 
côté de la tour et du chœur et en fait un ensemble fort 
pittoresque. Ces restes d'un édifice huit fois séculaire 
m'ont paru intéressants à signaler. J'ai cherché à en 
donner une idée par le croquis ci-joint, par un plan de la 
tour et du chœur et par un dessin du pendentif. 

M. le Président remercie notre collègue de son zèle 
ecclésiologique qui s*exerce si fructueusement. On 
estime que la tour de Bernières mériterait de figurer 
au Bulletin, et on explique que rien ne sera plus 






•--^■••' 



(seplembre n)o'S) 



îi7 



facile, pourvu que M. de la Serre veuille prendre la 
peine de refaire à la plume son dessin. 

Inscription obituaire à Saint-Gilles, — Le secré- 
taire ajoute qu^en préparant la restauration dont 
M. de la Serre vient de parler, les ouvriers ont mis à 
découvert deux inscriptions, jusqu'alors absolument 
ignorées, gravées au côté nord du dernier pilier de la 
chapelle de la Sainte Vierge. 

Malheureusement, les entailles du ciseau ont rendu 
illisible la plus petite inscription et ont notablement 
mutilé Pautre qui lui est superposée. Le nom du bien- 
faiteur de réglise a presque elilièrement disparu. 
Voici ce qu''après une patiente étude M. le curé 
Duhomme a pu lire. Il est heureux que la notice de 
notre confrère lui ait fourni Toccasion de publier ce 
petit monument épigraphiquè, oii,parune disposition 
singulière, les deux dernières lettres de la première 
ligne ont été rejetées sur la paroi latérale de la pierre : 

ISI . BAS . c/tRE . REPOSE . LE . COR PS 
DE . M . AI . EN . SON . VIVANT . 
BOUR . DV . HAVRE . LE . QUEL . A 
DON . EN . CET . EGLISE . GIN 
QUANTE . LIVRES . DE . REN 
TE . A . GONDISION . d'vNE . M 
ESSE . CELEBREE . TOU 
. LE 

M. Le Verdier lit alors le petit mémoire suivant : 

Drapeaux de la Révolution. — Un journal de notre ville 
a récemment annoncé que le Musée de l'Armée, institué 
aux Invalides, vient de recevoir d'un donateur un drapeau 
de Tépoque révolutionnaire, provenant d'une commune 
de l'arrondissement d'Yvetot. 



ii8 



« Ce drapeau, disait-on, est encore muni de sa hampe. 
La flamme est en soie blanche, mais on y retrouve les 
trois couleurs dans une disposition particulière : le fond 
blanc reste entièrement découvert au centre, en forme de 
croix, et, entre les bras de celle-ci, partent des rayons ou 
lamelles de soie bleue et de soie rouge. Les quatre bras de 
la croix portent, en lettres d'or, l'inscription suivante : 

a Bataillon d'Anvronville, 

District de Caudebec. 

Le peuple fra n ça is 

La liberté ou la mort ». 

A la mairie de Longueville, aussi, on conserve un dra- 
peau de la Révolution : celui du bataillon de la garde na- 
tionale du canton. Ici l'étendard ne possède plus sa hampe ; 
les couleurs, les inscriptions y sont disposées de façon un 
peu différente, et des peintures en augmentent l'intérêt. 

Le drapeau, en soie, mesure deux mètres, dans le sens 

de la hampe, sur un mètre soixante-dix de large. Il est 

formé d'une croix blanche, dont les bras, égaux, larges de 

trente-cinq centimètres, séparent quatre quartiers, bleus 

et rouges, alternés, le bleu en haut, le rouge en bas, 

contre la hampe. Le long de celle-ci, on lit, sur deux 

lignes : 

Peuple français, 

Liberté ou la mort. 

Vers l'autre bord sont écrits, en travers, comme tout à 
l'heure, et brochant sur les trois couleurs, les mots : 

Bataillon de Longueville. 

L'inscription, en ces termes, est-elle complète ? L'étoffe 
est trop endommagée, dans la partie extrême, pour qu'on 
puisse le reconnaître. 

Sur la croix s'étend, du bord extérieur à la hampe, 
c'est-à-dire dans le sens horizontal, un sujet allégorique, 
peint en couleurs naturelles, mesurant en totalité un 



119 

mètre vingt centimètres de hauteur, savoir : un autel de 
la patrie, orné de guirlandes de roses, sur lequel est de- 
posé un rameau de chêne ; l'autel est accompagné, de 
chaque côté, d'un canon, d'une pile de boulets et de dra- 
peaux tricolores, aux couleurs disposées comme sur 
l'étendard lui-même ; au-dessus de l'autel, s'élève le 
faisceau symbolique d'où sortent, à droite et à gauche, 
deux haches, et, à la partie supérieure, une pique coiffée 
d*un bonnet phrygien rouge. 

Je profite de l'occasion pour signaler que les trois regis- 
tres des procès-verbaux de la municipalité de Longueville, 
du mois d'août 1788 au mois de septembre 1798, que j'ai 
consultés en 1898, et auxquels j'ai emprunté des extraits 
insérés dans une notice : Notes sur le dernier état et les 
derniers jours du prieuré de Longueville^ ont été égarés, 
il y a quelques années, et paraissent maintenant perdus. 

Un troisième drapeau de la Révolution, celui de la 
garde nationale de Dieppe, est déposé au musée de cette 
ville. Il n'a plus sa hampe ; il est en soie, et mesure, dans 
le sens vertical, environ deux mètres cinq centimètres sur 
deux mètres dans l'autre sens. Gomme à Longueville, il 
est formé d'une croix blanche, aux bras égaux, larges de 
soixante-dix centimètres, contournés de quatre quartiers 
aux couleurs alternées ; du côté de la hampe, le bleu est 
en haut, le rouge en bas. Au centre de la croix est fine- 
ment peinte, au naturel, dans le sens vertical, cette fois, 
une composition analogue à celle du drapeau précédent, 
haute d'un mètre, large d'un mètre vingt centimètres. 
C'est encore Tautel de la patrie, décoré d'une guirlande 
de feuilles de laurier, en grisaille ; un livre ouvert y est 
déposé sur les feuillets duquel on lit, à gauche. Droits de 
Vhomme^ à droite, Constitution ; le livre est environné 
d'un rameau d'olivier et soutenu d'une pique surmontée 
du bonnet rouge. L'autel est environné, de chaque côté, 
de deux drapeaux, avec fers de piques et cravates, aux 
couleurs disposées comme sur l'enseigne même, et d'un 



I20 



canon sur affût, accompagné, à droite, de boulets, à 
gauche d'un cep de vigne chargé de fruits. Des bande- 
rollcs portent, en lettres d'or, les inscriptions : au-dessus 
du sujet, Le peuple français; au-dessous. Garde nationale 
de Dieppe. 

Au dos de l'ctendard, la même décoration est peinte, 
trait pour trait; les mentions écrites seules diffèrent : au 
lieu de Le peuple français., la banderolle supérieure porte 
les mots Liberté ou la mort ; il n'y a rien à la face posté- 
rieure de la banderolle inférieure. 

Enfin M. Milet, conservateur du musée, possède le dra- 
peau de la garde nationale de Martincamp, hameau de 
Bully. Ce drapeau, daté de 1791, se distingue par des 
figurations peintes, particulièrement intéressantes. Notre 
collègue a promis à la Commission de lui en envoyer la 
description avec une photographie. 

M. Milet m'a signalé encore qu'un drapeau révolution- 
naire de la commune de Monville appartenait naguère à 
un M. Braquehays, résidant h Paris, et que celui-ci Ta 
fait figurer dans le défilé des obsèques de Victor Hugo, 
où il obtint un véritable succès de curiosité. 

L'autel de la patrie, tracé sur ces drapeaux, doit per- 
mettre d'en fixer la date à 1790 ou 1791, après la fête de 
la Fédération. 

Tout en faisant circuler les trois pièces, M. Garreta 
communique les trois notes que voici : 

I. — Sceau orbiculaire du xvi« siècle. 

Diamètre : 20 millimètres. Matrice à cylindre forme 
balustre terminée par un contre- scel. 

Ecu de France, sommé de la couronne royale fleur- 
delisée et accosté de la lettre G (Charles IX). 

Le contre-scel présente un écu chargé d'une ancre 
accostée des lettres T et L 

IL — Autre petit sceau du xvn* siècle, plus petit. 



121 

Matrice à cylindre forme balustre terminée par un 
contre-scel. 

Ecu de France, sommé de la couronne fermée fleur- 
delisée et accosté des lettres C et G. 

Le contre-scel offre les mêmes lettres entrelacées et 
surmontées de deux palmes adossées. 

III. — Bague en cuivre, chaton octogone allongé 
présentant Timage de Sainte Catherine, tenant de la 
main droite une roue et de la gauche une palme (fin 
du xv« siècle). 

Cet objet a été trouvé par M. Kronberg, dans son 
jardin, rue du Clos-Thirel. 

Le dernier sceau est sûrement antérieur à la Renais- 
sance. L^idée qu'il ait pu être au service d'une con- 
frérie doit être écartée. 

Monnaies du moyen âge. — M. de Vesly s'exprime 
alors en ces termes : 

M. Baudry demandait, lors de la dernière séance, si Tun 
de nous possédait quelques renseignements sur une décou- 
verte de monnaies faite dans la forêt de Rouvray au mois 
de septembre dernier. 

J'ai répondu à notre collègue que, la découverte ayant 
été faite à quelques mètres des fouilles que je venais 
d'opérer au carrefour des routes de Rouen et d'Elbeuf, 
j'avais été l'un des premiers informé et que les médailles 
avaient été soumises à mon examen. J'ai ajoute que j'avais 
prévenu le brigadier forestier et que je l'avais invité à 
réunir les monnaies trouvées pour les faire tenir à son 
administration. 

Je peux aujourd'hui compléter ma communication 
grâce à M. le Directeur général des Eaux et Forêts, qui 
m'a transmis les monnaies recueillies pour en dresser 
l'inventaire et en fixer la valeur. 



122 



Le dépôt comprenait trente pièces d'argent, dont vingt- 
neuf seulement ont pu être rassemblées. En voici l'inven- 
taire : 

1 gros tournois de Louis X (Hoffmann^ P. Xllf, fig. 2); 

2 gros à la fleur de lis de Philippe VI (Hoffmann^ 
P. XVII, fig 3o) ; 

26 Blancs aux fleurs de lis de Charles V (Hoffmann^ 
P. XXIV, fig. 7). 

Ces monnaies, très frustes et peu rares, n'ont que la 
valeur intrinsèque. MM. Prou et Feuardent, que j'ai 
consultés, m'ont permis d'en fixer la valeur à 36 francs. 

Cependant, pour nous, la découverte de monnaies 
cachées pendant la guerre de Cent Anrs, c'est-à-dire à 
l'époque où les bandes anglo-navarraises parcouraient 
notre pays; le lieu même de la découverte, situé à quelques 
centaines de mètres de la fameuse « Mare aux Anglais » 
et cle la « Roche d'Orival » ; sa situation entre cette der- 
nière forteresse (château Fouet) et Moulineaux, ces deux 
châteaux-forts dont MM. Siméon Luce (i) et de Beaure- 
paire (2) nous ont retracé l'importance pendant la guerre 
de Cent Ans ; toutes ces considérations nous ont engage à 
conserver le petit trésor d'Orival pour notre collection 
locale. 

Nous avions donc demande h M. G. Le Breton s'il 
consentirait à l'acquérir pour le musée des antiquités. Sur 
sa réponse affirmative, nous avons sollicité du Domaine la 
vente et la remise des monnaies à notre collection dépar- 
tementale. 

Nous espérons que les administrations compétentes 
approuveront notre proposition. 

(i) Vie de Bertrand du Guesclin, — Chronique des quatre 
premiers Valois. 

(2) Chronique de Pierre Cochon (Société de l'Histoire de 
Normandie). 



123 



En s'excusant des imperfections qu^il a dû y laisser, 
M. Drouet lit enfin le mémoire ci-joint, dont il a été 
plusieurs fois question les années précédentes. 

LIARDS DE FRANCE 

frappés à Pont-de'V Arche et à Acquigny {Eure) avec le différent 
de Rouen, en i655, i656 et i65y 

Chapitre lé"*. — L'origine et la signification 

du mot LIARD 

Les liards étaient connus en France de très vieille date; 
mais c'étaient des liards de billon plus ou moins bas. Les 
liards de cuivre pur ne remontent qu'à Louis XIV. Sous 
son règne, il en fut fait six émissions à des intervalles 
plus ou moins éloignés. 

Nous négligerons toutes ces émissions, à l'exception de 
la troisième, dont nous allons nous occuper tout spéciale- 
ment ; les autres ayant été faites par les ateliers ordinaires 
du royaume, n'ont rien de bien particulier qui les recom- 
mande à Tattention. La troisième, au contraire, eut lieu 
dans des conditions si extraordinaires qu'elle mérite, à 
coup sûr, une étude un peu étendue, tant parce qu'elle 
fut faite en dehors des ateliers royaux par l'entremise d'un 
entrepreneur, que par les diverses péripéties que sa fabri- 
cation traversa, les désastres que sa production excessive 
amena, et enfin, et surtout, parce qu'elle intéresse deux 
localités du département de l'Eure : Pont-de-l'Arche et 
Acquigny. Ce sont des particularités dont les historiens 
futurs de ces localités devront tenir compte : car ceux du 
passé les ont totalement ignorées, et ces faits pourtant re- 
montent à peine à deux siècles et demi. 

Avant d'entreprendre l'historique de cette phase de nos 
annales monétaires, il serait bon de nous arrêter un ins- 
tant sur l'origine et la signification du mot liard, sur les- 



124 

quelles les divers dictionnaires, même les plus perfec- 
tionnés, ne donnent que des indications erronées; la 
raison en est que les compilateurs se sont constamment 
copiés depuis plus de deux siècles et qu'ils ont toujours 
répété les erreurs acceptées par les premiers auteurs qui 
se sont occupés de ce sujet. 

Nous prendrons pour guide un illustre numismate, 
Adrien de Longpérier, décédé en 1882, et qui a consacré 
à l'étude du liard un volumineux mémoire qui n'a paru 
qu'après sa mort. C'est le dernier travail de sa vie labo- 
rieuse, et, bien qu'il ne soit pas terminé, ce n'en est certes 
pas le moins important. 

« L'étymologie du mot Hardy dit-il, discutée depuis 
deux siècles, a fini par devenir fort obscure. Elle fût de- 
venue en peu de temps parfaitement claire si on avait 
pensé h la prendre pour ce qu'elle est essentiellement : 
une question de numismatique. On pourrait croire que 
les critiques qui se sont efforcés d'établir le sens exact des 
dénominations hardi et liard ont commencé par se rendre 
un compte bien net de la valeur de ces monnaies, qu'ils 
se sont attachés à savoir par qui elles ont été frappées sui- 
vant les époques, et à quelles nationalités appartenaient 
les autorités qui les ont émises. 

» Nullement : on a pénétré dans les étymologies comme 
un curieux qui entrerait dans une maison par le haut de 
la cheminée, sans savoir d'avance où cette voie le condui- 
rait. La propension à copier le travail des autres, ou 
plutôt à copier une combinaison de mots qui dispense 
d'étudier une question, est commune ; mais il est difficile 
d'en trouver un exemple plus complet et plus prolongé ». 

Il est à remarquer que presque tous les auteurs qui se 
sont occupés du hardi ont attribué au type l'origine du 
nom de cette monnaie ; c'est ce qui a causé l'erreur com- 
mune. Nous nous bornerons à reproduire la citation em- 
pruntée à Borel : Trésor de recherches et d'antiquités 



125 



gauloises et françaises^ i 655. C'est la première en date et 
celle qui a été suivie par le plus grand nombre. 

P. 255 : « HARDY, monnaie dite un liard. Voyez liard. 
En gascon on l'appelle un ardit. Cela vient de Philippe le 
Hardi, qui les fit battre ». 

Ceux qui suivirent copièrent Borel, et ce fut le surnom 
du roi qui donna son nom à la monnaie. 

Cette étymologie fut la plus communément adoptée par 
les écrivains français, allemands et anglais. 

L'erreur commune, une fois la notion du sens perdue et 
Torigine du mot hardy attribuée au type et non à la 
valeur relative de la monnaie, amena les auteurs, qui 
avaient à parler des espèces émises en^ Guyenne, à perdre 
tout guide de classification. 

D'après tous ces auteurs, ce fut la simple figure royale 
armée d'une épée qui servait de signe distinctif ; en sorte 
que, par exemple, la pièce de quatre hardis se trouve être 
le hardi^ tandis que le hardi devient le iquart de lui-même. 
C'est simplement insensé. Tous les auteurs, depuis Borel 
jusqu'à nos jours, se sont suivis sans examen (i). 

Ce n'est pas tout ; à partir d'un certain point de la 
route, l'erreur a bifurqué : le hardi est demeuré pour les 
uns une monnaie de Philippe le Hardi ; pour les autres, 
au contraire, cette monnaie a représenté le buste d'un 
prince en armure, en cotte hardie. L'erreur devient si 
complète que les auteurs, s' acharnant à ne considérer que 
le type, donnent à des monnaies d'or le nom de hardis 
(hardis d'or) par le seul fait qu'elles portent le type du 
prince en armure, l'épée au poing. 

Les basquisants ont pVoposé une étymologie bien diffé- 

(i) La nouvelle édition du Larousse illustré en cours de pu- 
blication a rectifié le sens du mot hardy d'après les indications 
de Longpérier ; mais il paraît que c'était trop de concession à 
la vraie science. Car, au mot liard, elle retourne aux anciens 
errements. 



i 26 



rente dont voici un résumé : Aberea, troupeau, a formé 
les mots aberatio, riche, aberastasuna, richesse (comme 
chez les Latins pecunia et pecuniosus se tirent de pecus) ; 
et du mot ardia, brebis, dérive ardita, un liard, la plus 
petite pièce de monnaie. Est-ce assez complet (i) ? 

Chose curieuse ! Littré semble avoir penché pour cette 
opinion. « Cette monnaie, dit-il, est propre au midi de la 
France et h l'Espagne ; aussi faut-il admettre de préférence 
comme origine le mot basque ardita ». 

Roquefort donne une autre origine au mot liard. « Dans 
la basse latinité, dit-il, on distinguait deux espèces de 
monnaies : argentum albiim^ argent blanc, et argentum 
arsum^ argent noir ou brûlé, monnaie de cuivre. On a dit 
li ars^ li ards^ dont on a fait un seul mot; origine ^ir^wm, 
participe d'ardere » (2). 

On trouve quelque chose d'analogue dans Du Cange : 
Glossarium med. et inf. latinitatis, ijSS. Ed. Henschel, 
1840, t. 1, p. 38 1. 

Mentionnons encore, en passant, l'opinion qui fait 
attribuer l'origine des liards à un maître de la monnaie de 
Crémieu, en Dauphiné, en 1450, du nom de Guignes 
Liard, qui aurait donné son nom à ce numéraire. 

D'autres auteurs croient que le liard vient de la fleur de 
lis dont il portait la marque. 

Faut-il ajouter ce qu'on Wi&ansXQ Dictionnaire général^ 
par Hatzfeld et Darmesteter (Paris, 1900) : « Liard semble 
dériver de l'ancien adjectif /i^ri, « gris », d'origine incer- 
taine, peut-être dérivé de lie ». Tout cela ne se soutient pas. 

Quelle est donc l'étymologie du mot Hardi? HARDI 
provient du mot anglais FARTHING. 

Qu'est-ce que le farthing? « A Farthing, liard, quadrin, 
la quatrième partie d'un pennie d'Angleterre ; vaut en 
monnaie de France la 4^ partie d'un sol ; car 5 sols font 

(i) FI. Lécluse, Grammaire Basque, page 33. 

(2) Roquefort, Glossaire de la langue romane^ 1808, page 736. 



127 

6 pennies ou pence, et 4 farthings font un pennie » (i). 
Nous ne pousserons pas plus loin les citations qui, toutes, 
tendent au même but : Tassimilation du hardi et du far- 
thing. 

Longpérier, après avoir démontré par les textes que : 

1° Le farthing a été frappé en Angleterre à une époque 
très reculée, mais indéterminée, et suivant des actes 
écrits : dès le commencement du xiiie siècle ; 

20 Qu'il est toujours le quart d'un penny, comme son 
nom l'indique ; 

30 Que son nom s'est écrit harding et fer lin g ; 

40 Que le hardi est mentionné sous cette forme aspirée, 
dans les textes français du xye siècle ; 

50 Qu'il est mentionné sans aspiration dans les textes 
gascons, béarnais, espagnols et basques ; 

60 Qu'il a été introduit en Guienne par les princes 
anglais (Les rois Henri V et Henri VI, lorsqu'ils ont 
frappé des monnaies comme rois de France, n'ont pas fait 
faire de hardis^ parce que c'était une monnaie guiennaise, 
c'est-à-dire étrangère) ; 

70 Qu'il vaut toujours un quart de sou ou 3 deniers. 

Établit que Louis XI, étant devenu maître de la Guienne, 
introduisit alors le hardi en France et en Bretagne, où les 
Anglais avaient séjourné. 

Donc \e ferling y félin ^farthing est l'égal du hardi^ puis- 
qu'il vaut la moitié d'une maille, c'est-à-dire le quart 
d'un sterling. Donc hardi et farthing sont identiques. 
Donc le hardi est un farthing moins G; donc le ferlin 
est un ferling moins G ; donc le ardit est un hardi 
moins H plus T. 

Nous n'entreprendrons point de démontrer comment 
cette substitution s'est faite. Les amateurs, désireux d'avoir 

(i) Randle Cotgrave, A Franck and English Dictionnary 
com^osed by R. C. With another in English and French. 
London, fol. 161 1. 



128 



à cet égard une démonstration complète, devront recourir 
au mémoire de Longpérier, paru dans la Revue Numis- 
matique^ 3e série, t. II, pp. 108-144 (i). 

La question du hardi une fois élucidée, celle du liard 
est connexe. En effet, les ordonnances, les mandements 
donnent au hardi et au liard la même valeur, souvent le 
même type. Liard provient sûrement et certainement de 
hardi^ dont il n'est qu'une corruption, et qui, lui-même, 
nous l'avons dit, est une corruption de farthing. Les au- 
teurs qui ont cherché des étymologies telles que ars^ 
« brûlé » (de ardere)^ ont opéré sur la syllabe et non sur 
rétude même de la monnaie. Le hasard aurait pu leur 
suggérer une bonne explication, mais il n'en a pas été 
ainsi. 

Notre intention n'est pas de nous engager dans l'énumé- 
ration des textes qui se rapportent au liard depuis son 
introduction en France au xv^ siècle. Ce serait nous 
écarter beaucoup trop de notre sujet qui a pour but 
l'étude des liards en cuivre pur, qui furent émis pour la 
première fois sous le règne de Louis XIV. 

Chapitre II. — Dans quelles conditions il fut dérogé à la 
coutume de fabriquer la monnaie officielle dans les ate- 
liers royaux; et les motifs qui conduisirent les entre- 
preneurs de cette émission à choisir les deux localités 
de Pont-de-P Arche et d'Acquigny. 

Depuis longtemps, une tradition avait cours dans le 
monde des numismates au sujet de liards fabriqués à 
Pont-de-l'Arche et à Acquigny (Eure). Je passe à dessein 
sous silence les liards frappés dans d'autres endroits de la 
France, à la même époque, ne voulant m'occuper ici que 

(i) M. Schlumberger Ta réimprimé dans les Œuvres de 
Longpérier j VI, 293-321 [note du secrétaire). 



4 



* 

A 



129 

de ceux émis dans la Haute-Normandie avec le différent 
de Rouen. 

Déjà Delombardy, dans le catalogue de la collection 
Rignault, publié en 1848 (page 60), avait signalé des liards 
de Louis XIV frappés à Pont -de-TArche. Depuis, 
Hoffmann (i) et Letellier (2) ont indiqué, pour la même 
époque, ces liards comme frappés à Açquigny (Eure). 

Mais ce que ces divers auteurs n*ont pas révélé, ce sont 
les motifs pour lesquels on aurait monnayé ces espèces 
dans ces localités qui n'étaient pas le siège d'officines 
royales. Cette espèce d'énigme préoccupait depuis long- 
temps les numismates, quand enfin M. Paul Bordeaux, 
ancien président de la Société française de Numismatique, 
ayant trouvé dans les archives de la Monnaie de Paris des 
documents inédits sur cette fabrication, vint jeter un jour 
à peu près complet sur cette question (3). 

Nous extrairons du travail de M. Bordeaux ce qui a 
trait à nos liards de la Haute-Normandie, en y joignant 
les renseignements que nous avons pu nous procurer par 
ailleurs. 

En 1654, le roi de France, ayant besoin d'argent pour 
parer au déficit occasionné par les troubles de la Fronde (4) 
et par les dépenses qu'imposa l'expédition des Flandres, 
concéda à un fermier général, moyennant redevances, le 

(i) Monnaies royales de France de la lll* race, page 186. 

(2) Description historique des monnaies françaises, etc., p. 28. 

(3) Revue Numismatique, années 1898 (4e trimestre) et 1899 
(!««• trimestre). 

(4) C'est à tort que quelques numismatistes ont supposé que 
cette émission dans de petites localités fut occasionnée par les 
troubles de la Fronde, le roi n'ayant pu ouvrer dans ses ate- 
liers officiels, détenus par les frondeurs. A cette date, 1654, 1^ 
royauté s'était ressaisie. Toutefois, c'est à tort que M. Bordeaux 
accuse Delombardy à ce sujet; c'est à l'émission de 1649 ^^^ 
ce dernier fait allusion en disant qu'elle fut interrompue par 
les troubles de la Fronde. 



i3o 



droit de fabriquer et d'émettre ce bas numéraire de cuivre 
dénommé « liard ». 

Les commerçants, le peuple, les établissements religieux 
manquaient de menue monnaie pour les aumônes, pour 
les affaires courantes, pour les achats de denrées de mi- 
nime valeur. Le roi invoqua ces trois motifs pour confier 
h un nommé Isaac Blandin, bourgeois de Paris, l'entre- 
prise générale de la fabrication des liards de France, en 
cuivre pur, pendant deux années. 

Blandin, qui s'obligeait à payer au Trésor royal des 
redevances déterminées, avait toute liberté pour prendre 
des sous-traitants, ou procureurs, et pour les charger de 
la frappe de ces liards. On avait prévu originairement 
rétablissement de cent vingt presses, suivant les besoins, 
en divers endroits de la France, dont le choix était, dans 
une certaine mesure, abandonne à l'entrepreneur ou à ses 
préposés. 

C'était un fait insolite que la fabrication des monnaies 
par un traitant. C'est ce qui explique la résistance du 
peuple à recevoir le nouveau numéraire et le peu de con- 
fiance que lui inspirait cette dérogation aux habitudes 
séculaires pour une fabrication de cette importance. Les 
transactions se trouvaient troublées par l'invasion de ce 
numéraire, dont la valeur intrinsèque était loin de corres- 
pondre à la valeur réelle. 

Les étrangers surtout abusaient de cet état de choses en 
payant ce qu'ils achetaient avec ce numéraire et en le 
refusant, eux, en paiement ; les choses empirèrent au 
point que le Parlement de Rouen s'émut des plaintes 
continuelles qui lui parvenaient et qu'il crut devoir inter- 
venir. Mais n'anticipons pas et revenons à l'historique de 
notre fabrication normande de liards. 

Nous avons vu que le fermier général Blandin avait 
toute liberté pour établir ses presses dans un endroit com- 
:iîode et pour sous-traiter de sa fabrication à telles per- 
sonnes qui lui conviendraient. On conçoit que Blandin et 



i3i 



ses procureurs, se trouvant tout naturellement en antago- 
nisme avec les monnayeurs officiels, ne devaient pas tenir 
à s'établir dans les mêmes villes qu'eux ; on sait, en outre, 
que cette fabrication était effectuée à l'aide de machines, 
et spécialement à l'aide de moulins, qu'une eau courante 
faisait mouvoir. I) est facile de se représenter les choses 
telles qu'elles devaient se passer : 

La roue motrice met en mouvement un arbre de couche, 
pourvu, à intervalles égaux, de taquets soulevant chacun 
un pilon dans lequel est encastré un coin qui retombe sur 
un autre coin fixe ; il suffit alors qu'un ouvrier, sans le 
moindre apprentissage, une femme, un enfant même, 
glisse, à chaque fois que le pilon se relève, une rondelle 
de métal sur le coin fixe pour obtenir une fabrication 
considérable sans la moindre difficulté ((). D'autres ma- 
chines, mues également par l'eau, servaient à presser la 
lame pour faire les tlans des liards ; d'autres actionnaient 
les coupoirs, etc. 

Un établissement de ce genre devait facilement s'ins- 
taller à Pont-de-l'Arche. Les hommes d'un âge avance se 
rappellent ce pittoresque vieux pont disp-nu en i856. H 
supportait, sur ses antiques arches et sur d'énormes pilotis, 
trois vieux moulins à blé, dont un avait pu, à Tépoque de 
la fabrique des liards, servir d'officine pour cet usage. 

Nous tenons de la bouche d'un vieillard, qui avait tra- 
vaillé à la reconstruction du pont de Pont-de-l'Arche, 
que, lors des dragages opérés pour déblayer le chenal 
obstrué par les fondations du vieux pont, des quantités de 
pièces de monnaie furent extraites parmi les déblais four- 
nis par cette opération ; toutes les terres en provenant 
furent employées h l'établissement des talus qui bordent 

(i) L'enquête faite par le Parlement en i656 établit que 
chaque presse produisait par jour pour 35o livres de liards; 
soit, à raison de quatre-vingts pièces par livre, le chiffre total 
de vingt-huit mille pièces pour une seule presse. 



l32 



aujourd'hui les berges du fleuve du côté de la ville. Les 
pièces, nous dit ce vieillard, ne furent pas ou presque pas 
recueillies. Il n*a pu nous fournir d'indications sur ces 
monnaies, mais il ne serait peut-être pas excessif de penser 
à nos liards de cuivre dont un certain nombre a dû couler 
dans le fleuve, pendant la fabrication, à travers les plan- 
chers mal joints des moulins branlants où cette opération 
se faisaif. Gomme, précisément, l'époque de la recons- 
truction du pont coïncidait avec la refonte des liards de 
cuivre qui avaient perdu toute valeur, il faut peut-être 
voir dans cette circonstance les motifs pour lesquels ces 
menues monnaies furent dédaignées par les ouvriers qui 
les extrayaient du fond du fleuve. 

Dans le principe, on avait prévu l'usage de cent vingt 
presses pour la frappe des nouveaux liards ; mais Tédit du 
i^r juillet 1654 réduisit ce nombre à quarante seulement. 
Cet édit déclare que les nouveaux liards vaudront 3 de- 
niers et décrie les doubles et deniers qui ont eu cours 
jusqu'à présent, excepté les deniers qui ont été faits par 
ordre de Sa Majesté. La fabrication se fera pendant deux 
ans à la taille de soixante-quatre pièces au marc et de 
quatre pièces de remède ; les poinçons seront gravés par le 
tailleur général des monnaies (1) ; les liards seront ouvrés 
es lieux qui seront désignés de quatre heures du matin à 
huit heures du soir. Des commissaires, provenant de la 
Cour des monnaies, seront établis par le Roi dans les 
dites fabriques, et ils feront fermer à clé les lieux où 
seront les dites pièces, afin qu'il n'y pût être travaillé en 
dehors des dites heures. 

Des facilités étaient accordées aux nouveaux fabricants 
de liards pour l'achat du cuivre à son entrée en France. 
Les nouveaux liards devaient être frappés moitié en 

(i) C'était à cette époque le célèbre Jean Varin, maître de la 
monnaie du moulin, ce qui explique la beauté et le fini de nos 
liards. 



l'6ù 



cuivre neuf, moitié en cuivre provenant des espèces 
décriées. Le cuivre était racheté sur les bases suivantes : 
les deniers à raison de i5 sols la livre, et les liards de 
billon, selon leur alliage. Défense était faite, en outre, 
d'offrir ou de recevoir aucunes autres espèces de cuivre* 
françaises ou étrangères. 

Un arrêt du Conseil arrêta à quarante-quatre le nombre 
de presses à mettre aussitôt en fonctionnement, et porta à 
deux ans et demi la durée du fermage. 

Le 3 août 1654, la Cour des monnaies autorisa officiel- 
lement Isaac Blandin à procéder à l'exécution de sa com- 
mission pour la fabrication des liards de cuivre. Elle lui 
accorda toutes facilités pour préparer les instruments et 
machines nécessaires, soit par lui-même, soit par ses pro- 
cureurs et commis, ainsi que pour procéder à la confection 
des presses, moulins, coupoirs et autres outils nécessaires 
pour la dite fabrication. 

Il lui fut en outre permis de préparer les lieux que 
besoin sera. Blandin prêta serment le 21 octobre suivant, 
et, ajoute M. Bordeaux, Ton peut dire que pour lui s'ou- 
vrit l'ère des difficultés. 

Le fermier général fut autorisé, par un arrêt du Conseil 
du 10 décembre 1654, à établir quarante-quatre presses. 
Sur ce nombre, cinq_ furent dévolues à l'atelier de Pont- 
de-l'Arche. Ce nombre paraît avoir été porté à six, ainsi 
qu'il résulte de l'arrêt du 9 août i656 qui accorde à René 
Pechenat, procureur de Pont-de-l'Arche, deux presses 
d'augmentation, outre les six portées à son traite, et ce, 
pour le dédommager des préjudices par lui subis, ainsi 
que nous allons le voir par la suite (i). 

(i) Un arrêt du Parlement de Rouen du 2 mars i656, qui 
nous a fourni de précieux renseignements, déclare que cette 
sixième presse fut ajoutée frauduleusement par le sieur traitant 
aux cinq que les déclarations du Conseil lui avaient accordées. 
Nous devons la communication de cet important document à 



i34 

La Cour des monnaies décida, le ii janvier i635, que 
tous les procureurs de Blandin seraient tenus, avant de 
s'immiscer dans leurs fabriques, de prendre pour différent 
celui de la monnaie la plus proche ; or, pour Pont-de- 
l'Arche, la monnaie la plus proche était celle de Rouen. 
Cest la lettre B, différent de l'atelier de cette ville, qui 
fut apposée sur les espèces qui sortirent de cette officine. 
11 en fut de même pour Acquigny, qui fut une succursale 
de Pont-de-1'Arche dans la fabrication des liards, puis- 
qu'elle était dirigée par les mêmes entrepreneurs, et qui 
prit également la lettre B pour différent. 

En février i655, un placard fut publié pour prévenir le 
public de l'émission des liards, il y était dit : « Sur ces dits 
liards, outre l'impression de l'empreinte (figurée à la fin 
du placard), sera gravée Tannée de leur fabrication et la 
lettre de la plus prochaine monnaie du lieu où ils ont été 
fabriqués. » 

Par ces déclarations, défenses sont faites d'exposer ni 
recevoir aucuns autres liards, à peine de confiscation de 
corps et de biens. « Et ne seront les dits liards exposés que 
pour l'achat et le paiement des mêmes denrées, sans que, 
dans les grands paiements, il en puisse entrer pour plus 
de loo sols, suivant les ordonnances de 1577 et l'arrêt de 
la Cour des monnaies du 1 1 juillet 1654 ». 

A la fin du placard se trouve l'empreinte de la pièce : 
LIARD DE FRANCE, en trois lignes, et ayant au droit 
Tefïigîe de Louis XIV portant la couronne fermée. 

Tout étant ainsi bien réglé, l'otïicine de Pont-de-l'Arche 
et celle d'Acquigny commencèrent leur exploitation le 
i3 mai i655 et la continuèrent jusqu'à la fin de 1657; 
mais ce ne fut pas sans difficulté. Car les obstacles se 
multiplièrent de toutes parts, ainsi qu'on le verra dans le 
chapitre suivant. 

l'obligeance bien connue de M. de Beaurepaire, archiviste de la 
Seine-Inférieure. 



I 35 



Chapitre III. — Historique de la fabrication ; difficultés 
suscitées aux traitants par leurs confrères^ par les popu- 
lations, et enfin par le Parlement de Rouen. Procès et 
sentences relatives à cette fabrication. 

Il s'agissait d'abord pour Blandin de faire admettre son 
privilège dans toutes les provinces de France. Dans ce but, 
il obtenait, le lo avril i655, de la Cour des monnaies un 
arrêt de principe enjoignant à tous les sujets du roi de 
recevoir dans le commerce les liards de cuivre qui se 
fabriquaient alors dans le royaume. Il obtenait encore, le 
24 novembre i655, un arrêt du Conseil ordonnant que 
les liards de sa fabrication auraient cours dans touies les 
provinces du royaume. Mais ces décisions générales n'ayant 
pu suffire à obtenir le but qu'il poursuivait, il procéda en 
détail. C'est ainsi qu'il obtint, les 23 juin et 18 décembre 
i655, deux arrêts décidant que les liards de sa fabrication 
auraient cours dans la province de Normandie. 

Il résulte de l'étude des procédures relatives à cette 
émission, la révélation d'une autre sorte de difficulté qui 
se présenta bientôt : 

Les divers procureurs de Blandin transportaient dans 
toutes les provinces de la France la plus grande quantité 
possible des liards de leur fabrication, pour les changer 
contre des monnaies d'or et d'argent et se procurer par là 
d'importants bénéfices. Des plaintes et des saisies en résul- 
tèrent, chaque sous-traitant voulant empêcher ceux des 
provinces voisines de venir émettre dans sa région les pro- 
duits de leurs officines. 

Des arrêts des i3 juillet et 24 novembre j 655 décidèrent 
« que les liards frappés es fabriques établies en ce royaume 
auraient cours dans toutes les provinces d'iceluy pour le 
menu commerce, suivant les déclarations et arrêts », mais 
firent défense aux sous-traitants d'Isaac Blandin t d'en- 
voyer ou faire voiturer aucuns liards en balles ou barils 
hors du département de chaque fabrication, ni d'anticiper 



i36 



sur les limites les uns des autres, h peine de confiscation 
des dits liards et de 3,ooo livres d'amende ». 

Il avait été créé à Rouen un bureau pour le change, 
l'émission et la distribution des nouvelles espèces. Or, une 
émeute, destinée à entraver les opérations du dit bureau, 
eut lieu, et, le 4 mars i656, un arrêt prescrivit une infor- 
mation au sujet des violences commises à cette occasion . 
Cette émotion populaire avait pris sa source dans les do- 
léances des Etats de Normandie, qui s'exprimaient ainsi 
dès i635 : 

t II est vrai que si la fabrique des liards de cuivre a 
cours, il est bien inutile de régler le cours des espèces 
d'or et d'argent ; que, par une étrange perturbation, les 
liards de cuivre auront bientôt achevé de tirer ce qui en 
reste en France, et la ruine du commerce qu'ils feront 
cesser, les étrangers ne voulant se payer de cette monnaie, 
et à la désolation de tous les particuliers qui vous conju- 
rent de ne point souffrir cette fabrique », 

Le Gouvernement, presse par le besoin d'argent, passa 
outre et la fabrication continua. Mais, malgré la sage dé- 
fense de faire dans les paiements usage de plus de « cent sols 
de liards », ces espèces devinrent par la force des choses, 
aggravée par l'agiotage, les seules espèces courantes ; l'or 
et l'argent furent drainés par les usuriers et le mal devint 
si grand que le Parlement de Rouen crut devoir intervenir 
dans l'intérêt de la province; et, le 2 mars i656, il rendit 
un arrêt dont nous extrayons quelques passages qui^ on le 
verra, donnent d'amples détails sur les dessous de cette 
fabrication. 

Voici le dispositif de l'arrêt : 

« La Cour, la Grand'Chambre, Tournelle et Edit as- 
semblés, a ordonné et ordonne que très humbles remon- 
trances seront faites au Roy et à son Conseil sur la sur- 
prise faite à iceluy en l'obtention de l'arrêt du huitiesme 
décembre i655, qui permet aux inhérents au traité des 



l37 

liards de distribuer et recevoir à tel bénéfice qu'ils avise- 

ront bon être^i), et sur la conséquence de la continuation 

de la fabrique des liards : et cependant, la dite Cour, sous 

le bon plaisir de S. M., fait inhibitions et défenses aux dits 

préposés de continuer la fabrication d'icelle sous les peines 

portées par le dit arrêt de la Cour du xxvi dudit mois de 

février : ordonne que les nommés Ravillard Case, Péchina 

de la Salle et Bethencourt seront assignés à comparaître 

en ladite Cour à bref délai pour entendre aux conclusions 

dudit procureur général ; et que les espèces apportées pour 

servir d'échantillon, ensemble les instruments servant à 

ladite fabrique, demeureront au greffe de la Cour, jusqu'à 

ce que par icelle en soit autrement ordonné ; et seront le 

présent arrêt et celui du xxvi février dernier conjointement 

publiés et affichés à ce que aucun n'en prétende cause 

d'ignorance : 

» Ch. Faucon, Alexandre Salles ». 

Voici maintenant quelques extraits du jugement : 
Les griefs invoqués par le procureur général sont au 
nombre de trois, qui tous procurent aux fabricants de 
liards d'immenses profits : le premier, en ce que le cuivre 
qui ne leur revient qu'à huit sols le marc est par eux 
débité, par cette fabrique, à seize sols, et ainsi prennent le 
double de profit, pour ce droit de fabrique, quoique le 
Roy, dans toutes ses monnaies, ne prenne que le vingt- 
cinquième pour son droit seigneurial; le second, en ce que 
ce marc devant être composé seulement de soixante liards, 
et quatre de remède, ils y en font depuis soixante-neuf 
jusqu'à soixante-seize, qui est plus de deux sols par livre 
de profit au delà des termes de la déclaration ; et le troi- 
sième par billonnage qu'ils font endonnant quelque profit 
apparent au peuple pour accaparer la bonne monnaie 
qu'ils attirent à eux en en donnant de mauvaise, et reven- 
dant ensuite au peuple le même argent au prix de six sols 



o 



(i) Mots raturés sur le registre du Parlement. 



i38 



pour ecw, que les pauvres paysants^ laboureurs et ou- 
vriers sont contraints d'accepter pour payer ce qu'ils doi- 
vent au Roy et aux particuliers, ce qui est une nouvelle 
imposition que les intéressés exigent, et qui achèvera la 
ruine entière du peuple, s'il n'y est promptement porté 
remède... . » 

« On espérait que cette fabrication des liards ne donnerait 
qu'une somme assez modique; mais cette monnaie de 
liards^ que l'on proposait pour la commodité du peuple, 
s'est trouvée amenée à sa ruine par la quantité qui s'en est 
distribuée et répandue depuis dix-huit mois dans toutes 
les villes, bourgs et maréchaussées de cette province, par 
les* échanges et billonnages qu'il s'en est fait publiquement 
pour un profit apparent : ce qui se justifie par les informa- 
tions et preuves qui ont été faites par les conseillers qu'il 
a plu à la Cour députer. Par lesquels il demeure constant 
qu'au seul bureau de Pont-de-l'Arche, on y a travaillé 
jour et nuit, même pendant les létes, à six presses, contre 
l'ordonnance expresse de la Déclaration. Le règlement 
porte que le travail, en été, se fera depuis cinq heures du 
matin jusqu'à huit heures du soir, et en hiver, depuis six 
heures du matin jusqu'à sept heures du soir, avec cinq 
presses seulement. Chacune desquelles fabriquait pour 
35o livres de liards, ce qui faisait par jour pour 2,100 
livres; et qu'un seul, de plusieurs voituriers employés 
pour porter cette monnaie à la ville pour y être exposée, 
en a fait voiturer par mois pour douze ou seize mille livres, 
pendant que le travail y a continué tant à Acquigny qu'à 
Pont-de-l'Arche.... Donc les effets ont beaucoup excédé 
le temps primitivement accordé pour la fabrication des 
liards, cette fabrication ayant doublé par le travail assidu 
durant la nuit et les fêtes, et par l'augmentation des 
presses.... Qu'ils ont établi des bureaux pour l'échange et 
billonnage des dits liards par toute la province, et qu'en 
un seul de cette ville, établi en la maison où pend pour 



I .-^9 

enseigne le Chapeau Rouge (i), le nommé Paillard, leur 
préposé, a reconnu en avoir distribue à profit pour le 
billonnage, jusqu'à la somme de deux cent mille livres et 
plus, depuis le mois de juillet dernier ; ce qui joint aux 
sommes immenses et exposés aux autres lieux, et aux 
autres liards fabriqués à Caen et répandus par toute la 
Basse Normandie, et à ceux apportés des pays étrangers, 
et fabriques aussi aux autres provinces du Royaume, où 
le cours des dits liards est aussi imposé, produisent une si 
prodigieuse somme de cette monnaie que la meilleure 
partie du bien des particuliers, qui achètent et vendent 
leurs denrées, et particulièrement des laboureurs qui 
payent la taille au Roy, consiste en cette espèce de mon- 
naie, qui leur devient inutile, ne pouvant acquitter les 
droits du Roy, ni leurs fermages, ni leur loyer, l'ordon- 
nance de i577 et l'arrêt de la Cour des monnaies de 1654 
ne permettant, dans les grands paiements, que d'y ad- 
mettre cent sols de cette monnaie. Ce qui, bien considéré, 
cause au peuple trois pertes très grandes : la première est 
la cessation du commerce, par le retardement que chacun 
apporte à la distribution de ses deniers, attendant de la 
bonté du Roy et de la justice de la Cour la fin de ce 
désordre ; la seconde, en ce qu'une des principales diffi- 
cultés qui se rencontrent en la vente des marchandises est 
la convention en quelles espèces se fera le paiement, ce 
qui en augmente beaucoup le prix s'il se fait en espèces 
de cuivre ; et la troisième, que le menu peuple qui a été 
nécessité, pour se défaire de sa marchandise, de recevoir 
en paiement cette monnaie, est contraint d'en racheter 
d'autres d'or ou d'argent, à perte de six sous par écu, 
pour payer les droits du Roy et ce qu'il doit aux particu- 
liers » (2). 

(1) 11 y avait à Rouen, à cette époque, plusieurs hôtels de ce 
nom. 

(2) Archives de la Seine-Inférieure, /oMrf.9 du Parlement. 



140 

Mais Blandin ne se tint pas pour battu. Il en appela au 
Conseil du Roy qui rendit, le 24 mai i656, un arrêt cas*- 
sant celui du. Parlement de Rouen et ordonnant de pro- 
céder au rétablissement de la fabrique des liards de Pont- 
de-rA'rche. Arguant de tous les embarras qui lui avaient 
été causés, tant par les émotions populaires que par les 
arrêts du Parlement, le fermier général obtint, pour le 
dédommager, une prolongation de quatre mois h son pri- 
vilège. Or, comme le procureur de Pont-de-l'Arche, René 
Péchenat, déclare avoir commencé à travailler le 1 3 mars 
i655, son privilège de deux ans et demi, augmenté des 
quatre mois ci-dessus, devait le conduire jusque vers la 
fin de 1657. Ce qui eut lieu en effet, bien que le Roi, las 
des plaintes qui lui parvenaient tous les jours, eût prescrit, 
par un arrêt du Conseil du 4 août 1657, la cessation de la 
fabrique des liards à partir du 3i août 1657 ; et ce, non- 
obstant tous arrêts de prolongation qui pourraient avoir 
été accordés. 

Un arrêt du Conseil du 12 décembre 1657, « se fondant 
sur ce qu'il y avait alors une trop grande quantité de 
liards dans la province de Normandie, et sur ce qu'il était 
urgent d'en arrêter la frappe, prescrivit la cessation de la 
fabrication des liards à Caen, à Pont-de-l'Arche et à 
Acquigny, et ce, à la fin dudit mois de décembre 1657 ». 

Puis, faisant défense aux sous-traitants de Blandin de 
continuer de travailler après cette date, la .Cour prescrivit 
que « leurs presses seraient rompues ». 

Chapitre IV. — Fin de cette émission. — Emotion popu- 
laire à Rouen au sujet de la dépréciation des liards de 
cuivre. 

La fabrique de liards de Pont-de-l'Arche et d' Acquigny 
avait vécu. Il nous reste à raconter un dernier incident 
qui fut la conséquence de cette fabrication excessive et qui 



141 

peut être considéré comme Tépilogue de cette opération 
tourmentée. 

Un édit du 20 juin i658 réduisit la valeur des liards de 
cuivre de Blandin de 3 deniers à 2 deniers. De plus, il en 
défendit définitivement le commerce et le transport. 
C'était la mort pour l'entreprise, que ce décri partiel. 
M. Héron a raconté, dans la Normandie historique^ la sé- 
dition populaire occasionnée à Rouen par cette mesure 
inattendue qui s'abattait sur les détenteurs de liards, c'est- 
à-dire surtout sur la classe populaire dont elle réduisait 
les ressources d'un tiers. Nous empruntons quelques pas- 
sages à cette curieuse narration de notre savant et regretté 
collègue : 

t Les souffrances et le mécontentement du peuple 

s'aggravèrent encore, quand tout à coup, les liards que les 
ouvriers avaient dû recevoir pour la valeur de 3 deniers, 
taux de l'émission, furent officiellement réduits h la valeur 
d'un double, c'est-à-dire à deux deniers, par un arrêt du 
Conseil d'Etat de juin i658. C'était une perte de 33 pour 
cent que subissaient les détenteurs de ces pièces » (i). 

Le Parlement se hâta de mander le procureur du Roi 
au bailliage et les prieur et consuls des marchands, afin 
de les charger « de rendre cet arrêt notoire pour arrêter 
les difficultés des paiements qui se sont présentés dans le 
public ». 

Le bruit courut peu de temps après, répandu sans 
doute par d'avides spéculateurs, ou par les pauvres gens 
qui craignaient tout depuis qu'ils avaient été frappés, que 
les liards avaient subi un nouveau décri et qu'ils étaient 
réduits à la valeur d'un denier. C'eût été un rabais de deux 

(i) L'ancien taux de trois deniers fut repris lors de l'émission 
de 1694 et s'est toujours maintenu jusqu'à la disparition défini- 
tive des liards, lors de la refonte des anciennes monnaies, dans 
les premières années du règne de Napoléon IIl. 



]^2 

tiers sur leur valeur primitive. Les transactions furent ar- 
rêtées. En vain les gens du peuple demandaient du pain 
aux boulangers en leur donnant un liard pour double : 
les boulangers avaient ferme leur boutique. 

Les boulangers, fermez comme en une grand fête, 
Disent par le guichet : Nous n*avons pas de pain 
Pour double ny pour liard ; eux crient par tempeste : 
« De Vargent qu^o no paye en mourons-nous de faim ? » 

Et eux, les entendant gremouiller (i) de la sorte, 
Les menachant du juge, y disent sans raison : 
«f Parbleu, baille^^nous fcn ou je rompons la porte ; 
La faim n'a point d'égards à justice ou prison » (2). 

11 en résulta une grande agitation, ou, pour parler le 
langage de la Muse Normande^ un « tribouillement » qui 
dura une dizaine de jours. On mit la milice sur pied et 
l'ordre ne put être rétabli que lorsque le Parlement eut 
(ler août i658) enjoint aux boulangers de recevoir les 
liards pour doubles et non pour deniers (3). 

Chapitre V. — État relatif aux deux ateliers de 
Pont' de-V Arche et d'Acquigny. 

Il nous reste h faire connaître la situation des deux 
officines temporaires de Pont-de-l'Arche et d'Acquigny. 
Malheureusement, ce chapitre comportera de nombreuses 
lacunes que, jusqu'à ce jour, il ne nous a pas été permis 
de combler, mais que des découvertes ultérieures vien- 
dront peut-être, sinon combler complètement, du moins 
diminuer partiellement. 

(i) Gronder, grogner. 

(2) La Muse Normande de David Ferrand, éJition A. Héron, 
IV, 59 et 328. — Le texte du septième vers porte Parbieu. 

(3) Une émotion populaire causée à Rouen par le décri des 
liards j La Normandie, sept. 1895, pp. 257-266. 



.43 

Il est impossible de séparer historiquement les deux 
fabriques de Pont- de-l' Arche et d'Acquigny au point de 
vue des opérations monétaires. Si nous avons plus souvent 
cité celle de Pont-de-l'Arche, c'était pour éviter double 
emploi avec Acquigny. Nous avons vu par l'arrêt du Par- 
lement de Rouen que les deux ateliers fonctionnaient 
simultanément. Ils furent interrompus en même temps et 
reprirent le travail ensemble, après la cassation de l'arrêt 
du Parlement de Rouen, et terminèrent leurs travaux à la 
même époque, fin décembre lôSy : 

lo Pont-de-l'Arche — B — comme ressortissant de la 
Monnaie de Rouen. 

Sous-traitants : Revillard Gaze, René Péchenat (i) et 
Béthencourt. 

Les différences permettant de distinguer cette officine 
de celle d'Acquigny restent obscures. On trouve quelque- 
fois sur des liards de i656 un point sur l'I de Liard ; mais 
jusqu'à présent, on ne sait si c'est une différence d'atelier 
ou de sous-traitant. 

20 Acquigny — B — également pour les mêmes raisons 
que Pont-de-l'Arche. Sur les liards, au B portant la date 
de 1657 (2), on voit une rosette à cinq branches après le 

(i) Ce Péchenat, que M. Bordeaux nomme Péchenat ou 
Pechenot, paraît avoir été surtout attaché à la fabrication d'Ac- 
quigny. Il resta dans le pays et y mourut quelques années après 
la fin de sa fabrication. Il laissa une fille, plusieurs fois nommée 
dans les registres de l'état-civil comme marraine de quelques 
enfants. Elle est désignée sur ces actes sous cette rubrique : 
« Acte de baptême d'un enfant dont la marraine est Jeanne 
Péchenat, fille de deffunt honnête personne René Péchenat et 
de Jeanne Bizet ses père et mère, de cette paroisse; n octobre 
1G70 ». — Arch. munie, d'Acquigny, fol. 41. 

(2) Un essai en argent de cette pièce faisait partie de la collec- 
tion H. Hoffmann, vendue à Paris en 1887. Les essais en 
argent avec lettres d'ateliers, dit M. Bordeaux, ne sont pas des 
piéforts. Ce sont des spécimens de choix et de métal noble, 



144 

mot FRANCE. M. Bordeaux avait pensé pouvoir l'at- 
tribuer à Acquigny, dont;, d'après lui, l'atelier n'aurait 
fonctionné qu'après le rétablissement de la fabrique à la 
suite de l'arrêt qui cassait celui du Parlement de Rouen ; 
l'atelier d'Acquigny se serait constitué avec les deux 
presses d'augmentation accordées comme dédommagement 
au procureur de Blandin. Mais cette supposition doit être 
abandonnée; car nous avons vu, par le jugement du Par- 
lement de Rouen, que les deux fabriques fonctionnaient 
simultanément dans les premiers mois de l'année i656. 
Du reste, tous les liards portant la date 1657 montrent 
cette rosette, et, par conséquent, ont été fabriqués dans 
les deux ateliers. 

On a vu, par la Déclaration du Roi, que des commis- 
saires, provenant de la Cour des monnaies, devaient sur- 
veiller la fabrication des liards. M. Bordeaux, qui a soin 
de les nommer pour toutes les autres officines, garde le 
silence sur celui qui devait surveiller nos deux ateliers de 
Pont-de-i'Arche et d'Acquigny. 

Il semblerait, d*après le désordre dans lequel cette fabri- 
cation était poursuivie, qu'il n'y en avait pas, ou, s'il exis- 
tait, était -il sourd et aveugle, ou bien exerçait-il sa fonction 
à distance, en s'en rapportant à la loyauté des sous-trai- 
tants pour l'exécution de leur contrat ? On le voit, les in- 
térêts de l'Etat et des particuliers étaient en de bonnes 
mains. 

L'enquête faite par le Parlement nous apprend que le 

fournissant un exemple de l'émission qui allait être effectuée 
par le sous-traitant. Il est probable que, soit le fermier général, 
soit plutôt chaque directeur d'officine était tenu de remettre à 
la Cour des monnaies ou au Cabinet du Roi un exemplaire en 
argent de chacun des nouveaux types de liards qu'il avait l'in- 
tention de répandre dans le public. La plupart de ces essais se 
rencontrent au Cabinet des Médailles de Paris ; les autres, quj 
figurent dans de rares collections particulières, auront sans doute 
été dérobés jadis, dans des temps troublés, au dépôt national . 



•45 

chiffre des espèces émises était vraiment fabuleux. Mais, 
ici encore, nous n'en pouvons connaître le nombre exact, les 
registres de délivrance n'ayant pas été retrouvés (i). La 
cause en est peut-être dans un arrêt du Conseil du 8 août 
i658, par lequel le Roi déchargea le traitant général, ses 
sous-traitants, commis en participation et intéressés en la 
fabrication des liards de cuivre, de toutes recherches qui 
pourraient être faites contre eux à raison de la dite fabri- 
cation. Après ce quitus donné, tous comptes se trouvaient 
réglés. On peut s'expliquer ainsi la disparition de beaucoup 
de documents qui nous auraient intéressés, notamment les 
registres de délivrance qui nous auraient renseignés sur la 
quantité de cuivre ouvré et sur le nombre exact de liards 
émis. 

Chapitre VI. — Falsifications et contrefaçons des liards 

de cuivre. 

Qui le croirait ? Il se trouva de malheureux faussaires 
qui ne craignirent pas de s'exposer aux effroyables châti- 
ments dont la justice d'alors punissait les faux-monnayeurs 
et qui se mirent à contrefaire cet infime numéraire. Nous 
possédons une pièce qui atteste indubitablement cette 
fabrication frauduleuse. Voici sa description : 

Aj Effigie barbare h peine indiquée par un trait au 
pourtour du buste ; en légende, quelques lettres ne pré- 
sentant aucun sens ; 

Bj Identique aux liards officiels; seulement, les lettres 
sont plus grossièrement tracées ; entre les trois fleurs de 
lis, la lettre I (Limoges). Le diamètre de la pièce n'est 
plus que de o'"oi8, au lieu de o"022, et son poids se 
trouve abaissé h i gr. 80, au lieu de 3 gr. 40, qui est à peu 
près la moyenne des liards de bon aloi. 

(i) Il n'en existe pas trace aux archives de l'Eure et de h 
Seine-Inférieure. 

10 



146 

On conçoit que si cette fabrication frauduleuse se faisait 
sur une grande échelle, et la chose n'est pas impossible au 
milieu du désarroi causé par cette émission extraordinaire, 
elle ne laissait pas de produire des bénéfices très appré- 
ciables. Car, outre que ces espèces ne reprévsentaient guère 
plus de la moitié en poids des liards officiels, elles n'avaient 
pas, comme ceux-ci, à supporter les remises au Gouver- 
nement, enou^redes bénéfices que s'attribuaient le fermier 
général et ses sous-traitants. 

Il est un autre genre de contrefacteurs qui, tout en 
opérant sur une grande échelle, n'avaient point ù redouter, 
du moins pour eux-mêmes, les griffes de la justice. De 
tout temps, les petits princes indépendants et en possession 
du droit de frapper monnaie se sont complus, dans un 
l)ut de spéculation, à imiter les monnaies des grands 
Etats, leurs voisins. C'est ce que j'ai déjà expliqué en 
détail, et avec preuves à l'appui, dans une note insérée au 
procès-verbal de la séance du 2 5 octobre 1901 (Bulletin. 
XII, 3o7-3io). 

M. le Président remercie et félicite notre collègue de 
ses savantes recherches. Il en tire Toccasion de remar- 
quer que le nom de gagne-liard était souvent donné 
aux hommes de peine dont la besogne n'était que fai- 
blement rétribuée, mais il ne faut pas oublier que le 
liard suffisait à de menus achats. On se faisait jadis 
servir un liard de pain; en vend-on aujourd'hui 
volontiers pour un sou ? 

Découvertes archéologiques. — M. G. de Beaure- 
paire signale la rencontre de tuiles à rebord trouvées à 
une grande profondeur (7 mètres environ) dans la 
tranchée naguère ouverte entre les rues Jeanne-d'Arc 
et Thiers. 

Poursuivant toujours ses explorations sur le plateau 



147 

de Franqueville, M. Vaussier a encore soumis à M. le 
Président un silex taillé (long de 0^16 et mesurant 
o,o65 dans sa plus grande largeur), une hachette 
triangulaire de o'"075 que M. de la Serre croit être 
un chloro-mélanite, avec un poignard moderne. 

M. P. Baudrj a relevé, dans le iransept de gauche 
de réglise Saint-Ouen, Tépitaphe suivante : 

HIC lACET D. NI COL A VS 

D VMONS TIER reîigiosvs 

regalis huiusce monas- 

ter H eleemosinarivs 

NEC NON THES A VRARIVS 

qvihoc D. R. BENEDICTI 

sacellvm altari novo 

DECORA VIT. OBIIT 12 KAL. 

I VNII ^ TA TIS S U^ 

AN NO 57 1660, 

Requiescat in Pace. 

OisseL — Porte des Mornons. — M. de Beaure- 
paire donne lecture des deux lettres adressées à M. Le 
Breton les 20 et 27 octobre dernier par M. le Maire 
d'Oissel, se faisant Tinterprète d^une motion qui s'est 
produite au sein de son Conseil municipal. M. F. 
Déhais demande le classement d''un ancien portail, 
dit « Porte des Mornons », situé rue Sadi-Carnot. 
Une photographie est jointe aux pièces. 

Cette construction est bien connue d'un certain 
nombre de membres. Comme il s*agitdes monuments 
historiques départementaux, on n'a pas à pressentir le 
propriétaire. Mais il est à remarquer que cette entrée 
monumentale est dans un état de délabrement qui 
doit remonter à une époque reculée, puisqu'elle a 



148 

été déjà l'objet d'une réparation sommaire où on a 
fait entrer beaucoup de silex. De plus la cour où elle 
donne accès n^est occupée que par de chétives habi- 
tations d'aspect assez misérable. On se demande enfin 
si cette partie de la rue n'est pas frappée d'alignement. 
Nonobstant ces diverses observations, comme l'édicule 
se recommande d'un réel intérêt, M. le Président met 
aux voix la proposition de classement, et elle est 
adoptée à une grande majorité. 

M. de Beaurepaire donne alors leaure d'une lettre 
de M. Milet, dont voici les passages principaux : 

« Je n'ai pu quitter Rouen sans faire mon pèleri- 
nage habituel à ses principales églises : à la Cathé- 
drale, Saint-Maclou et Saint-Ouen. Et puisque j'ai 
l'occasion de vous écrire, je prends la liberté de vous 
communiquer mes réflexions. 

» A Saint-Maclou, j'ai de nouveau regretté, avec in- 
finiment d'autres, que le fameux tambour soit toujours 
existant, et toujours opaque, empêchant d*admirer la 
splendide porte. Quelques parties vitrées de cette cage 
en bois donneraient peut-être une certaine satis- 
faction . . . 

» A la Cathédrale, il m'a paru qu a la Porte des 
Libraires on grattait d^un peu trop près la si jolie frise 
des faces humaines surmontant le linteau; du moins, 
j'ai vu quantité de fines papillottes de bois à terre. 
Etait-il bien nécessaire de remettre à neuf une sculp- 
ture qui me paraît d'un mérite exceptionnel? Si le 
mal est fait, il est irrémédiable; s'il n'est que com- 
mencé, vous devez avoir puissance de l'arrêter. 

» Les curieux caissons en pierre représentant la vie 
des deux archevêques saint Ouen et saint Romain, 



149 

qui accompagnent précisément la frise des faces 
humaines, viennent de faire Tobjet d'un travail inté- 
ressant dans le n® du i«' décembre de la Ga\ette des 
Beaux- Arts ,. . » 

Liste des prieurs de la maladrerie d'Arqués relevés 
aux Archives nationales dans les féautés et aveux pour 
le huitième de fief noble de Gruchet, relevant du roi : 

Guiot Dieulegart, prieur de Téglise de Saint- 
Etienne : 

Aveu du 6 mai 141 3. Arch. nat. P. 3o3, c. 56 1 ; 
P. 285», c, 247. 

Jean Danet, prêtre et prieur : 

Serment de féauté et aveu du 2 3 février 1457. 
P. 285', c. 338 ; P. 266, c. 1908. 

Autre féauté : du 19 septembre i46r. R. 266, 
c. 1900. 

Jean Guillot, prieur : 

Foi et hommage du 3 décembre 1481. P. 266, 

c. 2T03. 

Autre semblable du d^r juin 1484. P. 266, c. 2102. 
Aveu — du 22 juin 1484. P. 285^ c. 392. 

Pierre de Dye, prieur : 

Féauté du 6 août 1492. P. 266, c. 2o63. 
Autre du 9 juillet 1499. P. 266, c. 201 1. 

Jean Cavelier, prieur commendataire : 

Aveu du 8 décembre i5o6. P. 283?, c. 458. 
Jheronime de Hugueiombs (?), chanoine de Cam- 
brai, prieur commendataire : 

Féauté du dernier janvier i5o8. P. 267, c. 2597. 



i5o 



Jean Hanncdart, prêtre, prieur : 

Féauié du 4 janvier 1 5 lo. P. 267,0.2549. 

Jean Cavelier, prieur cômmendataire : 
Féauié du 8 mai f 5 14, P. 267, c. 2574. 

Nicolie ou Nicolus Ango, prieur cômmendataire : 

Féauté du 1 9 janvier i 522. P. 267, c. 2814. 
Aveu du 20 janvier i522. P. 287?, c. 253. 

Du huitième de fief de Grouchet ou Gruchet, assis à 
Arques, les tenants étaient exempts et francs de toutes 
coutumes par toute la duchié de Normandie, même 
des droits de monneage et fenage. Les religieux avaient 
40 livres de rente à Arques, droit de prendre chaque 
jour en haie d'Arqués, deux asnées de mort-bois, vert 
ou sec. Ils devaient 8 sous tournois de rente pour 
gruverve(gruerie), prières, recevoir les ladres natifs de 
ladite ville, et les pourvoir de toutes nécessités. Ils 
avaient en outre quatre acres de terre en trois pièces au 
Sauchoy-en-la-Rivière ; trente mines d'orge, mesure 
d'Arqués, sur diverses pièces de terre aud. lieu à 
S*-Michel; — Item douze chappons et 'deux gelines à 
Noël et vingt -cinq œufs à Pâques, sur plusieurs mai- 
sons et masure, en icelle ville et parroisse d'Arqués, et 
au belle du chasiel dudii lieu : les aveux comprennent 
Tostel et prieuré dudit lieu de S'-Esiienne. 

M. Pelay proteste contre le traitement infligé aux 
portes de la Cathédrale, contre tout projet de badi- 
geonnage dont elles pourraient être menacées. 

M. Adeline explique qu'au moyen âge les portes des 
églises étaient peintes, pour les défendre contre les in- 
tempéries des saisons. Leurs sculptures et autres orne- 
ments supposaient toujours l'emploi subséquent de la 



i5i 



peinture, qui devait les recouvrir. Divers membres 
appuient cette théorie par plusieurs observations de 
détail. Et M. le Président remarque que, dans une 
foule d'œuvres d^art de ces âges, les frais de peinture 
et de sculptures dépassaient Je prix de la matière. 

Est ensuite communiqué ce fragment intéressant 
d^une lettre de M. Laquerrière, architecte à Paris : 

Je cherche actuellement quelques notes sur l'ancienne 
Cour des Comptes, rue des Carmes, à Rouen. J'ai relevé 
entièrement l'hôtel du fond il y a quelques années et j'en 
ai exposé des dessins au Salon des Artistes P>ançais de 
1900 et à la dernière exposition des Beaux-Arts de Rouen. 
Je me permets de vous en adresser par pli séparé une 
reproduction, mauvaise d'ailleurs, qui a été publiée dans 
Touvrage U Architecture au Salon de igoo^ et un bout 
d'étude à la pointe sèche qui fait mieux ressortir les qua- 
lités d'ornementation de cet édifice. 

Les renseignements les plus complets que j'ai trouvés 
sont ceux que vous avez publiés dans Rouen Illustré^ et 
depuis l'achat par l'intermédiaire de Claude Groulart, on 
ne saurait rien désirer de plus précis; mais il serait bien 
intéressant de retourner un peu plus en arrière. 

En effet, l'étude de la construction démontre qu'elle 
s'est faite en plusieurs parties, comme vous-même l'in- 
diquez. . 

Il y eut d'abord le bâtiment du fond isolé, le plus ancien 
de tous, et c'est l'aspect que j'ai cherché à reconstituer 
dans l'ensemble que je vous envoie : on en connaît la 
date, i52 5, inscrite sur un cartouche et que rien ne me 
fait croire apocryphe. Car c'est le style de l'époque; et 
c'est à tort que M. de la Quérière, généralement si exact, 
y a lu 1424. 

Puis il y eut l'aile droite à arcades, actuellement trans- 
formée en passage, qui vint s'accoler sur la première 



l52 



partie, brisant même certaines sculptures pour des arra- 
chements ; déjà le vandalisme ! 

Enfin, d'autres constructions survinrent qui sont au- 
jourd'hui disparues. 

D'après votre notice, lors de l'achat par Claude Grou- 
lart, l'édifice appartenait au sieur de Rome, et comprenait 
alors le bâtiment du fond et l'aile droite, si j'en crois 
Farin qui, à propos de cette acquisition, parle de la porte 
sur la rue des Quatre- Vents. Déjà donc Tétat premier 
avait été modifié. Par qui ? et par qui l'hôtel avait-il été 
construit soixante ans avant cette vente ? Etait-ce par un 
des membres de la famille de Rome ? Je n'ai retrouvé sur 
cette façade aucun blason, aucune devise qui puisse donner 
une indication sérieuse. Les sculptures, charmantes à 
plus d'un titre, ne paraissent pas avoir de signification 
très précise, et les groupes de personnages qui sont entre 
les fenêtres n'ont pas de lien bien visible entre eux. Un, 
cependant, représente, à n'en pas douter, François U^. Vu 
de près, il est très reconnaissable avec son chapeau à 
plume et sa barbe en pointe. Une salamandre, sculptée 
immédiatement au-dessous, vient encore confirmer cette 
hypothèse. Le Roi semble renvoyer à Vénus un Amour, 
les ailes au dos, pendant qu'une Guerrière, les cheveux 
épars, Bellone peut-être, paraît l'attendre. 

Etait-ce un personnage de la suite du Roi par lequel 
l'hôtel primitif fut construit ? Ce serait bien intéressant à 
savoir. 

De qui sont ces sculptures ? de qui est l'ordonnance 
remarquable de cette façade ? Peut-être la suite de votre 
étude si documentée sur les architectes de Rouen me 
l'apprendra-t-elle dans le prochain Bulletin de la Société 
des Amis des Monuments Rouennais. 

Il y a une corrélation absolue entre ces sculptures et 
celles de la Grosse- Horloge. Elles sont certainement du 
même sculpteur, aidé de ses élèves : car il est facile d'y 
reconnaître plusieurs « mains », les unes plus habiles que 



i5i 



les autres. Mais de la Quérièrc dit, dans son étude sur le 
Beffroi, que les Archives municipales ne donnent pas de 
renseignement à cet égard. 

Il y a des points de ressemblance avec les ébrasements 
des fenêtres de la partie de gauche de l'Hôtel du Bourg- 
theroulde, et même aussi avec l'aître Saint-Maclou où 
figure également l'ordonnance dite c à candélabres ». 

Et combien n'est-il pas intéressant d'étudier cette trans- 
formation de l'architecture dans un cycle aussi restreint 
que celui qui va du Bourgtheroulde au bâtiment en aile 
droite de la Cour des Comptes ! Le bâtiment du fonds se 
rattache au premier, tandis que l'aile, postérieure de ' 
quelques années seulement, est d'un caractère complè- 
tement différent : la sculpture y a presque disparu pour 
y laisser tout l'effet à la ligne, et la règle des proportions ^ 
architectonîques a banni toute la fantaisie si charmante 
de la première Renaissance. Le premier s'inspirait encore 
de la tradition gothique, le second est tiré de la Renais- 
sance italienne. Le « bâtisseur » fit-il campagne avec 
François I^f en Italie, et son goût pour l'architecture de 
ce pays lui fit-il faire sa nouvelle construction suivant 
les principes en honneur au-delà des Alpes, peut-être 
même par un artiste ramené du pays, qui traita assez 
cavalièrement les sculptures de l'ancien hôtel, comme je 
l'ai dit plus haut. Combien donc a été rapide cette évo- 
lution de l'art à Rouen '^ et partant, combien vive a dû 
être la lutte entre les partisans des deux systèmes ! Ce 
monument a le grand intérêt de nous montrer, côte à côte, 
deux types également beaux de ces deux écoles, bien que 
la partie en aile ne corresponde pas à la décoration exté- 
rieure, fait «jui est un des plus fréquents défauts de cette 
époque. 

La première partie est un spécimen' curieux d'un hôtel 
particulier important au commencement du xvie siècle, 
type beaucoup plus rare que les monuments publics. Il 
serait donc bien intéressant de savoir qui le fit construire. 



1 54 

M. de Beaurepaire termine la séance par un résumé 
des pièces ci-après : 

NOTES DIVERSES 

Les documents suivants m'ont paru ofFrir un intérêt 
archéologique assez sérieux pour être présentés à la Com- 
mission des Antiquités. Les uns sQnt relatifs à des métiers, 
les autres sont de courtes énumérations d'objets mobiliers 
entre lesquels quelques-uns sont à remarquer. Je n'ai 
point cherché à établir de lien entre ces pièces de nature 
. très diverse. Celles qui concernent les hanaps de madré, 
un travail d'orfèvrerie, et le célèbre monnayeur Jean 
Briot, peuvent servir à compléter les notes que j'ai pré- 
cédemment communiquées à la Commission. 

Œuvres de maçonnerie. — Marché pour livraison de 
pierre au monastère de Saint-Ouen de Rouen : 

« Dymence, jour de nov. l'an mil une et unze. Mar- 
chié fait entre le maistre de l'euvre de S. Ouen de Rouen, 
et Perrin Cordier, quarreur, demourant à S. Leu de 
Cherens (Saint-Leu d'Esséreni), c'est assavoir : que led. 
Cordier doit livrer au kay de Rouen, pour l'euvre dud. 
lieu de S. Ouen, le nombre de cent tonneaulx de pierre, 
djont il faut xxx toises de quartiers qui montent lx pierres, 
de ni pies et demy en un sens, et ni pies en l'autre sens, 
et de XIII poux de hault ; et le sourplus de quartiers, jus- 
ques au nombre de c tonneaux, seront de quartiers de m, 
de un et de v pies de long, de ii pies et de ii pies et demy 
de teste, d'un pié au menu bout et de la haulteur dessus 
dicte, pour le prix de x s. pour le pesant d'un tonnel de 
lad. pierre; et sera toute lad. pierre assemilliée bien et 
deuement, et sera toute lad. pierre du blanc vergelé, sur 
lequel marchié led. Cordier reccut dud. maistre de l'euvre 
XX 1. t. ; et doit livrer lad. pierre au plustost que faire se 
pourra raisonnablement, en la présence de maistre Gille 



i55 



(sic) de Baieux, Gille Moinet, Robert du Port-Gueroult 
et Jehan de Baieux, obligeant corps et biens Présent à ce 
Golart Deluen, maclion, demourant à Senlis, qui jusques 
à la somme de viii 1. tant seullement le plus obligea 
biens, etc.. » Le maître de l'œuvre mentionné dans cet 
acte était un des religieux chargé par ses confrères de la 
surveillance des travaux et du paiement des ouvriers. 
Quant ù l'architecte, c'était, sans aucun doute, ce Guil- 
laume de Baieux, qui devait assister à la livraison de la 
pierre. Jean de Baieux, cité après lui, lui succéda comme 
maître des œuvres de maçonnerie de Saint-Ouen. 

Marché relatif à une fourniture de pierre pour le bâti- 
ment du nouveau Palais de Rouen. — Bien que l'édifice 
pour lequel le marche suivant fut conclu ne soit pas indi- 
qué, il n'y a aucun doute qu'il ne s'agisse du nouveau 
Palais^ dont la construction fut annoncée par Henri V 
dans l'acte même de la capitulation de la ville de Rouen. 
On sait que le nouveau Palais., connu plus tard sous le 
nom de Vieux-Palais^ pour le distinguer du Palais-de- 
Justice bâti sous Louis XIÏ, subsista, à l'état de forteresse, 
jusqu'à répoque de la Révolution. 

Le 20 mars 1420 (v. s.), Jehanson Salvart, qualifié 
rt d'ouvrier des œuvres du Roi pour la construction de ce 
Palais », en son nom et au nom de ses associés, traita 
avec les deux frères Jean et Simon Bosc-l'Abbé de Mont- 
fort, pour la préparation de la pierre qui devait y être 
employée. Les Bosc-l'Abbé prenaient l'engagement d'éta- 
blir deux ateliers, l'un au Val-de-la-Haye, l'autre entre 
la Boudrie (ou Boudire) et Dieppedalle. Dans chacun de 
ces ateliers devaient être mis deux ouvriers et un valet, 
lesquels seraient tenus de travailler sans désemparer "jus- 
qu'à la Toussaint. Dans le premier, il leur était demandé 
défaire deux milliers de carreaux, dont le prix était fixé 
à 8 livres le cent, chargé dans le bateau; dans le second 
atelier, « de faire le tonnel de pierre assemillier en son 



i56 



droit lit », moyennant 6 sols, rendu et livré dans, le 
bateau. Pour chaque tonneau de bloc et bineaulx, égale- 
ment rendu dans le bateau, il devait être payé 2 s. 6 d. 
Les deux frères reçurent par avance 38 livres. On voit 
par le même acte qu'un autre atelier, évidemment pour 
le même édifice, avait été formé au Val-des-Leux, sous la 
conduite d'un entrepreneur nommé Robin Le Masuyer. 
Jean Salvart est bien connu comme architecte de la Cathé- 
drale. Il avait dû prendre à tâche les travaux de construc- 
tion du nouveau Palais. De là pour lui chance de gain et 
aussi chance de perte. 

Marchés pour travaux de broderie pour église et pour 
habillements militaires. — Marguerite de Harcourt, dame 
de Longueville et de Plaines, fille de Jean comte de Har- 
court et de Catherine de Bourbon, avait épousé Jean 
d*Estouteville, qui fut fait prisonnier lors de la capitu- 
lation d'Harfleur en 141 5, transporté en Angleterre et 
dépouillé de ses biens. Quant à elle, bon gré mal gré, elle 
resta en Normandie, et fit même, plus ou moins sincè- 
rement, sa paix avec le roi Henri V, qui la dédommagea 
dans une certaine mesure de ce qu'il lui avait fait perdre. 
Il lui donna, jusqu'à concurrence d'un revenu annuel de 
4,000 livres, tant qu'elle vivrait, les terres de Jouy, de 
Meulers, de Brachy, de Grainville, de Vascœuil et d'OfFran- 
ville, qui avaient été confisqués sur des seigneurs français 
restés fidèles. En même temps il lui assignait, pour sa rési- 
dence, le château de Logempré, dans la vallée d'Andelle, 
18 mars 1419 (Rôles de Bréqiiigny, n» 332). Marguerite 
de Harcourt mourut à Rouen le 9 octobre 142 1. Par 
bonheur, ses fils ne suivirent pas son exemple. L'un d'eux, 
Louis d'Estouteville, auxiliaire dévoué de Charles VII (i), 
contribua puissamment à la libération du territoire de la 

(i) M. de la Morandière, Histoire de la maison d'Estoute- 
ville ; Anselme, Histoire généalogique, VIII, p. 447. 



■57 

France. Uautre, le cardinal d'Estouteville, s'honora en 
s'associant, comme il le fit, à la réhabilitation de Jeanne 
d'Arc. 

Je ne saurais dire pour quelle église Marguerite de Har- 
court fit faire le travail de broderie indiqué dans l'acte qui 
suit : 

Marchés pour travaux de broderie. — 5 mars 1419 
(v. s.). » Jehan Gaudry, broudeur, demeurant à Rouen, 
confesse avoir eu et receu de noble et puissante dame 
.Madame Marguerite de Harcourt, dame d'Estouteville, le 
veloux vermeil assis sur soye qu'il esconvient à faire 
ni paremens de touaille d'autel, èsquieulx veloux il doit 
asseoir, en chacun, un escu des armes de Mgr d'Estoute- 
ville, son mary, et de ladicte [dame], dont, en l'escu de 
parmy, seront les armes dudit s^, et en ceux de bas les 
armes dudit s^ et dame. Item., en chacun parement, sera 
escript, de lettres d'or, Gloria in excelsis Deo et in terra 
pax omnibus (sic) bone voluntatis ; et trouvera ledit Gaudry 
les estoffes, sur laquelle besongne, dont il doit avoir ix 1. 
parisis, confesse avoir eu un l. x s. ; et le surplus lui sera 
paie à penthecouste prouchain venant, dedans lequel 
temps de penthecouste il promist faire et parfaire icelle 
besongne et rendre preste, obligeant corps et biens. ^ 
(Tab. de Rouen) (i). 

Voici maintenant un marché fait avec un brodeur étran- 
ger à notre ville pour habillements militaires destinés à 
des soldats de Rouen : i^r février iSGg, Pierre Perruchon, 
marchand, demeurant à Paris, tailleur de Tannegui Le 
Veneur, lieutenant-général es bailliages de Rouen et 

(r) Il y eut toujours à Rouen d'habiles brodeurs. Tous nos 
livres de compte en font foi. — 18 marà 1420 (v. s.), Jehan Le 
Hucher, dit Fureluche, brodeur, demeurant à Rouen, reconnaît 
avoir reçu du comte de Tancarville 5o livres pour un marché 
de broderie « emprins à faire dudit seigneur », etc. 



i58 



d'Evreux en l'absence du duc de Bouillon, fait marché 
avec ledit Le Veneur, de faire 25 sayes d'hommes d'armes 
et 45 sayes d'archers, de drap jaune, en broderie de 
velours incarnat, pour i4écusd'or sol pour sayc d'archer; » 
il devait de plus « faire une banderolle de trompette 
et une cornette carrée de taffetas jaune, avec les bande- 
rolles des lances, de taffetas jaune. » — Signature de Le 
Veneur, marque de Perruchon. (Tab. de Rouen.) 

Simon Du Bosc, d'une ancienne famille bourgeoise de 
Rouen^ docteur en théologie, fut élu abbé de Jumièges en 
1391. 11 mourut en son abbaye le 18 des calendes d'oc- 
tobre 141 8, et fut inhumé dans la chapelle de la Sainte- 
Vierge de l'église abbatiale. Sa sépulture, vraisemblable- 
ment d'un travail assez soigné, fut défendue par une grille 
en fer, dont la commande fut faite à un nommé Jean 
Havart, qu'on qualifie « d'ouvrier du mestier de orlo- 
gerie et ferronnerie ». Cette qualification est à remar- 
quer ; elle prouve, ce me semble, que les travaux d'horlo- 
gerie devaient dès lors être assez communs, puisqu'ils 
servaient à designer un métier. Dans les derniers siècles 
encore, les serruriers s'intitulaient horlogers en gros 
œuvre. 

Marché pour travail de ferronnerie. — Samedi xxiv août 
1420. — « Marchié fait entre révérend père en Dieu 
monsr Nicolas, à présent abbé de Jumièges (i), d'une part, 
et Jehan Havart, ouvrier du mestier de orlogerie et féron- 
nerie, d'autre, c'est assavoir : que ledit Havart s'est 
submis et se submet de faire de ter la closture de la sépul- 
ture de feu monsr Symon Dubosc, abbé de Jumièges, 
dernier trespassé, qui est, à Jumièges, en l'église dudit 
lieu, bien et deuement au regart d'ouvriés en ce reco- 
gnoissans, jouxte certain patron de boiz qui, sur la devise 

(i) Nicolas Le Roux, abbé de Jumièges de 1418 à 143 1. 



i59 

de la façon et œuvre de ladite closture, a esté faicte et 
bailliée par ledit abbé audit Havart; et pour ce faire doit 
avoir led. Havart dudit abbé pour chacun pié à main de 
ladite œuvre, à compter depuis le bassement par terre 
jusques à la menbreure de ^dessus la clere voie, xxii s. 
VI d. ; et oultre parmi ce sera tenu faire, sans rien compter, 
dessus la clere voye, de chacun costé de ladite closture, 
VI chandeliers à roseites et six fleurs de lis semés d'arches 
entre deulx comme il appartendra, et généralement et 
espécialment promist ledit Havart faire et parfaire ladite 
euvre bien et deuement selon ledit patron et icellc rendre 
faicte et parfaicte dedens la S. Jehan prochain venant et 
la rendre toute preste assise de son mestier de ferron- 
nerie; et présentement fut baillié audit Havart, sur lad. 
œuvre, pour led. abbé xx 1. t. ; et le surplus de l'argent 
pour lad. œuvre sera paie en faisant icelle œuvre, et h ce 
s'obligea led. Havart, Jehanne, sa femme, qui présente 
estoit auctorisée ; et aussi led. abbé s'obligea pareille- 
ment de paier l'argent de ladicte besongne audit Havart 
en faisant ladicte besongne par la fourme dessus dicte, 
obligeant lesdits mariés biens et héritages, et ledit monsr 
l'abbé à rendre et paier et acomplir les biens et héri- 
laiges de lad. église. » (Tab. de Rouen.) 

Hanaps de madré. — L'acte qui suit nous renseigne sur 
les prix que pouvaient coûter le2 hanaps de madré de 
façon assez soignée pour être offerts à de hauts fonction- 
naires. 

fi Par devant nous Raoul Destampes, clerc du Roy notre 
sire, en sa Chambre des Comptes (de Normandie), le pé- 
nultième jour de septembre l'an mil quatre cens quarante- 
deux, fut présent Guillaume De la Mare, hanepier, demou- 
rani à Rouen, lequel congnut et confessa avoir eu et receu 
de maistre Oudart Le Riche, semhlablement clerc du Roy, 
notre dit s"*, en ladicte Chambre et paieur des menues 
œuvres, nécessitez et affaires dicelle Chambre des 



i6o 



Comptes, la somme de vingt et une livre dix solz tournois, 
qui deue lui estoit par le Roy, notre dit s»", pour avoir 
vendu, baillé et livré à Messeigneurs desdiz Comptes, en ce 
présent moys de septembre, xvi hanaps de madré, des- 
queiz ont esté faictes huit coupes couvertes, l'une d*icelle 
pour Monsr le cardinal de Lucembourg, chancellier de 
France, la seconde pour Mons"" d'Evreux, président des 
Comptes, quatre pour les quatre maistres, et deux pour les 
Trésoriers de Normandie, pour leurs drois de l'année et 
vendanges iiiicxlii, dont pour la couppe de mondit s»" le 
cardinal il doit avoir, par marchié à lui fait, mil. t., et, 
pour chacune des autres, l s. t.; montent ù ladite somme 
de XXI 1. X s. t., de laquelle ledit Guillaume De la Mare 
s'est tenu pour content et bien paie, çt en a quicté le Roy 
notre dit s"*, ledit maistre Oudart et tous autres. Tesmoing 
mon saing manuel cy-'mis, l'an et jour dessus diz. 

« Signé : R. Destampes (i). » 

« Robert Lesvare, orfèvre de S. Ouen de Rouen, doit 
à religieux hommes et honnestes l'abbé et couvent de 
N. D. d'Eu, XV 1. t. pour or monnoyé et argent à ouvrer 
à lui baillées par frère Eslienne Almaury, trésorier du 
corps monsr saint Laurent, reposant en ladicte église et 
frère d'iccllui hostel, 1401. » (Tab. de Rouen, reg, 9, fo i23.) 

Jean Vasse, orfèvre, demeurant à Rouen, donne quit- 
tance d'une somme de 47 1. 10 s. qui lui est payée « pour 
un drageeur d'argent, véré et émaillé, pesant 5 marcs », 
qu'il avait vendu au duc de Bedford (17 novembre 143 1). 

Cet orfèvre paraît avoir été riche. On voit, en effet, que, 
le 8 février 1436 (n. s.), il achetait de Pierre de Saint- - 
Mards, chevalier, vicomte de Blosseville, pour 5oo saluts 

(i) « Guillaume Le Q.uesne, de Saint-Maclou de Rouen, gaiga 
et promist poier à Ylaire Guinier, bourgeois et marchand de 
Paris, X 1. 1. pour vendue d'ivoire et de madré, i 'Sg5. » (Tab. de 
Rouen, reg. G, f*> 209.) 



i6i 



d'or, le fief de Mauconduit, sis à Bliquetuit, tenu du Roi, 
a cause de la terre de Beaumesnil. Le vendeur devait 
employer cette somme à payer sa rançon « aux adver- 
saires du Roi estans à Dieppe >. Il avait retenu, dans le 
contrat de vente, qu'il lui serait permis, pendant trois ans, 
de rentrer en possession de son fief moyennant rembour- 
sement du prix payé par Tacquéreur (i). 

Procuration donnée par Jean Briot^ monnayeur^ dernier 
déc. 1646. — « Honorable homme Jean Briot, commis 
par le Roi à la fabrication de la monnoye du moulin, de 
présent à Rouen, hôtel de la Monnaie, donne procuration 
à Hilaire Clément, procureur au Parlement de Paris, pour 
comparoir, en la Gourdes Monnaies, en Tinstance que lui 
Briot et ledit Jean Rade, aussi ci-devant commis en ladite 
fabrication, ont contre Louis Densel, qui a esté ci-devant 
un de leurs commis, et là déclarer qu'il se rend caution 
envers ledit Densel de rapporter la somme de xii 1. qui 
lui est due et audit Rade par promesse du 20 juillet 1644, 
et qui leur a esté adjugée par arrest du 22 de ce mois, s'il 
est dit que faire se doive. » 

« Signé : Briot. » 

(Tab. de Rouen, minutes de Ferment, meubles.) 

Je n'ose pas ranger parmi les artistes Perrin Bourdon, 
potier de terre, domicilié sur la paroisse Saint-Maclou, 
cité dans des actes du Tabellionage de Rouen dû 3 fév. 
1458 (v. s.) et 5 nov. 1462 (2), pas plus que Jean Des Rues, 
faiseur de pots de terre, domicilié sur la même par., cité 
dans un autre acte du 5 oct. 1466 (3). Il peut cependant 
y avoir quelque intérêt à signaler leurs noms, de même 

(i) Tab. de Rouen, fo 202. 

(2) Vente par Bourdon d'une pièce de terre à Isneauville, et 
d'une rente de 5 sols à Fontaine-sous-Préaux. 

(3) Vente d*une moitié de maison rue Vatier-Blondel. 

1 1 



IC2 



que celui de Gaultier Le Marceys, faiseur d'orgres, domi- 
cilié, lui aussi, sur la par. Saint-Maclou, rue Notre-Dame, 
mentionné le 1 1 oct. 1462 (i). 

A une époque bien postérieure, je rencontre un sieur 
Aymé Picot, entrepreneur de la taille des cristaux de la 
manufacture d'Eauplet, à qui des dépens avaient été 
adjugés par sentence du lieutenant-général criminel du 
bailliage de Rouen (2), le 21 mars 1701, contre le sieur 
Berain, dessinateur ordinaire du cabinet du Roi, lui et 
ses associés en ladite manufacture, et le sieur Du Laurens, 
contrôleur d'icelle. Malheureusement, je ne saurais dire 
quel avait été l'objet du procès. 

« Inventaire des armeures trouvés che^ Mons^ de Saint- 
Ouen Van II 11^ (j38o)y VII I^ jour d'aoust, présent ledit 
abbé (Guillaume LeMercher), — Premièrement, iiii ba- 
chinés encamaillés (3) avec les bourdons et un de poy de 
value. 

» Item une capeline (4). Item ni corgereites de fer 
fournies (5). Item u autres corgereites. Item 11 paire de 
plaites de fer (6) à vestir sous les plaites et une paire (de) 
peu de vallue. Item viii paire de plaites de plusieurs val- 
lues. Item v paire de cantelers (7). Item 11 paire d'avans- 
bras de cuir. Item une grève d'achier (8). Item capiaus 

(i) Dans un contrat de vente d'une rente de 40 sols. 

(2) Mémoire des dépens adjugés, 28 avril 1701. (Arch. de 
la S.-Inf. F. du bailliage de Rouen.) 

(3) Bassinet, casque léger sans nasal, accompagné d*un 
camail. 

(4) Chapeau de fer, à Tu sage des soldats. 

(5) Sorte de cravate en plaquettes de fer cousues, suivant 
toute probabilité, sur un carcan d'étoffe. 

(6) Plastrons en plaquettes qu'on appliquait au buste. 

(7) Gantelets. 

(8) Longues plaques d'acier destinées à protéger les jambes. 



i63 



de Mont-Aubent (i). Item ii costes de fer (2) et une de 
poy de vallue. » (Extrait d'un compte de l'abbaye de 
Saint-Ouen de Rouen). 

24 février 1420 (v. s.). « Noble homme Guillaume d'Es- 
telain (Estelan), seigneur dudit lieu, quicte etc.. Guille- 
min Le Cauchois de la réception d'une houppelande de 
vellous noir, fourrée de martres, unes cauches de vert 
broudées de perlles que ledit chevalier lui avoit baillées 
en garde l'an mil iiif vu, et qui par Monsr Guy de Bar, 
chevalier, bailli d'Ausois, ont esté levées et receubs ; et, 
en oultre, congnut avoir eu et receu dudit Cauchois une 
houppelande de drap gris doublée de blanc drap, broudée, 
appartenant à Mons' Ch. d'Esneval, chevalier. » 

« Recepte de deniers et biens ou vendue d'icel^ apparte- 
nant à la chambre de Mons^ (le cardinal d'Estouteville^ 
abbé de Saint-Ouen) par le décès et trespas des religieux 
de ceste abbaie. — Des biens venus et escheus en ceste 
recepte par le trespas de feu damp Richart Quesnel, bailli 
et verdier de ceste abbaie et prieur de St Michiel-eu- 
Mont de S^e Katherine-les-Rouen ; et trespassa le samedi 
ic jour de nov.escheu en cest an de compte une lxxvii. 

» Une robe noire fourrée de martres (vendue) au 
maistre de l'œuvre damp Nicolle de la Fosse, xini 1. 

» Une autre robe noire fourrée de grougues, à messire 
Jacques Scelestre, vu 1. v s. 

» Une autre robe noire fourrée de régna rs, un 1. x s. 

» Une autre robe noire fourrée de noir à Antheaumet 
Du Hay, un 1. x s. 

» Une autre robe noire fourrée de regnars, xxii s. vi d. 

» Une vielle penne d'escureux, xi s. un d. 

» Une sarge de tapis au maistre de l'œuvre, xxs. 

» Ung chiel (ciel de lit), ung dossier, et trois pendans 

(i) Sorte de chapeau de fer. 
(2) Cottes de maille. 



164 

avec trois verges de fer et les agneaulx vendus à 
Ango, iiii 1. X s. 

» Ung autre viel chiel et dossiers audit Ango, vu s. vi d . 

» Ung grant mireur (miroir) doré audit maistre de 
l'œuvre, m s. 

» Ung autre grant miroeur de bois audit Ango, xxii d. 

» Deux petis tableaux d'ivire, et estoient couverteurs 
de tabletes, vendues au receveur, un s. vi d. 

» Une bistorie, vu s. v. d. 

» Une espée, réservée pour Tostel, et estoit d'iceluy 
pour servir aux archers de Tégliseen guerre, 

» Traize plas, xxiiii saussiers et xviii escuelles, i escuclle 
à oreille, vu pos, 11 pintes, 11 chopines, deux demions, 
II sallieres, ung moustardier, ung benesquier et m garde 
nappes pesant in toto c vi 1. estain, à 11 s. pour livre. 

» Bachins à laveur et eschauffetes . . . . 

» Un petit chandelier à 11 touays, xvi d. 

» Dans la bourse lxii salus d'or en or, à xxxiii s. ix d. ; 
X angelos d'or de Henri à prendre m angelos pour deux 

salus, I ducat pour xxxiii s. ix d Hanaps d'argent, 

cuillers d'argent, etc 

» Une mule ensellée et embridée vendue vni escus d'or 
équivalant à xiii 1. » (Extrait du « XVIe compte de la 
Chambre en deniers et grain pour Mons' le cardinal d'Es- 
touteville, de son abbaie de St Ouen de Rouen, et le 
IXe rendu par messire Pierre Andelin, pour ung an entier 
finissant en jour S. Pierre S. Pol exclus mil une soixante 
dix huit) ». 

Ce qui me paraît le plus à noter dans cette liste d'objets 
vendus, ce sont les deux tableaux d'ivoire servant de cou- 
vertures à des tablettes, que je crois être des tablettes à 
écrire. 

Transaction au sujet d*un mobilier.. — Le 18 fév. 1487 
(v. s.), Lescallée avait servi, disait-elle, Cacheleu pendant 
huit ans ; elle avait apporté chez lui quelques objets mobi- 



i65 



liers et n'avait touché aucun salaire. Les héritiers contes- 
taient qu'elle eût servi utilement ledit Cacheleu, dont la 
principale occupation avait été Ventremise du prieuré de 
N.-D. de Bonnenouvelle, où il prenait son ordinaire. 
Après de longs débats, les héritiers se décidèrent à laisser 
reprendre par cette femme « 5 coffres, i drecheur, 4 sca-- 
belles, I fourme pour mettre à huys, i banc, 1 table, 
I fourme, 2 couches de quesne, 2 lits et la sarge tennée 
et I ciel, 9 escuelles, 2 pots, i chopine, i demyon, i de- 
myart, 4 plats, i moutardière, le tout d*estain, 3 paelles à 
main, i vieil banc, 1 coffret paint de V Annonciation , 
1 paelle à frire, 2 broches de fer à rostir, i grésil, i trépié, 

1 havet, 2 landiers, unes grandes matines à femme ^ 3 tasses 
d'argent et toutes ses robes, chapperons, chemises, coiffes 
et collerettes, 3 paire de draps à lit, 3 nappes, 8 serviettes, 

2 essieurs à main, i touaille et 5 cueuvre-chief. » 

Entre ces divers objets, les grandes matines à femme 
méritent d'être remarquées. Ce livre d'heures était-il 
manuscrit ou était-il imprimé ? A quels signes distin- 
guait-on les matines d'homme des matines de femme ? 
On peut noter que déjà la forme landier avait été subs- 
tituée à la forme andier, que gril n'avait point encore 
remplacé grésil et que la lettre s n'était point encore 
ajoutée au mot paire dans le sens du pluriel. 



A quatre heures, la séance est levée. 



A. TOUGARD. 



PRINCIPALES MATIÈRES DU BULLETIN 



Pages 

I. — Calvaire et vitrail d'Yville 3, 26, S3 

Souvenirs du vieux Rouen $,7, 27 

Eglise Saint-Maclou 8, 11, 32,49, m, 113, 148 

Catelier de Charleval 9 

Château de Dieppe 1 1 , 32, 78, 112 

Les Célestins de Rouen 12 

II. — Arques, antiquités diverses.. .27, 39, 4s, 50, 78, 

82, 113, 149 

La Cloche d'argent 30, 107 

Incendies de Bolbec : 33 

Altération des noms propres 42 

lli. — Sceaux des Chartreux 45 

Franqueville, débris archéologiques 47, S7» 89 

Céramique romaine '..... 49 

L'archéologie à outrance 51 

IV. — Maisons canoniales 55 

Eglises dépendant du prieuré de Longueville .... 57 

Rôle de la capitation, quartier Martain ville 70 

V. — Dessins du Havre 82 

Fouille dans la forêt de Rouvray 84 

Litres et Ceintures funèbres 90 

Peinture de la chapelle Alorge 94 

Ornements d'église donnés par Talbot 97 

Maison de P. Cauchon à Sotteville 100 

Anciens calvaires de Cany 102 

Clément VI, ancien archevêque de Rouen. . . 108, 112 

VI. — Trois églises 113 

Drapeaux de la Révolution 117 

Liards du Pont-de-l' Arche et d'Acquigny (1655- 

1657) 123 

Notes diverses, par M. de Beaurepaire 154 



PROCÈS-VERBAUX 

DE LA 

COMMISSION DES ANTIQUITÉS 

DE LA SEINE-INFERIEURE 

PENDANT L'ANNÉE 1904 



SÉANCE DU 19 FÉVRIER 1904 

Elle ouvre à deux heures un quart sous la prési- 
dence de M. Gh. de Beaurepaire, vice-président. 

Etaient présents : MM. Adelinc, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, de Bellegarde, Brunon, Deglatigny, 
Drouet. G. Dubosc, Garreta, Leblond, Le Verdier, 
Pelay, Ruel, Sarrazin, de la Serre, de Vesly et labbé 
Tougard. 

S'est excusé : M. Malicorne. 

Après deux ou trois menues retouches, le procès- 
verbal de la dernière séance (18 décembre 1903) est 
adopté. 

Correspondance imprimée. — Mémoires de la So ■ 
ciété... de Boulogne-sur-Mer, XVIII, XIX, XXII, 
3 vol. in-8o; — Bulletin item^ V, 91-99; — Mé- 
moires de la Soc, d'' Emulation du Doubs, 1902; 
Besançon, 1903; — Mémoires et Documents,.. So- 
ciété Savoisienne, XLÏI; — Mémoires et Docu- 
ments.,. Société des Antiquaires de France, Metten- 
sia, IV ; — Société Acad. de Laon : Anciennes Pape- 
teries de l'Aisne; Laon, 1903; in-40 ; — Société 
archéoL de Bordeaux, XXIV, i ; — Bulletin hist. et 
philoL du Comité, 1903, 1-2 ; i fasc. ; — Bulletin de 



la Soc. des Amis des Sciences nat, de Rouen, igoi ; 
— Bulletin et Mém. de la Soc. de la Charente^ 
1902-1903 ; I vol. in-80 ; — Bulletin de la Soc. ar- 
chéol. de Sens, XX; — jBw//. de la Soc... de VOr- 
léanais, \jj] — Bull, de la Soc. des Antiq. de 
VOuesty 1903, 3 ; — Bull, de la Soc. des Antiq. de 
la Morinie, 207 ; — Bull, de la Soc. des Antiquaires 
de Picardie, igoS, 2 et 3 ; i fasc. ; — Bull, de la 
Soc... de rOrne, XXI, 2; — Bull, de la Soc. ar- 
cliéol. d'Eure-et-Loir, XIII, 9 ; — Bull, de la Soc. 
Dunoise, i 36 ; — Bull, dliist. et d'archéol. de Gand, 
XXXI, XXXII, 2 fasc, pet. in-40 ; — Revue de 
VAvranclîin, XI, 1904; — Revue héraldique^ XVIII, 
janvier 1904. 

Circulaire ministérielle en date du i®^ courant, 
annonçant le Congrès archéologique qui doit se tenir 
à Athènes. 

Correspondance manuscrite. — Une lettre de M. le 
Préfet communique son arrêté du 3o janvier dernier, 
par lequel, sur la proposition de M. le Vice-Président, 
il nomme membres de la Commission des Antiquités : 

MM. Le Blond, conseiller à la Cour; Brunon, direc- 
teur de TEcole de Médecine; Ruel (G.), architecte; 
Sarrazin, avocat. 

M. le Président rappelle les deuils répétés qui, de- 
puis quinze mois, ont cruellement éprouvé la Com- 
mission. Grâce aux choix excellents que vient de faire 
M. le Préfet, les lacunes que la mort avait faites dans 
nos rangs se trouvent à peu près comblées. M. Le 
Blond et M. Brunon lui sont avantageusement connus 
par leurs goûts artistiques et leurs connaissances ar- 
chéologiques. Quant à M. Ruel, avant même que 
l'Académie Teût admis dans son sein, tout le monde 



admirait son délicieux logis de la rue Saint-Romain. 
Enfin la splendide illustration de Jeanne d"^ Arc en 
Normandie et le discours sur les Enlumineurs nor- 
mands n'ont fait que rappeler aux antiquaires qu'il y 
a plus de trente ans, M. Sarrazin, d'abord Theurcux 
auxiliaire de Tabbé Cochet dans la préparation de la 
copie de son Répertoire archéologique, n'avait pas at- 
tendu la fin des études classiques pour sauver quelques 
débris de la Normandie qui s^en va. 

M. Sarrazin exprime la satisfaction que lui cause 
rhonneur d'entrer à la Commission. Il témoigne en 
même temps qu'il voit s'accroître d'autant sa respec- 
tueuse reconnaissance à l'égard de M. le Président, 
aux aimables communications duquel ses récentes 
publications ont dû un si fructueux concours, grâce 
aux précieuses archives de la Commission. 

Les autres membres nouveaux s'approprient, en 
quelques mois heureux, les sentiments énoncés par 
M. Sarrazin. 

Mort de M, //. Frère, — M de Beau repaire observe 
que cette perte est particulièrement sensible à la Com- 
mission. En y entrant, M. Frère s'était flatté de reve- 
nir, après sa laborieuse carrière, aux attrayantes re- 
cherches littéraires qui avaient fait le charme et l'hon- 
neur de ses Jeunes années. La maladie est venue, 
hélas ! et elle a trompé ces douces espérances et elle a 
privé la Compagnie d'un collègue qui lui rappelait la 
collaboration d'Edouard Frère et son grand savoir. 

M. le Président donne alors la parole à M. Le Ver- 
dier, pour la communication que voici : 

Rialle, maire du Havre [iygi-3\, — M. Le Ver- 
dier communique à la Commission un portrait en 



172 

miniature d'un ancien maire du Havre, Rialle, et un 
portefeuille en maroquin rouge, orné de petits fers 
dorés et portant l'inscription M. Rialle (0,48 X 35). 
Cette communication est accompagnée des notes bio- 
graphiques qui suivent : 

Jacques-Atnbroise Rialle a été maire du Havre de no- 
vembre 1791 au mois de septembre 1793. 

Il était fils de Nicolas Rialle et de Marie Veloupe, et 
naquit en la paroisse d'Octeville en 1756. Ses parents se 
fixèrent au Havre en 1771. 

Il s*y maria, à Notre-Dame, le igaoût 1777, avec Marie- 
Anne- Josèphe Délesque, du Havre, fille de François-Sé- 
bastien, cuisinier de navire, et de Marie-Josèphe Yves. Il 
est qualifié dans l'acte, commis de négociant. 

Son contrat de mariage avait été fait, sous signatures 
privées, au Havre, le 1 3 juin précédent. L'épouse n'apporte 
que des effets mobiliers, évalués à 3, 000 1. ; cependant 
Tacte stipule qu'en cas de survie elle prélèvera 24,000 ou 
40,000!., suivant qu'il existera ou non des enfants issus 
du mariage, au jour de la dissolution. 

Le contrat ne fait pas connaître les apports du mari. 

Dans Pacte de naissance de l'aîné de ses enfants, en 1 779, 
J.-A. Rialle est encore qualifié commis de négociant; mais 
dans l'acte de naissance du suivant, le 2 juin 1780, il a le 
titre de secrétaire de Vlntendance de M. le comte de 
Rochambeau, 

Il fit le voyage d'Amérique, peut-être à la suite de 
celui-ci. 

On trouve en effet ce qui suit, dans la Galette natio- 
nale et étrangère (imprimée à Rouen), 2 5 déc. 1792, 
p. 761. L'auteur d'un article de ce journal écrivant : 
« parmi les accapareurs, le plus redoutable est le maire 
Riale », un rédacteur ajoute cette note : 

M. Riale, auteur lui-même d'une fortune qu'il a rapidement 
faite aux îles, homme auquel un patriotisme trop ardent, peut- 



173 

être, a pu faire quelques ennemis... J*ai connu M. Riale (chez 
un sien parent) avant sa fortune; il était aimé et estimé. Je ne 
Tai pas vu depuis son retour; mais ce que m'ont dit ses compa- 
triotes de ses procédés envers sa famille et de sa conduite comme 
citoyen prouve qu'il n'a pas dégénéré. 

Riale obtint, au mois d'avril 1785, des lettres de conseil- 
ler du Roi, rapporteur du point d'honneur au bailliage 
d'Honfleur ; la finance qu'il eut à payer pour cet office ne 
s'éleva pas à moins de 4,5oo livres. 

Rialle était dans le même temps négociant au Havre; 
il figure sur la liste des commerçants notables, en 1 789, 
et demeurait rue d'Estimauville. 

Dès le début de la Révolution, il fit partie du Conseil 
de la Commune en qualité de notable. Il fut bientôt appelé 
aux fonctions de président du district de Moniivilliers. 
Enfin il fut élu maire du Havre au mois de novembre 1791 
et réélu à la même fonction en décembre 1792. 

C'était un homme modéré comme tous ceux qui com- 
posaient alors la municipalité qu'il présidait. Mais au 
Havre, comme à Rouen, la municipalité fut accusée de 
tiédeur; la Société Populaire et le Comité de Salut Public 
de la ville se chargeaient de surveiller les corps constitués 
et de les dénoncer (i). 

Un décret de la Convention, du mois de septembre 1793, 
destitua le corps municipal du Havre. 

Les députés en mission, Legendre, Louchet, Lacroix 
et, après eux, le représentant Siblot, ayant établi dans la 
ville le régime des suspects et des perquisitions, Rialle fut 
arrêté le 12 janvier 1794 (22 nivôse an H), et conduit, 
avec la plupart des détenus havrais, à Nointot, près Bolbec, 
au château de Baclair, converti en prison. 

(i) « La Société populaire a nommé une Commission qui va 
vous transmettre les griefs contre la municipalité » {Lettre étun 
nommé Lejeune à Robespierre^ du 21 septembre 1793, citée par 
Borély, Histoire de la ville du Havre, 20 partie, t. 1, p. 21). 



174 

Il n'obtint sa liberté qu'au mois d'octobre suivant, à la 
suite d'un rapport, dont je dois la communication à M. de 
Beaurepaire : 

Jacques-Antoine (erreur pour Ambrolse) Rialle, domicilié au 
Havre, âgé de 38 ans, ayant fenime et six enfants, âgés depuis 
six mois jusqu'à quinze ans, chez lui. 

Détenu à Nointot, district d'Yvetot, depuis le 22 nivôse, par 
ordre du Comité de surveillance, comme destitué de sa fonction 
de maire de cette commune, par décret de la Convention Natio- 
nale, et par sa conduite anticivique. 

Négociant avant et depuis la Révolution. 

Ayant déclaré avoir 4 à 5, 000 1. de revenu avant et depuis la 
Révolution. 

Relations et liaisons avec l'aristocratie mercantile. 

Caractère astucieux. Il a montré du patriotisme dans les tnois 
de may, juillet et octobre 1789, Au 10 août il avoit perdu la 
confiance des patriotes^ s'annonçant Tennemy de la Société po- 
pulaire. A la fuite du tyran, il s'est assez bien montré. A sa 
mort, il est soupçonné d'en avoir été affecté. Au 3 1 may, il étoit 
l'ennemy de la Montagne et soupçonné de partager l'opinion du 
Directoire du département de la Seine-Inférieure, ayant donné 
lecture de son arrêté dans la ci-devant église de Notre-Dame, à 
l'époque où les Départements de l'Eure et du Calvados étaient 
en rébellion ouverte contre la Convention. Il est soupçonné 
d'avoir partagé les principes des fédéralistes du Calvados, ayant 
favorisé la fuite d'un de leurs émissaires nommé Ferai, que les 
patriotes de cette commune avaient arrêté le 24 juin dernier, 
distribuant des arrêtés et des libelles des réfugiés à Caen. 

Dans ks crises de la guerre, il a paru affecté de nos revers. 

Il n'est point à notre connaissance qu'il ait signé des adresses 
liberticides (i). 

Rendu à la liberté, Rialle se retira à Sanvic. Il fut dans 
la suite secrétaire général du Préfet des Deux-Nèthes. 

(i) Extrait du tableau rempli par le Comité de suri^eillance 
du Havre i pour être renvoyé au Comité de Sûreté générale, 
j 6 pendémiaire an ni . — Archives de la Seiqe-lnférieure. 



175 

En 1807, il habitait à Bléville, près le Havre. Il y est 
mort le 3 mai 181 3. 

Inscription obituaire, — Avant de lire ce petit mo- 
nument épigraphiqué, M. Pelay expose que le petit 
musée local, créé à la mairie par les soins persévé- 
rants de M. Lemarchand, ancien maire de Clères, n'a 
pu profiter des intentions bien connues de son fonda- 
teur. Une addition faite à ses dernières dispositions en 
a amené l'annulation judiciaire. La vente publique 
qui en est résultée a produit, grâce surtout à ses belles 
faïences de Rouen, 1 5,ooo fr. pour uneseule vacation. 

Voici le texte gravé sur une plaque de cuivre, con- 
servée dans ce musée. Il est surmonté d^une tête de 
mort flanquée de dix larmes, cinq de chaque côté, en- 
cadrées à droite, sur trois lignes, des mots Aujour- 
d'huy à Moy, et à gauche. Demain à Tqy. On lit 

ensuite : 

Cy Gist fev Honorable Homme 

Pierre Michel Decedé A Clere (sic) Le 

six 7^^* 7726 Le Quel Mv De Pieté 

Et Devosion a fondé a perpetvité 

En cette église de Clere. Vne 

Messe les Troisième Dimanches 

De chaqve Mois de Lan née en la 

Chapelle de la Vierge et un Libéra 

a la fin des d^^ Messes^ Plus Deux Obits 

auec un libéra et un de Pro/undis a 

la fin de chacque Obit^ un pour ledit 

fondateur le 6 de septembre^ Et 

Lautre le i3 octobre Pour Discrète 

Personne A/« Charles Auguste 

Coulard son Neueu, ancien curé de 

cette paroisse, et a donné au trésor 

de la ditte Eglise, 2 liv. de Rente par 

contract du 7 juin i j'j i 
Pria; Dieu Pour le Repos de son Amç 



176 

Dessins. -— M. de la Serre fournit la réduction à 
l'encre de l'ancien clocher de Bernières ; en même 
temps que M. Georges de Beaurepaire fait circuler la 
photographie du groupe signalé rue Socrate. 

Beffroi — Le même membre ajoute que les désirs 
de nos délibérations antérieures, en ce qui concerne 
les cloches du Gros-Horloge, semblent enfin devoir 
obtenir satisfaction. 

M. le Président donne lecture de contrats passés 
pour l'exécution de tombeaux. En voici le texte : 

TOMBES ET ÉPITAPHES 

Le nom de Thomas Gaignet est connu des membres de 
la Commission des Antiquités. Le Bulletin (t. vm^, pp. 216- 
220) contient le devis d'une chapelle que ce maître maçon 
construisit près de la fontaine des Cordeliers, pour le 
compte de Robert Alorge (29 nov. 1403). Antérieurement 
(Bulletin^ t. ni, pp. 443-445) j'avais eu Foccasion de le 
signaler comme un de ceux qui, conjointement avec Raou- 
lin Gaignet, son frère, prirent, envers les religieux de 
Saint-Ouen de Rouen, l'engagement « d'asseoir les pou- 
chons, les chintres de deux clefs et les branches de deux 
croisiées avec un doublel » dans un des bras du transept 
de l'église abbatiale (26 nov. i3<j6). Nous pouvons encore 
citer un acte du mois de juin 1402 qui nous montre Guil- 
laume De Brèvedent s'allouer, pour une durée d'environ 
i5 mois, à Thomas Gaignet, maçon de la paroisse Saint- 
Ouen, pour le servir de son métier « au mieux qu'il pour- 
roit et sauroit » (Tabel. de Rouen, Reg. 9, fo 392 vo). Le 
contrat suivant nous autorise à penser que Gaignet mérite 
aussi bien la qualification de sculpteur que celle d'archi- 
tecte. 

12 février 1403. — Thomas Gaignet, machon, demeu- 



■ '-■ - - 



177 

rant à Rouen, comfesse avoir marchandé à Guillaume 
Beaufilz, séneschal de Fescamp, de lui faire et ouvrer de 
son dit mestier une tombe de telle longueur et laise et de 
telle et semblable ouvrage comme est ia tumbe de Jehan 
Du Bosc, père de Guillaume Du Bosc, bourgeois de Rouen, 
excepté que les fourmes des figures seront, c'est assavoir : la 
femme en robe ouverte etchapperon boutonné, et Tomme 
à mantel fourré, et les visages et mains d'alebastre comme 
la tumbe du dit Du Bosc, laquelle est assise eu cloistre de 
Saint-Ouen de Rouen, et pour trouver pierre et faire 
r ouvrage et la conduire, à ses périlz et fortunes, quand elle 
sera preste, de Rouen à Fescamp, aseoir en l'église dudit 
lieu de Fescamp ; et Ten lui trouvera charoy et despens 
de charoy et aide à la seoir sur plache ; et pour ce faire 
deuement doit avoir xxiui 1. t., sur quoy il congnoit avoir 
eu et receu ix l. ; et le demourant se paiera ainsy que la- 
dicte besoigne se fera, laquelle il promist faire et acom- 
plir dedans la S» Jehan-Baptiste prouchainement venant, 

obligeant biens, etc., jurant, etc » 

L'Histoire de Rouen (173 1), 5e partie, p. yS, indique 
comme étant aux galeries du cloître de St-Ouen les épita- 
phes de Martin Du Bosc, bourgeois de Rouen, décédé le 
12 mars 1340, celle de Jeanne, sa femme, et celle de Martin 
Du Bosc, chanoine de Lisieux, décédé le 1-2 juillet i36i. 
La tombe qui avait été proposée comme modèle par le 
sénéchal de Fécamp n'existait plus sans doute du temps de 
Farin, puisqu'elle n'est citée ni dans son Histoire de 
Rouen, ni dans l'Histoire de Rouen de ses continuateurs. 
Mais on y voyait encore la tombe d'un autre membre de 
la même famille, du même nom de Guillaume, et de Per- 
rette Le Tourneur, sa femme. Le 3 juillet 1634, dans un 
intérêt aristocratique, Louis Du Bosc, écuyer, sieur du 
Buse, demeurant au Buse, par. d'Hugleville, avait tenu à 
faire certifier la présence de cette tombe dans un lieu par- 
ticulièrement honorable, par les religieux de Saint-Ouen. 
Ceux-ci, le 3 juillet 1634, sur sa requête, attestèrent que 



17? 

« dans le cloître de leur abbaye il y avoit une tombe sous 
laquelle étoient inhumés feu noble homme Guillaume Du 
Bosc, escuier, sieur de Tendos et d'Esmentreville, et Per- 
rette Le Tourneur, sa femme, et que les armes dudii sei- 
gneur étoient empreintes aux quatre coins de ladite tombe 
qui étoient composées d'un écusson dans lequel estoit 
gravé une croix en échiquier et quatre lions rampants tous 
d'une voix (sic) et qu'estoit escript, aux deux costés de 
lad. tumbe, ce qui ensuit : « Cy gist noble homme Guil- 
» laume Du Bosc, escuier, seigneur de Tendos et Esmen- 
» treville, lequel trespassa Pan de grâce mil cccc. xxx, le 
» jour de Toussaintz. Cy gist dam^i* Perrette Le Tour- 
» neur, femme dudict, laquelle trespassa Tan mil cccc 
» xxxviii en juillet ». Les religieux attestaient, en outre, 
que dans leur cloître « il n'y avoit aucunes sépultures 
» que de personnes nobles et bien qualitiées » (i). 

Ce fut encore une tombe d'un monastère de Rouen que 
choisit pour modèle un fonctionnaire du Pont-de-l'Arche, 
Colart Louvel, verdier de la forêt de Bord. 

La confection des tombes, œuvre qui consistait princi- 
palement en la gravure de lettres, de figures et d'orne- 
ments, constituait alors une spécialité d'artistes appelés 
tombiers (2), Louvel s'adressa à un homme de cette pro- 

(i) U Histoire de Rouen blasonnait ainsi Técusson de Guil- 
laume Du Bosc: « De gueules à une croix échiquetée d'argent 
et de sable et quatre lions rampants; » et celui de sa femme : 
« De gueules à trois léopards d'or arrachés et langues d'azur. » 
C'était évidemment ajouter à ce qu'indiquaient les épitaphes 
gravées, 

(2) Sentence du bailli du Chapitre de Rouen relative à un 
nommé Jehannin Le Maistre, tombier de la paroisse Saint- 
Sauveur, qui. avait donné, dans la cathédrale, un arremain ou 
horion sur Is visage d'un homme qui l'empêchait de prendre 
la mesure d'une tombe. Jehannin Le Maistre donnait pour pièges 
ou cautions son père, Jehan Le Maistre, et Jehan Audis, tailleur 
d'images, 12 juin 1432 (Arch. de la S.-Inf. G. 3372). 



179 

fession, Pierre Despinay, domicilié sur la paroisse Saint- 
Godard. Un marché fut conclu, et le travail à faire fut 
décrit dans le marché avec une précision qui ne laisse rien 
à désirer comme on le verra par le document ci-après. 

Disons que Tinscription tumulaire se fit attendre quel- 
ques années. Colart Louvel vivait encore et prenait la 
qualification de verdier de la forêt de Bord, le i5 avril 
1439 (Tab. de Rouen). Ce devait être le fils d'un 
Etienne Louvel, de Lisieux, rallié dès le début au gou- 
vernement anglais, et à qui Henri V avait donné, le 5 juillet 
1418, ce même office de verdier de la forêt de Bord, et, le 
17 décembre suivant, la terre de Graveron, d'un revenu 
de 82 1., confisquée sur Jean Le Tourneur {Rôles de Bré- 
qiiigny^ nos 207, 2 5i, dans le xxni^ vol. des Mémoires de 
la Société des Antiquaires de Normandie) ». 

« Samedy, xvi^ jour de février mil une xxxvi. 

« Pierre Despinay, tombier, demourant en la paroisse 
S. Godart de Rouen, lequel confessa avoir vendu à Colart 
Louvel, verdier de la forest de Bort, près le Pont-de- 
l' Arche, une tombe de pierre de lyays (de) deux piez de 
long ou environ et de quatre à cinq piez de large, sur la- 
quelle tombe ledit Despinay sera tenu faire deux person- 
nages, Tun à homme, et l'autre à femme, celui 4^ homme 
habillé comme ung conseiller royal, vestu d'un mantel 
fourré et robe fourrée, icellui mantel ouvert par le costé 
pour veoir la forme de la robe, sainture et gibessière, 
iceulx habillemens faiz et vestuz le pluz richement que 
faire se pourra, la teste et les mains d'icellui personnage 
d'albastre et les piez de marbre noir ; le personnage de la 
femme comme une dame aournée de longue robe ouverte, 
une sainture de pies (sic pour perles), icelle robe ouverte 
bordée comme y appartient, le visage et les mains d'al- 
bastre, la teste d'icelle dame aournée de guymple, et le 
chappel pareil à ung personnage qui est assis en une tombe 
devant sainte Marguerite aux Augustins dudit lieu de 
Rouen; et se aucune chose des pieds de ladite dame se 



8o 



monstre, il sera de marbre noir ; et eu costé desd. deux 
personnages sera tenu ledit Despinay mectre et asseoir 
deux escussons d'armes jouxte le patron qui luy est bail- 
lié; et oultre se submist et obliga icellui Despinay rendre 
et livrer icelle tombe saine et entière eu cueur de l'église 
de Saint- Vigor dudit Pont-de-l'Arche, à ses despens et 
dangiers, dedens le mois d'avril prouchain venant, sauf 
que led. Louvel lui sera tenu trouver batel sur les cays de 
Rouen pour icelle tombe amener et conduire de dessus 
les cays dud. lieu de Rouen sur le cay du Pont-de-l'Arche; 
et quant icelle tombe sera sur ledit cay du Ponl-de- 
TArche, ledit Louvel sera tenu de lui donner aide de deux 
ou trois personnes pour icelle tombe mener et conduire 
dedens le cueur de ladite église de Saint-Vigor, laquelle 
tombe ledit Despinay sera tenu mectre et asseoir bien et 
deuement ou lieu et place qui lui sera ordonné en ladite 
église; et pendant le temps qu'il asserra icelle tombe, ledit 
Louvel lui sera tenu trouver ses despens raisonnablement; 
et par faisant bien et deuement ce que dessus est dit et 
escripre l'escripture qui a esté baillée audit Despinay pour 
mectre autour d'icelle tombe, ledit Louvel, qui présent 
estoit, lui promist paièr la sonjme de trente livres tour- 
nois, de laquelle somme ledit Louvel lui paia présente- 
ment la somme de quinze livres; et les autres quinze 
livres qui restent ledit Louvel promist paier aussitost que 
ladite tombe sera assise, faicte et acomplie de toutes choses ; 
et à ce tenir etc. oblig. l'un à l'autre biens etc. Présens 
Jehan Duclos et Macé de la Mounière. 

> En marge, B. F. 

» Ledit Despinay n'en veult point de lettre ». 

U Histoire de Rouen, éd. de 1/3 j, 5^ partie, page 71, 
nous apprend que dans le chœur de l'église des Carmes, à 
main droite, il y avait une chapelle détachée, appelée la 
chapelle de Messieurs Fournier, où l'on remarquait, gravée 
sur une table de marbre avec ses ornements, une épitaphe 



t8i 



ainsi conçue : D. O. M. — Perenni acfœlici memoriœ — 
Clarissimi viri, Claudii Fournîer C. F. D. de Joigny 
nobili apud Sequanos prosapia orti, in suprema Armori- 
corum Curia senatoris, nohilisque conjugis loannce du 
Pont. Supremum ille diem obiit an. Sal. i630y œtatis 68 y 
hœcvero 1645^ 11 Decemb. 

La tombe et la table de marbre destinée à recevoir les 
inscriptions étaient l'œuvre du sculpteur rouennais Michel 
Lourdel ; elles lui avaient été commandées par Claude 
Fournier, comme on le voit par Tacte suivant : 

« Du mardy 28e jour de janvier i63i, en l'escriptoire. 

» Furent présents Claude Fournier, escuier, filz et 
héritier de feu M^ Claude Fournier, vivant escuier, doc- 
teur ès-droitz, demeurant en la paroisse S^-Godart de 
Rouen, d'une part, et Michel Lourdet, sculpteur et paintre, 
demeurant en la paroisse de St-Maclou, d'aultre part, les- 
quelz ont recongneu et fait ensemble Taccort et marché 
qui ensuit : c'est assavoir que ledit Lourdet a promis et 
promet audit s' Fournier luy livrer et placer en sa cha- 
pelle, par luy fondée au monastère des Carmes de ladite 
ville, une tombe de très fin marbre noir poUy, de la lon- 
gueur de six pieds sur trois piéz de large et cinq poulces 
d'espoisseur, sur laquelle tombe il sera gravé une figure et 
armes dudit s»" en (?) quelque escript selon qui sera baillé 
audit Lourdet par ledit s»" Fournier; comme aussi sera fait 
et placé par ledit Lourdet contre la parroy au derrière de 
la dite chapelle une épitaphe, aussi de fin marbre noir 
poly, de la haulteur de quatre pieds sur deux pieds et demy 
de large, et de deux poulces d'espoisseur, sur laquelle sera 
gravé et doré les lettres et épitaphe qui seront baillez au- 
dit Lourdet, laquelle épitaphe ou pierre de très fin marbre 
noir sera environné d'une moulure comme d'un rond 
entre deux quarrés et ce de pierres de Vernon, les deux 
filiez de laquelle mouUure seront dorez, et au hault au 
couppeau d'icelle une cargue ou cuir, sur lequel seront 
taillez, relevez et estoffez en bosse les armes dudit feu 



ds 



s*" Fournier, suivant le devis et blason desdites armes qui 
en sera pour ce baillé audit Lourdet par ledit sieur Four- 
nier. 

» Signé : Fournier. 

» Michée Lourdel ». 

La tombe et le marbre destinés aux épitaphes devaient 
être placés avant le i^r mai suivant. Le prix convenu était 
de 3oo 1., dont loo livres furent payées d*avance. Claude 
Fournier prenait à sa charge les frais de pose. 

A cette première inscription, celle de Fournier, docteur 
ès-droits, on en ajouta, dans la suite, quelques autres dont 
le texte nous est donné pâvV Histoire de Rouen : — Chariss. 
Parentum corpora vir nobilis Claudius Fournier D. de 
Joigny et de Launay^ hoc in sacello a maire restituto^ 
ornato et dotato^ in spem resurrectionis deposuit, cui et 
ipse Hiatus est an. Sal. i663. 

Ejus nobilis uxor Catharina le Cornier eodem tumulo 
condita an. Sal. i6.,. — Claudius Clément in suprema 
Neustriœ curia Senator integerrimus^ horum ex Renata 
Fournier nepos^ cum his communem sortitus est sepultu- 
ram an. SaL 1661. — Claudius Fournier D . de Joigny et 
de Launay unus ex prcefectis Regii Stabuli^ Claudii et Ca- 
tharinœ filiuSy parentibus opiimis^ et cognato D. S. B. 
M. H. M. P. 

Le même sculpteur fit la tombe d*Ozias de Boniface, en 
réglise Saint-Ouen, conformément aux volontés exprimées 
dans le testament dont je rapporte ici un extrait : 

« Du vendredi apprez midi, dix-huict jour de may m vie 
trente-cinq, en la maison de la dame testa teure, 

» Fu présente noble dame Anne Deschamps, dame de 
Bosclehart et autres lieux, dame d'honneur de la Roine 
Mère du Roy, demeurant à présent en sa maison à Rouen, 
seize rue Ganterie, parr. S. Laurens, veuve, en premières 
nopces, de feu M^e Ozias de Boniface, vivant chevalier de 
rOrdre du Roy, seigneur et baron d'Esquetot TAuber, 



i83 

Yerville et autres lieux, conseiller du Roy en ses Conseils 
et maistre de camp d'ung régiment entretenu pour le 
service de S. M. (i), et, en secondes, de feu M^e Charles 
de Mouchi, vivant aussi chevalier, seigneur de Mémont 
et autres lieux, cappitaine de cent hommes d'armes de ses 
ordonnances soubs la cornette de feu M. le connestable de 
Luines, de présent gisant en son lit mallade, infirme de 
son corps, et ncanmoings saine de sa pensée. 

» Désirant aprez son déceds son corps estre porté et 
inhumé en l'église et parroissc dudit lieu du BoUehart et 
ses obsèques et funérailles estre faictes selon sa qualité 
et condition, s'en rapportant aux sieurs ses enffans et 
héritiers ; et pour le regard des biens qu'il a pieu à Dieu 
luy donner et prester en ce monde, elle veut et entend 
que lesditss''s ses héritiers facent achever la sépulture dont 
elle a fait marché avecq Lourdet, paintre sculteur à Rouen, 
sur le prix de laquelle elle a advancé cinq centz livres, 
pour par aprez la faire placer en l'église S^-Ouen de Rouen, 
au lieu où est inhumé led. feu seigneur de Boniface. Item 
ladite dame tesiateure a chargé ses dits héritiers de paier 
aux relligieux de l'abbaye dudit S^-Ouen, trois cents livres 
qui leur ont esté promises suivant divers legs » faits précé- 
demment. Elle avait pour héritiers Alexandre de Boniface, 
Marguerite de Boniface, ses entants du premier lit; Jean- 
Baptiste de Mouchy et Suzanne de Mouchy, ses enfants 
du second. Elle désignait pour être son exécuteur testa- 
mentaire Georges du Fay, ccuyer, sieur de la Lande et 
du Boisguillaume, conseiller au Parlement de Normandie, 

Le 21 mai suivant, elle faisait revenir chez elle ses no- 
taires et déclarait devant eux « son intention n'avait jamais 
été d'approuver l'union qu'elle avoit entendue prétendue 
avoir été faite par le feu seigneur de Boniface de ses terres 
et fiefs du Boscrohart, Bienez, Hicquebeuf, Collemare à 
la terre du Boscrohart ». 

(i) A ces titres il faut ajouter celui de gouverneur du château 
d'Arqués. 



184 

Anne Deschamps avait épousé Ozias de Boniface en 
iSgS. Henri IV avait signé à leur contrat de mariage, le 
8 juillet de cette année. 

U Histoire de Rouen^ de Farin, et VHistoire de Saint- 
Ouen de Kouen^ de Dom Pommeraye, ne font aucune men* 
tion de la tombe d'Oziasde Boniface (i); mais ces deux 
auteurs parlent, sans toutefois en donner le texte, des 
épitaphes et de la sépulture des membres d'une famille 
espagnole naturalisée française, qui paraît avoir joué un 
grand rôle dans la société rouennaise du xvii® siècle. Il 
s'agit de la famille de Palme Carille (Palma Carillo), un 
des types les mieux caractérisés de cette colonie espagnole, 
instruite, intelligente et très entreprenante (2), qui joignait 

(i) Cette tombe devait paraître mesquine en comparaison de 
celle que Jéronyme Darconat (il signait Arcona) , chevalier, 
gentilhomme de la Chambre du Roi, avait demandé que l'on fît 
pour lui en l'église de la paroisse d'Aubecourt, lieu de sa rési- 
dence. 11 voulait qu'on y affectât une somme de 5oo écus et que, 
de plus on employât jusqu'à 3oo écus à ses obsèques, services 
et funérailles. De Bauquemare, sieur du Mcsnil, commandant au 
château du Vieux-Palais de Rouen, était nommé son exécuteur 
testamentaire, 23 août 1597 (Tab. de Rouen). 

(2) Afl&rmations faites au tabellionage de Rouen, par Fer- 
nande de Palme Carillo, paroissien de Saint-Amand de Rouen, 
le 14 mars i63i : aux mois d'août, sept., oct. i63o, il a expé- 
dié de Rouen, pour Saint-Luc en Espagne, 57,5oo, 33,85o et 
i6,i5oaunes de toiles blanches; — le 26 novembre suivant : 
il a fait expédier à Séville, au mois d'octobre précédent, 14 pa- 
quets de craie, moitié fine, moitié commune, achetée à Saint- 
Malo ; — le 12 oct. i633 : il avait acheté, aux halles de Rouen, 
20,200 aunes de toiles écrues qu'il avait fait blanchir et expé- 
dier en 26 ballots, dans 4 barques, pour Saint-Luc, en Espagne, 
et consigner à Rodrigo Loppès de Vega, de Séville. Le 12 oct. 
i633, lui et Jacques Garcie avaient acheté 17,434 cuirs méchi- 
que, de la Nouvelle-Espagne, dont ils firent constater la mauvaise 
qualité; le 21 mars i633, en relations d'affaires avec Diego de 
Taixera, marchand d'Anvers. — Pierre de Palme Carillo, domi- 



i85 

a ux prétentions aristocratiques des hidalgos de Castille la 
pratique des spéculations commerciales; elle put se pro- 
curer de la sorte, dans notre pays, les alliances les plus 
honorables avec des familles françaises, enrichies, elles 
aussi, par le commerce, ce qui était aisé à constater sans 
qu'il fallût remonter bien haut, mais qui se flattaient 
d'avoir éteint le souvenir de leur origine dans la posses- 
sion d'offices équivalant aux meilleurs titres nobiliaires. 

4 mai 1634. — Attestation donnée par les religieux de 
Saint-Ouen, réunis en Chapitre : 

ce En la chappelle fondée de la Vierge dans ladicte 
église (de S. Ouen), derrière le cœur d'iCelle y a une cave 
pour la sépulture des généalogies et dessendans de feu 
noble homme Allonce de Palme Carrille et Jean de Palme 
' Carrille, son fils, suivant la k>ndation par eux faite en 
lad. abbaye. 

» Les armes desd. s^s de Palme Carrille sont posez sur 
la tumbe estant sur lad. cave, mesme sur le grand et 
maistre authel de lad. chapelle, sépulture d'icelle, donnez 
par lesdits feuzs^s de Palme, qui sont composez d'ung 
escusson en champ rouge dans lequel est gravé ung chas- 
tcau aveq trois tours; et sur icelles tours ung aigle noir 
avecq le becq doré; et tient ledit aigle en Tune de ses 
griffes une couronne impérialle; et sur ledit escusson ung 
heaulme et ung aigle au dessus; et sont lesdites armes pa- 
reilles à celles cy-empreintes ; et est escript sur ladite 
tumbe, en langue latine, ce qui ensuict : 

» D. O. M, etc. P. M. 5. 

cilié paroisse Saint-Pierre-du-Châtel, faisait le commerce de cuirs, 
10 fév. i63i. — Marie de Palme, femme de Pierre Le Roux, 
sieur du Bourgtheroulde, a 3 déc. 1646, 25 avril i655 ; Alphonse 
de Palme, conseiller au Parlement de Normandie, 24 déc. i65g ; 
Elisabeth de Palme, fille de Fernande de Palme, femme de Fran- 
çois de Bailleul, sieur d'Angerville, 18 août 1673. (Tab. de 
Rouen). 

i3 



86 



» Heus. viàtor. si. vdcat. et. si. lubet. paululum. adsta 
et, hœc perle ge. 

» Heic jacent Alphonsus. a. palma. carillo. parens et 
Johannes.f. Hispani ex splendidiss. nobiîlis. carillorum ^ 
cordubiensium familia oriundi. pater quidem. cum. 
E belgio turbato, hue divortisset^ œtatejam. affecta^ vii^, 
migrationis suce anno, diem extremum obiit. priiie 
pentecost. M. CLXXXV. oui sepoîcrum. hoc gentillitium 
erigendum curavit Joan. ipse. f. vir. literarunï. apprime^ 
gnarus multisque virtutis, et gloria ornamentis itisi- 
gnitus atquc in pii parentis memorias. sacrum anniver- 
sarium, annuo censu annuendum^ perannuendum instituit. 
Idem, veroy hujus civitatis. per. XLV annorum circuitus. 
incola et municeps. pub. etiam. muneribusfunctus^ diutino 
tandem, conflictatus. morbo, mortem oppetiit XXVIII.' 
april. MD CXVII. eodemque tumulo conditus. est. quem, 
sequente annOy et mense^ subsecuta est Maria a palma .^ 
patris. secunda uxor unaque. charissimo. conjugi adjacet. 

» Hoc, te viator^ scire volebam. Vale. et piis manibus. 
bene, adprecare jEternum. placida. compasti. pace. quies^ 
cant ï). 

Cette fois encore les religieux attestèrent que, dans 
cette chapelle, comme étant la plus éminente de leur 
abbaye, il n'y avait autres sépultures que de personnes 
nobles ou bien qualifiées. 

Cette attestation fut faite à la requête de N. H. Fer- 
nand de Palme Carille, demeurant à Rouen, fils et héri- 
tier dudit sieur Allonce de Palma Carille et aussi héritier 
dudit feu sieur Jean de Palme Carille, son frère (i). 

(i) Marie de Palme Castillo, femme d'Alphonse de Palme Car- 
rillo. Elle était restée longtemps à Anvers, tandis que ses fils 
étaient venus se fixer à Rouen. Fernand de Palme Carillo, natu- 
ralisé français, avait obtenu, en janvier 1 597, des lettres du roi 
qui lui attribuaient 10 écus de rente, échus à Marie Castillo, 
mais sujets à confiscation, parce que ladite Marie demeurait à 
Anvers avec les Espagnols (Arch. de la S.-Inf. C. 1237). 



La signature de FemanJ de Palme Garille se voit au 
bas de l'acte avec celle des religieux. 

Le testament de Jean de Palme Garille, où il exprimait 
le désir d'être inhumé à Saint-Ouen, en la chapelle de la 
Vierge, est du 20 avril 1617. Le même acte nous renseigne 
snr la composition de la famille du testateur. Le nom de 
sa femme était Isabel Garcia Castillo. Elle lui avait donné 
une fille nommée Lsabelle. Il avait eu quatre frères : Fran- 
cisco, Fernandez, Pedro (1), Gonçalo; trois sœurs : Léonor, 
mariée à Alonço Garille (duquel elle avait eu deux fils, 
Juan-Alonço et Louis); Inès, alors veuve de M. Marc 
de Ghalon ; Catherine, mariée à Pedro de Ghaldn. Jean de 
Palme Garille avait aussi un fils naturel, Adrien, auquel 
il légua 3,600 1. Il déclarait avoir de grands biens en Es- 
pagne, aux Indes, au Pérou et à la Nouvelle- Espagne. 

Plus modeste devait être la tombe d'un autre espagnol 
naturalisé français, posée en l'église Saint-Gande-le-Jeune, 
conformément à un marché conclu en 1587 : 

« Je Thomas Liegeart, maistre niasson et graveur de 
tombes, demeurant à la paroisse S. Maclou de Rouen, 
congnoys et confesse avoir faict marché h noble homme 
André de Salamanque, sieur de Lormaye, demeurant au 
dict Rouen, de luy bailler et livrer dans l'église de 
S. Cande-le-Jeune, dudict Rouen, une tombe de pierie de 
liez bonne, loialle et marchande, fort bien gravée, remplie 
de noyr avec les testes, visage et mains de fort beau 
marbre blanc, avec les armoyries et escupture suyvant le 
pourtraict à moy baillé par ledict sieur de Lormaye, et 
promectz livrer ladicte tombe dans deux moys de ce jour 
d'huy ou plustot, de la grandeur de sept piedz de long et 
troys piedz et demy de large, mesure accoustumée, le 
tout par le prix et somme de vingt escus d'or sol qui me 

(i) Dans un acte du 27 février i63i, il prend le titre de 
« âbcien maître de la confrérie de Notre-Dame », en la cathé- 
drale. 



i88 

seront paiez par ledict s^, après Ta voir mise en place et ac- 
commodée à la volonté dudit sieur, le tout à mes propres 
coustz et despens de raoy dict Liegart, et à ce tenir et 
accomplir m'oblige, tesmoing mon saing cy-mis. Faict 
audict Rouen, ce premier jour de septembre mil cinq cens 
quatre vingtz sept. Présens à ce Nicolas Renel et Jacques 
du Vyvier, et ay receu dudict sieur pour le vin de ce 

marché demy escu sol. 

» Marque dudit Liegeart. » 

Il y a absence complète de prétentions aristocratiques 
dans le testament de Claude Sédille, conseiller clerc au 
Parlement (4 mars 1594). 

Le commencement de Pacte est en latin; il ne contient 
que des dispositions pieuses. La suite est plus intéres- 
sante. Sédille demande ù être enterre à Téglise Saint-Eloi, 
« soubz une tombe près du grand autel, laquelle, dit-il, je 
y ay faict mètre en commémoration de feu ma mère pour, 
là gisant, attendre le jour de la résurrection des morts, et 
que mon corps y soit mis avec son drap seulement, sans 
aulcun coffre de boys, duquel coffre estant sorty le corps, 
il demeurera au thesaur de Teglise S^-Eloi pour porter 
inhumer les aultres pauvres de la paroisse (i). Je prie bien 
humblement que mes obsèques soient faictes et célébrez 
le plus doulcement que faire se pourra, fors et selon qu'il 
est coustumier de fere à ceux de mon estât, sans toutes 
fois observer ces grandes pompes funèbres, où je ne veux 
y assister de deuil ni bablou aprez le corps, mes seulement 
MM. de la Cour, si leur plaist s'i trouver, ou bien les hon- 
nestes personnes qui me feront cet honneur de y assister ; 
et ne veux que il y soit faict oraison funèbre comme ne 
apartenant telle chose que aux grandz princes et seigneurs, 
non à moy pauvre misérable ». 

(i) A cette époque les corps n*étaient point encore inhumés 
dans des bières Pendan. assez longtemps la même bière, d'où 
le corps était tiré, était fournie par la fabrique de Téglise. 



iSg 

Il y demande cependant l'assistance des quatre écoles de 
la ville. 

Il fait des legs aux confréries du Saint-Sacrement, de 
Saint-Jacques et de Saint- Eloi, fondées à Saint-Eloi; au 
Chapitre de la cathédrale d*Avranches (40 écus pour obit 
à y célébrer instar de ceux de feu M. Chesneau, son oncle, 
faisant commémoration de feu Mons»* Cenalis, évêque du 
dit lieu), à la petite commune des chapelains de cette ca- 
thédrale; à Claude Marc, son filleul (un tableau d'argent 
doré, émaillé, qui se ferme, où il y a un crucifix). 

Sédille fit un codicille le 3 mars iSgS. 

Le dernier février précédent, il avait donné procuration 
pour résigner son office de conseiller en faveur de maître 
Antoine Marc, chantre et chanoine de Rouen. 

Je ne saurais dire pour quelle raison cette résignation 
n'eut pas d'effet. 

Claude Sédille resta en possession de son office. Il le 
résigna de nouveau en 1608, en faveur de Louis Bretel, 
qui y fut admis. J'ignore à quelle époque Sédille mourut. 

Le testament de Sédille prouve que l'usage des oraisons 
funèbres était assez répandu. Il s'en était fait une aux ob- 
sèques d'un personnage de condition assez modeste, Fran- 
çois Josseline, curé de Mathonville, organiste de la cathé- 
drale, décédé le 22 août 1 588, inhumé deux jours après 
aux Célestins de Rouen. Ses exécuteurs testamentaires 
payèrent 9 1. au curé de Saint-Vivien, pour ses droits et 
pour Voraison funèbre qu'il prononça à cette occasion ; 
mais peut-être l'orateur se borna-t-il à quelques mots 
d'éloge dans le genre de ce qui se pratique couramment 
aujourd'hui. 

La parole est alors donnée à M. de Vesly, qui veut 
bien offrir à la Commission, dans une analyse som- 
maire, la primeur du mémoire quMl se propose de 
lire au Congrès de la Sorbonne. 



Cachettes monétaires dans la Seine-^Inférieure. — 
M. L. de Vesly fait, sous ce titre, la communication 
qui suit : 

Le 20 juillet igoS, une femme Uépard qui extrayait du 
caillou dans la forêt de Lyons, au triège du Robinet^Cuit, 
commune de Mont-Roty (Seine-Inférieure), trouvait un 
vase de terre renfermant des monnaies antiques. 

Cette découverte fut remise à l'Administration forestière, 
et M. le Directeur général des eaux et forêts me confia le 
soin d'en dresser Tinventaire. 

J'ai constaté que ce trésor se composait de 872 monnaies 
de bronze dont 784 G. B. et 88 M. B. Sur ce nombre 
423 monnaies furent luçs : 074 G. B. et 49 M, B. 

La répartition peut en être ainsi faite : 

Vespasien 2 G. B. et o M. B. Total 2 

Trajan 32 — i — — 33 

Hadrien 41 — o — — 41 

Antonin-le-Pieux. 119 — 5 — — 124 

Faustine (senior) . . 19 — 23 — — 42 

Marc-Aurèle 87 — 11 — — 98 

Faustine (junior) . 48 — 7 — — 55 

Commode lo — i — — 11 

Lucille 12 — o — — 12 

Crispine 3 — i — — 4 

Albin I — o — — I 

Frustes et illisibles. 410 — 39 — — 449 

Totaux 784 G. B. et 88 M. B. =z 872 

Quelques unes de ces médailles présentent des revers 
rares. J'ai relevé les suivants : • 

Trajan, g. b. Rj. — Enceinte ou port de Civita^-Vecchia. 
Colonne très effacée. Cavalier terrassant un ennemi, avec 
les lettres S. P. Q. R., en légende. 

Hadrien, g. b. Rj AEGYPJÛ. — L'Egypte couchée, 



I9Î 

tçnant un sistrç et regardant un ibis. — . . . AFRICAE. 
Personnage agenouillé devant une femme. Entre les deux 
un trépie^. 

Ant(min4€' Pieux ^ ç. b. R], — Femme debout, tenant 
un gQqverngjl et soutenant de la main gauche une corne 
d'abondance. — CONGORDIA EX-ERCITYVM. Femme 
debout, tenant un trophée de la main gauche. 

Faustine (senior), PIETAS. — Femme devant un can- 
délabre. — AVGVSTA. Femme debout devant un autel 
allumé, 

MarC'Aurèle, CONSECRATIO. — Marc-Aurèle enlevé 
sur un aigle tenant la foudre. — GERMANICO. IMP. VI. 
COS. III. s. G. Prisonnier auprès d'un trophée. 

Faustine (junior), MATRI MAGNAE. — Cybèle assise, 
tenant de la main droite une couronne et la gauche ap- 
puyée sur la cathèdre. Un lion est à côté du siège. — 
TEMP FEL. Femme debout, entourée d'enfants {Piiellœ 
Faustinianœ). — SAECVLI. Enfant jouant sur un trône 
ou lit d'apparat. 

Lucille^ FECVNDITAS. — Femme assise tenant un 
enfant sur ses genoux; deux autres enfants sont à ses 
côtés. Vénus assise. 

CrispinUy GONCORDIA. - Figure assise tenant une 
corne d'abondance. — VENVS FELIX : Figure assise 
tenant de la main droite une victoire. — IVNO LVGINA. 
Figure debout. 

Albin, G. B. — ^ Minerve Pacificate tenant un sistre. 

On remarquera que la série commence à Vespasien (69- 
79), avec 2 G. B., pour se terminer à Albin avec, i g. b. 
Cette dernière pièce peut servir à fixer l'époque de la ca- 
chette entre les années 193 et 197 : car c'est à cette der- 
nière date qu'Albin fut vaincu par Septime-Sévère et 
décapité. 

Une autre remarque c'est que les monnaies d'Antonin- 
le-Pieux et de Marc-Aurèle sont les plus nombreuses, et 
que le Trésor a été trouvé non loin d'un hameau appelé 



192 

Rome^ nom porté également par la maison forestière du 
canton. 

La découverte de Mont-Roty, ajoute M. de Vesly, m'a 
incité à rechercher les cachettes monétaires reconnues 
dans ces dernières années. J'ai commencé mon étude par 
la forêt de Rouvray, que je considère comme le camp 
retranché, le suburbium de Rouen, aux diverses époques 
de rhistoire. 

La forêt de Rouvray s'est d'ailleurs montrée généreuse 
«T mes investigations. C'est ainsi qu'au printemps 1899, 
vingt-six kilos de monnaies (ï) furent trouvées sous les 
racines d'un sapin. 

La série commençait à Trajan pour se terminer à Valé- 
rien jeune, c'est-à-dire à l'époque troublée des règnes de 
Valérien et de Gallien (2). 

Le 21 août 1903, en pratiquant des fouilles à la Mare- 
aU'Puits^ j'ai recueilli un petit trésor composé de 76 p. b., 
dont quelques-uns étaient saucés. 

La série commençait à Postume pour se terminer h 
Magnence (35o-353). Ici encore, nous trouvons une époque 
troublée. Magnence tient le sceptre d'une insurrection 
des troupes cantonnées à Autun, et son règne éphémère 
ne dépasse guère la bataille de Marsa (28 septembre 35i). 

Le 4 septembre 1903, une nouvelle cachette était décou- 
verte par des ouvriers occupés à tracer un chemin d'ex- 
ploitation non loin du carrefour de l'ancienne et de la 
nouvelle route de Rouen, dans les vallons d'Orival. 

29 monnaies en argent des règnes de Louis X, Phi- 
lippe VI et Charles V étaient recueillies. Le précédent 

(i) J'ai constaté que le nombre des grands bronzes variait de 
41 à 42 au kilogramme. 

(2) Voir Bulletin de la Commission, t. XI, 3e livraison, p. 470, 
et l'inventaire sommaire dressé par M. Drouet, p. 499 et 5 00 
du même Bulletin. 



Bulletin du mois de novembre dernier (i) a relaté cette 
dernière découverte très intéressante pour Thistoire locale. 

Je quitte maintenant la forêt de Rouvray pour me trans- 
porter à Arques, où une importante découverte de mon- 
naies a été faite le lo novembre 1900. On construisait les 
fondations d'une usine à confectionner les meubles, et les 
ouvriers trouvaient dans le sablon de la vallée, à Archelles, 
un amas de monnaies qui pouvait contenir 2 5o médailles 
en bronze à l'efïigie de Postume (259-268). 

Quelques-unes de ces médailles furent recueillies pour 
le musée de Dieppe, par notre savant collègue M. Milet, 
et les autres furent dispersées. M. Doutant, architecte à 
Dieppe, m'en a offert trois que je place sous les yeux de la 
Commission. 

Les légendes des Rj sont LAETITIA AVG. ou VIC- 
TORIA AVG., accompagnant la galère à quatre rameurs 
ou deux Victoires soutenant un écusson. J'estime que Tef- 
figie de Postume mérite l'attention, car la fra{!)pe en est 
barbare et la gravure maladroite. 

On reconnaîtra même, malgré le peu de diversité des /?./, 
l'emploi de coins différents et je crois, avec M. Milet, à 
l'existence d'un atelier monétaire à Rouen. Cette hypo- 
thèse, déjà émise par HoueletThieury, a été adoptée par 
l'abbé Cochet (2). 

Il ne me reste plus, pour compléter ma communication, 
qu'à faire passer sous les yeux de la Commission, le tableau 
que j'ai dressé des cachettes monétaires faites dans le dé- 
partement, depuis la seconde moitié du xvi^ siècle jusqu'à 
nos jours. Ce tableau, qui ne comporte que la période 

(i) Voir Bulletin j t. XII, p. 400. Siméon Luce : La Vie de 
B. Du Guesclin, — Chronique des quatre premiers Valois et 
Ch. de Beaurepaire : Chronique normande de Pierre Cochon, 

(2) La Seine-Inférieure historique et archéol.y p. 5oo. — 
Répertoire archéol, de la Seine-Inférieure ^ p. 354. 



î94 

gAllp-romainQ (i), ipet ep évideiiae que c'est fi\ix rppm^t^ 
troublés de Thi^toire : «narchie militaire, guerres cinles, 
persécutions religieuses, invasions, etc., etc., tous événe- 
ments où l'argent, craintif et timide, se cache et disparaît 
de la circulation, que les cachettes ont été faites. 

Après cette communication, M. de Vesly demande à 
conserver la parole pour expliquer les opérations qu*il a 
faites pour obtenir une photographie de la colonne de 
Saint-Maclou, voisine de l'escalier des orgues. 

Jusqu'à présent, dit M. de Vesly, j'avais pu relever les 
dessins décorant la bague de la colonne (côté de l'Évan- 
gile), mais pour celle de droite je n'avais pu rien obtenir. 
Or, voici comment j'ai procédé pour arriver à un résultat : 
je me suis rendu à Saint-Maclou, avec un de mes élèves, 
à des heures différentes de la journée, et j'ai pu dessiner 
h la craie les contours des ornements. Lorsque ce travail 
a été fait, j'ai appelé le photographe qui a pu obtenir 
Pépreuve que je mets sous les yeux de la Commission. Or, 
on reconnaîtra que, non seulement les ornements sont 
venus sur le cliché, fait par M. A. Marie, mais qu'on aper- 
çoit très bien la silhouette d'un personnage (un saint ?), 
qui faisait certainement partie de la décoration projetée 
par J. Goujon. 

Quant à l'attribution de ces monnaies, il semble à 
pçu près assuré qu^elles pourront être déposées au 
Musée départemental. Mais il y aura lieu de sauve-^ 
garder les droits que la loi assure aux auteurs de la 
trouvaille; et M. de Vesly croit pouvoir les évaluer à 
i5o fr. environ. La Commission désire vivement que 

(i) Pour les époques du moyen âge ou contemporaines, il est 
très diôîcile de dresser une statistique des cachettes monétaires; 
car celles-ci, se composant souvent de monnaies d'argent, sont 
dérobées par les ouvriers et fondues par des acheteurs peu scru- 
puleux. 



19^ 

le budget de M. le conservateur lui pormeite ce sacrifice, 
pour assurer à ses collections ce lot vraiment intéressant. 

Quelques c^perqussurles monnaies Ute^ des Trente 
tyrans f — M, Prouet observe d'abqrd que ces inon- 
naies, et particulièrement celles de Postume, de Tétri- 
çqs, de Yictorin et de Florus, tout en étant fort com^ 
munes en France, sont extrêmement rares en Italie, 
On pourrait les appeler des monnaies de nécessité, 
parce qu'elles furent frappées à la hâte, le plus ordi- 
nairement pour acquitter la solde des troupes. Et ce 
monnayage fréquent multiplia les ouvriers qu'on dut 
façonner à ce travail, au point que Thisioire nous 
montre Aurélien combattant une insurrection de huit 
mille monnayeurs. Et il ne faut pas croire que ces 
ateliers, en quelque sorte vagabonds, aient notable- 
ment nui à la bonté des produits fabriqués. Cest un 
art particulier dépourvu assurément 4e certaines qua** 
lités, mais supérieur en somme a ce qui se faisait à 
Rome même, comme le prouvent les pièces d'or frap- 
pées dans cette capitale. 

Tableau, — Au nom de notre nouveau collègue, 
M. le docteur Brunon, qui n'espérait pas pouvoir as- 
sister à la séance, M. le Président présente à la Com- 
mission un tableau d'origine espagnole et qui semble 
dater du xvi^ siècle. Il représente le sujet, tant de fois 
reproduit, connu sous le nom de Messe de saint Gré^ 
goire. On n'y voit sur Tautel qu'un seul cierge; mais 
cette singularité ne doit être imputable qu'à une 
distraction ou à un caprice de l'artiste; car les deux 
cierges exigés par la rubrique se voient bien sur une 
autre œuvre d'art de même objet, qu'a publiée feu 
Mgr Barbier de Montault. 



196 

Horloge du Beffroi, — M. Georges Du bosc demande 
à revenir sur le travail que va imposer le déplacement 
des cloches du Gros-Horloge. On rappelle qu'il a déjà 
éveillé à juste titre la sollicitude de la Commission, et 
elle avait demandé qu'on évitât à tout prix le démon- 
tage de Thorloge qui est aujourd'hui la plus ancienne 
du monde. Après un échange de vues diverses, on 
prie M. Dubosc de résumer lui-même la discussion; 
ce quMl fait dans les termes suivants, adoptés à l'una- 
nimité : 

« La Commission émet le vœu que, dans les tra- 
vaux exigés par la descente de la cloche la Cache- 
Ribaud, les plus grandes précautions soient prises 
pour le déplacement de Phorloge, si toutefois ce dernier 
travail est considéré comme indispensable ». 

Monnaies, — Le secrétaire avait soumis à l'examen 
privé de quelques membres un lot de pièces dont il ne 
songeait pas à entretenir la Compagnie. 

11 n'est pas hors de propos d'y signaler un desliards 
de l'émission locale, relatée par M. Drouet à la pré- 
cédente séance. Il Ta reconnu à la croisette à peine 
visible qui suit le mot France. Une mention est due 
aussi à une pièce mystérieuse en métal blanc, de 0,049 
de diamètre, dont l'exergue porte en relief ces deux 
phrases des psaumes : Deus in adjutorium meum 
intende, D^^ adjuvandum me -j- Exurgat Deus et 
dissipentur inimiciejus, et qui oderunt eum\. Les 
sujets qui occupaient le champ semblent avoir été enle- 
vés pour être remplacés en creux par deux mains en- 
tourées d'emblèmes astrologiques ou cabalistiques. 

La séance est levée à quatre heures moins le quart. 

A. TOUGARD. 



197 



SÉANCE DU 22 AVRIL 1904 

Elle ouvre à deux heures un quart sous la pré- 
sidence de M. Gh. de Beaurepaire, vice-président. 

Furent présents : MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, Deglatigny, G. Dubosc, Garreta, Le- 
blond, Mgr Loth, Pelay, Ruel, Vallée- et Tabbé 
Tougard. 

Se sont excusés : MM. Coutan, Malicorne, Sarrazin 
et de Vesly. 

Après lecture, le procès verbal de la précédente 
séance est adopté, sous le bénéfice de la suppression du 
paragraphe relatif au Vieux-Palais : la mention qui 
en avait été faite reposait sur des renseignements 
erronés. 

• 

Correspondance imprimée. — M. le Président 
y énonce : Bibliographie des.,. Sociétés savantes de 
la France (n®* 74867-80353), IV, B. Imprimerie 
nationale, 1903, gr. in-4**; — Mémoires de la Soc. 
htst, du Cher, 1903 ; in-80 ; — Mémoires de la Soc... 
de Beaune, XXVI et XXVII; 1901 et 1902; — 
Mém. de la Soc. archéoL de Constantine, XXXVII; 

— Mém. de la Soc. archéol. de Touraine^ XLIII; 

— Bulletin item, XIV, 4; — Bulletin de la Soc. 
archéol. de Mantes, XLV, 2 ; — Bulletin de la Soc. 
archéol... de VOrne, XXII, 4; — Bulletin de la Soc. 
des Antiq. de France, 1903; — Mémoires, item, 
LXII; — Bulletin archéol . du Comité, igo3, 3; — 
Bulletin de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, 1903, 3; 



19^ 

— Bulletin de la Soc. des Antiq, de la Morinîe, 
no 208 ; — Bulletin de la Soc, archéoL d'Eure-et- 
Loir, mars igoB; — Bulletin de la Soc, hist, de 
LangreSj n** 68; — Bulletin de la Soc, archéoL de 
Gand, XII, 2 et 3; — Histoire du canton de Sen- 
nece>^ (Saône-et-^Loire), parL. Niepce, III; "- Recueil 
factice d'une trentaine de Notices, par Mgr Barbier de 
Mantault, offert par le secrétaire. M. de Beaurepaire, 
en remerciant le donateur, insiste sur la rareté de plu- 
sieurs de ces opuscules. 

Société des Antiquaires de France, — M. Pelay 
obtient le premier la parole pour proposer à la Com- 
pagnie de joindre ses félicitations à celles que les Ant;<- 
quaires de France ont reçues d'un grand nombre de 
Sociétés savantes à l'occasion des fêtes qui ont marqui 
leur centenaire. La motion, appuyée par M. le Pré- 
sident, est votée par acclamation. Il est convenu que 
l'on profitera de la réception du mémorial de cet anni- 
versaire pour donner suite à ce vœu. 

Première Bible imprimée en France. — Les quelques 
feuillets détachés que j'ai l'honneur de soumettre à votre 
attention, poursuit notre confrère, appartiennent à un 
livre d'une excessive rareté, la première Bible imprimée 
en France. « C'est, ditMadden, une œuvre imposante; 
elle se développe sur plus de deux mille colonnes de qua- 
rante-huit lignes ». 

Les deux volumes in-folio composant cet ouvrage ont 
été imprimés à Paris par trois Allemands, dans l'atelier de 
la rue Saint-Jacques, à l'enseigne du Soleil d'Or, presque 
en face la rue Formentelle et au-dessus de l'église Saint- 
Benoît. 

La date de l'impression est indiquée d'une façon origi- 
nale dans les distiques latins que voici : 



JarA tribus vndeùimus lus tris fiances Ludouicus. 
Bjsxêrat ! vlricus. mattinus ihmqt^ michàel, 
Orti tèutùnia^ hanc fnihi composuere figura, 
Parisij arte sua me correctâ vigilanter. 
Vètialetn in vico idcôbi sol aurens offert : 

M. Claiidin, auteur de la magistrale Histoire de l'Im- 
primerie en France au XV^ et au XVI^ siècle (i) eh 
donne la traduction suivante : « Déjà depuis trois lustres 
» Louis XI avait régné sur la France, lorsque Ulrich, 
» Martin et Michel, originaires de la Teutonie, par leur 
» art m*ont mis en cette figure à Paris, après une vigi- 
» lante correction. Le Soleil d'Or, en la rué Saint- 
» Jacques m'offre en vente ». 

Uii lustre correspondant à cinq années et Louis XI 
étant monté sur le trône le 22 juillet I461, c'est dans la 
seizième année de son règne, entre le 22 juillet 1476 et le 
22 juillet 1477 que la Bible fut imprimée. Cette date 
d'ailleurs ne peut pas être dépassée et je crois qu'elle doit 
être fixée à 1476, par la raison que les cahiers ne com- 
portent pas de signatures, tandis que i^Opus restitutionum, 
usurarum et êxcommunicationum Francisci de Pldtea 
sorti du même atelier et où figurent pour la première fois 
des signatures, porte la date du 4 janvier 1477 (nouveau 
style). 

L'imprimerie, connue dès 1457 (2), tut, comme vous le 
savez, introduite à Paris par Jean Heynlin, surnommé 
de la Pierre, ancien recteur de l'Université de Paris, 
prieur de Sorbonne, né sur les bords du Rhin, et Guil- 
laume Fichet, originaire de Savoie, professeur de belles- 

(i) Histoire de V Imprimerie en France au XV« et au 
XVI^ siècle y par A. Claudin, lauréat de l'Institut, in-fol. Paris, 
Imprimerie nationale, 1 900-1 901, 2 vol. 

(2) Dès 1444 à Avignon, selon les belles études de M. l'âbbé 
Requin. {Note du secrétaire.) 



.200 

lettres et de rhétorique à la Sorbonne. Ces deux savants, 
dans les premiers mois de l'année 1470, firent venir 
d'Allemagne, et dans Tordre suivant, trois compagnons : 
Michel Friburger, de Colmar, maître és-arts de T Univer- 
sité de Baie, et deux simples ouvriers, Ulrich Gering, de 
Constance, et Martin Crantz; ils les installèrent à la Sor- 
bonne où ils furent obligés de créer eux-mêmes et de 
toutes pièces un matériel complet, gravant et fondant 
leurs caractères et construisant leurs presses. • 

Néanmoins, dans le courant de l'été de cette même 
année 1470, Gasparini Epistolœ^ le premier livre imprimé 
à Paris, sortait des presses de Tatelier de la Sorbonne 
où il devait rester jusqu'en 1478 pour se transporter rue 
Saint-Jacques, à l'adresse du Soleil d'Or. 

Des aperçus nouveaux sur le château de Gaillon 
font l'objet d^une fort intéressante communication 
de M. Dubosc. 

En excusant son absence, M. de Vesly annonçait, 
pour une prochaine communication, « le résultat de 
ses recherches archéologiques sur le vallon et les 
coteaux de Brun val. » Il avait en outre joint à sa 
lettre la note que voici : 

Demande de grillages de protection pour les Vitraux 
de la Chapelle de Saint-Julien à Petit-Quevilly. — 11 y a 
quelques jours, en visitant avec les élèves du Lycée Cor- 
neille la petite chapelle de Saint-Julien des Chartreux, j'ai 
été profondément affligé par les dégradations que j'y ai 
vues. 

J'ai constaté, en effet, qu'il n'y a plus aucun vitrail in- 
tact. Les enfants s'en servent comme d'une cible pour le 
jet des pierres ; et les murailles se couvrent d'inscriptions 
ordurières. 

Ma visite m'a fait remarquer que la petite chapelle est 
entourée de pauvres maisons insuffisantes pour abriter les 



11 



201 

enfants, qui y sont nombreux ; et que ceux-ci, obligés de 
rester dans la rue, sont les destructeurs designés du mo- 
nument. 

Il faut donc penser à protéger la chapelle de Saint- 
Julien contre leurs déprédations. 

Il me semble inutile de rappeler ici les dépenses con- 
senties par TEiat et le Département pour la restauration 
de la chapelle Saint-Julien, classée parmi les monuments 
historiques de TEtat. Je ne dirai pas non plus son intérêt 
archéologique qui la fait visiter par de nombreux tou- 
ristes. 

II est donc urgent de protéger ce monument, et je ferai 
les propositions suivantes : 

lo Demander une surveillance plus active h la police du 
Petit-Quevilly ; 

20 Solliciter du Ministère de Tlnstruction publique et 
du Conseil général un crédit pour placer des grillages de 
protection au droit de chaque verrière. 

Mes propositions me paraissent justifiées par Tintérêt 
historique et archéologique de la chapelle de Saint-Julien 
et par le désir que nous avons tous, de montrer aux 
étrangers le soin que nous prenons pour la conservation 
de nos monuments. 

Rouen, le 22 avril 1904. 

La Commission adopte avec empressement les con- 
clusions de M. de Vesly, et un membre demande que 
l'extrait de la lettre de M. de Vesly soit adressé à M. le 
Maire du Petit-Quevilly. 

Notre nouveau collègue, M. Leblond, en rappe- 
lant quelques vues émises devant la Commission par 
M. Pelay à propos d'une circulaire du préfet de la 
Seine, expose les considérations qu'il avait lui-même 
formulées dès 1 899 : 

14 



a II serait, je crois, d*un excellent effet que le Minis- 
tère des Beaux-Arts, la Commission des monuments 
historiques, les Administrations départementales ou 
les Sociétés archéologiques reconnues accordassent, à 
titre de remerciement, un diplôme ou une médaille 
aux municipalités, aux propriétaires qui, obéissant à 
un sentiment artistique soit de curiosité ou de sou- 
venir, font restaurer, consolident ou simplement con- 
servent les bâtiments anciens leur appartenant. 

» La Société des Beaux-Arts du Calvados a oftert, 
il y a quelques années, une médaille à M. Bouet, mar- 
chand de papiers peints, pour avoir fait réparer d'une 
façon habile et intelligente la magnifique maison du 
xv« siècle qu'il possède à Caen, rue Saint-Pierre. 

» Les architectes du Gouvernement, dans leurs 
tournées, pourraient prendre des informations et faire 
attribuer ces récompenses qui auraient le double avan- 
tage de coûter fort peu et d'encourager beaucoup à la 
conservation des vestiges du passé. 

» Il arrive souvent qu'un particulier est indécis sur 
la question de savoir s'il va faire démolir ou restaurer 
sa propriété; la perspective d'un souvenir modeste, 
mais flatteur pour son amour-propre, ne manquerait 
pas de l'amener à agir dans le sens que nous souhai- 
tons. 

» La mesure proposée ne serait pas spéciale à la 
question des édifices : elle s'appliquerait également aux 
personnes qui voudraient bien porter à la connais- 
sance d'une Compagnie compétente, soumettre à son 
examen aussi bien la révélation d'un fait historique 
important que la découverte d'un objet curieux. 

» Les documents seraient copiés, enregistrés avec 
soin; les trouvailles, scrupuleusement déterminées, 



îio3 

seraient décrites ou dessinées dans les mémoires des 
Sociétés. Les propriétaires auraient ainsi la double 
satisfaction de voir leurs communications consignées 
dans les procès-verbaux et d'être renseignés sur leur 
valeur et leur intérêt. 

» De cette façon on arriverait peut-être à ce que le 
public se fit en quelque sorte l'auxiliaire des Commis- 
sions régulièrement organisées; et TArchéologie, TAn, 
l'Histoire et la Curiosité trouveraient certainement 
leur compte dans cette collaboration ». 

La Société ne peut que s'associer aux reinarques si 
judicieuses qu'elle vient d'entendre. Et elle déplore, 
avec notre confrère, les peintures violet ou vert-pomme 
dont sont gratifiées des constructions anciennes. La 
Bourse du Travail n'a pas su elle-même échapper à 
ces enjolivements de pitoyable goût. Par une heureuse 
compensation, nous pouvons applaudir diverses res- 
taurations exécutées avec une intelligente convenance, 
par exemple rue Ganterie, rue Cauchoise, etc. 

M. le Président lit et commente des pièces relatives 
à une vente faite à Quincampoix, —à une chapelle atte- 
nant à la Bibliothèque Capitulaire, etc. Il constate les 
différentes juridictionsdont jouissait le Chapitre de la 
cathédrale. L'une de ces juridictions a pu siéger dans 
une des salles de la tour Saint- Romain, où exista aussi 
une chapelle, vraisemblablement à Tusage des prison- 
niers du Chapitre. 

Le Secrétaire communique enfin les diverses notes 
qu'on va lire. 

Le Corpus Inscriptionum Latinarum, ses origines, 
— L'année dernière, à l'occasion de la mort de Momm- 
sen, il a été beaucoup parlé de ce bel ouvrage. 



204 

Or, d'un Mémoire de M. de Mowat sur les papiers 
de L. Renier, il résulte que la France peut reven- 
diquer l'idée première de cette grande entreprise. De 
fâcheuses questions de personnes nous la laissèrent 
malheureusement enlever. 

Il y a plus : ce que la préface du Corpus a omis de 
dire, par oubli ou autrement, c'est que le plan suivi 
par l'Académie de Berlin est exactement le même que 
celui qu'avait d'abord tracé Emile Egger, Jeune débu- 
tant dans la carrière de l'érudition, oîi il devait bien- 
tôt passer maître. . 

Trois textes anciens sur Rouen. — La rareté des 
documents sur les premiers ponts de Rouen persuade 
au secrétaire qu'il est bon de constater, vers le milieu 
du XI® siècle, l'existence d'un pont à l'usage des piétons. 

Sous le titre de S, Catharince Miracula Rotoma- 
gensia, les Bollandistes viennent de publier dans leurs 
Analecta (XXIÏ, 455, n® 14) le récit d'un contem- 
porain, oîi l'on voit une aveugle de Quevilly, qui va 
en pèlerinage à l'abbaye de Sainte-Catherine, se diri- 
ger ad pontem Sequance quœ prœdicto loco subfluit . 

M. le Président croit retrouver dans ce pont du 
xi« siècle, celui dont une pièce conserve le souvenir 
dans la « rue du Vieux-Pont ». 

Un autre texte, publié depuis deux siècles et demi au 
moins, semble pourtant n'avoir pas été connu par de 
Fréville ni les autres spécialistes. Ce n'est qu'un mot, 
mais l'un des premiers que nous ayons sur le com- 
merce de Rouen. 

S. Richard, roi des Anglo-saxons, passa par Rouen 
vers 720 pour se rendre en Italie. L'auteur, son parent, 



205 

qui le raconte, qualifie ainsi notre ville : Ibi fuit 
mçrcimontum (Acta SS. Febr. II, yô E). 

La précision de ses termes m'engage enfin à citer une 
phrase des curieux statuts des Moulins de Rouen 
(Layettes du Trésor des Chartes, I, 2o5, B). Elle 
prouve qu'en 1199 l'enceinte occidentale de Rouen 
n'allait pas encore jusqu'au calvaire de Péglise S.- 
André : A cruce atrii Sancti Andrée, de extra 
portant. 

Les fenêtres terminales et les retables, — On 
s'explique difficilement aujourd'hui que la plupart de 
nos églises aient, au xvii® et au xviii® siècle, fermé leur 
chevet soit par des boiseries, souvent sculptées avec 
luxe, soit par de la maçonnerie, parfois bien vulgaire. 
L'opinion la plus en faveur au X!x« siècle condamna 
cette transformation; et depuis plus de soixante ans ( i ) 
une heureuse réaction travaille avec succès à restituer 
l'aspect primitif des antiques sanctuaires. 

Dans les Eglises de V arrondissement d'^Yvetot, 
Tabbé Cochet, amené à propos d'Hautot-PAuvray à 
constater cette vogue des contretables, n'y voit qu'un 
entraînement de la mode. A ses yeux elle est d'autant 
moins justifiable que l'autorité diocésaine avait donné 
des instructions en sens contraire. Voici en effet ce que 
porte le Manuel de i65 1, devenu assez rare pour mé- 
riter une mention textuelle : « Les rituels ont blâmé 
les corniches de bois que la dévotion des particuliers a 
introduites. Il faut revenir à la pratique générale [pu- 
blica), autant qu'on le pourra faire sans inconvé- 

(i) L'une des premières, la modeste église d'Herman ville (arr. 
de Dieppe) rouvrit son chevet sous l'initiative de l'abbé Duval, 
son curé, mort en 1887 chanoine titulaire. 



2o6 

nient ». Ces derniers mots s'inspirent du sage tempé- 
rament dont use PEglise en toute chose, et suffiraient à 
faire respecter ceux de ces retables qui sont de véri- 
tables œuvres d'art. 

Une remarque toute fortuite donne à penser que 
l'aménagement nouveau fut moins irréfléchi qu'il ne 
semblerait au premier abord. En examinant la nou^ 
vellc église du Val-de-la-Haye, M. le Doyen du 
Grand-Couronne engageait avec raison M. le Curé à 
orner son chevet d'un vitrail fortetpent coloré, afin que 
la vue s'y reposât volontiers. Et il supposait que réta- 
blissement des contretables avait eu pour but de don- 
ner satisfaction à cet instinct mal défini qui attire la vue 
vers quelque objectif soustrait à une lumière trop vive. 

Deux siècles et demi plus tôt, la petite chapelle de 
Marbeuf provoquait à une lieue de là cette réflexion 
assez semblable : « Il faudrait boucher une fenêtre qui 
est tout devant Tautel. . . Il y aurait toujours assez de 
jour, à raison de deux fenêtres qui sont aux deux cô- 
tés. » (Le VœudelaReyne, p. 25. Rouen,i639, in-40). 

En cet ordre d'idées, la multiplication des retables 
résulterait donc, non pas d'une dépravation du goût ni 
d'un caprice de la mode (qui ont propagé une foule de 
fantaisies bien moins légitimes), mais principalement 
de la décadence de la peinture sur verre qui aurait 
contraint de recourir à ce remède exagéré contre la cru^ 
dite des rayons lumineux dont nos absides étaient 
pour lors inondées avec excès. 

Si cette simple conjecture a semblé digne d'être sou- 
mise à la Commission, c'est sous la plus expresse 
réserve que peut y apporter un plus ample et meilleur 
informé. 

Mgr Loth se demande si le déplacement des autelsi 



I 



207 

en les reculant vers le fond du chœur, n'avait pas na- 
turellement provoqué Tidée d^élever à leur bord pos- 
térieur dé vastes boiseries. 

Sur quoi M. le Président explique que les autels 
furent toujours accompagnés soit de baldaquins ou de 
dômes parfois très élevés, 'soit de rideaux ou de cour- 
tines, qu'on a depuis et jusqu^à nos jours (à Lille- 
bonne, par exemple) remplacés par des peintures 
donnant Tillusion d'une garniture d'étoffe. 

Cany. Ancienne gentilhommière. — Le président de la 
Fabrique de cette paroisse a fait connaître à M. Tabbé 
Aubry un troisième calvaire, dont les restes sont moins 
intéressants que ceux qui nous ont été précédemment 
décrits. Ce dernier a pourtant laissé dans la topographie 
locale un souvenir durable. C'est le nom de « Fontaine de 
la Croix », donné au court ruisseau qui jadis séparait la 
paroisse de Barville de celle de Cany, et en outre formait 
ainsi la limite des doyennés de Valmont (archidiaconé du 
Grand-Caux) et de Canville-les-deux-Eglises (Petit-Caux). 

Par suite, M. le Vicaire a été amené à adresser au secré- 
taire quelques détails sur une gentilhommière, aujourd'hui 
rasée. Il en reste, avec un petit bâtiment rural, une porte 
monumentale en brique, entrecoupée de cordons de silex 
taillé. Cette entrée somptueuse, bien délabrée, paraît 
dater de la première moitié du xviic siècle. 

Près du socle de la croix a été abandonné un curieux 
débris de cheminée monumentale, provenant proba- 
blement de la demeure seigneuriale détruite. On reconnaît 
dans cette relique le bas du manteau de la cheminée, 
semé de fleurs de lis, et portant en son milieu un blason 
malheureusement dégradé. 

Ce manoir n'était-il pas vers i 3oo le logis d'un nommé 
Jehan le Parmentier, dont le nom, 

Parmentier, seigneur^ 



208 



écrit en lettres gothiques, se lit sur un fragment de pierre 
tombale, dans le chœur de l'église voisine, à Barville. 

D'après le registre des fiefs du bailliage de Caux (i5o3), 
Jehan le Parmentier « demeurant h Cany-en-Gaux », était 
seigneur du fief Maillard, assis en la paroisse de Sommery, 
ainsi que de la paroisse de Butot-en-Caux (annexe de 
Vénesville, doyenné de Cany). 

Un siècle plus tard, ses héritiers pouvaient encore pos- 
séder et même habiter, la gentilhommière. 

A ces notes, M. Aubry a joint une carte postale qui 
offre une vue très pittoresque du site champêtre que 
décore la porte triomphale. Après avoir circulé parmi les 
membres présents, elle semble mériter une humble place 
dans l'album de la Commission. 

Avant de lever la séance, M. le Président donne 
lecture des notes ci-après : 

CONTRATS d'aLLOUEMENT D APPRENTIS ET d'oUVRIERS MA- 
ÇONS ET AUTRES DOCUMENTS CONCERNANT LE MÉTIER 
DE MAÇONNERIE. 

J'ai réuni quelques notes qui sont de nature à faire con- 
naître les conditions d'apprentissage ou d'allouement chez 
les meilleurs architectes de F^ouen, Alexandre de Berne- 
val, Jeanscn Salvart, Martin Le Roux et Jean Roussel; — 
le salaire que l'on payait aux meilleurs ouvriers ; — l'aisance 
à laquelle quelques-uns de ces architectes avaient pu par- 
venir ; — enfin la double profession de tailleur d'images 
et de maître maçon de Jean de Baïeux, fait que nous aurons 
l'occasion de signaler pour Jean Périer, architecte de la 
cathédrale, vers la fin du xiv* siècle. 

27 mai 1400. — « Colin Anquetil, demeurant à Rouen, 
soy portant aagié, confesse soy estre aloué à Sandrin de 
Berneval, machon, jusques à vi ans du jour d'uy pour luy 
servir dudit mestier de machonnerie au mielx qu'il saura* 



209 

et pourra; et ledit machon lui sera tenu trouver boire, 
mengier, feu, lit, hostel, monstrer la science dudit mes- 
tier; et si lui sera tenu paier icelui Sandrin pour tout ledit 
temps la somme de xxii 1. t. ainsi comme il fera son dit 
service ; et pour ce tenir, etc., et rendre touscoustz, etc. ». 

27 mai 1409. — « Jehan Bacot, natif de Dourlens en 
Artois, comme il disoit, confesse soy estre aloué à Martin 
Le Roux, machon, jusques à deux ans, par la somme de 
XI 1. V s. t., que ledit Martin en sera tenu paier ainsi qu'il 
fera son dit service. . . obligeant corps et biens, etc. ». 

28 octobre 141 9. — « Jehan Audis, de la paroisse de 
Morteray, près Ses, en Normandie, confesse soy estre 
alouc à Jenson Saluiere (sic) et à Jehan Roussel, ouvriers 
massons, demeurans à Rouen, jusques à v ans, commen- 
çans à Noël darrenier passé pour les servir et aprendre 
ledit mestier bien et duement ; et lui trouveront lesdits 
ouvriers boire, mangier, feu, lit et hostel avec hotis (pour 
outils) pour ouvrer; et si luy paieront oultre, xxx 1. t. en 
iceulx V ans; en la première année, un 1.; la seconde c s.; 
la tierce, vi 1.; la quarte, vn 1.; la cinquiesme, vni 1. ». 

Vendredi i3 septembre. 1420. — « Colin Le Long, ma- 
chon, et Alison, sa femme, de S^-Ouen de Rouen, aucto- 
risée, etc., promectent et s'obligent ensembles et Tung 
pour le tout délivrer et dédommagier maistre Jensson. 
Salvart," ses hoirs, etc., à cause de ce qu'il a naguère plé- 
gié ledit Colin vers justice, à cause d'une mallcfaçon de 
corps que on disoit par lui avoir esté faicte aux personnes 
de Jacques Chemin, Colin Mordant et Simonnet Frion^ 
desquelz coustz et dommages ilz vouldrent, etc., pour 
lesquels dommages, s'aucuns ledit maistre Jehan y en 
avoit, ledit Colin sera tenu et promist, pour et ou lieu de 
ce, servir icellui maistre Jehan, es besongnes du Roy, de 
son dit mestier de machonnerie, en gaignant iceulx dom- 
mages à V s. pour chacun jour qu'il ouvrera (1), laquelle 

(i) 5 sous par jour pouvaient donc être considérés comme le 
salaire du meilleur ouvrier. 



aïo 



besongne ledit Colin sera tenu faire et besongner de jour 
en jour bien et loialment à chacun jour ouvrable conti- 
nuellement sans intervalle, tant comme on besongnera 
dudit mestier de machon au Palais du roy notre sire à 
Rouen (i), obligeant chacun pour le tout corps et biens». 

7 juin 14:^0. — « Maistre Jensson Salvart, machon, de- 
mourant en la paroisse S«-Lô de Rouen, prent à rente à 
héritage, etc. . ., de honorables et discreptes personnes les 
doyen et Chapitre de Notre-Dame de Rouen, etc., une 
wide plache et arbres dessus croîssans... assis en la paroisse 
S<-Pierre-rOunouré, devant l'ostel de VEstrier^ d'un costé 
et d'un bout au pavement, d'autre costé aux hoirs Jehan 
Roussel dit Chahote, et d'autre bout à l'ostel qui fu Mes- 
sire Rogier Le Grant, prestre, pour xx s. de rente ». 

7 janvier 1439. — Vente à Jehan Salvart, par Pierre 
Cusquel, demeurant paroisse S^-Nicolas, d'une rente de 
7 1., 6 s., 3 d. t. (2). 

9 octobre 141 1. — « Jehan Roussel, natif de St-Eugenne 
en l'éveschic de Secs, comme il disoit, à présent demeu- 
rant à Rouen, doit à Jehan Salluart, machon, x 1. 1., pour 
argent sec preste dont, etc., à paier par chascune sep- 
mainex s. au jour de dymence après la Toussains pro- 
chainement venant et ainsi, etc..., obligeant corps et 
.biens, etc. ». 

ï 3 juillet î 405 — « Agnez vefve de feu M« Jehan de Baieux 
et Jehan TofFetiz dit Lescot, nez (sic) du pays d'Escosse, 
tailleurs d'ymages, lesquieulx de tous leurs débaz que ilz 
ont, meus et pendant par entre eulz, se mistrent, compro- 
mistrent et descendirent tant de principal, amendes que des- 
pens au dît, sentence, voulenté et ordonnance de Georget 
Goudouin, paintre, prinset esleu de la partie dudit Jouen, 
et de Guillaume Le Fournier, machon, prins de la partie 

(i) On l'appela plus tard, pour le distinguer du Palais de 
Justice, le Vieux-Palais. 

(a) Ce Cusquel est mentionné dans les actes du procès de ré- 
'habilitation de Jeanne d'Arc. 



%îl 



de la dicte femme, lesquieulx en pourront dire, ordonner 
et sentencier tout à leur pure et pleine voulenté ; et où cas 
qu'ilz ne seroient à acort de sentencier, ilz prendront ung 
tiers arbitre, ou justice leur baudra, lequel sera tenu, etc., 
en paine de c. 1. 1. que (paiera) la partie contredisant iceulz 
arbitres, moitié à justice et moitié à partie ». 



Je m'en rapporte aux savants archéologues qui ont fait 
de Tarchitecture de la Cathédrale l'objet de leurs études, 
pour rinterprJtation du mémoire suivant, concernant un 
travail à faire, vers 1 388, au grand portail de cette église. 

Extrait du compte de la Fabrique de la Cathédrale, 1 383- 
i388 (Arch. de la S.-Inf. G. 2483). 

« Mémoire de la pierre ordonée pour cause des pinacles 
du costé de TO nouvel de devant la fontaine : xvi pierrez 
pour le corps de l'orbe fourmement (1) qui sont es 11 pina- 
cles. Item XX pierres pour les 11 clers pinchons qui seront 
sur les II orbes fourmez. Item xvi pierres qui feront les 
feuillez ou crestes rampantes qui yront contremont. Item 
un faulx moule qui fait vi pierrez, c'est assavoir .-iiiipour 
les tabernacles des pilliers et 11 pour les entrepiez. Item 
que il faut à parfaire les choses dessus dictes ou ce qui n'a 
point esté livré pour l'accomplissement de ce : 

» Item à parfaire les 11 pinacles dessus diz devisez et bail- 
lez aux carreeurs par cedule en la sepmaine de la miqua- 
resme l'an iiii'^» et v, c'est assavoir : n grans tabernacles, 

II pierres a faire bestes, 11 autres pierres à faire retumbes, 

III pierres à amortir les pilliers, v grans pierres, de vu piez 
de longt à pie et main, pour faire ymagez largez de xxvi 
piez, et V autres pierrez, de v piez de longt et de xx pquz 

(i) Orbe fourmement doit signifier, à mon sens, une arcade 
sans ouverture. De même au xve siècle, dans le langage des chi- 
rurgiens, un coup orbe me semble désigner unô contusion sans 
plaie apparente. 



2T2 



de large, semblablement pour faire ymagez. Ainsi somme 
à parfaire lesdiz pinacles, xx pierrez que Jehan Halot, 
Raoul et Symon Gregore et Pierrez Du Buse doivent livrer 
et rendre dedens le batel à Vernonnel xv jours avant l'As- 
sension Notre-Seigneur l'an un" et vi ». 

Par délibération du 8 janvier 1479 (^* ^')y ^^^ chanoines 
de la cathédrale de Rouen avaient décidé quMl serait établi, 
pour leur usage particulier, une chapelle, vers l'entrée de 
leur bibliothèque, du côté de Téglise (i). 

Le compte de la Fabrique, de la Saint-Michel 1479 ^ ^^ 
Saint-Michel 1480, fournit quelques détails curieux sur la 
décoration de cette chapelle. 

« A Roger Heudouyn (un huchier), pour la façon d'un 
autel de bois à la librairie et avoir mis aez à couvrir la 
pierre devant ledit autel et avoir faitung entrepié(2) pour 
mectre l'image Notre-Dame ; item pour la façon d'un banc 
à dossier et ung bellenc (3); item pour deux fourmes; item 
pour deux lieutrins et pour avoir fait ung autre banc h 
coffre et à dossier et ung marchepié, le tout montant h la 
somme de xv 1. 

» A Jehan Labbé, estainmier, pour l'achat de deux 
biretes d*estain pour servir à mectre vin et eaue à célébrer 
les messes à la chapelle ordonnée de nouvel près la librai- 
rie. . ., en six onzains, v s. vi d. 

» Pour l'achat d'un porte-paix, v s. vi d. 

» Pour XIII toises de nate, à iiii s. vi d. chacune toise, 
Lxni s. 

(1)8 janvier 1479 (v. s.). Ea die deliberatum fuit a majori 
parte, unum altarefieri et erigi in loco vacuo juxta novam îi- 
brariam hujus ecclesie, in quo Domîni canonicij pro sua devo- 
tione, missam secretius celebrare possint et valeant. (Reg. capit.) 

(2) Socle ou piédestal. 

(3) Par ce mot, je crois qu*il faut entendre une table. Ce doit 
être un équivalent du mot brelan qui, plus tard, désigna le jeu 
au lieu de la table sur laquelle on jouait. 



2l3 



» Au chapelain de Mons"^ de Yponense (i), pour son 
salière d'avoir fait beneir ung autel portatif, vi s. 

» A Jehan Le Fevre pour la vendue de deux chande- 
liers, XXVII s. V d. 

» A Estienne Dufour, casublier, pour Tachât de deux 
aulnes trois quarts de sargecte rouge, pour Tachât de un 
aulnes demy quartier de sargecte perse et verte à faire 
aux courtines à servir aux deux costez de Tautel de la li- 
brairie, IX s. IX d . 

» Pour l'achat de cinq quartiers de toille blanche et 
pour deux aulnes un quart de frange blanche à faire une 
custode à mectre sur Tautel de lad. librairie, xxiii s. ix d. 

» Pour Tachât de une aulne et demye de canevas pour 
mectre au bellenc de la chapelle (2). » 

(i) Rob2rt Clément, docteur en théologie, de Tordre de saint 
Augustin, suffragant du cardinal d*Estou te ville, archevêque de 
Rouen. 

(2) Dans le même compte : « Pour deux aulnes de drap vert 
pour mectre au bellenc de la librairie, xlu s. vi d. >». Bien 
qu'étrangères à la chapelle, les notes suivantes fournies par le 
même compte, m'ont paru mériter d'être relevées. « A Colin Lubin 
et Guillaume Mnuselment, paintres, tant pour leur paine d*avoir 
bruny d'or le crucifix estant sur le grant autel du cueur de la 
dicte église (la cathédrale), que avoir trouvé les estoffes, xvi 1. vs. 
— A Jehan Le Fevre, fondeur, tant pour sa peine d'avoir nestaié 
la croche où pent le Corpus Domini que pour avoir fait une 
clere-voye et trois feulles dessus l'archet et aussy avoir remply 
les deux OOz dedens ledit archet ; et poisent, tant ladite clere- 
voye que lesditc'S feulles, xxxv livres. — A Jehan Pas, huchier, 
pour sa paine d'avoir fait trectes aux tableaux servant sur le 
grant autel aux festes doubles et tresples, xxxii s. v. d. — A 
Jehan Tollemer pour l'achat de aneaux pour servir à pendre les 
courtines d'entour le grant autel du cueur, le voelle dudit cueur 
et pour les courtines servant en tour Tautel de la chapelle de la 
librairie, xs. ». Il est remarquable que même pour Tautel d'une 
chapelle inaccessible au public, on ne crut pas pouvoir se dispen- 
ser de courtines. Au chapitre des dépenses extraordinaires. 

« A Robinet F^sgret (aide maçon), pour l'achat de un bondes 



214 

De l'église du séminaire archiépiscopal dit Je Séminaire 
Saint- Vivien, il ne reste rien que la partie inférieure des 
gros murs, le long d'une rue étroite. 

Cette église n'était guère ancienne. Un arrêt du Con- 
seil d'Etat homologuant une délibération de la Chambre 
du clergé du diocèse, du 3 novembre 1735, avait ordonné 
qu'il serait accordé une somme de 6,000 1. par an pendant 
5 ans « pour être employée à la construction d'un bâti- 
ment où Ton pourrait célébrer l'office divin avec la dé- 
cence convenable J. (Arch. de la S.-lnférieure, G. 8672). 
Ce ne fut pourtant que le 1 1 mai 1769, qu'un marché fut 
fait entre Pierre Le Coq, supérieur du séminaire, et 
Michel Hongnard, maître maçon, pour la réalisation de 
ce projet ; le prix convenu pour la maçonnerie était de 
10,000 1. i3o tonneaux de pierre de Saint-Leu furent ache- 
tés pour 1,644 1., des Chartreux de Rouen. Il y eut un 
marché particulier pour la couverture qui se fît en ardoise 
d* Angers « forte carrée », 18 octobre 1766. (Ibid. G. 9140). 
Les comptes du séminaire de 1 766-1 791 fournissent les 
deux notes suivantes sur des travaux de décoration inté- 
rieure : 

10 « Mars 1776. — A M. Vauquelin, architecte, sur son 
travail pour le contretable de l'église, 24 I. » (i). 

2° c 26 janv. 1789. — Avance à M. Jaddouille, la somme 
de 3oo 1. à compte sur la somme de 800 dont je suis con- 
venu avec lui pour la sculpture de deux bas* reliefs en 
belle pierre de Conflans, destinés pour les deux petits au- 
tels delà S« Vierge et de S. Charles. Les deux bas- reliefs 
représenteront la Mort de la Vierge et S. Charles et seront 
placés dans le courant d'août ou de septembre prochain ». 

tant pour servir aux deux viviers estans sur l'église que servir 
aux fontaines, xni d. » (Arch. de la S,-Inf. G. a5io). 

(i) Le 5 mars 1789, on lui payait encore 96 1. pour solde de 
dessins fournis par lui pour l'église. 



2l5 



J'ignore ce que sont devenus ces bas-»reliefs qui ne 
devaient pas être sans mérite, mais que Tartiste^ sans 
doute à cause de leur sujet, se garda de mentionner quand 
il sollicita la place de professeur de dessin. Je suppose que 
l'église avait eu Vauquelin pjur architecte. Le Tableau 
de Rouen^ de 1788, p. 122, dit qu'elle était « très belle ». 

L'église du petit séminaire, rue Poisson (aujourd'hui 
grand séminaire), a eu un meilleur sort. Elle a été con- 
servée. La première pierre en fut posée par l'abbé Bridelle, 
abbé de N.-D. de Madion, vicaire général, qui y posa cette 
inscription au nom de l'archevêque ; 

Deo Optimo Maximo 

Juvante et 

Auspice Deipara Virgine 

Patrocinantibusque 

Sanctis Angelis custodibus 

Ludovico XV régnante 

Primarius hujus Ecclesiœ lapis 

a 

DD Ludov, de Levergne de Tressan 

Archipresule Rothom, 

Positus benedictusque fuit 

anno 

M DCC. XXVI 

Mensis. Martii die XXII (i). 

J'ignore le nom de l'architecte. 

Le séminaire Saint-Louis ou des Vieux Prêtres, établi à 
Rouen, d'abord rues de Coulon et de la Moelle, paroisse 
Saint- Nicaise, en 1726, fut transféré en 1742, au fau- 
bourg Cauchoise, dans l'emplacement abandonné par les 
religieuses du Val-de-Grâce, dont le monastère fut sup- 

(0 Extrait d'un mémoire intitulé Mémoire des petits sémi- 
naires. 



2l6 



primé et dont les biens furent attribués au monastère de 
Notre-Dame des Anges, dit de Belleiont (Décret d'extinc- 
tion, 5 février 1742). 

Pendant plusieurs années on se contenta de la chapelle 
du Val-de-Grâce. Les ressources considérables, mises à la 
disposition du séminaire par la libéralité du cardinal de 
Saulx Ta vannes, donnèrent le moyen de construire une 
église plus convenable. L'alignement en fut donné le 4 mai 
1761. Le 5 août suivant, le président de Motteville posait 
la première pierre et faisait, à cette occasion, présent à la 
communauté d'une bourse de 5o louis valant 1,200 1. 
L'édifice ne fut achevé qu'en 1766. On n'a point conservé 
les plans, mais seulement les devis et quittances d'où je tire 
ces renseignements : 

Paiement de 3, 000 1. à l'architecte Vidoux- Fontaine, 
pour tous les plans et devis qu'il avait fournis et pour la 
conduite des travaux, 24 octobre 1765. Pierre De la Rue, 
maître maçon, domicilié à Sotteville, avait eu l'entreprise 
de la maçonnerie. On avait employé, pour la charpente, 
Dedde ou Dede ; pour la menuiserie, Baudouin, Laurent, 
De Là Cour, Jean Héraut, Saint-Germain ; pour le pavage, 
Guillaume Cécille; pour la peinture, Le Jeune; pour la 
vitrerie. Le Vieil ; pour la serrurerie, Le Vieil. On paya, 
en 1764, 1 15 1. au sculpteur Brunel, « qui avait fait 22 cha- 
piteaux pilastres en pierre, groupés par deux, rendus sui- 
vant les règles de l'art ionique, à raison de 20 1. par cha- 
piteau »; il avait, de plus, enrichi et sculpté l'autel, le 
gradin et le tabernacle. 

La journée de l'ouvrier était alors de 3o s. ; celle du 
manœuvre, de 17 s. On employa de la pierre de Saint-Leu, 
qui revint h 7 1. le tonneau, et 3,040 toises de pierre de 
Caumont qui revinrent, en tout, à 6,382 1. La brique fut 
achetée à Boisguillaume : elle fut payée 18 l. le millier. 

La dédicace de cette église se fit par Jacques Richier 
de Cérisy, évêque de Lombez, ancien vicaire général à 
Rouen, le 22 décembre 1766. 



217 

« Jacobus Richier de Cerisy, miseratione divina et 
Sanctae Sedis Apostolicae gralia episcopus Lombariensis, 
Régi ab omnibus Consiliis, universis praesentes inspectu- 
ris salutem et benedictionem in Domino. Notum faci- 
mus ac testamur quod die datae praesentium ecclesiam 
seminarii S. Ludovici, vulgo des Vieux prestres, juxta 
Rothomagum, de licencia illustrissimi ac reverendissimi 
DD. de la Rochefoucauld, archiepiscopi Rothomagensis, 
Normanniae primatis, abbaiis, capitis superioris et admi- 
nistratoris perpetui sacrae abbatiae et totius ordinis Clu- 
niacensis, in honorem seu sub invocntione Beatœ Mariœ 
Virginis, S» Ludovici et sanctorum presbiterorum conse- 
cravimus. Datum Rothomagî, sub signo sîgiiloque nostris 
ac secretarii nostri subscriptione, anno Domini millesimo 
septingentesimo sexagesimo sexto, die vero mensis decem- 
bris vigesima secunda. 

» Jacobus epus Lombariensis ; iMarescot, v. g. 

» De mandato. 
» Le Roux Desneval Dacquigny, Le Sueur j» (i). 

Dans les années suivantes on voit payer 48 L à Tierce, 
qui avait peint le berceau de l'église en couleur de pierre 
de Saint- Leu (1769); 12 1. à Lejeune, pour avoir peint 
une bordure autour du grand tableau qui était au-dessus de 
la porte de la sacristie, en dedans de l'église, contenant 
5o pieds de pourtour, peinte en couleur de bois, à l'huile, 
à plusieurs couches (1770); 14 Là Cahais, pour le dessus 

(i) « Le 17 décembre (1766), imprimé 3oo billets sur 4 pages 
pour la dédicace de Téglise de Saint-Louis audit séminaire, à 
4 1. le cent ». Quittance de Timprimeur Le BouUenger. — 
Compte du Séminaire : «Le 23 décembre (1766), 12 1. pour 
rimpression des billets d'invitation à la dédicace de notre église, 
et 6 1. pour les 4 soldats qui ont gardé les portes. . .; item 6 1. au 
religieux qui a presché ». Le même compte indique une dépense 
de 40 1. pour la façon de 20 Croix-de-Dieu peintes dans Téglise 
lors de la dédicace qui en fut faite. 

là 



2l8 



d'une porte où étaient les armoiries de l'archevêque 
(1772). 

Précédemment il avait été payé à Léonard 3o 1. pour 
une image représentant saint Louis (29 mars 176a); k 
Tierce, 203 1. pour un grand tableau destiné à l'église 
(10 août 1764). 

Dans une lettre de 1792, l'emplacement est ainsi décrit 
par M. Prunier, le dernier supérieur du Séminaire (i) : 

« L'emplacement est d'environ i acre, y compris le 
terrain des bâtimcns. 11 est clos irrégulièrement par notre 
bâtisse sur la grande rue Bouvreuil (la rue du Ghamp- 
des-Oiseaux), par des murs et des maisons qui ne nous 
appartiennent pas et qui avancent plus ou moins dans 
l'intérieur, surtout du côté du boulevard et de la rue du 
Petit-Bouvreuil. L'intérieur du local est partagé en deux 
parties par l'allée de charroi dont l'entrée est sur le bou- 
levard (2) et où il y a une rangée de tilleuls. La première 
partie depuis l'église, qui a environ 11 toises de longueur 
sur 4 de largeur, jusqu'à cette allée, est considérablement 
en pente et contient, du côté des Carmes (3), sur une ter- 
rasse élevée d'environ 8 pieds plus haut que ladite allée, 
un grand bâtiment neuf de 1 7 toises de longueur sur 4 de 
large, qui donne une cuisine, un long réfectoire où les 

(i) Jean- Louis-Charles Prunier, licencié en l'un et l'autre 
droit, ancien curé de Saint>Plerre de Neufchâteli nommé supé- 
rieur du séminaire Saint-Louis, par Mgr de La Rochefoucauld, 
le 3 août 1777 (G. 9288), n'avait point encore prêté serment le 
21 déc. 1792, ne se considérant point comme fonctionnaire, mais 
comme un simple commis pour fair esoigner, médleamepter, etc. 
les pauvres prêtres et faire la recette des revenus de la maison 
et les dépenses nécessaires. A ces prêtres étaient alors réunis les 
prêtres non assermentés, âgés et infirmes, exempts de la loi de 
là déportation* 

(2) Cette entrée existe encore. 

(3) Les Carmes déchaussés, dont la chapelle est devenue 
l'église paroissiale de Saint-Romain. 



^19 

prêtre» les moins infirmes font leur prière matin et soir, 
disent leur bréviaire, mangent, etc., et une salle qui sert 
de parloir, proche l'église et la petite porte d'entrée sur 
la rue du Grand- Bouvreuil. La seconde partie est le jar- 
din, d'un mauvais sol, plus large du côté du boulevard et 
plus long du côté des Carmes, plus enfoncé que Tallce du 
charroi d'environ 7 pieds. Dans ce jardin, du côté des Car- 
mes, est Tancien bâtiment des religieuses du Val-de-Grâce, 
qui est de 16 toises de longueur sur 5 de largeur» où est 
une grande sale commune et 9 lits pour les malades et les 
prêtres les plus infirmes ». 

Une partie de ce dernier bâtiment existe encore au n» 9 
de la rue du Champ-des-Oiseaux. L'église qui longe la 
même rue, subsistait encore en son entier, il y a quelques 
années. Il en reste assez pour qu'on se fasse idée de ce 
que devait être cette construction que recommandait, du 
reste, à lui seul, le nom de l'architecte Vidoux-Fontaine. 

Les comptes des Chartreux de Rouen m*ont fourni les 
deux notes suivantes, relatives à l'église de Sa in t-Jacqu es- 
su r-Darnéial : 

« J'ay été (c'est le procureur de la maison qui parle) j'ay 
été le i^^ septembre 17 16, avec frère Jean Boutard, à 
Saint-Jacques-sur-D'Erhétal, afin de tenir une cloche, en 
la place de notre très vénérable père Prieur. Elle fut bé- 
nite par Monsieur Hébert, curé de S. Jacques, avec beau- 
coup, de cérémonie, et nommée Marie-Félix- Pascal. J'ai 
donné au fondeur, 5 1.; aux sonneurs, 25 s.; 20 s. aux 
pauvres, et 2 5 s. au garçon et à la servante de M. le curé 
chez qui nous disnâmes avec Mad^^e de la Garenne avec 
qui j'avois tenu lad. cloche et avec toute sa famille, gens 
de distinction. Somme totale de l'argent déboursé, 8 l. 
10 s. 

» Il y a dans le clocher de S. Jacques présentement 
3 cloches fort belles et fort bonnes. 

» La première fut bénite en 1696 par M« Claude Ample- 



220 



ment, curé de Saint-Jacques, prédécesseur de celuy-cy et 
tenue par Ch. Le Couteulx^ prieur de Saiat-Julien, et dame 
Marguerite Amplement, veuve de Pierre Cavelier, escuier 
et sieur de la Garenne. On Ta rompue le jour des Morts 
1719, à force de sonner. 

» La seconde- cloche fut bénite le i«r septembre 1716, 
par M« Jean Hébert, curé de lad. par. de S. Jacques, et 
nommée par Fr. Adrien Menou, coadjuteur pour le très 
vénérable Père Dom Pascal Le Tonnelier, prieur de S. Ju- 
lien, et par noble demoiselle Marie-Félix Cavelier de la 
Garenne. 

» La troisième a été bénite, en 1 661, par Claude Ample- 
ment, curé de Saint- Jacques, et Nicolas Sionville, tréso- 
rier en charge. On ne parle point de la marraine ». 

La séance est levée à quatre heures moias le quart. 



A. TOUGARD. 



221 



SÉANCE DU 24 JUIN 1904 



La séance ouvre à deux heures un quart, sous la 
présidence de M. de Beaurepaîre, vice-président. 

Membres présents : MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaîre, Le Verdier, Malicorne, Pelay, Ruel, 
Sarrazin, de Vesly et Tabbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. Brunon, Coutan et Milet. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

Correspondance imprimée. — On doit y enregis- 
trer: Centenaire de la Société des Antiquaires de 
France, in-40 ; — Epi graphie du Pas-de-Calais, IV, 
4 et 5. Arras, igoS; — Revue héraldique, février à 

mai 1904, 3 liv. ; — Bulletin archéol de Tarn-et- 

Garonne, XXXI ; — Bulletin archéol deVOrléa» 

nais, 178; — Mémoires de la Soc d'Orléans, 

1903, 2« semestre ; — Procès-verbaux de la Soc.,.. 

de VAveyron, XI X ; — Bulletin de la Soc. desAntiq. 
de Picardie, 1903, IV; — Bulletin... des Antiquaires 
de la Morinie, 209 ; — Bull,.. Société DunoisCy 1 3j ; 

— Bull... Soc. d'^Avranches et de Mortain ; — Bull, 
de la Soc. archéol, de Touraine, 1 904 , 1 ; — Bull, 
delà Soc. archéol. d'Eure-et-Loir, juin 1904; — 
Bull, de la Commission du Pas-de-Calais, III, 2; 

— Mémoires item, IF, 5 ; — Bulletin de la Soc... 
de Gand, XII, 4, 5 ; — Inventaire item, XXXIII ; — 
Société havraise d'^Etudes diverses-, Recueil, 1903, 
I, 2, 3 ; — Item, Bio-bibliographie, par Lechevalier, 



Siî2 



igoS; — Item, Etude sur le Langage de la banlieue 
du Havre, par feu Tabbé Maze (révision et préface de 
Tabbé Tougard), 1903 ; — Soc. de VOrne, XXIII, 
I, Alençon, igoS. 

Le beau Mémorial que les Antiquaires de France 
ont affecté à leur centenaire,, ne fait que ratifierla dé- 
cision prise dans la précédente séance. Le secrétaire y 
a satisfait dès le 28 juin. Et le surlendemain la Com- 
mission recevait les remerciements des Antiquaires, 
par un billet de leur docte secrétaire, M. Noël Valois. 

Chapelle Saint- Julien. — M. le Président commu- 
nique à la Compagnie la réponse qu'a faite, le 3i mai, 
le maire du Petit-Quevilly à la délibération prise dans 
la précédente séance. 

Le 25 mai, le Conseil municipal a émis un avis fa- 
vorable à la protection de la chapelle. Mais, « en raison 
de Tétat précaire des finances, il a formellement dé- 
claré qu'il ne pouvait, en aucune façon, faire inter- 
venir la commune dans la dépense ». 

La Commission observe qu'elle avait surtout de- 
mandé à l'administration municipale du Petit-Que- 
villy de faire dresser un devis dç la dépense qu'exil 
gérait la pose des grillages de protection aux fenêtres 
de la chapelle. La réponse qu'on vient d'entendre ne 
laisse plus que la ressource de transmettre à M. le 
Préfet les légitimes doléances de M. de Vesly, forte- 
ment appuyées par la Commission, afin qu'elles soient 
au besoin recommandées à la sollicitude du Conseil 
général. 

Famille Jouvenet. — M. Le Verdier fait cette lecture : 
« La note suivante est extraite du registre des déli- 
bérations des administrateurs de l'Hôtçl-Dieu - de 



i 



223 



Rouen (Archives départementales, Fonds de i' Hôtel- 
Dieu, année 1721). 

« Du i3 juin 1 721 « Représenté à la Compagnie par 
» M. Jorre, administrateur en charge, que le s*" Jou- 
» venet^ paintre^ priroit la Compagnie de luy accorder 
» une chambre joignant la chapelle de PHospîtal 
A S. Louis, pour y faire de temps en temps de grands 
» tableaux, à cause de la hauteur des planchers, à 
» laquelle chambre il ne fera aucun domage par raport 
» à la quallité de ces ouvrages. 

1» Délibéré sur renoncé cydessus, que la chambre 
» demandée par le sieur Jouvenet dans FHospital 
» S. Louis luy est accordée pour travailler à faire des 
» tableaux, à la charge de ne faire aucun domages, 
» parce qu^au cas que la Compagnie en ayc besoin, 
» led. sieur Jouvenet sera tenu de leur remettre, en 
» Tavertissant quinze jours auparavant ». 

j> Malheureusement cette délibération perd bien de 
son intérêt quand on observe qu'elle ne peut concerner 
Jean Jouvenet, mort le 5 avril 1717. 

» Mais la famille du célèbre peintre fut féconde en 
artistes; duquel peut-il bien s'agir? Si Ton consulte le 
tableau généalogique dressé par Houël, et annexé à 
VHistoirede Jouvenet, par F. -^, Leroy, on ne voit 
pas que Ton puisse rapporter le document à un autre 
que François, né vers 1664 et mort en 1749. 

» François, frère cadet de Jean, fut peintre ordi- 
naire du roi, membre de T Académie de peinture, et 
résidait, semble-t-il, plutôt à Paris qu'à Rouen. 11 
excella dans le portrait et ne paraît pas s'être appliqué 
à un autre genre (i). Le pétitionnaire de 1721 pour- 

(i) Leroy, p, 129. 



224 

tant peignait, et souvent, de vastes toiles, sans doute 
des rétables, des plafonds peut-être. Il faudrait croire 
alors que la biographie de François Jouvenet est incom- 
plète et qu'on connaît mal ses œuvres; ou bien il s'agi- 
rait d'un autre membre de la famille dont les travaux 
sont demeurés ignorés ou mal attribués. 

» Je note en passant que l'Histoire de Leroy signale 
des toiles plus ou moins authentiquement signées et 
datées Joannes Jouvenet, i y 22, Jean Jouvenet j ij25, 
Jouvenet, 1744, P. Jouvenet, itSi (i). Ces signatures 
et ces dates ne concordent pas avec les données de 
Tarbre généalogique de Houël, mais elles peuvent 
n'être pas sincères. Les deux premières de ces œuvres 
auraient-elles été inspirées par Jean et achevées par 
François, qui y aurait mis le nom de son aîné? ». 

M. Sarrazin ajoute que cette communication a pour 
lui un intérêt tout particulier. Il possède en effet un 
tableau, longtemps conservé dans une propriété du 
Boisguillaume, qui passe pour avoir été habitée par les 
Jouvenet. La tradition veut que ce soit le portrait de 
la femme du célèbre J. Jouvenet, auquel on l'attribuait. 
Peut-être serait-il plus vraisemblable de supposer 
qu'il est l'œuvre de François ? 

Eglise Saint-Georges, — Elle fournit à M. P. 
Baudry la matière de cette communication : 

« Le 26 mai dernier, le Nouvelliste a dit un mot 
des fouilles actuellement pratiquées dans les fondations 
de l'ancienne chapelle collégiale du Saint-Sépulcre ou 
de Saint-Georges, place de la Pucelle. 

(i) Leroy, pp. 467, 468, 470. — M. de Beaurepaire, remarque 
I3 secrétaire, a jadis cité trois peintres du nom de Jean Jouvenel, 
proches parents les uns des autres. 



2^5 

» Quoique les fouilles n'aient eu qu'un résultat peu 
intéressant, peut-être cependant est-il à propos de les 
mentionner. 

» L'entrepreneur, M. Goupillières, y a constaté la 
présence d'un pavage en pierres de Tonnerre, à 85 
centimètres de profondeur, et d'un autre pavage plus 
ancien, quoique à 45 cSntimètres seulement, en pavés 
de Thuit-Signol. 

» Cette chapelle a eu, en effet, plusieurs constructions 
et reconstructions successives au xn® ou xm^ siècle, 
puis au xiv« et enfin au xv« ou xvi®. 

» On a rencontré dans les fouilles de l'eau qui pro- 
venait d'un puits ou d'une source, et il a été recueilli 
un fragment de pierre tumulaire, probablement du 
xvne siècle, et sur lequel je n'ai pu lire que : sertems, 
cetatissuœ 64. Oretur pro eo. Rien, dans l'histoire 
de Rouen n'a pu me permettre de compléter cette ins- 
cription, ni de rectifier ce que j'ai lu fautivement. Des 
crânes et des ossements ont été trouvés à environ un 
mètre. 

» Que n'a-t-on rencontré la pierre rappelant les mo- 
tifs de la fondation première de la chapelle, avec les 
mots : Icy adira le prestre le corps de nostre Sei^ 
gneur » . 

M. le Président rappelle que les chanoines de cette 
collégiale ne menaient pas la vie commune. Comme 
les revenus de ce bénéfice étaient modiques, ils étaient 
d'ordinaire pourvus de cures. 

Saint'Saens, — Inscription commémorative , — 
M. Léon de Vesly met sous les yeux des membres de 
la Commission une plaque en étain (0,28 X o38), 
qu'il tient de M. l'abbé Cagniard, doyen de Saint-^ 



2i6 



Saens, ôt que ce vénérable ecclésiastique a souMraite 
aux balles des amateurs d'un tir. 

Cette plaque est celle de la pose de la première pierre 
du retable d'un des autels qui décoraient Tartcienne abbaye 
de Saint^Saens. Elle porte Tinscription suivante : 

Armoiries 

POUR LA GLOIRE DE DIEU 

CETTE PREMIERE PIERRE POUR LA 

CONSTRUCTION DE CE RETABLE 

D'HAUTEL a esté POSÉE PAR MADAME 

MARGUERITTE HENRIETTE DU BOUZET 

DE ROaUEPINE ABBESSE DE l' ABBAYE 

ROYALLE DE S^ SAEN PRIEURE DU PRIEURÉ 

DE Ste AVSTREBERTE PRÈS GIZORS DAME 

DU DIT S* SAEN ESQUIQUEVILLE St MARTIN 

L*HORTIER CAMP SOVURAIN MAVRAY ET 

AVTkES LIEVX ASSISTÉE DES DAMES 

DE SA COMMVNAUTÉ CE VINGT TROIS 

lEME IVILLET I72O 

LEaVEL OVURAGE A ESTÉ FAIT SOVS LA 

CONDVITTE ET DESSEINS DV S^ lACQYES 

MILLETS DERVISSEAUX ARCHITECTE 

A ROUEN. 

L'orthographe et la forme des lettres employées pour 
cette inscription ont été copiées avec la plus grande fidé- 
lité : aussi les incorrections y sont nombreuses. 

Une faute veut être relevée. Elle concerne les armoiries 
gravées au sommet de la plaque et surmontant l'inscrip- 
tion. Celles-ci figurent par des hachures un lion de sable 
sur champ d'argent, l'écu timbré d'une couronne de mar- 
quis et de la crosse abbatiale ; tandis que la Chesnaye des 
Bois veut que les armes des du BoU2et soient d'argent, 
au Mon d'azur, armé et lartîpassé de gueules, couronné 



2^7 

d'or, que les ducs de Roquelaure ont toujours portées sur 
le surtout de leurs armes. 

Millet des Ruisseaux était fort peu connu avant la séance 
du (8 février 1879^ dans laquelle M. de Beaurepaire lut 
une notice sur Tarchitecte rouennais. 

Guilbert avait bien dit que Millet des Ruisseaux avait 
été un architecte d'une grande réputation, né à Rotren, 
mais dont il rie possédait que peu de renseignements bio- 
graphiques. 

Bauchal, dans son Dictionnaire des Architecte^ finan- 
çais, consacre quelques lignes à Millet dés Ruisseaux et 
enseigne que son œuvre principale, le retable de Saint- 
Pierre du Val ou du Chatel, fut transférée après la Révolu- 
tion, dans Téglise Saint- Vivien. Dans sa notice, M. de 
Beaurepaire a montré ce que cette dernière assertion 
avait d'erroné, et dit que le rétable transporté à Sahit- 
Vivien est celui de l'église des Cordeliers, érigé entre les 
années 1691 et 1700. 

M. de Beaurepaire a donné de plus une nomenclature â 
peu près complète des travaux exécutés dans les églises de 
Rouen : N.-D. de la Ronde (i7o3), Sdint^Denis (i7t3), 
Saint-Jean et Saint-Laurent (la même année), Saint-Mi-' 
chel (1730) et très probablement Saint- Lô en 1700. 

L'inscription de Saint-Saens vient donc a jouter lifl hou- 
veau travail, à ceux déjà nombreux, exécutés par l'archi- 
tecte rouennais. 

C'est peut-être trois nouveaux autels qu'il faudrait ins- 
crire au compte de Millet des Ruisseaux : car l'abbé Cochet, 
dans sa description de l'église de Saint-Saens, a écrit : 

» Le chevet est masqué par une superbe contretablc en 
» pierre, d'ordre corinthien qui, ornée de statues et de 
» fleurs, s'élève jusqu'à la voûte de l'église (i). Deux con- 

(i) La tradition qui s'est perpétuée à Saint-Saens veut que ce 
rétable et peut être aussi ceux des deujt autels latéraux^ soient 
dus à la générosité de M^e de Maintenon qui serait venue deux 



228 



» tretables du même genre sont placés au bout de chaque 
» transept. Ces trois morceaux du règne de Louis XIV 
3» sont d'une magnificence inusitée dans nos campagnes ; 
» il est fâcheux qu'une aussi riche matière ait été empâtée 
» dans la chaux et le badigeon ». 

Rien ne s'opposerait donc à ce que l'hypothèse fût admise. 
Cependant il convient d'attendre que de nouvelles recher- 
ches viennent les confirmer. 

J'ai déjà reconnu que Millet habitait la paroisse Saint- 
Vincent, de Rouen, où sa filiation peut être établie et 
j'espère être bientôt en mesure de dresser une biographie 
complète du célèbre architecte. 

Je propose que des remerciements soient adressés à 
M. l'abbé Cagniard, qui a sauvé l'inscription de Saint- 
Saêns. 

La Commission, qui a pris un vif intérêt à Texposé 
qu'on vient de lire, appuie chaleureusement la propo- 
sition. Elle émet le vœu que la plaque commémora- 
tive soit fixée sur les murs de l'église, en y ajoutant 
quelques mots d'explication. 

Antiquités diverses. — M. de Vesly continue ainsi : 

M. L. Deglatigny et moi, nous avons fait, le 12 mai 
dernier, une excursion qui nous a donné une curieuse 
récolte archéologique. Je demande la permission de les 
exposer : 

C'est d'abord une tombe de l'époque franque, rencon- 
trée à Oissel, dans l'île Potel, lors du creusement d'une 
citerne, par M. le commandant Canivet. 

Le propriétaire était absent lors de cette découverte, et 
l'ouvrier put s'approprier une partie des objets trouvés. 

ou trois fois visiter Tabbesse, nièce de Colbert. La place qui 
entoure l'église s'appelle place Maintenons 



229 

M. Canivet n'a pu recueillir qu'un style en bronze, un 
fauchard, l'entrée d'une serrure de coffret, et des débris 
de deux vases en poterie plombaginée. 

L'oxydation du fauchard ne m'a pas permis de l'appor- 
ter ici; et les vases en poterie commune ne présentent 
aucun caractère intéressant. 

En i853, le service des Ponts et Chaussées entreprit 
des dragages dans la Seine, vis-à-vis d'Oissel. Les sables 
provenant de ces dragages furent employés à combler le 
bras du fleuve qui séparait les îles Potel et Coquet. On sait 
que ces travaux donnèrent, parmi les objets sortis du 
fleuve, la belle épée de bronze qui est aujourd'hui au 
muséi départemental. Les dragages exécutés en i883, 
sous la direction de M. l'Ingénieur Lechalas, fournirent 
une abondante moisson d'armes de diverses époques, dont 
l'inventaire me fut confié et que j'ai soumis à Texamende 
la Commission. 

De nouveaux dragages, opérés il y a quelques semaines, 
ont permis au commandant Canivet de recueillir une 
hache en bronze à ailerons, d'un type spécial, et non des- 
siné dans l'album de M. de Mortillet (pi. lxvi). 

Des fragments de poteries semblables à celles extraites 
des lacs de la Suisse ont été également retirés du fleuve. 
Il en a été de même pour des piquets en fer et des osse- 
ments provenant du bœuf, du cheval et du chien. 

Nous avons quitté les îles de la Seine et gagné le Port- 
Saint-Ouen, Gouy et Incarville. Avant d'arriver à ce ha- 
meau, M. Deglatigny a recueilli, sur un plateau, d*où la 
vue s'étend sur une très grande étendue, plusieurs silex 
taillés. Continuant notre excursion, nous avons gagné 
Celloville. Là, M. Jean Mulot, cultivateur, nous a mon- 
tré plusieurs hachettes en silex de l'époque moustérienne, 
et des armes et silex poli ou à Pétat d'ébauche. Tous ces 
témoins de l'industrie préhistorique ont été recueillis en 
faisant des labours aux trièges du Point-du-Jour et du 
Thuir 



âô 



Dans ce dernier canton, au lieu dit l'Enfer^ j*ai opéré 
quelc^ues sondages qui m'ont révélé des substructions 
gallo-romaines et donné, avec de nombreuses tuiles à 
rebords, des débris de vases en poterie rouge unie ou à 
reliefs, avec la marque TAGITVS. Ce siglc avait déjà été 
relevé sur des vases à Lillebonne. 

Je me propose de continuer des fouilles en cet endroit 
et d*entretenir la Commission des découvertes que je pour- 
rai faire. 

Cependant il me paraît nécessaire d'indiquer, dès aujour- 
d'hui, que le chemin des Haleurs, une très ancienne piste 
suivie par les bateliers qui se rendaient de Poses à Rouen, 
passait prés de l'Enfer, descendait le vallon de Brunval à 
un lieu encore nommé « Triège des Fontaines ». Ce nom 
porterait à croire que les sources du Becquet émergeaient 
là, c'est-à-dire h près de 1,800 mètres en amont du point 
où l'eau sort de terre aujourd'hui. 

Après ces diverses constatations et une visite chez 
M. Vaussîer, qui a fait présenter des instruments en silex 
à la Commission des Antiquités, mon collègue et moi 
nous nous sommes rendus à Inglemare, hameau dépen- 
dant de la commune de Belbeuf. 

Là, nous attendait une très curieuse découverte, faite 
par M. Bénard. Il y a quelques années, ce cultivateur, en 
plantant un pommier, trouva une sépulture gallo-ro- 
maine. Il ne se préoccupa pas, on le pense bien, de faire 
les constatations scientifiques; mais il garda précieuse- 
ment les objets qu'il trouva. 

Parmi ceux-ci, une belle et rare fibule mérite de fixer 
l'attention. Ainsi qu'on peut le remarquer, elle se com- 
pose de deux parties formées chacune d'un disque de 
bronze de 0,02 5 de diamètre, auquel est fixée une petite 
tête de vache aux yeux saillants et retenant dans sa bouche, 
l'une une tigette de bronze, l'autre un disque avec une 
lamelle de fer. 

MM. Salomon Reinach et Prou, auxquels j'ai soumis ce 



a3i 



curieux bijou, ont reconnu sa rareté. M. Reinach n'en 
connaît pas de semblable, et croit devoir l'attribuer à la 
fin du i)i« ou au çommencen>ent du iv^ siècle. 

Avec la fibule, M. Bénard a recueilli des débris d'uoe 
« tiare » et des anneaux en bronze ainsi que des vases en 
terre. Malheureusement le tout se trouve en un tel état 
de division qu'il est impossible de reconstituer la forme 
de l'objet auquel ils ont appartenu. Les anneaux paraissent 
avoir fait partie du harnachement d'un cheval ; et l'hypo- 
thèse peut être émise, puisque des cerceaux de fer, qui 
paraissent avoir été des bandages de roues, ont été ren- 
contrés dans la fosse faite par M. Bcnard. 

Ces débris n'ont pas été conservés par l'inventeur, et il 
nous a été impossible de les retrouver malgré toutes nos 
recherches* Nous le regrettons d'autant plus vivement 
que l'on se trouve très probablement ici en présence d'une 
sépulture avec char, mais qu'il est in^possible de préciser. 

Néanmoins, il restera de la découverte d'In^lçmare la 
belle fibule présentée à la Commission et une remarque, 
déjà laite à Léry et au Vaudreuil : c'est la survivance des 
poteries gauloises bien longtemps après la eonquâte 
romaine. 

M. de Vesly enrichit çncore son ample information 
en présentant à ses collègues deux pièces trouvées à 
Oissel : un style mesurant o, jSj et ijn ciseau de 
Tépoque morgienne, longdeo,i6, et dont la largeur 
varie de 0,22 à 0,37. 

La Pierrç Gante de Tancarvill^. -« M, Pelay 
croit à propos de consigner au procès-verbal la dispa- 
rition de ce curieux rocher qui donnait un aspect si 
pittoresque à la falaise^ en amont de Tancarville. Tout 
le monde regrettera que sa destruction soit Peffet non 
des ravages du temps, mais de la mine employée par 



232 



les agents des Ponts et Chaussées pour Texécution des 
travaux d'endiguement de la Seine. 

M. Le Verdier raconte qu'il y a une dizaine d'an- 
nées on fît, dans une nombreuse réunion, quelques 
observations à un ingénieur sur les dégâts dont souf- 
fraient dès lors les côtes de ces parages, auxquelles on 
empruntait des remblais. L'ingénieur répondit que les 
nécessités du service devaient passer avant tout, et que 
rien ne les empêcherait de s'approvisionner ainsi de 
matériaux, même aux dépens delà Pierre-Gante. 

Le secrétaire estime qu'on eût dû peut-être tenter 
une démarche au Ministère contre cette campagne dé- 
vastatrice. Il rappelle que ce fut aux craintes qu'elle 
inspira, dès cette époque, que les archives de la Com- 
mission sont redevables de l'admirable plan du camp 
de Sandouville, levé alors par M. Vallée, qui est de- 
venu depuis notre confrère. 

M. de Beaurepaire communique des documents sur 
un verrier, du nom de Guillaume Nouel, qui fit la 
rosace du grand portail de la Cathédrale; sur Jean 
Périer, connu principalement comme architecte, mais 
qui travailla comme sculpteur à la décoration du même 
portail ; sur l'imaginier Jean Le Hun ; sur le fondeur 
rouennais Nicolas Buret, qui fut chargé de la fabrica- 
tion de canons pour Saint-Malo ; sur une mesure 
agraire figurée au portail de l'église de Quincampoix ; 
sur divers objets mobiliers mentionnés dans des con 
trats notariés et dans un compte de fabrique. 

NOTES DIVERSES 

Les notes et documents qui suivent intéressent plus ou 
moins directement l'histoire des arts ou l'archéologie. Je 
ne chercherai pas à établir entre eux une liaison qui serait 



233 



purement artificielle, et à laquelle répugneraient trop sen- 
siblement la divorsité des matières qu'ils concernent et 
aussi celle des époques auxquelles ils appartiennent. 

Le premier des documents que je présente est un mar- 
ché pour la confection de la rose (ou O) du grand portail 
de la cathédrale, dit alors le portail Saint-Romain. L'ar- 
tiste charge de ce travail s'appelait Guillaume Nouel. La 
rose du portail de la Calende lui était proposée pour 
modèle . 

27 avril i38o. — « Eadem die accordata in capitula et 
passata quedam cedula tenons infrascripti : Vechi le 
marché fait par Mess" maistres Roulant Boniface, T. Du- 
rant, G. Carit et moy N. Damoisel, procureur de la Fa- 
brique de Notre-Dame de Rouen, avec Guillaume Nouel, 
verrier, pour verier l'O de S^- Romain, par ainsi que ledit 
verrier fera faire les verrières dudit O ainsi richement et 
ainsi noblement comme est TO de devers la Vieu-Tour, et 
ainsi que en VO de parmi ne fera que une Véronique (i) 
faite au miex que ledit verrier pourra, et semblablement 
es quatre pointes de la losange fera les un Euangelistes au 
mieux que il pourra, par cinq pies pour un franc, c'est 
assavoir : xni pies pour xn. Fait l'an mil ccc. nii", le jour 
S. Marc». (Extrait du registre de la Fabrique de la Cathé- 
drale de Rouen, Arch. delà S.-Inf.*G. 2483, fo 88 vo). 

Voici un extrait d'un autre compte de la Fabrique de la 
Cathédrale, de 1384 (sous la même cote, G. 2483, f^ 10), 
qui ne nous permet pas de douter que Jean Périer, archi- 
tecte de cette église, ne fût en même temps u« habile 
sculpteur. 

(i) Véronique, tête du Christ, représentée sur un suaire: 
Tabella in qua Christi Domini pergentis ad Crucis suppli- 
citim, divino miraculo expressa effigies efformatur, quœ asser- 
vatur et colitur Romce in ecclesia S, Pétri, V. Ducange v© 
Veronica, 

16 



234 

« Magistro Johanni Perier, lathomo^ super XX V flore- 
nis francis qui ei debebantur pro XII^*^* ymaginibus 
de petra^ quodfecerat^ et qui ymagines positi ac cituati 
fuerunt in portiqu Sancti Romani annis M. CCC. IlII^^I, 
IIW^H, IIII^^III, eidem solvi, /X« aprilis ante Pascha 
M. CCC IIII^^IIII intrantc^ X« die mensis prédictif decem 
fiorenos francos ». 

Jehan Le Hun, qui travailla aussi pour la cathédrale, 
ne fut quimaginier. Un nommé Jeannin Le Vavasscur 
fut place chez lui en apprentissage pour une durée de 
huit ans. Il n'est question dans le contrat, de rémuné- 
ration ni pour le maître, ni pour l'apprenti, Rouen venait 
d'être pris par les Anglais. Le temps n'était pas favorable 
aux artistes. C'était peut-être déjà beaucoup que Tapprenti 
pût être a.ssuré de ce qui lui était le plus nécessaire. 

2 sept. 1420. — « Perrette, déguerpie de feu Jehan 
Le Vavasseur, et Cardine, déguerpie de feu Colin de 
Valectes, demourant en la par. S. Gervaix-jouxte-Rouen, 
et Jaquet Le Vavasseur, enfant de ladicte Perrette, con- 
fessent avoir aloué Jehannin Le Vavasseur, semblable- 
ment filz de lad. Perrette et frère desdits Jacquet et Car- 
dine, à Jehan Le Hun, tailleur d'images, demourant en la 
paroisse S.-Nicolas-le-Painteur de lad. ville, du jour de 
la S. Michiel prochain venant, jusques à viii ans finis et 
acomplis, pour aprendre ledit mestier de tailleur d'ymages, 
lequel mestier ledit Le Hun lui sera tenu monstrer bien 
et deuement au mieulx qu'il pourra et saura, cest aleu 
fait pour et parmi ce que ledit Hun sera tenu trouver au- 
dit Jehan boire, mengier, couchier, lever et sa caucheure 
de souliers bien et deuement led. temps durant; et parmi 
ce lad. mère et enfFans promistrent que ledit Jehan fera 
et parfera bien et loialement son dit service par la manière 
dessus desclairée, sur Tobligation de tous leurs biens, etc. ». 
(Extrait des registres du tabellionage de Rouen). 



235 

Les Buret ont exercé pendant longtemps la profession 
de fondeur en la ville de Rouen. L'un d'eux fut chargé 
de la fonte de six pièces de canon, le 23 novembre i5go : 

« Nicolas Buret, maistre de l'état de fondeur, paroisse 
S. Vivien, s'engage envers Pierre Pépin, sieur de la Plan- 
che, bourgeois de Saint-Malo, de partir et mener avec lui 
de Rouen les personnes de Romain Buret, son frère, et 
Regnoult Cabot, maistres fondeurs, dans quinze jours, 
pour eux embarquer dans la patache de Picaudaye, de 
présent au Havre, pour, audit lieu de Saint-Malo, y faire 
le nombre de six pièces de canon de fonte de cuivre 
(2 canons de batterie et quatre grandes couleuvrines, ayant 
lesdictes couleùvrines quinze pieds ou environ de lon- 
gueur), et lesdits canons de batterie telle longueur qui 
sera commandée». La Planche devait lui fournir « 3o mil- 
liers de cuivre et tel nombre d'hommes qu'il serait 
besoin (i). » 

Le fait suivant me paraît remarquable par sa singula- 
rité. Les mesures agraires en usage dans une paroisse (on 
sait qu'elles variaient de pays à pays) n'étaient pas tou- 
jours exactement connues, d'où pouvaient résulter des 
contestations entre vendeurs et acheteurs. Pour remédier 
à cet inconvénient, on s'était avisé, à Quincampoix, pa- 
roisse voisine de Rouen, de poser, au portail de l'église, 

(i) On voit par Tacte suivant qu'on fabriqua aussi à Rouen 
de la poudre à canon : « Le 5 mai 1634, Isaac Courson, faiseur de 
poudre à canon, demeurant à Rouen, paroisse St-Vigor, s'oblige 
à fournir, pour le Roi, au sieur De la Barre, garde-maga- 
sin de la marine du Havre, 60 livres de poudre à canon de qua- 
lité requise, pour faire épreuve de canons vendus à S. M. par le 
sieur Duquesne, marchand à Dieppe, à raison de 20 s la livre, 
prix convenu avec Louis Le Roux, chevalier, seigneur d'infre- 
ville, commissaire général en la marine ». Le Duquesne men- 
tionné dans cet acte n'était autre vraisemblablement que le père 
du célèbre Duquesne. 



236 



une représentation, sinon de la p-*rche, du moins du pied, 
qui était de i3 pouces au lieu de 12. Quincampoix dépen- 
dait des religieux de Saint-Ouen. Si c'était à eux qu'il fal- 
lût faire honneur de cette heureuse idée, on aurait quel- 
que chance d'en retrouver l'application dans les autres 
paroisses dont ils étaient seigneurs. 

14 novembre 1544. — « Cardin Adens, laboureur de la 
paroisse S^ Marguerite de Quiquenpoix, vend à M« Ni- 
colle Corneille, licencie en loix, paroisse St Laurent de 
Rouen, une pièce de terre contenant trois verges quinze 
perches, mesure de la baronnie dudit lieu, qui est de 
vingt-deux pieds pour perche dont l'en dit la perche estre 
de treize poulces pour pied, merchée ou emprainte de tout 
temps et ancienneté au portail de la dite église ». (Tabel- 
lion, de Rouen). 

On pourra relever quelques indications intéressantes 
dans les trois comptes suivants : 

« Mémoire de ce que j'ay baillé à mon nepveu de Bo- 
nacorsy et aussy ce qu'il a eu de mon fils et que mes 
filles luy ont baillé et à plusieurs personnes pour luy. 

» Premièrement je luy ai envoyé, lorsqu'il estoit à Mon- 
sieur de Thoré (1), pour son lacquestz, i escu. 

» Luy estant à Dangu (2) avec mon dit s' de Thoré, luy 
ay baillé pour ses chevaulx xxix boisseaux d'avoyne qui 
valloient lors xii s. le boisseau. 

» Plus, lorsqu'il alla au voiage des Raistres (3) avec ledit 
s?igneur, luy ay baillé deux cscus. 

(i) Guillaume de Montmorency, sr de Thoré, colonel général 
de la cavalerie légère de Piémont, chevalier de l'Ordre, mort 
en 1592. 

(2) Dangu appartenait à Guill. de Montmorency, comme héri- 
tier en partie du connétable de Montmorency, qui avait acquis 
cette terre en 1554. Charpillon, Dict. hist. de toutes les com^ 
munes du départ, de VEure. 

(3) Probablement en 1587. 



237 

» Puis aprez la mort de mon filz, mes filles luy ont 
baillé deux chevaulx, l'un de iic escus, l'autre de lxx. 

» //em, lorsqu'il tint sur les fonsTenfantdeNoél Grisel, 
je lui baillé, pour donner, xx s. 

» Item ma fille Anne luy a baillé, ung jour qu'il alloit à 
Gisors trouver le Roy qui alloit faire une quevalcade, 
VIII escus. 

» Iteniy lorsque le Roy alloit a Châtre (Chartres), mes 
filles luy baillèrent viii escus ». — 27 nov. 1594. 

« Veu et calculé par moy soussignée, vefve de deffunct 
messire de Bonacorsy, Trésorier général de France et Nor- 
mandie, comme tutrice des enfans mineurs d'ans d'elle 
et de lui. » Elle reconnaît que les sommes indiquées dans 
cet Etat ont bien été fournies à son neveu défunt Louis de 
Bonacorsy, et promet les payer à M^^e de la Vauzelle, sa 
tante, et à damoiselles Anne, Marthe et Rachel de la Vau- 
zelle, filles de la, dite demoiselle. 

Signé : Anne Ruzé (i). 

24 fév. i63i. — « Consentement donné par les parents 
à la cassation des promesses de mariage (8 nov. i63o) qui 
avaient été faites entre le s' de la Ferté-Fresnel (Jean 
Doinville, chevalier, baron de la Ferté-Fresnel, la Gouf- 
frière, N.-D. du Bois et Mainefay), et d"e Marie de Ras- 
sent, majeure, fille de Nicolas de Rassent, s' d'Archelles, 
Président de la Chambre des Comptes de Normandie, et 
de Geneviève de Pagalde ». 

t Mémoire des meubles de Mademoiselle Geneviève de 
Rassent qu'elle emporte lors de son mariage avec M. le 
baron de la Ferté, pour estre exempte de touttes debtes 
estant séparée quant à présent de biens, d'avec son dict pré- 
tendu mari : 

» Ung carrosse d'escarlatte qu'elle a fait faire à Paris; plus 
quatre chevaux ; une tente de tapisserie pour une grande 

(i) Anne Ruzé demeurait alors par. Sainte-Croix-des-Pelletiers 
(Tab. de Rouen, 5 àéc. 1594; meuble). 



238 



chambre, y compris tapis de table, grandes chaires, petites 
chaires, scabeaux, banqs selles, le tout couvert de tapis- 
serie façon de Turquie ; une grosse esguerre d'argent, une 
sallière, vinaigrier, une douzaine de cuilliers, une dou- 
zaine de fourchettes (i), une escuelle à aureilles, le tout 
d'argent; une chaine d'agate ronde accoustrée de perles 
enfiliez d'or; un S« Esprit garni de diamants; six dou- 
zaines de plats, grands et petits, de fin estain. 

» Signé : Doinville, Geneviève de Rassent ». 
Ce mobilier était évalué à 7,000 1. 

« Compte de la recepte, entremise et despence faicte 
par nous Charles Faulcon, Pendolphe Senamy et Jehan 
le Marchant, Thésoriers de l'église Sainct-Martin-du- 
Pont, de Rouen, pour une année commenceant à Pasques 
mil cinq cens quatre-vingts dix et finissant à Pasques mil 
cinq cens quatre-vingtz et unze : 

» Des héritiers Jehan Fierabras, à cause d'une maison 
et héritage où pend pour enseigne le Bras^ paroisse S. Vi- 
vian, sur Robec, que on soulloit nommer la Foullerie de 
Vhospitaî ». 

Mention de la fondation de Sanson de Moralles, dit 
Egreden (2). 

« Le Hiic jour de novembre pour l'inhumation de N. H. 
Pierre Dupont, xv s. Le xv^ dudit mois de novembre, 
pour l'inhumation d'un nommé Mons»" Senamy, cousin de 
Mons"" Senamy (Cenamy), à présent trésorier, lx s. Le 
XII décembre, pour l'inhumation de M® Nicolas Lesperon, 
presbtre, curé d'Anfreville. 

» A M* Antoine de Grèges, orloger, pour avoir gou- 
verné l'orlorge de lad. église durant l'année, xx 1. (3). 

(i) L'usage des fourchettes n*était pas encore très commun. 

(2) II appartenait à une des riches familles espagnoles qui 
étaient fixées à Rouen. 

(3) L'horloge de Saint-Martin-du-Pont resta, jusqu'à la Révo- 
lution, une des premières horloges de Rouen* 



239 

» Pour avoir fourni viii l. de chandelle à brûler durant 
rhiver à la lanterne de Téglise, au prix de vi s., viu d. t. 
la livre. Item pour avoir fait relever lad. lanterne, vu s. 

VI d. (i). 

» Pour avoir faict faire des gardes-serres au ciel et 
courtine pour le jour des octaves du S. Sacrement, v s. 
Item pour (en) avoir faict faire d'autres pour la proces- 
sion dePOratoire, vs. (2). 

» Pour cinq quartes de gros pain de cène, lxxv s. 

» Le dimanche xxix^ jour de juillet, qu'il estoit ung 
jubillé, pour deux potz chopine de vin pour communier, 
la somme de xxv s. 

» Le xve jour d'aoust, le jour de l'Assomption N. D. 
ung pot de vin pour communier, x s. 

» Pour le pigeon et autres oyseaux du jour de la Pen- 
thecouste, xv s. 

» Le jour de Toussainctz, trois chopines de vin pour 
communier, vu s. le pot, x s. vi d. 

» Le jour de Noël, baillé m pots chopines de vin, à 

VII s. le pot, xxiii s. V d. 

» Le jour de Chandeleur, chopine de vin pour commu- 
nier, III s. VI d. (3). » 

« Mention d'une maison à l'enseigne des Qiiatre fils 
AymoTif par. S. Martin-du-Pont, « appartenant aux hoirs 
de défunt noble homme Nicolas Rome, sieur de Fres- 
quienne ». 

(i) Nous avons cité plusieurs autres exemples de lanternes 
posées à la porte des églises en question, et qu'on allumait la 
nuit. 

(2) Ces oratoires furent surtout en usage à l'époque de la 
Ligue. 

(3) On mettait alors à la charge des fabriques la fourniture du 
vin pour la célébration de la messe paroissiale, à certaines 
grandes fêtes de l'année, ainsi que pour la distribution qu'il était 
d'usage de faire aux paroissiens, après la communion. 



240 

Ce compte présente un mot que je n'avais pas encore 
rencontré : t Pour avoir faict faire six mondatoires de 
linge fin pour les galices, x s. ». (Extrait d'un cahier de pa- 
pier, de 42 feuilles, récemment acquis par les Archives). 

Céramique gallo-romaine, — Le secrétaire met 
sous les yeux de ses collègues deux jolis vases qui vien- 
nent d'être offerts au Peiit-Sém inaire, par Tabbé 
H. Vincent. Ils ont été trouvés l'an dernier, au cours 
de terrassements que faisait exécuter dans sa propriété 
M. Collet, négociant au Havre et maire de la Poterie. 

L'un est une petite cruche à anse, fort gracieuse 
d'aspect, en terre grise, mesurant 117 mill. de hau- 
teur sur 100 mill. environ au plus grand diamètre. Le 
second vase, en terre noire, de plus grande capacité, 
mais légèrement ébréché au goulot, compte o, t 3 de 
hauteur, sur 0,1 18 au plus grand diamètre. 

Au témoignage de M. le curé, qui n^a pas vu les 
objets dans le sol, ces deux vases étaient contenus dans 
une sorte d'o//a, qui renfermait en outre des débris 
d'ossements brûlés avec des fragments d'armes en fer. 
Le tout semble dès lors appartenir à une sépulture par 
incinération et remonterait ainsi aux premiers siècles 
de notre ère. 

Il faut espérer que M. Collet voudra poursuivre 
celte exploration qui pourrait bien remettre au jour 
un cimetière mérovingien. Un intérêt spécial s'attache 
à ces heureux débuts, puisqu'on doit se demander si 
ces vases élégants n'ont pas été fabriqués sur place, 
l'abbé Cochet conjecturant que le village a gardé le 
nom d'une officine antique. 

Divers membres présument que Voila renfermait en 
outre des vases de verre. On ajoute que parfois, à 



241 

Saint-Aubin-sur-Mer par exemple, ces sortes de dé- 
couvertes se sont bornées à une seule sépulture. 

Arques. — Puits rectangulaire, — M. Le Verdier 
a récemment entendu quelques mots sur une exhu- 
mation de squelettes enterrés pieds contre pieds dans 
un puits dont on a entrepris le déblaiement. On se 
demande si ces cadavres n'étaient pas ceUx de la ma- 
ladrerie Saint-Etienne. 

L'abbé Tougard ajoute que la reconnaissance de ce 
puits remonte à plusieurs mois, et que, s'il n'en avait 
pas encore parié à la Commission, c'est qu'il attendait 
les renseignements précis que M. l'abbé Caumont ne 
manquera pas de lui fournir. 

La Commission attache d'autant plus d'importance 
à cette trouvaille que ces sortes de puits ne se sont 
encore jamais révélés dans la Seine- Inférieure. L'ex- 
ploration est en excellentes mains, puisqu'elle s'exé- 
cute sur le terrain de M. Le Corbeiller, et qu'elle a 
attiré l'attention de M. le comte Ol. Costa de Beau- 
regard . 

Exposition cornélienne, — M. de Beaurepaire ne 
veut pas terminer la séance sans féliciter M. Pelay de 
la très heureuse pensée qu'il a eue d'admettre pendant 
deux jours le public à admirer, aux vitrines de 
M. Lestringant, sa fort belle collection des éditions du 
Ci^, comme aussi d'avoir conservé par la photogra- 
phie un souvenir durable de l'instructif groupement 
de ces bijoux bibliographiques. 

En remerciant M. le Président de son amabilité, 
M. Pelay avoue qu'il n'a fait que prendre une modeste 
initiative qu'il ne peut que souhaiter de voir imitée 



242 

pour les précieuses collections de plusieurs collègues, 
MM. P. Baudry, de Beaurepaire, etc. 

Maison de Th, Corneille à Lisors. — Le nom de 
Corneille qui vient d'être prononcé amène le secré- 
taire à raconter qu'hier, à l'assemblée générale de la 
Société deTHistoire de Normandie, M. l'abbé Hum- 
blot, curé de Lisors (Eure), admirant le beau portrait 
de Th. Corneille, a dit quau cours de ses recherches 
sur ce village, il a trouvé des titres constatant que lau- 
teur d'' Ariane a possédé dans sa paroisse une maison 
qui existe encore. La Commission se demande si on 
trouvera enfin à Lisors la solution du problème que 
soulève le titre de « sieur de l'Ile » pris par Th. Cor- 
neille. 

La séance est levée à quatre heures moins le quart. 



A. TOUGARD. 



m^ÊT 



243 



SÉANCE DU 29 JUILLET 1904 

Est ouverte à deux heures vingt minutes, sous la 
présidence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

En présence de MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, Deglatigny, G. Dubosc, Leblond, Pelay, 
de la Serre et Tabbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. Lefort, Le Verdier, Mali- 
corne, Milet, Sarrazin, de Vesly. 

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté 
sans observation. 

Correspondance imprimée, — Elle se borne aux 
articles suivants : Bulletin archéologique du Comité, 
1 904, T ; — Bulletin,** des Sciences hist. et naturelles 
de Semur^ ^902 et igo3. Semur, 1904; in-S»; — 
Bulletin,,, Midi de la France, n^^ 3i, 32, Toulouse, 
1903-4; 2 fasc. ; — Bulletin de la Soc, deLangres, 
no 69 ; — Bulletin de la Soc, des Antiquaires de 
r Ouest] 1904, 1 ; — Bulletin de la Soc, Dunoise, 
no 1 38 ; — Mémoires de la Soc. de F Aube, LXVII ; 
— Inventaire archéol, de Gand, xxxiv ; — Annual 
Report,,, ofthe U. S, National Muséum, Washing- 
ton, 1904; fort vol. in-80, très nombr. pi. 

Cathédrale du Puy, — M. Leblond appelle Tat- 
lention sur une grande photographie du portail de ce 
beau monument, dont l'architecture romane diffère 
si notablement du roman élevé en Normandie. 

Sceaux, — Après la simple mention d'un remar- 
quable sceau du xm^ siècle, à Tusage de Péglise N.-D. 
et Saint-Thibaud de Metz, M. Garreia analyse ainsi 
un second sceau qu'il présentée la Commission : 



244 

« Sceau elliptique en cuivre de Jacques Danviray, 
seigneur de Machonville, président de la Cour des 
Aides de Normandie, en 1678, à ses armes : 

» De gueules à la fasce d'or chargée de 3 croisettes 
alaisées -de gueules et surmontée d^un croissant 
d'argent. 

» Supports, 2 griffons, la tête contournée ; couronne 
de marquis d. 

Fontaine de la Crosse. — M. Deglatigny commu- 
nique, sur l'ancien édicule de ce nom, une aquarelle 
remarquable signée de l'artiste anglais S. Prout ( 1 784- 
i852). Elle diffère notablement de la gravure donnée 
par Millin (111, xxx, pi. i) et pose ainsi un intéres- 
sant problème ; ne faut-il pas craindre en effet que 
Garneray n'y ait fait une œuvre de chic, plutôt qu'un 
dessin soucieux de la précision archéologique? 

En y joignant un commentaire succinct, M. le Pré- 
sident lit deux testaments dignes d'attention, une pièce 
relative à un membre de la famille des Buret, fon- 
deurs ; celui-ci, Nicolas Buret, prit part comme ingé- 
nieur aux travaux du port du Havre; et enfin un 
compte de dépenses et de recettes pour iSgo-iSgi. 

Pouvoir des monnaies. — A cette occasion, M. Pelay 
demande quel rapport on peut établir entre la valeur 
des monnaies de cette époque et de celles de nos Jours. 
L'échange des réflexions que suggère celte question 
montre que les estimables travaux de Dupré de Sainte- 
Maure et de Leber ne permettent pas des conclusions 
générales. M. Drouet, après avoir rappelé que le pre- 
mier écu mis en circulation fut le double écu de 6 li- 
vres, en or, dont le métal valait en poids de 12 à 14 fr. 



243 

de monnaie actuelle, pense aussi qu'il reste encore 
bien des points douteux et obscurs. 

C'est qu'en effet les éléments d'information sont des 
plus complexes et modifiés par les considérations des 
lieux, des temps et des circonstances. A une époque 
encore récente, des ouvriers de la Basse-Normandie 
ne gagnaient que quelques sous par jour et ne laissaient 
pas de s'en contenter, ce qui prouve que les plus faibles 
monnaies avaient conservé chez eux une valeur intrin- 
sèque fort élevée. De même, les couvreurs qui vers la 
fin du xviiie siècle réparent le clocher de Londinières, 
n'étaient alors payés que 5 sous par jour, au lieu 
qu'aujourd'hui ils gagneraient 5 ou 6 francs. 

Dans ses Comptes du château de Gaîllon^ Deville 
évalue à une dizaine de francs la valeur de la livre 
tournois au commencement du xvi^ siècle, tandis qiie 
pour le règne de Saint Louis, M. L. Delisle la porte à 
27 fr., dans le Cartulaire normand. Or, au temps 011 
ces livres s'imprimaient, la viande ne se vendait, dans 
la banlieue de Rouen, que 8 sous la livre, quoiqu'elle 
y vaille maintenant près de 2 fr. le kilog. Néanmoins 
le pain n'a jamais éprouvé des écarts de prix aussi 
grands ; ce qui achève de rendre fort difficiles les rap- 
prochements d'évaluation même empruntés au prix 
des dernrées. 

Eglise Saint'Maclou. — La Commission appren- 
dra avec plaisir qu'elle a enfin obtenu entière satisfac- 
sion pour le côté nord de ce bel édifice. Car non seu- 
lement la grille de protection a été posée, mais en outre 
le secrétaire a pu admirer un bon travail de restaura- 
tion du pied de la muraille. Exécuté depuis bien des 
années déjà à la cathédrale, il était ici bien plus néces- 



246 

saire à cause de la malpropreté «ordide du sol avoi- 
sinant. 

Bulletin, — M. le Président distribue alors les pro- 
cès-verbaux de Tannée 190?, qui commencent le 
tome xni de notre Bulletin. 

Arques. — Antiquités diverses. — En excusant son 
absence, M. de Vesly a envoyé à M. de Beaurepaire 
la note suivante ; 

« La tombe qu^on a rencontrée sous Tarbre qui 
s'épanouissait au milieu du chœur de la maladrerie 
d'Arqués était formée par une maçonnerie en moel- 
lons et présentait en plan la forme trapézoïdale des 
sarcophages de pierre. Ses dimensions étaient, pour la 
largeur, 0^40 eto™ 53 ; et pour la longueur intérieure, 
2"o5. Six moellons inclinés en forme de toit compo- 
saient le couvercle de ce curieux tombeau. 

» Le mobilier comportait des vases en terre vernis- 
sée ayant contenu du charbon. Ces vases étaient brisés 
et lesossements tombaient en poussière. La sépulture 
est incontestablement du moyen âge. 

» Le />i/î75 retrouvé non loin de remplacement de 
la chapelle présente une section rectangulaire de i" 08 
sur i^^So. Les parois de ce puits sont construites en 
maçonnerie de moellon et sans aucun art ou appareil. 
Il est impossible, par cela même, de déterminer la date 
de sa construction. Cependant la fouille ayant été 
poussée jusqu'à 4 mètres de profondeur, je crois que 
malgré les ossements et objets recueillis jusque là, ce 
puits ne peut être classé parmi les fosses funéraires. 

» J'ai en effet reconnu dans les débris extraits, à la 
profondeur atteinte, c'est-à-dire à 4 mètres, des vestiges 



247 

de poteries vernissées caractéristiques du moyen âge 
ainsi que des tuiles de très petite épaisseur. 

» L'étude et un examen attentif me portent à expri- 
mer l'avis que \e puits de la Pyramide est une basse 
fosse comblée au moyen de remblais provenant des 
démolitions dé la maladrerie et des environs de la 
ferme, que l'abbé Cochet a reconnus si riches en 
vestiges de Pépoque gallo-romaine ». 

M. de Vesly a ajouté qu'il vient d'entreprendre à 
Celloville une fouille qui fait espérer l'exploration 
d'une importante villa gallo-romaine. 

Avant de lever la séance M. de Beaurepaire donne 
lecture des notes ci-après : 

CONTRATS POUR LA CONSTRUCTION DE PONTS A ROUEN 

AU XVII* SIÈCLE 

Aux documents que j*ai publiés sur les projets de ponts 
à construire en remplacement du pont de la Reine Ma- 
thilde, ruineux et en partie démoli ; à ceux que notre col - 
lègue, M. F. Bouquet, a analysés avec son habileté ordi- 
naire, dans le Bulletin de notre Commission, j'en ajouterai 
trois qui m'ont paru intéressants et que je crois inédits. 

Le premier de ces documents nous fait connaître que, 
le i5 février 1618, une Société s*était formée entre Henri 
de Rouchas, sieur d'Aiglin et de Vachères, Louis de Boni- 
face, sieur de la Molle, Jacques Symsone, marchand écos- 
sais, et Pierre Loisel, sr de Perrières, pour l'exploitation 
d'une nouvelle invention de bâtardeaux, au moyen des- 
quels on pouvait travailler à la construction de ponts ou 
autres bâtiments, jusqu'à la profondeur de 36 à 40 pieds. 
Par acte passé au tabellionnage de Rouen, H. de Rouchas, 
en son nom, et au nom de de Louis Boniface, cédèrent 



248 

pour 2,000 1. leur droit à noble homme Jean Le CLer, 
bourgeois de Paris, qualifié l'un des entrepreneurs du 
pont neuf de pierre à construire à Rouen. On ne donne 
pas le nom de l'inventeur de ce genre de bâtardeau. H. de 
Rouchas pourrait bien n'avoir été cité, avant ses trois 
associés, qu'en sa qualité de principal bailleur de fonds. 

Dix ans après, un autre contrat, passé au même tabcl- 
lionage, vise un traité ou concordat conclu entre Adrien 
Pelet, architecte à Paris, et le même Le Cler, adjudica- 
taire et entrepreneur d'un pont de bateaux à construire, 
en attendant la confection du pont de pierre retardée par 
des difficultés imprévues. 

Ces difficultés ne firent que s'aggraver avec le temps. 
Un bâtardeau, construit vraisemblablement d'après l'inven- 
tion dont nous venons de parler, avait piteusement échoué 
et donné lieu aux railleries du public rouennais, dont 
David Ferrand se fit l'écho dans un chant de sa Muse 
Normande (t. I, pp. 48-50). Le projet du pont de pierre 
ne fut pas, cependant, pour cela abandonné. Un nou- 
veau bâtardeau fut construit, d'après un meilleur modèle, 
par Le Cler, qui insista, pour qu'on lui fournît les moyens 
d'exécuter son projet. Il exposait les lourdes dépenses 
dans lesquelles l'avaient entraîné la destruction de l'ancien 
pont de pierre; il insistait pour qu'on lui donnât un ali- 
gnement mieux choisi que le premier, qui n'était autre 
que l'emplacement de l'ancien pont dont les ruines étaient 
un obstacle à la pose de nouvelles piles. Il se plaignait des 
retards apportés à l'approbation de son plan, retards qui 
avaient pour conséquence la détérioration des matériaux 
qu'il avait amassés. Il y avait une Commission nommée 
par le Roi; mais par suite de l'absence du duc de Longue- 
ville, gouverneur de la province, elle ne se réunissait plus, 
elle n'était plus en nombre suffisant, et laissait le champ 
libre aux échevins de Rouen qui « avoient en aversion, 
non seulement les entrepreneurs, mais aussi l'entreprise, 
et qui avoient encore gasté le premier alignement à cause 



H9 

de la décharge des vuidanges de la ville qu'ils y faisoient 
faire pour traverser et anéantir l'exécution du contrat » . 

Il semble, du reste, soit dit pour la justification de la 
Ville, que le second bâtardeau n'eut pas plus de succès 
que le premier; c'est, du moins, ce que nous dit Ferrand 
dans la Muse Normande (t. II, pp. 27-30). 

A défaut d'un pont de pierre il fallut se contenter d'un 
pont de bateaux dont Le Cler fut l'entrepreneur. C'était 
un pis aller; pour revoir un pont de pierre on dut 
attendre jusqu'au xix® siècle. 

« Du lundi aprez midi dernier jour d'octobre mil vic xxii, 
en Tescriptoire du tabellionage de Rouen. 

» Fut présent Henry de Rouchas, escuyer, sieur d'Ai- 
glin et de Vachères, natif dud. Vachères en Provence, fai- 
sant sa résidence ordinaire en la ville de Paris, parr. S. 
Eustache, rue des Vieilz-Augustins, assocyé avec Jean- 
Louis de Boniface, escuyer, sieur de la Molle, Jacques 
Symsone, marchand écossois, et Pierre Loysel, sieur de 
Périers (i) en l'invention des batardeaulx pour construire 
les ponts et tottes sortes de bastimentz jusques à la pro- 
fondeur de trente six à quarante piedz dans l'eau, mouve- 
mentz applicables à moulins et autres machines et inven- 
tion desd. moulins par acte faict entr'eux le xve jour de 
febvrier mil six cens dix-huict, lequel, de son bon gré, 
tant en son nom que comme ayant les droictz 3ud. s"^ de 
la Molle, confessa avoir ceddé, quitté, remys et transporté 
sans aucune garantye à noble homme Jean Le Cler, bour- 
geois de Paris et l'un des entrepreneurs du pont neuf de 
pierre de la ville de Rouen^ présent, c'est assavoir : les 
droictz, partz et portions que lesd. sieurs de Rouchas et 
la Molle peuvent avoir ausd. inventions à cause de lad. 
societté, circonstances et deppendances d'icelle, pour par 
led. sieur Le Cler entrer en lad. societté, faire et disposer 
desd. inventions conformément audit acte d'association 

(i) Ailleurs Perrières. 

ï7 



25û 

comme il advisera bon estre et ainsy qu*€ussent peu faire 
lesd. sieurs de Rouchas et de la Molle, cessant la présente 
cession, à laquelle fin led. s** de Rouchas, audit nom, a 
subrogé led. s«" Le Gler en leur lieu et place, noms,dfoictE, 
raisons et actions, déclarant qu'il n'a communiqué lesd. 
inventions à personne, et promet ne les révéler cy-après, 
à peyne de tous despens, domages et intérestz, ceste ces- 
sion faicte à la charge par led. L^ Gler de fournir, satis- 
faire et acomplir touttes et chacunes les clauses et sub- 
missions à quoy lesd. associez se sont respectivement obli- 
gez les ungs vers les autres par led. acte du quatrième 
febvrier m. vi c dix-huict, dont chacun d'eulx est porteur; 
et deux d'icelles, au bas de Tune desquelles est la remise 
du sr de la Molle en datte du vingt-deuxième jour de juin 
mil six cens vingt, ont esté mises par ledit de Rouchas es 
mains dudit Le (3ler, moiennant la somme de deux mil 
livres, mil livres au jour de Pasques prochain et les autres 
mil livres au jour de S. Jean Baptiste. 

» De Rouchas, Le Gler, Moisson, 
Le Picart, Peset i. 

19 décembre i63o. — < Adrien Petit, architecque et 
bourgeois de Paris, reconnaît avoir reçu comptant de 
honorable homme Martin le Pelé, bourgeois de Rouen, à 
la décharge de Jean Le Gler, adjudicataire du pont de ba- 
teaux de céste ville et comme sa caution, la somme de 
750 1. t. ordonnée estre payée audit Petit par deux ordon- 
nances, l'une donnée de MM. les Gommissaires généraux 
et députés pour la construction dudit pont, dabtée du 22 
novembre dernier, et Tautre de M. de Mautheville, Tun 
des dits sieurs commissaires, dabtée du 14* de ce mois en 
exécution du traité et concordat fait entre lesdits Petit et 
Le Gler sous seing privé du 7 juillet 1628, recongneu aux 
Gonsulx (i) ledit jour et an (2) ». 

(i) Juridiction des prieur consuls de Rouen. 

(2) Il existe parmi les minutes du tabellionage de Rouen plu- 



« Du samedi ixe d'avril mil six cens trertté trois. 

» Fut présent Jean Le Cler, entrepreneur des ouvrages 
du pont neuf de pierre de la ville de Rouen, lequel a dé- 
claré et déclare que, en continuant et réitterant plusieurs 
autres déclarations et remonstrances cy-devant par luy 
faictes à Messieurs les commissaires députtez par le Roy 
pour la construction dudit pont en exécution du contract 
de l'adjudication desdits ouvrages, tant de ses deniers que 
dé ceux de ses associez, et n'ayant peu réussir à l'endroit 
pour ce désigné à cause des encombremens des cheuites 
et ruynes du vieil pont, estans dans rallignèment a eux 
baillé, il au'roit faict démolir à grands frais et de ses de- 
niers pour satisfaire aux ordonnances desdits s" commis- 
saires, et encores pour continuer Inexécution dudit con- 
tract, suyvant les lettres-patentes de Sa Majesté du xvi 
janvier m vrc xxix, il a faict bastir et édiffier une autre 
machine pour servir de bâtàrdeau, et ce du consentement 
et au veu et sceii desdits s^s commissaires, prîncipallement 
de Monseigr le duc de Longueville, Tun d'iceux, lequel 

siôurs actes concernant Tarchitecte Petit : « 2 mai i63o, honn» 
personne Adrien Petit, maître architecque en ceste ville de 
Rouen et Marie Dury, sa femme, demeurant en la paroisse S. 
Martin de Canteleu, donnent procuration pour parvenir au paie- 
ment de l'adjudication qui avait été faite audit Petit par décret 
de justice, de maisons situées à Paris dans le marais du Temple 
pour dettes de Charles Dury, père de la dite Marie. — 7 sept. 
1 63o, honnête femme Marie Dury, femme et épouse de Me Adrien 
Petit, maître architecque de ceste ville de Rouen. Signature de 
Petit. — 18 oct. i63o, honnête femme Elisabeth de Lambcr- 
ville, femme de noble homme Charles Dury, architecte ordi^ 
naire des bâtimens du Roi, demeurant à Paris, paroisse S. Ger- 
main l'Auxerrois, en précédent veuve de feu David Vimont (?), 
orfèvre et varlet de chambre du Roi, d*avec lui civilement sépa- 
rée, réservée, par son contrat de mariage passé au Châtelet de 
Paris, 19 juillet 162g, à la poursuite de ses droits. — 21 jan- 
vier i632, procuration de Marie Dury, femme d'Adrien Petit, 
maître architecte à Rouen ». 



252 

s'est transporté par deux fois sur le lieu où se faisoit ce 
travail, tant pour le considérer que pour recongnoistre 
en quel endroict led. pont pourroit estre placé commodé- 
ment, soustenant ledit Le Cler que ledit bastardeau est 
beaucoup plus artistement et industrieusement compose 
que le précédent, et capable pour la construction infail- 
lible de la première pille, estant prest de [le] mestre en l'eau 
dès il y a plus de dix-huict mois, sans néantmoins l'avoir 
peu effectuer pour ce que lesdits s«"s commissaires ne luy 
ont pas baillé un autre allignement ainsy qu'il les en a 
supliez et requis incessamment ; et d'autant que lesdits 
s" commissaires n'ont assemblé depuis le mois de décem- 
bre i63i, soit pour l'absence de mondit seig"* de Longue - 
ville, ou n'estant plus en nombre suffisant, et que cepen- 
dant ledict ouvrage faict et tous les matereaux aprestez 
pour ladite pille dépérissent grandement et se perdent 
faulte d'estre employez, au moyen de quoy ledit Le Cler 
et autres intéressez souffrent des dommages et intérestz 
très notables, comme estans en despence, par advance de 
leurs propres deniers, de la somme de deux cens mil livres ; 
partant ledit Le Cler, pour lui et ses associez intéressez, 
requiert derechef ausdits s« commissaires qu'il leur plaise 
lui donner ung autre allignement que le précédent, attendu 
qu'outre qu'il s'est trouvé mauvais à cause desdits encom- 
brements des ruynes et cheuttes du vieil pont, les si's com- 
missaires et eschevins de ladite ville de Rouen, ayant en 
aversion non seulement lesdits entrepreneurs, mais aussi 
ladite entreprise, l'ont encore davantage embarrassé et 
gasté h cause de la descharge des vuidanges de lad. ville 
qu'ilz y font faire pour traverser et anéantir l'exécu- 
tion dud. contract, offrant ledit Le Cler satisfaire aux 
clauses dudit contract en luy baillant ledit nouveau alli- 
gnement, et proteste de tous despens, dommages et inthé- 
restz soufferts et à souffrir, tant h cause des précédents 
retardementz qu'autres, s'il en eschet, et de tous les dépé- 
rissemens desdits ouvrages et matereaux, mesme de se 



253 

pourveoir comme il advisera, dont et de tout ce que des- 
sus ledit Le Cler a demandé acte pour luy valloir et ser- 
vir ainsi que de raison, comme disant s'estre ce jourd'huy 
transporté au greffe desdits s'? commissaires pour faire 
lad. déclaration, offre et protestation et en tirer acte, ce 
que led. Le Cler dit luy avoir esté refuzé par Me Despom- 
miers, greffier de lad. Commission. 

» Lecler, 
» Helye, Denis, Débonnaire, Pezet ». 

Si intéressante que soit pour nous Thistoire des ponts 
de Rouen, il nous importerait peut-être davantage d'être 
renseignés sur les travaux qui furent successivement 
entrepris au port du Havre et sur les habiles ingénieurs 
qui en furent chargés et qui contribuèrent ainsi à la 
défense de notre pays. 

L'acte suivant nous révèle le nom d'un de ces ingé- 
nieurs. Mais combien d'autres restent à découvrir ? 

Jean Régnier de Wyt, dit Jansse le jeune, entrepreneur 
de la construction du bassin du Havre de Grâce, confesse, 
le 19 juillet ] 635, avoir reçu comptant de noble homme 
Me Paul Le Conte, conseiller du Roi, Trésorier général 
de la marine du Ponant, la somme de 10,000 1. sur son 
ouvrage, conformément au traité fait avec le cardinal de 
Richelieu, en juillet 1634. 

Le 29 juillet de cette année i635, le même Régnier se 
qualifiant de noble homme, ingénieur du Roi, demeurant 
en la ville de Calais, avait fait marché avec Noël Dyvetot, 
maître maçon de Rouen, paroisse de Saint-Maclou, « pour 
la construction d'un mur au quai du Havre, depuis la 
Joue de r Écluse jusqu'au coin de V Hôpital, qui estoit de 
longueur 84 toises, au bassin que S. M. avoit ordonné estre 
fait en ladite ville suivant le devis et adjudication qui faite 
en avoit esté audit Jansse par M"* Desveulx (?), intendant 
des Finances, commissaire député parle cardinal de Riche- 
lieu. » Le marché est signé : Noél Diuetot, J. Régnier de 



Wyt dict Jaîisse le jeune, avçç paraphe (Tqb, dç Rouen, 

meubles). 

De ponts et de quais et de travaux d'ingénieurs, je 
passe à des constructions plus modestes» au^ jeux de 
paume qui eurent une réelle importance autrefois et dont 
nous ne pouvons nous faire une idée exacte par aucun 
monument actuellement subsistant : 

II septembre 1604. — t Furent présents Michel Du 
Hen, maistre masson en ceste ville de Rouen, Thomas 
Marc, maistre plastrier, et Jehan Couvé, maistre char- 
pentier audit Rouen, lesquels, pour effectuer le contenu 
au marché par eulx fait avec noble homme Jehan de Gi- 
verville, sieur du lieu (i), pour la construction d'un jeu de 
paulme couvert, dans un jardin et héritage appartenant 
audit S' de Giverville, assis en la paroisse S. Godart, rue 
de Flandres proche de la Rougemare, lequel ils doivent 
rendre prest et agréé dans le jour St Michel i6o5, par le 
prix de 8,000 l. pour toutes choses généralement quel- 
conques, jouxte le marché et devys faits sur ledit basty- 
ment, qu'ilz ont signé et datte de ce jour d'huy, de leur 
bon gré confessent lesdits Du Hen, Marc et Couvé, avoir 
fait et font par ces présentes entre eulx l'accord qui ensuit 
assavoir que ledit Couvé demeure chargé de faire et par- 
faire ledit jeu de paulme pour le fait de la charpenterie sui- 
vant le contenu audit marché et devys, tant pour le bois 
nécessaire que payne d'ouvriers pour ledit mestier de char- 
penterie, moyennant la somme de 2,220 1. 1., prix convenu.» 
En a receu, par les mains de Du Hen 400 1. — Thomas Marc 
chargé « de faire et agréer ledit jeu de paulme avec les ais 
et receultes, 5,66o 1. dont il avoit reçu 480 1. ». 

(i) Frère de François de Giverville, sr du Buisson^ conseiller 
en la Gourdes Aides, d'Antoine et de Gilles de Giverville, 61s 
et héritiers de Ch, de Giverville, notaire et secrétaire du Hoi, 
14 juillet 1597. 



355 



Suivant le prix du marché fait avec le propriétaire, il 
ne serait donc resté à Du Hen, maître maçon, que 
120 l.,qui nous paraissent représenter les honoraires d'un 
architecte directeur des travaux, plutôt que le prix de 
marché d'un entrepreneur. 

Autre contrat, du 1 8 avril 1 6o5, relatif à un jeu de paume, 
dit de la Petite Bête. « Jacques Bar jolie et Pierre Blondel, 
mâchons à Rouen, donnent quittance de 400 1. pour avoir 
sellé et maçonné de pierre de taille tout ce jeu de paume 
de la hauteur de 22 pouces tout de pierre dure du Val- 
des-Leux, pour avoir fondé de bittes tous les pots qui y 
étoient établis, pour avoir maçonné sous les deux toits des 
deux bouts de la hauteur de 7 pieds ou environ sur la lon- 
gueur de 20 pieds, et en outre pour avoir fait une béture 
au mitan d'icelui ». Ce jeu de paume appartenait alors à un 
nommé Marian Pollet. 

Le jeu de paume du Verdelet, rue des Carmélites, fut 
acheté le 18 novembre 1721, de Louis de Cotton, s«" du 
Vertbois (G. 9291), par les dames de la Charité de Rouen 
« pour former la demeure des pauvres prêtres infirmes du 
diocèse, en augmentation de la fondation faite par la de- 
moiselle Mesnager (la sœur du diplomate), sous cette con- 
dition que, dans le cas où ladite fondation n'eût pas lieu ou 
vînt h être supprimée, ledit jeu de paume tournerait au 
profit de l'Hôpital général » (Arch. de la S.-Inf., G. 9283J. 
Les pauvres prêtres l'occupèrent peu de temps; mais ils 
en conservèrent la propriété après qu'ils se furent établis, 
d'abord provisoirement sur la paroisse Sainl-Nicaise (rues 
de la Moelle et Coignebert) ; ensuite et définitivement, 
en 1742), au faubourg" Bouvreuil, dans les bâtiments des 
religieuses du Val-de-Grâce. 

On lit dans les comptes des pauvres prêtres de 1741-42 : 
« Pour avoir noirci le jeu de paume, 12 1. ; pour avoir dé- 
tendu les filets et les avoir retendus, 7 1. 4 s., 1741 ; pour 
avoir raccommodé les filets du Verdelet, 3o 1., 1742 » 
(Arch. de la S.-Inf, G. 9*327). 



256 



Le séminaire Saint-Louis (c'était le nom de la maison 
des pauvres prêtres) fut autorisé par lettres- patentes du 
mois de sept. 1754 à aliéner le jeu de paume du Verdelet^ 
alors loué au nommé Douville dit Duval, pour 65o 1. par 
an. Il fut adjugé, le 14 mai lySS, pour i2,85o l., à M. Thi- 
bault, maître chirurgien de la ville, et devint alors, je crois, 
une maison à usage d'habitation particulière (Ibidem^ 
G. 9202). 

La séance est levée à trois heures et demie. 



A. TOUGARD. 



257 



SÉANCE DU 27 OCTOBRE 1904 



Elle est ouverte à deux heures un quart, sous la pré- 
sidence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Membres présents : MM. P. Baudry, G. de Beaure- 
paire, D^ Coutan, Deglatigny, G. Dubosc, Garreta, 
Leblond, P. Le Verdier, Pelay, Ruel, Sarrazin, de la 
Serre, de Vesly et l'abbé Tougard. 

Le procès-verbal de la dernière séance est adopté 
après lecture. M. de Vesly a été plus loin amené à y 
rectifier une confusion de noms de pays. 

Correspondance imprimée. — Son dossier com- 
porte : Société des Antiquaires de France^ journée 
du II avril 1904 (Centenaire), in-4®; — Société des 
Amis des Monuments rouennais, Bulletin, 1908; 

— Congrès archéologique de France, session LXIX, 
Troyes et Provins, 1902, in-8«; — Bulletin hist, et 
philol. du Comité, 1903, 3-4, une livr. ; — Bulletin 
delà Soc, de l'Orne, XXIII, 2; juillet ^904; — 

— Bulletin de la Soc, archéoL de Nantes, 1904, i ; 

— Revue de l'Avranchin, XII, 2; — Bulletin de la 
Soc, archéol, d"^ Eure-et-Loir, août et octobre 1904, 
2 livr.; — Bulletin de la Soc. Dunoise, n® i36; — 
Bulletin de la Soc. de Soissons,,X', — Bulletin 
de la Soc. des Antiq. de Picardie, 1904, i; — 
Bulletin de la Soc. des Antiq, de la Morinie, 211; 

— Mémoires de la Soc. d* Orléans^ 1904, i; — 
Gand : Inventaire archéol., 35; Bulletin de la 
Soc. d'Hist. et d' Archéol., no 6; Annales, item, 
V, 3; — Kongl Vitterhets historié y 1898-9, 190 1-2 



258 

2 vol ; — Congrès des Soc. savantes : Discours de 
MM. Esmein et Bayet. 

Entre toutes ces publications, M. le Président 
signale l'intérêt particulier que doit inspirer à la Com- 
mission celle des Amis des Monuments rouennais. 
M. Pelay, enregistrant avec reconnaissance cette flat- 
teuse appréciation, constate une fois de plus qu'une 
très grande part de la valeur de ce Bulletin réside dans 
le troisième article que M. de Beaurepaire a bien 
voulu fournir sur les architectes locaux. Il a ainsi 
atteint le commencement du xvi^ siècle. M. Pelay ose 
espérer que cette précieuse collaboration ne sera pas 
refusée aux prochaines livraisons; sur quoi M. de 
Beaurepaire veut bien l'assurer de toute sa bonne 
volonté. 

Explorations archéologiques, — M. de Vesly a 
le premier la parole; et après avoir remercié M. le 
Président de son obligeance à fixer notre réunion à 
cç jour, il intéresse vivement ses confrères par un 
résuiné très somniaire des trois mémoires qu'il a pu 
écrire sur les antiquités d^Oissel, de Gelloville et de 
Mesnières ; il en fait circuler en même temps les prin* 
çipaux échantillons, et il mettra par écrit pour le 
Bulletin, la substance de ^es observations les plus im- 
portantes. Les voici : 

Fouilles de la l![are du Puits^ en 1903. — M. de Vesly 
dit qu'il ne recommencera pas la descriptipn du canton 
de la Mare du Puits, dans la forêt de Rouvray. Ce canton 
est suffisamment connu des membres de la Commission, 
devant lesquels il a exposé les résultats des explorations 
archéologiques faites depuis quelques années. Il aborde 
donc immédiatement la description des fouilles exécutées 



pendant la dernière campagne et de? résultats obtenus- 
Tout d'abord, M. de Vesly s'est employé k retrouver le 

périmètre de Tençeinte qui entourait le fanuro. li a 
retrouvé des sub^tructions formant un quadrilatère de 
68 mètres de longueur sur 48 mètres de largeur, Le saçel^- 
lum n'occupait pas le centre du péribole : il était beau- 
coup plus rapproché des murailles sud et ouest, Il a cons- 
taté de plus qu'un petit édicule avait existé entre la face 
sud du fanum et le mur d'enceinte. Etait-ce une ccUq ou la 
maison du Custos? Rien ne permet de répondre affirmati- 
vement. Cependant, c'est à l'entour des substructions de 
cet édicule qu'ont été recueillis, Tan dernier, des oursins 
et des haches néolithiques. C-est également vers la mu- 
raille sud que M. de Vesly a reconnu un charnier formé 
par des ossements de sanglier {sus scrofa)^ d*agneau5£ et 
de gbevreaux. (Note de M. Fortin, naturaliste.) 

En poursuivant ses recherches en dehors du péribole, 
M, de Vesly a été assez heureux pour découvrir un petit 
caveau qu'il a fouillé. Ce caveau mesurait i^gi de lon- 
gueur sur i''™48 de largeur. On accédait dans Tintérieur p^r 
cinq marches : un soupirail encore bien visible laissait 
pénétrer la lumière dans ce caveau dç près de 2 mètres de 
profondeur. Enfin, dans la muraille ouest, une petite 
niche semi-elliptique, de o™6q de hauteur et 0*^40 de pro- 
fondeur, avait été ménagée. Ce détail avait towt d'abord 
fait attribuer une destination funéraire au caveau décou- 
vert, puisqu'on était porté à voir dans l'arçosolium un abri 
pour une urne. 

M. de Vesly croit devoir écarter cette hypothèse, que 
la construction du caveau ne permet pas de conserver 
longtemps. C'est tout d'abord la construction des marches : 
celles-ci se composent de blocs non taillés ni dressés et de 
tuiles qui régularisent leur surface. De plus l'arcade de la 
niche est formée par des tuiles qui sont assemblées sans 
art; et, l'appareil de la muraille n'offre des pierres taillées 
que dans certaines parties formant harpes. Enfin si la 



26o 



construction du caveau n'est pas assez soignée, assez riche, 
pour indiquer un tombeau, ses dimensions écartent com* 
plètement cette attribution : car, pour faire pénétrer des 
corps, il eût fallu les descendre par une ouverture mé- 
nagée dans une voûte de couverture. Alors à quoi bon un 
escalier d'accès?. . . M. de Vesly croit donc que le caveau 
de la Mare du Puits n'est qu'une cella penaria, un simple 
cellier, une dépendance de l'agraria. 

Il est d'autant plus fondé à soutenir cette opinion, que 
le caveau était engagé dans les maçonneries ou plutôt 
dans les substructions d'une maison rustique dont il a pu 
retrouver le plan et dont il donne la description. 

L'habitation, qui présentait un plan rectangulaire, avait 
ses fondations construites avec de grosses pierres, ar- 
rachées très probablemant aux roches d'Orival, et dis- 
posées les unes à côté des autres, sans taille sur aucune 
de leurs taces, sans aucun parement, comme disent les 
hommes de métier. Au-dessus de ce soubassement s'éle- 
vait une muraille en pisé et la couverture était formée de 
paillotte ou de chaume Ce ne sont là que des hypo- 
thèses, ajoute M. de Vesly ; mais j'ai trouvé là de l'argile 
en grande quantité, tandis que le plateau en est dépourvu 
et que cette terre, enlevée par les eaux, a été déposée en 
zones sur les flancs du coteau ou dans les poches creusées 
dans la craie. Enfin, les tuiles qui sont représentées par 
de nombreux débris sur toute la surface du triège de la 
Mare-du-Puits, n'ont offert que des morceaux en quantité 
trop insuffisantes, au milieu des substructions rustiques, 
pour indiquer que celles-ci étaient protégées par de la 
céramique. 

Le plan que M. de Vesly met sous les yeux des membres 
de la Commission porte l'indication du balnéaire décou- 
vert en 1901, ainsi que de nombreuses constructions rus- 
tiques. Aussi cet archéologue émet-il l'opinion qu'à la 
Mare-du-Puits existait un « vicus gallo-romain ». Il veut 
y reconnaître le berceau d'Oissel, I'oscellus du ix^ siècle 



201 



et appuie son hypothèse sur la situation topographique. 
Les Romains occupent la hauteur; les Francs s'installent 
au Catelier et aux Clos Gosse où ils dorment dans leurs 
cercueils de pierre ; les Normands hivernent dans les îles 
du fleuve et les peuples du moyen âge construisent église 
et maisons au « ban Saint-Martin », sur la rive gauche du 
fleuve. Cest la loi géographique écrite dans ce vallon de 
la Malle à la naissance duquel le vicus gallo-romain a été 
retrouvé. 

Pendant cette communication, M. de Vesly a fait passer 
sous les yeux de ses collègues les objets par lui découverts 
et qui comprennent : plusieurs épingles en bronze et en 
os; un bracelet d'enfant, en bronze, un grand plat, une 
fibule en même métal, une spatule et une clé en fer. Un 
vase d'un joli profil, en terre noire, et de nombreux débris 
de poterie rouge, des tuiles, etc. Puis des statuettes de 
TAnadyomène toujours brisées en trois parties. Parmi les 
tuiles courbes, quelques-unes étaient employées pour pro- 
léger les arêtes vives des pierres. 

Enfin, des grands bronzes ont été recueillis dans les 
fouilles de 1908, ainsi que 45 petits bronzes ou monnaies 
saucées, ce qui porte aa chiffre de 480 les médailles 
trouvées à la Mare-du-Puits. 

Fouilles de Celloville. 

M. de Vesly demande à M. le Président de vouloir 
bien lui conserver la parole pour exposer l'Exploration 
archéologique qu'il a faite du plateau de Boos^ ainsi que 
les fouilles qu'il a pratiquées à Celloville. M. de Beaure- 
paire ayant répondu affirmativement, M. de Vesly le 
remercie et s'exprime ainsi : 

La Société d'Emulation m'ayant accordé le prix fondé 
par l'abbé Gossier, je résolus d'en employer l'argent à faire 
de nouvelles recherches et j'entrepris l'exploration archéo- 
logique du plateau de Boos. 



îi64 

Ce n'est pas la première fois que cette partie de notre 
département appelle votre attention. Dès i833, le maire 
de la commune de Celloville signalait à la Commission 
des Antiquités de la Seine-Inférieure les restes d'un camp 
romain (i). M. de Saulcy et Tabbé Cochet avaient aussi 
mentionné des vestiges antiques dans toute la région (2) et 
M. Vâussier a soumis plusieurs fois à votre examen, par 
Tentremise de votre honoré président, les témoignages 
d'une occupation par l'homme du territoire de Franque- 
ville â des époques reculées (3). 

Il y a quelques mois, je vous faisais connaître les pro- 
messes de découvertes que j'entrevoyais à Celloville. 

Je m*appuyais, d'ailleurs, sur l'autorité de D. Toussaint 
Duplessis et de notre dévoué secrétaire, M. l'abbé 
Tougard (4). 

Ces deux historiens font mention que Celloville est cité 
dès io35, dans les donations faites à l'abbaye de Sainte- 
Catherine, ainsi que dans le pouillé connu souS le nom 
d'Eudes Rigaud. Ils veulent que le nom de Celloville 
dérive du latin Séflonis villa^ et s'écrive avec un S et non 
un C. 

Quoi qu'il en soit, l'antiquité du lieu était précisée, et 
c'est au Thuit^ une des sections de Celloville, que je fis 
mes premières fouilles. J'y étais incité par le nom même 
du lieu, la présence d'Une mare, ainsi que par le vallon de 
Brunval ou de Saint- Adrien, qui, au nord, limite la pièce 
de terre appelée l* Enfer ^ dont M. Jean Mulot m'avait 
donné la libre disposition. 

Des murs arrêtaient toujours le fer de la charrue lors 

(i) Procès- verbaux, t. I, p. îgi. 

(2) L'abbé Cochet, La Seine-Inf, hist* et archêoLj p. 414* 

(3) Bull, de la Comm. des Antiq,^ année igoS, p. 47, 57 
et 89. 

(4) D. Duplessîs, Descrip. géog. de la Haute-Normandie , 
t. II, p. 779 , et abbé Tougard, Géog. de la Seine-Inf. Arron- 
dissement de Rouen. 



%6i 



des cultures ; il n'y avait qu'à enlever le peu de terre qui 
les recouvrait. Ce travail préparatoire devait révéler le plan 
de la construction et permettre d'opérer avec méthode. 
Dans le coUrs de cette opération, je m*aperçus bien vite 
que des additions et des modifications avaient été apportées 
au plan primitif, car le graphique donnait de grandes irré-* 
gularités. De plus, quelques murailles étaient chaînées de 
briques, tandis que la céramique n'entrait pas dans la 
construction des autres. 

Cette première observation éveillait mon attention; et, 
en continuant la délimitation des substructions, je ne tar« 
dais pas à en trouver l'explication. Un premier squelette 
fut découvert étendu parallèlement à une muraille N.-S. 
Le cadavre avait été inhumé là, les pieds au sud, et n'avait 
pas été visité. Il était entouré de gros blocs et une large 
tuile (tuguria) protégeait la tète. Aux pieds, un de ces 
petits vases vides, en poterie noire, semblables à ceux que 
Tabbé Cochet a trouvés dans la vallée de TEaulne, disait 
que la sépulture datait de Tépoque mérovingienne. Un 
second squelette fut bientôt trouvé dans des conditions 
identiques. Enfin une troisième sépulture fut découverte. 
Celle-là ne contenait que la partie inférieure du corps : le 
thorax et la tète avaient disparu dans la construction d'un 
mur allant de TE. à TO. Or, comme un couteau et un 
vase furent recueillis au milieu des ossements du bassin 
et des jambes, nul doute que l'inhumation avait eu lieu 
avant la construction de la muraille qui avait fait enlever 
le thorax. Il était démontré de plus que la villa avait été 
habitée par les Francs. Ceux-ci en avaient chassé les pre- 
miers occupants. Enfin, la villa avait été réparée et re- 
construite par de nouveaux possesseurs. 

Ce n'est pas la première fois qu*on observe des Francs 
dormant leur dernier sommeil sur les ruines des Gallo- 
Romains qu'ils avaient conquis. Néanmoins la découverte 
de Celloville présente de ce chef un certain intérêt, puis- 
qu'elle montre la continuité de Thabitation. 



264 

11 est une autre remarque qui fera classer la villa du 
Thuit parmi les stations gallo-romaines les plus curieuses, 
c'est sa richesse céramique. J*ai recueilli là plus de deux 
décalitres de débris de Samos et pu lire les noms des 
potiers : caratilli — gemen... — maelliaci — tacitvs et 
vAGiRO. — Ces sigles sont connus et figurent tous dans le 
t. XIII, 2e partie du Corpus inscriptionum latinarum. 

Cependant, dans les débris trouvés, il en est un qui 
veut une mention spéciale : c'est un morceau de grand 
bol (cheironiphon) en terre rouge, orné de reliefs. La 
décoration totale de la panse comportait huit motifs, 
quatre grands et quatre petits. Le fragment en ma pos- 
session en porte deux. Le grand sujet figure une Victoire 
tenant une patère, et une Diane avec la biche. Le petit 
sujet est placé sous une arcature que soutiennent des 
colonnes torses d'ordonnance ionique. Il représente une 
de ces scènes erotiques dans laquelle des mimes, un 
homme et une femme, se livrent à la débauche. 

Or, si le grand sujet est fréquemment représenté, il n'en 
est pas de même du second. Ces sortes de scènes sont peu 
connues parce qu'on hésite toujours à les publier. 

Le Musée de Naples possède une peinture provenant de 
Pompéï, que le colonel Famin a insérée dans la pi. XXXV 
de son ouvrage et q\ii reproduit une scène semblable à 
celle du vase de Cello ville. 

La majeure partie des objets recueillis ont été trouvés 
dans un appartement oti avait existé un hypocauste. Les 
piliers en avaient été détruits, et le vide laissé par leur 
démolition avait été comblé par des remblais de cendres et 
de charbons où gisaient pêle-mêle tous les témoins de la 
vie quotidienne des Gallo-romains. Aussi les ouvriers 
avaient-ils donné le nom de « poubelle » à la cavité où ils 
faisaient une bonne récolte. 

Voici la nomenclature sommaire des objets découverts : 
outre les vases dont il a été parlé, on a trouvé : sept 



265 

épingles en os, deux grandes aiguilles à chais rectangu- 
laires^ une cuillère à cupulc^cochlcare)^ une épingle, éga- 
lement en os, à la tête recouverte d'une lamelle d'or. Une 
petite cuillère en bronze {ligula) et trois bijoux sont sortis 
des déblais. 

La plus belle fibule est en bronze émaillé et affecte la 
forme crucifère. Toute rornementation de ce bijou donne 
les conjugaisons de quatre carrés, et une disposition spé- 
ciale des points présente toujours la croix gammée. Cest 
la persistance du Symbole chrétien qui m'a fait penser 
que ce beau bijou, qui peut dater du ive siècle, a appartenu 
à un des premiers chrétiens de notre région. 

Une autre fibule, de forme rhomboïde et en bronze 
émaillé, a été également retirée des fouilles. 

Le troisième bijou est un fragment de chaton de bague 
de forme ovale et taillé dans le corail. Il est gravé d'un 
signum ou plutôt d'un personnage vêtu du péplos, tenant 
un vase dans la main droite et une palme de la gauche. 

■ 

Le verre avait été très abondant dans la villa de Cello- 
ville. Malheureusement la culture des terres l'avait réduit 
en fragments trop petits pour être réunis. Cependant 
quelques fonds de fiole ont été recueillis ainsi qu'un petit 
guttus ou lacrymatoire. 

Les objets en fer étaient trop oxydés pour pouvoir 
offrir de l'intérêt, ou plutôt présenter des formes pouvant 
être bien déterminées. 

On ne saurait omettre dans cette énumération une 
petite statuette de Lucine. Cette divinité, qu'on rencontre 
souvent dans le voisinage des sources et des fontaines, 
était bien là à sa place. C'était au-dessous du Thuit, dans 
la vallée de Brunval, que jadis le Becquet commençait à 
couler. Aujourd'hui, les sources du ruisselet émergent à 
près de deux kilomètres plus en aval; mais le nom de 
triège des fontaines a été conservé au lieu d'émergence des 
sources primitives. Ce phénomène d'hydrologie a été fré- 

i8 



a66 

quemment signalé et a âouvcnt donné naissance à des 
légendes et à Tintervention deS fées (i). 

Non loin des anciennes sources passait le chefriin des 
Haleurs. C'était une de ces pistes que les pas de Thomme 
ont tracée, et qui permettait aux bateliers de se rendre en 
droite ligne de Poses à Rouen* Ce chemin, après être 
passé près du Thuit, de Celloville, traversait le vallon de 
Brunval, passait à la Croix-de-Belbeuf et gagnait Rouen 
par la côte Sainte-Catherine. 

Les fouilles, commencées à Celloville, seront pour- 
suivies à Normare, à Incarville et dans diverses localités 
du canton de Boos. 

Mesnières. 

Après ces deux communications, M. de Vesly résume 
les découvertes faites par les ouvriers qui, sous les ordres 
de M* Le Heurtcur, architecte à Neufchâtel, travaillent à 
la construction du nouveau clocher de l'église de Mes- 
nières et à la réfection de certaines parties de cet édifice. 

C'est d'abord la date de 1601, qui a été trouvée gravée 
sur une sablière du clocher qui allait disparaître. Puis la 
constatation d'un remblai de 3™5o d'épaisseur divisé en 
deux zones : la première, de i™5o, dans laquelle on a trouvé 
un vase du moyen âge en terre vernissée et contenant du 
charbon. Dans cette mênje zone ont été aussi trouvés deux 
pavés en faïence : un petit, de o™i3 de côté est à engobe 
verte et porte, au centre, une fleur de lis dans un 
losange; le plus grand, à couverte jaune, mesure o^^iS de 
coté. Il paraît provenir d'un tombeau et appartenait à la 
bordure du pavage qui composait ce monument : car on 
remarque, gravé en creux, rempli d'une couleur rouge, la 
partie inférieure d'un vêtement et le chiffre XI le, qui devait 
être la date du trépas du personnage. 

(i) L*abbé Cochet, Répertoire archéologique et historique de 
là Seine^Infériêure. 



267 

La seconde zone, de 1 mètres d'épaisseur, a montré : 
des sarcophages de pierre, sans couvercle, ce qui indiquait 
qu'ils avaient été visités; des moules de cloches qui ont été 
brisés, etc.; des vases en poterie noire, un scramasaxe, 
un poignard, une hache et une boucle de ceinturon en 
bronze, tous objets qui indiquent des inhumations de 
l'époque mérovingienne.. Car, il est inutile de le dire, les 
remblais visités par les terrassiers contenaient de nombreux 
ossements humains. 

M. Le Heurteur m'a promis, ajoute M. de Vesly, de me 
faire parvenir un plan indiquant l'emplacement des objets 
trouvés. Dès que je serai en possession de c^ document, je 
m'empresserai de le déposer aux archives de la Com- 
mission. 

Sur la destination des objets trouvés à Mesnièrès, la 
Commission, après un échange de réflexions, tombe 
d'accord que leur emploi le plus convenable est de les 
affecter au musée de Neufchâtel, sauf pourtant le cas 
où quelques pièces semblables y figureraient déjà et 
manqueraient encore au Musée départemental. 

M. le Président remercie notre collègue et le félicite 
du zèle qu*il déploie dans ses recherches archéolo- 
giques, couronnées d^ailleurs ^es plus encourageants 
succès. Il présente ensuite quelques observations sur 
des points de détail. 

Saint' Aubin- Celloville. — Le nom véritable et pri- 
mitif de son annexe est Serloville, que la pronon- 
ciation et récriture ont plus tard doublement défiguré. 
Quant à l'appellation des Fous^ elle n'a été ni an- 
cienne, ni durable, et ne prit cours qu'à la suite d'un 
établissement qu'y forma quelque temps un parti- 
culier dans des vues de lucre. 



268 



Tutt. — A l^égard de ce mot, qu'on a témérairement 
dérivé de tectiim, au temps 0(1 Ton faisait du latin le 
principe de toutes choses, M. de Beaurepaire y voit 
avec les antiquaires Scandinaves un mot des langues du 
Nord, qui signifie essari. On trouve en efifet dans ces 
hameaux des traces de défrichements, qui remon- 
teraient ainsi aux origines de la domination nor- 
mande. M. de Vesly fait remarquer qu'au Congrès de 
Bordeaux M. de Lasieyrie a complètement écarté cette 
dérivation. M. le Président cite alors les noms de 
MM. Worsaë, Fabricius, etc., dont le sentiment parait 
préférable. 

Puits, — En cet ordre d'idées, M. Le Verdier 
suppose que les lieux dits de ce nom devraient s'écrire 
puy, dérivé dQ podium, avec le sens de « tertre ». Ce 
n'est qu'une simple conjecture, qui ne provoque 
néanmoins aucune contradiction. 

Le même membre lit alors la note que voici : 

Antiphonaires manuscrits de Belmesnil. — M. Le Verdier 
présente un volume manuscrit, de format grand in-40, fai- 
sant partie d'une série de sept volumes, qui ont appartenu 
à la fabrique de Téglise de Belmesnil, dont il s'est rendu 
acquéreur et qu'il vient d'offrir à la bibliothèque munici- 
pale de Dieppe. 

Ces volumes sont intitulés : 

Graduale ecclesiœ Rothomagensis, tomus, I, 1738; 
tomus II, 1760; tomus III, 1769; 

Antiphonale ecclesiœ rothomagensis, tomus 1, 1773 ; 
tomus II, 1775; tomus 111, 1776; le tome IV, qui a perdu 
son titre, n'est pas daté. 

Ces livres de lutrin n'offrent qu'un très médiocre inté- 
rêt. Ecrits en rouge et noir, à Tencre ordinaire, ils ont été 
composés, texte et musique, à Taide de vignettes à jour ; 



\ 



\ 



209 

ils ne contiennent ni figures, ni ornements, pas même 
une lettre ornée. Et je n'aurais pas pensé à entretenir la 
Commission d'un si mince sujet, si Tabbé Cochet, dans 
ses Eglises de V arrondissement de Dieppe^ ne les avait 
mentionnés, en hasardant à leur endroit une assertion 
toute gratuite. Il s'exprime ainsi : « Pour ne citer qu'un 
exemple de la patience et de la piété des châtelains de 
Belmesnil, nous signalerons six gros in-folio qui servent 
encore au lutrin de Tcglise. Ce sont des antiphonaires et 
des graduels écrits et notés de la main même des seigneurs 
de Belmesnil, qui consacrèrent presque dix années de 
leur vie à cette œuvre bénédictine (1769-1778) ». 

Rien, pas même une note sur les gardes ou les reliures, 
ne révèle le nom du ou des auteurs de ces manuscrits. Or 
il est absolument invraisemblable que ce soit l'œuvre per- 
sonnelle des seigneurs de Belmesnil. Quelqu'un, de bonne 
foi et sans examen, a pu se le figurer en i85o, a fourni ou 
proposé cette attribution au très savant mais très pressé 
abbé; et celui-ci, sans recherche ni contrôle, a reproduit, 
dans sa notice sur l'église de Belmesnil, la note recueillie 
sur son carnet. 

La seule chose certaine, c'est que les manuscrits ont été 
composés pour l'église de Belmesnil. Voici qui suffit à le 
démontrer : au tome IV de l'Antiphonaire, l'office de 
S. Rémi est intitulé : In festo Sancti Remigîi^ episcopi, 
patroni ecclesice de Belmesnil, Et puis, au même volume, 
dans un supplément, on trouve ajoutées deux antiennes 
in festo Sancti Michaéîis^ et l'église possédait une chapelle 
fondée en bénéfice sous ce vocable. Au tome III du Gra- 
duel, au milieu des offices communs, on rencontre encore 
une messe votive du Saint-Sacrement, titre de la confrérie 
de charité de la paroisse ; enfin une messe votive de Saint- 
Adrien, très honoré dans la contrée et la paroisse. 

Cette dernière circonstance pourrait à la rigueur venir 
au secours de l'attribution de l'abbé Cochet, puisque cette 
addition n'est autre chose que l'office du patron du der- 



370 

nier seigneur de Bçlmesnil, Charles-Adrien de Quiefdç- 
ville, né en 1698, mort en Ï786, et de son fils, dernier du 
nom, Charles Adrien de Quiefdeville, chanoine de Rouen, 
né en 1734, mort en 182^, Mais on pourrait répondre 
aussi que le çalligraphe a pu vouloir ainsi rendre hommage 
au seigneur de la paroisse, 

La composition des $ept manuscrits, commandée en 
1738 et interrompue jusqu'en 1760, n'était pas achevée en 
1776 : à cette dernière date, Charles- Adrien de Quiefde- 
ville, seigneur de Belmesnil depuis 17 14, avait déjà 
soixante-dix-huit ans. Et puis il avait eu toute sa vie 
autre chose à faire que s'amuser à composer, avec des 
plaques découpées à jour, des livres liturgiques, même 
pour sa paroisse : bailli vicomtal de LongueviUe depuis 
1725, il était devenu, en 1744, lieutenant général et parti- 
culier civil, Premier Conseiller criminel et Commissaire- 
Examinateur au bailliage de Caux, siège d'Arqués. 

Or cette fonction, qui équivalait assez à la présidence 
d'un tribunal d'arrondissement, augmentée des obligations 
d'un juge d'instruction, et qu'il conserva jusqu'en 1778, 
était loin d'être une sinécure. Et je ne compte pas encore 
les autres charges dont M. de Quiefdeville fut revêtu, 
celles de Subdélégué de l'Election d'Arqués, de BailJi de 
la haute justice de Dieppe, de maire de cette ville. Il faut 
dgnc l'écarter. 

Il avait plusieurs soeurs et un frère, nés de 1700 à 1711 : 
je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. 

Il eut neuf enfants, nés de 1725 à 1735, et qui certaine- 
ment n'ont pas composé le premier tome, daté de ï738; 
je sais bien que les autres volumes sont datés de 1760 
à 1776 ou 1778. 

Les deux volumes de 1738 et 1760 se ressemblent assez ; 
les autres, écrits aux années 1769 et suivantes, sont moins 
soignés, et l'encre en est moins bonne. 

Mettons, si rpn veut, que les deux premiers sont 
l'œuyre de quelqu'une des sœurs du lieutenant général et 



2yx 

les suivants celle de quelqu'une de ses filles, inoccupées 
nu manoir seigneurial, ou de son fils, le futur chanoine, 
remplissant ainsi les loisirs des vacances de ses années 
d'étude ou de séminaire. 

Je crois, quant k moi, que ces volumes ont été écrits 
par les prêtres de la paroisse, beaucoup plus aptes d'ail- 
'leurs à une telle entreprise. En effet, pendant tout le 
xynie siècle, les signatures relevées av^x registres d^ çatho»- 
licite attestent la présence è Belmesnil, concurremment, 
d'un curé et d'un chapelain qui devait être peu occupé, 
Jacques Mullot en fut curé de J730 à 1750; Bréard, de 
lySo à 1751 '^ J.-C. Bonnechose, de 1751 à 1783. Celui-ci 
ét^it chapelain depuis 1745, et, après sa promotion à la 
cure, je trouve les noms de Greny, prêtre, 1747; Nicolas 
Delamare, prêtre, 176 3; Vincent (Alexandre), clerc, 1754; 
François Vaudé, prêtre, 1784. 

Je ne me serais pas attardé a ces détails, si la mention 
du très éminent historien des églises cauchoises n'était de 
nature à attirer l'attention sur ces manuscrits : sa mé- 
moire me pardonnera d'avoir critiqué sa téméraire attri^ 
bution(i); et, si d'aventure quelque antiquaire avait la 
curiosité d'ouvrir les volumes que les Églises de Farron^ 
dissetpent 4c Pieppe signalent à Pelmesnil, cette note 
l'avertirait que c'est à la bibliothèque dç Dieppe qu'il 
devrait aller maintenant les chercher. 

Cadran à boussole, — Au nom de notre confrère 
M. Milet, M. Leblond présente à la Commission une 
pièce dMvoire (80 Xq^ "'/'") travaillée avec un goût 
exquis. Cest un de ces cadrans à boussole, dont la 
fabrication valut aux ouvriers dieppois, des xvii^ et 
xvm^ siècles, une juste renommée. C'est merveille, en 

(i) L'attribution a été reproduite dans la Géographie du 
département de la Seine-Inférieure de MM. les abbés J. Bunel 
et A. Tougard. 



37a 

effet, que sur des surfaces si restreinies, ils aient su 
graver plusieurs disques avec chiffres des heures, 
phases de la lune, les jours de chaque mois avec les 
douze mois, des noms de ville, un calendrier per- 
pétuel, un cadran solaire et petit appareil pour Tadap- 
ter à la latitude où l'on observe. 



« On avouera sans peine, conclut avec raison 
M. Milet, qu'un concours varié de savants, d'artistes 
et d'artisans n'a pas été de trop pour faire de nos 
cadrans maritimes ou terrestres de vrais petits chefs- 
d'œuvre d'utilité et de goût «. Charles Bloud, qui se 
qualifie Tinventeur, est le plus connu de ces ivoiriers 
en cadrans dont il a signé plusieurs. Notre confrère 
signale encore Gabriel Bloud, Ephraïm et Jacques 
Senécal, François Saillot et Jacques Lecomte. 

La Commission, qui a pris le plus vif iniérétà cette 
communication, souhaite que lors du tirage du pro- 
cès-verbal, M. Milet veuille bien l'enrichir de la gra- 
vure qui orne la notice de son futur catalogue du 
musée de Dieppe. 

Matrice de cachet. — M. Leblond met également 
sous les yeux de ses confrères une matrice rectangu- 
laire de cachet, rendue octogone par la suppression 



273 

des angles (34X37"/"*). M. Garreta le blasonne 
ainsi : 

<c De. . . au mont de dix coupeaux de. . ., surmonté 
d'un chien assis de... ; au chef de... chargé d'un 
soleil de. . . accosté de deux étoiles de. . . L'écu ovale 
(16 X 14 ™/°') est entouré d'un lambrequin ». Ce 
doivent être les armes d'un bourgeois du xvin« siècle 
qui n'a pas osé les surmonter d'un heaume. 

Le manche de la matrice, tout en fer et conique, ne 
mesure pas moins de 14 centimètres de longueur; une 
empreinte en cire est réservée pour l'album de la Com- 
mission . 

Eglise de Neuf marché, — M. L. Régnier, d'Evreux, 
a appelé l'attention du docteur Coutan sur des débris 
romans du portail primitif qui ont été relégués dans 
les combles de l'édifice. Il serait fort intéressant, con- 
clut-il, de les encastrer en quelque endroit propice de 
la muraille, comme notre collègue M. Lefort l'a si 
heureusement opéré dans la nouvelle église de' Saint- 
Saëns. 

Cette proposition est fortement appuyée parla Com- 
mission. Il reste à déterminer les voies et moyens 
d'exécution. L'église est bien classée parmi les monu- 
ments historiques du département. Mais sans recourir 
à cet argument qui donne lieu à des formalités et 
ainsi à des retards, le plus simple et le meilleur est de 
faire prendre, par la commune, une délibération con- 
forme visant l'avis très favorable de la Commission. 
En joignant à la demande un devis en bonne forme, 
l'affaire sera soumise à la Commission départemen- 
tale qui pourra y affecter le faible crédit qu'elle com- 
porte. 



274 

Fonts de Contevilîe. — Puisqu'il vient d^éîre parlé 
d'un monument historique, M. Pelay rappelle que, le 
10 août dernier, le Ministrçde Tlnstruction publique 
et des Beaux-Arts a pris, sur la propoçition de M, le 
Préfet, un arrêté qui classe parmi les monuments 
historiques (obje^ts mobiliers) les fonts baptismaux de 
Contevilîe^ ancienne paroisse, aujourd'hui simplç 
hameau de Paluel. C'est une cuve circulaire du 
jiMi^ siçcle, en plomb estompé, posée sur un socle en 
pierre. 

M. G. de Beaurepaîre expose de vive voix une note 
qu'il a ainsi rédigée : 

NOTE SUR UNE PIERRE TOMBALE DE LA FAMILLE DB CAMPION 

A rintersection de la route départementale d'Elbeuf au 
Neubourg et du chemin qui va de Saint-Cyr-la-Campagne 
à Tourville se trouvait autrefois l'église de Saint-Ouen-de- 
Poncheuil. La paroisse fut supprimée et réunie à celle de 
Saint-Amand-des-Hautes-Terres. 

Dans ce lieu solitaire et sauvage, remplacement de 
l'église est aujourd'hui marqué par un calvaire et par une 
pierre tombale. Cette dalle, bien qu'elle ne porte pas 
leur nom, rappelle le souvenir des trois frères de Campion, 
Alexandre, Nicolas et Henri, qui furent amis du grand 
Corneille, 

Alexandre, homme de cour, fut mêlé à toutes les in- 
trigues comme à toutes les galanteries du temps d'Anne 
d'Autriche; Nicolas fut prieur de Vert-sur- Avre; Henri, 
gentilhomme du duc de Beaufort, frondeur incorrigible 
sinon convaincu, est l'auteur de curieux mémoires sur la 
fin du règne de Louis XIII et les premières années du 
régne de Louis XIV. C'est non loin de là qu'il donna 
asile, dans son manoir, au duc de Beaufort fugitif, plus 
tard au duc de Longueville. 



2^5 

Il est à craindre que la pierre tombale placée sur le sol, 

au pied de la croix, couverte dç lierres et de mousse, ne 

vienne à disparaître un jour ou Tautre, Pendant qu'il en 

est temps encore, nous avons cru intéressant d'en fixer le 

souvenir. 

ICI 

FUT L'ÉGLISE DE S^-OuEN 

DUPONCHEUHX OU MONTPOIGNANT 

Ou REPOSANT LES ANCETRES DE LA NOBLE 

ET Ancienne famille dk Campion 

DEPUIS LE 1 5c SIÈCLE 

QUE GUILLAUME DE CAMPION CHEVALIER 

Sr DÈCAQUELON de thuissimer 

Epousa demoiselle Françoise 

de montpoignant, dame dudit lieu 

et successivement, 9 générations 

de pere en fils jusqua 

M. CHARLE FRANÇOIS DE CAMPION 
CHEVAUER 6f DE MONTPOIQNANT 

DÉCÉDÉ LE 6 7l"'e 177^ aGÉ Dp 68 AÎ^S 
ET SON ÉPOUSE NÉE d'e^NEVILÎ^E 

DE BARQUET DÉCÉDÉ i<P 20 avril Î747 

PASSANTS PRIEZ POUR EUX. 



CHARLE FRANÇOIS DE CAMPION 

DE MONTPOIGNANT CHEVALIER 

ET FRANÇOIS DE CAMPION ChEVALIER 

Commandeur de l'ordre 

DE St JEAN DE JÉflUSALEM LEURS FIL? 

Après la destruction de L'église 

ont de leur vivant fait placer 

cette pierre sepulcrale en mémoire 

de leur pere mere et aveux 

l'an de GRACE 1819 

DÉSIRANTS A LEUR MORT 

ÊTRE INHUMÉ PRES DEUX 

AJNSJ SOIT IL 



276 

FEANÇois Constant de Campion 

CHEVALIER COMMANDEUR ijl 

DE L*ORDRE DE S^ JEAN DE JÉRUSALEM 

DÉCÉDÉ A ROUEN Ic . l3 . JANVIER 182I . 

ÂGÉ DE 74 ANS ET HUIT MOIS INHUMÉ 

EN CE LIEU LE I4 DU D« MOIS ET AN 

PRIÉE DIEU POUR LE REPOS DE SON AME 

Londinières. — M. le professeur H. Cahingt, fils 
de l'estimable archéologue récemment décédé, a écrit 
à M. le Président au sujet d'une plaquette d'un tra- 
vail assez grossier, trouvée il y a environ sept ans, 
SOUS une borne déplantée au Vaubert^ au sud de Lon- 
dinières. On serait tenté d'y voir un témoin destiné à 
marquer Pabornement de l'ancienne forêt dts Arche- 
vêques de Rouen; mais la conjecture ne prendrait 
quelque probabilité que s'il s'en recueillait un second 
exemplaire. L'objet est aujourd'hui entre les mains de 
Tagent-voyer de Gournay.* 

M. Cahingt annonce en terminant la découverte à 
Londinières d*un cimetière gallo-romain qui a déjà 
fourni un certain nombre de sépultures. 

Dans sa lettre du 21 décembre au secrétaire, 
M. Cahingt ajoute que ce cimetière n'avait été que peu 
exploré. Aussi n*a-t-on mis au jour que quelques 
sépultures de forme classique, une caisse en bois, et 
divers vases de verre. Il signale en particulier deux 
cuillers en argent dont Tune est assez jolie. Il est 
probable qu'une exploration faite avec méthode don- 
nerait des résultats fort intéressants. 

Criel. — M. Pelay annonce qu'au commencement 
du mois a été signalée la reprise d'une exploration pra- 
tiquée sur le versant oriental de la vallée. M. Cotelle, 



277 

de Paris, a exhumé d'un cimetière antique, avec des 
ossements humains, des vases, des colliers et des 
armes. Les sarcophages de pierre ne sauraient remonter 
au-delà de l'époque franque. 

Récompenses archéologiques, — La Commission 
avait bien voulu approuver des vues soumises par 
M. Leblond, au sujet des avantages que procureraient 
ies témoignages officiels de satisfaction offerts aux per- 
sonnes qui auraient, à un titre quelconque, bien mérité 
de Tarchéologie. Notre collègue en a conféré avec 
M. le Préfet, qui est entré dans la même pensée et est 
tout disposé à récompenser ces louables efforts accom- 
plis pour conserver les vestiges du passé. 

La Commission observe que Ton n'aura que l'em- 
barras du choix dans l'attribution des médailles. H y a 
longtemps, par exemple, que notre confrère M. Ruel 
Ta pleinement méritée. On cite encore M. Harel, de 
Longueville, et plus près de nous, M. Vaussier, qui 
ne cesse d'apporter aux archives les meilleurs résultats 
de ses découvertes. 

M. Leblond, qui habite maintenant Dieppe, verrait 
avec bonheur décerner une médaille à M. Coche, 
maire de la ville, pour le dévouement qu'il a mis à 
obtenir la conservation du château : car c'est princi- 
palement à ses démarches actives et multipliées que 
nous devons le salut de cet important vestige du 
vieux Dieppe. 

Quant à la suscription qui donnerait à cet hommage 
son exacte signification, la Commission hasarde cet 
avant-projet : « Offert par M. le Préfet au nom du 
département de la Seine-Inférieure », et sur l'autre 



278 

face : « A M, Coche, maire. — Château de Dieppe, 
igo3'igo4 ». 

Colonne commémorative de la bataillé d'' Arques. 
— La mention de Dieppe inspire à M. Pelay une 
question sur Paffaire du rétablissement à Arques des 
inscriptions dont nous nous sommes déjà plusieurs 
fois occupés, 

M. Le Verdief rend compte des démarches qu'il a 
faites à la suite de la mission dont ses confrères Pont 
chargé. 

La nouvelle municipalité d'Arqués, élue en mai 
dernier, est, comme la précédente, favorable à ce réta- 
blissement et paraît disposée à concourir à la dépense. 
Mais le chiffre de celle-ci n'a pas encore été indiqué. 

M» le Maire d'Arqués a pris l'avis de notre collègue 
M. Milct, et celui-ci en a conféré avec M. Le Verdier. 
M. Milet propose que l'inscription à adopter soit celle 
que Ton lit sur une ancienne gravure représentant la 
colonne et paraissant dater de l'époque de la cons- 
truction. Quand au moyen d'opérer, il constate que 
cette inscription était tracée sur une plaque, qui pouvait 
être de marbre, scellée sur la base du monument. Cette 
plaque, une première fois arrachée, fut remplacée en 
avril i863 par une autre en fonte, qui a été enlevée à 
son tour en 1871. Une troisième destruction n'est pas 
impossible à prévoir. Graver sur le socle même de la 
colonne serait une solution prudente, mais paraît dif- 
ficile à cause des dégradations qu'ont laissées les scel- 
lements et les arrachements. M. Milet propose que le 
socle soit profondément entaillé, et qu'une pierre de 
10 à i5 centimètres d'épaisseur y soit logée, faisant 
corps avec la maçonnerie : l'inscription serait alors 



2^9 

gravée sur la pierre même du monument ainsi restauré. 

M. Leblond ajoute à cet exposé qu'il s'est entretenu 
également du projet avec M. Milet. Le maire d'Arqués^ 
dit'il, se demande si le monument n^est pas construit 
sur le territoire de la commune de Maftin-EgHse, Ce 
qui du reste paraît exact. Mais le monument qui est 
un but de promenade favori des touristes, intéresse 
spécialement le bourg d'Arqués. D'autre part, M. le 
Maire de Dieppe, pour le même motif, estime que cette 
ville devrait, elle aussi, s'intéresser à la conservation 
du monument, et pourrait peut-être s'y associer. 

La Commission approuve les dispositions proposées 
et charge MM. Le Verdier, Milet et Leblond de suivre 
l'affaire. 

Ces jours derniers, M. Fiquet, de Pavilly, a trans- 
mis à M. le Président la note intéressante dont suit la 
teneur : 

Cimetière de Goupil Hères. — Pied de croix en 
pierre du XVP siècle. — « Dans le cimetière de 
Gôupîllières existe un pied de croix en pierre de forme 
carrée, mesurant en hauteur î*3o, et élevé au-dessus 
du sol de 42 centimètres, au moyen de deux degrés en 
pierre. Il supporte une colonne également en pierre, 
haute d'un mètre, ornée de branches et de feuilles de 
lierre finement sculptées, sur laquelle fut placée, au 
siècle dernier, une croix en fer chargée d'un Christ. 

» Ce pied de croix est orné sur ses quatre faces de 
sculptures représentant les instruments de la Passion ; 
de plus, à la partie supérieure sont deux inscriptions 
exposées l'une au sud et l'autre à l'est, et deux 
écussons armoriés situés l'un au nord et l'autre à 
l'ouest. 



28o 



Côté du sud : 

EN LAN MIL VN CINQ. CENT 
AVEC CINQ.VANTE CETTE 
CROY DVN BEL ENFANT 
INNOCENT FVT CY 
CONSTRVITC ESTEOYE 
PASSANTE BENIT COHE 
LEGLIYE DE PNT PAR LAVIS 
DE TOVS LES PARROISSIENS 



Côté de Vest : 

EN.CES.TVY.LIEV.OV.ESTOIENT. 
LORS . PNTZ . BIEN . QVATRE . MIL , 
QVI. VALLENT. DEVX . VINCTZ . 

CENTZ . CESTOIT . ROMMAIN. 

AVEC . ROBERT . SON . FILZ . QVI . 

LA . PAYA . DOMOENE . DES . 

VINCENTZ . PRIONS . A . DIEV . 

QVEN .GLOIRE . ILZ . SOIENT . PREFIX . 



» Ecussons : côté du nord : Paie de,,, et de.., 
de six pièces au chef de, , . 

» Ecussons : côté de l'ouest : Echiqueté de,,, et 
de, . . à la bordure de, , , 

» Ces ecussons sont : l'un aux armes des d'Esneval : 
Paie d'or et d^a^ur de six pièces au chef de gueules ; 
l'autre aux armes des de Dreux : Echiqueté d'or et 
d'^a^ur à la bordure de gueules, 

» En i55o, le patronage de Téglise de Goupillières 
appartenait à la baronnie d'Esneval à cause du fief du 
Plessis, sis. en cette paroisse, et pour lequel Nicolas de 
Dreux, héritier de Jacques de Dreux, son père, pro- 
duisant le dénombrement de la baronnie d'Esneval, 
rendit aveu au Roy en la Chambre des Comptes de 
Pari«, le i8 mars i538. 

» La famille Vincent semble avoir tenu longtemps 
le fief du Plessis; Romain Vincent rend aveu à la 
baronnie d'Esneval dès i532; Robert, son fils, pro- 
duit des aveux de iSôg à 1576 ; ses enfants en pro- 
duisent en i58o; d'autres membres de cette famille 
en rendent durant tout le xvii« siècle, et le 2 3 novembre 
1775 Marc et Marins Vincent rendent encore aveu 
pour ce même fief ». 



28 1 



Monvilie. — Le médecin Choinet. — M. le Pré- 
sident résume de vive voix l'intéressant dossier qu'il 
a formé sur ce personnage, reconnu maintenant pour 
Tauteur du Rosier des Guerres, longtemps attribué à 
Louis XI. 

On rappelle à cette occasion que la dalle tumulaire 
de Choinet se voyait jadis dans le chœur de Mon- 
ville. Par suite de restaurations successives opérées 
dans cette église^ la pierre, d*abord transférée au bas 
delà nef, a été enfin reléguée dans une des dépen- 
dances de la mairie. La Commission estime qu'il serait 
bien à propos de la rétablir contre un des murs de 
l'église, ne fût-ce que parce qu'elle remettrait en évi- 
dence un des plus importants morceaux d'épigraphie 
du département. M. de la Bunodière, conseiller d'ar- 
rondissement, sera prié de négocier cette petite affaire. 

NOTICE SUR PIERRE CHOYNET A PROPOS DE SON INSCRIP- 
TION FUNÉRAIRE CONSERVÉE A MONVILLE 

Dans \ei Revue historiquCf t. xxi, pp. 3i2-322, M. Kau- 
lek s'est attaché h prouver que le Rosier des Guerres avait 
pour auteur, non pas le roi Louis XI, comme on le croyait 
généralement, mais un Rouennais, Pierre Choynet, méde- 
cin et astrologien de ce prince. Il établit de plus, et de 
manière à ne laisser aucun doute, qu'on doit rapporter 
au même Choynet un petit poème du xv™* siècle, intitulé 
le Livre des trois Ages de Vhommey poème resté manus- 
crit et qu'on a vu signalé au n^ Sg du Catalogue des livres 
rares et précieux^ manuscrits et imprimés de la Biblio- 
thèque Firmin Didot, vendus en juin iSyS. Il fut vendu 
8,000 francs. Le catalogue illustré a reproduit deux de ses 
douze miniatures. Choynet a signé deux manuscrits du 
Rosier des Guerres (Bibliothèque Nationale Fr. 1240, 
4986), et le ms précité du Livre des trois Ages de l'homme 

19 



au moyçn d'un anagramme où l'on retrouve les lettres de 
son prénom et de son nom : En reproche ny siet^ Pierres 
Choynet (i). 

Plus tard. M- Hellot, dans un article de la même i^evwe, 
t. XXIX, p. 75, signala, h Tappui de TopiniondeM. Kaulek, 
certains passages du Rosier des Guerres qui paraissent ré- 
véler dans leur auteur une origine rouennaise. 

Avant cette découverte, Choynet ne nous était connu que 
par une inscription funéraire dont le texte a été publié 
dans le Bulletin de notre Commission, de 1876-78 (t. iv, 
p. 56). La pierre qui porte cette inscription, gravée avec 
une netteté remarquable, existait, il y a quelques années, 
dans l'église de Monville, où nous nous rappelons Ta voir 
vue, et déjà hors de la place qui lui avait été primitivement 
assignée. Elle a été depuis transportée, sans doute en vue 
d'en assurer la conservation, dans le vestibule de la mairie 
de Monville, où elle a été scellée dans la muraille, à droite, 
au bas de l'escalier. M. de la Bunodière, qui nous fournit 
ce renseignement, nous fait observer qu'il y aurait avan- 
tage, pour la commodité du lecteur, à la mettre un peu 
en élévation, ce qu'on obtiendrait sans difficulté de M. le 
maire de la commune de Monville (Lettre du 5 sep- 
tembre 1904). 

Comme cette inscription n'est pas très longue on me 
permettra de la reproduire de nouveau à cette place : 

Vous pusaus par ce cimitiere acoeillez en vostre prière 

Pierre Choinet duquel le corps cy gist entre les autres mors 

Auec ung lincheul tout enuers est u ici viande aux vers 
Medicin astrologiçn fu il du Roy très xrien 

Et si na pas peu par son art de la mort eschiuer le dart 

Aussi ne peult nul quelquil soit chascun passer par ce pas doit 

Et quand lame est du corps partie rendre fault compte de sa vie 

Bien nous en doit il souvenir ef en bon estât nous tenir 

Car nul ne sait quant ne cômêt ne quel sera le jugement 

Fors que ceulx qui bien faict aurôt du costè Dieu se trouveront 

Noubliez pas ce qu'en ce lieu il a fait en lonneur de Dieu 

Pour nous de tous péchez purger et a salut nous radrecher 

Pensant de la mort le passage lan lxv de son aage 

Et de Jhs mil quatre cens soixante saize par bon sens 

U fit ceste epitaphe escrire pour ce priez Dieu notre sire 

Qjue a luy et ceux des purgatore octroit vray repos en sa glore 

Amen. 

(i) Plutôt que Pierre Choysnet comme le propose M. Kaulek 



383 



Se fondant sur ce texte, M. Kaulek a fait naître Choy- 
net en 141 1; mais il n'avait pas une aussi bonne raison 
pour le faire mourir « en 1476 ou, au plus tard, le 5 avril 
1477 (n. s.) ». Choynet, qui fit poser son épitaphe en 
Téglise de Monville en 1476, et qui très vraisemblable- 
ment y fut inhumé, ne mourut, comme on le verra, que 
plusieurs années après cette dernière date. 

Les notes que je présente ici n'ont pas ce point pour 
principal objet. Elles fourniront d'autres détails plus inté- 
ressants, je crois, sur ce personnage jusqu'à présent assez 
peu connu. 

On trouve le nom de Choynet dans la bourgeoisie de 
Rouen dès le milieu du xiv^ siècle. Dans des lettres d'a- 
mortissement obtenues du Régent de France, par l'hôpital 
de St-Vivien, du mois de février i359 (n. s.), on mentionne 
sur la paroisse S^- Laurent « le tènement qui fu maître 
Pierre Choinet » (i). 

Je ne sais si on peut considérer comme le père du 
Choynet qui nous occupe « honnourable homme et sage 
Pierre Choynet, procureur du Roy en l'Élection du dio- 
cèse d'Avranches » Celui-ci, le 23 novembre 1436, certi- 
fiait devant les tabellions de Rouen que « puis demi-an il 
avoit oui dire à ung nommé Guillaume Hue, h présent 

(p. 34). Je h*ai trouvé nulle part la forme Choysnet, et la lettre s 
que fournit le nom latin Petrus était encore généralement 
conservée à la fin de son équivalent français. 

(i) Autres actes où il est question d*un Pierre Choynet. Bail à 
rente par Pierre Choynet et Jeanne, sa mère, demeurant par. 
S. Andrieu jouxte Rouen^ à Guillaume Gosselin, pour 66 s. 7 d. 
par an, d'une maison et jardin par. Saint-Godard. — Vente par 
Pierre Choynet, demeurant par. Saint-Herbland, à Jacques Leleu, 
d'une rente de 100 s. sur une maison à l'enseigne de VHermite, 
par. Saint-Lô, 27 juin 1439. — Vente par Robert Choynet, 
Pierre Choynet et Marion, sa femme, de la par. Saint-Lô, à Ri- 
chard de Grouchet, curé d'Igneauville (Isneauville), d'une rente 
de 10 1., 26 septembre 1442. 



284 

clerc des Esleuz en l'Election de Coutances, que Toffice de 
clerc desdits Esleuz, dont alors il avoit obtenu don du Roi, 
lui avoit cousté plus de 3o salus d'or, et, en outre, 6 salus 
d*or qu'il avoit donnés à un nommé Langlois, pour se dé- 
partir de sa requeste ». 

Il est probable que notre Choynet prit à l'Université de 
Paris ses grades de docteur en médecine auxquels, depuis 
la récente réforme du cardinal d'Estouteville, on pouvait 
aspirer sans faire profession de célibat. Un acte du tabel- 
lionage le qualifie aussi, je ne saurais dire si c'est par 
erreur, de licencié en droit. 

Choynet revint à Rouen, où il avait une sœur nommée 
Laurence, mariée à Jean De la Rue, et dont il hérita an- 
térieurement au 5 juillet 1475 (i). 

Il prit son domicile sur la paroisse Saint-Godard, fut 
trésorier de cette église le 3o décembre 1454, et épousa, 
vers ce temps-là, Jeanne Dumont, de la même paroisse, 
veuve de Robert Le Vigneron. 

Les Le Vigneron et les Dumont appartenaient à la haute 
bourgeoisie de cette ville. 

Le beau-père de Choynet, Michel Dumont, conseiller en 
cour laye, avait été lieutenant commis du vicomte de 
Rouen, de 1422 à 1432 tout au moins. Il était mort lais- 
sant une veuve, Maline Malleterre, qui ne tarda pas à se 
remarier à Thomas Colombel et mourut très peu de temps 
après (antérieurement au 7 mai 1433^. 

Les fonctions judiciaires que Dumont avait remplies 
indiquent assez qu'il s'était rallié au gouvernement anglais. 
J*ajoute qu'au milieu de la ruine générale, il avait su tirer 
parti des circonstances pour agrandir sa fortune. A des 
époques diverses il avait pu acquérir un moulin à tan dit 
du Wy, établi sur la rivière de Scie, dans la mouvance du 
fief de Longroy ; le fief de Neufville, en Picardie ; ceux des 
Bordes à Cliponville et dû Bosc-Droulin à Clères. 

(i) Actes du tabellionage à cette date. 



285 

De son mariage avec Maline Malleterre il avait eu plu- 
sieurs enfants. Il y en a quatre dont les noms nous sont 
connus : Colin, Taîné, avocat comme son père, mort an- 
térieurement au 14 juin 1442, sans laisser d'enfants; une 
fille, Marion, qui, après le décès de ses parents, fut mise 
comme pensionnaire aux Filles-Dieu de Rouen, lorsqu'il 
eut été reconnu que « par incident naturel à elle venu, 
elle ne pou voit être mariée > et que le mieux était « de la 
mettre en bonne et notable place de religion » Ci); une 
autre fille, Eléonor, mariée à Roger Couldren, écuyer. Par 
contrat de mariage du 18 janvier 1462, il lui fut promis 
280 1., dont i5o 1. à payer au devant des épousailles, 180 I. 
après, le tout à prendre sur 200 écus d'or dus par Lau- 
rent Guesdon, lieutenant général du bailli de Rouen, plus 
14 1. de rente, et, dans le cas où elle survivrait à sa sœur 
Jeanne, les fiefs d'Hardanville et d*Aunou près de Clipop- 
ville, et celui de Flamanville (2). 

Jeanne, autre fille de Michel Dumont, épousa, au mois 
d'avril 1433 (contrat de mariage le 14 avril 1433), Robin Le 
Vigneron, conseiller en cour laie, fils de Robin Le Vigne- 
ron, clerc tabellion juré de la vicomte de Rouen. Elle eut 
de ce mariage un fils, Thomas, lequel, dans des actes du 
28 décembre 1462, du 2 5 mars 1466, du i3 avril 1474, se 
qualifiait de seigneur de Frontebosc, et, dans un autre, du 
3 octobre 1483, d'écuyer, sieur de Cliponville, seul fils et 
héritier de Jeanne Dumont. 

Jeanne Dumont perdit son mari, Robin Le Vigneron, au 
bout de peu d'années de mariage, et épousa en secondes 
noces Pierre Choynet. Par suite de ce mariage, celui-ci 
devint possesseur de biens assez considérables. Quelques- 
uns, plus tard, donnèrent lieu à des difficultés. Le moulin 
du Wy, dont nous avons dit un mot, avait été fieffé à Mi- 

(i) Une rente de 10 I. par an lui fut aftectée pour cet efiet, le 
14 juin 1442. 
(a) Ceci est rappelé dans un contrat du 18 janv 1462 (v. s). 



286 



chel Dumont par Philippe de Fosseux, agissant en son 
nom et au nom de sa femme, Quye, dame de Longroy, 
fief situé sur les paroisses de Saint-Maclou-de-Folleville, 
de la Pierre et de Vassonville. Ce moulin, autrefois d'un 
gros revenu, avait été t tout désemparé à l'occasion des 
guerres *^ comme tous les moulins de la Haute-Norman- 
die, où la désolation avait été extrême. 

Lorsque Choynet Teut remis en état^ Antoine de Craon, 
seigneur de Dommart et de Clacy, eut Tidée de le réunir 
à son fief de Longroy. Il engagea des pourparlers avec 
Choynet et réussit à en obtenir l'abandon, en échange de 
rentes assignées sur des biens voisins de ceux que Choynet 
possédait, aux droits de sa femme, au hameau de Guémare, 
en la paroisse de Saint-Victor-1' Abbaye. 

Le fief des Bordes, à Cliponville, provenait à Jeanne 
Dumont de la succession de sa mère. 11 avait été réclamé, 
dès 1450, du vivant de Robin Le Vigneron, par Hector de 
I^lavy, le Bourguignon qui livra Jeanne d'Arc. Flavy invo- 
quait le droit de sa femme, Marie de Calleville. Les con- 
testations auxquelles donna lieu cette revendication ne 
prirent Hù que par un accord conclu entre Choynet et 
Flavy, le 20 mai 1464. Flavy n'avait consenti à se désister 
que moyennant 100 écus d'or. 

Le Bôsc-Droulin, à Clères, plus i3 acres au Bocasse, 
provenant également de la succession de Maline Malleterre, 
furent remis, le 3 juin 1465, à Georges, baron de Clères, 
« pour la bonne et singulière amour que Choynet et sa 
femme disaient avoir au dit chevalier pour et en récom- 
pensacion des biens, honneurs et courtoisies qu'ils confes- 
saient pa^ lui leur avoir été fais et èspôiroierit que encore 
leur fist eu temps avenir ». 

Il est à remarquer que, dix ans aVànt cette cession gra- 
tuite, le 21 février 1455 (n. s.), le même seigneur avait 
réclamé et s'était fait rendre, mais moyennant rembourse- 
ment, le fief de Neufville, en Picardie, qui avait été vendu, 
le 12 septembre 1427^ par son oncle, Georges de Clères, 



28; 

seigneur de Lucheul et d'Hornay^ à Michel Dumont, et 
que possédait alors Robert Le Vigneron, comme époux de 
Jeanne Dumont |i). 

Ajoutons à ces fiefs l'usufruit du fief de Frontebosc, à 
Limésy, fief provenant de la succession de Robert Le Vi- 
gneron. 

J'ai relevé dans les registres du tabellionage de Rouen, 
entre le 4 octobre 1460 et le 25 mars 1467 (v. s.), une 
quarantaine d'actes relatifs à des opérations de Choynet et 
de sa femme : fieffés de pièces de terre, souvent de mi- 
nime importance, achats et racquits de rentes, etc., qui 
montrent le soin extrême qu'ils prenaient de l'administra- 
tion de leurs biens, de quelle manière ils arrivaient à placer 
leurs capitaux, et aussi quel nombre infini de petits con- 
trats il leur fallait conclure pour arriver à se constituer 
un revenu, souvent précaire, et assurément d'une percep- 
tion pénible, en des localités très diverses, telles que Rouen, 
Biennais, le Bocasse, Claville, Clères, Cliponville, Leuilly, 
Montreuil, Ourmesnil, Ratiéville, Saint-Maclou-de-FoUe- 
ville, Saint-Ouen-du-Breuil, Saint-Paul-de-la-Haye, Saint- 
Victor-l'Abbaye, mais plus particulièrement Monville. 

Des fondations pieuses conservèrent longtemps, dans 
diverses églises, le souvenir de Choynet et de sa femme. 
Nous en citerons quelques-unes. Il est à croire que plu- 
sieurs autres ont échappé à nos recherches. 

Le 19 décembre 1464, Choynet donne aux religieux de 

(i) Georges de Clères faisait sa réclamation à plusieurs titres 
dont il laissait Texamen aux juges, parce que, sans doute, luî- 
raême ne pouvait en établir le bien fondé : « fust au droit et 
par vertu de TEdit de Compiègne, ou par clameur de marché 
de bourse, ou par vertu de certaines lettres royaux par lui impé- 
trées le 19 nov. 1449, par lesquelles il avoit esté autorisé à ra- 
voir les terres de Hornay, Lucheul et Neufville par le pris qu'elles 
avoient cousté, ainsi comme s'il eust esté dedens Tan et jour de 
la vendue ». 



288 

Fécamp, « pour être accompagné à leurs messes et prières » 
de petites rentes de 22 s., 9 s., 2 s. 6 d., 2 5 d. 

Le II juin 1468, lui et sa femme donnent h la fabrique 
de Saint-Godard de Rouen, leur paroisse, 3o s. de rente 
« en reconnaissance des biens que Dieu leur avoit faits, et 
à condition que sa dite femme, « après son décès fut en- 
terrée en l'église S^-Godard, au lieu où elle se seyoit quand 
elle estoit en ladite église, et que, le jour de son trépas, il 
seroit dit vigiles à 9 psaumes et 9 leçons, une haute messe 
à note et 4 basses messes ». 

Le 17 septembre 1468, donation faite, par les mêmes, 
d'une rente de 20 sous à la confrérie de Saint-Sébastien, 
fondée en la cathédrale de Rouen. 

Le II juin 1468, autre donation à la fabrique de l'église 
de Monville, de 4 louages de maisons, rue Beffroy, et de 
42 s. de rente à Monville. Les trésoriers s'engageaient à 
faire dire, tous les ans perpétuellement, chaque dimanche, 
à sept heures du matin, en été, à huit heures en hiver, 
une haute messe à note t où ardroient et seroient alumez 
deux sierges, tant que Ton diroit ladite messe, et deux tor- 
ches pour servir à l'Elévation du Corps de N. S. ». 

Après la mort de Jeanne Dumont, les paroissiens de 
Monville exposèrent à Choynet que les maisons de la rue 
Beffroy étaient en fort mauvais état, qu'ils auraient avan- 
tage à les lui remettre pour s'exonérer des conditions qu'ils 
avaient acceptées. Par acte du 29 oct. 1475, Choynet, trou- 
vant que la réclamation était fondée, s'engageait à leur 
donner en remplacement une rente de 8 1. Plus tard, 
comme il craignait qu'après son décès, les fonds sur les- 
quels cette rente était assise ne fussent partagés entre plu- 
sieurs héritiers et que, par suite, elle ne fût mal servie, il y 
ajouta une nouvelle rente de 40 s. à prendre sur son hôtel 
des Prés, à Monville, dit le Camp des Souldres, à condi- 
tion toutefois qu'une autre messe fût dite, à son intention, 
le vendredi (19 août 1479). C'est évidemment à cette fon- 
dation pieuse, et non à quelques livres de religion ou de 



289 

morale, ni au Livre des trois Ages, par exemple, ou au 
Rosier des Guerres qu'il est fait allusion dans l'inscription 
funéraire de M on ville. M. Kaulek nous apprend que 
« parmi les accessoires ajoutés aux neuf chapitres qui 
forment le texte même du Rosier (dans le ms F. 442 de 
la Bib. Nat.) se trouve un recueil de prières pour le Ro* 
qui se disaient dans une messe de la Sainte Trinité célébrée 
chaque dimanche dans l'église Notre-Dame de Mon- 
ville. » 

On peut encore citer la donation faite par Choynet au 

monastère de Saint-Eustache du Bourg-Achard « pour la 

. bonne affection qu'il avait à Mons^ S*-Eustache, d'une rente 

de 4 s. 6 d., sur Goret de Carheux à S.-Michel-de-la-Haie 

et de 3 s. et I geline à S.-Paul-de-la-Haie (12 mai 1480). 

Cette dernière donation était postérieure à la perte qu'il 
avait faite de sa femme, Jeanne Dumont, et à la célébra- 
tion de son second mariage (vers le mois de juillet 1475), 
avec une bourgeoise de Rouen, Marion de Remy (i). 

Il est à croire que ce mariage fut pour Choynet, sous le 
rapport de la fortune, moins avantageux que ne Tavait été 
le premier. Un contrat, du 6 juin 1476, le fait supposer. 
Par cet acte, Choinet et sa nouvelle épouse donnent à 
Jeannette de Remy, leur belle-mère et mère, pour le temps 
4ie sa vie seulement, un tènement de maisons, compre- 
nant plusieurs louages à l'enseigne de la Corne de Cerf, 
rue Martainville, près de l'hôtel à l'enseigne de la Cloche. 
Cette propriété avait été décrétée moins de deux ans au- 
paravant, le 22 déc. 1374, et adjugée par décret à Choynet, 
lequel en avait fait don, le 5 juillet 1475, à Marion de 
Remy, sa future épouse. Jeannette de Remy jouit de cette 
propriété quatre ans à peine. Quand par suite de son dècés 

(i) Probablement elle appartenait à une famille noble dont 
un merobre, Guillaume de Remy, est cité comme seigneur de 
Montigny et de Bailly-en-Rivière, le 24 septembre i534 (Tab, 
de Rouen). 



igù 

rhôtel de là Corne de Cei*/ fut redevenu la propriété 
de Ghoy tïet et de sa femme (i), ils ne tardèrent pas à le 
vendre (i5 mai 1480) à Jean Dufour, marchand, par. St- 
Maclou, pour 100 1. t., avec 2 aunes et demie d'écarlate, 
du prix de 6 1. l'aune, 100 s. pour Vin et à charge d'une 
rente de 4 1. à payer à l'église de Saint-Martin-sur- 
Retielle. 

On suit la trace de Choynet dans les actes du tabellio- 
nage, jusqu'au 18 octobre 1483 (2). 

A cette date du 18 octobre 1483, il est cité dans un 
accord conclu par lui, avec les religieux de Saint-Ouen, 
au sujet d'une rente de 12 s. t. et de 7 mines d'orge qu'ils 
réclamaient de lui, pour des biens situés à Monville. 

Ce dut être un des derniers actes où il soit intervenu. 
Un registre de l'Echiquier de Normandie, octobre 1484, 
mentionne en effet Marguerite Choynet, sous-âge (mi- 
neure), fille de défunt Me Pierre Choynet, mise par jus- 
tice sous la tutelle d'un nommé Nicolas Hommel. 

Ce qui pourrait donner quelque doute sur l'identification 
de ce Pierre Choynet avec celui dont nous nous occupons, 
c'est que le nom n'est pas accompagné de la qualification 
de docteur en médecine; mais il est aisé de vérifier que 
dans les registres de TEchiquier de cette époque, les qua-- 
lifîcations apparaissent très rarement. On peut d'ailleurs 
tirer un argument sérieux de deux actes du tabellionage, 
l'un du 12 novembre 1493, l'autre du 2 juillet i5oi. Le 
premier nous reporte aux clauses d'un contrat de mariage 
conclu entre Angellot Morel, bourgeois, demeurant pa- 

(i) Marion de Remy avait hérité de sa mère, antérieurement 
au 22 octobre 1478. A cette date, Choynet et sa femme, héri- 
tière pour une pariie de Jeanne de Remy, traitaient de la suc- 
cession avec Guillaume Bourdon et Marguerite de Remy, sa 
femme, héritière pour une autre partie. 

(2) Me Pierre Choynet, docteur en médecine, vend à Philippot Le 
Parmcntier, 20 s. de rente pour 1 1 1., 1 1 février 1481 (v. s.), etc. 



roisse Saint- Laurent de Rouen, et Marion de Reitiy, « en 
précédent femtne de feu M* Pierre Choynet, liceticié-ès- 
lois et docteur en médecine ». Par le second, oh voit qu'un 
ftls, Louis Morel, issu du mariage d*Angellot Morel, avec 
la veuve de Choynet, avait été émancipé et mis en état de 
recevoir une donation sans le consentement de ses pa- 
rents (i), ce qui oblige à rapprocher l'époque de sa nais- 
sance le plus possible du 18 octobre 1483, date de Tacte 
où nous avons vu Pierre Choynet traiter avec les religieux 
de Saint-Oueri. 

Marguerite et Jacques, cités dans ces actes, étaient-ils les 
seuls enfants de Choynet ? Bien d^auires individus, por- 
tant le nom de Choynet, figurent dans des contrats dé la 
même époque; mais comme rien ne me permet une iden- 
tification sûre, je crois à propos de n'en pas parler. 

Il y aurait plus d'intérêt pour nous à savoir pourquoi, 
dans son épitaphe, Choynet substitue au titre de docteur 
en médecine, qui lui est habituellement donné dans les 
contrats notariés, celui de médecin-astrologien du roi très 
chrétien. Exerçait-il, à la cour de Louis XI, un office en 
rapport avec sa profession ? 

Le mot astrologien indiquait-il certaines notions astro- 
nomiques telles qu'il en fallait pour la composition d'Un 
calendrier, ou bien la connaissance de Tinfluence des astres 
sur la santé des hommes ? (2) J'ai le regret d'avouer, en 
posant ces questions, que je n'ai su comment les résoudre. 

(i) 2 juillet i5oi. «f Jacques Choynet, demeurant en la paroisse 
Saiht-Denis de Rouen, héritier de Marguerite Choinete, filld et 
héritière de défunt M» Pierre Choynet, pour la bonne amotir 
qu'il disoit avoir à Loys Morel, son cousin, fils émancipé d'An- 
gelot Morel et de Marion, sa femme, prouchain parent dudit 
Choynet, considérant a'jssi la proximité de lignage entre ledit 
Loys et ladite défunte Marguerite^ sa sœur, dont estoit dessendu 
audit Jacques Choynet ladite succession, lui abandonne le droit 
qu'il pouvait y prétendre ». 

(2) M. Kaulek (p. 3 20 de sa notice) fait observer que dans 



292 

Cette fonction de médecin -astrologien n'était pas, du 
reste, la seule que Choynet exerçât à la Cour. M. Kau- 
lek (p. 319) cite, en effet, une série de pièces conservées a 
la Bibliothèque Nationale (ms Fr. 2G093 et Cabinet des 
Titres, dossier Choynet) qui nous les montre remplissant 
des fonctions élevées dans l'administration des finances du 
roi. D'après ces pièces, Choynet recevait du roi « pour son 
entretenement » une pension annuelle de 200 livres tour- 
nois. 11 est possible que « médecin, astrologue et financier », 
Pierre Choynet ait joui à un assez haut degré de la con- 
fiance de Louis XI, ainsi que le suppose M. Kaulek. Mais 
il est certain, d'après le nombre d'actes où son nom figure, 
que son principal domicile était à Rouen. 

Fac-similé de Vépitaphe, — M. Tabbé G. Morin, 
curé de Monville, informé que Choynet a fait l'objet 
d'une communication dans cette séance, s'est empressé 
d'offrir au secrétaire une bonne photographie de son 
inscription funéraire. Elle va être déposée dans l'al- 
bum de la Commission; mais M. le curé a déjà été 
remercié de son attention. 

Cadran de la Cathédrale, — On demande quelle 
destination a reçue l'ancien cadran du grand portail. 
Il est répondu que l'objet est provisoirement déposé 
dans la cour d'Albane. 

A ce propos, M. Sarrazin raconte qu'il n'a pu 
retrouver les traces d'une intéressante pierre tombale 
que fit lever la construction du tombeau du cardinal 
de Bonnechose. 

A quatre heures M. le Président lève la séance. 

A. TOUGARD. 

plusieurs manuscrits du Rosier les marges de la chronique sont 
couvertes de notes et d'observations astrologiques, et que 
M Même dans les exemplaires où cette catégorie de notes paraît 
manquer à première vue, on en retrouve çà et là des traces. » 



293 



SEANCE DU i6 DECEMBRE 1904 



Elle ouvre à deux heures un quart, sous la prési- 
dence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Membres présents : MM. P. Baudry, G. de Beau- 
repaire, Deglatigny, Garreta, Lefort, P. Le Verdier, 
Pelay, Ruel, de la Serre et l'abbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. Adeline, Leblond, Malicorne 
et Sarrazin. 

La lecture du procès- verbal de la séance précédente 
ne donne lieu à aucune observation. M. le Président 
fait seulement connaître que le vœu de la Commission 
aura son effet en ce qui concerne la médaille à offrir à 
M. Coche au nom du département. Mais comme le 
revers seul est libre et de diamètre assez étroit, l'ins- 
cription proposée devra être notablement simplifiée.' 

Correspondance imprimée. — Son appel com- 
prend : Bibliographie générale des . . . Sociétés 
savantes, 1901-1902. Paris, 1904; in-4°; — Annales 
de la Société,,, de Château-Thierry^ igoS; — 
Annales de la Soc, des Alpes-Maritimes, XVIII. 
Nice, 1903 ; — Bulletin archéol. du Comité^ 1904, 
2; — Bulletin de la Soc, archéol, d'* Eure-et-Loir-, 
XIII, 1 1 ; XIV, I ; — Bulletin de la Soc, polyma- 
thique du Morbihan; Mém. 1903, et annexe; 2 fasc. ; 
— Bulletin de la Soc, archéol. de Touraine, XIV, 6 
et 7,; un fasc. ; — Bulletin de la Soc, archéoL du 
Midi de la France, n® 33 ; — Bulletin de la Soc, des 
Antiq, de la MoriniCy n<» 21 1 ; — Revue de l'Avran^ 



294 

chin^ 1904, 3 ; — Commission des Antiq. de Seine- 
et'Oise, juillet 1903-avril 1904; un fasc. ; — Gand, 
Inventaire archéolf, n°36, 1904; et Bulletin, XII, 8; 
— The Baoussé Rousse Explor. by A. Gaudry 
(Smithson. Inst.), 1903. 

Là circulaire ministérielle, dont M. le Président 
communique divers articles, annonce le Congrès des 
Sociétés savantes, qui se tiendra en 1905 à Alger. 

Correspondance manuscrite, -— Une lettre de M. le 
Préfet notifie son arrêté du 3 novembre, par lequel, 
conformément à la délibération de la Commission, 
il classe au nombre des monuments historiques dépar- 
tementaux la porte des Mornons, à Oissel. 

M. Le Verdier a la parole pour la lecture du 
mémoire ci-aprçs. Il donne auparavant quelques ren- 
seignements çompléipentaires au sujet de Pinsçription 
à rétablir sur la colonne commémorative d'Arqués. La 
négociation se poursuit sans encombre, et même avec 
l'assentiment général ; mais jusqu^alors il n^en est 
encore résulté aucun eflFet pratique. 

NOTE SUR UNE COLLECTION DE SILEX TAILLÉS RECUEILLIS 
AUX ENVIRONS DE LONGUEVILLE 

M. Edmond Harel, horloger à Longueville, est un 
archéologue passionné. Il s'est adonné a la recherche des 
fossiles, des antiquités préhistoriquee et des antiquités 
gallo-romaines, et depuis plus de trente ans, il explore le 
pays compris entre les vallées de la Varenne et de la Scie. 
N'ayant pas les ressources qui permettent de pratiquer des 
fouilles, il a dû se borner le plus souvent à interroger la 
superficie du sol ; mais aussi il s'est tenu au courant de 
tout ce que la main de l'ouvrier pouvait ramener au 



jour, et, par exemple, il n*a pas manqué de visiter un 
seul des dragages opérés ou une seule des tranchées 
ouvertes par les services vicinaux et autres. Il a pu ainsi 
acquérir une parfaite connaissance des lieux habités aux 
époques lointaines, et il s'est formé une collection impor- 
tante et curieuse. 

L'année dernière, j'ai eu l'honneur de vous commu- 
niquer, de sa part, une hache en bronze qu'il avait 
ramassée dans un champ labouré, aux environs de Lon- 
gueville. 

Aujourd'hui je viens vous entretenir de ses pierres 
taillées, et, incompétent comme je le suis en la matière, 
j'écris pour ainsi dire sous sa dictée. 

Si la collection de silex qu'il a formée est particuliè- 
rement intéressante, ce n'est pas qu'on y rencontre un 
très grand nombre de pièces classiques, de ces hachçttes 
taillées ou polies que recherchent les amateurs ou les 
musées ; mais c'est qu'on y trouve une quantité considé- 
rable de pièces, vulgaires cailloux en apparence, qui ae 
diraient rien à un œil peu exercé, et dont l'ensemble 
est instructif, parce que leur rapprochement démontre une 
taille intentionnelle, et parce que leur réunion révèle 
l'outillage des peuples anciens. Cette multitude de silex, 
d'aspect banal, sont évidemment taillés de main d'homme, 
et l'observation, même la plus rapide, permet de distinguer 
des types d'outils différents, et, dans chaque type ou série, 
de reconnaître l'uniformité des spécimen et l'identité des 
caractères. 

M. Harel s'est attaché à grouper tous ces silex par 
genres ou types, et à en fixer la destination. Lorsque l'on 
visite les collections qu'il a ainsi réunies, le doute n'est 
plus permis; toutes ces épaves sont des outils, instruments 
de travail de peuples qui ne disposaient pas de métaux. 

M. Harel a pu distinguer de nombreuses séries, qu'il 
propose de classer ainsi : 



296 

Les grattoirs : c'est Tinstrumeot le plus commun et les 
types en sont nombreux ; on peut distinguer : 

Le grattoir à lame convexe, vulgaire, 

Le grattoir à tranche concave, en forme de croissant, 

Le grattoir à face convexe, en forme de coquille, 

Le grattoir triangulaire, 

Le grattoir pied de cheval, 

Le grattoir creux, en forme de cuiller. 

Le grattoir incurvé sur l'un de ses côtés. 

Le grattoir en forme de rugine, rappelant la rugine chi- 
rurgicale, 

Le grattoir à bord aminci et fin comme un couteau à 
papier, 

Les grattoirs-burins, de divers types, paraissant destinés 
à travailler Tos ou la corne, affectant la forme de Vépoigne 
de rivoirier, et dont on trouve des spécimen de tailles très 
variées. 

Les grattoirs-scies, caractérisés par des dents de scie 
régulièrement espacées sur leur tranche et dont il y a plu- 
sieurs sortes. 

Les ciseaux, de toutes dimensions et dont les genres 
sont nombreux : 

Ciseaux à collet, 

Ciseaux-gouges, 

Ciseaux avec encoches, avec encoches présentant trois 
pointes. 

Ciseaux ou grattoirs épais, avec col évidé comme un 
col de fémur, 

Ciseaux à tranche d'une finesse comparable à celle 
d'une lame de lancette, etc. 

Les perçoirs ou poinçons^ parmi lesquels on distingue : 

Des perçoirs à pointe droite. 

Des perçoirs à pointe recourbée, 

Des perçoirs alésoirs ou équarrissoirs, pour élargir une 
ouverture. 

Des perçoirs ébiséloirs, de forme conique. 



297 

Des perçoirs forets, munis d'une gorge, qui paraissent 
avoir été emmanchés et fixés sur une plateforme, la pièce 
à percer tournant au-dessus d'eux, 

Des perçoirs-fraisoirs, pour élargir l'entrée d'une ouver- 
ture. 

Des perçoirs-tranchets, présentant à une extrémité un 
tranchant en forme de hachette, et à l'autre, une pointe à 
forer. 

Les couteaux y tranchets, lancettes, de toutes dimen- 
sions, les uns minces et effilés, susceptibles de servir au 
tatouage ou à la chirurgie, les autres plus courts et plus 
larges, propres à tailler le bois ; 

Les couteaux-éclateurs, dont la lame est opposée à un 
dos très large formant coin, et susceptible d'éclater la ma- 
tièire dans laquelle le tranchant a été introduit ; 

Dans la série des couteaux, M. Harel a observé quinze à 
vingt types différents. 

Les disques^ de divers genres, plats d'un côté et taillés 
en bosse de l'autre, les uns avec cran, les autres avec 
petite encoche, avec grande encoche, avec méplat, etc. 

Des enclumes^ carrées, ou en forme de bigorne, de 5 à 
6 centimètres de large ; 

Des polissoirs, de lo à 20 centimètres de long, destinés 
sans doute à polir les hachettes; 

Les silex dits becs d'oiseau^ de diverses tailles, qui pré- 
sentent plusieurs variétés ; 

Le bec d'oiseau avec méplat, à la partie supérieure. 

Des instruments non déterminés, par exemple : 

Celui-ci, plat^ avec pointe ou crochet sur le côté, en 
forme d'hameçon ; 

Celui-là, avec forte dent ou cran sur la tranche ; 

Des sortes de repoussoirs à biseau convexe, paraissant 
avoir servi à repousser ou à tamponner; 

Une série très curieuse de pièces, ou plates ou assez 
épaisses, terminées par deux pointes, ayant évidemment 

20 



298 

servi de compas; cet instrument np senablp pfts avoir 
encore été signalé par les auteurs ; 

Les percuteurs^ dont la destination est indiquée par les 
encoches destinées au placement des doigts et de la paume 
de* la main, * et par les traces des frappes à la partiç 
opposée ; 

D^autres instruments présentant les mêmes dispositions 
pour le placement de la main qui s'en saisit, mais ter- 
minés à la partie opposée par un cône pointu, qui en fait 
un véritable coup de poing américain ; 

Des silex presque sphériques, repiqués à la partie 
opposée à celle que la main saisissait, ont servi de broyeur^ 
ou écraseurs de grain ; 

Des pics, des houes à travailler la terre, tantôt cm^ 
manches, tantôt tenus à la main ; 

Des pointes de flèche, de lance, de javelot, même des 
pointes d'arquebuses, dirait-on, parce qu'elles sont mu- 
nies d'une encoche concave qui paraît destinée à procurer 
le glissement dans une rainure; 

De fortes lances triangulaires, qui paraissent des poi- 
gnards ; 

Des pointes de lance, de grande taille, avec double 
encoche ou arrètoir, qui étaient ligaturées le long d'une 
hampe ; 

Enfin toute la série des hachettes taillées et celle des 
hachettes polies, que notre collectionneur divise en 
hachettes de combat, emmanchées dans le sens de la lon- 
gueur de l'instrument, et les hachettes de travail fixées 
perpendiculairement au manche, comme une erminette, 
pour racler ou doler le bois; 

Et puis, pour ne pas les oublier, des nucleus remar- 
quables. 

Ces divisions ne sont assurément pas à l'abri de la cri- 
tique, et M. Harel ne prétend pas les imposer. Il s'est 
attaché à rapprocher les instruments présentant des ana- 
logies, à les distinguer par séries, et dans chaque série à 



multiplier les spécimen, de manière à prouver par leur 
répétition le caractère intentionnel des tailles. 

Et puis il s'est appliqué à rechercher la destination de 
tous ces instruments, à en étudier Tusage ; et, par l'obser- 
vation de leurs formes, il croit être parvenu à distinguer 
la façon dont un certain nombre étaient tenus dans la 
main, ou fixés dans le bois ou Tos ; et de là il a pu pro- 
céder à ses classifications. 

Sans doute aussi la plupart de ces pièces sont connues 
et ont été décrites (i) ; mais il faut constater que plusieurs 
instruments de la collection de M. Harel sont inédits et 
ont été observés pour la première fois par lui, par exemple 
ses curieux compas; et que, parmi ceux que les auteurs 
ont notés, notre collectionneur a distingué de nombreuses 
variétés qui n'ont pas encore été cataloguées. Ce n*est pas 
en effet cinq ou six types d'instruments, comme on 
compte d'ordinaire (2), qu'il a classés, mais il s'est atta- 
ché par un examen plus attentif à en reconnaître de nou- 
veaux. 

D'ailleurs toutes les pièces quMl possède, le collection- 
neur les a recueillies lui-même, et par centaines, dans la 
vallée de la Scie, sur les deux versants et les plateaux voi- 
sins, spécialement dans les communes de Longueville- 
Vaudreville, Criquetot, Saint-Crespin, à l'ouest; Bois- 
Robert, Sainte-Foy, La Chaussée, Cent-Acres, Câtelier- 
Pelletot, Muchedent, h l'est; presque tous ont été ramas- 
sés sur le sol, d-autres dans les argiles des briqueteries. 

Enfin, s'il a surtout porté ses recherches dans les com- 
munes voisines de sa résidence, il a également parcouru 
toute la région indiquée en commençant, depuis la 
Varenne jusqu'à la Saâne, et toujours il a trouyé des 

(i) Cf, par exemple, Musée préhistorique, par G. et A. 4e 
Mortillet. 

(2) H. ThieuUen, Des véritables instruments usuels {Société 
d'Anthropologie de Paris). Paris, Larousse, 1897, p. i5. 



3 00 



pièces taillées. Il ne faudrait pas croire en effet que ces 
silex se trouvent seulement en de rares endroits, ceux-là 
seulement en petit nombre qu'auraient habité les peu- 
plades primitives : on les rencontre presque partout, et de 
tous les types. S'ils n'ont servi qu'aux hommes des temps 
préhistoriques, il faudrait admettre que la population était 
très dense, répandue en tous lieux, ou que les tribus 
nomades ont transporté leurs campements en tous les 
points de la région explorée. Il faudrait admettre encore, 
ce serait du reste une conséquence de cette densité de la 
population, que toute cette région était cultivée et non 
point couverte de forêts, comme on l'enseigne commu- 
nément. C'est une première observation. 

En voici une seconde. Les auteurs admettent d'ordi- 
naire que, les silex n^ayant été les outils en usage qu'aux 
temps préhistoriques, on les trouve, dans les vallées, en- 
fouis h une plus ou moins grande profondeur, par suite de 
l'apport des alluvions, et à la surface du sol sur les ver- 
sants des coteaux et sur les plateaux, parce que là il ne 
s'est point formé de dépôts nouveaux de terres. Mais, sur 
les plateaux même, M. Harel a fait de nombreuses trou- 
vailles, à une certaine profondeur, dans les argiles creusées 
par les briqueteries, alors qu'en même temps et aux 
mêmes lieux il ramassait des silex taillés sur la superficie 
même des terrains : si les premiers ont été recouverts par 
le diluvium, comment d'autres, au même point, sont-ils 
restés sur le sol ? La même constatation nous est encore 
fournie par les découvertes de M. Vaussier sur le plateau 
de Boos, qui trouve les haches taillées aussi bien à la su- 
perficie des terres qu'en argile profonde. 

Ces réflexions nous ont amenés, M. Harel et moi, à une 
hypothèse qui serait un peu contraire, je l'avoue, à l'opi- 
nion communément admise. Nous nous sommes demandé 
si la pierre taillée aurait été seulement en usage aux temps 
dits préhistoriques, et si l'emploi ne s'en serait pas con- 
tinué très tard. En effet^ à l'époque gallo-romaine et à 



3oi 



l'époque franque, par exemple, le fer était rare, puisque 
Ton employait encore le bronze, métal éminemment im- 
propre h l'outillage mécanique. Or, le cuivre ne se trouve 
pas dans le pays de Caux, ni même bien loin de là : donc 
il y était très coûteux et n'était pas à la portée de la plupart 
des hommes. Ceux-ci, dépourvus de fer, réduits au cuivre 
qu'il fallait importer au loin, ont dû par suite suppléer 
longtemps au manque de métaux, et, à Timitation de leurs 
lointains ancêtres, ils ont dû garder la tradition antique 
et se servir des seules ressources que le pays leur offrait, 
le silex : de là ces couteaux, grattoirs, scies, burins, poin- 
çons, masses ou marteaux, que Ton rencontre en si grand 
nombre à la surface des terres labourées, qui permettaient 
d'attaquer le bois, de fendre la terre, de dépecer la chair, 
de gratter les peaux, etc., et qui ont dû, pendant des 
siècles, rester l'outil du pauvre. On en arriverait ainsi à se 
demander si, en vérité, les âges de la pierre ne se sont pas 
continués concurremment avec l'âge du bronze et s'ils 
n'ont pas voisiné avec les premiers siècles de notre ère. 

Telle est la conclusion qui nous a paru se dégager des 
observations que nous avons faites, M. Harel et moi, et 
que nous osons vous soumettre. Dans tous les cas, la col- 
lection patiemment formée par M. Harel constitue un 
document très intéressant pour l'histoire du travail. Et 
il serait h souhaiter que chacun de nos cantons possédât 
un archéologue aussi zélé et aussi expert, capable de 
fournir à la Commission les renseignements concernant 
les antiquités locales qu'elle pourrait avoir à réclamer. 

Vivement intéressée par cette rapide notice sur les 
collections de M. Harel, la Commission s^associe plei- 
nement aux éloges que lui donne M. Le Verdier, et 
offre à ce modeste et persévérant antiquaire de Lon- 
gueville ses meilleures félicitations. — M. Harel en a 
été informé dès le lundi 19. 



302 

M. Drouet demande d'ajouter quelques mots à 
rexcellehte note qu'il vient d*entendre, non pas certes 
pour en critiquer quelque point, mats bien pour en 
appuyer les judicieuses conclusions. Elles expliquent 
tout naturellement la rencontre des silex taillés qui 
s'est souvent produite, au cimetière d'Hermès par 
exemple^ dans les sépultures romaines et franques; 
tandis que le mélange de vestiges disparates constituait 
une mystérieuse énigme avec Tantiquité reculée qu'on 
avait toujours attribuée aux objets préhistoriques 
(qu'on eût plus sagement appelés c éxtfahistôriques » 
ou « pféterhiâtofiques »). Au liéU d'évoquer les textes 
bien connus qui prouvent l'emploi relativement mo- 
derne de la pierre dans l'outillage antique, nôtre col- 
lègue peut citer un fait contemporain, dans la pierre 
perforée et emmanchée dont usait naguère un pauvre 
chaudronnier (un maignan), pour travailler grossiè- 
rement certaines pièces de métal (i). 

M. Deglatigny accepte ces réflexions en remarquant 
que les archéologues préhistoriques partagent assez 
cette saine appréciation dans la critique des fouilles. 
M. DroUet s'en réjouit comme d'un progrès nouveau : 
car il rappelle que Mortillet et son école n'avaient 
jamais voulu en entendre parler. Et M. Le Verdier 
ajoute qu'on n'en trouve pas encore trace dans les 
manuels. 

Cet examen réfléchi de théories excessives, tradi- 
tionnel d'ailleurs datls la Comtniâëion, conithe les 

(i) A-t-on assez remarqué^ dans cet ordre d'idées, que Tare a 
continué d*être employé dans les combats près de trois siècles 
après rinvention de la poudre; témoin le coup de flèche que 
S. Vincent de Paul reçut quand il fut pris par les Bàrbaresquéft. 
{Note du secrétaire.) 



3o3 

Bulletins Tattcstent, est accueilli avec faveur par nos 
confrères. 

Impressions roueftnaises, — M. Pelay a extrait de 
sa riche collection deux livres de la liturgie anglaise 
qui posent certains problèmes bibliographiques : le 
Sarisburiense Porti/orium, Rouen, i55<); in-i6; et 
le Processionale ad usum ? Sarum, [mot enlevé], 
petit in«4o; imprimé à Rouen Tantiée précédente. Le 
premier, qui se vendit chez Robert Valentin el Flo- 
rentin son fils, semble bien avoir été imprimé par 
le père, connu jusqu'ici comme un simple libraire 
(encore que, suivant la remarque de M. Le Verdier, ce 
sens précis ait été contesté au mot Per qui commence 
le colophon). Or, comment le débit de ces livres était-il 
confié à des tlouennais; et surtout comment, si la simi- 
litude des offices peut jusqu'à un certain point rendre 
compte de l'emploi de presses roUennaises, expliquer 
que les catholiques anglais aient eu recours aux impri- 
meries de Lyon et même de Vienne? La rareté des 
bonnes presses britanniques en est-elle le seul motif? 
et ne faut-il pas aussi mettre en ligne de compte les 
lois rigoureuses édictées contre le culte romain ? 

En tout cas, M. le Président ne peut que féliciter 
notre éminent bibliophile d'avoir sauvé ces précieux 
monuments de Tart typographique, alors très flo- 
rissant à Rouen. 

La Renaissance à Rouen. — M. le Président lit 
deux courtes pièces relatives à deux contructions 
qui caractérisent particulièrement Tarchitecture de cette 
époque : la Chambre des Comptes et la maison (rue de 
THôpital, i) occupée par notre collègue, le docteur 



3 04 

Brunon. L^année 1524 que porte le premier docu- 
ment doit bien approximativement dater de ce bel 
hôtel. M. Garreta dit que la conjecture est excellente et 
se justifie par la date 1 526 qu*il a vue sur un pilastre. 

Documents divers. — Continuant ses instructives 
citations, M. de.Beaurepaire analyse le devis du riche 
presbytère que se construisit pour 70 livres la paroisse 
de Tou ville, près de Pont-Audemer, en 1401, puis le 
trousseau (1478) d'une opulente bourgeoise de Rouen, 
enfin un inventaire de 1620, où abonde l'argenterie, 
mais dont les fourchettes sont absentes. 

Les rues historiques de Caudebec-lès-Elbeuf. — 
Au sujet du remaniement complet que la municipalité 
a voté pour la nomenclature de la voirie, M. Drouet 
résume en quelques mots la note suivante : 

« Mettant de côté toutes les raisons qui militent 
pour ou contre cette mesure, nous nous en tiendrons 
simplement aux considérations historiques et archéolo- 
giques qui s^opposent à l'adoption d'une semblable 
hécatombe. * 

» Caudebec-lès-Elbeuf, personne ne l'ignore plus 
maintenant, occupe l'emplacement de l'antique station 
romaine d'Uggate, et eut toujours une importance et 
une étendue considérable, jusqu'au moment oîi la 
ville d'Elbeuf, par sa suprématie industrielle, vint la 
réduire à l'état de faubourg. 

» Quelques-unes des rues dont on veut changer les 
noms, rappellent les vestiges de ce passé à jamais dis- 
paru. 

» Signalons au hasard : « la rue du Malis », indi- 
quant l'emplacement du Mail ou du Mal des Carlo- 
vingiens ; 



305 



» La « rue de la Vignette » témoignant de la culture 
de la Vigne ; 

» La « rue de la Villette » indiquant le tracé d'un 
chemin qui menait à une ancienne villa dont rem- 
placement est aujourd'hui occupé par le château de la 
Villette ; 

» Surtout la « rue de la "Chaussée » désignant le pas- 
sage d'une ancienne voie romaine, qui se dirigeait 
vers Pitres par Pont-de-rArche, etc. 

» Or, Messieurs, vous avez dans vos attributions la 
garde et le soin de nos antiquités locales. Je vous le 
demande, les noms des rues, intimement liés au sou- 
venir des temps écoulés et destinés à conserver la mé- 
moire des faits et gestes du passé, ne sont-ils pas de 
véritables monuments, contre la destruction desquels 
vous devez protester ? » 

Il demeure douteux, après un échange de vues et de 
réflexions, que la Commission puisse intervenir. Mais, 
en regrettant que des réclamations qui semblaient 
devoir se produire n'aient pas amené une discussion 
opportune, elle croit qu'en principe la voirie devrait 
toujours respecter les noms anciens, bien que leur 
origine reste parfois obscure. 

Fleur de lis décorative, — En offrant à notre 
album un petit lot de dessins, M. de la Serre lit la 
note que voici : 

a Dans les dessins qui sont ci-joints, j*ai cherché à 
grouper les édifices du département dans lesquels la 
fleur de lis est employée comme motif de décoration. 
C'est généralement dans les églises, et au xvi^ siècle, 
qu'on a fait usage de cet objet, dont l'origine est assez 



io6 

obsdire. Les niebeaux de certaines fenêtres sont 
découpés et contournés, de manière à figurer, par le 
Vide qu'ils laissent entre eux, la fleur de lis, qui par 
suite s'enlève en clair au milieu de panies pleines, si 
on regarde de l'intérieur de Tédifice ; tandis que l'effet 
inverse s'observe si on est placé extérieurement. 



1. Eglise de Sainte-Gettrude, fenêtre absidale 

2. — de Notïille, fenêtre du côté S. de la nef. 

3. — de Thiouville, fenêtre de la feçade S. 

» J'ai remarqué cette ornementation dans les 
églises de Thiouville (canton d'Ourville!, sur la 
façades.; de Margeur, au- chevet du bas-côié N.; 
dans l'église bien connue de Sainte-Gertrude, à Tab- 
side; dans celle de Norville, au côté S. de la nef. Dans 
ces deux dernières, la fenêtre est divisée en cinq colil- 



3o7 

partîm«litB, disposés par deux et iroîst et dans chacun 
d^eux la âeur de lia se dessine très nettement. Dans 
réglise de Foucart, côté N., une ogive surbaissée 
encadre deux fleurs de Us accolées. Enfin, à Saint-Eus- 
Mche, la muraille intérieure qui sépare le chnitr de la 
nef porte un dais ajouré reproduisant vaguement la 



'^iM 



1. Eglise de Foucin, une feaèire de U Mf, itixè ÙOti, 

2, — de Haifleur, fenêtre ou chevet du bas-c6ii N. 
j. — de SiEnl-Eiuliche, diis i l'iatérieur de la ùei. 

fleur de lis; et à Butot (canion de Pavilly), la croix du 
cimetière a un fût en grès orné de divers objets et no- 
iànlmtfnt de fleur de lis en demi-relief. 

» La fleur de lis â pu être employée par un sitnple 
caprice artistique du t Maître Imaigier * ; mais en 
général elle indique que le Rot était le patron col-- 



3o8 



lateur de la paroisse, ou que le seigneur du lieu pos- 
sédait cet emblème comme pièce de son blason. Comme 
on peut le voir, le dessin, ou plutôt la silhouette pré- 
sente quelques variantes qui s'écartent du type connu, 
tel par exemple qu'il figure sur les pièces de monnaie; 
mais l'intention de l'artiste est facile à reconnaître. 

» On pourrait multiplier ces exemples, qui se ren- 
contrent non seulement en Normandie, mais dans 
toute la France. J'ai observé notamment l'emploi de la 
fleur de lis dans les cathédrales de Lyon et de Séez. 

» Guerbaville. — Console, — A l'église delGuerba- 
ville-la-Mailleraye les contreforts qui flanquent à 
droite et à gauche la porte ouest sont ornés de con- 
soles destinées à supporter des statues aujourd'hui 
absentes, et qui n'ont peut-être jamais existé. 

» J'ai cru intéressant de reproduire une de ces con- 
soles, richement sculptée dans le style ogival du 
XVI® siècle, duquel date tout ce portail, très orné dans 
toutes ses parties ». 

M. le Président félicite d'autant plus vivement notre 
confrère de ses intéressants dessins, qu'il sera heureux, 
si nos ressources le permettent, d'en reproduire quel- 
ques-uns dans le Bulletin. 

Statuette annamite. — En s'excusant de présenter 
un objet qui ne prête guère à des rapprochements 
artistiques, le secrétaire fait circuler une statuette en 
marbre (hauteur 0,22; largeur à la base 0,12, 
moyenne; 0,10, à la tête, 0,06; épaisseur, 0,09 au 
maximum), portant çà et là des traces de peinture 
rouge. Elle représente une femme tenant sur son sein 
un jeune enfant. L'exécution est jugée par M. le Pré- 



3o9 

sident d^un travail assez barbare, et M. Pelay y verrait 
volontiers une œuvre asiatique. 

C'est en effet d'Hanoï que notre compatriote le 
P. Fillastre, des Missions étrangères, aujourd'hui 
aumônier de Phôpital militaire du corps expédition- 
naire, a envoyé au Petit Séminaire ce spécimen de la 
sculpture tonkinoise. Il est ancien, affirme-t-il ; et 
encore que la posture accroupie soit essentiellement 
bouddhique, il suppose que 'ce groupe est sorti des 
mains d'ouvriers chrétiens. La Commission croit qu^on 
y peut voir en effet la Vierge et l'enfant Jésus; et le 
morceau lui semble curieux. 

Avec ce marbre a été également envoyée une statue 
de S. Pierre, haute de 0,60, taillée dans un seul 
morceau de bois, peinte et dorée avec soin. Certains 
traits caractéristiques, tels que le ton rouge du visage 
et la fente exagérée des yeux, prouvent qu'on a 
voulu faire du prince des apôtres un parfait Chinois. 
Exécutée vers 1880, cette pièce « fut longtemps, écri- 
vait le P. Fillastre, le chef-d'œuvre de Part annamite ». 

Château de Dieppe, — M. P. Baudry demande s'il 
faut craindre une information sérieuse dans l'annonce 
que les fossés du château doivent être comblés, ce qui 
défigurerait étrangement la vieille forteresse. 

M. Le Verdier présume que ce remblai n'atteindrait 
tout au plus qu'un tronçon peu considérable de ces re- 
tranchements. Ailleurs ils sont de si énormes dimen- 
sions qu'on ne saurait en entreprendre le nivellement. 
Ne faudrait-il pas pourtant, ajoute l'abbé Tougard, 
prendre quelques précautions pour qu'on n'y autorise 
pas l'apport des déblais de la ville? 

Chapelle des Trépassés, — M. Baudry souhaiterait 



3io 

aussi quelques éclaircissements sur les vestiges d^une 
ancienne chapelle qui viennent d'être signalés dans la 
rue Neuve-Saint- Vivien. 

Il est répondu que cette chapelle avait été élevée 
dans le cimetière paroissial par la Confrérie des Tré- 
passés. Elle est d'autant plus intéressante qu'on n'en 
cite guère d'autres semblables, sauf celles du cimetière 
Saint-Maur. Notre collègue M. G. Dubosc a rédigé 
sur elle un article. Il aimerait à ce qu'on interrogeât le 
sol, qui doit renfermer des tombeaux. 

M. de Beaurepaire joint au procès-verbal sa com- 
munication précédente : 

NOTES ET DOCUMENTS DIVERS 

Devis de construction de presbytère — Mobilier 
d^un atelier d'étamerie — Trousseau de mariée en 
fait de linge, xv^ siècle. 

Les devis de grands travaux d'architecture sont malheu- . 
reusement assez rares : ceux de constructions vulgaires à 
l'usage des simples particuliers ne le sont gu^re moins; et 
certainement il y aurait quelque intérêt pour nous à rÇ" 
cueillir ce second genre de documents pour nous faire une 
idée exacte de la manière dont les gens de condition 
moyenne étaient logés autrefois et pour être renseignés 
sur ce qu'il leur en coûtait. J'ajouterai que ces documents 
fourniraient nombres de termes techniques dont pour- 
raient s'enrichir nos glossaires de l'ancienne langue fran- 
çaise. 

A titre d'exemple, voici un devis du a 5 novembre 1401, 
concernant un presbytère à construire à Touville, com- 
mune aujourd'hui comprise dans l'arrondissement de Pont- 
Audemer. Je laisse à un homme de Tart ou du métier le 
soin d'interpréter les termes employés, et, pour une raison 



3ii 



encore meilleure, celui d*y trouver les éléments d'une 
représentation fidèle qui serait plus à notre portée. 

Dans une des séances de notre Commission, je me suis 
occupé des étamiers rouennais, dont le métier, comme on 
sait, a quelque rapport avec les arts. U(i acte, du 8 mars 
1401, nous fait pénétrer dans Tatelier ou la boutiqyçd'un 
des membres de cette communauté. On y verra l'indica- 
tion des outils dont il se servait, et Ton y remarquera 
quelques détails sur les habitudes de cette époque. 

Un autre acte, du 26 mai ^1478, qui détaille le trous- 
seau compris dans les apports de la fille d'un riche mer* 
cier de Rouen, nous a paru intéressant à consulter pour 
rhistoire du costume. 

Devis pour la construction (Vun presbytère à Touvllle. 

25 nov. 1401. — « Guillaume Blesot demourant à Tou- 
ville, eu doyenné du Pontaudemer, confesse avoir aloué à 
faire bien et deuement à maistre Jehan de Paigny, curé 
dudit lieu, ainsi et par la manière qui ens(ieut), c*est assa- 
voir que icellui Blesot fera icelle maison de liiii piez de 
long et mi estages et xvi piez de tref en hault et à ladicte 
maison vu travers au bout rabatu coulombe jusques au 
feste; et aura en ladicte maison nii poutres fermées en 
iiii chambres. Item en la dicte maison ara m cheminées, 
ij basses et une haulte, toutes à up travers, çoulombç 
depuis les poutres jusquçs aux hautes pannes; et seront 
lesdictes cheminées toutes de piastre dedens œuvre; et les 
couuiaulx et tieulliaux bons et suffisants et les enclastres 
de tieulleaui^ garnis de jambes de bonne pierre de taille 
comme il àppartendra. Item jouxte le costé de devant la 
dicte maison sera faicte une elle tant au lonc, de telle laise 
comme il appartendra, laquelle sera bien lactée et cou- 
verte de tieulle ; et tout le demourant dp la dicte maison 
sera couvert de chaume bien et soufHsamment comme il 
appartiendra, et sera ladicte maison rabatue jusques au lieu 



3l2 



pour donner veues aux chambres de haut. Item en ladicte 
maison sera fait un bon degré pour monter haut au profit 
de la dicte maison et par la meilleur manière et conseil que 
on pourroit aviser, soit de boiz ou de piastre; et sera la 
dicte maison bien garnie de soliveaux tout au lonc, ainsi 
qu'il appartiendra et planchié de pel torche et enduit d*ar- 
gille dehors et dedens, bien et souffisaument. Item ladicte 
maison sera terrée bien et suffisaument partout où il 
appartendra dessoubz les solles et de bonne matière et 
bassée de bonne pierre dessoubz les croix et partout où il 
appartendra. Item la maison sera fournie de bons huis et 
de fenestres de chesne bien et suffisaument. Item la dicte 
maison sera bien plastrée tout entour et par tous les cou- 
lombeiz où il appartiendra. Item en l'un des bous de 
la dicte maison haut sera fait un bon appentis pour fere 
une chambre aisée. Item il est assavoir que pour aucunes 
chosez qui sont en controversie entre les parties dessus 
diz, est assavoir pour le plastrage et embasserie de bas 
pour ladicte maison, ledict curé doit amender ledict mar- 
chié audit vendeur selon sa conscience ou le dit des 
ouvriers; et pour les choses dessus dictes faire entériner 
comme dit est, ledit achecteur doit avoir lxx frans d'or ou 
monnaie, etc.; et doit tout estre fait dedens Pasques 
prouchain . venant, oblig. biens ...» 

Accord entre Cottin Goulle^ étamier^ et son frère Ricart 

Goulle^ épicier. 

Mardi viip jour du mois de mars 1400 (v. s.). — t Comme 
Colin Goulle, estainmier, eust esté en mariage ouquel il 
eust engendré deux enffans qui encore sont en vie et sa 
femme allée de vie à trespassement, et pour aucunes ad- 
versitez qui lui sont entrevenues soit diminué de sa che- 
vance, tellement que bonnement sanz aide d'autrui n'avoit 
de quoi faire son dit mestier ne nourrir ses diz enffans, et 
pour ce se soit trait par devers Ricart Goulle, espicier, son 



iii 



frère, lui requérant qu'en ce lui voulsist aidier, lequel, 
pour amour naturelle que il avoit à lui, regart de nature, 
et pour ce que ii ait plus hounourablement son estât, ont 
faict traictié et appointement par la manière qui ensuit : 
Savoir faisons etc., furent présens les dessus diz qui etc. 
Et pour considéracion des choses dessus dictes, ledit Co- 
lin sera et demourra en Tostel dudit Ricart, avec lui un 
varlet, ses deux enffans jusques à i an où, tant comme il 
plaira audit Ricart, fera led. mestier d*estainmerie et 
plommerie bien deuement, diligemment et loyalement, 
pour laquelle œuvre faire ledit Ricart sera tenu trouver 
estain, plom pour faire ledit mestier; et avec ce sera tenu 
trouver audit Colin, ses deux enffans, son varlet, boire, 
mangier, feu, lit, ostel sanz nulle autre choze trouver au- 
dit Colin, ses enffans et varlet, soit de vesteure, caucheure, 
enssoingnez de neuches (i), moitié de tout le gaing et 
prouffit qui dudit mestier pendant ledit temps en pourra 
ystre sans, contredit etc., mais en sera tenu faire bon 
compte et loyal ; et sur la porcion de chacun sera pris par 
égal poccion l'imposition, la gloe et le carbon que fauldra 
pour ledit fait et le louage du varlet ; et auxi, s'il advenoit 
que ledit Colin eust un apprentiz qui donnast argent, cha- 
cun en auroit la moitié ; et quand ii plaira à Tune partie 
et à l'autre de départir d'ensemble, ledit Colin en empor- 
tera Les c^tilz et extencilles contenus en la cédule de par- 
chemin cy annexée sans contredit, etc., toutes lesquelles 
choses, etc., lesdites parties promistrent tenir, etc., ledit 
Ricart protestant que demeure ne résidence que face ledit 
Colin ne ses ditz enffans avec lui ne lui face ou porte 
aucun préjudice, ne que ilz puissent acquérir pour ce 
aucune part ou porcion en chose que il ait, ne que pour ce 
soit ténu paier debte que doye ledit Colin ; et à ce îlz obli- 
gent biens meubles et héritagèis. 

» Cy ensuit les biens meubles, extencilles et oultiz dii 

(i) Présents à Toccasion de noces. 

ai 



3i4 

mestier d'estainmerie que a apportez Colin GouUe, estain- 
tnier, avec Ricart Goulle, son frère, pour faire ledit mes- 
tier d'estainmerie : Premièrement unes aumeres à mectre 
estainmerie, ung tour, les fourquectes, Testablie apparte- 
nant audit mestier, xiii fers à tourner, ii fers carrez à tour- 
ner, II fers à souder en goutières, i fer tore, un escouvines, 

I bruniseur à ii mains, i à une main, ii troches et une gra- 
cine, une bernagoe, i lime, unes becquectes, vu arbres 
dont il y en a m grans et un petiz, i chinole à tourner, 
uns petiz molles, ii culliers de fer, m petis martiaulx, 
unes chigalles, i petit chisel de fer, un petit moulle de sal- 
lières basses avec le couvercle et les empraintes, i moulle 
de sallières à pié tieulx avec le couvercle et les emprainc- 
tes, I moulle de salières en façon de gallice avec le cou- 
vercle et les empraintes, i moulle de gobellez de pion, 

II mouUes de charnières deglan, l'ungrantet Ta utre petit, 
Il mouUes de pommectes à mectre sur sallières, unes 
petites balenches, i petit compaz, i petit bouquet de fer. 
Il balenches de bosc, un perceur à perchier poz, ii vieux 
soufflez, une queux, vi Ib. d'estain, tant ouvré que à ou- 
vrer, nu Ib. m quarteronz de mort estain; i7em un viel 
buffet, une vielle fourme, une huche; item un lit, une 
vielle couverture de sarge verte, m paire de vieux draps 
de toille et demie ou environ; item m vieux doubliers 
cours, d'environ ii aulnes, m vielles touailles, ii touailles 
un poy meillieures, contenant ii aulnes, et m oreillers ; item 
une vielle paelle d*arain pesant environ un Ib., une crame- 
lie, un candelieret un gredil, toutes lesquelles parties acol- 
iées sont merquez du merq dudit Colin. 

» Ledit Colin doit audit Ricart la somme de xxxx s. t. 
VII d., pour cause d'argent sec preste avec xxxii 1. x onches 

d'estain dont, etc , à paier à volenté, etc , oblige 

biens, etc. ». 



3t5 



Détails de trousseau en fait de mercerie. 



26 mai 1478. — Traité de mariage entre Robin Le 
Villain, mercier, et Jacqueline Dumouchel, fille d'un autre 
mercier. 

Le père de la future promet donner « les vestemens, 
habillemens et atroussellemens cy-après desclairez, c'est 
assavoir : une houppelande d'escarlate vermeille, fourrée 
de menu voir, bordée de gris. Item une autre houppe- 
lande de drap viollet, demye-graine, fourrée de dos de gris 
et bordée de gris. Item une houppelande de drap pers, 
fourrée d'orillons et bordée de gris. Item une autre houp- 
pelande de drap noir fourrée de penillières, bordée de gris. 
Item une autre houppelande de drap noir fourrée de 
grougneiz. Item une cote simple de drap viollet, fourrée 
d'aigneaulx blans. Item deux chapperons noirs. Item ung 
chapperon d*escarlate violete. Item\ine chainture large de 
soye, ferrée d'argent, à tissi; blanc. Item une autre chain- 
ture large, de soye noire, ferrée d'argent. Item deux litz 
et traversains, l'un d'iceulz litz et traversains grant et l'autre 
petit; deux sarges vermeilles pour couvrir iceulx litz, 
Tune il cinq rayes et l'autre à trois rayes. Item deux oril- 
liers et deux tayes. Item demye douzaine de carreaulx. 
Item ung coffre. Item douzaine et demie de couvrechiés 
en pièce. Item deux couvrechiez couppez.//emxiiii aulnes 
et demie de doubliers a l'œuvre de Rouen. Item xvi aul- 
nes de touailles ù l'œuvre de Rouen. Item demie douzaine 
de servietes en pièce. Item deux servietes couppées. Item 
XVIII aulnes de doubliers moyens de lin, à l'œuvre de 
Venize. Item xxi aulnes de touailles de lin, à l'œuvre de 
Venize. Item xvii aulnes et demye de fin doublier de lin 
à l'œuvre de Venize, de cinq quartiers de lé. Item ung 
drecheur de lin, de deux aulnes, à l'œuvre de Venize. 
Item xxiii aulnes de fines touailles de lin, à l'œuvre de 
Venize. Item quatre paire de petis draps de ley et demy. 
Item quatre autres paire de draps de lin de deux letz. 



3i6 



Item une autre paire de draps de lin de deux letz, plus 
fins. Item une autre paire de draps de lin de deux letz et 
demy, aussy fins. Item six chemises pour lad. Jacqueline. 
Item six devantieux, six coiffes communes, six coiffes 
rondes et xii collerectes, et, avec ce, faire recevoir en la 
monnaie lad. Jacqueline aux despens dudit Robin Dumou- 
chel. 

» Etsivoult... ledit Robin Le Villain que, si estoit, 
que Dieu ne vueille! que lad. Jacqueline allast de vie â 
trespas dedens Tan et jour de leurs espousailles sans avoir 
enffans vivans, rendre et restituer aud. Robin Dumou- 
cbel lad. somme de iiic 1. 1. aveclesd. c s. t. de rente, ves- 
temens, habillemens et atroussellemens ; les frais, couste- 
menset despens du jour desd. nopces se paieront par 
moictié, rabatu sur ce les estraignes de chascune desdites 
parties ». (Extrait des registres du tabellionage de Rouen). 



NOTE SUR UN HOTEL DE LA RUE DE l'hÔPITAL 



Le 21 octobre 1887, je communiquai à la Commission 
des Antiquités quelques notes sur le bel hôtel qui porte 
le no 1, rue de l'Hôpital, près de la place Saint-Ouen (i). 

Je ne puis me dispenser de reproduire quelques lignes 
de ces notes : 

« Connu par renseigne du Paon^ au xive ou xv^ siècle, 
cet hôtel 'appartint successivement à Robert de Livet ; au 
chanoine Guillaume de Livet, bien connu par ses senti- 
ments patriotiques; à Robert Destin, sieur de Villerets, 
qui fut Fun des organisateurs et des premiers magistrats 
de l'Echiquier et du Parlement de Normandie, sous 
Louis XII ; à différents membres de la famille Jubert, qui 
remplirent des charges de conseiller ou de président dans 
les cours souveraines de notre province. 

(i) Bulletin de la Commission^ t. VII, pp. 438-443. 



Ji7 

» C'est à Destin de Villerets ou aux Jubert, qu'il faut 
rapporter Thonneur de cette élégante construction ; mais 
)e pencherais pour le premier. 

» Henri Jubert, écuyer, sieur de Brécourt, héritier en 
partie de feu noble homme Monsieur maître Henri J.ubert, 
président en la Cour des Aides, vendit, le 14 aoi^t 1600, 
cet hôtel à Jean- Jacques Rome, sieur de la Fontaine, pré- 
sident en la Chambre des Comptes, moyennant i i,5oo 1. 
de prix principal ». 

Un acte du tabellionage de Rouen me permet de com- 
pléter et aussi de rectifier ces indications. 

Aux noms des propriétaires de Thôtel en question il faut 
ajouter celui de Jean de Bauquemare, sieur de Bourdeny, 
à qui il avait été adjugé^ lors du décret des biens de Robert 
Destin. 

Celui-ci ne fut pour rien dans la construction de l'édifice. 
Elle fut entreprise et payée par Henri Jubert, Général sur 
le fait des Aides en Normandie, et d'après un devis qui 
dut être soumis à Bauquemare, intéressé, en prévision du 
retrait lignager facultatif, à ce que les travaux fussent con- 
venablement exécutés. La date de la construction peut 
être fixée à iSzS, 1524 au plus tard. 

On en jugera du reste par l'acte que j'ai transcrit d'après 

un registre du tabellionage de Rouen. 

* 

5 février 1S22, — « Noble homme Jehan de Bauque- 
mare, sieur de Bourdeny, avocat en la cour, vend à Henri 
Jubert, Général sur le fait de la justice des Aides en Nor- 
mandie et à ses hoirs, un tènement de maisons, cours, 
vuides places, héritages et tènemens assis en la paroisse 
Croix-Sain t-Ouen de Rouen, qui fut Robert Destin, 
sieur de Villerets, passé et adjugé audit de Bauquemare, 
tant par décret fait devant le viconte de Rouen... que par 
un arrest de la cour de Parlement ; bourné d'un costé 
tout air long la maison de Rouville; d'autre costé, la mai- 
son où pend pour enseigne La Levrière; d'un bout, par 



3i8 



devant, le pavement de la grant rue S^-Ouen, et, d'autre 
bout, par derrière, le pavement de la rue de l'Osmosne, à 
charge des rentes foncières qui sont deues, pour demeurer 
quitte envers ledit Jubert, de mil liures qui lui avoient 
esté, prestées, et moyennant deux cents saluts d'or au 
soleil équivalant à iiiic 1. ». 

Jubert prenait l'engagement de faire démolir les édi- 
fices « qui étoient sur ledit lieu qui tomboient en totale 
ruine et d'y faire faire édifice jusqu'à la somme de 2,000 1. 
au lieu plus utille et profitable selon le devis dont ledit 
Jubert et Bauquemare conviendroient ». Il était entendu 
que dans le cas où celui-ci exercerait le retrait du fonds 
par lui aliéné, il aurait à rendre à l'acquéreur ou à ses héri- 
tiers la somme de 1,400 1, avec 2,000 1. ou ce que 
Jubert aurait payé pour raison dudit édifice jusqu'à con- 
currence de la somme de 2,000 1. 

Il n'y eut pas de retrait. La famille de Jubert, comme 
nous l'avons dit, resta en possession de l'hôtel de la rue 
de l'Hôpital jusqu'en l'année 1600. 

Henri Jubert, l'acquéreur de i522, était seigneur de la 
Grippiére. Il jouissait d'une fortune considérable qui lui 
permit d'acheter de Louis d'Orléans, duc de Longueville, 
5oo 1. de rente foncière payables chaque année en son do- 
micile, à Rouen (i). Peu de temps après, il devint aussi 
propriétaire, par achat, d'Arcanchy dans le Vexin. 

Ce Jubert fut, comme Antoine Bohier, Général en la 
cour des Aides, et il est assez probable que le remarquable 
édifice construit pour cette juridiction fut proposé comme 
modèle à l'architecte de la rue de l'Hôpital. On peut même 
admettre qu'il n'y eut qu'un seul et même architecte pour 
ces deux constructions, et que cet architecte fut Rouland 

( I ) La vente lui en fut faite par Louis de Hattes, protonotaire du 
Saint-Siège apostolique, chanoine de Rouen, agissant comme 
procureur de Louis d'Orléans, 28 avril i529(Tab. de Rouen}. 



/ 
/ I 



3i9 

Le Roux, à qui nous sommes redevables du bâtimeat de 
la cour des Aides, affecté, dans le xviiie siècle, au Bureau 
des Finances (i). 

A quatre heures la séance est levée. 



A. TOUGARD. 



(i) Le registre des délibérations de l'Hôtel de Ville, 7 oct. i5io, 
indique clairement comme architecte de cet hôteL « Rouland Le 
Roux, maître des ouvriers de maçonnerie de la Ville ». 



ï'ÏUNClt>ALES MATIÈRES DU BULLETIN 



Pages 

Liste des membres i 

Monuments historiques iv 

Sociétés correspondantes x 

I. — Rialle, maire du Havre 172 

Cloches du Beffroi 176, 196 

Tombes et épitaphes 1 76 

Monnaies romaines 190, 195 

11. — Première Bible imprimée en France 198 

Vitraux de Saint-Julien 200, 222 

Récompenses archéologiques 202, 277 

Fenêtres terminales et retables 20$ 

Ancienne gentilhommière à Cany 207 

Maçonnerie. — Documents divers 208, 310 

Les bâtiments des séminaires. .' 214, 255 

m. — Les Jouvenet 223 

Inscription de Saint-Saens 225 

Explorations archéologiques 228, 2 $8 

La Pierre Gante 231 

Etalon de mesure à Quincampoix 235 

IV. — Pouvoir des monnaies 244 

Pont en projet au xviie siècle 247 

Jeux de paume 254 

V. — Antiphonaires manuscrits 268 

Cadran à boussole (fig.) 271 

Famille de Campion 274 

Colonne d'Arqués , . . 278, 294 

P. Choynet et sa tombe à Monville 281 

VI. — Collection de silex taillés, à Longueville 294 

Les noms des rues 304 

Fleur de lis décorative (fig.) 305 

Hôtel rue de l'Hôpital 316 



\ 



PROCÈS-VERBAUX 

DE LA 

COMMISSION DES ANTIQUITÉS 

DE LA SEINE-INFÉRIEURE 

F>ENDANT L'ANNÉE 1905 



SÉANCE DU 17 FÉVRIER 1905 

Elle ouvre à deux heures un quart sous la prési- 
dence de M. Ch. de Beaure paire, vice-président. 

Membres présents : MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, Deglatigny, Drouet, G. Dubosc, Garreta, 
Lefort, Le Verdier, Mgr Loth, Malicorne, Pelay, 
Ruel, de la Serre, de Vesly et labbé Tougard. 

Le procès-verbal de la séance précédente (16 dé- 
cembre 1904) est lu et adopté sans observation. 
M. Pelay demande seulement à substituer une note 
qu'il avait annoncée, au résumé qu'il vient d'entendre 
sur Tun de ses livres liturgiques. La proposition est 
accueillie avec empressement. 

Correspondance imprimée, — En voici le contin- 
gent : Regestes des évêques de Thérouanne, par 
Tabbé Bled, I, 3. Saint Omer, 1904; in-40; — Bulle- 
tin hist etphiloL du Comité, 1904; 1-2, un fasc. ; — 
Bulletin et Mém. de la Soc, des Antiquaires de 



322 



France, LXIII, 1904; — BulletinetMem.de la 
Soc. de la Charente, Tables générales; 1 845-1900; 

— Bulletin de la Soc. archéoL de Touraine, 1904, 
4; — Bulletin de la Société Dunoise, 140; — Bulle- 
tin de la Soc... de VOrléanais, T79; — Bulletin de 
la Soc. des Antiq. de Picardie, 1904, 2 et ?>, un fasc. ; 

— Bulletin de la Soc... de Langres, 70; — Bulletin 
de la Soc. des Antiq. de V Ouest y X, 1904, 2 et 3, un 
fasc. ; — Bulletin de la Soc... de l'Orne, XXIII, 3; 

— Item, Table, t. I à XXII, 1904; — Mettensia, IV 
(Antiq. de France), Fondation Prost \ — Gand, 
Inventaire archéol . xxxvii, déc. 1904; — Bulletin de 
la Soc, XII, 9; XIII, i; — Dieppe. Catalogue 
des Musées, par notre confrère M. A. Milet; hom- 
mage d^auteur ( t ) ; — Anciennes industries dieppoises, 
idem; item; — Jean Goujon... à Rouen, par M. de 
Veslv. 

La circulaire de la Société libre de l'Eure rappelle 
les conditions du prix L. Fouché, qu'elle doit décer- 
ner cette année. 

Mort de M. Bouctot. — M. le Président enregistre 
la perte sensible que la Commission a faite depuis la 
dernière séance, dans la personne de M. Bouctot, l'un 
de ses doyens d'âge. Entré dans la Compagnie il y a 
près de trente ans, il en avait toujours suivi les séances 
avec intérêt, depuis même que les premières atteintes 
de la surdité lui rendaient moins accessible l'ensemble 
des communications. Quelques membres rappellent, 
en outre, que les questions d'Art et d'Archéologie 
n'avaient guère d'avocat plus autorisé que M. Bouctot 

(i) Plusieurs membres remarquent que nos collections de 
Rouen peuvent envier un semblable inventaire. 



323 



au sein du Conseil général. A ces divers titres, 
M. Bouctot emporte les regrets les plus sincères de la 
Commission. 

BRÉVIAIRE A l'USAGE DE l'ÉGLISE DE SALISBURY 
IMPRIMÉ A ROUEN EN l556 

Je suis heureux, dit M. Pelay, de communiquer un 
volume assez rare qui ne représente malheureusement 
qu'un fragment d'un ensemble. 

Q Portiforium feu Breuia // rium ad vfum ecclefie Sarijhu- 
rienjis caftiga- j/ tum / fuppletum marginalibus quotatio- // nihus 
aàornatum / ac nunc primum // ad verijfimum ordinaUs exempîar jj 
in fuum ordinem a peritijfimis // viris redactum, // Pars Hye- 
malis II Rothomagj // 

Q Apud Robertum Valentinum & Florentium 1 1 Filium eius. // 

Cette partie d*hiver d'un bréviaire à l'usage de l'église 
de Salisbury appartient à la nombreuse série des livres 
liturgiques des églises de Salisbury, York et Hereford que 
nos imprimeurs et libraires rouennais fournirent pendant 
si longtemps à nos voisins d'Outre- Manche dans les xv^ ex 
xvi^ siècles et même dans le xviiie, d'après M. Auguste Le 
Prévost. 

Le colophon porte la mention suivante : 

Q Pars hyemalis tam jl de tempore 7 de fanctis Portifori / ad 
vfum infignis eccîejie Sarifburèfis : Finit Féliciter. // 

Q Rothomagi Ij Per Robertum Valentinum & Floren // tium 
Filium eius. jj M. D. LVI. 

Les Valentin n'ayant toujours été considérés que comme 
des libraires, nous avions pensé que ce mot per pourrait 
être interprété comme l'indication du métier d'imprimeur; 



324 

et nous eussions été heureux d'ajouter un nouveau nom 
à la liste déjà nombreuse des typographes rouennais. 

Il n'en était malheureusement rien. M. Claudin, 
rérudit libraire parisien, auteur de la savante Histoire 
de r Imprimerie en France^ duquel nous avons cru bon 
de prendre l'avis, nous a déclaré que le mot /7er devait s'in- 
terpréter dans le sens de aux frais et au'il en était de 
même pour le terme encore plus significatif de operâ^ 
employé par les premiers libraires lyonnais et qui signifiait 
toujours « par les soins », ainsi qu'il a pu le constater sur 
des pièces d'archives à Lyon, établissant de la façon la plus 
précise que des libraires de cette ville, qui n'ont jamais 
été imprimeurs, usaient du mot operâ pour des volumes 
vendus et non imprimés par eux* 

Il serait très intéressant de rechercher les raisons qui 
engagèrent les imprimeurs et les libraires anglais à s'adres- 
ser non seulement à leurs confrères de Kouen, mais encore 
à ceux de Paris, Lyon, Douai, Venise, Anvers et Lou- 
vain, pour une série de livres spéciaux ; nous laissons ce 
soin à de plus érudits. 

Edouard Frère (i) attribuait ce motif aux lenteurs que 
l'imprimerie mit à se répandre en Angleterre, quoique in- 
troduite dès 1474; il y ajoutait le prix élevé du vélin et la 
rareté du papier — la première fabrique de papier ne 
s'étant établie à Hereford qu'en 1494 — et enfin à ce que 
lu liturgie, sauf quelques offices particuliers à des saints 
locaux, était la même pour les églises de Rouen et d'An- 
gleterre. 

L'introduction de la religion réformée en Angleterre, 
ordonnant d'abord de rechercher tous les livres dans les- 
quels le Pape était nommé pour rayer son nom et son titre, 
et ensuite leur destruction, sous le règne d'Edouard VI, 

(i) Des livres de liturgie des Églises d'Angleterre (Salisbury, 
York, Hereford), imprimés à Rouen dans les xve et xvi« siècles. 
Grand in-S®, Rouen, Le Brament, 1867. 



325 



explique Tinsigne rareté de ces ouvrages, dont le riche 
dépôt de la Biblioihèque nationale de Paris ne possédait 
pas, en 1867, de spécimen imprimé à Rouen ; cette lacune 
doit être comblée maintenant. 

Il y a, pourtant, un point curieux à constater, c'est que 
Rouen continua h imprimer desJivres du culte catholique 
quand le protestantisme était devenu religion d'Etat. 

Nous ajoutons quelques notes sur les Valentin. 

Valentin I ou Vallentin (Robert), 1 523- 1 562, libraire et 
graveur sur bois, au portail des Libraires, à Timage de la 
Vierge Marie, habitait sur le territoire de la paroisse 
Saint-Lô, remplissait, en 1359, les fonctions de trésorier 
de l'église Saint-Nicolas; associé avec son fils Florent, en 
i556. De 1624 à 1541, il occupe une échoppe du portail 
des Libraires, louée 100 sols, dont la location pour la 
période de 1642 à i555 est de 6 livres. A l'époque de son 
association avec son fils il prend deux échoppes qu'il con- 
servera de i556 à i562 et dont le loyer s'élèvera à 
II livres. 

Valentin (Florent), fils de Robert (Valentin l), i552- 
i562, libraire au portail des Libraires, devient, en i556, 
associé avec son père. Occupa une échoppe qu'il payait 
3 livres, 6 sols. 

Valentin (Pierre), libraire au portail des Libraires, loca- 
taire de 1573 à 1674 d'une échoppe louée 4 livres, 10 sols. 

Valentin, libraire devant l'enseigne du Point du Jour. 
Son nom figure sur les comptes du Chapitre, de 1597 à 
1622. Répare les Registres delà Fabrique de Saint-Godard 
(Comptes de i6o2-i6o3). 

Robert Valentin employa deux marques, une grande et 
une petite. 

La première représente deux licornes accompagnant un 
écusson suspendu à un arbre. Cet écusson divisé en deux 
compartiments offre dans sa partie supérieure les initiales 
R. V., et dans sa partie inférieure les attributs de la Pas- 



326 



sion. Le nom ROBERT VALENTIN est inscrit dans un 
listel placé sous Tarbre. 

Cette pièce est reproduite dans les Marques typogra- 
phiques^ par Sylvestre, sous le n» i68. 

La seconde est une répétition de la première. Au centre 
un arbre d'où pend un écusson supporté par deux licornes, 
au haut de Técusson les lettres R. V. et au bas un oiseau 
les ailes déployées. Le nom ROBERT VALENTIN figure 
également sous Tarbre. 

Valentin II (Robert), 1 598-1635, imprimeur et libraire, 
enclos du Palais, à Rouen. Valentin, qui appartenait à la 
religion réformée, avait un dépôt à Quevilly, où il devait 
même, d'après Lesens, posséder une imprimerie. 

Valentin (Pierre), imprimeur-libraire. 161 1. Indication 
fournie par Gosselin. 

Chapelle de Bosférey à Thuit-Signol [Eure], — 
M. Pelay fait passer sous les yeux de ses con- 
frères un dessin au crayon, rouge et noir, du 
xviii« siècle, portant cette légende : « Chapelle de la 
Terre du Bosc Feray ». Ce petit monument, qui existe 
encore, se trouve situé sur le territoire de la com- 
mune de Thuit-Signol, canton d'Amfreville-la-Cam- 
pagne, arrondissement de Louviers (Eure). 

La terre de Bosférey portait le titre de vavassorerie. 
Elle appartint au xviie siècle à la famille Campion, liée 
avec Pierre Corneille. Le propriétaire actuel est M. Ro- 
bert Bellest, habitant Elbeuf-sur-Seine. 

Circulaire de la Confrérie des Trépassés, — 
Pour faire suite à ce qui a été dit de la chapelle du ci- 
metière Saint-Vivien, M. Pelay communique un pla- 
card employé comme simple chemise pour réunir dif- 
férents imprimés. On y lit : 



327 

« La Commémoration des Fidèles Trépasse\ , dont 
V Ancienne Confrérie est érigée en la chapelle du 
cimetière de Sainte Vivien 

» Vous êtes avertis que mardi prochain premier 
jour de Novembre ijSj, Fête de tous les saints, on 
dira la Messe à neuf heures précises du matin dans la 
Chapelle du Cimetière de la Paroisse de Saint-Vivien, 
où il y aura Prédication entre Vêpres et Compiles 
pour la Confrérie des Trépassez, parle H. P. Benoist, 
Récollet, prédicateur de PAvent. 

» Le même jour, on dira les Vigiles des Morts après 
les Vêpres de ladite paroisse, dans la Chapelle du Ci- 
metière; et le lendemain, jour de la Commémoration 
des Trépassez, on dira le Service Général, sur les neuf 
heures du matin, pour tous les Frères et Sœurs Tré- 
passez de la Coiîfrérie. Il y aura Indulgence Plénière ; 
Prédication à trois heures après-midi, dans le dit Ci- 
metière, par un religieux récollet. 

» Ensuite on dira les Vigiles des Morts et le Libéra. 

» Prie\ Dieu pour le repos de leurs âmes ». 

Noms nouveaux des rues, — La Commission ne 
regrettera pas, selon le même membre, les idées qu'elle 
a plusieurs fois émises à ce sujet, en apprenant ce qui 
vient de se passer à Bernay. Non seulement deux 
noms bien historiques de rues y ont fait place à des 
appellations toutes modernes et de circonstance; mais 
le plus considérable souvenir du passé de la petite 
ville, personnifié dans la Place de V Abbaye y a égale- 
ment disparu. C'est toujours Thistoire commençant 
au xixe siècle, bientôt sans doute au xx^ seulement ( i ). 

(i) Mieux inspirée a été naguère la municipalité du Mont- 
Saint-Aignan, lorsque à un nom de rue qui taisait double emploi 



328 



Le Parthénon. — Enfin notre collègue lit la note 
indignée d'un journal sur un projet de restauration 
de ce chef-d'œuvre de Part antique, et demande s*il ne 
conviendrait pas que la Commission s'associât aux 
protestations qui vont certainement se produire. 

M. Lefort, sans avoir suivi l'affaire dans tous ses 
détails, peut cependant en préciser les points princi- 
paux. Le gouvernement grec a fait appel à une Com- 
mission internationale d'architectes pour aviser à ce 
qu'il y a lieu de faire. Le délégué français, M. Magne, 
d'accord avec l'architecte russe et plusieurs autres, 
accepte volontiers les travaux de consolidation les plus 
simples, comme les plus éloignés d'une restauration 
proprement dite. Ainsi résolue, la question semble 
bien à Tabri de toute objection. 

Les armes des LongueiL — A leur sujet, M. Gar- 
reta s'exprime ainsi : 

« Dans un article de M. André Chaumeix, sur le 
château de Maisons (que fit bâtir par Mansart le pré- 
sident à mortier René de Longueil), inséré dans la 
Galette des Beaux- Arts, n© de février rgoS, on lit 
aux pages 94 et 97 : 

« dans les encoignures, Taigle des Longueil 

» déploie ses ailes. 

» ..... Taigle de Longueil étend ses grandes ailes 
» de marbre ». 

» Or, les Longueil portant pour armes : « D'azur à 
trois roses d'argent, au chef d'or chargé de trois roses 

elle a substitué celui d'Antoine Corneille, frère du grand poète 
et poète lui-même, l'une des personnalités les plus historiques 
qui aient vécu au xviie siècle dans le prieuré du Mont-aux- 
Malades (I^ote du Secrétaire), 



329 

de gueules » et des lions pour supports et cimier, 
Paigle du château de Maisons ne saurait s'appliquer à 
celte maison ». 

Buste de Miromesnil. — M.. G. Dubosc croit utile, 
de consigner au présent procès-verbal l'existence de 
cette sculpture due au ciseau de Houdon, et qui ne 
peut manquer d'être une œuvre remarquable. 

Pièces d'archives, — Le petit nombre de commu- 
nications qui viennent d'être faites persuade à M. le 
Président d'y joindre la production de divers docu- 
ments qui peuvent Jeter quelque lumière sur la vie 
intime de nos pères : 

DOCUMENTS SUR DIVERS POINTS d'hISTOIRE ET d'aRCHÉOLOGIE 

LOCALE 

Les sept documents qui suivent m'ont paru présenter 
quelque intérêt pour l'étude du costume et du mobilier, 
étude à laquelle il n'est pas permis à un archéologue de 
rester absolument étranger. Mais on me pardonnera de 
ne point donner l'explication des différents termes em- 
ployés dans ces documents. Cela m'aurait entraîné dans 
de longs développements que rendent, d'ailleurs, inutiles 
les glossaires publiés dans ces derniers temps par 
MiM. Viollet Le Duc, De Laborde, Godefroy et autres. "Je 
dois aussi avouer que, là où leur aide m'eût fait défaut, je 
n'aurais eu aucune explication valable à proposer. 

Pénultième de novembre 1480. — Traité de mariage 
entre Jehan Delisle, clerc de la communauté de la ville 
de Rouen, et Jacqueline Le Pelletier^ son affiée^ de la pa- 
roisse S.'Cande-le-Jeune : 

Outre une dot de 100 1. 1. donnée à la future épouse, on 
promet de a Tabiller de robes, chapperons, c'est assavon- : 



33o 



une longue robe d'escarlate où elle espousera ; une autre 

robe d'escarlate, nommée petite cote, pour vestir dessoubz 

la dicte longue robe ; item deux houppelandes d'escarlate, 

Tune fourrée de dos de gris et l'autre de menu ver; item 

ung surcot d'escarlate brune ou vermeille ; item une 

houppelande persse fourrée de menu ver ; item une robe 

noire fourrée de gris ; item une autre robe noire fourrée 

de penillières bordée de lestiche ; item trois chaintures, 

l'une à tringle d'or et les deux autres bien dorées ; item 

deux sourchaintes, l'une d'or, l'autre dorée ; item trois 

cotes simples, l'une de viollet et deux noires ; item unes 

futaines; iVew.quatre chapperons, l'un d'escarlate vermeille, 

l'autre brun, et les deux autres noirs ; item deux lis, l'un 

grant et l'aure petit, fournis de deux orilliers et ung es- 

pauUier ; item deux serges vermeilles ; item deux draps de 

toilles et demye et six paire de deux toilles ; item deux 

douzaines de queuvrechiefz ; item une pièce de doubliers 

de lin œuvre de Venise, de cinq quartiers de lé; item une 

pièce de doubliers de lin, œuyre de Rouen ; item une 

pièce de doubliers de gros lin à l'œuvre de Rouen ; item 

une pièce de touailles fines à l'œuvre de Venise ; item deux 

autres pièces de touailles de lin rondellet à l'œuvre de 

Damas ; item une autre pièce de grosses touailles à l'œuvre 

de Rouen ; item .deux douzaines de serviectes de lin ; 

item une huche bonne et honneste ». 

4 décembre (527. — Jehan et Guillaume dits Brillevast^ 
reconnaissent, par devant les tabellions de Rouen ^ un acte 
fait entre eux et consigné sur une feuille de papier^ acte 
ainsi conçu : 

« Jehan de Brillevast, demeurant à Rouen, du métier de 
cordouennerie, fils puîné de Jehan de Brillevast, de la 
paroisse de Penneville (i), pourvu par mariage audit lieu 

(i) Paroisse aujourd'hui supprimée et réunie à la commune 
du Mcsnil sous le nom de Mesnil-PannevjUe, canton de Pavilly. 



33i 



de Rouen, reconnaissant que, durant sa minorité, 
Guillaume Brillevast, son frère aîné, Ta entretenu aux 
escolles par longue espace de temps, par après fait ap- 
prendre le mestier de cordouennerie, auquel il a esté tenu 
l'espace de six à sept ans, tant avec Colin Brillevast, que, 
audit lieu de Rouen, avec un nommé Nicolas Campes (i), 
durant lequel temps ledit Guillaume lui a quiz et trouvé 
tous ses habillemens, et mesmes jusques à ce que ledit 
Jehan ait esté pourveu en mariage.... en faveur duquel 
(mariage) lui a esté baillé, à sa feste nuptialle, pour le 
vestir, jusques à i6 1. de drap, un porc gras de la valeur 
de 7 1., 5 mines de blé de loo s., 20 livres d'estain de 
70 s., I lit, I couverture vermeille, i courtine, 3 paires 
de draps à lits ; plusieurs doubliers, napes et serviettes de 
6 1. ; lui a quis et trouvé, pour subvenir à faire ladite feste 
nuptiale, 8 cochons, 20 chapons, i potée de beurre et plu- 
sieurs autres choses à ce requises, valant la somme de 
10 s. t., etc. » 

. Pour abréger, Jean Brillevast consent à dédommager 
Guillaume, son frère, des dépenses qu'il avait faites à son 
occasion. 

Ce que Ton doit remarquer dans cet acte, c'est la mention 
d'écoles auxquelles ce fils de paysan, destiné à une profes- 
sion modeste, avait été entretenu : le long temps d'appren- 
tissage qu'il dut subir avant d'exercer, comme maître, 
l'état de cordonnier, et l'importance donnée aux noces, 
ou, comme il est dit dans l'acte, à la fête nuptiale. 

19 décembre 1554. — Ensuit la déclaration du bien^ 
tant hérédital que mobille, d^Anne Pillée, veufve de feu 
Pierres Le Cordier^ en son vivant marchand de soie^ pa- 
roisse S. Denis de Rouen. (Extrait.) 

« Ung chaint d'or poisant i marc i once € gros et demi, 

(i) Il y avait à Rouen un imprimeur de ce nom, Jean Campes, 
domicilié sur la paroisse de Saint-Maclou, 6 juin 1527. 



332 



estimé à 19 1. l'once, 186 1. 8 s. 9 d. ; un diamant enchâssé 
en or, 70 écus ou 161 1. ; un rubi enchâssé en or, 35 écus 
ou 80 1. 10 s. ; une emeraude enchâssée en or, 47 écus ou 
108 1. 2 s. ; un piller d'or auquel a 12 pierres, 7 perles, 
33 écus ou 75 1. 18 s. ; unes patenostres d'agate, merchées 
d'or et engerbées d'or, 3o écus ou 69 1. ; ungs jaserens 
d'or auquel est enchâssé, à l'ung ung diamant, à l'autre 
ung ruby, 36 écus ou 82 l. 16 s. ; une coupe d'argent cou- 
verte, 60 l. 6 s. ; une pièce de tapisserie de Flandres, à 
grand verdure, 36 1. 10 s. ; 6 carreaux de tapisserie, 9 1. ; 
une espinete, 8 l. ; un grand tableau, Histoire de Judic, 
i5 1. ; une table de cypre avec les traites de noyer, 10 l. ; 
un cabinet de boys, 5 1. ; un grand bahut ferré de blanc, 
5 1. » 

Le même jour, cette estimation fut acceptée par Jacques 
de Civille, vicomte de l'Eau de Rouen, qui était sur le 
point d'épouser Anne Pillée. 

Le futur était fils et héritier de noble homme Alonce de 
Civille, en son vivant seigneur de Bouvilie, et de noble 
dame Marie de Saldaigne. 

Alonce de Civille avait résigné son office en faveur de 
son fils, à la réserve du greffe qui en dépendait, le 27 mai 
1545. Celui-ci se fit protestant (Etat civil de Quevilly, 
3 février i566). Il fut, pendant quelque temps, prisonnier 
aux prisons de la Cour d'Eglise pour cause de religion 
(M. Floquet, Hist. du Parlement^ t. III, p. 40). Il s'inti- 
tulait sieur de Pelletot et demeurait sur la paroisse 
Saint-Vincent, 9 septembre i559 (Tab. de Rouen). Un 
acte du 11 décembre 1579 mentionne Jacques de Civille, 
ci-devant vicomte de TEau, père et tuteur de Jacques de 
Civille. 

27 juin 1570. — Appréciation^ en présence de François 
Ribart, huissier en la Cour de Parlement^ des biens de 
feu Jehan Volant^ conseiller en cette Cour (i) : 

(ij Jean Volant, sieur de Berville, nommé conseiller au Parle- 



333 



f Une couche de bois de noyer garni d^un ciel avec les 
3 pentes et le dossier, 3 rideaux de plumet vert réelle de 
blanc et jaune avec les laises et une couverture de caste- 
longne verte, ung lict de plume, i traversain, 2 petits 
oreilliers plains de plume, 1 paillasse et 3 pommes dorées, 
60 1. . 

» Deux tappis semblables au ciel estant à la couche, 
17 1. 10 s. 

» 1 tapisserie d'une douzaine de grans chaises avec la 
frange, rehaulcées de soye blanche et verte. 20 1. 

» 6 petites chaires de bois de noyer garnies de tapisseries 
rehaulcées de soye, 12 1. 

» 6 carreaux de tapisseries dont 3 rehaulcées de soye et 
3 imparfaicts avec un demeurant de layne et de soye, 8 J . 

» Une toilette de plumet vert reellée de blanc et jaulne, 
12 s. 

» Un buffect fermant à clef, de bois de noyer, 4 écus sol. 

» Un bahur de cuir noir ferré de fer, 70 s. 

» Un. autre bahur de cuir noir ferré de fer blanc, 60 s. 

» Un petit coffrect de veloux viollet figuré, bordé de 
passement blanc et violet, fermant à clef double, de satin 
de Bruges, blanc et violet, 62 s. 

» Ung miroir de cristal encastillé de bois noir, au cou- 
vercle duquel est paint l'Histoire d'Absalon, 70 s. » 

6 septembre 1371. — Pierre de Pagalde (i), conseiller 
du Roiy receveur général de ses finances à Rouen ^ confesse 
avoir vendu à Agnès Louys, femme divorsée^ quant aux 

ment en i568 (M. de Merval, Catalogue et Armoriai du Parle- 
ment de Roueny p. 38). 

(i) Pierre de Pagalde, clerc et procureur de Messire Antoine 
Vidal, receveur général des finances à Rouen, le 22 février iSSg 
plus tard, conseiller du Roi et commis par lui à Texercice de la 
recette générale de ses finances en Normandie, établie à Rouen. 
Il était fils de Bernard de Pagalde, contrôleur général des guerres 
à Paris, auquel il donnait une procuration le 4 octobre 1570. 



334 

biens ^ d'avec Pierre Hellouyn^ naguères receveur du 
Domaine du Roi à Rouen ( 1 1 : 

« 27 livres de fin estain en œuvre ; i lapis vert ; i tour de 
ciel de satin de Bruges avec 4 rideaux de couleur; i tour 
de cheminée rouge ; 6 couvertures de chaires avec 6 dos- 
siers, Le tout de velours blanc ; i couverture d'une grande 
chaire de velours blanc ; i custode de pavillon de taffetas 
blanc chenille avec les 4 pendants, aussi de taffetas blanc ; 
I grand miroir d'assier ; 1 robbe à usage de femme, de 
bural de soie ; i robbon de taffetas h usage d^homme, à 
4 bendes de velours noir ; 1 custode de satin de Burges ; 
le bois d'un lit de camp ; le bois de 6 petites chaires ; le 
bois d'une grande chaire ; 2 petites chaires couvertes de 
trippe de velours verd ; i buffet ; i table qui se tire ; 
I autre table carrée, le tout de noyer ; i demi coffre ; 
I espinette ; 2 sceaux ; i tableau de toile peinte, pour 
167 1. 12 s. 6 d. » 

Le 22 oct. 1526^ Guillaume Challenge (2), chanoine 
de Rouen^ conseiller au Parlement^ avait promis donner 
aux Filles-Dieu (3) (Madame Marie de Vivefay^ prieure) 
pour y recevoir Madeleine du Mesnil : « deux robes de 
drap blanc, l'un sengle, et l'autre fourée de aigneaux 
blans; une coste de drap blanc doublée de cresel blanc ; 
un manteau de drap blanc et une aulne de toille de Hol- 
lande ; un devanteau de sergecte ; ung psaultier et unes 
matines, avec ce couvrechiez et des chausses, bourses, 
cousteaux, esplingues et autres choses requises, et avec ce 
la somme de 12 1. » (rappelé dans un contrat du tabellio- 
nage de Rouen du 7 juin 1529.) 

(i) Il s'intitule receveur ordinaire du Domaine en la vicomte 
de Rouen dans un contrat du 4 février ibb^. 

(2) Reçu, le 20 juillet i5o8, au canonicat vacant par la résigna- 
tion faite en sa faveur par Jean Bohier, nommé à Tévêché de 
Nevers ; reçu le 7 avril i52i à la chantrerie vacante par la rési- 
gnation de Jean Le Tourneur ; décédé le 4 août i535. 

(3) Couvent de filles établi à Rouen, rue du Vieux-Palais. 



335 

i3 juin 1534. — A Ventrée de Jeanne Frontin^ comme 
religieuse au même couvent^ il lui est donné par ses pa- 
rents : 

« Un psaultier et unes matines ; 2 robes de drap blanc, 
Tune fourrée de penne noire, l'autre doublée de serge 
noire ; 2 costes blances doublées de doubleures blances 
avec un manteau de drap blanc; 12 aulnes de doubliers, 
12 aulnes de serviettes, 3 paires de draps...; ung lit garni 
de couverture blance avec une serge rouge, ciel, pendans 
de serge ou de linges et couche de bois; 2 coffres de boys, 
l'un grant, l'autre petit. . . Une cheinture ferrée d'argent, 
une tasse et une cuillier d'argent, deux demis-temps, et 
unes heures. » 

La récompense archéologique, — Revenant à la 
lettre où M. Milet s'est excusé d'assister à cette séance, 
M. le Président en lit un passage qui explique que la 
médaille votée par la Commission à M. le Maire de 
Dieppe n'a pu lui être encore décernée, vu l'impossibi- 
lité d'y graver l'inscription proposée. M. le Président 
se fait apporter un exemplaire de cette médaille qui 
rend la chose évidente pour tous. On se borne alors à 
souhaiter que quelques mots soient ajoutés sur Técrin 
et une formule est provisoirement rédigée. 

Quant à la remise de cette médaille, il semblerait 
naturel qu'elle se fît par les mains de nos confrères, 
MM. Milet et Le Verdier. 

Cravate blâmée par Bossuet, — Le secrétaire de- 
mande s'il existe une histoire du costume assez com- 
plète pour éclaircir la phrase étrange que vient de 
publier la Revue Bossuet (V, 253). Dans son synode 
de 1684, Bossuet donne un avis a sur les maîtres 
d*école, pour ne les souffrir venir à l'église avec un 
habit indécent, cravaite, etc. » (sic). 



336 



Qu'il s'agisse d'une cravate soit jetée trop négligem- 
ment autour du cou, soit rehaussée de quelque extra- 
vagance à Tinstar des fameux souliers à la poulaine; 
les futurs historiens de la mode auront désormais à 
tenir compte que celle-ci choqua le grand évéque, au 
point qu'il crut devoir la dénoncer dans une assem- 
blée officielle de son clergé. 

Lillebonne. — Cassolette romaine. — Informé par 
M. l'abbé Thibault, vicaire à Lillebonne, qu^il s'était 
produit dans cette ville une découverte intéressante, le 
secrétaire avait insisté auprès de notre confrère M. Val- 
lée, pour qu'il en offrît, au mois d'octobre dernier, à 
la Commission, une notice sommaire; si ses devoirs 
professionnels, nombreux à cette époque de l'année, 
l'empêchaient de venir à la séance, pour nous entre- 
tenir de Tobjet en nous le présentant. 

Forcé en effet de faire excuser son absence, M. Val- 
lée a pris la peine de nous adresser bien mieux qu'une 
simple description. La Commission peut admirer un 
fort joli dessin destiné à notre album pendant qu'elle 
entend la note qui l'accompagnait : 

« Il s'agit d'une cassolette en bronze que les dessins 
représentent en grandeur naturelle (soit 36 millimè- 
tres de profondeur sur un diamètre de 73 millimètres). 
Elle a été trouvée sous une tuile, contre le mur d'en- 
ceinte du théâtre romain par le sympathique gardien 
de ce monument, M. Rudemare. Je suis heureux de 
signaler ici sa grande vigilance et de lui adresser mes 
plus vives félicitations. 

» Le couvercle de cette cassolette n'est pas percé de 
trous. Il existe seulement une cheminée qui devait 
être surmontée d'un chapeau, également muni d'une 



337 



ouverture en son milieu. Par suite de vétusté, il est 
impossible de se rendre compte de la hauteur donnée 
à ce tube d*évaporaiion ; cependant l'examen du des- 
sin et surtout de l'objet lui-même permet de croire que 




^^^9msatsi^0(^/^^>^^^i^î : 





^:^Cl . B 





cette dimension devait être à peu près celle actuelle. 
» Cette cassolette a été déposée .au musée de Lil- 
lebonne ». 

On applaudit unanimement à cette belle découverte, 



22 



338 



d'autant plus que M. Drouei affirme que ces sortes de 
pièces sont fort rares dans notre région ; et par une 
conséquence nécessaire la reproduction dans le Bulle- 
tin est instamment réclamée. 

Une réflexion se présente spontanément à Tesprit de 
quelques membres : c'est que la cassolette, ayant été 
trouvée dans le théâtre romain, appartient au départe- 
ment, propriétaire de ce monument historique. 

Cette question de propriété étant hors de doute, que 
faut-il penser du dépôt dans le musée municipal? 
MM. Pelay et Le Verdier se déclarent partisans réso- 
lus du maintien des antiquités dans leur lieu de pro- 
venance. L'abbé Tougard serait volontiers du même 
avis. 

Dans cespetitescollectionslocales, observe M. Drouet, 
s'^opèrent irop souvent des échanges tout à fait à l'amia- 
ble, quand chacun n'y prend pas librement ce qui lui 
convient. Ces remarques s'imposent d'autant plus, 
que nos meilleurs musées, avec leur organisation com- 
plète et leur active surveillance, ne sont pas à Tabri de 
véritables catastrophes que rappellent de trop récents 
souvenirs. Un catalogue bien précis semble devoir être 
une des conditions indispensables à la bonne tenue de 
ces groupements d'épaves locales. 

Si le musée départemental ne possède point une 
pièce semblable, ne serait-ce pas un argument à faire 
valoir pour en obtenir la cession ? 

Mgr Loth rappelle les belles découvertes qui se 
firent sous ses yeux, à Lillebonne, et dont les collec- 
tions publiques ont si peu profité ; on a dû, à diverses 
reprises, déplorer ce gaspillage archéologique. Sur 
quoi M. Garreta dit incidemment qu'il a vu dispa- 
raître des objets tout modernes dont la conservation 



339 

semblait assurée; tels que la petite plaque commémo- 
rative de Gilles Dufay, qui rattachait à un souvenir 
historique un tréteau de la chapelle du Lycée; et en- 
core les écussons sculptés sur les clefs de voûte de 
l'église Saini-Eloi, que la récente restauration n'a pas 
respectés. 

Le musée municipal de Lillebonne ne date que de 
1897 (on trouve Thistoire sommaire de ses débuts 
dans \q Bulletin XI, 107,467,480). Sa création est 
due à l'active sollicitude de notre collègue M. Vallée. 
La municipalité en a fourni et aménagé le local, et a 
même alloué des fonds pour accroître les premières 
séries; enfin les habitants se sont dépouillés, à son pro- 
fit, d'intéressants débris. 

Pour donner à cet échange de vues une conclusion 
fructueuse et durable, M. Lefort proposée la Commis- 
sion de voter la résolution suivante, qu'il rédige lui- 
même, de concert avec M. le Président, et qui est 
approuvée à l'unanimité : 

« La Commission départementale des Antiquités, 
considérant que les objets trouvés dans le théâtre ro- 
main de Lillebonne appartiennent au département, 
émet le vœu qu'aucun de ces objets ne puisse être attri- 
bué à un établissement non départemental sans l'auto- 
risation du Préfet, après avis de la Commission. 

» Et, à l'occasion de la communication qui vient 
d'être faite, décide que M. le conservateur du Musée 
départemental des Antiquités sera informé de la dé- 
couverte mentionnée pour toutes fins utiles ». 

A quatre heures la séance est levée. 

A. TOUGARD. 



340 



SÉANCE DU t4 AVRIL igoS 



Elle ouvre à deux heures un quart sous la pré- 
sidence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Membres présents : MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, docteur Couian, Deglatigny, Garreta, 
Lefort, Loriquet, Pelay, Sarrazin et Pabbé Tougard. 

Excusés: MM. P. Le Verdier et Malicorne. 

Après lecture, on adopte sans observation le procès- 
verbal de la précédente séance. 

M. Pelay demande quelle solution est intervenue au 
sujet de la cassolette de Lillebonne. Le secrétaire ré- 
pond que l'affaire doit être restée en Téiat, le directeur 
du musée départemental n'ayant sans doute pas eu 
connaissance de la délibération. La Compagnie de- 
mande alors qu'un extrait en soit adressé à M. le Pré- 
fet. Le secrétaire fera l'expédition, en remarquant que 
notre collègue M. Vallée ne pourra voir sans regret 
cette belle pièce sortir d'une collection que ses soins 
ont créée. 

Quant à la médaille votée à M. Coche par la Com- 
mission, M. le Président a reçu de M. le Préfet l'assu- 
rance que nos intentions seront accomplies et même 
dans les meilleures conditions. On a pu trouver un 
autre modèle qui laissera plus de place à l'inscription. 
La Compagnie souhaiterait que son initiative fût rap- 
pelée dans la lettre d'envoi de la médaille. 

Correspondance imprimée. — Elle se classe comme 
il suit : Congrès archéoL de France y LXX® session. 
Poitiers, 1903 ; — Recueil de la Société.., de Cons^ 
tantinCy volume XXXV II 1®, 1904; — Mémoires de 



341 

la Soc. cf Orléans, LXXIII, 1904, 2« fasc; — 
Revue de VAvranchin^ XII ; 1904, 4; — Bulletin de 
la Société des Antiquaires de France, 1904 ; — Bul- 
letin de la Soc. des Antiquaires de r Ouest \ 1904,4; 
— Bulletin et Mémoires de la Soc. de la Charente-, 
1903, 4; — Bulletin de la Soc. des Amis des Scien- 
ces natur, de Rouen, 1904; — Bulletin des Anti- 
quaires de la Morinie; 1904, 4; — Bulletin de la 
Soc, de Gand, 1905; — Extraits jio pièces) du 
Smithsonian Report, 1903. 

Une circulaire delà Société française d'Archéologie 
annonce que sa lxx^ session s'ouvrira le i5 juin pro- 
chain à Beauvais. 

Démission de M. de Beaurepaire comme Archi- 
viste. — M. P. Baudry se lève et, d'une voix émue, il 
déclare que sa qualité de doyen d'âge de la séance 
semble lui faire un devoir d'exprimer à M. le Prési- 
dent, au nom des membres absents non moins que de 
tous nos collègues présents, tous les regrets que fait 
naître cette retraite toujours prématurée, malgré cin- 
quante-deux années de services non moins obligeants 
que fructueux. Si les travailleurs ne trouvent plus 
aux Archives le secours de sa profonde érudition et de 
son étonnante mémoire, M. Baudry veut espérer que 
la Commission jouira de longues années de sa sage 
direction et de son inappréciable concours, aussi bien 
que les diverses Sociétés qui s'honorent de le compter 
dans leur sein [Applaudissements]. 

M. le Président remercie avec effusion des paroles 
si flatteuses qu'il vient d'entendre. Sa démission amè- 
nera nécessairement un changement de local pour les 
séances de la Commission qui reviendront à la grande 



342 

salle des Adjudications. Quant aux publications qui 
constituent une si importante source d'informations 
archéologiques, la partie qui se voit aujourd'hui dans 
ie cabinet de l'archiviste pourra peut-être y rester au 
moins provisoirement. Mais M. le Président, en pré- 
vision de la mutation qui se produit aujourd'hui dans 
le personnel, a procédé ailleurs à une installation 
qu'on peut espérer définitive. M. Pelay, qui a eu na- 
guère l'occasion d'y faire des recherches, n'a pu qu'ad- 
mirer l'ordre parfait qui en rehausse l'intérêt. 

La colonne d'Arqués, — En excusant son absence, 
M. Le Verdier a fait connaître à M. le Président que 
la principale cause du retard qu'éprouve le projet de 
restitution de l'inscription commémorative, réside 
dans la question d'établir, au préalable, qui est pro- 
priétaire tant de la colonne que du terrain même où 
elle s'élève. Est-ce Arques, Martin-Eglise, Dieppe, le 
Département ou les ayant-droit du possesseur de 1 827 ? 
« Je crains bien, conclut M. Le Verdier, que l'on ne 
sorte pas tout de suite de cet imbroglio ». 

Longueville. — Bron^^e romain, — « J'ai l'hon- 
neur, poursuit notre collègue, de soumettre à la Com- 
mission, de la part de M. E. Harel, de Longueville, 
une pipe en bronze, romaine (?), qu'il a trouvée, ces 
jours-ci, à la surface du sol labouré, sur le territoire de 
Crespeville (hameau de Criqueioi), sur le plateau à 
l'ouest et au-dessus de Longueville. M. Harel avait 
rencontré au même lieu, l'année dernière, un mor- 
ceau de bronze informe. L'endroit n'est distant que 
de quelques centaines de mètres de la côte Saint- 
Michel, où fut trouvée, en 1862, la belle lampe ro- 



343 

maine en bronze, figurée à la page 266 de la Seine- 
Inférieure historique et archéologique , 

» M. Harel ramassa une pipe semblable, avec un 
tuyau un peu plus long, il y a une dizaine d'années, 
de l'autre côté de la vallée, en face, sur le plateau à 
l'est, et encore au-dessus de Longueville. Là aussi, il 
a recueilli la hachette de bronze, communiquée en son 
nom Tannée dernière. Ainsi le bronze romain se ren- 
contre autour de Longueville, sur les deux coteaux 
ou plateaux est et ouest ». 

Découvertes archéologiques. — Deux membres 
signalent des notes de la presse locale, qui semblent 
mériter une mention au procès- verbal, sauf les réserves 
de droit en faveur d'informations plus précises et 
mieux autorisées. 

A Bolbec, un nouveau cimetière à incinération a 
donné chez M. Delosier six urnes gallo-romaines. 
Au Tréport, non loin de la rue Saint- Nicolas, un ter- 
rain, qui semble avoir appartenu au xvii^ siècle à un 
ancien cimetière, a mis au jour des squelettes avec 
une monnaie en bronze à l'effigie de Louis XIV. 

Sceau des obligations du comté de Tancarville et 
de la baronnie d'^Halebosc. — Communiqué par 
M. Garreta, ce sceau matrice en cuivre, de forme 
ronde, mesure o™o3o de diamètre, et porte pour lé- 
gende : s. (de)s. oblig. dv. comt. d. tancarv. e. bar. 
d'hal. Aux armes de Catherine de Gonzague de Clèves, 
veuve en 1 SgS de Henry d'Orléans, premier du nom, 
duc de Longueville et d'Estoutteville, souverain de 
Neufchâtel, comte de Dunois et de Tancarville, etc., 
et fille aînée de Louis de Gonzague, prince de Man- 



344 

toue et duc de Nivernois et Rethelois, pair de France, 
et de Henriette de Clèves. 

Ecu en losange entouré de la cordelière des veuves 
et surmonté d'une couronne ducale fleurdelisée. Il est 
mi-parti : d'Orléans-Longueville, d'azur à 3 fleurs de 
lis d*or au lambel d'argent de 3 pendants au bâton, 
aussi d'argent péri en bande; et de Gonzague-Nevers, 
dont on peut reconnaître les quartiers suivants : Man- 
toue; Empire de ConstantinopK ; Jérusalem; Clèves; 
Artois; Brabant; Albret-Orval. 

Suivant sa coutume, M. le Président analyse et com- 
mente différentes pièces originales et donne lecture 
des mémoire et notes ci-après. : 

ÉTAT DES ÉGLISES DU PAYS DE CAUX AU XVII® SIECLE 

Dans la première livraison du tome XIII de notre Bul- 
letin, p. 57, j'ai publié un état des églises dépendant du 
prieuré de Longueville, d'après un document de Tannée 
1738, conservé dans le fonds de ce monastère. 

Le document qui suit présente le même genre d'intérêt 
et pourra, je crois, être consulté avec quelque profit pour 
l'histoire des églises du pays de Caux. 

Il fut rédigé pour l'usage du duc de Longueville, comte 
de Tancarville, certainement antérieurement à Tannée 
1694 que le duché de Longueville fut réuni à la Couronne, 
par suite du décès de Jean-Louis-Charles d'Orléans, 
prêtre, duc de Longueville, décédé à Tabbaye de Saint- 
Geo rges-de-Boscher ville (i) où il avait été mis en pension 
pour cause d'aliénation d'esprit en 1676. 

Je suppose que cet état dut être adressé au curateur de 

( I ) Décédé le 4 février 1 694 et enterré en Téglise de la pa- 
roisse . 



345 

ce malheureux prince, Henri-Jules de Bourbon, prince 
de Condé, lieutenant général pour le Roi en Bourgogne. 

Mémoire des églises du pays de Caux dépendantes de 
S. A, Monseigneur^ où il est nécessaire de faire tra- 
vailler en bref soit aux despens des gros dismeurs^ soit 
à ceux des habitans des lieux et propriétaires des fonds ^ 
ou soit à ceux de S. A, comme seigneur patron et pro- 
priétaire de plusieurs fonds de terre et de rentes seigneu- 
riales dans lesdites paroisses. 

BAZOMESNIL (l) 

» Il est besoin de refaire le pignon du chœur de celle de 
Bazomesnil, lequel est prest à tomber et à entraisner la 
charpente et tout le chœur de lad. église. S. A. en est 
seigneur et patron et possède dans la paroisse une vieille 
ruine de chasteau avec 60 acres de terre qui font 240 ver- 
gées revenant environ à no arpents de France. Le curé 
est pourveu depuis 3 ans et a trouvé Péglise et presbitaire 
entièrement ruinés, et le deffunct curé si misérable qu'il 
n'avoit pas de quoy se faire enterrer ; et ainsi il ne peut 
pas avoir recours contre les héritiers qui ont renoncé, ny 
estre contraint à la rebastir à ses despens, quoy qu'il soit 
gros dismeur, parce qu'il n'a pas jouy du bénéfice le temps 
passé et que la cure est si modique'qu'à peine il a de quoy 
subsister et entretenir les lieux. Néanmoins il s'y sou- 
mettra en luy donnant seullement 60 1. t., si l'on veut 
bien luy faire cette grâce, les habitans estant trop pauvres 
pour y contribuer et n'estant pas tenus de rebastir le 
chœur. 

Mons^ le Porquier m'écrivit de Bonnelle^ en allant à Chateaudun^ 
qu'il a envoie une ordonnance de 60 l. pour cela; et depuis M. le curé 
a fait rebastir le pignon et une sacristie derrière en forme de lanterne. 
Ainsi il n^y a plus qu'à faire un lambris ou plancher sur le haut du 
clocher. 

(i) Ancienne commune réunie à celle de Sévis. 



346 

BEC-AUX-CAUCHOIS ( ! ) 

» Il seroit aussy nécessaire de faire deux pilliers contre le 
pignon du chœur de celle de Bec-aux-Cauchois, d'en re- 
chausser les fondemens et de faire une grande vitre et 
croizée à la costière du midy entre Pautel et le lutrin, 
laquelle est en partie tombée et a contraint Mons. le curé 
à tirer le Saint Sacrement du chœur ; mais il luy a esté 
accordé 60 l. dans le Conseil pour ces trois choses. Ainsy 
il ne luy manquera qu'un petit tabernacle, n'y en ayant 
aucun parce que le vieil est tout réduit en poussière. 

Le s^ curé a très bien reparé tout cela et bien pîtis mis d'argent 
qu'il n'en a eu, quoy qu'il n'ait pas de quoy vivre, 

MANÉHOUVILLE (2) 

» Il est pareillement nécessaire de faire deux pilliers der- 
rière le pignon de l'église de Manéhouville pour le sou- 
tenir et non pas de l'abattre pour le rebastir comme Mons. 
le curé en a le dessein. Mais toute la nef tombant et s'en 
allant par morceaux et estant mesme desjà tombé une 
grande croizée du costé dii nord, il faut y faire travailler 
avant l'hiver, ou elle courra risque de tomber. Il a esté 
donné pour la dite eglize 5oo 1. par S. A. au s' curé, dont 
200 lui suffiront pour* mettre le chœur en estât de durer 
encore plus de. 200 ans en bon estât. Ainsy il luy restera 
pour le moins 3oo l. qu'il pourra employer, soubz le bon 
plaisir de S. A. et de M" de son Conseil, ou à décorer le 
chœur et avoir toutes sortes d'ornemens, ou bien à réparer 
la nef qui est plus en péril que le chœur. S. A. n'a aucune 
glèbe ny revenu dans la paroisse, tout y estant à Monsr le 
marquis de Manneville, auquel feu S. A. Monseigneur a 
fieffé jusques à la place de l'ancien chasteau qui est tout 
contre l'église, si bien qu'on n'a plus que le patronnage, 

(1) Ancienne commune réunie à celle de Valmont. 
(i) Manéhouville, canton de Longueville. 



347 

le presbytère mesme, qu'on a achepté depuis peu et re- 
basty de neuf assez loin de l'église, ne relevant pas de 
S. A., qui n'a par ce moyen autre glèbe ny vassaux que 
l'ancien jardin et la place du vieil presbytère qui joignoit 
l'église, d'un costé, et la rivière, de l'autre. 

Il n'y a encore rien de fait, mais les matériaux sont assemblés pour 
y travailler. Il n'y a point d'armes de S. A. dans V église. 

ROUMKSNIL ( I ) 

» L'église de Roumesnil près Vallemont est en mauvais 
état et le curé si pauvre qu'il n'a de quoy vivre, n'ayant 
(jue 5o escus de revenu, et tous ses paroissiens, au nombre 
de six ou sept mesnages seullement, sans aucun bien que 
leurs bras ; mais pour peu de chose on la répareroit, 
n'estant qu'une petite chapelle sans ornements ny argen- 
terie. 

On n^y a rien fait ni donné, et le curé n'a pas le pain. 

SAINT-RIQUIER (2) 

» L'église et la tour de S. Riquier sont en ruine et tom- 
beront bien tost, si l'on n'y remédie. Le curé y est gros 
dismeur et en jouit depuis sept ou huict ans, mais il a tout 
trouvé en désordre et a fait rebastir les granges et esta blés, 
le four et une partie du presbitaire. S. A. y a une ferme 
et toutes les rentes seigneuriales ; les receveurs depuis 
longues années ont jouy du revenu d'une petite chapelle, 
nommée S. Martin, qui est pollue et tombée (en) partie. 
Led. s' curé demande qu'on les oblige à restituer ce 
revenu (qu'ils n'ont pu ny dû prendre estant du bien de 
l'église qui n'est de leur bail) afin de s'en servir pour re- 
bastir l'église à laquelle on pourroit transférer le revenu 
et faire démolir avec la permission de M. l'archevesque 

(i) Rouxmesnil, paroisse réunie à Bouteilles sous le nom d<». 
Rouxmesnil-Bouteilles, canlon d'OfFranville. 
(2) Saint-Riquier-ès-Plains, canton de Saint- Valery-en-Caux. 



348 

cette petite chapelle qui ne sert de rien que de retraitte 
aux garnements du pays pour y faire des sottises. EUe n*a 
que douze livres de rente en fond de terre qui pourroient 
servir à gager un clerc ou prestre pour instruire les 
enfans de la paroisse. 

Tout est pis que jamais. Ainsyj'ay dénoncé au s^ curé qu'on leferott 
saisir s'il ne faisait travailler au plus tost au chœur, et prié mesme 
le doyen de Grainville (i) d'en faire les diligences et que S.A. con- 
triburoit à la nef selon son revenu. L'argent de la chappelle a esté 
restitué par les receveurs et employé à rébastir la chappelle S. Martin. 

COLLEVILLE (2) 

Toute réglise de GoUeville, entre Fescamp et Vallemont, 
est tellement en ruine qu'on ne peut plus y faire l'office, 
le chœur et la nef estant, non seulement découverts, mais 
tout y tombant de manière qu'on ne peut pas y demeurer 
en seureté, l'espace d'une messe. S. A. y a une vieille 
place de chasteau et une bonne ferme avec un moulin en 
la haute justice sur une partie de la paroisse. Le reste 
appartient à Monsieur de Chartre (3) comme abbé de 
S. Vandrille (4) qui en donne la cure quoiqu'il ait baillé 
à rente un petit fief qu'il avoit dans ladite paroisse à un 
gentilhomme qui a fait mettre ses armes et une litre tout 
à l'entour de Téglise, tant par dehors que par dedans, 
nonobstant que l'abbé n'ait pu lui transférer le droit, ne 
l'ayant pas luy-mesme, et le gentilhomme pouvant estre 
dépossédé dud. fief toutes fois et quantes que l'abbé le 
vouldra ou bien les moines. 

On y a un peu travaillé, mais cela n'est rien. Le droict de pré- 
senter à la cure en a esté auniosné avec les grosses dismes et quelques 

(i) Probablement le curé de Grainville-la-Teinturière. 

(2) Colleville, canton de Valmont, 

(3) En interligne : Colbert substitué à Chartre. 

(4) En interligne : du Bec substitué à S.- Vandrille. 



349 

tentures à l'abbaye du Bec qui a fieffé les dites teneures à un gentil- 
homme qui se dit pour cela seigneur patron et ajait mettre ses armes 
en forme de litre ou ceinture dehors et dedans Véglise, nonobstant que 
S. A. ait une grande partie de la parroisse en domaine et en rentes 
sieur iales. 

FAUVILLE ( l; 

» Le chœur et les chapelles de la croizée de Fauville sont 
toutes en ruine, et y pleut comme dehors. Ainsi l*on ne 
peut plus dire la messe en celle du costé de TEpistre, 
estant toute découverte, et pleuvant sur l'autel. Les cha- 
noines réguliers de la Magdelaine de Rouen sont gros 
dismeurs et tenus à entretenir le chœur. La ruine des 
chapelles vient de ce que les marguilliers Cqu*on nomme 
trésoriers en Normandie) ne rendent pas leurs comptes et 
retiennent les deniers de la fabrique entre leurs mains. 
La division est si grande en cette paroisse qu'il n'y a 
aucun ordre. Il y a mesme un scandale public qui fait 
grand bruit et cause bien des maux, ausquels il seroit 
nécessaire de remédier. J'en sçay la source, mais je ne 
puis pas la mettre sur le papier. 

Von a un peu travaillé à une chapelle^ mais le chœur et la nej 
sont mal et n'y a point de sacristie. Lon pourroit vendre des ormes 
du cimetière qui gastent le portail, pour réparer la nef et y donner 
du jour, n'y pouvant lire en plein midy et tout partout si humide 
qu'on n'y peut pas durer. 

VIREVILLE (2) 

» La tour de Vireville semble menacer ruine, et le pignon 
du bas de la nef seroit desjà tombé s'il n'estoit appuyé 
d'une croizée soutenue par un arbre qui ne peut pas le 
supporter longtemps, veu que la croizée est mal placée. 

(i) Chef-lieu de canton. 

(2) Virville, canton de Goderville. 



35o 



M. le curé est gros dismeur, et un bourgeois du Havre, 
nommé Martonne, a deux fiefs dans la paroisse et y pos- 
sède la pluspart des fonds et conteste tous les droits qu'il 
peut à S. A. qui n'a presque plus d'autres droits que le 
palronnage dans lad. paroisse avec le presbytère et son 
ancien enclos. 

Tout est encor au mesme estât et a besoin qu'on y travaille. Uon 
peut vendre du bois du cimetière asse^pour cela, S. A, le trouve 
bon et en veut donner l'ordre aux officiers des lieux. 

ÉPRETOT ( ] ) 

» Espretot a une belle tour, de la mesme structure que 
celle de S.-Germain-rAuxerrois, qui menace ruine et 
abattra toute l'église, si Ton n'y travaille en bref, tombant 
souvent de grosses pierres qui se détachent à cause que 
l'eau et les vents occidentaux l'ont creusée en divers en- 
droits du costé où ils donnent. L'on ne voit presque goûte 
dans le chœur (2), tant il est sombre. Je n'y trouvé pas 
M. le curé qui a, ce me semble, les grosses dismes et assez 
bon revenu ; mais je doute que ce soit à luy à réparer la 
tour, qui est entre le chœur et la nef. Je ne sçay si S. A. 
y a quelque revenu. 

Le chœur est très bien esclairé à présent, mais la tour est au mesme 
estât et a besoin qu'on y travaille. S. A. n'ayant que peu de revenu, 
nest obligée que de faire presser les propriétaires des terres par ses 
officiers d'y faire travailler. 

GAINNEVILLE (3) 

» L'église de Gainneville est aussy en mauvais estât, tant 

(i) Canton de Saint-Romain. 

(2) « Le chœur est de la transition du xiie siècle. Le clocher 
au milieu de l'église est une construction en pierre blanche du 
xvï« siècle ». (M. Tabbé Cochet, Répertoire archéol., p. i5i.) 

(3) Canton de Montivilliers. 



35i 



dans le chœur que dans la nef; et la tour, qui est belle en 
perfection et plus haute que celle de S.-Germain-de- 
TAuxerrois et de mesme structure, menace ruine du costé 
du couchant, et abattra Téglise, si l'on n'y remédie (i). 
M. le curé ne fait que commencer à s'y establir. Il a les 
grosses dismes et la cure assez bonne; mais son presbytère 
estant tout ruiné et n'y pouvant loger qu'il ne soit re- 
basty, n'est pas fort en estât d'y faire travailler et n'y peut 
pas estre contraint, estant dessus la nef. 

La tour est en péril éminent de ruiner V église ; et S. A., ayant 
des revenus dans la paroisse, est obligée de contribuer à la réparer^ 
estant sur le bas de la nef. 

LACERLANGUE (2) 

» L'église de la Cerlangue est fort belle et bien entretenue. 
M. le curé en prend très grand soin, mais la tour (qui est 
de la raesme structure que les deux autres cy-devant) me- 
nace ruine, les vents et la pluye du costé du couchant 
ayant ruiné plusieurs pierres et fait de grandes crevasses 
qu'il faut réparer, ou elle tombera et abattra l'église en 
bref, si l'on n'y remédie (3). * 

Le péril est urgent, et S. A. est seul seigneur et a grand revenu 
dans la paroisse. Ainsi, Von est tenu d'y contribuer beaucoup, La 
cure est en déport présentement. S. A. y a plus de 4 ou ^,000 /. 
de rente et revenu. 

(i) « La nef et la tour du clocher, placée sur le transept sud, 
sont des reconstructions du xvi« siècle. Le corps, carré, est sur- 
monté d'une belle flèche octogone en pierre, élevée au 
xvn® ». (M. Tabbé Cochet, Répertoire arch.^ p. 142). 

(2) Canton de Saint-Romain. 

(3) « Le choeur paraît du xiii« siècle. Flèche de pierre fort 
remarquable, ainsi que la tour carrée qui la snpponc.: elle est 
l'œuvre du xvi' siècle ». (M. Tabbé Cochet, Répertoire arch,, 
p. i5i}. 



352 



RADICASTEL ( I ) 



» Tout un costé du chœur de Radicastel estoit tombé; 
mais M. le curé le fait rebastir, et ne demande rien que 
des escussons de S. A. en pierre, n'y ayant nulle marque 
(ny en plus de vingt autres) qu'on en soit seigneur ny 
patron. V.oillà les douze plus ruinés, quoy qu'il y en ait 
encore plusieurs autres qui ne sont pas trop bien. 

Tout est fort bien présentement, hormis V échoie dont (on) a les 
matériaux, mais rien pour payer les ouvriers. 

» L'église de la Remuée (2) assez bien ; mais le pres- 
bytère a esté bruslé et a besoin d'estre réparé. M. le curé 
demande pour cela quelque secours à S. A., et il fera le 
reste. 

On Va secouru et le presbytère est presque tout refait ; mais la nef 
de V église est en mauvais estât et couverte en partie de paille. 

» J'ay remarqué bien d'autres choses importantes pour la 
conservation des droicts de S. A. Mgr ; mais elles ne sont 
pas à mettre icy. J'en informeray S. A. Sérénissime (3) 
etMessr* du Conseil, quand il leur plaira. 

Note en travers ^à la fin de la quatrième page : 

» Estât des plus urgentes réparations à faire aux églises, 
dressé il y a 2 ans et apostille depuis peu. 
» A expliquer » (4). 

(i) Paroisse réunie à Saint-Jean-de-FoUeville, canton de Lille- 
benne. 

(2) Canton de Saint-Romain. 

{3\ Nul doute que Son Altesse sérénissime ne désigne le duc de 
Longueville et que les églises mentionnées dans cet état ne 
fussent comprises dans le comté de Tancarville appartenant à ce 
prince. 11 est donc antérieur à 1694, année de la mort de ce sei- 
gneur. 

(4) Cette pièce fait partie d'un lot de papiers et parchemins 
acheté par M. l'abbé Jouen, à la vente Farcy, et donné par lui 
aux Arch. de la S.-Inf. (mars 1906). 



353 



GORETS ET CORETIERS 



La qualification de coretier se présente si fréquemnaent 
dans les actes du tabellionage de Rouen qu'on est fondé 
à en conclure qu'elle désignait un métier d'une certaine 
importance auquel étaient employés bon nombre d'ou- 
vriers. 

Aux Ordonnances des rois de France^ t. VIII, p. 3 58, 
se trouve un règlement, de 1 399, pour le métier de cor- 
reterie à Rouen. Un des articles porte que « nul ne puisse 
faire corés de quoi le coret n'ait bouche roonde que le 
couvelsque cueuvre toute la bouche du coret ». 

L'éditeur des Ordonnances met en note que « le coret 
est l'ouverture du cornet que l'on fermait ^avec un bou- 
chon ». Pour Dom Le Garpentier, dans son Glossaire, le 
coret est le goulot d'une écritoire, et cette même défini- 
tion a été adoptée par M . Godefroy. 

A première vue il paraît singulier que cette partie mi- 
nime du cornet à écrire ait servi à désigner un corps de 
métier. Il est bien plus probable que les mots coret et 
cornet désignent le même objet, et que les coretiers 
n'étaient autres que les fabricants de ces écritoires en 
corne qui furent toujours d'un grand usage. 

« Le 29 juin 1402, Bernart De la Croix, lanternier 
(autre désignation de métier très commun), demeurant à 
Bourges (Bruges en Flandre), vend à Jehan Loys, bour- 
geois de Rouen, toute la noire corne qui lui viendra, ne 
pourra venir jusqu'à six ans; et devra avoir la mendre 
corne 3 poux devers le ventre, et aura ledit Louis 1,100 
pour 1,000 ». 

Il est à croire que c'était de Flandre qu'on tirait alors la 
meilleure corne pour la fabrication des lanternes. 

Peut-être se contentait-on pour les cornets d'une corne 
de qualité inférieure. Le i3 août 1541, Jean Cacherai, 
corestier^ de la paroisse de Saint-Pierre-THonoré, recon- 

23 



354 

naissait devoir à Jean Perrin 17 1. 6 s. pour vendue de 
cornes à faire cornets. 

Le métier de coretier, n'exigeant ni long apprentissage, 
ni mise de fond quelque peu considérable, pouvait s'exer- 
cer dans les campagnes tout aussi bien qu^à la ville. Le 
3 septembre i55o, Aignan Boslebec, coretier, de la pa- 
roisse Saint-Aignan, s'obligeait envers Pierre Duchemin, 
maître dudit métier, de Saint-Pierre-l'Honoré, de beso- 
gner pour lui de son dit métier ; on lui promettait pour 
chacune grosse de grands et de moyens corés, 4 s. Le prix 
différait peu pour la grosse de petits corés. 

Je ne sais s'il y avait à Rouen des boutiques particulières 
pour la vente des corets. C'est dans une boutique de mer- 
cier, que nous trouvons à Elbeuf, d'après un inventaire 
de 1476, à côté des « blouquettes d'acier, des troquettes à 
main et des sonnettes de milan, des escriptores, tant tuyaux 
que corés » (i). 

L'écritoire, dont il est question dans ce texte, désignait, 
en général, un objet plus compliqué que le coret et aussi 
d'un plus grand prix : « Escriptore d'ivire », dans le tes- 
tament de Guill. Auber, chanoine de Rouen, 1482 (Arch. 
delà S.-Inf., G. 3423); condamnation en la Haute-Justice 
du Chapitre de la Cathédrale, 17 mars 1435 (v. s.), d'un 
écrivain qui avait « boute de son coret estant en son escrip- 
toire, » un autre écrivain, parisien {ibid. G. 3342); — 
« escriptore de plomb doré avec un pouldrier de fer 
blanc » vendue 22 s. 6 d. ; « escriptore de cuir doré four- 
nie de trébuchet, mouchettes et ciseaux fermant à clef », 
vendue 100 s., à la vente des meubles du chanoine Nage- 
rel, 1570 (ibid,^ G. 3438); « escriptore avec plusieurs 
pattes et instrument à escrire en lettre de forme », vendu 
5 s. 3 d. au chapelain Laurent Gaultier, à la vente des 

(i) Bulletin delà Commission des Antiquités, t. XII, pp. 327- 
328. Les tuyaux ne désigneraient-ils pas les tubes, généralement 
en carton, où se mettaient les plumes et auxquels étaient vissés 
les corets? 



355 



meubles de son confrère Jean Le Tellier, iSyS (ibid.y 
G. 3450); « écritoire avec un coret », vendu 9 s.; autre 
« écritoire de bois garnie d'un trébuchet », vendue 3 s. 
à la vente des meubles du chapelain Pierre Garon, 
1579 (ibid., G. 3464); écritoire de plomb et quelques 
plumes adjugés pour 3o s.; trébuchet fourni, adjugé pour 
i3s.,à la vente des meubles du chapelain Claude Gave- 
relles, 1584 (i^/i., G. 3465). Mention de i3 grosses d'écri- 
toires, 6 grosses de cornets pour servir lesdites écritoires 
façon de Chardin, gaînier de la paroisse de Saint-Pierre- 
l'Honoré de Rouen, 29 décembre i6o5 (Tabellion, de 
Rouen). Mention de « 10 gallemarts d'escriptoires, façon 
d'Espagne, 16 juillet 1608 » (Tab. de Rouen. — Meubles). 

i5 octobre 1590. — Don fait <à la Ville par Guillaume 
Le Forestier, l'un des échevins, pour servir à ses con- 
frères : « Une escriptoire de boys de cormier, laquelle est 
toute d'une pièce, painte de noir avec 4 escussons ou 
armaryes delà Ville... fournye d'un canivet, d'ungs ciseaux, 
d'un poinson, de cent gectons de cuivre, d'un pied à toise 
en forme de reiglet, d'ung compas et d'ung couverteur de 
fin estain, le tout marqué aux armes de la Ville, fournye 
de 6 plumes tranchées et de pouldre de bois rozart. > 
Délibérations de la Ville. 

Rappelons ce qui a été dit précédemment (t. XI, p. 195, 
de notre Bulletin) de la Cour des Gorets, qui existait, au- 
trefois, à Rouen, entre la rue Sénécaux et la rue Ecuyère. 
il est possible que cette cour tirât son nom d'une enseigne 
représentant des corets. Ce qui est certain, c'est qu'elle était 
habitée par des coretiers ou fabricants de corets. 

« Jehan Andrieu dit Bequet confesse soy estre aloué à 
Jehan Le Piart, coretier, demourant en la paroisse 
S.-Pierre-l'Ounouré de Rouen, à le servir bien et loïale- 
ment et diligemment, de jour en jour sanz intervalle, 
hors férié, du jour d'uy jusques à la S.-Michiel prochai- 
nement venant en un an, pour ouvrer pour ledit Piart du- 
dit mestier de coreterie et ouvrer en l'ostel dudit Piart, 



356 



tous les jours continuelment, sans lui trouver aucune 
chose, excepté ostilz et corne ; et pour chacun cent de co- 
rés refoulés, doit avoir xii s. vi d. t., qui lui seront paies 
quand le cent sera acompli ; et en la fin dudit terme ledit 
Piart sera tenu donner audit Andrieu xxii s. vi d. pour 
amendement de marchié ». On voit par le même acte, 
qu'Andrieu reçut par avance la somme de 35 s., 25 juillet 
1402 (Tab. de Rouen^. 



AISSANTES EMPLOYÉES A LA COUVERTURE DE l'ÉGLISE 
SAINT-MARTIN-SUR-RENELLE 

Si nous voulions nous retracer l'aspect que présentait 
la ville de Rouen au moyen âge, peut-être conviendrait-il de 
tenir compte de Thabitude que Ton avait alors de couvrir les 
toits en aissantes. Du moins, voyons-nous que la tour de 
Saint-Martin*sur-Renelle, l'une des plus anciennes églises 
de cette ville, fut couverte de cette manière, en 1402, 
comme l'indique le marché que nous reproduisons : 

21 juin 1402. — « Jehan Le Tellier, de St Godart de 
Rouen, confesse avoir aloué des trésoriers de S^-Martin- 
sur-Renelle, à faire et parfaire bien et deuement la cou- 
verture d'essende neccessaire à faire en la tour de la dite 
église et icelle hourder sur le plat des costés d'essende, et 
ce faire bien et deuement à deux poux d'essende de hors 
et parouvrer (1) de jour en jour continuellement sans 
intervalle, et pour soy establir et eschaufauder; et doit 
trouver essende, clou, late, bois pour eschaufauder et 
toute pai'ne d'ouvrier ; et pour ce doit avoir la somme de 
XXXV 1. t. pour toutes choses, qui lui seront paies par lez 
dis trésoriers ainssi qu'il fera ladite besongne, et promist 

(i) Achever d'ouvrer. 



357 

faire et parfaire bien et deuement; et si promet bailler 
pièges, se mestier estoit, obligeant biens, etc. ». 



LOCATION d'une MARQUE DE COUTELIER 



2 novembre 1405. — « Guillemin Beaugendre, de 
S.-Pierre-rOunoré, baille à louage pour neuf ans à Jehan 
Loys le jeune, de S.-Patrix, une enseigne à marquer cou- 
teaux,, nommée Croix (T Ospitallier ^ avec un croissant 
dont les cornes vont vers le taillant, par v s. pour tout 
ledit temps ». Il s'agit vraisemblablement dans cet acte 
d'un poinçon portant la marque du coutelier Beaugendre. 
Il n'est pas étonnant que les couteliers eussent leurs 
marques comme les orfèvres et les étamiers, et que ces 
marques fussent considérées comme des propriétés indivi- 
duelles. Mais ce qui paraît assez singulier, c'est que ce 
Beaugendre ait eu le droit de louer la sienne pour neuf 
ans et à un prix aussi insignifiant, 5 s. pour tout le terme. 
Par l'expression de Croix d'Ospitalier, je serais porté à 
croire qu'on a voulu désigner une croix de Saint-Antoine. 



MARCHÉ FAIT AVEC UN VERRIER DE ROUEN POUR LA CON- 
FECTION d'une VERRIÈRE DESTINÉE A l'ÉGLISE DE SAINT- 
GERMAIN DE LISIEUX. 

« Dernier mars avant Pâques i543 (v. s,). Fu présent 
Jehan Du Chesne, victrier, demourant en la paroisse S.-Ni- 
gaise de Rouen, lequel a promis et s'est submis par ces 
présentes envers noble homme Guillaume Le Febvre, pro- 
cureur du Roy en l'Election de Lisieux et lieutenant gé- 
néral du bailliage dudit lieu de Lisieux, présent à ce et 



358 



acceptant, de luy faire, paindre et agréer en toutes choses 
bien et deuement, une victrine de son mestier pour mec- 
tre et asseoir en l'église de S.-Germain dudict Lisieux, de 
la grandeur et essence de la mesme que le dict Le Febvre 
disoit avoir baillé audict Du Chesne, et en icelle victrine 
mectre et paindre l'histoire de Octovien avec l'apartenance 
d'icelle histoire et icelle victrine rendre preste, historiée 
et assise sur ledit lieu, dedans le jour S.-Jehan-Baptiste 
prouchain venant; ceste submission et promesse ainsy 
faicte par ledit Du Chesne audict s' moiennant la somme 
de XV escus d'or sol, sur laquelle somme ledict Du Chesne 
a présentement receu dudit sr la somme de v escus d'or 
sol... Se ledict Du Chesne fairoit ladicte livraison et assiette 
d'icelle dedens le jour de Penthecouste prochain venant, 
ledict sr lui a promis et sera tenu paier la somme de deux 
escus d'or oultre et par dessus la somme de quinze escus... 
Le dict s»" a promis et sera tenu envoier ung cheval pour 
le portage d'icelle vitrine de ceste ville de Rouen jusques 
audict lieu de Lisieux, avec ce paier et quérir tous les des- 
pens des compagnons qui porteront et asserront ladicte 
victre tant pour le séjour qu'ils pourront faire à asseoir 
ladicte victre que pour l'aller et le venir ». Signé Le Feure 
et J. Du Chesne, avec paraphe (i). 

Je manque de renseignements sur le verrier Jean Du 
Chesne. La commande qui lui fut faite par un magistral 
de Lisieux, donne lieu de croire qu'il ne manquait pas 
d'habileté. Un Jean Du Chesne, verrier, domicilié à Rouen, 
rue Beauvoisine, est cité dans un registre du bailliage de 
Rouen, à la date du 19 juin 1484. Les Registres capitu- 
laires de la Cathédrale, à la date du 2 3 juillet iSoy, nous 
donnent aussi le nom de Joh. Du Chesne, vitrinarius. 

Je suppose que le saint en l'honneur de qui fut posée 
cette verrière en l'église de Saint-Germain de Lisieux, 
n'était autre qu'Octavien, l'un des diacres de saint Eugène, 

(i) L'écriture de l'artiste est remarquable par son élégance. 



359 

évêque de Carthage. Ce diacre fut martyrisé vers 484, 
dans la persécution que les Vandales ariens suscitèrent 
contre les catholiques. 



PRIX d'un missel au Xye SIÈCLE 

La confrérie de Saint-Jacques, fondée aux Jacobins de 
Rouen, ne conserva pas toujours cette simple qualifica- 
tion. A la suite de sa fusion avec d'autres confréries rivales 
(en 1473) elle fut désignée sous le titre de Saint- Jacques- 
le-Majeur, Saint-Jacques-le-Mineur, Saint-Christophe et 
Saint-Servais, comme on le voit par une bulle d'indul- 
gence accordée par le cardinal Jean Rolin, évéque d'Au- 
tun, le 9 juin 1478. Une notice manuscrite conservée aux 
Archives du département, dans le fonds des Jacobins, attri- 
bue, sans preuve suffisante, à cette confrérie une haute 
antiquité et rapporte qu'avant d'être transférée chez ces 
religieux elle avait son siège à la Madeleine de Rouen, où 
on la voyait encore en 1401. Sur ce dernier point, l'indi- 
cation d'époque, le renseignement est évidemment erroné 
ainsi que le prouve le document suivant qui tire son inté- 
rêt, à mon sens, non de cette rectification que j'aurais 
négligée, mais du renseignement qu'il nous fournit sur le 
prix d'un missel, œuvre d'un libratier de notre ville. 

Lundi XIII décembre 1400. — «Jehan Le Queu, libratier, 
demourant à Rouen en la paroisse Saint Laurens, vent à 
Pierre Duvet, Guiffroy Le Caron, prévostz et esquevins 
de la Charité Dieu Mons»" S. Jaque, fondée à Rouen, séant 
en la Religion des Frères mendians de l'ordre des Pres- 
cheurs et aux successeurs, prévost et esquevin et frères 
d'icelle, c'est assavoir : un messel de bon volume, tel 
comme lesdiz frères en ont veu lé commenchement, à 
l'usaige et ordinaire de Rouen, bien escript, bien nocté, 
sur bon veslin, bien lié, enluminé tout en la propre 



36o 



fourme qu'il en marchanda aux dessus diz et aux frères 
dudit hostel, jouxte ce qu'il est escript de sa main et que 
ont iceulx frères devers eulx, et icellui promist faire, etc., 
à ses coustz etc.. et livrer ausdiz frères comme prest de- 
dens la mykaresme prochainement venant, en paine de 
c s. t. à appliquier à ladicte charité, cest marchié fait 
pour XL 1. t. dont il confessa avoir eu xxii 1. x s. x d. t. ; et 
le seurpluz ycellui Duvet, Jehan Prentout et Jehan Prière 
lui promistrent rendre et paier quand il livrera icellui 
messel ; et ou caz que il ne le délivreroit dedens ledit jour 
ou Pasques au plus tart, il leur sera tenu rendre et paier, 
par voye d'exécution, icelle somme de xxii 1. x s. xd. au 
caz que ilz ne vouldroient prendre icellui livre ; et à ce 
oblige biens, etc., m s. m d. » (i). 



pRrx d'un coche de luxe en i59() 

Dans son très intéressant mémoire sur la Marine nor^ 
mande (2), le modeste savant qui fut longtemps, à l'avan- 
tage des chercheurs, le dévoué archiviste du Palais de Jus- 
tice de Rouen, M. E. Gosselin, a inséré un marché conclu 
avec un malletier de cette ville, pour la confection d'un coche 
à l'usage d'une riche famille. Nous croyons à propos de 
reproduire, à notre tour, ce document où l'on trouvera 

(i) Plus précieux encore devait être le livre d'heures à Tusage 
de Madeleine Le Picart de Radeval, dame de Chantelou et de 
Fontaine-sous-Jouy. Le 26 juin i6o5, cette dame donnait « pro- 
curation à Jean Fouquet, son domestique, pour retirer des mains 
de (nom en blanc), marchand tenant sa boutique dans la salle 
du Palais, à Paris, unes heures enchâssez d*or émaillé avec une 
bosse d'or au mitan, ayant des fermetures d'or, qu'elle lui avoit 
baillées en gage pour 14 écus ou environ » (Tabell. de Rouen). 

(2) Documents authentiques inédits pour servir à l'Histoire 
de la Marine normande, Rouen j 1876, pp. loo-ioi. 



36 1 



quelques variantes de lecture et quelques lignes dont la 
suppression ne nous a pas paru justifiée. Nous nous borne- 
rons à faire remarquer que les familles de Romilly et de 
Guiton sont encore représentées et très honorablement 
connues. 

On s'étonnera sans doute, avec nous, qu'un coche aussi 
compliqué que celui dont il est question dans ce marché, 
ait pu être commandé par des propriétaires de Basse- 
Normandie, si riches qu'on veuille les supposer. Une pa- 
reille machine pouvait être mise en branle aux environs 
de Paris et de Versailles ; mais les routes de TAvranchin 
n'étaient pas faites pour un meuble aussi encombrant (i). 

« Du lundi avant midi xix^ jour d'aoust mil vc iiii» xvi. 

» Fut présent Adrien Thorel, maistre malletier cocher, 
demeurant en la paroisse Sainte-Marie-la-petite de ceste 
ville de Rouen, lequel, de son bon grey et vollunté, a pro- 
mis et s*est submis et obligé par ces présentes, se submect 
et oblige envers noble dame Beatrix de Rommilley (2), 
dame de Carnet et de Sassey(3),femmeet espouze de noble 
seigneur Thomas Guitton, sieur dudit Carnet, demeurant 
audit lieu et chasteau dudit Sassé, en la viconté d'Avran- 
ches, présente, soy-disant deuement auctorisée par ledit 
sieur son mary quant à ce, de faire et construire à ladite 
dame ung corps de coche bien cliché d'ozier,garny de fer aux 
cercles des boutz et mitan, et les cercles de bois de fresne cou- 

( I ) Dans son Voyage dans les provinces méridionales de la 
France, 1784, l'Anglais Wraxall junior se plaint des routes pé- 
rilleuses qu'il eut à suivre pour se rendre de Genêts à Avran- 
ches (sept. 1775) : « La chaise s'enfonça et fut embourbée pres- 
que une heure entière ; je fus obligé d'employer une demie dou- 
zaine de paysans qui, avec l'aide de pioches et avec beaucoup de 
peine, la débarrassèrent ». 

(2) Le nom de la famille est maintenant de Romilly. 

(3) Carnet, commune du canton de Saint-James. Sacey, com- 
mune du canton de Pontorson. 



362 



vertz et garnis de cuir de vache, et le dedens doublé de 
serge tennée cramoisie de Beauvais; deux grandz dossiers 
avec deux grandz carreaulx et ung petit, aussi couverts de 
la mesme cherge ; deux rideaulx aux portières de sarge 
d'Ascot tennée et la flèche de bois d'orme ou fresne et le 
timon pareillement de fresne ; quatre roez ou train de bois 
d'orme avec le harnois de quatre chevaulx de cuir de beuf 
et baudrié cousutz à quatre rengs, tous completz, et 
colliers, avalloires, tret, testieres et renges et guides, et 
les colliers couvertz de quatre peaulx: de blereau acoustrez 
de clou blanc; deux estriers à monter dans le coche et les 
cofretz ferrez et garnis de serrure et clefs ; deux cadenatz 
avec la chaîne pour fermer ledit coche et la frange et cor- 
dons de fleuret ou saiette ; les dossiers picquets de soie et 
garnis de leyne, et les esseaulx de bon bois et bons équi- 
gnons dessoubz happes et brebens et des flottes pour 
changer au chemin quand besoing sera et la voilée, barres, 
bacus et boittes aux moyeuz ferrez de bon fer de paigne 
(Espagne); le dedens dudit coche peinct de tenné blanc 
orenge avecq des chiffres, les pommiers avec lesdits 
chiff'res dorez ; le tout que ledit Thorel s'est sub- 
mis et obligé, etc., de rendre et livrer prest, en 
ceste ville de Rouen à ses despens à ladite dame bien et 
deuement, de toutes lesdites choses cv-dessus déclarées et 
autres choses requises et nécessaires audit coche soubz 
bonne Visitation de deux hommes dudit estât de malletier 
à ce recongnoissans, dens quinze jours de ce jour d'huy, 
fors et réservé des mortz aux chevaulx et selles, ceste sub- 
mission, promesse et obligacion ainsi faicte moyennant le 
prix et somme de cent escus d'or sol, du nombre de la- 
quelle somme en a esté présentement paie, compté et 
nombre par ladite dame audit Thorel cinquante quatre 
escus d'or sol en cinquante quatre quartiers et quarts 
d'escus de présent ayant cours au prix du Roy... et le 
reste dudit prix montant quarante six escus sol lad. dame 
le promet paier en ceste ville de Rouen audit Thorel et à 



363 



l'instant de la livraison bien et deuement faicte à ladicte 
dame d'icelle coche, et à ce tenir, etc. 

» B. DE RoMMiLLEY, Le merc dudit Thorel, 

)) DuREDENT, Moisson, 

» Ferment ». 



LOCATION d'un BATEAU POUR RETOUR DE ROUEN A PARIS 



Ce fut un genre de transport plus commode, mais bien 
lent et bien coûteux, qu'adopta, en iSgy, un important 
personnage de la cour de Henri IV, pour son retour de 
Rouen à Paris. Peut-être avait-il pensé que les routes se- 
raient bien encombrées par le nombre infini de gens de 
tout rang et de tout état que le séjour du Roi avait attirés à 
Rouen. On comprend, d'ailleurs, que ce riche seigneur, qui 
venait d'être décoré de Tordre insigne du Saint-Esprit, 
ait tenu à faire honneur à sa nouvelle dignité par une coû- 
teuse fantaisie qui ne pouvait manquer d'appeler sur lui 
l'attention publique. 

« Jeudi avant midi 28e jour de janvier iSgj. Jacques Le 
Sueur et Jacques Le Lou, voituriers par la rivière de 
Saine, de la paroisse S.-Maclou, s'obligent envers Mons^ 
de Boteon, chevalier des deux Ordres du Roi, Lieutenant 
général de S. M. en Lyonnois, stipulé par Pierre Chara- 
son, son maistre d'hôtel, de fournir audit de Boteon un 
grand bateau foucet du port de cinquante muids de vin, 
couvert d'ais bien joints, garni de sièges pour faire une 
séparation et closture, et outre rendre en ung des bouts 
dudit basteau ung lieu commode pour faire la cuisine, 
pour avec ledit bateau porter et mener ledit sieur de Bo- 
teon, ses gens et amis, tels qu'il luy plaira pour ses bagage 
et équipage, jusques en la ville de Paris, devant les quais 



364 

des Augustins ou autre lieu commode de deçà les ponts, 
et audit lieu de Paris rendre ledit sieur de Boteon avec sa 
compaignye dens 5 jours et demy, de jour et heure qu'il 
plaira audit sieur de Boteon partir et s'embarquer dans 
ledit basteau, de ceste ville, que lesdits voituriers ont 
promis tenir prest et agréer des choses susdites lundi pro- 
chain, moyennant la somme de 56 escus sol que ledit Chi- 
rasson (5ïc), au nom dudit sieur de Boteon, sera tenu et a 
promis ». (i). 



TESTAMENT DU MARÉCHAL DE FERVAQUES, 1 6 1 3 

Comme complément aux notes que j'ai soumises à la 
Commission, sur l'hôtel de la rue de l'Hôpital, je donne 
ici le testament du Maréchal de Fervaques, décédé en cet 
hôtel, le i4nov. i6i3 : 

« Du jeudi avant midi xiiiie jour de novembre m. vie 
traize, en la maison dudict s»" le Mareschal, seize parroisse 
Se-Çroix S^-Ouen de Rouen. Fut présent messire Guil- 
laume de Haultemer, chevalier de l'Ordre du Roy, sei- 

(i) « Guillaume de Gadagne, seigneur de Botheon, baron de 
Verdun, etc., Lieutenant général en Lyonnois, Forez et Beau- 
jolois. 

» Il était fîls de Thomas de Gadagne, seigneur de Beauregard 
en Lyonnois, et de Perrette de Berty ; il épousa Jeanne de Su- 
gny, dont il eut Gaspard de Gadagne, baron de Verdun, tué en 
i594, sans alliance; Claude et Nicolas de Gadagne, morts jeunes ; 
Lucrèce de Gadagne, mariée à Antoine d'Hostun, seigneur de la 
Baume, sénéchal de Lyon; Marie de Gadagne, alliée à Charles 
seigneur de Monteinard ; Anne de Gadagne, femme de Pierre 
d'Albon, seigneur de Saint-Forgeul, et Gabrielle de Gadagne, 
mariée à Jacques Mitte, seigneur de Saint-Chaumont, chevalier 
du Saint-Esprit ». (Promotion faite à Rouen dans l'église de 
Tabbaye de Saint-Ouen, le 5 janvier iSgy.) Le P. Anselme, 
Hist. généal. 



365 



gneur de Fervaques, Mareschal de France, Lieutenant gé 
néral pour le Roy au gouvernement de Normandie, gisant 
en son lict mallade et neanstmoingssain d'esprit et enten- 
dement, grâce à Dieu, considérant qu'il n'est rien plus cer- 
tain que la mort et incertain l'heure d'icelle, ne vouUant 
décéder de ce monde sans, en préalable, avoir faict son tes- 
tament, lequel il a faict en la manière qui ensuit. 

» Premièrement, il a recommandé son ame à Dieu, 
notre père créateur, et à toutte la cour celleste de Paradis, 
suppliant, son décedz advenant, son corps estre porté in- 
humer en Tesglise S^-Pierre de Lisieux, remectant ses 
obsecques et funérailles à la discrétion de la dame son 
espouze et des sieurs ses héritiers, lesquelz il supplie d'y 
faire pour luy comme ilz vouldroient qu'il fust faict pour 
eulz en cas pareil ; et quand au regard de ses biens tem- 
porels, qu'il a pieu à Dieu lui donner et prester en ce mor- 
tel monde, il supplie ladicte dame son espouze et lesdicts 
sieurs ses héritiers d'en départir à leur volonté et discré- 
tion, tant au trésor de l'esglise Saint- Pierre de Lisieulx 
que aux serviteurs domestiques et autres personnes dont 
il leur a du faire en considération de leurs services et selon 
leurs merittes, et signaument à M^ Jacques Herould et 
Ollivier Racyne, médecins ordinaires dud. seigneur pour le 
regard à chacun de lettres d'annoblissement, aussi en con- 
sidération de leurs services, mesme à Me Robert Gucrard, 
son chirurgien, la somme de 600 1. pour, apprez lesdicts 
lais acquitz et recongnoissances cy-dessus, le surplus de 
ses dits biens demeurer à la dame son espouze et les dicts 
sieurs ses héritiers, ellisant pour exécuteur du présent tes- 
tament la personne de messire Aymar de Prye, chevalier, 
seigneur et baron de Goussy, son gendre, lequel il a prié 
d'accepter ladicte charge... Présents : Emar de Prye, 
Charles Maignart s^ de Bernières, président au Parlement, 
Joachin de Mathan, conseiller, Jehan de Manneville, sieur 
de L'Auney, Denizot, sieur de Allan et de Menou, René 
de Chaillou, Jacques de Rayonne ». 



366 



L'incorrection qui se remarque dans la rédaction de 
Tacte, la précipitation avec laquelle il fut écrit prouvent 
que Fervaques était tout près de sa fin. Il mourut en effet 
presque aussitôt après (ij. Le soir du même jour, après le 
décès, Anne d'AUegre, la veuve, protestait de nullité contre 
les clauses de ce testament qu'elle prétendait avoir été sur- 
pris à son mari. 

Le i6 du même mois de novembre « deux gentils- 
hommes furent envoyés par la Maréchale de Fervaques 
vers les chanoines, pour demander la permission que les 
entrailles de son mari fussent enterrées dans l'église 
cathédrale ». 

Il faut croire que cette demande ne fut pas favorable- 
ment accueillie. La délibération capitulaire porte, en effet, 
« affaire différée », et on ne voit pas qu'on l'ait, plus tard, 
remise en discussion. 

Le 5 décembre i6i3, la ville était invitée aux obsèques 
du Maréchal, qui devaient avoir lieu aux Minimes de 
Rouen. Il ne peut s'agir, ici, que d'un service à l'inten- 
tion du défunt. 

Les gens de la Cinquantaine y assistèrent un bâton noir 
à la main, en signe de deuil. 

Papiers peints, — M. Pelay soumet à la Commission 
une feuille coloriée qui semble bien destinée à fournir 
la bordure d*une tenture d'appartement. On y lit : 
Rouen, che:[Hamy, rue Grand-Pont. M. le Prési- 
dent croit que ce marchand fleurissait vers 1765, mais 
qu'ail fit de peu brillantes affaires. 

(i) C'est à tort que M. Demiau de Crouzilhac, dans sa notice 
sur Fervaques (Afémozres de la Soc. des Antiquaires de Nor- 
mandiCy t. xxiv, p. 479), le fait mourir à Fervaques. La même 
erreur est à signaler dans la notice sur la commune de Fer- 
vaques, insérée dans la Statistique monumentale de Carr, de 
LisieuXy de M. de Caumont. 



367 

Calligraphie locale, — M. P. Baudry fait circu- 
ler un manuscrit qu'ail vient d^acquérir. Cest un ou- 
vrage mystique écrit en 1682, par un religieux de la 
Chartreuse de Saint-Julien; in-80 de i 3 ff . et 425 p. 

Antiquités préhistoriques. —M. Vaussier a remis 
ce matin, à M. le Président, une dizaine de silex tail- 
lés (plusieurs de notable dimension), parmi lesquels 
deux percuteurs et quelques hachettes polies d'un 
grand et beau travail. Elles sont le truit récent de ses 
incessantes explorations sur le plateau de Franque- 
ville. La Commission lui renouvelle ses éloges et ses 
encouragements. 

Félicitations. — M . le Président est heureux de 
féliciter, au nom de la Commission, MM. Deglatigny 
et de Vesly, qui viennent d'être renommés, pour une 
période de trois ans, correspondants du Ministère de 
rinsiruciion publique. 

Le tombeau de BailleuL — Le secrétaire lit, à ce 
sujet, le fragment d'une lettre que lui a écrite, le 24 dé- 
cembre, M. Cahingt, sous-principal du collège de 
Dieppe. Son père, l'archéologue zélé de Londinières, 
avait conclu d'un pavé aux armes d'hcosse, recueilli 
dans les décombres, qu'il fallait s'en tenir au sentiment 
qui plaçait à Bailleul le berceau de la famille des rois 
écossais. 

On objecte qu'il y aurait lieu de soumettre le pavé à 
un nouvel examen pour en bien préciser la date; et il 
resterait en outre à discuter si quelque seigneur local, 
se prévalant à tort de son origine royale, n'aurait pas 
indûment fait fabriquer ces pavés pour appuyer sa 
généalogie imaginaire. 



368 



Préservation des monuments religieux. — M. Lo- 
riquet communique une circulaire où TAcadémie de 
Reims, en vue de la situation précaire que peut créer 
la séparation de rEgliseetdeTEtat, réclame avec éner- 
gie des mesures propres à assurer efficacement Texis- 
tence des édifices paroissiaux. Les craintes qui se font 
jour dès à présent ne sont pas de pures chimères, puis- 
que de grandes villes comme Reims et Cambrai ont 
démoli de vastes églises du plus haut intérêt, et 
qu'Avranches a également fait disparaître sa cathé- 
drale. Notre confrère demande si la Commission n'es- 
timera pas opportun d'examiner aussi cette question 
si grave pour les richesses archéologiques dont la garde 
lui est confiée. 

Cette motion provoque une longue et très sérieuse 
discussion, dont voici les traits principaux : 

Tout d'abord, il faut reconnaître que la Commis- 
sion, organe purement administratif, ne peut procéder 
comme une Société savante quelconque. Son action 
se borne à soumettre ses désirs à l'autorité départe- 
mentale, laquelle, si elle le juge à propos, les transmet- 
tra à r Administration supérieure qui statuera en der- 
nier ressort . 

Quant au fond même du sujet, il est hors de doute 
que la Compagnie souhaite ardemment toutes les ga- 
ranties possibles pour tous les édifices d'une incontes- 
table valeur monumentale. 

En conséquence, MM. P. Baudry, de Beaure- 
paire et Pelay n'hésitent pas à réclamer, en ce qui 
concerne la Seine-Inférieure, que la mesure soit prise 
pour toutes les églises en général. Ils se défendent d'un 
engouement exagéré, en ajoutant que les immeubles 
qui ne pourraient raisonnablement bénéficier de cette 



369 

disposition sont en fort petit nombre. Tel sanctuaire 
que son aspect extérieur ne recommande nullement à 
l'antiquaire, se trouve digne d'attention par des œu- 
vres d'art remarquables. Les exemples abondent, et on 
cite au hasard les églises de Montigny, Préaux, Este- 
ville, Fresles, etc. 

Que si Ton voulait restreindre la sollicitude mo- 
numentale à Pélite de nos sanctuaires, la catégorie en 
est toute dressée dans cette liste de nos monuments 
historiques, établie il y a une quarantaine d'années 
avec un soin scrupuleux, et qui n'a cessé, depuis lors 
de s'améliorer, puisque M. le Préfet a naguère procédé 
à deux nouveaux classements. 

Une nomenclature plus étendue serait emprun- 
tée avec assurance au Répertoire de Tabbé Cochet, 
qui résume près de quarante années d'explorations. 
Car si depuis sa publication des lacunes regrettables 
se sont produites, c'est dans une très minime propor- 
tion, et les rectifications s'en opéreraient sans de trop 
longues recherches. 

Divers membres proposent de tirer de toutes ces 
remarques une conclusion pratique. Une première 
rédaction est d'abord discutée, puis définitivement 
abandonnée. 

M. Lefort en propose une seconde. Elle est soumise 
à quelques menues retouches, et, après une double lec- 
ture, est adoptée à l'unanimité. La voici : 

« La Commission émet le vœu : 

» Que tous les édifices ou objets religieux, meubles 
ou immeubles, présentant un intérêt ou un caractère 
artistique ou historique, soient protégés contre la des- 
truction, l'aliénation et la ruine, par l'extension de la 

24 



370 

loi du 3o mars 1887^ sur les monuments historiques, 
sauvegardant le patrimoine artistique et historique du 
département de la Seine-Inférieure ». 

La séance est levée à quatre heures un quart. 



A. TOUGARD. 



Jl 



7« 



SÉANCE DU 9 JUIN 1905 

Elle ouvre à deux heures un quart, sous la prési- 
dence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Sont présents : MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire, Deglatigny, Drouet, Garreta, Leblond, 
Le Verdier, Loriquet, Mgr Loth, Pelay, Ruel, de la 
Serre et labbé Tougard. 

S'est excusé : M. Malicorne. 

Le procès-verbal de la dernière séance ne donnant 
lieu à aucune observation est adopté. 

Conservation des œuvres artistiques, — M. P. Bau- 
dry souhaiterait que notre délibération à leur sujet fût 
encore fortifiée à Taide de la proposition volée par la 
Société historique de TOrne et adoptée ailleurs, qu'il 
voulait communiquer à la Commission ; il en réparera 
l'oubli en l'adressant au secrétaire. Lecture en sera 
donnée avec le procès- verbal dans la séance suivante. 
La voici : « Que tous les monuments religieux et les 
richesses d'art qu'ils renferment, y compris les croix 
et calvaires de notre contrée, soient conservés et main- 
tenus aux endroits qu'ils occupent actuellement ». 

Correspondance imprimée, — Sont classés dans 

son volumineux dossier : Société de V Orléanais, 

Mémoires, XXIX, 1903; Bulletin, n^ i8[ ; — Société 
des Antiquaires de laMorinie, Bulletin n© 2 1 3 ; Car- 
iulaire du Val de Sainte- Aide gonde, publ. par J. de 
Pas ; — Société archéol. de Sens : t. XXI, i ; Car- 
tulaire du Chapitre de Sens, par Tabbé Chartraire ; 
— Mémoires de la Soc, académique de Cherbourg, 
1904, no 5; — Mémoires de la Soc, de Beaune, 



372 

XXVIII; — Mém, de la Soc, du Cher, 1904; — 
Mémoires et Comptes-rendus du Comité archéoL de 
Sentis, igoS; — Bulletin,,, de la Soc, archéol. de 
Tarn-et-Garonne, 1904 complet; — Bulletin de la 
Sochist, et archéol. de V Orne, XXIV; — Bulletin 
de la Soc, Dunoise, n» 141 ; — Bulletin de la Soc. 
archéol . de Tour aine, 1905, i ; — Bulletin de la 
Soc. de Langres, 7\-72.y un fasc. ; — Bulletin de la 
Soc, d'Avranches et de Mortain, 1903, n» 5; — 
Bulletin de la Soc. de Gand, 17* année» n© 3; — 
Annales, item, VI. 

Une carte-circulaire annonce la mort du grand édi- 
teur Orléanais Herluison. Plusieurs membres consta- 
tent avec regret que les études locales font en lui une 
perte considérable. 

Congrès des Sociétés normandes. — M. le Prési- 
dent lit ensuite la seconde circulaire qui lui a été 
adressée, le 7 mai, par la Société havraise d'Etudes 
diverses. 

M. Pelay insiste sur Tintérêt qu'il y aurait à ce que 
la Commission fût représentée à cette manifestation 
qui peut provoquer la Fédération amicale de toutes les 
Sociétés savantes de la province. Il se propose de s'y 
rendre lui-même au nom de la Société Rouennaise de 
Bibliophiles. L'abbé Tougard voulait simplement 
s'associer aux hommages qui seront rendus à la mé- 
moire de l'abbé Maze; sa présence pourra ainsi expri- 
mer l'adhésion de la Commission à l'initiative des 
Etudes diverses. 

Correspondance manuscrite, — M. le Président 
reçoit au cours de la séance l'expédition de l'arrêté de 



373 

M. le Préfet, en date du 8 juin, par lequel sont nom- 
més membres de la Commission des Antiquités : 

M. Bouctot, député de la Seine -Inférieure; 
M. Chevreux, archiviste du département, 

M. de Beaurepaire estime que la Commission ne 
peut que se féliciter de ces deux choix. M. Bouctot y 
perpétuera la mémoire et les services que rendait son 
vénéré père, surtout pour toute la partie est du dépar- 
tement, où nous n'avons aucun collègue. Quant à 
M. Chevreux, sa compétence archéologique est indis- 
cutable, puisqu'il a eu sous sa direction le musée 
d"'Epinal. 

Conservation du Musée départemental. — Depuis 
notre dernière séance, ajoute M. le Président, il s'est 
passé un événement considérable dans le monde ar- 
chéologique. Notre confrère, M. G. Le Breton, a 
donné sa démission de conservateur du Musée des 
Antiquités. Il emporte les regrets de tous ceux qui ont 
pu apprécier avec quelle distinction il s'acquittait de 
ses fonaions. 

Son successeur semblait tout désigné par un certain 
courant d'opinion, que l'administration départemen- 
tale n*a fait que ratifier en nommant notre collègue, 
M. Léon de Vesly. M. de Beaurepaire regrette son 
absence : car il eût été heureux de lui offrir de vive 
voix les félicitations de la Commission. La Compa- 
• gnie accentue encore ces aimables paroles par une 
visible satisfaction! 

Entre temps, M. le Président donne à M. Leblond 
les meilleures assurances pour la médaille qui doit être 
décernée à M. le maire de Dieppe. 



^74 

Musée des Andelys. — Le savant archéologue 
M. Coutil, qui nous a parfois honoré de ses commu- 
nications, venant d'être nommé directeur de cette col- 
lection, M. le Président jugerait à propos que notre 
Bulletin lui fût envoyé d'office : la motion est favora- 
blement accueillie. 

M. Pelay se félicite de voir la collection des Andelys 
aux mains d'un homme de la valeur de M. Coutil. Il 
l'avait trouvée en assez piteux état quand il eut l'occa- 
sion de la visiter . 

Anciens papiers peints. — M. Ruel présente, comme 
suite à une communication de la précédente séance, un 
fragment de papier peint à fond bleu, nommé alors 
domino, dont la fabrication a persisté plus longtemps 
que ceux qu'obtenaient d'autres procédés. La diffé- 
rence la plus essentielle qui distinguait ces divers pa- 
piers, cVst que la couleur des uns ne résistait pas à 
Faction de Peau, tandis que les autres Pavaient soli- 
dement fixée. 

Melleville, — M. Pelay demande si l'attention des 
hommes compétents a été appelée sur une découverte 
préhistorique dont a parlé le Journal de Rouen dans 
son numéro du 2 5 mai. Puis il donne lecture de l'article. 

M. Deglatigny répond que la chose n'est pas restée 
inaperçue. Des renseignements contradictoires ne per- 
mettent aucune affirmation. M. de Vesly se pro- 
pose de visiter au premier jour l'exploration. 

Les termes mêmes de l'article peuvent faire craindre, 
selon M. Drouet, que les antiquités n'aient pas été 
déterminées avec une compétence suffisante. 

M. le Président lit le mémoire suivant : 



375 



LE PORTAIL DE LA CALENDE 



La place dite de la Calende, avec ses dimensions actuelles, 
ne remonte pas au-delà des premières années du xvie siè- 
cle. Si Ton en croit Dom Pommeraye, elle était alors 
« occupée par un logis qui fut donné au Chapitre, et par 
d'autres maisons lesquelles furent abbatues sur le com- 
mandement de Louis XII, le 20 octobre i5o8, l'ayant 
ainsi jugé convenable pour la décoration du portail (de la 
Cathédrale) qui en étoit fort pressé » (i). Il est certain ce- 
pendant qu'à une époque relativement ancienne il y avait 
déjà, en ce même endroit, une petite place où Ton ven- 
dait des œufs et des fromages (2). Au pignon du transept 
donnant sur cette petite place s'ouvrait une porte, proba- 
blement de moindre importance que celle par laquelle on 
accédait du cimetière à l'intérieur de l'église, et que, plus 
tard, on appela le portail Saint-Siméon, du bas-relief de 
la Présentation qui en décore le tympan. Cette porte, 
porta^ et non portale^ est indiquée dans des lettres de 
l'archevêque Guillaume de Flavacourt, du samedi après 
la fête de la Conception (8 décembre i3o5) (3). 

A quelle date postérieure à celle-ci le. pignon méridio- 
nal du transept fut-il démoli et remplacé par le portail de 
la Calende qui subsiste aujourd'hui ? 

Dans son Répertoire archéologique de la Seine-Infé- 
rieure^ p. 422, M. Pabbé Cochet décrit avec soin le por- 
tail de la Calende ; mais ce n'est que dans une note, courte 

(i) Histoire de la Cathédrale de Roûeny p. 41. 

(2) Platea in qua venduntur ova et casei. (Ârch. de la S.-Inf., 
G. 4291.) 

(3) Par ces lettres Tarchevêque fondait sex bénéficia in ca- 
pella S.'Stephanijuxta portant ecclesicB a parte Veteris Turis 
si bi jam per nostrum Capitulum assignata, donec de alto equo 
bono vel meliori loco in ipsa ecclesia sit provisum. Mention 
dans ces mêmes lettres de la porta septentrionalis, appelée plus 
tard le portail aux Boursiers, ensuite le portail aux Libraires. 



376 

et peu précise, qu'il parle de Tépoque où il put être cons- 
truit. Voici cette note : t Ce portail, qui doit avoir été 
construit par Jehan Davy, passe pour être dû à la généro- 
sité d*un bourgeois enrichi d'Harfleur, nommé Gorrien, 
ce qui en rejetterait Téditication assez avant dans le 
xiv« siècle pour qu'il soit permis de douter de l'exactitude 
du fait, lorsque l'on compare le style du portail de la Ga- 
lende avec celui du portail des Libraires, qui est de 
1280 » (1). 

L'objet de la présente notice sera de mettre hors de 
doute l'exactitude du fait en question et de montrer que 
la ressemblance de stvle, aisément reconnaissable entre les 
deux portails, n'a rien que de naturel, étant prouvé que 
la construction de l'un n'a dû précéder que de très peu la 
construction de l'autre. 

Faisons remarquer d'abord que la construction du por- 
tail des Libraires ne doit pas être rapportée à cette date 
fixe de 1280. 

Ce qui est vrai, c'est que le jeudi après les Rameaux, 
autrement dit le jeudi saint de l'année 1281 (nouveau style), 
l'archevêque Guillaume de Flavacourt donna aux cha- 
noines une partie des maisons qui lui appartenaient ad 
faciendum et construendum portam seu introitum ad ec- 
clesiam a parte septentrionali quod eidem ecclesie satis 
erat et est necessarium ac etiam oportunum^ sicut se pro^ 
portât dicta portio seu pars in longum et latum a pavi- 
mento vici S^-Romani usque ad dictam ecclesiam^ 'et a 
muro manerii nosiri (le mur de l'archevêché), usque ad 
domum communem predicti Capituli et domum dilecti in 
Christofilii Egidii de AugOy tune succentoris Rothoma- 
gensis (2). 

(i) Les curieux médaillons de ce portail, énigmes jusqu'alors 
inexpliquées par les archéologues, ont été récemment interpré- 
tés par Mil" Pillion, dans un intéressant mémoire de la Gas^ette 
des Beaux-Arts de igo4» 

(2) Cet acte est transcrit au f° 178 v» du Cartulaire de la Ca- 



377 

Evidemment on n'est fondé à voir dans cette donation 
qu'un acte préparatoire à la construction projetée d'un 
portail du côté de la rue Saint-Romain. Plusieurs années 
durent s'écouler avant que les maisons fussent démolies, 
que le terrain intermédiaire entre la rue et la cathédrale 
fût entièrement dégagé, qu'on eût achevé, si ce n'est même 
commencé, l'édification d'un portail où, comme on le voit, 
les ornements sont prodigués. En rapportant la fin du 
travail à i3oo plutôt qu'à 1281, nous nous rapprocherons 
de la vérité. 

D'autre part, on ne saurait douter que le Portail des 
Libraires ne soit plus ancien que celui de la Calende, qua- 
lifié « de nœuf portail » ou de novissimum portale^ dans 
des actes de 1840 et de 1341 (1). 

Le nom de l'homme généreux aux frais de qui ce se- 
cond portail fut construit va nous autoriser à remonter 
au-delà de cette date de 1340. 

Gorren et non Gorrien n'est pas un personnage légen- 
daire, et c'est bien à lui qu'est due la construction du por- 
tail delà Calende. Avant M. l'abbé Cochet, M. Deville, dans 
sa Revue des Architectes de la Cathédrale, l'avait signalé 
en ces termes à notre attention : « A peine entré en charge 
Guillaume Pontis eut à s'occuper de la décoration et du 
couronnement du portail de la Cathédrale dont un bour- 
geois de Harfleur, enrichi sans doute par le commerce 
maritime, Jean Gorrein, avait fait généreusement les 
frais. 

thédrale de Rouen, conservé à la Bibliothèque de cette ville, où 
il est classé sous la cote 44. 11 porte pour titre : Carta predicti 
archiepiscopi super concessione porcionis manerii sut pro por^ 
ticu ecclesie. 

(i) Acceptation par le Chapitre des rentes assignées par Gef- 
froi de Brienchon aux deux chapelles fondées en la Cathédrale, 
par Regnaut de Brienchon, son frère, 1340; acte par lequel 
Pierre de Brienchon se réserve le droit de présenter à ces cha- 
pelles, 1341 (Arch. delà S.-lnf., G. 3524). 



378 

» Cette circonstance m'est révélée par un article de nos 
registres où il est question d'une messe fondée par ledit 
Gorrein,' « bourgeois de Harefleur qui feist faire le por- 
» tail vers le midi ». 

M. Deville n'émet, du reste, aucune conjecture sur la 
date de la construction ; et il me paraît, soit dit en pas- 
sant, avoir singulièrement exagéré la part que prit à la 
décoration de ce portail Tarchitecte Pontif. 

La mention citée par ce savant antiquaire, tout à- l'hon- 
neur de Gorren, n'est pas isolée. Je l'ai relevée dans tous 
les comptes de la fabrique de la Cathédrale à partir de 
1457. Le compte de 1479- 1480 va même jusqu'à donner 
le nom de ce particulier au portail de la Calende : « Les 
terrasses du portail Gorren...^ la croisée de l'église du 
costé du portail Gorren, près la chapelle des Innocens ». 

Il reste à savoir à quelle époque cet insigne bienfaiteur 
de la Cathédrale a fourni aux chanoines les fonds, assu- 
rément considérables, qui rendirent possible l'érection 
d'un portail qui, pour la beauté, rivalise avec celui des 
Libraires. 

Si les archives du Chapitre nous étaient parvenues 
sans lacunes, nous pourrions résoudre avec sûreté la ques- 
tion que nous nous posons. Malheureusement, les comptes 
de fabrique de la Cathédrale, et les registres capitulaires 
commencent bien en deçà de Tépoque à laquelle il nous 
faudrait remonter. 

Quant à l'acte de fondation de l'obit de Gorren qui nous 
aurait fourni quelque éclaircissement, il est vraisembla- 
blement perdu ; en tout cas, il s'est dérobé à toutes mes 
recherches. Tout ce que j'ai pu trouver, c'est, dans un 
bout d'inventaire, transcrit aux registres capitulaires, 
G. 21 16, fo 96, cette mention trop sommaire : Hec conti- 
nentur in archiva dextre partis Capituli : Clausula tes- 
tamenti J, Gorren^ en d'autres termes : extrait du testa- 
ment de Jean Gorren. 
Je suis porté à conclure de cette indication qu'on ne 



379 

possédait alors au Chapitre que la partie de ce testament 
relative à la fondation d'un obit dans la Cathédrale, les 
autres legs qui y étaient rapportés ayant paru indifférents 
pour les chanoines. 

Heureusement un obituaire de la Cathédrale de Rouen, 
de 1329, publié par M. Léopold Delisle (Historiens des 
GauleSy t. xxiii, p. 36o), fait mention, au 20 février, de 
Tobit Johannis Gorran de Harifluctu. 

Gorren était donc mort antérieurement à cette date de 
i329, et dès lors rien n'empêche de faire de lui un con- 
temporain de l'archevêque Guillaume de Flavacourtà qui 
on fait honneur, avec plus ou moins de raison, de la 
construction du portail des Libraires. 

Je viens de dire que le testament de Gorren devait con- 
tenir d'autres legs que celui fait par lui pour la fondation 
d'un obit en la Cathédrale. 

On voit, en effet, dans un obituaire du prieuré de Lon- 
gueville, de i385, publié par M. Léopold Delisle (ouvrage 
précité, p. 437), la mention d'un autre obit fait en ce monaS'. 
tère pro Johanne Gourran^ de Harefloto. 

On sait que les moines de Longueville étaient posses-< 
seurs d'un hôtel avec chapelle, près de la Cathédrale, 
entre la rue des Barbiers (aujourd'hui la rue des Bonne- 
tiers) et la rue Saint-Denis ; il est permis de supposer que 
Gorren, originaire d'Harfleur, mais propriétaire de mai- 
sons sises à Rouen, peut-être dans le quartier de la Cathé- 
drale, connaissait particulièrement les religieux de ce 
prieuré (i). 

(i) Je vois dans un compte de 1476- 1477 (^' 2057) la 
mention d*héritages qui furent maistre Jehan Gorren, en la 
paroisse Saint-Pierre-de-Châtel. Dans les lettres de rétablisse- 
ment de la chapelle du Sépulcre à Rouen, 23 fév. i355, on in- 
dique en la paroisse S.-Maclou, hereditatem Arnulphi Gorren 
(G. 9336). C'est vraisemblablement le même qu'A unouf Gorren 
qui fiit délégué, avec Jean Filleul et Guillaume Toulousen, pour 
percevoir par manière de prêt, des bourgeois de Rouen, la somme 



38o 



On peut espérer que tôt ou tard, le dépouillement de 
nos archives départementales nous procurera des rensei- 
gnements qui compléteront ceux que j'ai pu recueillir et 
nous aideront à préciser mieux la date de construction du 
portail de la Calende. 

Il n'est peut-être pas sans intérêt de rappeler qu'il 
existait à Harfleur, sur une place publique, une ancienne 
croix dite la Croix Gorren, évidemment du nom de celui 
qui Tavait élevée ; que dans Téglise de cette même ville 
avait été fondée une chapelle connue également sous le 
nom de la Chapelle de Gorren, à laquelle, vraisembla- 
blement, comme parent du fondateur, fut présenté le 
28 mai 1424, Henri Gorren, maître ès-arts, bachelier en 
droit et en décret. 

Lui et son frère Guillaume figurent parmi les membres 
les plus considérés du Chapitre de Rouen de la fin du 
xive siècle et du commencement du xv« (i). Les fonda- 
tions qu^ls firent dans la Cathédrale témoignent hautement 
de leur libéralité. Elles m'ont paru parfois se confondre 
avec celle de Jean Gorren. 

Je noterai enfin qu'un Jean Gorran, clerc, est cité 
comme témoin, en 1294, dans Tacte de la fondation d'une 
chapelle en l'église de Saint-Nicolas de Leure, localité 
voisine d'Harfleur (2). 

Le nom de Jean Gorren (3) est inscrit dans tous les obi- 

de 20,000 moutons d'or, en quoi cette ville était obligée envers 
le comte et la comtesse de Namur. 

(i) Guillaume Gorren reçu le 23 oct. iSgi, à la prébende 
canoniale de Guillaume de Credonio ^Craon), en faveur de qui, 
par forme de permutation, il avait résigné une prébende en la 
Cathédrale de Bayeux et la chapelle de S.-Aignan, au château de 
Caen. Henri Gorren, héritier dudit Guillaume, son frère, 18 oct. 
1419 (Tabellionage de Rouen). 

(2) Arch. de la S.-Inf., cartulaire du prieuré de Graville. 

(3) Obituaires de la Cathédrale de Rouen du xvi* siècle (Arch. 
de la S.-Inf., G. ' 2097). — 4 aprilis, Obitus Gorren^ viii Ib, 



38i 



tuaires, manuscrits ou imprimés, de la Cathédrale de Rouen 
jusqu'à la Révolution. 

Dom Pommeraye aurait pu lui donner place dans le 
Chapitre vu du livre V de son Histoire de la Cathédrale 

presentibus tantum. — Extraits des comptes de la fabrique de la 
même église : 1426- 1427, pro tribus missis per ebdomadam 
pro Joh. Gorren et magistro Stephano de MarcOj condam can- 
tore Rothom., L. S. Communie capellanorum pro obitu supra- 
dic^i Gorren, X s. (G. 2488) ; 1435, Communie pro obitu Joh. 
Gorren pro domo que fuit du Bissonet^ xx s. Pro portalU) ver- 
sus Veterem Turrim pro obitu Joh, Gorren, de Hariftoto^ vin 1. 
(G. 2491); 1457-1458, « à la commune, pour Tobit de feu 
Jehan Gorren, de Harefleu, xls. » (G. 2492). — 1458-1459, 
« à la commune pour Tobit de feu Jehan Gorren, de Hareiicu, 
XL s. ; à Messire Jehan Fiquenel, distributeur de Messeigneurs 
(les chanoines) pour les échoppes du portail aux libratiés, 
XXIX 1. XV s. ; et pour le portail vers midi, pour l'obit dudit 
Jehan Gorren, en son vivant bourgeois de Harefleu^ vinl.;à 
Messire Jacques Gavai, prestre, pour avoir célébré trois messes 
à l*autel St- Pierre par chascune sepmaioe en Tan de ce compte, 
c'est assavoir 11 d'icelles messes fondées par maistre Estienne 
Du Marc, chantre et chanoine d'icelle église^ et Tautre messe 
fondée par ledit Gorren, qui fist faire le portail de ladicte église 
vers midi, x 1. » (G. 2492). — 1484- 1485, « à la commune pour 
Tobbit de feu Jehan Gorren, en son vivant bourgeois de Hare- 
fleu, lequel faist faire le portail vers midi, paie par quictance, 
XL s., à mesdits sieurs du Chapitre paie à M* Noël Ruel, receveur 
de mesditz s>^s pour Tobbit dudit Gorren, vnil.; à Messire Eus- 
tace Framery, presbtre, garde du tronc, pour avoir célébré deux 
messes à Tautel S.-Pierre, l'une fondée par feu M® Estienne 
Marc, et l'autre fondée par feu Jehan Gorren, à xx d. chascune 
messe, paie vui 1. xins. nu d. ». — 1487- 1488, à peu près les 
mêmes termes (G. 25 12). — 1489- 1490, « à la commune pour 
Fobbit de feu Jehan Gorren, en son vivant bourgoys de Hare- 
fleu, lequel fist faire le portail de l'église vers mydy, xls.; à 
Messieurs du Chapitre pour l'obbit dudit Gorren, vin 1. ». Encore 
mention de la messe fondée par Gorren à l'autel S.-Pierre 
(G. 2514). 



382 



de Rouen où il passe en revue les principaux bienfaiteurs 
de cette église. 

Réparons de notre mieux cet oubli et inscrivons avec 
honneur, en attendant un autre hommage, digne du bien- 
fait, le nom de Jean Gorren, dans le Bulletin de notre 
Commission. 

Le gros œuvre de la Cathédrale, — La science ar- 
chéologique, dit alors le secrétaire, permet aujourd'hui 
de déterminer à un demi-siècle près, Tâge de tels ou 
tels détails des sculptures d^un édifice. Il semble donc 
très légitime de fixer la construction complète de celte 
partie d'un monument à la date que révèlent les 
fenêtres, les chapiteaux ou de simples moulures. 

Il y a pourtant, en ce qui concerne Notre-Dame de 
Rouen, une sérieuse objection déjà signalée par l'abbé 
Cochet, et que viennent de rappeler MM. Allinne et 
l'abbé Loisel dans leur savant mémoire sur les ori- 
gines de la Métropole. Disons tout de suite, que cette 
thèse, qui s'appuie uniquement sur nos annales reli- 
gieuses, n'est pas pour contredire ou même ébranler 
tant soit peu les solides déductions que la science ar- 
chitecturale formule depuis plus de soixante ans ; mais 
peut-être suppléera-t-elle au manque absolu de docu- 
ments sur les mille ressources que leur habileté pro- 
fessionnelle sut fournir à tant d'admirables ouvriers, 
dont nous ignorons jusqu'au nom. 

Donc les plus savants antiquaires ont dû, comme 
les visiteurs un peu instruits, voir par l'imagination 
sortir du sol, au xiii« siècle, le chœur et la nef de la 
Cathédrale. Or, jusqu'en 1860, le calendrier de Rouen 
a marqué au premier dimanche d'octobre « TAnni- 
versaire de la dédicace de l'Eglise métropolitaine » ; 



383 



jour approximatif imposé par la réduction des fêtes : 
car deux siècles plus tôt la Dédicace se célébrait le 
icr octobre. Mais pour trouver à cette date une consé- 
cration liturgique de la basilique rouennaise il faut 
remonter jusqu'à Tan io63, où le Bienheureux Mau- 
rille, notre archevêque, l'accomplit solennellement, 
entouré des évêques de la province et sous les yeux de 
Guillaume-le-Conquérant lui-même. Nul doute que 
si les travaux du xiii« siècle avaient eu le caractère 
d'une reconstruction proprement dite, pour laquelle 
les rituels prescrivent une bénédiction, on eût profité 
de la présence de saint Louis (qui vint à Rouen une 
dizaine de fois au moins) pour y renouveler cette au- 
guste cérémonie, l'une des plus imposantes du culte. 

La persistance de l'office liturgique à ne fêter que 
l'anniversaire du i«' octobre io63 amène donc à sup- 
poser, contre toute sorte de vraisemblance, que tout le 
corps même de l'édifice était déjà debout au moins 
en ses parties essentielles, et que tous les travaux des 
âges postérieurs, quelque importants qu'ils appa- 
raissent, furent non pas des reconstructions véritables 
mais des restaurations, des remaniements, des réfec- 
tions qui n'atteignirent pas l'économie générale du 
vaisseau. Et si cette observation peut être faite sur 
d'autres cathédrales ou de grandes églises monastiques, 
il en résultera sans doute d'intéressantes constatations 
techniques sur les ingénieuses industries des vieux 
entrepreneurs qu'on aime encore à prendre pour 
maîtres . 

Cette théorie purement conjecturale, je ne me serais 
pas hasardé à vous la proposer, même sous toute ré- 
serve, si un fait analogue ne s'était produit naguère 
sous vos yeux. 



384 

Après la belle restauration du bas-côté nord de 
l'église de Mont-aux-Malades, ceux qui connaissaient 
le mieux le vénérable sanctuaire se persuadèrent que 
la muraille avait été complètement réédifiée, ce qui 
eût provoqué une nouvelle bénédiction. Et cependant 
il n'en était rien; l'âme de la maçonnerie avait été 
laissée intacte. Seule la surface extérieure avait été 
reprise pour y incorporer le revêtement en pierre qui 
donne l'illusion d'un appareillage absolument renou- 
velé . 

Mais ce n'est pas tout : car ici l'hypothèse de la sim- 
ple retouche devait trouver une double démonstration. 
L'ancien mur, fait par les maçons contemporains 
d'Antoine Corneille, devait bien, celui-là, passer pour 
être sorti tout entier de leurs mains, puisqu'on sait 
que les guerres de religion ont tellement maltraité 
l'église qu'on dut y interrompre le culte. Hé bien, 
non ! Le xvri^ siècle se contenta, comme la fin du xix®, 
d'un grand raccommodage, aussi maussade qu'il savait 
le faire. On en eut une preuve, bien préférable aux 
comptes du chef de chantier, dans cette fenêtre romane 
du xii^ siècle, aux deux tiers conservée sous une légère 
couche de mortier, qui apparut pour quelques jours 
aux regards étonnés, et dont les derniers vestiges 
demeurent ensevelis sous la pierre d'une seconde res- 
tauration. 

Si donc on venait jamais à ouvrir une porte laté- 
rale dans cette muraille, qui doit à peine mesurer 
o™ 5o d'épaisseur, on y rencontrerait le parement inté- 
rieur en pierre exécuté vers 1862, puis la maçonnerie 
première de la fin du xii^ siècle, avec quelques vestiges 
de la réparation de i65o ou environ, le tout recou- 
vert du revêtement extérieur en pierre, qui date d'une 



385 

dizaine d'années; matériaux non moins divers que 
leur mise en œuvre. 

Quoi qu'il faille penser en dernière analyse de ces 
quelques réflexions, puissent-elles mériter Pattention 
des maîtres qui entourent de soins si éclairés nos 
vieilles basiliques. Quand de simples ouvriers datent 
parfois, avec une rare perspicacité, les débris de vul- 
gaires bâtisses en démolition, comment le service des 
monuments historiques n'arriverait-il pas à démêler 
sûrement les retouches superposées de constructions 
romanes et gothiques. 

La dédicace de Notre-Dame de Paris n'ayant eu lieu, 
suivant Mgr Loth, qu*à une époque récente, il en 
conclut qu'on ne saurait tirer de la consécration litur- 
gique un argument sérieux sur l'âge d'un monument. 

La déviation de Vaxe des grandes églises, — 
Puisque ce point encore obscur de l'art du moyen âge 
a été naguère traité ici même, en des. circonstances sur 
lesquelles il est inutile d'insister, l'abbé Tougard ne 
croit pas hors de propos de noter que la question a été 
de nouveau discutée au sein de l'Académie des Inscrip- 
tions, le 21 octobre dernier. Elle semble n'avoir pas 
fait un pas, en ce sens du moins que les défenseurs des 
deux thèses ont gardé chacun son sentiment. Toute- 
fois, comme il arrive assez souvent, les arguments in- 
voqués convaincront peut-être des lecteurs plutôt que 
Torateurquia été combattu. M. de Lasteyrie avait 
écarté le motif symbolique, que M. S. Reinach a dé- 
fendu, au moins en certains cas. 

M. de Lasteyrie a repris son mémoire le 27 janvier. 
Il remarque que la déviation des églises est le plus 

25 



386 



souvent du côté droit, tandis que le Sauveur aurait, 
sur la croix, penché la tête du côté gauche. Les textes 
sacrés étant muets sur ce point, on peut se demander 
si les Pères apostoliques ou une tradition sérieuse et 
constante autorisent cette exposition des faits. 

Il n'est peut-être pas mauvais, observe M. Drouet, 
que de nouvelles discussions ne donnent pas de solu- 
tion définitive; ne fût-ce que pour montrer une fois 
de plus que le problème n'est pas si simple qu'il sem- 
blerait tout d'abord. 

Personne ne réclamant la parole, M. le Président 
lève la séance à trois heures un quart. 



A. TOUGARD. 



387 



SÉANCE DU 28 JUILLET igoS 



Elle s'ouvre à deux heures, sous la présidence de 
M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Furent présents : MM. Adeline, P. Baudry, G. de 
Beaurepaire^ Drouet, Dubosc, Garrcta, P. Le Ver- 
dier, Mgr Loth, Pelay, Ruel, Sarrazin, de la Serre, 
de Vesly et l^ibbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. Chevreux, Coutan, Mali- 
corne. 

Le procès-verbal de la dernière séance est adopté 
sans réclamation. M. P. Baudry tient seulement, sous 
le bon plaisir de M. le Président, à lire in extenso le 
vœu de la Société de TOrne, auquel il vient d'être fait 
allusion. 

M. de Vesly aime à remercier la Commission de 
rhonorable sympathie avec laquelle elle a accueilli sa 
nomination à ses nouvelles fonctions. 

Correspondance imprimée, — Elle ne comporte 
que les six articles suivants : Mémoires de la Société,., 
de Chalon-sur-Saône, IX, igoS; — Mémoires de la 
Soc. d'Emulation du Doubs, igo3'igo4. Besançon, 
Ï905, I vol.; — Bulletin de la Soc... de VOrne, 
XXIV, 2; — Bulletin de la Soc. des Antiquaires de 
Picardie, 1904, fasc. 4; — Bulletin de la Soc. 
Dunoise, 142; — Bulletin de la Soc... de Gand, 
XÏIIe année, 4-6; 2 livraisons. 

Correspondance manuscrite. — i*» La demande de 
souscription pour le monument funéraire de M. Her- 
luison n'est point susceptible de délibération, puisque 
la Commission n'est pourvue d'aucunes ressources; 



388 



2° M. Rouette, président des Etudes diverses, a 
remercié le 14 juin la Commission d'avoir bien voulu 
adhérer au Congrès des Sociétés normandes qui devait 
se tenir au Havre du 16 au 18 juillet; 

3® Enfin, par une lettre en date de ce jour, notre 
nouveau collègue M. Chevreux, qui serait « vérita- 
blement peiné si sa nomination à Rouen devait avoir 
{>our résultat, d'interrompre une tradition établie 
depuis longtemps », met fort aimablement « le cabinet 
de l'archiviste à l'entière disposition de la Com- 
mission pour toutes ses séances ». 

La Commission remercie M. Chevreux de son 
extrême obligeance, dont elle usera si les circonstances 
paraissent le réclamer. 

Musées de Dieppe, — M. P. Baudry est heureux de 
rendre hommage à notre collègue M. Milet pour le 
soin admirable avec lequel il a classé et il entretient 
les trésors artistiques et archéologiques qui lui sont con- 
fiés. Telle, avait été également la conclusion d'une 
visite faite par l'abbé Tougard, à propos surtout du 
travail considérable qu*a imposé l'aménagement des 
somptueux cadeaux de M. Camille Saint-Saëns. Il 
n'est que juste d'associer à ces éloges le nom de 
M. Letellier, depuis longtemps attaché au service des 
collections municipales. 

Ces explications font regretter encore davantage à 
M. Pelay de n'avoir pu se procurer chez aucun 
libraire de Dieppe le catalogue, dont M. Baudry vient 
aussi de parler dans les meilleurs termes. On rappelle 
à ce propos que la dernière édition du Catalogue du 
Musée départemental a été publiée il y a trente ans par 
l'abbé Cochet quelques semaines avant sa mort. Sa 



389 

réimpression n'a cessé d*être instamment réclamée et 
Pavidité du public en eût épuisé trois ou quatre édi- 
tions nouvelles. « Attendons quelques années, conclut 
M. le Président, et M. de Vesly donnera pleine satis- 
faction à la légitime impatience des visiteurs ». 

Le nouveau directeur répond que le Catalogue va 
être en effet au premier rang de ses préoccupations. On 
émet le vœu que la publication s'en exécute par livrai- 
son, ne fût-ce que pour répondre plus tôt à l'attente 
générale. 

Le même membre donne alors lecture des notes que 
voici : 

Melleville, — « Le 12 juin, M. Deglatigny et moi, 
nous nous sommes rendus à Melleville et nous avons 
de suite reconnu que les journaux s'étaient mépris sur 
la découverte faite par M. Derloche. On est là en pré- 
sence d'un groupement de blocs erratiques et non de 
monuments mégalithiques. Le fait curieux est que ces 
blocs se trouvent ramassés sur la ligne séparative des 
bassins de l'Yères et de la Bresle à la cote 180 mètres, 
et que leur disposition rappelle les vallées de Fran- 
chard dans la forêt de Fontainebleau, quoiqu'ici il y 
ait dénudaiion complète, tandis qu'à Melleville, c'est 
au milieu de l'argile du plateau que les grosses pierres 
ont été rencontrées ». 

Croix trouvée au Mont-aux-Malades, — c Un de 
mes élèves m'a remis une croix trouvée par le fossoyeur 
dans le cimetière du Mont-aux-Malades. 

» Cette croix, qui mesure 0^075 pour la branche 
principale et o'no47 pour le croisillon, paraît appar- 
tenir au xvn« siècle par les ornements qui la décorent 
et qui peuvent se résumer ainsi : sur la face princi- 



3 90 

pale et au centre une couronne d'épines surmontée de 
l'inscription inri dans un cartouche ; à droite, l'éponge 
et le fouet ; à gauche, un sabre, etc. . . Dans la partie 
inférieure, un cœur percé de trois clous, Téchelle et la 
lance. 

» Sur la face opposée : un coq placé sur une 
colonne ; le gallinacé arrive à occuper la partie cen- 
trale. Il est adossé à droite par le marteau et les 
tenailles et à gauche par une buire placée sur un pla- 
teau. Dans la partie supérieure se voit un sablier ou 
une lanterne. » 

Substructions du moyen âge, — « Le 29 juin der- 
nier, des ouvriers occupés à construire les fondations 
d'une maison, rue de la la Cage, no 5, mettaient à 
jour les substructions d'une vieille fortification. Les 
journaux de Rouen et moi-même crûmes reconnaître 
les vestiges d'une tour appelée « Garde de Saint-Ouen » 
dans de nombreux actes du moyen âge. 

» Il faut reconnaître que cette désignation est tout 
au moins hypothétique; mais ce qui a été visible, 
c'est un chemin de ronde avec parapet tracé sur un 
mur crénelé dont l'escarpe regardait le couchant. 

» Dans les terres qui avaient servi à remblayer le 
fossé ? on a recueilli des débris de poteries du 
xvn« siècle provenant des fabriques de Martimpré et 
d'Esclavelles, ainsi que deux pièces en bronze dont 
Tune porte les J L de Louis XIV, et l'autre paraît être 
plutôt un jeton qu'une monnaie. » 

Théâtre romain de Lillebonne, — « Ce monument 
a beaucoup soufifert des intempéries du dernier hiver. 
Parmi les maçonneries éboulées, j'ai trouvé un frag- 
ment de brique portant une marque; mais le débris ne 



391 

permet pas de reconstituer en entier le dessin qui 
décorait la brique ». 

M. de Vesly signale ensuite la mauvaise habitude 
prise par les habitants de Lillebonne qui se débar- 
rassent des ustensiles ou objets hors d^usage en les 
jetant par dessus le mur de la rue Toupin qui clôt le 
théâtre de ce côté. 

Enfin le nouveau Conservateur des Monuments 
historiques dit qu'il a vu la Cassolette trouvée dans 
remplacement du théâtre antique. Elle est placée dans 
le musée de la mairie de Lillebonne. 

Au sujet du très regrettable abus qui transforme en 
heurt public un monument du plus haut intérêt, la 
Commission estime qu'il y a lieu d'intervenir. Le 
secrétaire rappelle incidemment que le meilleur témoi- 
gnage a été naguère rendu par notre collègue 
M. Vallée, au zèle et à l'activité du gardien. Après un 
échange de vues, M . de Vesly est prié d'écrire, tant à 
M. le Maire de Lillebonne qu'à notre confrère, pour 
les prier de concerter ensemble les mesures les plus 
efficaces à prendre. 

Bulletin. — M. de Beau repaire met alors en dis- 
tribution les procès- verbaux de Tan 1904, qui for- 
ment la seconde livraison du tome XIII de notre 
Bulletin Elle est précédée des listes des membres, des 
monuments historiques et des correspondants. 

Il lit ensuite, aux applaudissements de la Com- 
pagnie, la notice ci-après : 

LES BOUTIQUES DU PORTAIL DES LIBRAIRES 

On peut obtenir d'un habile et savant architecte une 
restitution, suffisamment exacte, de monuments défigurés 



392 

soit par le temps, soit, ce qui est plus grave, par la main 
de rhomme ; mais ce sera toujours à nous qu'il appartien- 
dra de les replacer dans la scène en vue de laquelle le 
plan en fut conçu et de les animer, en quelque sorte, par 
révocation des souvenirs historiques qui s'y rattachent. 

Une expérience vient à Tappui de cette observation. 
Rappelons-nous les discussions auxquelles la reconstruc- 
tion de l'escalier du Palais de Justice donna lieu dans ces 
derniers temps. En supposant cet escalier rétabli à son 
ancienne place et dans la forme qu'il avait autrefois, au- 
rions-nous pu nous assurer que ceux qui l'avaient vu au 
xviiie siècle l'auraient reconnu aujourd'hui? Un change- 
ment dans le costume suffirait pour rendre méconnaissable 
à nos yeux une physionomie qui pourtant nous serait fa- 
milière. Ainsi en devait-il être pour la construction dont 
nous venons de parler, à laquelle il n'était pas possible de 
rendre les accessoires qui lui donnaient un aspect si par- 
ticulier. Qu'on se figure, en effet, au bas et au haut de 
ses degrés, des échoppes de libraires où se débitaient les 
livres de droit et les factums à l'usage des gens du Palais; 
ce flot de monde qui journellement s'acheminait par là, 
pour se rendre à l'audience ou pour consulter les procu- 
reurs, dont les bureaux étaient rangés de chaque côté de 
la salle des Pas- Perdus; qu'on se représente encore, à 
certains jours de Te Deum, de visites à un haut person- 
nage de l'Etat, de cérémonies solennelles, se déroulant, 
précédée des huissiers de la Cour, la troupe des Prési- 
dents et des Conseillers en robes rouges, que suivait une 
foule d'avocats et de procureurs, de quoi rendre la justice 
à toute la province 1 Assurément, ces jours-là, cet escalier 
monumental qui s'étalait comme une sorte d'éventail, ne 
choquait pas le public par l'exagération de ses dimensions; 
il répondait aux usages du temps, usages qui ne sont plus, 
qui ne revivront jamais, et dont nous n'avons même gardé 
qu'un assez vague souvenir. 

C'est un changement du même genre, moins profond 



393 

pourtant, que nous aurons â constater, si du Palais de Jus- 
tice nous nous transportons près de la Cathédrale, au 
Portail des Libraires. Là, certainement, nous aurons sujet 
de rendre hommage au talent des architectes, des statuaires, 
des sculpteurs qui ont si admirablement restauré l'œuvre de 
leurs prédécesseurs. Ils ont fait ce qu'on devait attendre 
de leur habileté. Mais il n'était pas en leur pouvoir, et 
l'idée même n'avait pas pu leur venir de rendre à cette 
cour ou à cette allée, comme on voudra l'appeler, par la- 
quelle on accède de la rue Saint-Romain à la Cathédrale, 
l'animation qu'elle présentait autrefois, quand deux rangs 
de boutiques y sollicitaient l'attention des passants. 

Ces boutiques ou plutôt ces échoppes (c'est le nom qu'elles 
portaient) furent d'abord occupées par des boursiers. On 
en comptait 6 du côté de l'Archevêché ; 5 du côté du four 
du Chapitre ou de la Bibliothèque capitulai re. L'une 
d'elles était contigûe à la porte de l'avant-portail, sur la- 
quelle avait été pratiquée une petite chambre qui faisait 
également l'objet d'une location. Cette chambre était 
louée à Laurent Le Tieulierfi), en i383; a Marie la Mer- 
chiére, en 1414-1415; à Girard Wiard, en 1426-1431; à 
Jean Le Forestier, en 1435 ; à un lunetier, Olivier Char- 
lemaine, dont la femme occupait l'étal d'au-dessous, en 
1 467-1476 ; par les héritiers de ce lunetier, en 1467- 
1476 (2) ; par un nommé Pierre Acossetes, dont le métier 

(i) ^ Laurent Le Tieulier pro parva soppa de sub porta et 
pro caméra super portant Bursariornm. Compte de la Fabrique 
de la Cathédrale (Arch. de la S.-lnf., G. 2483). 

(2) Ce lunetier eut un fils, comme lui appelé Sandrin, mar- 
chand de lunettes au Portail des Libraires. Le 2g avril 1489^ 
les chanoines fournissent un étal à Sandrin Charlemaine, lune- 
tier, qui, depuis nombre d*années, vendait des lunettes au Por- 
tail des Libraires (Registres capitulaires). 11 occupait une échoppe 
qu'il partageait avec le libraire Le Délié, en 149 1- 1492, i5oo- 
i5oi (G. 25i5-25i6, etc.). Il paraît Tavoir occupée seuP en 
i5o6 (G. 252i), 



394 

m'est inconnu en 1479- 1484; par sa veuve, en 1484- 
1485. Vers ce temps-là, qui doit correspondre à l'époque 
où Tavant-poriail fut reconstruit par Tarchîtecte Pontifs, 
cette petite location disparut. Il n'en est plus fait mention 
dans le compte de 1487- 1488. 

Peu à peu, dans la seconde moitié du xv« siècle les 
boursiers cédèrent la place aux libratiers^ écrivains, enlu- 
mineurs (i) ou relieurs de livres, marchandise de plus en 
plus recherchée, de prix très variables, comprenant, en 
même temps que de véritables chefs-d'œuvre de calligra- 
phie et de miniature, des Heures ou Matines vulgaires à 
Tusage des simples fidèles (2). 

Comme les livres qui avaient alors le plus de débit 
étaient relatifs à la religion ou aux exercices de piété, il 
était naturel que les marchands qui en faisaient commerce 
affectionnassent le voisinage de la Cathédrale. C'est près 
d'elle, en effet, dans la paroisse de Saint-Nicolas qui com- 
prenait un des côtés delà rue Saint-Romain, qu'on relève 
le plus de noms de libraires. 

En voici quelques-uns : Will., scriptor de vico Beati 
Nicholai^ 1246, le même peut-être que WilL, scriptor men- 
tionné dans une charte des dernières années du xii^ siècle 
(F. de S.-Amand); Jean Alespée, fils de Pierre Alespée, 
24 août 1467; Jean Auber, 27 août 1434, 26 octobre et 
12 novembre 1437 (3); Guillaume d'Auberville, 5 juillet 

(i) Un Guillaume Le Bas, enlumineur, étalait au Portail des 
Libraires en 1475- 1476 (G. 25o6). 

(2) Ces Heures étaient ainsi itésignées parce qu'elles com- 
mençaient par les Matines de l'office canonial, «r Payé pour unes 
matines pour Baugueroult, x deniers, » i552 (Compte de 
l*abbaye de Saint-Amand). 

(3) Contestation à propos de l'engagement pris par Jean 
Auber de dorer un bréviaire qu'il avait relié pour un prêtre, 
Robert De Caux; i5 août 1434; saisie d'un livre en sa boutique, 
à la requête de Jean Le Fevre, docteur en théologie, maître de 
l'Hôtel-Dieu de Lisieux, 26 oct. et 12 nov. 1437 (G. 3372). 



395 

1463 (i); Hector d'Auberville, 9 novembre 1483; Guil- 
laume Bourdet, i5 février 1490, 26 août 149 1, i3 dé- 
cembre 1493 ; Michel Coquet, 28 août 1466; Jean et Polin 
Coquet, 1436-1437 (2), 28 août 1466, lundi après Pâques 
1476, 17 février et 11 novembre 1479, 19 décembre 1481, 
18 février et 14 avril 1493, 2 3 juin 1495; Sandrin Dupont, 
1460 C3); Henri Houel, 1437 (4); Pierre Le Gemble, 

(i) Je serais porté à rattacher, à cette famille de libraires, 
Pierre d*Auberville, de la Motte, peintre, domicilié sur la paroisse 
Saint- Vivien, 23 mars i526. 

(2) Jean Coquet. Les chanoines font saisir chez lui un missel 
qu'on lui avait donné à vendre et que réclamaient les religieux 
de Sainte-Catherine à Rouen, il le tenait de Robert de Beaubroc 
qui appela en garantie Girardin de Bosc-le-Borgne, écuyer, 
lequel se réclama à son tour de messire Roger du Mouchel, 
frère de Tabbé de Lire, 26 nov. 1436. Autre saisie de livre, dans 
la boutique du même libraire, à la requête des religieux du Bec- 
Hellouin, 29 juillet 1437. Autre saisie de livre dans la boutique 
du même libraire, à la requête des religieuses de Saint-Amand, 
28 août 1485. — Colin ou Nicolas Coquet. Saisie en boutique 
d*un psautier qu'il avait reçu d*un ecclésiastique du nom de 
Julien Dépertain et que les religieux du Bec-Hellouin pré- 
tendaient être à eux, 27 janv. 1436. Autre réclamation d'un bré- 
viaire à Tusage de Rouen commençant par un calendrier figuré 
et enluminé d'or qu'on lui avait donné à relier et qui appar- 
tenait à Jean Lecomte de Draqueville, 20 novembre 1436. 
Mention d'un missel de Téglise d*Angerville-la-Martel déposé 
dans la boutique du même libraire, 5 déc. 1436 (G. 3372). Acte 
de la visite faite des livres de Téglise de Notre-Dame-de-la- 
Ronde par Nipolas Coquet, Jean Faudemer, qualifiés libraires 
jurés, 1438, ce qui paraît indiquer que, dès cette époque, les 
libraires étaient organisés à Rouen en communauté (G. 7460). 

(3) Le 29 nov. de cette année, Jean Du Hommet, clerc, pour- 
suivi pour avoir frappé Sandrin Dupont, clerc, libraire, auquel 
il réclamait un livre (G. 3372). 

(4) Le 14 février de cette année, à la requête de la fabrique de 
Caudebec, saisie en sa boutique d'un bréviaire qui lui avait été 
donné à relier. [Ibidem.) 



396 

28 février 1457; Guillaume Le Gemble, 25 avril 1458, 
19 juin 1466; Michel Le Roux, 17 avril 1493 (tabell. de 
Rouen); Guillaume Martin, 24 juillet 1409 (i); Gautier 
Néron, 19 juin 1466, 17 mai 1477, i5 septembre 1483, 
dernier décembre 1493, 7 décembre 1497 (2). Ajoutons à 
ces noms celui de Louis Bavent, parcheminier, qui occupait 
une maison dans la même paroisse, devant le Portail des 
Libraires, 1466 (3). 

Deux de ces libraires, Jean Coquet et Gautier Néron, 
sont très fréquemment cités dans les Comptes de Fabrique, 
ce qui nous autorise à penser qu'ils se distinguaient de 

(i) Ce jour-là il comparaît devant la justice capitulaire pour le 
fait d'avoir battu sa femme et porté la main sur deux chanoines 
qui voulaient la défendre. 11 est qualifié de Heur de livres 
(G. 3372). 

(2) Ces noms et ces dates sont empruntés à des contrats trans- 
crits dans les Registres du tabellionage de Rouen. Plus tard, 
nous trouvons encore domiciliés en la f)aroisse Saint-Nicolas, les 
libraires : Jean Auber, 29 décembre i5i7, 22 avril i52i ; Louis 
Brunet, 24 octobre 1 526 (il cautionne Jean Petit, libraire à Paris) ; 
Jacques Cousin, 25 janvier i5i6; Cardin Le Conte, 26 mars 
1526; Pierre Lignant, 28 mai i534; Richard Macé, ï5 dé- 
cembre 1 5 1 5 (il vend à Richard Gouppil, imprimeur de livres, un 
jardin en la paroisse Saint-Godard); Jean Mallard, i55o; Raoulin 
Pavye, 14 janvier, i535; Jean Pontoulain, 18 février i52i ; Jean 
Richard, 20 mars i522, 6 avril i53o; les parcheminiers : Jean 
Bavent, 10 janvier 1527, 19 janvier i53o; Guillaume Mauduit, 
19 août i566; Tenlumineur Etienne Du Moustier, 5 septembre 
i522, 3 janvier i528. A la famille de cet artiste appartient, sans 
le moindre doute, Cosme Du Moustier, orfèvre de Rouen, sous 
François ler^ et Cosme Du Moustier, dessinateur célèbre que pen- 
sionna Henri IV. 

(3) Amortissement Le Cornu (G. 7742). — Marché fait par 
les échevins de Rouen avec Louis de Bavent, parcheminier, four- 
nira plusieurs cahiers de parchemin de vélin pour le livre de la 
Bouchardière, cahiers de 8 feuillets à 8 s. le cahier. 2 juillet 1457 

( Délibérations de la Ville). 



397 

leurs confrères par leur habileté comme calligraphes ou 
comme relieurs. 

Le premier, qualifié d'enlumineur, 3 juin 1481, était 
fils d'un autre Jean Coquet, aussi libraire. Il hérita de 
son père d'une maison située sur là paroisse Saint-Nico- 
las, entre la rue du même nom et les propriétés d'un nom- 
mé Petremol et du verrier Guillaume Barbes. Il vendit, 
le 3 janvier 1484, à la fabrique de sa paroisse, pour 160 1., 
une rente de 10 1., et, le 12 avril 1493, à Robert Langlois, 
curé de Brémule, une autre rente dé 5o s. Il avait été 
trésorier de la paroisse Saint-Nicolas et avait contribué 
par ses aumônes aux travaux de son église (i). 

On voit son confrère, Gautier Néron prendre à fiefFe, 
pour i5 1. par an, de Guillaume Gombault, vicomte de 
Rouen, un hôtel en la paroisse de Saint- Nicolas, près de 
Valleur des Trois Maries^ 3 octobre 1453 (2). Une autre 
maison, dans la même paroisse, lui fut fieffée par Carados 
Garin, avocat du roi, le 17 mai 1477 (3). 

Néron et Coquet, ainsi que plusieurs des libraires pré- 
cités, figurent parmi les locataires des échoppes du Portail 
des Libraires. 

Relieurs et écrivains (4) eurent en dernier lieu pour 

(i) Appartiennent à la famille de ce libraire : Colin Coquet, 
. locataire au Portail des Libraires ; Michel Coquet, qui vendit, le 
28 août 1466, pour 20 1., une rente de 40 s., à Robert Le 
Cornu, écuyer, seigneur d'Epreville; Nicolas Coquet, qui fut 
pendant quelques années prieur de l'Hôtel-Dieu de la Made- 
leine, après Dupuy, archevêque de Thessalonique. 

(2) Acte rappelé dans un contrat du 19 janvier 1466. 

(3) Gautier Néron vend, le i5 octobre 1483, à la Fabrique de 
Saint-Nicolas, une rente de 60 s. Le dernier décembre 1493, il 
conclut un accord au sujet d'une maison située dans la même pa- 
roisse, maison qu'il vend le 7 septembre 1497. 

(4) Libraires écrivains : Jean Boivin, écrivain et vendeur de 
livres au Portail des Boursiers; le 2 octobre 1406, il fit saisir 
les matines d'un clerc, Gilles Le Loup (Arch. de la S.-Inf., 



398 

compagnons, au Portail des Libraires, des marchands de 
livres en moule ou des imprimeurs tels que Guillaume Re- 
nard (i), Louis et Denis Bouvet (2), Jacques Du Gord(3), 

cahier de la Juridiction du Chapitre) ; Jean Mallard, mentionné 
comme écrivain, 22 septembre i536 (Registres capitulaires) ; 
Michel Le Mire, libraire et écrivain, paroisse Sainte-Croix- Saint- 
Ouen, 27 juillet 1529 (Tab. de Rouen); Robert Rillé, libraire et 
écrivain, même paroisse, 8 avril i538 (Ibid). — Libraires- 
relieurs : Robert Le Roy; il couvre de velours, dore et relie un 
livre de l'archevêque, Fontaine de Vie, 1 541-1542 (G. i3o); 
Raulin BouUenc, payé pour reliure et dorure de livres, i553- 
1554 (G. 2549); Jean Boullenc, payé pour des travaux du 
même genre, i55i-i56i (G. 2557, 2556); remplaça Philippe 
Eurry au Portail des Libraires, dernier juillet i539. 

(i) 11 indique ainsi son domicile dans une de ses impressions : 
ante atrium Bibliopolarum majoris ecclesie ; en procès à 
l'Echiquier avec le libraire Jean Richart, 1497 (Registre de 
l'Echiquier); réparation par la Fabrique de la Cathédrale à 
Touvreur de Guillaume Benard, 22 s., i5i2-i5i3 (G. 252 5); 
mort vers i52i-i522. Perrette Benard, femme de Jean Le Nu, 
libraire, indiquée comme héritière en partie de Guillaume 
Benard, aussi libraire, i5 mai 1 522 (Tab. de Rouen). Le 4 fé- 
vrier 1 521, Jacques Benard, imprimeur, paroisse Samt-Maclou, 
probablement fils de Guillaume, concluait avec son frère Jean, 
un échange de terres à Gouy. Le 1 1 avril, même année, il ven- 
dait une maison qu'il avait acquise de son frère. 

Un Laurent Bernard, vraisemblablement de la même famille, 
était libraire à Rouen, en mai 1400. Richard Du Crocq, domi- 
cilié à Melun, lui accorda décharge de tout ce qu'il pouvait devoir 
à cause de ce qu'il avait gouverné la mère dudit Du Crocq. 
Celui-ci reconnaissait que « le parchemin et libraeries, qui étaient 
en son hostel, appartenaient audit Bernard, lequel en pouvoit 
marchander et faire son profit comme de sa propre chose » (Ta- 
bell. de Rouen, Reg, 9, fo 53). 

(2) Louis Bouvet imprima les pardons ou indulgences de la 
Cathédrale, i5o8-i5i3. 

(3) Jacques Du Gord, libraire enlumineur, 1 545-1 546 (G. 2542); 
Jean Du Gord, libraire, paroisse de Saint-Nicolas, i552-i553 



3o9 

Raulin Gautier (i), Jean Huvin (2), Gaillard et Jac- 
ques Le Bourgeois, Guillaume et Jacques Le Forestier, 
Jean/Mallard (3), Jean de La Haye (4) et Jean Ri- 

(G. 2548). Son décès, indiqué au compte des Carmes de Rouen: 
Pro portatione corporis et cereorum Joh. Du Gort, parr. S.-Ni- 
colai. 

(i) Jean Gautier vendait des livres en moule, au grand Portail 
de la Cathédrale, en 1488. En 1489, il payait à la Fabrique, 3o s. 
pour un loyer d'une demi-année, échu à la fin d*août de cette 
année (G. 25 1 3). On trouve après lui Raulin Gautier, libraire, 
demeurant rue Grand-Pont, à renseigne du Fardeau, mentionné 
dans les Comptes de la Fabrique de la Cathédrale, 1 5 1 1 - 1 5 1 3 ; — 
un Raulin Gautier (ne serait-ce pas son filsr) qui reçoit 10 1. 
pour reliure de livres liturgiques ; 100 s. pour reliure d*un legen- 
dier, 1545-1546 (G. 2642); i5 s. pour vente de deux manuels, 
i538; 61. « pour avoir relié de neuf VEpistolier en parchemin 
et icelui nettoyé et blanchi et relié un messel » ; 3o s. pour avoir 
relié de neuf un des psautiers, i555 (Comptes de la Fabrique de 
Saint-Maclou); 10 s. « pour avoir relié la Légende de Téglise 
S.-Laurent et l'avoir nettoyée; 4 1. pour avoir relié un antipho- 
nier, avoir raccoutré les gradaul, remis fermans et bourdons 
et assiettes », i555 (Comptes de la Fabrique Saint-Laurent). Ce 
libraire-relieur était locataire d'une échoppe près la chapelle 
Saint-Jacques, en l'église Saint-Maclou, en 1 5 58- 1 563 (Comptes 
de Saint-Maclou). 

(2) Jean Huvin, cité comme occupant une des échoppes du 
Portail des Libraires, 1489-1490 (G. 2514), 1492-1493 (G. 25i5); 
la 3e des échoppes pour 100 s. par an, 1497-1498; la 3«etla 5», 
1499- 1509. Lui et son fils, de la paroisse Samt-Nicolas^ encore 
cités comme locataires d'échoppes du même portail. 

(3) Jean Mallard occupait, au Portail des Libraires, Vouvroir le 
plus proche de la Cathédrale. Il est indiqué comme trésorier de 
la paroisse Saint-Nicolas, en i55o (Compte de la Fabrique de 
Saint-Nicolas). Une délibération capitulaire, du 22 septembre 
i536, lui donne la qualification d'écrivain. On trouve, après lui, 
Thomas Mallard, autre libraire, auquel il est payé i5 s. pour 
3 manuels, 7 décembre i553; 26 s. pour des processionnaires, 
1 556. Sa veuve continua son commerce : « A la veuve De Burges, 
femme de deffunt Maillard, libraire, pour un messel qui sert au 
dimanche, sur le maître-autel .... , 100 s. », i563-i566. 

(4) II mai 1593. Jean De la Haye^ libraire, tenant sa bou- 
tique au portail des libraires, demeurant en la par. S. Nicolas^ 



400 

chard (i). Les Le Bourgeois et les Le Forestier me parais- 
sent mériter une attention particulière de notre part. 

M. Edouard Frère, dans son Manuel du Bibliographe 
Normand^ vante les impressions de Jean Le Bourgeois, 
qu'il qualifie Pun des imprimeurs les plus célèbres du 
xve siècle ; il nous apprend que de ses presses sortirent 
plusieurs romans de chevalerie, tels que ceux de Lancelot 
du LaCj 1488, et de Tristan le Léonais, 1489. Il n'avait 
point échappé à notre savant confrère qu'une relation de 
parenté devait exister entre cet imprimeur et Gaillart Le 
Bourgeois, chez qui une imprimerie, vraisemblablement 
commune, avait été établie rue Grand-Pont. Mais il- 
n'avait pas su exactement ce qu'ils étaient l'un à l'autre. 

Cest un point que les notes qui suivent éclairciront suf- 
fisamment. 

Gaillart Le Bourgeois est indiqué comme ayant son 
domicile sur la paroisse Saint- Nicolas, dans un acte par 
lequel il achète, le 12 juillet 1481, de Colin Du Val, bar- 
bier, pour 12 L, un jardin situé sur la paroisse Saint- 
Vivien. 

Quelques années plus tard, le 29 septembre 1488, nous 
le trouvons domicilié sur la paroisse Saint-Lô. Ce jour-là, 
ledit « Gaillart Le Bourgeois, libratier, Jehan Le Bour- 
geois, son fils, et Marion, femme dudit Jehan, demeurant 
en la paroisse Saint-Lô de Rouen, baillent en échange à 
héritage, à Goret Jouen, une maison rue du Sac, paroisse 
Saint-Maclou, dont ledit Gaillart Le Bourgeois avait ac- 
quis la propriété de Richard Perchart, chanoine de Rouen. 
Le 8 avril 1489, Gaillart Le Bourgeois, libraire, demeu- 

confesse devoir à Jean Lesselie i83 écus pour vente de livres 
en plusieurs sortes de langues (Tabell. de Rouen). 

(i) Avant d'occuper une échoppe au Portail des Libraires, en 
1492-1493 (G. 25 1 5), Jean Richard avait tenu, au Grand Por- 
tail de la Cathédrale, pour un loyer de 5 s. par mois, un étal 
où il vendait des livres de moule (G. 2514). 



401 

rant en la paroisse Saint-Lô, vend à Robert Malherbe, 
demeurant sur la paroisse Saint-Vivien, pour i6o 1. « une 
maison, cour et étable, où pendait l'enseigne du Lévrier^ 
paroisse Saint-Nicolas, bornés par la rue qui descend 
du Portail aux Libratiers à Téglise Saint-Maclou ». Cette 
maison avait été acquise par Gaillart Le Bourgeois, 
quelques mois auparavant, le 12 novembre 1488. Autre 
vente faite par le même, par son fils Jean et par Marion, 
femme de ce dernier, tous demeurant en la paroisse Saint- 
Lô, pour 200 1. et une rente annuelle de 5i s., à maître 
Jean Gouel, chanoine de Rouen, d'une maison en la pa- 
roisse Saint- Vivien, contenant plusieurs louages, laquelle 
propriété, est-il dit dans l'acte, o Gaillart Le Bourgeois 
avoit achetée en trois parties, durant le mariage de lui et 
de défunte Alison, sa femme », les 12 juillet 1481, 14 juin 
1484, 8 mars 1487. Le 9 novembre de la même année, les 
mêmes, qualifiés toujours libratiers, domiciliés rue Saint- 
Lô, vendent, pour 14 1., à messire Jean Deu, prêtre de 
Londinières, le quart qui leur revenait, au droit d'Alison, 
femme et mère desdits Le Bourgeois, dans la succession 
de Jean Bellin, de Sainte-Agathe-d'Aliermont, père de 
la dite Alison. 

On peut se demander si ces ventes n'étaient pas nécessi- 
tées par les dépenses qu'ils eurent à faire à leur imprimerie 
de la rue Saint- Lô. Mais il est certain que cet établisse- 
ment avait comme dépendance une échoppe du Portail 
des Libraires. 

Depuis longtemps, d'ailleurs, et même avant l'introduc- 
tion de l'imprimerie, Gaillart Le Bourgeois avait pris l'ha- 
bitude d'étaler là sa marchandise. 

Dans le compte de la Fabrique de la Cathédrale de 1459, 
il figurait déjà comme locataire, pour 4 1. par an, de la 
quatrième échoppe du côté du four du Chapitre. Il l'oc- 
cupa sans interruption jusqu'en i5oo. Outre cette échoppe, 
il en loua une autre pour son fils, ainsi que nous Tapprend le 
Compte de la Fabrique, de 1484- 148 5; il payait, de plus, 

26 



402 

un loyer de 18 s. pour étalage de livres au grand Portail 
de la Cathédrale. 

En 148S, Jean Le Bourgeois renonça à cette seconde 
échoppe (i) qui fut louée au libraire Guillaume Le Délie (2), 
de préférence à Jean Boyvin (3), son concurrent. Mais dès 
Tannée suivante il obtenait de la Fabrique, au Portail des 
Libraires, un étal sous auvent, pour 5o s. par an, c'est-à- 
dire moitié moins que ne lui coûtait Téchoppe à laquelle il 
renonçait; il avait encore cet étal en i5oo. 

Gaillart Le Bourgeois était certainement imprimeur à 
Rouen dès 1487, c'est-à-dire bien près de Tépoque où 
l'imprimerie fut introduite en cette ville. La preuve de ce 
fait nous est fournie par cette mention que nous relevons 
dans le compte de la Fabrique de la Cathédrale, de la 
Saint-Michel 1487 à la Saint-Michel 1488 : t A Gaillart 
Le Bourgeois pour deux milliers et demi de brevez fais pour 
la burre envoyez aux doyens et aux curez pour recomman- 

(i) Dès qu'on avait eu vent de l'intention de Jean Le Bourgeois, 
son échoppe avait été demandée par Le Délié. Le 2 mai 1488, 
le Chapitre nommait des Commissaires pour aller aux informa- 
tions, et, le 5 mai suivant, il décidait que Téchoppe en question 
serait laissée à Jean Le Bourgeois, si celui-<:i voulait l'occuper 
personnellement et sans fraude, et que, dans ce cas, on n'aurait 
point égard à la demande de son concurrent. Le 23 juin, les 
chanoines ne paraissaient point encore informés de la résolution 
de cet imprimeur ; ce ne fut que le 23 août qu'ils donnèrent sa 
place à Le Délié. On peut, je crois, conclure de ces faits, insigni- 
fiants en eux-mêmes, que les échoppes du Portail aux Libraires 
étaient recherchées, et que Jean Le Bourgeois était particulière- 
ment considéré par le Chapitre. 

(2) Le Délié était libraire et relieur : « Au Délié, libratier, 
pour avoir raccommodé ung des livres de l'église refourmé », 
i5o3-i5o4 (Compte de la Fabrique de Saint-Etienne-la-Grande- 
Eglise). 

(3) Son fils Robert Boyvin, enlumineur, paroisse Saint-Ma- 
clou, vend, le 6 juin i536, une maison, paroisse Saint-Sever, 
qu'il avait achetée le 7 mars de l'année précédente. 



4o3 

der la Fabrique (i) payé, par marché fait à cent solz le 
millier, la somme de xii 1. » (G. 25 12). 

Autre mention analogue dans le compte de Saint-Mi- 
chel 1490 : « A Gaillart Bourgoys pour achat de cinq 
milliers imprimés pour recommander la fabrique, paie par 
quictance. — Item ledit Gaillart a donné encore un mil- 
lier pour ce qu'il a tenu un estai à vendre livres près la 
porte de Péglise » (G. 2514). 

Je rapproche de ces noms ceux de Guillebert Le 
Bourgoys, libratier, et de Jacques Le Bourgoys, cha- 
pelain de la Cathédrale. L'un et l'autre vivaient dans les 
premières années du xvi« siècle. 

Les Le Bourgeois eurent pour rival Jacques Le Fores- 
tier, imprimeur-libraire à Rouen, « Tun des plus occupés 
de son temps, si l'on en juge par le nombre de livres por- 
tant son nom » (2). 

De même que Gaillart Le Bourgeois, il appartenait à 
une ancienne famille de libraires de Rouen. 

Un Jean Le Forestier était locataire de la 5^ échoppe du 
Portail des Libraires du côté de l'Archevêché, en 1432- 
1435 (G. 2491) (3). Il dut mourir antérieurement à 
1458 (4). 

Sa veuve, Tho masse Le Forestier (5), graver esse de 

(i) Il 8*agitdes indulgences qui autorisaient les fidèles à faire 
usage de beurre pendant le carême sous condition d*une aumône 
applicable à la construction de la nouvelle tour de la Cathé- 
drale de Rouen, laquelle fut désignée pour cela sous le nom de 
la Tour de Beurre, 

(2) M. Ed. Frère, Manuel du Bibliographe normand. 

(3) Compte delà Fabrique de Saint-Vincent de Rouen, 1494- 
1498 (G. 7669). « Payé à Guillebert Le Bourgoys, libratier, pour 
l'un des deux livres par lui vendus aux Trésoriers, xxxv 1. ». 

(4) Il était chapelain de la chapelle Saint-Romain. Les Regis- 
tres capitulaires nous apprennent qu'il mourut le 20 janv. i5io. 

(5) A Johanne Le Forestier pro quinta soppa a latere palacii 
domini archiepiscopi, v. s....; pro pâmera supra portant, xx s. 
(G. 2435). 



404 

signets, était locataire, entre 1460 et 1467, d'un étal contre 
le mantel de ce même avant-portail, du côté de TArche- 
véché. Elle occupait de plus, en 1458, à titre de louage, 
pour 8 1. par an, un hôtel contigu à celui du chanoine 
Guillaume Potier (G. 2492). 

Jacques Le Forestier, que je considère comme fils de 
Jean Le Forestier, était locataire, pour ro 1. par an, d'une 
maison de la Fabrique de la Cathédrale, en i5oi-i5o2 
(G. 2519). Il occupait, de plus, pour son commerce délivres, 
une échoppe au Portail des Libraires, en 1499-1502. De 
i5o3 à i5o9 il était locataire de deux échoppes, mais il 
, semble qu'il en partageait une avec le libraire Louis 
Bouvet en 1 5o5- 1 5o6. 

Il mourut, selon toute vraisemblance, en i5i2. Le 
7 juillet de cette année, les chanoines continuèrent à sa 
veuve le bail de Téchoppe qu'il avait tenue. 

On sait, par ses impressions qu'il demeura successive- 
ment sur la paroisse Saint- Martin-du- Pont, près du Far- 
del (i), rue Saint-Romain, à l'enseigne de la Fleu^-de- 
Lis (2), devant l'église Saint-Jean, à la même enseigne (3), 

La maison qu'il avait occupée rue Saint-Romain n'était 
autre évidemment que celle pour laquelle il payait, en 
i5oi, ainsi que nous Pavons vu, un loyer de 10 1. à la 
fabrique de la Cathédrale. 

Je ne saurais dire si Guillaume Le Forestier, vraisem- 
blablement son fils, fut imprimeur ; mais il n'y a aucun 
doute qu'il n'ait été libraire. Il habitait la paroisse Saint- 

(i) C'est le lieu indiqué dans Timpression du Manipulus cu^ 
ratorum. 

(2) Bihliopolam juxta ecclesiam metropolitanam Béate Alarie 
sub signo Floris lilii commorantem ante atrium Librariorum, 
5 janvier 14g 5. 

(3; M. Ed. Frère indique encore, sinon comme domiciles de Le 
Forestier, du moins comme endroits où il débitait ses livres, la 
TlMi/e rf'Or, près du couvent des Augustins; et près de Saint- 
Herbland, devant la Gibecière, 



1 



' ^ 



4o5 

Jean. Il indique son domicile et sa profession dans un con- 
trat du 5 mai i52 5, par lequel il vend à Martin Loutrel 
quelques terres situées en la paroisse Saint-Etienne- 
L' Allier. Il était locataire d'une échoppe au Portail des 
Libraires, en i523-i524. 

Le 5 novembre i53o, ce Guillaume Le Forestier, soi- 
disant frère et soi-portant héritier de défunte Anne Le 
Forestier, femme de Jacques Le Goupil, imprimeur, de- 
meurant en la paroisse Saint-Jean, vendit audit Le Goupil, 
pour 20 1., son droit en la succession de la dite Anne. 

En quittant la location de la rue Saint-Romain, Jacques 
Le Forestier avait dû emporter avec lui son enseigne et 
rappliquer à la maison qu'il avait en la paroisse Saint- 
Jean. Cette maison, après avoir appartenu à Guillaume Le 
Forestier (G. 6270), devint la propriété de son beau-frère 
Jacques Le Gentil, mais pour assez peu de temps, puisque 
nous la voyons décrétée et adjugée, le dernier octobre 
i534, à Louis Bouvet, libraire, lequel s'était fait, dans 
cette circonstance, le prête-nom de Jean Morin, fils de 
défunt Martin Morin. On peut induire de cet acte que ni 
les Le Forestier, ni Le Gentil, leur successeur, n'avaient 
réussi dans leurs affaires, et qu'il en avait été autrement 
de Martin Morin, le plus remarquable de nos anciens 
imprimeurs rouennais. 

D'autres libraires de la famille Le Forestier occupèrent 
des échoppes au Portail des Libraires, entre autres Gail- 
lart Le Forestier dit Cachard, i5ii-i5i2 (G. 2522); Mi- 
chel Le Forestier, dit Cachard, i52i-i522 (G. 2526);- 
Etienne Le Forestier, i523-i524 (G. 2527). 

Il y eut une alliance entre les Bouvet et les Le Forestier. 

Louis Bouvet, qui avait épousé une Gillette Le Fores- 
tier, mourut antérieurement au 4 mars i543, laissant avec 
sa veuve, un fils majeur, Denis Bouvet, comme lui libraire 
à Rouen, et des enfants mineurs. 

Ce Louis Bouvet et Jean Petit avaient fait marché avec 
la veuve de Kervcr, imprimeur célèbre de Paris, pour 



4o6 

rimpression d'un antiphonaire en parchemin et d'un 
demi-temps à Tusage de Rouen, ainsi que de longues 
heures en papier. Aux termes du contrat, il aurait dû 
être livré à Bouvet 800 exemplaires de demi-temps, 
1 5o exemplaires de longues heures. La livraison subit des 
retards. Elle n'avait point encore été effectuée quand 
Louis Bouvet mourut. Le 4 mars 1544, un accord fut 
conclu entre Guillemette De La Vigne, veuve de Jean 
Petit, libraire à Paris, et Oudin Petit, d'une part, et 
Gillette Le Forestier, veuve de Louis Bouvet, et ses en- 
fants, d'autre part. 

Ceux-ci promirent de payer 100 1. aux Petit, lesquels, 
de leur côté, s'engagèrent à leur rendre compte de 
800 demi-temps, impression de Kerver, et de 1 5o longues 
heures (Tab. de Rouen). 

Disons en passant que Denis Bouvet imprima les indul- 
gences de la Cathédrale, de i55o à 1564. Il fut payé non 
seulement pour les avoir imprimées, mais pour avoir taillé 
les armoiries et les images qui les ornaient. 

Les Registres capitulaires mentionnent encore un Louis 
Bouvet, comme locataire d'une échoppe au Portail des 
Libraires, à la date du 28 juin i56i. 

En 1686, époque de la publication de V Histoire de 
r église cathédrale de Rouen ^ de Dom Pommeraye, il y 
avait déjà bien des années que la désignation de Portail 
des Libraires ne répondait plus à la réalité et n'avait plus 
que la valeur d'un souvenir historique. Les libraires 
s'étaient peu à peu retirés de ce portail qui ne leur offrait 
que des abris insuffisants pour leur commerce devenu 
plus considérable, et qui, d'ailleurs, avait changé de carac- 
tère. Les échoppes qu'ils abandonnèrent se maintinrent 
cependant longtemps encore, mais occupées par des gens 
de petits métiers. 

L'historien que nous venons de citer nous instruit de 
ce changement dans un passage de son ouvrage que je 
crois intéressant de reproduire. 



407 

Parlant de la cour intermédiaire entre la Cathédrale et 
la rue Saint-Romain, « C'est à présent, dit-il, une grande 
allée d'environ cent ou cent vingt pas de long sur dix- 
•liuit ou vingt de large, bordée de côté et d'autre de petites 
boutiques, qui vray-semblablement furent bâties pour y 
loger des libraires, lorsque les gens d*une même profes- 
sion étoient placez en même quartier, les libraires n'ayant 
pas pour lors besoin de grands bâtimens avant que le 
Collège et le Palais eussent mis la librairie en vogue par 
le grand nombre de gens de Lettres que le siècle passé et 
le nôtre ont produit. Ces boutiques sont d'une égale hau- 
teur et grandeur pour garder la symétrie ; il y en a un 
côté qui est appuyé contre la bibliothèque de sorte toutes 
fois qu'elle n'en obscurcit point les fenestres qui sont dans 
une élévation raisonnable; l'autre rang est contre les pri- 
sons de l'ofi&cialité, Tun et l'autre de ces bâtimens étans 
continuez depuis la porte de l'église jusques à un avant- 
portail de massonnerie qui fait face sur le pavé de riie de 
Saint-Romain ». 

Les arcades qui subsistent encore de chaque côté de l'al- 
lée nous indiquent avec exactitude le nombre et la hau- 
teur des modestes échoppes où parurent les premières 
productions de notre imprimerie rouennaise. On se rap- 
pelle qu'en 1888, dans un local voisin de ces échoppes, 
dans la salle de la Bibliothèque du Chapitre, il fut organisé 
une exposition des incunables de notre région, exposition 
à laquelle plusieurs de nos collègues prirent une part très 
active. L'idée était heureuse; elle méritait, au jugement 
de tous, le haut patronage qui en assura la réalisation et 
le succès. Il nous sera permis de regretter que le cata- 
logue qui en avait été dressé n'ait point été publié ainsi 
qu'on était fondé à l'attendre du zèle et de l'érudition de 
M. l'abbé Sauvage, alors bibliothécaire du Chapitre mé- 
tropolitain. 

Quant à l'enseigne que cite d'ordinaire le titre des 



4o8 

livres, M. le Président estime que c'est celle qui ornait 
l'entrée des échoppes. La maison d'habitation portait 
également une enseigne, qui différait parfois de 
celle-ci. 

M. Pelay signale le Vocabularius latin-français, 
édité par Raullin Gautier en 1529. C'est une impres- 
sion rouennaise qu'il croit peu connue. Il vient de 
l'acquérir, et sera heureux de la présenter à la Com- 
mission dans une prochaine séance. 

Substructions anciennes. — Des excavations pra- 
tiquées rue Saint-Romain ont mis au jour une forte 
muraille parallèle aux maisons, mais qui en est séparée 
par une distance d'environ un mètre. On a pu la 
reconnaître sur une longueur de 40 mètres ou environ. 

M. le Président suppose qu'elle devait fermer l'en- 
clos oîi les chanoines menaient d'abord la vie com- 
mune. Sa démolition pourrait bien remonter au 
XV* siècle. 

Noms des rues. — La ville du Havre, explique 
M. Pelay, a naguère fait disparaître les noms histo- 
riques de ses rues de l'Hôpital et des Boucheries. 

Le Congrès des Sociétés normandes, après une inté- 
ressante discussion en assemblée générale, a résolu 
d'envoyer à toutes les municipalités de la province une 
circulaire pour insister en faveur du maintien des an- 
ciennes appellations. La Commission approuve haute- 
ment cette intelligente initiative, bien qu'il soit à 
craindre qu'elle n'obtienne pas tout le succès désirable. 

M. Drouet ajoute qu'à Caudebec-lès-Elbeuf la no- 
menclature de la voirie vient de subir une révolution 
complète. On rappelle qu'il en fut à peu près de même 
à Sotteville il y a une vingtaine d'années. 



409 

Sceau de Confrérie. — L^abbé Tougard présente à 
la Commission une bonne gravure de Stallin fils 
[Stallin fils fecit^ lit-on à Tangle gauche inférieur). 
Un ovale (33 "/"» X 27), formé de cinq cœurs réunis 
par des cordons élégamment entrelacés, renferme les 
lettres S O enlacées et accostées des deux mots amicitia 
NECTiT. Au-dessous pend un médaillon (io"7™X7) qui 
porte les lettres? A B. Le tout est timbré du chapeau 
prélatice d'où tombent les glands qui entourent le mé- 
daillon. Enfin, au-dessous, on voit ces deux lignes : 

Sodalitalis (sic) S, Audoeni 
Sigillum 1753. 

Encore que ce texte ne semblerait désigner qu'une 
Société quelconque, il doit bien s'agir d'une association 
religieuse, comme il y en avait tant à cette époque. 

La Commission ne reconnaît rien de rouennais dans ' 
celte gravure. L'attribution à une abbaye reste égale- 
ment douteuse, puisqu'on ne retrouve là ni la croix, 
ni la crosse tournée en dedans. Enfin, l'idée (Tex^ 
libris est absolument écartée : on doit voir ici un 
sceau destiné à timbrer les brevets et autres actes de la 
Confrérie. 

Découverte archéologique. — Elle s'est produite, 
continue le même membre, vers le commencement de 
juin, dans les falaises de la Seine, à Saint-Vigor ou 
près de là. On a cru à des pièces fossiles. 

Un curé du voisinage devait en faire passer au secré- 
taire des échantillons qui seraient soumis à la Com- 
mission. Rien n'est encore venu. 

La séance est levée à trois heures et demie. 

A. Tougard. 



4IO 



SÉANCE DU 20 OCTOBRE 1905 

Elle ouvre à deux heures un quart, sous la présidence 
de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

Furent présents ; MM. Adeline, P. Baudry, Georges 
de Beaurepaire, Chevreux, Drouet, G. Dubosc, 
Garreta, MgrLoth, Pelay, Ruel, Sarrazin, de la Serre, 
de Vesly et l'abbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. P. Le Verdier et Malicorne. 

Après lecture, le procès- ver bal de la dernière séance 
est adopté. 

Noms nouveaux des rues. — M. Pelay en prend 
occasion pour remarquer avec regret que la ville du 
Havre vient encore, nous ont dit les journaux de ce 
matin, de faire disparaître deux noms historiques de 
rues, la rue de l'Orangerie, par exemple, pour honorer 
la mémoire de deux concitoyens. Si mérité que soit 
l'hommage, il y avait lieu d'avoir plus d^égards à la 
discussion approfondie du Congrès des Sociétés nor- 
mandes sur cette question (i). 

Théâtre de Lillebonne, — Aussitôt après le vœu de 
la Commission, M. de Vesly a écrit au maire de 
Lillebonne, par Pintermédiaire de M. le Préfet, pour 
l'inviter à prendre toutes les mesures les plus propres 

(i) Des renseignements venus directement du Havre ont 
depuis expliqué que l'entente entre la Municipalité et la Société 
d'Etudes diverses a fait conserver le nom de la rue du Champ- 
de-Foire. Mais à la dénomination de TOrangerie, qui ne datait 
que d'une quarantaine d'années, on a heureusement substitué 
le nom de « rue Jules-Ancel. » C'est en effet cet ancien maire 
du Havre qui l'avait fait ouvrir en 1 853. « 



411 

à assurer le parfait entretien du théâtre, et, notamment, 
à faire apposer une plaque pour interdire d'y jeter les 
débris ou objets hors d^usage. 

Correspondance imprimée. — En voici Ténumé- 
ration : Mémoires de la Société.,, de V Aube ^ LXVII, 
1904; — Mém. de la Société... d'Orléans^ LXXIV, 
I ; — Commission des Antiquités et des Arts de 
Seine-et'Oise, XXV ; — Bulletin et Mémoires... des 
Antiquaires de France^ igoS; LXIV ; — Bulletin 
de la Soc. des Antiquaires de Picardie, iqoS, î-2, 
une livr. ; — Bulletin de la Soc. des Antiq. de 
r Ouest, 1905, 2; — Bulletin de la Soc. Dunoise, 
n*» 143 ; — Bulletin de la Soc. des Antiq. de la 
Morinie, 214; iqo5, 2; — Bulletin de la Soc... de 
l'Orne, XXIV, 3; — Revue de VAvranchin, 1905 ; 
6; — Inventaire archéol. de Gand, fasc. 38; juillet 
1905; — Annual Report (sur le Musée national) of 
the Smithsonian Institution^ 1903. 

Enfin M. de Beaurepaire présente avec un intérêt 
particulier un hommage d'auteur de notre nouveau 
confrère M. Chevreux. C'est un beau mémoire sur 
les Croix de plomb dites d^ Absolution dans la région 
vosgienne, Paris, 1905, où l'auteur n'a eu garde d'ou- 
blier les savantes remarques de notre ancien président 
Pabbé Cochet. 

Le conservateur du Musée a le premier la parole 
pour cette communication. 

M. de Vesly fait passer sous les yeux de la Commis- 
sion : 

1° Un bronze de Postume de fabrique barbare. — 
A ce sujet, il rappelle l'opinion émise par M. Drouet 
sur le monnayage rapide à l'époque de Postume, — et 



412 

une monnaie de bronze, également de frappe barbare, 
de la colonie de Nîmes, et les figures opposées de 
Lucius et de Caïus; 
2® Une monnaie gauloise en potin au type de 

PIXTILOS. 

Cette monnaie a été retrouvée dans un lot de vieilles 
médailles, au Musée des Antiquités, où elle était restée 
ignorée. Elle peut être décrite ainsi : 

A/. Tête casquée avec torques, à gauche ; derrière, 
rameau. RJ. Lion ; au-dessus, deux cercles centrés d'un 
point ; au-dessous, un objet que le catalogue du Ca- 
binet de France nomme, sans raison plausible, un 
sabre gaulois. — Dans son traité des Monnaies gau- 
loises (p. 333), M. Adrien Blanchet dit que les mon- 
naies de Pixtilos sont attribuées aux Aulerci-Eburovices 
par de Saulcy, tandis que E. Hucher paraissait enclin 
à les attribuer aux Carnutes. Il semble difficile de se 
prononcer avec certitude sur le nom de la peuplade 
qui a frappé cette monnaie ; 

3° Il n'en' est pas de même, je crois, pour les sept 
pièces que M. Le Breton vient de déposer dans une 
des vitrines du Musée. 

Ce sont des quarts destatére en argent, qui furent 
achetés, en 1893, à M. Lefrançois, antiquaire à Rouen, 
et provenaient d'une découverte faite à La Rue-Saint- 
Pierre (arrondissement de Rouen, canton de Clères). 

Elles portent à VAj une tête casquée et déformée du 
Philippe regardant à droite ; au R/ un cheval au galop, 
sous lequel passe un sanglier, et au-dessus un enrou- 
lement ou volute. 

Le poids total des sept pièces est de 5 gr. 470 ; 

Et le poids moyen de l'une d'elles, de o gr. 781 . 

Ces pièces sont attribuées aux Ambiani^ et la situa- 



4i3 

tion du village de La Rue-Saint- Pierre, traversé par 
le grand chemin qui relie Rouen à Saint-Omer, en 
passant par Neufchâtel et Abbeville, peut encore aider 
pour appuyer Pattribution ; 

4<» Enfin, voici une pièce en argent, mais d'un titre 
très bas. Elle fait partie du don de médailles qu'a 
fait récemment au Musée M. Gadeau de Kerville. 

LM/ présente une tête regardant à gauche, les che- 
veux enroulés en bandeaux, et au RI, Taurige très 
déformé et avec le sanglier. 

Cette monnaie a été attribuée par A. Holder aux 
Coriosolitœ, peuple de TArmorique, et M. Adrien 
Blanchet, dans son récent ouvrage, dit (t. II, p. 482) 
que ces monnaies de style armoricain se trouvent dans 
le sud de l'Angleterre et les îles. 

M. de Vesly montre ensuite la pièce d'or, dite à 
TEcu de François 1**^, qu'il a acquise, pour le Musée, 
de M. Choqueux, instituteur à Boos. Enfin, un Salut 
d'or de Henri VI, proposé en échange de monnaies du 
don de M. GaHeau de Kerville. 

Enfin, le conservateur du Musée des Antiquités 
propose de remanier la désignation des salles du Musée 
afin de simplifier le classement. Il projette de désigner 
par les noms de Billiard, de Thaurin, de G. Le Breton 
et de Rouen les galeries marquées sur un plan qu'il 
soumet à la Commission. Il justifie ses propositions 
par les services rendus à l'archéologie locale par les 
hommes dont il veut honorer et perpétuer les noms. 

La Commission applaudit à cette pensée. Elle se 
demande seulement s'il ne serait pas bon de permuter 
les noms des deux salles Billiard et Thaurin, afin de 
mettre mieux en évidence les services si considérables 



414 

et le dévoûment si désintéressé du premier de ces anti- 
quaires. M. de Vesly agrée avec empressement cette 
modification qui est ainsi adoptée à l'unanimité. 

Vitraux de Saint-Nicolas. — M. Sarrazin appelle 
l'attention sur le contrat de vente de cette église, lequel 
décrit avec soin ses belles verrières et semble se préoc- 
cuper de leur conservation. On sait qu'elles ont été 
achetées pour l'Angleterre et que Tune d^elles se voit 
dans une fenêtre de la cathédrale d'York. Les expli- 
cations échangées démontrent que les pièces signalées 
dérivent de documents conservés aux Archives dépar- 
tementales. 

Le même membre ajoute que les vitraux neufs de la 
chapelle de la rue Morand ont fait disparaître les pro- 
duits de nos vieux verriers. Ce n'étaient, d'ailleurs, 
que des fragments dont il est impossible de rattacher 
le souvenir à la chapelle primitive du château de 
Philippe-Auguste. Néanmoins, leur antiquité semblait 
mériter qu'ils fussent conservés. 

M. G. Dubosc fait alors cette lecture : 

LE MANOIR-QUEVAL A PETIT-QU EVILLY 

Il vient de disparaître un intéressant vestige d'architec- 
ture domestique, la porte monumentale de Tancien Ma- 
noir-Queval, au Petil-Quevilly, dans la rue du même 
nom, avoisinant les bords de la Seine, au n^ 27. 

Cette porte, d'après certains renseignements, aurait été 
démontée et reportée ailleurs par les soins de la maison 
Deutsch, propriétaire actuellement de cet ancien domaine. 

La porte du Manoir-Queval était un type intéressant 
des anciennes portes des logis campagnards normands. 
Elle comportait une entrée en plein cintre, formant por- 
tail, avec une large clef de voûte. Deux pilastres latéraux 



I 

< 



4^5 

en pierre, avec consoles allongées, supportaient une cor- 
niche en pierre et un fronton formant couronnement. 

Ce fronton en pierre portait un écusson ou cartouche 
mutilé, accosté par deux grandes consoles renversées se 
terminant par des volutes. 

Les deux côtés de la porte étaient également flanqués 
par de grands motifs de consoles en pierre, reposant sur un 
bandeau. Tous les remplissages de ces chaînages de pierre 
étaient constitués par des dés de silex de lo centimètres 
carrés, taillés et presque polis, avec une régularité surpre- 
nante, et ajustés avec un soin et une précision signalés 
par J.-M. Thaurin, dans un article du Journal de Rouen 
du 10 février 1862. 

L'ensemble, qui appartenait au commencement du 
xvii« siècle, était fort pittoresque et d'une bonne allure 
décorative. C'était un exemple intéressant de l'emploi du 
silex dans la construction et Tornementation extérieure. 

Le Manoir- Queval était d'une origine fort ancienne. 

Cité comme se trouvant au triège des Forières, le Ma- 
noir-Queval est mentionné, dans un aveu de Jacques Des- 
saut du 1 3 juillet 1 5o2, comme abornement, ce qui indique 
une existence antérieure au xvi^ siècle. 

A la fin du xvi^ siècle, le Manoir-Queval était la pro- 
priété de noble homme Guillaume Le Brun, qui prend le 
titre de sieur du Manoir-Queval. Au xvip siècle, le domaine 
devient la propriété de la famille de Gosselin. Un de ses 
membres, Gabriel de Gosselin, en rend aveu le 24 février 
i65i, et vend le Manoir-Queval à Louis de Moy, écuyer 
qui en donne aveu, le 2 juillet 1680. 

A la mort de Louis de Moy, suivant un partage fait alors, 
le domaine devient la propriété de Pierre de Moy, écuyer, 
sieur de Saint-Aignan et de Ribouville, qui, dans un aveu 
du 3i juillet 1687, prend le titre de seigneur du Manoir- 
Queval, autrement dit « la baronnie au Verger ». Son fils, 
Charles de Moy, écuyer, sieur de Saint-Aignan et de 
Ribouville en rend aveu, le ic' juillet 1692, 



4r6 

Au xviiie siècle, le Manoir-Queval est la propriété de 
Charles Delau, marchand de Rouen, et ensuite, à droit 
successif, de M. Charles-Joseph Vacher. Celui-ci le cède, 
à titre de fieffé perpétuelle, à M. J.-B. Le Menu de Bois- 
jouvin, le i6 décembre 1746. A la mort de celui-ci, son 
frère M. Jacques de Boisjouvin hérite de la propriété. Il 
^a cède alors, le 11 février 1780, à ses trois nièces, filles 
de sa sœur, veuve de Pierre-Jean Dupont, écuyer, con- 
seiller du roi, notaire-secrétaire du Parlement. Ces trois 
nièces, Catherine, Marie-Marguerite^ et Françoise, reli- 
gieuses hospitalières du Bureau des Valides de Rouen, ne 
devaient entrer en possession du Manoir-Queval qu'à la 
mort de M™* de Boisjouvin, née Marie-Anne-Madeleine 
Godefroy, qui, pendant sa vie, restait usufruitière. En 
1785, les trois religieuses rendaient aveu pour le Manoir- 
Queval. 

D'après cet aveu, le Manoir-Queval se composait de 
deux parties. Tout d'abord la Cour du Manoir, contenant 
treize acres, en jardins, herbages, prés, bois de haute futaie, 
avenue, bosquets et promenades, avec maison de maître 
qui est le Manoir, et une autre maison à usage de fermier, 
avec buanderie et autres bâtiments. De ces treize acres, 
deux vergées relevaient de la seigneurie de Grand-Que- 
villy, sur lequel se trouvaient le colombier, partie de la 
maison manable, et les étables. L'ensemble du domaine 
était dit situé au hameau du Manoir-Queval ou du Ver- 
ger, près la Seine, borné d'un côté à Torient la sente 
du Manoir, allant à Téglise, la Seine, les communes 
pâtures; de l'autre côté, une pièce en pâture, appartenant 
à la fabrique de Téglise et appelée le hallage de la Seine 
ou la Tête. 

Une autre partie du domaine du Manoir-Queval con- 
sistait en douze acres de terre situées au hameau de Que- 
val, près la Carrière aux Forrières, au Gibet, au Pré, à la 
Reposée. 
. Divers droits* étaient dus pour ces biens à Tabbaye du 



J 



4^7 

Bec, nous apprend M. P. Duchemin dans son Histoire de 
Petit'Qiœvilly. Pour le manoir lo sous lo deniers de 
rente seigneuriale à la Saint-Michel, avec relief, treizième, 
service de prévôté, comparance aux pièges et gages-pièges. 

Pour une des pièces de terre, il était dû le cham- 
part à la treizième gerbe, rendue à la grange de l'ab- 
baye, avant que le propriétaire ait rien enlevé, sous 
peine de forfaiture. On sait que Tabbaye du Bec pos- 
sédait des biens et un manoir à Quevilly, qui lui avaient 
été donnés par son fondateur Hellouin, en io35. 

Le Manoir-Queval devint ensuite la propriété de M. Du- 
pont- Boisjouvin, qui en hérita de sa mère. Cotait un 
homme de grande valeur, qui fut président de la Société 
libre du Commerce et qui a publié plusieurs études sur la 
navigation de la Seine, sur les Ponts de Rouen et particu- 
lièrement le Pont des Bateaux* Né à Mauny le 1 1 juin 
1756, il mourut au Manoir-Queval le 22 octobre i83i. 
A cette époque il existait, auprès du Manoir-Queval, une 
autre propriété appartenant à M. Parfait Duruflé, avocat 
au Parlement. * 

A la mort de M. Dupont- Boisjouvin, le domaine du 
Manoir-Queval fut vendu à M. Boucher, puis à M. Leveau- 
Vallée, qui y demeura fort longtemps. 

Le domaine, entre temps, avait été divisé en deux 
parties. Dans celle où se trouvait encore le Manoir au 
commencement du xix^ siècle, on avait aménagé une 
blanchisserie de cire, dont il existait encore, il ,y a une 
vingtaine d'années, quelques intallations. On pouvait éga- 
lement y voir un très ancien pressoir normand, installé 
dans un bâtiment annexe. . 

Il a figuré au Salon de Rouen de 1890 un projet de res- 
titution de la porte du Manoir-Queval, et il en existe un 
petit dessin à la plume de M. Valéry MuUer, dans le 
volume Autour de Rouen. Thaurin, dans le Journal de 
Rouen, 10 février et 22 décembre 1862, ainsi que M. P. 
Duchemin, dans Petit-Quevilly et Prieuré de Saint- 

27 



4' 



8 



Julien, ont publié des notices sur le Manoir -Queval, dont 
le portail vient de disparaître. 

M. P. Baudry ne saurait assez déplorer cette démo- 
lition qui a détruit Pun des plus intéressants édicules 
de cette banlieue. Faisant appel à ses souvenirs person- 
nels, M Pelay observe que le nom de chaussée Bois- 
jouvin fut porté par la partie du quai voisine de ce 
manoir. 

Image orientale. — M. Brasseur, de Gournay, a 
bien voulu confier au secrétaire la curieuse figurine 
formant témoin sous une borne, qu'une lettre de 
M. Cahingt avait signalée. Sur une plaque carrée en 
cuivre, de 3q millimètres, est gravé en creux un buste 
nimbé, au-dessous et à droite duquel se lisent les 
lettres nv. Leur forme donne à penser que l'objet n'est 
pas très ancien. Il doit appartenir à Part moscovite, 
dont les invasions qui amenèrent la chute du premier 
empire ont introduit en France d'assez nombreux 
échantillons. 

Vase romain. — M. P. Baudry présente à la com- 
pagnie une sorte de petit plat romain en terre rouge 
foncée, mesurant 120 millimètres de diamètre, tandis 
que le pied est moitié moins large ; la hauteur totale 
est de 52 millimètres, mais la profondeur n'atteint que 
24 millimètres. Il porte ce nom de potier : gatiani m. 
C'est une pièce des plus communes trouvée à Lisieux. 
Son principal intérêtconsistedans la forte restauration 
qu'elle a subie. Elle semble bien en terre de Samos, 
bien qu'il ne faille pas oublier qu'il y a eu des vases de 
Samos en terre blanche. 

Pline, dit à ce propos M. Drouet, parle, comme 



419 

poterie de luxe, de la poterie de Samos. On a cru 
longtemps que cette poterie était la vaisselle rouge que 
Ton rencontre fréquemment dans les ruines romaines. 
Ce qui a fait la confusion, c'est que Juvénal, compa- 
rant le faste de son temps avec la simplicité antique, 
ajoute que les anciens Romains se contentaient de 
vaisselle rouge, même pour le service des autels 
( Tusco far rata catino, XI, 109). Cette vaisselle rouge 
était fabriquée en Italie, à Arezzo. Cette industrie fut 
apportée en Gaule par les conquérants ; il y avait plu- 
sieurs grands centres de fabrication : l'Allier, l' Avey- 
ron, les bords du Rhin. 

Industrie rouennaise. — M. de Beaurepaire fait de 
très intéressants emprunts à un assez fort dossier* sur 
les diverses industries, aussi variées que florissantes, 
qui se pratiquèrent à Rouen pendant le premier tiers 
du xviie siècle, et qui en ont plus tard disparu. 

NOTES SUR d'anciennes FABRIQUES DE ROUEN, d'aPRÈS 
DES DÉCLARATIONS d' KXPORTATION 

De tout temps Rouen fut une ville industrielle : c'est à 
cette qualité qu'elle a dû son développement, sa richesse, 
son, bon renom en France et à l'étranger, et même, pen- 
dant quelques années, son titre de seconde cité du 
royaume. Mais à Rouen, comme partout ailleurs, l'indus- 
trie a dû, pour prospérer, se prêter à des transformations 
de toute sorte. Des fabriques nouvelles sont venues rem- 
placer des fabriques autrefois florissantes, telles que celles 
des pelleteries, des bougrans, des toiles (i), et aussi celle 

(i) « Les toiles, disent les éehevins de Rouen, 10 mai 1601, 
sont les vrayes mines de l'or et argent en ce royausme parce 
qu'elles ne s'enlèvent que pour estre transportées au pays d*où 



420 

de la draperie, si réputée au moyen-âge, et qui suffirait, 
à elle seule, pour fournir la matière d'un mémoire étendu. 
Il est d'autres industries, d'un ordre inférieur, si Ton veut, 
qui ont aussi disparu ; ce sont celles qui se rapportent à 
la mercerie ou qui rentrent dans ce que nous appellerions 
la bimbeloterie. Comme il est certain qu'elles ont occupé 
un grand nombre d'ouvriers et que, d'ailleurs, elles sont 
en général peu connues, on ne me saura peut-être pas 
mauvais gré du soin que j'ai pris de recueillir et de grouper 
quelques notes, suffisantes, je crois, pour en faire connaître 
l'importance. Mais je tiens à déclarer que, dans cet ordre 
de recherches, j'ai été précédé par mon regretté ami, 
M. E. Gosselin, auteur des Documents pour servir à l'his- 
toire de la marine normande^ et que c'est à son exemple 
que j'emprunterai aux actes notariés les renseignements 
quî m'ont paru propres à compléter les siens. 

Afin d'éviter des longueurs qui seraient fastidieuses, je 
m'en tiendrai, comme lui, à un petit nombre d'années. 
Je me bornerai aux déclarations d'objets fabriqués à 
Rouen, exportés dans les seuls pays d'Espagne et de Por- 
tugal (i) ; mais, pour plus de clarté, je présenterai, suivant 
un ordre alphabétique, les marchandises déclarées devant 



*on apporte de Tor et de l'argent. » (Invent, sommaire des déli^ 
bérations de la Ville.) — Sur l'importance de la fabrication des 
toiles, voir les textes cités par M. Gosselin dans ses Documents 
sur la marine marchande^ pp. 102, 104, 108. — L'exportation 
ne put que s'en augmenter par suite de l'établissement qui se 
fit à Rouen (8 mars i6o5), par Jean Wolf et Ant. Lambert, 
d'une manufacture de toiles façon de Hollande, qui dut être 
portée à 35o métiers. (Invent, de la Ville, p. 272.) — Quelques 
années plus tard, en i63o, Fernande de Palme Carrillo expé- 
diait de Rouen à Sanlucar, en Espagne, 57,3oo, 33,85o, i6,i5o 
aunes de toiles blanches; le 12 octobre i633, il déclarait avoir 

expédié au môme lieu 20,200 aunes de toiles écrues de Rouen. 

Bulletin de la Commission des Antiquités, 1904.) 
(i) Peut-être en conséquence du traité de paix conclu entre la 

France et l'Espagne, en iSçS. 



42 1 

les tabellions de Rouen par les fabricants de cette ville (i). 
L'industrie rouennaise de la bimbeloterie nous est 
révélée par la vente faite, le 20 juillet 1606, par Melchior 
Deudemare, fabricant de Rouen, à Robert Durand, mar- 
chand au Petit-Quevilly, des objets suivants : ambre, 
4 livres ; bagues de laiton, 2 grosses (2) ; canetilles (3) d'ar- 
gent, 4 onces ; cassidoines en patenôtres (4), 4 douzaines ; 
chapelets de bois, 2 grosses ; chapelets d'os, 1 3 douzaines ; 
clous à cordonnier, 3 milliers (5) ; cristal, 2 milliers ; 

(i) Ces marchandises devaient être, du moins en bloc ou en 
paquets, estampillées à THôtel-de-Ville de Rouen. 

Les expéditeurs, dont les noms reviennent le plus souvent, 
sont : De la Rue (Jacques), De la Roche (Jean), Drouais, Fon- 
seca (Jérémie), Gruyter, Guérard (Jean), Guerould (André et 
Robert), épingliers ; Gomez (Antoine et Rodrigues), Le Blond 
(Jacques), épinglier ; Le Tellier (Marin), mercier-grossier; Mahieu 
(Claude), patenôtrier; Mazelîne (René), Moreau (Guillaume), 
tireur d'or et d'argent ; Rigodias. — Lieux de destination : 
Bayonne, Bilbao, la Corogne, ville maritime dans la Galice 
(Coulongne), Lisbonne, Madrid, Orthez, Saint-André, Saint- 
Jean-de-Lux, Sanlucar de Barrameda, ville maritime d'Anda- 
lousie (Saint-Luc) y Saint-Sébastien, Séville, les Canaries, Tîle de 
Terceire, Malaga. 

(2) On comptait 12 douzaines à la grosse. 

(3) « Ganetille, mercerie de fil d*or ou d'argent trait fin, ou 
faux, employé dans les broderies, etc. » (Dic^. de Trévoux.) 

(4) Ambre, cassidoines, grenats, étaient employés à la confec- 
tion des patenôtres. — Sur les patenôtres de Rouen, voir notice 
Bulletin de la Commission^ t. X, p. 427. M. Gosselin, Documents 
sur la marine marchande^ parle d*un nommé Mathieu De la 
Mare qui avait construit, au faubourg Cauchoise, un petit four 
pour fondre et façonner le verre à l'usage des patenôtriers. 

(5) Clouterie, fabrique ancienne et importante à Rouen. . . 
Vente de 10 douzaines et demie de clous à côte, chaque dou- 
zaine de 12 milliers, pour 21 écus de Jean, i36i (Tab. deRouen, 
reg. 10, fo i56 v^) ; de 16 milliers de clous à paille, à 3 1. le 
millier, i365 {Ibid,, reg. 2, fo 181 v»), — Autres espèces de 
clous fabriqués à Rouen : clous de bordelles pour seller, clous 



422 

fil d'arquemye (i), i marcî; gerbes de cuivre, 3 grosses; 
grenats jaunes, 5o milliers; images d'étain, 3 grosses; 
pignolets (2), 5 masses (3). 

Les déclarations faites pour l'exportation nous rensei- 
gnent mieux sur la nature et Timportance de ces divers 
genres d'industrie. 

M. Gosselin signale comme articles exportés en i6o3, 
7 octobre, des bas (4), des ciseaux, des cornets et écri- 
toires 12 grosses (5), des dagues, des dés à coudre (6), 



coupés, clous à fermer, clous de pasdânes blancs, clous de pas- 
dânes noirs, clous à talluer {ad talluendum), clous à doublier, 
clous à cardes. Peut-être doit-on joindre à cette fabrique celle 
des boucles : bougies à bras^ à chinelles blanches, à chevau- 
cher, bougies noires à cordier, à pennel, bougies potelle, bou- 
gies à trousses blanches, bougies grands pasdânes et petits 
pasdânes, etc. 

(i) Arquemie ou alqucmye, composition métallique dont le 
nom paraît tenir d*alchimie, citée par M. de Laborde, mais sans 
explication. « Petite tasse d'arquemye, iSyo ». Vente du 
mobilier du chapelain Jean Le Tellier. (Arch. de la S.-Inf., 
G. 3450.) 

(2) Serait-ce le même mot que pignolats cité dans le Glossaire 
de Lacurne de Sainte-Palaye et désignant des cardes à laine ? 

(3) La masse, dans le langage du commerce, se disait d'une 
quantité de marchandises semblables, quantité fixée par 
Tusage. 

(4) Probablement des bas d'estame (fil de laine très tors), 
façon d'Angleterre, qu'on fabriquait déjà à Rouen, le 8 juin 
i589(M. Gosselin, Mémoire précité, p. 102). Plus tard, on vit 
à Rouen, en grand nombre, des fabricants de bas au mé.tier 
dont les statuts furent enregistrés au Parlement le 21 février 
1697. — Citons aussi les bas de soie fabriqués à Rouen en la 
maison de Gédéon LangJois ; mention de trois anglais apprentis 
en l'atelier de ce fabricant, où un autre anglais, du nom de 
Jean Granges, avait été aussi employé. Contrat du le»" mars 
1604. (Tabell. de Rouen.) 

(5) Voir ci-dessus ma notice sur les corets et les coretiers. 

(6) Je vois cité a Rouen, en 1393, un apprenti du métier de 
deelier, (Tabell. de Rouen, reg. 5, fo 262.) 



j 



42 3 

des étuis à lunettes, 4 grosses et 5 douzaines, et des pate- 
nôtres. Ajoutons-y les objets exportés le 3 novembre de la 
même année : cartons vernis, 6 grosses ; compas, 5 dou- 
zaines ; dés à rosette, 4 milliers ; étuis à lunettes, 6 grosses ; 
lunettes de cristal, 3 grosses ; lunettes demi-loupes, 
5 grosses (i); papiers peints historiés, 24 grosses; peignes 
d'ivoire, 18 lés. 

La plupart des déclarations des quatre années posté- 
rieures à 1602 sont encore empruntées au mémoire de 
M. Gosselin. 

i6o5, 23 avril, i5 juin, ler août : aiguillettes (2) de cuir, 

(i) La fabrique de lunettes était ancienne à Rouen. On ren- 
contre, dès 1406, un Guieflroy Manouvrier, « ouvrier de lunettes 
et merchier domicilié en cette ville ». {Ibid., reg. 12, f® 29) ; 
le 5 mai 145 1 et le 4 juillet 1453, Olivier Charlemaine, lunetier, 
occupant échoppe au portail des Libraires; le 11 mai 1457, 
Haguelin Crestien, faiseur de lunettes, paroisse Saint-Nicolas; 
le 4 juillet 154g, Philippe Le Fiselier, lunetier, qui avait pour 
marques une paire de lunettes (Tabell. de Rouen.) 

(2) La fabrique d'aiguillettes était ancienne à Rouen. Jean 
Langlois, aguilletier, paroisse* Saint-Vivien, 143 3- (Tabell. de 
1431 . . ., fo 197.) Maîtres ou ouvriers de ce métier cités : 14 juin 
1457, i3 avril 1467, 10 janvier 1473, i5 avril 1477, 3 octobre 
1478, 4 février et 19 septembre 1479, 12 janvier, i5 juin, 
19 décembre 1480, 6 mars 1483, 18 septembre 1485, 4 octobre 
1493, 4 décembre 1494. — 22 novembre 1606, vente par un 
fabricant de Rouen à un habitant de Saint-Pol-de-Léon, en 
Bretagne, de 1,200 grosses d*aiguillettes de cuir. (Tabell. de 
Rouen). 

Délibération à l'Hôtel-de- Ville de Rouen, 21 juin 161 1 : « Sera 
fait assemblée pour donner avis sur la commodité ou incommodité 
de laisser aux merciers^grossiers la liberté de couper et tailler 
les lacets et aiguillettes de telle longueur qu'ils verront pour 
les faire ferrer aux aiguilletiers. » — <€ Le commerce des aiguil- 
lettes, dit M. Gosselin (Mémoire précité, p. iio), était tellement 
important, qu'il occupait journellement 4,000 ouvriers, tant à 
Rouen que dans les faubourgs et dans les paroisses d'Esquetot- 



424 

1 2 grosses ; petits bassins de cuivre, 12 ; bonnets (i), 7 dou- 
zaines et demie; cardes à laine (2), 3 balles; cornets, 
26 grosses ; écritoires, 6 grosses ; épingles et crochets (3), 

TAuber, Yrville (Yerville), Pymont (hameau d'Yerville), Saint- 
Martin-aux-Arbres et Bourdain ville. » Arrêt du Parlement, 
14 avril 161 1. — « Les artisans eguilletiers fabriquaient les éguil- 
lettes, sorte de tresses, tissus ou cordons de cuir, laine, soie ou 
fil ferrés par les deux bouts d'un petit morceau de fer blanc ou 
de laiton..., servant d'attache à certains vêtements ou d'orne- 
ment sur la poitrine ou les épaules Henri IV accorda aux 

eguilletiers des statuts en 1608. » (M. Ouin-Lacroix, Histoire 
des anciennes corporations de Rouen, p. 126.) — Dans le compte 
de THôtel-de- Ville de Rouen, de i65o, mention de «< passe- 
maître d*aguilletier-teinturier, d'aguilletier-gibletier-amisson- 
nier. » 

(i) Bonneterie, fabrique ancienne et très importante à 
Rouen. 

(2) La fabrication de cardes était également ancienne et impor- 
tante à Rouen, à en juger par les noms de crediers qui figurent 
dans tous les registres du tabellionage. 

(3) La fabrication des épingles n'était pas moins ancienne. 
Mention d'espinguiers, espingliers. 22 mars 1454. (Délibérations 
de THôtel-de- Ville) i— 10 septembre 1454, i3 avril 1467, 1 5 avril 
1477, 12 janvier 1479, i5 juin, i g décembre 1480, 14 décembre 
1487, 16 février 1488, 2 décembre 1494. (Tabell. de Rouen.) — 
4 avril 1544, v^i^te par Robert Gueroult, du métier d*épinguier, 
à Rouen, à un marchand de Saint-Pol-de-Léon, en Bretagne, 
pour 417 1. d'épingles de fil. — 2a novembre 1606, autre vente 
faite par Jean Gueroult, espinglier, de 80 douzaines de crochets 
en fil de fer plies de papier gris; de 80 douzaines d'épingles 
jaunes no i5, plies en 450 paquets de papier blanc; de 37 douzaines 
et demie de petites épingles blanches en 76 papiers. (Tabell. de 
Rouen.) — M. Ouin-Lacroix (ouvrage précité, p. 198) nous 
apprend que les épingliers, aprè^ avoir formé un corps séparé, 
s'étaient réunis aux aiguilliers. Ils sont désignés, dans un con- 
trat du 12 décembre i6o3, sous la qualification d'épingliers- 
crocheteurs, à cause des crochets qui formaient Tun des objets 
de leur fabrication. (Tabell. de Rouen.) Espinguiers et bouton- 



425 

i63 douzaines de milliers; petites fontaines de fer, 6; 
petites poêles de fer, 1 2 douzaines ; poêles à frire, 2 5o livres 
pesant ; — à quoi il faut ajouter : 16 avril, bougrans de 
diverses couleurs assorties, 20 douzaines; aiguillettes de 
cuir, 23o grosses ; nombre de cardes à laine, de crochets, 
de peignes de bois (i) ; 7 mai, aiguière, i ; fontaine avec 
son bassin, i ; plats grands et petits, 18; salières, 2, le 
tout d'étain ; 20 décembre, Agnus Dei (2) en corne, 
4 grosses ; ambre, 750 grains ; chapelets d'os, 14 douzaines; 
cristal, 4 milliers de grains ; grands miroirs dorés 12 (3) ; 

niers à la Halle aux- merciers^ 28 septembre 1456 (Délibérations 
de rHôtel-de-Ville). — Cardes de boutonnerie et espinglerie, 
14 juin 1484 (Registre du bailliage de Rouen). 

(i) La fabrique de peignes, ancienne et importante à Rouen. 
10 février i5a3, Cardot le Comte, marchand à Rouen, promet 
bailler à Thomas Balaan et Alips Berthin, pignerres à Rouen, 
60 milliers de creppeaux (coipeaux) de bouyc (buis)^ à faire 
peignes, à 8 1. t. le millier. (Tabell. de Rouen). En i585, 
35 balles de coipeaux de buis pour faire peignes avaient été 
apportées de Bayonne à Rouen. (Gosselin, Mémoire pré- 
cité, p. 99.) 

(2) Médaillons où Ton enfermait des rondelleg de cire mar- 
quées de l'empreinte de l'agneau pascal, faites à Rome avec le 
résidu du cierge pascal qu'on fondait en cette ville le samedi 
saint, en même temps que le pape bénissait le cierge nouveau. 
Mais les Agnus Dei sont si communs, qu'il n'est guère possible 
d'admettre pour tous une aussi noble origine. 

(3) La fabrique de miroirs, ancienne et importante à Rouen . 
Apprentissage de neuf ans chez un mirourier de la paroisse 
Saint-Jean, 1372. (Tabell. de Rouen, reg. 3, f» 24 v»). Miroyer 
faiseur de mireurs, dernier février 1433 ; Michel Delestre, mi- 
router^ paroisse Saint-Jean, 5 novembre 1476 ; autres mirouierSy 
2 avril 1476, 6 décembre 1479, 7 février 1481. — Jean Papillon, 
mirouier, 18 octobre 1492. Le 4 mai i555, un mirouyer^ de la 
paroisse SaintOean, donne quittance à Jean Pilée, trésorier et 
receveur général de la marine, d'une somme de 100 1. à lui 
ordonnée par le sieur de Villegagnon, vice-amiral de Bretagne, 



426 

petits miroirs en fer blanc, 1 grosse; autres petits miroirs 
non spécifiés, 6 grosses; verres, 104 milliers de grains, 
et, de plus, un grand nombre de bagues en corne, de 
cassots (i) noirs ou dorés et de peines d'ivoire (2) ; 29 dé- 
cembre, canetille, io5 livres ; cornets, 6 grosses ; écritoires, 
19 grosses, les dits cornets pour servir aux écritoires, de 
la façon d'un nommé Chardin, gaînier de la paroisse Saint- 
Pierre-l'Honoré. 

1606, 17 Juin, épingles n" i5, ii5 douzaines 2/3 (de 
milliers) ; épingles n* 8, 5o douzaines (de milliers) ; — 
24 juin, quantité de bagues, de bas d'estame, de buffles et 
de buffletins (peaux), de clous à cordonnier, de couteaux, 
d'épingles, d'étuis, de pots de terre, de sonnettes, d'étain 
et d'or clinquant (3) ; — 12 juillet, aiguilles (4), 69 dou- 

« pour 40 grosses de mireurs de toute sorte pour porter en cer- 
tains voyages. » Entendons par là un voyage dans certaines 
contrées d'Amérique, dont on se proposait d*npprivoiser les 
sauvages par l'exhibition ou le don d'objets qui, à leurs yeux, 
devaient être de véritables merveilles. Les miroudiers formaient, 
à la fin du xvn« siècle, une seule communauté avec les lune- 
tiers, 25 janvier 1697 (Bailliage de Rouen.) 

(i) Cassot, casset ou cajot, sorte de petite caisse. — Au registre 
du Tabellionage de Rouen « 1 362-1 365, ventes faites par Laurent 
de Millemont, de Louvain, en Brabant, à Guillaume Favier, de 
N.-D. de la Ronde, et à Robert de Mangne ville, de Saint-Jean- 
sur-Renelle, de verres à mireeurs pour 43 francs d'or. » 

(2) « La fabrique de peignes d'ivoire, lit-on dans un Mémoire 
de 1749, a été longtemps une branche de commerce importante. 
Elle était composée de cinquante maîtres; maintenant il n'y a 
plus que quatre maîtres. 11 est vrai que chaque maître emploie 
jusqu'à cent ouvriers. » En 1755, elle formait une seule com- 
munauté avec les cornetiers. — Commerce de cornes ancien et 
important à Rouen. — 25 mai 1347, permission à un Anglais 
de vendre, à Rouen, 4 milliers de cornes (Délibérations de 
l'Hôtel-de- Ville) ; faiseur de corne à lanternes, 12 janvier 1459. 
(Tabell. de Rouen.) 

(3) Or clinquant, fil de cuivre aplati en lames, employé pour 
broder lesétofies. 

(4) M. Gosselin, Mémoire précité, p. 98, mentionne un contrat 



427 

zaines (de milliers) ; alênes, i grosse ; boîtes peintes, 9 dou- 
zaines ; chapelets, 3o grosses; chantepleures, 112 dou- 
zaines ; clous à cordonnier, 6,000; crochets, 18 milliers; dé- 
crottoirs en poil, 12 douzaines ; dés d'acier, 12,406 grosses; 
épingles, 69 douzaines de milliers ; petites épingles, 412 pa- 
quets ; miroirs, 2 grosses ; mouchettes, 1 2 douzaines ; soies 
de pourceau, 12 livres; rocailles, 20,000; rouleaux, 
5oo pièces; tablettes (i), 12 douzaines; verges en poil, 
12 douzaines. De plus, divers objets dits de biblotage (2), 
3o grosses ; — novembre, des tableaux à la détrempe, 
expédiés par un peintre flamand domicilié à Rouen, où il 
occupait un assez grand nombre d'ouvriers (3). 

1607, 9 janvier, épingles, 68 douzaines et demie de 
milliers, en 179 paquets, de la façon de Jacques Le Blond, 
épinglier à Rouen ; — 3 mars, expédié à Pierre Acadia, 
religieux du couvent de Saint-François d'Alcava, un tableau 
figuré de saint Didace (Idace)^ couvert de verre, enchâssé 
de bois ; 2 paires de couteaux à manche d'ivoire (4) ; — 



d'allouetnent de compagnon aiguillier avec un maitre du fau- 
bourg Saint-Gervais, 19 mai 1584. « Les aiguilles de Rouen, 
dit Savary des Bruslons dans son Dictionnaire du commerce, 
ne sont pas très estimées, n'étant composées, pour Tordinaire, 
que d'une sorte de fer raffiné. » 

(i) Probablement des tablettes de bois, comme on en voit 
d'indiquées dans l'acte d'adjudication du mobilier de Laurent 
Gautier, chapelain de la Cathédrale, i585 : « Tablette de bois 
servant à écrire dessus ; petites tablettes à écrire. » 

(2) Biblotiers indiqués à Rouen, 20 octobre 1493, 14 février 
i5i4, i3 septembre i524, 19 juillet 1 525 ;— gibletier-bibe- 
lottier-coffretier, 1540; biblotier et tireur d'or, 3 mai i557 
(Tabell. de Rouen.) — Compte de la fabrique de Saint-Laurent, 
1639 : Paiement à Thomas Nepveu, bibelotier, pour avoir fait 
200 de mereaux à servir au salve de M. Coterel, 42 s. (G. 
6804) . 

(3) Quelques-uns des tableaux qu'il expédiait venaient d'A- 
miens et d'Arras. 

(4) Coutellerie, fabrique ancienne et importante à Rouen. Voir 



428 

19 mars, aiguillettes de diverses couleurs en 45 paquets; 
— J2 avril, épingles n*» 120, 4 douzaines (de milliers), 
2 paquets; épingles sans indication de numéro, 16 dou- 
zaines (de milliers), le tout de la fabrique du même Le 
Blond; — 24 du même mois, aiguilles à voile, 24 milliers; 
bagues de laiton (i), 2 grosses; chapelets rouges, i grosse 
et demie ; autres chapelets, 6 douzaines ; clous à cordon- 
nier, 10 milliers; couteaux à 9 clous, 21 douzaines; 
cuilliers , 12 douzaines; dés à coudre, 2 grosses; 
épingles, 208 milliers ; fer blanc, i barrique ; fil de fer, 
9 bottes; grenats jaunes taillés, 18 milliers; lunettes, 
1 8 casses ; olives blanches, 6 douzaines ; olives rouges, 
1 2 douzaines; rasoirs de chirurgien, 2 douzaines ; — 9 mai, 
tableaux expédiés par Tillien ; — 1 1 du même mois, cornets 
et écritoires de la façon de Bréchain; — 28 juin, bougrans 
et épingles. 

1608, 27 février, estampes en taille douce, 1 1 rames ; — 
29 mai, cartons de dévotion, grands et petits, plusieurs 
grosses; — i^^ juillet, dentelle, i25 aunes; grenats noirs, 
4,000; — 3 du même mois, estampes et cartons de dévo- 
tion (2). 

Vingt ans après, nous avons à signaler des exportations 
du même genre et qui ne sont pas moins considérables. 

1627, 2 avril, petits grenats, 12 milliers ; verre à la façon 
de Rouen, 84 grosses ; — 10 juillet, aiguillettes de cuir, 
73 grosses; bas d'estame, 10 douzaines ; canetilles en argent 
et alquemie, 1 14 marcs; chapelets de buffle, 3o grosses; dés 
de femme, 29 grosses; lacets de fil, 268 grosses; pois de la 

mon mémoire sur la coutellerie dans le Bulletin de la Commission^ 
t. VIII, pp. 3o8-322. 

(i) Fabrique de fil de laiton ancienne à Rouen. Ouvrier de fil 
de laiton, i38i (Tabell. de Rouen, i36i, reg. i, f° 102); — 
métier de faire fil d'eschal (archal), 1364. {Ibid,^ reg. 2, fogi.) 

(2) M. Gosselin indique comme expédié aux Canaries cette 
année-là de la quincaillerie, des drogues, des toiles et des tapis 
de table, fabriqués à Rouen. 



429 

Chine, 200,000; ruban large blanc de fil, 20 grosses (i) ; 
— 2 août, bagues, i grosse ; baudriers de broderie de soie 
et argent faux, 5 ; bleu mourant (2), 22 milliers ; boîtes à 
mettre du petun, dorées et grenetées (3), i douzaine; 
boîtes à chirurgie, dorées et grenetées, 1/2 douzaine ; 
bourses de soie (4), 16 ; cordons à chapeau, 19 douzaines, 
savoir : 5, -d'or et d'argent faux en broderie et filés, et 
14, de soie de crêpe; cordons ou ceintures de fil pour 
prêtre à servir à la messe, 10; dentelle (5), 25 pièces; 
écritoires, dorées et grenetées, garnies chacune d'un canivet, 
I douzaine ; époussettes garnies de velours, 3 douzaines ; 
étuis, 3 douzaines ; étuis à curedents, dorés et grenetés, 
fermant à vis, i douzaine ; étuis à pipe (6), dorés et gre- 

(i) Rubannerie, fabrique ancienne à Rouen. Le 26 novembre 
1397, les gens du métier de rubannerie se déclaraient trop 
chargés pour payer le droit de hallage de 12 1. qui leur ét^it 
réclamé. Ils prétendaient qui^ leur métier était décheu, qu'il n*y 
avait plus que peu de personnes à l'exercer. (Délibérations de 
l'Hôtel-de- Ville de Rouen.) 

(i) Bleu mourant. Serait-ce T^fur que Ton verra indiqué plus 
loin ? 

(3) Greneté, pointillé. 

(4) Fabrique de bourses ancienne et importante à Rouen. 
Ouvrier boursier payé par son patron, 18 d. par jour, 10 d. par 
demi-journée, i366. (Tabell. de Rouen, reg. 2, 1* 265.) Métier 
de faire bourses, 1398. {Ibid.j reg. 8, f» 235.) — Mention de 
teinturier de peaux et boursier, 18 juillet 1403. {Ibid,, à la date 
indiquée); de boursier-buffletier-teinturier en cuir, i65o. — 
M. Ouin-Lacroix, p. 146, nous apprend que les boursiers s'étaient 
rattachés d'abord aux artisans en cuir. 

(5) Mention de Denise Le Forestier du métier de faire dentelle, 
paroisse Saint-Eloi, 20 juillet 1597. (Arch. de la S.-Inf., F. des 
Hospices.) 

(6) Une fabrique de pipes avait été établie à Rouen par un 
Anglais, Jacques Véron, en i633. {Bulletin de la Commission 
des Antiquités, t. XII, p. 281.) Le 14 mai 1639, « Jacques Véron, 
demeurant rue Saint-Eloi, s'engage à montrer son art à Esaye 



43o 

netés, I douzaine ; glands grands et petits, 4 grosses ; pen- 
dants d'oreilles de satin et de verre, 5 douzaines ; pen- 
dants d'oreilles à cloche, 2 douzaines; — 16 août, bagues 
d'émail, i36 grosses; bagues de laiton, 6 grosses et demie; 
boutons d'émail (i), 24 grosses ; bracelets de jais, 12 dou- 
zaines ; cassots de cuir, 4 grosses ; chapelets de bois, 
46 grosses; colliers de jais, 19 douzaines; crochets d'al- 
quemie, 22 douzaines et demie ; croix d'ébène, 6 dou- 
zaines ; croix de laiton, 8 grosses ; dés à coudre, 20 boîtes ; 
faux diamants, 9 douzaines ; poinçons de feux diamants, 
6 douzaines; grenats faux, 2,5oo milliers; gros jais, 
60 milliers ; lunettes, 4 grosses ; pendants d'oreilles, 

Levesque. Il lui vend en même temps ses outils de fer et de 
cuivre, ses estampes, ses marques, ses planches, ses presses, 
chevilles et barres. » (Tabell. de Rouen.) — Les délibérations 
de THôtel-de- Ville de Rouen des 18 août i6g3 et 11 décembre 
1694, nous apprennent qu'il y avait à ces dates, dans cette ville, 
plus de 4 à 5oo personnes employées à Ta fabrication de pipes 
à fumer le tabac, ce qui légitimait Topposition des échevins à 
l'exercice du privilège accordé par le Roi à un nommé Cottereau. 
— Enregistrement au Parlement, le 7 janvier 1699, des statuts 
des faiseurs et vendeurs de toutes sortes de pipes à fumer tabac, 
du II décembre 1698. 

(i) Fabrique de boutons ancienne et importante n Rouen. 
Ouvrier à faire boutons, 27 avril 1454; boutonniers cités, der- 
nier août 1465, 7 octobre 1476, 6 mars 1483 ; gardes du métier 
de boutonnerie et espinglerie, 14 janvier 1485 (Tabell. de Rouen). 

Nicolas Anquetil, du métier de faiseur de moules à boutons, 
vend à Nicolas Tuvache, boutonnier, 5, 2 00 grosses de moules 
de bois à boutons, à 12 douzaines pour grosse et 104 pour 100, 
25 novembre 1604. Mention de boutonnier-cordonnier à cha- 
peau, i65o fibid.), — « La corporation des boutonniers, dit 
M. Ouin-Lacroix, ouvrage précité, p. 127, comptait à Rouen plus 
de 3o maîtres... Us faisaient des boutons de toutes formes et de 
toutes grandeurs en matière d'or et d'argent filés, de soie, de 
poil de chèvre. . . Charles IX leur donna de nouveaux statuts 
en i566. » 



43 i 

7 grosses et 2 douzaines ; fausses perles, 24 masses ; pois 
de Chine, 3oo milliers ; rubans rouges, 8 douzaines ; — 
17 septembre, époussettes, 5 douzaines ; décrottoirs à 
manche, 3 douzaines ; — 24 du même mois (pour Malaga), 
caisse pleine de bagues de verre doré, de pendants d'oreilles 
et 204 douzaines de peaux de veau. 

1628, 9 juillet, tilde couleur, futaines de couleur; gants, 
64 douzaines; 16 lits fournis de ciels et de pendants; ru- 
bans ; — le dernier août suivant, bagues de verre ; chape- 
lets d'albâtre, chapelets de bois ; dés façon d'argent ; gants 
frangés; grenats taillés; lacets de fil; lunettes; peaux de 
veau, 32 douzaines. 

1629, 28 septembre, baudriers, dés, épingles de fer, 
gants frangés; rocaille, 5o milliers; lunettes garnies de 
cuir, miroirs; — i3 octobre, 80 paires de basd'esiame de 
diverses couleurs; 600 aunes de liseré {li^et) de diverses 
couleurs ; — 27 octobre, bougrans; 182 pipes de bois. 

Déclaration, 21 novembre 1629, de ventes faites depuis 
trois semaines, pour l'exportation, par des commerçants 
de Rouen : par Jean Regnauld, mercier grossier, rocaille 
jaune taillée et ronde, 400 milliers ; — par Quièvremont, 
bimblotier, bimblotterie, 3 casses ; — par Timonnier, quin- 
caillier, petit clou doré, poli, 2 milliers ; grands clous polis, 
I millier ; — par De la Mare, autre mercier grossier, ro- 
caille verte ronde et taillée, 200 milliers ; petits sifflets de 
bois, 12 douzaines; — par De la Loe, cassots de fil de sa 
manufacture, 3o grosses; — 6 décembre, aiguilles, 5o mil- 
liers ; chapelets de couleur, 40 grosses; 1,200 dés pour 
femmes; peignes, 66 grosses. 

i63o, 4 septembre, savon, 4 caisses; toiles blanches, 
3 ballots (i). 

(i) Arrêt du Conseil par lequel S. M. révoque le privilège 
ci-devant (dernier décembre i665) accordé à Jacques Beuf sous 
le nom de Pierre Rigat, d'établir pendant 20 années des 
fabriques de savon dans les villes du Royaume, 10 octobre 1669. 



432 

i633, i5 mars, expédié par André Guerould, rocaille 
jaune et verte, mille milliers. 

1634, 14 mars, expédié par Jacques De la Rue une quan- 
tité considérable d'objets de sa fabrique : aiguillettes de 
cuir, 12 grosses; bagues de laiton, 36 grosses; bagues de 
verre, i grosse ; chapelets d'os, 4 grosses ; grenats taillés, 
100 milliers; médailles de laiton, 2 grosses; relève- 
moustaches, 3 douzaines. 

i638, 3 février, expédié par Jacques Cavelier, aiguillettes 
de cuir en quantité considérable; boucassin, 100 pièces; 
petits clous de fer, 2,5oo milliers ; couteaux, 24 grosses ; 
rocaille jaune et verte, mille milliers. 

i63i, 21 février, expédié par Jean De la Roche, aiguilles 
à coudre, 12 milliers ; bagues de laiton, 2 grosses ; cadrans 
d'ivoire, 4 douzaines (i) ; chapelets de corne de buffle, de 
plusieurs sortes, 12 grosses ; dés à homme et à femme, 
5oo ; laiton, 1 2 livres ; miroirs de maroquin dorés, i dou- 
zaine ; miroirs garnis de bois, i douzaine ; peignes d'ivoire ; 
peignes de buis, 3o grosses ; peignes de plomb, 3 dou- 
zaines ; pendants d'oreilles assortis, 7 grosses ; rocaille et 
grenats taillés, 200 milliers; — 12 mars, expédié par Marie 
Auvray, veuve d'Hélie Despommare, aiguillettes; clous à 
cordonnier, 3oo milliers ; crochets, épingles jaunes de 
laiton, lacets ; miroirs, 200 douzaines ; plumes, 5o milliers; 
rouleaux de laine;— 22 mai, bas d'estame, cardes, clous, 
I cent déficelles, papier, peaux de mouton rouge, petits 
tableaux encastillés d'étain ; veau tanné, 5 douzaines de 

Bien longtemps auparavant, il y avait à Rouen des fabricants 
de savon. Pierre Michel, savonnier, paroisse Saint- Vivien, i r et 
18 février 1529; Guillaume Duval, autre savonnier, paroisse 
Saint- Vincent, 19 juillet même année ; Guillaume Duval et 
Guillaume Le Fèvre, savonniers, 5 novembre 1541. (Tabell. de 
Rouen.) 

(i) Mention de Charles Regnault, maître cadranier-tabletier, 
9 juin 1616; de Nicolas Dufour, rue Malpalu, faiseur de cadrans, 
1703 (Arch. delà S.-Inf., C. 3i2.) 



433 

peaux ; verres à boire de la fabrique de Girard, à Rouen ; 
— 3 septembre, aiguillettes de fil, 1 1 grandes grosses ; 
boutons d'émail, 12 grosses; lacets de fil rond, 3 grosses; 
pendants d'oreilles, de verre, iio grosses. - Vente faite 
par des manufacturiers patenôtriers, miroitiers, tabletiers, 
cartiers de Rouen, à Jean Poitou, marchand, pour l'ex- 
portation, 19 septembre, aiguillettes en cuir de mouton, 
6 grosses ; bagues à fond d'or émaillé en couleurs, 
1 7 grosses ; autres bagues, 20 grosses ;. boutons d'émail et 
d'or, 8 grosses; cadrans h compas d'ivoire, 6 douzaines; 
cartons vernis, 29 grosses ; chapelets de bois teint en noir, 
80 grosses; écritoires, 3 grosses; grenats de toutes couleurs, 
2,770 milliers; jambettes (1), 5 douzaines et demie;. lu- 
nettes, 8 grosses ; miroirs n®* de 3 à 7, 60 douzaines ; 
peignes de buis, n<>s 3, 4, 5, 1 5 grosses ; pendants d'oreilles à 
l'eaue (?) où il y a oiseaux de toutes couleurs, 7 grosses 
et demie ; pendants d'oreilles à eaue (?) dorés, 2 grosses et 
demie; pendants d'oreilles bleus tout unis, i grosse; pen- 
dants d'oreilles fins d'émail et d'or, i grosse et demie ; 
pendants d'oreilles, moitié en calebasse et moitié en girin 
soufflé, de toutes couleurs, 7 grosses ; — 1 3 décembre, 
expédié pour Madrid, bas d'estame de couleur, 2 dou- 
zaines ; bassins à chauffer lit, 2 ; chapelets d'os blanc ; 
crochets jaunes, i grosse ; fil de fer, i masse ; lunettes, 
4 grosses; miroirs, 6 douzaines; peignes, 3 douzaines; 
grands peignes fins, 6 douzaines; plumes à écrire, 3o mil- 
liers; petites scies, 4. 

i632, 5 janvier, miroirs garnis d'étain ; — 12 février, 
chapelets d'os, 59 grosses; pois rouges, 3 milliers, que 
Noël Jamelin avait fait travailler chez lui par ses ouvriers 
ordinaires ; — 4 mars, clous à cordonnier, 200 milliers ; 
dès à coudre, 100 caisses contenant chacune 6 douzaines 
(de milliers ?) ; dés à coudre renforcés, 10 milliers ; lunettes 

(i) Jambette, petit couteau dont la lame se replie dans le 
manche. 

a8 



434 

de cuir et de corne, 6 grosses ; miroirs de diverses sortes, 
65 douzaines ; plumes h écrire, 85 milliers ; sonnettes, 
3 grosses; — i^r mars, bagues de laiton, 96 grosses (manu- 
facture de Rugles, de* Rouen et des environs) ; bas d'es- 
tame, 24 douzaines ; bordures de laine, 40 douzaines, plus 
24 pièces; chapelets de bois et de buffle, 40 grosses; den- 
telles de couleurs mêlées; dentelles, 2 petites casses; dés 
renforcés à coudre, 5 milliers ; épingles, 1 5o douzaines 
(de milliers) ; fil de couleur; fil de laiton, 60 livres; futaines 
au chef gris et noir ; futaines de couleur ; gants frangés, 
20 douzaines ; lunettes, 3 grosses; miroirs, 70 douzaines ; 
miroirs dorés, 4; pendants d'oreilles de verre, i caisse; 
pois de Chine, 200 milliers ; rouleaux de diverses couleurs, 
24 pièces ; — 5 mars, aiguillettes de fil ; boites rouges, 
3o douzaines ; brosses à nettoyer chapeaux ; cadenats, 
5o douzaines ; chapelets, 200 grosses ; clous à cordonnier, 
100 milliers; futaines blanches à grain d'orge, fabriquées 
à Rouen par Claude Stevenore (i), 60 pièces; mani- 
cordion (2), i5o livres; masques de carte, 22 grosses; 
miroirs dorés et figurés, communs et moyens, 76 ; autres 
miroirs petits, communs, 60 douzaines; passements rouges 
de Frise, 5o douzaines ; peignes de corne, 32 douzaines ; 
plumes à écrire, 20 milliers ; pois de la Chine, 200 mil- 
liers; rocaille, 3,5 5o milliers; soie à cordonnier, 60 livres; — 
19 mars, bagues de laiton, 1 5 grosses ; chapelets de diverses 
sortes, 33 grosses et demie ; cuilliers de corne, 6 douzaines ; 
futaines, 7 pièces ; petits grenats taillés, 9 milliers; pei- 
gnes de buis, 26 grosses; pendants d'oreilles de verre, 
4 grosses ; relève-moustaches, 6 douzaines ; rubans rouges, 
10 douzaines; vermillettes, 5oo ; — 8 et 26 avril, aiguil- 

(i) Futaine unie, objet de fabrication ro.uennaise. « Faiseur 
de fustaine et trippe de velours, 23 octobre i558. » (Arch. 
de la S.-inf., F. de l'Hospice-Général. ) 

(2) Manicordion, sorte de fil de laiton servant à faire les 
cordes des manicordions, épinettes ou clavecins. 



435 

lettes ; bas d'estame de diverses couleurs, 42 douzaines ; 
brosses (brouesses) garnies de maroquin, 3o douzaines ; 
chapelets, 5 grosses; époussettes, 10 milliers; fil, 18 liv. ; 
futaine mouchetée blanche, 80 pièces ; futaine de couleur, 
3 pièces ; gants frangés, 16 douzaines ; petits grenats taillés, 
100 milliers ; masques, 10 grosses ; miroirs garnis de bois 
noir et couleur, 48 douzaines ; miroirs garnis de maroquin, 
12 douzaines; pendants d'oreilles, 9 grosses; pliants, 
12 grosses; plumes à écrire, 45 milliers; sonnettes, 
I grosse; — 3 juillet, aiguillettes de fil et de laine; bor- 
dures de laine, 40 douzaines; chapelets de corne de buffle, 
1 08 grosses ; dentelle, 900 aunes ; lacets ; lunettes, 6 grosses ; 
miroirs grands et petits en cuivre et en bois, 20 douzaines; 
petits passements à cœur de laine, 76 douzaines; rouleaux 
de diverses sortes et couleurs, 180 pièces; — 6 juillet, cuirs 
à poil et toiles blanches ; — 10 juillet, boîtes peintes, 
6 douzaines; boîtes fournies blanches, 19; boutons de 
crin, 24 grosses; émail (grains)^ 100 milliers; épingles, 
6 douzaines de milliers ; — 5 août, aiguillettes de cuir, 
12 grosses; azur façon de Rouen, i baril (i) ; boîtes, 

(i) S*il y eut à Rouen une fabrique d'azur, elle ne dura guère 
ou n'eut qu'une faible importance. Il pourrait se faire qu'elle eût 
été remplacée par celle que Henri Guinaert, originaire de Bra- 
bant, établit à Annebault en vertu de lettres-patentes du Roi, 
antérieures au 27 juin i63i. Le 29 juillet i63i, il déclarait 
avoir fait charger à Saint-Malo, à destination de Séville, 7 barils 
de bleu d*azur. Le 28 février i632, autre déclaration de lui : il 
avait fait charger au Havre-de-Grâce, à destination du Portugal, 
6 barils de bleu d'azur. Lui et son fils Daniel expédient à San^ 
lucar, en Espagne, 3 barils (déclaration du 23 décembre i632). 
La manufacture d'Annebault appartenait, le 10 mars 1646, à 
Daniel et David Guinaert^ enfants et héritiers d*Henri Guinaert 
et d'Anne Walperghe, leurs père et mère. (Tabell. de Rouen.) — 
Henri Guinaert (il signe ainsi), le 27 juin i63i, avait donné 
procuration à son fils Jean, marchand à Villevorne, en Brabant, 
pour vendre une maison à Lière, provenant de la succession de 
son père, Gomer Guinaert. 



436 



I grosse; boutons de verre, 12 grosses ; cadenats, 12 dou- 
zaines ; chapelets de bois, 100 grosses ; clous à cordonnier, 
8 milliers ; crochets, 20 douzaines ; dés à couturier, 
4 grosses; époussettes, i douzaine; grenats, 5o milliers; 
lunettes, 6 douzaines; miroirs, 8 douzaines; peignes de 
bois, 3o grosses; plumes, 9 milliers ; 12 pièces à rouleau; 
10 pièces de ruban blanc; 12 pièces dé tavelle (i) ; rocaille, 
200 milliers ; — 3 septembre, expédié pour les Canaries, 
amidon (2), 3 barils; brins, 4 ballots; 600 livres pesant de 
dinanderie ; mercerie mêlée, 1 pipe ; 5o livres pesant de 
passements de laine et de soie ; savons, 6 caisses, en] plus, 
des bougrans, pour Tîle Terceire ; — 11 décembre, bou- 
grans de diverses couleurs, i couverture, i drap du sceau, 
de toiles blanches. — Chandelle de cire, 204 livres; clous 
de fer, 4 barils ; ménuise^ 3 barils. 

i633, le' mars (pour Séville), cadenats, 4 douzaines 
chapelets d'émail, 3 douzaines ; ciseaux, 6 douzaines 
cuillers d'alquemie, i grosse ; écritoires, 2 douzaines ; gros 
grenats taillés, 5o milliers; grandes jambettes, i grosse 
moyenline (?) de jais, 4 masses ; passements de laine 
4 douzaines ; petits tableaux garnis d'étain, 6 douzaines 
pois de la Chine, 12 milliers ; — 5 mars (pour Lisbonne) 
peignes coupés, 38 grosses; autres peignes, 49 grosses 
plumes à écrire, 12 milliers; rocaille jaune et verte 
450 milliers ; — 11 mars, aiguillettes de soie, 1 1 grosses et 
7 douzaines; bagues de laiton moyennes, 108 grosses 
bagues de laiton fortes, 92 grosses ; chapelets blancs n» 3 
i5 grosses; chapelets blancs n» 4, 20 grosses; crochets 
forts, 346 milliers ; petits crochets noirs, 27 milliers 



(i) Tavelle, passement étroit. — 24 janvier 1703, maîtresses et 
gardes de métier de broderie en tavelle, bonnetières, coiffeuses 
et enjoliveuses de chefs frettés. 

(2) Amidonnier, paroisse Saint-Eloi, 14 avril 160 5. — Enre- 
gistrement au Parlement, le 14 août 1699, des statuts des fai. 
seurs et vendeurs d*amidon, 12 août 1699. 



437 

époussettes, 12 douzaines ; masques, 3o douzaines; petits 
miroirs, 11 grosses et demie; peignes d'ivoire, 12 dou- 
zaines ; peignes n© 34, 5o caisses ; soie à cordonnier, 2 liv.; 
rocaille taillée jaune et lisse, 3oo milliers ; rocaille taillée 
verte, 5 milliers; pois rouges, 200 milliers; — 16 juin, 
bagues de verre, 46 grosses; bas d'estame, i douzaine; 
bordures n© 3, 12 douzaines ; bourses de cuir, 8 douzaines; 
petits cassots, 6 grosses ; chapelets, 40 grosses ; chapelets 
de buis, 12 grosses; cordons de soie, (i), 4 douzaines; 
coulisses, 18 douzaines ; dentelle de fil, 3 grosses et demie; 
liserés rouges, 6 douzaines ; miroirs, i grosse; petite tavelle, 
4 douzaines ; passements de laine dentelée, 5 douzaines; 
rocaille taillée, 20 milliers; — 25 août (expédié par huit 
marchands de Rouen à Saint- Jean-de- Lux), bagues de 
laiton à 5 pierres, 6 grosses ; chapelets de corne de buffle 
et d'os, 3o grosses; crochets, 24 milliers; épingles blan- 
ches, 24 douzaines ; gardiens (?) d'ivoire et de bois, 
4 grosses et demie ; petits grenats fins, 200 milliers; mani- 
cordion fil de laiton, 5o livres ; miroirs maroquin doré» 
I grQsse; miroirs de bois assortis, i grosse et demie; 
peignes de corne, 3 grosses; seringues d'étain, 3; son- 
nettes, 3 grosses; petits grains de verre, i5o masses; pois 
rouges enfilés, 200 milliers ; — 3 novembre, chapelets d'os 
blancs, 10 grosses; épingles de fer n® i5, 141 douzaines; 
cassots de fil, 460 grosses; pois de la Chine, 200 milliers ; — 
le dernier octobre, expédié aux Canaries, bahuts accom- 
modés de clous dorés, 9 ; clous à cordonnier, 80 milliers ; 
petits clous, 100 milliers; papier du nom de Jésus, 
100 rames; passements et rubans de soie, de toute couleur, 
5o livres; soie, 25 bottes ; boutons de crin (2), chapelets, 

(i) En Tannée i6gb, je n*ai pas compté moins de 45 récep- 
tions dans la communauté des faiseurs de cordons à chapeau. 
Arrêt du parlement touchant les maîtres jurés de faire cordons 
en or, soie et laine, 11 octobre 1594. (Ârch. de la ville, A. 21). 

(2) Ces sortes de boutons étaient d*abord fabriqués au Havre. 
Le 19 mai 1627, Hermann De la Mine, Liégeois, demeurant en 



438 

ciseaux, couteaux, grenats, pendants d'oreilles et rasoirs. 
Le 29 avril 1634, en l'écritoire du tabellionage de 
Rouen, Charles de Pardé, Marie Le Grand, femme de 
Thomas Le Prévost le jeune, Catherine Mauborgne, au 
nom de sa mère, et Catherine Hérouard, veuve de Clé- 
ment Auber, marchands et bourgeois, viennent attester 
par leur foi et serment le nombre et l'espèce des marchan- 
dises qu'ils avaient envoyées à l'étranger : « Viron le 8^ du 
mois de mars de la dite année, ils ont vendu et livré au 
sieur Manuel RodriguesNunez, marchand (i), demeurant à 
Rouen, assavoir : led. de Pardé une douzaine de rets à 
caille, 10 douzaines de lames d'espée, six canons de fer, 
12 douzaines de cloches à vaches, 3 douzaines de chande- 
liers de cuivre, 4 grosses de dez à thailleur et 4 grosses de 
petits couteaux à bracquetillet (?) ; ledit Le Prévost, 

la Ville-Françoise-de-Grâce, où il avait été appelé, avec ses 
associés en la Compagnie Saint-Pierre fleurdelisée, par le 
cardinal de Richelieu, pour y faire des boutons et des cordons 
de crin, atteste avoir vendu et livré, au Havre, depuis i5 jours 
en ça, au sieur Pierre Pymont, marchand au Havre, pour le 
compte d'un marchand de Rouen, 249 grosses et 8 douzaines de 
boutons pour porter à Sanlucar, pays d'Espagne. Mention, 
dans un autre contrat (12 avril 1628), du même De la Mine, 
fabricant de boutons et cordons de crin de cheval au Havre. 

(i) Beaucoup d'Espagnols, domiciliés à Rouen, expédiaient en 
Espagne les marchandises de cette ville. Ce fut là un sujet de 
plaintes des marchands de Rouen, 17 mars 16 18 : « Remontrent 
à S. M. que depuis quelques années les marchands de Rouen se 
sont retirés d'envoyer navires aux voyages de long cours comme 
au Pérou, Brésil, Neuve Espagne et autres lieux de la ligne pour 
y négocier, à raison des grandes et insupportables pertes qu'ils 
ont receues par les Espagnols qui se tiltrent souverains desdites 
terres... Les marchands se sont tellement refroidis qu'ils font 
peu de traite, sinon en Espagne où l'on porte quelques manu- 
factures de ce pays, mais sans profit pour le grand avantage 
qu'ont en leur trafic sur les français les quarcadors et marchands 
d'Espagne ayant à Rouen leurs commis qui achaptent aux halles 






43q 

5 grosses de colliers d'émail, 3 grosses de bagues de cuivre 
dorez, 2 grosses et demie de bagues plus moiennes, 
240 grosses de boutons de crin, une boette et 12 dou- 
zaines de colliers d'émail ; et la veuve dudit s*" Clément 
Auber, 26 pièces à roulleaux de fer double no 4, 40 pièces 
de rouleaux, camelottez no 3, et 6 douzaines de bordeures 
communes, toutes lesquelles marchandises les dessus 
nommez ont dit avoir esté faitz faire et manufacturez et 
apprestez en ceste ville de Rouen par leurs ouvriers ordi- 
naires, à ce présent ledit s^ Rodrigues Nunez, lequel a 
déclaré dès le temps susdit qu'il a fait mettre les dites 
marchandises en ung ihonneau marqué de la marque et 
no en marge, qu'il avoit fait porter à Honffeur où il le 
prétendoit faire charger dans le navire dont est maistre 
Jacques Boyvin, pour porter à l'isle de la Tiercere ou du 
Fayel. » (i) 

Il est certain que la plupart des objets mentionnés dans 
ces diverses déclarations furent achetés pour être envoyés 
dans les colonies espagnoles. Le plus grand nombre a dû 
disparaître par Tusage qu'on en a fait ; mais d'autres, de 
nature solide, quelque mépris qu'on ait pu en faire, ont 
dû résister. Si, par hasard, quelque antiquaire d'outre-mer 
mettait la main sur ces grenats, rocailles, etc., expédiés 
par milliers, l'idée lui viendrait-elle que la ville de Rouen 
a été leur lieu d'origine et de fabrication ? 

APPENDICE 

En même temps que des objets fabriqués dans leur ville, 
les commerçants de Rouen avaient expédié en Espagne et 
en Portugal un certain nombre de marchandises venues 
de l'étranger : de l'Angleterre, des plumes à écrire de trois 

de la ville et autres endroits les toiles ecreues au mesme taux et 
avec semblable liberté que les bourgeois et habitants de Rouen » 
(Délibérations de l'Hôtel de Ville), 
(i) Iles Fayol et Terceire, îles des Açores. 



440 

sortes, 2 avril 1608; d'Allemagne, sans désignation de 
lieu, du fer blanc, 22 novembfe i6o5; des lunettes, 7 mai 
i6o5, II mai 1607, 8 mars, 10 juillet 1608 ; des dagues de 
pragois (i), 28 septembre 1629; des dés fins, du laiton jaune, 
du manicordion jaune, des rasoirs, i3 octobre même 
année ; des boîtes garnies de 8 boîtes l'une dans Tautre, des 
petits miroirs de fer blanc, d'autres de bois figurés d'étain, 
des clous à cordonnier, 21 novembre 1029; — de Flandre, 
sans désignation de lieu, de la dentelle, 4 octobre 1607 ; — 
d'Aarschott (ville du Brabant), des serges, r5 et 27 octobre 
1629 ; — de Bois-le-Duc (Hertogenbosc en Brabant), des 
rubans, 4 octobre i6o5, 11 mai 1607; — de Liège, des 
rasoirs à barbier, 28 septembre 1 629 ; — de N uremberg, des 
cadenats, 11 mai 1607; des Clous à cordonnier, 1607; 
des manicordions, de petits chandeliers de cuivre, plusieurs 
douzaines de tablettes à écrire, dorées et blanches, des 
rasoirs, 2 avril 1627. 

Ils avaient expédié aux mêmes lieux des marchandises 
venues de diverses villes de France : d'Amiens, des serges 
noires, 4 octobre i6o5 ; des doubles cœurs, sorte de bijoux 
populaires représentant sans doute deux cœurs unis, 
24 septembre 1627 ; — d'Arras, des cœurs, 24 septembre 
1627; — d'Aumale, des frocs rayés, de diverses couleurs, 
i3 août 1627 ; — d'Avranches, des bagues de cuivre ou de 
laiton, 12 mai 1607, 21 novembre 1629; — de Cambray, 
des toiles, des épingles, quelques figures de Justus Lip- 
sius en taille douce, 3o août 1629; — de Caudebec, des 
chapeaux, 4 mars 1623 ; — de Conches, des alênes, leraoût 
i6o5 ; — d*Ivry-la-Chaussée, des peignes de bois, 1626(2) ; 
— de L'Aigle, des éperons, i^' juillet 1608; — de Limoges, 

(1) Mention dans un acte de i536 d'un petit couteau en forme 
de pragoys (Arch. de la S.-Inf., G. 3 00). 

(2) Le 24 juillet de cette année, un fabricant de peignes de 
cette ville avait acheté pour 85o 1. de coipeaux à un marchand 
de Toulouse. 



441 

des A gnus Dei^ 4 mars i633; de petites croix, 2 avril 
1627; — de Lire, des pots de fer, i" août i6o5 ; — de 
Lyon, des futaines, 27 octobre 1629; — de Marseille, des 
savons marbrés, 10 janvier 1607; — de Melleville («^l, des 
bordures de laine, 11 mars i632 ; — de Mortagne, des 
toiles, i5 octobre 1629; — de Paris, des bas d'estame, des 
cartons enluminés, 7 mai i6o5 ; des lunettes, 8 mars 1608 ; 
de petites époussettes garnies de velours à relever la mous- 
tache, 9 août 1627 ; des sonnettes, 21 novembre 1629 ; — 
de Rennes, de grands couteaux à fleurs de lis, 5 novembre 
i6o3; du fil bleu, 3 février 1608 ; — de Rugles, des épin- 
gles de laiton jaune et blanc, 24 décembre i6o5, 2 juillet 
1607, 3 juillet 1608, i5 octobre 1629, 3 février i638; des 
peignes, ic et 8 juillet 1608, i5 septembre 1629 ; des cro- 
chets par milliers, 16 juin i633; des bagues de laiton, 
jer mars i632 ; — de Saint- Etienne-en- Forez, des lames 
d'épée, des couteaux, des ciseaux, des fusils, des cadrans, 
8 juillet 1608; des ciseaux, des pinces à cordonnier, des 
mouchettes à chandelle, 28 septembre 1629 ; des ciseaux, 
1 3 octobre même année ; — de Thiers en Auvergne, des 
couteaux, i5 juin i6o5; du grand papier à écrire, 28 dé- 
cembre même année ; de grands couteaux romains, des 
rouleaux à 5 et à 9 clous, 11 mai 1607 î ^^^ couteaux bra- 
quets à manche blanc, i3 octobre 1629. 

Avaient encore fourni à l'exportation : La Bouille, où 
une manufacture à reteurdre le fil avait été établie par 
Jean Wattelet, maître teinturier de • Lons-le-Saunier, 
25 septembre 1629; — Darnétal, où Ton fabriquait des 
frocs ; — Moul ineaux, où Vincent Le Febvre avait une 
fabrique de fer à escarcelles dès i56o; — Ry, où Ton 
fabriquait des draps de bure qui durent trouver leur 
emploi aux Canaries, où ils furent expédiés le 9 avril 1626. 

Le secrétaire dit à ce propos que Phistoire même de 
la langue détermine à peu près l'époque où la grande 
industrie commença à fleurir en France et à mériter 



442 

Tattention publique. Le mot manufacture n'est cité 
qu'au supplément du Dictionnaire de V Académie^ 
rédigé lors de sa publication en 1694. 

Les Espagnols à Rouen, — Une colonie espagnole 
vivait à Rouen au xvii* siècle. On demande s'il faut y 
rattacher la rue actuelle des Espagnols. Elle rappelle, 
est-il répondu, les prisonniers de cette nation qui 
furent amenés à Rouen après Rocroi ou à la reprise 
de Corbie. Les Espagnols qui habitaient notre ville, 
s'y étaient surtout fixés près de Notre- Dame-de-la- 
Ronde et de Saint-Etienne-d es-Tonneliers. 

Bulletin de Conclave, — L'abbé Tougard fait cir- 
culer une pièce peu commune, provenant des collec- 
tions du chanoine Colas, notre ancien confrère. 

Sur un feuillet de papier vergé (i36 «»/« X ï6o), 
divisé par plusieurs lignes transversales ornées de 
quatre cartouches, on lit en haut : 

Ego Card. 

et au centre : 

Eli go in Summum Pontificem R^ D, 
meum D. Card. 

Le verso ne porte en deux rectangles assez richement 
ornés que ces mots : en haut Signa,, et au bas 
Nomen, 

Deux modèles d'écriture, — Aux mêmes collec- 
tions appartenaient aussi les deux exemples d'écriture 
qui circulent ensuite sur le bureau. 

Le plus petit modèle (o, 1 9 X o,23) est orné à gauche 
d'une grande marque armoriée, encadrée du C initial. 
M. Garreta y verrait volontiers un travail allemand. 



443 

Le blason qui surmonte les trois lettres AVM est lui- 
même surmonté de la date 1272 ; et, tout au bas, est 
écrit : « 253 ans >. Enfin, au-dessous de la ligne 
ANNO MDLXXxix, ces deux vers (en lettres hautes de 
I o "»/") : 

Ce que tu as, acquiers le justement, 
Si tu veux vivre au mo/de honnestement. 

Suit encore Palphabet qui donne lieu à quelques 
remarques. Vi n'y figure point, non plus que Vu. En 
revanche, il compte deux Aj majuscule et minuscule, 
et deux s, longue et cursive ; le ç est suivi de Fesper- 
luette ; et enfin 17, comme celle du vers, est barrée du 
fameux trait horizontal de Tlmprimerie nationale. 

Les grand exemple est sur beau parchemin qui me- 
sure 0,25 X 0,22. Il n'offre pas moins de vingt types 
d'écritures différentes. Les deux dernières lignes sont 
si menues qu'elles n'occupent en hauteur, écartement 
compris, que 3 millimètres. Avant la troisième ligne, 
se lit cette curieuse rubrique : « A 2 becs ». Les s 
longues sont employées concurremment avec les 
nôtres, et l'alphabet est pourvu de j et d'«. Le tout est 
signé : « de rouen, script. », et daté : 1 743. 

La séance est levée à trois heures et demie. 



A. TOUGARD. 



444 



SÉANCE DU i5 DÉCEMBRE igoS 

Elle ouvre à deux heures un quart, sous la prési- 
dence de M. Ch. de Beaurepaire, vice-président. 

En présence de : MM. Adeline, G. de Beaurepaire, 
Drouet, G. Dubosc, Garreta, Lefort, Mgr Loth, Peiay, 
de Vesly et l'abbé Tougard. 

Se sont excusés : MM. P. Baudry, Brunon, Che- 
vreux, Le Verdier, Malicorne et Milet. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté sous le bénéfice des explications qu*on va lire. 

Vitraux de SainUNicolas. — M. Garreta croit que 
c'est Téglise de Norwich qui en a profité. 

Verrières anciennes. — Les vitraux provenant de 
la chapelle de la rue Morand ont été recueillis par 
M. Gorge, amateur de Rouen. 

Plusieurs de ces vitraux, ajoute M. Lefort, sont des 
grisailles avec bordures coloriées. Dans ces bordures 
on voit les L couronnés et les trois castillons des armes 
parlantes de Blanche de Castille. 

On serait donc en présence de verrières ayant dû 
appartenir à la chapelle du château de Philippe- 
Auguste : elles semblent remonter, si nos souvenirs 
sont exacts, à la fia du xiii« siècle. 

Manoir QuevaL — M. Deutsch a informé notre con- 
frère M. G. Dubosc, que la porte monumentale a été 
démontée avec précaution, et soigneusement remise 
debout à l'entrée d'une propriété qu'il possède. 

Correspondance imprimée. — En voici le détail : 
Congrès archéologique de France, Le Pujr, 1904; 



445 

Caen igoS; in-S®; — Annales de la Société.,, de 
Château- Thierry, i çoS ; in-S® ( i ) ; — Société archéoL 
de Bordeaux, XXIV, 2; XXV, i et 2; — Mémoires 
de la Soc, des Antiquaires du Centre, XXVIII, i. 
Bourges, igoS; — Recueil de la Soc, libre.,, de 
VEure, VI, 2 ; Evreux, içoS ; — Bulletin de la Corn' 
mission hist, du Nord, XXVI; Lille, 1904; ~ Bul- 
letin de la Soc, de Nantes, XLV, 11; XLVl, i ; — 
Bulletin de la Soc. hist, de Touraine, XV, 11; — 
Bulletin de la Soc, de P Orléanais, 181; — Bulletin 
de la Soc, de Langres, iy3\ — Bulletin de la Soc, 
acad, de Laon, XXXI, 1 900-1904; — Bulletin de 
la Soc. hist, de Gand, i 3« année, n® 7; — Bulletin 
archéol. du Comité, 1 ^04, m. 

Obtenant le premier la parole, M. de Vesly inté- 
resse vivement la Compagnie par plusieurs communi- 
cations qu'il fait de vive voix, en les accompagnant 
des objets les plus intéressants qu^il fait circuler. Il a 
bien voulu les résumer dans les termes suivants : 

Dragages de la Seine à Oissel. — M. de Vesly résume 
ainsi les découvertes faites en 1906 à Oissel. 

Les dragages exécutés dans les fleuves ont toujours été 
une mine pour l'archéologie, qui y a recueilli souvent de 
curieuses richesses. La traversée de la Seine à Oissel s'est 
particulièrement montrée fertile. Du lit du fleuve sont sor- 
tis des armes et des objets de toute nature qui ont enrichi 
les collections du Musée départemental des Antiquités 
ainsi que le petit Musée local créé par M. Turgis. 

Dans les travaux entrepris cette année, la drague a ren- 

(i) M. Drouet constate que sa notice sur les liards y est 
résumée (pp. 125-129), sans indication de provenance^ pnr 
M. J. Henriet. 



446 

contré un amas de ramures de cerfs ainsi que des armes. 
Le Conservateur du Musée de Rouen a pu recueillir : 

Un fauchard du xiv« siècle; une dague du xvi«; un fer de 
lance d'époque indéterminée et un angon mérovingien. 

Le fauchard, cette arme des gens de pied au moyen âge, 
mesure o™45 de lame et o^bS y compris la douille, ter- 
mince par deux lamelles latérales que traverse un rivet de 
fixation. La forme du fauchard trouvé à Oissel n'a pas 
d'analogue dans le Musée. 

La dague, à lame très effilée, a 01047 de longueur de 
lame et o"i2 de poignée. Au milieu, une arête très sail- 
lante devait rendre cette arme fort dangereuse. Le métal 
en est d'excellente qualité et paraît avoir été bronzé; un 
astérisque de cuivre ou d'or y est incrusté. 

Le fer de lance mesure o™3o5 de longueur : il ofiFre, 
comme particularité, une douille prismatique à section 
hexagonale, dont l'un des angles forme, par son prolon- 
gement, la nervure du fer. Il est difficile de fixer l'époque 
à laquelle cette arme fut en usage. 

Le hang mérovingien ainsi que le fauchard ont été reti- 
rés du fleuve sur les bords de l'île aux Bœufs. L'angon 
franc est très connu, et il paraît inutile de le décrire de 
nouveau ; mais ce qui mérite une mention spéciale, c'est 
la fréquence d'armes mérovingiennes trouvées à Oissel. Ne 
pourrait-on pas en conjecturer que la lance à talons a été 
en usage sous les Carolingiens et que les armes sorties de la 
drague sont les témoins des combats engagés entre les sol- 
dats de Charles-le-Chauve et les Normands ? 

Le passage d'Oissel est particulièrement désigné comme 
le théâtre de ces luttes non seulement par les récits des 
historiens, mais par la topographie. Le développement de 
cette hypothèse, dit M. de Vesly, fera un jour l'objet d'une 
étude que j'ai déjà commencée en relatant les découvertes 
faites dans les fouilles de la Mare du Puits (forêt de 
Rouvray). 



447 

Le Manoir du Port-d'Oissel et ses peintures murales,'^ 
11 y a quelque vingt-cinq ans, dit M. de Vesly, je fus sé- 
duit par Taspect pittoresque d'un petit hameau situé sur 
le bord de la Seine, en amont du pont sur lequel le che- 
min de fer de Paris à Rouen traverse le fleuve : c'était 
Port-d'Oissel. Après avoir fait l'aquarelle de la principale 
habitation, un vieux manoir, aux murs recouverts d'ar- 
doises, je demandai à le visiter. Quelle ne fut pas ma sur- 
prise, en reconnaissant que les solives du plafond étaient 
peintes (i). Malheureusement, tous les motifs décoratifs, 
dont elles étaient ornées, disparaissaient sous une épaisse 
couche de fumée. Devant mon étonnement le brave culti- 
vateur voulut bien me dire que'* les autres pièces de son 
habitation avaient également des plafonds et des murailles 
peints. 

Après avoir gravi quelques marches d*un raccord d^es- 
calier, je fus dans une chambre dont les solives avaient 
échappé aux souillures de la fumée et de la graisse. Les 
peintures encore bien visibles m'ont permis de constater 
que les grosses poutres portaient des motifs empruntés à 
des paysages agrestes, entourés de cuirs du style Louis XIII 
et de culots empruntés à l'acanthe. 

Les potelets étaient ornés de cariatides également peintes 
et dont la gaine était formée d'enroulements dans le goût 
des premières années du règne de Louis XIII. C'est le 
même système qui a été appliqué aux arbalétriers de 
l'étage supérieur : car, ici, c'est un toit brisé pénétré par 
deux lucarnes. 

Les surfaces à décorer se composent de pans de murs 
inclinés sur les côtés nord et sud de la salle et verticaux 
sur les faces est et ouest : le plafond, ne comportant au- 
cune solive apparente, est divisé en trois panneaux. 

(i) Ce genre de décoration se retrouve à Rolleville, dans l'an- 
cien manoir des religieuses de Montivilliers, qui n'a peut-être 
été jamais décrit avec toute Fattention qu'il mérite. (Note du 
Secrétaire). 



448 

Le panneau central montre des chanteurs groupés 
autour d'un cahier de musique sur lequel on peut encore 
distinguer ces mots écrits sous une partition en clé d'ut : 

BONDI-BOR-ANNE SIGNOR-DIC' POC 

Le tableau ouest représente des musiciens et des per- 
sonnages masqués qui, eux aussi, exécutent ou prennent 
part à une action musicale. Sur la partition placée au mi- 
lieu d'eux se lisent ces mots : veglione partur 

Enfin, dans le troisième tableau, au-devant de la che- 
minée, on observe une jeune femme tenant sur ses genoux 
un petit chat et un cartouche sur lequel sont écrits, tou- 
jours au-dessous de notes de musique, les mots : mi-mi- 

MIAVL-REMIAVL-FOY 

Faut-il voir dans cette dernière inscription un jeu de 
mots contenant la signature de Tartiste ? C'est une ques- 
tion qui peut se poser, mais qui est difficile à résoudre : 
car, il existe, à Tourville, commune d'où dépend le hameau 
du Port-d'Oissel, une légende qui veut que des artistes ita- 
liens aient résidé dans cette commune où ils auraient payé 
l'hospitalité reçue, au château de Bédane-Tourville, en dé- 
corant le salon du seigneur du lieu. 

Il faut aussi remarquer dans le manoir du Port-d*Oissel 
les panneaux latéraux qui, tous, sauf ceux vers la che- 
minée, représentent des bateleurs et des gueux empruntés 
aux types célèbres de Callot. 

Cette singularité n'est pas pour aider à éclaircir le pro- 
blème dont j'ai cherché la solution en compulsant les ar- 
chives de l'abbaye de Saint-Ouen. 

Enfin M. de Vesly retrace, en quelques phrases, 
l'hisioire du manoir du Port-d'Oissel, propriété des moines 
de Saint-Ouen. Ceux-ci y tenaient des plaids et y avaient 
même une prison pour les fraudeurs de la pêche sur le 
c Fief de l'Eau » ou du t Pitancier », qui s'étendait du gra- 
vier d'Orival au ruisseau du Becquet, à Saint- Adrien. Cette 
partie de l'étude de M. de Vesly a été empruntée au re- 



449 

marquable ouvrage de M. de Beaurepaire, notre honoré 
président. 

Une paire (Vétriers d'époque Louis XI IL — M. de 
Vesly termine sa communication en faisant passer sous les 
yeux de la Commission de beaux étriers argentés et à la 
fleur de lis qu'il a trouvés suspendus à une vieille selle 
dans le grenier du manoir : ils ont certainement fait partie 
de réquipement d'un des officiers, sénéchal ou prévôt, de 
la royale abbaye. Ces étriers ont été acquis à prix modeste 
pour la collection départementale. 

Plaque de plomb. — Cette plaque de o^io sur o^oS a 
été trouvée dans la démolition du pignon d'un bâtiment 
servant autrefois de serre froide, faisant suite aux écuries, 
etc. de l'ancien château de Saint-Etienne-du-Rouvray. 

Cette plaque était encastrée au milieu d'une pierre 
posée au niveau du sol. 

On peut très difficilement lire : 

A. Z). D.joanne M® Joseph^ Cl^ 

Rondeaux // Equité Régis 

in super iori // lyôy? 

Suit une note rédigée par M. Drouet : 

Monnaies du ^y^ siècle, trouvées à Rouen, — M. le 
Conservateur du Musée des Antiquités a bien voulu 
me communiquer, pour les étudier, deux pièces de 
monnaie trouvées dans le cimetière Saint-Maur, et 
données au Musée par M. Leboucher : 

No 1. Léopard couronné passant à gauche, sur- 
monté d'une fleur de lis : h. rex angl : hères : frano 
(en lettres gothiques de la première moitié du 
xv« siècle). Point dans la lettre H, ce qui indique Taté- 
lier de Rouen ; la seconde lettre des légendes est 
réservée à Patelier de Saini-Lô. 

29 



450 

R/ croix grecque avec la lettre H au milieu et quatre 
trèfles dans le bras de la croix (Ainsworth). Diaprés 
Lecointre Dupont, ces ornements représenteraient les 
épines de la couronne de Jésus-Christ. Légende : sit 
NOMEN, etc. Le poids et le titre de ces espèces furent 
les mêmes que ceux des doubles que Charles VI fit 
fabriquer en même temps (titre i d. 1/2 argent, poids 
2 gr. 95); ces espèces furent émises en vertu de l'or- 
donnance du 3o novembre 1421. 

N° 2; est en si mauvais état que je n'oserais rien 
affirmer à son égard. Toutefois, je le considère comme 
un de ces doubles de Charles VI que je viens de 
mentionner. Ces pièces, qui sont en billon noir, por- 
taient, dans le peuple, le nom de niquets, sans doute 
par une corruption populaire du nom de « nigrets », 
(Nigelli], que l'on donnait généralement à la mon- 
naie noire de bas billon. 

Le no i*"" est la seule monnaie de Henri V frappée en 
Normandie, qui soit commune. Gomme on le voit, 
ces espèces rappellent une des périodes les plus calami- 
teuses de notre histoire normande. 

M. Pelay lit alors ce petit mémoire : 

Culte des Fontaines dans le département de Seine-et- 
Oise. — M. Léon Plancouard, membre de la Commission 
départementale des Antiquités et Arts de Seine-et-Oise, a 
publié, dans le XXVe volume (iQoS) des actes de cette 
Commission, un article sur le Culte des Fontaines en Seine- 
et-Oise, dans lequel nous avons puisé quelques rensei- 
gnements concernant la Normandie qui, nous l'espérons, 
pourront vous présenter un certain intérêt. 

Les populations du Vexin ont toujours cru aux propriétés 
guérissantes des eaux de leur pays et même à celles des 
pays limitrophes. 



45 I 

Les habitants du canton actuel de Magny se rendaient^ 
en effet, à la fontaine Saint- Vénérand, à Acquigny, dans 
le département de l'Eure, pour obtenir la guérison de la 
fièvre miliaire. 

Au xvii« siècle, André Sergent, curé de Cormeilles, 
conduisait ses paroissiens- dans la Seine-Inférieure, à 
Richemont, canton de Blangy, pour invoquer saint liu- 
trope contre la peste ; et il fallait la foi de nos ancêtres 
pour accomplir à pied ce pèlerinage de soixante lieues. 

Le curé de Cormeilles a tracé lui-même, sur le registre 
de sa paroisse, Titinéraire du retour : « L/hermitage de 
» Richemont, dit-il, est dans la forêt du pays de Fou- 
» carmont, qui est un bourg. Pour de là au Mesnil- David, 
» au Roussoy (lisez Ronchois), à Gaillefontaine, à Mau- 
» debas (localité que je n'ai pu identifier), à Dampierre 
» (Dampierre-en-Bray), à Gournay, à Gisors. » 

Ce renseignement est d'autant plus précieux, qu'il 
confirme la tradition d'un ermitage sur le territoire de 
Richemont au lieu dit : « Le Poteau de l'Ermitage », et 
dont l'antiquité remonterait au xii© siècle. 

Nous avons relevé avec soin les fontaines portant des 
noms de saints appartenant aux diocèses de l'ancienne pro- 
vince de Normandie et dont voici la liste : 

i» Fontaine de la Rochette, dite de Saint- Romain, à 
Wy-Joly-Village, canton de Magny, en Vexin, lieu de 
naissance du saint patron de Rouen. Cette source, située 
sur le chemin de Guiry, se trouve à 800 mètres de l'église. 
Elle est figurée sous le nom de Fontaine-Saint-Romain 
sur la carte particulière du diocèse de Rouen, dressée en 
171 5 par Frémont, de Dieppe, sous les ordres de 
Mgr Colbert, archevêque de Rouen. 

Jusqu'en 1789 une délégation de chanoines et de 
notables de Rouen assistait à la fête du saint, qui durait 
trois jours. 

Nicolas Darée, curé de Juziers-le- Bourg, canton de 



452 

Limay, n'ayant pas célébré en 1484 la fête de Saint- Ro- 
main, fut condamné à une amende. 

2® Fontaine Saint-Clair, à Frémainville, canton de Ma- 
rines, dans le bois de Gueule-Rouge, pour les maladies 
d'yeux. Les pèlerins doivent se frotter les paupières avec 
des cendres de charbon et boire Teau de la source. Saint 
Clair, né à Cléry, en Vexin, qui relevait autrefois du dio- 
cèse de Rouen, baptisé par saint Nicaise, évangélisa les 
rives de l'Epte où il reçut le martyre (i). 

3° Fontaine Saint-Irénée, à La Roche-Guyon, canton 
de Magny, en Vexin, pour les fiévreux. Saint I renée fut 
martyrisé à Gasny, arrondissement des Andelys. 

40 La fontaine Saint-Ansbert, à Chaussy, canton de 
Magny, en Vexin, tire son nom d'un évêque de Rouen, né 
dans cette localité, en 63o; elle est située dans le marais, 
près la route de Chérences. Fête en octobre. 

5» Fontaine Saint-Adjutor, à Blaru, canton de Bon- 
nières. On s'y rend pour la guérison de la fièvre. Les 
malades doivent tremper l'extrémité des pieds dans la 
source. 

6* Fontaine Saint-Nicaise, à Vaux, canton de Meulan; 
guérison de la coqueluche. 

70 Fontaine Saint-Godegrand, à l'Isle-Adam, sanctifiée 
par l'évêque de Séez qui porte ce nom. 

Citons encore la fontaine de la chapelle du Clos-Sainte- 
Marie, à Rosny-sur-Seine, arrondissement de Mantes, qui 
perpétue le souvenir du prieuré de Saint- Wandrille. Elle 
était en grande vénération au xii^ siècle. 

Disons en terminant que, d'après les traditions popu- 
laires du Vexin, les saints ont fait jaillir les sources avec 
leur bâton. Est-ce la raison pour laquelle, dans les proces- 
sions, la place d'honneur est réservée à celui qui porte le 
bâton du saint ? 

(i) Les plus habiles critiques contestent Texistence d'un saint 
Clair à nos origines chrétiennes. Peut-être le saint Irénée qui 
suit est-il encore plus problématique. {Note du Secrétaire.) 



453 
M. le Président lit les pièces originales que voici : 

RENSEIGNEMENTS SUR LES FAMILLES SAGON ET ANGO, 
SUR L*ÉMAILLEUR ABAQUESNE ET SUR LE MUSICIEN TITELOUZE 

Sagon et An go. 

Le François Sagon dont il est question dans l'acte qui 
suit était le frère de François Sagon, connu par ses poésies, 
mais surtout par sa querelle avec Clément Marot. Il ré- 
sulte de ce document que François Sagon, le premier cité, 
avait épousé une Catherine Ango ; que les Ango étaient 
une famille roueniiaise, à laquelle appartenait Jean Ango, 
vicomte de Dieppe, propriétaire de maisons en la paroisse 
Saint-Patrice de Rouen. 

« Vendredi xxviii® de septembre m. v^ xxvi. Honorables 
personnes Françoys de Sagon et Katherine Ango, sa 
femme, demourans en la paroisse S.-Amand de Rouen 
lesquelz, après la dicte femme auctorisée, etc.. vendent à 
noble homme Jehan Ango, sieur de la Rivière, vicomte de 
Dieppe, présent, tout et tel droit.... que les ditz mariez 
avoient et povoient avoir.... en une moictié de maison, 
court et jardin.... l'autre moictié appartenant de présent 
au dict acquisiteur au droict de la vendue qui de ce lui a 
esté faite ce jour d'uy par Pierre Gravois, au nom et 
comme procureur de Perrette Ango, veuve de feu Marc 
Le Galloys, marchand à Lisieux, toute la dicte maison 
bournée, d'un costé, une aultre maison et héritage qui 
fut à feu Robert Ango, père des dictes femmes ; d'aultre 
costé, une aultre maison qui appartenoit audit deffunct 
Ango, où demouroit Jacques Anthoinet, tavernier ; d'un 
bout, le pavement du Roi, et, d'autre bout, Robert Ango, 
advocat en Court laye..., laquelle maison et héritage fut 
et appartint au dict deffunct Ango et depuis passée par 
décret entre autres héritages et adjugée audit de Sagon, 
ainsi qu'il apparoissoit par lettre d'icelle adjudication. » 



454- 

Perrette Ango, par retrait lignager s'était fait rendre par 
François de Sagon sa moitié de maison ; elle la vendit, ce 
jour-là même, par l'entremise de Gravois, son procureur, 
pour i5o 1. à Jean Ango, vicomte de Dieppe (i). 

Abaquesne. 

Aux précieux documents découverts et publiés par 
M. Edouard Gosselin sur Macéot Abaquesne, potier 
émailleur à Rouen, auteur des célèbres pavés du château 
d'Ecouen, on pourra joindre le suivant qui nous renseigne 
sur la première profession de cet artiste et nous donne 
lieu de croire que sa famille était originaire des environs 
de Cherbourg. 

a Dernier octobre 1 526. Masséot Abaquesne, emballeur, 
demeurant en la paroisse S. -Vincent de Rouen, soi-disant 
fils et héritier de feu Perrin Abaquesne, et aussy soi-disant 
héritier de feue Katherine Abaquesne, son ante, lequel, 
pour lui et soi faisant fort de Pierre Abaquesne, son frère, 
vend à Jehan Le Blond, charpentier, demeurant en la pa- 
roisse de Breteville près Cherbourg, pour x 1. t., xviii s. 
VI d. de rente. » 

Le métier d'emballeur, dans une ville aussi commerçante 
que rétait Rouen, devait être assez lucratif et même assez 
relevé. Il nous est connu par un acte d'association du 
lo août 1572, ainsi conçu : 

« Nous Eustasse Montiey, Michel Cureau, Jehan 

(i) Je ne saurais situer exactement cette maison. Est-ce celle 
dont il est question dans un contrat du Tabellionage de Rouen 
du mois de mai 1400 ? « Guillaume Le Cauchois et Jehan 
Le Bourisr, demeurans à Martainville près Rouen, qui congnu- 
rent avoir marchandé à Guillaume Ango de lui paver la court de 
son manoir où il demeure, assis en la paroisse S. Patrix.. . . de 
menu carrel bien espinchié et y faire un ruel pour porter les 
eaulx de la dicte court jusques à la rue. » Prix convenu, 24 écus 
d'or de 22 8. 6 d. pièce. » 



45.5 

Montiey, Robert Marie, Pierre Nés, Jehan Michel, tous 
compagnons àssosiés ensemble en Testât et exsercise 
d'emballage en ceste ville de Rouen, congnoissons avoir 
aqueuUy en nostre compagnie, en Testât d'enballage, pour 
tout le temps à venir. Marin Nicolle, moyennant la 
somme de six escusd'or sol, que ledit Nicolle donne pour 
luy aprendre ledit estât, auquel dès à prezan chacun de 
nous enportera et aura egallement sa part et porcion du 
gain et profit ; .... et sy promettons Tun à Tautre en foy 
de vérité, faire bon et loial compte de tout la besongne 
qui sera faite en sete ville et hors la ville.... Nul d'entre 
nous ne se pourra bouter hors de ladite compagnie pour 
s'aller bouter avec autre, soubz paigne de xx escus d'or. 
S'il avenoit que Tun ou Tautre de nous tumbast en nes- 
sité (sic) de malladie et qu'il y ut de besongne touchant 
ledit estât, promectons les uns aux autres que selluy ou 
ceux qui seroit mallades auront leur part et porsion de 
gaing et proufit tout ainsy que s'il estoit prezant à faire la 
besongne ; mais ausy sy seux qui seroit sains ne povoit 
suvenyr à servir les marchans, il pourront prendre autant 
d'hommes qu'il seroit de mallades, lesquiéulx seront paies 
sur la part des dis mallades. » Signes et marques des asso- 
ciés. » (i) 

Macéot Abaquesne est qualifié de potier dans un acte du 
22 décembre i543; à^émailleur de terre dans un autre 
acte du 24 mai i545. 

Un troisième acte, du 3 août 1546, nous fait supposer 
qu'à cette date Abaquesne était loin d'avoir fait fortune, 
puisqu'on le voit emprunter une somme de 34 1. 14 s. à 
Raoulin Halle, bourgeois de Rouen. 

(i) Cette association et d'autres analogues durent cesser par 
suite de lettres-patentes portant érection de 12 offices de cour- 
tiers, plieurs, emballeurs et empaqueteurs de marchandises. Les 
échevins de Rouen protestèrent contre cette invention fiscale, 
29 juillet 1574. 



456 

Titelou:{e. 

Il ne m'appartient pas, à raison de mon incompétence, 
de vanter le mérite des compositions musicales de Jean 
Titelouze, chanoine de Rouen, qui fut organiste de la 
cathédrale de cette ville de i588 à i633. Je ne puis mieux 
faire que de m'en rapporter pleinement au jugement de 
M. l'abbé Prudent (i), de M. l'abbé Collette et de 
M. Guilmant, et de renvoyer à ce qu'ils ont écrit sur cet 
habile musicien. Je ne dirai donc de lui que quelques mots, 
comme introduction à ses deux testaments, dont la publi- 
cation me parait suffisamment justifiée. 

Jean Titelouze était natif de Saint-Omer, ville alors en 
dehors de la France. Il n'obtint des lettres de naturalisation 
que le 24 janvier iSgS (2). Dès i385, il touchait les orgues 
de la Cathédrale aux gages de 60 1. par an ; ces gages furent 
portés à 70 1. en 1587. Le i3 avril i588, il devint orga- 
niste en titre en remplacement de François Josseline, 
décédé (3). Nommé chanoine de la Cathédrale, il résigna 
son canonicat en faveur de Claude De la Place et obtint 
le titre de chanoine honoraire le 19 avril 1629. Il mourut 
à Rouen le 24 octobre i633 et fut enterré le lendemain en 
la Cathédrale. Le 29 du même mois, les chanoines don- 
naient leur approbation à l'inscription qui devait être 
mise sur son tombeau (4). 

« Du vendredi apprez midi vingt neuf jour d'apvril mil 
six cens trente trois, à Rouen, en la maison dudit s' tes- 
tateur. 

(i) Trois articles dans la Semaine religieuse du diocèse de 
Rouen, xxix« année, iSg5, pp. 8, 3a, 56. 

(a) Les lettres de naturalisation furent enregistrées au Bureau 
des finances, le 9 août 1604. 

(3) Les Orgues et les Organistes de la cathédrale de Rouen, 
1894. 

(4) M. Guilmant a réimprimé les morceaux d'élite de Titelouze 
et les a fait précéder d'une biographie due à la plume de 
M. Pirro, 



4^7 

» Fut présent noble et discrette personne M« Jean Thite- 
louze, presbtre, chanoine en Téglise cathédralle Notre" 
Dame de Rouen, gisant en son lit malade et néanmoins 
sain de sa pensée, sens, jugement et entendement grâces à 
Dieu, lequel, considérant qu'il n'est rien plus certain que 
la mort et rien plus incertain que Theure d'icelle, ne dési- 
rant partir de ce monde sans avoir faict et ordonné son 
testament et dernière vollonté qu'il a faict en la manière 
qui ensuit. Premièrement il a protesté de tout son cœur, 
moyennant la grâce du bon Dieu, de mourir en la foy et 
croiance de la s^^ esglise catholique^ apostolique et ro- 
maine, en laquelle il a esté baptisé, confirmé et vesqu, 
hors laquelle n'y (a) point de salut, renonceant à tout ce 
qui y est contraire, priant Dieu qu'il luy plaise luy par- 
donner ses péchez et mettre son âme en paradis par les 
mérites du précieux sang de son filz nostre rédempteur 
Jhésus Christ, par l'intercession de la glorieuse Vierge 
Marie, S. Jean- Baptiste, S. Jean l'Esvangeliste, S. Pierre, 
S. Paoul, S. Fremin, S. Adrien, S. Rocq, S. Fabien, 
S. Sébastien, S. Romain, S. Hubert, S^e Cécille et toute 
la cour celleste, voullant, aprez son decetz, son corps estre 
porté et inhumé en l'esglise (mot laissé en blanc), ses funé- 
railles estre faites et observées selon sa quallité ; et quand 
aux biens qu'il a pieu à Dieu luy prester en ce mortel 
monde, il en a donné légué et délaissé, et veult estre dis- 
tribué en la manière qui ensuit : Premièrement, pour la 
bonne amitié que luy a porté noble et discrète personne 
Me Pierre De la Place, chanoine en lad. esglise Notre-Dame 
de Rouen (i) et auquel il a résigné sa prébende, il luy a 
laissé tous et chacuns ses ornementz convenables et ser- 
vantz à dire la sainte messe, tant callise, chandeliers, cha- 
suble et autres, avec le coffre dans lequel le tout est en- 

(i) Pierre de la Place, fils de Claude de la Place, président à 
la Chambre des Comptes, nommé le ig avril 1629 au canonica 
vacant par la démission de Titelouze. 



458 

fermé. Item à Tesglise Notre-Dame du Héron (i), dont il a 
possédé le prieuré, la somme de soixante livres pour estre 
employez à la décoration d'icelle esglise. Item à la chap- 
pelle de S. Jacques de Grain ville-la -Teinturière (2) pareille 
somme de soixante livres pour estre aussi employée à la 
décoration d'icelle chappelle, en oultre vingt cinq escus 
qu'il a cy-devant laissez pour couvrir le petit cœur d'icelle 
chappelle. Item à l'esglise paroissialle de la Meauffe, dio- 
ceze de Bayeux (3), pareille somme de soixante livres 
pour estre aussy employez à la décoration de ladite esglise. 
Item aux quatre relligions mandiennes de ceste ville de 
Rouen, chacune la somme de trente livres. Item aux relli- 
gieuses de S^* Claire la somme de soixante livres. Item aux 
pères Feuillans de ceste ville pareille somme de soixante 
livres. Item aux pères Capucins de ceste ville trente livres t. 
Item à THostel-Dieu de ceste ville pour les paouvres cinq 
cents livres. Item je veulx et entend qu'il soit payé es 
mains de Messieurs du Chappitre de Notre-Dame de 
Rouen la somme de quatorze centz livres pour faire dire 
par eux à perpétuité deux obits, chacun an, à telz jours 
et aux conditions qu'il sera arresté avec eux et les s" exé- 
cuteurs du présent testament, cy-aprez nommez. Item il a 

légué et délaissé à du Croq, sa niepce, femme de 

tjuillaume Robin, marchand, demeurant en la ville de 
S*-Omer, la somme de quinze centz livres. Item à Jean 
Guerente, son filleul, filz de M« Jean Guerente, escuier, 
docteur en médecine, la somme de trois centz livres, qui 
seront délivrez à son dit père pour luy servir en ses es- 
tudes. Item à la dame femme du s"^ Lacheré, demeurant en 
sa maison, la somme de quarante livres. Item à Robert 
Daust, son laquest, la somme de soixante livres. Item à 
, servante de M. Biaise Bretel, organiste, la somme 

(i) Canton de Darnétal (Seine-Inférieure). 

(2) Ancienne léproserie ; Grainville-la-Teinturière, commune 
du canton de Cany (Seine- Inférieure). 

(3) La Meauffe, commune du canton de Saint-Clair (Manche). 



45q 

de trente livres. Item à M. Guillaume Laisselié (i), facteur 
d'orgues, son clavesin organisé et tout ce qu'il contient, le 
priant de faire dire deux messes pour luy par chacune 
sepmaine^ pendant cinq ans aux jours de mercredi et ven- 
dredi. Item audit Me Biaise Bretel, organiste de S* Vin- 
cent, pour les bons et agréables services qu'il luy a rendus 
et espère de luy jusques à son décedz, il luy a donné la 
somme de cinq centz livres t. en argent et tous et chacuns 
ses meubles sans riens réserver, excepté l'or et l'argent 
monnoyé en tant qu'il s'en trouvera, touttes les dites 
sommes et laiz cy-dessus payez et acquittez, lesquelz de- 
niers qui se trouveront de surplus il veult et entent estre 
distribuez aux pauvres honteulx, à marier quelques 
paouvres filles, dellivrer quelques paouvres prisonniers ou 
à telle aultre œuvre pieuse et charitable qu'il sera trouvé 
à propos par les dits sieurs exécuteurs, dont de tout ce 
que dessus ledit s' testateur s'est tenu à comtent et d'ac- 
cord devant lesd. tabellions et promet le contenu au pré- 
sent testament tenir et entretenir sur l'obligation de tous 
ses biens et héritages, révoquant tous autres testaments et 
codicilles qu'il pourroit avoir cy-devant faictz, vouUant 
iceux demeurer nulz et le présent seul sortir son effect, 
pour l'exécution duquel il a nommé et esleu les personnes 
de Mre Daniel de la Place, chevalier, seigneur de Fume- 
chon, conseiller du Roy en son Conseil d'Estat et président 
en sa Chambre des Comptes de Normandie, et noble et 
discrette personne Mons. Me Henry de Mathan, chanoine 
et archidiacre de ladite esglise Notre-Dame et conseiller 
du Roy en son Parlement de Normandie, lesquelz il 
supplie très humblement voulloir accepter ceste charge et 
exécuter ou faire exécuter, s'il leur plaist, eux ou l'un 
d'eux pour l'absence l'un de l'autre, le contenu au présent 

(i) Guillaume Lesselié, facteur d'orgues à Rouen de i63i à 
1640. Il signait Lesselié. C'est par erreur que, dans mon 
rapport sur les Archives (1890), je Tai rattaché à la famille de 
Jean de Lesly ou Lesselié, évêque de Rosse. 



460 

testament, sans y riens diminuer, ains plus tost l'aug- 
menter, comme estant le tout son intention ; et fut aprez 
que le présent testament a esté leu et releu, mot aprez 
aultre, audit sieur testateur par Tun des dits tabellions, 
l'autre présent et des (sic) tesmoings cy apprez nommez, 
et qu'il a dict avoir icelluy bien et deuement entendu, et 
estre le tout son intention et dernière vollonté. En tes- 
moings présentz M« Jean Juppin, demeurant en la parroisse 
Notre-Dame de la Ronde de Rouen, et François Le 
Febvre, demeurant en la parroisse S^ Nicollas du dict 
Rouen. 

» Signé : Titelouze, J. Jupin, 

F. Le Febvre, Helye, 

POULLART. » 

« Du samedi avant midi vingt-quatre jour d'octobre mil 
six centz trente trois, à Rouen, en la maison dudit s»" Thi- 
telouze. 

» Fut présent noble et discrette personne M© Jean Thite- 
louze, presbtre, chanoine en l'esglise cathédralle Notre- 
Dame de Rouen, gisant en son lit malade et néanmoins 
sain de sa pensée, sens, jugement et entendement, grâces 
à Dieu, lequel, après avoir derechef entendu la lecture à 
luy faite par l'un desd. tabellions, l'autre présent et des 
tesmoings cy-après nommez, du contenu audit testament 
par luy passé devant les dits tabellions de Rouen, le vingt- 
neufe jour d'apvril dernier passé an présent, a desclaré 
qu'il désire changer de vollonté en tant qu'est les articles 
cy-aprez déclarez : premièrement, pour ce qui est de la 
donation par luy faite à Tesglize cathédralle Notre-Dame 
de Rouen, pour les causes contenues audit testament, de 
la somme de quatorze cents livres t. pour une fois payer, 
il entend icelle estre rédbite à la somme de sept centz 1. 1., 
pour lesquelles le service que lesd. s" de Notre-Dame 
seront tenus dire pour ledit s^ Thilelouze sera réglé entre 
eux et les s^» exécuteurs dudit testament. Plus pour le laiz 



461 

par luy fait à du Croq, sa niepce, femme de Guil- 
laume Robin, de la somme de quinze centz livres, il veult 
esire réduit à la somme de douze centz livres ; et pour le 
laiz par luy fait à l'hostel-Dieu de ceste ^ille de la somme 
de cinq centz livres, il veult et entend estre réduit à trois 
centz livres t. ; et de plus a déclaré ledit s»" Thitelouze 
qu'il donne et lègue et délaisse par forme de codicille et 
augmentation de son dit testament au trésor de l'esglise 
St NicoUas Rouen la somme de sept centz livres t. pour 
faire prier Dieu pour le salut de son ame et estre employez 
comme et ainsy qu'il sera advisé entre les s" exécuteurs 
de son testament devant dabté et les s'* trésoriers de 
ladite esglize, lesquels s'» exécuteurs il a pour cest effect 
priez vouUoir accepter ceste charge comme estant le tout 
son intention et dernière voUonté qu'il a promis tenir sur 
l'obligation de tous ses biens et héritages ; et fut aprezque 
lecture luy eult esté présentement faite par l'un des dits 
tabellions, l'autre présent et des tesmoings cy-aprez, du 
contenu de ces présentes, mot après aultre, et qu'il a dit 
avoir icelles bien etdeuement entendu et estre sa dernière 
voUonté. En tesmoign... etc. presentz Georges du Couldray, 
bourgeois, demeurant en la parroisse Notre-Dame de la 
Ronde de Rouen, et Jean Le Chevallier, bourgeois, de- 
meurant en la parroisse S.-Nicolas dudit Rouen. 

» Signé : Titelouze, Jehan Le Chevallier, 

Du Couldray, Helye, 

POIILLART. » 

L'écriture de Titelouze trahit l'effort et la fatigue. 

Le livre des comptes des Carmes de Rouen de i633 
contient cette mention : « Reçu de MM. de Fumechon, 
président, de Mathan, exécuteur du testament de feu 
M. Titelouze, chanoine et organiste très fameux de N. D. 
de Rouen, de son aumône et dernière volonté, nous ayant 



462 

assisté à son convoi et célébré son service, 3o 1. > (Arch. 
de la S.-Inf., F. des Carmes.) 

Le 1 1 novembre de la même année, Martine du Crocq, 
femme de Guillaume Robin, de Saint-Omer, donnait quit- 
tance aux deux exécuteurs testamentaires de feu Titelouze 
des 1,200 livres qui leur avaient été léguées. 

Le 2 décembre suivant, autre quittance de Guilla.ume 
Lesselié, facteur d'orgues de la paroisse de Sainte-Croix- 
Saint-Ouen. Il reconnaît avoir reçu des mêmes exécuteurs 
testamentaires un clavecin organisé et tout ce qu'il conte- 
nait, c se soumettant faire dire, comme il avait fait depuis 
le décès jusqu'à ce jour, pendant un an, deux messes par 
semaine à Tintention du défunt ». On peut croire que les 
œuvres manuscrites de Titelouze- accompagnaient ce cla- 
vecin. 

Dix-neuf jours après, 21 décembre, acceptation, par la 
fabrique de Saint-Nicolas de Rouen, du legs de Titelouze. 
On décide que le capital par lui légué sera employé en 
achat de rente pour faire dire à perpétuité, en cette église, 
une basse messe, le jeudi de chaque semaine, et un obit, 
le jour de son décès, qui fut le 24 octobre (TabelL de 
Rouen). 



DEVIS POUR LA CHARPENTE DE l'ÉGLISE SAINT-GERVAIS 

DE ROUEN (1434) 

« 

Placée en dehors des fortifications de la ville, dans une 
situation qui la dominait, l'église de Saint-Gervais ne 
pouvait échapper à une destruction plus ou moins com- 
plète lors des divers sièges que Rouen eut à subir. Il nous 
paraît probable que les travaux de reconstruction du toit 
de la nef furent nécessités par la dévastation qu'accom- 
plirent, en 141 8, les Rouennais eux-mêmes, en prévision 



4^3. 

de Tarrivée de Tarmée anglaise (i). Jean de Soteville (2), 
maître des œuvres de charpenterie pour le roi Henri VI, 
traita, à cette occasion, avec Gilles de Duremort, abbé de 
Fécamp. L'église de Saint-Gervais dépendait alors complè- 
tement de cette abbaye et n'avait encore aucuns revenus 
particuliers. C'est ce qui explique pourquoi G. de Dure- 
mort supporta seul les frais d'une restauration qui, 
partout ailleurs, auraient été mis à la charge des parois- 
siens (3). Le devis que nous publions nous a paru intéressant 
par les termes techniques qui y sont mentionnés. Nous 
citerons, entre autres, celui de lucane (ancienne forme du 
mot lucarne), auquel ne conviennent pas les définitions 
données par les divers glossaires d'architecture, même par 
celui de M. Viollet Le Duc. On remarquera dans ce docu- 
ment les trestes qui servaient à la réception des reliquaires 
quand les processions solennelles (celles des Rogations) se 
rendaient à Saint-Gervais, et les dimensions que Ton crut 
devoir donner au porche, considéré à cette époque comme 
une dépendance d'une église de paroisse. 

(i) Indulgences accordées parle cardinal de Sainte-Croix, légat 
en France, à ceux qui visiteraient à certains jours l'église Saint- 
Gervais, et feraient des aumônes pour la reconstruction et orne- 
mentation ; Ob guerrarum turbines quejam diu in regno Francie 
viguerunt, suis omnibus edificiis penitus et usque ad funda- 
mentum demolitamy et in ea, lapide super lapident non relicto, 
maceriisque depulsis, omnes ejus materias in alienis edificiis 
conversas percipimus, 17 déc. 1432. (Arch. de la S.-Inf. 
G. 6604.) 

(2) Jacques de Soteville paraît avoir succédé, dans cet office 
qu'il exerça fort longtemps, à maître Jean de Soteville, vrai- 
semblablement son père, que l'on voit qualifié de maître des 
œuvres de charpenterie de la Ville de Rouen et des ouvrages du 
pont, le i5 septembre 1408 (Arch. de la S.-Inf., F. Danquin).. 

(3) À partir de i543, à la suite de cession de droits de l'abbé 
de Fécamp, les paroissiens furent chargés à l'avenir des frais de 
rééditication et d'entretien de leur église (Arch. de la S.-Inf. 
G. 1593). 



464 

Ce devis donne lieu de croire que l'église de Saint-Ger- 
vais n'avait point encore de bas-côtés. Il est probable 
qu'elle avait la même longueur que l'église actuelle et que 
son clocher était situé au bas de la nef. Il comprenait un 
corps octogonal haut de 1 2 pieds au-dessus de la nef et 
une flèche ou aiguille d'une hauteur de 3o pieds. 

« Ensuit le devis de certaine besongne du mestier de car- 
penterie que veult faire faire révérend père en Dieu Mon- 
seigneur de Fescamp en l'église de S.-Gervais près Rouen, 
c'est assavoir : le comble de la nef de la dicte église, pour 
lequel comble, en chascun costé, sur les murs, esconvient 
sabelières par les dehors et dedens desdits murs, lesquelles 
seront fermées ensemble par petites entretoises ; et sur 
icelles sablières seront assis et mouUés neuf trefs dont les 
deux seront assis auprès des deux pignons de la dicte nef 
et les autres sept espassés par espasses égalles, entre les- 
quielx trefz, en chacun costé, seront formés joux portans 
mouleure par manière d'encorbellement, et au derrière 
d'iceulx joux se formeront corbeaulx pour porter les que- 
verons dudit comble. Item sur la plate fourme dessus des- 
clairée esconvient fermer entre chacun d'iceulx trefz cinq 
coupples de quevrons, et sur iceulx tretz en seront fermez 
neuf coupples tout à tiers point sans ogive ne autre mou- 
leure ; et seront les montans des dits coupples mis en huit 
pans embossés par le bout de bas ; et en chacun soit chap- 
pitre par leur hault au dessoubz des antrefz des dits 
coupples. Item entre iceulx montans et lesdiz antrefz sera 
fermé ung souffest tout au long, et sur icellui soubzfest, 
au hault des montans, sera fermé le fest, et entre iceulx 
fest et soubzfest sera faicte et fermée telle lieson comme 
la besongne le requiert. Item entre deux des diz trefz et 
sur les antrefz sera faicte une plate fourme, sur laquelle 
sera fermé ung clocher à huit pans, lequel aura si grant 
longueur de post que il sourmontera la dicte nef de douze 
piez, et sur iceulx postz sera fermé ung paallier auquel se 
fermeront les arestiers du comble et amortissement d'icellui 



465 

clocher, lequel aura trente piez d*aguille jusques à Tamor- 
tissement des queverons ; et seront fermées jambes dessus 
ledit paallier es diz arestiers et aussi tous les queverons 
du dit amortissement; et avec ce, à douze piezenhault de 
Taguille, sera fermé ung autre paallier bien et souffisant ; 
et sera faicte entre iceulx une lieson comme il apartient, 
et tout le dessus de la montée fermé et lyé bien et souffi- 
saument ; et aussi fault faire ou dedens d'icellui clocher 
ung befFroy pour faire voiler deux ou trois cloches ainsi 
que Pen verra que bien soit et une eschelle ou autre ha- 
billement pour y monter aiséement toutesfois que mestier 
sera. Item il est nécessité que le comble du canchel de lad. 
église soit refait tout de neuf, auquel esconvient plate 
fourme, c'est assavoir : de sablières, de trefz et demy-tref 
pour le pourtour, corbeaulx pour porter les queverons et 
jambes ; et ou pan d'iceulx queverons, en icellui pourtour, 
seront fermés antrefz par manière de paallier ; et si sera 
fermé ung fest entre les montans du piédroit avec la lyeson 
qui aux montans et fest appartient, //em, au dehors 
de la dicte église, au droit du grant huis, sera fait ung 
porche de dix pies de saillie, lequel sera de telle laise que 
l'en puisse faire sièges de chacun costé dedens icellui 
porche, sans empeschier l'alée dud. grant huis, auquel 
porche fault deux postz par le dehors et deux autres plas 
postz entre les pilliers auprès dud. grant huis; et entre 
iceulx postz seront fermées soUe et appuyé, coulombée de 
coulombes de trois à quatre piez de long, et sera le comble 
d'icellui porche tout fermé à tiers point bien et souffisau- 
ment; el aura sur le bout de devant une croix ou espy bon 
et souffisant. Item fault faire ou colomber d*emprès lad. 
église une lucane de six piez de longueur de post et de 
cinq piez de lé entre les diz postz, close par devant de trois 
piez de hault; et ausi sur le montant et par les costés le 
comble fait par le dessus et agréé de noez rondes bien et 
souffisaument; et avec ce fault faire deux grans longs 
sièges de bois par manière de trestes qui seront en la dicte 

3o 



466 

église pour soustenir et asseoir les fiertés, quant les pro- 
cessions iront audit lieu ainsi qu'il est en aucunes églises 
de Rouen, le tout fait et agréé dudit mestier de carpenterie 
bien et souflfisaument au regard des ouvriers en ce recon- 
gnoissans, pour lesquelles choses faire et agréer dud. 
mestier bien et souffisaument au regard des ouvriers en ce 
recongnoissans, et pour trouver tout bois, caray, engins, 
cordaulx et autres choses ad ce nécessaires et rendre tout 
prest jusques au later, fu marché fait entre mondit s*" de 
Fescamp, d'une part, et maistre Jacques de Soteville, 
carpentier, d'autre part, par le prix et somme de six cens 
livres t., avec lx s. pour le vin du marché ; et doit rendre 
led. Soteville la nef et la tour dud. moustier toutes prestes, 
comme dit est, dedens la fin d'aoust prochain, et le 
demourant de lad. besongne rendre preste et assise dedens 
Pasques prouchainement ensuivant, c'est assavoir à 
Pasques mil iiiic xxxv ; et se paiera lad. somme de six cens 
1. t. en la manière qui ensuit, c'est assavoir : cent 
cinquante livres avant les mains pour faire pourvéance 
de boiz, cinquante livres à la mykaresme prouchai- 
nement venant, cent livres en la fin d'avril ensuivant mil 
une xxxiiii, cent livres en levant et asséant lad. nef et 
tour, autres cent livres après ce que lad. nef et tour seront 
prestes pour commencer le résidu de lad. besongne, cin- 
quante livres en faisant et asséant icelle. et le résidu, mon- 
tant cinquante livres, en fin et conclusion de besongne. 
Ce marché fu fait, en Tostel (i) de mondit seigneur, le 
lundi xvni^ jour de janvier, l'an de grâce mil cccc trente 
et trois, en la présence de Bardin Vallès, carpentier, 
Guillaume de Malleville, escuier, Jeh. Le Varroquier et 
autres tesmoings ; les signes manuels des diz seigneurs et 
ouvriers. Ainsi signé : G. de Fescamp, J. de Soteville. 



(i) L'hôtel dit de Fécamp, vers le haut de la rue des Jacobins, 
aujourd'hui rue de Fontenelle. 



4^7 

Jeton de Lorraine. — Présenté par le secrétaire, il 
est ainsi décrit par M. Garreta : 

Face principale : « Adhuc spes dvrat » 

Revers : « Sic iji voluere » 

Ecusson aux armes de la maison de Lorraine ; au 
centre, se voit la bande chargée de trois alérions dans 
le quartier dit « sur le tout » ; placé sur les huit grands 
quartiers d^alliance suivants : 

Les quatre en chef sont : Hongrie?; Bourbon- 
Orléans ; Jérusalem ; Aragon. Les quatre en pointe : 
Bourbon ; Flandres ? Gueldres ?; Bar. 

L'écu est accosté du monogramme des deux G entre- 
lacés G(harles de Lorraine, duc de Guise), surmonté 
d'une couronne ducale. 

Il est surmonté d'une couronne ducale. 

Un dextrochère (bras droit) armé d'une épée et 
issant d'une nuée. 

Revers : les trois alérions de Lorraine transpercés 
par une flèche la pointe en haut, le tout posé en 
bande. Cette brochette est flanquée en chef et en pointe 
de deux croix de Lorraine à dextre et à senestre du 
monogramme des deux C surmontés de la couronne 
ducale. 

Liard. — Le secrétaire présente ensuite un liard 
très fruste, trouvé par M. l'abbé Lecaplain. M. Drouet 
y reconnaît sans peine Peffigie du jeune Louis XIV. Il 
fut frappé lors de l'énorme émission qu'a citée son mé- 
moire; seulement le différent i prouve qu'il vient de la 
monnaie de Limoges. 

Portail Saint- Jean. — M. G. Dubosc invoque 
les notes d'un archéologue anglais qui a relevé, à 
gauche du portail voisin de la tour Saint-Romain, 



468 

ce fragment d ^inscription : Hic affertur caput. Il 
prouve l'existence de sculptures relatives à Saint-Jean- 
Baptiste et spécialement à sa décollation. 

Ce portail amène M. Lefort à rappeler qu'au 
xm^ siècle la cathédrale de Sens démonta des portails 
édifiés au siècle précédent, puis les refit en leur con- 
servant leur ancien caractère. En Pouiile, les sculp- 
tures en tête de diamant que présentent certains édi- 
fices, nous montrent que l'art normand fit sentir jus- 
que-là son influence. 

Eglise du Bourg-Dun, — En excusant son absence, 
M. P. Le Verdier appelle l'attention sur les travaux 
qu'un journal de Dieppe relate dans cette église. Celui 
qui les exécute doit être un simple tailleur de pierres 
de Bacqueville. 

On enlève le badigeon du transept sud, et ce net- 
toyage a mis au jour dans toute leur beauté, tous les 
arceaux des voûtes, « des pendentifs et des culs-de- 
lampe sculptés avec un art infini ». Dans sa visite au 
Bourg- Dun, M. Hendlé avait si bien admiré ce tran- 
sept, qu'il souhaitait qu'on en fît une photographie. 

Sur cet exposé, M. Lefort rédige aussitôt la note ci- 
jointe : 

« M. Lefort n'a aucune connaissance des travaux 
dont parle la lettre de M. Le Verdier et en cours d'exé- 
cution à l'église du Bourg-Dun. 

» Il ignore si une direction compétente existe pour 
ces travaux, direction d'autant plus nécessaire que 
rédifice, si intéressant dans toutes ses parties, renferme 
en outre, de véritables raretés. Ainsi, le transept nord 
possède encore un plancher en bois de solives appa- 
rentes, remontant au xn« ou au xiii« siècle. 



469 

» Ce plancher, en fort mauvais état, allait être 
démoli, quand Pintervention de M. Lefort en assura 
la conservation : on dut seulement le doubler par une 
œuvre identique, avec un vide isolateur d^environ 
o™20 entre les deux planchers, l'ancien et le nouveau, 
pour abriter les fidèles contre le froid. 

» Il existe encore dans le transept nord de Saint- 
Georges-de-Boscherville des restes d'un plancher en 
bois analogue : mais les solives avec leurs rainures 
subsistent seules; les planchers intermédiaires ont dis- 
paru. 

» Ces deux exemples de l'architecture religieuse, an- 
térieurs à l'emploi des voûtes dans notre pays, sont 
très rares et méritaient, croyons-nous, d'être men- 
tionnés. » 

Informé le jour même des inquiétudes de la Com- 
mission, M. le curé Dupray a répondu dès le len- 
demain : 

a La Commission peut se tranquilliser. . . Il ne s'agit 
que d'une simple appropriation. Les voûtes étant 
solides, il n'y avait plus qu'un simple travail de net- 
toyage. Il y a bien quelques morceaux de pierre à re- 
mettre aux arceaux, mais cela n'intéresse pas le côté 
artistique du monument. Mon ouvrier a travaillé au 
Bourg-Dun avec M. Vallette, à Tabbaye de Fécamp et 
à Norville. Il est très au courant de l'architecture. 

» Je vais supprimer une planche coloriée placée 
devant la chapelle de la Sainte-Vierge et faire gratter 
les peintures à la base du magnifique vitrail de l'arbre 
de Jesse. Quand j'aurai placé trois vitraux dans le col- 
latéral, ce qui va se faire sous peu, mon église sera la 
plus belle église rurale du Diocèse. » 



JJO 



Moule à monnaies, — A la demande de M. le curé 
d'Arqués, M. Ed. Le Corbeiller a bien voulu confier 
au secrétaire, pour être présenté à la Commission, 
un curieux morceau de pierre très dure ( 1 1 5 •"/" X 9^ 
X 33) portant gravée en creux une triple empreinte 
de monnaie. Elle a été recueillie contre le mur de 
Péglise Saint-Etienne, à la Maladrerie d'Arqués (i). 

L'absence de l'autre pierre, destinée à compléter ce 
moule, peut faire douter qu'il ait jamais servi, et même 
qu'il ait été terminé. La blancheur de la pierre indique 
un objet absolument neuf, mais les bords sont passa- 
blement ébréchés. Les trois attaches en métal qui font 
saillie mesurent 6 millimètres de diamètre. 

On s'accorde à y voir un moule de faux-mon- 
nayeurs pour une petite et mince pièce d'argent, denier 
ou obole, pesant à peine i gramme. 

Les monnayeurs officiels étant alors très maladroits, 
on ne pouvait attendre de belles pièces d'un faussaire. 
C'est ce qui explique la grossièreté des lettres où M. Le 
Corbeiller a cru distinguer le nom philippds. 

(i) M. Ed. Le Corbeiller a depuis singulièrement accru l'in- 
térêt de sa fort obligeante communication en fournissant les 
moyens d'un rapprochement instructif (BuZ/e^m arch. du Comité^ 
i883, pp. 34-37.) 

En effet, M. Godard Faultrier, conservateur du musée d'An- 
gers, a jadis présenté au Comité un moule à monnaie pouvant 
dater de la fin du xiiie siècle ou du commencement du siècle 
suivant : trouvée dans le mur de l'église de Sceaux, en Anjou, 
la pièce mesure to cent, de longueur, 5 de largeur, 2 d'épais- 
seur. Elle porte dix empreintes de i cent, de diamètre de la 
monnaie dite paugeols, pi te ou poidevin. 

La monnaie officielle étant d'ordinaire frappée et non coulée, 
on en a conclu que le moule angevin n'avait pu être qu'à l'usage 
de faux-monnayeurs. 



471 

Quanta la date du moule, M. Drouet conjecture, 
mais sous grandes réserves, qu'il appartiendrait à la 
transition entre le « denier au temple n et le < châtel 
tournois », ce qui remonte au xi' siècle. M. de Beaure- 
paire l'attribuerait au siv<. 



'V 



\ 



MOULE A MONNAIES 

M. Vaussier. Notes diverses. — Plusieurs fois déjà 
la Commission a pu examiner les débris archéolo- 
giques, que son président lui a soumis de la part de 
M. E. Vaussier, membre de la Société de l'Histoire de 



472 

Normandie, propriétaire à Notre-Dame-de-Franque- 
viile. 

Le Bureau en offre aujourd'hui encore un lot re- 
marquable, où se distinguent un grand bronze de 
Néron et une belle hachette polie. 

M. Yaussier y joint seize pages de notes sommaires 
intitulées : Explorations archéologiques, préhisto- 
riques et historiques dans quelques communes du 
canton de Boas, M. de Beaurepaire en lit, çà et là, 
de longs fragments, que la Commission entend avec 
intérêt. Elle vote l'insertion au procès-verbal d'un 
résumé substantiel de ces notes, oti le secrétaire espère 
trouver un supplément, ou parfois un correctif à sa 
Géographie de la Seine Inférieure , 

M. de Vesly insiste sur l'obligeant et précieux conr 
cours qu'il a trouvé dans M. Vaussier pour ses propres 
recherches. A ces divers titres, la Commission offre à ce 
modeste travailleur ses remerciements et ses félici- 
tations. Le secrétaire sera heureux de les lui adresser 
officiellement au nom de la Compagnie. 

EXPLORATIONS DANS LE CANTON DE BOOS 

Voie romaine de Rotomagus à Ritumagus (de Rouen à 
Radepont). 

L'embranchement de droite, appelé t sente de Rade- 
pont », au bas de la côte de Darnétal, suit le fond d'une 
ravine et atteint Franqueville au triège ^es Planquettes 
(ou des Parquets). Tuileaux romains et fragment d'un 
pavé mosaïque, large de 1 5 centimètres ; prés de là, dans 
un bois défriché, plusieurs silex. 

Dans un bout de cavée, laissant à droite la chaussée, 
grattoirs et poinçons en silex. 

La voie passe à droite du vieux télégraphe et du manoir 



473 

des Loges, où se sont rencontrées quelques poteries en 
terre grise. 

Elle traverse ensuite le Quesneau, puis la propriété de 
Mlle Dieusy, qui possède un vieux manoir, rebâti sur les 
fondations de celui qu'Henri IV détruisit en ôgS. Il ap- 
partenait alors à Nicolas de Bauquemare, seigneur de 
Franqueville et fils du seigneur du Bourg-Denis. La mu- 
raille de clôture conserve une meule romaine en pou- 
dingue, et au-dessous du manoir un souterrain voûté en 
pierre se dirige vers Branville. 

L* église garde des traces du xp siècle. L'ifqui l'avoisine 
semble contemporain de sa fondation; c'est la curiosité du 
village. 

La voie prend la direction du Mouchel. Sur la gauche, 
j'ai cru reconnaître de larges fossés au camp du Bordel. 

Au Mouchel, la voie, appelée parfois « chemin de la 
reine », passe devant le manoir de l'abbaye de Sainte- 
Catherine. Entouré de fossés et muni d'un pont-levis, le 
manoir fut brûlé en 1 562 par Thomas Cossard fils, sei- 
gneur de Saint- Pierre-de-Franqueville, qui avait embrassé 
la Réforme. 

Un peu plus loin, près du camp des Mares ou des Ma- 
rettes, le manoir du Faux fut également détruit pendant 
les guerres de religion. Il appartenait aux mêmes religieux. 
Sur sa droite, la voie traverse le hameau du Faux, puis 
longe les Fosses Jumelières, dites aussi portes des Argi- 
lières ou camp du Fournil. Dans ce triège, j'ai recueilli une 
pièce de 1 744, où on peut lire : Stadt. 

La voie s'enfonce dans une cavée, puis atteint Franque- 
villette où elle passe près du cimetière, qui a donné des 
sarcophages en pierre. 

Elle traverse la route de Paris près V hôtel du Cheval- 
Blanc^ et, avant d'atteindre le hameau Dubosc, passe à 
gauche d'une motte qu'a surmontée le château ou Vieux- 
Manoir. 

Vers La Neuville, au triège du Hêtre, et à l'encoignure 



474 

de la route de Ry. j*ai trouvé les restes d'un grand établis- 
sement romain dans une abondante moisson d'antiquités : 
tuiles à rebords, pavés, poteries en terre de Samos et 
autres, enfin une médaille de Faustina Augusta, grand 
module. 

En labourant, M. Métaux, propriétaire du champ, a ra- 
massé des médailles de Trajan, de Faustine et d'Antonin- 
le-Pieux, avec un grand vase en terre rouge. 

La voie coupe ici la route de Ry, à droite de la Mare- 
aux-Corsains, voisine de vieilles fondations. Elle se dirige 
ensuite sur les Longs-Boels, riches en antiquités, telles 
que : vases et meules en poudingue; et elle arrive enfin à 
Radepont. 

Observations diverses. — Vers le vieux chemin royal du 
Pont-Saint-Pierre, près de Téglise, existe un souterrain oii 
conduit un escalier de vingt-deux marches. Il se divise en 
trois galeries : l'une tend vers Radepont, l'autre vers Boos 
et la dernière se dirige vers Mesnil-Raoult. 

Sur le triège des Hauts-Buts, à droite de l'église, se 
rencontrent beaucoup de tuileaux romains et des poteries. 
M. Métaux y a trouvé une médaille de Septime Sévère et 
une hache en pierre polie. 

Un peu au-dessus et au nord de l'église, la motte 
marque, je crois, l'emplacement du manoir de Jean de 
Cormeilles, lieutenant du bailli de Doudeville, vicomte de 
La Neuville, seigneur de Franqueville, conseiller du roi 
au Parlement, décédé en 141 7. 

Me dirigeant sur la ferme des Moussais, qui a fourni 
une hache en terre polie, j'ai été heureux de trouver une 
petite hache en silex gris. 

Dans la propriété de M. Bétille, une vieille tradition 
dit qu'en 1 562, durant les guerres de religion, il fut caché 
une vierge tout en or massif. 

Quittant ce village pour aller aux Authieux, je remarque 
tout le long de la rue des bornes qui sont des pierres 
ayant dû servir aux autels des druides. 



475 

Au milieu de la côte de Gouy, à Port-Saint-Ouen, j*ai 
trouvé sur la gauche, à quatre mètres de fe route et cachée 
sous la mousse, une pierre ronde et bombée d'environ un 
mètre : je crois y avoir reconnu une dalle tumulaire. 

Au vallon du Becquet, j'ai remarqué dans une espèce de 
ravine une voie antique qui se perd dans les broussailles. 

A Franqueville, au lieu où jadis ont existé des fontaines, 
j^ai aperçu dans les broussailles un caillou singulier, 
comme lavé par Teau. Il servait de cachette à une petite 
hache en silex noir. 

Il y eut là, selon une vieille tradition, des fontaines qui 
auraient été bouchées avec des pieux et cimentées en 
temps de guerre. 

Au haut du vallon appelé Coutume de Bruneval ou 
M ont- Rôti, au triège des Clos ou de la Mare-de-l'Essart, 
passait la voie de Bruneval ou chemin du roi, traversé par 
la voie potière. La tradition y place le village de Franque- 
ville, et dans tout ce triège la charrue heurte des fon- 
dations. 

Dans un champ qui m'appartient, j'ai ramassé des pavés 
entiers, des fragments de tuiles à rebords, des poteries, des 
os (tibias et autres) et une très belle hache en silex blanc. 

A l'extrémité de ce chemin, qui traversait toute la com- 
mune de Franqueville du sud au nord, s'élevait le manoir 
de Jean et de Bureau de Cormeilles, seigneurs de Franque- 
ville. Il fut vendu en 1401 à Nicolas Pilois, beau- père de 
Jean Bracque, seigneur de Boisguillaume. Mais les Cor- 
meilles se réservèrent leur titre de seigneurs de Branville. 

Au-dessus de ce triège un grand vallon a été très ancien- 
nement bouché à Taide d^une forte levée de terre. 

Près de là, dans un bois faisant face à toute la vallée de 
TAubette, une banque de terre, haute de 2fn5o et large de 
4 mètres, s'étend sur une longueur de 5oo mètres. Un fossé 
de i«»5o la borde de chaque côté. 

Au triège du Vaubeuges, nom qui veut dire, je crois, 
<( vieilles cahuttes », que longe à gauche mon chemin de 



476 

Branville, j'ai trouvé une quantité de silex de toutes 
sortes. Celui qui a le plus attiré mon attention est une 
tête d'animal très bien imitée. 

Ce chemin descend à Saint-Aubin où existait le manoir 
seigneurial de Guillaume de Bauquemare, tué au fort 
Sainte-Catherine, lors du siège de Henri IV (voir Farin). 
Dans ses dépendances se voit une pierre de 70 centimètres 
carrés, appelée encore Pierre du Trésor. Elle est enfoncée 
en terre, à environ 200 mètres de la route de Lyons; et la 
charrue passe dessus. 

Franchissant cette route de Lyons, la voie de Branville 
se dirige vers le Parc- Longuet, en laissant à gauche le 
cimetière mérovingien, où M. de Beaurepaire a fait de si 
belles découvertes (Bulletin de la Commission^ 1891-1893, 
p. 397). 

La ravine ou vieille voie romaine, qui gagne Epinay, 
passe à droite du manoir du Meslé, ancienne demeure 
des seigneurs du lieu, qui avaient une chapelle de Notre- 
Dame-de-la-Délivrance. 

A gauche de Téglise, la voie suit le long vallon par où 
elle s'élève au Montmain, où se rencontrent quantité de 
tuileaux de toutes sortes au triège de Bernebus. Elle gagne 
ensuite Mesnil-Raoult. Des fondations anciennes sont con- 
nues au triège de l'Epinette et de la Côte-Arbrousse. J'y ai 
même recueilli une médaille de Nérot; grand module, où 
la face permet de lire : nero. clavd. c^sar. aug. ger. pm. 
TM ppp; et au revers : Securitas Augusti, 

A Boos, le pressoir de la ferme de M. Paul Hubert, au 
hameau de Bouquelon, conserve une pierre digne d*être 
examinée. 

Je crois que la ferme de M. Périer, avec sa vieille entrée 
et son portail en pierre, fut autrefois le vieux manoir de 
Bouquelon. 

Le vieux chemin, appelé « voie potière », qui conduisait 
à la fabrique de tuiles, m'a mené à la garenne du château 
de Saint-Pierre-FranquevillCvA 5o mètres environ de cette 



477 

voie apparaissent les fondations du moulin à vent, où 
Henri IV passa une nuit, et qui est cité au contrat de vente 
du 28 janvier i535. 

Le château, de style Louis XIII, possède deux souter- 
rains : l'un à 7 mètres de profondeur, creusé dans le tuf, • 
et l'autre à 14 mètres, creusé dans la marne; ils passent 
tous les deux sous la mairie de Franqueville. (J'ai fait des 
recherches sur ce château : elles ont rempli un cahier de 
200 pages.) 

La voie potière traverse toutes les coutumes de Bru- 
neval, pour se diriger vers la Haute-Epine, triège de 
Normand. 

Dans un champ à gauche j'ai rencontré, en 1904, un 
vase funéraire avec une médaille de Crispine. Je crois que 
ce champ de M'^^ Léguillon mérite quelque attention, et 
pourrait bien être un cimetière mérovingien. 

La voie potière faisait embranchement avec le chemin 
royal du Pont-Saint-Pierre, qui menait à la côte Sainte- 
Catherine. Au Mesnil-Esnard, il passait à gauche du Franc- 
Manoir, demeure de la famille Dubosc, seigneurs de cette 
paroisse. 

Voilà ma petite excursion terminée. En la faisant, je me 
suis engagé dans un chemin assez obscur pour mon peu 
de savoir; mais j'y ai retrouvé partout la vie de nos pères. 

P. 'S, — Je tiens à la disposition de MM. les Antiquaires 
tous les objets que j'ai recueillis. 

Enfin l'abbé Tougard complète par une double 
communication les dernières informations que la 
Commission a pu recueillir sur l'église de Saint-Saëns. 

Vitraux de Saint-Saëns. — La belle église neuve, 
œuvre de notre confrère M. Lefort, a conservé tous les 
anciens vitraux, dont* la Commission s^est maintes fois 
justement préoccupée. On avait insisté sur l'utilité de 
les pourvoir de grillages protecteurs, et il y avait lieu 



478 

d'espérer qu'un subside administratif hâterait cette 
excellente mesure. Les secours s'étant fait attendre, ce 
sont les finances locales qui en ont supporté les frais. 

Quant à la date de ces vitraux, un habile peintre 
verrier les croit tous du xvi« siècle, se fondant sur une 
sérieuse comparaison avec les fenêtres de Saint-Vin- 
cent. Selon ce praticien, l'aspect archaïque de plusieurs 
verrières résulterait uniquement d'une moins grande 
habileté de leur dessinateur. Si ce sentiment ne rallie 
pas tous les sufifrages, il mérite du moins d'être discuté. 

Disons enfin, simplement pour mémoire, que ces 
vitraux ont fourni de précieux arguments à notre dis- 
tingué collègue M. Gaston Le Breton, pour sa savante 
dissertation sur V Iconographie de Saint-Louis, 

Anciennes inscriptions de l'église de Saint-Saéns (i). — 
M. le doyen Cagniard a eu Fexcellente pensée de grouper 
sur la muraille du bas côté droit de l'église neuve, auprès 
des fonts, les cinq inscriptions qui se lisaient dans l'an- 
cienne église. Malgré deux ou trois mutilations et quelques 
mots peu lisibles, elles semblent mériter d'être conservées. 
Les voici, telles que le secrétaire les a relevées avec le 
concours de M. le Curé, dans Tordre où on les rencontre 
en entrant dans l'église. 

I 

(o«'34 X 0,43) 
D. O. M. 
Et perenni mem. venerab. viri M. Car. de Velduitz hvivs 

ECCLESIiE OyONDAM PaROECHI SaNCTI SiDONII QUI BONI pASTORIS 
OFFICIO DEFFUNGENS DUM GRASSANTE EPIDIMI^ MORBO CONSOLANDIS 
ET CVRANDIS iËGRiS, SEPELIENDIS AC INHVMANDIS MORTVIS TOTVM 

SE mancipat; pestifera lue extinctvs, svmmvm svi desiderivm 

VIVIS EXCITAVIT DE VTRISQ.VE BENE MERITVS. 

Dionysivs Feuvricva Flicvrtivs.. . Ecoles ice primvs metropol. 
canonicvs amico prœ[matu\ra morte sublato mœrens posvit, 

(i) Constatons que l'inscription commémorative, sauvée par 
M. le Doyen et publiée dans une de nos dernières séances, provient 
non de Téglise paroissiale, mais de Tancienne abbaye. 



479 



Cy devant gist Velduitz en la fleur de son aage 

Qui plein de charité mie crainte de mourir, 

Pour son peuple affligé de peste secourir 

Laissant d'un vray pasteur ce parfait témoignage 

Obiit die VI avgvsti anno 

Domini M Vie XX VIII 

Reqviescat in pace 

II 

(o»47 X 0.35) 
Par contract passé dev 

ANT les tabellions ROYAULX 

DK s. Saen le dernier lor d'ao 

oust 1675, ho/neste perso/ne Pierre Le 

Pelletier Mercier a aumosné a l'égli 

ZE de CEANS DOUZE LIVRES TZ DE RE 

NTE A PRENDRE SUR JeAN LBGRAND PiGNE 

RRE DE MAUCOMBLE Pô ESTRE PARTICIPANT 

AUIL PRIÈRES DE CESTE EGLISE ET AFIN QZ 

A SON INTENTION IL SOIT DICT CHACUN AN 

LE PREMIER VENDREDY DE SEPTEMBRE 

UNE MESSE DE L'OFFICE DES APOSTRES A 

NOTTES ET LE LENDEMAIN UNE MESSE DE Re 

q,uiem aussi universa. ainsi q.u*il est con- 
tenu au dit contract y {t) recours 
Pries Dieu pour lui 

III 

(o™59 X 0,48) 
les tabellions roiaux de sainct 

lOUR DE MARS 1 6 1 8 DISCRETTE PERSO/nE 

COIS DE PiMONT, PBRE CURÉ DE CrITOT 



A AUMOSNÉ A l'ÉGLISE DE CEANS SIX LIVRES TZ 

de rente fontière a prendre sur la masure de 

Jehan Remoussin de l'Espine, pour l'élection q.u'il 

a faicte de la sépulture soubz la tombe de feu son 

père en ceste dicte église ; a la charge de troiz 

MESSES A NOTTE PAR CHACUN AN : l'uNE A SEMB/lE 

lOUR DE SON DECEDZ, LA SECONDE LE PREMIER lOUR 

d'aPVRIL, ET LA TROIS« LE TROISIESME 10 UR DE DECEMBRE 

AUEC AULTRES CHARGES CONTENUES AUD./ CO/tRACT 

ET DECEDA LE ^()^ (ujOUté) lOUR DE JANVIER 

1646 {ajouté). Priés Dieu pour luy. 



480 



IV 

(o'»49 X 0,48) 

EN LONNEUR DE DiEU ET DE MONSE 

S. Sakn leues<^ue de Marque a de 

Dié geste EGLISE EN ... P. MoNSE DE 

Rouen et de son avctorité a do/né 

au jour d*iceuse deducasse xl jour 

de pardon, et fut l*an de grace mil 

cccclxvij le vi« jour de may ; 

ET FU DE l'aUMONE DES BONNES 
GENS 



(om32 X 0,42) 

.... DE CEAN EST SUBIECT 
. . . PAR CH/CN an TROIS MESSE 

BASSES : l'une le iour Saint Martyn 

LE PR/MIER iour DE MAY, L*AUTRR LE XXIIII 
IOUR DUD. MOYS POUR LAME ET A 

l'intention DE 

(^UI POUR LA FONDACION DES DICT 
MESSES A CEANS AUMOSNÉ LE CaMP 

Mauger. Pries Dieu pour lui 

La séance est levée à quatre heures. 



A. TOUGARD. 



48i 



TABLE DES NOMS D'HOMME 



Abaquesne, 454. 
Acossetes, ^gS. 
Adjutetir (saint), 462. 
Adrien (saint), 269, 457. 
Agneaux (d*), bg. 
Ainsworth, 460 . 
Albin, 190. 
Alespée, 394. 
Alligre(d'), 366. 
Allîne, 382. 
Almaury, 160. 

Alorge, 94-97» 176. 
Amboise (G. d*), i5, i6. 
Amfre ville (d'), 75. 
Amplement (l'abbé), 220. 
Ancel, 410. 
Andelin, 164. 
André de Salamanque, 187. 
Andrieu, i5, 355. 
Anglesqueville (d*), 59. 
Ango, i5o^ 164, 453, 454. 
Ahsbert (saint), 452. 
Anselme (le P.), i56. 
Antonin, 86, 190. 
Arcona, 184-. 
Artaud, i5. 
Aubert, 354. 

Auberville (d'), 394, 395. 
Aubigné (d*), 46, 47. 



Aubry, 18, 102-106, 207, 
Audis, 178, 209. 
Aunoy, 95. 
Aurélien, 195. 
An sois, 
Aydie(d'), 58. 



B 



Baïeux(J. et P. de), 1 55, 218. 
Bailleul (de), 48, i85, 367. 
Balavoine (l'abbé), io3. 
Ballin, 81. 
Bar (de), i63. 
Barbes, 397. 

Barbier de Montault, 195,198. 
Baugueroult, 394. 
Bauquemare (de), 184, 317, 

3 18, 473, 476. 
Bavent, 396. 
Beaufils, 177. 
Beau fort (de), i5, 274. 
Beau gendre, 357. 
Beauregard (O. Costa de), 44, 

24.1. 
Bedfort, 12, i3, 160. 
Bellest, 326. 
Benard, 398. 
Benoist (R.-P.), 227. 
Berain, 162. 
Bernard, 63, 64. 



I Voir à U Table des Matières l'article Commission. 



3i 



482 



Bërneval (de), 218 . 
Bernières (de), 363. 
Bertaud, i5. 
Berthelé, 3i. ^ 
Béthencourt, iSy, 143. 
Biard, 88, 89. 
Bidault, IOO-I02. 
Billiard, 413. 
Bissonnet (du), 38i. 
Blanchet, 412, 413. 
Blandin, 1 30-141. 
Blesot, 3 1 1 . 
Bloud, 272. 
Bohier, 3 18, 334. 
Boivin, 3gy. 
Bonacorsy, 236. 
Bonaparte, 88. 
Bongars (de), 70. 
Boniface (de), 68, 184, 247, 

249. 
Bonnechose (card. de), 53, 63 , 

292. 
Bonnel, 70. 
Bordeaux, 129, 143. 
Borel, 124. 
Borély, i63. 
Bosc-r Abbé (les), i55. 
Boslebec, 354. 
Bossuet, 335. 
Botéon (de), 363. 
Bouet, 202. 
Boulanger, 4. 
BouUenc, 398. 
Bourbon (de), 16. 
Bourdet, 395. 
Bourdon, 161. 
Bouteiller, 82. 
Bouvet, 398, 404-406. 
Bouzet(du), 226. 



Bracque, 475. 
Brasseur, 419. 
Bréauté (de), 79. 
Bretel, 189, 459. 
Brèvedent (de), 176. 
Brézé (de), 8. 
Brianchon, 52. 
Brienchon, 377. 
Bridelle, 2i5. 
Brillac (de), i5. 
Brille vast (de), 33o. 
Briot, 7, 161. 
Brunel, 216. 
Brunet, 396. 
Burel, 14. 
Buret, 235. 

C 

Cacheleu (prêtre), 164. 

Cacherat, 353. 

Cagniard (Fabbé), 225, 228, 

Cahais, 217. 

Cahingt, 276, 367, 418. 

Caillon, 89. 

Campes, 33 1. 

Campion (les de), 274-276, 

326. 
Cappelet, 95. 
Caron, 355. 

Carrey de Saint-Gervais, 45 . 
Cassini, 104. 
Catherine (sainte), 121. 
Cauchon (P.), 100*102. 
Caumont (l'abbé), 40-42 ,241, 

470. 
Caumont (de), 366. 
Cauvet, 47. 
Caval, 38 1. 



483 



Cavelier, 149, i5o. 
Caze, 137, 143. 
Cécile (sainte), 467. 
Célestin (Saint Pierre), 18,20. 
Cénalis, 189. 
Cenamy, 238. 
César, 86. 
Challange^ 334. 
Chardin, 355, 426. 
Charlemaine, 393 . 
Charles V, 122. 

— VI, 450. 

— VII, 13,20,95, i56. 

— IX, 10, 56, 120. 
Chaudet, 87. 
Chaumeix, 328. 
Chesneau, 189. 
Choqueux, 41 3. 
Choynet. Notice : 281-292. 
Cideville, 83. 
Civille(de), 65, 332. 

Clair (saint), 452. 

Claudin, 199, 324. 

Clément VI, 108, 109, 112. 

Clément (R.), 21 3. 

Clercy (de), 62. 

Clives (de), 343. 

Coche, 277, 293, 340. 

Cochet (l'abbé), 6, 10, 22,25^ 
40, 52, 59, 61, 86, 87, 171, 
193, 2o5, 227, 240, 262, 
269, 35o, 35i, 369, 375, 
382, 388, 471. 

Cochon (P.), 94. 

Colas (Pabbé), 442. 

Colbert, 228, 348. 

Colbert de Croissy, 58, 61, 
66, 68, 69. 

Collet, 240. 



Commode, 190. 
Constance, 86. 
Constantin, 86. 
Conti (de), 6 1 . 
Coquet, 395-397. 
Cordier, 154. 
Cormeilles, 474, 475. 
Corneille, 236, 242, 274, 326, 

328, 384. 
Cossard, 473. 

Costa de Beauregard, 44, 24 1 . 
Cotelle, 276, 278. 
Cotgrave, 127. 
Cotton (L. de), 255. 
Coulard, 173. 
Cour son, 235. 
Courtonne, 52. 
Cousin, 396. 
Coutil, 25, 374. 
Couvet, 254. 
Craon (de), 286. 
Crispine, lyo. 
Croisé, 40. 
Croixmare (de), 102. 
Crouzilhac (de), 366. 
Cusquel, 210. 
Cybèle, 191. 

D 

Danet, 149. 

Danviray, 244. 

Darcouat, 184. 

Darée, 45 1 . 

Devy, 376. 

Debais, 147. 

De la Barre, 235. 

Delaloere, 14. 

De la Rue, 21 6 . 

Delaune (l'abbé), 104, io5. 



484 



Délesque, 172. 

Delisle (J.), 329. 

Delisle (L.), 56, 246, 379. 

Delombardy, 129. 

Deluen, i55. 

Densel, 161. 

Derloche, 389. 

Derocque, 55. 

Descamps, 83. 

Descantières, 73. 

Deschamps, 182-184. 

Descheliers, 55. 

Desloges, 9 1 . 

Desmarquets, 57. 

Despinay, 179. 

Des Rues, 161. 

Destampes, 160. 

Destin, 3 16, 317. 

Deu, 401 . 

Deville, 8, 86, 245, 377. 

Didace (saint), 427. 

Didot (Ambroise), 281. 

Dieulegart, 149. 

Divetot, 25o. 

Dorset (de), 12. 

Doutant, 193. 

Dreux (de), 280. 

Du Bosc, i58, 177, 477. 

Du Bue, 211. 

Du Cange, 126, 232. 

Du Cerceau, 10. 

Duchemin, 354. 

Du Chesne, 357, 358. 

Du Bocq, 398. 

Du four, 290. 

Du Gord, 398. 

Du Hen, 254. 

Duhomme (Pabbé), 117. 

Du Hommet, 395. 



Du Laurens, 162. 

Dumonstier, 147. 

Dumont, 284-289. 

Dumouchel, 3 1 5 . 

Du Moustier, 396. 

Dunensis, 14. 

Duplessis (dom), 46, 47, 59, 

262. 
Dupont, 393. 

Dupont-Boisjouvin,4i6,4i7. 
Dupraj' (l'abbé), 469 . 
Dupré de Sainte-Maure, 244. 
Dupuy-Delaroche, 53. 
Duquesne, 235. 
Dury, 25 1 . 
Du Tôt Frontin, 76. 
Duval (l'abbé), 2o5. 
Duvet, 359. 

E 

Edouard VI, 324. 

Egger (E.), 204. 

Esneval (d*), i63, 23o. 

Estaintot (d*), 48. 

Estelan (d*), i63. 

Estoutte ville (les d*), i56, 

157, i63. 
Eudes Rigaud, 4,41, 262. 
Eurry, 398. 
Excester, 95. 



Fabri, 6, i5. 

Fabricius, 268. 

Farcy, 352. 

Farin, 19, 29, 98, i52, 177, 

180. 
Faustine, 28, 170, 474. 
Fenys, 17. 



y 



485 



Ferai, 174. 

Ferrand (D.), 142, 248, 24g. 

Ferté-Fresnel (de la), 237 . 

Fervaques (de), 364-366. 

Feuillet, 68. 

Feuvricus, 478. 

Fichet, 199. 

Fierabras, 5j. 

Filla8tre(le P.), 309. 

Fiquenel, 38 1. 

Fiquet, 279. 

Firmin (saint), 457. 

Flavy (H. de), 286. 

Floquet, 332. 

Florus, 195. 

Fortin, 259. 

Fournier, 64, 181. 

Framery, 38 1. 

François 1% i52, i53. 

Frère (Ed.), 172, 325, 400- 

404. 
Fréville (de), 204. 
Frontin, 335. 



Gadagne (de), 364. 
Gadeau de Kerville, 41 3. 
Gaignet, 176. 
Gambier, 22. 
Garin, 397. 
Garneray, 244. 
Gamier, i5. 
Gatianus, 478. 
Gaudry, 157. 
Gaultier, 354. 
Gautier, 399, 408. 
Gaverelle, 355. 
Georges de Clères, 286. 
Gilles, 47,463. 



Giverville (de), 254. 
Glocester, 12. 
Godard Faultrier, 47 1 . 
Godefroy, 329, 353. 
Godegrand (saint), 452. 
GonoDauit, 3q7« 
Gorge, 444. 
Gorren, 376-382. 
Gosselin, 326,360,413,420. 
Gossier (rabbé), 261. 
Goudouin, 210. 
Gouel, 401. 
Gou/on, 8, 114. 
GouUe, 3 12-3 14. 
Gouppil, 396. 
Gregore, 212. 
Grémonville (d^), 91-94. 
Graville (L. de), 16. 
Grisel, 237. 
Grosmesnil (de), 52. 
Groulart, 16, 19, 21. 
Guérente, 458. 
Guéroult (D'), io3. 
Guillaume de Flavacourt, 375, 

376. 
Guillaume le Conquérant), 

383. 
Guilmant, 456. 
Guillot, 46, 149. 
Guinaert, 435. 
Guiton (de), 36 1. 
Guyon, i5. 

H 

Hadrien, 86, 190. 
Halle, 455. 
Halot, 212. 
Hamy, 366. 
Hangest (de), 16, 18. 



486 



Hannedart, i5o. 

Harbouville (d*), 60. 

Harcourt(Mte'de), i56. 

Harel, 277, 294, 3oi, 342. 

Harlay (de), 79. 

Havart, 159. 

Hatzfeld, 126. 

Hayot de Longpré, 83. 

Hébert (l'abbé), 219. 

Hellot, 282. 

Hellouyn, 334. 

Hendlé, 468. 

Henri IV, 184,363,396,473, 

477- 

— V d'Angleterre, 127, 

1 53,1 56, 179,450. 

— VI, i3, 98, 100, 127, 

164, 41 3, 463. 
Henriet, 445. 
Herluison, 372, 387. 
Héron, m, 141. 
Heudouyn, 212. 
Heynlin, 199. 
HofFman, 122, 129, 143. 
Holder, 41 3. 
Hongnard, 214. 
Houdon, 329. 
Houel, 193, 223, 395. 
Houzard, 7. 
Huache, 96. 
Hubert (saint), 457. 
Hucher, 412. 
Hugo (V.), 120. 
Hugueiombs (?), 149. 
Humblot (l'abbé), 242. 
Hunolstein (d'), 104. 
Huvin, 399. 

Intraville (d'), 75 . 



Irénée (saint), 432. 



Jacques (saint), 339. 
Jacques de Soteville, 463 . 
Jadoulle, 12, 214. 
Jean-Baptiste (saint), 468. 
Jean de Soteville, 463. 
Jeanne d'Arc, 100, 157,286, 
Josseline, 189, 457. 
Jouen (l'abbé), 352. 
Jouen, 400. 
Jouin (H.), 8. 
Jorre, 223. 
Jouvenet, 223. 
Jubert, 3i6-3i8. 
Juvénal, 419. 

K 

Kaulek, 281-283, 291. 
Kerver, 4o5. 
Kronberg, 121. 



Le Borde (de), 129. 
La Bunodière (de), 281, 282. 
La Chesnaye des Bois, 226. 
La Crochinière(le P. de), S. J. 

46. 
Lacroix, 173. 
La Garenne (de), 219. 
La Haye (de), 399. 
La Loe (de), 43 1 . 
Lambert, 86, 420. 
Lamberville (de), 25 1, 
La Merchière, 393. 
La Mettairie, 89. 
La Mine (de), 437, 438. 
La Morandière (de), i56. 



487 



La Morinière (de), 180. 

Langlois, 397. 

La Place (de), 456-459. 

La Quérière (de), i5i, i53. 

Laquerrière, 1 5 1 . 

La Rochefoucauld, 218. 

Larousse, i25. 

Lasteyrie (de), 268, 385. 

Lassire, 26. 

La Vauzelle.(de), 237. 

Lavenu (l'abbé), 22. 

Le Bas, 82, 394. 

Le Ber, 9, 21. 

Leber, 244. 

Le Blond, 454. 

Leboucher, 449. 

Le Boullenger, 217. 

Le Bourgeois, 399-403. 

Le Breton (G.), 412, 413, 

478. 
Lecaplain (l'abbé), 467. 
Le Carpentier, 36, 353. 
Le Cauchois, 454. 
Le Chevalier, 221. 
Le Cler, 248-253. 
Lécluse, 126. 
Lecointre-Dupont, 450. 
Le Comte, 42, 272, 395. 
Le Conte, 396. 
Le Coq, 214. 

Le Corbeiller, 40, 241, 470. 
Le Cordier, 33 1 . 
Le Coûteux, 71, 76, 77, 220. 
Le Délié, 393, 402. 
Le Febvre, 357. 
Le Fevre, 394. 
Le Forestier, 355, 393, 399, 

406. 
Le Fournier, 210. 



Le Gemble, 395. 

Legendre, 173. 

Le Gentil, 4o5. 

Le Goupil, 40 5. 

Le Heurteur. 48, 266. 

Le Hun, 232. 

Le Jeune, 173, 217. 

Le Lou, 363. 

Le Loup, 397. 

Le Maistre, 178. 

Le Marchand, 175. 

Le Marcoys, 162. 

Le Masuyer, i56. 

Le MenudeBoisjouvin, 417. 

Le Mercher, 162. 

Le Mire, 398. 

Le Nu, 398. 

Léonard, 218. 

Le Parmentier, 207, 208, 

298. 
Le Pelé, 258. 
Le Pelletier, 329, 479. 
Le Pesant de Boisguilbert, 

76, 77. 
Le Piart, 355. 

Le Picart de Radeval, 3oo. 

Le Porquier, 345. 

Le Prévost, 345. 

Le Queu, 359. 

Le Roux (N.), i58. 

Le Roux (M.), 208, 396. 

Le Roux (Rouland), 3 18. 

Le Roux d'Esneval, 16, 18, 

217. 

Le Roux d'Infreville, 235. 

Leroy, 22 3, 398. 

Lesens, 326. 

Lesselié, 400, 459, 462. 

Le Sueur, 363 . 



488 



Lesvare, i6o. 

Le Tellier, 46, 47, 355,356, 
388. 

Le Tieulier, 393. 

Le Tonnelier, 220. 

Le Tourneur, 177-179,334. 

Leury (de), 47. 

Leveau- Vallée, 417. 

Le Vieil, 216. 

Le Vigneron, 284-287. 

Le Villain, 3i5. 

L*Hermite, 88. 

Liégeart, 187. 

Lignant, 396. 

Limbourg, 4. 

Lipse (Juste), 440. 

Littré, 126. 

Loisel, 247, 382. 

Longpérier (de), 124-128. 

Longueil, 328. 

Longuemare (de), 76. 

Longueville (de), 248, 25 1, 

274, 3 18, 343-352. 
Loppès de Véga, 184. 
Lorin, 20. 
Lottin de Laval, 3o. 
Loiichet, 173. 
Louis des Hattes^ 3 18. 
Louis IX, 383, 478. 

— X, 122. 

— XI, 127,199,281,291, 

292. 

— XII, i55, 375. 

— XIII, 274. 

— XIV, 29,70, 123,343, 

390,487. 

— XV, 20, 83. 

— XVI, 174. 
Lourdel, 181. 



Louvel, 178-180. 
Louys (Agnès), 333. 
Loys (Jean), 353, 357. 
Luce (S.), 122. 
Lucille, 190. 
Lucine, 265. 
Lucius^ 412. 
Luynes(de), i83. 
Luxembourg (de), 12, 69, 
159. 

M 

Macé, 3 96. 

Madden, 198. 

Magne, 328. 

Magnence, 192. 

Maintenon (M™e de), 227. 

Malais (l'abbé), 43 . 

Mallard, 396, 399. 

Malleville (de), 466. 

Malorty, 62. 

Manneville (de), 64, 67. 

Marc, 189, 254, 38 1. 

Marc-Aurèle, 190. 

Marescot, 18, 217. 

Maréchal, 90-92 . 

Marie, 194. 

Martin (saint), 10. 

Martin Crantz, 200. 

Martin (G.), 396. 

Martonne, 35o. 

Mathan (de), 65, 365, 459. 

Mauduit, 396. 

Maurille (bienheureux), 383. 

Mauselment, 2i3. 

Maze (l'abbé), 222, 372. 

Médard (saint), 41. 

Merlin, 5. 

Mesnager, 255. 



489 



Métaux, 474. 


Palme Castille, 186. 


Mezaize, 55. 


Parent, 18. 


Michel, 175, 199. 


Parfait-Duruflé, 417. 


Millet des Ruisseaux, 226- 


Pavye, 396. 


228. 


Paynet, 93. 


Millin, 244. 


Pechenart, i33, 143. 


Minerve, 191. 


Perchart, 400. 


Miromesnil, 329. 


Périer, 208, 233. 


Mitenne, 20. 


Pelet, 248. 


Mommsen, 2o3. 


Petit, 25 1, 396. 


Montmorency, 236. 


Philippe, 412, 470. 


Morin (l'abbé G.)« 292. 


Philippe III, 125. 


Morin (M.), 4o5. 


— IV, 122. 


Mortillet, 299, 3o2. 


Piard, 104, io5. 


Motteville (de), 76, 216, 25o. 


Picot, 162. 


Mouchy (de), 83 . 


Pierre (saint), 309. 


Mowat (de), 204. 


Pillée, 33o. 


MultoriSy i5. 


Pillion (Mlle), 376. 


N 


Pilois, 475. 


Pimont (de), 479. 


Nagerel, 354. 


Pixtilos, 412. 


Napoléon III, 14, 141. 


Plancouard, 450. 


Néron, 476 . 


Pline, 87, 418. 


Néron (G.), 396, 397. 


Pommeraye (D.), 184, 375, 


Neuville (de), 70. 


38i, 406. 


Nicaise (saint), 452. 


Pontifs, 377, 378, 394. 


Noël (G.), 233. 


Pontoulain, 396. 


Normanville (de), 72, 


Postume, 28, 86, 162, 193, 





195, 411. 


Potier, 404. 


Octavien (saint), 358. 


Pottin (H.), 16. 


Orléans (d'), 343, 344. 


Prou, 7, 122, 228. 


Ouen (saint), 409. 


Prunier (l'abbé), 218. 


P 


Prye(de), 365. 


Pymont, 438. 


Pagalde(de), 333. 


Q. 


Paigny (J. de),* 3 1 1 , 


Paillard, 139. 


Quesnel, i63. 


Palme Carille, 184-187. 


Quiefdeville (de), 270. 



490 



R 



Rade, i6i. 
Raphaël, 89. 
Rassent (de), 237. 
Régnier, 3o, 273. 
Régnier de Wyt, 253. 
Reinach, 87, 228, 385. 
Remy (de), 289-291. 
Renault, 91. 
Renier (L.), 204. 
Repainville (de), 75. 
Requin (l'abbé), 199. 
Rialle. Notice : 172-175. 
Ribera, 79. 
Rich, 87. 

Richard (saint), 204. 
Richard, 396. 
Richart, 398. 
Richelieu, 253, 438. 
Richer de Cérisy, 21 3. 
Rille, 398. 
Rinel (de), 100-102. 

Robespierre, 173.' 

Rochambeau, 172. 

Rolin (cardinal J.), 359. 

Romain (saint), 45 1. 

Rome (de), i52, 239, 317 

Romilly(de), 36 1. 

Ropert, 56, 57. 

Roquefort, 126. 

Roquelaure, 227. 

Rouchas (de), 247-250. 

Rouen (de), 443. 

Rouette, 388. 

Roussel (J.), 208. 

Rouville, 317. 

Rudemare, 336. 

Ruzé, 239. 



Sagon, 453. 
Saillot, 272. 
Saint-Mards (de), 160. 
Saint-Saens. 388. 
Saintigny, 42. 
Saint-Simon (de), 65. 
Salvast, i55, i56, 208. 
Sanson de Moralles, 238. 
Saulcy (de), 262. 
Saulx-Tavannes (de), 216. 
Sauvage (Pabbé), 407. 
Sauvageot, 6. 
Savary des Bruslons, 427. 
Sedille, 188, 189. 
Senécal, 272. 
Sevestre, 21. 
Siblot, 173. 
Souillet (libraire), 72. 
Stallin, 409. 
SufTolck, i3. 
Symsone, 249. 



Talbot (J.), 97-100. 
Tancarville (de), 157. 
Tétricus, 86, 195. 
Thaurin, 41 3, 41 5, 417. 
Thibault (l'abbé), 336. 
Thiboutot (de), 63, 67. 
Thieullen, 299. 
Thieury, 193. 
Thillard (Fabbé), 4, 53. 
Thorel, 36i. 
Tierce, 217, 218. 
Torcy (de), 14.* 
Touchais, 47. 
Trajan, i5o. 



491 



Tressan (de), 47. 
Trilhe (de), i5. 
Turby, i5. 
Turgis, 445. 



U 



Ulrich, 199. 



Valentin (les), 3o3, 325. 

Valérien, 192. 

Valois, 222. 

Varenne, 14. 

Varin, i32. 

Vasse, 160. 

Vauquelin, 214. 

Vaussier, 48, 5j, 89, 147, 
23o, 262, 3oo, 367. No- 
tes : 471-477. 

Velduitz (de), 478. 

Veloupe, 172. 

Venerand (saint), 45 1 . 

Vénus, 28, 88, 191. 



Vespasien, 190, 191. 
Victorinus, 86, 195. 
Vidal, 333. 

Vidoux-Fontaine, 216, 219. 
Vignole, 8. 

Villegagnon (de), 425. 
Vincent, 280. 
Vincent (l'abbé H.,) 240. 
Vincent de Paul (saint), 3o2. 
VioUet-le-Duc, 329, 463. 
Vivefay(de), 334. 
Volant, 332. 
Vulgain (saint), 10. 

W 

Wandrille (saint), 452. 
Wattelet, 441. 
Wiard, 393. 
Wolf, 420. 
Worsaé, 25, 268. 
Wraxall, 36 1. 

Y 

Yvart, 46. 



49 



S 



TABLE DES NOMS DE LIEU 



Acquigny, 21, I23, 144,451. 
Âix-la-Chapelle, 3i. 
Alger, 294. 
Allemagne, 440. 
Amfreville, 238. 
Amiens, 427, 440. 
Ancourt, 47. 
Ancourteville, 61. 
Andelle, g. 
Andelys (les), 374. 
Angers, 214, 470. 
Angerville, i85, 395. 
Angiens, 62. 
Anglesqueville-la-Bras-Long, 

59, 65. 
Angleterre, i3, 126, 127, 

324. 
Annebault, 435. 
Anneville-sur-Seine, 23. 
Anvers, 184, 324. 
Arcanchy, 3 18. 
Archelles, 40, 87, 193, 237. 
Arezzo, 5o 
Arques, 39-42, 45-47, 5o, 81, 

ii3, 149, i83, 241, 246, 

276, 278, 342, 470. 
Arras, 427, 440. 
Ascot, 362. 
Athènes, 170, 328. 



Aubecourt, 184. 
Auffay, 37, 5o. 
Auge, 100. 
Aumale, 440. 
Aunou, 285. 
Auppegard, 67. 
Authieux (les), 474. 
Avignon, 108, 199. 
Avranches, 189, 283, 36 1, 
368, 440. 

B 

Bailleul-Neuville, 48. 
Bailly-en-Rivière, 289. 
Barville, 208. 
Bayeux, 14, 3i, 38o. 
Bayonne, 425. 
Beaumesnil, 161. 
Beaussault, 25. 
Beauvais, 341, 362 
Bec (le), 348, 395, 417. 
Belbeuf, 23o. 
Belmesnil, 268-271. 
Berlin, 204. 
Bernay, 327. 
Bernières, 116, 176. 
Ber ville, 332. 
Biennais, i83, 287. 
Biville, 65. 
Blancmesnil, 64. 



494 



Blaru,' 452. 
Bléville, 173. 
Bliquetuit, 161. 
Blois, 16. 
Blosseville, 160. 
Bocasse (le), 287. 
Bois-la-Duc, 440. 
Boisguillaume, 17, 1 83, 2169 

224, 475. 
Bois-Robert, 299. 
Bolbec, 33-39, 343. 
Bonneville, 345. 
Boos, 3 16, 413, 472-476. 
Bord, 88, 179. 
Bordeaux, 9, 268. 
Bosc-le-Hard, 68, 182, i83. 
Bosférey, 326. 
Bourdainville, 424. 
Bouille (la), 441. 
Bourg -Achard^ 281. 
Bourg-Dun (le), 468. 
Bourgtheroulde, i85. 
Bouteilles, 46. 
Bracheul, 101. 
Brachy, 67, i56. 
Brécourt, 317. 
Brémule, 397. 
Brésil, 438. 
Bretagne, 181. 
Bretteville, 464. 
Brotonne (forêt de), 39. 
Brunval, 200, 23o. 
BuUy, 121. 
Buse, 177. 
Bu tôt, 307. 
Butot-en-Caux, 208. 

C 
Caen, 24, i39, 140, 174,202, 

38o. 



Caîlleville, 65. 
Cailly, 87. 
Calais, 253. 
Calletot, 

Cambrai, 149, 368, 440. 
Camp-Mauger, 480. 
Canaries, 421, 428. 
Canteleu^ 11, 25i. 
Canville, 207. 
Cany, 102-106, 207. 
Carantilly, 91. 
Carnet, 36 1. 
Castillon, 98. 
Catelier (le), 63, 299. 
Caudebec, i3, 76, 395, 440. 
— lès-Elbeuf, 304, 408. 
Caumont, 216. 
Celloville, 229, 247, 26 1 , 267. 
Cent-Açres, 299. 
Cer langue (la), 35 1. 
Chaise-Dieu (la), 168. 
Charleval, 9. 
Chartres. 237. 
Chaussée (la), 239. 
Chaussy, 452. 
Claville, 286, 287. 
Clerefeuille, 96. 
Clères, 173, 287. 
Cléry, 452. 
Cliponville, 294-297. 
CoUemare, i83. 
Colleville, 22, 348. 
Conches, 440. 
Conflans, 214. 
Conte ville, 274. 
Corbie, 442. 
Cormeilles, 45 1. 
Cottévrard, 5i. 
Coutance3, 14, 284. 



495 



Craon, 3 80. 

Cressenville, 9. 

Criel, 271. 

Criquetot- sur - Long aeville , 

299, 342. 
Critot, 479. 
Croisset, 107. 
Croisy, 68. 

D 

Dampierre-en-Bray, 46 1 . 

Darnétal, 441. 

Deux-Nèthes, 174. 

Dieppe, 11, 32, 45-47, 56-64, 
66, 112, 119, 161, 235, 
270-272, 277, 309, 322, 
342, 453. 

Dieppedalle, i55. 

Dommart, 286. 

Douai, 324. 

Doudeville, 474. 

DouHens, 209. 

Draqueville, 393. 

E 

Eauplet, 162. 
Ecaquelon, 275. 
Ecosse, 210. 
Ecouen, 454. 
Ectot-l'Auber, i23, 423. 
Egypte, 190. 
Elbeuf, 353. 
Emendreville, 178. 
Envermeu, 10. 
Envron ville, 1 18. 
Epinal, 373. 
Epinay, 65. 
Epretot, 35o. 
Epreville, 397. 



Equiquevîlle, 66, 226. 

Esclavelles, 390. 

Espagne, 184, 487. 355, 362, 

420. 
Essarts (les), 89. 
Esteville, 369. 
Etats>Unis, 45. 
Etrurie, 89. 
Eu, 88, 160. 
Evreux, 14, 3o, 160. 



Fauville, 349. 

Fécamp, 22, 65, 177, 288, 

463. 
Fervaques, 366. 
Flamanville, 285. 
Flandre, 353, 440. 
Fontaine (la), 317. 
Fontaine-sous-Préaux, 161. 
Fontainebleau, 
Fontenailles, 3i. 
Foucart, 307. 
Franqueville, 47,48, 57, 89, 

147, 367, 472-477. 
Frémainville, 452. 
Fresles, 369. 
Fresquienne, 239. 
Fribourg, 3 1 . 
Frontebosc, 285. 



Gaillefontaine, 451. 
Gaillon, 200. 
Gainneville, 35o. 
Genlis, 16. 

Gisors, 226, 237, 45 1. 
Gonneville, 65. 
Goupillières, 279. 



496 



Gourel (le), 67. 

Gournay, 46 1. 

Gouy, 398, 

Grain ville-sur-Ry, 96, i56. 

— la-Teinturière, 348 . 
Grestain, 59. 
Grippière (la), 3 18, 459. 
Gnichet (à Arques), 149. 
Guerbaville, 3 08. 
Guyenne, i25, 127. 

H 

Hanoi, 309. 

Hardanvilie, 28. 

Harfleur, 1 56, 307, 376-381, 

Hautot-l'Auvray, 2o5. 

Havre (le), 82, 117, 172-174, 
235, 244, 253, 340, 372, 
388, 408, 410, 435, 437, 
438. 

Haye (la), 68. 

Héberville, 59. 

Hereford, 324. 

Hermanville, 67, 20 5. 

Hermès, 3o2. 

Héron (le), 458. 

Hêtre (le) au Dimage, 43. 

Honfleur, 173, 439. 

Hornoy, 287. 

Houppeville, 6. 

Hugleville, 177. 

1 

Iggelbach, 3i. 
Iles (les), 9O. 
Imbleville, io5. 
Indes, 187. 
In frain ville, io5. 
Isle-Âdam, 452. 



Isneau ville, 161. 
Italie, 5o, i53. 
Ivry-la-Chaussée, 440. 



Joigny, 181. 
Jouy, i56. 
Jumiéges, 65, i58. 
Juxiers-lfr-Bourg, 451. 



Laigle, 440 

Lande (la), i83. 

Leuilly, 287. 

Leure, 38. 

Lichfield, 3i. 

Liège, 440. 

Lillebonne, m, 207, 336- 

340, 390, 410. 
Limay, 17. 
Limésy, 287. 
Limoges, 145, 440, 467. 
Liposthey, 3 1 . 
Lisieux, 3, 27, 100, 177, 357, 

365, 394. 
Lisors, 242. 
Lodève, i5. 
Logempré, i56. 
Londinières, lo, 247, 276, 

401. 
Longroy, 284, 266. 
Longueil, 63 . 
Longueville, 57, 68, 118, 

i56, 294-299, 342, 379. 
Lormaye, 187. 
Lorraine, 467. 
Louvain, 324. 
Louviers, 88. 
Lucheul, 287. 



497 



Lyon, 3o3, 3o8, 324, 441 . 
Lyre, 441. 

M 

Machonville, 244. 
Magny, 451. 
Maisons, 328. 
Manéglise, 60. 
Manéhouville, 63, 346. 
Mans (le), 100. 
Mantes, i5. 

Mare-auz-Anglais, 122. 
Mare-du-Puits, 85. 
Marsa, 192. 
Marseille, 441. 
Martainville, 454. 
Martincamp, 120, 390. 
Martin- Eglise, 43, 279, 342. 
Mathonville, 189. 
Maucomble, 479. 
Mauconduit, 161. 
Mauny, 418. 
Meauffe (la), 458. 
Meauz, 14. 

Melle ville, 374, 389, 441. 
Melun, 398. 
Mémont, i83. 
Mesnières, 266. 
Mesnil-Esnard, 477. 
Mesnil-Panneville, 33 1. 
Mesnil-Raoult, 476. 
Mesnil-Rury, 62. 
Metz, 243. 
Meulers, 1^6. 
Molle (la), 249. 
Mont-aux-Malades, 328, 384, 

389. 
Mont-Roty, 190. 
Mont-Saint-Aignan, 327. 



Montigny, 369. 
Montfort, i53. 
Montils-lès-Tours, 14. 
Montivilliers, 173, 447. 
Montpoignant, 275. 
Montreuil, 281. 
Monville, 120, 281-292. 
Mortagne, 441. 
Moulineaux, 86, 182, 441. 
Muchedent, 299. 

N 

Namur, 38o. 

Nancy, 25. 

Nestan ville, 63. 

Neufchâtel, a 18, 267. 

Neuf m arche, 273. 

Neufville, 287. 

Neuville-Chant-d'Oisel, 473. 

Nevers, 334. 

Néville, 79. 

Nîmes, 412. 

Nointot, 173. 

Norville, 307. 

Norwich, 444. 

Nouvelle- Espagne, 187, 438, 

Noyon, 55. 

Nuremberg, 7, 740. 

O 

Ocqueville, 61. 
Octeville, 172. 
Offranville, 64, i56. 
Oissel, 147, 228, 260, 294. 
Orbec, 14, 3o. 
Orival, 122, 260. 
Orléans, i5. 
Ourmesnil, 287. 
Ouville, 10, 62. 

32 



49» 



Paris, 14, i5, 20, 33, 79, 
83, 117, 122, i3i, 157^ 

160, 161, 198-200, 223, 

248, 25 1, 276, 324, 325, 
333, 35i, 36o, 36i, 363, 
385, 3g6, 441 . 

Pelletot, 332. 

Périers, 249. 

Pérou, 187, 438. 

Petii-Ouevilly,20o, 204,222, 

414. 
Pierre (la), 286. 

Plaines, i56. 

Pondichéry, 7. 

Pont -de -l'Arche, 123-144, 

178. 
Pont-l'Evêque, 3, 29. 
Port-Sain t-Ouen, 475. 
Portugal, 120, 435. 
Poterie (la), 240. 
Préaux, 369. 
Prée (la), 68. 
Puits, 268. 
Puy (le), 243. 



Quétreville, 91. 
Quevillon, 102, io3. 
Quevilly, 326, 339. 
Quiber ville, 63. 
Quincampoix, 106, 2o3, 235. 

R 

Rainfreville, 96. 
Ratiéville, 287. 
Reims, 14, 100, 368. 
Remuée (la), 352. 
Rennes, 447. 



Rlbouville, 415. 

Richemont, 451. 

Roche-Guyon (la), 452. 

Rodez, 17. 

Rolleville, 447. 

Rome, igi. 

Ronchois, 45 1. 

Rosny, 452. 

Rouen, 14, 25, 56, 57, 83, 
89, 146, 173, 248, 
276, 287, 439, 

449. 

— Abbaye de Bonne-Nou • 

velle, 61, 65, 
i63. 

— — de St-Amand, 

66. 

— — deSt-Ouen,29o 

— Académie, 171. 

— Aiguillettes, 423. 

— Aître St-Maclou, i53. 

— Arbalétriers, 5. 

— Archevêché, 12, 52. 

— Atelier monétaire, 193. 

— Les Augustins, 94, 1 79 

— Basdestamiers, 422. 

— Bimbeloterie, 421. 

— Bonnetiers, 424. 

— Bourse du travail, 2o3 . 

— Bourses, 429. 

— Boutons, 430. 

— Brodeurs, 157. 

— Cardes, 424. 

— Les Carmes, 180, 218. 

— Caserne, 27. 

— Cavalier (le), 22. 

— Caves, 5. 

— Célestins. Notice ; 1 2- 

22, 189. 



t 



499 



Rouen, Céramique romaine, 
49. 

— Chambres de la Ville, 

74. 

— Chapelle Beauregard,- 

38. 

— — Biblioth. capit., 

2o3. 

— — Clos - St - Marc , 

5. 

— — du Lycée, 339. 

— — Saint - Romain , 

2o3. 

— — des Trépassés, 

309. 

— Château de Philippe- 

Auguste, 444. 

— La Cinquantaine^ 98. 

— Les Clémentins, 10 1, 

108. 

— Cloched^a^gent, 3o, 32, 

107. 

— Clouterie, 421. 

— Commerce^ 204, 419, 

441. 

— Confrérie de Saint-Sé- 

bastien, 288. 

— de St-Jacques, 
359. 

— Congrès de Géogra- 

phie, 56. 

— Les Cordeliers, 74, 

176, 227, 45^8. 

— Cordons de soie, 437. 

— Cour des Pigeons, 73. 

— — des Trois- Rois, 

73. 

— — des Prêtres, 73. 



Rouen, Cour Godet, 73, jb. 

— — Cauchois, 73. 

— — du Grand-Turc, 

73. 

— — du Pavage, 74. 

— — des Poulies, 74. 
— des Trois -Tau- 
pins, 74. 

— — Violette, 74. 

— — de la Salle, 74. 

— — THermite, 74. 

— — de la Vérité, 74. 

— — Dieppedalle, 74. 

— — du Heaume, 74, 

— — Caillou, 74. 

— — Saint - Eustache , 

74» 75. 

— — des Trois -Go - 

blots, 75. 

— — de la Trinité, 75. 

— — de la Petite - 

Crosse, 75. 

— — Cabot, 75. 

— — Faucon, j5. 

— — du Lièvre, j5. 

— — de la Cocluche, 

75. 

— — de la Nace, y 5. 

— — des Toupins, y 5 . 

— ^ du Chapeau- 

Rouge, 75. 

— — des Hauts-Jar- 

dins, 76, 

— — des Comptes, 

i5i-i53. 

— — des Corets, 355. 

— Coutellerie, 427. 

— Dentellières, 76. 

— Ecoles, 189. 



5oo 



Rouen, Eglise Cathédrale, i , 
8, loo, 148, 
i56, 187, 189, 

'2II-2I3, 233, 

36o, 375-385, 

467. 
__ — . N.-D-de-la-Ronde, 

277, 442. 

— — Saint-André, 2o5. 

— — Saint-Cande-le- 

Jeune, i8, 187, 
329. 

— — Sainte -Cande- le- 

Vieux, 72. 

— — Saint-Denis, 71, 

227, 33i. 

— — Saint -Eloi, 188, 

189, 339. 

— — Saint-Etienne-des- 

Tonneliers, 79, 
442. 

— — St-Gervais, 462 - 

466. 

— — Saint-Georges, 55, 

97-100, 224. 
_ — St-Godard, 325, 
356. 

— — Saint-Herbland, 5 . 

— — Saint- Jean, 227. 

— — St- Laurent, 227, 

359. 

— — Saint - Lô , 227 , 

325. 

— — St-Maclou, 8, 32, 

49, II 3, 148, 
160-162 , 194 , 
245, 33 I . 

— — Saini-Martin-sur- 

Renelle, 5, 356. 



Rouen, Eglise St-Martin-du- 
Pont, 94, 238. 

— — Saint-Nicaise, 357. 

— — Saint-Nicolas, 5i, 

325, 397, 414, 
444, 461. 

— — St-Ouen, 97, 98, 

147, i54, 160, 
176, i85. 

— — Saint-Pierre-rHo- 

noré, 96, 353- 
357. 

— — St- Romain, 218. 

— — Saint -Vincent, 5, 

106, 459, 478. 

— — Saint-Vivien, i8y, 

227, 326. 

— — Sainte -Croix- St - 

Ouen, 77. 

— Enceinte occidentale , 

295. 

— Enclos des Chanoines, 

408. 

— Enseigne de la Cloche, 

289. 

— — Corne de Cerf, 

289 

— - l'Hermite, 283 

— — Paon, 3 16. 

— — Lévrier, 401. 

— — Lévrier e, 317. 
•— — Le Bras, 238. 

— — Vierge-Marie , 

325. 

— — Point-du-Jour, 

325. 

— Epingliers, 424. 

— Facteur d'orgue, 162, 

459. 



__^ 



5oi 



Rouen, Ferronnerie, 55. 

— Filles-Dieu, 334. 

— Fontaine de la Crosse, 

244. 

— Fortifications, 390. 

— Foullerie de l'Hôpital, 

238. 

— Grenier à sel, 29. 

— Gros -Horloge, 176, 

196. 

— Hôpital, 21, 223, 458, 

461. 

— Hôtel du Bourgthe- 

roulde, i53. 

— — du Chapeau - 

Rouge, 139. 
— deTEtrier, 210. 

— — de la Vicomte, 

5. 

— — du Paon, 3i6- 

319. 

— — de Longueville, 

379. 

— — deFécamp,466 

— Iconographie des ar- 

chevêques, 109. 

— Ile A mette, 75. 

— Imprimeurs, 3o5. 

— Jeu de Paume, 254. 

— — de la Petite Bête, 

255. 
— - — du Verdelet, 255. 
~ Juridictions du Cha- 
pitre, 203. 

— Les Jacobins, 359. 

— Logis rue Sl-Romain, 

— Lingerie, 3i5. 

— Maison canoniales, 53. 



Rouen, Manoir de Chante- 
reyne, 12. 

— Méridien de THôtel-de 

Ville, 7. 

— Les Minimes, 36b. 

— Monastère de Belle- 

font, 216. 

— Miroitiers, 425. 

— Orfèvres, 12, 160. 

— Organistes, 456, 459. 

— Palais-de-Justice, 5. 

— Peignes, 425. 

— Place St-Godard, 5. 

— Pois de Chine, 428, 

431, 434-437. 

— Pont-Saint-Marc, 74. 

— — Eau-de-Robec,75 

— — divers, 204, 247, 

463. 

— Porte Saint-Hilaire, 12. 

— Potiers de terre, 161. 

— Rubans, 429. 

— rue Sénécaux, 355. 

— — Boutard, 5. 

— — Coulon, 3i5. 

— — de la Chaîne, 55, 

lOI . 

— — des Chanoines , 

55. 

— — Dinanderie,io8. 

— — de la Cage, 390. 

— •— Ecuyère, 5, 355. 

— — du Fardeau, 5. 

— — du Grand- Bou- 

vreuil, 21 3. 

— — Gr.-Pont, 491. 

— — de la Moelle, 

2i5, 255. 



5o2 



Rouen, rue Martainville, 49, 
76, 280. 
~ — Massacre, 55. 

— — Notre-Dame, 162 

— — Saint - Laurent 

(petite), 5. 

— — St-Nicolas, loi . 
-• — Vatier-Blondel, 

161 . 

— — derEpicerie,7i . 

— — Saint-Denis, 72, 

379. 

— — de la Madeleine, 

72. 
— — Basse - Vieille - 

Tour, 72. 
■!— — du Bac, 72. 

— — Potard, 72. 

— — Gaillarbois, 72. 

— — Savonnerie, 72. 

— — du Chien-Jaune, 

72. 

— — du Petit -Ruis- 

sel, 73. 

— — des Trois - Pu - 

celles, 73. 

— — Neuve, 74. 

— — du Chaudron, 74 

— — du Ruissel, 74. 

— — du Battoir, 74. 

— — delaFoulerie,74 

— — Saint-Marc, 74. 

— — de la Salle, 74. 

— — du Figuier, 74. 

— — des Chinchers, 

74- 

— — des Savetiers, 74 

— — Caquerel, 74. 

— — Notre-Dame, 75. 



Rouen, rue de la Gloe, 75. 

— — Mamuchet, 75. 

— — Sarrazin, 75. 

— — Porchequin, 75 . 

— — Le Marinier, 75. 

— — du Closet de la 

Madeleine, 75 . 

— — de la Miette, 75. 

— — Pigeon, 76. 

— — du Rosier, 76. 

— — de la Chèvre, 76. 

— — des Espagnols , 

76, 442. 

— — des Punaisiers, 

76. 

— — Malpalu, 76. 

— — Tuvache, 76. 

— — Socrate, 176. 

— — de Flandres, 254 

— — Grande rue St- 

Ouen, 3 18. 

— — de l'Aumône , 

3i8. 

— • derHôpital^3i6- 

319, 364. 

— — des Barbiers, 3 79 

— — du Sac, 400. 

— — desJacobins,466 

— Savonniers, 432. 

— Séminaires, 21, 214- 

219, 256. 

— Siège de 141 9, 108. 

— Tour de Beurre, 403 . 

— Trou d*Enfer, 75. 

— Vieux - Palais, i55 , 

184, 210. 

— Visite de Bonaparte, 

89. 
Roumare, 88. 



1 



5o3 



Rouvray, 84-88. 
Rouxmesnil, 347» 
Rue-Saint-Pierre (la), 412. 
Rugles, 434, 441. 
Ry, 441. 
Ryswick, 70. 



Sahurs, 206. 

Saint- Âignan, 354, 4i^* 

Saint- André-»ur-Cailly, 41. 

Saint- Aubin-Epinay, 476. 

Saint-Aubin-le-Cauf, 2 1 . 

Saint-Crespin, 299. 

Saint- Etienne- du - Rouvray, 

449. 
Saint-Etienne-en-Forez, 441 . 
Saint-Eustache, 52, 307. 
Saint - Georges - de - Boscher- 

ville, 61, 344, 468. 
Saint - Gilles- de - la-Neuville, 

ii3, 117. 
Saint-Jacques- sur- Darnétal, 

95, 219. 
Saint-Jean-d*Abbetot, 1 1 6. 
Saint -Jean - du - Cardonnay, 

102. 
Saint-Jean-de-FollevîUe, 352. 
Saint- Jouin, 61. 
Saint-Léger-du- Bourg-Denis, 

317, 473. 
Saint-Leu, 154, 21 5, 216. 
Saint-Lô, 449. 
Saint - Maclou - de - FoUeville , 

287. 
Saint-Malo, 235. 
Saint-Mards, 56. 
Saint-Martin-de-Boscherville, 

344. 



Saint-Martin-rHortier, 2 26 . 

— aux- Arbres, 424 

— Osmonville, 68. 
Saint-Michel-de-la-Haie, 289. 
Saint-Omer, 456, 462. 
Saint-Ouen-des-Camps, 10 1. 
St-Ouen-de-Poncheuil, 274, 
Saint-Ouen-du-Breuil, 27. 
Saint-Paul -de-la-Haye, 287. 
Saint-Pierre-Manneville, loa. 
Saint-Pierre-de-Franqueville, 

voir Franqueville. 
Saint-Riquier-en-Rivière, 69. 
— ès-Plains, 347. 

Saint-Saêns, 225-228, 273, 

477-480. 
Saint- Victor, 69, 287. 
Saint-Vaaat- d'Equiqueville , 

66. 
Saint-Valery-sous-Bures, 63. 
Saint- Vigor, 409. 
Saint-Wandrille, 63. 
Sainte- Adresse, 42. 
Sainte- Agathe -d'Aliermont , 

401. 
Sainte-Catherine, 112, i63. 
Sainte-Foy, 299, 
Sainte-Geneviève (D.), 64. 
Sainte-Gertrude, 3o6. 
Ste-Marguerite-sur-Mer, 64. 
Sainte - Marguerite - sur - Du- 

clair, 102. 
Sainte-Opportune, 5o. 
Salisbury, 3o3, 323. 
San-Severino, 3i. 
Sanvic, 174. 
Sauchay, i5o. 
Sauqueville, 64. 
Séez, 209, 210, 3 10. 



5o4 



Seine (la), iS. 
Sens, 14, 5i, 468. 
Séville, 184. 
Sévis, 345. 
Sienne, 3i. 
SoIre-le-Château, 3i. 
Sommery, 218. 
Sotteville, 7, 89, 10 1, 216, 
403, 463. 



Tancarville, 23 1, 343. 
Tendos, 178. 
Thessalonique, 397. 
Thiers, 441. 
Thiouville, 100. 
Thuit-Signol, 225, 326. 
Tonnerre, 225. 
Toulouse, 440. 
Tourville, 3 1 1 . 
Tourville-la-Rivière, 447. 
Touville, 3 1 1 . 
Tramanfleur, 42. 
Tréport, 343. 
Triquerville, 1 14. 
Tuit, 9, 48, 268. 



Vachères, 249. 
Val'de-la-Haye, i55, 206. 
Val-des-Leux, i56, 255. 
Val-Saint- Pierre, 68. 
Valmont, 22, 346. 
Vascœuil, i56. 
Vassonville, 286. 
Vaux, 45 1. 
Venise, 3i5, 324. 
Vernon, 181. 
Vertbois, 255. 
Vexin, 450. 
Vienne, 3o3. 
Villerets, 3 16. 
Virville, 1 14, 349. 
Vittefleur, 104, io5. 

W 

Wy (le), 284. 
Wy-Joli-Village, 45 1. 



Yerville, i83, 424. 
York^ 323. 
Yquebeuf, i83. 
Yville, 3, 26, 53. 



5o5 



TABLE DES PRINCIPALES MATIÈRES 



Achrier, 162. 
Acquisiteur, 453. 
Affiée, 329. 
Aguilletiery 423. 
Aissantes, 356. 
Alleur, 397. 
Allouer^ 3 II. 
Alquemie, 422. 
Altération des noms, 42. 
Amis des Monuments rouen- 

nais^ 258. 
Amissonniers, 424. 
Anagramme, 282. 
Annamites (statues), 3o8. 
Antéfixe, 5o. 
Antiphonaires manuscrits , 

268-271. 
Antiquaires de France : leur 

centenaire, 198, 222, 257. 
Antiquités préhistoriques,48, 
3oo. 

— romaines, 3, 85, 

3o5, 472, 477. 

— gallo - romaines , 

28, 85, 264. 

— franques, 10, 27, 

304. 
Antref, 464. 
Apartenance, 358. 



Arc de guerre au xvne siècle, 

302. 

Armes mérovingiennes, 446. 
Archéologie à outrance , 5 1 . 
Armarie, 3i3. 
Armoines,98, 178, 185,226, 

244, 273, 280, 328, 344. 
Armoiries sur des vitraux, 

102. 
Arremain^ 178. 
Art, son évolution rapide à 

Rouen, i53. 
Art normand en Fouille, 468. 
Asnée, 450. 
Atroussellement, 3i5. 
Aumère, 314. 
AvanS'bras, 162. 

B 

BachineSy 162. 
Bagues, 25, 121. 
BahuKy 333, 437. 
Balanche^ 314. 
Bassée, 3 12. 
Bassement (le), 159. 
Bâtardeau, 247, 248. 
Bateau de Rouen à Paris, 

363. 
Bâton des saints, 452. 
Becqueté^ 314. 
Bellenc, 212, 21 3. 



5o6 



Bernagoe, 314. • 

Béture, 255. 

Biardes, 88. 
^ Bible (première) impr. en 
France, 198-200. 

Bisseaulx, i56. 

Bistorie, 164. 

Bougies, 422. 

Bouquet, 3 14 

Boutiques du portail des Li- 
braires. Notice : 391-408. 

Bouyc, 425. 

Brebtn, 362. 

Bronzes romains, 87, 342. 

Broudeur, iSy, i63. 

Brouesse, 435. 

Bruniseur, 314. 

Buffletins, 426. 

Bulletin de conclave, 442. 

Buraly 334. 

C 

Cachet, 56, 89, 272. 

Cachettes monétaires, 190, 
194. 

Cadran de la Cathédrale, 292. 

Cadrans à boussole, 271. 

Calvaire, 3, 26, 3i, 102-106, 
207, 274, 279. 

Canivet, 355. 

Canons, 235. 

Canteler, 162. 

Capeline, 162. 

Capitation, 70. 

Caray^ 466. 

Carreuvj 211. 

Cassolette romaine, 336, 340. 

Casielongne^ 333. 

Casublier, 21 3. 

Catalogue Le Bas, 82. 



Ceintures funèbres, 90-94. 
Célibat exigé pour le doctorat 

en médecine, 284. 
Céramique, 11, 49, 5o, 88, 

240, 264, 418. 
Cercueil commun, 188. 
Chaint, 33 1. 

Chapelles, 326, 327, 347. 
Châteaux, 11, 32, 5o, 789 

1 12, 200, 228. 
Chemin des Hâleurs, 23o, 

266. 
Chigalle, 314. 
Chinelley 422. 
Chinole, 314. 
Chirurgienne, 72, 73, 75. 

ChiseU 314. 

Cimetière franc, 9, 276. 
— gallo-romain, 276, 
343. 
Circulaire, 327. 
Ciseaux en silex, 8, 96. 
Clercs de la campagne, 2 1 . 
Cliché y 36 1. 

Cloches, 16, 3o-32, 107. 
Coche de luxe, 36o-363. 
Colonne commémorative, 27, 

278, 342. 
Commerçants anoblis, i85. 

COMMISSION DES ANTIQ.UITéS 

Séances de la Commission 

1903 février i 

avril 24 

juin 44 

juillet 54 

octobre 80 

décembre iio 

Résumé y 167 



5o7 



1904 février 169 

avril 197 

juin aai 

août ..... 243 

octobre 267 

décembre 293 

Résumé t 3 20 

1905 février 32i 

avril 340 

juin 371 

août. 387 

octobre ^10 

décembre 444 

Résumé, 5i5. 

Communications de 

MM. Adeline, i5o. 

— Baudry(P.), a8-3o,88, 

8q, 147, 224, 309, 
341, 367, 371, 388, 
4.18. 

— Beaucousin, 44. 

— Beaurepaire (Ch. de), 

t, 5, II, 12, 25, 33, 
47, 48, 54, 57- 
77» 89, 147» 176, 

203, 208, 225, 232, 
241, 244, 247, 276, 

281, 3o3, 3 10, 32a, 
329, 367, 419, 453- 
462. 

— Beaurepaire (G. de), 43 , 

.45-47, 78, 81, 146, 
176, 274. 

— Brunon, 195. 

— Coutan, 6, 3o, 32, 106, 

273. 

— Deglatigny, 244. 



MM. I>rouet, 123-146, 195» 
244, 3o2, 304, 449. 

— Dubosc, 7, 106-108, 

112, 196, 200, 329, 
414, 467. 

— Garreta, 78, 82, 107, 

120, 243, 328, 343. 

— Leblond , 211, 243 , 

271, 272. 
* — Lefort, 48, 49, 5i, 
369, 444, 468. 

— Le Verdier, 52, 78, 

112, 117, 172, 222, 
232, 241, 268, 294, 
342, 468. 

~- Loriquet, 42, 368. 

— Loth, 1 13, 206. 

— Milet, II, 56, 148. 

— Pelay, 3-7, 26-28, 5o, 

55, 79, 109, III, 

175, 198 - 200, 23l, 
241, 244, 276, 278, 
323-328, 366, 374, 

408, 450. 

— Ruel, 277, 374. 

— Sarrazin, 224, 292, 

414. 

— Serre (de la), 5 1 , 1 1 3, 

176, 304. 

— Tougard (l'abbé), 22, 

39, 52, 53, 79, 109, 

11 3, 117, 196, 2o3- 
207, 232, 240-242, 
245, 292, 3o8, 335, 
336, 367, 382, 385, 

409, 418, 441, 442, 

467, 470» 477- 

— Vallée, 112,232,336. 



5o8 



MM. Vesly (de), 8-11, 48- 
5o, 84/ 121, 189- 

194^ 200, 223, 228, 

23 1, 246, 258, 387, 
391, 410-413, 445- 

449- 
Commission : Membres décé- 
dés, I, 25, III, 171, 

322. 

— Membres nouveaux, 

170, 373. 

— Bulletin, 54, 246, 3i8, 

374, 391; demandes 
d'échange, 3, 45. 

— Archives, 39, 42, 48, 

5i, ii3, 171, 208, 
273, 292, 342. 

— Rôle dans les restau- 

rations, 4. 

Compas en silex, 299. 

Confréries, 5, 186-188,288, 
326, 359, 409. 

Congrès des Sociétés nor- 
mandes, 372, 388, 408, 
410. 

Console, 3 08. 

Contrat de Société, 455. 

Contrats d'apprentis et d'ou- 
vriers, 208-211, 234, 355. 

Contremontf 2J i . 

Contretables, 205-207. 

ControversiCf 3 12. 

Cordaulx, 466. 

Cordouennerie, 35o. 

Corets, caret ierSf 353-355. 

CorgereitCy 162. 

Corpus de Berlin, 2o3, 264. 

Costière, 346. 

Coulombeis^y 3, 12. 



Couniaulx , 3 11 . 

Couppeauj 181 . 

Couteaux en silex, 297. 

Couverteur, 164, 355. 

Cramelie, 304. 

Cravate, 335. 

Credierj 424. 

Creppeau, 425. 

CreSel, 334. 

Cristaux (manufacture de) , 

Croix d'ospitalier, 358. 

— du xviic siècle, 389. 

— d'absolution, 411. 
Custode, 334. 

D 

Dalles tumulaires, 281, 29a. 
Deelier, 422. 
Degrés 3 12. 
Demi-loupe^ 423. 
Demi-temps^ 335, 406. 
Demiard, i65. 
Dessins, 82, 176. 
Deuement, 357. 
Devanteau^ 334. 
Devantieux, 3x6. 
Déviation de l'axe des églises, 

385. 
Dismeur, 349. 
Disques en silex, 297. 
Doublet, 176. 
Dragages, 445. 
Drageeur, 160. 
Drecheur, i65. 



Eaue, 433. 

Ecarlate, 290. 

Ecoles d'Ernement, 21. 



bog 



Ecu (double) en or, 244. 

Ecussons, 79, 339. 

Eglise couverte en aissante, 

356. 
Eglises ; qui en supportait 
les frais ? Sy, 58. 

— leur état au xviie siècle, 
344-352. 
Embasseriey 3 12. 
Embridéj 164. 
Encamailléy 162. 
EncheUf i63. 
Enclumes en silex, 197. 
Engerbé, 332. 
Enluminures, 281. 
Enseignes, 27. 
Enselléj 164. 
Enseigné, 3i3. 
Entremise, i65. 
Entrepiéy 21 1, 212. 
Entrevenir, 3 12. 
Epaves archéologiques, 10, 

89, 146, 472-477- 
Epitaphes, 176-186, 275. 
Epouser^ 3io. 
Equignon, 362. 
Eschauffete^ 164. 
EscouvinCy 314. 
Escriptore, 354. 
Espaullier, 33o. 
Espinchiéj 454. 
Espinguier^ 424. 
Esplingue, 334. 
Esquevin, 35g. 
Es seaux, 362. 
Essieurs à main, 16 5. 
Estainmerie, 3i3, 314. 
Estraigne, 3 16. 
Efo/i^, 81. 



Etriers, 449. 

Exemples d'écriture, 442. 

Exposition photographique , 

78. 

cornélienne, 24 1 . 
Estencille, 3i3, 

F 

Faïences, 11, 89, ij^. 

Fenêtres terminales, 2o5. 

Ferronnerie, i58. 

Fibules, 88, 2 3o, 265. 

Fibules de ceinturon Scandi- 
nave, 2 5. 

Fleur de lis décorative, 3o5- 
3o8. 

Fontaines vénérées en l'hon- 
neur de saints normands. 
45 1. 

Fonts baptismaux, 274. 

Fossés, 473-475. 

Fossiles, 409. 

Fouilles, II, 40,258, 261. 

Fourmementj 211. 

Fourquette, 314. 



Gagne-liards, 71, 146. 
Gatnier, 355, 426. 
Galbe des colonnes, 8. 
Gallemarts, 355. 
Gallice, 314. 
Gecton, 355. 
Gibletier, 424. 
Girin, 433. 
Gracine, 314. 
Grattoirs en silex, 296. 
Graver esse, 40 3. 
Grève, 162. 



3io 



Grillages de protection, 200. 
Grougnet, 3i5. 
Grougue, i63. 
Gymple, 179. 

H 

Habillement, 465. 
Hablon, 188. 
Hache en bronze, 229. 
Hachette en silex, 57, 86, 

147, 229, 23ù, 278. 
Hachettes polies, dans un sol 

vierge, 48. 
Hanepier^ 159. 
Happe, 36 1. 
Horlogerie, i58. 
Hourdevy 356. 
Hourdon, 162. 

I 

If, 473. 

Image russe, 418. 
Imprimerie : ses origines, 
198-200. 

Imprimeurs rouennais, 3o3. 

Incendies, 33-39. 

Indusirij rouennaise. Notice: 

419-441. 
Inscriptions du xi« siècle, 112. 

— duxiii«siècle,3i. 

— duxve, 282, 480. 

— XVI®, 207. 

— XVIie, 104, 117, 

.147, 478. 

— XV1II«, 175, 2 1 5, 

226,449. 

— xix% 276-277. 

•— commémorative , 

29, 5o, 78, 81. 



Italiens (artistes), 448. 
Ivire, 354. 



Jaseren, 332. 
Jeton, 7, 467. 
Joux, 464. 



Lanternes, 239. 

Lantemiery 353. 

Liards. Mémoire, 123-146; 

196, 467. 
Libratiers, 38 1, 394, 401 . 
Lier, 359. 
Lieur, 396. 

Litres funèbres, 90-94, 102. 
Liturgie anglaise imprimée 

sur le continent, 3o3, 323- 

325. 
Lucane, 465. 

M 

Madré, 159, 160. 
Maignan, 3o2. 
Maisons canoniales, 55. 
Maladrerie, 40-42, 45-47-, 

149, 458. 
Mallefaçon, 209. 
Malletier, 36 1, 362. 
Mandienne, 458. 
Manoir, 52, 147, 207, 414, 

447, 472-477- 
Manufactures, 441. 
Manuscrit, 367. 
Manuscrit à enluminures, 

281. 
Mappemonde^ 56. 
Marchander, 177, 398,454, 



5ii 



Marque de potier, 28, 49, 89 

— de libraire, 325. 

— de coutelier, 357. 
Marteau en pierre, 3o2. 
Matines à femme, i65. 
Met ht que y 184. 
Médaille indienne, 7. 

— du grenier à sel, 29. 
Méridiens, 79. 

Meule en poudingue, 5j. 

Mireur, 426. 

Mirouier^ 425. 

Missel, 359. 

Mitan^ 36o, 36 1. 

Mobilier, 237, 3 1 4-3 16, 332- 

335. 
Molle, 314. 

Mondatoire, 240. 

Monnaies romaines, 86, 190- 
195, 261 , 470, 
472-477. 

— du moyen âge, 72, 

449. 

— diverses, 1 96, 4.1 1 - 

4i3, 473. 

Monuments historiques, 6, 8, 
II, 12, 32, 33, 
107, III , 112, 
148, 200, 222, 
273, 274, 384, 
390, 468, 477- 

— demande de classe- 

ment, 147. 

— classés, 294. 

— religieux : préser- 

vation, 368-371. 
Moule à monnaies, 470. 
Moùtardière^ i65. 



Musée départemental , 5o , 
194, 267, 373, 

41 3, 446-449- 
Saint-Germain, 5o 

— des Invalides, 117. 

— Gères, 176. 

— Neufchâtel, 267. 

— Dieppe, 272, 322. 

— Lillebonne, 339. 

— Les Andelys, 374, 

— Turgis, 445. 



N 



Niquets, 45o. 
Noys, 187. 

O 

Œuvre (lingerie) de Rouen, 
3i5. 
— de Venise, 3i5. 
Oraisons funèbres, 188, 189. 
Orbe, 211. 
Ordinaire, i65. 
Orgue, 79, 162. 
Ossements brûlés, 248. 
Oudardes, 97. 
Ouvroir, 398, 399. 



Pain de cène, 239. 
Papiers peints, 366, 374. 
Parouvrer, 356. 
Parthénon, 328. 
Parures Scandinaves, i25. 
Pasddne, 422. 
Pavés en faïence, 266. 
Peinture d'une chapelle neu 

ve, 94, 97. 
Peintures décoratives, 447. 



5l2 



Pel, 3 12. 

Penillière, 3i5, 33o. 

Penne, i63. 

Pennel, 422. 

Perceur y '614, 

Pierre (fourniture de), 154- 
i56. 

Pignerre, 425. 

Pi7/er, 332. 

Pinchon, 211. 

Pipe, 342, 343, 429. 

Plancher roman, 468. 

Plaque de plomb, 44g. 

Poinçons en silex, 296. 

Pommiers, 362. 

Portage, 358. 

Portail de la Calende, 375- 
382. 

Portes monumentales, 147, 
207, 294, 414. 

Portefeuille en maroquin , 
172. 

PotellCy 422. 

Poteries gallo-romaines, 229. 
— gauloises, 23i.. 

Pouchon, 176. 

Poudre à canon, 235. 

Pouldrier, 354. 

Pourveancey 466. 

PouXy 353, 356. 

Pragois y 440. 

Préhistorique (le) aux âges 
récents, 3oi. 

Presbytère de i5oi, 309. 

Propriété des trouvailles ar- 
chéologiques, 338. 
Proue hainement, 466. 

Proverbe, 98. 

Puits rectangulaire, 241, 246. 



Q 

Quarreur^ 154. 
Queux y 314. 

R 

Radrecher, 282, 

Récompenses archéologiques, 
202, 335, 340, 373. 

Reiglety 355. 

Relève^moustaches , 432, 44 1 . 

Renaissance (la) à Rouen, 3o3. 

Retables, 2o5. 

Retumbe, 211. 

Rideaux autour de l'autel, 
207, 2l3. 

Robbon, 334. 

Roseites, 159, 

Ro:^art, 355. 

Ruel^ 454. 

Rues : noms anciens et nou- 
veaux, 304, 327. 

S 

Saiette^ 262. 

Salaires d'ouvrier, 209, 2 1 6, 

245. 
Sarcophages, 27, 297. 
Sargette, 21 3. 
Scabelle, i65. 
Sceaux, 120, 243, 244, 343, 

409. 
Sépultures par incinération, 
241. 
— mérovingiennes,263, 
267. 
Sergecte, 334. 
Silex taillés : collection, 294- 

297- 
Souffisaumentj 3 1 2 , 465 , 

466. f 



5i3 



Soufflet j 464. 
Sourchainte, 33o. 
Souterrains, 473-477. 
Souvenirs du Vieux Rouen, 
5, 78. 

T 

Tableau, 79, 195. 

Tableaux d'ivoire, couver- 
tures de tablettes, 164. 

Tableau d'argent qui se 
ferme, 199. 

Tailleur d'images, 208. 

Talluer, 422. 

Targue(et non Cargué)^ 181. 

Tenné, i65, 362. 

TestateurCf 182, i83. 

Tiare, 23 1. 

TieuUiaux, 3 1 1 . 

TieulXy 314. 

Tombe franque, 228. 

Tombeaux du moyen âge, 
48, 246. 

Tombas, 176-189. 

Tombier, 178. 



Touailles, 314, 3i5, 33o. 

TouaySf 164. 

Tradition locale, 79, io5, 474- 

476. 
Trébuchet, 354, ^55. 
Treff 3 1 1 , 464. 
Trestes^ 465. 
Troche^ 314. 
Trousseau, 33o, 332. 



Vases romains, 261. 
Vendue y 160, 21 3. 
Vermillette, 434. 
Véronique, 233. 
Verre : objets divers, 88, 

265. 
Vicus gallo-romain, 260. 
Vierge d'ivoire, 22. 
Victrievy 357. 

Vin aux communiants, 239. 
Vitrail, 4, 6, 200, 206, 414, 

414, 479. 
Viviers sur la cathédrale, 2 1 4. 
Vocabularius, 408. 



FIN DU TOME XIII 



J 



PRINCIPALES MATIÈRES DU BULLETIN 



Pages 

I. — Bréviaire de Salisbury. Rouen, 1556 323 

Histoire et archéologie locale 329 

Cassolette romaine (Jig.) 336 

II. — Eglises du pays de Caux au xviie siècle. 344 

Gorets et coretiers 353 

Coche de luxe en 1 596 360 

Testament du maréchal de Fervaques 364 

Préservation des monuments religieux 368, 371 

m. — Conservation du musée départemental 373 

Le portail de la Calende 375 

Le gros œuvre de la Cathédrale 382 

IV. — Boutiques du portail des Libraires 391 

Noms des rues 408, 410 

V. — Monnaies diverses 41 1 , 41 3 

Le Manoir-Qjueval 414, 419 

Anciennes fabriques de Rouen 42 1 

VI. — Oissel, dragages et antiquités diverses 445 

Fontaines vénérées en Thonneur de nos saints. . . 450 

Testaments de Titelouze 456 

Charpente de Saint-Gervais 462 

Eglise du Bourg-Dun 468 

Moule à monnaies (fig,) 470 

Explorations dans le canton de Boos 472 

Saint-Saens. Notes diverses 477 

Table des noms d'homme .... 481 

— noms de lieu 493 

— principales matières 505 

Imp. E. CAGNIARD (Léom OY, taccesseur), rue Jeaano-d'Are, <i.