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Full text of "Bulletin de la Socit d'horticulture de Genve"

^B Ulâéf 





PARAISSANT 

CHAQUE 



BULLETIN 



COTISATION 

ANNUELLE 

6 FRAXCS 



r^ 



<jz 



DE LA 



SOCIETE DHIIITICIIITIIIE 



DE 



GENEVE 



\^\U/y 






3 6-« ANNÉE #îïë^^^ 



1890 




l'^^ LIVRAISON 



JANVIER 



AVIS 

MM. les Sociétaires sont prévenus que la 
cotisation de fr. 6.15, pour 1890, sera prise en 
remboursement par la poste les premiers jours 
de janvier. 



Sommaire 

^^'^iW P^^^tf.-.^eyh^l de l'Assemblée générale du 1- décembre 

s.-„ r^lsreL1/ja^"l?L*■l-B.fe,!;',S'tLT.£ 
paitement. — Chronique. — Annonces. ^" 







ties annonces 




onces doivent être adres«iê«*e A AT » ^ «aj^^^^ç^ 

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36"' ANNEE l" LIVRAISON JANV. 1890 

BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

GENÈVE -■ »■'« 

FOIsTIDÉE EKT 1855 "'iAXUfiî^ 

AvYs 

MM. nos Membres lioiiopaires et corres- 
pondants, ainsi que nos Sociétés correspon- 
dantes de l'étranger, sont instamment priés 
de ne pas confondre la fÊifPCÎ(*té A'JfSfPffi- 

c*#fff «##•<? fie €^'enève, fondée en 1S55, qui 

^est la notre, avec une autre Société d'Iïor- 

O ticulture de notre ville, de fondation beau- 

V couji plus récente, qui s'intitule Société helvé- 

-^ tique d' Horticulture de Genève : cela dit afin 
d'éviter à l'avenir des erreurs ou des mal- 
X entendus qui se sont déjà produits. 

La Commission de Rédaction. 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 1" décembre 1889, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. F. Cardinaux, Président. 






Cent vingt-cinq membres assistent à la réunion. Le procès- 
verbal de la dernière Assemblée est lu et adopté. 

Présentation de nouveaux candidats: 

1° M. Beffa, vitrier, rue Versonnex, 6, par MM. E. Fayol et 
H" Martin. 

2° M. Bertos.sa, fabricant de vitrages, rue du Port, par MM. Gh. 
Benggeli et Ami Dufour. 



3° M. Baptiste Brémond, propriétaire, aveuue des Délices, 
par MM. F. Cardinaux et V. Pérusset. 

4° M. Paul Buffaï, jardinier, rue des Gares, 33, par MM. H. 
Gorrevon et Aug. Dufour. 

5" M. Prudent Ghristin, horticulteur à Xyon (Vaud), membre 
rentrant. 

6° M.Jules Goulin, jardinier de la campagne Rigaud à Belle- 
vue, par MM. Hecht et Lœsslé. 

7° M. Pierre Dietz, rue de Lausanne, 24, par MM. L. Decor- 
ges. et S. Schoch. 

8° M. Louis Greiner, fabricant de toiles d'espaliers, au Grand- 
Saconuex, par MM. A. Haasis et Lucien Knecht. 

9° M. Eugène Guidon, jardinier à Monttleury, prés Satigny, 
par MM. L. Decorges et Em. Tronchet. 

10° M. Louis Manera. décorateur-rocailleur, chemin Jean- 
Gharles, Eaux-Vives, par MM. E. Fayol et H" Martin. 

Il"" M. Jacques Mever, jardinier, rue de la Rôtisserie, 4, par 
MM. Louis Decorges et Salom. Schoch. 

12" M. Ed. Mouton, jardinier chez M. Louis Dufour, aux Dé- 
lices, par MM. Franc. Besson et L. Dufour. 

13° M. Renaud, Ecole d'Horticulture de Châtelaine, par 
MM. Cardinaux et Triboolet. 

14° M. Emile Rosset, fabricant de cordages, quai Pierre- 
Falio, 1, par MM. L. Decorges et Mestral. 

15° M. Marc Sauty, horticulteur à Nyon (Vaud), par MM. Car- 
dinaux et Lacroix. 

16" M. Albert Schmidely, jardinier chez M. Beauly, à Ver- 
suix, membre rentrant. 

17° M. Hermann Thiemann, jardinier chez M.Alexis Lombard, 
à Villette, par MM. L. Decorges et Ed. Rod. 

18° M. A. TuRGONi, fils aine, rue St-Léger, 28, par MM. L. De- 
corges et Corajod. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° Par M. Henri Bippiis, jardinier chez M. Antoine Martin, 
à Vessy : 

Une superbe corbeille de Chrysanthèmes en 112 variétés bien 
étiquetées. P. 5. 

2° Par M. Louis Decorg-es, jardinier chez M. le D'' Lom- 
bard, à Malagnou : 

Une tige d'Odontoglossum grande, avec 4 fleurs, Orchidée de 
serre froide, originaire du Guatemala. H. G. 



— H -^ 

3° Par M Anselme Decroiix, horticulteur, chemin Neuf 
à Plainpalais : ' 

3 Primevères de Chine et une dite double blanche. P. 2. 

4° Par M. Frédéric Delécraz, jardinier chez M. H. Pasteur 
au Grand-Saconnex: ' 

Une belle corbeille de 65 variétés de Chrysanthèmes. P. 4. 

5° Par M. Fritz Liidi, horticulteur, chemin du Vieux-Billard 
à Plainpalais : ' 

Une collection de 25 pieds d'Œilkts remontants en fleurs tous 
dislingués par là vivacité des coloris; un pied d'Azalée pùnctu- 
lata en fleurs. P. 6. - Un semis de 3 Œillets, dont un très remar- 
quable par la singularité de la pauachure des fleurs. P. 2. 

6° Par M. Aus-uste Morel, jardinier chez M»= Glaparède 
à Champel : ' 

■2 Primevères de Chine, blanches, doubles; 2 Primevères flori- 
bunda à fleurs jaunes, semis de l'an passé, et une troisième, semis 
de 3 mois, commençant déjà à fleurir. P. 2. 

T Par M. Salonion Schoeh, jardinier chez M. Posth, aux 
Délices : 

B'ougère Plaiycerium alcicorne- P. 2. 

CULTURE MARAÎCHÈRE 

i" Par M. Aug-uste Dufour, à Plainpalais: 
Carottes demi-longues hollandaises, Navets roses de Plainpa- 
lais et une belle botte de Scorsonères provenant de graines choi- 
sies et sélectionnées. H. C, 

2° Par M. «Jules Dufour, maraîcher à Plainpalais: 
2 gros Choux blancs de St-Denis, 2 Choux rouges tardifs d'hi- 
ver mesurant 50 cm. de diamètre, 2 Choux frisés à pied court 
2 beaux Cardons épineux de Tours blanchis en fosse, Céleri-rave' 
Céleri plein blanc doré. Céleri plein ordinaire, Navets roses une 
botte de Scorsonères. P. 4. ' 

3° Par M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard: 
Chou-fleur de Naples, Chou de Milan frisé. Céleri-rave, Céleri 
blanc doré, Chicorée frisée, Navet demi-long hâtif de Paris, Na- 
vets roses. Scarole verte. P. 2V2. 

CULTURE FRUITIÈRE 

1° Par M. Frédéric Gay, à Fossard : 

Reinettes du Canada et grise d'hiver, Calville St-Sauveur Cal- 



— 4 — 

ville rouge d'hiver, Court pendu, Api rose, Raisins Chasselas fen- 
dant roux. P. 2. 

M. Victor Pérusset donne ensuite des explications très intéres- 
santes sur la manière de pratiquer l'incision annulaire de la Vigne 
et sur son influence si avantageuse pour l'avancement de la matu- 
rité des raisins. Cette opération peut être faite sans nuire à la pro- 
duction future du cep. 11 décrit la circulation de la sève qui monte 
par les vaisseaux intérieurs de la tige et redescend par la couche 
extérieure, après avoir subi une transformation essentielle par le 
moyen de feuilles, qui sont comme les poumons de la plante. M. Pé- 
russet voudrait que l'horticulture genevoise s'appliquât à recher- 
cher les voies et moyens d'introduire chez nous la culture forcée du 
raisin, dont nous sommes aujourd'hui tributaires de l'étranger. De 
vifs applaudissements témoignent de l'intérêt avec lequel cette 
communication a été accueillie; après quoi, M. le Président délivre 
à M. Pérusset le prix d'honneur que lui a décerné un jury spécial 
pour sa belle collection de raisins présentée à l'Assemblée du 
6 octobre dernier. Applaudissements de toute l'assistance. 

Conférence de M. Eugène Piccard sur l'utilité des connais- 
sances scientifiques en horticulture. Le jeune conférencier, au mi- 
lieu d'un auditoire attentif, démontre la possibilité en horticulture 
de réaliser des bénéfices plus considérables. Il indique comment, 
au moyen d'une sélection rationnelle, on pourrait arriver chez 
nous à obtenir de nouvelles variétés de fleurs, de fruits et de lé- 
gumes, tandis que nous nous contentons de les demander aux 
horticulteurs belges, anglais et français. 

Une médaille de vermeil offerte par l'Association horticole 
lyonnaise à l'occasion de notre Exposition de mai 1889, mais arri- 
vée tardivement après nos réclamations, est délivrée à M. Fritz 
Liidi pour sa superbe collection d'Œillets, présentée à cette ex- 
position. 

Nomination de deux vérificateurs des comptes pour l'exercice 
de 1889, qui sont : MM. Mestral, propriétaire, à Confignon, et Sa- 
muel Moser, chez M. de Candolle, au Vallon ; suppléant : M. Chapuy. 

Séance levée à 3 ''/i heures. 

Le secrétaire-général : 
D. Triboulet. 



Publications et graines offertes à la Société. 

1° Par M. Charles «Joly, H, rue Boissy d'Anglas, à Paris, 
membre honoraire : 

Culture du Sorgho, son utilisation au point de vue industriel 

18 variétés de graines de Sorghos. 

La Colonisation, notes et renseignements sur le Canada. 

Rapport sur les serres et le matériel de l'Horticulture, à 
l'Exposition universelle de 1889, par Ch. Joly. 

Les produits de la ferme et du verger, octobre 1889. 

Atlas des plantes de France, utiles, nuisibles et ornementales, 
par A. Masclef. Paris, 1889. 

2° Par MM.Danimaiïn & O^, cultivateurs à Naples (Italie) 

Graines de Chou-fleur hâtif de Côme, Chou-fleur hâtif de Tos- 
cane, Laitue pommée géante de Naples, Laitue pommée chou de 
Naples amélioré, Oignon Victoria rouge géant globe, blanc Victo- 
toria, Broccoli navet branchu Pugliese. Ces variétés seront es- 
sayées par la Commission maraîchère. 

S" Par MM. D.-M. Ferry & C", cultivateurs à Détroit (États- 
Unis de l'Amérique da Nord) : 

Graines nouvelles : Chou-fleur hâtif puritain. Chou Mammoth 
rock reed. Maïs comestible, Chou des 4 saisons. Tomate Optimus, 
id. Pomme rouge, Concombre de Chicago, Laitue pommée Deacon, 
Ognon de Danvers, six variétés de Haricots nouveaux. Pois de 
senteur Miss Blanche Ferry, Verveine Mammoth en mélange. 

Nous adressons à ces généreux donateurs l'expression de toute 
notre reconnaissance. 



Commission de placement pour les jardiniers. 

OFFRES 

Plusieurs jardiniers mariés, bien recommandés, de 27, 30 et 
35 ans, connaissant bien les trois parties de l'horticulture, deman- 
dent à se placer dans une maison bourgeoise. 

Deux bons jardiniers célibataires, de 27 et 40 ans, demandent à 
se placer. 

La Commission ne recommande que des jardiniers connus et 
faisant partie de la Société. 

Le registre est déposé chez M. François Forestier, trésorier, 
Tour-de-1'Ile, à Genève. 

Le Pi'ésident de la Commission, 
Louis Dégorges. 



— 6 — 

Fleurs des Alpes!!! 

(avec chromoUthographie). 

GENTIANA ACAULIS L. 

La superbe Gentiane bleue (Ge/z?!w/m ac«M/?s) est depuis 
longtemps clans les cultures anglaises et depuis un cer- 
tain nombre d'années, aussi , elle se cultive en France. C'est 
l'une des meilleures d'entre les plantes alpines, mais il 
n'est pas toujours facile de la cultiver. Ses fleurs bleu 
foncé, dressées, acaules, son feuillage d'un vert sombre 
luisant, sont un des plus beaux ornements de nos mon- 
tagnes, où elle fleurit en juin — juillet. Dans les cultures, 
elle semble assez capricieuse et ne réussit pas partout. 
Que de peine n'avons-nous pas eue à l'acclimatera Genève, 
jusqu'au jour où nous commençâmes pour la première 
fois au Jardin alpin à l'élever de semis ! De ce jour-là 
date sa réelle introduction dans nos jardins genevois où, 
jusqu' alors, on n'avait pas pu la considérer comme 
réellement introduite et acclimatée. 

Le semis se fait comme toute plante vivace, àl'automne 
ou au printemps, de préférence en automne. On place les 
terrines sur une couche froide et, si possible, on les 
couvre de neige en hiver. Au printemps, les graines 
germent et se développent assez régulièrement. Toute- 
fois, nous avons fait la remarque que les graines vieilles 
d'une année et plus, restent 12 et même 18 mois avant de 
germer. 

La Gentiane acaule qu'on cultive à Paris et qui se 
vend aux Halles, n'est plus la forme alpine ; c'est la 
(■(Oentianella-o des Anglais qui est la vieille G. acaulis, 
mais modifiée et adaptée au climat des plaines. Elle offre 
ce caractère curieux qu'elle est devenue traçante et se 
multiplie facilement par éclats, ce qui n'est pas le cas 
pour le type. 

La Gentiane acaule exige un sol spongieux, poreux, 
calcaire et riche en humus. Elle aime la mi-ombre. 

Dans les plaines, elle fleurit en avril - mars et il lui 
arrive fréquemment de refleurir à l'automne. 

ANEMONE SULPHUREA L. 

U Anémone sulphurea est l'une des plus belles fleurs 
alpines. Sa corolle est grande, jaune soufre, simple 



<**4^<-^ 




PLANTES ALPINES 

LANEWONf SUlHHURtA. 2 L, E N Tl A N A ACAULIS 



- 7 — 

quoique riche et bien cossue. Elle ne parait être pourtant, 
et elle n'est certainement, qu'une forme granitique de 
l'Anémone des Alpes. 

Cette belle coupe soufrée qui s'échappe, solitau^e et 
fièrement dressée vers le ciel, du sein d'un nid de fine 
verdure qui l'enveloppe comme d'une vaste collerette à 
mi-hauteur de sa tige, est bien l'un des 1)ijoux les plus 
caractéristiques de la tlore des Alpes. On la trouve de 1 500 
à 2000 mètres, et sa corolle varie du blanc pur au jaune 
d'or, en passant par toutes les teintes intermédiaires, sui- 
vant que la composition du sol est plus ou moins gra- 
nitique. . . 

Elle fleurit dans la montagne à partir du 20 juin 
jusqu'à fin juillet, mais dans les plaines sa floraison est 
avancée deprès de deux mois. 

Cette plante s'élève de semis et ne fleurit que la 
troisième année; elle aime un sol profond, riche en humus, 
une exposition ensoleillée et elle peut être cultivée comme 
plante vivace ou dans la rocaille. 

II. Cor R F. VON, 

Directeur du Jardin alpin d'acclimatation à Genève. 
(Bloniteur de l'Horticulture.) 

Maranta Kerchoweana. 

Voici une espèce qui n'est, à mon avis, pas assez 
connue comme plante d'appartement et qu'il est géné- 
ralement convenu de considérer comme plante de serre 
chaude. J'ai pourtant connu des personnes chez lesquelles 
elle a, non seulement passé l'hiver dans une chambre 
tempérée, mais où, dans ces conditions, elle a même 
émis des feuilles. Par conséquent, la culture de cette 
plante ne doit pas être celle de serre chaude et. pour 
moi, je la cultive dans une serre tempérée, où le ther- 
momètre tombe souvent à 5 ou 6 degrés centigrades. 

Je la traite de la manière suivante : D'abord, comme 
culture pour la vente, je suis obligé de diviser le plus 
possible et de m'y prendre de bonne heure, c'est-à-dire en 
janvier, février ou mars. Au bout d'une quinzaine de jours, 
les plantes sont enracinées et je les empote dans de très 
petits godets, qui sont placés dans un endroit un peu 
chaud pendant quelques jours, puis je les passe dans la 



— 8 — 

serre tempérée, où ils restent jusqu'en mai. Alors je les 
place, après les avoir empotés dans des pots de 4 ou 4' , 
pouces, sous des châssis encore tièdes, où je les bas- 
sine souvent et les ombre dès que le soleil darde dessus. 

Avec cette culture si simple, j'arrive à obtenir de 
belles plantes d'ornement mesurant jusqu'à 30 cm. de 
diamètre et portant de grandes feuilles décoratives. Le 
sol que j'emploie est un terreau de couches, auquel 
j'ajoute V^ de sable et un peu d'engrais. 

On assure que les Belges l'emploient pour la confec- 
tion de bordures en pleine terre. 

E. George, 
horticulteur à Monttleury, Satigny. 



Fleurs pour l'hiver. 

Les Gloxinia. 

En hiver, toutes les fîeurs sont les bienvenues, surtout 
celles à couleui'S vives, qui sont toujours assez rares 
dans les collections de plantes limitées. Le blanc ne 
manque pas, car on peut forcer une foule de plantes et 
d'arbustes tels que le lilas, les deutzia, staphylea, jacin- 
thes romaines, muguet, etc. Il est vrai que les fleurs 
blanches sont très recherchées, mais il en faut aussi 
d'autres couleurs. 

Parmi les plantes qui se prêtent admirablement à la 
culture pour floraison hivernale, il faut citer les Gloxinia, 
qui sont bien connus et toujours cultivés pour floraison 
estivale, mais que l'on n'a jamais songé à utiliser par 
le forçage. 

Il y a quelques années, comme il me fallait durant tout 
l'hiver une quantité considérable de fleurs coupées, je 
voulus essayer d'avoir au mois de janvier des fleurs de 
Gloxinia. 

J'avais fait l'expérience que ces fleurs se conservent 
pendant plusieurs jours, sans que les tiges soient mises 
dans l'eau, et que, mélangées habilement parmi d'autres 
fleurs, elles produisent un très bel effet. 

Au mois de novembre, je mis en végétation environ 
200 bulbes, semis de l'année précédente, et qui avaient 
fleuri une première fois en mai-juin. Ces bulbes furent 



— 9 — 

empotés dans des pots de 12 cm. et dans un mélange 
composé d'une partie de terre de gazon bien fibreuse, 
d'une de terreau de feuilles, d'une demie de bouse de 
vache préalablement desséchée et pulvérisée, et enfin 
d'une partie et demie de sable. Les pots reçurent un drai- 
nage très fort, c'est-à-dire environ 5 cm. de tessons, puis 
on procéda au rempotage en tassant la terre modéré- 
ment autour des bulbes, et on les plaça dans la serre à 
multiplication sur une cbaleur de fond de 18 à 20° centi- 
grades. Les feuilles ne tardèrent pas à se montrer et 
lorsque chaque plante en eut développé deux ou trois, on 
les retira de la multiplication pour les mettre dans une 
serre à température de 12 à 15 degrés pendant la nuit. Les 
arrosages furent l'objet d'une surveillance spéciale ; car 
il était à craindre que, ayant trop d'eau, les racines et 
conséquemment les feuilles et tiges à fleurs ne fussent 
exposées à pourrir, et c'est pour prévenir cet accident que 
j'avais formé un compost trèsléger et accentué le drainage 
des pots. Les plantes ne reçurent donc qu'une très faible 
dose de liquide, sans toutefois les laisser souffrir de la 
soif. Une fois par semaine, je leur fis donner un arrosage 
avec de l'eau dans laquelle on avait fait dissoudre du sul- 
fate de fer à raison d'un demi-gramme par litre d'eau, et 
cela seulement lorsque les racines eurent tapissé le tour 
de la motte. Le feuillage se développa avec une exubé- 
réance de végétation inaccoutumée et d'une couleur vert 
foncé ; les boutons à fleur firent leur apparition en grand 
nombre, de sorte que vers le 15 janvier j'avais 200 
plantes de Gloxinia, portant de 15 à 25 fleurs en bou- 
tons, qui faisaient l'admiration de tout le monde. Il en ré- 
sulta qu'au lieu de ne tirer parti que des fleurs ainsi qu'il 
était mon intention de le faire, je fus dans le cas de vendre 
presque toutes les plantes, qui avaient l'insigne honneur 
de plaire tout spécialement aux dames. Je parvins néan- 
moins à utiliser quelques fleurs pour des décorations flo- 
rales, et l'une de celles-ci fut très remarquée à un grand 
dîner, où tous les convives étaient des personnes très haut 
placées. C'était un surtout de table de 1 mètre de long, 
dont le fond était couvert de verdure de pervenches (ymc« 
/>??'/? or), d'où émergeaient des branches de lilas blanc et de 
muguet, parmi lesquelles se balançaient légèrement des 
fleurs de Gloxinia de toutes nuances; ces fleurs étaient 
naturellement montées sur fil de fer, ce qui ne les em- 



— 10 — 

péclia pas de rester fraîches pendant plusieurs jours, 
alors que muguets et lilas étaient fanés. 

Je recommande donc aux lecteurs de notre cher 
Bulletin cette culture qui assure à l'horticulteur mar- 
cliand un joli bénéfice et qui, j'en suis persuadé, sera 
d'un grand secours au jardinier obligé de renouveler 
sans cesse les décorations de tables et d'appartements. 

H. Phatzer, 

Horticulteur à Roubaix (Nord), 
Membre correspondant de la Société d'Horticulture de Genève. 



Légumes nouveaux. 

{Suite.) 

Nous continuons la série des nouveautés récemment 
mises au commerce , par quelques bonnes variétés 
anglaises dont l'introduction dans nos cultures est à 
recommander. 

Pois nouveau, SJiarpes Victory. — Cette superbe va- 
riété surpasse comme forme et dimension tout ce qu'on 
connaît en fait de pois. Les cosses sont grandes, bien 
formées, très pleines, contenant 10 ou 11 grains, assez 
gros , parfumés et d'un beau vert foncé. Hauteur 
1 mètre. 

Pois nouveau, Sharpe's Empress. — Cette variété est 
un semis obtenu du N'ec Plus ultra. Elle s'en distingue 
par une production plus forte. Les cosses sont d'un 
vert foncé, de grande dimension et contiennent au 
moins 10 gros grains, qui conservent, quoique cuits, 
leur su])erbe teinte vert d'émeraude. Hauteur 2 mètres. 

Pois nouveaUj SJiarpes Queen. — Cette excellente va- 
riété ne s'élève qu'à 0'" 70; elle est bien branchue et 
constitue la plus parfaite des variétés de pois. La 
gousse est d'un beau vert, grande, bien pleine de grains 
énormes, ovales, qui conservent un parfum délicieux 
une fois cuits. Elle passe pour la meilleure introduc- 
tion de la maison Sharpe & Co. à Sleaford, Lincoln- 
shire, Angleterr-e. 

Pois fiouveaUj Sharpe's Triumph. — Plante d'un 
mètre, à grandes cosses, bien remplies par de gros 
grains ; extrêmement productive. Un seul pied n'a pas 
porté moins de 09 cosses. 



— 11 — 

Pois nouveau, Sharpe's Early Paragon. — Plante 
haute de près de 1"" 70, donnant pendant plusieurs 
mois des récoltes successives. Le grain est gros, très 
serré dans la gousse et d'un bon goût. Cette variété 




Haricot Prodige à rames à grain vert. 
(Cliché Forgeot.) 

de seconde saison a l'avantage d'être plus robuste que 
les autres. 

Chou-fleur du Trocrtc/c^ro. (Forgeot.) Variété de Chou- 
fleur dur pouvant se cultiver en toute saison, principale- 
ment en automne. Sa rusticité le fera apprécier soit au 
jardin potager, soit pour la culture en plein champ. 



— 12 — 

Plante vigoureuse, à pied court, pomme grosse, bien 
faite, d'un beau blanc et à grain très fin. 

Fi^aise Noble de Laxton. (Forgeot.) Cette variété pré- 
coce a obtenu un grand succès en Angleterre ; elle joint 
à la précocité, la beauté et la qualité. Fruit gros, d'une 
belle forme, presque rond, rouge foncé. 

Fraise M""" Cornuau. (Forgeot.) Variété hors ligne 
pour la pleine terre, fruit gros ou très gros, d'un très 
beau rouge orange brillant; chair fine, juteuse et d'un 
parfum exquis, ^^ariété tardive et de très grande pro- 
duction. 

Haricot Prodige à rames à grain vert. (Forgeot). 
C'est le premier haricot à rames à grain vert, dont la 
qualité est supérieure à celle des H. flageolets. Hauteur, 
2 m. 50; les tiges se couvrent littéralement de cosses 
régulières, allongées, légèrement recourbées et conte- 
nant 7 à 8 grains. Les graines sont d'une belle couleur 
vert clair. 

Pomme de terre « Early Puritan ». (Forgeot.) Plus 
hâtive que V Early rose, peau jaune très lisse, chair jau- 
nâtre, de bonne qualité; est appelée à prendre dans la 
grande culture la première place comme variété précoce. 

{A suivre.) Auguste Dufour. 

— ^^fâ"#4 — 



Les Orchidées. 

Odontoglossum cirrosum ^ 

Parmi les Orchidées que l'on rencontre le plus géné- 
ralement dans les cultures , figurent en premier lieu 
toute la série des Odontoglossum crispum ; ce sont des 
plantes de serre froide, qui exigent beaucoup d'humidité 
et de fraîcheur à peu près en toute saison. Pour bien 
réussir leur culture, il faudrait pouvoir les maintenir 
constamment dans une température variant entre 
-|- 5° C. à -[- 15° C. 11 faut surtout éviter de trop 

' Les différents ouvrages botaniques et horticoles ne sont pas d'accord 
sur l'orthographe du mot cirrosum. D'après son étymologie certains au- 
teurs affirment qu'il faut écrire cirrhosum, tandis que pour d'autres on 
doit l'écrire satis h. 



— 14 — 

laisser la température s'élever pendant les chaleurs de 
l'été , ce qu'on obtient facilement en appliquant une 
bonne ventilation , un fort ombrage et en répandant 
beaucoup d'eau dans les chemins de la serre. Ces 
Odontoglossuni prospèrent le mieux lorsqu'ils sont cul- 
tivés en pots, dans un mélange de terre fibreuse, de 
tessons et de sphagnum vivant ; les pots doivent être 
plutôt petits que grands et le drainage doit occuper au 
moins la moitié du vase, afin de favoriser l'écoulement 
des eaux. 

UOdontogiossum crispum ou Alexandrœ^ originaire 
des Andes de la Colombie, est une espèce qui est im- 
portée depuis quelques années en quantité fabuleuse, 
et que l'on trouve maintenant en culture chez tous les 
principaux horticulteurs. Aucune autre espèce d'Or- 
chidée ne l'égale pour l'élégance, la beauté et la longue 
durée de ses magnifiques fleurs, ce qui a engagé cer- 
tains tleuristes à en cultiver des centaines de mille. 
Outi-e les divers emplois auxquels se prêtent ses fleurs, 
nulle Orchidée ne convient mieux pour les bouquets 
de corsage que les dames portent dans les soirées. 
U Odoiitoglossum Alexandrœ se compose d'un nombre 
infini de variétés, dont les tleurs varient du blanc pur 
au blanc rosé ou violacé et parsemé de macules brunes. 

Une autre espèce très voisine et en même temps des 
plus gracieuses et des plus élégantes, est VOdonto- 
glossum cirrosuni, des Andes de Quito, qui est si bien 
représenté par notre belle illustration. Les fleurs, d'un 
blanc pur, aux pétales et sépales allongés, sont par- 
semées de nombreuses macules pourpre marron. C'est 
aussi une de ces Orchidées que l'on devrait posséder 
en quantité dans toutes les serres où l'on cultive les 
Odojitoglossum de la section des crispum. 

Lorsque nous aurons l'occasion de pouvoir figurer 
dans ce Bulletin les autres espèces de cette section, 
nous reviendrons sur ce sujet. 

Otto Ballif, 

Membre correspond' de la Société d'Horticulture de Genève. 



— 15 — 

Mina lobata'. 

C'est une gracieuse plante grimpante d'origine mexi- 
caine qui fut introduite en Allemagne par la maison 
Haage & Schmidt, il y a deux ans. 

Je l'ai cultivée pendant deux étés et je ne puis qu'en 
recommander la culture. Semée au mois de mars, en 
serre, dans un terreau sablonneux, et mise en pleine 
terre à la fin de mai, le Mina lobata atteint pendant l'été 
une hauteur de 5 à 6 mètres, et se couvre en juillet 
d'une quantité de boutons rouges qui, lorsqu'ils sont 
éclos, sont disposés en panicules à fieurs d'un blanc 
jaunâtre. Ses graines ne mûrissant pas sous notre cli- 
mat, on est obligé de faire des boutures au mois d'août, 
lesquelles s'hivernent assez bien dans la serre tempérée. 

Cette plante demande une bonne exposition, car elle 
aime le soleil, un terrain qui ne soit ni trop humide ni 
trop fraîchement fumé. 

Après avoir montré ses qualités, il faut aussi signaler 
ses défauts, dont le principal est de se dégarnir depuis 
le pied, vers la fin de l'été. Pour remédier à cet incon- 
vénient, il faut y semer en juin quelques pois de senteur, 
voire même des capucines ou autres plantes grimpantes, 
qui serviront à regarnir les places vides. Le Mina lobata 
produit aussi un très joli effet quand on le cultive sur le 
gazon, comme plante isolée pour former des pyramides. 

FÉLIX Seemann. 



L'horticulture d'appartement. 

Un très grand nombre de personnes, qui ne pos- 
sèdent ni serre ni orangerie, essaient de cultiver chez 
elles des plantes qui égaient et ornent en même 
temps leurs appartements. Malheureusement, la plu- 
part d'entre elles dépensent dans ce but beaucoup 
d'argent pour n'arriver qu'à des résultats fort tristes 

' La plante recommandée ici par notre correspondant a été intro- 
duite dans les cnltiires anglaises en 1841. Ceux de nos membres qui 
Tout cultivée à Genève déclarent qu'elle ne répond pas aux descriptions 
qu'en donnent les catalogues et n'aurait de la valeur que comme plante 
grimpante à croissance rapide. {Rédaction.) 



— 10 — 

et nullement encourageants. Il peut dès lors y avoir 
un intérêt réel à mettre sous les yeux de ces amateurs 
les conseils les plus essentiels sur ce point. 

Lorsqu'on voit les plantes qu'on a achetées en 
parfait état devenir en peu de temps mal portantes, 
et souvent même ne pas tarder à périr, on est tout 
naturellement porté à accuser de tromperie l'horti- 
culteur qui les a vendues. Or, presque toujours, cette 
accusation est injuste et sans fondement. En général, 
ces plantes ont été jusque-là convenablement arro- 
sées, plantées dans une terre dont la nature leur 
convenait, tenues dans des pots dont la grandeur était 
en rapport avec leurs besoins. La chaleur, la lumière 
et l'air leur ont été donnés dans la mesure convenable. 
Au contraire, dès qu'elles ont été vendues tout change 
pour elles. Les uns les inondent, tandis que d'autres 
les condamnent à la sécheresse ; souvent l'ah^ et le 
jour leur manquent à la fois, tandis que, dans un 
assez grand nombre de cas, elles sont exposées sans 
abri à toutes les ardeurs du soleil. Il faut ajouter que 
celles qui ont été élevées en serres ont vécu dans 
une atmosphère constamment humide, et que, dans 
les appartements chauffés où elles sont ensuite trans- 
portées, elles trouvent subitement des conditions 
diamétralement opposées ; elles se trouvent alors 
comme le poisson retiré de l'eau. Voici quelques 
règles pour diriger la culture d'appartements : 

1. On ne doit arroser que lorsque les plantes ont 
besoin d'eau, ce qu'on reconnaît aisément en touchant 
la terre. Tant qu'elle est humide, il faut se garder de 
mouiller encore. Il ne faut guère que trois arrose- 
ments par semaine pendant l'automne et l'hiver, et 
qu'un par jour au printemps et en été. Lorsqu'on 
arrose, il faut le faire abondamment et laisser bien 
égoutter l'eau, de telle sorte que les pots ne reposent 
pas ensuite sur la place mouillée. On doit employer 



— 17 — 

de l'eau de pluie ou de rivière ; et si l'on n'a que de 
l'eau de puits ou de source, il faut la laisser à l'air 
pendant un jour ou deux avant de s'en servir. 

2. On doit donner beaucoup d'air chaque fois 
qu'on le peut, lorsque le temps est doux, soit en ou- 
vrant les fenêtres, soit en mettant les plantes dehors. 
S'il fait chaud et que les plantes se trouvent là au 
soleil; on doit ombrer, car le soleil donnant sur les 
pots nuirait beaucoup aux racines, et par conséquent 
aux plantes. 

3. Il faut maintenir uniforme, autant que possible, 
la température des chambres où se trouvent les 
plantes. Les mettre elles-mêmes près des fenêtres, 
excepté pendant les grands froids ; car, alors, il vaut 
beaucoup mieux les en éloigner pendant la nuit. 

4. Il est indispensable d'examiner de temps en 
temps si les racines remplissent les pots. Lorsqu'il 
en est ainsi et que les plantes en valent la peine, on 
leur donne de plus grands pots et de bonne terre; 
si on ne les rempote pas, il faut faire attention aux 
arrosements, car, dès cet instant, elles ont besoin de 
plus d'eau qu'auparavant. En été, il est bon de les 
mouiller souvent sur le feuillage, mais seulement lors- 
qu'elles ont besoin en même temps d'être arrosées. 

Tels sont les conseils que nous croyons utile de 
donner aux amateurs qui n'ont pas l'habitude de 
ces soins. (Journal des Campagnes.) 



CHRONIQUE HORTICOLE. 

Revue DES publications étrangères 

Arrivôe à la 36°" année de son existence, la Société d'Horticulture 

de Genève, aujourd'hui plus florissante que jamais, commence la 

publication d'un bulletin mensuel, désiré depuis longtemps par un 

grand nombre de sociétaires. La Commission de rédaction remer- 



— 18 — 

cie chaleureusement tous nos membres honoraires et corres- 
pondants, ainsi que ceux de nos sociétaires qui ont iiien vouhi 
nous promettre leur appui et leur active collaboration. Nous 
espérons qu'ils feront tous leurs efforts pour augmenter encore la 
prospérité de notre Société Genevoise, qui compte aujourd'hui 
près de 5U0 membres et qui a tenu en 1889, avec un grand succès, 
sa 35""^ exposition. 

Concours de Chrysanthèmes. — A l'occasion du centenaire des 
Chrysanthèmes d'automne, bien des Sociétés ont organisé des ex- 
positions spéciales de ces belles plantes, et l'Exposition universelle 
de Paris n'était pas terminée, que la Société nationale d'Horticulture 
de France en organisait une, dans son hôtel à Paris, qui a présenté 
un grand intérêt. Parmi les lauréats qui se sont distingués aux di- 
vers concours, on cite : M. Phatzer, le jeune horticulteur de Roubaix, 
membre correspondant de notre Société, lequel exposait des fleurs 
atteignant jusqu'à 25 cm. de diamètre; il a remporté une médaille 
d'or et a reçu les félicitations personnelles de M"" la Présidente 
Carnot; MM. Lévèque & fils, à Ivrj'-sur-Seine; Forgeot, à Paris; 
Boutreux, à Montreuil; de Reydellet, à Valence ; Mercier, etc. Dans 
le lot de M. Phatzer, ou remarquait les variétés suivantes : la 
Flamboyante, acajou revers jaune bronzé; Pélican, blanc pur; 
Jardin des plantes, iivnnfi d'or; Lucien Baltet, amaranthe pourpré; 
Comte de Germiyiy, jaune nankin, Jeanne Délaux, cramoisi, etc. 
Ajoutons que, d'après le journal le Dauphiné, M. Phatzer vient de 
remporter pour ses Chrysanthèmes une médaille d'or à Grenoble. 

Une propriété du Réséda. — Le Réséda risque fort de perdre en 
poésie ce qu'il gagnera en propriété médicale. La médecine, qui ne 
respecte rien, vient de lui découvrir une propriété qu'on élait loin 
de soupçonner, il y a peu de temps encore. Ce serait un vermifuge 
par excellence; une décoction concentrée de ses fleurs desséchées 
serait plus efficace que le Grenadier et la Fougère, et déterminerait, 
dit-on, dans les trois heures (montre en main) l'expulsion du 
Tœnia. On ne dit pas s'il faut employer le Réséda pyramidal ou 
toute autre variété, c'est certainement un oubli! (Le Jardin.) 

La Célosie « de l'Exposition ». — M. Luquet recommande dans 
le Jardin, la culture des Célosies à panache, dont l'effet décoratif 
peut rivaliser avec les meilleurs végétaux pour les décorations 
estivales. On les emploie pour former des corbeilles, seules ou en 



— 19 — 

compagnie d'autres végétaux, pour orner les plates-bandes, dis- 
posées en lignes continues, etc. On trouve des Célosies panachées 
de couleurs violette, cramoisie, jaune, rouge et de plusieurs nuan- 
ces intermédiaires. La variété nommée Célosie « de l'Exposition » 
est la perfection même de cette race de plantes, obtenue par la 
maison Vilmorin: elle est ornementale au plus haut degré. 

Récompense. — Nous apprenons qu'un membre de notre So- 
ciété, M. Beney, de la maison Beney, Larnaud & Musset, à Lyon, 
a remporté, le 1(3 novembre 1889, à la dernière exposition de Chry- 
santhèmes de cette ville, un premier prix médaille d'argent, pour 
ses belles collections d'Œillels- marguerites et de Primevères 
obconica. Toutes nos félicitations. 

Le Navet doré de Suède.— Ce Navet, qui appartient à la catégo- 
rie des Navets plats ou ronds, est d'une belle couleur jaune, à chair 
tendre, sucrée et d'une conservation facile. Gomme nos Navets iii- 
digènes, c'est à partir du mois d'août qu'on le sème de préférence. 

Chrysanthème Stanstead Surprise. — Un nouveau Chrysan- 
thème, donné connue merveilleux, est annoncé par MM. JohnLaing 
& fils, de Forest Hill (Angleterre) sous le nom de C. Stanstead 
Surprise. S'il faut en croire le Moniteur de l'Horticulture, les 
fleurs atteindraient 25 cm. de diamètre et sont rouge carmin pour- 
pre avec revers argenté. Il appartient à la race japonaise. 

Rose Duchesse de Dino. — Magnifique variété dont la Revue 
Horticole CN°22) vient de publier la planche coloriée. Franchement 
remontante et très floribonde, elle a en outre l'avantage de se 
bien tenir et de résister aux grandes chaleurs; son cohn'is est 
d'un très beau rouge magenta fojicé. La Rose Duchesse de Dino 
a été mise au commerce, en 1889, par M. Lévêque, rosiériste, à 
Ivry-sui'-Seine. 

Rave écarlate hâtive à bout blanc. — On ne saurait trop recom- 
mander celte bonne variété de quahté tout à fait supérieure, 
extrêmement tendre et d'un beau rouge brillant très foncé. On 
peut la cultiver également sous châssis. 

Informations. — La Société Royale d'Agriculture et de Bota- 
nique de Gand organise sa 154"' Exposition horticole pour les 11, 
12 et 13 mai 1890. — Une grande Exposition nationale d'Horticul- 
ture aura lieu à Milan (Italie), en mai 1890. 
. A. P. 

GENÈVE. — LMPR. RICHTEB, RUE DES VOIRONS, 10. 





EL d C^ 



— -1- FONDÉ EN 1835 -I 

Plantes de serre tempérée et de serre froide. Choix des plus 
belles Orchidées de serres froide et tempérée. Plantes pour appartements 
en très riches assortiments. Plantes bulbeuses. Plantes en cuvelles. 

Plantes de pleine terre. Bulbes, tubercules et rhizomes. Plantes 
vivaces de pleine terre. Plantes alpines. Arbres et arbustes d'ornement. 
Rosiers. Conifères. Arbres fruitiers en tous genres. Plantes grimpantes. 
Plantes nouvelles et rares. 

Architecture de jardins. Tracements de plans de jardins, création de 
nouveaux et transformation de vieux jardins. 

Flenrs coupées : Bouquets, couronnes, corbeilles et compositions 
analogues en tous genres. Jardinières très variées. 

Catalogues: 

N" 110. Plantes de serres, d'appartements et pour massifs et 

parterres. , ^ ,, 

N" m. Plantes rustiques de pleine terre et de pépinières. Bulbes 

et tubercules. 

Nous i)ivitons les amateurs à visiter nos cultures étendues et à con- 
sacrer quelques heures à nos vastes pépinières, renfermant des col- 
lections des plus complètes et d'une culture irréprochable. 

En visitant nos cultures, les amateurs se rendront compte de la 
sup ériorité effective de tous nos produits . 

Serrurerie en tous genres 

CONSTRUCTIONS— RÉPARATIONS 

ii©iis emxwa 

5. Rue de la Pélisserie, — GENÈVE — Rue de la Pélisserie. 5 

A. TUKCONl 

rue St-Léger, 28, GENÈVE 
Toiles métalliques — Stores en bois — Encadrements — Peintures de 
serres, couches et meubles de jardins. 

PHATZER & C'= 

Roubaix et Baillcul, France (Nord) 

CRYSANTHÈMES 

Notre collection générale se composait d'environ iriOO variétés. 
Après plusieurs années d'essais successifs, nous en avons éliminé la 
plus grande partie et offrons aux amateurs seulement 200 variétés 
environ, qui forment un ensemble irréprochable. 

Catalogue franco sur demande. Adresse postale : 

Phatzer et C'f, Roubaix (Nord). 



SO»» ANNÉE 2' LIVRAISON FEVE. 1890 



LLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

G E NË V E 

FOJSrnDÉE EIsT 185S 



Sommaire : Avis. — Publications et graines ofl'ertes à la So- 
ciété. — Commission de placement pour les jardiniers. — Un 
nouveau rosier porte-greffe: le Rosa laxa (avec gravures). — 
Légumes nouveaux (avec gravure). — Hydrangea paniculata. — 
Fleurs nouvelles pour 1890 (avec gravures). — Rapport sur 
quelques variétés de Rhubarbe. — Les Ancolies. — Nécrologie. 
— Chronique horticole. —Annonces. 



AVI S 
M\I. nos Membres honoraires et corres- 
pondants, ainsi €£ue nos Sociétés correspon- 
dantes de l'étranger, sont instamment priés 
de ne pas confondre la Sf?€'iété €V M34prti- 
t'Ê^Stevi'e €ie €^'enèv<*^ fondée en 1855, qui 
est la notre^, avec une autre Société d'Hor- 
ticulture de notre ville, de fondation beau- 
coup plus récente, €|uî s'intitule Société helvé- 
tique d'Horticulture de Genève : cela dit afin 
d'éviter à l'avenir des erreurs ou des mal- 
entendus qui se sont déjà produits. 

La Commission de Rédaction. 

Les Sociétés correspondantes qui font m emprunt au Bulletin 
sont instamment priées d'en Indiquer l'origine. 

Les membres qui font des présentations de plantes aux 
assemblées sont priées de remettre la liste exacte de leurs ap- 
ports au secrétaire-général. 



— 22 ^ 

La Bibliothèque est ouverte tous les jours, sauf le dimanche, 
chez M. Stbckly, concierge du Jardin Botanique. 



MM. les membres de la Société qui changent de domicile 
sont instamment priés d'en informer le Secrétaire-général, 
M. Triboulet, rue du Rhône, 4. 



MM. les Sociétaires désireux de recevoir le diplôme de la 
Société peuvent s'adresser à M. François Forestier, trésorier, 
Tour-de l'Ile. Prix : 1 fr 



Toutes les réclamations concernant la Société doivent être 
adressées à M. F. Cardinaux, président, place de la Fusterie, 6. 



--^S»^- 



Publications et graines offertes à la Société. 

1° Par M. Charles ISaltet, horticulteur à Troj^es (Aube), 
membre correspondant : 

Traité de la Culture fruitière, commerciale et bourgeoise, par 
Charles Baltet. 2' édition, avec 350 figures dans le texte. 1 beau 
volume de 640 pages. 

2° Par M. H. de Mortillet: 

Vade-mecum du Mycophage pour les 12 mois de l'année. Sup- 
plément du Bulletin de la Société horticole dauphinoise. Grenoble, 
1890 ; in-8, 55 pp. 

3" Par M. E. Forg^eot, quai de la Mégisserie, G, à Paris, mem- 
bre correspondant: 

Haricot Prodige à rames à grain vert. 

Pois mangBrtout à cosse jaune d'or. 

Chicorée frisée monstrueuse de la Gorrèze. 

Ces diverses variétés seront essayées, en 1890, par notre Com- 
mission maraîchère. 

— ^^&^ — 



— 23 — 

Commission de placement pour les jardiniers. 

OF^FRES 

Plusieurs jardiniers mariés, lueri recommandés, de 37, 30 et 
35 ans, connaissant bien les trois parties de l'horticulture, deman- 
dent à se placer ilans une maison l)ourgeoise. 

Deux bons jardiniers célibataires, de 27 et 40 ans, demandent à 
se placer. 

La Commission ne recommande que des jardiniers connus et 
faisant partie de la Société. 

Le registre est déposé chez M. François Forestier, trésorier, 

Tour-de l'Ile, à Genève, 

Le Président de la Commission, 

Louis Dégorges. 

Le sujet futur pour les Rosiers greffés à tige ^ 

La culture des Rosiers gi-effés a pris une telle exten- 
sion que les sauvageons des forêts ont commencé à man- 
quer poui' le besoin des rosiers à tige. Depuis un certain 
nombre d'années on a essayé de substituer d'autres types 
au Rosa caiiina, tels que les R. Manetti eiR. polyatUlia. 
Mais cette innovation n'a pas eu d'autre but que de 
trouver des sujets mieux api)ropi4és à la culture de rosiers 
greffés nains. 

Pour obtenir des sujets à tige, d'une vitalité plus 
grande que celle des sauvageons denos bois, l'onaessayé, 
en Allemagne, d'élever par semis des tiges de /?. c«/zma, 
et les rosiéristes les plus avancés et les plus éclairés se 

' Nous avons reçu de notre membre honoraire, M. Otto Frœbel, 
le savant et habile h a-ticultenr de Zurich, cet article sur une nou- 
velle espèce de svjet |ionr le greffnge des roses, que nous nous 
empressons de publier, en nous estimant très flattés que notre Bul- 
letin ait l'honneur de faire part au monde horticole de langue 
française d'une nouveauté de si haute importance. Les nombreux 
lecteurs de ce journal apprécieront la valeur de la découverte ou 
de l'invention de M. Frœbel, et se joindront à nous pour le féli- 
citer et le remercier. Espérons surtout que beaucoup de nos jardi- 
niers et amateurs de roses auront soin d'avoir recours à un églan- 
tier porte-greffes ayant de si (U'écieuses propriétés, et que celles-ci 
seront entièrement confirmées par leurs expériences. 

La Rédaction. 



— 24 — 

sont occupés de cette question, à laquelle ils ont attribué 
- avec raison — la plus haute importance. Par 
différentes niélhodes de culture, on est arrivé en Alle- 
magne à faire des sujets à tige provenant de semis du 
R. canina. et bien des établissements n'emploient plus 
d'autres sauvageons à tige que ceux élevés en pépinière 
au moyen du semis. 

Il importe donc de savoir maintenant si le sujet à tige 
élevé par semis vaut mieux que l'églantier à tige des 
tbrêts. Je suis convaincu que le rosier de semis est le 
sujet à tige de V avenir. - Mais alors quelle espèce faut-il 
employer? Le R. canina ou un autre? 

Depuis une dizaine d'années,j'ai travaillé aussi sur cette 
question et je suis profondément convaincu que le R. ca- 
nina sera rejeté définitivement des cidtures aussitôt que 
l'on aura trouvé un sujet qui n'ait pas ses défauts, que tout 
le monde connaît. — Il sera, même rejeté comme semis, 
quoique le R. canina de semis soit déjà de beaucoup pré- 
férable au sauvageon. 

Cultivant depuis environ 20 ans dans mes pépinières 
beaucoup d'espèces de Roses, dont une partie, origi- 
naire de l'Asie centrale et de la Sibérie, m'était parvenue 
en graines par le Dr. Éd. von Regel de St. Petersboui'g, 
je les ai étudiées longtemps avant de me décider pour 
celle qui fait le sujet de cet article. 

Ce type est le Rosa laxa Retz, de la Sibérie et de l'Asie 
centrale. Je prie de ne pas le confondre avec le R. ura- 
lensis qui lui ressemble, mais qui drageonne comme le 
R. canina, ce que mon type ne fait jamais. Je l'ai choisi 
comme étant celui qui présente le plus beau port au point 
de vue horticole. Il pousse vigoureusement des rameaux 
droits, complètement droits, et presque sans épines; 
celles-ci sont minces et inoffensives. Ces rameaux sont 
forts, sans ramifications latérales^ à belle écorce lisse, 
à bois très dur avec peu de moelle, non seulement dans 
les rameaux âgés de 2 à 3 ans, mais déjà dans ceux de 
la première année ! ! En outre, ce sujet ne pousse ja- 
mais des drageons ! Cette qualité inappréciable, jointe 
aux rameaux érigés, forts, à ti'ès peu de moelle, durs 
comme l'acier, sans épines, m'a engagé àcultiverce type 
en particuliei- pour en faire le remplaçant du R. canina. 
Ces propriétés, avec d'autres constatées encore par mes 
études de culture, m'ont donné la certitude que le sub- 




\ \ 



Quelques pieds d e Pc a Taxa de différents âges. 
(Cliché de M. Ludwig Môller.) 



— 25 — 

stitut du R. canina est trouvé et que le R. laxa de mes 
pépinières est d'une importance extrême. 

Le R. laxa n'a jamais souffert dans mes cultures des 
gelées, pas même dans les hivers exceptionnels de 
1870 — 71 et 1879—80. Les sommets des rameaux n'ont 
pas même été atteints. Ce type supporte les plus grands 
froids possibles et c'est là un fort grand avantage. 

A Zurich, bien souvent, dans notre climat extrême- 
ment humide et d'une insolation très insuffisante, le R. 
canina végète sans discontinuer jusqu'à ce que le premier 
froid en vienne arrêter brusquement le développement. 
C'est à cause de cette végétation trop prolongée du rosier, 
que le bois des Roses-Thé mûrit mal ou pas du tout. 
En effet, les rosiers thé, greffés sur l'églantier commun, 
ont leurs rameaux à demi aoùtés quand surviennent les 
froids du mois de novembre, et ils hivernent mal 
dans notre contrée et sans doute ailleurs encore. 

Avec le R. laxa cet état de choses changera entière- 
ment. Ce type ne pousse pas plus tôt que le canina, 
mais il arrête sa végétation vers la fin cVaoût ou vers le 
milieu du mois de septembre, de telle façon que les plantes 
de celte espèce se dépouillent presque entièrement de leurs 
feuilles. Grâce à ce caractère spécial, la variété greffée sur 
ce sujet, comme p. ex. une variétéde Thé, est /brcée de 
terminer sa végétation de bonne heure, ensorte que l'on 
obtient un bois bien aoûté et mûri, une plante bien plus 
résistante au froid que la même variété le serait en étant 
greffée sur R. canina. 

A ces qualités incontestables se joint encore la faculté 
de former facilement des tiges d'une beauté vi aiment 
surprenante. 

Les lecteurs de cet article pourraient croire que ce 
récit est exagéré ou qu'un esprit de spéculation mar- 
chande lui donne plus de coloris qu'il n'est juste. Mais 
— quoique je suppose que mon nom suffise pour ceux 
qui me connaissent — je crois devoir, dans l'intérêt de 
la chose, soumettre à l'appréciation de la rédaction de 
ce Bulletin, deux photographies, dont l'une montre les 
lignes d'un carré de pépinière, complanté de R. laxa 
pour l'élevage des tiges en vue de la greffe, l'autre le 
R. laxa sorti de terre et montrant les différentes phases 
par lesquelles il passe avant d'être un sujet à tige. — 
Sur la première de ces planches on verra nos semis de 



— 26 — 

R. laxa, qui, après une plantation de 2 ans, sont prêts 
à êtie arrachés afin d'être taillés en tiges et plantés en 
ligne pour l'écussonnage dans l'été suivant. Cette photo- 
graphie représente très bien la tenue parfaite de ce rosier, 
dont les lignes sont tellement propres, qu'il est aussi 
aisé de circuler entre elles que si c'étaient des rangées 
de Deutzia crenata, de Spiraea ou de quelque autre 
arbuste d'ornement ! Imaginez-vous ce même carré 
planté en R. caniiia pendant 2 ans. Quel abominable 
fouillis de jets épineux et qui aui'ait la hardiesse de vouloir 
passer au travers? C'est un carré vraiment idéal 
d'églantiers, comme l'on n'aurait jamais osé espérer en 
obtenir. — L'autre planche montie au centre une plante 
prête à être taillée pour sujet à tige, à gauche deux plantes 
taillées, à droite un sujet greffé en tête. 

Je fais remarquer encore que sur ce type toutes les 
variétés de rosiers (Hybr. remontants, Bourbon, Thé, 
Noisette) se greffent et se soudent aussi facilement et 
solidement que sur \q R. canina, écussonnées soit sur le 
collet du semis, soit sur la tige même. Nous possédons 
des greffes de 2 à 3 ans, aussi bien en sujets nains que 
grefïes sur tiges, en assez nombreuses variétés pour 
avoir acquis en cette matière un jugement fondé sur 
des faits incontestables. 

Finalement, je voudrais fixer encore l'attention des 
rosiéristes sur ce que, grâce à l'arrêt de végétation 
qui se produit de bonne heure en automne, les varié- 
tés greffées sur ce type se forceront avec beaucoup 
plus de facilité et plus tôt en hiver que celles qui l'ont 
été sur le canina. 

Je me contente de signaler mes expériences à ceux 
qui s'intéressent à C3S choses. — Les inci'édules n'ont 
qu'à venir voir dans nos pépinières mes cultures de ce 
nouveau type et à examiner scrupuleusement si j'ai dit 
un mot de trop en faveur des précieuses qualités du 
R. laxa, qui par son faciès se distingue nettement du 
R. canina et rappelle plutôt les R. villosa L. ou pomi- 
fera Herm. 

Rieshach-Zurich. Otto FrœBEL, 

membre honoraire de la Soc. d'Hort. de Genève. 

^^?s^è^ 



— 27 — 

Légumes nouveaux. 

{Suite) 

Parmi les variétés américaines offertes par MM. D. M. 
Ferry & C'^ à Détroit, Michigan (Etats-Unis d'Amé- 
rique), et qui seront essayées cette année par la Com- 
mission maraîchère, nous distinguons les suivantes : 

Chou-fleur Early Puritan. — Variété très précoce à 
forcer et d'un blanc très pur. 

Cornichon D. M. Ferry, Perfection Pickling. — Très 
bonne variété à cultiver comme cornichon ou comme 
concombre. Fruit triangulaire d'un vert très foncé et de 
bonne conservation. 

Haricot Nain Black Eyed Wax. — Jaune beurre 
très hàtif, de grosseur moyenne; cosses longues, droites 
et très délicates. 

Haricot nain Détroit Wax. Une des plus belles 
variétés à cosses jaunes et très productive. 

Haricot à rames Kentucky Wonder. — Très proli- 
fique, à longues cosses vertes, atteignant jusqu'à 20 cm. 

Haricot à rames White Crease Back. — Variété ap- 
préciée pour sa précocité; excellente pour manger en 
vert et d'une production énorme. 

Laitue pommée Deacon. — Belle laitue grosse et bien 
pommée, d'une jolie couleur jaune. 

Tomate Red Apple. — Variété très précoce à pomme 
rouge, parfaite de forme, de grosseur moyenne et de bon 
goût. 

Pois Sutton's Perfect Gem. — Belle variété naine de 
40 cm. Cosses superbes, très larges et bien remplies de 
gros grains ridés d'un goût exquis. C'est une aes plus 
belles nouveautés de cette année. 

Pois Suttojis Dwarf Mammoth. — Variété demi- 
rame superbe, à cosses énormes, bien conformées et 
contenant de 10 à 12 grains de bonne qualité. 

Pois Sutton's Early Marrowfat. — Pois ridé de se- 
conde saison, qui a les cosses plus longues que le pré- 
cédent et complètement remplies de gros grains ridés. 

Pois à la moelle ridé a Amiral Greigh ». — Variété 
très recommandable pour les maraîchers : Cosses lon- 
gues, remplies de 6 à 9 grains ridés d'excellente qualité. 



28 — 




Pois anglais Matchless Marrowfat de Sutton. 



— 29 — 

Pois Matchless Marrowfat de Sutton. ~ Ti*ès belle 
variété d'exposition. Les grains sont d'un très beau vert 
et d'un goût délicieux ; les gousses sont très longues et 
contiennent jusqu'à 12 grains. Hauteur 1 m. à 1 m. 30. 
La production de cette variété est abondante pendant la 
belle saison. Nous remercions MM. Sutton & fils, nos 
aimables correspondants, d'avoir bien voulu nous pro- 
curer le cliché de ce dessin que nous sommes heureux 
de pouvoir metti-e sous les yeux de nos lecteurs. 

Pomme de terre Sutton' s Ringleader. -- La plus 
précoce des P. Kidney, à chair blanche de très bonne 
qualité. 

Pomme de terre Sutton's Windsor Castle. — Variété 
de seconde saison très i-ecommandable, à tubercules 
ovales, d'une chair blanche et ferme de bonne qualité. 

Céleri plein Sutton's White. — Une des meilleures 
espèces naines d'un vert foncé; tiges ti'ès pleines et lar- 
ges, d'un goût parfait. 

Concombre blanc long parisien (Vilmorin). — Race 
perfectionnée par les maraîchers de Paris : fruit bien 
cylindrique, lisse et blanc, chair ferme et de bon goût. 

Haricot Shah de Perse (Vilmorin). — Moins hâtif, 
mais plus productif que le H. de Belgicjue. Cosses nom- 
breuses, longues, presque cylindriques et très droites, 
grain allongé très noir. 

Haricot du bon jardinier (Vilmorin). — C'est un H. 
jaune cent pour un, mais absolument sans parchemin. 

Laitue blonde géante (Vilmorin). — Excellente laitue 
d'été adoptée pour la vente aux halles. Pomme très 
grosse, large et très dure, lente à monter. 

Tomate Champion (Vilmorin). — D'origine améri- 
caine, aussi précoce que la T. perfection ; frmts lisses, 
moyens, nombreux, de couleur rose violacé. 

Pois nain très hâtif dWnnonay (Vilmorin), — C'est 
le vrai pois très nain à faire en plein champ. Cosses 
droites et très pleines, contenant de 7 à 9 grains. 

Céleri Pascal plein blanc (Vilmorin). — Demi-court 
et remarquable par l'épaisseur de ses côtes charnues et 
tendres. 

Betterave potagère Reine des noires (Vilmorin). — 
Racine pyrifoi-me, à chair rouge noire. Excellent légume 
et plante ornementale. 



— 30 - 

Chou-Jleur dur cVêté de Ledran (Dupanloup). — Va- 
riété très recommandable pour la culture d'été et d'au- 
tomne; très rustique, résistant bien à la chaleur ; pomme 
très grosse, d'un beau grain blanc. Très remarqué à 
l'Exposition Universelle. 

Cornichon amélioré de Bourbonne (Dupanloup). — 
D'un vert plus intense que le Cornichon de Meaux, plus 
fin et plus long que lui. 

Haricot beurre blanc nain à feuille claquée (Dupan- 
loup). — Belles cosses d'un beau jaune clair et très 
tendres; excellente variété de Haricot beurre. 

Pomme de tei're ronde hâtive de Boulofine (Dupan- 
loup). — Variété très hâtive de grande culture, presque 
aussi hâtive que la Marjolin. Jaune, ronde, très grosse, 
peau lisse, d'une grande production et de qualité supé- 
rieure. 

Tomate perfection de Ledran (Dupanloup). — Ex- 
cellente et nouvelle variété très admirée à l'Exposition 
Universelle. Très hâtive et d'une grande production, et 
précieuse pour toutes les cultures. 

Haricot nain beurre à cosse bleue (Haage & 
Schmidt). — Nouvelle sorte très méritante, à feuillage 
bleuâtre, à cosses bleues devenant d'un beau jaune à la 
cuisson ; grain chamois. 

Haricot à rames Rubin (Haage & Schmidt).— Cosses 
roses ou rougeâtres, énormément abondantes et attei- 
gnant jusqu'à 25 cm. de longueur, très tendres et d'un 
goût délicieux. 

Pomme de terre Boule d'or (Haage & Schmidt). — 
Très productive, de demi-saison, une des meilleures 
pour la table; peau rugueuse et jaunâtre, chair jaune et 
farineuse. 



--^S®^- 



Auguste DuFOUR. 



Hydrangea paniculata Sieb. et Zucc. 

var. GRANDIFLORA. 

Le superbe groupe à' Hydrangea paniculata, espèce 
japonaise d'Hortensia, qui se trouve à l'entrée du Jardin 
des Palmiers de Francfort s/M, m'a donné l'idée d'at- 
tirer l'attention des membres de notre Société genevoise 
sur cet arbuste élégant. L'abondance et la longue durée 



— 31 — 

de sa jBoraison, la grâce de son port et sa résistance aux 
fortes gelées, sont autant de qualités qui le feront appré- 
cier, car ses fleurs blanches, disposées en larges pani- 
cules, apparaissent au mois de juin et continuent jus- 
qu'en octobre. Planté isolément comme haute tige dans 
une pelouse, ou par gi'oupes de cinq ou six pieds, poui" 
former des massifs, VHydranrjea paniculata ne man- 
quera pas de faire un grand effet et de trouver des admi- 
rateurs. 

Cet Hortensia se multiplie par boutures prises de 
plantes forcées au printemps : la première année, celles- 
ci sont cultivées en pots, dans de la lerre de bruyère, et 
hivernées sur couclie ou en serre froide; pendant la 
seconde année, on les met en pleine terre. Il affectionne 
beaucoup l'eau et demande une exposition mi-ombragée. 
Si la taille devient nécessaire, il faut la pratiquer peu à 
peu et après la filoraison, mais jamais sur toutes les 
branches à la fois, parce qu'on couperait les boutons à 
fleurs pour l'année suivante. 

Félix Seemann. 

Fleurs nouvelles pour 1S90. 

Oeillet- Marguerite nain (Dammann). — C'est sans 
contredit le plus florifère et le plus beau de tous les 
Oeillets. Il présente l'avantage de donner déjà des fleurs 
au bout de 3 mois et leurs calices ne se fendent jamais ; 
la floraison se continue presque toute l'année. Cette 
remarquable nouveauté a été mise au commei'ce cette 
année par MM. Dammann & C'^', horticulteurs à Na- 
ples, et elle est appelée à un très grand succès dans 
les jardins, à en juger par les magnifiques résultats qui 
ont été obtenus par différents cultivateurs, notamment 
à Lyon. Il est vrai qu'il ne supplantera pas l'ancien 
Oeillet remontant, mais il sera précieux pour foi-mer 
des massifs en fleurs jusqu'aux gelées. 

Arnebia cnrnuta (Haage & Schmidt). — Très jolie 
plante annuelle, originaire de l'Asie centrale, for- 
mant des touffes branchues de (50 cm. de hauteur. Fleurs 
d'un beau jaune d'or, ornées de 5 macules noires dis- 
posées en cercle autour de la gorge. Espèce très avan- 
tageuse pour former des massifs, comme fleurissant 
pendant tout l'été. 



— 32 — 

Reine-Marguerite bleu clair (riaoge & Sciimidt), — 
Nouvelle sorte demi-naine, d'un bleu clair remarquable, 
et parfaite tant par le j)Oi't de la plante que par la forme 
des fleurs. 

Centaurca Ci/anus flore pletio (Haage & Schmidt). — 
Bleuet à fîeurs doubles, pouvant être comparées à celles 
du Gaillardia picta Lorenziaiia. Couleurs variées et 
nouvelles. 

Delphinium cardiopetahun roseum (Haage & 
Schmidt). — Pied d'alouette à pétales en cœur, d'un 
rose passant au blanc ; port nain et compact d'environ 
30 cm. de hauteur. 

Gloxiiiia Jiy brida grandi fi ora Défiance (Haage & 
Schmidt). — Nouveau Gloxinia à tleur d'un rouge écai- 
late très brillant. Acquisition de premier ordre. 

Yerbena hybrida candidissima fol. aureis. (Haage 
& Schmidt). Verveine nouvelle à feuillage jaune et à 
fleurs blanches, en ombelles très grandes. 

Myosotis des Alpes Victoria. (Forgeot). — C'est le 
plus méritant des Myosotis cultivés: les fleurs réunies 
en ombelles fortes et serrées ressortent bien du feuil- 
lage et elles revêtent un coloris bleu foncé très vif et 
très gai. 

Pensée Président Carnot (Forgeot). — Fleur régu- 
lière, presque circulaire, d'un violet noirâtre très foncé, 
largement bordé de blanc pur, 

Reine-Marguerite Pyramidale Deuil (Forgeot). — 
Nouvelle variété appelée à faire sensation, d'un pourpre 
noir. Elle sera très appréciée pour les bouquets et les 
couronnes mortuaires. 

Torenia Fournieri à Jleur blanche (Forgeot). Va- 
riété vigoureuse et très florifère, ne différant de l'espèce 
que par le coloris blanc rosé de ses fleurs maculées de 
jaune à la gorge. 

Liliuni Par-knmni (For^eoi). - Cette superbe variété 
a fait l'admiration des visiteurs du jardin japonais du 
Trocadéro, à l'Exposition universelle de 1889; fleurs 
très grandes, à six divisions tachées de rouge purpurin. 

Lilium Wittei (Forgeot). — Fleurs grandes , très 
odorantes, pouvant atteindre de 18 à 20 cm., lorsqu'elles 
sont bien épanouies ; blanches, avec une bande longi- 
tudinale d'un beau jaune vif, absolument dénuées de- 
points ou de taches. 



— 33 — 

Clarkia pulchella double rouge (Vilmorin). — Très 
jolie variété à fleurs doubles, recommandable pour les 
bouquets et pour la pleine terre. 

Gaillarde vivace variée (Vilmorm). — Cette nouvelle 
acquisition sera d'un grand effet dans les jardins, grâce 
à la grandeur et à l'éclat des fleurs, qui durent jusqu'aux 

fîfelées. 

Pavot grand double blanc (Vilmorin). — La décou- 
pure profonde de ses pétales donne à cette nouvelle va- 
riété un aspect tout particulier et très ornemental. 




Lilium Parkmani (Forgeot). 



Lilium Wittei (Forgeot). 



Oeillet de Chine double rouge éclatant (Vilmorin). 

— Belle variété très précieuse comme fleur à couper 
pour les bouquets. 

Reine-Marguerite Reine des Halles lilas rougeâtre 
et violet clair (Vilmorin). — Deux nouveaux coloris 
recommandables. — Citons encore les Reines-Margue- 
rites : pyramidale à aiguilles rouge sang, à fleur de 
pivoine bleu noir, et Comète rose tendre. 

Réséda odorant (Vilmorin), à grandes fleurs jaunes; 
c'est une nouvelle race à teinte dorée. 

Séneçon des Indes double, cuivré et violet (Vilmorin). 

— Plante extrêmement jolie et distincte, pouvant se 
cultiver soit comme espèce annuelle, soit qu'on en élève 
le plant à l'automne pour le mettre en plaça au prm- 
temps. Louis Dégorges. 



— H4 — 
Rapport sur les variétés de RhulDarbe 

cultivées dans les Jardins de la Sociale rot/ale d'HorlieuUure 

de Londres. 

l.Rougehâtive.^Yn.AlberthâliveMoyaleAlbert,Prince Albert, 
Royale Albert de Mitchell,Cramoi.<ie perfection. — Variété la plus pré- 
coce, qui, en pleine terre, commence à se développer de bonne heure en 
février. Les jeunes pétioles, au moment de leur apparition, sont d'un 
très joli carmin pâle, mais, en vieillissant, ils deviennent d'un vert 
pâle tacheté de rouge. Dimensions moyennes: 18—24 pouces de 
long sur 1 — 1'/4 de large ; tout à fait lisses, concaves en-tiessns et 
arrondis en-dessous; légèrement cannelés et à bords tranchants. 
Feuilles relativement petites, lisses, vert pâle. Beaucoup employée 
en culture forcée pour le marché. 

II. Linné. Syn. St. Martin de Johnston. — Variété qui, à cer- 
taines époques de son développement, ressemble fort à la Rouge 
hâtive, mais devenant beaucoup plus ample et de près d'une semaine 
plus tardive; et à pétioles ne prenant jamais un aussi vif coloris. 
Dinaensions moyennes: 24 — 30 pouces de long sur 1—2 de large; 
lisses, tout à fait planes en dessus, et à bords arrondis au lieu d'être 
tranchants comme chez la Rouge hâtive, de sorte qu'au toucher déjà 
les 2 variétés sont faciles à distinguer. Feuilles amples, vert pâle, 
lisses. 

III. Champagne de Hawke. Syn. Champagne, Nouvel Empe- 
reur de Sait. — Variété très estimée à cause de sa couleur intense. 
Bonne à servir presque aussi vite que la Rouge hâtive. Jeunes 
pétioles d'un carmin très foncé, un peu rugueux etcannelés, à chair 
un peu colorée et apjiréciée pour cela; en moyenne longs de 2 — 3 
pieds et larges de 1—2 pouces. Feuilles amples, vert foncé, un peu 
grisâtres dans leur jeunesse. A reçu un certificat de 1" classe. 

IV. Défi écarlate de Baldry. — Variété hâtive de 2' degré, qui 
ressemble beaucoup au N° III., les pétioles étant d'un carmin foncé, 
très cannelés et rugueux. 

V. Parangon. — Grosse et belle variété hâtive de 2" degré. 
Pétioles rouge foncé, semblables à ceux du N° III ; lisses, très can- 
nelés ; dimensions moyennes: 2—3 pieds de long et 1—2 pouces de 
large. Feuilles comme celles du N" III, d'apparence grisâtre. Très 
estimée. 

VI. Rouge hâtive de Dancer. —Très ancienne variété hâtive. 
Pétioles rouge pâle, rugueux, très anguleux et très cannelés; en 



— 35 — 

moyenne, longs de J2— 18 pouces et larges de 1—2. Feuilles petites, 
pointues, très chiffonnées, vert pâle, lisses. Sans mérite. 

VII. Harrison. — Variété très distincte. Pétioles vert pâle, 
tachetés, très anguleux et cannelés, longs de 1—2 pieds et larges de 
1—2 pouces. Feuilles do moyenne grandeur, lisses, pointues, fort 
chiffonnées, d'apparence très particulière. Sans mérite. 

VIII. Rougehâtive deBuck. Syn. Cramoisie de Buckley. Tobolsk 
hâlive. — Ancienne variété, très prisée autrefois à cause du coloris 
de la chair, qui est parfois très foncé. Pétioles petits, d'un rouge 
terne, rugueux, très cannelés et anguleux; en moyenne, longs de 
12—18 pouces et larges de 1— IVî- Feuilles petites, vert pâle, 
pubescentes. De nulle valeur. 

IX. Victoria. — Variété la plus généralement cultivée, mais 
propre à servir seulement plusieurs semaines après la Piouge 
hâtive. Pétioles d'abord rouge foncé, passant peu à peu, en vieillis- 
sant, à un vert tacheté de rouge, largement concaves en dessus, 
et cannelés en dessous. Dimensions moyennes : 2—3 pieds de long 
sur IV2— 5 pouces de large. Feuilles amples, vert foncé. Excellente 
pour servir en été. 

X. Monarque de Stott. Syn. Monarque d'Ecosse, Monarque 
Goliath. — Variété la plus ample, les dimensions moyennes des 
pétioles étant de 2-2V2 pieds de longueur sur 2—3 pouces de lar- 
geur; de couleur vert pâle, lisses, concaves eu dessus, arrondis et 
cannelés en dessous. Chair vert pâle, d'une saveur extrêmement 
acide. Feuilles très amples, d'un vert pâle, glauque. Variété tardive.. 

A. F. B. 
(Journal de la Société royale d'IiorticulUire. Mars 1889.) 

Les Ancolies. 

Au fond des frais ravins où règne l'Ancolie, 
J'ai, dans les plis serrés de sa robe d'azur. 
Retrouvé bien souvent en ma mélancolie. 
Un rayon de soleil s'échappant du ciel pur. 

De sa fleur humblement penchée vers la terre, 
On ne voit que du bleu, le bleu toncé du ciel; 
Mais, du fond du calice où règne le mystère. 
S'échappe en gerbe d'or un rayon de soleil. 

' ^ • H. C. 

Le genre Aquilegia nous fournit en ce moment un 
ornement de premier ordre pour nos jardins. Du sein 



— 36 — 

des plates-bandes régulières comme au bord des taillis 
ombreux, du centre des gazons comme des pentes d'une 
rocaille, les Ancolies émergent gracieusement et réjouis- 
sent la vue. La diversité de leurs formes, la variabilité 
de leurs teintes, l'abondance de leurs tieurs, l'élégance 
de leurs panicules sont autant de mérites qui ajoutent à 
leur valeur. 

11 en est de jaunes, de rouge vif, de rouge cinabre, 
de blancbes, de bleues, de violet noirâtre, de pourpres, 
de brunes, de blanc et bleu, de brun et blanc, de rose et 
jaune, de jaune et bleu, de lilas et blanc, de violet foncé 
et blanc, de rose clair, de rose clairet blanc, de vert brun, 
de vert clair et rouge vif, etc., etc. Il n'existe peut-être 
pas de plantes au monde chez lesquelles la teinte comme 
aussi la forme varient autant. Les unes, appartenant au 
type de VA. vulgaris, possèdent une fleur munie d'épe- 
rons de même longueur que la fleur. D'autres, ayant 
pour type VA. chrysantha de l'Amérique du Nord, pro- 
longent leurs éperons et les projettent en ari'ière d'un 
air de provocation. Ces éperons mesurent chez quelques 
espèces deux fois la longueur de la fleur et chez VA. lep- 
ioceras ils dépassent même cette dimension. Ces éperons 
sont chez les Ancolies, comme chez beaucoup d'autres 
Renonculacées, les réservoirs à nectar destinés à attirer 
les insectes. Les nectaires forment un renflement sur 
leur partie terminale et l'insecte, pour en avoir le suc, 
doit plonger sa trompe jusqu'au fond de l'éperon. Ce 
faisant, on comprend que, avec ses pattes ou ses ailes, 
qu'il se poseou voltige parmi les étamines entre lesquelles 
il s'accroche tant bien que mal, l'insecte provoque la dissé- 
mination du pollen et la fécondation de l'ovaire. Chez 
les espèces américaines, les éperons sont si prolongés 
qu'il n'est pas dans nos contrées d'insecte possédant une 
trompe assez longue pour aller jusqu'au fond: ce qui em- 
pêcherait la fécondation de l'espèce, si d'autres insectes 
d'entre les Hyménoptères ne s'abattaient sur la fleur, 
attirés par les parfums du miel qu'ils essaient vaine- 
ment d'atteindre. J"ai sous les yeux en ce moment deux 
formes àWquilegia leptoceras en fleurs ; chez l'une d'elle, 
la longueur de îa fleur (calice et corolle) mesure 2 cm., 
tandis que ses éperons en ont 6; chez l'autre, la fleur 
est de 1 cm., avec des éperons longs de 5 cm. Ces 
fleurs sont très attrayantes et très intéressantes. 



- 37 — 

La culture des Ancolies est des plus simples : un sol 
plutôt léger que lourd, une position très ombragée et 
plutôt fraîche que trop sèche, c'est tout ce qu'elles de- 
mandent. Elles sont toutes parfaitemant vivaces et rusti- 
ques sous le climat de Paris et s'élèvent très facilement 
de graines. Malheureusement ce genre de plantes est 
sujet à un polymorphisme par trop exagéré, et il est bien 
difficile de garder longtemps les formes pures si l'on n'a 
soin de récolter les graines sur les pieds cultivés à part 
et à l'abri des insectes, qui sont des agents très actifs de 
fécondation croisée. Quelques espèces seulement, les 4. 
iiwea, chrysantha, mridijlora, arcUca, canadensis, Skm- 
iieri, se maintiennent constamment pures, malgré les 
croisements, et persistent. 

En outre, les Ancolies possèdent plus que nulles autres 
plantes la faculté de doubler leur corolle et de multiplier 
le nombre de leurs pétales. Il est, dans certains sols, 
très difficile de les conserver dans leur forme naturelle. 

La fleur de l'Ancolie est formée de deux parties peu 
distinctes quanta la couleur, mais très caractérisées dans 
leurs formes, le calice dont les cinq sépales sont étalés 
et projetés en avant sur la fleur, à l'instar des pétales 
d'autres plantes, et la corolle, dont les cinq pétales sont 
moins développés par devant, mais se prolongent en 
arrière sous forme d'éperons. 

Cela donné, passons rapidement en revue les espèces 
de ce genre si décoratif et si riche en formes et coloris 
divers : 

Aquilegia vulgaris L., à fleurs bleu foncé, nom- 
breuses; commune dans les prairies fraîches de notre 
centre européen. La variété A. atrata Koch, à pétales 
brun noiivàtre, appartient à la région montagneuse. A. 
alpina L. est la plus belle du genre ; fleurs 1res grandes 
peu nombreuses, à séi)ales d'un bleu d'azur foncé et pé- 
tales bleu très clair. C'est l'une des plus belles fleurs 
d'entre les alpines, mais il lui faut, pour bien réussir 
en plaine, un endroit frais et ombragé quoique pas 
étouffé. 

Dans le groupe des /l. v)ulgaris, nous trouvons encore 

a superbe co^rM/e« James, de la Sibérie, à grandes fleurs 

bleues; A. advena Fisch., d'un pourpre foncé; A. Ber- 

?o/o« // Schott, du Tyrol, à fleur bleu foncé avec gerbe 

d'étamines d'or au centre; .4. Burgeriana Lieb., d'Au- 



— 88 - 

triche, également bleu ; A.glandulosa Fisch., de Sibérie, 
à fleur bleu clair; A. fragrans, de l'Himalaya, à fleurs 
jaunâtres; A. grata W. K., bleu foncé à étamines d'or, 
des Alpes orientales; A. concolor Fisch., rose pâle, de 
l'Altaï ; A.pyrenaica D. C, plante naine, à fleurs petites, 
d'un bleu très foncé avec gerbes d'étamines d'or s'échap- 
pant du centre; A. viscosa L., d'Espagne, à fleurs rose 
clair, etc., etc. VA. oxypetala Traut., de Sibérie, appar- 
tenant également à ce groupe, mérite une mention spé- 
ciale. C'est la plus précoce des Ancolies ; elle fleurit 
en avril, offre un port nain, très nain, des fleurs grandes, 
bleues extérieurement et jaunes à l'intérieur, ou pour 
mieux dire, ses sépales et la partie extérieure de ses 
pétales qui forme les éperons sont bleus, tandis que la 
partie intérieure des pétales est jaune d'or. C'est une 
plante nouvellement introduite et d'un grand mérite. On 
pourrait presque en dire autant de VA. longicalcarata 
Regel, dont l'intérieur est blanc, tandis que le reste 
est bleu. 

\J Aqiiileg ici canadensis L. est le t3q:»e d'un groupe à 
part, qui comprend en outre A. cah'fot'nica ¥{o\{.,A.Skm- 
neri Hook. et A. arctica Hort. Loud. Ces Ancolies sont 
d'un rouge écarlate plus ou moins éclatant suivant l'espèce, 
avec le bout des pétales et des sépales jaune ou vert 
comme chez A. arctica et des fleurs de forme plutôt pe- 
tite. Ce groupe-là aime le soleil et la pleine lumière. 

L'A. chrysantlia Gray est le type de toute une série 
de formes et variétés à longs éperons projetés en arrière. 
Elle fleurit plus tard que les auti'cs Ancolies, entre les 
mois de juin et septembre ; les fleurs sont jaune clair et 
grandes, plutôt dressées ou tout au moins horizontales, 
tandis que chez les autres Ancolies, la fleur retombe gé- 
néralement en cloche. 

Enfin l'A. viridiflora Pall. est une espèce à part, à 
fleurs petites, de couleur vert brun foncé, avec gerbe 
d'étamines jaunes au centre et très odorantes. 

H. CORREVON, 

(Le Jardin.) Directeur du Jardin d'acclimatation à Genève. 



— 39 — 
NÉCROLOGIE 

Victor PÉRUSSET 

L'homme dont nous écrivons le nom eu tète de ces lignes vient 
d'être enlevé à l'affection des siens et de ses nombreux amis. Membre 
dévoué et très décidé de notre Société d'horticulture de Genève, il 
avait pris à cœur son développement et sa bonne renommée. Il 
comptait parmi les collaborateurs les plus distingués de notre 
Bulletin et nul n'a oublié les intéressantes et savantes communica- 
tions qu'il a faites à nos Assemblées, sur différents sujets se rap- 
portant à la vigne ou à d'autres cultures. 

.leune encore, entreprenant, instruit, plein d'entrain et de vie, 
qui nous eût dit, lorsqu'il nous parlait dans notre Assemblée du 
6 décembre dernier, que nous assisterions, six semaines plus tard, à 
ses funérailles? La mort l'a surpris en pleine activité et au moment 
où il allait récolter les fruits de ses efforts et de son travail. — 
Nos sincères condoléances à sa veuve et à ses jeunes enfants. 

Il avait introduit chez nous des idées nouvelles dans le domaine 
viticole, la greffe sur cépages américaines, l'incision annulaire, la 
culture des raisins de table et la sélection des meilleures variétés, 
et ses vignes de Troinex sont citées comme de vrais modèles en leur 
genre. Il avait été dernièrement dans le Midi de la France et même 
en Espagne, pour taire des études spéciales sur ce sujet, et comptait 
se rendre prochainement en Belgique pour étudier la culture forcée 
du raisin. Espérons que ses belles collections ne seront pas perdues 
et qu'elles serviront d'études à ceux qui suivront ses traces. Notre 
ami a rendu des services non seulement à l'agriculture, mais encore 
à l'horticulture de son pays et sera difficilement remplacé. H. G. 



CHRONIQUE HORTICOLE. 

Distinctions. — Nous apprenons avec un vif plaisir que notre 
collègue et co-rédacteur, M. H. Gorre von, vient d'être nommé membre 
correspondant de la Société horticole dauphinoise, à Grenoble 
(Isère). Cette nomination a eu lieu à l'unanimité dans l'Assemblée 
générale du 5 janvier dernier, dans le but, ajoute le secrétaire- 
général, M. le comte de Galbert, qui a transmis celte nouvelle à 
M. Gorrevon, de lui prouver combien la Société dauphinoise 



— 40 — 

d'horticulture apprécie ses travaux botaniques. Nous pensons 
aussi que la manière distinguée dont il a représenté notre So- 
ciété geuevoise à la dernière Exposition de Grenoble a contribué 
pour sa part à lui valoir cette distinction flatteuse. 

— Nous apprenons avec beaucoup de plaisir que notre jeune 
collègue, M. E.-F. Piccard, assistant du professeur de physiologie 
animale à l'Ecole de médecine de notre ville, vient de remporter le 
prix, d'encouragement Davy à notre Université. Le travail qu'il 
avait présenté était relatif à la variation des formes chez les 
feuilles et particulièrement chez les frondes de Fougères. 

Phœnix leonensis hoM.— (Ph. spinosa Thonn.) Nouvelle espèce 

de Dattier de la forme épineuse, introduite depuis peu d'années 

dans le monde horticole. Elle provient de l'Afrique centrale; c'est 

une espèce très résistante et qui deviendra populaire. Unpiedmâle 

vient de fleurir abondamment dans la serre de M. F. MôUisch, à 

Brunn, et ses fleurs des plus intéressantes, ont constitué une vraie 

décoration pour cette serre. 

(Wiener Illustrierte Garten-Zeitung.) 

L'Eucalyptus. — Il a été parlé bien des fois des nombreuses pro- 
priétés de l'Eucalyptus. 

Depuis plusieurs années, on en a tiré parti pour assainir des 
contrées marécageuses. Cet arbre a, en eft'et, la propriété d'absorber 
les miasmes de l'atmosphère. Il fournit un bois solide, à fibres 
droites, ce qui permet de l'employer dans un grand nombre de 
circonstances. Indépendamment de ces qualités hygiéniques et de 
celles qui en font un bois de construction de premier ordre, à cause 
surtout des grandes dimensions des pièces qu'il peut fournir, il est 
doué, parait-il, d'une nouvelle propriété qu'un ingénieur anglais 
vient de découvrir. 

On découpe ce bois en fines lamelles que l'on jette dans l'eau. 
On obtient ainsi une décoction qui préserve les chaudières de 
l'incrustation. On sait que, dans ce même but, bien des substances 
sont employées, telles que des pelures de pommes de terre, le bois 
de campêche et bien d'autres. On ne saurait trop féliciter l'adminis- 
tration des Forets des efforts qu'elle fait depuis plusieurs années 
pour développer les diverses essences d'Eucalyptus en Algérie; et 
il faut espérer que, tôt ou tard, l'industrie pourra bénéficier des 
propriétés si variées et si précieuses de ces arbres. 
(Le Moniteur des Syndicats agricoles.) 



36'ne AJ^NÉE 3' LIVRAISON MARS 1890 

BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GE NÈ VE 

FOaSTDÉE EIsT 1855 



Somniaîre : Avis. — Proc's-verbal de l'Assemblée générale du 
16 février 1890. — Graines offertes à la Société. — Rapport du 
Président. — Rapport du Trésorier. — Le coloris des fruits. — 
Culture des pois aux Etats-Unis (avec planche). — Semis et cul- 
ture des Dahlias striés et des Penstémons. — Chronique hor- 
ticole. — Nécrologie. — Annonces. 

AVIS 
Assemblées g-énérales en 1 S90 : 
Les Dîiiiaiiehes 1 3 avril, 

» S 3 juin, 

» 1 O aoiit. 

Novembre, exposition de Chrysanthèmes. 



Les Sociétés correspondantes qui font un emprunt au Bulletin 
sont instamment priées d'en indiquer l'origine. 



Les membres qui font des présentations de plantes aux 
assemblées sont priées de remettre la liste exacte de leurs ap- 
ports au Secrétaire-général. 



La Bibliothèque est ouverte tous les jours, sauf le dimanche, 
chez M. Stbckly, concierge du Jardin Botanique. 



MM. les membres de la Société qui changent de domicile 
sont instamment priés d'en informer le Secrétaire-général, 
M. Triboulet, rue du Rhône. 4. 



— 42 — 

EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 16 février 1890, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M, F. Cardinaux, Président. 



Cent cinquante-six membres pi'ésents. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière assemblée. 

Proposition du Ct)mité d'organiser une Exposition particulière 
de Chrysanthèmes et autres fleurs de la saison an mois de no- 
vembre prochain. Après discussion, l'assemblée vote cette expo- 
sition et réserve à une commission d'organisation le soin d'en fixer 
la date et élaborer le programme. 

Lecture d'une lettre de M. E. Vaucher, invitant nos sociétaires 
à aller visiter les Orchidées actuellement en fleurs dans les serres 
de l'Ecole d'Horticulture de Châtelaine. 

Candidats présentés: 

1° M. .Joseph Bozonet, jardinier chez M. Choquens, aux Aca- 
cias, par MM. L. Decorges et Auguste Dufoui*. 

2° M. Chappuis, constructeur d'appareils de chauffage, rue 
Kléberg, par MM. L. Decorges et Mégevet. 

3° M. Edouard Carrichon, rue de Coutance, par MM. Car- 
dinaux et Triboulet. 

4° M. Antide Caseau, jardinier, rue Pradier, 7, par MM. L. 
Decorges et L. Favre. 

5° M. Louis Decorges fils, jardinier au Palmengarten, à 
Francfort s/M., par MM. L. Decorges et Aug. Dufour. 

6° M. Ernesi Dubois, jardinier chez M. Ernest Favre, à Chon- 
gny, par MM. Guex et Platel. 

7° M. Lucien Dugruet, agriculteur à Gonfignon, par MM. Du- 
bosson et Aug. Dufour. 

8° M, Julien Gottraux, jardinier chez M°" Gonin, à CoUo- 
vi'ex, par MM. L. Decorges et Loesslé. 

9° M. Marc Hellen, horticulteur à Lancy, membre rentrant. 

10° M. Jules Jagquemin, place du Marché, Garouge, par M"" de 
Scheyterberg et Franc. Forestier. 

11" M. Louis Magnin, jardinier, chemin Neuf, 8, à Plainpalais, 
par MM. Correvon et Aug. Dufour. 

12° M. Louis Matthey, négociant, rue de l'Ile, par MM. Car- 
dinaux et Franc. Forestiei". 

13° M. Henri Neyroud, jardinier, rue du Couchant, 11, à 
Plainpalais, par MM. Correvon et Aug. Dufour. 



— 43 — 

14° M"' Clémence Perret, plateau de Champel, 2, par MM. 
Cardinaux et Aug. Dufour. 

15° M. RivoiRE père, horticulteur, nie d'Algérie, 16, à Lyon, 
par MM. Correvon et Aug. Dufour. 

16° M"' Géorgine Stalet, route de Carouge, 27, par MM. Cor- 
revon et Franc. Forestier. 

17° M. Frédéric Thévenoz, à Chambésy, par MM. Aug. Du- 
four et Haasis. 



Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Antoine Bcelini, jardinier chez M. Gustave Ador, 
à Hauterive, sous Cologny: 

Deux heanx ])ieds d'E7-ica f7'ag7-an s et un d'E. Wilmoreana ; 
une belle plante de Chorozema Manglesi, de serre froide, à re- 
commander; un pied de Cyclamen de Perse, de 2 ans. — P. 7. 

2° De M. Henri Correvon, directeur du Jardin alpin d'ac- 
climatation, à Plainpalais : 

Un pied de Nardosmia fragrans (Tussilage odorant ou Hélio- 
trope d'hiver). Un spécimen d'étiquettes nouvelles en cellutoïde, 
de la maison A. Godefroy-Lebeuf, à Argenteuil, prés Paris. 

3° De M. Louis Deeorg-es, jardinier chez M. le D"" Lom- 
bard, à Malagnou : 

Un superbe ImantophgUum miniatum, de 6 ans, obtenu de 
semis et bien supérieur au type; Cyclamen de Perse à grandes 
fleurs, de deux ans; 1 Coléus de semis, 1889; Pelargonium zonale, 
M"' Moser, de semis, 1888, blanc passant au rose, extra; Cypripe- 
dium venustum, Orchidée de serre tempérée; 12 belles variétés de 
Gamellia; 7 rameaux fleuris d'Erica; rameanx d'Euphorbia Jac- 
quiniœflora et de Rubus rosœfoUus coronarius ; rameau de Ficus 
Pearcei, avec fruit; Eupatoriwn reticulatum fleurissant en jan- 
vier, et février. — P. 9. 

4° De M. Frédéric Delécraz, jardinier chez M. Henry Pas- 
teur, au Grand-Saconnex: 

Fleurs coupées de Coelogyne criHata. — P. 1. 

5° De M. Otto Frœbel, horticulteur à Zurich, membre ho- 
noraire : 

3 Eglantiers porte-greffes de Rosa laxa et un de 3 ans pour 
porte-graines. 



— 44 — 

6° De M. «Joseph Griitter, jardinier chez M. Dupont, à 
Bellerive : 

Trois pieds de Cinéraires : 2 demi-naines et 1 naine ; 2 belles 
Primevères de Chine de semis. — P. 3. 

1° De M. Albert Haasis, jardinier chez M. Ernest Saladin, 
à Chambésy : 

20 paquets de graines de De^p/imrwm- variés. 

8° De M. Fritz Lûdi, horticulteur, chemin du Vieux-Billard, 
à Plainpalais : 

5 beaux pieds à'Azalea indica en fleurs, 10 Cyclamens en 
fleurs bien variées, 4 Pvosiers Jules Margottm prêts à fleurir, 2 pieds 
de Cinéraires. — P. 9. 

9° De M. Antoine Még-evet, jardinier chez M. Favre, à la 
Grange, Frontenex : 

Un pied bien fleuri d'Odontoglossum Alexandrae, Orchidée 
de serre tempérée. — P. 2. 

10" De M. Saloinon Schoeh, jardinier chez M. Posth, aux 
Délices : 

6 pieds de Cyclamen à grandes fleurs, très remarquables ; 2 
Primevères de Chine et une Tulipe en fleur « la Candeur. » — P. 5. 

11° De M. Emile "Viillieinin, jardinier au château de Cop- 
pet: 

5 magnifiques pieds de Cinéraires hybrides, à grandes fleurs: 
nouveautés de 1889. — P. 4. 



CULTURE LEGUMIERE 

1° De M. Henri Bippiis, jardinier chez M. Antoine Martin, 
à Vessy : 

Chicorée Witloof, excellente salade d'hiver; Céleris pleins: 
blanc d'Amérique, blanc doré Chemin, blanc nain, blanc anglais ; 
Céleris-raves : géant de Prague, rave à petites feuilles ; Scorso- 
nères. Un plat de tubercules de Stachys affinis ou Crosnes du 
Japon, légume nouveau dont le présentateur recommande la 
culture pour son abondante production. — P. 4. 

2° De M. Aug'uste Guex. jardinier chez M. Plantamour, à 
Sécheron : 

Chou de Bruxelles perfectionné, id. demi-nain de la Halle; 

Carottes demi-longues hollandaises. Céleris-raves à feuilles. — 

p o 1/ 



— 45 — 

3° De M"" Vve Perroud, maraîchère, à Plainpalais : 
Une belle botte de Scorsonères, 2 pommes Céleri-rave gros 
de Plainpalais. — P. 1. 



INDUSTRIE 

De M. Louis Greiner, fabiùcant, au Grand-Saconnex: 
Spécimens de Toiles d'espaliers pour abris. — P. 2. 

Lecture des rapports du Président, de la Commission des ré- 
compenses, du Trésorier, dos Vérificateurs des comptes et du 
Bibliothécaire. Ces rapports sont tous approuvés à l'unanimité 
par l'Assemblée. 

Election du Comité pour 1890. 

Scrutateurs : MM. Eger, Grutter, Const. Nattermann, John Fo- 
restier, Correvon, Bippus, \mi Dufour, Mestral, Moser et Bovay 

Bulletins délivrés : 96. 

Sont élus : MM. Henri Welter par 93 voix. 



. Henri Welter 


par 


93 


David Triboulet 


» 


92 


Auguste Dutour 


)» 


92 


François Cardinaux 


n 


91 


François Forestier 


M 


91 


Fritz Ludi 


» 


91 


Salomon Schoch 


» 


88 


Emile Grobéty 


>. 


84 


Louis Decorges 


> 


82 


Etienne Fayol 


» 


82 


Emile Tronchet 


B 


77 



Election du Président: M. François Cai'dinaux est nommé. 
Président de la Société par acclamation pour l'exercice de 1890. 
Délivrance des récompenses obtenues eu 1889. 
Séance levée à 5 heures. 

Le Secrétaire-général: 
D. Triboulet. 



— m 



— 46 — 
Graines offertes à la Société. 

Par MM. Beney, Laniaud & Musset, quai St-Antoine, 36, 
à Lyon : 

Aubergine naine noire de Nangasaki, Betterave champêtre 
jaune géante de la Dombe, Carotte rouge courte à forcer parisienne 
extra hâtive, Céleri plein blanc d'Arezzo, Cornichon amélioré de 
Bourbonne. Haricots nains : noir à loogue cosse Eclipse, blanc 
Lyonnais, Valentine amélioré, gris de Galuire, beurre doré sans 
pareil à cosse jaune. Laitues pommées : demi-brune, chou de 
Naples amélioré, géante de Naples, pommée Tom-Pouce, pommée 
de Rillieux, laitue romaine Chicon. Ognon de Barletta, Poi- 
reau perpétuel. Radis : rond écarlate à forcer, demi-long à courte 
feuille, demi-long écarlate à bout blanc. Tomates : Gourtet, 
Chemin rouge hâtive. Mikado, très hâtive de pleine terre, rouge 
grosse nec plus ultra, Dedham Favourite. — Graines de fleurs : 
Dahlia gracilis nain, Dahlia nain à fleur simple ; Giroflée quaran- 
taine à grande fleur,Pavotlœvigatum, Phlox de Drummond, Reine- 
Marguerite naine Perle blanche, idem Perle rose, Salvia splendens 
Ingénieur Clavenad. Ces graines seront essayées par les Com- 
missions maraîchère et de floriculture. Nous adressons aux 
généreux donateurs nos remerciements empressés pour cet envoi. 

Comité élu pour 1890. 

MM. Cardinaux, François, président. 
Welter, Henri, 1" vice-président. 
Dégorges, Louis, 2°"' vice-président. 
Triboulet, David, secrétaire-général. 
Forestier, François, trésorier. 
Tronchet, Emile, bibliothécaire. 
LuDi. Fritz, économe. 
DuFOUR, Auguste. 
Grobéty, Emile. 
ScHOCH, Saloinon. 
Fayol, Etienne. 



— 47 — 
Rapport du Président. 

Mesdames et Messieurs, 

L'année dernière à pareille époque nous vous disions que l'an- 
née qui venait de se terminer avait été marquée par une assez 
grande activité. Aujourd'hui nous pouvons vous dire, que cette 
année a été remarquable d'activité. 

Dès le commencement nous avons tous travaillé au succès de 
noti'e splendide Exposition. 

Nous pouvons le dire sans crainte d'être contredits par per- 
sonne, c'est la plus belle Kxposiiiou d'Horticulture 
que nous ayons eue à Genève ; du reste c'est l'opinion de 
toutes les personnes compétentes qui l'ont visitée. Nous avons 
réellement lait du nouveau, nous avons abandonné la vieille rou- 
tine qui consistait à faire du Bâtiment électoral un jardin sans 
aucun caractère artistique. Il est vrai, Messieurs, que pour arriver 
à ce résultat, nous avions besoin de beaucoup d'énergie pour rom- 
pre avec d'anciennes habitudes ; il nous fallait un plan nouveau, 
par conséquent des idées nouvelles, enfin un homme nouveau qui 
ne fût pas inféodé aux traditions de plus d'un quart de siècle. 

Nous avons eu le bonheur de rencontrer dans la personne de 
notre collègue, M. Emile Grobéty, les qualités voulues pour mener 
à bien notre entreprise. Il faut le dire aussi, il a été vaillamment 
secondé par la Commission d'organisation. Que M. Grobéty et la 
Commission d'organisation reçoivent tous nos remerciements pour 
les succès obtenus. 

Nous profiterons de l'occasion qui nous est offerte par la pré- 
sentation de ce rapport pour remercier toutes les personnes qui, 
de prés ou de loin, nous ont aidés par leurs dons, par leur con- 
cours à la réussite de l'Exposition. Nous mentionnerons tout par 
ticulièrement M. Jean Trembley, qui à pris à sa charge tous les 
frais de notre fête de nuit. Nous sommes heureux de posséder dans 
notre vieille Société genevoise des amateurs qui ne craignent pas 
d'ouvrir libéralement leur bourse pour aider leurs concitoyens 
dans une entreprise qui a fait honneur à l'horticulture genevoise. 

Nous quittons avec regret le souvenir de notre Exposition potir 
entrer dans le domaine non moins intéressant des autres travaux 
de notre Société. 

Tout d'abord nous mentionnerons les conférences théoriques et 
pratiques qui ont été données avec l'appui du subside fédéral. 



- 48 — 

La première a été donnée par M. le professeur Welter, sur la 
famille des Liliacées au point de vue horticole, la seconde, par 
MM. Guex et Dujac, dans la campagne de M. Pasteur, au Grand- 
Saconnex, sur la taille d'été des arbres fruitiers, la troisième 
par M. Dujac, à l'École d'horticulture de Châtelaine, sur la greffe 
en écusson, la quatrième par M. Pérusset, sur les meilleures va- 
riétés de raisins de table, et enfin la cinquième par M.Eugène Pie- 
card, sur l'utilité des études scientifiques en horticulture. 

Inutile d'ajouter que ces conférences ont été suivies avec le 
plus vif intérêt par un grand nombre d'auditeurs. 

Nous remercions Messieurs les propriétaires qui ont bien 
voulu mettre leurs jardins à notre disposition afin de pouvoir 
donner ces cours. Nous regrettons de ne pas avoir pu donner 
toutes les conférences qui nous avaient été offertes par nos mem- 
bres, mais nous sommes heureux de pouvoir constater que dans 
notre Société il se trouve un grand nombre de personnes dispo- 
sées à communiquer à leurs collègues leur savoir et leur expé- 
rience: ce fait mérite d'être signalé. 

Nous avons organisé dans les jardins maraîchers un concours 
qui a réussi au-delà de toute attente, malgré la saison défavorable; 
ce concours a eu lieu dans neuf jardins d'une superficie de plus 
de quatorze hectares. Le rapport sur ce concours a été publié 
dans tous ses détails dans le Bulletin, ainsi que la liste des prix 
décernés; nous n'y reviendrons donc pas. Nous mentionnerons 
cependant que le jury de ce concours a été satisfait des cultures 
de légumes et que de réels progrès ont été signalés dans cette 
branche de l'alimentation publique. Nos maraîchers ont à cœur 
de maintenir leur ancienne réputation, malgré l'active concurrence 
que leur fait l'étranger. 

Nos assemblées générales ont été comme toujours très fré- 
quentées et les apports n'ont pas fait défaut; plusieurs commu- 
nications intéressantes y ont été faites, nous citerons en particulier 
celle de M. Atzenwiller, membre correspondant, sur diverses cul- 
tures au Malabar, notamment sur le Poivrier et le Caféier-; quoique 
ces plantes ne soient pas de celles que nous pouvons acclimater chez 
nous, cette communication a été écoutée avec beaucoup d'intérêt. 

Nous ne pouvons passer sous silence la magnifique collection 
de raisins de table comprenant quatre-vingts variétés, présentée 
à l'assemblée générale du 6 octobre dernier par M. Pérusset. 



- 49 - 

Nous ne pensions pas que c'était la dernière fois qu'une collec- 
tion semblable serait présentée par cet habile viticulteur. Et 
plus tard, dans la séance du l" décembre, lorsqu'il nous faisait 
part de ses expériences au sujet de l'incision annulaire de la vigne, 
nous prévoyions encore moins que deux mois après nous l'accom- 
pagnerions à sa dernière demeure. 

Eu perdant Victor Pérusset nous avons perdu un membre 
dévoué, il était toujours heureux de communiquer à ses collègues 
le fruit de son expérience, il aimait notre Société, et avait du 
plaisir à se trouver parmi nous. 

Victor Pérusset a été moissonné à la fleur de l'âge après une 
courte mais douloureuse maladie, au moment où allait s'ouvrir 
pour lui une nouvelle carrière dans la viticulture, c'est-à-dire 
l'emploi dans notre pays des cépages américains afin de sauve !■ 
nos vignobles de l'invasion du phylloxéra. 

Puissent nos regrets adoucir ceux de sa famille affligée ! 

La Société d'Horticulture du Dauphiné nous avait demandé un 
délégué pour son Exposition de Grenoble en septembre dernier, 
votre Comité a prié M. Gorrevon de bien vouloir nous représenter 
dans cette occasion. Notre délégué a reçu de la part des membres 
de la Société dauphinoise un accueil des plus bienveillants, et il 
en est revenu enthousiasmé. 

M. Alphonse Martin, horticulteur àNyon, nous avait demandé 
une visite de son établissement, nous avons fait droit à sa demande, 
et une Commission composée de Messieurs Decorges, Lûdi et 
Tronchet s'est rendue à Nyon le 18 Août dernier. 

Votre Comité, à la suite du rapport de cette Commission, a dé- 
cidé d'accorder à M. Martin une médaille d'argent grand module. 

Une médaille d'argent grand module a été délivrée à M. Beng- 
geli, jardinier, campagne Martin-Achard, à Cologny, pour 15 ans 
de service; à M. Simmler, jardinier au Rivage, chez Mad. de Gas- 
parin, une médaille de bronze grand module pour 10 ans ; à M. Gid- 
dens, jardinier à la campagne Robert Peel à Sécheron, une médaille 
de bronze grand module pour 10 ans. 

|Le subside fédéral qui pour cette année était de 650 francs a été 
réparti conformément aux prescriptions fédérales, de la manière 
suivante : 

Conférences théoriques et pratiques 100 fr. 

Concours dans les jardins maraîchers 200 » 



— 50 — 

Abonnements aux journaux horticoles 90 fr. 
Achat de livres nouveaux 10 » 

Assemblées — expositions 250 » 

Nous remercions nos autorités fédérales pour leur bienveillant 
concours. 

Nous avons eu à déplorer la perte de plusieurs de nos collègues 
ce sont MM. Edw. Pictet, Piguet, Michaud,Barraud et Dupan, tous 
faisant partie depuis longtemps de notre Société. Ces hommes dé- 
voués à la cause comn)une laissent parmi nous le souvenir durable 
de membres aimés de tous. 

Notre Trésorier va vous présenter son rapport qui vous accu- 
sei'a, non comme les années précédentes un excédent de recettes, 
sur les dépenses, mais un léger déficit de 51 fr. 5't cent. Ce déficit 
était prévu par suite de notre Exposition; nous sommes très heu- 
reux de ce résultat, attendu que le déficit prévu par la Commission 
d'organisation dans son budget était plus considérable. La for- 
tune en espèces de notre Société était au 31 décembre dernier de 
fr. 6216. 05. 

Sur la proposition de la Commission du Bulletin nous avons 
décidé de donner plus d'extension à cette publication et d'en faire 
un journal mensuel. Nous avons la certitude que cette mesure sera 
bien accueillie par nos sociétaires dont plusieurs avaient manifesté 
le désir de voir augmenter la publication de notre Bulletin. Nous 
remercions cette Commission pour tous les efforts qu'elle fait afin 
de rendre notre publication toujours plus intéressante: elle n'a pas 
craint d'augmenter son travail de rédaction, car pour elle ce sera 
une tâche plus lourde que par le passé. Il est vrai qu'on peut 
ajouter que cette Commission n'a qu'un but: faire profiter tous 
nos membres du plus de renseignements possibles, sans s'inquiéter 
du travail supplémentaire que cela peut lui occasionner. 

Tel a été, Mesdames et Messieurs, racti'"ité de notre Société 
pendant l'année qui vient de se terminer ; comme vous le voyez, 
nous sommes dans une situation prospère au point de vue financier 
comme au point de vue intellectuel. 

Malgré cela nous ne devons pas nous endormir sur nos lau- 
riers, mais au contraire travailler de toutes nos forces afin de main- 
tenir le rang que notre Société occupe dignement dans le monde 
horticole. — C'est là que doivent tendre tous nos efforts. 

F. Cardinaux 



51 - 



Société d'Horticulture de Genève 

Rapport financier pour l'année 1889. 
Doit 

Perception des cotisations de l'année Fr. 2554 — 

Retour d'affranchissement des cartes de rembours'. » 56 30 

Don de M. le D-- Lombard » 10 — 

Annonces dans le Bulletin » 114 80 

1 Diplôme » 1 — 

Dons d'honneur pour le concours maraîcher . . » 150 — 

Recettes de l'Expositiou de mfii » 9238 55 

Subvention fédérale • 650 — 

Solde créditeur pour balance » 239 95 

Somme égale Fr. 13014 60 



Avoir 
Bulletin : 

Impression, expédition, clichés, frais divers . Fr. 1223 15 
Bibliothèque : 

Abonnements et achat de livres . Fr. 105 80 

Reliures, Assurance » 49 10 

Traitement de M. Stôckly, conser- 
vateur » 100 — » 

Récompenses pour apports aux Assemblées ... » 

Médailles. Frappe et écrins » 

Fédération. Cotisations de nos membres .... » 

6 Conférences » 

Délégations. Frais de voyage, à Grenoble, è Nyon, 

et à Fribourg » 

Frais de Bureau, Affranchissemeiits, etc ■» 

Impressions, Convocations, annonces mortuaires . » 

Cotisation à la Société pomologique de France . . » 

Assemblées générales et Comité » 

Location et chauffage des Salles » 

Concours Maraîcher. Prix délivrés et frais ...» 

Exposition de mai. Dépenses » 

Somme égale Fr. 13014 60 



254 90 


262 20 


199 Qb 


102 50 


120 — 


97 40 


146 45 


108 — 


10 — 


149 50 


420 - 


9920 85 



- 52 - 

Bilan au 31 décembre 1889. 

Doit 

Actif de la Société au 1" janvier 1889 Fr. 6267 59 

lutérèts 20 Lots 3 7o Genevois 59 50 

Intérêts Compte de dépôt chez MM. Galopin frères » 108 — 
Intérêts Compte de dépôt à la Caisse d'Epargne . . » 20 90 

Somme égale Fr. 6456 — 



Avoir 

Solde du Compte de dépôt chez MM. Galopin frères 

au 31 décembre 1889 Fr. 2379 50 

Dépôt à la Caisse d'Epargne » 578 40 

20 Lots 3 7n Genevois » 2000 — 

En Caisse chez le Trésorier » 1258 15 

Solde créditeur pour balance » 239 95 

Somme égale Fr. 6456 — 



Actif de la Société au 1" janvier 1890, Espèces Fr. 631 6 05 

L'AVOIR TOTAL de la Société au 1°^ janvier 1890 
se décompose comme suit: 

Espèces Fr. 6216 05 

Médailles en Caisse » 100 — 

Bibliothèque, Musée, Meables, valeur assurée à la 

Compagnie l'Helvetia » 6000 — 

Matériel de l'Exposition— Bordures, cartons, enseigne » 600 — 

2 Coins pour la frappe des Médailles » 600 — 

Total Fr. i;5516 05 



F. Forestier, 

Trésorier. 



-^^^#^- 



— 53 ^ 

Le coloris des fruits. 

Tout récemment, nous visitions les enclos de Mon- 
treuil-aux-pêclies, près de Paris, et nous constations 
combien le cultivateur y préfère les pêches colorées. Il 
faut voir les surgreffes du pécher Haies Early, et com- 
bien sont appréciées les pêches Galande, Madeleine, 
Belle Beausse, Alexis Lepère, Reine des vergers, 
Bonouvrier, Blondeau, etc., aux couleurs carminées ou 
purpurines. La vente aux halles en est assurée. 

Mais aussi combien le jardinier fait appel à la lumière 
pour exciter les paresseux. 

Certes, bien que naturelle, cette coloration est d'au- 
tant plus accentuée que les rayons solaires ont frappé le 
fruit. La main de l'homme sait faciliter cette situation 
pai' un effeuillage graduel, conservant un parasol de 
feuillage afin d'éviter le contact brusque et direct du so- 
leil sur l'épiderme. 

La suppression radicale et immédiate des organes 
foliacés amènerait un résultat tout opposé. 

Cependant, quand le coloris est « bien pris », la gros- 
seur du fruit étant acquise et que l'on approche du mo- 
ment de la cueillette, il n'y a pas d'mconvénient à dé- 
gager la pêche par un retranchement partiel ou complet 
des derniers écrans. 

L'homme du métier sait d'ailleurs diriger ce petit tra- 
vail avec dextérité et connaissance de cause, en tenant 
compte des milieux. 

Le raisin demande à son tour les baisers de l'astre 
lumineux, comme dirait un classique. Lé pincement rai- 
sonné des pampres et l'effeuillage graduel des grappes 
contribueront à le faire jouir de cette influence. 

Ici encore prudence est mèi'e de sûreté : respecter le 
raisin tant que la véraison n'a pas commencé. 

Un effet à l'emarquer, dont la cause pourrait être 
attribuée à l'action différente du calorique et de la lu- 
mière sur les surfaces noires ou blanclies, c'est que le 
raisin noir ne réclame pas cet effeuillage autant que le 
i-aisin blanc. 

L'arboriculteur sait favoriser la coloration par des 
bassinages à l'eau claire donnés à temps et à heure. Et 
cependant un vieux praticien m'aftirmait qu'il employait 
en dernier lieu une eau dans laquelle il avait laissé se- 



— 54 - 

journer de la paille d'avoine...? Le grain prend alors un 
ton ambré, roussàtre, comme si le renard avait yj«s.se 
dessus. 

Il n'est jusqu'aux sémillantes pommes à'api qui ne 
réclament les bienfaits du Dieu des photographes. 
M. Gustave Chevalier nous a montré le truc. Par un tour 
de main habile, on peut taire tourner de trois quarts un 
api sur son pédoncule, et le Palais-Royal se dispute l'api 
coloré. 

On sait que l'eau ou l'huile épongée sur l'épiderme 
d'une pomme ou d'une. poire arrivée à sa grosseur nor- 
male provoque sa mise en couleur. Le liquide joue le 
rôle du verre lentille concentrant sur un point donné les 
rayons solaires ou brùl.'mts. 

Mais un autre truc, trouvé, dit-on, par M, Ménétrier, 
cultivateur à Bagnolet, consiste à mettre dans un sac 
de papier attaché à l'arbre les pommes de Calville 
en bas âge. Elles s'y développent parfaitement, sans 
craindre les piqûres des lépidoptères et autres petits 
ennemis que viennent y déposer leur larve. 

Une fois l'automne ari'ivé, le fruit ayant sa grosseur 
acquise, vous crevez le sac et, sur un fond blanc nacré, 
le soleil vient déposer un incarnat ravissant. 

La pomme vaudra vingt, ti'cnte ou quarante sous 
pièce. 

- Avec les poires, il ne faut pas compter que l'on don- 
nera du rouge aux variétés qui ont l'habitude de rester 
vertes, suivant leur nature. Mais en dégageant le fruit 
(ayant grossi suffisamment) des feuilles qui l'accom- 
pagnent, — successivement en dessus, au revers et sur les 
côtés, pendant 15 jours en moyenne, — vous excitez la 
3eau à s'éclaircir et à prendre un peu de fard. La qua- 
ité y gagnera. 

il est bien entendu que l'on sera plus réservé à 
l'égard d'arbres souffrants ou placés en plein midi, ou 
portant des fruits d'hiver à cueillir tard et destinés à 
mûrir au fruitier. 

N'oublions pas que les feuilles constituent un organe 
important de l'existence de l'arbre. 

Charles Bai'.tet, 

Horticulteur à Troyes. 
Membre correspondant de la Société d' Horticulture de Genève. 



— 55 — 
Culture des Pois aux Etats-Unis. 

(Avec planche.) 

Nous avons déjà fait remarquer à plusieurs reprises 
la différence qui existe entre la culture potagère et la 
culture maraîchère et, si nous y revenons encore au- 
jourd'hui, c'est que l'on confond comme à plaisir deux 
parties fort distinctes et qui poursuivent un but tout à 
tait différent. Hàtons-nous d'ajouter, comme circonstance 
atténuante, que des ouvrages sur la matière ont encore 
augmenté cette confusion. 

La culture potagère, c'est celle du jardin potager de 
nos maisons bourgeoises, de l'amateur, des fermes et 
des campagnes. Il est d'ordinaire de peu d'étendue, 
on n'y cultive qu'un petit nombre d'espèces légumières 
pour les besoins du ménage et l'on y recherche plutôt 
la bonne qualité d'un légume qu'une trop grande pro- 
duction, car le jardinier consulte avant tout les goûts de 
son patron. 

La culture inaraîdière comprend la culture forcée 
des légumes et la grande culture des légumes de pleine 
terre. La pi'emière se pratique avec succès dans les 
environs de Paris, où le fumier nécessaire à cette cul- 
ture se vend assez bon marché. Mais à Genève, où les 
engrais coûtent beaucoup plus cher ainsi que la main 
d'œuvre, cette production est impossible ou revient à 
des prix trop élevés pour donner des bénéfices satis- 
faisants. Il n'en est pas de même de la grande culture 
des légumes de pleine terre, dans laquelle nos maraî- 
chers de Plainpalais se sont fait une légitime réputa- 
tion. Là, les procédés sont bien différents de ceux 
employés dans la culture potagère : les plantes n'occu- 
pent que l'espace rigoureusement nécessaire à leur 
végétation et une récolte en remplace immédiatement 
une autre. C'est aussi à pleines brouettes qu'on restitue 
au sol l'engrais qui a été absorbé par une culture in- 
tensive, car il s'agit d'obtenir à bas prix des produits 
qui serviront à l'approvisionnement des marchés. On 
y parvient par l'emploi d'outils perfectionnés — tels que 
l'essarde, par exemple, — avec lesquels on peut ob- 
tenir un semis de belle venue ou la formation de plan- 
tations spéciales, qui constituent les diverses garnitures 
du jardin maraîcher. L'arrosage se fait au moyen d'irri- 



— 56 ~ 

gâtions, ce qui économise beaucoup les frais de main 
d'œuvre tout en donnant aux plantes l'humidité néces- 
saire à leur végétation. 

Depuis quelques années l'importation des légumes 
de France et d'Italie prend chez nous des proportions 
considérables et fait pendant le printemps, l'été et l'au- 
tomne une concurrence redoutable aux produits de notre 
pays, qui sont pourtant bien supérieurs en qualité, mais 
dont l'écoulement devient de plus en plus difficile. Quand 
voudra-t-on comprendre en Suisse que ce n'est pas par 
des expositions trop souvent répétées qu'on encouragera 
cette branche si importante de l'alimentation publique 1 
La Suisse romande peut produire largement pour sa con- 
sommation locale, et afin d'arriver à ce but les sociétés 
horticoles et agricoles devraient organiser des concours 
sur place et déUvrer aux cultivateurs de sérieux en- 
couragements. 11 est triste de constater que la Société 
d'Horticulture de Genève, qui est la nôtre, soit la seule 
qui ait organisé en Suisse des concours dans les jar- 
dins maraîchers. 

D'autre part, nous vivons à une époque de transi- 
tion dans laquelle l'agriculture des pays qui nous en- 
tourent tend à se modifier sensiblement, parce que la 
culture des céréales devient chaque jour plus onéreuse 
pour le cultivateur. Celui-ci, par conséquent, doit entre- 
prendre résolument la grande culture des légumes, 
de même que la production des graines potagères, qui 
peuvent lui procurer une ressource importante de re- 
venus ; mais, pour cela, il faut qu'il se tienne au cou- 
rant des pr-ogrès qui se réalisent chaque année dans 
cette branche importante de jardinage. 

C'est aux Etats Unis qu'on a obtenu, dans cette 
partie si intéressante, les plus beaux résultats et que 
l'on a résolu le problème de la production à bon marché. 
On a inventé pour cela des outils spéciaux qui écono- 
misent beaucoup la main-d'œuvre : ce sont de petites 
charrues légères pour la culture en sillons et auxquelles 
sadaptent des outils destinés à herser, aplanu-, butter, 
comprimer ou diviser le terrain. Ce sont encore des 
semoirs perfectionnés, qui sèment les graines fines à 
la profondeur voulue et qui les recouvrent d'une couche 
de terre plus ou moins épaisse, tout en traçant d'avance 
la ligne de la raie suivante, etc. Tous ces outils sont 




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— 58 — 

Semis et culture des Dahlias striés 
et des Pentstemons. 

DAHLIAS 

Pour obtenir une belle collection de Dahlias, il faut 
semer au mois de février en terrines ou en caisses 
dans une serre à multiplication ou sur une couche 
chaude. Cette dernière est formée de fumier de mou- 
ton ou de cheval mélangé de feuilles de chêne, sur 
lequel on met ensuite 25 cm. de bon terreau bien pré- 
paré. 

On sèrne en raies espacées de 5 cm. et les graines 
sont recouvertes de 1 ' ., è. 2 cm. Les semis doivent 
être clairs, vu qu'une fois levés, ils grossissent vite. 
En général, les plants résultant de graines qui lèvent 
petites et dont les feuilles sont jaunâtres demandent 
l3eaucoup de soins, et il importe de ne pas les mouiller, 
car ils donnent ordinairement les Dahlias les plus beaux 
et les plus striés. Lorsque les plants sont pourvus de 
trois ou quatre feuilles bien caractérisées, on les re- 
pique, à 9 ou 10 cm. de distance, sur couche tiède, où 
ils restent jusqu'à ce que les petits tubercules soient 
formés et aient atteint une grosseur suffisante i)Our 
être confiés à la pleine terre. Pour cette plantation, 
l'on prépare un bon labourage avec du fumier et l'on 
munit de petits tuteurs chaque pied de Dahlia : cela se 
fait d'ordinaire avant la mise en place des plantes afin 
de ne pas endommager les tubercules. Un bon paillis 
de fumier leur est nécessaire et on arrose régulière- 
ment jusqu'à ce que les pieds aient atteint une hauteur 
de 40 à 50 cm., où ils commencent à boutonner. Depuis 
ce moment on les arrose très peu, car on a observé que 
les variétés striées sont beaucoup plus belles par le 
sec que par l'humidité. Les arrosages se font autant 
que possible avec de bonne eau additionnée d'engrais 
liquide. 

La floraison commence au mois de juin et dure 
jusqu'en novembre, c'est-à-dire jusqu'aux gelées. En 
procédant ainsi, j'ai obtenu des iieui'S magnifiques et 
de nombreuses variétés striées dont quelques-unes ont 
été exposées en 1889, à l'assemblée du G octobre de la 
Société d'Horticulture de Genève. J'ose dire qu'elles 



- 59 — 

peuvent l'ivaliser avec les plus belles nouveautés qui 
nous viennent de l'étranger-. Elles trouveront leur uti- 
lité pour les bouquets, corbeilles, garnitures de coupes, 
etc., et pour la décoration des jardins elles formeront 
de ravissants massifs. 

PENTSTEMONS 

Les semis et les repiquages sont les mêmes que 
pour les Dahlias, mais le terrain ne demande pas au- 
tant de fumier et la plantation est plus rapprochée, soit 
de 20 à 2b cm. Les Pentstemons sont des plantes rus- 
tiques qui peuvent se placer n'importe où ;. leurs grandes 
grappes de fleurs font un très bel effet et l'on y trouve 
les coloris les plus divers. Les variétés à gorge blanche 
sont celles qui se distinguent par les nuances les plus 
belles. Les nombreuses plantes que j'obtiens de semis 
sont très remontantes et fleurissent jusqu'aux gelées, 
en atteignant de 40 à 50 cm. de hauteur. Pour les mul- 
tiplier on bouture au printemps et en automne, et afin 
que les pieds ne souffr-ent pas trop de l'hiver, il faut 
les tailler et laisser les rameaux sur le terrain avec les 
feuilles. Grâce à cette couverture, ils peuvent s'hiverner 
aisément. 

Alphonse Martin, 

Horticulteur, à Nyon (Vaud). 



CHRONIQUE HORTICOLE. 

Pétrole contre les insectes. — Le professeur Riley, à Washington, 
recommande l'usage du pétrole contre tous les insectes. 

Il recommande un mélange de deux parties de pétrole raffiné 
et d'une de lait aigri qu'on bat bien ensemble comme si l'on 
fouettait de la crème. Ce mélange gras et liquide se conserve très 
longtemps dans une bouteille fermée. On l'emploie avec de l'eau 
qu'on ajoute dans les proportions que l'on veut. La chaleur accé- 
lère la préparation de ce composé, qui agit très énergiquement, 
même administré en petites quantités. 

( Wiener Illustrirte Garten-Zeitu7ig.) 



— 60 - 

Une plante à miel. — D'après le journal allemand ^zenen-F^'ewn'i, 
(l'Ami des Abeilles), la Californie devrait sa richesse en abeilles et 
par conséquent en miel, à une plante de la famille des Hydro- 
phyllées, proche voisine des Borraginées, le Phacelia tanacetifolia, 
qui y croit en abondance et dont les fleurs offrent une facile 
moisson aux ouvrières. — La phacélie se sème au printemps, elle 
lève au bout de quinze jours et fleurit six semaines plus tard, elle 
porte des cimes scorpioïdes de fleurs bleues, à corolle campanulée. 

Le commerce des fleurs à Paris. — A certaines dates, le com- 
merce des fleurs prend, à Paris, des proportions colossales. 

Aux Halles et chez les 530 fleuristes parisiens — chiffre authen- 
tique — on vend en quelques jours, à Noël, pour près de trois 
millions de fleurs. 

Dans la seule matinée du 1" janvier, il se débite aux Halles 
centrales, entre quatre et cinq heures : 

150.000 douzaines de Roses de Nice; 
15.000 bottes de Roses simples; 
10.000 douzaines de Gamellias ; 
15.000 bottes de Lilas. 
Ce sont les chiffres établis sur la moyenne des trois dernières 
années par le Comité des fleuristes. A. D. 

— ^^^#« — 



53 ■ 



NÉCROLOGIE 

Nous avons le regret d'enregistrer la perte regrettable d'un 
de nos membres les plus dévoués, M. Eug-ène Benzoni, 

opticien à Genève, décédé dans le courant du mois de février 
dernier. M. Benzoni était un Adèle participant de toutes nos 
expositions et chacun se souvient encore de l'exhibition très 
complète qui lui avait mérité un premier prix lors de notre 
dernière fête horticole. Nos sincères condoléances à sa famille. 

A. D. 



liENKVK. — IMPK. KICHTKU, «UK UKS VUlKOiNS, 10. 



36^6 ^v^NÉE 4^ LIVRAISON AVRIL 1890 

BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GE NÈ VE 

FOUNTODÉE E3Sr 1855 



Sommaire: Avis. — Comité et Commissions. — Extrait du 
rrti)port de la Comœissioji des récompenses. — Publications of- 
fertes à la Société. — Commission de placement des jardiniers.— 
Bibliographie. — (Culture du melon sous couche et sous châssis. 

— Les Orchidées : le genre Gymbidium (avec gravure). — • Etude 
sur les arbustes de pleine terre. — Quelques plantes nouvelles. 

— Culture de la Morille. — Nécrologie. — Annonces. 

AVIS 
Assemblées g-éiiérîiles en 1 S90 : 
Les Diiiiaiiclies 1 3 avril, 
)) Sa juin, 

» 1 O août, 

)) 5 octobre, 

)) 30 novembre. 

En novembre, Concours de Chrysan- 
thèmes, dont un a\is ultérieur indiquera 
la date précise. 



Les Sociétés correspondantes qui font un emprunt au Bulletin 
sont instamment priées d'en indiquer l'origine. 



Les membres qui font des présentations de plantes aux 
assemblées sont priées de remettre la liste exacte de leurs ap- 
ports au Secrétaire-général. 

MIVI. les membres de la Société qui changent de domicile 
sont instamment priés d'en informer le Secrétaire-général, 
M. Triboulet, rue du Rhône. 4. 



— 62 — 
Comité élu pour 1890. 

MM. Gardina\jx, François, président. 
Welter, Henri, 1" yice-président. 
Deuorges, Louis, 2"' vice-président. 
Triboulet, David, secrétaire-général. 
Forestier, François, trésorier. 
Tronchet, Emile, bibliothécaire. 
LuDi. Fritz, économe. 
DuFOUR, Auguste. 
Grobéty, Emile. 
ScHOCH, Salomon. 
Fayol, Etienne. 

Commission du Bulletin. 

MM. Auguste Dufour, Henri Gorrevon, Louis Dégorges. 
Charles Platel, Henri Welter, Pierre Chappuis, avec la colla- 
boration de plusieurs membres de la Société. 

Commission de Floriculture. 

MM. Charles Platel, président, Robert Delafontaine, .Jean 
CtROTjx, AUjert Haasis, Fritz LiiDi, Auguste Morel, Warrington 

GiDDINS. 

Commission maraîchère. 

MM. Etienne Fayûl, président, Henri Bippus, Jacques Du- 
BOssoN, Auguste Dufour, Jules Dufour, Auguste Guex, Jean 
Mathieu. 

Commission de Pomologie. 

MM. Henri Welter, président, François Besson, Louis Du- 
four, Auguste Guex, Charles Reust, Edm. Vaucher. 

Commission des Récompenses. 

Président : M. Henri Welter. 

Culture florale : MM. Louis Dégorges, Jean Hofer et Emile 
Tronchet. Suppléants : Fritz Liioi et Aug. Morel. 

Culture maraîchère : MM. Auguste Dufour, Etienne Fayol et 
Jacques Dubosson. Suppléants : MM. Anselme Decroux et Louis 

BOVAY. 

Culture fruitière : MM. Louis Dufour, Dujac et Auguste 
Guex. Suppléants : MM. Ami Dufour et Joseph Griitter. 

Commission de placement des jardiniers. 

MM. H. CoRREYON, L' Dégorges, Aug. Dufour, L' Dufour, 
Et. Fayol, Fr. Forestier. 






— 63 — 

Résumé du Rapport de la Commission des 
Récompenses pour l'année 1889. 

Apports Points 



Assemblée 


du 


10 fé^ 


/rier : 


7 


18 






» 


» 


7 avril : 


8 


20 






» 


» 


23 juin : 


12 


27 






» 


» 


11 août : 


9 


21 






» 


» 


6 octobre 


: 20 


55 


Vî 




» 


» 


1" décemb 


re 10 


31 


V2 




Total des app^ 


orti 


s: 66: 


; des 


points: 173, attribi 


ués i 


a 32 


expo- 


sânts, dont voici la 


lis 


ite: 












Henri Bippus 




5 points 


Jules Guignard 




8] 


[)oints 


Louis Bovay 




8 


)) 


Albert Haasis 




3 


» 


Jules Billard 




2 


» 


Jean Hofer 




5 


» 


Louis Ghuat 




3 


)) 


Fritz Lûdi 




25 


)) 


Eugène Cochet 




1 


» 


Jean Mathieu 




2 


» 


Henry Gorrevon 




3 


» 


Auguste Morel 




2 


t) 


Anselme Decroux 




2 


» 


Honoré Perréal 




1 


)> 


Frédéric Delécraz 




12 


» 


Vve Perroud 




6 


)) 


Jacques Dubosson 




T'k 


» 


Jean Peter 




2 


» 


Vincent Ducroux 




1 





Charles Platel 




4 


)) 


Ami Dufour 




7 


» 


Alphonse Quillet 




4 


» 


Jules Dufour 




12 


» 


Jean Richard 




3 


u 


Louis Dufour 




O 


» 


M"' de Scheyterberg 


2 


;> 


Frédéric Gay 




15'/, 


» 


Salomon Schoch 




9 


» 


Joseph Grûtter 




4 


» 


Emile Tronchet 




3 


» 


Auguste Guex 




6 


u 


Emile Vuillamoz 




2 


» 



Total : 32 présentateurs avec 173 points, à 1. fr. 20. 

Un prix d'honneur, sous forme d'une belle pièce d'argenterie, a 
été décerné, sur le rapport d'au jury spécial, à M. Vietor Pé- 
riisset, pour sa magnifique exposition de Raisins de table et de 
spécimens de Vignes américaines, faite à l'assemblée du 6 octobre. 

Les prix David Dufour, en argenterie, destinés aux exposants 
ayant obtenu le plus grand nombre de points dans la culture 
florale et la légumière, ont été gagnés, l'un par M. Fritz Lriidi 
et l'autre par M. «Jules Dufour. 

Le 'président de la Commission des Récompenses, 

Henri Welter. 



— 64 - 

Publications offertes à la Société. 

1" Pai- M. Ch. Joly, 11, rue Boissy d'Anglas, à Paris, mem- 
bre honoraire : 

Journal de l'Agricalture, N" du 1" mars 1890. 
Pacific Rural Press, N" du 8 février 1890. 

— ^^^^ — 



Commission de placement pour les jardiniers. 

OFFRES 

Plusieurs jardiniers mariés, bien recommandés, de 27, 30 et 
35 ans, connaissant bien les trois parties de l'horticulture, deman- 
dent à se placer dans une maison bourgeoise. 

Deux bons jardiniers célibataires, de 27 et 40 ans, demandent à 
se placer. 

La Gommissioû ne recommande que des jardiniers connus et 
faisant partie de la Société. 

Le registre est déposé chez M. François Forestier, trésorier, 
Tour-de l'Ile, à Genève. 

Le Président de la Commission, 
Louis Dégorges. 

— ^-^^^^ — 

BIBLIOGRAPHIE 

Le Petit Jardin potager et fleuriste, 

par MM. Rivoire, père et fils, 
horliculteurs-grainiers^ rue d'Algérie, 16, à Lyon. 

Nous venons nous acquitter aujourd'hui de l'agréable mission 
de présenter à nos lecteui-s un compte-rendu de ce petit livre, qui 
est bien composé, très pratique et partant d'une incontestable 
utilité, et que ses auteurs ont bien voulu offrir à la bibliothèque 
de notre Société. — Cet ouvrage n'est pas nouveau, puisque jus- 
qu'ici il n'a pas eu moins de 19 éditions, qui ont été successive- 
ment augmentées, corrigées et améliorées: il y a donc là de quoi 
le recommander déjà suffisamment à la faveur du public. 



— 65 — 

La première partie traite de l'établissement et de la tenue du 
jardin potager, avec des directions très rationnelles sur le choix 
du terrain, sur l'emploi des châssis, des cloches, etc., et se termine 
par un calendrier des semis, qui contient des notions de cultures 
dont quelques-unes seront très utiles aux amateurs. Si certaines 
d'entre elles ne se trouveront guère propres à réussir dans notre 
difficile et capricieux climat, nous ne saurions en taire un re- 
proche aux auteurs, car le climat de Genève est notablement 
plus froid que celui de Lyon, ce qui tient moins à sa latitude plus 
septentrionale qu'au voisinage des hautes montagnes de nos 
Alpes. 

La deuxième partie concerne les plantes d'ornement pour la 
pleine terre. C'est celle qui est consacrée au jardin fleuriste et elle 
rendra plus d'un bon service aux amateurs; elle se termine par une 
liste raisonnée des variétés les plus appréciées pour la décoration 
de nos parterres. 

Enfin la troisième partie comprend la culture du champignon 
cultivé {Agaricus edulis), dont les difficultés ont rebuté bien des 
personnes, mais qui, à force de soins intelligents et assidus, pourra 
se faire avec succès aussi chez nous, bien que le fumier nécessaire 
se vende à Genève à un prix très élevé. 

Si nous remarquons maintenant que tous ces renseignements 
si utiles sont condensés dans 125 pages et ne coûtent que 75 cent., 
l'on trouvera que MM. Rivoire père et fils méritent fort d'être 
félicités d'avoir écrit un livre dont nous ne saurions trop recom- 
mander l'acquisition à tous ceux qui possèdent un jardin potager. 
C'est également un guide sûr et indispensable pour l'habitant de 
la campagne qui souvent est en peine de mettre le meilleur ordre 
à ses travaux de jardinage et n'est pas bien au courant de la juste 
époque des semis et des plantations. Aussi espérons-nous que sa 
place sera assurée parmi les livres, si peu nombreux soient-ils, 
de tous les jardiniers et amateurs désireux de perfectionner le sa- 
voir qu'ils ont déjà, ou d'acquérir des connaissances nouvelles 
dans leur métier ou leur art. 

Auguste DuFOUR. 



— 66 — 



Culture du Melon sur couche et sous châssis. 

On sait que sous notre climat les melons ne ])euvent 
être cultivés avec succès qu'à Taidede couches et de châs- 
sis et il m'a semblé qu'il pourra intéresser nos collègues 
d'être instruits de la manière dont j'obtiens dans cette 
culture de très bons résultats. 

Le châssis que j'estime le meilleur est à deux pan- 
neaux, avec à peu près les dimensions suivantes : lon- 
gueur 3,6 mètres, largeur 1,8 m. ; hauteur postérieure 
75 cm. et haut, antér. 35 cm. La couche est composée 
d'un mélange de fumier et de feuilles, qui a été préala- 
blement bien remué et adouci, pour qu'il ne s'en dégage 
aucune vapeur préjudiciable une fois que la couche est 
établie. Son épaisseur varie suivant la saison où l'on 
opère : quand c'est au mois de mai, en vue d'avoir des 
melons mûrs en août, il faut une quantité beaucoup 
moindre du mélange en question. Ordinairement, j'élève 
au milieu de chaque panneau une petite butte, et, au bout 
d'un jour ouMeux, lorsque la terre est pénétrée de chaleur 
jusqu'à sa surface, j'y place mes plants. J'ai essayé de 
beaucoup de sortes de terre, et ai toujours trouvé que 
dIus elle est forte et compacte, — sans pourtant être de 
'argile pure — plus parfaits sont aussi les melons ob- 
tenus : ils sont mieux formés et plus agréables de par- 
fum et de goût que ceux cultivés dans une terre plus 
légère. 

Les plants à mettre sur cette couche sont préparés 
d'avance, au nombre de trois dans un petit godet. Il faut 
les repiquer sur le haut des buttes, mais pas trop profon- 
dément et en ayant grand soin surtout que le collet de la 
tige ne descende pas au-dessous du niveau du sol ; car, 
sans cette précaution, les plantes sont exposées à l'une 
des principales causes de non réussite, qui est la stag- 
nation de l'eau autour des collets. 

Dans les premiers temps, il importe fort de veiller au 
juste degré des arrosages, mais pendant l'été ces plantes 
exigent beaucoup d'eau ; et, si la terre n'est pas riche 
naturellement, l'on fera bien de lui administrer occasion- 
nellement un peu d'engrais liquide, ce qui sera d'un 
grand profit à cette culture. 



— 67 — 

Il faudra ajouter de la terre fraîche aussi souvent que 
les radicelles se montreront à nu sur les flancs de la 
butte, et cela jusqu'à ce que le châssis en soit plein. A 
toutes ces nouvelles additions de terre, on aura soin de 
comprimer le sol, afin de lui donner de la fermeté, no- 
tamment lors de la dernière, par laquelle toute la sur- 
face est recouverte à nouveau. 

Il est nécessaire que le sol soit constamment humide 
afin que nos plantes se développent librement ; et pour ce 
qui est de la lumière, de l'air et de la température, ces 
éléments indispensables d'une bonne végétation, suivant 
qu'ils leur seront ménagés d'une façon attentive ou né- 
gligente pendant qu'elles sont en fleurs, les entre-nœuds 
en deviendront courts ou allongés et elles seront fé- 
condes ou stériles. Remarquons que la surface du sol 
ou du moins l'air du châssis doivent être plus secs au 
moment du nouage qu'à toute autre période. Il est bon 
aussi, quelques jours avant l'épanouissement des fleurs, 
d'arroser copieusement, de pousser vivement la chaleur 
de fond et d'aérer autant que le permet l'état de Tatmos- 
phère. 

A l'heure de midi, à laquelle le pollen est le plus sec, 
il faut examiner les plantes et se mettre à féconder les 
fleurs femelles prêtes pour cette opération. Lorsque 
le fruit a noué et est en train d'enfler, il sera nécessaire 
d'arroser une ou deux fois la semaine, si les réchauds de 
la couche sont en bonne condition et que la chaleur soit 
vive; mais en cela, l'état des choses changeant suivant 
les circonstances, il est impossible de poser des règles 
invariables. Cependant il est un point qu'il faut observer 
toujours : c'est que, autant que possible, la tige centrale 
de la plante, d'où rayonnent les rameaux fructifères, doit 
' être bien mouillée, sans quoi il résultera bientôt des con- 
séquences fâcheuses. 

En ce qui concerne les pincements et la conduite, il 
va sans dire que les plants doivent avoir subi un premier 
pincement avant d'être mis en place. S'ils ont été taillés sur 
la seconde feuille, chacun d'eux émettra trois ou quatre 
rameaux, qui donneront bientôt à leur tour des pousses 
latérales ; mais celles-ci, si on ne les enlève pas. ne 
tel ont qu'amplifier le centre de la plante sans aucune 
utilité. Ces jeunes pousses produiront rarement des 
fleurs femelles, et même quand elles le font, il nest pas à 



- 68 — 

conseiller de les garder, attendu que les plantes ne 
seraient pas encore assez bien établies pour donner au 
fruit toute sa grosseur. Après avoir choisi (3 — 8 des ra- 
meaux, Je les dispose de la manière suivante, en les 
fixant au sol au moyen de crochets : 1 dirigé vers cha- 
que coin du châssis, 2 vers les parois latérales et 2 sur 
celles du fond et du devant ; et 1 on trouvera qu'il y en a 
suffisamment ainsi. Cela fait, je ne pince plus avant que 
tous ces rameaux ne soient arrivés à la distance d'un 
pied soit des angles soit des côtés ; mais alors j'enlève 
toutes les pousses latérales, sauf 5 ou 6 que je laisse à 
l'extrémité de chaque i-ameau. L'on verra que ces pous- 
ses tardives sont beaucoup plus vigoureuses que celles 
qui ont paru les premières ; elles porteront des fleurs 
propres à fructifier et il dépendra des bons soins donnés 
pendant le nouage et la maturation d'amener la récolte 
à perfection. Quant au nombre des fruits à laisser à cha- 
que plante, il variera suivant la race ou la variété à la- 
quelle ils appartiennent. A l'approche de la maturité, la 
plupart des brindilles latérales doivent être enlevées et à 
aucun moment il ne faut leur permetti-e d'encombrer le 
châssis et d'ombrager les fruits. Il est bon de tenir ceux- 
ci un peu au-dessus du feuillage, où ils se trouvent mieux 
au sec et plus exposés aux rayons du soleil ; car il n'est 
pas de fruit auquel cette influence soit plus avantageuse 
qu'au melon sous le rapport du parfum et du goût. 

Les variétés que j'ai cultivées sont anglaises pour la 
plupart ; mais il en est une américaine, dite Surprise de 
PhiladeJpliie, dont j'ai reçu les graines de notre Société, 
et qui, plantée et traitée de la manière que je viens de 
décrire, m'a donné les meilleurs résultats. C'est un 
melon bien supérieur aux meilleurs Cantaloups, plus 
parfumé qu'aucun autre, à chair sucrée et fondante, et 
la plante d'ailleurs est très vigoureuse et rustique. 

Warrington Giddins, 
jardinier de la camp. Robert Peel, à Séclierou. 



— 69 — 
Les Orchidées. 

LE GENRE CYMBIDIUM. 

Quelques espèces de Cymbidhun sont au nombre des 
plus belles Orchidées qui puissent orner nos serres. 
Plantes montagnardes, poussant généralement sur les 
rochers, elles sont essentiellement terrestres. On les 
cultive indistinctement en serre tempérée ou en serre 
froide; ayant toutes de grosses racines charnues, elles 
veulent être plantées dans de grands pots, bien drainés 
et remplis de loam ou terre franche, auquel on mélange 
du gros sable et de petits fragments de tessons; après 
quoi, il est préférable de surfacer les pots avec des têtes 
de sphagnum vivant. A défaut de bonne terre franche, on 
peut aussi se servir de fibres de polypodes, mais les 
plantes ne sont pas si trapues et ne se développent pas 
aussi vigoureusement; en outre, les feuilles prennent 
souvent une teinte jaunâtre, tandis que cuhivées dans la 
terre franche, elles sont toujours d'un beau vert luisant. 

Ce sont surtout les trois espèces suivantes qui méri- 
tent d'être cultivées : 

Le Cymbidium eburneum, originaire des montagnes 
de Khasia (Indes), si bien i-eprésenté par notre grande 
illustration. Cette belle espèce n'a pas de pseudo-bulbes 
apparents ; d'entre ses feuilles étroites et flexueuses se 
développent au printemps ces grandes fleurs d'un blanc 
d'ivoire et au labelle jaune, qui se maintiennent fraîches 
plusieurs semaines. 

Le C. Lowi ou Lowianum, originaire de Burmah, 
regardé comme une variété du C. giganteum. Cette 
espèce ou vai'iété est pourvue de gros pseudo-bulbes, 
enveloppés de nombreuses feuilles très longues. Les 
fleurs sont disposées en panicules de 0'"80 à 1"'20 de 
longueur, portant 1.5 à 20 fleurons, larges de 7 à 9 centi- 
mètres, à divisions d'un vert jaunâtre ; labelle jaune citron, 
maculé à l'extrémité de pourpre velouté. 

Il n'existe pi-obablement pas une autre Orchidée à 
floraison d'une plus longue durée. Pourvu que les plantes 
soient placées dans une serre froide, les fleurs pourront 
se conserver fraîches pendant plusieurs mois. Nous 
avons constaté jadis (/e visu, chez M. William Bull, à 
Londres, établissement dans lequel une serre entière est 
réservée à ce genre et où cette culture a atteint son apogée, 
un spécimen garni de six hampes florales, portant entre 




Orchidée Cymbidium eburneum. 



— 71 - 

elles 106 fleurons, qui s'épanouirent en janvier-février 
et ne commencèrent à se faner qu'au mois de juillet. 
Ce Cymbidium possède donc des mérites réels, qui de- 
vraient engager tous les orchidophiles à en cultiver au 
moins un exemplaire dans leur collection. 

Le C. Mastèrst\ des montagnes de l'Inde, est une 
charmante espèce, analogue comme végétation au C. ehu/'- 
neum, qui développe en hiver des grappes retombantes 
de nombreuses fleurs blanches, mais qui sont plus petites 
et plus gracieuses que celles du C. eburneum. 

Dans les collections de choix, on cultive encore les 
C. Dayanum, — C. Devomanum, — C. elegans, — C. 
qiganteum,— C. Hookerianuin, C. Hutioni, C. Parishi 
et C. tigrinum. Sauf le C. giganteum, ces dernières es- 
pèces sont d'un prix assez élevé, vu leur rareté et l'ori- 
ginalité de leurs belles et curieuses fleurs. 

Les C.aloïfoUum et C.pendidum, qui sont si répandus 
dans les anciennes collections des amateurs h-ançais, 
sont des Orchidées aux fleurs insignifiantes, et qui ne 
valent pas la peine d'être cultivées. Otto Ballif. 

Etude sur les meilleurs arbustes de pleine terre. 

Par M. Charles Baltet, menibre correspondant. 
L'Amélanchier (Amelanchier) 

Famille des Pomacées. 

Arbuste de 2 à 3 mètres, assez ramifié, fleurissant de 
bonne heure. L'Amélanchier a sa place dans la compo- 
sition des jardins paysagers, accompagné d'autres espè- 
ces mieux étoffées cïe port et de feuillage, ou dans les 
SOUS' bois. 

Variétés. — L'Amélanchier co7?2mî^/2, indigène, donne, 
on avril, des épis de fleurs blanc jaunâtre, ensuite des 
fruits couleur noir bleuâtre comme le cassis. 

Am. à grappes ; Am. du Canada.— En avril-mai, 
fleurs blanches en grappes simples, auxquelles succè- 
dent des fruits d'un assez bon effet. 

Am.àéprs. — Arbuste plus nain que le précédent; 
floraison moins précoce ; fruits bruns, en épis terminaux 
ou axillaires. 

L'Amélanchier à feuilles de sorbier, qui fleurit en co- 
rymbes, est rangé dans les Aronies par certains bota- 
nistes. 



— 72 - 

Culture. — L'Amélanchier vient en tout terrain, plu- 
tôt à mi-ombre. 

On le multiplie par semis, par éclats et par la greffe 
sur Aubépine. 

La taille des rameaux est inutile. 

L'Amorpha {Amorpha) 

Famille des Légumineuses, § Papilionacées. 

Arbrisseau élancé, peu ramifié, l'Amorpha convient 
au centre des massifs et dans les sous-bois. Feuillage 
penné; fleurs en épi terminal. 

VARn':TÉs. — L'Amorpha frutescent produit en juillet 
des épis de fleurs bleu violâtre. 

Les Amorphas blanchâtre, odorant, et les sous-varié- 
tés naine et à feuille glabre, sont aussi vigoureux. 

Culture. — L'Amorpha est robuste, surtout dans les 
terrains secs. 

On le multiplie par semis et par boutures. 

Les rameaux peuvent être soumis à la taille longue. 

Les pépiniéristes le cultivent en trochées recepées an- 
nuellement, et en obtiennent des baguettes longues, non 
ramifiées. 

L'Aristoloche (Aristolochia) 

Famille des Aristolochées. 

Arbrisseau à rameaux volubiles, sous-frutescents, 
d'un beau feuillage, l'Aristoloche peut couvrir les ber- 
ceaux, les murailles, les hautes tiges d'arbres isolés, ou 
plantés en futaie. 

Variétés. — L'Aristoloche siphon est une véritable 
liane, originaire du Nouveau-Monde. Rameaux verts et 
volubiles ; feuilles larges; en mai-juin, fleur bizarre, en 
forme de pipe, jaune verdcàtre, veinée de marron. Son 
grand développement permet de l'utiliser dans les sur- 
faces relativement étendues. 

L'Aristoloche tomenteux, aux feuilles légèrement duve- 
teuses, prend moins d'extension. 

L'Aristoloche toujours vert, plus modeste d'allures, 
se plaît au nord, contre une muraille. 

Culture. — L'Aristoloche préfère un terrain frais ou 
un sol léger, substantiel, et une exposition ombragée. 

On le multiplie par semis et par marcottage simple, ou 
par couchage à long bois. 

Il est inutile de le tailler. 



— 73 — 

Quelques plantes nouvelles. 

Bertolonia M"'' Alfred Bleu. — Cette belle nou- 
veauté est une merveille végétale qui diffère totalement 
des variétés connues. Sa feuille ovale est un véritable 
joyau dans lequel le fond vert olive foncé, lavé de 
violet, n'apparaît que pour mieux faire ressortir le blanc 
brillant des nervures et les grosses ponctuations de 
même couleur régulièrement semées entre elles. 

Bérjonia Amélie Willaume. — Variété qui se 
groupe merveilleusement pour former un superbe en- 
semble et étaler ses jolies feuilles vert brun recouvertes 
de gracieux dessins argentés. 

Bégonia Henri Blanpain. — Celle-ci plus large- 
ment lobée que la précédente, s'en distingue en outre 
par de grandes plaques d'argent séparées vers les ner- 
vures par de larges bandes vert émeraude. Ces deux 
dernières variétés ont été obtenues du croisement 
des B. Diadema et B. Rex. 

Bégonia geranioides. — Nouvelle espèce tubéreuse 
introduite du Natal. Tige érigée, garnie intérieurement 
de feuilles régulières, réniformes, velues, d'un vert 
brillant ; profusion de fleurs moyennes, à 4 pétales 
d'un blanc pur, portées sur des pédoncules rigides, 
surmontant bien le feuillage et formant un bouquet 
compact, haut tout au plus de 30 cm. Le port élégant 
de cette plante et l'abondance extrême de sa floraison 
en font une nouveauté recommandable à tous les points 
de vue. 

Pelargoniiun peltatuni fh pi. Ernest Bergman. — 
Ombelles grandes, fleurs énormes extra pleines, assez 
régulières, à pétales couleur de laque anglaise, très 
foncés, avec reflets cramoisi : plante hors ligne. 

Pelargoniiun tonale « Souvenir de Mirande ». — 
Simple, centre blanc et bord cerise ; ombelles et fleurs 
bien faites : extra. 

Pelargoniurn Copernic. — Simple, fort grande, 
ombelles d'une teinte rosée très particulière. 

Pelargoniurn M. Poirier. — Simple, grandes om- 
belles demi-globuleuses cramoisi pourpre; type No- 
segay. 

Fuchsia Mistral. — Fleurs simples et très grandes : 
tube court, sépales très larges et bien contournés, rouge 



— 74 — 

écarlate brillant, corolle violet rougeâtre. Plante ro- 
buste, toujours couverte de fleurs. 

Fuchsia O" Léon Tolstoï. — Fleurs très pleines: 
corolle grande et compacte d'un bleu noir, larges sé- 
pales écarlate foncé. Cette variété rappelle l'ancien 
F. Solferino, mais elle lui est supérieure. 

Albert Haasis, 

jardinier chez M. Ernest Saladin, à Chambésy, jyrès Genève. 



LA MORILLE 

Procédé de culture potagère applicable à tous les jardins. 



Les champignons de diverses sortes sont maintenant 
admis comme offrant une ressource normale pour 
l'alimentation publique. Quelques espèces, les plus 
recherchées pour leur goût, peuvent être publiquement 
vendues dans un grand nombre de villes. Les TrufTes 
sont l'objet d'un commerce considérable qui s'étend 
dans toutes les parties du monde. Le Champignon de 
couche, agaric cultivé, est l'objet de nombreuses et 
importantes cultures industrielles. Les Cèpes séchés 
ou conservés en boîte sont vendus dans toutes les 
bonnes épiceries. 

Mais un excellent champignon, qui ne cède le pas, 
comme valeur gourmande et alimentaire qu'à la truffe, 
demeure extrêmement rare, apparaît à peine sur les 
marchés et, par son prix élevé, demeure inaccessible à 
beaucoup de consommateurs. 

La Morille est le seul champignon dont on puisse 
dire que le parfum se hume comme celui de la truffe. 
La morille fraîche a une finesse, une délicatesse, un 
arôme pénétrant sans la moindre àcreté, qui doivent 



— 75 — 

la faire placer dans l'estime des gourmets au premier 
rang après la IrufTe. 

La morille, il est vrai, a un défaut. Sa délicatesse 
est si grande, que pour l'apprécier dans tout son mé- 
rite, il faut pouvoir la faire apprêter à peine cueillie et 
dans de bonnes conditions. Il faut aussi que les an- 
fractuosités du chapeau ne contiennent aucune pous- 
sière terreuse ; car le lavage ne réussit pas tou- 
jours à les en débarrasser, et rien n'est désagréable 
comme de trouver ces graviers inattendus qui craquent 
sous la dent. 

Les amateurs de morilles seraient beaucoup plus 
nombreux, si tout le monde avait pu les goûter dans 
les bonnes conditions où elles doivent être servies. 

Cependant, déjà un grand nombre de consommateurs 
les recherchent, soit à cause de leur saveur spéciale, 
soit à cause de leur forme particulière, qui donne une 
sécurité complète parce qu'elle ne permet pas de les 
confondre avec aucun autre champignon, et que toutes 
les variétés de morilles sont parfaitement alimentaires. 

Ce qui caractérise la morille, c'est que son chapeau 
est composé de façon à présenter la forme d'une 
éponge très grossière avec des cavités plus ou moins 
régulières et enchevêtrées, de couleur blonde, grise, 
fauve, brune ou même noire, mais toujours supporté 
sur un pied tubulaire irrégulier de couleur blanche, 
plus ou moins long, sortant à peine de la terre ou 
s'élevant de plusieurs centimètres au-dessus d'elle, s'il 
y a un lit de feuilles mortes ou de mousses à traverser. 
Aucun autre champignon ne lui ressemble tout à fait. 
Les Helvelles s'en rapprochent un peu, et elles sont 
toutes comestibles. 

Pour mettre en garde contre toute erreur possible, 
nous dirons qu'un champignon très haut sur pied, du 
genre Phallus, paraît avoir été confondu une fois par 
un ignorant avec une morille. Mais il fallait y mettre 



— 76 — 

une singulière imprudence, car le phallus offre un as- 
pect très différent d'une morille, et de plus il répand 
une odeur fétide qui suffirait à le faire rejeter. 

L'aspect d'une morille est si spécial qu'il suffit 
d'en avoir vu une et de l'avoir considérée avec quelque 
attention, pour ne plus pouvoir s'y tromper. 

Malheureusement la recherche des morilles, sauf 
en quelques années exceptionnellement fertiles, de- 
mande beaucoup de temps et oblige à parcourir de 
grands espaces. On la trouve un peu partout, dans les 
bois, dans les haies, au pied des sapins, des frênes, 
des hêtres, des chênes, et de beaucoup d'autres arbres, 
mais toujours en petite quantité. J'en ai trouvé juchées 
sur un rocher couvert de mousse. Une autre fois, dans 
une cour où l'on avait entassé du bois de chauffage qui 
avait passé tout l'hiver à la pluie et à la neige, j'ai vu au 
printemps, sous les fagots, pousser quelques morilles. 

[A suivre.) Baron d'YvoiKE. 

(Reproduit du Bulletin des Sciences naturelles appliquées 
de la Société nationale d" acclimatation de France.) 

— ^é'^f î^èé — 



NECROLOGIE 



Nous avons eu le regret de perdre deux de nos collègaes : 

M. Vouaillrtf, propriétaire à Satigny, près Genève ; 

M. Chai'les Pfeiîer, qui a imprimé pendant long- 
temps le Bulletin de notre Société. 

Nous adressons à leurs familles l'expression de notre sincère 
condoléance. 



GENÈVE. — IMPR. lUCHTEU, RUE DES VOIRONS, 10. 



se»» ANNÉE 5« LIVRAISON MAI 1890 

BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

G E^^V E 

FOnsriDÊE EKT 1855 



Sommaire : Avis. — Procès-verbal de l'Assemblée générale du 
18 avril 1890. — Graines et publications offertes à la Société. — 
L'Anthurium splendidum (avec gravure). — Culture des Chry- 
santhèmes. — Une visite au Palmen-Garten de Francfort s M.— 
Chronique horticole. — Cult ure de la Morille. — Annonces. 

AVIS 
Les 14, 15, 16 et IT novembre, au 
Stand «le la Coulouvrenîèrc, Concours «le 
Chrysanthèmes, «l'Oeillets et «l'autres Plan- 
tes fleuries. Un avis ultérieur intliquera les 
conditions «le ce concours, au«iuel tous nos 
soci<:^taires fleuristes sont invités à i3ré- 
senter leurs collections tant petites «jue 
g^ran«les. 

Assemblées générales en 1 S90 : 

Les Dimanches SS juin, 
» lO août, 

)) 5 octobre, 

)) 30 novembre. 

En novembre, Concours «le Chrysan- 
thèmes. 



Les Sociétés correspondantes qui font un emprunt au Bulletin 
sont instamment priées d'en indiquer l'origine. 



•i^^ 



78 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 13 avril 1890, grande Salle des 
Amis de Tlnstruction, à 2 heures. 

Présidence de M. F. Cardinaux, Président. 



Cent trente-cinq membres sont présents. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière assemblée. 

Candidats présentés : 

1° M. Garl Sprenger, Directeur du Département botanique 
de l'établissement Dammann & C'% horticulteurs à Naples (Italie), 
présenté comme membre co7'respondant, par la Commission de ré- 
daction. 

2° M. Paul Blanc, instituteur à Commugny (Vaud), présenté 
par MM. Aug. Dufour et Vuillemin. 

3° M. Walter Bourgeois, jardinier, campagne de Rothschild, 
à Pregny, par MM. Gorrevon et Aug. Dufour. 

4° M. C. Dessaules, ingénieur, boulevard de Plainpalais, 2, 
par MM. Aug. Dufour et Grobéty. 

5° M. Alphonse Deyille, propriétaire à Lancy, par MM. Gor- 
revon et Aug. Dufour. 

6° M. .John Dufour, jardinier, au château de Vincy (Vaud), 
par MM. Aug. et Franc. Dufour. 

1" M. Eggly-Duvii,lard, propriétaire, quai du Mont-Blanc, 5, 
Genève, par MM. Cardinaux et Grobéty. 

8" M. Louis Favaz, iustituteur, chemin Dancet, 15, Plainpalais, 
par MM. Aug. Dufour et Triboulet. 

9° M"" Ferraris, place St-Antoine, 18, Genève, par MM. Jean 
Vailly et Triboulet. 

10° M. Joseph Guigonnand, jardinier chez M. Posth, aux Dé- 
lices, par MM. Cardinaux et Schoch. 

11° M. Louis Keller, jardinier, campagne le Mont-Blanc, près 
Prilly (Vaud), par MM. Gorrevon et Aug. Dufour. 

12" M. Marc Kimmerle, propriétaire, route des Acacias, par 
MM. Aug. Dufour et Franc. Forestier. 

13° M. Maurice Légeret, à Gilamont sur Vevey (Vaud), par 
MM. Decorges et Tronchet. 

14" M. Auguste Marmier, avocat à Estavayer (Fribourg), par 
MM. Cardinaux et Decorges. 

15° M. le professeur Miïtey, Ecole des Arts industriels, Genève, 
par MM. Gorrevon et Aug. Dufour. 



— 79 — 

16° M. Alfred Mossmann, jardinier, chez M. Fritz Ltidi, che- 
min du Vieux-Billard, 22, par MM. Lûdi et Wenger. 

17° M. Papener-Poget, rue Tour-de-Boël,3, par MM. Chappuy 
et Bocquet. 

18° M. Alfred Poghon, Inspecteur d'assurances, boulevard de 
Plain palais, 8, par MM. Bovay et Aug. Dufour. 

19° M. Edmond Renevier, chez M. Pache, route de Chêne, 90, 
par MM. Cardinaux et Pache. 

20° M. .Joseph Rolando, propriétaire à Meyrin, par MM. Gor- 
revon et Aug, Dufour. 

21° M. Charles Ruchty, jardinier chez M. le colonel Gautier, 
à Cologny, par MM. Decorges et Ami Duiour. 

22" M. Louis Simonet, instituteur à Meyrin, par MM. Cardi- 
naux et Decorges. 

23° M""° Stapelmohr, rue de la Corraterie, 24, par 
MM. Correvon et Aug. Dufour. 

24° M. Charles Stockly, jardinier, Malagnou 7 bis, par 
MM. Decorges et Stockly. 

25° M. Taffi, vitrier, rue de la Groix-d'or, 29, par MM. Druz et 
Aug. Dufour. 

26° M. Jean Velin, maraîcher à Plainpalais, par MM. Aug. et 
Jean-Louis Dufour. 

27° M. Louis Wolf, jardinier, campagne de Rothschild, à Pre- 
gny, par MM. Correvon et Decorges. 



Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Ulricli Brunner, horticulteur à Lausanne (Vaud): 
Une Primevère obconica, 4 potées de Myosotis Victoria, 9 beaux 

pieds fleuris de Jacinthes, en variétés spécialement cultivées pour 

l'obtention des graines. — P. 5. 

2° De M. Louis BoA'ay, jardinier chez M. Etienne Brocher, 
à Frontenex. 

Une superbe collection de 10 Cyclamens de Perse à grandes 
fleurs, blanc pur, pointillé, rouge, etc. Semis de 2à3 ans. — P. 6. 

3° De M. Henry Correvon, directeur du Jardin alpin 
d'Acclimatation, à Plainpalais: 

Une collection de 31 plantes alpines, la plupart élevées de 
semis et parmi lesquelles se distinguaient: Primula rosea de 
l'Himalaya, P. nivalis de Sibérie, P. denticulata et Cashmeriana 



-so- 
dés montagnes d'Asie, Azalea procumùens et Gentiana angusii- 
folia des Alpes, Fritillaria Meleagris et Draba aizoides du Jura, 
Trillium sessile, nivale et ovatum de l'Amérique du Nord, etc. — P. 6. 

4° De M. Edouard Croix, horticulteur, Chemin Vert, aux 
Eaux-Vives. 

Trois pieds de Giroflée quarantaine d'hiver, deux Azalea 
indica, Abutilon à fleur jaune, de semis; Hoteia Japonica, Colum- 
nea crassifolia. — P. 2. 

5° De M. Marcello Orilli, à Florence (Italie), membre cor- 
respondant : 

Une magnifique corljeille de fleurs do Gamellias, comprenant 
les variétés suivantes : Guiseppùia Savoldi, Aretusa, Marianna 
Gaeta^ Regina Margherita, Ferdinando Marzicchi , Général 
Cialdini, Général Pescetto, CaroUna Franzini^ Emilia Borsa, 
Comte Botitourlin, la bella Portuente^ Gustavo Millo, Selvaggia 
dei Vergiolesi, M. d'Offrog, Marchesa Margherita Serra, Rubens, 
Centifolia alba, Bella d'Ardigtione, Giardino Santarelli, Guancia 
di Venere, Teresa Nigri, Salvatore Rosa, La Pace^ Général Pal- 
lavicim, Elisa Paccinotli, Eugenia Parlatore, Erniinia Magnioni, 
Electa. 

En présentant ces nouvelles variétés de Gamellias arrivées en 
très bon état, M. Auguste Dufour attire spécialement l'attention 
des amateurs et des jardiniers sur divers coloris inconnus dans 
nos serres et qui mériteraient d'y être introduits. — P, 6. 

6° De M. Fritz Lùdi, horticulteur, chemin du Vieux-Billard, 
à Plainpalais : 

Une très belle collection de 20 Rosiers en fleurs, parmi les- 
quelles on remarque : Capitaine Christy, M°" Monnet, Her Ma- 
jesty, M'^" Montet, M"" Plantier, Jules Margottin, Abel Carrière, 
Louis van Houtte, Merveille de Lyon, Gloire Lyonnaise, etc. Deux 
gros pieds de Deutzia gracilis. — P. 6. 

7° De M. Saloiiiou Schoch, jardinier chez M. Posth, aux 
Délices : 

Masdevallia coccinea, Mackaya japonica, Azalée baron de 
Vrière, deux beaux pieds de Réséda odorant pyramidal. — P. 4. 

8° De M E. Vauclier. Directeur de l'Ecole d'Horticulture, 
à Châtelaine : 

Deux pieds d'Orchidées en fleurs : Cattleya citrina ayant six 
fleurs et Dendrobium Pierardi. Le présentateur donne quelques 
explications sur la culture de ces deux belles espèces. — P. 3. 



— 81 



CULTURE LEGUMIERE 



1° De M. Ulrich Bi'uuner, horticulteur à Lausanne: 
Une belle collection de légumes de primeur: Laitue passion 
blanche de Vilmorin, à graine noire, et Laitue nouvelle Butterkopf 
ou Tète de beurre; Choux rustiques hâtifs d'Ouchy, obtenus par 
le présentateur : les spécimens ont été les uns plantés fin novembre 
sur couche froide, les autres cultivés en pleine terre; Choux Ex- 
press, obtenus soit sur couche froide, soit en pleine terre; Choux 
hâtifs d'Etampes, de pleine terre. — P. 6. 

2° De M. Henri Bippus, jardinier chez M. Antoine Martin, 

À Vessj' : 

Plants de Tomates, de graines fournies en partie par la Société : 

Victoria, Hâtive, Perfection, Grosse lisse, Mikado, Early. Petits 

Radis, longs à bout blanc, et longs écartâtes. — P. 2. 
3° De M. Jules Duf our, maraîcher à Plainpalais : 
Un beau lot de Poireaux gros de Carentan. — P. 1 Vz- 
La Commission naaraichére délivre aux assistants les plants 

de Tomates suivants: Anglaise Dedham Favourite, Hâtive de 

pleine terre, Courtet à feuilles entières. 

CULTURE FRUITIÈRE 

1° De M. Ulrieli Brunner, horticulteur à Lausanne: 
Fraisiers en fleurs cultivés en pots : Marguerite Lebreton, Na- 
poléon, D' Morère, obtenus de coulants d'août 1889. Il en a ac- 
tuellement 800 pots en culture. — P. 4. 

2° De M. Ami Dufour, à Cologny. 

Une pomme reinette très bien conservée, récolte del888. — P.l. 

M. le Président félicite les présentateurs pour cette brillante 
exposition et il remercie particulièrement MM. Ulrich Brunner 
et Marcello Grilli, qui n'ont pas craint la distance pour nous ap- 
porter ou nous envoyer les produits de leurs cultures. Applaudis- 
sements de l'Assemblée. 

Conférence de M. Guillermin, professeur à l'Ecole de Châte- 
laine, sur la Culture des Asperges. Il passe en revue avec une 
parfaite méthode et beaucoup de clarté les diverses variétés culti- 
vées ainsi que les différents systèmes de plantation, pour donner 
la préférence à celui d'Argenteuil, soit à la nouvelle culture. 
Il engage nos sociétaires à pratiquer celle-ci beaucoup plus 
qu'ils ne le font, afin de multiplier chez nous la production 
de cet excellent légume. iVI. le Président le remercie vivement de 
ces instructions si complètes sur ce précieux légume. 



— 82 - 

Ensuite il donne quelques renseignemeuts au sujet du concours 
de Chrysanthèmes qui aura lieu les 14, 15, IG et 17 novembre 
prochains, au Stand de la Goulouvrenière. La Commission de 
la Société des Exercices réunis de l'Arquebuse et de la Naviga- 
tion a bien voulu renvoyer son tir annoncé afin de mettre à 
notre disposition ce local si bien approprié pour une restreinte 
exhibition de ce genre. Des remerciements empressés ont été 
adressés au président de cette Société. Notre Président annonce 
encore qu'il a reçu de M. Louis Moyret, président de la Société 
d'Horticulture de l'Ain et membre honoraire de la nôtre, un don 
de trente francs en faveur de ce concours. 

M. Auguste Guex renouvelle sa proposition d'il y a deux ans 
en vue de faire faire à la Société une promenade en corps à quel- 
que campagne des environs de Genève. Cette question est ren- 
voyée au Comité pour étude. Séance levée à 5 heures. 

Le Secrétaire-général, 

D. Triboulet. 

Pul)lications et graines offertes à la Société. 

1° Par M. Claudius de L-oisy, propriétaire à Louhans (Saône 
et Loire). 

la variétés nouvelles de pommes de terre: Early Louhannaise, 
Princesse, Président Cardinaux, Achille Lémon, Docteur Cénas, 
Claudius de Loisy, Saint André de Suède, Violette de la Halle, 
Vitelotte d'Albany, Triomphe de Genève, Secrétaire Ponnaz, 
Trifri. Ces diverses variétés seront essayées par la Commission 
maraîchère. Nous adressons à notre dévoué collègue nos meil- 
leurs remerciements pour son envoi. 

2° Par M. Aug-uste Dufour, à Plainpalais. 

Itinéraire du jeune botaniste dans le canton de Genève et les 
contrées voisines. Genève, 1890. 

3° Par M. Ch. Joly, rue Boissy d'Anglas, 11, à Paris, membre 
honoraire. 

Note sur la Société d'horticulture de Londres et sur la Société 
pomologique américaine. Paris, 1890. 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE DE GENÈVE 




Anlhuiium Spleudiduni. 



— 83 — 

Anthurium splendidum. 

Il n'y a guère que six ou sept ans qu'apparut dans 
les serres des jardins de l'Europe cette magnifique es- 
pèce à'Anthuriurii, nitroduite de l'Amérique méridionale 
par les soins de la célèbre maison W.Bull, à Chelsea 
Londres), et personne ne pourra nier qu'aucune de ses 
congénères ne la surpasse en mérite ornemental, comme 
l'indique bien la gravure ci-jointe représentant un jeune 
exemplaire de cette plante. Par la forme, la grandeur et 
la couleur des feuilles, cette espèce est très distincte 
des Anthurium cultivés jusqu'à ce jour, et pour cette 
raison c'est une précieuse acquisition à mettre au rang 
des plantes de serre les plus estimées Le pied est court 
et gros et, même tout jeune, il produit déjà plusieurs 
feuilles. Celles-ci sont cordiformes, avec une forte échan- 
crure, et d'une grandeur double de celle du dessin. 

A la face supérieure, les parties comprises entre les 
veines sont rugueuses et gaufrées d'une façon très pro- 
noncée, comme si elles étaient remplies d'ampoules, 
pendant qu'en dessous elles sont relevées de nervures 
saillantes. Une des qualités principales de ce feuillage 
est sa couleur, qu'on pourrait presque dire vert-bronze 
ombré de vert plus brillant et plus foncé. Les admira- 
teurs de plantes à beau feuillage feront le meilleur ac- 
cueil à cette espèce, surtout pour son rare mérite d'ac- 
cuser ses caractères dès sa première jeunesse. 

Elle réclame une atmosphère chaude et humide, 
égale et tranquille. Dans toutes les expositions où elle 
fut présentée, elle a obtenu les plus fortes récompenses 
et justifié pleinement l'épithète ajoutée à son nom géné- 
rique. 

Il est certain que VAuihu/v'um splendidum donnera 
lieu aux horticulteurs d'obtenir, au moyen d'hybridations 
bien combinées, des produits tout à fait remarquables, en 
tant que, par son port et les caractères de ses feuilles, 
cette espèce sort absolument du commun. 

C. d'Ancona. 

(Traduit du Bulletin de la Société royale d'Horticulture de Toscane.) 

Note de la rédaction. — Nos vifs remerciements à 
notre aimable correspondant, M. William Bull, d'avoir 
eu l'obligeance de nous communiquer le cliché de cette 
belle Aroïdée. 



— 84 - 

Culture du Chrysanthème. 

Les amateurs de la Rose d'hiver deviennent de plus 
en plus nombreux et la culture de cette belle plante, long- 
temps délaissée, a pris une extension considérable ; en 
un mot le Chrysanthème est à la mode. 

Les expositions s'annoncent comme devant être très 
multiples cette année, et la saison est proche où les 
soins à donner aux plantes deviennent de plus en plus 
importants : aussi est-il tout à fait d'actualité de dire 
quelques mots sur le mode de culture de cette nouvelle 
favorite. 

Nous laisserons de côté la multiplication, dont l'épo- 
que est presque passée, et nous ne nous occuperons 
que des travaux qui doivent se succéder de mars jus- 
qu'à la floraison. 

La Société d'Horticulture de Genève ayant ])ris l'heu- 
reuse détermination de faire paraître son Bulletin chaque 
mois, nous suivrons donc mois par mois toutes les 
opérations à faire pour arriver à un bon résultat. Ces 
notes seront donc aussi brèves que possible et je m'ef- 
forcerai de les rendre en môme temps très complètes. 

La plupart des jeunes plantes sont maintenant dans 
des pots de 12 ou 15 centimètres et devront recevoir à 
partir de fin mai leur dernier rempotage. Il est donc 
urgent de préparer la terre et les pots en vue de cette 
opération très sérieuse et de laquelle dépend en grande 
partie le résultat final. 

Composition de la terre : 

4 parties de terre de gazon ou à défaut de bonne terre 

franche bien meuble. 
1 partie de terreau de feuilles. 
1 partie de crottin de cheval frais ; le crottin ramassé 

sur les routes est préférable. 
1 partie de sable ou plus si la terre franche n'en con- 
tient pas. 
V2 partie de cendres de bois. 

Le tout doit être bien mélangé et soigné de manière 
à ce qu'il ne soit ni trop sec ni trop humide au moment 
de s'en servir. Quelques cultivateurs ajoutent à ce com- 
post une certaine quantité de guano ou d'autres engrais ; 
mais, après les expériences très concluantes que j'ai 



— 85 — 

faites, je préfère à cela l'emploi des engrais liquides plus 
tard dans la saison, alors que les pots sont bien remplis 
de racines ; en effet, une grande proportion d'engrais 
ajoutée à la terre pousse à une végétation trop vigou- 
reuse, qui se fait toujours au détriment de la floraison, 
et il en résulte une quantité de boutons avortés, de 
fleurs mal formées, etc. 

Les pots ainsi que les tessons sei'ont bien lavés, 
une propreté méticuleuse étant de rigueur dans toutes les 
bonnes cultures. Le drainage des pots ne doit pas être 
fait à la légère : ceci est un point capital, car le Chrysan- 
thème a horreur de Thumidité stagnante, et si dans mille 
plantes rempotées il y a un pot mal drainé on s'en aper- 
çoit de suite à la coloration jaunâtre du feuillage , qui doit 
être d'un vert très foncé. 

Dans le fond de chaque i)ot, sur le trou, on pose un 
gros morceau de tesson ; pour les pots de 25 cm. et ceux 
au-dessus on se sert d'un petit godet renversé, puis on 
l'entoure de morceaux plus petits sur une hauteur de 
environ 4 cm. pour les pots de 22 et de 6 cm. pour ceux 
de 25, c'est-à-dire /)/ms le pot est grand plus le drainage 
doit être actif. Ces tessons ne seront pas jetés mais 
rangés proprement dans le fond du pot, et on les 
couvre d'une poignée ou deux de terre grossière, de 
celle qui après le mélange descend tout autour du tas, 
ce qui empêche la terre plus fine de s'introduire dans 
les tessons et d'en obstruer les interstices. Ensuite on 
peut procéder au rempotage en ayant soin de tasser très 
fortement la nouvelle terre avec un bâton. 

Les pots ne seront pas entièrement remplis : on lais- 
sera environ 4 cm. de vide pour les arrosages d'abord 
et ensuite pour une opération qui doit se faire au mois 
d'août et qui sera expliquée alors. 

Pendant tout le mois de mai les plantes doivent être 
placées dans une serre froide ou dans une bâche, où elles 
recevront de l'air et de la lumière en abondance. Il faut 
naturellement veiller aux gelées nocturnes et fermer les 
châssis lorsqu'elles sont à craindre. 

Plantes pour fortes touffes, dites spécimens. Ces 

plantes doivent avoir reçu leur premier pincement ; sinon 
on doit le faire sans retard en enlevant l'extrémité de la 
tige à environ 12 ou 15 cm. On conservera les quatre ou 



— 86 - 

huit bourgeons les plus vigoureux que ce pincement 
fera sortir, quatre pour les plantes moyennes, qui seront 
cultivées dans des pots de 25 cm., et huit pour les très 
fortes touffes, dans les pots de 30 à 35 cm. 

Le dernier rempotage se fera directement dans ces 
pots, et on ne donnera pour commencer que des arro- 
sages très modérés poui" ne pas laver la tei^re avant que 
les j^acùies aient eu Le temps d'en prendre possession. 

Variétés pour spécimens : La Triomphante, Fair 
maid of Guernsey, Hiver fleuri, Empress of India, Cul- 
lingfordii, etc. 

Plantes à tiges. Les pots de 25 cm. seuls doivent 
être employés prmr cette culture, car rien n'est si laid 
qu'un pot trop grand, surtout lorsqu'il n'est caché par 
aucun feuillage. 

On laissera monter la tige librement sans la pincer 
jusqu'à une hauteur de 80 cm. à 1 m.; si un bouton appa- 
raissait avant, il faudrait la continuer avec le bourgeon 
le plus rapproché du sommet. 

Variétés pour tiges : M. George Rundle, M. Dixon, 
Margot, la Triomphante, George Glenny, etc. 

Plantes pour la grande fleur. Pour celles-ci le 
rempotage se fera dans les pots de 22 cm. ; on peut dès 
maintenant pincer l'extrémité de la tige pour avoir trois 
bourgeons, ou bien la laisser intacte et attendre le mo- 
ment où le premier bouton se produira, la tige étantalors 
arrêtée naturellement. Ce bouton apparaît ordinairement 
fin mai. 

Plantes naines : On peut encore bouturer mainte- 
nant, en serre ou sur couche tiède, les variétés destinées 
à former de jolies petites touffes décoratives. Pour cela 
on se sert des variétés telles que : Val d'Andorre. Fleur 
de Marie, Wilham Robinson, La Triomphante, Fair 
maid of Guernsey, etc. 

(A suivre). H. Fatzer, 

Horticulteur à Roubaix (Nord), 
Membre correspondant de la Société d' Horticulture de Genève. 

iâ^1?^è* 



— 87 — 

Une visite au Palmen-Garten. 

C'est sur Francfort-sur-le-Main , à plus de cent 
lieues de Genève, que nous désirons attirer l'attention 
des bienveillants lecteurs du Bulletin de notre chère 
Société. 

Cette grande ville est sans contredit la cité la plus 
riche de l'Allemagne; aussi ses habitants se plaisent-ils 
à la montrer d'une manière utile et agréable. En effet, si 
nous considérons les nombreux jardins particuliers des 
faubourgs et si nous dirigeons nos pas vers le Pal- 
men-Garten, ce splendide parc d'une décoration des plus 
artistiques, nous serons convaincus que les Francfor- 
tois regardent l'horticulture comme un art qui doit tenir 
la première place parmi les distractions que peuvent 
s'accorder les heureux favoris de la Fortune. 

Nous nous contenterons pour aujourd'hui d'une vi- 
site au Palmen-Haus (traduction littérale : Maison des 
palmiers) qui est l'un des plus beaux jardins d'hiver de 
notre vieille Europe. 

Cet édifice a une longueur de 36 mètres, une lar- 
geur de 33 mètres et une hauteur de 22 mètres; à 
partir de 10 mètres au-dessus du niveau du sol il prend 
la forme cintrée. Il est adossé par son plus petit côté au 
grand bâtiment où se donnent les concerts journaliers, 
fêtes, bals, réceptions, etc.; c'est par les portes de cette 
construction que le visiteur fera son entrée au Palmen- 
Haus. 

Un perron domine l'ensemble et c'est de ce point que 
la vue est la plus belle ; à nos pieds une pelouse d'une 
fraîcheur étonnante, formée de la gracieuse Selaginella 
Kvausiana, appelée plus ordinairement Lycopodium 
denticalatuni. 

Par cette échappée, d'où n'émerge aucune plante, le 
regard de l'amateur, franchissant ce vert tapis, s'arrêtera 
soudain sur une ravissante cascade sortant d'un fouillis 
de plantes exotiques telles que : Bambusa arundinacea. 
Philodendron pertusuni, Cibotliun Schtedei et Cibotium 
regale. 

Le véritable amateur ne se contentera pas de cette 
vue générale , il s'enfoncera dans les allées sablon- 
neuses du jardin, s'arrêtant à chaque instant pour noter 
quelque type qui aura particulièrement attiré son at- 
tention. 



— 88 — 

Nous diviserons nos plantes en 3 catégories. La 
1""^ mentionnera les exemplaires remarquables au-dessus 
de 10 mètres de hauteur ; la 2"'^ fera connaître des pieds 
d'une gi-ande valeur décorative, d'un effet extraordinaire, 
mais se tenant en dessous de la dimension précédente ; 
la S"'" présentera les échantillons plus nains, servant à 
remplir les vides et à cacher les caisses des sœurs aî- 
nées. Ces dilTérentes grandeurs sont si bien combinées, 
que tout en rappelant la nature, leur ensemble produit le 
plus bel effet. 

l'*^ catégorie. Deux splendides Livistona austrcdis, 
les patriarches du Palmen-Haus, originaires de Kohl- 
baum (Australie tropicale), âgés l'un de 200 ans, l'autre 
de 150. Deux Cocos flexuosa, élevant très haut leur 
couronne, l'un à près de 17 mètres et l'autre pouvant se 
considérer comme le roi de cette végétation luxuriante, 
car il domine tous ses frères des pays chauds. Un bel 
exemplaire d^Arenga saccharifera., deux Seafortliia eJe- 
gans, un Caryota Rumphiana, plusieurs Dattiers en 
2 vai'iétés, Phwnix reclinata et Ph. fannifera ; un pied 
à'Angiopteris erecta, fougère arborescente atteignant 
environ 15 mètres. 

A l'entrée de la 2""* catégorie, nous présenterons un 
superbe Sahal umbraculifera , aux feuilles énormes; de 
beaux échantillons d'Arecas,.4/'ec« BauetieiA. sapida, 
Corypha australis, Chamœrops Fortunei et C. huniilis, 
Livistona s inefisis {Lsitânia borbonica), Cocos Ronian-sof- 
fîana, Kentia Forsteriana, Phœnix en plusieurs variétés, 
quelques Musa Ensete, dont le plus gros fîeurira pro- 
chainement ; deux belles espèces de fougères : Cyathea 
medullaris (originaire de la Nouvelle-Zélande), et le 
Cyathea princeps, noble fille mexicaine. 

Il nous reste à examiner la 3™^ catégorie; ici nous ne 
répéterons pas les noms des plantes déjà indiquées, 
quoique la plupart jouent un grand rôle dans cette der- 
nière classe, et nous nous borneroUiS à mentionner les 
espèces les plus répandues. 

De jolis exemplaires de Strelitsia Augusta, Chamœ- 
dorea elegans et concolor^ Curcu/igo recurvata, Dra- 
cœna Rothiana et D. fragrans, Rapjhis flabelliformis, 
Kentia Bahnoreana, Areca lutescens, ScnHbus Jen- 
kisii, de curieux Beaucarnea recurvata. 



— 89 ^ 

Plusieurs variétés de Bambusa, Maranta, Cyperus, 
Cliv ia, A sp idis tra . 

Le genre Anthurium est représenté par les espèces 
suivantes : Anthuj'iu/n niagnifîcuin^ lucidurn, leuconeu- 
vum, Harrisii. 

Les humbles Fougères, autrefois reines du monde 
végétal, offrent quelques beaux types : 

Microlepia jAatyphyUa, Blechniun brasiliense, As- 
plenium Hatista, A. australe, A. viviparuDi, Aspidiiun 
violaceus, Pteris serrulata maxima et P. argyreo.. 
le tout reposant sur un fond de Selagmel/a Martensii. 

Le Palmen-Haus, à Francfort, c'est l'oasis perdue 
dans le Nord, aussi a t-il fallu suppléer au soleil d'or 
des tropiques, par un puissant thermosiphon, à l'aide 
duquel une chaleur d'au moins 15 degrés y est toujours 
maintenue. 

Pour arriver à un aussi beau résultat il a fallu et il 
faut encore beaucoup de soins ; quatre jardiniers sont 
constamment occupés aux arrosages, qui tont l'objet 
d'une surveillance très active, aux bassinages très fré- 
quents dans les fortes chaleurs, et enfin aux gros net- 
toyages ; deux jeunes filles sont chargées de laver 
toutes les feuilles se trouvant exposées aux regards 
des promeneurs. 

Nous ajouterons que le tuf et l'écorce du chêne-liège 
jouent un grand rôle au point de vue décoratif. 

Les soirs de grands concerts, le Palmen-Haus reste 
ouvert au public jusqu'à 10 heures; trois foi-tes lampes 
électriques, placées à égale distance au faite du jardin 
d'hiver, en éclairent les moindres détails, les plus petits 
contours. 

C'est là, sur le banc rustique, protégé des rayons 
trop directs de la vive lumière par les feuilles d'un 
Sabal ou d'un Livistona, que les uns se content des 
rêves d'avenir, des espérances déçues ; c'est là enfin 
que le jeune exilé soupire après les verts sapins des 
belles montagnes que la Providence s'est plu à semer 
avec tant de prodigalité dans son beau pays. 

Louis Dégorges fils, 

jardinier au Palmengarten, Francfort s M. 



— 90 — 
CHRONIQUE HORTICOLE. 

Distinction. — Nous prenons un très vif plaisir à faire savoir à 
nos lecteurs la nomination de notre excellent collègue, M. H. Corre- 
von, au rang de membre correspondant de la Royal botanical So- 
ciety of London. C'est un honneur dont cette illustre compagnie 
scientifique est assez avare envers les étrangers et qu'elle n'ac- 
corde jamais qu'à bon escient. Il lui a été conféré tout spontané- 
ment et sur l'avis unanime du Bureau de cette Société, en consi- 
dération de son mérite de botaniste-horticulteur, de ses travaux 
comme directeur du Jardin alpin d'acclimatation et comme auteur 
des Plantes alpines et des Fougères 7mstiques, oawrages si fort ap- 
préciés dans le monde savant et horticole. Nous estimons que 
notre Société peut bien être fière de son côté d'un hommage si 
distingué rendu à un collègue et ami : donc, nos sincères félicita- 
tions à M. Correvon de la part d'elle tout entière, ainsi que de la 
Commission du Bulletin, duquel il est un des rédacteurs les plus 
zélés et des mieux entendus dans toutes les cjuestions qu'il y traite. 

Ecole d'horticulture de la Suisse romande. — La nouvelle an- 
née scolaire commencera les derniers jours de juin. Les parents 
qui veulent y placer leurs enfants peuvent demander le pro- 
gramme, les conditions et tous les renseignements au directem' : 
M. E. Vaucher, à Châtelaine, près Genève. L'enseignement est des 
plus complets; il est à la fois théorique et pratique. Les branches 
principales enseignées sont: l'arboriculture, la floriculture, la bo- 
tanique, la chimie agricole, la culture maraîchère, l'apiculture et 
les plans de jardin. L'enseignement pratique y tient une très 
grande place et, à cet elfet, l'école comprend un vaste domaine 
avec pépinière, serres chaude, tempérée et froide, couches, jardin 
fruitier, cultures spéciales, ruches et atelier de menuiserie. 

Les élèves sont internes et placés sous une surveillance con- 
stante. Huit professeurs enseignent la théorie; pour la pratique, 
les élèves travaillent par groupes de 6 à 8, sous la direction de 
chefs-jardiniers. Ces derniers sont au nombre de six. 

Monument Rœzl. — On sait qu'un Comité international pour 
l'érection d'un monument au célèbre Rœzl, botaniste-voyageur et 
horticulteur-explorateur, vient d'être constitué, et que la Suisse y 
est représentée par deux horticulteurs de mérite, tous deux mem- 
bres de notre Société, MM. H. (Jorrevon, pour la Suisse française, 
et Otto Frœbel, pour la Suisse allemande. Le Comité de la Société 
d'Horticulture de Genève s'est inscrit en tête de la liste des con- 
tributions pour la somme de 25 frs. A. D. 



— 91 — 

LA MORILLE 

Procédé de culture potagère applicable à tous les jardins. 

(State.) 

Il y en a plusieurs variétés, la noire, la grise, la 
blanche, l'allongée, la ventrue, la conique. Je ne suis 
pas très persuadé que ces diverses formes constituent 
des variétés distinctes. Il me paraît possible que les 
conditions de terrain, de température, d'humidité, 
influent de façon à modifier la forme d'une seule es- 
pèce ou de deux espèces de morilles tout au plus. 
Ces mêmes conditions peuvent faire varier le parfum 
et la consistance de ce délicieux champignon. Cueillie 
dans un moment où elle est imprégnée d'une trop 
grande humidité, la morille n'a plus la même fragrance 
et sa chair devient molle et presque filandreuse. 
Cueillie au contraire dans un état de siccité trop 
grande, elle paraît parcheminée. Mais si vous pouvez 
vous la procurer dans son entière fraîcheur, dans toute 
sa fermeté, son parfum est d'une finesse exquise, sa 
chair rappelle délicatement sous la dent l'impression 
légèrement croquante de l'oreille de veau. 

Lorsqu'on i^echerche les morilles dans les bois, ou 
lorsqu'on les emplette au marché, il faut bien les pren- 
dre comme on les trouve. Le choix du moins est tou- 
jours très restreint. 

Le vrai moyen d'avoir des morilles de toute fraî- 
cheur, c'est de les cultiver soi-même et de les récolter 
dans son jardin. 

II 

Le but de cet article est précisément de faire 
connaître un procédé de culture simple, facile, peu 
coûteux et par conséquent à la portée de toute per- 
sonne possédant un jardin potager, un simple carré de 
jardin. Je crois même qu'à la rigueur on pourrait 
s'amuser à cultiver des morilles dans une caisse, ne 
fût-ce qu'à titre de curiosité. 



— 92 — 

Par le même procédé on pourrait sans doute cul- 
tiver aussi la morille sur un espace de terrain consi- 
dérable ; mais il faudrait que ce terrain fût clos comme 
un jardin ou comme un parc ; car sans clôture il serait 
bien difficile de se garder contre les maraudeurs. Il 
faudrait en outre que ce terrain clos ne fût pas éloigné 
d'une grande ville, afin de pouvoir vendre les morilles 
dans toute leur fraîcheur. On pourrait, il est vrai, faire 
des conserves de morilles en boîte, avec la certitude 
d'en trouver promptement un facile débit. 

Le défaut da procédé de culture que je vais décrire, 
c'est qu'il ne donne lieu qu'à la récolte en temps nor- 
mal, c'est-à-dire dans la dernière quinzaine d'avril et 
la première de mai. Peut-être trouverons-nous le 
moyen de prolonger cette récolte? Pour le moment, 
je me borne à donner les indications nécessaires pour 
obtenir des morilles au temps ordinaire de leur pous- 
sée, en cultivant un petit espace de terrain dans tout 
jardin potager. 

La base d'opération est une plate-bande plantée 
d'artichauts. Je ne saurais dire pourquoi il y a une 
affinité entre la morille et l'artichaut; mais il est certain 
que cette affinité existe et qu'un terrain planté d'ar- 
tichauts est spécialement propre à la culture de la 
morille. 

Si l'on habite un pays où l'artichaut ne puisse pas 
être cultivé, on prendra pour champ d'opération un 
terrain planté de topinambours. Mais la racine du topi- 
nambour s'entonce trop facilement à de grandes pro- 
fondeurs, de sorte que le succès est beaucoup moins 
certain qu'avec l'artichaut. 

Il peut arriver que, dans les pays où les morilles 
ne sont pas inconnues, il en pousse naturellement 
parmi les artichauts. Comme tous les champignons, la 
morille répand un nombre infini de spores germinatives, 
microscopiques et que le vent porte un peu partout. 



— 93 — 

Il suffit que ces spores tombent sur un terrain propice 
et dans des conditions propices aussi pour donner 
naissance à des morilles. 

Les champignons, qu'il s'agisse de trutïes, de mo- 
rilles, de cèpes, de moisissures, des innombrables va- 
riétés de ferments que la science moderne découvre 
chaque jour, ont un mode de végétation dans lequel 
bien des choses restent mystérieuses. L'analogie a 
déjà conduit à des découvertes fort intéressantes. 
J'espère que mon procédé de culture des morilles ai- 
dera les savants à soulever quelque nouveau coin du 
voile qui cache la reproduction précisément appelée 
cryptogamique. 

III 

Choisissez donc une plate-bande, un carré planté 
d'artichauts. Si ce terrain est très sec, amendez-le en 
l'arrosant plusieurs fois pendant l'été avec de l'eau 
dans laquelle vous aurez fait dissoudre un peu de 
salpêtre. Une poignée de ce sel suffit pour un grand 
arrosoir. 

Si le pays que vous habitez ne produit pas naturel- 
lement la morille, il faut pour assurer le succès, jeter 
çà et là quelques morilles pour semences. Des mo- 
rilles sèches peuvent servir. Le résultat est plus 
certain avec des morilles fraîches. Huit ou dix morilles 
suffisent pour en introduire le mycélium dans un espace 
de trente à quarante mètres. Une fois que la morille a 
été installée, elle se ressème d'elle-même pourvu que 
l'on renouvelle les conditions de germination et de 
fermentation que je vais indiquer. 

En automne, quelques jours avant l'époque où 
l'on a l'habitude de donner une couverture aux plants 
d'artichauts pour les protéger contre les rigueurs de 
l'hiver, répandez autour des pieds d'artichauts, de la 
manière la plus égale possible et de façon à recouvrir 



— 94 — 

le terrain légèrement, sans dépasser une épaisseur 
d'un centimètre, du marc de pommes ayant servi à 
faire du cidre. Egalisez avec un râteau et piétinez là 
où l'épaisseur de la couche de marc serait trop grande, 
afin de la réduire. 

Dans les pays où l'on fait du cidre, rien n'est plus 
simple que de faire réserver du marc de pommes. On 
le met en tas peu considérables et en plein air pour 
qu'il ne fermente pas avant d'être étendu sur les ar- 
tichauts. 

Dans les pays où l'on ne fait pas de cidre, il faut 
prendre ses précautions d'avance, écrire à quelqu'une 
des adresses si fréquemment publiées dans les jour- 
naux pour la vente du cidre et se faire envoyer du 
marc de pommes, avant qu'il n'ait été utilisé pour 
faire de l'eau-de-vie. 

Il est essentiel que ce soit du marc de pommes, 
et non pas de poires. Je ne saurais donner l'expli- 
cation des raisons pour lesquelles le marc de poires 
favorise la production des pesizes plutôt que celle des 
morilles ; mais dans mes essais de culture, j'ai toujours 
remarqué ce résultat. Sans doute les pesizes sont 
comestibles. Elles pourraient, sans que le consom- 
mateur s'en aperçut, être mêlées dans un apprêt aux 
morilles qui les couvriraient de leur parfum. Mais les 
pesizes sont moins productives et sont en outre d'une 
qualité bien inférieure à la morille. (') 

Ayez donc soin de vous procurer du marc de 
pommes lequel produira la combinaison ou la fermen- 



(•) Les Pesizes sont des champignons en forme de coupe. La Pe- 
size qui croit dans les plants d'artichauts est la grande Pesize 
brune, ondulée et veinée. La vigueur de sa croissance la fait appa- 
raître parfois tout à fait gondolée et frisée. La chair eu est plutôt 
grossière et cassante. L'odeur est fortement iiitreuse. Cette odeur 
disparait dans un bain rapide d'eau très bouillante: après cela, on 
peut mêler quelques Pesizes à beaucoup de morilles, sans leur en- 
lever leur mérite. 



- 95 — 

tation chimique justement appropriée à la végétation 
des morilles de tous genres, et qui dans la saison con- 
venable favorise, comme le ferait un engrais spécial, 
leur abondante production. 

Cette sympathie des morilles pour le marc de 
pommes a.déjà été signalée par quelques mycologues. 
On raconte qu'un laboureur ayant versé du marc de 
pommes dans un champ contigu à un bois où pous- 
saient des morilles, fut agréablement surpris en voyant 
au printemps son champ couvert de morilles. 

Dans un pays très voisin de celui où j'habite, le 
propriétaire d'un parc avait invité une compagnie de 
pompiers et leur avait offert du vin et des pommes. 
Ce frugal banquet avait eu lieu dans une allée de 
parc. Les pompiers étaient restés en rang et avaient 
craché devant eux les raffleset les peaux des pommes 
qu'ils avaient mangées. Au printemps suivant, un ré- 
giment de morilles disposées en un rang fort régulier 
avait marqué dans les allées ombreuses la place 
exacte que les pompiers avaient occupée l'automne 
précédent. 

En somme, il était facile de conjecturer que le 
marc de pommes répandu sur un terrain où les mo- 
rilles croissent naturellement, en augmenterait artifi- 
ciellement la production. 

Mais la nouveauté de mon procédé, c'est qu'en 
appliquant cet engrais, ou bien ce ferment à un ter- 
rain planté d'artichauts on peut obtenir la morille 
même dans un pays où elle ne croît pas naturellement, 
pourvu cependant que les conditions de climat ne 
soient pas trop différentes de celles de l'habitat nor- 
mal de ce champignon. 

Après avoir répandu le marc de pommes sur le 
carré d'artichauts, il faut le laisser s'essuyer, s'asseoir 
pour ainsi dire, pendant une semaine ou deux. En- 
suite il faut ajouter une seconde couverture, non pas 



— 96 — 

d'engrais, non pas de paille, mais de feuilles sèches. 
Le choix des feuilles n'est pas indifférent. Les feuilles 
de platanes par exemple donnent un mauvais résultat. 
Elles forment une couverture trop imperméable, trop 
massive, que les morilles ont peine à soulever. La mo- 
rille alors avorte, ou bien se déforme, se .contourne, 
grossit du pied et ne réussit à soulever les feuilles trop 
épaisses qu'après avoir acquis une grosseur difforme 
qui la rend beaucoup moins délicate. 

Les feuilles de charmilles conviennent très bien. 
Les feuilles de marronniers semblent aussi très avanta- 
geuses. Les feuilles de hêtres, de frênes, de chênes, 
un mélange enfin des feuilles diverses que l'automne 
fait tomber sur la terre dans tous les parcs et les jar- 
dins, pourront très bien servir. On étendra sur ces 
feuilles de petites branches sèches pour empêcher 
que le vent d'hiver ne les emporte et ne découvre le 
terrain. 

[A suivre.) Baron d'YvoiKE. 

(Reproduit du Bulletin des Sciences naturelles appliquées 
de la Société nationale d'acclimatation de France.) 



A. SCHOPFER 

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GENÈVE. — I.MPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



36°" ANNÉE 6' LIVRAISON JUIN 1890 

BULLETIN 4^ 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 



DE 



GENÈVE 



FOISriDEE EOSr 1855 



Sommaire: Avis. — L'Odontoglossum triiimphans (avec gra- 
vure). — Le Chou hâtif rustique d'Ouchy. — Culture du Chrysan- 
thème: travaux de juin. — Eclaircie des fruits. — Etude sur 
les meilleurs Arbustes de pleine terre. — Culture de la Morille 
(fin). — Chronique horticole. — Nécrologie. — Annonces. 

AVIS 

Les 1 4, 1 o. 1 6 et ITf novembre, au 
Stand de la Coulouvrenîère, C^oneours de 
Chrysanthèmes, «rOeillets et d'autres Plan- 
tes fleuries. Un avis ultérieur indiquera les 
conditions de ce concours, auquel tous nos 
sociétaires fleuristes sont invités à pré- 
senter leurs collections tant petites que 



grandes. 








Assemblées g-énéral 


les en 1 800 : 


Les Dimanches 




juin. 




» 


lO 


août, 




» 


5 


octobre. 




)) 


30 


novembre. 




En novembre, 


Concours de 


Chrysan- 


thèmes. 









Les Sociétés correspondantes qui font un emprunt au Bulletin 
sont instamment priées d'en indiquer l'origine. 



— 98 — 

Les Orchidées. 

Odontoglossum triumphans. 

C'est bien une espèce triomphante que la magnifique 
Orchidée dont nous pubhons une belle illustration, car 
plus nous la regardons, plus ses immenses fleurs qua- 
dricolores nous fascinent. C'est à M. J. Linden, de 
Bruxelles, que revient l'honneur d'avoir découvert 
Y Odontoglossum triumphans : il le trouva en 1843, 
dans la province de Pamplona ^ Nouvelle Grenade), à 
près de 3000 mètres d'altitude. 

Rappelons à ce propos ce que son introducteur 
disait jadis dans son magnifique ouvrage « La Pesca- 
torea », puis plus récemment dans la Lindenia, de cet 
Odontoglosse, qu'il a découvert dans des régions éle- 
vées, où le thermomètre descend fréquemment au- 
dessous de zéro. 

« A la descente du Paramo de San-Urban, vers les 
(( anciennes mines d'or de Las Vetas, à une altitude 
« supramarine de 12,500 pieds, J. Linden traversa un 
« petit bois de chênes, sur lesquels se montraient par ci 
<( par là quelques exemplaires du brillant Oncidium 
(( cucullatum. Or, le sol était couvert d'un demi-pied 
<( de neige et, à Las Vetas môme, petit hameau situé 
(( 800 pieds plus bas, le thermomètre marquait 3*^ C. sous 
« zéro. On conçoit aisément, d'après cela, que cet Odon- 
(( toglosse qui croît dans ces régions ne supporte 
« pas plus la haute température de nos serres à Orchi- 
« dées, que celles de la zone torride supporteraient la 
(( rigueur de nos frimas. » 

U Odontoglossum triumphans est une Orchidée de 
serre froide, qui exige beaucoup d'humidité et de fraî- 
cheur à peu près en toute saison. 11 faut chercher à 
éviter de trop laisser la température s'élever pendant 
les chaleurs de l'été, ce qu'on obtient facilement par une 
bonne ventilation, un fort ombrage et en répandant 
beaucoup d'eau dans les chemins de la serre. Il pros- 
père le mieux, cultivé en pot, dans un mélange de terre 
de bruyère fibreuse ou de fibres de polypodes, de tessons 
et de sphagnum vivant. Les pots doivent être plutôt 
petits que grands et le drainage doit occuper au moins 
la moitié du pot, afin de favoriser l'écoulement des eaux. 
On le trouve maintenant en culture chez tous les prin- 
cipaux horticulteurs, car il mérite d'être cultivé en quan- 



— 99 — 



tités, comme V Odoiitoglossum crispum ou Aleœaiidrœ. 
C'est une de ces admirables Orchidées qui est chau- 
dement à recommander pour l'élégance, la beauté et la 
longue durée de ses magnifiques fleurs, qui se 
développent de janvier à juin ; chaque inflorescence 




Odontoglossum triumphans. 

supporte, suivant la force des plantes, de trois à douze 
grands fleurons, sur lesquels se dessinent de beaux 
coloris jaunes, roses et blancs, avec de larges macules 
brun rougeàtre. Son prix est également des plus mo- 
diques, car pour quelques francs, on peut se procurer 
une jolie plante établie. 

Otto Ballif, 

Membre correspondant de la Société d'Horticulture de Genève. 



— 100 — 

Le Chou hâtif rustique d'Ouchy. 

Cette nouvelle variété de Chou blanc ou Cabus est 
de quatre semaines plus précoce que d'autres eullivées 
généralement, telles que: le Chou très Iiàlif Algérien, le 
Chou Express, le Chou très hàtifcTEtampes, ou le Chou 
précoce de Plainpalais. Il a été obtenu par un de nos 
dévoués collègues, M. Ulrich Brunner, horticulteur à 
Lausanne, par croisement du Chou Fox avec le Chou 
pain de sucre. Les spécimens que nous avons eus sous 
les yeux dans notre assemblée du 13 avril dernier, et 
ceux que nous avons vus et dégustés en mai et les pre- 
miers jours de juin, nous permettent d'affirmer que le 
Chou hâtif rustique d'Ouchy est d'excellente qualité, et 
qu'il offre l'avantage d'une acclimatation facile, jointe à 
une grande précocité et à un volume bien supérieur à 
celui des autres variétés de nos cultures. 

Nous ne pouvons que féliciter M. Ulrich Brunner de 
ce gain remarquable, ainsi que du zèle qu'il apporte à 
améliorer encore nos bonnes variétés de légumes ou à 
en obtenir de nouvelles. Nous savons aussi qu'il cherche 
à les vulgariser, et chacun pourra essayer la nouveauté 
dont nous recommandons aujourd'hui la culture, et qui 
sera tout particulièrement appréciée des jardiniers ma- 
raîchers pour l'approvisionnement de nos marchés. 

Auguste DuFOUR. 



Culture du Chrysanthème. 

TRAVAUX DE JUIN 

La période du rempotage final bat son plein et ce 
travail doit être terminé au plus bref délai. Les grandes 
chaleurs que nous avons subies pendant une bonne 
partie du mois de mai ont poussé à la végétation d'une 
façon surprenante et les racines tapissent déjà les pots ; 
dans ces conditions il est donc urgent de donner aux 
plantes un surcroit de nourriture, si on ne veut pas s'ex- 
poser à une perte prématurée des feuilles de la base, 
perte irréparable en ce qui concerne les plantes spéci- 
mens, qui sont complètement défigurées lorsque pareil 
accident arrive : ce sont donc celles-ci, plus encore que 
les autres, que le cultivateur doit surveiller pour rem- 



— 101 — 

poter aussitôt que les racines se montrent autour du 
pot. Une heure ou deux avant de dépoter les plantes, on 
fait- bien de donner un arrosage copieux à chacune de 
celles dont la motte est un tant soit peu sèche; en ne 
prenant pas cette précaution on s'expose à retarder con- 
sidérablement la reprise. 

La sortie des plantes à l'air libre peut se faire 
avant le rempotage, mais il est préférable de les laisser 
en serre froide bien aérée pendant une huitaine après 
cette opération, surtout quand la place ne fait pas défaut. 
A notre établissement de Bailleul, où nous en cultivons 
dix-huit mille pour la grande fleur, nous rempotons en 
plein air et en plein soleil parce qu'il nous est impossible 
de faire autrement, mais ceci n'est plus de la culture, 
c'est de la manufacture. 

L'emplacement que les plantes doivent occuper pen- 
dant la belle saison ne doit pas être choisi avec indiffé- 
lence. Le Chrysanthème demande toute la lumière qu'on 
peut lui donner: aussi faudra- t-il choisir un terrain bien 
exposé au soleil, du matin au soir, et espacer les plantes 
de manière à ce que chaque feuille soit baignée d'air et 
de. lumière. Les pots seront enterrés jusqu'aux trois 
quarts de leur hauteur, pour empêcher les vers de s'in- 
troduire dedans, et aussi pour faciliter l'écoulement des 
eaux ; on fera avec un pieu un trou dans la terre au- 
dessous de l'emplacement du pot. 

Les arrosages doivent être faits avec intelligence, et 
c'est surtout pendant la période qui suit immédiatement 
le rempotage que cette opération exige d'être surveillée 
par l'œil du maître, car beaucoup déjeunes jardiniers 
n'ont pas la moindre idée de son importance ca- 
l)i1ale. Les novices en culture feront bien de noter les 
quelques lignes suivantes : En rempotant une plante, on 
lui enlève forcément un nombre plus ou moins considé- 
rable de racines et il est évident que les racines ainsi mu- 
tilées demandent un certain temps pour se rétablir et 
émettre de nouvelles radicelles, qui prendront possession 
de la terre fraîche venant d'être mise à leur disposition. 
Si, pendant cette période de ralentissement géné>'al de la 
végétation, on fait emploi de l'eau sans discernement, le 
compost sera saturé d'hùinidité qui, ne pouvant être 



— 102 — 

absorbée par des racines qui n'existent pas, deviendra 
stagnante : les matières organiques contenues dans le sol 
entreront en fermentation et lorsque les jeunes racines 
se mettront en mouvement, au lieu de trouver une terre 
bien saine où elles pourraient se développer à leur aise, 
elles viendront se butter contre une masse aigrie, décom- 
posée et dépouillée de tout élément nutritif par des lavages 
réitérés. On conçoit aisément que dans de telles 
conditions toute culture devient impossible. Il faut donc 
faire de l'eau un usage très modéré envers les plantes 
nouvellement rempotées, quelles qu'elles soient, et 
attendre que les racines aient pris possession du 
nouveau sol pour augmenter la dose d'humidité. 

Plantes spécimens. Pincer de nouveau toutes les 
extrémités des bourgeons secondaires à 15 cm. ; les 
plus fortes plantes doivent avoir en ce moment environ 
vingt-quatre ramifications. On donnera à ces plantes un 
écartement de 1 m. 50 à 2 m. en les plaçant en plein air ; 
avec une bonne culture cet espace sera rempli vers 
l'automne. 

Plantes à tiges. Celles-ci ont atteint 1 m. de hauteur 
et les bourgeons qui doivent constituer la base de la 
charpente ne vont pas tarder à se montrer; on en conser- 
vera de 4 à 6 pour les pincer à 10 cm. Un écartement de 
1 m. 20 entre chacune de ces plantes doit être suffisant. 

Plantes pour grande fleur. Celles qui ont été pincées 
doivent avoir émis plusieurs bourgeons, dont trois ou six 
seront conservés suivant le nombre de fleurs que l'on 
désire obtenir. Ces plantes seront placées à 50 cm. au 
moins l'une de l'autre, sur la ligne, et les lignes espacées 
au moins de 1 m. 50 à 2 m. On palissera les branches sur 
un treillis de ficelles, de fil de fer, etc., en donnant à 
chacune d'elles un écartement convenable. 

Plantes naines : les pincer à trois feuilles et conti- 
nuer cette opération chaque fois que trois nouvelles 
feuilles se seront développées. 

{A suivre.) H. Fatzer, 

Horticulteur à Roubaix (Nord), 
Membre correspondant de la Société d'Horticulture de Genève. 



— 103 — 



Éclaircie des fruits. 

Bien que l'opération que je vais chercher à décrire ait une 
grande importance en arboriculture fruitière, je suis certain que 
pour plusieurs je serai un apôtre prêchant dans le désert. Toute- 
fois, si l'éclaircie des fruits ne peut pas toujours être faite avec 
une extrême rigueur, elle est souvent nécessaire et quelquefois 
même indispensable pour la santé des arbres. Effectivement, lors- 
qu'un arbre est surabondamment chargé de fruits, ceux-ci ne 
peuvent prendre qu'un volume imparfait et par conséquent 
manquent d'apparat et souvent de saveur; en outre, un arbre trop 
chargé pendant une année se repose ordinairement l'année 
suivante, et, si la fructification est trop abondante, il s'ensuit 
l'épuisement et quelquefois la mort. 

Cette opération est non seulement importante pour la bonne 
conservation de l'arbre et le maintien de sa vigueur, mais encore 
elle joue un rôle capital dans l'équilibre des oranches. Quelle que 
soit la torme, la branche surchargée de fruits végète beaucoup 
moins que celle qui nen porte pas; aussi, et ceci est surtout 
indispensable pour les palmettes, quand on veut obtenir (on 
devrait toujours les obtenir) les branches d'un même étage d'une 
force égale, il faut nécessairement laisser moins de fruits à la 
branche faible qu'à la branche forte. Ce cas se manifestant souvent 
dans la culture, il faut que le jardinier sache le contrebalancer. 

Indépendamment des effets que peuvent en ressentir l'arbre ou 
la branche, l'éclaircie pratiquée suivant les règles de la physiologie 
végétale et d'une judicieuse pratique a pour but de faire produire 
un poids total de fruits égal dans l'arbre éclairci comme dans celui 
qui n'a pas subi cette opération ; seulement, dans le premier cas, 
les produits deviennent plus gros, plus savoureux, souvent plus 
colorés, et par conséquent d'un prix bien plus élevé relativement 
à l'unité de poids. 

Presque toutes les espèces fruitières, lorsqu'elles se trouvent 
dans des conditions favorables, demandent cette opération; mais 
dans nos climats, c'est surtout pour le pêcher et le poirier qu'elle 
est fort à recommander. 

Si le 'pêcher est planté dans un bon sol, préservé surtout des 
intempéries printanières et taillé rationnellement, il se charge 



— 104 — 

généralement d'une trop grande quantité de fruits : c'est pourquoi 
il est nécessaire d'en supprimer quelques-uns au profit de ceux 
qui restent, afin de les rendre plus beaux. On compte généralement 
que pour obtenir en poids et en beauté le maximum cultural, il ne 
faut avoir que de 20 à 30 pêches par mètre carré de mur, soit, pour 
les palmettes, de 10 à 15 pêches par mètre courant de branche 
charpentière. Il faut observer cependant que la végétation et la 
fructification de cet arbre, plus peut-être que celles de tout autre, 
tendent à se porter toujours vers l'extrémité, ce qui dimiaue la 
probabilité de l'émission de bourgeons de remplacement à la 
base. Il est donc nécessaire de laisser plus de fruits vers la partie 
supérieure de l'arbre qu'à la base ; on obtient ainsi le double 
avantage d'une fructification abondante sur tous les points et 
l'émission certaine des bourgeons de remplacement, qui sont 
assez forts à la b^sè de l'arbre et ne se manifestent pas à l'état de 
gourmands à l'extrémité. 

A quelle époque doit-on faire cette opération? Il est très 
difficile de répondre par mois et par date; il faut, dans tous les 
cas, s'assurer que les fruits sont bien noués et qu'ils sont d'une 
bonne venue. Il arrive souvent qu'avant la formation du noyau 
certaines pêches restent plus chétives que les autres ; pour 
celles-là il ne doit pas y avoir d'hésitation, il faut les supprimer. 
Comme la formation du noyau correspond à une époque critique 
de la fructification, pour faire la dernière éclaircie il faut attendre 
que ce moment soit passé. On s'en assure en prenant une pêche, et 
si, en la taillant transversalement, il se manifeste une forte 
résistance vers le centre on peut être certain que le noyau est 
devenu ligneux. C'est alors le moment d'achever l'opération. 

Il n'est pas toujours facile de détermioer les pêches qui doivent 
être supprimées; cependant il y a certaines règles qui peuvent 
guider la main de l'opérateur. De préférence on laisse celles qui 
sont sur les productions vigoureuses et on supprime celles des 
parties faibles; on enlève également celles qui se trouvent trop 
près du mur et qui pourraient être écrasées entre celui-ci et le 
palissage; on supprime le plus possible celles qui sont privées 
d'un bourgeon à la base ou en dessus, car elles deviennent 
généralement plus petites <(ue les autres; enfin, quand deux pêches 
naissent au même point il faut enlever la plus mal placée, et toutes 
celles qui sont de médiocre apparence ou déformées. 



— 105 - 

Si presque toutes les variétés de pêchers méthodiquement 
cultivées peuvent donner une surabondance de fruits, il n'en est 
pas de même de toutes les variétés de 'poiriers. 

Toutefois certaines d'entre elles demandent Téclaircie: ce sont 
celles dont les fruits sont très gros, celles trop fertiles et celles 
dont les poires sont groupées en grand nombre sur la même 
inflorescence. 11 n'est pas difficile d'observer que lorsque deux 
poires d'un fort volume, comme la Duchesse d'Angoulême, le Bou 
Chrétien Williams, le Triomphe de Jodoigne, etc., se trouvent sur 
le même corymbe, elles sont ordinairement déformées au point où 
elles se touchent; on peut aussi observer que si l'une des deux est 
véreuse, l'autre prend aussi facilement le ver, qui passe au point 
de contact. 11 y a donc intérêt pour de telles variétés de faire 
l'éclaircie afin d'éviter ces inconvénients. 

Il faut faire également de bonne heure l'éclaircie des variétés 
fertiles qui, comme le Beurré Clairgeau, se couvrent chaque 
année d'une trop giande abondance de fruits aux dépens de la 
santé des arbres. Sur de telles variétés il ne faut généralement 
laisser qu'une poire par corymbe. Quant aux variétés qui, comme 
le Beurré Durondeau, le Citron des Carmes, la Bergamote Espéren, 
etc., portent les fruits groupés à l'extrémité" des petites 
branches, il faut leur supprimer toutes les poires faibles, déformées 
ou tavelées et n'en laisser que deux ou trois et quelquefois quatre 
par corymbe. Généralement les fruits de ces variétés sont bien 
attachés aux bourses. 

D'après ce que je viens de décrire très sommairement, on peut 
se rendre compte du rôle important que joue la connaissance des 
variétés; aussi le planteur doit-il s'informer, avant de mettre en 
terre les arbres, des qualités et des défauts de chacunes d'elles. Et 
le jour où il voudra voir son jardin fruitier garni de fruits gracieux 
et succulents, propres à garnir la table ou figurer ou marché, au 
lieu de « chercher la femme, » il devra chercher la variété. 

Auguste Ville. 

Nous devons cet intéressant article, qui a pour auteur un habile 
jardinier de Florence, à notre aimable membre correspondant, 
M. Marcello Grilli, à qui la Commission du Bulletin en adresse ses 
vifs remerciements. 



- 106 — 
Etude sur les meilleurs arl)ustes de pleine terre. 

Par M. Charles Baltet, membre correspoudant. 
L'AucuBA (Aucuba) 

Famille des Cornées. 

L'Aucuba du Japon est un arbrisseau dioïque, tou- 
jours vert (bois et feuilles), toufïu, haut de 1 mètre à 
2 mètres, à beau feuillage épais, luisant, vert ou maculé, 
persistant. Sa tleur est insignifiante ; mais si la fécon- 
dation s'opère entre mâle et femelle, — naturellement ou 
à la main, — l'arbuste femelle portera, en hiver, des 
fruits rouges comme des cornouilles ou des merises. 

On le plante à mi-ombre, en plates-bandes, en grou- 
ges ou en massifs homogènes, sinon intercalés d'autres 
espèces ayant une végétation analogue : Filarias, Fusains- 
verts. Lauriers, etc. 

L'Aucuba est, en outre, une des meilleures plantes 
d'appartement, de cour et de vestibule. 

Variétés. — Nous pouvons les séparer en deux 
goupes : les Aucubas mâles et les Aucubas femelles. 

L — Aucubas mâles. 
Sous-variétés : 
Aucuba à feuille verte ; 

— à feuille maculée crème ou doré; 

— à grosse denture ; 

— à feuille ovale ponctuée jaune ; 

— à feuille ponctuée blanc ; 

— à large feuille ; 

— bicolore ; 
nain vert ; 

— robuste, maculé, etc. 

IL — Aucubas femelles. 
Sous-variétés : 
Aucuba à feuille verte ; 

— à feuille ponctuée (ancienne variété) ; 

— à feuille étroite ; 

— à large feuille ; 

— à large feuille, maculée; 

— à feuille longue ; 

— à longue feuille, dentée ; 

— à longue feuille, panachée ; 

— à feuille marginée; 



— 107 — 

Acuba à large macule ; 

— à feuille dentée, maculée jaune; 

— nain vert, etc. 

L'Aucuba de r Himalaya, mâle ou femelle, ne diffère 
pas sensiblement de TAucuba du Japon. 

Culture. — L'Aucuba préfère un sol un peu frais et 
léger; le demi-ombrage lui vaut mieux que le grand 
soleil. 

La multiplication se fait par bouture, sous cloche, au 
printemps ou à l'automne. Le greffage en serre, sur 
bouture, simple ou racinée, reproduit encore l'espèce, 
tandis que le semis donne des plantes qui s'en éloignent. 

Dans les plantations d'Aucubas, il est bon de réserver 
une place à quelques sujets mâles, sans distinction de 
variété ; autrement, la fécondation artificielle serait né- 
cessaire, si l'on tient à la fructification de la plante 
femelle. 

Toute taille des bi'anches est ici superflue. 

L'AzALKH (A^alea) 
Famille des Ericacés. 

11 s'agit ici des Azalées de pleine teri-e, et non des 
Azalées de l'Inde, qui vivent et fleurissent sous le toit 
vitré de la serre et du jardin d'hiver. 

En pleine terre de bruyère, à mi-ombre, l'Azalée 
atteint facilement 1 '" 50, 2 '""et même 3"' de hauteur, tout 
en restant bien ramifié. Ses corymbes ou bouquets de 
fleurs carnées, jaunâtres, oranges ou rougeàtres, qui 
s'épanouissent avant le développement des feuilles, ré- 
clament un accompagnement de verdure que pourraient 
leur fournir les Rhododendrons, les Kalmias, les Andro- 
mèdes. 

Variétés. — Les Azalées de oléine terre sont à 
feuilles généralement caduques, simples, oblongues, 
vert tendre. Leur floraison arrive en première saison ; 
chaque groupe renferme plusieurs variétés et sous- 
variétés assez rustiques aux grands froids. 

A^^alée d'Amérique. — Réunion d'espèces connues 
sous les noms de J.-J. glauque, A;2. glutineux, A:2.nudi- 
jlore, Az. souci. Celles-ci fleurissent avant le bourgeon- 
nement des feuilles, celles-là le font en même temps. 

Az. de Chine; Az. mollis. — Belles plantes en 
nombreuses variétés, aux corolles teintées de blanc 



— 108 — 

crémeux, de rose, de rouge, de jaune et d'orange avec 
tous les tons intermédiaires. 

A^. pontique ou du Caucase. — Groupe de bonnes 
sortes aux coloris sulfureux ou cinabre, lilacés ou 
safranés. 

L'^j. amœna, plus nain, toujours vert, épanouit en 
été ses corolles aux nuances citronnées, grenadines ou 
vineuses. 

Culture. — L'Azalée se multiplie par semis, par 
division ou cépée, et par la greffe, à l'étouffée, faite sur 
plant de semis du type auquel appartient l'espèce à 
propager. 

L'arbrisseau se tient bien ramifié et trapu. Il est 
inutile d'en mutiler les branches ; la taille d'hiver nuirait 
A sa floraison. 
• {A suivre.) 



LA MORILLE 

Procédé de culture potagère applicable à tous les jardins. 

{Fin.') 

IV 

Après l'hiver, vers le premier avril, un peu plus 
tôt dans les pays précoces, un peu plus tard dans les 
pays moins chauds, il faut enlever les branches sèches 
c{ui retiennent les feuilles et au moyen d'un petit râ- 
teau, enlever légèrement une partie des feuilles elles- 
mêmes. Cette opération doit se faire avec une cer- 
taine habileté et une certaine délicatesse. De cette 
opération dépend, si ce n'est la récolte elle-même, du 
moins la facilité de cette récolte. Si l'on enlève trop 
complètement les feuilles, le terrain se dessèche, se 
durcit trop. Si on laisse trop de feuilles, les morilles 
restent cachées et poussent avec moins de régularité. 
Il faut donc laisser une couche très légère de feuilles, 
de façon à maintenir l'humidité du terrain, sans gênei" 
l'éclosion des morilles, qui aura heu plus ou moins tôt 
suivant la température et l'altitude du terrain cultivé. 

C'est vers le 15 avril environ qu'on verra paraître 



~ 109 — 

les premières morilles. Il faut les surveiller pour les- 
cueillir lorsqu'elles ont atteint une grosseur moyenne. 
Les pluies douces d'avril et du commencement de 
mai renouvellent pour ainsi dire les morilles à vufr 
d'œil. Dans les années suffisammemt humides, et si 
le terrain n'est pas trop restreint, on pourra récolter 
les morilles, comme on récolte les asperges, tous les 
deux jours, si ce n'est tous les jours, en laissant bien 
entendu les morilles trop petites sans les cueillir. La 
production naturelle et normale ne dépasse pas habi- 
tuellement le 15 mai. La cessation de la poussée doit 
probablement être attribuée à la sécheresse, qui ne 
manque guère de se faire sentir à cette époque. Peut- 
être pourrait-on, avec des arrosements à l'eau salpê- 
trée, et en abritant le terrain sous des toiles humides 
suspendues à 20 ou 30 centimètres déterre, prolonger 
la production. Peut-être même pourrait-on obtenir des 
morilles à une autre époque de l'année ? Mais les es- 
sais faits jusqu'ici ne sont pas suffisants pour l'aftirmer. 
Le seul fait certain est qu'en mettant en œuvre le 
procédé que je viens de décrire, tout propriétaire de 
terrain planté d'artichauts peut obtenir sur ce terrain, 
au printemps, une récolte de morilles. Il faut renou- 
veler chaque année la couverture de marc de pom- 
mes et la couverture de feuilles. La production devient 
de plus en plus abondante, au moins pour quelques 
années. Ensuite on peut changer le lieu de culture des 
artichauts. Il semblerait d'ailleurs que les artichauts 
s'épuisent eux-mêmes dans une certaine mesure, plus 
promptement que s'ils n'étaient pas soumis à la cul- 
ture des morilles. Mais sur une petite plantation, le 
déchet, si déchet il y a, ne vaut pas la peine d'être 
remarqué. On peut d'ailleurs alterner la production 
par le moyen que voici. Chaque année, avant de don- 
ner la couverture de marc et de feuilles, on labourera 
et fumera soigneusement un tiers ou bien un quart du 



— 110 - 

terrain consacré à la culture des morilles. Par ce rou- 
lement de trois ou quatre ans, on rendra aux arti- 
chauts toute leur vigueur de végétation, et l'on ne 
risquera pas de faire entièrement disparaître le mycé- 
lium, autrement dit la plante souterraine qui donne 
naissance aux morilles. 

V 
Sur un vaste terrain destiné à la culture des arti- 
chauts pour la vente, il en serait autrement. Il 
faudrait alors admettre une perte légère mais appré- 
ciable dans le rendement des artichauts que l'on 
traiterait de manière à obtenir des morilles. On peut 
cependant conseiller hardiment cette culture ; car la 
moins- value des artichauts serait amplement com- 
pensée par le rendement des morilles. Et en outre, 
comme le marc de pommes contient beaucoup de pé- 
pins et que ces pépins germent admirablement sous 
la couverture de feuilles, le propriétaire du terrain 
planté d'artichauts et de morilles ajouterait à ces deux 
produits celui d'une pépinière composée pour ainsi 
dire d'un nombre indéfini de plants de pommiers. Si 
la propriété est voisine d'une grande ville, les morilles 
quelqu'abondantes qu'elles soient se vendront proba- 
blement toujours fraîches. Mais en tout cas il y aurait 
la ressource d'en faire des conserves en boîtes. Con- 
servées dans de la glace de viande, les morilles cons- 
titueraient un mets fort délicat qui serait extrêmement 
apprécié des gourmets. 

On pourrait alors les servir telles quelles dans 
des œufs brouillés qui, de l'avis de beaucoup d'ama- 
teurs, ne le cèdent que de très peu aux fameux œufs 
brouillés aux truffes. 

Pour les personnes qui n'ont pas encore su ap- 
précier les morilles, j'indiquerai ici une recette très 
simple qui permettra à tout le monde de les apprêter. 
On trouvera dans les ouvrages de cuisine un grand 



— 111 - 

nombre d'autres receltes pour varier l'emploi de ce 
délicieux champignon, l^es Recettes de ma tante éditées 
à Neuchâtel (Suisse) par MM. Delachaux et Niestlé, 
consacrent à ce genre de cuisine un chapitre spécial 
très varié, dont j'extrais ce qui suit: 

Morilles à la Chaumont. — Epluchez vos morilles: 
fendez-les en deux et lavez-les soigneusement. Faites 
chauffer du beurre dans une casserole, sautez dedans 
les morilles, saupoudrez-les de farine, mouillez avec 
du bouillon, couvrez et mitonnez 15 minutes. Faites 
une liaision avec 2 jaunes d'œufs, un décilitre de bonne 
crème, versez dans la casserole, laissez chauffer sans 
cuire. Epicez, ajoutez du jus de citron et servez chaud. 

Baron d'YvoiEE. 

(Reproduit du Bulletin des Sciences naturelles appliquées 
de la Société nationale d'acclimatation de France.) 



CHRONIQUE HORTICOLE. 

Exposition d'horticulture et de viticulture à Lyon. — L'Associa- 
tion horticole lyonnaise tiendra à Lyon, sur le Cours du Midi, à 
Perrache, une grande Exposition d'horticulture, de viticulture et 
des objets d"art ou d'industrie s'y rattachant. 

Le programme de cette Exposition, qui durera 6 joiirs, — du 
11 au 16 septembre prochain, — vient de paraître ; il ne comprend 
pas moins de deux cents concours classés dans cinq sections : 
Culture maraîchère^ Arboriculture, Viticulture, Floricullure et 
Industrie. De nombreuses récompenses, consistant en objets d'ai't, 
grandes médailles d'or, médailles de vermeil, médailles d'argent, 
seront attribuées aux lauréats des concours. Cette Exposition est 
internationale ; tous les intéressés peuvent y prendre part en se 
conformant au règlement qui sera adressé franco à toutes les per- 
sonnes qui en feront la demande au secrétaire de l'Association 
horticole, cours Lafayette, 61, à Villeurbanne-lès-Lyon. 

Igname du Japon. — Cette variété est dit-on, bien supérieure à 
l'Igname de la Chine cultivée jusqu'ici, et elle est rustique et d'une 
culture des plus simples. Elle a en outre le très grand avantage 
d'être d'un arrachage facile, car elle se récolte à fleur de terre. La 
plantation se fait au connnencement de mai, et la récolte les pre- 
miers jours de novembre. 11 est regrettable que Tlguame ne soit 
pas plus cultivée dans nos potagers, attendu qu'elle est excel- 
lente en purée, frite ou apprêtée au jus comme les Cardons. 



— 112 — 
NÉCROLOGIE 

Nous avons le regret d'enregistrer la perte de M. ISois- 
soiinas-Velin, propriétaire à Garouge, décédé le 13 mai 
dernier, après avoir été un membre dévoué de la Société d'Hor- 
ticulture de Genève depuis plusieurs années. Nous adressons 
à sa famille nos sincères compliments de condoléance. 



de la maison 

ORMOND&C'^Vevey 

Recommandé par la Société d'Horticulture de Genève et la di- 
rection de l'Ecole d'agriculture de la Kutti (Bernej. Cet extrait 
employé dans la proportion d'un kilogramme pour oO à 150 litres 
d'eau, sert à la destruction de la cloque, des pucerons, des lima- 
çons et de la vermine du bétail. 

Il est aussi employé avantageusement en bassinages dans les 
serres. Se vend par boites de kil. 1 à fr. 2 25, de kil. 3 à fr. 6.50 et 
kil. (i à fr. 12.75. 

Droguerie A. KOLLEK, 
18, rue du Marché, Genève. 

A. SCHOPFER 

Offre: Bégonias tubéreux |j}i*ocllSl de premier choix, 
en végétation, et par couleurs séparées, au prix de 
35, 33 et 50 fr. le cent, en belle marchandises. 

O^eraiiiiiiii» zoiialc» et à feuilles ili^ 
lieiTe, plus de 300 variétés, au prix de -40 à OO 
cent, la pièce, dont beaucoup de nouveautés (10,000 
plants disponibles.) 

Le Géranium Beauté l?olteviu€5 est le plus 
beau des coloris saumon pour pleine terre ; ils sont 
disponibles à OO cent, la pièce, la douzaine, O h". ; 
le ce nt, 4:0 i"r. 

GENÈVE. — IMPU. UIGHTER, RLE DES VOIROiNS, 10. 



36me ANNÉE 7^ LIVRAISON JUILLET 1890 



BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

G E NË V E 

FOONTISÉE ElSr 1S55 



Sommaire : Avis. — Programme du Concours de Chrysan- 
thèmes. — Procès-verbal de l'Assemblée générale du 23 juin 1890. 
— Les Orchidées: Dendrobium nobile (avec gravure). — Cul- 
ture du Chrysanthème: travaux de juin. — Calypso borealis. — 
Légumes recommandables (avec gravure). — Mina lobata. — 
Chronique horticole. — Nécrologie. — Annonces. 



AVI S 

Les 14, 1 o, lO et 1 T iioveiubre, au 
Stand de la Coulouvreiiièi*e, Concours de 
Chrysanthèmes, «l'Oeillets et d'autres Plan- 
tes fleuries, auquel tous nos sociétaires 
fleuristes sont invités à présenter leurs 
collections tant petites que grandes. 



Assemblées générales en 1 SOO : 

Les dimanches 1 août, 

» o octobre, 

)) 30 novembre. 

En novembre. Concours de Chrysan- 
thèmes. 



Les Sociétés correspondantes qui font un emprunt au Bulletin 
sont instamment priées d'en indiquer Porigine. 



— 114 — 
SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE DE GENÈVE 



COACOURS DE CHRYSANTHÈMES 

et d'autres plantes t^euries 
les 14, 1 S, 16 et 17 novembre 1890 

au Stand de la Coulouvrenière. 



Ces Concours sont ouverts séparément entre Horti- 
culteurs et Amateurs, Q{ ne concernent que les membres 
de la Société. 

Les prix sont délivrés en médailles de vermeil, d'ar- 
gent et de bronze, grand et petit module, ou en leur va- 
leur en espèces. 

PROGRAMME 

Clirysaulhènies. 

1" Concours. — Pour les collections les plus nombreuses et les 
mieux étiquetées, cultivées en pots, en variétés tant anciennes que 
nouvelles. 

5°" Concours. — Collections de 100 variétés choisies parmi les 
plus belles. 

5°" Concours. — Collections de 50 variétés. 

4"^' Concours. — Collections de 25 variétés. 

Les mêmes conditions de concotirs pour les fleurs coMpe'es, avec 
une différence de prix. 



Œillets et plantes fleuries. 

1" Concours. — Pour les plus belles variétés d'Œillets cultivés 
en pots. 

2"^' Concours. — Collections de 50 variétés d'Œillets, cultivés 
en pots. 

S" Concours. — Plantes fleuries de la saison. 



Jeudi 13 et vendrediié novembre jusqu'à midi. ~ Réception 
et classement des produits. 

Vendredi 14 novembre à 1 h. de l'après-midi. — Opérations du 
jury. 



— 115 - 

Samedi J5 novembre. — Ouverture au public, dp 9 heures du 
matin jusqu'au soir. Prix d'entrée : 75 centimes. 

Dimanche 16 novembre. — De 9 heures du matin jusqu'au soir. 
Prix d'entrée : 50 centimes. 

Lundi 17 novembre. — Prix d'entrée: 25 centimes. Vente le 
malin; dès 1 heure, enlèvement des produits. 



Le Comité d'organisation tient des flacons en location 
à la disposition des exposants. 

Les inscriptions sont i^eçues jusqu'au 31 octobre in- 
clusivement chez M. F. Cardinaux, président, Fuste- 
rie, 6, Genève. 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 22 juin 1890, grande Salle des 

Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. F. Cardinaux, président. 

Cent quarante membres, dont plusieurs dames patronnesses, 
assistent à la séance. Lecture et adoption du procès-verbal de la 
dernière assemblée. 

Candidats présentés: 

1° M. Maurice Akderwerth, jardinier chez M. Louis Dufour, 
aux Délices, présenté par MM. Louis Dufour et Grobéty. 

2° M. Edouard Bertrand, jardinier, rue des Allemands, 25, et 

3° M. François Burky, jardinier, rue de la Fontaine, 25, par 
MM. Correvon et Aug. Dufour. 

4° M. Frédéric Charbonnet, jardinier chez M. Louis Dufour, 
aux Délices, par MM. Louis Dufour et Grobéty. 

5° M. Jules Drivet, rue de l'Hôtel-de-Ville, 10, par M. Mau- 
rice Baud et Aug. Dufour. 

6° M. Henri Golaz, jardinier chez M. Claudon, au château de 
Médan, par Villermes (Seine-et-Oise), membre rentrant. 

7° M. Jules Gras, propriétaire, rue Calvin, 2, par MM. Ami 
Perret et Triboulet. 

8° M. Arthur Gut, chez M. Fleur-de-Lys, à Mornex (Haute- 
Savoie), par MM. Cardinaux et Triboulet. 

9° M. Jarnier-Demornex, rue de la Croix-d'Or, 42, par 
MM. Druz et Aug. Dufour. 



- 116 — 

10° M. Emile Léuuyer, jardinier, au Petit-Saconnex, par 
MM. Gazeau et Louis Favre. 

11° M. Arthur Metzger, jardinier, à Gommugny (Vaud), par 
MM. Aug. Baud et Cardinaux. 

12° M. Auguste Oettinger, jardinier chez M. Gh. Rossier, 
rue de THôtel-de-Ville, 10, par MM. Aug. Dufour et Eger. 

13° M. Frédéric Roch, propriétaire, aux Vergers, à Grange- 
Ganal, par MM. Druz et Aug. Dufour. 

14° M. Pierre Saulnier, propriétaire, rue Voltaire, par 
MM. Louis Dufour et Grobéty. 

15° M. Henri Vautier, propriétaire à Yverdon, par MM. Gor- 
revon et Aug. Dufour. 

16° M. Jean WtIrst, jardinier, rue du Môle, 16, par MM. Gorre- 
vou et Aug. Dufour. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Henry Correvon, directeur du Jardin alpin d'ac- 
climatation, à Genève : 

Nombreuse collection de plarites alpines, parmi lesquelles on 
remarque un Lys nouveau, Lilhim dahuricum et d'autres jolies 
plantes, telles que: Lilium pyrenaicum, Androsace lactea, foliosa, 
Dianthus neglectus, cinnabarinus, etc. — P. 6. 

2° De M. Louis Decorg-e.s, jardinier chez M. le D' Lombard, 
à Malagnou : 

Broméliacées : Nidularium fulgens et Innocenti ; Orchidée : 
Brassavola Perrini; Salvia aurea,à recommander pour bordures ; 
un superbe Goléus de semis; fleurs coupées: OdoiUoc/lossum, cor- 
datum, du Mexique, Orchidée de serre froide ; Anthuriurn Scher- 
zerianu'in et grandiflorum : Primula obconica^ pi'ovenant de se- 
mis et à fleurs plus grandes que dans le type primitif: 2 variétés 
de Bégonias tubéreux à fleurs doubles; Rosa rugosa. — P. 5. 

3° De M. Anselme Decroux, horticulteur à Plainpalais: 

Une belle corbeille de Roses des meilleures variétés (non étiq.). 
— P. 3. 

4" De M. F. Deléeraz, jardinier chez M. Heuri Pasteur, au 
Petit-Saconnex : 

Une corbeille de 50 Œillets, semis de 1889; Antholya minor, 
plante bulbeuse du Gap. — P. 5. 

5° De M. Joseph Griitter, jardinier chez M. Dupont, à 
Bellerive : 

Une corbeille de 'i8 variétés de Roses. — P. 5. 



— 117 — 

6" De M. «Jean Hofer, jardinier chez M. Bonua, à Ghampel : 
Une corbeille d'environ 50 variétés de Roses (dont 35 étlquet.)- 

— P. 3. 

T De M. Louis «Janin, jardinier chez M. Alphonse Turret- 
tini, à Cologriy : 

Une corbeille de 70 variétés de Roses. — P. 0. 

8" De M. Kmile Tronchet, jardinier chez M. de Seigneux, 
à Malagnou : 

Une corbeille contenant 50 variétés de Roses. — P. 4 ^ -i- 

9° De M. Eugène A'X'ittwer, jardinier, campagne Lombard- 
Rieu, à Ghampel : 

Une corbeille de 30 variétés de Géraniums zonales (non étiq.). 

— P. 2. 



CULTURE LEGUiMlERE 

1" De M. Henri Bippus, jardinier chez M. Antoine Martin, 
à Vessy : 

Carottes: parisienne, demi-longue obtuse de Gnérande, demi- 
longue Nantaise; Ghoiix express et amélioré de Paris; Laitues 
romaines : verte améliorée, blonde, chicon; Laitues pommées: Sé- 
moroz, Raspail, demi-brune têtue, de Rilleux, Deacon, Tom Pouce, 
de Versailles, Ghou de Naples amélioré, géante de Naples; Na- 
vets : de Milan, anglais Early; Pois: bijou, demi-nain anglais, duc 
d'Albauy, ridé nain blanc, Early; Pois mange-tout: fondant de 
Sl-Désirat, beurre. 

2° De M. Louis Bovay, jardinier chez M. Et. Brocher, à 
Frontenex: 

Trois superbes têtes de Ghou-fleiir impérial. — P. 3. 

3° De M. «Jules Chappuis, propriétaire, route de Veyrier : 
Laitue pommée chou de Naples amélioré. — 

4° De M. Aug-uste Dufour, à Plain palais : 
Laitues ponmiées: Sémoroz, grosse brune têtue, géante de Na- 
ples, craquante, Deacon américaine, grosse blonde. — (H. G.) 

5° De M. «Jules Dufour, maraîcher à Plainpalais: 
Aulx ; Bette hivernée; Ghou frisp et Ghou d'York gros; Fève de 
marais; Laitues romaines: verte maraîchère, Ballon, rouge de Ge- 
nève; Laitues pommées : Albano, Sémoroz, chou de Naples, cra- 
quante; Pois gourmand gris, Pois demi-nain de Plainpalais, Pois 
printanier. — P. 4. 



— 118 — 

6° De M. Louis Dufour, horticulteur, aux Délices : 
11 variétés de fraisiers dont 8 de semis, comprenant les sortes 
suivantes : Fraisiers à gros fruits : Boule d'or, Victoria Trollope, 
D' Nicaise; Fraisiers des quatre saisons: Remontant à gros fruit, 
Belle de Meaux, Belle de Montrouge, des quatre saisons à fruit 
blanc, Reine des quatre saisons, de Duru amélioré, de tous les 
mois sans filets. — P. 5. 

7° De M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard : 
Laitues pommées: Deacon américaine, craquante. Reine des 
laitues, grosse blonde paresseuse. Merveille des quatre saisons, 
Getsémano, Albano, demi-brune; Pois: Turpin hâtif, Télégraphe, 
Garactacus, Serpette géant. Serpette ou d'Auvergne ; Pomme de 
terre: jaune prin tanière, Marjolaine, Early rose; Radis rose ; deux 
variétés de Fraises à gros fruits : Marguerite Lebreton et Héricart 
de Thury. - P. 4. 

8" De M. «Joseph Griitter, jardinier chez M. Dupont, à 
Bellerive : 

Chou Express; Ijaitues pommées: grosse brune têtue, grosse 
gotte, romaine verte maraîchère; Rhubarbe Queen Victoria.— P. 2. 

9° De M. Aug-iiste Guex, jardinier chez M. Plantamour, à 
Sécheron : 

Artichaut violet, Carotte demi-longue. Chou d'Etampes, Fève 
de marais; Laitues pommées: Albano, Tom-pouce, Deacon, Mer- 
veille des quatre saisons, Roskopf, de Rilleux, de Versailles ; Lai- 
tues romaines: Ghicon vert, plate maraîchère; Pois American 
Wonder; Scorsonère.— P. 4. 

10° De M. «lean Rieliard, maraîcher à Plain palais : 
Artichauts violet et vert de Laon ; Bette jaune hivernée ; Ca- 
rottes courte et demi-longue; Choux d'York hâtif et gros; Chou- 
fleur de Ghaion; Laitues pommées: de Ghalon, craquante, Albano, 
grosse brune têtue, Sémoroz; Laitues romaines: brune de Genève, 
Ballon; Navet rose; Oignons, Echalottes ; deux va)iétés de Pois; 
Raves blanche hâtive, des Vertus. — P. 5. 

INDUSTRIE 

1° De M. Charles Genand, tils, à Vevey : 

Un vase en ciment incassable, nouveau système breveté ; pul- 
vérisateur Bourdil complet, avec hotte de construction spéciale 
pour bouillies pâteuses, rendant les engagements impossibles; 
capsules insecticides au sulfure de carbone créosote; sauce de 



— 119 — 

tabac concentré; colliers-ligatures pour Rosiers; stores divers 
poiu- serres ; un très beau paravent pour terrasse. — P. G. 

M. le Président, après avoir remercié les présentateurs pour les 
nombreux apports de cette Assemblée, annonce que M, Ulrich 
Bruuner, étant indisposé, n'a pu se rendre à Genève pour nous 
faire la conférence attendue sur la culture du Fraisier. Pour la 
remplacer en quelque sorte, M. Auguste Dufour a bien voulu se 
charger de donner quelques indications sur la culture des Chico- 
rées frisées et des Scaroles, ainsi que sur les diverses manières de 
les blanchir et de les conserver pendant l'hiver. Ces instructions, 
d'un maraîcher si compétent, sont écoutées avec beaucoup d'inté- 
rêt et vivement applaudies. 

Il est ensuite annoncé que M. de Westerweller fils, propriétaire 
à Beaulieu, près Piolle, a invité la Société à venir visiter sa belle 
campagne le premier ou le deuxième dimanche du mois d'août. 
L'assemblée vote de chaleureux remerciements à M. de Wester- 
weller, et décide qu'il sera envoyé à tous les sociétaires une cir- 
culaire pour les engager à prendre part à cette promenade. Les 
frais de transport seront à la charge de la Société, et un banquet 
aura lieu à Rolle aux frais des sociétaires. 

Séance levée à 5 heures. 

Le secrétaire-général, 

D. Triboulet. 



Les Orchidées. 

DeNDPvOBIUM NOBiLE. 

L'Oi'chidée. dont nous publions une belle illustration, 
a été introduite de l'Inde et du sud de la Chine, il y a 
plus d'un demi-siècle; c'est une des espèces les plus 
florifères de cette belle famille. Elle est si rustique et si 
vigoureuse, qu'elle pi^ospère très bien dans une serre 
tempérée ordinaire, où elle peut former en peu d'années 
une énorme touffe de tiges (pseudo-bulbes), atteignant 
i)rès d'un mètre de longueur et sur lesquelles se déve- 
ioppent. en hiver ou au printemps, des quantités de fleurs 
de cinq à sept centimètres de diamètre, dont les divisions 
sont blanches à la base, roses ou carmin foncé au som- 
met, suivant les variétés ; elles ont également un beau 
labelle, maculé de pourpre foncé ou de carmin. 

On peut cultiver ce Dendrobiuin en panier ou en pot 
bien drainé, dans un mélange de libres de polypode et 



120 — 



de sphagnum. Les arrosements doivent être copieux en 
été, pendant la végétation, et presque nuls à partir du 
mois de septembre ou octobre, époque où il sera préfé- 
rable de placer cette Orchidée dans une serre froide et 
bien aérée, afin de faciliter la maturité de ses pseudo- 




Dendrobium nobile, 

bulbes. A partir de janvier, on peut l'entrer ce Dendro- 
biutii dans une serre tempérée, où il ne tardera pas à 
développer ses jolies et nombreuses fleurs, qui convien- 
nent surtout pour la confection des bouquets de cor- 
sages. Ces fleurs se maintiennent fraîches pendant plu- 
sieurs semaines. 

Otto Ballif, 

Membre correspondant de la Société d' Horticulture de Genève. 



— 121 - 
Culture du Chrysanthème. 

TRAVAUX DE JUILLET 

Les intempéries du mois dernier ont nui considéra- 
blement au développement des Chrysanthèmes ; de fré- 
quentes bourrasques ont fatigué les plantes et causé des 
ravages difficiles à réparer, surtout dans les spécimens 
où une branche cassée est presque impossible à rem- 
placer. 

Les pluies abondantes, en produisant une submer- 
sion des racines presque continuelle, ont fait prendi-e au 
feuillage de quelques plantes cette teinte jaunâtre qui in- 
dique clairement la cause du mal ; et, comme toujours. 
€et accident se produit sur des plantes dont les pots ont 
été mal drainés. Si l'humidité persiste, il est à craindi-e 
que le blanc (oïdium) ne fasse son apparition pendant ce 
mois : dès qu'on se sera aperçu de sa présence sur une 
feuille, on devra enrayer le mal au moyen de la fîeui' de 
soufre projetée sous le feuillage. 

Toutes les plantes vigoureuses et bien portantes 
peuvent dès maintenant recevoir un peu d'engrais trois 
fois par semaine, en commençant par des doses assez 
faibles; mais à celles qui sont un peu jaunâtres ou qui 
paraissent être malades, il ne devra en être administré 
dans aucun cas. L'engrais est indispensable aux plantes 
vigoureuses, tandis que pour une plante souffrante c'est 
un véritable poison. 

Les insectes de toutes sortes se sont donné rendez- 
vous cette année pour détruire à qui mieux mieux les 
feuilles et les fruits d'une grande partie de végétaux. Le 
Chrysanthème n'y a pas échappé, et les pucerons verts, 
noirs, bruns, les chenilles, etc., ont fait leur apparition, et 
il ne faut, sous aucun prétexte, les laisser se propager, 
car toutes les plantes seraient perdues en quelques 
jours. Le meilleur moyen de se débarrasser des puce- 
rons quelconques est de seringuer les plantes avec une 
solution de nicotine coupée d'eau. Les chenilles et les 
limaces doivent être prises à la main. 

Plantes spécimens: Le pincement du mois dernier a 
produit de nouveaux bourgeons, qui devront être pinces 
sous peu; mais ce pincement sera le dernier, et api-ès 
on laissera les tiges s'allonger librement. Il est temps 
aussi de tuteurer chaque tige pour prévenir les coups de 
vent ou autres accidents, ainsi que pour donner à la 



— 122 — 

plante une forme quelconque. On prendra des tuteurs 
de 1 m. à 1 m. 50, bien propres et pas trop épais, et l'on 
y fixera les branches, en ayant soin de les écarter les 
unes des autres pour que l'air et la lumière pénètrent 
jusqu'à l'intérieur de la plante. Les tiges de Chrysan- 
thèmes sont très cassantes ; il faut donc faire cette opé- 
ration avec beaucoup de précaution. 

Plantes à tige : Pincer les bourgeons à environ 12 cm., 
et répéter cette opération à la tin du mois, si la végéta- 
tion a été très vigoureuse; ces plantes doivent être soli- 
dement tuteurées, et les jeunes pousses rattachées au 
tuteur central au moyen de longues bandes de raphia. 

Plantes pour grande fleur: Les tiges qui devront pro- 
duii'e une énorme fleur chacune ont maintenant une lon- 
gueur de 20 à 35 cm., et il faut les palisser ou bien les 
attacher une à une au tuteur central, si l'on n'a pas fait 
de treillis. Les pousses qui se montrent à l'aisselle des 
feuilles seront enlevées sitôt aperçues, ainsi que les dra- 
geons, qui seront arrachés à la main ; car, en les cou- 
pant avec un instrument tranchant, on risque de couper 
aussi les racines. 

Plantes naines: Les charmantes petites plantes qui dé- 
corent si agréablement nos appartements à l'ari-ière- 
saison ne doivent pas être oubliées. Il faut continuer les 
pincements pendant tout ce mois et les mettre dans des 
pots de 15 cm. pour y fleurir. 

LL Fatzer, 

Membre correspondant de la Société d' Horticulture de Genève. 

Calypso "borealis (Salisb.) 

Le genre Calypso, de la famille des Orchidées, ne 
compte qu'un seul i-eprésentant qui est le C.borealis, c\té 
et décrit ]»ar Salisbury dans le Paradisus londonensis , 
publié à Londres, en 1806-1807 ; il est figuré dans cet 
ouvrage sous le N° 89. Il a été cité sous le nom de Cy- 
tJieraea par le même auteur dans les Transactions of 
the R. Horticultural Society , London, I, 301, et sous le 
nom de ^^Norna)-), par Wahlenberg, dans lai^/or« Sue- 
cica, publiée à Upsal, en 1^^24-1826, p. 561 ; enfin, sous 
le nom à'Orchidiiun, par Swartz, dans la Svensk Bota- 
nik\ où il est représenté par la figure 518. H. Reichen- 



— 123 — 

bach fils, dans la Flora germanica, l'a également décrit 
p. 158 et 159, et fiixuré sous le N" 137. 

Cette Orcliidée", d'après Bentham et Hooker, Gênera 
plantarum, fait partie de la tribu des Vandées et de la 
sous-tribu des Lipariées. Sans vouloir entrer dans la 
description botanique détaillée de cette curieuse espèce, 
je crois utile d'en donner au moins une description som- 
maire. C'est une plante terresti-e qui possède des racines 
charnues, semblables à celles de quelques unes des Or- 
chidées non-bulbeuses de l'Europe centrale ; elle est pe- 
tite, grêle, et n'a généralement qu'une feuille. La tige 
florale se trouve enveloppée i)ar plusieurs bractées su- 
perposées. La fleur est solitaire et de grandeur moyenne. 
Les sépales et les pétales sont d'une couleur rosée, lavée 
de jaune; ils sont égaux, aigus, lancéolés. Le labelle, en 
forme de sac, rappelle assez celui des Cypripedium, ce 
qui du reste l'a fait appeler par plusieurs botanistes « Cy- 
pripedium bulbosuni)). L'aspect de la plante est étrange, 
et celui de la fleur chimérique, quoique charmant. Elle 
croit à l'ombre, dans les forêts de conifères, au milieu 
d'aiguilles de sapins transfoi-mées en une sorte de ter- 
reau léger. Elle fleurit en mai et en juin, suivant. les cli- 
mats. On en a constaté la présence en Russie (Finlande), 
en Suède (Laponie), en Sibérie et dans l'Amérique du 
Nord. 

La culture du Calypso borealis est des plus faciles. 
Je traite cette Orchidée exactement de la même manière 
que les Orchidées européennes que je cultive. Lorsque 
je reçois les rhizomes cà Fétat de repos, je les mets dans 
un compost de tei-re sablonneuse et de terreau de feuilles 
léger, que j'entretiens dans un état d'humidité relative. 
Les plantes sont maintenues ainsi, soit dans des pots, 
soit dans des récipients ad hoc, pendant tout l'hiver dans 
Torangerie. De temps à autre, suivant l'état de la tempé- 
rature, mais le plus rarement possible, on humecte légè- 
rement ce compost de conservation hivernale au moyen 
d'un vaporisateur. Quand les plantes, sous l'influence 
du printemps, commencent à entrer en végétation, on les 
retire du compost au fur et à mesure de leur avancement 
végétatif, et on les transplante soit dans des godets de 
moyenne grandeur pour les sujets isolés, soit préféra- 
blement, par groupes, dans de petits pots, où elles font 
meilleur effet étant réunies,, car ces plantes^ petites, 



— 124 — 

n'ont pas un grand intérêt par elles-mêmes. Il faut, en 
les transplantant, tenir aussi compte des différentes va- 
riétés que comporte celte espèce : les unes, en effet, sont 
à fleurs larges, les autres, au contraire, sont remarqua- 
bles par leur coloration, (hi devra donc, lors de leur flo- 
raison, les réunir suivant leurs affinités apparentes. La 
floraison dure assez longtemps, environ trois semaines. 
Si la saison où elle a lieu est pluvieuse ou froide, il faut 
mettre les plantes sous châssis ou sous un autre abri 
équivalent. Aussitôt que la période de repos sera arri- 
vée, on cessera tout ari'osage et on laissera sécher la 
tige florale et la feuille, puis on remettra la plante dans 
le compost de sable et de terre dont j'ai parlé plus haut. 
Une terre de bruyère très fine et très sableuse serait le 
meilleur comjwst à employer pour l'hivernage. L'année 
suivante, l'on recommencera à la traiter de la manière 
décrite ci-dessus. Ce genre de culture m'a admirable- 
ment réussi, puisque, depuis trois ans déjà, les mêmes 
plantes me donnent une floraison très régulière, et que 
je n'ai qu'à me louer de leur bonne tenue. 

Je ne puis rien dire au sujet de la multiplication du 
Calypso borealis, car je n'ai pas encore eu l'occasion de 
la tenter, ni par le moyen du semis, ni par le moyen de 
la division des racines. Mais ce que je puis affirmer, 
c'est que c'est une espèce fort curieuse et fort belle, et 
qui fait très bonne figure à côté d'autres Orchidées exo- 
tiques très en faveur chez les amateurs, comme les 
Pleione, par exemple, avec lesquelles elle a plus d'une 
affinité superficielle. 

J'ajoute que cette plante est ra>-e dans les cultures et 
mérite toute l'attention des véritables amateui'S. 

P. S. Il faut diminuer les arrosages, une fois la flo- 
raison apparue, les supprimer quand celle-ci a cessé, 
et se bien gardei' de dépoter avant que la plante ne 
soit arrivée à la période complète de son repos absolu : 
ce qui est vrai, entre parenthèses, pour la culture des 
Orchidées en général, et surtout des Orchidées terres- 
tres, de quelque pays qu'elles soient originaires. 

Paris, avril 1890. Georges Mantin, 

Propriétaire à Orléans {Loiret), membre de la Société 

d' Horticultvre de Genève. 

Voir la notice, avec portrait, sur cet émiiient Orchidophile, publiée 
par notre bulletin, N" 5, J88i). 



— 125 — 

Légumes recommandaljles. 

Au nombre des légumes nouveaux que nous avons 
déjà pu apprécier cette année, il en est quelques-uns qui, 
en dehors du potager, pourront donner de bons résultats 
dans la grande culture maraîchère. Quelques-uns pos- 
sèdent certains mérites, comme la précocité, la rusticité, 
le volume ou la production abondante, et on les a déjà 
vus faire bonne figure à notre Assemblée du 22 juin der- 
nier, parmi les superbes collections exposées. De telles 




Haricot nain Schah de Perse. 

présentations de variétés peu connues jettent un vif inté- 
rêt sur nos réunions, et il n'est pas besoin d'insister sur 
l'importance des explications et des comparaisons aux- 
quelles elles donnent lieu. 

La Carotte ronge à forcer parisienne i Vilmorin) est 
une Carotte très courte, ou grelot, essentiellement propre 
à la culture sous châssis ou sur terreau. Elle a un goût 
sucré prononcé et très agréable. 

Les Haricots nains printaniers sont particulièrement 
recherchés des ménagères et la variété Nec plus ultra 



— 12(5 — 

(Dupanloup) à grain jaune, mérite d'être recommandée 
pour ses belles cosses d'un joli vert pâle, et pour son 
abondante production. C'est une sorte qui fera une sé- 
rieuse concurrence au H. noir de Belgique. Le H. noir 
à longue cosse Eclipse et le H. Schali de Perse (\'ilmo- 
rin) sont moins hâtifs, mais plus fertiles que le H. noir 
de Belgique, et on leui' donnera la préférence pour la 
culture de « filets». En effet, leurs cosses sont longues, 
cylindriques et très nombreuses, et le grain est noir. 
Une variété digne des plus grands éloges est le H. nain 
Valentine amélioré (^'ilmorin), dont les cosses ti'ès 
rondes, d'un beau vert velouté, seront recherchées dans 
les cultures bourgeoises, 
(A suivre.) Auguste Dufour. 



Mina lobata. 

Le Mina lobata est une gracieuse plante grimpante, 
du Mexique, et appartenant à la famille des Convolvula- 
cées qui fut réintroduite en Allemagne par la maison 
Haage & Schmidt, il y a deux ans. Je l'ai cultivée pen- 
dant deux étés et me fais un plaisir de la recomman- 
der vivement. Semée au mois de mars en serre, dans un 
terreau sablonneux, et mise en pleine terre à la fin de 
mai, elle atteint pendant l'été une hauteur de .5 à 6 mèti^es 
et se couvre en juillet d'une quantité de l:)Outons rouges, 
qui éclosent en fleurs d'un blanc jaunâtre : celles-ci sont 
groupées en épis bifurques. La graine ne mûrit pas sous 
notre climat, et on est obligé de faire des boutures au 
mois d'août, lesquelles s'hivei*nent assez bien dans la 
serre tempérée. Quant à l'exposition que préfère le Mina 
lobata, c'est une place ensoleillée et un terrain riche, 
mais non fraîchement fumé ni trop humide. 

Pour tout dii^e, il faut que j'en signale aussi un dé- 
faut, c'est que, vers la fin de l'été, les plantes se dégar- 
nissent depuis le pied. Pour corriger cet inconvénient, il 
faut, en juin, semer au milieu d'elles quelques pois de 
senteur, capucines ou autres plantes grimpantes, qui 
peuvent regarnir les places vides. On produit un joli 
effet en plantant le Mina lobata isolément dans le gazon, 
pour des pyramides. Félix Seemann. 

Horticulteur. 






— 127 — 
CHRONIQUE HORTICOLE 

La Rédaction du Bulletin éprouve un grand plaisir, qui sera 
certainement partagé par tous nos sociétaires, à les informer que 
le livre des Fougères rustiques de notre excellent collègue, 
M. Henry Gorrevon, vient d'être l'objet d'une nouvelle et précieuse 
distinction. A l'exposition que la Société d'horticulture et d'his- 
toire naturelle de l'Hérault a tenue le mois passé à Montpellier, à 
l'occasion des fêtes magnifiques du G'' centenaire de l'Université de 
cette ville, il a été décerné à cet ouvrage une médaille d'argent, 
grand module, et celle-ci était un don de M. le nùnistre de l'agri- 
culture de France, ce qui n'est pas sans rehausser le prix d'une 
telle récompense. Nous sommes heureux de voir ainsi que les mé- 
rites du livre en question sont aussi bien appréciés chez nos 
voisins que par nous-mêmes, et qu'eux aussi tiennent horticole- 
ment les fougères en grande estime: nos sincères compliments 
à l'auteur qui les a décrites aussi bien qu'il les sait cultiver. 



Notre Bulletin No IV de 1889 a parlé du .Jardin botanique 
alpin qui, l'an passé, a été fondé par M. Henry Gorrevon, sous les 
auspices de l'Association protectj-ice des plantes, sur un monti- 
cule dominant le Bourg-Saint-Pierre, dans le val d'Eutremont, sur 
la route du Grand-St-Bernard. Il s'appelle la /.mna^a et le vocable 
du grand naturaliste suédois parait lui avoir porté bonheur, puis- 
que, de création toute récente et n'ayant été inauguré que le 
27 juillet 1889, il se trouve déjà en pleine voie de prospérité, ainsi 
qu'en fait foi le l"' Rapport annuel qui vient d'être publié par son 
Gomité. Gela prouve que rétablissement est administré et dirigé 
on ne peut mieux, et que sa raison d'être a été bien reconnue par 
le grand nombre de botanistes et de cultivateurs et d'amis des 
plantes alpines qui, à l'étranger non moins qu'en Suisse, se sont 
intéressés à cette entreprise. Il est sous l'administration d'un Go- 
mité international de 25 membres, dont le bureau a son siège à 
Genève, avec M. Arthur de Glaparède comme président, et sous la 
direction technique de M. Gorrevon. Ges deux honorables noms 
sont une garantie sûre que l'affaire est en bonnes mains et que le 
succès en grandira d'année en année. La flore alpine gagne, à 
juste titre, des amateurs de plus en plus nombreux et notre So- 
ciété ne peut qu'applaudir vivement à un moyen si bien entendu 
d'en faire apprécier les qualités et de faciliter la culture de ses 
espèces les plus remarquables. 



— 128 — 

POTERIE & POÊLERIE DES DÉLICES 

Route de Lvon. ;{'5&. Gen«''ve. 

V. MONOD 

Successeur de A. SCIIW'ARTZ. 

SPÉCIALITÉ DE VASES POUR FLEURS 

Grand assortiment dans toutes les dîniensious. 
Vases ornés, Coupes, Suspensions. Hriques ornées 

pour bordures en tous j^enres. 

Coiistiiictioti (le Cliaiill'age de serres el Poêles en Catelles. 

La maison se charge de la fabrication de n'importe quel pièce sur 
commande. 

EiXTI^JLIT IDE TJ^'BJ^CJ 

de la maison 

ORIVIOND56C'^Vevey 

Recommandé par la Société d'Horticulture de Genève et la di- 
i-ectioii de l'Ecole d'agriculture de la Kutti (Berne). Cet extrait 
employé dans la proportion d'un kilogramme pour oO à 150 litres 
d'eau, sert à la destruction de la cloque, des pucerons, des lima- 
çons el de la vermine du bétail. 

Il est aussi employé avantageusement en bassinages dans les 
serres. Se vend par boîtes de Idl. 1 à fr. 2 35, de kil. 8 à fr. 6.50 et 
kil. 6 à fr. 12 75. 

Drogruerie A. KOLLEK, 
IS, rue du Marché, Genève. 

A. SCHOPFER 

Ojjre: Bégonias tubéreux A'^^i'i"!*!!»' de premier choix, 
en végétation, et par couleurs séparées, au prix de 
;5.>, 35 et 50 fr. le cent, en belle marchandises, 

fijéraiiiuiiB»» xoiiaIe;« et à t'ettîl §<"»>• «le 
lierre, plus de 300 variétés, au prix de -Î-O à OO 
cent, la pièce, dont beaucoup de nouveautés (10,000 
plants disponibles.) 

Le Géranium BBeaiaté B»«5iteviBfte est le plus 
beau des coloris saumon pour pleine terre ; ils sont 
disponibles à OO cent, la pièce, la douzaine, i% Ir. ; 
le cent, -8-0 fr. 

GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



36"" ANNÉE 8' LIVRAISON AOUT 1890 



BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

UE 

GE NÈ VE 

FOISriDÉE Eisr 1855 



Sommaire : Avis. — Programme du Concours d^^ Chrysan- 
thèmes. — Exposition de Montpellier. — Bénédict Rœzl (avec 
gravure). — Légumes recommaiidables (avec gravure).— Culture 
du Chrysanthème: travaux d'août. — Le Freesia réfracta alba. — 
Chronique horticole. — Nécrologie. — Annonces. 



AVI S 

Les 14, 15, 16 et IT novembre, au 
Stand de la Coulouvrenière, C^oneours de 
Chrysanthèmes, d'Oeillets et d'autres Plan- 
tes fleuries, auquel tous nos sociétaires 
fleuristes sont invités à présenter leurs 
collections tant petites que g-randes. 



Assemblées générales en 1 SOO : 

Les dimanches 1 août, 

)) 5 octobre, 

)) 30 novembre. 

En novembre. Concours de Chrysan- 
thèmes. 



Les Sociétés correspondantes qui font un emprunt au Bulletin 
sont instamment priées d'en indiquer l'origine. 

Toutes les réclamations concernant la Société doivent être 
adressées à M. F. Cardinaux, président, place de la Fusterie, 6. 



— 130 — 
SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE DE GENÈVE 



COIVCOURS DE CHRYSAJ\THEMES 

et d'autres plantes fleuries 
les 14, 15, 16 et IT novembre 1890 

au Stand de la Coulouvrenière. 



Ces Concours sont ouverts séparément entre Horti- 
culteurs et Amateurs, qX ne concernent que les membres 
de la Société. 

Les prix sont délivrés en médailles de vermeil, d'ar- 
gent et de bronze, grand et petit module, ou en leur va- 
leur en espèces. 

PROGRAMME 

Clirysau thèmes. 

1" Cùncows. — Pour les collections les plus nombreuses et les 
mieux étiquetées, cultivées en pots, en vai'iétés tant anciennes que 
nouvelles. 

2^°' Concours. — Collections de 100 variétés choisies parmi les 
plus belles. 

3°" Concours. — Collections de 50 variétés. 

4"" Concours. — Collections de 25 variétés. 

Les mêmes conditions de concours pour /es /leurs coupées, avec 
une différence de prix. 



CEillets et plantes fleuries. 

I" Concours. — Pour les plus belles variétés d'OEillets cultivés 
en pots. 

2""° Concours. — Collections de 50 variétés d'Œillets cultivés 
en pots. 

3' Concours. — Plantes fleuries de la saison. 



Jeudi :l 3 et vendredii 4 novembre jusqu'à midi.— Récejition 
et classement des produits. 

Vendredi 14 novembre à 1 h. de l'après-midi. — Opérations du 

jury- 



— 131 - 

Samedi i 5 novembre. — Ouverture au public, de 9 heures du 
matin jusqu'au soir. Prix d'entrée : 75 centimes. 

Dimanche 16 novembre. — De 9 heures du matin jusqu'au soir. 
Prix d'entrée : 50 centitnes. 

Lundi 17 novembre. — Prix d'entrée: 25 centimes. Vente le 
matin; dès 1 heure, enlèvement des produits. 



Le Comité d'organisation tient des flacons en location 
à la disposition des exposants. 

Les inscriptions sont reçues jusqu'au 31 octobre in- 
clusivement chez M. F. Cardinaux, président, Fuste- 
rie, 6, Genève. 

Exposition horticole de Montpellier. 

La Société d'horticulture et d'histoire naturelle de l'Hérault, 
que préside M. F. Sahut, bien connu par ses travaux sur l'accli- 
matation des végétaux, avait eu l'excellente idée d'organiser, en 
coïncidence avec les fêtes universitaires, une exposition de fleurs 
et d'objets relatifs soit à l'hor'iculture, soit à l'histoire naturelle. 
L'Association pour la protection des plantes ayant été invitée à 
s'y faire représenter, y a délégué son président, et voilà comment 
il se fait que le soussigné qui était, d'autre part, appelé directe- 
ment par la Société de l'Hérault, s'est trouvé mêlé à tout ce 
monde de savants et d'étudiants, accourus des quatre coins de 
l'Eui'ope. 

Au milieu de ces cortèges historiques et de ces réceptions offi- 
cielles, les fleurs les plus brillantes passaient au second rang, et 
les éclatants costumes des professeurs et des docteurs, les bérets 
multicolores des étudiants, les éclipsaient un peu. Pourtant elles 
ont eu leurs admirateurs, et nombreuse a été la fréquentation de 
l'Exposition qui s'étalait dans les vastes serres du .Jardin bota- 
nique de Montpellier. Le pi-ésident de la République, accompagné 
de ses ministres, leur a même fait une visite officielle. 

Le jury, qui s'est réuni le jeudi 22 mai, dans la grande salle de 
l'Institut botanique, était composé de délégués venus de toutes les 
parties de la France et de l'Europe, et représentaient un joli nom- 
bre de sociétés horticoles et botaniques. Il élut pour président 
M. le chev. Hanbury, propriétaire des superbes jardins de la Mor- 



— 132 — 

tola, en Italie, et pour vice-présidents les botanistes suivants : M. le 
D' O. Drude, directeur du Jardin botanique de Dresde, M. le D"" 
Goby, de St-Pétersbourg, M. le D' Henriquez, directeur du Jardin 
botanique de Coïmbre, en Portugal, et M. H. Gorrevon; M. J. Ni- 
colas, de Lyon, en fut le secrétaire. Les lots à juger étaient assez 
nombreux, mais l'Exposition était incomplète comme exposition 
horticole, attendu qu'il n'y avait pas de légumes, et que les Iruits 
n'y étaient représentés que par les raisins venus de Thomery. 
Les fleurs, elles, ne manquaient pas, et j'ai été réellement surpris 
de les voir aussi variées et aussi richement représentées dans une 
exposition tout à fait méridionale. 

M. Aymard, horticulteur à Montpellier, remporte le grand prix 
d'honneur de l'Exposition (un vase de Sèvres) pour ses plantes 
de serres chaude et froide. Il expose un certain nombre de lots 
comprenant des Palmiers les plus divers, des Pélargoniums à 
grandes fleurs, des Géraniums, dont plusieurs étaient admirables 
de coloration (^), de superbes Galadiums aux teintes les plus 
vives, et surtout un massif d'énormes Rhododendrons, dont la 
forme et la floraison étaient irréprochables. M""' Aymard offrait 
un lot de bouquets et d'arrangements de fleurs coupées qui arra- 
chaient à chacun des cris d'admiration. Il faut aller en France, et 
en France seulement, pour trouver chez la bouquetière le goût 
artistique réalisant l'idéal. C'est le nec plus ultra du genre et ceux 
qui, comme moi, ont pris part à des expositions étrangères, con- 
viendront que la bouquetière française ne peut être surpassée en 
aucun pays de l'Europe. M"' Aymard remporte une médaille d'or, 
bien méritée. 

Le prix d'honneur, un objet d'art, est attribué à M. Argence, 
amateur et excellent cultivateur à Béziers. M. Argence occupe à lui 
seul toute une serre chaude qu'il a transformée en un salon de 
fleurs. De nombreuses et superbes Orchidées, de brillants Bégonia 
Rex, d'adorables nouveautés de Bertolonias, renfermées à clé dans 
une cassette vitrée ainsi que de vrais bijoux dans leur écrin, fai- 
saient le fonds de son exposition. Les plantes sont bien cultivées 
et chacune vaut presque son pensant d'or. Le prince Troubetzkoï, 
le plus grand connaisseur de plantes que j'aie jamais rencontré, 



' Il faut dire que les coloris, sous le ciel rayonnant du Midi, sont 
bien plus vifs que chez nous, où le soleil est moins puissant. 



— 133 — 

et qui faisait partie du jury, déclarait que cette exposition valait à 
elle seule tout le reste. Il est de fait que j'ai rarement vu, en dehors 
des collections personnelles de M. Bleu, un assortiment de Berto- 
lonias de la beauté et de la richesse de celui de M. Argence. 

M. G. Girardiu, jardinier artiste, habitant Cette, expose des 
Azalées superbes, des Galadiums, des Pélargoniums et une remar- 
quable mosaïque faisant face à l'entrée et qui a été très admirée 
par les personnes qui approuvent ce genre-là. J'ai eu l'occasion de 
visiter la propriété de M. Baille, à Cette, dont M. Girardin est le 
jardinier et je me promets de revenir, dans notre Bulletin, sur 
celte merveille, créée au moyen des plus grands efforts. 

Les Rhododendrons, Kalmias, Ericacées diverses, Gardénias, 
Eucalyptus, Mimosas, etc., de M. Aurange,de Privas, sont peut-être 
le clou de cette Exposition. Ils sont exposés hors concours, ce qui 
n'empêche pas le jury de décerner à M. A. une mention spéciale 
pour son excellente cultui-e et sa remarquable collection. Les Roses 
coupées sont nombreuses; j'ai noté celles, hors concours, de 
jyjme jyiuiier et, hors concours aussi, du Comité local de Cette. 
L'histoire naturelle, la littérature, la viticulture, les préparations 
microscopiques, tiennent une grande place dans cette exposition 
tout aussi scientitique que culturale, mais ce n'est jDoint ici, je le 
sens bien, hélas! le lieu d'eu parler. 

Des serres, bâches, poteries et autres objets relatifs à l'horti- 
culture, complètent cette Exposition, dont je n'ai pas la prétention 
d'avoir voulu donner autre chose qu'un faible aperçu Les organes 
des Sociétés horticoles représentées à Montpellier donneront sans 
doute sur cette solennité des comptes-rendus plus complets que 
ne pourrait le faire le délégué d'une société se rapprochant davan- 
tage de l'idéal que du pratique. 

Somme toute, cette Exposition a révélé chez nos confrères de 
l'Hérault un degré de développement assez semblable à ce que 
nous avons à Genève, avec cette différence pourtant que là le côté 
scientifique est tenu beaucoup plus en honneur que chez nous ; 
avec cette différence encoi'e que, dans ce riche Midi, les amateurs 
prennent part d'une façon directe aux joutes horticoles ou auto- 
risent leurs jardiniers et les encouragent à exposer, ce qui n'est 
pas toujours le cas ici. 

H. CORREVON. 



— 134 — 

Bénédict Rœzl. 

Nous avons mentionné dans notre Bulletin de mai 
dernier que le Comité de la Société d'horticultui-e de Ge- 
nève avait voté une somme de 25 fr., pour contribuer à 
la souscription internationale par laquelle un monument 
doit être érigé à Prague en l'honneur de B. Rœzl. Au- 
jourd'hui, nous avons le plaisir d'offrir à nos lecteurs le 
portrait de cet homme de mérite, grâce à qui nos jar- 
dins et nos parcs se sont enrichis, de 1855 à 1874, d'un 
si grand nombre de plantes américaines des plus distin- 
guées. De tous les estimables collecteurs de végétaux 
exotiques, par les soins desquels toutes les parties du 
monde ont doté Thorticulture européenne de tant d'es- 
pèces ornementales nouvelles, c'est lui certainement qui 
a eu la part la plus considérable à ces précieuses impor- 
tations. Son nom est immortalisé par plusieurs belles 
plantes qui lui ont été dédiées à juste titre, telles que les 
Lilium, AnUiurium, Cypn'pedium, etc. Rœ~Ui ; néan- 
moins ses compatriotes de Prague ont voulu rendre à 
sa mémoire un hommage public et permanent sous 
forme d'un buste à lui consacrer dans le Jardin bota- 
nique de la capitale de la Bohème. Cette tète superbe, 
coulée en bronze et placée au milieu de fleurs et d'ar- 
bustes introduits par Rœzl, ne manquera pas d'être d'un 
effet admirable. 

Après avoir été employé quelques années dans la 
célèbre maison Van Houtte, à Gand, il était allé fonder 
à Mexico, en 1855, un commerce d'horticulture, par 
lequel furent répandues en Europe de nombreuses es- 
pèces nouvelles, principalement de Cactées, de Conifères, 
de Palmiers, d'Orchidées et de Liliacées. En 1861, il 
laissa cet établissement à son associé Besserer et loua 
une vaste plantation d'où, tout en produisant force café, 
sucre, cacao et tabac, il continuait d'expédier en Europe 
des semences du Mexique destinées à faire chez nous 
de nouvelles plantes d'ornement. Ces introductions 
avaient lieu surtout par l'entremise de l'établissement 
Van Houtte et de M. Ortgies, inspecteur du Jardin bo- 
tanique de Zurich ; c'est par ce dernier que nous avons 
reçu de Rœzl, alors et plus tard, le Dahlia imper ialis 
du Mexique, les Bégonia Frœbelii et octopeiala. du 
Pérou, le Saxifraga peltata, de la Californie, les Ahies 




Bénedict Rœzl. 



— 136 — 

concolor et Pinus flexilis, des montagnes Rocheuses, 
ainsi que bien d'autres encore. 

En 1868, Rœzl avait inventé une machine, qui fonc- 
tionnait très bien, pour la facile décortication des tiges 
de la ramie ; mais ayant voulu, à la Havane, l'employer 
à extraire les filaments des feuilles de l'Agave, elle se 
dérangea et pendant qu'il essayait de la remettre en train, 
elle joua le mauvais tour de lui saisir un bras et de le 
broyer, au point que ce membre dut être amputé. Ce 
malheur ne découragea pas cet homme énergique, et 
même, malgré cette grave infirmité, il se voua dès lors 
à la noble carrière de botaniste voyageur et de collecteur 
d'espèces horticoles nouvelles. Dans cette intention, il 
parcourut à plusieurs reprises, dans l'Amérique du 
Nord, les États du Colorado, de l'Utah et de la Califor- 
nie, les montagnes Rocheuses et la Sierra-Nevada, ainsi 
que les Cordillères de l'Amérique centrale et certaines 
parties des Andes de la Colombie, de l'Equateur et du 
Pérou, Beaucoup des plantes résultant des semences 
récoltées dans ces différents pays furent propagées aussi 
par les soins du Jardin botanique de St. Pétersbourg. 
entre autres le beau Ru bus Rœdii, des montagnes Ro- 
cheuses. 

Ces explorations, aussi remarquables par l'étendue 
des contrées parcourues et la constance infatigable du 
voyageur que par la quantité d'excellentes acquisitions 
qu'elles valurent à nos jardins, durèrent jusqu'en 1874. 
En cette année Rœzl revint en Europe, pour y jouii' 
d'un repos si bien gagné, et il mourut à Sonichow, 
près de Prague, le 14 octobre 1885, âgé de 61 ans. 

H. W. 



Légumes recommandables. 

[Suite.) 

Le Haricot nain jaune de Rilleux est très apprécié 
dans les environs de Lyon; les cosses en sont rondes, 
très minces et peuvent atteindre 20 cm. de longueur; il 
est à recommander pour les cultures maraîchères. Cette 
variété a donné naissance à une amélioration qui porte 
le nom de 77. nain lyonnais, à très longue cosse. 

La maison Beney, Lamaud et Musset, de Lyon, nous 
a envoyé cette année le H. nain gris de Caluire^ précoce 



— 137 — 



et d'un grand produit, et l'un des meilleurs à cueillir en 
vert ; il a les cosses longues, minces et vertes et on lui 
a donné le nom de H. nain Gloire de Lyon. Signalons 
encore de la même maison le H. beurre doré sans pareil, 
variété issue du H. nain beurre du Mont-d'Or, mais 
plus productive que celle-ci, dont les cosses franchement 
jaune pâle sont entièrement sans parchemin. Il est hien 
regrettable que cette bonne variété appartienne à la sec- 
tion des haricots à tiges raides ou remontantes, ce qui le 
fait prendre au premier abord pour un Haricot à rames. 
Cette tendance à ramer est un défaut pour les cultures 
en grand, parce que les tiges ont une tendance à se cou- 
cher à terre. Le grain, presque rond, est jaune d'or, à 
ombilic blanc. 




■^"''-■iL^ 



--Sj-" 



Haricot nain du Bon jardinier. 

Il est difficile de trouver un meilleur haricot que celui 
du Bon jardinier, mis au commerce par la maison Vil- 
morin : c'est un H. jaune cent pour un, mais absolument 
sans parchemin, à cosses bien charnues, renflées, rondes 
et un peu courbées. 

Les divers essais de Laitues pommées n'ont pas été 
moins intéressants, et nous les enregistrons d'autant 
plus volontiers que plusieurs variétés sont très méri- 
tantes, et seront recherchées pour les marchés. C'est 
d'abord la 1.s\{\\q pomwêe grosse brune têtue (Vilmorin), 
assez peu répandue en Suisse. Elle appartient aux va- 
riétés colorées, et l'on sait qu'elles sont de bonne vente 
chez nous, La pomme est grosse, ferme, de couleui* 
rouge brun, ressemblant beaucoup à la variété Sémoroz, 



— 138 — 

dont elle a toute la finesse et la bonne qualité. Elle est 
très lente à monter en graine, ce qui lui a donné son 
nom. Cette variété de pi-emier mérite supportera-t-elle 
nos hivers rigoureux? Nous avons toutes raisons d'es- 
pérer qu'elle finira par s'hiverner dans notre pays. Les 
laitues pommées brunes : Sémoro:;, Canada ou rousse 
Palatine et grosse brune têtue, tiennent le premier rang 
dans nos cultures. Les Laitues pommées blondes ou 
blanches sont beaucoup plus cultivées aujourd'hui qu'au- 
trefois, principalement pendant l'été. Elles ont moins de 
saveur, mais grâce à leur belle couleur, elles sont d'un 
bel aspect dans le saladier. Parmi les variétés de premier 
choix, citons par ordre de précocité la L. Toni Pouce, 
très jolie petite Laitue de printemps, propre à la culture 
forcée, la L. de Rilleux, qui a quelque analogie avec la 
L. cordon rouge, la L. A/hano. la plus fine et la plus 
belle de nos salades pommées d'été, obtenue par la mai- 
son Dammann et C''', à Naples, mais qui ne s'hivei'ne pas 
chez nous, la L. Reine des Laitues^ que ses pommes 
énormes et lentes à monter ont fait adopter par quelques 
maraîchers. Une nouvelle sorte, la L. blonde géante de 
Naples, légèrement frisée, sera très appréciée dans les 
cultures agricoles : très rustique, lente à monter, sa 
pomme, très grosse, a les feuilles d'un beau jaune lui- 
sant. La L. pommée Deacon est une nouveauté améri- 
caine essayée cette année, qui ressemble beaucoup à la 
L. pommée de Chalon, mais plus {petite et à côtes iDeau- 
coup plus fines ; c'est une bonne vai'iété à cultiver pour 
l'été. 

Quelques nouvelles variétés de Pois ont été intro- 
duites cette année par notre Société. Le P. nain très hâ- 
tif d'Annonay (Mlmorin) est un peu plus haut que le 
P. très hà/if à châssis ; il atteint 30 centimètres et est un 
peu plus tardif que celui-ci, mais de production plus 
abondante. C'est le vrai Pois très nain à cultiver en plein 
champ : aussi sera-t il apprécié des cultivateurs. Depuis 
quelques années, les obtenteurs anglais recherchent des 
variétés naines très productives, atteignant de60à80cm., 
n'exigeant que de courtes rames et d'une culture facile. 
Le P. Stratagem est un des meilleurs types du genre, 
mais on lui reproche son manque de finesse. Les ama- 
teurs de Pois ridés anglais donneront la préférence au 
Pois Sutions Perfect Gem, belle variété ayant atteint 



- 139 — 

80 cm. dans nos cultures, à cosses très larges, remplies 
de8à9grains ridés d'un goût exquis. 11 est classé parmi 
les variétés précoces et résiste bien aux fortes chaleurs 
de l'été. 

Les Pois i)rintaniers à rames sont assez cultivés dans 
les jardins, mais en général ils donnent peu, sauf dans 
les terres fortes et bien fumées. Le P. Eclair (Forgeot.) 
et le P. Turpin hâtif (Dupanloup) sont les plus produc- 
tifs. Une variété de seconde saison, le Pois Sutton's Early 
MaiTowfat est une magnifique sorte à grains ridés, 
dont les cosses sont très longues et bien remplies. 11 est 
difficile de trouver une variété plus délicate et nous es- 
pérons bien qu'elle se répandj-a dans les cultures. Le 
Pois Serpette à longues cosses est un beau Pois en forme 
de sei'pette, à cosses longues et à grains ronds, de pro- 
duction moyenne, à cultiver pour les marchés. Cette va- 
riété, quoique l)onne, nous a paru ressembler à une va- 
riété anglaise, plutôt qu'au pois Serpette ordinaire. 

(A suivre.) Auguste Dufour. 

Culture du Chrysanthème. 

TRAVAUX d'août 

Toujours de la pluie ! Quelle vilaine saison d'été nous 
traversons ! Malgré tout, les Chrysanthèmes se compor- 
tent d'une manière généralement satisfaisante; mais il 
est évident que toutes ces averses d'eau que nous subis- 
sons presque journellement ont lavé la terre des pots, et. 
par conséquent, il est nécessaire de donner aux racines 
un surcroît de nourriture solide. Habituellement, nous 
faisons le travail que nous allons expliquer seulement 
vers latin de ce mois ; pour la raison énoncée plus haut, 
nous allons commencer de suite. 

11 faut maintenant préparer un mélange composé de 
quatre parties de terre de gazon, d'une partie de terreau 
de feuilles et de deux parties de crottin de cheval (ajouter 
plus de terreau si la terre franche est très compacte) ; 
retourner le tout plusieurs fois, et arroser le tas avec du 
jus de fumier de cheval, de vache ou de chèvre, laisser' 
sécher pendant quelques jours: puis on grattera la terre 
des pots jusqu'aux premières radicelles qui ne sont pas 
loin de la surface, et on appliquera dessus environ deux 



— 140 — 

centimètres du compost préparé, en le tassant assez for- 
tement. C'est pour avoir l'espace nécessaire à cette opé- 
ration nommée surfarage, que nous avons recommandé 
dans notre ai'ticle du mois de mai de ne remplir les pots 
que jusqu'à 4 cm. du bord. Les radicelles ne tarderont 
pas à se porter en quantité vers cette nourriture fraîche 
et les plantes en retireront un grand bénéfice. 

Dans notre article du mois dernier nous avons dit 
qu'il fallait commencer à donner aux plantes de l'engrais 
liquide trois fois par semaine. On pourra le prépai-er de 
la manière suivante : on jette dans des tonneaux ou au- 
tres grands récipients soit de la bouse de vache, du crot- 
tin de cheval, de la fiente de pigeon, du fumier de mou- 
ton ou de chèvre, et on y ajoute de la suie renfermée 
dans un sac à mailles assez serrées, avec quelques 
pierres pour que le sac s'enfonce; on laisse tremper 
pendant deux jours, en remuant de temps à autre, et on 
arrose avec le liquide étendu d'une certaine quantité 
d'eau, plus ou moins suivant la force de l'engi-ais. Les 
plantes très vigoureuses devront être arrosées à l'en- 
grais presque journellement, les autres tous les deux 
jours. 

Lorsque les boutons sei-ont formés, on commencera 
à les arroser avec du sulfate d'ammoniaque dans la pro- 
portion d'un demi-gramme par litre d'eau, pendant les 
premiers quinze jours, et ensuite d'un gramme par litre; 
cet engrais ne devra jamais être employé à dose plus 
forte, car on risquerait de brûler les plantes. Le sulfate 
d'ammoniaque ne doit être appliqué quaprès la for- 
mation du bouton. 

Vers le milieu du mois, les boutons vont commencer 
à se montrer sur les plantes cultivées: pour la grande 
fieur ce bouton est le bouton-couronne et c'est lui qui 
produit les plus belles fleurs en général ; il est entouré 
de bourgeons qu'il faudra retrancher pour concentrer 
toute la force sur lui. 

Suivant les saisons et les localités, ce bouton se forme 
assez souvent au commencement du mois. Si à ce mo- 
ment on le conservait, on serait exposé à avoir une flo- 
raison trop hâtive et très médiocre, les fleurs s'épanoui- 
raient en octobre ; lorsque le cas se présente, on enlève 
le bouton et on continue la tige avec le bourgeon le plus 
vigoureux qui, en septembre, se terminera par un bouton 



— 141 — 

que l'on nomme bouton terminal parce qu'après lui il 
n'y a plus de végétation ; au lieu d'être entouré par des 
bourgeons comme le bouton-couronne, il est entouré de 
boutons plus petits. Nous y reviendrons du reste le mois 
prochain. 

On peut poser comme règle générale : tout bouton- 
couronne qui se montre avant le 15 août doit être 
supprimé, et alors la floraison se fera sur le bouton ter- 
minal ; mais après le 15 août on conservera le bouton-cou- 
ronne, qui donne presque toujours les plus belles fleurs. 
Exception à cette règle doit êti-e faite pour les anémoni- 
flores, qui produisent les plus belles fleurs sur le bouton 
terminal. 

Les plantes en touffes, qui doivent porter une grande 
quantité de fleurs, ne seront pas inquiétées: on laissera 
les boutons se produire librement, mais il est peu proba- 
ble qu'ils apparaissent déjà ce mois-ci. La même chose 
soit dite en passant pour les plantes à tiges et les plantes 
naines, auxquelles on se bornera à donner les soins gé- 
néraux indiqués ci-dessus: surfaçage, arrosements à 
l'engrais, chasse aux insectes, tuteurage, etc. 

H. Fatzer, 

Membre correspondant de la Société d' Horticulture de Genève. 



Le Freesia réfracta alba. 

Encore une charmante petite plante, qui. par la sim- 
plicité de sa culture et sa floraison hivernale, mérite 
d'être beaucoup plus cultivée. Du reste, son prix est très 
bas, et, chaque année, le commerce en livre en bulbes 
secs, à l'époque du repos, des centaines de mille. Comme 
je viens de le dire, sa culture est fort simple. En août- 
septembre, lorsqu'on l'emarquera un léger réveil, il sera 
bon de les mettre franchement en activité : à cet effet, on 
prépare un sol plutôt léger, composé de terreau, d'un 
peu de terre franche, le tout additionné d'une légère par- 
tie de terre de bruyère, afin de former un sol très per- 
méable, léger et doux au toucher, sans cependant tom- 
ber dans l'excès. Nous prenons volontiers des pots de 
12 ou 13 cm. de diamètre, très propres et foitement drai- 
nés, dans lesquels nous plaçons 6 bulbes, et nous trions 
ceux-ci, afin que, autant que faire se peut, les bulbes 
qui garnissent un pot soient de même grosseur.— Cela 



— 142 — 

nous donne des potées de vigueur uniforme et, par con- 
séquent, plus agréables à l'œil. — On placera sous châs- 
sis froid, en ayant soin d'arroser modérément pendant 
-cette phase de' la végétation. Un rentrera de là en serre, 
-au fur et à mesure, afin d'avoir une tloraison successive 
qui pourra se prolonger fort en avant dans le printemps. 
En serre, on aura bien soin de placei' les pots aussi 
près que possible du vitrage, afin que la lumière dont 
ils sont si avides leur soit abondamment donnée, ce qui 
empêchera l'étiolement, et formera de belles plantes. Il 
sera nécessaire, lorsque les tiges à fleurs feront leur 
apparition, de les tuteurer, les pousses étant en général 
trop faibles. On choisira dans ce but de petits tuteurs, 
ti'ès légers, afin de ne pas gâter le port gracieux de 
cette charmante plante. II sera toujours préférable de 
rentrer en seri-e tVoide ou tempérée ; cependant, pour 
hâter la floraison, on pourra se servir de la seire chaude. 
Quelques arrosages à l'engrais liquide donneront de 
l'ampleur aux fleurs. Quand, après la floraison, on re- 
marquera un ralentissement dans la végétation, on di- 
minuera les arrosages, puis enfin on les cessera, en pla- 
çant les pots pendanr l'été, soit sous les bâches, si la 
serre est aérée, ou sur un rayon. Enfin, comme je j'ai 
dit plus haut, en août-septembre, on secoue le pot et l'on 
trie les bulbes, qui ont foi-nié. pendant la végétation pré- 
cédente, une nombreuse génération. Le semis est aussi 
très usité, et on arrive à le faire fleurir dans la même 
année. En résumé, nous recommandons instamment 
cette modeste fille de la terre d'Afrique, qui jettera dans 
nos serres, pendant les longs mois froids et brumeux de 
l'hiver, une note gaie et parfumée. Ch. Platf.l. 



CHRONIQUE HORTICOLE 

Rosier « Oscar VI Roi de Suède. » — Hyl)nde remontant, obtenu 
par MM. Soupert et Notting, rosiénstes à Luxembourg. Variété 
hors ligne et l'une des belles nouveautés de l'année 1889, dont le 
Journal des roses donne la figure dans son N° du l''-' décembre. 
L'arbuste est très vigoureux et d'un beau port, les fleurs sont très 
grandes, très pleines, et d'une forme parfaitement imbriquée. Le 
coloris est d'un beau carmin nuancé de vermillon ombré de 
i'ouge bnin ; l'odeur est des plus agréables. 



— 143 — 

Rose thé « Grâce Darling ». — La Revue de l'Horticulture belge et 
étrangère signale chaque année à ses lecteurs quelques rosiers 
d'élite. Elle fait l'éloge de la rose « Grâce Darling » mise au com- 
merce en 1885, parBennelt; de port élégant, c'est une des plus ro- 
bustes parmi les roses thés et son coloris est rose saumoné, éclairé 
de carmin à fond jaune. Parmi les bonnes nouveautés et les coloris 
nouveaux de ces dernières années, on peut citer au premier rang: 
Luciole^ gain de Guillot et fils, mise au commerce en 1887; Comtesse 
Anna Thun, mise au commerce en 1888, par Soupert & Notting; 
Duchesse d'Auerstœdt, éditée en 1888, par Hernaix, et l'Idéal, 
nouveauté de 1888, due à Nabonnand. 

Manière de prévenir la pourriture des pièces de bois enfoncées 
dans la terre. — Un a toujours regardé comme très difficile de pré- 
venir la pourriture des bois dans la terre; mais suivant The Brilish 
Farmer's Gazette, une simple précaution, ne coûtant ni travail ni 
argent, augmenterait de 50 "/o la durée du bois mis en terre. 

C'est simplement en mettautle bois enterre dans les s^ns opposé 
à celui dans lequel il a poussé, que l'on obtiendrait ce remarquable 
résultat. 

Des expériences ont été faites, et des morceaux de chêne placés 
en terre dans le même sens qu'ils avaient en poussant ont été 
pourris en douze années, tandis que d'autres pièces du même arbre, 
placées à contre-sens, ne donnaient pas signe de moisissure plusieurs 
années après. Le principe de ce procédé tient à ce que les tubes 
capillaires des bois doivent être placés en sens opposé à la marche 
de la moisissure, qui se ferait dans le même sens. 

(L'Hortmdteur chalonnais.) 

Exposition horticole à Nyon. — La jeune Société d'horticul- 
ture de la Cote organise une première exposition qui aura lieu à 
Nyon les 25—28 Septembre 1890. La Société d'horticulture de 
Genève aura l'honneur d'être représentée dans le jury par deux de 
ses membres. Nos compliments et nos meilleurs vœux pour lu 
parfaite réussite de cette entreprise méritoire. 



ERRATA 

Omission à réparer. — Dans notre dernier Bulletin, page 117, il 
était à noter que M. H. Bippus a obtenu le chiffre de cinq points pour 
ses apports de légumes. 



144 



NÉCROLOGIE 



Loup, Jean-Pierre- Antoine, propriétaire à Mont- 
fleury, commune de Satigny, près Genève, décédé le 25 juin 1890. 
Nous adressons à sa famille l'expression de nos sympathiques 
regrets. 

Mag-uin, Louis, jardinier au Jardin alpin d'acclimata- 
tion, décédé le 22 juillet 1890. 



POTERIE & POELERIE DES DELICES 

Route de Lvon. ;î45>, Genève. 

V. MONOD 

Suoeesseur de A. SCHW AUTZ. 

SPÉCIALITÉ DE VASES POUR FLEURS 

Grand assortiment dans toutes les dimensions. 

Vases ornés, Coupes, Suspensions. Briques ornées 

pour bordures en tous genres. 

Construction de Cliaiiffage de serres et Poêles en Catelles. 

La maison se charge de la fabrication de n'importe qudl pièce sur 
commande. 

de la maison 

ORMOND&C'^Vevey 

Recommandé par la Société d'Horticulture de Genève et la di- 
rection de l'Ecole d'agriculture de la Kutti (Berne). Cet extrait 
employé dans la proportion d'un kilogramme pour .50 à 150 litres 
d'eau, sert à la destruction de la cloque, des pucerons, des lima- 
çons et de la vermine du bétail. 

Il est aussi employé avantageusement en bassinages dans les 
serres. Se vend par boîtes de kil. 1 à fr. 2.2.5, de kil. 3 à fr. 6.50 et 
kll.6àfr. 12.75. 

Drog^uerie A. KOLI^ER, 
18, rue du Marché, Genève. 



GENÈVE. — IMPR. UICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



36"^^ xiNNÉE 9- LIVRAISON SEPTEMB. 1890 

BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GE NE VE 

FOONTIDÉE Eisr 1855 



Soininaire : Avis. — Programme du (Concours dn Chrysan- 
thèmes. — Procès-verbal de l'Assemblée générale du 10aoùri890. 

— Souvenirs de la promenade du o août 1890. — Compte-rendu 
financier. — Freesia odorata (_avec gravure). — Bégonia gera- 
nioides (avec gravure). — Hygrométrie horticole: L'Erodium 
gruiniim. — Culture des Chrysanthèmes: travaux de septembre. 

— Le Lygodium scandens. . — Chronique horticole. — Annonces. 

AVI S 
Les 1 4, i 5, 1 et 1 T iiovenibre, au 
Stand de la Couloiivreuière, Coiicoups de 
Chrysanthèmes, d'Oeillets et trautres Plan- 
tes fleuries, auquel tous nos soeîétaîres 
fleuristes sont invités à présenter leurs 
eolleetions tant petites cpie grandes. 

Assemhlées générales en 1 SOO : 
Les dimanches 1 4 septembre, 
)) 5 octobre, 

» 30 novembre. 



La Bibliothèque est ouverte tous les jours chez M. Stockly. 
concierge au Jardin botanique. MM. les sociétaires y trouveront 
un grand choix de livres concerrant les diverses parties de 
l'Horticulture, ainsi que les publications mensuelles suivantes: 
<( Revue horticole de Paris ». « Revue de l'Horticulture belge et 
étrangère ». <' Illustration horticole », le Journal des Roses », 
< le Journal des Orchidées». <« la Pomologie française », «la 
Revue horticole de la Suisse romande » et u la Maison de Cam- 
pagne ». 



— 146 — 
SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE DE GENÈVE 



CONCOURS DE CHRYSAIVTHEMES 

d'ŒILLETS et d'autres plantes fleuries 
les 14, 15, 16 et 17 novembre 1890 

au Stand de la Coulouvrenière. 



Ces Concours sont ouverts séparément entre Horti- 
culteurs et Amateurs, e\ ne concernent que les membres 
de la Société. 

Les prix sont délivrés en médailles de vermeil, d'ar- 
gent et de bronze, grand et petit module, ou en leur va- 
leur en espèces. 

PROGRAMME 

Clirvsau thèmes. 

i" Concours. — Pour les collections les plus nombreuses et les 
mieux étiquetées, cultivées en pots, en variétés tant anciennes que 
nouvelles, 

2"^^ Concours. — Collections de 100 variétés choisies parmi les 
plus belles. 

S""' Concours. — Collections de 50 variétés. 

4°° Concours. — Collections de 25 variétés. 

Les mêmes conditions de concours pour les fleurs coupées, Hwec 
une différence de prix. 



CFJllets et plantes fleuries. 

i" Concours. - Pour les plus belles variétés d'Œillets cultivés 
en pots. 

2°"" Concours. — Collections de 50 variétés d'Œillets cultivés 

en pots. 

3' Concours.— Plantes fleuries de la saison. 



Jeudi 13 et vendredi 14 novembre jusqu'à midi. — Réception 
et classement des produits. 

Vendredi 14 novembre à 1 h. de l'après-midi. — Opérations du 



— 147 — 

Samedi 15 7iovembre. — Ouverture au public, de 9 heures du 
matin jusqu'au soir. Prix d'entrée : 75 centimes. 

Dimanche 16 novembre. — De 9 heures du matin jusqu'au soir. 
Prix d'entrée : 50 centimes. 

Lundi 17 novembre. — Prix d'entrée: 25 centimes. Vente le 
matin; dès 1 heure, enlèvement des produits. 



Le Comité d'organisation tient des flacons en location 
à la disposition des exposants. 

Les inscriptions sont reçues jusqu'au 31 octobi^e in- 
clusivement chez M. F. Cardmauœ, président, Fuste- 
rie, 6, Genève. 

— ^^®^* — 

EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 10 août 1890, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Henri Welter, l^"' vice-président. 



Septante-cinq membres assistent à la séance. Le procès-verbal 
de la dernière Assemblée est lu et adopté. 

Candidats présentés : 

1° M. Antoine Bouchet, jardinier, boulevard du Pont d'Arve, 
18, par MM. Gorrevon et Aug. Dufour. 

2° M. Louis Grasset, jardinier, place des XXII Gantons, par 
MM. L. Dufour et Schoch. 

3° M. IsAAC Panissod, propriétaire à Aire, par MM. Kemler et 
Schoch. • 

4° M. Albert Pichon, campagne Mon Chalet, à Mornex, par 
MM. Cardinaux et Welter. 

M. le Président annonce qu'il nous a été envoyé les graines 
suivantes : 

1° De M. le eointe du Bu\sson, propriétaire, au chû- 
teau du Vernet (Allier), membre honoraire de notre Société: 

Des graines d'Erodium gruinum, qui ont la remarquable pro- 
priété de pouvoir servir d'hygromètres de serre. 

2° De M. Ulrich Brunner, horticulteur à Ouchy, près Lau- 
sanne (Vaud) : 



— 148 - 

Plusieurs paquets de graines Je son Chou hàtif rustique 
d'Ouchy. 

L'assemblée adresse aux deux donateurs des remerciements 
pour leurs envois. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Edouard Croix, horticulteur aux Eaux- Vives: 
Une belle corbeille de tleurs coupées obtenues de graines déli- 
vrées par la Société. Deux pieds d'Œillet Marguerite, semis du 
mois de mars ; un Bégonia tubéreux et un Fuchsia. P. 3. 

2° De M. Louis Decorfçes, jardinier, chez M. le D'' Lom- 
bard, à Malagnou : 

Six variétés de Bégonia Piex : Louise Chrrlien, Ville de Namut% 
M"" Mantel, Ville de C/u(tellerault,ei deux variétés sans nom. P. 5. 

3" De M. Frédéric Deléeraz, jardinier chez M. Henri 
Pasteur, au Grand Saconnex : 

Deux cônes d'Araucai-ia emir«ca<a, une fronde de la fougère 
Adiantum pedatum, une fleur du Lys Methonica superba, ra- 
meaux tleuris de Bougainvillea spectabilis, un pied d'Hœman- 
thus puniceus, plante du Gap. P. 2. 

4° De M. «Joseph Grùtter, jardinier chez M. Dupont, à 
Bellerive : 

Fleurs coupées de Bégonias tubéreux, semis de 1889; un Bé- 
gonia rubra subpeltata; 2 x\mai'antes Grèles-de-coq et i Coleus. 
■p. 3 Y,. 

5° De M. Albert Haasis, jardinier chez M. Ernest Saladin à 
Ghambésy: 

Quatre Goléus nouveaux obtenus de semis: Souvenir de David 
Dufour, M"" de Weslerweller-Eynard, Président Cardinaux et 
Oloire de Ghambésy. H. G. — Un Béj^^onia Rex Dr. Faust et un 
Bégonia tubéreux Deulscher Ru/im (Gloire allemande). P. 1 '/j. 

6° De M. «Jean Hoiïer, jardinier chez M. Bonna, à Ghampel: 

Une belle corbeille de tleurs coupées comprenant 00 variétés de 
Géranium zonale, 20 de Zinnia, 20 de Tagète. — Œillet d'Inde, elc. 
Un pied de Primula obconica. P. 2 "2- 

7° De M. Clément Iveniler, jardinier de la campagne 
Vieusseux, avenue d'Aire : 

Tiges lleuries iV Acanlhus spinosus et d'Echinops banaticus ; 
une corbeille de 35 à 40 Dahlias simples, semis de 1889 et 1890. 
P. 2 V2. 



— 149 — 

8° De M. Fi'itz I^iidi, horticulteur à Plaiiipalais : 

Huit beaux pieds de Bégonias lubéreux en tleurs. P. 4: 

9° De M. Charles Platel, jardinier chez M. Plantamour, à 

Sécheron : 

Deuxûeuvsd'Arisloloclnaeleffiuis, une tige d'Acanthe épineux, 

un rameau de Bouçiainvillea gabra. H. G. 

10" De M. Saloinon Seho<«li, jardinier chez M, Postli, aux 

Délices : 

Dix variétés de Glaïeuls do Gand et 2 pieds de Gloxinias. 

P. 3' .,. 

CULTURE LI^GUMIKRE 

1" De M. Heiii'i lîippus, jardinier chez M. Antoine Martin, 
à Vessy : 

Aubergines naine hâtive et de Nangasaki, Artichaut violet, 
Carottes deuii-longue courte de Guérande et demi-longue de Luc, 
Concombres de Chicago, du Japon et petit de Paris ; Choux de 
Milan des Vertus, de Wintiigsladt, de Milan à pied court; Choux- 
fleurs de Côme, de Toscane et géant d'automne; Haricots à rames: 
blanc d' Amérique, nankin, soulhcrn prolific, wliiie crease 
hach : Haricots nains: incomparable, Lyonnais, du bon jardi- 
nier, nankin, d'Elatnpes, éclipse, nec plus ullra^ Valenline ; Pois 
i\ug\?L\&:Sutlon perfect yem et matchless marroicfal: Melons noir 
des Carmes et Cantaloup de Bellegarde, Pommes de terre pari- 
sienne et prince de Galles, Tomates cerise, Victoria, Courtet, 
hâtive de pleine terre, grosse rouge et grosse lisse. P. 5 

2° De M. Kdoiiartl Croix, horticulteur aux Eaux-Vives: 
Aubergine violette longue. Carotte demi-longue, Laitue pom- 
mée Séuioroz, Oiguon jaune, Touiate grosse lisse et Mikado. 
P. 1 '/,. 

3° De M. Jacques Dubosson, à Plainpalais : 
Artichaut violet, Asperge d'Argenteuil, Chou frisé, Rhubarbe 
Victoria, Scarole verte, Scorsonère. P. 2 '/z- 

4° De M. Ami Dufoiir, à Cologny : 

Neuf variétés de Pommes déterre, dont 5 provenant de tuber- 
cules délivrés par la Société : St- André de Suède, Trifri, Triom- 
phe de Genève, Claudius de Loisy, Early Louhannaise, Canada, 
Fl)con de neige, Early rose, Impérator, P. 3. 

5" De M. Frécl«'rie Ciav, maraîcher à Fossard : 
Carotte rouge plate d'Egypte, (Chicorée frisée de Meaux, Chou 
d'Etampes, Haricot Velin à rames. Haricots naius Lyonnais, gris 



— 150 — 

de Galuii-e, flageolet Roi des verts, beurré sans pareil et cent 
pour un ; Laitues pommées Sémoroz, de Genezzano et Romaine 
verte maraîchère ; Poireau gros de Rouen, Pommes de terre ma- 
gnum bonum, violette printaunif-re, éléphant blanc ; Rave d'Au- 
vergne, Scarole à cœur plein. P. 4. 

6° De M.Josepli Grùtter,à Bellerive : 

Chou-fleur de Naples, Chou de Milan à pied court, Choux rouges 
très hâtif d'Erfurt et gros tardif d'hiver. Haricots à rames beurre 
du Mont d'Or et nankin, Laitue pommée Sémoroz. P. 2 '/z- 

7" De M. Albert Haasis, à Chambésj' : 

Haricots à rames Carlos^ variété 1res productive et de première 
qualité. La Commission maraîchère recommande cette nouveauté 
pour les cultures bourgeoises. P. 1. 

8" De M. Jean Hofi'er. à Champel : 

Carotte demi-longue, Cliou rouge à pied court, Pomme déterre 
Early rose, Tomates Mikado et roi Humbert. P. 1. 

CULTURE FRUITIÈRE 

1° De M. Joseph Ginitter, à Bellerive : 

Abricot royal. Poires beurrés Goubault et vert. Raisin Magde- 
leine de juillet. P. 1 

2° De M. Jeau Hoffer, à Champel : Abricot-pèclie, Fraises 
des quatre-saisons. Poires cuisse-dame, doyenné d'été, rousselet, 
Prune Reine-Claude. P: 2. 

M. le Président félicite les nombreux exposants pour leurs remar- 
quables apports et présente ensuite un rapport oral sur la visite 
faite par MM. Aug. Moser, Jacob Muller et H. Welter chez 
M.Albert Haasis, à Chambésy, pourexaminer sesnouveaux Coleus 
obtenus de semis, dont quatre spécimens très remarquables sont 
exposés à celte assemblée. 

La conférence annoncée de M. Gorrevon sur les Orchidées ne 
pouvant avoir lieu par suite du décès de son fils cadet, l'Assemblée, 
sur l'invitation de M. le président, adresse à cet excellent collègue 
ses sentiments de condoléance pour la perte douloureuse qu'il 
vient de faire. 

Après lecture, par M. Etienne Fayol, du rapport financier sur la 
course faite à Beaulieu, le 3 août dernier, la séance est levée à 4 '/, 
heures. 

Le Secrétaire général: 

D. Triboulet. 



- 151 — 
Souvenirs de la promenade du 3 août 18 

Tous ceux de nos sociétaires et leurs invités qui ont pris part 
à cotte promenade se rappelleront toujours avec plaisir ce qu'elle a 
eu d'ngréable d'un bout à l'autre; et il faut croire que, si, par 
malheur, il y en a eu quelques-uns de leur grand nombre qui ne 
se sont pas trouvés pleinement satisfaits eu tous points, ce mécon- 
tentement n'a été que passager et que, après avoir souti'ert de leur 
dépit sans la sympathie de personne, ils eu sont venus bientôt à 
juger les choses passées avec un esprit plus indulgent et à prendre 
le bon parti d'oublier tout à fait leurs griefs déraisonnables. 
Hélas! ne sait-on pas que l'hotnme n'est point parfait? Il a lieu à 
tout moment de le prouver et de l'éprouver, par lui-même et par 
autrui, dans ce qu'on pense et fait, dans ce qu'on projette et orga- 
nise. . . et dans ce qu'on mange et boit à des repas de corps servis 
à la campagne et avec de nombreux commensaux. 

La navigation du matin, de Genève à RoUe, a été un charmant 
début pour cette belle journée. Lac bleu et brillant sous le clair 
soleil et caressé d'une brise délicieuse; air pur et limpide, laissant 
apercevoir avec une grande netteté les paysages variés des deux 
rives, qu'on ne se lasse pas d'admirer, tout bien connus qu'ils nous 
sont, et qui semblent sourire avec plus d'attrait quand on les re- 
garde, comme en ce jour-là, avec une bonne humeur de fête. Les 
hautes Alpes étaient voilées de nuages, mais ces météores, par 
leurs formes fantastiques et sans cesse changeantes, ne faisaient que 
donner au tableau un caractère plus pittoresque; en revanche, le 
Jura vaudois s'étalait superbement dans la lumière sereine, en 
offrant à l'œil ravi les riches campagnes qui s'étendent du lac à 
son pied, les villages et les hameaux étages sur ses pentes, avec 
les cultures et les bois dont ils sont environnés et le rideau sombre 
des forêts qui les dominent, les pâturages et les chalets des som- 
mités, les collines vineuses de la Cote et Rolle, but de notre pro- 
menade. 

La campagne de Beaulieu, à visiter laquelle notre Société avait 
été si gracieusement conviée, se trouve à peu de distance de cette 
jolie petite ville et c'est une des plus vastes et des mieux situées 
de la belle contrée du district de Rolle. Au point de vue de l'hor- 
ticulture paysagère, elle est remarquable par l'abondance de ses 
arbres de haute futaie, d'essences diverses, qui élèvent de tous 



— 152 — 

côtés leurs cimes majestueuses et forment surtout des groupes 
magnifiques autour du monticule sur lequel est sise la villa. Nous 
y avons été honorés et réjouis de la plus aimable réception de la 
part de l'excellente famille du digne propriétaire. M. de Wester- 
wellerEynard, dès notre arrivée, nous a souhaité la bienvenue en 
quelques paroles simples et cordiales et exprimé que sa maison, 
ses jardins et sou parc étaient à notre entière disposition et que 
nous devions nous considérer comme chez nous durant le temps, 
trop court à notre avis, qu'il nous était donné de passer à Beau- 
lieu. Il eut soin aussi de nous inviter gaiment à faire honneur aux 
allèchements du butïet dressé au bord de la terrasse de ia villa, 
sous l'ombre d'un hèlre gigantesque, divisé à un mètre au-dessus 
de la base en deux troncs superbes, et à côlé d'une jolie fontaine 
rustique. Cette recommandation délectable fut dûment prise à 
cœur, et, s'il est iiermis de le dire, l'on vida nombre de bouteilles 
de bon vin du ci-ù, blanc et rouge, sans comi.iter les pèches, les 
sandwiclies. les menues jiiéces de pâtisserie et petits pains de 
Rolle qui se croquaient à ])elles dent-'. Le maître de Beaulieu était 
secondé dans sa tâche hospitalière pnr les dames de la maison. 
M"'" de Westerweller-Eynard ainsi que ses gentilles fillettes et 
M"" de Westerweller, qui voulureiit bien prodiguer des attentions 
particulières à la partie féminine de notre compagnie. 

M. le pièsident Cardinaux, en un discours d'une généreuse ani- 
mation, se fit envers la famille Westerweller l'interprète de la 
gratitude dont nous étions tous pénétrés pour une ii admirable 
réception. Il rappela que, il y a 10 ans, lors de la promenade faite 
par la Société d'horticulture de Genève pour fêter le 2ô" anniver- 
saire de sa fondation, nous avions été, i)ar M. de Westerweller 
père, accueillis de même au château de Vincy avec une exquise 
cordialité. De si précieuses manifestations de bon vouloir et de 
syujpathie sont faites iiour nouer entre cette famille distinguée et 
nos sociétaires un attachement indissoluble. F-t, i»our laisser de la 
visite de ce jour-ci aux mains de M. de Weslerweller-Eynard un 
souvenir matériel sous forme d'une petite œuvre d'art, il lui offrit 
notre grande médaille d'argent, avec une inscription commémora- 
tive,en même temps qu'aux acclamations de tous les assistants, il lui 
annonça, comme témoignage de notre reconnaissance, sa nomina- 
tion de memljre honoraire de la Société. 

Après des remerciements gracieusement exprimés par notre 



— 153 — 

nouveau collègue, M. de Westerweller père prit la parole et, dans 
des propos énoncés avec la pins charmante bonhomie, il renouvela 
l'assurance de son ancien dévouement à notre Société et fit l'éloge 
de la profession du jardinier, cjui, mieux que tout autre, sait se con- 
cilier l'estime et l'afïection de tous les gens, jeunes et vieux, 
hommes et femmes. Il est agréable aux enfants par les doux 
fruits qu'il leur ollVe ou qu'ils lui ravissent, aux dames par les 
tleurs dont elles parent leur salon ou leur corsage, à tout le 
monde enfin par les produits divers qu'ils fournissent à nos 
tables. 

N'oublions pas de noter que plusieurs de nos jardiniers, sans 
se laisser trop captiver par les séductions du buffet, eurent soin 
de visiter les cultures de leur confrère de Beaulieu. Quelques 
mots sur ce qu'ils ont observé chez lui de plus méritoire. Un 
petit massif de Bégonias tubéreux, la plupart très remarquables 
par la dimension des fleurs et l'éclat de leur coloris ; trois modèles 
bien réussis de mosaïculture, celui surtout de la figure d'une 
grande étoile à 7 rayons; autour de la maison des plates-bandes 
de Géraniums zonales à riches ombelles de plusieurs nuances du 
rouge le plus vif; trois rangées de 110 pieds de Rosiers d'automne, 
entourés de différentes variétés de Pelargonium et de Dahlias 
liiliputs violets; dans un parterre mignon, orné d'un fin petit jet- 
d'eau, un élégant tapis de Sagina subuJata; une belle corbeille de 
Coléus, avec la variété jaune pur; des Géraniums à grandes fleurs, 
divers Bégonias et Lobélias, d'anciennes variétés mais de fort belle 
venue, etc., etc. Dans le jardin potager, bien entretenu: Melons 
Cantaloups, Tomates, Choux-fleurs deNaples, Chouxde Bruxelles, 
Haricots à rames; avec des plates-bandes à jolies variétés de Sal- 
piglossis, GoqueJourde, Rose trémière, Muflier, Phlox, Pétunia, 
Oeillet de Chine, Verveine, Campanule à collerette, etc. Pêcherie 
bien conduite, avec de nouvelles variétés américaines. 

. . . Revenus àRolle, tout enchantés des plaisirs goûtés à Beau- 
lieu et dans la meilleure disposition de festoyer jusqu'au bout de 
leur journée, nos sociétaires se sont retrouvés au restaurant du 
Casino pour le banquet indispensable en pareille circonstance. 
Celui-ci eut lieu dans une salle très spacieuse, pénétrée d'une 
riante lumière et décorée assez gentiment: il y avait donc déjà 
cela de bon, et si quelques compagnons d'humeur chagrine n'ont 
pas été contents ni du menu, ni de la qualité des plats, il n'y 



— 154 — 

paraissait guère. La plupart de nos gens étaient d'une gaité de 
bon aloi, à laquelle des discours et des toasts n'auraient pu com- 
muniquer plus d'entrain; au contraire! et j'imagine que c'est pour 
cette raison que personne peut-être n'a songé à en prononcer ou 
à en écouter. Sempre bene. — Après le banquet l'on se dispersa 
de côté et d'autre, par groupes séparés, en jiromenades aux envi- 
rons, en visites à l'Ile La Harpe ou à des amis du pays, en dégus- 
tations de fines bouteilles du vignoble fameux du district de Kolle, 
à Bursins, à Gilly, à Tartegnin dit le rognon de la Côte. . . La plu- 
part de nos jardiniers et amateurs, membres de la Société d'horti- 
culture de Genève, revinrent en ville par le dernier bateau, tran- 
quillement contents ou bruyamment joyeux d'une journée de fête 
si bien réussie. Après une récréation de cette sorte on travaille 
avec plus de courage, sinon juste le lendemain, du moins les jours 
suivants. H. W. 



Course à Rolle 

le 3 août 1890 



Déx>eiises. 

Convocations, expédition des dites 27.15 

Payé pour le bateau, Rolle et retour, 92 places. . . 151.80 
Remboursé les frais de voyage à plusieurs membres 

venus par chemin de fer 4.60 

Location des petits bateaux pour l'Ile de-la-Harpe. . 20.— 

Banquet 330. — 

Dépenses diverses 4 10 



Total . . . . 537.65 

Recettes. 

Don de M. A*' Guex 10.— 

Vente de 110 cartes de banquet à 3 fr 330.— 

Reçu pour le voyage des personnes non sociétaires . 17. — 

Payé par la Caisse de la Société 180.65 



Somme égale . . 537. 9o 
Le rapporteur : Etienne Fayol. 

— ^^^^^^ — 



— 155 



Freesia odorata. 



Le genre Freesia ayant été tiailé clans notre dernier 
Bulletin d'août, nos lecteurs seront peut-être bien aises 
d'avoir sous les yeux cette gravure, qui représente l'une 
des meilleures espèces du genre. 

La Commission de rédaction. 




<r> . 



Freesia odorata. 



ige^ 



Le Bégonia geranioides 

DK Dammann (S^: Cje, 

Notre figure représente bien la cbarmante apparence 
de ce Bégonia nain, qui est originaire de la région h'oide 
des montagnes méridionales du pays de Natal (Afrique 



— 156 — 

australe) et est. par conséquent, une plante d'oi'angerie. 
D'un tubercule brun, de la grosseur d'une noix, il se dé- 
veloppe de niai's en avril un gros faisceau de feuilles ar- 
rondies, d'un vert vif; mais les tiges à fleurs n'apj'ai-ais- 
sent qu'en septembre et couvrent alors toute la plante de 
Icui- floraison d'un blanc de neige. On plante les tuber- 
cules soit sur couche froide, afin de pi-otéger les pieds 
contre la pluie et le vent, soit dans des pots, qu'il sera 
bien également de tenir en un châssis h'oid. Ces i^lantes 
réussissent le mieux dans une situation fraîche et très aé- 






.^^ 



:r1 Jji''- - 




Le Bégonia gei'anioides. 

rée, et le sol qu'elles préfèrent est un mélange de tei-reau 
de feuilles ou de terre de bruyère et de sable pur. Elles 
redoutent la grande chaleur aussi bien que l'excès d'hu- 
midité. Elles se développent surtout très bien dans la 
pleine terre d'une serre ou d'une bâche froides, en four- 
nissant une abondance de fleurs à couper. Ce Bégonia 
tubéreux, s'il est cultivé de façon à déployer tous ses 
mérites, se montre un des beaux connus jusqu'à pré- 
sent. Placée en un lieu bien abrité, la plante peut être 
cultivée à l'air libre, comme, par ex., à proximité d'une 



— 157 — 

€au courante ou à l'entrée d'une grotte. Elle ne supporte 
])as le plein soleil et encore moins les coups de vent. Du 
reste, elle se tiaite comme les autres Béji;onias tubéreux 
hybi'ides, et les tubercules doivent se conserver au sec 
durant leur temps de repos. 

Traduit de l'alleiimnd et de l'anglais du Catal. N° 51, 1890 
((Uilbfts, Tubercules, Orchidées) de la maison Damniann & C'% à 
San Giovanni a Teduccio, près Najdes. 

— ^^S'^^' — 

Hygrométrie horticole. 

L'ErODIUM GRLIINUM W. 

M. le comte F. du Buysson, membre honoraire de la 
Société d'Horticulture de Genève, a bien voulu nous en- 
voyer des échantillons de graines d'une espèce (VEro- 
{li'uni, dont les aiguilles peuvent servii- comme hygro- 
mètres de serre, et" à- ce propos, nous sommes heureux de 
reproduire un extrait d'un mémoire sur « l'utilité en 
horticulture des instriuncnts météorologiques », cpi'il a 
eu soin de nous adresser également, et qui a été lu au 
Congi-ès d'Horticulture de Paris, en LSSr). 

Nous pi-ésentons à notre éminenl collègue nos plus 
vifs i-emerciements de l'envoi de ces graines de VEro- 
diuin çiruinum, qui sei'onl cultivées avec soin par noti-e 
Commission de floricultui-e, ainsi que de l'intérêt qu'il 
porte à la prospérité de noire Société genevoise d'Horti- 
culture. [Red.) 

HVGROMKTHI-: DES SERRES. 

La ^apeur• d'eau dans l'atmosphère est indispensable 
à la vie des plantes. Le Oréaleur l'a répartie dans la na- 
iure pour les en nouri-ir dans les ditïérentes phases de 
leur végétation ; mais, une lois enfermées dans nos 
serres, elles sont soustraites aux intluences atmosphé- 
riques de leurs divers lieux de ])i'Ovenance, et Thorlicul- 
teur est forcé de leur pi-ocurer, par des moyens artifi- 
ciels, cet agent de vie dans la mcsu:-e et aux époques 
qu'elles exigent. 

Bien des systèmes sont employés dans les serres 
pour la production de la vapeur. Nous avons décrit dans 
notre traité sur les Orchidées, VOrchidophile, celui que 
nous avons orijanisé dans notre serre ; mais connne 



158 



nous n'avons pas mission de les faire connaître, nous ne 
parlej'ons que de la manière dont on peut conslatei- 
quand elle y est nécessaire et le point où il faut s'arrêtei* 
quand il y en a assez. C'est au moyen de yjiygi'owètre, 
instrument aussi précis pour les doses d'humidité que- 
le thermomètre l'est pour la chaleur'. 

Quand j'ai commencé à cultiver les Orchidées, en 
1858, à une époque où leur culture était regardée 
comme si difficile que bien peu de personnes osaient 
l'essayer, malgré les résultats de M. Pescatore, dont la 
serre m'avait rempli d'admiration, j'ai compris de suite 
que pour réussir dans le traitement inconnu de ces 
belles filles de Tair, il fallait absolument mie l'endre 
compte de la nature et de la composition de cet air, où 
elles puisaient lenr unique nourriture. 

Je ne connaissais que l'hygromètre de Saussure, du 
cabinet de ]-)hysique de mon collège, et le capucin à ca- 
puchon mobile sur sa corde de boyaux, placé à côté du 
iDaromètre de mon grand-père. Mettre ces instruments 
dans une serre à recevoir des douches multiples, ils 
n'auraient pas résisté huit jours et cependant il me iallai! 
un hygromètre. AjH-ès avoii' bien réfléchi, ce fut encore 
le capucin dépouillé de son costume qui me sembla le 
mieux convenir. Vu moi'ceau de corde de violon tra- 
versé par une épingle et fixé à lautre Ijout sur une 
planche fut mon premier instr-ument, qui n'allait pas 
ti'op mal en prenant la précaution de ne jamais le 
mouiller. Un jour, qu'avec un de mes amis, nous par- 
lions de l'intelligence divine qui avait présidé à la créa- 
lion et combien elle avait multiplié les moyens de pro- 
pagation des espèces, nous avions ramassé des graines 
du petit Erudiuin cicutarium, qui se trouvait dans le 
gazon, et je lui faisais voir comment elles s'enfouissaient 
d'elles-mêmes dans le sol, après les avoir mouillées 
l)our fair-e dérouler la longue aréle de leur carpelle. 
Tous les deux penchés sur le sable d'une allée, nous 
observions avec intérêt le mouvement de vrille im- 
primé à la graine, quand, tout à cou]), frappé d'une idée 
subite, je pousse un Eurêka qui fait tressaillir mon 
voisin. L'hygromètre à graines cVErodiutii était trouvé, 
aussitôt confectionné et mis en pratique. 

J'étais en relations avec M. Louis \'an Houtte, qui 
m'avait envoyé gracieusement mes premières ( )rchidées. 



— 159 — 

pour encourager mes essais. Je lui fis part de ma dé- 
couverte. Un homme d'un esprit aussi actif et intelligent 
ne devait pas la laisser perdre. Quelques temps après, 
je recevais de Gand un paquet de graines (ïErodauii 
gruimirn, avec ces mots : Voilà des aiguilles pour- votre 
hygromètre. C'est Louis Van Houtte, par l'emploi des 
graines que je ne connaissais pas, qui a fait de mon in- 
strument le seul à employer dans les serres. 

En effet, les graines de cet Ei-odiiun, d'une longueur 
de dix centimètres, s'enroulent et se déroulent vers la 
base sous les influences de la sécheresse et de l'humi- 
dité, traçant avec leur long filet, retourné comme l'ai- 
guille d'une horloge, six tour-s en spirale dont le 
développement dépasse un demi-mèti-e, entre le point de 
sécheresse extrême et d'humidité à saturation. 

Pour confectionner l'instrument, on prend un morceau 
d'ardoise ou de zinc, et l'on y perce au centre un petit 
trou dans lequel on introduit une graine; sur un des 
bords de la plaque, on perce un autre trou pour pouvoir 
la suspendre: voilà l'hygromètre tout prêt. On pourrait 
le régler comme un instrument de physique, mais ce 
n'est pas nécessaire pour une serre. On n'a qu'à savoii' 
que l'aiguille de la graine complètement dressée, in- 
dique humidité complète ; enroulée six fois, sécheresse 
absolue et que la moyenne est de deux tours. 

La durée du service de la graine ne dépasse pas 
trois mois dans une serre chaude ; ses tissus se décom- 
posent et perdent leur sensibilité. Quand on la juge dété- 
riorée, on la remplace par une autre. 

IJErodiiun g/'uinuni,ov\g\nan-e du Nord de l'Afrique 
et des lies de la Méditerranée, est l'ustique, se ressème 
dans tous les terrains et s'est naturalisé chez moi. Son 
joli feuillage veiné de pourpre, ses grandes fleurs vio- 
lettes, en font une plante ornementale. 11 faut la cul- 
tiver pour faire prendre aux graines un bon dévelop- 
pement. 

(Société nationale d'Horticulture de France.) 



■-^S©^^' 



— 160 — 
Culture du Chrysanthème. 

TRAVAUX DE SEPTEMBRE 

Depuis que je cultive le Clirysanthèine je n'ai i)as 
encore vu une saison qui soil si défavorable à la bonne 
végétation de cette jjlante. Les pluies torrentielles que 
nous avons presque journellement sont cause que cer- 
taines variétés perdent une quantité de feuilles, et à cela il 
n'y a, hélas, pas de remède! Les plantes sjjécimens souf- 
frent surtout de cette perte de feuilles, parce que. la base 
étant dénudée, on aiiei-çoit tout un fouillis de tuteui'S et 
<le tiges qui n'est pas précisément agréable à l'œil. 
Ln saison normale, il faut une bonne culture i^our ar- 
i-iver à conservei- les feuilles de la base intactes ; cette 
année les cultivateui's qui n"ont \)i\s apporté un soin 
tout spécial au draiiiage des pots seront les premiers à 
s'apercevoir de leur négligence et ils risquent fort de 
subir la ]ierte entièi-e du feuillage. 

La formation du bouton se ressent aussi de toutes 
ces irrégularités de température. Plusieur-s variétés ont 
])roduit le bouton couronne bien avant la période favora- 
ble et, sui" ces mêmes plantes, le bouton terminal se forme 
déjà maintenant, aloi-s qu'il ne devrait faire son apparition 
((ue vers la fin du mois. Ce cas se présente surtout sur 
les variétés à floraison précoce : on éprouvera donc une 
certaine difficulté à en conserver les fleurs jusqu'au 
mois de novembi-e. 

Nous avons dit dans notre article du mois dernier 
que les Chrysanthèmes anéinoniflores, à l'encontre des 
autres genres, i)i'oduisaient les plus belles fleurs sur 
l^outon tei'minal. Pondant deux ou trois ans, j'avais fait 
fleurir les plantes appartenant à cette catégoi'ie sur 
l)Outon couronne et je n'obtenais que des fleur-s très 
médiocres, lorsqu'elles n'avortaient pas complètement ; 
de]iuis que je conserve le bouton terminal j'ai toujours 
obtenu des résultats superbes. 

Plantes pour grande fleur. 

Les variétés à floraison taixlive, sur lesquelles le 
l)Outon couronne ne s'est pas encore montré, ne sont 
pas ti'ès nombreuses, et je crois qu'après la première 



— 161 — 

liuitaine de septembre ce bouton sei'a formé partout; 
on veillera alors à enlever tous les bourgeons qui se 
produisent encore à l'aisselle des feuilles, pour que toute 
la force soit concentrée dans le bouton qui va grossir 
à vue d'œil. 

Plantes spécimens : 

Les boutons ne vont pas tarder à se montrer sur ces 
plantes, et si on ne vise pas spécialement à avoir des 
fleurs de^grandes dimensions on peut les laisser tous : 
alors on aUra des tiges entièrement garnies de petites 
fleurs. Si, au conti'aire, on veut avoir des fleurs assez 
grandes, on supprime une certaine quantité de boutons. 
Cette suppression doit se faire avec discernement, c'est- 
cà-dire que Ton doit laisser un nombre suffisant de bou- 
tons pour que les fleurs, (juand elles seront épanouies, 
ne soient ni trop serrées les unes contre les autres, ni 
ti'op espacées. Ainsi, sur une plante de 2 mètres de 
diamètre, on peut laisser de 300 à 350 fleurs, sur 
celles de 1 m. 50, environ 150 à 200, etc. 

Plantes à tiges : 

Lorsque les boutons seront formés on en suppri- 
mera, mais dans une proportion moindre que pour les 
plantes spécimens, car ces plantes doivent être de vrais 
bouquets de fleurs ; de plus, les variétés que l'on emploie 
d'ordinaire pour cette culture sont généi-alement à 
fleurs moins grandes, par exemple: Mrs. George Pundle, 
Mrs. Dixon, George Glenny, etc. 

Plantes naines : 

De 15 à 20 belles fleurs sont à mon avis un nombre 
suffisant pour des plantes de 40 à 50 cm. de diamètre ; on 
doit donc conserver seulement le bouton terminal de 
chaque tige, excepté pour les yar\é\és pompons, dont les 
fleurs sont si petites qu'il n'est guère la peine d'éclaircir 
les boutons. 

Soins généraux : 

Avec l'apparition des boutons le cultivateur doit 
redoubler de surveillance: les chenilles et les perce- 
oreille ont bientôt fait de dévorer ce qui a coûté tant de 
soins, mais les pucerons sont moins à craindre, attendu 
c|u'un peu de jus de tabac en débarrasse les plantes. Les 
>dienilles doivent être prises à la main et, en plaçant des 
petits godets renversés et remplis de foin parmi les 



— 162 — 

liges, on peut faire chaque malin une abondante récolte 
de perce-oreille. 

Les plantes vigoureuses doivent être ari'osées 
presque journellement à l'engrais liquide; après la for- 
mation du boulon, le sulfate d'ammoniaque est l'engrais 
])ar excellence : il faut l'employer deux ou trois fois par 
semaine et, entre temps, les autres que nous avons 
énumérés précédemment. 

H. Fatzkr, 

Membre correspondant de la Société (V Horticulture de Qenhve. 



Le Lygodium scandens. 

Cette charmante Fougère grimpante, aux tiges grêles 
et volubiles, aux élégantes frondes palmatipartites, mérite 
d'attirer l'attention de tout véritableamateur et, par consé- 
quent, de tout jardinier de maison bourgeoise possédant 
une petite serre chaude. 

En effet, quelle grâce et quelle promptitude de végé- 
tation ! pourquoi donc cette intéressante espèce est-elle 
si peu répandue dans les cultures f Elle se contente de 
peu de place et sera employée pour garnir des colonnettes 
ou en groupe isolé au milieu d'une b;\che. 

Les jeunes pousses seront conduites sur des fils de 
fer auxquels on donnera une forme variant selon les 
goûts de l'amateuj', le Lygodium scandens se prêtant 
avec la plus grande facilité aux circonvolutions qu'une 
main décoratrice se plaira à lui donner. Il est pourtant 
bon de ne pas trop l'éloigner du verre, car, d'après nos 
observations particulières, c'est dii'ectement sous le 
viti-age, en y formant de gracieuses guirlandes, que notre 
plante se développe avec le plus de rapidité. 

La culture peut se faire en p<4, mais préférablement 
en pleine terre, dans le compost que voici : sur 4 parties 
2 de terre de gazon, Vj., de terreau de feuille et V2 de 
sable. 

La multiplication se fait, comme chez la plupart des 
Adiantum, par la division des touffes. 

Après avoir signalé les noinbi'euses qualités de notre 
protégée nous en citerons les deux seuls défauts : 1° le Ly- 
godium scandens exige une bonne serre tempérée, de 



— 163 — 

préférence une serre chaude ; mais cette dernière se 
trouve rarement à la disposition du cultivateur. 

2° Dès que les tiges atteignent leur plus grand déve- 
loppement, il faudra seringuer avec une composition in- 
secticide, si non les kermès y établiront leur campement 
•et détruiront le ravissant effet produit par cette belle et 
trop délaissée fille de l'Inde. 

Louis Dégorges fils, 
Palmengarten, à Fi'ancfort s/M. 

CHRONIQUE HORTICOLE 



Distinctions. — Nous avons le plaisir d'annoncer que le Cercle 
ihorticole du Nord, à Lille, a, dans sa séance du 4 aoûllSOO, nommé 
M. Henry Gorrevon membre honoraire de cette Société. Sincères 
félicitations à notre dévoué collègue. 

— Nous apprenons que le célèbre et sympathique pépiniériste 
de Troyes, M. Charles Baltet, membre correspondant de notre 
Société, vient d'être nommé chevalier de l'Ordre impérial et national 
du .Japon. Nos meilleurs compliments. 

Artichauts monstrueux. — Nous avons admiré, le21 août dernier, 
chez un de nos muruicliers, M. Jean Richard, à Plainpalais, des 
iilioles d'artichauts à réceptacle ne mesurant pas moins de 17 et 
18 cm. de diamètre. Ces artichauts appartiennent à la variété gros 
vert de Laon et ils ont fait l'admiration de tous ceux qui les ont 
•visités. 

Congrès pomologique de France. — La 32""' session se tiendra 
à Limoges, le il septemljre 1890, en coïncidant avec une Exposition 
•d'horticulture, qui sera nationale pour les fruits et locale pour les 
légumes et les fleurs. 

Le Journal des Orchidées. — Grâce à la générosité de la Direc- 
tion de l'Horticulture Internationale, à Bruxelles (administrateur, 
M. Lucien Linden), notre Société recevra gratuitement le Journal 
des Orchidées, destiné surtout aux jardiniers et cultivateurs, qui y 
trouveront l'exposé des meilleures méthodes de culture et l'annonce 
des nouvelles découvertes. A ce propos, nous engageons vivement 
nos sociétaires à faire un plus fréquent usage des ressources d(^ 
notre bibliothèque, où ils ont à leur disposition les meilleures 
revues périodiques concernant l'Horticulture. 



— 164 



Cottier & Matthey 

GENÈVE. Rue de Tlle, GENÈVE 

Ciraines potagères et fourra gères de !«' choix. 



POTERIE & POÊLF.RIE DES DELICES 

Route de Lyon. :5^rï>, Genève. 

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Grand assortiment dans toutes les dimensions. 

Vases ornés, Coupes, Suspensions. Briques ornées 

pour bordures en tous genres. 

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La maison se charge de la fabrication de n'importe quel pièce sur 
commande. 



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de la maison 

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Recommandé par la Société 'l'Horticulture de Genève et la di- 
rection de l'Ecole d'agriculture de la Kutli (Bt-rne). Cet extrait 
employé dans la proportion d'un kilogramme pour .jO a loO lires 
d'eau,'sert à la destruction de la cloque, des pucerons, des lima- 
çons et de la vermine du bétail. 

Il est aussi employé avantageusement en bassinages dans les 
serres. Se vend par boîles dp kil. 1 à fr. :3.25, de kil. 3 à fr. 0.50 et 
kil.O àfr. 13.7.1 

Droguerie A. KOIjIjER, 
18, rue du Marelié, Genève. 



GENÈVK. — IMPK. lUCHTEU, KUK Hh'^ ViMUONS, 10. 



36-' ^VNNÉE 10' LIVRAISON OCTOBRE 189U 

BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

UE 

GE NE VE 

FonsriDÉE ET<r isss 



Sommaire : Avis. — Programme du Concours Jt^ Chrysan- 
thèmes. — Procès-verbal de l'Assemblée générale du 14 septembre 
1890. — Le Biguonia magnifica (avec gravure). — Piapport sur 
les (^oléus de serais de M. Albert Haasis. — Visite de la caii)- 
pagne Dunant à Valavran. — Visite aux cultures des jardins du 
château de Crans. — < lulture du Ghrysanthème : travaux d'oc- 
tobre. — Légumes recommandables. — Chronique horticole. — 
Nécrologie. — Annonces. 

AVI S 

Les 14, 15, 16 et IT novembre, au 
Stand de la Coulouvrenière, Concours de 
Chrysanthèmes, d'Oeillets et d'autres Plan- 
tes fleuries, auquel tous nos sociétaires 
fleuristes sont invités à présenter leurs 
collections tant petites cpie g-randes. 

Les inscriptions sont r«'çues juscpi'au 
31 octobre inclusi\enient chez M. F. Car- 
<linaux, présiilent, Fusterie, 6, à Genève, 
en imlicpiant l'espace cjue l'on compte oc- 
cuper. 

Assemblées g^énérales en 1 Sî>0 : 
Les dimanches 1 S octobre, 

)) 30 novembre. 



La Bibliothèque est ouverte tous les jours chez M. Stôckly, 
concierge au Jardin botanique. MIVI. les sociétaires y trouveront 
un grand choix de livres concernant les diverses parties de 
l'Horticulture, ainsi que les publications mensuelles suivantes: 
(( Revue horticole de Paris », (» Revue de l'Horticulture belge et 
étranyère », « Illustration horticole », «le Journal des Roses », 
« le Jardin », « ie Moniteur de l'Horticulture », < le Journal 
des Orchidées », n la Pomologie française », « la Revue hor- 
ticole de la Suisse romande » et « la Maison de Campagne ». 



— 166 — 
SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE DE GENÈVE 



COIVCOURS DE CHRYSANTHEMES 

d'ŒILLETS et d'autres PLANTES FLEURIES 
les 14, 15, 16 et ITt novembre 18ÎIO 

au Stand de la Coulouvrenière. 



Ces Concours sont ouverts séparément entre Horti- 
culteurs et Amateurs, Gi ne concernent que les membres 
de la Société. 

Les prix sont délivrés en médailles de vermeil, d'ar- 
gent et de bronze, grand et petit module, ou en leur va- 
leur en espèces. 

PROGRAMME 

Chrysau thèmes. 

i" Concours. — Pour les collections les plus nombreuses et les 
mieux étiquetées, cultivées en pots, en variétés tant anciennes ({ue 
nouvelles. 

2'"' Concours. — Collections de lOU variétés choisies parmi les 
plus belles. 

5"" Concours. — Collections de 50 variétés. 

4'^" Concours. — Collections de 25 variétés. 

Les mêmes cotiditions de concours pour les /leurs coupées, avec 
une différence de prix. 

CF.illets et Plantes fleuries. 

i" Concours. - Pour les plus belles variétés d'Œillets cultivés 
en pots. 

2'^" Concours. — Collections de 50 variétés d'Œillets cultivés 

en pots. 

3" Concours.— Plantes tleuries de la saison. 



JeudiJSet vendredii 4 novembre jusqu'à midi.— Réception 
et classement des produits. 

Vendredi 14 novembre à 1 h. de l'après-midi. — Opérations du 



— 167 — 

Samedi 15 novembre. — Ouverture au public, cIp 9 heures du 
matin jusqu'au soir. Prix d'entrée : 50 centimes. 

Dimanche 16 novembre. — De 9 heures du matin jusqu'au soir. 
Prix d'entrée: 30 centimes. 

Lundi n novembre. — Vx'\y. d'entrée: 25 centimes. Vente le 
matin; dès 1 heure, enlèvement des produits. 



Le Comité crorganisation tient des flacons en location 
à la disposition des exposants. 

Les inscriptions sont i-eçues jusqu au 31 octobi^e in- 
clusivement chez M. F. Cardinaux, président, Fuste- 
rie, 6, Genève.. 

— ^^^#« — 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 14 septembre 1890, grande Salle des 
Amis de rinstruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Fr. Cardinaux, Président. 



Quatre-vingt-dix membres assistent à la séance. Adoption du 
procès-verbal de la dernière Assemblée. 

Candidats présentés : 

1° M. Allemand, jardinier-chef de la Ville de Grenoble. 

:2° M. Georges Mantin, propriétaire à Olivet, près Orléans 
I Loiret). 

Présentés comme membres corres-poyidants par la Commission 
du Bulletin. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1" De M. Antoine Boelim, jardinier chez M. Gustave Ador, 
à Hauterive sous Gologny : 

Belles plantes de Bégonia gigantea rosea et ^B. diversifolia, 
Tydaea M"" Heine, Gymnogramma argentea. — P. 2' .j. 

2° De M. Henri Correvon, directeur du Jardin Alpin, à 
Plain palais: 

45 variétés et formes de Fougères rustiques, parmi lesquelles 
de fort curieux pieds de Scolopendrium, Athyrium Filix-foemina, 
Blechnum Spicant, Osmunda regalis, à frondes crispées et sub- 
divisées. H. C. 



— 168 — 

3° De M. Louis Décorées, jardinier chez M. le D' Lombard, 
à Malagnou : 

Plantes de serre, ea vase : Fougères : Pteris cretica, id. alJio- 
lineata, de semis ; Pt. serrulata cristata, Ouvrardi ; Nephrodium 
cristatum, Adiantum cuneatum, et un dit de semis. Nidularium 
Morrenianum, Acalypha macrantha, Bégonia Rex hirsuta alba, 
Peperomia argentea; un superbe Lilium auratum avec 12 ijoutons 
et fleurs,— P. 4. 

Fleurs coupées : de Didymocarpus Rexii, Peperomia resedae- 
flora, Ghirita sinensis, 2 variétés de Tydsea, 8 variétés de Bégonias 
doubles, dont six de semis de graines récoltées par l'exposant: 
Bégonias à fleurs simples, 2 fleurs d'Anthurium Andreanum et 
Scherzerianum. — P. 3. 

4° De M. Albert Haasis, jardinier cliez M. Ernest Saladin, 
à Chambésy : 

Plantes en vases : Farfugium niaculatum, Impatiens Episcopi, 
Géranium-lierre M"" Mongeot, Bégonia incarnata Vict. Lemoine, 
2 petits Bégonia Rex. Fleurs coupées: 18 var. de Cannas, nouveau- 
tés de 1889-90; Dahlias doubles-, Juarez et atitres : Plumbago ca- 
pensis bleu et blanc, Abutilon, Mina lobata. — P. 4. 

5° De M. Henri Laverrière, jardinier chez M. Léon 
Fulpius, à Lancy : 

Une belle corbeille de Dahlias de semis comprenant 5U variétés. 
— P. 2. 

6° De M. A. Scliopfer, hoi'ticulteur-décorateur à Lausanne: 

Une superbe collection de 60 variétés de Bégonias lubéreux à 

fleurs simples et de 30 variétés à fleurs doubles. Ces bégonias, si 

remarquables par la grandeur des fleurs et la vivacité des coloris, 

font l'admiration unanime des visiteurs. — P. G. 

CULTURE LÉGUMIÈRE 

1" De M. Henri Bippus, jardinier chez M. Antoine Martin, 
à Vessy : 

Choux de St-Denis, de Winnigstadt, Gros des Vertus ; Chou- 
fleur de Naples, Chou rouge gros d hiver; Haricots nains: Eclipse, 
nain beurre doré sans pareil, gloire de Lyon amélioré, nain 
Lyonnais, américain Crystal white wax, coco rose, cent pour un ; 
Haricot à rames Velin ; Laitues pommées Idonde d'été et de Vei-- 
sailles; Poireau gros de Rouen et de Mûsselbourg. Pommes de terre 
Magnum bonum et Cetewayo. Tomates : P^arly, Mikado, Optimus-„ 
Perfection, jaune, anglaise « Dedham f-avourite». — P. 4'/2. 



— 169 — 

2° De M. Jules Cliappiiis, propriétaire à Garouge, route de 
Veyrier : 

Filioles d'Artichaut gros vert de Laon, semis de février 1890, 
Gardon épineux de Tours, Géleri-rave et Géleri plein, Glioux blanc 
d'Allemagne. — P. 2'/i. 

3° De M. Aug-uste I>uïour, à Plainpalais : 

Une collection de Pommes de terre à frire provenant de tuber- 
cules envoyés ce printemps par M. Glaudius de Loisy, à Louhans 
(Saône-et-Loire), membre de notre Société : Triomphe de Genève, 
Président Cardinaux, D'' Gênas, St-André de Suède, Glaudius de 
Loisy, etc. Deux variétés hâtives : P. de Boulogne et Robertson. 
H. G. 

4° De M. «fuies Dui'our, maraîcher à Plainpalais. 

Garotte rouge longue, Géleri plein blanc doré, Géleri-rave, 
deux gros Ghoux rouges et deux Ghoux blancs de St-Denis, Ghou 
do Bruxelles perfectionné, Côtes allemandes, Poireau long d'hiver. 
Scarole verte. — P. 4. 

5° De M. Ljouis Dut'our, liorticulteur aux Délices : 
Quatre pots de Fraisiers, à fruits blancs et à fruits rouges ; 
5 variétés dXEillets.— P. 2. 

G° De M. Louis Fayol, aux Acacias : 

Pommes de terres noires Getewayo, du Zoulouland (Afrique 
australe). — P. 1. 

1° De M. Kréclérie Gay, maraîcher à Fossard : 
Garotte rouge plate d'Egypte, Chicorée frisée deMeaux,Choux- 
tleurs de Genève et de Naples, Ghoux de Milan à pie.i court et 
de St-Denis ; Haricots grains : gris de Galuire, Lyonnais, Incom- 
parable, de Heinrich; Rave d'Auvergne, Scarole à cœur plein, 
Tomate grosse lisse. — P. 3. 

8" De M. Aug-uste Guex, jardinier chez M. Plantamour, à 
Se cher on: 

Laitue de Versailles, Tomate grosse lisse d'Amérique. — P. 2. 

9° De M. «Jules Guig-nard, jardinier à l'École d'Horticulture 
de Châtelaine: 

Filioles d'Artichauts, Aubergine violette monstrueuse. Choux- 
fleurs hâtifs et tardifs de Naples, Col-rave Goliath, Melon noir 
des Carmes, Pomme de terre Imperalor.— P. 3. 

10" De M. Félix La verrière, jardinier chez M. Léon Fulpius, 
à Lancy : 

Filioles d'Artichaut violet de Provence, Bette à cardes blan- 



— 170 — 

che, Betterave plate d'Egypte, Céleri géant de Prague, Chicorée 
Scarole, Chou pommé de Brunswick, Chou très hàtif d'Erfurt, Chou 
rouge gros tardif, Chou-lleur géant d'automne. Chou-fleur de 
Naples hàtif, Concombre vert long épineux, Melon Cantaloup, 
Poireaux de Carentan et gros long d'hiver, Salade Sémoroz, To- 
mate rouge grosse hâtive.— P. 4. 

11° De M. Jean Kichard, maraîcher à Plainpalais : 
Artichauts gros vert de Laon et violet, Carotte demi-longue hol- 
landaise, Céleri -rave, Céleri plein blanc doré. Chou rouge d'hiver, 
Chou blanc d'Allemagne, Chou de Bruxelles perfectionné, Chou 
de Winnigstadt, Côtes allemandes, Haricot-Asperge, Poireaux, 
Poivrons. — P. 5. 

CULTURE FRUITIÈRE 

1° De M. Ki'aiii'ois Besson, jardinier chez M"'" Pictet- 
Prévost, à Genthod : 

Un lot de Raisins rouge et blanc traités par le procédé de l'in- 
cision annulaire. Le présentateur démontre les avantages de cette 
opération préconisée, à l'assemblée du G octobre 1889, par notre 
regretté collègue M. Pérusset, et qui avance de quinze jours la 
maturité du raisin. Il engage vivement les jardiniers et les viticul- 
teurs à employer cette métliode. H. C. 

2" De M. Alfred Dujjae, jardinier à l'École d'Horticulture 
de Châtelaine : 

Pommes à cidre : Douce amère, gros doux sucré, de Vitry, Fres- 
quin rouge amer, Fresquin gros Courtois, Hordapfel, Salomon 
Apfel. Pomme Belle de Pontoise, variété d'une vit,meur sur- 
prenante et d'une grande fertilité, obtenue par M. Rémy père, hor- 
ticulteur à Pontoise ( Seine-et-Oise), membre correspondant. -P.l*, 2. 

3" De M. Frédéric Gay, à Fossard: 
Un lot de Poires.— P. 1. 

4° De M. «Joseph "Griitter, à Bellerive : 

Une belle collection de Poires : Bon Chrétien William, Beurré 
d'Amaulis, Duchesse d'Angoulème, Souvenir du Congrès, Fondante 
des bois, Passe-Colmar dorée. Doyenné gris, Doyenné blanc, Louise 
Bonne d'Avranches, Nouveau Poiteau, Beurré Luiset, Doyenné 
d'Alençon, Colmar d'Aremberg, Bon Chrétien de Rauce, Beurré 
Hardy, de Bavay, Beurré de Mérode, Conseiller de la Cour et 
plusieurs autres variétés. — P. 2'/2- 

5° De M. Henri Heeht, jardinier chez M'"" Dunant, à 
Valavran : 

Une collection de 32 variétés de Poires. H. C. 



— 171 — 

yi. le Président félicite et remercie les exposants pour leurs nom- 
breux apports et principalement M. Besson pour son intéressante 
communication. 

La parole est ensuite donnée à M. Henri Correvon pour une 
conférence sur les Orchidées, leur histoire et leur culture. Il donne 
des renseignements intéressants sur les conditions de leur état 
naturel, sur les tentatives d'acclimatation dont elles ont été l'objet 
depuis le commencement de ce siècle et entre dans des explica- 
tions sur les procédés actuels de culture et leur mode de féconda- 
tion et de multiplication. 

Séance levée à 5 heures Vz- 

p". le Secrétaire général:, 

Auguste Dufour. 

— ^^^#4 — 

Bignonia mag-nifica. 

Les grandes Heurs que représente si bien notre bel le 
illustration, sont celles d'une plante demi-grimpante et 
sous-ligneuse, le Bignonia magnifjca, introduit des 
Etats-Unis de la Colombie par la maison W. Bull, de 
Chelsea, Londres. Ces fleurs, qui se développent en pani- 
cules, ont des corolles de six à neuf cm. de dia- 
mètre, qui sont très remarquables par leur admirable 
coloris d'un mauve tendre, {jassant au pourpi^e cramoisi, 
avec le centre de la goi^ge d'un jaune primevère. 

Cette plante est encore très peu répandue dans les 
serres du continent ; car, comme pour beaucoup d'autres 
espèces, il faut aller de l'autre c(jté de la Manche, pour 
admirer la floraison de toutes ces beautés du Règne 
végétal. 

^On cultive \q Bignonia magnifica en pots bien drainés, 
dans un compost formé de terre franche (loam) et de 
terreau de feuilles, auquel on ajoute un peu de sable ; 
c'est une plante de serre tempérée, dont on palisse les 
tiges sur des baguettes le long du vitrage ou sur des 
ballons en fil de fer. Il exige très peu de soins d'entre- 
tien, sauf qu'il faut avoir la précaution de le seringuerde 
temps à autre avec de l'eau additionnée de jus de tabac 
ou d'un autre insecticide, afin de le préserver des insectes 
qui abîmeraient son beau feuillage. — (Jn le multiplie 
très facilement au moyen de boutures faites sous cloche 
et sur une couche chaude. 

(3. Ballif, 

Membre correspondant de la Société d'Horticulture de Genève. 



— 172 - 

Extrait du Rapport 

sur les CoLÉus des semis 
de M. Albert Haasis, jardinier chez M. Ernest Saladin, à Chambésy. 

Une première visite de ces belles piaules a été faite, le 10 juillet 
dernier, par MM. Jacob MùUer, Auguste Moser et Henri Welter, 
délégués à cet effet par le Comité; une seconde a eu lieu le 8 août, 
afin de les juger dans un état plus avancé, par M. Welter, accom- 
pagné de M. Auguste Dufour. 

11 faut savoir gré à notre excellent collègue, M. Haasis, d'avoir 
invité une Commission de la Société à procéder à l'examen de pro- 
duits si remarquables de son intelligent travail, et elle prend plai- 
sir à l'en féliciter vivement. Les Coléus soumis à son appréciation 
étaient au nombre de 42 et issus de graines récoltées par lui-même, 
en janvier dernier, principalement sur la superbe variété allemande 
dite Riese von Stuttgart (Géant de St.). Les semis ont été faits au 
mois de mars. La plupart des pieds obtenus étaient de fort belle 
venue et témoignaient dans toute leur apparence des bons soins 
qui leur avaient été voués par cet habile jardinier. Tiges fermes et 
droites, avec un feuillage bien épandu, qui, chez une douzaine 
d'entre eux, était d'une ampleur extraordinaire; quant à son co- 
loris, il s'y montrait un curieux assortiment des nuances les plus 
diverses, aussi distinguées par leur éclat ou leur intensité que par 
la disposition des figures qu'elles aftectaient. 

Sur l'invitation de l'obtenteur, désirant que les variétés les plus 
méritantes fussent baptisées par la Commission, celle-ci, obligée 
de taire un choix difficile dans ces plantes admirables, en a pré- 
levé une douzaine, dont elle présente à nos lecteurs les suivantes, 
avec les noms des personnes auxquelles il en a été fait hommage. 
Quatre d'entre elles ont été exposées à notre Assemblée du 10 août 
dernier, où l'on a pu juger de leur qualité exceptionnelle. 

1. Gloire de Chambésy. — Feuilles énormes, longues de 25 cm. 
et larges de 20 en..; vert clair, marbré de rouge et de brun. 

2. M. Ernest Saladin. — Feuilles grandes, crénelées grosse- 
ment, à limbe rouge maculé de pourpre noir, sans bordure, ner- 
vure moyenne étroite et vert clair. 

3. M""' de WeHerioelier-Eynard. — Feuilles moyennes, à larges 
crénelures, à bords ondulés, à limbe jaune verdâtre, marginé de 
vert et à moitié supérieur rouge brun. 




Le Bignonia magnifica (voir texte page 171.) 



- 174 — 

4. A'P^" Malhikle Rilliet. — Feuilles moyennes, à crénelures 
vertes, à nervures moyenne et latérales carmin, limbe marbré de 
rouge ■?! de brun. 

5. Mlle Marguerite Haasis. — Feuilles moyennes, à centre 
blanc jaunâtre, diaprées de rouge violacé, avec large bordure verte 
saupoudiée de blanc. 

6. Souvenir de David Dufour. — Feuilles grandes, crénelée -i 
régulièrement, à limbe marbré de carmin et de brun, moitié infé- 
rieure de la nervure moyenne large et jaune verdâtre; variété très 
remarquable par la vivacité des couleurs. 

7. Président Cardinaux. — Feuilles très grandes, ovales-lan- 
céolées, ondulées, cloquées, vertes au milieu et teintées d'ama- 
rante vif, velouté. 

8. Secrétaire Triboulet. — Feuilles grandes, vertes, marbrées 
d'amarante. 

9. Prof. Welter. — Feuilles très grandes, vertes et diaprées de 
petites macules rouges ou brunes. 

En conséquence, la Commission de visite, pour reconnaître les 
mérites de M. Haasis dans la production de Coléus d'une telle 
valeur, a proposé au Comité de lui accorder notre médaille d'ar- 
gent, petit module. 

Elle regrette, du reste, que n'ayant eu que la mission de se 
borner à l'examen des plantes en question, il ne lui soit pas permis 
ici de signaler encore ce qu'elle a vu de plus remarquable dans 
les serres et les parterres d'un jardinier qui tait tant d'honneur à 
notre Société ; toutefois elle ne peut s'empêcher d'exprimer le vif 
intérêt qu'elle a eu à visiter aussi sa serre spéciale des Caladium, 
où ne sont étalées pas moins de 20Q espèces ou variétés de ces 
plantes à feuillage d'une si riche parure et dans la culture des- 
quelles notre collègue est passé maître, comme chacun le sait. 



>## — 

Rapport sur la visite de la campagne de 
M'"'^ Dunant, à Valavran, sur Bellevue. 

Cette visite a été faite, le 10 août dernier, par MM. Louis 
Dufour, Etienne Fayol, Salomon Schoch et Emile Tronchet, 
délégués à cet efifet par le Comité et sur l'invitation du jar- 
dinier, notre collègue, M. H. Hecht, 



— 175 — 

La campagne est dans une fort belle situation, avec une 
vue magnifique sur le Jura, sur le lac et le Rhône, sur le Sa- 
lève, le Môle et les Voirons, et par delà ces montagnes voi- 
sines, sur les hautes Alpes et le superbe Mont-Blanc. Le ter- 
rain est embelli d'arbres de haute futaie, de chênes et de 
conifères très remarquables, qui s'élèvent d'un gazon bien 
taillé, et la terrasse autour de la Villa était dans un bon état 
de propreté et ornée de massifs ou de corbeilles, avec les 
plantes habituelles pour ce genre de décoration, mais la plu- 
part bien cultivées et de belle venue. 

Nous allons citer ce que nous avons observé de plus mé- 
ritoire. A l'entrée, près de la loge du jardinier, une jolie plate- 
bande de Géraniums variés, avec une rangée de Calceolaria 
rugosa et une bordure à'Ageratum bleu demi-nain; dans la 
cour, une corbeille de Bégonias tubéreux variés, à petites 
fleurs. 

Dans les plates-bandes autour de la maison: Fuchsias 
variés et plantes diverses, telles que Bégonia castaneaefolia 
rosea^ Phormium tenax, Agapanthus, Bemerocallis, etc. 

Sur la terrasse, côté du levant, groupes ou plates -bandes 
de Géraniums en pots, de Bégonias variés avec Camellias, 
Fusains du Japon et autres arbustes à feuillage toujours vert 
bordures de Géranium lierre. Côté du midi et garnitures de 
a véranda: jardinière de Bégonias Rex variés et de divers 
Coléus; Rosiers grimpants. Clématites et Glycines; Cannas va- 
riés avec bordure de Lobelia cardinalis ; aux deux angles 
de la véranda, Bégonias variés entourés à' Héliotropes. 

Sur la pelouse du midi: une jolie corbeille de Bégonias 
tubéreux anciens, avec un Dracaena au centre et une bor- 
dure de Koniga ou Alysson maritime; un beau massif de 
Géraniums roses demi-doubles M"" Thibaut, deux rangées 
àHrésine de Linden et de Géranium rosat panaché, avec une 
bordure à'Ageratum bleu demi-nain et au centre un Datura 
blanc double. 

Une mosaïque d'Alternanthera amoena et aurea, de Sedum 
carneum, de Sagina subulata, d'Echeveria secunda glauca. 

En petits groupes ou en plantes isolées : deux Musa Ensete 
entourés de Bégonia castaneaefolia; Coleus Verschaffeltii 
avec bordure de Coleus triomphe de Luxembourg et au centre 



- 176 — 

uu pied cVEulalia japomca; Datura blanc double, Tritoma 
Uvaria^ Eulalia zebrina, etc. 

Dans la serre à multiplications, ({ni est bien exposée: semis 
de Oloxinias, non fleuris ; Bégonias Rex très beaux, divers 
Cotéus et Fougères. 

Dans la serre chaude: quatre pieds de Olivia miniata, un 
Strelilzia Reginae, Philodemh-on pertusum, Bongainvillea splen- 
dens. 

Notons, pour finir, dans une couche : des Azalées d'Inde^ 
Primevères de Chine., Oeillets, Marguerites., Résédas., Amaryllis 
vittaêa, etc. 

Dans le potager, quelques beaux carrés de Chou-fleur^ 
Tomate, Aubergine et Concombre. 

Une planche de Fraisiers plantés du printemps. 

PoM'?e?*s-pyramides et Pommiers eu cordons chargés de fruits 
de bonne apparence. 

Sur la proposition de la Commission de visite, le Comité 
a décidé d'offrir à M. Hecht une médaille d'argent, petit mo- 
dule, en considération de ses mérites en matière de floriculture. 

^^^^^ 

Visite des cultures des jardins du château 

de Crans. 

Sur la demande de M. Louis Morhardt, jardinier au 
château de Crans, une Commission avait été nommée 
par notre Comité pour visiter les jardins confiés à ses 
soins. Elle était composée de MM. Auguste Guex, 
Clément Kemler, Fritz Lùdi et Salomon Schoch. Vu le 
temps pluvieux et peu favorable, cette visite a eu lieu en 
deux fois, les 24 août et 7 septembre 1890. 

Les cultures du château de Crans comprennent une 
grande quantité de plantes d'ornement des plus remar- 
quables. Votre Commission a d'abord admiré à l'entrée, 
qui a la forme d'un fer à cheval, deux beaux massifs de 
Géraniums Lucius, un massif de Cannas avez bordure 
de Caladhun esculentum ; à droite et à gauche un groupe 
de Fuchsias et d'Orangers. 

De là, notre visite s'est portée sur quatre serres tem- 
pérées, qui sont un des principaux attraits de cette pro- 

i 



— 177 — 

priété. Signalons d'abord, à l'entrée de l'orangerie, un 
très beau pied de La tu nia borbo/i/ca; sur les talilettes, 
une ravissante collection de Lys, notamment de LiUum 
lancifolium, voseani et candidum. Les serres tem- 
pérées sont riches en plantes en bon état de florai- 
son, desquelles nous citerons les Gloxinia, Tijdtva, 
Nœgelia , Maranta , Cypripediurii , Cycas revo/uta, 
Saiiche^ia nobdis, etc. La dernière des serres est de 
forme hollandaise et de dimension assez petite; elle est 
toute remplie de Bégonias tubéreux simples et doubles. 
seu;iis de 1889 et de 1890, de première beauté et les uns 
et les autres très remarquables par la vivacité des coloris 
et la grandeur des fleurs. M. Morhardt mérite poui" cette 
admirable culture nos plus vives félicitations. Dans la 
serre chaude, nous avons remarqué des Caladiurii, Bé- 
gonia re,i\ Antliuriuni A?idi'eaniini, Achimeues, un 
Musa Cavendishi en pleine terre, qui fructifiera ; le mur 
de la serre est garni de Ficus repens. 

Le jardin potager est bien entretenu et garni de lé- 
gumes de la saison. Notons de belles Tomates, des 
Hai-icots mange-tout exti-a hâtifs à recommander et du 
Maïs comestible d'Amérique Early Minesota. Mais à 
l'entrée pi'incijiale de ce jardin, nous avons admiré de 
l)eiles plates-bandes de fleurs, avec des Géraniums 
Brua/it, Jules Grévy, Reine Olga de Wurtemberg, et 
des Verveines à grandes fleurs. Près de là, deux petites 
mosaïques bien réussies composées d'Altej'nanthera, 
d'Echeveria. Sagina subu/ata etc. ; puis 22 plates- 
bandes bien fleuries , formant une décoration d'une 
richesse incomparable. En voici les plantes principales : 
Lantano:\"dnés,Agei'alutn nains, Calcéolaires Triomphe 
de Versailles, Géraniums. Salcia sple/idens, de superbes 
Cannas, Lol^elia cardinalis, un beau A/usa Ensete au 
centre, Penstemons variés, Verveines blanches, Phlox 
deDrummond, Dracwna indivisa, et une belle collection 
de Dahlias à fleurs simples. Parmi ceux-ci nous mention- 
nerons la belle vai-iété « Souvenir du Général Dufour » 
obtenue par M. Morhardt, striée et rubannée rouge et 
blanc, représentant très bien les couleurs fédérales. 
Devant ce succès, nous ne pouvons qu'engager notre 
collègue à continuer ses semis. 

Les arbres fruitiers sont bien dirigés et les pêchers, 
tout en étant conduits par la méthode du pincement, 



— 178 - 

sont en parfait état. Les poiriers, d'ancienne forme, sont 
chargés de beaux fruits. 

Le parterre de la terrasse, dessiné avec beaucoui) de 
goût, ne contient pas moins de 2b massifs d'un effet 
splendide, tous abondamment fleuris; mais auparavant, 
arrêtons-nous devant une superbe planche de mosaï- 
culiure, de forme ovale et d'un effet merveilleux : elle 
figure une lyre, deux ancres et un écusson, et est 
composée de Mesemb/'ia/u/ienni/n cordifob'uni , EcJie- 
veria cjJauca, AUernanthera aniœna, aiwea nana, 
versicolor et repens, avec une bordure de Sagina siihu- 
lata et un beau Dracivna indivisa au centre. 

Dans les 25 massifs de la terrasse, on remarque des 
Pelargonium zoncde, Lobelia cardinalis, Coleus Ver- 
sclioffeltii^ des Verveines, des Bégonias tubéreux en 
mélange, des B. discolor et castoiierpfolia, Iresine 
Herbstii, la Cinéraire maritime, Melianius majoi\ des 
Fyretiiriun divers pour bordures, etc. N'oublions pas 
quatre beaux pieds de CyperuH papyrifera et, pai-mi les 
grands arbres autour du Château. 20 pieds de Camellia 
de 2 à 4 mètres de hauteur. 

Nous ne pouvons terminer ce rapport sans adresseï^ 
nos plus vives félicitations à M. Morhardt pour ses 
belles cultures, le choix des variétés et surtout la pro- 
preté et le bon entretien de cette magnifique propriété, 
d'où Ton jouit d'une vue splendide sur le lac et les 
Alpes. Aussi la Commission n'a-t-elle pas hésité de pro- 
poser au Comité de décernei- à cet habile jardinier une 
médaille de vermeil grand module, en récompense de 
ses services et de ses talents. 

Le rapport eiiv : Auguste Gt'EX. 

Culture du Chrysanthème, 

THA VA UX d'octobre. 

Avec octobre commence la floraison de plusieurs va- 
riétés de Chrysantlièmes. Déjà pendant le mois de sep- 
tembre, nous avons eu quelques jolies fleurs de Ma- 
dame Castex-Desgr anges et de ses variétés à Heurs 
jaunes: Golden Shah, Golden BJeece et GeorgeWermig. 

Les fleurs de ces variétés ne sont jamais de grandes 
dimensions, mais elles n'en sont que plus gracieuses. 



— 179 — 

et, par leur coloris si tendre, elles se prêtent admirable- 
ment à la confection des bouquets. Il va quelques juurs, 
je me suis fait une gerbe de ces Chrysanthèmes entre- 
mêlés de Dahlias à tleurs de cactus et à Heurs simples : 
l'effet produit était, ma foi, très joli ! 

Dans les pays à température plus douce que celle du 
Nord de la Fi'ance, les variétés susnommées pourraient 
être employées avec succès dans l'ornementation au- 
tomnale des jardins, soit comme bordures de massifs, 
soit comme corbeilles isolées. 

Le Chrysanthème est une de ces plantes, assez rares, 
qui ne sont pas sujettes à une quantité de maladies ; la 
seule qui soit à craindre est l'oïdium, vulgairement 
nommé blanc. La saison humide que nous venons de 
traverser en a singulièrement favorisé le développement , 
et, comme toujours, le mal a pris naissance sur les va- 
riétés les moins vigoureuses; le seul et unique remède à 
employer est le soufre, que l'on répand sous les feuilles 
à l'aide d'un soufflet tel qu'on s'en sert pour la vigne. Si 
on ne veut pas s'exposei'à voir les feuilles jaunir en peu 
de temps, il faut commencei- le traitement aussitôt que 
les premières taches sont visibles, et en jeter un peu par 
ci par- là, comme préventif, sui- les plantes qui sont en- 
core indemnes. 

Les plantes dont les boutons sont en formation de- 
vront être plus que jamais l'objet d'une sérieuse atten- 
tion en ce qui concerne les ari'osages. Les applications 
d'engrais seront continuées jusqu'à ce que la fleur soit 
au trois-quarfs épanouie ; après cela, il est bon de n'ar- 
roser qu'à l'eau pure. 

En continuant à donner de l'engrais jusqu'à l'épa- 
nouissement complet, on est presque certain de voii- les 
pétales des grandes fleurs se couvrir de moisissure ; les 
variétés à coloris foncé sont très sujettes à cette altéra- 
tion, dont les causes ne sont pas encore bien connues, 
mais qui s'observe surtout sur les plantes ayant reçu 
trop d'engrais. Il est curieux de constater (|ue sur les 
plantes qui portent un gi'and nombre de fleurs-et qui, pai* 
conséquent, n'ont pas une dimension extiaordinaire, cet 
accident ne se produit jamais. 

Avant les gelées il faudra mettre les plantes sous 
verre, dans une serre froide ou une orangerie bien 
éclairée. Quel que soit le local, il est indispensable 



— 180 — 

qu'on puisse donner une grande abondance d'air. Les 
pots seront espacés suffisamment pour que cliaque 
plante soit complètement isolée de sa voisine et puisse 
profiter de toute la lumière possible. Aussitôt les plantes 
sous verre, on procède à des fumigations au tabac poui* 
détruire tous les pucerons, qui ne manqueraient pas de 
se propager avec une étonnante rapidité si on leur lais- 
sait le temps de prendi-e pied. Quand la première fleur 
commence à s'épanouir, il ne faut pas qu'il reste un 
seul puceron dans la seri-e, sinon cette vermine ira se 
loger dans les pétales et y fera un ravage considérable. 
La température de la serre pendant la nuit peut des- 
cendre à 3 et 2^ centigrades tant que les plantes sont 
encore en boutons ; mais aussitôt qu'un certain nombre 
de ces derniers laisse échapper des pétales de droite et de 
gauche, il est préférable de tenir la température à 6 ou 
8°centigr.avec un peudeclialeur dans les tuyaux; je parle 
ici bien entendu des fîeurs qui doivent être la perfection 
même, par exemple celles qui figureront aux exposi- 
tions. Les Chrysanthèmes japonais surtout aiment ce jietit 
air de chaleur qui favorise le dévelo])pement de leurs 
longs pétales, et qui en même temps les préserve de la 
pourriture; celle-ci sera tenue en échec par une atmosphère 
plutôt un peu aride, et l'on éviter-a de jeter de l'eau à tort 
et à travers en arrosant les plantes. Le matin, au premier 
rayon de soleil, on donne grand air, on fait la chasse 
aux perce-oreille, et le soir, avec une lanterne, on fait 
une toui'née générale pour cliercher à surprendre quel- 
ques chenilles en flagrant délit de ronger les plus beaux 
boutons : je dis les plus beaux, car vous devez avoir 
remarqué comme moi, ami lecteur, que les insectes 
choisissent toujours les plus beaux fruits et les plus 
belles fleurs comme théàti'e de leurs exploits. x\ussi 
avec quel plaisir, cruel peut-être, mais jutifiéà coup sûr. 
on écrase sous son talon les méci-éants qui se laissent 
pincer ! 

- Comme tout le monde le sait, les Chrysanthèmes ne 
fleurissent i)as tous à la même époque, et pour avoir à 
date fixe, pour une exposition par exemple, un nombre 
déterminé de fleurs de différentes variétés, il faut 
prendre certaines mesures que nous ne pouvons passer 
sous silence. Les variétés japonaises sont plus lentes 
à s'épanouir que les autres ; à partir du moment où les 



— 181 — 

pétales commencent à sortir sur tout le pourtour du 
bouton, il faut environ 4 à 6 semaines jusqu'à l'épanouis- 
sement complet. Les variétés incurvées ne demandent 
(|ue 2 à 3 semaines; on doit donc tenir compte de cette 
différence et placer les premières dans une serre plus 
chaude au moins trois semaines avant la date fixée, si 
l'on croit qu'elles seront en retard. Malgré toutes les 
précautions, il arrive souvent que telle ou telle variété 
est à son mieux huit jours avant l'exposition : dans ce 
cas il faudrait couper les fleurs et les mettre dans des 
carafes placées dans une chambre presque sans lumière, 
ayant une atmosphère sèche et une température de 4 à 
6 degi'és. Par ce traitement j'ai pu ari'iver à conserver 
les fleurs de quelques variétés pendant vingt jours ; 
mais ceci est une exception car, au bout de douze jours, 
la plupart des fleurs ne sont plus bonnes à figurei* 
aux expositions. 
(A suivre.) 

H. Fatzer, 

Membre correspondant de la Société d' Horticulture de Genève. 

Legumes recommandables. 

[Suite.) 
Dans la catégorie des Pois sans parchemin ou 
(( mange-tout » à rames, la variété beurre (Vilmorin) est 
une excellente sorte, à grain blanc bien rond, à cosses 
recourbées et très charnues ; mais nous devons recrjm- 
mander d'une manière toute spéciale le P. manijo-toai à 
cosse jaune (Forgeot), variété très curieuse, de dimen- 
sion moyenne et d'un beau jaune d'or, contrastant avec 
le vert de son feuillage. Cette nouvelle sorte sera plus 
appréciée dans les jardins potagers que dans la culture 
maraîchère, parce que la couleur des cosses nuirait à sa 
vente sur les marchés ; mais c'est néanmoins une sorte 
d'une délicatesse exceptionnelle. C'est le plus fin des 
pois gourmands cultivés jusqu'ici. 

Les vers blancs ont fait cette année beaucoup de dé- 
gâts dans les plantations de Pommes de tene et dans 
bien des jardins le /)ero/ios/)o/'a a exercé ses ravages. 
Malgré cela, nous avons pu nous rendre un compte 
exact des diverses nouveautés envoyées pour essais 



— 182 — 

par noti-e excellent collègue, M. Claudius de Loisy, pro- 
priétaire à Louhans (Saône-et-Loire). Elles sont re- 
commandées tout particulièrement pour frire. Ce sont : 

1° Pomme de terre Early Louliannaise. — Très 
bonne variété, de quinze jours plus précoce que l'Early 
ordinaire, obtenue en 1887 et de meilleure qualité ; très 
recommandable comme ayant résisté à la maladie. 

2" Princesse. — Jaune, longue, chair très jaune, 
excellente pour la cuisine; demi-hàtive. 

3° P. Président ("ardinau.r. — Obtenue en 1883: 
demi-tardive, tubercules gros, yeux rouges un peu 
enfoncés, peau rosée ; très productive et de grande 
culture. 

4" P. Saint-André de Suède. - Très bonne variété, 
produisant beaucoup, rouge, longue, bonne à frire. 

5° P. Vitelotte d' Alhany . — Longue, rouge, grosse, 
assez ])roductive, ti'ès bonne pour frire. 

6° P. Vitelotte de la Halle. — Variété ressemblant 
un peu à la Saint- André de Suède, peu productive et 
moins grosse que celle là. 

7" P. Achille Lénion. — Jaune tachée de violet, peu 
productive. Cette variété a été atteinte par la maladie 
dans quelques jardins. 

8° P. D' Cénas. — Obtenue en 1882, demi-tardive ; 
de bonne qualité, mais peu productive. 

1)0 P. Claudius de Loisy. — (obtenue en 1881 par le 
D'' Cénas, l'essemblant un peu à la P. Président Car- 
dinaux ; variété de grande culture à tiges longues, 
demi-tardive. Auguste Dufour. 

[A suivre.) 

CHRONIQUE HORTICOLE 



Subside fédéral. — Nous apprenons avec infiniment de plaisir 
que le Conseil fédéral, sur la proposition de M. Deucher, président 
du département de l'Industrie et du Commerce à Berne, vient de 
voter un subside de mille fraucs au .Jardin botanique alpin de la 
Linnaea, en Valais, dont notre ami et coUègae M. H. Correvon est 
directeur. Cette allocation a eu lieu à la suite d'un rapport officiel 
l'ait par M. J. Coaz, Inspecteur en chef des Eaux et Forêts de la 
Confédération. 



— 188 — 

Exposition. — Nous avons eu le plaisir de visiter à Nyon. 1*' 
•-35 septembre dernier, l'Exposition de la Société d'Horticulture 
de la Côte. Après les grandes pluies des jours précédents, 
elle s'est ouverte par un temps favorable et une grande aftluence 
de visiteurs. Cette Exposition était fort jolie, et les jardiniers do 
la Commission d'organisation ont le droit d'être fiers de ce premier 
succès. 

Conservation du Raisin frais en Russie. — L'année dernière, un 
journal, V Algérie horticole, a publié une recette très pratique sui' 
la conservation du Raisin frais, telle qu'elle se lu-alique en Russie. 
Ce procédé consiste, après avoir enlevé de chaque grappe tous les 
grains avariés, cela avec des ciseaux, afin de ne pas froisser les 
grains sains qui seuls doivent être laissés, à prendre ensuite de 
petits tonneaux, à déposer au fond une couche de liège en poudre, 
puis poser dessus un lit de grappes de raisins, ensuite saupoudrer 
de poussière de liège, de façon à combler tous les vides entre les 
grains et empêcher le contact entre eux, puis remettre du raisin 
et saupoudrer de nouveau, et enfin emplir ainsi le tonneau, qui se 
conservera en cet état pendant une année au besoin. C'est par 
udlliers, parait-il, que de semblables petits tonnelets de Raisins se 
vendent dans toute la Russie^ En les retirant du tonneau, il suffit 
de secouer les grappes ou de les plonger dans l'eau [jour les dé- 
barrasser des grains de poussière du liège. 

Abricotier nouveau. — Cet arbre d'une bonne vigueur a les 
fruits assez nombreux ; sa fertilité est vraiment remarquais le. 
L'abricot, de grosseur moyenne, a une bonne couleur, une chair 
ferme et parfumée ; le noyau est peu volumineux. M. Antoine Bes- 
son, à Marseille, met cette variété au commerce sous le nom de 
Souveyiir de Pont-de-Vivaux. A. I). 



NECROLOGIE 

Nous avons eu le regret de perdre un de nos membres les 
plus dévoués, M. Jules JBoissier, à Cologny, décédé le 
26 septembre 1890, dans sa 49"' année, après une longue mala- 
die. La perte de cet excellent concitoyen sera vivement ressen- 
tie par tous les agriculteurs et horticulteurs du canton de Ge- 
nève. Nous adressons à sa famille l'expression de nos senti- 
ments d'estime et nos sincères compliments de condoléance. 



184 



Bâches imperméables pour Serres 

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Recommandé par la Société d'Horticulture de Genève et la di- 
rection de l'Ecole d'agriculture de la Kutti (Berne). Cet extrait 
employé dans la proportion d'un kilogramme pour oO à 150 litres 
d'eau, sert à la destruction de la cloque, des pucerons, des lima- 
çons et de la vermine du bétail. 

Il est aussi employé avantageusement en bassinages dans les 
serres. Se vend par "boîtes de kil. 1 à fr. 2 25, de kil. 3 à fr. 6.50 et 
kil.6 àfr. 12.75. 

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36-« ANNÉE 11^ LIVRAISON NOV. 1890 



A nos lecteurs. 

En prenant rinitiative d'un grand Concours de Chry- 
santhèmes, dans sa séance du 16 février 1890, la So- 
ciété d'Horticulture de Genève n'a eu d'autre but que d'en- 
courager dans notre pays la culture d'une plante de col- 
lection qui est du plus grand mérite et se fait partout 
apprécier de plus en plus, grâce surtout à son incom- 
parable propriété de fleurir au mieux encore dans les der- 
niers beaux jours de l 'arrière-saison, laquelle lui a valu à 
juste titre la qualitieation de Reine de l'automne. 

Comme couronnement à la très intéressante série d'ar- 
ticles pratiques qui viennent de paraître dans ce journal 
sous l'honorée signature de M. Henri Fatzer, horticul- 
teur à Roubaix (Nord), membre correspondant de notre 
Société, nous publions aujourd'hui un Bulletin consacré 
uniquement au Chrysanthème. Ce travail est dû à notre 
savant vice-président, M. le prof. Henri Welter, et com- 
prend, avec un joli choix d'illustrations, un résumé com- 
plet de ce que, sous tous les rapports, il y a de plus 
curieux et de plus utile à savoir de la plante en question. 

Nous engageons vivement tous nos Sociétaires et 
leurs amis à venir, en grand nombre, visiter les riches 
collections qui en seront exposées les samedi 1 5 et 
dimanche IG noveml>re 1890, au Stand 
de la Coulouvi»enièi«e. Nous nous flattons que 
celles-ci prouveront on ne peut mieux que notre vieille 
Société genevoise continue de marcher vaillamment 
dans la voie du progrès horticole et qu'elle n'est pas 
près de démériter de son estimable passé de 36 ans. 

La Commission de rédaction. 

MM. les sociétaires sont priés de dé- 



ta cher le coupon ci-dessus, qui leur servira 
de carte d'entrée. 



— 186 - 

ÉTUDES 

HISTORIQUES, BOTANIQUES et HORTICOLES 

SUR LES 

CHRYSANTHÈMES D'AUTOMNE. 

Des plantes d'ornement dites « de collection » il n'y 
en a pas qui soient autant que les Chrysanthèmes de 
l'Inde, de la Chine et du Japon devenues de plus en plus 
à la mode, depuis quelque vingt-cinq ans, en France et 
en Angleterre, et, plus récemment, aussi dans les Etats- 
Unis d'Amérique. Par les noms de ces pays de l'Extrême- 
Orient l'on en indique la provenance géographicjue plus 
ou moins avérée; mais il nous paraît préférable de les 
appeler ("hrysanihèmes d'automne, en désignant ainsi 
une qualité essentielle de ces plantes, à laquelle se joint 
encore, pour en rehausser le mérite, une infinie variabi- 
lité de la forme, des dimensions et du coloris de ces fleurs 
si distinguées. Splendeur horticole de l'arrière-saison de 
nos climats, elles sont d'un prix inestimable pour la dé- 
coration des parterres ou des plates-bandes de nos jar- 
dins et des étagères de nos salons, ainsi que pour la con- 
fection de gerbes et de bouquets destinés à divers usages. 
Aussi sont-elles de la part des horticulteurs de profession 
et des amateurs des beautés florales l'objet d'une sorte 
de culte, qui va grandissant d'année en année; et ce qui 
prouve on ne peut mieux l'admiration générale qui se 
manifeste pour ces fleurs, ce sont le grand nombre et le 
succès des expositions spéciales qu'on en voit de tous 
côtés, surtout depuis l'an passé, où l'on a célébré le cen- 
tenaire de l'introduction en Europe des premiers Chry- 
santhèmes de Chine— ou plutôt du commencement d'une 
culture suivie de ces nouveautés orientales. 

La Société d'horticulture de Genève, justement tière 
de ses trente-six années d'existence, n'a pas voulu rester 
en arrière de ce mouvement de progrès horticole. En 
1888 déjà, à son Assemblée générale du 18 novembre, elle 
a eu une exposition de Chrysanthèmes, à laquelle huit de 
nos jardiniers ont soutenu non sans honneur la redoutable 



— 187 — 

concurrence de M. Ulrich Brunnerfils, d'Ouchy, qui n'en 
avait apporté pas moins de 040 variétés. Cette année, elle 
a ouvert à la même intention un Concours entre mem- 
bres de la Société, et c'est à ce propos qu'ont été écrites 
les pages suivantes, dans lesquelles l'auteur a essayé 
d'expliquer sommairement et d'une manière claire et 
précise tout ce qu'il y a de plus intéressant à savoir des 
Chrysanthèmes d'automne. Origine botanique ; historique 
de leur cultui-e dans l'Extrême-Orient et en Europe ; 
caractères de la variabilité de ces fleurs et classification 
des variétés ; figures de quelques variétés excellentes et 
portraits des semeurs les plus célèbres ; procédés de 
multiplication et de culture. 

1 

Il existe en Chine et au Japon deux sortes de plantes 
du groupe des Composées-Radiées, dont paraissent être 
issus nos Chrysanthèmes d'automne, et chez lesquelles 
la plupart des botanistes reconnaissent des caractères 
assez tranchés pour en faire deux espèces distinctes. 
Après avoir été, depuis passé deux siècles, décrites sous 
plusieurs noms différents, ce sont ceux de Pyrethrum 
indicum Cass. et de P. sinense Sabin. qu'on leur donne 
généralement aujourd'hui. MM. Franchet et Savatier, 
les plus récents explorateurs de la flore du Japon, affir- 
ment que dans ce pays là les deux espèces se rencontrent 
à l'état sauvage, mais que l'une et lautre y sont l'objet 
d'une culture déjà très ancienne^ Il est probable que la 
même chose peut se dire de la Chine. Quant à l'Inde, 
quoique la première de ces espèces porte le nom spécifique 
de indicum ou indien, aucune d'elles n'y est indigène 
et elles ne sont connues qu'à l'état cultivé. Cela étant, 
n'est-il pas singulier que ce soit ce nom-là, peut être parce 
qu'il remonte à Linné, qui est resté le plus en usage? 

Notre illustre compatriote, A. P. de Candolle, admet- 
tait les deux espèces sous les noms susdits, et les curieux 
pourront en trouver dans le Prodrome- une description 
assez détaillée : le Pyrethrum indicum, dit-il, diffère du 
P. sinense ou chinois par des capitules de moitié plus 

1 Enumeratio plantarum in Japonia sponte crescentium. Paris, 1875- 
1879. t. I. p. 235. 

"^ Prodromus aystemat. nat. regni vegetab. Paris, 1837, t. VI. p. 62. 



— 188 — 

petits, qui, même dans les fleurs pleines sont à peine du- 
diamètre d'un pouce, avec des ligules jaunes et ne dé-' 
passant guère î'involucre, tandis qu'elles sont d'un pour-- 
pre noirâtre et beaucoup plus longues dans l'espèce dite 
de la Chine, dans lequel pays du reste elle ne se trou- 
verait qu'à l'état cultivé. 

Il y a des botanistes anglais contemporains ', d'une 
grande compétence en la matière, pour lesquels il n'y a 
qu'une seule espèce, le Pyrethrum ou Chrysanthemum 
indicum, duquel l'autre, soit le P. ou Ch. sine.nse, ne se- 
rait qu'une variété naturelle, et ils donnent à (;e dernier 
l'ancien nom spécifique de morifol.ium (à feuille de 
mûrier) proposé par Ramatuelle, en 1792. 

Les botanistes des XVIP et XV IIP siècles ne con- 
naissaient qu'une espèce de Chrysanthème de l'Orient. 
En 1755, Linné, dans la l''' édition de son Species Plan- 
tariun, lui atti'ibua le nom de Chrysantlieumm indicum. 
Avant le grand naturaliste suédois, elle avait été décrite," 
sous différents noms^ par Rheede en 1690, par Plukenet 
en 1(39(3 et 1705, par Kaempfer en 1712, par Vaillant en 
1720, par Rumphius en 1750 ; et, après lui, elle le fut 
encore par plusieurs autres, notamment par Thunberg 
(Flora Japonica, 1784) et Loureii'O (Flora Cochinchinen- 
sis, 1790. 

IL 

Les Chinois, à qui nos jardins sont redevables de tant' 
de belles plantes d'ornement, ont été les premiers aussi 
à cultiver le Chrysanthème, et cela depuis une haute 
antiquité. Il y a lieu de croire que ce travail méritoire a 
commencé chez eux environ 500 années avant l'ère 
chrétienne. De la Chine la culture de la fleur illustre, 
appelée des Anglais « reine de l'automne», s'est propagée 
d'un côté dans l'Inde et le Siam, et de l'autre dans les 
îles du Japon. Mais c'est dans ce dernier pays que la 
plante a été l'objet de plus grands soins qu'ailleurs dans 
l'Orient et il en est résulté une multitude de variétés très 
remai'quables. Elle y jouit d'une estime et d'une con- 
sidération qui peuvent nous paraître excessives. « Le 
Chrysanthème, a écrit récemment un savant japonais, 
nommé Hadjime Watanabe ^ est le symbole d'une longue 

^Journal of the R. Hortic. Soc. London, 1890; vol. XII, part, i; 
pp. 151, 171. 

2 Gartenflora, 1. Dez. 1889, p. 622. 



\89 — 




BERNET (Marc-Jean-Jacqaes) 

d'après un portrait à l'huile 
possédé par la Société d'horticulture de la llaute-Garoime. 

Né en 1775 et mort en 1855, à Toulouse. 

Ancien offir-ier, chevalier de la Légion d'honneur. 

Initiateurdu semis dans lacultui-edes Chrysanthèmes. 
Une quinzaine des nombreuses variétés pi'oduites par lui 
figurent encore dans les catalogues français : nous n'en 
citerons que Genius, \a Reine Éaccha/ia/ ei le Grand Na- 
poléon, celle-ci pouvant être regardée comme la plus an- 
cienne obtenue en Europe par ce pi^océdé-là. 



— 190 — 

vie; il figure dans les armes de l'Empire sous la forme 
d'une fleur simple, à seize rayons reliés entre eux par 
autant de petits arcs. Enfin il existe chez nous un ordre 
du Chrysanthème, et des cinq grandes fêtes populaires 
célébrées annuellement et dont chacune a pour signe 
distinctif une fleur, la cinquième, qui tombe au 9"^ jour 
du IX"" mois, a pour fleur caractéristique le Chrysan- 
thème. » 

La première mention de telles plantes cultivées en 
Europe est due à Jacob Breynius, qui rapporte qu'en 
1688 il s'en trouvait six variétés dans certains jardins 
des Pays-Bas ^ ; mais il paraît que celles-ci ne se répan- 
dirent pas de là et que même elles cessèrent bientôt d'y 
être tenues, car, vers la fin du siècle passé, lorsque le 
Chrysanthème commença de se bien faire connaître 
en Europe, les Hollandais avaient perdu tout souvenir 
de l'avoir jamais eu chez eux. 

La mémorable année 1789, qui politiquement a joué 
un si grand rôle, est auesi fort en honneur auprès des 
enthousiastes du Chrysanthème comme étant celle de 
l'introduction définitive en Eui'ope de leur fleur de pré- 
dilection, et ils l'ont bien monti-é au moyen des nom- 
breuses expositions de 1889, par lesquelles le centenaire 
en a été célébré si brillamment en France, en Belgique et 
en Angleterre. C'est bien en «l'an 89 » que le Marseillais 
Pierre Blancard (né en 1741 et mort en 1820), capitaine au 
long cours et auteur d'ouvrages estimés sur le com- 
merce des Indes et de la Chine, rapporta de son cin- 
quième et avant-dernier voyage dans l'Extrême-Orient 
trois pieds de Chrysanthèmes, dont il survécut un seul, 
à fleurs pourpres. Il faut croire que celui-ci, heureuse- 
ment, était d'un tempéi-ament très robuste et qu'on eut 
soin de le multiplier par de nombreuses boutures. En 
effet, dès 1791, des rejetons s'en trouvaient au Jardin 
des Plantes, à Paris, et, l'année suivante, Ramatuelle en 
donna une description détaillée dans \e Journal d'Histoire 
naturelle. Bientôt après, grâce à l'horticulteur Cels, de 
Paris, la fleur nouvelle fut reçue dans les Jardins royaux 
de Kew, près de Londres. En 1796. Curtis en publia la 
première figure coloriée, dans le Botanical Magazine., 
sous le nom linnéen de Chrysanthemum indicum. 

1 Prodromus rarior. plantar. secundus. Gedani, 1C90. 

[La suite ]}, 194.) 



— 191 




M. SIMON DÉLAUX. 

Né, le 15 août 1840, à St-Martin du-Touch, prèsl'ou- 
louse, dans l'établissement horticole de son pèi'e, qui est 
aussi le sien et qu'il a i-endu si fameux chez toutes les 
nations où le Chrysanthème est en honneur. C'est à lui 
qu'on est i-edevable du plus grand nombre de variétés 
hors ligne et cette ravissante production s'accroit et se 
perfectionne d'année en année. Citons seulement M. As- 
torg, Bouquet fait. Flamme de punch, M^e de Sevin (qui 
figurent dans le dessin de la page 199), Hiver fleuri, 
W'" Holmes, l'Ile des plaisirs, M""' John Laing, Margot! 



— 192 - 



M. DE REYDELLET. 



Amateur, demeurant à Valence (Drôme), qui n'a 
commencé guère qu'en 1870 à s'intéresser à la culture 
des Chrysanthèmes, mais si bien que, grâce à des se- 
mis, à des croisements et à des sélections opérés de la 
manière la plus intelligente, il a enrichi nos collections 
d'une foule de variétés très distinguées, telles que la 
princesse Blanche, Carmen, l'Ebouriffée, M'"*' Ghys, 
Ivanhoe, Madeleine Tezier, la Triomphante, Marsa, 
Rêve d'or, le Roi d'Ys. M'"^ R. Sautel, etc. 



D'- EDOUARD AUDIGUIER. 

Né à Toulouse le 6 juillet 1837, docteur en médecine 
et vice-président de la Société d'horticulture de la Haute- 
Garonne. Amateui' comme M. de Reydellet et son digne 
émule, ils rivalisent l'un et l'autre confraternellement avec 
M. Simon Délaux, qui a soin de publier dans ses propi'es 
catalogues les variétés nouvelles obtenues par eux. 
Quelques-unes des plus remarquables du D'' Audiguier 
sont Eléonore Barez, Esculape, Frédéric Marrouch, la 
Pieuvre, J. M. et M'"^ Pigny, Blanche Pigny, Quadri- 
color, Robert le Diable, Silvie. 



M. EDWIN MOLYNEUX. 

Jardinier en chef du domaine de Swanmore Park 
(Hauts.). N'ayant commencé qu'en 1879 à s'occuper de la 
culture des Chrysanthèmes, il s'est vite élevé au premier 
rang des maîtres en cet art, duquel il a publié un excel- 
lent petit Traité, qui en est déjà à sa i^ édition. C'est lui 
qui, dans ces derniers temps, a remporté le plus grand 
nombre de récompenses aux expositions anglaises, sur- 
tout avec des fleurs coupées : ses prix montaient, l'année 
passée, au chiffre énorme de 124, avec jusqu'à 102 de 
h'^ classe. Ce praticien consommé a eu tout autant de 
succès dans d'autres branches de l'horticulture, et, no- 
tamment pour les Raisins, il n'a pas gagné moins de 90 
prix, dont les deux tiers de 1" classe. 




D'' Edouard Audiguier. 



M. DE Heydellet. 




M. Ed\\[\ Mol y. veux. 



— 194 — 

Aussitôt connue, cette plante chinoise fut fort ap- 
préciée des Anglais et ils conçurent pour elle un goût 
qui n'a fait que s'accentuer davantage jusqu'à nos jours. 
Dès le premier quart de ce siècle ils se mirent déjà à 
importer de son pays d'origine des sortes nouvelles et, en 
182(3, dans les Jardins de Chiswick de la Société royale 
d'Horticulture, il ne se cultivait pas moins de 48 variétés. 

Mais, pour la culture en Europe du Chrysanthème 
d'automne, l'ère des grands succès ne commença véri- 
tablement qu'après qu'on eut trouvé dans le semis de 
graines indigènes le moyen sûr et facile de produire des 
variétés nouvelles en nombre indéfini. Le mérite de cette 
avantageuse découverte, qui date de 1827, revient à un 
autre Français du Midi, Marc J.-J.' Bernet, officier en 
retraite, vivant à Toulouse. Plus tard, il fut secondé et 
imité dans cette voie par son neveu, M. Lebois, et pai- 
M. Pelé, tous deux à Paris, ainsi que par M. J. Salter, à 
Versailles et M. Miellez, à Lille. En Angletei-re égale- 
ment, le nouveau procédé fut essayé et perfectionné ])eu 
à peu, et, dès 1832, Isaac Wheeler en obtenait de bons 
résultats. 

Llne autre époque remarquable de l'histoire de la 
culture du Chrysanthème en Europe est celle de l'in- 
troduction, par l'Anglais Robert Fortune, de deux va- 
riétés chinoises à petites fleurs; elle eut lieu en 1840, 
mais ses compatriotes ne surent pas en tirer parti, tan- 
dis qu'entre les mains des Français Lebois, Pelé et 
Miellez il en résulta la jolie race des Pompons. De ces 
derniers pourtant, vers 1860, l'on reçut de charmantes 
variétés de l'île de Guernsey. Le climat des îles Nor- 
mandes de la Manche est très favorable aux Chrysan- 
thèmes d'automne et de là sont sorties également de 
fort belles sortes de toutes les autres races. 

Nous arrivons enfin à la date de 1861, qui, après 
celles de 1789 et 1827, est la plus importante du sujet 
qui nous occupe. C'est cette année-là que le même 
Robert Fortune, à qui l'horticulture européenne doit 
un si grand nombre de précieuses importations de l'Ex- 
trême-Orient, envoya en Angleterre sept variétés de la 
race des Japonais, alors nouvelle pour nous. Celle-ci 
eut de la peine d'abord à se concilier la faveur du pu- 
blic, qui préférait les fleurs à pétales incurvés et les 
anémoniformes (alvéolées), et dixans après son introduc- 



195 - 




D- HENRY P. WALC(3 r T. 

Président de la Société d'horticulture du Massachu- 
setts (E. U. A.), que nous avons l'honneur de compter 
au nombre de nos sociétés correspondantes. Il a été le 
premier en Amérique à élever des Chrysanthèmes de 
semis et a le plus contribué à y mettre ces fleurs autant 
à la mode qu'elles le sont en France et en Angleterre. 
La première variété obtenue ainsi par ses soins date 
d'environ dix ans et depuis lors il a continué d'en pro- 
duire annuellement près de 300 nouvelles, dont beau- 
coup ont gagné dans leur i)ays natal les plus hautes 
récompenses des Expositions. Espérons qu'elles vien- 
dront à être mieux connues en Europe qu'elles ne l'ont 
été jusqu'à présent. 



— 196 — 

tion il n'en figurait encore dans les catalogues anglais 
qu'une trentaine de variétés. Aujourd'hui, au contraire, 
par un efîet des vicissitudes du goût ou de la mode 
horticole, ce sont les Japonais qui sont au premier 
rang, et, dans les catalogues des Chrysanthèmes d'au- 
tomne de tous pays, nous en voyons figurer un plus 
grand nombre de variétés que de toutes les autres 
races ensemble. Il est vrai que c'est peut-être par suite 
d'une autre cause que ces listes en comprennent une si 
forte quantité, et c'est là une question sur laquelle je 
reviendrai plus loin. 

Dans ces dernières trente années la culture des Chry- 
santhèmes a pris, en France et en Angleterre, un déve- 
loppement extraordinaire, et le goût — d'aucuns diront 
l'engouement — pour ces fieurs si énormément varia- 
bles de figure et de coloris ne semble rien moins que 
près de s'af!aiblir. Mais, sans insister davantage sur 
tout cela, il suffira, pour finir ce chai)itre. de citer les 
noms des principaux horticulteurs et amateurs à qui 
sont dues les nouveautés les plus remarquables que 
nous voyons apparaître chaque année. 

France : MM. îsimon Délaux, D'' Audiguier, L. La- 
croix, F. Pertuzès, à Toulouse ; M. de Reydellet, à 
Valence; M. R. Sautel S à Salon (Bouches-du-Rhône) ; 
MM. Rozain-Boucharlat et Boucharlat aîné, à Lyon; 
M. Phatzer, à Roubaix, etc. 

Aiifileierre : MM. H. Cannell, J. Laing, EdwinMoly- 
neux, G. Slevens ; le major Ch. Carey et M. J. Downton, 
dans l'île de Guernsey ; etc. 

Etats-Unis d'Amérique : MM. D'' Walcott, Thorpe, 
Spaulding, Falconer, etc. 

III 

Pour comprendre le sens des profondes modifica- 
tions apportées par la culture à la forme des fieurs des 
Chrysanthèmes, il importe de bien se l'endre compte 
de la constitution de l'inflorescence des plantes du 
groupe des Composées-Radiées. Il n'y a pei'sonne, des 
gens au moins qui n'ont pas les yeux fermés aux 
beautés de la campagne, qui ne connaisse depuis son 

' M. Sautel a pul»lié en 1889 un superbe catalogue de ses Chry- 
santhèmes, illustré de 10 belles planches en couleur des variétés, 
les plus remarquables. 



— 197 — 

enfance la Grande-Marguerite de nos prés. Botanique- 
ment, cette plante peut ôti'e regardée par nous comme 
un type primitif du Chrysanthème d'automne. Son in- 
florescence consiste en un capitule composé d'un très 
grand nombi-e de fleurons, les uns tubuleux et réunis 
au centre en un disque de couleur jaune, et les autres 
ligules ou en forme de languette et entourant le dis- 
que d'une couronne de rayons blancs. Mais, dans la 
pratique horticole, on regarde le capitule comme une 
tlour unique, et ses fleurons comme les pétales de 
celle-ci. Par suite d'une culture longtemps soutenue 
dans des conditions diverses, il arrive, pour les inflo- 
rescences de toutes les Composées Radiées, que les 
fleurons du disque changent leur forme, en s'allongeant 
ou en se rapprochant plus ou moins de celle des ligu- 
les de la circonférence. On dit alors que les fleurs sont 
devenues pleines^ et c'est ce qu'on a vu se produii-e 
d'une manière si remarquable chez le Dahlia, la Reine- 
Marguerite, le Zinnia, la Pâquerette, etc., toutes plan- 
tes desquelles il se trouve aussi dans les jardins des 
pieds à fleurs simples. Or tout ce qui vient d'être 
expliqué est vrai également des Chrysanthèmes d'au- 
tomne. Quant au caractère des métamorphoses su- 
bies chez ceux-ci par les fleurons des botanistes ou 
les pétales des jardiniers, il va en être question briève- 
ment dans l'exposé du classement de différentes races 
de nos Chrysanthèmes. 

Quelques mots maintenant sur les modifications de 
coloris. On admet que la multitude infiniment variable 
des Chrysanthèmes de nos jardins a pour ancêtres na- 
turels certaines plantes sauvages consistant soit en deux 
espèces distinctes, soit en deux vai-iétés d'une seule et 
même espèce, et dont les fieurs, simples bien entendu, 
sont à rayons jaunes ou pourpres. A ces deux couleurs 
se sont jointes, sous l'influence de la culture, les teintes 
les plus diverses, qu'il serait inutile d'énumérer ici, mais 
parmi lesquelles pourtant le bleu manque absolument. 
Ce défaut parait tenir à une cause physiologique, sur la- 
quelle je me réserve de revenir dans un prochain article 
de ce Bulletin, qui traitera de la coloration des fleurs en 
générai. Cependant un des membres les plus éminents de 
la Société d'horticulture de Londres, M. Sliirley Hibberd, 
directeur du Gardeners^ Maga:;ine, ne laisse pas d'espérer 



— 198 — 

qu'un Jour nous aurons un Chrysanthème à fleur bleue, 
produit en Europe ou apporté du Japon : il fonde son 
opinion sur le fait que nous avons aujourd'hui une prinae- 
vère de Chine qui est bien près d'être bleue et sur quoi 
personne n'osait compter il y a vingt ans. 

Un autre perfectionnement rêvé ou attendu de M. Shir- 
ley Hibberd, ce sont des variétés ayantune odeur décidé- 
ment agréable, — ce qui doit se trouver plutôt dans les 
fleurs simples que dans les doubles. Il ne manque pas 
des personnes qui prétendent que nous en avons déjà qui 
sentent la violette, la rose ou le musc ; mais, pour 
percevoir ces parfums, il faut une bonne volonté qui n'est 
pas le propre de chacun de nous. Ce qui est incontestable, 
c'est que les Chrysanthèmes ont dans toutes leurs parties 
une odeur aromatique de camomille, plus ou moins pro- 
noncée, qui est loin de plaire à tout le monde. 

Du reste, si les Chrysanthèmes d'automne continuent 
longtemps encore d'être si fort à la mode, il est certain 
que nos collections ne manqueront pas de s'enrichircon- 
sidérablement, grâces à la fois aux gains heureux de nos 
semeurs européens et aux importations de belles nou- 
veautés du Japon ou de la Chine. Je me borne k citer à 
l'appui de cette assertion les deux exemples superbes 
et tout récents du Staustead Surprise d'un côté et de 
M"'" Alpheus Hardy de l'autre. 

Une bonne classification est indispensable quand il 
s'agit de plantes de collection dont les variétés vont se 
multipliant de jour en jour davantage. Celles en usage 
pour nos Chi-ysanthèmes sont fondées généralement 
sur la grandeur ou l'aspect des tieurs et l'époque 
de la floraison, ainsi que sur la disposition ou l'ar- 
rangement des pétales plutôt que sur la foi-me de ceux- 
ci. Scientifiquement, cette dernière mérite pourtant 
d'être considérée avant tout. C'est aussi ce pr-incipe qui 
sert de base à la classihcation que j'estime la meilleure et 
qui est due à M. Chargueraud ; elle a été proposée dans 
un article du Journal de la Soc. nation, d'horticult. de 
France, qui est reproduit dans notre Bulletin N^ôde 188G. 
Rationnelle et simple, elle se divise en 4 sections, suivant 
que les fleurons sont alvéolés, tuyautés, carénés ou 
ligules. Il est clair que dans ce système les variétés à 
pétales dits incurvés (fl. de pivoine) ou récurvés (fl. de 



— 199 — 

Modèle d'arrangement de la maison H. Canxell cV fils, 

pour ses exhibitions 

de Chrysanthèmes en fleurs coupées. 



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— 200 — 

reine-marguerite) forment des subdivisions du groupe 
(les Ligules. Quant à celles appelés /?m6r/ées ou laciniées 
la forme du fleuron les i)lacera dans l'une ou l'autre do 
ces 4 classes. 

M. V. Cuvelier, membre de la Soclétéroyale d'Agricul- 
ture et d'Hoi'iiculture de Gand et auteur d'un bon petit 
livre sur la culture des Chrysanthèmes, publié en 1888, 
donne de ces fleui's la classification suivante : 

I. Ch. de Chine : 1° à gr. fl. incurvées; £« à gr. 

û. récurvées ou réfléchies. 
II. Ch. à fl. d'anémone ou alvéoliformes : grands, 
petits et japonais. 

III. Ch. pompons ou renonculiformes : grands et 
petits (Lilliputs). 

IV, Ch. fimbriés ou laciniés. 

V. Ch. Japonais : précoces et tardifs. 

VI. Ch. à fleurs simples. 

Les Chrysanthèmes hâtifs et ceux à fl. simples sont 
fort estimés des Anglais et forment deux catégories qui 
flgurent dans tous leurs catalogues et ont gagné dans 
(-•es derniers temps beaucoup de variétés d'un assez 
grand mérite. Les autres divisions des listes des horti- 
culteurs d'Outre-Manche concordent avec celles de la 
classification de M. Cuvelier : Chinois, Anémones, Pom- 
pons, tous à grandes ou petites fleurs et à pétales incurvés 
ou récurvés, et Japonais. 

Pour les divisions usitées en France, nous prendrons 
comme type le catalogue de la collection générale de 
Simon Délaux, qui est le roi des chrysanthémistes de la 
République française. Cat. N° 44, mars 1890; à chacun 
des groupes nous marquons le nombre des variétés, 
toutes de premier choix, qu'il comprend : 
I. Japonais: japonais et hybrides. 
II. Pivoines : à gr. fl. de la Chine et incurvées, 

III. Ch. de Chine: à fl. moyennes, renonculi- 

formes, 

IV. Ch. de l'Inde: à petites fleurs, Pompons, 
y. Ch. Ueines-Marguerites: à fl. d'anémone 

ou alvéoliformes. 

Appendice : Ch. à floraison précoce, 

Ch. à fleurs simples, 

( >n l'emarquera de quel montant énorme sont ici les 

variétés dites Japonaises relativement au nombre de 



var. 


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147 


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188 


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56 


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14 




'Vi:!\ '"/*'''^^ 



EDWIX MOLYNEUX 

Japonais, de Délaux, 1887. Pétales très longs et larges, d'un suiierbe rouge- 
marron en dehors et dorés en dedans. Une des plas splendides variétés de cette race, 
honorée en Angleterre de trois certificats de 1" classe 



— 202 — 

celles des quatre ou six autres groupes. Dans cette 
catégorie les pétales sont généralement étroits et longs, 
ligules ou tubuleux, et, ce qui la caractérise le plus, c'est 
que d'ordinaire ils sont contournés, tordus, emmêlés, 
retombants^ ébouriffés, soit de l'aspect le plus fantas- 
tique ; cependant il y a des formes aussi dont les pétales 
tendent à devenir assez régulièi-ement incurvés ou 
réfléchis. De tout cela il résulte qu'on ne saurait définir 
les Japonais par des caraclères bien précis. Ils se rap- 
prochent plus ou moins de la plupart des autres divi- 
sions, et quand on a affaire à quelque variété qui ne se 
montre pas assez tranchée pour être classée sans hési- 
tation, on se tire d'embarras en la colloquant parmi les 
japonaises. C'est là peut-être la cause principale de 
l'étonnante surabondance des Chrysanthèmes de cette 
dénomination qui se trouvent dans certains catalogues. 

IV 

Il est agréable, en ce qui regarde des personnes dont 
on estime le caractère ou les œuvres et avec qui l'on a 
été en rapports plus ou moins, d'en arriver à les con- 
naître soit en personne, soit seulement de figure ou au 
moins de poi'trait. A cette intention, nous avons eu soin 
de nous procurer et de mettre ici sous les yeux du lec- 
teur les vraies effigies de quelques-un- des chrysanthé- 
mistes les plus renommés à just(; titre. Nous en avons 
emprunté les clichés de l'imprimeiie du Gardeners Ma- 
r]a:;ine, journal horticole très répandu en Angleterre, 
où ces portraits ont été publiés d'aboirl, en octobre de 
1889, à l'occasion du mémorable Centenaire de l'inti'o- 
ducfion en Europe du Chrysanthème d automne. 

En tête de cette petite galerie nous avons la grave e1 
énei-^ique physionomie de l'ancien officier des grandes 
guerres du commencement de ce siècle, Marc-J.-J. Bernet, 
qui, retiré dans sa ville natale de Toulouse, y devint le 
fécond initiateur de la prntique des semis dans la cul- 
ture européenne des Chrysanthèmes de l'Extrême- 
Orient et (('usacra ses loisii-s ])acifiques à la produc- 
tion de nombreuses variétés nouvelles, dont quelques- 
unes sont encore en lionneur aujourd'hui. A sa suite, 
pcjur faire cortège à ce glorieux général, viennent ses 
trois compatriotes, MM. Simon Délaux. le D' Audiguier 
et de Reydellet, qui, comme le savent tous les jardiniers 




L'AMI CONDERCHET 

Pompon jaune, fleurissant en octobre. Variété très utile pour fleurs coupées : 
après une première coupe, il se développe des pousses latérales donnant une se- 
conde récolte de jolies fleurs. 



— 204 — 

ou amateurs s'intéressant à l'origine des plus belles et 
mieux qualifiées des Heurs en question, sont à présent 
les plus célèbres des cultivateurs français de Chrysan- 
thèmes et dont l'heureuse activité nous dote chaque 
année d'un bon nombre de sortes d'un caractère inédit 
de formes ou de couleurs. Nous y ajoutons, pour avoir 
des représentants de l'Angleterre et des Etats-Unis 
d'Amérique, qui sont avec la France les pays où cette 
culture est le plus tloi-issante et le mieux entendue, les 
portraits de M. Edwin Moljneuxet du D"" H. -P. Walcott. 
Nous devons à l'aimable obligeance de la maison 
H. Cannel & tîls, àSwanley (Kent.), non loin de Londres, 
laquelle est le plus important établissement de fioriculture 
de l'Angleterre, la communication des dessins de plu- 
sieurs de ses plus superbes variétés de Chrysanthèmes : 
ce sont les trois Japonais Edwin Molyneux, H. Cannel, 
Macaiday et le Pompon Ami Couderchet. Tous nos 
sociétaires en seront certainement aussi charmés que 
le Comité de rédaction du Bulletin et se joindront volon- 
tiers à lui pour exprimer à nos honorables correspon- 
dants notre vive et sincère gratitude. 

V 

Il reste, afin de justifier la prétention que je pourrais 
avoir de m'être appliqué à traiter de mon sujet dans 
toutes ses parties, à m'occuper en ce dernier cliapitre, 
mais brièvement, des moyens usités pour multiplier les 
plants de Chrysanthèmes ainsi que pour en produire 
des variétés nouvelles. Quant aux procédés de culture je 
n'aurais garde d'y toucher : ils ont été décrits dans ce 
journal, du mois de mai jusqu'à présent même, avec une 
parfaite méthode, beaucoup de clarté et de la manière la 
jilus complète, par notre excellent membre correspon- 
dant, M. H. Fatzer, de Roubaix, qui est un des maîtres 
de l'art. Son article dernier sur cette matière, dans ce- 
N° du Bulletin, est illustré de deux de ses propres 
clichés, l'un représentant sa merveilleuse plante ào. Fair 
maid of Guernsey, exposée à Roubaix, en 1888, et qui 
remplit de son éclat tout le monde horticole, et l'auti'e, 
donnant, avec la variété Mme Georye Rundle, un spé- 
cimen d'un pied haute tige, forme appelée standard en 
Angleterre, où elle est fort appréciée. 

Rien dans le jardinage n'est plus simple et plus 




M. H. CANNELL 

Japonais. 1888. Da lype du f/randiflorion et sans contredit le plus iieau de celte 
section: d"un jaune plus riclie et a pétales plus larges, gracieusement incurves. 
Deux certificats de 1" classe en Angleterre. 



— i>06 — 

facile que de cultiver avec plus ou moins de succès 
toutes les races et variétés de Chrysanthèmes. De tem- 
pérament très rustique, ils prospèrent très bien ou 
assez bien à toute exposition et dans toutes les terres de 
jardin, quand elles ne sont pas envahies d'eau stagnante; 
les meilleures sont celles décomposition argilo-calcaire 
et fumées de quelque engrais consommé. I)e la fin de 
l'été jusqu'à l'entrée de l'hiver, suivant leur floraison 
plus ou moins précoce ou tardive, ces plantes si esti- 
mables jouent dans nos jardins un rôle de première 
importance, sur plates-bandes, en corbeilles, massifs et 
touffes isolées, en bordures et contre-bordures, etc. Lors- 
que la froidure leur devient pourtant trop incommode, on 
peut lover en pots certaines variétés, qui, rentrées à l'abri 
dans une orangerie ou l'appartement, continueront à 
lieurir agréablement de novembre jusqu'en janvier. On 
les cultive beaucoup en vases, pour la décoration des 
fenêtres, des balcons ou des jardinières de salon. Elles 
sont très prisées aussi, en Angleterre surtout, pour en 
avoir abondamment des fleurs coupées, propres à la 
confection de bouquets et de garnitures , qui ont la 
bonne qualité de se maintenir longtemps en bel état, 
pour peu qu'on les tienne suffisamment humides. 

Le mode le plus ordinaire de multiplication est le 
bouturage et c'est aussi celui-là qui se trouve expliqué on 
ne peut mieux dans nos articles de M. Fatzer. On peut 
la pratiquer encore par des éclats de souche ou des rejets 
de pied, pris en automne ou au printemps; mais cela 
ne se fait que rai-ement, à cause de son peu de produit, 
et d'ailleurs les plants de cette façon sont sujets à périr 
en partie et ne deviennent jamais aussi robustes que les 
boutures. Un autre moyen, parfois employé comme 
affaire de curiosité, c'est le couchage des rameaux, opéré 
en août et dont les bouts enracinés s'empotent en 
octobre. 

Les Japonais ont un procédé dont il peut être inté- 
ressant ici de dire quelques mots et qui est un boutu- 
rage de bourgeons à feuilles. Nous en avons connais- 
sance par l'auteur cité à la p. 188 et il consiste à étaler 
sur un sol argilo-sableux, un peu mouillé, une feuille 
détachée avec précaution de la plante- mère, conjointe- 
ment avec le bourgeon de son aisselle, et de la tenir à 
l'ombre, recouverte d'une mince couche déterre, jusqu'à 




MACAULAY 

Japonais lacinié, de Délaux, 1887. Très original, semblable par la forme unique 
de ses pétales à une tète de chicorée frisée ; jaune foncé, passant au bronze vers la 
base de la face supérieure. Cert. de 1"' classe de la Soc. nat. du Chrys. en Angleterre. 



— 208 — 

ce que celui-là, resté à laii' libre, ait comujencé de 
pousser d'un côte des radicelles et de l'autre de petites 
feuilles. Il va sans dire qu'ainsi l'on reproduit exacte- 
ment la variété de laquelle provenait le bourgeon. 

Le semis est le procédé qui a spécialement pour but 
de créer des vaiiétés nouvelles. A cet effet, l'on opère 
avec dé la semence soit fournie naturellement par une 
certaine variété bien établie, soit obtenue artificiellement 
d'une hybridation raisonnée et bien conduite. Dans le 
premier cas, les nouveautés produites sont le résultat 
hasardeux des variations, de causes inconnues, qui se 
manifestent d'ordinaire dans tout semis des graines d'un 
même individu végétal; dans le second, elles ont été 
provoquées, à quelque degré, par un choix judicieux des 
variétés entre lesquelles a eu lieu le croisement. 

La semence de Chrysanthème exige, pour sa matu- 
ration parfaite, un climat sec et chaud ; et, même dans 
le midi de la France, quand le temps devient trop humide, 
les plantes porte-graines sont placées à l'abri, mais en 
leur- ménageant beaucoup d'aération. En Angleterre, où 
le climat n'est rien moins que de ce caractère-là, il faut 
avoir l'ecours à des moyens artificiels, qu'il serait oiseux 
d'indiquer ici. Qu il nous sultise de savoir que dans ce 
pays il s'obtient, en matière de semis, et avec de la 
graine indigène, des résultats aussi remarquables qu'en 
France, quoique en nombre beaucoup moindre et en 
variétés qui sont généralement des races des Incurvés, 
des Pompons et des Alvéolés ou Anémoniformes ; ce 
sont celles qu'ils préfèrent, tandis que chez nos voisins 
du Midi les nouveautés les plus fréquentes appartiennent 
à la division des Japonais. Cependant, quelquefois aussi, 
les Anglais emploient pour leui-s semis de la graine 
tirée de la France ou même du Japon La même cliose 
à peu près peut se diie des ileç de la Manche et des 
Etats-Lnis de l'Amérique du Nord, où l'on compte un 
bon nombre de semeurs habiles et heureux. 

Du reste, la pratique de ces semis n'est d'aucune 
difficulté. Ils se font après la récolte des graines, soit 
de la fin de l'hiver jusqu'au printemps, et, si l'opération 
est bien exécutée, les plantes fleurissent en majeure partie 
dès la première année. Cependant, il faut observer que les 
fleurs de celle-ci sont d'ordinaire défectueuses de forme 
ou de couleur, mais elles sont susceptibles de se perfec- 



— 209 — 

tionner les années suivantes : aussi n'est-ce guère qu'à 
la deuxième ou troisième floraison que le caractère d'une 
plante de semis s'affirme au point qu'on en puisse ap- 
précier le mérite d'une manière certaine. 

Il importe de signaler, après celle des semis, une 
autre provenance de variétés nouvelles chez nos ChrvT- 
santhèmes. J'entends ce que les jardiniers appellent 
«jeux», ou s/)o/'te en anglais, et les botanistes des cas 
de dichromisme ou de dimorphisme, suivant qu'il s'agit 
d'un changement de couleur ou de forme dans les fleurs 
d'un seul et même exemplaire de plante. De ces deux 
modifications c'est celle du coloris simplement qui est la 
plus fréquente. 11 peut arriver en effet — et chez les Chry- 
santhèmes, surtout de la race des Incurvés, la chose n'est 
pas rare — qu'un pied porte un rameau présentant des 
fleurs d'une teinte différente de celle des autres. On peut 
alors traiter ce rameau de manière à lui faire développer 
ses bourgeons et employer ceux-ci comme boutures pro- 
pres à fixer et à multiplier cette nouvelle variété. Il se 
trouve dans l'opuscule déjà cité de M. Cuvelier une liste 
fort intéressante de 56 sports, dont la moitié de la race 
des Incurvés, qui ont été constatés jusqu'ici, en Angleterre 
principalement, et dans laquelle chacun est placé en face 
de la variété dont il est issu, avec l'indication du coloris 
de l'un et de l'autre. La floraison des deux sortes ayant 
lieu en même temps, on peut obtenir de jolis effets en les 
greffant ensemble. 

Les infatigables chercheurs de variétés nouvelles ont 
bien de la marge encore devant eux et il est à désirer f{ue 
leurs ingénieuses expérimentations réalisent les perfec- 
tionnements imaginés parles amateurs. Mais ceux-ci sont 
peut-être trop indiscrets dans leurs souhaits. Que de- 
mandent-ils de plus de nos semeurs? des plantes ayant 
spontanément un port bas et touffu, et un plus grand 
nombre de précoces ; des couleurs et des formes incon- 
nues jusqu'ici, ces dernières surtout dans la section des 
Anémoniflores ; des fleurs où au lieu de l'arôme pharma 
ceutique nous ayons le mérite d'un parfum franchement 
agréable ; . . . Les coloris de la noble qualité desquelles 
on aimerait le plus voir doter nos Chrysanthèmes sont le 
bleu et l'écarlate ; peut être finira-t-on par gagner cette 
éclatante nuance de rouge. Quant à des configurations 
nouvelles de pétales, la toute récente importation du Ja- 



— 210 — 

pon de la surprenante variété dite Mme Alpheus Hardy 
est d'un excellent augure, et il n'y y pas à douter que de 
celle-ci, ainsi que d'autres encore, qui ne manqueront pas 
d'être tirées de ce pays-là, il ne résulte bientôt en Europe, 
par voie de semis directs ou d'hybridations, des nou- 
veautés de caractères des plus remarquables. 

Mais voilà trop longtemps peut-être que dure ce dis- 
cours en l'honneur des Chrysanthèmes d'automne, et il 
faut enfin que je dise adieu à ces plantes chéries et prenne 
congé de mes lecteurs, si tant est qu'il en soit qui m'ont 
suivi jusqu'au bout. 

Bornons ici cette carrière... 
Loin d'épuiser une matière, 
On n'en doit prendre que la fleur I 

Le poète ajoute : «Les longs ouvrages me font peur, n 
Je suis aussi de ce sentiment, et il en est de même sans 
doute des lecteurs de ce journal. Que ceux-ci du moins, 
semblables en quelque sorte aux aimables fleurs dont je 
les ai entretenus, veuillent bien garder de ce travail et 
de son auteur un souvenir fidèle, qui résiste à l'hiver de 
l'indifférence et de l'oubli ! 

Prof. Henri Welter. 

P.S. Cette notice ayant dû être rédigée très à la hâte, par 
suite de circonstances indépendantes de la volonté du 
Comité de rédaction ainsi que de celle de l'auteur, celui- 
ci, qui d'ailleurs n'a pu disposer clans ce journal que d'un 
espace rigoureusement limité, prie ses lecteurs de ne pas 
trop se choquer de ce qu'ils poui-ront y remarquer ou 
soupçonner d'incomplet et d'inexact, Il pourra être re- 
médié à ces défauts par un supplément d'informations sur 
ce sujet à paraître dans un de nos prochains Bulletins. 

Culture du Chrysanthème 

TRAVAUX DE NOVEMBRE 

En novembre les Chrysanthèmes sont en pleine 
floraison. Dans notre dernier article, nous avons vu com- 
ment il fallait traiter les plantes en fleurs et les fleurs 
elles-mêmes : il ne nous reste donc, pour terminer nos 
notes sur la culture de la Rose cThioer, qu'à examiner 



211 




Spécimen haute lige de Ctirysanlhème incurvé, M°" George RuNDLE,;exposé 
k Roubaix en novembre 1888 par l'établissement Phatzer. 



— 212 - 

les soins à donner aux plantes après la floraison et le 
bouturage. 

Il y a un fait remarquable qui convient d'être cité ici, 
c'est que depuis plusieurs années les Chrysanthèmes ont 
une tendance à fleurir de plus en plus hâtivement. Il y a 
dix ans, par exemple, le cultivateur avait assez de peine 
à avoir un nombre suffisant de fleurs completem ent 
épanouies avant la mi-novembre et maintenant ces 
mêmes variétés fleurissent en octobre. Il m'apemblé que 
l'hivernage des plantes, tel qu'il est pratiqué, ainsi que 
la culture très intensive avaient dû exercer une cei'taine 
influence sur la précocité de la flo)'aison ; et, il y a deux 
ans, j'ai mis une collection des plus belles variétés en 
pleine terre, avec l'intention de l'y laisser pendant quatre 
ou cinq ans et de prendre ensuite mes boutures sur ces 
plantes, afin de voir si par ce moyen on pourrait obtenir 
une floraison plus tardive. L'avenir dira si j'ai eu raison. 

Cette année, j'ai essayé sur quelques milliers de plantes 
une méthode de culture qui devait forcer les plantes cul- 
tivées pour la grande fleur à fleurir beaucoup plus tard 
et j'ai réussi au delà de mes espérances, puisque ces 
plantes n'ont commencé à former leurs boutons que vers 
la première semaine d'octobre, c'est-à dii"e de quatre à cinq 
semaines après les autres; si l'expéi'ience réussit encore 
l'année prochaine, elle sera assez concluante pour mé- 
riter d'en faire connaître les détails. 

Lorsque les plantes sont défleuries, on devra couper 
les tiges à 30 cm. environ du pot et les placer sous châssis 
à l'abri de la gelée. Tous les huit jours on les examinera, 
pour arroser celles qui auraient soif, et les jeunes pous- 
ses ne tardcTont pas à se montrer en quantité plus ou 
moins considérable, suivant la variété. Ce sont ces jeunes 
pousses qui devront servir au bouturage,qui doit se com- 
mencer vers fin janvier. Lorsqu'on n'a que l'embarras 
du choix, on fera bien de prendre exclusivement celles qui 
procèdentdirectement des racines, et on rejettera cellesqui 
sortent de la tige elle-même, et qui ne donnent jamais 
d'aussi bonnes plantes. Devront être rejetées également 
les pousses qui portent un bouton à leur extrémité, car 
elles ne produiront que des jilantes peu vigoureuses. La 
meilleure bouture est celle qui est bien trapue, pas trop 
grosse et d'une longueur de cinq à six centimètres ; mais 
certaines variétés s'obstinent à ne donner que de petites 



2\3 




— 214 — 

pousses tout à fait grêles, on est donc bien forcé de s'en 
servir. Dans le cas de variétés rares, on va même jusqu'à 
faire des boutures de feuilles aussitôt ;»près la floraison. 

La terre dans laquelle on insère les boutures doit être 
très légère: par exemple, deux pai-lies de terre de gazon, 
deux parties de sable et une partie de terreau de feuilles. 
Les jeunes pousses seront coupées en dessous d'une 
feuille et placées isolément dans des godets de 6 cm. ou 
par quantité dans des caisses, quand leur nombre se 
chiffre par milliers. 

Il est préférable défaire enraciner à froid sans chaleur 
de fond; une serre froide de 4 à8 degrés cent., bien éclairée, 
est le milieu le plus convenable; on place les godets sous 
cloche bien près du verre, et, au bout de trois à six se- 
maines, les racines font leur apparition; on commence 
alors à donner un peu d'air, de manière à ce que les 
feuilles ne se fanent pas et on augmente progressive- 
ment jusqu'à ce que les jeunes plantes peuvent sans 
inconvénient supporter le grand air de la serre. 

Les boutures faites avec chaleur de fond sont en- 
racinées au bout de quinze jours ; mais cette méthode est 
aujourd'hui abandonnée de tous tes bons cultivateurs, 
par la raison que les plantes ainsi bouturées sont beau- 
coup plus délicates et ne sont jamais aussi belles que 
celles faites à froid. 

Puisque nous sommes en pleine période d'expositions, 
disons pour terminer quelques mots sur la manière de 
présenter les fleurs. En Angleterre on a l'habitude de les 
disposer sur des planchettes inclinées et peintes en vert, 
qui sont placées sur des tables. Ces planchettes sont per- 
cées de trous dans lesquels on fixe un tube en fer blanc 
rempli d'eau et qui contient la fleur sans un atome de 
feuillage. Cette disposition, d'une laideui- excessive, n'a 
heureusement pas été adoptée en France, où le bon goût 
est plus développé que dans aucun autre pays. Si les ex- 
positions de la section florale de la Société artistique de 
Roubaix ont fait parler d'elles dans le monde entier et ont 
obtenu auprès du public d'élite qui les a visitées le succès 
que l'on sait, c'était en grande partie précisément à cause 
d'une disposition toute nouvelle et gracieuse au possible 
des plantes et des fleurs coupées surtout. Ces fleurs y 
étaient placées sur des massifs en sciure de bois de teinture 
noir, dans lesquels on piquait des bouteilles contenant 



— 215 — 

les fleurs munies d'une partie de leur tige avec le feuil- 
lage; ce fond noir faisait ressortir admirablement les 
coloris. 

A Lille, l'année dernière, le Cercle horticole du Nord, 
société correspondante de celle de Genève, avait fait 
mieux encore. Ayant à sa disposition le palais Rameau, 
il avait confié l'organisation de son exposition à deux 
jeunes maîtres de l'architecture paysagiste française^ 
MM. Contai et Richer, qui, avec le goût artistique exquis 
qui préside à toutes leurs créations, avaient transformé 
le vaste local en un coquet jardin avec pelouses, jet 
d'eau, massifs formés de plantes ornementales et cor- 
beilles dans lesquelles ils avaient fait placer les fleurs 
coupées; plus de ces vilaines tables avec des flacons qui 
souvent restent vides quand des exposants font défaut, 
rien que dçs fleurs et de la verdure : aussi quel succès 
immense! On se plaint souvent que les expositions 
horticoles sont délaissées du public; mais la faute en in- 
combe presque toujours aux organisateurs, qui ne savent 
pas présenter les produits sous une foi-me agréable et 
attirant le public non connaisseur, qui est généralement 
la grande masse. Il semblerait que la plupart des exposi- 
tions ne sont faites que pour l'horticulteur qui, lui, regarde 
principalement aux détails, c'est-à-dire aux produits indi- 
viduellement, tandis qu'au contraire ces expositions de- 
vraient avoir pour but d'amener la foule qui, elle, attache 
beaucoup plus d'importance à l'ensemble et à laquelle on 
fait toucher du doigt les effets Ijrillants que l'on peut ob- 
tenir avec quelques plantes, quelques fleurs. C'est ainsi 
que se recrutent de nouveaux amateurs et c'est l'horticul- 
teur qui en profite. 

H. Fatzer, 

{ Meinhre correspondant de la Société d'Horticulture de Genève?) 



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216 



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rection de l'Ecole d'agriculture de la Uutti (Berne). Cet extrait 
employé dans la proportion d'un kilogramme pour 50 à lâU litres 
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çons et de la vermine du bétail. 

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GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DFS VOWONS, 10. 



36»» AJSTNÉE 12' LIVRAISON DKC. 1890 

BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GE NE VE 

FOJSriDÉE EINT 1855 



Sommaire : Avis. — Procès-verbal de l'Assemblée générale 
du 13 octobre 1890. — Publications offertes à la Société. — Liste 
des prix de l'Exposition de Chrysanthèmes. — Rapport sur les 
cultures d'Œillets de M. F. Ludi.— Rapport sur l'Exposition de 
Nyon. — Extraits du rapport sur l'Exposition de Lyon. — Pro- 
gramme du Concours pour la bonne tenue des vergers. — Lé- 
gumes recommandables. — Nécrologie. — Annonces. 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 12 octobre 1890, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Fr. Cardinaux, président. 



Cent-dix membres assistent à la séance. Lecture et adoption 
du procès-veibal de la dernière assemblée. 

M. le Président annonce dans une courte allocution que notre 
Société vient de faire une perte très sensible en la personne de 
M. Jules Boissier, récemment décédé. Il rappelle les grands ser- 
vices rendus par ce dévoué collègue aux intérêts de l'horticulture, 
et plus encore de l'agriculture et de la viticulture de notre canton. 
Homme affable et des plus populaires, Jules Boissier laissera un 
souvenir ineffaçable parmi nous, car il encourageait toujours par 
des dons considérables nos concours et nos expositions. Nous lui 
devons aussi la création d"un champ d'expériences pour l'adapta- 
tion des vignes américaines au climat et au sol de notre pays. 
Lecture est ensuite donnée d'une lettre de son frère, M. Emile 
Boissier, à Cologny, nous apprenant que notre regretté collègue 
lègue à la Société d'Horticulture de Genève la somme de cinq 
cents francs. L'assemblée décide que les intérêts de cette somme 
serviront à constituer un prix dit « Jules Boissier », pour perpé- 
tuer sa mémoire dans le sein de notre Société. Des remerciements 



— 218 - 

seront transmis à sa famille avec l'expression de nos plus sym- 
pathiques regrets. 

La nomination de MM. Georges Mantin, propriétaire à Ollvet, 
près Orléans (Loiret) et Allemand, jardinier-chef de la ville de 
Grenoble (Isère), comme membres correspondants, est ratifiée par 
l'assemblée. 

Candidats présentés : 

1° M. le BARON d'Yvoire, propriétaire au château d'Yvoire 
(Haute-Savoie), présenté comme membre correspondant par la 
Commission du Bulletin. 

2° M. John Deluc, propriétaire à Chêne-Bougeries, présenté 
par MM. L. Druz et Aug. Dufour. 

3° M. Jules Gautier, jardinier à l'Asile d'Anières,et 

4° M. Joseph Grobel, jardinier, rue du Cheval-blanc, 7, par- 
MM. Gorrevon et Aug. Dufour. 

5° M. J. Lamy, chemin des Photographes, 11, Eaux- Vives, par 
MM. Pouzet et Valladier. 

6° M. Paul Secrétan, à Châtelaine, par MM. Cardinaux et 
Dujac. 

7° M. Charles Saillet, jardinier, villa Grisi, à Saint-Jean, 
Genève, par MM. Groux et Schoch. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

i° De M. Henri Bippus, jardinier chez M. Antoine Martin, 
à Vessy : 

Dahlias Cactus: Charming Bride, Lady Kerrison, A. W. Tait, 
W" Rayner, M"" Hawkins, Germania nova. — P. 2. 

2" De M. Henry Correvon, directeur du Jardin alpin, à 
Plainpalais : 

Rameaux fleuris de Polygonum molle, Gaura Lindheimeri, 
Stokesia cyanea, Salvia cardina.lis, Volkameria fragans et un Lys 
doré du Japon à tige fasciée et portant une quarantaine de fleurs. 
- P. 2 V. {'). 

3" De M. Louis Decorg-es, jardinier chez M. le D"' Lom- 
bard, à Malagnou : 

En pots : Nidularium Meyendorffii, Chirita chinensis. Bégonia 
Gogoensis, de serre chaude; Bégonia tubéreux double nouveau, 

I ') Errata. L'apport de M. Correvon à hi deroière assemblée n'a 
pas été «hors concours», mais récompoiisé de (! points. 



— 219 — 

M°" Thibaut et 3 autres de semis du 5 mai 1890. Eu fleurs cou- 
pées : 5 Bégonias tubéreux, semis de la même date. — P. 4 '/.j. 

4° De M. Albert Ilaasis, jardinier chez M. Ernest Saladin, 
à Ghambésy : 

Eu pots : Bégonias à feuillage: Lucy Gloson, Diadema et me- 
tallica ; Acalypha mosaica et Fuchsia triphylla ; fleurs du Chry- 
santhème japonais Bouquet estival. — P. 3. 

5° De M. Louis Movhardt, jardinier au château de Crans 
(Vaud): 

Fleurs de Dahlia demi-double : Lilian Albery, rubané jaune 
et blanc, et Général Dufour, rubané rouge et blanc, issu de se- 
rais du précédent et obtenu par l'exposant. — P. 2. 

6° De M. Salonion Sohocli, jardinier chez M. Poslh, aux 
Délices : 

En pots: Pteris argyrea, de semis; Selaginella Marlensii, de 
boutures du printemps: 2Grevillea robusta et 2Primula obconica, 
de semis de 1890; 2 Stapelia cornuta. — P. 4. 

CULTURE LÉGUMIÈRE 

1° De M. Henri Bippus, à Vessy : 

Artichaut violet; Betteraves rouges de Dewing et Reine des 
noires ; Carottes demi-longues de Guérande et de Luc; Céleri-rave 
géant de Prague, Céleri plein blanc d'Amérique, id. blanc doré, 
id. blanc nain incomparable; Chou de Bruxelles demi-nain de la 
Halle, Chou des Vertus amélioré de Bordier, Chou-fleur de Na- 
ples; Chicorée frisée de Meaux; Haricots nains: d'Etampes, sir 
John Paxton, nain turc, prolifique, Inselbourg, Nankin, flageolet 
noir, Suisse rouge. Barbés amélioré; Navet boule de neige; Poirée 
à cardes blanches ; Scarole verte ; Tomates : anglaise Larila, hâ- 
tive de pleine terre, grosse rouge lisse. — P. 5. 

2° De M. «Jean Cottet, jardinier chez M. Brot, à Malagnou : 

Chou-fleur de Naples violet. — H. C. 

3° De M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard : 
Betterave rouge plate d'Egypte; Carotte demi-longue hollan- 
daise; Choux: de Milan à pied court, gros des Vertus, rouge gros 
d'hiver; Choux-fleurs de Naples et de Genève; Côtes allemandes; 
Haricots: cerise à cosse jaune, gris de Caluire, incomparable, cent 
pour uu,Heinrich; Poireau gros de Rouen ; Pois anglais; Pommes 
de terre: Early rose. Éléphant blanc. Institut de Beauvais, Im- 
perator, Glasson, Magnum bonum, jaune tardive; Rave plate 
d'Auvergne; Salade Genezzano ; Scarole à cœur plein; Tomates; 
Mikado, grosse lisse. — P. 5. 



— 220 — 

4" De M. Aug-uste Guex, jardinier chez M. Plantamour, à 
Sécheron: 

Tomate grosse lisse américaine. — P. 1. 

5° De M. «Iules Guignard, jardinier à l'École d'Horticulture 
de Châtelaine: 

Aubergine violette monstrueuse; Bette à carde blanche; Ca- 
rottes demi-longue obtuse et Nantaise; Céleris-raves d'Erfurl et 
Géant de Prague; Chou-fleur de Naples tardif; Chou pommé Go- 
liath; Laitue Sémoroz ; Tomate Président Garfield. — P. 4. 

6° De M. Albert Maasis, à Chambésy : 

Pomme de terre Balle de farine; le présentateur recommande 
la culture de cette bonne variété. — P. 1. 

7" De M.Félix Ijaverrîère, jardinier chez M. Léon Fulpius 
à Lancy : 

Artichaut violet de Provence; Cardon épineux de Tours; Céleri- 
rave géant de Prague; Chou frisé de Milan hâtif; Laitue pommée 
Sémoroz ; Poireau gros long d'hiver; Rave rose ronde hâtive; 
Scorsonère; Tomate grosse lisse hâtive.— P. 4. 

8° De M""" Vve Perroud, maraîchère à Plainpalais: 
Filioles d'Artichaut violet; Carottes demi-longues; Céleri plein 
blanc doré, Céleri-rave d'Erfurt ; Chou-fleur de Naples; Chou 
blanc d'Allemagne; Choux rouges; Choux frisés; Chicorée frisée 
de Meaux ; Côtes frisée d'été ; Scarole verte. — P. 5. 

9° De M. «Jean Richard, maraîcher à Plainpalais : 
Artichauts violet et vert de Laon; Carottes demi-longues ; Char- 
don épineux de Tours blanchi; Céleri-rave; Céleri plein blanc 
doré; Chou rouge d'hiver; Chou-fleur de Naples; Chou frisé à 
pied court; Chicorée frisée de Meaux; Côtes d'été; Navet long 
des Vertus marteau; Salade pommée Sémoroz, id. de Chalon, ro- 
maine verte ; Scarole verte. — P. 5 '/'2- 

CULTURE FRUITIÈRE 
1° De M. «Jules Cliaxipuis, propriétaire à Carouge, route de 
Veyrier : 

Une énorme grappe de raisin Malvoisie rose. — P. 1. 

2° De M. Louis Decorg-es, à Malagnou: 

Une grappe de raisins du Cap, provenant de la campagne Sil- 
vestris à Lancy. — H. C. 

3° De M. Félix Laverrière, jardinier à Lancy : 

Une pèche de semis, à chair jaune; Pommes grand Alexandre 
et Reine du Canada; douze variétés de Poires, bien étiquetées. 
— P. 3. 



— 221 - 

INDUSTRIE 

1° De MM. Forestier frères, fabricants de coutellerie a 
Genève : 

Un Sécateur à double lame, breveté, de leur fabrication, dont 
la contre-lame est tranchante, ce qui évite la meurtrissure de l'é- 
corce au-dessous de la section. Ce sécateur promet de devenir 
l'outil par excellence pour la taille des arbres fruitiers et de la 
vigne. Une pince pour pratiquer l'incision annulaire de la vigne et 
un greffoir à main pour les arbres et la vigne. 

Il est donné lecture des pièces suivantes : 

1° Rapport sur la culture des Oeillets de M. Ludi, par M.Henri 
AVelter, vice-président. 

2° Rapport sur l'Exposition de Lyon, par M. Théodore Guil- 
lermin. 

3° Rapport sur l'Exposition de Nyon (Vaud), par M. Louis 
Druz. 

M. le président donne ensuite la parole à M. Louis Decorges 
pour sa conférence sur l'origine et la culture des Bégonias tubé- 
reux. Notre collègue est passé maitre en cette matière, et les in- 
structions qu'il en donne avec beaucoup de clarté et de méthode 
sont écoutées avec un vif intérêt. (Applaudissements.) 

La séance est levée à 5 heures. 

Le secrétaire-général ., 

D. Triboulet. 



Publications offertes à la Société. 

1° Par notre collègue, M. Etienue Fayol : 

Les mouvements et les habitudes des plantes grimpantes, par 
Charles Darwin, trad. de l'anglais par Richard Gordon. 2^ édit. 
Paris, 1890; in-8^ YIII-271 pp. 

2° Par M. Félix Sahut, président de la Société d'horticul- 
ture et d'histoire naturelle de l'Hérault: 

Exposition internationale d'horticulture, d'histoire naturelle et 
des arts et industries s'y rattachant, qui a eu lieu à Montpellier, à 
l'occasion du VI""" centenaire de l'Université. Montpellier, 1890; 
in-8% 116 pp. 

Saint-Raphaël et jardin de Maison close, par Félix Sahut. 
Montpellier, 1890 ; in-8°, 16 pp. 



— 222 — 

Liste des prix du Concours de Chrysanthèmes. 

Le prochain Bulletin contiendra le compte-rendu de notre Ex- 
position de Chrysanthèmes, qui a été gratifiée du Ciel de l'insigne 
faveur de contenter tout le monde. Le succès en a été parfait sous 
tous les rapports. Toutes les personnes qui y ont eu part directe- 
ment ou se sont intéressées aux belles fleurs offertes si richement 
à leur admiration ont eu le plaisir d'être satisfaits on ne peut 
mieux. Notre Société tout entière et le public en général, la Com- 
mission d'organisation et les horticulteurs et amateurs exposants 
se sont félicités unanimement de celte superbe réussite. A nos 
excellents jardiniers la Commission du Bulletin exprime ses sin- 
cères compliments en guise de préface à la suivante liste des prix 
dont ils ont été récompensés. 

Jury : 

MM. Scliopfer, A., horticulteur à Lausanne, président. 
Weller, Henri, professeur, secrétaire. 

Decorges^ Z/Om/s, jardinier chez M. le D' Lombard, à Malagnou 
Warrington-Giddins, jardinier de la campagne Robert Peel, 

à Sécheron. 
VuiUemin, Emile, jardinier-chef au château de Coppet(Vaud) 

1°' prix d'honneur, avec félicitations du jury: M. Ed. Georges, hor- 
ticulteur à Montfleury, près Saligny, 
pour Chrysanthèmes cultivés en pots. 
Prix d'honneur : M.Emile Grobéty, architecte, pour décoration 

de l'Exposition. 

» M. Zuber, horticulteur à Chêne -Bourg, pour 

Chrysanthèmes cultivés en pots. 

» M. Frédéric Delécraz, campagne Pasteur au 

Grand-Saconnex, poiu- Chrysanthèmes 
relevés eu pots. 

» M, Edmond Vaucher, directeur de l'Ecole d'hor- 

ticulture de Châtelaine, pour Chrysan- 
thèmes relevés en pots. 

» M. Fritz Ludi, horticulteur à Plainpalais, pour 

Chrysanthèmes relevés en pots. 



— 223 — 

Prix d'honneur: M. Alphonse Martm, horticulteur à Nyon 

(Vaud), pour tleurs coupées de Chry- 
santhèmes, 
avec félicitations du jury: M. Fritz Ludi, à 
Plainpalais, pour collection dCEillets. 

Prix de l""' Classe. 
MM. Louis Dufour, horticulteur aux Délices, pour Chrysan- 
thèmes relevés en pots. 
Henri Bipptis, chez M. Antoine Martin, à Vessy, pour fleurs 

coupées de Chrysanthèmes. 
Frédéric Delécraz, campagne Pasteur, au Grand-Saconnex, 

pour fleurs coupées de Chrysanthèmes. 
Alphonse Martin, horticulteur à Nyon, pour fleurs coupées 
de Chrysanthèmes. 

Prix de 2'"" Classe. 
MM. Jean Graux, horticulteur, aux Délices, pour Chrysanthèmes 

relevés en pots. 
de Siebenthal, campagne Du Pan, à Morillon, pour fleurs 

coupées de Chrysanthèmes. 
Salomon Schodu chez M. Posth, aux Délices, pour fleurs 

coupées de Chrysanthèmes. 
Fritz Ludi, horticulteur à Plainpalais, pour Primevères et 

Bruyères. 
■Sa/ow on 6'cA oc/?, pour Primevères de Chine et P. obconica, 

Cypripedium insigne, etc. 

Prix de 3'"" Classe. 
MM. Ami Bufour, campagne Gautier, à Cologny, pour fleurs 
coupées de Chrysanthèmes. 
Albert Haasis, chez M. Ernest Saladin, à Chambésy, pour 
fleurs coupées de Chrysanthèmes. 

Hors Concours. 
MM. de Revdellef, à Valence (Drôme), avec félicitations du jury 
pour ses nouveaux Chrysanthèmes de semis, en fleurs 
coupées. 
Henri Fatzer, horticulteur à Roubaix (Nord), pour Chrysan- 
thèmes en fleurs coupées de grandeur extraordina-re. 



— 224 - 

Plantes a feuillage et d'appartement. 
{Hors concours.^ 

MM. Henri Correvon, directeur du Jardin alpin d'acclimatation, 
10 points pour son beau lot de plantes de montagne. 

Fritz Ludi, à Plainpalais, pour son lot de plantes d'appar- 
tement, 7 points. 

Jean Groux, aux Délices, pour plantes vertes, 4 points. 

Louis Dufour, aux Délices, idem, 3 points. 

Salomon Schoch, aux Délices, idem, 3 points. 



Rapport sur les cultures d'Œillets de M. Fritz Ludi. 

Messieurs, 

Dans notre Bulletin N" 5 (octobre) de 1889, il vous a été offert 
un premier compte-rendu d'une visite faite à l'établissement de 
notre collègue, M. Ludi, laquelle avait eu pour but spécial d'exa- 
miner ses cultures d'Œillets. La Commission chargée de ce soin 
était composée de MM. Louis Decorges, Emile Tronchet Gt Henri 
Welter. Elle s'est maintenue pendant deux ans, afin de pouvoir 
s'acquitter de sa tâche d'une manière complète, et aujourd'hui, 
comme conclusion de deux visites faites encore cette année, en été 
et en automne, elle a l'honneur de vous présenter un rapport défi- 
nitif sur les Œillets de M. Ludi. L'espèce unique dont il s'agit est 
l'Œillet des fleuristes {^Dianthus Caryo-phylhis^ L.), de la race des 
Remontants et de celle, de création toute récente, des Marguerites 
d'Italie. 

Pour commencer par cette dernière, nous remarquerons d'abord, 
quant à sa dénomination, que celle-ci n'a rien de commun avec la 
mignonne fleurette appelée Petite Marguerite des prés ou Pâque- 
rette. Ces Œillets, qui sont un produit de la célèbre maison Dam- 
mann et Qie, à San-Giovanni a Teduccio, près de Naples, ont été 
dédiés à S. M. la Reine d'Italie, dont ils portent aussi le gracieux 
nom de Margherita. M. Ludi en a eu deux planches, d'environ 
400 plants, de semis faits en mi-février de cette année. 

Cette nouvelle race d'Œillets a pour caractère principal d'être 
d'ane floraison très hâtive, qui a lieu peu de mois après le semis. Ils 



— 225 — 

sont d'une végétation robuste, poussent beaucoup de tiges à fleurs, 
mais ne sont généralement que demi-pleins ; du reste, les pétales 
présentent les mêmes nuances et dispositions de couleurs, si ce 
n'est le jaune, que ceux des Œillets remontants, et ils sont, à peu 
prés tous, dentelés, frangés ou même laciniés au bord supérieur, 
avec un calice qui n'est pas sujet à crever. Voilà, certes, des qua- 
lités recommandables, mais, malheureusement, ces plantes étant 
d'origine très méridionale, ne paraissent point devoir s'accom- 
moder des intempéries de notre climat. Ainsi, les pluies froides du 
mois d'août dernier ont été, chez M. Ludi, d'un eflfet désastreux 
sur ces Œillets, qui, jusqu'alors, s'étaient bien comportés. Presque 
tout ce qui était encore en bouton a été frappé d'une sorte de 
rouille et a fini par se dessécher. Une partie de ces plantes étaient 
issues de graines de la maison Beney, Lamaud & Musset, de 
Lyon, et elles n'ont pas été moins éprouvées que celles provenant 
de semence de Naples et distribuée par notre Société. Un autre 
inconvénient signalé par M. Ludi, c'est que ces Œillets ne suppor- 
tent pas la transplantation en vase.s et y périssent bientôt. Cepen- 
dant, l'on réussira peut-être à acclimater cette race chez nous par 
une culture prolongée et avec des soins particuliers, ou au moyen 
de croisements avec certaines variétés de la catégorie des Remon- 
tants. D'ailleurs, avec le tempérament délicat qu'ils ont actuelle- 
ment, nos jardiniers pourront encore en tirer bon parti en vue des 
fleurs à couper, en les élevant de manière à avoir une satisfaisante 
floraison de bonne heure en été. 

Quel que puisse être dans l'avenir le mérite horticole de l'Œillet 
Marguerite, soit chez nous ou dans les pays du Midi, il y a toujours 
les anciennes races de la plante en question, qui, conjointement 
avec la Rose, se maintiendront au premier rang des fleurs de col- 
lection. Ce sont, pour n'en citer que les principales, les Œillets 
C'i-enadins, ceux dits de fantaisie, à fond blanc, jaune ou ardoisé 
et diapré de diverses couleurs, les Flamands ou Œillets d'ama- 
teur, dont il est rare, chez nous du moins, de rencontrer des spéci- 
mens bien conditionnés, et enfin les Remontants, ou à floraison 
perpétuelle. La découverte de cette race avantageuse, qui remonte 
à plus d'un demi-siécle et est due à un jardinier lyonnais, nommé 
Dalmais, a beaucoup ajouté à l'estime dont jouissent depuis si 
longtemps les innombrables variétés de l'Œillet des fleuristes. De 
plus en plus perfectionnés par d'habiles horticulteurs, on trouve 



— 226 — 

chez les Remontants toutes les qualités de forme et de coloris qui 
distinguent les Œillets flamands ou ceux de fantaisie. 

Ce sont les Remontants que notre horticulteur-fleuriste cultive 
de préférence. L'année dernière et celle-ci, il n'en a eu en traite- 
ment pas moins de 4,500 pieds, élevés de boutures. Ce procédé-là 
est plus simple et plus expéditif que celui du couchage ou du 
marcottage en l'air, et l'on prétend qu'il reproduit plus sûrement 
les caractères des variétés à multiplier. Le sol du jardin de M. Ludi 
est très propice à la culture en question; mais, suivant le pro- 
verbe : « tant vaut l'homme et tant vaut la terre », et c'est avant 
tout à son talent et à ses soins assidus qu'il doit les succès qui, 
d'année en année, s'affirment davantage. Presque toutes ses plantes 
étaient dans un état superbe, comme végétation et comme floraison: 
ramification touffue et médiocrement poussée en hauteur, feuillage 
sain et abondant, tiges florales fermes et droites, corolles bien 
pleines et parées des plus riches couleurs. Vous savez qu'à la ré- 
cente exposition de Nyon il en avait exposé un massif de toute 
beauté, qui a fait l'admiration de tous les connaisseurs, et la plu- 
part de ceux-ci ont trouvé qu'un lot de fleurs si splendides et 
d'ailleurs uniques de leur espèce sur la place, méritait mieux qu'un 
prix de 1'" classe. Nous nous faisons un plaisir aussi d'ajouter qu'il 
nous a été assuré par une personne compétente en la matière et 
dans le témoignage de laquelle nous avons une entière confiance, 
qu'à Lyon, où il existe tant d'horticulteurs habiles et instruits, 
l'on n'a pas vu, à la dernière exposition de l'Association horticole 
lyonnaise, des Œillets pouvant rivaliser avec ceux de notre excellent 
collègue. Nous estimons qu'il en revient beaucoup d'honneur à 
notre Société. Aussi, la Commission, au nom de laquelle vous est 
présenté ce rapport, considérant que les cultures d'Œillets de 
M. Ludi se font sur une très grande échelle et que la plupart de 
ses plantes sont à tous égards de la première qualité, a décidé de 
demander que le Comité veuille bien récompenser des mérites si 
éminents par le don d'une médaille de vermeil. Nous espérons, 
chers collègues, que, à peu près tous, vous approuverez volontiers 
cet acte de justice. 

Pour finir, voici maintenant l'énumération de quelques-unes 
des variétés qui nous ont paru dignes des plus vifs éloges. Il en a 
été cité déjà un certain nombre dans l'article du Bulletin rappelé 
ci-dessus. 



— 227 — 

1" — La Neiçje: blanc pur; le meilleur des Œillets blancs, 

comme vigueur et floraison. 
•Zo — Marie Forest : blanc pur, à fleurs plus grandes, mais 

moins nombreuses que de la Neige. 
3° - Cérès : grandes fleurs blanches, lisérées et striées de 

rose. 
4° — Roi des Rouges : ilems grandes et abondantes; plante 
basse et extra-vigoureuse, à feuillage semblable à celui 
du Souvenir de la Malmaison. 
5° — J.- B. Nugue: gvanàQs fleurs d'un très beau rouge bril- 
lant 
6" — Favori : grandes fleurs d'un rose uni ; extra. 
7" — ikf-"» Lubin : fond rose, strié et picoté de rouge bri(jue 
8° — Stéphanie Charreton : rose tendre nuancé de plus foncé. 
9° — Thérèse Levet : rose strié de cramoisi. 
10° — Rose Rivoire : rose tirant sur le jaune, nuancé de plus 

toncé. 
11° — Buisson : rose lamé et strié de cramoisi. 
12" — Général St-Marc: jaune strié de rose. 
13" — M"« Gaillard: jaune paille, légèrement strié de cra- 
moisi, à pétales frangés; très florifère. 
14° — La Fonéaine : jaune clair vif, liséré et strié de rouge. 
15° — Printemps : saumon flammé de carmin. 
16° — Jean Sisley : saumon lamé de rouge; fleurissant aussi 

bien en serre qu'en plein air. 
17" — Berthe Ludi : aurore clair, liséré de rouge; craint le 
soleil ; dédié à la fillette de notre collègue par une 
maison de Lyon. 
Une mention particulière doit être faite de la variété Chardon, 
obtenue récemment par M. Carie, de Lyon, et qui se distingue par 
la propriété toute nouvelle d'avoir les feuilles plus ou moins den- 
tées dans leur moitié supérieure. 

Le rapporteur, 
Prof. Henri Welter. 



— 228 — 

Extraits du Rapport 

sur r Exposition de la Société cl' horticulture de la Côte 
à Nyon, du 25 au 30 septembre 1890. 

Délégué par le Comité, avec mon collègue M. Salomon Schoch, 
pour représenter la Société d'horticulture de Genève, comme juré 
à cette Exposition, je viens rendre compte du mandat qui nous 
avait été confié. 

Fondée il n'y a que deux ou trois ans, cette jeune Société vau- 
doise avait organisé sa première exposition sur la promenade 
dite du Perd-temps, qui domine la ville et d'où l'on jouit d'une 
vue magnifique sur la campagne d'alentour, sur le Léman et les 
Alpes de Savoie. Le regard du visiteur était charmé tout 
d'abord par le gracieux aspect des objets si variés de cette 
mignonne exposition. Le plan en était dû à M. Gachet, professeur 
de dessin à Nyon, qui mérite tous nos compliments pour le bon 
goût dont il y avait fait preuve, de même que M. Bouillot, déco- 
rateur à Nj'on, chargé de son exécution par un temps pluvieux des 
plus défavorables. 

Les massifs et les corbeilles des plantes fleuries de collection 
étaient disposés sur la pelouse ; les iruits et les légumes occu- 
paient les tables du pourtour de l'emplacement; les plantes de 
serres étaient à l'abri dans le bâtiment de la gymnastique du fond 
de l'enceinte. Devant celui-ci s'élevait un kiosque élégant, dans 
lequel la Société pour le développement de Nyon avait exposé 
des spécimens choisis de l'industrie du pays, depuis les faïences 
d'ancienne réputation jusqu'aux lécrelets des pâtissiers de cette 
ville, qui en ont une très bonne aussi. 

Le jury, convoqué le 24 septembre pour 8 heures du matin, a 
été fort contrarié par la pluie et n'a pu s'acquitter de ses fonc- 
tions que dans l'après-midi. Je me bornerai à citer les exposants 
dont les lots ont été les plus remarquables et qui ont remporté 
les premiers prix. 

Culture florale. — D'abord, M. Alphonse Martin, horticulteur 
à Nyon et membre de notre Société, qui a eu la plus grande part 
à la réussite de cette Exposition par l'abondance, la variété et la 
belle culture de ses produits: Bégonias tubéreux (prix d'honneur), 
B. Rex, Dahlias simples à fleurs panachées, Géraniums-lierres, 
fleurs coupées de Roses et autres. Conifères et arbustes verts 



— 229 — 

(prix d'honneur), arbrisseaux de pépinière, etc. — De notre col- 
lègue, M. Fritz Ludi, à Plainpalais, une superbe collection d'Oeil- 
lets et des Ficus et des Aralias; de M, Louis Morhardt, jardinier 
au château de Crans, plantes de serre chaude et l'adniiral)le 
Dahlia Général Dufou)' ; de notre collègue, M. de Westerweller- 
Eynard, à Beaulieu, prés Rolle, de belles corbeilles de Goléus et 
de Gj'clamens ; de M. Gabriel Eynard, à Fleur-d'eau, près Rolle, 
un riche assortiment de fleurs coupées ; de M. Jean Grenier et de 
M. Prudent Gluistin, horticulteurs à Nyon, des Goléus et des 
Géraniums zonales et lierres; de M. François Besson , à Gè- 
ligny, des Géraniums zouales à feuilles panachées ; de M. Jules 
Livet, des mosaïques et compositions florales; de M™" Martin, 
bouquets, couronnes et fleurs coupées. 

Il est à regretter que la floriculture n'ait pas été divisée en 
4 catégories, à savoir: plantes de serre chaude, de serre froide, de 
plein air et fleurs coupées ; cela aurait pernjis au jury de récom- 
penser davantage certains lots bien méritants. 

Culture légumière. — M. de ^Yester\veller-Eyllard: prix d'hon- 
neur; M. Biaise Girod, horticulteur à Nyon et président de la 
Société de la GôLe: prix d'honneur. M. Jules Goulin, à Nyon, 
129 variétés; M. Morhardt, du château de Grans ; la Métairie, 
prés Nyon. Nous aurions des réserves à faire au sujet de la pu- 
l'eté de race de quelques-unes des variétés exposées. Espérons 
que dans une future exposition de la Société de la Gôte l'on aura 
à constater une sensible amélioration dans cette branche de 1 hor- 
ticulture, qui mérite si fort d'être perfectionnée à cause de sa 
large part dans l'alimentation publique. A ce propos, je me per- 
mets de faire observer encore que, dans une exposition en plein 
air on devrait, comme cela se fait en France, planter les légumes 
dans des plates-bandes bombées, bordées de gazon. Ce procédé a 
l'avantage de maintenir les légumes en état de fraîcheur pendant 
la durée de l'exposition et de les présenter sous un aspect plus 
agréable. 

Culture fruitière. — Lots forts beaux pour une année si défa- 
vorable: pommes toutefois peu nombreuses et laissant à désirer ça 
ellà quant à l'étiquetage. De M. Vuillemin, jardinier-chef au châ- 
teau de Goppet, 120 var. de fruits divers; M. Emile Pilloud, 
à Nyon; M. Gabriel Eynard. 

Industrie horticole. — Nombreux exposants: Appareils de 



— 230 — 

chauffage, taillanderie, châssis, treillages, terres de bruyère, etc. 
Dans cette division, le jury a cru bien faire de ne jDas accorder de 
prix d'honneur, afin de le réserver au décorateur de l'exposition, 
M. Bouillot, en récompense du zèle et du talent qu'il avait mis à 
exécuter ses travaux dans des circonstances difficiles. 

Le soir, banquet à l'hôtel du Soleil, lequel a été sous tous les 
rapports très digne de cette jolie exposition, qui, avec des res- 
sources modiques, avait été organisée avec tant de soin et 
de goût par cette jeune et vaillante Société et a permis d'avoir le 
meilleur espoir en la prospérité de son avenir. C'est de quoi, ayant 
été invité à prendre la parole, je l'ai félicitée cordialement, et notre 
médaille d'argent, grand module, remise alors à M. le Président 
fut saluée de vifs applaudissements. Exprimons enfin notre recon- 
naissance au Président et au bureau de la Société de la Côte pour 
l'aimable accueil lait aux memlires des jurys et particulièrement 
aux deux délégués de la Société d'horticulture de Genève. 

Ije Rapporteur : 

Louis Druz. 



Extraits du Rapport 

sur rExposition dé l'Association horticole lyonnaise. 

Cette Société, fondée il y a 18 ans au milieu de circonstances 
très défavorables, a su vite conquérir un rang élevé dans le monde 
horticole, grâce au zèle et à l'intelligente activité de ses directeurs. 
Elle a marché de succès en succès avec ses expositions, et celle de 
cette année l'a emporté de beaucoup sur les précédentes, en prou- 
vant on ne peut mieux la forte vitalité dont elle est animée et en 
étant du meilleur augure pour sa prospérité future. 

Celle-ci avait pour emplacement, devant la gare de Perrache, 
le Cours du Midi, entre la Saône et le Rhône, et occupait un carré 
long d'environ 30,000 mètres cubes de superficie et entouré d'une 
palissade de planches, entre des rangées de superbes platanes. Le 
long des deux grands côtés étaient disposés des baraquements, 
dont l'un, celui du Nord, contenait les collectior.s de fruits de 
toutes sortes, tandis q;:e dans l'autre, au Sud, s'étalaient les fleurs 
coupées en innombrables espèces et variétés. A l'Ouest, à côté de 
la place réservée à l'industrie horticole, s'élevait une tente d'en- 
viron 500 mètres c.irrés, abritaiit les plantes délicates et de serre 



— 231 — 

chaude. Le plan de l'espace ouvert, où étaient groupées les plantes 
de pleine terre et les fleurs de collection présentait une ingé- 
nieuse combinaisen des styles anglais et français, d'un efïet des 
plus heureux: plates-bandes régulières bordées de frais gazon, 
massifs de plantes vertes ou à feuillage ornemental, corbeilles de 
fleurs d'une infinie diversité de formes et de couleurs, tous ces 
parterres d'un dessin de la plus grande élégance. A la gauche de 
l'entrée, une butte plantée d'arbrisseaux de choix et couronnée 
d'un joli pavillon, d'où s'échappaient des cascatelles fournissant 
l'eau d'un bassin central, orné d'un gracieux jet-d'eau, et d'où 
l'on jouissait de la vue du charmant ensemble de cette exposition 
si bien réussie. 

Elle est restée ouverte du 11 au 16 septembre, avec des prix 
d'entrée variant de trente à dix sous; le dernier jour elle fut gra- 
tuite. — Les produits exposés étaient répartis en 7 classes: 
1° culture potagère ou maraîchère ; 2° arboriculture ; 3° planles de 
serre; 4° plantes do marché; 5° plantes vivaces ou annuelles; 
6° fleurs coupées; 7° Industrie horticole. Pour chacune de ces 
classes il y avait plusieurs concours, d'un total de 214, et à tous 
il a été attribué des prix de valeur diverse. 

Récompenses très nombreuses : un grand prix d'honneur, 
3 prix d'honneur, 14 grandes et 25 petites médailles d'or, 57 grandes 
et 76 petites médailles de vermeil, 89 grandes et 114 petites mé- 
dailles d'argent, 50 médailles de bronze; soit un total de 425 mé- 
dailles, et, enfin, 17 mentions honorables. 

La grande médaille d'argent offerte par la Société d'horticul- 
ture de Genève fut décernée en 2e prix à MM. Thibaud père et 
fils, à Tassin-la-demi-lune, lès-Lyon, pour un groupe de Conifères. 

Le Jury était composé de 33 membres, dont 12 délégués par les 
Sociétés horticoles correspondantes et 21 nommés directement par 
l'Association lyonnaise. Son travail s'est fait dans l'après-midi de 
mardi, 10 septembre, sous la présidence de M. Léon de la Bâtie, 
délégué de la Société pomologique de France et de la Société 
d'horticulture de l'Ain. 

La distribution des prix a eu lieu dimanche, 14 septembre; les 
récompenses ont été très nombreuses, mais je dois me borner ici 
à ne citer que les noms des lauréats qui ont mérité les quatre pre- 
miers prix, en adressant aux autres mes sincères félicitations: le 
grand prix d'honneur à M. Perraud, horticulteur à Lyon ; les prix 



— 232 — 

d'honneur à MM.Beney, Lamaud& Musset, marchands-grainiers, à 
Lyon, pour culture inaraichère ; à M. Magat, pépiniériste à Cliazay- 
d'Azergues, pour viticulture ; à M. X., pour plantes de serr» 

Pour finir, quelques lignes encore sur ce qui m'a paru le plus 
remarquable dans cette Exposition. Dans les collections des fruits, 
qui étaient la plupart d'irréprochable qualité, le jury a distingué 
particulièrement un lot de poires, pommes, pêches et châtaignes 
produites de semis. Superbes variétés de raisins de table et de 
cuve; parmi ces derniers, on admirait surtout les franco-améri- 
cains obtenus de plants français greffés sur sujets américains. 
L'on sait que la greffe anglaise s'emploie d'ordinaire à cet effet; 
mais on y voyait aussi des spécimens d'un autre procédé, appelé 
par son inventeur « greffe coadjutrice » qui m'a semblé être en 
réalité la greffe en fente de côté ou greffe Richard, avec certaines 
modifications. Fort louables aussi les très nombreux et très divers 
exemplaires des espèces d'arboriculture d'agrément et d'utilité, 
des arbrisseaux fruitiers de pépinière, des arbres à fruits à cidre, 
etc. ; des plantes de serre à fleurs ou à feuilles ornementales, des 
plantes vivaces annuelles ou de pleine terre, des plantes aqua- 
tiques; des fleurs coupées (roses, glaïeuls, reines-marguerites, 
zinnins, verveines, dahlias doubles et simples, etc.); des plantes 
de marché (bégonias tubéreux, géraniums, œillets, coléus, ficus, 
aralias, dracaenas, aspidistras, etc.). 

La culture potagère ou maraichère laissait à désirer, non pas 
sous le rapport de la diversité de ses produits, qui, au contraire 
était très grande, mais sous celui de leur développement, qui était 
loin d'atteindre celui que nous voyons d'ordinaire aux légumes 
des jardins et des champs, de notre canton. 

Les membres du jury ont reçu le plus aimable accueil de 
MM. Dutailly et Viviand-Morel, président et secrétaire-général de 
l'Association horticole lyonnaise. Votre délégué, s'il m'est permis 
de le noter, a été l'objet d'attentions particulières dont il est pro- 
fondément touché. Au magnifique banquet, qui eut lieu au grand 
hôtel Collet, il eut l'honneur de prendre place à la gauche de M. le 
président, ce qu'il s'est plu à regarder comme un hommage rendu 
à la Société d'horticulture de Genève, qui, on peut bien le dire, 
est aussi considérée à l'étranger qu'elle est prospère dans 
son pays. Le rapporteur : 

Théodore Guillermin. 



- 233 - 
Programme 

DU 

Concours de 1891 pour la bonne tenue des vergers. 

ouvert par la section d'Industrie et d Agriculture. 
DE l'institut national genb;vois. 

Article 1. — La Section d'Industrie et d'Agriculture de l'Ins- 
titut genevois organise pour le mois de septeml)re 1891 un con- 
cours de bonne tenue des vergers, dans le but d'encourager la 
culture des vergers existants et la création de nouvelles planta- 
tions de ce genre. 

Article 2. — Tous les propriétaires, fermiers et les personnes 
s'occupant d'arboriculture dans le canton peuvent concourir. Les 
inscriptions seront reçues jusqu'au 1" août 1891, au local de 
l'Institut et chez les membres de la Commission désignés ci- 
dessous. 

Article 3. — Le Concours comprendra: 

1. Etablissement du verger; a) choix de l'emplacement; 

b') choix des sujets; c) plantation des arbres. 
3. Entretien du verger: a) soins généraux: fumure, culture 
et propreté au pied de l'arbre ; b) soins particuliers 
donnés aux arbres : forme, nettoyage, élagage et ba- 
digeonnage. 
Article 4. — L'appréciation des vergers inscrits sera faite par un 
jury de 3 membres nommés par la section. Ce jury fera en sep- 
tembre la visite des vergers inscrits pour concourir. 

Article 5. — Les récompenses consisteront en diplômes avec 
primes en argent. Le premier prix sera de 100 francs. 

Le Secrétaire: Le Président: 

O. Pauchard. D' Hénon. 

MEMBRES DE LA COMMISSION SPÉCIALE : 
MM. Hénon, A., docteur à Puplinges, 'président. — Cardi- 
naux, F., horticulteur à Genève. — Choquens-Constantin, horti- 
culteur aux Acacias. — Nicodet, J., agriculteur à Troinex. — Pau- 
chard, O., instituteur à La Plaine (Dardagny). 

POUR LA section: 

Le Secrétaire : Le Président: 

Charles Menn. Louis Archinard. 

N.B. Le programme est en distribution au magasin de 
M. Cardinaux, place de la Fusterie, 6. 

\^ — 



— 2H4 — 

Légumes recommandai) les. 

{Sude et fin.) 

10' Pomme de terre Triomphe deGenèue. — Variété 
demi-tardive, violette, chair blanche et de bonne qualité, 
très productive. 

11° P. Secrétaire Ponnaj. — Obtenue en 1887, peu 
productive ; elle a été sujette à la maladie. 

12° P. Trifri. — Variété tardive, violette, grosse et 
de très bonne qualité. 

Nous signalerons encore les variétés suivantes es- 
sayées par la Commission maraîchère. 

Pomme de terre Prince de Galles. — Demi-tardive, 
jaune, ovale, chair jaune, de production moyenne, et de 
bonne qualité. 

P Parisienne. — Variété précoce, jaune, oblongue, 
une des pjus productives et des meilleures à cultiver en 
pleine terre. 

P. Cétéwayo. — Variété originaire du pays des Zou- 
lous (Afrique australe), à peau et chair d'un violet-noir 
foncé. Cette curieuse sorte s'est montrée encore cette 
année d'une production moyenne, et, malgré sa couleur 
peu attrayante, elle est de très bonne qualité et excellente 
pour la cuisine. 

P. Canada. — Cette nouveauté, mise au commerce 
par la maison Vilmorin, sei-a tr'ès appréciée sur le 
marché ; elle est à recommander pour la grande culture, 
demi-tardive, productive, jaune, ronde ou oblongue, à 
chair blanche, assez farineuse avec des yeux un peu 
enfoncés. 

P. Robertson (Dupanloup). — Jaune, longue, res- 
semblant un peu à \aJaune de Hollande, peu productive, 
mais très bonne pour la cuisine. 

P. ronde hâtive de Boulogne (Dupanloup). — Jaune, 
ronde, très grosse, hâtive, excellente variété pour la 
grande culture, très productive et l'une des plus méri- 
tantes pour la culture maraîchère. 

Malgré un temps défavorable, quelques variétés de 
Tomates ont donné de bons résuhats. Ce sont : 

Tomate Dedliam Favourite (Carters — Variété 
anglaise très productive, à fruits gros ou moyens, ar- 
rondis et bien unis, carmin-violet; très recommandable. 

Tomate hâtive de pleine terre. — Précoce et pro- 
ductive, de moyenne grosseur, lisse et rustique. 



— 285 — 

Tomate Curtet à feuilles entières. — Bonne, assez 
productive, à fruit de grosseur moyenne. 

Tomate Mikado (Vilmorin). — Cette variété violette 
n'a pas donné de bons résultats dans nos cultures ; elle 
lui faut un climat plus chaud et plus favorable que le 
nôtre pour arriver à maturité. 

Nous terminons celte revue par une rectification. Dans 
le Bulletin du mois d'août, page 137, nous avons dit que 
le Haricot beurre dore sans pareil, était à tiges raides 
ou remontantes. Cette particularité tenait à une graine pro- 
bablement mal récoltée. Depuis lors, nous" avons vu 
cette bonne variété cultivée dans quelques jardins 
maraîchers où ses tiges étaient restées bien naines. 
C'est une variété assez productive, avec l'avantage en 
outre de n'avoir pas de fils et d'être assez précoce. Celle- 
ci et le H. nain beurre de Séchero/i, obtenu par notre 
collègue, M. Auguste Guex, sont les deux meilleures 
variétés naines à cosse jaune observées cette année : 
elles joignent une délicatesse exceptionnelle à une abon- 
dante production, et arrivent dans un moment où les 
haricots beurre à rames font totalement défaut. 

Les divers' essais auxquels se livre notre Commission 
maraîchère ont pour but d'enrichir la consommation 
alimentaire et de multiplier les ressources de nos cul- 
tures potagères et maraîchères : aussi adressons-nous 
de sincères remerciements à tous ceux de nos collè- 
gues qui prennent à cœur de nous faciliter cette tâche 
instructive et difficile. Ils contribuent en outre, par l'étude 
de nouvelles sortes et par l'augmentation incessante de 
leurs apports à faire de nos assemblées de véritables 
expositions, qui sont la preuve la plus décisive de la 
prospérité croissante de notre Société. 

Auguste DuFouR. 



NECROLOGIE 

M. «Joseph Lortlet, décédé le 17 novembre 1890, à l'âge 
de 79 ans, était un membre dévoué de notre Société. Homme 
modeste et généreux, il a consacré les dernières années de sa 
vie à des œuvres philanthropiques et a rendu de grands ser- 
vices à ses compatriotes français. Nous présentons à sa famille 
nos sincères regrets et uos compliments de condoléance. 



— 236 — 



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EMILE ROSSET 

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commande. 

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Recommandé par la Société d'Horticulture de Genève et la di- 
rection de l'Ecole d'agriculture de la Kutli (Berne). Cet extrait 
employé dans la proportion d'un kilogramme pour 50 à 150 litres 
d'eau, sert à la destruction de la cloque, des pucerons, des lima- 
çons et de la vermine du bétail. 

Il est aussi employé avantageusement en bassinages dans les 
serres. Se vend par boîtes de kil. 1 à fr. 2.25, de kil. 3 à fr. 6.50 et 
kil.O àfr. 12.75. 

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18, rue du Marché, Genève. 

GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DFS VOIRONS, 10. 




PARAISSANT j 

CHAQUE I 

Jvrois ! 



BULLETIN 




COTISATION 

ANNUELLE 
6 FRANCS 



DE LA 




DE 



GENÈVE 



37-^ ANNÉE 



1891 




l--^ LIVRAISON 



JANVIEE 



CONVOCATION 



MM. les Sociétaires sont convoqués en Assemblée générale pour 
le ilimanflie II Janvier I8»l, à 2 h„ SALLE DES AMIS 
DE L'INSTRUCTION, rue Bartholony, 6. 

ORDRE DU JOUR: 

1° Lecture du Procès-vet'bal. 

2° Présentation de Candidats. 

3" Exposition de fleurs, fruits, légumes, etc. 

4° Délivrance des prix du dernier concours de Chrysanthèmes. 

5" Distribution des récompenses pour apports. 

6° Nomination de deux vérificateurs des comptes. 

1" P.onositions individuelles. 

Le.Secrétaire-général: D. TBIBOULET. 





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S'adresser au Stand de la Coulouvrenière. 



37"« ANNÉE 1" LIVRAISON JANVIER 1891 



BULLETIN 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENÈVE 



For^riDEE Eosr 1835 



Somniaîpe : Avis. — Programme du Concours des 21 — 24 
mai 1891. Procès-verbal de l'Assemblée générale du 30 no- 
vembre 1890.— Le Chœrophijllum canadense Pers. — Rapport de 
la Commission d'examen du nouveau sécateur Forestier. — 
David Dufour (avec gravure). — De l'art de planter dans les 
parcs. — Les violettes du Frioul et leur variété Comte de Brazza 
(avec chromolithographie). — La Truffe dans le bassin du Lé- 
man. — Chronique horticole. — Nécrologie. — Annonces. 

AVIS 

M\I. les sociétaires sont prévenus que 
la cotisation de fr. 6. 15, pour 1801, sera 
prise en remboursement par la poste les 
premiers jours de janvier. 



Dans son Assemblée générale du 30 novembre 1890, la 
Société d'Horticulture de Genève a décidé d'organiser un 
grand Concours de plantes fleuries, pour les 22, 23, 24 et 
25 mai 1891. 

MM. les sociétaires sont également prévenus qu'un grand 
Concours de Chrysanthèmes aura lieu les 13, 14, 15 et 16 
novembre prochain. 

Nous espérons que MM. les horticulteurs, jardiniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ces concours. 



— 2 — 
Grand Concours de Plantes fleuries de la saison, 

OUVERT ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du 21 au 24 mai 1891, 

dans la grande salle du Stand de la Coulouvrenière. 

Concours séparés entre horticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME DES CONCOURS 
Pour les plus belles collections de : 



1. 


Azalées et Rhododendrons. 


2. 


Anémones et Renoncules. 


3. 


Régonias tubéreux. 


4. 


» sous-ligneux. 


5. 


Calcéolaires. 


6. 


Cinéraires. 


7. 


Clématites. 


8. 


Cyclamens. 


9. 


Fuchsias. 


10. 


Giroflées. 


11. 


Hortensias. 


12. 


Jacinthes, Tulipes, Narcisses. 


13. 


Orchidées. 


M. 


Pélargoniums à grandes fleurs. 


15. 


» zonales : a) fl. simples. 




» h) fl. doubles. 


1(J. 


Pélargoniums à feuilles de lierre. 


17. 


Pensées. 



18. Pivoines. 

19. Primevères. 

20. Pétunias. 

21. Rosiers tiges. 1 

r.^ . en i)ots 

22. » nains. ) ^ 

23. Verveines. 

24:. Plantes vivaces. 

25. Plantes alpines. 

26. Plantes de semis obtenues par l'exposant. 

27. Lots d'au moins G plantes nouvelles introduites par 

Texposant et oft'rant un mérite réel. 

28. Fleurs coupées. 

29. Rouquets, corbeilles et couronnes. 

30. Concours imprévus. 

Les concours ne figurant pas au présent programme seront 
appréciés suivant leurs mérites. 



— 3 - 



EXTRAIT DES PROCÈS- VERBAUX 

Assemblée générale du 30 novembre 1890, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Fr. Cardinaux, président. 



Soixante-qiiinze membres assistent à la séance. Lecture et 
adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée. 

La nomination de M. le baron d'Yvoire comme membre cor- 
respondaul est ratifiée par la compagnie. 

Candidats présentés : 

1° M. DE Reydellet, propriétaire à Valence (Drôme), présenté 
comme membre honoraire, par le Comité. ' 

2" M. Balland, propriétaire à Montbrillant, présenté par 
MM. Cardinaux et Mayor. 

3° M. Benzoni fils, opiicien, rue du Stand, par MxM. Auq- Du- 
four et Triboulet. ^" 

4° M. Albert Bœhm, jardinier au château de Crassier rVaud) 
par MM. Ant. Bœhm et Haasis. 

5" M. Louis Bovet, à VilIars-sur-Champvent (Vaud) par 
MM. Correvon et Aug. Dufour. ' 

6° M-« VvE Carey, à Grange-Canal, par les mêmes. 

7" M. DuMOKT, propriétaire à Meyrin, par MM. Cardinaux et 
t . i orestier. 

8° M. le D- Falquet, propriétaire à Corsier, par MM. Cardi- 
naux et Triboulet. 

9'' M. Albano Fama, directeur des fabriques de conserves ali- 
mentaues à Saxon (Valais), par MM. Correvon et Aug. Dufour. 

10° M. Louis Fleury, jardinier chez M. de Lerber, à Romain- 
motier (Vaud), par MM. Aug. Dufour et Matthey. 
^ 11" M. .Jean Godin, jardinier chez M. Henri Pasteur, au Grand- 
haconnex, par MM. Decorges et Delécraz. 

13° M. Grandghamp, horticulteur, rue des Pâquis, 53, membre 
rentrant. 

13° M. Frédéric Kœhly, jardinier à Montchoisy, route de 
Frontenex, 67, par MM. Bovay et Wuillamoz. 

14° M. Edouard Lamotte, directeur de la Caisse d'Epargne de 
Genève, par MM. Grobéty et Jacques Mayer. 

15° M"= Françoise Lamy, chemin des Photographes, 11, Eaux- 
Vives, par MM. Aug. Dufour et Fayol. 



— 4 — 

16° M"^ Loup, à Gorsier, par MM. Cardinaux et ïfiboulet. 

17° M. Alexandre Loup, agriculteur à Monttleury, près Satl- 
gny, par MM. Cardinaux et Aug. Dufour. 

18° M. Louis Oder, nég., rue des Délices, par MM. Louis Du- 
four et Grobéty. 

19° M""" Mam, rue de la Cité, par MM. Correvon et Trihoulet. 

20° M. Mani, graveur, rue de la Cité, par MM. Correvon et 
Triboulet. 

21° M, Louis Maréchal, rue Dassier, 15, par MM. Correvon et 
Aug. Dufour. 

22° M. Meylan, président des Exercices réunis de l'Arque- 
buse et de la Navigation, à Genève, par MM. Gabriel Dufour et 
Triboulet. 

23° M. Charles Montchal, professeur, place de la Métro- 
pole, 1, par MM. Cardinaux et Forestier. 

24° M.Alexandre Rebsamen, àla Coulouvremère,par MM.Aug. 
Dufour et Triboulet. 

25° M. François Sallaz, jardinier chez M. Groux, aux Délices, 
par MM. Groux et Schoch. 

26" M. Emile Saxod, jardinier, campagne Plantamour, à Sé- 
cheron, par MM. Guex et Platel. 

27" M. Louis ScHMiDT, jardinier, chemin du Velours, 196, à 
Florissant, par MM. Aug. Dufour et Jeannin. 

28" M. Alexandre Wakker, professeur, rue Bonivard, 10, par 
MM. Cardinaux et Constant Nattei'iiiann. 

29" M. William Viollier, propriétaire à Bardounex, par 
MM. Cardinaux et Raymond. 

30° M. Joseph Yersin, jardinier, campagne Plantamour, à Sé- 
cheron, par MM. Guex et Platel, 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Anselme Decrovix, horticulteur à Plainpalais: 
Trois pots d'Œillets et une Primevère de Chine blanche, 
double. — P. 2. 

2" De M. Louis Decorg-es, chez M. le D' Lombard, à Ma- 
lagnou: 

Fleurs coupées de Camellias: nobilissima, variegata, Souvenir 
du Prince Albert, Doïiklaari, Olivettana ; de Rondelelia dis- 
color, Piubiacée de serre chaude ; des Orchidées : Epidendrum 
ciliare. Ct/pripedium msigyie et Odontoglossum c/rande. — P. 3 '/2- 



- 5 — 

3° De M. «Jean Hofer, jardinier chez M. Donna, à Gliampel : 

Fleurs coupées des Orchidées : Oncidium incurvum, Odon- 
toglossum fulgens et grande. — P. 1 Vj- 

4" De M. Aug-. Morel, jardinier de la campagne Clapa- 
rède, à Ghanipel: 

Un Primula Foi'besii, sexnis du mois de mars, et 3 P. veriicillata, 
de l'Yémen. — P. 1 1/2- 

5» De M, Salonion Schoch, jardinier chez M. Posth, aux 
Délices : 

Trois pieds très touffus de Primevère de Chine, semis de 1889. 
Deux beaux pieds d'Acacia Mimosa.— P. 3. 

CULTURE LÉGUMIÈRE 

1° De M. Henri Bippus, jardinier chez M. Ant. Martin, à 
Vessy : 

Cardon épineux de Tours; Céleris : plein blanc d'Amérique, 
blanc doré, d'Arezzo, incomparable ; Céleris-raves géant de Pra- 
gue et à petites feuilles; Chicorée frisée; Chou-fleur de Naples; 
Chou de Bruxelles ; Chou demi-nain de la Halle ; Côtes alle- 
mandes ; Crosnes du Japon (Stachys àfflnis); Laitue pommée 
blonde de Versailles et Laitue Gotte; Navets boule d'or et boule 
de neige; Poireaux: gros de Rouen, long d'hiver, monstrueux de 
Carentan, gros de Mûsselbourg, perpétuel; Scarole verte; To- 
mates. — P. 6. 

2° De M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard : 
Céleri plein blanc doré, id. d'Italie, Céleri-rave d'Ërfurt ; Ghi- 
c.:!rée frisée de Meaux; Chou-fleur de Naples et Chou rouge gros 
d'hiver; Navets roses de Plainpalais; Scarole à cœur plein; Scor- 
sonères. — P. 4. 

CULTURE FRUITIÈRE 

1° De M. David Grobet, à Cartigny : 
12 variétés de Pommes. — H. C. 

2° De M"'" de Sclieyterberg-, à Garouge : 
Un lot de Coings.— P. 1. ;. , .... 



Conférence de M. le professeur H. Welter sur les tubercules, 
bulbes et bulbilles. Classification botanique de ces organes ; leur 
morphologie, anatomie et physiologie; leur rôle naturel et leur 
emploi horticole pour la multiplication des plantes. Ces explica- 



— 6 — 

tiens, présentées d'une manière claire et précise, ont été suivies 
jusqu'à la fin avec beaucoup d'attention. Applaudissements una- 
nimes. 

M. Constant Nattermann donne lecture, au nom de M. le Tréso- 
rier, du compte-rendu financier du Concours de Chrysanthèmes: 
ces chiftres, qui en démontrent si éloquemment l'incomparable 
succès, sont accueillis avec la plus vive satisfaction. 

Il est ensuite procédé à la remise des médailles suivantes: 

1° A M. Fritz Liidi, horticulteur à Plainpalais: une médaille 
de vermeil, pour cultui-e spéciale d'Œillets. 

2° A M. Albert Haasis, jardinier chez M. Ernest Saladin, 
à Ghambésy: une médaille d'argent petit module, pour Coléus de 
semis. 

3" A M. L<ouis Morliardt, jardinier au château de Crans 
(Vaud) : une médaille de vermeil, pour visite de campagne. 

4° A M. Henri Hecht, jardinier de la campagne Dunaat, à 
Valavran : médaille d'argent petit module, pour visite de cam- 
pagne. 

Propositions individuelles: — M. Fritz Ludi propose d'orga- 
niser un grand concours de plantes fleuries pour le 15 mai 1891. 
Après une discussion où prennent part MM. Cardinaux, Groux, 
DrDZ, Decorges, C. Nattermann, George, Ludi et Aug. Dufour, 
l'assemblée dé(;ide que ce concours aura lieu à partir du 21 mai 
1891 et charge le Comité d'en élaborer le programme. 
Séance levée à 4 heures. 

Le secrétaire-géyiéral^ 

D. Triboulet. 



Le Chœrophyllum canadense Pers. est un nouveau légume 
originaire de l'Amérique septentrionale et très répandu en Chine 
et au Japon, introduit récemment par MM. Pailleux et Bois. La 
partie comestible de la plante réside dans le feuillage, que l'on 
apprête comme les épinards ou les chicorées. C'est un légume 
d'hiver. 



— 7 - 

Rapport de la Commission d'examen 
du nouveau sécateur Forestier. 

Cette Commission, nommée par le Comité de la Société d'Hor- 
ticulture de Genève, était composée de MM. Ami Dufour, L' Du- 
four et Gh. Binggeli. Accompagnée de MM. le prof. H. Welter et 
Auguste Dufour, ainsi que de plusieurs jardiniers et vignerons, 
elle s'est rendue le dimanche 9 novembre, à 2 lieures de l'après- 
midi, dans la campagne de M""* Martiji-Achard, à Cologny, pour 
essayer le nouveau sécateur à double lame, inventé et fabriqué 
par nos collègues, MM. Forestier frères, à Genève, présents à ces 
opérations. 

Les essais ont commencé à la vigne sur de gros sarments et 
séchots de l'année, avec des résultats satisfaisants : la taille se fai- 
sait nettement, sans blesser le porteur de l'année suivante. En- 
suite, au jardin, en opérant sur des poiriers et des pêchers, cet 
outil s'est montré d'un fonctionnement non moins avantageux. 
En somme, la Commission et toutes les personnes présentes ont 
été unanimes à reconnaître que cette double lame constitue un 
perfectionnement très recommandable. 

Nous rendrons compte dans le courant de l'année 1891 de 
l'effet définitif de la taille faite au moyen du sécateur à double 
lame. On pourra alors juger si la plaie se cicatrise mieux qu'avec 
l'ancienne coupe; ce qui, du reste, est à prévoir, car la section est 
aussi franche qu'avec une serpette. 

Nos félicitations à MM. Forestier pour cette ingénieuse et utile 

invention. 

Le rapporteur, 

Ch. Binggeli. 
Cologny^ 9 novembre 1890. 

David Dufour. 

Le portrait que nous avons le plaisir d'offrir à nos 
lecteurs, à l'occasion du renouvellement de l'année, 
nous rappelle un des membres les plus honorés et les 
plus sympathiques de la Société d'Horticulture de Ge- 
nève, dont la perte, en 1888, a été vivement ressentie de 
tous ses collègues. Membre fondateur de cette Société et 
son vice-président pendant de longues années, le re- 



— 8 — 

gretté David Dufour n'avait pas cessé, depuis la création 
de celle ci, de s'intéresser tout particulièrement à l'avan- 
cement des cultures maraîchères dans notre pays, des- 
quelles il a été un des représentants les plus habiles et 
les plus autorisés. A nos assemblées générales, dans 
nos concours et nos expositions, ses superbes collec- 
tions de légumes se distinguaient au premier rang, 
comme les produits d'un maître en cette phalange de 
travailleurs renommés — même à l'étranger — qu'on 
appelait autrefois « les jardiniers-maraîchers de Plain- 
palais» et dont le nombre diminue malheureusement 
de plus en plus. 

En l'animant de cette façon la mémoire de cet excel- 
lent homme, aussi habile praticien que travailleur infa- 
tigable, à ceux d'entre nous qui ont eu l'avantage de le 
connaître, nous croyons répondre au vœu général de 
tous nos sociétaires. Puissent-ils conserver longtemps 
le souvenir d'un ancien collègue, qui a contribué pour 
sa très grande part au développement et à la prospérité 
de la Société d'Horticulture de Genève, à laquelle nul 
plus que lui n'était efficacement dévoué ! Nous sommes 
du reste persuadés qu'ils prennent à cœur d'imiter son 
exemple : ce sera le meilleur moyen à la fois d'honorer 
sa mémoire et de témoigner leur attachement à notre 
chère Société. 

La Commission du Bulletin. 

De l'art de planter dans les parcs. 

Les plantations étant de la première importance 
dans la composition des parcs et des jardins, il peut 
être intéressant d'avoir quelques conseils à ce sujet. 

Beaucoup d'architectes-paysagistes ne donnent pas 
assez d'attention au choix des arbres qu'ils em- 
ploient, faute d'en savoir apprécier la valeur horticole ou 
le caractère pittoi*esque : ils se bornent, quand ils ont 
quelque création à faire, à les désigner au hasard dans 
le catalogue d'un pépiniériste, ou à prendre dans leurs 
propres pépinières les essences d'arbres qu'ils ont en 
trop grande quantité, afin d'en décorer de tous côtés 
un parc ou un jardin. 

Il est de toute nécessité pour un architecte-paysa- 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE DE GENÈVe 




David DUFOUR 

MEMBRE FONDATEUR ET ANCIEN VICE-PRÉSIDENT 

1813—1838 



- 9 — 

giste de posséder des connaissances étendues en horti- 
culture ; car il pourra suppléer par une plantation bien 
entendue à une insuffisance relative en ce qui tient à la 
science de l'ingénieur et à l'art de l'architecte : un val- 
lonnement mal combiné, des eaux peu naturelles, des 
rochers manques peuvent se racheter par quelques 
groupes d'arbres ou d'arbrisseaux bien disposés. 

Les procédés de culture et de multiplication propres 
à chacune des plantes employées d'habitude dans les 
parcs et les jardins doivent être l'objet de sa plus vive 
sollicitude ; et cette connaissance ne pourra s'acquérir 
qu'au prix de longues études et d'une expérience ap- 
profondie. Chaque essence doit trouver, pour prospérer 
et produire tout son effet, le climat, l'exposition, la na- 
ture du sol qui lui conviennent. On a bien essayé de 
communiquer cette instruction au moyen des , traités 
spéciaux, sans songer que rien ne tient lieu d'un savoir 
pratique solidement acquis : aussi est-il rare de rencon- 
trer des dessinateurs de jardins possédant, avec les 
noms véritables des plantes, de justes notions de leur 
culture et de leur emploi. 

En considérant attentivement de beaux exemplaires 
des arbres de nos bois, on arrive à savoir analyser 
leurs caractères distinctifs et à discerner le sentiment 
dominant qu'ils éveillent en nous. Ainsi, le chêne, ce roi 
des forêts, grâce à la noblçsse de sa stature, à la vigueur 
de son tronc rugueux, au grand âge qu'il atteint, inspire 
le respect et l'admiration. Après lui le hêtre, où la 
finesse s'unit à la grandeur des formes, est un symbole 
de force élégante. Le châtaignier fait l'ornement prin- 
cipal du paysage dans les sols primitifs, où son ample 
ramification, son feuillage touffu portent au plus haut 
degré le caractère d'une force un peu sauvage. Quant au 
bouleau, si gracieux par son tronc argenté et ses bran- 
ches grêles et pendantes, il ne se déplaît point dans les 
terrains les plus pauvres, et, en le plantant isolément 
çà et là, on lui fait tempérer par sa note gaie l'aspect 
sévère des Conifères, qui donnent une impression de 
froideur et de hardiesse, surtout avec les sapins de nos 
montagnes. 

Des arbres exotiques, devenus communs aujourd'hui 
dans les parcs, nous ne citerons que le platane, qui dé- 
note la vigueur et l'amour de la liberté; le robinier faux- 



— 10 — 

accacia, dont la ténacité dans les mauvais terrains s'unit 
à la grâce du feuillage. Mais les arbres ne doivent pas 
être seulement considérés pour leur qualité individuelle 
et leur effet isolé; c'est par l'association des espèces ou 
des individus en des groupes rappelant leur état de 
nature, qu'ils se présentent le mieux dans les jardins- 
paysagers et se montrent avec toute la beauté qui leur 
est propre. Pour recevoir des arbres l'impression d'un 
ensen^ble harmonieux, il faut qu'ils se trouvent associés 
à leurs compagnons naturels. Sur les bords des eaux, 
quelques touffes d'arbustes agréablement mélangés 
produisent souvent des effets des plus charmants. Au 
milieu des rochers, ce sont au contraire la multiplicité 
des espèces et de leurs formes pittoresques qui donne- 
ront aux arbustes leur principal attrait. 

Il serait superflu d'ailleurs de multiplier les exem- 
ples ; ce qui importe c'est d'imiter ce qu'on trouve de 
parfaitement satisfaisant dans la nature. 

Dans les montagnes, les ])lantes sont de taille plus ré- 
duite, plus rabougries mais plus pittoresques peut-être, et 
de nombreuses formes inconnues aux plaines donnent à 
la végétation des hauteurs des différences d'une physio- 
nomie aussi caractérisée qu'attrayante. 

Si, par des suppressions calculées, on peut compléter 
ces effets en faisant intervenir la forme et la couleur 
des feuillages, on veillei-a à ne point se perdre dans les 
détails. C'est à la fin de l'automne que l'artiste étudiera 
les effets divers des groupes et les contrastes de leur 
feuillage, pour les renforcer ou affaiblir par des aba- 
tages judicieux. Les nuances foncées dans les verts 
doivent dominer, pour servir de fonds sur lesquels les 
diverses variétés de vert clair, ainsi que les couleurs 
jaune, rouge, blanche, produiront d'agréables oppo- 
sitions. 

Notons enfin que dans les cas d'un abatage néces- 
saire pour former des coulées ou vues, l'architecte-paysa- 
giste devra bien choisir et marcjuer les arbres qui 
devront être sacrifiés, car il sufiit d'une minute d'inatten- 
tion pour détruire le travail de plusieurs siècles. /- •" ■ 

G.-C. Thibaud tîls. 

Architecte de 2)orc8 et jardins, à Tassin-la-Demi-Lune, près Lyon. 



— n — 

Les Violettes du Frioul et leur variété 
« Comte de Brazza ». 

Le Bulletin de la Société Royale cV Horticulture de 
Toscane a traité à plusieurs reprises de l'origine et des 
belles qualités de ces deux variétés de Violettes. Quant 
au ncMre, c'est grâce à l'amahililé d'un des secrétaires 
de la Société de Florence, M. Marcel Grilli, notre zélé 
membre correspondant, qu'il doit de pouvoir offrir aujour- 
d'hui à ses lecteurs la chromolithographie de ces deux 
superbes variétés, ainsi qu'un article descriptif, dû à 
la plume autorisée de M. le comte Philippe de Bi-azza 
lui-même, sur leurs mérites et leur culture. Qu'ils re- 
çoivent ici ensemble l'expression de toute noti'C grati- 
tude pour cette gracieuse libéralité ! 

La Commission de Rédaction. 

« Bien que l'aquarelle qui a servi à l'exécution de la 
« présente illustration soit due au pinceau d'un des 
(( pemtres de fleurs les plus renommés de Florence, 
« la comtesse Marianne de Cambi-ay-Digny, cette repro- 
« duction chromolithographique laisse " beaucoup à 
(( désirer sous le rapport de la justesse du ton de la 
(( teinte de la variété bleue, qui devrait être d'une 
« nuance très foncée, puisque c'est par un tel coloris, 
«joint à l'extraordinaire grosseur des fleurs, que se 
«caractérise la variété bleue des Violettes doubles 
« d'Udine ou du Frioul. 

« Je dis « variété bleue » de la Violette d'Udine, 
« parce, que comme je l'ai déjà déclaré plusieurs fois, ce 
« fut par suite d'une expédition de ses fleurs faite par 
« moi-même à Londres, que le Gardeners Chvonicle, 
« qui le premier, en dehors de l'Italie, a publié un article 
« sur ces Violettes a appelé indistinctement Violettes 
« napolitaines de Brazza les variétés bleue et blanche. 

'< Cette dernière qui est la seule dont je puisse ré- 
« clamer la paternité, provient de Violettes, légèrement 
« doubles, à fleurs d'un blanc impur, tendant à l'azur 
« clair, et avec des veines bleues, trouvées à Grosseto 
« (Toscane). Ces plantes, soumises à une sélection 
« sévère et à une culture spéciale, ont produit la variété 
■ actuelle au bout de quelques années. 

« Pour ce qui est de la variété bleue, elle existait 



(( 



— 12 — 

« depuis longtemps au Frioul, cultivée par différentes 
« personnes ; mais c'est seulement dans ces dernières 
« années que sa culture a fait des progrès et j'ai la 
« satisfaction de pouvoir dire que j'ai le plus contri- 
« bué à faire connaître les deux variétés tant à l'étranger 
« qu'en Italie, — ce qui en a beaucoup développé le 
« commerce. 

(( La variété bleue, qui se cultive généralement au 
« Frioul, se distingue des ^mtres par son coloris très 
« foncé, sa grosseur et sa duplicature exceptionnelle, 
« qui fait que certaines fleurs ont plus de 4 cm. de dia- 
« mètre ; elle se recommande aussi par la rusticité de la 
(( plante. Son parfum rappelle celui de la Violette de 
(( Parme, en étant peut-être plus délicat. 

« Les fleurs de la variété blanche n'ont pas encore 
<( atteint la grandeur- exceptionnelle des bleues. La 
M plante, bien que vigoureuse, est cependant plus dé- 
« licate et d'une multiplication un peu moins facile. L'o- 
« deur est moins pénétrante et il s'y remarque une très 
« légère tendance à celle de l'amande amère. 

« La floraison commence en décembre, et si l'on sup- 
(( prime les premiers boutons, c'est dans les mois de 
((janvier et de février qu'elle atteint son plus grand dé- 
(( veloppement pour la grandeur des fleurs. Ensuite, la 
(( floraison devenant plus abondante, les fleurs dimi- 
(c nuent de grandeur et leur coloris se fait plus clair. 
(( Quant à la culture, elle demande que les plantes soient 
« placées en pleine terre, sur couche chaude et sous 
(( verre; autrement, même avec les meilleurs plants, ces 
(( Violettes ne présentent jamais l'incomparable beauté 
(( qui en fait le grand mérite, et est si fort admirée des 
« amateurs de cette fleur symjiathique. 

((Dans quelques localités, on cultive aussi une variété 
(( à fleur d'un rouge vineux, mais elle ne réussit jamais 
(( aussi bien que les deux autres. 

(( Depuis ces dernières années, la culture des va- 
« rietés bleue et blanche a pris un développement assez 
(( grand, non seulement à Udine, où MM. A. C. Rossati 
(( & O'^ ont formé une société pour ce commerce, mais 
« encore dans quelques villages des environs. 

(( Comte Philippe De Brazza, 

« à Udine, Italie ( Vénétie). » 




Violette Comte de Brazzà 



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— la — 

La Truffe dans le bassin du Léman. 

Il n'est pas surprenant que la Truffe existe dans bien 
des terrains, quoique les propriétaires ne s'en soient 
jamais doutés. Ce cryptogame est habituellement si bien 
enfoui qu'on ne peut en soupçonner la présence. Lors 
même que la Truffe sort un peu de terre, ce qui arrive 
parfois, sa couleur empêche qu'on ne la remarque, tant 
elle se confond parfaitement avec la terre végétale et 
les débris de feuilles pourries qui l'entourent. 

A moins d'avoir un animal, chien ou porc, dressé 
pour cette récolte, il est donc à peu près inutile de cher- 
cher des Truffes, On ne les trouvera pas. Il y a cepen- 
dant des personnes dont la puissance et la patience d'ob- 
servation est si grande qu'elles finissent par en découvrir 
quelques-unes ; mais c'est beaucoup de peine pour un 
très mince résultat. 

Les terrains voisins du lac de Genève contiennent ou 
produisent des Truffes, les imes comestibles, les autres 
non comestibles. 

Les Truffes non comestibles ne doivent pas être regar- 
dées comme vénéneuses, mais elles sont ou coriaces ou 
filandreuses, ou bien douées d'un parfum trop violent pour 
qu'un estomac civilisé puisse s'en accommoder sans 
dégoût ou sans souffrance. La Truffe comestible, que 
l'on peut récolter à Genève et dans les environs, appar- 
tient à l'espèce dénommée : Tuber aestivum. C'est une 
Truffe d'été, en effet, dans les régions méridionales et 
dans le Périgord. Ici, sa maturité n'a lieu qu'en automne 
et même en hiver. Cette espèce de Truffe était recher- 
chée autrefois, même en Péi'igord, parce que la véri- 
table Truffe noire. Truffe d'automne. Truffe d'hiver, ne 
pouvait pas être conservée, comme maintenant, par le 
procédé Appert. Cette 'i'ruffe d'été suppléait donc au 
défaut de la Truffe d'hiver pour la confection des pâtés 
de foies gras, lorsqu'il n'y avait plus de Truffes noires. 
Aujoui'd'hui, dans le Périgord et dans le Comtat, la 
Truffe d'été est fort dédaignée. Elle est i-egai-dée comme 
une contrefaçon, et les marchands qui se respectent se 
croiraient déshonorés s'ils finti-oduisaient dans leurs 
pâtés ou dans leurs volailles. 

Il est paifaitement vrai que la véritable Truffe noire a 
un parfum plus délicat, plus persistant, surtout quand 



— 14 — 

elle a été cueillie clans certaines localités privilégiées, 
car on peut dire que le terroir fait la qualité de la Truffe 
comme il fait le mérite du vin de tel ou tel vignoble 
renommé. Mais la Truffe d'été, récoltée à point dans les 
terrains du canton de Genève et des pays voisins, peut 
encore offrir un agrément très appréciable aux gour- 
mets dont le palais n'aura pas été rendu trop difficile par 
un usage habituel de ta véritable Ti-uffe du Périgord. 

Il est à croire d'ailleurs que la Truffe même du Péri- 
gord pourrait être introduite dans le bassin dii Léman. 
Depuis le fort de l'Ecluse et, tout le long du Rhône, jus- 
qu'à Seyssel et Culoz, on peut récolter la Truft'ê noire 
d'hiver. Elle y est habituellement d'une forme anguleuse 
et d'un parfum insuffisant; mais, scienlifiquement, c'est 
la même Truffe que celle si appréciée dans le Périgord. 

Les conditions de la production ti'uffièi'e sont ])arfai- 
tement établies dans un excellent ouvrage publié par 
M. A. de Bosredon, ancien sénateur de la Dordogne, 
syndic de la Société des Agriculteurs du Périgord, 
demeurant au cliàteau de la Fauconnerie, près Terrasson 
(Dordogne). C'est à M. de Bosredon qu'il faut s'adresser 
pour avoir ce volume intitulé : Manuel du trufficulteur ; 
on y trouvera une quantité de renseignements utiles, que 
nous ne pouvons reproduire dans cette courte notice. 

En résumé, dans un terrain suffisamment calcaire et 
ferrugineux, la plantation de chênes, de charmilles et de 
noisetiei-s offre des chances très favorables pour la pro- 
duction des truffes. Dans le Périgord, les Truffes se 
ressèment d'elles-mêmes. Ici, il est plus rationnel d'en- 
fouir des débris de Truffes pour multiplier les chances 
de succès. Le mode de propagation des Truffes est encore 
bien mystéi'ieux. Un temps assez long est nécessaire. 
Dans les plantations de chênes truffiers en Périgord, on 
n'espère une première récolte qu'après six ou huit 
ans. 

La science fait cependant de grands progrès. Le 
splendide ouvrage des frères Tulasne a établi une clas- 
sification lumineuse et déterminé définitivement les 
diverses productions truffières, les champignons souter- 
rains, scientifiquement : les hypogées. Cet ouvrage, trop 
coûteux pour le commun des mortels, est heureusement 
suppléé et même complété par le très remarquable tia- 
vail du docteur de Ferrv de la Bellonne, intitulé : La 



- 15 — 

7'/'i(//ê, et publié par la librairie J.-B. Baillère et iils, à Paris. 

Les amateurs qui voudront avoir des notions très 
sérieuses et très complètes sur les diverses sortes de 
TruiTes devront se procurer cet excellent volume, dans 
lequel se trouvent condensées toutes les connaissances 
acquises jusqu'à ce jour soit au point de vue scienti- 
fique, soit au point de vue pratique. 

Enfin, pour chercher les Truffes, il faudrait un chien 
dressé. Mais un bon chien ti'uffier ne se trou\e pas faci- 
lement et peut coûter beaucoup d'argent. Il y a heui-eu- 
sement un moyen plus simple et fort praticable, surtout 
pour les gens qui ont un parc, un clos, et qui n'étendront 
pas trop le cercle de leurs recherches et de leurs prome- 
nades. Le porc recherche naturellement, la Truffe. On 
admet du moins que, sur trois truies ayant pâturé et 
prises au hasard, il y en aui'a au moins une qui chei- 
chera spontanément li, déterrer les Truffes. Pour essayer, 
il n'y a qu'à acheter une Truffe et l'enfouir environ à 
dix centimètres de profondeur. Quelques heures après, 
afin que le parfum ait eu le temps de pénétrer la terre, 
conduisez sur le terrain une truie et faites-la fiairer. 
Quand vous aurez trouvé une truie capable de chercher 
la Truffe, il s'agira de l'habituer à la détei-rer sans la 
dévorer. Pour cela, il .faut être très attentif et, au 
moment où la truie saisit la Truffe, le chasseur doit 
donner sur le groin un petit coup de bâton. La truie 
lâche la Truffe et reçoit en compensation un gland, un 
morceau de pomme de terre, ou bien une châtaigne, 
quelque chose enfin qui lui serve de récompense. Tel 
est du moins le procédé usité en Périgord. 

Les chercheurs de Truffes, en Italie, ont un proverbe : 
Cherchez, disent-ils, surtout près des maisons où Ton 
a l'habitude d'en manger. 

Les semences traversent-elles le canal digestif? Les 
semences se trouvent-elles dans les épluchures, dans 
les eaux de lavage ? On ne saurait le dire encore ; mais 
je crois pouvoir assui-er que la plupart des proprié- 
taires de villas et de parcs à Genève et dans les envi- 
rons trouveront des Truffes dans leur propriété. Il y en 
aura plus ou moms, suivant que les années seront 
plus ou moins favorables. 

Us reconnaîtront la Truffe comestible, le Tuber aes- 
twiim, à son écorce rugueuse et dont les rugosités 



— 16 — 

sont sensiblement prismatiques. La chair intérieure est 
blanche quand la Truffe n'est pas mûre. Elle devient 
ensuite grise et enfin marron. Cette chair est marbrée 
de filaments blanchâtres. Le parfum rappelle, en même 
temps et faiblement, soit le parfum de la Truffe du Péri- 
gord, soit le parfum de la Truffe blanche de Piémont, 
soit un peu aussi le goût de champignon en général. 

Cette Truffe-là, cueillie à point, est certainement 
agréable. 11 en est de petites, il en est de plus grosses 
que le poing. Il faut enlever soigneusement l'écorce, qui 
est trop coriace. Il faut supprimer également toutes les 
parties attaquées par les insectes, ou trop aqueuses, ou 
gâtées, ou insuffisamment mûres. Souvent la Truffe est 
creusée comme par une sorte d'ombilic. C'est alors une 
variété du Tuber aestivum qu'on appelle mesentericum, 
où l'écorce pénètre en replis plus ou moins tor- 
tueux jusqu'au centre de la Truffe. Il faut enlever et 
nettoyer tous ces j-eplis, car l'écorce fait un effet fort 
désagréable sous la dent. 

On peut alors employer cette chair de Truffe crue, 
comme pour la Truffe blanche de Piémont, en la rabo- 
tant en lamelles aussi minces que possible, soit sur 
une fondue douce de fromage d'Emmenthal, soit sur 
un risotto à l'italienne, soit sur des œufs au plat, soit 
enfin, dans le cas où la récolte serait assez considé- 
rable, en faisant une salade de très bonne huile d'olives, 
avec sel et citron, sans poivre ni vinaigre. Tel est du 
moins l'usage de la cuisine piémontaise. On peut aussi 
employer ces Truffes cuites. En les pelant soigneuse- 
ment et les faisant cuire dans du vin rouge avec un peu 
de quatr'épices et de sel, elles prennent la couleur 
des Truffes noires et sont agréables à manger dans des 
œufs brouillés, dans une omelette, en garniture, etc. 
On peut même en farcir une volaille. Mais il faut 
avouer que le parfum, dans ce dernier cas, parait trop 
faible, trop peu pénétrant et que le résultat n'est pas 
merveilleux. 

En somme, cependant, soit par les procédés que j'ai 
indiqués, soit par d'autres .qu'on pourra imaginer, on 
peut tu'cr bon parti des Truffes comestibles du pays. 
Mais il ne faut pas lésiner sur le nettoyage, et surtout 
il ne faut pas se méprendre et .employer des Truffes 
non comestibles. ■' . • 



— 17 — 

Un de mes amis, à qui j'expliquais l'usage culinaire 
que l'on pouvait taire des Truffes du pays, me répondit : 
« Je sais bien qu'il y en a, mais je sais aussi que ces 
Truffes sont détestables. » Et il me raconta qu'il avait 
rencontré à la chasse, dans une commune voisine, un 
chercheur de Truffes qui, sous ses yeux, en avait 
trouvé une assez grande quantité. Il les avait ache- 
tées ; elles paraissaient avoir beaucoup de parfum et 
étaient d'une belle grosseur; il les avait soigneusement 
fait apprêter et les avait mangées avec un certain 
désappointement, qui était devenu de la colère lorsqu'en- 
suite il se fût senti très gravement incommodé. « Ne 
me parlez pas de ces Truffes », ajoutait-il, « rien que 
d'y penser, je sens déjà des nausées ! » 

Baron d'Yvoire, 

Membre correspondant de la Société d'Horticulture 
de flenève. 

(A suivre.) 



CHRONIQUE HORTICOLE 

Distinction. — Nous apprenons avec un extrême plaisir la 
nouvelle distinction qui vient d'être accordée à notre collègue, 
M. Gorrevon. Sou intéressant traité des Fougères rustiques, 
auquel plusieurs des Bulletins que nous recevons des Sociétés 
françaises ont consacré des articles élogieux, vient d'être primé 
à Paris par la Société des Arts horticoles et décoratifs, qui lui 
a décerné une médaille de vermeil. 

La Chambre syndicale des Horticulteurs de la région Lyonnaise 

est ainsi composée pour l'année 1891 : 
MM. Antoine Rivoire, Président. 
B. Grillet, Vice- Président. 
Pernet-Ducher, Secrétaire. 
•J. BiESSY, Trésorier. 
Le Syndicat des Horticulteurs tient ses réunions tous les 
samedis, de 8 heures à 11 heures du soir, au café Morel, place 
Bellecour, il, à Lyon. 

MM. les horticulteurs étrangers de passage à Lyon y sont 
cordialement invités. 



- 18 — 

Diplôm-3S de Jardiniers. — Dans le cour.s de la présente aunée, 
l'Association horticole lyonnaise a décidé la création de Diplômes 
de jardiniers. Ces diplômes sont au nombre de quatre, savoir: 
diplôme de culture maraîchère; diplôme d'arboriculture ; diplôme 
de culture florale ; et diplôme supérieur. Plusieurs prix, dont le 
premier représente une valeur de cent francs, seront attribués aux 
candidats qui auront obtenu les meilleures notes aux examens. 

Pour prendre part aux examens, les candidats devront être 
âgés de 16 ans au moins et de P>0 ans au plus: les professeurs 
d'horticulture en sont exclus. La première session des examens 
a été fixée au dimanche 15 février 1891. Les demandes d'y prendre 
part devront être parvenues au Secrétaire-général de l'Associa- 
tion horticole lyonnaise, cours Lafayette prolongé 61, Villeur- 
banne (Rhône), avant le 16 janvier prochain. Les intéressés pour- 
ront se procurer gratuitement le Règlement concernant les susdits 
diplômes, chez les principaux marchands-gi'ainiers de Lyon, ou 
en en faisant la demande au secrétaire plus haut désigné. 

Gravure sur bois — Nous sommes heureux d'annoncer à nos 
lecteurs que le portrait de notre regretté collègue David Dufour 
a été gravé par un artiste de notre ville bien connu, M. Mani, 
rue de la Cité, Genève. 

Un moyen de conserver la fraîcheur aux fleurs coupées. — 

Mettez la tige de vos fleurs fraîchement coupées dans un vase où 
vous aurez eu soin de verser 5 grammes de sel ammoniaque par 
litre d'eau et vous les conserverez au moins quinze jours dans 
leur première fraîcheur. 

Un arbre qui indique la pluie. — Le journal Ciel et Terre si- 
gnalait, il y a quelque temps, les propriétés vraiment merveil- 
leuses de l'alisier de Fontainebleau {Sorbus latifolia). Les feuilles 
vertes en dessus, sont blanches cotonneuses à la face inférieure. 
Quand le temps est ô la pluie, ces feuilles changent de position, 
de telle sorte que leur face inférieure se trouve tournée vers le 
ciel. Chaque fois que l'arbre devient blanc, c'est un signe de 
pluie. C'est un arbre facile à se procurer et fort ornemental. 

Société pomologique de France. — La 33"' session s'est tenue à 
Limoges les 23, •24 et 25 septembre 1890. L'examen des variétés 
précédemment mises à l'étude a fait prononcer l'adoption des : 



19 



Poire : Beurré amande. 
Poire locale: Mouille-bôuGhe de Bordeaux. 
Pomme : Reinette de Brives. 
Pommes locales : Cusset, de Cave, de ?i;ilé. 
Prune : Belsiano. 
- Raisiit de table : Couimandeur. 

Poire la France. — Le Lr/on-Horticole recommande ce très bon 
fruit qui devient quelquefois assez gros ; sa chair excellente et 
naturellement fine et f:^ndante a une saveur sucrée, parfumée 
et relevée. Elle mûrit en octobre-novembre, époque où les bonnes 
poires ne sont pas rares ! 



NECROLOGIE 

T^ucien Kueelit, fabricant de poteries à Colovrex, près 
Genève, décédé le 16 décembre 1890, dans sa 54"" année. 

Christian Siiss, propriétaire, quai Pierre Fatio, Genève, 
décédé le 19 décembre 1890. 

Que leurs familles reçoivent l'expression de nos sym- 
pathiqiu^s regrets ! 




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PERFECTIONNÉ 

A DOUBLE LAME 



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Graines 2>otag"ères et fourragères de l'^'^ choix. 



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Successeur de A. SCH\A ARTZ. 

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Recommandé par la Société d'Horticulture de Genève et la di- 
rection de l'Ecole d'agriculture de la Uutti (Berne). Cet exti-ait 
employé dans la proportion d'un kilogramme pour 50 à 150 litres 
d'eau, sert à la destruction de la cloque, des pucerons, des lima- 
çons et de la vermine du bétail. 

Il est aussi employé avantageusement en bassinages dans les 
serres. Se vend par boites de kil. 1 à fr. 2.2o, de kil. 3 à fr. 6.50 et 
kil.6 à fr. 12.75. 

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GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DFS VOIROiNS, 10. 



37me ANNEE 2^ LIVRAISON FEVRIER 1891 



BULLETIN 



DE I,A 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 



DE 



GENEVE 



jpo:isrDEE Ex<r isss 



Sommaire : Avis. — Programme du Concours des 81 — 24 
mai 1891. Procès-verbal de l'Assemlalée générale du 11 jan- 
vier 1891. — Publications otîertes à la Société.— La Truffe dans 
le bassin du Léman. — Légumes à recommander (avec gravures). 
Les Oeillets impériaux. — Scabiosa hybrida Victoria. — Nou- 
veautés lyonnaises (avec gravures). — La culture des Bégonias. 
— Les Hellébores. — Bibliographie. — Annonces. 



AVIS 

Les dates des Assemblées générales de 
1 SO 1 ont été fixées comme suit : 

Les dimanches 15 février, 5 avril, *7 juin, 
O août, 4 octobre et 20 décembre, à 2 h., 
dans la Grande Salle des Amis de l'Ins- 
truction. 



Dans son Assemblée générale du 30 novembre 1890, la 

Société d'Horticulture de Genève a décidé d'organiser un 

grand Concours de Plantes fleuries, pour les 21, 22, 23 et 
24 mai 1891. 

MM. les sociétaires sont également prévenus qu'un grand 
Concours de Chrysanthèmes aura lieu les 13, 14, 15 et 16 
novembre prochain. 

L'un et l'autre auront lieu au Stand de la Coulouvrenière. 

Nous espérons que MM. les horticulteurs, jardiniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ces Concours. 



— 22 — 
Grand Concours de Plantes fleuries de la saison, 

OUVERT ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du 21 au 24 mai 1891, 

dans la grande salle du Stand de la Coulouvrenière. 

Concours séparés entre horticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME DES CONCOURS 

Pour les plus belles collections de : 

1. Azalées et Rhododendrons. 

2. Anémones et Renoncules. 

3. Régonias tubéreux. 

4. » sous-ligneux. 

5. Calcéolaires. 

6. Cinéraires. 

7. Clématites. 

8. Cyclamens. 

9. Fuchsias. 

10. Giroflées. 

11. Hortensias. 

12. Jacinthes, Tulipes, Narcisses. 

13. Oeillets. 

14. Orchidées. 

15. Pélargoniums à grandes fleur ^. 

16. )' zonales : a) fl. simples. 
» ') b') fl. doubles. 

17. Pélargoniums à feuilles de lierre. 

18. Pensées. 

19. Pivoines. 

20. Primevères. 

21. Pétunias. 

22. Rosiers tiges. 1 

,-,o • en pots 

23. » nains. ) ^ 

2i. Verveines. 

25. Plantes vivaces. 

26. Plantes alpines. 

27. Plantes de semis obtenues par l'exposant. 

28. Lots d'au moins 6 plantes nouvelles introduites par 

l'exposant et offrant un mérite réel. 

29. Fleurs coupées. 

30. Bouquets, corbeilles et couronnes. 

31. Concours imprévus. 

Les concours ne figurant pas au présent programme seront 
appréciés suivant leurs mérites. 



— 23 — 



EXTRAIT DES PROCES- VERBAUX 

Assemblée générale du 11 janvier 1891, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Fr. Cardinaux, président. 



Nombre des assistants: quatre-vingt-six. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée. 

Candidats présentés: 

1° M"" Thérèse Despans, au Petit-Lancy, par MM. Cardinaux 
et Aug. Dufour. 

2° M. Joseph Drevet, moulins de Sous-Terre, St-Jean, par 
MM. Cardinaux et Grobéty. 

3° M. Emile Eindinger, jardinier chez M. David Lenoir, che- 
min Malombré, 3, Genève, par MM. Hofer et Zuber. 

4° M""* V° PiOSA PiGUET, magasin de tabacs, place Bel-Air, Ge- 
nève, par MM. Triboulet et Welter. 

5° M. A. W.Prinsep, campagne des Arpillières, route de Chêne, 
par MM. Correvon et Aug. Dufour. 

6° M. Marius Vitet, jardinier à Champittet, près Yverdon 
(Vaud), par MM. Cardinaux et Triboulet. 

Exposition. 

;CULTURE FLORALE 

1° De M. Henri Bippus, jardinier chez M. Ant. Martin, à 

Vessy: 

Une potée de Muguet et un rameau fleuri de Lilas blanc— P. 2. 

2° De M. Anselme Deeroux, horticulteur, route de Ca- 
rouge, Genève : 

1 Himantophyllum miniatum, 1 Erica hiemalis et 2 Primevères 
de Chine. — P. 3. 

3° De M. «Jean Hofer, jardinier chez M. Bonna, à Champel : 
Une inflorescence de 1 Orchidée Oncidium ornithorhynchum. — 

P. 'U. 



- 24 — 

4° De M. Frédéric Wittwer, jardinier cliez M. Victor 
l^ombard, à Champel: 

5 Primevères de Chine, 1 Primula obconica et 1 Adiantum pe- 
datum. — P. 3. 

CULTURE LÉGUMIÈRE 

1° De M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard : 

Geleris-raves, Poireaux gros de Rouen, Scaroles à cœur plein, 
Scorsonères. — P. 2. 

Distribution des prix du Concours de Chrysanthèmes. Avant 
d'y procéder, M. le président fait observer que dans la liste de ces 
prix publiée dans le Bulletin de décembre dernier, c'est à tort que 
le prix d'honneur de M. Grobéty se trouve parmi ceux attribués 
aux exposants. La récompense qui lui a été décernée était d'un 
caractère exceptionnel, comme témoignage de notre reconnais- 
sance de ses mérites pour le plan et la décoration de cette Expo- 
sition si bien réussie, et M. Cardinaux lui remet une médaille de 
vermeil aux applaudissements de toute l'assistance. 

Il est à noter aussi que: 1° le prix de fr. 30 offert par notre 
membre honoraire, M. L' Moyret, à Bourg, a été attribué à M. Ed. 
Cxeorge (1" prix d'honneur); 2° celui de fr. 20, de M. Et. Fayol, à 
M. H. Bippus; 3" celui de fr. 20 de M. Aug. Dufour, à M. Fréd. 
Delécraz ; et 4° celui de fr. 10, de M. Aug. Guex, à M. A. de Sie- 
benthal. 

Lecture du Rapport de M. H. Welter, président de la Commis- 
sion des Récompenses. 

Les deux prix David Dufour pour le plus grand nombre de 
points obtenus pour apports de légumes et de Heurs sont échus à 
MM. Bippus et Decorges. 

Nomination de deux vérificateurs des comptes et d'un sup- 
pléant, qui sont MM. Constant Eger et Louis Druz et M. Ami Du- 
four. 

Séance levée à 3 ^/^ heures. 

Le secrétaire-général^ 

D. Triboulet. 



— 25 — 
Graines et publications offertes à la Société. 

1° Par M. Charles Joly, 11, rue Boissy d'Anglas, Paris, 
membre honoraire : 

Le Jardin botanique de Goimbra (Portugal), par M. Gabriel de 
Saint-Victor, Montpellier, 1890; S% 7 p. 

Note sur la production fruitière en Californie, par Gh. Joly. 
Paris, 1891 ; 8% 12 p. 

The West-A.merican Scientist (Galifornia). N<" de juin, juillet, 
août 1890. The Naturalists' Leisurehour. Philadelphie. N°aoùtl890. 

2° Par M. Charles Ballet, horticulteur à Troyes (Aube), 
membre correspondant: 

Gonférences de l'Exposition universelle de 1889: Sur l'horticul- 
ture française, ses progrès et ses conquêtes depuis 1789, par 
Charles Baltet. 

3° Par M. Ang-iolo Pucci, à Florence: 

Gli ortaggi coltivati (les légumes cultivés). Florence, 1890; 
8° de 420 pages. 

4° Par MM. Daiiiiuauu éc C", horticulteurs à Naples 
(Italie) : 

10 tubercules de Bégonia geraniuides. 

Que ces généreux donateurs reçoivent nos remerciements em- 
pressés. 



La Truffe dans le bassin du Léman. 

{Suite et fin). 

A l'époque convenable, c'est-à-dire à la fin de no- 
vembre, je me rendis dans la localité dont m'avait parlé 
mon ami et j'y trouvais en effet des Truffes assez nom- 
bi-euses et de belle grosseur, mais l'écorce, au lieu d'être 
rugueuse et à rugosités prismatiques, était simplement 
chagrinée comme l'écorce des véritables Truffes du Péri- 
gord. Elles i^épandaient un parfum très pénétrant, maisqui, 
tout en rappelant le parfum spécial des véritables Truffes, 
avait quelque chose de positivement nauséabond. J'en 
envoyai des échantillons au savant docteur de Ferry de 
la Bellonne, qui les étudia au microscope, seul procédé 
certain pour distinguer les variétés classées par MM. Tu- 
lasne, et il fut constaté que ces Truffes appartenaient à 



— 26 — 

l'espèce Tuber maa^ospovum, ç\m n'est absolument point 
comestible et qui est réellement d'une odeui- et d'une 
cbair repoussantes. La cbair est peu. marbrée habituelle- 
ment, parfois très marbrée. Elle est d'une teinte rose- 
roussàtre, parfois même violacée ou presque sanguino- 
lente. Mais ce qui est caractéristique, c'est cette odeur 
violente et nauséabonde qui rebutera tout gourmet, à 
moins que l'idée seule de TrufTesne lui monte l'imagina- 
tion jusqu'à le rendre capable de savourer cette informe 
et désastreuse imitation de la Truffe véritable. 

Les autres Truffes non comestibles que l'on trouve 
dans le bassin du Léman risquent encore moins d'être 
prises pour de bonnes Truffes. Elles sont très petites 
et ont une écorce lisse ou chagrinée, de couleur fauve, 
grise, rousse, ou même orangée. La plupart sont co- 
riaces, presque ligneuses si elles sont mûres, ou bien 
crémeuses et visqueuses avant la maturité. Il en est aussi, 
dans les terrains humides surtout, qui déviennent pul- 
vérulentes comme les vesses-de-loup. Il faut rejeter en 
bloc tout ce qui n'offre pas les caractères du Tuber aes- 
tivum ou jnesentericunij tels que je les ai décrits plus 
haut. 

Si cependant l'on trouvait une Truffe à peau cha- 
grinée dont le parfum parût vraiment agréable, il y 
aurait lieu de se demander si cette Truffe ne serait pas 
de la section des véritables Truffes noires. Je n'en con- 
nais pas de gisements spontanés dans le bassin du 
Léman, mais il est fort possi! le qu'il s'en produise. 
J'avais, il y a bien des années, fait enfouir dans mon 
jardin des débris de Truffes au pied d'une charmille qui 
est malheureusement tout à fait exposée au Nord. J'y ai 
trouvé, l'hiver dernier, de petites Truffes très imparfai- 
tement mûres et très peu parfumées, dont les caractères 
botaniques sont identiques aux Truffes du Périgord. Je 
suis donc très porté à croire que la véritable Truffe 
noire peut être acclimatée dans nos terrains. On ren- 
drait ces terrains plus propices en les amendant avec du 
sulfate de chaux et du sulfate de fer. En tout cas, il 
coûte peu d'enfouir les débris de Truffes noires ou 
grises et de verser les eaux de lavage au pied des 
chênes, des charmilles et des noisetiers ou même des 
lilas que chacun peut avoir près de sa maison Les 
amateurs peuvent en outre planter des chênes truffiers, 



— 27 — 

d'après les savantes et expertes indications de M. de Bos- 
redon. Je rappelle que les procédés d'étude qui permet- 
tront de reconnaître scientifiquement les diverses espèces 
et variétés de Truffes, sont clairement et pratiquement 
décrits dans le livre du docteur de Ferry de la Bellonne. 
J'ai voulu seulement, tout en reconnaissant l'éclatante 
supériorité des Tr-uffes noires, surtout des Truffes du 
Périgord et du Comtat, affii'mer que nos Truffes gi'ises 
du Léman ne sont point à dédaigner, ([u'elles valent la 
peine de les récolter et qu'elles peuvent offrir quelque 
agrément, pourvu qu'on n'ait point la prétention de les 
présenter comme un équivalent des véritables Truffes 
noires de France, ou des Truffes blanches odorantes du 
Piémont. Elles ne les rappellent que de loin, sans doute; 
mais c'est déjà quelque chose qu'il soit possible de se les 
procurer sans déj^enser les sommes auxquelles sont 
cotées les vraies Truffes et qu'elles soient accessibles 
aux modestes ménages. C'est ce qui arrivera bientôt, si 
l'on se donne la peine de les récolter là où elles existent 
déjà et qu'on en favorise la multiplication par des enfouis- 
sements de débris et par un certain soin des terrains 
dans lesquels se trouvent déjà ou seraient plantés à nou- 
veau des arbres trutfiei'S. 

Baron d'Y voire, 

Membre correspondant de la Société d'Horticulture 
de Genève. 

Légumes à recommander. 

Les variétés que je désire recommander à l'attention 
des amateurs et des jardiniers ne sont certes pas des 
nouveautés; mais elles n'en sont pas moins classées au 
premiei' rang dans tous nos jardins maraîchers, comme 
ayant fait leurs pi'cuves depuis longtemps. Pourquoi 
donc donner la préférence à des nouveautés, qui certai- 
nement ne les valent pas, et dont la plupart ne sont pas 
acclimatées dans notre pays? Les variétés dont je vais 
donner la description conviennent à tous les terrains, et 
leurs qualités sont irréprochables : on devrait donc les 
rencontrer beaucoup plus souvent dans tous les jardins. 

Laitue pommée Sémoro^ améliorée. — Variété à 



— 28 — 

graine jaune, cultivée depuis environ vingt ans par les 
maraîchers de Plainpalais. La pomme est très belle, à 
feuilles larges, un peu huileuses, de couleur verte, bor- 
dées de hronze et de jaune d'or intérieurement ; pomme 
ti'ès tendre, se conservant bien en toutes saisons. C'est 
une amélioration de l'ancien type, qui mérite que la 
culture en soit vivement recommandée. 




Laitue pommée Sémoroz améliorée. 



Laitue pommée du Canada. — Variété à graine 
noire, très grosse, dont les feuilles sont un peu ondulées 
et fort bronzées dans les parties exposées au soleil. Elle 
est tendre, monte difficilement en graines, et nos jardi- 
niers les plus expérimentés de Plainpalais la considè- 
rent comme étant encore supérieure à la variété Sémo- 
roz. Elle se prête très bien à la culture du printemps et 
de l'été, vu qu'elle souffre très peu de la sécheresse; les 
pommes sont fermes et d'un goût exquis. 

Chou-Jleur Géant de Naples hâtif amélioré, Nec plus 
ultra. — Depuis quelques années, ce Chou-tleur tend 
toujours plus à remplacer les autres variétés dans nos 
cultures, parce qu'il ne demande que peu de soins. La 
récolte est toujours certaine, s'il est placé dans une terre 
fumée, plut(ôt forte que légère. En le semant de bonne 
heure au printemps, sous châssis, on peut le récolter à 
la fin du mois d'août. La pomme est très blanche et peut 



— 29 — 

atteindre un tort gros volume. En échelonnant ses semis, 
on peut en obtenir tout l'automne, et même les conser- 




Ghou-fleur Géant de Naples hâtif amélioré. 

ver en cave pendant l'hiver. C'est donc une variété très 
précieuse à tous égards. 

L. Druz, 

Marchand-graimer, 31, rue de la Croix-d'Or, Genève. 



■ -^^^#^- 



Les Œillets Impériaux. 
Dianthus Caryophyllus fl. pleno imperialis Spreng. 
in Horto Damm. 1889. 
Plante touffue, naine, compacte, très rameuse et vivace. Ra- 
meaux ténus, abondamment feuilles, raides, droits ou ascendants, 
plus ou moins égaux, formant un tapis vert-glauque, qui recouvre 
le terran comme VŒillet Mignardise, bien connu de nos monta- 
gnes et de nos jardins. Les feuilles sont presque droites, parfois 
annelées ou recourbées en arrière, d'un vert-glauque, menues, ce 



— 80 — 

qui donne à la plante un aspect plutôt grêle. Les tiges, érigées, 
peu ramifiées, portant de 4 à 5 fleurs, sont fermes, bien faites, so- 
lides et d'un port magnifique, ce qui fait bien comprendre qu'elles 
n'ont nul besoin de soutiens. Elles se tiennent droites d'elles- 
mêmes et, pliant légèrement sous le poids de leurs grandes fleurs 
et de leurs boutons, elles s'inclinent d'une manière gracieuse, eu 
présentant un aspect magnifique et unique, supérieur à ce que 
peut rêver notre imagination et à tout ce que nous avons vu jus- 
qu'ici dans les Œillets qui nous sont connus. Ces tiges sont le plus 
souvent de même couleur que les feuilles, peut-être un peu plus 
verdâtres et avec les noeuds pourprés ; presque ligneuses d'ailleurs 
et beaucoup moins fragiles que celles de l'Œillet Marguerite. 

Les fleurs varient dans presque toutes les couleurs des 
Œillets en général, à l'exception du jaune. Ou y rencontre le blanc 
pur, l'incarnat, le rose clair ou plus foncé, et du reste toute l'échelle 
du rose au rouge vif, au violet et au pourpre; il y en a de striées, de 
marginées, de marbrées, de pointillées: en somme, un magnifique 
mélange et une variabilité bien supérieure à ce qui se voit chez 
les Œillets Marguerites^ dont cette race est issue. Ici, toutes les 
fleurs sont doubles, satis aucune de simple; elles sont bien faites, 
grandes et plus grandes que celles de l'Œillet Marguerite, avec 
des pétales onguiculés, recourbés en dessus et élégamment fran- 
gés, comme dans la susdite sorte. 

Leur calice ne crève jamais, quoique la fleur soit double, mais 
non épaisse et pleine. Ces calices sont un peu différents de ceux 
des Œillets communs et en diffèrent par leur longueur, par la 
couleur vert-obscur et longuement striée, par des dents profondes, 
aiguës et marginées, toujours de la couleur des fleurs. Les écailles 
du calice extérieur embrassent le fond du calice intérieur et sont 
aussi colorées de même que la fleur, soit en vert pâle ou blanchâtre 
pour les fleurs blanches et en rouge purpurin ou bronzé pour 
celles qui sont roses ou d'un rouge plus ou moins foncé. 

Les fleurs apparaissent pendant presque toute l'année et re- 
couvrent les belles touffes de la plante en parfumant toujours 
l'air d'une odeur agréable, suave et délicate. Les Œillets « Impé- 
riaux » sont les fils d'^s Œillets « Marguo^ites »,ei ont été obtenus 
de graines récolt/^'os en Sicile. Déjà les premières graines appor- 
tées par moi-même de cette île et semées dans notre jardin m'en 
avaient produit quelques-uns. En en continuant la culture, j'ob- 



— 31 -- 

tins chaque année quelque rare variété, mais elles exigèrent bean- 
coup de temps pour être fixées et multipliées suffisamment. 

Les mérites de cette splendide race d'Œillets nouveaux sont 
faciles è reconnaître : ils sont extraordinaires et, si déjà les Œillets 
Marguerites ont fait sensation au delà des Alpes, parmi les ama- 
teurs les plus passionnés de ce genre de fleurs, combien plus 
grande sera celle que nos Œillets hwpériaux produiront certaine- 
ment! Avec eux, la culture des Œillets sera dirigée dans une 
toute autre voie que celle où elle pouvait se faire jusqu'ici. Ces 
Œillets nains, si gracieux et si florifères peuvent se cultiver là où 
le climat ne permet pas de les garder l'hiver en pleine terre. Et 
sous verre nous pourrons les cultiver plus facilement qu'aupara- 
vant, parce que, si nains comme ils sont, ils réclament très peu 
d'espace et se prêtent à être placés tout près du vitrage, en produi- 
sant une abondance de fleurs superbes. Un autre mérite consiste 
en ce que, grâce au caractère de leur végétation, ils s'adaptent fort 
bien à la culture des tapis floraux modernes et à former la bor- 
dure des parterres, en quoi ils rendront des services au delà de 
toute attente. 

Les Œillets Impériaucc fleurissent, comme les Marguerite!^, 
trois ou quatre mois après le semis. Si celui-ci a eu lieu eu mars, 
ils commenceront à le faire déjà en juin ('), et cette ravissante 
floraison continuera tout l'hiver, en ne s'arrêtant que lorsque la 
température descend au-dessous de zéro, pour recommencer de 
nouveau et plus richement dans la saison chaude. Ils vivent ainsi 
pendant deux ans environ. Toutefois, au bout de ce temps, les 
plantes deviennent faibles, maigres, principalement dans le centre 
des touffes, qui se dénude: c'est pourquoi il est préférable de les 
diviser en automne, ou mieux encore au printemps, en vue de la 
floraison hivernale. Afin que celle-ci soit bien riche et fournisse 
beaucoup de fleurs à couper, je laisse pendant tout l'été pousser 
les boutons à chaque tige de fleurs, et je fais de même pendant la 
saison froide pour obtenir de la floraison priutaniére une plus 
abondante production de semence. On fait la même opération sur 
les Œillets Marguerites. 

Quand on désire avoir des fleurs pendant l'hiver, on a recours 
soit au bouturage, soit à la division des vieilles plantes, ou bien, 

(') Sous le climat de Genève, la floraison n'aura lieu qu'en juillet- 
août. {Réel.) 



- 32 — 

ce qui est encore mieux, on sème dans le mois d'avril, pour ne 
laisser fleurir les jeunes plants qu'au moment voulu. 

On comprend facilement quel immense progrès réside dans un 
tel mode de culture des Œillets, et j'invite les jardiniers à en 
faire d'abord l'essai sur les Œillets Marguerites. 

La reproduction par le semis des Œillets Ini'pèriaux est tou- 
jours sûre et très intéressante: d'abord, parce qu'ils ne produisent 
aucune fleur simple, ou si peu qu'il ne vaut pas la peine d'en par- 
ler: toutes, ou presque toutes, se montrent doubles; en outre, leur 
grande variabilité en l'ait de couleurs fait qu'on peut toujours 
compter d'en obtenir quelque nouvelle. Il faut naturellement les 
multiplier par boutures, quand on veut fixer les coloris distincts, 
et l'on en rencontre un grand nombre de superbes. Pour la flori- 
culture, les plus remarquables sont le blanc pur, l'incai'nat à 
nuance si délicate et le brillant écarlate. Le pourpre et le violet y 
sont aussi représentés splendidement. Toutes ces variétés uni- 
colores sont plus recherchées que les bigarrées pour l'usage gé- 
néral. Elles sont d'un plus grand prix pour les fleuristes et produi- 
sent un excellent effet eu étant disposées en massifs dans les 
parterres. 

Les boutures peuvent se planter toute l'année; elles végètent 
toujours et facilement, beaucoup plus que celles de toute autre 
race d'Œillets. Quand l'opération est bien faite et que la planta- 
tion et les arrosages sont terminés, chaque bouture émet bientôt 
des racines. Je choisis toujours les rameaux latéraux les plus ro- 
bustes, avec un œil bien aoûté du vieux bois, et toutes me réus- 
sissent. Gela peut se faiie en tout temps; cependant il vaut mieux 
s'y prendre au mois de septembre ou dans celui de mars, depuis 
la fin février. Les boutures faites en septembre donneront des 
plantes plus florifères et plus robustes; celles datant du printemps 
restent plus délicates, mais seront plus propres à la floraison 
d'hiver. 

Ces fleurs supportent aussi bien les voyages que les Œillets 
Marguerites, et expédiées de Naples, par exemple, comme j'ai pu 
l'expérimenter, elles arriveront dans de bonnes conditions de fraî- 
cheur jusqu'à Hambourg 

Je n'ai pas encore pu m'expliquer à qui nous devons ces Œil- 
lets nains Impériaux, ni savoir s'ils proviennent d'une simple 
variation ou de quelque chose de plus, comme d'une hybridation. 



— 33 - 

J'admettrais plus volontiers la première supposition, mais je n'en 
sois pas certain; la seconde pourrait être vraie également. Si 
celle-ci est la bonne, je ne m'explique pas comment les fleurs 
sont encore plus grandes que celles de l'Œillet Marguerite, l'un 
de leurs parents; mais je ne saurais à laquelle des espèces' sau- 
vages attribuer l'autre parent, et c'est d'une seule d'elles qu'il 
s'agirait. Il ne me parait pas possible que ce soit le Dianthus plu- 
marius ou O. Mignardise, parce que notre 0. Impérial, sauf le port 
nain, n'a de commun avec celui-ci aucun autre caractère. 

L'avenir seul et certaines expériences pourront résoudre la 
question. 

Les graines et les plantes des Œillets impériaux ne sont pas 
encore mises au commerce. 

G. Sprenger. 
[Bullettino délia R.Società Toscana di Orticultura, agosto 1890.) 

— ^m^%^- 

Scabiosa hybrida Victoria Hort. Dam. 

J'ai semé cette année la jolie Scabieuse en question 
au mois de mars, sous châssis froid et, sans beaucoup 
de façons, je 1 ai transplantée en plate-bande, pour la 
coupe des fleurs, qui apparaissent à partir de juillet. La 
simplicité de sa culture, la richesse de sa floraison les 
nuances magnifiques des fleurs et le ^-rand nombre de 
leurs variétés — on en rencontre depuis le blanc pur 
jLisquau brun foncé- sont certainement des qualités 
plus que saifhsantes pour recommander ces nouveaux 
hybrides. Ce sont des plantes propres à faire un très 
bon effet comme bordure des massifs d'arbrisseaux ou 
pour I ornement des plates-bandes, à cause de leur flo- 
raison ininterrompue. 

La maison Damman & 0\ k Naples, qui a mis au 
commerce œtte nouvelle Scabieuse, en a donné la des- 
cnpf ion suivante, dont j'ai reconnu la parfaite exactitude : 
« Cette johe plante nouvelle et naine, fleurissant presque 
constamment, à feuilles gracieuses disposées en touffes 
élégantes, que nous avons obtenue par hybridation a 
conserve ses qualités caractéristiques depuis nombre 
d années et en les conflrmant de plus en plus. La Sca- 
bieuse des jardins. Se. atrnpurpurea, et ses variétés sont 



— u — 

annuelles, mais la jolie Scabieuse Cohunbaria, de cou- 
leur bleue, dure plusieurs années, formant comme de 
petits sous-arbrisseaux qui fleurissent toute l'année. 
Cette qualité s'est transmise à nos hybrides. La plante 
forme des touffes très ramifiées, à feuilles ténues, d'un 
vert pâle, à petites fleurs portées sur de longs pédon- 
cules et d'un port élégant ; elles sont très pleines ou 
plutôt ce qu'on appelle faussement doubles, par rappoi't 
aux Scabieuses. >» 

Les fleurs odorantes de cette nouvelle espèce horti- 
cole sont plus petites que celles de la Scabieuse des jar- 
dins, mais pour cette raison aussi elles peuvent mieux 
servir à la confection des bouquets, et j'engage fort les 
membres de la Société d'Horticulture de Genève à la 
cultiver l'an prochain. Félix Seemann, 

Horticulteur. 



Nouveautés lyonnaises. 

Œillet Guillaud remontant double varié. — Cet Œil- 
let est destiné à surpasser Y Œillet Marguerite, qui est 
devenu fort à la mode; car non seulement, comme lui, 
en le semant au printemps (c'est-à-dire en février-mars, 
sur couche chaude ou en serre), il fleurit l'été suivant, 
mais encore il possède tous les avantages du véritable 
Œillet remontant lyonnais dont il est issu. 

Dans l'Œillet Guillaud, les fleurs durent très long- 
temps, ce qui n'est pas le cas pour V Œillet Marguerite. 
Mais ce qui le caractérise sui'tout, c'est qu'on trouve 
chez lui toutes les couleurs jaunes et leurs riches inter- 
médiaires. Enfin, les fleurs et les plantes possèdent ab- 
solument l'appai-ence et les riches coloris de VŒillet re- 
montant lyonnais. 

Myosotis Noémie à fleurs roses. — Le Myosotis à 
fleurs roses existait depuis longtemps, mais comme il 
était loin d'avoir les mérites du Myosotis à fleurs bleues, 
on ne l'employait à peu près pas dans les jardins. La 
variété que nous annonçons aujourd'hui était donc de- 
puis longtemps attendue. Elle est extrêmement méri- 
tante et sera d'un emploi très avantageux pour la con- 
fection des massifs de printemps, d'autant plus que les 
fleurs roses sont très l'ares à cette époque. 



85 



Suivra splendens Ingénieur Clavenad. — Nous ne 
voulons pns parler des deux excellentes nouveautés qui 




Œillet (iuillaud. 




Myosotis Noémie a tleiirs ruse. 



précèdent sans rappeler aussi les mérites exceptionnels 
du Salem splendens Ingénieur Clacenad. 



— m - 

Nous pouvons dire que cette nouvelle variété est tel- 
lement supérieure au Saloia miniata splendens, si ap- 
précié cependant qu'on en trouve des massifs dans tous 
les jardins, qu'on ne parlera même plus de ce dernier. 

Fournissant en très grande abondance de longues 
grappes de fleurs d'un rouge tout aussi éclatant, il a 
l'énorme mérite de fleurir deux mois plus tôt,c'est-à dire 
depuis juin jusqu'aux gelées sans interruption. De plus 
encore — et c'est une recommandation capitale — la ra- 
pidité de sa végétation le fera considérer comme une 
plante annuelle ; car, semé au printemps sur couche 
chaude ou en serre, et cultivé comme le Pétunia, la Ver- 
veine hybride ou le Coléus, il fleurit dès le mois de juin 
pour ne s'arrêter que l'hiver. C'est une nouveauté de 
tout premier mérite. 

RivoiRE père et fils, 

Marchands-grainiers, rve d'Algérie, 16, Lyon. 

Culture des Bégonias tubéreux. 

MOIS DE FÉVRIER. 

Le moment est venu, pour les jardiniers qui pos- 
sèdent une serre chaude, de faire les premiers semis de 
Bégonias tubéreux. A cet effet, on emploiera des ter- 
rines bien propres, rondes ou carrées, pas trop pro- 
fondes, qu'on drainera jusqu'au milieu de leur hauteur; 
le restant sera rempli d'une composition de deux parties 
de terreau de feuilles ou de bois et d'une partie de sable 
blanc à bouturer. Le tout étant bien mélangé, sans être 
trop tassé, l'on égalise bien la surface, et l'on pratique 
le semis de la manière suivante : les graines sont étalées 
sur une feuille de papier fort, et, en y donnant de légères 
secousses, on les répand assez régulièrement sur le sol 
de la terrine. Cette semence étant très fine, elle ne sera 
recouverte que d'une mince couche de sable blanc. Pour 
les arrosages, on prend un j-écipient plus grand que les 
terrines, avec de l'eau n'atteignant pas plus haut que les 
deux tiers de ces derniers, et lorsqu'elles seront bien 
arrosées, on les placera dans le coffre à multiplier. Ici 
l'on doit maintenir une température aussi constante que 
possible, d'au moins 15 degrés centigrades, et dans ces 



— 87 — 

conditions In germination commence de dix à douze jours- 
après le semis. Il faut avoir soin d'ombrer, afin qu'aucun 
rayon de soleil ne vienne compromettre les jeunes 
plants; si « la toile» se montrait, il faudrait s'empresser 
de l'enlever; on peut l'éviter (|uelquefois avec une tem- 
pérature régulière et en donnant un peu d'air, 

{A suivre.) Louis Dégorges. 

— ^^^^^^ — 

Les Hellébores. 

L'idée d'écrire quelque chose sur ce genre m'est ve- 
nue en lisant un article sur la « Rose de Noël », publié 
dans le numéro de décembre 1890 du Journal de la So- 
ciété d'Horticulture du canton de Vaud, par M. Otto 
Ballif. L'auteur parle de la vraie « Rose de Noël », Hel- 
leborus niger L., mais fait supposer que les variétés 
qu'il cite dérivent de ce type, ce qui n'est pas le cas, ou 
que les variétés dignes à signaler sont celles uniquement 
dont il parle, ce qui n'est pas exact non plus, et enfin que 
les horticulteurs d'Erfurt sont ceux principalement aux- 
quels les amateurs sont redevables des meilleurs gains 
obtenus : de quoi je me propose de prouver le contraire. 

Je tiens à démontrer que les horticulteurs anglais, 
français et suisses ont tous travaillé autant que M. Hei- 
nemann père, d'Erfurt, à perfectionner les Hellébores 
dans les cultures, non seulement le type H. niger, mais 
tout aussi bien d'autres types qui, au point de vue horti- 
cole, présentent au moins autant d'intérêt pour la fîori- 
culture que la « Rose de Noël » des versants méridio- 
naux des Alpes calcaires. 

J'avoue franchement que j'ai été surpris de voir que 
M. 0, Ballif ignore l'étendue de la culture de ce genre 
et la grande amélioration qui s'est opéi'ée peu à peu par 
des sélections et semis. Est-ce que mon collègue n'a pas 
eu connaissance de l'intérêt que les amateurs et horti- 
culteurs anglais prennent — depuis très longtemps — à 
la culture de ces plantes, des nombreux semis faits par 
un horticulteur français à Fontainebleau, et finalement 
des variétés mises en vente dans son propre pays, la 
Suisse ? Il me semble que c'est un tort de parler du 
perfectionnement d'une plante, sans rendre justice à 
tous ceux qui ont le plus contribué à obtenir les résul- 
tats dont l'horticulture profite maintenant. Que les lec- 



— as — 

teurs veuillent donc me pei-metti-e — non de corriger — 
mais de compléter l'article de M. 0. Ballif que je viens 
de citer. 

(A suivre.) Otto Frœbel, 

Riesbacli-Zurich, 
Membre honoraire de la Société d'Horticulture de Genève. 



BIBLIOGRAPHIE 

Gli ortaqql coUivaU {Les Irr/umcs cultivés)^ par Angiolo Pucci. 
■fip. M. Ricci. Florence, 1890. 1 vol. de 4:28 pages. 

Ce n'est pas la première fois que nous avons signalé 
un réveil de l'horticulture en Italie. On y compte, dans 
toutes les provinces, un grand nombre de Sociétés agri- 
coles et horticoles qui ont augmenté considérablement 
la production nationale. A ces nouvelles institutions, il 
faut encore ajouter les Jardins d'expériences et citer plus 
particulièrement celui des Caséines, près Florence, dont 
le savant directeur, M. Angiolo Pucci, nous présente 
aujourd'hui un intéressant volume, contenant les essais 
comparatifs d'environ quinze mille variétés de légumes, 
cultivés en Amérique, en Angleteri-e, en Belgique, en 
France, en Hollande et en Italie, avec leur description, 
leur culture et leur synonymie. Il nous est présenté sous 
la forme d'un dictionnaire, ce qui en facilite beaucoup 
les recherches ; et il a dû exiger de l'auteur un grand 
esprit d'observation, beaucoup de persévérance et de 
patience, ce dont on ne saurait trop le féliciter. En effet, 
si nous jetons un coup d'œil sur les descriptions des 
principaux légumes, tels que les choux, les laitues, les 
pommes de terre, etc., elles contiennent chacune plus 
de 1500 variétés soumises à l'essai. 

Un journal horticole de Turin, // Giardinaggio, a 
prétendu que ce livre était plus scientifique que pratique 
et que, partant, il n'était d'aucune utilité à « l'ortolano », 
c'est-à-dire au jardinier maraîcher. Nous ne saurions 
partager cette manière de voir, et nous croyons, au 
contraire, que l'ouvrage de M. Pucci est un guide utile 
pour le cultivateur, qui n'a pas toujours le temps et le 
loisir de se livrer à des essais longs et coûteux, mais 
qui veut cependant se renseigner sur la valeur des trop 
nombreuses variétés que l'on rencontre dans tous les 
catalogues. C'est dire qu'il pourra être lu avec profit par 
les jardiniers de tous pays et que sa place est assurée 



— 39 



dans les bibliothèques horticoles. Nous lui souhaitons 
un succès qui sera dautant moins incontesté que ce 
livre est unique en Italie, et qu'ailleurs un tel travail 
n'a pas été exécuté d'une manière aussi complète. 
Le succès des Légumes cultivés nous fait entre- 
voir bientôt une seconde édition, et nous ne saurions 
trop engager M. Pucci d'y faire figurer, en caractères 
particuliers et bien visibles, les variétés de légumes qui 
ont donné dans la pratique les meilleurs résultats. Cela 
évitera aux cultivateurs bien des déceptions, constatées 
trop souvent dans le choix qu'ils sont appelés à faire. 
On sait que l'acclimatation de nouveaux légumes n'est 
pas toujours chose facile et qu'elle se réduit à un petit 
nombre de variétés, qui n'en seront pas moins très appré- 
ciées pour l'exportation ou pour l'approvisionnement des 
marchés. 

Nous i-emercions sincèrement M. Angiolo Pucci 
d'avoir bien voulu offrir cet ouvrage à la bibliothèque de 
la Société d'Horticulture de Genève, Quoique écrit en 
langue italienne, il sera compris et consulté avec profit 
par ceux qui, même en dehors de ce pays privilégié, 
cherchent à vulgariser les bonnes variétés de légumes 
et considèrent cette branche si importante de l'horticul- 
ture comme une des principales ressources de l'alimen- 
tation publique. Auguste Du four. 





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çons et de la vermine du bétail. 

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3T" ANNÉE 3' LIVRAISON MAK8 1891 



BULLETIN ^ / 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 



DE 



GENÈVE 



F03M3DEE EOST 1855 



Sommaire : Avis. — Programme de lExposition. — Comité 
élu pour 1891. — Procès-verbal de l'Assemblée générale du 
15 février 1891. — Culture du Bégonia. — Légumes nouveaux 
(avec gravures). — Notice sur le Pommier. — Ecole d'Horticul- 
ture de la Suisse allemande. — Les Hellébores. — Chronique 
horticole. — Annonces. 

AVIS 
COMMISSIOiX DU BULLETIIV 

MM. Correvon, Henri, président; Dufour, Au- 
g-uste, secrétaire ; Welter, Henri, prof., rédacteur. 

Membres adjoints : MM. Empeyta, Ch.-Louis ; 
Decorg'es, Louis ; Haasis, Albert. 



Les dates des Assemblées générales de 
1 .S9 1 ont été fixées comme suit : 

Les dimanches o avril, "7 juin, O août, 
'^ octoljre et SO décembre, à 2 h., dans la 
Grande Salle des Amis de l'Instruction. 



Dans son Assemblée générale du 30 novembre 1890, la 
Société d'Horticulture de Genève a décidé d'organiser un 
grand Concours de Plantes fleuries, pour les 21, 22, 23 et 
24 mai 1891. 

MM, les sociétaires sont également prévenus qu'un grand 
Concours de Chrysanthèmes aura lieu les 13, 14, 15 et 16 
novembre prochain. 

L'un et l'autre auront lieu au Stand de la Coulouvrenière. 

Nous espérons que MM. les horticulteurs, jarniniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ces Concours. 



— 42 — 
Grand Concours de Plantes fleuries de la saison, 

OUVERT ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du 21 au 24 mai 1891, 

dans la grande salle du Stand de la Couloavrenlère. 

Concours séparés entre horticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME DES CONCOURS 

Pour les plus belles collections de : 

1. Azalées et Rhododendrons. 

2. Anémones et Renoncules. 

3. Bégonias tubéreux. 

4. » sous-ligneux. 

5. Galcéolaires. 

6. Cinéraires. 

7. Clématites. 

8. Cyclamens. 

9. Fuchsias. 

10. Giroflées. 

11. Hortensias. 

12. Jacinthes, Tulipes, Narcisses. 

13. Oeillets. 

14. Orchidées. 

15. Pélargoniums à grandes fleurs. 

16. » zonales : a) fl. simples. 
» » h) fl. doubles. 

17. Pélargoniums à feuilles de lierre. 

18. Pensées. 

19. Pivoines. 

20. Primevères. 

21. Pétunias. 



22. Rosiers tiges. ) 

no . 1 en pots. 

23. » nains. ) '■ 



24. Verveines. 

25. Plantes vivaces. 

26. Plantes alpines. 

27. Plantes de semis obtenues par l'exposant. 

28. Lots d'au moins 6 plantes nouvelles introduites par 

l'exposant et oô'rant un mérite réel. 

29. Fleurs coupées. 

30. Bouquets, corbeilles et couronnes. 
81. Concours imprévus. 

Les concours ne figurant pas au présent programme seront 
appréciés suivant leurs mérites. 



— 43 — 

Comité élu pour 1891. 

MM. Cardinaux, François, président. 
Welter, Henri, i" vice-président 
Dégorges, Louis, P"" vice- président. 
Triboulet, David, s<',crétaire-général. 
Forestier, François, trésorier. 
Tronchet, Emile, bibliothécaire et secret.-adj. 
LiiDi, Fritz, économe. 
Fayol, Etienne, bibliothécaire-adjoint. 
Grobéty, Emile. 
ScHocH, Salomon. 



EXTRAIT DES PROCÈS- VERBAUX 

Assemblée générale du 15 février 1891, grande Salle des 
Amis de Tinstruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Fr. Cardinaux, président. 

Nombre des assistants : cent neuf. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée 

Candidats présentés: 

1° M. Amédée Bérard, jardinier à l'Asile de la Vieillesse à 
Asnlères, par MM. Gorrevon et Aug. Dufour. 

2° M. BoNNETON fils, rue Gh. Bonnet, Genève, par MM. Cardi- 
naux et Fr. Forestier. 

3° M. Charles Canel, jardinier à la Villa de Prangins près 
Nyon, par MM. Ghristin et Goulin. ' 

4° M. Gourtelin fils, quai de l'Ile, par MM. Fr. Forestier et 
Gonst. Nattermanu. 

5" M. Louis Génegand, jardinier chez MM. Desbaillets frères 
a Russin, membre rentrant. ' 

6" M. Théodore Henlé, à la Rosière route de Chêne par 
MM. Gorrevon et Empeyta. ' 

7° M. Emile Pilloud, jardinier chez M. Dupont, à Bellerive 
par MM. Cardinaux et Grutter. ' 

_ 8° M. François Sghacher, jardinier chez M.Lucien de la Rive 
a Choulex, près Vandœuvres, par MM. Bippus et L. Decorges 

9° M. Alfred Schlatter, campagne Eynard, aux Genêts, sur 
Gilly-Bursinel (Vaud), par MM. Aug. et L- Dufour. 



- 44 — 
Exposition. 

CULTURE FLORALE 
1° De M. Henri Bippus, jardinier chez M. Antoine Martin, 
à Vessy : 

3 Cyclamens de Perse, 2 Crocus, 2 Tulipes duc de Tholl, 

1 Odontoglossum Alexandrae, orchidée de serre froide. — P. 4. 

2° De M. IjOuîs Bovay, jardinier chez M. Et. Brocher, à 
Frontenex : 

6 belles Jacinthes: Alba superbissima, Charles Dickens, Mi- 
mosa, Marie Médicus, Jhollens; Tulipe Imperator rubrorum ; 

2 Cyclamens de Perse, blanc pur et rose. — P. 5. 

3' De M. François Constantin, jardinier chez M. Aubert- 
Duval, à Champel : 

5 superbes Cinéraires. — P. 3. 

4° De M. Louis Decorg-es, jardinier chez le D'' Lombard, 
à Malagnou : 

Fleurs coupées. 5 Camellias : Chandleri elegans. Prince Albert, 
Gatterina Longhi, Teutouia; tiges fleuries d' Euphorbia jacqitim'ae- 
fiora et de Dendrobium nobile. — P. 2. 

5° De M. Anselme Decroux, horticulteur, route de Ca- 
rouge : 

2 Cyclamens de Perse: 1 Himantophi/Uum miniatum, de se- 
mis. — P. 2. 

6° De M. Frédéric Delécraz, jardinier chez M. H. Pas- 
teur, au Grand-Saconnex : 

2 Cinéraires naines; fleurs coupées ou tiges fleuries de 3 Ca- 
mellias, des Orchidées Cijpripedium insigne et barbatam, Epiden- 
drum ciliare, Cœlogync cristata, à'Anthurium Scherzerianum 
yrandifl., de la Campanule des Canaries, de Salvia.... — P. 4. 

7" De M. Alhert Haasis; jardinier chez M. Ern. Saladin, à 
Chambésy : 

2 Primevères de Chine, Bégonia Gloire de Sceaux, Cyclamen 
odorant, à fleurs roses : Triteleia unifiora. — P. 2 Vi- 

8° De M. Fritz Ludi; horticulteur-fleuriste, à Plainpalais : 

8 Cyclamens, 6 Jacinthes, Azalées, 3 Primevères nouvelles 
{compacta grandifl. alba), P. alba plena; 2 Tulipes Duc de Tholl, 
2 Bruyères (Erica hyemalis superba), 2 Hoteia japonica. — P. 10. 

9" De M. Samuel Moser, jardinier chez M. Alph. de Can- 
dolle, au Vallon : 

5 beaux Cyclamens, semis de février 1890; une potée de 4 Tu- 
lipes Duc de Tholl et Tournesol, à fl. pi. — P. 4 ' ,. 



— 45 — 

CULTURE FRUITIÈRE 
1° De M. «Joseph Gruttet», jardinier chez M. Dupont, à Bel- 
le ri va : 

10 var. de Pommes: Belle de Pontoise ; Calville St-Sauveur, 
C. Gloire de Dijon; l'iambour d'hiver, R. de Harbert; Reinette 
d'Angleterre, R. du Canada, id. blanche, R. grise dorée, R. de Hol- 
lande; 2 var. de Poires: Duchesse d'Angoulême et Saint-Germain 
Vauquelin; 1 Uhasselas de Fontainebleau. 

Rapport de M. le président sur la marche de la Société pendant 
l'année 1890. Applaudissements. Il sera publié dans un des pro- 
chains N"' du Bulletin. — Rapport de M. le Bibliothécaire, qui 
constate que nos diverses collections de livres horticoles conti- 
nuent d'augmenter et que le nombre des lecteurs va s'accroissant 
aussi; remerciements aux généreux donateurs. Applaudissements. 
— Rapport de M. le trésorier sur notre situation financière, qui est 
très satisfaisante. Applaudissements. — Rapport de MM. les véri- 
ficateurs des comptes, qui donne décharge au trésorier et le 
remercie de sa bonne gestion. Adopté unanimement. 

Election du Comité pour 1891. 
Scrutateurs: MM, Eg^r, Geneux, G. Nattermann, Platel, Ray- 
mond, Reymann, Riondel fils et Wakker. 

Bulletins distribués, 105; bulletins rentrés, 102. 

Sont élus : MM. François Forestier par 101 voix. 

David Triboulet » 100 » 

Fritz Ludi » 100 -> 

Emile Grobéty » 99 » 

Etienne Fayol » 98 » 

Salomon Schoch " 96 » 

Henri Welter > 95 » 

Emile Tronchet » 95 » 

Louis Decorges * 94 >• 

Auguste Dufour » 85 » 

Franr-ois Cardinaux » 84 » 
M. Louis Dufour, 26 voix. — Voix perdues, 49- 

Election du Président. 

Bulletins distribués, 103; retrouvés, 103; valables, 101. 
M. François Cardinaux : 79 voix. 
M. Auguste Dufour : 22 » 
Nulles : 2 » 

En conséquence, M. Cardinaux est renommé président pour 

l'exercice de 1891. Applaudissements. 

Séance levée à 5 heures. 

Le secrétaire-général, 

D. Triboulet. 



— 46 - _ 

Culture des Bégonias tubéreux. 

Suite : mois de mars. 

On peut encore semer, soit en serre chaude, soit 
sur couche , en suivant les indications pour février. 
Lorsque les premiers semis auront leurs bonnes feuilles, 
on les pourra repiquer en terrines ou en caisses, avec le 
mélange de terre indiqué précédemment, et les tenir en 
couche chaude, en ayant soin de les priver d'air les pre- 
miers jours, mais d'en donner peu à peu quand la tem- 
pérature extérieure le permet ; éviter tout rayon de soleil. 

Vers la tin du mois, on met en végétation les vieux 
tubercules dans du sable, soit sur les tablettes de la serre 
tempérée, soit sur couche tiède, sans les recouvrir et en 
les bassinant au besoin. Par ce moyen, un peu lent, l'on 
n'en perd presque point, et, une fois les yeux sortis, on 
les place soit en pots, soit en pleine terre sur couche. 

{A suivre.) L. Dégorges. 



^^- 



Légumes nouveaux. 




Chou Rutabaga Jaune plat. (Vilmorin). — Variété 
de grosseur moyenne, ronde, légèrement aplatie, bien 
nette et à collet fin. 



47 — 




Haricot nain à cossc oiolette (Vihiioi-in). — Comme 
la variété à rames, dont tout le monde a pu apprécier la 
bonne qualité, ce haricot nain a les cosses tendres, char- 
nues, sans parchemin, d'un violet intense, couleur que 
la cuisson fait disparaître, pour le rendre aussi vert que 
tous les autres haricots. 




Laitue Romaine blonde, lente à monter (Vilmorin). 
— Variété ressemblant un peu à la romaine Alphange 
à gr. bl., mais qui a les feuilles plus fermes, plus nom- 
breuses, et pomme beaucoup mieux que celle là. Très 
lente à monter. 



48 




Navet blanc rond de Jersey (Vilmorin). — A re- 
commandei" pour la culture maraîchère. De forme par- 
faite, arrondie, d'un blanc mat en terre et d'un ton plus 
crémeux dans la partie aérienne. 

Pomme de terre de Hollande grosse (Vilmorin). — 
Cette variété a toutes les qualités de la P. de Hollande 
ordinaire, mais les tubercules sont plus grands, un peu 
plus allongés, plus lisses et presque sans yeux; chair 
jaune. A recommander pour la grande culture. 




Laitue Triomphe à graine blanche ou blonde des 
quatre saisons (Forgeot »Sc C'*'). — Plante vigoureuse et 
rustique : feuillage vert blond, large et un peu ondulé ; 
pomme arrondie, très grosse et d'excellente qualité. 

Navet Congoulou (Forgeot & C'"). — Originaire du 
Cachemire (Inde anglaise), à feuillage vert foncé, peu 
abondant, aussi précoce que les navets de Milan et de 
Munich. Les amateurs tiendront à essayer ce nouveau 
légume exotique. 



— 49 




■ ""-"1 , .'/^^sS='" "Çfft^i,;. 



Pomme de terre très hâtive Sir Walter Raleigh 
(Foi'geot & O"). — Variété très précoce, propre à succé- 
der à la P. Marjolin. Tubercules elliptiques, aplatis, 
jaunes^ portant des yeux peu nombreux; chair jaunâtre, 
de bonne qualité. 

Chou plat liàtif de Paris (Dupanloup). — Variété 
très estimée des maraîchers de Paris. Pomme très ser- 
rée et d'une bonne vente pour les marchés. 

Laitue Romaine blonde hâtive du Trianon (Dupan- 
loup). — Variété très précoce, très pleine, grosse et de 
couleur blonde, se fermant bien sans être liée. 

Pomme de terre ronde hâtive de Boulogne (Dupan- 
loup). — Nous recommandons vivement la culture de 
cette bonne variété précoce de grande culture, dont nous 
avons obtenu l'an dernier une produi^tion alDondante. 
Jaune^ ronde, peau lisse et de I onne qualité. 

Auguste DuFouR. 



Notice sur le Pommier. 

J'aime à croire qu'un bon conseil provenant d'un 
praticien est toujours bien accueilli dans notre Société, 
et c'est aussi dans ce sens qu'a été rédigée la présente 
notice. 

Depuis quelques années, je m'occupe spécialement 
des arbres fruitiers, et mes nombreuses observations 
sur leur culture m'ont fait constater une forte dégéné- 
rescence parmi les Pommiers, ou plutôt une détériora- 



— 50 — 

tion générale de leurs fruits, si utiles, si bons et si ap- 
préciés de nos ménagères. Le mal provient surtout d'un 
excès d'humidité sur les racines et de l'invasion d'in- 
sectes nuisibles sur les jeunes rameaux des branches 
charpentières. 

Nous venons de traverser une série d'années très 
pluvieuses et peu chaudes, qui ont empêché le sous-sol 
de s'assécher convenablement. C'est ce qui a provoqué 
une altération dans les principales racines et déterminé 
l'apparition d'un champignon filamenteux autour de 
l'écorce. 

Les insectes absorbant la sève et en contrariant 
la circulation dans un sujet déjà atteint par la maladie, 
celui-ci ne peut que beaucoup souffrir, surtout lors de 
sa floraison. Or, lePommiei' est aussi délicat au moment 
de sa fructification que le pêcher et l'abricotier, et il faut 
bien se pei'suader que, si nous ne cherchons pas à amé- 
liorer la situation de ces beaux arbres par tous les 
moyens possibles, ils courrent d'aussi grands dangers 
que nos vignes infestées par le phylloxéra. 

L'an dernier, j'ai eu l'occasion de faire une impor- 
tante expérience sur les Pommiers : c'était dans un ver- 
ger dont la suppression avait été décidée, parce que ses 
arbres, gros et petits, jeunes et vieux, étaient les uns 
atteints par le puceron lanigère et par conséquent d'un 
faible rapport, et les autres, plus jeunes et plantés depuis 
cinq ans, étaient tous chargés de mousses et d'insectes, 
et dont les rameaux n'avaient pas poussé au delà de 
5, centimètres. 

Ce verger se trouve sur plaine dans un sol compact 
et fertile, avec un écoulement d'eau régulier; mais j'ai 
trouvé que les arbres avaient été beaucoup trop enterrés, 
soit à une profondeur de 1 m. à 1 m. 50, et sans avoir 
reçu aucun préparatif de plantation. Quant à moi, voici 
le procédé que j'emploie pour obtenir une bonne réussite 
et que je propose à ceux qui veulent s'assurer par la 
suite un rendement satisfaisant. 

Je creuse une fosse d'un pourtour de 4 m. 50 cm. à 
5 m. et profonde de 50 cm. et j'y introduis un bon drai- 
nage et, autant que possible, une certaine quantité de 
bonne terre végétale. Ensuite je place les racines de 
l'arbre à ras du sol creusé, de manière à ce que le sujet 
soit le plus exhaussé que possible par la nouvelle terre 



— 51 — 

rapportée, qui formera un mamelon sur lequel les ra- 
cines s'étendront à la surface du sol. Il faut absolument 
planter ainsi les Pommiers, car ils demandent à être 
plus élevés du sol que tous les autres arbres fruitiers. 
Il va sans dire qu'un tuteur devra être placé au moment 
de la plantation et ligaturé avec un léger osier coulant. 

Quant aux insectes, j'indiquerai un procédé qui ma 
toujours bien réussi. Il consiste simplement en une so- 
lution de 100 gram. de savon noir et de 50 gram. de sel 
de cuisine dans 2h litres d'eau de tabac. Avec un pin- 
ceau, je badigeonne toutes les branches attaquées ou 
non par les insectes, après avoir nettoyé préalablement 
l'arbre de toutes ses vieilles écorces. Après cette pre- 
mière opération, j'ai soin d'introduire du goudron de 
Norvège dans toutes les crevasses, chancres, écor- 
cliures du tronc et des branches charpentières, de 
même que sur toutes les parties coupées ou sciées des 
branches. 

Pour obtenir de beaux arbres et de beaux fruits, il 
faut avoir soin aussi d'équilibrer régulièrement les 
branches, de ne laisser aucun gourmand ou croisement, 
en un mot de ménager assez de jour et d'air entre les 
branches pour former des couronnes d'un aspect 
agréable. 

Je ne suis pas d'avis qu'il faille labourer chaque 
année au pied des arbres fruitiers; une fois tous les 
deux ans peut suffire. Je conseille plutôt de pailler àl'en- 
tour avec du fumier léger, des feuilles, bâches de ma- 
rais, ruclons, etc., et cela régulièrement, l'été comme 
l'hiver. 

Par ces divers procédés, qui sont de la plus grande 
facilité pratique, on peut améliorer sensiblement la pro- 
duction du Pommier, et c'est pourquoi je les recom- 
mande à l'attention des amateurs et des jardiniers. 

Louis SCHMIDT, 
jardinier et arboriculteur, chemin du Velours, 196, Florissant, Genève, 



- 52 — 
Ecole d'Horticulture de la Suisse allemande. 

Le Journal de Genève annonçait, en novembre dernier, la fon- 
dation à Wadensweil (Zurich) d'une Ecole d'Horticulture, forte- 
ment subventionnée par le Conseil Fédéral, et qui serait plus 
spécialement destinée à la Suisse allemande. Nous venons d'en 
recevoir ie programme, et sommes heureux d'en donner un court 
extrait à nos lecteurs. 

L'emplacement est vaste et bien aménagé; c'est l'ancien châ- 
teau de Wadensweil avec ses dépendances et un superbe domaine, 
tout autour duquel on a ajouté des vignobles et des terrains pour 
la culture maraîchère. C'est un établissement sans paieil et qui 
offre aux jeunes gens qui se vouent à l'horticulture un champ 
d'études des mieux appropinés 

Le programme est sobre de promesses; mais il suffit de l'étu- 
dier un peu pour concevoir la plus haute idée de cette Ecole. Il 
comprend deux catégories d'élèves; dans la première, arboricul- 
ture et viticulture, on classe les futurs agronomes, ou plutôt les 
jeunes gens qui désirent se vouer à la partie arboricole et viticole 
de l'horticulture. Ils auront 625 heures de leçons par année, com- 
prenant les sciences arboricoles, viticoles, maraîchères, les mala- 
dies des plantes, leur physiologie, la zoologie, les observations 
lïiicroscopiques, la botanique, la chimie agricole, la géologie, 
l'étude des sols et des terreaux, la tenue de livres, etc. A côté de 
cela, il y a tout l'enseignement pratique et les visites faites en 
dehors de l'Ecole aux meilleurs établissements pouvant servir de 
modèles. De plus, ceux des élèves qui voudraient spécialiser leurs 
études et ne s'occuper que d'arboriculture ou que de viticulture, 
pourront suivre un programme spécial fait dans ce but. 

Mais c'est en horticulture surtout que le plan d'instruction 
est bien conçu; il comporte annuellement iOOO heures de leçons- 
théoriques se rapportant à l'arboriculture, la pépinière, la pomo- 
logie, la taille des arbres, la viticulture, les cultures potagères et 
maraîchères, la floriculture, les arbres et arbustes, la culture des 
primem-s de légumes et fleurs, l'architecture des jardins, les 
questions de jardinage (Gârtnerische Betriebslehre), la géométrie 
et l'art de lever des plans, le dessin des fleurs, la peinture des 
fleurs et des fruits, la physiologie végétale, les maladies des 
plantes, la botanique, l'analyse des plantes et leur distribution 



— 53 - 

géographique, la zoologie (animaux utiles et nuisibles), la chimie, 
la minéralogie, l'étude des sols et des terreaux, la physique, la te- 
nue de livres et plusieurs séries d'autres cours spéciaux au 
nombre de huit, qui seront tenus dans le courant de l'année. 

Un laboratoire de physiologie végétale, une bibliothèque 
pourvue des meilleurs ouvrages horticoles seront à la disposition 
des élèves ; des courses botaniques et des visites au dehors sont 
organisées pour la belle saison. Les professeurs sont tous, ou bien 
des hommes qui ont obtenu leurs grades universitaires, ou bien 
des praticiens qui ont été très sérieusement interrogés et examinés 
par le bureau du Comité intercantonal. Le directeur est, et ceci 
nous est une garantie de la bonne marche de l'Institut, M. le 
D' Mûller, de Thurgovie, ancien directeur de l'Institut pomologique 
de Geisenheim sur le llhin. Le département fédéral de l'agricul- 
ture lui-même a la haute surveillance de l'Institut (Oberaufsicht) 
et nous connaissons assez la compétence de M. Deucher pour être 
certains que, s'il a accepté celte mission, c'est que l'affaire offre, 
pour les parents qui mettront leurs enfants là, de sérieuses 
garanties. 



Les Hellébores. 

i^Suite et fin.) 

Au point de vue horticole, il faut diviser les Hellé- 
bores de nos cultures en 4 sections botaniques qui ré- 
pondent aux types qui ont servi à mettre cette plante vi- 
vace à la portée des amateurs. Ces types sont les 
suivants : 

I section : niger 
11 » Orientalis 

III >» viridis 

IV » foetidus. 

La r® section comprend les « Roses de Noël » pro- 
prement dites, c'est-à-dire le H. niger avec ses variétés. 
Inutile de donner une description de ce type que tout le 
monde connaît et dont l'éloge à faire serait superflu. 
C'est en Angleterre que les meilleures variétés horti- 
coles de ce type ont été gagnées ou plutôt remarquées, 
car je suis convaincu, d'après tout ce que j'en ai lu dans les 
principaux journaux horticoles anglais, que ces variétés 
ont été trouvées par la sélection des races locales. Ainsi 



- 54 — 

la variété bien supérieure au type, H. niger altifolms ou 
maximus, connue depuis très longtemps, s'est trouvée 
parmi les nrger ordinaires et peut être considérée comme 
une forme très distincte, indigène dans les Alpes Véni- 
tiennes. Les qualités incontestables de cette belle va- 
riété l'ont fait apprécier et propager successivement, 
comme les variétés très remarquables que je cite ici : 
H. niger angustifolius (variété anglaise) 

» ») » scoticus » » 

» » M"'*' Fourcade (variété française) 

» flore rubro (variété anglaise) 

)) » caucasiens » » 

» » fol. arg. marg. 

Toutes ces variétés fleurissent en hiver, sous la 
neige, et sont toutes très précieuses pour la grande 
quantité de belles fleurs blanches et roses qu'elles pro- 
duisent sans la moindre difficulté. 

Ce n'est que le froid qui est à craindre dans les cli- 
mats moins doux que celui de l'Angleterre. Aussi chez 
nous, en Suisse, les froids tardifs sont funestes à la race 
niger, et j'ai perdu, par cette raison^ la majeure partie 
des belles variétés dont je viens de parler. 

La 11^ section, Or?'e/zte/?s, contient la majeure partie 
des variétés cultivées, et toutes les variétés obtenues à 
Erfurt et citées dans l'article de M. Ballif appartiennent 
à ce groupe et non au groupe niger. C'est à M. Heine- 
mann père que nous sommes redevables des variétés: 
Commerzienrath Benary, Fraii Irène Heinemann, 
Garteiiinspector Hartweg, Gretchen Heinernann, Lilly 
Schmidt et autres. Toutes ces variétés allemandes ap- 
partiennent à l'espèce guttatus qui fait partie de cette 
section à côté des es'pèces Abc h asicuSj antiquor^um^ Cau- 
casiens, Chinensis, Colchicus, Olympiens et Orientalis. 
Toutes ces espèces, avec les variétés horticoles, forment 
le plus vaste groupe des Hellébores, et sont certaine- 
ment celles qui ont le plus grand avenir dans les cul- 
tures, présentant la plus grande diversité dans les fleurs. 
Du blanc le plus pur au rouge foncé cuivré, du rose 
pêche au bleu d'acier et au violet noirâtre, toutes les 
gammes intermédiaires existent déjà, quoique pas en- 
core toutes n'aient été mises au commerce. C'est dans 
cette section que toutes les belles variétés à fleurs ponc- 
tuées ont été obtenues, tandis que dans les niger aucune 



- 55 — 

variété à fleurs ponctuées n'a encore été trouvée. Toutes 
ces variétés sont très faciles à cultiver, ne présentant 
pas les ditficultés que les terrains non calcaires et les 
hivers rudes sans neige ont pour les niger ; je cite 
comme les plus beaux gains obtenus par semis : 
H. caucaswus giganteus 

» colchicus cocct'neus 

» » foriDosus 

)> » roseus 

» guttatus Commersienrath Benary 

» orientalis punctatus. 
Les variétés de cette section fleurissent au printemps^^ 
en mars-avril. Les froids et les neiges tardives leur font 
du mal, mais leur rusticité, la grande quantité de leurs 
grandes et belles fleurs supportées sur de longs et forts 
pédoncules et leur grand feuillage ornemental en font 
des plantes bien plus précieuses que les niger, non seu- 
lement pour la tîoriculture, mais aussi comme plantes 
vivaces de tout premier ordre. Les fleuristes commen- 
cent à cultiver ces variétés en grand, en vases, pour les 
forcer, et pour la vente des pots de fleurs au printemps. 
Placées autour et entre les massifs d'arbustes et en 
sous-bois, l'horticulteur-paysagiste peut en tirer grand 
parti dans ses plantations de jardins de grande ou petite 
dimension. Cette seconde section est celle qui offre une 
belle perspective pour les sélections et améliorations. à 
faire, les fécondations sont plus faciles que chez les 
niger, dans notre climat du moins, et les jeunes semis 
sont faciles à élever. 

La IIP section est celle des H. vwidis, qui se dis- 
tingue facilement des précédentes par les fleurs d'un 
vert plus ou moins gai, par les feuilles plus découpées 
et laciniées, non persistantes en hiver, comme celles des 
deux sections précédentes. Les sortes de cette section 
sont encore peu connues ; on n'a pas su en tirer parti, 
et cependant il y en a des variétés qui méritent d'être 
«travaillées » tout autant que d'autres. Ainsi le H. Boc- 
coni {syn. H. multifidus, angustifolius) est très joli avec 
ses grandes fleurs bien rondes, bombées en cloche, 
d'un vert gai et son feuillage élégamment découpé. La 
variété H. Bocconi superbus est certainement le point de 
départ d'une nouvelle série de variétés d'un dessin com- 
plètement différent de ce que l'on était habitué à voir 



— 56 — 

dans les Hellébores. Les fleurs sont grandes, de la meil- 
leure forme ronde, en cloche bien faite, à sépales larges, 
jaune cuir, veinées et zébrées de pourpre. C'est un suc- 
cès suisse (^), tout aussi bien que les variétés H. cauc. 
giganteus, colchicus coccineus, colch. formosus, colch. 
roseus et oi^ientalis punctatus ! Je puis dire sans 
exagération que ce sont les plus belles variétés exis- 
tantes, et les journaux anglais en ont fait l'éloge à plu- 
sieurs reprises. Je suis étrangement surpris que 
M 0. Ballif ignore tout cela. A part ces variétés remar- 
quables, je signale encore les H. cupre.us et H. purpu- 
7'eus à sépales bleu-prune qui sont très distinctes ; le 
reste de cette section ne mérite pas une attention spé- 
ciale, puisque les espèces ou plutôt formes locales 
qu'elle comprend sont pour ainsi dire toutes à fleurs 
complètement vertes, très vertes : ainsi les personnes 
qui aiment à jouir du spectacle relativement rare des 
fleurs vertes, peuvent s'en régaler à peu de frais. 

Il est hors de doute qu'une monographie avec des 
dessins en couleur serait une très bonne chose pour 
éclaircir la grande confusion qui règne toujours encore 
dans la nomenclature des Hellébores, surtout dans celle 
de la 11^ et HP section ('^). 

La IV'' section est celle des H. foetidus et qui ne se 
compose que du H. foetidus L. et lividus Ait. (syn. cor- 
sicus W., argutifolius Viv.) Il n'existe aucune variété 
dérivant de ces deux espèces qui forment uniquement 
leur section. (Le H. vesicarms Boiss., qui appartiendrait 
à cette section, n'a jamais encore été introduit dans les 
cultures, il est originaire des montagnes de Syrie.) Les 
deux espèces sont très ornementales et si les fleurs ne 
sont pas brillantes, tout le port et le riche feuillage en 
font de très belles plantes à feuillage et leur assurent 
une bonne place dans les rocailles. On devrait c travail- 
ler » ces deux espèces qui ont des qualités de port que 
les autres sections n'oni pas, et si l'on pouvait, par la 
fécondation artificielle, donner aux semis, obtenus par un 

(') Dû à l'établissement de M. Otto Frœbel, et un succès qui a 
été hautement proclamé on Angleterre. (^Réd.) 

(^) Je viens d'apprendre qu'une Monographie Hellebororum, 
par Dr. Victor Schiffner, avec 8 planches (20 mrk.), va paraître 
prochainement. O. F. 



— 57 — 

croisement judicieux, des fleurs, c'est-à-dire des sépales, 
d'un coloris plus riant, le succès vaudrait bien la peine 
de s'en occuper. 

Finalement, je crois bien faire de donner ici un ta- 
bleau des espèces et variétés que je connais, et que j'ai 
déjà cultivées. Par ce procédé, il sera facile d'ajouter les 
variétés survenues dans les dernières années, notam- 
ment les semis obtenus par M. V. Lemoine et par M. Du- 
gourd, variétés que je ne connais pas encore. 



Helleborus, Niesswurz des Allemands, 
Hellébore des Français. 

Section I. Niger. 

H. niger L., Christrose, Rose de Noël, Christmas rose 

des Anglais, 
altifolius Hayne, syn. maximus hort. 
angustifolius (Manchester var.). 

» scoticus (Scotch var.). 

M"'^ Fourcade (Dugourd). 
flore rubro (Thom. S. Ware). 
fol. arg. marg. (Fr. Maly). 

Section IL Orientalis (Lenten rose des Anglais). 

H. Abchasicus Boiss., H. Caucasicus var. Abchasicus 

Regel, 
» » purpureus, 

» » ruber, 

» antiquorum Boiss. 
» » purpurascens. 

» Caucasicus Boiss,, H, Orientalis Ledeb. 
» » Abchasicus, 

» » angustifolius, 

» » giganteus (Frœbel & Co.). 

» ') pallidus. 

» » » sordidus. 

» * punctatus, 

» Chinensis 1 



» 


» 


» 


» 


)) 


» 


» 


)) 


)) 


» 


» 


» 



— 58 - 

H. Colchicus Boiss., H. Caucasicus, var. Colchicus Re- 
gel, H. porphyromelas A. Braun. 
» » coccineus (Frœbel & Co.). 

» » formosus » 

» » punctatus » . 

» » roseus »> 

" guttatus Boiss., H. Caucasicus, var. guttatus Regel. 
» » Commei'zienrath E. Benary (Heinemann). 
» » Irène Heinemann (Heinemann). 

)) Olympiens Boiss. 

» Orientalis Boiss., H. ponticus Al. Braun. 
» » punctatus (Frœbel & Co.). 

Section HI. Viridis. 

H. atrorubens W. K., atrovirens Hort. 
» Bocconi Ten., svn. multifidus Vis., angustifolius 

Host. 
» » superbus (Frœbel & Co.). 
» cupreus Host. 
» cyclophyllus Boiss. 
» odorusW. K., syn. graveolens Host., cupreus Host., 

purpurascens W. K. 
t) purpureus ? 
» viridis L., syn. dumetorum Kit., laxus Host., palli- 

dus Host., occidentalis Reut., inter- 

medius Host. 

Section IV. Foetidus. 

H. foetidus L. 
» lividus Ait., syn. corsicus W., argutifolius Viv., ilici- 
folius hort., trifolius hort. 

Janvier 1891. 

Otto Frœbel, 

Riesbach-Zurich, 
Membre honoraire de la Société d' IlorticuUure de Genève. 



— ^i 



— 59 - 
CHRONIQUE HORTICOLE 

Distinction. — Aux distinctions déjà signalées dont a été l'objet 
notre collègue, M. Gorrevon, nous sommes heureux d'ajouter un 
nouvel honneur que vient de lui décerner la Société d'horticulture 
du Nord de la France, à Lille, qui l'a nommé membre correspon- 
dant dans sa dernière séance. 

Chrysanthèmes nouveaux pour 1891. — Parmi les nouvelles 
obtentions mises au commerce cette année par un des plus ha- 
biles semeurs de France, M. de Reydellet, à Valence (Drôme), 
membre honoraire de notre Société, nous signalons à l'attention 
de nos lecteurs les variétés suivantes, dédiées aux membres de 
notre Commission de Rédaction : 

M. Heyiri Correvon. — Chrysanthème Japonais, alv., grande 
fleur ayant 7 à 8 rangs de larges pétales plats, chamois clair, en- 
tourant un large centre alvéolé jaune doré. 

M. Auguste Dufour. — Jap., belle fleur très double à longs 
pétales mi-tuyautés ; rouge d'Andrlnople éclatant, revers un peu 
plus clairs, assez précoce, floraison prolongée, bon port. 

Prof. Henri Welter. — Jap., inc, iielle fleur à longs pétales nà- 
tuyautés et à larges ligules réfléchies sur le centre; face carmin 
foncé, revers carmin pâle; bon port. 

Expositions. — La Société d'Horticulture du canton de Vaud 
organise une exposition horticole, à Montreux, pour les 23-28 sep- 
tembre 189i. La Société décernera des grands prix d'honneur de 
100 fr., des prix d'honneur de 70 fr., des prix de 1" classe de 50 fr., 
de 2°" classe de 30 fr., de 3"'° classe de 20 fr., et enfin des mentions 
honorables de 5 fr. 

— La Société centrale d'Horticulture de Nancy organise une 
exposition pour fin juillet 1891, dans le Parc de la Pépinière, en 
cette ville. Un avis ultérieur en fera connaître la date et la durée. 

Destruction du puceron du Rosier. — La Revue horticole indique 
un moyen ^e détruire les pucerons du Rosier, plus simple que 
toutes les fumigations et emplois d'insecticides. Il consiste à 
prendre des cendres de bois tamisées et à saupoudrer les rameaux 
des Rosiers envahis par les pucerons, après les avoir préalable- 
ment arrosés, pour que la cendre adhère aux feuilles et aux bou- 
tons. Nous engageons nos lecteurs à essayer le moyen qui a 
l'avantage de ne pas fatiguer les Rosiers. 



- 60 - 

AU CALANT JARDINIER 

5 Médailles d'argent aux Expositions Genevoises de 1889 

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on obtient une coupe très nette et 
l'on évite la déchirure de l'écorce 
ainsi que l'écrasement du bois. 

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37".. ANNÉE 4' LIVRAISON AVRIL 189 1 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GE NÈ VE 



Sommaire: Avis. — Programme du Concours de mai. — Comité 
et Commissions. — Rapport du Président. — Rapport du Tré- 
sorier. — Résumé des rapports du Bildiothécaire et de la Com- 
mission des Récompenses. — L'Aristolochia elegans (avec gra- 
vure). — Culture du Bégonia. — Un nouvel arbre fruitier: le 
DiospyrosKaki. — Chronique horticole. — Nécrologie.— Annonces. 

AVIS 
COMMISSIOIV DU BULLETIIV 

MM. Correvon, Henri, président; Dufour, Au- 
guste, secrétaire ; Welter, Henri, prof., rédacteur. 

Membres adjoints : MM. Emjjeyta, Ch.-Louis ; 
Deeorg-es, Louis ; Haasis, Albert. 



Les dates des Assemblées générales de 
1 .S9 1 ont été fixées comme suit : 

Les dimanches 5 avril, T juin, O août, 
4 octobre et 20 décembre, à 2 h., dans la 
Grande Salle des Amis de l'Instruction. 



Dans son Assemblée générale du 30 novembre 1890, la 
Société d'Horticulture de Genève a décidé d'organiser un 
grand Concours de Plantes fleuries, pour les 21, 22, 23 et 
24 mai 1891. 

IVIIVI. les sociétaires sont également prévenus qu'un grand 
Concours de Chrysanthèmes aura lieu les 13, 14, 15 et 16 
novembre prochain. 

L'un et l'autre auront lieu au Stand de la Coulouvrenière. 

Nous espérons que IVIM. les horticulteurs, jardiniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ces Concours. 



— 62 - 
Grand Concours de Plantes fleuries de la saison, 

OUVERT ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du 21 au 24 mai 1891, 

dans la grande salle du Stand de la Coulonvrenière. 

Concours séparés entre horticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME DES CONCOURS 
Pour les plus belles collections de : 

1. Azalées et Rhododendrons. 

2. Anémones et Renoncules. 

3. Bégonias tubérenx. 

4. » sous-ligneux. 

5. Calcéolaires. 

6. Cinéraires. 

7. Clématites. 
S. Cyclamens. 
9. Fuchsias. 

10. Girotlées. 

11. Hortensias. 

12. .lacinlhes, Tulipes, Narcisses. 

13. Oeillets. 

14. Orchidées. 

15. Pélargoniunis à grandes fleurs. 

16. » zonales : a) fl. simples. 

b) fl. doubles. 

17. Pélargoninms à feuilles de lierre. 

18. Pensées. 

19. Pivoines. 

20. Primevères. 

21. Pétunias. 

22. Rosiers tiges. 1 

oo • eu pots 

23. » nams. ) '- 

24. Verveines. 

25. Plantes vivaces. 

26. Plantes alpines. 

27. Plantes de semis obtenues par l'exposant. 

28. Lots d'au moins 6 plantes nouvelles introduites par 

l'exposant et offrant un mérite réel. 

29. Fleurs coupées. 

30. Bouquets, corbeilles et couronnes. 

31. Concours imprévus. 

Les concours ue figurant pas au présent programme seront 
appréciés suivant leurs mérites. 



— 63 - 

Comité élu pour 1891. 

MM. Cardinaux, François, président. 
Welïer, Henri, 1^' vice-président. 
Dégorges, Louis, 2""" vice- président. 
Triboulet, David, s<'.crètaire- gêner al. 
Forestier, François, trésorier. 
Tronghet, Emile, bibliothécaire et secret.-adj. 
LûDi, Fritz, économe. 
Fayol, Etienne, bibliothécaire-adioint. 
Grobéty, Emile. 
Sghoch, Salomon. 

Commission du Bulletin. 

MM. Henry Gorrevox, président, Auguste Dufour, secrétaire, 
Henri Welter, rédacteur. Membres adjoints: MM. Louis Dégorges, 
Louis Empeyïa et Albert Haasis. 

Commission de Floriculture. 

MM. Louis Dégorges, président, Jules Bulard, Albert Haasis, 
Clément Kemler, Auguste Morel, Charles Platel, Salomon Sghogh, 

Commission maraîchère. 

MM. Etienne Fayol, président, Henri Bippus. Auguste Dufour, 
Jules Dufour, Auguste Guex, Jean Mathieu, Jean Richard. 

Commission de Pomologie. 

MM. Henri Welter, président, François Besson, Louis Dufour, 
Auguste Guex, Charles Reust, Edm. Vaucher. 

Commission des Récompenses. 

Président : M. Henri Welter. 

Culture florale : MM. Jean Groux, Albert Haasis et Clément 
Kemler. — Suppléants : Louis Dégorges et Edouard George. 

Culture maraîchère: MM. Auguste Dufour, Anselme Degroux 
et Etienne Fayol. — Suppléants : Ami Dufour et Claude Pirat. 

Culture fruitière : MM. Louis Dufour, Alfred Dujag et Auguste 
Guex, — Suppléants : Hermann Gallay et Joseph Grùtter. 

Commission de placement des jardiniers. 

MM. H. Correvon, L' Dégorges, Aug. Dufour. L" Dufour, 
Et. Fayol et Fr. Forestier. 



- 64 - 
Rapport du Président. 

Mesdames et Messieurs, 

Nous voici arrivés à l'époque où, suivant l'usage, votre Président 
vient vous résumer les travaux de notre Société pendant l'année 
écoulée. 

Dans la première séance, sur la proposition de votre Comité, nous 
avons décidé un Concours de Chrysanthèmes et autres fleurs de la 
saison. Il n'était pas possible de songer à organiser ce Concours au 
Bâtiment Electoral au mois de novembre, et cela pour deux raisons: 
i" à cette époque de l'année, il est occupé par des services publics; 
2° l'emplacement nous paraissait trop grand pour un concours spé- 
cial; c'est pourquoi nous avons fait les démarches nécessaires afin 
d'obtenir le beau local de la Société des Exercices de l'Arquebuse et 
de la Navigation, local que la Commission a mis à notre disposition 
avec une obligeance dont nous tenons à la remercier tout particu- 
lièrement. 

Vous avez tous présent à la mémoire le magnifique succès que 
nous avons remporté à ce Concours. Nous ne vous rappellerons pas 
le brillant effet produit dans le Stand de la Goulouvrenière par les 
nombreux lots exposés de cette splendide fieur d'automne; il suffira 
de rappeler la foule de visiteurs qui se pressait pour examiner notre 
Concours, et les nombreux compliments qui nous ont été adressés sur 
sa réussite. 

Nous ne quitterons pas ce sujet sans remercier un de nos collè- 
gues qui est en même temps un de nos compatriotes habitant l'étran- 
ger, et qui a bien voulu nous envoyer le résultat de ses succès dans 
la culture des Chrysanthèmes, je veux parler de M. Phatzer, à 
Roubaix. 

Nous profiterons également de l'occasion qui nous est oft'erte 
dans ce moment pour adresser tous nos remerciements à notre dé- 
voué collègue, M. Grobéty, qui a trouvé moyen de transformer un 
stand et d'en faire un splendide jardin d'hiver. Nous ne devons pas 
non plus oublier la Comtnission d'organisation qui, dans cette occa- 
sion, a vaillamment fait son devoir. 

Nous arrivons maintenant aux autres travaux non moins impor- 
tants de notre Société. 

Nous avons eu plusieurs conférences théoriques et pratiques, 
pour lesquelles nous avons employé une partie du subside fédéral. 

La première a été donnée dans la campagne de M. Pasteur, au 
Grand-Saconnex, par MM. Auguste Guex et Di.jac, sur la taille du 



- 65 - 

pêcher et de l'abricotier; la seconde, dans la même propriété et par 
les mêmes conférenciers, sur la taille du poirier et du pommier; la 
troisième, par M. Guillermin, sur la culture des asperges; la qua- 
trième, au Jardin al|)in, par son directeur, M. Correvon, sur les 
plantes alpines; la cinquième, par M. Auguste Dufour, sur les chico- 
rées et les scaroles; la sixièaie, dans la propriété de M. Chappuis, à 
Carouge, par M. Auguste Guex, sur la taille d'été des arbres frui- 
tiers ; la septième, par M. Correvon, sur les orchidées; la huitième, 
par notre Vice-président, M. Decorges, sur la culture des bégonias ; 
et enfin la neuvième, par M. le professeur Welter, sur les bulbes et 
tubercules. 

Toutes ces conf'^rences ont été suivies par un auditoire nombreux 
et assidu, et les marques d'approbation n'ont pas été ménagées à nos 
conférenciers. 

Tout en remerciant les personnes qui ont bien voulu mettre 
leurs propriétés à notre disposition pour l'instruction de nos mem- 
bres, nous les prions de bien vouloir nous rendre le même service ? 
l'avenir, nous leur en serons toujours reconnaissants. 

Ensuite d'une proposition faite dans une de nos assemijlèes au 
sujet d'une course, votre Comité a eu la bonne fortune de pouvoir 
vous annoncer que M. de Westerweller-Eynard nous recevrait dans 
sa magnifique pi-opriété de Beaulieu. Nous n'ajouterons rien à ce 
qui a été publié dans le Bulletin au sujet de cette promenade, sinon 
que nous conservons le plus charmant souvenir de cette belle jour- 
née et de la brillante réception qui nous a été faite à Beaulieu. 

Nous avons eu plusieurs visites de campagnes et d'établissements, 
les rapports sur ces visites ont été publiés dans le Bulletin, nous 
nous bornerons donc à indiquer les récompenses qui ont été décer- 
nées à ce sujet: A. M. Ludi, horticulteur à Plainpalais, une médaille 
de vermeil pour culture spéciale d'œillets; à M. Morhardt, jardinier 
au château de Crans, une médaille de vermeil pour visite; à M. Hecht, 
jardinier chez M"" Dunant, à Valavran, une médaille d'argent pour 
visite ; enfin, à M. Haasis, une médaille d'argent pour coléus de se- 
mis. Toutes ces récompenses ont été données sur le préavis des com- 
missions nommées à cet effet. 

Deux sociétés correspondantes nous ont demandé des délégués 
pour faire partie du jury de leurs expositions : l'Association horticole 
lyonnaise et la Société d'horticulture de la Côte ; nous avons chargé 
M. Guillermin de nous représenter à Lyon, et MM. Schoch et Druz à 
Nyon. La réception faite à nos délégués nous prouve que notre So- 
ciété jouit d'un bon renom à l'étranger. 



— 6^) — 

Nos assemblées générales ont été très fréquentées, elles ont sou- 
vent l'aspect de petites expositions, vous avez entendu dans la der- 
nière assemblée le rapport de la Commission des récompenses, vous 
avez pu juger de l'abondance des apports. 

Le subside fédéral qui nous a été accordé cette année était de 
650 francs, il a été employé de la manière suivante et selon les pres- 
criptions fédérales : 

Conférences théoriques et pratiques, fr. 200 
Abonnements à divers journaux, « 100 

Assemblées, expositions, » 350 

Nous remercions nos autorités fédérales de l'appui qu'elles veu- 
lent bien donner aux sociétés horticoles. 

Depuis la fondation de notre Société, nous n'avons jamais eu un 
nombre aussi considérable de décès, il est vrai que nous n'avous ja- 
mais été aussi nombreux, nous avons à déplorer la perte de onze so- 
ciétaires, ce sont MM. Pérusset, Benzoni, Vouaillat, Pfeffer, Boisson- 
nas-Velin, Loup, Magnin, Jules Boissier, Lordet, Knecht et Susz. 

Tous étaient des membres dévoués à notre Société et laissent un 
grand vide autour de nous; puissent nos regrets adoucir ceux de 
leurs familles affligées! 

En rappelant le souvenir de ceux qui ne viendront plus s'asseoir 
parmi nous, qu'il nous soit permis de signaler le don que nous a fait 
M. Jules Boissier ; cet excellent sociétaire qui, pendant sa vie, a tant 
témoigné de sympathie à notre Société, a voulu lui laisser un souve- 
nir après sa mort. 

Les intérêts du legs de 500 francs de notre regretté collègue seront 
affectés, comme vous le savez, à un prix qui portera le nom de Prix 
Boissier, afin de perpétuer parmi nous la mémoire de cet homme de 
bien. 

La Commission du Bulletin qui, depuis le commencement de 
cette année, a fait de cette publication un journal mensuel, est tou- 
jours plus à la hauteur de sa tâche; vous avez pu voir combien ce 
journal est devenu intéressant, soit par ses articles inédits, soit par 
ses gravures. Nous ne pouvons mieux faire que de remercier la Com- 
mission chargée de sa rédaction pour t')ute la sollicitude et la bonne 
volonté qu'elle veut bien mettre pour maintenir un bon rang à notre 
publication dans la presse horticole. 

Nous avons vu augmenter le nombre de nos membres ; nous 
avons passé le chiffre de 500, grâce à l'appoint de trente nouveaux 
sociétaires qui sont entrés pendant le Concours de Chrysanthèmes. 
Comme vous le voyez, Messieurs, notre Société est loin de péricliter, 



— 67 — 

elle preud au contraire une importance toujours plus grande, et sa 
bonne renommée ne fait que s'accroitre tous les jours, au dedans 
comme au dehors. 

Votre Trésorier va vous donner connaissance de l'état de nos 
finances, il vous dira que nous bouclons avec un léger boni, soit 
fr. 80.95 c. Avec une cotisation aussi modique que la nôtre, et tous les 
avantages que nous procure -notre Société, il est impossible de faire 
mieux. 

Malgré cela, la fortune de notre Société se monte actuellement au 
chifire de fr. 7029. 

Voilà, Mesdames et Messieurs, le résumé des travaux de notre So- 
ciété pendant l'année écoulée; nous sommes en bonne marche dans 
la voie du progrès, faisons tous nos efforts pour nous y maintenir, 
afin que nous puissions léguer à nos successeurs une société grande, 
non seulement par le nombre de ses membres, mais aussi par le bien 
qu'elle peut faire pour les ju-ogrès de Thorticulture dans notre chère 
patrie. 



F. CARDINAUX. 



-^^^- 



Etat des comptes 
de la Société d'Horticulture de Genève. 

Rapport financier pour l'année 1890. 

Doit 

Solde en caisse au !"■ janvier Fr. 1258 15 

Montant des cotisations perçues, à 6 fr -> 2688 — 

» » à 5 f r » 110 — 

à3fr » 18 — 

Retour des affranchis" des cartes de remboursement . » 61 70 

Annonces dans le Bulletin » 265 05 

Vente du Bulletin Chrysaïithème » 41 l(t 

» de 4 Diplômes » 4 — 

» de 9 m. de bordures des parterres de l'Exposition ■ 1125 

Recettes faites au Concours de Clirysantlièmes ...» 1813 60 

Legs de feu M. Emile Boissier » 500 — 

Subside de la Fédération horticole > 650 — 

Avancé par le Trésorier au 31 décembre pour solde » 160 90 

Somme égale Fr. 7081 75 



— 68 



Avoir 

Bulletin : 

Impression, expédition .... Fr. 1806 2U 

Rédaction et correction ... » 170 

Frais pour clichés » 122 55 » 2098 75 

Bibliothèque: 

Abonnements, achats de livres, re- 
liures; assurance » 155 95 

Traitement de M, Stôckly ...» 100 — » 255 95 

Récompenses pour apports aux Assemblées de 1889 . » 207 60 

Médailles : Frappe, gravure et écrins ., 13-2 60 

Location des Salles des Amis de l'Instruction et du 

Musée Rath pour les Assemblées et Comités . ■• 146 — 

Délégations et visites de campagne » 68 40 

Frais de Bureau. Affranch. pour cartes de cotisations . » 141 10 

Impressions diverses •Xj^4 75 

Cotisation à la Société pomologique de Fiance ... . 10 — 

Annonces mortuaires , 33 50 

Souscription au Monument Roezl, à Prague. ... » -^^ — 

Promenade à Rolle du 3 août : Allocation de la caisse . » 180 65 

Concours de Chrysanthèmes. Dépenses et Prix .... 1282 55 

Fédération: 

Cotisations payées Fr. 125 30 

Délég. à la réunion de Neuchâtel . >' 49 60 » 174 90 

Placé en compte de Dépôt chez MM. Galopin frères « 1.500 — 

Placé à la Caisse d'Epargne le legs Boissier .... » .500 — 

Conférences. Payé » 210 — 

Somme égale Fr. 7081 75 



Les recettes s'élèvent à 



Fr. 5162 70 



Les dépenses s'élèvent à 



Boni de l'exercice 



5081 75 
80 95 



5162 70 



— 69 — 

Situation financière de la Société au 31 décembre 1890. 

Doit 

L'actif au 1" janvier 1890 était de Fr. 6216 05 

Intérêt.^ de 20 Lots 3 7o Genevois » 59 50 

Intérêts du compte de Dépôt chez MM. Galopin frères. » 151 — 

Id. du compte de Dépôt à la Caisse d'Epargne » 21 69 

Legs de M. Boissier » 500 — 

Excédent des recettes sur les dépenses pendant l'année » 80 95 

Avancé par le Trésorier pour solde » 160 90 

Somme égale Fr. 7 Î9Ô~Ô!3 

Avoir 

L'actif de la Société au 31 décembre se décompose comme suit- 

Solde du compte de Dépôt chez MM. Galopin frères . Fr. 4090 — 

Solde du compte de Dépôt à la Caisse d'Epai'gne . . » 600 09 

20 Lots 3 % Genevois, à 100 fr » 2000 — 

Legs Boissier, à la Caisse d'Epargne • 500 — 

Somme égaî^Fr. 7190^09 

A déduire : solde dû au Trésorier » 160 90 

Avoir au 31 décembre Fr. 7039 19 

Dans le chiffre ci-dessus n'entrent pas les valeurs de la Biblio- 
thèque et de son meuble, du mobilier d'Exposition, ainsi que des 
coins pour la frappe des Médailles. Et, malgré les grandes dépenses 
que nous avons dû faire pendant l'année 1890, notra avoir s'est aug- 
menté de fr. 813 04. Le Trésorier, 

F. Forestier. 



— ^^^^ — 
Résumé du Rapport du Bibliothécaire. 

Notre bibliothèque, déjà si riche en bons ouvrages de toutes les 
branches de la littérature horticole, a continué de s'accroître cette 
année, grâces à nos achats et à des dons généreux de MM. Baltet, 
Aug. Dufour, Et. Fayol, Joly, de Loisy, Montillet et Sahut, à qui 
nous exprimons toute notre gratitude. Nous avons eu la satisfaction 
de constater que nos livres et journaux ont été consultés davantage 
que les années précédentes. Les inscriptions d'ouvrages prèle -i ont 
été de 40 pour la Floriculture, de 38 pour l'Arboriculture, de 30 pour 
la Culture maraîchère, de 60 pour les .Journaux et Revues, et de 134 
pours les Mélanges. 

Remerciements à MM. Fayol et Stôckly pour les bons soins qu'ils 

apportent à l'arrangement, à la conservation et à l'exacte tenue du 

catalogue et du registre des inscriptions. 

Le Bibliothécaire^ 

Emile Tronchv.t. 



— 70 - 

Résumé du Rapport de la Commission des 
Récompenses pour l'année 1890. 

Exposants Apports Points 



Assem 


iblée 


(kl 16 février : 


12 


12 


49 V2 


» 




» 13 avril : 


11 


13 


52 V2 


»> 




» 22 juin: 


l.S 


19 


78 \'3 


» 




» 10 août : 


13 


19 


51 


» 




» 14 septembre : 


17 


19 


63 '/ï 


') 




» 12 octobre: 


12 


15 


.^0 V2 


» 




» 30 novembre : 


8 


8 


22 1/2 



Total des Aiiports: IO0 ; des Points: 368, à 95 cent., attribués à 
40 Exposants, dont voici la liste: 



H" Bippus 


33 ' , 1 


r)Oints 


.Tos. Grûlter 


19 \/2 


points 


Ant Bœhm 


9' 2 


» 


Aug. Guex 


9 • '. 

•^ ,'2 


)> 


Louis Bovay 


9 


» 


Jules Guignard 


7 


» 


Ulr. Brnnner 


15 


» 


Albert Haasis 


10- ■'/2 


» 


J'iles Chappuls 


4 V2 


■ 


Jean Ht)fer 


10 


» 


Henry Correvon 


20 '/2 


■• 


Louis Janin 


6 


» 


Edou*. Croix 


6 ' /. 


» 


Glém. Kemler 


'i'U 


" 


Louis Decorges 


34 


» 


Félix Laverrière 


13 


1) 


Ans. Decroux 


5 


» 


Fritz Lûdi 


19 


n 


Fréd. Delécraz 


8 


1) 


Ant. Mégevet 


2 


)> 


Jacq. Dubosson 


3S 


H 


Aug Moral. 


1 '/2 


n 


Ami Dnfour 


4 


» 


Vve Perrond 


6 


)i 


Jules Dufour 


9 '!t 


» 


Jean Richard 


15 '/2 


t) 


Louis Dufour 


7 


» 


M"" de Scheylerberg 


1 


» 


Alfr. Dnjac 


1 '/'2 


» 


Salom. Schocli 


19 V2 


» 


Louis FayoUe 


1 


» 


A. Schopfer 


6 


y> 


Fréd. Gay 


21 


» 


Em. Ti-onchet 


4V2 


)) 


Ch Genand 


6 


)) 


Edm. Vancher 


3 


1) 


Louis Greiuer 





» 


Eu g. Wittwer 


2 


)) 


Marcello Grilli 


6 


U 


E. Wulliemin 


4 


» 



Les prix David Dufour, pour le maximum des points dans les 
cultures léguniière et tlorale, ont été gagnés par MM. Bippvis et 
Décorées. 

Le Président de la Coinmisswn des Récompenses, 

Henri Welter. 



SOCIETE D'HORTICULTURE DE GENEVE 




Aristolochia elegans, 
(Nouveauté,) 



— 71 — 

Les Aristoloches. 

Le genre Aristoloche, avantageusement connu dans 
nos Jardins par la magnifique plante ligneuse et volubile de 
VAristolochia Sipho.se divise en deux groupes d'espèces: 

1" Les espèces de plein air, qui sont répandues dans 
un grand nombre de nos jardins ; 

2-' Les espèces de serre, peu répandues et encore peu 
connues dans les cultures françaises. 

La plupai-t des Aristoloches de cette seconde section 
sont de vigoureuses lianes, dont on peut se servir avanta- 
geusement pour garnir les grandes serres chaudes et tem- 
pérées, à condition de les palisser sur des fils de fer le 
long du vitrage. On les cultive dans de grands pots, ou 
on les livre de piéférence à la pleine terre d'une bâche 
remplie de terre substantielle, dans laquelle leurs racines 
puissent s'étendre au loin. Comme soins d'entretien, il faut 
rabattre chaque année les rameaux et principalement veil- 
ler à les préserver des insectes ; il faut donc faire de temps 
en temps des fumigations et les seringuer avec de l'eau 
additionnée d'un peu de jus de tabac ou de quelque autre 
insecticide. Toutes ces Aristoloches se multiplient facile- 
ment de boutui-es faites au printemps sur couche chaude 
et sous cloche. 

Les espèces les plus avantageuses à cultiver sont les 
suivantes : 

Aristolocliia barbota, une singulière espèce du Vene- 
zuela et de la Nouvelle-Grenade. Elle ne produit que de 
petites fleurs vertes et brunes, s'ouvrant en deux parties 
comme la gueule d'un serpent et dont la lèvi-e supérieure 
est bar-bue intérieurement, 

A. clypeala. une belle liane des forêts de Cauca, dans 
la Nouvelle-Grenade. Ses grandes fleurs, remarquables 
par leur coloris, sont maculées de pourpre foncé sur fond 
blanc, mais exhalent une odeur un peu forte de viande 
corrompue. 

A. Duchartrei, une espèce d'assez récente introduction 
et qui est une des plus jolies plantes grimpantes que l'on 
puisse cultiver en serre chaude. 

A. elegans, dont nous publions une belle figure noii'e, 
est une liane du Brésil, qui a été récemment introduite de 
Rio, par M. William Bull, de Londres. C'est une espèce 
très recommandable et très fîoiifîère, qui pr'oduit des fleurs 
de couleur blanc jaunâtre maculées violet noir, même sur 
jeunes plantes; elle présente tous les avantages possibles, 
n'exige qu'un espace restreint pour se développer, n'est 



- 72 



pas incommodée par les insectes, comme d'autres Aristo- 
loches, et produit des fleurs dont l'odeur n'est pas désa- 
gréable. 

A. Goldieana. C'est une liane africaine, aux fleurs 
gigantesques, d'un vert pâle veiné de rouge, mais qui 
dégagent une odeur fétide. 

A. rjrandiflora (syn. A. cordiflura et A. cordi folio). 
Magnifique liane du Mexique méridional et de la Nou- 
velle-Grenade, où les indigènes la nomment Contracapi- 
tana de Monpox ou Flov de Alcairas de Monpox, car ils 
la considèrent comme un contre-poison énergique. Cette 
espèce produit une quantité considérable d'immenses fleurs 
en forme de bonnet phrygien. Humboldt et Bonpland nous 
racontent que, lorsqu'ils découvrirent cette belle Aristo- 
loche sur les bords du Rio Magdalena (Nouvelle-Grenade), 
ils virent les enfants des indigènes se servir de ces 
énormes fleurs comme de casques et courir nus avec cette 
coifl'ure improvisée. Sa culture dans nos serres a toujours 
obtenu un grand succès, grâce à la beauté et à l'abondance 
de ses fleurs gigantesques, que l'on dirait découpées dans 
une étoffe indienne élégante. 

A. lahiosa, de l'Amérique du Sud. Cette espèce a des 
feuilles réniformes ; elle produit en été et en automne des 
fleui'S très grandes, d'un jaune pâle, veiné de carmin ou 
de noir, d'une forme excessivement bizarre, mais qui pré- 
sentent le même inconvénient C[\\qV A .Goldieana et VA.cly- 
peata, celui de dégager une fort mauvaise odeur, 

O. Ballif. 

Membre correspondant de la Société iV Horticulture de Genhve 
Etablissement de M. Sallier fils, à Neuilly, près Paris. 



Culture des Bégonias tubéreux. 

Suite : mois d'avril. 

On continue à semer sur couches chaudes. Maintenir 
une bonne température pour activer la végétation des pre- 
miei's semis, qu'on pourra, s'ils sont assez forts, mettre 
vers la fin du mois en godets ou en plein châssis. Lorsque 
les tiges, soit de vieux bulbes soit de semis, auront dix 
centimètres de haut, il faudra les pincer: cette opération a 
poui- but de les rendre plus ramifiées et plus trapues 

L. Dégorges. 



— 73 - 

Un nouvel arbre fruitier. 

Le Diospyros Kaki Plaqueminier du Japon. 

Le Plaqueminiei- du Japon a été introduit, il y a quel- 
ques années, dans le midi de la France. Il en existe main- 
tenant des plantations assez considérables, qui produisent 
des fruits en grande quantité. Le savant propriétaire des 
pépinières de La Tronche, près Grenoble, M. Paul de Mor- 
tillet, a introduit dans sa région une grande vai'iété de 
Plaqueminiers à fruits comestibles. Les jardins des en- 
virons de Lyon fournissent aussi des fruits de Plaquemi- 
niers. Mais ces fruits ne sont encore appréciés que par 
un nombre restreint de personnes et l'on peut trouver 
des ouvrages d'horticulture et des catalogues de pépinié- 
ristes où le Diospyros Kaki est présenté comme un bel 
arbre d'ornement, remarquable par son feuillage el même 
par la beauté de ses fruits, « qu'on avait à toi-t annoncés 
comme comestibles ». 

L'explication de cette dernière phrase est très simple. 
Ceux qui déclarent qu'on s'est trompé en présentant le 
Kaki du Japon comme un fruit comestible, n'ont jamais eu 
l'occasion de goûter un Kaki d'une bonne variété et dans 
l'état de maturité convenable. 

Le fabuliste Florian décrit les amusantes grimaces 
d'un singe à qui sa mère, la guenon, avait assuré que les 
noix étaient fort bonnes, et qui en conséquence s'était 
avisé de grignoter une noix verte. Vous voyez d'ici la 
colère de ce petit singe, persuadé que sa mère l'a trompé. 
De même, qui voudrait manger une nèfle avant qu'elle 
ait mûri sur la paille (ou même une excellente poire de 
Doyenné d'hiver avant qu'elle ait pu parfaire sa maturité, 
laquelle souvent n'est pas achevée à Pâques), serait per- 
suadé qu'on s'est moqué en présentant ces fruits comme 
bons à manger. 

Ecartant donc les témoignages du désappointement 
de certains consommateurs ignorants, nous pouvons dé 
clarer que, servi à point, un Kaki de bonne espèce est un 
fruit non seulement comestible, mais encore fort agréable 
et que quelques gourmets trouvent même délicieux. Ajou- 
tons qu'au Japon, l'usage de ce fruit a une importance 
comparable à celle qu'ont les poires en Europe pour 
l'alimentation publique. 

Les régions horticoles de Genève et des environs ne 
pourront jamais donner au Kaki une si grande importance ; 
mais on peut engager tous les propriétaires de jardins, 
dans lesquels le figuier peut résister, à planter aussi quel- 



— /4 — 

ques Plaqueminiers du Japon, dont les fruits réussiront 
même là où les figues n'arrivent que rarement à une ma- 
turité suffisante. Et cette différence s'explique par le fait 
que la figue doit mûrir sur l'arbre, tandis que le Kaki, 
cueilli dès les premières gelées, doit attendre sa maturité 
sur la paille ou sur les tablettes du fruitier. Il est bien 
entendu cependant qu'il faudra, pour le Plaqueminiei- 
comme pour le figuier, cboisir les endroits les mieux 
exposés au soleil et les mieux abrités contre les vents 
du nord. 

La classification des variétés de Kakis ne me parait 
pas encore établie d'une manière définitive. Comme on 
assure qu'au Japon les variétés «le Kakis sont aussi nom- 
bi-euses que chez nous les variétés de poires, il est pro- 
bable que le catalogue des pépinières devra s'enrichir 
encore de nombreuses importations. La Chine fournira 
aussi des variétés nouvelles. M. Cotteau, l'auteur du 
Voyage dans l' Extrême-Orient^ dit qu'il a mangé à Pékin 
(où le thermomèti'e descend parfois à 33 degrés au-dessous 
de zéro) des Kakis encore plus gros et meilleurs que ceux 
du Japon. Quelques horticulteui's pourraient donc être tentés 
d'attendre ; mais il y a deux raisons qui doivent pousser à 
planter des Knkis tout de suite : la première, c'est que 
l'arbre est très long à se mettre à fruit ; la seconde est que 
le Kaki se greffe facilement et qu'on sera toujours à temps 
de transformer les variétés médiocres en qualités meil- 
leures. Enfin, n'oublions pas que le Kaki possède un feuil- 
lage très ornemental. 

Les jardins ou les parcs possèdent depuis longtemps le 
Plaqueminier d'Italie Diospijros Lotus), qui est même près 
de nous, au Tessin, un arbre indigène, et sur lequel les 
greffes de Kakis reprennent très facilement. 

Voici, autant que je puis les connaître, les variétés de 
Kakis déjà introduites en Europe : iMa^elli. Costata. 
Machiniotan (ou Pharmacien Honoi-aty). Hatchya (ou Ac- 
climatation de Toulon). Kouroacoma. Torokou Kaki 
(ou Kaempferi). Tiodénion (ou Amiral Fisquet). Yacoumi 
(ou ingénieur Dupont). Tsourou Kaki (ou Engaurran). 
Gabrielle Dupont. Amant Kaki. Berlandieri. Guibochi. 
Zeudji. Ochira Kaki (ou C'*" de Cartillon). Stouroumaron 
(ou D'' Turrel). Si-tché (que quelques-uns confondent avec 
le Costata et d'autres avec le K;cmpferi). Toyama (ou Bru- 
niquel). Kiara Kaki. Lucida. Hyakume. Sahuti. Coro- 
naria. Etc. 

La liste est déjà longue. Les fruits sont de grosseurs 
fort diverses, depuis une petite prune jusqu'à une grosse 



— 75 — 

orange. Les uns sont jaunes comme un abricot, d'autres 
rouges comme une tomate. Il en est qui demeurent ver- 
dàtres et d'autres encore qui deviennent presque noirs ou 
du moins bruns foncés. 

Les horticulteurs ou amateurs qui pourront acquérir 
et planter toutes ces variétés ne seront pas nombreux, 
soit à cause de la dépense, soit faute de places conve- 
nables. Voici les indications que je puis donner à ceux qui 
se contenteront d'un simple essai. 

Je conseille de planter le Kourouconia. C'est la variété 
de Kaki, soit chez M. Paul de Mortillet, soit chez moi, qui 
s'est mise à fruit et qui a donné des fruits mangeables le 
plus promptement. Le fruit est gros, le plus souvent 
exempt de pépins et quand il est bien mûr, ce qui chez 
moi n'arrive guère avant Pâques, il n'offre plus trace 
d'astringence. 

Le Kouroucoma aura donc l'avantage de mettre à une 
moins rude épreuve la patience du cultivateur ; mais cette 
patience devra encore être longue, car les Japonais cal- 
culent qu'en moyenne les Kakis ne se mettent à fruit que 
six ans après l'année de la greffe. Quant à choisir pour la 
planter, la meilleure variété de Kakis, les avis sont par- 
tagés. D'après une dégustation des Kakis offerts par 
M. de Mortillet à la Société d'Horticulture de Grenoble, 
le meilleur fruit serait celui du Berlandieri. 

M. Sahut, dans son Catalogue des grandes pépinières 
de Lotte, près Montiiellier, recommande surtout le Coro- 
naria, dont les fruits, quoique petits, lui paraissent les 
meilleurs de tous. 

M. Casimir Arène, pépiniériste-expéditeur à Solliès- 
Pont (Var), estime que la variété la plus productive et la 
meilleure est celle désignée sous le nom de Gabrielle 
Dupont. 

Le Bon jardinier regarde la variété Mazelli comme 
celle qui peut donner les meilleurs résultats, surtout dans 
les régions moins favorisées au point de vue de la tempé- 
rature. Le Mazelli pourra, en effet, être essayé même dans 
les localités où l'on ne peut pas cultiver le figuier. Je ne 
puis pas parler de ses fruits par expérience. L'exemplaire 
que j'ai chez moi n'en est encore qu'à la période où les 
fruits semblent trop faibles pour nouer et se maintenir sur 
l'arbre (période qui se produit pour tous les Kakis avant 
l'époque de rapport) ; mais, lors même qu'on ne devrait 
pas en attendre des fruits de pi'emière qualité, le Diospyros 
Mazelli mérite d'être introduit dans tous les jardins, à 
cause de la beauté de son feuillage. Ses feuilles luisantes, 



— 76 — 

épaisses, rappelant un peu les belles feuilles du ficus elas- 
tica, sont pendant tout l'été d'un beau vert. Et si l'hiver 
succède à l'automne sans commencer par un froid trop vif, 
ces feuilles rougissent, jaunissent, s'irisent d'une manière 
admirable, prennent les nuances les plus variées, resplen- 
dissent d'or, de pourpre, d'énieraude et d'améthyste, 
comme si un peintre s'amusait à y semer au hasard les 
mille teintes de la plus riche palette. 

Baron d'Yvoire, 

Membre correspondant de la Société d'Horticulture 
de Genève. 

[La fin au prochain n°.) 



CHRONIQUE HORTICOLE 

Exposition. — La Société d'Horticulture de l'Ain organise, à l'occa- 
sion du concours régional agricole, une Exposition de légunjes, fruits, 
fleurs, arbustes et objets d'arts ou d'industrie horticole, à Bourg, les 
23, 24 et 25 mai 1891, au jardin de la Société, boulevard du Champ- 
de-Mars. — Tous les horticulteurs, jardiniers et amateurs de la 
France et de l'étranger sont invités à prendre part à ce concours. 
S'adresser à M. le président de la Société d'Horticulture pratique, 
à Bourg (Ain), avant le 5 mai. 



.^^^- 



NÉCROLOGIE 

Noas avons le regret d'enregistrer le décès d'un de nos anciens 
membres, M. Abraham Fatzer, à Thoune (Berne), décédé le 
8 mars 1891. 

Cette perte nous est d'autant plus sensible que le défunt témoi- 
gnait un réel attachement à notre Société. 

Nous présentons à son fils, M. Henri Fatzer, ainsi qu'à 'oute 
sa famille, l'expression de notre sincère condoléance. 



A LOUER 



pour HORTICULTEUR un terrain de 

•S^'OO m,, situé à Montbrillant, entre le chemin 
_ _ de la Voie Creuse et la route de Ferney; sta- 
tion de la Voie Etroite. S'adresser à E. Balland, Coulouvrenière, 2. 

GENÈVE. — IMPR. UICHTER, RUE DFS VOIRONS, 10. 



37™ JlNNÉE 5' LIVRAISON MAI 1891 



BULLETIN 



DE l.A 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENEVE 

FOisriDÉE E3Nr isas 



Sommaire: Avis. — Programiue du Concours de mai. — Procès- 
verbal de l'Assem])lée générale du 5 avril 1891. — Rapport sur 
les Cultures forcées. — Un nouvel arbre fruitier: le Diospyros 
Kaki (fin).— Le Lys des Neilgherries (avec gravure). — Culture 
du Bégonia. — Culture du P'raisier (avec gravures). — Sur la 
forme des Roses — Primula Pallanzae. — Annonces. 

AVIS 
COMMISSIOIV DU BMLLETIIV 

MM. Correvoii, Henry, président; Dufour, Au- 
g:uste, secrétaire ; W elter, Henri, pi*of., rédacteur. 

Membres adjoints : MM. Empeyta. Ch .-Louis ; 
Decorg-es, Louis ; Haasis, Albert. 



Les dates des Assemblées générales de 
1 SO 1 ont été fixées comme suit : 

Les dimanches T juin, O août, '4 oc- 
tobre et SO décembre, à 2 h., dans la 
Grantle Salle des Amis de l'Instruction. 



Dans son Assemblée générale du 30 novembre 1890, la 
Société d'Horticulture de Genève a décidé d'organiser un 
grand Concours de Plantes fleuries, pour les 21, 22, 23 et 
24 mai 1891. 

IVIM. les sociétaires sont également prévenus qu'un grand 
Concours de Chrysanthèmes aura lieu les 12. 13, 14 et 15 
novembre prochain. 

L'un et l'autre auront lieu au Stand de la Coulouvrenière. 

Nous espérons que IVIM. les horticulteurs, jardiniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ces Concours. 



— 78 — 
Grand Concours de Plantes fleuries de la saison, 

OUVERT ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du 21 au 24 mai 1891, 

dans la grande salle du Stand de la Coulouvrenière. 

Concours séparés entre horticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME DES CONCOURS 
Pour les plus belles collections de : 

1. Azalées et Rhododendrons. 

2. Anémones et Renoncules. 

3. Bégonias tubéreux. 

4. » sons-ligneux. 

5. Galcéolaires. 

6. Cinéraii-es. 

7. Clématites . 

8. Cyclamens. 

9. Fuchsias. 

10. Giroflées. 

11. Hortensias. 

12. .Jacinthes, Tulipes, Narcisses. 

13. Oeillets. 

14. Orchidées. 

15. Pélargnninms à grandes fleur,. 

16. >' zonales : a) fl. simples. 

b) fl. doubles. 

17. Pélargoniums à feuilles de lierre. 

18. Pensées. 

19. Pivoines. 

20. Primevères. 

21. Pétunias. 

22. Rosiers tiges. | 

no • y" pots 

23. » nains. ' 



25. Plantes vivaces. 

26. Plantes alpines. 

27. Plantes de semis obtenues par l'exposant. 

28. Lots d'au moins 6 plantes nouvelles introduites par 

l'exposant et offrant un mérite réel. 

29. Fleurs coupées. 

30. Bouquets, corbeilles et couronnes. 

31. Concours imprévus. 

Les concours ne figurant pas au présent programme seront 
appréciés suivant leurs mérites. 



— 79 - 

Mai 19 et 20. — Mardi et mercredi, jusqu'à midi : réception et pla- 
cement des produits. 
» 20. — Mercredi, à 1 heure: opérations du Jury. 

Ouverture au public : 

Mai 21. — Jeudi, prix d'entrée Fr. 1.50 

» 22. — Vendredi, » » 1 . — 

» 23. — Samedi, ■> . » 0.75 

» 24. — Dimanche, » le matin . . . . » 0.50 

Id. » l'après-midi, avec concert » 1.— 

» 25. — Lundi. Vente et enlèvement des produits. 



Les inscriptions sont reçues jusqu'au samedi, 16 mai, inclusive- 
ment, chez M. F. Forestier, trésorier, Tour de l'Ile, et M. ¥. Cardi- 
naux., président, Fusterie, 6, Genève. 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 5 avril 1891, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Fr. Cardinaux, président. 



Nombre des assistants: soixante et dix. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée. 

M. le Président donne lecture d'une lettre du Comité de la Société 
des Amis de l'Instruction par laquelle celui-ci nous informe qu'il a 
pris la décision de « réserver sa salle de conversation à l'usage de 
ses membres qui la fréquentent habituellement les dimanches après- 
midi. » Nos collègues sont invités à prendre bonne note de cet avis 
et à s'abstenir désormais d'entrer dans la salle en question. 

M. le Président annonce que, M. Auguste Dufour ayant donné sa 
démission de membre du Comité, il sera, d'après les statuts, procédé 
à son remplacement dans la prochaine Assemblée. 

Candidats présentés: 

1° M. Henri Cologny, propriétaire à Chène-Bougeries, par MM. 
Correvon et Deluc. 

2° M. Auguste Guillot, jardinier chez M. Henlé, à la Roseraie, 
Chéne-Bougeries, par MM. L' Guillot et Renevier, 

3° M. Eugène Hess, rue de Rive, 25, par MM. Charrière et F. Fo- 
restier. 

4° M. Ferdinand Latty, jardinier au Jardin alpin, chemin Dancet, 
par MM. Cardinaux et Gottraux. 



— 80 - 

5° M"' Maître-Chevrand, h Carouge, place du Marché, 1(S8, par 
M"" Pérusset et de Scheyterberg. 

6° M. F.PouYER, au Jardin des Plantes de Grenoble, par MM. Cor- 
revou et Aug. Dufour. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Louis Bovay, jardinier chez M. Et. Brocher, à Frou- 
teuex : 

Un magnifique pied de Cyclamen de Perse, à grandes fleurs blan- 
ches ; deux gros bouquets de Violettes comte de Brazza, très dou- 
bles, des variétés bleue et blanche. (Voir notre Bulletin de janvier 
1891.) — P. 5. 

2° De M. Henry Correvon, directeur du Jardin alpin d'accli- 
matation : 

Une jolie collection de plantes alpines, en fleurs, notamment de 
plusieurs espèces de Galcmthus ou Perce-neige. Une nouvelle variété 
de Primevère de Chine, de MM. Hillebrand et Breidemeyer,à Pallanza 
(sur le lac Majeur), remarquable par ses feuilles filiciformes. d'un 
vert tirant sur le roux, et ses grandes fleurs frangées, bigarrées de 
blanc, de rouge et de violet, à centre jaune d'or. — P. 3. 

3° De M. Frédéric Delécraz, jardinier chez M. H. Pasteur, 
au Grand-Saconnex : 

Une belle corbeille de fleurs coupées : 10 variétés de Cinéraires à 
grandes fleurs, de couleurs superbes, et 8 variétés de Camellias; 
une tige fleurie dClmantophylhmi miniatum; 2 Cyclamens de Perse, 
blanc et sanguin, à grandes fleurs; 1 pied d'Azalée. — P. 5. 

4° De M. Alfred Schlatter, campagne Eynard, aux Genêts, 
sur Gilly (Vaud) : 

3 pieds de Primula obconica, bien fournis, !> fleurs de coloris diffé- 
rents; 4 pieds de Freesia réfracta^ de bonne culture. — P. 4. 

5° De M. Saloiiion Sclioch, jardinier chez M. Posth, aux Dé- 
lices, Genève : 

12 variétés de Tulipes: 3 pieds de Gloria salis, 3 Tournesol jaune, 
2 la Reine, 3 Tournesol double, de semis, 2 Proserpine, 2 Archiduc 
d'Autriche, 2 Murillo,2 Duc de ThoU rouge et écarlate, 1 id. de semis, 
double, 1 la Candeur, 1 Duc d'York; 4 variétés de Jacinthes : Blocks- 
berg, Anna Bianca, Acteur, Anna Maria; 2 Azalées . Cérès et baron de 
Vrière. — P. 6. 

CULTURE FRUITIÈRE 

De M. Franyois Gallay, jardinier de la campagne Mayor, 
à Hermance : 



— 81 — 

Deux potées des Fraisiers Napoléon III et Reine de mai, de culture 
fojcèe. — H. G. 

ERRATA. — Au bulletin de mars dernier, p. 45, il a été omis de noter 
P. 3 à M. Joseph Griitter, pour son apport de fruits. 



Lecture par M. L' Decorges de son rapport sur la visite chez 
M. François Gallay, jardinier de la campagne Mayor, à Hermance, 
de ses cultures forcées du Haricot noir de Belgique et des Fraises 
Napoléon III et Reine de mai. Résultats très remarquables, à récom- 
compenser d'une médaille de vermeil grand module. 

Conférence de M. Henry Correvon sur la fécondation croisée chez 
les plantes phanérogames. 11 est très rare que dans une fleur herma- 
phrodite l'ovaij-e soit fécondé par le pollen de ses propres étamines: 
il lui faut d'ordinaire de la poussière fécondante venue d'une autre 
fleur, et le transport s'en fait, quelquefois par l'eau ou le vent, mais 
surtout par divers insectes butinant dans les fleurs, ou même par des 
oiseaux-mouches, comme dans les régions tropicales. C'est ce que 
l'honorable professeur a expliqué avec beaucoup de verve et de clarté, 
en se faisant écouter jusqu'au bout avec le plus vif intérêt. Longs ap- 
plaudissements et remercunents de M. le président. 

Séance levée à 4 heures. 

Le secrétaire-général y 

D. Triboulet. 

Rapport sur les cultures forcées 

de M. Françoi.s Gallay, 
jardinier de la campagne Mayor, à Hermance. 

A la demande de notre collègue, M. Gallay, votre Comité avait 
désigné MM. H'' Bippus, Aug, Morel et L' Decorges, pour apprécier 
ces cultures et en faire un compte-rendu. 

La première visite a eu lieu le 11 décembre 1890, pour une culture 
de Haricots. — La serre où elle se faisait est de forme hollandaise, 
basse, chauffée au thermosiphon, à tuyaux passant dans les bâches 
garnies de terre ; le même chauffage sert pour une couche de 8 châs- 
sis, placés au milieu de la serre. 

Les Haricots, de la variété noire de Belgique, avaient été mis, au 
nombre de huit, dans des pots de 19 cm. de diamètre, le 20 sep- 
tembre 1890; les plants ayant atteint 5 cm. de hauteur, il en a été 
supprimé la moitié. Les pots étaient enterrés dans la bâche du midi, 
où ils occupaient une surface de 8 mètres. 

A partir du 15 octobre, la température a été graduellement portée 



- 82 - 

de 12 à 21 degrés dans la terre et de 14 à 17 daus l'atmosphère de la 
serre. 

Nous avons été agréablement surpris de voir une végétation des 
plus vigoureuses : les Haricots, sans être très abondants étaient bien 
faits et prêts à être cueillis, et ils montraient que notre collègue ne 
leur avait pas ménagé des soins intelligents et réguliers, pour arriver 
à un si beau résultat, dans les mauvaises conditions climatériques 
que nous avons eues d'octobre à décembre. 

La bâche au nord était garnie de Cresson alénois et de Laitue 
Gotte, le tout, salade et condiment, prêts à être consommés. 

Culture de Fraises. Visites du 8 mars dernier, par M. Bippus, et 
du 27 du même mois, par L° Decorges. 

M. Gallay avait, au commencement d'octobre, mis en pots 
150 plants provenant de coulants du mois de juillet, qui sont restés 
sur couche jusqu'au 5 janvier; mais, par suite du manque d'air et du 
froid, il n'y a eu que 60 pots bons à être forcés, appartenant aux va- 
riétés Reine de mai et Napoléon III. 

Le forçage a été fait dans la même serre que les Haricots. Au dé- 
but, la température était de 5 degrés, et fut portée successivement 
à 20 degrés. 

Les premiers fruits de la Reine de mai vinrent à maturité le 
1" mars et, lors de sa visite, M. Bippus en a compté en moyenne 20 
par plante, dont 6 en parfaite maturité. La variété Napoléon III étant 
plus tardive, elle a fait l'objet de la visite du 27 mars : alors on pou- 
vait compter de 12 à 15 fruits par plante, dont plusieurs d'une belle 
grosseur et eu parfaite maturité. M. Gallay avait aussi essayé la va- 
riété Noble ; mais, les plantes étant trop faibles, le résultat n'a pas 
été satisfaisant. 

La bâche du nord était en partie garnie de Carotte courte à châs 
sis et d'autres semis. 

Nous nous plaisons, en terminant, à remercier M. le D' Mayor et 
son jardinier de nous avoir fourni l'occasion d'apprécier des cul- 
tures forcées, chose très rare dans notre pays, et nous félicitons vi- 
vement notre collègue des résultats qu'il a obtenus, en lui mettant à 
cœur que « noblesse oblige » ; donc courage et persévérance dans 
cette voie si méritoire. 

La Commission demande que la Société décerne à M. Gallay la 

médaille de vermeil grand module. 

Le rapporteur., 

\J Dégorges. 

\^ — 



— 83 — 

Un nouvel arbre fruitier. 

Le Diospyros Kaki — Plaemquinier du Japon. 

{Suite et fin) 

Le terrain destiné à la plantation des Kakis doit être 
une terre riche et profonde, ne craignant pas la sécheresse 
bien qu'exposée le plus possible aux rayons du soleil. Des 
arrosements d'engrais liquide avec beaucoup d'eau sont 
très favorables à la puissante végétation des Diospyros, 
mais il ne faut pas arroser avant que les premières feuilles 
ne se soient montrées. 

Le cassement des branches, opéré à demi, en pleine vé- 
gétation, me semble aider à la mise à fruit pour l'année 
suivante. 

Lorsque les fruits ont à peu près atteint leur grosseur, 
il est bon de supprimer les feuilles qui leur cacheraient le 
soleil. 

On peut les laisser sur l'arbre jusqu'à la mi-novembre 
et même un peu plus tard si l'hiver s'annonce très-doux. 
Les fruits doivent être l'écoltés avec soin et placés un à 
un, séparément sur des planchettes bien sèches, dans un 
local où la gelée ne pénètre pas. Si l'on peut disposer d'une 
armoire adossée à la cheminée d'une chambre voisine, 
dans laquelle on fait habituellement du feu, la maturité se 
produira un peu plus rapidement et dans de meilleures 
conditions. Ils sont d'ailleurs plus ou moins précoces. 
Enfin, pour avoir des fruits dans toute leur beauté et gar- 
dant toute leur eau, il faudrait les conserver dans des 
bocaux hermétiquement fermés, ou tout au moins sous 
des cloches ou des caisses renversées, et les priver abso- 
lument d'air et de lumière. Les fruits récoltés encore verts, 
ou à peine jaunissants, subissent une certaine fermentation 
lente, qui en modifie peu à peu la couleur. Le Kaki Kou- 
roucoma arrive à révêtir une couleur nacarat-carminée- 
orangée, très étrange et très belle. D'autres Kakis rap- 
pellent la cerise, la tomate, l'abricot, l'orange, suivant les 
espèces. 

Enfin, la matui-ité s'annonce par une translucidité plus 
ou moins remarquable, aussi suivant la variété. Le fruit 
devient très tendre, presque comme une vessie aux trois- 
quarts pleine d'eau. Dans plusieurs variétés on peut sou- 
lever la peau, mince comme une pellicule d'ognon. La pulpe 
est plus ou moins juteuse, gélatineuse. Le fruit doit tou- 
jours être mangé avec une cuillère et sur une soucoupe, 
tant le jus est abondant. On a comparé la pulpe du Kaki 



— 84 - 

à de la confiture, à de la marmelade, à du sirop, à de la 
gelée. Ce n'est pas cela et c'est un peu tout cela. Les ama- 
teurs qui ont goûté, dans un partait état de maturité, la 
chair si délicate de la poire Doyenné du Comice, auront 
quelque idée de la pulpe tendre, fraîche, succ-ulente et 
cependant liquide d'un Kaki parfaitement mùr. 

Parfaitement mûr! ne l'oublions pas! Car, jusqu'au 
moment où la maiurité est parfaite, tous les Kakis, même 
les meilleurs, sont remplis d'une âcreté, àpreté, astrin- 
gence sut generxs et vraiment insupportable. Quelques es- 
pèces ne s'en dépouillent même jamais tout-à-fait, et il faut 
avoir soin de rejeter dans celles-là les parties de la 
pulpe trop voisines des noyaux. Cette àcreté est due au 
tannin, qui existe en forte quantité dans le Kaki. 

Le fruit contient des noyaux en nombre très irrégulier 
et souvent même n'en contient point du tout. Les Chinois, 
qui sont très joueurs, engagent ordinairement un pari sur 
le nombre probable de noyaux contenus dans le Kaki dont 
ils vont se régaler. 

Il est fort probable que l'importation de nouvelles va- 
riétés et l'acclimatation progressive des variétés déjà intro- 
duites du Japon donneront peu à peu au Diospyros Kaki 
une plus grande vogue et une plus grande valeur. L'hybri- 
dation artificielle pourra améliorer les variétés, car les 
graines germent facilement. Et nous apprécierons le Kaki 
en Europe, comme on l'apprécie depuis longtemps déjà au 
Japon. 

Dans VArt Japonais, Louis Gonse parle d'un souri- 
mono (petites gravures coloriées que les membres de so- 
ciétés d'artistes ou de poètes se distribuaient comme pré- 
sents ou comme souhaits de bonneannée), etce sourimono, 
dessiné par le fameux peintre Hokonsai, contient, du grand 
poète Kyoden, les vers suivants : 

La fleur du prunier (iiiume) pour l'odorat, 
Le chant du rossignol pour l'oreille, 
Le fruit du Kaki pour le goût. 
(Voilà les bonheurs que je te souhaite pour l'année 17!)6.) 

Eh bien ! nous sommes en 1X91. et ceux qui se hâteront 
de plantei' des Plaqueminiers du Japon, Diospyros Kaki, 
pouri'ont récolter des fruits de Kaki en 189G. Le souhait 
fait par Hokonsai au Japon s'accomplira à Genève cent 
ans après. 

Baron d'Yvoire, 

Membre correspondant de la Société d'Horticulture 
de rtenève. 



- 85 - 

Le lis des Neilgherries. 

Le Liliiun IS: eiUjhervense . si bien représenté par notre 
belle illusti-ation, était jusqu'à ces dei-nières années une 
des espèces les plus rares de ce beau genre. Importée ac- 
tuellement en grande quantité des Monts Neilgherries (*), 
cette magnifique espèce est très l'épandue dans les cul- 
tures anglaises, maintenant que les bulbes sont d'un prix 
abordable à toutes les bourses. Les fleurs, en forme de 
trompette, ont les pétales un i)eu recourbés en dehors; 
elles mesurent de 15 à %^ centimètres de longueur et sont 
d'un blanc crème. Les tiges atteignent une hauteur de 
40 cm. à 1 m. 20 et portent de une à quatre fleurs. 

Pour obtenir une bonne réussite, ce Lis doit être cultivé 
en pot et il dédommage bien des soins qu'on a pris pour 
lui. Les importations de bulbes arrivent en Europe en 
décembre et en janvier; leur plantation se fait en février- 
mars dans des pots bien drainés de 12 à 15 cm. de dia- 
mètre. On les rempote dans un compost formé de bonne 
terre à gazon fibreux (loam) et additionné d'une forte 
partie de sable ; l'arrosage doit être restreint jusqu'à ce que 
les pots soient garnis de racines. 

Après la plantation des bulbes, on place simplement 
les pots sous châssis, à froid, et dès la fin d'avril on peut 
cultiver ces Lis à l'air libre. 

A partir de fin juillet , époque où ils commencent à 
boutonner, il est préféi'able de les rentrer en serre froide, 
afin d'assurer et de protéger leur magnifique floraison, 
qui commence au mois d'août pour finir en décembre. 

Nous avons suivi, il y a quelques années, dans le 
grand établissement de M. William Bull, à Clielsea- 
Londres, la culture d'environ 800 exemplaires, qui furent 
rempotés en même temps et soumis aux mêmes soins ; 
les plus précoces épanouirent leurs fleurs en août, tandis 
queles plus tardifs ne fleurirent qu'à la fln de décembre. 
Cette seri-e à Lis présenta donc, pendant près de cinq 
mois, un effet des plus ravissants. 

Si l'on désire conserver les oignons après la floi-aison, 
on leur donne les mêmes soins qu'à ceux des auti-es 
espèces de Lis. Nous devons toutefois mentionner que 

(*) Les Monts Neilgherries, pfiis souvent appelés Montagnes Bleues 
(altitude 1500 mètres:) sont situés dans la partie sud de l'Indoustan, 
entre le Travancore et le Mysore. Ces montagnes sont célèbres par 
l'extrême salubrité de leur climat et par des plantations de thè, de 
café et de coton. 




Lilium Neilghen-eiise. 



- 87 - 



les bulbes fleurissent mieux l'année de leur impoi-ta- 
tion que les années suivantes. Il est facile de se piocurer 
ce magnifique Lis chez les principaux horticulteurs et 
marchands grainiers. 

^j . ^^^^0 Ballif. 

Membre correspondant de la Société d'Horticulture de Genève. 



Culture des Bégonias tubéreux. 

Suite et fin : mois de mai. 
Dans ce mois, les amateurs et les jardiniers, qui ne 
possèdent que quelques châssis, peuvent semer avec 
succès dans ces derniers qui sont libres; une chaleur de 
tond modérée est suffisante, la température extérieure 
aidant. Ji est vrai que les plants ne pourront servir aux 
garnitures estivales. Ils seront repiqués et traités comme 
il a ete indiqué pour février, sauf qu'on donne de l'air au 
îur et a mesure qu'ils grandissent ; et loi-squ'ils sont assez 
forts on peut les mettre à l'air libre, mais à l'ombre- la 
plupart fleuriront dans les caissettes ou terrines où ils ont 
été repiques On les y laissera passer l'hiver, soit dans les 
bâches de la serre soit dans une chambre à l'abri de la 
gelée, en ayant soin, bien entendu, de les rentrer avant 
les troids. 

A la fin du mois ou au commencement de juin, on 
plantera en pleine terre les tubercules des années précé- 
dentes, a une exposifion un peu ombragée sans être cou- 
verte ; celle du levant leur convient particulièrement 

Le terreau de feuilles, les terres provenant du curage 
des fosses et fossés, le tout étant bien mélangé, leur sont 
jDropices; mais ,1 faut éviter d'employer les fumiers, sur- 
tout s'ils sont frais. 

Les Bégonias une fois qu'ils ont bien repris, ne crai- 
^,^nt ^/''^ ? Pî"ies, même en automne, époque où ils 
sont dans oute eur beauté, pendant que les Pélargoniums 
zonales ont perdu leurs fleurs et une partie du feuillage. 

L» Dégorges. 

Culture du Fraisier. 

La Fraise est un fruit très apprécié de tous et il n'est 
pas de petit jardin qui n'en possède quelques variétés 
bien que la plante soit très gourmande et que, pour pros- 
pérer, elle exige un sol riche et substantiel 



ss 



Il V a différents systèmes de culture. Celui dont je 
vais décrire la pratique est, d'après mon expérience, 
un des meilleurs à recommander. Après qu'on a choisi 
l'emplacement destiné pour la plantation, le sol devra être 
richement pourvu d'engrais bien consommé; et, comme 








Fraise Murgiierili; fr^ebi-Htoii). 

(Glirhé Vilmorin.) 




Fraise Victoria (Trollope) 

(Cliché Vilmorin.) 




Fraise Docteur Morùre (^Berger). 

(Cliché Vilmorin.) 

le Fraisier reste plusieurs an- 
nées sur le môme terrain sans 
être retransplanté, l'on fera bien 
de donner un fort labourage ou, 
mieux encore, un défoncement 
de 50 cm. Les plantes doivent 
être mises en place pai' rangées 
régulières et à 30 cm. de dis- 
tance, afin de faciliter les net- 
toyages et les binages. Les cou- 
lants devront être supprimés au 
fur et à mesure de leur appari- 
tion afin de pouvoir pailler, si 
cela est nécessaire. 

Pendant l'hiver on recouvre 
les lignes avec de bon terreau 
ou du fumier, pour que les 
Fraisiers soient préservés des 
grands froids, car, sans cette 



précaution, les racines seraient soulevées par le gel; c'est 
là même une des principales causes de la perte de ces 
plantes. Au commencement d'avril, on les nettoyé et l'on 
enlève les jeunes Fraisiers de chaque pied pour en faire de 
nouvelles plantations. 

Avant la floraison, on garnit la plantation d'une 



— 89 — 

couche de paille hachée fin, ou, à délaut de celle-ci, de 
petit foin de gazon. De cette manière, on aura toujours 
à cueillir des fruits bien propres. 

Les Fraisiers dos quatre-saisons peuvent se cultiver 
facilement comme les Fraisiers à gros fruits : il suffit 
d'enlever régulièrement les coulants et les jeunes plants 
qui ont envahi la plantation. Lorsque celle-ci est ravagée 
soit par les vers blancs, soit par d'autres ennemis ou 
maladies, il importe de combler les vides et de remplacer 
les pieds manquants. Je place alors entre les lignes des 
pots à fleurs ou godets de b-10 cm., enterrés jusqu'au 
niveau du sol et j-emplis de bon terreau. Au moyen du 
marcottage, je dirige les coulants du Fraisier dans les 
pots, et les jeunes plants ne tardent pas à s'enraciner et à se 
développer promptement. Ce procédé vous procure en 
peu de temps de magnifiques Fraisiers, môme par les 
plus grandes chaleurs, si l'on a soin de les ari-oser. On 
enlève ensuite les pots sans déranger la motte de terre 
pour la mise en place ; la reprise se fait très facilement. 

Pour la culture forcée l'on place les godets en au- 
tomne, pour les metti-e ensuite, d'abord sur couche froide 
contenant de bon fumier, et puis sur couche chaude. 

Les variétés les plus recommandables sont les Frai- 
siers Marguerite Lebreion, Docteur Morère, Victoria 
TroUope. Ce sont les plus connues, les plus productives 
et les plus rustiques, soit en pleine teiTc, soit sous châssis. 
Elles sont certainement supérieures aux trop nombreuses 
variétés qui n'ont donné chez nous que de faibles résultats. 

Louis SCHMIDT, 
Horticulteur et arboriculteur, Chemin du Velours, 100, Florissant, Genève. 

\^ 

Sur la forme des Roses. 

Vous est-il quelquefois arrivé de vous demander ce 
qu'il y a de j)lus charmant dans une rose entre sa forme, 
sa couleur et son parfum f 

Si jamais l'on vous pose cette question, méfiez-vous; 
ce sera peut-être un piège tendu à votre franchise. 

Préférez-vous le parfum, on dira que vous êtes sensuel. 

Si vous inclinez pour la couleur, on vous jugera super- 
ficiel, fénjinin et primitif. 

Est-ce la forme qui avant tout vous enchante'^ Dites-le, 
et l'on pensera, l'on pensera... ma foi, l'on pensera ce que 
l'on voudra ; la forme m'attire, moi, je trouve qu'elle est 
tout : la beauté est Te caractère essentiel des choses. Il faut 



- 90 - 

bien qu'il en soit ainsi, puisque les objets taillés dans les 
blocs monochromes des pierres ou des marbres nous ap- 
pai'aissent beaux encore, souvent plus beaux que nature. 

Les fleurs ne font pas exception à la règle : avant tout 
elles sont belles par leur dessin, leurs contours. Cette 
beauté, il est vrai, même considérée dans un seul genre 
de plantes, se manifeste à des degrés très divers. 

Parmi les rosiers, les vai'iétés dites hybrides ne sont 
pas, à mon avis, celles qui ont les plus belles fleurs ; leurs 
pétales in'érieurs sont souvent fripés, ou bien ils appa- 
raissent dressés, inflexibles, avec des contours aigus et 
menaçants comme les bords de minces feuilles d'acier. 
Parfois aussi, les pétales sont béants; la rose, ouverte 
jusqu'au cœur, a un air hardi que je ne lui aime pas. 

Dans les rosiers thé et noisette, la fleur est bien diffé- 
rente, et il est curieux de la voir passer, avant d'atteindre 
l'épanouissement complet, par certaines formes transitoires 
qui sont de véritables merveilles de grâce et de finesse. 

Voici, pai' exemple, Camoëns : je ne sais rien d'aussi 
séduisant que le bouton fuselé de cette rose dont les pé- 
tales, finement carminés et à peine disjoints, s'arquent, se 
bouclent, se creusent dans la variété infinie des courbes. 
Reine Olga de Wurtemberg est d'un autre genre. La 
vivacité de sa couleur rouge est jolie, et ses pétales exté- 
rieurs abaissés presque horizontalement lui donnent un 
air de négligent abandon, qui ne manque pas d'originalité. 

De ces deux roses je préfère la première, bien que la 
seconde ait son charme. Toutes deux, à cause de la forme 
même, font très bien dans un bouquet de corsage ou à la 
boutonnière d'un habit. 

Il est encore une autre variété que j'aime beaucoup. 
Par son dessin, elle tient le milieu entre les deux précé- 
dentes : on l'appelle Madame Bérard. C'est une rose légè- 
rement saumonée avec C3rtains contours pâlis ou lavés de 
carmin ; ses fleurs sont plus ouvertes que Camoëns et 
moins négligées que Reine Olga. 

Madame Bérard est d'ailleurs une rose beaucoup ap- 
pi'éciée à Paris, où elle se vend plus que toutes les autres. 
On ne peut attribuer son succès qu'à sa forme et à sa cou- 
leur, car elle est tout à fait dénuée de parfum. A cause de 
cela, certains amateurs lui préfèrent Gloire de Dijon, qui 
exhale une délicieuse odeur de pêche mûre. Mais Gloire de 
Dijon n'a pas une forme aussi pure que Madame Bérard. 

Parmi les autres variétés qui présentent ce caractère de 
forme : l'eftacement de la ligne aiguë des pétales remplacée 
par un enroulement de leurs bords, il faut citer surtout : 



— 91 — 

Maréchal Nie/, la plus parfaite des roses sous le double 
rapport de la forme et du parfum ; La France, rose teinté 
de blanc; Solfatare, jaune pâle ; Reine Marie-Henriette ou 
Gloire de Dijon rouge; Marquis de Sanina, jaune teinté 
de rouge ; thé Narcisse, blanc; Marie Lambert, blanc; 
William Allen Richardsoji, chamois changeant ; Anna 
Olivier, blanc rosé temté de carmin, etc , etc. 

Je vous fais observer que ces i-oses sont belles surtout 
en boutons, c'est-à-dire à demi ou aux deux tiers épanouies. 

Camoëns et Reine Olga en particulier, étant très peu 
doubles , perdent tout ce qu'elles ont de charmant dés 
(qu'elles s'ouvrent ; Madame Bérard, qui porte un nombre 
considérable de pétales, s'épanouit moins vite; elle a donc 
une plus longue durée : c'est peut-être la véritable raison 
qui la fait tant rechercher par les fleuristes parisiens. 

Je ne vous ai point cité Marie Van Houtte, cette r-ose 
changeante, d'un jaune très doux, presque blanc, qui prend 
sous le soleil une teinte rosée si délicate et si coquette. 

Il existe un ceitain nombre de roses changeantes, mais 
Marie Van Houtte l'emporte sur toutes par sa fraîcheur ; 
c'est une fleur ravissante que Théophile Gautier a dépeinte 
ainsi : 

On dirait une rose blanche 
Qu'aurait fait rougir de pudeur, 
En la lutinant sur la branche. 
Un papillon trop plein d'ardeur. 

(Journal des Roses. ' 

Marie Geor(;es. 



Primula chinensis, var. Pallanzae Hort. 

Messieurs Hillebrand et Breidemeyer, horticulteui-s à 
Pallanza (Lyc Majeur), Italie, m'ont envoyé, pour être 
exposés à la séance d'avril de la Société d'horticulture de 
Genève, deux pieds de Primula chinensis nouveaux, obtenus 
et mis au commerce par eux. Ces Primevères ont été fort 
admirées par les connaisseurs et en particulier par la Com- 
mission d'appréciation des apports, que pi'éside avec beau- 
coup de compétence M. le professeur H. Welter. 

C'est une variété de Primevères de Chine à feuilles de 
fougères (( fimbriata fîlicifolia » et que ses obtenteurs se 
disposaient à baptiser du nom de « Primula chinensis fim- 
briata filicifolia cristata hybrida. » (Jut:e les formes frisées 
et incisées de sa feuille, qui sont le propre desPrimevèresà 
feuilles de fougères, cette variété offre une particularité tout 
à fait originale, la crestation ou la compression de la den- 



— \)2 - 

telle frisée qui borde le limbe, en une sorte de crête de coq. 
C'est une feuille fi-isée et archifrisée qui. à elle seule, est 
un ornement de premier ordre pour la plante. MM. Hille- 
bi-and et Breidemeyer en ont obtenu des variétés à feuilles 
d'un brun très foncé, excessivement élégantes et originales. 

La teinte des corolles est très variable et les obtenteui's 
m'ont envoyé tout une série de couleurs et de variétés diffé- 
rentes qui offrent autant de types bien caractéj'isés ; ils 
assurent posséder actuCilement une collection de cinquante 
variétés bien distinctes, appartenant toutes au même type 
que je décris ici sous lenom de Priiin(lar/ujie/isis,\-Av. Pai- 
Icuizae Hort. 

Le port de la plante est ferme et compact, ses formes 
sont élégantes et bien équilibrées, et les couleurs des 
corolles très vives dans leur diversité. La corolle elle-même 
est superbement frangée, ondulée, grande et pourvue au 
centre d'un œil jaune d'or bien marqué. Le diamètre des 
fleurs que j'ai vues atteint parfois 5 centimètres. 

Quand je vis pour la première fois cette plante à Pallanza, 
je ne pus letenir une exclamation de surprise, car elle dé- 
passait ce que j'avais vu de plus beau à Erfurt et en Angle- 
terre en fait de Primevères de Chine. Pourquoi, demandai-je 
aux obtenteurs, aftligez-vous cette plante superbe d'un nom 
qui en contient six et qui, dans sa longueur et sa lourdeur, 
est désagréable à l'amateur de belles choses f C'est, me 
répondirent-ils, parce que notre Primula est une améliora- 
tion du P. chinensis finibriata filicifolia et que, depuis 
quelques années, il est convenu dans le monde horticole 
d'appliquer toute la série de noms des différentes formes 
desquelles l'hybride est issu, afin d'indiquer ses foi'mes et 
qualités par sa dénomination. Pourtant nous convenons, 
dirent ces messieurs, que la chose est et deviendra toujours 
plus absurde et embi'ouillée. — Alors, repris-je, baptisez-la 
d'un nom qui rappelle, sinon les qualités de la plante, au 
moins son origine, Primula Palhui^oe par exemple, et 
ainsi fut fait. 

De là vient que j'ai été chargé de la baptiser et de la 
décrire sous ce nom poétique dans le Bulletin de la Société 
(T horticulture de Genève. 

H. CORREVON. 



pour HORTICULTEUR uu teiTair. de 
;t^O(»ni., situé a Montbrillaut, entre le cheiuiti 
de la Voie Creuse et la route de Ferney ; sta- 
tion de la Voie Etroite. S'adresser à E. Balland, Conlouvreuière, i. 



A LOUE 



GENÈVE. — I.MPR. RICHTER, RUE DFS VOIRONS, 10. 



37». ANNÉE 6« LIVRAISON JUIN 1891 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENÈVE 

F O 2Sr ID É E E 3Nr 1855 



^^^Z^''^ t'^'V^'l*.' "^'^ prix -Phajus grandinorus (avec 
giavLue). - La Lhayotte comestible. - Les Gentianes (avec 
gravurej. - Streptocarpus hybrides nouveaux (avec gravure! — 
Les Anthunum à feuillage ornemental. - Chronique horticole 
— Annonces. ^ 



AVIS 

COMMISSIOIV DU BULLETIIV 

MM. Correvon, Henry, président; Dufour, Au- 
guste, secrétaire ; Welter, Henri, prof., rédacteur. 

Membres adjoints : MM. Empeyta, Ch.-Louis ; 
Decorg^es, Louis ; Haasis, Albert. 



Les claies des Assemblées générales de 
1 89 1 ont été fixées comme suit : 

Les dimanches T juin, 9 août, 4 oc- 
tobre et SO décembre, à 2 h., dans la 
Grande Salle des Amis de l'Instruction. 

Dans son Assemblée générale du 30 novembre 1890, la 

Société d'Horticulture de Genève a décidé d'organiser de 

nouveau un grand Concours de Chrysanthèmes, qui aura lieu 

es 12, 13, 14 et 15 novembre prochain au Stand de la Cou- 

louvreniere. 

Nous espérons que IVIM. les horticulteurs, jardiniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ce Concours. 



— 94 - 

Liste des prix décernés 

aux exposants du grand Concours de Plantes fleuries 

du mois de mai 1891. 

Jury : 

MM. Muller, Jacoh, jardinier de la campagne Pictet-de la Rive, à 
Genthod, président; 
Morhardt, Louis, ]?ivà.m.-c\iQi àxi château de Crans, secrétaire ; 
Christin, Prudent, horticulteur, à Nyon; 

Moser, Auguste, jardinier de la campagne Perrot, à Chambésy ; 
Schmid, Louis, horticulteur, à Genève. 

Prix d'honneur. 

MM. Emile Grobèty : plan et organisation de l'Exposition, avec fé- 
licitât, du Jury. 
Henry Correvon : collection générale de Plantes alpines, avec 

félicitât, du Jury. 
Fritz Ludi, horticulteur : Azalées avec bordure de Hoteia ja- 
ponica. 
Id. Rosiers nains, avec félicitai du Jui'y. 

Salomon Schoch, jardinier chez M. Posth : Pélargoniums zo- 
nales, simples et doubles, avec bordure d'Achy- 
ranthes. 
Edmond T'flwc7ier: Orchidées et autres remarquables plantes 
de serre chaude, avec félicitât, du Jury. 

Prix de 1" classe. 

MM. Henri Bippus, jardinier chez M. Ant. Martin : Calcéolaii'es avec 
bordure de Coléus. 

Henry Correvon: Fougères rustiques. 

Anselme Decroux, horticulteur: Géraniums à feuilles de lierre 
et zonales. Résédas et Pensées. 

Louis Empeyta : Clématites à grandes fleurs. 

Edouard George, horticulteur à Montfleury fSatigny): Géra- 
niums à grandes fleurs. 

Fritz Ludi: Hortensias; bonne culture. 
Id. Géraniums à feuilles de lierre. 



- 95 - 

Fritz Ludi: Géraniums zonales, simples et doubles; bonne 
culture. 
]d. Pétunias doubles, frangés. 

Honoré Perrèal. jardinier de la campagne Bartholoni, à Ge- 
nève: Géraniums zonales, simples et doubles. 
Henri Phatzer, horticulteur à Roubaix (Nord): Pêches forcées. 

Prix de 3' classe. 

MM. Delafontaine, horticulteur: Pensées. 

Id. Chrysanthèmes frutescents avec bordure de Gé- 

raniums. 
Hillebrand éc 5redeme«er, horticulteurs à Pallanza (lac Majeur): 

Fleurs coupées. 
Fritz Ludi: Lauriers roses doubles et Bégonias tubéreux. 

Id. Héliotropes, Résédas, Rhododendron. 

C. Sprenger, de la maison Dammann & C", horticulteurs, à Na- 

ples : Fleurs coupées. 
Emile Tronchet, iavdinier chez M. Georges de Seigneux: Géra- 
niums zonales, simples et doubles, avec bordure 
de Géraniums à feuilles panachées. 
Emile Wulliemin, jardinier-chef au château de Goppet : Galcéo- 
laires. 



Prix de 3* classe. 

MM. Delafontaine: Lychnis dioïques doubles. 

Edouard George : Géraniums zonales simples, Héliotropes, 
Salvia fulgens. 

Eugène Ouidon, à Montfleury (Satigny) : Géraniums uniques 
Ghauvière, Résédas,Verveines, Géraniums à feuilles 
panachées. 

Frédéric Wittwer, jardinier de la campagne Lombard, à Gham- 
pel : Pensées. 

Franpois .^Môgr, horticulteur, à Chêne-Bourg: Pensées et Pâ- 
querettes. 



— 96 - 

Phajus grandifolius. 

Le Phajus à grandes feuilles, que représente notre 
illustration, est une belle Orchidée qui figure déjà dans 




Phajus grandifolius (Orchidée). 

les collections depuis plus d'un siècle. Introduit du Sud 
de la Chine en 1778, il fut dès lors cultivé fort longtemps 



— 97 — 

sous le nom de Bletia TankervilUœ ; il fut aussi décrit 
dans VHortus Kewensis sous la dénomination de Limo- 
dorum Tankervilliœ. 

Si cette Orchidée était introduite de nos jours comme 
espèce nouvelle, elle causerait sans doute une grande sen- 
sation parmi les Orchidophiles, car depuis quelque trente 
ans elle prend une place marquante dans la plupart de nos 
expositions. 

Depuis plusieurs années, deux autres Phajus, qui ne 
sont probablement que des variétés du P. grandifolius, 
sont venus enrichir nos collections ; ce sont le P. Blumei 
et sa sous-variété Bernaysi, originaires du Queensland, et 
le P. Wallichïi de Lindley, une espèce indienne. 

Ce sont toutes de magnifiques Orchidées de serre tem- 
pérée, dont le port est vigoureux, qui réussissent le mieux 
lorsqu'elles sont cultivées en pots bien drainés, dans du 
terreau de feuilles bien décomposé, auquel on ajoute un 
peu de loam (terre de gazon), de sphagnum haché, ainsi 
qu'une faible proportion de bouse de vache séchée et pul- 
vérisée. 

Elles ont l'avantage aussi d'être d'un prix abordable à 
toutes les bourses. 

Otto Ballif, 

Membre correspondant de la Société d'horticulture de Genève, 



La Chayotte comestible. 

Parmi les apports déposés sur le bureau de la Société 
horticole Dauphinoise, dans l'assemblée générale du 5 jan- 
vier dernier, figurait entre autres un fruit du Sechium 
ec/w/e^ présenté par notre sympathique et dévoué président, 
M. Alfred Carrière. Ce fruit avait dans son ensemble la 
forme d'une poire tenant, comme grosseur, le milieu entre 
un Bon Chrétien d'hiver et une Belle Angevine, mais il en 
différait complètement par certains autres détails : au lieu 
d'être uni comme un des fruits que nous venons de citer, 
il était sillonné dans le sens de la longueur par des traits 
assez profonds, qui le divisaient en un certain nombre de 
côtes ou tranches, comme cela se rencontre chez quelques 
variétés de Melons ; de plus, l'épiderme, de couleur vert 
clair, était très verruqueux et garni de petits aiguillons qui 
s'aplaiissaient sous la pression des doigts. 

Ce fruit était celui d'une Cucurbitacée originaire de 
l'Amérique tropicale, appelée par les botanistes Sechium 



— 98 — 

edule ou Sicyos edulis et plus connue sous le nom de 
Chayotte, Choco, etc. 

Sui- le désir que m'en a manifesté la Commission du 
Bulletin de la Société d'Horticulture de Genève, voici 
quelques renseignements sur cette plante et son fruit : 

La Chayotte, ainsi que la nomment nos colons des 
Antilles, est une Cucurbitacée des plus singulières, autant 
par la structure de son fruit que par son port. Ses tiges 
sont vivaces, igneuses, capables de prendre un très grand 
développement ; aussi profite-t-on de cette disposition pour 
la faire grimper sur des arbres ou des treilles, ou même 
pour la palisser sur des murs et la soumettre à la taille 
comme un véritable arbre fruitier. Un seul pied donne 
annuellement une grande quantité de fruits (3 à 400) ; ces 
fruits ne renferment qu'une seule graine, qui germe, dit-on, 
dans la pulpe même du fruit. La chair en est blanche, 
compacte, plus riche en principes alimentaires que celle de 
la Courge à moelle, et en grande estime dans toutes les 
Antilles et sur le continent de l'Amérique. 

En 1846 et 1847, un horticulteur, M. Georges Roth, 
résidant aux Etats-Unis, a cultivé cette plante à la Nou- 
velle-Orléans, et voici ce qu'il écrivait à ce sujet : « Le 
Sechium edule est une plante vivace grimpante, qui, sou- 
tenue par des rames, s'élève de 2"", 50 à 3 mètres. Les tiges 
périssent tous les ans au collet, comme celles de plusieurs 
Cucurbitacées vivaces. Au printemps, lorsque la plante se 
développe de nouveau, il repousse souvent trois ou quatre 
tiges, mais on n'en laisse qu'une à chaque pied, qui ordi- 
nairement se ramifie peu. » 

M. Roth a vu la Chayotte supporters degrés de froid aux 
Etats-Unis, sans que le pied en ait souffert. Les fruits, qui 
sont ovales, d'une couleur vert pâle et de la grosseur d'un 
petit melon, sont rentrés pendant l'hiver dans un cellier ou 
une cave sèche, où on les caserne jusqu'en mars et avril, 
puis sont consommés comme les Aubergines, en les met- 
tant farcir avec de la viande. 

Aux Antilles, où la Chayotte est cultivée comme plante 
alimentaire, on fait cuire ses fruits sous la cendre. Au 
Brésil, on les fait cuire dans l'eau et on les mange à la 
sauce blanche. Ailleurs, on les mange au pot-au-feu tels 
qu'ils sont, ou bien encore on les fait confire dans du vi- 
naigre. A la Jamaïque, on cultive cette plante en grand, et 
ses fruits servent à engraisser les porcs, qui en sont très 
friands. En Algérie, on cultive la Chayotte comme plante 
potagère depuis plus de vingt ans. 

En 1849, des fruits de Chayotte furent envoyés en 



— 99 - 

France, au Muséum d'histoire naturelle ; ils furent plantés 
en pots et tenus en serre tempérée jusqu'au mois de mai 
1850. A cette époque, ils furent mis en pleine terre, à l'air 
libre ; les plantes poussèrent avec vigueur pendant tout l'été, 
les tiges atteignirent 4 à 5 mètres de hauteur, mais les pieds 
ne fleurirent pas. On en fit des boutures, afin de conserver 
la plante; celles qui réussirent le mieux furent celles 
prises près du collet. Des expériences qui suivirent on a 
conclu que, sous le climat de Paris, cette plante ne peut 
être cultivée qu'à titre d'ornement ou plutôt de curiosité. 
Dans les serres, sa végétation est faible et les feuilles sont 
souvent attaquées par les pucerons et la grise. 

Enfin, et comme dernier renseignement, disons que la 
Chayotte est une plante monoïque, ayant les fleurs mâles 
en grappes, les femelles solitaires, inodores, de couleur 
jaune clair, et se développant à l'aisselle des feuilles ; les 
fruits varient de forme et de grosseur suivant les variétés. 

INI. Carrière ayant bien voulu nous remettre le fruit qui 
fait Tobjet de cette note, un essai de culture en sera fait 
dans les serres de la ville de Grenoble. 

Jos. Allemand, 

Directeur du Jardin des plantes de Grenoble, 
Membre correspondant de la Société d'Horticulture de Genève. 



Les Gentianes. 

Le genre Gentiana est l'un des ])lus brillants et des 
plus cosmopolites de la flore alpine et celui, bien certaine- 
ment, qui a été le plus anciennement introduit dans les 
jardins. En Angleterre, en Hollande, en Allemagne, le 
Gentiana acauHs est l'une des plus populaires et des plus 
aimées d'entre les plantes à bordures et, d'après Paxton, 
son introduction dans les cultures date de près de quatre 
siècles ! Chez nous, dans la patrie de cette plante superbe, 
c'est à peine si quelques amateurs d'alpines la cultivent 
dans leurs rocailles. Il est donc toujours vrai le proverbe 
qui veut que les cordonniers soient les plus mal chaussés ! 

J'ai dit que ce genre est cosmopolite. Il ne l'est pour- 
tant pas absolument et il appartient plus particulièrement 
à l'hémisphère nord. De l'Amérique centrale, il s'avance, 
comme un long promontoire étroit, tout le long des Andes 
de l'Amérique méridionale et s'échelonne par stations, d'au- 
tant plus intéressantes pour la géographie botanique qu'elles 



— 100 — 

sont plus méridionales, jusqu'au détroit de Magellan. En- 
suite, traversant l'immense masse d'eau qui sépare le cap 
Horn de l'Australasie, il s'installe sur le bord des superbes 
glaciers de la Nouvelle-Zélande ; quant à l'Australie, elle 
renferme des genres très voisins et appartenant à la même 
famille. J'ajoute, puisque nous sommes dans l'hémisphère 
sud, qu'il y a des Gentiana à Ceylan, sur les montagnes 
des Iles de la Sonde et surtout sur celles du Continent 
noir, récemment offertes aux investigations des clubistes et 
naturalistes. Mais c'est dans l'hémisphère nord, et en par- 
ticulier en Sibérie, sur les monts Himalaya, en Chine, en 
Europe et dans l'Amérique septentrionale, que le genre 
Gentiana est le plus richement représenté et qu'il est véri- 
tablement at home. Ce qui cai'actérise ce genre là, c'est 
qu'il est montagnard, car, à peu d'exceptions près, on ne 
le trouve pas dans les pays de plaines. Ceci dit, passons 
aux Gentianes qui se cultivent dans les jardins à titre de 
plantes vivaces simplement, et, cela va sans dire, aussi 
comme ornements pour les rocailles. 

Le Gentiana acaulis L. est bien certainement l'espèce 
la plus répandue et la plus estimée. C'est une espèce poly- 
morphe, car sous le nom à'acaulis, Linné avait réuni plu- 
sieurs formes qui méritent bien certainement d'être classées 
à part. Le baron E. Perrier de la Bâthie, un excellent ami 
de notre Société et qui est l'un des meilleurs botanistes 
français, a publié en 1855 un travail des plus intéressants, 
qui enterre définitivement le vieux G. acaulis et en fait 
quatre espèces bien distinctes : les G. Clusii, Perr, et 
Song., angusiifolia Vill., alpina Vill., Kochiana Perr. 
et Song. Le Gentiana acaulis^ cultivé dans les jardins an- 
glais depuis tant de siècles, a si bien modifié sa nature et 
son faciès qu'il mériterait, lui aussi, un nom particulier 
Mais c'est une forme horticole que j'étiquette sous le nom 
de Gentiana acaulis, var. Gentianella Hort. Ce Gentia- 
nella des Anglais est bien différent de l'espèce dont il est 
issu et qui est très probablement le G. angustifolia Vill., 
des montagnes calcaires de Savoie. Il est devenu excessi- 
vement vigoureux, stolonifère, traçant, et donne de grandes 
belles fleurs bleu foncé qui réapparaissent souvent à 
l'automne, ce qui fait dire parfois que cette Gentiane est 
remontante. Cette espèce offre un exemple frappant de 
l'adaptation des plantes des Alpes au climat humide et 
brumeux de l'Angleterre. 

La figure que nous représentons ici, et dont le cliché 
nous a été prêté par l'aimable propriétaire du Garden de 
Londres, M. W. Robinson, donne une idée assez exacte 



— 101 — 



de ce que peut faire l'horticulture anglaise dans le domaine 
des plantes alpmes. On ne se contente plus de les loo-er 




dans les niches des rocailles, on en fait des pelouses, des 
champs véritables ! 

Vous me direz qu'il est temps que je m'arrête dans mes 
descriptions pour vous parier de la culture de cette belle 
plante alpine, -qui n'a d'alpin que le nom, attendu qu'on la 



— 1(12 — 

retrouve sur presque toutes les montagnes de l'Europe et 
de l'Asie centrale. Le G. acaulis n'aime pas à être trans- 
planté, et les nombreux essais qu'on a faits prouvent qu'il 
faut l'élever par le semis et renoncer au système d'arra- 
chage dans les montagnes, qui ne produit rien de bon. La 
graine ne lève souvent qu'au bout de six, huit et même 
douze mois ; il faut savoir attendre. On repique jeune, puis 
on place, au bout d'une année, chaque pied dans un godet 
et dans un sol léger et poreux, si possible terre franche et 
tourbe ou, à son défaut, terre de bruyère tourbeuse, mais 
toujours de la terre franche. Il faut les tenir au mi-soleil, 
et quand la plante est bien enracinée, on la met en place, 
au soleil si l'on veut, mais si possible au levant. Au bout 
de trois ans, on obtient, par le semis, des pieds prêts à 
fleurir et qui gagnent chaque année en vigueur et en force. 
En pleine terre, le Gentiana acaulis élevé par semis se 
contente de tout sol poreux et frais. Il fleurit en mai-juin. 
Le Gentiana verna L. est cette ravissante petite Gen- 
tiane bleue qui tapisse en ce moment les pentes ensoleillées 
de notre Salève et de toutes les montagnes calcaires. 

J'aime à voir sur nos monts fleurir la Gentiane, 
Aux corolles d'azur où se mirent les cieux, 
La Potentille d'or et la Valériane, 
Et mille autres rubis brillants et précieux. 

Le G. verna s'élève de semis comme l'espèce précé- 
dente ; il lui faut un sol calcaire, ferme, et le plein soleil ; 
il fleurit en mai et refleurit souvent en automne. Les 
G. cruciata L., à fleurs bleues, réunies en capitules; 
AndrewsiQfYi^., à belles fleurs bleu violacé formant un épi 
dressé; Fetisowi R^\. \ Walujewi Rgl., se cultivent de 
même. 

{A suivre.) H. Correvon. 

— î4^^#< — 



Streptocarpus hybrides nouveaux. 

Sans peut-être que ce soit au détriment des plantes de 
serre à feuillage, il s'est formé certainement, depuis quel- 
ques années, un courant vers les plantes à fleurs, et ce 
n'est que justice. 

Je prends à témoin tous les amateurs qui possèdent une 
serre : est-il rien de plus consolant^ de plus réconfortant, 
je dirai même de plus réchauffant pour l'esprit et pour le 
corps que cet asile couvert et clair, chaud et gai par ses 
fleurs, où l'on vient se délasser ou travailler au milieu d'un 



— 103 — 

monde vivant, brillant, charmant, alors qu'au dehors la 
végétation est endormie et même morte (cette année surtout) 
chez beaucoup d'habitants de nos jardins ? 

Au rang des plus charmantes fleurs dont nous puissions 
conseiller la culture à nos lecteurs se placent les Strepto- 
ca?^pus, et nous ne craignons pas d'appeler incomplètes les 
collections qui ne possèdent pas quelques-unes de ces déli- 
cieuses Gesneriacées. 

Parmi les meilleures de ces plantes vigoureuses et peu 
délicates, qui fleurissent en abondance, citons le Strepio- 




Streptocarpus hybrides. 

carpus Rexii, qu'on rencontre encore sous le nom de Di- 
dymocarpus Rexii, aux jolies fleurs allongées en tubes 
d'un beau violet bleu, nombreuses, et élevées sur une 
touffe de feuilles radicales, ovales, oblongues, pubescentes 
et nerviées; puis le curieux S. Dunnii, qui ne donne 
qu'une seule feuille énorme étalée sur terre et de la base 
de laquelle part un pétiole branchu, chargé de fleurs, et les 
variétés polyantha, Saundersii ; enfin les hybrides, car les 
semeurs, reconnaissant les qualités de ces plantes, s'en 
sont emparés, ce qui est une véritable garantie, et ont déjà 
créé de très jolies nouveautés. 



— 104 - 

La dernière dans ce genre, que nous figurons ici d'après 
une photographie, a été obtenue dans les Jardins Royaux 
de Kew et améhorée par MM. Veitch, de Londres: c'est 
un croisement entre les S. Rexri et parvi/lorus avec le 
»S. Dunnii. 

La planta est naine, compacte, vigoureuse, d'une 
hauteur de 20 à 25 centimètres; ses feuilles sessiles sont 
•d'un beau vert brillant velouté, fortement veinées. 

Les semis ont donné naissance à des fleurs de teintes 
très variées, rouge pourpré, violet foncé, mauve lilas, blanc 
pur, rose avec des lignes pourpres dans la gorge. Elles se 
succèdent pendant plusieurs mois en été et tard en au- 
tomne, et l'on prévoit déjà le temps où ces variétés bien tra- 
vaillées feront une concurrence sérieuse aux beaux Gloxi- 
nias, pour l'ornementation des serres. 

Leur culture est des plus faciles, et peut se faire dans 
une serre tempérée ; une terre de bruyère sableuse avec 
mélange de bonne terre de jardin et terreau de feuille leur 
convient. Ombrager l'été contre les rayons trop directs du 
soleil. 

Comme plantes en pots, pour l'ornementation ou pour 
bordures dans les serres et jardins d'hiver, elles seront 
très recherchées. Quant à leur végétation rapide, nous 
pouvons dire que les semis que nous avons obtenus pro- 
mettent de montrer leurs fleurs dès le printemps prochain. 

JoANNi Saluer, 

horticulteur, à Neuilly, 
Suce de Thibaut & Keteleer, ci-devant à Sceaux. 



Les Anthurium à feuillage ornemental. 

Parmi les splendeurs végétales que la nature s'est 
plu à répandre sur les riches contrées tropicales de l'Amé- 
rique du Sud, il est un genre de plantes qui, par la forme, 
l'ampleur et le coloris de son feuillage, attire l'attention du 
plus indifférent en matière horticole. 

Nous voulons parler du genre Anthurium, apparte- 
nant à la splendide famille des Aroïdées. Les feuilles ont 
ordinairement un pétiole long et un limbe à nervures 
ramifiées, et leur forme se rapproche du cœur (cordiformes) 
ou de la lance (lancéolées); quelquefois cependant elles 
sont allongées ou plus profondément divisées. Les fleurs 
sont hermaphrodites et disposées en rangs serrés sur un 
spadice cylindrique, à la base duquel se déploie une spathe. 



— 105 — 

ressemblant à une bractée, ordinairement recourbée en 
arrière. 

Il serait impossible, dans ce modeste article, de décrire 
toutes les espèces qui depuis quelque 50 ans ont enrichi 
nos serres, grâce aux courageuses explorations des collec- 
teurs et à d'intelligentes hybridations faites en Angleterre, 
en France et en Belgique. Notre unique but est de remettre 
en mémoire à nos bienveillants lecteurs les plus belles 
espèces d'Anthurium de serre chaude, à feuillage orne- 
mental, tout en donnant un aperçu général de leur culture. 
y Anthurium crystalliniun est une superbe espèce, 
originaire de la Colombie: pied court, grandes feuilles cor- 
diformes, violettes à leur naissance, passant de suite au 
vert noir velouté ; les nervures principales sont élégam- 
ment bordées de blanc d'argent, contrastant admirablement 
sur le fond foncé du limbe. 

L.'Anthuriuni leuconeurum fut importé du Mexique en 
1862 : pied court, feuilles de grandeur moyenne, cordi- 
formes, vert foncé à nervures blanches. 

UAnthiœiutn inégale fit son entrée dans les cultures 
en 1866 : pied court, grandes feuilles lisses, cordiformes, 
acuminées, portées sur de longs pétioles, à limbe vert mé- 
tallique sombre; nervures vertes très claires et étroites; 
les jeunes feuilles, richement nuancées de rose, produisent 
un ravissant effet. Cette espèce est particulièrement recom- 
mandable par sa rusticité : aussi pourra-t-elle être employée 
pendant la belle saison à la décoration des appartements 
et des balcons. 

UAnthurium magnificum : pied court, grandes feuilles 
cordiformes, acuminées, pétiole moyen, quadrangulaire ; 
le limbe, d'un vert foncé velouté, est sillonné de nervures 
blanchâtres. Très bonne variété pour la décoration des 
jardins d'hiver. 

h'Anthurmm Warocqueanum fît son apparition en 
Europe en 1878: pied moyen, feuilles allongées, de largeur 
moyenne, limbe vert foncé, d'un beau lustre de velours, 
nervures claires. Bonne plante vigoureuse. 

UAnthurium splendidum \ pied court, feuilles cordi- 
formes, fortement échancrées; le cours des nervures est 
marqué par une large bande d'un vert foncé luisant, les 
places intermédiaires d'une grandeur égale étant, contraste 
frappant, d'un vert pâle jaunâtre. A la face supérieure, 
les parties comprises entre les veines sont rugueuses et 
gaufrées, pendant qu'en dessous elles sont relevées de 
nervures saillantes. Cette superbe espèce, originaire de 
l'Amérique méridionale, décrite et figurée dans notre Bul- 



— 106 — 

letin de mai 1890, produit un effet surprenant. Il n'y a que 
7 ans qu'elle enrichit nos collections, apportant avec elle 
une note décorative et agréable. 

UAnthurium Veltchii : il n'y a guère que quatorze ans 
•que nos serres d'Europe furent dotées de cette magnifique 
espèce, originaire de la (Colombie. Le pied est court, les 
feuilles oblongues, très allongées, de largeur moyenne, à 
limbe vert métallique, luisant à son épanouissement, dimi- 
nuant par la suite. La nervure médiane, d'un vert très clair, 
est fortement accentuée; les nervures secondaires irréguliè- 
rement courbées et profondément disposées donnent à la 
feuille un aspect vallonné et bizarre. Variété de tout premier 
choix . 

Il est d'une grande importance de donner à ces plantes 
une terre très légère, afin de faciliter l'introduction des 
racines adventives dans le pot. Le compost que voici con- 
-viendra donc parfaitement : 2 parties de terre de bruyère 
très fibreuse, qui sera préalablement tamisée et employée 
en petits morceaux fibreux, 7^ partie de loain ou terre de 
gazon, 7-2 partie de sphagnum coupé fin, des tessons piles, 
du charbon do bois et du sablon ; le tout bien mélangé. 

La culture des plantes par semis demande de la pa- 
tience ; car, après la fécondation de la fleur, qui se fait 
artificiellement, il se passe une année environ jusqu'à la 
maturité des graines. De suite après leur récolte, semer 
dans des terrines basses, bien drainées, remplies du 
mélange indiqué plus haut ; couvrir la semence très 
légèrement et placer de préférence dans une bâche à mul- 
tiplicafion ou sous cloche, avec une température moyenne 
de 20*' R. Quelques mois plus tard, le temps variant selon 
les espèces avec lesquelles on opère, les semis apparaîtront; 
dès que leur grosseur permettra un repiquage, ne pas 
tarder : il est préférable de repiquer les jeunes plants 
séparément dans de très petits godets, et, ce travail fini, 
ils seront remis sous châssis et privés d'air jusqu'à bonne 
reprise; après quoi l'on habituera graduellement à l'air. 

Le mois de janvier est le meilleur moment pour mul- 
tiplier ces plantes par la division des touffes ; il importe 
d'en user très délicatement avec les racines. 

Pour le rempotage les pots et les tessons seront d'une 
propreté minutieuse et pourvus d'un bon drainage ; la 
plante sera maintenue pendant l'opération un peu en dessus 
du pot. Il sera tout de même laissé une petite place, 2 cm. 
environ, pour un certain travail qu'il importe de faire un 
peu plus tard. 

Les Anthurium aiment l'humidité : donc beaucoup d'ar- 



— 107 - 

rosements et de bassinages pendant la belle saison ; en 
hiver ralentir pendant les mois de décembre et janvier. 

Il nous reste à parler d'une opération très importante 
au point de vue de la végétation, et malheureusement trop 
peu pratiquée par les cultivateurs. Elle consiste, après que 
les plantes sont bien enracinées, à remplir l'espace laissé 
vide au rempotage par de la bouse de vache pure et à gar- 
nir le dessus de sphagnum frais, qu'on introduira délicate- 
ment entre les racines adventives. 

Ne pas oublier d'entourer de ouate, à sa naissance, 
chaque pétiole des jeunes feuilles : cela pour les garantir 
des limaçons qui trop souvent infestent nos serres. 

Nous voudrions pouvoir conduire nos bienveillants 
lecteurs et plus particulièrement nos aimables lectrices 
dans la grande serre chaude du Palmengarten de Francfort- 
sur-le-Main qui, bien qu'étant une construction beaucoup 
plus modeste que le Palmen-Haus, dont nous avons eu le 
plaisir de les entretenir en mai 1890, n'en contient pas 
moins des trésors exotiques. Après avoir admiré une su- 
perbe collection de Croton et de beaux Palmiers, le visiteur 
se trouvera en présence d'un magnifique exemplaire 
d'Anthurium Veitchii , âgé de 8 ans seulement, ayant 
25 feuilles d'une longueur moyenne de 1 m. 50 cm. Les 
Anthurium regale, magnificum, Wai^ocqueanum, crys- 
taUinum sont représentés par de grosses plantes d'une 
culture irréprochable. 

A vous, horticulteurs et amateurs, le soin d'expéri- 
menter cette simple culture, décrite par un débutant dans 
la carrière horticole, faisant part de ses petites expériences 
tout en laissant dominer les intelligents conseils du chef 
jardinier qui cultive avec tant de succès ces merveilles 
végétales, à la vue desquelles nous n'avons pu nous em- 
pêcher de tomber en extase, lors de notre arrivée au Pal- 
mengarten en mars 1890. 

Louis Dégorges tils. 

CHRONIQUE HORTICOLE 

Expositions. — Une Exposition sera tenue à Grenoble le 5 juin 
prochain par la Société horticole dauphinoise, comprenant les lé- 
gumes, fleurs de serres et de pleine terre, plantes de marché, plantes 
alpines, etc. 

La Société d'Horticulture pratique du Rhône organise les 11, 12^ 
13, 14 et 15 juin 1891, une Exposition spéciale de Roses, comprenant 
aussi les Rosiers nains et tiges cultivés en pots. 



- 108 - 

La Société d'Horticulture de Nancy ouvrira cette année une Ex- 
position générale, du 10 au 15 juillet prochain, à Nancy. 

L'Asperge dans du coton. — Les journaux horticoles belges préco- 
nisent fortement le mode suivant de forçage de l'Asperge. On dé- 
chausse la plante de façon que les griffes soient recouvertes seule- 
ment de 6 cm. de terre, et on coiffe chaque souche d'un tuyau en zinc 
de 34 cm. de hauteur et de diamètre. On remplit le cylindre de terre 
légère et on l'entoure de poussière de coton. Les détritus de cette 
substance entrent rapidement en fermentation, et la chaleur dégagée 
se communique à la terre dans laquelle pousse l'asperge. On peut 
commencer la récolte 20 jours environ après que l'appareil est mis 
en place. 

Destruction du puceron lanigère. — Pour combattre le puceron la- 
nigère (blanc du pommier), on recommande de brosser les parties 
malades à l'aide d'une brosse trempée dans la solution suivante : eau, 
100 grammes: benzine, 50 grammes ; colle forte, 10 grammes. Prati- 
quer l'opération avant le développement des feuilles en mars ou 

avril. 

On recommande aussi la composition suivante: acide salicylique, 
2 grammes ; oxyde rouge de mercure, 2 grammes; acide pyroligneux, 
1000 grammes. Cette solution doit être diluée dans 30 fois son volume 
d'eau, et employée à la même époque que la précédente. 

On sait quel ravageur terrible est le puceron lanigère, d'autant 
plus terrible que sa pullulation est vraiment effroyable. 

Il est donc toujours bon d'insister sur les moyens de le détruire. 

Rectification. — C'est par erreur que, dans notre N» de février der- 
nier, nous avons signalé le journal turinais « Il GiarcUnagyio » à pro- 
pos d'une critique de l'ouvrage de M. A. Pucci sur les Légumes 
nouveaux. L'article en question a paru dans le Bulletin de la So- 
ciété Royale d'Horticulture de Toscane, sous la signature de 
M. C. Sprenger. 



K^^- 



ERRATA 

P. 81 ligne 7, du bas : au lieu de « au milieu » lisez au midi, en dehors. 
p! 83^ ligne 2, du haut: au lieu de « Plaemquimier » lisez Plaqueminîer . 
P. 80, ligne 17, du haut : / ^^ j.^^ ^^ ^ Breidemeyer » lisez Bredemeier. 
P. 91, ligne 1.5, du bas : \ , tt- 

P. 88, figures des Fraises : au lieu de « Marguerite (Lebreton) » bsez Victo- 
ria {Trollope) et inversement. 



I #% I I m pour HORTICULTEUR un terrain de 

I I 1 1 I L U 3200 m,, situé à Montbrillant, entre le chemin 
IbU U 1- n de la Voie Creuse et la route de Ferney ; sta- 
tion de la Voie Etroite. S'adresser à E. Balland, Coulouvrenière, 2. 



GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



37™Aj^NÊE 7« livraison juillet 1801 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE D'HORTICULTURE 

UE 

GENEVE 



FO]srr>ÉE E3sr isss 



Sommaire: Avis. —Assemblée générale du 7 juin 1891. — Pro- 
gramme du Concours de Ghrj^santhèmes — Publications offertes 
à la Société. — Rapport sur l'Exposition de Bourg. — Les Gen- 
tianes (fin). — -Jardin botanique de la Linnœa (avec gravure). — 
De l'effeuillage dans la culture fruitière. — Primula cortusoides 
amœna granditlora (avec gravure). —Les Cypripèdes. — Les 
nouveaux outils américains (avec gravures). — Chronique hor- 
ticole. — Nécrologie. — Annonces. 

AVIS 

COMMISSIOIV DU Bl LLETIiV 

MM. Correvon, Henry, président; Dufour, Au- 
g^uste, secrétaire ; W^elter, Heni'i, prof., rédacteur. 

Membres adjoints : MM. Empej ta, Ch.-Louis ; 
Decorg^es, Louis ; Haasis, Albert ; Caillât, Louis. 



Les dates des Assemblées générales de 
1 S9 1 ont été fixées eomnie suit : 

Les dimanches O août, 4 octobre et 
SO décembre, à S h., dans la Grande 
Salle des Amis de l'Instruction. 



Dans son Assemblée générale du 30 novembre 1890, la 
Société d'Horticulture de Genève a décidé d'organiser de 
nouveau un grand Concours de Chrysanthèmes, qui aura lieu 
les 12, 13, 14 et 15 novembre prochain au Stand de la Cou- 
louvrenière. 

Nous espérons que MM. les horticulteurs, jardiniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ce Concours. 



- 110 - 
Comité élu pour 1891. 

MM. Cardinaux, François, président. 
Welter, Henri, 1" vice-président. 
Grobéty, Emile, 5"^ vice-président. 
Triboulet, David, S'icrétaire-général. 
Forestier, François, trésorier. 
Tronchet, Emile, bibliothécaire et secrét.-adjoint. 
LûDi, Fritz, économe. 
Fayol, Etienne, bibliothécaire-adioint. 
Sghoch, Salomon. 
Velin, Jean. 
Delécraz, Frédéric. 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 7 juin 1891, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M, Fr. Cardinaux, président. 



Nombre des assistants: quatre-vingt-dix. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée. 

Candidats présentés: 

1° M. François Bouthron, jardinier chez M"' Aubert, au château 
de Crassier (Vaud), par MM. Prudent Christin et Morhardt. 

2° M. Bredemeier , horticulteur à Pallanza (lac Majeur), par 
MM. Correvon et Aug. Dufour. 

3° M. Alexis Coumany, chambellan de S. M. l'Empereur de toutes 
les Russies, chemin de la Montagne, Chêne-Bougeries, par MM. Cor- 
revon et Empeyta. 

4° M. Louis Eggly, négociant, boulevard Helvétique, 19, Genève, 
par MM. Correvon et Empeyta. 

5° M"° Empeyta, place Neuve, 2. Genève, par MM. Caillât et Em- 
peyta. 

6° M. Ferdinand Held, chemin du Vallon, Chêne-Bougerie, par 
MM. Correvon et Empeyta. 

1" M, Jaeger, propriétaire à Chantepoulet, Genève, par MM. Court 
et Pisteur. 

8° M. Henri Lenoir, propriétaire à Pinchat, près Garouge, par 
MM. Correvon et Empeyta. 

9° M. Marin, jardinier à Chevran, près Anière, par MM. Cardi- 
naux et Gallay. 



— 111 - 

J0° M. Alfbed Melly. à Grange-Canal, prés Genève, par MM Gor- 
revon et Aug Dufonr. 

11" M. Ulrich Meyer, jardinier au château de Crassier fFrance^ 
par MM. Prudent Christin et Morhardt. IJ^iancej, 

12" M. Eugène MiTrENDORFF, ministre, membre rentrant 
13° M. Perron, rue de Gandolle, 20, par MM. Cardinaux et Tri- 
boulet. 

14" M'" PouRTALÉs, rue de Candolle. oo par MM. Gorrevon et 
Empeyta. 

15° M. VV. Revilliod-dk Muralt, rue des Granges, 2, Genève 
par MM. Gorrevon et Aug Dufour. ' 

1G° M. Constant Rochat, jardinier chez M. Rochat-Radan Flo- 
rissant, Genève, par MM. L, Decorges et Tronchet. 

17" M. Jules ScHUHLÉ, propriétaire, hôtel de la Reconnaissance, à 
Monnetier (Hte-Savoie), par MM. Cardinaux et Gorrevon 

18" M. Albert AVeber, jardinier chez M-' Morton, à la Servette 
Genève, par MM. Ludi et Schoch. ' 

M.f n^^' ^™^"^^^ ^^^^^^É' P'"opriétaire, rue Dassier, 1.5, Genève, par 
MM. Gorrevon et Empeyta. • 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Henry Correvon, directeur du Jardin alpin d'accli- 
matation: '■ 

Plantes alpines: Edelweiss, Géranium argenteum, Beiianthemum 
7-ûseum, Lihum pyreyiaicum, Nigritdla angustimia (Orchis vanille) 
Paj^aver alpinum, Rhododendron hirsutum et Rh. ovatum (du Cau- 
case). -Plantes cultivées dans le ^ph^gmn-n: Androsace helvetica 
Astrantiamtnor, Arnica montana (en superbe floraison), Saœifraqà 
aizoides,b. carpathica et .S. stellaris. L'exposant a signalé les parti- 
cularités et les avantages de ce remarquable mode de culture. - P. 3. 

2" De M. Frédéric Delécraz, jardinier de la campagne 
Henry Pasteur, au Grand-Saconnex : 

Anthurium Scherzerianum grandiflorum (éclat de 2 ans). - P. l. 

3° De M. Joseph Grutter, jardinier de la campagne Dupont 
a Rellerive : ^ «^ i j 

Roses coupée.s, de 12 variétés grimpantes et de plein air Thés- 
Gloire de Dijon, M- Bérard, M- Emilie Dupuy, M- Euoénie Ver- 
dier, Mai'échal Niel, May Paul, Reine Marie-Henriette ^iVo^•.e«e• 
M 'Deschamps, Ophirie, Rêve d'or, William Allen Richardson • Hu- 
bnce remontante: Général Jacqueminot. - Clématite à grande 'fleur 
Œillet de semis. — P. 2. «^ . 

CULTURE LÉGUMIÈRE 
De M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard : 
Laitues : grosse Bossin, Cabus rousse de Hollande, Paresseuse 



— 112 — 

Reine des laitues, Romaine brune maraîchère, Tricolore, de Ver- 
sailles ; Pois télégraphe, Radis rose à bout blanc. — P. 4. 

Remise à M. François Gallay d'une médaille de vermeil grand 
module, avec félicitations de M. le président, pour ses cultures for- 
cées de haricots et de fraises. (Voir le rapport sur ce sujet dans notre 
livraison de mai dernier.) Applaudissements. 

Lecture, par M. Auguste Dufour, de son rapport sur l'Exposition 
de la Société d'horticulture pratique de l'Ain, à Bourg-en-Bresse, les 
23-25 mai 1891. Longs applaudissements. 

Conférence de M. Théodore Guillermin sur l'incision annulaire. 
Explications de la théorie, de la pratique et des avantages de ce trai- 
tement appliqué r certaines cultures fruitières. Compliments de M. le 
président et applaudissements. 

Election de deux membres du Comité, par suite de la démission 
de MINI. Auguste Dufour et Louis Decorges. Nombre des votants : 86. 
Sont nommés : 

MM. Jean Velin, maraîcher à Plainpalais, par 55 voix. 

Fréd. Delécras, jardinier au Grand-Saconnex, par 53 voix. 

Séance levée à 3 h. ^U- 

Le secrétaire-général^ 

D. Triboulet. 



Grands Concours de Chrysanthèmes, 
d'Œillets et d'autres Plantes fleuries, 

OUVERTS ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du 12 au 15 novembre prochain, 

dans la grande salle du Stand de la Coulouvrenière. 

Concours séparés entre horticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME 
Chrvsantliènies. 

i" Concours.— Collections générales de variétés tant anciennes que 

nouvelles, cultivées en pots. 
2^ Concours. — Collections de 100 variétés, cultivées en pots. 
3' Concours. — Collections de 50 variétés, » 

4" Concours. — Collections de 25 variétés, 
5* Concours. — Collections générales de plantes relevées de pleine 

terre. 
6' Concours. — Collections d'au moins 50 pieds de la même variété. 

Pour les fleurs coupées, mêmes conditions de concours, avec des 
différences de prix. 



— 113 — 

CEillets et Plantes fleuries. 

1" Concours.— Collections générales d'CEillets. 

2" Concours. — Collections d'Œillets de 25 variétés de choix. 

3' Concours. — Collections d'au moins 50 pieds d'Œillets de la 

même variété. 
4' Concours. — Collections de Plantes fleuries de la saison. 

11 sera décerné des Prix d'honneur et de 1'", de 2' et de 8" classes 
sous forme de médailles de vermeil, d'argent et de bronze, en grand 
et petit module, ou de la valeur de celles-ci en espèces. 



Livres offerts à la Société. 

Angiolo Pucei, prof, à l'École d'horticulture de Florence : 
Les Cypripedium et genres affines. Histoire, description, syno- 
nymie et culture des espèces, variétés et hybrides connues jusqu'à 
ce jour. Florence, 1891; in 8% 218 pp. (don de l'auteur). 

Charles «Joly: 

Note sur le Jardin botanique de Saint-Louis (États-Unis). Paris, 
1891, in-8°, 3 pp. (don de l'auteur, membre honoraire). 



Rapport sur l'Exposition d'Horticulture de Bourg. 

Messieurs, 

Désigné par le Comité pour représenter notre Société auprès de 
la Société d'Horticulture de l'Ain, j'ai l'honneur et le plaisir de vous 
rendre compte de la mission qui m'a été confiée. Cette Exposition s'est 
ouverte à Bourg, à l'occasion du grand Concours régional d'agricul- 
ture, dans le jardin qu'elle possède, boulevard du Champ de Mars, le 
samedi 23 mai, à 10 heures du matin. C'est là que les nombreux délé- 
gués des sociétés correspondantes ont été reçus par le sympathique et 
dévoué président, M. Moyret, et que le jury s'est constitué avant de 
commencer ses opérations. M. Léon de la Bastie a été nommé prési- 
dent honoraire et votre délégué a été ensuite désigné pour remplir 
les fonctions de président du jury. Je n'hésite pas, messieurs, à en 
reporter tout l'honneur à notre chère Société, pour laquelle nos amis 
de Bourg ont une attention toute spéciale. M. Éug. Delaire, de la 
Société d'Horticulture d'Orléans, a eu les fonctions de secrétaire, et 
M. Michel, de la Société de Besançon, celle de vice-secrétaire. 



— 114 ^ 

La Société avait mis à la disposition du jjiry u^ certain nombre 
de récompenses provenant, pour la plupart, d'une subvention gra- 
cieuse de la ville de Bourg, savoir : un objet d'art du Président de la 
République, 10 médailles d'oi-, 10 médailles dé vermeil, 25 médailles 
d'argent et 20 médailles de bronze. A ce total de 65 médailles, il faut 
en ajouter plusieurs autres offertes par le miuistre de l'Agriculture, 
une médaille d'argent de la Société du canton de Vaud, une dite de 
notre propre Société, et un prix en argenterie de votre délégué. 

Malgré la température défavorable d'un printemps froid et plu- 
vieux, qui a retardé ou compromis la venue de bien des plantes, cette 
Exposition était cependant bien réussie, et nous nous bornerons à 
constater que le Comité d'organisation a fait tout sou possible pour 
distribuer les différents groupes de plantes, dans le Jardin de la So- 
ciété, avec un goût parfait. Bien que le temps fut incertain ou plu- 
vieux, un très nombreux public n'a cessé de visiter cette exhibition 
florale, qui était absolument gratuite. 

A droite de l'entrée du jardin, on remarquait plusieurs massifs de 
Plantes grasses, de Calla, à'Hoteia et d'Ho7-tensia, appartenant à 
M. Rochon, horticulteur à Bourg. Le même exposant avait encore un 
superbe massif de Roses fleuries et, sur les gradins couverts, situés 
à gauche de l'avenue, des lots de Broméliacées, de Coléus, de Bégo- 
nias rex, de Primula obconica, de Dracœna^ de Caladium et de Gé- 
raniums zonales. Il remporte la coupe offerte par le Président de la 
République pour l'ensemble de son exposition. 

M. Cavaliei'-Gointet, horticulteur à Bourg, avait des massifs de 
Lauriers-roses, de Résédas, à'Aralia Sieboldii, des Héliotropes, des 
Rosiers en pots, des Galcéolaires, Rhododendrons, Ficus, Bégonias 
rex, Aspidistras d'une bonne venue. Il reçoit pour sa belle expo- 
sition la médaille d'or du ministre de l'Agriculture. 

Signalons encore la collection de Géraniums zonales de M. Gobet 
fils, horticulteur à Bourg. Il obtient la médaille de la Société vaudoise. 

Les fleurs coupées figuraient dans la belle salle des séances de la 
Société. On y admirait tout d'abord la superbe collection d'Amaryllis 
et de Bégonias tubéreux à fleurs doubles de M. Treyve-Marie, horti- 
culteur à Moulins fAlliei-), semis de l'exposant, dont les coloris nou- 
veaux et divers et la grandeur des fleurs surpasse les variétés con- 
nues jusqu'à ce jour. Il remporte la médaille d'argent de la Société 
d'Horticulture de Genève. 

MM. Rivoire père et fils, à Lyon, avaient des Pivoines arbores- 
centes et des Iris très beaux, et, devant l'entrée du bâtiment, un 
grand massif de Pétunia grandiflora superbissima, dont les fleurs 
énormes et les coloris nouveaux ont fait l'admiration des visiteurs. 



— 115 — 

Signalons encore les bouquets, corbeilles et couronnes de MAI, Ro- 
chon et Gavalier-Gointet. 

Près de là, étaient exposés les deux, livres de M. H. Gorrevon ; les 
Plantes des Alpes et les Fougères rustiques, auxquels un jury spécial 
a décerné une médaille d'or, avec félicitations. Vous voudrez bien 
vous joindre à moi, messieurs, pour adresser à notre dévoué collègue 
nos meilleurs compliments pour les succès brillants que remportent 
ses deux ouvrages à l'étranger. 

•Je passe sous silence les collections de bois, d'insectes, les her- 
biers et les ouvrages qui ont un rapport direct avec l'instruction 
horticole dans les écoles, et j'arrive à la section des Légumes, où 
j'ai fonctionné. Ceux-ci, disposés sous des tentes et sur des gra- 
dins, étaient tous d'une belle venue, étant donnée la saison défa- 
vorable. Nous y avons remarqué de belles collections de Pommes 
de terre nouvelles, des Haricots, des Pois nains el à rames, des Sa- 
lades et Ghoux pommés, des Asperges et de beaux Melons. G'est 
M. J. M. Desmaris, maraîcher à Bourg, qui obtient la médaille d'or 
grand module avec félicitations du jury. Les collections de MM. Jules 
Barsu et Laurent Âubry obtiennent chacune une médaille d'or, et 
M. .Jules Girard une médaille de vermeil. Les lois de MM. Rivoire 
père et fils, Desniaris, Philibert Giraiid, Comte et Guichard, rempor- 
tent des médailles d'argent. 

Les Conifères, arbustes, plantes à feuillage, de serre ou d'orange- 
rie étaient disséminés sur la pelouse du jardin. M. Fréniion-Baboud, 
pépiniériste à Bourg, remporte la médaille d'or avec félicitations du 
jury pour ses belles collections. On y remarquait surtout des Abies 
lasiocarpa et des Thuya fîliformis de semis. M. Francisque Gobet 
avait aussi plusieurs lots méritants, notamment des Conifères de 
haute taille, des Aralia Sieôoldii, Evoni/mus et une collection de Fu- 
sains panachés d'une culture irréprochable. M. Gavalier-Gointet avait 
des DraccB'ria cannœfolia^ Chamœrops excelsa, Pliœnix canariensis, 
bien cultivés. 

L'industrie horticole comprenait à elle seule de nombreux expo- 
sants. Sans vouloir les passer tous en revue, permettez-moi de vous 
signaler la belle exposition de poterie fine et artistique de M. Cuinet- 
Buis, à Bourg, dont le bon goût et le fini décoratif peuvent rivaliser 
avec ce qui se fait de mieux chez nous. Les prix en sont modiques et 
à la portée de toutes les bourses. M. Léon Favier obtient la médaille 
d'or pour sa belle taillanderie, de même que M. Antoine, dit (jlhe- 
valon, pour ses tonnelles en fer et châssis nouveaux, reconnus très 
pratiques. 

Je ne puis terminer cette énumération sans adresser au jardinier- 



- 116 — 

chef, M. Perrin, mes compliments empressés pour la mise en état de 
la décoration de l'Exposition et la bonne tenue du jardin d'essai de 
la Société. Les diverses cultures fruitières et potagères confiées à ses 
soins font honneur au talent de cet habile jardinier. 

A 6 heures, exposants et jurés se sont réunis dans la grande 
salle de Thôtel de la Paix. Un fort beau diner y a été servi et la plus 
grande cordialité n'a cessé d'y régner. M. Moyret, président, a ouvert 
la série des toasts en souhaitant la bienvenue aux autorités. Il re- 
mercie les membres du jury et particulièrement ceux de Genève et 
du canton de Vaud d'être venus apporter à cette fête florale le con- 
cours de leur savoir et de leur impartialité. M. Debax, préfet de l'Ain, 
et M. Loiseau, représentant de la ville de Bourg, ont bien voulu pro- 
noncer quelques paroles aimables pour la Suisse, à laquelle ils ont 
fait de discrètes allusions patriotiques. .Je n'ai pas besoin de vous 
dire qu'il a été répondu à ces délicates attentions par des remercie- 
ments chaleui-eux pour cette cordiale invitation. Ajoutons que la 
Diane Bressayie, une nouvelle société de cors de chasse, qui a pour 
président M. Moyret fils, a bien voulu faire entendre, pendant la 
durée du banquet, les plus beaux morceaux de son répertoire. 
Qu'elle reçoive ici toutes nos félicitations ! 

Le lendemain dimanche, à 2 heures, invitation de M. le préfet de 
l'Ain au Théâtre, pour assister à la délivrance des prix. Enfin, grâce 
à la généreuse initiative de M. Moyret, les deux délégués suisses ont 
eu le privilège de participer au grand banquet du Concours régional 
agricole, à l'Institut Garriat, sous la présidence d'un délégué du gou- 
vernement. 

Il me reste, eu terminant, à remercier M. le président Moyret, 
ainsi que les membres du bureau de la Société d'Horticulture de 
l'Ain, du sympathique accueil qu'ils ont fait à votre délégué et de la 
réception amicale et fraternelle qu'ils lui ont réservée. J'en conser- 
verai longtemps le souvenir. 

Auguste DuFOUR. 



Les Gentianes. 

{Fin.) 

La grande Gentiane jaune, qu'on a l'audace de détruire 
pour en faire une exécrable liqueur, bonne, il est vrai, 
pour l'estomac, est l'une des plantes les plus ornementales, 
les plus architecturales qu'on puisse cultiver. Je n'ai pas à 
vous la décrire, car vous la connaissez tous dès votre en- 



— 117 - 

fance, puisqu'elle est le royal ornement de nos pâturages 
alpins et jurassiques, et qu'elle descend jusqu'au pied du 
Salève. C'est une plante précieuse pour l'ornement des 
pelouses, jardins pittoresques, etc., où ses tiges dres- 
sées, hautes de 1 V2 à 2 mètres, font le plus grand effet. 
La diète provinciale du Tyrol a voté l'interdiction de l'ar- 
rachage des jeunes pieds de Gentiana lutea et elle a eu fa- 
meusement raison. Que les amateurs de liqueurs fortes 
cultivent les Gentianes comme ils le font pour l'absinthe, 
et nul n'aura rien à leur dire. Cette culture est des plus 
faciles ; c'est celle de toute plante vivace pivotante. 

Enfin, nos jardins possèdent depuis longtemps l'une 
des plus belles plantes vivaces dans le Gentiana asclepia- 
dea L., espèce superbe, appartenant aux pentes humides 
et ombragées des régions montagneuses de l'Europe et du 
Caucase. Plante à tiges élevées de m. 35 à m. 50, gra- 
cieusement arquées, à fleurs d'un beau bleu de Prusse, 
réunies en un long épi feuille au sommet des tiges. On en 
possède une belle variété à fleurs blanches. Il faut à cette 
plante un sol frais, poreux et profond et une position 
ombragée. 

Il est beaucoup d'autres Gentianes que les amateurs 
alpins cultivent avec succès et qui font leurs délices, mais 
je ne dois pas oublier que notre Bulletin n'est point une 
encycloj)édie, et que je dois me borner aux espèces intro- 
duites en horticulture sous la Y\ihY'\c\\\Q plantes vivaces. 

H. CORREVON. 



Jardin botanique de la Linnsea. 

Ce jardin, situé, à près de 1700 mètres d'altitude, dans 
les Alpes du Valais, à Bourg-Saint-Pierre, sur la route du 
Grand St-Bernard, a été fondé il y a deux ans par les efforts 
persévérants de notre collègue M. H. Correvon, président 
de l'Association protectrice des plantes. Le Conseil fédéral, 
après une inspection officielle faite l'an dernier, lui a accordé 
une subvention de mille francs, et le Comité de notre 
Société lui a voté dernièrement un subside de cinquante 
francs. Nous ne pouvions mieux faire que de mettre cette 
gravure, due au burin de M. Mani, sous les yeux de nos 
lecteurs. 

La Rédaction. 
%^ — 



W y^'<: 



LINN^A BOREALIS 







-^ .\,:. W 



Sur les flancs de nos monts, il est une fleurette 

Au suave parfum, 
Qui fait l'éclat du jour, dérobant sa clochette 

Aux yeux de l'importun. 

Sa patrie est au loin, sous un ciel plus sévère, 

Près des glaces du Nord, 
Et nos torrents ont vu la charmante étrangère 

Croître aussi sur leur bord. 

Ses jolis rameaux verts s'étalent sur la mousse 

De nos vallons alpins. 
Formant près des vieux troncs sous lesquels elle pousse 

Le plus beau des jardins. 

Il semble qu'un reflet d'aurore boréale, 

A survivre obstiné, 
S'attarde et se mélange à la couleur d'opale 

De la fleur de Linné. 

H. CORKEVON. 




JARDJN BOTANIQUE ALPIN DE LA LINN.EA 

à Bourg-St-Picrre, en Valais 
(Altitude 1690 mètres) 



— 120 — 

De l'effeuillage dans la culture fruitière. 

Maintenant que Pomone, par ses abondants et savou- 
i*eux produits, commence à récompenser l'arboriculteur 
de toutes ses peines, celui-ci peut encore augmenter con- 
sidérablement la beauté et, partant, la valeur de ses fruits, 
au moyen de V effeuillage. 

Cette opération a deux buts principaux : modérer la vi- 
gueur d'un arbre ou d'une branche et faire acquérir aux 
fruits une plus belle couleur. 

Ce, n'est que dans le cas où les feuilles sont complète- 
ment attaquées par quelque parasite qu'il importe de faire 
disparaître, qu'on les enlève entièrement ; loi-squ'il ne 
s'agit que de modérer la vigueur ou de faire colorer le 
fruit, on se contente généralement d'enlever le limbe, en 
tout ou en partie, en conservant le pétiole. 

La suppression d'une partie des feuilles de l'extrémité 
d'un bourgeon constitue un des plus puissants moyens 
pour en modérer la vigueur, en le maintenant stationnaire 
pour quelque temps. C'est généralement sur le poirier et 
sur le pêcher, lorsque deux branches ou deux bourgeons 
sont d'inégale vigueur, qu'on pratique la suppression par- 
tielle des feuilles sur le bourgeon terminal ou sur tous les 
bourgeons de la branche forte, afin de maintenii- l'équilibre 
dans les branches d'un même étage ou d'un même arbre. 
Mais on pratique surtout l'effeuillage pour donner aux fruits 
une couleur appétissante, qui flatte l'œil du marchand et 
du consommateur. Outre la couleur, on arrive souvent à 
donner aux fruits un parfum plus prononcé et une saveur 
plus agi'éable. Généralement, on ne supprime les feuilles 
que sur les espèces et variétés de choix, et cela prinripale- 
ment sur le pêcher et sur la vigne, bien que certaines 
variétés de poires et de pommes le méritent de même. 

Pour effeuiller convenablement, sur le pêcher surtout, il 
faut avoir acquis une parfaite connaissance du lieu où l'on 
se trouve, de l'époque de maturité de chaque variété, de sa 
résistance aux rayons solaires, en tenant en même temps 
grand compte de l'exposition. Dans les climats chauds et 
secs, l'effeuillage doit se pratiquer un peu plus tard que là 
où la température est moins élevée et le ciel plus brumeux. 
Certaines pêches, celles à peau blanche surtout, sont très 
délicates et il faut ne les exposer au soleil qu'avec pru- 
dence et graduellement ; si on les soumet trop vite à une 
vive lumière, elles se tachent et durcissent au lieu de se 
colorei'. Celles qui mûrissent en juin, comme les améri- 
caines Rouge de mai, Amsden, Alexander, Downing 



— 121 - 

WUder, etc. peuvent être exposées au soleil pendant une 
quinzaine de jours sans souffrir ; toutefois un effeuillage 
prématuré les empêche de grossir. Il en est à peu près de 
même pour les pêches de septembre et d'octobre. Celles 
qui mûrissent pendant les fortes chaleurs de tin juillet et 
août se contentent, pour acquérir une belle couleur, de 
quatre ou cinq jours de vive lumière. Cependant, lorsque 
les arbres sont exposés au levant ou au couchant, on peut 
anticiper l'opération de trois ou quatre jours ; mais il faut 
agir prudemment pour ceux qui sont aux << faux cou- 
chants », car ils reçoivent le soleil en plein vers deux ou 
trois heures, alors qu'il est le plus chaud, condition qui 
fait souvent tacher les fruits. 

, Comment doit se pratiquer l'effeuillage f Autant que 
possible on le fait en plusieurs fois, eu commençant par- 
dégager les pêches des feuilles qui les couvrent latérale- 
ment, et puis, trois ou quatre jours plus tard, on supprime 
celles de devant. On conserve autant que possible une 
partie du limbe ou au moins tout le pétiole, surtout si la 
feuille à enlever se trouve à la base de l'œil qui doit fournil- 
le bourgeon de rem})lacement l'année suivante, afin de 
conserver cet œil en bon état. 

L'arboriculteur qui possède des pêchers à plusieurs 
expositions peut commence)- à pratiquer l'effeuillage le 
matin de bonne heure sur les arbres au couchant, puis, 
loi-sque le soleil ne frappe plus ceux du levant, il va sur 
ceux-ci, et enfin, le soir, il effeuille ceux qui sont au midi. 
Il doit faire en sorte, comme règle générale, de laisser la 
pêche découverte le plus longtemps possible avant de rece- 
voir en plein les rayons solaires, car pendant ce temps 
elle dui'cit quelque peu et offre plus de résistance à la 
forte chaleur. 

Ce qui vient d'être exposé à propos du pêcher peut 
également s'appliquer, avec quelques légères modifica- 
tions, à la vigne. Tandis que toutes les pêches gagnent à 
être exposées pendant quelque temps au soleil, certaines 
variétés de raisins, les noirs par exemple, ne s'en trouvent 
pas trop bien ; car souvent ils durcissent, mûrissent plus 
tard et manquent de cette pruine qui en fait le plus bel orne- 
ment. Les raisins blancs, particulièrement les Chasselas, 
le Muscat (V Ale.fandrie, le San Colombano gagnent beau- 
coup par l'effeuillage, en acquérant cette couleur dorée qui 
en augmente considérablement la valeur et qui finit par 
garnir d'or la bourse de Tintelligent cultivateur. 

Comme pour le pêcher, il faut ici tenir compte de 
l'époque de maturité, de la résistance aux i-ayons solaires, 



122 

et enfin de l'exposition. Certains raisins, ceux à [teHiculo 
verte spécialement, demandent à être effeuillés dès que la 
véraison a commencé, particulièrement loi-sque celle-ci est 
tardive. Les variétés à peau jaunâtre ou blanchâtre se 
colorent en huit ou dix jours, surtout si la maturité a lieu 
en août et commencement de septembre. Si les raisins 
sont au levant et qu'on se trouve dans un lieu où la ro- 
sée est abondante, il faut pratiquer l'opération lorsque la 
rosée a disparu, pour les empêcher de « griller .). Sur im 
même espalier on fait l'effeuillage de diverses manières: 
les grappes du bas. plus sujettes à la poui-riture, sont 
effeuillées en plein, afin de les faire mûrir- le |)lus tôt pos- 
sible ; celles du haut, au contraire, qui sont plus faciles à 
conserver, sont effeuillées partiellement en j)lusieurs foi^, 
afin de leui' faii-e perdre l'iiumidité qu'elles contiennent, de 
les rendre plus dures et quelquefois plus croquantes. Dans 
tous les cas, on commence par enlever les feuilles qui se 
trouvent entre le mur et la grappe, puis on supprime les 
latérales et en termine par celles de devant. En même 
temps que l'effeuillage on pi-atique quelquefois une légère 
torsion sur la grappe afin de ramener sur le devant le côté 
qui j-egardait le mur. La torsion ne doit pas êti'e trop forte, 
si l'on ne veut pas exposer le raisin à se fiétrir. 

En dehors du pêcher et de la vigne, la suppression des 
feuilles donne de bons résultats sur certaines variétés de 
grosses poires, comme le TfiornpJœ de Jodoigne, la Du- 
chesse d'Angoulême et surtout le Beurré Clairgeau et le 
Bon Chrétien M^iUianis, qui non seulement deviennent 
plus colorées, mais se présentent souvent beauduip plus 
lisses. Afin d'augmenter la couleur de certaines poire? . 
quelques cultivateurs ont même soin de bassiner quelque- 
fois les fruits avec de l'eau fraîche pendant les fortes 
chaleurs. 

Les Pommes d'Api, la Reinette de Champagne, le Cal- 
ville blanc d'hiver se trouvent également bien de l'effeuil- 
lage, à la condition toutefois que cette opération soit faite 
sous climat tempéré et brumeux; dans un lieu sec et 
chaud, ce serait provoquer leur chute. 

Aug. Ville, 

Professeur de pomologie à l'Ecole d'Horticulture de Florence (Italie). 



123 



Primula cortusoides amœna grandiflora. 

On a pu voir, au dernier concours organisé par notre 
Société au Stand de la Coulouvrenière, quelques pieds 
en plusieurs variétés de cette Primevère asiatique, ex- 
posée par M. Correvon. Les Heurs en sont larges, portées 
sur des tiges minces et bien dégagées du feuillage ; les 
corolles sent en général u-régulières. Les unes à pétales 
entiei'S, en forme de cceur, les autres frangées ou lacinées ; 
quant au coloris il est extrêmement varié et représente 




Primula cortusoides amœna grandiflora. 

toutes les nuances, du blanc le plus pui- au rouge le plus 
vif, en passant par le rose, le violet et le gris. Les semis 
fleurissent la même année et les plantes peuvent aisément 
se reproduire par division. 

En résumé, c'est une plante qui mérite d'être cultivée 
et qui remplacera avantageusement la Primevère obconica. 
Elle est, en outre, parfaitement rustique et peut garnir 
rochers ou plates-bandes, massifs ou sous-bois. Il lui faut 
la mi-ombre et un sol léger. 

L. Druz, 

Marchand grainier, 13, place Longemalle, Genève. 






- 124 - 

Les Cypripèdes. 

Le genre Cypripedium est le plus intéressant, le plus 
répandu et le plus riche d'entre les Orchidées terrestres. 
Les espèces, et surtout les variétés comprises dans ce 
geni'e. sont si nombreuses qu'on se perd dans leur nomen- 
clature. Aussi le joli petit volume de 220 pages que vient 
de publier, en langue française, M. A. Pucci, professeur à 
l'École d'horticulture de Florence , est-il des plus op- 
portuns et sera-t-il fort bien accueilli par les amateurs. Ce 
îivi'e, écrit dans un français pur et clair, sera un guide 
pratique pour les cultivateurs et leur sei-vira de catalogue 
pour classer les espèces qu'ils possèdent. Chaque espèce 
ou variété est décrite avec soin, et M. Pucci nous semble 
avoir fait là un beau ti-avail, non seulement de compilation 
en ce qui regarde les données botaniques, mais bien ori- 
ginal pour ce qui regarde les cultures et surtout l'histo- 
rique de chaque espèce. On peut lui reprocher, au point de 
vue purement scientifique, un peu trop de brièveté dans les 
descriptions. L'amateur et surtout le cultivateur praticien, 
ne s'en plaindront pas. Le volume que nous présente 
M. Pucci sous le titre: Les Cypripedium et genres affines 
est un guide indispensable à tout cultivateur d'Orchidées. Il 
comprend l'histoire, la description et la synonymie de toutes 
les espèces, variétés et hybrides connues jusqu'à ce jour, et 
nous ne pouvons qu'en recommander bien chaudement 
l'acquisition à tous les amateurs de ces curieuses plantes. 

H. C. 

Les outils de jardinage américains. 

Dans notre Bulletin du 1'^' mai's 1890, nous avons attiré 
l'attention des cultixateurs sur les outils spéciaux en usage 
dans l'Amérique du Nord pour la grande culture maraî- 
chère. On a inventé, à cet effet, une série de petits instru- 
ments fort pratiques, à la fois très solides et très légers, et 
surtout très peu chers, qui économisent beaucoup de main 
d'œuvre et servent à labourer, ratisser, herser, aplanir, 
butter ou diviser le terrain. 

Nous devons à l'obligeance de l'Agence agricole Paul 
Martin, à Lausanne, qui a introduit ces instruments en 
Suisse, de pouvoir metti-e sous les yeux de nos lecteurs 
les figures des principaux d'entre eux. Ils ont été essayés 
avec succès par quelques-uns de nos maraîchers gene- 
vois, dans les terres moyennes ou légères, et nous en re- 



- 125 - 

commandons vivement l'introduction dans notre pays. Il 
est certain qu'ils contribueront beaucoup à la solution du 
problème de la pj'oduction à bon marché, et ils rendront 
bien des services pour les cultures en sillons dans les jar- 
dins maraîchers et dans les pépinières. 

N° 24. Charrue à bras. — Cet outil, qui, à première 
vue, semblera aux jardiniers plutôt un jouet qu'un instru- 
ment pratique, est réellement d'une grande utilité dans les 
jardins. Elle peut, en passant deux fois, remplacer la bêche. 




Fig. 24. — Charrue à bras. 



ou s'utiliser pour former les rigoles dans les carrés d'arti- 
chauts, butter, planter les poireaux, etc., ainsi que pour le 
déchaussage des plantes. Elle se manie avec la plus grande 
facilité. 

N° 10. Houe à bras à 2 roues combinées, avec charrue, 
cultivateur et râteau. — Outil indispensable dans tous les 
jardins maraîchers ou potagers : il est d'une extrême légè- 
reté et se prête à de nombreuses combinaisons différentes, 
pour effectuer d'une manière rapide et plus efficace qu'à 
bras tous les travaux de la culture légumière. Le pont re- 
liant les deux roues est une disposition particulière per- 
mettant de travailler de chaque coté d'un rang sans en- 



- 1X^(3 - 

dommager les plantes, même lorsqu'elles ont atteint une 
certaine hauteur. On peut y adapter la ratissoire, le râteau, 





Fig. 10. — Houe à bras à deux roues combinées 
avec tous ses accessoires. 



la charrue, le sarcloir, etc. Avec cet instrument, l'on peut 
biner, ratisser et butter au moins cinq fois plus vite qu'avec 
tout autre outil, et cela avec beaucoup moins de fatigue, 
car il n'est pas besoin de se courber. On l'utilisera princi- 
palement dans les carrés de choux, de céleris, de haricots, 
de pois, d'artichauts et d'oignons, ainsi que pour les frai- 
siers. 

Les figures 11, 12, 13, 14, 15 et 16 montrent les diffé- 
rentes dispositions de cette Houe à deux roues et les partis 
qu'on en peut tirer. 



(A suivre.) 



Auguste DuFouR. 



NB. Nous sommes heureux d'annoncer que MM. Forestier frères, 
Tour de l'Ile, à Genève, ont obtenu le dépôt de ces outils américains, 
et nous engageons les membres de notre Société à les visiter. 



■^^^%^- 



- 127 — 




nm 




Fi». 11. — <:iiltiv;int avec râteau. 



Fig. 12. 



Binant <le cliai|ne coté d'un 
raiio. 




Fjg. Ici. — Ui'^posée comme cultivalenr 




Fig. 14. Binant eijl;(> les rangs, roues 
placée.s à l'intéi-ienr du pont. 



* 



Fig. 15. — Chaussant un rang. 




Fig. IG. 



— Binant les Fraisiers. 



- 128 - 
CHRONIQUE HORTICOLE 



Manière de manger les fraises. — Un peu de vinaigre, — quelques 
gouttes, — jeté par dessus, a la propriété de développer l'arôme d'un 
plat de fraises: cela parait étrange, mais c'est ainsi, essayez! Ce li- 
quide peut être remplacé pai du jus de citron, ce qui fait l'alliance 
de deux fruits. Les uns préféreront le vin blanc ou rouge, avec du 
sucre, encore ne faut-il pas noyer les fruits dans un déluge, comme 
ou le voit parfois; d'autres sont fanatiques du Champagne, ce qui 
n'est pas mentir aux sacrés préceptes d'Epicure; le kirsch a les fa- 
veurs de beaucoup. Une suprême débauche est de marier les fraises 
avec de la crème fraîche, de les saupoudrer de sucre et d'y mêler 
quelques gouttes de vieux cognac, c'est tout simplement paradi- 
siaque, et le lecteur à qui une telle recette est révélée devrait à ce 
journal une reconnaissance sans pareille. 

On fait des beignets aux fraises, mets rare autant que déli- 
cieux; pour ce, on les trempe dans la pâte à beignets ordinaires et 
on fait frire. Quant aux confitures, elles sont difficiles à réussir: 
n'épargnez pas le sucre, il faut presque livre pour livre et une longue 
cuisson. 

(La France agricole.) 



NECROLOGIE 

M. Michel Chauvet, ancien Conseiller d'État, décédé le 
30 mai dernier, dans sa 68"" année, taisait partie depuis plu- 
sieurs années de notre Société et y était sincèrement attaché. 
Nous adressons à sa famille l'expression de nos sympathiques 
regrets. 



pour HORTICULTEUR un terrain de 

3200 m., situé à Montbrillant, entre le chemin 
de la Voie Creuse et la route de Feruey ; sta- 
uion de la Voie Etroite. S'adresser à E. Balland, Coulouvreniére, 2. 



A LOUER 



GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



3T" AJSTNÉE 8' LIVRAISON AOUT 1891 



BULLETIN 



DE I.A 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENEVE 



FOisrr>EE E3sr isss 



Somniaîre : Avis. — Programme du Concours de Chrysan- 
thèmes. — Exposition de Grenoble. — Les outils de jardinage 
américains (tin) (avec gravuies). — Le Freesia réfracta — Scir- 
pus Tabern^niontani, var. zebrina (avec gravure). — A propos 
du Lilium auratum. — Erratum. — Chronique horticole. — An- 
nonces. 



AVIS 
COMMISSIOIV DU BULLETIIV 
M\l. Correvon, Henry, président; Dufour, Au- 
guste, secrétaire ; V'\'elter, Henri, prof. 

Membres adjoints : MM. Empeyta, Ch.-IL.ouis ; 
Decorg-es, Louis ; Haasis, Albert ; Caillât, Louis. 



MM. les Sociétaires demeurant à l'étrang-er 
sont avisés que la cotisation pour 18SI1 sera 
prise en remboursement par la 2>oste le ler sep- 
tembre. 



Les dates des Assemblées générales de 
1 S9 1 ont été fixées comme suit : 

Les dimanches 4 octobre et 30 dé- 
cembre, à S h., dans la Grande Salle 
des Amis de l'Instruction. 



Par suite d'une décision de son Comité, la Société d'Horti- 
culture de Genève organise de nouveau un grand Concours de 
Chrysanthèmes, qui aura lieu les 12, 13, 14 et 15 novembre 
prochain, au Stand de la Coulouvrenière. 

Nous espérons que MM. les horticulteurs, jardiniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ce Concours. 



— 130 — 

Grands Concours de Chrysanthèmes, 
d'Œillets et d'autres Plantes fleuries, 

OUVERTS ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du 12 au 15 novembre prochain, 

dans la grande salle du Stand de la Coulonvrenière. 

Concours séparés entre hoi-ticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME 
Chrysanthèmes. 

i" Concours. — Collections générales de variétés tant anciennes que 

nouvelles, cultivées en pots. 
2' Concours. — Collections de 100 variétés, cultivées en pots. 
3* Concours. — Collections de 50 variétés, » 

4' Concours. — Collections de 25 variétés, » 

5* Concours. — Collections générales de plantes relevées de pleine 

terre. 
6' Concours. — Collections d'au moins 50 pieds de là même vai'iété. 

Pour les fleurs coupées, mêmes conditions de concours, avec des 
différences de prix. 

Œillets et Plantes fleuries. 

i" Concours. — Collections générales d'Œillets. 

2" Concours. — Collections d'Œillets de 25 variétés de choix. 

3* Concours. — Collections d'au moins 50 pieds d'Œillets de la 

même variété. 
4" Concours. — Collections de Plantes fleuries de la saison. 

11 sera décerné des Prix d'honneur et de 1", de 2' et de 3* classes, 
sous forme de médailles de vermeil, d'argent et de bronze, en grand 
et petit module, ou de la valeur de celles-ci en espèces. 



131 



Exposition de Grenoble. 

Nos voisins de l'Isère, encouragés par leurs succès passés, ont or- 
ganisé, pour les 13, 14 et 15 juin, nue fort jolie Exposition florale à 
laquelle ils ont bien voulu nie convier comme juré, et qui a admira- 
blement réussi. Quand je vous aurai dit que cette fête des fleurs avait 
pour théâtre le beau parc ombragé du Jardin des Plantes de la ville, 
vous comprendrez qu'avec un pareil cadre le tableau ait été réussi. 

Le jury était composé de MM. Moyret, président de la Société 
pratique d'Horticulture de l'Ain : Grasset, délégué de la Société 
d'Horticulture de Mâcon ; G. Luizet, délégué de la Société d'Horticul- 
ture pratique du Rhône; G. Lavenir, délégué de l'Association horti- 
cole lyonnaise; Domenget, de Ghambéry; Otin, de St-Etienne, et du 
soussigné qui, grâce à sa qualité de Suisse, a été nommé président 
du jury, M. Moyret en étant le rapporteur. 

En fait de plantes, je n'ai rien vu là de bien nouveau, hormis deux 
variétés de mérite dont M. Allemand, membre correspondant de 
notre Société, directeur du Jardin des Plantes et jardinier-chef de la 
ville, avait fait deux corbeilles, le Géranium zouale Vulcam et un 
Bégonia semperflorens, dit Vernon, à fleurs d'un rose vif très bril- 
lant ; hormis encore un lot de Roses nouvelles obtenues et exposées 
par M. Pernet-Ducher de Lyon et dont deux, en particulier, nous ont 
paru exceptionnellement méritantes. Ce sont: 

1° Beauté de Lyon, Rose thé, tenant de l'Ophyrie, mais réellement 
supérieure à tout ce qu'on connaît dans ce genre. G'est un coloris su- 
perbe, un vrai corail velouté, saumoné, qui a surpris tous les con- 
naisseurs. . . et moi, qui n'en suis pas un: 

2° La Fr-aîcliew, bien dénommée vraiment, à corolle passant d'un 
rose tendre au rose le plus vif, à boutons élégants et bien formés. 

Ces nouveautés ont remporté une médaille d'or. 

MM. Rivoire et fils, de Lyon, offraient une superbe collection de 
fleurs coupées, parmi lesquelles j'ai remarqué bien des choses inté- 
ressantes et, en particulier, toute la série des Pivoines herbacés de 
Chine, que MM. Rivoire ont grandement raison de mettre en relief. 
En outre, superbe collection de plantes vivantes et bien fleuries, d'un 
Pétunia qu'on a nommé à bon droit superhissima. Ces messieurs ont 
remporté une médaille d'or. 

C'est un horticulteur de Grenoble, M. Lallemand, qui a reçu le 
grand prix d'honneur, consistant en un superbe vase de Sèvres, offert 
par M. le président de la République. 

M. Ginet, malade, n'a pu prendre part à cette joute florale, mais 



- 132 - 

avait tenu, pourtant, à ne pas laisser oublier ses favorites, les plantes 
alpines et vivaces, qui étaient représentées dans son lot par des 
fleurs coupées, de belle venue et parfaitement étiquetées. Du reste, 
les plantes alpines occupaient un bon rang à l'Exposition de Gre- 
noble, car, tandis qu"à Genève nous n'avons généralement qu'un seul 
exposant pour cette partie-là, les vertes pelouses du Jardin de Gre- 
noble hébergeaient, outre le lot Ginet, deux, groupes de plantes al- 
pines en pots, dont le plus brillant, incontestablement, était celui de 
M. Allemand. Il avait créé là de fort jolis rochers, improvisés à la 
dernière heure, dit-il, mais qui n'en avaient que plus de grâce et de 
fraîcheur et que décorait l'incomparable flore des Alpes et des Pyré- 
nées, dans tout son éclat et sa variété infinie. M. Allemand a été puis- 
samment aidé par un jeune employé du Jardin des Plantes, M. Pouyet, 
qui est également membre de notre Société d'Horticulture de Genève. 

J'en passe, et des meilleurs, car je n'ai pas la prétention ni le droit 
de faire ici un rapport de l'Exposition de Grenoble. 

J'ajoute seulement que, dans ce beau nid de verdure et sous le 
bleu ciel dauphinois, les massifs de plantes ainsi disséminés dans ce 
sanctuaire de la botanique, produisaient bien plus d'effet que ce que 
nous empilons dans nos salles, vierges de toute poésie. 

D'un autre côté, je conseillerai fort à nos amis de Grenoble d'a- 
bandonner le système des bouteilles pour les fleurs coupées, et d'a- 
dopter celui qu'a introduit dans nos expositions notre habile archi- 
tecte, M. Grobéty, qui consiste à établir un lit de sciure de bois ou 
de sable humide recouvert d'une couche de mousse bien verte qu"on 
bassine souvent et dans laquelle on pique les tiges des fleurs. C'est 
plus artistique et bien plus agréable à la vue. 

Je ne terminerai pas cette courte notice sans féliciter M. Allemand 
pour ses cultures, admirablement comprises, et le remercier pour le 
dévouement dont il a fait preuve en contiibuant à la féussite de cette 
Exposition par la part très large qu'il y a prise, d'une façon tout à 
fait désintéressée, puisqu'il exposait hors concours un nombre consi- 
dérable de plantes. Elles étaient, ou bien réunies en corbeilles, ou 
bien disséminées comme garnitures dans l'orangerie ou le long des 
sentiers du Jardin, et formaient à elles seules près de la moitié de 
l'Exposition. On comprend qu'un établissement public ou subven- 
tionné ne soit pas admis à concourir — en France, du moins, il en 
est ainsi — mais on n'en doit que plus de reconnaissance au dévoue- 
ment désintéressé qui amène un pareil appoint dans une exposition 
et contribue gratuitement à sa réussite. Il est juste d'ajouter que le 
jury a, à l'unanimité, prié le Comité de la Société de bien vouloir 



- rxi — 

décerner à M. Allemand une récompense qui lui a été accordée sons 
la forme d'un bel objet d'art, délivré dans la séance solennelle et pu- 
blique où eut lieu la remise des prix aux lauréats. 

Un banquet, auquel assistaient les autorités gouvernementales et 
municipales de Grenoble et présidé par M. le préfet de l'Isère, a res- 
serré encore les liens qui unissent notre Société à plusieurs de ses 
sœurs de France. Des discours chaleureux y ont été prononcés en fa- 
veur de la Suisse, en général, et de la Société d'Horticulture de Genève 
en particulier, par les représentants de plusieurs sociétés horticoles' 
françaises et tout spécialement par M. le comte de Galbert,le secrétaire 
très actif et trop modeste de la Société d'Horticulture de Grenoble 
M. Moyret, président de la Société d'Horticulture de l'Ain, M le pré- 
fet de l'Isère, M. le maire de Grenoble, M. Allemand, etc.,' etc. Aussi 
me suis-je déclaré votre organe, chers collègues de la Société d'Hor- 
ticulture de Genève, en portant à ces chers amis de France un toast 
patriotique, sachant bien qu'en le faisant, je répondais à vos senti- 
ments à tous. TT r^ 

H. CORREVON. 

Les outils de jardinage américains. 

(Suite.) 

Dans un précédent article nous avons fait connaître les 
avantages de la /.o«e à 6/Y,.s à deux roues combinées oui 
obtiendra la préférence des cultivateurs, bien que son pi^ix 




Fig. 19. — Binant à la fois les deux côtés d'un rang. 

en soit plus élevé; mais dans certaines cultui^es la houe à 
01 as a une roue combinée devra être emplovée, par suite 
de la facilite a passer dans les rangs très étroits et touffus 



— 134 — 

Toutefois, elle ne permet pas de travailler simultanément 
les deux côtés d'un même rang lorsque les plantes sont 
hautes. Cet outil est excellent pour biner les betteraves, 
les pommes de terre, pour butter et ratisser les diverses 
plantations d'un jardin maraîcher. Il s'emploie aussi pour 




Fig. 20. — Caltivaut légèrement avec le râteau. 

la vigne et la pépinière, et son grand avantage est de pou- 
voir servir à différents usages, car les accessoires se 
changent avec la plus grande facilité. Si la terre est forte 
ou a été trop longtemps piétinée, l'instrument se tire par 
un ouvrier au moyen d'une corde fixée à l'essieu de la roue 
par deux petits crochets. (Fig. 18.) 




Fig. 21. — Binant entre les rangs. 

La figure 19 nous montre la machine binant à la fois 
les deux côtés d'un rang. Elle sert à ratisser les mauvaises 
herbes, même très près des plantes, et exécute ce travail 
avec promptitude et d'une manière toute aussi régulière que 
la ratissoire ordinaire. 



— 135 - 




Fig. 18. — Houe à une roue avec tous ses accessoires. 




Fig. 4. — Semoir combiné avec tous ses accessoires. 



- 13(i - 

La figure 20 sert à herser les deux côtés d'un rang de 
légumes et à enlever les mauvaises herbes après le ratis- 
sage. Les dents de herse peuvent servir à cultiver légère- 
ment et le râteau se place dans C3 cas obliquement pour 
ne pas endommager les plantes. 




i«».'*':--^ 



Fig. 23. — Travaillant des choux. 

S'il s'agit, au contraire, de biner et de sarcler entre les 
rangs, on disposera les deux couteaux en acier comme dans 
la figure 21, 

La figure 22 nous montre la machine montée en charrue 
servant à butter ou à déchausser les choux, les céleris, 




Fig. 23. — Disposée en cliarrue. 



les artichauts, etc., en réglant l'instrument à la profon- 
deur voulue. On peut s'en servir aussi pour labourer ou 
défoncer les carrés d'un jardin. 

Enfin, la figure 23 représente un instrument à cultiver 
les choux ou pouvant s'adapter à toute autre plantation, 



— 137 — 

suivant les nécessités de la culture et d'une manière plus 
ou moins énergique en élevant ou en abaissant la roue. 

Le semoir à bras ouvre la raie, la recouvre de terre 
pulvérisée, et la roule ensuite en traçant avec le rayonneur 
l'écartement pour la ligne suivante. Ce semoir, très ingé- 
nieusement construit, distribue les graines de toutes 
espèces depuis les plus fines jusqu'aux graines de fèves 
et de haricots avec une régularité et une précision qui ont 
étonné ceux qui s'en sont servis pour la première fois. On 
peut adapter à cet outil tous les accessoires de la houe à 
bras à une ou deux roues combinées et exécuter le même 
travail, c'est-à-dire semer, biner, butter, déchausser et 
ratisser. (Fig. 4.) 

Ce semoir rendra de plus grands services dans la 
grande culture agricole que dans nos jardins maraîchers 
et bourgeois où l'usage de l'essarde sera toujours préféré 
pour exécuter un semis. Ce semoir exige naturellement 
que le carré ou le champ qu'on veut cultiver ait une cer- 
taine étendue et que les pierres ou les grosses mottes de 
terres ne viennent pas entraver sa marche. Cependant, 
nos maraîchers pourraient l'employer en semant en lignes 
continues les scorsonères et les carottes ; nous croyons 
qu'ils trouveraient un certain avantage à s'en servir, puisque 
le nettoyage des mauvaises herbes pourrait s'effectuer avec 
les outils que nous venons d'énumérer et réaliseraient 
ainsi une notable économie de la main d'œuvre. 

Les essais de ces outils ont été fait récemment et à plu- 
sieurs reprises par V Assoctation des maraîchers de Genève, 
dans divers jardins. Ils ont été très concluants et chacun 
a reconnu l'absolue nécessité de les adopter le plus tôt 
possible dans nos cultures. Ils aideront efficacement le 
travail manuel et contribueront, par la rapidité de celui-ci 
et la très grande économie de temps, à augmenter d'une 
manière sensible la production des légumes de notre pays. 

Ces outils sont en vente à l'Agence Paul Martin, à Lau- 
sanne, représentant généi'al pour la Suisse. Le dép(M à 
Genève est chez MM. Forestier frères, Tour-de-l'Ile. où on 
peut se les procurer et se l'endre compte de visii , de 
l'utilité de ces appareils réellement très pratiques et d'un 
prix peu élevé. 

Auguste DuFouR. 



138 



Le Freesia réfracta F.-W. Klatt. 

Noti-e Bulletin, dans ses N°' d'août et de septembre 1890, a déjà 
publié un court article et une figure du Freesia réfracta; aujour- 
d'hui nous avons l'avantage d'ofitVir aux lecteurs de ce journal, de la 
part de nos honorables correspondants, MM. Hillebrand et Brede- 
meier, des instructions exactes et très détaillées sur la culture en 
grand et en petit de cette plante, qui est appelée au plus In-illant 
avenir. La Commission du Bulletin est persuadée que nos sociétaires 
se joindront volontiers à elle pour exprimer à ces éminents horticul- 
teurs toute notre reconnaissance pour une si précieuse collaboration. 

Cette plante appartient à la famille des Ii'idées et est in- 
digène au Cap de Bonne-Espéi-ance, où, par sa tloi'aison 
printanière et l'élégance et le parfum de ses fleurs, elle joue 
le même rùle que chez nous le Muguet de mai : aussi est- 
elle désignée parfois sous le nom de Muguet du Cap. La 
souche consiste en un petit tubercule en forme de massue, 
dont la longueur peut atteindre jusqu'à 5 cm. Feuilles dres- 
sées, étroites, iancéolées-acuminées, assez fermes. Fleurs 
à périgone en forme d'entonnoir, divisé en 5 lobes, d'un 
blanc pur, les plus grandes longues de 9 cm. et larges de 
5 cm.; à la gorge, vers le bord supérieur, elles ont une 
tache jaune d'or, qui est plus ou moins grande suivant les 
variétés. Elles sont portées, au nombre de 10-20, debout 
sur une haimpe ronde, menue mais ferme, haute de 30- 
40 cm. et ramifiée chez les exemplaires les plus r-obustes ; 
elles sont douées d'un parfum très suave, qui rappelle celui 
des Oncidiuni. Cette hampe se réfractant ou se coudant à 
angle droit vers son sommet, il aiTive que chaque fleur à 
son tour vient se montrer sous son meilleur aspect, et, en 
déployant ainsi toutes ses qualités, pj-oduit un effet des 
plus chai'inants. 

Bien que le Freesia soit connu depuis assez longtemps 
dans certains de nos jardins, ce n'est guère que depuis six 
à huit ans qu'on a commencé de le cultiver en grand comme 
plante de marché, et que les mérites en ont été plus géné- 
ralement appréciés. Ce court espace de temps a suffi pour 
l'élever chez le public amateur au rang de ses fleui^s favo- 
rites, si bien qu'à présent déjà il s'en fait annuellement une 
consommation de bien des millions d'exemplaires. Mais si 
l'on réfléchit qu'il y a pourtant un grand nombre d'ama- 
teui\s et d'horticulteurs qui, pour diverses raisons, ne cul- 
tivent point le Freesia, l'on pourra imaginer quel riche dé- 
veloppement est réservé encore de tous côtés à la produc- 
tion suivie de ces fleurs ravissantes. Elles tiennent une 



— 180 — 

place distinguée parmi celles qui font au printemps l'ai- 
mable parure de nos jardins et de nos salons, telles que les 
Muguets, Jacinthes, Tulipes, Narcisses, Anémones, La- 
chenalias, etc., et grâces à l'élégance de leur forme, à la 
pureté et à la douceur de leur coloris, à l'exquise suavité 
de leur parfum, elles sont propres on ne peut mieux à en- 
trer dans la composition des bouquets même les plus tins, 
les plus précieux et de toute dimension. Elles méritent 
donc de la part des jardiniers-fleuristes la plus grande es- 
time et l'utilisation la plus étendue, et c'est avec le dessein 
de bien leur en faire reconnaître les qualités et comprendre 
la culture que ces lignes ont été écrites spécialement pour 
l'honorable Société d'Horticulture de Genève. 

Afin de retirer un juste profit de la culture d'une plante 
quelconque, il importe de travailler à la fois sur un nombre 
suffisant d'exemplaires ; cai-, quand on n'a affaire qu'à une 
petite quantité, l'on ne se sent guère disposé à leur vouer 
tout le temps et tous les soins qu'il faudrait. 11 en va ainsi 
des Freesias. Pour que la culture en soit bien rémunéra- 
trice, il faut opérer sur quelques milliers de pieds, au moyen 
de tubercules qu'on peut actuellement se procurer à très 
bon compte. Au mois d'août on les plante, comme on fait, 
par exemple, de la Tulipe ou du Muguet, dans des pots 
ou des caissons, remplis de bon terreau de couche, subs- 
tantiel et bien meuble. D'abord, les vases sont laissés à 
l'air libre, sans être arrosés et sans qu'on s'inquiète pour 
eux ni de la pluie ni du soleil ; on ne commence à leur four- 
nir de l'eau régulièrement qu'après les débuts de la végé- 
tation des tubercules. C'est alors aussi qu'il s'agit de 
mettre les vases sur couche froide et sous châssis, avec 
une constante aération. A mesure qu'avance cette végéta- 
tion, il faut de temps en temps administrer aux plants une 
légère dose d'engrais liquide, préparé avec de la bouse de 
vache bien lessivée ou des ràpuies de corne. Au commen- 
cement ou à la fin d'octobre, suivant le temps qu'il fait, les 
vases seront portés dans une serre tempérée, à des places 
claires et bien aérées et très rapprocliées du verre. De 
cette manière, on obtiendra en novembre des plantes pour- 
vues de boutons, et c'est alors seulement qu'elles doivent 
être mises dans la serre chaude. Sans d'ailleurs les chauf- 
fer du pied, on les tient ici tout près du verre et en position 
de recevoir du soleil, et, au moyen de copieux arrosages 
et de quelques additions d'un engrais liquide pas trop fort, 
on les amène à épanouir en décembre leurs premières 
fleurs. 

En vue d'une floraison plus tardive et qui dure long- 



-- 140 — 

temps, on plante, à partir du mois d'août, à différents in- 
tervalles, mais en suivant du reste les règles qui viennent 
d'être énoncées : cela importe surtout en ce qui concerne 
le placement des plantes dans la serre chaude, lequel ne 
doit jamais se faire avant la formation des boutons. On 
s'arrange à avoir fini, en octobre, de planter le i-estant des 
tubercules, et ceux-ci, étant tenus constamment dans des 
bâches, à l'abri du gel et en exposition claire et aérée, 
donneront des plantes dont la floraison aur-a lieu en avril- 
mai. 

En traitant les Freesias de la manière qui vient d'être 
exposée, nous leur faisons développer des fleurs d'une 
beauté parfaite, mais on ne saurait faire davantage pour en 
activer la végétation. Avec cette espèce de planie, il ne peut 
pas être question de la culture forcée qui s'applique au 
Muguet, à la Jacinthe, au Lilas,etc. Par là l'on n'obtiendrait 
que du feuillage, fort allongé, pâle et débile, et point de 
fleurs. Cela s'explique par la constitution de la souche du 
Freesia. Ici, nous n'avons pas comme chez les plantes sus- 
dites, une inflorescence rudimentaire et préexistant dans 
un germe, un bulbe ou un bourgeon — ainsi qu'on le véri- 
fiera facilement par le moyen d'une section longitudinale 
pratiquée sur ces organes ; mais le tubercule du Freesia, 
de môme que les autres qui sont propres à certaines Iri- 
dées, consiste en une masse charnue et informe de tissu 
cellulaire, de laquelle le travail de la végétation produit de 
toutes pièces une pousse florale. Il n'y a donc pas lieu ici 
de ((forcer» la sortie d'une inflorescence déjà ébauchée: 
c'est d'une production toute nouvelle qu'il s'agit, et celle-ci 
n'est pas de nature à être hâtée à l'aide d'un surcroît de 
chaleur. 

(La fin au prochain N"".) 

HiLLEBRAND & BrEDEMEIER, 
Horticulteurs à Pallanza [Italie, lac Majeur). 



Scirpus Tabernsemontani var. zebrina. 

Un jonc très original, qui provient du Japon, est le Scir- 
pus Tabernœniontani, var. zebrina ou syn. Juncus se- 
brinus, répandu dans les cultures européennes par la 
maison W. Bull, de Chelsea-Londres. 

Cette remarquable plante émet de longues pousses 



— 142 — 

alternativement colorées de bandes ou anneaux verts et 
blancs, ce qui lui donne la singulière apparence d'une 
touffe de piquants de porc-épic. 

Lorsqu'on cultive le Juncus ^zebririus en pot dans 
une serre fi'oide, il faut avoir soin de maintenir la terre 
constamment saturée d'humidité ; mais traité de cette 
manière, ses pousses ne dépassent guère de 50 à 80 cm. 
Livré au contraire à la pleine terre dans un sol maré- 
cageux, sur le bord d'un étang ou d'un ruisseau, ses tiges 
peuvent atteindre 1 m. 50 à 2 m. de hauteur. 

Sa multiplication s'opère facilement et très rapidement 
par la division des touffes. D'après le Gardeners' C/iro- 
iiicle de Londres, ce jonc ne serait qu'une variété panachée 
du Scrrpus Tabefnœmontani Gm., plante répandue dans 
tous les pays tempérés de l'Europe et de l'Asie, où elle 
croît dans les marais et sur le bord des rivières. 

(3tto Ballif, 

Membre correspondant de la Société d'Horticulture de Genève. 

A propos du Lilium auratum. 

On a souvent prétendu que les Lys dorés dont les 
bulbes sont importés directement du Japon sont inférieurs 
aux autres comme vigueur et durée. C'est une erreur. J'ai 
reçu l'an dernier, importés directement, une centaine de 
bulbes de cette plante superbe. Ils ont donné des panicules 
de fleurs d'une beauté exceptionnelle et chacun se souvient 
que le superbe spécimen exposé par notre collègue, 
M. le capitaine Melly, dans une de nos séances de l'été 
dernier et qui comptait près de 60 fleurs provenait de cet 
envoi. Ces Lys, laissés en pleine terre, soit ici au Jardin 
alpin, soit ailleurs, ont tous admirablement résisté au ter- 
rible hiver que nous avons passé et sont en pleine 
floraison en ce moment. C'est une plante robuste et bien 
rustique sous notre climat, 

H. CORREVON. 



ERRATUM 

M. Perron, rue de Candolle, 20, a été présenté par MM. Empeyta et Cor- 
revon et non par MM. Cardinaux et Triboulet. 



— 143 — 



CHRONIQUE HORTICOLE 



Distinction. — Le Comité de notre Société a décidé d'offrir l'hono- 
rariat de la Société d'Horticulture de Genève à M. le D' Ghodat, pro- 
fesseur de botanique à l'Université, nomination qui a été ratifiée par 
l'assemblée générale du 7 juin, et dont nous avons lieu de nous 
féliciter. 

Culture de la Pensée. — Le meilleur mode de multiplication est le 
semis. Semer en juillet et août, pas plus tard que septembre, pas plus 
tôt que juillet. Un gramme de graines suffit par mètre carré de ter- 
rain. Opérer de préférence sur une vieille couche, dans un sol léger 
et sain, et recouvrir la semence de 1 cm. de terreau. 

Quand le soleil est ardent, abriter avec un paillasson et bassiner 
dessus. 

Dès que les graines lèvent, des claies sont placées à 50 cm. au- 
dessus, jusqu'à ce que les cotylédons soient bien formés. 

Surveiller et détruire les limaçons. 

Repiquer en pépinière, par planches de 1 m. 20 à 1 m. 30, bien 
exposées et abritées des vents du nord, puis répandre à la surface 
une couche de terreau bien consommé, épaisse de 15 cm., que l'on 
brasse avec le sol. 

Planter en lignes à 15 cm. d'intervalles, avec toutes les racines et 
en pressant légèrement la terre au collet, pour éviter les effets du gel 
et du dégel. 

La plantation à demeure se fait en mars, à une distance de 25 cm. 
entre les jeunes plantes. 

Surveiller la maturité des capsules — dressées et non penchées — 
et récolter successivement jusqu'au moment du semis. Les capsules 
sont portées à mi-ombre sur une feuille de papier blanc; elles s'ouvrent 
et la graine tombe sur le papier; les porte-graines sont jetés et dé- 
truits, car ils sont promptement attaqués par le blanc, véritable fléau 
des semis trop précoces. 

Tels sont les conseils pratiques de M. .1. Zugetta. 

(Extrait des Annales de la Société horticole de Troyes.) 

Les Bégonias mnltlflores. — Nous nous hâtons d'annoncer l'appa- 
rition d'une nouvelle série de Bégonias spécialement remarquable: 



— 144 — 

1° par une tloribondité excessive : 2° par une complète uniformité 
dans les dimensions, dans le port et la tenue, ce qui permet d'en com- 
poser des massifs d'une parfaite régularité; 3° par une rusticité rela- 
tive considérable; 4" enfin, par une durée de floraison indéfinie. 

Les plantes sont d'ailleurs très naines, d'une culture et d'une mul- 
tiplication des plus faciles. 

Les couleurs des fleurs sont très variées et embrassent toute la 
gamme du jaune et du rouge. 

Cette race a été obtenue par M. Urbain, horticulteur, rue de 
Sèvres, 42, à Glamart fSeine), qui en a cédé la propriété à la maison 
Vilmorin. 

Nos jardins seront donc bientôt dotés de cette nouvelle et pré- 
cieuse conquête. 

(Bulletin du Cercle horticole du Nord.) 

Le Pteris Victoriae. — On a beaucoup admiré, à la dernière expo- 
sition de Versailles, celte nouvelle Fougère dans le lot de M. Duval. 
Gomme port, la plante rappelle le P. cretica, mais portant au centre 
une large zone de blanc argenté ; les bords sont d'an vert sombre. 
Il est fort probable que d'ici un an ou deux, on cultivera cette plante 
par milliers pour les garnitures et corbeilles de table. 

[Le Jardin.) 

Bibliographie — Le même journal nous annonce que M. D. Bois 
vient de publier chez J,-B. Baillière & fils, 19, rue Hautefeuille,un ou- 
vrage sur les plantes d'appartement et les plantes de fenêtre. 

M. Mottet a publié chez 0. Doin, 8, place de l'Odèon, un ouvrage 
réclamé depuis longtemps : la Mosaïculture, orné de 81 figures. Les 
dessins qu'il contient sont faciles à exécuter pour ceux qui suivront 
les conseils de l'auteur. 



OUTILS 



DE JARDIIVAGE AMERICAIIVS 

recommandés par l'Association des maraîchers 
de Genève. 
Dépôt chez MM. Forestier frères, Tour de l'Ile, Genève. 



Pour surveiller une petite campag-ne, à 20 minutes de 
la ville, on demande un ménage sans enfants; le logement seul 
serait donné, le mari pouvant avoir ses occupations au dehors. 
Entrée en automne. Inutile de se présenter sans de bonnes références. 
S'adresser lithographie Jules Rey, 4, rue Petitot. 



GE.XÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



31'-^ AifNÈE 9*^ LIVRAISON SEPT. 1891 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

GENEVE 



JPOnsriDEE EKT 1855 



Sommaire : Avis. — Prograuime du <>oucours de Chrysau- 
thèmes. — Procès-verbal de l'Assemblée générale du 9 amit 1891. 
Publication offerte à la Société. — Extrait du rapport sur l'Ex- 
position de Lyon. — UAnl/iurium Scherzerianuni (avec gra- 
vure). — Le Freesia réfracta (suite et tin), avec gravure.— Note 
sur les Roses nouvelles. — Chronique horticole. — Annonces. 

AVIS 
CO.VI.VIISSIOX DLT BII.LETIX 
\I\1. Coi'revon, Heiii*y, président; Diifour, Au- 
g-uste, secrétaire ; \A^eIter, Henri, prof., réclaeteui'. 
Membres adjoints : \IM. Deeorg-es, Lonis; Haa- 
sis, Albert : Caillât, Louis. 



\I\I. les Sociétaires demeurant à l'étrang'er 
sont avisés que la cotisation pour ISWl sera 
prise en l'emboursement par la poste le l^i" sep- 
tembre. 

Les dates des Assemblées géïiérales de 
1 <SD 1 ont été fixées connue snît : 

Les dimanches 4 octobre et SO dé- 
cembre, à 2i h., dans la Grande Salle 
des Amis de l'Instruction. 



Par suite d'une décision de son Comité, la Société d'Horti- 
culture de Genève organise de nouveau un grand Concours de 
Chrysanthèmes, qui aura lieu les 12, 13, 14 et 15 novembre 
prochain, au Stand de la Coulouvrenière. 

Nous espérons que IVIM. les horticulteurs, jardiniers et 
amateurs voudront bien contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, à la réussite de ce Concours. 



— 146 — 

Grands Concours de Chrysanthèmes, 
d'Œillets et 'd'autres Plantes fleuries, 

OUVERTS ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du 12 au 15 novembre proehaùi, 

dans la grande salle du Stand de la Coulonvrenière. 

Concours séparés entre horticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME 
Clirvsanthèines. 

i" Concours. — Collections générales de variétés tant anciennes que 

nouvelles, cultivées en pots. 
2' Concours. — Collections de 100 variétés, cultivées en pots. 
S' Concours. — Collections de 50 variétés, » 

4' Concours. — Collections de 25 variétés, 
5* Concours. — Collections générales de plantes relevées de pleine 

terre. 
<)' Concours. — Oroupe.s d'au moins 50 pieds de la même variété. 

Pour les Fleurs coupées, mêmes conditions de concours, avec des 
différences de prix, 

Qîillets et Plantes fleuries. 

i" Concours. — Collections générales d'Œillets. 

2' Concours. — Collections d'Œillets de 25 variétés de choix. 

3' Concours. — Groupes d'au uioins .00 pieds d'Œillets de la 

même variété. 
4' Concours. — Collections de Plantes fleuries de la saison. 

11 sera décerné des Prix d'honneur et de 1", de 2' et de 8° classes, 
sous forme de médailles de vermeil, d'argent et de bronze, en grand 
et petit module, ou de la valeur de celles-ci en espèces. 



— 147 — 

EXTRAIT DES PROCÈS- VERBAUX 

Assemblée générale du 9 août 1891, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Fr. Cardinaux, président. 



Nombre des assistants: soixante-douze. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée. 

Candidats présentés: 

1" Louis Bosson, jardinier chez M. Posth, aux Délices, par 
MM. Cardinaux et Schoch. 

oo jyjiie AuGusTA Chappuis, villa Linda, aux Pâquis, sociétaire 
rentrante. 

3° M. Diana, propriétaire, campagne de la Véranda, à Grange- 
Canal, par MM. Aug. Dufour et Eger. 

4*" M. Edouard Guidon, jardinier à Montfleury, près Satigny, par 
MM. Aug. Duiour et George. 

5° M. Emile Kôlliker, négociant, rue des Allemands, 24, Genève, 
par MM. Cardinaux et Triboulet. 

6° M. Antoine Mees, maison Gautier & C'«, fabricants d'appareils 
de chauffage, aux Eaux-Vives, par MM. Correvon et Aug. Dufour. 

7° M. J.-B. Rossella, propriétaire, Villa des Églantiers, à Grange- 
Canal, par MM. Aug. Dufour et Eger. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Henry Correvon, directeur du Jardin alpin d'accli- 
matation : 

50 espècesde Plantes vivaces, en fleurs coupées. 14 variétés de Scolo- 
pendre officinal obtenues de semis et de formes très diverses. - P. 6. 

2° De M"'' Thérèse Despans, jardinière-fleuriste au Petit- 
Lancy : 

Pétunias doubles et Glaïeuls de semis. — P. 4. 

3° De M. «Jean Hofer, jardinier chez M. Bonua, chemin Ma- 
lombré : 

Bégonia Rex en 2 var. ; Œillet d^^, la Malmaisou, 2 Coléus; Bitl- 
bergia rhodocyanea. — P. 3. 

4" De M. Félix Laverrière, jardinier de la camp. Fulpius, 
à Lancy : 

Collection, en fleurs coupées, de 46 var. de Dahlias, dont 12 du 
Dahlia .Juarez ou Cactus, de semis et de boutures. Glaïeuls de semis; 
Tritoma élégant. — P. 6. 



— 148 — 

5° De M. Saloiiion Selioch, jardiniei- de la camp. Posth, 
aux Délices : 

Fleurs coupées de diverses plantes annuelles; Platyceriwn alei- 
corne et Asplenium Nidus avis; 7 pieds de Bégonia Rex. — P. G. 

6° De M. Fréd. "Wittwer, jardinier de la camp. Lombard^ 
à Champel, 30 : 

Bégonias tubéreux, en 20 var. ; 8 pieds de Bégonia Rex ; 8 var. 
d'Abutilon, dont 2 de semis. — P. 5. 

7° De M. Kniile W ulliemin, jardinier-chef du château de 
Goppet : 

Fleurs coupées de Giroflée quarantaine d'été, naine et pyramidalr, 
à gr. tl. très doubles , 1 Gloxiuia à gr. fl., type Valleraud. — P. 3. 

CULTURE LÉGUMIÈRE 

1° De M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard : 

Artichaut violet, Chicorée frisée de Meaux, Chou-fleur hâtif de 
Naples, Chou hâtif d"Ouchy : Haricots : Prodige à rames, Lyonnais 
nain, Cerise à cosse jaune, Beurré jaune sans pareil : Salades : Gabus 
de Versailles, Semoroz, Romaine brune, Scarole à cœur plein. — 
Pommes de terre- Eléphant blanc, Hâtive de Boulogne, Marjolin, id. 
à feuille d'ortie. — P. 4. 

2" De M. «Tean Hofer : 

Haricot blanc de Genève. — P. 1. 

3° De M. Fréd. La verrière : 

Artichaut de Provence, Bette à cardes frisée, Chicorée frisée de 
Ruffec, Chicorée scarole, Chou-tleur hâtif de Valence, Concombres 
vert long anglais et vert petit de Paris; Haricots : nain d'Alger à cosse 
verte, nain incomparable, nain à cosse violette; Piment doux d'Es- 
pagne. — P. 4. 

4» De M"" de Scheyterberg- : 

Une belle plante de Bette poirée d'été (côtes allemandes). — P. 1. 

M. le Président présente, comme don de M. Antoine Martin, à 
Vessy, un petit livre récemment publié à Genève et traitant de la 
culture des haies, des arbres fruitiers et d'agrément et des bois-taillis. 

Lecture, par M. Fritz Ludi, de son rapport sur l'Exposition de Li 
Société d'horticulture pratique du Rhône, tenue à Lyon du 11 au l'i 
juin 1891. Applaudissements. 

Conférence de M. le D" Hénon sur le verger ou sur les arbre- 
fruitiers de plein vent les meilleurs à cultiver chez nous. Ces ins- 
tructions d'un maître en cette matière sont écoutées avec la plis 
grande attention, et tous les assistants témoignert, par de longs 
applaudissements, combien ils en sont satisfaits et décidés à mettre 
à profit ses avis et conseils. M. le Piésident exprime de son côté ;t 
l'honorable conférencier la reconnaissance de la Société et ajoute que 
celle-ci serait flattée qu'il voulût bien à l'avenir la gratifier d'autres 
communications d'un genre si intéressant et si nouveau pour nous. 



— 14!) — 

Il est ensuite passé à la distribution des prix de notre Concours 
du mois de mai, après que M. le Président eût rendu hommage à la 
Commission d'organisation, notamment à son président, M. Groljéty, 
qui n'ont rien épargné afin de lui assurer une parfaite réussite La 
liste des lauréats de ces prix se trouve dans notre N» de juin dernier. 

Aux propositions individuelles, MM. Deluc et L' Decorges deman- 
dent que le Comité s'occupe de faciliter à nos Sociétaires la visite de 
la prochaine Exposition qu'organise à Montre ux la Société d'horti- 
culture du canton de Vaud. Adopté. 

M. L" Decorges demande encore que le Comité prenne soin de 
nous présenter un exact compte-rendu des dépenses et des receltes 
de notre Concours de mai. M. le Président répond que cela se fera 
dans la prochaine Assemblée. 

Après une interpellation de M. Ch. L" Empeyta. la séance est levée 
à 5 heures. 

Le Secrétaire-général , 

D. Triboulet. 



Publication offerte à la Société. 

Par M. Antoine Martin, à Vessy : 

Liouis Sérieux : Petit traité jjratique pour la culture des haies 
des arbres fruitiers et d'agrément et des bois-taillis ; orné de 15 plan- 
ches avec 31 figures. Genève, 1891, in-8° de 50 pp. 



Extraits du Rapport 

de M. Fritz Ludi 

s^ir VExposition de la Société dliorticiilUire imitique du Rhône 

tenue à Lyon du 11 au 15 juin 1891. 

Messieurs et chers collègues, 

Chargé parle Comité d'être délégué comme juré à cette Exposi- 
tion de Roses, de plantes fleuries et d'aufj-es produits horticoles, 
J'ai le plaisir de \ ous rendre compte de la mission qui m'a été 
confiée. 

L'Exposition avait lieu sur la place Morand, très bel emplacement 
qui était transformé en jardin français. Le jury, composé de vingt mem- 
bres, y fut convoqué le 11 juin, pour 8 i/, heures du matin, et là j'ai 
remis notre grande médaille d'argent au Président, M. Gérard, qui a 
été très touché de cette marque de sympathie et m'a chargé d'en 
adresser ses plus vifs remerciements à notre Société. 



~ 150 — 

Après la formation du bureau du Jury, celui-ci a commencé ses 
opérations qui ont duré de 10 à 4 heures, avec une interruption d'une 
heure et demie , pendant laquelle il lui a été offert un déjeuner 
fort bien servi et où a régné la plus grande cordialité. A 2 heures 
l'Exposition a été ouverte au public et l'après-midi il y a eu un grand 
concert d'une musique de régiment. Le soir, à 7 heures, tous les jurés 
ont été invités à un banquet, auquel j'ai le regret de n'avoir pu 
assister, ayant dû repartir pour Genève. 

La division principale de cette Exposition était celle des Roses 
coupées et Rosiers en pots. Ici les jurés étaient au nombre de six, et 
parmi eux votre délégué. Cette énorme quantité de fleurs et de 
plantes, disposées sur de longs gradins abrités sous des auvents et 
avec des étiquettes bien en vue, présentait un aspect magnifique. 
Mais j'ai été frappé d'un grand étonnement de voir les noms des ex- 
posants figurer sur tous les lots avant le passage du Jury, et c'est 
ce que je ne conseillerais pas de faire ailleurs. 

Les Roses coupées étaient largement représentées, malgré la froi- 
dure et les intempéries du mois de mai. .Je me bornerai à citer les 
principales i-écompenses obtenues par les exposants: 

M. Alexandre Bernaix, rosiériste à Villeurbanne (Rhône) a rem- 
porté, outre le grand Prix d'honneur de l'Exposition, une grande 
médaille d'or pour ses 600 variétés de Roses toutes des plus re- 
marquables, ainsi que des médailles de vermeil et d'argent dans 
différents concours. — Dans la catégorie des Roses de semis, à 
M. Pernet-Ducher, membre de notre Société, des médailles d'or et de 
vermeil pour les Roses hybrides de thé La Fraîcheur et M"" Pernet- 
Ducher; à M. A. Bernaix une médaille de vermeil pour la Rose thé 
AI. Tillier; à M. Levet, une médaille de vermeil pour la Rose thé 
Souvenir de iV/"" Levet. A M. Pernet-Ducher et à M. Dubreuil mé- 
dailles d'or pour leurs superbes collections de 300 variétés de tous 
les genres ; pour de pareilles collections médailles de vermeil à 
M. Gamon et à M. Liabaud. Quant à la médaille d'argent de notre 
Société, notons qu'elle est échue à M. Nicolas, le dévoué et infati- 
gable secrétaire de la Société d'horticulture pratique du Rhône. 

hes Rosiers en 'pots étaient représentés un peu médiocrement, et 
qu'il me soit permis de dire que ceux-là ne soutenaient point la com- 
paraison avec ce qui s'est vu en ce genre à notre propre concours du 
mois de mai. Médaille d'argent à M. Dubreuil pour 100 variétés. 

Les Plantes en pots et les Plantes de serre étaient bien variées 
et exposées en petits groupes. Le prix d'honneur a été adjugé à 
M. Rozain-Boucharlat, horticulteur à Guire-lès-Lyon, de qui l'on a 




Anlhurium Scherzerianum niaxiniuin 



— 15? - 

surtout admiré les splendides collections de Pélargoniunis zonales, à 
feuilles de lierre et à grandes fleurs ainsi que de Fuchsias et de 
Pétunias doubles. La maison Beney, Lamaud et Musset a pris aussi 
une très large part à ces concours et n'avait exposé pas moins de 
quinze groupes de diverses plantes en pots. De même que M. Rozain- 
Boucharlat, elle a obtenu plusieurs médailles d'or, de vermeil et d'ar- 
gent. De magnifiques collections de Bégonias tubéreux, presque tous 
à fleurs doubles, à M. Treyve-Marie, à Moulins, et à M. Schmidt fils, 
à Lyon, ont été récompensées de grandes médailles d'or et de ver- 
meil. A M. Cojute, à Lyon, pour 40 admirables espèces d'Orchidées 
tleuries, une grande médaille d'or. Citons enfin les belles collections 
de plantes à feuillage de M. Perraud et de M. Liabaud, à Lyon, qui 
ont eu des médailles d'or et de vermeil. 

Arboriculture cl' ornement. A M. Jacquin fils, pépiniériste à Lyon, 
grande médaille de vermeil pour une collection de 30 variétés d'Erables 
du .Japon. 

Culture maraîchère. A M. Marchand, médaille de vermeil |)our 
Fraisiers en pots; à MM. Rivoire père & fils, médailles de vermeil et 
d'argent pour collections de Pois et de légumes-condiments ; à 
M. Foyard, à Ghalon. médaille d'argent pour ses Choux-fleurs, etc. 

En terminant, je prends plaisir aussi à remercier M. le président 
Gérard, M. le secrétaire Nicolas et tout le Comité de la Société 
d'horticulture pratique du Rhône pour le sympathique accueil fait à 
votre délégué et dont il gaj'dera longtempi un aftectueux souvenir. 

Fritz LuDi. 



Anthurium Scherzerianum maximum. 

LAnthuriiun Schev^erianimi, originaire de Costa Rica 
(Amérique centi-ale), est répandu actuellement dans toutes 
les collections de plantes de serre chaude. C'est en effet une 
excellente plante, possédant toutes les qualités possibles: 
culture facile, beau feuillage, belle et abondante floraison, 
dont les fleurs coriaces peuvent être maintenues fraîches 
pendant des mois, etc. 

Depuis son introduction, on en a obtenu différentes va- 
riétés, dont les plus connues sont VA. Scherzeriamun gi- 
ganteum, ayant des fleurs beaucoup plus grandes que celles 
du type, VA.- Scher^ei'ia/ium album ou Williamsi, variété 
à fieurs blanches de la dimension de celles du type, 1'^ . 
Scherzerianum pygn)wum, une variété naine qui est une 
charmante miniature, etc., etc. 



- 153 - 

La variété maximum, que représente si bien notre belle 
illustration, a été obtenue et mise au commerce par la mai- 
son W. Bull, (le Chelsea (Londres) ; elle développe des fleurs 
dont les énormes spathes écarlates mesurent de 18 à 20 centi- 
mètres de longueur sur 8 à 10 cm, de large. C'est la plus 
belle variété et en même temps celle qui produit le plus 
gi'and effet décoratif dans nos serres. 

Afin de recommander la culture de cette magnifique 
Aroïdée, renvoyons nos lecteurs à l'excellent article détaillé 
sur ce sujet, qu'a publié \e Moniteur d'hort/cul titre de Ps.v\s, 
pages 138 et 148. vol. 13"", année 1889. 

( >TTO BaLLIFF. 
membre correspondant de la Société d'horticulture de Genève. 



Le Freesia réfracta F.-W. Klalt. 

Suite du A"" précédent.) 

Il est vrai, heureusement, qu'il ne se i-encontre plus de 
Journaux hoi-ficoles qui recommandent la culture forcée du 
Freesia, mais, en revanche, il y en a où l'on vante actuel- 
lement un autre procédé de culture, qui n'est pas moins 
fallacieux que le précédent. 11 consisterait à procurer une 
floraison hâtive par le moyen du semis. Nous avons sous 
les veux des catalogues de certains marchands de graines 
où il s'offre de la semence de Freesia, qui, soi-disant, étant 
mise en terre en avril, donne des plantes fleurissant déjà 
en octobre. Mais nous savons par expérience que des 
graines semées à cette époque-là restent assez longtemps 
sans germer et que ce n'est guère qu'en juillet-août qu'il 
en apparaîtra quelques pousses. Car si le semis ne se fait 
pas aussitôt que la graine est mûrie, celle-ci boude et ne se 
met à germer qu'en automne, soit dans le temps où com- 
mencent aussi à pousser les tubercules plantés. On ne 
peut user ici de la stratification en vue d'accélérer la ger- 
mination dans les semis de printemps car des graines 
déposées dans de la terre, de la mousse ou du poussier 
de charbon, il arrivera simplement qu'elles commenceront 
à germer comme dans un semis ordinaire... 

Dans des semis d'automne, faits chez nous immédia- 
tement après la maturation des graines, la germination eut 
lieu au bout de trois semaines et les plants se développè- 
rent régulièrement de manière à fleuri)- pour la plupart au 
printemps suivant. Après qu'ils se furent mis au repos en 



- 154 - 

juillet, on enleva les tubercules pour les replanter en 
octobre dans une couche froide ; ceux-ci étaient alors de 
la grosseur d'une noisette et au deuxième printemps il en 
ressortit une floraison satisfaisante. Ces organes, levés de 
nouveau en juillet, s'étaient développés en tubercules qui 
s'appellent dans le commerce de >< premièi-e grandeur » ; 
mais la plupart n'atteignirent un tel volume que dans la 
troisième année. 

Voilà quelle est chez nous la marche normale du déve- 
loppement des tubercules de Freesia. Sous des climats 
plus doux que le nôtre, on peut en obtenir déjà au bout de 
deux ans qui soient de belle grosseur et bien constitués. 
Mais, afin de pi'évenir des déceptions, nous répétons qu'il 
faut se garder de croire que, notamment dans les pays du 
Centre et du Nord de l'Europe, on puisse, d'un semis du 
printemps, avoir déjà en octobre des plantes vigoureuses 
et richement fleuries, comme on l'affli-me dans les cata- 
logues ci-dessus dénoncés. 

C'est aussi le lieu ici de protester contre l'assertion 
d'un journal horticole allemand suivant laquelle la lon- 
gueui' des tubercules de Freesia pourrait aller jusqu'à 
15 cm. Peut-être, il est vrai, n'est-ce là qu'une faute d'im- 
pression, mais propr-e cependant à induire en erreur. Nous 
estimons que des tubercules longs de 5 cm. et lai-ges de 
3 cm. sont de taille gigantesque et difficiles à trouver dans 
le commerce, pendant que ceux d'une longueur de 3-3 \ .^ cm. 
et d'une lai'geur de 1 Vo"^ ^"^^ doivent être regardés déjà 
comme étant de l'"" grandeur; quant à ceux qui, bien 
qu'étant aussi longs que ces derniers, sont d'une grosseur 
moindre, ils passent dans le commerce pour être de 
2^ grandeur. 

On a pu lire aussi dans des journaux allemands qu'en 
Angleterre on élèverait des Freesias jusqu'à la hauteur 
d'un mètre. C'est une absurde exagération! On peut douter 
même qu'il s'en rencontre de la moitié de cette dimension : 
elle ne pourrait du reste s'observer que chez des plantes 
mai cultivées, tenues à l'ombre, blanchies et incapables 
de se soutenir, et tout cela d'ailleurs au détriment de la 
floraison. 

Grâce à la faveur croissante de laquelle, dans ces der- 
niers temps, les Freesias sont devenus l'objet dans le 
monde horticole, il ne pouvait manquer qu'on ne s'appliquât 
à en produire des variétés nouvelles. Cela n'est pas difficile, 
à cause de la facile variabilité des tubercules venus de 
semence. Mais de là il est aussi résulté des dégénéres- 
cences, qui ont une moindre valeur que les formes typi- 



— 155 — 

ques. Les nouveautés ne peuvent naturellement s'obtenir 
que par la voie du semis ; mais ce procédé est décidément 
à rejeter quand il s'agit de la production en grand des- 
tubercules. Par là l'on ne gagne jamais une quantité de 
plantes dotées de tieurs également jolies. On voit s'y altérer 
de plus en plus la pureté du blanc "qui donne tant de prix 
à la fleur du Freesia. Une grande partie des plantes pré- 




Lc Freesia lefraeta P. W. Klatt. 



sente des fleurs dont le périanthe est légèrement nuancé de 
brun-violet en dehors, et cette teinte devient parfois si 
intense que, le blanc ayant disparu presque entièrement, 
la fleur n'est plus d'aucune valeur. Il en résulte en outre 
beaucoup de tubercules qui ne produisent que des fleurs 
petites, malingres et promptes à se faner, sans compter 
ceux qui constituent une marchandise de valeur encore 
moindre. 



- 156 - 

En 1888 déjà, l'attention des horticulteurs fut attirée 
sur ces inconvénients dans des journaux américains, ei 
nous savons, de la part de nos clients des Etats-Unis, que 
là il ne s'achète que le véritable Freesia réfracta alba, 
caractérisé par des fleurs d'un l)lanc pur, et aussi qu'on ne 
veut accepter des tubercules obtenus de semis, quelque 
bas qu'en soit d'ailleurs le pi-ix. De plus, comme le Freesia 
se multiplie si fort ei si bien au moyen des bourgeons des 
tubercules, qui se développent beaucoup plus vite en gros 
tubercules, cet avantage fait déjà qu'on ne doit pas songer 
à les produire de semis — sans compter que, avec ce dernier 
moyen, les tubercules-mèi-es sont excessivement entravés 
dans leur développement par le travail de la maturation des 
graines. 

Les variétés les plus recommandables sont : 

Le Freesia réfracta alba ; 

le Freesia réfracta xanthopkylla^k fleurs très grandes, 
fermes et d'un blanc pur ; 

le Freesia réfracta Leiclitlini, à tieurs d'un jaune in- 
tense, avec une tache à la gorge d'un superbe orange foncé. 

HiLLEBRAND & BrEDEMEIER, 

Cultivateurs de graines et de bulbes à fleurs, à PaUanzai Italie, lac Majeur). 

Note sur les Roses nouvelles 

Parmi les innombrables variétés de Roses nouvelles dont, 
depuis quelques années, les semeurs français et étrangers 
nous ont gratifiés, il en est quelques-unes qui, par leur réelle 
beauté, méritent de fixer plus particulièrement l'attention 
des horticulteurs et des amateurs. 

Pour rendre hommage à la vérité, l'on doit reconnaître que, 
parmi les variétés émises de 1887 à 1890, bon nombre 
d'entr'elles sont dignes de figurer dans les collections soit 
comme plantes d'amateurs, soit comme plantes d'horticul- 
teurs-fieuristes. 

A ce double point de vue la série des Roses thés, si re- 
€ommandablepar son abondante et gracieuse floraison, s'est 
accrue d'un nombre de variétés relativement plus grand 
que celle des autres séries. 

Aussi est-ce sur elles que mon attention s'est le plus 
particulièrement portée. 

Parmi plus de cent variétés de thés écloses depuis ces 
quatre dernières années j'ai dû forcément limiter mon choix, 
ce qui du reste n'exclut en rien le mérite de beaucoup 



- 157 — 

d'autres que je ne citei-ai pas, soit que les conditions clima- 
teriques se soient opposées à leur parfaite floraison sous 
notre soleil du Centre, soit que toute autre considération 
m ait empêché de les appréciera leur juste valeur. 

Je me suis attaché principalement à celles chez les- 
quelles j ai trouvé à la fois le mérite d'être bonnes pour la 
culture en pot et forcée, et celui non moins recherché la 
beauté du bouton pour la fleur coupée, ce qui nest pas une 
des moindres préoccupations des horticulteurs-fleuristes 
s occupant de la confection des bouquets. 

Ne voulant point abuser de l'hospitalité bien connue de 
la bociete d'horticulture de Genève, je me bornerai à ne 
donner que les noms des variétés, suivis de celui de l'obten- 
teur et de l'année qu'elles ont été mises au commerce et 
je ferai grâce au lecteur de la description, souvent aride' de 
chaque variété, beaucoup du i-este étant déjà connues' de 
bon nombre d'amateurs. 

Ce sont : 

Archiducliesse Marie hiimaculata (Soupert & Notting, 1887). 
Baronne Henriette de Lœw (Nabonnand, 1889). 
Claudine Perreau (Elie Lambert, 1887). 
Comtesse Anna Thun ^Soupert A Notting, 1888). 
Capitaine Lefort (Bonnaire, 1889). 
Docteur Grill (Bonnaire, 1887). 
Duchesse Marie Salviati (Soupert & Notting, 1890). 
Duchesse de Bragance (Diibreuil, 1887). 
Edmond Sablayrolles (Bonnaire, 1889). 
Ernest Metz (Guillot, 1889). 
G. Nabonnand (Nabonnand, 1889). 
Gloire des Cuivrées (Tesniei-, 1890). 
J. B. Varrone (Guillot, 1890). 
Luciole (Guillot, 1887 ). 
Madame Etienne (Bernaix, 1887). 
Madame Pierre Guillot (Guillot, 1889). 
Madame Marthe du Bourg (Bernaix, 1890). 
Marie Lambert (E. Lambert, 1887). 
Madame Hoste (Guillot, 1888). 
Madame Philémon Cochet (Cochet, 1889). 
M''^ Jeanne Guillaumez (Bonnaire, 1890). 
W' Marguerite Fabisch (Godard, 1890). 
Princesse Béatrice (Bennett, 1888). 
Princesse de Sagan (Dubreuil, 1888). 
Souvenir d'Aug. Legros (Bonnaire, 1890). 

Souvenir de S. A. Prince (G. Prince, 1890), fixation à fleur blanch'. 
de Souvenir d'un ami. 



— 158 — 

The Bride ou La Fiancée (May, 1887), Catherine Mermet à fleur 

blanche. 
Parmi les Noisette il convient de citer comme étant 
•différentes de celles déjà existantes : 

L'Idéal (Nabonnand 1888), coloris jaune à reflets métalliques, lavé de 
teintes dorées éblouissantes. 

Madame Garnot (Moreau-Robert 1890j, beau coloris jaune d'or très 
foncé au centre. 

Dans la série des Ile-Bourbon je citerai: 

Princesse Impériale Victoria (Volbert 1889) ou Malmaison à fleur jaune. 

A le faciès du Souvenir de la Malmaison dont elle est fix^^e, coloris 

blanc de lait à centre jaune soufre. 
Madame Ernest Galvat (Vve. Schwartzj, variété très recommandable, 

très florifère, coloris variant du rose de chine au rose vif. 

Une trentaine d'Hybrides de thés ont été mises au 
commerce dans la même période. 

Deux variétés, deux sœurs, sont appelées à jouer un 
grand rôle dans la décoration des partei'res de i^oses. 

De La France, dont elles ont été fixées, elles ont 
conservé tous les principaux caractères, vigueur ex- 
ceptionnelle, beau feuillage et abondante floraison ; l'une, 
la plus âgée (honneur aux ])lus anciens ! ) est la Duchess of 
Alhany (W. Paul 1889), ou La France à fleur rouge, 
de coloris beaucoup plus foncé que la congénère ; l'autre, 
la plus jeune, est la gracieuse Mlle Augustine Guinoisseau 
(Guinoisseau 1890), qu'on appelle La France àjleur blanche, 
d'un beau coloris blanc légèrement carné. Ces deux 
variétés absolument recominandables, sont sans contredit 
les obtentions les plus marquantes de ces dernières années, 
et font avec La France un trio de variétés que tous, ama- 
teurs et horticulteurs, voudront posséder. 

Une variété également très recommandable pour la cul- 
ture en pot. Madame Alégatière (Alégatièi^e 1889), appar- 
tient à la série des Hybrides de Polyantha; elle est très 
vigoureuse, d'une grande rusticité et fleurit abondamment ; 
fleur moyenne, pleine, bien faite et d'un beau coloris 
rose vif. 

Le Bengale Laurette Messimy (Guillot 1888) est égale- 
ment excellent pour la fleur coupée; très florifère et à 
bouton fort allongé, d'un beau coloris rose de Chine 
à fond cuivré. 

J'arrête ici cette vqwiq et résej've pour un auti^e article 
les «Hybrides); qui, eux aussi, ont donné un contingent de 
belles roses. 

C-mimettrai-je une indiscrétion en signalant une nou- 
veauté de Rose Thé, mise au commerce ce printemps 



— 159 — 

dernier et qui paraît appelée à un grand retentissement. 
Elle s'appelle du nom peu harmonieux (pour une oreille 
française) de « Wabay ». est d'introduction américaine 
et ne serait autre qu'une tixation à tîeur rouge de l'incom- 
parable ('Catherine Mermet»: mais n'anticipons pas et 
attendons pour la juger qu'on en ait vu les premières 
fleurs. A. Robichon lils, 

rosiériste à Olivet-Orléans (France), 
membre de la Société d'horticulture de Genève. 

CHRONIQUE HORTICOLE 

La XP Exposition générale de la Société d'horticulture du canton 
de Vaud a lieu cette année à Montreux, du 23 au 28 septembre. Elle 
sera diviaée en 9 catégorie?, avec 44 concours, comprenant : 1" et 2" les 
Plantes de serres chaude et tempérée et d'orangerie; 3° les Fleurs cou- 
pées; 4° les Plantes vivaces et annuelles de pleine terre; 5° et 6° l'Ar- 
bnriculture ornementale et fruitière ; 7° les Fruits; 8° les Plantes po- 
tagères et enfin, 9° les Objets ayant un rapport direct avec l'horticul- 
ture. Gomme elle sera établie sur une très grande échelle, dans un 
des plus beaux pays du monde, et présentera une énorme quantité de 
produits des plus intéressants pour le jardinier et l'amateur, il faut 
souhaiter que le ciel météorologique lui réserve toutes ses faveurs et 
espérer qu'un bon nombre de nos sociétaires auront à cœur d'aller 
en admirer les merveilles. Notre Comité avisera aux moyens de leur 
faire faire cette visite de la manière la plus agréable et la plus 
commode. 

Sous un climat tout autre que celui de Montreux, va se faire une 
exposition, qui, à bien des égards, mérite fort aussi l'attention de 
nos sociétaires. C'est celle qui est organisée, pour les 5, 6 et 7 sep- 
tembre par la Société d'horticulture de la Chauœ-de- Fonds, et qui ne 
comprend pas moins de 33 concours. Nos meilleurs vœux de réussite 
pour cette louable entreprise de nos vaillants confrères des montagnes 
neuchâteloises. 

Fraise M"" Struelens. — Nouvelle variété obtenue par M. Struelens, 
de Gand (Belgique), et remarquable par sa belle couleur foncée, 
presque noire, sa grosseur considérable, son excellente qualité et sa 
rusticité. Dans le Bulletin d' Arboriculture de Gand, on en dit le 
plus grand bien. 

Cette nouveauté sera mise au commerce cet automne par 
M. Ed. Pynsert, horticulteur à Gand. 

{Revue Horticole.) 



— 160 — 

Bégonia Louise Robert. — La Revue horticole annonce que cette 
nouvelle variété a été obtenue par M. Edouard Robert, horticulteur 
ati Vésinet (Seine-et-Oisel, et qu'elle a été exposée à la dernière Ex- 
position d'horticulture de Paris, où elle a conquis tous les suffrages. 
Elle se distingue par le port de la plante, la bonne tenue de ses tleurs. 
la distinction de son coloris et son adaptation à la décoration estivale 
des jardins. L'édition eu a été acquise par la maison Vilmorin-An- 
drieux & C''. à Paris, qui va la mettre ku commerce. 

Remède contre le Tigre et le Kermès. — Les Annales de la Société 
nantaise d' horticulture, indiquent le procédé suivant: 

On prend une dissolution de potasse. (Le carbonate de potasse, du 
prix de 70 cent, le kilo, est bien bon.) Pour un kilogramme de carbo- 
nate de potasse 11 faut 30 litres d'eau, soit environ 500 grammes poui- 
un bon arrosoir d'eau. Faire un premier lavage en décembre ou jan- 
vier, un second en février; si les arbres sont vieux, faites un trui- 
sième en mars. Quelques jours après, appliquer une dissolution très 
étendue de colle forte. (Il faut la dissoudre à chaud.) Cette colle se 
coagulera par le refroidissement et étouftera les insectes. 

Moyen d'éloigner les fourmis — De toutes les odeurs que semblent 
redouter les fourmis, aucune, sur ce point, n'est comparable à celle 
que dégage l'acide phénique. Pour les éloigner il suffit de mettre 
quelques gouttes de cet acide dans les endroits où il y en a. 

Si ces insectes sont dans un appartement ou dans un meuble, on 
verse l'acide sur une soucoupe ou sur une assiette qu'il faut en- 
lever aussitôt qu'ils ont disparu. 

Le Mume japonais à fleur rose double. — Un de nos membres cor- 
respondants, M. Gh. Baltet, horticulteur à Troyes (Aube) a présenté, 
dans la séance du 14 août 1890 de la Société d'Horticulture de 
France, une branche de cet arbre portant des fruits mûrs. Le Mume 
est un intermédiaire entre le Prunier et l'Abricotier. La floraison en 
est printanière et au Japon il est estimé comme étant à la fois orne- 
mental et fruitier ; là son fruit, qui a le volume d'une petite prune 
Mirabelle est employé à des usages divers. 

DE JARDIiVACiE AMÉRICAIIVS 

recommandés par l'Association de s maraîchers 
de Genève. 
Dépôt chez MM. Forestier frères, Tour de l'Ile, Genève. 

Pour surveiller une petite cauipag-ue, à 20 minutes de 
la ville, on demande un ménage sans entants; le logement seul 
serait donné, le mari pouvant avoir ses occupations au dehors. 
Entrée en automne. Inutile de se présenter sans de bonnes références. 
S'adresser lithographie Jules tiey, 4, rue Petitot. 

GKiNEVK. — IMPR. RICHTEK, RUE DFS VOIUOiVS, 10. 



OUTILS 



37me A^NÉE 10^ LIVRAISON OCTOBRE 1891 



BULLETIN 



DE LA 




;1ETE D'HORTICULTURE 



1»E 



GENÈVE 



FOJNTIDEE EIsT 1855 



Sommaire : Avis. — A nos lecteurs. — Programme des Cou- 
cours de Chrysanlhème.s. — Les Orchidées : Lycaste Skinneri 
(avec gravure). — Observations sur diverses Laitues cultivées 
en 189L — Ageratum Noémie. — Histoire du Witloof. — L'art 
de faire fleurir les plantes par le bouturage. — Plantes nouvelles 
ou peu connues. — Questionnaire. — Annonces. 

Par suite de raboiidauce des produits annoncés 

pour les Concours 

DE CHRYSANTHÈMES, D'ŒILLETS 

et d'autres plantes tleui'ies 

LE COMITÉ d'organisation 

a décidé de tenir cette Exposition 

AU BATIMENT ÉLECTORAL 

Les inscriptions seront reçues jusqu'au 31 octobre chez 
M. F. Cardinaux, Fiisterie, 6, en indiquant l'espace que l'on 
compte occuper. 

Assemblées générales en 1S91 : 
4 octobre et 20 tléeembre. 



COMMISSIOIV DU BULLETIIV 
M\l. Correvon, Henry, président; \A'elter, Henri, 

prof., rédacteur. 

Membres adjoints : MM. Décorées, L-ouis ; Haa- 

sis, Albert ; Caillât, Louis. 



- 162 — 

A NOS LECTEURS 

La Comoiission du Bulletin vient d'apprendre avec le 
plus profond chagrin la décision prise par l'un de ses 
membres les plus sympathiques, M. Auguste Dufour, qui. 
après s'être retiré du Comité de la Société, vient encore 
d'envoyer sa démission comme membre de la dite Com- 
mission. Différents motifs l'ont poussé à cette déter- 
mination, dont aucun, nous sommes heureux de le dire, 
ne touche la Commission elle-même, qui a toujours été et 
l'esté encoi-e en parfaite communion d'idées avec celui qui 
s'intitulait modestement son secrétaire, bien qu'il en fût le 
président effectif. 

Tous nos lecteurs savent que M. Dufour — homme 
modeste qui n'a jamais aspiré à aucun titre quoiqu'il ait 
travaillé plus que nous tous — a dévoué sa vie depuis de 
longues années aux intérêts de la Société d'horticulture de 
Genève. Mais ce que savent seuls ceux qui l'ont vu de près 
à l'ouvrage, c'est le désintéressement sans bornes qu'il a 
apporté dans l'exercice de ses fonctions, l'énergie avec 
laquelle il a poursuivi, en face de publications concur- 
rentes, l'amélioration et le perfectionnement de notre or- 
gane, qui est, nous pouvons le dire sans forfanterie, l'un 
des plus appréciés du genre. Depuis 14 années qu'Auguste 
Dufour est l'ànie de la Commission du Bulletin, il a réussi à 
grouper autour de lui toute une phalange de collaborateurs 
de talent à titre de membres correspondants, que des con- 
currents ont cherché à nous enlever et que Dufour a eu 
le mérite de savoir nous conserver malgré tout. C'est grâce 
à lui qu'une publication qui n'était d'abord que trimes- 
trielle est devenue mensuelle et qu'elle peut paraître avec 
des illustrations. C'est encore grâce à lui que nous sommes 
maintenant en rapports avec 89 sociétés correspondantes 
tant en Suisse qu'à l'étranger. Il est du reste inutile d'in- 
sister sur les nombreux services rendus par notre collègue 
et ami car nous prêchons, nous le savons, à des convertis. 

Si cette démission, qui, nous l'espérons, ne sera pas ac- 
ceptée par le Comité, devait être maintenue, la Commis- 
sion du Bulletin considérerait cette perte comme irrépa- 
rable. Tous nos sociétaires seront d'accord avec nous 
j)Our prier M. Aug. Dufour de ne pas abandonner une 
publication qu'il a si bien conduite jusqu'aujourd'hui et 
qui ne saurait se passer de lui. 

Le Président de la Commissicn du Bulletin, 
H. CORREVON. 



^ 163 -- 

Grands Concours de Chrysanthèmes, 
d'Œillets et d'autres Plantes fleuries, 

OUVERTS ENTRE NOS SOCIÉTAIRES 

du & qm'8 novembre prochain, 

au Bâtiment électoral. 

Concours séparés entre horticulteurs et amateurs. 

PROGRAMME 
Chrysaiitlièines. 

i" Concours. — Collections générales de vaiùétés tant anciennes que 

nouvelles, cultivées en pots. 
2^ Concours. — Collections de lUO variétés, cultivées en pots. 
3' Concours. — Collections de 50 variétés, » 

4' Concours. — Collections de 25 variétés, » 

5" Concours. — Collections générales de plantes relevées de pleine 

terre. . 
6" Concours. — Groupes d'au moins 50 pieds de la môme variété. 

Pour les Fleurs coupées, mêmes conditions de concours, avec des 
différences de prix. 

Œillets et Plantes fleuries. 

i" Concours. — Collections générales d'Œillets. 

2' Concours. — Collections d'Œillets de 25 variétés de choix. 

3' Concours. — Groupes d'au moins 50 pieds d'Œillets de la 

même variété. 
4" Concours. — Collections de Plantes fleuries de la saison. 

11 sera décerné des Prix d'honneur et de 1", de 2' et de 3' classes, 
BOUS forme de médailles de vermeil, d'argent et de bronze, en grand 
et petit module, ou^de la valeur de celles-ci en espèces. 



— 164 — 

Les Orchidées. 

Lycaste Skinneri. 

Le Lycaste Skinneri est une plante robuste et apparte- 
nant à la glorieuse famille des Orchidées, les Reines dw 
jour, qui se contente de la serre tempérée ou même d'une 
bonne serre froide et donne à profusion de magnifiques 
fleurs losées, très grandes et cela pendant l'hiver; elle se 
comporte très bien dans l'appartement et demande à peine 
des soins. 

Que vous dirais-je de plus, ami lecteur, pour vous pré- 
senter le Lycaste Skinneri comme une plante précieuse, 
une plante for the million, comme disent les Anglais, c'est- 
à-dire pour le million, la multitude, tout le monde, le 
peuple? Elle est en effet une Orchidée populaire, comme 
le Cypripediiun insigne et YOdontoglossuni Alej'andrœ. 

Les fleuristes des grandes villes le savent bien et ils en 
tirent profit ; les Anglais l'ont mise à la portée de toutes 
les bourses et les Belges en emplissent leurs serres. Nous 
nous souvenons d'avoir vu à Gand, en compagnie de notre 
ami 0. Ballif, des serres renfermant des milliers de ce 
Lycaste. 

Cette magnifique Orchidée se reconnaît à ses pseu- 
do-bulbes oblongs, ovales, un peu aplatis, portant 
3 ou 4 feuilles terminales, atténuées à la base en pétioles ; 
elles sont larges, oblongues, lancéolées et plissées. De la 
base des pseudo-bulbes partent 2 à 3 scapes radicaux, 
uniflores, redressés, donnant des fleurs de 10 à 15 cm. 
de largeur moyenne: les sépales sont très grands, oblongs, 
lancéo'lés, acuminés, étalés; les pétales moins longs, plus 
ovales, réfléchis sur la colonne, puis relevés aux extré- 
mités. Toutes ces divisions sont blanches, délicatement 
lavées de rose tendre ou vif, ou pourpré, selon les variétés. 

Le labelle est charnu et trilobé, à lobe médian arrondi, 
élargi, étalé, ondulé sur les bords et taché, pointilié. 
marbré de blanc et de cramoisi ; les lobes latéraux sont re- 
levés vers la colonne. Près de la base du labelle, il existe 
une callosité épaisse et charnue, simulant une languette. 

La culture de cette plante est très facile, car, comme 
nous l'avons dit, elle est robuste et floi-ibonde. Pendant la 
belle saison, c'est-à dire pendant ^a végétation, on la traite 
libéi'alement sous le rapport des arrosages ; au moment du 
repos on diminue ceux-ci, mais jamais assez cependant 
pour laisser sécher complètement le compost, comme cela 
a lieu pour beaucoup d'Orchidées. On rempote dans des 
fibi-es de polypodes ou dans une terre de bruyère fibreuse 



— 165 — 

grossièrement concassée, à laquelle on peut ajouter du 
sable blanc et mélanger le tout avec du bon sphagnum 
vivant, surtout pour recouvrir (surfacer) les pots. Ne pas 
oublier un bon drainage, prenant un tiers des pots, ceux-ci 
bien proportionnés, mais plutôt petits. 




LYGASÏE SKINNERI 

(Orchidée) 

Les Lycaste Skiiineri à fleurs blanches sont raris- 
simes ; ces merles blancs furent d'abord payés au poids de 
l'or par les Anglais et aujourd'hui encore, malgré leurs 
apparitions un peu plus fréquentes parmi les nombreuses 
plantes d'importation de l'espèce, type que l'on introduit 
chaque année du Guatemala, ces chastes variétés ne se 
rencontrent que dans les collections choisies. 

La Lindenia, cette magnifique iconographie des Orchi- 
dées que publie M. M. Linden, de Bruxelles, a donné dans 
son IV*" vol., planche 158, une chromolithographie du 
Lycaste Skinneri alba. 

J. Sallier, fils 

Horticulteur à Neuilly-Paris 
successeur de MM. Thibaut et Keteleer, ci-devant à Sceaux, {Seine). 



--^i 



— 166 --- 

Observations sur diverses Laitues pommées, 
cultivées en 1891. 

Le jardin potager comme le jardin maraîcher sont 
abondamment pourvus de bonnes variétés de laitues, et il 
peut sembler superflu d'en introduire de nouvelles puisque 
leur nombre s'élève déjà au chiffre de 150 environ, sui- 
vant les catalogues les plus modestes. Cependant, beau- 
coup d'entre elles ne s'acclimatent pas toujours dans notre 
pays ou n'en supportent pas les Ijivers rigoureux. Les 
unes réussissent bien dans les terres fortes ou moyennes ; 
d'autres pomment difficilement dans les terres légères. Il 
en résulte que l'étude des nouvelles sortes ainsi que leur 
comparaison avec les variétés locales offrent au cultivateur 
un réel intérêt et un sujet digne d'une sérieuse attention. 

Les variétés suivantes ont été mises à l'étude cette 

année : 

Laitue pommée blonde de Versailles. — Elle a fait son 
apparition dans nos cultures bourgeoises, où elle a été très 
appréciée. C'est une bonne variété de printemps et d'été, 
de grosseur moyenne, assez fine et pommant promptement. 

Laitue Lortliois ou L. du Trocadéro. — Variété de 
printemps et d'été, d'une belle couleur blonde, très frisée, 
mise au commerce par la maison Vilmorin. Elle res- 
semble à la L. Crêpe, mais est plus forte. 

L. grosse blonde paresseuse. — Bonne variété à cul- 
tiver pour l'été; très grosse et très tendre et gardant long- 
temps sa pomme. 

L. grosse Normande. — Variété ancienne mais peu 
connue, à graine jaune, d'une belle couleur vert foncé. 
Elle sera appréciée dans la grande culture, où l'on recherche 
de préférence les variétés qui sont très lentes à monter. 

L. grosse brune têtue (Vilmorin). — Variété de pre- 
mier mérite, ressemblant à la L. Semoroz, et, comme elle, 
lente à monter en graine. La pomme est plus grosse et plus 
ferme, d'un vert foncé, fortement teintée de rouge-brun et 
bien blanche à l'intérieur. 

L. Trot^kopf. — Belle laitue à côtes très fines et de fort 
bonne qualité, mais ayant l'inconvénient de donner des 
pommes peu serrées. "Cette variété sera plus appréciée 
dans les cultures bourgeoises que dans les jardins ma- 
raîchers. 

L. Triomphe à graine blanche (Forgeot). — Variété 
très blonde des quatre saisons. Plante très vigoureuse et 
rustique , à pomme arrondie, fort grosse et d'excellente 
qualité. 



— 167 — 

L. pommée Alhano. — Nous recommandons encore 
cette belle et bonne variété, introduite depuis quelques 
années de la province de Naples (Italie). Sa finesse et sa 
belle couleur blonde la feront rechercher pour les cultures 
d'été en chaude exposition. Quelques jardiniei's ont pu 
réussir à l'hiverner en pleine terre dans une plate-bande 
bien abritée. 

L. Forelle brune d'été (Englische blutrothe Forelle). - 
Cette nouvelle sorte anglaise, mise au commerce pai- 
M. Wilhelm Pfister , horticulteui- à Stuttgart, est une 
grosse laitue pommée de couleur- brun-clair, de bonne qua 
lité, assez tine, pommant ti-ès bien et lente à monter. Les 
spécimens que nous en avons vus cette année dans le jai'- 
dm de M. Ernest Saladin, à Chambésy, étaient fort beaux 
et si. comme nous l'espérons, elle peut s'hiverner dans 
notre pays, ce serait une des nieilleures acquisitions de ces 
dernières années, car elle réunirait toutes les conditions 
demandées par les maraicliers et par les consommateurs. 

L. pommée (jrosse paresseuse améliorée de P/ainpalais. 
— Nous signalons à l'attention des jardiniers cette très 
ancienne variété, si estimée autrefois dans les cultures, car 
elle offre toujours des avantages réels sur d'autres variétés 
plus nouvelles, mais moins méritantes. Outre qu'elle peut 
se cultiver en toutes saisons, sa pomme est grosse, rus- 
tmue et de bonne qualité. Il ne faut pas la confondre avec 
d autres laitues, fort différentes et inférieures en qualité, qui 
[•ortent le nom de paresseuses ; on ne la rencontre plus 
imère de nos jours que dans les jardins maraîchers de 
Plainpalais, où elle n'a cessé d'occuper une des premières 
[(laces. Auguste Dufour. 



Ageratum rose Noémie. 

Cette belle variété qui a été obtenue par M. Jules 
Chrétien, chet de culture au Parc de la Tête d'Or, à Lvon 
sera certainement, en étant plus connue, fort appréciée 
de tous les amateurs qui s'intéressent aux progrès de 
1 horticulture. J'ai reçu la plante en avril 1891, et comme 
elle m'était spécialement recommandée, j'ai mis tous mes 
soins à la cultiver. Aujourd'hui, je suis à même d'en faire 
les plus grands éloges, car je possède une jolie corbeille 
(\ Ageratum Noémie qui a fait l'admiration des visiteurs 
(»n peut dire sans exagération aucune: Voilà une bonne 
plante, qui aura sa place assurée dans tous les jardins et 



— 168 — 

qui aidera beaucoup à la décoration florale de nos campagnes. 
On ne connaissait jusqu'ici que l'Ageratum bleu et blanc. 
Cependant, il y a quelques années, une variété à fleur rose 
fit son apparition sous le nom de A. Lassauxi, mais sa 
couleur n'était pas franche et la plante végétait médio- 
crement. Ce n'est pas le cas de l'A. Noéniie, plante tout à 
fait vigoureuse, florifère, demi-naine et touftue. — Les bou- 
tons sont rouges avant l'épanouissement de la fleur et ils 
trouveront avantageusement leur emploi pour la formation 
des bouquets, en "comblant ainsi une lacune qui existe si 
souvent. 

Je recommande donc en toute sûreté cette charmante 
nouveauté, si jolie et si propre à la décoi-ation. Voici la 
description qu'en a donnée M. Sallier flls, horticulteur ;î 
Neuilly (Seine), dnns son catalogue de isyi : 

(( Àgeratum rose Noémie (Chrétien). Le coloi-is rose de 
« cette plante manquait dans les teintes cliarmantes des 
(( Ageratum. (''est une obtention sérieuse de iM. J. Chrétien. 
(( Plante demi-naine, régulière, bien faite, très multiflore. 
(( excellente pour massifs et bordures, où sa teinte nou- 
(i velle est particulièrement effective. 

Albert Haasis, 

jardinier chez M. Ernest Saladin, à Chamhésij (Genève). 



Histoire du Witloof. 

Je n'ai pas la pi-étention d'écrii-e « pour l'édification des 
générations futures, » comme disait un de mes anciens 
professeurs ; mais je pense qu'il ne sera pas sans intérêt de 
faire connaître à mes contemporains l'histoire de ce pro- 
duit qu'on appelle Chicoiée pommée de Bruxelles ou sim- 
plement chicorée de Bnixelles ou encore Witloof et non 
WitIooff\ comme voudraient l'écrire mes confrères de 
France. 

Le Witloof (1). j'ai eu soin de le dire, n'est pas une 
plante spéciale ainsi que certains jardiniers semblent le 
croire; c'est un produit analogue à la barbe de capucin, 
obtenu, comme ce dernier légume, de la même plante, la 
Chicorée sauvage, Cichorium Intybus. Ce produit est le 
résultat d'un procédé de culture modifié; déplus, c'est le 
hasard qui lui a donné naissance. 

(1) Mot fiamand composé de ivit, blanc et Joof, feuillage, donc blanc 
feuillage. Ce nom était donné depuis longtemps à la horhe de capucin. 



— 169 — 

Il y a de cela une trentaine d'années, le Jardin bota- 
nique de Bruxelles, aujourd'hui établissement de l'Etat, 
était le siège et la propriété de la Société d'Horticubure de 
Belgique, laquelle se bornait à y donner des fêtes à ses 
membres, quelques expositions florales et qui tirait profit, 
lant bien que mal, des plantes qu'on y cultivait. Les vastes 
souterrains étaient loués à des particuliers et sei'vaient en 
grande partie à la culture des champignons. Vers les années 
1850 et 1851, le chef jardinier, M. Bresiers (1), profitait de 
l'établissement de ces champignonnières pour blanchir quel- 
([ues légumes et produire entr'autres la salade d'hiver offerte 
par les feuilles blanches, tendres, longues et minces de la 
chicorée sauvage. Les racines de cette plante, réunies par 
l)ottes, étaient placées debout, très près les unes des autres, 
sur les couclies de fumier de cheval préparées pour les 
champignons. On mettait autour d'elles de la terre ordi- 
naire, et, pour activer la végétation, on arrosait de temps en 
temps. Un jour M. Bresiers 'emarqua que sa chicorée, au 
lieu de former ces longues lanières liabituelles, avait produit 
une sorte de pomme relativement serrée, rappelant pour 
la forme le milieu durci et blanc d'une laitue romaine. Ce 
résultat frappa vivement le chef de culture ; il dut utiliser 
en grande partie lui-même ce produit, sans pouvoir le 
vendre à la verdurière à qui il cédait le trop plein de ses 
cultures. L'année suivante, le même effet se produisit et la 
cause en fut attribuée à la nature du fumier employé pour 
les couches, ce qui était une erreur. LTne meule spéciale 
fut montée avec soin dans les conditions antérieures ; le 
même ouvrier plaça les bottes de chicorées et les couvril 
de terre fine comme aupai-avant ; de nouveau il y eut for- 
mation de pommes sur la moitié environ de la meule ei 
production de barbe de capucin sur l'autre moitié. Alors 
on remarqua que les chicons étaient produits à l'endroit où 
l'on avait mis le plus de terre. Le Willoof était trouvé, 
mais il demeura le secret de quelques ouvriers du Jardin 
botanique. 

M. Bresiers vint à mourir ; sa veuve se retira à Merxem, 
village important de la banlieue d'Anvers ; elle porta avec 
elle le secret de la culture du Witloof; ce secret devint le 
secret de son jardinier; celui-ci le passa, toujours comme 
un secret, au jardinier de la famille Moretus et c'est ainsi 
que peu à peu l'invention de Bresiers devint le secret de 
tout le monde. 

(l) C'est le inênie M. Bresieks qui obtint la sous-variété de vigne connue 
sous le nom de Bruxelloise. 



— 170 - 

Aujourd'liLii, gi'àce à une propagande continuée pendant 
plusieurs années par les journaux horticoles belges, le 
WHIoof'QS,{ partout répandu en Belgique et a même franchi 
nos frontières. Il est considéré à bon droit comme un des 
meilleurs produits de l'hiver: on peut l'utiliser cru ; néan- 
moins les chicons laissés dans leur entier et, préparés cuits 
avec une sauce mousseline ou étuvés , constituent un mets 
bien supérieur à toute salade. 

Le Bulletin a suffisamment décrit le procédé de culture 
auquel il convient de soumettre les racines de chicorée 
destinée à produire le Witloof. 11 serait peut-être inutile de 
revenir sur cet objet. Rappelons seulement que le semis se 
fait le mieux aux mois d'avril-mai et que lors de la récolte, 
en octobre, on choisit ])our faii-e le Witloof, non pas les 
plus grosses racines, mais bien celles de grosseur moyenne ; 
ce sont elles qui donnent les plus belles pommes. 

(Bulletin d' ArJjoriculture). Em. R. 

L'art de faire fleurir les plantes par le bouturage. 

Tout le monde sait que par le moyen des boutures on a 
l'avantage de conserver la variété ; mais ce procédé fait 
plus que de i-especter dans les jeunes multiplications les 
moindres particularités de la plante-mèi-e : il hâte leui- 
mise à fleur, rend leur floraison plus abondante, et souvent 
finit par leur imprimer une tendance à u remonter ». Tôt, 
beaucoup et toujours, voilà en quelque sorte une trinité de 
titres, que des exemples vont metti-e en relief. 

Depuis longtemps nous avions l'habitude, ou plutôt la 
roufine, d'élever par semence des Rivina lœuis, jolies 
plantes hivernales à grappes blanches, comme celles de 
VHoteia, et à baies rouges, comme les groseilles. Les 
sujets obtenus s'élançaient beaucoup et ne fleurissaient 
qu'à une hauteur de 40 à 50 centimètres, et encore après 
cinq et six mois d'attente. Cette année, au lieu de repiquer le 
plant, — qu'on trouve tout développé dans les bâches où il 
y a eu de ces Rivina, — il nous prit fantaisie d'en faire des 
boutures. Celles-ci, enracinées en huit jours, sevrées trois 
jours après, et mises ensuite à l'air libre de la serre, com- 
mencèrent à fleurir et fructifier, puis continuèrent à re- 
fleurir et à refructifier toute l'année, en restant naines et 
trapues. Il n'y avait eu que trois semaines à un mois de 
culture préparatoire. 



— 171 — 

Nous avons vu, à la mi-aoùi, des tubercules de Cerfeuil 
bulbeux et des fruits de Concombre provenant de boutures 
faites le 15 juin. Par le seoiis, aurait-on servi, en si peu de 
temps, de telles primeurs"^ Les Cytisus racemosus ,Ge/u'sta 
Jloi'ibunda), aux grappes dorées, gracieux ornement de 
nos serres froides au renouveau, ne sont plus que des 
boules tristement glauques, quand ils sont nés de graines. 
Nous faisons la même application au Coronilla glauca. Il 
nous souvient d'avoir semé des Choro:;ema nouveaux ; 
pendant quelques années nous attendîmes vainement leurs 
jolies corolles papilionacées. Mais il nous suffit d'en dé- 
tacher des boutures en juillet, pour être satisfait de leur 
Horaison à la fin de la môme année. Les Pachira, les 
Gœthea^ etc., fleurissent sur de jeunes boutures d'un an. 
Ce n'est pas d'hier que les pépiniéristes ont remarqué que 
les Cognassiers de bouture donnent plus de fleurs que 
ceux d'égrain. 

Enlever sur un végétal adulte un jeune rameau et lui 
faire produire des fleurs peu de temps après, alors que les 
autres rameaux, laissés sur pied, seront encore longtemps 
sans fleurir, est un expédient qui sera presque toujours 
suivi de succès pour les plantes lentes à boutonner, comme 
le Streptosolen Jamesoni. 

Les amateurs de Pldox^ Dahlia, Ageratiun, Eupa- 
toriuni, etc. devraient recourir plus souvent aux boutures. 
Ainsi, les toufl'es plus naines ont meilleure mine ; les fleurs 
sont plus belles, mieux nourries, mieux faites sous tous 
les rapports, et surtout plus nombreuses que par le semis 
et même par la division. Il faut en dire autant des Die- 
lytra, des Pentsienwn, des Bégonias tubéreux, des Hoi- 
tensias, etc. 

Les Chrysanthèmes indo-chinois et japonais ont un 
meilleur port et fleurissent plus convenablement quand ils 
sont refaits de boutures te us les ans. En en bouturant tar- 
divement des extrémités aoùtées vers le mois d'août, on se 
procure des plantes toutes petites et bien florifères, même 
avec les variétés naturellement hautes. 

Remarquons que le choix des boutures n'est pas indif- 
férent. Les u mères » cultivées en pleine terre offrent des 
boutures à tiges grosses et molles , à feuil es amples et 
distancées ; tandis que sur les mères tenues en pot, 
on coupe de ces boutures à tiges minces et solides, à 
feuilles plus petites et plus rapprochées, et souvent en 
train de fleurir. D'abord, de telles boutures s'enracinent 
mieux et se conservent plus aisément l'hiver; ensuite, elles 
sont naines et restent naines, état précieux pour la mise à 



- 172 ~ 

fleur. Il suffit de rappeler les Pélargoniums zonales et à 
grandes fleurs, les Fuchsias, Héliotropes, Pétunias, Cal- 
céolaires ligneuses, Anthémis, Sauges, Abutilons, etc. 

Il est encore à noter qu'avec les boutures d'août et de 
septembre, on se réserve, pour mai suivant, des massifs, 
plates-bandes et bordures, qui seront fleuris tout de suite 
€t qui « donneront » toute la saison. Ces multiplications 
nécessitent, il est vrai, un peu de surveillance pendant les 
mauvais mois; mais cet hivernage, qui oblige les racines 
au travail souterrain, assure aux plantes à fleurs un fonds 
solide, et leur floraison alors n'est plus un feu de paille. 
Outre les espèces citées plus haut, il faut encore signaler 
les Lobelia Èrinus, Capucines hybrides de Lobb, Rosiers, 
Véroniques, Cuphéas, etc. 

Après ces quelques témoignages, pris entre mille, une 
question se pose. Comment se fait-il que la plante de bou- 
ture se comporte mieux dans l'acte de la fleuraison que la 
plante de graine"? Pourtant, de part et d'autre, il n'y a que 
des individus affectant les mêmes caractères de genre, 
d'espèce et de variété. C'est vrai : nous avons bien là deux 
individus distincts, vivant chacun d'une vie propre, ayant 
sa tige, ses feuilles et ses fleurs. Cependant , il y a 
entre eux une énorme différence. La plante de graine est 
une i( création » qui passe successivement par tous les 
âges ; la plante de bouture est, au contraire, la « conti- 
nuation » d'un sujet adulte, un simple phénomème d'ac- 
croissement. 

Beaucoup de faits étayent solidement cette théorie. 
D'abord les boutures ont une allure moins « emportée » 
■que les plants de semis, absolument comme les parties 
d'un arbre déjà vieux. Puis la floraison est plus hâtive, 
plus généreuse, plus régulière, comme sur les branches 
anciennes, La silice dénote l'activité florale d'une branche. 
Or, cette substance n'existe presque pas dans les organes 
jeunes d'une plante de semis, et elle ne s'y accumule qu'au 
fur et à mesure que les organes vieillissent (s'aoûtent). Le 
fragment qu'on bouture, au contraire, en est quasi-saturé, 
et voilà pourquoi il commence et continue si bien à fleurir. 
Bref, cette portion du végétal, pour la caractériser par une 
antithèse, n'est qu'une « vieille rajeunie », Maintenant elle 
fleurira encore plus que sur son attache maternelle, parce 
qu'elle n'est plus dans les mêmes conditions. Au lieu de 
recevoir une sève élaborée, comme avec sa nourrice, elle 
est obligée, après son avulsion, de se former un système 
particulier d'absorption au moyen de racines secondaires 
adventices. Tout ce travail, qui fait souffrir la tige et sou- 



- 173 — 

vent fanei- les feuilles, amène une sorte de faiblesse émi- 
nemment favoi-able à la production des fleurs. 

D'autre pan, chez les sujets de bouture, pas de pivot 
veitical, ce puissant aspirateur; au contraire, rien que des 
racines latérales, dont l'activité est moindre. Aussi les in- 
tervalles entre chaque feuille (mérithalles) sont bien plus 
rapprochés ; en d'autres termes, c'est le ncuiisnie, dispo- 
sition heureuse pour la mise à fieur. Ainsi les Melons 
élevés de bouture produisent des fleurs femelles {mailles) 
plus près du pied que ceux provenant de semis, ce qui éco- 
nomise la place pour la culture sous châssis. 

Mais il arrive qu'à force de rebouturer sans cesse des 
parties qui sont l'élongation de la première plante-mère, 
ces parties deviennent chétives, rabougries, malingres, 
atteintes de ces germes morbides internes qu'on ne trouve 
pas sur les plantes résultant du semis, par exemple les 
Vignes, Pommes de terre, Pélargoniums zonales (pourri- 
ture sèche), Verveines (blanc des feuilhs). Pensées bleues 
de Cliveden (blanc des racines), Dracœna lerminalis. 
(taches d'abord piquetées, puis en plaque, etc.). Pour cou- 
per court, les multiplicateurs vous disent : « Ces plantes 
sont usées. » 

La physiologie, plus explicite, comprenant que les 
plantes soumises au bouturage intensif sont comme ces 
animaux à génération alternante qui peuvent se reproduire 
plusieurs fois par sectionnement {tœnia) ou par parthéno- 
genèse (pucerons) , mais qui sont obligés de recourir à la 
fin à l'œuf, la physiologie, dis-je, incarnée dans Claude 
Bernard, a établi cette loi : »( Ainsi l'espèce sera restaurée 
périodiquement par la réapparition d'une génération 
sexuelle entre les générations agames ; la sexualité, source 
de toute impulsion nutritive, rouvrira constamment le cycle 
qui tend à se fermer. » Charles Morren aussi avait bien 
raison de dire que « lage de tous les individus issus de la 
multiplication d'une même souche se compte comme s'ils 
étaient restés unis à cette souche ». 

Fernand Leguet fils. 

Extraits d'un article de la Revue horticole. 



Fleurs nouvelles ou peu connues. 

Parmi les brillantes fleurs qui ont été d'un si vif attrait à notre 
Exposilion de mai, la collection envoyée par la maison Dammann & 
• lie, de Naples, se distinguait au premier rang, et tous nos bons jar- 
diniers et véritables amateurs ont gardé le plus agréable souvenir do 



- 174 --- 

leur éclat passager. Aussi croyons-nous les charmer de nouveau en 
leur offrant la description des espèces les plus méritoires de cette 
riche collection, au moyen des notices dont cette maison si hautement 
recommandable avait eu soin d'accompagner son envoi L'abondance 
des matières nous a jusqu'à présent empêchés de le faire, mais il faut 
espérer que nos sociétaires nous sauront gré de n'avoir pas oublié de 
leur représenter à l'esprit l'image de ces fleurs admirables, avec des 
remarques succinctes concernant leurs qualités et leur culture. 

Note de la Rédaction. 

TRITONIA G ROC ATA ALBA 

TRITONIA GROCATA SANGUINEA 

TKITONIA FENESTRATA 

Tout le monde sait combien la région du Cap de Bonne- 
Espérance est riche en espèces végétales parées des plus 
belles Heurs et il se cultive dans les jardins de l'Europe 
beaucoup de plantes bulbeuses originaires de là, qui ont 
produit chez nous un bon nombre de variétés nouvelles ou 
d'hybrides de plus remai-quables. Cependant celles-ci ne 
jouissent qu'auprès de trop peu de jardiniers de toute la 
considération qu'elles méritent. Parmi les plus belles et les 
plus faciles nous comptons les Tritonias, qui pourtant 
sont à peine connues de la plupart des amateurs. Elles se 
laissent élever sans aucune peine, soit dans un coffre ou dans 
la serre froide, soit en pleine terre ou en vases ; la culture 
en est d'ailleurs on ne peut plus simple, et, au printemps, 
elles récompensent le peu de soins qu'il leur a fallu d'une 
abondance extraordinaire de fleurs aux couleurs les plus 
splendides. Leurs bulbes plats et arrondis sont plantés de 
juillet en septembre, et on ne les recouvre que de peu 'de 
terre. Ils se mettent à pousser bientôt et on fait passer 
l'hiver aux jeunes plants par une température de 2 à 5° R., 
avec autant d'eau et de lumière que possible, et en veillant 
à ce que la terre soit toujours fraîche mais non trop hu- 
mide. La floraison commence vers la fin d'avril et se pro- 
longe d'une manière soutenue pendant 4 à 5 semaines. La 
profusion des Heurs est si grande, que le sol et le feuil- 
lage en sont complètement recouverts, et les couleurs 
qu'elles déploient sont d'un éclat et d'une fraîcheur incom- 
parables, allant du blanc pur à l'orangé, au rouge vif et 
au pourpre. Elles sont disposées, en élégantes pamcules, 
dont un habile jardinier saura bien tirer parti de diverses 
manières. On en peut obtenir de grandes quantités sur un 
petit espace, en plantant les bulbes à une distance entre 
eux d'à peine 5 centimètres. Après la floraison, ils sont re 
levés et gardés en un lieu sec, jusqu'au moment de les 
remetti'e en terre pour une vie nouvelle. 



— I/o - 

CRINUM .YEMENSE 

Nouvelle et superbe espèce d'un genre de la famille des 
Amaryllidées un peu négligé et que celle-ci semble des- 
tinée à remettre en honneur. D'un gros bulbe il pousse en 
avril une touffe de feuilles lancéolées et d'un beau vert, 
de laquelle sortent bientôt des hampes portant chacune 12 
à 15 fleurs ou même davantage, en foi-me de grandes clo- 
chettes, d'un blanc de cire et quelquefois légèrement rosées 
en dehors. Ces belles fleurs sont en outre d'un agréable 
parfum et se succèdent durant tout l'été Cette plante méri- 
toire se cultive à peu près comme les Cannas : au printemps, 
elle est mise en pleine terre, et, en automne, on relève les 
bulbes pour les enterrer en un lieu où ils soient à l'abri de 
la gelée pendant l'hiver. Cependant le mieux pour elle c'est 
de lui laisser poursuivre sa végétation sans la troubler, en 
étant hivernée sous une couverture. Elle s'accommode de 
tout sol, mais préfère la glaise, et exige beaucoup d'engrais 
et d'eau pendant la saison chaude. Les racines pénètrent 
profondément dans le sol, et il résulte toujours du dom- 
mage à les déranger. 

TRITOMA UVARIA PR^GOX 
Tous les Tritomas sont des plantes magnifiques et qu'on 
voit de plus en plus appréciées des jardiniers et des ama- 
teurs. Elles fleurissent infatigablement et avec une abon- 
dance et un éclat tels que peu d'autres puissent rivaliser 
avec elles. Nous en avons déjà d'assez nombreuses espèces, 
mais peu seulement qui fleurissent en hiver ou au prin- 
temps. Voici enfin une variété du Tritoma Uvaria, la plus 
anciennement cultivée des espèces africaines de ce genre 
des Liliacées, qui est précoce en tant qu'elle développe ses 
fleurs en avril déjà; du reste c'est là son unique mérite, et 
il existe beaucoup d'espèces et de formes qui l'emportent 
sur elle en beauté. 

IRIS HISPANIGA. I. ATROGŒRULEA 
Ce bel Tris, qu'il serait plus juste d'appeler /. Xiphiuin, 
s'il n'était mieux connu des jardiniers sous l'autre déno- 
mination, n'est plus guère cultivé dans nos parterres, 
comme c'est malheureusement le cas de mainte autre 
plante du plus grand mérite. C'est à tort que celle-ci est 
négligée, vu qu'elle a des mérites qu'on cherchei-ait en vain 
dans beaucoup des espèces préférées aujourd'hui. Ses 
bulbes ont, comme premier avantage, celui de coûter très 
peu, puisqu'on en achète un millier pour 12 à 15 francs. 
On les met en terre de novembre à mars, suivant le climat 
et l'exposition, et, d'après l'époque aussi de la plantation, 



— 176 — 

ils fleurissent de mai en juillet. Les fleurs sont superbes 
et il est certain qu'on ne saurait rien voir de plus splendide 
<|ue de grands groupes de ces Iris en pleine floraison. Aussi 
•sont-ils d'une qualité inappréciable, tant simplement pour 
fleurs à couper que pour la décoration des grands jardins 
paysagers, où il s'agit souvent de faire de l'effet par des 
massifs richement fleuris. Leurs brillantes couleurs varient 
du violet à la fois le plus pur et le plus intense jusqu'au 
blanc de neige, qui sont relevés d'une tache de jaune d'or. 
PENTSTEMON CENTRANTHIFOLIUS 

Belle plante vivace et rustique, qui épanuuit dès le pre- 
mier printemps ses jolies fleurs d'un rouge vif, avec une 
abondance qui en rachète la petitesse. Elle mérite d'être 
mieux estimée qu'elle ne l'est, attendu que ce n'est pas 
seulement une espèce des plus élégantes à faire figurer 
dans les plates-bandes et les groupes, mais très avantageuse 
aussi pour fournir des fleurs à couper. On la multiplie le 
mieux de semence, qui se produit en quantité, et sa culture 
est la même que celle d'autres de nos espèces bien connues 
de Pentstemon. A Genève aussi, elle pourra être tenue en 
pleine terre, et elle préfère un S(3l frais et même un peu 
pierreux. 

Dammann & C'"" 

à San Giovanni a Teduccio, près Naples (Italie). 



QUESTIONNAIRE 

Sous cette rubrique, nous ouvrons dans notre journal un chapitre 
dans lequel seront consignées toutes sortes de demandes d'un intérêt 
horticole, sur lesquelles nos sociétaires désireront avoir quelques 
renseignements. La Commission du Bulletin aura soin de les leur 
fournir aussi sûrs et aussi complets qu'il pourra dépendre d'elle ainsi 
que du concours de tous nos collègues, qui sont priés de la seconder 
en cette tâche. 

Je possède un Ageratum vivace, rustique sous notre 
climat, à rhizomes traçants et nombreux, très envahissant, 
à feuilles obovales, crénelées sur les bords, glabres, d'un 
vert luisant ; à fleurs d'un bleu violacé, apparaissant à l'au- 
tomne. 

Quelqu'un le connaît-il et peut-il m'en donner le nom? 

CoRis. 

GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



37me ANNÉE 11-^ LIVRAISON NOVEMBRE 1891 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENÈVE 



FOISrnDEE E3Sr 1855 



Soniinaire : Avis. — Procès verbal de la dernière Assemblée. 
— Bilan des dépenses et recettes du Concours de mai. — Le 
Myosotis dissiliflora (avec gravure). — Rapports sur la visite 
des jardins du chàtean de Coppet; de la camp. Dupont, à Belle- 
rive; de la camp. Vieusseux, à Aire; de plantations fruitières 
de M. H" Martin, à Bellerive. — Multiplication rapide des Ro- 
siers. — Questionnaire. — Annonces. 



CONCOURS 

DE 

CHRYSANTHÈMES D'AUTOMNE 

d'Œillets et d'autres Plantes fleuries 



Les inscriptions seront reçues jusqu'au 31 octobre chez 
M. le président F. Cardinaux, Fusterie, 6, en indiquant exacte- 
ment l'espace que l'on compte occuper. 



3 et 4: novembre: Mardi tout le jour et mercredi 
jusqu'à midi: réception et classement des produits. 

4r novembre : Mercredi à 1 h. : Opérations du Jury. 



OUVERTURE AU PUBLIC: 

I>u. s SLVL s novembre 

les jeudis vendredi, samedi et dimanche 
de 8 V2 h. jusqu'à La nuit. 



—..178 - 

EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 4 octobre 1891, grande Salle des 
Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Fr. Cardinaux, président. 



Nombre des assistants: cent cinq. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée. 

Candidats présentés: 

1° M. Claude Curtenaz, jardinier chez M"" Binet, quai du Léman, 
par MM. Aug. et L' Dufour. 

2° M. Jean Grûtter, jardinier-tleuriste, chemin de Montchoisy, 25, 
Eaux- Vives, membre rentrant. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M'"" Thérèse Despaus, jardinière-fleuriste au Petit- 
Lancj' : 

75 variétés de Dahlias de 5 races différentes: Cactus; gracilis à 
feuillage pourpré ou bronzé; _^?'rte//«s à feuilles vert clair et à fleurs 
panachées, striées, pointillées; couronnés, issus du D. gracilis; 
hybrides de Cactus et gracilis. Pieds-d'alouette à nombreuses fleurs 
en pompons très pleins, gris de lin et vert; une plante en pot du 
Chrysanthème Circé, japonais précoce. — P. 5. 

2° De M. «Jean Hofer. jardinier de la camp. Bonna, Ghampel : 

Orchidées Odontoglossum grande %i Oncidium ornithorynchum; 
Crêtes de Coq: grosse large, rouge, pointues rouge et jaune. — P. 2. 

3° De M. Salomon Sehocli, jardinier de la camp. Posth, 
aux Délices : 

Un jeune Cycas revoluia, la fougère Platycerium alcicorne avec 
fructification, Adiantum excisum Leyi, un très beau Bégonia Rex. 

— P. 4. 

4" De M. Fréd. Wittwer, jardinier de la camp. Lombard, 
place de Champel : 

Six Bégonia Rex, de boutures du printemps; Adiantum: Ca- 
pillus, cuneatum, deflexum, Farleyense, gracile, pubescens et tene- 
rum; Polypodium aureum et albo-punctatissimum. — P. 5. 

CULTURE LÉGUMIÈRE 
l" De M. jr. < ^hapuis- Vuaclens, propriétaire à Garouge, route, 
de Veyrier : 

Artichaut, Chou de Milan, Chou-fleur, Céleri plein blanc doré. 

— P. 1 V,- 

2" De M. Louis Druz, marchand-grainier, place Longemalle, 13 
Genève : 

Tomates-pêches, raoe nouvelle, américaine. — P. 1. 



— 179 - 

3° École cantonale d'horticulture, à Châtelaine (M. Phi- 
lippe Murât, chef de culture maraichère) : 

Betterave à salade ronde, précoce ; Céleris de Prague et gros lisse 
de Paris; Chicorée frisée de Meaux ; Choux: chou-fleur hàtif de 
Naples, frisé gi-os des Vertus, quintal, rouge foncé de Berlin; Melon 
noir des Carmes, Scarole, Tomate président Garfield. — P. 4. 

4" De M. Emile £indi^-uer, jardinier de la campagne David 
Lenoir, chemin de Maiombré, 3. 

Carotte demi-longue nantaise, à bout rond; Céleri-rave d'Erfurt 
hâtif, Chicot vert à cœur plein ; Chou de Milan d'Ulm, petit, très 
hâtif, à pied court ; Poireau gros long d'hiver, Tomate Hathaway's 
excelsior. — P. 8 V.- (Du même, à l'assemblée du 9 août: Aubergine 
violette longue hâtive. — P. V?-) 

5° De M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard : 
Artichaut violet, Betterave à salade rouge plate d'Egypte ; Ca- 
rotte demi-longue hollandaise, Chou-fleur hâtif de Naples, Chou de 
Milan gros des Vertus, Chou rouge tardif; Cornichon vert de Paris ; 
Haricots : Cent pour un, Heinrich. Incomparable, Lyonnais; Poireaux 
gros de Rouen et long d'hiver de Paris; Radis rose à bout blanc, 
Rave plate d'Auvergne ; Salades : Chicorée de Meaux, Scarole à cœur 
plein, Semoroz; Tomates grosse lisse et Perfection; Pommes de terre; 
Impérator, Institut de Beauvais et Magnum bonum. — P. 4. 

6" De M. «Jean Hofer déjà nommé ; 

Betterave à salade plate d'Egypte, Carotte demi-longue nantaise, 
Céleri pomme ; Choux; gros blanc à choucroute, frisé gros des Vertus, 
de Winnigstâdt ; Chou-rave blanc, Courgeron long de Paris, Ognon 
jaune. Poivron, Scorsonère, Tomates Pei-fection et Mikado. — P. 2. 

7° De M. Félix liaverrière, jardinier de la camp. Fulpius, 
à Lancy : 

Artichaut, Cardon épineux de Tours, Carotte (betterave) à salade, 
Céleri-rave de Prague, Chicorée frisée de Meaux; Choux-fleurs géant 
d'automne, hâtif et tardif de Naples, Choux blancs quintal et cœur 
de bœuf. Chou frisé de Genève, Chou rouge hâtif d'Erfurt; Côtes 
allemandes fpoirée à carde blanchej. Haricot à rames. Laitue Se- 
moroz, Radis rond rose à bout blanc, Rave d'Auvergne. — P. 5. 

8" Maison des orphelins de Varembé, jardinier M. Louis 
Chapallaz; 

Carotte hollandaise. Chou blanc. Scorsonère, Pomme de terre 
Impérator. — P. 1 ^2- 

CULTURE FRUITIÈRE 

1° J. Chapuis-Vuadens, déjà nommé : 

Un raisin 7-ose grec du poids de 1250 grammes et 30 bonnes va- 
riétés de Poires — P. 2 '/,. 



— 180 — 

2° M. «Jean Hofer, déjà nommé : 

Poires : Beurré Glairgeau, Duchesse d'Angouléme. Saint-Ger- 
main Vauquelin; Pêche grosse mignonne tardive. — P. 1 ' 2- 

3° M. «Joseph Cirûtter, jardinier de la campagne Dupont, à 
Bellerive : 

Poires^ de belle culture et bien étiquetées : — Alexandrine Douil- 
lard, Belle Angevine, B. de Bovay, B. sans pépins, Bergamote Cras- 
sane, B. Espéren, Beurré d'Amanlis, B. Glairgeau, B. Diel, B. d'Har- 
dempont, B. Hardy, B. Luizet, B. superflu, Blanquet, Colmar 
d'Aremberg, Bon Chrétien Napoléon, B. Ch. de Rance, Curé, Doyenné 
d'Alençon, D. blanc, D. d'hiver, D. du Comice, D. gris, Duchesse 
d'Angouléme, id. panachée, Fondante des bois, Louise Bonne 
d'Avranches, Nouveau Poiteau, Passe Colmar doré, Rousselet de 
Reims, Saint-Germain Vauquelin. — P. 5. 

4° De M. Félix I^a verrière déjà nommé : 

Poires : Belle de Bruxelles, Bergamote Espéren, Beurré d'Amanlis, 
B. Glairgeau, B. Diel, B. d'Hardempont, B. Hardy, B. Superflu, Ga- 
tillac, Curé ou Belle de Berry, Fondante des bois, St-Germain Vau- 
quelin, St-Michel Archange. — Pommes: Adam, Court pendu rouge, 
Grosse ménagère, Reinette du Canada, Rouge de Juvigny. — P. 3. 

4" De M""" de Scheyterberg, à Carouge : 

Poires: Beurré Diel, B. Six, Général Totleben, Louise Bonne 
d'A\ ranches. — P. 1. 

Seconde conférence de M. le D' Hénon sur le verger, qui n'a pas 
eu moins de succès que la première auprès de nos jardiniers et ama- 
teurs s'intéressant à l'arboriculture fruitière. Elle traitait du choix du 
terrain et des meilleurs procédés de plantation des arbres , des formes 
à donner à ceux-ci, du tuteurage des jeunes tiges et du maintien en 
bon état des racines, du tronc et des branches, de la fumure et des 
arrosages, des maladies et des insectes nuisibles et, enfln, du renou- 
vellement du terrain par la rupture du gazon et des récoltes à cul- 
tiver avant la reconstitution de ce dernier. — Applaudissements de 
l'assistance et remerciments du président. 

Présentation du compte-rendu financier de l'Exposition de mai. 
Sur des demandes d'explication sur ce sujet, de la part de MM. L. De- 
corges et Reymann, M. le président démontre pour quelles raisons 
les dépenses ont été beaucoup plus fortes qu'au concours de Chry- 
santhèmes, en novembre 1890, tandis que les recettes sont restées à 
peu près du même chiffre, et fait espérer que, le prochain Concours 
devant avoir lieu au Bâtiment Electoral, il se produira un effet con- 
traire, c'est-à-dire une réduction des dépenses et une augmentation 
des recettes. 

MM. Bippus et George protestent contre l'avancement de l'époque 
de ce nouveau Concours de Chrysanthèmes. M. le président répond 
qu'il en a été décidé ainsi au Comité sur l'avis de ceux de ses mem- 



— 181 — 

bres qui seront eux-mêmes exposants et que, d'ailleurs, ce n'est qu'à 
cette date-là, soit du 5 au 8 novembre, que le Bâtiment Électoral peut 
être mis à notre disposition. 

Remise de médailles de bronze, pour 10 années consécutives de 
service dans une même campagne, à M. Emile Tronchet, jardinier 
chez M. de Seigneux, à Malagnou, et à M. Félix Laverrière, chez 
M. Fulpius, à Lanc}'. 

M. Chapuis-Vuadens demande que le Comité cherche à s'entendre 
avec M. Hénon pour la publication dans le Bulletin d'un résumé dé- 
taillé de ses remarquables conférences. Cette proposition est vive- 
ment appuyée et il y a lieu d'espérer qu'il lui sera donné suite d'une 
manière satisfaisante. 

Après une interpellation de M. Reymann, la séance est levée à 

4 heures et demie. 

Me Secrétaire- général, 

D. Triboulet. 



État des Recettes et Dépenses 

DU 

CONCOURS DE PLANTES FLEURIES 
au Stand de la Coidouvrenière en mai 1891. 

Recettes. 

Recettes pendant les 4 journées d'ouverture .... Frs. 1303 — 
Vente de rocailles ayant servi à la décoration ... » 52. — 

Total Frs. 13557— 

Dépenses. 

Location du Stand Frs. 200.— 

Affiches et affichage » 150.— 

Secrétariat. Impression et expédition des cartes d'en- 
trée aux membres, fournitures, etc. ... » 79.65 
Payé au Secrétaire- adjoint et pour le conti-ôle à la porte 

(17 jours) » 91.— 

Décoration, factures payées » 794.05 

A M. Dettinger, restaurateur au Stand » 190.— 

Musique de Compesières pour le Concert • 60. — 

Prix.Valeurs délivrées en espèces,médaille8 et argenterie » 610.— 

Total Frs. J174.70 

Excédent des dépenses sur les recettes Frs. 819.70 

Le Trésorier: 

F. Forestier. 
Genève, 4 octobre 1891. 



- 182 — 

Le Myosotis dissitiflora, Baker, 

var, grandiflora « blue perfection ». 

Ne m'oubliez pas!! si jamais un Myosotis a mérité 
ce nom charmant, c'est bien cette remarquable variété, 
dont notre illustration donne une si juste idée. 

Ses superbes fleurs, du plus beau bleu de ciel, d'une 
grandeur précédemment inconnue et portées sur des ra- 
meaux élégants et dégagés, ainsi que l'abondance de sa 
floraison, font de cette nouveauté une plante de premier 
ordre, dont tout amateur voudra enrichir ses cultures. 

Elle se prête en outre avec une grande facilité au for- 
çage, et il est certain que l'on en saura tirer bon profit 
pendant la période hivernale. 

Sa multiplication est des plus faciles au moyen du 
semis ou du bouturage; par ce dernier procédé, avec 
une vingtaine de plantes mères livrées à la pleine terre, 
nous avons obtenu plus de 2000 boutures dans un espace 
de temps fort limité. 

Mais quelle est donc l'origine de ce superbe gain f A vrai 
dire, il est assez difficile de la préciser. Cependant, d'après 
des renseignements dignes de confiance, le Myosotis dissiti- 
flora, var. grandiflora «Blue Perfection» aurait été obtenu, 
en 1886, chez un horticulteur allemand, qui en aurait vendu 
les premiers spécimens en Angleterre, où il fut primé et 
loué à plusieurs reprises, dans de grandes expositions 
horticoles. 

Ce printemps, MM. Nonne et Hœpker, qui réintroduirent 
ce beau Myosotis dans les cultures allemandes, ont pré- 
senté à l'exposition horticole de Hambourg un groupe 
d'une trentaine de ces plantes, qui firent l'admiration de 
tous les visiteurs. Là, un premier prix vint ajouter un 
fleuron de plus à la couronne de récompenses déjà ob^ 
tenues par cette ravissante nouveauté. 

En terminant, remercions bien sincèrement ces horti- 
culteurs distingués d'avoir eu l'amabilité de mettre leur 
cliché à notre disposition. 

Je n'ai ni parfum ni richesse, 
Et, si près de moi l'on s'empresse, 
Si l'on m'interroge tout bas, 
C'est que ma corolle inquiète, 
En songeant aux absents, répète 
Ces trois mots: Ne m'oubliez pas! 

(Fragment.) Antonio Spinelli. 

Loui& Dégorges, fils, 

Jardinier chez MM. Nonne et Hœpker, à Ahrensbourg, prks Hambourg. 



183 - 




Le Myosotis cUssiliflora Baker 
var. grandiflora « blue perfection 



- 184 --- 

» 

Rapport sur la visite des jardins 
du château de Coppet. 

La Commission chargée de visiter la propriété de M"* la comtesse 
d'Haussonville s'est réunie, le 27 août dernier, au château de Coppet; 
elle était composée de MM. François Besson, Louis Dufour et 
Schmidt, qui ont reçu le meilleur accueil de leur collègue, M. WuUie- 
miu, jardinier-chef. 

Nos examens ont commencé au jardin potager, dont nous avons 
admiré la bonne tenue. Les carrés sont entourés d'arbres fruitiers en 
pyramides, gobelets, espaliers, etc., garnis de bonnes variétés de 
Pêches et d'Abricots, ainsi que d'une abondance de Poires et de 
Pommes des meilleures qualités. 

La culture des légumes est excellente, et nous citerons particuliè- 
rement de très beaux Choux-fleurs hâtifs de Naples, d'une gros- 
seur énorme. Douze plates-bandes de fleurs. Sauges, Ageratums-, 
Géraniums, CaJcéolaires, Héliotropes, Verveines, etc., faisaient un 
bel effet. 

Dans les serres adossées au mur d'enceinte du jardin, nous avons 
admiré la beauté de toutes les cultures. La serre tempérée contenait 
de belles collections de Bégonias tubéreux, Coléus, etc. Dans la serre 
chaude, une grande collection de plantes tropicales pour la décora- 
tion des appartements, remarquables par leur bonne tenue, d'une 
fraîcheur et d'une propreté exemplaires. Nous mentionnerons les 
Imantophyllum, Aspidistra variegata, Phœtiio:, Dattiers et autres, 
Kentia Forsteriana, Cocos, Anthurium, Dracœna cannœfolia, Asple- 
nium, etc., ainsi que de belles collections de Gloxinia, Achimenes, 
Bégonia Rex, de Fougères, etc. 

A l'entrée des serres extérieures, de très jolies mosaïcultures ; du 
côté sud du château, les murs d'enceinte sont garnis de Rosiers-thés, 
en espèces sarmenteuses, palissées à 2 ou 3 mètres de hauteur, qui 
doivent produire le plus ravissant effet. Dans la cour d'honneur ou 
entrée principale, les garnitures sont vraiment splendides : ce sont 
d'abord, contre les murs, des Ficus elastica, Dracœna arborea, Euca- 
lyptus Globulus, de 3 à 4 mètres de hauteur, des Orangers, Camellias, 
Lauriers-roses, un très beau massif d'Hortensias et quantité d'autres 
espèces en pots ou en caisses. Toutes ces belles plantes sont entou- 
rées sur le devant d'une plate-bande de Bégonias entrecoupés d'une 
rangée d'Achimènes rouges et noirs, séparant en festons les cou- 
leurs bien tranchées des Bégonias semperflorens, tubéreux, castaneœ- 



- 185 - 

fdlia, etc., ainsi que d'une bordure touffue de Géraniums zonales à 
feuilles panachées. 

En face de l'entrée du château, se trouve la grille d'accès du parc, 
par où nous arrivons devant une immense pelouse, de l'aspect le 
plus ravissant, garnie de massifs de plantes bien fleuries. Le plus re- 
marquable était celui du centre avec ses trois grands Musa Ensete 
au centre, entourés de Canna discolo); à'Eulalia variegata, de Cala- 
dium esculentum et bordés de Pi/rethrum «j'^en^ewm. De chaque côté, 
des plantes isolées, telles que: Araucarm brasiliensis, A. excelsa, 
des Phœnix de toute beauté: un magnifique Hortensia de 68 co- 
rymbes de belles Heurs, arbuste unique en son genre ; une superbe 
mosaiculture composée de plantes connue», comme : Zinnias, Géra- 
niums, Ageratums, Bégonias, etc.; au centre de la pelouse, une ma- 
gnifique étoile formée de Coleus Vei'schaffeltii et de Pyrethrum doré, 
bordés de Koniga variegata. 

Le parc est composé de beaux et gigantesques arbres d'ornement 
très nombreux, desquels nous avons admiré surtout deux Cèdres du 
Liban d'une grandeur rare: une cascade et un étang contribuent à 
l'embellissement de ce parc imposant, dont les nombreuses allées 
sont bien entretenues. Sur la terrasse du château, il y a deux beaux 
massifs de Canna indica et une grande collection de Rosiers tiges et 
francs de pied fort bien exposée. 

Grâce à la parfaite bienveillance de M"" la comtesse d'Hausson- 
ville, nous avons été autorisés à visiter l'intérieur du château et à 
voir les objets précieux qu'il contient; mais, en bons jardiniers, nous 
n'avons pas laissé d'admirer encore là de charmantes garnitures de 
plantes de serres. 

En terminant, nous reconnaissons avec plaisir que cette belle 
propriété est fort bien entretenue, et que sa décoration florale fait le 
plus grand honneur au goût et aux soins de M. Wulliemin. Donc, 
toutes nos félicitations à cet intelligent jardinier pour ses cultures si 
bien entendues et pour le zèle qu'il apporte aux nombreux travaux 
confiés à sa charge. Nous le remercions aussi de l'excellente réception 
qui nous a été faite. 

Nous proposons au Comité d'accorder à M. Wulliemin la plus 
haute récompense de la Société, soit la médaille de vermeil qu'il a si 
bien méritée, et nous conserverons le meilleur souvenir de cette visite. 

Le rapporteur, 

Louis SCHMIDT. 



^ 186 — 

Rapport sur la visite de la campagne Dupont, 

à Bellerive. 

Sur la demande de votre Comité, nous nous sommes rendus,. 
M. Moser et moi, jeudi 20 août, à Bellerive pour visiter la campagne 
que possède M. Dupont dans cette localité. Cette propriété, divisée 
en deux par un chemin communal, comprend d'un côté la maison du 
jardinier, une serre, des couches, un jardin fruitier et potager, de 
l'autre le parc proprement dit et la maison d'habitation de M. Dupont. 

Cette division eu deux parties distinctes est fort avantageuse et 
doit être recommandée ; elle présente le grand avantage de réunir 
autour de la maison d'habitation tout ce qui concerne l'agrément, et 
dans une autre partie tout ce qui concerne les cultures préparatoires 
et la manutention nécessaire à l'entretien de la campagne. 

Dans le parc nous remarquons tout d'abord, conduisant à la mai- 
son d'habitation, une avenue plantée d"arbres superbes et rares,^ 
ayant l'aspect d'un bois élégant et coquet. On y respire un calme 
profond. Elle est bordée par de superbes hortensias roses et bleus^ 
du plus grand effet 

Dès que l'on approche de la ravissante demeure de M. Dupont^ 
construite en style chalet, on est frappé par la masse des fleurs qui, 
non seulen)ent sont groupées en élégants massifs, mais forment une 
large bordure tout autour de la maison; puis vient une belle pelouse, 
garnie d'arbres superbes (tels que Wellingtonia, Hêtre pourpre, Pin- 
sapo, Abies Nordmanniana), allant jusqu'au bord du lac, où se trou- 
vent terrasse et port. Partout régne la propreté et l'ordre le plus 
parfait; l'arrangement des fleurs et des massifs fait honneur au pro- 
priétaire et à son jardinier. 

M. Dupont, bien connu de nos concitoyens et qui représente d'une 
façon si distinguée notre pays à St-Péterbourg, est non seulement 
l'homme dévoué, serviable et toujours prêt à être utile à ses compa- 
triotes, mais aussi un homme de goût, ne ni^gligeant aucun détail, 
s'intéressant à tout ce qui se fait dans son jardin, indiquant lui-même 
tous les changements à faire dans sou parc. Heureux sont certaine- 
ment les jardiniers qui trouvent en leurs maîtres des hommes comme 
M. Dupont. 

Dans la seconde partie de la propriété nous remarquons tout 
d'abord une grande quantité de poiriers en pyramide, généralement 
chargés de fruits. La taille est bien faite et mérite nos éloges. Plu- 
sieurs- Doyennés d'hiver qui ne donnent que de mauvais fruits en 
pyramide, ont été surgrefîés avec d'autres variétés vigoureuses. Les 
espaliers de pêchers laissent k désirer, les arbres sont vieux et doi- 



— 187 — 

vent être renouvelés; c'est ce que du reste va faire M. Dupont et û 
aura raison, car, les murs sont superbes et lorsqu'ils seront munis 
d'auvents ils feront de magnifiques pêcheries. 

Nous remarquons aussi une superbe tonnelle de vignes, parfaite- 
ment entretenue et qui forme un ravissant coup d'œil. 

Le potager bien garni fait plaisir à voir, nous remarquons entre 
autx'es de superbes melons, très bien cultivés. 

Après la visite détaillée de cette propriété il nous reste l'impres- 
sion que, si M. Dupont est un propriétaire chez lequel un jardinier 
doit être parfaitement heureux, il a aussi trouvé dans M. Joseph 
Grutter un homme intelligent et actif, qui fait de son côté son possible 
pour remplir consciencieusement sa tâche. Du reste comme vous le 
savez, notre collègue a l'amour de sa vocation ; vous l'avez vu sou- 
vent à l'œuvre dans nos assemblées générales et nos expositions, où 
nous avons admiré ses beaux produits, et nous croyons être bien cer- 
tainement approuvés par vous en demandant pour M. Grutter une 
médaille de vermeil, qui sera pour lui une juste récompense pour le 
présent et un stimulant de plus pour l'avenir. 

Pour la Commission : 

Le rapporteur, 

E. Vaucher. 



Rapport 

sur la visite de la campagne Vieusseux, à Aire. 

La Commission, composée de MM. Jules Bulard, Eugène Guidon 
et Emile Tronchet, s'est rendue le dimanche 16 août dans cette pro- 
priété, qu'elle a trouvée très propre et fort bien entretenue par les 
soins de son jardinier, M. Clément Kemler. Elle est dans une très 
belle situation, avec une magnifique avenue de marronniers, et de la 
terrasse de la villa l'on jouit d'une vue très étendue sur le cours du 
Rhône et sa jonction avec l'Arve, sur l'enceinte de montagnes du Sa- 
léve au Fort-de-l'Écluse, sur le Môle, les Voirons et les hautes Alpe.% 
de Savoie. Le parc est formé de supei'bes arbres de hautes futaie, 
parmi lesquels on remarque un vieux Tilleul mesurant à la base 
7 mètres de circonférence, un admirable Saule-pleureur, des Conifères 
de belle venue: Abies Pinsapo et Nordmanniana, Thuyopsis bo- 
realis, Pinus Strobus et excelsa, Wellingtonias, etc. Devant l'entrée 
principale de la maison d'habitation, se déploie une pelouse, entou- 
rée de beaux pieds d'Hortensia (boutures de 2 ans), bien fleuris et 
bien cultivés, sur un desquels nous avons compté jusqu'à 17 om- 
belles de fleurs. Au milieu de cette pelouse, un massif de Bégonia 



— 188 — 

boliviens, avec un Dracaena au centre et une bordure de Goleus Ver- 
schaffeltii; deux groupes de Fuchsias et de jolies plantes d'Agapan- 
thus umbellatus (tubéreuse bleue) bien en fleurs. 

Sur la terrasse du midi, devant la villa, de beaux groupes de Gé- 
raniums en pots, ainsi que des Lauriers-roses et des Grenadiers; les 
deux rampes d'escaliers garnis de Géraniums zonales des variétés 
Aurore boréale, Président Grévy et Reine Olga. Les pelouses voi- 
sines sont décorées admirablement. A noter surtout deux belles cor- 
beilles de mosaïque en forme d'étoile et composées de diverses es- 
pèces d'Alternanthera, d'Armeria et d'Echeveria, avec une bordure 
de Mesembriantheuium et un Chamajrops au centre ; un splendide 
massif de Bégonias tubéreux bien variés et à grandes fleurs, en semis 
de 1890 : M. Kemler mérite pour cette bonne culture nos plus vives 
félicitations, et nous ne pouvons que l'encourager à continuer des 
semis d'une si belle réussite: des corbeilles de Géraniums ponceaux, 
d'Héliotropes, de Salvia splendens, de Glaïeuls, Cannas, Anémones. 
Il n'y a pas moins de dix-sept de ces corbeilles, bien variées, bien 
-fleuries et parfaitement entretenues, qui constituent la parure de ce 
magnifique parterre. N'oublions pas une belle collection de Rosiers, 
francs de pied et hautes tiges et une tonnelle formée de grands Rosiers 
grimpants, de Clématites, etc ; les princip-ales variétés de ces Roses 
sont la Gloire de Dijon, la Belle Lyonnaise, le Rêve d'Or, la Capucine, 
Marie-Henriette, le Maréchal Niel, avec d'autres variétés toutes 
nouvelles. 

De là notre visite s'est portée sur la serre, les couches et le pota- 
ger. La serre était bien garnie de Fougères, d'Aspidistras, d'Ascle- 
pias carnosa, de Bégonias Rex et tubéreux, en pleine floraison, de 
Pétunias doubles bien fleuris, de Tradescantias panachés. Les cou- 
ches étaient occupées par des Primevères obconiques, des Cycla- 
mens, des Chrysanthèmes en pots; un beau groupe de Camellias et 
une trentaine d'Azalées, d'une brillante verdure et bien cultivés. 

Quelques massifs garnissent le tour de la serre, composés de Pé- 
tunias panachés, de Phlox de Drummond et de Géraniums zonales. 
Mentionnons aussi une belle pièce d'eau entourée de Ricins sanguins, 
de Dahlias simples, de Pois de senteur, d'un élégant Tamarix et d'un 
pied d'Acanthe épineuse, avec un superbe épi de fleurs haut de 
4 mètres. 

Le potager, placé au midi, en excellente exposition, est abrité au 
nord par un mur d'une bonne hauteur et borné du côté opposé par 
une haie de buis bien taillée, haute d'un mètre. Il est divisé en carrés 
égaux bordés de buis nain et séparés par des allées larges et bien sa- 
blées, lesquels présentaient une belle collection de tous les légumes 



- 189 — 

de la saison. Notons d'abord une plate-bande de Tomates d'une culture 
irréprochable, pour laquelle M. Kemler mérite toutes nos félicita- 
tions ; puis des planches de Choux-fleurs, de Haricots, de Cardons 
épineux, de salades Romaines et Cabusses, et enfin une belle planta- 
tion de Framboisiei's. Ce potager est orné de quelques massifs et 
plates-bandes de fleurs, avec des semis de Dahlias simples, bien fleu- 
ris, et de diverses plantes annuelles. 

La culture fruitière est aussi bien représentée. Le mur abritant le 
jardin est garni de Pêchers, en très bon état, bien taillés et bien con- 
duits, ce qui dénote que le jardinier est fort expert aussi dans cette 
branche de l'art horticole: les variétés sont la Grosse mignonne hâ- 
tive, le Teton de Vénus, la Nivette, la Précoce de Halle. 

Les Poiriers et les Pommiers se trouvent en grand nombre avec 
les formes de pyramides, de gobelets et de cordons, dont quelques- 
uns bien garnis de fruits. Citons, dans les Poires, la Bergamote Es- 
péren, les Beurrés d'Amanlis, bigarré, Diel, gris, la Duchesse d'An- 
goulème, la Fondante des bois, la Jalousie de Fontenay; dans les 
Pommes, la reinette du Canada et les Calvilles blanche et rouge. 
Enfin de beaux Pruniers et Pruneauliers, et même un joli Citronnier 
garni de fleurs. 

Cette propriété a l'avantage d'être abondamment fournie d'eau 
pour les irrigations ; aussi, malgré la grande sécheresse de ces der- 
niers temps, toutes les cultures étaient ici en excellent état de végé- 
tation. Remarquons aussi que si, dans une campagne si grande et 
avec tant de cultures diflerentes, il incombe au jardinier une forte 
somme de soins et de travail, le propriétaire, de son côté, ne regarde 
pas à la dépense, quand il s'agit de lui faciliter l'accomplissement de 
sa tâche. La Commission a pu s'assurer que M. Clément Kemler, s'en 
acquitte parfaitement et, en conséquence, elle a proposé au Comité 
de lui décerner une médaille de vermeil, grand module, en récom- 
pense de ses talents et de son activité, et comme encouragement à 
persévérer dans la voie de l'honneur et du progrés horticoles. 

Le rapporteur, 
Emile Tronghet. 



73- 

Note sur deux visites de plantations fruitières 

dirigées par M. Henri Martin, arboriculteur à Bellerive. 

La Commission était composée de MM. Charles Reust, Jean Hofer 
et Etienne Fayol, et ces visites ont eu lieu, les 16 et 23 août dernier, 
chez M. Deron, à Bellerive, et chez M. Reverdin, à Frontenex. Dans 
l'une et l'autre de ces campagnes, les cultures en question sont eu 



— 190 — 

très bon état, et chez M. Deron, nous avons surtout apprécié des poi- 
riers greffés sur franc, à fruits assez marquants, et des variétés Du- 
chesse, Louise Bonne d'Avranches, Beurré Six, Gros Rousselet et 
d'autres trop longues à énnmérer. En conséquence, la Commission 
])ropose au Comité d'accorder à M. Martiu une médaille de bronze 
grand module comme récompense du zèle intelligent avec lequel il 
pratique cette importante partie de l'horticulture. 

Le raj)'porteur, 
Etienne Fayol. 
\^ — 



Multiplication rapide des Rosiers. 

Il nous a été donné d'observer dernièrement, chez un hor- 
ticulteur de Constantinople, M. Koch, un procédé de multi- 
plication rapide des Rosiers à haute tige, qui nous a paru 
très avantageux à employer dans certaines circonstances. 
En effet, il arrive parfois, et c'est le cas cette année, que des 
hivers rigoureux détruisent une quantité considérable de 
Rosiers, que l'on doit chercher à remplacer le plus rapi- 
dement possible. 

Le procédé suivant, qui nous a été expliqué en détail par 
M. Koch tils, donne, à Constantinople, les meilleurs résul- 
tats. Il est à supposer qu'il en serait de même en France. 

Le moyen consiste à se procurer, dès le mois de no- 
vembre, de beaux Eglantiers de grosseur moyenne, bien 
droits et à écorce lisse autant que possible. On rempote ces 
Eglantiers dans des pots de 15, 18 ou 20 centimètres, selon 
la force des sujets, avec un mélange composé de trois quaiis 
de terre franche et un quart de terreau. Les Eglantiers sont 
ensuite rentrés dans une serre froide, où l'on peut sans in- 
convénient les entasser, en quelque sorte, en mettant deux 
rangs de pots les uns sur les auti'es ; on peut même, si l'on 
ne dispose que d'un espace limité, les mettre d'abord der- 
rière des bâches ou des gradins, à la seule condition qu'ils 
ne soient pas trop à proximité des tuyaux de chauffage. 

On les arrose modérément au début, pour ne pas engen- 
drer la pourriture des racines; peu à peu, les arrosages 
doivent être plus fréquents, jusqu'à ce que l'on voie les plantes 
entrer en végétation, ce qtii ne tarde pas, du reste. En effet, 
vers la fin de décembre ou les premiers jours de janvier, 
les bourgeons commencent déjà à se gonfler et à se déve- 
lopper. Il devient alors urgent de mettre dans un endroit 
bien éclairé et suffisamment aéré les Eglantiers qui auraient 
été relégués, en premier lieu, dans une place obscure, où 
ils s'étioleraient promptement. 



— 191 — 

Du reste, il est généralement temps de les écussonner ; 
€ar la sève ét?nt déjà en mouvement, l'écorce se sépare fa- 
cilement du corps ligneux. A rencontre de ce qui ,se fait 
habituellement en France, dans les pépinières, on n attend 
pas le développement des jeunes rameaux pour poser les 
écussons. On les place sur la tige même, procédé qui, il est 
vrai, n'est pas nouveau lui-même. 

Nous venons de voir comment on prépare les sujets ; la 
question des greffons est aussi facile à résoudre. 

A l'entrée de l'hiver, dès que la première gelée blanche 
a fait tomber les feuilles des Rosiers, on prend des rameaux 
bien sains, bien aoùtés, de grosseur moyenne, sur chacune 
des variétés que l'on veut multiplier. On enterre ces rameaux 
dehors, par paquets très petits, pour qu'ils ne s'échauffent 
pas, autant que possible le long d'un mur. 

Ils se conservent, de cette façon, en parfait état, et, lors- 
qu'arri\e le moment de poser les écussons, en décembre- 
janvier, les yeux, que l'humidité du sol fait gonfler légè- 
rement, peuvent être levés avec une grande facilité. 

On pose deux, trois, quati-e écussons près de l'extrémité 
de la tige, en ligaturant comme d'habitude. Il est bon, à 
partir de ce moment, d'entretenir dans la serre une tempé- 
rature un peu plus élevée, sous l'infîuence de laquelle, grâce 
à des arrosages judicieux, les écussons ne tardent pas à se 
souder et à se développer. C'est ainsi que, vers !a tin de 
mars ou la première quinzaine d'avril, les bourgeons ont 
atteint déjà une longueur de 10, 15 et même 20 centimètres. 
Inutile de dire que l'on doit supprimer avec soin tous les 
rameaux gourmands qui se développent sur la tige ou les 
racines de l'Eglantier. 

Dès que la température extérieure le permet, on aère la 
terre le plus possible, de façon à préparer la sortie des 
plantes en plein air. 

Dans les premiers jours de mai, dès que les gelées 
blanches ne sont plus à craindre, on choisit, autant que 
possible, un temps sombre et même pluvieux, et l'on retire 
les plantes de la serre pour les mettre dehors. Dans le cas 
où le temps, très clair, ne serait pas favorable à la sortie 
des Rosiers, on protégerait les jeunes pousses, encore 
tendres, contre les rayons directs du soleil, en les oml)rant 
avec des toiles ou en les portant le long d'un mur exposé 
au nord. 

On peut ensuite, soit planter ces Rosiers en pleine terre, 
«n carrés, soit les laisser en pots, en se contentant simple- 
ment de les enterrer d-ms le sol de la pépinière. 

Cette dernière façon de procéder est surtout avantageuse 



— 192 — 

à Constantinople, où des propriétaires font parfois planter 
leurs jardins dans le courant de l'été, ce qui oblige les pépi- 
niéristes à avoir constamment un stock d'arbres et d'ar- 
bustes variés élevés en pots. 

La plupart des Rosiers ainsi obtenus fournissent dès la 
première année, en juin-juillet, une fioraison assez abon- 
dante, ce qui fait qu'on peut les vendre dès que la reprise 
des greffons est assurée, un ou deux mois après le greffage. 

De toutes façons, on est sûr d'obtenir, à la tin de l'été, 
des Rosiers superbes, munis d'une belle tête bien arrondie, 
surtout si l'on a eu soin de faire quelques pincements ou 
tailles en vert pendant la végétation. 

On comprendra facilement que, si ce mode de culture 
nécessite quelques soins spéciaux, il présente, d'un autre 
côté, de grands avantages, dont le principal est de gagner 
au moins une année sur la façon dont on procède habitu- 
ellement. Il erft, par suite, très rémunéi-ateur, ainsi qu'on 
pourra s'en rendre compte par un simple calcul ; c'est ce 
qui nous a engagé à le décrire ici dans ses principaux détails. 

{Revue HorHicolé). H. Martinet. 

^^^ — 



QUESTIONNAIRE 

Réponse à la Question I. {Bulletin d'octobr^e). 

M. Marc Micheli, qui possède une collection de plantes vi- 
vaces des plus belles, nous écrit que la plante dont il s'agit 
doit être plutôt un Eupatorium, attendu que l'origine géo- 
graphique de tous les Ageratum ne permet guère d'es- 
pérer d'en trouver un qui soit réellement rustique dans 
notre climat, tandis que le genre Eupatorium, si riche en 
espèces, en a plusieurs qui ont cette qualité. Cet éminent 
botaniste serait charmé de recevoir un exemplaire de ce 
douteux Ageratunij afin de pouvoir l'examiner de plus près. 

Château du Crest, près Jussy. 
Question II. 

Un de nos estimables collègues pourrait-il me faire 
savoir où l'on peut se procurer de jeunes pieds, élevés de 
semis pour porte-greffes, de Daphne-Me-^ereum (bois-gentil) 
ou de D. Laureola (lauréole)? E. G. 

Question III. 

S'il y a parmi les membres de la Société un fabricant de 
paillassons pour serres, il est prié d'envoyer son adresse à 
M. H. Lenoir, à Grange-Colomb sur Carouge. 

GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



^T'^^AJ^NÉE 12^ LIVRAISON DÉCEMBRE 1891 



BULLETIN 



\>E LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENEVE 



F O ]Sr ID É E E ]Sr 1855 



Sommaire: Liste des prix décernés au Concours de novembre. 
— Du Verger. — Légumes nouveaux pour 1892. — Le Semper- 
vivum Thomayeri. — Remarques et observations d'un amateur 
sur notre dernière Exposition. — Annonces. 



Liste des prix décernés 

aux exposants du grand Concours 
DE CHRYSANTHÈMES ET D'AUTRES PLANTES FLEURIES 

en novembre 1891. 

Jury: 
MM. François Besson, jardinier de la campagne Pictet-Prévost, à 

(îentliod, président; 
Edmond Vaucher, directeur de l'École cantonale d'horticulture, 

à Châtelaine, secrétaire; 
Samuel Moser. jardinier de la campagne De Candolle, au 

Vallon ; 
Gottfried Ruegg, jardinier de la campagne Prévost, à Versoix; 
P.Simmler, » „ Boissier, au Rivage. 

•firaiids Prix d'hotiiieur. 
MM. Emile (ir obéi y, architecte: plan et décoration de l'Exposition. 
Edouard George, horticulteur à Montfleury (Satigny) : Collec- 
tion générale de Chrysanthèmes cultivés en pots 

(avec félicitations du Jury). 
Henri Bippus, jardinier chez M. Ant. Martin, à Vessy : Collect. 

génér. de Ghrysanth. cultivés en pots. 

Prix cfliouneur. 

MM. Louis Dufour, horticult. aux Délices : Collection générale de 
Chrysanthèmes cultivés en pots. 
Fritz Ludi, horticult. à Plainpalais: Id. 

François Zuber, horticult. à Chéne-Bourg: Id. 



— 194 — 

M"" Despans, horticult. au Petit Lancy : lOÛ var. de Chrysanth. cul- 
tivés en pots. 
MM. de Siebenthal, jardin, de la camp. Du Pan, à Morillon : Id. re- 
levés de pleine terre. 

Eugène Guidon, horticult. à Montfleury (Satigny) : 50 var. de 
Chrysanth. cultivés en pots. 

Jules CouItn,yAvdin. de la camp. Rigaud, à Bellevue Coll. gén. 
de Chrysanth. en fleurs coupées (félicitât, du jury). 

F7-itz Ludi: Collectioti générale d'Œillets. 

Dietr. Berthet. horticult. à la Servette: Confections de fleurs 
fraîches et sèches. 

Prix de 1" classe. 

MM. D. Berthet: 100 var. de Chrysanthèmes relevés de pleine teri'e. 
Henri Bippus, Id. 

Félix Laverrière, jardin, de la camp. Fulpius, à Lancy : 100 var. 

de Chrysanth. cultivés en pots. 
Anselme Decrousc, horticult. à Plain palais : 50 var. de Chrysanth. 

cultivés en pots. 
A. Schlatter, i-AV dm. de la camp. Eyuard, près Bursinel: Collect. 

génér. de Chrysanth. en fleurs coupées. 
Edouard George: 100 var. de Chrysanth. en fleurs coupées. 
Ein. Dubois, jardin, de la camp. Ernest Favre, à Chougny : Id. 
Fritz Ludi: Grande collection de Cyclamens de Perse. 

Prix de 2' classe. 

MM. Fritz Ludi: 100 var. de Chrysanthèmes i-elevés de pi. terre. 

Louis Guillot, horticult. à la camp. Weudt, aux Charmilles: 
50 var. de Chrysanth., moitié cultivés en pots, 
moitié relevés de pleine terre. 

Jean Grouoc, horticult. aux Délices : 50 var. de Chrysanth. rele- 
vés de pleine terre. 

Prudent Ohristin, horticult. à Nyon : Collect. génér. de Chry- 
santh. en fleurs coupées. 

François Zuher : 100 var. de Chrysanth. eu fl. coupées. 

Joseph Griltter, jardin, de la camp. Dupont, à Bellerive : 100 var. 
de Chrysanth. en fl. coupées. 

Frédéric Wittiver, jardin, de la camp. Lombard, place de Cham- 
pel : Primevères de Chine et obconica et autres 
plant, fleuries. 

Eugène Guidon : Bouquets de Graminées et de fleurs sèches et 
teintes. 

Prix de 3' classe. 

M. Jean Groux : Deux groupes d'au moins 50 pieds de la même var. 
de Chrvsanthème. 



— VJo - 

Hors Concours 

avec félicitations du Jury. 

MM. Edm. Faucher, direel. de l'Ecole canton, d'horticulture: Collec- 
tion générale de Chrysanthèmes, anciens et nou- 
veaux, cultivés en pots. 

de Rei/dellet, à Valence : Une li'entaine de var. de Chrysan- 
thèmes, nouvelles et inédites, de ses propies semis, 
en tleurs coupées. 

Rivoire père et /îls, à Lyon : Une soixantaine de superbes var. 
de Chrysanthèmes, des créations les plus récentes, 
en Heurs coupées. 

Du Verger. 

Résumé d'une contéience faite par le D^ Hénon à la Société d'Horticulture 

de Genève, le 9 août 1891. 

Noti'e pays, c'est-à-dire le canton de Genève et les com- 
munes voisines, tant de la Savoie et du pays de Gex que 
du canton de Vaud, n'est pas favorisé par la nature i)our la 
plantation des arbres fruitiers. Le sol, constitué pour la 
plus grande partie par des déjxMs d'origine glaciaire, est 
froid et compacte, et notre climat est sujet à des séche- 
i-esses d'été très défavorables à la bonne végétation des 
arbres. Cependant l'on peut, par un choix judicieux de l'em 
placement, par des abris, une bonne préparation du sol et 
des soins bien entendus, compenser un peu les circon- 
stances défavorables, et arriver, sinon à avoir des vergers 
aussi beaux que ceux de la Suisse centrale ou de la Thur- 
govie, du moins à posséder des arbres passablement vi- 
goureux et donnant un produit rémunérateur. 

Le choix des arbres doit varier suivant qu'on se pro- 
pose de consommer la plus grande partie des fruits dans 
le ménage du pi^opriétaire, cas dans lequel on doit tâcher 
d'en être pourvu pendant la plus grande partie de l'an- 
née; ou de vendre ses fruits sur le marché de Genève, et 
alors il convient de restr(;indre beaucoup le nombre des 
variétés cultivées et de se borner à celles qui trouvent un 
écoulement facile sur ce marché. Enfin, un troisième cas 
se présente, celui de la culture des fruits à boisson, cidre 
ou poiré; nous dirons un mot du choix de leurs arbres, 
après avoir parlé des fruits de table convenables pour la 
culture en plein vent. 

Parmi les arbres de fruits à pépins pouvant se cultiver 
en haute tige, le Pommier et le Poirier viennent en pre- 
mière ligne; car le Cognassier, le Néflier et le Sorbier 



— 196 — 

n'ont qu'une importance bien moindre, et les tVuits des 
deux dei-niers ne sont guère que de fantaisie. 

Si le poirier est le roi incontesté du jardin fruitier, le 
pommier l'emporte dans le verger. Il s'accommode beau- 
coup mieux de la plupart de nos terrains et le cidre con- 
stitue une boisson en général bien préférable au poiré. 

Parmi les variétés presque innombrables de Pommiers, 
celle qui est à préférer à toutes les auti-es dans notre pays 
pour le fruit de table, est la Reinette du Canada. Vigueur, 
fertilité, beauté et bonté du fruit, bonne conservation et 
vente facile sur le marché de Genève : cet arbre a tout pour 
lui. Il doit constituer le fond de tout verger et former la 
presque totalité de celui dont les produits doivent être 
vendus comme fruits de table. Un autre arbre qui doit, 
mais dans une moindre proportion, figui*er dans tous les 
vergers, est le Courtpendu, à joli fruit rouge, de bonne 
conservation, très recherché sur le marché de Genève, 
surtout pour être consommé cuit. Cet arbre a l'avantage 
de fleurir seulement fin mai ou commencement de juin, ce 
qui le met à l'abri des gelées blanches si communes en 
avril et mai. Pour l'agrément de la maison, il est bon d'a- 
voir quelques pieds d'autres variétés, desquelles je citerai 
le Rambour d'été, bon fruit précoce et arbre vigoureux et 
fertile, et la Reinette grise, si bonne à la tin de l'hiver. 
Chacun peut y adjoindre les variétés qu'il pi'éfère, mais je 
ne conseillerai à personne de les multiplier beaucoup dans 
le verger. Quelques variétés, excellentes d'ailleurs et fruc- 
tifiant encore assez bien dans le jaidin fruitier, refusent 
absolument de prospérer chez nous en étant cultivées h 
haute tige : telles sont le Calville blanc et la Reinette 
franche. 

Comme arbres à cidre, les Pommiers peuvent se divi- 
ser en deux classes assez distinctes : les variétés normandes 
et les variétés allemandes. Les premières sont en général 
dépourvues d'acidité et produisent une boisson plus alcoo- 
lique, se conservant mieux, mais n'étant guère buvable 
avant six mois ou un an. Les variétés allemandes produi- 
sent en général une boisson plus légère, acidulée, se rap- 
prochant davantage du vin blanc et pouvant se consommer 
déjà peu de temps après sa préparation. Suivant les goûts 
ot les besoins, on peut planter des ai-bres de l'une et 
l'autre sorte; les pommiers à cidre, tant allemands que 
normands, se plaisent chez nous et y poussent en général 
mieux que les anciennes variétés du pays. 

Le Poirier a des variétés presque aussi nombreuses 
que le Pommier: les unes sont des fruits de table, les au- 



— 11)7 — 

très des fruits destinés à être aéchés ou consommés cuits, 
enfin d'autres servent à faire le poiré. 

Parmi les meilleures variétés de fruits à couteau, le 
plus grand nombre doit rester dans le jardin fruitier. Beau- 
coup de ces variétés manquent de la vigueur nécessaire à 
un arbre de haute tige. En outre, les très gios fruits, à peu 
d'exceptions près, ne conviennent pas à un verger ; les 
grands vents les abattent et ils s'endommagent en tombant 
beaucoup plus que les fi-uits petits ou moyens. Les vai-iétés 
suivantes me paraissent les plus recommandables pour la 
culture dans les vergers : 

Beurré Giffard, petit fruit d'excellente qualité, mûris- 
sant fin juillet ; 

Epargne, arbre très vigoureux; fruit moyen assez bon, 
mûi'issant en août ; 

Beurré d'Awatilis, arbre très vigoureux et très sain ; 
fruit gros, assez bon en septembre; 

Louise Bonne d'Avronches, fruit moyen, très bon en 
septembre ; 

Bewi^é d'Angleterre, aibre pyramidal ; fruit moyen 
assez bon en octobre ; 

Sucrée de Monduçon, arbre ti'ès vigoureux et très fer- 
tile ; fruit gros, bon en novembre; 

Beurré d'Hardempont, arbre vigoureux ; fruit gros, 
bon, chair très tine, bon en novembre et décembre. 

Je ne recommande aucune Poire d'hiver pour la culture 
en verger; les Poires très tardives, pour être bonnes, doi- 
vent être cultivées en espalier contre un mur au midi. 

Les meilleures Poires à cuire ou à sécher sont: la Poire 
Certeau appelée souvent à tort Cuisse-dame, la Messire- 
Jean et, comme Poire tardive, la Poire Cwré. Les anciennes 
variétés, excellentes comme qualité, Rousse/et., Alartin- 
Sec e\ Chai'lon, poussent actuellement si mal que la culture 
n'en est jms à recommander. 

Comme fruits à boisso/i, le Poirier a des variétés ex- 
trêmement nombreuses. Je recommanderai \a.¥*o\veMaude, 
arbre devenant énorme, très vigoureux et très fertile avec 
l'âge; mais il a le défaut de se mettre tardivement à fruit, 
et le poii'é fait de seules poires Maude, manquant de soli- 
dité, doit être bu pendant l'hiver de sa récolte. Les poi- 
riers connus dans le pays sous le nom de Poiriers nor- 
mands, blancs ou gris, et en Normandie sous le nom de 
Carisis, sont des arbres de moyenne grandeur, très fer- 
tiles, et ils produisent une poiie très astringente, se con- 
servant très bien et améliorant beaucoup par son mélange 
le poiré des Poires Maude. 



— 198 - 

Quelques variétés locales sont à citer: les Poires d'^"- 
tang et Boitier, très l'épandues dans le bas de la montagne 
des Voirons, et la Poii*e Béquillon, très cultivée au pied 
du Salève. Enfin, parmi les Poires allemandes, je recom- 
manderai la Theiler's Birne, une des plus répandues dans 
la Suisse centrale et qui, rapportée par moi de Lucerne, il 
va une douzaine d'années, prospère aussi bien ici que dans 
son pays d'origine. 

Les seuls arbres à noyaux à cultiver dans le verger 
sont le Cerisier et le Prunier. U Abricotier ne ])rospère 
pas chez nous en plein vent, le Pêcher ne se plaît guère 
que dans les vignes ou les jardins abrités, et V Amandier a 
sa récolte trop souvent détruite pai' les gelées du printemps 
pour qu'on puisse en recommander la culture dans notre 

pays. . 

Le seul Cerisier qui soit réellement d'un bon produit 
comme fruit de vente sur le marché de Genève, c'est le 
Bigarreau hâtif, appelé aussi Bigai-reau d'Oullins ou Bi- 
garreau de Jaboulay ; mais, ne fût-ce que pour l'agrément 
de la maison et surtout le bonheur des enfants, on doit lui 
joindre quelques autres variétés, dont les meilleures sont: 
'\(i gros Bigarreau et le Bigarreau 6/«;?c; puis quelques 
Cerises acides, telles que la Cerise anglaise, la Montmo- 
rency , enfin un arbre ou deux de Merise, la meilleure ce- 
rise poui- être conservée à l'eau -de-vie. 

Le Prunier a des variétés très nombreuses : je citerai la 
Reine-Claude d'Oullins, beau fruit assez médiocre, mais se 
vendant toujours bien à cause de sa précocité; \a Reine- 
Claude ordinaire, la meilleure des prunes; notre gros pru- 
neau appelé ailleurs Couètclie cVltalie. un des meilleurs 
fruits, aussi bien cru que cuit ou séché ; la Alirabelle, déli- 
cieuse en confiture, enfin la Ste-Catherine et la Prune 
d'Agen, qui font les meilleurs pruneaux. 

Légumes nouveaux pour 1892. 

Les présentations de Légumes qui se font dans nos As- 
semblées générales, les explicafions, les remarques et les 
critiques auxquelles donnent lieu leurs variétés nouvelles, 
offrent toujours un réel intérêt, parce que nous y trouvons 
de quoi multiplier les i-essources de notre culture maraî- 
chère. Nous sommes donc heureux de signaler à l'attention 
de nos jardiniers et des amateurs les premières nouveautés 
qui seront mises au commerce, le printemps prochain, par 
la maison Dammann & 0\ cultivateurs à Naples (Italie), 
membres correspondants de notre Société. 



— 109 - 

Céleri blanc géant. — Cette variété vraiment magnitiqiie 
atteint une grosseui' gigantesque et les côtes en sont très 
grosses, très pleines et très tendres. Les Céleris d'Italie 
sont en général d'un parfum des plus agi-éables et ont un 
goût exquis ; ils conviennent principalement pour être con- 
sommés en automne. 

Chicorée frisée de Monreole. — C'est une des plus 
fines de toutes les chicorées connues, ressemblant quelque 
peu à la Chicorée de Rouen. Elle croît très compacte et 
sera fort appi-éciée dans les cultures bourgeoises. 

Scarole Sant'Angelo.— I^spèce magnifique, d'une teinte 
jaune verdàtre, tbr-mant des rosettes très serrées, blanchis- 
sant sans être liée, à feuilles laî^ges et profondément dé- 
coupées. 

Scarole pleine de Naples. — Feuilles vert clair, un peu 
ondulées et dentelées ; très belle variété, cultivée beaucoup 
par les maraîchers de Naples. 

Scarole de Capoite. — C'est une des sortes les plus pré- 
cieuses pour la grande culture maraîchère. Feuilles d'un 
vert foncé, ligulées et légèrement ondulées. 

Tomate Alhino. — Fruits très gros, ressemblant à la 
Tomate Trophy, mais mûrissant beaucoup plus tôt. Us 
sont larges, ariondis, très peu côtelés, de couleur blanc- 
jaunâtre, souvent de chaii- transparente rougeàtre. C'est 
une hybridation entre les Tomates White Apple -et Mikado. 

Tomate Magenta. — De grandeur moyenne et plante 
très productive; fruits ronds, gros et lisses, en grappes de 
5 à 7. de couleur rouge magenta : variété unique par sa 
couleur. 

Tomate Prince de Naples. — Sorte toute nouvelle, à 
fruits très gros, dont 2 ou 3 font un kilo, d'une forme ti-ès 
régulière, très peu côtelés et d'un éclat luisant. Très belle 
variété pour expositions et pour la culture maraîchère. 

Paî'mi les vai'iétés de légumes essavées en 1891, il v en 
a plusieurs que nous n'hésitons pas à recommander, pour 
en avoir eu des résultats très satisfaisants. Ce sont : les 
Chicorées frisée impériale et frisée de Picpus. le Chou-fleur 
« non plus ultra - très hâtif d'Italie, le Chou-fleur très hâtif 
de Toscane, la Fève de Taylor, les Haricots nain « Lyon- 
nais » et hâtif «non plus ultra ), les Laitues pommée Ca- 
nada améliorée et pommée grosse brune têtue à graine 
blanche, le Navet blanc rond de Jersey, les Pommes de 
terre jaune hâtive de Boulogne et Parisienne, le Persil 
géant de Naples, le Radis long écarlate à bout blanc, etc. 

Nous engageons nos lecteurs à cultiver toutes ces 
bonnes variétés encore peu répandues dans nos jardins ; 



.— 200 — 

car, ayant été à même déjà d'en constater les mérites, 
nous pouvons leur garantir qu'ils en obtiendront des ré- 
sultats d'autant plus avantageux qu'elles conviennent à 
notre sol et à notre région. Auguste Dufour. 



Sempervivum Thomayeri Hort. (nouveau). 

(SeMPERVIVUM HIRTLIM L. X S. ARACHNOmEUM L.) 

La plante qui fait l'objet de cette note m'a été envoyée 
par mon ami M.Thomayer, directeur des Jardins et Parcs 
de la ville de Prague et fondateur de la Revue horticole 
tschèque, avec prière de la dénommer et de la décrire dans 
un journal d'horticulture de langue française. 

C'est une forme nouvelle de Joubarbe et qui diffère de 
tout ce que n(^us avons eu de ce genre jusqu'à ce jour 
Quand je l'ai reçue, elle m'a vivement surpris, et son as- 
pect étrange ainsi que ses dimensions énormes pour un 
Sempervivum ont arraché à tous ceux qui l'ont vu des cris 
d'admii'ation. 

La plante tient le milieu entre ses parents, les Semper- 
vivum, hirtum et arachiioideum ; mm^, comme, toutes les 
hybrides, elle est beaucoup plus forte et développée qu'eux. 
Elle forme de grosses rosettes demi-sphériques. hautes de 
3-4 cm. et larges de 9-10 cm., composées de feuilles ser- 
rées et imbriquées les unes sur les autres. Ces feuilles sont 
épaisses, spatulées, oblongues-cunéiformes, ti'ès glandu- 
leuses, longuement et abondamment ciliées sur les bords, 
couronnées à leur sommet pointu d'une aigrette de poils 
blancs, plus allongés que les cils marginaux ; elles sont 
longues de 2 ^ .,—3 cm., avec une largeur d'V, cm. à la 
base et de 1 cm. au sommet. Cette plante n'a pas encore 
fleuri à Prague et tout porte à croire qu'elle le fera peu et 
rarement ; les fîeurs seront probablement jaunes, comme 
celles du S. hirtum. Elle provient d'une fécondation qui a 
été opéi'ée au Jardin de i-éserve de la ville de Prague, 
i' Rajska Zahrada >'. Tous les pieds obtenus de cette hybii- 
dation, au nombre d'une centaine, sont semblables entre 
eux ; leur port singulier et leur prestance royale font de 
cete Joubarbe une plante d'ornement de tout premier ordre 
pour les rochers ainsi que pour les bordures et même les 
corbeilles hivernales, telles qu'on en voit au Jardin bota- 
nique de l'Etat, à Bruxelles. C'est une race nouvelle qui, 
espérons-le, n'a pas dit son dernier mot et va nous pro- 
curer encore d'agréables surprises. 

Henry Correvon. 



- 201 - 

Notre dernière Exposition. 

Remarques et observations d'un amateur. 

Tout d'abord, remarquons que je me plais à appeler exposition 
cette superbe fête florale en l'hounenr des Chrysanthèmes, bien qu'à 
proprement dire ou officiellement ce ne fût qu'un concours institué 
entre les horticulteurs et les jardiniers de la Société. Aussi bien la 
chose a-t-elle été ainsi comprise également, et par les nombeux 
ex|)osants qui ont contribué si vaillammant à sa réussite et par les 
visiteurs qui sont venus admirer la ravissante profusion de fleurs 
étalée sous leurs yeux. 

(^eux-ci sont accourus en foule, en se félicitant que notre Société 
eût eu le bon esprit d'offrir au public des jouissances de cette sorte 
à une époque de l'année où elles étaient doublement précieuses. En 
effet, au commencement de novembre, les jardins, dépouillés à peu 
près de toute leur parure, sont abandonnés, et, sous les arbres des 
parcs et dos promenades, nous voyons les feuilles sèches, abattues 
par la bise, exécuter de lamentables « danses des morts.» La s-iison 
de sommeil et de torpeur commence pour nos climats, et quel délice 
alors, afin de se délivrer de ces impressions de deuil, ne serait-ce que 
pour un moment, d'avoir un lieu où l'on puisse se délecter les yeux 
et l'âme de l'aspect d'un élégant et riche étalage de fleurs gracieuse- 
ment épanouies et les plus diverses de formes et de coloris. Ce sont 
la des satisfactions d'exquise qualité et qui ont été dignement ap- 
préciées par la iilupnrt des visiteurs de cette Exposition, du 5 au 
8 novembre 1891. J3eaucoup d'entre eux, et des plus capables de bien 
ju<^er en matière pareille, en ont fait compliment aux organisateurs, 
et c'était pour ceux-ci un genre de satisfaction qui avait son pi-ix 
également. 

Le but principal de cette exposition a été de présenter en un vaste 
tableau et sous leur aspect le plus agréable les merveilleux mérites des 
Chrysanthèmes d'automne. Dans le monde horticole, personne n'est 
sans reconnaître que nous n'avons pns de plante d'ornement qui, 
depuis une douzaine d'années et diins la France, l'Angleterre et la 
Belgiijue, voire mèuie aux États-Unis, ait été de la part d'habiles 
horticulteurs ro})jet de tant de soins, d'études et de recherches de 
variétés nouvelles: il est vrai qu'ils ont été et sont de plus en |dus 
encouragés dans leurs efforts par l'unanime approbation de tout ce 
qu'il y a dans ces pays-là d'anjateurs éclairésdes beautés florales. Les 
Ciirysanthémes ont le privilège d'être dotés d'un ensemble incompa- 
rable de qualités horticoles des plus précieuses. A l'exceptionnelle 
pr.,;>riété de fleurir superbement encore dans l'arrière saison et aux 
avantages d'un tempérament et d'une culture faciles, ils joignent une 



- — .^0^ — 

inépuisable variabilité de formes et de couleui's. C'est ce qu'on a 
cherché à expliquer à nos lecteurs dans le Bulletin de novembre 1890, 
qui, comme la plupart se le rappellent sans doute, était consacré tout 
entier aux fleurs en question, et il serait inutile ici de détailler de 
nouveau les caractères qui les distinguent. 

Cette notice fut publiée à |)ropos d'une première exposition que 
nous avons eue alors de ces fleurs au Stand de la Coulouvreniére. 
Celle-ci, bien que constituée dans des proportions assez modestes, a 
donné lieu à plusieurs de nos horticulteurs et jardiniers de montrer 
qu'ils entendent parfaitement la culture des Chrysanthèmes, et, quant 
aux amateurs, ceux qui n'avaient pas encore été bien à même d'en 
apprécier la haute valeur ne négligèrent pas cette belle occasion de 
s'instruire à cet égard. Mais la dernière exposition, organisée sur une 
bien plus grande échelle, a été pour les uns et les autres une excel- 
lente occasion de rendre hommage aux plantes que les Anglais ap- 
pellent les reines de l'automne, en en présentant et admirant de très 
nombreux et très divers spécimens de la plus grande beauté, soit en 
plantes de culture ou en fleurs coupées. 

Avant de passer à l:i mention, ou, cas échéant, à l'explication de 
ce que. quant à moi, j"ai noté de plus remarquable dans cette expo- 
sition, il me parait de quelque importance de faire observer que, 
dans ces derniers tenips, l'on a réussi à produire dans ces fleurs des 
variétés d'une floraison moins tardive et que, par conséquent, la dé- 
nomination absolue de Chrysanthèmes cVautomne a cessé d'être 
juste. Grâce aux travaux de quelques éminents horticulteurs de 
France et d'Angleterre, principalement de M. Simon Délaux, à Tou- 
louse, le plus actif des chrysanthémistes français (voir son Catal. 
N° 47, de mars dernier, pp. 19-40), nous possédons aujourd'hui un 
grand nombre de nouveautés, naines la plupart mais à grandes 
fleurs, àe floraisoyi hâtive et continue depuis juin jusqu'aux gelées. 



Le tableau des prix décernés à ce Concours, lequel se trouve im- 
primé ci-devant, a pu faire juger déjà que les produits exposés 
étaient non moins distingués par la qualité que par la quantité. .Mais, 
ils étaient si abondants que le Stand de la Coulouvreniére, qui d'ail- 
leurs se prête on ne peut mieux à une exhibition de fleurs, n'en aurait 
guère pu contenir que la moitié. Aussi a-t-on dû avoir recours au 
Bâtiment électoral pour les loger tous et les disposer en un arrange- 
ment (]ui les présentât de la manière la plus avantageuse. Le choix 
de cet honorable édifice a eu pour effet immédiat aux yeux du public, 
de faire regarder ce simpb- concours comme une véritable exposition, 
et les visiteurs n'ont pu être que conlirmés dans cette idée devant les 
richesses florales qu'ils y voyaient étalées. Grâces au talent, au goût 
et à Tactivité de M. l'architecte Grobéty, ce vaste local était divisé 
en parterres, en corbeilles, en plates-bandes, parmi lesquels on circu- 



- 203 - 

lait aisément et à plaisir, pour examiner et admirer clans leurs infi- 
nies variétés les fleurs multicolores des Chrysanthèmes, portées sur 
des pieds de formes diverses ou piquées dans de la mousse à l'état 
coupé. 

Si, quantitativement, cette exposition l'emportait fort sur celle de 
l'année passée, les connaisseurs ont pu constater aussi que, dans ce 
court intervalle, nos cultivateurs de Chrysanthèmes ont su vouer 
plus de soins à leur élevage et se mieux pourvoir de meilleures va- 
riétés, anciennes ou nouvelles. Ils ont compris (|ue ces fleurs devien- 
nent à ]>on droit de plus en plus à la mode, qu'elles sont susceptibles 
de |)erfectioniiements presque illimités et qu'il importe de se mettre 
en mesure de satisfaire aux demandes des amateurs, dont le nouilire 
va de toutes parts en augmentant sans cesse. Mais, on a pu remar- 
quer aussi que, dans leurs collections grandes ou petites, il y avait 
encore par trop de variétés d'une valeur médiocre ou nulle. C'était 
fâcheux qu'un tel inconvénient s'observât même dans les lots qui 
n'en comprenaient qu'environ cinquante ou cent; car, dans l'esprit 
du programme, ceux-là devaient racheter la quantité par la qualité, 
en ne présentant que des variétés du plus grand mérite et d'une cul- 
ture excellente. Il est vi'ai que trois de ces lots ont été à titre égal 
l'objet d'une haute distinction de la part du jury; mais quant à moi 
qui, pendant les quatre journées de l'exposition, me suis appliiiué 
plusieurs fois à en faire avec soin un examen comparatif, je me per- 
mets d'estimer qu'un seul était vraiment irréprochable sous le double 
rapport qui vient d'être indiqué. 

Ce fut M. Edouard George qui obtint la plus haute récompense à 
notre Concours de Chrysanthèmes de l'an passé. Après cette bril- 
lante affirmation de sy parfaite entente des propriétés et de la culture 
de ces fleurs, il ne « s'endormit point sur ses lauriers » — pour u.ser 
d'une locution trop souvent employée abusivement, mais qui se 
trouve ici fort bien justifiée. Son succès de cette année a été plus 
grand encore. <Ilhoix heureux des variétés les plus méritantes de 
toutes les races; spécimens bien réussis des diverses formes de cul- 
ture, en buisson, demi-tige et haute tige ; superbes échantillons de 
fleurs coupées. Je n'y ai pas remarqué la forme pyramidale bien ca- 
ractérisée : il est vrai qu'elle est difficile à obtenir, niais, à ce titre 
même, elle devrait tenter un horticulteur aussi vaillant que M.George. 
Ou a surtout fort admiré plusieurs hautes-tiges, de laquelle forme, 
très prisée des Anglais, il n'y avait pas un seul échantillon au Con- 
cours de l'an passé. Elles étaient des variétés ordinairement em- 
ployées à cet effet : Mrs G. Rundle, George Glenny, Mlle Lacroix ou 
la Pureté, la Triomphante, Fair Maid of Guernsey, Margot (japonaise 
l'éfléchie, haute de 2 m. et portant environ 80 fleurs). 

Une nouveauté encore du même exposant, et des plus appréciées, 
était une haute-tige arborant sur un pied unique, par le procédé de 
la greffe en approche, les cinq variétés suivantes : Alfred Chantrier,. 



- 204 — 

Flenr des bois, Ebouriffée, Infante d'Espagne (japonaises) et D' Pey- 
ronnet (pivoine incurvée). L'effet eût été pbis frappant si Fauteur 
avait eu soin de choisir des variétés d'un coloris plus tranché; il est 
vrai qu'il importe avant tout d'en prendre qui soient de floraison 
simultanée. 

Dans les fleurs coupées de M. George il y avait des choses très 
intéressantes. En Anémoniflores : M™' Bertlie Pigny, Acquisition, 
très élégante, Nelson, à capitule énorme; Golden Empress of India, 
pivoine incurvée d'une couleur splendide ; Hélène, japonaise réflé- 
chie, d'un blanc pur, à fleurons en ligules parfaites. Mais la variété la 
plus curieuse à mon sens et que j'ai soumise à un examen attentif 
était celle du singulier nom de Triomphe de la rue des Chalets, et 
qui lui vient de celle de Toulouse où se trouve l'établissement de 
J. Pertuzès, d'où elle est sortie en 1883. C'est une japonaise très ca- 
ractérisée, à longs ijétales chift'onnés, mais d'une coulpur saumon 
rongeâtre qui n'a rien de brillant. Je tiens qu'elle mérite le titre de 
Triomphe à plus forte raison encore que peut-être son obtenteur ne 
l'imaginait lui-même. En eft'et, les fleurons présentent à l'extrémité 
de leur revers quelques rudiments de poils, de même nature que 
ceux dont la présence chez les variétés récemment importées du Ja- 
pon, Mrs Alpheus Hardy et M. Louis Bœhmer, a été d'un si grand 
retentissement dans le monde horticole. Donc, n'y a-t-il pas à re- 
gretter à Toulouse que, depuis près de dix ans, la remarquable va- 
riété en question n'ait pas été l'objet de certains soins spéciaux de 
culture, qui l'auraient sans doute amenée à produire des fleurons 
aussi poilus que ceux des deux nouveautés japonaises? Un autre 
caractère d'une valeur exceptionnelle que j'ai observé dans cette va- 
riété, c'est que chez la plupart des fleurons les mieux développés il 
part du fond du tube deux ou trois lanières étroites, assez longues 
et recourbées, qui, morphologiquement, ne sont autre chose que des 
étamines transformées en pétales. Je me borne ici à cette briève indi- 
cation d'un phénomène de tératologie végétale qui pourra donner 
lieu de ma part, ou de quelque autre botaniste, à une étude plus 
approfondie. 

De même que M. George parmi les horticulteurs, M. Henri Bippus 
a eu le grand prix d'honneur dans le 1" concours entre jardiniers de 
maisons bourgeoises. On sait qu'il en est un des plus habiles et des 
plus actifs, et il a l'avantage en outre d'avoir en M.Antoine Martin un 
patron sachant apprécier ses talents et qui est un amateur passionné 
des belles fleurs, surtout des Chrysanthèmes. Sa collection générale 
de variétés anciennes et nouvelles, réunies en un massif triangulaire, 
était d'un eft'et splendide. Agréablement étagées par ordre de gran- 
deur, toutes ces plantes, diaprées des plus riches couleurs et garnies 
de fraîche verdure, avaient l'air d'être épanchées, sous les yeux ravis 
des spectateurs, d'une gigantesque corne d'abondance. Notons les 
plus remarquables : Hiver fleuri, M. Martin Cahuzac, M. Pankoucke, 



- 205 - 

Carmen, M"° Anna Délaux, Kiiig of Crimsons, la France, la duchesse 
d'Uzès, Priscilîa, Souvenir d'une sœur, etc , etc. 

Trois autres de nos horlicuUeurs, iMM. L' iJufour, Ludi et Zuber^ 
avaient exposé des collections générales, et chacune d'elles reçut iiti 
prix d'honneur. C'est dire que le jury leur reconnut un mérite à peu 
près égal. Quant à moi, qui m'appliquais surtout à discerner ce que 
les diverses variétés pouvaient présenter de réellement distinct dans 
les formes et les teintes, j'ai pris beaucoup d'intérêt aussi à examiner 
ces collections, et d'autant plus <[ue chacune d'elles m'en oô'rait 
quelques-unes qui ne se trouvaient pas dans les autres. Ainsi dans 
celle de M. Dufour, j'ai admiré : Fleur de .Marie, le petit Bob, la belle 
Paule, Anatole Cordonnier, Maiden's blush, la Source d'Or, Golden 
Beverley, la Charmeuse, Ulrich Brunner, Alexandre Dufour, etc. 
Dans celle de M. Ludi: Admiranda, la Triomphante, M'"^ Hoste. 
.Teanne d'Arc, Malgako, Etoile de la Pape ; cette dernière est une ré- 
cente importation du Japon, très jolie, du type de la Gloire rayon- 
nante, à Ans tubes jaunes à l'épanouissement et devenant d'un blanc 
presque pur. Dans celle de M. Zuber : la Vierge japonaise, lord Wol- 
seley, Gloria mnndi, .Jardin des plantes. Gloire lyonnaise. M" As- 
torg, Vénus, M"= Dixon, Mandarin, Souvenir du Concours de 1890, etc. 

Cette exposition était si riche eu pieds de Chrysanthèmes de la 
plus belle qualité que le jury s'est vu dans le cas heureusement de 
couronner de prix d'honneur même des collections limitées au 
nombre de 50 ou 100 variétés. Dans cette catégorie, le lot de M"" Des- 
pans tenait le premier rang, selon l'avis de tous les connaisseurs. Ici 
tout était parfait, con)me choix des variétés et soins de culture. Les 
visiteurs s'arrêtaient en foule pour admirer ces plantes, en variétés la 
plupart de création récente, dont les mérites étaient si éclatants 
qu'elles s'imposaient à l'admiration même des gens médiocrement 
experts en pareille matière. Il faut me réduire à n'en citer que 
quelques-unes, avec le regret de n'avoir pas lieu ici d'insister davan- 
tage sur cet agréable sujet; Mont-Blanc, Lumière électrique. Alcyon, 
le Cygne, Perle de Salles, JM'-^ Wright, M'"= Prunac, Giovanna Mazzi, 
vice-président Audiguier. F. Marronch, Phil. Rivoire, Viviand-Morel ; 
^tanstead surprise, vav. tvèa célèbre il y a trois ou quatre ans, lors 
de son apparition, mais qui ne parait guère disposée à réaliser tout 
le bien qu'on en attendait : entin, deux exemplaires du fameux Louis 
Bœhmer, avec ses pétales lilas clair poilus en dessous dans leur moi- 
tié supérieure. Mais au point de vue de la luorpliologie végétale, ce 
ne sont pas là des poils véritables, ainsi que me l'a fait constater le 
microscope de M. le prof. Robert Chodat : ces sortes de spinules ou 
petites saillies effilées consistent en un soulèvement ou « émergence » 
de l'épi derme. 

Le lot de .\f. de Siebenthal, en une centaine de pieds relevés de 
pleine terre, présentait égalemenl un bon nombre de variétés de pre- 
mier ordre, telles que Sœur Dorothée Souillé, une .\némone japo- 



— 206 - 

•naise, la plas superbe de cette race et l'un des spécimens les plus 
remarquables de la prodigieuse variabilité des Chrysanthèmes; 
Snowdrop, Jonquille, Coquette des blanches, Golden dragon, Damo- 
clés, Safranuni, Bouton d'or, M'" Paule Dutour, M"" Sylvie Audi- 
guier, miss Edith Liltle, A. Vilmorin. M. Cochet, M. Elliot; deux très 
jolis pompons, le Laciniaium roseum et la Fiancée, qui ressemble à 
une pâquerette à Heur pleine. 

M. Eugène Guidon avait un lot d'environ 50 variétés seulement, 
mais toutes de grande valeur et bien dignes du prix d'honneur qui 
leur fut attribué: Ile des plaisirs, Cosaque, Princesse japonaise, Boule 
d'or. Frison, Yellow dragon. M"' Antoinette Brunel, M"' Audiguier, 
M. Rozain-Boucharlat, D' Dor, etc. 

Aux fleurs coupées, il fut aussi décerné un prix d'honneur, en la 
personne de M. Ernest Coulin. Elles étaient généralement de grandes 
dimensions, et l'on sait de reste par quel simple artifice, dit procédé 
anglais, il est assez facile de [)roduire des fleurs d"un tel volume. 
Mais celles dont il s'agit ici étaient toutes en variétés des plus distin- 
guées et témoignaient admirablement des soins voués à leur culture 
par cet habile jardinier. Je me suis fait un vif plaisir d'en examiner 
un bon nombre avec beaucoup d'attention. Il est dommage que la 
place me nianque ici de donner, pour la plupait d'entre elles, un 
aperçu détaillé de leurs qualités les plus remarquables. Je dois me 
borner à n'en citer que les noms: Vénus, Flamme de punch, Triomphe 
d'Anzin, Cœur fidèle, Etincelle, le Cid, Grand-papa, Val d'Andorre, 
M'"* Bouchardier, Liban S. Bird, Edwin Molyneux, Général de Né- 
grier, M. Pankoucke, etc. 

On comprendra que pour plusieurs raisons, dont celle du manque 
d'espace sutfirait à ni'excuser, je ne puis soumettre à une revue ré- 
trospective de cette sorte les collections de Chrysanthèmes de tons 
nos exposants J'ai dû m'en tenir aux plus importantes, tout en re- 
connaissant avec le jury que ceux qui ovA remporté des prix de 1" et 
de ^' classe avaient aussi leur bonne part de mérite et que leurs pro- 
duits ne faisaient rien moins que mauvaise figure à côté de ceux des 
lauréats d'-s prix d'honneur — de quoi je me plais à les complimenter 
de tout mon cœur. Il reste à m'occuper mainten-^nt des l(>ts exposés 
hors concours. 

De ceux-ci, M. Edmond Vaucher tenait la plus grande place par 
sa collection générale de Chrysanthèmes de l'École d'horticulture de 
Châtelaine (M. Jeanmonod, chef de service). Elle était grandiose, en 
effet, et, com|»arativen]ent à celle de l'an passé, témoignait peut-être 
de quelque progrès dans la culture. Un autre avantage encore qu'elle 
possédait, et celui-ci d'une valeur exceptionnelle pour nous, c'était 
de comprendre plusieurs semis, d'assez bonne réussite, et qui sans 
doute sont les premiers obtenus dans notre pays. Les variétés de 
cette origine sont aussi en voie de se multiplier, car la plus ancienne, 
produite il y a quelques années, M. Vaucher a eu la satisfaction de 



- 207 — 

la rencontrer au Bâtiment électoral chez cinq au moins des autres 
exposants. Elles portent des noms connus et respectables: M. le Con- 
seiller d'Etat Richard, xM"- Cari Vogt, M"« Terris.se, président Cardi- 
naux, M. Etienne Fayol, etc. Citons aussi quelques variétés renom- 
mées, plus ou moins anciennes, qui figuraient dans cette collection: 
Condor, Erectum superbum, Cléopàlre, Marsa, Sylphide, Souvenir 
d'Angéle Amiel, M"« Gabrielle Hoste, M-»Gh. Vanderlindeu, Edouard 
Audignier, M. Dufossé, M. B. Comte, etc. 

M. de Reydellet, à Valence, est un semeur émérite et, chaque an- 
née, il offre aux amateurs de Chrysanthèmes l'agréable surprise 
d'une quantité de variétés nouvelles, les unes plus distinguées que 
les autres. A titre de membre honoraire de la Société, il a bien voulu 
illustrer notre exposition d'une trentaine de ses nou\-eautés les plus 
récentes et inédites encore ; c'étaient d'admirables échantillons de 
son savoir-faire et de sa bonne chance, et ils ont été dûment appré- 
ciés de nos amateurs. Il parait même que l'un de ceux-ci fut si fort 
induit en tentation pai leurs charmes qu'il commit le péché du vol, 
en s'appropriant subrepticement la variété qui tout d'abord m'avait 
le plus frappé, ainsi que beaucoup d'autres personnes. C'est celle-là 
qu'il m'aurait le plus intéressé d'examiner à fond ; mais, aujourd'hui, 
je ne saurais plus rien en dire si ce n'est que c'était une sorte de 
pompon, avec des pétales très fimbriés et d'une couleur de lilas 
bleuâtre et foucé, qui, de l'avis de tout le monde, faisaient ressembler 
cette fleur à un œillet. Pour moi, c'est aux points de vue scientifique 
et horticole que je tenais à faire quelque étude de ces nouvelles créa- 
tions du célèbre chrysanthémiste de Valence. Je les ai consiiérées 
une à une, en notant avec soin ce que je voyais de plus remarquable 
dans leurs caractères; mais j'estime qu'il serait inutile de détailler à 
nos lecteurs mes observations sur ce sujet. Il doit leur suffire que 
j'affirme ici qu'à peu près dans toutes ces variétés j'ai reconnu |)lus 
ou moins de mérite, et il pourra intéresser M. de Reydellet de savoir 
celles qui m'ont paru les mieux réussies : elles portaient les numéros 
05, 010, 018, 022, 028, 053, 064, 637, 918, 1001, 1003, lOO'i, 1012, 1013, 
1020. Si celles-ci, ainsi que d'autres encore que je ne cite pas, maui- 
tiennent les qualités qu'elles présentera actuellement, les amateurs 
de Chrysanthèmes sauront beaucoup de gré à l'auteur de ces mer- 
veilles de pouvoir en enrichir leurs collections. 

Nos excellents collègues, MM. Rivoire, avaient envoyé une char- 
mante collection de variétés plus ou moins récentes, desquelles deux 
ou trois méritent d'être honorées d'une mention particulière. En pre- 
mière ligne, ie Tlubet ou Ismaïl, japonaise d'origine et de race d'une 
forme extraordinaire: capitule en petite aigrette très dense, composée 
de fleurons stériles d'un blanc légèrement jauTiâtre, divisés [dés la 
base en trois menues bi'anches, d'aspect filiforme à cause de leurs 
bords enroulés en dessous. Mrs A.-B. Neve, japonaise incurvée, su- 
perbe par sa grande fleur à ligules ayant la singularité d'être blan- 



— 2()S — 

ches en dessus el striées de rose au revers; celles-ci remarquables de 
plus eu ce (juc quelques-unes sont garnies au bas de ces minces la- 
nières observées ci-dessus aux fleurons du Triomphe de la rue des 
Chalets. Enfin, Antoine Lincrinet (?), à fleur très curieuse, d'un blanc 
lilacé, représentant une Anémoniflore sans la collerette des fleurons 
de garde. Autres très belles variétés: M'"" R. Sautel et E. Puvrez, 
Lakmé, Goronet, Bolide, Etoile du matin, le Verseau, Souvenir de 
liamartine, Gay-Lussac, Jules Toussaint, capitaine Trivier, etc. 

Jusqu'ici, entraîné peut-être par mon goût passionné pour les 
Chrysanthèmes, je n'ai guère traité ici que de ces fleurs incompa- 
rables. Il est vrai que telle était aussi mon intention en écrivant ces 
pages; mais il ne faut pas que j'oublie tout à fait qu'à cette Exposi- 
tion il y avait aussi des concours pour d'autres « Plantes fleuries de 
la saison ». Dans cette catégorie, il a été décerné un prix d'honneur, 
remporté par M. Fritz Ludi poiir sa grande collection d'Œillets, 
lequel a brillamment prouvé de nouveau qu'il est passé maître en la 
culture de ces jolies fleurs, les antiques rivales des roses, et qui, 
comme celles-ci, n'ont point cessé de jouir de la plus grande estime 
dans le monde horticole. Le même avait une riche collection de Cy- 
clamens de Perse anglais, à grandes fleurs, qui auraient certes obtenu 
mieux qu'un prix de l''^ classe, s'ils avaient été plus avancés pour 
apparaître avec le merveilleux éclat sous lequel j'ai eu le plaisir de 
les admire]', au commencement de décembre, dans une des serres de 
cet habile horticulteur. 

En fait de plantes fleuries, il serait injuste de ne pas mentionner 
la gracieuse garnitiu-e des bords du bassin des jets d'eau, fait avec un 
arrangement de bon goût par M. Fréd. Wittwer, et consistant en 
Primevères de Chine, Primula obcoîiica^ floribunda, Forbesii et verti- 
cillaia, Cinéraires, etc., entourées de Fougères, de Bégonias et d'au- 
tres plantes à feuillage. 

Pour terminer, u'^e salutation finale aux Confections en fleurs et 
graminées sèches (et, malheureusement, teintes aussi et voire même 
dorées ou argentées!) de MM. Berthet et Guidon. C'est là un genre 
de travail qui est loin d'être apprécié de tous les a.mateurs des beautés 
florales; cependant il exige beaucoup de soins et de patience, de la 
dextérité d^ main et une certaine dose de goiit artistique, et à ces 
divers titres il n'est pas sans mérites. C'est ainsi qu'eu a opiné le 
jury, en attribuant même un prix d'honneur à M. Berthet; il est vrai 
que cet horticulteur en vert et en sec avait aussi des compositions où 
il entrait beaucoup de fleurs fraîches, notamment des Chrysanthèmes. 
Et voilà comme mes fleurs favorites ont encore le dernier mot dans 
ce long discours ! 

Prof. Henri Welter. 

(IKNKVK. — IMPi;. lîlC.nTHI!, Kl K l>KS VllIllOXS, 10. 




3C= 






PARAISSANT 

CHAQUE 



BULLETIN 




COTISATION 

ANNUELLE 
6 FRANCS 



DE LA 



SOCIETE D'HORTirailRE 



DE 



GENÈVE 






38"''^ ANNEE 
1892 




1^« LIVRAISON 



JANVIER 



CONCOURS 

DANS LES JARDINS 

DE CULTURE MARAÎCHÈRE ET POTAGÈRE 

qui aura lieu dans la 1''" quinzaine de juillet. 

Ceux de nos sociétaires qui voudront y participer 
sont priés de s'inscrire, jusqu'au 15 juin prochain, chez 

MM. Franc. Cardinaux, président, place de la Fusterie, 
Franc. Forestier, trésorier, Tour de l'Ile, 
Louis DuFOUR, horticulteur, aux Délices, 




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38">- ANNÉE 1'- LIVRAISON JANVIER 1892 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HOliTICULTURE 

DE 

GENÈVE 



f^OrsTDÉE Erg- 1855 



Sommaire: Avis. - Procès-verbal de la dernière Assemblée - 
Du Verger 2e i.artie - Acrostichum osmundaceum Hk. (avec 
hg.j - Le Mekoi-Peche. - Plantes nouvelles recommandables 
- Documents relatifs a l'histoire de l'horticulture genevoise - 
Les obtenteurs de Chrysanthèmes. — Emploi de.s Going-s en fri- 
ture. — Annonces. ^ 



-A.VIS 



MM. ïes Sociétaires sont prévenus que 
la cotisation de fr. 6.15, pour 1893, sera 
prise en reniI>oursenient par la poste dès 
la fin de janvier, et ils sont priés de bien 
vouloir V faire bon accueil. 



Les Assemblées générales de 1893 ont 
été fixées aux dates suivantes: 
Les dinianches 2 1 février 

lO avril, 
^ juin, 
1^ août, 

9 octobre et 
3T novembre, 
à 2 heures, dans la Grande Salle des Amis de l'Instruction. 






EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

Assemblée générale du 20 décembre 1891, 
grande Salle des Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

F^résideiice de M. Franc. Cardinaux, président. 



Nombre des assistants: soixante et douze. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée. 

Candidats présentés: 

1° M. DiETRiCH Berthet, fleuriste, rue du Midi, 8, Grottes, nievn 
bre rentrant. 

2° M. Gh. Bourgoz, cafè-brasserie National, rue de la Plaine, jiré- 
senté par MM. Cardinaux et Grobéty. 

3° M. E. BoziER, artiste- peintre, route de Carouge, ''18, par les 
mêmes. 

4° M. Louis CoRBET, |)lace de la Fusterie, 6, par les mêmes. 

5° M. Séb. CouTTY, brasserie de la Cascade, quai des Bergue=, 2L 
par les mêmes. 

6° M. Emile Dunoyer, opticien, rue du Mont-Blanc, 8, par les 
mêmes. 

7° M. Alphonse Gleyre, jardinier, Coulouvrenière,4, par MlSLBal- 
land et Cardinaux. 

8° M. Frédéric Mayor, propriétaire, rue de la Cloche (quai du 
Léman), par MM. Cardinaux et D' Mayor. 

9° M. Edouard Piguet, jardinier chez M""" Vachoux, rue Caroline, 
à Carouge, par MM. Cardinaux et Vaucher. 

10° M. Fréd, Schmutz, prof, à l'École cantonale d'horticulture de 
Châtelaine, Molard, G, par les mêmes. 

11° M. Ernest Vaucher, à Châtelaine, par les mêmes. 

12" M. ZôLLNER, imprimeur, boulevard James Fazy, par MM. Gui- 
don et Tronchet. 

Exposition. 

CULTURE FLORALE 

1° De M. Saloinon Sehocli, jardinier de la camp. Posth, 
rue des Délices : 

Deux Ci/pripedium insigne ; une Primevère de Cliine. — P. 1 Va- 

CULTURE LÉGUMIÈRE 

1° De M. Emile Eindi^-uei*, jardinier de la campagne David 
Lenoir, chemin de Malombré, 3. 

Céleri d'Erfurt à pomme lisse, Chicot vert à cœur plein, Poireau 
long d'hiver. — P. 1. 

2° De M. Frédéric Gay, maraîcher à Fossard : 
Céleri géant de Prague, Célej-i-rave à petites feuilles. Chicorée de 
Meaux, Chou de Bruxelles nain de la Halle, Chou de Milan à pied 



court. Chou rouge tardif. Poireaux de Garentan, long d'hiver de 
Paris, gros de Rouen, Scorsonère. — P. 3. 

3° De M. Pélix Laverrière, jardinier de la camp. Fnlpius 
à Lancy : 

Bette à cardes frisée, Betterave à salade. Céleri-rave de Prague, 
Gardon plein sans épines, Carotte demi-longue, Poireau de Rouen, 
Scorsonère. — P. 5. 

4" De M. Alfr. Selilatter, jardinier de la camp. Eynard, aux 
Genêts, sur Bnrsinel : 

Carotte demi-courte de Guérande (semis du 10 juillet), Céleri-rave 
à petites feuilles, (Jhou-rave jaune plat, Ognon délicatesse du Portu- 
gal, Salsifis blanc des îles Sandwich. — P. 3. 

M. le président lemercie les exposants pour leurs beaux apports 
et fait ressortir que si la floriculture, à cause de la mauvaise saison, 
est peu représentée, nous avons en revanche des produits légumiers 
nombreux et très remarquables, ce qui prouve que cette utile culture 
est toujours fort en honneur auprès de nos maraîchers, ainsi que des 
propriétaires et de leurs excellents jardiniers. 

Conférence de M. le prof. H. Welter sur la famille des Légumi- 
neuses. Son rang dans le règne végétal et sa richesse en plantes ali- 
mentaires, industrielles, pharmaceutiques et ornementales. Caractères 
botaniques de ses divisions des Mimosées, Césalpini^es et Papiliona- 
cées. Notes sur les espèces les i)lus intéressantes de chacun de ces 
trois groupes. — Applaudissements de l'assistance et compliments de 
M. le président. 

Remise de médailles de bronze, grand module, pour dix années 
consécutives de service dans une même campagne: à M. Antome Mé- 
^reue^, jardinier de la campagne Favre de la Grange, Eaux-Vives, et 
à M. de Siebenthal^ jardinier delà campagne Du Pan, à Morillon. 

Remise de médailles pour « visites de campagnes » : 

1° Médaille de vermeil gr. mod. à M. E. VuUiemm, jardinier-chef 
du château de Goppet; 

2° Médaille de vermeil gr. mod. à M. Joseph Grutier, jardinier de 
la campagne Dupont, à Bellerive; 

3° Médaille de vern:ieil gr. mod. à M. Clément Kemler. jardinier de 
la campagne Vieusseux, à Aire; 

4° Médaille de bronze, grand module, à M. Henri Martin, arbori- 
culteur à Bellerive. 

La délivrance de ces justes récompenses d'un travail intelligent et 
assidu est accompagnée des applaudissements de l'assistance et des 
félicitations de M. le président. 

Il est ensuite procédé à la distribution des prix, en argent ou en 
médailles, du dernier Concours de Chrysanthèmes, après une allocu- 
tion de M. le président, par laquelle, au nom de la Société, ont été re- 



_ 4 — 

nierciés chaleureusement les organisateurs d'une entreprise si bien 
réussie et les nombreux horticulteurs et jardiniers, dont les produits 
superbes ont fait de ce concours une exposition florale des plus admi- 
rables. La liste de ces prix a été publiée dans le Bulletin de décembre. 

Enfin, nomination de deux vérificateurs des comptes, avec un sup- 
pléant, en les personnes de MM. Lamotte, directeur de la Caisse 
d'Epargne, Jules Goulin, jardinier de la campagne Rigaud, à Bellevue, 
et Eugène Guidon, horticulteur à Montfleuri (Satigny). 

Séance levée à 4 ^/j h. Le Secrétaire- général, 

D. Triboulet. 



DU VERGER 

Son établissement et son entretien. 

Résumé de la 2"^" conférence faite par le D^ Hénon 
à la Société d' Horticulture de Genève, le 4 octobre 1891. 

Le meilleur emplacement pour un verger dans notre 
pays, c'est un coteau incliné en pente douce vers le sud, le 
sud-est ou le sud-ouest. Si, avec cette exposition, l'on a un 
sol de consistance moyenne et un sous-sol perméable, il se 
trouvera dans les meilleures conditions possibles. De telles 
positions sont très rares ; mais heureusement on peut jus- 
qu'à un certain point remédier aux inconvénients que pré- 
sentent le plus souvent les endroits où l'on veut établir un 
verger, car d'ordinaire on le dispose sur le terrain qu'on 
possède déjà et le plus près de son habitation. 

Une précaution trop souvent négligée et que je recom- 
mande particulièrement, c'est d'établir au nord de la plan- 
tation un fort rideau d'arbres verts ; les épicéas sont peut- 
être ceux qui conviennent le mieux pour cette fonction. 
Quelques personnes croient perdre du teri'ain en sacrifiant 
une ligne d'arbres fruitiers ; mais c'est une erreur, et le 
supplément de fertilité résultant de l'abi'i compensera et 
au delà la perte du terrain occupé par les arbres verts. 

La meilleure préparation du sol, mais par malheur la 
plus coûteuse aussi, c'est le défoncement de toute la sui- 
face par un minage courant, allant de 45 à 50 cm. de pro- 
fondeur ; au lieu de défoncer tout le terrain, on peut se 
borner à établir des fossés de 2 mètres de largeur- et cor- 
respondant aux lignes de la plantation. Ce mode de prépa- 
ration, très inférieur au précédent, est bien préférable aux 
trous isolés pour chaque arbre. Si toutefois on tient fort à 
réduire la dépense, on peut à la rigueur avoir recours à 
des trous isolés, en ayant soin de les faire peu profonds et 
aussi larges que possible. 



- 5 - 



-,o La distance des lignes d'arbres entre elles doit être de 
1^ a la mètres, et de 10 à 12 mèties entre les arbres sur la 
ligne. Ces distances pourraient être un peu augmentées 
pour des vergers plantés uniquement de poiriers et de 
pommiers, et un peu réduites pour un verger qui n'est 
composé que de cerisieis et de pruniers. Une autre com- 
binaison qui présente nn certain avantage, c'est de planter 
alternativement sur la ligne un pommier et un prunier- 
les arbres de cette dernière espèce, qui durent beaucouii 
moins longtemps que les arbres à pépins, sont destinés 
a être arrachés avant que les pommiers aient pris tout leur 
développement. 

Avant de procéder à la plantation, on doit fixer à la 
place de chaque arbre un bon tuteur bien droit • et ces 
supports étant bien alignés dans les deux directions ' les 
arbres seront mis à leur place. On garnira les racines de 
bonne terre fine, et après que celles-ci auront été couvertes 
de terre, on mettra près d'elles, mais en évitant le contact 
immédiat, un peu de bon ruclon ou du fumier très faif le 
fumiei- pailleux, si l'on en a à sa disposition, doit être em- 
ployé seulement en couverture. Il tant se rappeler nue le 
terrain fraîchement remué s'affaissera, et à cause de cela il 
importe de tenir l'arbre un peu haut au-dessus du terrain 
environnant. A défaut de cette précaution trop souvent 
omise, 1 arbre se trouve trop enterré, et, dans la plupart de 
nos terrains, un arbre rop enterré est un arbre perdu ■ il 
ne périra peut-être pas : mais, ce qui est bien pis, il occu- 
pera le terrain inutilement, sans jamais rien rapporter, ni 
bois m fruit. ' '■ 

_ Les arbres nouvellement plantés doivent être attachés 
a leur tuteur, mais très lâchement, avec un seul brin d'o- 
sier peu serré ou quelques brins de paille, de façon à ce 
qu ils puissent suivi-e le terrain dans son tassement. Avant 
la pousse du printemps, on les fixe solidement soit avec 
des colliers fabriqués ad hoc, soit tout simplement avec 
des osiers et des coussinets de paille; il faut dans ce cas 
éviter que 1 osier touche l'écorce, car il y produirait des 
plaies assez longues à guérir. Une bonne précaution à 
employer pour les arbres nouvellement plantés, c'est, avant 
les premières chaleurs, de les badigeonner avec un lait de 
chaux : on les préserve ainsi des coups de soleil qui brû- 
lent souvent 1 écorce des arbres nouvellement extraits de 
pépinières, où ils ont été plus ou moins à l'ombre 

La forme à donner à nos arbres fruitiers dans le ver- 
ger doit se rapprocher autant que possible de la forme na- 
turelle a chaque espèce. Ainsi, les poiriers et les cerisiers 



— 6 - 

à fruits doux forment naturellement une espèce de pyra- 
mide, et il faudra donc leur ménager une tige centrale, 
avec des branches secondaires disposées alentour plus ou 
moins régulièrement. Les pommiers, les cerisiers à fruits 
acides et les pruniers formant naturellement une sorte de 
buisson, on devra en évider un peu le centre poui' per- 
mettre à l'air et au soleil de pénétrer dans l'intérieui* de 
l'arbre. Il faudi-a cependant se garder de faire de l'ar-bre 
un vase trop ouvert: cette forme, excellente dans des 
pays plus chauds, a cliez nous l'inconvénient de trop expo- 
ser les arbres au bris des branches par les givres et les 
neiges . 

Tant que les arbres d'un verger sont jeunes, ils produi- 
sent peu d'ombre et ce qu'on peut faire de mieux du ter- 
rain, c'est d'y cultiver des pommes de terre, des betteraves 
ou d'autres récolles sarclées qui maintiennent le terrain en 
bon état de propreté, et les arbres pi'ofitent ainsi des funmres 
et des sarclages données aux plantes cultivées. Quand les 
arbres commencent à grandii-, on convertit généralement 
le terrain du verger en prairie ; mais il ne faut jamais per- 
mettre au gazon d'arriver jusqu'au pied des arbres. Le ter- 
rain doit, tout autour, sur une largeur environ d'un mètre 
ou même davantage, être maintenu propre par des ra- 
tissages pendant la belle saison et un labourage, fait de pré- 
férence à la fourche et un peu profond, à la fin de l'hiver. 
Un ou deux arrosages à l'engrais liquide, pendant l'hiver 
et le printemps, font aussi le plus grand bien aux jeunes 
arbres, dont ils accélèrent beaucoup le développement. 

Ces soins et des élagages raisonnes peuvent maintenir en 
bon état un verger pendant de longues années Cependant 
il arrive un moment où, dans la plupart de nos terrains, 
le sol devient trop tassé pour que l'air et les engrais pénè- 
trent jusqu'aux racines des arbres. A ce moment, la végé- 
tation des arbres devient languissante ; ils se couvrent de 
lichens, ne poussent plus de bois, portent tous les prin- 
temps de très nombreuses fleurs, mais ces fleurs coulent 
et la production fruitière est presque nulle. Le moyen de 
l'ajeunir un vergei' parvenu à cet état, c'est de rompre en 
hiver le gazon par un bon labourage à la pelle, accompa- 
gné d'une fumure de fumier de ferme. Après trois ou 
quatre ans de cultures variées et appropriées à la nature du 
terrain, on peut rétablir la prairie. Le bon efïet de cette 
culture sur les arbres se fait sentir, suivant les terrains, 
pendant 15 ou 20 ans ; puis on recommence quand on voit 
de nouveau la végétation des arbres devenir languissante 
et leur fertilité diminuer. 



En terminant, je dirai un mot des insectes nuisibles 
aux vergers. Le puceron lanigère est très funeste aux pom- 
miers ; on s'en débarrasse ou plutôt on diminue beaucoup 
ses ravages par un badigeonnage des places affectées avec 
du pétrole ou de l'alcool. Heureusement, depuis quelques 
années, peut-être pai- une propice compensation de nos 
saisons froides, le puceron lanigère fait moins de mal. Je 
constate le fait, sans trop me l'expliquer ; mais il ne faut 
pas se relàchei- dans la lutte : un verger de pommiers 
envahi fortement de cette peste est sinon détruit, du moins 
stérilisé pour plusieurs années, et les arbres porteront long- 
temps la trace des méfaits de la maudite bestiole. 

Une autre catégorie d'insectes, qui est un fîéau des ar- 
bres fruitiers en général, ce sont les chenilles. Il v a bien 
des moyens de lutter contre elles : échenillage en hiver, as- 
persion d'eau de savon pendant la belle saison, etc. Pour 
moi, j'emploie un moyen bien plus simple : je me borne à 
nourrir pendant l'hiver 20 ou 30 couples de mésanges de 
diverses espèces, en tenant à leur disposition sui-mafenéti-e 
une petite trémie pleine de graines de chanvre. Dix à 
douze kilos de chenevis de la valeur d'environ 5 fr., me 
permettent d'entretenir pendant tout l'hiver ma petite vo- 
lière libre ; le printemps venu, la plupart de ces oiseaux ni- 
chent chez moi et dépouillent complètement mes nombreux 
arbres fruitiei's des insectes qui les ravageraient sans eux. 
J'use de ce moyen très simj.le et peu onéreux depuis une 
quinzaine d'années ; je m'en trouve très bien et je ne sau- 
rais trop le recommander aux propriétaires et cultivateurs 
de ce canton, où malheureusement les petits oiseaux ten- 
dent à disparaître. 



Acrostichum osmundaceiim Hk. 

VAcrostichuni osmundaceiun Hk. est une Fougère ori- 
ginaire des parties chaudes de l'Amérique. Son aire de 
dispersion s'étend de Cuba jusqu'à la république de l'Equa- 
teur et au Brésil méridional. Le rhizome est rampant, 
blanchâtre, couvert d'écaillés molles et linéaires ; les 
frondes sont tripennatifides, le pétiole couvert de petites 
écailles brunâtres. Cetie Fougère est d'un grand effet déco- 
ratif: pour s'en convaincre, il suffit de regarder le joli por- 
trait que nous en publions. Cette gravure, en même temps 
qu'elle donne une idée bien exacte du port et de la beauté 
de cette Fougère brésilienne, permettra à nos lecteurs da 



— 8 - 

se rendre compte du soin avec lequel sont faites les gra- 
vures de l'excellent traité anglais que M. Schneider vient 
de faire paraître sur les Fougères : The Book of tlie Ferns. 

EUG. DE DlîREN. 
[Revue de V Horticul/ure] belge et étrangère : déa. 1891.) 




— 9 — 

Melon-Pêche. 

Plante extrêmement productive, à tige grêle, flexueuse, 
très rameuse, légèrement hispide. Feuilles petites ou 
moyennes, courtement petiolées, à limbe arrondi, légère- 
ment cordiforme et peu profondément lobé, à lobes cour- 
tement dentés, à dents droites crénelées. Fruits sub- 
sphériques, par-fois légèrement allongés-arrondis, de la 
forme et de la grosseur d'une orange, dont ils ont la belle 
couleur jaune d'or, d'environ 7-8 cm. de diamètie. Peau 
unie ou très faiblement lignée de gris-brun d'abord, vert 
luisant, puis jaune pâle passant au jaune foncé. Odeur 
faible, rappelant un mélange de fruits dans lequel on croi- 
rait distinguer une saveur fine de Pêche. Cicatrice ombili- 
cale régulièrement circinée, bientôt nue, un peu concave. 
Chair blanche carnée, d'abord ferme et sèche, devenant 
pulpeuse à la maturité et contenant beaucoup d'eau 
blanche, légèrement rosée. Gi-aines nombreuses, dissi- 
mulées dans la pulpe a((ueuse que renferme la cavité 
ovarienne. Eau rappelant un peu celle des courges lors- 
qu'elles se décomposent. Graines régulièrement elliptiques, 
un peu aplaties, à testa uni blanc, d'environ 6 mm. de lon- 
gueur sui" environ 4 de largeur, régulièrement et courte 
ment acuminées aux deux extrémités. 

Le Melon-Pêche est extrêmement fertile et très orne 
mental par ses fruits d'un très beau jaune d'or, qui 
rappellent les dimensions, la forme et la couleur d'une 
orange. 

M. Léonard Lille, marchand-grainier. quai des Céles- 
tins, 9, à Lyon, nous a écrit ce qui suit : 

J'ai reçu ce Melon ce printemps de M. Denis Kirugiébel, de 
Needham (Massachussets, Etats-Unis), sous le nom de Melon-Pêche- 
légume ou Melon- Pêche-sarment. 

(\q nouveau léj^ume croit à la façon du Melon. Il a une couleur 
jaune d'or et ressemble à une orange comme forme et dimension. 
Quand les fruits commencent à mûrir, ils sont encore très durs et 
dépourvus de goût, mais ils deviennent bientôt tendres et savoureux; 
la chair, alors très fine, a la blahcheur de la neige. On les fait griller, à 
l'état vert, à l'instar des Avbergines, ou bien on les mange garnis de 
Choux et de poivre. Pour pftté ou pour conserves ils n'ont pas 
d'égaux. 

Ces plantes sont très hâtives, rustiques et productives, au point 
qu'elles sont littéralement couvertes de fruits. 

Il estjtrès possible que cette saveur ne soit guère 
estimée chez nous, à en juger par les fruits que nous 
avons goûtés ; mais nous devons faire observer que la 
pi-emière appréciation a été faite en Amérique, par consé- 
quent sous un autre climat et dans des conditions bien diffé- 



— 10 — 

rentes de celles des fruits récoltés à Lyon en 1891. Aussi 
doit-on attendre pour porter un jugement sur cette variété. 
Cette plante nous parait descendi'e du Melon Boule d'or 
anglais^ mais cette opinion ne doit être exprimée qu'avec 
la plus grande réserve. E.-Â. Carril-:re. 

(Revue horticole: N° 24 de 1891.) 



J53 - 

Plantes nouvelles recommandables. 

Bomarea coiiferta. Cette nouveauté, d'une culture et 
d'une floraison faciles, à grandes fleurs rouge orange, dis- 
posées en larges ombelles, est une des plus belles espèces 
du genre. 

Bouvardki Président Cleveland. Plante se ramiflant 
bien, très floi-ibonde, avec des fleurs très grandes, à larges 
lobes écarlate vif; la plus belle variété à fleurs éclatantes. 

Calceolaria Triomphe de Verrières. Hybride du C ru- 
goscf et d'une variété herbacée. Cette plante, d'une grande 
vigueur, produit tout l'été une profusion de fleurs jaunes 
mouchetées. Rentrée dans la seri-e en automne, elle donne 
une seconde floraison tout aussi abondante. 

Cj'assu/a, en 5 variétés hybrides : M""" F. Foucard, 
M. Buchner, M. Pfister, Mrs. Cannel et Mrs, Wynne, pro- 
venant d'un croisement enti'e les C. jastiu'nea et coccùiea ; 
remarquables par le port nain, une floraison abondante et 
précoce, et par la diversité de leurs tons, blanc pur, carné, 
rose clair, rose vif et ponctué. Il est à l'egretter que cette 
plante soit si délaissée dans nos cultui-es, car elle supporte 
les expositions les plus chaudes et fleurit unegi-ande partie 
de l'été. 

Ci^ocosmia aurea macidata. Variété introduite de l'A- 
frique du Sud, qui se distingue du Crocosmia aurea type 
par sa taille plus élevée, par les dimensions de ses fleurs 
orangées, qui atteignent jusqu'à 7 cm. de diamètre et par 
la pi'ésence d'une large macule d'un brun noir, à la base 
des trois segments internes du périanthe. Cette nouveauté, 
à laquelle la Société royale d'horticulture de Londres a dé- 
cerné un certificat de 1''' classe, a été décrite et figurée dans 
le Gardeners' Chronicle du 17 novembre 1888. 

Deyeuxia elegans variegcda. Graminée introduite d'Aus- 
tralie et rappelant par son port un Gynerium à feuilles pa- 
uachées ; ses feuilles, dont le milieu est d'un beau vert 
foncé et les bords jaune crème, atteignent 1 mètre de lon- 
gueur et 2 cm. de largeur; grâce à leur contexture solide, 
elles se recourbent gracieusement sans jamais se plier. 

Onosma multijlora. Plante très ornementale par ses 



— 11 - . 

nombreuses fleurs jaunes, dont le calice devient rouge 
après la floraison et entoure un fruit de couleur violette, 

Oxera pulchella. Arbuste sarmenteux originaire de la 
Nouvelle-Calédonie, portant en biver et au ])rintemps d'am- 
ples cymes pendantes de grandes fleurs blancbes, odo- 
rantes, d'une remarquable beauté. 

Veronica diosnuvfolia. Espèce de la Nouvelle-Zélande, 
qui foi-me de petites touffes élégantes et couvertes de fleurs 
à la hauteur de 10 à 15 cm. Celles-ci, qui s'ouvrent dès le 
mois de mai. sont grandes et d'une couleur lilas bleuâtre 
passant au lilas i)âle. Albert Haasls, 

jardinier de la campagne Ernest Saladin, à Clianibésy. 

Documents relatifs 
à l'histoire de l'horticulture genevoise. 

Je connais un biave homme, vieillard d'un esprit vit 
encore mais d'ailleurs très sérieux et qui n'est guère dis- 
posé à moquer ou choquer les gens, qui m'a dit plus 
d'une fois que, malgré qu'il existe actuellement à Genève 
deux très nombreuses Sociétés d'horticulture, il ne crai- 
gnait i)as d'affirmer qu'il y a quelque soixante ans l'art du 
jardinage était plus cultivé et mieux appi-écié chez nous 
que nous ne le voyons aujourd'hui. Vous pensez bien, ami 
lecteur, qu'en ma qualité de vice-président de l'une de ces 
sociétés, je n'étais pas peu étonné d'une telle assertion. 
Mais, à rai)pui de son dire, il prétendait qu'en ce temps-là 
il n'y avait à Genève pas moins de trois ou quatre établis- 
sements horticoles qui témoignaient de leur im|)ortance 
par la publication régulière de catalogues très bien faits 
d'ordinaire, à pages assez nombreuses, rédigées avec beau- 
coup de soins et dans un ordre méthodique, de manière à 
contenter à la fois le botaniste et le jardinier. Il réussit à la 
longue à en retrouver quelques-uns et s'empressa de me 
les passeï-, moins pour me justifier son opinion que pour 
satisfaire à mon désir de conraltre ces documents. Ils sont 
au joli nombre d'une demi-douzaine, et je vais noter en peu 
de mots ce qu'à première vue chacun' d'eux présente de 
plus remarquable — quitte à revenir plus tard sur cer- 
taines questions d'intérêt horticole auxquelles peut donner 
lieu leur examen détaillé. 

Les deux plus anciens remontent à l'année 1828. L'un 
est le « Catalogue général de la pépinière et des plantes de 
serre et de pleine-terre cultivées dans l'établissement de 
Jacques Dufbur, membre de la Classe d'agriculture, jardi- 
nier-fleuriste et pépiniériste, à Montbrillant, près Genève. >)• 



— 12 - 

Il consiste en 36 pages in-8'', à 2 colonnes, donnant les noms 
des plantes, génériques et spécifiques, d'un coté en latin et 
de l'autre en français, et précédé d'un extrait du Rapport, 
fait par le prof. A. -P. de Candolle à la Classe d'agriculture, 
sur le Concours relatif aux pépinières du canton de Genève, 
duquel voici quelques lignes : 

« La pépinièi-e de M. J' Dutour est un des anciens établissements 
-de ce genre dans notre pays et on le reconnaît sans peine, soit à la 
nature du sol, qui annonce les traces heureuses d'une longue culture, 
soit à la variété et au bon état des plantes qui le décorent. . . Il est en 
tout digne d'éloges, et celui qui réunit toutes les branches de l'art du 
pépiniériste à un degré recommandable, savoir les arbres fruitiers, 
les arbustes d'ornement, les plantes de serre et d'orangerie, et même 
les plantes vivaces d'ornement. » 

Ce catalogue est divisé en 6 parties: Arbres, Arbustes 
et Arbrisseaux de pleine terre; Arbres fruitiers, classés 
suivant l'ordre de leur maturité; Graines de Plantes pota- 
gères désignées d'après leurs noms les plus usités dans 
les environs de Genève; Plantes aromatiques et officinales; 
Plantes vivaces d'ornement; Graines de plantes annuelles, 
bisannuelles et vivaces. 

Le second de mes catalogues de 1828 est celui des « Ar- 
bres, Arbrisseaux, Arbustes et Plantes de pleine terre cul- 
tivés dans les pépinièi'es de Jean-Pierre et Jacques Daille- 
douze frères, au Petit Sacconnex, près Genève, en Suisse,» 
en 40 pages in-8", la plupart à 2 colonnes ; dénominations 
latines et françaises. — On lit dans l'avant-propos : 

« L'établissement se trouve dans un sol très médiocre, en partie 
argileux, et dans un local qui n'a aucun espèce d'abri: les sujets qui 
en sortent réussissent alors en tous pays. » 

Ce catalogue est divisé en 7 parties, dont la 1'"" est con- 
sacrée aux Ai-bres fruitiers, classés d'après l'ordre des 
familles naturelles du Prodome de M. de Candolle : on y 
trouve 73 variétés deVignes, 156 variétés de Poiriers, dont 
5 à cidre, 149 variétés de Pommiers, dont 18 à cidre ou de 
Normandie ; viennent ensuite les Arbres et Arbustes d'or- 
nement; les Arbres et Arbustes toujours verts ou rési- 
neux ; les Rosiers, en 17t) espèces ou variétés ; Plantes vi- 
vaces ; Prix des arbres fruitiers, isolés ou par collections; 
Prix des arbres et arbustes d'ornement, i-osiers et plantes 
vivaces, par collections. 

C'était là le premier catalogue des frères Dailledouze. 
En 1831, ils en publièrent une nouvelle édition, toujours 
in 8° et avec 52 pages, d'une exécution typographique plus 
belle et mieux entendue que pour le précédent. Celle-ci est 
également en mes mains, et je me borne à citer ces lignes 
cle sa préface : 



— 13 — 

«Depuis 18-28, nous avons acquis une grande quantité de nou- 
velles espèces de Vignes, Arbres fruitiers et Arbustes d'ornement, 
Arbres toujours veris ou résineux. Rosiers et Plantes vivaces. Nous 
donnons en conséquence ar.e nouvelle édition, dans laquelle MM. les 
amateurs et propriétaires trouveront une forte réduction de prix... 
Cet avantage, joint à celui que procure le sol et la positioji de nos 
pépinières, l'ordre qu'on y observe, l'exactitude qui en résulte dans 
nos livraisons, nous font espérer la continuation de la confiance qui 
nous a été accordée jusqu'à ce jour. » 

Notons enfin que, dans ce catalogue, la dernière page 
porte une liste d' « Arbustes pour haies de défense ou 
d'agrément », qui se trouve aussi dans la V" édition, mais 
à la suite des Plantes vivaces. 

Un auti^e des catalogues en question est celui de 
1'- Etablissement horticole de J. F'ontaine, à Plainpalais 
(banlieue de Genève).» Il ne consiste qu'en 8 pages in-8°, à 
2 colonnes,donnant, en noms lalins fréquemment incorrects, 
une énumération d'arbrisseaux, d'arbustes et de plantes de 
pleine terre, d'orangerie et de serre chaude. Il y a 43 Ca- 
mellias, 14 espèces ou variétés de Diosma, 49 d'Erica, 
7 d'Epacris, 7 de Fuchsia, 9 de Magnolia, 47 de Pelargo- 
nium, etc., ainsi que 8 var. d'Ananas u en sujets vigou- 
reux et d'une superbe végétation. » Ce catalogue a un 
avant-propos ainsi conçu : 

« L'établissement ne date que de 1820, et déjà en 1831 il a obtenu le 
prix de belles cultures, qui lui a été adjugé parle Comité de la Société 
d'Agriculture, chargé de faire la visite des serres. A l'exposition du 
6 mai 1832, il a gagné le prix décerné à la plante la plus rare. Le sieur 
L. Fontaine, ayant publié un catalogue de ses cultures en 183U, 
n'offrira cette année (1833 ?) à MM. les amateurs que les plantes les plus 
recherchées, qu'il a multipliées etqu'il cèdeaux prix les plus modérés.» 

Mais un document que, pour moi, j'ai trouvé plus cu- 
rieux encore que tous ces catalogues, si respectables pour- 
tant par leur ancienneté et leur valeur intrinsèque, est 
celui qui a pour titre « Collection de Géranium (Pelargo- 
nium) qui sont cultivés à Genève dans le Jardin de 
J. Wallner, membre des Sociétés royales d'Horticulture 
de Paris, de Bruxelles et de Liège, de celle d'Agriculture 
et de Botanique de Gand, de la Société helvétique des 
Sciences naturelles, etc. » 

C'est une brochure publiée en 1829. de 16 pages in-8°, à 
2 colonnes, qui donne d'abord l'énumération de neuf cent 
quatre- vingt SIX espèces ou variétés de Pelargonium sous 
leurs noms spécifiques latins, français ou anglais, avec in- 
dication de l'auteur, et dont beaucoup, naturellement, sont de 
la propre création de J. Wallner. Je dis qu'elles sont au nom- 
bre de 98(3, et encore ce chiffre énorme est-il suivi de la re- 
marque aliœ varietates (et autres variétés)! Il vient ensuite 



— 14 — 

une liste de 10.3 Camellias, et enfin une troisième encore, 
qui m'a causé une surprise inexprimable. Elle conaprcnd, 
sous des dénominations latines et anglaises, 5(3 variétés du 
Clirysanthêrnuni r ndiciuii, soh des fleurs que nous appe 
Ions aujourd'hui Chrysanthèmes d'automne. Jusqu'ici tous 
ceux qui ont écrit sur l'histoire de leur culture ont fait 
honneur aux Anglais des premiers progrès de celle-ci en 
Europe, en notant omme preuve justificative que dès 
1S26 il s'en cultivait 48 variétés par les soins de la Société 
rovale d'h(>rticulture de Londres, dans ses jardins de 
Chiswick. On voit donc ici qu'à cette même époque reculée 
la culture en question était tout aussi florissante dans le 
jardin d'un simple particulier de Genève, et que, par con- 
séquent, notre ville mérite d'être tenue en honiieur auprès 
de tous les amateurs de Chrysanthèmes, pour avoir eu de 
bonne heure une grande ])art dans la multiplication des 
variétés d'une espèce ornementale, qui joue de nos jours un 
rôle si proéminent parmi les plantes de collection. 

J. Wallner paraît avoir été passionné pour l'horti- 
culture d'agrément et on se plaît à croire qu'il était aussi 
savant botaniste qu'habile jardinier. Propriétaire de grands 
jardins, qui étaient situés, m'a t on dit, dans la partie de 
Plain palais où passe aujourd'hui la rue des Savoises, il 
s'y livrait à loisir à la culture de ses plantes favorites, en 
expérimentant sur la qualité des variétés nouvelles qu'il 
recevait d'autrui ou produisait lui-même. Vers 1830, ses 
travaux se portèrent principalement sur les Dahlias et, à 
pai'tir de ce temps-là, il publiait d'année en année un 
(( Catalogue des plus beaux Dahlias nouveaux ) cultivés 
chez lui. J'en ai en mains deux, soit le IS*' et le 14% pu- 
bliés en 1841 et 1842. Pour ne parler que du 13«, il com- 
pi-end 187 variétés de premier choix, de ses propres 
semis, « généralement admirés », et 435 variétés nou- 
velles des horticulteurs anglais et français, chacune sous 
son nom, avec l'indication de l'auteur, et caractérisée 
par la taille de la plante et le diamètre et le coloris des 
fleurs. Les mérites de J. Wallner en matière de Dahlias 
sont signalés dans le Prodrome de de Candolle, et le 
nom de l'excellent fleuriste genevois se trouve ainsi im- 
mortalisé dans cet ouvrage monumental. 

J'espère que tout lecteur attentif, après cetle succincte 
analvse que je viens de lui offrir de mes docunients, 
reconnaîtra volontiers que l'arboriculture d'utilité et d'agré- 
ment ainsi que la floriculture sont des champs d'activité 
où nos concitoyens ont donné depuis longtemps les meil- 



— 15 — 

Icures preuves de leur intelligence et de leur ardeur au tra- 
vail Il en a été de même de la culture maraîchère. L'on 
sait que celle-ci s'est développée sur les terres de Plainpa- 
lais dès la fin du XVII""^ siècle, grâce en grande partie à 
l'introduction de méthodes rationnelles de In part de 
réfugiés français, après la révocation de l'Edit de Nantes. 
Les Genevois, après leur émancipation i-eligieuse et poli- 
tique du XVIme siècle, ont voué les facultés de leur esprit 
aux sciences et aux arts, et le perfectionnement de l'horti- 
cultui-e, profession qui tient aux unes et aux autres, a 
été jugée digne de toute leur sollicitude. 

Prof. Henri Welter. 



Les obtenteurs de Chrysanthèmes. 

Il nous a pai-u intéressant de rechercher quels sont ceux 
des semeurs de Chrysanthèmes qui ont le plus droit à 
notre reconnaissance, sinon par la qualité des vai'iétés de 
cette charmante plante qu'ils ont mises au commerce, tout 
au moins par le nombre. 

A cet effet, nous avons consulté la liste descriptive des 
Chrysanthèmes publiée, en 1890, par M. 0. de iMeulentere, 
et le catalogue de la Royal Chrysanthemum Society. Le 
travail de pointage auquel nous nous sommes livrés nous 
a donné les chiffres suivants. — Ont obtenu : 

MM. Variétés. MM. Variétés. MM. Variétés 

Délaux. 431 Boucharlat. 28 Veitch. 21 

de Reydellet. 229 Laing. 28 Bernard. 17 

Lacroix. 202 Lebois. 27 Bull. 16 

Smith. 136 Lemoine, 27 Major Carey. 15 

Salter. 109 Pethers. 26 Davis. 14 

Audiguier. 00 Bonamy. 26 Mairouch. 14 

Sautel. 49 Rozain. 25 Stevens. 13 

Cannell. 39 Pertuzès. 24 

Clark. 37 Lassali. 21 

Viennent ensuite : 

MM. Hoste, avec 8 variétés ; Downton, avec 6 ; 
Schwartz, Forsyth, Bacot, Owen, Bernet, avec 5; Thorpe, 
Henderson, Mahood, Macary, avec 4; Ware, Jackson, 
Dixon, Waterer, Hayes, Wyness, Rundie, E-J. Lowe, 
avec 3; Carter, Beckett, Mizou, Hardinge, Boulanger, 
Laird, Downie, Greenawav, Langlois, Ghys, Walcott, 
Harris, avec 2; V^ Lebois^, ChildT Russel, Des Tours, 
Ehe, Dalons, Lyne, Coombe, Wright, Peachey, Gerbeaux, 



— ir, — 

Garaway, Rozain, Bruant, ("'ullingford, Sharpe, Heale, 
Ward, Craig, Orchard, Ellis, Lierval, Wildsmith, Loader, 
Bennet, : 'erry, Butcher, Gallier, Huber, Freemantle, Buss, 
Wermig, Morgan, Pelé, Hallock, Nantais, Dale, Mizen, 
Shipnian, Rendatler, Bunn, Freestone, Waters, Aubergeon, 
Winckworth, Brown, Bird, Wheeler, Payne, VValeslt, 
Hayer, Ingram, Clibran, Doughty, Drower, Simmonds, 
Mount, Shrimpton, May, Martin, avec une seule variété. 

Il n'est pas inopportun de faire remarquer que les hor- 
ticulteurs français sont ceux qui ont le plus contribué a 
faire connaître les Chrysanthèmes, puisqu'on leur doit en- 
viron les deux tiers des variétés mises au commerce jus- 
qu'en 1890. MM. Délaux, de Reydellet et Lacroix, pour 
ne parler que de ceux-là, ont obtenu à eux seuls une fois 
et demie plus de variétés que tous les horticulteurs étran- 
gers réunis. 

Et encore, combien de nouveautés qui ont vu le jour en 
France et ont été baptisées sur les bords de la Tamise et 

ailleurs ! {Eevue Horticole]. 



Emploi des coings en friture. — Dans son intéi'essaute conférence 
du 9 août dernier, M. le D' Hénon conseillait de Jie cultiver de co- 
gnassiers qu'en tant de pouvoir immédiatement en utiliser ou écouler 
les fruits pour confitures. On croit généralement qu'ils ne peuvent 
être consommés que dans cet état; mais j'ai eu lieu, il y a quelques 
années, d'apprécier un usage culinaire qui s'en fait chez nos voi- 
sins du département de l'Ain et qui m'a paru excellent. Aussi ne me 
semble-t-il pas déplacé dans ce journal d'en donner connaissance à 
nos lecteurs et lectrices, à celles-ci pour leur apprendre à préparer ce 
mets et aux autres pour le leur faire goûter dignement. C'est une fri- 
ture de coings, faite à la poêle, de la même façon à peu près que celle 
des pommes court-pendues. Il n'y a de différence qu'en ce que, la 
cuisson du fruit achevée et le surplus du beurre retiré, l'on met le 
sucre fondu dans un verre de vin blanc, tandis que pour les pommes 
on prend du vin rouge. Les coings exigent un peu plus de sucre et il 
faut avoir soin de remuer délicatement, attendu que les tranches, à 
moins d'être coupées un peu gros, se brisent facilement. Observons 
encore que les coings de bonne qualité ont l'inconvénient de s'écraser 
un peu, tandis que ce sont les sauvages qui se prêtent le mieux à cet 
emploi: ceux auxquels j'en dus l'agréable révélation provenaient 
d'arbrisseaux de la haie de clôture d'un verger. 

Du reste, il n'est pas absolument nécessaire de procéder à une 
consommation immédiate des coings récoltés. Il m'est arrivé d'en 
garder presque jusqu'au printemps, en les déposant sur une claie dans 
un caveau sec, et, il y a trois ans, j'en ai présenté à la Société qui ont 
été trouvés en parfait état de conservation. 

M"'" E. DE SCHEYTERBERG. 



r.ENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DFS VOIRONS, 10. 



38"- AJÎ^NÊE 2^ LIVRAISON FEVEIER 1892 



BULLETIN 



ItK l,A 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENÈVE 



FOUNTDÉE ElISr 1855 



Sommaire: Avis.— Recettes et dépenses du Concours de Chry- 
santhèmes. — La Cinéraire des Canaries. — Fraise des quatre- 
saisons (avec fig.). — Le traitement des arbres fruitiers. — Célo- 
sie à iianache Triomplie de l'Exposition (avec fig.). — A propos 
de Dahlias. — Des Anthurium Sclierzerianum. — Multiplication 
des Jacinthes par les feuille s. — Chrysanthèmes. — Annonces. 

Les Assemblées générales tle 1S93 ont 
été fixées aux dates suivantes : 
Les dînianclies 2 1 février, 

lO avril, 
IS juin, 
1 4^ août, 

O octobre et 
ST novembre, 
à 2 heures, dans 1? Grande Salle des Amis de Tinstruction. 



CONCOURS 

DANS LES JARDINS 

DE CULTURE MARAÎCHÈRE ET POTAGÈRE 

qui aura heu dans la V" quinzaine de juillet. 
Ceux de nos sociétaires qui voudront y participer 
sont priés de s'inscrire, jusqu'au 15 juin prochain, chez 
MM. Franc. Cardinaux, président, place de la Fusterie, 
Franc. Forestier, trésorier, Tour de l'Ile, 
Louis DuFouR, horticulteur, aux Délices. 



— 18 — 

Concours de Chrysanthèmes et de Plantes fleuries 

aîi Bâtiment Electoral, novembre 1891. 

RECETTES 

Produit des entrées pendant les 4 jours 1264. — 

Don d'honneur otïert par le Conseil d'État 100. — 

» la Ville de Genève 50. — 

» » M. Etienne Fayol 20. — 

» >' M. Ragozzi 5. — 

Vente de la mousse et des sapins ayant servi à la décoration. 10. — 

Total des Recettes. 1449.— 

DÉPEIVSES 

Frais de bureau, timbres-poste, secrétariat 67 20 

Affiches et affichage 146. — 

Installation et décoration, factures payées 569.20 

Chauffage du Bâtiment électoral. 70. — 

Payé à M™° Maigroz pour contrôle et frais divers . . . . 65.20 

Banquet et Collation offerts au .Jury 98.90 

Concert du dimanche, payé à la musique de Compesières. . 60. — 

i^'?"a; délivrés aux Exposants ... 682. — 

Total des Dépenses. 1758 50 
Le Trésorier, 

F. Forestier. 

La Cinéraire des Canaries. 

Senecio criientus DC. 

Cette superbe Composée, vivace et demi-rustique, est 
une des plantes florales les plus anciennement cultivées 
dans les serres et les jardins de l'Europe. 

Elle donne lieu, à bon droit, à un mouvement com- 
mercial qui prend chaque année plus d'extension. Tous 
les marchands-grainiers du monde l'élèvent pour en re- 
cueillir la semence, qu'ils vendent ensuite aux horticulteurs 
et aux nombreux amateurs séduits par la facilité de sa 
culture, l'abondance, l'éclat et la durée de sa floraison. 
Les plus habiles semeurs se sont appliqués à améliorer 
le port de cette plante, à augmenter le volume de ses 
inflorescences, la dimension des fleurons et à rendre plus 



— 19 — 

varié et plus vif le coloris déjà si riche, offert naturelle- 
ment par cette espèce. 

Des spécialistes ont montré aux expositions horticoles 
de printemps, des échantillons de Cinéraires trapus, ro- 
bustes, à feuilles cordiformes, un peu lobées, larges, d'un 
vert sombre, disparaissant presque sous d'énormes 
corymbes de fleurs qui atteignaient 7-9 cm. de dia- 
mètre. 

Ces exhibitions ont accru le nombre des amateurs et 
déterminé tous les fioriculteurs disposant d'un simple 
châssis à tenter l'éducation de la Cinéraire. Pour répondre 
aux commandes qui affluaient de toutes parts, les pro- 
ducteurs de graines ont dû sensiblement étendre leurs 
cultures. Il en est résulté d'un C(Mé de grands bénéfices, 
conséquence naturelle de l'amélioration du Senecio cruentus 
primitif, et, d'un autre côté, un retour vers le passé, pres- 
que une dégénérescence, plus rapide encore que les pro- 
grès précédemment accomplis. 

Nous assistons en ce moment à un spectacle singulier. 
Les producteurs de graines se multiplient pour satisfaire 
aux nombreuses commandes qui leur sont adressées. Ils 
parviennent avec peine à satisfaire leur clientèle, devenue 
exigeante depuis qu'on a placé sous ses yeux les types 
parfaits, presque merveilleux, dont nous venons de parler. 

De toutes parts, nous entendons nos collègues mau- 
gréer contre leurs fournisseurs à propos de cette plante. 

Messieurs les semeurs, il est temps d'aviser! Le 
monde des horticulteurs murmure et la foule des amateurs 
s'émeut à la pensée que pour cette espèce florale l'ère des 
déboires vient de s'ouvrir aussi. 

Les plaintes des uns et le découi-agement des autres 
nous ont déterminée à prendre l'initiative d'un petit 
examen de conscience et à prier nos confrères de rechei- 
cher pendant un instant avec nous la cause du mal et son 
remède. 

Ce sera court et peu fatigant. 

Les améliorations rapides avaient été produites , 
comme dans tous les genres de plantes, par des semis 
répétés, une sélection sévère et surtout par l'élévation 
de cette Cinéraire au rang de plante de collection. 

A partir du jour où les marchands de graines ont dit 
et où les horticulteurs et les amateurs ont cru que la 
Cinéraire était arrivée à l'apogée de son perfectionnement ; 
à dater du moment où les professeurs et les traités d'hor- 
ticulture ont enseigné que les hautes qualités des plus 
beaux types vus aux expositions étaient susceptibles de 



— 20 — 

se reproduire par la voie du semis, rindulgerce a envahi 
l'àme des cultivateurs de Cinéraires et les plus désa- 
gréables surprises les ont frappés. 

Il existe, heureusement pour tout le monde, de rares 
semeurs, et quelques amateurs, habituellement qualifiés 
d'originaux et de grincheuse, qui, forts de leur longue ex- 
périence, poursuivent sans se laisser émouvoir par les 
innovations ou les enthousiasmes prématurés, le perfec- 
tionnement des genres auxquels ils sont passionnément 
attachés. 

Nous retrouverons tous, chez eux, les graines ou les 
porte-graines susceptibles de ramener les races de Ciné- 
raires au degré de beauté exigé. 

Mais nous prédisons à nos confrères et aux amateurs 
devenus des connaisseurs difficiles qu'il leur faudra recou- 
rir à l'application des procédés scientifiques, grâce aux- 
quels on avait promptement obtenu des types parfaits. 

Chacun y trouvera son compte: les amateurs, la sa- 
tisfaction d'un goût prononcé pour une des plus belles 
plantes que l'on puisse posséder et les horticulteurs un 
plus grand écoulement d'une marchandise facile et agréable 
à produire, incomparablement belle en serre, sous (;hâssis 
(m dans l'appartement, et, en plein air, en plates-bandes 
ou en massifs. 

Chacun sait, en effet, que semée en juin la Cinéraire 
fieurit sous verre de décembre à mars, qu'elle contribue 
mieux que toute autre plante à la décoration des apparte- 
ments ou des serres. 

Ce que les horticulteurs savent également, mais ce que 
le public et la plu])art des amateurs ignorent, c'est que 
cette plante forme des massifs ou des bordures d'un effet 
somptueux, qui se maintiennent en pleine floraison, au 
grand air, pendant plus de deux mois, à une -époque où 
les plantes printanières sont défleuries et où il est op- 
portun de maintenir sous châssis froid les fleurs qui 
(ornent les jardins durant la saison chaude. 

Même sous le climat de Genève, il serait possible de 
composer des massifs de Cinéraires vers le milieu de mai, 
en les couvrant le soir d'abris mobiles jusqu'à ce que 
les gelées blanches ne soient plus à redouter. On se pro- 
curerait ainsi, de mai à la fin de juillet, des floraisons 
dont l'intensité de coloris équivaudrait à celle des plus 
beaux Bégonias et des plus éblouissants Pélargoniums 
et dont l'abondance et la variété seraient assurément in- 
comparables. 

Il ne nous conviendrait pas de vouloir paraître ap- 



— 21 — 

prendre quelque chose à autrui ou donner aux lecteurs de 
ce Bulletin des renseignements qu'ils ne nous deman- 
dent pas. 

Cependant, on voudra bien nous permettre d'exposer 
brièvement les procédés très simples employés par les col- 
lectionneurs de Cinéraires pour obtenir les belles races 
qui ont rendu si populaire le Se/iecio cruentus des Ca- 
naries. 

Ils pratiquent à la fois : le semis, la sélection et la 
reproduction par boutures ou par séparation des drageons. 
Chaque année, en juillet, août ou septembre, ils se 
ment des graines récoltées sur un nombre de plantes très 
restreint, absolument séparées des autres pendant la fécon- 
dation et dont les caracères ont été i racés de main de 
maître dans le savant ouvrage de Decaisne et Naudin : 
« Les variétés l'éputéés les plus helles sont celles qui, à une 
faille moyenne (35 cm. environ) et à un port trapu joignent 
des corymbes de fîeui-s larges, réguhers et bien fournis, 
des capitules grands ou moyens, des rayons arrondis du 
bout, ne laissant pas d'intervalle entre eux, et surtout des 
coloris vifs, veloutés et nettement tranchés si les fleurs 
sont multicolores. » 

Tous les sujets de semis qui ne possèdent pas ces 
qualités au plus liaut point, sont impitoyablement rejetés; 
cela s'appelle procéder par une sélection sévère. 

Parmi les variétés parfaites, celles qui sont les plus 
brillantes, celles qui présentent les dispositions de couleur 
les plus originales, sont classées à part, numérotées et 
décrites. 

Lorsque leur floraison est achevée, on cesse les arro- 
sages et on les laisse se reposer quelques jours au grand 
ail', dans un lieu un peu ombragé où l'on enterre les pots 
jusqu'au bord. Les rejets ne tardent pas à se montrer sur 
le collet des racines. Du 15 août au 15 septembre, on les 
détache du pied-mère pour les étouffer sous châssis om- 
bragé, dans du terreau sableux. Quand la reprise est as- 
surée on les traite comme de jeunes semis. 

C'est ainsi qu'un collectionneur digne de ce nom devient 
possesseur de types hors ligne, dont ses semis entretien- 
nent la vigueur et empêchent la dégénérescence, et voit 
éclore chaque année des formes et des couleurs nouvelles. 
Il nous a semblé que de tels moyens sont à la portée 
de tous les jardiniers soigneux, si nombreux dans le can- 
ton de Genève, et il nous a paru agréable de les leur rap- 
peler en nous les rappelant à nous-mêmes, dans l'espoir 
que les habiles horticulteurs de notre Société tiendront à 



— 22 - 

honneur de revenir aux procédés de culture qui sont seuls 
capables d'assurer pour longtemps encore à la Cinéraire 
les faveurs du public. 

Ils contribueront ainsi, dans une large mesure, à as- 
surer de légitimes bénéfices aux horticulteurs et d'inap- 
préciables jouissances aux amateurs. 

^/[nie Thérèse Despans, 

Horticulteur au Petit- Lancy. 



Fraise des quatre-saisons Berger. 

Obtenue par M. Berger, liorticulteiu' à Verrières, cette 
magnifique variété se rapproche jusqu'à un certain point 
de la Fraise des quatre-saisons améliorée Dura, mais ses 




Fraise des quatre-saisons Berger. 



— 23 — 

fruits sont encore plus longs et plus renflés que ceux de 
cette dernière variété. 

Vigoureuse et très remontante, elle donne, surtout sur 
les jeunes plants, de nombreux fi'uits parfumés, d'un beau 
rouge écarlate, vraiment surprenants par leur volume in- 
connu jusqu'ici dans les Fraises des quatre-saisons et qui 
peuvent rivaliser de grosseur avec ceux de beaucoup de 
variétés dites à gros fruits. 

Nous nous sommes rendus acquéreurs de toute la ré- 
colte de M. Berger, et nous engageons les amateurs de 
Fi'aises à essayer sérieusement cette nouvelle race. Elle a 
été très remarquée lors de l'Exposition organisée par la 
Société Nationale d'Horticulture, en septembre dernier, et 
hautement appréciée par le Jury, qui a récompensé l'obten- 
teur en lui décei'nant une médaille d'argent. 

Vilmorin-Andrieux & C'*'. 



jo- 



Le traitement des arbres fruitiers. 

Je me propose de donner, dans une série d'articles, un 
simple exposé des bonnes règles à suivre dans l'utile pra- 
tique de l'arboriculture fruitière, à laquelle je me suis voué 
depuis de longues années par goût et avec courage. Grâces 
à un travail assidu, à des observations attentives et à des 
essais persévérants, je me flatte d'avoir gagné en cette ma- 
tière une expérience dont je serai heureux de faire profiter 
les lecteurs de notre Bulletin. 

Il est certain que la plupart de nos jardins et vergers 
laissent plus ou moins à désirer dans les soins donnés 
habituellement aux arbres fruitiers, et il importe de réagir 
bravement pour remédier à ce fâcheux état de choses. 
Nous ne pouvons plus, parait-il, compter sur d'aussi belles 
années que du temps passé, qui nous donnaient de riches 
récoltes de fruits au prix relativement de peu de soins. 
L'on jouissait alors de printemps doux, d'étés chauds, 
d'hivers faits à leur saison : c'était un bon climat tempéré, 
favorable à la production fruitière. Mais voilà malheureu- 
sement bien des années déjà que les saisons n'ont plus un 
caractère si satisfaisant. Ce sont des hivers de cinq à six 
mois, des printemps pluvieux, des étés et des automnes 
pleins d'intempéries malsaines, qui ont pour- effet inévitable 
de nuii'e désastreusement à la végétation de nos plantes 
alimentaires. 



— 'M — 

La Vigne, dans ses racines, ses feuilles et ses fruits est 
en proie au phylloxéra, à l'oïdium, au mildiou, et ce n'est 
que par les plus grands efforts qu'on réussit quelque peu à 
parer à sa dégénérescence. Le Pommier est un arbre fi'ui- 
tier de premier ordre, en ce que, par la production du 
cidre, il pourra suppléer la vigne à quelque degré, si les ma- 
ladies de celle-ci continuent à empirer; mais lui aussi est 
soumis aux attaques d'un insecte redoutable, le puceron 
lanigère, qui le met dans un état de dépérissement complet, 
quand on l'abandonne sans adrpinistrer d'énergiques dé- 
sinfectants. Quant au Poii-ier et à tous nos arbres de Fruits 
à noyaux, ils ne sont pas sans avoir également leurs in- 
sectes nuisibles, mais dont la destruction est plus facile. 
Ils sont exposés en outre à des maladies provenant soit des 
intempéries du climat, soit du manque des soins de culture 
convenables. 

C'est donc un devoir pressant des arboriculteurs frui- 
tiers, jardiniers ou amateurs, de luttei' vaillamment contre 
toutes ces sortes d'ennemis. Nous ne pourrons ari-iver à 
des résultats favorables que si chaque intéressé met réso- 
lument la main à l'œuvre, et d'une manière intelligente et 
soutenue. Le traitement des arbres en question, qu'en vertu 
de ma longue expériem-e je me permets d'expliquer ici et 
de recommander à mes estimés collègues, se partage en 
trois parties, que je disposerai sous les rubriques sui- 
vantes : 

L Plantation rationnelle fondée sur l'étude du sol. 
IL Soins de culture assidus et grande propreté. 
III. Engrais convenables d'après la nature du terrain 
et le caractère des arbres. 

Des exemples frappants de ce que peut en ces matières 
une culture parfaite nous sont fournis par plusieurs can- 
tons agricoles de la Suisse. Nous citerons d'abord les ma- 
gnifiques vignobles du pays de Vaud, qui sont les mieux 
préservés jusqu'à présent, ainsi que les plus riches en pro- 
duits excellents, si d'ailleui-s le temps n'a pas été trop fa- 
vorable. Pour ce (|ui est de la production fruitière, c'est 
dans les cantons d'Argovie et de Thurgovie qu'il faut aller 
admirer des vergers superbes, garnis d'arbres de toute 
beauté, surtout de pommiers d'un rapport extraordinaire. 
Là, les troncs sont toujours bien nettoyés, sans vieille 
écorce chargée de mousses, de lichens et de champignons, 
et la ramification, grâce à une taill<^' et une conduite bien 
entendues, est disposée dans le meilleur ordre; les jeunes 
sujets ne manquent pas de rester pourvus de leurs tuteurs; 



— ?: 



o 



Ton ne voit que peu d'arbres tordus ou penchés, etc.- bref 
ce sont des vergers modèles. ' 

Certainement il n'y a [personne chez nous qui ne se 
rende compte des causes auxquelles est dû, dans ces can- 
tons là, un état de choses si i-éjouissant : plantations faites 
en bonnes conditions, soins incessants d'entretien et de 
propreté, engrais elticaces, etc. Personne ne contestera 
non plus que pour les ai)pliquer chez nous il ne s'agit nue 
de bonne volonté et de persévérance. 

Dans le prochain article, je traiterai d'abord des procé- 
dés pratiques d'une bonne plantation. 

Louis SCHMIDT, 
Arboriculteur, Florissant, chemin du Velours. 



Célosie à panache Triomphe de ] 'Exposition. (Vilm.) 
Les très nombreux visiteurs qui ont pu suivre réguliè- 
rement les magnitiques Concours horticoles de l'Exposi- 
tion de 1889, au Trocadéro, ont certainement dû remarouei- 










Célosie à panache Tnomphe de l'Exposition. 

le massif que nous avions fait avec cette supei-be nou- 
veauté. 

Sélectionnée dans le semis dîme variété qui nous ve- 



- 2G — 

nait d'Angleterre, elle a été si avare de ses graines que 
nous avons dû attendre jusqu'à cette année pour l'offrir à 
nos clients. 

Cette nouvelle race est haute d'environ 70 centimcMres, 
d'un port dressé et pyramidal ; elle produit une quantité 
énorme de panaches plumeux, étages les uns au-dessus 
des autres, du plus beau i-ouge cramoisi brillant que 'on 
puisse imaginer. Ses nombreuses tiges et ramifications 
sont également d'un beau rouge vif, et la teinte bronzée 
dont se colore son abondant feuillage ajoute encore à 
l'éclat de cette belle plante, qui forme, en massifs placés au 
soleil, comme une masse éblouissante, d'un effet décoratif 
absolument incomparable. Nous la recommandons comme 
nouveauté de tout premier mérite. 

Vilmorin-Andrieux & C'^ 

— i#^^#^ — 

A propos du Dahlia 
et de quelques variétés de grand mérite. 

Le Dahlia n'a pas cessé d'être une de nos plantes favo- 
rites. Que ce soit dans le petit jardinet qu'entretient à 
grand'peine le pauvre artisan ou dans le magnifique parc 
du i-iche amateur, partout il occupe une des premières 
places dans les garnitures des massifs et des plates bandes, 
dès juillet jusqu'aux gelées. 

Quelques mots sur son oi-igine ne seront peut-être pas 
SU] erfius. C'est à la fin du siècle passé que la dite plante 
fit son apparition en Europe. Envoyée de Mexico à Madrid, 
en 1784, par Vincent Cervantes, elle y reçut de Cavanilles 
le nom de «Dahlia variabilis > en l'honneur d'André Dabi, 
botaniste suédois distingué et élève de Linné; mais, peu 
de temps a]>rès, ce nom fut changé par Willdenow en celui 
de Georgina, d'après le professeur Georgi de Saint-Péters- 
bourg, et ce dernier est plus usité chez les Allemands que 
le premier. 

Le type importé d'Amérique était encore peu séduisant; 
mais peu à peu les variétés s'en multiplièrent à profusion 
et se répandirent dans les jardins de toute l'Europe; pre- 
mièrement en Angleterre et en France, puis en Allemagne. 
En 1808, le premier Dahlia double fut obtenu à Carlsruhe 
par l'inspecteur des jardins Hartwig. 

Depuis lors quels progrès surprenants dans la forme, 
la gi'andeur et le coloris des fleurs ! L'été passé, nous 
avions la bonne fortune de pouvoir admirer une riche col- 



- 27 - 



lection de Dalilias ; il y en avait de superbes variétés à fleurs 
simples et parmi celles-ci une nouveauté de l'année attira 
le plus noire attention. C'était le Hœpker's Liebling ou la 
Favoi'ite de Hœpker, qui réunit en ef^et toutes les qualités 
désirables. Son énorme fleur, composée de huit larges pé- 
tales d'une forme des plus parfaites, sa couleur d'un violet 
mat, passant insensiblement au violet clair vers le bord 
des pétales, le ravissant contraste de son centre jaune d'or 
avec le reflet métallique de la fleur entière, ont captivé nos 
regards aussitôt que nous la vîmes pour la première fois. 
Une floraison abondante et une végétation compacte font 
de cette nouveauté une plante de premier oi-dre, qui sera 
mise au commerce au printemps par la maison Nonne et 
Hœpker, à Ahrensbourg. 

La race des Dahlias Juavez ou «à fleurs de Cactus », 
qui nous est venue également du Mexique, en 1872, était 
aussi brillamment représentée : toutefois, après un examen 
des plus minutieux, notre choix s'est borné à distinguer 
dix des plus belles variétés que nous allons signaler à nos 
honorables lecteurs : 

CannelVs Favourite : grosse fleur d'un jaune bronzé et 
de forme très remarquable ; cette nouveauté de 1891 a ob- 
tenu en Angleteri'e plusieurs certificats de grand mérite 

Pride of Swanley : fleur moyenne, fond blanchâtre, 
pointes et bords des pétales de couleur cerise; vai'iété dé- 
passant rarement un mètre en hauteur et mise au com- 
merce en 1891. 

Henry Cannell : grosse fleur rouge cramoisi, à pétales 
légèrement chiff'onnés et recoui-bés en arrière, ce qui donne 
à la fleur une forme toute pai-ticulière. Mis au commerce 
en 1890, Henry Cannel! est jusqu'à présent le plus beau 
d'enti-e les rouges. 

Mrs Douglas : plante naine, à fleur moyenne de cou- 
leur chair, dont les pétales recourbés en arrière rappellent 
par leur forme le type Dahlia Juarezi. 

Empress of India : grande fleur, d'un rouge presque 
noir et velouté ; c'est le roi des foncés, atteignant jusqu'à 
2 mètres de hauteur, 

Robert Maijer : plante basse mais à fleurs énormes, du 
plus beau jaune d'or. 

Jolm Bragg : plante basse également, à grosse fleur 
d'un beau rouge foncé. 

Oban : fleur énorme, d'une couleur bronzie légèrement 
violacée; superbe variété. 

Professeur Baldwin : large fleur peu pleine, à pétales 
étroits, d'un rouge clair. 



— 2S — 

Harry Freernann : grosse fleur du plus beau Ijlanc pur. 

En terminant, il est bon de faire observer que les An- 
glais sont nos maîtres dans la culture de cet illustre genre 
de plantes de collection, comme du reste dans celle de 
beaucoup d'autres, car presque tous les nouveaux Dablias 
les plus méritants sont dus à quelques maisons horticoles 
de Londres. 

Toutefois la marge est encore grande: donc, jeunes 
horticulteurs suisses, en avant ! le Dahlia bleu nous manque 
encore ; à qui l'honneur de produire cette merveille f. . . 

Louis Dégorges, fils. 

chez MM. Nonue cV Hœpker, à Ahrensbourg, près Hambourg. 



Des Anthurium Scherzerianum. 

Il y a fort peu de plantes qui, aussitôt qu'introduites 
dans nos cultures, se soient si vite répandues et fait ap- 
précier que les Anthurium. Ces belles Aroïdées sont 
aujourd'hui une des princii)ales richesses de nos serres, 
griices autant à l'éclat des fleurs de certaines espèces, 
qu'au mérite non moins grand de celles à feuillage orne- 
mental. 

Chacun connaît aujourd'hui XAniliurium Sclier-zeria- 
num et bien rare est lé jardinier qui n'en a pas quelques 
spécimens. Cette jolie plante fut introduite en Europe par 
M. Wendland, qui l'apporta de Costa Rica dans les jardins 
royaux de Hanovre. 'Elle fut envoyée de là au jardin de 
Kew, où elle fleurit en 1863. 

D'api'ès les journaux horticoles de cette époque, cette 
floi'aison fut l'objet de la plus vive admiration, et pourtant 
l'A. Scherzerianum était loin d'être d'abord ce que nous 
le voyons aujourd'hui. Chez la plupart des exemplaires 
importés la spathe était très petite, et la plante type avait 
plutôt l'aspect chétif. 11 est cependant à noter que, dans 
les envois qui suivirent, i) se trouvait des plantes à spathes 
beaucoup plus grandes et ces spécimens, tombés au ha- 
sard de la vente chez des amateurs intelligents, devinrent 
sans nul doute, par la sélection des plus beaux types et 
le choix des porte-graines, la base des améliorations ob- 
tenues. Aujourd'hui, dans les collections soignées, les 
fleurs en sont énormes, le feuillage beaucoup plus ample 
et la plante en somme d'un meilleur port. Le plus beau 
type de l'A. Scherzenarium à spathe rouge est sans contre- 
dit la variété Wardi. Depuis quelques années, on s'est 
beaucoup occupé d'hybridations avec l'A. Scherzerianum, 
€t nous en avons à présent des variétés assez nombreuses. 



9() 



Je n'entrerai pas dans les détails de la pratique des 
croisements, car la matièi'e en serait trop grande ; Je me 
bornerai à essayer de décrire quelques variétés que je 
regarde comme dignes de prendre place à côté de leur 
sœur, ainsi : 

1° A. Scherzerianum Marie- Eugénie , obtenu par 
M. Bertrand: cette plante se distingue par la couleur de 
ses spathes qui, au lieu d'êtr-e rouge er-ai-late ne présentent 
ce coloris que lors du développement complet du spadice 
et de la spathe ; plus tard la couleur s'accentue et va jus- 
qu'au violacé, en restant tout le temps de la floraison. 

2° A. Scherzerianum Andegavense. obtenu par M, de 
la Devansaye : spathe, légèrement renversée, à fond blanc 
tacheté irrégulièrement de points rouge vermillon et 
roses, à revers vermillon, tiqueté régulièrement de petits 
points blancs. C'est une variété des plus belles, mais un 
peu délicate. Vu le tempérament des fleurs panachées 
en général, elle aime l'air confiné, la lumière adoucie, 
bref le régime des enfants gâtés. 

3° A. Rothschildianurn , obtenu par M. Bergman: 
comme le précédent, hybride de l'A. Scherzerianum à 
spathe rouge avec une variété à spathe blanche; la face 
, dé la spatiie est à fond blanc sablé de petits points roses 
tandis que le revers est rouge tacheté de blanc et le 
spadice jaune. 

De ces deux dernières sortes est issue toute une série 
de variétés à spathes tachetées, sablées, pointillées régu- 
lièrement ou irrégulièrement. Une des plus belles collec- 
tions de ce genre se trouve chez M. Otto Frœbel, à Zurich, 
et j'emprunte à cet habile horticulteur quelques lignes 
publiées sur ce sujet dans la Revue horticole de 1888 : 

(( Nous déclarons, dès maintenant, que l'on obtiendra 
une telle variation de forme, de coloris, de spathe et même 
de spadice, qu'aux expositions futures on ouvrira des con- 
cours pour tant et tant de variétés de l'A. Scherzerianum. 
Il ne faut pas croire que la limite extrême est atteinte par 
les variétés actuellement au commerce; au contraire, nous 
commençons seulement à voir clair dans cette voie. » 

Voilà qui est encîourageant pour ceux qui aiment à 
s'occuper d'hybridation. Avec un peu de patience et de 
tact, il n'y a pas à douter du succès et lors même que 
celui-ci ne serait pas bien accentué quant à la coloration 
des spathes. il n'en est pas moins vrai qu'on trouvera tou- 
jours dans la dimension des fleurs assez de récompense 
de la peine que l'on se sera donnée. Eugène Guidon, 

Hortîciûfeirr à Mon/flpvri, près Safig»//. 



— 30 



Multiplication des Jacinthes par les feuilles. 

La célèbre Revue de V horticulture belge et étrangère 
(( attire l'attention de ses lecteurs, praticiens, amateurs et 
savants, sur l'intéressante communication qui suit d'un 
procédé de reproduction très peu connu,, sinon inédit et 
■qui ouv)-e des horizons nouveaux à l'art si difficile, à cer- 
tains égards, de la multiplication artificielle des plantes. » 

On choisit quelques bonnes plantes, bien constituées 
et en pleine fîoi-aison au mois de mars. On en coupe les 
feuilles, généralement au nombre de G, au ras du bulbe. 
Chacune d'elle sera divisée en 3 poi-tions, qu'on laisse un 
peu se ressuyer, pour les mettre ensuite 6 par pot, à 3 cm. 
de profondeur, dans une terre sableuse, substantielle, 
mais avant tout bien décomposée (bien nitrifiée). On les 
place dans une température de 16-18*^ C, et on les 
tient légèrement humides. Au bout de trois semaines, 
les bourrelets se sont formés et, quinze jours après, on 
voit appai'aître de petites racines. Bientôt de très petits 
bulbes naissent à l'extrémité des portions de feuilles en- 
racinées. Ces caïeux microscopiques, blancs, très succu- 
lents, déjà un peu écailleux, atteignent au bout des 4 mois 
que dure l'expérience, la grosseur d'un pois. 

Sur les poi'tions de feuilles fortes et charnues, on 
trouve 1-10 de ces petits caïeux, quoiqu'on ne puisse 
compter que sur 4 par portion ; à l'époque où commence 
le repos, on n'en voit souvent que 2 ou 3 de formés, mais 
d'autres bulbilles naîtraient encore si on laissait ces por- 
tions plus longtemps en végétation dans les pots. 

Au commencement de juillet, on diminue graduelle- 
ment les arrosements et on les cesse complètement, afin 
de faire mûrir les petits bulbes, et de les faire entrer dans 
la période du repos ; on les laisse tout à fait dans les pots. 

Vers septembre-octobre, on les dépote pour les planter 
à 3 cm. de distance en tous sens et à 1 7-, cm. de profon- 
deur ; on les arrose très peu jusqu'à ce que de petites 
feuilles, très minces, se développent; à ce moment, on 
peut augmenter les arrosements. 

Les jeunes plantules, arrivées à ce degré de développe- 
ment, seront traitées comme celles provenant de semis. 
La 4'"*" année, les bulbes sont capables de fleurir. 

Une remarque reste pourtant à faire : les caïeux venus 
sur les portions inférieures des feuilles végètent tous; les 
trois quarts seulement de ceux venus sur les portions 
moyennes grandissent bien; quant à ceux des extrémités, 



- 31 - 

10-12 7o à peine viennent à maturité. Il ne faut donc pas 
vouloir utiliser ces dernières parties de la feuille. 

Ce mode de multiplication présente l'avantage de re- 
produire exactement la variété et de donner plus déjeunes 
bulbes qu'on n'en obtiendrait par la séparation des caïeux 
venus naturellement aux bulbes-mères: en effet plusieurs 
années s'écoulent avant qu'un bulbe-mère ait donné une 
dizaine de bulbes capables de fleurir; aussi multiplie t-on 
de préférence par cette voie les variétés d'élite, recher- 
chées dans le commerce et se payant encoi-e des prix assez 
élevés. Jules Buyssens. 

Revue de l'horticulture helge et e'<ra?î^ère ; juillet 1891. 



Chrysanthèmes. 

Ces fieurs si richement douées de mérites de premier 
ordre sont, comme personne ne le conteste, de plus en plus 
à la mode et tant les semeurs en Europe que les importa- 
teurs du Japon s'ingénient à l'envi de nous fournir sans 
cesse de variétés nouvelles. L'on se rappelle l'éclatante 
sensation causée dans le monde horticole, il y a ti-ès peu 
d'années, pai- l'apparition des Chrysanthèmes japonais à 
pétales poilus en dehors ou c à plumes d'autruche » dé- 
nommés Mrs Alpheus Hardy et Louis Boehmer. De ce der- 
nier, qui est de culture plus facile que sa fîère compagne, 
nous ayons pu admirer de superbes spécimens à notre 
Exposition de novembre dernier. A présent, les horticul- 
teurs anglais et américains nous of!'i'ent déjà trois nou- 
velles sortes de cette catégorie si remarquable, qui pa- 
raissent être aussi de provenance japonaise. L'an passé, 
la maison Reid & Bornemann, de Londres, a produit 
Mrs George Daniels, à fleurs très grandes, d'un tendre 
coloris de rose fieur de pêcher. Cette année, MM. Pitcher 
et Manda, de New- York, mettront en vente au printemps, 
pour le prix relativement modique de fr. 7.50 la pièce, les 
deux nouveautés suivantes, distinguées par des couleurs 
jusqu'à présent inconnues dans cette race : ce sont 
W. A. Manda, à fleurs jaune d'or, et H. Balantine, à 
fleurs d'une teinte bronzée, et plante d'ailleurs très flori- 
bonde, robuste et d'un port admirable. 

A propos des Chrysanthèmes à plumes d'auti-uche, je 
me permets de renvoyer le lecteur qui s'y intéresse à mes 
observations sur la variété Triomphe de la rue des Chalets, 
dont il est question dans notre grand article du N" de dé- 
cembre dernier de ce Bulletin. Elles m'ont été confirmées 



- 32 — 

par M. de Reydellet qui, de son côté, a remarqué sur une 
de ses variétés de ces prétendus poils, sous forme de très 
petites spinules. C'est du reste ainsi que les choses ont dû 
commencer dans les cultures japonaises, et cela revient à 
dire que peut-être les illustres chrysanthémistes du midi 
de la France ont perdu là une belle occasion d'arriver à 
produire eux-mêmes de ces variétés plumeuses ou poilues 
bien caractérisées. 

La célèbre maison anglaise H. Cannell »S>; fils, à Swan- 
ley, vient d'obtenii' en fait de Chrysanthèmes une variété à 
Jleurs prolifères, soit la forme singulière qu'on connaît 
chez la Pâquerette, par exemple, sous le nom français de 
((Mère de famille» ou « Mère Gigogne», et en anglais 
sous celui de hen with the chickens (poule et poussins). 
Elle présente autour du capitule i^oral principal une cou- 
ronne de petites fleurs ou capitules secondaires, qui vont 
en s'épanouissant à leur t(3ur et prolongent la floraison. 
Ce phénomène" de tératologie, qui du reste n'est pns chez 
ce Chrysanthème d'un effet bien remarquable, est connu 
depuis longtemps pour avoir été observé chez plusieurs 
espèces de la famille des Composées-Radiées, telles que, 
outre la jolie Pâquerette, le Souci double des jardins dit 
« à bouquet » et certains Chrysanthèmes autres que ceux 
d'automne, etc. 

M. de Reydellet, notre excellent collègue correspon- 
dant, vient de pul)lier son Catalogue de Chrysanthèmes (et 
de Cannas) pour 1892. Nous y voyons avec plaisir que plu- 
sieurs des variétés nouvelles issues de ses derniers semis 
— desquelles nous avons déjà eu en primeur des spéci- 
mens si distingués à notre dei-nière exposition de Chrysan- 
thèmes — sont dédiées à des membres de notre Société : 
MM. Alphonse de Candolle, notre vénéré président d'hon- 
neur, Marc Micheli, secrétaire Triboulet, François Fores- 
tier, Edouard George, Louis Decorges. Précédemment, les 
trois membres de l'ancienne Commission du Bulletin ont 
été l'objet d'un pareil hommage de la part du fameux chry- 
santhémiste de Valence. Nous devons être flattés de l'hom- 
mage qui en revient à notre Société, et il ne reste qu'à sou- 
haiter que les variétés dont il s'agit là soient de force à 
maintenir et à perfectionner les qualités qu'elles présentent 
actuellement, afin d'acquérir un mérite permanent pour 
l'illustration horticole du nom des personnes à qui elles 
sont consacrées. Nous verrons bien ! H. W. 



OHNÉVE. — IMPa. HICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



aS"" AJfNÉE 3" LIVRAISON MARS 1892 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENEVE 



FOIsTlDÉE EKT 1855 



Sommaire: Avis. — Procès-verbal de la dernière Assemblée.— 
Comité et Commissions. — Rapport du Président. — Rapport 
du Trésorier. — Rapport des Vérificateurs des comptes. — Rap- 
port du Bibliothécaire. — Rapport sur la culture de Cyclamens 
et de Bégonia Rex. — Œillet Marguerite nain à tige de fer (avec 
flg.). — Pomme de terre M. Eiffel (avec fig.). — Causerie horti- 
cole. — Annonces. 



Les Assemblées générales de lS9â ont 
été fixées anx dates suivantes: 
Les dimanches lO avril, 

1 S juin, 
1^ août, 

O octobre et 
2^7 novembre, 
à 2 heures, dans la Grande Salle des Amis de l'Instruction. 



CONCOURS 

DANS LES JARDINS 

DE CULTURE MARAÎCHÈRE ET POTAGÈRE 

qui aura lieu dons la î^' quinzaine de juillet. 
Ceux de nos sociétaires qui voudront y participer 
sont priés de s'inscrire, jusqu'au 15 juin prochain, chez 
MM. Franc. Cardinaux, président, place de la Fusterie, 
Fraiiç. Forestier, trésorier. Tour de l'Ile, 
Louis DuFouR, horticulteur, aux Délices. 



— 34 — 

EXTRAIT DES PROCÈS- VERBAUX 

Assemblée générale du 21 février 1892, 
grande Salle des Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Franc. Cardinaux, président. 



Nombre des assistants: cent quatre-vingt-quatre. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière Assemblée. 

Candidats présentés: 

1° M. Louis Plan, propriétaire, à Bourdigny, par MM. Grobéty 
et Cardinaux. 

2° M. Alexis Prodoillet, jardinier chez M. Favre, à La Grange, 
par MM. Louis Decorges et Antoine Mégevet. 

3° M. Jean Duthil, jardinier au Château de Coudrée, à Sciez 
(Haute-Savoie), par MM. Grobéty et Cardinaux. 

4° M. Charles Blondin, jardinier, à Chêne, par MM. Zuber et 
Eindinger. 

5° M. Moïse Duboule, propriétaire au Petit-Saconnex, p-.ir 
MM. Grobéty et Cardinaux. 

6° M. Henri Geoffroy, jardinier chez M'"* Duby, à Cachet, près 
Céligny, par MM. Christin et Vulliemin. 

7° M. J.-L. GiROUD, jardinier à Vernier, par MM. Tronchet, et 
Guidon. 

8° M. Constant Jaquet, jardinier chez M. le Conseiller d'État 
Dunant, à Preguy, par MM. Ardin et Schoch 

Exposition. 

1° De M. Heuri Bix>pus, jardinier de M. Ant. Martin, à Vessy : 
Plusieurs Cyclamens de Perse à grandes fleurs ; plusieurs pots 

de Muguets de mai, forcés; fleurs coupées de Lilas, forcés, blanc et 

rose. P. 8. 

2° De M. Vulliemin, jardinier au Château de Coppet: 

I Asplenium Nidus; 1 Anthurium Scherzerianum ; 1 Vriesea 
hieroglyphica; 1 Clivia niiniata. — P. 8. 

3° De M. \^'itt\%^er, jardinier chez M. Victor Lombard, à 
Champel : 

Cinéraires hybrides à grandes fleurs ; Primevères de Chine 
frangées à fleurs bleues. — P. 3. 

II a été délivré une médaille d'argent grand module, pour 
15 années de service à M. Ed. Porchet, jardinier chez M. Brocher, à 
Malagnou. 



- 35 - 

lia été donné lecture des rapports suivants: De M. le Président 
sur la marche de la Société pendant l'année 1891. De M. le Tréso- 
r»ier, de MM. les Vérificateurs des comptes, de M. le Bibliothécaire, 
et enfin de M. le Président de la Commission des récompenses : 

L'ordre du jour appelle l'élection du Comité. 

Bulletins distribués 184, retrouvés 180, valables 171. 

Sont élus: M^I. François Forestier, par 165 voix; Edouard George, 
162; David Triboulet, 161 ; Fritz Lûdi, 156; Cardinaux, François, 100; 
Delécraz, Frédéric, 98; Schocli, Salomon, 98; Richard, Jean, 95; 
Grobéty, Emile, 94; Tronchet, Emile, 94 ; Fayol Etienne, 93. 

Election du Président de la Société : Bulletins délivrés 145, re- 
trouvés 141, annulés 14, valables 127. M. François Cardinaux est 
élu par 103 voix. 

Après la distribution des récompenses pour les points obtenus 
par les apports aux Assemblées générales, la séance est levée à 5 h. 



Comité élu pour 1892. 

MM. Cardinaux, François, président. 
Grobéty, Emile, l" vice- président. 
Triboulet, David, 2"'° vice-président. 
Tronchet, Emile, S':crètaire-général. 
Forestier, François, trésorier. 
Fayol, Etienne, bibliothécaire. 
Lûdi, Fritz, économe. 
ScHocH, Salomon, bibliothécaire- adjoint. 
Delécraz, Frédéric. 
PiiCHARD, Jean. 
George, Edouard. 

Commission du Bulletin. 

MM. Wakker, Alexandre ; Guillermin, Théodore ; Guidon, E. 

Commission des Récompenses. 

Floriculture: George, Edouard; Delécraz, Frédéric; Sghoch, 
Salomon. — Suppléants : Hofer, Jean; Kemler, Clément. 

Arboriculture: MM. Dufour, Louis; Reust, Charles; Schmidt, 
Louis. — Suppléants: Dujac. Alfred ; Grutter, Joseph, 

Culture maraîchère et potagère: MM. Richard, Jean; Hornung, 
Jean; Matthieu, Jean, — Suppléants: Dufour, Ami; Gay, Frédéric. 

Commission de placement des jardiniers. 

MM. L" Dufour, Th. Guillermin, Fr. Forestier. 

\^ — 



— 36 — 

Rapport du Président. 

Mesdames et Messieurs, 

En me conformant à l'usaga, je viens vous rendre compte de la 
marche de notre Société pendant l'année écoulée. 

Notre Société a montré en 1891 une activité peu commuae, nous 
avons organisé deux concours, le premier de plantes fleuries, au mois 
de mai, et le second de Chrysanthèmes, au mois de novembre. 

Le premier a eu lieu au Stand de la Goulouvrenière, je n'ai pas 
à vous en faire l'éloge, vous savez qu'il a pleinement réussi sous 
tous les rapports; nous avons eu deux concerts, le premier, le jeudi, 
sous l'habile direction du regretté Hugo de Senger et le second, le 
dimanche, sous la direction de notre collègue, M. Raymond. 

Le second concours a eu lieu au Bâtiment Électoral, votre Comité 
et la Commission d'organisation n'ayant pas jugé prudent avec le 
nombre considérable d'inscriptions de le faire au Stand de la Gou- 
louvrenière; bien nous en a pris, sans cela nous n'aurions pas pu 
loger dans l'intérieur du Stand toutes les plantes qui garnissaient 
presque entièrement le Bâtiment Électoral, et avec la température 
de novembre il ne fallait pas songer à en mettre au dehors du local 
comme on l'avait fait au concours de mai. Malgré le temps défavo- 
rable ce concours a réussi au delà de nos espérances. 

Nous avons eu le plaisir d'entendre une Société chorale et la 
fanfare dirigée par M. Raymond. 

N'oublions pas de remercier les Commissions d'organisation de 
ces deux concours pour le zèle et la bonne volonté qu'elles ont mis 
à assurer leur réussite et adressons surtout nos remerciements au 
Président de ces Commissions qui est en même temps l'architecte 
de nos expositions, pour le temps qu'il a consacré à préparer ses 
plans et à en surveiller l'exécution. 

Si ces concours n'ont pas été aussi brillants au point de vue 
financier qu'au point de vue esthétique, cela provient de deux choses: 
premièrement nous n'avons pas été favorisés par le beau temps et 
les entrées en ont été diminuées; secondement nos exposants étant 
très nombreux et leurs lots très méritants, ce dont nous sommes loin 
de nous plaindre, nous avons eu beaucoup de prix à décerner. Mais 
il faut nous souvenir que le but de notre Société est de faire pro- 
gresser l'horticulture et que le fonds de réserve a été créé principale- 
ment pour parfaire nos frais d'exposition; ce fonds, du reste, est 
encore fort respectable, il n'y a pas si longtemps qu'il existe, et 
l'époque où les membres du Comité ont dû avancer deux cotisations 



— 37 — 

pour créer non un fonds de réserve mais un fonds de roulement 
pour faire vivre la Société n'est pas si éloignée de nous pour qu'on 
puisse l'oublier. 

Plus récemment encore, en 1879, lorsque vous me fîtes l'honneur 
de m'appeler à la présidence pour la première fois, il était de 400 fr., 
aujourd'hui nous ne comptons plus par cent mais par mille. Nous 
pouvons dire que nous sommes une des plus riches Sociétés de la 
Suisse romande. 

Voilà, Messieurs, pour rassurer les sociétaires que cette dépense 
des deux concours pourrait rendre soucieux. 

Nous avons eu cette année plusieurs conférences théoriques et 
pratiques, la première et la seconde ont été données à la campagne 
de M. Pasteur au Grand-Saconnex, par MM. Dujac et Louis Dufour, 
sur la taille du poirier, du pommier et du pêcher ; la troisième par 
M. Gorrevon sur la fécondation croisée chez les plantes; la quatrième 
par M. Guillermin sur l'incision annulaire; la cinquième par MM. Du- 
jac et Sclimjdt, dans la propriété de M. Ghappuis-Vuadens, à Ca- 
rouge, sur la taille d'été du poirier et du pommier; la sixième et 
septième, par M. le D'' Hénon, sur le verger; et enfin la huitième, par 
M. le professeur Welter, sur la famille des légumineuses au point de 
vue horticole. 

Gomme d'habitude, ces conférences ont été suivies par de nom- 
breux auditeurs qui ont manifesté leur contentement en acclamant 
les conférenciers. Tous nos remerciements et notre reconnaissance 
aux personnes qui ont bien voulu mettre à notre disposition leurs 
jardins pour donner ces conférences. 

Nous avons eu un certain nombre de visites de campagnes; vous 
avez pu lire les rapports élogieux des Commissions dans le Bulletin, 
il est inutile d'en parler de nouveau ici, nous indiquerons seulement 
les prix obtenus. A M. Gallay, jardinier chez MM. Mayor, à Her- 
mance, une médaille de vermeil pour cultures forcées; à M. Kemler, 
jardinier chez M. Vieusseux, à Aire, une médaille de vermeil pour 
visite; à M. Griitter, jardinier chez M. le consul Dupont, à Belle- 
rive, une médaille de vermeil pour visite; à M. Vulliemin, jardinier 
au Ghâteau de Goppet, une médaille de vermeil pour visite, et enfin, 
une médaille de bronze grand module à M. Martin, arboriculteur à 
Bellerive, pour plantations fruitières. 

Il est inutile d'ajouter que toutes ces récompenses ont été 
accordées sur l'avis unanime des Commissions chargées de faire 
ces visites. 

Plusieurs Sociétés étrangères nous ont demandé des délégués, 



— 38 - 

nous n'avons pu faire droit à toutes leurs demandes, nous nous 
sommes bornés à envoyer des délégués aux deux plus anciennes 
Sociétés avec qui noas sommes en relations, savoir: la Société pra- 
tique de l'Ain et la Société pratique du RJiône. 

Les rapports de nos délégués ont été publiés dans le Bulletin et 
vous avez pu voir qu'ils avaient été bien reçus à l'étranger et que 
notre Société tient honorablement son rang au dehors de notre pays. 
En Suisse, nous avons envoyé un délégué à l'exposition de la Société 
d'horticulture du canton de Vaud; nous avons beaucoup regretté 
de ne pas avoir pu en faire autant pour la Société de la Ghaux-de- 
Fonds, mais la demande d'un délégué nous ayant été faite trop tard, 
il nous a été impossible de pouvoir y satisfaire. 

Nous avons eu sept assemblées générales qui ont été suivies par 
un grand nombre de sociétaires et comme d'habitude beaucoup 
d'apports ont été faits; vous allez entendre le rapport qui vous sera 
présenté par M. le Président de la Commission des récompenses et 
vous pourrez juger par les récompenses accordées du nombre des 

apports. 

Le subside fédéral pour l'année écoulée était de 600 fr. qui ont 

été employés de la manière suivante : 

Conférences théoriques et pratiques .... Fr. 200 

Abonnements à divers journaux . . . • • » 100 

Assemblées, expositions ...» 150 

Concours de jardins » 150 

Tout en remerciant nos autorités fédérales du concours qu'elles 
nous prêtent par cette subvention, nous serions heureux de ne pas 
la voir diminuer comme le cas s'est présenté pour l'année courante ; 
cette diminution au profit de petites sociétés ne devrait pas exister. 
Il est vrai que cette diminution, en ce qui nous concerne, n'est que 
de 15 fr., mais une fois sur cette voie nous ne savons pas où cela 
s'arrêtera. 

Cette année nous n'avons heureusement pas un nombre considé- 
rable de décès à vous signaler, comme le cas s'est présenté l'année 
dernière; malgré cela nous avons le regret de vous rappeler la mort 
de trois de nos sociétaires, ce sont: MM. A. Fatzer, F. Blandin et 
Michel Chauvet, tous étaient très dévoués à notre Société et en 
avaient donné des preuves dans plusieurs circonstances. 

Notre trésorier va vous donner connaissance de l'état de nos 
finances, il vous dira que l'excédent de nos recettes sur nos dé- 
penses ordinaires est de 418 fr. 45. La fortune de notre Société est 



- 39 - 

actuellement de 6581 fr. Il va sans dire que dans ce chiffre le maté- 
riel n'est pas compris. 

Gomme nous vous le disions plus haut, notre situation financière 
est bonne ; nous pouvons aller de l'avant sans crainte, tout en 
limitant nos dépenses comme nous l'avons f.iit jusqu'à présent au 
strict nécessaire, c'est-à-dire sans parcimonie, comme aussi sans 
luxe. 

Voilà, Mesdames et Messieurs, un résumé rapide de la marche de 
notre Société pendant l'année qui vient de se terminer; votre Comité 
a fait dans la mesure de ses forces et de ses moyens tout ce qu'il 
pouvait pour assurer la marche régulière de la Société, pour lui 
maintenir le rang qu'elle occuj-e depuis longtemps dans le monde 
horticole. 

Nous faisons des vœux |>our sa prospérité, afin qu'elle continue 
par sa position à travailler au développement de l'horticulture dans 
toutes ses branches, ce qui contribuera toujours plus au bien-être de 
notre chère patrie. 

F. Cardinaux. 



Rapport du Trésorier. 

ÉTAT DES Recettes et des Dépenses pendant l'année 1891. 

Recettes. 

Montant des cotisations de l'année Fr. 3Û1U 

Retour des affranchissements des cartes de rembours' . » 69 70 

Reçu pour les annonces du Bulletin » 297 90 

Diplômes , » g 

Don de M. le D"" Lombard » 10 — 

Recettes aux Concours de Mai et Novembre ...» 2804 — 
Remboursé à la Caisse la valeur des Médailles déli- 
vrées comme prix aux deux Concours ... » 287 — 

Recettes diverses ... » 17 50 

Subvention de la Fédération horticole » 600 — 

Retiré du Compte de Dépôt, chez MM. Galopin frères. » 1000 — 



Somme égale. . . Fr. 8102 10 



— 40 — 

Dépenses. 

Solde débiteur 1890 remboursé au Trésorier . 

Bulletin : Impression Fr. 1369 20 

Rédaction du Bulletin. . . » 240 — 
Glicliés et frais de la Commis. » 93 85 i 

Expédition » 78 35 1 

Récompenses pour apports aux Assemblées . . . . 

5/6^^oiAeg^<e.• Abonnements et reliures . Fr. 158 95 i 
Traitement de M. Stôckly . » 100 — j 

Médailles. Frappe, gravure, écrins 

Location des salles des Amis de l'Instruction et Musée 
Rath pour Assemblées générales et Comités . 

Impressions diverses 

Payé pour travaux d'écritures faits pour la Société . 

Société pomologique, payé la cotisation 

Délégations aux Expositions de Montreux, Bourg et 
Lyon. Visites de campagnes 

Souscription donnée au Jardin alpin « la Linnœa » . 

Payé pour conférences 

Entretien du matériel appartenant à la Société . 

Frais de décoration et installation payés pour les 
Concours de Mai et Novembre 

Prix délivrés à ces deux Concours, en espèces et mé- 
dailles 

Fédération Horticole, cotisations des membres de la 
Société et voyage de deux délégués à la réunion 
de Lausanne 

Solde en caisse au 31 décembre 

Somme ésfale. 



Fr. 



160 90 


1781 40 


350 — 


258 95 


4.59 — 


159 75 


54 — 


84 90 


10 50 


87 40 


50 — 


200 — 


m 70 


2641 20 


1292 — 


150 05 


128 35 



Fr. 8102 10 



Bilan au 31 décembre 1891, 

Doit 

Actif au l"" janvier 1891 

Intérêts 20 lots genevois 3 "/o (moins comm.). . 
Intérêt Compte de dépôt chez MM. Galopin frères 
Intérêt du dépôt à la Caisse d'Épargne 
Intérêts du legs Boissier à la Caisse d'Épargne . 



. Fr. 


7029 19 


■ * 


59 50 


• * 


165 10 


» 


21 — 


>» 


17 .30 


Fr. 


7292 29- 



41 — 



Avoi?- 

Compte de dépôt chez MM. Galopin frères, arrêté au 

31 déc 

Dépôt à la Caisse d'Épargne, id. . . . 

Legs Boissier 

20 lots 3 "In genevois 

Excédent des dépenses sur les recettes de l'année 
Solde en caisse chez le Trésorier 



Actif de la Société en espèces 







Fr. 

» 
» 
n 

» 


3314 
621 
517 

2000 
710 
128 


60 
09 
50 










aée . 




75 
3ï 




•ésc 
F. 






Fr. 


7292 


29 




Fr. 


65«1 


5'i 


Le Tr 


n-ie?', 
Forestier 





Rapport des Vérificateurs des comptes. 

Mesdames et Messieurs, 

Selon le mandat que vous nous avez fait l'honneur de nous confiei' 
dans la dernière assemblée générale, nous avons procédé à la vérifi- 
cation de l'état financier de noire Société, présenté par M. le Ti'éso- 
rier, pour l'exercice de l'année 1891. 

Après avoir vérifié les recettes et dépenses générales, ainsi que les 
comptes-rendus des deux concours de l'année, nous avons reconnu la 
parfaite exactitude de cet état, ainsi que la bonne marche de nos 
finances : en conséquence nous vous invitons à donner décharge n 
M. le Trésorier de sa gestion financière pour l'exercice écoulé, en y 
ajoutant nos plus sincères remerciements. 



Genève, le 21 février 1892. 

J. GoULIN. 



E. Lamotte. 



^^ — 



- 42 — 
Rapport du Bibliothécaire. 

Mesdames et Messieurs, 
Je viens vous rendre compte de la marche de notre Bibliothèque 
pendant Tannée 1891. 

Le nombre des volumes sortis se répartissent comme suit : 

Floriculture 33 

Arboriculture 38 

Culture maraîchère 38 

Revue 50 

Mélanges 40 

Journaux "76 

Horticulture belge 34 

Journal des Orchidées 42 

Journal des Roses 24 

Jcirdin 30 

Total .... 385 



En 1890, il n'y a eu que 302 volumes sortis ; cette année il y en a eu 
385, donc le nombre des lecteurs a été de 83 de plus que l'année 
précédente. 

Notre Biliothèque déjà si riche en ouvrages horticoles, continue 
toujours à s'augmenter de nouveaux volumes toujours instructifs 
pour les lecteurs qui s'intéressent à la branché horticole. Je citerai 
parmi les généreux donateurs qui enrichissent notre Bibliothèque : 

MM. Charles Joly, Charles Baltet ; MM. Damman, horticulteurs à 
Florence ; M. le professeur Angelo Pucci, professeur à Florence et 
M. Antoine Martin, pour l'intéressant traité sur la Culture des haies 
et des arbres fruitiers. Aussi nous exprimons toute notre gratitude à 
ces généreux donateurs. 

Je ne puis terminer ce rapport sans exprimer mes remerciements 
à MM. Fayol et SLôckli pour leurs bons soins, et la peine qu'ils se 
donnent pour la conservation de notre Bibliothèque, pour l'arrange- 
ment des volumes et la tenue exacte du catalogue et du registre des 

inscriptions. 

Le Bibliothécaire, 

Emile Tronchet. 



- 43 - 

Rapport sur la culture de Cyclamens 
et de Bégonia rex 

dans la campagne de M. E. Bvodier, à Fronienex. 

(M. Louis Bovay, jardinier.) 

La Commission composée de MM. Salomon Sclioch, Jean Groux 
et A. Morel s'est rendue, le 28 décembre 1891, dans la propriété 
ci-dessus désignée qu'elle a trouvée dans un fort bel état et très bien 
cjntretenue par les soins de son jardinier, M. Louis Bovay. Le parc 
est planté de superbes Conifères de belle venue, parmi lesquels \^\\i- 
sieuvs VHvlètés (VAàies: No7'dmanniana, Pinsapo, Cilicica^ Thuyop- 
sis borealis, Juniperus drupacea, Taxodium, Cryptomeria, Pinus 
Strohus eœcelsa, Wdlingionia. 

L'orangerie renferme de très beaux exemplaires de Gitroniers, 
Orangers, Lauriers-Rose, Lauriers-Tin, Pittosporum^ Dasylirion 
Qracilis. 

Nous avons évalué à .j mètres carrés une surface de bâches 
garnies de Cyclamens de Perse à grandes fleurs, bien variées, allant 
du blanc pur au rouge foncé, plantes âgées de 1 à 3 ans, provenant 
de semis faits par M. Bovay. C'est une culture irréprochable. La 
petitesse des pots est particulièrement remarquable comparée à la 
force des plantes qu'ils renferment. 

Les Bégonia rex étaient placés dans la serre froide sur une 
bâche de 10 mètres de surface Ici encore on ne peut se lasser 
d'admirer ces plantes au feuillage d'un coloris si vif et varié ; et c'est 
d'autant plus beau que nous n'avons constaté aucune tache de pour- 
riture malgré le temps sombre et humide de la saison. 

Dans les plantes très fortes, de 10 à 20 feuilles chacune, nous avons 
remarqué des variétés su|)erbes, |)resque toutes nouvelles, sauf 
quelques anciennes variétés qui maintiennent encore leur rang à 
côté des nouvelles venues. Citons quelques-unes d'entre elles qui 
nous paraissent dignes d'être signalées: 

Henri Jaccotot, Petit Jules, Leopardia, Henri Blin, Adrien 
Schmidt, Lindleyana, Picturalor, M. Perrenoud, Louise Planée/, 
Louise Chrétien, M. Giiknet, Thomas Clara, Comtese de Tellussun, 
M"" Châté, Frédéric Schneider^ M'"" Haaris, M. Camille de Caucille. 

Remarquons, en passant, que la serre peut être mentionnée 
comme un modèle de construction de ce genre; jusque dans les plus 
petits détails, tout a été très bien compris et combiné; et ce qui ne 
gâte rien à l'alfaiie, tout est entretenu dans un parfait état d'ordre et 
de propreté. 

Votre Commission vous propose de décerner à M. Bovay une 
médaille de vermeil grand module, en récompense de ses talents et 
comme encouragement à persévérer dans la voie du progrès horticole. 

A. Mdrel, rapporteur, 

S. Sghoch, J. Groux. 



— 44 — 
Œillet Marguerite nain à tige de fer. 

De VŒiUet Marguerite, déjà universellement connu, 
bien que d'obtention toute récente, est sortie cette remar- 
quable race, qui ne dépasse guère 25 à 30 centimètres de 
hauteur. 

Extrêmement ramifiée, ses tiges courtes, raides et très 
nombreuses portent des grandes fleurs, aussi doubles et 
.aussi variées de coloris que dans la race ordinaire. 




Œillet Marguerite nain à tige de fer. 

('ultivée comme cette dernière, on en fera de magni- 
fiques potées ou de superbes massifs, qui donneront, dans 
le courant de l'été jusque bien tard à l'automne, une florai- 
son abondante, qu'on pourra même prolonger pendant tout 
riiivcr, si on a le soin de rentrer les plantes en serre, 
orangerie ou appartement. A'ilmorin-Andrieux & C'-. 

Pomme de terre M. Eiffel. 

Cette nouvelle Pomme de terre, obtenue tout récem- 
ment par M Joseph Rigault, se recommande par sa 
grande précocité et son énorme production. 

Ses fanes, relativement courtes, ont les feuilles gran- 
des, lisses et étalées comme la Pomme de terre Early rose, 
mais elle lui est supérieure sous tous les rapports et ses 
tubercules, au lieu d'élre colorés de rose, sont d'une belle 
-couleur jaune pâle, très gros, de forme méplate. 



— 45 — 

La fertilité incomparable de la Pomme de terre 
M. Eiffel, en même temps que sa bonne qualité et sa le- 
marquable précocité, la feront bientôt apprécier comme 




Pomme de terre M. Eiffel. 

une variété potagère de premier ordre, aussi bien pour la 
petite que pour la grande culture. Vilmorin-Andrieux & C-". 



-H4^^#^^ 



CAUSERIE HORTICOLE 
Les Cyclamens, plantes vivaces par tubercules. 

« Que de Cyclamens ! Mais que de Cyclamens! » s'écriait 
un jour un disciple de la flore alpestre ; « il y en a partout, 
aux vitrines des magasins, aux fenêtres, sur les balcons. 
Voyez : Jusque sur les trottoirs ! » 

Notre ami n'avait pas remarqué que c'était jour de 
marché aux fleurs. Peu habitué dans ses montagnes à ce 
genre d'exhibition, il trouvait que ce n'était pas la peine de 
s'infliger des contractions musculaires pour aller déra- 
ciner ces plantes et les étaler ainsi dans les l'ues, « Puis, 
me dit-il, chez nous, les Cyclamens n'ont ni la tige si 
longue, ni la fleur si grande et variée. Il me semble voir 
un troupeau de petits lapins, aux oreilles droites, campés 
sur leurs jarrets et prêts à s'élancer. » 

La comparaison était bonne et je l'ai retenue ; mais je 
dus, pour le faire revenir de ses préventions, lui expliquer 
que ce genre de Cyclamens se cultivait en serre et sous 
châssis, et ne poussait pas tout seul sous la neige, comme 
il paraissait le croire; que par la beauté et l'élégance de sa 



— 46 — 

fleur au si vif coloris, soii port quMsi majestueux, cette 
plante était un ornement pour les salons les plus luxueux, 
et qu'elle ne larderait pas à pénétrer jusque dans les plus 
humbles chaumières. Je l'assurai enfin que nos horticul- 
teurs en faisaient une culture extensive sous la dénomi- 
nation de Cyclamen de Perse. 

w Ah ! s'écria-t-il, cela ne m'étonne jilus, si le Schah 
€St entouré de jolies femmes qui l'adorent avec frénésie ! 
Voyez- vous, chez nous, on prête au tubercule des Cycla- 
mens des vertus qui le font présider aux enchantements de 
l'amour. Et puis les sorciers...» « Assez, répondis-je ; 
n'entrons pas dans les sciences occultes... >> Sur ce je 
quittai notre ami et son tubercule enchanteur. 

En effet, le montagnard avec sa bonhomie n'avait pas 
tout à fait tort. Dans l'antiquité, le tubercule des Cycla- 
mens {Rapum terrœ) ou pain de pourceau, de même que 
quelques variétés similaires, était très employé dans la 
médecine. Dioscoride, célèbre botaniste et médecin du pre- 
mier siècle de notre ère, en donne la description avec ses 
propriétés médicinales. Un siècle plus tard, nous voyons 
ses propriétés bienfaisantes et malignes décrites et con- 
firmées par Galien, médecin grec devenu célèbre pour 
avoir ramené la médecine à la doctrine d'Hippocrate. Dans 
un ouvrage publié à Venise au XVI'^ siècle par le docteur 
Pietro del Matthioli, on trouve, figui-ée en couleurs, la 
reproduction naturelle d'un Cyclamen en fleurs, avec son 
tubercule et ses racines. Enfin un manuel de l'Herboriste 
publié plus récemment, souligne ses propriétés détersives, 
émétiques et hydragogues. Vous voyez que, comme tant 
d'autres choses, les Cyclamens ne sont pas nouveaux 
sous le soleil et que, si de nos jours ils ne trouvent pas 
grâce aux yeux des descendants d'Hippocrate qui ne leur 
reconnaissent plus de vertu propre à guérir l'humanité affai- 
blie, il n'en ont pas moins joué autrefois un rôle important.. 
Et qui oserait pronostiquer que cela ne reviendra pas f 

Quelques naturalistes, adeptes de la séduisante théorie 
du célèbre Darwin, prétendent que les Cyclamens descen- 
dent d'une espèce voisine, mais qu'ils sont très embar- 
rassés de nous désigner! On pourrait, quoique cela lût 
superflu, disserter sur l'amélioration des plantes par les 
semis, la création de variétés dans l'espèce par sélection 
naturelle et artificielle, ainsi que sur l'hérédité dans les 
végétaux, toutes choses dont les savants et les horticul- 
teurs ont pu apprécier les progrès et les avantages ; mais 
il n'est pas encore démontré qu'une variété se transforme 
par voie de sélection naturelle et se fixe en une espèce 



proprement dite. En d'autres termes, qu'une citrouille 
se transforme en melon et qu'un cornichon se métamor- 
phose en potiron, il n'y a là qu'une variété dans l'espèce ; 
mais que cette espèce ou citrouille devienne une belle 
pomme, ou que les mousses ou les algues à l'instar de 
l'époque philogénique se transforment en gigantesques 
sapins, c'est autre chose, et nous avons encore le temps, 
avant que cela puisse être constaté, de nous faire chasser 
(non plus du pai-adis, cette fois), mais de notre vieux globe. 
Quoique un Anglais vienne de partir pour le pays des 
gorilles pour étudier le langage de ces derniers, et tenter 
de déchirer le voile qui nous empêche de distinguer les 
degrés de parenté que nous pourrions avoir avec eux, 
l'heure de la solution du grand problème de l'espèce n'est 
pas près de sonner par la bonne raison que la cloche qui 
doit en frapper les coups n'est pas encore fondue (*). 

Il existe plusieurs espèces de Cyclamens que l'on peut 
classer en trois catégories, suivant que leur floraison est 
estivale , hivernale ou printanière. Les Cviîlamens à 
floraison estivale sont employés pour former de char- 
mantes bordures, pour l'ornement des rochers factices, 
pour former de jolis groupes, des tapis, etc., ou enfin pour 
garnir des endroits mi-ombrogés et frais. N'oublions pas 
que les Cyclamens redoutent le grand soleil et les terrains 
secs, car l'humidité leur est nécessaire pendant la flo- 
raison. Tels soijt dans cette catégorie les Cyclamens 
d'Europe à fleurs rose violet et ceux à fleurs blanches ; 
les Cyclamens de Naples, hederœfoUum, à fleurs roses 
purpurines, blanches, roses, rouges, plus grandes et plus 
■développées que celles des précédents. Les Cyclamens de 
('ilicie, à fleurs rose tendre, variables, très florifères, les 
plus jolis du genre quoiqu'ils soient très rustiques. Sous 
notre climat, il est prudent d'imiter la nature, c'est-à-dire 
de les protéger contre les intempéries de l'hiver au moyen 
d'une couche de feuilles. C'est de pi'éférence au printemps 
que les graines de Cyclamens à floraison estivale doivent 
être semées. Si vous voulez obtenir un fort bel efïet, 
faites un mélange de toutes ces variétés, en dissémi- 
nant parmi elles quelques variétés de fougères alpines ; 
ajoutez-y une bordure d'Edelweiss en décrivant des 
courbes selon le besoin et le relief que l'on veut donner 
à l'ensemble, et vous verrez que les dames qui admire- 
ront votre massif ne manqueront pas de faire votre pa- 

(^*) Il va sans dire que les opinions scientifiques de nos dévoués 
collaborateurs n'engagent en rien celles de notre journal et de son 
■Coniité des publications. Rédaction. 



— 48 — 

négyrique ! Le beau sexe célébrera vos louanges, vous 
atteindrez ainsi, à bon marché, à la gloire ! Mais n'est-ce 
pas là tout ce qu'un jardinier peut désirer'^ 

Dans ceux de la deuxième catégorie, c'est-à-dire ceux 
à floraison hivernale, nous trouvons le Cyclamen de Cos 
ou vernum, en Grèce et en Turquie d'Europe ; le Cycla- 
men repandum dans l'Europe méridionale, le Cyclamen 
Athensie et le macrophyUum ou d'Afi'ique à grandes 
fleurs. Ces derniers sont remarquables par l'ampleur de 
leur feuillage. Tous sont plus sensibles au froid que lesCy- 
clamens indigènes, aussi leur culture exige-t-elle quelques 
soins spéciaux. On en sème les graines au printemps et en été. 

Les Cyclamens de la troisième catégorie comprennent 
ceux à floraison printanière. Citons surtout le Cyclamen 
de Perse ou d'Alep, originaire de l'Asie mineure. Voilà 
le Cyclamen du jour ! 11 a produit ces derniers temps des 
variétés remarquables par leur brillant coloris, aussi beau 
que varié. Une nouvelle espèce à fleurs tachetées ou 
striées est en train de faire son chemin, et qui sait où l'on 
s'arrêtera? Tributaires des Anglais pour le perfectionne- 
ment de cette espèce, plusieurs hoi-ticulteurs ont pris à 
cœur sinon de leur enlever la suprématie, du moins d'ob- 
tenir par des semis et des hybridations artificielles savam- 
ment combinées des plantes pouvant rivaliser avec celles 
que nos collègues d'outre-Manche ont cultivées. Le 
Cyclamen de Perse est le plus recherché pour la garni- 
ture des appaitements et l'ornementation des jardins. 
La floraison qui commence au printemps se prolonge 
encore pendant trois mois; mais au moyen de la culture 
forcée et des semis successifs, on obtient des fleurs pen- 
dant huit à neuf mois de l'année. 

Les horticulteurs spécialistes de Paris et de Londres 
sèment les graines en été, aussitcjt qu'elles sont mûres, 
en terre de bruyère et de préférence dans des terrines ; 
elles sont placées ensuite dans une serre ou sous châssis 
tenu bien ombré. Dès l'automne, les jeunes bulbilles sont 
mises en godets et placées en serre bien près du vitrage; 
quelques rempotages successifs sont faits au fur et à me- 
sure du développement de la plante, ainsi que des arro- 
sages fréquents pour favoriser la végétation qui ne doit 
plus s'arrêter avant la floraison. Celle-ci arrive généra- 
lement quinze à dix-huit mois après les semis. On opère 
à peu près de même pour les catégories précitées. Il va 
de soi que la floraison des espèces destinées à la pleine 
terre arrive beaucoup plus tard. Jean Duttil, 

Jardinier chez iW"« Bartholoni, Château de Coudi-ée, Haute- Savoie. 
GENÈVE. — IMPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



3S'-- ANNEE 4« LIVRAISON AVRIL 1892 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE 

DE 

GENÈVE 



FOlSriDEE E^NT 1855 



Sommaire: Avis. — Extrait du Rapport de la Commission des 
récompenses. — Du Magtiolier. — Le semis de Cactées. — Ca- 
pucine de Lobl) «Spitt fire », à feuilles panachées (avec grav. 
color.) — Plantation des arbres fruitiers (2e art.l. — Encore la 
Pomme de terre. — Le Haricot flageolet nain Triomphe des 
châssis (avec grav.}. — Les Fuchsias à feuilles dressées. — Bi- 
bliographie. — Nécrologie. — Annonces. 

-A. ATI S 

Les Assemblées générales de 1S9S ont 
été fixées aux dates suivantes : 
Les dimanches lO avril, 

IS juin, 
l '^ août, 

O octobre et 
ST novembre, 
à 2 heures, dans la Grande Salle des Amis de l'Instruction. 



CONCOURS 

DANS jLES JARDINS 

DE CULTURE MARAÎCHÈRE ET POTAGÈRE 

qui aura lieu dans la i'- quinzaine de juillet. 

Ceux de nos sociétaires qui voudront y participer 
sont priés de s'inscrire, jusqu'au 15 juin prochain, chez 
MM. Franc. Cardinaux, président, place de la Fusterie. 
Franc. Forestier, trésorier. Tour de l'Ile, 
Louis DuFOUR, horticulteur, aux Délices. 

Commission du Concours: 

MM. Louis Dufour, Jean Richard, Théodore Guillermin, 
Jean Hoffer, Jean Mathieu. 



50 



Extrait du rapport 
de la Commission des récompenses 

pour l'année 1891. 
Exposants dans les assemblées générales, 25; nombre des points, 
175 à 't<ô centimes. 



Félix Laverrière. 
Salomon Schoch. 
Frédéric Gay. 
Henry Correvon. 
Louis Bovay. 
Frédéric Delécraz. 
Joseph Grûtter. 
Jean Hofer. 
Fritz Lûdi. 
Frédéric Wittwer. 
M"" Thérèse Despans. 
Henri Bippus. 
Anselme Decroux. 
Samuel Moser. 
J. Chapuis-Vuadens. 



Fleurs, Légumes, 

Fleurs, 

Légumes, 

Fleurs, 

Légumes, Fruits, 

Fleurs, 

Fleurs, Fruits, 



18 points. 

16 ■ 

14 » 
12 

10 » 

10 » 

10 - 



Fleurs, Légumes, Fruits, 10 

Fleurs, 

Fleurs, 

Fleurs, 

Fleurs, Légumes, 

Fleurs, 

Fleurs, 

Légumes, Fruits, 



Ecole d'hortic. cantonale. Légumes, 



Alfred Schlatter. 
François Constantin. 
Emile Eindiguer. 
Emile Wulliemin. 
Albert Haasis. 
Louis Decorges. 
Louis Ghappallaz. 
M"' de. Scheyterberg. 
Louis Druz. 



Fleurs, 

Fleurs, 

Légumes, 

Fleurs, 

Fleurs, 

Fleurs, 

Légumes, 

Fruits, 

Légumes, 



10 
10 

9 

6 

5 

4 \2 

4 
4 
4 
3 
3 
3 

2 

2 

2 

1 



Exposition. 

L'Association horticole lyonnaise annonce une Exposition d'hor- 
ticulture et des arts et industries qui s'y rattachent directement, du 
21 au 25 avril prochain, sur le Cours du Midi à Perrache. 

Le programme est divisé en plusieurs sections, savoir: Culture 
maraîchère, Culture de plein air. Plantes vivaces et annuelles, 
Plantes de serres. Fleurs coupées et Industrie horticole. 

Cette Exposition s'ouvrira le jeudi 21 courant et sera fermée le 25. 



- 51 — 

Du Magnolier, 
Magnolia, Magnoliacées. 

Le geni-e Magnolia, dédié à P. Magnol, professeur de 
botanique à Montpellier, au commencement du XMIT siè- 
cle, renferme (-ertainement les plus belles plantes connues, 
les unes à feuilles caduques, les autres à feuilles persis- 
tantes. Toutes sont originaires de l'Amérique septentrio- 
nale ou de l'Asie orientale; elles ont un bois blanc, tendre 
et spongieux, une écorce odorante; feuilles simples, en- 
tières, souvent très larges, dont le pétiole, un peu engai- 
nant, conserve en dessus une soi'te de petite ligule ; la di- 
mension des fleurs varie de 0,18 à 22 cm. de longueui-, et 
0, OS à 0.10 cm. de diamètre ; elles sont de couleur blanc 
pur ou blanc pourpre en dehors, ou jaune verdàtre, ou 
enfin pourpre assez vif selon les variétés. Le fruit a la 
forme d'un cône, des écailles duquel s'échappent, au mo- 
ment de la maturité, des graines d'un rouge quelquefois 
très vif qui restent suspendues par un fil, funicule ou po- 
dosperme adhéi'ent à l'ombilic ou hile. 

Ce magnifique genre de plante comprend des individus 
de différentes statures; dans leur pays respectif, les Ma- 
gnoliers atteignent des hauteurs variant depuis 0,40 cm, 
jusqu'à 32 mètres et offrant, en conséquence, des arbres 
do première hauteur, aussi bien que des arbustes et des 
arbrisseaux ; mais sous notre latitude, à part quelques es- 
pèces très rustiques qui acquièrent une certaine dimen- 
sion, la plupart des espèces restent relativement basses. 
Cependant, dans le midi et l'ouest de la France, le déve- 
loppement de ces plantes, sans toutefois atteindre celui 
qu'elles ont dans leur pays d'origine, est plus grand que 
chez nous. 

Ces plantes se multiplient de semis, de greffe et de 
bouture; elles demandent en général une terre profonde, 
légère, fraîche sans humidité et fertile. Les différentes es- 
pèces et variétés sont divisées en deux sections: les Ma 
gnolias à feuilles caduques et ceux à feuilles persistantes. 

Dans la première division, nous trouvons: 

1° Le Magnolier parasol, Magnolia unibella Ders., Ma- 
gnolia tripetalo L., originaire de l'Amérique septentrio- 
nale, fleurs blanches, très grandes, à odeur peu agréable. 

2° Le Magnolier à grandes feuilles. Magnolia macro- 
phylluni Mich., de la Caroline, remarquable par les 
grandes dimensions de ses feuilles qui atteignent jusqu'à 
75 cm. de longueur. 



— 52 - 

3" Le M. Yulan, M. Yulan Desf. , Magnolia conspicua 
Sat., de la Chine, donnant ses belles et grandes fleurs 
blanches avant la feuille. 

4° Le M. de Soulange, Magnolia soulangiana Horl., 
variété de l'espèce précédente. 

5° Le M. acuminé, Magnolia acuminata Lin., de Pen- 
svlvanie, très rustique et atteignant même en Europe de 
grandes dimensions ; fleur, une des plus petites du genre, 
jaune verdàtre, se confondant avec la couleur des feuilles 
et par conséquent peu facile à distinguer. Un spécimen de 
cette espèce se trouve au Jardin des plantes de Genève ; 
c'est un bel arbre qui mesure environ 15 mètres de hau- 
teur, et sa tige, complètement nue sur une longueur de 4 à 
5 mètres, n'a pas moins de 25 cm. de diamètre mesurée à 
1 mètre du sol. Il a été planté lors de la fondation du Jar- 
din, en 1808 ou en 1810. 

6° Le Magnolier à feuilles en cœur. Magnolia cordata 
Mich., de la Caroline, assez semblable au précédent. 

7° Le Magnolier 2i\iY\c\\\é,M.auriculata, Magnolia Fra- 
seri Walt., de la Caroline. 

8° Le Magnolier glauque, arbre au castor, M. glauca L., 
de l'Amérique septentrionale , arbrisseau très rustique, 
donnant des fleurs à odeur très suave. 

9° Le Magnolier de Thompson, M. Thompsoniana 
Hortul.; fort belle variété à tige pyramidale, produisant 
des fleurs blanches très grandes. 

10° Le Magnolier discolor, M. discolor Vent., Magno- 
lia obovata Tunb.; Magnolia purpurea Hortul., du Japon, 
arbrisseau à grandes feuilles aiguës, persistantes en oran- 
geries et caduques en plein air. Ce Magnolia, quoique 
petit, est un excellent sujet pour la greffe des espèces ai- 
borescentes. 

11° Le Magnolier grêle. Magnolia Kobiis D. C, Ma- 
gnolia gracilis Sal., du Japon, fleurs di-oites d'un rouge 
pourpre assez vif. 

Dans la seconde section, il y a le Magnolier à grandes 
fleurs. Magnolia grandiflora Liv., un des plus beaux du 
genre, originaire de la Caroline. C'est un arbi-e qui atteint 
dans son pays une hauteur de 40 mètres, quelquefois plus, 
mais reste sous notre latitude dans des proportions beau- 
coup moindres. Ses feuilles sont persistantes, ovales ou 
lancéolées, épaisses, coriaces, longues de 0,16 à 0,22 cm.; 
ses fleurs d'un blanc pur, à étamines jaune doré sont très 
grandes (0,18 à 0,22 de diamètre), très odorantes. 

Parmi les variétés de cette section, nous citerons le 
Magnolia grandijiora oxoniensis — stricta — long i fol a 



- 53 — 

— obtusifolia — microphyUa — pvaecox, et enfin deux 
autres variétés beaucoup plus délicates ; le Map;nolier à 
fleurs brunes, Magnolia fuscata And., et le Magnolier 
nain, Magnolia puni Ha. 

L'histoire du Magnolia grandtflora se rattachant par 
quelques points au cantcjn de Genève, nous pensons être 
agréable à nos lecteurs en écrivant ici ce que nous sa- 
vons à ce sujet. 

Lors de {'importation en Europe du Magnolia grandi- 
flora qui eut lieu au connnencement du XIX*^ siècle, on 
s'était imaginé qu'à cause de son origine, cette plante était 
nécessairement frileuse et délicate, et ne pouvait être cul- 
tivée dans notre hémisphère qu'en vase, abi'itée sous le 
vitrage d'une serre ou. tout au moins, rentrée en orange- 
rie chaque automne. Cette croyance persista quelques an- 
nées, lorsqu'en 1818, feu l'abbé Berlôse, auteur de plu- 
sieurs ouvrages hoi'ticoles tout à fait renommés, alors 
aumônier de la maison de feu M"'^ la comtesse de Bruce, 
habitant à cette époque le village de Genthod, fit venir de 
Paris deux spécimens de cette plante. L'un fut planté sous 
la direction de l'abbé dans une petite serre ou mieux dans 
un jai'din de petite dimension, construit ad hoc dans la 
propriété de la comtesse. Il y reçut tous les soins que l'on 
dc>nne en pareille circonstance, quand on pense avoir 
affaire à un végétal délicat. Ce Magnolier, ainsi soigné et 
pi'otégé des intempéries, se développa bien, en effet, sans 
cependant montrer une végétation trop luxuriante ; et, 
quarante ans après sa plantation, en 1860, nous nous rap- 
pelons l'avoir vu, alors que la charpente de l'abri qui le 
protégeait tombait de vétusté. C'était à cette époque un bel 
arbuste, offrant un tronc de 1 mètre environ de hauteui* et 
d'une circonférence de 0,56 cm., ayant une tête bien faite, 
arrondie, et se couvrant dans la saison d'une quantité de 
fleurs ; maintenant ses dimensions doivent être plus 
grandes, mais nous avons entendu dire qu'un accident 
survenu pendant un hivei- à la suite d'une grande chute de 
neige, avait rompu plusieurs de ses branches et défoi'mé 
sa tête. — L'autre fut donné en présent à feu M"'- la com- 
tesse de Hiencourt qui, sans hésitation, le livra de suite à 
la pleine terre, et le fit planter à l'angle sud-est de la mai- 
son qu'elle habitait alors dans sa campagne, à Bellevce, 
où l'on peut encore l'admirer. Sans aucun abri que le mur 
au pied duquel il avait été placé, ce Magnolia gvandiflora 
recevant des soins judicieux de la main même de 
M'"® de Riencourt. femme de bien s'il en fût une, se déve- 
loppa admirablement et supporta, sans altération aucune, 



- 54 - 

la rigueur de beaucoup d'hivers ; il se montre encore tous 
les étés couvert de nombreuses fleurs. 

De ce fait, nous pouvons conclure que le canton de Ge- 
nève a été, de tous les pays à climat semblable, celui où le 
Magnolier à grandes fleurs a été livré, pour la première 
fois, à la culture de pleine terre. 

Th. GUILLERMIN. 

?^^ — 



Les semis de Cactées. 

La propagation de ce genre de plantes a ordinairement 
lieu par d'autres moyens que le semis. Ce n'est que dans 
les établissements botaniques et chez les cactophiles qu'on 
emploie ce pi'océdé ; mais comme il peut arriver à tout le 
monde d'être dans l'obligation de recourir à ce mode de 
multiplication, nous croyons être utile en donnant quelques 
conseils sur les moyens qui nous ont donné un bon résul- 
tat. Nous ne concluons, qu'après plusieurs essais consé- 
cutifs, divers et terminés, avec plus ou moins de succès. 

Le semis des plantes grasses, en général, n'a rien de 
bien difficile en lui même, et même, pour quelques espèces, 
il n'exige pas plus de soins que pour toute autre plante. 
Par contre, pour les Cactées, il faut des conditions spéciales 
pour réussir. 

Leur pays natal est ordinairement sec et chaud ; le mi- 
lieu où vivent ces plantes et où leurs graines lèvent spon- 
tanément ne doit pas être trop humide, pour empêcher la 
/b/i^e des jeunes semis qui, pour quelques tribus, notam- 
ment les Matmllaria, sont d'une petitesse extrême. Or, 
comme la croissance de ces jeunes sujets est presque nulle 
la première année, et qu'ils ne possèdent, pour les sou- 
tenir, que très peu de racines, c'est avec de grandes pré- 
cautions que l'arrosage doit être fait. Pour quelques autres, 
appartenant à différentes familles botaniques, cette levée 
de graines est très facile, témoins les Stapelia, Agave, 
Opuntia, Alœ ; mais le temps qu'elles mettent à lever est 
plus ou moins long, suivant que les semences sont plus ou 
moins vieilles. 

Voici un aperçu du temps pris par plusieurs genres 
pour lever sous une température de 25° centigrades, en 
mars-avril, et en serre chaude. Toutes les graines prove- 
naient de Naples et de la dernière récolte : Agave, Alœ, 
10 jours ; Cereus, 3 jours ; Echinopsis, 5 jours ; Mamil- 



lai'ia. 5-8 jours ; Opuntia, 12 jours ; Pilocereus, 3 jours ; 
Rhipscdis, 12 jours ; Stapelia, 12 jours. 

Ajoutons maintenant quelques indications pour opérer 
ces semis, qui ont tous été faits en godets de 10 centi- 
mètres de diamètre remplis de terre de bruyère tamisée et 
sableuse. 

Une question principale, c'est l'enterrement des graines. 

Les ManiUlaria, par exemple, les ont très fines et elles 
ne doivent pas être enterrées du tout. Les Agave, et Ahr 
peuvent l'être d'environ un demi centimètre ; il en est de 
même pour les Stapelia et les Opuntia, dont les graines sont 
assez grosses ; celles des Cereus, Echinopsis, Pilocereus, 
Rhipsalis, Crassu/a, doivent être recouvertes très légère- 
ment ; la levée rapide des genres cités plus haut est due 
aux différences de grosseur des semences. 

On enterre les pots où sont les graines, aussitôt levées, 
dans une couche à chaleur tempérée. En mai, il faut légè- 
rement ombrer vers le milieu du jour et donner un peu 
d'air ; puis, au fur et à mesure de l'augmentation de la 
chaleur des rayons solaires, on aère davantage, mais sans 
augmenter l'ombrage, qui consiste simplement à jeter un 
peu de paille longue sur les vitres des châssis. Cette aéra- 
tion et cette grande somme de lumière activent naturelle- 
ment la sécheresse de la terre ; aussi dès que le besoin 
s'en fait sentir, il faut bassiner avec une seringue fine, 
quelquefois trois fois par jour. 

La végétation rapide des Opuntia, Stapelia, Crassula, 
oblige de les repiquer en petits godets. On attend l'année 
suivante pour les Cereus, ManiiUavia, Rhipsalis, etc. 

Cette manière de semer les Cactées sur couche possède 
cet avantage qu'ils sont moins enclins à fondre s'ils sont 
bien soignés ; néanmoins, dans une sen-e Iiollandaise à 
Cactées, le plus près possible du verre, sur des tringles 
de bois ou de fer, il serait facile d'obtenir le même ré- 
sultat. 

On le voit, il faut, pour réussir : beaucoup de patience, 
de soins et surtout de l'expérience. 

Jules RUDOLPH, 
(Revue horticole). Au Jardin botanique de France. 






50 



Capucine de Lobb « Spit fîre » à feuilles panachées. 
Tropœolum Lobbi variegatum. 

Les nouveautés et les espèces intéressantes qui ont été 
obtenues et mises au commerce par la maison Thibaut & 
Keteleer de Paris sont très nombreuses. Ceux de nos lec- 
teurs qui connaissent cet établissement modèle ont tou- 
jours eu la certitude d'y rencontrer les espèces de plantes 
les plus variées, qu'ils avaient vainement cherchées autre 
part. Afin de continuer la bonne réputation dont jouit cette 
maison, M. J. Sallier, fils, qui a pris la succession de cette 
vieille firme s'est efforcé de rechercher des nouveautés 
marquantes, comme celle de la Capucine de'Lobb à feuilles 
panachées, qu'il met cette année au commerce. 

La chromolithographie ci-jointe donnera à nos lec- 
teurs une idée de cette splendide plante grimpante qui a 
émerveillé ceux qui l'ont vue l'année dernière. Quelques 
pieds couvraient un espace de six à huit mètres de lon- 
gueur, au long d'un mur haut de deux mètres et très ex- 
posé à la lumière. Sa panacliure ne brûle pas au soleil, 
elle semble au contraire y prendre de l'éclat poui' faire 
mieux ressortir ses fleurs si brillantes. 

A distance, l'effet est charmant, très gai et absolument 
nouveau : c'est une plante de premier ordre, dont nous ne 
saurions trop recommander l'emploi, dans les jardins, au 
long des murs, treillages, tonnelles, au pied des arbres, 
autoui- des vases et caisses ou bacs, d'où elle retombera en 
riches festons. Elle sera aussi d'un grand secoui'S pour 
les rochers, les pentes exposées des parcs, pour courir à 
terre et garnir rapidement de grands espaces par sa vi- 
gueur excessive. La panachure ne lui a enlevé aucune des 
qualités si riches et si recherchées de la variété : Spii fire. 

Cette U'iUvelle Capucine ne donne jamais de graine. On 
la multiplie facilement de boutures que l'on prend sur des 
pieds hivernes dans une simple serre froide ou dans une 
orangerie. 

Otto Ballif, 

Rédacteur au Monlieur d'horticulture de Paris 
et membi'e correspondant de la Société d'Horticulture de Genève. 



BULLETIN DE LA SOCTÉ D'HORTICULTURE DE GENEVE 

THIBAUT ET KETELEER 

J. SALLIER FILS . SUCCESSEUR 
NEUILLY- SUR- SEINE. (SEINE) 




) WW?- 



ChromohlJ] .J.LGoffart 



s\icc''de G. Se\'erevns . 



TROPŒOLUM LOBBI VARIEGATUM 
CAPUCINE DE LOBBE "SPIT PIRE 

A FEUILLES PANACHEES 



Oé — 

Plantation des arbres fruitiers. 

{2""" article) 

La végétation luxuriante et la durée des arbres dé- 
pendent en grande partie de la bonne plantation de ces 
derniers. J'ai toujours remarqué que lorsque les sujets 
étaient plantés dans un sol qui leur convenait et entourés 
immédiatement des soins appropriés, ils acquéraient une 
force et une vigueur telles que les maladies les atteignaient 
difficilement, et que les insectes nuisibles, les champignons 
et les mousses n'osaient s'attaquer à eux ; la propj-eté pour 
les végétaux comme pour les animaux est une des condi- 
tions de la santé. 

Si le sol est naturellement liche, les arbres demandent 
moins de préparatifs de plantation ; mais ce qu'il est néces- 
saire de faire en tout cas, c'est de drainer ou, par un 
moyen quelconque, de favoriser l'écoulement régulier des 
eaux, dans tout emplacement réservé aux plantations dans 
lequel circulerait de l'eau. Ne prenez pas ces soins préa- 
lables, vous verrez que ces eaux deviendront peu à peu 
dans votre verger stagnantes et infectes, qu'elles cor- 
rompront le sous-sol et les racines des arbres ! A quelque 
exposition que ce soit, le sol doit être drainé, car on peut 
s'atlendi-e de nos jours à toutes les intempéries possibles. 

Les sujets proviendront d'une pépinière modèle où l'on 
soit d'une propreté minutieuse ; puis il faut bien prendre 
garde de ne pas les laisser soufïrir pendant leur transport 
jusqu'au verger où il doivent être définitivement placés. 
Les d'eux seront préparés à l'avance, de même que les 
terres et le compost que l'on veut y ajouter. C'est au mo 
ment même où les sujets seront mis en place qu'on les 
pourvoira de tuteurs. La profondeur du creux dépendra de 
la valeur et de la nature du sol. Lorsque ce dernier est 
ai'gileux et marneux, par conséquent très mauvais pour 
recevoir une plantation, il faut faire un creux de 1 m. 5(» 
sur une circonférence de 5 mètres. On enlève la marne, terre 
compacte, gris bleu n'ayant aucune substance nutritive, et 
qui se trouve ordinaii-ement entre des bancs de sable, de 
piei-res et de terre siliceuse. La terre de surface, surtout 
si c'est du gazon, sera mélangée avec celle qu'on a apportée. 
Voici le procédé à employer pour commencer a plantation. 

Placez dans le fond, comme drainage, toutes les pierres 
trouvées en creusant, et si possible, ajoutez des débris < e 
démolition, du mâchefer, du tuf, ce qui est très bon poui- 
absorber les eaux qui pourraient nuire aux racines ; vous 
recouvrirez le tout de bonnes terres franches, puis de ter- 
reau végétal (compost). Celui-ci sera plai-é de manière à 



— 58 — 

entourer les racines en dessus et en dessous, prenant 
bien garde que ces dernièi-es soient étalées à niveau de la 
sui-face du sol. Il faut calculer ses mesures en tenant 
compte du fait que les terres remuées devront reprendre 
leur assise, autrement on lisque d'enterrer la greffe et d'en- 
traîner la pourritui'e des racines dans les sous-sols humides. 

Malgré tous les soins que l'on peut apporter à l'arra- 
chage dans les pépinirrcs,, il arrive nécessairement qu'il y 
a des racines rompues, d'autres desséchées par le long 
contact avec l'air; il faut alors les rafraîchir toutes avec 
beaucoup de soin, en enlever l'extrémité, et, avec un 
insti'ument bien tranchant, supprimer celles qui sont 
blessées, car les plaies se cicatriseront et donneront nais- 
sance à de nouvelles radicelles. C'est pendant la mise en 
place que le tuteur est planté du côté nord-est du sujet et 
de manière à abritei' ce dernier contre le vent glacial du 
nord et les rayons du soleil de l'est, ce contraste du chaud 
et du froid pouvant causer un grand tort aux jeunes arbres. 

Les grandes sécheresses ne sont pas à redouter; nous 
avons du reste tous les moyens possibles pour en garantir 
notre plantation ; celle-ci sera d'aboi-d un peu haute, 
relevée par des monticules en forme de cône tronqué, ét;i- 
blis avec les meilleures terres trouvées dans le sous-sol. 
Puis on recouvrira le pied des jeunes arbres d'une épaisse 
couche de fumiei- bien consommé, de quelque provenance 
qu'il soit, afin de procurer à ceux-ci une nourriture en 
rapport avec la croissance et lo développement des racines, 
grâce au résidu qui pénètre dans le sol au moment des in- 
tempéries. On pi-océdera ainsi pendant 4 à 5 ans jusqu'à 
ce que ces arbres aient atteint une bonne vigueur ; on re- 
nouvellera été et hiver ces paillis qui procureront, en été, 
au pied des arbres, une humidité toujours égale, très favo- 
rable à la végétation, et formeront, en hiver, comme un 
réchaud abritant avantageusement les racines. 

Quelle que soit la nature des arbi-es fruitiers, que ceux- 
ci portent des noyaux, des pépins, des baies ou des nu- 
cules, il est important que le départ des racines ait déjà 
lieu à ras terre, que celles-ci même parcourent le sous- 
sol, car alors il sera toujours plus facile et plus pra 
tique d'en recouvrir les parties dégarnies ou tr p saii 
lantes par des terres amenées, que d'être obligé d'arraché? 
e\ de transplanter des arbi-es trop enfoncés dans le sol et 
S(\î trouvant surtout dans un état de dégénérescence, ainsi 
que j'ai pu le constater dans plusieurs jardins fruitiers où 
je fus demandé pour y diriger des travaux de ce genre. 

Il y a deux ans, dans un pré verger des environs de 



- r)9 - 

Genève, je fus appelé à transplanter une seconde fois 
un grand nombre d'arbres fruitiers, poiriers, pi'uniers, 
pommiers, cerisiers et pêchers, tous de haute tige, ayant 
déjà huit ans de plantation. Ils n'avaient encore qu'un- 
faible développement de bourgeons, et cliaque année ne 
produisaient qu'une petite rosette de feuilles plus ou moins 
avoi-tées. Il était facile de comprendre que ces arbres souf- 
fraient et ne devaient a^oir que peu de bonnes racines. 
A la demande du propriétaire, je me mis en devoir d'ar- 
racher ces arbres pour les replanter dans les conditions 
indiquées plus haut ; mais je ne fus nullement surpris de 
constater que la plupart des i-acines, entourées d'un cham 
pignon tilamenteux, étaient en plein état de pourriture. 
Aucun drainage n'avait été fait dans un terrain sur lequel, 
en hiver, se trouvent des eaux évidemment nuisibles au 
sous-sol. Pendant huit ans, ces arbi-es n'avaient pu par- 
venir à produire des fruits noués; aussi ne purent-ils, si ce 
n'est quelques pruniers et poiriers, dont les racines étaient 
en meilleur état, être utilisés pour la transplantation. Mais 
ce verger, je l'ai renouvelé avec de beaux sujets de premier 
choix, ayant deux ans de greffe ; et depuis que ces arbres 
ont reçu mes soins, il y a tantôt deux ans, l'iionorable 
propi-iétaire de cette campagne a pu déjà voir figurer sur 
sa table plusieurs variétés de beaux fruits provenant de 
sa nouvelle plantation. L'' ScHMmT. 

(A suivre.] ^^^^^ 

Encore la Pomme de terre. 

Nous sommes heureux de constater en parcourant les 
journaux allemands, suisses et français, que, de tous côtés, 
les horticulteurs et les agriculteui'S font les plus louables 
efforts pour améliorer ou multiplier les différentes variétés 
de Pommes de terre et en créer de nouvelles. C'est là un 
fait réjouissant, car nul n'ignore que ce précieux comes- 
tible, cultivé pendant de longues années toujours de la 
même manière, c'est-à-dire reproduit par le tubercule lui- 
même et non à l'aide de graines, finit, quel que soit son 
habitat, par dégénérer, autant sous le rapport de la qualité 
que sous celui de la quantité. Chose plus grave, il devient 
moins apte à résister à son redoutable ennemi, au Pero- 
nospera mfestans, le champignon, cause de la maladie des 
Pommes de terre. Or ce qui fait précisément la valeur des 
nouvelles espèces recommandées c'est, indépendamment 
du goût savoureux, le rendement et la capacité de résis- 
tance à la maladie. 

En Thuringe, un producteur, M. R. Zersch, a obtenu 



— GO — 

par croisement avec d'anciennes espèces, entre autres avec 
le Richter's Imperator, deux nouvelles variétés présentant 
toutes les qualités propres a en faire des Pommes de terre 
de premier choix. — En France, M. Joseph Rigault a ob- 
tenu un produit baptisé par lui « Pomme de terre M. Eiffel », 
se recommandant par sa précocité et son énorme rende- 
ment ; nous en avons donné la gravure dans notre dernier 
numéro. Et récemment, dans le canton de Vaud, un agro- 
nome, M. Jean-L"" Beney, à Valleyres-sous-Ursins, a an- 
noncé qu'il venait d'obtenir par croisement une nouvelle 
variété destinée évidemment à faire rapidement son chemin 
chez nos voisins. Voici en quels termes il écrit à la Revue 
de Lausanne : 

(( En 1887, par un semis hybride de la Gloire du Chili 
et de la fameuse Richier's Imperator, j'ai obtenu six va- 
riétés de Pommes de terre, toutes à tîeurs blanches, mais 
différentes entre elles quant à la forme et la couleur des 
tubercules et de la végétation. L'une de ces variétés est 
V Eiffel. Quatre autres variétés sont aussi avantageuses, se 
rapprochant beaucoup de V Eiffel, et dans un avenir rap- 
proché, après sélection et classement, elles pourront aussi 
donner d'excellents résultats pour la grande culture. 

« UEiffel est une Pomme de terre ronde ou elliptique, 
très grosse, aux yeux demi-enfoncés, à chair blaiic- 
Jaunàtre, ti'ès farineuse, très rustique Sa grande résis- 
tance à la maladie a été constatée dans un grand nombre 
de localités. Comme qualités culinaires, elle est bien su- 
périeure à la variété Richter's Imperator, actuellement à 
la mode. 

« D'une végétation très puissante, ses tiges atteignent 
très souvent de 1 m. à 1 m, 50; elle pourrait êt''e placée au 
rang des plantes étouffantes, aidant ainsi à la destruction 
des mauvaises herbes. Cette vigueur pourrait bien aussi 
être une des causes de sa grande résistance à la maladie 
appelée Peronospora infestant. 

■■ On peut recommander une plantation espacée, 60 cm. 
entre les plants et 70 à 75 cm. entre les lignes; il faut évi- 
ter un trop grand morcellement. La levée est également en 
retard de 5 à 6 jours sur les autres variétés, ce que nous 
atti'ibuons à la puissance du jet naissant qui est très fort. 

« La supériorité de cette variété sur ses congénères les 
plus en vogue ne s'est pas seulement affirmée chez moi ; 
elle est également reconnue par plus de cent personnes qui 
l'ont essayée en 1890 et 1891, tant à l'étranger que dans la 
Suisse romande. 

« Ces différents essais donnent comme rendement de 17 



— 61 



à 40 fois la semence et, à ce sujet, M. Ducrey, à Chance- 
vrigny (Haute-Saône), m'écrit en date, du 26 janvier 1892,. 
que son frèi-e, pour sa part d'essai, a planté 2 kilos 200 gr. 
de Eiffel (17 tubercules fractionnés) et qu'il en a récc^lté 
114 kilos complètement indemnes, soit 55 fois la semence. 
Chaque plant ayant donné en moyenne 2 kilos, ce qui tait 
près de 66,000 kilos à l'hectare. 

(' Il l'apprécie en ces tei-mes : 1" Rendement énorme, 
comparativement à d'autres variétés ; 2° (Qualités cuhnaii-es 
très bonnes ; 3" Résistance aux maladies cryptogamiques 
très grande; elle avait encore toules ses feuilles à l'ap- 
proche des gelées. 

" On peut en conclure que VEiffel possède toutes les 
qualités requises d'une Ponmie de terre de grande cultui'e. 

« Il est cependant reconnu que, suivant la nature du 
sol, la culture, le climat et la saison, telle variété est appe- 
lée à jouer un certain rôle dans une contrée plutôt que 
dans une autre. Cependant, d'après nos expériences et vu 
les renseignements reçus sur les essais tentés et les ren- 
dements produits, il ne peut être que très avantageux d'in- 
troduire la culture de cette Pomme de terre. 

« Les agriculteurs désireux d'en faire l'essai peuvent 
s'adresser à M. Jn-Ls. Beney, à Valleyres-sous-Ursins, 
près Yverdon, qui se fera un plaisir d'en fournir des se- 
mences pures et de choix. » 

A^^^^^^ 

Le Haricot flageolet nain Triomphe des châssis. 

variété nouvelle et absolument distincte , est certai- 
nement la mieux appropriée à la culture sous châssis,. 




Haricot flageolet nain Triomphe des châssis. 

Mis en vente par la maison Vilmorin & C''. 

aussi bien par sa petite taille que par sa production et 
son extrême précocité qui dépasse celle des Haricots 
réputés les plus hâtifs. Ses gousses rondes, bien pleines 
contenant 6 à 8 grains, de la forme d'un Haricot flageolet 
et conservant à la maturité, une couleur aussi verte- 
que celle des autres variétés à grain vert. 



— 62 — 

Les Fuchsias à fleurs dressées. 

Rien de plus ornemental et de plus méi-itant que le 
genre Fuchsia: 'û réiuv.i, poui- ainsi dire, toutes les qua- 
lités qu'on peut désirer. Si l'on voulait lui faire un reproche, 
on ne pourrait guère s'appuyer que sur la disposition des 
tieurs. En effet, tloribondilé excessive, robusticité, rusti- 
cité relative, beauté des fleurs, et par-dessus tout, culture 
et multiplication des plus faciles, tel est l'ensemble de ses 
qualités. On poui-rait lui reprocher la disposition pendante 
de ses fleurs, qui fait qu'on ne les voit que du dessous, 
comme des pendants d'oreille, par exemple, ce qui les 
rend impropres à faire des bouquets. Encore ce reproche 
ne serait-il pas fondé, puisqu'on peut l'éviter en cultivant 
les sortes à fleurs dressées. 

Celles-ci, qu'on possède depuis longtemps, sont encore 
peu appréciées, malgré leur beauté, et cela est très regret- 
table. En effet, elles sont extrêmement floribondes et à 
fleurs très nombreuses, de sorte que l'ensemble constitue 
un bouquet d'une grande beauté. Parfaites de forme et 
d'une extrême légèreté, ces fleurs sont des mieux faites 
pour entrer avantageusement dans la composition des 
bouquets. On ne peut donc comprendre que les P'uchsias 
à fleurs dressées ne soient pas plus répandus, et, par 
exemple, pourquoi l'on n'en voit pas dans les jardins des 
massifs en plein air et en pleine terre. 

Loi'sque, par liasard, on en fait l'observation aux hor- 
ticulteurs, même aux spécialistes compétents, la plupart 
vous répondent que c'est une plante ingrate et d'une cul- 
ture très difficile, ce qui est bien un peu vrai, mais non 
complètement. 

Cependant, en admettant, ce qui n'est pas, que le 
Fuchsia erecta ou à fleui s érigées qui est connu soit 
incultivable, il resterait une ressource : le semis, qu'on 
devrait pratiquer afin, tout en conservant la forme dressée, 
d'obtenir- des variétés. Mais, nous dit un horticulteur à qui 
nous en parlions, ce moyen non plus n'est pas bon, car il 
n a donné que de mauvais résultats, c'est-à-dire des va- 
riétés à petites fleurs souvent avec des coloris faux. On 
s'en est tenu là et borné alors à traiter l'ancienne variété, 
méritante, mais délicate et ingrate à cultiver. C'est le tort 
qu'on a eu ; au lieu de renoncer au semis, il fallait, au con- 
ti-aire, persister et le continuer jusqu'à ce que le caractère 
érigé fût bien fixé, puis faire des semis des produits ob- 
tenus en choisissant chaque fois les plus méritants, ainsi 
du reste qu'on le fait dans toutes les sélections. 



- 63 - 

Si l'on eût procédé de cette manière, il n'est pas dou- 
teux qu'aujourd'hui le commerce ne fût en possession de 
nombreuses et jolies variétés à fleurs dressées, qui aug- 
menteraient encore le mérite du genre Fuchsia, déjà l'un 
des plus distingués de la floriculture. 

En résumé, la culture du magnifique Fuchsia erecta 
que l'on possède n'est pas difficile ; seulement elle exige 
certains soins courants à l'aide desquels on obtient facile- 
ment de très jolies plantes. 

E.-A. Carru'ire. 

Revue Horticole: N" 21 de 1«!»1. 



Bibliographie. 

Lies Fleurs à Paris, culture et commerce, par PIj. L. de 
Vilmorin, 1 voh in-16, de 324 pages, avec 203 figures 
{Bibliothèque scientifique contemporaine) . 3 fr. 50 
Librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille (près 
du boulevard Saint Germain), à Paris. 

Le développement prodigieux pris, depuis quelques années, par 
le goût et l'emploi des fleurs a amené une véritable révolution dans 
leur culture et leur commerce. D'où viennent toutes ces fleurs? qui 
les cultive, les expédie, les reçoit, les distribue ? quelle est la meil- 
leure manière de les utiliser? Et parmi ces mille variétés de fleurs 
diverses quelles sont celles qui se prêtent le mieux à tel ou tel usage? 
Ce sont toutes ces questions d'actualité et d'utilité pratique que 
M. de Vilmorin étudie dans un des plus charmants volumes de la 
Bibliothèque scientifique contemporaine, « les Fleurs à Paris. » 

L'auteur conduit d'abord le lecteur à travers les divers pays pour 
les comparer entre eux au point de vue de l'importance et de l'in- 
stallation du commerce des fleurs. 

S'attachant ensuite particulièrement à la Ville de Paris, il décrit 
successivement les procédés et l'orgatàsation de la vente aux Halles^, 
dans les marchés aux fleurs, chez les revendeurs et dans les bou- 
tiques de fleuristes. Puis il indique la provenance des principales 
fleurs vendues à Paris, et passe en revue à cette occasion les cultures 
sous verres et celles du Midi. 

Quittant alors la description du commerce des fleurs, l'auteur 
énumére les principales plantes qui font l'objet des soins du produc- 
teur et, signalant les mérites des diverses espèces en même temps 
que leur culture, il traite successivement des plantes annuelles, 



— 64 - 

jjisanuuelles, vivaces, bulbeuses de pleine terre. Puis il parle des Or- 
chidées et des plantes de serre, des arbres et arbustes fleurissant, des 
Rosiers en particulier, enfin des plantes spéciales aux cultures du 
]Midi et des accessoires des bouquets, verdures diverses, mousses et 
fougères. 

L'ouvrage est illustré de plus de 200 figures. 

— ^^^#4 — 

ERRATA 

Dans le compte-rendu financier de l'année 1891 publié dans le bulletin 
de mars, il a été omis, aux dépenses, la somme de fv. 167, pour frais de bu- 
reaux, timbres-postes, etc. 

Page 43, lire: M'"" TIaasis, au lieu de « Haaris ». 



NÉCROLOGIE 



Faisant part à nos sociétaires du décès de M. A. "WeucU, 

membre très dévoué de notre Société, nous présentons en même 
temps à la famille du défunt nos sincères compliments de condo 
léance. 



ÉTABLISSEMENT HORTICOLE 

DE 

THIBAUT & KETELEER 

Maison fo)idée en 1839 

9, Rue Delaizcment, 9, Neuilly s. S. PARIS 

La grande nouveauté de l'année est la Capucine de Lobb à feuilles 
panachées. Prix : une plante 2 fr., six plantes 8 fr. 
Grand choix de nouveautés. Chrysanthème Sénateur Boclier, la pièce 5 Ir. 
Chrysanthème Louise Chantrier, la pièce 3 fr. 
Aster trinervius pour la pleine terre, la pièce 3 fr. ; la douzaine 30 fr. 
Dernières nouveautés de Dahlias cactus. Nouveaux Bégonias — Coleus 
-- Pelargonium — Caladium — jStreptocarpus — Orchidées — Fougères 
— Ciesneriacées — Broméliacées — Aroidées, etc., etc. Toutes les plantes 
de collection. Demandez notre catalogue général envoyé gratis et franco. 



GENÈVE. — I.MPR. RICHTER, RUE DES VOIRONS, 10. 



a8~ ANNKE 5' LIVRAISON MAI 1892 



BULLETIN 



\)K I.A 



SOCIKTÉ D'IIORTICULTURK 

GENEVE 



FOJNTIDEE EIST 1S55 



Sommaire: Avis. — Course à Jussy. — Extrait des procès- 
verbaux de l'Assemblée du 10 avril. — Pablications offertes à 
la Société. — Bibliotlièque de la Société d'Horticulture. — Hel- 
lébores hybrides. — Le Balisier nain, tlorifèie (avec grav.). — 
La Clandestine. — Les Fuchsias Aubin. — Le Pâtisson blanc 
américain (avec grav.j. — Fétuque Cria d'Ours. — Bouquets 
sans fils de ter. — Chronique horticole. — Annonces. 

Les Assemblées générales de 1 S9S ont 
été fixées aux dates siiîv antes : 
Les dimanches 1 ^ juin, 

1 ^ août, 

î> octobre et 
S "7 novembre, 
à 2 heures, dans la Grande Salle des Amis de l'Instruction. 



Course à Jussy. 

M. !Micheli, propriétaire du château du Crest prés Jussy et 
n:embre de notre Société, nous ayant adressé une invitation pour 
aller visiter sa belle campagne et ses nombreuses collections de 
liantes vivaces et auti-es, notre Comité, d'accord avec M. Micheli, a 
fixé cette course à la seconde qniuzaine de juin. Ceux de nos 
membres qui désireraient prendre part à cette promenade qui aura 
lieu un dimanche après-midi, probablement le 19 ou le -26, sont 
priés de bien vouloir s'inscrire avant le 1" juin, aux 
adresses suivantes : 

MM. F. Cardinaux, Fusterie, 6. 

É. Grobéty, aux Délices. 

F. Forestier, Place Bel- Air. 

E. Troxghet, Malagnou. 



- 66 - 

Le N° de juin d;i Bulletin et les journaux indiqueront exacte- 
ment le jour et l'heure du départ, lorsque le Comité aura fait auprès 
de la Direction des chemins de fer à voie étroite, les démarches pour 
obtenir si possil^le une léduclion de prix et pour demander le ma- 
tériel nécessaire |)Our le transport jusqu'à Jussy. 

Espérons qu'un très grand nombre de nos membres seront heu- 
reux de profiter de l'occasion qui leur est offerte de nouer entre eux 
des relations plus ititinies et de faire bonne connaissance, en prenant 
part à une course où l'utile sera joint à l'agréable. 



EXTRAIT DES PROCES-VERBAUX 

Assemblée générale du 10 avril 1892, 
grande Salle des Amis de l'Instruction, à 2 heures. 

Présidence de M. Franc. Cardinaux, président. 



Quatre-vingt-dix personnes sont présentes. 

Le procés-verbal de l'Assemblée du 2'2 février est lu et adopté. 

Candidats présentés: 

1° M. PiivoLLET, négociant aux Délices, par MM. Grobéty et 
Cardinaux. 

2° M. Tj.-H. Malet, négociant, rue du Conseil-Général, par 
MM. Grobéty et Cardinaux. 

3° M. L' Campart, quai du Mont-Blanc, par MM. Wakker et 
Cardinaux. 

Présentation de membres correspondants: 

MM. JoANNi Sallier, fils, horticulteur à Neuilly-sur-Seiue, 
rue Delaizeuient, 9, et Eugène Delaire, secrétaire-général de la So- 
ciété d'horticulture d'Orléans et du Loiret, à Orléans, rue du Colom- 
bier, Sais, présentés par MM, Cardinaux et E. Grobéty. 

Ces présentations sont renvoyées au Comité. 

Exposition. 

1° De M. Henri^Bippus, jard. chez M. An t. Martin, à Vessy: 
4 Cyclamens à grande fleur panachée ; 1 Ixia Bucephalos ; 

1 Sparaxis Souvenir; 1 Id. Cardinal; 1 Id. flocons d'or; 1 Freisia 

réfracta alba. — 1^. 3, 

2° De M. Vauchei', directeur à Châtelaine, hors concours : 
1 Cypripediuni Laurenceauum; 1 Id. Boscalli du Birman ; 1 Id Bar- 
batum Varnerianum, Singapore; 1 Oncidium cucullatum maculatum 
de Colombie; 1 Anthurium Rothschildiaiiuni; Goleus, Géant de Stutt- 
gart. 



— 67 — 

3° De M. Martin, horticulteui- à Xyon : 

2 Géraniums de semis de 1890, Reine Blanche. — P. V/^. 

4° De M. Salomon Sehoeh, chez M. Posth: 

3 Azalea indica; Id. Baron de Vrière; Id. Raphtel; Id. Gérés; 1 Ané- 
mone de Gannes double ; 1 Rosier la Rosière. — P. 4. 

5° De M™- Th. et IVI. Despans, au Petit-Lancy : 
Fleurs coupées. Grande variété d'Hellébores, provenant du croi- 
sement de l'IIelleborus niger avec l'Helleborus fœtidus; Narcisses à 
bouquet; Œillets: Miss Mourle (blanc), le Geiitenaire (rouge), Jean 
Ciselé (jaune et rouge). Tulipes (blanches, rouges et jaunes). ~ P. 4. 



M. le président remet, aux applaudissements de l'Assemblée, à 
M. Louis Bovay, jardinier chez M. E. Brocher à Frontenex, une 
médaille de vermeil pour culture de Gyclamens et de Bégonias rex. 

M. Kdounrd George fait une fort intéressante conférence sur la 
culture des Chrysanthèmes qui lui vaut les chaleureux applaudisse- 
ments de l'assistance et les félicitations de M. le Président. 

M. Cardinaux annonce que M. Micheli offre à la Société de venir, 
dans la seconde quinzaine de juin, visiter ses cultures de plantes 
vivaces et autres dans sa campagne du Grest. 

Après les propositions individuelles, la séance est levée à 4 V., h. 



Publications offertes à la Société. 

Les Fleurs de Paris, culture et commerce par Th. L. de Vilmorin. 
1 vol. iu-16, de 324 pages, avec 203 figures. 

Manuel d'arboriculture fruitière, appendice sur la vigne, traite- 
ment des maladies cryptogamiques, phyloxéra, reconstitutions des 
vignobles par les plans américains, par E. Ouvray, professeur d'arbo- 
riculture et de viticulture, membre de la Société nationale d'horti- 
culture de Paris et de la Société des agriculteurs de France. 1 vol. 
3""' édition. 



68 



Biljliothèque de la Société d'Horticulture. 

Eh bien, oui, nous avons une bibliothèque! Le mot est peut-être 
Ijleu grand pour la chose, car ce n'est point par milliers qu'il faudra 
compter nos volumes; et les rayons sur lesquels noire aimable et 
dévoué bibliothécaire les a méthodiquement classés, ne suffiraient 
sans doute pas pour clôturer le moins étendu de nos jardins; mais 
enfin nous avons une bibliothèque à laquelle, toute modeste qu'elle 
soit, on a fait l'honneur d'une salle à proximité de notre Jardin bota- 
nique, et dans le bâtiment même qui renferme l'herbier Delessert et 
les riches collections de la Société de botanique. Elle est petite, elle 
ne se permet aucune échappée dans le champ si vaste et si varié des 
connaissances humaines, elle ne renferme que des ouvrages se rap- 
portant à l'art du jardinier ; et pourtant, même dans ces conditions, 
dans ce cadre restreint où l'on n'a fait place qu'au strict nécessaire, 
encore parait-elle, hélas, suffire plus qu'amplement aux besoins de 
la plupart des membres de notre Société d'horticulture! Beaucoup 
d'entre eux ne prennent jamais la peine de lire ou de consnller nos 
revues et nos journaux périodiques qui les mettraient au courant 
des nouvelles méthodes et des progrès incessants, journaliers que 
réalise l'horticulture. 

N'est-ce pas fâcheux qu'il en soit ainsi? La pratique, l'expérience 
sont évidemment d'excellentes choses, mais elles continent terrible- 
ment à la routine, si elles ne sont pas tenues constamment en éveil 
par l'étude et par la connaissance du travail qui s'accomplit dans le 
même ordre 'de faits et d'idées, à l'étranger et autour de soi. Nos 
Expositions sont un excellent enseignement pratique, mais elles ne 
nous disent pas si nous sommes vraiment à la hauteur de ce qui se 
fait dans les grandes capitales de l'Europe, si les visiteurs étrangers 
venant de Paris ou de Biuxelles, par exemple, y trouveraient « quel- 
que chose de nouveau propre à les intéresser •>, comme le disait à 
celui qui écrit ces lignes, un horticulteur distingué, au moment où, 
après avoir vu de très près l'Exposition de Montreux, 1891, il allait 
quitter la Suisse! Or qui n'avance pas recule, et ce serait certaine- 
ment s'exposer à piétiner sur place (jue de vouloir systématiquement 
ignorer les progrès réalisés au delà de nos frontières. Nos jardiniers 
ne peuvent sans doute pas être des hommes de cabinet; leurs serres 
et les cultures variées auxquelles ils se livrent ne leur en laisseraient 
pas les loisirs; mais la lecture mensuelle de l'une de nos Revues 
horticolps ne saurait leur prendre beaucoup de temps et serait à. 



— 69 — 

coup sûr nn délassement utile. Qu'ils engagent les jeunes gens de 
leur entourage, leurs apprentis, leurs ouvriers, à consulter les livres 
de notre Bibliothèque, qu'ils prennent au besoin pour eux quelques- 
uns de ces derniers et les leur fassent lire pendant les longues soii'ées 
d'hiver, chacun y trouvera son compte ; et soyons assurés qu'au 
printemps nos semis et nos jeunes plants, nos arbres fruitiers et 
nos plantes d'agrément retireront tout bénéfice de ces heures qui 
auront été consacrées à l'étude. 

C'est eu se plaçant à ce point de vue, que notre bibliothécaire a 
jugé utile de faire publier par le Bulletin, le catalogue ci-après des 
ouvrages que nous possédons et des périodiques auxquels nous 
sommes abonnés : 

Floriculture : 

Linden, Illustration horticole, 1858-1891. 
Van Houtte, Flore des serre, 1857-1891. 
Carrière, Revue horticole de Paris, 1857-1891. 
Jllustrirte Garten Zeitung de Vienne, 1880-1891. 
Cochet, Journal des Roses, 1877-1891. 
Godefroy, Le Jardin, 1887-1891. 
Ed. Pyucert, Revue de V Horticulture belge, 1855-1891. 
Redouté, Les Roses. 1 vol. 
Chauré, Le Moniteur d'horticulture, 1880-1891. 
E. Vaucher, Revue horticole de la Suisse romande, 1872-1891. 
Delaroque, La Maison de campagne, 1887-1891. 
Linden, Journal des Orchidées, 28 numéros, 1891-1892. 
24 volumes concernant la Floriculture, 81 volumes d'Ai'boricul- 
ture et de ViliculLure et 44 volumes de Culture maraîchère. 

Mélanges : 

Eggis, Le Monde de la Science, 1878-1891. 
Bulletin de la Société d'horticulture de Genève, 1868-1891. 
Bulletin de l'Institut national genevois, 1876-1890. 
Bulletin de la Fédération des Sociétés d'horticulture de Bel- 
gique, 1883-1885. 
Bulletin de la Société pratique du Rhô)ie. 2 vol. 
L'Algérie agricole. 
132 volumes et 38 brochures de mélanges. 



— 70 — 

Hellébores hybrides. 

Nos lecteurs auront pu voir par l'extrait des procès- 
verbaux de l'assemblée du 10 avril, publié en tète de ce 
numéro, que M'"*"^ Th. & M. Despans, au Petit-Lancy 
ont exposé, entre autres fleurs coupées, des Hellébores hy- 
brides. Celles-ci provenaient du croisement de V Helleborus 
niger ou rose de Noël avec VHellehorus fœtidus, indigène 
dans toute l'Europe centrale. 11 était facile de se rendre 
compte par l'examen de ces fleurs que ce croisement offre 
cet immense avantage de donner de nombreuses variétés 
qui, par le coloris, se diflerentient à l'infini. L'i/t'/Zeôo/'Ms 
niger est blanc rosé, le fœtidus est verdàtre, pourpre à son 
sommet, à petits pétales tubuleux ; ici, grâce à l'hybrida- 
tion, nous obtenons une nouvelle race qui présente un 
assez grand nombre de nuances, parmi lesquelles dominent 
le blanc crème ponctué, le pourpre lie de vin ou violet 
pourpré, presque toutes les gradations du rose et enfin le 
jaune pâle. Quant à l'odeur infecte qui justifie amplement 
le nom peu flatteur de fœtidus, dont on a baptisé notre Hel- 
lébore des bois et des haies et qui a consigné celle-ci à 
la porte de nos jardins, elle a disparu, la fleur n'en conserve 
du moins pas de traces. 

L'acte de naissance de ces pauvrettes, nées dans lar- 
rière-saison, presque en pleins frimas est de date encore 
trop récente pour que les parents ou leurs parrains puis- 
sent célébrer oulre mesure les mérites de ces nouveau-nés : 
Attendons la fin, nous disent-ils, réservez votre jugement 
comme nous le faisons nous-mêmes, sur les charmes de 
ces rejetons issus du mariage de l'enfant cultivé du château 
avec la rustique fille des champs ; nous n'osons pas encore 
affirmer qu'ils seront toujours de belle venue et continue- 
ront à joindre au riche incarnat de leur teint les grandes et 
élégantes formes des gens de race, mais ils promettent déjà 
beaucoup, offi-ant un heureux mélange de grâce et de rus- 
ticité ; et ce que nous garantissons... c'est l'extrême fécon- 
dité de leurs rameaux florifères ! - Jugez-en : les variétés 
à l'état adulte cultivées au Petit-Lancy, ont produit cette 
année jusqu'à plusieurs centaines de fleurs par pied, et, ce 
qui n'est pas leur moindre mérite, elles ont résisté aux hi- 
vers de 1891 et 1892. . 

Nous pouvons donc, à juste titre, saluer l'apparuion de 
ces Hellébores hybrides comme une bonne fortune pour les 
horticulteurs, les amateurs et les fleuristes ! 



'^^^ 



Le Balisier nain, florifère. 

Qui ne connaît le Balisier- ou Canne d'Inde, Canna in- 
dica L. ; Cannacorus ocatus, Moench.. famille des Canna - 
céesf Cette plante originaire de l'Amérique méridionale, 
n'a aucun rapport, ainsi qu'on le croit vulgairement, avec 







Le Balisier nain, ûoritere. 

la Canne à sucre^ sacchariim offîcinariun L. qui est une 
graminée originaire des Indes. 

Le Balisier, cultivé depuis longtemps comme plante or- 
nementale, à cause de son feuillage ample, diversement 
nuancé, rappelant en quelque sorte la végétation des tro- 
piques, prend des proportions telles que, pour ne pas nuire 
à l'harmonie qui doit constamment exister entre les difïé- 



72 



rentes parties, concourant à la décoration d'une campagne, 
on est obligé de ie placer sur un cei'tain plan de telle ma- 
nière qu'il ne soit vu qu'en perspective ; mais, dans ce cas, 
le mérite de la plante ne peut être apprécié autant qu'il 
devrait l'être. Aujourd'hui, grâce aux soins intelligents 
et persévérants de l'habile et heureux semeur lyonnais, 
M. Crosy, l'horticultui'e a été dotée d'une variété de Balisier 
moins florifère, dont nous donnons ici le dessin que nous 
devons à l'obligeance de la maison ^'ilmol•in-Andrieux ^: C", 
de Paris, Cette nouveauté, assurément d'un mérite incon- 
testable, ne produit que des individus relativement bas, 
50 à 70 centim., qui se couvrent d'une quantité de très 
belles fleurs sessiles, presque aussi grandes que celles des 
Glaïeuls, de coloris très variés, portées sur un pédoncule 
commun et émergeant bien en épi du feuillage. Cette espèce 
nouvelle, qui déjà a donné naissance à plusieuivs sous-va- 
riétés fort intéressantes, est d'un effet aussi décorati," par 
ses belles feuilles que par ses magnifiques fleurs. Son port 
peu élevé permet de lui attribuer dans la décoration une 
place beaucoup plus rapprochée de l'habitation où, chaque 
jour, son abondante floraison et son riche feuillage, pour- 
ront être admirés et mieux appréciés. 

Th, GUILLERMIN, 



La Clandestine, 

Tout récemment, comme nous parcourions avec un ami 
le bord d'un ruisseau bordé d'Aulnes, dans les Deux-Sè- 
vres, nous faisions remarquer la jolie Orobanchée parasite 
que l'on connaît sous le nom vulgaii-e de Clandestine, et 
qui est le Lathrœa Clandestina , de Linné iClandesthiarec- 
tjflora Lamk,) Ses grandes fleurs i-ouge violet, dressées, 
rappelant certaines Gesnériacées, sont d'un aspect vrai- 
ment monumental. 

Nous arrivâmes dans un endroit planté de Noyers. Au 
pied de l'un de ces ai'bres, dans un sol marécageux, crois- 
sait une énorme touflé de cette plante. A l'observation de 
notre ami que la Clandestine pouvait croître aussi sur les 
racines du Noyer, puisque depuis vingt ans il n'y avait pas 
d'Aulnes en cet endroit, nous répondîmes par un point de 
doute. Un alla chercher une pioche. A l'étonnement de no- 
tre interlocuteur, il fut constaté que le parasite était parfai- 
tement établi sur des racines d'Aulne (AInus glutmosa, 
Gœrnt.), qui nourrissaient la plante en même temps qu'elles 



/o 



•étaient entretenues en végétation par elles, sans jamais dé- 
velopper leurs oi'ganes aériens. La végétation érigée de la 
Clandestine suffisait à réveiller, à chaque printemps, leur 
activité annuelle, et cet échange de « bons procédés» créait 
ainsi une mutualité favorable aux deux plantes. 

Ne voiJà-t-il pas un nouvel exemple de l'observation 
qui a été faite récemment sui- la végétation du Gui (Viscu/n 
album) 1 Un observateui- a établi que le Gui, (jue l'on ci-oit 
épuiser les ai'bres, favoriserait plutôt leur croissance. Cela 
peut être vrai quand il n'est pas en surabondance, mais 
nous avons vu cependant des arbres qui paraissaient Ijien 
pi'ès de périr sous l'excès des touffes de ce parasite. 

Quoi qu'il en soit, il est intéressant de constater que la 
Clandestine peut vivre sur des racines d'Aulne (et peut-être 
de Saule et de Peupher) sans nécessiter aucune végétation 
aérienne de son support, de son nourricier. 

Pour ceux de nos lecteurs qui ne se souviendraient pas 
■d'avoir vu la Clandestine dans les prés humides, au pre- 
mier printemps, en voici la description : 

Plante vivace, sans feuilles. Tige réduite à une souche souterraine, 
d'abord jaune, puis blatjche, charnue, lisse, couverte d'écaillés réni- 
formes imbriquées. Fleurs en corymbe, à corolles sortant seules de 
terre, Pédicelles un peu plus longs que le calice. Bractées demi-em- 
brassantes. Calice campanule à 4 lobes. Corolle grande, érigée, 
rouge poui'pre violacé, à deux lèvres, dont la supérieure