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SOCIETE DE LINGUISTIQÏ il 

DE PARIS 



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>GIÉTÉ DE LINGUISTTQU] 

DE PARIS 



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(I8S6-I&9S) 



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SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 



DAWSON- FRANCE, S.A. 
t. Faubourg poissonnière 
PARIS, lue. FRANCE 

Imprime nui l'a jtb lia» 



BULLETIN 



DE LA 



9 



SOCIETE DE LINGUISTIQUE 



DE PARIS 



TOME SEPTIEME 



(1888-1892) 



Ce bulletin ett publié exclusivement pour les Membre» de la Société 

et n'est pat mit dont le commerce.) 



PARIS 



1892 



Library of Congress Catalog Card Number: 6-8201. 



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Vol. 7, 1888/92 


N° 33 - Juillet 1889 
N° 34 - Septembre 1890 
No 35 - Octobre 1891 
No 36 - Décembre 1892 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



N° 33 



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PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



du 10 Novembre 1888 au 25 Mai 1889 



Séance du 10 Novembre 1888. 

Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. le prince Alexandre Bibesco, Bonnardot, 
Sudre, Ploix, R. Duval, Bréal, Berger, Bauer, Môhl. 

Assistant étranger : M. A. Malmstedt. 

En l'absence de M. de Saussure, M. Mohl occupe au bureau 
la place du Secrétaire adjoint. 

La séance est ouverte à huit heures et demie. 

Nécrologie. M. le Président annonce en termes émus la 
perte douloureuse que la Société a faite durant les vacances 
en la personne de M. Abel Bergaigne, arraché par un acci- 
dent tragique aux grands ouvrages de philologie et de cri- 
tique védiques qu'il préparait depuis de longues années ; la 
Société remercie M. Bréal d'avoir bien voulu reproduire 
dans notre Bulletin le discours prononcé par lui aux obsèques 
de l'illustre savant. — M. Bréal insiste sur l'intérêt qu'Abel 
Bergaigne prenait aux travaux de la Société, dont il avait été 
président en 1879. 



— Ij _ 

Présentation. M. Bréal présente, avec M. V. Henry, 
pour être membre de la Société: M. Richard T. Elliott, New 
Inn Hall street, 23, à Oxford. 

Echange de publications. Le bureau communique une 
lettre de la Société royale des Sciences, de Naples, qui 
demande à entrer en échange de publications avec la Société 
de Linguistique. Celle-ci, considérant que les études de la 
Société des Sciences sont trop étrangères à la linguistique, 
se décide à refuser réchange. 

Nouvelles. Il est donné lecture d'une circulaire du 
Ministère de l'Instruction publique invitant la Société à 
prendre part au prochain Congrès des Sociétés savantes, 
dont le programme renferme un certain nombre de questions 
concernant la linguistique. 

Hommages. Voir p. xxx. 

M. le Secrétaire lit une lettre de M. Léon Douay qui offre 
à la Société une étude manuscrite sur les Affinités lexicogra- 
phiques du qechua et du maya, lue par l'auteur au Congrès 
des Américanistes réuni à Berlin. 

Communications. M. Bréal présente quelques observa- 
tions sur l'origine de la désinence verbale -ons en français, 
que Ton s'accorde généralement, depuis les travaux de 
M. Thurneysen, à rapporter à l'analogie de mmus = somes, 
sommes (sons), d'où amomes, aimons. Tout en reconnaissant 
le rôle important que l'analogie joue dans la vie du langage, 
M. Bréal doute qu'un verbe isolé et d'un mécanisme aussi 
délicat que le verbe sum ait pu exercer sur la conjugaison 
entière l'influence considérable qu'on lui prête ; nous voyons 
au contraire que le verbe « être », dans les langues romanes 
comme ailleurs, tend plutôt à faire rentrer ses formes dans 
les cadres réguliers. Il faudrait admettre en outre, dans 
l'hypothèse qu'on nous propose, que cette influence se serait 
exercée à une époque particulièrement récente, puisque le 
fait est étranger à tous les autres membres de la famille et 
même au provençal. En conséquence, c'est peut-être agir avec 
sagesse que d'écarter l'explication analogique et de recon- 
naître simplement ici un traitement spécial de la désinence 
-àmus, dont les recherches à venir détermineront sans doute 
avec précision les conditions phonétiques. — MM. Bibesco, 



— 11J — 

Daval et Bonnardot constatent qu'effectivement les voyelles 
devant nasales sont sujettes à une foule de perturbations 
encore mal élucidées et qu'en outre leur traitement varie de 
dialecte à dialecte. 

M. Môhl expose une conjecture sur le pluriel plan 
râxe; qui est, en grec, l'expression classique pour dire 
m minuit » et qui conserve peut-être le souvenir de la locu- 
tion primitive 'pirat vuxti, au locatif singulier. L'emploi du 
pluriel, en tout cas, est ancien : on en trouve déjà un exem- 
ple dans Sappho (fragm. 52, Bergk). 

M. Mohl communique ensuite un passage d'un manuscrit 
inédit du xiv* siècle, destiné à confirmer, par la forme 
ruire, l'étymologie du français bruire = lat. rugire. — Le 
même texte dit rocher au lieu de cracher. Dans l'un et l'autre 
cas, la langue du manuscrit ne permet pas de considérer 
ces formes comme mutilées. — Des observations sont faites 
par MM. Bauer, Bréal et Bonnardot. 

M. Mohl termine en soumettant à la Société les conclu- 
sions auxquelles Ta conduit une étude historique du génitif 
singulier en -ago des adjectifs déterminés dans la langue 
russe. Cette désinence, calquée sur celle du slavon, n'aurait 
qu'une valeur orthographique. D'après les exemples recueillis 
par M. Môhl dans les textes du moyen âge, la véritable forme, 
dans l'ancien russe, est -ogo, flexion empruntée au pronom. 
Dans la langue moderne, l'orthographe -ago couvre en réalité 
une prononciation -ova, -eva, introduite d'après les génitifs 
des adjectifs possessifs en -ov, -ev. C'est là un exemple 
remarquable d'un suffixe de dérivation utilisé comme flexion 
casuelle. — M. Bréal rappelle que, dans beaucoup de langues 
indo-européennes, le pronom personnel s'est refait un génitif 
à peu près de la même façon, à l'aide de l'adjectif possessif, 
par exemple en gotique meina, en latin mei, etc. 

A propos de la même communication, M. Ploix pose une 
question sur la valeur du slavon russe comme idiome usuel. 
Une discussion s'engage à ce sujet entre MM. Ploix, Bauer 
et Môhl ; il s'agit de déterminer dans quelle mesure le 
terme de langue vivante peut s'appliquer à un idiome plus 
ou moins conventionnel et parlé seulement par les clercs. 
— D'autres observations sont faites par M. Bréal. 



— IV — 

M. Bréal fait l'étymologie du latin invîtare qui dériverait 
de invitas. — Des observations sont faites par MM. Duval 
et Bauer. Répondant à une question de M. Ploix, M. Bréal 
ajoute que ùivitus lui-môme a été interprété par * m-vieitus ; 
cf. grec b-Fi*M*. 

Au moment de lever la séance, la Société décide d'adresser 
des remerciements à M. 0. Gréard, vice-recteur de l'Aca- 
démie de Paris, qui a bien voulu mettre dès aujourd'hui à 
la disposition de la Société la salle de l'ancienne Faculté 
de Théologie, à la Sorbonne. Les travaux de reconstruction 
de la Sorbonne ayant nécessité la démolition des bâtiments 
Gerson, c'est en effet dans cette salle (Sorbonne, escalier 3, 
au premier étage) que se tiendront dorénavant les séances. 

La séance est levée à dix heures. 



Séance du 24 Novembre 1888. 

Présidence de M. Halévy. 

Présents : MM. Bonnardot, Psichari, Bréal, Halévy, de 
Berchem, Guieysse, Bauer, Môhl, de Saussure, Ploix, prince 
Bibesco, Berger. 

Assistant étranger : M. Boyer. 

Le précédent procès- ver bal est lu et adopté. 

Élection. Est élu membre de la Société : M. Elliott. 

Présentation. MM. Bréal et Havet présentent pour être 
membre de la Société : M. Boyer, 85, boulevard de Port- 
Royal, à Paris. 

Hommages. Voir p. xxx. 

Nécrologie. M. le Président annonce la mort de M. Arsène 
Darmesteter et se fait l'interprète des sentiments qu'inspire 
i la Société la perte de ce savant de haute valeur enlevé à la 
fleur de l'âge aux études romanes. 

Communications. M. Bréal traite de l'origine de la 
distinction du féminin et du masculin dans la grammaire 
indo-européenne, s'attachant particulièrement à réfuter la 
conjecture de M. Brugmann, d'après laquelle la finale -â 
serait devenue le signe, et aurait engendré l'idée d'un genre 
opposé au masculin simplement par accident et par analogie 



— V — 



de quelques inots typiques, tels que gnà « femme », mâmâ 
« maman ». M. Bréal pense que la distinction des genres 
masculin et féminin a ses premières origines dans le pronom, 
où elle est naturelle et presque indispensable. 

Des observations sont présentées par M. Halévy, qui 
regarde soit le pronom soit l'adjectif comme appartenant à 
une période du langage déjà très avancée, la parole ayant 
probablement commencé par de simples impositions de noms 
aux objets, et non par la dénomination des qualités qu'on 
pouvait abstraire de ces objets. 

M. Bréal présente l'idée opposée. Tout semble nous ensei- 
gner que l'adjectif a précédé le substantif, au moins quand 
on s'en tient à la période des langues à grammaire, la seule 
accessible à notre investigation. 

M. Berger fait une communication relative à une habitude 
de l'écriture sémitique, qui est d'écrire simple une consonne 
double. On ne pensait pas que cette règle fût applicable au 
cas où la consonne double se répartit sur deux mots. Mais 
M. Berger trouve, dans les inscriptions carthaginoises, 
qu'après nadra\ forme féminine du verbe, on a un seul 
aleph au lieu de deux si le mot suivant commence lui- 
même par aleph, — sans qu'on ait le droit cependant de lire 
nadar, qui serait la forme masculine correspondante. 

Des observations sont faites par MM. Bréal, Ploix, 
Halévy. M. Halévy objecte que l'aleph n'apparaît que dans 
la période punique ; primitivement les voyelles ne sont 
aucunement exprimées, ce qui empêche toute distinction 
entre nadra 9 et nadar. M. Berger répond que cette circons- 
tance est indifférente, puisque, dans des inscriptions contem- 
poraines, nadra' est constamment muni de son aleph dans 
les cas décisifs, c'est-à-dire quand le mot suivant commence 
par une consonne. 

M. Halévy fait une communication sur un mot assyrien, 
pilaht, qui désigne une sorte de hache portée par les dieux. 
C'est de là que serait venu le grec *&exuç, peut-être par 
l'intermédiaire des Phéniciens. — M. Bréal dit qu'on ne 
saurait oublier le sanscrit paraçu. Il faut vraisemblable- 
ment admettre que l'objet a voyagé, en gardant son nom, 
dans toute la région comprise entre l'Inde et la Grèce. 



— vj — 

M. Halévy mentionne ensuite l'assyrien pilegeé « concu- 
bine » comme un mot probablement emprunté au grec TtaXXaÇ, 
et indiquant un très ancien commerce d'esclaves entre les 
deux pays. Des observations sont faites par MM. Bréal, Ploix. 

M. Halévy identifie enfin le Tarsis biblique avec la ville de 
Tarrha en Crète, la première ville grecque où devaient 
aborder les navigateurs phéniciens venant de la Cyrénaïque. 



SÉANCE DU 8 DÉCEMBRE 1888. 
Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. Bréal, Berger, Boyer, Bonnardot, Bauer, 
Dottin, Mohi, Guieysse, Psichari, Ploix, de Saussure. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Election. M. Bover est élu membre de la Société. 

Hommages. Voir p. xxx. 

Nécrologie. M. Bréal annonce la mort de notre confrère 
M. Schœbel. Il s'occupait de philologie sanscrite et spécia- 
lement de philosophie indienne. Ses mémoires ont été plu- 
sieurs fois récompensés par l'Institut. 

Communications. M. Psichari communique les observa- 
tions qu'il a faites au sujet de la suppression connue d'un r 
ou d'un / final dans le parler français actuel, et qui fait que 
quatre jours, par exemple, se prononcera/ zur. M. Psichari 
fait remarquer que de là naissent des groupes de consonnes 
insolites, ainsi p-p dans exemple) probant. Il cherche à fixer 
d autre part sous quelles influences le sujet parlant restitue 
de temps en temps la forme pleine pour la forme écourtée. 

Une conversation s'engage à ce sujet entre plusieurs 
membres. M. Ploix et M. de Saussure disent que la chute 
de / r n'est qu'un contre-coup de la non- prononciation d'i 
muet, et que la question devient ainsi beaucoup plus vaste. 

M. Bréal présente une étymologie du grec àyupriva), où 
l'esprit rude n'a pas.de valeur étymologique, et que. Ton 
peut rapprocher de *[jxXaxi'9x<i>, parent lui-même de paXa- 
xdç. L'idée première de àjjupTova) « manquer le but »est celle 
de la flèche qui s'aplatit au lieu de pénétrer. Des observa- 
tions sont faites par M. de Saussure. 



• * 

M. Guieysse fait une communication sur le patois anglais 
des nègres du Missouri, tel qu'il a été recueilli par 
M. Twaine. Un certain nombre de faits phonétiques d'une 
grande constance peuvent y être relevés. Le th doux devient 
d\ le th dur intérieur devient/; les groupes ld,ndk\a, fin du 
mot perdent la seconde consonne : en=and, chile=chHd, etc. 
Des observations sont faites par MM. Ploix, de Saussure, 
Bonnardot. 

Commission. Sont désignés comme membres de la Com- 
mission de vérification des comptes : MM. Bauer, Dottin, 
Môhl. 

SÉANCE DU 22 DÉCEMBRE 1888. 
Présidence de M. Halévy. 

Présents : MM. de Rochemonteix, R. Du val, Halévy, 
Bréal, Bauer, Berger, Bonnardot, Dottin, Guieysse, Môhl. 

Assistant étranger : M. Ssaineano. 

La séance est ouverte à neuf heures. 

M. Môhl remplace au bureau M. le Secrétaire adjoint, 
absent de Paris, et donne lecture du procès-verbal de la 
dernière séance, qui est adopté. 

Motions. M. Môhl, au nom de M. James Jackson, appelle 
l'attention de la Société sur l'état des tomes III et IV de 
notre Bulletin, qui sont dépourvus de titres, et propose de 
faire imprimer ces titres afin de satisfaire aux demandes 
de nos confrères. 

Cette première proposition est adoptée. Une seconde pro- 
position, tendant à abandonner les chiffres romains pour les 
chiffres arabes dans la pagination du Bulletin, ne saurait 
être accueillie sans enfreindre l'article 42 des Statuts, qui 
prescrit une pagination différente pour les Mémoires et le 
Bulletin. 

Hommages. Voir p. xxx. 

Nécrologie. M. le Président annonce trois pertes nou- 
velles que la Société vient de faire et qui seront doulou- 
reusement ressenties. La Société, encore toute pleine des 
sentiments de regret que lui ont causés les morts si sou- 
daines de MM. Bergaigne, A. Darmesteter et Schœbel, est 



— viij — 

en effet de nouveau atteinte par celles de MM. le comte 
Riant, Nigoles et Georgian. M. Halévy rappelle les travaux 
de nos confrères et l'intérêt qu'ils prenaient tous à l'œuvre 
commune de la Société. Leur perte laisse dans nos rangs 
des vides pénibles et termine Tannée de la façon la plus 
douloureuse. 

Nouvelles. M. Bréal annonce que notre confrère, M. Mon- 
seur, vient d'être nommé professeur de sanscrit à l'Univer- 
sité libre de Bruxelles. M. le Président se fait l'interprète 
des sentiments sympathiques que cette nomination inspire à 
la Société. 

M. Halévy ajoute qu'au moment de quitter le fauteuil de 
président, il tient à remercier la Société de la marque d'es- 
time qu'elle lui a donnée en l'appelant à présider cette année 
ses discussions scientifiques. 

Quoique porté plus particulièrement par ses travaux per- 
sonnels vers l'étude des idiomes sémitiques, il se réjouit 
d'avoir pu présider des démonstrations où la philologie 
indo européenne, plus avancée, devait avoir la plus grande 
part, et il veut voir surtout dans le choix de la Société un 
encouragement adressé à la philologie sémitique. M. Halévy 
termine en félicitant ses confrères de la précision et de la 
méthode de plus en plus rigoureuse qu'ils ont su apporter 
à des études d'un caractère si élevé et si désintéressé. 

Rapport. M. Bauer donne lecture du rapport de la 
Commission de vérification des comptes : 

Messieurs, 

La Commission de vérification des comptes s'est réunie 
le vendredi 21 décembre, à cinq heures et demie, chez votre 
trésorier ; elle a examiné la tenue des livres et vérifié les 
comptes. 

Les recettes se sont élevées, pour l'exercice 1888, à la 
somme de 8,923 fr. 21 , qui se décomposent de la manière 
suivante : 



— IX — 

Reliquat de l'exercice 1887 3 . 617 fr. 60 

Legs Ascoli 1 .500 » 

Allocation du ministère 1 .200 » 

Intérêts et rentes 600 60 

Vente de publications 61 45 

61 cotisations arriérées 731 56 

101 cotisations de l'exercice cou- 
rant 1 .212 » 



8.923 fr. 21 



D'autre part, les dépenses ont été de 4,466 fr. 10 ; soit : 

Frais de publication 2.308 fr. 05 

Achat de 50 fr. de rentes 3 0/0.. 1 . 376 45 

Indemnité à l'Administrateur ad- 
joint 400 » 

Frais d'administration 120 40 

Entretien de la salle, chauffage, 
éclairage, gages du concierge et 

étrennes 161 60 

Frais de garde et d'échange de 

titres 11 » 

Envois de publications 5 25 

Frais de poste et de recouvrement . 83 35 

4.466 fr. 10 

Recettes 8.923 fr. 21 

Dépenses 4.466 10 

En caisse 4.457 fr. 11 

La Commission a donc arrêté les comptes à la somme 
de 4,457 fr. 11 en caisse. Si de cette somme on déduit les 
1,500 fr. du legs Ascoli, qui ont une destination spéciale, il 
reste en caisse une somme disponible de 2,957 fr. 11, sur 
laquelle la Commission vous demande d'autoriser le trésorier 
à acheter un titre de 50 fr. de rentes 3 0/0 au porteur, ce 
qui portera les rentes que possède la Société à 750 fr. , dont 
600 fr. en un titre nominatif, 50 fr. en un titre au porteur 



— X — 



déposé à l'Imprimerie Nationale, et 100 fr. de rentes 3 0/0 
au porteur déposés à la Société Générale. 

Signé : Bauer, Dottin, Mohl. 

M. Berger prend ensuite la parole : 

« Messieurs, le rapport que vous venez d'entendre ré- 
clame quelques explications que je demande la permission 
de présenter à la Société. 

« Deux faits ont marqué, cette année, l'existence finan- 
cière de la Société : le legs Ascoli, dont M. le Secrétaire 
vous a entretenus, et le placement des fonds de la Société à 
la Société Générale. Conformément à la résolution prise par 
la Société de Linguistique, il y a bientôt un an, votre tréso- 
rier a déposé les titres de rentes qu'il avait entre les mains 
à la Société Générale ; puis il s'est mis en mesure de faire 
convertir les 600 fr. de rentes au porteur qui étaient dispo- 
nibles en un titre nominatif. Après des négociations qui ont 
duré un certain temps, cette opération a abouti, et je puis 
vous annoncer aujourd'hui que la Société possède un titre 
nominatif de 600 fr. de rentes 3 0/0. D'autre part, j'ai 
acheté cette année 50 fr. de rentes au porteur qui ont éga- 
lement été déposés à la Société Générale ; j'y ai enfin aussi 
déposé les 1,500 fr. provenant du legs Ascoli, ainsi que 
diverses autres sommes dont le détail se trouve sur le carnet 
de comptes visé par la Société Générale. Les titres de rentes 
de la Société se trouvent ainsi placés à l'abri des accidents 
qui peuvent atteindre les individus. Il sera' facile, si on le 
désire, de généraliser cette mesure et de déposer à la So- 
ciété Générale la totalité ou la presque totalité des sommes 
qui forment la caisse de la Société. 

« D'autre part, grâce au recouvrement des cotisations par 
la poste, le nombre des cotisations touchées s'est sensible- 
ment accru. Des 200 membres dont se compose la Société 
de Linguistique, 40 sont membres perpétuels, 160 seulement 
paient des cotisations annuelles. Sur ces 160 membres ordi- 
naires, il a été perru cette année 162 cotisations, dont 
61 cotisations arriérées et 101 pour l'exercice courant. Ce 
nombre, qui pourra encore être dépassé par l'extension, à 



— xj - 

l'étranger, des recouvrements postaux, est supérieur i celui 
des années précédentes. On remarquera en particulier le 
grand nombre des cotisations arriérées qui sont rentrées 
cette année. Ce résultat, dont il faut se réjouir, a eu pour 
contre-partie la radiation de quatre ou cinq membres de la 
Société, dont on avait perdu la trace ou qui ne payaient plus 
depuis longtemps leurs cotisations. Nous avons eu en outre 
à enregistrer trois démissions ; enfin la mort nous a atteints 
cette année plus cruellement qu'aucune des années précé- 
dentes ; elle nous a enlevé sept de nos confrères depuis la 
clôture du dernier exercice : MM. Marcel Devic, Chassang, 
Darmesteter, Georgian, Nigoles, Schœbel et le comte Riant. 
Nous nous trouvons ainsi ramenés momentanément au 
nombre de 200 que nous avions dépassé depuis deux ou trois 
ans. Malgré cette diminution qui nous est doublement sen- 
sible, je crois que la situation financière de la Société peut 
être envisagée sans crainte. 

« En remerciant la Société de la confiance qu'elle m'a 
toujours témoignée, je viens la prier aujourd'hui de vouloir 
bien me décharger des fonctions de trésorier. Il y a quinze 
ans qu'elle me les a confiées ; quand je les ai acceptées, je 
ne pensais pas les conserver aussi longtemps. Je crois qu'il 
est bon que d'autres prennent aussi leur part de la tâche 
commune. D'ailleurs, le développement qu'ont pris les 
finances de la Société, et qui est dû, je n'ai pas besoin de le 
rappeler, à d'autres qu'à moi, exige des aptitudes qui me 
manquent et un temps dont il m'est de plus en plus difficile 
de disposer. Lies mesures financières qui ont été prises cette 
année faciliteront la transmission des fonctions de trésorier 
et me permettront de les quitter avec plus de tranquillité. 

« J'emporterai un souvenir profondément reconnaissant 
de l'honneur que m'ont fait mes confrères et plus encore de 
leur affection, et je ne cesserai d'être trésorier que pour 
participer, plus activement que par le passé, je l'espère, 
aux travaux de la Société. » 

M. Halévy et M. Bréal, sans chercher à faire revenir 
M. le Trésorier sur sa détermination, expriment les senti- 
ments de profond regret que sa démission inspire à la So- 



- X1J - 

ciété, qui trouvait en lui un auxiliaire puissant et qui, depuis 
tant d'années, admirait l'activité et le zèle qu'il déployait 
dans ses difficiles fonctions. M. Bréal insiste sur les grands 
services que M. Berger a rendus à la Société qui lui est 
redevable, pour une large part, de l'état de prospérité qu'elle 
a atteint aujourd'hui ; il espère du moins que M. Berger 
voudra bien continuer quelques semaines encore à s'occuper 
des intérêts de la Société jusqu'à ce qu'elle ait pu lui trouver 
un successeur. M. Berger répond qu'il est profondément 
touché des sentiments de ses confrères à son égard et qu'il 
ne saurait abandonner son poste qu'après avoir remis ses 
livres entre les mains du nouveau Trésorier. 

L'achat d'un titre de 50 fr. de rentes 3/0 au porteur, pro- 
posé par la Commission, est adopté. 

Bibliothèque. M. Dottin, bibliothécaire, signale à la 
Société les conditions désavantageuses où se trouve notre 
bibliothèque qui, prenant de jour en jour du développement, 
est de plus en plus à l'étroit dans la salle de l'École libre 
des Sciences politiques où nos volumes sont déposés. 

La Société répond que l'observation de M. le Bibliothé- 
caire sera prise en considération et qu'on s'efforcera d'adop- 
ter d'autres dispositions. Le bureau est chargé d'examiner 
la question et de prendre des mesures en conséquence. 

Election du bureau. M. Bonnardot, vice-président, 
tout en remerciant la Société de l'avoir appelé aux fonctions 
qu'il a occupées cette année, décline toute candidature à la 
Présidence pour l'année 1889. 

Le scrutin est ouvert pour l'élection du bureau de 1889. 
Sont élus : 

Président : M. Ch. Ploix. 

l ,r Vice-Président : M. F. Bonnardot. 

2* Vice-Président: M. M. de Rochemonteix. 

Secrétaire : M. Michel Bréal. 

Secrétaire adjoint : M. F. de Saussure. 

Administrateur : M. Jean Psichari. 

Trésorier : M. N... 

Bibliothécaire : M. G. Dottin. 

Membres du Comité de publication: MM. d'Arbois de 



— Illj — 

Jubainville, Rubens Duval, Louis Havet, Louis Léger, 
6. Paris, Renan. 

M. Ph. Berger remplira provisoirement les fonctions de 
trésorier. 

La séance est levée à 10 heures. 



Séancb du 12 Janvier 1889. 

Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. de Rochemonteix, Baize, prince Bibesco, 
Bréal, Berger, Bonnardot, Bauer, Boyer, Dottin, Môhl. 

Assistant étranger: M. Ssaineano. 

La séance est ouverte à huit heures et demie. 

M. Môhl donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance, qui est adopté. 

Présentation. M. Bréal présente, avec M. V. Henry, 
pour être membre de la Société. M. Jean-Baptiste Dutilleul, 
23, rue Leverrier, à Paris. 

Nouvelles. M. le Secrétaire annonce que notre confrère, 
M. Victor Henry, vient d'être nommé professeur de sanscrit 
et de grammaire comparée à la Faculté des Lettres de 
Paris, en remplacement du regretté Abel Bergaigne. — En 
même temps, notre confrère, M. Louis Duvau, succède à 
M. Henry auprès de la Faculté de Lille. 

M. le Président se fait l'interprète des sentiments de 
satisfaction que cause i la Société cette double nomination. 

Hommages. Voir p. xxx. 

Communications. Il est donné lecture de deux com- 
munications de M. Duvau : la première touchant le vieil 
irlandais cûach « coupe » = *côcos ou *concos, identifié 
avec le grec xé-fyoç, sanscrit çankha ; — la seconde sur le 
latin crûdus = 'crovldos, *crevido$, tiré d'un mot corres- 
pondant au sanscrit kravis, au grec xpéa;. 

Ed ce qui concerne le vieil irlandais cûach, M. Dottin 
remarque que la diphtongaison de ô en ûa est douteuse, s'il 
faut supposer la perte d'une nasale. 

M. Bréal fait également certaines réserves au sujet du 
développement de crûdus en latin. L'analogie de caleo: 



— XIV — 

calidus, tvmeo: tumidus, etc. , montre en effet que les adjectifs 
de cette formation proviennent plutôt de verbes que de 
substantifs ; ainsi, crûdus remonterait directement à *crueo 9 
cruêre, de la même racine que cruor et que crus, cruris « la 
partie charnue de la jambe ». 

M. Berger entretient la Société des difficultés nombreuses 
que présente l'interprétation des inscriptions phéniciennes 
découvertes en Algérie sur des urnes funéraires. Ces 
inscriptions sont précieuses à plus d'un titre et leur dé- 
chiffrement fournira certainement d'importants documents 
à l'épigraphie sémitique. Dès maintenant, on peut y 
reconnaître çà et là des formules curieuses, par exemple 
les mots mahasan ozamïm, placés en tête d'un certain 
nombre de ces monuments et que M. Berger croit pouvoir 
traduire par « boite à ossements ». Ailleurs, on lit le mot 
bëhajjô' qui représente sans doute bêyajjô' « pendant sa 
vie » et qui atteste la confusion des gutturales dans l'or- 
thographe de ces textes. 

Ces inscriptions présentent encore un autre intérêt : en 
effet, elles montrent une écriture intermédiaire entre le 
paléo-punique et le néo-punique qui apparaissent seuls sur 
les monuments de Cartilage. Il faut en conclure que, con- 
trairement à l'opinion de quelques savants, les inscriptions 
paléo-puniques de Carthage sont bien réellement antérieures 
à sa destruction par les Romains et que sa restauration n'a 
commencé qu'avec le néo-punique, puisque ses monuments 
sont muets sur l'époque intermédiaire. 

M. Bréal fait l'étyraologie du latin caelum « ciel », qui 
semble tiré du verbe caedo « couper » et qui s'employa 
d'abord comme terme d'architecture pour désigner une 
« voûte ». L'histoire est à peu près la même pour les mots 
germaniques qui désignent le « ciel » et pour le zend asman 
qui signifie à la fois « pierre » et « ciel ». — M. Berger 
compare en hébreu le mot raqia « firmamentum », du verbe 
râqa « repousser au marteau ». 

M. Bréal traite ensuite de l'irradiation grammaticale, 
phénomène par lequel un suffixe adopte dans la langue une 
signification spéciale due aux radicaux avec lesquels il fut 
tout d'abord employé. C'est ainsi qu'en grec les verbes en -tiu>, 



— X¥ — 



comme x«pto*§ « avoir mal à la main », poXu68tcc<» « avoir le 
teint plombé», iXXv^spdcw « avoir besoin d'hellébore », etc., 
se sont étendus dans le vocabulaire médical grâce à quelques 
termes primitifs tels que pzvu, foAi\>.lx, vawxfe, etc. De 
même les verbes en -tiÇu, employés dans le langage 
religieux, par exemple (baïaÇw « offrir un sacrifice », toOpidcÇu, 
bfa>oia(«», etc., doivent leur origine à des primitifs comme 
xvdtiÇ<»>t de irjOtaç. Ainsi encore, en latin, les verbes en $co, 
qui ont reçu leur développement d'après adolesco, senesco. 

Séance du 26 Janvier 1889. 

Présidence de M. de Charencev. 

Présents: MM. Bréal, Boyer, Dottin, de Charencey, de 
Saussure, Môhl, prince Bibesco, Bauer, Dutilleul. 

Assistants étrangers : MM. Ssaineano, Meillet. 

Le précédent procès-verbal est lu et adopté. 

Hommages. Voir p. xxxj. 

Election. Est élu membre de la Société: M. Dutilleul. 

Présentations. MM. Bréal et Maspéro présentent pour 
être membre de la Société : M. Terrien de Lacouperie, 54, 
Bishop's Terrace, Walham Green, Londres. — MM. Bréal 
et Guieysse présentent: M. Marcel Schwob, 1, rue de 
Seine, Paris. 

Communications. M. Boyer traite du vieil irlandais bri 
« montagne ». On indique comme accusatif brigh et breg, 
comme gén. sing. breg, etc. Mais les textes très anciens 
ne connaissent pas de g; on trouve accusatif bri. M. Boyer 
suppose, en conséquence, que bri est le mot correspondant 
au scr. giri « montagne », slavon gora, et que son b 
représente g vélaire primitif. Des observations sont faites 
par MM. Bréal, de Saussure, Dottin. M. Dottin élève une 
objection au nom du gaulois briga, où le g est manifeste, et 
qu'on s'accorde à comparer au germanique burg (hauteur 
fortifiée). M. Boyer insiste à nouveau sur le fait que les 
premiers textes irlandais ne montrent pas le g. 

M. Bréal développe devant la Société cette thèse qu'une 
forme grammaticale, ainsi que Ta affirmé M. Schuchardt, 
peut fort bien s'emprunter d'une langue à l'autre. Sur ce 



- xvj — 

principe, il est permis de voir dans les féminins du vieux 
haut allemand en -m désignant des personnes, cuningin 
« reine », etc., une imitation du lat. regina, gallina. — Il 
est possible aussi d'interpréter le passif celtique en -r 
comme un emprunt fait aux langues italiques, à une époque 
où les deux domaines linguistiques se reliaient entre eux 
par une série de transitions insensibles. Des observations 
sont faites par MM. de Charencey, de Saussure, Dottin. 
M. Dottin dit que le passif en -r irlandais n'est au fond 
qu'un verbe impersonnel, où le sens passif même est douteux. 

M. de Saussure fait une communication sur certains 
détails de la versification homérique. En dehors de la césure, 
qu'il n'examine pas, il faudrait selon lui reconnaître une 
valeur à la fin de mot. En effet, le troisième pied contient 
une^n de mot 99 fois sur 100, ce qui ne peut être dû 
au hasard; mais, de l'aveu même des théoriciens de la 
césure, celle-ci ne saurait expliquer le fait, puisqu'ils la 
placent continuellement ailleurs qu'au troisième pied. Ainsi 
le vers homérique ne réclame pas évidemment une césure, 
mais réclame évidemment une fin de mot au troisième 
pied, et il devient légitime d'opérer, d'une manière générale, 
avec le principe de la fin de mot, que cette fin de mot 
constitue ou non une césure selon l'appréciation toute per- 
sonnelle et précaire des métriciens. Ce principe posé, il 
devient intéressant de constater que le premier pied doit 
autant que possible finir avec une fin de mot (wç <prco, etc.), 
ce qui arrive en moyenne 55 fois sur 100; le chant A est 
unique à cet égard avec 46 0/0 et presque comparable à la 
Batrachomyomachie qui tombe à 44 0/0. — D'autre part, 
on constate ce fait bizarre que le nombre des vers où le 
premier pied finit avec un mot est dans chaque chant en 
raison inverse de ceux où le quatrième pied finit ainsi. 
Quand le premier chiffre dépasse 52 1/2 0/0, l'autre tombe 
au-dessous de 61 1/2 0/0, et réciproquement sans exception. 

Des observations sont faites par M. Bréal. 



— XVlj — 



SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1889. 
Présidence de M. de Charencey. 

Présents: MM. Psichari, Dottin, Bréal, Môhl, de Cha- 
rencey, Guieysse, Boyer, prince Bibesco, Berger, Nommés, 
R. Duval, Bauer, de Saussure, Schwob. 

Assistants étrangers: MM. Meillet, Ssaineano. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Hommage. Voir p. xxxj. 

Elections. Sont élus membres de la Société : MM. Ter- 
rien de Lacouperie et Marcel Schwob. 

Présentations. MM. Michel Bréal et Louis Havet pré- 
sentent pour être membre de la Société: M. Meillet, 24, 
boulevard Saint-Michel, à Paris. — MM. Bréal et Loth 
présentent : M. Audouin, professeur au lycée de Rennes. 

Nouvelles et vote. M. Psichari annonce que notre con- 
frère, M. l'abbé Rousselot, s'occupe en ce moment de jeter 
les bases d'une Société qui prendra le nom de Société des 
Parler* de France. Le but de cette association est défini 
dans un prospectus auquel M. Psichari demande à la Société 
d'accorder la publicité de son Bulletin. La proposition est 
adoptée par vote à main levée. 

Communications. M. Bréal fait une communication sur 
le latin rabies qui lui paraît être un terme médical d'im- 
portation grecque. Il faut probablement chercher le mot 
qui a pu servir de modèle dans la famille de ^épSu « tourner 
sur soi-même ». M. Berger fait remarquer toutefois que la 
course du chien enragé ressemble plutôt à un zig-zag désor- 
donné qu'à un mouvement circulaire. „ 

M. Bréal étudie ensuite dans sa formation le grec izpo- 
vwinfc et montre qu'il repose sur une simple imitation d'sv- 
«xfo. Pollux dit qu'on distingue au théâtre trois sortes 
d'objets: xà evamti les objets en vue, c'est-à-dire placés 
sur la scène, xi ôvuzta ceux qui sont dans la coulisse, et 
xi xpcviixta ce qui entre en scène. Ce sont les emplois de ce 
genre qui ont pu conduire à affubler irpovumfc d'un v que 
l'étymologie n'explique pas. 

è 



• • • 

— ivnj — 

En dernier lieu, M. Bréal traite du nom romain Sal> 
lustius ou Salins tus; c'est une formation semblable à onustus, 
et qui indique un ancien neutre * sallus « santé ». — Par- 
lant à ce propos de tellus, M. Bréal dit que le masculin 
Tellumo, avec la môme finale que dans Lucumo, doit faire 
soupçonner une origine étrurienne au culte si archaïque de 
Tellus. 

M. de Charencey, cédant le fauteuil à M. Rubens Duval, 
communique une nouvelle série d'étymologies basques, 
montrant à nouveau que le lexique de cet idiome est en 
grande partie composé d'emprunts aux langues romanes. 

M. Guieysse entretient la Société du pronom idem, dont 
les éléments ne sont pas, selon lui, à l'origine is + dem, 
mais is + em. Le d serait parti de quelques formes comme 
l'ablatif eôd-em eâd-em, et le nom in. -ace. sing. neutre 
td-em, ce dernier identique au sanscrit id-am. Des obser- 
vations sont faites par M. de Saussure. 

M. de Saussure présente quelques remarques sur le 
grec KoXXéç alternant avec «oXuç. Notre confrère, M. Wacker- 
nagel, a montré qu'il était phonétiquement impossible de 
ramener cette forme à *ito\F6ç, et proposé comme remède 
un primitif **oXv6ç = scr. pûrnds « plein ». Mais à son tour le 
groupe Xv n'est pas ordinairement traité de cette façon, et 
la seule solution satisfaisante est en réalité de poser * toX- 
jàç. Au point de vue morphologique, il y a lieu peut-être de 
rapprocher la flexion des adjectifs en -t* lituaniens : grazùs, 
dat. grazidm, et gotiques : hardus, dat. hardjamma. 

M. Mohl pose une question à M. Psichari sur le néo-grec 
foOgra « le poing » = rcux-rij (x<(p), d'après l'étymologie pro- 
posée dans les Mémoires, t. VI, p. 903. Au point de vue 
de la voyelle finale aussi bien qu'au point de vue de l'ac- 
cent, il y aurait peut-être lieu de comparer l'attique ^ «pu^a 
« la poupe » en regard de l'homérique icpu^ wflç, — ou 
encore yQpoç « cercle », substantif, à côté de yvpàq « rond », 
adjectif, etc. 

La question est discutée entre MM. Psichari et Mohl et 
divers membres. 



— HZ — 



SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1889. 
Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. Nommés, Dutilleul, de Charencey, Bon- 
nardot, Bréal, Bauer, de Rochemonteix, Boyer, Schwob, 
Meillet, Mohl. 

La séance est ouverte à huit heures trois quarts. M. Mohl 
occupe au bureau le fauteuil de M. le Secrétaire adjoint, 
qui se fait excuser de ne pouvoir assister à la séance. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Élections. MM. Audouin et Meillet sont élus membres 
de la Société. 

Présentation. M. Mohl présente, au nom de MM. de 
Saussure et Psichari : M. Gasc-D es fossés, élève de l'Ecole 
des Hautes-Etudes, 76, rue de la Pompe, à Paris. 

Hommage. Voir p. xxxj. 

Correspondance. M. Bréal donne lecture d'une lettre 
dans laquelle M. Pasteur interroge notre confrère sur la 
possibilité de substituer au mot bactériologie un terme plus 
avantageux, par exemple microbie. La Société, consultée 
par M. Bréal, examine les droits que l'expression nouvelle 
peut avoir à l'existence,' en tant que signifiant « science des 
microbes ». Malgré l'analogie de pharmacie et de chimie, 
M. Mohl fait remarquer que le suffixe -i* a perdu aujourd'hui 
la faculté de désigner une science ; il paraît mort dans cette 
signification. M. de Charencey, appuyé par plusieurs voix, 
propose microbique, d'après botanique, obstétrique, etc. 
D'autre part, M. Boyer constate qu'un mot microbiologie 
n aurait guère chance de supplanter bactériologie qui, bien 
que peu exact et d'une compréhension trop restreinte, 
semble déjà s'être complètement acclimaté dans l'usage 
courant de la médecine. 

Communication. M. Schwob entretient la Société des 
méthodes erronées qui ont été suivies jusqu'ici dans 
l'étude de l'argot par la plupart des personnes qui s'en sont 
occupées, notamment par M. Francisque-Michel. Géné- 
ralement, on néglige complètement l'histoire des formes 



— IX — 

argotiques que, par une tendance fâcheuse, on s'efforce 
d'expliquer systématiquement par des métaphores plus 
ou moins imagées. En réalité, depuis les premiers mo- 
numents que nous possédons du « jargon » français, par 
exemple les ballades bien connues de Villon, jusqu'à nos 
jours, la langue verte a eu, comme toute espèce de langage, 
un développement historique dont il faut tenir compte ; à 
côté des déformations volontaires et conscientes des mots, 
dans lesquelles l'anagramme joue le principal rôle, il y a 
donc dans l'argot une série de faits phonétiques, analogiques, 
sémantiques ou de dérivation, qu'il faut séparer des for- 
mations artificielles. Enfin, les formations artificielles 
elles-mêmes prennent dans la langue un rôle spécial toutes 
les fois que, pour une raison ou pour une autre, on vient 
à en perdre la clé et que leur origine n'apparaît plus avec 
clarté. 

Des observations sont faites par MM. de Charencey, 
Bréal, Bonnardot. 

La séance est levée à dix heures. 



Séance du 9 Mars 1889. 

Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. Zvetaïev, V. Henry, de Charencey, 
Nommés, Bréal, Bauer, Bonnardot, R. Duval, Gasc- 
Desfossés, Boyer, Psichari, Dutilleul, Meillet, Guieysse, 
Schwob, Môhl. 

Assistant étranger : M. Auguste Bréal. 

La séance est ouverte à huit heures et demie. 

M. Môhl remplace au bureau M. le Secrétaire adjoint, 
empêché, et donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance, qui est adopté. 

Correspondance. M. Bréal lit une lettre par laquelle 
notre Président, M. Ploix, en ce moment absent de Paris, 
annonce qu'il vient d'être informé de son élévation à la 
présidence et envoie ses remerciements & la Société. 

Election. M. Gasc-Desfossés est élu membre de la Société. 

Hommage. Voir p. xxxj. 



Communications. M. Schwob, continuant ses observa- 
tions sor l'argot, lit un travail qu'il a rédigé en collabora- 
tion avec M. Guieysse sur les suffixes argotiques considérés 
spécialement comme éléments de déformation. Ce caractère 
particulier explique les fréquentes substitutions de suffixes 
qu'on remarque dans l'argot, ainsi que les altérations pro- 
fondes que subissent les racines, réduites parfois à la lettre 
initiale, par ex. m-oche, de mal; fr-usquin, de froc; etc. 
— M. Schwob passe ensuite en revue un certain nombre de 
mots et de locutions qui ont passé de l'argot dans la langue 
ordinaire : chiquenaude, de chiquer = choquer ; — emmi- 
toufler, de mitoufle « gant », et mitaine, d'un mot mitte 
qu'on retrouve peut-être dans la locution : faire chatte mitte; 
tirés probablement l'un et l'autre du mot main. — M. Schwob 
termine par l'étvmologie du mot argot qui désigna d'abord 
une des trois tribus des truands : Egypte, Bohême et Argot, 
c'est-à-dire Arabie. 

Des observations sont faites par MM. Bréal, R. Duval, 
Dutilleul, de Charencey, Bonnardot. 

M. Bréal communique deux nouvelles inscriptions osques ; 
sur l'une d'elles se trouve l'expression postrel ioklei « le 
lendemain », variante intéressante du zicolom (=* dieculum) 
« jour » de la Table de Bantia. 

Des observations sont faites par M. Zvetaïev. 

M. Bréal fait ensuite l'étymologie des mots latins mûnits, 
dont le sens primitif est « fondation, institution » et qui se 
rattache à mûnia, moenia, et mùrus ; — studeo, emprunté 
an grec T^t-jliù ; — forda ou borda « vache pleine », doublet 
de gravida et de gurda, gurdus, français gourd, dégourdir. 

Des observations sont faites par M. de Charencey. 

La séance est levée à dix heures. 



Séance du 23 Mars 1889. 

Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. Zvetaïev, V. Henry, Nommés, Bon- 
nardot, Dutilleul, Boyer, Schwob, Bauer, Gasc-Desfossés, 
Meillet, Guieysse, Môhl. 



— XXlj — 

La séance est ouverte à huit heures et demie. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Correspondance. M. le Président donne lecture d'une 
lettre par laquelle notre confrère, M. Guimet, invite la 
Société à venir visiter, avant l'ouverture au public, le Musée 
des Religions dont il est le fondateur. 

La Société, acceptant l'invitation de notre confrère, 
décide de se rendre en corps au Musée Guimet ; après une 
courte discussion, la visite est fixée au dimanche 7 avril, à 
2 heures de relevée. Le bureau est chargé d'exprimer à 
M. Guimet les remerciements de la Société et de l'informer 
de la décision prise. 

Communications. M. V. Henry donne lecture d'un article 
de notre confrère, M. Audouin, sur la prothèse de o dans le 
grec ovopuz ; la voyelle prothétique aurait été amenée par la 
nasale sonnante des cas obliques, p. ex. *nmn-ô$ ou *nmnt~às 
= *enmn-os 9 *enmnt-os, èvdjurco;. — Le mot 5vuÇ doit son o 
à la même cause, soit génitif *nqh-6$, *enqh-os, o»jyp;\ 
mais ici la forme avec prothèse vocalique apparaît aussi en 
latin (ungvis) et en v. irl. [inga), en regard du sanscrit 
nakha, du v. slave nogùti, etc. 

M.Henry communique en second lieu une note de M. Duvau 
sur la latin vinnulus « doux, flexible », dérivé de *vinnus, 
qui est proprement un ancien participe passé de vieo « courber 
l'osier ». 

M. Meillet fait une communication sur la nature des guttu- 
rales indo-européennes après u. L'arménien, se comportant 
sur ce point comme les idiomes du groupe européen, dénonce 
plutôt en cette position une gutturale non vélaire. — En 
sanscrit, du reste, on constate quelques hésitations entre les 
deux classes de gutturales après u; ainsi vahâmi, lat. veho, 
avec^„ en regard de ogha, avec y,; — rtiç en regard de 
rue, etc. Ces exemples doivent nous faire conclure, ce 
semble, que les gutturales de l'indo-européen se rappro- 
chaient après u de la série palatale plutôt que de la série 
vélaire et que, en cette position, k iy g t> gh^ dans les 
idiomes du groupe oriental, sont simplement développés 
de k n g u gh x . 
Des observations sont faites par M. Du tilleul. 



• • • 

— IXUJ — 

M. Bonnardot pose une question à M. Schwob sur l'ori- 
gine argotique de l'expression à tire-larigot; l'étymologie 
en parait décidément obscure. M. Nommés signale, à ce 
sujet, le grand nombre de mots allemands qui, à l'heure 
actuelle, semblent vouloir s'introduire dans l'argot de Paris. 

La séance est levée à dix heures. 



Séance du 6 Avril 1889. * 

Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents: MM. Baize, Berger, Bréal, Bonnardot, Bauer, 
R. Duval, Halévy, Nommés, Môhl. 

La séance est ouverte à huit heures et demie. 

M. Môhl donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance qui est adopté. 

Correspondance. M. le Président lit une lettre dans 
laquelle MM. Schwob et Guieysse, répondant à une question 
qui leur avait été posée dans la précédente séance, font 
l'historique de l'expression à tire-larigot. L'argot du xvii 6 
siècle donne le mot le rigo « le gosier », qui suppose un 
simple *got, *go, se rattachant à gouailler, bagout et rigoler. 
Cf. rire à gorge déployée. 

M. Bréal communique une lettre de M. Céloron de Blain- 
ville, directeur du service local de la Cochinchine française, 
qui annonce l'ouverture prochaine à Saigon d'une bibliothèque 
coloniale et demande pour elle l'échange des publications 
de la Société avec les Excursions et Reconnaissances, publiées 
par l'administration de la Cochinchine, et avec le Journal 
Officiel de la colonie. — Le bureau est chargé d'examiner 
les avantages que cet échange peut offrir pour la Société. 

Hommage. Voir p. xxxj. 

Communication. M. Berger entretient la Société d'une 
importante inscription en hébreu carré découverte à Pal- 
myre et contenant deux passages du Deutéronome. Le pre- 
mier a déjà été publié; le second (VII, 15) est inédit; 
M. Berger en met un estampage sous les yeux de la Société. 
L'inscription devait surmonter la porte d'une très vaste 
synagogue; d'après M. Berger, elle remonterait à l'époque 



— XXIV — 

de la grande prospérité de Palmyre ; elle ne lui paraît 
pas en tout cas postérieure au x° siècle. — Cette inscription 
est intéressante au point de vue philologique par la multi- 
plication des lettres de direction jod et vav, notamment 
dans le mot Adonai, où l'usage du vav n'est pas ordinaire 
et qui du reste, comme on sait, est généralement remplacé 
dans l'écriture par son synonyme Jehovah. 

M. Halévy pense que l'emploi des lettres de direction, 
ainsi que les formes relativement modernes du tav, du he 
et du hheth, dénoncent une époque assez récente; il ne croit 
pas en conséquence que l'inscription soit antérieure aux 
premiers khalifes. Peut-être même est-elle d'origine caraïte 
et non talmudique. 

D autres observations «ont faites par MM. R. Duval et 
Bréal. 

M. Bréal traite du latin tergorare « mettre une cuirasse », 
formé de tergum comme armare de armus, — et de strenae 
« lesétrennes », qui nous présente peut-être une prononciation 
populaire pour * saturnuae {feriae), les Saturnales coïnci- 
dant primitivement avec le commencement de l'année. De 
même, strenuus ne signifie peut-être pas autre chose à l'ori- 
gine que « né sous les auspices de Saturne ». 

Des observations sont faites par MM. Bonnardot et 
Berger. 

La séance est levée à dix heures. 



Séance du 27 Avril 1889. 

Présidence de M. Ploix. 

Présents: MM. Ploix, Bréal, V. Henry, Bonnardot, 
Môhl, de Cbarencey, Halévy, de Saussure, Nommes, 
Bauer, de Rochemonteix, Psichari, Berger, Joret. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président prononce une courte allocution, où il 
exprime le regret d'avoir été jusqu'à présent retenu loin de 
nos séances par un séjour en province. 

Hommage. Voir p. xxxj. 



— XX? — 

Nouvelles. M. Bréal annonce que notre confrère, M. Spei- 
jer, est nommé professeur à l'Université de Groningue. 

M. Bréal donne lecture d'une lettre du Ministère de 
l'Instruction publique invitant la Société à nommer des 
délégués pour le Congrès annuel des Sociétés savantes. 
Sont désignés : MM. Berger, Bonnardot, V. Henry, Môhl. 

Présentation. MM. Bréal et Schwob présentent pour 
être membre de la Société : M. le docteur Antonio Penaflel, 
membre de l'Académie de médecine de Mexico. 

Communications. M. de Rocheraonteix lit la préface d'un 
travail qu'il vient d'entreprendre sur la langue des tribus 
Bedah répandues à l'orient de l'Egypte, entre le 30° et 
le 16° degré de latitude nord. Il fait l'analyse de la con- 
jugaison bichari, dont les affixes présentent une analogie 
remarquable avec ceux du sémitique : I e pers. -an, -a, -n ; 
2 e pers. -ta (fém. -/i) ; 3° pers. -i (fém. -t) ; plur. -na. Ces 
affixes, dans certains verbes, sont placés devant le radical 
au lien de lui être ajoutés par la fin. 

M. Bréal présente une observation touchant le caractère 
de fixité extraordinaire que M. de Rocheraonteix vient de 
revendiquer pour les idiomes en question ainsi que pour 
les idiomes berbères : à ce point qu'il ne considère pas 
comme impossible que les soldats de Jugurtha, s'ils re- 
vivaient, fussent compris à l'heure qu'il est de certaines 
peuplades africaines. Le renouvellement continuel du voca- 
bulaire que nous observons dans nos langues (comparer le 
fr. tomber, aller aux verbes synonymes du latin) n'existerait 
donc pas chez ces peuples. — M. de Rochemonteix fait 
observer que, la détérioration phonétique des mots étant 
très faible dans ces idiomes, le lien étymologique qui relie 
entre eux tous les vocables de même famille reste vivant et 
visible, ce qui est une première garantie de leur intégrité; 
mais à cela s'ajoute sans doute que le cercle d'idées où se 
meut l'individu dans les tribus en question est éternellement 
le même, très restreint et très précis. Enfin, quelle que 
puisse être l'explication définitive, il est de fait que les gens 
d'Assouan et de Dongola, séparés depuis le règne de Diocté- 
tien, se comprennent aujourd'hui très facilement. D'autres 
observations sont faites par MM. Ploix, de Charpncey. 



— xxvj — 

Il est donné lecture de deux notes de M. Louis Havet 
concernant le latin canaba = xsXu&q, et curculio, gurgulio, 
formes redoublées pour * culculio, * gulgulio. Des observa- 
tions sont faites par M. Bauer. 

M. Bréal traite de l'étymologie de cervix. C'est un mot 
composé, où entre cer- = xapa, et -vix parent de vincio. 
C'est ce qui explique qu'on emploie le mot de préférence au 
j>\\ir'\e\:cer-vïces « les attaches de la tête ». Des observa- 
tions sont faites par MM. Eàlévy, Bonnardot. 

M. Halévy fait une communication destinée à fixer soit 
le nom, soit la position géographique, jusqu'à présent éga- 
lement douteux, de la localité chananéenne appelée dans la 
Bible Qattât et Qilrôn. Le nom de Qattât saccordant avec 
celui des Septante KaOrxviO, et celui du Talmud Qitinat, il 
devient certain que Qitrôn est une forme défigurée de 
Qattât-on (le second tav ayant été lu comme resh plus vav). 
La ville s'appelait donc Qattât (pour Qattanat) ou Qattât-on 
(pour Qattanat-on) . Nul doute que la ville chananéenne 
mentionnée à propos du meurtre d'un ambassadeur sous le 
nom de Qihinatuna, dans la correspondance en langue ba- 
bylonienne du roi d'Egypte Aménophis IV (xv° siècle avant 
notre ère), ne soit précisément cette localité de Qattanaton; 
car le signe qu'on a lu ht peut également se lire ti. Et 
comme il est dit que cette ville est située dans le voisinage 
d'Acca, il ne reste plus qu'à constater l'existence actuelle, 
près d'Acca, d'un village arabe Quteùia, pour avoir le 
droit de considérer la question comme vidée. 



Séance du 11 Mai 1889- 

Présidence de M. Ploix. 

Présents: MM. Antonio Penafiel, Nommés, Halévy, Ploix, 
de Rochemonteix, V. Henry, de Charencey, Bréal, Bauer, 
Schwob, Mohl. 

9 

Election. M. le docteur Antonio Penafiel est élu membre 
de la Société. 
Hommages. Voir p. xxxj. 
Communications. M. Bréal communique une inscription 



— xxvîj — 

grecque boustrophédon, récemment découverte. — Il fait 
ensuite l'étymologie du grec bpnfl « fête », dont le sens 
primitif parait être celui de « réjouissance » et qui se 
rattache ainsi au verbe ie(po> , aïpu « exalter, enthousias- 
mer ». 

M. de Rochemonteix continue la lecture de son mémoire 
sur les origines du verbe bichari. Il étudie la formation des 
temps et examine le jeu des divers affixes flexionnels qui se 
placent tantôt à la fin, tantôt au début de la racine, ce qui 
semble prouver que dans l'état primitif de la langue ces 
éléments jouissaient encore d'une certaine indépendance vis- 
à-vis du thème verbal. — Répondant à une observation de 
M. Bréal, notre confrère fait remarquer qu'à l'heure actuelle 
la signification temporelle des trois temps simples du bi- 
chari n'est pas encore absolument fixée et que souvent le 
présent, le passé et le futur sont employés l'un pour l'autre. 

— En terminant, M. de Rochemonteix résume ses obser- 
vations sur le verbe bichari comparé avec l'égyptien antique 
où le système verbal paraît avoir eu à l'origine la même 
structure. On y retrouve les indices personnels t et k, qui 
servent d'ailleurs également de flexions personnelles dans 
le verbe sémitique. M. de Rochemonteix conclut à une 
parenté primitive entre le bichari, le berbère et l'égyptien 
d'une part, entre ces langues et les langues sémitiques 
d'autre part. 

M. Halévy souscrit à la première partie de l'hypothèse, 
mais fait ses réserves par rapport à la seconde, bien que 
lui-même, dans le temps, ait cru à la parenté directe des 
idiomes chamitiques et sémitiques. Il lui paraît aujourd'hui 
que les indices t et k diffèrent essentiellement de nature 
dans le chamitique, où on ne saurait les considérer que 
comme de simples affixes et comme des éléments primitifs, 

— et dans le sémitique où ce ne sont que des débris de 
pronoms parfaitement reconnaissables et où la formation 
se dénonce comme relativement récente; il n'y a donc entre 
les langues chamitiques et sémitiques d'autre analogie que 
celle d'une homophonie partielle et purement fortuite. 

M. de Rochemonteix objecte que précisément le caractère 
récent du parfait sémitique est un fait à démontrer : dans 



— xiviij — 

les chapitres suivants de son mémoire, il s'attache au con- 
traire à prouver l'ancienneté des indices t et k en sémitique 
comme en chamitique. 



Séance du 25 Mai 1889. 

Présidence de M. Ploix. 

Présents : MM. Bréal, Halévy, de Charencey, Bauer, 
V. Henry, Boyer, Schwob, Mohl, Ploix, de Saussure, 
Nommes, Du tilleul, Meillet. 

M. Berger s'excuse par lettre de ne pouvoir assister à la 
séance. 

Il est donné lecture des procès-verbaux des 27 avril et 
11 mai, qui sont adoptés. 

Nécrologie. M. Bréal annonce deux pertes sensibles que 
la Société vient de faire dans la personne de M. Merlette 
et dans celle de M. Georges Guieysse. 

M. Mariette, un des deux auteurs qui signaient I/irive et 
Ffeury, a rendu de grands services à l'instruction primaire 
par des publications où il ne craignait pas de semer çà et là, 
toujours avec art et mesure, quelques indications de gram- 
maire historique. Son Dictionnaire des mots et des choses 
est un livre utile et très exact, qu'il ne lui a pas été donné 
d'achever. 

La Société a perdu en M. Georges Guieysse un jeune lin- 
guiste dont l'avenir était plein de promesses. Un goût déclaré 
le portait dès l'âge de quatorze ans vers les études linguis- 
tiques : c'était chez lui une véritable vocation. Il avait le don 
particulier de s'assimiler très facilement par l'usage les 
langues vivantes et d y saisir les moindres détails de la 
prononciation. Un premier travail de lui, sur l'argot, fait en 
collaboration avec M. Schwob, paraîtra comme œuvre pos- 
thume dans le prochain fascicule de nos Mémoires. Assidu à 
nos séances, il emporte les sympathies de tous ceux qui l'y 
ont connu. 

Présentations. La Bibliothèque de l'Ecole française de 
Rome demande à être reçue au nombre des membres de la 



— IIIX — 

Société. M. Bréal transmet cette demande, sur laquelle il 
sera voté à la prochaine séance. — MM. Môhl et de la Gras- 
serie présentent : M. l'abbé Grégoire-Henri Schils, curé de 
Torgny (Belgique). 

Communications. M. Bréal traite de l'allemand wahr 
« vrai », qu'il soupçonne d'être emprunté au latin, de même 
que l'est le terme opposé falsch. Le gotique ne connaît 
pas le mot en question. Des observations sont faites par 
MM. de Saussure, Mohl. 

M. Bréal développe ensuite une nouvelle étymologie de 
sutsco, tendant à rattacher ce mot à suus « sien ». — 
M. Henry formule une objection portant sur Vu consonne 
àesvesco en regard de Vu voyelle de suus. M. Bréal rappelle 
que suas se trouve comme monosyllabe (svas) à la fin d'un 
vers d'Ennius. 

M. de Charencey traite de la conjugaison dans les langues 
maya et quiche, où l'on remarque la structure tout à fait 
différente du verbe transitif et du verbe intransitif. En pho- 
nétique, le groupe maya se distingue du groupe quiche no- 
tamment par la substitution de n à k final, à laquelle parti- 
cipe la langue mam, autrement intermédiaire entre les deux 
groupes. Des observations sont faites par M. Halévy. 

M. Henry fait une communication relative à 1*5 inorga- 
nique de tjxsj-ff-Ta»., yvo)-(j-t6; et autres formations grecques 
de ce genre. Le point de départ de ces formations peut être 
cherché dans les racines en 5 et à dentale : yvomdç, d'après 
o^trcc;, par suite de l'apparente conformité entre ayisu : 
Yvwo). M. Henry découvre toutefois un autre foyer de 1'$ 
beaucoup plus rapproché, dans l'hypothèse qu'il développe 
de l'existence d'un aoriste passif grec en -<j-ôy;v jusqu'ici mé- 
connu, et concurrent à l'aoriste en -8r;v. La théorie de l'ao- 
riste en -?-0r,v est liée intimement à l'explication nouvelle 
de l'aoriste en -(bjv, dans laquelle M. Henry s'est rencontré 
avec M. Wackernagel, et qu'il faut supposer connue au 
préalable pour voir ensuite sans difficulté comment eyvoi- 
sbr,; peut logiquement s'identifier avec l'indien a~gnâ-s-thâs. 
Des observations sont faites par M. de Saussure. 

M. Halévy traite de la formation de la 2° personne du 
parfait en sémitique, montrant que l'affixe -k des idiomes 



— XXX — 



méridionaux et l'affixe -t des idiomes du nord procèdent tous 
les deux d'un pronom ka-tu « toi ». Des observations sont 
faites par MM. Schwob, de Charencey, Henry. 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ. 



40 Novembre 4888. 

Suomalaù-Ugrilaùen Seuran Aihakauskùja. Journal de la Société finno- 
ougrienne ; t. III, fasc. 5. Helsingfors, 1888. 

Kuhn't Zeitschrifl. Nouvelle série, t. VIII, fasc. 4 — t. X, fasc. 1-3. 
Gûtersloh, 1887-88. 

Les Affinités lexicographiques du Qechua et du Maya, par M. L. Douay. 
Etude manuscrite présentée au Congrès des Américanistes, à Berlin, et 
offerte par Fauteur à la Société. 

24 Novembre. 

Annual Report of the board of Régents of the Smithsonian Institution. Juil- 
let 1885. Partie II. Washington, 1886. 

Revue de VHistoire des Religions, publiée par le Musée Guimet. Neuvième 
année, t. XVIII, fasc. 2. — De la part de M. Emile Guimet. 

8 Décembre. 

La Nature des Dieux, étude de mythologie gréco-latine, par Ch. Ploix. 
Paris, Vieweg, 1888. — Offert par l'auteur. 

Internationale Zeitschrift fur Sprachvcissenschaft, publiée par F. Techmer ; 
t. IV, fasc. 1. Leipzig, Barth, 1888. 

Dictionnaire de l'ancienne langue française, par F. Godefroy. Livraisons 
31-51. — De la part du Ministère de l'Instruction publique. 

f$ Décembre. 

Annales du Musée Guimet, t. XIII : Le RâmSyana au point de vue religieux, 
philosophique et moral, par Ch. Schœbel, P. 0. Ouvrage couronné par 
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Paris, Leroux, 1888. — De la 
part du Ministère de l'Instruction publique. 

/* Janvier 4889. 

Discursos leidos ante la Real Academia de la Historia, por D. A. Sanchez 
Moguel (8 décembre 1888). Madrid, 1888. — Offert par l'auteur. 

Rasmus Kristian Rask, von Wilhelm Thomsen. Traduction allemande. — 
Offert par l'auteur. 



— xizj — 



t6 Janvier. 

Suhstituty otdéltnyh zvukov i zvukovyh soèetanil normalinoï russkoi réci, 
par A. Aleksandrov. Varsovie, 1884. — Offert par l'auteur. 

Rapport sur une mission à Luxembourg et à Clairvaux d'Ardennes, par 
Fr. Bonnardot. Paris, Leroux, 1888. — Offert par Tau leur. 

Actes de ta Société Philologique, t. XVI -XVII. Alençon, 1888. 

Vocabulaire des Indiens de la Vallée de Napa et du Clear-Lake, en Califor- 
nie, par F. Berlon. — Offert par M. de Saussure. 

9 Février. 

L'CÊùtvre d'Abel Bergaigne, par Victor Henry. Leçon d'ouverture du Coure 
de sanscrit et grammaire comparée à la Faculté des Lettres de Paris. Extrait 
des Annales de la Faculté des Lettres de Lille, 1889. — Offert par l'auteur. 

15 Février. 

Deux ans de séjour en Abyssinie, par le R. P. Dimothéos, légat de Sa 
Béatitude le Patriarche Arménien auprès de Théodore, roi d'Abyssinie. Jé- 
rusalem, au Couvent de St-Jacques, 1871. — Déposé par M. de Charencey 
de la part de la Société philotechnique arménienne de Paris. 

9 Mars. 

Univerèily Studies, published by the University of Nebraska. Vol. I, 
fisc. 2. Octobre 1888. Lincoln, 1888. — Déposé par M. Bréal de la part de 
rUniversité de Lincoln. 

6 Avril. 

Excursions et Reconnaissances, publiées par le service local de la Cochin- 
chine Française, t. XIII, n° 30. Janvier-fév. 1887. Saigon, Impr. Colo- 
niale, 1887. — De la part de la Direction du service local de la Cochinchine. 

f7 Avril. 

Esquisses morphologiques, par V. Henry. Cinquième fascicule : Les infini- 
tifs latins. Paris, 1889. — Offert par l'auteur. 

il Mai. 

Catdlogo alfabético de los nombres de lugar pertenecienles al idioma na- 
huatl. Ëstudio jeroglifico, por el D r Antonio Penafiel. Méjico, 1885. Avec 
album. — Offert par l'auteur. 

Suomalais-Ugrilaisen Seuran Aikakauskirja. Journal de la Société finno- 
ougrienne; t. VI. Helsingfore, 1889. 



— xxxij — 



SOMMAIRE DES PÉRIODIQUES REÇUS PAR LA SOCIÉTÉ. 

Journal de Kubn, nouTdle série, t. X, fasc. 1-3 ; année 1888 : 
H. Zimroer : Keltische Sludien (6. Zum mittelirischen Wortschali ; 7. 
Schicksale des indogermanischen %-Aorits im Irischen; 8. Ueber dot Halo- 
keltische Passivum und Deponens) ; — J. Wackernagel : Miscellen zur grie- 
chischen Grammatik ; — \V. Meyer : Quanlitât und QualUàt der lateinUchen 
Vokaie ; — K. F. Johansson : Eiymologische Beitrage ; — R. Thurneysen : 
Vocalisches z im Indogermanuchett. 

Revue Internationale de Linguistique, fondée et publiée par F. Tech mer ; 
tome IV, fasc. 1-2. 

F. Bopp : Analytical comparison of the sanskrit, greek % latin and teutonic 
languages,shaving the original identity oftheir grammatical stt-ucture (1820) ; 
W. v. Uumboldl : Brief an F. Bopp ûber die • Analytical compariton » (1821) ; 
— A.-F. Pott : Zur Litteralur der Sprachenkunde Amcnkas; — F. Muller : 
Die Entstehu g eines Wortss ans einem Suffixe ; — K. Brugmann : Dos 
Nominalgeschlecht in den idg. Sprachen ; — F. Techmer : Zur LnuUchri/l 
mittels lateinischer Buchstuben und artikulatorischen Nebenzeichen ; — 
J. Balassa : Phonetik der ungarischen Sproche. 



VARIÉTÉ 



TIRE-LARIGOT. 



Le Bulletin a inséré en juillet 1885 une explication de 
cette locution par M. Jean Fleury. Si nous revenons sur tire- 
larigot, c'est que la question a été soulevée de nouveau à la 
Société de linguistique. On verra d'ailleurs que, sur l'inter- 
prétation du sens, nous nous accordons avec M. Jean Fleury. 

Nous avons montré ailleurs que l'argot se sert d'un suffixe 
de déformation go (Parisien, Parigo ; sergent, s ergot). 
La langue populaire a interprété « tire-larigot », comme s'il 
fallait y reconnaître ce suffixe, puisqu'on a le doublet « tire- 
hrirette ». Mais diverses considérations amènent au con- 
traire à considérer go comme la partie essentielle du mot. 

Au xvi* s. tire-larigot existait sous sa forme actuelle. 
« Et, pour l'appaiser, luy donnèrent à boire à tyrelari- 
got... » (Rabelais, Garg.,l. c. 7.) 

Mais dans un opuscule intitulé « Response et complaincte 
au grand Coesre sur le Jargon de l'Argot reforme... Paris, 
Jean Martin, 1630 » on trouve une expression qui doit être 
rapprochée de tire larigot. « L'Archisuppost : Ne veux-tu 
point te resjouyr et chanter le rigo... ? » 

Le mot rigo 1 existait donc séparément. Nous pourrons 
dès lors écrire « tire-la-rigo ». La prononciation parisienne 
a dû développer l'a; de sorte qu'on a « tire-le-rigo ». 

1. Il ne s'agit pu ici d'une danse (Rigaudon, autrefois rigo), mais 
bien d'an chant. Les deux mots rigaudon et rigo sont d'origine dif- 
férente, selon toute probabilité. 



— - xxxiv — 

Qu'est-ceque le mot rigo ? M. Bijvanck, qui s'occupe en ce 
moment d'an ouvrage sur les langues secrètes chez les peu- 
ples romans au xv° siècle, nous a communiqué dans une lettre 
particulière diverses observations relatives à la prothèse 
de certaines syllabes en argot. « /febigner » et « bigner »> 
« rebonne » et « bonne », « remoucher » et « moucher » 
présentent la syllabe re. C'est précisément cette prothèse 
que nous rencontrons dans rigo Çrego). L'affaiblissement 
de re en ri se retrouve dans ritournelle (cf. retourner). 

Rego présente donc une syllabe pro thé tique. Le mot go 
dont rego est le doublet signifiait gueule, gosier. Une pièce 
du théâtre burlesque (1747-1754) porte le titre de « Madame 
Engueule ou les accords poissards ». Il faut reconnaître ici 
le nom de Madame Angot. Cette Madame Angot est « forte 
en gueule ». Le Catéchisme poissard de Baudot (Troyes, s. 
d.) contient les dernières volontés de Fort-en-gueule et un 
discours du même à « une mère Angot ». Le Nouveau Caté- 
chisme poissard (Noblet, s. d.) contient « l'Aimable conver- 
sation de mam'zelle Gotot la mal-chiquée ». C'est une pois- 
sarde : il faut traduire Gueuleteau ou Gueule-tôt. Le mot 
go se prononçant aussi gou, l'argot traduit « dégoûtant » 
par « déloquetant » et « dé^t/eulasse ». Ces traductions 
partielles de mots sont fréquentes en argot. Le Jargon de 
C Argot réformé donne démor/ier( démanger). En effet man- 
ger = morfier. 

Le sens de *go, *rego, *rigo bien établi, on voit que l'ex- 
pression « boire, chanter à tire-le-rigo », dérive de la même 
idée que l'expression « chanter à gorge déployée ». 

Si maintenant nous considérons les mots *go, *gou eVrego 
au point de vue sémantique, nous verrons qu'ils ont donné 
naissance à un grand nombre d'expressions. La bouche sert 
à manger, à avaler gloutonnement; à rire; à sourire; à 
railler ; à chantonner ; à chanter ; à parler ; elle exprime 
l'étonnement et le dédain ; enfin, comme l'a reconnu M. Bij- 
vanck en étudiant le mot baffe, elle exprime « une attitude 
de l'inférieur envers le supérieur, soit qu'il se fasse plus 
niais qu'il ne l'est en réalité, soit qu'il ruse quand il voit la 
force de l'autre côté, soit qu'il se montre inconvenant ». 

Le mot gogo, d'abord, a été faussement interprété par 



— XXIV — 

gaudium. « Boire à plein guoguo » (Rab., Pantagruel) ne 
peut s'expliquer que par le sens gosier 1 . Au radical go s'est 
ajouté le suffixe artificiel déjà mentionné. — Le sens de jo- 
bard est justement la garantie de cette étymologie. Le gogo 
est celui qui écoute, bouche béé, les boniments. La méta- 
phore n'est pas particulière à la langue française. Dans la 
parabase des Acharniens, Aristophane appelle les Athéniens 
TpurK*Shxas (yarfva>, être bouche bée) parce qu'ils « font tout 
quand ils écoutent les ambassadeurs étrangers qui les ber- 
nent ». Ce sont proprement des gogos. Les doublets de gogo, 
gogue, goguette, gogaille*, nous ramènent au premier sens, 
tandis que goguenard montre la bouche railleuse. 

Riga donne rigoler et *rigougtier, rigolo et rigougnard. 
Rabelais écrit d'ailleurs rigouller. Le mot regou avec le 
suffixe bille (trinque6t//er, etc.) avait donné déjà reguou- 
billonner, avec le sens de manger. L'inverse de rcguoubU- 
lonner, c'est dégobiller. 

Avec le suffixe argotique berge (ni et niberge = flamme 
et flamberge) go a donné le verbe goberger. 

Go-infre présente le suffixe infe, inve ou vivre sur le mo- 
dèle sinfe, sinve ou sinvre. Dans l'édition Pe lier in (1836) du 
Jargon, ce mot signifie chanteur, ce qui démontre son 
origine. 

Goualer (chanter) est un doublet de gouailler (railler). 
C'est ainsi que escale donne écaille. On disait au xvni* s. 
« ficher la gouaille » pour gouailler (Cat. poiss., Baudot), 
lie même mot sert ainsi à représenter deux mouvements 
différents de la bouche. 

Bagout (parole), bagouler (parler, nommer), offrent la syl- 
labe ba prothétique en argot (cf. babigner). C'est à un mot 
de cette famille 'bagou-iner qu'on peut rattacher baragoui- 
ner. Le même phénomène d'adjonction de la syllabe ra s'est 
produit dans tarabuster, doublet de tabuster (Rabelais). — 
Balagoinfre (H. de Balzac, Corr., I, 22) que nous signale 

1. Gogo (Villon, Ballade Margot) doit être une formation double 
sur un autre radical. 

î. Gargot (gargote) présente un redoublement initial suivi du dé- 
veloppement ar. M. Bijvanck nous a communiqué de curieuses 
études au sujet de ce phénomène. 



— xxxvj — 

M. Bijvanck, présente sons le rapport de la forme une ana- 
logie complète avec baragouiner. Le développement prothé- 
tique ba se 'retrouve sans doute avec des modifications 
vocales dans bigot, équivalent désormais à bégueule. 

Nous arrêtons ici la famille de mots qui remontent à go, 
gou, rego, regou, rigo, rigou et bagou. Il y a d'autres ex- 
pressions qui se rattachent à cette famille 1 . Mais il serait 
trop long d'énumérer ici tous les dérivés et sous-dérivés. 
Le fait intéressant qui parait ressortir de cette courte étude, 
au point de vue sémantique, c'est que, suivant l'expression 
de M. Bijvanck « le bec ou la tête a servi souvent de sym- 
bole aux sentiments » et que les différents mouvements de la 
bouche se sont pour ainsi dire personnifiés dans le langage. 

Marcel Schwob et Georges Guieyssb. 



1. M. Bijvanck rapproche jobelin (go-belin, parler inintelligible), 
jargon (gargon 9 cf. gargote), etc. Jobard (gobard, gobeur) doit s'ajou- 
ter à cette liste. 



NÉCROLOGIE 



DISCOURS PRONONCÉ 

PAR 

M. GASTON PARIS 

AUX 0B8ÉQUIS 

D'ARSÈNE DARMESTETER 

(18 NOVEMBRE 1888) 



[Cest en 1870 qu'Arsène Darmesteter, à peine âgé de vingt-quatre 
ans, devint membre de la Société de Linguistique. Les Bulletins 
publiés à cette époque mentionnent fréquemment son nom et attestent 
la part active qu'il prit tout de suite à l'œuvre commune. Son ardeur 
scientifique, ce besoin d'étudier et de méditer qui l'occupa toute sa 
vie, trouvèrent dans les discussions à la fois savantes et familières 
de la Salle Gerson leur premier champ d'exercice. Depuis, des entre- 
prises plus vastes le contraignirent peu à peu à espacer ses appari- 
tions aux séances et même il dut y renoncer tout à fait : mais, jusqu'à 
la fin de sa vie et au milieu de ses grands travaux, il ne cessa de 
s'intéresser aux études de ses confrères ; on était toujours sûr de 
trouver découpés sur sa table les fascicules de nos Mémoires et les 
numéros de nos Bulletins dès le jour de leur distribution. De son 
coté, la Société, qui avait vu se former et grandir sa renommée 
scientifique, suivait le développement de son œuvre avec un intérêt 
d'autant plus vif que des liens étroits, presque des attaches de 
famille, l'unissaient au savant romaniste. C'est en effet parmi nos 
confrères qu'Arsène Darmesteter comptait ses amis les plus chers, 
ses élèves préférés, tous les intimes confidents et les conseillers de 
ses travaux : son frère, M. James Darmesteter, a été notre Président 



— XXXVllj — 

en 1887 ; MM. Gaston Paris et Paul Meyer, après avoir été ses 
maîtres, étaient restés les familiers de sa maison ; M. Hatzfeld, dans 
une collaboration de seize années, partagea ses labeurs et ses 
succès. D'autres de nos confrères avaient été associés à ses études, 
notamment M. Môhl et M. Baize, qui s'étaient faits ses auxiliaires 
dans ses recherches lexicographiques. Aussi la Société de Linguis- 
tique était-elle largement représentée à ses obsèques ; notre confrère 
M. Gaston Paris, parlant au nom de l'Ecole des Hautes Etudes, a 
retracé dans le discours suivant la vie d'Arsène Darmesteter :] 



Messieurs, 

Arsène Darmesteter a trop longtemps appartenu à l'École 
des Hautes Etudes, il en a trop bien représenté l'esprit, il 
l'a trop aimée, il lui a fait trop d'honneur, pour qu'elle 
puisse le laisser partir si tôt et si soudainement sans lui 
adresser un suprême adieu. Si je m'acquitte avec douleur 
de ce pieux devoir, que je ne pensais guère avoir à remplir 
envers lui, je puis du moins me dire que l'amitié et l'atten- 
tion avec lesquelles j'ai suivi Darmesteter pendant toute sa 
carrière me désignaient pour parler de lui. J'ai vu, il y a 
vingt ans, notre cher ami venir s'asseoir à la table des 
élèves dans les premières conférences ouvertes dans nos 
petites salles, conférences si vivantes, si joyeusement me- 
nées et suivies, et où, dès son entrée, il prenait la première 
place ; j'ai eu le plaisir, quatre ans après, de l'installer 
moi-même à la table du maître, d'où, pendant douze ans, 
avec le charme sympathique de sa parole et l'autorité de 
son savoir, il a entretenu, dirigé, fécondé la vocation 
d'élites successives ; j'ai partagé avec lui, avec nous tous, 
il y a quatre ans, le regret de le voir quitter ce laboratoire 
où il avait tant travaillé pour lui d'abord, puis pour les 
autres, et où l'on ne passe guère sans y attacher pour tou- 
jours beaucoup de sa pensée et un peu de son cœur. Dans 
les premiers temps de son enseignement, sur sa demande et 
pour rassurer sa défiance de lui-même, j'assistai souvent à 
ses conférences : je n'en entendis pas une tans y recueillir 
des faits nouveaux, des suggestions précieuses, des vues ou 
des coordinations importantes. Que de fois, au sortir d'une 
de ces leçons familières pour lesquelles il puisait à pleines 



— xxiix — 

mains dans le trésor de ses connaissances et de ses idées, 
nous avons arpenté longuement la cour de la Sorbonne ou 
les trottoirs des rues voisines, discutant quelques-uns de 
ces aperçus à la fois larges et ingénieux, hardis et circon- 
spects, qu'il émettait avec réserve devant son auditoire et 
qu'il se plaisait alors à développer librement ! Heures inou- 
bliables et chères entre toutes, que donne seul le commerce 
de l'intelligence uni aux épanchements de l'amitié, et qui 
mêlent à la plus noble des jouissances, la poursuite de la 
vérité entrevue et devinée, la douceur de l'aimer ensemble 
et de s'aimer en elle! Dans ces controverses amicales, 
comme dans l'appréciation des livres qu'il eut souvent à 
juger, Arsène Darmesteter portait autant d'aménité que 
d'ardeur et sa sincérité n'était dépassée que par sa modes- 
tie. Toujours émerveillé des découvertes des autres, tou- 
jours hésitant sur les siennes, bien souvent, pour mettre 
en lumière ce qu'il avait trouvé de nouveau dans une idée 
ou dans un ouvrage, il ajoutait du sien plus que n'avait mis 
l'auteur, et sa généreuse incubation développait et faisait 
éclore un germe à peine doué de vie. 

Ce n'est pas à l'École que je l'ai vu pour la première fois. 
En 1867, je faisais à la salle Gerson un de ces cours libres 
qu'avait inaugurés M. Duruy, comme il fonda l'année 
d'après notre École. Je vis un jour venir à moi un de mes 
plus jeunes auditeurs : il me raconta qu'il suivait ces leçons 
avec un dessein tout particulier et pour l'accomplissement 
d'une tâche, à ce qu'il croyait, passagère. Il avait étudié 
la théologie rabbinique et il se proposait de pénétrer autant 
que possible, avec une science à la fois profondément sym- 
pathique et hautement indépendante, les mystères à peine 
explorés du Talmud et de ses appendices. Il avait même 
écrit un exposé sommaire du sujet, destiné au grand public, 
dont il me donna connaissance et qui me fit voir tout de 
suite la force et la clarté de cet esprit encore aux débuts 
de son activité : il ramenait à une logique secrète et rigou- 
reuse les épanouissements les plus étranges d'une fantaisie 
qui au premier abord déroute tous les calculs et déconcerte 
tous les raisonnements. La théologie critique est la meilleure 
des gymnastiques intellectuelles, la préparation la plus fé- 



— xi — 

conde au travail purement scientifique. Par la nature même 
des problèmes qu'elle agite, par l'effort qu'il faut faire pour 
y être à la fois libre et respectueux, par le tremblement 
pieux qui retient la main de l'opérateur au moment d'atta- 
quer les fibres les plus sensibles et les plus sacrées de 
l'âme humaine, par le contrôle sévère auquel on se sent 
soumis en touchant à des questions toujours brûlantes, par 
la portée considérable que prennent les recherches les plus 
minutieuses et par l'importance que tous attachent aux 
moindres détails, elle enseigne à l'esprit la hardiesse et la 
réserve, la précision et en même temps ce juste degré d'in- 
décision où il faut souvent savoir s'arrêter ; elle apprend 
à donner de l'attention aux plus petits faits et à les ratta- 
cher toujours à une vue générale. Darmesteter fut un exem- 
ple de plus de l'heureuse influence que ces études peuvent 
exercer sur une pensée bien organisée pour la science. Par 
une singulière rencontre, ce fut la théologie même qui le 
mit, sans qu'il s'en doutât, sur sa vraie voie. Dans le célèbre 
commentaire que Rashi de Troyes, â la fin du xi* et au 
commencement du xn° siècle, écrivit sur la Bible et le 
Talmud, se trouvent en grand nombre des gloses françaises, 
altérées de la façon la plus étrange dans les éditions et déjà 
dans les manuscrits. Darmesteter voulut les comprendre, 
puis essaya de les restituer, et, s'apercevant qu'il lui fallait 
pour y réussir une connaissance plus intime de l'ancien 
français, il vint à la rue Gerson, puis à l'École des Hautes 
Études, pour se préparer à cette tâche. Mais insensiblement 
ce qui n'avait été pour lui qu'un moyen devint un but, le 
but de toute sa vie. Il s'attacha avec un intérêt toujours 
plus vif à la philologie française et abandonna le Talmud. 
Les gloses de Rashi n'en restèrent pas moins l'objet cons- 
tant de son étude et de ses recherches : c'était leur publica- 
tion qu'il regardait comme devant être son meilleur titre 
scientifique et il n'attendait que l'achèvement de son Dic- 
tionnaire pour s'y consacrer tout entier. L'inexécution de 
ce grand projet est un véritable malheur pour la science. 
Du monument si longtemps rêvé, notre ami ne laisse que les 
matériaux, et Dieu sait si, lui parti, quelqu'un sera capable 
de les mettre en œuvre ! 



-Ilj- 

Cétait par une recherche lexicographique qtie Darmeste- 
ter avait abordé la philologie française : cet ordre d'études 
fut toujours celui qui l'attira le plus et il avait à un rare 
degré tout ce qu'il faut pour y exceller. Tandis que beau- 
coup de philologues ne s'intéressent qu'aux langues mortes 
et ne se sentent pour ainsi dire à leur aise que devant le 
cadavre, un scalpel et un microscope en main, il avait le 
goût et le sens du vivant. Son esprit philosophique lui fai- 
sait parfaitement comprendre l'identité des phénomènes des 
époques passées et de ceux de l'époque présente, et il trou- 
vait aux seconds l'avantage de pouvoir être observés direc- 
tement dans leur jeu complexe et changeant. Il ne perce- 
vait pas moins nettement révolution constante du langage, 
faite d'imitation et de création, et la solidarité qui rattache 
indissolublement ce qui a été, ce qui est et ce qui sera. 
Profondément versé dans les études phonétiques, c'est ce- 
pendant l'histoire des idées qu'il cherchait surtout dans 
l'histoire des mots, et c'est là que trouvait à s'exercer sa 
logique serrée et pénétrante, affinée par un long commerce 
avec les plus subtils des scolastiques. Il se plaisait à suivre 
le lexique français depuis ses origines jusqu'à son état 
actuel, ramenant à des lois les écarts en apparence les plus 
capricieux, épiant les infinies variétés de forme et de sens 
de chaque mot, rattachant les faits épars à des causes gé- 
nérales, jouissant en penseur, en artiste et souvent en poète, 
de la fécondité, de l'invention, parfois de r humour que dé- 
ploie à travers les siècles ce qu'on appelle à si juste titre le 
génie de la langue. Ses deux beaux livres sur les Mots corn- 
posés et sur la Formation des mots nouveaux en français 
montrèrent avec quelle étonnante rapidité le débutant avait 
passé maître. Je n'en dirai pas ici les mérites : je n'ai voulu 
que mettre en relief ce qu'on peut appeler la physionomie 
scientifique de notre ami, qui fut un philologue érudit, un 
phonéticien profond, et peut-être avant tout un psychologue. 

Avec ce goût particulier pour la lexicographie historique, 
on conçoit qu'il accepta sans hésitation la proposition si ho- 
norable que lui fit M. Hatzfeld de collaborer à la rédaction 
d'un Dictionnaire qui devait être, avec celui de Littré, 
le plus digne hommage rendu par la science française du 



— xlïj — 

xix° siècle à la langue française, notre vraie patrie. Depuis 
lors, depuis seize ans, les deux collaborateurs n'ont pas cessé 
un jour de travailler à cette grande œuvre, qu'ils avaient 
cru d'abord pouvoir terminer en trois années. Ils y ont ap- 
porté chacun, avec la même ardeur, la contribution de leurs 
recherches, de leur critique, de leurs méditations solitaires, 
de leurs longues et fructueuses discussions. Enfin l'œuvre 
est terminée ; l'introduction, ouvrage capital à elle seule, 
est écrite ; déjà on passe à l'exécution, de nombreuses 
feuilles sont imprimées et ont à peu près subi la longue 
série de corrections que leur impose une conscience toujours 
inquiète ; dans quelques semaines, le dictionnaire tant at- 
tendu va commencer à paraître. . . Pauvre ami ! si la mort, 
par là seule grâce qu'elle lui ait faite, n'avait pas en le frap- 
pant enveloppé son âme de son voile, à côté du déchirement 
qu'il aurait éprouvé en quittant ceux qu'il aimait, ses amis, 
ce frère si chéri, cette épouse qui lui avait donné pendant 
onze années un bonheur sans mélange, l'idée de ne pas voir 
paraître ce livre, auquel il avait donné une si large part de 
sa vie, auquel il avait fait tant de sacrifices, aurait été celle 
à laquelle il aurait pu le plus difficilement se résigner ! 
Heureusement l'œuvre est là, prête à voir le jour, sous la 
surveillance fidèle de celui qui en a partagé la longue et la- 
borieuse préparation, et grâce à cette œuvre capitale, le nom 
d'Arsène Darmesteter sera mentionné avec admiration et 
reconnaissance par tous ceux qui s'occuperont après lui de 
l'histoire externe et intime de notre langue. 

J'ai dit qu'il avait fait à cette œuvre des sacrifices ; il 
s'est en effet interdit pour y travailler bien des recherches 
qui l'attiraient et qu'il se promettait toujours de reprendre 
quand elle serait achevée. Il lui donnait tout le temps que 
lui laissait son enseignement, auquel il apportait une cons- 
cience et un soin incomparables. C'est ainsi qu'il a laissé 
de côté, pensant y revenir plus tard, ses études sur la cu- 
rieuse littérature judéo-française du moyen âge, non sans 
avoir donné dans quelques notices préliminaires une idée 
des richesses qu'il avait accumulées sur ce sujet dans divers 
voyages en Angleterre et en Italie, et sans avoir publié un 
admirable et unique monument, le « regret » funèbre ^ écrit 



— xUij — 

en français, mais en caractères hébreux, à l'occasion du 
martyre de quelques Juifs brûlés à Troyes au xui* siècle. 
Tort versé dans la littérature du moyen âge, il ne l'a cepen- 
dant abordée qu'une fois, dans sa thèse latine sur Floovent, 
où, appliquant dans un autre domaine la rigueur de sa 
méthode et la finesse de son goût, il a marqué une trace pro- 
fonde dans l'histoire des études sur notre épopée nationale. 
Il a trouvé encore le temps de donner, en collaboration avec 
M. Hatzfeld, cet excellent Manuel de la langue et de la /iï- 
iérature du xvx° siècle, qui mérite de servir de modèle à tous 
les travaux du même genre. Mais en général tout ce qu'il 
écrivait se rapportait au Dictionnaire : c'est pour éclaircir 
une des données fondamentales de la lexicographie française, 
la distinction entre les mots traditionnels et les mots em- 
pruntés, qu'il a fait sur le système et l'évolution du voca- 
lisme français cette petite dissertation, célèbre dès son ap- 
parition, où il a découvert et établi ce qu'on appelle à juste 
titre la loi de Dormes teter. C'est à l'aide des observations 
faites au cours de son grand travail qu'il a écrit une magis- 
trale étude sur le lexique de l'ancien français. Enfin, c'est 
presque un simple fragment détaché de l'introduction du 
Dictionnaire que le charmant et profond volume sur la Vie 
des Mots, où une imagination si aimable est guidée par une 
logique si précise et éclairée par une si riche érudition. Il a 
sacrifié à cette œuvre maîtresse ses œuvres accessoires; hé- 
las ! il lui a peut-être sacrifié plus encore. Sans cesse hanté 
par l'appel de cette fournaise qui chauffait toujours et ré- 
clamait sans relâche de nouveaux matériaux, il y jetait 
toutes ses heures de loisir, toutes celles où il aurait pu se 
reposer, se délasser, se renouveler, et celles du jour, déro- 
bées entre deux leçons, et celles de la nuit, arrachées au 
sommeil, toutes ses pensées, toutes ses forces, toute sa vie, 
et au moment où la fournaise était enfin comble, où la statue 
allait sortir du moule ardent et se dresser sur la place pu- 
blique, il est tombé, vaincu, épuisé, mort, sans l'avoir vue! 
Depuis trois ans sa santé donnait aux siens des inquié- 
tudes. Une affection du cœur l'avait obligé de consulter les 
médecins, de prendre, bien malgré lui, des précautions, de 
mettre à son activité quelque mesure. Grâce aux soins d une 



— xliv — 

tendresse toujours en éveil, il semblait avoir pris le des- 
sus ; il était revenu de vacances plein de courage et d'entrain, 
voyant avec confiance s'ouvrir une nouvelle campagne de 
travail. Un accident, un refroidissement auquel il avait à 
peine fait attention et qui pendant plusieurs jours sembla 
peu grave même aux yeux les plus anxieusement attentifs, 
prit soudain un caractère funeste : le mal se porta sur l'or- 
gane depuis longtemps atteint qui ne pouvait supporter le 
choc. Le péril ne se manifesta que lundi soir (12 novembre), 
mais aussitôt il fut extrême. A partir de mercredi, notre 
ami perdit à peu près toute conscience et, dans la nuit du 
jeudi au vendredi, il expira au milieu de sa famille atterrée. 
Ses amis les plus chers avaient à peine eu le temps d'ap- 
prendre sa maladie : ils accoururent auprès de lui pour re- 
cevoir la foudroyante nouvelle de son agonie et de sa mort. 
Je ne veux rien dire du deuil ineffaçable où sont plongés 
ceux qui vivaient dans son intimité quotidienne ; mais les 
regrets qu'il laisse à tous ceux qui l'ont approché seront 
aussi durables qu'ils sont profonds. Une exquise bonté, une 
douceur constante, une droiture ignorante de tout détour, 
une modestie qu'aucun succès ne diminuait, une simplicité 
de cœur et de manières qui, jointe à une telle supériorité 
d'esprit, donnait à son commerce un charme indicible, un 
dévouement absolu à la science, au devoir, à l'amitié, une 
obligeance toujours prête, une charité aussi active que déli- 
cate, telles étaient les principales qualités qui le faisaient 
chérir de ses amis anciens et nouveaux, de ses collègues 
et de ses élevés. L'Ecole des Hautes Etudes le pleure comme 
elle a pleuré Bergaigne, qu'elle avait donné en même temps 
que lui à la Sorbonne. Tous deux y avaient apporté l'esprit 
du milieu scientifique où ils s'étaient formés ; tous deux 
avaient allumé dans cet illustre et antique foyer de lumière 
de nouveaux et brillants flambeaux ; tous deux joignaient 
aux mérites les plus éminents de l'intelligence les dons les 
plus rares du cœur. En quelques mois notre Ecole et la Fa- 
culté des lettres ont deux fois à porter un deuil commun. Si 
quelque chose peut alléger notre douleur, c'est de penser 
que Darmesteter, comme Bergaigne, a vaillamment rempli 
sa tâche aussi longtemps qu'il l'a pu, qu'il a fait beaucoup de 



— xlv — 

bien pendant son trop court passage parmi nous, qu'il laisse 
après lui un monument impérissable, que, par son exemple 
autant que par son enseignement, il a exercé sur la jeunesse 
française une action salutaire et féconde, qu'il a honoré 
son temps et son pays. 



DISCOURS PRONONCE 



PAR 



M. MICHEL BRÉAL 



AUX ORSEQUBS DE 



GEORGES GUIEYSSE 1 



(20 MAI 1889) 



Messieurs, 

Il y a huit mois, quand nous étions réunis à cette même 
place pour rendre les derniers devoirs à M. Eugène Guieysse, 
qui de nous aurait pensé que nous devions nous y retrouver 
si tôt pour un deuil plus cruel encore et plus poignant? Au 
père il avait été donné du moins de remplir une partie de sa 
destinée : mais comment exprimer notre douleur, quand 
c'est le fils, à peine âgé de vingt ans, que nous mettons 
aujourd'hui au tombeau ? Avec lui, sont emportées les plus 
belles, les pius chères espérances : une vie dont on croyait 
entrevoir déjà la direction et les étapes principales disparaît 
subitement, ne laissant après elle qu'affliction et regrets. 

La nature et le sort semblaient avoir comblé Georges 
Guieysse de leurs dons. Il était né dans la famille la plus 
honorable, où il avait sous les yeux les exemples les plus 
fortifiants et les meilleurs : dans cette famille d'élite, 

1. Sur la demande de quelques confrères, nous reproduisons ce 
discours in extento, quoiqu'il contienne des faits étrangers à la 
Société. 



— xlvij — 

chacun cherchait son bonheur dans celui des autres. Le 
devoir accompli était la règle de tous. Sa mère l'adorait : 
elle épiait ses goûts pour les diriger vers le bien ; elle 
voyait avec joie se développer ses rares facultés, prête à tout 
subordonner aux études et à la carrière de cet enfant. Sa 
sœur, son jeune frère, ne songeaient qu'à lui rendre l'exis- 
tence plus heureuse et plus douce. Son père, M. Eugène 
Guieysse, lui a montré, jusqu'à la dernière heure, le modèle 
d'une vie de travail et de dévouement. La mort du chef de 
famille n'avait fait que resserrer les liens d'affection : les 
grands-parents s'étaient réunis aux parents pour mieux veiller 
sur leurs chers enfants. 

Tel est le milieu où a grandi et vécu Georges Guieysse. 
Il avait fait de brillantes études au collège Rollin et au lycée 
Henri IV. Une vocation particulière, qui se révéla de bonne 
heure, semblait le destiner à l'étude des langues. Il ne pou- 
vait qu'y être encouragé par l'exemple d'un oncle qui, après 
être sorti de l'Ecole polytechnique et tout en suivant avec 
honneur sa carrière d'ingénieur, s'est fait une place émi- 
nente dans l'égyptologie. 

Dès l'âge de quatorze ans, Georges Guieysse, poussé par 
son désir d'apprendre, avait suivi quelques cours de l'ensei- 
gnement supérieur. Une fois bachelier, et après avoir songé 
d'abord à l'Ecole normale, il se tourna de plus en plus vers 
les études de linguistique. Les occasions de s'instruire ne 
manquaient pas : il en profita largement, et partagea son 
temps entre le Collège de France, la Sorbonne, l'Ecole des 
hautes études. Par une nomination en date du 8 août 1887, 
il devint à cette dernière école élève titulaire de la section des 
sciences philologiques et historiques. En janvier 1889, il y 
joignit le titre d'élève de la section des sciences religieuses. 
A la conférence de sanscrit dirigée par M. Bergaigne et 
M. Sylvain Lévi, il fit des progrès si rapides, qu'il se trouva 
bientôt en état d'expliquer des textes difficiles à livre ouvert, 
et qu'il fut chargé d'une façon officieuse d'un cours supplé- 
mentaire de sanscrit. Tout le monde s'accordait à recon- 
naître en lui un esprit fécond et inventif servi par une 
mémoire excellente et le don des combinaisons. M. de Saus- 
sure et moi, nous l'avions fait entrer à la Société de Lin- 



— xlviij — 

guistique * : à peine entré, et cédant à l'invitation de ses 
patrons, il se fit remarquer par des communications inté- 
ressantes et curieuses, sur la langue pâli, sur le patois 
nègre du Missouri, sur divers points de la grammaire latine. 
Un travail plus étendu, fait en collaboration avec un de ses 
amis, mérita d'être inséré aux Mémoires de la Société. 
Cette publication, qui (il est triste de le penser) sera 
posthume, conservera toujours le souvenir de ce jeune con- 
frère accueilli avec tant d'empressement, et qui, amenant 
après lui ses amis, avait apporté à la Société comme un 
nouveau rayon de jeunesse et de joie. 

C'est surtout à l'étude vivante et instantanée des langues 
que semblaient le préparer ses aptitudes naturelles. Il avait 
un talent particulier pour saisir les mots au passage dans 
la conversation parlée et pour en reproduire exactement 
jusqu'aux plus délicates inflexions. Non seulement il parlait 
et écrivait l'anglais comme une seconde langue maternelle, 
mais un court voyage avait suffi pour le familiariser avec 
deux patois de l'Angleterre. L'Exposition universelle lui 
avait suggéré l'idée de converser avec quelques-uns des 
hôtes asiatiques qui campent à l'Esplanade des Invalides et 
il avait fait venir dans cette intention des grammaires et 
des manuels. 

Cette aptitude, jointe au goût des voyages, lui fit conce- 
voir un projet dont on pouvait se promettre les résultats les 
plus importants pour la science. Dans ces dernières années, 
la découverte d'une civilisation indienne au Cambodge a 
amené l'attention des savants sur une question presque 
intacte encore et où tout reste à faire. La civilisation brah- 
manique n'est pas restée enfermée dans l'Inde, mais elle 
s'est répandue, à une époque encore mal déterminée, sur 
les pays circonvoisins et sur les lies de l'Océan Indien. Non 
seulement le Cambodge, mais Sumatra, Java, Bornéo, con- 
tiennent des monuments et présentent des traces de la culture 
indienne. C'est à l'exploration de ce monde nouveau que 
notre ami se préparait avec ardeur. Nous le voyions déjà, 
comme un nouveau Csoma de Kôrôs, Rétablissant en hôte 

1. Le 11 février 1SSS. 



— ilix — 

au milieu des populations asiatiques, pour nous rapporter 
leurs livres sacrés, leurs usages, leurs idées, leurs langues... 

Comment toutes ces espérances, tous ces projets se sont- 
ils écroulés en un moment ? Hélas ! il s'est trouvé une heure 
où cette tête toujours en travail n'a pu résister à la pression 
de tant d'idées. Il était quelquefois en proie à une surexci- 
tation nerveuse dont la première cause doit être cherchée 
dans une chute faite à l'âge de treize ans, et après laquelle 
il est demeuré pendant cinq à six heures sans connaissance 
et pendant plusieurs semaines partiellement privé de 
mémoire. Il en était resté une faiblesse du système nerveux 
incapable de résister à l'impulsion du moment. La mort de 
son maître chéri, M. Bergaigne, l'avait plongé il y a un an 
dans un désespoir qui effraya sa famille. C'est par une 
abolition momentanée de la conscience que s'explique cette 
mort tragique, survenue en plein bonheur, six semaines 
après que le seul obstacle qui se trouvait sur sa route, la 
licence, avait été heureusement franchi, au retour d'un 
voyage en Angleterre où il avait reçu partout le plus affec- 
tueux accueil, quand tout l'invitait à prendre possession du 
genre de vie qu'il avait toujours désiré et rêvé. 

Pour moi, pour les miens, qui, demeurant dans la même 
maison, le voyions tous les jours, cette perte est comme la 
perte d'un membre de la famille. Mon fils perd en lui son 
ami le plus cher. Après la mort de Bergaigne, qui représen- 
tait la science dans toute sa force et sa maturité, ce coup 
nouveau frappe la moisson de l'avenir. Mais je ne veux pas 
me laisser aller à mes impressions personnelles, et j'aime 
mieux, pour finir, vous citer les paroles d'un autre de ses 
maîtres, M. James Darmesteter : 

c Votre pauvre enfant, écrit-il à la mère, était une de 
nos espérances les plus chères. Je l'aimais pour sa généro- 
sité, sa franchise, sa grâce, pour tout ce qu'il promettait 
à la science de son pays. Il y a deux jours à peine, nous 
nous entretenions ensemble de ses projets d'avenir; ils 
étaient grands et nobles et l'on sentait qu'il avait l'âme et le 
talent qu'il fallait pour les réaliser. Nous comptions sur lui 
pour réparer tant de pertes cruelles qui ont éclairci nos 
rangs ; et à présent, de tant de jeunesse, d'espérance et 

d 



d'avenir, il ne nous reste qu'un souvenir douloureux. La place 
qu'il laissera éternellement vide à votre foyer, reste aussi 
vide dans nos rangs. » 



N. MERLETTE 



Le nom de Merlette est sans doute inconnu à la plupart 
de nos confrères : mais ils reconnaîtront l'homme studieux 
et l'auteur fécond que nous avons perdu, quand ils sauront 
le pseudonyme sous lequel il a publié ses écrits. 

Auguste-Nicolas Merlette, né à Saint Gervais-de-Pontpoint 
(Oise), le 4 août 1827, entra le premier en 1843 à l'école 
normale de Versailles. 

Pendant son séjour à l'Ecole, il fut mis, par le Ministre, à 
la disposition de M. Domingo Sarmiento \ Celui-ci était 
envoyé par le gouvernement chilien pour étudier l'organisa- 
tion de l'enseignement en France. M. Merlette fut sur le 
point d'aller au Chili comme directeur de l'Ecole normale 
que le gouvernement de ce pays allait fonder ; mais son père 
s y opposa. Il rédigea alors pour M. Sarmiento un livre sur 
Y Enseignement populaire qui fut imprimé en Amérique. Son 
temps d'étude terminé, il resta à l'Ecole normale comme 
professeur. 

En 1848, il est nommé Directeur de l'Ecole primaire supé- 
rieure annexée au Collège de Provins (Seine-et-Marne). 
C'est là qu'il s'unit d'amitié avec un jeune homme qui fut 
d'abord son élève, puis son collaborateur, et dont la vie est 
toujours restée inséparable de la sienne. Nous voulons parler 
de notre confrère» M. Hauvion. 

En 1856, M. Merlette prend un congé pour venir étudier 
à Paris. Il apprend à la fois, et d'une façon approfondie, les 
mathématiques, les sciences physiques et naturelles, les 
antiquités préhistoriques, l'histoire des arts, la linguistique. 

1. M. Sarmiento fut plus tard président de la République Argen- 
tine". 



-lj- 

Une rare capacité de travail lui permet de pousser de front 
ces études diverses, en même temps qu'il fait un cours de 
chimie à l'Association philo technique et qu'il dirige un 
journal d'enseignement: L'Encyclopédie des écoles. 

En 1865, il commence, avec son ami et collaborateur 
Hauvion, cette série de livres signés : Larive et Fleury, qui 
sont aujourd'hui répandus aussi loin qu'il y a des écoles 
françaises. Une parfaite clarté de l'exposition, le choix judi- 
cieux des exemples, l'emploi dans une juste mesure des 
méthodes nouvelles, ont fait le succès de ces ouvrages 1 . Les 
deux auteurs, ayant au même degré le don de l'enseigne- 
ment et possédant une égale connaissance de ce qui con- 
vient i la jeunesse, ont toujours confondu leur travail : l'as- 
sociation était si étroite et l'habitude de penser ensemble si 
grande, que quand l'un était malade l'autre ne travaillait pas. 

En 1887, ils commencent à publier leur grand Diction- 
naire des mots et des choses (3 vol. in-4°), fruit du travail 
de quinze ans, sorte d'encyclopédie où l'on trouve exposés 
en un langage claire et simple, à côté des notions usuelles 
les plus exactes, les résultats les plus récents de la science. 
La linguistique, en particulier, est traitée avec autant de 
sûreté que de sobriété. 

La fortune, qui était venue récompenser les efforts de notre 
confrère, ne changea rien à sa vie laborieuse. Etabli à vingt 
lieues de Paris, à la campagne, il faisait deux fois par semaine 
le voyage à Paris pour suivre le cours de grammaire com- 
parée au Collège de France : c'était sa principale distraction, 
qui n'a pas duré moins de vingt-deux ans. La mort est venue 
le prendre le 13 mai 1889, au milieu de ses livres. 

Notre Société, si elle a peu vu M. Merlette, ne lui en doit 
pas moins un bon et fidèle souvenir : c'est grâce aux ou- 
vrages de Larive et Fleury, qu'une parcelle de la méthode 
historique appliquée aux langues a pénétré jusque dans 
l'école primaire. 

Michel Brëal. 

1. Cours de Grammaire et de Langue française en trois années. — 
Histoire de France. — Géographie, etc. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



N' 34 



» » i» i> « 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



du 8 Juin 1889 au 28 Juin 1890 



Séance du 8 Juin 1889. 

Présidence de M. Ploix. 

Présents : MM. de Charencey, Môhl, Nommés, V. Henry, 
Schwob, Dutilleul, Boyer, Meillet, de Saussure, de Roche- 
monteix, Ploix. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Elections. M. l'abbé Schils est élu membre de la 
Société. Est également reçue au nombre des membres de la 
Société : la Bibliothèque de l'Ecole française de Rome. 

Communications. M. de Saussure fait une communica- 
tion sur l'accent lituanien, dans laquelle il cherche à montrer 
que les deux formes du ton, distinguées par Kurschat sous 
les noms de gestossen et geschli/feti, sont en relation avec 
de très anciennes différences, non d'accent, mais de quantité 
principalement. 

M. V. Henry donne lecture d'une note de M. Audouin, re- 
lative à l'interprétation phonétique des formes comme Svo(jla, 



— liv — 

got. namô; iji?(, scr. abhi, où il n'y a pas concordance 
exacte entre les idiomes pour le groupe nasal initial. 

M. Ploix, traitant du nom de Vulcanus, s'inscrit en faux 
contre les étymologies qui supposent dans ce mot l'idée de 
« lumière » et de « clarté » comme le rapprochement avec scr. 
varcas « splendeur ». Le feu céleste seul pourrait être 
ainsi désigné, le feu terrestre personnifié dans Vulcain 
étant au contraire selon l'idée antique un feu éminemment 
impur à cause de sa fumée. M. Ploix appuie cette opinion 
de divers arguments, comme le nom de Caeculus, fils de 
Vulcain, et la description virgilienne de l'antre de Vulcain, 
où sont accumulés tous les mots qui désignent la nuit, 
l'obscurité, les ténèbres. Sans vouloir comparer directe- 
ment l'allemand wolke « nuage » , M. Ploix croit pouvoir 
admettre pour Vulcanus une racine vel- « couvrir, cacher ». 
— Des observations sont faites par divers membres. M. de 
Rochemonteix, interrogé sur la parenté possible du nom de 
"Hçaurcsç avec le Phtah égyptien, la rejette, en montrant 
que Phtah n'est point à l'origine un dieu du feu. 



Séance du 22 Juin 1889. 

Présidence de M. Bréal, secrétaire. 

Présents: MM. Bréal, V. Henry, Dutilleul, Nommes, 
Berger, Bauer, Schwob, Gasc-Desfossés, de Saussure. 

Le précédent procès-verbal est lu et adopté. 

Communications. M. V. Henry étudie devant la Société 
les adverbes grecs iwqx* e ^ ^^w» deux mots qu'il est porté à 
regarder comme étymologiquement sans lien avec izàç. Il 
faut reprendre pour icay^ I e vieux rapprochement avec 
imc^uç, en expliquant la nasale par les formes fortes comme 
*rc£YX t<rr °s- Q uan ^ à tcovj, M. Henry est tenté d'y retrouver le 
védique panvâ « merveilleusement », rac. pan- « admirer ». 
Dans plusieurs de ses emplois ttovu doit se traduire par 
« beaucoup, à merveille » plutôt que par « tout à fait ». 
— Des observations sont faites par M. de Saussure et par 



- 1? — 

M. Bréal qui se demande si xovu ne contiendrait point la 
particule enclitique vu. 

M. Schwob traite de quelques familles de mots de l'argot 
français. Tricher est parent de trique: l'association des 
idées de « battre » et de « tromper » se vérifie dans une 
série de verbes ; trinquer « choquer le verre » serait le 
même mot que tricher ; — d'autre part, ces verbes ont une 
variante par o dans troquer et dans trocher, qui, au xiv° 
siècle, signifie « trinquer ». — Guigner, que Littré renonce 
à rapprocher de l'allemand winken à cause du vieux fran- 
çais femme guignée (femme fardée), peut s'expliquer par le 
mot guigne « cerise » d'où, par le même développement 
que dans prunelle, le sens d' « œil », qui est à la base 
du mot guigne, guignon « la mauvaise chance, le mauvais 
œil ». Guigner serait donc « jouer de l'œil », proprement 
« de la prunelle ». — Le mot guignol, qu'on sait être venu 
de Lyon en 1795, a sans doute d'abord signifié « spectacle, 
théâtre ». 

M. Schwob cite ensuite, en confirmation du radical go 
« gueule, bouche » qu'il avait précédemment invoqué pour 
expliquer l'expression à tire-larigot, le nom de Madame 
Angot qui n'est pas autre chose que Madame Engueule. Il 
admet le même élément dans bagout (cf. bagouler, déba- 
gou 1er), d'où par un intermédiaire *bagouiner on serait 
arrivé à baragouiner t comme tarabuster, dans Rabelais ta- 
buster — contre l'étymologie connue, breton bar a gwin 
« du pain et du vin ». — Diverses observations sont faites 
par tous les membres présents. 



Séance du 16 Novembre 1889. 

Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. Baize, Bauer, Berger, Bonnardot, Bréal, 
Dottin, R. Duval, Halévy, V. Henry, Meillet, Ploix, 
Psichari, Schwob. 

Présentations. MM. Bréal et Môhl présentent pour 



-Ivj- 

étre membre de la Société : M. le chevalier Charles 
Schlemmer de Banyavolgy, directeur de la Chancellerie 
des finances, consul de Perse, via Sant* Andréa, 573, à 
Fiume (Hongrie). 

MM. Bréal et Rudy présentent : M. Montague, professeur 
à Amherst Collège, Amherst (Massachussets, États-Unis 
d'Amérique). 

MM. V. Henry et R. de la Grasserie présentent : M. le 
D r Henri Winkler, Neudorfstrasze, Gartenhaus 34, à 
Breslau (Prusse). 

Hommages. Voir p. lxxv. 

Communications. M. Psichari fait une communication 
sur le mot Tain qu'il a vu, dans le parler enfantin, rem- 
placer le nom de Clarisse. Il montre la régularité de cette 
substitution. 

M. Halévy fait connaître les dernières découvertes épi- 
graphiques faites en Arabie, au nord de l'Hedjaz et en 
Egypte. 

M. Bréal donne l'explication de la métaphore contenue 
dans le mot grec vs/y « la fortune », métaphore empruntée 
aux armes de jet, telles que le javelot ou la flèche. Le 
verbe est tuy^ovo) « atteindre ». 

La séance est levée à dix heures. 



Séance du 30 Novembre 1889. 

Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. Bonnardot, Bauer, Bréal, Dottin, V. 
Henry, Meillet, Schwob. 

Assistant étranger : M. Grammont. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Elections. MM. Ch. Schlemmer de Banyavolgy, Mon- 
tague et Winkler sont élus membres de la Société. 

Présentation. MM. Bréal et Meillet présentent pour 
être membre de la Société : M. Grammont, 24, rue Bona- 
parte, à Paris. 



— Ivij — 

Nécrologie. M. le Président annonce la perte que la 
Société vient de faire dans la personne de M. de Queux de 
Saint-Hilaire. Il fait l'éloge de ce confrère, qui, parmi 
beaucoup d'autres connaissances, touchait à la linguistique 
par ses études sur le grec moderne et sur le français du 
moyen âge. 

Hommage. Voir p. lxxv. 

Communications. M. Bonnardot fait une communication 
sur le nom de Malmédy, dont les anciennes formes sont 
Malmundarium, Malmendier, Malmendie, Malmédy, et en 
patois Mâmdi. 

Il explique également les noms comme Lambin, Robin, 
par d'anciennes formes Lambier, Robier, qui se sont ré- 
duites à Lamby, Roby, et ensuite nasalisées. 

M. Meillet signale des racines indo-européennes, iden- 
tiques ou analogues par la forme et par le sens, mais com- 
mençant les unes par g t ou gh iy les autres par w, par exem- 
ple gh t er- et wer- « chauffer » ; — g t erd- et werd- <c dire, 
célébrer », ce qui suppose pour le g s indo-européen une 
prononciation gw. 

M. Schwob propose une explication nouvelle des mots 
français : travail (cf. angl. travel ; trimer est à la fois « tra- 
vailler » et « voyager » ); — biffin, et Tartuffe (cf. tuffe> 
lat. tuber). — Des observations sont présentées par MM. 
Bréal, V. Henry, Grainmont. 

La séance est levée à dix heures. 



SÉANCE DU 14 DÉCEMBRE 1889. 
Présidence de M. de Rochemonteix, vice-président. 

Présents : MM. Bauer, Bonnardot, Bréal, V. Henry, 
Meillet, Schwob, Grammont. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Election. M. Grammont est élu membre de la Société. 
M. 0. Gréard, vice-recteur de l'Académie de Paris, membre 
de l'Académie française, devient membre de la Société. 



— Iviij — 

Présentations. MM. Bréal et' de Rochemonteix présen- 
tent pour être membre de la Société : M. Imbert, receveur 
de l'enregistrement à Tence (Haute-Loire), et M 110 Hélène 
Webster, 37, Nahont Street, Lynn (Massachussets, États- 
Unis d'Amérique). 

MM. Bréal et Meillet présentent : M. Horace Micheli, 
licencié es lettres, 50, rue Jacob, Paris. 

MM. Schwob et Bonnardot présentent: M. Bijvanck, doc- 
teur es lettres, 37 â , Laarderweg, Hilversum, près Amster- 
dam (Pays-Bas). 

MM. V. Henry et Meillet présentent: M. Sabbathier, 
agrégé de l'Université, 15, rue du Cardinal-Lemoine, 
Paris. 

Communications. M. Bonnardot complète sa communi- 
cation sur le nom de Malmédy. 

M. V. Henry donne une explication de la correspondance 
sanscrit â = indo-eur. ô. L'ô indo-européen est la forme 
de é quand ë se trouve après la syllabe tonique ; or, l'accent 
sanscrit de la syllabe posttonique est le svarita, dont la 
prononciation semble s'accommoder mieux d'une longue que 
d'une brève. 

Quelques faits de prosodie védique semblent justifier 
cette théorie. — Des observations sont présentées par 
MM. Bauer, Meillet, de Rochemonteix. 

M. Bréal communique à la Société une inscription latine 
en caractères grecs découverte récemment dans un tom- 
beau, en Tunisie. Cette inscription renferme des formules 
magiques en égyptien. — M. de Rochemonteix présente 
quelques observations. 

M. Schwob cite un nouveau cas de dérivation synony- 
mique. 

Commission. Sont élus membres de la Commission de 
vérification des comptes : MM. V. Henry, Meillet, 
Schwob. 
La séance est levée à dix heures. 



— liz — 



SÉANCE DU 28 DÉCEMBRE 1889. 
Présidence de M. Bonnardot, vice-président. 

Présents : MM. Bauer, Bréal, Berger, de Rochemonteix, 
Meillet, Grammont. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Elections. M Uo Webster et MM. Imbert, Micheli, Sabba- 
thier et Bijvanck sont élus membres de la Société. 

Election du bureau. Le scrutin est ouvert pour l'élec- 
tion du bureau de 1890. Sont élus : 

Président: M. F. Bonnardot. 

l 6r Vice-Président : M. M. de Rochemonteix. 

2* Vice-Président : M. Ph. Berger. 

Secrétaire : M. Michel Bréal. 

Secrétaire-adjoint : M. F. de Saussure. 

Administrateur : M. F. George Mohl. 

Trésorier: M. N... 

Bibliothécaire: M. G. Dottin. 

Membres du Comité de publication : MM. H. d'Arbois 
de Jubainville, Rubens Duval, Louis Havet, Louis Léger, 
Gaston Paris, Renan. 

L'élection du trésorier est renvoyée à une prochaine 
séance. M. Ph. Berger continuera provisoirement à rem- 
plir ces fonctions auprès de la Société. 

Rapport. La Commission de vérification des comptes, 
nommée dans la dernière séance, n'ayant pu se réunir, 
remettra son rapport dans la prochaine séance. 

M. Ph. Berger expose brièvement la situation financière 
de la Société et se réjouit de la prospérité où elle se main- 
tient. 

Communications. M. Meillet fait l'historique de l'indo- 
européen *mcns « lune » et « mois ». — Il montre ensuite que 
les datifs arméniens inj « à moi », mez « à nous », etc., pré- 
sentent la même désinence que le sanscrit mahyam et que 
le latin milii. — Des observations sont faites par M. Bréal. 



— !x — 

M. Bréal justifie l'opinion ancienne que 6ptvax(* « la Si- 
cile » signifie « les trois pointes ». — M. Bréal indique, 
dans une seconde communication, que c'est le latiniste 
Dôderlein qui a, le premier, reconnu que l'italique subocau 
est une forme du parfait ; il rappelle à ce propos que l'hel- 
léniste Buttmann s'était rendu compte de la parenté du grec 
et du sanscrit longtemps avant la publication de la gram- 
maire de Bopp. — Notre confrère termine par une rectifi- 
cation au Dictionnaire étymologique de Kluge : l'allemand 
Zelter « haquenée », reproduit le latin tolutarius. 

La séance est levée à dix heures. 



Séance du 11 Janvier 1890. 

Présidence de M. Halbvy. 

Présents: MM. Halévy, Graramont, Bréal, Schwob, 
R. Duval. 

M. Bréal donne lecture du procès-verbal de la séance du 
28 décembre 1889. Le procès-verbal est adopté. 

Rapport. M. Schwob, au nom de la Commission de vé- 
rification des comptes, donne lecture du rapport sur la 
gestion des finances de la Société pendant l'exercice 
1888-1889 : 

Messieurs : 

La Commission de vérification des comptes devait déposer 
le présent rapport dans la dernière séance de Tannée 1889. 
La maladie d'un de ses membres, l'absence d'un autre, 
s'étant opposées à sa réunion, votre trésorier, M. Philippe 
Berger, a donné les chiffras d'arrêt de comptes dans le cours 
de la séance du 28 décembre 1889. 

Ces chiffres étaient : 

Recettes : 7,688 fr. 26. 
Dépenses: 5,071 fr. 45. 

La Commission de vérification, composée de MM. Victor 



-lxj- 

Henry, Meillet, Schwob, s'est réunie le 10 janvier chez 
M. Philippe Berger, où elle a opéré l'arrêt définitif des 
comptes pour' l'année 1889. Des rentrées de fonds s'étant 
produites depuis le 28 décembre, ainsi que quelques dé- 
penses, la Commission a l'honneur de présenter à la Société 
les chiffres suivants qui sont définitifs : 

Recettes : 8,144fr. 20, soit une augmentation de 455 fr. 94 
sur le chiffre du 28 décembre, représentant 38 cotisations 
et 4 francs rentrés en surplus ; 

Dépenses : 5,083 fr. 50, soit une augmentation de 12fr.05> 
dépenses effectuées depuis le 28 décembre. 

L'excédent des recettes sur les dépenses est donc de 
3,060 fr. 70, chiffre qui doit être porté à l'actif de la Société 
à la date du 10 janvier 1890. 

Pour la Commission, 
Le Rapporteur, 

M. Schwob. 

Correspondance. M. Bréal donne lecture d'une lettre de 
M. V. Henry, déclinant les fonctions de trésorier, qui lui 
avaient été proposées par la Société. 

Communications. M. Bréal se propose de montrer les 
rapports de l'alphabet étrusque et de l'alphabet latin. L'al- 
phabet étrusque aurait dominé à une certaine époque dans 
toute l'Italie et son influence se serait étendue sur la nota- 
tion des langues italiotes ; diverses particularités des alpha- 
bets osque et ombrien seraient ainsi expliquées. C'est à 
l'alphabet étrusque qu'il faut attribuer l'incertitude qui 
existe aux origines latines entre le c et le g par exemple ; 
l'incertitude a existé aussi entre le d et le / ; on en trouve 
la preuve dans diverses notations osques. Une autre preuve 
que l'osque a emprunté son alphabet à l'alphabet étrusque, 
c'est ce qui s'est passé pour le son o. Le son o a été 
représenté par un V muni d'un point diacritique, preuve 
que Y omicron grec était inconnu en Italie à cette époque. 
— Des observations sont présentées par MM. Rubens Duval 
et Halévy. 



— lxîj — 

M. Halévy attire l'attention sur an fait signalé par 
M. Clermont-Ganneau dans une inscription grecque de Sidon, 
qui porte le nom de Baal-Markod ; le dieu en question est le 
Baal du deuil, analogue à Adonis. — M. Halévy signale 
ensuite une erreur commise dans l'interprétation de l'épi- 
sode de la fille de Jephté. On a traduit : « Ce qui sortira de 
mes portes, je l'offrirai à Jahveh et je le sacrifierai en holo- 
causte», exemple unique d'un sacrifice humain à Jahveh. 
La conjonction est séparative, au contraire ; elle a le sens 
de ou, double sens fréquent en hébreu. L'une des alterna- 
tives s'appliquait à un être humain, qui appartiendrait au 
temple; l'autre, à un animal. Les larmes des compagnes de 
la fille de Jephté sont répandues sur sa virginité. — 
Des observations sont faites par MM. R. Duval et Schwob. 



Séance du 25 Janvier 1890. 

Présidence de M. Bonnardot. 

Présents : MM. Bauer, Berger, Bonnardot, Bréal, Gram- 
mont, V. Henry, Meillet, Schwob. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Présentation. MM. Bréal et V. Henry présentent pour 
être membre de la Société : M. Georges Cousin, maître de 
conférences à la Faculté des lettres, 59, boulevard Sta- 
nislas, Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

Hommage. Voir p. lxxv. 

Communications. M. Meillet montre que n m ne sont 
devenus en, em en latin, qu'après l'affaiblissement des 
voyelles en syllabe finale. — M. Meillet signale ensuite, 
dans une période ancienne du latin, une crise dans la pro- 
nonciation des sonores. 11 explique par là la prononciation 
du d voisin de /, qui a laissé sa trace notamment dans cer- 
taines dissimilations : meridies, grando (= *glando), etc. 

M. Schwob rattache le mot bourde à l'ancien verbe be- 
hourder « heurter » ; la suite des sens est : « heurter — ren- 
contrer un obstacle — hésiter — mentir — tromper ». — 



— liiij — 

Il explique aussi les expressions arpion, wle-sermentine, etc. 
— Il cite enfin des mots composés argotiques, formés d'une 
phrase entière. 

M. Berger entretient la Société d'ex-votos néo-puniques. 
Les auteurs de ces ex-votos portent des noms latins. 
M. Berger indique les lois de la transcription de ces noms 
dans les inscriptions en question et en signale diverses par- 
ticularités. 



SÉANCE DU 8 FÉVRIER 1890. 

Présidence de M. Bonnabdot. 

Présents: MM. Berger, Bonnardot, Bréal, Grammont, 
Halévy, V. Henry, Meillet, Sabbathier. 

Le procès verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Election. M. Cousin, maître de conférences à la Faculté 
des lettres de Nancy, est élu membre de la Société. 

Hommage. Voir p. lxxv. 

Communications. M. Bréal signale dans une tabula devo- 
tionis en grec, trouvée en Tunisie, le mot (laXXov avec le 
sens du français « mais ». — M. Bréal indique ensuite com- 
ment ûber, autrefois substantif, est devenu adjectif: uber 
est à ubertas ce que liber est à libertas. 

M. Berger lit sur une inscription punique ros Melkarth, 
au lieu de bèth Melkarth ; on trouve ainsi, dans un texte 
sémitique, un caput Herculis depuis longtemps supposé. — 
MM. Halévy et de Rocbemonteix présentent à ce sujet 
diverses observations. 

M. de Rocbemonteix s'appuie sur des faits tirés de la 
langue copte pour montrer que l'y et \\ grecs n'avaient pas 
encore, au iv° siècle, la prononciation t. L'iotacisme ne s'est 
répandu que tard en Egypte. — M. Halévy présente des 
observations. 



— Ixiv — 



Séance du 22 Février 1890. 

Présidence de M. Halévy. 

Présents: MM. Bauer, Berger, Bréal, Du tilleul, Gram- 
mont, Halévy, V. Henry, Sabbathier, Schwob. 

Assistant étranger: M. Mélèse. 

Le procès verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Présentations. MM. Bréal et V. Henry présentent pour 
être membres de la Société : M. \V. Thomas, professeur au 
lycée de Dijon ; M. Mathieu, traducteur juré aux établisse* 
ments Schneider, au Creusot, et M. Mélèse, professeur de 
l'Université, 30, rue de Vaugirard, Paris. 

MM. Berger et Halévy présentent : M. l'abbé R. Graffin, 
47, rue d'Assas, Paris. 

Communications. M. Halévy fait diverses remarques 
sur les noms des pierres précieuses dans les langues sémi- 
tiques et dans les langues européennes : ces mots ont passé 
des unes aux autres par voie d'emprunt. L'émeraude, le 
jaspe, le saphir portent des noms sémitiques ; au contraire 
le sardonyx, du grec a passé en sémitique. — M. Halévy 
fait aussi remarquer que, dans toutes les langues sémitiques, 
il y a association étroite entre le nom de la « perle » et 
l'idée de « substance ». 

M. Bréal critique la théorie ordinairement enseignée que 
le k latin est resté pur devant jod et devant t jusqu'à une 
date assez basse. L'ombrien et aussi l'osque avaient certai- 
nement altéré le k devant i et / au i or siècle avant J-C. ; 
dès le n e siècle de l'ère chrétienne, on trouve sur les ins- 
criptions latines des confusions entre ci et ti; pour que la 
confusion fut possible, il fallait que l'altération eût com- 
mencé depuis longtemps. On oppose les transcriptions 
étrangères présentant k pur: mais ce peuvent être des trans- 
criptions d après dos textes écrits, non d'après la pronon- 
ciation. — Des observations sont présentées par MM. Henry 
et Halévy. 



— lxv — 

M. Meillet indique que la loi généralement admise : indo- 
européen A,t = grec xt est incertaine. 
La séance est levée à dix heures. 



Séance du 8 Mars 1890. 



Présidence de M. Bonnardot. 



Présents: MM. Bauer, Bonnardot, Bréal, Grammont, 
V. Henry, Meillet, Sabbathier. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Élections. MM. Thomas, Mathieu, Mélèse, Graffin, sont 
élus membres de la Société. 

Communications. M. Meillet essaye de confirmer que, 
dans les cas où g x européen répond à gh { indien, nous 
sommes autorisés à poser un phonème indo-européen distinct 
et de g x et de gh x . 

M. Schwob communique à la Société le texte d'un glos- 
saire de l'argot de la bande des Coquillars. Le texte date de 
1455 ; il est ainsi l'un de nos plus anciens monuments argo- 
tiques. Il a une très grande importance : en effet, Villon pro- 
nonce dans ses ballades argotiques le nom des Coquillars ; 
et, en fait, plusieurs passages des ballades sont expliqués 
par les mots du glossaire. On obtient ainsi des preuves : 1°) 
de l'authenticité de plusieurs ballades discutées ; — 2°) du 
caractère réel de la langue argotique de Villon ; — 3°) des 
rapports de Villon avec la bande des Coquillars. 

M. Bréal montre qu'en ancien latin invideo se construi- 
sait avec l'accusatif et avait le sens de « jeter le mauvais 
œil sur quelqu'un ». 

M. V. Henry indique que nous manquons d'un point de 
départ pour nous expliquer les datifs homériques et béotiens 
en -€99i. Il en indique deux qui lui paraissent vraisemblables : 
1*) le datif singulier se forme dans ydp en ajoutant le dési- 
nence -t au nominatif singulier; on a pu former la datif 
pluriel en ajoutant à x**P 6 * 1* désinence -crt : xefpewi ; 2°) le 
datif pluriel homérique de Xcysç est X6youi, en face du nomi- 



— livj — 

natif pluriel Xàyoi : du nominatif pluriel *68eç, on a pu tirer 
de même «i8ecr-ai. — M. Bréal présente des observations. 
La séance est levée à dix heures. 



Séance du 22 Mars 1890. 

Présidence de M. Bonnardot. 

Présents : MM. Bauer, Berger, Boonardot, Bréal, Dottin, 
Dutilleul, Grammont, V. Henry, Mélèse, Meillet, Schwob. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Présentation. MM. G. Paris et Bréal présentent pour 
être membre de la Société : M. Svedelius, rue Victor-Masse, 
21, Paris. 

Communications. M. Dutilleul fait diverses observations 
sur l'origine de l'interjection pae en latin ; il lui assigne une 
origine grecque. — M. Dutilleul explique ensuite l'adverbe 
interdins et voit dans -dius un ancien génitif. — Dans nne 
troisième communication, notre confrère donne une expli- 
cation du mot laser pitium. — Des observations sont pré- 
sentées par MM. Bonnardot, Bréal, V. Henry et Meillet. 

M. Dottin lit, au nom de M. Loth, une note sur l'irlan- 
dais cùach : ce mot est emprunté au latin conçus. 

M. Dottin indique un certain nombre de cas où des mots 
gallois ont été déformés par étymologie populaire. Il rat- 
tache ensuite le vieil-irlandais conecim à la racine enc 
« porter». 

M. Schwob explique l'expression argotique : As-tu vu la 
rue Michel? c.-à-d. « As-tu vu le comte? », d'après la rue 
Michel-Lecomte, à Paris. — Il fait ensuite l'étymologie de 
abasourdir, qui dériverait de basourdira tuer », qu'on trouve 
dans l'argot dès le xvi e siècle, et qui dérive lui-même de 
basir « tuer » (Glossaire de la Coquille, 1455). Cf. chap-er, 
chap-arder. 

La séance est levée à dix heures. 



— Ixvij — 



Séance du 19 Avril 1890. 

Présidence de M. Halévy. 

Présents : MM. Bauer, Grammont, Halévy, V. Henry, 
Mélèse, Maillet, de Rochemonteix, Schwob. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Présentations. MM. V. Henry et Duvau présentent pour 
être membres de la Société : M. Gustave Lecocq, 7, rue du 
Nouveau-Siècle, i Lille, et M. Charles Lambert, licencié 
es lettres, à Lille (Nord). 

Hommage. Voir p. lxxv. 

Communications. M. V. Henry rappelle la théorie de 
M. Seymour Conway, que la présence ou l'absence du rho- 
tacisme latin dépend de certaines conditions d'accent ; 
notre confrère montre que cette théorie est fondée sur des 
raisons peu solides et que la théorie que les s subsistent en 
latin entre deux voyelles sont d'anciens ss parait préférable. 
Elle se trouve confirmée par des formes de noms propres 
telles que Nasso, Nassius, etc., qui rendent compte de nâsus, 
en regard de nâres. — MM. Halévy et Meillet présentent 
des observations. 

M. Halévy indique que l'u grec est rendu dans le Talmud 
de trois manières différentes : 1°) par u; — 2°) par t; — 
3°) par tu. — Il parle ensuite du mot éthiopien haçe « roi », 
qui ne se retrouve dans aucune autre langue sémitique ; 
mais, si l'on remarque que les mots qui veulent dire « gou- 
verner » sont, dans les langues sémitiques, les mêmes que 
ceux qui veulent dire « diviser », on pourra rattacher haçe à 
une racine qui a le sens de « briser, partager ». 

M. Meillet parle des verbes grecs en -vont. Le type 
îe>prjjju est de formation récente ; il a été formé sur l'aoriste 
ÇcuÇa, d'après l'analogie de îafvuixt-lîatsix, sous l'influence 
d'une ancienne formation à nasale (scr. yunakti, IdX.jungo). 
— De môme le type crcopfrvuiM a été refait sur l'aoriste 



— lxviij — 

forépcrc , sous l'influence d'autres formes nasalisées : 
9xipvu|M, etc. 
La séance est levée à dix heures. 



Séance du 3 Mai 1890. 

Présidence de M. Bonnardot. 

Présents: MM. Psichari, Svedelius, Bréal, Bonnardot, 
Bauer, Dottin, Halévy, V. Henry, Meillet, R. Duval, 
Ploix, de Rochemonteix, Grammont, Schwob, Sabbathier, 
Môhl. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

Élections. Sont élus membres de la Société : MM. Lam- 
bert et Lecocq. 

Présentation. MM. Bréal et Rousselot présentent pour 
être membre de la Société : M. l'abbé Lejay, 74, rue de 
Vaugirard, à Paris. 

Échange de Publications. La Société, après une courte 
discussion, décide de refuser l'échange de publications 
proposé par l'Université impériale de Razan. 

Communications. M. Bréal entretient la Société des 
adverbes latins en -ë, qui représenteraient pour la plupart 
d'anciens ablatifs de la 3° déclinaison. On peut s'étonner 
de voir cette formation presque universellement adoptée 
par les thèmes de la 2 e déclinaisoù, p. ex. ctrtus donnant 
eerté à côté de certô. Dans l'hypothèse qui nous est pro- 
posée, il faudrait rechercher la cause de ce changement de 
déclinaison dans la tendance bien connue des adjectifs 
latins à passer, en composition, de la 2* déclinaison dans 
la 3*, p. ex. inermis et mermus, exanimis et exanimus, bi- 
juçis, de jugum, etc. 

M. Bréal termine par une étymologie de cruentos « san- 
glant », qui devrait son origine à des expressions telles 
que cadavera cruenta, mot-à-mot « cadavres qui saignent», 



— lxix - 

où cruenta serait proprement un ancien nominatif du par- 
ticipe présent d'un verbe * erueo « saigner ». 

M. Meillet recherche les lois de l'alternance des aspirées 
et des sonores en grec après nasale, p. ex. ay^t à côté de 
e-ff-jç, ou encore Xa^iva) à côté de eftor^a. Il faudrait 
attribuer ces alternances aux déplacements de l'accent, 
agissant ici dans des conditions assez semblables à celles 
que la loi de Verner a mises en lumière pour le germa- 
nique. On explique ainsi d'une manière satisfaisante les rap- 
ports depuis longtemps entrevus entre ovOpancoç et ôv8p6ç. — 
Des observations sont faites par MM. V. Henry et Bauer. 

M. Svedelius communique quelques observations sur la 
sémantique, particulièrement en ancien français et dans les 
langues romanes, et expose une classification des causes 
susceptibles d'amener des modifications dans les significa- 
tions d'un mot. Ces causes sont intérieures ou extérieures, 
et de natures très diverses ; les métaphores les plus excep- 
tionnelles aussi bien que les épithètes homériques les plus 
habituelles peuvent devenir des faits de sémantique; par- 
fois de simples raisons d'euphonie font substituer une 
locution à une autre, enrichissant ainsi le domaine de la 
science sémantique. — Une série d'observations sont pré- 
sentées par MM. Bréal, Schwob, Bonnardot, Henry et 
Ploix. 



Séance du 17 Mai 1890. 



Présidence de M. Bonnardot. 



Présents : MM. Bauer, Berger, Bonnardot, Bréal, Dottin, 
Grammont, V. Henry, Meillet, Schwob, Svedelius, Môhl. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Election. M. l'abbé Lejay est élu membre de la Société. 

Présentation. MM. Bréal et Henry présentent pour être 
membre de la Société : M. Laray, capitaine d'infanterie de 
marine, à la Réunion. 

Hommage. Voir p. lxxv. 



- lxx - 

Communications. M. Bréal entretient la Société d'un 
son voisin du w labio-dental qui aurait existé dans les dia- 
lectes italiques et que les monuments transcrivent généra- 
lement par /; c'est cette valeur qu'il faut accorder notam- 
ment au / éphelcystique des nominatifs fruktatiuf, 
xntxufy etc., lesquels n'avaient sans doute à l'origine d'em- 
ploi que devant voyelle. C'est aussi vraisemblablement ce 
même / = w qu'il convient de reconnaître dans les prété- 
rits osques en -a/erf = lat. -âvit; -ufed = lat. -uit, par ex. 
aamanaffed, alkdafed, pruffed, etc. De même andersafust 
à côté de vestikaust. — Des observations sont faites par 
M. V. Henry et par M. Schwob, qui cite, à propos de cette 
communication, un mot fardis, employé par Villon et qu'il 
faut lire verdis « la campagne », selon notre confrère 
M. Bijvanck. 

Le passage cité par M. Schwob attire l'attention de la 
Société sur le français échec* qui combinerait, dans ses 
deux significations, deux étymologies distinctes : le persan 
sâh d'une part, et le germanique skiuwan « craindre, re- 
culer, se dérober ». Cf. escheguer ou eschever, aujourd'hui 
s'esquiver. 

M. Meillet ajoute aux exemples de in, im latin pour n, m 
devant t l'adjectif similis = * smlis, v. irl. samail. — Notre 
confrère cherche ensuite à identifier le grec iya avec les 
particules smat en védique et mad « avec », en zend. — En 
dernier lieu, M. Meillet, comparant directement le grec 
Xtuv à l'arménien jiun « neige », fixe comme prototype 
* chien- et non * gh x iem- ; les langues qui présentent m au 
lieu de n en seraient redevables à des dérivés de la rac. 
*gh t i, tels que * gh x ei-mâ ou * gh x i-mos, etc. — Des observa- 
tions sont faites par MM. V. Henry et Bréal. 

M. Bonnardot, revenant une fois encore sur l'expression 
à tire-larigot, qui a si souvent occupé notre Société, signale 
dans un vieux dictionnaire hollandais-français le mot lari- 
got employé au sens de « registre de la flûte », dans le jeu 
d'orgue. 

La séance est levée dès neuf heures et demie. 



- lixj - 



Séàncb du 31 Mai 1890. 

Présidence de M. Ph. Berger, vice-président. 

Présents : MM. Halévy, V. Henry, Mèlèse, Schwob, de 
Charencey» Berger, Grammont, Bauer, Meillet, Sabbathier, 
Dutilleul, de Rochemonteix, Bonnardot, Môhl. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Élection. M. le capitaine Laray est élu membre de la 
Société. 

Hommages. Voir p. lxxv. 

Communications. M. de Charencey fait l'étymologie du 
français gourgan a fève de marais », qui dériverait du 
breton gour « beaucoup » et ghenn « marais » ; — le mot 
gourgandine serait également d'origine bretonne, de même 
que beaucoup d'autres termes populaires ; — peut-être le 
mot sapin est-il également un dérivé direct du breton sapr. 
M. de Charencey termine par une hypothèse concernant le 
mot dada. — Des observations sont faites par M. Schwob. 

M. de Rochemonteix développe certaines considérations 
touchant les langues ou dialectes de l'Afrique orientale 
dont M. Borelli a rapporté récemment des vocabulaires. 
Ces idiomes appartiennent tous au groupe koushique, les 
uns se rapprochant du type somali, les autres, comme le 
koullo par exemple, rappelant plutôt certaines particula- 
rités du bishari. Les langues étudiées par M. Borelli mettent 
en lumière un fait extrêmement remarquable : c'est l'exces- 
sif morcellement dialectal et les divergences profondes qui 
séparent les membres de cette division du groupe kou- 
shique; au contraire, le rameau du Nord, le bishari et les 
langues congénères, se distinguent précisément par une 
étonnante stabilité des formes et du vocabulaire. Les 
causes d'une différence aussi essentielle mériteraient d'être 
recherchées. — Une conversation s'engage à ce sujet entre 
MM. de Rochemonteix, de Charencey, Berger, V. Henry, 
qui examinent quelques exemples typiques, souvent cités, 
de l'instabilité de certaines langues. 



— lxxij — 

M. Halévy expose une théorie nouvelle sur l'origine des 
consonnes emphatiques dans la famille sémitique. Notre 
confrère montre d'abord que ces consonnes, bien que beau- 
coup plus anciennes que les fricatives de l'hébreu par 
exemple, ne portent point le caractère de sons primitifs et 
sont souvent dues à des causes phonétiques qu'il est facile 
de dégager; ainsi dans l'hébreu gâtai, en regard de 
l'arabe qatal, le teth n'est dû manifestement qu'à une réper- 
cussion du qôf. S'inspirant ensuite de la transcription 
des aspirées indiennes dans l'écriture açoka par exemple, 
M. Halévy examine les origines paléographiques des em- 
phatiques dans les types les plus anciens de l'alphabet 
phénicien, et il y reconnaît, comme dans les aspirées de 
l'açoka, des éléments composés : le teth notamment n'est pas 
autre chose qu'un tav inscrit dans un Vz/'in. Dès lors, on 
doit admettre que les emphatiques ne sont que des aspirées 
d'une espèce particulière, issues d'explosives immédiate- 
ment suivies d'un Vz/in, et, de fait, la phonétique sémi- 
tique semble confirmer cette vue. C'est ainsi que le jade, 
perdant en araméen le premier élément, conserve le second 
sous sa forme de c q/ffi y lequel est susceptible secondaire- 
ment de se renforcer en g % ajin ; par exemple dans un ver- 
bum primae gutturalis, soit fâhag « rire », nous verrons 
le s aboutir à un g' en araméen : g*âhag. 

M. de Rochemonteix se propose de présenter, dans une 
prochaine séance, quelques objections à cette importante 
communication. 



Séance du 14 Juin 1890. 



Présidence de M. Bonnardot. 



Présents : MM. Svedelius, Grammont, Berger, V. Henry, 
Mélèse, Halévy, Sabbathier, de Rochemonteix, Psichari, 
Bonnardot, Meillet, Mohl. 

Assistant étranger : M. le D r Uesseling. 



— lxsiij — 

Au début de la séance, le fauteuil du président est occupé 
par M. Ph. Berger, vice-président. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Communication. M. Grammont traite de certaines 
formes de l'impératif grec. Dans les types ti8£vtwv, Xoévruv, 
Xurirar», etc., il ne faudrait point reconnaître, suivant une 
opinion généralement admise, des formes pluralisées cons- 
truites sur le singulier -ctOs-ru, Xuétu, Xuairu, etc. ; l'identité 
morphologique de ces formes avec les génitifs pluriels des 
participes correspondants couvre peut-être, à l'origine, une 
identité sémantique, et, dans des locutions telles que fore 
xwv âxoudvnav « écoutez », il y aurait lieu de retrouver une 
trace de cet emploi impératif du génitif partitif. Du reste, 
la formation est indo-européenne, puisque l'on a en sans- 
crit, à la voix moyenne il est vrai, la 3* personne pluriel 
bôdhantâm, autre forme du génitif pluriel du participe 
bôdhatâm. — La forme Icrcuv, en regard de Svtuv, est un 
simple emprunt au duel. — Quant au type XoéTurov, cette 
formation est toute moderne ; elle date du iv° siècle et doit 
son origine au singulier Xu£to>, de même que I6tq<jov est 
refait sur Ur t . — Enfin le type XSrcv, à l'impératif aoriste, 
n'est, lui aussi, qu'un participe ; mais, cette fois, il faut 
partir d'une locution telle que fr6i Xjawv, Xuaourc, Xûcrov. 

Des observations sont faites par MM. Psichari et V. 
Henry. 

Correspondance. M. Bonnardot communique un passage 
d'une lettre où notre confrère, M. le chanoine Hingre, 
signale à l'attention des romanistes le mot lai jôsêne, qui 
désigne, dans les Hautes-Vosges, le vent du nord-ouest. 
M. le Président y joint un autre nom de vent, le téheut, 
usité dans la Lorraine de la Meuse. 



— lxxiv — 



Séance du 28 Juin 1890. 



Présidence de M. Bonnardot. 



Présents : MM. de Rochemonteix, Halévy, Bonnardot, 
V. Henry, Nommés, Mélèse, Meillet, Dottin, Môhl. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir p. lxiv. 

Communications. M. de Rochemonteix présente quelques 
objections à la théorie exposée par M. Halévy dans la 
séance du 31 mai dernier (voir p. lxxij) au sujet de l'origine 
des emphatiques sémitiques, et bientôt une longue discus- 
sion s'engage entre nos deux confrères. Le débat porte 
presque exclusivement sur la nature physiologique des sons 
en question et sur leur prononciation, particulièrement dans 
les dialectes arabes ; M. de Rochemonteix d'une part ne 
saurait reconnaître le caractère emphatique ni au % ajïn ni 
au qôfy et d'autre part il nie la présence de l'articulation 
% ajln dans les emphatiques proprement dites ; M. Halévy, 
au contraire, soutient ces deux points. — M. V. Henry pose 
une question relative à un rapprochement entre les céré- 
brales indiennes et les emphatiques sémitiques. 

Jd. Meillet, examinant certains caractères non indo- 
européens communs aux groupes germanique et italo- 
celtique, propose d'y reconnaître un héritage de populations 
plus anciennement établies dans le domaine géographique 
de ces deux groupes. Ces caractères sont : 1° l'accent d'in- 
tensité et la prononciation des initiales intenses ; 2° l'har- 
monie vocalique, au moins partielle ; 3° certains troubles 
du consonantisme, par exemple la production des fricatives 
et la tendance des sonores à se durcir en sourdes ; 4° la 
gémination des consonnes. — Des observations sont faites 
par M. Halévy. 

La séance est levée à dix heures un quart. 



— lu? — 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 

16 Novembre 1889. 

Mecheme i Âtsam og deret sprog, af L. 0. Skrefsrud. Copenhague, 1880. 
Ost-tscheremissische Sprachttudien t \ on b r krvid Genetz. Helsingfors, 1889. 
De la pari de la Société Ûnno-ougrienne. 

50 Novembre. 

Rapport sur une mission à Luxembourg et es pays adjacente, par Fr. Bon- 
nardoU Paris, 1889. — Offert par l'auteur. 

25 Janvier 1890. 

Dictionnaire de f ancienne tangue française, par Fréd. Godefroy. Livraisons 
publiées dans Tannée 1889. — De la fcart du Ministère de l'Instruction 
publique. 

8 Février. 

Annual Report of the board of Régente of the Smithsonian Institution. 
Année 1886. Washington, 1887. 

49 Avril. 

Annales du Musée Guùnet, t. XV : Histoire des Religions de tlnde, par 
M. de Miloué. Paris, 1890. — De la part du Ministère de l'Instruction 
publique. 

11 Mai. 

Annales du Musée Guimet 9 i. XVI : Les Hypogées royaux de Thèbes, par 
M. Lefébure, I" et II* parties. Paris, 1889. — De la part du Ministère de 
l'Instruction publique. 

81 Mai. 

Divisions, Subdivisions, Langues et Races des régions Amhard, Oromo et 
Sidama, par M. Borelli. Lecture faite à la Société de géographie. Paris, 
1890. — Déposé de la part de l'auteur par M. de Rochemonteix. 

Cartulaire de l'Abbaye de Notre-Dame de la Trappe, publié par M. le 
comte H. de Charencey. Alençon, 1889. — Offert par l'auteur. 

Etudes sur la langue mam, par M. de Charencey. Extrait du compte rendu 
do Congrès international des Américanistes. Berlin, 1888. 

29 Juin. 

Suomalais'Ugrilaisen Seuran Aikakauskirja. Journal de la Société ûnno- 
ougrienne, t. VIII. Helsingfors, 1890. 

Suomalais-ugrilaisen Seuran Toimiluksia. Mémoires de la Société Ûnno- 
ougrienne, t. I : Lule-lappische* Wôrterbuch, von K. B. Wiklund. Helsing- 
fors, 1890. 

Extrait de VEphemeris epigraphica, t. VII. Berlin (Reimer), 1890. — Dé- 
po:* par M. Dot Un, de la part de M. F. Haverfield. 



LISTE DES MEMBRES 



DR 



LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 



AU 1" SEPTEMBRE 1890 



USTE DES MEMBRES PERPÉTUELS. 



M. ASCOLI, MEMBfcB DOIATlUa. 



MM. Bbaudouin de Courtenay. 
Berger (Ph.). 
Bibe8co (le prince). 
bonnardot. 
Bréal. 
Dblairb. 

Derenbouro (Hartwig). 
Dorand-Gréville. 
Ernaolt. 
Fledry. 
Gonnet. 
Guihet. 
Haverfield. 
Havet (Louis). 
Hériot (l'abbé). 
Jackson. 
Joret. 
Kirste. 

Laborde (le marquis de). 
Léger. 



MM. Melon. 

Mbnagios (de). 

Meyer (Paul). 

Oltramare. 

Par» (Gaston). 

Pariientier (le général). 
S. M. dom Pedro II. 
MM. PbSafiel. 

Ploix. 

Rbys. 

Rolland. 

Kosapelly. 

Sayce. 

Sebillot. 

Storm. 

SUDRE. 

Teoner. 

Vogué (le marquis de). 

Wilbois. 

WOIIIBR. 



USTE GÉNÉRALE. 



MM. 



Abbadib (Antoine-TAonwo» d'), membre de l'Institut (Académie des sciences, 
section de géographie et navigation), 120, rue du Bac, Paris. — Membre 
de la Société depuis l'origine et son premier président. 

Adam (Lucien), président de Chambre à la Cour d'appel, Rennes (Ille-et- 
Vilaine). — Élu membre de la Société le 7 février 1885. 

Aniart (Jules), chargé du cours de grammaire au lycée, Saint-Pierre (Marti- 
nique). — Élu membre de la Société le 7 mars 1885. 

Arbois de Jubaikville (Marte-Henry d'), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur de langues et littératures celti- 
ques au Collège de France, directeur de la Revue celtique, 84, boulevard 
Montparnasse, Paris.— Membre de la Société en 1867 ; vice-président en 
1881 et 1882 ; président en 1883. 

Àscou (Graziadio /.), correspondant de l'Instilut de France (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur à l'Institut royal, Milan (Italie). 
— Élu membre de la Société le 22 juillet 1876 ; membre perpétuel. 



— Ixxvij — 

Audouei, maître de conférences A la Faculté des lettres, Aix (Bouches-du- 
Rhône). — Élu membre de la Société le 23 février 1889. 

Aymomer (Etienne-Françou), capitaine d'infanterie de marine, administra- 
teur des affaires indigènes de Cochinchine, en mission au Cambodge, 
Phnom Penh (Cambodge).— Élu membre de la Société le 4 février 1882. 



BadareG, ancien élève de l'École des hautes études, Bucarest (Roumanie). 
— Élu membre de la Société le 26 avril 1884. 

Bailly (Anatole), professeur au lycée, Orléans (Loiret). — Admis dans la 
Société en 1868. 
*•• Bade (Louis), professeur au lycée Condorcet, 20, rue des Écoles, Paris. — 
Élu membre de la Société le 22 janvier 1881 ; bibliothécaire de 1882 A 1888. 

Barbier de Meyxard, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur au Collège de France et A l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, 18, boulevard de Magenta, Paris. — Membre 
de la Société depuis le 2 février 1884. 

Baron (Charles), maître de conférences A la Faculté des lettres, Clermont- 
Ferrand (Puy-de-Dôme). — Élu membre de la Société le 22 janvier 1887. 

Barth (Auguste), 6, rue du Vieux-Colombier, Paris. — Élu membre de la 
Société le 10 mars 1873. 

Barthélémy (Adrien), drogman-chancelier du Consulat général de France, 
Zanzibar (Cote Orientale d'Afrique). — Élu membre de la Société le 16 fé- 
vrier 1884. 

Basset (René), professeur de langue et de littérature arabes A l'École su- 
périeure des Lettres, 22, rue Randon, Alger. — Élu membre de la Société 
le 2 juin 1888. 

Baddat (Emile), professeur A l'Académie, Lausanne (Suisse). — Élu membre 
de la Société le 5 janvier 1878 ; bibliothécaire en 1879. 

Baudouin de Courtenay (J.), professeur de grammaire comparée des 
langues slaves A l'Université, Dorpat (Russie). — Élu membre de la So- 
ciété le 3 décembre 1881 ; membre perpétuel. 

Bauee (Alfred), 17, rue Tournefort, Paris. — Élu membre de la Société le 
9 janvier 1875. 

Baujacx (Docteur Jean), 32, Hospitalstrasze, Leipzig (Saxe). — Élu 
membre de la Société le 26 juin 1880. 
M. Beuame (Alexandre), maître de conférences de langue et littérature an- 
glaises A la Faculté des lettres, 29, rue de Condé, Paris. — Membre de 
la Société en 1867. 

Binlcew (Louis), 48, rue Copernic, Paris.— Admis dans la Société en 1868. 

Berchex (Maximilien de), 16, rue des Granges, Genève (Suisse). — Élu 
membre de la Société le 14 avril 1883. 

Berger (Philippe), sous-bibliothécaire de l'Institut, chargé du cours d'hé- 
breu A la Faculté de théologie protestante, 1, rue de Seine, Paris. — 
Élu membre de la Société le l" r juin 1872 ; trésorier depuis le 11 avril 
1874; vice-président en 1890; membre perpétuel. 

Bezsonov (Pierre), professeur A l'Université, Kharkov (Russie).— Élu 
membre de la Société le 23 novembre 1878. 

Biaxu (Jean), bibliothécaire de l'Académie roumaine, Bucarest (Roumanie). 
— Élu membre de la Société le 3 mars 1883. 

BiRESCO (Le prince Alexandre), 69, rue de Courcelles, Paris.— Élu membre 
de la Société le 6 juin 1874 ; membre perpétuel. 



LISTE DES MEMBRES 



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LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 



AU 1 er SEPTEMBRE 1890 



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LISTE DES MEMBRES PERPÉTUELS. 



M. ASCOM, MEMBRE MMATIOTL 



MM. Beaudouhi de Gourtinay. 

BlRGER (Ph.)« 

Bibesco (le prince). 

bonnardot. 

Bréal. 

Dblairb. 

Derenbourg (Hartwig). 

Durand-Gréville. 

Ernault. 

Fleury. 

GONNET. 
GUIMET. 

Haverpield. 
Havet (Louis). 
Hériot (l'abbé). 
Jackson. 
Joret. 

KlRSTE. 

Laborde (le marquis de). 
Léger. 



MM. Melon. 

Mbnagios (de). 

Meyer (Paul). 

Oltramare. 

Paris (Gaston). 

Pariibntier (le général). 
S. M. dom Pedro II. 
MM. PeSafiel. 

Ploix. 

Rhys. 

Rolland. 

Rosapelly. 

Saycb. 

Sébillot. 

Storii. 

SUDRE. 

Tegner. 

Vogué (le marquis de). 

Wilboi8. 

WmiiER. 



USTE GÉNÉRALE. 



MM. 



Abbadie (Antoine- rAotruon d*), membre de l'Institut (Académie des sciences, 
section de géographie et navigation), 120, rue du Bac, Paris. — Membre 
de la Société depuis l'origine et son premier président. 

Adam (Lucien), président de Chambre à la Cour d'appel, Rennes (Ule-et- 
Vilaine). — Élu membre de la Société le 7 février 1885. 

Aniart (Jules), chargé du cours de grammaire au lycée, Saint-Pierre (Marti- 
nique). — Élu membre de la Société le 7 mars 1885. 

Arbois de Jubainville (Marie-Henry d'), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur de langues et littératures celti- 
ques au Collège de France, directeur de la Revue celtique, 84, boulevard 
Montparnasse, Paris.— Membre de la Société en 1867 ; vice-président en 
1881 et 1882 ; président en 1883. 

Ascou (Graziadio /.), correspondant de l'Institut de France (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur & l'Institut royal, Milan (Italie). 
— Élu membre de la Société le 22 juillet 1876 ; membre perpétuel. 



— Ixxvij — 

Audouci, maître de conférences à la Faculté des lettres, Aix (Bouche s-du- 
Rbône). — Élu membre de la Société le 23 février 1889. 

Athomxr (Etienne-Françou), capitaine d'infanterie de marine, administra- 
teur des affaires indigènes de Cochinchine, en mission au Cambodge, 
Phnom Penh (Cambodge).— Élu membre de la Société le 4 février 1882. 



BadareC, ancien élève de l'École des hautes études, Bucarest (Roumanie). 
— Élu membre de la Société le 26 avril 1884. 

Bajlly (Anatole), professeur au lycée, Orléans (Loiret). — Admis dans la 
Société en 1868. 
». Bajze (Louis), professeur au lycée Condorcet, 20, rue des Écoles, Paris. — 
Élu membre de la Société le 22 janvier 1881 ; bibliothécaire de 1882 à 1888. 

Barbier de Meynard, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur au Collège de France et à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, 18, boulevard de Magenta, Paris. — Membre 
de la Société depuis le 2 février 1884. 

Baro.i (Charles), maître de conférences à la Faculté des lettres, Clermont- 
Ferrand (Puy-de-Dôme). — Élu membre de la Société le 22 janvier 1887. 

Bartr (Auguste), 6, rue du Vieux-Colombier, Paris. — Élu membre de la 
Société le 10 mars 1873. 

Baithelemy (Adrien), drogman-chancelier du Consulat général de France, 
Zanzibar (Côte Orientale d'Afrique).— Élu membre de la Société le 16 fé- 
vrier 1884. 

Basset (René), professeur de langue et de littérature arabes à l'École su- 
périeure des Lettres, 22, rue Randon, Alger. — Élu membre de la Société 
le 2 juin 1888. 

Baudat (Emile), professeur à l'Académie, Lausanne (Suisse). — Élu membre 
de la Société le 5 janvier 1878 ; bibliothécaire en 1879. 

Baudouis de Coortemay (J.), professeur de grammaire comparée des 
langues slaves à l'Université, Dorpat (Russie).— Élu membre de la So- 
ciété le 3 décembre 1881 ; membre perpétuel. 

Bader (Alfred), 17, rue Tournefort, Paris. — Élu membre de la Société le 
9 janvier 1875. 

Baujace (Docteur Jean), 32, Hospitalstrasze, Leipzig (Saxe). — Élu 
membre de la Société le 26 juin 1880. 
M. Beuaxe (Alexandre), maître de conférences de langue et littérature an- 
glaises à la Faculté des lettres, 29, rue de Condé, Paris. — Membre de 
la Société en 1867. 

Benlozw (Louis), 48, rue Copernic, Paris. — Admis dans la Société en 1868. 

Bercée* (Maximilien de), 16, rue des Granges, Genève (Suisse). — Élu 
membre de la Société le 14 avril 1883. 

Berger (Philippe), sous-bibliothécaire de l'Institut, chargé du cours d'hé- 
breu à la Faculté de théologie protestante, 1, rue de Seine, Paris. — 
Élu membre de la Société le l" r juin 1872 ; trésorier depuis le 11 avril 
1874; vice-président en 1890; membre perpétuel. 

Bezsonov (Pierre), professeur & l'Université, Kharkov (Russie).— Élu 
membre de la Société le 23 novembre 1878. 

Bianu (Jean), bibliothécaire de l'Académie roumaine, Bucarest (Roumanie). 
— Élu membre de la Société le 3 mars 1883. 

Biresco (Le prince Alexandre), 69, rue de Courcelles, Paris.— Élu membre 
de la Société le 6 juin 1874 ; membre perpétuel. 



— Ixxx — 

Dis Michels (Abel), professeur de langue annamite à l'École spéciale des 
langues orientales rivantes, 36, rue de l'Ermitage, Versailles (Seine-et- 
Oise.) — Admis dans la Société en 1868. 

Diiulapot (Auguste-U&rctl), 2, impasse Conti, Paris. — Élu membre de la 
Société le 28 décembre 1884. 

Donner (0.), professeur de sanscrit et grammaire comparée à l'Univer- 
sité, Helsingfors (Finlande). — Élu membre de la Société le 19 juin 
1869. 

Dosson (S.) , professeur à la Faculté des lettres, Clermont-Ferrand (Puy-de- 
Dôme). — Élu membre de la Société le 14 mai 1887. 

Dormi (Georges), licencié es lettres, 5, rue du Sommerard, Paris. — Élu 
membre de la Société le 6 décembre 1884 ; bibliothécaire depuis 1888. 

Dréuk (H.), président de la Cour, Agen (Lot-et-Garonne). — Membre de la 
Société en 1867. 
70. Durand-Gré ville (Émile-^/ix), 68, rue Blanche, Paris. — Élu membre de la 
Société le 1" avril 1882 ; membre perpétuel. 

Dussouchet (J.), professeur au lycée Henri IV, 46, rue Madame, Paris.— 

— Élu membre de la Société le 2 décembre 1876. 

Dutens (Alfred), 50, rue François I", Paris. — Élu membre de la Société le 
19 juillet 1879. 

Dutilleul (Jean-Baptiste), 23, rue Leverrier, Paris. — Élu membre de la 
Société le 26 janvier 1889. 

Duval (PauZ-Rubens), membre de la Société asiatique et de la Société des 
études juives, 18, boulevard de Magenta, Paris. — Élu membre de la So- 
ciété le 18 février 1882 ; vice-président en 1885 ; président en 1886. 

Duvau (Louis), professeur à la Faculté des lettres, 275, rue de Solférino, 
Lille (Nord). — Élu membre de la Société le 6 décembre 1884. 

Édon, professeur au lycée Henri IV, 21, rue de Vaugirard, Paris. — Élu 

membre de la Société le 29 mai 1880. 
Elliott (Richard -7\), professeur à Trinity collège, Melbourne (Australie). 

— Élu membre de la Société le 24 novembre 1888. 

Ernault (Emile- Jean-Marie), professeur h la Faculté des lettres, 2, rue 
de Saint-Mai xent, Poitiers (Vienne). — Élu membre de la Société le 
18 décembre 1865 ; administrateur de 1882 au 24 mai 1884 ; membre per- 
pétuel. 

Estlander (Karl-G.), professeur à l'Université, Helsingfors (Finlande). — 
Membre de la Société en 1867. 

80. Fécamp (Albert), bibliothécaire de la Bibliothèque universitaire, 15, rue du 
Manège, Montpellier (Hérault).— Élu membre de la Société le 13 janvier 
1877. 
Fleury (Jean), lecteur à l'Université impériale, 33, rue des Officiers, Saint- 
Pétersbourg (Russie).— Élu membre de la Société le 21 décembre 1878 ; 
membre perpétuel. 

Gaidoz (Henri), directeur pour les langues et littératures celtiques 
& l'École pratique des hautes études, professeur A l'École des 
sciences politiques, l'un des directeurs de la revue Mélusine, 22, rue 
Servandoni, Paris. — Membre de la Société en 1867 ; administrateur de 
1870-1871 au 27 janvier 1877 ; vice-président en 1879 et 1880 ; président 
en 1881. 



— lxxij — 

Gasc-Desfosses, professeur au lycée, Guéret (Creuse). — Élu membre de 

de la Société le 9 mars 1889. 
Giluébox (Jules), maître de conférences de langues romanes A l'École 

pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Revue des Patois 

gallo-romans, 3, rue Saucié-Leroy, Paris. — Élu membre de la Société 

le 28 avril 1877. 
GoocraoY (Frédéric), 20, rue de l'Abbé-Grégoire, Paris. — Élu membre de la 

Société le 24 mai 1879. 
Goxret (L'abbé), maison Sainte-Catherine, Écully (Rhône). — Élu membre 

de la Société le 12 juin 1875 ; membre perpétuel. 
GtAPFn (L'abbé R.), professeur & l'Institut catholique, 47, rue d'Assas, 

Paris. — Élu membre de la Société le 8 mars 1890. 
Giaumoxt, 24, rue Bonaparte, Paris. — Élu membre de la Société le 14 dé- 
cembre 1889. 
GftAXDGExr (Charles), professeur à l'Université de Harvard, Cambridge 

(Massachussets, États-Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 

29 mai 1880. 
Grasserie (Raoul de la), juge au Tribunal, 4, rue de Bourbon, Rennes (Me- 

et- Vilaine). — Élu membre de la Société le 14 mai 1887. 
Greard (O.), membre de l'Académie française, vice-recteur de l'Académie 

de Paris, A la Sorbonne. — Membre de la Société depuis le 14 décembre 

1889. 
Gumrr (Emile), place de la Miséricorde, Lyon (Rhône), et au Musée 

Guimet, avenue d'Iéna, Paris. — Élu membre de la Société le 22 janvier 

1881; membre perpétuel. 
Gustafsso* (Docteur Fridolf-lïacttmtr), professeur de littérature latine à 

l'Université, 1, Andreeg, Uelsingfors (Finlande). — Élu membre de la 

Société le 16 mai 1885. 

Halevy (Joseph), maître de conférences de langues éthiopienne et himya- 
rite et de langues touraniennes & l'École pratique des hautes études, 26, 
rue Au maire, Paris.— Élu membre de la Société le 13 janvier 1872; vice- 
président en 1886 et 1887; président en 1888. 

Hailez (C. de), professeur A l'Université, Louvain (Belgique). — Élu 
membre de la Société le 18 novembre 1876. 

HasdeO (Bogdan-Pe/rtcetcii), membre de l'Académie roumaine, de la So- 
ciété littéraire serbe, etc., professeur de philologie comparée A l'Uni- 
versité de Bucarest, directeur général des Archives royales, membre du 
Conseil supérieur de l'instruction publique, directeur de la revue Co- 
Iwnxa lw& TraXanù, rue Mihaîuvoda*, Bucarest (Roumanie). — Élu 
membre de la Société le 4 février 1882. 

flATzrtu» (Adolphe), professeur au lycée Louis-le-Grand, ancien professeur A 
la Faculté des lettres de Grenoble, 7, rue de l'Odéon, Paris.— Élu membre 
de la Société le 1 er février 1873. 

Hauviok, Laqueux-lès-Yvelines (Seine-et-Oise).— Élu membre de la Société 
le 20 novembre 1886. 

Oavekfield (F.), professeur à Lancing Collège, Shoreham (Sussex, Grande- 
Bretagne). — Élu membre de la Société le 18 novembre 1882 ; membre 

perpétuel. 

Uavet (Pierre-Antoine- Louis), professeur de philologie latine au Collège de 
France, professeur de philologie latine A la Faculté des lettres, 16, place 



— hxiij — 

Vendôme, Paris. — Élu membre de la Société le 20 novembre 1809; se- 
crétaire adjoint de 1870 & 1882; membre perpétuel. 

Henry (Victor), professeur de grammaire comparée à la Faculté des lettres, 
105, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris. — Élu membre de la Société le 
22 janvier 1881. 

Hériot (L'abbé Etienne- Eugène-Louis), professeur à l'École libre de l'Imma- 
culée-Conception, 391, rue de Vaugirard, Paris. — Élu membre de la So- 
ciété le 19 novembre 1887; membre perpétuel. 

Hingrk, chanoine de la cathédrale, Saint-Dié (Vosges). — Élu membre de 
la Société le 23 novembre 1878. 

Hovslacqus (Abel), président du Conseil municipal, professeur à l'École 
d'anthropologie, 38, rue de Luxembourg, Paris. — Élu membre de la So- 
ciété le 4 décembre 1869. 

Iiibert, receveur de l'enregistrement, Tence (Haute-Loire).— Élu membre 
de la Société le 14 décembre 1889. 

Jackson (James), archiviste-bibliothécaire de la Société de Géographie, 
15, avenue d'An tin, Paris. — Élu membre de la Société le 22 juin 1879 ; 
membre perpétuel. 

Job (Léon), professeur au lycée, 2, rue de la Hache, Nancy (Meurthe-et- 
Moselle). — Élu membre de la Société le 21 novembre 1885. 

Jorst (Charles), professeur à la Faculté des lettres, 5, rue Saint-Michel, 
Aix (Bouches-du-Rhône). — Élu membre de la Société le 10 janvier 1874 ; 
membre perpétuel. 

Kern, professeur de sanscrit à l'Université, 41, Noordeinde, Leyde (Pays- 
Bas).— Élu membre de la Société le 15 mars 1873. 
H0. Kirste (Docteur Ferdinand-Otto-ieàn), 2, Enge Gasse, Graz (Autriche). — 
Élu membre de la Société le 7 janvier 1872 ; membre perpétuel. 

Klefstad- Sillon ville, professeur & l'École des hautes études commer- 
ciales, 63, boulevard Péreire, Paris. — Élu membre de la Société le 20 dé- 
cembre 1884. 

Laborde (Le marquis Joseph de), archiviste aux Archives nationales, 8, rue 
d'Anjou, Paris. — Élu membre de la Société le 29 décembre 1873 ; 
membre perpétuel. 

Lambert (Charles), licencié es lettres, Lille (Nord). — Élu membre de la 
Société le 3 mai 1890. 

Laray, capitaine d'infanterie de marine, en garnison à la Réunion, 4* ré- 
giment, 38* compagnie. — Élu membre de la Société le 31 mai 1890. 

Laurent, professeur au Collège Stanislas, 44, rue Notre-Dame-des-Champs, 
Paris.— Élu membre de la Société le 14 avril 1883. 

Lecocq (Gustave), 7, rue du Nouveau -Siècle, Lille (Nord). — Élu membre de 
la Société le 3 mai 1890. 

Ledrain (Eugène), conservateur adjoint des antiquités orientales au Louvre, 
professeur d'épigraphie sémitique et d'archéologie assyrienne A l'École 
du Louvre, 16, passage Dulac, Paris. — Élu membre de la Société le 
15 avril 1882. 

Léger (Louis-Paul), professeur de langues et littératures slaves au Collège 
de France, professeur à l'École spéciale des langues orientales vivantes, 
à l'École de guerre et à l'École libre des Sciences politiques, 157, bou- 
levard Saint-Germain, Paris. — Membre de la Société depuis l'origine. 



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— lxxiiv — 

Mbybr (Alphonse), professeur au lycée, 43, rue des Facultés, Bordeaux 
(Gironde). — Élu membre de la Société le 6 février 1875. 

Meybr (Marie-l>&u\-Hyacinthe) y membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de langues et littératures de l'Europe 
méridionale au Collège de France, directeur de l'École des Chartes, 26, 
rue de Boulain villiers, Paris.— Membre de la Société en 1867 ; membre 
perpétuel. 
140. Mbybr (Docteur Wilhelm), professeur à l'Université, 2, Spitzweidenweg, 
Iéna (Saxe). — Élu membre de la Société le 21 novembre 1885. 

Michel, professeur au lycée, 4, rue Nau, Marseille (Bouches-du -Rhône). — 
Élu membre de la Société le 16 décembre 1876. 

Michel (Charles), professeur à l'Université, 2, rue de Nassau, Gand (Bel- 
gique). — Élu membre de la Société le 16 février 1878. 

Michbli (Horace), licencié es lettres, 50, rue Jacob, Paris. — Élu membre 
de la Société le 28 décembre 1889. 

Môhl (F. -George), 68 bis, avenue de Chàtillon, Taris. — Élu membre de la 
Société le 21 novembre 1885 ; administrateur en 1890. 

Monseur, professeur à l'Université libre, Bruxelles (Belgique). — Élu 
membre de la Société le 9 janvier 1885. 

Mo.ntague, professeur à Amherst Collège, Amherst (Massachussets, États- 
Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 

Morteveille (Stanislas), 15, rue Yineuse, Paris. — Élu membre de la So- 
ciété le 11 janvier 1879. 

Mowat (Robert), chef d'escadrons d'artillerie en retraite, 10, rue des Feuil- 
lantines, Paris. — Membre de la Société depuis l'origine ; président en 
1878. 

Nicole (Jules), professeur & l'Université, 16, rue de Candolle, Genève 
(Suisse). — Élu membre de la Société le 7 mars 1874. 
150. Nobl (Charles), professeur au lycée, 1, place Sainte-Claire, Grenoble (Isère). 
— Élu membre de la Société le 10 janvier 1885. 

Nommks (P.-//.), 68, rue Saint-André-des-Arts, Paris.— Membre de la Société 
en 1867. 

Oltramare (Paul), professeur au gymnase, 12, rue Bonivard, Genève 
(Suisse).— Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre perpétuel. 

Oppert (Jules), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), professeur de philologie et archéologie assyriennes au Collège 
de France, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, 2, 
rue de Sfax, Paris. — Membre de la Société en 1867 ; vice-président en 
1868 et 1869. 

Paris {Gusion- Dr uno- Paulin) y membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de langue et littérature françaises du 
moyen-âge au Collège de France, président de la Section des sciences 
historiques et philologiques à l'École pratique des hautes études, 110, 
rue du Bac, Paris. — Membre de la Société en 1807 ; vice-président en 
1869, en 1870-1871 et en 1872 ; président en 1873 ; membre perpétuel. 

Parmextier (Léon), élève diplômé de l'École normale supérieure de Liège, 
22, avenue Léopold, Ostende (Belgique). — Élu membre de la Société 
le 5 décembre 1885. 

Parmentier (Le général de division Joseph-Char le* -Théodore), 5, rue du 



— ÎXXZT — 

- Ém membre de U Soàètè le 17 un 1IS3 



Pmcm CmA professer aa lycée» Reims (line«. — Admis dus m Société 



hm Amu Gbarfesl II, Eliseastrasze, 54, Leipzig .Saxe. — Ha membre 
de m Sariëm te 3 murs IffiX. 

m lycée Beari IT, i, rae arèa. Pari». — admis dus la 
MCt. 

Q\1.4oa, membre de ilastitat de France. — Membre de U 
Sade** -Argerê le I? mai IfTT : membre perpëtaeL 

mOtex dépaté. T et 9. nae 5ieoee. Paris. — Admis 
mSacmefteea INft. 

rt£irax fiKâesr Aab>aîo , professetir de médecine et de ebuva-je à 

rrBmnz~.e~dis«»rMr eénêril «la tarean de Statûti-foe. %n:<& mex^ae - 

— É3a membre de la S-wlé le II mai î». 
ramsx. «saserraseair da bbm égyptien, as Lairrre, Paris. — 

membre de u Socie t< k i~ fc Trier lfTd. 
fc*»w Tr;t£rtr*«r . r.r>!>ss<fjr i Li Fxœ!ie ies ïetîres. *. ?î.ve ie îa 

hfaoat. -lasa Cit^a*»* -.— Ha membre de m Sxsete ie » t*rH M**. 
Km ^ba^ca-JFsrfïs « irxéniear hjdnxmpfee. I. -piai KiLuria^. Piris. — 

leaur* de si >>r>ei< ea tfdT : Tiee-pre^uieac en M73 et ea tiltt ; 

pret*âea£es IfT* «tes I*»: membre perpebieL 
fan» L^ coatsai xaa oA ea at de France a Beyroota Syrie ■. — Éh» membre 

m a SntK fe ft fevner MB4. 
Pfitcizr l. - jcemne ea droit. BVilei de Tilparuo. pa&vtBe M PwtvVaC, 

*L m* de Sel». Fit*?.— Ha membre -As ta Sien^t* > M jan-r-jer JJMS* 
ie J*aa - sciure <â* *r:cr«fren»*e> -ie iuiiw i^»>-iIT?oti»* * Tisste. 
*ï> naî*f» <t»ie^. 3i. rae £ay-L*i£-m£. Pitl-». — Eu 

4e JLS*5e'je je U St-ner lss+: aUiaum^tnieur de t£C i W». 



31. rae de Beriia, Pans. — Elu membre de a Secrète le îl 



C1 > ton? J m cj»^ E rnest . membre ie ?*adrmie fraropuse et ie ?uz*Umvt 

des :a*e»4Mai* et beflea-iewe». àirecieur in Cttlê&e <Vt Pfaaee. «a 

Grfess ie Fruee. Fit». — Prenaient <ie La ^jeiete ea 1&7. 

Bar* TriC iion . iirc>!a j^îIot .ie Sertoa «l.>ilt?:rj»_ i~. Seu&iiry f>vas% 

*>s5ic£ €naife~tni iijiw. — Éln memure de a 4 *0zxf* je > perret VMT*, 



OtmHL. iioitre -ie eoa£éreacsa i rEenîe ruiraaie «iip^rvHm et a 
rfeale yrifLâtue Jes baates études. L'an des tireeteiiri fe a Aeaae dr 
aajliiijw. dr JOu n tu r et ^tsama-? i ai ■■■!■. — tin mumom de la 
Saoe?e e 1 deosmôre Cmi. 

immr Feûr. scnfessear de littenture et mstiftiûmut jrwtnea « ut Fa- 
cafte «es Jer*r<e«. G. mai •Tbaieanbr.ind. Bennes riIe^et^v.Uine . — 
Âe lia ^a ce fe iepius /irrinae. 

isr^-JoaM-mi^eiMse-Aeaw x Cad.77r. «ai-nH-« sr. >rv 
SesMar iibre i a FiciiLe te? : e?trs». II. ne les Beau?'*/*.*- Fir*ii. — 
âa membre ie Jx ^oeî*îte :e T ;uin !*r3 : -^cs -^r--.*fiçru en tiaJICV e» ÏJM, 
mains . infe-seir 2u ly«Tee. Liûn j^ne . — Élit xentAre 4e !a 
m 9 mars ONL 

f in de» diraemnn >la m tme Amme. ebateata de 




— hxxvj — 

Grantmont, à Aunay-sous-Auneau, par Auneau (Eure-et-Loir), et à Paris, 
6, rue des Fossés -Saint-Bernard. — Admis dans ia Société en 1868 ; 
membre perpétuel. 

Rosapelly (Le docteur), ancien interne des hôpitaux, 10, rue de Buci, 
Paris. — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre perpétuel. 

Rousselot (L'abbé Jean), l'un des directeurs de la Revue des Patois gallo- 
romans, 74, rue de Vaugirard, Paris. — Élu membre de la Société le 
17 avril 1886. 

Royer, professeur a la Faculté des lettres, Dijon (Côte-d'Or).— Élu membre 
de la Société le 21 mars 1885. 
IW. Ruoy (Charles), 1, rue Royale, Paris.— Membre de la Société depuis l'ori- 
gine. 



Sabbatrier (Paul), agrégé de l'Université, 15, rue du Cardinal-Lemoine, 
Paris. — Élu membre de la Société le 28 décembre 1889. 

Sanchez Moguel (Antonio), membre de l'Académie royale d'histoire, pro- 
fesseur & l'Université, Madrid (Espagne).— Élu membre de la Société le 
5 février 1887. 

Saussure (Ferdinand de), maître de conférences de grammaire comparée 
à l'École pratique des hautes études, 29, rue Cambon, Paris. — Élu 
membre de la Société le 13 mai 1876; secrétaire adjoint depuis 1883. 

Sauvayre (Constantin). — Élu membre de la Société le 12 mai 1877. 

Sayce (Arcfiibild-llenrl), professeur & l'Université, Oxford (Grande-Bre- 
tagne). — Élu membre de la Société le 5 janvier 1878; membre perpétuel. 

Sayous (Edouard), professeur & la Faculté des lettres, Besançon (Doubs). 

— Élu membre de la Société le 2 mai 1885. 

Schils (L'abbé G.-Il.), curé de Torgny, par Virton (Belgique). — Élu mem- 
bre de la Société le 8 juin 1889. 

Schlemiier de Bânyavôlgy (Le chevalier Charles), directeur de la Chancel- 
lerie des finances, consul de Perse, via Sant' Andréa, 573, Fiume (Hon- 
grie). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 

Schluiibergek (Gustave-L^on), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), 140, rue du Faubourg-Saint-llonoré , Paris.— 
Membre de la Société depuis le 3 décembre 1881. 
IM. Schwob (Marcel), 1, rue de Seine, Paris. — Élu membre de la Société le 
9 février 1889. 

Sébillot (Paul), di lecteur de la Revue des Traditions populaires, 4, rue de 
l'Odéon, Paris. — Élu membre de la Société le 28 avril 1883; membre 
perpétuel. 

Sinart (Emile), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), château de la Pelisse, près la Ferté-Bernard (Sarthe), et à Paris, 
10, rue Bayard. — Admis dans la Société en 1868. 

Sénéchal (Edmond), inspecteur des finances, 35, rue du Sommerard, Paris. 

— Élu membre de la Société le 16 mai 1885. 

Se pet (Marius), employé au département des manuscrits de la biblio- 
thèque nationale, 5, rue Gueydan, Sèvres (Seine-et-Oise). — Était 
membre de la Société le i" février 1870. 

Specht (Edouard), 193, rue du Faubourg-Saint- Honoré, Paris. — Membre 
de la Société en 1867. 

Speijer (Docteur J.-S.), professeur de langue latine à l'Université, Gro- 
ningue (Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 2 février 1878. 



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Webster (M m Uélène), 37, Nahont Street, Lynn (Massachussets, États- 
Unis d'Amérique). — Élue membre de la Société le 28 décembre 1889. 

Wlnkler (Docteur Henri), Gartenhaus 3i, Neudorfstrasze, Breslau (Silésie 
Prussienne). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 

Wilbois, colonel de gendarmerie , 5, rue Stanislas, Paris. — Élu membre 
de la Société le 15 avril 1876 ; membre perpétuel. 
210 WumiR(LudT.-P-^.) f professeur à l'Université, 9, Norrebrogade, Copenhague 
(Danemark). — Élu membre de la Société le 29 mars 1873; membre per- 
pétuel. 

Won» (Docteur Charles), I, Akademisches Gymnasium, Vienne (Autriche). 
— Élu membre de la Société le 25 juin 1887. 

Zobbl de Zanoroniz. — Élu membre de la Société le 7 Janvier 1882. 
Zvbtaiev (Jean), professeur à l'Université, Moscou (Russie).— Élu membre 
de la Société le 16 mai 1885. 



AVIS 



Nos confrères sont instamment priés de vérifier dans la liste des 
membres les indications qui les concernent (nom ; — prénoms ; — titres, 
grades et qualifications ; — adresse, etc.), et de faire parvenir les rectifi- 
cations ou additions à l'administrateur. 



LISTE DES PRÉSIDENTS 

DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 

depuis 1866. 

MM. MM. 



1866. 


f EGGER. 


1879. 


f OERGAIGNE. 


1867. 


RENAN. 


1880. 


MASPERO. 


1868. 


fURUNET DE PRËSLE. 


1881. 


GA1DOZ. 


1869. 


f BAUDRY. 


1882. 


LEGER. 


1870-71. 


f EGGER. 


1883. 


D'ARUOIS DE JUBAINVILLE. 


1872. 


■j-TUUROT. 


1884. 


fGUYARD. 


1873. 


Gaston PARIS. 


1885. 


DE CHARENCEY. 


1874. 


PLOIX. 


1886. 


Rubens DUVAL. 


1875. 


f VAÏSSE. 


1887. 


James DARMESTETER. 


1876. 


f EGGER. 


1888. 


1IALÉVT. 


1877. 


f BENOIST. 


1889. 


l'LOIX. 


1878. 


MOWAT. 


1890. 


BO.NNARDOT. 



— lu xix — 



MEMBRES 



ENLEVÉS PAR LA MORT A LA SOCIÉTÉ 



f Baudrt (Frédéric), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), administrateur de la bibliothèque Mazarine. — Membre 
de la Société en 1867 ; vice-président en 1868 ; président en 1869. Dé- 
cédé le 2 janvier 1885. 

t Be.noist (Lotot-Eugène), membre de l'Institut (Académie des inscriptions 
et belles-lettres), professeur de poésie latine à la Faculté des lettres de 
Paris. — Membre de la Société depuis le 7 mai 1870 ; président en 1877. 
Décédé le 22 mai 1887. 

f BtiGAiG.NB (Abel- Henri- Joseph), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), directeur d'études à l'École pratique des 
hautes études, professeur de sanscrit et de grammaire comparée à la 
Faculté des lettres de Paris. — Membre de la Société en 1864 ; secré- 
taire adjoint en 1868 et 1869; vice-président de 1873 à 1878; président 
en 1879. Décédé le 6 août 1888. 

f Boucherie (A.), chargé du cours de langues romanes à la Faculté des 
lettres de Montpellier (Hérault). — Élu membre de la Société le 21 no- 
vembre 1868. Décès notiOé à la Société le 14 avril 1883. 

f Bruxet de Presle, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur de grec moderne à l'École spéciale des lan- 
gues orientales vivantes. — Membre de la Société en 1867 ; président 
en 1868. Décédé le 12 septembre 1875. 

f Ciasles (Philarète), professeur au Collège de France. — Élu membre 
de la Société le 15 février 1873. Décès notiOé à la Société le 19 juillet 
1873. 

f Chassaxg (A.), inspecteur de l'Université. — Élu membre de la Société 
le 12 novembre 1870. Décédé le 8 mars 1888. 

f Darmesteter (Arsène), professeur de langue et littérature françaises du 
moyen âge à la Faculté des lettres de Paris, professeur à l'École nor- 
male déjeunes filles de Sèvres. — Membre de la Société en 1870. 
Décédé le 16 novembre 1888. 

t De la Berge. — Élu membre de la Société le 3 décembre 1870. Décédé 
le 13 mars 1878. 

f Dkyic (Marcel), chargé du cours de langue et de littérature arabes à la Fa- 



— IC — 

culte des lettres de Montpellier (Hérault). — Élu membre de la Société 
le 19 février 1876; vice-président en 1878. Décédé en mai 1888. 

f Deville (Gustave), ancien membre de l'École française d'Athènes. — 
Membre de la Société en 1867. Décédé en 1868. 

f Didiok (Charles), inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, 
délégué général de la Compagnie d'Orléans.— Élu membre de la Société 
le 26 avril 1873. Décédé le 26 janvier 1882. 

f Didot (Ambroise-Firmin). — Admis dans la Société en 1868. Décédé en 
1876. 

f Eoobr (Emile), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur d'éloquence grecque à la Faculté des lettres 
de Paris.— Président de la Société en 1866, en 1870-71, en 1876. Décédé 
le 31 août 1885. 

f Eichthal (Gustave d*). — Membre de la Société depuis 1867. Décédé en 
1886. 

f Florent-Lefèvre. — Élu membre de la Société le 29 mars 1873. Décédé 
en 1887. 

f Fournier (Eugène), docteur en médecine et es sciences naturelles.— 
Membre de la Société depuis l'origine. Décédé le 10 juin 1885. 

f Georgian (Professeur D r C.-D.) — Élu membre de la Société le 21 mars 
1875. Décédé en 1888. 

f Goldschiiidt (Siegfried), professeur de sanscrit à l'Université de Stras- 
bourg. — Élu membre de la Société le 8 mai 1869. Décédé le 31 janvier 
1884. 

f Goullet.— Élu membre de la Société le 7 juin 1873. Décédé en 1887. 

f Grandgagnage (Charles), sénateur du royaume de Belgique. — Élu 
membre de la Société le 24 avril 1869. 

f Graux (Charles-Henri), maître de conférences de philologie grecque à 
l'École pratique des hautes études, maître de conférences d'histoire 
grecque à la Faculté des lettres de Paris, bibliothécaire & la bibliothèque 
de l'Université. — Élu membre de la Société le 9 mai 1874. Décédé le 
13 janvier 1882. 

f Grimblot (Paul), ancien consul de France à Ceylan. — Membre de la So- 
ciété en 1867. Décès notifié à la Société le 4 juin 1870. 

f Guieysse {Georges- Eugène). — Élu membre de la Société le 11 février 
1888. Décédé le 17 mai 1889. 

f Guyard (Stanislas), professeur de langue arabe au Collège de France, 
maître de conférences de langues arabe et persane à l'École pratique 
des hautes études. — Élu membre de la Société le 13 avril 1878, vice- 
président en 1882 et 1883 ; président en 1884. Décédé le 7 septembre 
1884. 

f Halléguen (Le docteur).— Élu membre de la Société le 9 juin 1877. Dé- 
cès notifié à la Société le 5 avril 1879. 

f Hanusz (Jean), professeur agrégé à l'Université de Vienne (Autriche). 

— Élu membre de la Société le 25 juin 1887. Décédé en juillet de la 
même année. 

f Hauvette-Besnault, directeur d'études honoraire à l'École pratique des 
hautes études, conservateur adjoint de la bibliothèque de l'Université. 

— Membre de la Société depuis 1870. Décédé le 28 juin 1888. 

f Heinrich (G.-A.), doyen de la Faculté des lettres de Lyon (Rhône). — 
Membre de la Société depuis 1867. Décédé en 1887. 



— ICJ — 

Hibvé (Camille). — Membre de la Société en 1867. Décédé le 30 août 

1878. 
Jaubrrt (Le comte), membre de l'Institut. — Membre de la Société de* 

puis 1868. Décédé le 1° janvier 1875. 
Jozox, député. — Présenté pour être membre de la Société dans la 
séance du 2 décembre 1879. Décès notiûé à la Société le 9 juillet 1881. 
Judas (Le docteur A.-C.), ancien médecin principal de première classe. 

— Membre de la Société depuis l'origine. Décédé le 17 janvier 1873. 
Lachaisi (L'abbé Romain Gzirkas). — Membre de la Société en 1867. Dé- 
cès notifié à la Société le 26 avril 1873. 
Lambbjor, professeur A l'Université de Jassy (Roumanie). — Élu membre 
de la Société le 26 mai 1877. Décès notifié à la Société le 17 novembre 
1883. 
Lbjormajct (Ctar/sf-François), membre de l'Institut (Académie des ins- 
criptions et belles-lettres), professeur d'archéologie près la Bibliothèque 
nationale. — Membre de la Société en 1867. Décédé le 9 décembre 1883. 
La Sakt (François), ancien officier. — Décédé en 18671 
Lévy (B.), inspecteur général de l'instruction publique. — Élu membre 

de ta Société le 24 janvier 1874. Décédé le 24 décembre 1884. 
Lrmut (Jfaxtmtôtfi-Paf*/-Émile), membre de l'Académie française et de 
l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Membre de la Société 
depuis 1868. Décédé en 1881. 
Lottnbr (Le docteur Karl). — Membre de la Société en 1867. Décédé le 

5 avril 1S73. 
Mbrlbttb (Auguste-Nicolas). — Élu membre de la Société le 20 novem- 
bre 1886. Décédé le 13 mai 1889. 
Meutcixr (Louif-Francis), docteur es lettres. — Membre de la Société en 

1867 ; trésorier de 1872 à sa mort. Décédé le 11 mars 1874. 
Mbtkr (Maurice), ancien professeur à la Faculté des lettres de Poitiers 
(Vienne), inspecteur de l'enseignement primaire. — Admis dans la 
Société en 1868. Décédé en 1870. 
Moisv (Henry). — Élu membre de la Société le 12 juin 1875. Décès notifié 

à la Société le 18 décembre 1886. 
Hum (John), correspondant de l'Institut de France (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres). — Élu membre delà Société le 21 novembre 1868. 
Décédé le 15 mars 1882. 
NiooLBs (0.), professeur au lycée Janson de Sailly. — Élu membre de 
la Société le 13 juillet 1878. Décès notifié à la Société le 22 décembre 
1888. 
Paxrier (Léopold), attaché à la Bibliothèque nationale.— Était membre 
de la Société le 1 er février 1870. Décès notifié à la Société le 20 novembre 
1875. 
Pakonski (J.), directeur de l'Institut des sourds et muets, à Varsovie 
(Pologne russe). — Élu membre de la Société le 27 février 1869. 
Décédé le 28 novembre 1885. 
Pbllat, doyen de la Faculté de droit. — Était membre de la Société le 

1" février 1870. Décès notifié A la Société le 18 novembre 1871. 
Purros (Alexis), professeur au lycée Louis-le-Grand. — Admis dans la 

Société en 1868. Décès notifié à la Société le 7 décembre 1878. 
Portos d'Amécourt (Le vicomte Gustave di). — Membre de la Société en 
1867. Décès notifié à la Société le 28 janvier 1888. 



— Xdj — 

f Queux de Saint-Hilaire (Le marquis de). — Élu membre de la Société le 
4 novembre 1882. Décédé en novembre 1889. 

f Renier (Charles-Alphonte-Lèon), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur d'épi graphie et antiquités 
romaines au Collège de France, président de la section des sciences 
historiques et philologiques à l'École pratique des hautes études, 
conservateur de la Bibliothèque de l'Université. — Admis dans la 
Société le 24 avril 1809. Décédé le 11 juin 1885. 

f Riant ÇP&ul-Êdounrd Didier, comte), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres). — Membre de la Société en 1867. Décédé 
en décembre 1888. 

f Rieutord. — Élu membre de la Société le 15 mars 1873. Décédé le 
14 janvier 1884. 

f Ronel (Charles), chef d'escadron de cavalerie en retraite.— Élu membre 
de la Société le 8 janvier 1881. Décès notifié à la Société le 26 juin 
. 1886. 

f Rouge (Le vicomte Emmanuel de), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur au Collège de France. — Membre 
de la Société en 1867. Décès notifié à la Société le 4 janvier 1873. 

f Schckbel (Ch.). — Membre de la Société depuis l'origine. Décès notifié 
à la Société le 8 décembre 1888. 

f Seuxière (Aimé). — Élu membre de la Société le 13 février 1869. Décès 
notifié à la Société le 19 novembre 1870. 

f Thurot (Fraitfoif-Charles), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), maître de conférences à l'École normale supé- 
rieure, l'un des directeurs de la Revue de philologie, de littérature et 
d'histoire anciennes. — Admis dans la Société en 1868 ; vice-président 
en 1870-71 ; président en 1872. Décédé le 17 janvier 1882. 

f Todd (J. Henthorn), senior fellow of Trinity Collège, professeur d'hébreu 
à Trinity Collège (Dublin), et conservateur de la bibliothèque. — 
Admis dans la Société en 1868. Décédé le 28 juin 1869. 

f Vaïsse (Léon), directeur honoraire de l'École des sourds et muets. — 
Membre de la Société en 1867 ; président en 1875. Décédé le 10 juin 1884. 

f Vallentin (LMdQvic-Lucien-Mathieu-FXon&.n), substitut du procureur de la 
République à Montélimar (Drome), directeur du Bulletin épigraphique 
de la Gaule. — Élu membre de la Société le 21 janvier 1882. Décès 
notifié à la Société le 9 juin 1883. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



N' 35 



m »i » i» 



PROCÈS-VERBAUX DBS SÉANCES 



du 8 Novembre 1890 au 20 Juin 1891 



Séance du 8 Novembre 1890. 

Présidence de M. Bonnardot. 

Présents : MM. Bréal, Bonnardot, Bauer, Schwob, V. 
Henry, Môhl. 

M. Ph. Berger, absent de Paris, se fait excuser de ne 
pouvoir assister à la séance. 

Présentations. MM. Bréal et Duvau présentent pour être 
membre de la Société : M. Charles M. des Granges, agrégé 
des lettres, 129, rue du Ranelagh, à Paris. 

M. le Secrétaire informe également nos confrères du 
désir exprimé par le British Muséum d'être admis comme 
membre, et il estime qu'on accueillera avec joie une candi- 
dature si honorable pour notre Société. 

Hommages. Voir p. cxxj. 

Communications. M. Schwob traite de la forme argotique 
acques, qu'on lit dans le manuscrit des archives de Dijon, 
et qui signifie « dés à jouer ». Il faut probablement, avec 

d 



— XCIY — 



notre confrère, M. Bijvanck, lire arques, et sans doute rap- 
procher ce mot de notre substantif arche, au sens de « coffre, 
caisse »; les dés à jouer seraient donc, en argot, les « cais- 
sons », les « petites boîtes », ordinairement creuses pour 
faciliter la tricherie. Ce mot arque a du reste produit un 
certain nombre de dérivés désignant des « malfaiteurs », 
originairement des « tricheurs » : arcabot (1454), arquabot 
(1461 ), Arquin (nom propre d'un voleur), arquelier, en patois 
du Haut-Maine, etc. 

En interprétant les passages qui nous ont conservé le 
mot acque, arque, M. Schwob est amené à parler du verbe 
argotique frouer, qui signifie d'abord « siffler » et aboutit 
au sens de « jouer aux dés, aux cartes, etc. » : de là son 
doublet flouer « tromper en jouant ». — M. V. Henry pro- 
pose comme étymologie le nom du freux ; frouer, flouer 
serait à l'origine « contrefaire le cri du freux ». M. Bréal 
compare duper, également dérivé d'un nom d'oiseau, la 
dupe. 

M. Schwob expose en dernier lieu une étymologie du mot 
spélicans, qui, dans une des ballades de Villon, désigne des 
« brigands », des « malfaiteurs » : ce mot serait identique 
au néerlandais spileken, mot à mot « les petits jeux », et 
qui a pris le sens particulier de « jonchets ». Or, dans 
Villon, les jonc heurs sont le nom de certains malfaiteurs. 
— Des observations sont présentées par MM. Bonnardot et 
V. Henry. 

M. Bréal montre comment le supin latin, encore employé 
comme un infinitif dans une phrase telle que Te conventum 
cupit (Plaute, Cure. 304), se transforme peu à peu en par- 
ticipe, par exemple quand on dit Patriam exstinctam cupit 
(Cicéron, Fin. IV y xxiv, 66). — M. Bréal examine ensuite 
la locution latine umbratilis exercitatio, qui n'est autre 
chose qu'une traduction faussement interprétée du grec 
axia^a/ia. — Notre confrère termine en proposant d'appli- 
quer à la langue inconnue de l'inscription découverte à 
Lemnos par MM. Durrbach et Cousin le nom de langue 
simienne, d'après certains témoignages homériques. — Des 
observations sont faites par MM. V. Henry, Bonnardot, 
Schwob. 



— xcv — 

M. Mohl lit quelques notes touchant différents mots 
slaves : le substantif blato « étang, nappe d'eau, flaque, ma- 
rais » doit être rapproché du nom de la mer Baltique et du 
lituanien bàltas « blanc » , bdltùju « avoir des reflets blancs » ; 
— les plus anciennes transcriptions slaves attestent, dès le 
x 9 siècle, la prononciation mb pour le groupe |mc en grec ; 
à la même époque, le groupe vt ne se manifeste pas aussi 
formellement avec la valeur nd\ — à côté de la forme nor- 
male pivo « la bière », on surprend fréquemment en tchèque 
une prononciation irrationnelle *pivo, avec voyelle longue, 
laquelle est due vraisemblablement à l'analogie prosodique 
de vino « le vin » ; — le serbe romizga et le bulgare rami 
« il bruine » se ramènent l'un et l'autre à un primitif *roz- 
miga, *raz-miga, composé du préfixe roz- ou raz- et de la 
racine mig-, mig-; cf. slavon mxgla « brouillard », grec 
h-yJixM, sanscrit me g ha. — Des observations sont faites par 
tous les membres présents. 

Avant de lever la séance, M. le Président entame avec 
M. Schwob une conversation au sujet de quelques expres- 
sions argotiques qui fournissent de nouveaux exemples de 
substitutions synonymiques. 



Séance du 22 Novembre 1890. 

Présidence de M. Ph. Berger, vice-président. 

Présents: MM. Lambert, Bréal, Berger, l'abbé Graffin, 
V. Henry, Bauer, Grammont, Schwob, Môhl. 

M. le Président se fait excuser de ne pouvoir assister à la 
séance. En son absence, M. Ph. Berger, vice-président, 
occupe le fauteuil. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Présentation. MM. Bréal et Bailly présentent pour être 
membre de la Société: M. Etienne, professeur au lycée 
et chargé de cours à la Faculté des lettres de Nancy 
(Meurthe-et-Moselle) . 



— xcvj — 

Élections. M. Ch. M. des Oranges est élu membre de la 
Société. — Le British Muséum, représenté à Paris par 
M. Borrani, 0, rue des Saints-Pères, est admis comme 
membre de la Société. 

Correspondance. M. le Secrétaire dépose sur le bureau 
le Programme du Congrès des Sociétés savantes à la Sor- 
bonne, pour Tannée 1891. 

Hommages. Voir p. cxxj . 

Communications. M. Ph. Berger signale à la Société 
une nouvelle inscription gréco-judaïque découverte en Tuni- 
sie et appartenant à la collection du musée Àlaoui. On 7 
remarque de très curieuses transcriptions de noms propres 
hébraïques. — Des observations sont faites par MM. Bréal 
et V. Henry. 

M. V. Henry entretient la Société d'une forme populaire 
française : serrurie pour serrurerie, — et des formes persil 
en français, persin dans certains dialectes, en regard du 
latin petroseRnum ; on peut penser que la forme primitive a 
été quelque chose comme *pedreseïl, *pereseïl, avec une / na- 
salisée, analogue à Tanunâsika sanscrit. — Des observations 
sont faites par MM. Bréal, Bauer et Môhl. 

M. V. Henry examine ensuite lès étymologies possibles 
du grec <|*rc2x6; «perroquet». Il est peu vraisemblable que 
ce mot ait des rapports directs avec le verbe «JktcoÇw « siffler». 
Il est plus probable que le nom, comme l'oiseau lui-même, 
est venu de l'Inde. La plus ancienne mention du « perroquet», 
en grec, se trouve dans les fragments de Gtésias, sous la 
forme (îtTwcxàç. On peut y reconnaître soit le sanscrit bitàka 
ou pitaka, au sens de « bosse », par exemple dans un composé 
tel que pitakanâsa, m. à m. « l'oiseau qui a une bosse sur 
le bec », désignation excellente pour le perroquet ; — soit 
encore le sanscrit pitaka, c'est-à-dire « l'oiseau jaune ». 
D'autre part, la forme ^rcoxi; peut représenter le composé 
éié-chuka « perroquet savant », ou encore un terme énigma- 
tique, èitaka, qui parait désigner un oiseau. — Des obser- 
vations sont faites par MM. Bréal, Berger et Môhl. 

M. Mohl lit quelques passages d'un mémoire relatif à 
rhistoire des langues sibériennes, et développe cette idée 
nouvelle que la famille des idiomes samoyèdes a derrière elle 



— xcvij — 

on passé imposant qui a laissé des traces jusque dans les 
civilisations historiques de l'Europe. Passant à l'examen des 
dialectes ougriens de la Sibérie, M. Môhl constate qu'il faut 
attribuer à l'influence russe sur ces langues une part beau- 
coup plus considérable que ne l'a fait M. Ahlqvist dans une 
étude récente ; par l'intermédiaire des populations ziryanes, 
la civilisation moscovite aurait commencé à pénétrer chez 
les Vogoules et les Ostyaques dès la fin du xrv* siècle, deux 
cents ans avant la conquête de la Sibérie par Yermak. 

A propos de cette communication, MM. Bréal, Berger et 
Môhl sont amenés à discuter quelques faits concernant les 
inscriptions encore indéchiffrées qu'on a découvertes dans 
la région du Yénissey et qui, malgré des études récentes, 
ne sont pas encore près d'être éclaircies. 

M. Bauer, pour répondre à une question posée dernière- 
ment par M. Gaidoz dans la Revue Critique, a recherché les 
destinées du nom de Vercingétorix dans la bouche du peu- 
ple : la rue Vercingétorix, daas le quartier dont elle fait 
partie, s'appelle, en langage populaire, la rue des vingt-cinq 
Hquaristes. 

Proposition. M. le Secrétaire présente une proposition 
tendant à introduire dans nos Statuts le principe d'une rétri- 
bution pécuniaire accordée par la Société aux auteurs des 
articles qu'elle publie. Diverses opinions sont émises sur 
l'application de cette mesure. Après une courte discussion, 
on convient d'examiner la question en détail dans la prochaine 
séance. 



SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1890. 
Présidence de M. Bonnardot. 

Présents: MM. Berger, V. Henry, Schwob, Dottin, Môhl, 
Grammont, Bauer, Dutilleul, Bonnardot, de Saussure. 
Le précédent procès-verbal est lu et adopté. 
Hommage. Voir p. cxxj. 



— icviîj — 

Vote. L'ordre du jour appelle la discussion de la propo- 
sition de M. le Secrétaire tendant à la rémunération des 
articles publiés dans les Mémoires. 

Quelques-uns de nos confrères ayant pensé que l'indemnité 
à offrir aux auteurs devrait plutôt consister dans le tirage 
à part gratuit de leurs articles,' M. le Trésorier développe 
un avis contraire. Si la Société y trouvait son avantage, ce 
qui est assez douteux, les auteurs n'y trouveraient pas le 
leur, à cause des difficultés qu'ils rencontreraient à intro- 
duire, comme chacun tient généralement à pouvoir le faire, 
les corrections et modifications de la dernière heure dans le 
texte du tiré à part. Ces modifications peuvent être parfois 
très coûteuses. Elles resteraient sans doute à la charge de 
l'auteur, mais la Société aurait ainsi à entrer en compte 
particulier avec chaque auteur et elle serait d'ailleurs très 
embarrassée d'établir le tarif des corrections. — M. V. Henry 
déclare se ranger à l'avis de M. le Trésorier. M. Bauer le 
combat. M. de Saussure demande si les ressources pécuniaires 
de la Société permettent de s'engager dans cette dépense, 
même en prévision du cas où la production annuelle de tra- 
vaux à imprimer serait doublée. M. le Trésorier croit pouvoir 
affirmer qu'au taux de 3 fr. la page, par exemple, la charge 
qui en résulterait n'aurait rien de ruineux. Plusieurs 
membres rappellent que la rémunération proposée ne peut 
concerner que les Mémoires ; ainsi le Bulletin et les publi- 
cations séparées que la Société pourrait décider de faire res- 
tent formellement réservés. 

M. le Président fait voter à main levée sur le principe de 
la rémunération des articles des Mémoires. A la majorité 
des votants, la proposition est adoptée. 

Commission. MM. Môhl, Dottin, Schwob, sont désignés 
comme membres de la Commission de vérification des 
comptes. 

Communications. M. Berger lit un travail sur L'avenir 
de l'écriture. M. Berger constate, entre autres faits, que la 
manière de représenter le mot dans une langue comme le 
français nous ramène jusqu'à un certain point au système 
hiéroglyphique, sans guère de rapport régulier entre le 
signe individuel et l'élément phonétique, mais seulement 



— IC1X — 

entre un certain groupe de signes, assimilable à une figure 
graphique quelconque, et un certain mot. De même qu'on a 
tu les Phéniciens tirer, il y a trois mille ans, une écriture 
phonétique des signes égyptiens, de même il ne faudrait pas 
s'étonner si à notre orthographe actuelle se substituait peu 
à peu une façon nouvelle d'exprimer les mots, par analyse 
de la prononciation. Cette innovation d'abord dédaignée, 
comme pouvait l'être l'alphabet phénicien auprès des scribes 
de l'Egypte, arriverait à triompher finalement. — Des obser- 
vations sont faites par MM. Schwob, V. Henry, de Saussure. 
M. Mohl traite de la conjonction oti « que » dans un chant 
populaire bulgare. Miklosich a voulu l'expliquer par une con- 
traction violente de otù kùdé, ot-dé « unde ». Mais é ne 
devient jamais t. Il y a là un emprunt pur et simple du grec 
en. Le bulgare a même emprunté au grec des formations 
d'aoristes. Ainsi kttlesvamù, cf. èxiXeaa. — M. Môhl traite 
ensuite du slavon zrucalo « miroir ». La forme polonaise 
zwierciadlo est due à l'étymologie populaire qui a cherché 
dans ce mot une relation avec zwierciec « retourner ». 



SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1890. 



Présidence de M. Bonnaroot. 



Présents : MM. Bonnardot, Bréal, Berger, Lambert, 
Bauer, V. Henry, Dottin, Schwob, Sabbathier, de Roche- 
monteix, de Charencey» Môhl, Mélèse, de Saussure. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

Hommages. Voir p. czxj. 

Rapport. M. Schwob donne lecture du rapport de la Com- 
mission de vérification des comptes : 



— c — 



MESSIEURS) 

Les recettes de la Société, pour l'exercice 1890, se sont élevées à 
la somme de 6.263 fr. 95 

Se décomposant de la manière suivante : 

Allocation du Ministère 1.200 fr. » 

Intérêts de 750 fr. de rentes 750 » 

Intérêts de fonds déposés à la Société 

générale 8 55 

Cotisations 1.244 70 

Reliquat de l'exercice 1889 3.060 70 

6. 263 fr. 95 

Les dépenses se sont élevées à 3. 759 fr. 63 

Qui se décomposent de la façon suivante : 

Achat de 50 fr. de rentes 3 p. 0/0 . . . 1.604 fr. 70 

Payé au libraire 1.440 » 

Allocation de l'administrateur et des 

administrateurs adjoints pour 1890. . 40Ô » 

Remboursé sur l'exercice 1889 .... 100 » 
Appariteur, entretien de la salle, étrennes 

de 1891 100 » 

Timbres à facture 30 » 

Timbres de correspondance 22 50 

Débours de l'administrateur 25 65 

Frais divers 19 50 

Frais de recouvrement par la poste . . 13 63 
Frais de garde des titres et de renouvel- 
lement 3 70 

3. 759 fr. 63 

Ce qui laisse un encaisse de 2.504 32 

On remarquera que dans les dépenses figure l'achat de 50 francs 
de rentes 3 p. 0/0, qui ont été achetés par votre Trésorier avec 
l'autorisation de la Société et déposés à la Société générale, ce qui 
porte les rentes de la Société à 800 fr. de rentes 3 p. 0/0, dont 
750 fr. à la Société générale, et 50 fr. déposés à l'Imprimerie Nationale 
à titre de fonds de garantie. 

Quoique la rente soit assez élevée en ce moment, votre trésorier 
vous demande l'autorisation d'acheter, en temps opportun, sur le reli- 
quat de cette année, encore 50 fr. de rentes 3 p. 0/0. Il estime qu'avec 
l'allocation du Ministère, les intérêts de nos rentes et le service des 
rentrées, le paiement de tous les frais relatifs au prochain fascicule 
pourra être assuré. 



— CJ — 

La récente mesure adoptée par la Société dans la séance du 
6 décembre 1890, concernant la rémunération des articles, ne nous 
permettra vraisemblablement pas, dans les exercices suivants, d'aug- 
menter nos rentes dans la même proportion que par le passé, mais 
d'autre part nous espérons que, par suite de l'activité plus grande 
imprimée à nos publications, elle nous attirera de nouveaux membres 
et augmentera en conséquence nos revenus. 

F. Geo. Môhl, G. Dottin, M. Schwob. 



Les conclusions du rapport sont adoptées. M. le Président 
exprime à M. Berger les remerciements de la Société pour 
avoir bien voulu continuer à se charger des fonctions de 
Trésorier. 

Election du bureau pour 1891. — Il est procédé à 
l'élection du bureau. Sont nommés : 

Président : M. de Rochemonteix. 

l tr Vice-Président et Trésorier: M. Ph. Berger. 

2* Vice-Président: M. Sylvain Lévi. 

Secrétaire : M. Bréal. 

Secrétaire adjoint : M. de Saussure. 

Administrateur : M. Môhl. 

Bibliothécaire : M. Dottin. 
Membres du Comité de publication : MM. d'Arbois de 
Jubainville, Rubens Duval, Louis Léger, Gaston Paris, 
Renan. 

Communications. M. Bréal entretient la Société du latin 
$ërus « tardif », qui a donné en français soir. En grec 
moderne on a (îpaî'j « le soir », de l'adjectif (îpoîuç « lent, 
lourd » ; on peut supposer que sêrus avait à l'origine un 
sens analogue, et qu'il était synonyme de gravis. Ainsi se 
révèle son rapport avec serins « sérieux », proprement 
« qui a du poids >:. Dès lors il est permis de comparer le 
vieux haut-ail. swâri, ail. schwer, « lourd ». Une conver- 
sation s'engage entre MM. de Saussure, Bréal et V. Henry 
au sujet du changement d'un groupe latin sv- en 5-, — 
M. Dottin signale la présence dans les langues bretonnes 
de l'adjectif sir « long », qui répond phonétiquement à 
sérus, sans v. 



— Clj — 

M. Bréal examine ensuite l'emploi de dat pour dédit dans 
le vers de Virgile : 

Cratera antiquum quem dat Sidonia Dido, 

en exprimant l'opinion que dat est ici un souvenir du temps 
à augment correspondant au sanscrit a-dât. — Des obser- 
vations sont présentées par MM. Henry, de Saussure. 

M. de Rochemonteix fait une communication sur les docu- 
ments dont M. Basset vient d'enrichir la philologie berbère, 
dans deux ouvrages récents : l'un est le Loqman berbère, 
où l'auteur a joint à une savante étude sur le légendaire 
fabuliste, des spécimens de 23 dialectes, et notamment une 
traduction des apologues de Loqman en dialecte du Sénégal, 
c'est-à-dire en zénaga ; — l'autre, le Dialecte de Syouah, 
composé avec les matériaux recueillis à l'autre extrémité du 
continent africain, aux confins de l'Egypte, par un ingé- 
nieur italien, M. Bricchetti-Robecchi. M. de Rochemonteix 
observe que le berbère, bien que dépourvu d'une littérature 
digne de ce nom, malgré l'immense étendue de son 
domaine et le morcellement des populations qui le parlent, se 
caractérise par sa résistance aux dégradations phonétiques, 
par la fixité de sa grammaire. Le zénaga présente des parti- 
cularités phonétiques intéressantes, ses doublets sont nom- 
breux. Au sujet des formations grammaticales, il faut si- 
gnaler l'emploi par les divers dialectes des particules a, i, 
u, qui existent encore à l'état libre dans la langue ; ces par- 
ticules pénètrent parfois à l'intérieur des thèmes et expliquent 
quelques-unes des modifications vocaliques enregistrées par 
les grammairiens. 

Des observations sont présentées par MM. Bréal, Bon- 
nardot, de Saussure. 



Séance du 10 Janvier 1891. 

Présidence de M. de Rochemonteix. 
Présents : MM. V. Henry, Bonnardot, Schwob, Bréal, 



• • • 

— cnj — 

de Rochemonteix, Sylvain Lévi, Grammont, de Charencey, 
de Saussure. 

M. Mohl se fait excuser de ne pouvoir assister à la 
séance. 

La séance s'ouvre sous la présidence de M. Bonnardot, 
président sortant, qui, après avoir remercié en quelques 
mots la Société de l'honneur qu'elle a tenu à lui faire, invite 
le nouveau président à prendre possession du fauteuil. 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. 

Communications. M. Henry présente une étymologie du 
lat. testis. Ce mot, d'après l'osque triistamentud, sort de 
Uerstis pour *tristis. Ne peut-on assez naturellement inter- 
préter *tristis comme signifiant « le tiers assistant », de 
tri- « trois », plus la racine de stare, ou peut-être encore 
de /rt- « trois », plus un dérivé de la racine es- « être » 
sous sa forme la plus courte s- ? M. Henry fait observer que 
Tidée de « tiers assistant » convient au sens le plus juridique 
du terme en droit romain. 

M. Bréal émet quelques doutes sur la valeur de l'osque 
triistamentud comme témoin de la forme primitive. Ce mot 
pourrait bien, dit-il, n'être qu'une déformation du latin 
testamentum dans la bouche du peuple osque : comparer r 
parasite du français trésor. 

A une remarque de M. V. Henry, sur la continuation 
légitime du groupe -st- en latin, qui doit toujours être -s/-, 
non -55-, M. Bréal oppose un autre point de vue. En pré- 
sence d'une forme aussi claire dans ses éléments que l'est 
par exemple le superlatif en -issimus pour is-\-timus, le devoir 
du phonétiste n est pas de chercher à écarter cette forme, 
mais de la prendre pour base de ses constructions. Une 
conversation s'engage sur ce sujet. M. Henry fait remar- 
quer que la loi déduite de -issimtis sera en contradiction 
insoluble avec la loi déduite de gustus, gestus. M. de Saus- 
sure émet la conjecture que -issimus peut avoir été entraîné 
par maximus ; or maximus appartient à la même série de 
faits que lapsus au lieu de *laptus, série encore inéclaircie 
en ce qui la concerne, mais qui ne rentre plus dans la question 
du groupe -st-. 

M. Bréal traite ensuite du gotique wadi « gage ». C'est 



— av — 

encore un de ces termes germaniques qui peuvent passer 
pour des emprunts anciens à la langue latine (bas-latin 
vadium au lieu de vadimonium), et qu'on a trop précipi- 
tamment considérés comme de purs mots germains. M. Bréal 
communique ensuite une hypothèse sur le y. h. -ail. pfant 
« gage » qui pourrait reposer sur une forme latine *panctum 
au lieu de pactum. 

M. de Saussure fait une communication sur le nom alle- 
mand de la Vistule, Weichsel, qui parait reposer sur la 
forme, aujourd'hui perdue, du nom de ce fleuve en lituano- 
prussien. Le latin Vistula et le polonais Wista permettent 
de poser * Wïstlâ comme prototype : cette forme donnait en 
lituanien « Vyksla », lequel explique la forme allemande. 

M. de Gharencey fait une communication sur les pronoms 
du basque comparés à ceux des langues kabyles et améri- 
caines, ainsi que sur certains procédés grammaticaux ana- 
logues dans ces différents idiomes. — M. de Rochemonteix, 
ne retenant que la comparaison du basque avec le berbère, 
fait remarquer que les pronoms de cette dernière famille 
linguistique ont une histoire précise ; ainsi nek « je » se 
décompose en d'autres éléments, connus dans d'autres rôles 
grammaticaux, et qui ne comportent pas facilement d'être 
rapprochés en bloc du basque ni. 



Séance du 24 Janvier 1891. 

Présidence de M. de Rochemonteix. 

Présents : MM. Bréal, Lambert, Bauer, Berger, Oram- 
mont, Sylvain Lévi, V. Henry, Mohl, Sabbathier, de Cha- 
rencey, Schwob, de Rochemonteix, de Saussure. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Présentations. MM. Bréal et Schwob présentent pour 
être membre de la Société : M. Jean Diano, 18, rue de la 
Sorbonne, à Paris. 



_ cv — 

MM. V. Henry et Bréal présentent : M. Edward Ross 
Wharton M. A., Merton Lea, Oxford. 
Hommage. Voir p. cxxj. 

Communications. M. Henry commente un passage de 
l'Atharva-Véda (VIII, 2, 11) contenant une sorte de charade 
ou devinette mythologique, qui reparait, non sans une assez 
grave variante, dans le Rig-Véda. M. Henry considère la 
rédaction offerte par l'Atharvan comme plus ancienne que 
celle du Rig-Véda. Des observations sont présentées par 
MM. Sylvain Lévi, de Rochemonteix. 

M. Grammont donne lecture de Notes arméniennes, par 
M. Meillet, contenant une série d'étymologies ; en outre, des 
observations sur la confusion survenue entre le s du locatif 
pluriel et celui de l'accusatif du même nombre, et des détails 
sur les verbes en -owl par opposition aux verbes en -nowl. 
De même que les derniers répondent à la classe sanscrite en 
-fidfiit, de même les premiers doivent se comparer au type 
karômi, etc. , lequel a cela de propre qu'il suppose en géné- 
ral une racine disyllabique. — Des observations sont faites 
par plusieurs membres de la Société. 

Après cette lecture, M. Grammont rapporte les observa- 
tions qu'il a faites sur la transcription des mots grecs dans 
les Midrashîm (commentaires faisant partie de la littéra- 
ture talmudique) d'après le glossarium graeco-hebraeum 
tiré de ces textes par le D r Julius Fûrst. Nous avons géné- 
ralement devant nous le grec du ii e -iv 9 siècle de notre ère, 
et à ce point de vue c'est la grammaire néo-grecque qui est 
appelée à profiter des renseignements livrés par ces trans- 
criptions. Mais on se souviendra d'autre part que le grec 
s'est trouvé implanté en Judée dès la conquête d'Alexandre 
et M. Grammont est tenté de rapporter à de très anciennes 
formes éoliennes certaines transcriptions assez frappantes 
par leurs traces apparentes de digamma, comme celle de àVjp 
rendu avec vav entre les deux voyelles, mieux encore oCç 
« brebis » avec aleph, beth, jod, et surtout ^o$6v avec vav 
et beth devant r. — Des observations sont faites par diffé- 
rents membres de la Société. 



— cvj — 



SÉANCB DU 7 FÉVRIER 1891. 
Présidence de M. de Rochemonteix. 

Présents : MM. Bréal, Bauer, V. Henry, Sylvain Lévi, 
Lambert, de Rochemonteix, Grammont, Schwob, Môhl. 

MM. de Saussure et Bonnardot se font excuser de ne pou- 
voir assister à la séance. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Elections. MM. Edward Ross Wharton et Jean Diano 
sont élus membres de la Société. 

Hommage. Voir p. cxxj. 

Communications. M. Môhl rapproche du slave jest-lstvo 
« la nature » le zend *ast-vdn « réel, matériel » et conclut de 
certaines données des dialectes slaves modernes que le pre- 
mier de ces mots, et conséquemment le second, sont formés 
sur la 3* personne du singulier du présent du verbe « être » 
(si. jestî, z. asti). — Des observations sont faites par M. Bréal 
qui émet quelques doutes sur ce procédé de dérivation dans 
nos langues. 

M. Môhl, dans une seconde communication, donne lecture 
de quelques passages d'un article sur la conservation de 
â bref en slave. Devant deux consonnes, â initial, formant 
syllabe avec Tune d'elles, devient â et non ô. Cette loi donne 
l'explication d'un certain nombre de formes slaves, parmi 
lesquelles le pronom azû « je ». — M. Bréal appuie les faits 
exposés de certains faits analogues en latin. 

M. Grammont complète la communication de M. Meillet, 
dont il a été donné lecture dans la dernière séance. Il 
insiste en particulier sur une étymologie déjà discutée du 
latin faber. 

M. Grammont termine en exposant la phonétique du patois 
de Damprichard, près de Montbéliard, et notamment le 
traitement des muettes suivies de /; ainsi cl et fl deviennent 
ch ; — g /devient y ; — pi et bl donnent py, by. Le témoignage 
de ce patois est important, car les groupes en question 
n'aboutissent aux résultats énoncés qu'à la condition expresse 



— cvij — 

que la muette n'ait jamais été séparée de la liquide par une 
voyelle quelconque tombée dans la suite. — Des observations 
sont faites par tous les membres présents. 
La séance est levée à dix heures. 



SâANCB DU 21 FÉVRIER 1891. 
Présidence de M. de Rochemontsix. 

Présents: MM. Mohl, Dottin, Diano, de Rochemonteix, 
Bréal, Bonnardot, Bauer, Sylvain Lévi, Grammont, de Cha- 
rencey, Schwob, de Saussure. 

M. V. Henry se fait excuser de ne pouvoir assister à la 
séance. 

Présentation. MM. de Saussure et de Charencey présen- 
tent pour être membre de Société : M. le baron de Saint- 
Didier, 1, boulevard de Lato ur-Mau bourg, Paris. 

Nouvelles. M. Bréal communique le propectus d'une revue 
intitulée Langues et dialectes, publiée sous la direction de 
M. Tito Zanardelli, professeur aux Cours de la ville de 
Bruxelles. M. Zanardelli demande à la Société l'échange des 
Mémoires. 

Communications. M. Bréal fait une communication sur 
les mots allemands Ring « anneau » et Kreis « cercle » (vieux 
haut-ail. hring et kreiz), mots pour lesquels il n'existe pas 
d'étymologie satisfaisante. M. Bréal est porté à croire que 
ces mots proviennent, par deux emprunts de date différente, 
le premier du grec xpixoç « anneau, bague », le second de son 
diminutif xpixfev. — Des observations sont faites par MM. de 
Saussure et Mohl. 

M. Schwob entretient la Société du jargon des peigneurs 
de chanvre du Doubs. La population de certains villages 
devient nomade pendant une partie de Tannée, au moment 
où Ton rouit le chanvre, pour aller louer ses services aux 
cultivateurs des environs ; elle adopte à ce moment un jar- 
gon particulier dit langue Bellau, que M. Toubin a considéré 



— cviij — 

comme une ramification de l'argot. M. Schwob apporte des 
preuves décisives à l'appui de cette conjecture et montre 
en outre que le jargon des peigneurs de chanvre se rattache 
spécialement aux formes de l'argot du xvi* siècle. En effet, 
beaucoup de mots communs à la langue Bellau et au vocabu- 
laire d'argot de Pechon de Ruby, imprimé au xvi* siècle, 
n'apparaissent plus dans la seconde édition de ce vocabu- 
laire publiée en 1614. Les peigneurs de chanvre du Doubs 
doivent être les descendants d'une colonie qui vint se fixer 
dans le pays au plus tard dans la seconde moitié du xvi* siè- 
cle. — Des observations sont faites par M. de Charencey. 
M. Orammont continue ses observations phonétiques sur 
le patois de la Franche-Montagne. Il étudie le traitement des 
groupes ri rn rt rd rs. Dans tous ces groupes, r tombe, 
mais dans les trois derniers, r avant de disparaître a pro- 
duit une palatalisation de la dentale. On obtient ainsi fina- 
lement c pour r/, $ pour rd, et s pour rs, phénomène qui 
n'a pas d'analogue dans les autres patois de France. 



Séancb du 7 Mars 1891. 

Présidence de M. db Charsncbv. 

Présents: MM. V. Henry, Bréal, Bauer, de Charencey, 
Grammont, Dutilleul, Schwob, Môhl. 

MM. de Rochemonteix, Ph. Berger, Sylvain Lévi et 
de Saussure se font excuser de ne pouvoir assister à la 
séance. 

La séance est ouverte à huit heures et demie sous la pré- 
sidence de M. de Charencey. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Election. M. le baron de Saint-Didier est élu membre de 
la Société. 

Communications. M. V. Henry donne lecture d'un mé- 
moire dans lequel notre confrère, M. J. Kirste, étudie les 
faits qui se rattachent luguna retourné, c'est-à-dire à l'appa- 



— Cil — 

rition de ra, la au lieu de ar, al comme guna de r, {, dans 
nombre de formations sanscrites, par ex. drak-èyâmi 
et non *dark-&yâmi, futur de drç- «apercevoir», en regard 
du parfait da-darç-a. Après avoir dressé, pour chaque caté- 
gorie grammaticale, un catalogue raisonné de toutes les 
racines du type drç-draç- et signalé la très curieuse expli- 
cation de Pânini (VI, i, 16), qui considère déjà quelques 
unes des racines en -r- comme réduites de -ra- par « sam- 
prasârana», l'auteur réfute l'hypothèse de Benfey [Orient 
und Occ. III, 28) qui, partant de la forme dite normale 
'dark-iyâmi arrivait à la forme historique drak-syâmi 
par % l'intermédiaire d'une forme *darâk-syâmi avec 
« svarabhakti ». Constatant ensuite que par exemple uè- 
yate est à vaâ comme grh-yate est à grah, M. Kirste montre 
que le « guna retourné » n'est pas particulier aux racines 
en r, l, mais se rencontre aussi bien avec les autres voyelles, 
et il en conclut que le guna d'une racine pouvait être obtenu 
à l'origine en l'appuyant soit par préposition soit par postpo- 
sition. Ces deux solutions dépendaient chacune de la nature 
de l'accent, comme tendent à le démontrer des faits ana- 
logues notamment dans les langues slaves : suivant que 
l'accent était ascendant ou descendant, on avait bhrag- ou 
bharg-, de bhrg- « briller ». — Des observations sont faites 
par MM. V. Henry, Bréal, Bauer et Môhl. 

M. Mohi entretient la Société du verbe slave roniti, qui 
signifie proprement « faire couler, verser », et qui n'est 
autre chose qu'un dénominatif correspondant à un primitif 
'rinq, é re-ti «couler», évidemment apparenté au germa- 
nique rinnan « courir » ou « couler ». Sans nier les difficultés 
que présenterait un rapprochement direct avec le grec 
fxfvw « asperger » ou « répandre », on peut constater tout au 
moins que ce verbe apparaît, dans certains emplois, comme 
synonyme de $oiu> « faire couler ». — Des observations 
sont faites par M. V. Henry et par M. Bréal, qui examine 
plus particulièrement la signification intransitive de l'alle- 
mand rennen, primitivement "rannjan « faire courir ». 

Dans une seconde communication, M. Môhl expose les 
particularités qu'on remarque dans la langue de certains 
textes imprimés en Silésie au xv e siècle et qui sont généra- 



— ex — 

lement désignés sous le nom de bohémo -polonais. M. Mohl 
montre que la plupart des caractères linguistiques de ces 
textes ne relèvent ni du bohémien ni du polonais et qu'ils 
apparaissent tout à fait isolés au sein des langues slaves. 
En conséquence, il propose de reconnaître dans ces monu- 
ments les marques d'un parler spécial qu'on peut dénommer 
le vieux silésien. — Sur une observation de M. de Charen- 
cey, M. Môhl ajoute que le vieux silésien, parlé vraisembla- 
blement durant le moyen âge par la majorité des paysans 
de la Silésie, ne s'est jamais élevé à la dignité de langue 
littéraire, mais que néanmoins il mérite, d'après les carac- 
tères relevés dans la présente communication, d'être consi- 
déré comme une langue spéciale, au même titre par exemple 
que le haut et le bas-lusacien (wende). 

M. Grammont traite du latin * contente «tout de suite », 
conservé dans le patois de la Franche-Montagne sous la forme 
contan(t). C'est cette même forme qu'il faudrait reconnaître 
dans la locution française payer comptant et autres sem- 
blables. — Observations de MM. de Charencey, Bréal et 
Henry. 



Séance du 21 Mars 1891. 

Présidence de M. de Rochemontkix. 

Présents : MM. Meillet, Bauer, Môhl, Bréal, Dottin, de 
Saint-Didier, Dutilleul, V. Henry, de Charencey, Sylvain 
Lévi, de Rochemonteix, de Saussure. 

Le procès -verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

Délégation. M. le Secrétaire annonce que le Congrès des 
Sociétés savantes à la Sorbonne aura lieu cette année du 20 
au 22 mai. Nous sommes invités par le ministre à prendre 
part à ses travaux. Sont délégués pour représenter laSociété: 
MM. V. Henry, Schwob, de Saussure. 

Communications. M. de Charencey présente une série 



— ex j - 

d'étymologies basques, en signalant à ce propos divers 
phénomènes phonétiques, entre autres la chute de d initial 
dans les mots empruntés à l'espagnol. 

M. Meillet étudie devant la Société le groupe <*t- contenu 
dans oiç ùtéç « l'oreille». Le groupe *o«t- auquel on recourt 
d'ordinaire, en se fondant sur l'homérique ouora, ne satisfait 
pas, parce que l'attique ne contracte pas o& dans le cas 
où les deux voyelles étaient séparées à l'origine par 
digamma. Il conviendrait donc de poser, pour le grec, con- 
curremment i oùot-, un primitif dxrc-, dont la contraction 
pouvait donner cire-. M. Meillet cherche ensuite l'explication 
de cet w dans une étymologie qui rattacherait le mot pour 
« oreille » à la racine de ifo. 

Dans une seconde communication, M. Meillet cherche 

à expliquer l'accentuation des accusatifs comme Ayjtg>, fet8<o, 

à l'aide de certaines vues récentes sur la nature originaire 

des thèmes féminins en question, d'après lesquelles ils 

représenteraient une classe parallèle aux féminins en -â de 

la première déclinaison. Dès lors l'accent de l 'accus. Aipto 

est le même que celui de l'accus. xi(j^v. On voit seulement 

que l'accus. Aijtw offre le fait singulier de l'absence de la 

nasale d'accusatif; c'est ici que M. Meillet invoque une série 

de cas où une nasale finale après voyelle longue paraît avoir 

été chancelante dès l'époque indo-européenne. Ainsi sscrit 

ma et mâm « moi », tadâ « alors » et *tadân contenu dans 

tadân-im etc. — Des observations sont faites par plusieurs 

membres de la Société. 



Séance du 11 Avril 1891. 

Présidence de M. de Rochemonteix. 

Présents : MM. Bijvanck, Bréal, de Rochemonteix, 
Berger, Bauer, Sylvain Lévi, Meillet, Schwob, Grammont, 
V. Henry, Mélèse, Môhl. 

Correspondance. M. Bréal communique une lettre dans 



— Clij — 

laquelle M. Àscoli, notre savant confrère italien, exprime 
le grand intérêt qu'il a pris & la lecture du dernier fascicule 
de nos Mémoires. 

Communications. M. Graimnont, continuant l'exposition 
de la phonétique du patois de la Franche- Montagne, exa- 
mine le jeu des voyelles nasales, dont le système est plus 
complet qu'en français, puisque Ton distingue dans ce 
patois les sons î et u ; ainsi dans ml, tu, su « mien, tien» 
sien ». Le phénomène le plus compliqué est celui de la déna- 
salisation ; notre confrère cherche à en établir les princi- 
pales conditions, avec les conséquences phonétiques qui en 
découlent. Ainsi kiïfru « bannière », pour *kufru, corres- 
pond au français g on fa Ion. Le féminin buon « bonne » 
semble s'appuyer sur les intermédiaires *bun, puis *bùn 
devenant buon devant une consonne, en vertu d'une loi qui 
rappellerait la loi d'Osthoff pour le grec par ex. — M. Gram- 
mont trouve également dans le patois qu'il étudie la confir- 
mation de cette vue que d'une part la voyelle nasale du 
français que l'orthographe représente le plus ordinairement 
par an ou en, est physiologiquement la nasale de o ouvert 
et non de a, ce qui explique la transformation du prétendu â 
en o dans les patois lorrains ; — et d'autre part qu'il y a 
en français une différence de quantité dans la prononciation 
de cette même voyelle suivant son étymologie. — Des 
observations sont faites par la plupart des membres présents, 
dont quelques-uns contestent ces deux derniers points, au 
moins pour le français normal actuel. 

M. Bijvanck présente une étymologie nouvelle du mot 
huguenot qui, avec le nom propre Buguenin, serait une 
sinjple amplification de huet « niais », terme d'injure; le 
traitement est & peu près le même que dans go-gu-en-ard, 
tiré de go-. Il en résulte qu'il existe en français un infixe 
-en- dont notre confrère montre la présence dans quelques 
autres mots. 

M. Ph. Berger entretient la Société d'une très curieuse 
inscription araméo-phénicienne découverte à Singerli, près 
d'Antioche, lors des fouilles exécutées par les soins du 
Comité oriental de Berlin. Bien que la découverte de cette 
inscription remonte déjà i plus de trois années, elle n'a pas 



— cxiiî — 

encore été communiquée au monde savant. Une simple pho- 
tographie, remise à M. Renan, a pu être étudiée par 
M. Berger, qui expose les principaux résultats de son 
examen. L'inscription, placée sur la jupe d'une statue, 
paraît dater de 750 avant J.-C. environ ; les caractères 
sont en relief, exemple unique pour une époque aussi reculée ; 
la forme des lettres est araméenne et la langue présente un 
curieux mélange d'araméen et de phénicien ; on y trouve 
notamment des exemples indiscutables de l'article postposé 
araméen {melka à côté de melek « roi ») et à côté de cela 
le nom du dieu Baal, forme purement phénicienne. Quant 
au sens des vingt-trois lignes de texte qui composent l'ins- 
cription, il est fort difficile actuellement de s'en faire une 
idée tout à fait exacte. M. Berger établit néanmoins qu'il 
s'agit d'une statue érigée au roi Panemu par son fils : il faut, 
en attendant, réserver toutes les conjectures que suggèrent 
les noms propres d'hommes et de pays qui émaillent ce 
texte important. 



Séance du 25 Avril 1891. 

Présidence de M. de Rochemonteix. 

Présents : MM. Bonnardot, Dottin, V. Henry, Mélèse, 
Grammont, Môhl, de Rochemonteix, Boyer, Bauer, de 
Saussure. 

MM. Bréal, Schwob, Bijvanck, se font excuser de ne 
pouvoir assister à la séance. 

Présentation. MM. Duvau et Môhl présentent pour être 
membre de la Société : M. Albert Cuny, à Reims. 

Communications. M. Grammont fait une communication 
sur le mot cutrelayi qui, dans le patois de la Franche- 
Montagne, signifie contrarier. On a semblablement, en vieux 
français, contrelier, contralaiier, etc., formes qui ne doivent 
pas être prises pour des transformations de contrarier, siam 



— cilv — 

qui contiennent le verbe lier (layi dans le patois en 
question). 

M. Grammont signale ensuite, comme complément à ses 
précédentes observations sur la phonétique du même patois, 
le fait que à <Jr se réduisent kè z quand ils viennent à être 
placés devant une consonne dentale. Ainsi, en regard de 
mèéè « marteau », on a mèild « martel et ». 

En dernier lieu, M. Grammont demande l'avis de la 
Société sur la réalité de certaines différences de quantité 
qu'il croit avoir remarquées dans la prononciation française 
contemporaine, par exemple â long dans je ne mange pas 
dœufs, et a bref dans je ne mange pas de pommes (parce 
que dans le second cas la syllabe où est contenu pas reçoit 
la surcharge du (/qui suit). La môme différence tenant à la 
même cause pourrait être observée entre Pont-Neuf et Pont 
de Passy, où toutefois plusieurs des membres présents en 
contestent l'existence, tout en accordant le fait pour pas. 

M. V. Henry étudie devant la Société le nom du serpent 
Python qu'il rapproche de celui du serpent budhnyàs, ou 
serpent de l'abîme, tué par le dieu solaire Indra selon le 
mythe védique, de même que le monstre Python est tué par 
Àpolion. La quantité longue de l'y de IIjOwv est due à l'éty- 
mologie populaire qui mettait ce mot en relation avec le 
verbe icuôetv « pourrir ». 

M. V. Henry présente ensuite une étymologie de verber 
comparé au sscr. vadhar ; — une observation sur la néga- 
tion albanaise s qui serait, selon M. G. Meyer, issue du pré- 
fixe dis- (lat. dis-pono, etc.), de la même façon que la néga- 
tion grecque ou vient dans l'opinion de notre confrère du 
préfixe qui est en sanscrit ava, et, selon M. Môhl, en slave u; 
— enfin une correction au texte du passage Atharva VII, 
5, 5, où, au lieu de mugdhà, il faut lire mûrdhnà. 

Des observations sont faites par plusieurs membres. 



— ex? — 



Séance du 9 Mai 1891. 

Présidence de M. de Rochemonteix. 

■ 

Présents : MM. de Rochemonteix, Boyer, Grammont, 
V. Henry, Bonnardot, Bauer, Mélèse, Schwob, Dutilleul, 
Môhl. 

MM. Berger et de Saussure se font excuser de ne pouvoir 
assister à la séance. 

Correspondance et Présentation. M. le Président donne 
lecture d'une lettre de M. l'abbé Lucien Abeille, de Buenos- 
Aires, qui sollicite son admission dans la Société. MM. de 
Rochemonteix et Môhl présentent le candidat à leurs 
confrères. 

Élection. M. Albert Cuny est élu membre de la Société. 

Communications. M. V. Henry donne lecture d'un arti- 
cle où notre confrère, M. E. R. W h art on, examinant les 
différentes origines de a bref latin, fait la critique de 
quelques-unes des théories généralement admises pour expli- 
quer a latin en regard d'un vocalisme différent dans le reste 
de la famille. M. Wharton insiste en particulier sur les mots 
du type pateo : ir£?avvy[r., qui lui paraissent dénoter un 
ablaut latin de e primitif en a. Cherchant ensuite à déter- 
miner les conditions de cet ablaut, notre confrère constate 
que, dans tous les exemples, e-o devenu a se trouve en syl- 
labe protonique dans la forme indo-européenne. Pour ériger 
ce principe en loi, il ne reste qu'à justifier les exceptions, à 
la vérité assez nombreuses : mais M. Wharton, qui a depuis 
longtemps exprimé cette opinion que le latin littéraire est 
une langue mêlée, formée un peu artificiellement des diffé- 
rents dialectes du Latium, reconnaît ici encore le dualisme 
d'un pitch-dialect, qui ne connaissait que Yintonation pri- 
mitive, et d'un stress-dialect, qui avait déjà inauguré la 
prononciation des syllabes intenses. Ainsi, les formes avec a 
appartiendraient proprement au premier de ces dialectes, 
les formes avec e-o (intense) conservé relèveraient au con- 
traire du second. — Des observations sont faites par 



— cxvj — 

MM. V. Henry et de Rochemonteix. M. Môhl, tout en regret- 
tant que la théorie des deux dialectes ne puisse s'appuyer 
sur un nombre concluant de doublets bien établis, rappelle 
qu'il a de son côté expliqué devant la Société (Voir plus 
haut, p. cvj), et d'une façon à peu près semblable, certains 
faits analogues du slavo-germanique. 

M. Môhl propose ensuite une explication du duel 
hébraïque Sâmajim « le ciel »; s'appuyant d'une part sur 
certaines formules des inscriptions babyloniennes (Samu u 
irçetu « ciel et terre », dans le sens d' « univers ») et d'autre 
part sur les duels védiques tels que dyhvâ « le ciel et la 
terre »; prthivt « la terre et le ciel », notre confrère se 
demande s'il ne faut pas reconnaître dans le duel éâmajîm 
le souvenir d'une formule analogue dont la langue n'aura 
plus su par la suite déduire la forme au singulier. 

M. Grammont, continuant l'exposé de ses études patoises, 
examine le traitement des groupes de trois et quatre con- 
sonnes,, à la fois dans le patois de la Franche-Montagne et 
dans le français littéraire. On peut remarquer que e muet 
se conserve dans le premier cas régulièrement après la troi- 
sième consonne et dans le second après la seconde. 
M. Grammont essaye ensuite d'établir, d'après la phoné- 
tique patoise, la chronologie de la chute de e muet français. 
— Des observations sont faites par tous les membres 
présents. 



Séance du 23 Mai 1891. 

Présidence de M. de Rochemonteix. 

Présents : MM. de la Grasserie, Berger, Dottin, Bréal, 
Bauer, de Saint-Didier, V. Henry, Grammont, de Roche- 
monteix, Sylvain Lévi, Môhl, de Saussure. 

Les procès-verbaux des séances des U et 25 avril et du 
9 mai sont lus et adoptés. 



— cxvîj — 

Election. M. l'abbé Abeille est élu membre de la 
Société. 

Présentation. MM. Bréal et de Rochemonteix présentent 
pour être membre de la Société: M. Maurice Bessac, à 
Port-Louis (île Maurice). 

Communications. M. Bréal traite de l'étymologie de a ta- 
mis dans le premier élément duquel il reconnaît le mot atta, 
appellation familière dont on se servait en s' adressant à 
des personnes âgées ; par imitation, plus tard, adnepos ; — 
en second lieu, de l'étymologie de i\u!>ç qu'il faut rapporter, 
non à Mpvijiu « dompter », mais au mot pour maison, 

M. Bréal cite ensuite quelques nouveaux exemples d'em- 
prunts faits par les langues germaniques au latin : allemand 
Kocher « carquois » de carchestum ; — Zelt « tente » du 
bas-latin tenda; — gotique plapja « rue, place » àeplatea; 
— got. mes « table » ou « plat » de mensa. — Observations 
de M. Môhl. 

M. V. Henry étudie devant la Société le passage Atharva- 
Véda VII, 76, 1 , dont le texte est évidemment corrompu. 
Au lieu de A stisrdsah susrâsô, lire à susrdsô asisrasô, et 
au lieu de sehôr arasdtarâ, lire arashd arasdtarâ. 

M. de Saussure présente une conjecture sur l'allemand 
Hcxe « sorcière », vieux haut-ail. hagazussa, qui pourrait 
être le participe parfait très ancien du verbe fort perdu 
correspondant au substantif haz « la haine ». La première 
syllabe ha- serait syllabe de redoublement; la seconde 
syllabe -gaz- (pour -haz-) représenterait la racine. 

M. Grammont, continuant l'histoire phonétique du patois 
de la Franche-Montagne, traite des groupes primitifs glet 
bl. Le groupe gl aboutit toujours à jod, mais en vertu de 
deux lois différentes et successives, selon qu'il était ou 
non intervocalique. Pour le groupe bl, ce n'est pas seule- 
ment la loi, mais aussi le résultat qui diffère : après voyelle, 
on obtient (par l'intermédiaire de vl) un / pur et simple, 
comme dans crèl a crible », pendant que dans les autres 
positions, par exemple au commencement du mot, le terme 
d'arrivée est by. 



— CXVIlj — 



Séance du 6 Juin 1891. 

Présidence de M. Michel Bréal, secrétaire. 

Présents: MM. V. Henry, Bauer, de Saussure, Bréal, 
Môhl. 

MM. de Rochemonteix et Ph. Berger se font excuser de 
ne pouvoir assister à la séance. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Election. M. Maurice Bessac est élu membre de la 
Société. 

Communications. M. de Saussure apporte comme contri- 
bution à l'histoire des aspirées sourdes (kh, éh, th, th f ph) 
du sanscrit une série d'exemples destinés à établir l'origine 
de certains th dans les racines et les suffixes. Ces M provien- 
draient de / indo-européen suivi du phonème a régulièrement 
élidé devant voyelle ; ainsi le masculin prthûs « large » 
représenterait un indo-européen *pret9-u$, devenu *prt'û$ 
après la chute de e radical atone ; ici th = t' aurait une 
valeur étymologique ; il aurait au contraire été étendu par 
pure analogie dans le féminin prthi-vi = i.-e. *prt*-vi. Par- 
mi beaucoup d'autres, la racine sthâ- justifie son th de la 
même façon; le présent tisthâmi représente un radical indo- 
européen é sti-st'-é-, *sti-st'-ô-. — Des observations sont 
faites par MM. V. Henry et Bréal. 

M. Môhl propose de rapprocher le latin laetus, proprement 
« engraissé, bien arrosé » en parlant du sol, du slave léto 
« l'été » mot à mot « la saison grasse ». On justifie ainsi le 
vocalisme radical de léto = i.-e. *laitô-, dont les difficultés 
demeurent au contraire insolubles si l'on s'obstine à partir 
d'une racine *lei- loi- //-. — Dans une seconde communica- 
tion, M. Môhl rapproche le latin lippus, et mieux lipus 
« chassieux », du slave slëpu « aveugle », lequel se rattache 
probablement à lïpèti « être adhérent, être collé ». — 
M. Môhl termine par une étymologie du latin locus ou 
stlocus, qui signifie proprement « ordre, arrangement, dis- 
position » (cf. locuii « casiers »). Il faut probablement par- 



— CX1X — 

tir d'un prototype "sloqvos, aboutissant soit à locus, soit à 
stlocus avec insertion d'un / destiné à préserver la sifflante 
(cf. seleis, stleis, skis, formes attestées de lis). Dès lors, on 
peut penser que ce *sioqvos « disposition, ordre » n'est pas 
différent du bohémien sloka « stance, strophe » qui parait 
appartenir au vieux fonds slave. Lie sens étymologique 
serait «disposition de mots», et il n'est pas impossible que 
cette spécialisation du sens ait été ébauchée dès l'époque la 
plus primitive, s'il est vrai que le latin loqvor signifie « dis- 
poser ses mots ». — Des observations sont faites par tous 
les membres présents. 
La séance est levée à neuf heures et demie. 



Séance du 20 Juin 1891. 



Présidence de M. de Rochemonteix. 



Présents: MM. Mélèse, Mohl, Berger, Schwob, Bréal, 
Bauer, V. Henry, de Rochemonteix, de Saussure. 

Assistant étranger : M. le capitaine Lamouche. 

Le précédent procès-verbal est lu et adopté. 

Hommages. Voir p. cxxj. 

Communications. M. Mohl fait une communication sur 
les cas où é slave est devenu i en russe : il croit pou- 
voir poser que, vers le xiu° siècle, un è final posttonique 
s'est régulièrement changé en i. Cf. dvêsti « deux cents » de 
dvésté (accent sur le premier a) ; les formes pronominales 
*li, 9tihù (accent sur 9) en regard de té, téhu, etc. — Des 
observations sont faites par M. de Saussure. 

M. Berger fait part du contenu d'une inscription néo-pu- 
nique d'Altiburos et de l'interprétation qu'il propose pour 
les deux dernières lignes, mal gravées, et rajoutées après 
coup à cette inscription. — Des observations sont faites 
par M. de Rochemonteix. 

M. de Rochemonteix examine devant la Société la question 
de savoir pourquoi l'Horus des Egyptiens, qui rappelle 



plutôt Ares, a été identifié par les Grecs à Apollon. Il est 
conduit i donner à ce propos une certaine importance aux 
Mesennou, demi-dieux qui accompagnent Horus, lesquels 
paraissent être des divinités astrologiques, mais sont aussi 
les patrons des sculpteurs et des artisans. Leur nom vient 
du mot mesenna, instrument servant aux sculpteurs. 

M. V. Henry rend compte d'une opinion émise par M. Paul 
Passy à sa soutenance de thèse au sujet de la chute de e 
indo-européen , opinion qui lui a paru originale et intéres- 
sante. L'e, avant de disparaître, aurait éiéchuché; d'autre 
part il était chuché parce que, pour l'organe aryen, cette 
voyelle n'était pas prononçable au-dessous d'un certain 
registre vocal. — Des observations sont faites par M. de 
Saussure qui se rappelle avoir exprimé autrefois devant la 
Société une conjecture à peu près semblable. 



— cxxj — 

OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 

8 Novembre 4890. 
ire de V ancienne langue française, par Fréd. Godefroy. Livraisons 
publiées dans Tannée 1890 (R-reus). — De la part du Ministre de l'Instruc- 
tion publique. 

Kukn's ZeUschrifl, t. XIX (nouv. série X), fasc. 6 (1889) ; t. XXXI (nouv. 
série XI), fasc. 1-2 (1890). 

Excursions et Reconnaissances. Recueil publié par l'Administration de la 
Cochinchine française ; U XIV, n* 32. Saigon, 1890. 

BeroriHgtr meÙem de fbiske og de baltùke Sprog, af Vilh. Thomsen. 
Copenhague, 1890. — De la part de l'auteur. 

V omet Memswrements, by Charles H. Grandgent ; brochure. - Offert par 
routeur. 

Unwer*ity Studies, published by the University of Nebraska. Juillet 1890. 
1, n* 3. Lincoln (Nebraska), 1890. 

L'Etrusque y V Ombrien et rOsque dans leurs rapports avec l'italien, par 
M. T. Zanardelli. Extrait du Bulletin de la Société et Anthropologie de 
Bruxelles, L Vlll, 1889-90. Bruxelles, 1890. 

£3 Novembre. 

Extrait des Collections du Musée Alaoui, publiées sous la direction de 
M. R. de la Blanchère : Tebetla devotionis de la nécropole romaine d'Hadru- 
mète (Souèee), par MM. Michel Bréal et G. Maspéro. — Offert par les 
tuteurs. 

Catéchisme en créole de tUe Maurice, copie manuscrite d'un ouvrage 
imprimé en 1828, à Réduit, chez Mallac frères, imprimeurs du Gouverne- 
ment. — Envoi de M. le Capitaine Laray. 

6 Décembre. 
Dos Dehnungsgeseti der griechischen Comporta, von J. Wackernagel. 
Baie, 1889. — Offert par l'auteur. 

20 Décembre. 

Actes de la Société Philologique, tome XVJ1I. Alençon, 1889. — Offert par 
M. H. de Charencey. 

Confesiondrio en tangua mixe, escrito todo por el P. Fr. Augustin de 
Quintana. Publié par le comte H. de Charencey. Alençon, 1890. — Offert 
par l'éditeur. 

24 Janvier 1894. 
Manuel de conversation en tre»Ue langues, par le D r Poussié. Paris, 1890. 
— De la part de M. L. Havet. 

7 Février. 
Des dialectes, de leur classification et de leur délimitation géographique, 
par M. Ch. de Tourtoulon. Paris, 1890. — De la part de l'auteur. 

90 Juin. 

Les symboles, les emblèmes et les accessinres du culte chez les Annamites, 
par G. Dumoutier (Annales du Musée Guiniet). — De la part du Ministère de 
l'Instruction publique. 

Élude sur la Sémantique, par C. Svedelius. Upsal, 1891. — Offert par 
l'auteur. 



I 



VARIÉTÉ 



CATÉCHISME EN CRÉOLE 

L'ILE MAURICE EN 1828 
Communiqué par M. le Capitaine Laray * 



St. Demande. — Mon cher zanfant vous connéz qui 
vous? 

R. — Oui, moi un criatire de Bon Dieu, pass qui li qui 
été faire moi, mon le côr et mon nàme. 

D. — Comment vous capable connéz qui vous y-en a un 
nàme dans vous le côr ? 

R. — Pass qui mo trouve quique chose dans mon le côr 
qui capabe pencée et conné sa qui mo y-en a besoin, et 
quique fois mon l'esprit li contant, quique fois li triste et 
chagrin ; sa qui mo le côr na pas capabe faire sans mon 
nâme. 

D. — Qui différante qui y-en à entre vous nâme et vous 
le côr? 

R. — Mon le côr nanqui-la viande ensemble disang et li 
capable mort, mais mon nâme li ein esprit, li toujours 
vivant qu'à même mon le côr finie mort. 



1. On nous saura gré de reproduire ici, dans son entier, un ouTrage 
devenu extrêmement rare et dont nous devons la communication à l'obli- 
geance de notre confrère, M. le Capitaine Laray. (Note de la Rédaction.) 



— cxxiij — 

Z>. — Pourquoi qui Bon Dieu été faire vous le car et vous 
nâme? 

R. — Pour servie li et connét li bien dans sa monde ici, 
pour après qui moi vat mort, mon nâme capabe allée avec 
Bon Dieu et pour qui moi vat toujour bien heureuse dans 
le Ciele. 

D. — Comment vous devrez apprendre pour conné Bon 
Dieu, et pour servie li bien ? 

R. — Par le Saint-Ecritire dans viée et dans Nouveau- 
Testament, qui y-en à tout la paroi de Bon Dieu. 

D. — Qui li montrée vous touts sa écritire qui y-en a 
parole Bon Dieu dans sa Livre là ? 

R. — Toutes sa Ecritire là, montrée moi qui Bon Dieu, 
li dans li même, et li va toujours pour nous, pass qui li qui 
été faire nous son jensse. 

D. — Qui Bon Dieu dans li même ou bien dans son 
manière 1 

R. — Bon Dieu li dans li même ou dans son manière, 
li ein Esprit, li partout, li na pas y-en à commencement, 
li na pas y-en à la fin, li bien bon, bien grand, bien sainte, 
bien charitable, bien jiste et bien fi délie. 
D. — Qui Bon Dieu li pour nous, nous qui son jensse ? 
R. — Comme Bon Dieu, li bien grand, et li même qui été 
faire nous et été donné nous la vie, li vat soigné nous ausi 
et faire nous dibien; jousqu'à apprésant li même nous 
Seigneur, nous Gouverneur et li même vat nous zige à la 
fin. 

D. — Qui manière qui sa Ecritire là dire vous pour servie 
Bon Dieu? 

R. — Mo dévrée servie Bon Dieu en faisant bien atten- 
tion touts son commandement et sivrée touts son comman- 
dement qui li été donné nous, et na pas faire sa qui li été 
défendie nous. 

D. — Qui Commandement qui Bon Dieu été donnez 
nous? 

R. — Li été donné avec Juife ein la loi qui y-en a dix 
Commandement dans viée Testament et li en deux dans 
Nouveau Testament. 
D. — Répétez tout sa dix commandement de Bon Dieu, 



— CIX1V — 

qui dans viée Testament; qui été première Commande- 
ment? 

R. — Toi na- pas vat y-en a l'autre Bon Dieu qui moi 
divant toi. 

D. — Qui deuxième Commandement? 

R. — Toi na pas va faire auquine zimage taillée, ni 
auquine samblance de quique chose qui y-en a la haut dans 
le Ciele, ni la haut la terre, pour toi adoré ly. 

D. — Qui troisième Commandement ? 

R. — Toi na pas prendre nom Bon Dieu pour badinage. 

D. — Qui quatrième Commandement ? 

R. — Rappelez toi bien le jour qui Bon Dieu été posé, 
pour toi adorée li sa jour là. 

D. — Qui cinquième Commandement ? 

R. — Respec ton papa et ton marna, pour tou jours capabe 
long la haut la terre. 

D. — Qui sixième Commandement ? 

R. — Toi na pas vat sazinée toi même ni perso n. 

D. — Qui septième Commandement ? 

R. — Toi na pas vat prendre femme ton cammrade. 

D. — Qui huitième Commandement? 

R. — Toi na pas vat volore. 

D. — Qui neuvième Commandement ? 

R. — Toi na pas servie témoin pour quique chose qui na 
pas té vrai. 

D. — Qui dixième Commandement? 

R. — Toi na pas vat envie ni jalou pour quique chose qui 
pour ton cammarade. 

D. — Qui manière qui plus court pour conné tout sa 
dans Nouveau Testament? 

R. — Y faut qui vous contant le Seigneur vous Bon 
Dieu, avec tout vous licaire, et vous cammarade comme 
vous même. 

D. — Comment faut qui vous contant Ron Dieu, avec 
tout vous licaire? 

R. — Pour contant Bon Dieu avec tout mon licaire, mo 
devrez conné son bonté avant tout quique chose qui y-en a 
la haut la terre, et qui moi vat y-en à l'esprit pour faire li 
contant. 



D. — Cmntmeut mo devrez (me* vsèr «an ma ru ia m t 
BamDieu. 

R. — Par sa trois choses. 

PreMiêre chose, bo dm* faire et rende* sa qai Bas Dîei 
été demandée moi. 

Deuxième chose, y faat mo faire arec boa tain? sa. qui 
Boa Dieu té dire mot faire. 

Troisième chose, y faut mo sooArie avec patience tonte 
sa qui capabe arrivée avec moi. 

0. — Qui MMiiH f «a £«• />irti tt dût mn, mv ren» 
aaW /y.' 

A. — Mo devrée prende U peine pour écoulé ei comprendra 
bien son sainte paroi et bénie H pour son grandeur et son 
bonté, mo devréa demande ii pour quique chose qui no 
j eu à besoin, et remercie h pour sa qoi mo finie gagnée. 

D. — Qui manière fui cous devrée contant cous toiai 
rade comme cous même ? 

R. — Poor contant mon camarade comme moi même, 
j fut qui mo bon arec mute, comme si moi même été dans 
taule place. 

D. — Comment tout décrit /aire ton* que cous contant 
tous cammarade? 

H. Par sa trois choses. 

Première chose, mo deTrée écouté et respée tonte sa qui 
pins qoi moi. 

Deuxième chose, mo devrée parlé sa qui vrai et faire tout 
sa qui jiste atec touts mon camarades. 

Troisième chose, mo deTrée faire tout sa qui mot capabe 
pour faire dibien avec touts dimonde, cammarade, étrange, 
oa bien xénemie. 

D. — Vous fini dire moi sa qui faut faire enoer Bon Dieu 
tt enter tout dimonde, vous capable dire moi comment faut 
faire pour vous na pas tombé dans pèches ? 

R. — Mo devrée quité tout sa péchés qui mo y-en a dans 
mon licaire, la haut mo la langue, et tout sa mauvais ma- 
tuutioo qui mo j en à dans mo la vie. 

D. — Qui péchés qui y-en à dans licaire ? 

R. — Péchés qui y-en à dans licaire, se quand moi oblie 
Bon Dieu, quand mo Gère, quand mo entêtée, quand mo 

r 



— CIX1V — 

qui dans viée Testament; qui été première Commande- 
ment? 

R. — Toi na- pas vat y-en a l'autre Bon Dieu qui moi 
divant toi. 

D. — Qui deuxième Commandement? 

R. — Toi na pas va faire auquine zimage taillée, ni 
auquine samblance de quique chose qui y-en a la haut dans 
le Ciele, ni la haut la terre, pour toi adoré ly. 

D. — Qui troisième Commandemant ? 

R. — Toi na pas prendre nom Bon Dieu pour badinage. 

D. — Qui quatrième Commandement? 

R. — Rappelez toi bien le jour qui Bon Dieu été posé, 
pour toi adorée li sa jour là. 

D. — Qui cinquième Commandement ? 

R. — Respec ton papa et ton marna, pour toujours capabe 
long la haut la terre. 

Z>. — Qui sixième Commandement ? 

R. — Toi na pas vat sazinée toi même ni person. 

D. — Qui septième Commandement ? 

R. — Toi na pas vat prendre femme ton cammrade. 

D. — Qui huitième Commandement? 

R. — Toi na pas vat volore. 

D. — Qui neuvième Commandement? 

R. — Toi na pas servie témoin pour quique chose qui na 
pas té vrai. 

D. — Qui dixième Commandement? 

R. — Toi na pas vat envie ni jalou pour quique chose qui 
pour ton cammarade. 

D. — Qui manière qui plus court pour conné tout sa 
dans Nouveau Testament? 

R. — Y faut qui vous contant le Seigneur vous Bon 
Dieu, avec tout vous licaire, et vous cammarade comme 
vous même. 

D. — Comment faut qui vous contant Bon Dieu, avec 
tout vous licaire? 

R. — Pour contant Bon Dieu avec tout mon licaire, mo 
devrez conné son bonté avant tout quique chose qui y-en a 
la haut la terre, et qui moi vat y-en à l'esprit pour faire li 
contant. 



— cxx? — 

D. — Comment vous devrez faire voir qui vous content 
Bon Dieu. 

R. — Par sa trois choses. 

Première chose, mo devré faire et rendée sa qui Bon Dieu 
été demandée moi. 

Deuxième chose, y faut mo faire avec bon caire sa qui 
Bon Dieu té dire moi faire. 

Troisième chose, y faut mo souffrie avec patience toute 
sa qui capabe arrivée avec moi. 

D. — Qui manière qui Bon Dieu té dire vous, pour vous 
adoré ly? 

R. — Mo devrée prende la peine pour écouté et comprendre 
bien son sainte paroi et bénie li pour son grandeur et son 
bonté, mo devrez demande li pour quique chose qui mo 
y-en à besoin, et remercie li pour sa qui mo finie gagnée. 

D. — Qui manière qui vous devrée contant vous camma- 
rade comme vous même ? 

R. — Pour contant mon camarade comme moi même, 
y faut qui mo bon avec zaute, comme si moi même été dans 
zaute place. 

D. — Comment vous devrée faire voir que vous contant 
vous cammarade ? 

R. Par sa trois choses. 

Première chose, mo devrée écouté et respée touts sa qui 
plus qui moi. 

Deuxième chose, mo devrée parlé sa qui vrai et faire tout 
sa qui jiste avec touts mon camarades. 

Troisième chose, mo devrée faire tout sa qui moi capabe 
pour faire dibien avec touts dimonde, cammarade, étrange, 
ou bien zénemie. 

D. — Vous fini dire moi sa qui faut faire enver Bon Dieu 
etenver tout dimonde, vous capable dire moi comment faut 
faire pour vous na pas tombé dans péchés ? 

R. — Mo devrée qui té tout sa péchés qui mo y-en a dans 
mon licaire, la haut mo la langue, et tout sa mauvais ma- 
«nation qui mo y en à dans mo la vie. 

D. — Qui péchés qui y-en à dans licaire ? 

R. — Péchés qui y-en à dans licaire, se quand moi oblie 
Bon Dieu, quand mo fière, quand mo entêtée, quand mo 

r 



— CIX1V — 

qui dans viée Testament; qui été première Commande- 
ment? 

R. — Toi na- pas vat y-en a l'autre Bon Dieu qui moi 
divant toi. 

D. — Qui deuxième Commandement? 

R. — Toi na pas va faire auquine zimage taillée, ni 
auquine samblance de quique chose qui y-en a la haut dans 
le Ciele, ni la haut la terre, pour toi adoré ly. 

D. — Qui troisième Commandemant ? 

R. — Toi na pas prendre nom Bon Dieu pour badinage. 

D. — Qui quatrième Commandement? 

R. — Rappelez toi bien le jour qui Bon Dieu été posé, 
pour toi adorée li sa jour là. 

D. — Qui cinquième Commandement? 

R. — Respec ton papa et ton marna, pour tou jours capabe 
long la haut la terre. 

D. — Qui sixième Commandement ? 

R. — Toi na pas vat sazinée toi même ni person. 

D. — Qui septième Commandement ? 

R. — Toi na pas vat prendre femme ton ca m m rade. 

D. — Qui huitième Commandement? 

R. — Toi na pas vat volore. 

D. — Qui neuvième Commandement? 

R. — Toi na pas servie témoin pour quique chose qui na 
pas té vrai. 

D. — Qui dixième Commandement? 

R. — Toi na pas vat envie ni jalou pour quique chose qui 
pour ton cammarade. 

D. — Qui manière qui plus court pour conné tout sa 
dans Nouveau Testament? 

R. — Y faut qui vous contant le Seigneur vous Bon 
Dieu, avec tout vous licaire, et vous cammarade comme 
vous même. 

D. — Comment faut qui vous contant Bon Dieu, avec 
tout vous licaire? 

R. — Pour contant Bon Dieu avec tout mon licaire, mo 
devrez conné son bonté avant tout quique chose qui y-en a 
la haut la terre, et qui moi vat y-en à l'esprit pour faire li 
contant. 



D. — Comimeni rmo devrez faire rotr qui tous comtemi 
Rom Dieu. 

R. — Par sa trois choses. 

Première chose, modéra faire et rendée sa qui Boa Dieu 
été demandée moi. 

Deuxième chose, y faut mo faire arec boa caire sa qui 
Boa Dieu té dire moi faire. 

Troisième chose, y faut mo souffrie aTec patience toute 
sa qui capabe arriTée aTec moi. 

D. — Qui manière qui Rom Dieu té dire vous, pour tous 
adoré l 9 ? 

R. — Mo devrée prende la peine pour écouté et comprendre 
bien son sainte paroi et bénie ii pour son grandeur et son 
bonté, mo devrez demande ii pour quique chose qui mo 
y-en à besoin, et remercie li pour sa qui mo unie gagnée. 

/>. — Qui manière qui tous detrée contant tous comma- 
nde comme tous même ? 

R. — Pour contant mon camarade comme moi même, 
7 faut qui mo boa aTec xante, comme si moi même été dana 
xaote place. 

D. — Comment tous décrie faire rotr que tous contant 
tous commande? 

A. Par sa trois choses. 

Première chose, mo devrée écouté et respée touts sa qui 
plus qui moi. 

Deuxième chose, mo devrée parlé sa qui vrai et faire tout 
sa qui jiste aTec touts mon camarades. 

Troisième chose, mo devrée faire tout sa qui moi capabe 
pour faire dibien avec touts dimonde, cammarade, étrange, 
ou bien zénemie. 

D. — Vous fini dire moi sa qui faut faire enter Bon Dieii 
et enter tout dimonde, tous capable dire moi comment faut 
faire pour vous na pas tombe' dans péchés ? 

A. — Mo devrée quité tout sa péchés qui mo y-en a dans 
mon licaire, la haut mo la langue, et tout sa mauvais ma- 
zination qui mo y en à dans mo la vie. 

D. — Qui péchés qui y-en à dans licaire? 

R. — Péchés qui y-en à dans licaire, se quand moi oblie 
Bon Dieu, quand mo Gère, quand mo entêtée, quand mo 

r 




— cxxvj — 

malin, quand mo jalou pour quique chose qui pour mon 
cammarade, et quand moi contant tout sorte mauvais pencée 
et passion qui mo contant. 

D. — Qui ply grand péché qui nous y-en à la haut la 
langue ? 

R. — Plus grand péchés qui moi y-en à la haut la langue, 
c'est quand mo jourée, quand mo modie quiqu'in, quand 
mo méprisée le nom de Bon Dieu, quand mo moqué quique 
chose qui saintes, et quand moi parlée mantie et quique 
chose qui mahonête. 

D. — Qui mauvais chose qui y-en à la haut la terre ici 
qui vous devré qui té? 

R. — Plus mauvais chose qui moi devrée qui té, set de na 
pas divinie un gourmand, un soulard, un sicanair, ni perdie 
mon lé temps pour faire sa qui mauvais, surtout dans jour 
de Dimanche quand mo devrez plutôt priée Bon Dieu et faire 
dibien avec mon cammarade. 

D. — Dire moi si vous jamais été cassée sa Commande- 
ment qui Bon Dieu été donné nous, si vous faire quique 
péchés contre li ? 

R. — Mon licaire dire moi qui mo na pas été sivré son 
Commandement, et mo finie péché contre li, par pencée, par 
parole et par mon conduite. 

D. — Comment vous été péchés contre Bon Dieu, par 
pencéeSj par paroles et par vous conduit? 

R. — Pass qui mo été laissée mauvais pencée resté trop 
long temp dans mon l'esprit, mo été vômieux movais causée, 
que sa qui bon ; et mo été faire trop souvant sa qui mal et 
négligée pour faire sa qui bon. 

D. — Comment vous été divini un grand pécheur? 

R. — Pass qui mo été vinie au monde avée un mauvais 
pencée pour sa qui mal, mo été trop sivrée sa mauvais pencée 
là. 

D. — Comment vous été vinie au monde avec un mauvais 
pencée comme sa? 

R. — Touts dimonde été énée dans le péchés pass 
qui zautre été zanfants d'Adam, première dimonde qui été 
péché contre Bon Dieu. 

D. — Pourquoi vous été sivrée sa mauvais pencée là, 



— cxivij — 

pendant qui vous été connée qui li voulait condire vous pour 
faire sa qui mal ? 

R. — Moi na pas té devrée sivrée sa mauvais pencée là, 
pour sa même qui mo na pas y-en à auqu'in essquize qui 
raisonable pour faire divan t Bon Dieu. 

D. — Qui vous méritée dcâse vous péchés ? 

R. — Mon péché té méritée la colaire et la malidiction de 
Bon Dieu qui bien saint qui été faire moi. 

Z>. — Comment la colaire de Bon Dieu li si mauvais que 
su, jousqud vous na pas capable souffrie ? 

R. — La colaire de Bon Dieu li bien grand, pass qui 11 
capabe faire nous souffrie pour nous péchés la misaire la 
haut la terre ici et la peine de mort, et faire nous tourmenté 
dans l'enfer avec diable pour toujour. 

D. — Comment vous capabe évitée la colaire de Bon 
Dieu, qui vous péchés méritée ? 

R. — Bon Dieu li bien bon, et li toujours y-en pitié pour 
nous ; àcôse sa même li été envoyé Jésus-Christ dans sa 
monde ici, pourli pardonné sa qui fini péché, comme l'Evan- 
gile été dire nous. 

D. — Qui sa Evangile ? 

R. — L'Evangile li un bon nouvelle qui été vinie par 
Jésus-Christ, qui été dire davance dans viée Testament, 
mais li faire nous comprend bien claire dans Nouveau-Tes- 
tament. 

D. — Qui li Jésus-Christ? 

R. — Jésus-Christ li pitit pour Bon Dieu, qui été avec 
Bon Dieu avant que Bon Dieu été faire le ciele avec la terre, 
et li été vinie un homme, et été resté parmi dimonde, avelas 
1,800 ans. 

D. — Dire moi si Jésus-Crist li na pas Bon Dieu aussi, 
qu'à même li finie vinie un homme? 

R. — Qu'à même li un homme, li Bon Dieu aussi, pass 
qui li un person qui bien grand, pour sa même sa mirac qui 
Bon Dieu avec zomme été joindre ensambe ; son nom li 
Emanuel, sa voulé dire Bon Dieu. 

D. — Qui Jésus-Christ été faire la haut la terre ici, afin 
pour sauvais sa qui finie péché? 

R. — Li été faire trois choses. 



— cxxviij — 

Première chose, li été faire voir par son paroi avec tout 
dimonde sa qui Bon Dieu voulait zaute faire. 

Deuxième chose, li été montré zaute son exemple et son 
manière de son sainteté dans son lavie. 

Troisième chose, li été souffrie la mort pour li gagné 
grâce divant Bon Dieu pour toutes nous péchés, et pour nous 
capabe resté toujours vivant à côté Bon Dieu. 

D. — Comment Jésus-Christ li capabe gagné grâce pour 
nous péchés et pour nous toujour vivant, par son bonté et 
par son souffrance ? 

R. — Nous péchés été méritée la mort, mais Jésus- 
Christ, qui pitit pour Bon Dieu, voulait qui li souffrie la 
mort pour nous péchés, pour nous gagné grâce par son 
bonté. 

D. — Dire moi si Jésus-Christ li encore avec dimonde gui 
fini mort ? 

R. — No, li finie monté la haut dans le ciele au boute 
trois jours ; et li assise â côté la main droit de Bon Dieu. 

Z>. — Qui Jésus- Christ li après faire apprésant la haut 
dans le Ciele? 

R. — Li après parlée avec Bon Dieu pour pardonée toutes 
nous péchés et li gouverné tout qui que chose pour faire 
dibien son jensse. 

Z>. — Comment vous devrée faire pour rentré dans la 
bande de son jensse, pour vous gagné la bonté de Bon Dieu 
avec zaute? 

R. — Mo devrez repentie pour tout mo péchés, qui mo té 
faire et confessé tout mon péchés divant Dieu, et demandé 
li pardon : y faut qui moi croire que Jésus-Christ vat 
sauvais moi, dans tout mon péchés ; et y faut moi obeïe li 
comme mon Seigneur et mon Gouverneur. 

D. — Qui manière y faut que vous repentie pour tout 
vous péchés ? 

R. — Pour moi repentie pour tout mon péchés, y 
faut qui mo bien fâchée qui moi finie manquée Bon Dieu ; y 
faut moi haï tout sa qui Bon Dieu na pas contant, et prend 
garde pour na pas faire encore. 

D. — Qui manière qui vous devrée croire, avec tout vous 



— CX XIX — 

lie aire, que Jésus-Christ vat sauvais vous dans tout vous 
péchés ? 

R. — Mon devrée croire avec tout mon licaire, que Jésus- 
Christ vat sauvait moi et tout dimonde dans toute nous 
péchés ; y faut mo fiée li pour li capabe sauvais moi dans 
mon péchés, comme li croire qui vat bon pour moi. 

D. — Par qui raison qui vous y-en a, pour croire que 
vous capabe sauvais ou évitée la colaire de Bon Dieu ? 

R. — Si nous, nous repentie pour nous péchés qui nous 
finie faire, et fiez nous avec Jésus-Christ, li vat pardonné 
nous péchés et sauvais nous nâme. 

D. — Mais vous licaire na pas missants; vous y-en a 
assez la force et l'esprit pour vous repentir vous péchés ? 
pour vous confié vous nâme avec Jésus-Christ et pour obeîe 
li? 

R. — Nous y-en a licaire qui na pas y-en a la force et 
l'esprit pour nous capabe commander nous même, mais Bon 
Dieu été promis son sainte Esprit, si nous dimande li pour 
nous licaire pencée sa qui sainte, et pour aidée nous pour 
faire son volonté. 

D. — Comment vous devrée priée pour Bon Dieu con- 
tant vous, et pour li donné vous son Saint esprit ou l'autre 
bonté qui li y-en à ? 

R. — Dans toute nous la prière et dans tout sa qui nous 
faire, nous devrée espérée la bénédiction et la bonté de 
Bon Dieiï, qui bien charitable, acôseli content Jésus-Christ, 
pass qui nous finie péchés et nous na pas méritée na rien 
sa qui bon. 

D. — Bon Dieu na pas té donné auqxïine Vautre sicoure 
pour aidée nous pour comprendre dans la voi de Ciele ? 

R. — Bon Diea été donné son sainte paroi avec Juifeet 
avec Chrétien, et li été envoyée son Prêtre pour aidée nous 
pour comprendre son paroi et pour rentré dans nouveau 
alliance de Jésus-Christ. 

D. — Par qui manière qui vous capable rentré dans 
nouvelle alliance de Jésus-Christ? 

R. — C'est par le baptême. 

D. — Qui sa baptême? 

R. — Baptême li un signe qui zaute faire avec dileau, 



— cxxx — 

qui zaute faire un la croix la haut fron, à même temps 
zaute nomé au nom di Père, di Fils et di Saint-Esprit. 

D. — Pourquoi y faut qui nous baptisé avec nom di 
Père? 

R. — Pass qui Bon Dieu li Père pour note Seigneur 
Jésus-Christ et qui toute sorte bonté été sortie de lui, acôse 
Jésus-Christ et Bon Dieu li Père ou papa pour tout dimonde, 
quand zaute véritable Chrétien. 

Z). — Pourquoi faut qui nous baptisez avec nom de Fils? 

R. — Pass qui Jésus-Christ qui été dire davance et 
annoncée le Salue, et acôse li qui nous capabe gagné salue 
et la bonté de Ciele, pour gagné pour nous comme notre 
grand Prêtre et le Roi, 

D. — Pourquoi y faut qui nous baptisez avec nom de 
Saint-Esprit ? 

R. — Pass qui dans ancien temps, mirac de Saint-Esprit 
été faire nous la preuve de son Salue, et Saint-Esprit qui 
aprésant aidée nous pour obéïe et comprende Evangile et 
espérée pour son salue. 

D. — Dans qui sa baptême avec nom de Père, di Fils et 
de Sainte-Esprit li obligée vous pour tinie ? 

R. — Par mon baptême mo été promie au nom di Père, 
di- Fils et di Saint-Esprit qui mo vat vivre comme un 
nouveau criatire et comme un bon chrétien. 

D. — Comment vous devrée tinie pour mémoire et pour 
célébrer pour la more de notre Seigneur Jésus- Christ ? 

R. — Par la sainte Cène. 

D. — Qui la sainte Cène ? 

R. — Dipain et divain qui notre Seigneur été ordonné 
pour prende. 

D. — Qui dipain voulé dire ? 

R. -- Dipain quand nous cassée li, voulait dire que 
comme nous cassée li sa dipain là, comme sa même le côr 
de Jésus-Christ été déchirée et cassée la haut la croix pour 
nous. 

D. — Pourquoi qui nous faire sa cérémonie là? 

R. — Pour dire, que nous prende part dans son béné- 
diction quand li été achetté nous péchés par son la mort. 



— czxxj — 

D. — Qui li obligé nous, pour faire, quand nous prend 
la Sainte-Cène du Seigneur ? 

R. — Sa qui prende part dans la Cène de Seigneur devrée 
bien pencée, et remercie pour la bonté de Jésus-Christ, 
qui été mort pour nous, sa obligée nous pour contant li et 
servie li jusqu'à la fin nous la vie. 

Z). — Quand nous finie faire la volonté de Bon Dieu et 
servie Jésus- Christ jusqu'à la fin nous la vie, qui vous 
voudrée gagné quand vous fini mort ? 

R. — Moi voudrée, quand moi finie mort, qui mo nâme 
va allée avec Bon Dieu et Jésus-Christ, et que li vat bien 
heureux. 

D. — Mais dire nous, qui sa landroit là, qui y-en a 
l Esprit, qui vous été dire qui nous nâme va allée quant nous 
mort? 

R. — Dans un landroit qui bien grand ; qua même nous 
na pas voire li, même en didans li finie séparée, y en à un 
landroit pour Anges, un androit pour 'le dimons et un 
landroit pour nàmes dimonde qu'a même bons ou naissant. 

D. — Qui sa Anges? 

R. — Li bon esprit, qui servie Bon Dieu et adorée li 
dans le Ciele, et Bon Dieu envoyé zaute souvant avec son 
commission la haut la terre ici en bas. 

D. — Qui sa Démon? 

R. — Zaute mauvais esprit ; dans commencement zaute 
été anges pour Bon -Dieu ausi, mais zaute fini faire trop 
péchés contre Bon Dieu, pour sa même que Bon Dieu finie 
poussée zaute, et aprésant zaute tenté dimonde pour faire 
tout sorte péchés. 

D. — Mais toutes sa Pesprit là, quand même bon ou 
missant, Jésus-Christ na pas commandé zautre toutes ? 

R. — Oui Jésus-Christ commandée zaute toutes, et li 
gardée ses Anges pour veillée son jensse, pour diable na pas 
capable faire narien avec son jensse, nanque quand li donné 
permission. 

D. — Qui vat divinie le Démon à la fin? 

R. — Zaute encore dans la chaine aprésant pour pinie 
zaute avec plus grand punission dans jour de jugement. 



— cxxiij — 

D. — Quand vat vinie sa jour qui vat jigée nous, vous 
té dire qui nous le cor vat vinie vivant encore ? 

R. — A la fin dimonde Jésus-Christ vat dicende la haut 
la terre pour jigée toutes dimonde, dans sa temps là tout sa 
qui mort va levée. 

D. — Qui vat faire avec dimonde quand zaute finie vivant 
encor? 

R. — Jésus-Christ vat appelé zaute divant son chaise de 
jigement; là, sa qui bon avec sa qui mauvais vat rendie 
chaqu'in zaute compte avec li, pour conduite qui zaute été 
tinie dans sa monde ici en bas. 

Z). — Comment sa qui jiste vat tinie divant Jésus-Christ 
sa jour là ? 

R. — Sa qui jiste vat tinie avec licaire bien claire et 
léger, et avec contentement, comme zanfants Bon Dicû, pass 
qui zaute été faire la volonté de Bon Dieu, et zaute été tassée 
de sivrée exemple de Bon Dieu même dans son sainteté. 

D. — Et comment sa qui missant vat divinie divant Jésus- 
Christ? 

R. — Sa qui missant vat tinie divant Jésus-Christ avec 
peur, et couverte avec la honte, comme zanfants de diable, 
pass qui zaute té faire la volonté de diable, et zaute comme 
diable même dans son missanceté. 

D. — Comment Jésus-Christ vat traité dimonde sa jour là? 

R. — Li vat placée sa qui jiste à côté la main droit, et 
sa qui missant à gosse, et li vat condanée zaute comme devrée 
mérité. 

D. — Qui va faire avec sa qui missant ? 

R. — Sa qui missant va envoyée dans difcu dans l'Enfer 
avec zaute le cor et zaute mime, pour zaute vat tourmentée 
et misaire avec diable, et avec sa qui missant pour toujour. 

D. — Et qui va faire avec sa qui bon ? 

R. — Le Seigneur Jésus-Christ vat amenée sa qui bon 
avec li au ciele, avec zaute le cor et zaute naine pour resté 
avec Bon Dieu et avec son sainte Anges, dans toutes sorte 
de plaisire et bonheur pour toujour, (éternelment). 

Réduit, le 13 Arril 1828. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



N° 36 



» »t^«» « 



PROCÈS-VERBAUX DBS SÉANCES 

du 21 Novembre 1891 au 13 Février 1892 



Séance du 21 Novembre 1891. 

Présidence de M. Philippe Berger, vice-président. 

Présents: MM. Aymonier, Bauer, Ph. Berger, Duvau, 
V. Henry, Laraj, S. Lévi, Meillet, Schwob, de Saint- 
Didier. 

Assistant étranger : M. Adolphe Dietrich, docteur en phi- 
losophie de l'Université de Graz. 

MM. de Rochemonteix, président, et Bréal, se font excu- 
ser de ne pouvoir assister à la séance. 

Correspondance. Lecture est donnée d'une lettre de 
M. Bréal annonçant à la Société que M. Môhl, nommé lec- 
teur à l'Université tchèque de Prague, a dû abandonner les 
fonctions d'administrateur de la Société qu'il avait remplies 
jusqu'ici. M. Dottin, nommé maître de conférences à la 
Faculté des lettres de Dijon, prie également la Société de 
le relever de ses fonctions de bibliothécaire. La Société, par 

9 



— CXXX1V — 

un vote unanime, charge le bureau de transmettre à 
MM. Môhl et Dottin, avec toutes ses félicitations, ses vifs 
remerciements pour le zèle avec lequel ils ont toujours géré 
les intérêts de la Société. 

L'élection du bureau pour 1 892 devant avoir lieu très pro- 
chainement, MM. Schwob et Duvau rempliront provisoi- 
rement les fonctions de bibliothécaire et d'administrateur 
de la Société. 

La Société apprend avec regret la mort d'Othon Riemann 
survenue le 16 août 1891, à la suite d'unç chute dans le 
Morgenberg. 

Présentations. MM. Bréal et V. Henry présentent pour 
être membre de la Société : M. l'abbé Carnel, aumônier de 
l'hôpital militaire de Lille. — MM. Bréal et Schwob pré- 
sentent: M. Auguste Bréal, élève de l'Ecole des hautes 
études et de l'Ecole des langues orientales, 15, rue Soufflot, 
à Paris. — MM. V. Henry et S. Lévi présentent: M. Jo- 
seph Schrijnen, docteur en philosophie, 1, Commelinstraat, 
Amsterdam. 

Hommages. Voir p. cxliv. 

Communications. M. Meillet fait une communication sur 
les prétérits pluriels germaniques du type qèmum ; le voca- 
lisme particulier et l'absence de redoublement sont égale- 
ment difficiles à expliquer si l'on y voit la continuation 
d'anciens parfaits indo-européens. Il faut en chercher l'ori- 
gine dans d'anciens imparfaits et d'anciens aoristes à voyelle 
longue qui ont supplanté les formes propres au parfait: 
c'est du pluriel qu'est partie l'analogie qui a fait supprimer 
partout le redoublement. 

M. Laray communique à la Société plusieurs chansons en 
patois créole de la Réunion. 

M. V. Henry expliqué lentus, dont le sens propre serait 
« gluant », comme le développement d'un ancien participe 
tiré de la même racine que linere; il propose de voir dans 
les mots du type /luentttm, unguentum des métaplasmes 
analogues. Des observations sont présentées par plusieurs 
membres de la Société, en particulier par M. Schwob, 
et par M. Meillet qui conteste l'origine récente de ces 
types. 



— CXXXV — 

M. Laray étudie l'étymologie du latin malus qu'il propose 
de rattacher à la même racine que (ftcbcru ; maliens aurait la 
même origine. 



SÉANCE DU 5 DÉCEMBRE 1891. 

Présidence de M. Philippe Berger, vice-président. 

Présents : MM. Àymonier, Bauer, Ph. Berger, Boyer, 
Michel Bréal, Duvau, Ch. des Granges, V. Henry, Laray, 
S. Lévi, Mélèse, Me il le t. 

Assistant étranger : M. Auguste Bréal. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Hommages. V. p. cxliv. 

Elections. MM. Auguste Bréal, Carnel et Schrijnen sont 
élus membres de la Société. 

Présentations. MM. Michel Bréal et Henry présentent 
pour être membres de la Société : M. le D r Zubaty, profes- 
seur à l'Université tchèque de Prague, et M. Jaromir Je- 
dlicka, membre du séminaire philologique de l'Université 
tchèque de Prague, Tylovo nàmësti, c. 29, Krâlovské Vino- 
hrady, près Prague. 

Nouvelles. M. le Secrétaire annonce à la Société la mort 
de notre illustre confrère Dom Pedro, ex-empereur du 
Brésil, qui n'avait jamais cessé depuis son entrée dans notre 
Société de manifester sa sympathie pour nos études. 

Communications. M. Michel Bréal, rappelant son éty- 
mologie de lùterae = Stfftépai, remarque qu'il s'est ren- 
contré dans cette explication avec Ross, qui avait proposé 
la même étymologie en 1853 dans le Rheinisches Muséum, 
mais sans présenter aucun des arguments qui contribuent à 
en assurer l'exactitude. 

M. Bréal cite ensuite, à l'appui de son explication de sodés 
par 5t audes, une phrase d'Aulu-Gelle où siaudebunt se 
trouve correspondre exactement à l'emploi de sodés au sin- 
gulier. 



— czuvj — 

Puis il présente une étymologie nouvelle de blandus, qui 
serait pour * bellandus, de bellus. MM. Henry et Meillet 
présentent des objections relatives à la possibilité de la chute 
de la première syllabe. 

M. M. Bréal propose ensuite de rattacher largvs (pour 
* las{e)co) et lasciuus à la même racine que Lar (cf. Las es). 
L'idée première est celle d'abondance, puis de joie. Lar(i)dum 
serait également un mot de la même famille. 

Enfin adagium doit être rapproché non de aio, mais de 
ago (adigo): c'est proprement une « application ». Ambagio 
cité par Vairon se rattache de même à ambigere. 

M. Bréal termine par deux étymologies germaniques. 
L'allemand schropfen « poser des ventouses » n'est autre 
que le latin scari/icare. Le double sens de lesen « lire » et 
« recueillir » s'explique par l'influence du latin légère. Des 
observations sont faites par MM. Bauer, Boyer, Ph. Berger, 
V. Henry. 

M. Philippe Berger commence devant la Société le déchif- 
frement d'une inscription bilingue, néo-punique et libyque, 
récemment trouvée à Macteur par M. Bordier. Cette ins- 
cription contient des noms propres d'origine latine. La 
partie de l'inscription en dialecte libyque est surtout inté- 
ressante en ce qu'elle fournit le sens, sinon la prononciation, 
d'un caractère resté jusqu'ici énigmatique : cette lettre repré- 
sente évidemment ici la finale de l'ethnique, et cette cir- 
constance aidera sans doute au déchiffrement des inscriptions 
déjà connues qui contiennent également ce signe. 

M. Meillet, comparant l'accentuation de toiéa8e et de 
evôiSs comparée à celle de toïoç, £vôa, en conclut que la syl- 
labe ev était comme la syllabe toi susceptible des deux ac- 
centuations descendante et ascendante. Des observations 
sont faites par MM. Duvau et Henry. 

La Société procède à l'élection de la Commission chargée 
de vérifier les comptes de l'année 1891. Sont élus: MM. 
Boyer, S. Lévi, Meillet. 



— CSIXVlj — 

SÉANCE DU 19 DÉCEMBRE 1891. 
Présidence de M. Philippe Berger, vice-président. 

Présents : MM. Bauer, Ph. Berger, Boyer, Michel Bréal. 
Dutilleul, Duvau, Halévy, V. Henry, Laray, Meillet, 
Schwob. 

M. de Rochemonteix s'excuse par lettre de ne pouvoir 
assister à la séance. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir p. cxliy. 

Correspondance. Une proposition d'échange de nos Mé- 
moires avec deux publications russes est renvoyée à l'examen 
du bureau. 

M. Boyer donne lecture du rapport de la Commission des 
finances. 

RAPPORT DB LA COMMISSION DBS FINANCES 

La Commission a examiné les comptes de votre trésorier, 
et, après vérification, elle a arrêté l'encaisse à la somme 
de 3,821 fr. 13. 

La comparaison des recettes et des dépenses, au cours de 
l'exercice 1891, nous fournit les chiffres suivants; 

Actif. 

Report d'exercice 2.504 fr. 32 

Allocation du ministère 1.200 » 

Titres de rente 800 » 

4 cotisations perpétuelles 480 » 

106 cotisations annuelles 1.245 01 

6.229 frT"33 

Passif. 

Imprimeur 1 .308 fr. 10 

Indemnité aux auteurs 432 » 

Indemnité à l'Administrateur 425 » 

Appariteur 82 » 

Frais généraux 161 10 

2.408 fr. 20 
En caisse. . . . 3.821 fr. 13 

6.229 fr. 33 



— CXXXVllj — 

Sur les 3,821 fr. 13 qui restent en caisse, 480 fr., repré- 
sentant 4 cotisations à vie, devront être, conformément à 
nos statuts, placés en rentes sur l'Etat. Malgré le chiffre 
relativement élevé du reliquat, déduction faite de cette 
somme, soit 3,341 fr. 13, la Gommission, d'accord avec 
votre trésorier, ne pense pas qu'il y ait lieu de faire pour le 
moment d'autre placement de fonds. En effet, une bonne 
partie de cette somme sera absorbée, dès le commencement 
de Tannée, par le fascicule assez considérable qui est au 
moment de paraître et par le bulletin de 1891. Un autre 
fascicule paraîtra certainement au cours de cette année. Si 
on y ajoute les droits d'auteurs, qui s'élèveront, pour ces 
deux fascicules, de 1,000 à 1,200 francs, on reconnaîtra que 
nous n'aurons pas trop des ressources habituelles de la So- 
ciété pour faire face à nos dépenses. L'année dernière, la 
Société avait décidé d'allouer une indemnité bien modeste 
de trois francs par page aux auteurs, à titre d'essai pendant 
un an. Le chiffre peu élevé de notre note de libraire pour 
cette année ne permet pas de considérer cet essai comme 
absolument concluant. En présence des dépenses éventuelles 
beaucoup plus considérables de l'année 1892, voire Com- 
mission est d'avis qu'il y a lieu, de prolonger l'essai encore 
d'un an, avant de décider s'il y a lieu de renoncer à cette 
mesure, qui présente de réels avantages, on si l'on peut la 
transformer sans inconvénient en une mesure définitive. 

Les Membres de la Commission, 

Paul Boyer, S. Lévi, A. Meillet. 

Paris, le 18 décembre 1891. 



Ce rapport est approuvé par l'assemblée. 

Elections. MM. Jaromir Jedlicka et le docteur Zubaty 
sont élus membres de la Société. 

Communications. M. Halévy explique, par la compa- 
raison du Talmud de Babylone, un proverbe hébreu mal 
compris jusqu'ici, où kikle désigne non une sorte de légume, 
mais une grive. Il présente ensuite différentes remarques 
sur la manière dont les Grecs, qui pourtant n'étaient pas à 
une époque aussi ancienne en rapports avec les Babyloniens, 
ont pu cependant leur emprunter différents mots. 

Des observations sont faites par M. Bréal. 



— CXII1X — 

M. Michel Bréal propose de voir dans èxi; (F**iç) une jux- 
taposition du pronom k et de la préposition xora, réduite à 
-xa; sous l'influence de combinaisons syntactiques ; ivïpaxà; 
serait équivalent pour la forme comme il Test pour le sens 
a xart* dMpa. "Exarco; dérivé de ixa; ressemblait à une sorte 
de superlatif, ce qui a amené à en tirer èxorepo;. Des obser- 
vations sont présentées par différents membres. M. Bréal 
ajoute que si cette étymologie de kxi; est incompatible avec 
le rapprochement usuel èxi; = latin secus, la ressemblance 
de sens des deux mots n'est pas assez grande pour que ce 
rapprochement soit en lui-même incontestable. 

Election du bureau pour 1892. L'assemblée procède 
à l'élection des membres du bureau pour 1892. Sont élus : 

Président : M. Philippe Berger, vice-président. 



... . ., . ( M. S. Lévi, réélu. 

Vice-présidents : < , # „ . k 

r ( M. Et. Aymonier. 



Secrétaire : M. Michel Bréal. 

Administrateur : M. Duvau. 

M. Berger, annonçant que ses occupations l'obligent à 
persister dans son intention, mainte fois annoncée, d'aban- 
donner les fonctions de trésorier, l'assemblée, en lui votant 
des remerciements pour le dévouement avec lequel il a si 
longtemps administré les finances de la Société, désigne 
M. Paul Boyer pour occuper les fonctions devenues vacantes. 
Sont élus ensuite : 

Bibliothécaire : M. Marcel Schwob. 

Membres du Comité de publication : MM. d'Arbois de Ju- 
bainville, R. Duval, L. Havet, L. Léger, G. Paris, Renan. 



Séance du 16 Janvier 1892. 

Présidence de M. Philippe Berger. 

Présents : MM. Aymonier, Bauer, Berger, Aug. Bréal, 
Michel Bréal, Duvau, Laray, Lévi, Meillet. 
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 



— cxi — 

Nouvelles. M. Philippe Berger annonce la mort de 
notre confrère, M. de Rochemonteix, président de la 
Société pour l'année 1891, et l'un de ses membres les plus 
actifs et les plus compétents. La Société était représentée 
aux obsèques de M. de Rochemonteix par M. Ph. Berger, 
dont on trouvera plus loin le discours. 

M. Ph. Berger annonce également la mort de l'un des 
fondateurs de notre Société, M. Chodzko. 

Nos confrères, MM. Bikélas et P. Melon, sont nommés 
chevaliers de la Légion d'honneur. 

Présentations. MM. M. Bréal et S. Lévi présentent pour 
être membre de la Société : M. Godefroy de Blonay, élève 
de l'Ecole pratique des hautes études, 5, rue de Médicis, à 
Paris. — MM. M. Bréal et V. Henry présentent : M. Fernand 
Oohin, maître répétiteur au collège Rollin. 

Correspondance. Lecture est donnée d'une lettre de Ma- 
dame de Rochemonteix remerciant la Société des marques 
de sympathie qu'elle en a reçues à l'occasion du deuil qui 
vient de la frapper. 

M. Zubaty, récemment élu, remercie la Société de son 
admission. 

Hommages. Voir p. cxliv. 

Communications. M. Aymonier donne lecture d'un mé- 
moire établissant la priorité de ses droits dans la question 
du déchiffrement des inscriptions du Cambodge. Il est ar- 
rivé soit en même temps, soit, dans certains cas,, avant 
M. Kern, de Leyde, à interpréter ces textes, et à en tirer 
des conclusions chronologiques (cf. Excursions et Recon- 
naissances de Cochifichine, 1880 et 1881). 

M. Laray présente quelques observations sur les corres- 
pondances de / sonant long en latin et sur les dérivés des 
racines en ë à l'aide d'un suffixe ento. 

M. Duvau présente une hypothèse sur le sens d'un mot 
jusqu'ici inconnu, auiare, qui se trouve dans une inscription 
latine publiée par M. de Rossi. 

M. Bréal signale différentes formes vulgaires dans des 
monuments funéraires latins de basse époque : auuiterare 
= apertare et contreriuit = contriuerit. — Il compare en- 
suite le changement de sens survenu dans parabola = pa- 



— cilj — 

rôle à celui qui avait eu lieu déjà en grec dans la langue 
familière pour xapotpb, qui, chez Herodas, a le sens de 
« discours ». 

M. Bréal fait l'histoire de deux mots grecs appartenant 
au vocabulaire de la médecine: âxXetxxov devenu en latin 
electuarium, puis lactuarium et enfin en allemand Latwerge; 
et YXuxuppifc, Uquiritia, réglisse, Lakritze. 

M. Lévi explique la forme munisa fréquente dans les ins- 
criptions d'Açoka comme une altération de manusa sous 
l'influence du son synonyme purisa, forme de puruça en 
pâli et dans les inscriptions d'Açoka. 



Séance du 30 Janvier 1892. 

Présidence de M. S. Lévi, vice-président. 

Présents : MM. Aymonier, Bauer, Bibesco, Boyer, Aug. 
Rréal, Michel Bréal, Duvau, Henry, Laray, Lévi, Meillet, 
Mélèse. 

M. Ph. Berger, empêché, s'excuse par lettre de ne pou- 
voir assister à la séance. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Elections. MM. Godefroy de Blonay et Gohin sont élus 
membres de la Société. 

Présentation. MM. Meillet et Duvau présentent pour être 
membre de la Société M. Emile Boisacq, docteur agrégé de 
l'Université de Bruxelles, 121, rue de Rome, à Paris. 

Hommages. Voir p. cxliv. 

M. Boyer, chargé de faire un rapport sur l'échange des 
publications de la Société avec deux publications russes, 
Tune de Moscou, l'autre de l'Université de Kazan, propose 
d'accepter la proposition de l'Université de Kazan. L'autre 
publication, d'un intérêt uniquement pédagogique, ne semble 
pas se rattacher assez étroitement à nos études pour qu'il y 
ait lieu d'accepter l'échange. — Les conclusions de ce rap- 
port sont adoptées. 



- cxlij — 

Communications. M. Henry, en déposant sur le bureau 
un travail, le manuscrit d'Abel Bergaigne « 40 hymnes du 
Rigveda traduits et commentés », donne lecture d'un extrait 
de ce mémoire, destiné à donner une idée de la méthode 
suivie dans l'ensemble. Le mot vrà, dont les commentaires 
hindous font un synonyme de vràta « troupe » signifie en 
réalité « femelle, femme ». Aux passages cités par Abel 
Bergaigne, M. Henry enjoint un autre (A. V. XI. 7, 3) où 
l'on trouve une formule, vrac ea draç ca, d'ailleurs inintel- 
ligible. 

M. Duvau présente une hypothèse relative aux verbes 
composés du type êxcande- facto, tepe-facio : il propose de 
voir dans le premier terme un adjectif correspondant au 
type grec 8urçuv^ç, en rapport étroit avec un substantif en 
s. Des observations sont faites par MM. Bréal, Henry, Meillet. 



SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1893. 

Présidence de M. Philippe Berger. 

Présents: MM. Aymonier, Bauer, Berger, A. Bréal, 
M. BréaL, Bonnardot, Bibesco, Boyer, Duvau, Halévy, 
Henry, Meillet, Mélèse, de Saint-Didier. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Nouvelles. M. Ph. Berger exprime au nom de la Société 
les regrets inspirés par la perte de M. Alfr. Maury, membre 
de l'Institut, qui a été l'un des premiers adhérents de la 
Société. La Société apprend également avec regrets la 
mort de M. Stanislas Lutoslawski, qui remonte déjà à 
quelque temps, mais que la famille de notre confrère vient 
seulement de notifier à la Société. 

Election. M. Emile Boisacq est élu membre de la Société. 

Hommages. Voir p. cxlv. 

Communications. M. Meillet donne lecture d'un mémoire 
de M. Grammont relatif au traitement de / implosif et de / 
intervocalique dans le patois de Damprichard. 



— cxliij — 

Des observations sont présentées par MM. Halévy, Meillet, 
Duvau. 

M. Berger communique différentes observations sur une 
inscription du Sinaï publiée d'abord par Lepsius et revue 
dernièrement par M. Euting. Il fait remarquer que l'ins- 
cription est datée de l'an 100 (et non 106 comme le veut 
M. Euting) après « Tannée des 3 empereurs ». On doit ad- 
mettre que cette année est 68/69 où régnèrent Galba, Otbon 
et Vitellius. Des observations sont faites par MM. Halévy 
et Henry. 

M. Michel Bréal montre qu'on ne peut séparer memor et 
memoria de memini, et que l'explication de ces mots ne doit 
pas être cherchée dans la racine smar. Il établit ensuite le 
rapport étroit qui existe entre praestigiae et praestringere 
(dans l'expression praestringere oculos). 

Des observations sont faites par MM. Bauer, Duvau, Ha- 
lévy, Berger. 



— cxli* — 



OUTRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 

f# Novembre 1891. 

Paul Regnaud, Observations critiqués sur U système dt M. de Saussure. 
Gray, impr. Bouffant frères, 1891. — Offert par l'auteur. 

Grammaire KiswahiH, par le P. Delaunay. Paris, impr. F. Levé, 1887. — 
Offert par M. Laray. 

Dictionnaire français-shawahili, par le P. Ch. Sarcleuz. Zaniibar, Mission 
catholique, 1891. — Offert par M. Laray. 

(Anonyme), Vocabulaire /rançais-kissiwahiH et kisshoahiH- français. Alger, 
typogr. A. Bouyer, 1885. — Offert par M. Laray. 

Bulletin de la Société des sciences et art* de Vile de la Réunion, années 
1883 et 1884. Saint-Denis (Réunion), impr. Théodore Drouhet fils.— Offert 
par M. Laray. 

Pre m ière étude sur les inscriptions tchames % par Etienne Aymonier. 
Extrait du Journal Asiatique, Paris, 1891. — Offert par l'auteur. 

Handskriflet n* 156$ <*• gl. kgl. Samling pi det store kgl. bibliothek i 
Kobenhavn (Codez régi us af den aeldre Edda), i fototypisk og diplomatisk 
gengivelse. Udgivet yed Ludv. F. A. Wimmer og Finnur Jonsson. Koben* 
havn, S. L. Moller, 1891. — Offert par l'un des auteurs, M. Wimmer. 

Dictionnaire de t ancienne langue française et de tous ses dialectes du 
iz* au xv* siècle, par Frédéric Godefroy. Fascicules 52 et 53. Paris, Bouillon, 
1888. — De la part du ministère de l'instruction publique. 

5 décembre 1991. 

Joseph Schrijnen, Etude sur le phénomène de fs mobile dans les langues 
classiques, et subsidiai rement dans les langues congénères. Louyain, 
J.-B. Istas, 1891. — Offert par l'auteur. 

19 décembre 1991. 

Jean Fleury, La presqu'île de la Manche et l'archipel anglo-normand. 
Essai sur le patois de ce pays. — Supplément à l'essai sur le patois nor- 
mand de la Hague. Paris, Maisonneuve, 1891. — Offert par l'auteur. 

16 Janvier 199%. 

E. Aymonier, Les Tchames et leurs religions. Paris, Leroux, 1891. — 
Offert par l'auteur. 

Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du 
ix* au xv* siècle, par Frédéric Godefroy. Fascicules 65, 66, 67. Paris, 
Bouillon, 1891. — De la part du ministère de l'Instruction publique. 

50 Janvier 199t. 

Brctris linguae Guarani Grammatica Hispanice a R. P. Jesuita Paulo 
Reslivo secundum libros Antonii Ruiz de Monloya et Simonis Bandini in 
Paraquaria anno MDCCXVIII composita et • Brève noticia de la lengua 
guarani • inscripta sub auspiciis AugustUsimi Domini Pétri IL, Brasiliae 
Imperatoris, ex unico, qui notus est, S. M. cod. ms. édita et publici juris 
facta nec non praefatione instructa opéra et studiis Christian! Frederici 
Seybold, Doctoris philosophiae. Stuttgardiae, G. Kohlkammer, MDCCC1C. 
— Offert par M. le D r C.-F. Seybold. 



— cilv — » 

IS Février 1899. 

Le promom relatif et la conjonction en grec et particulièrement dans la 
langue homérique. Essai de syntaxe historique, par Charles Baron. Paris, 
Alphonse Picard, 1891. — Offert par l'auteur. 

Poésies hébrako-provençales du rituel israélite comtadin, traduites et 
transcrites par S. M. Dom Pedro II d'Alcantara, empereur du Brésil. Avignon, 
Seguin frères, 1891. — Offert par M. le D r C.-F. Seybold. 



SOMMAIRE DES PÉRIODIQUES REÇUS PAR LA SOCIÉTÉ 

Journal de Kuhx, nouvelle série, t. XI (XXII), fasc. 4. J.-N. Reuter : 
Dis altimdischen Nomimtlcomposita, ihrer Betonung nach dargesteltt, 

T. XII (XXXII), fasc. 2. H. Zimmer: Keititche Studien ; — HolgerPedersen: 
r-n-Staemme; — Félix Solmsen : Zur lehre vom digamma; — Id.: Kypr. 
wvtovioç ; — Ernst Leumann : Bine arùchefemininbildungsregel; — H. Gaidoz : 
Notes sur FétymologU populaire et tanalogie en irlandais; — Wh. Slokes: 
Addenda et corrigenda; — J. Strachan: vas, essen. 



VARIÉTÉ 



CHANSONS CRÉOLES DE LA RÉUNION 



RECUEILLIB8 

PAR 

H. LARAY 



SÀN80N CRÉOLE 

Nounoute, à côz' faç' cornm* ça mtaie, 
Quô ça Ta fè plér' vot' bô zié ; 
Vwi conè biin vou mto' qu' mwi l'Ane. 
Ah ! rèst' tranquil', mw' ambrass' vot' pie 
Vou l'è jalou, dit* à moi côze, 
Quoaqu' moi Ta fè qui chagrin' vou. 
Lèss' moin ambrass* vot' p'ti guél' rôze : 
Nà poin d' miel vèr qui l'è pli dou. 

Dans tou Sin-D'ni, n'ann' a jén' fïye 
Mwi voir désçand' ru' Barachoi ; 
Pour' gale à vou, n'a poin jantîye ; 
Vou m&n* qu' mon quér n'a fè son choi, 
N'a pa b'zoin d'croir' tou' l'mond' i côze 
Mwi compar' pâ d'ôtr' ansamb' vou ; 
Tout' jén' fïy' la, jén' fîy' margôze. 
Vou l'è d'mièl vèr, vou l'è pli dou. 



— cxlvij — 

Côté Sin-Piér', ô Mahavèle 

N'ann a vie noir, demand' vot' sér, 

Li donn' sigwid' pour homm' fidèle 

L'aman qui s'an détaq, zôt' quér. 

Si vou i tiin, Nounoute, à croire 

Qu'moi n'è capabe ambtt' à vou, 

Donn' moi sigwid', d'van vou m'va boire 

N'a poin d'mièl vèr qui n'è plï dou. 

Mwi lVme à vou, an v'iâ un' préve 

Va fè passé tou vot' chagrin. 

Mwi port' pour vou un bel' rob' néve. 

Mwi viin d'ach'té dans l'magazin. 

Vout' vie nanénn' i viin darrière, 

Li port' bonbon, liquér pour vou. 

Lèss' mon p'ti goutt' dans l'fon d'vot* vère ; 

N'a poin d'mièl vèr qui n'è pli dou. 

N'a poin possib', tout' bonn' Nounoute 

Qu'vou i persiste à r'bite à moin, 

Mon quér i fè tictac, acoute, 

Appui' des su, appui' vot' main. 

Vou l'è joli corne un bèc rôze. 

Apui vwi lèss' m'ambrass' à vou, 

M'va boir' vout* plér, n'a poin quéqu' chôze 

Màro' le miel vèr qui n'è plï dou. 



SINOI DAN LACÔMÉTIVB 

Ni di a vou, compère, 
Vi fè vout* l'ambara, 
Quan vi rant' an première 
Vi croi vou mazistra. 

Refrain 

Sinoi dans lacôraôtive 
Guète son pantalon larze, 
Déhor li met' son zansive, 
Son lidan couler siraze. 



CHINOIS DANS LA LOCOMOTIVE 

Je vous dis, compère, 
Vous faites vos embarras, 
Quand vous entrez en première, 
Vous croyez que vous êtes magistrat. 

Refrain 

Le Chinois dans la locomotive, 
Regarde son pantalon large ; 
Dehors il met ses gencives, 
Ses dents sont couleur de cirage. 



— cilviij — 



LA BOULE DE NEZE 

Refrain. Depi qu'la maie i mouy' dans por, 
L'a pâ moiyin gagne un bon fan me. 

Couplet. Antansion la boul' de nèze! 
Dan son Ut* n'ann'a mascote, 
Son p'ti rob' sinquant' santime, 
Son soulié troi fran vint' sinq. 

Refrain. A quô c'a ça*? {4 fois) 
C'a la boul' de nèze. 



ROMANSE 80UN0UQUE MALABAR 



Cou d'poin va roulé vwi. ) . . 
Mariann' d'mandé pardon ) 
A sounouqu' malabar. 
Sounouqu' malabar i san bétel. 



ROMANSE DE CAZAMBÔ 



Si ti voi mi dor, Cazambô, 

Ta fé lève a moin ; 
Quan moin Ta levé, Cazambô, 

M'a caxe ton iirin. 



Si tu vois que je m'endors, Cazambô 

Réveille-moi ; 
Quand Je vais me réveiller, Cazambô 
Je vais te casser les reins. 



8ANSON 



/• r couplet. Manman touzour i babiye 

A côz' Polit' i èm' moin ; 
Si li trouve à moin zantiye 
Ça l'a pâ la fôte a moin. 



— cilii — 

S'i trouv' moin bor la rivière, 
Li di moin : bonzour, zami. 
Moin, prou li, pâ fèr la fière 
A côz\ bon dié, moin èm 9 li {bis). 

9° couplet. Quan li trouv' moin, li brass' moi ; 

Moin blizé lèsse à li fère. 
Li di moi touzour: ma sère, 
Zamè moin bandonn' toi. 
Moin çroiyé qu'il è sinsère, 
Pâ capabr de mantir li. 
Moin vouli pâ fèr' la aère 
À côz' bon dié, moin An* li (bis). 



ROMANSE 

Gard* poliç' l'arête à moin, 
D'mande moin qu'ô l'è mon pass'por. 
Mon pass'por dan port' monè, 
Port' monè dans mon poundè. 

Refrain. L'a pâ moiyin cominiqué ansamble; 
Dan son poundè 1 n'a cassé {bis). 



ROMANSE 

Missié Ogiust', qui te à moin tranquile ; 
Moin l'è ancor' trô zéne, 
.Moin va dire à manman. 
Non twé l'a pâ trô zéne ; 

Ton moulon dou l'a fini cassé. 



1. Poundè a on sens obscène. 



— cl- 



8AN80N 

Mon p'ti siin Langouti, 
Ti guète à moin ; ti plère 
Dan ton mazinasion. 
Ti connè mon malhèr. 
A ç't'hèr, à ç't'hèr, à ç't'hèr, 
A ç't'hèr, comman nw'a fer. 

Refrain. Va sèrsé, va rôdé yanbane ; 

Yanbane la fé p£t' canon. 



SANSON 



Mi lav' mon p'ti siraiz' pour.mète 
Lé dimanse, quan mi fé mon trin. 
Mi amport' la victoire. 
Viv' l'amour ! viv' l'amour. 



ROMAN8E MI8SIÉ CADOU 

M'a monte à vou mon p'ti simize 
Quà m*m' l'è s al, miesié Cadou, 
Lagadou, sindou, sigadou 
Vwây, vwây Cadou, vwây, vwây C 



ROMANSE MADÉLÈNE 

Sacouyé pfi trô for Mad'lène, ) . . 
La caz' Ta pfi nou. ) 

Refrain. Ton sirô l'è dou, Madélène, 

Ton sirô l'è dou 



-dj- 

Donn' si vou a donné 
Si vou a donné {bis) 
Ton sirt Tè don, Madélène 
Ton sirô l'è don. 



R0MAN8B DE TERKZINE 



Térézin', d'si son lili, 
L'a fini mont' moin son quéqu' sôze 
Mon quéqu' sôz' l'a fini l'vé. 
Mi connè pft coraan m'va fère. 

Térézin' l'a di corne ça, 

Dan son quéqu' sôz' n'ann'a de sèl ; 

Moin l'a répondi corne ça 

Dans son quéqu' sôz* n'ann'a de miel. 

Refrain. Tra la la la ! (bis). 



ROMÀN8E DE MIS8li BOITE 

Tou douç'man, missiè Boiyé (ter), 
Pran gard', li va sapé (bis). 

Tiin bon de min, missié Boijé (ter), 
Pran gard', li va sapé (bis). 



SAN80N 



Pour cap'tèn' sacouyé, 
Pour s'offiçié brinné ; 
Pour pion colèz' p'ti pé : 
Ça i pty' pft. 



— chj — 



E0MÀN8B ZÉNE ZAN 

Amène, amène à moin 
Dan la câz' mon manman; 
Si mi s'a va ton sel, 
Manman va tape i moin. 

Refrain. Zén' zan, mi connè pâ ça ; 

Vou Ta cassé ça ; \ bis 
Aranjé ça. 



MAFANIE 

Gouverner dTIF d'mand' Mafani 
Quel è Tpri de zën' fï. 

É Mafani l'a répondi : 
Saquén' n'ann'a son pri, 
Saquén' n'ann'a (ter) son pri. 



SAN80N 



Un jour mi dor ton caze, 
Un jour mi dor mon caze. 
Un jour mi dor ton caze, 
Un jour mi couyonne à twé. 



NÉCROLOGIE 



DISCOURS PRONONCÉ 

PAB 

M. PHILIPPE BERGER 

AUX OBSÈQUES Dl 

M. DE ROCHEMONTEIX 

2 JANVIER 1893 



MBSSIEUR8, 

Je viens, au nom de la Société de Linguistique, dire 
adieu à notre cher président Frédéric-Joseph-Maxence- 
René de Chalvet, marquis de Roche mon teix. Qui aurait 
dit, l'été dernier, en le voyant présider nos séances avec 
tant d'entrain et tant de fidélité, toujours le sourire dans 
le regard et toujours une parole aimable à l'adresse de 
chacun sur les lèvres, qu'il nous serait si tôt enlevé. Per- 
sonne, ou du moins quelques amis peut-être, qui étaient 
dans la confidence des souffrances qu'il endurait, auraient 
pu le pressentir; mais ils cherchaient à se faire illusion, et 
à se persuader que ce mal n'était que passager. Il avait 
tant de vie, tant de liens le rattachaient à l'existence, et 
nous comptions tant sur lui pour l'avenir. 



— cliv — 

Cet homme si doux, si affable, était en effet un travail- 
leur acharné. Dans toutes les questions qu'il abordait, il 
portait cette exactitude que lui avait donnée la pratique 
des affaires et qui était un besoin de son esprit. Vous vous 
rappelez ses communications sur la prononciation moderne 
du Copte dans la Haute-Egypte, sur la grammaire des 
langues berbères, tous ces mémoires dans lesquels il nous 
livrait les observations qu'il avait accumulées pendant son 
séjour en Egypte. Nous comptions beaucoup sur lui pour le 
déchiffrement des inscriptions berbères, auquel l'avait pré- 
paré une longue étude des dialectes Modernes du nord de 
l'Afrique, dont il avait une connaissance si profonde et si 
personnelle. Mais il était absorbé par un autre travail, 
travail de longue haleine auquel il consacrait toutes ses 
forces, par ce temple d'Edfou qu'il s'est approprié et qu'il 
voulait faire revivre à nos yeux. Les maîtres de la science 
égyptologique diront mieux que moi tout ce que promettait 
ce grand travail, et tout ce qu'il donnera à la science quand 
il sera achevé. Il y consacrait tous ses loisirs et toutes ses 
veilles. Quand on allait le voir, on le trouvait penché sur 
sa table, occupé à travailler lui-même aux planches, sans 
trêve ni repos. Il y a consumé ce qui lui restait de vie. 

C'est qu'il ne se faisait pas d'illusions et il savait que le 
temps lui était compté. — « Il me faudrait encore trois ans 
pour achever ». — Et la mort ne -les lui a pas laissés. 
Nous avons peine à nous faire à l'idée de voir disparaître 
un homme qui n'a pas donné encore toute sa mesure, au 
moment où son activité allait recevoir sa récompense et 
devenir vraiment féconde pour les autres. Cette pensée à 
lui aussi était dure et il cherchait à gagner du temps et à 
tromper ceux qu'il aimait par sa douceur et sa sérénité. 

La dernière fois que j'ai eu le bonheur de le voir, c'était 
dans les Vosges où il était venu me surprendre, et nous 
avons passé ensemble une journée charmante, embellie par 
le souvenir de ces attentions délicates dont il avait le secret. 
Il y a quinze jours encore, il m'écrivait un billet affec- 
tueux que j'ai gardé, pour me prier de le remplacer à la 
présidence de notre Société. Hélas ! je ne pensais pas que 
•quand je le reverrais, ce serait sur son lit de mort. Pauvre 



— cl? — 

ami ! Ta mort est une perte pour la science, mais elle est 
une perte plus grande encore pour* les tiens qui avaient 
tant besoin de toi et pour tes amis que tu entourais d'uno 
affection si délicate. Dans le nombre, il est des amis de 
vieille date, qui ont vécu et travaillé avec toi et dont la 
solide amitié a embelli ton existence, t'a soutenu dans 
tes épreuves, encouragé dans tes travaux ; il en est de plus 
récents, mais tous avaient pour toi une égale affection et 
tous te pleurent comme tu les pleurerais toi-même. Aussi, 
ils garderont précieusement ton souvenir dans leur cœur. 
Poisse leur tristesse et leur profonde sympathie adoucir 
l'amertume de la douleur de ceux que tu laisses et que tu 
as tant aimés ! 



ALFRED MAURY 

. Né i Meaux le 23 mars 1817, Alfred Maury est mort à 
Paris le 12 février 1892. Depuis 1862 il occupait au Collège 
de France la chaire d'histoire et de morale où il avait siégé 
comme suppléant de Guigniaut dès 1860; il était un des 
rédacteurs du Journal des Savants depuis 1859, membre de 
T Académie des Inscriptions et Belles-Lettres depuis 1857. 
Beaucoup plus tôt, il avait pris place dans ce qu'on pourrait 
appeler l'administration érudite: comme employé à la Biblio- 
thèque nationale de 1836 à 1838 et de 1840 à 1844, comme 
sous-bibliothécaire de l'Institut de 1844 à 1857, comme 
bibliothécaire des Tuileries de 1860 à 1868, enfin comme 
directeur des Archives Nationales de 1868 à 1888. 

C'était peut-être l'esprit le plus encyclopédique qui ait 
existé en France de notre temps, sa curiosité n'avait pas de 
bornes et sa mémoire ne perdait rien. Avant de se fixer dans 
l'érudition, il avait cherché sa voie dans deux autres direc- 
tions: les mathématiques et la médecine, et de ces deux 
sciences sa mémoire avait conservé jusque dans la vieillesse 
tout ce que dans la jeunesse elle avait saisi. Comme biblio- 



— clvj — 

thécaire il était merveilleux ; il savait lire les livres écrits 
dans presque toutes les langues de l'Europe moderne, et 
c'était à une époque où, chez la plupart des érudits français, 
l'allemand était aussi connu que les langues sauvages de 
l'Amérique ; il n'y avait pas de branches de l'érudition et de 
la science qui lui fût étrangère, et quand un membre de 
l'Institut, voulant traiter une question quelconque, désirait 
savoir ce qui avait été écrit sur cette question, Maury con- 
sulté trouvait dans sa mémoire le titre des livres, le titre 
des dissertations et le nom des recueils où elles avaient paru. 
On ne dit pas que les fiches écrites de sa main tiennent dans 
le catalogue de la Bibliothèque de l'Institut une place con- 
sidérable, mais les services que sa prodigieuse mémoire et 
ses connaissances si variées ont rendus aux membres de 
l'Institut de 1844 à 1857 n'ont pas encore été oubliés, 
quoique la plupart de ceux qui ont reçu ces services ne 
soient plus présents pour les rappeler. 

Un côté seul des études d'Alfred Maury rentre dans la 
compétence de notre Compagnie, c'est le côté linguistique ; 
j'ai dit qu'il lisait la plupart des langues modernes de 
l'Europe. Il ne se contentait pas d'étudier ces langues 
sous leur forme présente, il chercha quelquefois à remonter 
plus haut : je ne veux point parler des langues classiques, 
qu'il connaissait à fond ; mais il est un des premiers savants 
français qui se soient occupés des langues celtiques avec 
une méthode vraiment scientifique. Je citerai d'abord deux 
mémoires publiés par lui dans la Revue archéologique, nou- 
velle série, t. X (1864), p. 453, et t. XIV (1866), p. 8: 
l'une concerne l'inscription de Briona, près Novare, en 
Italie, l'autre l'inscription d'Alise (Côte-d'Or). Quand Miller 
publia le ms. grec de Laon, il y trouva quelques mots d'une 
langue inconnue. Il en demanda l'explication à Alfred 
Maury, qui constata que cette langue était le vieil irlandais 
et qui put donner une traduction exacte grâce à la gram- 
maire d'O'Donovan ; un jour que je l'en félicitais, il me dit 
avec sa modestie ordinaire: « Vous n'habitiez pas alors 
Paris; aujourd'hui, en fait de celtique, mon rôle est ter- 
miné. » 
Gomme le celtique, l'étrusque exerça sur lui un vif attrait; 



— clvij — 

cette langue mystérieuse l'occupa longtemps ; mais en dépit 
d'un travail assidji, plus prudent que Corssen, il a laissé 
peu de traces imprimées des veillées laborieuses qu'il a cou- 
sacrées à un sujet d'études, séduisant comme la Sirène 
intique et comme elle trop fécond en naufrages. 

Il entra dans notre société en 1868 et malgré ses occu- 
pations multiples au Collège de France et aux Archives 
Nationales, il fut à la première heure un des membres 
assidus aux séances ; je me rappelle encore le plaisir avec 
lequel je m'y suis trouvé une fois assis à côté de lui. Mais 
quelque grand que fût son goût pour les langues, cet homme 
qui a tant écrit n'a publié que de fort courts mémoires de 
linguistique. Son principal travail sur cette matière est le 
chapitre VIII de son livre : La terre et F homme; il est inti- 
tulé : Des langues et de leurs distributions géographiques, et 
dans la 4* édition, 1877, que j'ai sous les yeux, il occupe 
cent cinq pages, 532-637 ; il a été traduit en anglais et publié 
sous ce titre: On the distribution and classification of 
longues, their relation to the geographkal distribution of 
races, Philadelphie, 1857, in-4, 86 pages. 

Nous n'avons pas à parler ici de sa collaboration aux 
Religions de f antiquité, de Guigniaut, ni des nombreux 
ouvrages publiés en son nom propre qui l'ont rendu célèbre: 
Les fies au moyen âge, 1843; Histoire des religions de la 
Grèce antique, 1857-1861 ; Croyances et légendes de l'anti- 
quité, 1863; et surtout Le sommeil et les rêves, études psy- 
chologiques sur ces phénomènes, le plus original des écrits 
de Maury, etc., etc. Rappelons seulement que pendant la 
douloureuse et longue maladie qui, affaiblissant peu à peu 
ses facultés, a fini par le conduire au tombeau, une de ses 
dernières consolations était de se faire lire les dictionnaires 
des langues si nombreuses dont l'étude avait passionné sa 
jeunesse. La linguistique a été sa principale arme contre la 
douleur dans le combat suprême qui a terminé sa vie labo- 
rieuse et si savamment remplie. 

H. d'Aebois de Jubainvillb. 



— clviij — 

OTHON RIEMANN. 

Othon Riemann, maître de conférences à l'Ecole normale 
supérieure et à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, l'un des 
directeurs de la Revue de Philologie, de littérature et d'his- 
toire anciennes depuis 1880, est décédé à Wilderswyl, 
près Interlaken, le 16 août 1891, à la suite d'une chute faite 
le 9 août lors d'une excursion au Morgenberg. 

Né à Nancy le 23 juin 1853, entré en 1870 à l'Ecole 
Normale, il passa successivement par l'Ecole de Home et 
par celle d'Athènes ; si. dans cette dernière école surtout, il 
dut, pour se conformer à l'usage, consacrer la majeure partie 
de son temps aux études archéologiques, il ne négligea pour- 
tant pas la philologie , pour laquelle il avait un goût pro- 
noncé. En 1876, il envoya d'Athènes à l'Académie des Ins- 
criptions, avec d'autres travaux, un volumineux mémoire 
sur le dialecte attique, particulièrement chez Xénophon; 
dès l'année précédente, il avait terminé une première es- 
quisse de ses Etudes sur la langue et la grammaire de Tite- 
Live, qu'il devait jusqu'au dernier moment revoir et com- 
pléter sans relâche. 

C'est ce travail, l'un des plus importants qui existent 
dans le domaine de la syntaxe latine, qui lui valut en 1879 
le titre de docteur es lettres ; dans sa thèse latine consa- 
crée à la critique du texte de Xénophon, se trouvent con- 
signés les résultats de ses études antérieures sur le dialecte 
attique. Il était alors depuis deux ans maître de conférences 
de grammaire à la Faculté des Lettres de Nancy ; en J881, 
il fut nommé, avec le même titre, à la Faculté des Lettres 
de Paris, puis l'année suivante, il eut l'honneur d'être 
appelé à remplacer Charles Thurot à l'Ecole Normale supé- 
rieure. En 1885, enfin, il devint maître de conférences de 
philologie latine à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, tout 
en gardant ses fonctions à l'Ecole Normale. 

Othon Riemann connaissait admirablement les deux lan- 
gues classiques; mais c'est surtout dans l'étude du latin 
qu'il a marqué le plus profondément sa trace : sa Syntaxe 
latine est un véritable chef-d'œuvre. 

Bien qu'il appartînt à notre société depuis le 3 décembre 



1881, son nom ne figure point dans nos Mémoires; c'est que, 
soucieux avant tout de la connaissance exacte des formes et 
plus encore de la syntaxe des langues, les questions d'ori- 
gine, la comparaison des différents idiomes le préoccupaient 
infiniment moins. Il était un admirable grammairien, dans 
le sens classique de ce mot ; mais comme beaucoup de ses 
devanciers, et non des moindres, il regardait avec quelque 
défiance ces hypothèses qui identifient à travers les siècles 
les formes diverses du langage. Aussi s'est-il toujours borné, 
en ce qui est de la linguistique, à se tenir au courant des 
résultats qui semblaient acquis, sans éprouver le désir de con- 
tribuer par lui-même à l'avancement de cette science. Il y 
contribuait pourtant, indirectement, par ses recherches ap- 
profondies sur les langues grecque et latine, qui fournissent 
à la comparaison et l'histoire des langues des matériaux 
soigneusement vérifiés; et si, plus tard, la syntaxe com- 
parée trouve enfin sa méthode — car jusqu'ici on n'a pu 
arriver qu'à des résultats partiels, et il ne semble pas que 
la voie dans laquelle on est engagé puisse mener beaucoup 
plus loin — les travaux de Riemann fourniront un fonde- 
ment solide à ces études. 

Othon Riemann a laissé, par son affabilité et sa modestie, 
le meilleur souvenir chez tous ceux qui ont pu le connaître 
et l'apprécier et qui regrettent en lui, à la fois, et l'homme 
privé et le savant enlevé aux études philologiques dans la 

pleine maturité de son talent 1 . 

L. Duvau. 

1. Des discours ont été prononcés aux obsèques d'Othon Riemann 
par MM. Georges Perrot, Gaston Boissier, Homolle, Cucuel, Chahert, 
Bompart. La notice publiée par M. Emile Châtelain dans la Bévue 
de philologie, t. XVI, p. 1 ss., contient une bibliographie complète 
des travaux de Riemann; les plus importants parmi ceux qui se 
rattachent à l'étude du langage sont les suivants : 

Syntaxe latine, d'après les principes de la grammaire historique. 
Paris, 1886 (1~ éd.) 1892, (2«éd.). 

Etudes sur la langue et la grammaire de Tite-Live. Paris, 1879 
(1" éd.), 1885 (2« éd.). 

Le dialecte attique d'après les inscriptions {Bévue de philologie, 
t V, p. 145, t. IX. p. 49; cf. aussi t. IX, p. 169). 

A ces trois publications principales, il y aurait lieu d'ajouter un 



- clx - 



ALEXANDRE CHODZKO. 

M. Alexandre-Edmond Chodzko est décédé à Noisy-le- 
Sec, le 19 décembre 1891. Il avait été l'un des fondateurs 
de la Société de linguistique. Il était né à Krzywice en 
Lithuanie, le 11 juillet 1804. Il avait fait de brillantes 
études à l'Académie orientale de Saint-Pétersbourg et avait 
été consul de Russie, en Perse. Vers 1840, il donna sa 
démission et vint résider en France. Après avoir été attaché 
pendant quelque temps au Ministère des affaires étrangères, 
il fut en 1857 chargé du Cours de langues et de littéra- 
tures slaves au Collège de France. Il remplit ces fonctions 
jusqu'en 1884. Il a publié : Spécimens ofthe popular poetry 
of Persia (Londres, 1842); Grammaire persane (Paris, 
1852, 2 9 éd. 1886), le Théâtre persan (Paris, 1885), le Ghi- 
lon (1851), le Drogman turc (1855), Dans Tordre des études 
slaves, son ouvrage le plus important est une Grammaire 
paléoslave imprimée en 1869, à l'Imprimerie Nationale. 
Son successeur, M. Léger, lui a consacré une notice détail- 
lée dans la Revue Encyclopédique (n° du 1" avril 1892). 



très grand nombre d'articles de moindre importance dont on trou- 
vera la liste dans l'article ci-dessus indiqué de M. Châtelain, ainsi 
que les travaux qu'il a suggérés à ses élèves et dont il a facilité la 
publication. 



TABLE DU TOME VU DU BULLETIN 



P»gN 

Liste des Membres : Année 1890 lxxvj 

Composition du Bureau : Année 1889 xij 

— — Année 1890 lix 

— — Année 1891 cj 

— — An iée 1892 cxxxix 

Procès-verbaux : Séances du 10 novembre 1888 

au 25 mai 1889 j 

— Séances du 8 juin 1889 au 28 

juin 1890 Iiij 

— Séances du 8 novembre 1890 au 

20 juin 1891 xciij 

— Séances du 21 novembre 1891 

au 13 février 1892. . . . cxxxiij 
Administration : Rapports annuels (1888-1891). viij, lx, c, cxxxvij 

— Echange de publications. . . ij 

— Propositions relatives au Bul- 

letin vij 

— Honoraires de rédaction. . . xcviij 
Bibliothèque : Ouvrages offerts à la Société 

(1888-1892) xxx, lxxv, cxxi, cxliv 

— Sommaire des Périodiques 

reçus par la Société. ... zxxij, cxlv 

— Echange de publications. . . xxiij, cvij, cxlj 
Nouvelles et Correspondance : Société des Par- 
lera de France xvij 

— Le terme «bactériologie». . xix 

— Inauguration du Musée Guimet. xxij 



NECROLOGIE. 

Discours prononcé par M. Gaston Paris aux obsèques 
d'Arsène Darmesteter 

Discours prononcé par M. Michel Bréal aux obsèques 
de Georges Guieysse 



xxxvij 
xlvj 



— clxij — 

N. Muutte, par Michel Bréal 

Dâfcours prononcé par M. Philippe Berger aux obsèques 

de M. de RoChemonteix cliij 

Alfred Maury, par H. d'Apbois de Jubainville. ... clv 

Qthon Riemann» par L. Duvau clviij 

A. E. Chqdzko clx 



ARTICLES. 



Gdieysse (G.) et Schwob (Marcel). Tire-larigot. . . xxxiij 
Lara y (H.) Catéchisme en créole de l'île Maurice en 

(1882) cxxij 

— Chansons créoles de la Réunion. . . . cxlvj 



COMMUNICATIONS 



* 



Aymonier (E.) Déchiffrement des inscriptions du Cam- 
bodge cxl 

Bauer (Ad.). Etymologie populaire xcvjj 

Berger (Ph.). Une particularité de récriture sémitique. v 

— Inscriptions phéniciennes trouvées en 

Algérie xiv 

— (*) Inscription hébraïque de Patmyre. . . xxiij 

— Noms latins dans les inscriptions néo-pu- 

niques lxiij 

— Boi Melkarth. . lxiij 

— Inscription gréco-judaïque de Tunisie. . xcvj 

— L'avenir de l'écriture xcviij 

— Inscription de Singerli cxij 

— Inscription d'AItiburos . .cxix 

— Inscription bilingue de Mac+eur. . . . cxxxvj 

— Inscription du Sinaï cxiiij 

Bijvanck (W. J. C). Huguenot cxij 

Bonnardot (F). Le nom de Malmédy lvij 

— Larigot ixx 

Boyer (P.). Vieil irlandais bri xv. 

Bréal (M.). (*) L'origine du féminin dans les langues 

indo-européennes iv 

* Ne figurent pas dans cette table : 1° les communications sur lesquelles 
le procès-verbal ne donne aucun détail ; 2° celles qui ont paru en original 
dans les Mémoires ou le Bulletin, à moins que les auteurs ne les aient 
complétées verbalement ou que leur lecture en séance n'ait donné lieu à 
des observations détaillées au procès-verbal. Dans ce cas, le titre des 
communications est précédé ici d'un astérique placé entre parenthèses. 



— clxiij — 

— Emprunts de formes grammaticales d'une 

langue à une autre xv 

— Prononciation de ci en latin lxiv 

— Allemand Ring, Kreis cvij 

Charencey (H. de). Emprunts du basque aux langues 

romanes xviij 

— La conjugaison en maya-quiché. . xxix 

— Gourgan ; sapin ; dada lxx 

— Comparaison du basque avec les langues 

berbères et américaines civ 

Dottin (G.)- L'Étymologie populaire en gallois. . . . lxvj 

— Irlandais conecim lxvj 

Dotilleul (J. B.). Etymologies latines (pae, interdius, 

laserpilium) lxvj 

Duvau (L.). Le type latin tepefacio cxliij 

GRammont (M.)- L'impératif grec. ....... lxxiij 

— Transcriptions hébraïques de mots grecs. cv 
Guie ysse (G.)- Le patois anglais des nègres du Missouri. vij 

— Latin idem xviij 

Halêvy (J.). Grec rcAexuç. v 

— Grec rcc&XaÇ vj 

— La ville chananéenne Qa((ât. ... . xxvj 

— La 2 a personne du parfait en sémitique. . xxix 

— Découvertes épigraphiques en Arabie et 

en Egypte lvj 

— Le dieu Baal-Markod lxij 

— L'épisode de la fille de Jephté dans la Bible. lxij 

— Les noms de pierres précieuses. . . . lxiv 

— Transcriptions de Vu grec dans le Talmud. lxvij 

— Ethiopien haçe lxvij 

— Origine des consonnes emphatiques dans 

les langues sémitiques lxxij 

— Hébreu kikle cxxviij 

Henry (V.). Le a inorganique en grec xxix 

— Grec rc*Y/. u » ** vo li y 

— La transformation de a en a en sanscrit. lviij 

— Datifs en -«<wt lxv 

— Le rhotacisme latin * . . . lxvij 

— Crée +ITT0DCOÇ xcvj 

— Latin lestis. ciij 

— Sur TAtharva-Véda cv, exiv, cxvij 

— IluO<ov exiv 

— Latin verber exiv 

— Cause de la chute de IV indo-européen. exix 

— Latin lentus 

Hinore. Lorrain laijôséne lxxiij 

Labay (H.). Latin malus cxxxy 



— clxiv — 

— Phonétique latine cxl 

Lévi (S.). Sanscrit munita cxlj 

Mbillet (A.). Prononciation du pi indo-européen. . . Ivij 

— Phonétique latine lxij 

— Kji en grec Ix» 

— Les gutturales indo-européennes. . . . Ltt 

— Verbes en "Wfii Ixvij 

— Caractères non indo-européens communs 

auxgroupesgermaniqiieetitalo-celtique. litir 

— Prétérit germanique pluriel cxxi» 

MûitL (F. G.). Legénititif singulier en -ago des adjectifs 

déterminés en russe iij 

— Néo-grec ooâ/?a xviij 

— Etymologics slaves xeix 

— A bref en slave cvj 

— Slave romtf cix 

— Le vieux tilinien cix 

— Hébreux samajim cxrj 

— Etymologies latines (laetus, lipput, locut). cxîx 

— Vocalisme russe cxix 

PsiCUARi (J.). Suppression d'une liquide finale dans le 

parler français actuel v 

— Particularité du parler enfantin. ... Ivj 
RoCOTMONTEtX (M. de). La conjugaison biéhari. . . . xxv, xxvij 

— Dialectes de l'Afrique orientale. . . . Ixxj 

— Origine des consonnes emphatiques dans 

les langues sémitiques Ixxiv 

— Nouveaux documents berbères. ... cij 

— Le dieu égyptien Horus CXÎX 

S.vrssuiiE (P.). Importance des lins de mots dans la 

versification homérique xvj 

— Grec rafiUo; xviij 

— L'accentuation lithuanienne liij 

— Le nom de la Vistule civ 

— Sanscrit Ih cxvïîj 

Sciiwod (M.). Le jargon des peigneurs de chanvre du 

Doubs evïj 

Svedelius. Observations sur la sémantique Ixix 



ERRATL'M. P. cxlij, I. 1 s., lire: en déposant sur le bureau, en 
manuscrit, un travail d'Abel Rergaigne. 






BULLETIN 
CIÊTÊDELINGU1STIQU1 




BULLETIN 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 



10e. FRANCE 



_ 



BULLETIN 



SB LA 



9 * 



SOCIETE DE LINGUISTIQUE 



DE PARIS 



TOME HUITIÈME 



(1892-1894) 



Ce Bulletin est publié exclnsirement pour Us Membres de la Société 

et n'est pas mis dans le commerce. 



PARIS 



1894 



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MAR 26 1965 

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Vol. 8 9 1892/94 

N° 37 - Avril 1893 

N° 38 - Août 1894 



BULLETIN 



DB LA 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 

N» 37 



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PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



du 27 Février 1892 au 28 Janvier 1893 



SàANCB DU 27 FÉVRIER 1892. 
Présidence de M. J. Halévy. 

Présents : MM. Bauer, Boyetv À. Bréal, M. Bréal, Du- 
tiileul, Duvau, Halévy, Henry, Laray, Meillet, Schwob. 

M. Philippe Berger, président, s'excuse par lettre de ne 
pouvoir assister à la séance. En son absence, le fauteuil est 
occupé par M. J. Halévy, ancien président. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Présentation. MM. M. Bréal et J. Darmesteter pré- 
sentent pour être membre de la Société, M. Paul Verrier, 
professeur au Lycée de Versailles, 32, rue Maurepas. 

Communications. M. Auguste Bréal cite un certain 
nombre d'exemples de transcription de mots anglais dans 
les journaux hindoustanis (en caractères devanàgarîs). La 
transcription est purement phonétique; les dentales an- 
glaises sont notées par le signe de la cérébrale. 

Des observations sont faites par plusieurs membres de la 
Société. 



— y — 

M. Meillet donne lecture de la suite du travail de 
M. Grammont sur le patois de la Franche - Montagne. 
M. Grammont étudie les origines et le traitement de n 
double. 

Des observations sont présentées par MM. Bréal, Boyer, 
Duvau. 

M. Meillet signale dans le second terme du juxtaposé 
efOs le correspondant de la particule indienne hà . 

M. Bréal, revenant sur l'origine du mot memor, propose 
d'y voir une forme de participe parfait. Des observations 
sont présentées par MM. Meillet, Laray. 



Séance du 12 Mars 1892. 

Présidence de M. Philippe Beroer. 

Présents : MM. Aymonier, Bauer, Berger, le prince 
Bibesco, Boisacq, Bonnardot, Boyer, A. Bréal, M. Bréal, 
Duvau, Laray, Meillet, de Saint-Didier. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Élection. M. Paul Verrier est élu membre de la Société. 

Présentation. MM. M. Bréal et Maspero présentent pour 
être membre de la Société M. Spiegelberg, docteur en phi- 
losophie, 3, rue du Mont-Thabor, à Paris. 

Hommages. Voir page xxj. 

Communications. M. Michel Bréal montre que l'allemand 
Gaukler représente le latin jocularius. Des observations 
sont présentées par M. Bauer. 

M. Duvau donne lecture de deux notes de M. Jedliika, 
Tune sur les noms géographiques en -JSwv, où Fauteur voit 
une forme du mot Jcwp, l'autre sur l'homérique \j-tpU+ t ç. 
Des observations sont présentées par différents membres. 

M. Meillet explique par l'élision de Yi final un certain 
nombre de faits morphologiques datant de la période d'unité 
indo-européenne. 11 cite également un ou deux exemples de 
rélision indo-européenne de a et de e, et met ces faits 
d'élision en rapport avec certains changements survenus 
dans l'accentuation indo-européenne. 



Des observations sont présentées par MM. M. Bréal, 
Duvau. 

M. A. Bréal complète sa communication sur les mots 
anglais dans l'Inde en soumettant à la Société quelques 
exemples de transcription de mots anglais en caractères 
arabes, dans les publications en langue hindoustanis. 



Séance du 26 Mars 1892. 

Présidence de M. Philippe Berger. 

Présents : MM. Bauer, Berger, le prince Bibesco, 
Boisacq, Boyer, R. Du val, Duvau, Halévy, Henry, Meillet, 
de Saint-Didier. 

Assistant étranger : M. Jules Simon, docteur en philoso- 
phie et lettres de l'Université do Liège. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Elections. M. Spiegelberg est élu membre de la Société. 

La Société désigne, pour la représenter au prochain con- 
grès des Sociétés savantes, MM. Bonnardot, V. Henry, 
Meillet. 

Communications. M. Joseph Halévy combat les théories 
de M. Ahlqvist adoptées par notre confrère M. Môhl dans 
son étude sur les langues sibériennes. M Halévy proteste 
contre l'hypothèse d'une civilisation dite « touranicnne », 
qui aurait existé à une époque préhistorique dans toutes les 
régions où se sont parlées plus tard les langues indo-euro- 
péennes. Les noms d'ustensiles, de métiers, etc., que les 
langues ouralo-altaïques ont en commun avec telle ou telle 
des langues indo-européennes, ont été empruntés à ces 
langues; la réciproque n'est pas vraie. 

Des observations sont présentées par MM. Boyer et 
V. Henry. 

M. Verrier commence la lecture d'un mémoire sur la mé- 
thode à suivre dans l'étude de la versification anglaise. Des 
observations sont présentées par différents membres. 



— iv — 



Séance du 9 Avril 1892. 

Présidence de M. S. Lévî. 

Présents : MM. Bauer, le prince Bibesco, M. Bréal, A. 
Bréal, G. de Blonay, Bonnardot, Comte, Duvau, Halévy, 
Henry, Lévi, Verrier. 

MM. Ph. Berger, président, etAymonier, vice-président, 
s'excusent par lettre de ne pouvoir assister à la séance . 

Présentation. MM. Michel Bréal et Duvau présentent, 
pour être membre de la Société, M. Maurice Holleaux, 
chargé de cours à la Faculté des Lettres de Lyon. 

Communications. M. Laray propose de voir dans le latin 
cadauer un participa parfait se rattachant à un verbe de la 
1" conjugaison de même racine que cadere. En présentant 
pour papauer une étymologie analogue, il étudie un certain 
nombre de mots qui lui semblent apparentés à celui-ci. 

M. Verrier continue la lecture de son mémoire sur la mé- 
thode à suivre dans l'étude de la métrique anglaise, en 
insistant sur la nécessité de tenir compte de l'accent plus 
que du nombre des syllabes dans la scansion des vers an- 
glais. 

Des observations sont présentées par M. Bauer. 

M. Comte cite, à l'appui de l'étymologie proposée précé- 
demment pour l'allemand Kranz par M. Bréal, un vers de 
Commodien qui semble indiquer une prononciation cronatus 
pour coronatus. Des observations sont présentées par 
MM. M. Bréal et V. Henry. 



Séance du 30 Avril 1892. 

Présidence de M. Philippe Berger* 

Présents : MM. Aymonier, Berger, le prince Bibesco, 
Bauer, Michel Bréal, Boyer, de Blonay, Duvau, Henry, 
Laray, Meillet, Spiegelberg. 



— ▼ — 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Élection. M. Maurice Holleaux est élu membre de la 
S"tyété. 

Présentation. MM. Michel Bréal et V. Henry présentent, 
pour être membre de la Société, M. Le Foyer, 252, rue de 
Rivoli, Paris. 

Hommage. Voir page xxj. 

Proposition. M. l'Administrateur annonce à la Société 
son intention de lui proposer dans la prochaine séance la 
suppression des honoraires de rédaction pour les collabora- 
teurs des Mémoires. Il expose brièvement l'état d'avance- 
ment des publications et fait remarquer que la Société 
reste engagée pour le prochain fascicule par son vote du 
6 décembre 1890. On peut se rendre compte déjà de l'excé- 
dant de dépenses qui lui sera imposé cette année. La mise 
en train d'un nouveau fascicule étant proche, M. l'Admi- 
nistrateur insiste sur la nécessité d'une prompte résolution. 

La Société, après un échange de réflexions entre plusieurs 
membres, décide que la question sera reprise dans la pro- 
chaine séance et invite l'Administrateur à présenter un rap- 
port détaillé. 

M. le prince Alexandre Bibesco annonce qu'il met à la 
disposition de la Société une somme de quatre cents francs, 
pour lui permettre, en tout état de cause, de faire face 
aux dépenses extraordinaires prévues pour l'année courante. 
M. le Président, au nom de l'assemblée, présente à M. le 
prince Bibesco ses vifs remerciements pour cette offre 
généreuse. 

Communications. M. Boyer communique les résultats 
d'une étude faite en collaboration avec M. Meillet sur les 
origines du mouvement de l'accent dans la déclinaison 
slave, qui serait en corrélation étroite avec le mouvement 
de l'accent existant déjà dans la déclinaison indo-euro- 
péenne, et que M. Meillet considère comme ayant été 
beaucoup plus étendu qu'on ne l'admet d'ordinaire. 

Une discussion s'engage entre différents membres; M. V. 
Henry, sans contester le principe de l'explication, fait re- 
marquer qu'un grand nombre dés exemples slaves cités 
peuvent s'expliquer par l'analogie. 



— vj - 

M. Bréal, rapprochant les séries xv£?aç, yv^cç, xvticéç, 
yvt^ov, propose de voir dans xvVj^tj un mot parent de ycvj. 
M. Henry rappelle qu'il existe encore une autre forme du 
même élément radical dans r»p6yyj. 

M. Berger montre que le témoignage do Servius, qui nous 
apprend que le nom Sichaeus a une autre forme, Sichar bas, 
trouve dans une certaine mesure sa confirmation dans deux 
inscriptions votives de Carthage, où on lit Sicharbal: le 
rapport des consonnes est le même que dans 'Aw(6aç et 
Annibal. L'existence du nom est donc assurée, sans toute- 
fois qu'on soit autorisé à admettre l'identification proposée 
par Servius. 

Des observations sont faites par MM. M. Bréal et Henry. 



Séance du 14 Mai 1892. 

Présidence de M. Philippe Beroer. 

Présents : MM. Berger, Boyer, Michel Bréal, Auguste 
Bréal, Bauer, de Charencey, Duvau, Henry, Halévy, Laray, 
S. Lévi, Meillet, Pognon, Verrier. 

Élection. M. Le Foyer est élu membre de la Société. 

Nouvelles. La Société apprend avec plaisir la nouvelle 
de la nomination de notre confrère M. J. Kirs te comme pro- 
fesseur de philologie orientale à l'Université de Graz. 

Présentations. MM. M. Bréal et Boyer présentent pour 
être membre de la Société : M. Alexandre Alexandrowski, 
licencié de l'Université de Kiew, 161, boulevard Montpar- 
nasse, à Paris. 

Hommages. Voir page xxj. 

Proposition. L'ordre du jour appelle la discussion de la 
proposition émise par M. Duvau dans la précédente séance. 
M. Berger rappelle 1 état de la question: quoi qu'il advienne, 
le maintien des droits d'auteur ne peut nuire d'uno façon 
sensible aux finances de la Société pour cette année, grâce 
à la générosité de notre confrère, M. le prince Bibesco. 

La Société, par un vote unanime, déoerne à M. le prince 
Bibesco le titre de tnembre donateur. 



— V1J — 

M. l'Administrateur fournit à la Société les chiffres qui 
loi avaient été demandés relativement au prix de revient 
d'une feuille des Mémoires, au nombre et à l'étendue des 
articles qui attendent l'impression. Il ressort de cet exposé 
que les ressources de la Société sont insuffisantes en tout 
état de cause pour publier cette année tous ces travaux, mais 
la suppression des droits d'auteurs permettrait de faire face 
avec les mêmes ressources aux frais d'impression d'un plus 
grand nombre de feuilles (le rapport serait à peu près de 
4 à 3). M. Duvau conclut en proposant la suppression pure 
et simple des honoraires de rédaction. 

M. Michel Bréal montre le grand intérêt qu'a la Société 
à consacrer à l'extension de ses publications toutes ses 
ressources disponibles : si l'abondance des articles est telle 
qu'il faille ajourner la plus grande partie d'entre eux pour 
assurer la rémunération des auteurs, il convient de sup- 
primer cette rémunération et d'employer pour l'impression 
les fonds ainsi rendus disponibles. 

M. Bauer appuie l'opinion de M. Bréal. 

M. Henry et un certain nombre d'autres membres, tout 
eu reconnaissant le bien fondé de ces observations, émettent 
l'avis qu'il serait désirable que les auteurs, à défaut d'hono- 
raires à recevoir, n'eussent pas du moins à débourser de 
frais de tirage à part. 

M. Duvau objecte que pour les articles de peu d'étendue, 
la dépense mise ainsi à la charge de la Société serait 
presque équivalente aux honoraires supprimés. 

MM. M. Bréal et Ph. Berger proposent alors de laisser 
le bureau juge de la question dans chaque cas particulier. 

Une discussion s'engage sur cette motion. Elle se termine 
par les résolutions suivantes, votées à l'unanimité: 

1° Les honoraires de rédaction alloués à titre d'essai aux 
collaborateurs des Mémoires sont supprimés. Toutefois la 
Société reste engagée pour le fascicule en cours d'impres- 
sion ; 

2° Le bureau pourra, par une décision spéciale à chaque 
cas, attribuer aux collaborateurs des Mémoires un tirage à 
part de 50 exemplaires au plus, sous couverture non 
imprimée; aucune correction d'auteur ne pourra y être intro- 



- Viij - 

duite. Il est entenda qu'en aucun cas l'attribution de ce 
tirage à part ne pourra être remplacée par une contribution 
proportionnelle de la Société aux frais d'un tirage à part 
commandé à l'imprimerie par l'auteur dans des conditions 
différentes de celles qui sont indiquées ici. 

Communication. M. S. Lévi cite un certain nombre de 
transcriptions grecques de mots sanscrits, montrant les 
tendances sanscritisantes de l'idiome vulgaire du bassin 
inférieur de r Indus à l'époque d'Alexandre: 0paxp3vtç, 
T*icpo6drY}. On ne trouve pas de traces notables des influences 
pràcrites. 

Des observations sont présentées par MM. M. Bréal, V. 
Henry, de Charencey. 



Séance du 28 Mai 1892. 

Présidence de M. Philippe Berger. 

Présents : MM. Bauer, Berger, prince Bibesco, Bonnardot, 
Boyer, A. Bréal, M. Bréal, de Charencey, Duvau, Laray, 
Le Foyer, Meillet, Spiegelberg. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Élection. M. Alex. Alexandrowski est élu membre de la 
Société. 

Hommages. Voir page xxj. 

Nouvelles. M. Henry annonce que la Faculté des Lettres 
vient de conférer, à l'unanimité, le grade de docteur es 
lettres à notre confrère M. l'abbé Rousselot. Les deux 
thèses de M. Rousselot sont consacrées à l'étude d'un patois. 
Il a appliqué à cette étude des appareils enregistreurs très 
ingénieux inventés ou modifiés par lui. MM. Bréal et Berger 
rappellent que la Société s'est occupée jadis de semblables 
études, avec l'aide de notre confrère M. Rosapelly. 

Communications. M. Laray fait une communication sur 
l'étymologie de tristis, testis et testamentum. Des observa- 
tions sont présentées par différents membres. 

M. M. Bréal communique une lettre de M. Toubin qui 



— il — 

propose des étymologies nouvelles pour quelques termes de 
la langue militaire. 

M. de Charencey présente quelques observations sur un 
document faisant partie des Annales du Yucatan. A la 
demande de quelques-uns de nos confrères, il expose briè- 
vement la structure du verbe quiche. 

M. Henry propose de voir dans le suffixe es {is) du parfait 
latin uidistù, uidisii une trace du thème du participe parfait 
indo-européen, suivi du verbe être, formation qui se serait 
étendue et mêlée analogiquement à d'autres formes primi- 
tivement aoristiques. 

MM. Meillet et Duvau rappellent qu'une hypothèse ana- 
logue a déjà été présentée il y a quelques années par 
M. Schulze, dans la Zeitschrift de Kuhn. Une discussion à 
laquelle prennent part MM. M. Bréal, Duvau, Henry, Meillet 
s'engage ensuite sur la formation des parfaits en vi et en 
ut. 



Séance du 11 Juin 1892. 

Présidence de M. Philippe Berger. 

Présents: MM. Bauer, Berger, M. Bréal, A. Bréal, Comte, 
Duvau, Laray, Le Foyer, Lévi, Meillet, Malvoisin, Pognon, 
Spiegelberg, Schwob, Verrier. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir page xxij. 

Présentations. Sont présentés pour faire partie de la 
Société: par MM. M. Bréal et A. Barth, M. Colinet, profes- 
seur à l'Université de Louvain ; par MM. Duvau et Lévi, 
M. Finot, élève de l'École des Hautes Études, sous-biblio- 
thécaire à la Bibliothèque Nationale, 68, rue Monge, Paris. 

Communications. M. Laray étudie l'étymologie de flamen 
qu'il sépare à la fois de brahman et de falacer. Des obser- 
vations sont faites par M. M. Bréal. 

M. Spiegelberg, rappelant qu'à Mycènes on a trouvé un poi- 
gnard dont la technique est identique à celle des armes 



— X — 

égyptiennes et rapprochant le nom égyptien du poignard : 
sft y et les mots saïfa et seifoun du syriaque et de l'arabe, 
propose de voir dans ÇC?oç un mot emprunté. 

Des observations sont présentées par différents membres. 

M. Lévi continue ses remarques sur les tendances sans- 
critisantes du dialecte indien connu des Grecs ; il montre 
le ks sanscrit (kkh prâcrit) transcrit Ç par les Grecs dans 
TaÇtXa [laksaçila), '0;uîpaxai (hsûdraka). 

M. Meillet émet l'hypothèse que le seul représentant de 
r \ devant voyelle en latin est ar, al. On peut écarter de 
différentes manières les exemples jusqu'ici cités comme 
étant en contradiction avec cette règle et qui présentent 
o(u) au lieu de a. Pour m n devant voyelle, il admet les 
deux représentations a + nasale, et u + nasale. 

Ensuite» il commence une communication sur le change- 
ment de ô en â en latin. Des observations sont présentées sur 
ces deux communications par différents membres» en parti- 
culier par MM. Bréal, Henry, Duvau. 



Séance du 25 Juin 1892. 

Présidence de M. Philippe Berger. 

Présents : MM. M. Bréal, Berger, Laray, Malvoisin, 
Henry, A. Bréal, Bonnardot, Meillet, Alexandrowski, Boyer, 
Comte, Verrier, Duvau, de Charencey, Bauer. 

Assistants étrangers : MM. Letellier père et fils. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Nouvelle. M. le Président annonce le décès de M. Isidore 
Lœb et exprime les regrets de la Société. Cette mort est 
une très grande perte pour les études juives. 

Elections. MM. Colinet et Finot sont élus membres de la 
Société. 

Hommages. Voir page xxij. 

A l'occasion de l'ouvrage offert par M. Wimmer, 
M. Michel Bréal rappelle les importants travaux de notre 
confrère sur les inscriptions r uniques. 

Présentation. MM. M. Bréal et Boyer présentent pour 



_ XJ — 

être membre de la Société, M.'Jifi Polivka, privatdocent 
de philologie slave à l'Université de Prague. 

La séance étant la dernière de Tannée, l'admission de 
M. Polivka est, suivant l'usage, immédiatement mise aux 
voix. M. Polivka est élu membre de la Société. 

Communications. M. Bréal présente à la Société M. Le- 
tellier qui s'occupe depuis longtemps de la recherche d'une 
langue susceptible de devenir d'un emploi universel, et 
pour cela fondée sur l'analyse du mécanisme de la pensée : 
le même son doit donc être employé pour désigner une 
même catégorie logique. M. Letellier donne à la Société un 
certain nombre d'exemples. 

Des questions et observations sont adressées à M. Letel- 
lier par différents membres, en particulier par MM. M. 
Bréal, de Charencey, Ph. Berger. 

Sur la demande de quelques membres, M. Letellier donne 
des détails sur le système particulier qu'il a adopté pour 
exprimer les nombres. Il développe ensuite le principe de sa 
classification des idées abstraites, puis celui de sa nomencla- 
ture géographique. 

M. le Président remercie M. Letellier de cette communi- 
cation. 

M. Duvau présente une hypothèse sur la forme dite con- 
tracte de floreus: florus, qui n'est employée qu'avec le sens 
de flauus. Il propose d'y voir l'équivalent de yXwpiç, et 
d'en faire un mot tout à fait distinct de floreus. 

M. Meillet, rappelant sa communication de la séance 
précédente, cite ignarus, ignoro et propose d'expliquer la 
différence des voyelles par la quantité de la syllabe subsé- 
quente. 

M. Verrier présente quelques observations à propos de 
l'étymologie de M. Bréal qui fait de Kranz la continuation 
de * cronatus pour coronatus ; ses objections portent en 
particulier sur la question de vocalisme. 

Cette séance étant la dernière avant les vacances, le 
présent procès -verbal est lu et adopté. 



- X1J - 



Séance du 19 Novembre 1892. 

Présidence de M. Philippe Berger. 

Présents : MM. Aymonier, Bauer, Berger, le prince 
Bibesco, Boyer, M. Bréal, À. Bréal, Duvau, Finot, Henry. 
Laray, Ploix. 

Nécrologie. M. Berger rappelle la perte faite par la 
Société dans la personne de M. Ernest Renan, membre de 
la Société depuis l'origine. Il énumèreles principaux travaux 
qu'il a publiés et inspirés dans le domaine de la philologie 
sémitique, et dont quelques-uns ont paru dans nos Mémoires. 
Enfin, jusqu'au dernier jour, M. Renan n'a cessé de s'inté- 
resser à l'existence et à la prospérité de la Société. 

M. Bréal ajoute quelques mots pour signaler l'heureuse 
influence des conseils de M. Renan sur la direction nette- 
ment scientifique prise dès ses débuts par la Société. 

Hommages. Voir page xxiij. 

A propos du 1 er volume de la traduction du Zend Àvesta 
par M. J. Darmesteter, M. Meillet indique sommairement 
le point de vue auquel s'est placé l'auteur, et ce qui fait 
l'originalité de son travail. 

Nouvelles. La Société reçoit une invitation i se faire 
représenter au Congrès des Sociétés savantes qui aura lieu 
pendant les prochaines vacances de Pâques ; les délégués 
de la Société seront désignés dans une séance ultérieure. 

Présentations. Sont présentés pour faire partie de la 
Société: par MM. M. Bréal et Grammont, M. Eduard 
Hermann, Spitalgasse, 25, Gobourg (Allemagne); et par 
MM. M. Bréal et Ph. Berger, M. le D r Julius Baudisch, 
IU/2 Radetzkystrasse, 2, Vienne (Autriche). 

Communications. M. Meillet propose de voir dans la 
syllabe initiale de èwfa une imitation de l'adjectif evvats; 
( # Iv/ , aTcç), dans lequel l'ancienneté de Ve « prosthétique » 
est attestée par l'arménien inn. Le double v de cette forme 
elle-même s'explique par le fait que toute consonne suivie 
d'une sonante se prononçait double, probablement dès 



— liij — 

l'époque indo-européenne. Des observations sont faites par 
MM. Bojer, Bréal, Duvau, Henry. 

M. M. Bréal, citant une£lose d'Hesychius: 0tô uv (AéXXtiv, 
propose de reconnaître dams le verbe ^XXtiv la racine qui 
se retrouve dans ftaftopoçi. L'identité des deux racines est 
corroborée par ce fait que tous deux prennent Vaugment 
i) et non i. MM. Berger, Boyer, Duvàu présentent quelques 
remarques au sujet du changement de sens. 

Dans une seconde communication, M. Bréal, rejetant l'éty* 
mologieordinairedexepréwjooç par^poo; « sec » comme dénuée 
de sens, propose devoir dans x*poéviQ0oç une altération popu- 
laire de" *oxtpovi)0bç. L'adjectif o^epiç* tiré de la même 
racine que ty» x convient seul pour le sens de 4 presqu'île ». 
Un autre exemple de métatbèse est ôelui que présente 
l'alternance de x°Ç~ e ' de &PX* dans x°PS e ' opxio\LOR. 

M. Duvau, s'appuyant sur l'opposition qui existe entre le 
traitement de *iricula devenu uilla et celui àepoculum qui 
ne subit pas d'altération, met ces faits en rapport avec des 
faits d'accentuation indo-européenne: *pôtlom, italique 
*poklom t correspond au sanscrit pâtram, paroxyton ; dans 
ûk{u)la, on aurait eu l'accent sur la finale. La vérification 
directe est impossible, mais on pourrait la trouver indirec- 
tement dans la comparaison de pullus au sens de « petit » 
avec le sanscrit putrds (oxyton). Incidemment, M. Duvau 
fait remarquer qu'une forme italique *puklàs (latiû pullus) 
pouvant représenter également un primitif *putlo$ et un 
primitif *pukio$i ce dernier pourrait être identifié avec le 
gothique fugls « oiseau », ce qui serait également d'accord 
avec l'accentuation supposée. 

Des observations sont faites par MM. Michel Bréal et 
V. Henry. 



SÉANCE DU 3 DÉCEMBRE 1892 



Présidence de M. Philippe Beroir. 



Présents : MM. Berger, Bauer, le prince Bibesco, de 



— XIV — 

Blonay, Mich. Bréal, Aug. Bréal, Boyer, Duvau, Laray, 
Meillet. 

Absent et excusé : M. V. Henry. 

Assistant étranger : M. Barbelenet. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Elections. MM. le D r Julius Baudischet Eduard Hermann 
sont élus membres de la Société. 

Cette séance étant l'avant-dernière de Tannée, la Société 
procède à l'élection des membres de la Commission de 
vérification dés .comptes pour 1882. Sont élus : MM. Boi- 
sacq, Laray, MeiHqt. 

Présentations. MM. M. Bréal et Duvau présentent pour 
être membre de la Société: M. Théophile Cart, professeur 
agrégé au lycée Henri IV, 12, rue Soufflot, Paris. 

MM. M. Bréal et V. Henry présentent pour être membre 
de la Société : M. Paul Passy, docteur es lettres, 6, rue 
Labordère, Neuilly-sur-Seine (Seine). 

MM. Duvau et Meillet présentent pour être membre de 
la Société: M. Daniel Barbelenet, licencié es lettres, élève 
de, l'École des Hautes Études, 75 bis, rue Monge, Paris. 

Nouvelles. La Société est heureuse d'apprendre que son 
président, M. Philippe Berger, vient d'être élu membre de 
l'Académie, des. Inscriptions en remplacement de M. Renan. 

Communications. M. Bréal propose une explication 
des finales en ur du médio-passif latin (legitur, leguntur, 
legimur). La forme en -tur serait partie de l'impératif 
(legitor, leguntor) et aurait passé de là aux autres temps par 
l'intermédiaire du subjonctif. La finale de la I e1 personne 
du pluriel serait formée par l'adjonction de ïr, signe du 
passif i une forme analogue i l'ombrien persnirnu « qu'il 
prie », osque censamu « qu'il soit recensé », et probablement 
d'origine participiale. Des observations sont faites par 
MM. Meillet et Duvau, qui expriment quelques réserves sur 
la première partie de cette communication. 

M. Bréal propose ensuite de Toir dans ippuSiu « avoir 
peur » un dérivé de Sppoç « queue » ; le procédé sémantique 
est le même qui se trouve dansyFitalien codardo « couard ». 
Des faits analogues sont cités par différents membres à 
l'appui de ce rapprochement. 



— IV - 



M. Meillet rapproche l'arménien ^eX « beau » du sanscrit 
vdras « bon », val-gu-s * joli ». Une discussion à laquelle 
prennent part la plus grande partie des membres présents, 
s'engage à ce propos sur la valeur du suffixe -^t*-. 



SÉANCE DU 17 DÉCEMBRE 1892. 

Présidence de M. Sylvain Lbvi. 

Présents: MM. le prince Bibesco, Michel Bréal, Aug. 
Bféal, Boyer, Duvau. V. Henry, Lévi, Laray, Meillet, 
Ploix, Specht. 

MM. Aymonier et Berger s'excusent de ne pas assister 
à la séance. 
Assistant étranger : M. Barbelenet. 
Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 
Élections. MM. P. Passy, Th. Cart et Daniel Barbelenet 
sont élus membres de la Société. 

Présentations. MM. M. Bréal et Duvau présentent pour 
être membre de la Société, M. Otto Keller, professeur de 
philologie classique à l'Université de Prague (Bohême). 

MM. Duvau et Meillet présentent M. Narcisse Chilot, 
licencié es lettres, élève de l'Ecole des Hautes Etudes et 
de l'Ecole des langues orientales vivantes, 24, rue de Paris, 
Viljeneuve Saint-Georges (Seine-et-Oise). 

Élection du bureau. L'ordre du jour appelle la lecture 
du rapport de la commission des finances sur l'eïercice 1892, 
mais, par suite d'un malentendu, ce rapport n'a pu être 
terminé et ne sera déposé qu'à la prochaine séance. 
Il est procédé à l'élection du bureau pour Tannée 1893. 
Sont élus : 

Président : M. Sylvain Lévi, vice-président. 
Vice-Présidents : MM. Etienne Aymonier (réélu), le 

prince Alexandre Bibesco. 
Secrétaire : M. Michel Bréal 
Administra M. Louis Duvau \ (réélus). 
Trésorier : M. Paul Boyer 



-xrfj- 

M. Marcel Schwob ayant exprimé le désir d'être déchargé 
de ses fonctions, M. Barbelenet est élu bibliothécaire. 

Sont ensuite élus ou réélus membres du comité de publi- 
cation : MM. H. d'Arbois de Jubain ville, R. Duval, L. 
Havet,'V. Henry, L. Léger, G. Paris. 

Communications. M. Specht fait une communication sur 
la manière dont les auteurs chinois expriment les cas dans 
leurs traductions du sanscrit. 

Deà observations sont faites par M. S. Lévi. M. Bréal 
montre qu'on ne peut voir dans ce système qu'un effet du 
respect exagéré des auteurs chinois pour la lettre des textes 
qu'ils traduisaient, mais qu'il est impossible de reconnaître 
en chinois une véritable déclinaison. M. Ploix présente 
quelques remarques k l'appui dés idées exprimées par 
M. Bréal. 

M. Bréal explique ensuite la forme AIESHEIN (8ieÇ- 
ijetv) qui se rencontre dans une inscription grecque récem- 
ment découverte, et qui ne peut se rattacher qu'jau verbe 8UÇ- 
ci|u « traverser ». C'est un exemple curieux de formation 
analogique. 

M. PLoix pose à la Société une question relative au mot 
épbné, employé dans le. patois de la Brie. 



Séance dtj 14 Janvier 1893. 

Présidence de MM. S. Lkvi et Et. àymonier. 

Présents : MM. Aymonier, Bauer, Boisacq, Boyer, Cart, 
Duvau, Laray, L&vi, Meillet. 

Absents et excusés: MM. Ph. Berger, M. Bréal, V. Henry. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

La commission des finances n'ayant pu enoore terminer 
ses travaux, la lecture de son rapport est remise au samedi 
28 ianvier. 

Élections. MM. Otto Relier et Chilot sont élus membres 
de la Société. 

Présentation. Est présenté par MM. M. Bréal et V. 
Henry : M. Alphonse Rœrsch, docteur en philosophie et 



— xvij — 

lettres de l'Université de Liège, 7, rue Casimir-Delavigne, 
Paris. 

Communications. M. Meillet développe devant la Société 
une explication d'un fait de syntaxe slave, remploi du 
génitif au lieu de l'accusatif comme complément direct, 
quand ce complément direct est un nom de personne. Ce fait 
de syntaxe est en corrélation étroite avec la forme particu- 
lière du génitif des thèmes en o dans 4e groupe slave, dont 
le point de départ est lui-même dans la formation du génitif 
des pronoms personnels. 

Des observations sont présentées par MM. Boyer et 
Duvau. 

M. S. Lévi, complétant ses communications antérieures 
sur la prononciation du sansorit, montre qu'aux tendances 
sanscritisantes du Penjab à l'époque d'Alexandre, s'opposent 
des tendances pràcritisantes dans le bassin du Gange. 

M. Aymonier étudie un certain nombre de mots cam- 
bodgiens empruntés au sanscrit, tels que sarabœ « toute 
chose », sanscrit sarvë ; uparaj, sanscrit uparâjâ, dans le 
Laos, upalat « sous-gouverneur », etc. 

Des observations -sont faites par MM. Laray et Lévi. 

M. Laray signale dans le patois de la Hague l'existence 
du mot époné au sujet duquel M. Ploix avait posé une ques- 
tion à la Société dans la précédente séance ; le sens et l'éty- 
mologie en ont été indiqués dans nos Mémoires par notre 
confrère M. Joret. 



Séance du 28 Janvier 1893. 

Présidence de M. le prince Alexandre BiSesco. 

Présents : MM. le prince Bibesco, M. Bréal, Cart, Chilot, 
de Charencey, G. de Blonay, Duvau, Laray, S. Lévi, V. 
Henry, Bauer, Boisacq, Meillet, Ploix, Pognon, Boyer. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Élection. Est élu membre de la Société, M. Alphonse 
Rœrsch. 

Hommages. Voir p. xxiij. 

6 



• •• 



— ZTUj — 

Proposition, Une proposition d'échange de la collection 
de nos Mémoires avec la collection de la Revue des patois 
gallo-romans est renvoyée à l'examen du bureau, qui sta- 
tuera. 

Rapport de la commission des finances. M. Meillet, au 
nom de la commission des finances, donne lecture du rap- 
port sur l'exercice 1892 : 

Messieurs, 

Votre commission, après examen des comptes, a établi le bilan 
suivant au 14 décembre 1S92 : 

Recettes. 

Report de l'exercice précédent 3. 821 fr. 13 

Cotisations 2.565 19 

Don du prince Bibesco 400 » 

Allocation du ministère 1.200 » 

Arrérages de rentes « 750 » 

Intérêts des fonds en dépôt à la Société générale. . . 6 10 

8. 742 fr. 32 



DÉPENSES. 

Note de l'éditeur: . 3.712fr.05 

Frais généraux. Report de l'exerc. 1891. 51 70 

— Exercice actuel. . . . 304 25 

Indemnité de l'administrateur 400 » 

Allocation à l'appariteur 87 » 

Droit de garde des titres 4 40 

Agio sur deux effets 20 

Table du tome VII des Mémoires. . . . 100 » 

Honoraires de rédaction 679 50 

Profits et pertes 47 89 

5.386 99 

En caisse au 14 décembre 1892.. . . 3.355 33 



Total égal. . . 8 . 742 fr. 32 



Ce bilan appelle les considérations suivantes. Les dépenses de 1892 
ont dépassé de plus de moitié celles de 1891 ; ce chiffre très élevé 
tient à ce qu'il a été publié vingt-quatre feuilles de nos Mémoires, 



- XÎX - 



total qui n'avait jamais été atteint jusqu'ici; les honoraires de rédac- 
tion ont contribué à grossir le chiffre de nos dépenses. Nous avons 
cependant pu y faire face grâce à de nombreuses rentrées de cotisa- 
tions arriérées q ue nousdevons à l'activité de notre trésorier, grâce aussi 
à la générosité de notre confrère, le prince Bibesco. Aussi le chiffre 
de rencaisse est-il presque égal à ce qu'il était l'an dernier à pareille 
date, et peut-il paraître à première vue assez élevé ; mais dès main* 
tenant nous sommes tenus d'employer en achat de rentes une somme 
de 480 fr. ; cette opération, prévue déjà par le dernier rapport et re- 
tardée par le changement du trésorier, va être effectuée sans retard ; 
il est dû au libraire un numéro du Bulletin qui vient de paraître, et 
nous aurons bientôt à payer un fascicule des Mémoire» qui est sous 
presse. Enfin il reste dû un peu plus de 200 fr. sur les honoraires 
de rédaction du fascicule précédent. Notre encaisse va donc être 
prochainement réduite d'une somme importante. 

D'autre part nous devons prévoir pour cette année des recettes 
sensiblement inférieures à celles de l'année 1892. Il reste, il est vrai, 
à toucher les arrérages de 50 fr. de rente déposés en gage à l'Impri- 
merie Nationale et qui n'ont pu être encore touchés. Mais presque 
toutes les cotisations arriérées étant rentrées, le chiffre ne s'élèvera 
sans doute pas en 1893 au-dessus de ceux de 1890 et 1891, soit de 
1,250 à 1,300 francs, le nombre de nos membres (actuellement 215) 
n'ayant pas sensiblement varié. 

Nos recettes totales ne dépasseront donc guère 3,000 francs, c'est- 
à-dire qu'elles n'atteindront pas le montant de notre note de libraire 
pour cette année. Dans ces conditions, on voit que la suppression des 
honoraires de rédaction s'imposait d'une manière absolue, malgré 
ses inconvénients. A plus forte raison ne saurait-il être question de 
consacrer à des achats de rentes d'autres sommes que celles qui leur 
sont statuairement affectées. Sous le bénéfice de ces réserves, la 
situation des finances de la Société peut être considérée comme satis- 
faisante, et l'on ne doit d'ailleurs pas oublier que l'augmentation de nos 
dépenses est la conséquence d'un heureux accroissement d'activité. 

A. Meillet, Ém. Boisacq, Laray. 

Les conclusions du rapport sont mises aux voix et adoptées. 

Nouvelles. M. Bréal signale un compte rendu très élogieux 
du Dictionnaire de Tancienne langue française de notre 
confrère M. Godefroy, par M. le chevalier Edouard Des- 
camps David, sénateur du royaume de Belgique, professeur 
à l'Université de Louvain : 

« Les citations sont faites, lorsqu'il y a lieu, d'après les 
dernières et les meilleures éditions critiques. La plupart 
des articles sont composés d'exemples inédits. 



— IX — 

« La science est satisfaite par la réunion, sous le type, de 
toutes les formes d'un mot et le lecteur n'est jamais em- 
barrassé, puisqu'il trouve à l'ordre alphabétique chaque 
forme qu'il a pu rencontrer dans une lecture. 

« Le plus grand soin est donné aux définitions, aux 
remarques. A chaque instant le fin lettré s'y fait sentir. 
Certains articles sont de véritables traités : c'est ainsi qu'à 
propos des prépositions, conjonctions, etc., on trouve toute 
la pratique de la langue depuis les origines. » 

Communications. M. Ploix communique à la Société les 
résultats d'une étude sur la préposition grecque à^, et de 
son correspondant latin umbi-; il admet comme sens fonda- 
mental de ce dernier préfile « des deux côtés » et non 
« autour », et discuté un certain nombre d'exemples dans 
lesquels le sens de « autour » pourrait sembler prédominer. 
Des observations sont présentées par différents membrt*. 
M. Bréal insiste sur le rapport étroit des deux sens et 
la difficulté d'établir l'antériorité de l'un des deux. M. V. 
Henry pose une question sur l'interprétation de an-helare, 
M. de Charencey sur amb-ulare. 

M. Bréal signale dans le langage familier français un 
exemple de la survivance de la régie d'accord du participe 
même non précédé de son complément. Des observations 
sont faites par plusieurs membres, en particulier par M. Ploix . 

Dans une seconde communication, M. Bréal étudie la 
famille de mots se rattachant à xpacjxat ; il en yoit l'origine 
dans xe(p « main » et rapproche les nombreuses formes ou 
expressions nées en français du mot main, en allemand de 
Hand. Il rattaché à la même racine xfypW 1 « prêter », et- 
XpTjajjioç « oracle », qui serait « un emprunt fait à la sagesse 
des dieux ». Des observations sont faites par M. Henry. 

M. Duvau propose de voir dans la finale de ferox, non 
un suffixe proprement dit, mais un correspondant du grec aty, 
« regard, visage ». Atrox s'expliquerait de même. Une 
discussion s'engage entre différents membres, en particulier 
MM. M. Bréal et V. Henry, à propos de cette communi- 
cation, et au sujet de uelox, celox. 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 



4M mars 489t. 

Programme de t' Athénée royal grand-ducal de Luxembourg, pour l'année 
colaire 1877-1878. Luxembourg;, imprimerie de Pierre Buck, 1878. — 
Offert par M. Bonnardot. 

Programme du Progymnaee royal grand-ducal de Luxembourg, pour l'an* 
née scolaire 1888-1883. Diekirch, imprimerie de Justin Schrœll, 1882. — 
Offert par M. Bonnardot. 

Programme du gymnase grand-ducal de Diekirch, pour. Tan née scolaire 
1890-1891. Diekirch, imprimerie de Justin Schrœll, 1891. — Offert par 
M. BonnardoL 



30 avril 189$. 

Epilome historiés gruecœ; de Viris illus tribus urbis Bomae; Cornélius 
Nepos. Traducciones castellanas, por el presbitero Luciano Abeille. Buenos- 
Aires, imprimerie Martin Biedma, 1891. — Offert par l'auteur. 



44 mai 4899. 

Introductio: au catalogue du Musée Guimet. Aperçu sommaire de l'his- 
toire des anciens peuples civilisés, par M. de Milloué. Paris, Leroux, 1*891. 

— De la part du Ministère de l'Instruction publique. 

ZsUsehrift fur vergUichende Sprach/àrechung, fasc. XXII, 1, Gùtersloh, 
Bertelsmann, 1892. — De la part de M. Ad. Kuhn. 
Actes de la Société philologique, t. XIX-XXI. Paris, Klincksieck, 1891-1892. 

— Offert par M. de Charencey. 

H. de Charencey, Textes en langue tarasque, (Extr. du Muséon), 1 br. 
in-8. — Offert par l'auteur. 

H. de Charencey, Des suffixes en tangue quichée, Caen, Delesques, 
1892 {Extrait des Mémoires de V Académie de Caen). — Offert par l'auteur. 

U. de Charencey, Phonétique sovletme, 1 br. in-8. — Offert par l'auteur. 

H. de Charencey, Sur quelques étymologies de la langue basque. Paris, 
Picard, 1891. — Offert par Fauteur. 

Le P. A. C, S. M., La tribu de Wagap (Nouvelle Calédonie). Paris, Cha- 
denat, 1890. — Offert par M. de Charencey. 



98 mai 1899. 

AnnaUs du Musée Guimet (coll. in-4), t. XIX. Le Lalita-Vistara, traduit du 
sanscrit en français, par Ph. Foucaux. Paris, Leroux, 1892. 

Id.,t. XX: Textes taohlcs, traduits des originaux chinois et commentés 
par C. de Harlez. Paris, Leioux, 1891. 

A. Schiefner, Awarische Texte. Saint-Pétersbourg, 1873. — Offert par 
M. Michel Bréal. 



— • XXlj — 



M juin 499%, 

C. Abel, Ueber Sprackeals Autdruck nalionaler Denhweise. Berlin, 1809. — 
Offert par M. Michel Bréal. 

J. Walser, Schritte zur Aufhellungdes Sprachraelhsels. Hermannstadt, 1868. 
— Offert par M. Michel Bréal, 

Edm. Veckenstedt, Die Mythen, Sagen und Légende* der Zamaiten (Li- 
tauer), 5, 6, 7 u. 8. Lief. Heidelberg, 1883. — Offert par M.. Michel Bréal. 

E. Veckenstedt, Pumphut. Leipzig, 1885. — Offert par M. Michel Bréal. 

James Bruyn Andrews, Essai de. grammaire du dialecte mentonais. Nice, 
1875. — Offert par M. Michel Bréal. 

Giuseppe de Rada, .Grammatica délia Kngua albanese, 1* parle. Fi renie, 
1871. _ offert par M. Michel Bréal. 

L. Moutier, Bibliographie des dialectes dauphinois. Valence, 1885. — Offert 
par M. Michel Bréal. 

A. F. Pott, Ueber vaskische Familiennamen. Detmoldt, 1875. — Offert par 
M. Michel Bréal. 

R. N. Gust, The Languages of the Caùcmses. London. — Offert par 
M. Michel Bréal. 

P. L. J. B. Goussin, Du dialecte de Tahiti. Paris, 1853. — Offert par 
M. Michel Bréal. 

Amaro Cavalcanti, The brasiKan language, and its agglutination. Rio- 
Janeiro, 1883. — Offert par M. Michel Bréal. 

Daniel G. Brinton, American languages. Philadelphie, 1885. — Offert par 
M. Michel Bréal. 

Em. Ernault, Étude sur la dialecte breton de la presqu'île de Bat*. Saint- 
Brieuc, 1883. — Offert par M. Michel Bréal. 

Rémi Siméon, Grammaire de la langue nahuatl. Paris, 1875. — Offert par 
M. Michel Bréal. 

L'abbé Hingre, Monographie du patois de la Bresse. Saint-Dié, 1867. — 
Offert par M. Michel Bréal. 

F«idherbe, Le Zénaga des tribus sénégalaises. Paris, 1887. — Offert par 
M. Michel Bréal. 

L. Ewald, Grammatik der l'ai-oder siamesischen Sprache. — Offert par 
M. Michel Bréal. 

Coûta de MagalhAes, Sehagem. Rio de Janeiro, 1876. — Offert par 
M. Michel Bréal. 

Lexicon lapppnicum cum interpretatione latina et norvegica, adiuncta 
brevi grammaticae. latinae adumbralione * collegit et élabora vit J. A. 
Fris. Christiana, 1885 ; 3 fasc. — Offert par M. Michel Bréal. 



25 juin 489t. 

Ludv. F. A. Y^immer, Sônderjyllands historiske runemindesmesrker. Kjôben- 
haon, Thieles Bogtrykkeri, 1892 ; 1 vol. — Offert par l'auteur. 

Ph. Golinet, Essai sur la formation de quelques groupes de racines indo- 
européennes. I. Les préformants proto-aryens. Louvain, J. B. Istas, 1892; 
1 broch., gr. in-8. — Offert par l'auteur. 

Mémoires de la société Finno-ougrienne //, Wogulisches Worterbuch von 



— XIllj — 

august Ahlqvist. Helsingfors, 1891 ; 1 vol. in-8. — De la part de la Société. 

Journal de la société Finno-ougriemue X. Helsingfors, 1892; 1 vol. io-8. — 
De la part de la Société. 

ZeUschrift fur vergleichende Sprachfbrscheng, L XXII, fasc 34. Gûtersloh, 
Bertelsmann, 1898. — De la part de M. Ad. Kuhn. 

49 novembre 489*. 

Unguae Guarani grammatica Hispanice a R. P. J. Paulo Restîvo .^ édita, 
tlArte de la Hngua Guarani... redimpressa..., opéra et studiis Christian! 
Frederici Seybold, D. phil. Stuttgard, W. Kohlhommer, 1892; in*12. — 
Offert par l'auteur. 

Annales du Mutée Guimet. (Bibliothèque d'éludés, format in-8.) Tome I : 
Le Rig Véda et les origines de la mythologie indo-européenne, 1" partie, par 
Paul Regnaud. Paris, Leroux, 1892. — De là part du Ministère de l'Ins- 
truction publique. 

Annales du Musée Guimet (collection in»4). Tome XXI : Le Zend-Avesta, 
traduction nouvelle avec commentaire historique et philologique t>ar 
James Dermes teter; vol. I. Paris, Leroux, 1892.— De la part du Ministère 
de l'Instruction publique. 



98 janvier 4893. 

G. Schlegel, La stèle funéraire du Teghingiogh. Mémoires de la société 
Fmno-emgrienne III. Helsingfors, 1892. —De la part de la* Société, 

Comte de Charencey, De* suffixes en langue QmcAe>. v Caen, 1892. — Offert 
par l'auteur. 

Comte de Charencey, Les naissances miraculeuses d'après la tradition 
américaine. Amiens, 1892. — Offert par l'auteur. 

Caleeismo y expocition brève de ladoetrina cristiana y por el Padre Maestro 
Gerooimo de Ripalda, S. J., publié par le Comte de Charencey. Traducida 
al idiome yucateca, por el M. R. P. Fr. Joaquim Ruz. Alençon, 1892. - L - 
Offert par l'auteur. 

Comte de Charencey, Recherches sur quelques dates anciennes de thisloire- 
du Mexique (Extrait de la Revue des questions historiques). Paris, 1892. — 
Offert par l'auteur. 

Comte de Charencey, Les noms des métaux cnei différents peuples de la 
Nouvelle Espagne. Paris, 1892. — Offert par l'auteur. 

Grammatica de las lenguas Zapoteca-sxcana y Zapoteca del Valle por Fr. 
Gaspar de los Reyes; dirigida la impresiôn por el lie, Francisco Belmar. 
Oaxaca, 1891. — De la part de M. Penafiel. 



AVIS 



PUBLICATIONS ANTÉRIEURES AU 1 er JANVIER 1893- 



Conditions de vante particulière» aux Membres 

da la Société 

Collection complète des Mémoires (tomes I à VII complets, 

tome VIII, fascicules 1 et 2) 105 fr. 

Volumes isolés : tomes I et VII, chacun. . , . 12 fr. 

— tomes II, III, IV, V, VI, chacun. 15 fr. 

Fascicule» isolés : chacun 3 fr 

Le Bulletin (collection et numéros isolés) est mis gratui- 
tement à la disposition des membres de la Société 



Les frais d'envoi sont à la charge de l acheteur 



Los demandes doivent être adressées à l'Administrateur. 



LISTE DES MEMBRES 



Dl 



LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DÉ PARIS 



AU 15 AVRIL 1893 



.••^M.« 



LISTE DES MEMBRES PERPÉTUELS. 



MM. ASGOLI, u non B1BBSCO, 



•ountm. 



baudouim dl courtinay. 

Bbbobb 

borxardot. 

BttAL (Michel). 

COLQIIT. 

Cous». 

Dblaibb. 

Dirbkbourg (Hartwig). 

Durakd-Gbbvillb. 

Erjcaolt. 

Flbury. 

Gonrit. 

GUDICT. 

Haybbpibld. 

Ha vit. 

Henry. 

Hiriot-Bunoust (l'abbé). 

Jackson*. 

JOBBT. 
KlRST*. 

Labordi (le marquis de). 
Labat. 

LSGBR. 
MlILLIT. 



MM. Milon. 

Miyir (Paul). 

Oltramari. 

Paris. 

Passt. 

Parhintiir (le général). 

PeSaful. 

Ploix. 

Rhts. 

Rolland. 

Ro8apblly. 

Saycb. 

Sciluiibirobr. 

Sbboxot. 

SlNART. 

Storm. 

SUDRI. 
TlGNIR. 

VoojDi (le marquis de). 

Whabton. 

Wilboi8. 

WlMIIIR. 

Le British Muséum. 



LISTE GÉNÉRALE. 



Abiillb (L'abbé Lucien), Iglesia San Nicolas, Aries y Corrientes, Buenos- 

Aires (République Argentine). — Élu membre de la Société le 23 mai 1891. 
adah (Lucien), président de Chambre à la Cour d'appel, Rennes {Ille-ct- 

Vilaine). — Élu membre de la Société le 7 février 1885. 
Albxandrowski (Alexandre), 161, boulevard Montparnasse, Paris. — Élu 

membre de la Société le 28 mai 1892. 
AxiART (Jules), agrégé de l'Université, professeur de rhétorique au lycée, 

48, rue du Petit-Versailles, Saint-Pierre (Martinique). — Élu membre de 

la Société le 7 mars 1885. 
Abbois di Jubawvilli (Marie-Henry d'), membre de l'Institut (Académie des 



— IIVJ — 

inscriptions et belles-lettres), professeur de langues et littératures celti- 
ques au Collège de France, directeur de la Revue celtique, 84, boulevard 
Montparnasse, Paris.— Membre de la Société en 1867 ; vice-président en 

1881 et 1882 ; président en 1883. 

Ascou (Graziadio /.), correspondant de l'Institut de France (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur à l'Institut royal, Milan (Italie). 

— Élu membre de la Société le 22 juillet 1876 ; membre perpétuel. 
Audouin, maître de conférences à la Faculté des lettres, 36, rue de la 

Balance, Toulouse (Haute-Garonne). — Élu membre de la Société le 23 
février 1889. 
Aymonier (Le commandant Étienne-Franeoû), directeur de l'École Colo- 
niale, 38, rue du Général Foy, Paris. — Élu membre de la Société 
le 4 février 1882; vice-président en 1892 et en 1893. 

BadariO (Le Prof. Alexandre), ancien élève de l'École des hautes études, 36, 
strada Pecurarl, Jassy (Roumanie). — Élu membre de la Société le 
26 avril 1884. 
io. Bailly (Anatole), correspondant de l'Institut (Académie des inscriptions ei 
belles-lettres), professeur honoraire de l'Université, 91, rue Bannier, 
Orléans (Loiret). — Admis dans la Société en 1868. 
Baize (Louis), professeur au lycée Chaflemagne, 28, rue. du Luxembourg, 
Paris. — Élu membre de la Société le* 22 janvier 1881 ; bibliothécaire de 

1882 à 1888. 

Barbblsnet (Daniel), licencié es lettres, élève de l'École pratique des hautes 
études, 75 bis, rue Monge, Paris. — Élu membre de la Société le 17 dé- 
cembre 1892; bibliothécaire en 1893. 

Barbier de Meynard, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur au Collège de France et à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, 18, boulevard de Magenta, Paris. — Membre 
de la Société depuis le 2 février 1884. 

Baron (Charles), maître de conférences à la Faculté des lettres, Clermont- 
Ferrand (Puy-de-Dôme). — Élu membre de- la Société le 22 janvier 1887. 

Barth (Auguste), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), 6, rue du Vieux-Colombier, Paris. — Élu membre de la Société 
le 10 mars 1873. 

Barthélémy (Adrien), drogman-chancelier du Consulat général de France, 
Alep (Syrie). — Élu membre de la Société le 16 février 1884. 

Basset (René), professeur de langue et de littérature arabes à l'École su- 
périeure des Lettres, Agha 49, rue Michelet, Alger-Mustapha (Algérie). 

— Élu membre de la Société le 2 juin 1888. 

Baudat (Emile), professeur à l'Université, Lausanne (Suisse). — Élu membre 
de la Société le 5 janvier 1878 ; bibliothécaire en 1879. 

Baudisch (Julius), docteur en philosophie, 111,2, Radetzkystrasse, 8, Vienne 
(Autriche). — Élu membre de la Société le 3 décembre 1892. 
to. Baudouin de Courtenay (J.), professeur de grammaire comparée des 
langues slaves à l'Université, Jurgew (Russie). — Élu membre de la So- 
ciété le 3 décembre 1881 ; membre perpétuel. 

Bauer (Alfred), 17, rue Tournefort, Paris. — Élu membre de la Société le 
9 janvier 1875. 

Bauxacx (Jolpannes), docteur en philosophie, 32, Hospitalstrasse, Leipzig 
(Saxe). — Élu membre de la Société le 26 juin 1880. 

Beuamb (Alexandre), maître de conférences de langue et littérature an* 



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Paru.- — Membre de la Société en 1887; secrétaire depuis 1808; 
membre perpétuel. 
Buoes (Sophus), professeur à ^Université, Christiania (Norvège). — Au 
membre de la Société le 5 janvier 1878. 

Caloiano (Michel B, &), docteur es lettres, professeur au lycée, GraioTa 
(Roumanie). — Élu membre de là Société le 8 mars 1879. 

Carnel, (L'abbé), aumônier de l'Hôpital militaire, Lille (Nord). — Élu 
membre de la Société le 5 décembre 1891. 

Carrière ^ (Auguste), directeur adjoint pour les langues hébraïque, chal- 
dalque et syriaque à l'École pratique des hautes études, professeur de 
langue arménienne à l'École spéciale des langues orientales virantes, 
35^ rue de Lille, Paris. — Élu membre de la Société le 10 février 1878 > 
vice-président en 1875 et 1870. 

Oart (Théophile), professeur au lycée Henri IV, 11,- rue Soufflot, Paris. — 
Élu membre de la Société le 17 décembre 1892. 

Ciabaniau (Camille), chargé du cours de langues romanes à. la Faculté des 
lettres, Montpellier (Hérault).— Élu membre de la Société le' 21 no- 
vembre 1808.' 

"'lARBiiCBY (Charlei-FéHx-EytLCinihe Gouhier , comte ni), membre du Con- 
seil général de l'Orne, 24, rue de la Chaise, Paris. — Membre de la 
Société depuis l'origine et son premier secrétaire ; bibliothécaire de 1808 
à 187$; vice-président en 1874, 1883 et 1884 ; président en 1885. 
w. CnxivitRi (Adolphe), docteur es lettres, Campuget, par Manduel (Gard). 
— Élu membre de la Société' le 20 janvier 1883. 

Chilot (Narcisse), licencié es lettres, élève de FÉcole pratique des hautes 
études et de. l'École des langues orientales vivantes, 24, rue de Paris, 
Villeneuve-Saint-Geore*8 (Seine-et-Oise). — Élu membre de la Société le 
14 janvier 1893. 

Couket (Ph.), professeur à l'Université, Louvairi (Belrique). — Élu membre 
' de la Société le 25 juin 1892; membre perpétuel. 

Comte (Charles), professeur de rhétorique au lycée, Versailles (Seine-et- 
Oise).— Élu membre delà Société le 4 février 1882. 

Cornu (Jules), professeur à l'Université, 9, SalmovskA ulice, Prague 
(Bohême). — Élu membre de la Société le 19 juillet 1873. 

Coubrorxe (Louis), professeur au lycée, Nantes (Loire-Inférieure). — Élu 
membre de la Société le 25 janvien 1879. 

Cous» (Georges), maître de conférences à la Faculté des lettres, 59, boule- 
vard Stanislas, Nancy (Meurthe-et-Moselle). » Élu membre de la Société 
le 8 février 1890. 

Cuny (Albert), 00, rue du Port,. Lille (Nord). — Élu membre de la Société 
le 9 mai 1891. 

Darmesteter (James), professeur de langues et littératures de la Perse au 
Collège de France, directeur d'études pour la langue zende à l'École pra- 
tique des hautes études, 9, rue Bara, Paris. — Élu membre de la Société le 
20 décembre 1873; vice-président en 1884, 1885 et 1880; président en 1887. 

David (René), ingénieur, 00, rué des Écoles, Paris. — Élu membre de la 
Société le 18 février 1882. 
••• Delaire (Alexis), 238, boulevard Saint-Germain, Paris. — Elu membre de la 
Société le 18 novembre 1870 ; membre perpétuel. 





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uioicsseu â'srabf ftttera l Vhcoàe aneciale 
ims. directeur adjoint -pou* la mnpur nihp «i 
l'iabie a Ffcooir nmtiqnt» de* mates étude» , profea—i it 
feomoxane or» Seminam îsraelut.. àt. rut at k. Iicuurt tan*. — Meambrr 
àt ia SocieAt depuis 186» . secretajrt ad„iora ai 186t i. 196* . membre 




•,. — «_.. et flnsiitu: UcedemK de* mscrnuioB* ei 
►„ 51. rat m Jiuntferqm. tan». — Me am u i i dt it Société 
ilfy^pms |e 22 juillet 1871 . 

buic (Jeux* A*.,, licencie e«- leUre*. élevé de rtcoèt pmaque de* bautes 

études. tt.neieia feorbanut. tan». — Éfc membre de m Soetèlt le T 

février MU. 
bonuttro? Ji umvt te -Marcel / . 1. impass* ConL. tan» — Élu menant: de k 

Société k S décembre 1»* 
Bornant fO.;. uioujboum i de meri! ei fmnim comparée à rCnrremie. 

fkjjimgf — fFmknrif,. — £iu membre de i& Soetèu et 11* juiii M6V 
Itorr» ( fcuuLp B O ,. mettre de eenference* * la Faculté net lettre*. 3 lu», ne 

de Kenoim. Renne* illie-et -Vilaine;. — Eu, membre de la Société le 6 

dujLiMiiiL 19*4 : biMiotbeceire de JftW a 1»1. 
]XmAM*-QmKTHJLr ffcmi*e-4iix,, ta. nie Hhuirnr . tan*.— £lu membr e de m 

Seetèle ht i™ avril IMS : 0169111» perpétue*. 
71. Bdte» (Alfred/. au, me Franco» J"\ tans. — Élu membr e de la Seeiélé le 

19 juillet 1BTO. 
bunujniL Ueen nepUsic). 18, me Servandoni. tan*. » Élu memtire de m 

Socièlé le 26 janvier 1989. 
Iicval (Aaw^Iuibeiisy. membre de m Société asiatique ei de la Société dot 

études juive*. 11. me de Sontây. tan*. — Élu membre de la Société le 

16 février IMS : vice-président en 18C : président en 1886. 
ItovAL CUmim»;, maître de conférence* de grammaire comparée à l'École 

pratique des» bmiie* étude*. 1 un de* directeur*, de la Hante de Pkiiotogm, 

de LUiératurr et (THutatre cnràenna. 22. quai df Ht* thune, taris. — Élu 

membre de la Société le € décembre 1884 ; administrateur depuis le 

l"" janvier 1082. 



ÉBOfc, profaaaeur an lycée Henri IV. 21, rue de Taugirard, taris. — Élu 
membre de la Société le 29 mai 1886. 

Elléott (Richard- T. >, professeur à Trinity cnllefre, Melbourne (Australie V 
— Élu membre de ia Société le 24 novembre 188&. 

£aKAULT fÉnùleJemv-Jterie., professeur à la Faculté des lettres, 2, rue 
Saint-Maixenl, Poitiers (Vienne). — Élu membre de la Société It 
18 décembre 187d : administrateur de 1882 an 24 mai 1884 ; membre per- 
pétuel. 

ErrLAKDBF (Eari-G.), professeur à ITniversité, Hehungfors (Finlande). — > 
Membre de la Société en 1867. 

ÉnBNiK (E.), professeur an lycée, caarpé de cours a la Faculté des lettres 
de Kancy, bL, faubourc Saint-Sébastien, Vaze ville, par Hancy (Heurt)** 
el-VoselieA. — Éln membre de la Société le e décembre 1890. 



— XXX — 

Fecaup (Albert), bibliothécaire de la Bibliothèque universitaire, 15, rue du 
Manège, Montpellier (Hérault).— Élu membre de la Société le 13 janvier 
1877. 
10 • Finot (Louis), sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, 49, rue 
Claude-Bernard, Paris.— Élu membre de la Société le 25 juin 1802. 

Fleury (Jean), lecteur à l'Université impériale, 33, rue des Officiers, Saint- 
Pétersbourg (Russie).— Élu membre de la Société le 21 décembre 1878 ; 
membre perpétuel. 

Gaidoz (Henri), directeur d'études pour les langues et littératures celtiques 

à l'École pratique des hautes études, professeur à l'École des sciences 

politiques, l'un des directeurs de la revue Mélusine, 22, rue Servandoni, 

Paris. — Membre de la Société en 1867 ; administrateur de 1870-1871 au 

27 janvier 1877 ; vice-président en 1879 et 1880; président en 1881. 
Gasc-Despossés (Alfred), professeur au lycée, 18, Façade de l'Esplanade 

Lille (Nord). — Élu membre de la Société le 9 mars 1889. 
GiLLiERO* (Jules), directeur adjoint pour les langues romanes à l'École 

pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Revue des Patois 

gallo-romans, 2, place de la République, Le vallois- Perret (Seine). — Élu 

membre de la Société le 28 avril 1877. 
Godiproy (Frédéric), 20, rue de l'Abbé-Grégoire, Paris. — Élu membre de la 

Société le 24 mai 1879. 
Gohin (Ferdinand), maître répétiteur au lycée Saint- Louis, Paris. — Élu 

membre de la Société le 30 janvier 1892. 
Gonnet (L'abbé), maison Sainte-Catherine, Écully (Rhône). — Élu membre 

de la Société le 12 juin 1875 ; membre perpétuel. 
Grappin (L'abbé R.), professeur à l'Institut catholique, 47, rue d'As sas, 

Paris. — Élu membre de la Société le 8 mars 1890. 
Grammont (Maurice), maître de conférences à la Faculté des lettres, Dijon 

(Côte-d'Or). — Élu membre de la Société le 14 décembre 1889. 
M Grandoent (Charles), professeur à l'Université de Harvard, Cambridge 

(Massachussets, États-Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 

29 mai 1886. 
Granges (Ch. M. des), agrégé des lettres, professeur au Collège Stanislas, 

9, chaussée de la Muette, Paris. — Élu membre de la* Société le 22 no- 
vembre 1890. 
Gra88erie (Raoul de la), juge au Tribunal, 4, rue de Bourbon, Rennes (Ille- 

et-Villàine). — Élu membre de la Société le 14 mai 1887. 
Greard (0.), membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences 

morales et politiques, vice-recteur de l'Académie de Paris, à la Sorbonne. 

— Membre de la Société depuis le 14 décembre 1889. 
Guimet (Emile), place de la Miséricorde, Lyon (Rhône), et au Musée 

Guimet, avenue d'Iéna* Paris. — Élu membre de la Société le 22 janvier 

1881; membre perpétuel. 
Gustafsson (Docteur Fridolf-KfadtmtV), professeur de littérature latine à 

l'Université, 1, Andreeg, Helsingfors (Finlande). — Élu membre de la 

Société le 16 mai 1885. 

Halkvy (Joseph), directeur adjoint pour les langues éthiopienne et hi raya- 
rite et les langues touraniennes à l'École pratique des hautes études, 26, 
rue Aumaire, Paris.— Élu membre de la Société le 13 janvier 1872; vice- 
président en 1886 et 1887; président en 1888. 



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Kirsti (Ferdinand-Otto-Je&n), professeur de philologie orientale à l'Univer- 
sité, 2, Hafnerplatz, Graz, (Styrie). — Élu membre de la Société le 7 
janvier 1872 ; membre perpétuel. 

Lasobde (Le marquis Joseph de), archiviste aux Archives nationales, 8, rue 
d'Anjou, Paris. — Élu membre de la Société le 29 décembre 1873 ; 
membre perpétuel. 

Lacouperie (Docteur Albert Terrien de), ancien professeur de philologie 
indo-chinoise à l'University Collège, directeur du Babylonien and Otien- 
(al Record, 54, Bishop's Terrace, Walham Green, S. W., Londres. — Élu 
membre de la Société le 9 février 1889. 

Lambert (Charles), professeur au Lycée, avenue du Parmelan, maison 
Falletti, Annecy (Haute-Savoie). — Élu membre de la Société le 3 mai 1890. 

Laray (Henri), capitaine d'infanterie de marine, 22, rue d'Orsel, Paris. 

— Élu membre de la Société le 31 mai 1890 ; membre perpétuel. 

ito. Laurent, professeur au Collège Stanislas, 9, rue du Mont-Parnasse, Paris. 

— Élu membre de la Société le 14 avril 1883. 

Lecocq (Gustave), 7, rue du Nouveau -Siècle, Lille (Nord).— Élu membre de 
la Société le 3 mai 1890. 

Le Foyer, 252, rue de Rivoli, Paris. — Élu membre de la Société le 14 mai 
1892. 

Léger (Louis-Pau/), professeur honoraire de langues et littératures slaves 
au Collège de France, professeur à l'École spéciale -des langues orien- 
tales vivantes, à l'École de guerre et à l'École libre des Sciences poli- 
tiques, 157, boulevard Saint-Germain, Paris. — Membre de la Société 
depuis l'origine, administrateur vice-président de 1866 à 1869, en 1880 
et en 1881 ; président en 1882 ; membre perpétuel. 

Lejay (L'abbé Paul), 119, rue du Cherche-Midi, Paria — Élu membre de la 
Société le 17 mai 1890. 

Levi (Sylvain), maître de conférences de langue sanscrite à l'École pra- 
tique des hautes études, chargé de cours à la Faculté des lettres, 3, place 
Saint-Michel, Paris. — Élu membre de la Société le 10 janvier 1885 ; 
vice-président en 1891 et en 1892; président en 1893. 

Lietard (Le docteur), Plombières (Vosges). — Membre de la Société en 1867. 

Loth (Joseph), doyen de la Faculté des lettres, Rennes (Ille-et- Vilaine). — 
Élu membre de la Société le 25 mai 1878. 

Malvou» (Edouard), agrégé de l'Université, 4, impasse Cœur-de-Vey 
(56, avenue d'Orléans), Paris. — Membre de la Société en 1867 ; bibliothé- 
caire du 7 février 1880 à la fin de 1881. 

Maspero (Camille-Charles-Gi&lon), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur de philologie et archéologie 
égyptiennes au Collège de France, directeur d'études pour la philologie 
et les antiquités égyptiennes à l'École pratique des hautes éludes, 24, 
avenue de l'Observetoire, Paris. — Membre de la Société en 1867; vice- 
président en 1877 et 1879 ; président en 1880. 
110. Massieu de Clbrval, 113, boulevard de la Reine, Versailles (Seine-et-Oise). 

— Membre de la Société depuis 1867. 

Mathieu (E.), traducteur aux établissements Schneider, 126, route de 
Conches, au Creusot (Saône-et- Loire). — Élu membre de la Société le 
8 mars 1890. 



Mollit (A.)* maître de 

pratique des haetei 

■cabra de la Secâtte le S 
IfeisE, profauear 4e ITni 

Élo membre de la Sedètè le f 
IbjOii (Paul), H, 

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(Gironde). — tfka 
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150. Passy (Paul), docteur es lettres, 6, rue Labordère, Neuilly-sur-Seine (Seine). 

— Élu membre de la Société le 17 décembre 189*; membre perpétuel. 
Pauli (Cari), docteur en philosophie, 15, Petereslrasse, Tr. B. III, Leipzig 

(Saxe). — Élu membre de la Société le 3 mare 1883. 
Pelletan (CAar/ei-Camille), député, 7 et 9, rue Niepce, Paris. — Admis 

dans la Société en 1868. 
PeRafiel (Docteur Antonio), professeur de médecine et de chirurgie à 

l'Université, directeur général du Bureau de statistique, Mexico (Mexique). 

— Élu membre de la Société le 11 mai 1889; membre perpétuel. 
Pierret, conservateur du musée égyptien, au Louvre, Paris. — Était 

membre de la Société le 1" février 1870. 
Ploix (Charles-Martin), ingénieur hydrographe, 1, quai Malaquais, Paris. — 

Membre de la Société en 1867 ; vice-président en 1873 et en 1888 ; 

président en 1874 et en 1889; membre perpétuel. 
Pognon (H.), consul de France, Bagdad (Turquie d'Asie). — Élu membre de 

la Société le 16 février 18SI. 
PodvKA (Jiri), privat-docent de philologie slave à l'Université, VII, 363, 
. Prague (Bohême). — Élu membre de la Société le 85 juin 1892. 
Psichari (Jean), directeur adjoint pour la philologie byzantine à l'École 

pratique des hautes études, 77, rue Claude Bernard, Paris. — Élu membre 

de la Société le 15 février 1884 ; administrateur de 1885 à 1889. 

Rein ach (Salomon), 38, rue de Lisbonne, Paris. — Élu membre de la Société le 

21 février 1880. 
160. Rhys (Prof. John), ancien fellow de Merton Collège, 87, Banbury road, 

Oxford (Grande-Bretagne).— Élu membre de la Société le 9 janvier 1875; 

membre perpétuel. 
Roersch (Alphonse), docteur en philosophie et lettres, 7, rue Casimir- 

Delavigne, Paris. — Élu membre de la Société le 28 janvier 1893. 
Roger (Maurice), professeur au lycée, 275, rue Sol fé ri no, Lille (Nord). — 

Élu membre de la Société le 20 mars 1886. 
Rolland (Eugène), l'un des directeurs de la revue Méhuine, château de 

Grantmont, à Aunay-sous-Auneau, par Auneau (Eure-et-Loir), et à Paris, 2, 

rue des Chantiers.— Admis dans la Société en 1868 ; membre perpétuel. 
Rosapelly (Le docteur), ancien interne des hôpitaux, 10, rue de Buci, 

Paris. — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre perpétuel. 
Rousselot (L'abbé Jean), docteur es lettres, l'un des directeurs de la Revue 

des Patois gallo-romans, 11, rue Littré, Paris. — Élu membre de la Société 

le 17 avril 1886. 
Rudt (Charles), 7, rue Royale, Paris. — Membre de la Société depuis l'origine. 

Sabbathier (Paul), agrégé de l'Université, 15, rue du Cardinal-Lemoine, 
Paris. — Élu membre de la Société le 28 décembre 1889. 

Saint-Didier (Le baron de), 1, boulevard de Latour-Maubourg, Paris. — Élu 
membre de la Société le 7 mars 1891. 

Sanchez Moquel (Antonio), membre de l'Académie royale d'histoire, pro- 
fesseur à l'Université, Madrid (Espagne).— Élu membre de la Société le 
5 février 1887. 
170. Saussure (Ferdinand de), professeur à l'Université de Genève, Malagny- 
Yersoix, près Genève (Suisse). — Élu membre de la Société le 13 mai 
1876; secrétaire-adjoint de 1883 à 1891. 

Sayce (v4rc/« A a/cMIenry), professeur à l'Université, Oxford (Grande-Bre- 
tagne). — Élu membre de la Société le 5 janvier 1878; membre perpétuel- 



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hrav* (idowrt), pmfci—mr à I» Faculté de* lettres, Besancon (Doubt). 

— Eu Membre de la Société le S mai 1885. 

Son* (L'abbé C.-H.J, cure de Fontenoille, par Sainte-Cécile (Belgique). 

— tt» membre de la Société ta 8 Juin 18». 

«flUT-T M Butitout (La chevalier Charte»), directeur de la Chancel- 
lerie des finance*, consul de Parte, via Sa ni' Andréa, 573, Fiume (Hon- 
grie). — fin membre de la Société le 30 novembre 188». 

ScBumsMn (Gustave-Utn), membre de l'Institut (Académie de* inscrip- 
liotuct beilea-letlrei), 140, rua du Fau bourg-Saint- Honoré , Paris.— 
Membre de la Société depuis le 1 décembre 1881 ; membre perpétuel. 

ScMiflom (Joseph), docteur en philosophie, l.Commelinttraat, Amsterdam 
(Pavs-Bei). — Élu membre de la Société le 5 décembre 18*1. 

Scawoa (Marcel), I, ma de PTJ inverti té. Paria. — Élu membre de la Société 
la » février 1881; bibliolbéceire en 1892. 

Séanxor (Paul), directeur de la Rmu de* Tradition» popa/n-res, 4, rue de 
TOdéon, Périt. — Élu membre de la Société le 38 avril 1883; membre 
perpétuel. 

Soin (Emile), membre de l'Initi lut (Académie des inscriptions et belles- 
lettre»), ebaieeu de la Pelice, prés la Ferlé-Bernard (Sartbe), et a Pari», 
18, rue François I" — Admit dent la Société en 1808; membre perpétuel. 
ia. lÉateam (Edmond), inspecteur des Qnencet, M, boulevard de Port-Hoyal, 
Paris. — Élu membre de la Société le 16 mai 1885. 

StrtT(Marîus), bibliothécaire a la bibliothèque nationale, î, rue de l'Union, 
Clamart (Seine). — Était membre de la Société le I" février 1870. 

Sraarr (Edouard), 106, rue du Faubourg-Saint-Houoré, Paris. — Membre 
de la Société depuis I8S7. 

Smart* (J.-S.), professeur de philologie latine h. l'Université, Groningue 
(Paya-Bas). — Élu membre de la Société le S février 1878. 

Sntotuaae, docteur en philosophie, !, Kurze tirasse, llannover (Allemagne). 

— Élu membre de la Société le SB mars 1892. 

Smo (Jean-eTaaW), professeur à l'Université de Lausanne, V a ffl en s-la- Ville, 
prêt Lausanne (Suiase). — Élu membre de la' Société le 18 février 1881. 

Stmxs (Wnillev), associé étranger de l'Institut de France (Académie des 
inscriptions si belles-lettres), ancien membre du Governor's Counrit a 
Calcutta, 15, Grenville Place, S. W., Londres. — Élu membre de la So- 
ciété le 5 novembre 1881. 

Stosji (Johan), professeur à l'Université, Christiania (Norvège). — Élu 
membre de la Société le 33 novembre 1873 ; membre perpétuel. 

Stuui (P.-V.), professeur à l'Athénée, Luxembourg (grand-iluché de Luxem- 
bourg). — Élu membre de la Société le 30 février 1875. 

Stnaa (Uopold-lfaance-Piarre-riiHofAee), professeur au collège Stanislas, 

11, boulevard Montparnasse, Paris. — Élu membre de la Société la 

, 3 avril 1187 ; membre perpétuel. 

'»■ SnuNi (le** Ir.) t Osiek (Croatie). — Élu membre | 

17 avril 1880. 

Tinurrï (Adrien), Jongnjr, près Vevey (Suisse). — Élu mi 

eiété le 17 mars 1883. 
Tssata, professeur a l'Université , Lund (Suède). — Élu m 

eiété le 17 avril 1875; membre perpétuel. 
Twmsas (Wilh.), professeur a l'Université, 130, Garnir 

eague (Danemark). — Élu membre de la Société le 31 




— xxx vj — 

Toub» (Edouard)» archiviste, Salins (Jura). — Élu membre de la Société 
le 5 mars 1887. 

Tourner (Edouard), directeur d'études pour la philologie grecque à l'École 
pratique des hautes études, maître de conférences à l'École normale su- 
périeure, 16, rue de Tournon, Paris. — Membre de la Société depuis 
l'origine; vice-président en 1872. 

Toubtoulon (Le baron Charles de), château de Valergues, par Lansargues 
(Hérault). — Élu membre de la Société le 25 avril 18». 

Van der Vuet, professeur à l'Université, Utrecht (Pays-Bas). — Élu membre 
de la Société le 11 mars 1893. 

Ybrribb (Paul), professeur au Lycée, 32, rue Maurepas, Versailles (Seine-et- 
Oise). — Élu membre de la Société le 12 mars 1892. 

Vogue (Le marquis CAaWe*Seaji-Melchior de), membre de l'Institut (Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres), ancien ambassadeur de France 
à Yienne, 2, rue Fabert, Paris.— Membre de la Société depuis le 27 mars 
1879 ; membre perpétuel. 

joo Wackernagel (Jacques), professeur à l'Université, Baie (Suisse). — Élu 

membre de la Société le 20 novembre 1886. 
Watel, professeur au lycée Gondorcet, 105, rue de Miromesnil, Paris. — 

Élu membre de la Société le 13 janvier 1872. 
Webster (M 11 * Hélène), 37, Nahont Street, Lynn (Massachussets, États- 

.Unis d'Amérique). — Élue membre de la Société le 28 décembre 1889. 
Wharton (Edward-Ross), Merton Lea, Oxford (Grande-Bretagne). — Élu 

membre de la Société le 7 février 1891. 
Wilbois, colonel de gendarmerie, 5, rue Stanislas, Paris. — Élu membre 

de la Société le 15 avril 1876 ; membre perpétuel. 
WmifER(Ludvig-F.v4.), professeur à l'Université, 9, Norrebrogade, Copen- 
hague (Danemark). — Élu membre de la Société le 29 mars 1873; membre 

perpétuel. 
Wmklek (Docteur Henri), Gartenhaus 34, Neudorfstrasse, Breslau (Silésie 

Prussienne). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 
Wotxe (Karl), docteur en philosophie, VII, Kirchberggasse, 35, Vienne 

(Autriche). — Élu membre de la Société le 25 juin 1887. 

Zubaty (Joseph), professeur de sanscrit et grammaire comparée à l'Uni- 
versité, Smichov, Uusova tf ida, 539, Prague (Bohême). — Élu membre 
de la Société le 19 décembre 1891. 

Zvetaiev (Jean), professeur à l'Université, Moscou (Russie).— Élu membre 
de la Société le 16 mai 1885. 

2l Bibliothèque de l'École française d'Archéologie os Rome. Palais Far- 

nèse, à Rome./— Admise comme membre de la Société le 25 mai 1889. 
Bibliothèque universitaire de Clbrmont-Fbrrand.— Admise comme membre 

de la Société le 11 juin 1887. 
Bibliothèque universitaire de Toulouse. — Admise comme membre de la 

Société le 2 mai 1885. 
British Muséum. — Admis comme membre de la Société le 22 novembre 

1890; membre perpétuel. Adresser à M. Borrani, 9, rue des Saints-Pères, 

Paris. 



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— XXX — 

Ficamp (Albert), bibliothécaire de la Bibliothèque universitaire, 15, rue du 
Manège, Montpellier (Hérault).— Élu membre de la Société le 13 janvier 
1877. 
*°* Finot (Louis), sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, 49, rue 
Claude-Bernard, Paris.— Élu membre de la Société le 25 juin 1892. 

Fleury (Jean), lecteur à l'Université impériale, 33, rue des Officiera, Saint- 
Pétersbourg (Russie).— Élu membre de la Société le 21 décembre 1878 ; 
membre perpétuel. 

Gaidoz (Henri), directeur d'études pour les langues et littératures celtiques 

à l'École pratique des hautes études, professeur à l'École des sciences 

politiques, l'un des directeurs de la revue Mélusine, 22, rue Servandoni, 

Paris. — Membre de la Société en 1867 ; administrateur de 1870-1871 au 

27 janvier 1877 ; vice-président en 1879 et 1880; président en 1881. 
Gasc-Desfosses (Alfred), professeur au lycée, 18, Façade de l'Esplanade 

Lille (Nord). — Élu membre de la Société le 9 mars 1889. 
Gïllieron (Jules), directeur adjoint pour les langues romanes à l'École 

pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Revue des Patoù 

gallo-romans, 2, place de la République, Levallois-Perret (Seine). — Élu 

membre de la Société le 28 avril 1877. 
Godefroy (Frédéric), 20, rue de l'Abbé -Grégoire, Paris. — Élu membre de la 

Société le 24 mai 1879. 
Gohin (Ferdinand), mettre répétiteur au lycée Saint- Louis, Paris. — Élu 

membre de la Société le 30 janvier 1892. 
Goknet (L'abbé), maison Sainte-Catherine, Écully (Rhône). — Élu membre 

de la Société le 12 juin 1875 ; membre perpétuel. 
Graffm (L'abbé R.), professeur à l'Institut catholique, 47, rue d'Assas, 

Paris. — Élu membre de la Société le 8 mars 1890. 
Grammont (Maurice), mettre de conférences à la Faculté des lettres, Dijon 

(Côte-d'Or). — Élu membre de la Société le 14 décembre 1889. 
to Grandqbnt (Charles), professeur à l'Université de Harvard, Cambridge 

(Massachussets, États-Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 

29 mai 1886. 
Granges (Ch. M. des), agrégé des lettres, professeur au Collège Stanislas, 

9, chaussée de la Muette, Paris. — Élu membre de la* Société le 22 no- 
vembre 1890. 
Grassbrib (Raoul de la), juge au Tribunal, 4, rue de Bourbon, Rennes (Ille- 

et-Villâine). — Élu membre de la Société le 14 mai 1887. 
Gréard (0.), membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences 

morales et politiques, vice-recteur de l'Académie de Paris, à la Sorbonne. 

— Membre de la Société depuis le 14 décembre 1889. 
Guimet (Emile), place de la Miséricorde, Lyon (Rhône), et au Musée 

Guimet, avenue d'Ièna, Paris. — Élu membre de la Société le 22 janvier 

1881; membre perpétuel. 
Gustafsson (Docteur Fridolf-r/arftmt>), professeur de littérature latine à 

l'Université, 1, Andreeg, Helsingfors (Finlande). — Élu membre de la 

Société le 16 mai 1885. 

Halevy (Joseph), directeur adjoint pour les langues éthiopienne et hiraya- 
rite et les langues touraniennes à l'École pratique des hautes études, 26, 
rue Au maire, Paris.— Élu membre de la Société le 13 janvier 1872; vice- 
président en 1886 et 1887; président en 1888. 



— IIIJ — 

Hablez (C m), professeur à l'Université, Louvain (Belgique). — Élu 
membre de la Société le 18 novembre 1876. 

Basdbû (Bogdan-r Vfa i c eM ), membre de l'Académie roumaine, de la So- 
ciété littéraire serbe, etc., professeur de philologie comparée à l'Uni- 
Tersitè de Bucarest, directeur général des ArchiTes royales, membre du 
Conseil supérieur de l'instruction publique, directeur de la revue Co- 
iummm faf TnUauL, rue Mihaîuvodà', Bucarest (Roumanie). — Élu 
membre de la Société le 4 lévrier 1882. 

Hatzteld (Adolphe), professeur au lycée Louis-le-Grand, ancien professeur à 
la Faculté des lettres de Grenoble, 7, rue de l*Odéon, Paris.— Élu membre 
de la Société le 1* février 1873. 
»•*• Haottiob, 40, rue des Écoles, Paris. — Élu membre de la Société le 
98 novembre 1886. 

HAvnnau» (F.), professeur à Christ-Church, Oxford, (Grande-Bretagne). 
— Élu membre de la Société le 18 novembre 1882; membre perpétuel. 

Ha vit (Pierre-AntmMe-bMiïs)* professeur de philologie latine au Collège de 
France, professeur de philologie latine à la Faculté des lettres, directeur 
d'études pour la philologie latine à l'École pratique des hautes études, 
5, avenue de l'Opéra, Paris. — Élu membre de la Société le 20 novembre 
1860; secrétaire adjoint de 1870 à 1882; membre perpétuel. 

Hrauv (Victor), professeur de sanscrit et de grammaire comparée à la 
Faculté des lettres, 105, rue Ifotre-Dame-des-Champs, Paris. — Élu 
membre de la Société le 22 janvier 1881 ; membre perpétuel. 

HiuoT-BcwwtT (L'abbé Étiame-Emgêmt-bouï*), 55, rue Dutot, Paris. — Élu 
membre de la Société le 19 novembre 1887 ; membre perpétuel. 

HaaMAx* (Eduard), 25, Spitalgasse, Cobourg (Allemagne). — Élu membre 
de la Société le 3 décembre 1802. 

Holleaux (Maurice), professeur à la Faculté des lettres, 9, quai de la Guil- 
lotière, Lyon (Rhône). — Élu membre de la Société le 30 avril 1802. 

Hovxlacqci (Abel), professeur à l'École d'anthropologie, 38, rue de Luxem- 
bourg, Paris.— Élu membre de 4a Société le 4 décembre 1800. 

IamcBT, receveur de Penregislrement, Piousat (Puy-de-Dôme).— Élu membre 
de la Société le 14 décembre 1880. 

Jacxsoh (James), archiviste-bibliothécaire de la Société de Géographie, 
15, avenue d'Antin, Paris. — Élu membre de la Société le 22 juin 1879 ; 
membre perpétuel. 
**•- Jxmjcka (Jaromir), membre du séminaire de philologie slave à l'Univer- 
sité de Prague, Tàvrova ulice, c. 10, Krélovské Yinohrady (Bohême). — 
Élu membre de la Société le 10 décembre 1891. 

Joe (Léon), professeur au lycée, 2, rue de la Hache, Nancy (Meurthe-et- 
Moselle). — Élu membre de la Société le 21 novembre 1885. 

Joarr (Charles), professeur à la Faculté des lettres, 5, rue Saint-Michel, 
Aix (Bouches-du-Rhône). — Élu membre de la Société le 10 janvier 1874 ; 
membre perpétuel. 

Killeb (Otto), professeur à l'Université, 2, KreurherrenplaU, Prague 
(Bohême). — Élu membre de la Société le 14 janvier 1803. 

Itax, professeur de sanscrit à l'Université, 41, Noordeinde, Leyde (Pays* 
Bas). — Élu membre de la Société le 15 mars 1873. 




— X5XIJ — 

Kirsti (Ferdinand'Otio~Jt&n), professeur de philologie orientale à l'Univer- 
sité, 2, HafnerplaU, Graz, (Styrie). — Élu membre de la Société le 7 
janvier 1872 ; membre perpétuel. 

Labordi (Le marquis Joseph de), archiviste aux Archives nationales, 8, rue 
d'Anjou, Paris. — Élu membre de la Société le 29 décembre 1873 ; 
membre perpétuel. 

Lacouperir (Docteur Albert Terrien de), ancien professeur de philologie 
indo-chinoise à l'University Collège, directeur du Babylonimn and Orien- 
tal Record, 54, Bishop'» Terrace, Walham Green, S. W., Londres. — Élu 
membre de la Société le 9 février 1889. 

Lambert (Charles), professeur au Lycée, avenue du Parmelan, maison 
Falletti, Annecy (Haute-Savoie). — Élu membre de la Société le 3 mai 1890. 

Laray (Henri), capitaine d'infanterie de marine, 22, rue d'Orsel, Paris. 

— Élu membre de la Société le 31 mai 1890 ; membre perpétuel. 

ito. Laurent, professeur au Collège Stanislas, 9, rue du Mont-Parnasse, Paris. 

— Élu membre de la Société le 14 avril 1883. 

Lecocq (Gustave), 7, rue du Nouveau -Siècle, Lille (Nord).— Élu membre de 
la Société le 3 mai 1890. 

Le Foyer, 252, rue de Rivoli, Paris. — Élu membre de la Société le 14 mai 
1892. 

Léger (Louis-Pau/), professeur honoraire de langues et littératures slaves 
au Collège de France, professeur à l'École spéciale -des langues orien- 
tales vivantes, à l'École de guerre et à l'École libre des Sciences poli- 
tiques, 157, boulevard Saint-Germain, Paris. — Membre de la Société 
depuis l'origine, administrateur vice-président de 1866 à 1869, en 1880 
et en 1881 ; président en 1882 ; membre perpétuel. 

Lejay (L'abbé Paul), 119, rue du Cherche-Midi, Paris. — Élu membre de la 
Société le 17 mai 1890. 

Lévi (Sylvain), maître de conférences de langue sanscrite à l'École pra- 
tique des hautes études, chargé de cours à la Faculté des lettres, 3, place 
Saint-Michel, Paris. — Élu membre de la Société le 10 janvier 1885 ; 
vice-président en 1891 et en 1892; président en 1893. 

Detard (Le docteur), Plombières (Vosges). — Membre de la Société en 1867. 

Loin (Joseph), doyen de la Faculté des lettres, Rennes (Ille-et- Vilaine). — 
Élu membre de la Société le 25 mai 1878. 

Malvoisin (Edouard), agrégé de l'Université, 4, impasse Cœur-de-Vey 
(56, avenue d'Orléans), Paris. — Membre de la Société en 1867 ; bibliothé- 
caire du 7 février 1880 à la fin de 1881. 

Maspbro (Cami//«-CAar/e#-Gaston), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur de philologie et archéologie 
égyptiennes au Collège de France, directeur d'études pour la philologie 
et les antiquités égyptiennes à l'École pratique des hautes études, 24, 
avenue de l'Observetoire, Paris. — Membre de la Société en 1867 ; vice- 
président en 1877 et 1879 ; président en 1880. 
110. Massieu de Clerval, 113, boulevard de la Reine, Versailles (Seine-et-Oise). 

— Membre de la Société depuis 1867. 

Mathieu (B.), traducteur aux établissements Schneider, 126, route de 
Conches, au Creusot (Saône-et-Loire). — Élu membre de la Société le 
8 mars 1890. 




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a*e bb GflOèm? de Fmace, président de la Sertira des «aerne» 
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En memfcre de la Soôèfte Je * (k^mbre ISS». 

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— EN membre de U Soeiêle le 1T mare 119$: memHi* 



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— XIXiV — 

150. Passy (Paul), docteur es lettres, 6, rue Labordère, Ifeuilly-sur-Seine (Seine). 

— Élu membre de la Société le 17 décembre 1892; membre perpétuel. 
Pauli (Cari), docteur en philosophie, 15, Petersstrasse, Tr. B. III, Leipzig 

(Saxe). — Élu membre de la Société le 3 mars 1883. 
Pelletan (Charles -Camille), député, 7 et 9, rue Niepce, Paris. — Admis 

dans la Société en 1868. 
PbHapiel (Docteur Antonio), professeur de médecine et de chirurgie à 

l'Université, directeur général du Bureau de statistique, Mexico (Mexique). 

— Élu membre de la Société le 11 mai 1889; membre perpétuel. 
Pierret, conservateur du musée égyptien, au Louvre, Paris. — Était 

membre de la Société le 1" février 1870. 
Ploix (Charles-Mar/tn), ingénieur hydrographe, 1, quai Malaquais, Paris. — 

Membre de la Société en 1867 ; vice-président en 1873 et en 1888 ; 

président en 1874 et en 1889 ; membre perpétuel. 
Poonon (H.), consul de France, Bagdad (Turquie d'Asie). — Élu membre de 

la Société le 16 février 1884. 
PoUvka (Ji fi), privat-docent de philologie slave à l'Université, VI I, 365, 
. Prague (Bohême). — Élu membre de la Société le 25 juin 1892. 
Psichari (Jean), directeur adjoint pour la philologie byzantine à l'École 

pratique des hautes études, 77, rue Claude Bernard, Paris. — Élu membre 

de la Société le 15 février 1884 ; administrateur de 1885 à 1889. 

Reinach (Salomon), 38, rue de Lisbonne, Paris. — Élu membre de la Société le 

21 février 1880. 
140. Rhys (Prof. John), ancien fellow de Merton Collège, 87, Banbury road, 

Oxford (Grande-Bretagne).— Élu membre de la Société le 9 janvier 1875; 

membre perpétuel. 
Roxrsch (Alphonse), docteur en philosophie et lettres, 7, rue Casimir- 

Delavigne, Paris. — Élu membre de la Société le 28 janvier 1893. 
Roger (Maurice), professeur au lycée, 275, rue Solférino, Lille (Nord). — 

Élu membre de la Société le 20 mars 1886. 
Rolland (Eugène), l'un des directeurs de la revue Méhuine, château de 

Grantmont, à Aunay-sous-Auneau, par Auneau (Eure-et-Loir), et à Paris, 2, 

rue des Chantiers.— Admis dans la Société en 1868 ; membre perpétuel. 
Rosapelly (Le docteur), ancien interne des hôpitaux, 10, rue de Buci, 

Paris. — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre perpétuel. 
Rousse lot (L'abbé Jean), docteur es lettres, l'un des directeurs de la Rtvu* 

des Patois gallo-romans , 11, rue Littré, Paris. — Élu membre de la Société 

le 17 avril 1886. 
Rudy (Charles), 7, rue Royale, Paris. — Membre de la Société depuis l'origine. 

Sabbathier (Paul), agrégé de l'Université, 15, rue du Cardinal-Lemoine, 
Paris. — Élu membre de la Société le 28 décembre 1889. 

Saint-Didier (Le baron de), 1, boulevard de Latour-Maubourg, Paris. — Élu 
membre de la Société le 7 mars 1891. 

Sanchez Moouel (Antonio), membre de l'Académie royale d'histoire, pro- 
fesseur à l'Université, Madrid (Espagne).— Élu membre de la Société le 
5 février 1887. 
170. Saussure (Ferdinand de), professeur à l'Université de Genève, Malagny- 
Yersoix, près Genève (Suisse). — Élu membre de la Société le 13 mai 
1876; secrétaire-adjoint de 1883 à 1891. 

Sayce (itrc/itoa/cMIenry), professeur à l'Université, Oxford (Grande-Bre- 
tagne). — Élu membre de la Société le 5 janvier 1878; membre perpétuel- 




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inscriptions et belles-lettres), professeur de langues et littératures celti- 
ques au Collège de France, directeur de la Revue celtique, 84, boulevard 
Montparnasse, Paris.— Membre de la Société en 1867 ; vice-président en 

1881 et 1882 ; président en 1883. 

Ascou (Graziadio /.), correspondant de l'Institut de France (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur à l'Institut royal, Milan (Italie). 
— Élu membre de la Société le 22 juillet 1876 ; membre perpétuel. 

Audouin, maître de conférences à la Faculté des lettres, 36, rue de la 
Balance, Toulouse (Haute-Garonne). — Élu membre de la Société le 23 
février 1889. 

Aymomer (Le commandant Étienne-Franfow), directeur de l'École Colo- 
niale, 38, rue du Général Foy, Paris. — Élu membre de la Société 
le 4 février 1882; vice-président en 1892 et en 1893. 

Badareu (Le Prof. Alexandre), ancien élève de l'École des hautes études, 36, 

strada Pecurarl, Jassy (Roumanie). — Élu membre de la Société le 

26 avril 1884. 
to. Baillt (Anatole), correspondant de l'Institut (Académie des inscriptions et 

belles-lettres), professeur honoraire de l'Université, 91, rue Ban nier, 

Orléans (Loiret). — Admis dans la Société en 1868. 
Baize (Louis), professeur au lycée Charlemagne, 28, rue. du Luxembourg, 

Paris.— Élu membre de la Société le* 22 janvier 1881 ; bibliothécaire de 

1882 à 1888. 

Barbelbnet (Daniel), licencié es lettres, élève de l'École pratique des hautes 
études, 75 bis, rue Monge, Paris. — Élu membre de la Société le 17 dé- 
cembre 1892; bibliothécaire en 1893. 

Barbier de Meynard, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur au Collège de France et à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, 18, boulevard de Magenta, Paris. — Membre 
de la Société depuis le 2 février 1884. 

Baron (Charles), maître de conférences à la Faculté des lettres, Clermont- 
Ferrand (Puy-de-Dôme). — Élu membre de la Société le 22 janvier 1887. 

Barth (Auguste), membre de l'institut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), 6, rue du Vieux-Colombier, Paris. — Élu membre de la Société 
le 10 mars 1873. 

Barthélémy (Adrien), drogman-chancelier du Consulat général de France, 
Alep (Syrie). — Élu membre de la Société le 16 février 1884. 

Basset (René), professeur de langue et de littérature arabes à l'École su- 
périeure des Lettres, Agha 49, rue Michelet, Alger-Mustapha (Algérie). 
— Élu membre de la Société le 2 juin 1888. 

Baudat (Emile), professeur à l'Université, Lausanne (Suisse).— Élu membre 
de la Société le 5 janvier 1878 ; bibliothécaire en 1879. 

Baudisch (Julius), docteur en philosophie, 111,2, Radetzkystrasse, 8, Vienne 
(Autriche). — Élu membre de la Société le 3 décembre 1892. 
to. Baudouin de Courtenay (J.), professeur de grammaire comparée des 
langues slaves à l'Université, Jurgew (Russie).— Élu membre de la So- 
ciété le 3 décembre 1881 ; membre perpétuel. 

Bauer (Alfred), 17, rue Tournefort, Paris. — Élu membre de la Société le 
9 janvier 1875. 

Baunack (Jofyannes), docteur en philosophie, 32, Hospitalstrasse, Leipzig 
(Saxe). — Élu membre de la Société le 26 juin 1880. 

Beuame (Alexandre), maître de conférences de langue et littérature an* 



— IXV1J — 

glaises à la Faculté des lettres, », rue de Condé, Paris. — Membre de 
la Société eu 1867. 

Bhiubw (Louis), 48, rue. Copernic, Paris.— Admis dans la Société en 1868. 

faion (Philippe), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), chargé du cours d'hébreu à la Faculté de théologie pro; 
testante, 1, rue de Seine, Paris. — Élu membre de la Société le 1" juin 
1872; trésorier depuis le 11 avril 1874 jusqu'au 31 décembre 1891; vice- 
président en 1880 et en 1881 ; président en 1892 ; membre perpétuel. 

Bezsokov (Pierre), professeur à l'Université, KharkoT (Russie).— Élu 
membre de la Société le 83 novembre 1878. 

Biajcu (Le professeur Jean), bibliothécaire de l'Académie roumaine, 135, 
calea Yietoriei, Bucarest (Roumanie). — Élu membre de la Société' le 
3 mars 1883. 

Bmsco (Le prince Alexandre), 69, rue de Gourcelles, Paris.— Élu membre 
de la Société le 6. juin 1874; vice-président en 1893; membre perpétuel. 

Buvarcx (W. Q. G.), docteur es lettres, 37" Laarderweg, Hilversum, près 
Amsterdam (Pays-Bas).— ~Élu membre de la Société le 28 décembre 1889. 

BoctLAS (0.), Athènes (6rece>. — Élu membre de la Société lé 5 juillet 1884. 

Bumc (Alphonse), professeur au collège, Narbonne (Aude). — Élu membre 
de la Société le 20 février 1875. 

Bloray (Godefroy de), élève de l'École pratique des hautes études, 5, rue 
de Médicis, Paris. — Élu membre de la Société le 30 janvier 1892. 

Boisacq (Emile), docteur agrégé de l'Université de Bruxelles, 4, rue de 
rÉeoie-de-Xédecine, Paris. — Élu membre de la Société le 13 février 1892. 

Bossu» (Morte-£ot<ù-i4ji/om6-Gaston), membre de l'Académie française et 
de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, administrateur du Col- 
lège de France, maître de conférences hr l'École normale supérieuse. 
8, rue de Tournon, Paris. — Membre de la Société depuis le 8 mai 1869 

Bokrardot (François), archiviste paléographe, sous-inspecteur du service 
des travaux historiques de la ville de Paris, 106, avenue de la Répu- 
blique, Montrouge (Seine). — Admis dans la Société en 1868 ; vice-prési- 
dent de 1887 à 1889 ; président en 1890 ; membre perpétuel. 

Boiil (Frédéric), 96, rue Miromesnil, Paris. — Élu membre de la Société 
le 3 mars 1883. 

Bossirt (A.), inspecteur d'Académie, 51, rue d'Assas, Paris.— Élu membre 
de la Société le 2 décembre 1882. 

Boocririi (Adhémar), chef de bataillon en retraite, Angouléme (Charente). 
— Élu membre de la Société le 12 mai 1883. 

Bovnm-LansRRi, ancien professeur de l'Université, 8, rue Garancière, 
Paris.— Présenté pour être membre de la Société le 9 juin 1871 ; bibliothé- 
caire du 25 mai 1878 au 1" janvier 1879. 

Boter (Paul), professeur de langue russe à l'École spéciale des langues 
orientales vivantes, 86, rue de l'Université, Paris. — Élu membre de la 
Société le 8 décembre 1888; trésorier depuis le 1" janvier 1892. 

BuLl (Auguste), élève de l'École spéciale des langues orientales et de 
l'École pratique des hautes études, 70, rue d'Assas, Paris. — Élu 
membre de la Société le 5 décembre 1891. 

Biéal (Hichtl-JuUs-Alflrtd), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), inspecteur général de l'enseignement supé- 
rieur, professeur de grammaire comparée au -Collège de France, direc- 
teur d'études à l'École pratique des hautes études, 70, rue d'Assas, 



— zxvuj — 

Paris.* — Membre 4e le Société en 1867 ; secrétaire depuis 1868 ; 
membre perpétuel. 
Boom (Sophus), professeur à 4'Uhiversité, Christiania (Norvège). — fia 
membre de le Société, le 5 janvier 1878. 

Caloiamo (Michel B, C%), docteur es lettres, professeur au lycée, Craiova 
(Roumanie). — Élu membre de là Société le 8 mars 1870. 

Carnkl, (L'abbé), aumônier de l'Hôpital militaire, Lille (Nord). — Au 
membre de la Société le 5 décembre 1801. 

Carrière (Auguste), directeur adjoint pour les langues hébraïque, chal- 
dalqiie et syriaque à l'École pratique des hautes études, professeur de 
langue arménienne a l'École spéciale des langues orientales vivantes, 
35,' rue de Lille, Paris. — Élu membre de la Société le 10 février 1878 > 
vice-président en 1875 et 1876. 

oart (Théophile), professeur au lycée Henri IV, 12,- rue SoufOot, Paris. — 
Élu membre de la Société le 17 décembre 1802. 

Giabaniau (Camille), chargé du cours de langues romanes à. la Faculté des 
lettres, Montpellier (Hérault).— Élu membre de la Société le* 21 no- 
vembre 1868.' 

liARiNCBY (CAarfef-FtTtx-Hyacinthe Gouhibr, comte de), membre du Con- 
seil général de l'Orne, 24, rue de la Chaise, Paris. — Membre de U 
Société depuis l'origine et son premier secrétaire ; bibliothécaire de 1888 
à 187$; vice-président en 1874, 1883 et 1884 ; président en 1885. 
*o. Cheheviirb (Adolphe), docteur es lettres, Campuget, par Manduel (Gard). 
— Élu membre de la Société' le 20 janvier 1883. 

Chilot (Narcisse), licencié es lettres, élève de FÉcole pratique des hautes 
études et de. l'École des langues orientales vivantes, 24, rue de Paris, 
Villeneuve-Saint-Geora*s (Seine-et-Oise). — Élu membre de la Société' le 
14 janvier 1803. 

CouifiT (Ph.), professeur à l'Université, Louvairi (Beltfque). — Élu membre 
' de la Société le 25 juin 1802; membre perpétuel. 

Comte (Charles), professeur de rhétorique au lycée, Versailles (Seine-et- 
Oise).— Élu membre de la Société le 4 février 1882. 

Cornu (Jules), professeur à l'Université, 0, Salmovslcà ulice, Prague 
(Bohême). — Élu membre de la Société le 10 juillet 1873. 

CooBROifNB (Louis), professeur au lycée, Nantes (Loire-Inférieure). — £lu 
membre de la Société le 25 janvieo 1870. 

Coosof (Georges), maître de conférences a la Faculté des lettres, 50, boule- 
vard Stanislas, Nancy (Meurthe-et-Moselle). — Élu membre de ta Société 
le 8 février 1800. 

Cunt (Albert), 60, rue du Port,. Lille (Nord). — Élu membre de la Société 
le Ornai 1801. 

Darmesteter (James), professeur de langues et littératures de la Perse au 
Collège de France, directeur d'études pour la langue rende à l'École pra- 
tique des hautes études, 0, rue Bara, Paris. — Élu membre de la Société le 
20 décembre 1873 ; vice-président en 1884, 1885 et 1886; président en 1887. 

David (René), ingénieur, 60, rué des Écoles, Paris. — Élu membre de la 
Société le 18 février 1882. 
•°- Delaire (Alexis), 238, boulevard Saint-Germain, Paris. — Elu membre de ia 
Société le 18 novembre 1876 ; membre perpétuel. 



— XXIX — 

DtLAPUUYt (A.), chef de bureau au Ministère des travaux publies, 244, boule- 
Tard Saint-Germain, Paris.— Admis dans la Société en 1868. 

DiLONDax (Gustave), 16, rue Mouton-Duvernet, Paris. — Membre de la So- 
ciété en 1867. 

DtaiHBOimo (Hartwig), professeur d'arabe littéral à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, directeur adjoint pour la langue arabe et 
les religions de l'Arabie à l'École pratique des hautes études, professeur 
honoraire du Séminaire israélite, 56, rue de la Victoire, Paris. — Membre 
de la Société depuis 1866 ; secrétaire adjoint de 1866 à 1868 ; membre 
perpétuel. 

DiRixBOuaG (Joseph), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), 27, rue de Dunkerque, Paris. — Membre de la Société 
depuis le 22 juillet 1871. 

Dumo (Jean JV.), licencié es lettres, élève de l'École pratique des hautes 

études, 18, rue de la Sorbonne, Paris. — Élu membre de la Société le 7 

février 1891. 
Dœulafot (Auguste-Marcel), 2, impasse Gonti, Paris. — Élu membre de la 

Société le 28 décembre 1884. 
Donner (0.), professeur de sanscrit et grammaire comparée à l'Université, 

Helsingfors (Finlande). — Élu membre de la Société le 19 juin 1869. 
Dottw (Georges), maître de conférences à la Faculté des lettres, 3 bis, rue 

de Nemours, Rennes (Ille-et- Vilaine). — Élu membre de la Société le 6 

décembre 1884; bibliothécaire de 1888 à 1891. 
Durahd-Gréville (Émile-il/tr), 68, rue Blanche, Paris. — Élu membre de la 

Société le 1*' avril 1882 ; membre perpétuel. 

7i. Durcis (Alfred), 50, rue François I", Paris; — Élu membre de la Société le 
19 juillet 1879. 

Dutuxeul (Jean-Baptiste), 18, rue Servandoni, Paris. — Élu membre de la 
Société le 26 janvier 1889. 

Duval (PouZ-Rubens), membre de la Société asiatique et de la Société des 
études juives, 11, rue de Sontây, Paris. — Élu membre de la Société le 
18 février 1882 ; vice-président en 1885 ; président en 1886. 

Duvau (Louis), maitre de conférences de grammaire comparée à l'École 
pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Revue de Philologie, 
de Littérature et d'Histoire anciennes, 22, quai de Béthune, Paris. — Élu 
membre de la Société le 6 décembre 1884; administrateur depuis le 
1* janvier 1892. 

Édon, professeur au lycée Henri IV, 21, rue de Vaugirard, Paris. — Élu 
membre de la Société le 29 mai 1880. 

Eluott (Richard- F.), professeur à Trinity collège, Melbourne (Australie). 
— Élu membre de la Société le 24 novembre 1888. 

Ernault (Ém'ûe- Jean-Marie), professeur à la Faculté des lettres, 2, rue 
Saint-Maixent, Poitiers (Vienne). — Élu membre de la Société le 
18 décembre 1875 ; administrateur de 1882 au 24 mai 1884; membre per- 
pétuel. 

Estlandbr (Karl-G.), professeur à l'Université, Helsingfors (Finlande). — 
Membre de la Société en 1867. 

Étunni (E.), professeur au lycée, chargé de cours à la Faculté des lettres 
de Nancy, 51, faubourg Saint-Sébastien, Maxe ville, par Nancy (Meurthe- 
et-Moselle). — Élu membre de la Société le 6 décembre 1890. 



— XXX — 

Ficajip (Albert), bibliothécaire de la Bibliothèque universitaire, 15, me du 
Manège, Montpellier (Hérault).— Élu membre de la Société le 13 janvier 
1877. 
*°* Finot (Louis), sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, 49, rue 
Claude-Bernard, Paris.— Élu membre de la Société le 25 juin 1892. 

Flbury (Jean), lecteur à l'Université impériale, 33, rue des Officiera, Saint- 
Pétersbourg (Russie).— Élu membre de la Société le 21 décembre 1878 ; 
membre perpétuel. 

Gaidoz (Henri), directeur d'études pour les langues et littératures celtiques 

à l'École pratique des hautes études, professeur à l'École des sciences 

politiques, l'un des directeurs de la revue Mètusine, 22, rue Servandoni, 

Paris. — Membre de la Société en 1867 ; administrateur de 1870-1871 au 

27 janvier 1877 ; vice-président en 1879 et 1880; président en 1881. 
Gasc-Desfossés (Alfred), professeur au lycée, 18, Façade de l'Esplanade 

Lille (Nord). — Élu membre de la Société le 9 mars 1889. 
GiLLiénoN (Jules), directeur adjoint pour les langues romanes à l'École 

pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Revue det Patoù 

gallo-romans, 2, place de la République, Le val loi s- Perret (Seine). — Élu 

membre de la Société le 28 avril 1877. 
Godefroy (Frédéric), 20, rue de l'Abbé-Grégoire, Paris. — Élu membre de la 

Société le 24 mai 1879. 
Gohin (Ferdinand), mettre répétiteur au lycée Saint- Louis, Paris. — Élu 

membre de la Société le 30 janvier 1892. 
Gonnet (L'abbé), maison Sainte-Catherine, Écully (Rhône). — Élu membre 

de la Société le 12 juin 1875 ; membre perpétuel. 
Graffm (L'abbé R.), professeur à l'Institut catholique, 47, rue d'As sas, 

Paris. — Élu membre de la Société le 8 mars 1890. 
Gramuont (Maurice), maître de conférences à la Faculté des lettres, Dijon 

(Cote-d'Or). — Élu membre de la Société le 14 décembre 1889. 
to Grandgent (Charles), professeur à l'Université de Harvard, Cambridge 

(Massachussets, États-Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 

29 mai 1886. 
Granges (Ch. M. dis), agrégé des lettres, professeur au Collège Stanislas, 

9, chaussée de la Muette, Paris. — Élu membre de la' Société le 22 no- 
vembre 1890. 
Gras8erie (Raoul DE la), juge au Tribunal, 4, rue de Bourbon, Rennes (Ille- 

et-Villaine). — Élu membre de la Société le 14 mai 1887. 
Gréard (0.), membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences 

morales et politiques, vice-recteur de l'Académie de Paris, à laSorbonne. 

— Membre de la Société depuis le 14 décembre 1889. 
Guiuet (Emile), place de la Miséricorde, Lyon (Rhône), et au Musée 

Guimet, avenue d'Iéna, Paris. — Élu membre de la Société le 22 janvier 

1881; membre perpétuel. 
Gustafsson (Docteur Fridolf-F/adtmir), professeur de littérature latine à 

l'Université, 1, Andreeg, Helsingfors (Finlande). — Élu membre de la 

Société le 16 mai 1885. 

Halevy (Joseph), directeur adjoint pour les langues éthiopienne et ni m vé- 
rité et les langues touraniennes à l'École pratique des hautes études, 26, 
rue Au maire, Paris.— Élu membre de la Société le 13 janvier 1872; vice- 
président en 1886 et 1887; président en 1888. 



— xsij — 

Hablb (C. di), professeur à l'Université, Louvain (Belgique). — Élu 
membre de la Société le 18 novembre 1876. 

HasdiO (Bogdan-Pefrtcetetf), membre de l'Académie roumaine, de la So- 
ciété littéraire serbe, etc., professeur de philologie comparée à l'Uni- 
versité de Bucarest, directeur général des Archives royales, membre du 
Conseil supérieur de l'instruction publique, directeur de la revue Co- 
lumna ha Traïanù, rue Mihaîuvoda', Bucarest (Roumanie). — Élu 
membre de la Société le 4 février 1882. 

Hatzpeld (Adolphe), professeur au lycée Louis-le-Grand, ancien professeur à 
la Faculté des lettres de Grenoble, 7, rue de l'Odéon, Paris.— Élu membre 
de la Société le 1" février 1873. 
ut- Hauvioh, 40, rue des Écoles, Paris. — Élu membre de la Société le 
20 novembre 1886. 

Haviifiblo (F.), professeur à Christ-Church, Oxford, (Grande-Bretagne). 
— Élu membre de la Société le 18 novembre 1882 ; membre perpétuel. 

Havet (Pierre-Anldne-Louis) y professeur de philologie latine au Collège de 
France, professeur de philologie latine à la Faculté des lettres, directeur 
d'études pour la philologie latine à l'École pratique des hautes études, 
5, avenue de l'Opéra, Paris.— Élu membre de la Société le 20 novembre 
1860; secrétaire adjoint de 1870 A 1882; membre perpétuel. 

Hexry (Victor), professeur de sanscrit et de grammaire comparée A la 
Faculté des lettres, 105, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris. — Élu 
membre de la Société le 22 janvier 1881 ; membre perpétuel. 

Himot-Bunocst (L'abbé Éiienne-Eugène-Loui*), 55, rue Du tôt, Paris. — Élu 
membre de la Société le 19 novembre 1887 ; membre perpétuel. 

HtauAHN (Eduard), 25, Spitalgasse, Cobourg (Allemagne). — Élu membre 
de la Société le 3 décembre 1892. 

Hollkaux (Maurice), professeur A la Faculté des lettres, 9, quai de la Guil- 
lotière, Lyon (Rhône). — Élu membre de la Société le 30 avril 1892. 

Bovslacqoi (Abel), professeur A l'École d'anthropologie, 38, rue de Luxem- 
bourg, Paris.— Élu membre de 4a Société le 4 décembre 1869. 

Instar, receveur de l'enregistrement, Piousat (Puy-de-Dôme).— Élu membre 
de la Société le 14 décembre 1889. 

Jackson (James), archiviste-bibliothécaire de la Société de Géographie, 
15, avenue d'Antin, Paris. — Élu membre de la Société le 22 juin 1879 ; 
membre perpétuel. 
•m. Jidu£ka (Jaromir), membre du séminaire de philologie slave A l'Univer- 
sité de Prague, VAvrova ulice, c. 19, KrAlovské Vinohrady (Bohême). — 
Élu membre de la Société le 19 décembre 1891. 

Job (Léon), professeur au lycée, 2, rue de la Hache, Nancy (Meurthe-et- 
Moselle). — Élu membre de la Société le 21 novembre 1885. 

JosiT (Charles), professeur A la Faculté des lettres, 5, rue Saint-Michel, 
Aix (Bouches-du-Rhône).— Élu membre de la Société le 10 janvier 1874 ; 
membre perpétuel. 

taxas (Otto), professeur A l'Université, 2, KreuiherrenplaU, Prague 
(Bohême). — Élu membre de la Société le 14 janvier 1893. 

Kim, professeur de sanscrit A l'Université, 41, Noordeinde, Leyde (Pays- 
Bas).— Élu membre de la Société le 15 mars 1873. 



— nxij — 

Kirste (Ferdinand- Otio~Jt&n)> professeur de philologie orientale à l'Oniver- 
sité, 2, Hafnerplatz, Graz, (Styrie). — Élu membre de la Société le 7 
janvier 1872 ; membre perpétuel. 

{jAbordi (Le marquis Joseph de), archiviste aux Archives nationales, S, rue 
d'Anjou, Paris. — Élu membre de la Société le 29 décembre 1873 ; 
membre perpétuel. 

Lacouperie (Docteur Albert Terrien de), ancien professeur de philologie 
indo-chinoise à l'University Collège, directeur du Babylonian and Orien- 
tal Record, 54, Bishop'» Terrace, Walham Green, S. W., Londres. — Élu 
membre de la Société le 9 février 1889. 

Lambert (Charles), professeur au Lycée, avenue du Parmelan, maison 
Falletti, Annecy (Haute-Savoie). — Élu membre de la Société le 3 mai 1890. 

Larat (Henri), capitaine d'infanterie de marine, 22, rue d'Orsel, Paris. 

— Élu membre de la Société le 31 mai 1890 ; membre perpétuel. 

110. Laurent, professeur au Collège Stanislas, 9, rue du Mont-Parnasse, Paris. 

— Élu membre de la Société le 14 avril 1883. 

Lecocq (Gustave), 7, rue du Nouveau-Siècle, Lille (Nord). — Élu membre de 
la Société le 3 mai 1890. 

Le Foyer, 252, rue de Rivoli, Paris. — Élu membre de la Société le 14 mai 
1892. 

Léger (Louis-Pau/), professeur honoraire de langues et littératures slaves 
au Collège de France, professeur à l'École spéciale -des langues orien- 
tales vivantes, à l'École de guerre et à l'École libre des Sciences poli- 
tiques, 157, boulevard Saint-Germain, Paris. — Membre de la Société 
depuis l'origine, administrateur vice-président de 1866 à 1869, en 1880 
et en 1881 ; président en 1882 ; membre perpétuel. 

Lejay (L'abbé Paul), 119, rue du Cherche-Midi, Paris — Élu membre de la 
Société le 17 mai 1890. 

Lévi (Sylvain), maître de conférences de langue sanscrite à l'École pra- 
tique des hautes études, chargé de cours à la Faculté des lettres, 3, place 
Saint-Michel, Paris. — Élu membre de la Société le 10 janvier 1885 ; 
vice-président en 1891 et en 1892; président en 1893. 

Libtard (Le docteur), Plombières (Vosges). — Membre de la Société en 1867. 

Loin (Joseph), doyen de la Faculté des lettres, Rennes (Ille-et-Vilaine). — 
Élu membre de la Société le 25 mai 1878. 

Malvoisin (Edouard), agrégé de l'Université, 4, impasse Cœur-de-Vey 
(56, avenue d'Orléans), Paris. — Membre de la Société en 1867 ; bibliothé- 
caire du 7 février 1880 à la fin de 1881. 

Maspero (Camt7/tf-CAar/e#-Gaston), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur de philologie et archéologie 
égyptiennes au Collège de France, directeur d'études pour la philologie 
et les antiquités égyptiennes à l'École pratique des hautes études, 24, 
avenue de l'Observetoire, Paris. — Membre de la Société en 1867; vice- 
président en 1877 et 1879 ; président en 1880. 
110. Massieu de Clerval, 113, boulevard de la Reine, Versailles (Seine-et-Oise). 

— Membre de la Société depuis 1867. 

Mathieu (B.), traducteur aux établissements Schneider, 126, route de 
Conches, au Creusot (Saône-et-Loire). — Élu membre de la Société le 
8 mars 1890. 



— xxxiij — 

Minxrr (A.)» maître de conférences de grammaire comparée à l'École 
pratique des hautes études, 24, boulevard Saint-Michel, Paris. — Élu 
membre de la Société le 23 février 1889; membre perpétuel. 

Mélèsi, professeur de l'Université, 22, avenue Flachat, Asnières (Seine). — 
Élu membre de la Société le 8 mars 1889. 

Melox (Paul), 24, place M alesherbes, Paris. — Élu membre de la Société 
le 19 novembre 1870; membre perpétuel. 

Xsbwakt (K.), docteur en philosophie, professeur à l'Académie Marie- 
Thérèse et au collège du II* arrondissement, II, Taborstrasse, 28, Vienne 
(Autriche). — Élu membre de la Société le 21 juin 1884. 

Mitu (Alphonse), professeur au lycée, 43, rue des Facultés, Bordeaux 
(Gironde). — Élu membre de la Société le 6 février 1875. 

Mma (Jfarte-Paul-IfyactiiMe), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de langues et littératures de l'Europe 
méridionale au Collège de France, directeur de l'École des Chartes, 28, 
rue de Boulainvilliers, Paris.— Membre de la Société en 1867 ; membre 
perpétuel. 

MiCML (Charles), professeur à l'Université, 110, avenue d'Avroy, Liège 
(Belgique).— Élu membre de la Société le 16 février 1878. 

Mon. (B.-JiH), lecteur à l'Université, professeur à la Cesko-slovanska 

Akademie obchodni, I, konvitska ulice, £. 24 a, Prague (Bohème). — Élu 

membre de la Société le 21 novembre 1885 ; administrateur en 1800 et 1801. 

M. Moiisbur, professeur à l'Université, Bruxelles (Belgique). — Élu membre de 

la Société le 9 janvier 1885. 

Mortagoi, professeur à Amherst Collège, Amherst (Massachussets, États- 
Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 

MoanvuLLX (Stanislas), 15, rue Vineuse, Paris. — Élu membre de la So- 
ciété le 11 janvier 1879. 

Mowat (Robert), chef d'escadrons d'artillerie en retraite, 10, rue des Feuil- 
lantines, Paris.— Membre de la Société depuis l'origine ; président en 
1878. 

Non, (Charles), professeur au lycée, Besançon (Doubs). — Élu membre de 
la Société le 10 janvier 1885. 

Oitrajum (Paul), professeur au gymnase, 12, rue Bonivard, Genève 
(Suisse). — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre perpétuel. 

Pabb (Gaston-Brano-PaKOfi), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de langue et littérature françaises du 
moyen âge au Collège de France, président de la Section des sciences 
historiques et philologiques à l'École pratique des hautes études, 3, 
rue Pomereu (131, rue de Lonchamp), Paris. — Membre de la Société 
en 1867 ; vice-président en 1869, en 1870-1871 et en 1872 ; président en 
1873 ; membre perpétuel. 

PiUfEjrnBR (Léon), professeur de philologie grecque et grammaire com- 
parée à l'Université, 308, rempart de la Byloque, Gand (Belgique). — 
Élu membre de la Société le 5 décembre 1885. 

pABjfumin (Le général de division JotcpA-CAar/et-Théodore), 5, rue du 
Cirque, Paris. — Élu membre de la Société le 17 mars 1883 ; membre 
perpétuel. 

Pascal (Ch.), professeur au lycée, Reims (Marne). — Admis dans la Société 
en 1886. 



— xxxiv — 



150. Passy (Paul), docteur es lettres, 6, rue Labordère, Heuilly-aur-Seine (Seine). 

— Élu membre de la Société le 17 décembre 1892; membre perpétuel. 
Pauli (Cari), docteur en philosophie, 15, Petersstrasse, Tr. B. III, Leipzig 

(Saxe). — Élu membre de la Société le 3 mars 1883. 
Pellbtan (CAar/ef-Camille), député, 7 et 9, rue Niepce, Paris. — Admis 

dans la Société en 1868. 
PbHafiel (Docteur Antonio), professeur de médecine et de chirurgie à 

l'Université, directeur général du Bureau de statistique, Mexico (Mexique). 

— Élu membre de la Société le 11 mai 1889; membre perpétuel. 
Pierrbt, conservateur du musée égyptien, au Louvre, Paris. — Était 

membre de la Société le 1** février 1870. 
Ploix (Charles-Mar/tn), ingénieur hydrographe, 1, quai Malaquais, Paris. — 

Membre de la Société en 1867 ; vice-président en 1873 et en 1888 ; 

président en 1874 et en 1889 ; membre perpétuel. 
Pognon (H.), consul de France, Bagdad (Turquie d'Asie).— Élu membre de 

la Société le 16 février 1884. 
PolIvka (Jifi), privat-docent de philologie slave à l'Université, VII, 365, 
. Prague (Bohême). — Élu membre de la Société le 25 juin 1892. 
Psichari (Jean), directeur adjoint pour la philologie byzantine à l'École 

pratique des hautes études, 77, rue Claude Bernard, Paris. — Élu membre 

de la Société le 15 février 1884 ; administrateur de 1885 à 1889. 

Reinach (Salomon), 38, rue de Lisbonne, Paris. — Élu membre de la Société le 

21 février 1880. 
1*0. Rhys (Prof. John), ancien fellow de Merton Collège, 87, Banbury road, 

Oxford (Grande-Bretagne).— Élu membre de la Société le 9 janvier 1875; 

membre perpétuel. 
Rcbrsch (Alphonse), docteur en philosophie et lettres, 7, rue Casimir- 

Delavigne, Paris. — Élu membre de la Société le 28 janvier 1893. 
Roger (Maurice), professeur au lycée, 275, rue Solférino, Lille (Nord). — 

Élu membre de la Société le 20 mars 1886. 
Rolland (Eugène), l'un des directeurs de la revue Méhuine, château de 

Grantmont, à Aunay-sous-Auneau, par Auneau (Eure-et-Loir), et à Paris, 2, 

rue des Chantiers.— Admis dans la Société en 1868 ; membre perpétuel. 
Rosapelly (Le docteur), ancien interne des hôpitaux, 10, rue de Buci, 

Paris. — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre perpétuel. 
Rousselot (L'abbé Jean), docteur es lettres, l'un des directeurs de la Revu* 

des Patois gallo-romans, 11, rue Littré, Paris.— Élu membre de la Société 

le 17 avril 1886. 
Rudy (Charles), 7, rue Royale, Paris. — Membre de la Société depuis l'origine. 

Sabbathier (Paul), agrégé de l'Université, 15, rue du Cardinal-Lemoine, 
Paris. — Élu membre de la Société le 28 décembre 1889. 

Saint-Didier (Le baron de), 1, boulevard de Latour-Maubourg, Paris. — Élu 
membre de la Société le 7 mars 1891. 

Sanchez Moouel (Antonio), membre de l'Académie royale d'histoire, pro- 
fesseur à l'Université, Madrid (Espagne).— Élu membre de la Société le 
5 février 1887. 
170. Saussure (Ferdinand de), professeur à l'Université de Genève, Malagny- 
Versoix, près Genève (Suisse). — Élu membre de la Société le 13 mai 
1876; secrétaire-adjoint de 1883 à 1891. 

Sayce (Archibald-llenry), professeur à l'Université, Oxford (Grande-Bre- 
tagne). — Élu membre de la Société le 5 janvier 1878; membre perpétuel* 



— XXXV — 

Sayous (Edouard), professeur à la Faculté des lettres, Besançon (Doubs). 

— Élu membre de la Société le 2 mai 1885. 

Scnus (L'abbé G.-H.), curé de Fontenoille, par Sainte-Cécile (Belgique). 

— Élu membre de la Société le 8 juin 1889. 

SdLSMMra m Bawyayôloy (Le chevalier Charles), directeur de la Chancel- 
lerie des finances, consul de Perse, via Sant' Andréa, 573, Fiume (Hon- 
grie). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 

Scrlumbebgeb (Gustave-Léon), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), 140, rue du Faubourg-Saint-Honoré , Paris.— 
Membre de la Société depuis le 3 décembre 1881 ; membre perpétuel. 

Scbbdnkn (Joseph), docteur en philosophie, l,Commelinstraat, Amsterdam 
(Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 5 décembre 1891. 

Schwob (Marcel), 2, rue de l'Université, Paris. *- Élu membre de la Société 
le 9 février 1889 ; bibliothécaire en 1892. 

Sébuxot (Paul), directeur de la Revue des Traditions populaires, 4, rue de 
l'Odeon, Paris. — Élu membre de la Société le 28 avril 1883; membre 
perpétuel. 

Smart (Emile), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), château de la Pelice, près la Ferté-Bernard (Sarthe), et à Paris, 
18, rue François I" — Admis dans la Société en 1868; membre perpétuel. 
1N > Sénéchal (Edmond), inspecteur des finances, 56, boulevard de Port-Royal, 
Paris. — Élu membre de la Société le 16 mai 1885. 

SÉnT(Marius), bibliothécaire à là bibliothèque nationale, 2, rue de l'Union, 
Clamart (Seine). — Était membre de la Société le 1" février 1870. 

Sttorr (Edouard), 195, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris. — Membre 
de la Société depuis 1867. 

SrtutR (J.-S.), professeur de philologie latine à l'Université, Groningue 
(Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 2 février 1878. 

SniOBLBiaa, docteur en philosophie, 2, Kurze strasse, Hanno ver (Allemagne). 
— Élu membre de la Société le 26 mars 1892. 

Srau> (Jean-ffoiri), professeur à l'Université de Lausanne, Vufflens-la-Ville, 
près Lausanne (Suisse). — Élu membre de la Société le 18 février 1882. 

Stous (Whitley), associé étranger de l'Institut de France (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), ancien membre du Governor's Council à 
Calcutta, 15, Grenville Place, S. W., Londres. — Élu membre de la So- 
ciété le 5 novembre 1881. 

9roau (Johan), professeur à l'Université, Christiania (Norvège). — Élu 
membre de la Société le 23 novembre 1872; membre perpétuel. 

Sturm (P.-V.), professeur à l'Athénée, Luxembourg (grand-duché de Luxem- 
bourg). — Élu membre de la Société le 20 février 1875. 

Sudrb (Lèopo\d'Maurict-Pierre-Timothée)> professeur au collège Stanislas, 
42, boulevard Montparnasse, Paris. — Élu membre de la Société le 
r 2 avril 1887 ; membre perpétuel. 
**. Svbuuoa (Ivan Kr.), Osiek (Croatie). — Élu membre de la Société le 
17 avril 1880. 

Tavibriy (Adrien), Jongny, près Vevey (Suisse). — Élu membre de la So- 
ciété le 17 mars 1883. 

Tigrés, professeur à l'Université , Lund (Suède). — Élu membre de la So- 
ciété le 17 avril 1875; membre perpétuel. 

Tiomser (Wilh.), professeur à l'Université, 150, Garnie Kongevei, Copen- 
hague (Danemark). — Élu membre de la Société le 21 mai 1870. 



— xixvj — 

Toumm (Edouard), archiviste, Salins (Jura). — Élu membre de la Société 
le 5 mars 1887. 

Tourner (Edouard), directeur d'études pour la philologie grecque à l'École 
pratique des hautes études, maître de conférences à l'École normale su- 
périeure, 16, rue de Tournon, Paris. — Membre de la Société depuis 
l'origine; vice-président en 1872. 

Tourtoulon (Le baron Charles de), château de Valergues, par Lansargues 
(Hérault). — Élu membre de la Société le 25 avril 1800. 

Van der Vlibt, professeur à l'Université, Utrecht (Pays-Bas). — Élu membre 
de la Société le 11 mars 1893. 

Verrur (Paul), professeur au Lycée, 32, rue Maurepas, Versailles (Seine-et- 
Oise). — Élu membre de la Société le 12 mars 1802. 

Vogué (Le marquis Charles-Jean-Uelchior de), membre de l'Institut (Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres), ancien ambassadeur de France 
à Vienne, 2, rue Fabert, Paris.— Membre de la Société depuis le 27 mars 
1870 ; membre perpétuel. 

Wackirnaoel (Jacques), professeur à l'Université, Baie (Suisse). — Élu 

membre de la Société le 20 novembre 1886. 
Watel, professeur au lycée Condorcet, 105, rue de Miromesnil, Paris. — 

Élu membre de la Société le 13 janvier 1872. 
Webster (M" Hélène), 37, Mahont Street, Lynn (Massachussets, États- 

.Unis d'Amérique). — Élue membre de la Société le 28 décembre 1880. 
Wharton (Edward-Ross), Merton Lea, Oxford (Grande-Bretagne). — Élu 

membre de la Société le 7 février 1801. 
Wilbois, colonel de gendarmerie , 5, rue Stanislas, Paris. — Élu membre 

de la Société le 15 avril 1876 ; membre perpétuel. 
WnfMER(Ludvig-F.->4.), professeur à l'Université, 0, Morrebrogade, Copen- 
hague (Danemark). — Élu membre de la Société le 20 mars 1873; membre 

perpétuel. 
Wiwlek (Docteur Henri), Gartenhaus 31, Meudorfstrasse, Breslau (Silésie 

Prussienne). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1880. 
Wotke (Karl), docteur en philosophie, VII, Kirchberggasse, 35, Vienne 

(Autriche). — Élu membre de la Société le 25 juin 1887. 

Zubaty (Joseph), professeur de sanscrit et grammaire comparée à l'Uni- 
versité, Smfchov, Uusova tfida, 530, Prague (Bohême). — Élu membre 
de la Société le 10 décembre 1801. 

Zvetaiev (Jean), professeur à l'Université, Moscou (Russie).— Élu membre 
de la Société le 16 mai 1885. 

Ho. Bibliothèque de l'École française d'Archéologie de Rome. Palais Far- 

nèse, à Rome./— Admise comme membre de la Société le 25 mai 1880. 
Bibliothèque universitaire de Clermont-Ferrand. — Admise comme membre 

de la Société le 11 juin 1887. 
Bibliothèque universitaire de Toulouse. — Admise comme membre de la 

Société le 2 mai 1885. 
British Muséum. — Admis comme membre de la Société le 22 novembre 

1800 ; membre perpétuel. Adresser à M. Borrani, 0, rue des Saints-Pères, 

Paris. 



— ixxvij . — 



LISTE DES PRÉSIDENTS 



DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 







DEPUIS 1860 


. 




MM. 






. MM. 


lias. 


fEGGER. 




1881. 


GAJDOZ. 


1867. 


f RENAN. 




1882. 


LEGER. 


1868. 


f BRUNET DE PRESLE. 


1883. 


D'ARBOIS DE JUBAINYILLE 


18». 


fRAUDRY. 




18841 


fGUTARD. 


1810-71. 


fEGGER. 




1885. 


DE CHARENCET. 


187*. 


ffHUROT. 




1880. 


Rubbjis DUYAL. 


1873. 


Gaston PARIS. 




1887. 


James DARMESTETER. 


1874. 


PLOII. 




1888. 


HALÉYT. 


1875. 


fVAÎSSE. 




1889. 


PLOII. 


1878. 


fEGGER. 




1890. 


BONNARDOT. 


1877. 


fBENOIST. 




1891. 


f DE ROCHEMONTEIX. 


1878. 


MOWAT. 




1892. 


Phiuppi BERGER 


1879. 


fBERGAIGNE. 




1893. 


Sylvain LÉYI. 


1880. 


MASPÉRO. 









zxivnj — 



MEMBRES 



ENLEVÉS PAR LA MORT A LA SOCIÉTÉ 



Baissac (Charles), professeur de rhétorique au collège royal de Port-Louis 
(Ile Maurice). — Élu membre de la Société le 20 juin 1891. Décédé 
le 3 décembre 1892. 

Baudrt (Frédéric), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), administrateur de la bibliothèque Maxarine. — Membre 
de la Société en 1867 ; vice-président en 1868 ; président en 1869. Dé- 
cédé le 2 janvier 1885. 

Bbnoist (Louis- Eugène), membre de l'Institut (Académie des inscriptions 
et belles-lettres), professeur de poésie latine à la Faculté des lettres de 
Paris.— Membre de la Société depuis le 7 mai 1870; président en 1877. 
Décédé le 22 mai 1887. 

Bergaigne (kbeï-Henri- Joseph), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), directeur d'études à l'École pratique des 
hautes études, professeur de sanscrit et de grammaire comparée à la 
Faculté des lettres de Paris. — Membre de la Société en 1864 ; secré- 
taire adjoint en 1868 et 1869; vice-président de 1873 à 1878; président 
en 1879. Décédé le 6 août 1888. 

Boucherie (A.), chargé du cours de langues romanes à la Faculté des 
lettres de Montpellier. — Élu membre de la Société le 21 novembre 
1868. Décès notiûé à la Société le 14 avril 1883. 

Brunet de Presle, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur de grec moderne- à l'École spéciale des lan- 
gues orientales vivantes. — Membre de la Société en 1867 ; président 
en 1868. Décédé le 12 septembre 1875. 

Chasles (Philarète), professeur au Collège de France. — Élu membre 
de la Société le 15 février 1873. Décès notifié à la Société le 19 juillet 
1873. 

Chassang (A.), inspecteur général de l'Université. — Élu membre de la 
Société le 12 novembre 1870. Décédé le 8 mars 1888. 

Chodzko (Alexandre), ancien chargé de cours au Collège de France et à 
l'École spéciale des langues orientales vivantes. — Membre de la So- 
ciété depuis l'origine. Décès notifié à la Société le 16 janvier 1892. 

Dariiesteter (Arsène), professeur de langue et littérature françaises du 
moyen âge à la Faculté des lettres de Paris, professeur à l'École nor. 



— X2X1X — 

maie de Jeunes filles de Sèvres. — Membre de la Société en 1870. 
Décédé le 16 novembre 1888. 

Ds la Biboi. — Élu membre de la Société le 3 décembre 1870. Décédé 
le 13 mars 1878. 

Dîne (Marcel), chargé du cours de langue et de littérature arabes à la Fa- 
culté des lettres de Montpellier. — Élu membre de la Société le 19 
février 1876; vice-président en 1878. Décédé en mai 1888. 

Dsvnxi (Gustave), ancien membre de l'École française d'Athènes. — 
Membre de la Société en 1867. Décédé en 1868. 

Droiojt (Charles), inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, 
délégué général de la Compagnie d'Orléans. — Élu membre de la Société 
le 26 avril 1873. Décédé le 26 Janvier 1882. 

Ddot (Ambroise-Pirmin). — Admis dans la Société en 1868. Décédé en 
1876. 

Dosson (S.), professeur à la Faculté des lettres de Clermont-Ferrand. 
— Élu membre de la Société le 14 mai 1887. Décédé en février 
1803 

Boom (Emile), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur d'éloquence grecque à la Faculté des lettres 
de Paris.— Président de la Société en 1866, en 1870-71, en 1876. Décédé 
le 31 août 1886. 

Bicbthal (Gustave d*). — Membre de la Société depuis 1867. Décédé en 
1886. 

PLoanrr-LirÈYiB. — Élu membre de la Société le 29 mars 1873. Décédé 
en 1887. 

Fotnuim (Eugène), docteur en médecine et es sciences naturelles.— 
Membre de la Société depuis l'origine. Décédé le 10 Juin 1885. 

Gioboiaii (Professeur D r C.-D.) — Élu membre de la Société le 21 mars 
1875. Décédé en 1888. 

Goldscjuidt (Siegfried), professeur de sanscrit à l'Université do Stras- 
bourg.— Élu membre de la Société le 8 mai 1869. Décédé le 31 janvier 
1884. 

GouixtT.— Élu membre de la Société le 7 juin 1873. Décédé en 1887. 

GnurooAQJUQE (Charles), sénateur du royaume de Belgique. — Élu 
membre de la Société le 24 avril 1869. 

Graux (Charles-Heurt), maître de conférences de philologie grecque à 
l'École pratique des hautes études, maître de conférences d'histoire 
grecque à la Faculté des lettres de Paris, bibliothécaire à la bibliothèque 
de l'Université. — Élu membre de la Société le 9 mai 1874. Décédé le 
13 Janvier 1882. 

GamiLOT (Paul), ancien consul de France à Ceylan. — Membre de la So- 
ciété en 1867. Décès notifié à la Société le 4 juin 1870. 

Gobysse (Gtorget-Bugène). — Élu membre de la Société le 11 février 
1888. Décédé le 17 mai 1889. 

Gutaid (Stanislas), professeur de langue arabe au Collège de France, 
maître de conférences de langues arabe et persane à l'École pratique 
des hautes études. — Élu membre de la Société le 13 avril 1878, vice- 
président en 1882 et 1883 ; président en 1884. Décédé le 7 septembre 
1884. 

HalUoubx (Le docteur).— Élu membre de la Société le 9 juin 1877. Dé- 
cès notifié- à la Société le 5 avril 1879. 

Hamusz (Jean), professeur agrégé à l'Université de Vienne (Autriche). 



— xl — 

— Élu membre de U Société le 25 juin 1887. Décédé en juillet de la 
même année. 

Hauvette-Bssiiault, directeur d'études honoraire à l'École pratique des 
hautes études, conservateur adjoint de la bibliothèque de l'Université. 

— Membre de la Société depuis 1870. Décédé le 28 juin 1888. 
Heinbich (G.-A.), doyen de la Faculté des lettres de Lyon. — Membre 

de la Société depuis 1867. Décédé en 1887. 

Hervé (Camille). — Membre de la Société en 1867. Décédé le 80 août 1878. 

Jaubert (Le comte), membre de l'Institut. — Membre de la Société de- 
puis 1868. Décédé le 1" janvier 1875. 

Jozoït, député. — Présenté pour être membre de la Société dans la 
séance du 2 décembre 1870. Décès notifié à la Société leO juillet 1881. 

Judas (Le docteur A.-C), ancien médecin principal de première classe. 

— Membre de la Société depuis l'origine. Décédé le 17 janvier 1873. 
Lachaisb (L'abbé Romain Czirkas). — Membre de la Société en 1867. Dé- 
cès notifié à la Société le 26 avril 1873. 

Lambrior, professeur à l'Université de Jassy (Roumanie). — Elu membre de 
la Société le 26 mai 1877. Décès notifié à la Société le 17 novembre 1883. 

Lbhorhant (Cforfer-François), membre de l'Institut (Académie des ins- 
criptions et belles-lettres), professeur d'archéologie près la Bibliothèque 
nationale.— Membre de la Société en 1867. Décédé le décembre 1883. 

Le Saint (François), ancien officier. — Décédé en 1867. 

Livv (B.), inspecteur général de l'instruction publique. — Élu membre 
de la Société le 24 janvier 1874. Décédé le 24 décembre 1884. 

Littri (Maximilien-Paul-tmite), membre de l'Académie française et de 
l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Membre de la Société 
depuis 1868. Décédé en 1881. 

Lan (Isidore), professeur au Séminaire israélite, professeur libre à la Fa- 
culté des lettres de Paris. — Élu membre de la Société le 10 décembre 
1885. Décédé le 2 juin 1802. 

Lottner (Le docteur Karl). — Membre de la Société en 1867. Décédé le 
5 avril 1873. 

LuTOsfcAvsu (Stanislas), élève de l'Université de Dorpat. — Élu membre 
de la Société le 10 décembre 1885. DécèT notifié à la Société le 
18 février 1802. 

Maurt (toiat-Fentmand-Alfred), membre de l'Institut (Académie des ins- 
criptions et belles-lettres), professeur d'histoire et morale au Collège de 
France, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, ancien 
directeur -des Archives nationales. — Membre de la Société en 1868. 
Décédé le 12 février 1802. 

Merlette (jf tytfrfe-Nicolas). — Élu membre de la Société le 20 novem- 
bre 1886. Décédé le 13 mai 1880. 

Meunier (Louù-Francis), docteur es lettres. — Membre de la Société en 
1867 ; trésorier de 1872 à sa mort. Décédé le 11 mars 1874. 

Meyer (Maurice), ancien professeur à la Faculté des lettres de Poitiers 
(Vienne), inspecteur de renseignement primaire. — Admis dans la 
Société en 1868. Décédé en 1870. 

Moist (Henry).— Élu membre de la Société le 12 juin 1875. Décès notifié 
à la Société le 18 décembre 1886. 

Muir (John), correspondant de l'Institut de France (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres).— Élu membre delà Société le 21 novembre 1868- 
Décédé le 15 mars 1882. 



-xlj- 

Rigoles (0.), professeur au lycée Janson de Sailly. — Élu membre de 

la Société le 13 juiUet 1878. Décès notifié à la Société le 22 décembre 

1888. 
Paxnier (Léopold), attaché à la Bibliothèque nationale.— Était membre 

de la Société le 1" féTrier 1870. Décès notifié à la Société le 20noTembre 

1875. 
Paplohski (J.), directeur de l'Institut des sourds et muets, à Varsovie 

(Pologne russe). — Élu membre de la Société le 27 février 1808. 

Décédé le 28 novembre 1885. 
Pedro II (S. M. dont), membre de l'Institut de France. — Membre de la 

Société depuis le 12 mai 1877. Décédé le 5 décembre 1891. 
Pillât, doyen de la Faculté de droit. — Était membre de la Société le 

1" février 1870. Décès notifié à la Société le 18 novembre 1871. 
Pusron (Alexis), professeur au lycée Louis-le-Grand. — Admis dans la 

Société en 1868. Décès notifié à la Société le 7 décembre 1878. 
Ponton d'Amecourt (Le vicomte Gustave de). — Membre de la Société en 

1867. Décès notifié à la Société le 28 janvier 1888. 
Queux de Sauit-Hilaire (Le marquis de). — Élu membre de la Société le 

4 novembre 1882. Décédé en novembre 1889. 
Renan (Joseph-Ernest), membre de l'Institut (Académie française et 

Académie des inscriptions et belles-lettres, administrateur du Collège 

de France. — Membre de la Société depuis l'origine ; président en 

1867. Décédé le 2 octobre 1892. 
Renier (Charles-Alphonse-Lèon), membre de l'Institut (Académie des 

inscriptions et belles-lettres), professeur d'épigraphie et antiquités 

romaines au Collège de France, président de la section des sciences 

historiques et philologiques à l'École pratique des hautes études, 

conservateur de la Bibliothèque de l'Université, -r- Admis dans la 

Société le 24 avril 1869. Décédé le 11 juin 1885. 
Riant (P*ul-Édowrd Didier, comte), membre de l'Institut (Académie des 

inscriptions et belles-lettres). — Membre de la Société en 1867. Décédé 

en décembre 1888. 
Rieuann (Othon), maître de conférences à l'École normale supérieure et 

à l'École pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Revue 

de philologie, de littérature et d'histoire anciennes. — Élu membre de la 

Société le 3 décembre 1881. Décédé le 16 août 1891. 
Rieutord. — Élu membre de la Société le 15 mars 1873. Décédé le 

14 janvier 1881. 
Rocheho.tteix (Frédéiic-Joseph-UoiXence-René de Chalvet, marquis de), 

professeur libre à la Faculté des lettres de Paris. — Élu membre de la 

Société le 7 juin 1873; vice-président en 1889 et 1890 ; président en 

1891. Décédé le 30 décembre 1891. 
Honel (Charles), chef d'escadron de cavalerie en retraite. — Élu membre 

de la Société le 8 janvier 1881. Décès notifié à la Société le 26 juin 

1886. 
Rouai (Le vicomte Emmanuel de), membre de l'Institut (Académie des 

inscriptions et belles-lettres), professeur au Collège de France.— Membre 

de la Société en 1867. Décès notifié à la Société le 4 janvier 1873. 
Schœbel (Ch.). — Membre de la Société depuis l'origine. Décès notifié 

à la Société le 8 décembre 1888. 
Seiluere (Aimé). — Élu membre de la Société le 13 février 1869. Décès 

notifié à la Société le 19 novembre 1870. 



-xUj- 

TiuiOT (FraJifoû-Charles), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), maître de conférences à l'École normale supé- 
rieure, l'un des directeurs de la Revue de philologie, de littérature et 
d'histoire anciennes. — Admis dans la Société en 1868 ; Tice-prétident 
en 1870-71 ; président en 1872. Décédé le 17 janTier 1882. 

Todd (J. Herthorn), senior fellow of Trinity Collège, professeur d'hébreu 
à Trinity Collège (Dublin), et conservateur de la bibliothèque. — 
Admis dans la Société en 1868. Décédé le 28 juin 1868. 

YaTssb (Léon), directeur honoraire de l'École des sourds et muets. — 
Membre de la Société en 1867 ; président en 1875. Décédé le 10 juin 1884. 

Vallentm (Luaovic-lMcien'Mathiem-Worien), substitut du procureur de la 
République à Montélimar (Drome), directeur du Bulletin épigraphique 
de la Gaule. — Élu membre de la Société le 21 janTier '1882. Décès 
notifié à la Société le • juin 1883. 



VARIÉTÉS 



LA LANGUE BASQUE DANS 8R8 RAPPORTS AVEC LES DIALECTE8 

VOI8IN8. 



Les Basquisants modernes, obligés de reconnaître 
l'énorme quantité d'emprunts faits par lé dictionnaire 
Euskara aux langues du voisinage, spécialement au latin 
et aux dialectes romans, ont essayé, pour ainsi dire, de se 
rattraper et de défendre l'honneur de leur idiome de prédi- 
lection en faisant ressortir le caractère original de son 
système grammatical. Sur ce point, on ne saurait les dis- 
culper de quelque exagération. Si par l'ensemble de sa 
structure, le basque est nettement séparé des langues 
indo-européennes, il semble néanmoins, même à cet égard, 
avoir subi leur influence d'une façon irrécusable. C'est 
grâce i eux qu'il a réalisé d'importants progrès dans la 
voie du développement linguistique. Vraisemblablement, 
ayant de s'être trouvé en contact avec ces dernières, il 
n'avait guère dépassé le niveau où se trouvent les jargons 
des Peaux-Rouges du Canada. Comme eux, il devait être 
dépourvu du pronom relatif, aujourd'hui exprimé par 
zer, « qui » d'où le génitif zeren, « dont ». Effectivement, 
ce mot n'est vraisemblablement autre chose que le se ou 
ze du breton qui tantôt répond à notre pronom « cela, ce » 
et tantôt se prend comme enclitique, par exemple, dans 
an dra ze % « cela » — ann denn ze } « cet homme-là » et 
qui d'ailleurs se retrouve en irlandais. 



— xlir - 

Il y a tout lieu également d'admettre qu'à l'origine, le 
basque se trouvait aussi dépourvu de verbe substantif. Bien 
de* idiomes, ou le sait, en manquent, ou ne l'expriment que 
par métaphore. Le turk dour y par exemple, que Ton prend 
comme synonyme de « esse » ne signifie littéralement autre 
chose que « facere, faciens ». De même pour le wei du 
chinois. Enfin, il fait tellement défaut dans le» dialectes 
canadiens que les missionnaires, qui voulaient les employer 
à traduire nos livres saints, n'ont su comment s'y prendre 
pour rendre la phrase biblique: « Je suis celui qui suis. » 
Aujourd'hui, l'Euskara possède dans iz, izan un équivalent 
parfait de notre verbe « être ». Le prince Louis-Lucien 
Bonaparte n'y voyait autre chose que le substantif hitz, 
« parole ». Niz, « je suis » aurait donc dû, d'après lui, se 
rendre littéralement par « ma parole » — hiz, « tu es » 
par « ton verbe, ta parole ». Ceci nous semble plus ingé- 
nieux que réellement soutenable. Les peuples primitifs et 
même les autres ne font pas tant de métaphysique en par- 
lant. Vraisemblablement, cette racine iz se rapproche du 
as aryaque ; es, indo-européen. N'avons nous pas en latin 
esse, en gallois et écossais is (il est) pour une forme archaï- 
que esti? 

Voici pour les emprunts vraisemblablement faits au gau- 
lois. Passons maintenant à ceux qui sont d'origine latine ou 
néo-latine. Il existe en basque une double désinence servant 
à marquer le participe passé passif, à savoir s et tu. L'usage 
seul indique quand il faut employer Tune ou l'autre d'entre 
elles. Ainsi, l'on a hasi } « commencé » à côté de hastu, 
« déshabillé, dépouillé ». On s'expliquerait difficilement une 
telle anomalie dans l'hypothèse où ces deux formes seraient 
l'une et l'autre indigènes. Elle serait plus facile à compren- 
dre si l'on admet que l'une d'elles au moins a été imitée 
d'un idiome étranger. Le latin ne possède-t-il pas précisé- 
ment une désinence tu comme marque du participe passé 
passif presque identique à celle du basque, tant pour la 
forme que pour le sens ? 

Le passif se forme en euskara tout comme en français au 
moyen du participe passé joint à l'auxiliaire être. Maithatu 
naiz correspond exactement à notre formule « je suis aimé » 



-xl? - 

on plus littéralement « aimé je suis ». Ce serait un bien 
grand hasard que des idiomes d'un génie aussi différent 
que ceux dont nous nous occupons en ce moment soient 
tombés spontanément d'accord sur le procédé à employer 
pour rendre la voix passive. Le plus sage est de reconnaître 
qu'ici encore les montagnards pyrénéens n'ont fait que 
copier leurs voisins. 

N'oublions pas enfin, qu'à côté de la conjugaison dite 
contracte et que l'on s'accorde à regarder comme primitive, 
le basque en possède une autre, celle que l'on appelle com- 
posée. On l'obtient en joignant au participe présent, l'auxi- 
liaire avoir pour les verbes actifs, l'auxiliaire être pour les 
neutres. Ainsi, nous trouverons successivement nathor ou 
ethorten niz, littéralement « in adventu sum » pour « je viens » 
— dakit ou yakiten dut, littéralement « in scientia habeo » 
pour « je sais». Est-ce que nos idiomes néo-latins ne font 
point usage de procédés tout à fait analogues ? Néanmoins, 
si le basque les a imités, cela n'a été qu'en leur donnant 
plus d'extensioù qu'ils n'en ont même dans les dialectes 
qui lui servirent de modèles. 

H. de CHARENCEY. 



- xlvj 



TUDIEU. 



Quel est le sens et l'origine de cette exclamation ? 

Dans son Dictionnaire d'Etymologie française, M. Sche- 
ler adopte l'explication de M. Meunier : tudieu serait une 
inversion pour Dieu me tue. Gomment expliquer cette in- 
version, surtout quand des exclamations du même genre 
Dieu vous bénisse, le diable m'emporte se sont conservées 
intactes? — Littré voit dans tudieu un euphémisme pour 
tue Dieu. Comment concilier cet euphémisme — qui con- 
tient un sacrilège — avec les sentiments religieux de no$ 
aïeux et leurs lois contre l'impiété ? 

Ces deux étymologies ont surtout contre elles l'emploi 
que nos écrivains ont fait de cette interjection. Ce n'est pas 
un mot de colère, comme le croient Meunier et Littré, dans 
le genre de morbleu si souvent employé par Alceste dans le 
Misanthrope; c'est une exclamation d'étonnement, d'admi- 
ration : 

Tudieu ! l'ami, sans vous rien dire, 
Comme vous baillez des soufflets! 

(Molière, Amph., I y 1.) 

Vous ne le connaissez pas ; tudieu ! c'est un homme fort 
délicat sur cette matière. (Lesage, Gil Blas, I, 1.) Je vou- 
drais bien savoir quel âge il a ; tudieu ! quel homme ! (Vol- 
taire, Défense de mon oncle, 4.) 

Tudieu équivaut donc très nettement à nos exclamations 
modernes, puissance divine, bonté divine, ou aux exclama- 
tions du moyen âge vertubleu, vertubieu, vertuchou, dont le 
sens est « vertu de Dieu » et l'emploi analogue à celui de 
tudieu : 

Tout doux, s'il vous plaît; vertubleu, petit compère, que 



— ilvij — 

vous êtes habile à donner des assiettes nettes. (Molière, D. 
Juan, IV, 2.) — Vertuchou! ces devoirs-là sont bons! Je 
les trouve encore plus nobles que mes lettres de noblesse. 
(Marivaux, Double Inconstance.) — Ho, vertubieul quel 
parfum! (D'Aubignê, Baron de Féneste, IV, 7 1 .) 

Tudieu n'est-il pas un débris de l'expression complète 
« vertudieu » dont vertubleu et vertuchou sont les équi- 
valents et les altérations? Dans tudieu il y aurait une muti- 
lation : cette mutilation existe aussi dans vertubleu, mor- 
bleu, comme le prouve palsambleu (=par le sang de Dieu). 
Elle se rencontre également dans une exclamation du patois 
de Normandie t adieu, qui est un fragment déplût à Dieu et 
qui s'emploie ou isolément comme une interjection en ré- 
ponse à une affirmation : Vous aurez à l'automne beaucoup 
de fruits — Tadieu ! *> ou devant une proposition complé- 
tive : « tadieu que vous disiez vrai ! » 



F. Gohin. 



1. Tous ces exemples sont empruntés à Littré. 



— xlfiij - 



DE QUELQUES ÉTYMOLOGIES BASQUES. 



Nous nous sommes efforcés ici d'élucider l'étymologie de 
quelques mots euskariens dont l'origine nous avait paru tout 
d'abord assez obscure. On y verra une preuve du caractère 
assez original de la phonétique basque. C'est évidemment 
un des points sur lesquels cet idiome, si mélangé sous le 
double rapport lexicographique et même grammatical, a 
évidemment le plus conservé de sa physionomie primitive. 
Nos exemples sont spécialement pris au dialecte bas navar- 
rais, tel que le donne le vocabulaire de Salaberry. 

1° Ah al; « pouvoir, avoir la force de ». Origine assez diffi- 
cile à déterminer, évidemment ce mot est pour al que 
l'on retrouve dans les dialectes de l'ouest, de même que 
ah art, « bélier » pour ati; — ahaide, « parent » pour aide; 
cf. vieux provençal, aide, « secours, aide » ; — lehen, 
« premier *> pour len; — ihitz, « rosée » pour 
itz } etc., etc. Devons nous le rattacher à une source 
gauloise? On trouve en comique, p. ex. may halo, 
« qu'il puisse » et hellyn, « we may » ; — en breton, 
na hell servicha, « ne peut servir » et dans le dialecte du 
Haut- Léon, hallout, « pouvoir #. D'un autre côté, Ton ne 
saurait douter que la forme primitive ne fut g al but, se 
rattachant à une racine gauloise gai que M. E. Ernault 
rapprocherait volontiers du lithuanien galiu, galièti. La 
mutation anormale du g gaulois en h breton ne saurait 
donc passer pour primitive; elle n'a pu se produire que 
postérieurement et par une extension abusive des règles 
concernant la transformation du g primitif en c'h ou h 
breton. On ne saurait non plus voir dans le hellout, hall 
des dialectes modernes du groupe kimrique un emprunt 



— zliz — 

au latin valere. Ce dernier eût donné régulièrement quel- 
que chose comme gwall ou gttal. 

Enfin la chute du g initial ou sa transformation en h 
semble un phénomène fort rare en basque. Il ne se pro- 
duit guère que dans quelques mots composés ; citons p. 
ex.: 1 haute « mardi gras » ; litt. « In magno gaudio », 
de la préface latine in, de gau qui en béarnais signifie 
« joie » et enfin de la finale augmentative te, d'où le 
dérivé Ihaviiri, « carnaval », litt. « ce qui tire vers le 
mardi gras » ; — inhurri, « engourdir », cf. le bas nor- 
mand, gourd « engourdi ». Que le g celtique soit devenu 
h au commencement du mot basque, cela pourrait sem- 
bler à coup sûr anormal. 

Ne vaudrait-il pas mieux supposer que le g gaulois sera 
devenu k en Euskara, puis aura fini par se transformer 
en h? Divers exemples semblent de nature à nous le faire 
penser. Sans doute, il arrive plus fréquemment au k pri- 
mitif de devenir g en basque qu'à la gutturale continue 
de devenir une explosive. Cependant, on peut citer plus 
d'un cas du phénomène inverse. Ainsi ko ter a, « gout- 
tière », en esp. et prov. gotera; en vieux béarnais gotère. 
— kalte, « malheur, accident », vraisemblablement de 
gai, « perdre ». D'un autre côté, nous savons la tendance 
du k init. à devenir h en Euskara; c'est ainsi que la 
forme hi « toi » est considérée par tous les Basquisants 
comme provenant d'un primitif Are / que les démonstratifs 
haur, har sont pour kaur, kor formes archaïques et que 
le prince Louis-Lucien Bonaparte n'a plus retrouvées 
aujourd'hui persistantes que dans le dialecte de Roncal. 
L'on obtiendrait donc ainsi la succession gai (rac. gau- 
loise), — W, forme de transition hypothétique, — hal, 
forme basque actuelle. 

Telle est, à notre avis, l'explication la plus plausible 
que l'on puisse donner de cette dernière. Nous ne songe- 
rions guère à la faire venir du latin valere par la raison 
que la labiale initiale ne paraît pas sujette à tomber devant 
a. 
2° Azkar, « fort, robuste ». Nous reconnaissons visible- 
ment ici la désinence adjective kar formée elle-méne 

d 



de la postposition ka, « et, vers » et du r final qui indique- 
rait plus particulièrement la qualité : cf. bakhar, « uni- 
que », de bat, « un » et de ka allatif. Quant à la syllabe 
az nous croyons, tout bien examiné, y devoir reconnaître 
une corruption de l'esp. hazana f « exploit ». Azkar serait 
donc une contraction pour hazannahir, litt. « capable 
d'exploits » et par suite « fort, robuste ». L'euskarien 
bapo « vantard, fanfaron » n'est-il pas pour l'esp. ba- 
poso, « baveux » ? Quant à la chute du h initial, elle se 
présente souvent en basque, spéc. lorsque ce dernier 
est pour un / plus ancien ; cf. trin farine de l'esp. ha- 
rina, pour farina] — eme, « femelle » du béarn. himi, 
« femme », — ikhel, « bœuf à l'engrais », litt. « celui 
qui est attaché au piquet » ; cf. béarn. hiqué, fiqué, 
« pieu, piquet, etc., ». On ne saurait s'empêcher de rat- 
tacher l'esp. hazana à la môme racine que nous retrou- 
vons dans le latin facere. 

3° àuga, « osier », se rattache visiblement au béarn. augue, 
« jonc, herbe marécageuse ». L'osier et le jonc sont 
tous les deux des plantes aquatiques et l'on sait combien 
les noms de végétaux se trouvent facilement appliqués i 
des espèces différentes, en passant d'un idiome à l'autre. 
C'est sans doute de cet augue que dérive le béarn. augaa; 
en vieux béarn. augar « terrain inculte ». MM. Lespy 
et Raymond regardent, du reste, tous ces termes comme 
apparentés à l'esp. aulaga, aliaga, « genêt, aussi bien 
qu'au lat. alga. Nous leur laissons toute la responsabilité 
de ces dernières étymologies. 

4° Auga, « s'affaiblir, maigrir»; cf. esp. ahogar « étouf- 
fer, noyer » et ahogarse, « se noyer ». Le A médial esp. 
étant ici purement euphonique, sa disparution en basque 
n'est rien que question d'orthographe. Malgré sa ressem- 
blance phonétique avec le béarn. ahocca, ahoega (pour 
afoega), « mettre le feu, enflammer », le mot basque en 
diffère essentiellement. Il n'a rien à faire non plus avec 
les mots esp. aguciar, « désirer avec ardeur » ; aguarse, 
« être inondé, se morfondre. » 

5° Augeta, « sérénade » pourrait bien n'être autre chose 
que l'esp. auge, « apogée, faîte des grandeurs », muni 



-Ij- 

de la désinence allative ta. Les Basques considéreraient 
donc la sérénade comme un hommage rendu aux grands 
de la terre. En tout cas, le mot paraît n'avoir rien à 
démêler avec l'esp. aguitar, « épier, guetter ». 

6* Apairu, « repas » ne semble être autre chose que l'esp. 
amparo, « soutien, défense » apparenté à notre terme 
français rempart. Le t est ici visiblement euphonique 
comme dans aingira, « anguille » ; ainguru, « Ange ». 
Quant au m> il sera tombé ainsi qu'il Ta fait dans le 
basq. akobiy « accomplir ». Que l'on soit passé de l'idée 
de « fortifier, soutenir » à celle de nourriture, de repas, 
rien de plus facile à comprendre. Est-ce que notre mot 
diner ou disner ne dérive pas lui-même du bas. lat. 
desina, « forteresse », desinare, « fortifier »? En vieux 
français, on dirait disner quelqu'un pour le nourrir, le 
soutenir au moyen d'aliments. 

7* Artho, « maïs » et « pain de maïs ». Ce mot est évi- 
demment apparenté au grec aproç, « pain » ; mais, non 
moins certainement, il n'est pas entré directement en 
Basque par le canal hellénique. Reconnaissons en lui un 
de ces rares termes d'argot qui se sont introduits en 
Euskara. Nous avons p. ex. en dial. de Marseille artoun, 
« pain de maïs », arti, arta, « pain » dans le jargon des 
teilleurs de chanvre du Jura et enfin, larton, « pain » 
dans l'argot parisien. Tous les argots, on le sait, font 
volontiers usage de termes empruntés à des idiomes étran- 
gers, mais dont, souvent, ils modifient le sens. 

8° Baratzb, « jardin », étymologie obscure ; vraisemblable- 
ment du béarn. barat, fossé, mais dont le sens primordial 
pourrait bien avoir été simplement celui d' « enclos », de 
« place entourée d'une clôture ». La désinence tze est, 
comme l'on sait, une espèce d'augmentatif ou de détermi- 
natif. baratze aurait donc le sens propre d' « endroit bien 
clos. » 

9° Ithohoina, litt. « voleur de bœufs » de idi, « bos » et 
ohoin, « fur ». C'est le nom basque de la constellation de 
la Grande Ourse. 11 mérite d'être signalé ici, car il se rat- 
tache à une forme locale de la légende du Petit Poucet ; 
aux environs d'Irun, ukhabiltcho ou ukhaitcho, litt. « petit 



— lij — 

poignet » ou bien baratchuri, litt. « gousse d'ail ». En tous 
cas voici ce qu'en raconte la Revue de linguistique de M. 
Vinson (liv. 8, p. 24 et suiv., Paris, 1875). Deux voleurs 
avaient dérobé une paire de bœufs à un laboureur. Celui-ci 
envoya à la recherche de ces animaux, d'abord son fils, 
ensuite sa fille qui ne reparurent ni l'un ni l'autre. Le labou- 
reur exaspéré se met à maudire et à blasphémer. Dieu se 
décida alors à punir tout le monde, bêtes et gens, par une 
métamorphose et en les obligeant à marcher jusqu'à la fin 
du monde, les uns à la suite des autres. Les bœufs devin- 
rent les deux premières étoiles de la constellation. Les 
voleurs forment les deux suivantes. Quant au garçon si peu 
ponctuel, c'est l'astre qui vient après ces derniers. Enfin, 
la fille apparaît sous forme d'étoile isolée près de son 
frère. Le chien qui accompagnait ces jeunes gens leur tient 
encore compagnie dans le ciel, transformé en un petit 
astre, à peine visible à l'œil nu. Enfin, le laboureur appa- 
raît métamorphosé en la dernière étoile du groupe. 

10° Lipu, « araignée », semble bien résulter d'une contrac- 
tion euliy « mouche » et de loup, lupus. Cet animal est 
heureusement nommé « loup des mouches », de même 
qu'en français, le fourmilion, « lion des fourmis. » 

11° Leizor, « frelon » prob. de euli, « mouche » bt izor, 
« grosse, enceinte », litt. « musca prsegnans », sans doute 
à cause du développement très prononcé de l'abdomen 
chez cet insecte. 

12° Luhunz, « lierre », pourrait bien n être autre chose que 
le français ronce. Nous trouvons ici le doublement de la 
voyelle initiale comme dans aharîa, « mouton »,ahal,« pou- 
voir ». Quant au r initial, l'on a quelques exemples de sa 
tran formation en / chez les Basques ; ex. leizar « frêne » 
qu'il convient de rapprocher du réxou> réchou qui a 
le même sens en béarn. et dérive, sans aucun doute, 
du lat. fraxinus. Le ar constituerait une désinence adven- 
tice. Peut-être devons-nous, par suite d'une mutation 
analogue, rattacher le basq. lexon, « grue » ; en vieux 
provençal gruo ; esp. grulla au lat. grus. Ici encore la syl- 
labe finale mériterait d'être considérée comme d'origine 
postérieure. Hâtons-nous d'ajouter que le /init. du basque 



se présente bien rarement comme représentant d'un r 
primitif. 

Aujourd'hui, aucun dialecte basque, sauf celui de Rong- 
eai dont le prince Louis-Lucien avait constaté la phj aiu- 
nomie si franchement archaïque, surtout au point de vue 
phonétique, n'admet 1er au commencement d'un mot, Les 
Mitres redoublent cette lettre, mais en là faisant précéder 
d'une voyelle ; c'est ainsi que le latin regem devient errege 
et le vieux prov. rir (ridere) se change en irri. Vraisem- 
blablement, l'Euskara a. emprunté cette loi phonétique 
au béarnais, lequel préfixe volontiers, lui aussi, une voyelle 
au r initial et dit, p. ex.: arram ou ram « rameau », du 
lat. nantis; irrui, « précipiter, se précipiter » de ruer e. 
Fait singulier, cette règle a pris beaucoup plus d'exten- 
sion en basque où elle est adventice qu'en béarnais où 
Ton peut la considérer comme indigène. 
j3°Mahax, « raisin », certainement pour un primitif max, 
voy. luhunz, ahaL Le x lui-même constitue une dési- 
îéhce exprimant estimation, similitude, cf. onix, « trou- 
ver bon, agréer » de on, a bon »; gaiztex, «.trouver 
mauvais » de gaitz, « mauvais ». Elle peut même servir 
à former des. substantifs, cf. gardox, « bogue, enveloppe 
piquante de la châtaigne. » Cf. l'esp. cardo, « chardon à 
fouler » mais avec transformation de la gutturale douce 
en forte. C'est ainsi que le Basque dira galza, « un bas » 
pour calza en esp. archaïque « chausse, culotte, » — 
gambera, « chambre » par oppos. à l'esp. caméra, au 
vieux provençal cambra. Gardox possède donc le sens 
propre de «qui est comme un chardon ». Reste donc une 
syllabe ma que nous rapprocherons sans hésiter de 
l'esp. vaya, baya, « baie » et spéc. celle du laurier, — 
vieux prov. baya, « baie, fruit » se rattachant au lat. 
bacca. Rien d'étonnant à ce que la labiale muette initiale 
soit devenue m en basque. Ce phénomène se produit 
fréquemment. Cf. makhila, « bâton » du lat. bâculus; 
— merxika, « pêche » du latin persicum (malum), etc. 
Maintenant, l'on peut parfaitement admettre la perte de 
la deuxième syllabe du radical, comme p. ex. dans bapo, 
« fanfaron, vantard », de l'esp. baposo, « baveux ». 



- liv - 

Mahax est donc ce qui ressemble à une baie. Cette défini- 
tion s'applique bien au raisin. 

14° Mihimen, « osier ». C'est tout simplement le lat. vimen, 
« osier, saule», avec redoublement de la première voyelle 
comme dans luhunz, et mutation de la muette labiale en 
m, ainsi que dans mahax. 

15° Mihul, « gui », paraît signifier litt. « languette, petite 
langue » ; cf. mi ou mi ht, langue. En effet, les feuilles 
de cette plante ont la forme d'une langue. 

16° Mithiri, u Hardi, importun ». Ne serait-ce pas simple- 
ment notre mot butor, le bas lat. bttorius, l'es p. bitor, 
nom donné à l'oiseau vulgairement appelé en français 
« roi des cailles » ? Nous ne pensons pas que ce mot ait 
rien à faire avec l'allemand et l'anglais bitter, « amer, 
cruel. ». 

17° Mairu, « cruel », nous fait l'effet de ne point être autre 
chose que le latin Maitrus, l'esp. Moro, « maure, maures- 
que ». Pendant toute la durée du moyen âge, le Maure, 
c'était bien l'ennemi pour les Espagnols et les habitants 
des vallées pyrénéennes. La transformation du u médial 
en i constitue, sans doute, un phénomène assez anormal. 
Citons cependant leiha, le/ri, « empressement, hâte » que 
l'on peut rapprocher du béarn. leu « prompt, rapide. » 

18° Ohoin, « voleur », prob. d'origine néo-latine, bien que 
l'on puisse ne pas s'en apercevoir à première vue. Cf. 
esp. fuina, notre mot fouine, mais avec chute du/init. 
(voy. azkar) et redoubl. de la voyelle init. (voy. mahax, 
ahal). La comparaison d'un voleur avec un animal très 
rusé nous semble véritablement pittoresque. 

19° Oihan, « forêt », vraisemblablement à rapprocher du 
béarn. hoelh « feuille » auquel s'adjoint la finale locative 
an. Ce terme oihan signifie donc littéralement « dans la 
feuille. » 

20° Oihu, « cri de détresse », de l'esp. aulto, « hurle- 
ment. » 

21° Osin, « eau profonde dont le cours est ralenti par une 
cavité de son lit », litt. « petite fosse », cf. béarn. hosse 
dont le diminutif régulier serait hossine. Pour la chute 
du h init. voy. azkar. 



- lv - 

22° Ozbn, a sonore » ; étym. assez obscure. Le sens propre 
de ce mot semble être a très susceptible d'être entendu », 
d'une racine que nous retrouvons dans le vieux provenç. 
auzir ou aûdir y « entendre ». On sait que le vieux pro- 
vençal change assez volontiers en z le d latin, lorsqu'il 
se trouve entre deux voyelles. Quant à la désinence en, 
c'est sans aucun doute celle du superlatif. 

23° Ozpin, « vinaigre », litt. « vin acide » ; cf. vieux prov. 
aciy « acide » et bin; «vin », signalons ici la mutât, 
du a init. en o, phénomène qui se produit assez rare- 
ment. 

24* Ozkornoki, « croupion », litt. « Pars cornu posterio- 
ns », de euski, a derrière, le postérieur » ; korn> « corne » 
pris prob. au vieux prov. corn et de la désinence partitive 
ki. Rappelons à ce propos, l'aventure d'un prélat qui 
voulant, un jour, prêcher en basque, langue qu'il ne 
parlait qu'imparfaitement, dit euski pour eguzki, « so- 
leil. » 

25* Taulen, « carré de jardin », litt. « grande table »; cf. 
béarn. tatde, « table » muni de la désinence superlative 
en. 

26° Thastarika, « en ébullition », litt. « par chatouille- 
ment ». Nous retrouvons ici la finale allative ka (voy. 
Azkar) précédée d'un substantif visiblement identique au 
terme tastalique, « chatouillement » du dialecte d'Osseu. 
On sait que le basque change volontiers le / en r y lors- 
qu'il se trouve entre deux voyelles ; ex. ainguru, « Ange ». 
— aingira, « anguille »; — soro, « sol », etc., etc. 

27° Thini, « sommité » ne parait pas sans quelque affinité 
avec notre mot tignasse, qui lui-même se rattache, sans 
aucun doute, à la même racine que teigne; cf. esp. tiha, 
a teigne » et béarn. tinhe, tigne (même sens). La teigne 
est, on le sait, une maladie du cuir chevelu. 

28° Tokilabilaso, « trisaïeul ». Ce mot semble ironique ; 
cf. esp. toquilla, « petite toque », pris peut-être dans un 
sens analogue à celui de notre français toquade, et en 
même temps toque, « tact, inspiration divine ». Quant 
au mot bit, il signifie « amas, réunion ». La finale so 
est augmentative. C'est ainsi que Ton a aitaso pour 



« grand-père, aïeul », de aita, « père »; — amaso, 
« grand' mère », de ama, <* mère » ; — ixaso, « mer », litt. 
« grande eau » ou « très écumeuse », de itz, itch, 
« écume, rosée ». Le trisaïeul pour les 'Basques, c'est 
donc celui qui a beaucoup de petites inspirations, et 
métaphoriquement « le vieux toqué ». 

29° Yaun, « seigneur, maître ». Ce mot que Chaho regar- 
dait comme si mystérieux et qu'il rapprochait du mot 
biblique Jao ou Javeh nous fait l'effet de n'être autre 
autre chose que le vieux prov. et esp. don, du lat. domi- 
nus. En effet, le au basque représente incontestablement, 
au moins dans certains cas, le o roman; cf. basq. bel- 
haun y « genou », de l'esp. pelon, « pelé, tondu ». Ne 
disons-nous pas d'un chauve qu'il a le front comme un 
genou ? — basq. h au ta, « choix, choisir » et esp. optât, 
du lat. optare; — peut-être bàsq. herautch, « verrat » 
de l'esp. feroz; lat. ferox. Quant au y remplaçant un d 
primitif, nous pouvons citer yeinhu ou deinhu, adresse 
(peut-être du grec 3eivôç qui signifie à la fois terrible et 
adroit) \ — anyereyer ou andereder, « belette », litt. 
( jolie demoiselle », de andere, « puella, domina » et 
eder, « pulcher »; — yanzari, « toupie », orob. pour 
danzari, « la danseuse, la sauteuse ». 

30° Zizari, « ver », litt. « ciseleur », à cause sans douté 
des dessins capricieux que forment les veriûoulures ; cf. 
vieux franc, cisel, — bé**** ciseu, — esp. ciiallas, 
« cisailles ». 

31° Abaztorra, « expulser, bannir », litt. a enlever du vil- 
lage ». bas ou basa, comme l'a remarqué M. Luchaire, 
possède parfois le sens de « village, hameau ». Ainsi 
l'expression basaburu, litt. « tête de. village » s'applique 
aux groupes de maisons qui occupent la partie la plus 
élevée d'un hameau ; basabarhen, litt. a dessous du vil- 
lage » s'applique par la même raison aux groupes qui 
occupent une situation opposée. 

Cf. d'ailleurs, le béarnais torre, « enlever, ôter » et 
la préposition ab répondant parfois au latin ex, p. ex. 
dans la formule Josep ab Arimathias, « Joseph d'Ari- 
mathie ». 



— lvij — 

32" Okhbr, « borgne » signifie Utt. « œil malade, œil 
mauvais, œil opposé », prob. d'une abréviation du latin 
oculus et de la finale er qui paraît posséder un sens péjo- 
ratif ou oppositif ; cf. bimpher, « envers ». litt. « frange 
opposée », cf. lat. et esp. fimbria, « frange »> ; — ezkerra, 
« la gauche », litt. « mauvaise maiu », par opposit. à 
eskuina, « la droite » pour eskuona, litt. « la bonne 
main ». C'est du basque sans doute que provient l'esp. 
izquierda, le béarn. esquer, « gauche, la gauche ». Cf. 
encore esker, « remerciement, grâce à rendre », litt. 
« demande opposée, contraire d'une demande », de eska, 
« demander, mendier». Faut-il voir dans ce er final une 
contract. de eri, « malade », peut-être dérivé lui-même 
de l'esp. ferito, avec chute de la syllabe finale, phéno- 
mène qui se produit souvent en basque, et perte du /ini- 
tial? Voy. ohoin. 

H. db CHARENCEY. 



NÉCROLOGIE 



M. Ernest RENAN 



ET LA PHILOLOGIE INDO-EUROPEENNE V 



Quand an savant d'esprit aussi étendu, de pensée aussi 
haute que M. Ernest Renan vient à disparaître, le meilleur 
moyeu de se remémorer et de juger son œuvre, c'est de 
réunir le témoignage de tous ceux qui ont pu l'apprécier 
en connaissance de cause par quelque côté. Nous voulons, 
dans les pages qui suivent, apporter notre part à ce com- 
mun hommage, mais s ins que le regret laissé par cette 
grande perte fasse tort uix. droits de la critique. Ce n'est 
ni l'écrivain, ni l'historien, que nous nous proposons d'étu- 
dier, mais uniquement le linguiste, et nous voulons prendre 
dans ses écrits une portion qui est moins connue que le 
reste, celle qui a rapport aux langues indo-européennes. 

Quoique les titres les plus éclatants de M. Renan, consi- 
déré comme linguiste, soient sur le domaine des idiomes 
sémitiques, il s'est occupé à plusieurs reprises, et avec sa 
largeur de vues habituelle, des questions concernant les 
langues aryennes. Il semble même qu'il y ait eu un moment 
dans sa vie où il ait presque regretté de ne s'être point 
tourné de ce côté : c'est le moment où, sorti du séminaire, 
il suivait, vers 1847, le cours d'Eugène Burnouf. Dans son 

1. Extrait du Journal des Savants, janvier 1893. 



— lix — 

livre sur Y Avenir de la science, publié il y a peu de temps, 
où nous trouvons l'expression de sa pensée aux environs de 
la vingt-cinquième année, on constate presque à toutes les 
pages la profonde impression qu'avait faite sur lui le grand 
indianiste. Il lui avait dédié son ouvrage : « Ce n'est point 
une pensée banale qui me porte à vous adresser cet essai. 

C'est devant vous que je l'ai médité Toutes les fois que 

mon idéal scientifique a semblé s'obscurcir, en pensant à 
vous, j'ai vu se dissiper tous les nuages, vous avez été la 
réponse à tous mes doutes. » 

D'Eugène Burnouf son admiration s'était étendue au 
sanscrit : il l'appelle la plus belle des langues et des littéra- 
tures du monde primitif. « Depuis le xv* siècle, les sciences 
n'ont pas fait de découverte comparable à celle qui nous a 
révélé dans l'Inde un monde intellectuel d'une richesse, 
d'une variété, d'une profondeur merveilleuses, une autre 

Europe en un mot Parcourez nos idées les plus arrêtées 

en littérature comparée, en linguistique, en ethnographie, 
en critique, vous les verrez toutes empreintes et modifiées 

par cette grande et capitale découverte Pour moi, je 

trouve peu d'éléments de ma pensée dont les racines ne 
plongent en ce terrain sacré, et je prétends qu'aucune créa- 
tion philosophique n'a fourni autant de parties vivantes à 
la science moderne que cette patiente restitution d'un 
monde qu'on ne soupçonnait pas. » 

Nous pouvons même trouver aujourd'hui qu'il y avait un 
peu d'excès dans cet enthousiasme : à cette époque, on ne 
se rendait pas encore un compte exact de la limite à la- 
quelle s'arrête le contact de l'Inde avec l'Europe primitive. 
Ainsi le jeune Renan avait accueilli une conjecture du phi- 
lologue allemand Holtzmann qui semble avoir parlé à son 
imagination. L'auteur mythique des Védas et du Mahâbhà- 
rata, le célèbre rishi Vyâsa, porte un nom qui, dans la 
langue ordinaire, et entendu comme nom commun, signifie 
« extension, récit détaillé ». A ce substantif, la langue 
oppose fréquemment le substantif samâsa, qui signifie 
« concentration, récit résumé ». Samâsa, dit Holtzmann, 
c'est un nom que nous connaissons bien : c'est le nom que 
porte le Vyâsa de la Grèce, "Ojjrçpoç. Ainsi l'Inde aurait 



— Il - 

conservé le souvenir du rishi hellénique, ou plutôt la pensée 
indienne aurait d'avance défini les deux formes de narration 
qui peuvent être tour à tour employées par l'épopée 1 . Les 
progrès de la science ont fait évanouir ce rapprochement, 
comme plusieurs autres : mais on aime à en trouver la men- 
tion dans le premier livre de l'étudiant français, comme une 
preuve de l'éveil de son esprit sur ces grandes et attachantes 
questions. 

Un autre ordre de recherches s'ouvrait en même temps 
devant ses regards. 

Eugène Burnouf n'était pas seulement indianiste. Les 
problèmes de la linguistique avaient, à toutes les époques 
de sa vie, exercé sa sagacité. Deux de ses principaux ou- 
vrages, Y Essai sur le pâli et le Commentaire sur le Yaçna, 
fournissent des modèles de la méthode comparative appli- 
quée au déchiffrement des langues. Il avait encore témoi- 
gné son intérêt à cet ordre d'études par une série d'articles 
publiés dans le Journal des Savants sur la Grammaire com- 
parée de Bopp, au moment où elle commençait de paraître. 
Rien de tout cela ne fut perdu pour le jeune auteur. En 
écoutant son maître, et en rapprochant dans sa mémoire les 
leçons d'hébreu et de syriaque qu'il avait reçues naguère 
au séminaire de Saint- Sulpice, il forme le projet de faire, 
selon la mesure de ses foroes, pour les langues sémitiques, 
ce que M. Bopp avait fait pour les langues indo-euro- 
péennes. 

Mais, en voyant la variété, la souplesse, la fécondité de 
ces langues, il est frappé de la pauvreté, de l'immobilité, 
de la rigidité des idiomes sémitiques. Un Bédouin du xix* 
siècle, sur les objets de première nécessité, aurait pu s'en- 
tretenir avec un contemporain de Samuel ! Quelle différence 
avec le développement des langues aryennes, qui ont donné 
naissance à des idiomes aussi éloignés les uns des autres 
que les dialectes de l'Inde moderne et ceux de la Bretagne ! 
Non seulement les langues aryennes sont plus riches : elles 



1. Journal deKuhn. I, 483. Déjà dans VEtymologicvm magnum on 
trouve : opipo; ino apa avivai. Cette étymologie est d'ailleurs contes- 
table. 



-Ixj- 

sont supérieures par les moyens d'expression dont elles 
disposent. « On peut dire que les langues aryennes compa- 
rées aux langues sémitiques sont les langues de l'abstrac- 
tion et de la métaphysique, comparées à celles du réalisme 
et de la sensualité. Avec leur souplesse merveilleuse, leurs 
flexions variées, leurs particules délicates, leurs mots com- 
posés, et grâce surtout à l'admirable secret de l'inversion, 
qui permet de conserver l'ordre naturel des idées sans 
nuire à la détermination des rapports grammaticaux, les 
langues aryennes nous transportent tout d'abord en plein 
idéalisme, et nous feraient envisager la création de la parole 
comme un fait essentiellement transcendental. » 

Il est impossible de mieux indiquer les raisons pour les- 
quelles la famille indo-européenne mérite d'être placée au 
premier rang. M. Renan insiste sur la facilité avec laquelle 
ces langues forment des mots abstraits. Elles sont les lan- 
gues de l'idéalisme ; elles ne pouvaient apparaître que chez 
une race philosophique, et une race philosophique ne 
pouvait se développer sans elles. 

Aussi la philologie aryenne n'a-t-elle point tardé à prendre 
des accroissements inattendus: « L'étude exclusive des 
langues sémitiques, dit M. Renan, ne pouvait enfanter de 
grands linguistes, pas plus que le spectacle de l'histoire de la 
Chine ne saurait inspirer de grands historiens... Quelle diffé- 
rence dans les résultats de la méthode comparative appliquée 
à deux familles de langues ! Trois ou quatre années suffi- 
rent pour dévoiler, au moyen de l'analyse des langues indo- 
européennes, les lois les plus profondes du langage. » 

Il n'est pas douteux que ce nouveau rameau de la science 
s'est montré bien autrement fécond ; M. Renan en était déjà 
frappé il y a quarante ans. Combien la suite lui a de plus 
en plus donné raison ! Il suffit de songer à la somme de 
livres que produit annuellement aujourd'hui chaque division 
et subdivision de la linguistique aryenne. Les langues ap- 
parentées à l'hébreu, que M. Renan, en son style imagé, 
déclare être de nature métallique, ne pouvaient donner 
lieu à une pareille abondance de travaux. Grâce à cette cir- 
constance que son observation s'était d'abord portée sur 
des idiomes d'espèce différente, il voit du premier coup ce 



— Iiij — 

qui caractérise la famille indo-européenne, et il pose avec 
une sûreté remarquable les principes de la grammaire com- 
parée et de la grammaire historique. 

Nous allons le montrer en parcourant ce livre sur Y Ave- 
nir de la Science, si remarquable et si plein d'idées, et en 
rapprochant deux ouvrages du même auteur qui sont, à une 
année près, du même temps, Y Histoire générale des langues 
sémitiques et l'essai sur Y Origine du langage. Certains 
passages ont été transportés, presque sans changement, 
d'un de ces livres dans les deux autres. 

Le principe fondamental est présenté en ces termes : « La 
vraie théorie des langues, c'est leur histoire ». Si Ton se 
reporte à l'époque où cette ligne fut écrite, on appréciera 
ce qu'elle contenait de neuf et de hardi. Il y a un demi- 
siècle, ceux qui s'occupaient des langues y apportaient 
surtout des vues de grammaire générale, à la façon du dix- 
huitième siècle, ou bien ils faisaient pivoter l'histoire sur 
une époque qu'ils considéraient comme classique, tout le 
reste étant ou préparation ou décadence. 

M. Renan établit que le développement d'une langue 
forme une chaîne continue où rien ne doit être oublié ni 
dédaigné. « Étudier un idiome à un moment donné de son 
existence peut être utile s'il s'agit d'un idiome qu'on apprend 
uniquement pour le parler ou en interpréter les monuments ; 
mais s'arrêter là est aussi peu profitable pour la philologie 
comparée qu'il le serait pour la science des corps organisés 
de connaître ce qu'ils sont au moment de leur pleine ma- 
turité, sans rechercher les lois de leur développement. » 

Cependant, du premier coup, il reconnaît qu'il y a une 
limite que l'observation scientifique ne peut dépasser. Il 
faut tâcher de remonter aussi haut qu'il est possible : mais 
on ignorera toujours les commencements. Ces commencements 
sont ce qu'on est convenu d'appeler les racines. » Les racines 
sont en philologie ce que les corps simples sont en chimie. 
Sans doute il est permis de croire que cette simplicité n'est 
qu'apparente et nous cache une composition ultérieure; 
mais c'est là une recherche qui est comme interdite à la 
science, parce que l'objet qu'il s'agit d'analyser ne laisse 
aucune prise à nos moyens d'attaque. Les racines des lan- 



— Ixiij — 

gués se montrent à nous, non pas comme des unités abso- 
lues, mais comme des faits constitués, au delà desquels il 
n'est pas permis de remonter. » 

Si l'on se rappelle toutes les tentatives qui ont été faites 
depuis pour entamer ces corps simples, et le peu de succès 
qu'elles ont eu, on ne peut s'empêcher de reconnaitre com- 
bien la pensée de M. Renan, parfois si hardie et plongeant 
si loin dans le passé, était sage quand elle s'exerçait sur le 
terrain philologique. 

Sur l'état primitif des langues, nous trouvons des aperçus 
qui devraient encore aujourd'hui être médités. On a tort, 
dit en substance M. Renan, de se figurer la langue mère 
comme ayant les traits aussi arrêtés et les formes aussi 
nettement déterminées qu'on les voit dans chacune de ses 
filles. Ce qu'il y avait au commencement, c'est l'exubérance 
des formes, l'indétermination, l'extrême variété, la liberté 
sans contrôle. Au lieu de placer avant les dialectes une 
langue unique et compacte, il faut dire au contraire que 
cette unité et cette régularité sont l'œuvre du temps. Il y a 
donc une part d'illusion à vouloir reconstituer en ses der- 
niers linéaments l'appareil grammatical de la langue mère, 
qu'il s'agisse des idiomes sémitiques ou des idiomes indo- 
européens. Ces conseils, je le répète, auraient encore leur 
valeur, et ils mériteraient d'être pris en considération par 
les philologues qui dépensent leur travail et leur faculté de 
combinaison à décrire la phonétique et la grammaire d'un 
idiome dont rien ne nous est parvenu, et qui, par sa nature, 
se dérobe à cette analyse. 

A l'origine, poursuit notre écrivain, il y avait autant de 
dialectes qne de familles, de confréries, je dirais presque 
d'individus. Loin de placer l'unité à la naissance des langues, 
il faut envisager cette unité comme le résultat lent et tardif 
d'une civilisation avancée. La civilisation peut seule éten- 
dre les langues par grandes masses ; il n'a été donné qu'aux 
sociétés modernes de faire régner un idiome sans dialectes 
sur tout un pays, et encore les langues arrivées ainsi à l'uni- 
versalité sont-elles presque toujours des langues purement 
littéraires, comme la lingxia toscana, commune à tous les 
hommes instruits de l'Italie. 



Sur la relation pouvant être cherchée entre la famille 
indo-européenne et la famille sémitique, M. Renan a ex- 
primé dès le premier jour une opinion très nette, dont il 
n'a jamais dévié, et qu'il a maintenue envers et contre tous 
avec une singulière fermeté. Cette opinion, c'est qu'il est 
impossible d'établir scientifiquement aucun lien de parenté 
entre ces deux familles de langues. Il parle avec un certain 
dédain des travaux de Klaproth, de Lepsius, de FSrst, de 
Delitzsch, qui avaient pour objet de découvrir quelques ana- 
logies de ce genre, et toutes les entreprises de même sorte 
lui ont toujours inspiré une aversion décidée. « Le principe 
de l'ancienne école, que toutes les langues sont des dia- 
lectes d'une seule, doit être abandonné à jamais. » Ce n'est 
pas qu'il abandonne l'idée de l'unité du genre humain. « En 
un sens, l'unité de l'humanité est une proposition sacrée et 
scientifiquement incontestable Mais faire cette unité in- 
tellectuelle et morale synonyme d'une unité matérielle de 
race, c'est rapetisser un grand principe aux minces pro- 
portions d'un fait d'intérêt secondaire, sur lequel la science 
ne dira peut-être jamais rien de certain. » 

Il ne voulait même pas qu'on parlât d'une race indo-euro- 
péenne et d'une race sémitique : ce serait transporter les 
catégories et les divisions d'une science dans une autre, 
pour laquelle elles peuvent ne pas convenir. Il n'y a pas de 
race indo-européenne ; il n'y a que des langues indo-euro- 
péennes. L'histoire prouve qu'un peuple peut renoncer à sa 
langue et adopter celle d'un autre peuple : si Ton s'en rap- 
portait uniquement au critérium linguistique, il faudrait 
dire que la France et l'Espagne sont habitées par les des- 
cendants d'une petite tribu des bords du Tibre. L'ethnologie 
n'a jamais pu découvrir entre les Sémites et les Ariens des 
différences qui autorisent l'hypothèse d'une diversité de 
race. Certaines ressemblances vagues dans le plan général 
des deux familles de langues permettent même de croire 
(c'est toujours M. Renan gui parle) qu'elles se sont formées 
à petite distance les unes des autres, peut-être sur lés deux 
versants d'une même chaîne de montagnes, sur ce fameux 
plateau de Pamir, à l'endroit où la chaîne des monts Be- 
lourtag se réunit à l'Himalaya. 



— lxv — 

Jusqu'à présent nouo avons coijstaté là précision et la 
prudence du savant. Ici; il faut l'avouer, l'imagination, 
aidée par des souvenirs bibliques, commence à se mêler 
à son exposition. Pris d'un enthousiasme subit, l'auteur 
propose qu'une mission soit un jour envoyée dans cette 
région mystérieuse, qui cache peut-être à la science de si 
précieuses révélations. « Saluons ces sommets sacrés où les 
grandes races qui portaient dans leur sein l'avenir de l'hu- 
manité contemplèrent pour la première fois l'infini, et inau- 
gurèrent les deux faits qui ont changé la face du monde, la 
morale et la raison ! » Il se représente alors ces austères 
patriarches qui, « au milieu de leur famille chaste et sou- 
mise, fondaient pour l'avenir, et créaient les mots éternels 
qui, avec bien des changements de nuances, devaient deve- 
nir honneur, bonté, vertu, devoir. » 

Outre qu'on se demande ce que la mission, une fois 
Trivée au but qui lui est assigné, pourrait bien constater, 
îe doit-on point croire que M. Renan, dans ce passage 
comme dans plusieurs autres de ses écrits, est trop porté à 
faire honneur aux ancêtres des conquêtes intellectuelles et 
morales obtenues par le persévérant travail, par le lent et 
constant progrès des descendants ? Ne nous laissons point 
induire en erreur par des étymologies, alors même qu'elles 
sont vraies et fondées. Ces grands et beaux noms remon- 
tent en effet à une antiquité reculée, mais il faut bien dire 
qu'en ces temps lointains l'honneur c'était la charge, la 
vertu c'était la force, le devoir c'était la dette. Par une illu- 
sion qui s'est produite chez plus d'un généreux esprit, et 
qui est commune à toute une école, M. Renan projette ici 
dans le passé des images appartenant à un temps beaucoup 
plus moderne. Les philosophes grecs, les jurisconsultes 
romains auraient bien le droit de réclamer ici leur part, 
trop exclusivement attribuée aux Aryas, leurs ancêtres. 

Cette admiration presque religieuse pour le passé va se 
retrouver dans les idées émises par le jeune écrivain sur 
l'origine du langage. Sur cette grave question, qui a tant 
occupé philosophes et philologues, il va apporter des idées 
qui ont beaucoup frappé les esprits il y a quarante ans par 
leur nouveauté, au moins leur nouveauté apparente, et dont 



— lxyj — 

il a tiré ensuite des conséquences dépassant de beaucoup le 
champ de la linguistique. Il faut bien le répéter : autant 
chez lui l'observateur est exact et prudent, autant le penseur 
est prompt à se donner carrière. Il fallait, pour fixer son 
esprit, quelque objet bien défini se prêtant à une étude 
immédiate. Sur l'origine du langage, les vues de M. Renan 
ne sont pas toujours faciles à suivre : on y peut même dé- 
couvrir des variations. Mais à travers ses fluctuations, la 
pensée est toujours grande. 

Elle se résume en cette phrase : « Les langues sont le 
produit immédiat de la conscience humaine ». L'idée que 
M. Renan parait vouloir écarter à tout prix, c'est la créa- 
tion lente et graduelle du langage, l'invention par tâtonne- 
ment, par approximations successives. Il répugne à l'image 
d'une humanité développant par degrés son intelligence, 
conquérant un à un ses titres d'honneur. En ceci, il est en 
opposition directe avec le dix-huitième siècle, avec la phi- 
losophie de Condillac, de Maupertuis, de Condorcet, de 
Volney. Il est l'élève de la philosophie allemande du com- 
mencement du siècle, qui s'était précisément proposé 
comme tâche de contredire et de réfuter l'école de Con- 
dillac. Il s'était nourri des écrits de Frédéric Schlegel, de 
Guillaume de Humboldt, lesquels avaient eux-mêmes re- 
cueilli l'héritage et reçu l'impulsion de Herder , Dans ses 
Souvenirs de jeunesse il raconte comment, au sortir du sé- 
minaire, lisant pour la première fois Herder, il fut frappé 
de la hauteur des pensées, de la majesté du style : il croyait 
entrer dans un temple. Ses explications sur l'origine du 
langage sont le développement des idées de Herder, mais 
réduites en système et présentées avec un luxe d'affirma- 
tions qu'on ne trouve pas au même degré chez le philoso- 
phe allemand. 

« Si on accorde à l'animal l'originalité du cri, pourquoi 

refuser à l'homme l'originalité delà parole? L'homme 

est naturellement parlant, comme il est naturellement pen- 
sant. Inventer le langage eût été aussi impossible que 
d'inventer une faculté Tout est l'œuvre des forces in- 
ternes de la nature humaine, agissant sans conscience et 
comme sous l'impression vivante de la Divinité Les 



— livij — 

langues sont sorties toutes faites du moule même de l'esprit 
humain, comme Minerve du cerveau de Jupiter. » 

A ceux qui objecteraient que le langage est un édifice 
bien compliqué pour avoir été créé du premier coup, il 
répond que l'homme primitif pouvait construire sans travail 
les œuvres les plus savantes, car les mots facile et difficile 
n'ont pas de sens appliqués au spontané. A la réflexion tout 
devient impossible ; le génie suffit à peine aujourd'hui pour 
analyser ce que l'esprit de l'enfant crée de toutes pièces et 
sans y songer. 

Nous trouvons ici cette catégorie du spontané qui joue 
an si grand rôle dans les premiers écrits de M. Renan et 
qui lui servait de réponse i toutes les objections. Le nom 
de la divinité» qui est ici synonyme de la nature, vient se 
mêler à ces explications. « Le véritable auteur des œuvres 
spontanées de la conscience, c'est la nature humaine, ou, si 
Ton aime mieux, la cause supérieure de la nature. A cette 
limite, il devient indifférent d'attribuer la causalité à Dieu ou à 
l'homme. Le spontané est à la fois divin et humain Par- 
tout c'est le Dieu caché, la force infinie, qui, agissant en 
l'absence ou durant le sommeil de rame individuelle, pro- 
duit ces merveilleux résultats, et défie la science de com- 
prendre ce que la nature a produit sans effort. » 

Ce n'est pas un langage rudimentaire, un vocabulaire in- 
complet, une grammaire en voie de formation qu'il faut 

placer au berceau de l'humanité « Mieux vaut supposer 

à l'origine les procédés les plus compliqués que de faire 
naître le langage par pièces et par morceaux, et de supposer 
qu'un seul moment il ne représenta pas, dans son harmo- 
nie, l'ensemble des facultés humaines La grammaire de 

chaque race fut formée d'un seul coup ; la borne posée par 
l'effort spontané du génie primitif n'a guère été dépassée... 
Les langues sortent complètes de l'esprit humain agissant 
spontanément. Semblable aux êtres vivants, le langage fut, 
dès son origine, en possession de ses parties essentielles. 
S'il est absurde de supposer un premier état où l'homme ne 
parla pas, suivi d'un autre où régna l'usage de la parole, il 
ne l'est pas moins de supposer le langage d'abord ne pos- 
sédant que des radicaux purs, puis arrivant par degrés à la 



— liviij — 

conquête de la grammaire. Il est aussi ridicule de supposer 
le langage arrivant péniblement à compléter ses parties que 
de supposer l'esprit humain cherchant ses facultés les unes 
après les autres... Rien ne se crée, rien ne s'ajoute : telle 
est la loi commune des êtres soumis aux conditions de la 
vie. » 

Si Ton demande comment il faut se représenter une créa- 
tion aussi extraordinaire, il répond qu'évidemment chez les 
ancêtres de l'espèce humaine on doit admettre un sentiment 
spécial de la nature, qui leur faisait apercevoir, avec une 
délicatesse dont nous n'avons plus d'idée, les qualités qui 
devaient fournir l'appellation des choses.' La faculté des 
signes, qui n'est qu'une sagacité extraordinaire à saisir les 
rapports, était en eux plus exercée; ils voyaient mille 
choses à la fois. La nature leur parlait plus qu'à nous, ou 
plutôt ils trouvaient en eux-mêmes un écho secret qui 
répondait à toutes ces voix du dehors et les rendait en 
paroles. 

C'est aux premiers jours du monde que M. Renan repor- 
tait ces grandes intuitions: « Quand J'homme apparut sur 
ce sol encore créateur, sans être allaité par une femme ni 
caressé par une mère, sans les leçons d'un père, sans aïeux 
ni patrie, songe- t-on aux faits étranges q ai, durent se 
passer dans son intelligence, à la vue de cette nature 
féconde, dont il commençait à se séparer? Il dut y avoir 
dans ce premier éveil de l'activité humaine une énergie, 
une spontanéité dont rien ne saurait maintenant nous donner 
une idée... » 

Cependant, quelques années plus tara, ie progrès des 
sciences naturelles, une vue plus nette de l'antiquité de 
l'homme sur la terre lui firent modifier quelque peu cette 
conception. Au lieu de placer l'origine de nos langues au 
berceau du genre humain, il la fit descendre de beaucoup 
de siècles, jusqu'à la formation des différentes races. Mais 
il maintint l'idée d'un langage créé d'instinct et par un effort 
immédiat de l'intelligence. « Quelques jours, quelques 
heures furent alors décisives. Une intuition primitive révéla 
à chaque race la coupe générale de son discours et le grand 
compromis qu'elle dut prendre, une fois pour toutes, avec 



— Ixix — 

sa pensée. » Des sages, des initiateurs; des prophètes furent 
ceux à qui l'humanité doit ce soudain éveil de la cons- 
cience. Il ajoute : « Je persiste, après dix ans de nouvelles 
études, à envisager le langage comme formé d'un seul 
coup, et comme sorti instantanément du génie de chaque 
race. » 

On ne peut s'empêcher de se demander comment uette 
conviction pouvait se concilier avec son intention de faire, 
pour les langues sémitiques, ce que Bopp avait fait pour 
1& langues indo-européennes : car l'idée mère de Bopp est, 
au contraire, de montrer la formation graduelle et le lent 
développement, du langage. « Des recherche* approfondies/ 
poursuit M. Renan, ont obligé les linguistes à renoncer aux 
tentatives par lesquelles • l'ancienne philologie cherchait à 
dériver l'une de l'autre lés parties du discours. Toutes ces 
parties sont primitives... » Nous devons ici faire certaines 
réserves au nom de la philologie indo-européenne. S'il est 
vrai quelle ne peut pas pousser ses recherches assez loin 
pour arriver jusqu'à une époque où le nom ne se distinguait 
pas du verbe, elle a ré\issi, en revanche, à montrer claire- 
ment comment se sont différenciées certaines parties du dis- 
cours plus récentes. On est donc bien certain que l'appa- 
reil grammatical de ces langues n'est pas tout entier du 
même temps. 

Il ne faudrait pas ^eboire que, dans la tête féconde de 
M. Renan, cette conception de l'origine du langage ait été 
une idée entre beaucoup d'autres, sans lien avec le reste 
de ses travaux, sans. influence sur sa manière de comprendre 
l'histoire de l'humanité. Non: elle a été pour lui, au moins 
durant la première moitié de sa vie, d'une importance con- 
sidérable, et elle a contribué à lui suggérer ' quelques-unes 
de ses affirmations les plus célèbres . Ces affirmations ont 
ensuite dépassé l'enceinte paisible où se traitent les ques- 
tions philologiques ; elles sont sorties des livres pour se 
répandre dans le monde, où elles ont eu une singulière 
fortune. 

On se rappelle ia maorie de M. Renan sur le monothéisme 
sémitique. Cette théorie, à y regarder de près, n'est pas 
autre chose qu'une extension ou une transposition sur un 



autre terrain de sa théorie sur l'origine du langage. Il a 
simplement dit des religions ce qu'il avait d'abord dit des 
langues : les religions aussi ont été créées par une intuition 
soudaine de 4a race, et il est aussi impossible d'en expliquer 
la formation première qu'il est impossible d'expliquer la 
formation des idiomes. « J'admets, dit M. Renan, que 
depuis une antiquité qui dépasse tout souvenir, le peuple 
hébreu posséda les instincts essentiels qui constituent le 
monothéisme... Le point de vue sémitique n'Bst pas le fruit 
d'une constitution intellectuelle supérieure : elle est le fruit 
d'une constitution sut generis, qui avait ses avantages et 
ses inconvénients... La race sémitique, comme la race 
aryenne, eut en partage, dès les premiers jours de son 
existence, avec un certain type de langage, un certain type 
de religion.... Loin que le monothéisme sémitique réappa- 
raisse comme une conséquence du progrès de la réflexion, 
je suis bien plutôt porté à l'envisager comme le résultat 
d'une intuition primitive, analogue à celle qui présida pour 
chaque race à la création du langage. En fait de religion et 
en fait de langue, rien ne s'invente ; «tout est le fruit d'un 
parti pris à l'origine, une fois pour toutes 1 . » 

De la religion le système s'est ensuite étendu à la litté- 
rature : aux Aryens appartiennent l'épopée, les grands 
récits, la légende, le théâtre; aux Sémites, l'éloquence en- 
flammée des prophètes, la poésie personnelle du psaume ou 
de la kasida. Le droit et l'histoire politique elle-même ont 
été enveloppés dans cette vaste antithèse. Les formules 
juridiques des Latins, les coutumes slaves, celtiques, ger- 
maniques sont la preuve d'un don inhérent à la race indo- 
européenne. Elle a créé la cité et la patrie, au lieu que la 
vie nomade et le pouvoir absolu du père de famille ou du 
sheik sont l'apanage naturel de la race sémitique. Pour 
construire ces hypothèses, qui ont tant frappé les esprits et 



1. On a cru trouver dans un passage de Latsen (Jndtiche Aller- 
thumikundé) l'idée première du système développé par M. Renan. 
Mais il n'a eu qu'à tirer les conséquences de ses propres idées : il 
est aisé de suivre, dans ses écrits, le progrès d'une conception qui 
était en rapport intime avec toute sa manière de penser et de sentir. 



— ixxj — 

soulevé tant de .discussions il y a trente ans, M. Renan n'a 
en qu'à généraliser ce qu'il avait pensé ei*dit d'abord du 
langage. On sait comment ces idées, une fois lancées dans 
la circulation, se sont peu à peu répandues dans la littéra- 
ture courante, et comment elles ont été saisies au passage 
pour défrayer des polémiques qui n'ont plus qu'un rapport 
lointain avec leur point de départ. 

Comme nous n'avons à apprécier ici que l'idée mère du 
système, c'est-à-dire la question de l'origine du langage, 
nous dirons en peu de mots qu'imaginer, au commencement 
des races, soit chez le peuple tout entier, soit chez quelques 
individus privilégiés, des aptitudes différentes de celles que 
l'homme possède aujourd'hui, aptitudes si supérieures aux 
nôtres que nous sommes incapables de nous en faire aucune 
représentation un peu claire, c'est s'engager dans des hy- 
pothèses qui pnt le tort de ne pouvoir être ni démontrées, 
ni réfutées. 11 est plus conforme à une saine méthode de 
croire que les faits qui te passent sous nos yeux sont les 
analogues de ceux qui se sont passés à l'origine des lan- 
gues ; si ces faits suffirent pour en expliquer la formation, 
on aurait tort de recourir à des suppositions contestables. 
C'est sur la donnée d'un développement continu et nulle- 
ment mystérieux que travaille aujourd'hui la linguistique 
et qu'elle a réalisé les progrès de ces cinquante dernières 
années. 

Avant de finir, nous voulons laisser ces obscurs pro- 
blèmes pour revenir à la philologie des temps historiques, 
afin de montrer encore, par un ou deux passages, combien 
le jugement de l'auteur, quand il raisonne sur les réalités, 
redevient sûr et pénétrant. 

La phonétique, c'est-à-dire la description des sons d'une 
langue, est la partie à laquelle les linguistes s'attachent 
aujourd'hui de préférence : quelques-uns, remontant jus- 
qu'aux causes physiologiques, montrent dans le fonctionne- 
ment des organes l'origine de la transformation des mots. 
C'est ce que M. Renan avait déjà indiqué en termes géné- 
raux, mais singulièrement expressifs : «S'il est des langues 
moins résistantes que d'autres, plus friables et plus 
promptes à tomber en poussière, à quoi l'attribuer, sinon à 



— lxiij — 

l'organe du peuple, qui ne sait pas les maintenir ou qui agit 
sur elles à la manière d'un corxosif ? Que Ton compare 1? 
fermeté du gothique, où aucune désinence n'est tombée, e 
qui nous représente une langue .parfaitement jeune et in- 
tacte, à la déliquescence de la langue anglaise, usée comme 
un édifice en pierre ponce, à demi rongée par des organes 
défectueux!... Si les peuples occidentaux avaient eu la pro- 
nonciation aussi correcte que la race arabe, on parlerait 
encore aujourd'hui en France, en Italie, en Espagne, ' la 
basse latinité. » 

11 va même jusqu'à montrer la connexion intime existant 
entre les organes de la parole et ceux de l'ouïe, car il est 
certain que les deux ordres de faits marchent d'un môme 
pas : « C'est l'organe de l'ouïe, bien plus que celui de la 
voix, qui règle ces sortes de dégradations : quand l'Anglo- 
Saxon écrivait pedigree pour pied de grue, c'était d'oreille 
qui rendait un faux témoignage sur la nature du son 1 . » 

Sur le rapport du latin avec les langues romanes, il donne 
les observations les plus justes : « La création et l'extinc- 
tion des idiomes ne se fait pas à un moment précis ni par 
un acte unique, mais par d'insensibles changements, au 
milieu desquels le point de transition est insaisissable... 
Qu'après toutes ses transformations on dise que la langue 
est différente ou qu'elle est la même, ce n'est là qu'une 
question de mots, dépendant de la manière plus ou moins 
étroite dont on entend l'identité. » 

Citons enfin ce dernier passage où M. Renan montre pour 
les peuples de race latine la nécessité de toujours savoir le 
latin, et où il explique que chaque nation moderne a sa 
langue savante, qu'elle ne pourrait ignorer sans dommage : 
« Les langues dérivées, n'ayant pas l'avantage de posséder 
leurs racines en elles-mêmes, n'ont d'autre répertoire de 
mots que les langues anciennes. C'est là qu'au xvi* siècle le 
français alla puiser une foule dé vocables inconnus au moyen 



1. Le moyen âge, au lieu de comparer le tableau généalogique 
d'une famille à un arbre, avait eu l'idée originale d'une patte d'oi- 
seau, dont la tige et les doigts fournissent une métaphore non 
moins picturale qu'un tronc se divisant en branches. 



— lxiiij — 

âge ; c'est là encore qu'il s'adresse de nos jours, lorsqu'il 
profite de la faculté de s'enrichir qui lui a été si étroitement 
mesurée... Lors même que la langue moderne s'élève à la 
dignité de langue littéraire, la langue ancienne n'en conserve 
pas moins un caractère spécial de noblesse. Elle subsiste 
comme un monument nécessaire à la vie intellectuelle du 
peuple qui l'a dépassée, comme une forme antique dans 
laquelle la pensée moderne devra venir se mouler, au moins 
pour le travail de son éducation... L'existence des langues 
classiques est une loi universelle dans l'histoire des littéra- 
tures, et le chpix de ces langues, de même qu'il n'a rien de 
nécessaire pour tous les peuples, n'a rien d'arbitraire pour 
chacun d'eux. » 

Ces extraits, dont plusieurs sont empruntés au premier 
ouvrage de M. Renan, montrent assez de quelle façon il 
prenait, dès le premier jour, les questions de linguistique. 
On peut dire que nous avons là proprement la marque de 
son esprit : tout ce qu'il touchait, il relevait jusqu'à lui et 
le mettait en pleine lumière. Les philologues qui s'occu- 
pent des langues indo-européennes auraient tort de ne pas 
le consulter, comme étant resté étranger à leurs recher- 
ches : ils trouveront chez lui mainte idée générale, quantité 
de conseils et d'aperçus, dont plusieurs sont encore aujour- 
d'hui d'un entier à-propos. Toutes les fois que leur pensée 
courra risque de se resserrer dans les questions de détail, 
ils feront bien de retourner pour quelques instants, à ces 
livres sur l'Avenir de la science, sur l'Origine du langage, 
sur les langues sémitiques; ainsi que l'a dit Benfey des 
travaux de Guillaume de Humboldt, les écrits d'Ernest 
Renan sont pour le linguiste des ouvrages où l'esprit se 
retrempe, s'élève, en quelque sorte des livres d'édification. 

Michel BRÉAL. 



— lixiv — 



Charles BAISSAC 1 . 



Charles Baissac naquit à Port-Louis le vendredi 13 sep- 
tembre 1831, à l'étage d'une maison de la Chaussée occupée 
alors par une pharmacie, convertie depuis en un riche ma- 
gasin de nouveautés. Quand il vint au monde, la maison 
retentissait déjà du rire argentin d'une petite allé de deux 
ans. Cette sœur fut la compagne de ses jeux et de ses pre- 
mières études. Les deux enfants se prirent l'un pour l'autre 
d'une tendre amitié que rien n'altéra jamais ; le poète avouait 
que c'est à cette affection fraternelle qu'il a dû, dans les 
moments difficiles, de ne pas désespérer et de reprendre 
courage. 

La venue de ce fils combla de joie le pharmacien. Ses 
vœux allaient donc pouvoir se réaliser ! Son ambition était 
de faire de son fils un médecin, son orgueil serait d'exécuter 
un jour lui-même les ordonnances de son cher docteur. 
L'intelligence de l'enfant qui grandissait justifiait ces espé- 
rances. Ce fut à la maison même que C. Baissac reçut ses 
premières leçons. Quand il fut en âge d'aller à l'école, on 
le plaça avec sa sœur dans le pensionnat des dames Canon- 
ville, réputé alors, et où filles et garçons recevaient l'ins- 
truction en commun. On dit que les impressions de l'enfonce 
ne s'effacent jamais et résistent au torrent des années. 
N'est-ce pas à cette première éducation féminine que C. 
Baissac avait emprunté la douceur de son caractère et cette 
urbanité qui rendait son commerce si agréable? L'élève 
apprenait avec une étonnante facilité tout ce qu'on voulait 
lui enseigner. 

Un professeur du pensionnat, frappé de l'intelligence de 
cet enfant studieux qui lisait l'histoire de France à l'âge où 



1 . Nous empruntons cette notice sur notre regretté confrère à une 
revue publiée à Port-Louis. 



- lMT — 

nous barbotons & la suite d'Adam et Eve dans le Paradis 

» 

terrestre, et présageant ses succès futurs, proposa à son 
père de le conduire en France et d'y surveiller son éduca- 
tion. Ce projet fut ajourné — l'enfant était encore si jeune! 
Il continua à suivre les classes du pensionnat, marquant sa 
prédilection pour la grammaire et la lecture. Peut-être 
entrevoyait-il déjà combien il serait un jour récompensé de 
sa filiale affection pour cette langue française qui fut la 
passion de sa vie. Il faut remarquer aussi qu'à cette époque, 
Maurice ne comptait pas encore trente années de conquête. 
Dans l'île entière on respirait une atmosphère française, 
sorte de protestation contre le triomphe de la diplomatie. La 
langue, les mœurs, les idées, la famille étaient françaises. 
L'imagination de l'enfant, vivant dans un milieu pareil, 
s'imprégnait de ces saveurs qui lui paraissaient d'autant 
plus désirables qu'elles étaient réprouvées, et le spectacle 
des regrets qui se manifestaient autour de lui était bien fait 
pour créer un lien de plus entre lui et la patrie perdue. On 
a vu combien il aimait la France qui, dans son cœur, était 
inséparable de son ile adorée. Qui sait, si dans cette âme 
d'enfant intelligent et sensible, ne se dressait pas comme 
un devoir d'honneur la pensée de rendre hommage à la patrie 
en apprenant sa langue plus et mieux que les autres ? 

Quand il eut atteint sa onzième année le père se décida à 
l'expédier en Europe ; il prit passage sur le trois- mâts 
l 'Avenir, un nom de bon augure. Le collège de Lorient fut 
la première étape du futur, médecin. Il a rendu compte, 
quelque part, dans un récit humoristique, de son séjour au 
pays breton. A Lorient, il se lia d'amitié avec le fils du 
maire de Gisors, amitié précieuse et qui fut pour lui le salut 
dans un des moments les plus critiques de son existence. 

Les deux jeunes gens partirent ensemble pour Paris, et 
C. Baissac fut placé au collège Henri IV où il feuilleta 
Homère et Virgile sur les mêmes bancs que Sardou, Lore- 
dan Larchey, le bibliophile distingué. De Mahy, le député 
de la Réunion, Léon Cléry, l'un des plus brillants, sinon le 
plus brillant avocat du barreau de Paris. Ces trois derniers 
sont restés jusqu'au dernier jour ses amis, et nous nous sou- 
venons de la lettre affectueuse de M. de Mahy lui annonçant 



— lixviij — 

productions littéraires. Ce fut pendant ces vingt dernières 
années qu'il fit paraître tour à tour un volume de nouvelles, 
ses études sur le patois créole et le Folk Lore, ou recueil de 
légendes, fabliaux et chansons créoles. Quelques-unes des 
nouvelles qu'il a composées depuis ont été reproduites par 
le Voltaire, le Petit Journal et la Revue de Paris, publica- 
tion illustrée où il s'est trouvé en compagnie de Sarcey, 
Jules Simon, Sardou et autres notoriétés parisiennes. Ses 
travaux littéraires lui valurent des récompenses honorifiques 
qui le consolèrent des injustices qu'il subissait dans son 
pays. Ses livres arrivèrent jusqu'à l'Académie, et ses travaux 
philologiques furent assez remarqués pour lui mériter les 
palmes académiques. La croix de la Légion d'honneur suivit 
de près cette première distinction : ce fut sur son lit de 
douleur que lui arriva le brevet d'officier de l'Instruction 
publique. Ces récompenses le flattaient surtout parce qu'elles 
venaient de la France. 

Le rôle de C. Baissac comme professeur* a été complet. 
11 défendait la langue qu'il était chargé d'enseigner et qu'il 
savait tolérée avec peine, et entretenait le feu sacré dans 
quelques âmes mauriciennes qui n'étaient pas complètement 
absorbées par l'agriculture, le commerce et la mécanique. 
Il se disait qu'en pays Mauricien, la langue de nos pères ne 
devait pas péricliter et il mettait tout son talent à la faire 
aimer. Quand tant d'efforts n'auraient servi qu'à la main- 
tenir au rang qui lui est dû, ne serait-ce pas un important 
service que le professeur aurait rendu à l'enseignement dans 
son pays ? 

Le talent de C. Baissac a été diversement jugé, mais 
jamais contesté. Il n'a touché qu'au côté anecdotique de 
l'histoire de Maurice, et en intitulant son livre: Récits 
créoles, il se croyait justifié. Il y a toujours d'ailleurs, dans 
ses nouvelles, un détail intime, une habitude, un coin de 
paysage qui n'appartiennent pas à d'autres cieux. 

Quelques-uns lui reprochent de n'être pas naturel. Enten- 
dons-nous : si par là on comprend que sa phrase sortait 
toujours de son cerveau irréprochablement habillée, et qu'il 
avait horreur du négligé, nous sommes d'accord. Ce n'est 
pas pour ses défauts, mais bien pour ses perfections qu'on 



— lxxii — 

admire une statue. Qu'on n'oublie pas que C. Baissac était 
un styliste. La légère contention qu'impose à l'esprit la lec- 
ture de tout bon auteur est peut-être pour quelque chose 
dans ce reproche. On convient sans peine que son style est 
clair, précis, approprié, que sa phrase est heureuse, que le 
trait y abonde, qu'il cache sous sa bonhomie une âne 
malice, qu'il manie légèrement sa flèche et la fait porter où 
il veut. — Eh ! mais, voilà des qualités qui lui font bien 
pardonner de ne pas aimer le déshabillé. 

Comme poète, si nous mettons à part son poème de Va tria 
qui est remarquable et a été remarqué, où vibre une patrio- 
tique émotion, et quelques-unes de ses pièces détachées d'une 
exquise sensibilité, C. Baissac serait moins justifiable du 
péché don.t on l'accuse. Ses lettres si fines trahissent évi- 
demment la recherche. Mais l'excuse de ce genre est qu'il 
ne sert généralement qu'à un excellent marivaudage, où 
l'esprit a toujours plus de part que le cœur. Mais quel lan- 
gage! 

Son Folk Lore est un souvenir précieux qu'il lègue à ses 
compatriotes. Il a fixé définitivement ce langage créole si 
naïf et si imagé que nous entendons chaque jour autour de 
nous. Avec patience il a recueilli une à une les légendes, 
contes, zistoires que nos nénènes nous contaient en nous 
berçant, il leur a donné toute leur saveur en les agrémentant 
de son esprit. 

Charles Baissac avait encore d'autres travaux en prépa- 
ration quand la mort le surprit. Mais peut-on dire qu'elle 
l'ait surpris ? Deux malheurs presque successifs, la perte de 
son fils et celle de sa femme, l'avaient mortellement atteint. 
La vieillesse le chagrinait, il s'effrayait de l'avenir de ses 
enfants qu'il adorait et en qui revit une bonne part de l'es- 
prit paternel. — Mais ses fils étaient encore des enfants pour 
lesquels il nourrissait l'espoir d'aller en France au terme de 
sa retraite. Le cyclone du 29 avril, si terrible sous tous les 
rapports, est venu lui porter un coup funeste. En une 
heure il a vu s'écrouler tous ses projets, ses livres disper- 
sés à tous les vents et des travaux déjà commencés, Adulte- 
rations de la langue française à Maurice, etc., perdus sans 
retour. Tant d'épreuves l'ont découragé, et quand vint la 



— llXT — 

maladie, le ressort moral manqua pour lui résister. Il s'est 
éteint le 3 décembre 1892, à sept heures du soir, dans sa 
soixante et unième année, laissant à ses compatriotes 
l'exemple d'une vîp de labeur, et à sa patrie la douleur 
d'avoir perdu l'un de ses fils les plus distingués. 

Souhaitons que ceux qui lui succéderont dans la chaire de 
rhétorique au Collège Royal, aiment comme lui la langue 
française, la défendent contre l'ostracisme dont on la menace 
en dépit des traités, et lui conservent toujours, par leur 
énergie et leur talent, la place qui lui convient. 

Marie Le Blanc. 



BULLETIN 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 

N* 38 



» »!♦!» i 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



du H Février 1893 au 30 Juin 1894 



SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1893. 
Présidence de M. Sylvain Lévi. 

Présents : MM. Bauer, prince Bibesco, de Charencey, de 
Blonay, David, Duvau, Barbelenet, Finot, Henry, Lévi, 
Laray, Ploix, Meillet, Rœrsch. 

Absents et excusés: MM. Bréal, Boyer. 

Nouvelles. M. le Président se fait l'interprète delà satis- 
faction que cause à la Société l'élection de notre confrère 
M. Auguste Barth à l'Académie des inscriptions. 

M. l'administrateur annonce la mort de notre confrère 
M. Charles Baissac 1 . 

Hommages. M. Duvau présente à la Société de la part 
de M. Tito Zanardelli un fascicule de la publication Langues 
et Dialectes, rédigée entièrement, à ce qu'il semble, par le 
directeur, et qui pourra rendre des services comme travail 
de vulgarisation. 

1. Le précédent Bulletin, paru en avril 1893, contient une notice 
tur notre regretté confrère. 



Communication. M. de Charencey étudie l'influence des 
langues voisines sur lé développement de la langue basque. 
Cette langue a dû être à l'origine extrêmement pauvre au 
point de vue grammatical : se trouvant en contact avec des 
idiomes indo-européens qui avaient atteint un développe- 
ment infiniment plus considérable, le basque leur a em- 
prunté non seulement des formes de pensée, mais les mots 
mêmes qui les exprimaient : ainsi le verbe substantif doit 
avoir été emprunté au celtique, la forme du participe passé 
en lu et la formation périphrastique du passif aux langues 
romanes. 

M. Henry présente quelques observations sur ce dernier 
point. MM. Lévi et Meillet citent des faits analogues dans 
différents idiomes. 

M. Meillet signale le fait qu'un mot peut joindre à son 
sens ancien un emploi nouveau sous l'influence d'un syno- 
nyme; ainsi l'emploi de duco dans uxorem duco, résulte 
sans doute de ce qu'il a existé en latin un mot parent de 
lit. vedù « je conduis » et « j'épouse » ; ce verbe, qui se 
trouve encore en celtique, a disparu de la langue après que 
duco « je conduis » lui eut emprunté son second sens de 
« épouser ». M. Meillet énumère des faits analogues. Une 
discussion s'engage à ce propos entre plusieurs membres de 
la Société; M. V. Henry se demande si tout changement de 
sens reconnaît une cause particulière — historique ou lin- 
guistique — comme sont disposés à le croire M. Duvau et 
M. Meillet, ou si des actions psychologiques générales ne 
suffisent pas à expliquer la plupart des modifications de ce 
genre. 

M. Ploix termine la communication qu'il avait commencée 
dans la séance précédente en montrant que tous les exem- 
ples d'â(JL<p{ dans les six premiers chants de l'Iliade peuvent 
s'expliquer sans recourir au sens de « autour » et que le 
sens de « des deux côtés » est seul possible dans la plupart 
des cas. 

Des observations sont faites par MM. Henry et Meillet. 



— lxixiij — 



SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1893. 

Présidence de M. Ch. Ploix. 

Présents : MM. Barbelenet, Bauer, Boisacq, Michel Bréal, 
Cart, de Charencey, Duvau, Finot, Halévy, Henry, Meillet, 
Ploix. 

M. Sylvain Lévi, président, s'excuse de ne pouvoir assister 
à la séance. 

En son absence, le fauteuil est occupé par M. Charles 
Ploix, ancien président. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Nouvelles. La Société apprend avec regret la mort de 
M. S. Dosson, professeur à la Faculté des lettres de Gler- 
mont-Ferrand. 

Hommages. Voir page cxviii. 

Présentation. Est présenté par MM. Michel Bréal et 
Marcel Schwob, pour être membre de la Société, M. Van 
der Vliet, professeur à l'Université d'Utrecht. 

Communication. M. Halévy signale qu'une inscription 
araméenne, qu'il est possible de dater exactement par des 
considérations historiques, présente encore au iv 6 siècle 
avant notre ère l'alphabet phénicien bien conservé. Il est 
donc évident que les déformations de cet alphabet, qui ont 
abouti à l'écriture indienne, sont en tous cas un peu posté- 
rieures à l'époque d'Alexandre. 

Dans une seconde communication, M. Halévy relève un 
certain nombre de faits prouvant que le peuple connu sous 
le nom d'Hétéen est bien sémite ; l'étude des noms propres 
conduit à cette conclusion que la langue des Hétéens était 
non seulement sémitique, mais plus spécialement hébraeo- 
araméenne. Mais les Hétéens, qui habitaient la Babylonie 
dès l'époque la plus reculée, ne sont arrivés qu'assez tard 
dans la partie septentrionale de l'Assyrie : cette région était 
primitivement occupée par les Phéniciens. 

M. Michel Bréal étudie la double forme xésp, Ixp des deux 
mots xf t p « cœur » et f$ « printemps » ; il voit dans le 



— lxxxi? — 

groupe ea la dissimilation de l\ sous l'influence du p sui- 
vant. Des observations sont faites par MM. Meillet, Henry, 
Duvau. 



Séance du 11 Mars 1893. 

Présidence de M. Etienne Atmonibr. 

Présents : MM. Aymonier, Barbelenet, Bauer, prince 
Bibesco, Boissacq, Bonnardot, Boyer, Michel Bréal, Cart, 
de Charencey, Henry, Ploix, Meillet, Rœrsch. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Élection. M. Van der Vliet est élu membre de la Société. 

Communication. M. de Gharencey présente quelques 
étymologies basques. A propos de Tune d'elles, il donne 
quelques détails sur la légende du Petit-Poucet chez les 
Basques. 

M. Michel Bréal signale dans une inscription arcadienne 
nouvellement découverte, un mot jusqu'ici inconnu, KATOP- 
PENTEPON, qui s'y trouve deux fois, et toujours suivi de 
elvat. En rapprochant une glose d'Hésychius, 'Apivrwtv 
èptvtot, MaxeSéve;, M. Bréal montre que, tant pour le sens que 
pour la forme, ce mot énigmatique doit être considéré 
comme équivalent à xorraporoç « maudit ». Des observations 
sont faites par MM. Henry, Meillet, Duvau. 

Ensuite M. Bréal, reprenant l'explication proposée par 
M. Havet pour l'origine du participe latin en -dus, la mo- 
difie en établissant la succession -mno-, -nno-, -ndo». VL 
rapproche des faits analogues de dissimilation qui se sont 
produits dans d'autres langues. L'objection qu'on pourrait 
tirer de la conservation de mn dans alumnus, etc., peut être 
écartée par la considération que les formes en undus ont 
appartenu d'abord à une langue spéciale, la langue reli- 
gieuse. 

M. Duvau, rappelant que le rapprochement du premier 
terme du composé gaulois uxello-dunum avec le grec ût|rçX6ç 
est une des principales exceptions à la loi posée par M. de 



— Ixxxv — 

Saussure, qu'il n'y a pas de labialisation de gutturale en 
grec après u, montre que cette exception n'est qu'apparente. 
Différents exemples prouvent que le groupe celtique k$ peut 
remonter kps; la labiale de ôt|nr)X6t ne remonte pas à une 
gutturale, c'est la gutturale du celtique qui remonte à une 
labiale. 

M. Henry propose de voir dans ingens une déformation 
analogique de *ingentus, inverse de celle qui a produit /tuen- 
tum, unguentum, etc. *fngentus serait phonétiquement 
identique à l'anglo-saxon uncu$, anglais uncouth « mons- 
trueux ». Ce rapprochement nous fournirait un exemple latin 
de la forme gn f de la racine gnô, forme qui existe incontes- 
tablement en germanique. 

A ce propos M. Meillet signale le rapprochement qu'on a 
établi jusqu'ici entre ingens et |a£y*c ôt ô? ". 



Séance du 25 Mars 1893. 

Présidence de M. Sylvain Lbvi. 

Présents : MM. Barbelenet, Bauer, prince Bibesco, Au- 
guste Bréal, Michel Bréal, Cart, Chilot, Duvau, Gohin, 
Henry, Laray, Lévi, Meillet. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Nouvelles. M. le Président annonce que par suite de la dé- 
molition prochaine de l'ancienne Sorbonne, la Société aura 
à se pourvoir d'une nouvelle salle de réunion. M. Michel 
Bréal veut bien se charger de faire auprès de M. le Vice- 
Recteur les démarches nécessaires pour qu'un nouveau local 
soit mis à la disposition de la Société. 

Communication. M. Gohin présente une série de rap- 
prochements qui permettent d'expliquer l'exclamation tudieu 
comme une abréviation de ver tudieu. 

M. Duvau, en faisant remarquer que la presque totalité 
des n finaux du latin étaient anciennement suivis d'une 
voyelle syncopée comme uiden ou ont pu facilement être 
rétablis par analogie comme dans limen, limùiis, propose 



— lXIXVJ — 

d'admettre qu'à une certaine époque, Vm a été la seule 
nasale finale du latin à l'exclusion de n. Les conjonctions 
osques pun et pan présentent un n final opposé A Ym de 
l'accusatif (paam), tandis qu'en latin les deux finales sont 
confondues. M. Duvau rapproche le latin quon-iam, et cite 
nonus opposé à nouera . 

Des observations sont présentées par différents membres. 
M. Meillet, à propos de cette communication, émet l'hypo- 
thèse que Cette unification des nasales finales remonte à 
l'époque indo-européenne et était due au caractère im- 
plosif de toutes les consonnes finales. Il explique ainsi un 
certain nombre de faits de la morphologie sanscrite que l'on 
explique d'ordinaire par des analogies tirées de la décli- 
naison des thèmes en n. 

M. Bréal, à propos d'une forme indo-européenne citée 
incidemment, remarque que les restitutions de ce genre 
sont souvent purement graphiques et ne représentent rien 
de net pour l'oreille. 

M. Meillet présente une explication de la forme française 
vulgaire z'azèt (j'achète, prononcé j'ajite) ; c'est le résultat 
de l'analogie de ze zèt, nu ètu (je jette, nous jetons). 

Revenant ensuite sur les faits de substitution synony- 
mique qu'il avait indiqués dans une précédente séance; il 
montre que l'idée de double est rendue dans la plupart des 
langues par l'idée de « plié en deux » et qu'il y a là autre 
chose qu'une simple coïncidence. Des observations sont 
présentées par différents membres, en particulier par 
MM. Bréal et Henry. 

M. Y. Henry propose d'admettre que le latin adulter 
serait né dans une expression comme ad alterum ire. 



Séance du 15 Avril 1893. 

Présidence de M. Sylvain Lévi. 

Présents : MM. Barbelenet, Bauer, Boyer, M. Bréal, Cart, 
Duvau, Lévi, Meillet. 



— ljxxvij — < 

Le procès-verbal de la précédente séance est la et 
adopté. 

Communications. M. Bréal propose une étymologie nou- 
velle du nom 'Epwjç. Ad. Kuhn l'expliquait par le sanscrit 
Saranyû, mais ce rapprochement est discutable tant au 
point de vue de la phonétique qu'au point de vue du sejis. 
La déesse Saranyû, mère des Açvins, ne peut guère être 
comparée aux 'Eptvùeç qui ont plutôt le caractère d'abstrac- 
tion morale. Se fondant sur la glose d'Hésychius : ôpsvrfa, 
eptvvcv MoxeMveç, M. Bréal propose de voir dans èptvéç un 
mot parent de àpaopuxt. 'Eptvtfeç, chez Homère, est employé 
comme synonyme de apat. L'aspect particulier du vocalisme 
de 'Epcvtiç peut s'expliquer par ce fait que le mot, d'après 
une indication de Pausanias, est probablement arcadien. 

Sans méconnaître la valeur des arguments de M. Bréal, 
M. Henry croit qu'il n'est pas nécessaire de rejeter le rap- 
prochement de 'Epcvtiç et de Saranyû, et de supprimer ainsi 
l'arrière-fond naturaliste du mythe des Erinnyes. M. Meillet 
objecte que la phonétique et la sémantique s'opposent 
également à l'hypothèse d'Ad. Kuhn ; M. Lévi appuie les 
observations de M. Meillet. 

M. Meillet étudie ensuite un point de phonétique slave, 
le traitement de k \-y qui aboutit à deux résultats différents, 
è et c. M. Brugmann attribue cette différence de traitement 
au caractère relativement récent des formes qui pré- 
sentent c. Une objection grave à cette théorie est que le 
phénomène le plus récent selon M. Brugmann, apparaît éga- 
lement dans des formations communes au slave et au 
lithuanien. M. Meillet propose de poser comme règle que 
devant ù et o, c s'est changé en c en transformant la voyelle 
suivante en i et e. 

M. Henry cite une série de textes en vieil anglais qui 
montrent les transformations de sens de la préposition be 
(anglais moderne by), qui passe de l'idée de « à côté » à 
celle de « par » (sens causatif). M. Henry rapproche de ce 
fait les modifications du sens de lat. propter, qui signifie 
« à côté de » puis « à cause de ». 

Des observations sont présentées par MM. Bréal et 
Boyer. 



— lxxxviij — 



Séance du 29 Avril 1893. 

Présidence de M. Sylvain Livi. 

Présents : MM. Barbelenet, Bauer, prince Bibesco, Bon- 
nardot, Boyer, Michel Bréal, Cart, de Charencey, Dianu N , 
Duvau, Henry, Laray, Lévi, Meillet, Rousselot. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 
Hommages. Voir page cxviii. 

M. de Charencey donne quelques détails sur les sujets 
traités par M. Pettafiel et par lui ; M. Duvau analyse l'ar- 
ticle de M. Boissié sur les localisations cérébrales. 

Proposition. L'ordre du jour appelle la discussion d'une 
proposition tendant à élever le chiffre de la cotisation an- 
nuelle. 

M. le Trésorier et M. l'Administrateur exposent la néces- 
sité de "cette majoration. Vu l'accroissement de nos publi- 
cations, le budget de la Société a perdu toute élasticité 
et si les arrérages de rente et la subvention ministérielle 
suffisent à rétablir l'équilibre, il n'en est pas moins vrai 
que la plus légère diminution dans les recettes annuelles 
pourrait entraver le fonctionnement normal de la Société. 
Dans l'esprit du bureau, la modification proposée est sur- 
tout importante au point de vue des cotisations perpétuelles ; 
l'article 9 des Statuts porte en effet que tout sociétaire 
pourra racheter sa cotisation annuelle en versant une fois 
pour toutes une somme décuple de cette cotisation. Le 
revenu annuel de la Société, pour chaque membre, qui verse 
cette somme, est réduit des deux tiers (environ 4 fr. au lieu 
de 12). Il est évident que cette faculté de libération n'a plus 
d'objet, maintenant que les sociétaires reçoivent des publi- 
cations représentant une valeur bien supérieurs au chiffre 
annuel de la cotisation : il semble juste pourtant qu'elle soit 
conservée à ceux qui font actuellement partie de la Société, 
et qui pour la plupart ont fait des sacrifices dans l'intérêt 



— llITÎf — 

de la Société, alors que ses publications étaient moins 
considérables qu'aujourd'hui. 

Le but de la proposition est donc essentiellement d'atté- 
nuer la perte causée à la Société par l'accroissement du 
nombre des membres perpétuels : l'augmentation du taux de 
la cotisation annuelle n'est proposée que pour amener celle 
de la cotisation perpétuelle, le rapport établi par nos Statuts 
entre les chiffres des deux sortes de cotisations ne pouvant 
être modifié qu'avec l'autorisation du gouvernement et après 
des formalités et des retards sans fin. Une discussion s'en- 
gage entre la plupart des membres présents» dont quelques- 
uns expriment la crainte que cette mesure n'entrave le 
recrutement de la Société. 

M. le prince Bibesco, désirant que la Société, sans attendre 
les résultats de la réforme projetée, soit en mesure de faire 
face aux dépenses projetées pour cette année, met à sa 
disposition une somme de 300 fr. M. le Président se fait 
l'interprète des sentiments de reconnaissance de la Société 
pour ce nouvel acte de générosité. 

La discussion engagée est close par le vote des résolutions 
suivantes adoptées à la majorité des voix: 

L'article 2 du règlement est ainsi modifié : 

La cotisation annuelle des membres ordinaires est fixée 
à douze francs, pour les membres élus avant le 31 décembre 
1893. Elle est de vingt francs pour les membres élus après 
cette date. 

Par mesure transitoire, les membres élus dans l'une des 
séances de novembre ou décembre 1893, devront exception- 
nellement la cotisation pour Tannée en cours ; mais le taux 
de leur cotisation restera fixé par la suite à douze francs. 

Communication. M. Barbelenet fait une communication 
sur la syncope en latin. Après avoir mis à part trois ordres 
de faits voisins de la syncope: 1° chute d'un è final du 
premier membre d'un composé [quindecim), 2° chute d'un u 
devant o et contraction subséquente de voyelles (deztror- 
sum, Mars=Mauors), 3° abrègement pur et simple d'un 
long mot dans lequel deux syllabes semblables se suivent 
(consuetudo = consuetitudo, etc.), il pose pour la syncope 
proprement dite la loi suivante : 



— zc — 

Une voyelle brève entre consonnes placée en seconde syl- 
labe est syncopée si la durée totale des syllabes suivantes 
est au moins égale à deux brèves. Ex. : audeo en regard de 
auidus, dùioren regard de diuitis, cupressus en regard de xuxa- 
pt<7<70£. Il montre ensuite que la syncope n'atteint ni les 
voyelles en hiatus, ni les voyelles longues, ni les voyelles 
des syllabes qui suivent la seconde, et écarte de différentes 
manières les exceptions apparentes. Il termine en montrant 
les analogies qui même en seconde syllabe ont contrarié la 
loi tant dans la flexion que dans la dérivation et la compo- 
sition. Des objections, que l'heure avancée ne permet pas de 
développer, sont indiquées par différents membres. 



Séance du 13 Mai 1893. 

Présidence de M. Sylvain Lévi. 

Présents : MM. Aymonier, Barbelenet, Bauer, Michel 
Bréal, Cart, de Charencey, Dianu, Duvau, Henry, Laray, 
Lévi, Meillet, Mélèse, Rœrsch, Rousselot. 

Le procès- verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

Nouvelles. M. Bréal communique le programme d'une 
série de questions relatives à la linguistique, proposé par 
le comité de l'exposition de Chicago. Il annonce également 
que les publications de la Société pour Tannée 1891 figure- 
ront dans l'exposition du Ministère de l'Instruction publique 
français à Chicago. 

Communications. M. Aymonier fait une communication 
sur les voyelles khmères r et /, qui représentent dans un 
certain nombre de mots les voyelles correspondantes du 
sanscrit. Dans d'autres mots, 1er (Z) sanscrit s'est fait suivre 
d'une voyelle. 11 termine en donnant quelques indications 
sur les procédés d'infixation du khmèr. 

Des observations sont présentés par MM. Bréal, de Cha- 
rencey, Rousselot. M. Lévi discute quelques-uns des 



— xcj — 

exemples cités par M. Àymonier ; il fait remarquer l'impor- 
tance de cette communication qui prouve que l'influence 
du pâli a été précédée en khmèr par des influences sans- 
crites. 

M. l'abbé Rousselot communique une série de remarques 
sur l'imitation dans le langage ; il montre, en prenant ses 
exemples en particulier dans le patois de Cellefrouin, la 
manière dont certains mots et certaines manières de pro- 
noncer sont empruntés à tel ou tel parler voisin. 

Vu l'heure avancée, la discussion de cette communication 
est remise à la séance suivante, après une ou deux obser- 
vations de M. Bréal. 



Séance du 27 Mai 1893. 

Présidence de M. Sylvain Lsvi. 

Présents : MM. Barbelenet, Bauer, de Charencey, Chilot, 
Duvau, Henry, Laray, Lévi, Meillet, Melèse, Rousselot. 

M. Michel Bréal, absent de Paris, s'excuse par lettre de 
ne pouvoir assister à la séance. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Communications. M. l'abbé Rousselot complète sa com- 
munication de la séance précédente en signalant une res- 
semblance entre les manières dont les autours font parler 
d'une façon différente les différents personnages de leurs 
récits, et l'emploi des pracrits variant suivant les person- 
nages dans le drame indien. 

Puis il fait l'histoire de la transformation de / mouillé 
en y dans la région de Cellefrouin. Cette transformation 
s'est produite d'abord après labiale, puis après gutturale, 
et a frappé enfin 17 mouillé non précédé de consonne. Il 
distingue dans toute évolution phonétique trois périodes : 
celles où la transformation se produit seulement chez 
quelques personnes ou dans quelques mots ; puis la période 
d'action de la loi; enfin la période d'unification, pendant 



— zoij — 

laquelle les personnes qui ont échappé à l'action de la 
loi adoptent par imitation la prononciation des autres. Le 
caractère de révolution phonétique est l'impuissance phy- 
sique à prononcer le phonème qu'on voudrait produire. 

Différentes observations sont adressées à M. l'abbé Rous- 
selet. M. de Charencey indique le râle que doit jouer l'ensei- 
gnement de l'école. 

M. Henry étudie le passage sémantique de follis [follem) 
à fou ; il propose de rechercher le point de départ de la 
transformation dans le sens de « ballon » qui rebondit et 
court de droite et de gauche. 

Des observations sont présentées par MM. de Charencey 
et Barbelenet. 



Séance du 10 Juin 1893. 

Présidence de M. Sylvain Lévi. a 

Présents : MM. Barbelenet, Bauer, Cart, Duvau, Henry, 
Laray, Lévi, Meillet, Rousselot. 

MM. Bréal et P. Boyer se font excuser de ne pouvoir 
assister & la séance. 

Le procès- verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Communications. M. Meillet proteste contre la compa- 
raison établie par M. l'abbé Rousselot, dans la précédente 
séance, entre les changements phonétiques et les épidémies; 
les changements phonétiques sont des faits naturels, et non 
pathologiques. M. l'abbé Rousselot répond qu'il n'a pas 
voulu attacher à cette métaphore une importance particu- 
lière, toutefois, les faits phonétiques qui dans la plupart 
des cas amènent la disparition des sons demandant un plus 
grand effort, ont bien quelque chose de pathologique. 
Quelques membres font remarquer d'ailleurs qu'un état 
maladif est aussi naturel que l'état de santé. 

Puis M. Meillet pose en principe que tout changement 
phonétique porte non sur un phonème déterminé, mais sur 
l'ensemble de l'articulation, et que l'altération de l'occlu- 



— xciij — 

sive labtele sourde par exemple suppose l'altération conco- 
mitante ou de toutes les labiales, ou de toutes les sourdes, ou 
de toutes les occlusives; c'est ainsi que, en même temps que 
l'occlusive sourde p subissait en germanique le changement 
en fricative, les autres occlusives sourdes (f, k) ont subi le 
même changement. Quand une modification phonétique 
semble isolée, on doit, d'après ce principe, rechercher la 
cause de cet isolement, et constater s'il n'est pas seule- 
ment apparent. M. Meillet cite, à l'appui de sa théorie, diffé- 
rents faits de phonétique slave. 

Des objections sont faites par différents membres. M. Rous- 
selot indique que souvent c'est au contraire la concomitance 
qui est apparente, et que si Ton tient lieu de la chronologie 
et de la géographie, c'est l'isolement qui est la réalité. 
M. Henry cite l'exemple de la disparition du p dans les 
langues celtiques, alors que les autres labiales, les autres 
occlusives, les autres sourdes restent en général intactes. 
Mais il concède que le principe posé par M. Meillet peut 
donner lieu à des recherches intéressantes. 

M. Henry présente ensuite une étymologie de la conjonc- 
tion latine ni qu'il propose d'expliquer par ne -f et, le 
2* élément étant identique à la conjonction et « si » du 
grec. Ni serait ainsi, avec d'autres éléments, tout à fait 
comparable à son équivalent sémantique nisi. Il est vrai que 
ni semble avoir le sens purement négatif et non condition- 
nel dans nimirum, quidni. Mais on peut expliquer nimirum 
par « si cela ne t'étonne pas » employé ironiquement et 
quidni par « qu'arriverait-il si je... ne pas. » Des observa- 
tions sont faites par M. Laray. 



Séance du 24 Juin 1893. 

Présidence de M. Sylvain Lévi. 

Présents : MM. Bauer, Barbelenet, Bréal, Boyer, Cart, 
Chilot, Duvau, Levi, Halévy, Henry, Meillet, Rousselot, de 
Blonay, Laray, Finot. 



— xdv — 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. le Président adresse i M. l'abbé Rousselot, lauréat 
du prix Volney, Jes vives félicitations de la Société. 

M. Bréal annonce que M. Rousselot a bien voulu pro- 
mettre de faire prochainement, pour les membres de la 
Société, une conférence de phonétique expérimentale. 

Présentation. MM. Michel Bréal et J. Darmesteter pré- 
sentent pour être membre de la Société, M. Riabinin, 
6, rue de la Poste, à Odessa. MM. Michel Bréal et Fécamp 
présentent : la Bibliothèque universitaire de Montpellier. 
Cette séance étant la dernière avant les vacances, il est 
procédé immédiatement au scrutin, M. Riabinin est élu 
membre de la Société; la Bibliothèque universitaire de 
Montpellier est également admise. 

Hommage. Voir page cxviii. 

Nouvelles. M. Bréal communique à la Société, de la part 
du ministère de l'Instruction publique, le programme du pro- 
chain congrès des Sociétés savantes. 

Communications. M. Halévy résume les résultats aux- 
quels il est arrivé, par l'étude des inscriptions bilingues et 
des noms propres connus par les Grecs, dans le déchiffre- 
ment des inscriptions anatolieones qui, bien que trouvées 
dans le pays des Hétéens, ne sont pas sémitiques. 

Il donne ensuite quelques détails sur un texte babylonien 
dans lequel se retrouve le mythe de l'enlèvement de Pro- 
serpine, avec les détails les plus caractéristiques de la tra- 
dition telle qu'elle est connue par les Grecs. 

M. Bréal présente une étymologie du nom de la déesse 
grecque Ilithye qui préside aux accouchements. Ce nom 
existe sous différentes formes : EiXeCOota. 'EXetGuts, ElX^Outa, 
'EXeiAu, EîXtOuts et enfin ElXMuta. Ce dernier est évidem- 
ment le participe parfait féminin du verbe èXsuOw : or l'ins- 
cription de Gortyne contient un verbe èic-eXeuto qui a le sens 
de « porter » ; une glosse d'Hésychius porte eîXeuoCar ofoco. 
EiXVjOuta est donc « celle qui porte », la déesse de la gesta- 
tion ; le sens primitif du verbe s'est conservé dans ce nom 
propre. C'est peut-être le futur moyen èXeu<jo|Ait qui a facilité 
le passage de « porter » à « venir » ( « je me porterai » ). 

Ensuite M. Bréal rappelant qu'en portugais, en gascon, 



— XCV — 

dans un dialecte napolitain de la terre de Labour, Yn dis- 
paraît parfois entre voyelles, se demande si on ne pourrait 
pas admettre l'existence sporadique du même fait en latin, 
ce qui rendrait compte du rapport de beare, beatus avec 
bonus, bene. Le sens de « faire du bien » est certain pour 
beare dans différents exemples de Plaute et de Terence. La 
chute de n a pu être aidée par la fréquence de l'emploi du 
mot. M. Bréal propose d'expliquer de même le rapport des- 
deux formes du comparatif grec lutÇoveç et lutfcjç. Il cite 
ensuite l'accusatif 'AiciXXu en regard de 'Aic6XXu»va. 

Des observations sont présentées par différents membres. 
M. Rousselot cite le cas du français sire, de *seior pour 
'senior, bien que cette chute de n ne soit pas habituelle. Il 
rappelle aussi des faits analogues dans différents patois des 
Alpes. 

M. Henry remarque que la disparition de l'n en portugais 
a dû être précédée par un état où la voyelle précédente s'est 
nasalisée, puis est intervenu la désanalisation. Quant à la 
chute de v en grec, les exemples comme 'AiciXXc* peuvent 
s'expliquer par l'analogie de jie^w. Quant à ustÇo, expliqué 
par |u£ova, on est obligé dans l'hypothèse de M. Bréal de 
séparer ce type grec du latin maiorem. 

M. Meillet observe ensuite que le grec même ne prouve 
pas l'existence d'un type de suffixe en n, mais seulement 
en 5; le type iov est pour iwv (go th. izà). On aurait en grec 
l'élargissement du suffixe par n au génitif. 

Dans une autre communication, M. Bréal présente une 
hypothèse sur le genre des mots français en eur. L'analogie 
a dû partir des mots en ura très fréquents en bas-latin à 
côté des mots en or : froideur d'après froidure. 

Des observations sont présentées par M. Rousselot. 

M. Bréal cite ensuite le mot prostré employé quelquefois 
dans la langue des romanciers modernes. Cette forme ana- 
logique, refaite de prostration, rétablit ainsi la forme primi- 
tive prostratus. 

Enfin M. Bréal montre que certaines constructions rentrent 
dans le cas bien connu où des mots affirmatifs prennent par 
ellipse le sens négatif, mais sans qu'il y ait véritablement 
ellipse : c'est quand la phrase contient un premier élément 



— XCVJ — 

négatif, le mot positif pris comme adjuvant prend alors 
aussi ce sens négatif. 

Des observations sont présentées par MM. Meillet et 
Rousselot. 



Séance du 18 Novembre 1893. 

Présidence de M. Sylvain Lévi. 

Présents : MM. Boyer, Michel Bréal, Cart, Cuny, Duvau, 
Finot, Henry, Meillet, Tournier. 

Assistant étranger : M. Montmitonnet. 

Présentation. MM. Boyer et Meillet présentent pour être 
membre de la Société, M. Montmitonnet, élève de l'École 
des Hautes Études et de l'École des langues orientales. 

Hommage. Voir page cxviii. 

Nouvelles. La Société est heureuse d'apprendre que le 
Ministère lui a accordé pour l'année 1893 une subvention 
de mille francs. 

M. le Président se félicite de la présence à cette séance 
de l'un des fondateurs de la Société, M. Tournier. 

M. Bréal rappelle que M. Tournier est un de ceux qui avec 
Ernest Renan ont le plus contribué à fournir à la Société une 
direction nettement scientifique. 

M. le Président annonce l'installation de la bibliothèque 
de la Société dans une salle de la Sorbonne. 

M. Barbelenet, bibliothécaire, ayant été nommé professeur 
au lycée de Tourcoing, ses fonctions seront remplies jusqu'aux 
prochaines élections par notre confrère, M. Théophile Cart, 
qui a bien voulu accepter de le remplacer. 

Communication. M. Bréal étudie la signification pre- 
mière du nom de divinité "Atyj, qui se retrouve dans la loi 
de Gortyne comme nom commun avec le sens d' « amende ». 
C'est de la même façon, sans doute, qu'il faut expliquer 
«tïj dans un vers d'Hésiode ("E. x. C H., 411) qui doit être 
une sorte de proverbe juridique. 



— xcvij — 

M. Tournier signale le même mot avec le même sens dans 

un proverbe ancien vf^** ™*P a ^ora. 

Une deuxième communication de M. Bréal porte sur le 
mot vacl qui se trouve dix-neuf fois dans le manuscrit 
étrusque d'Agram : il propose d'y voir un nom de divinité, 
qui se retrouve sous la forme vecl, lue inexactement jus- 
qu'ici vécu, sur un miroir étrusque, à côté de Menrva. 

A ce propos, M. Bréal critique l'étymologie ordinairement 
admise du latin Minerua (rapproché du sanscrit manas), 
comme représentant une idée trop abstraite. Ce pourrait 
être le nom d'une divinité étrusque n'ayant rien de commun 
avec manas. 

Des observations sont présentées par MM. Henry et 
Tournier. 

M. Meillet présente une explication de la conjonction 
latine uel: il y voit avec Brugmann une forme impérative 
du verbe « vouloir »,mais non, comme lui, l'injonctif {*wels). 
D'après nôli, on peut supposer un ancien *uell, devenu *ueh, 
comme tout mot iambique, puis uel avec syncope de l't bref 
final. 

Des observations sont faites par MM. Bréal et Duvau. 
M. Henry adresse à la théorie de M. Meillet une objection 
de principe : le parallélisme supposé de noli et de *tteli n'est 
pas nécessaire. Le grec emploie le subjonctif aoriste dans le 
sens impératif avec la négation, mais sans la négation il 
emploie l'impératif : comparer le latin fac en regard de 
ne feceris. M. Meillet conteste l'ancienneté de ce fait de 
syntaxe. Pour ce qui est de la forme noli, selon M. Henry, 
elle est due à l'analogie de nolite, sur le modèle de lege, 
legiie. M. Meillet la croit due à la chute générale de s final. 

M. Duvau fait une communication sur le latin dam, qui 
serait identique à la première partie de son synonyme par- 
tiel dônec : Ym final correspondant à n intérieur rentre dans 
une série de faits étudiés dans une précédente séance ; le 
changement de o en u est la conséquence nécessaire de 
l'abrègement dû à Ym final. M. Duvau indique ensuite que 
l'on pourrait peut-être voir dans la particule interrogative 
num un doublet de non, cette particule étant dans son 
emploi à peu près équivalente à une négation. 

9 



— xcriij — 

Des observations sont présentées par MM. Meillet et 
V. Henry. 



SÉANCE DU 2 DÉCEMBRE 1893. 
Présidence de M. Charles Ploix. 

Présents : MM. Bauer, Michel Bréal, Duvau, Henry, 
Meillet, Ploix, Rousselot, Tonrnier. 

MM. Aymonier, P. Boyer et Th. Cart s'excusent de ne 
pouvoir assister à la séance. 

En l'absence du président et des vice-présidents, le fau- 
teuil est occupé par M. Charles Ploix, ancien président. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

Correspondance. Lecture est donnée d'une lettre de 
M. Aymonier, qui en s'excusant de n'avoir pu assister à la 
précédente séance et d'être encore empêché d'assister à 
celle-ci, prévient la Société, qu'en raison de l'éloignement 
de son domicile et du fardeau de ses occupations actuelles, 
il se voit obligé de décliner la candidature à la présidence 
pour l'année 1894. 

Election. M. Montmitonnet est élu membre de la Société. 

Présentation. MM. l'abbé Rousselot et Duvau présentent 
pour être membre de la Société, M. Charles Brun, agrégé 
de lettres, 19, rue Cujas, à Paris. 

Commission des finances. Sont élus membres de la 
Commission des finances chargée de vérifier les comptes de 
la Société, MM. Henry, Meillet, Rousselot. 

Communications. M. Bréal signale chez Shakespeare la 
présence du mot giglet «jeune fille légère » qui est évidem- 
ment le mot français gigolette, dont l'ancienneté est ainsi 
attestée. Pour ce qui est de l'origine même de ce mot, 
M. Bréal rapproche le verbe giguer et ginguer « danser » 
employé dans le centre de la France. 



— XC1X — 

Des observations sont présentées par MM. Tournier, 
Bauer, Ploix, Rousselot. 

M. Tournier signale l'existence en anglais, en italien et 
en français d'un proverbe déjà cité dans la Harangue sur 
FHalonnêse, ch. 45. 

Dans une seconde communication, M. Tournier appelle 
l'attention de la Société sur une épigramme de Gallimaque 
(ép. 29), de laquelle il résulte clairement, en dépit de la 
manifeste altération du texte, qu'à Alexandrie, dès la pre- 
mière moitié du m* siècle avant notre ère, or se prononçait 
comme e, et comme t, et deux X comme un seul ; et que, de 
plus, l'accent, aussi bien que la quantité, ne jouait dans la 
prononciation qu'un rôle assez effacé. 

M. Duvau, à propos du mot riding (anc. thriding) qui 
désigne les subdivisions du comté d'York, indique que l'idée 
de « tiers » représentée originairement par ce mot, rappelle 
les « cinquièmes » (coicid) de l'Irlande, la tétrarchie des 
Oalates. Dans cette manière abstraite de désigner une sub- 
division territoriale par une expression numérique, il pro- 
pose de voir une idée celtique dont la persistance s'explique 
particulièrement bien dans le comté d'York. 

Des observations sont présentées par MM. Bréal, Henry, 
Bauer. 



SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 1893. 
Présidence de M. Sylvain Levi. 

Présents : MM. Aymonier, Bauer, Boyer, Michel Bréal, 
Cart, Duvau, Henry, Laray, Lévi, Meillet, Montmitonnet, 
Rousselot. 

Hommage. Voir pagecxviij. 

Élections. M. Charles Brun est élu membre de la Société. 

Présentation. MM. Michel Bréal et L. Duvau présentent 
pour être membre de la Société, M. Louis de Backer, 
membre de l'Académie royale de Belgique. 



— c — 

Rapport de la Commission des finances. Lecture est 
donnée du rapport de la Commission des finances sur 
l'exercice 1893 : 

Messieurs, 

Après examen des comptes da Trésorier de la Société, votre Com- 
mission a arrêté le bilan suivant au 12 décembre 1893. 

Recettes. 

Report d'exercice 3.355 fr. 33 

Cotisations annuelles 1.756 42 

Cotisations perpétuelles 718 65 

Don du prince Bibesco 300 » 

Allocation du Ministère 1.000 » 

Arrérages de rentes 863 75 

Intérêts de fonds déposés à la Société générale. ... 12 10 

Vente de fascicules des Mémoires 165 » 

8.171 fr. 25 
DÉPENSES. 

Notes de l'éditeur : . 1638 fr. 01 

Achat de fascicules antérieurs à 93 133 80 

Honoraires de rédaction se rapportant à l'exercice 92. 144 60 

Frais généraux 311 40 

Achat de deux armoires pour la bibliothèque et trans- 
port des livres 120 » 

Indemnité de l'Administrateur 400 » 

Allocation aux appariteurs 105 • 

Achat de 35 fr. de rente 3 0/0 nominative 1.149 75 

Droit de garde des titres 7 » 

4. 018 fr. 56 
L'encaisse est de : 

Dépôt à la Société générale 2.601 fr. 44 

Encaisse du Trésorier 1.551 25 

4.152 fr. 69 4.152 69 

Total égal. . . . . 8. 171 fr. 25 

Bien que les recettes de cet exercice aient été moins élevées que 
celles du précédent, l'encaisse est sensiblement plus forte qu'elle 
n'était Tan dernier à pareille date. Cette situation résulte du ralen- 
tissement de nos publications ; il n'a paru, jusqu'à présent cette année, 



— Cj — 

comme vous le savez, qu'un seul fascicule des Mémoires. Mais deux 
autres sont sur le point de paraître ; l'un est tiré depuis un mois ; la 
distribution, qui a été retardée par des causes indépendantes de la 
volonté de la Société, en sera effectuée ces jours-ci ; il sera suivi de 
prés par le second; rencaisse va donc, dés le mois prochain, se 
trouver réduite d'environ 1,600 francs. Par suite du retard apporté à 
la publication des Mémoires, nos recettes de Tannée, qui ont été de 
4,815 fr. 92, dépassent de 797 fr. 36 nos dépenses qui se sont élevées 
à 4,018 fr. 56. Nos recettes ordinaires se composent: 1° des arrérages 
de nos rentes, toit 800 francs pour Tannée entière et 3 coupons des 
35 francs de rente nouveaux, auxquels se sont ajoutés 37 fr. 50 de 
coupons non touchés Tan dernier; 2° des cotisations dont la rentrée 
s'est, grâce au zèle de notre trésorier, effectuée de la manière la plus 
régulière. La subvention du Ministère a été réduite de 1,200 fr. à 
1,000 francs. Mais le nouveau don que nous devons à la générosité 
du prince Bibesco a couvert au delà la perte qui résultait de cette 
diminution. 

Une amélioration réclamée depuis longtemps a pu être réalisée 
cette année, grâce au concours obligeant de M. le vice-recteur Gréard 
et de M. A. Réville, président de la section des sciences religieuses 
à l'École des hautes études: les volumes composant notre bibliothèque 
sont enfin mis à portée des membres de la Société, dans une salle 
contiguë à celle où se tiennent nos séances. Depuis plusieurs années 
déjà la place manquait à l'École des sciences politiques et les livres 
nouveaux s'entassaient chez le bibliothécaire ; enfin cette année même 
l'École des sciences politiques avait dû, faute de place, nous inviter 
à retirer ceux de nos livres auxquels elle avait jusqu'alors donné 
l'hospitalité. 

L'examen des notes de l'éditeur a donné lieu à une observation. 
Bien que le prix payé pour nos publications suffise à en couvrir 
presque entièrement les frais, le nombre des exemplaires des Mé- 
moires qui nous sont attribués dépasse à peine celui qui est néces- 
saire pour assurer le service à tous les membres de la Société. Nous 
ne pouvons donc retirer de la vente des fascicules nouveaux aucun 
bénéfice. La Commission s'est demandée s'il ne serait pas possible, 
soit d'obtenir de l'éditeur des conditions moins désavantageuses, soit 
de nous réserver la propriété de l'édition entière, de manière à ren- 
trer dans une partie des frais une fois faits, et vous propose de 
nommer une nouvelle Commission chargée d'examiner cette ques- 
tion. 

V. Henry, A. Meillbt, Rousselot. 

Les conclusions de ce rapport sont adoptées en ce qui 
concerne l'approbation des comptes et le principe de l'élec- 
tion d'une Commission. Cette élection aura lieu dans une pro- 
chaine séance. 



— eij — 

Élection du bureau. L'ordre du jour appelle le renouvel- 
lement annuel du bureau. 

M. Aymonier confirme de vive voix la lettre dont il avait 
été donné lecture dans la précédente séance ; il demande 
à être, le cas échéant, maintenu seulement comme deuxième 
vice-président. 

Il est ensuite procédé au vote qui donne les résultats 
suivants : 

Président: M. le prince Alexandre Bibesco. 
1 er Vice-Président : M. l'abbé Jean Rousselot. 
2 e Vice-Président : M. Etienne Aymonier. 
Secrétaire : M. Michel Bréal. 
Administrateur : M. Louis Duvau. 
Trésorier : M. Paul Boyer. 
Bibliothécaire : M. Théophile Cart. 
Membres du comité de publication : MM. D'Arbois de 
Jubainville, R. Du val, L. Havet, V. Henry, L. Léger, 
G. Paris. 

Communications. M. Rousselot présente quelques cri- 
tiques à des opinions récemment soutenues en phonétique 
physiologique par M. Vietor. 

M. Meillet étudie la formation du verbe $oû\o[izi. Élimi- 
nant par des raisons phonétiques les différentes explications 
proposées jusqu'ici il propose de voir dans (bJXojjtot un ancien 
aoriste subjonctif *$ok?o\uu. 

En levant la séance, M. Sylvain Lévi exprime en quelques 
mots ses remerciements à la Société qui l'avait élevé à la 
présidence. 



Séance du 20 Janvier 1894. 

Présidence de M. le prince Alexandre Bibesco. 

Présents: MM. Bauer, prince Bibesco, Brun, Cart, Duvau, 
Finot, Laray, Rousselot. 

M. Bréal se fait excuser de ne pouvoir assister à la 
séance. 



— Cllj — 

Le procès- verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. de Backer est élu membre de la Société. 

Va le petit nombre des membres présents et l'absence de 
la plupart de ceux qui sont portés à Tordre du jour, la séance 
est levée à heures et demie. 



SÉANCE DU 3 FÉVRIER 1894. 
Présidence du prince Alexandre Bibbsco. 

Présents : MM. Bauer, le prince Bibesco, G. de Blonay, 
Michel Bréal, Cart, Duvau, Henri/ Laray, Lévi, Meillet, 
Ploix, Rousselot. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir p. cxix. 

Élections. La commission dont la nomination avait été 
demandée à l'effet d'étudier les modifications à introduire 
dans les conditions matérielles des publications de la Société 
est composée ainsi qu'il suit : MM. Boyer, Henry, Meillet, 
Rousselot, auxquels seront adjoints de droit les président, 
secrétaire et administrateur de la Société. 

Communications. M. Bréal indique une nouvelle série 
de faits tendant à démontrer l'origine étrusque d'une partie 
du panthéon italique. Le nom de la divinité étrusque Maris 
rapppelle celui de Mars. Le nom de la divinité ombrienne 
Fufluns présente un suffixe qui rappelle celui de l'étrusque 
serions, et qui se retrouve en latin dans Vulcanus 9 Neptu- 
nus. Des observations sont présentées par MM. Laray, 
Meillet, Henry, Duvau. 

M. Duvau étudie le passage du sens concret et déterminé 
du latin homo au sens abstrait et indéterminé du français 
an: il indique les arguments logiques et historiques qui 
tendent à placer dans les phrases négatives l'origine de 
cette transformation. Puis, en signalant le fait que homo 
n'est arrivé au sens tout à fait abstrait que dans la partie du 
domaine roman qui confine au domaine germanique, il 



— a? — 

propose de voir dans cette coïncidence un produit de Tin- 
fluence germanique. 

Des observations sont présentées par MM. Rousselot et 
Henry. M. Bréal pose une question relative au passage en 
français d'une partie des mots indéterminés au sens négatif. 

M. Meillet présente une hypothèse nouvelle sur l'origine 
du participe en -endus. Il en rapproche les formes du parti- 
cipe sanscrit en -atas comme pacatds où la valeur a=n 
est prouvée par çvâ-ntd. Il écarte la difficulté tirée de la 
nature de la dentale en admettant que le latin emploie ici le 
suffixe do équivalent morphologiquement au suffixe to, 
comme dans calidus, etc. 

Des observations sont présentées, par MM. Bréal, Duvau. 
M. Henry objecte en particulier l'alternance latine -tmdus, 
-endus, et l'emploi purement infintif de /e^encft, /ey^ndo, etc. 

Avant de lever la séance, M. le président prend la parole, 
et en renouvelant ses remerciements à la Société qui l'a 
appelé au fauteuil, il fait part de son intention de lui faire 
don d'une somme de dix mille francs. Les arrérages de cette 
somme serviront à récompenser les meilleurs travaux rédigés 
en français ou en latin, et relatifs aux langues romanes et 
en particulier au roumain. L'institution de ce prix, destiné 
à être distribué par une société française aux travaux sur 
la langue roumaine, ne pourra que consacrer et affermir les 
liens qui unissent déjà ces deux rameaux de l'arbre latin. 

L'allocution de M. le Président est accueillie par les 
applaudissements unanimes de l'assemblée ; M. le Secrétaire 
se fait auprès de M. le prince Alexandre Bibesco l'interprète 
des sentiments de reconnaissance de la Société. 



Séance du 17 Février 1894. 

Présidence du prince Alexandre Bibesco. 

Présents : MM. Bauer, prince Bibesco, de Charencey, 
Duvau, Henry, Mélèse, Montmitonnet, Rousselot. 
Absents et excusés : MM. Michel Bréal, Th. Cart. 



— c? — 

Hommages. Voir page cxix. 

Nouvelle. La Société apprend avec satisfaction que notre 
confrère M. Léon Job vient d'obtenir le titre de docteur es 
lettres . 

Communications. M. Duvau, à propos du double sens 
interrogatif et indéfini de différents pronoms des langues 
indo-européennes, conteste qu'il y ait lieu, comme l'a fait 
Francis Meunier, d'admettre l'antériorité du sens interro- 
gatif, et d'expliquer le passage d'un des sens à l'autre dans 
le latin en particulier, alors qu'ils coexistent dans toutes les 
langues. M. Duvau montre par l'analyse de l'emploi de l'in- 
dien kaç cand et par l'étude de constructions parallèles que le 
pronom dit interrogatif ne doit nullement son sens indéter- 
miné à la présence de cana ou de telle particule analogue. 

Des observations sont présentées par MM. Henry, Mont- 
mi tonnet. 

M. de Gharencey signale la ressemblance du mot histrio 
que les anciens nous disent être d'origine étrusque, et du 
mot proprement latin fis tu la. L'échange de / et de h est cer- 
tain en étrusque pour nombre de mots : histrio pourrait 
donc être un mot originairement latin passé en étrusque et- 
revenu ensuite en latin. 

M. le prince Bibesco signale en roumain des faits ana- 
logues à l'alternance / et h. M. Duvau pose une question sur 
l'étymologie de fistula. 

M. Henry propose de voir dans hodie un composé syntac- 
tique du genre de auto-ets'!, ce qui supprime toute difficulté 
relativement à la quantité de l'initiale. 

Ensuite il rappelle que M. Delbrùck conteste l'origine 
locative du génitif latin des thème en o. Les objections de 
M. Delbrùck ne sont pas décisives. Il faut partir de cons- 
tructions comme arbos horli « l'arbre qui est dans le jardin»; 
c'est par extension que l'on a dit plutard seruus Marci, etc. 

Des observations sont faites par MM. Bauer, Duvau. Une 
discussion s'élève incidemment sur l'origine des articles et 
pronoms syncopés de différents dialectes du haut et du bas- 
allemand. 

Lecture est donnée à la fin de la séance d'un travail de 
M. Imbert sur « les termes de parenté en lycicn ». 



-cij- 



SÀutCB du 3 Mars 1894. 

Présidence de M. Bo^nahdot. 

Présents : MM. Bauer, Bonnardot, Bréal, Brun, Cart, 
de Charencey, Duvau, Finot, Henry, Laray, Mélèse, Mont- 
mitonnet, Ploix, Tournier. 

M. le prince Bibegco, président, se fait excuser de ne 
pouvoir assister à la séance. 

Le procès-verbal delà précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir page cxix. 

Nouvelles. M. Tournier «annonce la fondation de la So- 
ciété des Humanistes consacrée à l'étude des auteurs clas- 
siques français, latins et grecs» et donne quelques détails 
sur son organisation. M. le président se fait l'interprète des 
vœjix que forme la Société de Linguistique pour la nouvelle 
Société. 

Communication. M. Michel Bréal étudie les adverbes nu- 
méraux en -ies (milies, loties, etc.). Le point de départ de 
cette formation doit être cherché dans quoties, dérivé de 
quot à l'aide du suffixe qui se retrouve dans barbaries, ma* 
teries, etc. Quoties désignait l'un des facteurs de la multi- 
plication. Une fois cette forme créée, on a fait sur son mo- 
dèle toties, decies, etc. 

Dans une seconde communication, M. Bréal revenant sur 
l'explication qu'il avait donnée précédemment de cuncaptum 
dans une inscription falisco-latine, rapproche //., X, 332 : 
« le vœu a été bien conçu », c'est-à-dire qu'il a été ac- 
compli. 

Enfin, il présente une remarque sur les prépositions com- 
plexes formées par la soudure d'une préposition ancienne 
et d'un pronom (comme en français avec). C'est ainsi que 
xotcc doit s'expliquer par x<z -f l'article xdé ; x<z correspond au 
latin cum; le sens de xxcaest identique à celui de cum dans 
les composés xorarttdw. et con-dere. 

De même peti contient ti précédé du premier élément |*e 



- cvij — 

deiA&rooç ; voo^C « à l'écart », contient le pronom de la troi- 
sième personne voç. 

MM. Tournier et de Charencey présentent différentes ob- 
servations. 

M. de Charencey communique des remarques sur un cer- 
tain nombre de mots basques empruntés aux dialectes 
voisins. 

Lecture est donnée d'une note de M. Boisacq sur une glose 
d'Hésychius ccfurfiç, cq^uv. "Aywpç doit être une faute de 
lecture causée elle-même par une erreur du lapicide qui aura 
omis l'e de or^eç (AT0M2 pour AlHOMES). 

Des observations sont présentées par MM. Bréal, Duvau, 
Henry. 

M. Duvau, reprenant l'étymologie proposée autrefois par 
M. Bréal pour asper, propose de l'expliquer non par l'inter- 
médiaire de la locution asper e conçue comme adverbe, 
mais comme un simple dérivé de spes identique à absonus, 
p. ex. Il signale la quantité brève de Va de asper qui exclut 
le prototype àsper (ou âspes). 

Puis il propose de séparer exemplum de eximere, pour 
en faire un dérivé, peut-être par l'intermédiaire d'un verbe, 
de ampluSy ce qui s'accorde avec le sens de « copie » que 
possède exemplum. 

Des observations sont présentées par MM. Bréal et 
Henry. 

Une discussion à laquelle prennent part tous les membres 
présents s'engage ensuite sur l'infusion de sens nouveaux 
dans une expression savante mal comprise, telle que um- 
braiilis exercitatio. 



Séance du 17 Mars 1894. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents: MM. Bauer, M. Bréal, Brun, de Charencey, 
Duvau, Henry, Laray, Meillet. 



— cviij — 

Absents et excusés. MM. le prince Bibesco et Paul 
Boyer. 

Assistants étrangers. MM. le professeur Streitberg, de 
Fribourg, et le docteur Appel, de Breslau. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Présentations. MM. M. Bréal et V. Henry présentent 
pour être membre de la Société le R. P. Sacleux, mission- 
naire apostolique à Zanzibar. 

Communications. M. Bréal rapproche le nom étrusque 
d'Apollon, usil, du nom de la gens latine Aurélia. Ce nom 
latin, d'origine étrusque, n'a aucun rapport avec le grec yj£- 
Xtoç fôXtoç). 

Des observations sont faites par MM. de Charencey , Henry, 
Meillet, Duvau. 

M. Bréal appelle ensuite l'attention de la Société sur une 
particularité de nos textes étrusques: la répétition d'une 
même finale par une série de mots qui se suivent; il n'y 
faut pas voir des désinences flexionelles . Ce procédé que 
M. Bréal appelle « l'attraction des désinences » est un 
moyen de distinguer les différents membres de phrases. 

Des observations sont présentées par MM. Rousselot, 
Duvau, Meillet. 

M. Meillet signale dans la conjugaison latine le fait que 
les verbes athématiques (comme sum, fero\ présentent la 
voyelle thématique là où cette voyelle est o, jamais où elle 
est e. C'est que ces formations sont parties de la troisième 
personne du pluriel, où l'accord du slave et du latin pour le 
verbe « être » montre qu'il existait une finale -onti. Cette 
origine se démontre indirectement encore par la compa- 
raison du grec où le passage dans le langage thématique, 
quand il a lieu, ne se trouve qu'à l'actif, non au moyen 
(xavuTat mais Tovuouai) : or, le sanscrit qui a ate en regard de 
anti montre que le moyen n'avait point la voyelle thématique. 

Des observations sont faites par MM. Streiberg, Bréal, 
Henry. 

M. Rousselot cite une série de combinaisons analogiques 
dans la formation du passé défini et de l'imparfait de divers 
patois français. Des remarques sont faites par M. Appel. 



— cix — 



Séance du 7 Avril 1894. 

Présidence de M. de Charencey. 

Présents : MM. Bauer, de Charencey, Duvau, Laray, 
Lévi, Meillet. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Election. LeR. P. Sacleui est élu membre de la Société. 

Communication. M. de Charencey étudie l'étymologie 
du nom maya de la ville de Champoton. 11 donne à ce 
propos quelques détails sur les principales sources de l'his- 
toire du Mexique. 

M. de Charencey lit ensuite un travail étendu sur le méta- 
morphisme linguistique. Il combat l'opinion répandue qu'il 
n'y a pas de langues vraiment mixtes et que les influences 
étrangères ne portent que sur le vocabulaire. Cela n'est pas 
vrai en tout cas des langues peu développées grammatica- 
lement ; elles empruntent très facilement aux langues voi- 
sines des procédés de construction et même des éléments 
morphologiques. Il cite des exemples de ce fait en basque 
(emprunts au celtique) et aux idiomes de l'Amérique. 

Des observations sont faites par différents membres. 



Séance du 21 Avril 1894. 

Présidence de M. le Commandant Aymonier, vice-président. 

Présents : MM. Aymonier, Bauer, Boyer, M. Bréal, Cart, 
Henry, Laray, Meillet, Montmitonnet. 

Le procès-verbal delà précédente séance est lu et adopté. 

Présentation. MM. Basset et Bréal présentent pour être 
membre de la Société, M. Fournier, professeur à l'École 
supérieure des lettres d'Alger. 

Hommages. Voir page cxix. 

Communication. M. Bréal appelle l'attention sur la 



— CI — 

forme cuclu que prend le nom du Cyclope dans une repré- 
sentation de la scène d'Ulysse et de Polyphème, à Corneto : 
on peut en conclure que c'est par un intermédiaire étrusque 
que le latin codes se rattache à KuxXoxJ*. 

Dans une seconde communication, M. Bréal signale 
Terreur de ceux qui considèrent l'adjectif manufestus 
comme un composé : ce procédé de formation serait con- 
traire aux habitudes latines ; manufestus est un juxtaposé 
comme manumissus. 

Enfin, à propos des différentes formes romanes du verbe 
aller, il signale le développement de la dentale d dans un 
groupe nn venant de mn. 

M. Meillet étudie le mot ipveto; « bélier », qui, n'ayant 
jamais le digamma chez Homère, ne peut être rapproché 
directement de -/piQv, gén. Fagnàç. *Apvei6ç est pour *àpovetoç; 
ôpo^v, en effet, ne présente pas le digamma chez Homère. 

Des observations sont faites par MM. Bréal et Henry sur 
le rapport de ces différents mots avec ssc. vrshabhas, 
rshabhas. 

Ensuite, M. Meillet propose de rattacher l'adverbe homé- 
rique âfrcuç à la même racine que /Vcomo;, avec le sens de 
« en vain ». 

Des observations sont faites par différents membres. 

Puis M. Meillet identifie le slave vûtorù « al ter » avec 
le grec orepoç (êtepoç); vu, a représentent la nasale du mot 
indoeuropéen pour « autre, second ». 

Des observations sont faites par M. Henry. 

Enfin, M. Meillet signale la double origine de la préposi- 
tion slave su, identique d'une part, au ssc. sam « avec » et 
d'autre part avec xa de xxci dans le sens de « du haut de ». 



Séance du 5 Mai 1894. 

Présidence de MM. S. Levi et M. Bréal. 

Présents : MM. Bauer, de Blonay, Bréal, Duvau, Laray, 
Lévi, Meillet. 



— cxj — 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Communications. M. Bréal revient sur l'explication de 
xrttùç proposée par M. Meillet dans la précédente séance. Ce 
mot se trouve d'ordinaire dans des discours, où le geste 
précisait le sens de ce mot, assez vague en lui-même. Il est 
inutile de le séparer d'oùté;, et dans un certain nombre de 
cas, il est tout à fait impossible de donner à <x5to>; le sens 
de |Aonp. 

M. Meillet maintient son explication. M. Henry serait 
d'avis d'admettre la coexistence de deux mots oBruç. 

M. Bréal signale ensuite à propos des composés sanscrits 
comme matsakhi « mon ami » que ce type s'est développé sur 
les simples juxtaposés comme mat-krta. 

Il montre ensuite que l'adverbe ïxr/w doit être décomposé 
en £xi), instrumental, plus le suffixe adverbial ti. 

Enfin M. Bréal indique que le mot ombrien arvia doit 
certainement être rapproché de haru- « entrailles ». Le 
seul passage qui fasse difficulté (II* 18) s'explique en ad- 
mettant que arvia y forme une sorte de parenthèse. 

M. Duvau propose d'expliquer le vieil irlandais is « en 
bas» et les mots congénères des langues celtiques par un 
primitif *ips. Le latin imus serait pour *ipmus. Le groupe de 
deux termes contraires is (ips) et uas (ûps) rentreraient 
alors dans une grande catégorie de termes corrélatifs repré- 
sentée en latin par les types ibi, ubi, etc. , dont les fonctions 
syntactiques n'auraient été déterminées que par une adap- 
tation postérieure. 

Des objections sont présentées par MM. Meillet, Henry, 
Bréal. 

M. Henry signale la persistance du sens ancien de ger- 
manique anthar- « second », dans la formule du crieur public 
des ventes aux enchères en Alsace : 

Fémfdtsvâiisik su tsômèrstd, fémfdtvânsik su tsômântrd, 
fémfïtsvânsik su, on tsuzm... lètste mil. 



— CXI j — 



Séance du 19 Mai 1894. 

Présidence de MM. de Cbarencey et Michel Bréal. 

Présents : MM. Bauer, M. Bréal, Cart, de Charencey, 
Du van, Henry, Meillet, Montmitonnet. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir page cxix. 

Communications. M. Meillet appelle l'attention de la 
Société sur la différence d'accentuation qui sépare les mono- 
syllabes des polysyllabes dans eTç, rcoç, — ou8e(ç, Èorxç, etc. 
d'une part; et inversement &ç — ôjaûç, etc. Si l'on remarque 
que l'accentuation gestossen, qui en lithuanien frappe, 
comme l'a établi M. de Saussure* les longues indoeuro- 
péennes, est identique, par sa nature au circonflexe des 
Grecs, on voit que l'accent des monosyllabes du type eTç est 
identique en grec et en lithuanien. 

Des observations sont présentées par MM. Henry, Duvau. 

M. Duvau critique l'hypothèse de M. Osthoff, faisant 
venir le suffixe des adverbes latins -iter de juxtapositions 
comme breue-iter. On a ici le suffixe -ter, fréquent dans 
toutes les formations adverbiales (propter, etc.) : quant à 
l'extension du suffixe (i)-ter pour exprimer la manière, son 
point de départ doit être recherché en particulier dans l'ad- 
verbe aliter. 

Des observations sont présentées par différents membres ; 
puis une discussion qui se prolonge jusqu'à la fin de la 
séance s'engage sur la question de la syncope des finales en 
latin. 



Séance du 2 Juin 1894. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents : MM. Cart, Duvau, Henry, Meillet, Melèse, 
Montmitonnet, Rousselot. 



— cxiij — 

Absents et excusés : MM. Michel Bréal, Boyer, Henry. 

Communications. M. Meillet, revenant sur la communi- 
cation faite dans la précédente séance par M. Duvau, pro- 
pose de restituer comme finale ancienne de aliter, à, dési- 
nence du pluriel neutre. Des observations sont faites par 
M. Duvau. 

Ensuite M. Meillet étudie la préposition arménienne z : 
elle est identique au slave za et au préfixe germanique ga-, 

M. Duvau signale que l'accentuation de Z?}v ne peut être 
invoquée dans une étude sur l'accentuation grecque : les 
grammairiens anciens, la considérant comme élidée de Zfjvs, 
ne pouvaient l'accentuer que perispomène. 

Une discussion s'engage entre différents membres, à pro- 
pos d'une question posée par M. Meillet au sujet de l'accent 
de Çyor/e opposé à èyci, l\uciyt à è|xoi\ d'une part, et âjxou, èjxoOYe, 
i|&é et €|iéY6, d'autre part. 



Séance du 16 Juin 1894. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents : MM. Bauer, Michel Bréal, de Charencey, Du- 
vau, Grammont, Henry, Mélèse, Meillet, Rousselot. 

Assistant étranger: M. le baron de Vaux. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Correspondance. M. le Secrétaire communique à la 
Société le programme du Congrès des Sociétés savantes 
pour 1894. 

Hommages. Voir page cxix. 

M. de Charencey, à propos de la brochure dont il fait 
hommage à la Société, fournit quelques indications sur les 
rapports possibles entre les populations de l'Amérique et 
celles de l'Ancien Continent. 

Présentations. Sont présentés pour être membres de la 
Société : 

Par MM. Michel Bréal et Maspéro, M. Gaëtan Delphin, 
professeur à Oran (Algérie) ; 

h 



— cm — 

Par MM. Michel Bréal et J. Darmesteter t M. Blochet, élève 
de l'École des Hautes Études, 35, rue de l'Arbalète, Paris. 

Communications. M. Grammont signale l'action de i'étjr- 
mologie populaire dans un certain nombre de mots romans 
et latins. Des observations sont présentées par la plupart 
des membres présents. 

M. Bréal étudie le mot àvabopot « refuser, nier », qui con- 
tient la même racine que apveotxoi (même sens), mais pré- 
cédée d'un redoublement; ot correspond à ap, ici comme 
dans jAoftuç, iioptuç. 

Des observations sont faites par MM. Grammont, Duvau. 

Ensuite M. Bréal explique le mot ûxeputov qui est un 
simple dérivé d'une forme 'faspu. 



Séance du 30 Juin 1894. 

Présidence de M. le prince Bibesco. 

Présents : MM. le prince Bibesco, Bréal, Henry, DuVau, 
Boyer, Mélèse, Finot, Bauer, Meillet. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Élections. Sont élus membres de la Société : MM. Del- 
phin et Blochet. 

Nouvelle. M. Henry annonce à la Société que notre con- 
frère M. Fécamp vient d'être reçu docteur es lettres, avec 
la mention honorable, pour deux thèses dont l'une intéresse 
l'histoire de la linguistique. 

Présentation. MM. Bréal et d'Arbois de Jubain ville 
présentent pour être membre de la Société, M. Alexandre 
Boutroue, 241, faubourg Saint-Honoré, à Paris. 

Cette séance étant la dernière de Tannée académique, 
M. Boutroue est immédiatement admis. 

Fondation Alexandre Bibesco. M. le Secrétaire donne 
lecture de la lettre suivante de M. le Président, prince 
Alexandre Bibesco : 



— cxv — 



% .onfrèri 



Paris, le 22 juin 1894. 



MBS8IEUR8 ET CHERS CONFRÈRES, 

Lors de la séance du 3 février dernier, j'ai adressé ver- 
balement à tous les membres présents mes plus cordiaux 
remerciements pour m'a voir nommé président de la noble 
et docte société à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir, 
comme membre perpétuel, depuis vingt ans. Je vous réitère 
aujourd'hui ces remerciements. 

Je ne crois pas pouvoir mieux reconnaître une distinction 
aussi flatteuse qu'en vous annonçant que je fais don à la 
Société de linguistique d'une somme de dix mille francs, 
capital d'un prix que je fonde et qui portera le nom de prix 
Alexandre Bibesco. La distribution en pourra être biennale 
ou triennale. Il aura pour objet tout mémoire, tout ouvrage 
roulant sur la grammaire, le dictionnaire, les origines, 
l'histoire des langues romanes en général, et préférablement, 
de la langne roumaine en particulier. Tout travail qui ne 
se rattachera pas très exactement et très intimement à ce 
programme sera rigoureusement exclu. 

Sur le mécanisme de ce prix, je m'en rapporte très volon- 
tiers au bureau de notre Société, dont la parfaite compé- 
tence trouvera, édictera, pratiquera, saura maintenir les 
mesures nécessaires à son fonctionnement et conformes à la 
volonté bien nette du donateur. Vous trouverez néanmoins 
opportun et légitime que je pose les jalons suivants : 

1° Les trois seules langues admises pour la rédaction du 
mémoire seront : le roumain, le français, le latin ; 

2° L'auteur du mémoire pourra appartenir à n'importé 
quelle nationalité ; 

3* La collation du prix aura lieu par voie de concours, 
ou biennal, ou, de préférence, triennal ; 

4° Les ouvrages imprimés seront les soûls admis au 
concours. 



— cxvj — 

A compter du 26 juin prochain, je tiens les fonds à la 
disposition de la Société. 

Permettez-moi de vous dire, en finissant, mes chers 
Confrères, que l'honneur que vous me faites, je le prends 
pour ma patrie, pour la Roumanie, autant que pour moi. 
En effet, comme nationalité, la Roumanie reste un rameau 
précieux et vivace de l'arbre latin ; comme pays, elle per- 
siste, malgré tout, malgré des déviations et des infidélités 
apparentes, à être française de cœur et d'esprit, attendu 
qu'elle est française d'éducation, d'humeur, de législation, 
d'idiome; elle demeure, dans le fond de sa sève, fidèle à 
cette France que ses détracteurs voudraient trouver si 
vieille, et qui reste, quand même, si jeune et si pleine 
d'espérance. 

Prince Alexandre Bibesco. 



M. Bréal se fait l'interprète de la Société en adressant ses 
remerciements au prince Bibesco : ce don, en perpétuant le 
nom de notre honoré président, contribuera aux progrès de 
la linguistique romane ; il profitera certainement aux intérêts 
de la science roumaine en particulier, et créera un lien de plus 
entre la France et la patrie du prince Alexandre Bibesco. 

Sur la proposition de M. le prince Bibesco, M. Bréal est 
désigné comme président provisoire, à l'effet d'accepter le 
don au nom de la Société. Le bureau est chargé de rem- 
plir, après les vacances, les formalités nécessaires pour 
réaliser par acte authentique cette donation, qui est acceptée 
dès à présent par la Société, sauf ratification du gouverne- 
ment, dans toutes ses clauses et conditions 

Communications. Il est donné lecture d'un travail de 
M. de Charencey sur quelques étymologies basques. 

M. Bréal étudie les composés latins du type uersicolor, 
flexipeSy etc., dans le premier terme desquels on a cru re- 
connaître jusqu'ici un participe. Ce sont en réalité des 
mots savants, créés sur le modèle des composés grecs dont 
le premier terme est un nom abstrait en -<r.; (type â;xci<]t{- 

Des observations sont présentées par MM. Henry, Bauer. 



— cxvij — 

M . Bréal identifie] ensuite le substantif latin Venus, au 
sanscrit varias. C'est un ancien neutre passé au féminin : 
1° sous l'influence de la mythologie grecque; 2° sous l' in- 
fluence du nom de la déesse étrusque uni, conservé sur un 
miroir. 

M. Henry soumet à la Société une étymologie du nom de 
la déesse "Hpa, déjà proposée ailleurs. "Hpx serait à rappro- 
cher du germanique *jér (allem. jahr), et serait par suite 
une divinisation de la Saison. 

Des observations sont présentées par MM. Meillet, Bréal, 
Boyer. 

M. Meillet, complétant la règle de M. de Saussure, d après 
laquelle r en grec, après labiale, est rendu par po ou op, 
remarque que cette règle n'est vraie que si la syllabe sui- 
vante contient un o. 

Des observations sont présentées par M. Henry. 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 



// Février 1898. 

Langues et dialectes, revue trimestrielle publiée sous la direction de 
Tito Zanardelli, n* 1. Bruxelles et Paris. — De la part de l'auteur. 
Michel Hochotzian, La langue d'Accad. — Offert par l'auteur. 

$8 Février 1898. 

Annales du Musée Guimet, t. XXII et XXIII ; Paris, 1802 et 1803, in-4 ; 
de la part de M. Em. Guimet. 

T. XXII. Le Zend Avesta, traduction nouvelle avec commentaire histo- 
rique et philologique ; 2* vol. 

T. XXIII. Le Vi : King, traduit pour la première fois en français par 
P. L. F. Philastre, 2* partie. 

J. Menant. Les Yéiidiz. Episodes de l'histoire des adorateurs du diable. 
Paris, 1802, 1 vol. in-12 ; de la part de M. Em. Guimet. 

$9 Avril 1893. 

Antonio Penafiel, Nombres geogrdficos de Mexico. — Catalogo alfà- 
betico de los nombres des lugar pertenecientes al idioma « nahuatl ». Estu- 
dio jeroglifico. Texte et atlas, 2 vol. Mexico, 1885. — De la part de l'au- 
teur. 

H. de Charencey, Des nombres symboliques chez les Toltéques occiden- 
taux. Amiens, 1803. — Offert par l'auteur. 

U Juin 1893. 

i. Ilalévy, Introduction au déchiffrement des inscriptions pseudo-hittites 
ou anatoliennes. Paris. — Offert par Fauteur. 

Baudouin de Conrtenay. — Deux points de la doctrine de la palatalisation 
dans les langues slaves. Tirage à part des « Acta et commentationes, Imp. 
universitatis jurievensis (olim Dorpatensis) ». (En russe.) Dorpat, 1803. — 
Offert par l'auteur. 

18 Novembre 1898. 

L'abbé D. Carnel, Le dialecte flamand de France. Etude phonétique et 
morphologique de ce dialecte tel qu'il est parlé spécialement à Bailleul 
et ses environs (Nord). Paris, 1801. — Offert par l'auteur. 

16 Décembre 1893. 

Istituxioni di diritlo civile russo, par A. Todaro délia Gallia. Turin et 
Rome, 1 vol. in-8. — De la part de l'auteur. 



— CM — 



5 Février 1894. 

E. Tournier. Noies sur Demosthène. (Annuaire de l'Ecole des Hautes Etudes, 
section des sciences historiques et philologiques). PariSj 1894. — Offert par 
l'auteur. 

Ernst Heumann, Grammatisk Studie Ôfver Santal-Sprâket. Copenhague, 
1892. — De la part de M. V. Thomsen. 

Vilh. Thomsen, Bemmrkninger om de Khervariske (kolarùke) Sprogs Stil- 
hng. Copenhague, 1892. — Offert par l'auteur. 

Vilh. Thomsen, Nogle Bemmrkninger om Santhalsproget. — Offert par. 
l'auteur. 

Vilh. Thomsen, Déchiffrement des inscriptions de VOrkhon et de V Ienisseï, 
notice préliminaire. Copenhague, 1894. — Offert par l'auteur. 

il Février 1894. 

E. Amélineau, Histoire des monastères de la Basse- Egypte : vie des SS. Paul, 
Antoine, Macaire, Maxime et Domèce, Jean le Nain, etc., texte copte et tra- 
duction française. (Annales du musée Guimet, t. XXV.) Paris, 1894. — De la 
part de M. Emile Guimet. 

Comte de Charencey, Des affinités de la langue basque avec divers idiomes 
des deux continents. Paris, 1892. — Offert par l'auteur. 

Comte de Charencey, De la parenté du basque avec divers idiomes des deux 
continents. Caen, 1894. — Offert par l'auteur. 

Comte de Charencey, Djemschid et Quetsalcoatl. Paris, 1893. — Offert 
par l'auteur. 

' 3 Mars 1894. 

2. Imbert, Etudes d'histoire Lucienne. — Offert par l'auteur. 

Actes de la Société philologique, i. XXII. — Offert par M. de Charencey. 

fi Avril 1894. 

Anales det Museo nacional de Montevideo. I, 1894. — Offert par le Museo 
National. 

Ludv. F. A. Wimmer, De tyske runemin desmœrker. Copenhague, 1894. 
— De la part de l'auteur. 

Michel Bréal, On the canons of etymological Investigations. — Offert par 
l'auteur. 

Extraits des procès-verbaux des séances du comité historique. — Paris, 
1850. — Offert par le ministère de l'Instruction publique. 

19 Mai 1894. 

Actes de la Société philologique, t. XXIII. Paris, 1893. — Don de M. de 
Charencey. 

16 Juin 1894. 

Comte de Charencey» Les déformations crâniennes et le concile de Lima. 
Lima. Amiens, 1894. — Offert par l'auteur. 

F. Godefroy, Dictionnaire de t ancienne langue française; fasc. 72-76, 
Paris. — De la part du ministère de l'Instruction publique. 

Ilamy et Poincaré. Discours prononcés à la séance générale du Congrès 
le samedi 8 avril 1895. Paris, 1893. — De la part du ministère de l'Instruc- 
tion publique. 



AVIS 



PUBLICATIONS ANT£RIBURR8 AU 1 er JANVIER 1894 



Con d i tio ns do vont* particulières aux Membres 

do la Société 

Collection complète des Mémoires (tomes I à Vil complets, 

tome VIII, fascicules 1-4) 111 fr. 

Volumes isolés : tomes I et VII, chacun. ... 12 fr. 
— tomes H, III, IV, V, VI, chacun. 15 fr. 

Fascicules isolés : chacun 8 fr. 

Le Bulletin (collection et numéros isolés) est mis gratui- 
tement à la disposition des membres de la Société. 



Les frais d envoi sont à la charge de f acheteur 



Loi demande* doivent être adressées à l'Administrateur 



CATALOGUE 



DI LA 



BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



SUPPLÉMENT 

Ouvrages entrée dans U bibliothèque de mai 1883 

au 30 juin 1894 



TABLE DES MATIÈRES 



Généralités sur la science du langage. . . . 

Langues indo-européennes 

Généralités 

Sanscrit et dérivés 

Langues iraniennes 

Grec 

Latin 

Epigraphie latine 

Langues néo-latines 

Généralités 

Français et patois français.. . . 
Provençal ......... 

Portugais 

Roumain 

Dialectes italiques 

Langues letto-slaves 

Généralités 

Paléoslave 

Russe 

Polonais 

Lithuanien 

Langues germaniques 

Haut et bas-allemand. — Anglais. 
Langues Scandinaves — Runes. . 

Langues celtiques 

Langues sémitiques 

Langues ouralo-altalques 

Langues du Caucase. . 

Langues de l'Asie orientale 

Langues de l'Afrique non sémitiques. . . . 

Langues de l'Amérique 

Langues de l'Océanie 

Langues non encore classées 

Basque 

Langues asiatiques 

Religion, mythologie, philosophie 

Ethnographie, géographie, histoire 

Périodiques 

Varia. 

Bibliographie, catalogue, statuts. . . 



PafM. 

cxxii 

cxxii 

cxxii 

cxxii i 

cxxiii 

cxxiii 

cxxiv 

cxxiv 

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cxxv 

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cxxvii 

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cxxvii 

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cxxviii 

cxxviii 

cxxix 

cxxii 

cxxix 

cxxx 

cxxxi 

cxxxi 

cxxxi 

cxxxii 

cvxxii 

cxxxii i 

cxxxiv 

cxxxvi 

cxxxvii 



1. On a mivi dani ce Supplément le plan adopté pour la catalogue de 1883 
(V. BuU. dé la 9oc., n* 23, tome V, p. 20). — Un remaniement partiel eût 
prêtent* plu* d'inconvénient* que d'avantagée, un remaniement complet n'était paa 
poetible actuellement. — Tb. Cait. 



BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 

DE PARIS 

SUPPLÉMENT AU CATALOGUE 

PUBLIÉ DANS LE BULLETIN DE MAI 1883 
(Ouvrages entrés de mai 1888 à juillet 1884) 



I. 

GÉNÉRALITÉS SUR LA SCIENCE DU LANGAGE. 

M. BRÉAL. « Comment les mots sont classés dans notre esprit », lu dans la 

séance publique annuelle des cinq Académies, du 25 octobre 1884. Brôch. 

Paris, 188'*. 
M. BRÉAL. On the canons of Etymological Investigation. Broch. 
GRANDGENT. Vowel moasuroment. Broch. (Voir Bull, do la Soc. de Ling. 

n° 35, p. cxxi ) 
HASDEU. Principie de linguistica. V. Roumain. 
V. HENRY. De sermon is humani origine et natura M. Tercntius Varro quid 

sensorit. Thèse de doctorat, 1883. 
G. DE HUMBOLT De l'origine dos formes grammaticales et de leur influence 

sur le développement des idées par Guillaume do Humboldt, traduit par 

Alfred Tonnelé. Paris, 1859. 
SVEDELIUS. Étude sur la sémantique, Upsal, 1891. 

II. 

LANGUES INDO-EUROPEENNES. 

Généralités. 

PH. COLliSET. Essai sur la formation de quelques groupes do racines indo- 
européennes. I. Les préformantes prolo-arjcnnos. Broch. Gaud, Louvain, 



— cxxiij — 

V. HENRY. Esquisses morphologiques. I. Les thèmes féminins oxytons à 

racine fléchie. Broch. Lille, 1884. 
V. HENRY. Esquisses morphologiques. HI. Le subjonctif latin. Broch. 

Douai, 1885. 
V. HENRY. Esquisses morphologiques. IV. Lo nominatif-accusatif pluriel 

neutre dans les langues indo-européennes, Broch. Douai, 1887. 
V. HENRY. Esquisses morphologiques. V. Les infinitifs latins Paris, 1889. 
P. REGNAUD. Observations critiques sur le système de M. de Saussure. 

Broch. Gray, 1891. 
J. SGHRUNEN. Étude sur le phénomène de 1'* mobile dans les langues clas- 
siques et subndiairetnent dans les groupes congénères. Dissert, inaugurale. 

Louvain, 1891. 
J. WALSER. Schritto sur Aufhcllting des Sprachrlthsels, betreffend Indo- 

Europ. Sprachwurseln. Hermannstadt, 1868. 

Sansorit et dérivé». 

BRANDRETH. The gaurian (Hindi, Sindhi), compared with the romance 

languagos (Royal asiatic Society). Londres, 1885. 
J. DARMESTETER. Le Zend-Avosta. Trad. nouv. avoc comment, hist. et 

philologique. (Annales du Musée Gui mot, tomes xxi et xxn.) Paris, 1892. 
ALFRED DUTENS. Essai sur l'origine dos exposants casuels en sanscrit. 

Paris, 1883. 
TH. FOUCAUX Le Lai i ta Vistara. Trad. du sanscrit en français, 1™ part. 

Trad. franc. (Annales du musée Gui met, tome vi.) Paris, 1884. 
V. HENRY. Trente stances du Bhàminl-Vilàsa, accompagnées de fragments 

du commentaire inédit de Maniréma. Paris, 1885, in-8. 
Y. HENRY. L'œuvre d Aboi Bcrgaignc. Leçon d'ouverture du cours do sans- 
crit et gram. comparée à la Faculté dos lettres do Paris. (Extrait des 

Annales de la Fac. des lettres à Lille) broch.,. 1887. 
E. MONSEUR. Final as bc/orc sonan» •(, sa. terit by M. Bloomficld. (Extr. 

de: American Journal of philology., .omc (1). 
P. REGNAUD. Le Rig-Véda, l rc partie (Annales du Musée Gui met. Biblio- 

thoquo d'études, tome I). Paris, Leroux, 1892. 
STREULY. Les lois de Manon. V. Religion. 

Langues iraniennes. 

SOPHUS BUGGE. Bcitrâgc zur ctymologischen Erlautcrung der armeni- 
schen Sprachc. Christiania. 1891. 

Greo. 

CH. BARON. Lo pronom rolatif et la conjonction en grec ri principalement 
dans la langue homérique. Essai du *)iitaxc historique, ,J nris 1891. 

DELBŒUF. Le parfait grec. Sa signification et son emploi Broch Gaud, 
1886. 



— CII1V — 

DÉMOSTHÈNE ET ESCHINE. Analyie et extraite des harangues de Dé- 

mosthène, Eschine, etc., par F. Ragon. Paris, 1829. 
ELIEN. Extraite d'Elien. Texte grec par A. Mottet. T éd. Paris, 1847. 
FRÉMION. Leçons théoriques et pratiques de langue grecque. 4* éd. Paris, 

1825. 
V. HENRY. Étude sur l'analogie en général et sur la formation analogique 

de la langue grecque. Thèse de doctorat. Paris, 1883. 
PLUTARQUE. Vie de Sylla par Plutarque. Texte grec publié par Gail. 

Paris, 1813. 
SCHWICKERT Kritisch exegetische Erorterungen su Pindar. (Progr. du 

gymnase royal grand-ducal de Diekirch.) Trêves, 1882. 
TOURNIER. Notes sur Démosthène. (Annuaire de l'École prat. des Hautes- 
Études, 1894.) Paris, 1894. 
J. WACKERNAGEL. Das Dehnungsgesete der griechischen Composite, 

Basel, 1889. 

Latin. 

L. ABEILLE. Epi tome Historiés Graecae. De viris illustribus. Cornélius 
Nepos, etc. Traduciones castellanas. Buenos-Aires, 1891. 

J. CAESAR. Commentarii de bello Gallico et civili. Tauchnite. Leipsig, 1844. 

M. DE VIC. Étymologies latines et françaises. Broch. Montpellier. 

EUTROPE. Abrégé de l'histoire romaine. Trad. et texte. Paris, 1717. 

L. HAVET. Leçon d'ouverture faite au Collège de France, le 7 déc. 1882. 
(Hist. de la prose avant Varron). Broch. Paris. 

L. HAVET. Éloquence et philologie; leçon d'ouverture faite au Collège de 
France, le 14 avril 1885. Broch. Paris. 

JU VÉNAL. Decii Junii Juvenalis satyrae, cum interpretatione Juvencii. 
Paris, 1715. 

F. PLESSIS. Le pentamètre dactylique. Un chapitre de métrique latine. 
Broch. Caen, 1885. 

P. V. STURM. Étude sur la morphologie des formes casuelles du pronom 
quis, qui. Broch. Luxembourg, 1889. 

P. TERENTI AFRI Adelphœ, texte latin publié avec un commentaire expli- 
catif et critique par F. Plessis. Paris, 1884. 

TRICOT. Les rudiments de la langue latine. Rouen, 1810. 

VAN DER VLIET. Trifolium latinum. Utrecht, 1893. 

WOTKE. Glossœ spiriteles secundum Eucherium episcopum. Broch. Vienne, 
1888. 

Épigraphie latine. 

BRÉAL ET MASPERO. Tabella devotionis de la nécropole romaine d'Ha- 
drumète (Sousse). Broch. extr. descollect. du Mus. Alaoui. 

FR. HAVERFIELD. Additemente quarte ad corporis vol. VII. (Extr. do 
l'Ephemeris épigraphica.) Berlin, 1890. 

ZVIÉTAEV. Inscriptioncs Italia? in ferions cualccticic. Moscou, 1886. 



— cxxv — 
Langues néo-latines. 

Généralité». 



PEDRO DE ARENAS. Guide de la conversation en trois langues: français, 
espagnol, mexicain (Abrégé de gram. mexicaine), revu et traduit en 
français par Ch. Roncev. Paris, 1862. 

F. DEEZ. Anciens glossaires romans corrigés et expliqués. Trad. par Alf. 
Bauer. Paris, 1870. 

MARN. Ueber die Entstehung, Bedeutung, Zwecke und Ziele der roma- 
nischen Philologie. Broch. Berlin, 1863. 

Français. 

ANONYME. Beautés de la littérature moderne. xix« s. Paris, 1823. 

BONN AR DOT. Fragments d'une traduct. de la Bible en vers français. Mâcon, 

1887. 
DOMAIRON. Rhétorique française. Paris, 1826. 
FR. GODEFROY. Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses 

dialectes du ix* au xv* s., fasc. 10 à 76. Paris. 
JACKSON. Supplément à la 1™ édition du Manuel lexique des mots français 

(noms d'animaux et de plantes). Paris, 1755. 
LOREDAN-LARCHEY. L'explication dos noms de lieux. (Ext. du Petit 

Marseillais.) 21 jivril 1894. 

G. SCHOEBEL. Au gué. (Magazin fur die Litteratur des In- und Auslandes. 
31 janv. 1885, n° 5.) 

Patois et dialectes français. 

ANDREWS. Essai de grammaire du dialecte mentonais. Nice, 1875. 
CONTEUR VAUDOIS. Numéro du 16 juin 1884 (contenant un spécimen du 

patois vaudois de la Suisse romande). 
FLEUR Y. La presqu'île de la Manche et l'archipel anglo- normand. Essai sur 

le patois de ce pays. Paris, 1891. 
N. RAILLANT. Essai sur un patois vosgien. Diction.' phonét. et étymol. 

Epinal, 1886. 
N. H AILLANT. Essai sur un patois vosgien. 1™ part. Phonétique. Epinal, 

1882. 
N. RAILLANT. Essai sur un patois vosgien. 1™ part. Phonétique (suite). 

2* section. Traitement des lettres originaires. Epinal, 1883. 
N. RAILLANT. Essai sur un patois vosgien. 3* section. Grammaire. Epinal, 

1884. 
N. RAILLANT. Bibliographie vosgienne de l'année 1883. Epinal, Paris, 1884. 
N. RAILLANT. Concours de l'idiome populaire ou patois vosgien à la déter- 
mination de l'origine des noms de lieux des Vosges. Broch. Epinal, 1883. 
M. H AILLANT. Flore populaire des Vosges. Recueil des noms patois des 

plantes des Vosges. Paris, Epinal, sans date (1885 ?). 
H1NGRE (l'abbé). Monographie du patois de la Bresse (Vosges). Extrait du 

Bull, de la Soc. phi loi. Saint -Die, Vosges, 1886-1887. 



— CIXTJ — 

CH. JORET. Des caractères et de l'extension du patois normand. 
1883. 

H. LABONNE. Recueil de mots et expressions qui, employés par Rabelais, 
sont encore en usage dans le Berry. (Extr. de la Revue du Centre.) Châ- 
ieauroux, 1885. 

MOUTIER. Bibliographie des dialectes dauphinois. Valence, 1885. 

G. A. PIETREMENT. Le patois briard du canton d'Esternay. Paris, 1888. 

TUlRIAT. Les Kédales et les Vouiraux, conte Saussuron (patois du canton 
de Saulxures). Broch. Remiremont, 1872. 

DE TOURTOULON. Des dialectes, de leur classification et de leur délimi- 
tation géographique. Paris, 1890. 



CATÉCHISME EN CRÉOLE de l'Ile Maurice : copie manuscrite d'un ou- 
vrage imprimé en 1828 à Réduit, chex Mallac frères. 



D. PEDRO DALCANTARA (Empereur du Brésil). Poésies hébralco-pro- 
vencales. Trad. et transcr. par D. Pedro. Avignon, 1891. 



DE MAGALHlES. 0. Selvagem. Curso da lingua Tupi riva ou Nhehengatu 
segundo Ollendorf. (Voir langues d'Amérique.) Rio-de- Janeiro, 1876. 



B.-P DE HASDEU. Principio de linguistica. Istoria Limbei romane. Bu- 
charest, 1881. 

Dialectes italiques 

ZANARDELLI. L'étrusque, l'ombrien etl'otqiie, dans quelques-uns de leurs 
rapports avec 1 italien. (Ext. du Bullet. delà Soc. d'anthrop. de Bruxelles.) 
T. VIII, 1889-1890. 

Langues letto -slaves. 

Oénéiwlités. 

BAUDOIN DE COURTENAY. Doux poinU de la doctrine de la palettisation 
dans les langues slaves (en russe et en allemand). Broch. Dorpat, 1893. 

BAUDOIN DE COURTENAY. Note glottologichc intorno aile lingue slave. 
Broch. Florence, 1881. 

SCHEPPING Svatovit (divinité slave: Cf. Léger. Esquisse sommaire de la 
mythol. slave, p. 16). Broch. sans lieu ni date. 

Paléoslave. 

A. CHODZKO. Grammaire paléoslave, suivie de textes tirés pour la plupart 
des mss. de la Bibliothèque impér. de Paris et du psautier de Bologne. 
Paris, 1869. 



A. ALEXANDROV. Des modifications de la prononektîoii de la langue 

prés, par un individu ayant subi une amputation de la langue. (Extr. de 

R. fiblog. véatnik). En russe, 1884. 
A. ALEXANDROV. Particularités dialectales du village de Baîteriakov. (Extr. 

de R. filolog. véatnik). En russe. 1884. 
GERBEL. Ghrestomathie pour tous. Les poètes russes. Biographies et 

extraits. En russe. Pétersbourg, 1873. 

Polonais. 

LAVROVSKY. Remarques sur des particularités étymologiques de l'ancienne 

langue polonaise. Sans lieu ni date. 
I. M. RABBINOWICZ. Vergleichende Grajnmatick der polnischn Sprache, 

verglichen mit der deutachen und hebraischen. Paris, 1877. 

Lithuanien* 

MITTEILUNGEN der LiUuischen litterarischen Gesellschait (6* heft). H«- 
delberg, 1883. 

Langues germaniques. 
Haut et bae-allemand,. — Anglais. 

DE BACKER. La langue flamande depuis les temps les plus reculés jusqu'à 

nos jours. Gand, 1898. 
CARNEL (l'abbé D.). Le dialecte flamand en France. Étude phonétique et 

morpbol. de ce dialecte tel qu'il est parlé spécialement à Baflleul et ses 

environs (Nord). 
F.-B. NORMAN. Grammaire de la langue anglaise. Parir, Londres, Vienne, 

1887. 
SCHOEBEL. La Lénore de Burger (dans: Magasin fur die Litt. des In- und 

Auslandes, 31 janv. 1885). 
SEVENIG. Die Yerwandten der Hauptpersonen in R. Hamerlungs Ahasver 

in Rom, und Gothes Faust. Progr du gymn. grd. duc. de Diekirch, 1891. 

T^ngna» toaiidinsTet. — Ranei. 

WIMMER. Festkrift fra Kjôbenhavns universitet i anledningaf deres majes- 

titer Kong Christian IX. Sônderjyllands Uistoriske RunemmdesaMsrker. 

Copenhague, 1892. 
WIMMER. Codex regius af den aldre Edda. Handskriftet n« 2365. in-4« i 

fototypisk og diplomatisk gengivelse, éd. par Wimmer et Finnur Jonsson. 

Copenhague, 1801. 
WIMMER. De tyske Runemindesmaerker. Copenhague, 1894. 
WIMMER. Dobefonten. I Akirkeby Kirke. Copenhague, 1887. 
WIMMER. Die Runenskrift, trad. ail** de Uolthausen revue, par l'auteur. 

Berlin, 1887. 



— aonrUj — 

Langues oeltiquas. 

ERNAULT. Etude fur le dialecte bretoo de lt presqu'île de Bete. Seint-Brieae, 

1883. 
F. ROEHRIG. The Irish Language. A letter. Broch. New- York, 1884. 



in. 
LANGUES SÉMITIQUES. 

DON PEDRO D'ALCANTARA, (Empereur du Bre.il). Poésies hebrsJco- 
provençales, tnd. et transcr. per D. Pedro. Avignon, 1891. 

BERGER. Nouvelles inscriptions nabatéennnes de Medam-Salih. (Etrtit des 
comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres ; avec 
planches.) Paris, 1884. 

BERGER. Rapport sur quelques inscriptions araméennes du Brisuah Mu- 
séum, (Extrait des comptes rendus de rAcadémie des inscritkms et belles- 
lettres.) Paris, 1886. 

H. DÉREMBOURG. Quelques observations sur l'antiquité de la déclinaison 
dans les langues sémitiques. Broch. Paris, 1868. 

M. DEVIC. Une traduction inédite du Goran. (Extrait du journal asiatique.) 
Paris, 1883. 

PARMENTD5R. Vocabulaire arabe-français des principaux termes de géogra- 
phie. (Mémoire présenté à l'Association française pour ravancement des 
sciences au Congrès d'Alger, 14 avril 1881.) Paris, 1882. 

PARMENTTER. De la transcription pratique au point de vue français des 
noms arabes en caractères latins. (Mémoire présenté à l'Association fran- 
çaise pour l'avancement des sciences au Congres de Montpellier, i* r sep- 
tembre 1879.) Paris, 1880. 



IV. 



LANGUES OURÀLO-ÀLTÀIQUES. 

AHLQVIST. Woguksohes Wôrterveraeichniss. (Mémoires de la Société 

finno-ougrienne II.) Helsingfors, 1891. 
DONNER. Vocabulaire des inscriptions de l' Ienisseï. (Mémoires de la Société 

finno-ougrienne, IV). En allemand. Helsingfors, 1892. 
J.-A. FRIIS. Lexicon lapponicum cum interpretatione latina et norvegica. 

Fascicules 1, 2, 3. Christiania, 1885. 
L. FEER. Extraite du Kandjour, traduits du tibétain. (Annales du Musée 

Guimet, tome 5.) Paris, 1883. 
GENETZ. Ost. tscheremissische Sprachstudien. Helsingfors, 1889. 
HEUMANN. Santhal. V. Langues non classées. 



— CXX1X — 

PARMENTIBR. Vocabulaire magyar-français des principaux termes de géo- 
graphie et de topographie. Broch. Paris, 1883. 

THOMSEN. Déchiffrement des inscriptions de l'Orkhon et de l'Iénisseî. 
Broch. Copenhague, 1894. 

THOMSEN. Berôringer mellem de finske og de Baltiske Sprog. Copenhague, 
1890. 

WIKLUND. Lule-Lappischea Wôrterbuch. (Mém. de la Soc. finno-ougr., 
II.) Helsingfors, 1890. 

V. 

LANGUES DU CAUCASE. 

CUST. The languages of the Caucasus. (From the journal of the Asiatic 

Society.) Broch. Londres. 
SCHIEFNER. Awarische Texte. (Mémoires de l'Académie impériale des 

sciences de Saint-Pétersbourg, V série, tome XIX, n°6.)Pétersbourg, 1873. 

VI. 

LANGUES DE L'ASIE ORIENTALE. 

AYMONIER. Première étude sur les inscriptions tchames. (Extrait du Journal 
Asiatique.) Paris. 

B.-H. CHAMBERLAIN. The language, mithology and geographical nomencla- 
ture of Japan, including an Alnu grammar by John Bachelar. Tokio, 1887. 

EWALD. Grammatik der T'ai oder Siamesischen Sprache. Leipzig, 1881. 

DE HARLEZ. Textes taoïstes, traduits des originaux chinois et commentés. 
(Annales du Musée Guimet, tome XX). Paris, 1891. 

C. DE HARLEZ. Le Siao-Hio ou morale de la jeunesse, traduit du chinois. 
(Annales du Musée Guimet, tome XV.) Paris, 1889. 

HEUMANN. San thaï. V. Langues non* classées. 

MEMOIRS of the literature collège impérial university of Japan, n° 1, gram- 
maire de la langue Aino. (V. Bull, de la Soc. deLing., n° 30, p. cxxxix.) 

PHILASTRE. Le Yi-King, ou livre des changements de la dynastie des 
Tsheou, trad. du chinois en français, 2 e partie. (Annales du Musée 
Guimet. XXIII.) Paris, 1893. 

SCHLEGEL. Le Stèle funéraire du Teghin Giogh et ses copistes et traduc- 
teurs chinois, russes et allemands. (Mémoires de la Société finno-ougrienne, 
IH.) Helsingfors, 1892. 

vin. 
LANGUES DE L'AFRIQUE NON SÉMITIQUES. 

AMÉLINEaU. Texte copte. V. Religion. 

ANONYME. Vocabulaire francais-kisswaïli et kisswaïli-français. Alger, 1885. 



BORELLI. Divisions, subdivisions, langues et races des régions Amhara, 

Oromo et Sidama (communication faite à la Société de Linguistique de 

Paris). Sans lieu ni date. 
BOWEN. Grammar and dictionary of the yomba language. (Vide : Smithso- 

nian contributions to knowledge... vol. X). Washington, 1858. 
DELAUNAY. Grammaire kiswahili. Paris, 1885. 
FAIDHERBE. Le Zénaga des tribus sénégalaises. Contribution à l'étude de la 

langue berbère. Paris, 1877. 
DE ROCHEMONTEIX. Quelques contes nubiens. (Extrait des Mémoires de 

l'Institut égyptien.) Le Caire, 1888. 
SACLEUX. Dictionnaire français-swahili. Zanzibar, 1891. 

IX. 

LANGUES DE L'AMÉRIQUE. 

BRETON. Vocabulaire des Indiens de la vallée du Napa et du Clear-Lake 
en Californie. Broch. San-Francisco, 1851. 

BRINTON. American languages and why-we should study them. Broch. 
Philadelphie, 1885. 

BRINTON. Contributions to a grammar of the Muskokee language. Broch. 
Philadelphie, 1870. 

CAVALCANTI. The brasilian langage. Rio-Janeiro, 1883. 

DE CHARENCEY. Do la conjugaison dans les langues de la famille Maya 
Quichée (extrait du Muséon) Louvain, 1885. 

DE CHARENCEY. Djemschid et Quetsalcoatl. (Extrait de la revue des tra- 
ditions populaires.) Paris, 1893. 

DE CHARENCEY. De la formation des mots de langue Maya. (Extrait du 
compte rendu du Congres national des américanistes à Copenhague r 1883.) 
Copenhague, 1884. 

DE CHARENCEY. Essai de la grammaire de la langue de Viti. (2« fascicule 
de l'œuvre de saint Jérôme.) Paris, 1884. 

DE CHARENCEY. Fragments sur la langue ChaAabal. (Extrait du Muséon.) 

DE CHARENCEY. Confcssonario. en lengua Mixe par Quintana. Alençon, 
1890. 

DE CHARENCEY. Phonétique Sou lé ti ne. Orléans. 

DE CHARENCEY. Des suffixes en langue Quichée. Caen, 1892. 

DE CHARENCEY. Vocabulaire français-maya. Alençon, 1884. 

DE CHARENCEY. Textes en langue Tarasque. (Extrait du Muséon). 

DE CHARENCEY. Xibaiba. (Extrait du bulletin de la Société de Linguis- 
tique, tome CXII-CXXV). 

DE CHARENCEY. Confessionnaire en langue ChaAabal. Broch. Orléans. 

DE CHARENCEY. Etude sur la langue Mam. (Extrait du compte rendu du 
Congrès international des Américanistes). Berlin, 1888. 

DE CHARENCEY. Catecismo y exposition brève de la doctrina cristiana 
por el padre de Ripalda. Traducida al idioma Yucateeo. Alençon, 1892. 



— cxxxj — 

DE CHARENCEY. Vocabulaire Tiotsilespafiol. Broc h. Orléans. 

DOUAY. Les affinités tarioographiques du Quechua et du Maya. Etude 

manuacr. prés, au Congr. des Américanistes à Berlin. 
ESGOBARI. Analogies philologiques de la langue Aimara. Broch. Paris, 

1881. 
DE MAGALHÀES. OSelvagem, curso da lingua Tupi viva. (Voir Portugais.) 
PENAFIEL. Nombres geografieos de Mexico... pertenecientes al idioma 

« Nahuatl » Estudio jeroglifîco. Texte et atlas. Mexico, 1885. 
FRA ANTONIO DE LOS REYES. Arte en lingua Minteca, compuesU por 

el padre Fra Antonio de los Reyes (1593) publié par de Charencey. 
GASPAR DE LOS REYES. Gramatica de las lemguas Zapoteca-serrana y 

Zapoteca del valle. Oaxaca, 1891. 
ROLDAN. Cathecismo en lengua Ghuchona y castellana, publié par de Cha- 

rencey. Broch. S.l.nid. 
SEYBOLD. Lingua) guarani grammatica hispanioe a R. P. J. Paulo Resthro, 

etc. Stuttgard, 1892. 
SEYBOLD. Brevis lingua) Guarani grammatica htspanice. Stuttgard, 1890. 
SIMÉON. Grammaire de la langue Nahuatl ou mexicaine composée en 1547 

par André de Olmos. Paris, 1875. 
SIMÉON. Dictionnaire de la langue nahuatl ou mexicaine. Paris, 1885. 
SPÉCIMEN DE LA LANGUE DES INDIENS CHÉROKES. (Une feuille), 

sans lieu ni date. 

X. 

LANGUES DE L'OCÉANIE. 

A. G. (le Père). La tribu de Wagap. Paris, 1890. 

TUGAULT. Eléments de la langue malaise ou malaye. Paris, 1863. 



XI. 



LANGUES NON ENCORE CLASSÉES. 

Basque. 

DE CHARENCEY. Sur quelques étymologies de la la langue basque. Paris, 

1891. 
DE CHARENCEY . Des affinités de la langue basque avec divers idiomes des 

deux continents. (Congres de Pau, 1892.) Broch. Paris, 1893. 
DE CHARENCEY. De la parenté du basque avec divers idiomes des deux 

continents. Caen, 1894. 
DE CHARENCEY. Etymologies françaises, Etymologies basscs-navarraisses. 

Broch. Chartres, s. date. 
POTT. Uober Vaskische familiennamen. Broch. Dotmold, 1875. 



— CXXX1J — 

Langues asiatiques. 

HALEYT. Introduction au déchiffrement des inscriptions pseudo-hittites ou 

anatoliennes. Broch. Paris, s. date. 
HEUMAN. Grammatisk studie ôfver Santal-Spracket. 1892. 
HOCOTZIAN. La langue d'Accad. Broch. manuscrit. S. I. nid. 
DE RADA. Grammatica délia lingua Albanese. Firenxe, 1871. 
SKREFSRUD. Mecherne i Assam ogderes sprog. Broch. Copenhague, 1889. 
THOMSEN. Nogle Bemœrkningerom Santhalsproget. (Nordiske Santhalmis- 

s ion.) s. I. nid. 
THOMSEN. Bemœrkninger om de Khevariske (Kolariske) Sprogs Stilling. 

Broch. 8 avril 1892. 



XII. 



RELIGIONS, MYTHOLOGIE, PHILOSOPHIE. 

AMÉLINEAU. Essai sur le gnostiscisme égyptien, ses développements et son 

origine égyptienne. (Annales du Musée Guimet, tome XIV.) Paris, 1887. 
AMÉLINEAU. Histoire des monastères de la Basse-Egypte. (Annales du 

Musée Guimet, tome XXV.) Texte copte avec traduction [française. 1894. 
AMÉLINEAU. Monuments pour servir à l'histoire de l'Eglise chrétienne. 

Histoire de saint Pakhômo et de ses communautés. (Annales du Musée 

Guimet, tome XVII.) Paris 1889. 
A Y MON 1ER Les Tchames et leurs religions. Paris, 1891. 
BOUÏNATS et PAULUS. Le culte des morts dans le Céleste Empire. (Annales 

du Musée Guimet, Bibliothèque de vulgarisation.) Paris, 1893. 
DE CHARENCEY. Les naissances miraculeuses d'après la tradition améri- 
caine. Broch. Amiens, 1892. 
DE CHARENCEY. Des âges ou soleils d'après la mythologie des peuples de 

la Nouvelle-Espagne. Madrid, 1883. 
DE CHARENCEY. Des nombres symboliques chez les Toltèques occidentaux. 

Amiens, 1893. 
CHOMPRÉ, Dictionnaire abrégé de la Fable. 17« édition. Paris, 1807. 
DUMOUTIERS. Les symboles, les emblèmes et les accessoires du culte chef 

les Annam. Annales du Musée Guimet. (Biblioth. de vulgarisation). Paris. 
MENANT. Les Yézidiz. Episodes de l'histoire des adorateurs du diable. 

Annales du Musée Guimet. (Bibliothèq. de vulgarisât.). Paris, 1892. 
DE MILLOUÉ. Histoire des religions de l'Inde. (Annales du Musée Guimet. 

Bibliothèque de vulgarisation.) Paris, 1890. 
PLOIX. La nature des dieux, études de mythologie gréco-latine. Paris, 1888. 
PLOIX. La Grande Ourse. (Extrait de la Revue des traditions populaires, 

tome II, n<> 8. 25 août 1887.) 
PLOIX. Les Hottentots ou Khoikhoi et leur religion. (Extrait do la Revue 

d'anthropologie. 16« année, 3 e série, tome H, 5« fascicule.) Paris, 1887. 



— cxxxnj — 

PLOIX. Mythologie et folklorisme. Les mythes de Kronos et de Psyché. 
Paris, 1S86. 

M. DE ROGHEMONTEIX. Le temple égyptien. (Extrait de la Revue inter- 
nationale de renseignement du 15 juillet 1887.) Paris, 1887. 

SCHLAGINTWEIT. Le boudhisme au Thihet. (Annales du Musée Guimet, 
tome III. Traduit de l'anglais par Milloué). Paris, 1881. 

SCHŒBEL. Le bandeau sacerdotal de Batna. (Extrait du Muséon.) 1886. 

SCHŒBEL. Les doctrines cosmogoniques et philosophiques de l'Inde 
(Extrait du Muséon.) Louvain, 1886. 

SCHŒBEL. Le Ramayana au point de vue philosophique, religieux et moral. 
(Annales du Musée Guinet, tome XIII.) Paris, 1888. 

STREHLY. Les lois de Manou. (Annales du Musée Guimet, tome II.) Paris, 
1893. 

SCHEPPING. Svatovit. (Vide : Langues slaves, Généralités). 

TAVITIAN. De TE ou du positif de l'Etre qui est l'objet de la science posi- 
tive. Paris, 1887. 

VECKENSTEDT. Pumphut, ein Kulturdftmonder Deutschen. Broch. Leipzig, 
1885. 

VECKENSTEDT. Die Mythen Sagen und Legenden der Zamaiten (LiUuer). 
Livraisons : 1 à 8 (5 vol.). Heidelberg, 1883. 

Z. Histoire critique des livres de l'ancien Testament par Kuenen. (Revue 
critique, 28 avril 1886.) Paris. 



xin. 
ETHNOGRAPHIE, GÉOGRAPHIE, HISTOIRE. 

ANONYME. Actes et documents constitutifs de la compagnie universelle de 

Sues. Broch. Paris, 1864. 
ANONYME. Compagnie universelle de Sues. Mémoires à consulter (contentieux 

et administratif). Broch. Paris, 1864. 
BONN AR DOT. Rapport sur une mission à Luxembourg et à Clairvaux 
* d'Ardenne (archives et chartes.) Broch. Paris, 1888. 
BOUCHE (l'abbé). Les Noirs peints par eux-mêmes. (1 er fascicule de l'œuvre 

de S. Jérôme). Paris, 1883. 
BOUSSINGAULT. Le nouveau théâtre du monde ou abrégé des états et 

empires de l'univers. L'Europe, 2 e partie. Paris, 1667. 
DE CHARENCEY. Cartulaire de Notre-Dame de la Trappe, d'après le ma- 
nuscrit de la Bibliothèque Nationale. Alencon, 1889. 
DE CHARENCEY. Les déformations crâniennes et le concile de Lima. 

(Extrait de la revue des Religions.) Amiens, 1894. 
DE CHARENCEY. Recherches sur quelques toi tes anciens de l'histoire du 

Mexique. (Extrait de la revue des questions historiques). Paris, 1892. 
CORTAMBERT. De l'orthographe géographique. (Extrait du bulletin do la 

Société de Géographie.) 1846. 



— cixxi? — 

DIMOTHÉOS. Deux ans de séjour en Abonnie. Jérusalem, tu couvent de 

Saint-Jacques. 1871. 
DE FORTIA DURBAN. Eisai iur quelques-uns des plus sneiflosmonumenls 

de la Géographie. Paris» 1808. 
IMBERT. Etudes d'histoire lycienne Broch. Sans lieu ni date. 
LEFÉBURE. Les hypogées royaux de Thèhes. (Annales du Musée Guimet, 

tome IX et tome XVI, 2 parties.) 3 vol. Paris. 
LÉ VI. Esquisses historiques ou cours méthodique d'histoire. Paris, 1841. 
MILLOUÉ. Introduction au catalogue du Musée Guimet. Aperçu sommaire 

de l'histoire des anciens peuples civilisés. Paris, 1891. 
MOGUEL. Discursos leidos ante la real Académie de la Historié por D. A. 

Sanches Moguel. (8déc. 1888). Madrid, 1888. 
MONTCHABLON. Dictionnaire abrégé d'antiquités. Paris, 1780. 
P ARM ENTIER. A propos de l'origine des anciens peuples du Mexique. Broch. 

Lyon, 1875. 
SAMPER. Documents sur l'isthme de Sues. Paris, 1863-65. 
TARD1EU. Voyage en Autriche et en Hongrie. Moulins, 1884. 
TARDIEU. Histoire abrégée et populaire de la ville d'Herment en Auvergne. 

Broch. Herment, 1885. 
TARDIEU. Voyage archéologique en Italie et en Tunisie avec 25 vues de 

villes. Broch. Herment, 1885. 
VERRIER. Des nationalités : Autriche et Bavière (10* livraison). Bruxelles, 

1868. 

XTV. 

PÉRIODIQUES. 

ACTES DE LA SOCIÉTÉ PHILOLOGIQUE. Tome XI, 2« fascicule, 

1881, à Tome XXIII, 1893-1894. 11 volumes. 
ANALES DEL MUSEO NACIONAL DE MONTEVIDEO. Montevideo, 

1894. 
ANNALES DU MUSÉE GUIMET. Tomes : V, VI, IX, X, XIII, XIV, 

XV, XVI, XVU, XX, XXI, XXII, XXIII, XXV. 
ANNUAL REPORT OF THE BOARDS OF REGENTS OF THE 

SMITHSONIAN INSTITUTION. Années 1880 à 1885, 8 volumes. 

Washington. 
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE. N« 23 (mai 83) à 

No 37 (avril 93). 
BOLETIN DEL CIRCULO F1LOLOGICO MATRTTENSE. N° 1, mai 1885. 

Madrid. 
BUILDING FOR THE CHILDREN IN THE SOUTH. Washington, 1884. 
BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ PHILOLOGIQUE. Œuvre 

de S. Jérôme, 1880-1882. 
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES DES HAUTES-ALPES. 

5* année, janvier-mars 1886. Gap, 1886. 



— CIXXT — 

BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES ET ARTS DE L ILE 

DE LA RÉUNION. Années 1883-1884. 
(2RCULARS OF INFORMATION OF THE BUREAU OF EDUCATION. 

6. 7 (1884), 1, 2, 3. 4. 5 (1885), 1, 2 (86). 
LE COURRIER DE VAUGELAS. 15 décembre 1875, n* 16 ; 15 juin 

1876, n<> 2. Paris. 
DEUTSCHE ZETTUNG FUR DIE FRANZÔSISCHE JUGEND. 1« oc- 
tobre 1892. 
EXCURSIONS ET RECONNAISANCES. COCHINCHINE FRANÇAISE. 

XIV, n* 32 ; XV, no 33 ; XII, no 30. 
JOURNAL DES SAVANTS. Années 1880 à 1892,-13 volumes. 
JOURNAL DE LA SOCIÉTÉ FINNO-OUGRIENNE, Suomalais-UgrDal- 

sen Searan Aikakauskirja. 1-10. Helsingfors, 1886-1892. 
LANGUES ET DIALECTES, revue trimestrielle publiée sous la direction 

de ZANARDELU, n» 2, Novembre 1892. 
LEMARIÉ. Fariboles saintong'heaises reluquées un p'tit p'rtout p'r Monsieu 

Ugèae Lemarié, ir* 7 à 30. 
ÔSTERRE1CH1SCHES LITTERATURBLATT hergg. durcb die Leo-Ges- 

selschaft. Wien. Année 1893: N<» 5, 15,20, 21, 22, 23, 24. Année 1894: 

N~ 1, 2, 3,4, 5. 6. 7, 8. 
DAS MAGAZIN FUR DIE LITTERATUR DES IN- UND AU S LANDE S. 

30 mai 1885, n° 22. Leîpsig. 
MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE, vol. V à VH1 Paris. 
PROCEEDINGS OF THE CANADIAN INSTITUTE. Toronto, vol. H, 

Mars 1884. fasc. 1. 
REPORT OF THE COMMISSION OF EDUCATION. Années 1881 à 

1885, 4 volumes. Washington. 
SPECIAL REPORT BY THE BUREAU OF EDUCATION. Partie I, 

Catalogue. Washington, 1886. 
REVUE DE L ORIENT ET DES COLONIES. N<» des 15 janvier; 30 janvier; 

15. 29 février ; 15, 30 mars 1868. (6 n") 
REVUE DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS, publiée par Th. Vernes, 

1880-1 (10 premiers n oa ). Paris (Fait partie du Musée Guimet.) 
REVUE INTERNATIONALE DE LINGUISTIQUE, fondée et publiée par 

Techner. Tome III, fasc. 1, année 1886. Leipsig. 
TRANSACTIONS OF THE ANTHROPOLOGICAL SOCIETY OF WA- 
SHINGTON (published with the coopération of the Smithsonian Institution), 

vol. II. 1882-1884. 
UNIVERSITY STUDIES, publ. by the University of Nebraska I, 2 (oct. 

1888) et 3 (juil. 1890). Lincoln. 
ZEITSCHRIFT FUR ORTHOGRAPHIE herausgegeben von Vietor. N° 1, 

octobre 1880. 
ZEITSCHRIFT FUR VERGLEICHENDE SPRACHFORSCHUNG. Vol. 

XXVI dernières' livraisons à vol. XXX TU, 3' fascicule 1894 (vol. XIII de 

la nouvelle série) éd. par Kuhn. Berlin et Gûtersloh. 18831894. 



— CXXXVJ — 



xv. 



VARIA. 

ABEL. UeberSprachealsAusdrucknationalerDenkweise. Ein Vortrig. Broch. 

Berlin, 1869. 
ALMANAGH DE BOGQUILLON pour 1876. (Spécimen de langue populaire.) 
BAILLY. Notice sur Emile Egger. Orléans, 1886. 
BAUDOUIN DE GOURTENAY. Notice sur les machines parlantes de 

Faber (en russe). Broch. 1883. 
BOISSIÉ. Las localixaciones cérébrales (extrait de journal). S. 1. ni d. 
L. BOURGEOIS et KOWN ACKI. Discours prononcés à l'ouverture des cours 

de l'Association Philotechnique, 3 décembre 1893. Broch. Paris, 
DE CHARENCEY. Les noms de métaux chez différents peuples de la Nouvelle- 
Espagne. Broch. Paris, 1892. 
DE CHARENCEY. Recherches sur le calendrier xotxil. (Revue d'ethnographie, 
. tome III.) Paris, 1887. 
E. COURTONNE. Langue internationale néo-latine. Nice-Paris-Rouen, 

1875-1885. 
E. COURTONNE. Manuel de la langue néo-latine, usuelle et commerciale, 

2° édition. Nice, 1886. 
E. GOURTONNE. Manuel de la langue néo-latine, usuelle et commerciale, 

3« édition. Nice, 1887. 
EXPOSITION INTERNATIONALE de Nice. Vitrines de 1 Imprimerie Natio- 
nale. Broch. Paris, 1884. 
R. GOBLET. Discours prononcé à la séance de clôture du Congrès des 

sociétés savantes. Broch. 1885. 
HAMY ET POING ARE. Discours prononcés à la séance générale du Congrès 

le samedi 8 avril 1893. Broch. Paris, 1893. 
HENRION. Ernst Kock, Sein Leben und Seine Werke. (Programme de 

l'Athénée royal, grand-duc. de Luxembourg.) 1878. 
PIGEONNEAU. La réforme de renseignement secondaire spécial. Broch. 

Paris, 1891. 
POUSSIÉ. Manuel de conversation en 30 langues. Paris, 1890. 
ROTTENSTEIN. Traitement de la fissure congénitale du palais pour obtenir 

la prononciation normale. Broch. Paris, sans date. 
DE SORABUCE y ZULIZ ARRETA Gloria y gratitud al immortal auctor 

del « primus me circumdedisti » Juan Sébastian del Gano. Vitoria, 1882. 
SPÉCIMEN DES CARACTÈRES ÉTRANGERS de l'imprimerie polyglotte 
* Labouret. Broch. Paris, 1883. 
E. SAGLIO. Réponse à un libelle intitulé: l'article « cœlatura» etc. Broch. 

Paris, 1879. 
SICARD. Signes des mots. Paris, 1808. 
SOLDI. Les erreurs d'un érudit. Lettre a M. Saglio. Broch. Paris, 1879. 



— CXXXTij — 

SOLDI. L'article calatura du dictionnaire des antiquités grecques et romaines, 
signé par M. Saglio. Préface d'un volume sous-presse. Broch. Paris, 1879. 

THERY. Projet d'une réforme dans l'enseignement des langues anciennes. 
Paris, 1872. 

THOMSKN. Rasmus Kristian Rask. 1787-1887. Broch. 

TODARO DELIA GALIA. Institutioni di diritto civile Russo. Provincie 
Baltiche. Torino Roma, 1894. 

Bibliographie. Catalogues, Règlements et Statuts. 

CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOC. DE LINGUIS- 
TIQUE, 1875. (Extr. du Bulletin.) 

CATALOGUE des livres de Linguistique dépendant de la succession de 
M. DUPRAT. Broch. Paris, 1866. 

COMPTE RENDU du tome H des MÉMOIRES DE LA SOC. DE LIN- 
GUISTIQUE. (Par Schweixer Sidlor). Sans date. 

EXTRAIT des procès -verbaux des séances du COMITÉ HISTORIQUE DES 
MONUMENTS ÉCRITS, depuis son orig. jusqu'à la réorganisation du 
5 sept. 1848. Paris, 1850. 

H AILLANT. Bibliogr. vosg. V. Patois français. 

LEFÈVRE PONT ALI S. Bibliographie des Sociétés savantes de France. 
(Comité des travaux historiques et scientifiques). Paris, 1887. 

MOUTIER. Bibliogr. dauph. V. Patois français. 

PROGRAMME DU CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES POUR 
1889. Broch. Paris, 1889. 

PROGRAMME D'ADMISSION A L'ÉCOLE DES LANGUES ORIEN- 
TALES VIVANTES. Broch. Paris, 1883. 

REPRINT FROM AMERICAN ANT1QUARIAN (March 1887). Ethno- 
graphie notes and linguistic notes. Broch. 1887. 

STATUTS ET RÈGLEMENTS DE LA SOC. ACAD. FRANCO- 
HISPANO-PORTUGAISE DE TOULOUSE. Toulouse, 1883. 

STATUTS DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE fondée le 28 avril 
1837 sous le titre de l'Institut des Langues. Broch. Paris, 1840. 



VARIÉTÉS 



LA LANGUE FLAMANDE EN BELGIQUE 



La Belgique possède une population qui parle le flamand, 
et une autre qui parle le français. Mais la statistique a dé- 
montré que les Flamands sont plus nombreux que les Wal- 
lons (ceux qui parlent le français), et les Flamands ont 
obtenu que leur langue fût enseignée obligatoirement dans 
les écoles, parlée à volonté devant les tribunaux, et écrite 
dans les actes officiels. Ils ont même obtenu que leur langue 
et leur littérature jouissent des mêmes honneurs et des 
mêmes prérogatives que la langue et la littérature* fran- 
çaises, et une ordonnance royale leur a octroyé une Acadé- 
mie flamande, avec un palais pour les séances. 

Les Académiciens flamands sont regardés comme corps 
de l'État, et comme tels ils portent un costume officiel dans 
les cérémonies publiques ; aussi, leur nomination doit être 
ratifiée par le Roi. 

Les travaux de l'Académie royale flamande de Belgique 
se rapportent principalement à l'histoire et à la langue de 
la Flandre, et des questions de linguistique ont été mises 
par elle au concours. 

Depuis la découverte du Héliand, ou la vie de Jésus, 
poème écrit en saxon, l'Académie flamande a couronné des 
études de grammaire comparée sur le texte du Héliand, et 
sur le dialecte de Ruremonde dans le Limbourg. 



— CXXI1X — 

Cette vie de Jésus a été composée pour des Saxons qui 
n'étaient pas encore tous convertis au christianisme. En 
743, au synode de Leptines, ils devaient faire abjuration de 
leurs croyances païennes, à Dunar, Wodan et Saxonot, 
dieux connus de la mythologie Scandinave et germanique ; 
et lorsqu'on 771, Charlemagne fit la guerre aux Saxons, 
ceux-ci combattaient avec toute la grandeur d'une cause 
désespérée, pour l'indépendance du sol, et pour les tradi- 
tions des ancêtres '. 

Pour faire bien comprendre i ce peuple l'importance de 
l'avènement du christianisme, le poète présente le Christ 
comme un personnage puissant, à qui il donne toutes les 
épithètes de la puissance. 

« Comme le Walhal des Germains, dit M. Ooemans, réflé- 
chit leur vie terrestre, ainsi font-ils descendre la royauté 
céleste sur terre. Jésus pour eux ne pourrait être qu'un 
Wodan plus doux, plus généreux que d'autres, un Wodan qui 
aurait consenti à passer parmi les hommes, pour, {de plus 
près, leur venir en aide et leur partager leurs trésors. . . 
Déjà, dans Bethléem, Jésus est roi ; déjà là, même dans la 
crèche, il est riche, et ses langes sont de pourpre et d'or. » 

C'est qu'en effet ce peuple saxon, simple et naïf, n'aurait 
pas compris qu'on pût être roi sans être riche ; le poète 
assimile donc Jésus au plus puissant de tous les rois et lui 
donne des habits somptueux. La nouvelle de sa naissance 
est annoncée non pas à des bergers, comme dans l'Evangile, 
mais à des gardiens de chevaux. Or, nous sommes en dé- 
cembre et à minuit. Les Saxons n'auraient pas compris qu'en 
plein hiver, on gardât des troupeaux de moutons dans les 
champs ; au nord de l'Europe, cela ne se voit qu'en été. Le 
poète a donc remplacé les bergers par des gardiens de che- 
vaux qui supportent mieux le froid, et auxquels un peuple 
guerrier s'intéresse davantage. « L'art ici est naïf, dit 
encore M. Goemans ; mais les peuples jeunes ramènent tout 
à eux-mêmes. Ils ne comprennent et n'aiment que leur 
activité, leurs coutumes, leurs mœurs, leur nature, comme 
ils n'aiment et ne comprennent que leur langue. Les poètes, 

1. Ozanam. 



-cil- 
les artistes, qui ont à mettre devant les yeux de ces peu- 
ples encore enfants, des hommes et des choses d'un antre 
pays ou d'un autre siècle même, ont soin, pour intéresser 
leur public, de mettre les faits dans le milieu où il se 
met. » 

Gomme les peintres flamands, les Vander-Weyden, les 
Metzys, les Breughel et les Rubens, le poète du Héliand était 
un réaliste. Il s'attachait au réalisme des tableaux qu'il 
décrivait, et négligeait le surnaturel de la vie du Seigneur. 

Des savants se sont occupés de l'origine du Héliand et de 
l'époque à laquelle il a paru. Le président Delecourt, de 
Bruxelles, croit qu'il a pour auteur un Hollandais ou un 
Zélandais, et il est aujourd'hui généralement admis que le 
poème est du neuvième siècle, époque à laquelle le vieux- 
saxon commençait à perdre beaucoup de ses principales 
formes de déclinaisons, comme le duel et le datif, et où 
d'autres, comme l'ablatif, étaient déjà perdues. 

Quoi qu'il en soit, et dans l'état où elle nous est parvenue, 
la langue du Héliand est d'une haute importance pour le fla- 
mand et elle constitue un de ses principaux éléments. On la 
regarde en outre comme l'ayant procréé, et elle donne à la 
fois l'explication de beaucoup de ses mots et de ses tour- 
nures de phrases. 

Aussi, considérée en elle-même, cette langue mérite toute 
notre attention ; elle possède toutes les richesses de la dé- 
clinaison et de la conjugaison, qu'on trouve dans le latin, 
le grec et le gothique, et elle observe les mêmes règles dans 
la composition de ses mots. 

Dans le vieux-saxon, il y a huit cas : le nominatif, le 
vocatif, le génitif, le datif, l'accusatif, l'instrumental, l'a- 
blatif et le locatif ; les cinq premiers, on les trouve dans 
tous les mots déclinables. Quant à l'instrumental, il ne 
parait qu'au singulier du masculin ; rarement dans les noms 
féminins. On ne le rencontre pas non plus dans beaucoup 
d'adjectifs et dans quelques pronoms. Si le substantif se 
présente avec ce cas, le mot le plus rapproché qui le déter- 



1. Michel Bréal, Journal des Savant*, janvier 1893 : Ernest Renan 
et la philologie indo-européenne (cf. ce Bulletin, pi. h., p. lxxij). 



— cxlj — 

mine, soit adjectif, soit pronom, prend la forme du datif 
lorsqu'il n'a pas la forme instrumentale. 

Les altérations que nous venons de signaler dans les dé- 
clinaisons, nous les trouvons aussi dans les conjugaisons. 
Les trois personnes du pluriel, distinctes, maintenues chez 
les Franks, ne le sont plus chez les Saxons, qui n'ont 
retenu qu'une seule forme pour les trois personnes. Pour 
les différentes formes du passé, elles s'expliquent par la 
différence de l'emploi dans le Héliand du prétérit fort et du 
prétérit faible. 

En présence de ces faits, on pourra dire que le saxon n'a 
pas conservé l'inaltérabilité du gothique, où aucune dési- 
nence n'est tombée, et qui nous représente une langue par- 
faitement jeune et intacte 1 . Mais le document gothique qui 
nous est resté est du troisième siècle, tandis que la langue 
du Héliand est du neuvième, et a eu le temps de se modifier 
et de s'user. 

Maintenant, s'il nous fallait continuer l'analyse des mé- 
moires du Père Van de Ven, de la Société de Jésus l , et du 
docteur L. Simons sur la langue des Saxons, conservée 
dans le Héliand et dans le dialecte parlé dans la province 
de Limbourg ', nous devrions traduire en entier ces doctes 
travaux de philologie ; mais ceux qui comprennent le flamand 
les liront avec intérêt, et ils estimeront que le roi Léopold II 
a bien mérité de son pays en créant l'Académie flamande 
de Belgique. 

Louis de Backer. 



1. Gebruik der naamvallen, tijden en wijzen in den Héliand door 
J. Vin de Ven, S. J. — Gent (Gand), in-8, 1893. 

2. Het rœrmondich dialect getœst aan het oud-saksisch en oud 
uderfïranktich door d. L. Simons. In-8. — Gent (Gand), 1893. 



— cxlq — 



RECHERCHES ÉTYMOLOGIQUES SUR LA 

LANGUE BASQUE. 



1. ENKHELO, « imbécile » nous fait l'effet de n'être antre 
chose que le français ankylosé, avec chute assez normale 
de la syllabe finale et transformation du a init. en e; 
cf. ekharri « porter » de l'esp. aearrear. 

2. ENKONIA, « s'attrister » pourrait bien être un de ces 
mots hybrides ou qui du moins ont subi l'influence de vo- 
cables différents: cf. esp. enconar, « enflammer, irri- 
ter, enfler » et encono, « animosité ». Il est vrai que la 
ressemblance serait plus étroite encore avec l'esp. melan- 
colia, vieux-béarn. malenconie, béarn. maUncounie, si 
l'on admet la chute possible de la syllabe init. 

3. EPHAI, « faucher, couper à la faucille ».Esp. apalear, 
« bàtonner, remuer le blé ». Béarn. apaleya, paleya, 
« remuer le blé à la pelle ». La différence de sens, quoique 
assez marquée, ne semble pas trop considérable. Pour 
la transformation du a en e, voyez ENKHELO. 

4. EBAX, « voler, dérober » ; étym. assez obscure. Ce qui 
nous paraîtrait le plus admissible, serait de rapprocher ce 
mot du v. béarn. haber « tenir, posséder, avoir ». — 
Béarn. habe. Le x final marquant, on le sait, similitude 
ou rapprochement, ebax devra se rendre litt. par « faire 
comme si Ton possédait réePement; traiter comme appar- 
tenant en propre». N'oublions pas le To realize « voler », 
litt. « réaliser » de l'anglo-américain. Quant à la chute 
du H initial, on sait qu'elle se produit fréquemment. 

5. GUTI, « peu, diminuer », litt. « ad guttam », cf. esp. 
gota, « goutte ». — V. béarn. gote. — Béarn. goûte. 

6. HABE; r poteau », étym. assez obscure. Pourrait bien 
se rattacher au franc, hampe; cf. akobi, « accomplir » — 
Apairu, a repos », de l'esp. ampdro. 



— cxliij — 

7. HANDITCHU; « furoncle ». Nous paraît ne signifier 
autre chose que « grand feu », de handi, « magnus », et 
chu ou su, « ignis ». 

8. HAZTERI, « gale», litt. « à la grande démangeaison ». 
Voy. hatz, « démangeaison », te augmentât, et ri, dés in. 
locat. ou dative. Du reste, ce terme hatz nous fait tout 
l'effet d'être d'origine purement basque, et sans rapport 
connu avec un mot d'une autre langue. 

9. HIGI, « mouvoir, se mouvoir ». Ne serait-ce pas tout 
simplement la racine * du latin dans ire avec la finale 
comitative ki, litt. « cum actione eundi ?» Le A initial 
serait, comme il arrive souvent, euphonique. 

10. HOBE, « meilleur » et HOBEA, « le meilleur ». Ne 
serait-ce pas le béarn. o bee, « oui bien », avec une assez 
légère altération du sens primordial? 

11. HOBIO « fosse; cf. vieux béarn. cobe, avec chute nor- 
male de la gutturale initiale, cf. HARRI, « pierre », i 
rapprocher d'une vieille forme gauloise carracos. 

12. HO RDI, « ivrogne ». Pourrait bien n'être autre chose 
que le vieux franc, ord, « sale » ou mieux ordous (m. s.), 
employé par Rabelais. Pour la transformation fréquente 
du u (ou) final en i, cf. okhiti ou okhitu, « vieux ». — 
Eskuin « droit », litt. « bonne main » au lieu de eskuhun, 
etc. 

13. HOX, cri pour faire marcher les animaux. C'est le hue 
de nos charretiers, mais avec la finale x déjà étudié plus 
haut. 

14. OONDER, « chapelet » et « espèce d'herbe dont les ra- 
cines sont disposées en forme de chapelet », litt. « comp- 
teur » ; cf. béarn. : coumpté, cotmdén chapelet », et vieux 
béarn. conté du lat. computator. 

15. GRIPA, « peigne de bois pour séparer le lin de son 
fruit »; cf. béarn. (dial. d'Aspe), gripe. 

16. GOTHOR, « fort, robuste », prob. de gothus,gothulus, 
comme gophor de cupula; cf. esp. go do, a goth »; cf. 
mairuy « cruel » pour maurtis, moro. N'employons-nous 
pas parfois en franc, les noms de nations dans un sens 
spécial, le plus souvent péjoratif: cf. arabe, lombard, 
grec, juif, iroquois, etc., etc. 



-Clliv- 

17. CHIMILICHTA, « éclaboussure », de la finale sta ou 
chta, « enduit de, couvert de » cf. urhesta, « doré », de 
urhe, « or », et d'un radie, que nous retrouvons dans le 
béarn. Semialhe, semalhe, « semaille » ; cf. esp. semilla, 
« semence » ; litt. « en semant ». 

18. CHILDRA, « nouer en laissant un trou de nature à 
permettre de suspendre l'objet noué »; litt. « per foramen ». 
Voy. chila, zila, « trouer » et chilo, zilo, « trou » ; cf. 
esp. et franc, silo. 

10. SOKHARAN, « brou verte de la noix, noix environnée 
de son enveloppe », litt. « prune de linotte » ; cf. béarn. 
choque, « linotte » et arhan, « prune » . L'on applique 
quelquefois, par une sorte de dérision, des noms d'ani- 
maux à celles de plantes et de parties de plantes réputées 
de nulle valeur. N'existe-t-il pas en français des plantes qua- 
lifiées de raisin d'ours, — raisin de renard, — blé de 
vache? On a de même en anglais dogbriar, litt. « ronce 
de chien » pour l'églantier ou rosier sauvage. — L'alle- 
mand hundsbiume, litt. « fleur de chien », désigne notre 
dent de lion. 

20. SARRASKI, « carnage », de la finale /ci déjà vue et du 
radical que nous retrouvons dans le nom des Satvazins, 
c'est-à-dire, en arabe, orientaux. Cf. esp. sarradna, 
« combat, bataille ». On a en vieux franc. « jeu sarra- 
sinois » pour « combat sanglant ». 

21. SOKA, « corde », cf. béarn. (dial. de Lescun), souque, 
vieux- béarn. soque; ex. : unjou ab las soques, « un joug 
pour attacher les bœufs », litt. « pour les cordes ». Esp. 
soga. Ce mot ne serait-il pas d'origine celtique ? Cf. 
écossais sugan « corde ». — Bas-bret. suc' h, sug, sugall, 
« corde qui attache une vache au piquet ». 

22. SUBAZTER, « foyer », litt. « contigu au feu » de su, 
« ignis » et bazter, « objet contigu ». 

23. TARRAPATA, « marche rapide et bruyante » et TAR- 
RAPATARA, « en marchant avec bruit », prob. mot 
composé; cf. esp. tierra, « terre » etpatear, « trépigner », 
litt. « faire en foulant le sol, en trépignant». 

24. TAUTAI, fautivement écrit TANTAI par Salaberry; 
« piquet de vigne ». C'est un mot visiblement composé. Ne 



— cxlv — 

faut-il pas le rattacher aux termes béarn. tient, « tenir » 
(v. -béarn. tener) et tayt, « pousse d'arbre », d'où tayt 
paxerenc, « pampre », litt. « pousse d'échalas »; cf. 
paxeraa, « échalassière ». 

25. URTHE, « année ». Nous ferait tout l'effet de se ratta- 
cher à l'esp. rueda, latin rota. Lies Basques ont bien pu 
faire de l'année une roue, puisque les Latins en faisaient 
un cercle ou anneau (annulus, annus). Cf. d'ailleurs, basq. 
urtha, « rouir », obtenu par des procédés phonétiques 
tout semblables. 

26. URRA, « déchirer » ; cf. esp. zurrar, « corroyer, châ- 
tier à coups de fouet », et zurra « fouet » ainsi que le 
béarn, (dial. d'Aspe), sowriac, «grand fouet » ; sourriaca, 
assouriaca, « donner des coups de fouet » . Pour la chute 
du z ou $ initial ; cf. le basq, apho, « cranpaud » et esp. 
zapo. 

27. URRICflA, « femelle » semble bien n'être qu'une 
forme légèrement altérée du Béarn. ùourrègue, « jeune 
brebis ». Esp. borrega, « agnelle, âgée de deux ans ». La 
chute de la voyelle initiale devant u n'offre rien de bien 
anormal. En outre, la transformation du g qui répond à 
un c du primitif en chuintante se présente quelquefois ; 
cf. chimitch« punaise », du lat. cimex. 

28. YAUZ nous fait tout l'effet de se rattacher au béarn. 
yoye, « joie », avec la finale médiative z. Sauter c'est 
donc pour les Basques faire comme lorsqu'on se réjouit. 
De là, Yauztiri, « courte échelle servant à franchir un 
mur », litt. « quod ad saltum ». Iri constitue, on le sait, 
une sorte de finale de datif. 

29. YÂX, « balai », litt. « sicut juncus » de ya ou ia « jonc » 
d'après Larramendi et de x finale déjà vue. 

30. AO, AHO, « bouche ». Examinons maintenant deux 
termes d'origine, sans doute, purement euskarienne, mais 
qui ont fourni un grand nombre de dérivés et composés. 
De ao provient incontestablement eusi, « bruire, aboyer, 
parler à haute voix » et par suite « parler clairement ». 
Le a initial s'est ici, comme il arrive souvent, transformé 
en e. Nous y rattacherons euskara, « la langue basque », 
litt. a la langue dans laquelle on s'exprime d'une façon 



— cxlvj — 

intelligible », par opposition à erdiara, litt. « demi-lan- 
gage». C'est par ce terme que les montagnards pyrénéens 
désignent tous les idiomes autres que le leur. Ara pos- 
sède, en effet, le sens de « manière, façon d'être ou de 
parler » et, par extension, « langage ». Eskalherria ou 
euskalherria, de herri « pays », c'est la région où l'on 
parle l'euskara, « le pays basque ». Quant aux habitants 
de cette terre, ce sont les euskaldunaks, litt. « les pos- 
sesseurs de Y Eskalherria ». Pour nous, les Ausci, les 
anciens habitants du pays d'Auch, très probablement 
d'origine ibérienne, ce sont les parlants, de cette racine 
eusi et de la finale partitive Ici. C'est toujours le même 
élément qui se rencontre dans esker, « remerciement, 
grâce à rendre ». Nous avons déjà vu dans un autre tra- 
vail que la finale er indique opposition ou négation. Or, 
le remerciement n'est-il pas tout l'opposé de la demande? 
Au nombre des dérivés de ce dernier terme nous citerons 
eskergabe ou eskergaisto, « ingrat » , litt. « sans remer- 
ciement » ou« mauvais remerciement », de gabe, « sine » 
on gais to « malus ». Eska, « demander, mendier », n'est 
autre chose que ce eus, eusi, avec chute de Vu et adjonc- 
tion de l'allatif ta; litt. ce en parlant haut ». Quand on 
demande, on tient à se faire entendre. A cette forme se 
rattachent eskale, eskari, « mendiant ». Eskain « offrir», 
semble pour eska-un, litt. « facere bonam quaestionem ». 
Enfin, il ne nous paraîtrait pas impossible que uzki <c pos- 
térior, anus » ne dérivât encore de ao, mais avec chute 
de l'a initial, et adjonction du médiatif z et du partitif 
ki. Ce serait donc la partie du corps qui rappelle le plus 
la bouche. 
31. Enfin, il existe en basque une racine 16 ou EG, non 
employée seule, mais à laquelle on ne saurait trop attri- 
buer d'autre sens primitif que celui de « être chaud, 
bouillir ». Nous le retrouverons dans les dérivés egos, 
« bouillir », — egur, « bois à brûler » et, sans doute 
même dans ekhi « soleil », litt. « l'ardent ». Dans cet 
astre, les premiers Aryas ont vu la source de la lumière, 
le corps brillant par excellence. Il semble que les aïeux de 
la race ibérienne l'aient surtout envisagé comme la cause 



— cxlvij — 

de la chaleur. De là egrun, « jour » pour ekhidun, litt. 
« possesseur du jour », comme zaldun, « cavalier » pour 
zamaridun, « possesseur d'un cheval ». Ikhus, « voir » 
renfermerait cette même racine ekhi avec une sorte de 
désinence médiative s. Ce verbe devrait être litt. rendu par 
« facere per diem, quod agitur perdiem ». Enfin, iguski ou 
hegnski, autre nom du soleil, litt « portion du jour », est 
composé de egun et du partitif ta*, avec une sifflante eupho- 
nique comme dans azkaboska, « gratter avec les pattes »; 
cf. esp. escabio, « sorte de gale », mais avec la finale 
allative Jca. 

H. de Charencey. 



R et L, VOYELLES EN KHMÊR. 



L'un des grands avantages du khmér est de nous offrir 
une suite presque ininterrompue de documents écrits, 
depuis le septième siècle de notre ère jusqu'au moment 
actuel. 

Les Cambodgiens de nos jours sont les fils authentiques 
des anciens Khmêrs, tant au point de vue linguistique qu'au 
point de vue ethnographique. 

De plus, ayant longtemps dominé le Siam où pendant des 
siècles l'aristocratie parla leur langue, ils ont laissé dans la 
langue siamoise maintes traces de leur propre idiome, fait 
analogue à ce que nous offre l'Angleterre des Normands. 

L'alphabet des Khmêrs est celui du sanscrit et des 
diverses écritures d'origine indienne. 

Les consonnes, avec une forme graphique spéciale, bien 
entendu, sont celles du dévanâgarî, mais avec des altérations 



— cxlviij — 

de prononciation dues sans doute aux efforts combinés du 
temps et du génie de la langue khmère. 

Les voyelles sont aussi les mêmes que celles du dêvanâ- 
garî, mais ils ont dû y ajouter quatre voyelles ou diphton- 
gues complémentaires. De plus, l'altération parlée est ici 
plus grande encore que dans les consonnes. 

Dans leur alphabet, des voyelles isolées, ils ont conservé 
les quatre voyelles sanscrites ri, ri, li, 1%, toutes pronon- 
cées rû\ ru\ lu', lu'. 

Ils les ont conservées non seulement dans l'alphabet, 
mais aussi dans plusieurs mots dont quelques-uns sont très 
usuels. Ainsi : ri [ru 9 ,) ou, ou bien, particule alternative; 

li (lu',) entendre; 

rik ou rik, air, apparence, aspect, heure, heure propice; 

ris, racine ; 

ralik ou ralik, penser, souvenir; 

rit, croissant, de plus en plus, qui paraît rappeler le 
ridh, croître, et riddhi, puissance, du sanscrit ; 

risî, bambou ; 

rist, anachorète = rishi sanscrit, et même ma/iârîsî = 
(maharshi). Ici l'i est devenu long. 

D'autrefois le ri sanscrit s'est confondu en khmér avec 
la consonne correspondante. Ainsi ri tu, saison (s.), est 
devenu ratù, saison (k.). 

Griha, maison (s.), est devenu grih ou grihhâ, la maison, 
le home (k.). 

Prakriti, nature (s.), est devenu prakrati, nature, natu- 
rel, quotidien, perpétuel (k.). 

Il me semble même que le khmêr babrit, (qui vient de 
vavrit), se comporter, doit provenir de vrit y être, se com- 
porter, vivre, en sanscrit, mot qui me paraît en effet tiré du 
sanscrit de même que, par exemple, on a hêt, ou hêtu. parti- 
cule très usuelle ayant la valeur de broh « parce que ». 

J'ai dit précédemment que II (lu*) signifiait entendre. On 
trouve même un dérivé nominal de ce radical, lapt ou 
Ifâ, renommée (Ici H = lï), d'après des procédés dont nous 
allons donner une esquisse : 



— cxlix — 

L'infixé N donne généralement des noms d'instruments. 
Ex.: 
Gâp, serrer dans un étau. 

Ghnâp, étau (le dérivé prenant souvent l'aspiration). 
Gûac, lier, ghnûac, lien. 
Cuk, boucher, chnuk, bouchon. 
Bên, s'asseoir, bhnèn, giron. 
Sa, harponner, ma, harpon. 
Sap, pomper, snap, pompe. 
SU, peigner, mit, peigne. 

L'infixé M donne généralement des noms d'agent. Ex. : 
Kan y tenir, khman, le teneur, le porteur. 
Sit, fondre, smit, le fondeur. 
Sun, pétrir, smùn, le potier. 
Su m, demander, prier, smûm, mendiant. 
L'infixé P avec les semi-voyelles : 
Rip, confisquer, rapip, ce qui est confisqué. 
Mm, danser, rapâm, danses. 
Lây, mélanger, lapây, mélange, ou Ipây. 
Lï entendre, lapi ou Ipï, renommée, réputation. 

Etienne Atmonibr. 



NOTE SUR UN VIEUX PROVERBE. 



La harangue sur l'Halonnèse, attribuée à Démosthène, 
mais où Libanios déjà, avec toute vraisemblance, voyait 
l'ouvrage d'un autre orateur, Hégésippe, renferme la phrase 
suivante, qui a tout l'air d'un proverbe : (Vous punirez les 
traîtres), « si tant est que vous portiez la cervelle dans la 
tète, et non dans les talons » (traduction de H. Weil): efirtp 
û^stç tov èyXifxXvV sv xsTç xpoxif o'.ç xai \xr t sv t«Tç xtipiaiz xara- 



icercorcwévov çopéta (ch. 45). J'en rapproche on proverbe 
italien que je trouve cité et expliqué comme il suit dans un 
roman de Bulwer (The Pari si ans, t. 3, p. 33 note, éd. Tau- 
chnitz): « Avère il cervello nella calcagna, viz. to act 
without prudent reflection ». 

L'auteur anglais parait avoir ignoré que le même dicton 
existe ou, du moins, a existé dans sa propre langue. En 
effet, à propos d'un vers (acte I, scène 1) de la Tempête de 
Shakespeare, mon collègue Beljame me communique la 
phrase suivante, attribuée par lui à un écrit du xvi e siècle : 
« (La cervelle est maintenant logée dans le pied), The brain 
is now lodged in the foot ». 

Ceux de mes confrères que la question pourra intéresser 
trouveront sans doute une indication plus précise de la 
source chez les récents commentateurs de Shakespeare. Il 
est à croire aussi qu'un proverbe connu des Grecs dans l'an- 
tiquité, des Anglais au temps de la Renaissance, des Italiens 
aujourd'hui, doit se retrouver dans la langue d'autres 
peuples encore. 

Éd. Tournibr. 



DE QUELQUES ÉTYMOLOGIES BASQUES. 



1. INZAUR, « noyer », litt. « noisetier de la rosée », de itz 
oum/z « rosée » en bas-nav. ihitz avec redoubl. fréquent 
de la voyelle initiale) et Hur « noisetier, coudrier » prob. 
contr. du lat. aveilana; cf. béarn. aberaa, auraa. On 
sait que le voisinage du noyer est considéré comme mal- 
sain pour les autres arbres ; aussi a-t-on soin de le planter 
isolé et il se trouve, par suite, spécialement exposé à la 
rosée. 



— clj — 

2. SUNXI, « détruire, ravager », prob. du vieux-prov. 
somsir, sompsir, « engloutir », qui n'est, sans doute, lui- 
même qu'une forme dérivée du lat. sumere. 

3. SUHI, « gendre ». L'origine de ce mot nous a paru 
d'autant plus curieuse à signaler qu'il a pris en basque un 
sens à peu près opposé à celui qu'il possédait à l'origine. 
Impossible, à notre avis, de ne pas le rattacher au béarn 
soey, soe et vieux-béarn. soer « beau-frère » . Tous ces termes 
d'ailleurs proviennent incontestablement du lat. socer. Il 
est à remarquer que les exemples de ces changements de 
sens, sans être d'ordinaire aussi frappants que celui dont 
nous parlons, semblent très fréquents en basq. Ex. : 



BASQUE 



Aguador, « Abste- 
nue, qui ne boit 
pas de vin •. 



Barhand, 
pion ». 



es- 



Baidret, • sans- 
souci, débrail- 
lé». 

Behor, «jument*. 



Bizar, « barbe ». 



De6alde,«envain, 
pour rien ». 

Desmera, • tomber 
en faiblesse ». 



Donado, 
garçon 



vieux 



Errafren, • pro- 
verbe • . 

Estal 9 • couvrir, 
saillir ». 

Errumet, « vil, 
abject ». 



ESPAGNOL 



Aguador, « por- 
teur d'eau >. 



Forante, 
voyé ». 



en- 



Baldres, « peau 
passée en mé- 
gie ». 

Burra, « bourri- 
que ». 

Bizarro, « brave, 
hardi ». Ne don- 
nons-nous pas 
le nom de roya- 
le, à un collier 
de barbe ? 

Debalde, « gratis, 
pour rien ». 



Donado, 
lai ». 



frère 



BÉARNAIS 



Desmayrar, • sé- 
parer l'enfant 
de sa mère ». 



Refri, « refrain ». 



LARGUES MfllSB 



Français, étaler. 



Vieux fr., romace, 
épithète inju- 
neuseappliquée 
par les hugue- 
nots aux catho- 
liques. 



— clij — 



BASQUE 



Espar, • sorte de 
mouche piquan- 
te •. 



ESPAGNOL 



Bsparbe, « éper- 
vier ». 



Faraûi,* verrou», 



Fardilht • moût, 
vin doux •• 

Firlê, • quille •. 

Gogo, « pensée, 
sentiment». 



/ 



Fardai*, « petit 
fardeau ». 

Birla, • boule ». 



BÉARNAIS 



Feralla, «ferraille, 
instruments de 
fer ». 



Gisu, « chaux ». 



Gorda, « cacher, 
se cacher ». 

Gordin, • cru, sans 
apprêt ». 

Hendellûy « insou- 
ciant, sans te- 
nue ». 

Hagin, « grosse 
ent, molaire ». 



ao 
de 



Courda, ■ serrer 
avec une corde». 



HendilhoiUy « qui 
se fendille ». 



Vieux franc., go- 
que, « plaisan- 
terie et sorti- 
lège ». En pa- 
tois normand , 
on dit d'un che- 
val qui s'agite, 
qu'il gogue. 

Portugais, 9Û, giz, 
« craie », mot 
d'origine arabe. 

Vieux-prov., cor- 
Air, corder. 

Vieux-prov., gor- 
dm, ■ stupide ». 



Her, « gésier, par- 
tie du corps où 
les oiseaux tri- 
turent le grain». 

Herautch, • ver- 
rat». 



Irazk, • ourdir ». 

Iehkilin, • petit 
coffret traver- 
sier ». 



Ftgina, « fagot 



Ere, $re y « aire à 
battre le grain». 



Feroz , « féroce, 
farouche ». On 
a déjà vu des 
exemples de la 
transformation 
du o en au bas- 
que. 

rascar, «gratter». 



IretXy « nettoyer», 
Irez, « peigner ». 



llchur, « carna- 
tion, portrait, 



Riz*r, « friser ». 

Visuro, • recon- 
naissance que 



Arrasca , raica , 
• rincer ». 

BsqueUne, « petite 
écharde ». 



Rezar, «moudre». 

Archaïq. fHtar, 
• friser ». 



— cliij — 



BASQUE 



visage • ; la la- 
biale iniL tombe 
assez volontiers 
en Basque. 

Izen y • nom », 
spéc le nom 
propre, par op- 
posiL h Deilhur, 
« nom patrony- 
mique ». 

hit, « effrayer ». 

KabaUy « animal 
domestique •. 

Karay « allure ». 



Kaudtla, «plainte, 
murmure». 



Koka, • accro- 
cher ». 



Kundera, • dis- 
cours long et 
confus ». 



Kopet, • front, vi- 
sage, hardies- 
se ». 

Koskolla, m scro- 
tum ». 

Khadurij • pol- 
len ». 



Khattu, « peau de 
porc nouvelle- 
ment tué ». 

Khodoin • lien du 
râtelier ». 



Khorbe, « crèche, 
mangeoire ». 

Labo f iausoy • qui 
a la vue courte». 



Land, « terre la- 
bourable ». 



ESPAGNOL 

Ton fait de ses 
propres yeux ». 



Seifa, « signe, mot 
de guet, image». 



Bxcitar, «exciter, 
animer ». 

Caballo, « cheval». 



Cara, « face, mine, 
présence ». 



Cocar, • faire des 
grimaces, en- 
geôler ». 

Contera, « refrain, 
garniture de 
fourreau d'é- 
pée ». 

Cùpetêj « toupet, 
sommet, cime». 



Caedura, ■ ce qui 
tombe du lin 
qu'on tisse ». 

Callo, «durillon». 



Codon, « sac pour 
renfermer la 
queue du che- 
val ». 

Corbe, « es p. de 
mesure». 



BÉARNAIS . 



Cabale, ■ cavale, 
jument ». 

Café, mem. sens. 



Cautela, « précau- 
tion, ruse ». 



Couscoulhe, «gous- 
se, eûvelpppe • 



Vieux-prov., eau- 
télé, « précau- 
tion mêlée de 
défiance et de 
ruse ». 



LaL,loAottif, «su- 
jet à tomber ». 



Vieux-prov., Lan- 
da t • lande, ter- 
re en (riche ». 



BASQUE 



Morkor, «ivrogne» 
liti. « qui aime 
le moût ». 



Ohoin, m voleur ». 

Eslayo, « fanfa- 
ron ». 

Andere, « jeune 
personne, mal- 
tresse de mai- 
son. 



— cli? — 

ESPAGNOL BÉARNAIS 



Moscorra, « jeune 
prostituée », le 
mot est, sans 
doute, d'origine 
basque. 



Fumaq, • fouine 



Fuin, m. sens. 

Eslayute, « joueur 
de flûte ». 



uMon ira» 



Le prince L.-L. Bo- 
naparte n'hési- 
tait point à faire 
dériver le terme 
B. du grec, onnip, 
•&pof, bien que 
ces termes s'ap- 
pliquent à des 
sexes différents. 



Arrêtons ici cette liste que nous aurions pu donner beau- 
coup plus longue. Du reste, le français ne nous offrirait-il 
pas plus d'un exemple de modification de sens analogues. 
Est-ce que nos mots jument, paume n'offrent pas une 
signification toute différente des termes latins jumentum, 
palma dont ils dérivent. N'a-t-on pas quelque peine à se 
persuader de l'identité certaine pourtant de notre terme 
alcohol avec l'arabe al fcœhœl, litt. « antimoine » qui lui a 
donné naissance ? 



4. EZ, « non, ne pas » nous fait tout l'effet d'un de ces 
mots basques auxquels on peut sans témérité attribuer une 
origine celtique. Cf. le gaulois ex, évidemment apparenté 
aux ter mes homophones du latin et du grec. Il a générale- 
ment une valeur franchement négative ou mieux privative, 
p. ex. dans le nom propre composé Exdubnos, litt. « sans 
crainte ». Par une bizarrerie dont nous n'entreprendrons 
pas de rechercher ici la cause, le même mot reparaît dans 
un dialecte ougro-finnois de la Russie, en zyriane sous la 
forme es, « non, ne pas ». N'oublions pas que les Gaulois 
sont venus comme les autres peuples indo-européens des 
régions de l'Orient. L'on trouve des noms de ville gaulois 
jusque vers les bouches du Danube. Certaines relations 



— Cl* — 

ont donc parfaitement pu avoir lieu entre nos aïeux et 
ceux des populations de la Russie actuelle. 

5. EBAKI, « couper ». L'origine de ce mot nous a long- 
temps paru bien obscure. Toute réflexion faite, nous 
croyons pouvoir, sans hésiter, y voir une altération de 
l'esp. quebrar, « casser, briser ». La finale ki est parti- 
tive ou adverbiale. D'ailleurs, la gutturale forte initiale 
est, comme nous l'avons vu dans un précédent mémoire, 
sujette à être remplacée en basque, par un h ou même à 
tomber entièrement. Le r suivant la labiale sera tombé 
comme la liquide dans hebam, « s'exténuer, se fatiguer », 
de l'esp. feble et de la finale inessive an, ain. Ainsi ebaki, 
« couper », se pourra rendre litt. par « faire comme si 
l'on cassait ou brisait »T 

6. TRUPILLO, « excroissance sur la chair ou sur le bois », 
n'est sans doute autre chose que le béarn. toupi, ton- 
piiy « pot de terre, petit vase », mais muni d'une dési- 
nence diminutive. Quant au r euphonique, nous le retrou- 
vons p. ex. dans GRABEL, « gabelle, impôt sur le sel», 
M. Schuchardt le signale également dans TIRESO, « so- 
lide », de l'esp. tieso, « dur, ferme, robuste ». 

7. YARDIREX,- ARDIEX, « obtenir ». Ne serait-ce tout 
simplement le béarn. arrede, « rendre » mais avec le r 
euphonique dont nous avons déjà parlé et la finale x 
laquelle indique comme l'on sait similitude, comparaison. 
YARDIREX se pourrait . donc traduire litt. par « faire 
comme si l'on rendait ou échangeait ». 

H. de Charbncet. 



aycoytç'eÏYCoaev. 



M. Joh. Baunack, dans les Studien de Curtius X, 60 ss., 
étudie la glose argienne o^tù^^iù^&i et propose de voir dans 



— clvj — 

-y.ç, ou plutôt -Fi$ y un suffixe de première personne duelle 
correspondant au sanscrit -vas. 

Son hypothèse n'a rien de convaincant : sans parler d'au- 
tres difficultés, au sanscrit -vas répondrait un grecVFe^, qui 
ne saurait d'aucune façon donner *-Aç. Je pense que cette 
glose a son origine dans une fausse * lecture d'un texte épi- 
graphique. 

Quel est l'équivalent argien du grec commun <rf*>\k& ? A 
l'époque archaïque, évidemment orpayAç. Nous ne possédons 
pas, il est vrai, de texte épigraphique argien fournissant des 
premières personnes en -|uç; la nature même des docu- 
ments confiés à la pierre ne permet pas souvent remploi de 
telles formes ; sur soixante exemples environ que nous con- 
naissons dans le domaine do rien, vingt à peine sont fournis 
par l'épigraphie, dont quatorze par les seules tables d'Hé- 
raclée (cf. mes Dialectes doriens, p. 179 suiv.) Mais ârpaïuç 
n'en est pas moins sûr. 

Si nous transcrivons drfufuç dans l'alphabet employé à 
Argos avant la80° olympiade (400-57) nous obtenons ATOMES; 
supposons que le lapicide, par un oubli dont nous connais- 
sons des cas nombreux, ait simplement gravé Af OMS ; quoi 
d'étonnant à ce que cet assemblage de lettres ait été lu plus 
tard, par le premier grammairien qui recueillit des textes 
lapidaires, AÊOMS, d'où la glose ? 

Em. Boisacq. 

30 janvier 1894. 



TABLE DD TOME VIII DU BULLETIN 



Pa§« 

Liste des Membres : Année 1893 xxv 

Composition du Bureau: Année 1893 xv 

— — Année 1894 cij 

Procès-verbaux : Séances du 27 février 1892 au 28 

janvier 1893 j 

Séances du 11 février 1893 au 30 

juin 1894 lxxxj 

ÀnyiMSTRATiON : Rapports annuels (1892-1893). . xviij, c 

— Echange de publications. . . . xviij 

— Honoraires de rédaction, tirages 

à part v, vj 

— Chiffre de la cotisation annuelle. lxxxviij 

— Fondation Alexandre Bibesco. civ, cxv 

— Conditions particulières aux mem- 

bres de la Société pour la vente 

des publications xxiv, cxx 

DiitLioTiiÈQUE : Ouvrages offerts à la Société 

(1892-1894) xxj, cxviij 

— Supplément au catalogue de la 

Bibliothèque (ouvrages entrés 
de mai 1883 au 30 juin 1894). . cxxj 

Nouvelles et i-orrespondance : Le Dictionnaire de 

Vaneienne langue 
française, de M. 
Godefroy. ... xix 
Exposition de Chi- 
cago xc 

La Socirté des huma- 
nistes français. . cvj 



NECROLOGIE 

Ernest Renan, par Michel Bréal. . . . 
Charles Baissac, par Marie Le Blanc. . 



lviy 
lxxiv 



— chriij — 

ARTICLES 

àymonier (Etienne), r et l voyelles en khmêr. . . . cxlvij 

BOISACQ (Emile), frft>Xt«, Sytofiev clv 

Charencey (H. de). La langue basque dans ses rapports 

avec les dialectes voisins xliij 

— De quelques étymologies basques. . . . xlviij, cl 

— Recherches étymologiques sur la langue 

basque cxlij 

De Backbr (Louis). La langue flamande en Belgique. . cxxxviii 

Gohin (F.). Tudieu xlvij 

Tournibr (Ed.). Note sur un vieux proverbe. . . . cxlix 



COMMUNICATIONS 



• 



Berger (Ph.). Sichaeutf Sicharbaê, Sicharbal. ... yj 

Bréal (Michel) C). 'Eptvûç, Saratryù lxxxvij 

— (*) Chute de n en grec xcv 

— Français gigolette xcviij 

— offxtK cxj 

— âvolvofiat cxiv 

— factptfiov cxiv 

— Les composés latins cxvj 

— Venu* cxvij 

Charencey (Comte de). Sur les langues de l'Amérique, ix, cix, cxiij 

— Latin hxstrio cv 

— Le métamorphisme linguistique. ... cix 

Comte. Coronatus, kranx iv 

Duvau (L.). N final du latin xcvii 

— Anglais riding xcix 

— Français on ciij 

— Pronoms interrogatifs et indéfinis. ... cv 

— Lat. asper cvij 

— Exemplum cvg 

— Irlandais is cxj 

— Le suffixe adverbial -\Ur cxij 

— Zîiv cxiij 

Halévy (J.). Les théories de M. Ahlqvist sur la civili- 
sation touranienne iij 

* Ne figurent pas dans cette table : 1* les communications sur lesquelles 
le procès-verbal ne donne aucun détail ; 2* celles qui ont paru en original 
dans les Mémoires ou le Bulletin, à moins que les auteurs ne les aient 
complétées verbalement ou que leur lecture en séance n'ait donné lieu à 
des observations détaillées au procès- verbal. Dans ce cas, les communi- 
cations sont précédées ici d'un astérisque placé entre parenthèses. 



— dix — 



— L'alphabet phénicien lxxxiij 

— Les Hétéens lxxxiij, xciv 

— Le mythe de Proserpine xciv 

Henry (V.). Le parfait latin ix 

— Ingen* Ixxxiv 

— Anglo-saxon be lxxvj 

— Latin ni xciij 

— Hodie cv 

— Le génitif latin cv 

— Allem. ander cxj 

— "Hp« cxvij 

JlDUcKA (J.). bxspMrn ij 

Larat (H.)- Cadauer, papauer iv 

— Tristii, teslis, testamentum viij 

— Flamen ix 

— Époné xvij 

Letellier. Création d'une langue universelle. ... xj 

Lévi (S.). Sur la prononciation du sanscrit xvij, x 

Meillet (A.). L y r, m, n, voyelles en latin x 

— Changement de 6 en à en latin. ... x, xj 

— ArmémienpeX xv 

— Syntaxe slave • xxij 

— La nasale finale en sanscrit lxxxvj 

— k -f y en slave lxxxvij 

— Les lois phonétiques xciij 

— Participe latin en -endus civ 

— Le présent latin cviy 

— opviidç ex 

— V. slave su ex 

— Accentuation du grec cxij, cxvij 

— Latin aliter cxiij 

— r voyelle en grec cxvij 

Rousselot (J.). Le patois de Cellefrouin xcj 

Spbcht. Le sanscrit chinois xvi 

Spisoblbxro. pjoç ix 

Verrier. La versification anglaise iij 

— Allemand krans xj 



BULLETIN 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTÏQUl 



DE PARIS 



■ 



■ 



BULLETIN 

M U. 

SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 



DAWSON- FRANCE, S.A. 

a, Faubourg Polmnnltn 
10e. FRANCE 



ImprlmC aux Paya- Bu 




BULLETIN 



DB LA 



r 9 



SOCIETE DE LINGUISTIQUE 



DE PARIS 



TOME NEUVIÈME 



(1894-1896) 



Ce Bulletin est publié exclusivement pour les Membres de la Société 

et n'est pas mis dans le commerce. 



PARIS 



1896 



i-lbraiy of Congre» Catalog Card Number: 6-8201 



STASFHRD UERARY 

MA; 26 1965 




i 

J 



Vol. 9, 1894196 

No 39 - Mai 1896 

No 40 - Décembre 1896 

NO 41 - Mai 1896 

No 42 - Juillet 1896 

No 43 - Octobre 1896 



BULLETIN 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 

N« 39 



» > i tn i 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



dû 17 Novembre 1894 au 23 Mars 1895 



Séance du 17 Novembre 1894 

Présidence de M. l'abbé Rousselot, 

Présents: MM. Bauer, Boutroue, . Boytor, Michel Bréal, 
Cart, Chilot, Duvau, Henry, Meillet, Rousselot. 

M. Laray exprime par lettre ses regrets de ce que 1 éloi- 
gneraient de son domicile actuel ne lui permette plus d'as- 
sister aux séances de la Soeiété. 

Nouvelles. M. l'abbé Rousselot rappelle les pertes que 
la Société a éprouvées depuis sa précédente séance : MM. 
Jean Fleury, Terrien de Lacouperie, Jajnes Darmesteter ont 
été successivement enlevés par la mort. M. le président 
donne quelques détails sur les travaux de ces regrettés sa- 
vants. M. Bréal ajoute quelques mots au sujet de J. Darmes- 
teter, qui a été son élève, et qui a publié ses premiers tra- 
vaux dans les Mémoires de la Société. 

M. l'abbé Rousselot signale ensuite l'achèvement, par 
M. Cart, du catalogue de la bibliothèque, publié dans* le 
dernier bulletin. Sur sa proposition, des remerciements sont 

1 



votés à M. Cart pour le soin, et l'activité qu'il apporte à 
l'exercice de ses fonctions. 

Présentations. Sont présentés pour être membres de la 
Société : par MM. Michel Bréal et Duvan, M. Amédée 
Querry, consul général de France en retraite, Ferrjr-Keol, 
à Gonstantinople ; par MM. Michel Bréal et V. Henry, 
M. Paul Marissiaux, agrégé de l'Université, 2, rue Botzaris, 
à Paris ; par MM. Maspero et Michel Bréal, M. Dominique 
Mallet, agrégé de l'Université, à Paris; par MM. Michel 
Bréal et Rousselot, M. Michel Holban, vice-consul de Rou- 
manie, 2, rue Saint-Léger, à Genève. 

Hommages. Voir page xiv. 

A propos du volume de M. Heikel sur les Antiquités de 
la Sibérie occidentale, M. Bréal rappelle les beaux travaux 
de notre confrère M. Thomsen, qui est arrivé à déchiffrer et 
à interpréter les inscriptions sibériennes. 

Communications. M. Bréal signale une application sin- 
gulière en grec du suffixe du comparatif : appliqué à un 
substantif, il en fait un adjectif. Par exemple : des; 
« dieu », Oewrtpoç « divin ». Ce fait tient à ce que l'idée de 
comparaison appliquée à un substantif tend nécessairement, 
en lui faisant perdre sa signification absolue, à le faire passer 
au sens adjectif. M. Bréal explique de même le rapport 
formel et sémantique de xipio; à x«p3(wv, xip&ro;, etc., ce qui 
donne lieu à une objection de M. Meillet sur la différence 
essentielle des suffixes -?epo-, -txco-, et -w*v, tore-. 

M. Bréal traite ensuite du verbe Scuxu « poursuivre » qui 
doit être rapproché de son synonyme homérique Mc|ur. 
L'a) et le % sont parties des formes du parfait (cf. xbra», 

M. Meillet signale l'existence dans les textes latins anté- 
rieurs à l'époque classique de la distinction des verbes 
perfectifs et imperfectifs, qui est connue en letto-slave, en 
germanique et en celtique. Un verbe simple imperfectif de- 
vient perfectif par l'addition d'un préfixe, ainsi nous ; cognoui; 
scisco: rescisco; lucesco: inlucesco (Plaute, Amphitr., 533 
et 547) ; cubui: accubtti (ib. 735 et 802), etc. Quelques verbes 
sont perfectifs sous leur forme simple, ainsi do, tollo, mais 
iuli est imperfectif, aussi sert-il de prétérit kfero et le prétérit 



-iij- 

de tolio est-il le perfectif sustuU. Le latin, possédant an futur, 
a peu de traces de l'emploi du verbe perfectif avec valeur 
de futur que l'on trouve en slave et en gothique. Le sens de 
durée dans le passé attribué à l'imparfait appartient en 
réalité an thème verbal des verbes imperfectifs ; l'imparfait 
d'un verbe perfectif n'exprime aucune idée de durée (Plaute, 
Aufal.: 178). — Ce fait de syntaxe rapproche le latin du 
celtique et du germanique et le sépare du grec, de T armé- 
nien et de l'indo-iranien qui opposent le présent à l'aoriste. 
Des observations relatives au caractère trop absolu de 
cette théorie sont présentées par MM. Bréal, Duvau. 



SéANCR DU 1" DÉCEMBRE 1894. 

Présidence de M. Victor Henry. 

Présents: MM. Bauer, Michel Bréal, Cart, Duvau, Henry, 
Finot, Meillet. 

Absents et excusés : MM. le prince Alexandre Bibesco, 
l'abbé Rousselot, Chilot. 

En l'absence du président et des vice-présidents, le fauteuil 
est occupé par M. V. Henry. 

Elections. Sont élus membres de la Société: MM. 
Querry, Mari s si aux, Mallet, Holban. 

Présentations. Sont présentés pour être membres de la 
Société: par MM. Bréal et Henry, M. le D r Edwin W. Fay, 
Lexington (Virginie, U. S. A.); par MM. Victor Henry et 
Duvau, M. le D r Juan M. Dihigo, professeur de littérature 
grecque à l'Université de La Havane. 

Commission des finances. Sont désignés pour faire 
partie de la commission des finances: MM. Finot, Meillet, 
Rousselot. 

Communications. M. Bréal signale quelques faits ten- 
dant à prouver que certains verbes actifs du latin ont plus 
anciennement été déponents: ce sont itohio, d'après t*o- 
luendus qui, chez Lucrèce, n'a pas le sens de nécessité; 



- iv — 

gigno, d'après le participe gignens « ce qui existe, être » ; 
anbno d'après animons. De même praegnans suppose un 
verbe *praegnor « être imprégné »; ingens se rattache i 
gignor précède d'un suffixe équivalent au grec ôva- ; etridem 
suppose *euideor. 

Des objections sont faites par MM. Henry, Meillet. 

M. V. Henry donne lecture d'une note de M. Fay sur 
l'étymologie du latin nisi; nui et sine seraient le même mot 
renversé et composé de si et de ne. M. Fay adopte pour ni 
l'explication proposée précédemment par M. Henry : nï=.ne 
+ une particule équivalant au grec et. 

MM. Bréalet Meillet présentent des objections sur ce dernier 
point. M. Bréal traite ensuite de l'origine de sine et conteste 
la légitimité de l'hypothèse émise à ce sujet par M. Henry 
dans les Mémoires de la Société : sine ne peut être l'impé- 
ratif de sino, si ce n'est dans la phrase unique t, sine me{d). 
C'est là un point de départ insuffisant pour la naissance 
d'une préposition aussi importante. 

M. Henry objecte que, sine me étant synonyme de se{d) 
me, on a pu appliquer à la nouvelle formation la syntaxe de 
l'ancienne. Cette étymologie rend compte de la brièveté de 
l't autrement inexpliquée. 

M. Bréal fait observer que cet abrègement se retrouve 
dans qudsï. 



SÉANCE DU 15 DÉCEMBRE 1894. 

Présidence de M. l'abbé Roussblot. 

Présents: MM. Bauer, Boutroue, Bréal, Cart, Chilot, 
Duvau, Lévi, Marissiaux, Meillet, Rousselot. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir page xiv. 

Présentation. Est présenté pour être membre de la So- 
ciété, par MM. Duvau et Meillet, M. le docteur C. C. Ulhlen- 
bert, professeur à l'Université d'Amsterdam. 

Proposition. La Société est saisie d'une proposition de 



modification de l'heure des réunions ; il sera statué à la 
prochaine séance. 

Rapport de la Commission des finances. M. Meillet, 
au nom de la Commission des finances» donne lecture du 
rapport pour l'année 1894 : 

Messieurs, 

Après examen des comptes dû Trésorier de la Société, votre Com- 
mission a arrêté le bilan suivant au 14 décembre 1894 : 

Ricirns. 

Report d'exercice 4.158fr.69 

Cotisations annuelles 8.008 36 

Cotisations perpétuelles 360 » 

Allocation ministérielle 1.000 » 

Arrérages de rentes 885 » 

Intérêts des fonds déposés à la Société générale . . 13 56 

Vente de frsciculéi des Mémoires . 57 » 

Dépôt du prince Bibesco en vue d'une fondation . . 10.000 ■ 

18. 426 fr. 51 

Dépinsbs. 

Notes de l'éditeur 8.256 fr. 95 

Solde des honoraires de rédaction 43 69 

Index 100 » 

Frais généraux 415 88 

Indemnité de l'administrateur 400 » 

Allocation aux appariteurs 95 » 

Achat de 15 fr. de rente 3 0/0 513 50 

Droits de garde et frais de banque 6 40 

4. 880 fr. 87 
L'encaisse est de: 

Encaisse du Trésorier 1.848 fr. 50 

Encaisse de l'Administrateur ... 184 85 

Solde créditeur à la Société générale 18 . 168 79 

13. 595 fr. 64 13.595 64 

Total égal 18. 486 fr. 51 



Si de l'excédent d'actif on déduit 10,000 fr. destinés, après l'ac- 
complissement des formalités, à la fondation Alexandre Bibesco, il 



— *J — 

reste disponible une somme de 3.595 fr. 64, inférieure de 557 fr. 05 
à celle que faisait ressortir l'examen des comptes de l'an dernier. 
Votre commission de l'année 1593 tous avait laissé prévoir ce résul- 
tat en vous faisant remarquer qu'une partie des dépenses afférentes 
à cet exercice ne pourraient être payées qu'après sa clôture. 

Les achats de rentes effectués ont dépassé d'une centaine de francs 
environ les chiffres imposés par les statuts ; cela a permis de porter 
notre avoir au chiffre rond -de 850 fr. de rentes. 

Un article nouveau figure au bilan : c'est l'encaisse de l'adminis- 
trateur, qui permettra de régler d'une manière plus aisée on asses 
grand nombre de comptes. 

Au moment où votre trésorier se voit obligé par ses occupations de 
renoncer à ses fonctions, votre commission tient à rendre une fois de 
plus hommage à l'activité avec laquelle M. Boyer a toujours fait ren- 
trer les cotisations de la manière la plus exacte et au xèle avec lequel 
il a géré nos finances. 

La Société tiendra sans nul doute à joindre ses remerciements à 
ceux de la commission. 

15 Décembre 1391. 

L. Pinot, A. Meillet, P. Rousselot. 

Les conclusions de ce rapport sont mises aux voix et 
adoptées. 

Election du bureau pour Tannée 1895. Il est procédé 
au vote pour le renouvellement du bureau de la Société. 

Sont élus : 

Président: M. l'abbé Pierre Rousselot. 

Vice-Présidents: MM. Etienne Ajmonieret Victor Henry. 

Secrétaire : M. Michel Bréal. 

Administrateur : M. Louis Duvau. 

Trésorier: M. Louis Finot. 

Bibliothécaire : M. Théophile Cart. 

Membres du comité de publication: MM. d'Arbois de 
Jubainville, R. Du val, L. Havet, V. Henry, L. Léger. 
G. Paris. 

Communication. M. Bréal signale dans le verbe homé- 
rique $'jgqoZo\uùw « méditer, comploter », littéralement 
« intus aedificare », une métaphore analogue à celle du latin 
indus trius. 

Ensuite il maintient contre M. Osthoff la légitimité de 
r explication du latin materies par mater. Le mot mère 
s'emploie métaphoriquement dans la langue de plusieurs 



_vij_ 

corps de métiers. Il est inutile de recourir pour materies à 
la racine dmâ. M. Roosselot fait quelques remarques sur ce 
sujet. 

M. Bréal montre ensuite que le français madré est dérivé 
de madré, en vieux français « bois veiné (solide, dur) ». 
— Observation de M. Boutroue. 

Rnfin M. Bréal signale que chez Homère le verbe xoXpi» 
a plus souvent le sens de « supporter » que celui de 
« oser ». L'idée d'endurance est antérieure i celle de har- 
diesse. Observations de M. Lévi . 

M. Uuvau étudie l'origine de ancilla ; il montre que le 
primitif aneus au sens de « serviteur », n'a pas d'existence 
réellement prouvée, et que rien ne s'oppose à l'identification 
du primitif de ancilla, anctdus avec àpuptroXé; proposée par 
H. Osthoff. Le mot anculus, spécialisé dans un sens litur- 
gique, a été remplacé dans la langue courante par un syno- 
nyme, famulus (rac. col = fam), comme plus tard celui-ci 
par un autre synonyme domesticus, vieux français doumèche. 
Des observations sont présentées par MM. Bréal, Meillet. 



Séance du 26 Janvier 1895. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents : MM. Bauer, Bréal, Duvau, Finot, Marissiaux, 
Meillet, Rousselot. 

Absents et excusés: MM. le prince Alexandre Bibesco, 
V. Henry. 

Élection. M. le professeur C. C. Ublenbeck est élu membre 
de la Société. 

Présentation. MM. V. Henry et J. Psichari présentent 
pour être membre de la Société M. Hubert Pernot. 

Hommages. Voir page xiv. 

Nouvelles. La Société apprend avec regret la mort de 
l'un de ses plus anciens membres, M. Ed. Malvoisin. 



• • • 

— Vllj — 

M. l'abbé Rousselot se fait l'interprète de la satisfaction 
que cause à la Société la nomination de nos confrères, 
MM. V. Henry à la Faculté des Lettres, S. Lévi au Collège 
de France. 

Lecture est donnée : r d'une lettre de M. le ministre de 
rinstruction publique invitant la Société à se faire repré- 
senter à la prochaine session du Congrès des sciences sa- 
vantes. Sont délégués MM. Henry, Marissiaux, Rousselot; 
— - 2° d'une lettre de M. V. Henry, qui, en remerciant vive- 
ment la Société d'avoir songé à lui pour la vice-présidence, 
décline cette fonction pour l'année 1895 comme il l'avait 
fait pour les années précédentes. 

Modification du règlement. Après un échange d'obser- 
vations entre les membres présents, il est décidé que l'heure 
habituelle des réunions, dont l'incommodité avait été mainte 
fois signalée, sera modifiée : les séances auront lieu doré* 
navant de cinq heures à six heures et demie du soir. 

Communication. A propos des deux. volumes offerts à 
la Société par M. Roussey, M. l'abbé Rousselot signale les 
principales particularités du patois qui y est étudié. Il montre 
en particulier les précieuses indications que peuvent fournir, 
pour la chronologie phonétique, les mots français qui se sont 
introduits dans ce patois. 



Séajscb du 9 Février 1895. 
Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents : MM. Bauer, prince Bibesco, de Blonay, Bou- 
troue, Rréal, Cart, de Charencey, Ghilot, R. Duval, Duvau, 
Henry, Finot, Lévi, Marissiaux, Meillet, Rousselot. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 
M. l'abbé Rousselot profite de la présence de son prédéces- 
seur à la présidence, M. le prince Alex. Bibesco, pour 
rappeler tout ce que la Société doit à sa généreuse initia- 
tive. 



— iï — 

M. Y. Henry remercie la Société de la sympathie qu'ell' 
loi a témoignée i l'occasion de sa récente nomination i 1 
Faculté des Lettres. 

A la suite d'un échange d'observation entre les différents 
membres présents» il est décidé que, vu la nécessité de ne 
pas prolonger les séances an delà de six heures et demie, 
celles-ci devront commencer dorénavant i cinq heures très 
précises. 

Howaage. Voir page xiv. 

A. propos d'an des ouvrages présentés, MM. l'abbé Rous- 
selot, de Charencey, Bréal, présentent quelques remarques 
sur l'existence et la nature d'un rapport entre la structure 
géologique d'une contrée et la répartition des particularités 
dialectales. 

Election. M. Hubert Pernot est élu membre de la Société. 

Présentation. Est présenté pour être membre de la So- 
ciété, par MM. Rubens Duval et Pinot, M. l'abbé J.-B. 
Chabot, 47, rue Claude-Bernard, Paris. 

Communications. M. Duvau étudie l'histoire sémantique 
des mots allemands je, et du grec &d. Le sens général de 
« toujours » s'est produit en allemand d'abord dans les 
phrases négatives, comme le prouvent d'une part le gothique, 
d'autre part certains textes du vieux-haut-allemand. En 
grec, au contraire, *tl a pris ce sens sous l'influence de mots 
ayant le sens de « continuellement, sans cesse », auxquels 
il était souvent joint comme explétif. 

Des observations sont présentées par MM. Bréal, Henry ; 
ce dernier signale que l'emploi affirmatif de je n'est pas en- 
core connu aujourd'hui en Alémannique. 

M. Bréal signale l'emploi particulier de facere dans les 
inscriptions électorales de Pompéi : ce sens se retrouve en 
latin classique dans factio et son contraire defectio. 

Ensuite il traite de l'étymologie de amare, dont le sens 
primitif « approcher » se retrouve encore dans Virgile. 
D'autre part la finale de arnicas rappelle celle de anticus, 
dérivé d'un adverbe. Amare et arnicas doivent se rattacher 
à un ancien adverbe signifiant « auprès », en sanscrit am&. 

Des observations sont présentées par MM. le prince Bi- 
besco et l'abbé Rousselot. 



— I — 

M. V. Henry donne lecture d'un mémoire de M. de Harlez 
sur les affinités linguistiques du hongrois. La première partie 
de ce travail est consacrée à la réfutation des théories de 
M. L. Podhasky relatives à l'existence d'un rapport entre le 
magyar et le chinois. Dans la seconde, il recherche les points 
communs au magyar et aux langues indo-européennes, et 
croit les retrouver en partie dans les procédés de dériva- 
tion, en partie dans les racines elles-mêmes. 

La fin de la séance est occupée par une courte communi- 
cation de M. Bréal qui siguale la possibilité d'une nouvelle 
interprétation de la Venus fisica de Pompei : fisica rappelle 
le Dieu Fisus. 



Séance du 23 Février 1895. 

Présidence de MM. de Charsncbv et Roussblot. 

Présents : MM. Bauer, prince Bibesco, Boyer, de Cha- 
rencey, R. Du val, Duvau, Finot, Lejay, Marissiaux, Meillet, 
Pernot, Kousselot. 

Election. Est élu membre de la Société: M. l'abbé 
Chabot. 

Nouvelles. M. Bréal annonce à la Société la perte qu'elle 
vient de faire en la personne d'un de ses plus anciens mem- 
bres, M. Ch. Ploix, qui a été deux fois son président. La 
Société sera représentée aux obsèques par son bureau. 

Hommages. Voir page xv. 

Proposition d'échange. M. Boyer propose à la Société de 
faire l'échange des Mémoires et du Bulletin avec une revue 
russe de folklore et de dialectologie, Zivaia starina. Cette 
proposition est adoptée. L'examen d'une proposition acces- 
soire, de faire remonter l'échange à l'année 1890, est renvoyé 
à un mois. 

Communication. M. Meillet étudie l'étymologie de Tp£p». 
Le sens primitif de la racine serait « se coaguler, se tenir », 
Tpifu signifiant proprement « faire tenir, faire coaguler ». 
Le sens s'oppose au rapprochement proposé ordinairement 



— q — 

avec le lithuanien drebiù; mais il semble que la racine 
germanique drag qui a les sens de « tenir » et de « tirer » soit 
le résultat d'une confusion entre deux racines ne différant 
que par la qualité de la gutturale, dont l'une aurait son cor- 
respondant phonétique dans tpifw, l'autre dans le latin iraho. 

M. Duvau étudie les adverbes latins en -tim; admettant, 
d'après les accusatifs quem et em que les accusatifs latins 
de thème en t- ont dû aboutir phonétiquement i em f il pro- 
pose de voir dans la finale adverbiale -tim le reste d'une 
ancienne forme d'instrumental. Les adverbes du type illim 
s'expliqueraient d'une manière analogue. 

Des observations sont présentées par MM. Bréal, Boyer, 
Meillet. 

M. de Charencey présente une série d'étymologies 
basques, d'où il résulte que la plus grande partie du voca- 
bulaire basque a été empruntée, à des dates variables, aux 
idiomes géographiquement voisins. 



Séance du 9 Mars 1895. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents: MM. Bauer, Bréal, de Charencey, Chilot, 
R. Duval, Duvau, Henry, Meillet. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir page xv. 

Communications. Il est donné lecture d'un travail de M. de 
laOrasserie sur la fonction concrète du pronom. Des obser- 
vations sont présentées par MM. de Charencey et Bréal. 

M. de Charencey fait une communication sur l'origine du 
nom du monastère de la Trappe. Eliminant différentes 
étymologies proposées pour ce mot, il propose d'y voir le 
mot trappe au sens de piège, d'origine probablement ger- 
manique. Le monastère avait été nommé du lieu où il a été 
fondé et où on tendait des pièges pour le gibier. 

» M. Duvau, rappelant que Ton admet d'ordinaire que la 



première substitution des consonnes en germanique a com- 
mencé par les explosives en contact arec une dentale, fait 
remarquer que, de même, un p germanique, armé récem- 
ment en contact avec un f , aboutit 4 eh dans la partie du 
germanique contiguë i celle où s'est produite la 
substitution, alors que les autres explosives restent 
intactes. 

Des observations sont présentées par M. Meillet. 

M. l'abbé Rousselot, à propos de cette communication, 
présente une série de remarques sur les causes physiolo- 
giques des changements d'articulation des continues. 

Puis il étudie la distribution géographique et chronolo- 
gique de différents phénomènes de ce genre dans le do- 
maine gallo-roman. 



SÉANCB DU 23 HAR8 1895. 
Présidence de M. l'abbé Roussilot. 

Présents: MM. Bauer, Blochet, Boyer, Bréal, Cart, de 
Charencey, Ghilot, Duvau, Henry, Graffin, Lejay, Meillet, 
Pernot, Psichari, Rousselot. 

M. Rubens Du val, indisposé, se fait excuser de ne pouvoir 
assister à la séance. 

Communication. M. l'abbé Rousselot signale les modifi- 
cations singulières qu'ont subies dans certains patois des 
Alpes le groupe rf-f w et Vs. Il montre par quelles étapes 
successives dans le premier cas d est devenu 6, et dans le 
second, comment s a fini par disparaître totalement. Des 
remarques sont faites par différents membres ; M. Meillet si- 
gnale que le zend présente un changement de dw en b dont 
l'évolution est toute différente. 

M. Bréal propose de voir dans la finale du latin aegrotus 
une influence de la terminologie médicale grecque, oh les 
finales -uct; et-u>8i)<; étaient particulièrement fréquentes. 

Puis il signale comme un argument à l'appui du rappro- 



— xiij — 

chement de op^w et ae rego que, dans la traduction d'un pro- 
verbe grec, Senèque traduit apX etv précisément par regere. 

M. Bréal signale d'après M. Bloomfield les curieux 
exemples d'extension de la finale anglaise -eries, qui de 
fisheries s'est étendue à tous les noms désignant une exposi- 
tion quelconque. Dans un autre ordre d'idées on a employé 
en latin la finale de intestinus à former un dérivé de clam : 
c lande stinus. 

Enfin, revenant sur l'étymologie de l'allemand schliessen, 
il indique comme point de départ de l'emprunt au latin le 
composé excludere; il signale de plus l'origine latine du 
verbe schûrzen « retrousser » d'où Schûrze « tablier » ; bas- 
lat. excurtiare (de curttis). 

M. Psichari étudie la forme neo-grecque tirapeiç « trois » 
dont la finale est due à l'analogie de tpst;. Des observations 
sont présentées par M. Pernot. 

M. Blochet signale dans le persan gauzihr l'équivalent du 
zend gaocithra. Il présente ensuite une étymologie du nom 
de la ville afghane de Ghazni : Ghaznyân et Khazna. 

A propos d'une précédente communication de M. Duvau, 
M. Meillet conteste l'ancienneté du thème en i à l'accusatif 
du pronom interrogatif guis. 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 



17 novembre 4894. 

Axel Heikel. Antiquités de la Sibérie occidentale conservée! dans les 
musées de Tomsk, de Tobolsk, de Tumen, d'Ekaretinebourg, de Moscou 
et d'Helsingfors (Mémoires de la Société Finno-ougrienne, VI). Ifelsingfors, 
1804, grand in-8. — De la part de la Société. 

Minayeff. Recherches sur le Bouâhitme, traduit du russe par B. H. Assier 
de Pompignan (Annales du Musée Guimet, Biblioth. d'études). Paris, 1894, 
grand in-8. — De la part de M. Emile Guimet. 

45 décembre 4894. 

(Jhlenbeck. Handboek der indische klankleer in vergelijking met die der 
indogermaansche stamtaal. Leiden, 1894, in-8. — Offert par l'auteur. 

Em. Petilot. Traditions indiennes du Canada Nord-Ouest (1862-1882). 
Textes originaux et traduction littérale. Alençon, 1888, in-8. — Offert par 
l'auteur. 

Hugo Schuchardt. An August Lexkienzum 4juii 4894. Graz, 1894, br. in-4. 
— Offert par l'auteur. 

H. Pognon. L'inscription de Raman-Nérar /, rot d'Assyrie (réponse à un 
article de M. Oppert). 1894, br. in-8. — Offert par l'auteur. 

26 janvier 4995. 

Mémoires de la Société d'Archéologie, d'Histoire et d'Ethnographie de 
l'Université de Kazan (en russe). Tome XII, n°* 1, 2 et 3. Kazan, 1894, 
grand in-8. — De la part des éditeurs. 

Charles Roussey. Glosiaire du parler de Bournois (canton de l'Isle-sur- 
le-Doubs). Paris, Weller, 1894, grand in-8, lxix et 415 p. (Publicat. de la 
Soc. des Parle rs de France). — De la part de l'auteur. 

Charles Roussey. Contes populaires recueillis à Bournois (canton de 
PIsle-sur-le-Doubs). Paris, Welter, 1894, grand in-8, xi et 303 p. (Publicat. 
de la Soc. des Parlers de France.) — De la part de l'auteur. 

9 février 4895. 

University Studiet published by the University of Nebraska. Tome II, 
n° 1. July, 1891, in-8. — De la part des éditeurs. 



— XV — 



S? février 4895. 

J. Imbcrt. L'épigramme grecque de la stèle de Xanthe. Çaris, 1895. — De la 
part de Fauteur. 

9 mars 1898. 

J. Baudouin de Courtenay. Versuch einer Théorie phonetischer Alterna- 
lumen. Ein Capitel aus der Psychophonetik. Strasbourg, 1835. — Offert 
par l'auteur. 

J. Baudouin de Courtenay. Siékotoryie otdiily « sravnilemoi gramma- 
tUd - shviatukich iatykof. Varsovie, 1881. — Offert par l'auteur. 

J. Baudouin de Courtenay. Roibiôr gramalyki poUkiej Ksiedza Mali- 
nowskiego. Varsovie, 1875. — Offert par l'auteur. 

J. Baudouin de Courtenay. Otryvki ix lekcii po fonelikié i morfologii 
russkago iaiyka. Voronèje, 1882. — Offert par l'auteur. 

J. Baudouin de Courtenay. Z powodu jubileusxu profesora Duchinskiego. 
Cracovie, 1886. — Offert par l'auteur. 

Romuald Baudouin de Courtenay. Korrespondencya pou/ha ex-agenta dû 
plomatyczntgo s dama dworu. Cracovie, 1886. — De la part de M. J. Bau- 
douin de Courtenay. 

J. Baudouin de Courtenay. Biniges ûber Palatalisierung und Entpalata- 
liesirung. Dorpat, 1893. — De la part de l'auteur. 

G. Foschi. Un libro russo délia phonetica latina. Udine, 1894. — Offert par 
M. J. Baudouin de Courtenay. 

La Société reçoit en outre le journal bimensuel: Oesterreichisches Litte- 
raturblaU, qui rend compte de tous les ouvrages parus dans les différents 
domaines de la science. 

Erratum au précédent Bulletin (n* 38). P. cxxiij, sous le titre Langues 
iraniennes, ajouter : J. Damiesteter, Le Zend Avesla, 2 vol. Paris, 1892, 
qu'un déplacement de Ûches avait fait figurer sous le titre: Sanscrit et 
dérivés. 



ADDITIONS ET MODIFICATIONS 



A LA 



LISTE DES MEMBRES 

Mu 1" juillet 1894 au 30 avril 1895} 



Membres nouveaux. 

Chabot (L'abbé J.-Bj), 47, rue Claude-Bernard, Paris. — Élu membre oe 
la Société le 23 février 1895. 

Dibioo (D r Juan M.)» professeur de littérature grecque à l'Université, La 
Havane (Cuba). — Élu membre de la Société le 15 décembre 1894. 

Fa y (l) r Ed win W.) f professeur à Washington and Lee University, Lexingion 
(Virginie, U. S. A.). — Élu membre de la Société le 15 décembre 1894. 

Holban (Michel), vice-consul de Roumanie, 2, rue Saint-Léger, Genève 
(Suisse). — Élu membre de la Société le 1*' décembre 1894. 

Mallbt (Dominique), agrégé de l'Université, Paris. — Élu membre de la 
Société le 1** décembre 1894. 

Marissiaux (Paul), agrégé de l'Université, 2, rue Bolzaris, Paris. — Élu 
membre de la Société le 1" décembre 1891, 

«Perwot (Hubert), élève de l'École pratique des hautes études, 151 bis, rue 
Saint-Jacques, Paris. — Élu membre de la Société le 9 février 1895. 

Querry (Amédée), consul général de France en retraite, Ferry-keuT, Cons- 
tant! nople (Turquie). — Élu membre de la Société le 1" décembre 1894. 

Tchirmitzkt (M u * Antoinette de), 9. rue Le GoflT, Paris. — Élue membre de 
la Société le 27 avril 1895. 

Ublenbeck (D r C. C), professeur à l'Université, 11 f Sarphatipark, Ams- 
terdam (Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 26 janvier 1895. 

Changements d'adresse 1 . 

Barbelenet (Daniel), professeur au Lycée, Laon (Aisne). 
Berger (Philippe), 8, rue du Four, Sceaux (Seine). 
Bikélas (D.), 4, rue de Babylone, Paris. 
Brun (Charles), 9. rue Blain ville, Paris. 



1. Nos confrères sont instamment prié» de communiquer tout changement 
d'adresse directement à l'Administrateur de la Société : cette notification est indis- 
pensable pour l'envol régulier des publications. 



It 



— XVIJ — 

Calloiaku (Michel), 30, maneu Bru la ru, strada Fantanei 14, Bucarest (ftou- 

maoie) — et 55, rue des Saints-Pères, Paris. 
Charekcky (comte de), 25, rue Barbet-deJouy, Paris. 
Cunt (Albert), 106, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris. 
Diaku (Jean), 10, rue Modei, Bucarest (Roumanie). 
Durais (Alfred), 12, rue Clément-Marot, Paris. 
Gasc-Desfossbs (Alfred), 129, rue Solférino, Lille (Nord). 
Granges (Charles dis), 13, rue Le Verrier, Paris. 
Hériot-Bunoust (L'abbé Louis), Palazzina Corsini, Basilics S. Giovanni in 

Laterano, Rome (Italie). 
Jiducka (Jaromir), V&vrova tr., c. 25, I, Vinohrady, Prague (Bohême). 
Lara y (Henry), 1, rue Sainte-Geneviève, Versailles (Seine-et-Oise). 
Iivi (Sylvain), 0, rue Guy-de-Labrosse, Paris. 
Melese, 5, rue Corneille, Paris. 

Montwtonnet, Fon Lanka, 26-21, Saint-Pétersbourg (Russie). 
Oltramare (PauI), professeur à l'Université, 32, chemin du Nant, Servette, 

Genève (Suisse). 
Pascal (Ch.), professeur au lycée, Versailles (Seine-et-Oise). 
Passy (Paul), 92, rue de Longchamp, Neuilly-Saint-James (Seine). 
Roger (Maurice), 66, rue Brûle-Maison, Lille (Nord). 
Tavibjiiy (Adrien), villa Espérance, Chauderon, Lausanne (Suisse). 
V'rrjkr (Paul), 29, avenue de Picardie Versailles (Seine-et-Oise). 

Dvote* 

lames Darmesteter (f 19 octobre 1694). 

Jean Fleuri (f juillet 1894). 

Edouard Malvobin (f décembre 1894;. 

Charles Ploix (f 21 février 1895). 

Albert Terrien de Lacouperie (f 11 octobre 1894). 



AVIS 



PUBLICATIONS ANTERIEURES AU 1" JANVIER 1895 



Conditions de venta particulières aux Membres 

de la Société 



Collection complète des Mémoires (tomes I à VIII). 117 fr. 

Volumes isolés : tomes I et VII, chacun. ... 12 fr. 

— tomes H, III, IV, V, VI, chacun. 15 fr. 

— tome VIII. ....... 18 fr. 

Fascicules isolés : chacun. ....... 3 fr. 

Le Bulletin (collection et numéros isolés) est mis gratui- 
tement à la disposition des membres de la Société. 



Les frais d'envoi sont à la charge de t acheteur 



Les demandes doivent être adressées à l'Administrateur. 



STATUTS 



I.A 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 

EN LA FORME APPROUVÉE PAR LE CONSEIL D'ÉTAT 

En sa séance du 16 mars 1876 



Titre I. — Objet de la Société. 

Art. 1. — La Société de Linguistique a pour objet l'étude de» 
langues et l'histoire du langage. Tout autre sujet d'études est rigou- 
reusement interdit. 

Art. 2. — La Société entend les communications soit de ses 

membres, soit de savants étrangers. Elle publie des mémoires et un 
bulletin. 

Titre II. — Composition de la Société. 

Art. 3. — La Société se compose de deux classes de membres : 

1" les membres ordinaires, 
2° les membres perpétuels. 

Art. 4. — Tout candidat doit être présenté par deux membres de 
la Société qui font connaître son nom, son adresse, et ses titres à 
l'admission. 

Art. 5. — L'élection a lieu dans la séance qui suit celle de la pré- 
sentation. 

Art. 6. — Nul ne peut être admis, si sa candidature ne réunit les 
deux tiers des votes exprimés. 

Art. 7. — Toutefois, si le candidat est membre de l'Institut, l'ad- 
mission immédiate est de droit. 

Art. 8. — Les membres ordinaires versent une cotisation annuelle 
fixée par le règlement, et qui ne pourra en aucun cas dépasser vingt 
francs. 

Art. 9. — Tout membre qui, n'étant redevable à la Société d'aucune 
cotisation arriérée, aura versé une somme égale à dix cotisations 
annuelles, deviendra, parce fait, membre perpétuel. 

Art. 10. — I«e nombre des membres ordinaires et perpétuels n'est 
pas limité. 



- XX — 

Titre III. — Administration de la Société. 

Art. 11. — Le bureau de la Société se compose de: 

Un président ; un 1« et un 2« vice-présidents ; 
Un secrétaire et un secrétaire adjoint ; 
Un administrateur; 
Un trésorier; 
Un biblothécaire. 

Art. 12. — Leurs fonctions sont annuelles. 

Art. 13. — La Société nomme en outre chaque année un comité 
de publication de cinq membres. 

Art. 14. — Le président, les secrétaires et l'administrateur sont 
adjoints de droit au comité de publication. Les autres membres du 
bureau peuvent être nommés membres de ce comité. 

Art. 15. — Le président n'est rééligible qu'après l'intervalle d'une 
année. Les autres membres du bureau et les membres du comité de 
publication sont indéfiniment rééligibles. 

Art. 16. — Les élections ont lieu dans la dernière séance de 
l'année. 

Art. 17. — Dans la séance précédente, la Société nomme, parmi 
les membres présents, une commission de trois membres chargée 
d'examiner la gestion de l'administrateur, les comptes du trésorier, 
et l'état des collections de la Société. Cette commission vise les livres 
du trésorier et fait sur l'ensemble des matières qui lui sont soumises 
un rapport dont il est donné lecture à la dernière séance de l'année. 

Art. 18. — Le bureau est chargé de la direction scientifique et 
financière de la Société. Toutefois, les délibérations relatives à des 
acquisitions, aliénations ou échanges d'immeubles et à l'acceptation 
des dons et legs, devront être soumises à l'approbation du gouver- 
nement. 

Art. 19. — Le président est le représentant légal de la Société. 

Titre IV. — Ressources de la Société. 

Art. 20. — Les ressources de la Société se composent: 1° des coti- 
sations des membres ordinaires ; 2° des rentes et capitaux appar- 
tenant à la Société ; 3° du produit de la vente des mémoires ; 4° des 
subventions allouées par l'Etat, les départements ou les villes ; 5* des 
donations ou legs faits par des particuliers. 

Art. 21. — Les sommes versées par les membres perpétuels sont 
capitalisées. 

Art. 22. — Les excédents de recettes qui ne seront pas nécessaires 
hux besoins de la Société seront employés à l'achat de rentes sur 
l'État, d'actions de la Banque de France, ou d'obligations des com- 
pagnies de chemin de fer qui ont un minimum d'intérêt garanti par 
l'État. 



— XXj — 

Art. 28. — La Société possède en outre une bibliothèque formée 
des livres et manuscrits qui lui sont remis en hommage, et de ceux 
dont elle a décidé l'acquisition. 

Titre V. — Dispositions générales. 

Art. 24. — Les séances ont lieu régulièrement tous les quinze 
jours, à des dates fixées au commencement de chaque année. 

Art. 25. — 11 y aura en outre des séances extraordinaires toutes 
les fois que la Société ou le bureau le décidera. 

Art. 26. — Aucun changement ne pourra être proposé aux présents 
statuts que sur la demande de quatre membres, et après que cette 
proposition aura été renvoyée à l'examen du bureau. 

Art. 27. — Après le rapport du bureau, la proposition ne pourra 
être soumise s l'approbation du gouvernement que si elle a été votée 
par les deux tiers des membre* présents dans deux séances consé- 
cutives. 



REGLEMENT 

^ANTÉRIEUR AUX STATUTS) 

Adopté en première lecture dan» la séance du 9 mat et en deuxième 
lecture dans la séances des 23 mat et 6 juin 1874, modifié par les 
délibérations des 14 mat 1892, 29 avril 1893 et 26 janvier 1895. 

CONDITIONS D'ADMISSION 

Art. 1. — La Société reconnaît deux classes de membres: les 
membres ordinaires et les membres perpétuels. La liste des mem- 
bres perpétuels est publiée en tète de la liste générale des socié- 
taires. 

Art. 2. — La cotisation annuelle des membres ordinaires est fixée 
à douze francs pour les membres élus avant le l w janvier 1894, et à 
vingt francs pour les membres élus postérieurement à cette date. 

Art. 3. — Les cotisations annuelles doivent être payées intégrale- 
ment dans les trois premiers mois de chaque année. Tout membre 
ordinaire qui aura laissé écouler ces trois mois sans verser sa coti- 
sation sera averti une première fois par le trésorier, une seconde 
fois par le président. Si ces avertissements restent sans effet, à la fin 
de l'année il sera considéré comme démissionnaire. 

Art. 4. — Les membres nouveaux paient intégralement la cotisation 
de l'année de leur admission, et les membres démissionnaires celle 
de Tannée d« leur démission. 



- IXij - 

Art. 5. — La nomination d'un membre nouveau n'est définitive 
qu'après le versement de la première cotisation. 

Art. 6. — Tout membre qui, n'étant redevable à la Société d'Aucune 
cotisation arriérée, aura versé une somme égale à dix cotisations 
annuelles, deviendra, par ce fait, membre perpétuel. 

Art. 7. — Les sommes versées par les membres perpétuels seront 
capitalisées et composeront le fonds inaliénable de la Société. 

Art. 8. — L'art. 8 1 des statuts décide que l'élection de toute per- 
sonne présentée pour faire partie de la Société a lieu dans la séance 
qui suit celle de la présentation *. 

Dans l'intervalle des deux séances, tout membre de la Société peut 
avertir le président qu'il demande le scrutin secret. 

Avant de procéder à l'élection, le président demande si aucun des 
membres présents ne réclame la scrutin secret. 

Le scrutin secret peut être demandé soit oralement, soit par une 
lettre signée adressée au président: le président ne fait pas connaître 
à la Société le nom de l'auteur de la demande. 

En cas de demande de scrutin secret, l'élection sera remise à la 
séance suivante. 

Art. 9. — S'il n'y a pas de demande de scrutin secret, le vote a 
lieu par assis et levé 3 . 

BUREAU ET COMITÉ. 

Art. 10. — Le bureau de la Société est composé de la manière sui- 
vante: 

Un président et un 1" et un 2* vice-présidents : 

Un secrétaire et un secrétaire adjoint ; 
Un administrateur; 
Un trésorier ; 
Un bibliothécaire. 
La Société nomme en outre un comité de publication composé de 
cinq membres. 

Art. 11. — En l'absence du président et des vice-présidents, le moins 
ancien en date parmi les présidents des années précédentes préside 
la séance. 

Art. 12. — Le secrétaire rédige les procès-verbaux des séances. De 
concert avec le président, il règle l'ordre du jour. Les travaux lus 
en séance et destinés à l'impression sont déposés entre ses mains. 
Sous la direction du Comité de publication, il surveille l'impression 
des mémoires et du bulletin. 



1. Devenu l'article 5 des Statuts en la forme approuvée par le 
Conseil d'Etat. 

2. Sur l'admission immédiate des membres de l'Institut, cf. l'article 
7 des Statuts. 

3.' Sur le nombre des voix, cf. l'article 6 des Statuts. 



• • • 

— xxnj — 

Art. 13. — Le secrétaire fait tons les ans, sur les travaux de la 
Société, an rapport qui est la en séance. 

Art. 14. — L'administrateur convoque les membres pour les séances. 
Il adresse aux membres nouvellement élus Ta vis de leur admission. 
Il remercie au nom de la Société les personnes qui lui envoient des 
hommages de livres. 11 surveille l'envoi des publications de la Société. 

Art 15. — De concert avec les autres membres du bureau, l'admi- 
nistrateur régie avec l'éditeur et l'imprimeur ce qui est relatif aux 
publications. Il prend les mesures nécessaires à l'installation maté- 
rielle de la Société. 

Art. 16. — Le trésorier place les fonds de la Société, touche les 
revenus; (I tient toutes les écritures relatives à la comptabilité, et 
signe, de concert avec l'administrateur, les baux et bordereaux de 
dépenses. 

Art. 17. — Les comptes du trésorier sont arrêtés au 80 novembre 
de chaque année. 

Art. 18. — L'administrateur et le trésorier présentent leurs comptes 
dans la première séance de décembre. Une commission de trois 
membres, pris parmi les membres présents, est désignée le même 
jour et fait un rapport écrit sur ces comptes à la séance suivante. 

Art 19. — Le bibliothécaire, chargé de la conservation des livres 
et manuscrits, timbre toutes ces pièces le jour de leur réception ; il 
tient registre des prêts. Il fait chaque année, dans la seconde séance 
de décembre, un rapport à la Société sur l'état des collections. 
La commission nommée dans l'article précédent fera, en même 
temps que son rapport sur l'état des finances, un rapport sur l'état 
des coHections. 

ELECTIONS. 

Art. 20. — Le président, les secrétaires et l'administrateur font de 
droit partie du Comité de publication. Les autres membres du 
bureau peuvent être nommés membres de ce comité. 

Art. 21. — Le président n'est rééligible qu'après l'intervalle d'une 
année. Les autres membres du bureau et les membres du comité de 
publication sont indéfiniment rééligibles. 

Art. 22. — Le bureau et le comité de publication sont renouvelés 
dans la seconde séance de décembre et entrent en fonctions à partir 
du premier janvier. 

Art 23. — Les élections ont lieu au scrutin secret et à la majorité 
absolue des suffrages. 

Art. 24. — Lorsque, pour une ou plusieurs fonctions, il n'y a pas 
eu de majorité absolue, des scrutins de ballottage ont lieu. En cas de 
partage, l'ancienneté d'âge décide entre les deux candidats. 

Art. 25. — Les membres du bureau sont élus au scrutin individuel. 
Les membres du comité de publication sont élus au scrutin de liste. 



— XII? — 



SEANCES. 



Art. 26. — Les séances ont lieu tous les quinze jours, le 
de cinq heures à six heures et demie du soir. 

Art 27. — La Société prend chaque année trois mois de vacances, 
du 1" août au 31 octobre. 

Art. 28. — Les lectures et communications orales ont lieu dans 
l'ordre des inscriptions. Néanmoins, sur la proposition motivée du 
bureau, la Société peut modifier cet ordre. 

Art. 29. — Lorsqu'une communication n'a pu être achevée dans 
une seule séance, elle n'est continuée dans chacune des séances 
suivantes qu'après que la Société a entendu la lecture d'un autre 
travail. Aucune communication ne doit occuper plus de la moitié 
d'une séance. 

Art. 30. — Des personnes étrangères à la Société peuvent être 
admises, sur l'avis du bureau, à Caire une lecture ou une communi- 
cation. 

Art. 31. — Aucune proposition ne peut être discutée contradictoi- 
rement dans une séance de la Société sans avoir é*é soumise à 
.l'examen du bureau. 

BIBLIOTHÈQUE. 

Art. 32. — Nul emprunt ne peut être fait à la bibliotnèque par une 
personne étrangère à la Société, sauf arrangements conclus par 
décision de la Société. 

Art. 33. — Tout livre ou manuscrit emprunté devra être rendu 
dans le délai de deux mois, avec faculté de renouveler de mois en 
mois. En cas de retard, un avertissement est adressé à l'emprunteur; 
au bout d'un délai de trois mois après l'avertissement, la valeur de 
l'objet est exigible. 

Art. 3i. — Si un autre sociétaire s'est fait inscrire pour emprunter 
le même ouvrage, il en est donné avis au premier emprunteur, et la 
faculté de renniivAttament est supprimée. 

PUBLICATIONS. 

Art. .35. — Chaque membre reçoit gratuitement un exemplaire de*» 
mémoires et du bulletin. Les membres nouveaux ont droit à tous les 
fascicules publiés dans l'année de leur admission, et, pour moitié 
prix, aux publications précédentes. 

Art. 36. — Le comité de publication dirige la publication des mé- 
moires. 11 décide sans appel quels sont les travaux qui devant y 
être insérés et s'entend avec les auteurs pour les modifications qui 
lui paraissent opportunes. Il rend compte aux auteurs, dans le délai 
de deux mois après le dépôt, des décisions prises. 



— XXV — 

Art. 37. — Aucun travail n'est inséré dans les mémoires s'il n'a été 
lu en séance. 

Les travaux qui n'ont pas été admis dans les mémoires sont rendus 
aux auteurs. 

Art. 88. — Les dépenses occasionnées par le remaniement des 
mémoires en cours d'impression sont supportées par les auteurs, à 
noins que la Société, sur la proposition du Comité de publication et 
sur l'avis du trésorier, ne décide qu'elle prend les frais à sa charge. 

Le bureau peut, par une décision spéciale, attribuer à l'auteur 
d'un travail inséré dans les mémoires un tirsge à part de cinquante 
exemplaires au plus, sans feuille de titre, et sous couverture non 
imprimée. Les tirages à part exécutés dans d'autres conditions sont 
en totalité à la charge des auteurs. 

Art. 39. — Il est publié par les soins du bureau un bulletin conte- 
nant : 1° le procès-verbal des séances, 2° le résumé des communica- 
tions faites à la Société, que les auteurs jugeront à propos de remettre 
au secrétaire dans la quinzaine suivante. 

Le bulletin donnera en outre le sommaire des publications pério- 
diques relatives à la linguistique qui seront adressées à la Société. 

Art. 40. — Chaque année sera imprimée la liste des membres. 
Cette liste comprendra les noms des membres décédés depuis la 
fondation. 

Art. 4t. — Le bulletin paraîtra trois fois par an: dans le courant 
de mars pour novembre, décembre et janvier ; dans le courant de 
juin pour février, mars et avril ; au 1 er novembre pour mai, juin et 
juillet. 

Art. 42. — Le bulletin sera imprimé dans le même format que le* 
mémoires, mais avec une pagination différente. 

Art. 43. — Les auteurs n'ont droit, pour chaque travail inséré au 
bulletin, qu'à une demi-page d'impression, sauf les cas où le bureau 
leur accorderait plus d'espace. 

. MXVISION DU RÈGLEMENT 

Art. 44. — Le règlement ne peut être modifié que sur une propo- 
sition signée de quinze membres de la Société. 



VARIÉTÉS 



LES AFFINITÉS LINGUISTIQUES DU HONGROIS V 

MAGYAR ET CHINOIS. — MAGYAR ET LANGUES ARYAQUES. 



I. — Magyar et Chinois. 

Les résultats aussi merveilleux qu'inattendus des études 
de philologie comparée indo-européenne ont provoqué des 
tentatives nombreuses pour rapprocher des idiomes appar- 
tenant à des classes linguistiques toutes différentes. On 
connaît les travaux de Cari Abel sur l'égyptien et les langues 
sémitiques et indo-européennes. D'autre part M. Edkins a 
essayé de faire rentrer le chinois dans le concert des langues 
flexionnelles. Le D r Bal s'est efforcé de démontrer que l'ac- 
cadien et le chinois sont frères jumeaux. La langue de 
l'Empire des Fleurs a été tirée de son isolement de diffé- 
rentes manières, sans que ces essais aient eu un succès 
capable de tenter d'autres chercheurs. 

Néanmoins un savant hongrois, M. L. Podhasky, s'est 
donné la peine de construire, pour le magyar et le chinois, 
un tableau comparatif par lequel il a cru démontrer l'identité 
de vocabulaire et de procédé pour la formation de l'expres- 
sion des idées. C'est ce qui nous a valu un volume inti- 



1. Nous laissons de côté les affinités naturelles, reconnues et 
incontestables du magyar avec les idiomes tartares et ougro-finois, 
tout comme les caractères spéciaux qui le distinguent des langues 
indo-européennes ou aryaques. 



talé: Etymologisches Worterbuch dermagyarischenSprache 
genetisch aus chviesischen Wurzeln und Stàmmen erklàrt. 

Les sinologues trouveront peut-être superflu de discuter 
ce système. 

Mais d'autres savants pourraient être trompés par les 
apparences ; il me semble utile aussi de décourager des ten- 
tatives de ce genre que d'autres pourraient être entraînés à 
renouveler. 

On ne saurait trop mettre en garde contre la séduction 
des assimilations qui font croire à la découverte des origines 
et ne produisent que de regrettables méprises. Il est bon 
même de rappeler parfois ces lois essentielles des recher- 
ches linguistiques qui ont servi de règles aux indo-germa- 
nistes et nous guideront ici pour distinguer le vrai du faux 
dans les thèses du linguiste hongrois. Celles auxquelles il a 
malheureusement manqué le plus sont : 

1° L'obligation de remonter aux formes, aux procédés 
les plus anciens des langues que l'on prend comme points 
de comparaison et de les suivre dans leurs vicissitudes 
successives. 

2° L'obligation d'appuyer toutes les conjectures sur des 
faits certains et de connaître à fond la structure et les 
usages de ces langues. 

C'est faute d'avoir tenu compte des obligations toutes 
premières du linguiste que le savant hongrois est arrivé à 
des résultats que la science ne pourra point maintenir. 

Examinons brièvement son travail ; nous convaincrons 
aisément nos lecteurs que noire jugement n'est point 
erroné. 

I. Podhasky commence par examiner le mode de forma- 
tion des mots chinois et magyars. 

Quant au chinois, il remarque très justement que la forme 
ancienne de ses mots se trouve dans les dialectes du midi 
et que là les mots chinois ont conservé les consonnes finales 
p, t, k, m, l, (r) s qu'il sont perdues dans les régions du nord. 
Il ajoute à ces finales les lettres j (t), n, ng et v (qu'il tire 
des finales en ao) pour constituer ce qu'il appelle le corps 
des exposants des racines chinoises. De ces exposants, il 
fait des parties détachées, des restes mutilés de mots 



— xxfîij — 

joints, soudés à une racine pour en faire un thème secon- 
daire. Il soutient en outre que les voyelles longues finales 
ont été primitivement brèves et que, par exemple, yé (par- 
ticule affirmative) a été y a comme tveisi été va (faire, être). 

Par ce moyen, il retrouve tous les mots qui ont formé 
les exposants devenus méconnaissables par la chute de leur 
élément vocalique. 

En voici le tableau : 

1 . s est ya. 

2. v — va (être). 

3. n — na, démonstratif. 

4. ang — yang, manière. 

5. A — H, interroger. 

6. / — li, factitif. 

La conséquence de ce principe c'est que p. ex. wai être, 
primitivement va (!), est identique au hongrois van dont la 
finale n est un exposant de 3* classe et doit se réduire au 
primitif va. 

Que van ne soit pas la forme fondamentale, c'est indubi- 
table, car ce verbe a au présent vagyok, je suis ; à l'im- 
parfait vola, il était ; au parfait volta, il fut ; au condi- 
tionnel volnek, je serais. Van ne semble être qu'une 
contraction de vagyon (3* pers. sg.), comme au pluriel 
vannak est une abréviation de vagynak avec assimilation 
du g. 

Mais que la Rac. (?) va, si elle existe, soit identique au 
Wei chinois devenu va par la méthode indiquée, c'est une 
hypothèse qui ne repose sur rien et demanderait, pour être 
prise au sérieux, d'être appuyée de l'exemple de nombreux 
cas analogues. Or, il n'y en a ni peu ni prou. Quant au 
reste, cela ne peut se discuter, parce qu'il n'y a pas le 
moindre côté par où l'on puisse saisir la supposition ; c'est 
de la pure imagination. Aussi quand M. P. nous dit que 
les suffixes prépositionnels hongrois 'nak (appartenance, 
direction), nal (locatif), hoi (\oc. tempor.) et semblable dé- 
rivent des termes chinois unis na-ki, na-li, ho-li, nous cher- 
chons en vain un indico probant à l'appui de cette assertion, 
il ne nous en donne aucun et nous ne savons pas en décou- 
vrir nous-même Ces expressions n'existent pas en chinois 



— xxix — 



et n'auraient même aucun rapport avec les postpositions 
magyares. Nous devons en outre faire observer que les 
mots chinois ne s'emploient pas, ne s'agrègent point comme 
le dit M. P. Les combinaisons naki, nali, etc., qui servent de 
base à son hypothèse n'existent aucunement et n'auraient 
aucun sens en chinois comme telles, il ne reste donc abso- 
lument rien de cette thèse 

Les hypothèses de notre auteur relativement au verbe 
sont ingénieuses, mais insoutenables comme les premières. 
Les finales k, t, p, i seraient des restes des quatre verbes 
auxiliaires i (employer, au moyen de) ta (64-2) faire, 
travailler, frapper, li faire faire et shi ou tze servir ; pa, 
prendre ; et cela nous donnerait la clef des formes suffixiales 
du magyar en t, it, ul, es et autres de même 'genre. 

M. P. cite les verbes hongrois tanit et tanul; il aurait 
pu ajouter que la racine de ces mots çst évidemment tan, 
puisque nous avons tandr, tana, tondez, etc. Mais tanit 
signifie « enseigner » tanul et apprendre (dit de l'élève) 
tana, est le conseil ; en aucun de ces mots il n'y a la moindre 
analogie avec les mots chinois. Bien plus ul dans tanul* 
un sens passif ou intransitif, tandis que le li chinois est 
factitif. // au contraire est passif, tandis que ta est actif. 

Mais il y a plus que cela ; aucun de ces mots chinois ne 
s'emploie comme élément d'un verbe, encore moins comme 
second élément pouvant se combiner, comme finale, avec un 
premier thème. En outre, môme comme auxiliaires indé- 
pendants, pa et t sont d'emploi moderne et ta, comme tze, 
ne Test aucunement. Séduit par ces apparences, M. P. se 
laisse aller jusqu'à des combinaisons qui déroutent tout 
principe scientifique. Aussi pour lui le hongrois hos « héros » 
est un composé des pots chinois ho brûlant et shi guerrier; 
kùr, corde d'instrument, viendrait de hu harmonique et li 
[ri) juste mesure ; leany, jeune fille, est identique à liang 
fiancée. Les deux premières hypothèses sont certainement 
des plus curieuses ; mais la dernière a ceci de particulier 
que lang désigne non « une fiancée » mais « un homme, un 
gentleman ». Ainsi ledny jeune fille serait le même mot 
que lang « monsieur ». 

On le voit» i mesure qu'on examine les fondements de 



— XXX — 

cette théorie, ils disparaissent l'un après l'antre. Il en serait 
de môme si nous continuions la critique de cette étude. 
Mais ce serait peine superflue. Jetons seulement un coup 
d'oeil sur la seconde partie de l'ouvrage ou le tableau com- 
paratif des racines hongro-chinoises, il n'occupe pas moins 
de 333 pages. 

II. Nous admirons le courage du savant collectionneur et 
ses efforts ingénieux pour opérer des rapprochements de 
toute nature. 

Les uns en effet sont d'apparence sérieuse ; par exemple 
Ch. fuh, fuk « ventre » et M. poh « bas-ventre » bien 
que ce dernier mot soit une contraction depotroh. 

Ch. son, shan, pleurer et M. szdn, déplorer. 

Tsch, Tsak, mesure, division et M. Szak, division, classe. 

Japonais, yoi, bon et M. je, bon. 

Japonais, iro, couleur et M. ir (ue), rougir. 

Ch. t 9 o> tu, voler et M. tu, vol. 

Ch. he (Ai), rôtir et M. he, hev, chaleur brûlante. 

Ch. lo y mulet, cheval blanc à crinière noire et M. la, lov, 
cheval. 

Malheureusement ces apparences mêmes sont rares. Que 
dire en effet d'assimilations telles que celles-ci : 

M. gyûmol(es)y fruit = yttn, nuage * et el f enfant. 

'M. gyôz, vaincre = kyik, lance et Ti/t, vainqueur*. 

M. nyû 9 larve = yû, poisson renforcé en nyù. 

M. yelen, présent = ye, ainsi, être et lien, face*. 

Les décompositions et recompositions opérées pour en 
arriver à une identité extérieure témoignent malheureu- 
sement plus de combinaisons ingénieuses que de recherches 
scientifiques. 

Ainsi sajdt « propre à soi » serait composé de tze, soi, 
ye particule affirmative et tih suffixe formatif d'adjectif. 
Remarquons seuloment que tih n'est devenu cela que depuis 



1. M. P. traduit les « principes fructifiants de la nature », mais cela 
n*68t pas conforme à la vérité. 

2. Nouvelle erreur. Ce caractère se lit tûn et non kyik et signifie 
« bourgeon » ou « rassembler », etc., mais pas « lance ». Tth est 
« ennemi » et non« vainqueur ». 

3. Ce mot ne peut se décomposer ainsi ; la racine est jet. Cp. jd } 
signe, jclelni, designer, etc. 



— xxzj — 

l'époque moderne. Puis cette réunion dont aucun exemple 
ne s'est jamais rencontré ! 

Mag. nehogy (de nem, ne ne;., pas et hogy que) « afin 
que... ne pas » = Chin. mi, me « ne », Ao, pron. inter- 
rogatif et t instrumental. Ce qui donne une particule 
prohibitive avec une interrogative. Je ne sais comment 
exprimer en termes expressifs d'idées une combinaison 
comme celle-là. 

Mag. pitze? « au nez camus » =pi petit et isze = nez. 
= Chin. Or pi signifie « égaler, harmoniser, comparer », et 
une foule d'autres choses, mais nullement « petit ». — 
Quant à tze il n'a rien de commun avec le nez, seulement 
par abréviation le caractère représentant le né et prononcé 
pi y s'abrégeait parfois de manière à devenir semblable à 
celui de tze « de, de soi, suivant, » etc., mais tze n'a 
jamais eu le sens de « nez ». 

Mag. dorszôl « frotter » égalerait to et $o racines chi- 
noises ayant le même sens, plus /de li factitif. 

Nous savons ce que nous devons penser de ce factitif ; 
quant à to c'est une erreur ; ce caractère se lit toan et non 
to. En outre le thème du mot magyar est plutôt dôrsz ; car 
il donne dôr$z f dôrszgem, etc. 

Mag. lorty vin = Chin. le {lôj (vin faible, répété avec 
durcissement de /). 

Nous ne pensons pas devoir pousser plus loin l'examen 
de ces équations ; nous ne pouvons que conclure par une fin 
de non-recevoir. Non, les lexiques chinois et magyars n'ont 
que très peu d'éléments primitifs communs, si réellement 
on peut leur en attribuer un certain nombre très restreint. 
Leurs procédés de formation des mots n'ont rien que l'on 
puisse identifier. De ce côté la tentative échoue complète- 
ment et la négative est indubitable. Voyons si les recherches 
sur un autre terrain amèneront de meilleurs résultats. 



II. — Lb Magyar et lks langues indo-germaniques. 

Chercher des analogies entre ces deux genres d'idiomes 
paraîtra d'abord aux linguistes modernes une tentative 



— XIX1J — 

désespérée, digne des mauvais jours du siècle passé. Le 
hongrois appartient incontestablement i une classe diffé- 
rente de la nôtre, à celle qu'on appelle agglutinante et dont 
le mode de formation diffère entièrement de celui qu'ins- 
pire le génie aryaque. Un abîme les sépare et toute tenta- 
tive de rapprochement est une preuve d'ignorance. Tel est 
le jugement que beaucoup porteront de prime abord. Il en 
serait ainsi et cette étude ne mériterait qu'un dédaigneux 
silence, si nous prétendions rapprocher le magyar des 
langues indo-européennes au point de vue de l'origine, si 
nous essayions de le faire dériver d'un tronc aryaque, ou 
d'assigner aux deux genres d'idiomes une origine commune. 

Mais nous n'avons aucunement cette intention. Tout notre 
but est entièrement historique. Nous prenons les faits tels 
qu'ils sont, les faits brutaux qui s'imposent à toutes les 
volontés, aux. idées les plus contraires, laissant à d'autres 
le soin d'expliquer des ressemblances existant aujourd'hui 
et que l'on ne peut nier sans parti pris déraisonnable. 

Poursuivons donc ce but sans plus de préambule et pui- 
sons dans les lois de la langue magyare tout ce qui la 
rapproche de la famille indo-européenne par le fait. 



/. — Formation des mots. 

Nous ne connaissons pas, il est vrai, le hongrois primitif, 
mais il n'est point probable qu'il ait beaucoup changé. Les 
altérations de forme y étant très rares, les mots ont traversé 
les siècles sans éprouver de modification notable. Il en est 
de même en mandchou et dans d'autres langues de l'Asie 
centrale. Pour admettre des altérations compromettantes 
pour nos études actuelles, il faudrait supposer que le magyar 
a élargi ses sons, développé ses mots, contrairement à 
l'usage universel des peuples. Cela pourrait être, mais il 
faudrait des faits positifs pour donner à cette hypothèse 
une base quelque peu solide. Nous pouvons donc procéder 
i notre examen sans grand risque de nous tromper. 

1 . Remarquons d'abord que le magyar n'est pas pure- 
ment et simplement une langue agglutinante ; il n'est pas, 



— xxxiij — 

en effet, dépourvu de formes flexionn elles, ou du moins de 
tendances à la flexion. 

Dans sa déclinaison et dans sa conjugaison, pour me 
servir de termes connus de tous, les finales des thèmes et 
les initiales des suffixes s'altèrent fréquemment comme en 
sanscrit, en grec et en latin. 

Ainsi tanissôn de tanit-yôn x reproduit exactement le xpioow 
grec, quant au système. 

Il en est de même de tenm p. tetni faire (infinitif) ; 
menni p. meg-ni, aller, de azzal pour as-val, comme lui, 
et d'une foule d'autres mots tels, que 

Yôni p. yôvni, aller, szo p. szav, parole, etc. 

Le thème se contracte également de part et d'autre. 

Ex. lelkét (p. lelekét), accusatif de lelek, esprit, âme; 
sodrok, ind. prés. l r * pers. s in g. de sodar, tresser, «filer 
(p. sodorok). 

2. Lies procédés des flexions nominales ou déclinaisons 

sont identiques bien que les suffixes employés diffèrent 

matériellement. 

génitif, datif, accusatif. 

Comparez: àra (montre), ôrdé, àrdnak, orat. 

et h or a, horai, horai, horam. 

De même : lelek (esprit), lelké, leleknek, lelkét*. 

et f rater, fratris, fatri, fratrem. 

Le suffixe du pluriel est ak, ek, etc., mais, chose remar- 
quable, pour les pronoms possessifs c'est s comme en aryaque 
et en gréco-latin. Ex. Kônyv, livre, kônyvei, ses livres. 

Le hongrois exprime le génitif de trois manèires, toutes 
trois usitées dans les langues germaniques, par un suffixe, 
par une apostrophe et par la simple position du déterminant 
avant le déterminé. 

Ex. Barété (Baràtnak). 
Bardt', de l'ami. 
Bardt. 
embernek tette ou ember 9 tette « l'action de l'homme ». 

1. 3* pers. sing. subj. présent. 

% Remarquons une ifois pour toutes que le magyar comme les 
langues (ouralo-altaïques requiert l'assimilation des voyelles. Cp. 
votât et lelkét, accusatif de vas fer et lelek. — Nak est aussi génitif. 



— XXJ1V — 

3 • Le magyar a les mômes temps et modes verbaux que 
l'aryaque : Indicatif présent, imparfait, parfait et plus-que- 
parfait, futur, présent et passé ; Subjonctif présent et passé; 
Conditionnel présent et passé, impératif (2* pers.) v infinitif, 
participe présent, passé, futur, passif. 

Parmi les suffixes verbaux, un bon nombre sont extérieu- 
rement identiques à ceux des langues aryaques. 

Le présent et l'imparfait de l'indicatif ont le thème simple. 
Leur thème est le même comme en aryaque. 

Le parfait et le passif ont- pour caractéristique ta. Le 
subjonctif a ya comme l'optatif grec ; le futur prend and 
qui rappelle les participes necessitatis et futurs du latin. 
Les participes en va, van rappellent les suffixes vat, vont 
/"evT, Fox, etc. 

Le na qui caractérise le conditionnel est fréquent dans 
nos langues anciennes pour renforcer l'idée. 

Le ni de l'infinitif, ex. taldlnx « trouver » R. talal, a son 
pendant en grec. 

4 . Les pronoms personnels ont également les caractéris- 
tiques m, n pour la première personne et s, d, t x pour la 
seconde. 

Ex. taldldm, amabam. 
taldldd, amabas. 
talâlây amabat. 

5. La formation de la 2° personne du pluriel correspond 
trait pour trait à celle du latin, du sanscrit, etc. 

Mag. t-o-k, caractéristique, voyelle, signe du pluriel, 
= /-m, id. id. id. 

Comp. 1° pers. s. En engem, pi. mi. 

2 e — Te teged, — ti, titeket. 
La négative avec les pronoms indo-européens est aussi ne. 

6. La formation des mots suit en hongrois les mêmes 
procédés que dans les langues aryaques. Nous y trouvons 
également, des mots formés d'un élément unique et simple 
ou racine. 



1. 11 y en a une autre aussi l(al, ol, et, etc.)* mais la dentale est 
la vraie caractéristique. De même la première personne a parfois k 



au lieu de m. 



— XXXV — 

Ex. al, faux, kép, image, bdb, fantôme, kebel, poitrine. 

La plupart sont terminées par une consonnante, ou/. Ex. 
bajy combat. 

On pourrait également y reconnaître l'élément développé 
qu'on appelle thème et n'est point encore un mot, mais une 
hase pour le support d'un suffixe. La vocale qui s'intercale 
entre l'élément premier et le suffixe à certains cas et temps 
verbaux, ou dans l'emploi des suffixes possessifs, peut 
représenter celle des thèmes indo-européens. 

Exemple. Verbe vâr, attendre ; nk, nak, suffixes des 
l ro et 3 e personnes du pluriel : vâr-a-nk, vâr-a-nak, nous 
attendons, ils attendent. Thème vàra. R. vâr. 

Ailleurs nous avons un o, un é, etc. Par ex.: au parfait 
3 e pers. sg. varat-o-tt, comp. l ro p. varat-tam; aux suffixes 
possessifs : cp.ra-w, sur moi et bel-é-m, en moi, barai-o-m, 
mon ami, où le suffixe est m ajouté à la racine ou au thème. 

De même, rozsa-t = rosam ; hid-a-t, pontem, etc. où 
nous avons les thèmos rosza, hida. 

7 . Les mots thématiques ou simples se développent par 
des suffixes comme dans les idiomes européens. 

Les suffixes sont simples ou composés. Ex. al et alek, 
alom ; o et ornas, omany ; ak et aki. Ex. (Tari) tartds, 
le tenir, l'entretien et tartdsi, tarték, contenant, tartékony, 
qu'on peut conserver, tarnok, trésorier. 

Tarkrilni, bigarrer, tarkâl/ani, paraître bigarré. 

8. Le thème peut être modifié: contracté, allongé ou altéré. 
Kx. titkàr, secrétaire, de titokar ; gyapott, coton, de 

gyap-t ; selleg pour ser/eg, pot à bière (ser) ; rnni, manger, 
de et ; leimi de lev, menni de mey ou megy, etc. 

Dans kerék, de kôr, la voyelle de la racine elle-même a 
été amincie. 

Quelques verbes comme ceux en ud, od, /»rf, ou dont l'in- 
finitif à la forme nni, présentent des contractions et des 
modifications plus profondes encore. Ex. alud-ni, dormir; 
présent alsz-om, je dors. Yenni, acheter, a les formes vesz, 
ven, rrv, vegy et vet. 

î). Le magyar a des verbes dérivés formés comme ceux 
du sanscrit et d'autres langues aryaques. Un suffixe carac- 
téristique s'intercale entre le thème et le suffixe personnel. 



— m? j — 

Nous avons aussi des passifs, suffixe / (ai, et, etc). Vdr, 
attendre, vàra-t-om, je sois attendu; fetiet, renverser, 
felvétetik, ils sont renversés. 
Des causatifs. — Suffixe toi (tet, etc.). 
Ex. épit, bâtir, épittetni, faire bâtir. 
vdr, vdrlatni, faire attendre. 

Des potentiels permissifs. Suffixe hat (het, etc.). 
Ex. tanul, apprendre, tanulfiatni, être capable d'apprendre. 
ir, écrire, irhatni, pouvoir écrire. 

Des fréquentatifs. Suffixe gai. 

ir, irogatm, écrire plusieurs fois. 

Les dénominatifs et les verbes indiquant l'usage fait d'un 
objet ont des formes nombreuses. 
Ex. oz : hang, son ; hangozni, résonner. 

lai (M, etc.) : szdm, nombre ; szdmldl-ni, compter. 
toi (tel, etc.) : vigasz, consolation; vtgasztaM, consoler. 
Lap (plat), lap-U-ni, rendre plat. 

10. Les formes participiales ont une similitude frap- 
pante. 

Le participe passif magyar a pour caractéristique ♦. 
Les participes actifs présents et passés ont va et van 
(ve, ven, etc.). c 

Le participe futur a ndo (ô). 
Ex. taldly trouver : foc. 
taldlt, trouvé : fort, 
taldlvan, trouvant : Xu^Forc. 
taldlva, ayant trouvé : XcXo&Fot. 
talàlando, devant trouver : faeiend, amand. 

1 1 . Les suffixes de dérivation du magyar, très nombreux 
et très variés, ont de fréquentes analogies avec les nôtres. 

Ex. a, à; hag-ô, qui monte, de hdg, monter. 
or; tandr, professeur, de tan, enseigner. 
tyu ; szivatyù, pompe, de sziv, sucer, aspirer. 
am ; folyam, courant d'eau, de fofy, couler. 
ek; ètek, aliment, de et, manger (enni). 
meny ; tùnemény, événement, phénomène, de tùn, 

apparaître, arriver. 
dalom ; irodalom, littérature, de ir, écrire. 
mds ; tudomds, science, de tud, savoir. 



— xxx vij — 

Cp.ytwz, vivant; mrtyu, mort; dônum; pâvaka, purification. 
Karman, action ; periculum, oûikxt; etc., etc. 

12. Je passe une foule d'autres suffixes semblables i 
ceux de la langue aryaque ou différents quant à l'élément 
matériel ; mais de même nature logique, tels que ep, eg, sag 
ou el y eny, i, yu, u, s, ù que nous possédons également. 

Les thèmes verbaux prennent également des préfixes 
adverbiaux ou prépositionnels. 
Ex. fely au-dessus et ûl, être assis, felùl, être assis dessus. 

a la, sous; aldhàgni, laisser, descendre. 

bekôtni, be, à, et kôt, attacher {ad ligare). 

alàirni, souscrire (aldir), sous-écrire. 

13. La composition des mots présente les mêmes phéno- 
mènes en magyar qu'en indo-européen, bien que tous les 
genres de composés n'y soient point admis. 

Composés d'opposition : Ex. felfôld, pays au - dessus 

(hochland). 

ûjvàros , nouvelle ville 
(wy, var). 

Ônjog, la correction pro- 
pre (on jog). 

semmirevalô, propre à rien , 
de semmi, re, valô. 

haza-àrulô, qui trahit le 
pays. 

levél-irô, qui écrit une 
lettre (ievel ir). 

vasut, chemin de fer (vas, 
ut). 

nèpiskola, école du peuple 
(nèpiskola). 

levél dûs, riche en feuilles 
(dûs levél). 

Hajôalaku, qui a la forme 
d'un bateau (hajôalak- 
u). 

ujdivatu, qui a la nou- 
velle mode, qui en est 
(uy divat). 



Composés de dépendance : 



Déterminatifs : 



Possessifs : 



— zxiviij — 

Qualificatifs : jôtët, bien fait (jà, bien, 

tét, acte). 
Numéral : félhitù, qui a à moitié foi 

(félethit, foi). 

14. La comparaison du magyar avec certaines langues 
indo-européennes montre comment des conceptions iden- 
tiques peuvent se présenter également chez des peuples qui 
n'ont jamais eu de rapports entre eux. 

Ainsi le magyar emploie des suffixes possessifs ou pronoms 
possessifs suffi xi aux comme le persan. 

Ex. atyâm, atyàd, mon père, ton père, de atija et d, m. 

Los mômes pronoms possessifs s'emploient d'une manière 
bizarre qui se rencontre aussi dans les idiomes populaires 
néerlandais et allemands. 

Ainsi le peuple germanique dit Mein /ten* sein haus (de) 
Monsieur sa maison, comme le magyar dit az uruak luiza. 
Avec cette différence seulement que le hongrois emploie le 
génitif régulièrement. 

15. La construction des phrases en magyar a de grandes 

affinités avec celle des langues classiques; bien qu'elle n'ait 

pas toutes les libertés que lui accorde le latin, elle s'en 

approche d'assez près. Ainsi on no pourra dire en magyar: 

Anna virumque cano Trojae qui primus ab oris 
Italiam fato profugus laviniaque venit littora. 

Mais bien : 

Arma et virum cano qui primus Trojae oris ab 
Fato profugus Italiam et lavinia littora venit. 

D'autres licences de construction so rencontrent encore 
chez les poètes hongrois. 

Par ex. : 
Imporviis viis quis venis ? pectus in procella, in periculis tenes etc. 



//. Les racines. 

Nous avons jusqu'ei passé en revue les procédés gram- 
maticaux et signalé ceux qui sont communs au hongrois et 
aux langues indo-germaniques. 11 nous reste à dire un mol 
des racines, a rechercher si ces deux classes de langues ont 



— XXXIX — 

des éléments communs de vocabulaire et quelle peut en 
être la quantité. 

La besogne nous a été facilitée par le travail que les 
auteurs du grand dictionnaire de l'Académie de Pest ont 
mis en tête de ce vaste ouvrage 1 . Ces savants compilateurs 
MM. G. Gzuczor et J. F o garas i ont compilé, disent-ils, le 
Glossarhtm sanscriticum de Fr. Bopp., le Griechisches 
Wurzellexicon de Benfey et le Parallèle des langues d'Eich- 
hoff et en ont extrait environ 150 racines semblables* à des 
racines et dérivés magyares quant (à la forme), à l'accent 
et au sens (mintegy 150 szanszknt gyôkôt szemeltûnk td, 
melyekhez magyar gyôkôk es szartnazékok alaphangra es 
érteményre hasonlôk*. 

Nous ne pouvons penser à reproduire ce tableau en entier. 
Il nous suffit de citer quelques exemples pour permettre à 
nos lecteurs de juger la valeur de ces assimilations, et de 
signaler celles qui nous paraissent contestables. 

Remarquons avant d'aller plus loin que le vieux magyar 
diffère peu de la langue moderne et qu'on ne peut en arguer 
de formes antiques à rechercher pour repousser les identi- 
fications proposées. 

Exemples : 
R. ed, Magyar, esz et, manger. 

aghy — agg, presser, accabler. 

ar, — ar, or, briser, labourer. 

suan, — szo, szen-g, rendre un son. 

szak, — szaky szeg, couper. 

suap, — szuny, dormir (somnus 3*v©;). 

sep. sev. — szôv, relier. 

sar, — szar, avancer, pénétrer. 

net, nil, ned, — ned, nedv, humide (vlÇw, nat, etc). 

da, — ad, donner. 

dha, dadk, dhe, — tét, tesz, faire, acte. 

dhar, — tar-t, tenir. 

tan, — teny, étendre. 



1. Ou plutôt à la fin du fascicule V. 

2. Litt. auxquelles sont semblables. 

3. Klodeszéd, p. 2ï (Introduction). 



— il - 

tvag, teg, tag, —. tek, couvrir. 
fÔ, dhè, dhed, — te, tet, faire. 
Les auteurs de cette introduction terminent ce tableau 
par cette réflexion. Ainsi, d'après ces exemples, des 550 ra- 
cines que Eichhoff a énumérées, dont il a dressé la liste, 
plus d'un quart peut être rapproché du magyar et considéré 
comme apparenté : tôbb mint egy negyedrés rokonithatà a 
magy orrai. 

Nous ne pouvons pas malheureusement accepter entiè- 
rement cette conclusion. Parmi les racines dont MM. Czuczor 
et Fogarasi ont dressé la liste, il en est une trentaine cer- 
tainement dont l'identité ne peut être affirmée, qu'elle soit 
douteuse ou impossible. 

Ainsi l'identité de ag et hay, de av et ah, de nev (neo, 
nuo) et même nicken et de int, de tud et de ût, de ikk et 
ûg ne peut être acceptée. 
Il en est de même de kas et has (fendre). 

kal et kay (crier, retentir). 
vask et mar (saisir). 
mid et id (moyen). 
rad et rag (briser). 
ddiz et hos (brûler), 
et de beaucoup d'autres. 

Pour quelques-unes la différence de forme n'ompêcherait 

pas l'identification s'il était prouvé qu'il y a là un processus 

régulier. S'il pouvait être démontré, par exemple, que v 

initial tombe ou est remplacé par un b comme dans les équa- 

ions admises vut = ût, et vip = ip, vel = bul, etc. 

D'autre part j'ai constaté qu'un certain nombre de racines 

u radicaux avaient été omis, par ex. : 

vir (viridus) = vir-it (fleurir), vir-dg (fleur). 

ter (tra, tôt, etc.) ter, espace à traverser. 
ati (ati, ai) dti, dt, au delà, à travers. 

ap, apadds, chute. 

ped, pad (ice8o(v), pad, se rapportant au sol. 
? av [ave alto) av-at-ni, consacrer, bénir. 

rap, rap, âpic rab, enlever, voler. 

re, re f ra, te, sur, contre. 

? rut h, rot h, rôs, rouge. 



-xlj- 

rug, rug, briser, frapper du pied. 

ki, ki, quoi? 

sed, set, szed, placer, faire mettre. 

///. Conclusion. 

Je ne pousserai pas plus loin ces recherches. On pourrait 
*ans doute trouver encore d'autres éléments de similarité. 
Plusieurs qui paraissent très douteux sont, peut-être, très 
réels ; mais il nous manque une connaissance approfondie 
des lois de formation du magyar et je n'ai nullement la 
prétention de les découvrir toutes. Je me suis borné à cons- 
tater des faits, laissant à chacun le soin de tirer les con- 
clusions qu'ils comportent. Il serait prématuré de les 
formuler dès maintenant. Il en est une cependant qui s'im- 
pose forcément, à mon avis : c'est que des langues du genre 
tartare ne sont pas si éloignées des nôtres qu'on le croit 
généralement et qu'on doit étudier les unes et les autres 
sans prévention, sans idée préconçue, écartant de soi éga- 
lement la persuasion anticipée qu'elles n'ont rien de commun 
quant à leur origine comme celle de leurs rapports originaires. 
C'en en outre que pour formuler les lois du langage, il faut 
connaître et comparer, non pas seulement celles d'une 
famille de langues, mais celles aussi de toutes les familles 
principales. 

G. de Harlez. 



SUR LE NOM DU MONASTÈRE DE LA TRAPPE. 



Le nom de Trappe est porté par plusieurs localités fran- 
çaises. La plus célèbre est, sans doute, le monastère de la 
Trappe, près de Soligny (département de l'Orne, arrondisse- 
ment de Mortagne). 

Il fut fondé définitivement en 1140 par Rotrou III, dit le 



- llij - 

Grand, comte du Perche, en accomplissement d'un vœu par 
lui fait, lors de son voyage en Angleterre à la date de Tannée 
1121. 

Plusieurs étymologies différentes ont été proposées pour 
ce terme de Trappe. On Ta cherchée successivement en latin, 
en gaulois et dans les idiomes germaniques. Parlons d'abord 
de celle qu'on a voulu tirer de la langue latine. 

Le monastère, environné de pièces d'eau, aurait pris son 
nom d'une plante aquatique fréquente dans le voisinage, i 
savoir, la Trapa natans des botanistes. Dans le langage po- 
pulaire, ce végétal est appelé, suivant les localités, Macre 
flottante, Châtaigne d'eau, Saligot, É char bot, Corniolle, etc. 
Ses fruits, ou plutôt ses graines qui sont comestibles, rap- 
pellent, effectivement, la châtaigne par leur goût. On le 
rencontre en abondance dans les lacs, marais, fossés du nord 
de la France. 

Cette étymologie nous semble peu acceptable. D'abord, 
le nom de Trapa ne se retrouve, parait-il, nulle part en Eu- 
rope, dans le parler du peuple. Rien ne prouve d'ailleurs 
qu'il soit plus ancien que Linné et qu'il remonte par suite 
plus haut que la F° moitié du xvu° siècle. Et puis la forme 
trapa n'explique pas le double p figurant dans le nom .du 
monastère. 

M. de Coston, cité par l'auteur des Annales d'Aiguebelle, 
pencherait pour une étymologie celtique. Il s'inspire visible- 
ment de M. Pictet, lequel dans ses Origines indo-européennes 
cite les noms suivants : 

Irlandais treahh, « famille, clan » — treabhar, « race, 
lignage » — treabtha, « village ». 

Vieilirl. atrab, « possession, domicile », et d'après Zeuss, 
atreba, « habitat, possidet. » 

Gallois treb, « vicus » — tref,trea,a demeure, ville ». 

Un terme analogue a certainement existé en ancien gau- 
lois, comme le prouve le vocable d'Âtrebates (Ad-Treb-ates) 
désignant les anciens habitants de l'Artois, litt. « Les pos- 
« sesseurs du sol, ceux qui résident dans de nombreux vil- 
lages. »• 

Ajoutons qu'il doit remonter jusqu'à l'époque indo-euro- 
péenne primitive. On le retrouve dans le sanskrit trapt), 



— xliij — 

a tribu, famille », le lithuanien troba, « maison », le la- 
tin tribus, d'où notre mot tribu, l'ombrien trifu, trefu 
(même sens). 

Il reparait également dans les dialectes germaniques, mais 
avec méthathèse de la gutturale liquide. Ainsi Ton a en 
gothique thaurp, « vicus » — anglo-sax. , dhorpe — vieux - 
scandin. thorp — vieux-haut-allemand dorf — angl. 
dorp — suédois torp « hameau » . 

Dans l'hypothèse qu'adopte notre auteur, l'appellation de 
« Notre-Dame de la Trappe » souvent appliquée à l'établis- 
sement de Soligny pourrait se traduire assez littéralement 
par « Monastère du Hameau ». Ce qui, toutefois, nous rend 
incrédule, c'est que d'abord les formes gauloise et néo- 
celtiques n'expliquent guère la double labiale du mot Trappe. 
En outre, le b gaulois, en passant par le bas-latin, se serait 
plus volontiers transformé en v qu'en une consonne forte. 
Enfin, il nous est dit que le nouveau monastère fut cons- 
truit au milieu de la solitude et nullement auprès d'un vil- 
lage déjà existant. 

Reste enfin l'étymologie germanique et c'est elle qui nous 
semble le plus acceptable, tant au point de vue du sens que 
sous le rapport phonétique. N'avons-nous pas en allemand 
Treppe, « marche d'escalier, montée, degré » — moyen- 
haut-allemand, treppe, trappe (même sens) — haut-allem. 
treppe — suéd. trappar et enfin hollandais trap. Une 
certaine ressemblance que l'on aura cru découvrir entre un 
degré et un piège aura fait prendre le vocable dans ce der- 
nier sens. Cette transformation parait d'ailleurs assez an- 
cienne, comme le prouve la forme haut-allemand citée par 
Littré, quoique avec une orthographe sans doute défectueuse, 
trapo, « piège ». Cette valeur, qui ne se retrouve plus guère 
dans les dialectes germaniques modernes, s'est maintenue 
dans les idiomes néo-latins. Citons par exemple : les mots 
français « Trappe, attraper » — espagnols (râpa, trampa 
(même sens). 

En tout cas, la présence d'un nom de localité d'origine 
germanique dans le Perche n'offre rien de surprenant, puisque 
ce pays a souvent été exposé aux invasions des hommes du 
Nord. 



— xli? — 

M. l'abbé Hommey, le savant auteur de Y Introduction au 
eartulaire de la Trappe, sur l'autorité de M. Hector Marais, 
ancien grand vicaire de Séez, veut que le terme de Trappe, 
déjà en vigueur à l'époque où Rotrou III fonda son monas- 
tère, ait été donné à cette localité parce qu'une clairière au 
milieu de la forêt aurait offert assez exactement la forme d'un 
piège. Ne serait-ce pas supposer une préoccupation bien vive 
du pittoresque chez ceux qui auraient inventé une pareille 
dénomination ? 

Le plus simple nous paraît de la faire dériver des trappes 
ou pièges destinés à prendre soit le gibier dans la forêt, soit 
le poisson des étangs voisins. 

M. F. Kluge dans son Etymologisches Wœrterbuch der 
deutschen Sprache rattache le terme en question à la forme 
moy. -haut-aile m. Trampeln, « s'avancer lentement et avec 
difficulté », à rapprocher du go th. trimpan, « courrier ». 
Cf. également l'angl. to tr ample, « fouler aux pieds ». 
Nous trouvons la forme dépourvue de liquide dans le bas- 
allem. et holland. trappen, « marcher, avancer » — angl. 
to trape, « lancer, ruer ». 

Il n'y a pas lieu d'être trop surpris que la même racine 
ait successivement servi à exprimer l'idée de « marcher » 
et celle de « piège » qui empêche le mouvement et arrête 
la marche. De pareilles bizarreries sont on ne peut plus 
fréquentes sur le terrain de la linguistique. 

Inutile d'ajouter que la forme Trapa qui se rencontre dans 

bien des documents rédigés en latin du moyen âge mérite 

d'être considérée comme fautive.* frappa constitue la seule 

forme correcte. 

H. de CHARENCEY. 



SINE, NESI, NISI. 

L'explication de sine par se -f- "** donnée par MM. Bréal 
et Bailly {Die t. étym. latin) ne peut être regardée comme 



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— xli? — 

M. l'abbé Hommey, le savant auteur de l'Introduction au 
eartulaire de la Trappe, sur l'autorité de M. Hector Marais, 
ancien grand vicaire de Séez, veut que le terme de Trappe, 
déjà en vigueur à l'époque où Rotrou III fonda son monas- 
tère, ait été donné à cette localité parce qu'une clairière au 
milieu de la forêt aurait offert assez exactement la forme d'un 
piège. Ne serait-ce pas supposer une préoccupation bien vive 
du pittoresque chez ceux qui auraient inventé une pareille 
dénomination ? 

Le plus simple nous paraît de la faire dériver des trappes 
ou pièges destinés à prendre soit le gibier dans la forêt, soit 
le poisson des étangs voisins. 

M. F. Kluge dans son Etymologisches Wœrterbuch der 
deutschen Sprache rattache le terme en question à la forme 
moy. -haut-aile m. Trampeln, « s'avancer lentement et avec 
difficulté », à rapprocher du go th. trimpan, « courrier ». 
Cf. également l'angl. to tr ample, « fouler aux pieds ». 
Nous trouvons la forme dépourvue de liquide dans le bas- 
allem. et holland. trappen, « marcher, avancer » — angl. 
to trape, « lancer, ruer ». 

Il n'y a pas lieu d'être trop surpris que la même racine 
ait successivement servi à exprimer l'idée de « marcher » 
et celle de « piège » qui empêche le mouvement et arrête 
la marche. De pareilles bizarreries sont on ne peut plus 
fréquentes sur le terrain de la linguistique. 

Inutile d'ajouter que la forme Trapa qui se rencontre dans 

bien des documents rédigés en latin du moyen âge mérite 

d'être considérée comme fautive/ frappa constitue la seule 

forme correcte. 

H. de CHARENGEY. 



SINE, NESI, NISI. 

L'explication de sine par se -f- ne, donnée par MM. Bréal 
et Bailly (Die t. étym. latin) ne peut être regardée comme 



— xlv — 

satisfaisante. L explication plus récente de M. V. Henry, 
par l'impératif de sinere, mérite considération au point de 
vue sémantique, mais on attendrait dans ce cas une cons- 
truction avec l'accusatif. Paul {ex Fcst., p. 165, Miill.) 
signale la forme ne si pour sine : ce qui me porte à croire 
que sine et nisi sont le même mot, une combinaison de la 
négation ne et de la démonstration locative si « en cas » 
(comparer st-c « ainsi »). Je remarque chez Plaute, 
Amph., 206 : si sine vi... velint rapta... tradere, ce qui me 
fait supposer une locution si ne vi velint. . . a en cas qu'ils 
veuillent non avec violence... », ou « en cas qu'ils veuillent 
sans violence... » 

En anglais, without et if not sont des expressions qui 
peuvent s'échanger : Cf. Shakespeare, Two Gentlemen of 
Verana, acte 2, scène 1 : without y ou were so simple. 

Nous attendrions "sine et non sine. Je ne puis donner 
d'explication bien assurée de cette variation. Je noterai 
seulement que quasi (quansei, CI. L., I, 200, 27) serait 
quasi si le mot n'était un composé spécial du latin. Il est 
possible qu'avant d'arriver à la composition quasi, sine, ces 
mots aient passé par un état d'accentuation *quà(m) A 
"ri né : comparez pour ce traitement les doublets mâmmaj 
mamilla, ôffajôffella. 

NI, NISI. 

Dans ni {net) je verrais ne suivi de *ei (ï), locatif du thème 
démonstratif t- (latin ts), comme si l'est du tfrème se-. Je 
le définirais par « pas ainsi », « en cas que pas... » Nisi est 
pour *nesi y affecté par m dans sa vocalisation. 

Edwin W. Fat. 



— xlvj — 



RECHERCHES LEXICOGRAPHIQUES SUR LA 

LANGUE BASQUE. 



I. — BA, BAIA ; « Oui » ; doit probablement se rat- 
tacher au béarnais (dial. d'Oloron) baye ; « passe, soit ». 
Cf. es p. vaya. En français, « va » se prend quelquefois 
pour un signe d affirmation, dans des membres de phrases 
tels que les suivants : « va pour un discours, pour un 
procès ». 

En tous cas, nous ne croyons pas que le terme basque 
puisse être considéré comme une abréviation de la locution 
béarnaise bee ya ; « bien il y a » et par extension « oui. 
certes », bien que souvent elle joue, comme nous Talions 
voir, un rôle identique dans le discours. 

Souvent, on emploie ba comme explétive devant les 
verbes indiquant possession ; exemple : badut sente bat ; 
a j'ai un fils », littéralement « oui, j'ai... ». Ceci pourrait 
bien être pris au béarnais. On sait que dans ce dernier dia- 
lecte, bee aussi bien que que s'emploie en qualité desimpie 
explétive devant les verbes indiquant possession ou affirma- 
tion. On en peut juger par la phrase suivante : tout coutêt 
vou bee talhe, si nou tolhe, bee luseix ; « tout couteau 

»uf taille; s'il ne taille, il luit ». — Quc-t conexi per 
nom ; « je te connais par ton nom ». — Que se debin fidar 
en lor ; « on doit se fier en eux », etc., etc. Du reste, même 
en français nous employons les adverbes oui et non de la 
même façon redondante et uniquement pour donner plus de 
force, sinon à la pensée, du moins à l'expression : « Oui, je 
le lui ai dit ». — « Non, je ne l'ai pas vu ». 

Ce qui prouve bien à quel point le lexique basque se 
trouve surchargé d'éléments étrangers, c'est qu'il a em- 
prunté jusqu'à la particule affirmative. 



— xhrij — 

IL — BÀBAZIZKORRA ; « giboulée ». Étymologie en- 
core assez obscure. La solution que nous accepterions le 
plus volontiers consisterait à voir dans ce mot un composé 
du béarnais babasse « écume, bave » ; esp. babaza, « bave 
épaisse et abondante » etdel'esp. escorta, « scorie », littéra- 
lement : « scorie baveuse, qui humecte ». Nous ne croyons 
pas que le terme basque ait rien à faire avec le vieux-béar- 
nais fabe, « fève », du latin faba. 

III. — BADETEZBADA; « qu'il y ait ou non », de ba, 
enclitique déjà vu, mais qui se prend souvent comme marque 
de l'impératif, comme par exemple dans le bas-navarrais 
beza, bitza ; « qu'il l'ait, qu'il les ait ». — bezate, bitzate; 
« qu'ils l'aient, qu'ils les aient », par opposition à zeak, 
itzak; « ayez-le, ayez-les ». — da, « est, il est ». — / sans 
doute euphonique comme dans menditik; « ex monte » pour 
mendi-ik, « et ez, « non », littéralement « sit aut non sit ». 

IV. — BAD1RUDE; a il semble que ». Ne serait-ce pas 
une corruption pour ba, « certè » — da, « est » et idoria, 
« ressemblance » littéralement, « certè est simiiitudo ». 

V. — BAGANTA, « journalier », sans aucun doute du 
latin vagans,,« qui vague, qui rôde », par l'intermédiaire 
du béarnais bagant ; « oisif » ; on considérait l'homme 
qui travaille pour le compte d'autrui comme volontiers pa- 
resseux et désœuvré. Cf. vieux- franc, vacant « naufrageur, 
pilleur d'épaves ». 

La présence du / final rendrait difficile le rapprochement 
avec Ye$p.pagano« paysan » — provenç. pagan, « païen » 
— béarnais pagaa (môme sens), du latin paganus qui, 
dérivé de pagus, avant de recevoir le sens de païen, avait eu 
celui àepékin, de civil, par opposition à « militaire ». 

Ajoutons par parenthèse que les formes françaises pacant 
« rustre, grossier » et bas-normandjoa^nan/, « lourd, gros- 
sier » semblent bien se rattacher à une racine différente. 
Rapprochons-les du bas-latin pacans, « contribuable, qui 
paie » et par extension « vilain, sujet à l'impôt de la taille » 
(rappelons-nous le peuple désigné dans l'ancienne loi 
Magyare, sous le nom de misera plebs contribuetis), ou bien 
« coupable qui s'affranchit du châtiment prononcé contre lui 
en payant la composition. » 



— xlviij -— 

VI. — BAGE ; « sans ». Cette postposition paraît être 
formée de ba enclitique, déjà vu, et de la finale corrective ge 
assez rarement employée seule, mais que nous retrouvons 
cependant dans quelques mots tels que ahalgea a honte », litt. 
« ce qui enlève la force » de ahala « force, faculté, moyen » 

— zalgea « vesce, plante fourragère nuisible au froment », 
litt. « que l'on n'aime pas à manger », de zale « qui aime 
tel ou tel aliment ». 

Cette finale ge pourrait bien être d'origine indigène. Dans 
un précédent travail, nous avons déjà signalé la ressem- 
blance peut-être fortuite avec le k caritif de certains dialectes 
ougro-finnois, spéc. du Lapon. On trouve par exemple dans 
ce dernier idiome haoU dicere » et haolek, « non dictum ». 

VII. — BAHEA; « van, crible ». Encore une étymologie 
obscure. Faut-il la rattacher au béarnais bane, « cruche », 
mais en admettant une transformation du n médial en h y 
comme dans ohorea « honneur » — lihoa « lin »? Ne vau- 
drait-il pas mieux le faire dériver du français « van » en 
admettant la présence d'un e final euphonique souvent 
employé ; par exemple dans arbolta « arbre » de l'espagnol 
arbol. 

La tranformation du b en g est trop anormale (nous n'en 
connaissons pas un seul exemple certain en bas-navarrais ) 
pour que nous songions à rapprocher ce terme bahea du 
béarnais gahe « cuiller à pot », en vieux-béarnais gafe. 

VIII. — BAHI ; « en état de saisie, saisir ». Nul doute 
que ce mot ne doive être rattaché plus ou moins directe- 
ment au latin invadere. Serait-ce par l'intermédiaire du 
français envahir, d'où peut-être l'espagnol embaxt « séduire, 
engeôler »? Devons-nous le faire venir plutôt des formes 
espagnoles invadir « faire une invasion » — vieux-béarnais 
embadir « envahir » — béarnais embadi. La chute du d 
médial, bien qu'assez rare, n'est pas sans exemple. Cf. phara- 
bizua « paradis », où le b médial n'est que purement 
euphonique. Quant à la chute des syllabes initiales, elle 
n'est pas fort rare en basque ; cf. chartha « enter, greffer » 

— esp. enjertar — charpa « écharpe » — thorgia « source » 
pour ithorgia — geztera m aiguiser ». Cf. vieux- prov. agusar 

— béarnais agusa, mais muni de la finale factitive era. 



— xlix — 

IX. — IDORRA; « sec, desséché »; cf. latin tomdus; 
espagnol torrido — béarnais tourrat « torréfié », avec t 
initiale euphonique comme dans ichil « silere » — ichtil 
« stillere » ; ne doit pas évidemment être rapproché de l'al- 
lemand trocken « sec », anglais dry. 

X. — YAKI, YAKIN; « savoir »; probablement à rappro- 
cher de l'espagnol aquedar « retenir, conserver ». Le y 
initial serait euphonique comme dans yardirex ou ardiez 
« obtenir ». 

XI. — PHELDOA ; « sorte . d'herbe qui croît dans les ter- 
rains gras, ayant une couleur blanchâtre et une odeur assez 
agréable, litt. « poilu, qui a beaucoup de poils ou de gros 
poils » ; cf. espagnol pelo ; vieux-provençal et catalan pel 
avec la finale do augmentative. 

XII. — PERKACHANT; « actif, adroit, retors ». Cf. espa- 
gnol percatante, « pensant, considérant, se donnant de 
garde », participe du verbe percatar. 

XIII. — EXAIA; « ennemi », formé de la finale dérivative 
ai, du x marque d'assimilation et de comparaison et d'un 
radical e. C'est un dérivé du verbe ex « désespérer ». L'en- 
nemi serait donc celui qui réduit au désespoir. Quant au e 
du radical, ne serait-ce pas simplement le vae du latin, 
avec chute assez fréquente de la labiale initiale. Vae joue 
parfois le rôle d'un véritable substantif. Ainsi l'on trouve 
dans l'Apocalypse : Ecce primum vae a but, « voici que le pre- 
mier malheur est passé ». Ex se pourrait donc traduire litté- 
ralement par « apparaître malheureux, se sentir dans le 
malheur ». 

Quant à la finale ai, on la retrouve dans nasai (pour 
Lasai), « lâche, ample, peu serré »; — izai « peuplier », litt. 
« arbre aquatique » de itz « eau, rosée ». 

XIV. — BAANZUT, réponse signifiant que l'interlocuteur 
a -été entendu; étymolôgie fort obscure. En désespoir de 
cause, nous y verrions une contraction pour behantze ou 
behanzu dut; « multum audivi, bene audivi », de beha 
« écouter », d'où beharria, l'oreille, litt. « celle qui écoute, 
entend ». On peut croire qu'à l'origine, le terme entendre 
le rendait en basque par beha, « écouter » accompagné d'un 
suffixe marquant renforcement. Le verbe adi « entendre » 

d 



— 1 — 

d'origine romane semble d'introduction pins récente. Il ne 
serait pas d'ailleurs interdit de supposer que beha possédait 
primitivement le double sens de « écouter » et « entendre »» 
aussi bien que le latin audire. 

XV. — BAATCHURIA, « ail ». L'opinion la plus pro- 
bable, à notre avis, c'est que ce mot n'est pas fort ancien dans 
la langue. Nous y Terrions volontiers une contraction de 
l'espagnol batata « patate », mot d'origine américaine et 
de l'adjectif indigène churi « blanc ». L'ail serait donc à 
proprement parler la « patate blanche ». On sait effective- 
ment que cette bulbe se distingue par sa blancheur de la 
patate et même de la pomme de terre dont la chair reste 
toujours un peu jaunâtre. 

XVI. — EKHIA ; « soleil ». Le prince L.-Lucien Bona- 
parte a le premier signalé la ressemblance sans doute fortuite 
de ce terme avec « ses correspondants dans les dialectes de 
la souche dite Jénisseïque » ou mieux Jenisseï-Kourilienne. 

Ex. kotte, yg « soleil »; — ostyak de Pumpokolsk, 
hikhem; assane, aega. Il est à remarquer qu'un mot fort 
usuel du basque, URA, HURA « eau », offre également de 
l'analogie avec son équivalent dans les mêmes dialectes. 
Ex. imbask, ouv, « eau » ; ostiaq. de Pumpokolsk, oui; 
aïno, oulh. 

On ne saurait douter que le sens propre de ekhia ne soit 
celui de « brillant, lumineux ». Dans la plupart des 
idiomes, le roi de notre système planétaire est plutôt désigné 
comme source de lumière que comme source de chaleur et 
de vie. C'est ainsi que l'on a en malais, mata-hari et en 
tasmanien, pa-nubéré, littéralement « œil du jour » pour 
« soleil », etc. C est encore de la racine aryaque su, sav, 
« briller » que dérivent les noms qui désignent cet astre 
dans nos langues indo-européennes. Du reste, il existe en 
basque, une racine ik ou ek qui semble avoir répondu tout 
ensemble à l'idée de. chaleur et de lumière ; de là les termes 
suivants : 

a. — EGUNA; « le jour », pour EKHIDUNA; litt. 
« possesseur du soleil », comme ZALDUNA; « cavalier », 
pour ZALD1 DUNA, litt. « equi possessor » ; HEUSKAL- 
DUNA ; « basque », litt. « possesseur de YEskalherria ou 



pays basque », et EGUNDAINO, « jamais, pour le temps 
passé », EGUNKÀ, « jour pour jour. » 

p. — EGUZKIA, HEGUZKIA, IGUZKIA ; « soleil », litt. 
« portio diei », comme IDIKIA; « morceau de bœuf », de 
IDIA, « bos ». EGUZKIA est en réalité pour E G UN Kl A. 
Pour la transformation du n en sifflante, cf. les formes 
latines e g es tas, potes tas, au lieu de egentas, po tentas. 

y. — EGURRA; « bois à brûler » d'où EGURTEGIA ; 
« bûcher », de TEGIA, « le gîte, la demeure ». 

3. — EGOS ; « bouillir », d'où EGOSKINA, « la décoc- 
tion ». 

s. — EKHAINA; «.-le mois de juin », litt. « le brûlant » 
ou « celui du soleil », terme employé spéc. chez les Basques 
espagnols. 

;. — EGUERDIA; « midi, le midi », de EGUNA, a jour » 
et ERDIA, « dimidia pars ». 

Remarquons qu'en aryaque, il a existé une racine ayant, 
elle aussi, ce double sens de « briller » et de « brûler, être 
chaud ». Nous trouvons par exemple en sanskrit, à côté de 
usk « brûler », le substantif ushas « aurore », d'où le grec *,<i; 
(éolien x><o;) « aurore » ; le latin uro « brûler », à côté de 
aurum « or », litt. « le métal brillant » (en osque ausum) 
et Aurora « Aurore, d'un primitif inusité ausosa. 

Peut-être enfin conviendrait-il de rattacher à cette racine 
ik prise dans le sens de « briller, éclairer », le verbe 1KHUS 
« voir », litt. « s'éclairer, saisir avec clarté », d'où IKHUS- 
GARRIA, cadeau que les malades et, spécialement, les 
nouvelles accouchées reçoivent des parents ou amis qui les 
viennent visiter; IKHUSTATEA, « la considération »; 
IKHUSTATEZ, « en considération de ». 

En tout cas, 1KHER « visitar » se rattache visiblement à 
IKHUS, mais avec un sens tout spécial exprimé par la anale 
ER,Rdéjà étudiée dans un précédent travail. « Visiter » pour 
le Basque, c'est, en quelque sorte, le contraire de se borner 
à voir, à regarder. Ce verbe donne à son tour naissance au 
substantif IKHERRESTEA, « la considération ». 

XVII. — AHOA et dialectiquement AUA, AUBA, « la 
bouche », qu'on ne songera guère, sans doute, à rattacher au 
latin os, oris, parait être un terme de provenance autoch- 



-lij- 

thone. C'est lui vraisemblablement que nous retrouvons avec 
une transformation du A initial en E, dans EUSI, « aboyer » 
et par extension « parler distinctement, à haute voix», d'où 
EUSKÀRA, la langue basque, de ARA, « coutume, langage », 
litt. « ridiome de ceux qui parlent distinctement », par oppo- 
sition à ERDIARA, « demi-langage ». C'est le nom donné à 
tous les autres dialectes que le basque, spéc. le béarnais et 
l'espagnol. Les montagnards pyrénéens se montrent donc un 
peu plus courtois que les Slaves traitant leurs voisins, les 
Allemands, de niemetz ou a muets ». Ils reconnaissent que 
les étrangers possèdent au moins un rudiment de langage. 
C'est de ce terme EUSKARA que vient le terme de ESKAL- 
HERRIA, « le pays de l'Euskara, où Ton parle basque » 
(cf. HERRIA, regio)etEUSKALDUNA, HEUSKALDUNA, 
« basque », mot dont nous venons d'expliquer la filiation. 

Du reste, ce sont des dérivés de EUSI que nous retrou- 
vons dans ESKA, « demander, mendier », litt. « en parlant 
à haute voix, de façon à être entendu »; ESKALEA ou 
ESKARIA, a le mendiant », litt. « celui qui parle à haute 
voix » ; ESKE, adverbe, « en mendiant, à la façon d'un 
mendiant ». Au même radical EUSI, AHOA se rattachent 
les mots ESKERRA, « remerciement, grâce à rendre », litt. 
« le contraire d'une demande» ; ÉSKERGABEA ou ESKER- 
GAISTOA, « l'ingrat », litt. « qui est sans remerciement 
ou avec un mauvais remerciement ». Cf. GABE, « sans » et 
GAISTO, « pessimus » ; ESKERRIKASKIA, « merci », litt. 
« assez de remerciements », de ASKIA, « satis », pris comme 
synonyme de MILLESKER, litt. « mille remerciements ». 
Ne dit-on pas en italien, par une métaphore analogue, 
tante grazie pour merci f 

Dans AHOTZA « paille légère », pellicule enveloppant 
le grain, nous reconnaîtrions assez volontiers le substantif 
AHOA muni de la désinence médiative Z ou TZ. Ainsi ce 
terme AHOTZA signifierait littéralement « ce qui s'envole 
au souffle de la bouche ». 

ERAUSIA, « l'aboiement d'un chien », ne serait autre 
chose que le verbe EUSI, précédé du factitif ERA « faire ». 

Enfin UZKIA, « le derrière, le postérieur », indique 
« la partie du corps qui fait entendre un bruit ». Aussi bien 



-liij- 

que UZKERRA, « crépitas ventris », il se doit rattacher an 
verbe EUSI. 

XVm. — MARIPULISA, «veste ». Cf. esp. barfol « bagne 
de nègre, pelisse de marin », — franc, bar foui, espèce d'étoffe 
que Ton vend aux nègres. On sait que le basque transforme 
volontiers un b init. en m. N'y aurait-il pas ici, du reste, 
influence phonétique exercée par le vieux-franç. manoples, 
« gantelets préservant les mains et l'avant-bras », aussi 
bien qu'avec manipula, « poignée » ou « petite bande 
d'étoffe que le prêtre porte au bras gauche en célébrant la 
messe ». Ajoutons que ce mot dérive du latin manipulus 
« poignée » et, par suite, « compagnie de soldats ». N'est- 
pas de ce sens de « poignée » qu'en vieux-béarn. on sera 
passé à celui du manipuli, « ligue, complot », comme par 
exemple dans la phrase los besiis aven feyt manipoli, 
« les voisins avaient fait ligue » f Plus tard, en français, 
le terme en question semble avoir, lui aussi, été confondu, 
en raison d'une certaine ressemblance phonétique, avec 
celui de monopole. Du moins, Villon emploie monopole 
comme synonyme de « cabale, complot ». Roquefeuil s'en 
sert également pour signifier « cabale, conspiration »! 

XIX. — ZILHARRA ; « argent ». Il serait difficile de ne 
pas supposer au terme basque une parenté avec son cor- 
respondant germanique dont l'origine est si obscure. Le fait 
est que l'on ne sait guère d'où proviennent l'aile m. silber, 
» argent »., — vieux-haut-allem. silbar, silabar, — anglo- 
sax. seolofer, seolfor, — angl. silver, — holland. zilver, 
— vieux -sax. silubhar, — suéd. silfver auquel se rattache 
plus ou moins directement le lapon-norwégien silbba. Le 
même mot se trouve répandu dans toute la famille letto- 
slave ; cf. lithuanien sidabras (avec mutation du / ou du 
r slave en rf), — pruczi sirablan (à l'accusatif), — vieux- 
slave sirebro, — russe tsérébro, — polon. srébro. M. Schra- 
der suppose le terme désignant l'argent dans ces idiomes 
emprunté à celui d'une ville grecque de l'Asie Mineure ('AX667) 
ou SoXtfv)) qui faisait commerce avec les rives du Pont- 
Euxin. C'est ainsi que bronze est tiré du nom de la ville de 
Brindisi (Brundisium). Cette opinion semble peu soutenable 
aujourd'hui, M. S. Reinach ayant démontré que l"AX<i6v) 



-lit — 

des anciens poètes se trouvait dans le sud de l'Espagne, 
c'est-à-dire bien loin des pays sarmates et germaniques. 

M. Kluge regarde avec toute raison, suivant nous, le nom 
de l'argent comme emprunté à des populations étrangères. 
Précisément, nous trouvons en vieil ougro-ostyak, comme le 
fiait ressortir le savant finnologue Ahlqvist, selwoh 9 pour 
« argent ». Ce mot est formé de sêl, « brillant », peut-être 
lui-même d'origine aryenne, et de woh, « cuivre ». La 
forme primitive de ce dernier composant devait être vas, 
comme le prouvent les formes laponnes vesk 9 vieik f veikke, 
vœikhe « cuivre», — suomi vaski. La forme la plus primitive 
semble se rencontrer dans le hongrois vas % mais avec le 
sens de « fer ». De selwoh au vieux-haut-allem. sUbar, an 
vieux-slavon strebro, la différence n'est pas énorme et l'on 
peut admettre sans trop de difficulté un second r adven- 
tice. 

En tout cas, la labiale suivant la liquide serait tombée 
en basque comme elle l'a peut-être fait pour chala, « veau ». 
Ce mot ne devrait-il pas, en effet, être rapproché de l'alle- 
mand kalb ; moy.-haut-allem. kalp ; vieux-haut-allem . 
chalb ; anglo-saxon, cealf;mg\. calf; holland. kalf; vioux- 
norr. kalftr; suédois kalf « veau »; gothiq. kalbô, « génisse 
d'un an ». Ce dernier mot, comme le fait remarquer M. Kluge, 
doit être rapproché du vieux-allem. chalba; moy.-haut-allem. 
kalbe qui ont le même sens. La présence en euskara d'un 
nom d'animal domestique de provenance germanique n'offre, 
somme toute, rien de trop incroyable. 

XX. — OSTOA, « feuille ». C'est un des termes dont 
l'origine semble la plus obscure. Le t semble ici faire partie 
du radical. 

Signalons la ressemblance qu'offre, et pour la forme et 
pour le sens, ce mot avec son correspondant dans la plu- 
part des dialectes ougro-finnois ; cf. lapon lasta ; tchere- 
misse, listaes; morduin, latsa ; zyriène, lis. 

Les formes esthoniennes, leht; suomi, lehti, bien que se 
rattachant visiblement à la même souche, sont cependant 
plus éloignées. On pourrait admettre une chute en euskara 
du / initial qui se constate également dans le terme aderaU 
lua, « brique », de l'es p. ladrillo. 



- lv_ 

Nous n'aurions certes pas osé chercher si loin des affini- 
tés au terme basque, si certains termes usuels ne lui étaient 
incontestablement communs avec les dialectes de l'Europe 
Orientale. Citons à preuve katardea, « écureuil », mot 
donné par Larra mendi, à rapprocher de l'ostyak kouthyar, 
« polatoulche, écureuil volant » — sngea, « serpent » ; 
esthonien (forme dialectale), siug ; zyriène> tsogo ou thsogo 
kœi, « vipère » ; ostyak ienisséien, thicg, « serpent » — 
sudurra, « le nez »; morduin (dialecte Erkchane), siido 
— axeria, axaria, « le renard » ; ostyak, vakshar. 

Peut-être conviendrait-il de rapprocher de ces termes 
quelques autres vocables dont les analogues doivent être 
cherchés dans les dialectes du Caucase ; citons par exemple 
basque, sagua, « la souris » ; géorgien, thagwi — nigarra, 
« larme » ; ude negh. N'aurait-on pas quelque lieu de 
supposer qu'à une époque, sans doute fort reculée, les an- 
cêtres des Basques furent, nous ne saurions trop dire com- 
ment, en relation avec certaines populations orientales f 

Par un hasard singulier, la racine qui signifie « feuille » 
dans la plupart, sinon la totalité des dialectes ougro-finnois, 
se retrouve presque identique dans la plupart des dialectes 
slaves; citons comme exemple le lithuanien laiSkas; vieux 
slavon, lis tu; polonais, lise; tcheq. litsky. 

Les Slaves auraient-ils pris ce mot aux populations anté- 
rieurement établies dans les bassins du Don et du Volga. 

L'éminent Miklosich, sans recourir, il est vrai, à l'hypo- 
thèse d'un emprunt fait à l'étranger, n'indique pas pour ce 
terme de radical indo-européen. Il est certain que la forme 
laponne lasta offre une apparence plus archaïque, plus pri- 
mitive que ses correspondants dans les autres dialectes 
ougro-finnois ou letto-slaves. Ajoutons par parenthèse que 
le zyriène lis pourrait bien, lui spécialement, avoir été pris 
au slavon. En effet, il possède, comme l'indique M. Wie- 
demann, à côté de la forme lis, un synonyme qui est kcer 
dans le dialecte permien et kor pour les autres. 

H. de CHARENCEY. 



NÉCROLOGIE 



JAMES DARMEàTETER. 



L'œuvre de James Darmesteter est si étendue, si variée, 
qu'une étude complète prendrait trop de place. Je laisserai 
donc de côté ou je mentionnerai seulement en passant ses 
productions purement littéraires.. Je m'abstiendrai égale- 
ment de répéter des détails biographiques qui sont déjà 
connus. Ce que je me suis spécialement proposé ici» c'est de 
retracer sa carrière de savant. 

Bergaigne, déjà professeur à la Sorbonne et membre de 
l'Institut, disait qu'il considérait l'École des hautes études 
comme sa vraie patrie scientifique, et que là seulement il se 
sentait complètement chez lui. Je ne saurais dire si c'était 
tout à fait le sentiment de James Darmesteter, quoiqu'il 
fût ancien élève de l'École et quoiqu'il y ait enseigné pen- 
dant dix-sept ans. Un instinct secret, -une sorte de force 
ascensionnelle, qui le poussait toujours plus loin et plus haut, 
l'empêchait peut-être de fixer de cette façon ses goûts et 
ses prédilections. Quoi qu'il en soit, celle-ci peut le reven- 
diquer à bon droit comme un de ses enfants et comme une 
de ses gloires 1 . 

Agé de vingt-trois ans, il se demandait encore à quoi il 
emploierait ses aptitudes et son talent d'écrire, quand ilfutcon- 



1. Inscrit à l'Ecole, le 1S novembre 1872. — Elève titulaire, le 
26 juin 1873. — Répétiteur de rend, le 21 octobre 1877. — Directeur 
adjoint, le 26 août 1880. — Directeur d'études, le 26 octobre 1893. 



— lvij - 

doit par le hasard ou amené par son frère à l'École des hantes 
études ; il était déjà licencié es lettres et en droit, bachelier 
es sciences. Il avait déjà esquissé des systèmes de philoso- 
phie et s'était essayé à la poésie. On pouvait craindre que 
tous ces dons ne fussent dispersés et gaspillés ; l'enseigne- 
ment de l'École lui fit découvrir sa vraie voie. 

Le sanscrit fut, avec la grammaire comparée, sa première 
étude. Réservé, presque renfermé en lui-même, il ne prenait 
la parole que rarement. li fallait qu'il fût directement 
interpellé pour qu'il intervint dans une discussion; c'était 
alors ordinairement pour produire quelque rapprochement 
inattendu, ou pour formuler à demi-voix, mais en termes 
courts et précis, quelque solide objection. On sentait que 
l'acquisition des méthodes philologiques n'était pour lui 
qu'un jeu. 

A la conférence de grammaire oomparée on était alors 
occupé à l'élaboration d'un grand dictionnaire étymologique 
latin qui n'a jamais été terminé, mais dont divers articles, 
signés de noms d'élèves, les uns aujourd'hui très connus, 
les autres disparus, hélas 1 existent dans les archives de la 
conférence 1 . Il fut chargé, entre autres articles, du verbe 
dore, lequel, dans toutes les langues, mais surtout en latin, 
a une importance considérable. 

Cet article du dictionnaire est ensuite devenu sa thèse 
latine de doctorat*. La netteté de l'exposition, la clarté des 
divisions, la solidité des preuves frappèrent les juges de la 
Sorbonne, non moins que la. qualité du latin, qui était bien 
telle qu'on pouvait l'attendre d'un ancien prix d'honneur du 
Concours général. Cette thèse latine n'a pas plus de trente- 
trois pages. Le même sujet a ét^ repris plus tard avec plus 
de développement en Allemagne, sans qu'à l'augmentation 
du volume correspondit une augmentation proportionnelle 
des résultats. 

Au verbe dore se rattache une étymologie publiée un peu 
plus tard, mais qui montre trop bien l'élégance que Darmes- 



1. Je nommerai seulement ici Bard, Bergaigne, Dosson, l'abbé 
Gonnet, Charles Graux, Louis Havet, Melon, mgoles, Paul Oltramare, 
Léonce Peraon, Regnaud. 

2. De conjugatione latini verbi « dore ». Paris, Franck, 1S77. 



— lviij — 

teter savait donner aux choses les plus arides pour que nous 
ne la rapportions pas ici 1 . Il s'agit du verbe crê-derc. Fr. 
Schlegel avait déjà rapproché le sanscrit çrad-dadhâmi 
« croire ». Mais qu'est-ce que crê? qu'est-ce que çrad? 
Benfey supposait que c'était un participe présent du verbe 
cru « entendre », grec xXfo, de manière que credere aurait 
signifié « prêter audience ». Une autre explication propo- 
sée par Bopp aurait identifié çrarfavec la racine çrath « lier », 
la confiance étant ce qui lie. Mais le sens prêté à la racine 
çrath semble peu justifié ; les textes donnent le sens tout con- 
traire de « délier ». Darmesteter apporte une interprétation 
nouvelle qui lui est fournie par le zend. Dans les textes zends, 
la foi est appelée « l'action de donner son cœur ». Croire à 
quelqu'un, c'est donner son cœur ou livrer son âme à quel- 
qu'un. Cette nuance de sentiment survit dans la locution 
sanscrite çraddhajâ qui signifié « volontiers », comme elle 
survit dans certains emplois du latin credere. Tite-Live, par 
exemple, pour marquer que les chefs de l'armée romaine 
doutent des sentiments de leur armée plutôt que de son cou- 
rage, dit : consules magis confidere quam credere suis mi/t- 
tibus. Dans le sanscrit çrad nous avons une forme sœur du 
latin cord-, du grec x*p3-k. Cette éty m ologie, en même 
temps qu'elle éclaircit le véritable sens du mot, restituait à 
la langue mère une de ses métaphores. 

Nous avons un peu anticipé sur l'ordre chronologique. Au 
Collège de France, Darmesteter suivait alors les cours où 
j'expliquais les Tables Eugubines. Je lui dois plus d'une 
observation utile. Il en a consigné la plupart dans les 
Mémoires de la Société de linguistique. L'une des plus 
fines, et que je prends plaisir à citer, parce qu'elle n'a pas 
jusqu'à présent rencontré l'attention qu'elle mérite, est celle 
qui concerne la conjonction latine an. Le latin an n'a rien 
de commun avec le grec av. Il signifie littéralement « ou bien 
est-ce que ». Darmesteter montre qu'il correspond en sa 
première partie à la conjonction grec f è « ou ». Un est le 
reste de l'enclitique interrogative ne, comme dans quin qui 



1. Mémoires de la Société de .linguistique, III, p. 52. Le germe s'en 
trouve déjà dans son devoir d'École. 



— lix — 

est pour qui + ne, comme dans ski qui est pour sî-\-në. Le 
sens disjonctif apparaît encore clairement dans cette phrase : 
Utrwn super biamprius memorem an crudelitatem, ou dans 
ce vers d'Horace : 

Nom furis, an prudens ludisne obscura canendo ? 

Au latin, comme on vient de le dire, Darmesteter n'avait 
pas tardé à associer le sanscrit, qu'il apprenait aux leçons 
d'Hauvette-Besnault et de Bergaigne. Il étonnait ses maîtres 
par l'acuité de son intelligence et par la rapidité de ses pro- 
grès. Le moment vint bientôt de choisir une spécialité. Quand, 
ayant énuméré avec lui les différentes langues indo-euro- 
péennes, avec les chances d'avenir qu'elles pouvaient lui pré- 
senter, je lui désignai la Perse comme un champ qui était 
tout spécialement fait pour lui, puisqu'il y pouvait utiliser sa 
connaissance de l'hébreu, et y trouver remploi d'autres facul- 
tés que je voyais en lui, quand j'ajoutai qu'après avoir fait 
mes premiers pas dans cette voie, j'avais été interrompu par 
les circonstances, mais que j'aurais plaisir à avoir un conti- 
nuateur tel que lui, je vis subitement une flamme traverser 
ses yeux. Il avait entrevu quelle mine s'ouvrait à lui pour 
l'histoire des religions, pour la philosophie de l'histoire. 
A partir de ce moment, le centre de ses travanx fut la Perse 
ancienne. Pour le persan moderne et l'arabe, il trouva un 
guide dans un maître de conférences dont la science eut de 
trop bonne heure à déplorer la perte, le jeune Stanislas 
Guyard. 

Sa première production fut sa thèse pour l'École des 
hautes études: Haurvaiàt et Amereldt 1 . Elle contient 
l'explication d'une énigme à côté de laquelle avaient passé, 
sans la résoudre, tous les savants s' étant occupés avant 
lui de la mythologie perse. Je vais la rappeler avec quel- 
que détail, pour donner une idée de sa manière de travail- 
ler. 

Au-dessous d'Ormazd, le dieu suprême, se trouvent six 
génies appelés les Ameshas-Çpentas ou Saints Immortels (en 
persan moderne, Amschaspands), qui l'aident dans le gou- 

1. Bibliothèque de V École des hautes étude*. 23* fascicule, 1875. 



— lx — 

vernement du monde et lui portent secours dans sa lutte 
contre les démons. A chacun de ces six génies est spécia- 
lement consacrée une partie de la création. A chacun est 
opposé un démon spécial, créature d'Ahrîman. Ces génies 
portent des noms abstraits, désignant des qualités divinisées, 
savoir : 

Vohu Mono. « Le bon esprit ». 

Asha Vahista. « La pureté parfaite ». 

Khthathra Vairja. « Le bon gouvernement ». 

Spenta Armaiti. « La sainte piété ». 

Haurvatât. « L'intégrité ». 

Ameretdt. « L'immortalité ». 

Selon les Perses, Haurvatât (en langue moderne, Khordât) 
est le maître des eaux; Ameretdt (en langue moderne, Âmar- 
dât) est le maître des plantes. Haurvatât et Ameretât sont 
deux divinités qui marchent de compagnie, et qui sont ordi- 
nairement invoquées ensemble. Les péchés contre Haurvatât 
sont les péchés envers l'eau ; les péchés contre Ameretât 
sont les péchés envers les plantes. Quelquefois Haurvatât 
signifie tout uniment l'eau, et Ameretât le bois, à peu près 
comme en latin Bacchus et Cérôs servent en poésie à dési- 
gner le vin et le pain. Plutarque qui, dans son traité d'Osis 
et d'Osiris, énumère les Amschaspands de la Perse, donne des 
deux derniers une définition un peu différente. Il appelle le 
premier Seèv xXo&ou ; il dit que le second est l'auteur xw bel 
toTç vjxkotç ifiiw. Dans cet ensemble de données, il y a évi- 
demment du désordre et de l'incohérence. Quel rapport y a- 
t-il entre ces noms abstraits et les objets matériels qui leur 
sont associés? Quel est le sens exact de ces abstractions? 
Comment accorder les interprétations données par Plutarque 
avec l'interprétation perse ? Autant de questions â éclaircir. 

C'est plaisir de voir Darmesteter débrouiller cet écheveau. 
Il s'avance pas â pas, s'appuyant constamment sur les textes 
et s'autorisant toujours de la tradition. Nous ne pouvons 
donner ici qu'un sec résumé de cette démonstration qu'il 
faut lire tout au long en son livre. Il commence par montrer 
que Haurvatât désigne, non l'intégrité en général, mais l'inté- 
grité du corps, c'est-à-dire la santé ; que Ameretât ne dé- 
signe pas l'immortalité au sens où nous l'entendons, mais 



-Ixj- 

la préservation de la mort, le non-mourîr. Or, d'après uûe 
croyance dont on trouve l'expression à toutes les pages de 
l'Avesta et des Védas, l'eau et les plantes sont le meil- 
leur préservatif contre la mort, le meilleur auxiliaire de la 
santé : on comprend dès lors pourquoi on a attribué, comme 
domaine spécial, les plantes et les eaux à Amardâd et à 
Khordâd, pourquoi aussi ces deux génies sont particulière- 
ment associés ensemble; ils sont entre eux dans le ciel 
comme la longue vie et la santé sont sur la terre, comme 
les plantes et les eaux le sont dans la nature. L'interpréta- 
tion de Plutarque, un peu obscure, repose sur une explica- 
tion inexacte, mais déjà donnée par les livres pars es, Haur- 
vatât ayant été quelquefois pris dans le sens d'abondance, 
et Ameretât ayant désigné le dieu qui récompense les justes. 
Quant aux deux démons qui leur sont opposés, Zairica et 
Tauru, l'un signifie la consomption, et l'autre la maladie, et 
non pas la faim et la soif, comme traduisent les Par se s. 

Ainsi, ajoute avec une pointe de mélancolie le jeune au- 
teur, nous retrouvons ici le même vœu que l'humanité n a 
cessé d'adresser au ciel depuis qu'elle existe : longue vie et 
santé. L'analyse savante, arrivée à son terme, ne trouve pas 
autre chose que ce souhait, si souvent répété par les poètes, 
en toutes les langues, dans toutes les religions, et qui est 
au fond de tant de vœux et de prières. 

Une seconde publication, qui lui valut le titre de docteur 
es lettres, a pour titre : Ormazd et Ahriman, leurs origines 
et leur histoire \ Je ne saurais entrer dans l'analyse détaillée 
de ce livre, qui est une exposition complète du système 
mazdéen. Je veux seulement en extraire les lignes suivantes, 
qui donneront un échantillon de sa façon de présenter et 
de résumer les choses : il veut montrer en quoi le mono- 
théisme zoroastrien diffère du monothéisme sémitique : 

a Le mazdéisme marche vers un ordre hiérarchique régu- 
lier. Les dieux perdent leur indépendance, leurs mouvements 
entrecroisés se subordonnent. L'idée enfermée dans le nom 
de dâtar « créateur » fait lentement son chemin et tend à 
niveler sous une autorité unique les vieilles indépendances 

1. Bibliothèque de F École des hautes études, 29 e fascicule, 1877. 



— liij — 

divines, à ramener à une source unique de vie ces grandes 
existences distinctes et autochthones. Les dieux ne naissent 
plus selon la loi de leur nature; ils deviennent fils d'Ahura- 
Mazda. C'est là la tendance du mazdéisme, mais une tendance 
qui n'a point donné tout ce qu'elle contenait en germe, et 
maintes fois, au moment même où Ahura se déclare maître 
et créateur souverain des dieux, à côté de la formule nou- 
velle et officielle par laquelle il met sur ses subordonnés 
l'empreinte de son autorité, les formules antiques protes- 
tent et maintiennent la vieille autonomie... » 

Examinant ensuite l'idée, alors généralement admise en 
Allemagne, d'une séparation violente entre Indous et Ira- 
niens, d'une révolution religieuse qui aurait produit une 
sorte de schisme, dont l'Avesta serait le Credo, il réfute un 
à un tous les arguments sur lesquels repose cette hypothèse. 
Je me fais un plaisir de transcrire le passage qui résume 
cette argumentation : 

<c L'opposition des deux branches n'est qu'un fait de 
grammaire, et c est sur des accidents de langage que se 
trouve fondée toute la théorie du schisme religieux. En 
réalité, rien dans les conceptions mazdéennes qui ne se 
rattache directement et par un lien continu aux conceptions 
indo-iraniennes ; partout l'évolution, nulle part la secousse 
violente, rien d'une révolution brûlant ce qu'elle avait adoré. 
Sans doute, mazdéisme et védisme diffèrent ; le contraire 
serait merveilleux, puisque ces deux développements de la 
religion d'unité sont des développements séparés et indé- 
pendants ; c'est ainsi que le sanscrit et le zend diffèrent, et 
qu'ils doivent différer, parce que ce sont des développements 
o. parés et indépendants de la langue d'unité. Bref, ces mots: 
« le mazdéisme est une réaction contre le védisme » ou 
« contre la religion indo-iranienne » offrent tout juste 
autant de sens qu'en offriraient ceux-ci : « le zend est une 
« réaction contre le sanscrit x ». 

1. 11 me sera sans doute permis d'ajouter que quinze ans plus tôt, 
j'avais, dans un mémoire couronné par l'Institut, présenté avec moins 
de développement les mêmes arguments. Après la publication de sa 
thèse, Darmesteter me demanda communication du manuscrit, et 
prit plaisir avec moi à constater la coïncidence de notre manière de 
voir. 



— lsiij — 

Le livre sur Ormazd et Ahrùnan est l'exposé le plus 
clair et le plus saisissant du développement historique d'une 
religion qui, prenant naissance parmi les croyances mythi- 
ques des périodes primitives, est peu à peu arrivée, par un 
long effort d'abstraction et de réflexion, à une sorte de 
système philosophique où tout est expliqué et motivé. Ce 
n'est point au moyen d'une reconstruction a priori que l'au- 
teur nous fait assister à ce spectacle, mais par l'enchaîne- 
ment des textes, qu'il se contente de replacer en ordre et de 
remettre en pleine lumière. Rarement la philologie a si 
bien accompli sa tâche, s'il est vrai que, selon la définition 
de Bôckh, son œuvre soit de faire comprendre et repenser 
à l'homme ce qu'il a autrefois conçu et pensé. Celui qui relit 
aujourd'hui cette thèse ne peut même s'empêcher de penser 
que le jeune docteur es lettres de 1877 s'est montré, sur 
certains points historiques, plus prudent et plus sobre que 
ne devait l'être en 1893, dans la préface de son édition 
définitive du Zend-Avesta, le professeur au Collège de 
France. Mais ce n'est point ici le moment d'insister sur 
ces variations. 

Ces deux essais avaient attiré sur James Darmesteter 
l'attention de M. Max Mûller, qui préparait alors sa grande 
publication des Sacred books ofthe East. Il le chargea des 
livres sacrés de la Perse. Dès 1880, le premier volume 
d'une traduction (en anglais) de l'Avesta put paraître *. 
Quoiqu'il ait repris plus tard en français et sous une forme 
plus étendue la même œuvre, cette traduction anglaise garde 
toute sa valeur. Certaines recherches historiques qu'on lit 
dans cette édition n'ont pas été reproduites plus tard, Pour 
l'usage de ceux qui ne l'auraient pas entre les mains, je 
vais en dire ici quelques mots. 

Il commence par donner l'histoire des études zendes, 
depuis Hyde jusqu'à notre temps, et ici nous le voyons 
exposer pour la première fois une controverse sur laquelle 
il aura souvent à revenir par la suite, savoir l'opposition 
entre la méthode comparative, représentée par Roth, Benfey, 



1. Oxford. At the Clarendon Press. On en prépare en ce moment 
une seconde édition. 



— lxiv — 

Haug, et la méthode traditionnelle, défendue par Spiegel et 
Justi. 

Pour la première de ces deux écoles, les textes zends re- 
montent à un âge fabuleux, dont le commentaire pehlvi, 
appartenant à une époque de beaucoup postérieure, a com- 
plètement perdu le sens et l'intelligence : heureusement il y 
a un moyen de pénétrer dans ces monuments, ce sont les 
Védas, car l'Avesta et les Védas sont les échos d'une seule 
et même voix, les reflets d'une seule et même pensée. Pour 
bien entendre les livres mazdéens, il faut donc, avant tout, 
les rapprocher de la langue et des croyances védiques. 

A ceci, l'école traditionnelle répond que parenté n'est 
pas identité, qu'en expliquant le zend par le sanscrit, on 
s'expose à de continuelles erreurs \ et qu'en outré on affai- 
olit volontairement l'originalité de cette étude, puisque le 
point intéressant dans les livres zoroastriens, ce n'est pas 
de savoir en quoi ils rappellent les Védas, mais c'est de 
savoir en quoi ils diffèrent des Védas. D'ailleurs, pour affir- 
mer que les deux religions représentent un même ensemble 
de croyances, il faudrait être sûr qu'elles sont l'une et 
l'autre du même temps et que, des deux parts, la rédaction 
s'en est faite en des conditions pareilles : toutes choses à 
démontrer. 

Entre ces deux écoles, Darmesteter essaye une concilia- 
tion : si la méthode comparative montre d'où l'on est parti, 
la tradition est là pour faire voir où l'on est arrivé. L'une 
et l'autre sont donc également utiles. Mais il faut commencer 
par consulter la tradition, car on a besoin de bien connaître 
la religion dont on parle avant de chercher à en comprendre 
la formation. Sur ce point fondamental, Darmesteter n'a 
jamais varié, et à mesure qu'il avancera en âge et en con- 
naissance de son sujet, il deviendra partisan plus décidé de 
la tradition. Il a même fini par déclarer qu'il l'avait trouvée 
juste en son ensemble et ayant gardé la vraie intelligence 
des textes. Le seul commentaire sûr et authentique de 



1. Les exemples qu'il cite sont topiques : mrga signifie * chevreuil » 
en sanscrit, mais meregha signifie « oiseau » en zend ; manju est la 
colère en sanscrit, mais mainju désigne l'àme en zend, etc. 



— liv - 

l'Avesta, a-t-il fini par dire, est dans le Shah Nâmeh t le 
Bundehesh et le Folklore persan. 

Aujourd'hui cette discussion entre les deux écoles parait 
près de finir. La thèse du savant français, sans cesse con- 
firmée par de nouveaux exemples, a été peu à peu, d'une 
façon plus ou moins explicite, reconnue par ses adversaires : 
il n'y aura bientôt plus qu'une seule école d'interprètes sur 
l'Avesta. On peut même supposer que l'effet de cette contro- 
verse se fera sentir au delà des limites de la philologie 
iranienne, et que la philologie sanscrite en ressentira le 
bienfaisant contre-coup. Déjà l'explication des Védas au 
moyen du seul secours de l'étymologie est abandonnée. 
Quoiqu'il faille se garder des conclusions par analogie, et 
que le bien-fondé de la tradition mazdéenne ne prouve rien 
pour la rectitude de la tradition indoue, cependant nous 
voyons, par des indices certains, que les ritualis tes recrutent 
chaque jour de nouveaux adhérents. Il faut d'ailleurs faire 
ici la part des écrits de Bergaigne, qui avec moins d'élégance 
et de clarté, mais avec non moins de force et d'originalité, 
a ramené l'interprétation védique dans les voies d'où l'esprit 
de système l'avait fait sortir. 

Un autre chapitre intéressant, c'est celui où il cherche à 
déterminer la vraie patrie primitive du culte mazdéen. Par 
une série d'observations et d'inductions, il vient à supposer 
que le berceau du mazdéisme a été, non la Perse comme on 
pourrait le croire,^Kiais la Médie. Hérodote, énumérant les 
tribus (yévea) de la Médie, nomme entre autre les Mages 
(Moyot). Mais il n'a pas l'air de supposer que ce soit le même 
nom que quand il nomme les sacrificateurs et les prêtres de 
la Perse, qui, comme on sait, s'appellent aussi les Mages. 
A l'instar d'Hérodote, tous les historiens grecs citent comme 
habitant la Médie totûv Moycov 9OX0V « la race des Mages », 
sans y rattacher aucune conclusion historique. Darmesteter 
est le premier qui se soit avisé de faire cette observation 
très simple, que, comme chez les Hébreux, le sacerdoce 
dans l'empire perse était le privilège d'une tribu 1 . Les 



1. C'est ce qui est vrai encore aujourd'hui chez les Parses de 
Bombay : les mobeds sont choisis dans une caste à part. 



— lXVJ — 

Perses acceptaient, tout en le «haïssant, ce privilège d 9 ane 
race qu'ils avaient combattue et soumise. On détestait ces 
étrangers : mais on les appelait au sacrifice, parce qu'eux 
seuls ils connaissaient les rites. L'histoire de Smerdis le 
Mage et la Magophonie s'expliquent par cette vieille oppo- 
sition. 

Darmesteter publia deux volumes de cette traduction an- 
glaise * : quand il fut arrivé au tome III, qui devait contenir 
le Yaçna, un érudit américain, M. L.-H. Mills, lui fit savoir 
qu'il s'occupait lui-même depuis longtemps d'une traduction 
de ce texte. Avec cet oubli de soi qui caractérise le vrai 
mérite, convaincu d'ailleurs que toute traduction du Yaçna 
pour laquelle on n aurait pas de secours nouveaux serait 
nécessairement défectueuse, il céda à M. Mills l'honneur 
d'achever la publication a . 

Tout en travaillant à ce grand ouvrage, il avait fait paraître 
dans plusieurs recueils ou présenté à divers corps savants des 
œuvres de moins longue haleine, qui furent bientôt en assez 
grand nombre pour former les deux volumes intitulés Études 



iraniennes 1 . 



Le premier volume est un essai de Grammaire historique 
de la langue persane, qui avait obtenu de l'Institut, en 1881, 
le prix Volney. Il ne faut pas y voir une grammaire persane 
au sens habituel du mot : l'auteur passe sous silence les faits 
qu'il juge suffisamment connus, ne s'arrêtant que sur ceux 
où il peut apporter quelque lumière nouvelle. Aussi l'atten- 
tion du lecteur est-elle constamment tenue en éveil; car il 
a le plaisir à tout moment de découvrir le lien entre deux 
phénomènes qui semblaient indépendants, la raison d'un fait 
jusque-là inexplicable, la rectification d'une erreur généra- 
ment accréditée. Tous les procédés les plus délicats de la 
grammaire historique sont employés avec une merveilleuse 
aisance : il semble qu'on assiste à une expérience de labo- 
ratoire, faite par un savant consommé, qui serait en mémo 
temps le plus habile praticien, sur quelque substance encore 

1. Le tome I contient le Vendidad; le tome II, les Yashts, les 
Sirozahs et les Nyâyiahs. 

2. Cf. Revue critique, 1S83, 26 nov., p. 438. 

3. Vieweg, 1SS3. 



— Ixvij — 

imparfaitement analysée, dont il s'agit de dégager les élé- 
ments et de constater les propriétés. Phonétique, conjugaison, 
formation des mots, autant de chapitres touchés de main de 
maître. La syntaxe est constamment mise en rapport avec 
la morphologie, en quoi cette grammaire persane est en 
avance sur la plupart des ouvrages du même genre. 

Le tome deuxième est une réunion d'articles critiques 
parus dans divers recueils, suivis de notes lexicographiques, 
et terminés par un certain nombre de textes orientaux 
inédits. Comme critique, Darmesteter se contente rarement 
d'apprécier un livre : il y ajoute, il le complète, quelquefois 
il en remanie le plan. De cette façon, ses articles sur 
Spiegel, Justi, Geldner, Haug, West, Geiger, Noldeke mé- 
ritent d'être consultés à côté des volumes eux-mêmes. Ses 
notes lexicographiques doivent compter parmi ce qu'il a 
écrit do meilleur : presque toujours il s'agit de mots impor- 
tants, appartenant à la mythologie, ou faisant partie de la 
langue du droit ou du rituel. 

Enfin, Darmesteter n'avait pas encore fait ses preuves 
comme publicateur de textes inédits : il donne, pour finir, 
un choix de textes sanscrits, pehlvis, persans, du fonds 
Burnouf et de VEast-India Office Library. Il n'est pas 
plus embarrassé par le sanscrit barbare de Nériosengh qu'il 
n'ost arrêté par les incertitudes bien connues de l'écriture 
pehlvie, et il songe si peu à se prévaloir de tant de diffi- 
cultés vaincues, qu'il a relégué ces textes à la fin de son 
recueil, comme on ferait de pièces justificatives. 

La même année où paraissaient les deux volumes à % Études 
iraniennes, il publiait chez un autre éditeur un volume 
A' Essais orientaux 1 . Ce sont des morceaux s'adressant à un 
cercle de lecteurs plus étendu, et traitant en langage acces- 
sible pour tout esprit lettré quolques-unes des plus hautes 
questions de la philologie et de l'histoire. 

Ernest Renan seul avait montré cet art de présenter sous 
une forme att rayante et en une langue irréprochable les 
graves et délicats problèmes de la philosophie religieuse. A 



1. Essais ort^taf^r, par James Darmesteter, 1883. A. Lévy, 13, rue 
Lafayette. 



— lxviij — 

ceux qui croient que le soin minutieux du détail a pour effet 
d'abattre le vol de la pensée, on peut montrer, comme une 
preuve du contraire, chez Darmesteter, l'association de la 
généralisation la plus haute et de la précision la plus exacte. 
Si le grand public, distrait par la politique, ou déjà fami- 
liarisé avec ce genre de considérations, n'a pas fait à son 
livre tout l'accueil qu'il méritait, il a, du moins, obtenu 
l'admiration des vrais connaisseurs. 

En 1884, Adolphe Régnier étant mort, Ernest Renan 
quitta le poste de secrétaire de la Société asiatique, qu'il 
avait occupé après Jules Mohl, pour monter au siège de 
président. James Darmesteter fut nommé à la place de 
Renan : honneur redoutable, puisqu'il lui imposait l'obliga- 
tion de ces Rapports si difficiles à écrire, si difficiles à faire 
accepter, où, à l'exemple de ses prédécesseurs, il devait 
énumérer et juger toutes les nouvelles publications orien- 
tales. Quoiqu'on attendit beaucoup de lui, il trouva moyen 
de surprendre ceux qui le connaissaient le mieux, en se 
montrant toujours également informé sur tous les points de 
cette immense littérature. On le vit analyser des textes 
arabes, discuter des questions relatives i l'Assyrie, émettre 
en son propre nom des conjectures sur une parenté entre 
l'art persan et l'art chinois, se mouvant sans difficulté parmi 
cette foule de livres de toute provenance et de tout langage. 
Chemin faisant, il lui échappe des aperçus imprévus, des 
considérations historiques ou philosophiques, comme à un 
homme qui éprouve le besoin d'élever pour un instant sa 
pensée au-dessus de son labeur. 

C'est ce même besoin de reposer ses yeux sur quelque 
chose de nouveau, non moins que le désir de compléter ses 
sources d'information, qui lui fit concevoir le désir d'aller 
visiter sur place les derniers et vénérables représentants de 
la religion mazdéenne. Il partit pour l'Inde en 1886. S'il ne 
fut pas admis, comme il l'espérait, à voir de ses yeux la 
célébration du sacrifice, pour l'accès duquel il faut être 6eh- 
(Un, c'est-à-dire sectateur de la bonne religion, il eut 
l'avantage d'en obtenir, par d'anciens manuscrits, des des- 
criptions minutieuses et complètes, plus complètes même 
que ne l'aurait été le témoignage des yeux, car elles s'éten- 



— hix — 

dent à un cérémonial en partie périmé. Reçu avec empresse- 
ment par la colonie parsie, ainsi que par les hauts fonction- 
naires du gouvernement anglais, il voulut que son passage 
parmi les Mazdéena profitât à la science. Comme il avait 
été invité à délivrer, selon le terme consacré, une confé- 
rence, il saisit l'occasion pour proposer la création d'un 
Jubilee Pehlvi Fund, destiné à la publication de textes 
inédits, et la formation d'une Société ad hoc, sur le modèle 
de notre Société des anciens textes 1 . 

Sur les onze mois qu'il resta dans l'Inde, il en passa près 
de trois à Bombay ; il eut la satisfaction d'aller saluer de 
loin, à Surate, les vieux bâtiments de la Douane où avait 
vécu ignoré, où avait travaillé solitairement, cent vingt- 
cinq ans auparavant, un autre Français, son prédécesseur à 
Bombay et dans l'étude du zend, Anquetil-Duperron. Il y a 
peu de similitude entre les deux savants : ni par la portée de 
l'intelligence, ni par le caractère, ni par le point de départ, 
ils ne se ressemblent. Mais quoique inspirés de motifs bien 
différents, ils ont du moins une chose en commun, à savoir 
la grande curiosité; ils ont contribué également l'un et 
l'autre à l'honneur scientifique de la France. Par une tou- 
chante attention de ses hôtes parsis, Darmesteter put 
rapporter à Paris, et déposer à la Bibliothèque nationale, 
auprès des manuscrits d'Anquetil, le grand Vendidad-Sadé 
sur lequel celui-ci avait autrefois fait sa traduction. 

Quand la saison chaude fut venue, Darmesteter alla 
chercher, sur les premières hauteurs de l'Himalaya, dans 
les districts de Péchawer et de Hazara, un de ces sanatoria 
où les familles anglaises passent les mois les plus lourds 
de l'année. Il y recueillit ces Chants afghans, qui, outre 
l'avantage de faire connaître une littérature populaire encore 
inexplorée, lui permirent d'établir, par des observations 
d'une extrême ténuité, l'exacte descendance de la langue 
afghane. De là aussi il envoya à un journal quotidien ses 
Lettres sur F Inde, où l'on voit déjà poindre le désir d'une 
publicité plus étendue et plus mondaine. Quoique contenant 

1. Parsism, Us place in historv. A lecture delivered at Bombay by 
professor James Darmesteter. Bombay, printed at the « Voice of 
lndia » Printing Press, 1SS7. 



— Ixx — 

des faits curieux, ia lecture de ces lettres a quelque chose 
de fatigant par leur style trop brillant, qui dénote une 
surexcitation intérieure. 

Une fois revenu en France, il fut repris par le travail quo- 
tidien. Il s'en délassa par des études qui le reportaient de 
plus en plus vers les premières impressions de sa jeunesse. 
Les Prophètes d Israël (1891), De F Authenticité des pro- 
phètes (même année), sont des morceaux où l'émotion a 
presque autant de part que la critique scientifique. Je n'ai 
pas à m'en occuper ici. Je me contenterai, pour donner la 
note nouvelle qu'on entend résonner dans ces écrits, de 
transcrire les lignes suivantes : « Malheur au savant qui 
aborde les choses de Dieu sans avoir au fond de sa cons- 
cience, dans l'arrière-couche indestructible de son être, là 
où dort l'àme des ancêtres, un sanctuaire inconnu d'où 
s'élève par instants un parfum d'encens, une ligne de 
psaume, un cri douloureux ou triomphal qu'enfant il a jeté 
vers le ciel... » 

Une influence bienfaisante, un cœur de femme, introduisit 
enfin le bonheur comme un hôte nouveau à son foyer et 
rendit la sérénité à son esprit. Nous lui devons le monu- 
ment auquel le nom de Darmesteter restera chez nous 
attaché : la traduction française du Zend-Avesta, avec com- 
mentaire historique et philologique, et avec une préface qui 
forme à elle seule un ouvrage 1 . Tout ce grand travail fut 
achevé en moins de trois ans, tant la matière en était pré- 
sente à son esprit, tant il avait tourné et retourné dans sa 
tête toutes les données du problème. A la première page est 
inscrit le nom de Mary Darmesteter, « sur la prière de 
laquelle cette traduction a été reprise et terminée ». 

J'ai longuement apprécié ailleurs cette publication*. On 



1. Trois volumes formant les tomes XXI, XXII et XXIV du Musée 
Guimet. 

2. Journal des Savants, décembre 1893, janvier et mars 1894. 
Encore une fois, ce n'est pas ici le lieu de nous arrêter aux diffé- 
rences qu'on peut constater entre la traduction anglaise et la tra- 
duction française. Sur des points importants traités dans la Préface, 

Sar exemple* sur l'âge probable de l'Avesta, sur la possibilité d'in- 
uences étrangères, l'opinion du traducteur a changé. Nous nous 
contentons de signaler aux éranistes ces divergences sans les dis- 
cuter. Il se peut que les retouches aient été quelquefois moins heu- 



— lxxj — 

me dispensera d'y revenir. En réalité, c'est l'œuvre d'une 
vie entière. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 
ayant à décerner en 1893 le prix décennal de 20,000 francs 
pour l'ouvrage qui honore le plus la science française, lui 
a attribué cette haute récompense. 

Darmesteter pensa sans doute qu'il avait, pour un temps, 
payé sa dette a la philologie iranienne. Rien de nouveau, 
sur ce champ d'études, ne sollicitait son esprit. D'autre 
part, depuis quelque temps, il se sentait attiré vers la 
littérature, vers les hautes questions de politique intérieure 
et étrangère. Il était séduit par le souvenir d'Ernest Renan, 
dont il venait de donner un portrait fait de main de maître. 
On lui offrit la direction d'une grande Revue : il accepta. 
Tous ceux qui l'ont vu à l'œuvre sur ce terrain si différent 
retrouvèrent chez lui la même aisance, la même fécondité, 
la même éloquence un peu oratoire. Il allait enfin avoir le 
public de son choix: il allait exercer une action sur la 
marche des affaires humaines. Deux ou trois articles, d'une 
allure magistrale, montrèrent que cette ambition n'était pas 
trop haute. Mais il avait trop compté sur ses forces. Le 
temps lui a manqué pour conquérir dans la presse européenne 
la place à laquelle il aspirait et que sans doute il aurait 
obtenue. Il a succombé, le 19 octobre, presque subitement, à 
une maladie du cœur dont il souffrait depuis quelques mois. 

Si multiple que soit son œuvre — car il a écrit sur Words- 
worth, sur Browning, sur Shakespeare, il a composé des 
poèmes philosophiques — on peut y distinguer deux parts : 
d'un côté, les vues d'ensemble, les grandes généralisations, 
les perspectives lointaines ; de l'autre côté, les recherches 
de détail. S'il fallait choisir, nul doute que le plus grand 
nombre irait aussitôt à la première part. Mais à ceux qui 
ont lu tout ce qui est sorti de sa plume, il sera permis 
d'avouer qu'ils mettent autant de prix à la seconde. C'est, 
en tout cas, celle qui est le plus assurée de durer. Aux phi- 
losophies d'aujourd'hui succéderont, selon les événements 



reuses que le dessin primitif. Il se peut que le goût croissant de 
Darmesteter pour les grandes synthèses historiques l'ait quelquefois 
entraîné trop loin. 



— lxxij — 

du jour, d'autres philosophies qui les feront oublier, pour 
s'évanouir ensuite à leur tour. Mais le progrès qu'on doit à 
Darmesteter dans le domaine scientifique est acquis à 
jamais. Supérieur en ceci à Renan, il est sans rival dans 
les questions techniques. 

Ce simple fait peut caractériser son œuvre: le zend, 
comme il l'avait reçu, était une province à peu près sans 
maître, livrée à toutes les incursions et compétitions des 
voisins : il la transmet disciplinée, pacifiée, débarrassée 
des contacts douteux, soumise comme les autres, mieux que 
plusieurs autres, à des méthodes certaines. C'est là un 
service qui restera dans les mémoires aussi longtemps que 
l'exégèse religieuse, que la critique de texte, que la science 
du langage compteront des adeptes. 

En prenant congé de mon ancien élève, de mon ami James 
Darmesteter, je reporte les yeui en arrière, je revois l'es- 
pace parcouru, et il me revient à l'esprit une pensée qu'on 
trouve retournée en un grand nombre de façons sur les tom- 
beaux romains, mais dont l'expression la plus simple se lit 
sur une épitaphe de la Gaule cisalpine : JEqirius fuerat te 
hoc mihi fecisse. 

Michel Brèal. 



BIBLIOGRAPHIE 

PAR E. BLOCHET. 



1875. 



Haurvatàt et Ameretàt. Essai sur la mythologie de l'Avesta. — Paris, 
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Bévue critique. Compte rendu des ouvrages suivants : 

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Haelbz, 1. 1. Liège, 1875 [fi, p. 193-196]. 



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1877, 360 p. in-8<» [Bibliothèque de VÉc. des h. é., fasc. 29]. 

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1877, in-8». 

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la Section Met. etphil. de VÉc. des h. é., pag. 83-99). Paris, 1878, 
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1879, xvi-347 p. in-8°. 

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Bévue critique. Comptes rendus de : 

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waehen v. W. Geiger. Erlangen, 1878 [II, p. 161-166]. 

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gen, 1877 [II, p. 361-369]. 



— lxnv — 



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— Oxford, Clar. pr. 1880, in-8°. — Cf. 1883. 

Revue critique. Comptes rendus de : 

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p. 145-152]. 

Uibliotheca Rabbimina, eine Sammlung alter Midraschim, nim 
eretern Maie ins Deutsche Obertragen v. Àug. Wûnsche. l«Lief. Der 
Midrasch Rohelet. Leipzig, 1880 [I. p. 265-267]. 

Nôldekz (Th.). Geschichte des Artachshir i Pdpakan. Gotlingea, 
1879 [I. p. 305-310]. 

Jamabpji. Pahlavi, Gujardti and. English Dictionary. II. Bom- 
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Mohl (Jules), Vingt-sept ans d'histoire des études orientales. 
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Shakespeare, Macbeth. Édition classique. — Paris, Delagrave, 1881, 
in-12. 

Coup d'oeil sur l'histoire du peuple juif. — Paris, C. Lévy, 1881, in-8°. 

Lectures patriotiques sur l'histoire de France, à l'usage des écoles 
primaires. — Paris, Delagrave, 1881, in-12 [sous le pseudonyme 
de J. D. Lefranrais] . 

Journal asiatique : 

Observations sur le Vendldàd [7« série, t. XVII, p. 435-514]. 

Indien Antiquary. Compte rendu de : 

The Sacred Books of the East, vol. V. Pahlavi Texte, transi. 
by E. W. West. Part. 1. 1880 [X. p. 123-124J. 

Revue critique. Comptes rendus de : 

Léykquz (Eugène). Les Mythes et les Légendes de tlnde et de 
la Perse, etc. Paris. 1881 [1. p. 141-147]. 

Shakespeare* s tragedy of Coriolanus, od. by W. J. Rolfb. 
Cambridge, Mass. New- York, 1881 [II. p. 394-495]. 

A Hehrew grammar with exercises, selected from the Bible, by 
Ada S. Ballix and F. L. Ballin. London, 1881 [II, p. 409-410]. 

Revue critique. Compte rendu de : 

Nœldzke (Th). Geschichte der Perser und Araber... f aus dem 
arab. Chronik des Tabari ûbersets. Leydon, 1879 [XVI. p. 191-201 ]. 

Gineb (Pompeyo), La Mort et le Diable. Pans. 1880 [XVII, p. 
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— lxxv — 
1882. 

Byron. Child Harolds Pilgrimage. Édition classique. — Paris, Delà- 
grave, 1882, in-12. 

Journal asiatique: 

Communication fur la restitution de l'épithète qui, dans l'histoire 
des Sassanides de Tabari. accompagne le nom d'Arish (montrant que 
le Kercsavazdcm du Yasht XIX est le frère d'Afrasiab, dont le nom 
figure dans le Shah Nàmah sous la forme Garsivaz). [XIX, p. 512]. 

Revue critique. Compte rendu de : 

VisNinc (Edw. P.). The mystety of Hamlet. Philadelphie, 1881 
[1, d. 31-32J. 

Mteks. Wordsivorth. London, 1881 [I. p. 45-50]. 

GmiGSR (Wtlh.). Handbuch der Awestasnrachc. Erlangen, 1879 
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Bévue historique. Compte rendu de : 

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chen Zeit. Brûnn, 1880 [Xl\, p.187-188]. 

1883. 

Essais orientaux. — Paris, A. Lévy, 1883, in-8°. 

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Essais de littérature anglaise. — Paris, Delagrave, 1883, in-12. 

The Zend-Avesta, Part 11 [Sacred Books... vol. XXIUJ. —Oxford, Clar. 
pr. 1883, in-8". — Cf. 1880. 

Journal asiatique : 

Fragment d'un Commentaire sur le Vendidad (suite) 18 e sério, t. 1, 
p. 101-122]. —Cf. 1880. 

Communication sur l'origine de la légende mythique du Hig-Véda 
qui fait naître la Lune de la pensée de ! Être suprême et le Soleil de 
son regard jl, p. 265-267]. 

Rapport annuel [II, p. 19-122]. 

Revue critique. Comptes rendus de : 

Jamasimi, Pahlavi, Gujardti and English Dictionary. 111. Bom- 
bay, 1882 .1, p. 81-83j. 



Malabaei (Behrtmji M.), /* Memoriam. Bombay, 1882, aie. [I, p. 
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Pahlavi texte, translated by E. W. Wiit. H. Oxford, 1882 [I, 
p. 301-3071. 

Phipsor (Emmi), The Animal- lore of Shakespeare' s time. Lon- 
don. 1883 [II, p. 401-483] 

Heebeet, The Temple; 
don. 1883 [II. p. 446-448]. 



l u » P 
Heebeet, The Temple ; Sacred poème, ad. by Shoeteouse. Lon- 



Zimmer* (Elen), The Epiée ofKings, ftoriet retold from 
London, 1883. — Gudrun, Beowulf and Roland, by J. Gmb. Lon- 
don, 1883 [II, p. 470-473]. 

1884. 

Journal asiatique : 

Communication sur une nouvelle explication du p****fl* de Moite de 
Kborène où le nom d'Astyage est •—îmîU au persan Ajdahék, dragon, 
sur les Zendlks [III. p. 562-5651. 

Rapport annuel [IV, p. 13-142]. 

Bévue critique. Comptes rendus de : 

A. Rbvillb, Les religions des peuples non civilisés. Paris, 1883, 
2 vol. [I. p. 41-47]. 

Goblkt d'Alviella, L'évolution religieuse contemporaine chez 
les Anglais, les Américains et les Hindous. Paris, 1884 [I, p. 61- 
70]. 

The Table-talk of Doctor Martin Luther. London, 1883 [I, 
p. 51-52]. 

The book ofthe Mainjâ i Khard, éd. P. C. Andesas. Kiel, 1882 
[I, d. 97-98]. 

Beowulf and the Fight at Finnsburh, éd. by J.-A. Haebisoh and 
Rob. Sharp. Boston, 1883 [I, p. 151-1531. 

A. Delattri. Le peuple et l'empire des Mèdes. Bruxelles, 1883 
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1885. 

Coup d'oeil sur l'histoire de la Perse (leçon d'ouverture faite au Col- 
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Le Mahdi, depuis les origines de l'Islam jusqu'à nos jours. — Paris, 
Leroux, 1885, in-16. 

Journal asiatique : 

La flèche de Nemrod en Perse et en Chine [V, p. 220-228]. 
Rapport annuel [VI, p. 12-122]. 

Bévue critique. (Comptes rendus de : 

Goxse (Louis), L'art japonais, 3L vol. in- 4. Paris, 1883 (I, p. 6- 
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Paris, 1883 fl, p. 261-264]. 

Dosabhai Framji Karaka, History ofthe Partis. London, 1884, 
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Venaiaad translatée into Gujarati, bj Kavasji Edalji Kanga. 
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Les devoirs de l'écolier [XIII. p. 355-363]. 

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Rapport sommaire à M. le ministre de l'instruction publique sur une 
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1891. 

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[XXIV, p. 366-375]. 

Nouvelles archivée dee missions $eientifique$ et littéraire* : 

Rapport sommaire à M. le Ministre de l'instruction publique sur une 
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1892. 

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Rapport annuel (pour les années 1891 et 1892) [XX, p. 39-138]. 

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95]. 

Congrès international des Orientalistes. VIII* session. 

La reine Shasyàn Dokht. [Section aryenne, p. 191-198]. — Cf. 1889. 

1893. 

Journal asiatique : 

Rapport annuel [9« série, t. II, p. 37-151]. 

Revue critique. Compte rendu de : 

Mills (L.-H.). The ancient manuscript of the Yasna. Oxford, 
1893. — The five Zoroastrian Gâthâs. Leipsig, 1892. — On the 
xend mss recentfy presented to the Bodleian library. 1893 [II, p. 
145-151]. 



Articles divers dans la Nouvelle Revue (Jeanne d'Arc en Angle* 
terre, etc.), la Revue Bleue, la Revue des Deux- M ondes (1890), le 
Parlement, les Débats, la Revue de Paris. 



— Ixxx — 



Travaux de J. Dannesteter publiés dans les Mémoires de la Société 

de linguistique. 

Notes fur quelques «Eprenant tendes. . II, 800-317 

Nome*, maman II, 895-896 

Notes sur l'Àvesta III, 52-74 

Désinences verbales en us, et des désinences verbales 

qui ont un v en sanscrit III, 95-103 

ranica, une métaphore grammaticale de la langue 

indo-européenne m, 302-821 

Cabires, Bené Elohlm et Dioscures IV, 89-95 

Sranicm, 2« série IV, 210-885 

Becens IV, 225 

Sepelire IV, 226 

/ranica V, 67-80 

An V, 292 



TERRIEN DE LACOUPERIE. 



M. Albert Terrien de Lacouperie est décédé à Fulham, 
Bishop's Road, 136, Londres, le 11 octobre dernier, à l'âge 
de 49 ans, à la suite d'un accès de fièvre typhoïde. 

Il était né à Ingou ville (le Havre) le 23 novembre 1845, 
d'une famille originaire de la Cornouailles, d'où ses ancêtres 
étaient venus pendant les guerres civiles du xvii* siècle : son 
nom, d'ailleurs, semble révéler cette origine. Dès son 
enfance, son père, qui était un riche marchand de soie, 
l'emmena avec lui à Hong-Kong et c'est alors que le futur 
sinologue apprit à parler couramment le chinois, comme 
sa propre langue ; il s'initia en même temps à la langue et 
aux coutumes anglaises. Des revers de fortune l'obligèrent 
i retourner en Europe, mais il ne revint pas en France, 
quoiqu'il ait offert ses services à sa patrie lors de la guerre 
franco-allemande; il préféra se fixer en Angleterre, pays 
qu'il appréciait beaucoup, et il finit même par se faire natu- 
raliser Anglais. C'est en 1867 qu'il commença ses publica- 
tions scientifiques. En 1874, il fut présenté au Docteur Birch, 
du British Muséum, et il s'y lia avec les professeurs Poole 
et Douglas, qui furent toujours ses amis, ainsi qu'Henry 
Yule, du Ministère des Indes, Georges Birdwood, Cl. Cols- 
borne Baber, du service consulaire chinois, et Horace Baynes. 
M. de Lacouperie devint et resta pendant quelque temps 
professeur de philologie indo-chinoise au Collège de l'Uni- 
versité et prononça à cette occasion un discours inaugural 
très remarqué. Il reçut des titres honorifiques de plusieurs 
Universités. Celle de Louvain le nomma docteur en littéra- 
ture ; le Musée Guimet lui accorda une subvention et il fut, 
il y a quelques années, couronné en France par l'Académie 



— lxixij - 

des inscriptions. Mais c'est en vain que ses amis sollicitèrent 
pour lui du gouvernement anglais une pension qui lui était 
nécessaire pour poursuivre ses recherches scientifiques. La 
lutte pour la vie fut et resta pour lui très dure, et cette 
circonstance, jointe à un travail scientifique opiniâtre, a 
sans doute contribué à abréger sa carrière. 

Cette carrière, pour brève qu'elle ait été, fut très remplie. 
L'érudition de M. de Lacouperie était considérable; ses 
études ne se bornaient pas à la linguistique, il avait aussi 
entrepris l'étude de la mythologie et de l'histoire de la 
Chine, de son ethnologie et de son archéologie ; il avait 
acquis aussi la connaissance des divers dialectes chinois. 
(3e fut lui qui composa le catalogue de la numismatique 
chinoise au British Muséum ; ce Catalogue, qui n'exigea pas 
moins de dix années d'un travail opiniâtre, parut en 1892 ; 
il s'étend du vil* siècle avant notre ère jusqu'à l'an 621 
après J.-C. ; c'est une histoire complète de la numismatique 
précédée d'une remarquable introduction. Pendant huit ans, 
il fut le directeur du Babylonian and Oriental Record 
qu'il fonda en 1886. Il a fréquemment aussi collaboré aux 
travaux de la Royal Asiatic Society et de la Philological 
Society, dont il était membre, à YAcademy et au Muse on. Il 
a laissé en mourant de nombreux manuscrits, en particulier 
une histoire de la Chine antique. 

Nous ne devons nous occuper ici que de ce qui coacerne 
la philologie et la linguistique. Son œuvre ainsi restreinte 
est encore considérable. Nous avons sous les yeux une liste 
de ses ouvrages ou articles, qui ne s'élèvent pas à moins de 
cinquante. Les principaux sont : Du langage, essai sur la 
nature et F étude des mots et des langues, Paris, 1867. — 
Les noms propres, Le Havre, 1868. — Early history ofthe 
Chinese civilisation, Londres, 1880. — Orientalia aniiqua, 
Londres, 1882. — On the history of the arc haie Chinese 
country and texts,' Londres, 1882. — The old numerah, the 
cou nt in g s rods, and the Sivan pan in China, Londres, 1882. 
— Traditions of Babylonia in early chinese documents, 
Londres, 1883. — Bistorical Sketch of chinese and japanese 
Coins, Londres, 1885. — The cradle of the S h an race, 
Londres, 1885. — Babylonia and China. Western origine 



— lxxiiij — 

of the early Chinese civilisation, Londres, 1887. — Begin- 
nings ofwriting, Londres, 1887. — The language of China 
before the Chinese, Londres, 1887. — Ideology of làn- 
guages, Londres, 1887. — Western origine of early Chinese 
civilisation, Londres, 1894. 

Nous avons, dans une étude insérée dans les Mémoires de 
la Société (t. VII, 3' fascicule), fait connaître dans son 
ensemble l'œuvre remarquable de M. de Lacouperie et fait 
ressortir les idées nouvelles qui y sont contenues. Sans 
doute, toutes ne résisteront pas à la critique et à un jugement 
scientifique définitif ; bien des points restent contestables, 
mais nous estimons que parmi les découvertes faites par 
ce linguiste dans le domaine spécial de la linguistique 
chinoise beaucoup sont vraies, et celles qui pourront 
être rectifiées n'en sont pas moins très suggestives. Nous 
voulons ici donner seulement une idée générale des différents 
buts qu'il a poursuivis. On pourra, du reste, les retrouver 
réunies dans ses deux principaux ouvrages : les Langues de 
la Chine avant les Chinois et Y Origine orientale de la civi- 
lisation chinoise primitive. 

Les découvertes de M. de Lacouperie dans le domaine de 
la linguistique sont les suivantes : 1° non-monosyllabisme 
primitif du chinois ; 2° origine assyrienne de la civilisation 
chinoise et de son écriture ; 3° influence de l'hybridité sur 
la langue chinoise; 4° universalité de la règle de position. 
Le principe qui les domine, c'est l'influence sur le chinois à 
la fois de la civilisation babylonienne, relativement occi- 
dentale, et des langues préchinoises. 

La première proposition de M. de Lacouperie, à savoir 
que le monosyllabisme chinois n'est pas primitif, n'est pas 
une idée qui lui appartienne en propre, mais il a su la 
mettre en plein relief. Bien d'autres savants avant lui, 
en particulier Edkins, avaient remarqué, en étudiant les 
dialectes chinois, que ce monosyllabisme était hystérogène, 
et ils avaient souvent restitué le mot primitif disyllabique 
ou même trisyllabique. Depuis, un savant orientaliste, M. de 
Harlez, a soutenu la même thèse dans un remarquable écrit 
intitulé : Existe-t-il des langues purement monosyllabiques ? 
et dans lequel il passe en revue dans ce but le thibétain, 



— kxxiv — 

le chinois et le birman. Il est certain que les mots em- 
pruntés par le japonais au chinois plus ancien ne sont pas 
monosyllabiques, qu'il en est ainsi dans les dialectes de 
Hakka, de Ning-po et de Canton, que par exemple « le 
tigre », qui est hu en mandarin, est lofu, lifu en canton- 
nais ; il y avait donc disyllabisme ; il y avait trisyllabisme 
pour le mot : y h « douter », lu encore ngai et ngat dans 
certains dialectes, et qui était en ancienne écriture ou ku- 
wen, un signe complexe qui devait se lire togaté, racine se 
retrouvant dans le japonais otagai. Il faut ajouter que ce 
n'était pas seulement l'étude du dialecte chinois, et des 
langues ayant fait au chinois ancien de nombreux em- 
prunts, comme le japonais, mais aussi à celle de l'écriture 
chinoise antique, du ku-wen, que M. de Lacouperie avait 
eu recours pour prouver cette thèse. C'est peu à peu que la 
langue chinoise se serait réduite au monosyllabisme ; de là 
ses nombreuses homophones, cause d'une grande confusion 
dans le langage. 

C'est pour y remédier que se seraient peu h peu formés 
les tons. Il était déjà affirmé par le savant sinologue Ed- 
kins que ces tons n'avaient pas existé à l'origine. Suivant 
M. de Lacouperie, ils auraient pris naissance par un besoin 
diacritique; c'était leur cause finale. Quant à leur cause ini- 
tiale et mécanique, elle était double, la première était 
l'application de la loi de compensation, en vertu de laquelle, 
lorsqu'un mot s'abrège, le vocalisme de la syllabe restante 
s'allonge et se renforce. La loi de compensation s'ap- 
plique à toutes les langues ; elle se serait réalisée en chi- 
nois par les différents tons ; chaque ton différent aurait 
peut-être même remplacé un phonème différent disparu. 
Cette assertion vraisemblable avait pourtant le tort d'être 
hypothétique. L'autre facteur aurait été l'hybridité. 

L'hybridité est, en effet, un des phénomènes les plus 
importants, mais les plus mal connus du langage ; les lan- 
gues hybrides sont des produits métis, profondément trou- 
blés dans leur composition ; elles ont été, en Allemagne, 
tout particulièrement étudiées par M. le docteur Schu- 
chardt. Le plus souvent, dans ce mélange, les éléments se 
séparent ; la grammaire appartient à une langue, le voca- 



— Ixxxt — 

bulaire à l'autre. Il en serait différemment, suivant M. de 
Lacouperie; l'élément psychologique, la syntaxe, serait elle- 
même hybride, à plus forte raison la morphologie et la 
phonétique. A cet effet, il a classé avec soin les langues 
préchinoises et étudié leur caractère et leur influence sur le 
chinois. Les tons seraient, en particulier, un des résultats 
de Thybridité. 

A ce propos, M. de Lacouperie a observé attentivement 
la règle de position, en général, et il en a fait le point de 
départ de ce qu'il appelait l'idéologie. Il en a donné des for- 
mules très heureuses, classant par des chiffres arabes Tordre 
entre deux mots, par des chiffres romains Tordre entre trois. 
C'est ainsi que I signifierait, par un langage de convention : 
objet, sujet, verbe ; et 6, verbe, objet. Ces formules sont 
commodes et n'avaient pas été imaginées avant lui. 

Un des principaux objectifs des recherches de M. de La- 
couperie, peut-être le principal, a été de rattacher la civi- 
lisation chinoise antique à la babylonienne, et pour rétablir 
il a commencé par la comparaison des écritures. L'entre- 
prise était difficile, car chacune de ces écritures s'est mo- 
difiée dans le cours du temps. Il a dû recourir aux formes 
archaïques de chacune d'elles, ce qui constitue un immense 
travail. Ce sont les tribus Bak, arrivées en Chine environ 
2300 avant J.-C, qui auraient, selon lui, fait cet emprunt 
aux Chaldéens ; ces caractères étaient d'ailleurs peu nom- 
breux, ils se seraient multipliés depuis. D'autre part, ils 
n'avaient pas toujours conservé la même position, tantôt 
verticaux, tantôt horizontaux, tantôt obliques. On voit com- 
bien cette investigation est délicate. Les conclusions de 
M. de Lacouperie sont-elles bien vérifiées? En tout cas, 
c'est un honneur d'avoir appelé l'attention des savants sur 
ce point et d'avoir poussé aussi avant les comparaisons. 

Dans d'autres ouvrages, qui ne sont plus du domaine de 
la linguistique, notre regretté confrère a cherché, pour sa 
thèse, des preuves tirées de l'histoire, de la mythologie, de 
la sociologie même et de l'anthropologie, des connaissances 
astronomiques, etc. ; on lui doit une très curieuse étude sur 
les pygmées négritos, les hommes de pierre de la Corée, 
la machine à calculer, etc* 



— lxxxfj — 

Telle est, dans ses lignes essentielles, l'œuvre de M. de 
Lacouperie, dont la science regrette aujourd'hui vivement 
la perte, d'autant plus que cette œuvre reste inachevée, et 
que sa vaste érudition, aussi bien que ses convictions 
scientifiques étaient nécessaires pour la terminer. Lorsque 
la mort est venue frapper M. Terrien de Lacouperie, il 
terminait son grand ouvrage : Western origin of the earhj 
chinese civilisation, que devait suivre un autre en plusieurs 
volumes : Begùming of wriiing m central and eastern Asia, 
or notes on 450 embryo-writings and scripts, et il préparait 
on manuel d'art chinois, commandé par le South Kensington 
Muséum pour sa série de Science and art handbooks. 

Elle a été appréciée récemment à sa valeur par un des 
orientalistes les plus compétents, M. Cordier. Il est triste 
d'être obligé de clore cet article nécrologique en ajoutant 
que depuis plus de dix ans, M. de Lacouperie vivait dans 
une extrême misère, qu'il laisse en mourant une veuve sans 
ressources et qu'il ne lui a jamais été accordé de pension 
ou de subvention par le gouvernement britannique ni par 
aucune société savante anglaise. 

Raoul de la Grassbrib. 



Chartrw. — laprimeri* Dciab», rat Folbtrt. 



BULLETIN 



m la 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 

N» 40 



» mt » i» > 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



du 6 Avril au 22 Juin 1895 



SÉANCE DU 6 AVRIL 1885. 

Présidence de M. l'abbé Roussklot. 

Présents : MM. Bauer, Boutroue, Bréal, Cart, Chabot, de 
Charencey, Chilot, R. Duval, Duvau, Finot, Henry, Lejay, 
Lévi t Maris8iaux, Meillet, Pernot, Psichari, Rousselot. 

M 11 ' de Tchernitzky assiste à la séance. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

Présentation. MM. S. Lévi et Meillet présentent, pour 
être membre de la Société, M 11 * Antoinette de Tchernitzky, 
9, rue Le Goff, à Paris. 

Hommages. Voir page xcv. 

Communications. M. R. Duval étudie un certain nombre 
de particularités de trois dialectes araméens modernes, le 
dialecte des Nestoriens d'Ourmia et les deux dialectes 
parlés à Salamas, l'un par les Chrétiens, l'autre par les 
Juifs. 

Il montre comment se comportent ces différents dialectes : 

9 



— lxxxviij — 

1* au point de vue de la production d'une spirante palatale 
ou vélaire après t ou t* ; 2° au point de vue du traitement 
des consonnes hébraïques qui, en araméen, s'aspirent après 
voyelle. 

M. Rousselot insiste sur le grand intérêt que présentent 
ces faits au point de vue de la phonétique générale. 

M. Bréal donne lecture d'une lettre de M. d'Abbadie, l'on 
des fondateurs de la Société de Linguistique, au sujet d'une 
donation qu'il se propose de faire à l'Académie des sciences : 
une des clauses de cette donation étant relative à la préser- 
vation de la langue basque, M. d'Abbadie consulte la Société 
pour savoir s'il est, comme iL le pense, utile de préserver 
les idiomes locaux. Après un échange d'observations, la 
Société charge à l'unanimité son secrétaire de répondre 
affirmativement à cette question. 

M. Psichari, à propos d'une précédente communication 
de M. l'abbé Rousselot, signale dans un patois grec des 
exemples de modifications sporadiques d'un son, en parti- 
culier de /. 

Des observations sont présentées par différents membres. 

M. Bréal propose une étymologie du verbe Soxta, qui, 
comme plusieurs autres verbes grecs en x, serait formé sur 
un parfait. On trouve la même racine, sans x, dans l'homé- 
rique Moto ou Marco, dans les formes dialectales Marc», 
Msturp, qui toutes ont le même sens que taxa». 

Des observations sont présentées par MM. Meillet, Psi- 
chari. 

M. V. Henry entretient la Société d'un travail envoyé par 
notre confrère, M. Edwin Fay, sur le dieu védique de 
l'éclair. 



SÉANCE DU 27 AVRIL 1895. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents : MM. Bauer, Boutroue, Bréal, Galoiano, Cart, 
Chabot, de Gharencey, R. Du val, Duvau, Graffin, Halévy, 



— lixxix — 

Henry, Finot, Lejay, Marissiaux, Meillet, Psichari, Rous- 
selot. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Election. M IU de Tchernitzky est élue membre de la 
Société. 

Nouvelle. M. Bréal fait part i la Société de la nouvelle 
de l'organisation d'un congrès international des langues 
romanes, qui s'ouvrira à Bordeaux le 5 août prochain, et 
pour lequel des adhésions sont sollicitées. 

Hommage. Voir page xcv. 

A propos de l'ouvrage de M. Wimmer, M. Boutroue pose 
une question relative aux rapports des mythes Scandinaves 
avec la mythologie indo-européenne. 

Communications. M. Meillet montre que les langues 
indo-européennes n'ont en commun ni un mot indiquant un 
rite religieux (le skr. ydjati, diffère du gr. «Çecai i la fois 
par la forme et parle sens), ni un nom propre de dieu qui ne 
soit en même temps le nom d'un objet matériel : « ciel, so- 
leil, etc. », ou d'un phénomène naturel : « aurore, etc. ». 
Mais la notion du dieu indo-européen ressort de l'étude de 
quelques mots connus : le dieu est « céleste » (itoopdcvtoç), 
l'homme « terrestre » (fc«xtovtoç), de là le nom de l'homme 
dans plusieurs dialectes contigns : lit. kmogus, goth. guma, 
lat. hamo ; le dieu est « immortel » (àMvotoç), l'homme 
mortel (ftvipéç), de là le nom de l'homme dans d'autres dia- 
lectes : skr. marias, zd. mafyo, arm. mord, gr. (Jporéç (sou- 
vent accompagné de l'épithète Ovtjt^) ; le dieu est assimilé 
au chef de la tribu ou de la maison et reçoit le titre de 
potis (x6rvia épithète homérique de déesses) et le « père » : 
Aajiinjp (cf. thess. Aa|A|Adrcpetoç) est sans doute *Ao9-|A3TV)p «la 
maîtresse de la maison « (cf. lesb. Au|A&pctoç, de *Aapdfa)p, 
ancien *Au>|Aa-(AdrnQp). Enfin le dieu est « riche >. : v. perse 
baga, v. si. bogù (cf. u-bogù «pauvre »); l'accentuation du 
skr. bhdgas, russe génit. bôga s'oppose à la traduction «ce- 
lui qui partage ». 

Des observations sont présentées par MM. Bréal et Duvau. 

M. Halévy signale la ressemblance des idées indo-euro- 
péennes sur la nature des dieux et des hommes avec les 
idées sémitiques. 



— xc — 

M. Halévy fait ensuite deux communications. L'une porto 
sur un terme de parenté lycien jusqu'ici inexpliqué, zzimazi, 
qui signifierait « sœur » : on doit noter à ce propos certains 
rapports du vocabulaire lycien avec le vocabulaire géorgien. 

En second lieu, M. Halévy traite de l'origine étrangère de 
certains mots sanscrits relatifs à l'écriture : le mot même qui 
désigne l'écriture : Upi, dipi, est l'assyrien dipu, dipi « ta- 
blette » ; phalaka, « tablette », est le grec «XiÇ, pitaka est 
Ktrubuov. M. Halévy montre toute l'importance de ces éty- 
mologies pour la thèse qu'il soutient relativement à la date 
récente de l'introduction de l'écriture dans l'Inde. 

Des observations sont présentées par différents membres, 
en particulier par MM. Psichari, Rréal. 



Séance du 11 Mai 1895. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents : MM. Bauer, Bréal, Caloiano, Cart, de Cha- 
rencey, R. Duval, Duvau, Finot, Halévy, Henry, Lejay, 
Marissiaux, Meillet, Pernot, Psichari, Rousselot, M 11 * de 
Tchernitzky. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir p. xcv. 

Correspondance. Il est donné lecture d'une lettre de M. 
de Harlez, exprimant ses regrets de ne pouvoir jamais, à 
cause du mauvais état de sa santé, assister aux séances de 
la Société. 

Communications. M. Henry étudie un certain nombre de 
passages du Rig- Veda : il recherche en particulier l'origine 
de L'épithète nâsatyâ appliquée aux Açvins, et du nom de 
divinité puramdhis. Il montre l'influence que l'emploi 
comme vocatif a dû nécessairement avoir sur la forme des 
noms propres : des remarques sont présentées à ce sujet par 
MM. Bréal, Rousselot, Psichari. 



— xcj — 

M. Psichari signale dans le dialogue de Naxos l'emploi du 
verbe fo6cp(fr> au sens de « flamber, réchauffer », où Ton 
pourrait songer à voir le verbe latin fouere. Mais il faut tenir 
compte des mots 90176) t « cendre brûlante » (du vénitien 
fogalo, se rattachant à Fit. fuoco), et 90700, «pofco « poêle ». 

M. Finot, à propos d'une précédente communication de 
M. Halévy, observe que les mots sanscrits phalaka, pitaka 
peuvent s'expliquer par des racines indiennes, sans qu'il soit 
besoin de recourir i une étymologie grecque ; de plus, le 
seul sens de pitaka est « corbeille » et non « tablette ». 
M. Halévy répond que le mot xXaÇ se retrouvant dans toutes 
les langues de l'Asie antérieure, il est tout naturel d'ad- 
mettre le même emprunt en sanscrit. Il maintient de môme 
ses conclusions pour pitaka. 

Des observations sont faites par plusieurs des membres 
présents. 

M. V. Henry consulte la Société sur l'étymologie de 
conar, proposée par notre confrère, M. Wharton : coanor 
« je rassemble mon haleine ». 

M. Pernot étudie la prononciation de Tu comme u entsa- 
conien : cet u qui d'ailleurs n'existe pas dans tous les mots' 
qui présentaient u en grec, est dû, en tout cas, à une modi- 
fication postérieure de ô, les consonnes voisines présentant 
des altérations qui n'ont pu se produire qu'en présence d'un 
son palatal. 

Une question accessoire relative à la prononciation de la 
diphtongue c. en grec amène un échange d'observations 
entre différents membres. 



Séance du 25 Mai 1895. 

Présidence de M. l'abbé Roussblot. 

Présents ; MM. Bauer, B ou troue, de Charencey, Duvau, 
Finot, Halévy, Henry, Lejay, Lévi, Meillet, Psichari, 
Rousselot, M ,lc deTchernilzkv. 



— xcij — 

Assistant étranger, M. l'abbé J. Beaurredon. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Présentations. Sont présentés pour être membres de la 
Société, par MM. P. Verrier et L. Havet, M. Hermann 
Osthoff, professeur à l'Université de Heidelberg; par MM. 
L. Havet et Duvau, M. W.-M. Lindsay, feilow of Jésus Col- 
lège, Oxford. 

Communications. — M. Halévy propose une hypothèse 
sur le nom dujaka, dojaka qui se trouve sur des monnaies 
provenant certainement de Taxila. Dujaka pourrait être le 
nom propre de Taxila, ou tout au moins d'une ville de cette 
province. 

M. Lévi signale les difficultés de cette identification. 

Dans une seconde communication, M. Halévy signale 
comme d'origine sémitique (assyrienne) deux mots sanscrits 
karumkara « grue » et bali « tribut ». 

Des observations sont présentées par MM. S. Lévi, Henry. 

A propos d'une précédente communication de M. Halévy, 
M. Pschari revient sur le mot xrcrdbuov qui n'est pas ancieà 
en grec même. M. Halévy objecte que Iftrcaxoç est déjà em- 
ployé comme nom propre chez Hérodote. 

M. Meillet étudie la place de l'arménien parmi les dia- 
lectes indo-européens. Au point de vue phonétique, l'armé- 
nien est souvent intermédiaire entre l'indo-iranien, le slave 
et le grec. Ainsi, dans le traitement des gutturales, les 
voyelles -0- et -*-, du groupe -toy-: (-owyo- donne arm. 
-ogi- ; le w y est consonne comme en sanscrit et en grec, 
tandis qu'il est second élément d'une diphtongue -ou- dans 
le groupe correspondant -ouyo- de l'iranien, du letto-slave et 
du germanique) ; enfin,* de -s- qui devient h au commencement 
des syllabes, comme en iranien et en grec, et passe à è 
après r comme en indo-iranien et en slave, mais subsiste 
(ou devient h) après t et u comme en grec et à la diffé- 
rence du slave et de l'iranien. 

Des observations sont présentées par M. Henry. A une 
question de M. de Gharencey, M. Meillet répond qu'il ne 
connaît pas d'innovation commune aux langues d'Europe qui 
permettrait d'en constituer une catégorie par opposition 
i l'indo-iranien. 



— xciij — 



Séance du 8 Juin 1895. 



Présidence de M. l'abbé Rousselot. 



Présents: MM. Bauer, Bréal, Cart, Chabot, R. Duval, 
Duvau, Graffin, Henry, Lejay, Meillet, Mélèse, Pernot, Psi- 
chari, Rousselot, M 119 de Tchernitzky. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

Elections. Sont élus membres de la Société MM. H. Os- 
thoff et W.-M. Lindsay. 

Communications. M. R. Duval étudie les formes du pro- 
nom personnel et de l'adjectif possessif dans le dialecte 
d'Ourmia, et en particulier l'origine de Vf ou v adventice 
qui s'ajoute à Vè du masculin ou à Vd du féminin dans le 
dialecte juif. Ensuite, il traite de la prononciation très gut- 
turale du 90/ dans ce dialecte, et du changement du b en p 
dans certaines combinaisons de sons. 

Des observations sont présentées par M. Rousselot. 

M. Bréal propose une interprétation nouvelle de la der- 
nière partie d'une inscription italique (Zvetaieff, Inscr. Ita- 
liae mediae dialect. n° 41), ded \ ca. cumnios. cetur, qu'il 
faut traduire : dedicat Cumniorum centuria. Cumnios est 
l'abréviation d'un génitif en -osom. 

Des observations sont présentées par MM. Psichari, 
Duvau. 

M. Lejay examine ceux des témoignages anciens relatifs 
à l'accent latin, qui peuvent être considérés comme indé- 
pendants des sources grecques, et conclut qu'ils sont suffi- 
sants pour confirmer l'idée, généralement admise en France, 
mais contestée à l'étranger, que l'accent latin était encore, 
durant la période classique, de nature mélodique. 



— ICI? — 



Séàngb du 22 Juin 1895. 

Présidence de M. l'abbé Roussilot. 

Présents : MM. Barbier de Meynard, Bauer, Beljame, 
Bréal, Cart, Chabot, R. Duval, Duvau, Finot, Le Foyer, 
Graffin, Lejay, Lévi, Mélèse, Meillet, Mowat, Pernot, Psi- 
chari, Reinach, Rosapelly, Rousselot. 

Absent et excusé : M. le comte de Charencey. 

Assistants étrangers : MM. L. de la Vallée Poussin, 
Foucher, Karsten, Nystrom. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

Hommages. Voir page xcv. 

Election. MM. Benlœw et Bréal présentent, pour être 
membre de la Société, M. Raillard, professeur au lycée Jan- 
son de Sailly, 37, rue de la Tour, à Paris. 

La séance étant la dernière avant les vacances, l'admis- 
sion de M. Raillard est immédiatement mise aux voix. M. 
Raillard est élu membre de la Société. 

Communication. Un certain nombre de membres de la 
Société ayant pensé qu'il y aurait avantage à remplacer, 
pour cette séance, la dernière de l'année académique, les 
communications habituelles dont chacune ne s'adresse 
qu'à un petit nombre de spécialistes, par une conférence 
d'un caractère plus général, M. l'abbé Rousselot expose 
l'histoire de la phonétique expérimentale, qui a pris naissance 
dans notre Société il y a vingt ans. Il démontre l'emploi des 
appareils et répète les principales expériences. 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 



6 avril 189$. 

Suprimarea artieolului ca porte de cuvtnt ri a lui u mut de eapitanul 
A.-6. Orleanu. Craiova, 1896. — Offert par l'auteur. 
Zivaia starina. Tomet 1 à 3, t. 4, fasc. 1-2. — Offert par les éditeun. 



t7 avril 199$. 

L.-F.-A. Wimmer. Om undersatgelsen og tolknèngen of vore runemindes- 
mmrher. Copenhague, 1895, in -S. — Offert par l'auteur. 



11 mai 1895. 

Louis de Backer. La langue flamande en France députe les temps les plus 
recule* jusqu'à nos fours. Gand, 1893, in-8. — Offert par l'auteur. 

Colonel Chaillé-Long-Bey. La Corée (Annales du Musée Guimet, t. XXVI, 
1" partie). — Offert par M. Em. Guimct 

Zeilsehrifl f&r vergleichende Sprachforschung, vol. XXXIII, 4* fasc Gû- 
tersloh, 1894, in-8. — De la part de M. E. Kuhn. 

F. Godefroy. Dictionnaire de V ancienne langue française, fasc 70, 71, 75, 
77 et 78. — De la part du Ministère de l'Instruction publique* 



89 juin 1895. 

Liste des membres du Comité des travaux historiques et scientifiques. Pa- 
ris, 1895. — De la part du Ministère de l'Instruction publique. 

Discours prononcés à la séance générale du Congrès des sociétés savantes 
Paris, 1895. — De la part, du Ministère de l'Instruction publique. 



AVIS 



PUBLICATIONS ANTÉRIEURES AU 1" JANVIER 1895 



Conditions de Tente particulières aux Membres 

de la Société 



Collection complète des Mémoires (tomes I à VIII). 117 fr. 

Volumes isolés : tomes I et VII, chacun. ... 12 fr. 

— tomes II, III, IV, V, VI, chacun. 15 fr. 

— tome VIII 18 fr. 

Fascicules isolés : chacun 8 fr. 

Le Bulletin (collection et numéros isolés) est mis gratui- 
tement à la disposition des membres de la Société. 



Les frais d'envoi sont à la charge de t acheteur. 



Les demandes doivent être adressées à l'Administrateur. 



ADDITIONS ET MODIFICATIONS 

A LA 

LISTE DES MEMBRES 

(du 1" mai au 10 décembre 1895) * 



Membres notrreaux. 

David-Beguiahtz (Sergius), 51, rue Gay-Lussac, Paris. — Élu membre de 
la Société le 7 décembre 1805. 

Lindsay (W.-M.), fellow of Jésus Collège, Oxford (Grande-Bretagne). — 
Élu membre de là. Société le 8 juin 1895. 

Osthoff (Hermann), , professeur de grammaire comparée à l'Université, 
25, Mônchhofstrasse, Heidelberg (grand-duché de Bade). — Élu membre de 
la Société le 8 juin 1895. 

Raillard (Raoul), professeur au lycée Janson-de-Sailly, 37, rue de la 
Tour, Paris. — Élu membre de la Société le 22 juin 1895. 

Rambaud (Le capitaine Jean-Baptiste-Antoine), professeur à l'école 
militaire* de l'artillerie et du génie, 40, avenue de Saint-Gloud, Versailles 
(Seine-et-Oise). — Élu membre de la Société le 7 décembre 1895. 



Changements d'adresse *• 

A thonier (Etienne), 46, rue du Général-Foy, Paris. 

Baudouin devCourtenay (J.), 13, rue Radziwill, Gracovie (Autriche). 

Bokacq (Emile), chargé de cours à l'Université, 40, rue du Bourgmestre, 
Bruxelles (Belgique). 

Boissibr (Gaston), secrétaire perpétuel de l'Académie française, 23, quai 
Conti, Paris. 

Bonnardot (François), 1, rue des Tournelles, Arcueil (Seine). 

Boucher» (Adhémar), 16, place Saint-Pierre, Angouléme (Charente). 

Dianu (Jean), professeur au séminaire central. Adresser : poste restante, 
Bucarest (Roumanie). 

Dormi (Georges), 6, rue de Belair, Rennes (Ille-et- Vilaine). 

Durand-Gréville (Emile), Bois-Briou, Angers (Maine-et-Loire) [d'avril à 
décembre], et 174, rue de Grenelle, Paris [de janvier à mars]. 

HiRiOT-BuNOUST (l'abbé Louis), 27, rue d'Assas, Paris. 

Grammont (Maurice), maître de conférences à la Faculté des lettres, 
Montpellier (Hérault). 

Lambert (Charles), maître de conférences à la Faculté des lettres, Dijon 
(Côte-d'Or). 



1. La dernière lifte complète des membres de la Société, arrêtée au 1* juillet 
1894, a été publiée avec le fascicule 6 du tome VIII des Mémoires. La liste des 
modifications survenues du 1" juillet 1894 au 30 avril 1895 a paru dans le n° 39 
du Bulletin (p. xv). 

2. Nos confrères sont instamment priés de communiquer tout changement d'adresse 
directement à l'Administrateur de la Société: cette notification est indispensable 
pour l'envoi régulier des publications. 



— xcTiij — 

Marissiaux (Paul), professeur au lycée» Châteauroux (Indre). 

M iybr (Paul), 16, avenue de Labourdonnais, Paris. 

MoimuTOifKtT. Adresser: aux soins de M. A. Meillet, 24, boulevard 
Saint-Michel, Paris. 

RoiRscH (Alphonse), chargé de cours à l'Université» tO, rue de Brabant, 
Gand (Belgique). 

Roger (Maurice), professeur au lycée Carnot, 9, rue Léon-Cogniet, Paris. 



Déoê*. 



Joseph Dirinbouro (f 29 juillet 1906). 
James Jackson (f 17 juillet 1895). 



NÉCROLOGIE 



JAMES JACKSON. 

Le 17 juillet dernier est décédé on de nos confrères, 
M. James Jackson, laissant un testament dans lequel il a 
distribué, par parts égales, une somme de cent mille francs 
entre neuf sociétés, parmi lesquelles figure la « Société de 
Linguistique ». 

Notre confrère était le petit-fils de James Jackson, qui 
fut chargé, par le gouvernement français, à la chute du pre- 
mier Empire, de créer en France l'industrie de l'acier 
fondu qui n'avait existé jusqu'alors qu'en Angleterre. 

Le frère de notre bienfaiteur, M. William Jackson, qui l'a 
suivi dans la tombe à quinze jours d'intervalle, a écrit dans 
une précieuse brochure l'histoire de sa famille 1 . C'est une 
histoire intéressante et qui méritait d'être racontée, que 
celle de cet homme venant implanter dans les montagnes 
de Saint-Etienne une branche nouvelle de travail, et luttant 
avec ses cinq fils contre les influences intéressées à faire 
échouer leur tentative. Ces hommes ont doté notre pays 
d'une immense industrie, et presque toutes les usines mé- 
tallurgiques des bassins de la Loire et du Doubs sont sorties 
de leurs créations. 

C'est là, à Assailly (Loire), que naquit James Jackson, le 
9 septembre 1843. Par sa mère, il descendait de la grande 



1. William-F. Jackson : James Jackson et ses fils, Notice sur leur 
vie et sur les établissements qu'ils ont fondés ou dirigés en France. 
ln-4 avec trois héliogravures et un plan. Paris, 1893. Tiré à 275 exem- 
plaires. 



— . c — 

famille huguenote des fabricants des environs de Montbé- 
liard, les Peugeot. 

Il vint à Paris à douze ans et, au lycée Bonaparte, il se 
distingua par son ardeur pour la géographie. Grand voya- 
geur, ayant hérité de l'amour de la race anglaise pour les 
courses à travers le monde, connaissant plusieurs langues, 
esprit exact et rigoureux, homme de conscience et de fidé- 
lité à sa tâche, il était né pour la place d'archiviste-biblio- 
thécaire de la Société de Géographie, qu'il a occupée pen- 
dant douze années. Avant de se consacrer entièrement i 
cette tâche, il avait fait, au Muséum et dans les amphi- 
théâtres de dissection, les meilleures études d'histoire natu- 
relle et de physiologie. 

James Jackson était un bibliothécaire comme il y en a 
peu. Non seulement il s'acquittait de ses fonctions avec un 
zèle infatigable et une conscience scrupuleuse, mais il enri- 
chissait par des dons généreux les collections dont la garde 
lui était confiée. 

Lorsqu'il résigna ses fonctions, la Société de Géographie 
lui décerna une médaille d'or, et je vais faire des emprunts 
importants au rapport rédigé à cette occasion par M. Edouard 
Cas pari, président de la Commission centrale 1 : 

« J. Jackson savait, avec un zèle et une persévérance in- 
« comparables, et au prix de démarches nombreuses, inta- 
ct resser les éditeurs et les auteurs à l'accroissement de son 
« fonds ; il savait surtout, quand un ouvrage lui paraissait 
« avoir sa place marquée sur ses rayons, l'y faire figurer i 
a ses frais. Aussi n'est-il que juste de faire honneur i son 
« activité et à sa générosité infatigables des progrès consi- 
« dérables que la Bibliothèque a faits sous sa direction. Il 
« ne s'est pas contenté de remplir avec une conscience exem- 
« plaire une tâche absolument gratuite, et qui lui prenait le 
« plus clair de son temps, mais il y a contribué largement 
« de sa bourse. 

« Ce n'est pas seulement le chapitre des livres et im- 



1. Bulletin trimestriel de la Société de géographie, 1S94, 2« trimes- 
tre, page 196. Rapports sur les prix décernés par la Société de Géo- 
graphie dans sa séance du 20 avril 1894. 



— cj — 

« pressions qui lui est redevable : il s'est appliqué à réunir 
« une très belle collection de vues photographiques qui 
« compte actuellement plus de 17,000 feuilles de tous les 
« pays du globe, dont une partie exécutée par lui-même ; il 
« a poursuivi avec une louable ténacité la constitution d'une 
« collection, peut-être unique, de portraits de géographes 
« et de voyageurs qui atteint, aujourd'hui, le chiffre res- 
te pectable de 2,300 environ. 

« En plus des communications intéressantes faites aux 
« séances, notre bibliothécaire a publié des bibliographies 
« géographiques fort appréciées des travailleurs. Il a passé 
« de longs mois à établir, en dehors de son travail quoti- 
« dien, la table analytique des 5* et 6* séries du Bulletin, 
« comprenant les années 1861 à 1880. » Cette table ma- 
nuscrite doit être imprimée prochainement aux frais de 
Madame Jackson. On trouvera, en note, l'indication des 
autres ouvrages dus à la plume de notre confrère f 

Sa vie fut simple et modeste comme son caractère. Bien 
que la situation de fortune atteinte par sa famille le déga- 
geât de tout souci matériel, on peut dire qu'il n'a pas cessé 
un instant de travailler jusqu'au moment de sa mort. Son 
activité était incessante, au point de paraître par moment 
fiévreuse. Ainsi que l'a dit M. F. Schrader dans l'éloge qu'il 
lui a consacré au nom du Club Alpin Français, qui profite 
également des libéralités de M. J. Jackson: « C'est par 
« milliers qu'il rapportait de ses voyages des photographies 
a de sites géographiques ou géologiques qu'il distribuait 
« ensuite aux sociétés de géographie et d'alpinisme ». 

Son zèle et son dévouement s'exerçaient sous toutes les 

1. Les Voyages en Islande; traduit de la « Saturday Review » du 
14 décembre 1872. Alger, 1873, in-16 de 14 pages. 

Liste provisoire de Bibliographies' géographiques spéciales. Editée 
par la Société de Géographie. In-8 de 340 p. 1881. 

Le Gulf-Stream. Communication faite au Congrès de Rouen de 
l'Association pour l'avancement des sciences de 1883. In-8. 

Rapport de f Archiviste-Bibliothécaire adressé à la Commission 
centrale de la Société de Géographie pour V exercice 1887. In-12. 

Socotora. Notes bibliographiques. Extrait de la Revue de Géo- 
graphie. In-8 de 39 p. 1892. 

Tableau de diverses vitesses exprimées en métrés par seconde. In-8, 
1893. 



-cij- 

formes. En 1 871 , -pendant la Commune, il se prodigua i 
soigner les blessés ; et, dans un de ses voyages en Amérique, 
le navire de la Compagnie Transatlantique, sur lequel il re- 
venait de New- York, ayant perdu sa boussole, ce fut lui 
qui prêta ses instruments au capitaine, et qui contribua au 
salut des passagers. 

Telle était sa conscience scientifique que, lorsqu'il tra- 
vaillait A son beau livre : Liste provisoire de bibliographies 
géographiques spéciales, ne trouvant pas à Paris, ni à Lon- 
dres, tout ce qu'il lui fallait, il alla à Harvard-University, 
à Boston, où il travailla pendant six mois, et d'où il revint 
avec sa Bibliographie complète. 

Il a eu des amis dévoués et fidèles, et c'est dans une lettre 
émue qu'un d'entre eux, M. le pasteur Samuel Berger, pro- 
fesseur i la Faculté de Théologie protestante de Paris, a 
bien voulu m'adresser, que j'ai puisé la plupart des rensei- 
gnements contenus dans cette notice. 

Tel fut cet homme de bien qui s'intéressait aux manifes- 
tations les plus nobles et les plus variées de l'activité hu- 
maine, et qui a laissé des preuves de cet intérêt qui lui 
méritent la reconnaissance de notre Société. Sa vie peut être 
citée comme un exemple, et on aurait pu écrire sur sa 
tombe: « Vitam transiitbene faciendo. » 



Alexandre Boutroub. 



BULLETIN 



m la 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



N« 44 



» •!»!> « 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



du 23 Novembre 4895 au 29 Février 4896 



Séance du 23 Novembre 1895. 

Présidence de M. l'abbé Roussxlot. 

Présents: MM. Bou troue, Boyer, Bréal, Cart, Duvau, 
Finot, Henry, Le Foyer, Lejay, Lévi, Meillet, Pernot, 
Psichari, Raillard, Rousselot, M 1U de Tchemitzky. 

Assistant étranger: M. le capitaine Rambaud. 

Nouvelles. M. le Président rappelle la mort de deux de 
nos confrères : MM. Joseph Derenbourg et James Jackson, 
survenue pendant les dernières vacances, et se fait l'inter- 
prète des regrets de la Société. 

M. Bréal rappelle l'affabilité et la bienveillance de Joseph 
Derenbourg, et quel rangéminent il occupait dans les études 
sémitiques 1 . 

M. le Président fait Téloge de James Jackson, qui s'occu- 



1. Le prochain numéro du Bulletin contiendra une notice sur la 
vie et les travaux de notre regretté confrère Joseph Derenbourg. 

h 



— C1V — 

pait plus particulièrement d'études géographiques, mais qui 
avait tenu i faire partie de notre société à laquelle il a laissé 
par testament un don important. 

M. Bréal fait part du regret qu'a éprouvé notre illustre 
confrère, M. Ascqli, venu à Paris à l'occasion des fêtes de 
l'Institut, de n'avoir pu, à cette occasion, assister à une 
séance de notre Société. 

Est communiquée à la Société une invitation i prendre 
part aux « Assises littéraires et scientifiques ». 

Hommages. Voir page cxvj. 

Présentations. Sont présentés pour être membres de la 
Société: par MM. Boyer et Meillet, M. le capitaine Rambaud, 
professeur i l'École militaire de l'artillerie et du génie, 40, 
avenue de Saint-Cloud, à Versailles (S.-O.); par MM. Meillet 
et Lévi, M. S. David-Begoiantz, 51, rue Gay-Lussac. 

Communications. M. Bré al entretient la Société des éty- 
mologies arbitraires de différents termes exprimant des idées 
morales, présentées par le philosophe Nietzsche à l'appui 
de ses théories. 

Des observations sont faites par différents membres. 

M. Meillet propose une solution des difficultés que présente 
le grec ficxoç; i vient d'un plus ancien u par un fait de dissi- 
milation dont on a d'autres exemples : cet u, étant initial, avait 
nécessairement l'esprit rude qui a subsisté après le change- 
ment de voyelle. Il provenait lui-même d'un plus ancien c, 
altéré par l'influence de la gutturale suivante. 

Des observations sont faites par MM. Bréal et Rousselot. 

M. Duvau étudie deux termes de pèche français: guideau 
et gord. Le premier est emprunté au germanique par l'inter- 
médiaire du breton ; le second est d'origine celtique et ses 
équivalents se retrouvent en breton, en gallois et en irlandais. 

Des observations sont faites par M. Henry. 

M. Rousselot fait connaître à la Société différents perfec- 
tionnements et simplifications qu'il a introduits dans ses appa- 
reils enregistreurs des vibrations du larynx. Il signale égale- 
ment quelques faits qu'il a constatés dans la prononciation 
du français en Bretagne, particulièrement en ce qui concerne 
les gutturales. 



— cv — 



S£ancb du 7 Novembre 1895. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents: MM. Bauer, Boutroue, Bréal, Cart, David- 
Beguiants, Duvau, Henry, Le Foyer, Lejay, Meillet, Per- 
not, Psichari, Rousselot, M 11 * de Tchernitzky. 

Le procès-verbal de la précédente séance est la et adopté. 

Élections. MM. David-Beguiants et le capitaine Ram- 
baud sont élus membres de la Société. 

Commission des finances. MM. Meillet, Psichari et 
Cart sont désignés pour faire partie de la commission des 
finances. 

Communications. M. Le Foyer indique un exemple de 
survivance du gérondif en français: « A pierre fendant » 
chez H. Estienne, à ajouter à ceux qu'a signalés précédem- 
ment M. Bréal. 

Il signale en outre un passage de Plutarque, Vie de 
Lycurgue, ch. ix, où (AiXXeiv a encore le sens de « vouloir », 
considéré comme primitif par M. Bréal. Le verbe vouloir 
avec sens du futur s'emploie aussi couramment en Franche- 
Comté et dans le canton de Vaud. 

Des observations sont faites par MM. Pernot, Rousselot. 

M. Pernot étudie l'histoire de l'indicatif présent du verbe 
« être » en grec, il recherche dans les textes médiévaux la 
date des différentes formations analogiques. 

Cette communication très détaillée donne lieu à différentes 
observations de la part de MM. Rousselot, Henry, Duvau, 
Meillet, Bréal, Psichari. 

M. Bréal propose de voir dans le grec ouùtfi « en silence » 
une adaptation à artfl de la finale de exiMrf) : le y aurait dis- 
paru entre i et «*. 

Des observations sont faites par M. Henry. 

M. Bréal signale ensuite dans xtirago la présence de la 
même finale qui, dans p lumbago, etc. , signifie « entassement », 
et se retrouve avec un sens péjoratif dans imago. 



— cvj — 



SÉANCE DU SI DÉCEMBRE 1895. 

Présidence de M. l'abbé Rousselot. 

Présents : MM. d'Arbois de Jubainville, Bréal, Cart, Chi- 
lot, David-Beguiantz, R. Duval, Davau, Le Foyer, Lejaj, 
Meillet, Pernot, Rail lard, Rousselot, M n< de Tchernitzky. 

Absents et excusés : MM. Boutroue et V. Henry. 

Le procès-verbal delà précédente séance est lu et adopté. 

Présentations. Sont présentés pour être membres de la 
Société: par MM. V. Henry et Rousselot, M. Alessandro 
Arrô, professeur à Gagliari (Sardaigne) ; par MM. d'Arbois de 
Jubainville et Duvau, M. Paul Le Nestour, licencié ès-let- 

9 

très, élève de l'Ecole des hautes études, 9, rue Berthollet, 
Paris. 

Hommages. Voir page cxvj. 

Rapport de la commission des finances. M. Meillet 
donne lecture du rapport de la commission des finances sur 
l'exercice 1895: 

Messieurs, 

Après examen des comptes, votre Commission a arrêté le bilan 
suivant au 20 décembre 1 895 : 



Recettes. 




Report d'exercice 


.... 13. 595 fr. 64 


Cotisations annuelles 


1.885 16 


Cotisations perpétuelles 


240 » 


Arrérages de rentes 


850 » 


Intérêts des fonds déposés 


67 » 


Vente de publications 


24 » 




16.661 fr. 80 



DÉPENSES. 

Note de l'éditeur 1.605 fr. 62 

Frais généraux 270 55 

Indemnité de l'administrateur 400 » 

Service et gratifications 92 10 

Droits de garde et frais de banque 8 » 

A reporter. . . 2.376 fr. 27 



— Cflj — 

Report. . . . 2.376 fr. 27 



L'encaisse est de: 

Encaisse du trésorier 1.477 fr. 56 

Encaisse de l'administrateur ... 137 68 

Solde créditeur à la Société générale 12 . 670 29 



14.285 fr. 53 14.285 53 



Total égal 16.661 fr. 80 

La somme disponible, montant, après déduction de dix mille francs 
qui recevront une affectation spéciale, à 4,285 fr. 53, est un peu supé- 
rieure à celle de l'an dernier. Mais il convient d'en déduire encore 
240 fr. qui doivent statutairement être employés en achats et rentes ; 
de plus un fascicule de Mémoires et un numéro de Bulletin ne tar- 
deront pas à paraître et le chiffre de l'encaisse se trouvera par ce 
fait très réduit. 

La subvention qui nous est accordée annuellement parle ministère 
en échange d'un certain nombre d'exemplaires <J© nos publications 
ne nous est pas encore parvenue. Nous espérons que ce retard est 
le résultat d'une simple erreur et que cette subvention, largement 
justifiée par l'importance de nos publications, pourra être touchée 
cette année comme les précédentes et ne nous sera pas retirée dans 
l'avenir. 

21 décembre 1895. 

Th. Cart, A. Meillet, J. Psichari. 

Après une remarque de M. Bréal, signalant que ce n'était 
que par suite d'un malentendu que la subvention ministé- 
rielle, accordée cette année comme les précédentes, n avait 
pas encore été encaissée, les conclusions du rapport sont 
adoptées ; des félicitations sont votées à M. le Trésorier. 

Correspondances. Il est donné lecture : 1° d'une circulaire 
ministérielle invitant la Société à se faire représenter au 
prochain congrès des sociétés savantes : sont délégués à cet 
effet MM. Le Foyer, Lejay, Meillet ; 

2° D'une lettre de M. le préfet de la Seine, invitant la 
Société à prendre une délibération au sujet de l'acceptation 
et de l'emploi du legs de notre regretté confrère M. James 
Jackson. 

Après un échange d'observations entre différents membres, 
la Société décide à l'unanimité d'accepter ce legs, et d'em- 
ployer la somme ainsi mise à sa disposition à l'encourage- 
ment des publications de linguistique. 



* • i 

— CVllj — 

Élection du bureau pour 1806. Il est procédé ensuite 
à l'élection du bureau pour Tannée 1896. Sont élus : 

Président: M. Jean Psichari. 

Vice-Présidents: MM. Alexandre Boutroue et l'abbé Paul 
Lejay. 

Secrétaire : M. Michel Bréal. 

Administrateur: M. Louis Duvau. 

Trésorier: M. Louis Finot. 

Bibliothécaire : M. Théophile Cart. 

Membres du comité de publication: MM. d'Arbois de 
Jubainville, R. Duval, L. Havet, V. Henry, L. Léger, 
G. Paris. 

Communications. M. Meillet étudie le traitement de f long 
et de r devant voyelle, en sanscrit, après la gutturale vé- 
laire : la production d'un &, dans ce cas, atteste qu'à une 
époque ancienne 'la gutturale vélaire présentait le même 
caractère qu'elle a conservé dans le groupe occidental des 
langues indo-européennes, par exemple en latin. 

Des observations sont faites par M. d'Arbois de Jubain- 
ville. 

M. Psichari étudie deux tessères byzantines publiées par 
M. Schlumberger. 

Il est communiqué ensuite un travail de M. Imbert sur une 
inscription lycienne. A ce propos, M. Bréal donne quelques 
détails sur les théories récemment proposées par M. Six au 
sujet de l'alphabet lycien. 

M. Bréal, revenant sur une de ses précédentes commu 
nications, fait remarquer que Pott avait, avant lui, rappro- 
ché <r.(i)xi5 de orrt, mais en expliquant tout autrement la 
finale -wx^. 



Séance du 18 Janvier 1896. 

Présidence de M. Psichari. 

Présents: MM. d'Arbois de Jubainville, Bauer, Bréal, 
Boutroue, Chabot, de Charencey, R. Duval, Duvau, Finot, 



— C1X — 

Halévy, Henry, Lejay, Lévi, Meillet, Psichari, Rousselot, 
W» de Tchernitzky. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

M. Psichari remercie la Société de l'avoir appelé à la pré- 
sidence pour l'année 1896, comme elle l'avait fait pour 
Ernest Renan vingt-neuf ans plus tôt. 

M. Bontroue, vice-président, prononce également quel- 
ques paroles de remerciement. 

Elections. Sont élus membres de la Société : MM. Aies- 
sandro Ârrè et Paul Le Nestonr. 

Honmages. Voir page cxvj. 

Conmnnicatioiis* M. Robens Dnval recherche l'origine 
d'une particularité que présentent les traductions syriaques 
de textes grecs. 

Là où le traducteur conserve un verbe dans la langue de 
l'original, il lui donne la forme de l'infinitif aoriste, en y 
joignant un auxiliaire « être » ou « faire ». Ce système est 
étranger aux habitudes à la fois du grec et des langues 
sémitiques : il doit avoir une origine étrangère. Gomme on 
le retrouve en persan pour les verbes empruntés à l'arabe, 
on peut supposer que les traducteurs pehlevis procédaient de 
même pour les verbes étrangers, et que ce système s'est 
introduit ensuite dans les traductions syriaques de textes 
pehlevis; plus tard, les auteurs de traductions syriaques 
de textes grecs auraient conservé ce moyen commode de 
faire entrer des verbes étrangers dans leur langue. 

Des observations sont présentées par MM. Meillet, Ha- 
lévy, Psichari. 

M. d'Arbois de Jubainville étudie l'origine du suffixe 
-aco- si commun dans les noms de lieu de la région gallo- 
romane. Il fait remarquer que ce suffixe est employé dans les 
formes abrégées de noms d'hommes : p. ex. Senacus à côté 
de Seno-gnatus, Seno-uiros, Dumnacus à côté de Dttmnorix, 
Dumnouellaunus, etc. 

Or ces formes abrégées existent aussi pour les noms de 
lieu : témoin Nemetocenna ( Arras), appelée aussi Nemetacus. 
On peut généraliser cette remarque pour les cas nombreux 
où la forme complète et la forme abrégée ne sont connues 



— CI — 

chacune que pour une ville différente, p. ex. Flautacus 
(Oise), et Flauiobriga (Espagne). 

Des observations sont présentées par différents membres. 

M. Halévy propose de voir dans le sanscrit ni$ka y qui 
signifie « collier » et désigne aussi une espèce de monnaie, 
un emprunt à l'araméen : le Talmud possède en effet le même 
mot avec ces différents sens. Ce mot donne de même l'étymo- 
logie de nask qui désigne les divisions du Zend-Avesta. Le 
sanscrit mandata présente une série de sens tout i fait 
parallèle. 

M. Henry signale quelques particularités de la prononcia- 
tion du français fouet et des mots analogues. Des observa- 
tions sont présentées par M. l'abbé* Rousselot. 

Il est présenté un mémoire sur quelques mots slaves 
d'origine étrangère, envoyé par M. Uhlenbeck : la discus- 
sion est remise à la séance suivante. 



SÉANCE DU 1" FÉVRIER 1896. 

Présidence de M. Psichari. 

Présents: MM. d'Arbois de Jubainville, Bauer, Boutroue, 
Boyer, Bréal, Cart, de Charencey, Chilot, Duvau, Henry, 
Lejay, Le Nestour, Mélèse, Meyer, Paris, Pernot, Psichari, 
Rousselot, M 11 ' de Tchernitzky. 

Assistants étrangers : MM. Adjarian, Ouzov. 

M. Le Foyer, absent de Paris, s'excuse par lettre de ne 
pouvoir assister à aucune des séances de février. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir page cxvij. 

Présentations. MM. Bréal et Duvau présentent pour être 
membre de la Société M. A. Grégoire, docteur en philoso- 
phie et lettres, 5, rue des Carmes, Paris. 

Communications. Il est donné lecture d'un travail de 



-Cl)- 

M. Uhlenbeck sur quelques mots slaves d'origine étrangère. 
Des observations sont présentées par MM. Meillet et Boyer. 

M. Meillet explique ensuite le traitement particulier de 
sr dans les deux mots fends tâthra- et thraotah- par la 
présence du I. 

M. Rousselot communique le résultat de ses recherches 
sur l'épenthèse. Quand une même personne prononce suc- 
cessivement cornera et comAra, le tracé des appareils enre- 
gistreurs est très peu différent : le b épenthétique peut 
donc être considéré comme une transformation de la voyelle 
atone, sans qu'il soit nécessaire de supposer, comme on le 
fait d'ordinaire, la syncope préalable de cette voyelle. 

Des raisons analogues expliquent le changement en t du c 
de vincere, v. fr. veintre. 

Des observations sont présentées par différents membres. 
M. 6. Paris signale en particulier Yi de veintre, qui doit 
être en rapport avec la transformation du c. 

M. Bréal explique par le développement de n final en nd 
la forme du mot allemand Kind « enfant », qui serait ori- 
ginairement identique à yè*o^. 

Puis il propose une explication nouvelle de f expression 
« embrasser une carrière ». Des observations sont présen- 
tées par MM. Meyer, Paris. 

Ensuite il signale comme point de départ du suffixe des 
noms d'animaux femelles x&cpxw», Xuxawa, etc., le mot dis- 
paru *xjotv2 qui a du exister comme féminin régulier de xtov. 

M. Bréal signale encore, au point de vue sémantique, la 
ressemblance entre la dérivation de armare, venu de armus 
* épaule » et top^mota, dérivé de 6c*pi£. 

Puis il relève dans la Peregtnatio Siliàae l'expression ex 
monacho foetus est episcopus, où se trouverait en germe l'ex- 
pression française ex- dans ex-préfet, etc. Des observations 
sont fûtes par MM. Paris, Meyer, d'Arbois de Jubainville. 

Dans une dernière communication, M. Bréal rapproche la 
finale de etâpdhcoSov « esclave » de la finale des mots 
MxsSov, ct*6*e8ov, ayant en commun avec cwîpdhwJo* qu'ils 
désignent un genre particulier de propriété. 



— CXlj — 



Séance du 15 Février 1896. 

Présidence de M. Psichabi. 

Présents : MM. d'Arbois de Jubainville, Berger, Boyer, 
Boutroue, Bréal, Cart, de Charencey, Duvau, Halévy, Henry, 
Lejay, Le Nestour, Meillet, Mélèse, Psichari, Raillard, 
Rambaud, Rousselot. 

Assistant étranger : M. A. Ludvipol. 

Le procès-verbal de la précédente séance est la et adopté. 

Hommages. Voir p. cxvij. 

Election. M. A. Grégoire est élu membre de la Société. 

Présentation. MM. Philippe Berger et Paul Boyer pré- 
sentent pour être membre de la Société, M. le capitaine du 
génie Lamouche, de l'État-Major Général, 18, rue Las Cases, 



M. Psichari émet le vœu que M. l'abbé Rousselot publie 
un ouvrage d'ensemble sur la transcription scientifique des 
différents alphabets. 

M. Bréal annonce que le Congrès international des Orien- 
talistes se réunira l'an prochain à Paris. A ce propos se 
pose la question de savoir s'il y a lieu de proposer d'y éta- 
blir une section de linguistique. Après un échange d'obser- 
vations entre MM. Bréal, Psichari, Duvau, et d'autres 
membres, la Société décide à l'unanimité qu'il y a lieu de 
maintenir dans le futur Congrès la section de linguistique 
inaugurée en 1895 à la session de Genève. 

Communications. M. de Charencey présente un certain 
nombre d'étymologies basques. M. d'Arbois de Jubainville 
pose quelques questions relatives aux lois phonétiques du 
basque, et M. Halévy sur le très grand nombre d'emprunts 
admis par M. de Charencey. M. de Charencey répond que 
les influences étrangères sur le basque ont été assez impor- 
tantes pour modifier même la grammaire de cette langue. 

M. Duvau étudie le gallois eog « saumon », que sa forme 
doit faire considérer plutôt comme un emprunt au latin esox 
(probablement emprunté lui-même à une langue conservant 



— ciiij — 

s intervocalique), que comme le correspondant phonétique 
du vieil irlandais eo; eo lui-môme et le prototype de esox 
(isox) pourrait être rapproché du mot grec u*}> désignant un 
poisson de nature inconnue. 

Des observations sont présentées par MM. Raillard, d'Ar- 
bois de Jubainville. 

M. d'Arbois de Jubainville étudie les deux noms divin? 
SVGELLO et NANTOSVELTE (datifs) qui désignent le dieu 
gaulois au marteau et sa compagne sur une inscription 
récemment découverte àSarrebourg. Le premier se rattache 
à la même racine que le latin percellere et signifie le « bon 
frappeur » ; le second comprend un premier élément nanto- 
(identique au vieil irlandais net « bataille, blessures » et 
aussi nom de l'aïeul du dieu Balar), et svelta « brillante ». 
Ce nom est donc synonyme et même partiellement identique 
par la forme au nom mérovingien Nanthilde. 

Il est donné lecture d'une lettre de M. Kiabinin deman- 
dant quelques renseignements sur les rapprochements indi- 
qués par M. Halévy dans la séance du 27 avril 1895, entre 
le lycien et les langues îvériennes. 

M. Halévy, présent à la lecture de cette lettre, fait les 
remarques suivantes : 

« Les observations de M. R. se composent de deux parties 
« distinctes. La première, qui a trait aux mots enfantins, 
« est en dehors de la question et n'a rien à voir dans le dé- 
« bat. La seconde insiste sur ce point que l'analogie du 
« lycien zzma-zi« sœur » avec le géorgien djuma « frère», 
« se bornant à un seul mot, peut être l'effet du hasard. 
« C'est exact, mais j'ai rappelé en même temps 4 ue l'élé- 
« ment final zi semble répondre au géorgien zu ou dzu 
« « femelle ». On est également tenté de rapprocher le dé-. 
« monstratif lycien ebenné du géorgien aman « ce » ; 
« l'échange de b et de m étant des plus fréquents. Le génitif 
« lycien h peut aussi n'être qu'une variante du s géorgien 
« qui désigne le même cas. Je le répète: tous ces rap- 
« prochements ne sont que des conjectures, mais la philo- 
« logie comparée ne commence-t-elle pas toujours par des 
« conjectures? » 



— ciit — 



SÉANCB DU 29 FÉVRIER 1896. 

Présidence de M. Psichari. 

Présents : MM. Bauer, Boatroue, Boyer, Bréal, Cart, de 
Charencey, R. Duval, Duvau, Grégoire, Halévy, Lejay, 
Le Nestour, Lévi, Meillet, Pernot, Psichari, Raillard, Ram- 
baud, Rousselot. 

Absent et excusé : M. 6. Paris. 

Le procès-verbal de la précédente séance est la et adopté. 

Hommages. Voir p. cxvij. 

Nécrologie. M. le Président annonce à la Société la perte 
qu'elle vient de subir en la personne de M. Abel Hovelacque, 
membre de la Société depuis de nombreuses années et au- 
teur d'ouvrages de linguistique justement estimés. 

M. l'abbé Rousselot, qui a connu* M. Hovelacque, rend 
hommage aux qualités personnelles de notre confrère. 

Election. M. le capitaine Lamouche est élu membre de la 
Société. 

Nouvelles. M. Bréal annonce que la commission d'orga- 
nisation du Congrès des Orientalistes a décidé le maintien 
d'une section de linguistique qui sera rattachée à la section 
indienne du Congrès. 

Communications. M. Pernot donne des lois delà contrac- 
tion en grec moderne une formule générale ainsi conçue : 
on évite à la langue d'abord le mouvement d'élévation, en- 
suite le mouvement en avant. 

Des observations sont présentées par MM. Psichari, de 
Charencey, Rousselot. 

M. Rousselot, répondant à l'invitation que M. Psichari 
lui avait fait dans la précédente séance, exprime ses idées 
sur l'alphabet universel idéal : il serait nécessaire de rompre 
avec tous les systèmes proposés jusqu'ici. 

Des observations sont présentées par MM. Bréal, Psi- 
chari. 

M. Halévy fait une communication sur deux mots ara- 



— cxv — 

méens qui figurent dans le livre d'Esdras, chapitre nr, 
verset 9. Ces mots sont : Apharsatekâyè et Tarpelâyê. 

Le passage en question raconte que les fonctionnaires 
perses, d'accord avec les colons étrangers établis en Samarie, 
écrivirent une lettre à Ârtaxerxès dans le but d'empêcher la 
reconstruction de Jérusalem. Voici la traduction littérale 
du verset, à l'exception des mots douteux : 

« Alors Rehûm, le commandant, et Shimsaï, le secrétaire 
et leurs autres associés, dinâyê et Apharsatekâyè, Tarpe- 
lâyê, Perses, Orchoéniens, Babyloniens, Susiens, Dahyens, 
Ely méens. » 

Jusqu'à présent on a considéré les trois mots soulignés 
comme des noms de peuples semblables aux noms suivants, 
mais on n'a jamais réussi à les identifier avec des peuples 
connus. M. H. fait remarquer que dinâyê (ou dayanayè) 
semble plutôt signifier « juges ». Partant de là, il voit dans 
Apharsatekâyè le pluriel du terme perse feriètaka « envoyé, 
délégué » et dans Tarpelâyê le pluriel du composé perse 
tara-para « déporté », mot à mot « séparant la frontière » 
(cf. Sarapares). Dans les mots étrangers Vr se change sou- 
vent en / (cf. palhedra = parhedra; agartèl = crâtêr). 

Le verset précité doit donc être traduit comme il suit : * 

« Alors Behûm le commandant, Shimsaï, le secrétaire et 
leurs autres associés, les juges et les délégués (royaux) ; les 
déportés : Perses, Orchoéniens, Babyloniens, Susiens, Da- 
hyens, Elyméens ( écrivirent, etc.). » 

M. Rambaud commence la lecture d'un travail sur la 
langue mandé parlée dans le nord-ouest de l'Afrique : dans 
cette première communication il délimite géographique ment 
le domaine de cette langue. 

Des observations sont faites par MM. de Charencey, 
Rousselot. 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 



23 novembre 1895. 

Fr. S. Pull*. Catalogo dei manoêcritti giainici délia bibîioteca nationale 
centrale di Firense. — N°» 1-4, Florence, 1804, grand in-8 (Offert par Fau- 
teur). 

Ludv. F.-A. Wimhir. Lee monumente runiquee de t Allemagne traduit 

par B. Beauvois (Extr. des Mémoires de la Soc. roy. des Antiquaires du 
Nord, 1894). — Copenhague, 1895, grand in-8* (Offert par Fauteur). 

Et. Aymoniir. Voyage dans le Laos, tome I (Annales du Musée Guimet, 
Bibl. d'Etudes, V). — Paris, 1895, grand in-8* (De la part du Ministère de 
l'Instruction publique). 

kutuntAV. Résumé de t histoire d'Egypte, depuis les temps les plus reculés 
jusqu'à nos jours (Ann. du Musée Guimet, Bibl. de vulgarisation).— Paria, 
1894, in -12 (De la part du Ministère de l'Instruction publique). 

Hong-Tjyong-Ou. Le bois sec refleuri, roman coréen traduit par Hong- 
Tjyong-ou (Ann. du Musée Guimet, Bibl. de vulgarisation). — Paris, 1895, 
in-12 (De la part du Ministère de l'Instruction publique). 

Zhivaya Starina. L'Antiquité vivante, tome IV, 1894, fasc. 3 et 4 réunis ; 
tome Y, 1895, fasc. 1. — Saint-Pétersbourg (périodique) (De la part de la 
Rédaction). 

En. Erkault. Etudes comparatives sur le grec, le latin et le celtique, I, la 
voyelle brève ou. — Poitiers, 1885, broch. in-8* (Offert par l'auteur). 

G. Paris. Les parlers de France (lecture faite à la réunion des Sociétés 
savantes le 26 mai 1888). — Broch. in-4* (Offert par l'auteur). 

Sbipnir. Osetinskii texty (textes ossètes). — Saint-Pétersbourg, 1868, gr. 
in-8 (Offert par l'auteur). 

Institut International de Bibliographie, bulletin n* 1. — Bruxelles, 1895 
(périodique) (Offert par les éditeurs). 

Bonnardot. Rapport sur une mission à Luxembourg (suite et fin). — 

Paris, 1889, broch. in-8* (Offert par l'auteur). 

21 décembre 1895. 

V. Henry. Critique de • Edon, nouvelles études sur le chant Lémural, les 
frères A rvales et l'écriture cursive des Latins ».— Douai, 1885, broch. in-8* 
(Offert par l'auteur). 



— cxvij — 



1890. 



Yittoeio Hinit. Compendio di grammatiea oomparaia del greeo et dei 
latino di T. Henry. Versione flatta sullt quinta edizione originale franceee 
dal prof. Alessandro Abjiô. — Torino; 1896, 1 roi. in-8 (Don des auteurs). 

C** di Charkncit. Mélangée de linguistique. Compte rendu du 3* Congrès 
scientifique international des catholiques, tenu à Bruxelles, du 3 au 8 sept. 
1804. — Bruxelles, 1885, broch. in-8" (Offert par l'auteur). 



i* février 1898. 

Zhivaya starina (l'Antiquité vivante), tome IV, 1895, fasc. 2. — Saint-Pé- 
tersbourg, 1895 (périodique). 



15 /forûr 1896. 

T. Thomsen. Inscriptions de PAkhon, déchiffrées par Wilth. Thomsen (Mé- 
moires de la Soc. Pinno-Ougrenne, V). — 2* lirr., Helsingfors, 1896, grand 
in-8* (Offert par l'auteur). 

J. Halévt. Opinions de M. Barth, sur la question des écritures indienne* 
(Extrait de la Revue sémitique, janv. 1896). — Paris, 1896, broch. in-8* 
(Offert par l'auteur). 

Kum . Zeitsehrift fu> vergleich. Sprachforschung. Bd. XXXIII (neue Folgtt 
XIIH Registerheft (Offert par l'éditeur). 

OeeterreienUcnes IÀteraturblatt, année 1895, n« 28-24 ; année 1896, 
n M 1-2 (Offert par les éditeurs). 



29 février 1896. 

Oesterretehischee Uteraturbtatt. Année 1895, Inhaltsrerzeichniss. Année 
1896, n M 3-4 (Offert par les éditeurs). 



AVIS 



PUBLICATIONS ANTÉRIEURES AU 1 er JANVIER 1896 



Conditions de rente particulières aux Membres 

de la Société 



Collection complète des Mémoires (tomes I à VIII 

complets, t. IX, fasc. 1) 120 fr. 

Volumes isolés: tomes I et VII, chacun. ... 12 fr. 

— tomes II, III, IV, V, VI, chacun. 15 fr. 

— tome VIII 18 fr. 

— tome IX, fasc. 1 3 fr. 

Fascicules isolés : chacun 3 fr. 

Le Bulletin (collection et numéros isolés) est mis gratui- 
tement à la disposition des membres de la Société. 



Les frais d'envoi sont à la charge de t acheteur. 



Les demandes doirent être adre ss ée s à l'Administrateur. 



LISTE DES MEMBRES 

Dl 

LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 

AU 10 MAI 18M 



MEMBRES DONATEURS 
A80QU, non Iihimm B1BESGO, t h 



JAOL90N. 



USTE DES MEMBRES PERPÉTUELS. 



Ascou. 
Barbblmbt. 

BAUDOUIN Dl COURTUfAY. 

Buion. 

Banco (le prince). 

Bokrardot. 

Brral. 

CoLoirr. 

Cousin. 

Dilairi. 

DlRBfBOURO. 
DURARD-GRAyiLLI. 

Ebjiault. 

GORUBT. 

Gumrr. 

HATIRrULD. 

Hatbt. 

HtHRT. 

Héniot-Bunoust (l'abbé). 

JORIT. 

Knum. 

Labordi (le marquis de). 

Larat. 

Lbcocq. 

Lboir. 

MULLZT. 



MM. Maton. 

Mitbr (Paul). 

Oltramari. 

Pardi. 

Parmrutibr (le général). 

Passy. 

PatUniL. 

Rhys. 

Roqir. 

Rolland. 

Rosapuxt. 

Sacliuz (le R. P.). 

Saycb. 

ScRLUMBIROBR. 
St BILLOT. 

Sehart. 

Sénroul. 

Storm. 

Sudrb. 

Tbohbr. 

Thousrr. 

Vooos (le marquis de). 

Wiarton. 

Wilbois. 

WniMiR. 

Le Britith Muséum. 



LISTE GÉNÉRALE. 



Abbadb (Antoine- Thomson d*), membre de l'Institut (Académie des Sciences), 

ISO, rue du Bac, Paris. — Membre de la Société depuis l'origine et son 

premier président 
Abullb (L'abbé Lucien), Iglesia San Nicolas, Arles y Corrientes, Buenos- 

Aires (République Argentine).— Élu membre de la Société le 23 mai 1891. 
Adam (Lucien), président de Chambre à la Cour d'appel, Rennes (fJle-et- 

Yilaine). — Élu membre de la Société le 7 février 1885. 



— eu — 

Alixamdrowsii (Alexandre), licencié èe lettres, 94, boulevard de Fort- 
Royal, Paris. — Élu membre de la Société le 28 mai 1892. 

Ajoart (Jules), agrégé de l'Université, professeur de rhétorique an lycée, 
48, rue du Petit- Versailles, Saint-Pierre (Martinique). — Élu membre de 
la Société le 7 mars 1885. 

▲non oi Jusadiville (Atone-Henry d*), membre de l'Institut (Académie de* 
inscriptions et belles-lettres), professeur de langues et littératures celti- 
ques au Collège de France, directeur de la Revue celtique, 84, boulevard 
Montparnasse, Pans.— Membre de la Société en 1887 ; vice-président en 

1881 et 1882 ; président en 1883. 

Abiô (Alessandro), professeur, 7, via Baille, Gagliari (Sardaigne). — Élu 
membre de la Société le 18 janvier 1886. 

Ascou (Graziadio /.), correspondant de l'Institut de France (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), sénateur du royaume d'Italie* professeur 
à l'Institut royal, Milan (Italie). — Élu membre de la Société le 22 juillet 
1876 ; membre perpétuel. 

Audouin (E.), maître de conférences à la Faculté des lettres, 14, rue Saint- 
Cybard, Poitiers (Vienne). — Élu membre de la Société le 23 février 
1889. 
10 A Atiionbr (Le commandant Étienne-Fronfoû), directeur de l'École Colo- 
niale, 46, rue du Général Foy, Paris. — Élu membre de la Société 
le 4 février 1882 ; vice-président de 1892 à 1895. 

Badareû (Le Prof. Alexandre), ancien élève de l'École pratique des hautes 

études, 36, strada Pecurarl, Jassy (Roumanie). — Élu membre de la 

Société le 26 avril 1884. 
Bauxt (Anatole), correspondant de l'Institut (Académie des inscriptions et 

belles-lettres), professeur honoraire de l'Université, 91, rue Bannier, 

Orléans (Loiret). — Admis dans la Société en 1868. 
Baizi (Louis), professeur au lycée Condorcet, 28, rue du Luxembourg, 

Paris. — Élu membre de la Société le 22 janvier 1881 ; bibliothécaire de 

1882 à 1888. 

Barbelenet (Daniel), agrégé de l'Université, professeur au Lycée, Laon 
(Aisne). — Élu membre de la Société le 17 décembre 1892; bibliothécaire 
en 1893 ; membre perpétuel. 

Barbier di Meynard, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur au Collège de France et à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, 18, boulevard de Magenta, Paris. — Membre 
de la Société depuis le 2 février 1884. 

Baron (Charles), maître de conférences à la Faculté des lettres, Clermont- 
Ferrand (Puy-de-Dôme). — Élu membre de la Société le 22 janvier 1887. 

Barth (Auguste), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), 6, rue du Vieux-Colombier, Paris. — Élu membre de la Société 
le 10 mars 1873. 

Barthélémy (Adrien), drogman-chancelier du Consulat général de France, 
Alep (Syrie). — Élu membre de la Société le 16 février 1884. 

Basset (René), directeur de l'École supérieure des Lettres, l'AghaiS, rue Mi- 
chelet, Alger-Mustapha (Algérie).— Élu membre de la Société le 2 juin 1888. 
M, Baddisch (Julius), docteur en philosophie, 111,2, Radetzkystrasse, 2, Vienne 
(Autriche). — Élu membre de la Société le 3 décembre 1892. 

Baudouin di Courtehay (J.), membre de l'Académie des Sciences, 13, rue 



— Cl JJ — 

atoixiwill,Cracovic (Autriche).— Élu membre de la Société w I décembre 

1881 ; membre perpétuel. 
Aurai (Alfred), 17, me Touroefbrt, Puis. — Élu membre de la Société m 

9 janvier 1875. 
Ramucs: (Johannes), docteur en philosophie, 32, Hospitalstrasse, Leipsig 

(Saxe). — An membre de la Société le 26 juin 1880. 
•mjAMS (Alexandre), maître de conférences de langue et littérature an- 
glaises à la Faculté des lettres, 28, me de Coudé, Paris. — Membre de 

la Société au 1887. 
Bbbukw (Louis), ancien doyen de faculté, 48, rue Copernic, Paris. — Membre 

de la Société depuis 1868. 
Buses* (Philippe), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 

belles-lettres), professeur au Collège de France, 8, rue du Four, Sceaux 

(Seine). — Élu membre de la Société le !•* juin 1872; trésorier depuis 

le 11 avril 1874 jusqu'au 31 décembre 1881 ; vice-président en 1880 et 

en 1801 ; président en 1802 ; membre perpétuel. 
Busoxov (Pierre), professeur à l'Université, Kharkov (Russie).— Élu 

membre de la Société le 23 novembre 1878. 
Buxu (Le professeur Jean), bibliothécaire de l'Académie roumaine, 135, 

cales Yictoriei, Bucarest (Roumanie). — Élu membre de la Société le 

3 mars 1883. 

Bmssco (Le prince Alexandre), 60, rue de Courcelles, Paris.— Élu membre 
de la Société le 6 juin 1874; vice-président en 1883, président en 1804; 
membre perpétuel. 

Butamck (W. 6. C), docteur es lettres, 37" Laarderweg, Hihrersum, près 
Amsterdam (Pays-Bas).— Élu membre de la Société le 28 décembre 1880. 

bxxblas (D.), 4, rue de Babylone, Paris. — Élu membre de la Société le 5 
juillet 1884. 

Blasc (Alphonse), professeur au collège, Narbonne (Aude). — Élu membre 

de la Société le 20 février 1875. 
Blocsxt (Edgard-6a6ric/-À>MpA), élève diplômé de l'École des langues 

orientales, attaché à la Bibliothèque Nationale, 35, rue de l'Arbalète, 

Paris. — Au membre de la Société le 30 juin 1804. 
Blokay (Godefroy ni), élève de l'École pratique des hautes études, 23, rue 

Cassette, Paris. — Élu membre de la Société le 30 janvier 1802. 

* 

BoauoQ (Emile), chargé de cours à l'Université, 40, rue du Bourgmestre 
Bruxelles (Belgique). — Élu membre de la»Société le 13 février 1802. 

Bobsiib (Marie-Lomt-Antomt-Gt&ton), secrétaire perpétuel de l'Académie 
française, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, pro- 
fesseur de littérature latine au Collège de France, maître de confé- 
rences à l'École normale supérieure, 23, quai Conti, Paris. — Membre 
de la Société depuis le 8 mai 1860. 

BomuBDOT (François), archiviste paléographe, sous-inspecteur du service 
des travaux historiques de la ville de Paris, 1, rue des Tournelles, 
Areueil (Seine). — Admis dans la Société en 1868; vice-président de 1887 
à 1880 ; président en 1800 ; membre perpétuel. 

BossxBT (A.), inspecteur général de l'Instruction publique, M, rue d'Assas, 
Paris. — Élu membre de la Société le 2 décembre 1882. 

BoucHxam (Adhémar), chef de bataillon en retraite, 16, place Saint-Pierre, 
Angouléme (Charente). — Élu membre de la Société le 12 mai 1883, 



_ cuij — 

BoCTBOVi (Alexandre), 141, rue du Paubourg-Saint-Honoré, Paris. — fin 
membre de la Société le 90 juin 1894 ; vice-président en 1100. 

Borm-LAFimi, professeur honoraire de l'Université , 8, me Garandère, 
Paris.— Présenté pour être membre de la Société le » juin 1071 ; bibliothé- 
caire du 25 mai 1870 an 1" -janvier 1070. 

Boyeb (Paul), professeur de langue russe à Picole spéciale des langues 
orientales vivantes, 00, rue de l'Université, Paris. — Élu membre de la 
Société le décembre 1880; trésorier de 1001 à 1004. 

BaiAL (Uïchel-JuUê'Alfrti), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), inspecteur général de l'enseignement supé- 
rieur, professeur de grammaire comparée au Collège de France* direc- 
teur d'études à l'École pratique des hautes études, 70, rue d'Asaai, 
Paris. — Membre de la Société en 1007; secrétaire depuis 1000; 
membre perpétuel. 

Bau* (Charles), agrégé de l'Université,?, rue Blainville, Paris.— fin membre 
de la Société le.10 décembre 1003. 

fiwM» (Sophus), professeur à l'Université, Christiania (Norvège). — fin 
membre de la Société le 5 janvier 1070. 

Galloiamu (Michel B. C.)> docteur es lettres, professeur an lycée, 00, maaeu 
Brutaru, strada Fantanei, 14, Bucarest (Roumanie). — fiu membre de 
la Société le 8 mars 1870. 

Cashel (L'abbé), aumônier de l'Hôpital militaire, Lille (Nord). — fiu 
membre de la Société le 5 décembre 1801. 

CâBifEsi (Auguste), directeur adjoint pour las langues hébraïque, chal- 
dalque et syriaque à l'École pratique des hautes études, professeur de 
langue arménienne à l'École spéciale des langues orientales vivantes, 
35, rue de Lille, Paris. — Élu membre de la Société le 10 février i$73 ; 
vice-président en 1875 et 1876. 

Cabt (Théophile), professeur au lycée Henri IV et à l'École des sciences 
politiques, 11, rue Soufflot, Paris. — Élu membre de la Société le 17 dé- 
cembre 1801 ; bibliothécaire depuis le 1" janvier 1804. 

Ciabaheau (Camille), chargé du cours de langues romanes à la Faculté des 
lettres, Montpellier (Hérault).— Élu membre de la Société le 11 no- 
vembre 1868. 

Ciasot (l'abbé J.-B.), 47, rue Claude-Bernard, Paris. — Élu membre de la 
Société le 17 février 1805. 

CiAaiMCiT (CAarto-F4Ji*-Hyacinthe Gouuut, comte ni), membre du Con- 
seil général de l'Orne, 25, rue Barbet-de-Jouy, Paris. — Membre de la 
Société depuis l'origine et son premier secrétaire; bibliothécaire de 1060 
à 1873 ; vice-président en 1874, 1883 et 1884 ; président en 1885. 

Chilot (Narcisse), licencié es lettres, élève de l'École pratique dés hautes 
études et de l'École des langues orientales vivantes, 14, rue de Paris, 
Yilleneuve-Seint-Georges (Seine-et-Oise). — Élu membre de la Société le 
14 janvier 1803. 

Coumit (Ph.), professeur à l'Université, Louvain (Belgique). — Élu membre 
de la Société le 15 juin 1801; membre perpétuel. 

Comte (Charles), professeur de rhétorique au lycée, Tenailles (Seine-et- 
Oise).— Élu membre de la Société le 4 février 1881. 

Corjiu (Jules), professeur à l'Université, 0, Saimgasse, Prague (Bohéme)j 
— Élu membre de la Société le 10 juillet 1073. 



— GXXllj — 

Gounomn (Louis), professeur en lycée, Nantes (Loire-Inférieure). — Élu 
membre de la Société le 25 janvier 1879. 

Cous» (Georges), mettre de conférences à la Faculté des lettres, 50, boule- 
Tard Stanislas, Nancy (Meurthe-et-Moselle). — Élu membre de la Société 
le S février 1890; membre perpétuel. 

Cwrr (Albert), licencié es lettres, chez M. de la Serre. Nareil, près Yen* 
dôme (Loir-et-Cher). — Élu membre de la Société le mai 1891. 

>. David (René), ingénieur, 60, rue des Écoles, Paris. — Élu membre de la 
Société le 18 février 1882. 

Davto-Bbguiaiitx (Serglus), élève de l'École pratique des hautes études, 51 , 
rue Gay-Lussac, Paris. — Élu membre de la Société le 7 décembre 1895. 

Dxuuai (Alexis), 238, boulevard Saint-Germain, Paris. — Élu membre de la 
Société le 18 novembre 1876 ; membre perpétuel. 

Dslaplahb (Au), chef de bureau au Ministère des travaux publics, 244, boule- 
vard Saint-Germain, Paris.-— Admis dans la Société en 1868. 

DsuMDni (Gustave), 16, rue Mouton-Duvernet, Paris. — Membre de la So- 
ciété en 1867. 

Dura* (Gaétan), professeur à Oran (Algérie). — Élu membre de la Société 
le 90 juin 1894. Adresser: àGrigny (Rhône). 

DanmouRO (Hartwig), professeur d'arabe littéral à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, directeur adjoint pour la langue arabe et 
les religions de l'Arabie à l'École pratique des hautes études, professeur 
honoraire du Séminaire Israélite, 56, rue de la Victoire, Paris.— Membre 
de la Société depuis 1866 ; secrétaire adjoint de 1866 à 1868 ; membre 
perpétuel. 

Diajto (Jean M), licencié es lettres, professeur au séminaire central, Bu* 
carest — Élu membre de la Société le 7 février 1891. 

DnuGO (D* Juan M.), professeur de littérature grecque à l'Université, La 
Havane (Cuba). — Élu membre de la Société le 15 décembre 1894. 

Douma (0.), professeur de sanscrit et grammaire comparée à l'Université, 
Helsingfors (Finlande). — Élu membre de la Société le 19 juin 1869. 
>. Dorai (Georges), mettre de conférences à la Faculté des lettres, 6, rue de 
Relair, Rennes (IUe-et-Vilaine). — Élu membre de la Société le 6 dé- 
cembre 1884; bibliothécaire de 1888 à 1891. 

DtfiAKD-GaiviLLB (Émilt-Alix), 174, rue de Grenelle, Paris [de janvier à mars] 
et Bois-Briou, Angers (Maine-et-Loire) [d'avril à décembre]. — Élu mem- 
bre de la Société le 1" avril 1882 ; membre perpétuel. 

Duron (Alfred), 12, rue Clément-Marot, Paris. — Élu membre de la Société 
le 19 juillet 1879. 

Duval (Jtaii-Rubens), membre de la Société asiatique et de la Société des 
études juives, professeur de langue et de littérature araméennes au 
Collège de France, 11, rue de Sontay, Paris. — Élu membre de la So- 
ciété le 18 février 1882 ; vice-président en 1885 ; président en 1886. 

Duvau (Louis), maître de conférences de grammaire comparée à l'École 
pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Revue de Philologie, 
de Littérature et d'Histoire anciennes, 22, quai de Béthune, Paris. — Élu 
membre de la Société le 6 décembre 1884; administrateur depuis le 
1" janvier 1892. 

Édor, professeur au lycée Henri IV, 21, rue de Yaugirard, Paris. — Élu 
membre de la Société le 29 mai 1880. 



— euiv — 

Eluott (Richard-l*.), professeur à Trinity collage, M el b o ur ne (Australie).. 
— Élu membre de la Société le 24 novembre IMS. 

EftiuuLT (Émile-Jfem-Jr«rit), professeur à la Faculté des lettres, 8, rae 
Saint-Maixent, Poitiers (Vienne). — fia membre de la Société le 18 dé- 
cembre 1876 ; administrateur de 1888 an 84 mai 1884; membre perpétuel. 

Brlandu (Iarl-6.), professeur à l'Université, Helsingfors (Finlande). — 
Membre de la Société en 1887. 

forons (B.), professenr an lycée, chargé de cours à la Faculté des lettres 
de Nancy, 79, faubourg Saint-Sébastien, Maxeville, par Nancy (M curt bc 
etrMoseile). — Élu membre de la Société le 8 décembre 1888. 

FaiÇût Edwin WJ, professenr à Washington and Lee University, Leiington 

(Virginie, États-Unis). — Élu membre de la Société le 16 décembre 1884. 
FÉcamp (Albert), bibliothécaire de la Bibliothèque universitaire, 44, me 

Pitot, Montpellier (Hérault).— fin membre de la Société le 18 Janvier 

1877. 
FmoT (Louis), sous-bibliotnéesire à la Bibliothèque nationale, maître de 

conférences de langue sanscrite à l'École pratique des hantes études, 49, 

rae Claude-Bernard, Paris.— Élu membre de la Société le 86 Juin 1888; 

trésorier depuis le i m Janvier 1886. 
Foubjuib (Albert), professeur à l'École supérieure des Lettres, 8, rue de 

Tanger, Alger. — Élu membre de la Société le 6 mai 1894. 

Gaioos (Henri), directeur d'études pour les langues et littératures celtiques 
à l'École pratique des hantes études, professenr à l'École des sciences 
politiques, l'un des directeurs de la revue Méhume, 88, rue Servandoni, 
Paris. — Membre de la Société en 1887 ; administrateur de 1878-1871 an 
87 Janvier 1877 ; vice-président en 1879 et 1888; président en 1881. 

GASC-Ds8rossis v ( Alfred), professeur an lycée, 78, rue Nationale, Lille 
(Nord). — Élu membre de la Société* le 9 mars 1889. 

GnxitaoN (Jules), directeur adjoint pour les langues romanes à l'École 
pratique des hautes études, 8, place de la République, Levailois-Ferret 
(Seine). — Élu membre de la Société le 88 avril 1877. 

Godetboy (Frédéric), 89, rue de l'Abbé-Grégoire, Paris. — Élu membre de la 
Société le 84 mai 1879. 

6omi (Ferdinand), professeur agrégé de l'Université, 8, rue de Carentan, 
Coutances (Manche). — Élu membre de la Société le 39 janvier 1888. 

Gokkbt (L'abbé), maison Sainte-Catherine, Écully (Rhône). — Élu membre 
de la Société le 18 Juin 1876 ; membre perpétuel. 

GaArrot (L'abbé R.), professeur à l'Institut catholique, 47, rue d'Assas, 
Paris. — Élu membre de la Société le 8 mars 1899. 

GsAHuoirr (Maurice), maître de conférences à la Faculté des lettres, Mont- 
pellier (Hérault). — Élu membre de la Société le 14 décembre 1889. 

GaANDesirr (Charles), professeur à l'Université de Harvard, Cambridge 
(Massachussets, États-Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 
89 mai 1888. 

Gsakoes (Ch. M. dbs), agrégé des lettres, professeur au Collège Stanislas, 
18, rue Le Verrier, Paris. — Élu membre de la Société le 88 novembre 
1899. 

Gsàssitis (Raoul di la), Juge au Tribunal, 4, rue de Bourbon, Rennes (Hle- 
et-Villaine). — Élu membre de la Société le 14 mai 1887. 

GbIasd (0.), membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences 



— cxx? — 

morales et politiques, vice-recteur de l'Académie de Paris, à laSorbonne. 

— Membre de la Société depuis le 14 décembre 1889. 

Grégoire (Antoine), docteur en philosophie et lettres, 5, rue des Carmes, 
' Paris. — Élu membre de la Société le 15 février 1896. 
Guimet (Emile), place de la Miséricorde, Lyon (Rhône), et au Musée 

Guimet, avenue d'Iéna, Paris. — Élu membre de la Société le 22 janvier 

1881; membre perpétuel. 
Gustafsson (Docteur Fridolf-Ffadtmtr), professeur de littérature latine à 

l'Université, 1, Andreeg, Helsingfors (Finlande). — Élu membre de la 

Société le 16 mai 1885. 

Halsvy (Joseph), directeur adjoint pour les langues éthiopienne et himya- 
rite et les langues touraniennes à l'École pratique des hautes études, 26, 
rue Aumaire, Paris.— Élu membre de la Société le 13 janvier 1872; vice- 
président en 1886 et 1887; président en 1888. 

Harlez (G. de), professeur à l'Université, Louvain (Belgique). — Élu 
membre de la Société le 18 novembre 1876. 

Hasdeo (Bogd&n-Petriceicù), membre de l'Académie roumaine, de la So- 
ciété littéraire serbe, etc., professeur de philologie comparée à l'Uni- 
versité de Bucarest, directeur général des Archives royales, membre du 
Conseil supérieur de l'instruction publique, directeur de la revue Co- 
lumna lia Tralanù, rue Mihaïuvoda, Bucarest (Roumanie). — Élu 
membre de la Société le 4 février 1882. 

Hatzfeld (Adolphe), professeur au lycée Louis-le-Grand, ancien professeur à 
la Faculté des lettres de Grenoble, 7, rue de l'Odéon, Paris.— Élu membre 
de la Société le 1 er février 1873. 

Hauvion, 40, rue des Écoles, Paris. — Élu membre de la Société le 
20 novembre 1886. 

Eaverfield (F.), professeur à Christ-Church, Oxford (Grande-Bretagne). 

— Élu membre de la Société le 18 novembre 1882 ; membre perpétuel. 
Havet (Pierre-Antoine-Louis), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de philologie latine au Collège de 
France, professeur de philologie latine à la Faculté des lettres, directeur 
d'études pour la philologie latine à l'École pratique des hautes études, 
5, avenue de l'Opéra, Paris. — Élu membre de la Société le 20 novembre 
1869; secrétaire adjoint de 1870 à 1882; membre perpétuel. 

Henry (Victor), professeur de sanscrit et de grammaire comparée à la 

Faculté des lettres, 42, rue de Paris, Orsay (Seine-et-Oise). — Élu 

membre de la Société le 22 janvier 1881 ; membre perpétuel. 
Hériot-Bunoust (L'abbé Êtienne-Eugène-Louis), 27, rue d'Assas, Paris. — 

Élu membre de la Société le 19 novembre 1887 ; membre perpétuel. 
Hiriiann (Eduard), 25, Spitalgasse, Cobourg (Allemagne). — Élu membre 

de la Société le 3 décembre 1892. 
Dolban (Michel G.), vice-consul de Roumanie, 2, rue Saint-Léger, Genève 

Suisse). — Élu membre de la Société le 1 er décembre 1894. 
Holleaux (Maurice), professeur à la Faculté des lettres," 9, quai de la Guil- 

lotière, Lyon (Rhône). — Élu membre de la Société le 30 avril 1892. 
Huszar (Guillaume), 43, boulevard Saint-Michel, Paris. — Élu membre de 

la Société le 2 mai 1896. 

Iiibert, receveur de l'enregistrement et des domaines, Couiza (Aude). — Élu 
membre de la Société le 14 décembre 1889. 



— cxxvj — 

Jiducjla (Jaromir), candid. prof., Vavrova tr., è. 35, I, Vinohrady, Prague 

(Bohême). — Élu membre de la Société le 19 décembre 1891. 
Job (Léon), docteur es lettres, professeur au lycée, 8, rue de la Hache, Nancy 

(Meurthe-et-Moselle). — Élu membre de la Société le SI novembre 1885- 
JoaiT (Charles), professeur à la Faculté des lettres, 5, rue Saint-Michel, 

Àix (Bouches-du-Rhône).— Élu membre de la Société le 10 janvier 1874 ; 

membre perpétuel. 

KiLLia (Otto), professeur à l'Université, 8, Kreuiherrenplatt, Prague 
(Bohême). — Élu membre de la Société le 14 janvier 18?3. 

Kerh, professeur de sanscrit à l'Université, 41, Noordeinde, Leyde (Pays- 
Bas).— Élu membre de la Société le 15 mars 1873. 

KmsTB (Fsrdtfianrf-OttoJean), professeur de philologie orientale à l'Univer- 
sité, 8, flafnerplatz, Graz (Styrie). — Élu membre de la Société le 7 
Janvier 1872 ; membre perpétuel. 

Laborde (Le marquis Joseph ni), archiviste aux Archives nationales, 8, rue 
d'Anjou, Paris. — Élu membre de la Société le 89 décembre 1873 ; 
membre perpétuel, 
lie. LàMBiar (Charles), maître de conférences à la Faculté des lettres, 7, rue 
de l'École de Droit, Dijon (Côte d'Or). — Élu membre de la Société le 
3 mai 1890. 

Lamodcbi (Le capitaine du génie), de Pétat-major général, 18, rue Las- 
Cases, Paris. — Élu membre de la Société le 89 février 1890. 

Laray (Henri), capitaine d'infanterie de marine en retraita, 1, rue Sainte- 
Geneviève, Versailles (Seine-et-Oise). — Élu membre de la Société le 
31 mai 1890 ; membre perpétuel. 

Laurent, professeur au Collège Stanislas, 9, rue du Mont-Parnasse, Paris. 
— Élu membre de la Société le 14 avril 1883. 

Licocq (Gustave), 7, rue du Nouveau-Siècle, Lille (Nord).— Élu membre de 
la Société le 3 mai 1890 ; membre perpétuel. 

Li Fotir (Henri), 858, rue de Rivoli, Paris. — Élu membre de la Société le 
14 mai 1898. 

Lioir (Louis-Pat//), professeur honoraire à l'École spéciale des langues 
orientales vivantes, professeur de langues et littératures slaves au Collège 
de France, professeur è l'École de guerre, 43, rue de Boulainvilliers, Paris. 
—Membre de la Société depuis l'origine, administrateur viée-président 
de 1866 è 1869, vice-président en 1880 et en 1881 ; président en 1888; 
membre perpétuel. 

Lbjay (L'abbé Paul), professeur è l'Institut catholique, 119, rue du Cherche- 
Midi, Paris. — Élu membre de la Société le 17 mai 1890; vice président 
en 1896. 

Li Nbstour (Paul), licencié es lettres, élève de l'École pratique des hautes 
études, 9, rue Berthollet, Paris. — Élu membre de la Société le 18 jan- 
vier 1896. 

Levi (Sylvain), professeur de sanscrit au Collège de France, directeur ad- 
joint pour la langue sanscrite à l'École pratique des hautes études, 9, 
rue Guy-de-Labrosse, Paris. — Élu membre de la Société le 10 Janvier 
1885; vice-président en 1891 et en 1898; président en 1893. 
130. Lietard (Le docteur Alexandre), médecin inspecteur des eaux, correspon- 
dant de l'Académie de médecine, Plombières (Vosges). — Membre de la 
Société en 1867. 



— OXXTij — 

Ldtosay (W.-M.), fellow of Jésus collège, Oxford (Grande-Bretagne). — Élu 

membre de la Société le 8 juin 1885. 
Loth (Joseph), doyen de la Faculté des lettres, Rennes (Ille-et-Vilainej. — 

Élu membre de la Société le 25 mai 1878. 

Mallet (Dominique), agrégé de l'Université, membre de la mission fran- 
çaise, Le Caire (Egypte). — Élu membre de la Société le 1" décembre 
1804. 
Mawssiaux (Paul), agrégé de l'Université, professeur au lycée, Châteauroux 

(Indre). — Élu membre de la Société le l w décembre 1894. 
Maskeo (CemiUe-Charles-Ga&ton), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur de philologie et archéologie 
égyptiennes au Collège de France, directeur d'études pour la philologie 
et les antiquités égyptiennes à l'École pratique des hautes études, 24, 
avenue de l'Observatoire, Paris. — Membre de la Société en 1867 ; vice- 
président en 1877 et 1879 ; président en 1880. 
Ma&siku di Clbmval, 113, boulevard de la Reine, Versailles (Seine-et-Oise). 

— Membre de la Société depuis 1867. 
Mathieu (B.), traducteur aux établissements Schneider, 126! route de 
Conches, au Creusot (Saone-et-Loire). — Élu membre de la Société le 
8 mars 1890. 
Mbillet (Antoine), maître de conférences de grammaire comparée etde langue 
zende à l'École pratique des hautes études, 24, boulevard Saint-Michel, 
Paris. — Élu membre de la Société le 23 février 1889 ; membre perpétuel. 
Mblbsp (Albert), professeur agrégé de l'Université, 5, rue Corneille, 
Paris. — Élu membre de la Société le 8 mars 1889. 
140. Melon (Paul), 24, place Malesherbes, Paris. — Élu membre de la Société 
le 19 novembre 1870; membre perpétuel. 
Merwaat (K.)> docteur en philosophie, professeur à l'Académie Marie- 
Thérèse et au collège du II* arrondissement, II, Taborstrasse, 28, Vienne 
(Autriche). — Élu membre de la Société le 21 juin 1884. 
Metem (Alphonse), professeur au lycée, 43, rue des Facultés, Bordeaux 

(Gironde). — Élu membre de la Société le 6 février 1875. 
Miter (Morie-Paul-llyacMlfe), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de langues et littératures de l'Europe 
méridionale au Collège de France, directeur de l'École des Chartes, l'un 
des directeurs de la Romania, 16, .avenue de Labourdonnais, Paris. — 
Membre de la Société en 1867 ; membre perpétuel. 
Michel (Charles), professeur à l'Université, 110, avenue d'Avroy, Liège 

(Belgique).— Élu membre de la Société le 16 février 1878. 

Moil (B.-Jift), lecteur à l'Université, professeur à la Cesko-slovanskA 

Akademie obchodni, I, konvitska ulice, è\ 24 a, Prague (Bohème). — Élu 

membre de la Société le 21 novembre 1885; administrateur en 1890 et 1891. 

Monsedr, professeur à l'Université, Bruxelles (Belgique). — Élu membre de 

la Société le 9 janvier 1$85. 
MoifTAOUE, professeur à Amherst Collège, Amherst (Massachussets, États- 
Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 
MoimirroNNET. — Élu membre de la Société le 2 décembre 1893. Adresser : 

aux soins de M. A. Meillet, 24, boulevard Saint-Michel, Paris. 
Morteveille (Stanislas), 15, rue Vineuse, Paris. — Élu membre de la So- 
ciété le 11 janvier 1879. 

t. 



— cnvuj — 

150. Mowat (Robert), chef d'escadrons d'artillerie en retraite, 10, rue des Feuil- 
lantines, Paris.— Membre de la Société depuis l'origine ; président en 1878. 

Oltramare (Paul), professeur A l'Université, 32, chemin du Nant, Servette, 
Genève (Suisse). — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre 
perpétuel. 

Osthoff (Hermann), professeur à l'Université, 25, Mftnchhofstrasse, Hei- 
delberg (Grand-Duché de Bade). — Élu membre de la Société le 8 juin 
1895. 

Paris (Gaston-Bruno-Pau/m), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de langue et littérature françaises du 
moyen Age au Collège de France, administrateur du Collège de France, 
président honoraire et directeur d'études pour la philologie romane A 
l'École pratique des hautes études, l'un des directeurs de la itonumta, 
Collège de France, Paris. — Membre de la Société en 1867 ; vice-prési- 
dent en 1869, en 1870-1871 et en 1872; président en 1873; membre per- 
pétuel. 

Pariientier (Léon), professeur A l'Université, 47, rue Souverain-Pont, Liège 
(Belgique). — Élu membre de la Société le 5 décembre 1885. 

Parmentier (Le général de division SoupA-CAor/es-Théodore), 5, rue du 
Cirque, Paris. — Élu membre de la Société le 17 mars 1883 ; membre 
perpétuel. 

Pascal (Ch.), professeur au lycée, Versailles (Seine-et-Oise). — Admis dans 
la Société en 1886. 

Passy (Paul), docteur es lettres, maître de conférences de phonétique géné- 
rale A l'École pratique des hautes études, 02, rue de Longchamp, Ifeuilly- 
Saint-James (Seine). — Élu membre de la Société le 17 décembre 189* ; 
membre perpétuel. 

Pauli (Cari), docteur en philosophie, professeur au Lycée cantonal, 91, 
viale Carlo Cattaneo, Casa Monti, Lugano (Suisse). — Élu membre de la 
Société le 3 mars 1883. 

Penafiel (Docteur Antonio), professeur de médecine et de chirurgie A 
l'Université, directeur général du Bureau de statistique, Mexico (Mexique). 
— Élu membre de la Société le 11 mai 1889; membre perpétuel. 
160. Pernot (Hubert), licencié es lettres, répétiteur A l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, 151 bis, rue Saint-Jacques, Paris. — Élu 
membre de la Société le 1" décembre 1894. 

Pierret, conservateur du musée égyptien, au Louvre, Paris. — Était 
membre de la Société le 1 er février 1870. 

Pognon (H.), consul de France, Bagdad (Turquie d'Asie). — Élu membre de 
la Sociétés 16 février 1884. 

PoUvka (Jiri), privat-docent de philologie slave a l'Université, VII, 365, 
Prague (Bohème). — Élu membre de la Société le 25 juin 1892. 

Psichari (Jean), directeur adjoint pour la philologie byzantine A l'École 
pratique des hautes études, 77, rue Claude-Bernard, Paris. — Élu membre 
de la Société le 15 février 1884; administrateur de 1885 A 1889; président 
en 1896. 

Querry (Amédée), consul général de France en retraite, Ferry-keuT, Cons- 
tantinople (Turquie). — Élu membre de la Société le 1 er décembre 1894. 

Raillard (Raoul), professeur au lycée Janson de Sailly, 37, rue de la Tour, 
Paris. — Élu membre de la Société le 22 juin 1895. 



— CIX1X — 

Rambaud (le capitaine Jean-Baptiste- Jnfome), professeur à l'École militaire 
de l'artillerie et du génie, 40, avenue de Saint-Cloud, Versailles (Seine- 
et-Oise). — Élu membre de la Société le 7 décembre 1895. 

Rmuci (Salomon), conservateur-adjoint des musées nationaux, 38, rue 
de Lisbonne, Paris. — Élu membre de la Société le 21 février 1880. 

Rhts (John), fellow de Jésus Collège, professeur de celtique à l'Université, 
87, Banbury road, Oxford (Grande-Bretagne). — Élu membre de la Société 
le 9 Janvier 1875; membre perpétuel. 
70. Ruina* (Michel), 6, rue de la Poste, Odessa (Russie). — Élu membre de 
la Société le 24 juin 1803. 

Roger (Maurice), professeur au lycée Carnot, 9, rue Léon Cogniet, Paris. 
— Élu membre de la Société le 20 mars 1886; membre perpétuel. 

ROLLAND (Eugène), l'un des directeurs de la revue Méhuine, château de 
Grantmont, à Aunay-sous-Auneau, par Auneau (Eure-et-Loir), et à Paris, 2, 
rue des Chantiers.— Admis dans la Société en 1808 ; membre perpétuel. 

Rosapsllt (Le docteur), ancien interne des hôpitaux, 10, rue de Buci, 
Paris. — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre perpétuel. 

Roussilot (L'abbé Pierre-/asn), docteur es lettres, 11, rue Littré, Paris. — 
Élu membre de la Société le 17 avril 1886 ; vice-président en 1894, pré- 
sident en 1895. 



Sabbathier (Paul), agrégé de l'Université, 15, rue du Cardinal-Lemoine, 
Paris. — Élu membre de la Société le 28 décembre 1889. 

Saclxux (Le R. P.), missionnaire apostolique à Zanzibar (Cote orientale 
d'Afrique, via Marseille). — Élu membre de la Société le 7 avril 1894 ; 
membre perpétuel. 

Saoit-Didibr (Le baron di), 12, avenue de l'Aima, Paris. — Élu membre de 
la Société le 7 mars 1891. 

Sanchkz Mogubl (Antonio), membre de l'Académie royale d'histoire, pro- 
fesseur à l'Université, Madrid (Espagne). — Élu membre de la Société le 
. 5 février 1887. 

Saubsubb (Ferdinand ni), professeur à l'Université de Genève, Malagny- 
Yersoix, près Genève (Suisse). — Élu membre de la Société le 13 mai 
1876; secrétaire-adjoint de 1883 à 1891. 

Satci (Archibald-Renry), professeur à l'Université, Oxford (Grande-Bre- 
tagne). — Élu membre de la Société le 5 janvier 1878; membre perpétuel. 

Satods (Edouard), professeur à la Faculté des lettres, Besançon (Doubs). 

— Élu membre de la Société le 2 mai 1885. 

Scmxs (L'abbé G.-H.), curé de Fontenoille, par Sainte-Cécile (Belgique). 

— Élu membre de la Société le 8 juin 1889. 

Scbxkmmbr di Banyavoloy (Le chevalier Charles), directeur de la Chancel- 
lerie des finances, consul de Perse, via Sant' Andréa, 573, Fiume (Hon- 
grie). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 

Scbxumbbbgbr (Gustave-Léo*), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), 140, rue du Faubourg-Saint-Honoré , Paris.— 
Membre de la Société depuis le 3 décembre 1881 ; membre perpétuel. 

Scbrunin (Joseph), docteur en philosophie, professeur au collège, Rure- 
monde (Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 5 décembre 1891. 

Schwob (Marcel), 26, rue Yaneau, Paris. — Élu membre de la Société le 9 
février 1889; bibliothécaire en 1892. 

Sébillot (Paul), directeur de la Revue des Traditions populaires, 4, rue de 



— CIXX — 

l'Odéon, Pari* — Élu membre de la Sbdétè le 28 ânil 1888; membre 
perpétuel. 

Smart (Emile), membre de Plostitut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), château de la Police, près la Perte-Bernard (Sarthe), et à Paris, 
18, rue François I" — Admis dans la Société en 1808; membre perpétuel. 

SéiftauL (Edmond), inspecteur des finances, 30, quai du Leurre, Paris. — 
Élu membre de la Société le 16 mai 1885; membre perpétuel. 
100. S*PiT(]farius), bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, 2, rue de l'Union, 
Clamart (Seine). — Était membre de la Société le 1" février 1810. 

SracHT (Edouard), 185, rue du Faubourg-SainUHonoré, Paris. — Membre 
de la Société depuis 1867. 

Spruir (J.-S.), professeur de philologie latine à l'Université, Groningue 
(Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 2 février 1878. 

Spiboilbirg, docteur en philosophie, 2, Kurze stresse, Hannover (Allemagne). 
— Élu membre de la Société le 26 mars 1892. 

Brous (Whitley), associé étranger de l'Institut de France (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), ancien membre du Governor's Coundl à 
Calcutta, 15, Grenville Place, S. W., Londres. — Élu membre de la So- 
ciété le 5 novembre 1881. 

Storm (Johan), professeur à l'Université, Christiania (Norvège). —«Élu 
membre de la Société le 23 novembre 1872 ; membre perpétuel. 

Storm (P. -Y.), professeur à l'Athénée, Luxembourg (grand-duché de Luxem- 
bourg). — Élu membre de la Société le 20 février 1875. 

SoDit (làoçold-Maurice-Pierre-TÙRothé*), docteur es lettres, professeur au 
collège Stanislas, 42, boulevard Montparnasse, Paris. — Élu membre de 

9 la Société le 2 avril 1887 ; membre perpétuel. 

Sviuuoa (Ivan Kr.), Osiek (Croatie). — Élu membre de la Société le 
17 avril 1880. 



Tavienit (Adrien), villa Espérance, Chauderon, Lausanne (Suisse). — Élu 
membre de la Société le 17 mars 1883. 
MO. TcHiisiTOXY (M"* Antoinette ni), 9, rue Le Golf, Paris. — Élue membre de 
la Société le 27 avril 1895. 

Tiquer, professeur à l'Université, Lund (Suède). — Élu membre de la So- 
ciété le 17 avril 1875; membre perpétuel. 

Tioloxan (D*) t médecin principal de l'armée française, membre correspon- 
dant de l'Académie de médecine, premier médecin de S. M. le Chah, 
Téhéran (Perse). — Élu membre de la Société le 18 avril 1896. 

' fiousiii (Wilh.), professeur à l'Université, 150, Garnie Kongevei, Copen- 
hague (Danemark). — Élu membre de la Société le 21 mai 1870; membre 
perpétuel. 

Todrnikr (Edouard), directeur d'études pour la philologie grecque à l'École 
pratique des hautes études, maître de conférences à l'École normale su- 
périeure, 16, rue de Tournon, Paris. — Membre de la Société depuis 
l'origine; vice-président en 1872. 

Tourtoulon (Le baron Charles di), château de Valergues, par Lansargues 
(Hérault). — Élu membre de la Société le 25 avril 1869. 



UHLRNBBCK(D r C. C), professeur à l'Université, 11, Sarphatipark, Amsterdam 
(Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 26 janvier 1895. 



— cxxij — 

▼iMDaTusT(JO»profesMiiràl > UDiTertité ) Utrecht(Pajt'Bat).--Élamembre 
de le Société le H mars 18». 

Ttamn (Paul), professeur au Lycée Carnot, Paris. — Élu membre de la 
Société le 12 man 1I9L 

Tooôi (Le marquis CAorieWean-Melchior di), membre de l'Institut (Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres), ancien ambassadeur de France 
à Tienne, 2, rue Fabert, Paris.— Membre de la Société depuis le 27 mars 
1879; membre perpétueL 

lie. WACumuafx (Jakob), professeur à ITJniYersité, Niedersehontlial, près 
Bile (Suisse). — Élu membre de la Société le 99 novembre 1886. 

Watil, professeur au lycée Condoreet, 105, rue de Miromesnil, Paris. — 
Élu membre de la Société le 13 Janvier 1872. 

Wsacra (M- Hélène), 37, Ifabont Street, Lynn (MassachusseU, États- 
Unis d'Amérique). — Élue membre de la Société le 28 décembre 1889. 

Wiautou (Edward-Boas), Merton Lea, Oxford (Grande-Bretagne). — Élu 
membre de la Société le 7 février 1891 ; membre perpétueL 

Waeots, colooel de gendarmerie, 5, rue Stanislas, Paris. — Élu membre 
de la Société le 15 avril 1878; membre perpétuel. 

Wnum (Lodvig-F.-J.), processeur à l'Université, 9, Jforrebrogade, Copeav 
bague (Danemark). — Élu membre de la Société le 29 mars 1873; membre 
perpétuel. 

Wmsxn (Docteur Henri), Cartonnant 34, Heudorfstrasse, Breslau (Silésie 
Prussienne). — Élu membre de la Société le 38 novembre 1889. 

Wora (larl), docteur en philosophie, TU, Kirchberggsms, 35, Tienne 
(Autriche). — Élu membre delà Société le 28 Juin 1887. 



Zubaty (Joseph), professeur de sanscrit et grammaire comparée à lUnl- 
versité, Smichov, Husova tfida, 839, Prague (Bohème). — Élu membre 
de la Société le 18 décembre 1891. 

Zvctabv (Jean), professeur à l'Université, Moscou (Russie).— Élu mem bre 
de la Société la 16 mai 1888. 

«s. BnujoTBtQjJK m i/Écou nuaçABR n'AacntouMK, Palais Farnèse,àBome. — 

Admise dans la Société le 25 mai 1889. 
BmjOTutQcs UM t aaawA ma, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). — Admise 

dans la Société le 11 juin 1887. 
BiMJOTutous i ' w t tasiiA ma, Palais de ITniversité, Montpellier f Hérault). — 

Admise dans la Société le 24 juin 1893. 
Bernes Musm. — Admis dans la Société le 22 novembre 1888 ; membre 

perpétueL Ad re ss er à M. Borrani, 9, rue des Sainte-Pères, Paris. 




LISTE DES PRÉSIDENTS 



DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 







depuis 1861 


r. 




MM. 






MM. 


186445. 


D'ABBADIE. 




1882. 


LEGER. 


1*06. 


f EGGER. 




1883. 


D'ARBOIS DE JURAINVILLE 


1867. 


t RENAN. 




loMt 


fGUTARD. 


1868. 


f BRUN ET DE PRESLE. 


1885. 


DE GHARENCET. 


1868. 


•j-RAUDRY. 




1886. 


Rubbns DUYAL. 


1870-71. 


f EGGER. 




1887. 


f Jambs DARMESTETER. 


187*. 


+ THUROT. 




1888. 


HALÉVY. 


1873. 


Gaston PARIS. 




1889. 


fPLOII. 


1874. 


fPLOIX. 




1890. 


BONNARDOT. 


1875. 


f YAÏSSE. 




1891. 


fDE ROCHEMONTEIX. 


1876. 


f EGGER. 




1892. 


Phiuppe BERGER 


1877. 


t BENOIST. 




1893. 


Sylva» LÉVI. 


1878. 


MOWAT. 




1894. 


Prince Alexandbe BIBESGO. 


1879. 


f BERGAIGNE. 




1895. 


L'Abbé ROUSSELOT. 


1880. 


MASPERO. 




1896. 


PSIGHARI. 


1881. 


GA1DOZ. 









membres 



ENLEVÉS PAR LA MORT A LA SOCIÉTÉ 



Rackbr (Louis de), lauréat de l'Institut de France, membre de l'Académie 
royale de Belgique. — Élu membre de la Société le 20 janvier 1894. 
Décédé en février 1898. 

Ranaac (Charles), professeur de rhétorique au collège royal de Port-Louis 
(Ile Maurice). — Élu membre de la Société le 20 juin 1891. Décédé 
le 3 décembre 1892. 

Baudet (Frédéric), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), administrateur de la bibliothèque Mazarine. — Membre 
de la Société en 1867 ; vice-président en 1868; président en 1869. Dé- 
cédé le 2 janvier 1885. 

Bbnoist (Lokw- Eugène), membre de l'Institut (Académie des inscriptions 
et belles-lettres), professeur de poésie latine à la Faculté des lettres de 
Paris.— Membre de la Société depuis le 7 mai 1870 ; président en 1877. 
Décédé le 22 mai 1887. 

BiaoAiGNB (AbeU Henri- Joseph), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), directeur d'études à l'École pratique des 
hautes études, professeur de sanscrit et de grammaire comparée à la 
Faculté des lettres de Paris. — Membre de la Société en 1864 ; secré- 
taire adjoint en 1868 et 1869; vice-président de 1873 a 1878; président 
en 1879. Décédé le 6 août 1888. 

Boucherie (A.), chargé du cours de langues romanes à la Faculté des 
lettres de Montpellier. — Élu membre de la Société le 21 novembre 
1868. Décès notifié à la Société le 14 avril 1883. 

Brunit de Presle, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur de grec moderne à l'École spéciale des lan- 
gues orientales vivantes. — Membre de la Société en 1867 ; président 
en 1868. Décédé le 12 septembre 1875. 

CiA8LES (Philarète), professeur au Collège de France. — Élu membre 
de la Société le 15 février 1873. Décès notifié à la Société le 19 juillet 
1873. 

Chassang (A.)» inspecteur général de l'Université. — Élu membre de la 
Société le 12 novembre 1870. Décédé le 8 mars 1888. 

Ciodxeo (Alexandre), ancien chargé de cours au Collège de France et à 
l'École spéciale des langues orientales vivantes. — Membre de la So- 
ciété depuis l'origine. Décès notifié à la Société le 16 janvier 1892. 



— cxixiv — 

Darjkstitir (Arsène), professeur de langue el littérature françaises do 
moyen âge à la Faculté des lettres de Paris, professeur à l'École nor- 
male déjeunes filles de Serres. — Membre de la Société en 1870. 
Décédé le 16 noYembre 1888. 

Dabjoststeh (James), professeur de langues et littératures de la Fane 
au Collège de France, directeur d'études pour la langue tende à l'École 
pratique des hautes études, l'un des directeurs de la iteme de Périt. 

— Élu membre de la Société le 20 décembre 1873; vice-président en 
1884, 1885 et 1886; président en 1887. Décédé le 19 octobre 1804. 

Ds la Butas. — Élu membre de la Société le 8 décembre 1870. Décédé 

le 13 mars 1878. 
DsasHBOuao (Joseph), membre de l'Institut (Académie des inscriptions 

et belles-lettres). — Membre de la Société depuis le 22 Juillet 1871. 

Décédé le 28 juillet 1805. 

Diyic (Marcel), chargé du cours de langue et de littérature arabes à la Fa- 
culté des lettres de Montpellier. — Élu membre de la Société le 10 
férrier 1876; Yice-président en 1878. Décédé en mai 1888. 

Dbvdxb (Gustave), ancien membre de l'École française d'Athènes, — 

Membre de la Société en 1867. Décédé en 1868. 
Dimon (Charles), inspecteur générai des ponts et chaussées en retraite» 

délégué générai de la Compagnie d'Orléans.— Élu membre de la Société 

le 26 avril 1873. Décédé le 26 Janvier 1882. 
Ddot (Ambroise-Firmin). — Admis dans la Société en 1868. Décédé en 

1876. 
Dosson (S.), professeur à la Faculté des lettres de Clermont-Ferrand. 

— Élu membre de la Société le 14 mai 1887. Décédé le 15 février 



Boosr (Emile), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur d'éloquence grecque à la Faculté des lettres 
de Paris.— Président de la Société en 1866, en 1870-71, en 1876. Décédé 
le 31 août 1885. 

Eicbthal (Gustave d*). — Membre de la Société depuis 1867. Décédé en 
1886. 

FLiury (Jean), lecteur à l'Université impériale de Saint-Pétersbourg. — 
Élu membre de la Société le 21 décembre 1878. Décédé en Juillet 1804. 

Floriht-Lifevri. — Élu membre de la Société le 20 mars 1873. Décédé 
en 1887. 

Fourniir (Eugène), docteur en médecine et es sciences naturelles.— 
Membre de la Société depuis l'origine. Décédé le 10 Juin 1885. 

Gboroian (Professeur D* C.-D.) — Élu membre de la Société le 21 mars 
1875. Décédé en 1888. 

Goldschmidt (Siegfried), professeur de sanscrit à l'Université de Stras- 
bourg.— Élu membre de la Société le 8 mai 1860. Décédé le 31 Janvier 
1884. 

Goullbt.— Élu membre de la Société le 7 Juin 1873. Décédé en 1887. 

Grahdoaonaos (Charles), sénateur du royaume de Belgique. — Élu 
membre de la Société le 24 avril 1860. 

Graux (Charles-ifc*rt), maître de conférences de philologie grecque à 
l'École pratique des hautes études, maître de conférences d'histoire 
grecque à la Faculté des lettres de Paris, bibliothécaire à la bibliothèque 
de l'Université, l'un des directeurs de la Revue de philologie, de HUé- 



— CXÏIV — 



refnrv §t fkUtoin aneknmm. — fia membre de U Société le 9 mai 
1S74. Décédé le II JanTier 1882. 

GammcT (Paul), ancien consul de France à Ceylan. —Membre de la So- 
ciété en 1867. Décès notifié à U Société le 4 Juin 1870. 

Goutsss (Georges-f «fée* ). — Élu membre de la Société le 11 février 
1888. Décédé le 17 mai 1889. 

Gvyabd (Stanislas), professeur de langue arabe au Collège de France, 
maitre de conférences de langues arabe et persane à l'École pratique des 
hautes études. — Élu membre de la Société le 13 avril 1878, vice-pré- 
sident en 1888 et 1888 ; président en 1884. Décédé le 7 septembre 1884. 

fiALLÉGum (Le docteur).— Élu membre de la Société le 9 juin 1877. Dé- 
cès notifié à U Société le 5 avril 1879. 

Hanusx (Jean), professeur agrégé à l'Université de Vienne (Autriche). 

— Élu membre de U Société le 85 juin 1887. Décédé le 96 juillet de 
la même année. 

Hauvbttb-Bssiuult, directeur d'études honoraire à l'École pratique des 
hautes études, conservateur adjoint de la bibliothèque de l'Université. 

— Membre de la Société depuis 1870. Décédé le 88 juin 1888. 
HumucM (G.-A.), doyen de la Faculté des lettres de Lyon. — Membre 

de U Société depuis 1867. Décédé en 1887. 
Hiavt (Camille). — Membre delà Société en 1867. Décédé le 30 août 1878. 
Bovblacqui (Abel), professeur à l'École d'anthropologie. — Élu membre 

de U Société le 4 décembre 1869. Décédé en février 1896. 
Jackson (James), archiviste-bibliothécaire de la Société de Géographie. 

— Élu membre de la Société le 88 juin 1879; membre donateur. Décédé 
le 17 juillet 1896. 

Jaobbbt (Le comte), membre de l'Institut — Membre de la Société de- 
puis 1868. Décédé le 1" janvier 1875. 

Joson, député. — Présenté pour être membre de la Société dans la 
séance du 8 décembre 1879. Décès notifié à la Société le 9 juillet 1881. 

Judas (Le docteur A.-C.), ancien médecin principal de première classe. 

— Membre de la Société depuis l'origine. Décédé le 17 janvier 1873. 
Lacsuisi (L'abbé Romain Czibkas). — Membre de la Société en 1867. Dé- 
cès notifié à la Société le 26 avril 1873. 

Lacoupibji (Docteur 1 Albert Tbsjubn di), ancien professeur de philologie 
indo-chinoise à l'University Collège de Londres, directeur du Babykh 
ni** and Oriental Record. — Élu membre de la Société le 9 février 1889. 
Décédé le 11 octobre 1894. 

LAMBJUOt, professeur à l'Université de Jassy (Roumanie). — Élu membre de 
la Société le 26 mai 1877. Décès notifié à la Société le 17 novembre 1883. 

LutoaiCAirr (GforJet-François), membre de l'Institut (Académie des ins- 
criptions et belles-lettres), professeur d'archéologie près laBibliothèque 
nationale.— Membre de la Société en 1867. Décédé le 9 décembre 1883. 

La Saint (François), ancien officier. — Décédé en 1867. 

Lkvy (B.), inspecteur général de l'instruction publique. — Élu membre 
de la Société le 24 janvier 1874. Décédé le 24 décembre 1884. 

Lrrnut (MaxirniHen-Paul-Émile), membre de l'Académie française et de 
l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Membre de la Société 
depuis 1868. Décédé en 1881. 

Lobs (Isidore), professeur au Séminaire israélite, professeur libre à la Fa- 
culté des lettres de Paris. — Élu membre de la Société le 19 décembre 
1885. Décédé le 2 juin 1892. 



— cxivj — 

Jeducjca (Jaromir), candid. prof., Vavrova tr., è. 85, l, Vinohrady, Prague 

(Bohême). — Élu membre de la Société le 19 décembre 1891. 
Job (Léon), docteur es lettres, professeur au lycée, 8, nie de la Hache, Nancy 

(Meurthe-et-Moselle). — Élu membre de la Société le SI novembre 1885- 
Jorit (Charles), professeur à la Faculté des lettres, 5, rue Saint-Michel, 

Aix (Bouches-du-Rhone)<— Élu membre de la Société le 10 janvier 1874 ; 

membre perpétuel. 

Keller (Otto), professeur à l'UniTersité, 8, Kreuxheirenplatx, Prague 
(Bohême). — Élu membre de la Société le 14 janvier 18?3. 

Kern, professeur de sanscrit à l'UniTersité, 41, Noordeinde, Leyde (Pays- 
Bas).— Élu membre de la Société le 15 mars 1873. 

KmsTR (Ferdinand-Otto-Jtàn), professeur de philologie orientale à l'Univer- 
sité, 8, Hafaerplatz, Graz (Styrie). — Élu membre de la Société le 7 
Janvier 1872 ; membre perpétuel. 

Labordi (Le marquis Joseph di), archiviste aux Archives nationales, 8, rue 
d'Anjou, Paris. — Élu membre de la Société le 89 décembre 1873 ; 
membre perpétuel, 
iso. Lambert (Charles), maître de conférences à la Faculté des lettres, 7, rue 
de l'École de Droit, Dijon (Côte d'Or). — Élu membre de la Société le 
3 mai 1890. 

Lamouche (Le capitaine du génie), de l'état-major général, 18, rue Las- 
Cases, Paris. — Élu membre de la Société le 89 février 1898. 

Larat (Henri), capitaine d'infanterie de marine en retraite, 1, rue Sainte- 
Geneviève, Versailles (Seine-et-Oise). — Élu membre de la 8ociété le 
31 mai 1890 ; membre perpétuel. 

Laurent, professeur au Collège Stanislas, 9, rue du Mont-Parnasse, Paris. 
— Élu membre de la Société le 14 avril 1883. 

Lecocq (Gustave), 7, rue du Nouveau-Siècle, Lille (Word).— Élu membre de 
la Société le 3 mai 1890 ; membre perpétuel. 

Le Foyer (Henri), 858, rue de Rivoli, Paris. — Élu membre de la Société le 
14 mai 1898. 

Léger (Louis-Pat//), professeur honoraire à l'École spéciale des langues 
orientales vivantes, professeur de langues et littératures slaves au Collège 
de France, professeur à l'École de guerre, 43, rue de Boulainvilliers, Paris. 
— Membre de la Société depuis l'origine, administrateur viée-président 
de 1866 à 1869, vice-président en 1880 et en 1881 ; président en 1888; 
membre perpétuel. 

Lejay (L'abbé Paul), professeur à l'Institut catholique, 119, rue du Cherche- 
Midi, Paris. — Élu membre de la Société le 17 mai 1890; vice président 
en 1896. 

Le Nestour (Paul), licencié es lettres, élève de l'École pratique des hautes 
études, 9, rue Berthollet, Paris. — Élu membre de la Société le 18 jan- 
vier 1896. 

Lévi (Sylvain), professeur de sanscrit au Collège de France, directeur ad- 
joint pour la langue sanscrite à l'École pratique des hautes études, 9, 
rue Guy-de-Labrosse, Paris. — Élu membre de la Société le 10 janvier 
1885; vice-président en 1891 et en 1898; président en 1893. 
130. Ijétard (Le docteur Alexandre), médecin inspecteur des eaux, correspon- 
dant de l'Académie de médecine, Plombières (Vosges). — Membre de la 
Société en 1867. 



— OXXTij — 

Ldumay (W.-M.), fellow of Jésus collège, Oxford (Grande-Bretagne). — Élu 

membre de la Société le 8 juin 1885. 
Loth (Joseph), doyen de la Faculté des lettres, Rennes (Ille-et-Vilainej. — 

Élu membre de la Société le 25 mai 1878. 

Mallbt (Dominique), agrégé de l'Université, membre de la mission fran- 
çaise, Le Caire (Egypte). — Élu membre de la Société le 1" décembre 
1884. 

Mam&siaux (Paul), agrégé de l'Université, professeur au lycée, Chàteauroux 
(Indre). — Élu membre de la Société le 1"* décembre 1894. 

Maspeeo (Cemille-Charles-Gaston), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur de philologie et archéologie 
égyptiennes au Collège de France, directeur d'études pour la philologie 
et les antiquités égyptiennes à l'École pratique des hautes études, 24, 
avenue de l'Observatoire, Paris. — Membre de la Société en 1867; vice- 
président en 1877 et 1879 ; président en 1880. 

Massieu de Clerval, 113, boulevard de la Reine, Versailles (Seine-et-Oise). 
— Membre de la Société depuis 1887. 

Mathieu (B.), traducteur aux établissements Schneider, 126! route de 
Conches, au Creusot (Saone-et-Loire). — Élu membre de la Société le 
8 mars 1890. 

MsnxBT (Antoine), mal trede conférences de grammaire comparée etde langue 
zende à l'École pratique des hautes études, 24, boulevard Saint-Michel, 
Paris. — Élu membre de la Société le 23 février 1889; membre perpétuel. 
Melesf (Albert), professeur agrégé de l'Université, 5, rue Corneille, 
Paris. — Élu membre de la Société le 8 mars 1889. 
>. Melon (Paul), 24, place Malesherbes, Paris. — Élu membre de la Société 
le 19 novembre 1870; membre perpétuel. 

Merwart (K.), docteur en philosophie, professeur à l'Académie Marie- 
Thérèse et au collège du II* arrondissement, II, Taborstrasse, 28, Vienne 
(Autriche). — Élu membre de la Société le 21 juin 1884. 

Meyer (Alphonse), professeur au lycée, 43, rue des Facultés, Bordeaux 
(Gironde). — Élu membre de la Société le 6 février 1875. 

Meyer (J#arte-Paul-lfyaet*M*), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de langues et littératures de l'Europe 
méridionale au Collège de France, directeur de l'École des Chartes, l'un 
des directeurs de la Romania, 16, «avenue de Labourdonnais, Paris. — 
Membre de la Société en 1867 ; membre perpétuel. 

Michel (Charles), professeur à l'Université, 110, avenue d'Avroy, Liège 
(Belgique).— Élu membre de la Société le 16 février 1878. 

Moil (B.-JiH), lecteur à l'Université, professeur à la Cesko-slovanskA 
Akademie obchodni, I, konvitska ulice, g. 24 a, Prague (Bohème). — Élu 
membre de la Société le 21 novembre 1885; administrateur en 1890 et 1891. 

M0N3EUR, professeur à l'Université, Bruxelles (Belgique). — Élu membre de 
la Société le 9 janvier 1$85. 

MoifTAOUE, professeur à Amherst Collège, Amherst (Massachussets, États- 
Unis d'Amérique). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 

MoirmrroNNET. — Élu membre de la Société le 2 décembre 1893. Adresser: 
aux soins de M. A. Meillet, 24, boulevard Saint-Michel, Paris. 

MORTtvsnxE (Stanislas), 15, rue Vineuse, Paris. — Élu membre de la So- 
ciété le 11 janvier .1879. 

t. 



— cnvuj — 

150. Mowat (Robert), chef d'escadrons d'artillerie en retraite, 10, rue des Feuil- 
lantines, Paris.— Membre de la Société depuis l'origine ; président en 1878. 

Oltramare (Paul), professeur A l'Université, 32, chemin du Nant, Servette, 
Genève (Suisse). — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre 
perpétuel. 

Orraorr (Hermann), professeur à l'Université, 25, Monchhofstrasse, Hei- 
delberg (Grand-Duché de Bade). — Élu membre de la Société le 8 juin 
1895. 

Paris (Gaston-Brtino-PauAh), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), professeur de langue et littérature françaises du 
moyen âge au Collège de France, administrateur du Collège de France, 
président honoraire et directeur d'études pour la philologie romane à 
l'École pratique des hautes études, l'un des directeurs de la ltoma*ia, 
Collège de France, Paris. — Membre de la Société en 1867 ; vice-prési- 
dent en 1869, en 1870-1871 et en 1872; président en 1873; membre per- 
pétuel. 

Pariientier (Léon), professeur à l'Université, 47, rue Souverain-Pont, Liège 
(Belgique). — Élu membre de la Société le 5 décembre 1885. 

Parmentier (Le général de division SoupA-CAar/es-Théodore), 5, rue du 
Cirque, Paris. — Élu membre de la Société le 17 mars 1883 ; membre 
perpétuel. 

Pascal (Ch.), professeur au lycée, Versailles (Seine-et-Oise). — Admis dans 
la Société en 1886. 

Passt (Paul), docteur es lettres, maître de conférences de phonétique géné- 
rale à l'École pratique des hautes études, 92, rue de Longchamp, Ifeuilly- 
Saint-James (Seine). — Élu membre de la Société le 17 décembre 189*; 
membre perpétuel. 

Pauli (Cari), docteur en philosophie, professeur au Lycée cantonal, 9i, 
viale Carlo Cattaneo, Casa Monti, Lugano (Suisse). — Élu membre de la 
Société le 3 mars 1883. 

Penafiel (Docteur Antonio), professeur de médecine et de chirurgie à 
l'Université, directeur général du Bureau de statistique, Mexico (Mexique). 
— Élu membre de la Société le 11 mai 1889; membre perpétuel, 
ito. Pernot (Hubert), licencié es lettres, répétiteur à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, 151 bis, rue Saint-Jacques, Paris. — Élu 
membre de la Société le 1" décembre 1894. 

Pierret, conservateur du musée égyptien, au Louvre, Paris. — Était 
membre de la Société le 1 er février 1870. 

Pognon (H.), consul de France, Bagdad (Turquie d'Asie). — Élu membre de 
la Sociétéle 16 février 1884. 

PotivxA (Jiri), privat-docent de philologie slave a l'Université, VII, 365, 
Prague (Bohème). — Élu membre de la Société le 25 juin 1892. 

Psichari (Jean), directeur adjoint pour la philologie byzantine à l'École 
pratique des hautes études, 77, rue Claude-Bernard, Paris. — Élu membre 
de la Société le 15 février 1884; administrateur de 1885 à 1889; président 
en 1896. 

Querry (Amédée), consul général de France en retraite, Ferry-keuT, Cons- 
tantinople (Turquie). — Élu membre de la Société le 1 er décembre 1894. 

Railla bd (Raoul), professeur au lycée Janson de Sailly, 37, rue de la Tour, 
Paris. — Élu membre de la Société le 22 juin 1895. 



— ciiix — 

Rambaud (le capitaine Jean-Baptiste- Jn/ome), professeur à l'École militaire 
de l'artillerie et du génie, 40, avenue de Saint-Cloud, Versailles (Seine- 
eUOise). — Élu membre de la Société le 7 décembre 1895. 

Rrauci (Salomon), conservateur-adjoint des musées nationaux, 38, rue 
de Lisbonne, Paris. — Élu membre de la Société le 21 février 1880. 

Rhts (John), fellow de Jésus Collège, professeur de celtique à l'Université, 
87, Banbory road, Oxford (Grande-Bretagne). — Élu membre de la Société 
le janvier 1875; membre perpétuel, 
ro. Riabiiqh (Michel), 6, rue de la Poste, Odessa (Russie). — Élu membre de 
la Société le 24 juin 1803. 

Rookb (Maurice), professeur au lycée Garnot, 0, rue Léon Cogniet, Paris. 
— Élu membre de la Société le 20 mars 1886; membre perpétuel. 

Polland (Eugène), l'un des directeurs de la revue Méhuine, château de 
Grantmont, à Aunay-sous-Auneau, par Auneau (Eure-et-Loir), et à Paris, 2, 
rue des Chantiers.— Admis dans la Société en 1868 ; membre perpétuel. 

Rosapillt (Le docteur), ancien interne des hôpitaux, 10, rue de Bud, 
Paris. — Élu membre de la Société le 27 mai 1876 ; membre perpétuel. 

RoussKLOT (L'abbé Pierre-/ean), docteur es lettres, 11, rue Littré, Paris. — 
Élu membre de la Société le 17 avril 1886 ; vice-président en 1804, pré- 
sident en 1805. 



Sabbathibr (Paul), agrégé de l'Université, 15, rue du Cardinal-Lemoine, 
Paris. — Élu membre de la Société le 28 décembre 1880. 

Saclsux (Le R. P.), missionnaire apostolique à Zanzibar (Côte orientale 
d'Afrique, via Marseille). — Élu membre de la Société le 7 avril 1804 ; 
membre perpétuel. 

Sadtt-Didibr (Le baron de), 12, avenue de l'Aima, Paris. — Élu membre de 
la Société le 7 mars 1801. 

Sanchxz Mogubl (Antonio), membre de l'Académie royale d'histoire, pro- 
fesseur à l'Université, Madrid (Espagne). — Élu membre de la Société le 
. 5 février 1887. 

Saussurb (Ferdinand de), professeur à l'Université de Genève, Malagny- 
Yersoix, près Genève (Suisse). — Élu membre de la Société le 13 mai 
1876; secrétaire-adjoint de 1883 à 1801. 

Satci (Archibald-Henry), professeur à l'Université, Oxford (Grande-Bre- 
tagne).— Élu membre de la Société le 5 janvier 1878; membre perpétuel. 

Sayou8 (Edouard), professeur à la Faculté des lettres, Besançon (Doubs). 

— Élu membre de la Société le 2 mai 1885. 

Scblb (L'abbé G.-H.), curé de Fontenoille, par Sainte-Cécile (Belgique). 

— Élu membre de la Société le 8 juin 1880. 

Schlemmbr ni Bantavôlot (Le chevalier Charles), directeur de la Chancel- 
lerie des finances, consul de Perse, via Sant' Andréa, 573, Fiume (Hon- 
grie). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1880. 

Scbxumbirgbr (Gustave-Léo*), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), 140, rue du Faubourg-Saint-Honoré , Paris.— 
Membre de la Société depuis le 3 décembre 1881 ; membre perpétuel. 

SoreuNiJi (Joseph), docteur en philosophie, professeur au collège, Rure- 
monde (Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 5 décembre 1801. 

Schwob (Marcel), 26, rue Yaneau, Paris. — Élu membre de la Société le 
février 1880; bibliothécaire en 1802. 

Sebillot (Paul) , directeur de la Revue des Traditions populaires, 4, rue de 



— ezn — 

l'Odéon, Pari». — Élu membre de la Sbciété le 28 avril 1888; membre 
perpétuel. 

Semait (Emile), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), château de la Pelice, près la Ferté-Bernard (Sarthe), et à Paris, 
18, rue François I er — Admis dans la Société en 1868; membre perpétuel. 

Sénboul (Edmond), inspecteur des finances, 90, quai du Louvre, Paris. — 
Élu membre de la Société le 16 mai 1885; membre perpétuel, 
tto. 8i>iT(Mariu8), bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, 2, rue de l'Union, 
Clamart (Seine). — Était membre de la Société le 1°* février 1870. 

Spicht (Edouard), 196, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris. — Membre 
de la Société depuis 1867. 

Srtuu (J.-S.), professeur de philologie latine à l'Université, Groningue 
(Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 2 février 1878. 

Sptcoelbirg, docteur en philosophie, 2, Kurze stresse, Hanno ver (Allemagne). 
— Élu membre de la Société le 96 mars 1892. 

SroKis (Whitley), associé étranger de l'Institut de France (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), ancien membre du Governor's Council à 
Calcutta, 16, Grenville Place, S. W., Londres. — Élu membre de la So- 
ciété le 5 novembre 1881. 

Storm (Johan), professeur à l'Université, Christiania (Norvège). — «Élu 
membre de la Société le 23 novembre 1872; membre perpétuel. 

Sturm (P.-V.), professeur à l'Athénée, Luxembourg (grand-duché de Luxem- 
bourg). — Élu membre de la Société le 20 février 1875. 

Sudri (lAopold-Maurict-Pierre-Timothée), docteur es lettres, professeur au 
collège Stanislas, 42, boulevard Montparnasse, Paris. — Élu membre de 

r la Société le 2 avril 1887 ; membre perpétuel. 

Svruuoa (Ivan Kr.), Osiek (Croatie). — Élu membre de la Société le 
17 avril 1880. 

Ta vernit (Adrien), villa Espérance, Chauderon, Lausanne (Suisse). — Élu 
membre de la Société le 17 mars 1883. 
soo. Tchrsitzky (M M Antoinette di), 9, rue Le Golf, Paris. — Élue membre de 
la Société le 27 avril 1895. 

Tiqhir, professeur à l'Université, Lund (Suède). — Élu membre de la So- 
ciété le 17 avril 1875; membre perpétuel. 

Tholoian (D*), médecin principal de l'armée française, membre correspon- 
dant de l'Académie de médecine, premier médecin de S. M. le Chah, 
Téhéran (Perse). — Élu membre de la Société le 18 avril 1896. 

' homsim ( Wilh.), professeur à l'Université, 150, Garnie Kongevei, Copen- 
hague (Danemark).— Élu membre de la Société le 21 mai 1870; membre 
perpétuel. 

TouRffiBR (Edouard), directeur d'études pour la philologie grecque à l'École 
pratique des hautes études, maître de conférences à l'École normale su- 
périeure, 16, rue de Tournon, Paris. — Membre de la Société depuis 
l'origine; vice-président en 1872. 

Tourtoulon (Le baron Charles di), château de Valergues, par Lansargues 
(Hérault). — Élu membre de la Société le 25 avril 1869. 



UHLiNBiCK(D r C. C), professeur à l'Université, 11, Sarphatipark, Amsterdam 
(Pays-Bas). — Élu membre de la Société le 26 janvier 1895. 



— CIXIj — 

?AiiDayuxT(J0>prof6Meuri]'lJniYereité f Utrecht(Pays-Bas).--Élameinbre 
de U Société le 11 mars 1893. 

Tnun (Paul), professeur au Lycée Carnot, Paris. — Élu membre de la 
Société le 12 mars 1893. 

Vogué (Le marquis CAaWeWean-Melchior db), membre de l'Institut (Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres), ancien ambassadeur de France 
à Tienne, 2, rue Fabert, Paris.— Membre de la Société depuis le 27 mars 
1879 ; membre perpétuel. 

lie. WAcaniCAfiiL (Jakob),' professeur à l'Université, Niederschônthal, près 
Bêle (Suisse). — Élu membre de la Société le 20 novembre 1886. 

Watel, professeur au lycée Gondorcet, 105, rue de Miromesnil, Paris. — 
Élu membre de la Société le 13 Janvier 1872. 

Webster (M 1 * Hélène), 37, Nahont Street, Lynn (Massachussets, États- 
Unis d'Amérique). — Élue membre de la Société le 28 décembre 1889. 

Wiabtom (Edward-Ross), Merton Lea, Oxford (Grande-Bretagne). — Élu 
membre de la Société le 7 février 1891 ; membre perpétuel. 

Wilsov, colonel de gendarmerie, 5, rue Stanislas, Paris. — Élu membre 
de la Société le 15 avril 1876 ; membre perpétuel. 

Wnara (Ludvlg-F.-il.), professeur è l'Université, 9, Norrebrogade, Copen- 
hague (Danemark). — Élu membre de la Société le 29 mars 1873; membre 
perpétuel. 

Wniixia (Docteur Henri), Gartenhaus 34, Neudorfstrasse, Breslau (Silésie 
Prussienne). — Élu membre de la Société le 30 novembre 1889. 

Wotki (Karl), docteur en philosophie, VII, Kirchberggasse, 35, Vienne 
(Autriche). — Élu membre delà Société le 25 juin 1887. 

Zubatt (Joseph), professeur de sanscrit et grammaire comparée à l'Uni- 
versité, Smichov, Husova trida, 539, Prague (Bohème). — Élu membre 
de la Société le 19 décembre 1891. 

ZvrrARv (Jean), professeur à l'Université, Moscou (Russie).— Élu membre 
de U Société le 16 mai 1885. 

tu. Bibliothèque di l'Écoli piançaisb d'Archéologie, Palais Farnèse, à Rome. — 

Admise dans la Société le 25 mai 1889. 
Bibliothèque universitaire, Glermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). — Admise 

dans la Société le 11 juin 1887. 
Bibliothèque universitaire, Palais de l'Université, Mpntpellier (Hérault). — 

Admise dans la Société le 24 juin 1893. 
British Muséum. — Admis dans la Société le 22 novembre 1890 ; membre 

perpétuel. Adresser à M. Borrani, 9, rue des Saints-Pères, Paris. 



LISTE DES PRÉSIDENTS 



DE LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE DE PARIS 







DEPUIS 1861 


r. 




MM. 






MM. 


1864-65. 


D'ABBADIE. 




1882. 


LEGER. 


1666. 


fEGGER. 




1883. 


D'ARBOIS DE JURA1NV1LLE 


1867. 


f RENAN. 




lOOv. 


fGUTARD. 


1866. 


f BRUN ET DE PRESLE. 


1885. 


DE GHARENGET. 


1860. 


fRAUDRY. 




1886. 


Rubins DUVAL. 


1870-71. 


fEGGER. 




1887. 


f James DARMESTETER. 


1872. 


fTHUROT. 




1888. 


HALÉVY. 


1873. 


Gaston PARIS. 




1880. 


fPLOIZ. 


1874. 


fPLOlX. 




1800. 


BONNARDOT. 


1875. 


fVAÏSSE. 




1801. 


f DE ROCHEMONTEIX. 


1876. 


fEGGER. 




1802. 


Philippi BERGER 


1877. 


f BENOIST. 




1803. 


Sylva» LÉVI. 


1878. 


MOWAT. 




1804. 


Prince Alexandre BIBESCO. 


1870. 


f BERGAIGNE. 




1805. 


L'Abbé ROUSSELOT. 


1880. 


MASPERO. 




1806. 


PSIGHARI. 


1881. 


GAIDOZ. 









MEMBRBS 



ENLEVÉS PAR LA MORT A LA SOCIÉTÉ 



Backbr (Louis de), lauréat de l'Institut de France, membre de l'Académie 
royale de Belgique. — Élu membre de la Société le 20 Janvier 1894. 
Décédé en février 1896. 

Bajs&ac (Charles), professeur de rhétorique au collège royal de Port-Louis 
(lie Maurice). — Élu membre de la Société le 20 juin 1891. Décédé 
le 3 décembre 1892. 

Baddrt (Frédéric), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), administrateur de la bibliothèque Mazarine.— Membre 
de la Société en 1867 ; vice-président en 1868; président en 1869. Dé- 
cédé le 2 janvier 1885. 

Binokt (Louû-Eugène), membre de l'Institut (Académie des inscriptions 
et belles-lettres), professeur de poésie latine à la Faculté des lettres de 
Paris.— Membre de la Société depuis le 7 mai 1870; président en 1877. 
Décédé le 22 mai 1887. 

Bbrgaigni (Abe\-Henri-Jo$eph), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), directeur d'études à l'École pratique des 
hautes études, professeur de sanscrit et de grammaire comparée à la 
Faculté des lettres de Paris. — Membre de la Société en 1864 ; secré- 
taire adjoint en 1868 et 1869; vice-président de 1873 à 1878; président 
en 1879. Décédé le 6 août 1888. 

Bouchimb (A,), chargé du cours de langues romanes à la Faculté des 
lettres de Montpellier. — Élu membre de la Société le 21 novembre 
1868. Décès notifié à la Société le 14 avril 1883. 

Brunit di Prislb, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur de grec moderne h l'École spéciale des lan- 
gues orientales vivantes. — Membre de la Société en 1867 ; président 
en 1868. Décédé le 12 septembre 1875. 

Ciaslbs (Philarète), professeur au Collège de France. — Élu membre 
de la Société le 15 février 1873. Décès notifié à la Société le 19 juillet 
1873. 

Crassano (A.), inspecteur général de l'Université. — Élu membre de la 
Société le 12 novembre 1870. Décédé le 8 mars 1888. 

Ciodzeo (Alexandre), ancien chargé de cours au Collège de France et à 
l'École spéciale des langues orientales vivantes. — Membre de la So- 
ciété depuis l'origine. Décès notifié à la Société le 16 janvier 1892. 



— ciuiv — 

DAiMBsnm (Arsène), professeur de langue et littérature française* do 
moyen âge à la Faculté des lettres de Paris, professeur à l'École nor- 
male déjeunes filles de Sèvres. — Membre de la Société en 1610. 
Décédé le 16 novembre 1888. 

Daimbsteti* (James), professeur de langues et littératures de la Perse 
au Collège de France, directeur d'études pour la langue tende à l'École 
pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Km* d$ Pferfo. 

— Élu membre de la Société le 20 décembre 1873; Tice-président en 
1884, 1885 et 1886; président en 1887. Décédé le 19 octobre 1884. 

Di la Berge. — Élu membre de la Société la 3 décembre 1870. Décédé 

le 13 mars 1878. 
DimroouBG (Joseph), membre de llnstitut (Académie des inscriptions 

et belles-lettres). — Membre de la Société depuis le 22 juillet 1871. 

Décédé le 28 juillet 1805. 

Dîne (Marcel), chargé du cours de langue et de littérature arabes à la Fa- 
culté des lettres de Montpellier. — Élu membre de la Société le 10 
février 1876; vice-président en 1878. Décédé en mai 1883. 

Dirai* (Gustave), ancien membre de l'École française d'Athènes. — 
Membre de la Société en 1867. Décédé en 1868. 

DmoH (Charles), inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, 
délégué général de la Compagnie d'Orléans.— Élu membre de la Société 
le 96 avril 1873. Décédé le 26 janvier 1882. 

DtDOT (Ambroise-Firmin). — Admis dans la Société en 1868. Décédé en 
1876. 

Dossow (S.), professeur à la Faculté des lettres de Clermont-Ferrand. 

— Élu membre de la Société le 14 mai 1887. Décédé le 15 février 
1803. 

Bgoer (Emile), membre de llnstitut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), professeur d'éloquence grecque à la Faculté des lettres 
de Paris.— Président de la Société en 1866, en 1870-71, en 1876. Décédé 
le 31 août 1885. 

Eicitoal (Gustave d*). — Membre de la Société depuis 1867. Décédé en 
1886. 

Fletjry (Jean), lecteur à l'Université impériale de Saint-Pétersbourg. — 
Élu membre de la Société le 21 décembre 1878. Décédé en juillet 1804. 

Florent-Lepevre. — Élu membre de la Société le 20 mars 1873. Décédé 
en 1887. 

Fourrier (Eugène), docteur en médecine et es sciences naturelles.— 
Membre de la Société depuis l'origine. Décédé le 10 juin 1885. 

Gboroiar (Professeur D* C.-D.) — Élu membre de la Société le 21 mars 
1875. Décédé en 1888. 

GoLDsemuDT (Siegfried), professeur de sanscrit à l'Université de Stras- 
bourg.— Élu membre de la Société le 8 mai 1860. Décédé le 31 janvier 
1884. 

Goullet.— Élu membre de la Société le 7 juin 1873. Décédé en 1887. 

Grardoaonaoe (Charles), sénateur du royaume de Belgique. — Élu 
membre de la Société le 24 avril 1860. 

Graux (Charles-Heurt), maître de conférences de philologie grecque à 
l'École pratique des hautes études, maître de conférences d'histoire 
grecque à la Faculté des lettres de Paris, bibliothécaire à la bibliothèque 
de l'Université, l'un des directeurs de la Itome ée philologie, de MU- 



— GXX2T — 

retov et thiêtoin mdmum. — Éla membre 4e la Société te 9 mai 
1S74. Décédé le 13 janvier 1882. 

Gumblot (Paul), ancien contai de France a Ceylan. — Membre de la So- 
ciété en 1867. Décèe notifié àla Société le 4 juin 1870. 

Gotetssi (Georges-* «?èit). — Éln membre de la Société le 11 féTrier 
1888. Décédé le 17 mai 1880. 

{Boyau» (Stanislas), professeur de langue arabe au Collège de France, 
maître de conférences de langues arabe et persane à FÉcole pratiquedes 
hautes études. — Élu membre de la Société le 13 avril 1878, vice-pré- 
sident en 1883 et 1883 ; président en 1884. Décédé le 7 septembre 1884. 

HALLÉavsH (Le docteur).— Élu membre de la Société le juin 1877. Dé- 
cès notifié àla Société le 5 avril 1870. 

Haruss (Jean), professeur agrégé à l'Université de Vienne (Autriche). 

— Élu membre de la Société le 36 juin 1887. Décédé le 36 juillet de 
la même année. 

EàWim-BiSMAirLT, directeur d'études honoraire à l'École pratique des 
hautes études, conservateur adjoint de la bibliothèque de l'Université. 

— Membre de la Société depuis 1870. Décédé le 38 juin 1888. 
Hhhbjcb: (G.-A.), doyen de la Faculté des lettres de Lyon. — Membre 

de la Société depuis 1807. Décédé en 1887. 
Hbbvy (Camille). — Membre delà Société en 1867. Décédé le 30 août 1878. 
Hovblaoûui (Abel), professeur à l'École d'anthropologie. — Élu membre 

de la Société le 4 décembre 1868. Décédé en février 1806. 
Jackson (James), archiviste-bibliothécaire de la Société de Géographie. 

— Élu membre de la Société le 33 juin 1870; membre donateur. Décédé 
le 17 juillet 1805. 

Jaobkbt (Le comte), membre de l'Institut — Membre de la Société de- 
puis 1868. Décédé le 1" janvier 1875. 

Joie*, député. — Présenté pour être membre de la Société dans la 
séance du 3 décembre 1870. Décès notifié h la Société le juillet 1881. 

Judas (Le docteur A.-C.), ancien médecin principal de première classe. 
— r Membre de la Société depuis l'origine. Décédé le 17 janvier 1873. 

LAcnAisi (L'abbé Romain Cziskas). — Membre de la Société en 1867. Dé- 
cès notifié à la Société le 36 avril 1873. 

Làcouman (Docteur Albert Tbrejin di), ancien professeur de philologie 
indo-chinoise à l'University Collège de Londres, directeur du fieéy/o- 
nie* end Oriental Ricard. — Élu membre de la Société le février 1888. 
Décédé le 11 octobre 1804. 

Lambrior, professeur à l'Université de Jassy (Roumanie). — Élu membre de 
la Société le 36 mai 1877. Décès notifié à la Société le 17 novembre 1883. 

LanoaMAirr (CAoriet-François), membre de l'Institut (Académie des ins- 
criptions et belles-lettres), professeur d'archéologie près la Bibliothèque 
nationale.— Membre de la Société en 1867. Décédé le décembre 1883. 

Ls Saint (François), ancien officier. — Décédé en 1867. 

Ltw (B.), inspecteur général de l'instruction publique. — Élu membre 
de la Société le 34 janvier 1874. Décédé le 34 décembre 1884. 

LrrraÉ (MaxirniHen-Paul-Êm'ût), membre de l'Académie française et de 
l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Membre de la Société 
depuis 1868. Décédé en 1881. 

Lan (Isidore), professeur au Séminaire Israélite, professeur libre à la Fa* 
culte des lettres de Paris. — Élu membre de la Société le 10 décembre 
1885. Décédé le 3 juin 1803. 



— CXIIVJ — 

Lotthsr (Le docteur Karl). — Membre de la Société en 1887. Décédé le 
5 avril 1873. 

LirrosirAVSKi (Stanislas), élève de l'Université de Dorpat. — Élu membre 
de la Société le 19 décembre 1885. Décès notifié à la Société le 
18 février 1892. 

Malvoisw (Edouard), agrégé de l'Université. — Membre de la Société 
depuis 1867 ; bibliothécaire du 7 février 1880 au 31 décembre 1881. 
Décédé le 5 janvier 1895. 

Maurt (Louiê'Ferdmand-h\tn&), membre de l'Institut (Académie des ins- 
criptions et belles-lettres), professeur d'histoire et morale au Collège de 
France, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, ancien 
directeur des Archives nationales. — Membre de la Société en 1868. 
Décédé le 12 février 1892. 

Mirlktte (Auguste-Mcol&s). — Élu membre de la Société le 20 novem- 
bre 1886. Décédé le 13 mai 1889. 

Meunier (loiot-Francis), docteur es lettres. — Membre de la Société en 
1867 ; trésorier de 1872 h sa mort Décédé le 11 mars 1874. 

Meyer (Maurice), ancien professeur à la Faculté des lettres de Poitiers, 
inspecteur de l'enseignement primaire. — Admis dans la Société en 
1868. Décédé en 1870. 

Mowy (Henry).— Élu membre de la Société le 12 juin 1875. Décès notifié 
à la Société le 18 décembre 1886. 

Muir (John), correspondant de l'Institut de France (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres).— Élu membre delà Société le 21 novembre 1868. 
Décédé le 15 mars 1882. 

Rigoles (0.), professeur au lycée Janson de Sailly. — Élu membre de 
la Société le 13 iuillet 1878. Décès notifié à la Société le 22 décembre 
1888. 

Pannier (Léopold), attaché à la Bibliothèque nationale.— Était membre 
de la Société le 1*' février 1870. Décès notifié à la Société le 20 novembre 
1875. 

Paplonski (J.), directeur de l'Institut des sourds et muets, à Varsovie 
(Pologne russe). — Élu membre de la Société le 27 février 1869. 
Décédé le 28 novembre 1885. 

Pedro n (S. M. dom), membre de l'Institut de France. — Membre de la 
Société depuis le 12 mai 1877. Décédé le 5 décembre 1891. 

Pbllat, doyen de la Faculté de droit de Paris. — Était membre de la So- 
ciété le 1" février 1870. Décès notifié à la Société le 18 novembre 1871. 

Pierron (Alexis), professeur au lycée Louis-le-Grand. — Admis dans la 
Société en 1868. Décès notifié à la Société le 7 décembre 1878. 

Ploix (Charles-Jfortôi), ingénieur hydrographe. — Membre de la Société 
en 1867 ; vice-président en 1873 et en 1888 ; président en 1874 et en 1889. 
Décédé le 21 février 1895. 

Ponton d'Amécourt (Le vicomte Gustave de). — Membre de la Société en 
1867. Décès notifié à la Société le 28 janvier 1888. 

Queux de Saint-Hilaire (Le marquis de). — Élu membre de la Société le 
4 novembre 1882. Décédé en novembre 1889. 

Renan (Joseph-Ernest), membre de l'Institut (Académie française et 
Académie des inscriptions et belles-lettres), administrateur du Collège 
de France. — Membre de la Société depuis l'origine ; président en 
1867. Décédé le 2 octobre 1892. 

RIMER (Charle$'Alphon$€'Lèoi\), membre de l'Institut (Académie des 



— CXXXVlj — 

inscriptions et belles-lettres), professeur d'épigraphie et antiquités 
romaines au Collège de France, président de la section des sciences 
historiques et philologiques à l'École pratique des hautes études, 
conservateur de la Bibliothèque de l'Université. — Admis dans la 
Société le 24 avril 1860. Décédé le 11 juin 1885. 

Riant (P&u\-Êdouard Didier, comte), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres). — Membre de la Société en 1867. Décédé 
en décembre 1888. 

Riemann (Othon), maître de conférences à l'École normale supérieure et 
à l'École pratique des hautes études, l'un des directeurs de la Revue 
de philologie, de littérature et d'histoire anciennes. — Élu membre de la 
Société le 3 décembre 1881. Décédé le 16 août 1891. 

Ributord. — Élu membre de la Société le 15 mars 1873. Décédé le 
14 janvier 1884. 

Rochemonteix (Frtdéric-Joseph~M&ïence-René de Chalvbt, marquis de), 
professeur libre à la Faculté des lettres de Paris. — Élu membre de la 
Société le 7 juin 1873 ; vice-président en 1889 et 1890 ; président en 
1891. Décédé le 30 décembre 1891. 

Ronbl (Charles), chef d'escadron de cavalerie en retraite.— Élu membre 
de la Société le 8 janvier 1881. Décès notifié à la Société le 26 juin 
1886. 

Rougé (Le vicomte Emmanuel de), membre de l'Institut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur au Collège de France. — Membre 
de la Société en 1867. Décès notifié à la Société le 4 janvier 1873. 

Rudy (Charles). — Membre de la Société depuis l'origine. Décès notifié à 
la Société le 10 juin 1893. 

Schokbel (Ch.). — Membre de la Société depuis l'origine. Décès notifié 
à la Société le 8 décembre 1888. 

Seilliere (Aimé). — Élu membre de la Société le 13 février 1869. Décès 
notifié à la Société le 19 novembre 1870. 

Thurot (Franf ow-Charles), membre de l'Institut (Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres), maitre de conférences à l'École normale supé- 
rieure, l'un des directeurs de la Revue de philologie, de littérature et 
d'histoire anciennes. — Admis dans la Société en 1868 ; vice-président 
en 1870-71; président en 1872. Décédé le 17 janvier 1882. 

Todd (J. Henthorn) 9 senior fellow of Trinity Collège, professeur d'hébreu 
à Trinity Collège (Dublin), et conservateur de la bibliothèque. — 
Admis dans la Société en 1868. Décédé le 28 juin 1869. 

Vaïsse (Léon), directeur honoraire de l'École des sourds et muets. — 
Membre de la Société en 1867 ; président en 1875. Décédé le 10 juin 1884. 

Yallentin (Ludovic- Lucien-Mat hieu-F\ormn), substitut du procureur de la 
République à Montélimar, directeur du Bulletin épigraphique de la 
Gaule, -r Élu membre de la Société le 21 janvier 1882. Décès notifié 
* la Société le 9 juin 1883. 



LE VERBE MEAAEIN. 



A propos du verbe (jiXXecv avec sens du futur et rappro- 
ché du latin velle\ nous voyons dans la Vie de Lycurgue 
par Plutarque, au chapitre ix, un passage qui vient corro- 
borer les idées émises par M. Bréal, et où le verbe péXXccv 
a évidemment le sens de vouloir. Il s'agit de la monnaie 
de fer introduite par Lycurgue à Lacédémone pour ôter aux 
Lacédémoniens le désir d'amasser de trop grandes richesses. 
Plutarque ajoute cette réflexion : T(ç yotp 4) xXterecv IpeXXtv, 
fj SupoSoxeTv, ?) ôhcoorepeTv, î) àprciÇetv, 8 piJJT6 xoraxptty» Juvarcàv 
^v, (ii^tc xexTfyjôat ÇqXwtov, àXXi |At)8à xaraxot|tai XuatreXéç; 
« qui, en effet, aurait voulu ou voler, ou recevoir un pot de 
vin, ou soustraire, ou dérober ce qu'il n'était ni possible de 
cacher, ni enviable de posséder, ni même utile de faire 
frapper? » 

J'ajouterai qu'un souvenir de ce verbe vouloir avec sçps 
du futur semble s'être conservé dans notre ancienne 
Franche-Comté (départements du Doubs et du Jura) et dans 
les cantons de la Suisse Romande, particulièrement le can- 
ton de Vaud, où il est courant d'entendre dire : // ne veut 
pas pleuvoir, pour : il ne pleuvra pas; ce vin veut être bon 
quand il aura vieilli, ~our : ce vin sera bon, etc. f . 

Henri Le Fotbr. 



1. Mém. Soc. Lina., tome VIII, 3« fascicule, page 249. 

2. Dans son article sur le Parler Vaudois, publié dans le feuil- 
leton du Journal des Débals du mardi 13 août 1895 (édition rose), 
M. Augustin Filon fait également cette remarque: « Dans tout l'Est 
de la France, on comprendrait aisément cette phrase vaudoise : Je 
m'étonne ce que ça veut donner, dans le sens de: Je me demande ce 
oui va en résulter. Nous disons à Paris môme : II semble vouloir faire 
beau. 9 



BULLETIN 



Dl LA 



SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE 



N° 42 



i t i < it « 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



du 14 Mars au 27 Juin 1896 



Séance du 14 Mars 1896. 

Présidence de M. Jean Psichabi. 

Présents: MM. d'Arbois de Ju bain vil le, Bauer, Boyer, 
Bréal, de Charencey, Duvau, Grammont, Grégoire, Halévy, 
Lamoache, Lejay, Le Nestour, Meillet, Paul Meyer, G. Pa- 
ris, Pernot, Psichari, Raillard, Rambaud, Rousselot. 
M IU de Tchernitzky. 

Absents et excusés : MMt Boutroue, Cart. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et ap 
prouvé. 

Hommages. Voir page clj. 

Communications. M. Rambaud continue la lecture d e 
son travail sur la langue mandé ; il expose le système pho- 
nétique de cette langue, en particulier en ce qui concerne 
la nasalisation, l'élision, le redoublement, les mutations con 
son antiques. 



— cxl — 

M. Gaston Paris étudie les mots romans correspondant au 
français « foie ». Bien que l'étymologie ficâtum soit hors 
de doute, les différentes formes romanes présentent au 
point de vue phonétique un certain nombre de difficultés. 
M. Paris classe ces différentes formes et montre qu'elles 
reposent sur une série de modifications de ficâtum dues à 
l'influence persistante du mot grec <jux,u>t6v, prototype de ficâ- 
tum, et qui était employé à Rome concurremment avec lui. 

Des observations, portant en particulier sur la valeur de 
Tu, sont présentées par MM. Psichari, Bréal, Duvau, Halévy. 

M. Grammont étudie l'histoire de la voyelle latine a 
tonique libre dans le patois de la Franche-Montagne. Aujour- 
d'hui, cette voyelle est encore a; mais M. Grammont 
signale différents faits tendant à prouver qu'elle a passé par 
è, comme en français, et qu'il n'y a pas de rapport direct 
entre son timbre actuel et celui de la voyelle latine. 

Des observations sont présentées par MM. G. Paris, 
P. Meyer. 



Séance du 28 Mars 1896. 

Présidence de M. l'abbé Lejay, vice-président. 

Présents : MM. d'Arbois de Jubainville, Bréal, Cart, de 
Charencey, David-Beguiantz, Duval, Duvau, Grégoire, Ha- 
lévy, Lamouche, Lejay, Le Nestour, Lévi, Meillet, Mélése, 
Raillard, M Ile de Tchernitzky. 

MM. Psichari, président, et Bou troue, premier vice-pré- 
sident, se font excuser de ne pouvoir assister à la séance. 
Une lettre de M. Henry fait connaître qu'il lui sera désor- 
mais le plus souvent impossible, à son regret, d'assister aux 
séances de la Société, à cause de l'éloignement de son nou- 
veau domicile. 

dommages. Voir page clj. 



— cxlj — 

Présentation. MM. Amédée Querry et L. Duvau présen- 
tent pour être membre de la Société: M. le D r Tholozan, pre- 
mier médecin de S. M. le chah de Perse, à Téhéran. 

Communications. M. de Charencey, revenant sur une 
de ses précédentes communications, apporte à l'appui des 
étymologies présentées par lui une liste de mots basques 
empruntés au latin et présentant uniformément le change- 
ment de v latin initial en 6, ou médial en h. 

Il signale ensuite l'existence de quelques mots communs 
au basque et aux langues khamitiques. 

Des observations sont faites par M. Duvau. 

M. Halévy fait ensuite trois communications sur le sans- 
crit kharostht, le latin census dans les langues sémitiques, 
la Tour delà Grue 1 . 

Des observations sont présentées par MM. R. Duval, 
Meillet, Bréal, de Charencey. 

M. Bréal, s'appuyant sur l'expression d'Horace fabulât 
Mânes, et deux emplois analogues de fabula chez Térence 
et chez Perse, propose de distinguer, à côté du mot usuel 
fabula se rattachant à fart, ?t)|a(, un autre mot fabula 
« fantôme » se rattachant à la racine de çata*. 

Une observation est présentée par M. Duvau, qui voit 
dans les trois exemples cités une imitation de certains em- 
plois de pOOoç. 

M. Bréal étudie ensuite le mot sterilitas, qu'il rattache à 
sternere: une plante stérile n'est bonne qu'à faire de la 
litière. Par contre 11 propose de séparer de cette même 
racine le grec orporràç « armée », qui doit plutôt être rappro- 
ché de <rcéXX<D qui a, entre autres significations, celle de 
« lever une année ». 

Des observations sont faites par MM. Halévy, Meillet, 
Duvau. 



I. Voir ces communications in-extenso, p. cliij. 



— cilij — 



Séance du 18 Avril 1896. 

Présidence de M. Jean Psichari. 

Présents : MM. Bauer, Bréal, Cart, de Charencey, David- 
Jtegmantz, Duvau, Lamouche, Le Nestour, Lejay, Meillet, 
Mélèse, Mowat, Paris, Passy, Psichari, Raillard, Rousse- 
lot, M ,lf de Tchernitzky. 

Absents et excusés : MM. Boutante, Boyer. 

Assistant étranger : M. Pokrovsky. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir page clj. 

Election. M. le D r Tholozan est élu membre de la So- 
ciété. 

Présentation. MM. Bréal et Lévi présentent pour être 
membre de la Société : M. Guillaume Huszâr, 43, boulevard 
Saint-Michel, à Paris. 

Correspondance. M. le Président donne lecture d'une 
lettre de notre confrère, M. Monseur, demandant à la So- 
ciété de prendre une délibération appuyant auprès de M. le 
Ministre de l'Instruction publique la pétition d'une Société 
de réforme orthographique. 

M. Bréal fait observer que la question ne pouvait être en 
aucun cas traitée au fond dans la présente séance, à Tordre 
du jour de laquelle elle ne figure pas. D'autre part, la So- 
ciété de linguistique n'a jamais, jusqu'à présent, émis d'avis 
en son nom collectif sur aucune question : les membres de 
la Société trouvent dans les séances l'occasion d'échanger 
leurs idées; mais la Société, comme telle, n'a pas d'opi- 
nion. 

M. Mowat appuie l'opinion de M. Bréal. M. Paris ajoute 
que la question de réforme orthographique n'est pas seule- 
ment d'ordre scientifique, mais soulève aussi des questions 
d'ordre pratique, dont l'examen pourrait absorber le temps 
de la Société au détriment d'autres études qui sont plus 
exclusivement de sa compétence. 



- ciliij - 

M. Passy propose de mettre la question à Tordre du jour 
de la prochaine séance? M. Duvau fait remarquer que, 
d'après M. Monseur, la délibération devrait être transmise 
au Ministre avant la fin d'avril. La proposition de notre 
confrère ne pourrait être discutée en temps utile. 

A l'unanimité, la Société décide de décliner l'invitation 
qui lui a été adressée. 

Communications. M. Meillet signale dans un texte armé- 
nien du xuf siècle la présence d'un certain nombre de noms 
propres ou de titres français. L'alphabet arménien, plus 
riche à certains égards que l'alphabet français, distingue 
certains sons que l'orthographe française note d'une ma- 
nière uniforme et dont la diversité ne peut être reconnue 
que par l'étymologie. 

Des observations sont faites par MM. Paris, de Cha- 
rencey. 

M. Duvau signale dans l'allemand allein, anglais alone, 
le reste d'un mode d'expressions très usitées dans tous les 
vieux dialectes germaniques : il propose de voir dans l'em- 
ploi fréquent en français, dès les plus anciens textes, de 
l'adjectif tout devant un autre adjectif {tout plein, tout 
blanc, tout seul) une imitation de ce procédé à proprement 
parler germanique et non roman. 

Des observations faites par MM. Paris, Lamouche. 

M. Bréal propose d'expliquer dans l'allemand schreien un 
emprunt au français s'écrier, qui vient lui-même de exqui- 
ritare. Un autre emprunt est celui du moyen haut-allemand 
sckumpfentiure au français escon/iture, modifié sous l'in- 
fluence de schimpfen. 

Des observations sont faites par MM. Paris, Bauer. 

M. Rousselot rattache à ses précédentes théories sur 
l'epenthèse l'explication de Ve du français courre de currere t 
homme de hominem. 

Des observations sont présentées par M. Paris. 



— ciliv — 



Séance du 2 Mai 1896. 

Présidence de M. Jean Psichabi. 

Présents : MM. Alexandrowski, d'Àrbois de Jubainville, 
Bauer, Boyer, Cart, Chabot, R. Duval, Duvau, Grégoire, La- 
mouche, Mélèse, Meillet> Mowat, général Parmentier, Pernot, 
Psichari, Raillard, Rousselot, M n ° de Tchernitzky. 

Absents et excusés : MM. Boutroue, Lejay, 

Élection. M. Guillaume Huszir est élu membre de la 
Société. 

Hommages. Voir page clj. 

Communications. M. Boyer propose un système de 
transcription du russe fondé sur un principe non phoné- 
tique mais graphique, chaque lettre de l'alphabet russe 
étant toujours représenté par une même lettre ou un même 
groupe de lettres de l'alphabet français ; une représentation 
phonétique du russe serait une réforme et non une repro- 
duction de l'orthographe russe ; elle serait à la fois super- 
flue pour ceux qui connaissent la prononciation du russe, et 
sans utilité pratique pour ceux qui, sans être familiers avec 
cette langue, voudraient pouvoir chercher dans un lexique 
le sens d'un mot qu'ils ne connaîtraient que parla transcrip- 
tion. 

M. l'abbé Rousselot présente quelques observations sur ce 
principe. D'autres remarques sont faites par MM. Psichari, 
général Parmentier, Meillet, Duvau. M 110 de Tchernitzky 
signale quelques particularités de l'orthographe du petit- 
russien. 

M. Mowat étudie le mot emituliarius qui se trouve dans 
deux inscriptions du corps de garde des uigiles à Rome. 
Après un historique des différents essais d'interprétation de 
ce mot, M. Mowat propose d'y voir un dérivé de emere. 
Vemituliarius serait le soldat chargé de faire les emplettes, 
une sorte de cantinier. 

M. l'abbé Chabot appelle l'attention de la Société sur un 



— oxlv — 

fragment récemment découvert des Bexaples d'Origène, qui 
fournit d'intéressantes données sur la prononciation de l'hé- 
breu au if siècle de notre ère. Des observations sont présen- 
tées par M. Rubens Duval. 

M. l'abbé Rousselot signale une particularité de la pro- 
nonciation du groupe t-\-n final en suédois. 



Séance du 16 Mai 1896. 

Présidence de M. Jean Psichari. 

Présents: MM. Alexandrowski, d'Arbois de Jubain ville, 
Bauer, Bréal, Cart, Chabot, de Charencey, Chabot, R. Du- 
val, Duvau, Grégoire, Halévy, Huszâr, Lamouche, Lejay, 
Le Nestour, Meillet, Pernot, Psichari, RaiUard, M 110 de 
Tchernitzky. 

Absent et excusé : M. l'abbé Rousselot. 

Assistant étranger : M. Wilkens. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Hommages. Voir page clj. 

Correspondance. M. le Secrétaire perpétuel de l'Aca- 
démie des Inscriptions et Belles-Lettres écrit que l'Acadé- 
mie, à l'occasion du centenaire de l'Institut, accorde à la 
Société de Linguistique de Paris un exemplaire d'un certain 
nombre de ses publications. 

La Société charge son président d'exprimer sa reconnais- 
sance à l'Académie, et de solliciter le don de quelques 
autres volumes présentant pour la Société un intérêt parti- 
culier. 

Communications. Il est donné communication d'un tra- 
vail de M. Edwin W. Fay sur le &rec yXonrca et le nom indo- 
européen de la langue. Après un historique de la question 
et une critique des hypothèses présentées par MM. Collitz 
et Johann son, M. Fay pose une racine gltgh « lécher » qui 
peut rendre compte des formes variées du nom de la langue 



— cxlvj - 

dans les idipmes indo-européens, cette base ayant été plus 
on moins modifiée par des phénomènes de simplication con- 
sonatiqae oa d'étymologie populaire. 

Des observations sont présentées par différents membres. 
M. Bréal signale quelques-uns des résultats auquel peut 
mener, dans les recherches étymologiques, la méthode d'ac- 
cumulation jointe à la méthode de corruption. 

M. Halévy propose une correction à un passage de S. Am- 
broise. Des observations sont présentées par M. d'Arbois 
de Jubainville. 

M. Halévy étudie ensuite les changements de signification 
dans l'Inde et dans l'Iran des noms mythologiques Dasyu et 
Nâsatyd. Des observations sont présentées par MM. Bréal, 
Meillet. 

M. Husz&r donne lecture d'un mémoire sur les progrès de 
la linguistique hongroise dans ces vingt dernières années. 

Des observations sont faites par MM. Bréal, de Charencey. 

Il est ensuite donné communication d'un travail de 
M. Fournier sur une formule magique de guérison, en grec et 
en latin, récemment publiée par M. Vassiliev. Le texte latin 
est transcrit en caractères grecs, le texte grec est lui-même 
fort altéré : M. Fournier propose un certain nombre de res- 
titutions et d'explications. 

Des observations sont faites par MM. Pernot, Psichari, 
Duvau. 

M. de Charencey présente l'étymologie de quelques mots 
basques désignant les parties du corps : on peut encore y 
retrouver assez clairement des termes métaphoriques. 

Des observations sont faites par M. Lamouche. 



Séance du 90 Mai 1896. 

Présidence de M. Jean Psichari. 

Présents : MM. Alexandrowski, Bauer, Cart, de Charen- 
cey, Duvau, Grégoire, Lejay, Le Nestour, Meillet, Mowat, 



— cilfij — 

général Parmentier, Psichari, Railiard, Rambaud, Rosa- 
pelly, Rousselot, M 119 de Tchernitzky. 

Absents et excusés : MM. Jfréal, Donner. 

Assistant étranger : M. le D r Lorderean. 

Le procès-verbal de la présente séance est lu et adopté. 

M. le Président se fait l'interprète des sentiments de sa- 
tisfaction éprouvés parla Société à la nouvelle de l'élection 
de M. Gaston Paris i l'Académie française. 

Hommages. Voir page clij . 

Communications. M. l'abbé Rousselot fait une première 
communication sur la nature des voyelles ; il y étudie plus 
spécialement la partie physique, et fait l'historique des dif- 
férentes théories émises sur ce sujet en particulier par Helm- 
holtz. Cette communication, très détaillée, donne lieu à de 
nombreuses observations de la part de MM. le général Par- 
mentier, Psichari, de Gharencey, Rosapelly, Mowat. 

M. le général Parmentier étudie la nature des consonnes 
emphatiques de l'arabe, en particulier du t. De l'observa- 
tion des parlera actuels, et aussi de l'étude des transcrip- 
tions de mots étrangers, grecs en particulier, en arabe, il 
résulte que le t dit emphatique n'est que le t ordinaire du 
français ; le t non emphatique est plus faible que celui du 
français. 

Des observations sont faites par MM. Psichari, Rous- 
selot. 



Sj&ancb du 13 Juin 1896. 

Présidence de M. Jean Psichari. 

Présents : MM. Bauer, Bréal, Cart, de Gharencey, Duvau, 
Lejay, Le Nestour, Mélèse, P. Meyer, Léon Parmentier, 
Pernot, Psichari, Railiard, Rambaud, Rosapelly, Rousselot, 
M 110 de Tchernitzky. 

Absents et excusés : MM. Boutroue, Le Foyer. 

Assistant étranger ; M. le D* Lorderean. 



— cxlviij — 

Hommages. Voir page clij. 

En offrant une brochure sur les langues océaniennes et 
transgangétiques, M. de Charencey en résume les conclu- 
sions. Des observations sont faites par M. Rambaud. 

Communications. M. Le Nés tour étudie l'infinitif breton, 
qui ne présente plus aujourd'hui, comme l'infinitif irlandais, 
le caractère purement nominal. M. Le Nestour recherche 
dans différentes constructions les traces d'un état analogue 
à celui de l'irlandais, et explique par là que l'ancien génitif 
du pronom ait pu prendre aujourd'hui le sens de régime 
direct. Des observations sont présentées par MM. Duvan, 
Psichari, de Charencey. 

Il est donné lecture d'une note de M. Grammont sur l'ex- 
pression franc-comtoise tailler une lampe = « frayer une 
glissoire ». 

M. Meillet étudie le génitif grec oBoxoç. OSoctoç, gothique 
ausins, peut être considéré comme le génitif d'un thème en 
-*- anomal, à mouvement vocaUque delà syllabe présuffixale 
(v.-8l. ucho); cf. sscr. ciras (au lieu àe*çdra$) f çïrsnds; le 
groupe -ss- de *ussen- s'est réduit à s simple comme dans 
«scr. asi « tu es », gr. et. L's simple de zd. uiibya, v.-sl. 
uSi 7 admet la même explication. 

Des observations portant principalement sur le caractère 
systématique des restitutions indo-européennes sont présen- 
tées par M. Bréal. 

M. l'abbé Lejay signale un texte de S. Augustin prou- 
vant qu'à l'époque où vivait cet auteur, l'habitude était de 
ne pas faire dans l'écriture l'assimilation des propositions et 
d'écrire par exemple inmanis et non immanis, ce qui con- 
firme indirectement, et d'une façon très frappante, ce que 
dit Servius sur ce sujet. 

Des observations sont présentées par différents membres. 

Il est donné communication d'une note de M. Imbert sur 
les termes de parenté en lycien. 



— cxlix — 



Sj&ancb du 27 Juin 1896. 



Présidence de M. Jean Psichari. 



Présents : MM. Baner, Boyer, Cart, Duvau, Meillet, Le 
Nestour, Mélèse, Mowat, Psichari, Raillard, Rarabaud, 
Rosapelly, Ronsselot. 

Absents et excusés : MM. d'Arbois de Jubainville, Bou- 
troue, Pernot. 

Assistant étranger : M. le D r Lordereau. 

Le procès-verbal de la précédente séance est In et adopté. 

Nécrologie. La Société apprend avec regret la mort de 
M. Wharton, membre de la Société depuis plusieurs années 
et collaborateur des Mémoires. 

Hommages. Voir page clij. 

Communications. Il est donné lecture d'une note de 
M.d'Arbois de Jubainville sur la formation des noms propres 
de personne dans les langues germaniques. Il est inexact 
de dire qu'il ne faut pas chercher de sens à ces composés, au 
moins à l'époque mérovingienne : car alors la règle ne s'était 
pas encore établie de former le nom de l'enfant à l'aide 
d'un élément emprunté au nom du père et d'un autre em- 
prunté au nom de la mère, sans tenir compte de la signifi- 
cation que pouvait avoir le composé ainsi formé. 

Des observations sont présentées par MM. Rousselot, 
Duvau. 

M. Meillet signale une particularité du traitement de r 
voyelle en slave. Le vocalisme anormal de l'infinitif vieux- 
slave %rùti et du supin tritiù est comparable à celui des 
infinitifs à û long radical tels que kryti, byti y et semble 
indiquer une quantité longue de r voyelle en slave, compa- 
rable à celle indiquée par la forme ir que présentent les 
formes sans e des mêmes racines en sanscrit. 

Des observations sont présentées par MM. Duvau, Psi- 
chari, Rousselot, Raillard. 



— cl — 

M. le D r Rosapelly communique le résultat de ses obser- 
vations sur le rôle du larynx dans la prononciation des 
voyelles, suivant que la voix est vibrante, soufflante ou res- 
piratoire. 

Des observations sont présentées par différents mem- 
bres. 

M. Mowat propose de voir dans le français estropier une 
déformation populaire du mot savant atrophier. 

Il rapproche ensuite le nom ancien de la ville d'Eu, Auga 
ou Augum, du mot germanique signifiant « œil » (gothique 
augô, etc.) 

Des observations sont présentées par MM. Rousselot, 
Cart. 

Cette séance étant la dernière avant les vacances, le pré- 
sent procès-verbal est immédiatement lu et adopté. 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 



14 mare 1806. 

Di ûumhciy. Quelques principes grammaticaux de la langue Fang (Gui- 
née méridionale) Actes de la Société philologique, XXIY. — Paris, 1894, 
in-8 (Offert par Fauteur). 

D* Juan M. Dmoo. Sinopsis de gramdtica griega. — Habana, 1805, in-8 
(Offert par l'auteur). 



28 mort 1886. 

FouaimiAU. Le Siam ancien (Annales du musée Gui met, tome XXVII), 
première partie. — Paris, 1805, in-4 (De la part du Ministère de l'Instruc- 
tion publique). 

Daaisti (Rod.)i La Saga de Niai, traduite par Rod. Dareste (Annales du 
musée Guimet, Bibl. de Yulgar.). — Paris, 1806, in-12 (De la part du Mi- 
nistère de l'Instruction publique). 

Zhivaya Starina (L'antiquité vivante), tome Y (1805), fasc. 3 et 4). — St- 
Pétersbourg, 1805 (périodique). (Offert par les éditeurs.) 

Iivettia obchtchestoa archéologie ietorii, etc. (Mémoires de la Société d'ar- 
chéologie, d'histoire et d'ethnographie de l'université de Kasan), tome XII, 
4, 5, 6; tome XIII, 1. — Kasan, 1805 (Périodique). (Offert par les édi- 
teurs.) 



18 avril 1806. 

C.-C. Uhlmbick. Kurtgefautee Etymologiscnes Worterbuch der gotischen 
Sprache. — Amsterdam, 1806. in-8 (Offert par l'auteur). 



2 mai 1806. 



J. Caperah. Les Franco-Roumains, poésies d'Alecsandri,Bolintineanu, etc., 
traduites en vers français. — Paris, 189*, broc h. in-12 (Offert par l'auteur.; 



— clij — 



16 mot 1896. 

J. Halévt. L'Influence du Pentateuque sur VAvesta (Extrait de la Revue 
sémitique. Paris, 1896). — Br. in-8 (Offert par l'auteur). 



30 mai 1896. 

Mémoires de V Académie dee Inscription* et Belles- Lettres, tomes UY à 
XXXY. — Paris, 1840-1895 (Offert par l'Institut). 

Mémoires présentés par divers savants à V Académie des Inscriptions et 
Belles-Lettres, tomes III à X. — Paris, 1853-1893 (Offert par l'Institut). 



13 juin 1896. 

H. Pirhot. L'indicatif présent du verbe être en néo-grec (Extrait des M é 
moires de la Société de Linguistique de Paris, tome IX). — Paris, 1896, 
broch. in-8 (Offert par l'auteur). 

De Charincby. Les langues océaniennes et transgangétiques (Extrait de 
la Revue de Linguistique d'avril-juillet 1896). — Paris, 1896, broch. in-8 
(Offert par l'auteur). 



27 juin 1896. 

E. Staapf. Le suffixe -arius dans tes langues romanes. — Upaal, 1896,9 
in-8 (Offert par Fauteur). 



AVIS 



PUBLICATIONS ANTÉRIEURES AU l or JANVIER 1896 



Conditions de vente particulières aux Membres 

de la Société 



Collection complète des Mémoires (tomes I à VIII 
complets, t. IX, fasc. I) 120 fr. 

Volumes isolés : tomes I et VII, chacun. ... 12 fr. 

— tomes II, m, IV, V, VI, chacun. 15 fr., 

— tome VIII 18 fr. 

— tome IV, fasc. 1 8 fr. 

Fascicules isolés : chacun 8 fr. 

Le Bulletin (collection et numéros isolés) est mis gratui- 
tement à la disposition des membres de la Société. 



Les frais d'envoi sont à la charge de F acheteur 



Les demandes doirent être adressées à l'Administrateur. 



VARIÉTÉS 



i. 



Kharostht. 

• • 

Par le nom de kharostht on désigne actuellement l'une 
des deux écritures indiennes que l'on nommait autrefois : 
arienne ou bactrienne. Ce nom signifie : « oreille d'âne », 
qualificatif bizarre qui n'a visiblement aucun rapport avec 
la forme matérielle des lettres de cet alphabet. Je ne con- 
nais que deux tentatives pour interpréter ce nom : M. Bûhler 
y voit le nom populaire de l'inventeur; M. Pischel le prend 
au contraire pour un dérivé du terme araméen khàrithtâ 
« chose gravée ». Ni l'une ni l'autre de ces hypothèses ne 
peut réclamer la moindre vraisemblance ; la seconde présente 
néanmoins cet avantage qu'elle se rapporte i l'écriture elle- 
même. Elle est cependant absolument inadmissible, car le 
mot araméen ordinaire pour « écriture » est këthàbhâ et 
non khàrithtâ; comment donc imaginer que les Indiens 
aient donné la préférence à un mot qui chez les Araméens 
eux-mêmes n'avait pas le sens d'écriture? 

Ces deux hypothèses écartées, une nouvelle tentative ne 
sera pas hors de place. A mon sentiment, la désignation 
kharosti lipt est dans une relation étroite avec brahmî lipt 
« écriture de Brahma, ou des Brahmanes ». En face de 
l'écriture brahmanique, particulière et d'origine religieuse, 
se place convenablement l'écriture usuelle, populaire, et 
d'origine laïque. Ce principe étant admis, on pense aussitôt 



— clv — 

à l'adjectif grec xpijffnxéç, Vj, 6v, et, en supposant dans AAa- 
ro^fAI une altération ironique de ce mot étranger, l'on cons- 
truit sans le moindre effort les deux équations que voici : 

Brahmt lipt = Bpoxpuvtxi) ypofifi « écriture brahmanique »; 

Kharosthi lipt = Xpr t <mxri ypo^ « écriture usuelle ». 



IL 



Census. 

L'administration romaine, à peine installée en Orient, 
avait organisé un recensement général des provinces con- 
quises, afin de régler les impôts à verser par chaque habi- 
tant suivant la valeur de ses revenus. Le terme latin census, 
sous sa prononciation ancienne kensus (xévaoç), pénétra dès 
lors dans les langues sémitiques sous la forme de qënâs, 
qenâsd, mais il y prit un sens péjoratif qui caractérise bien 
la répugnance unanime que son introduction a rencontrée 
chez les Orientaux. L'histoire a enregistré le soulèvement 
de la Judée à cette occasion, et la cruelle répression de la 
part des Romains, qui a coûté la vie à plus de 50 ,000 Juif s. 
L'estimation officielle des revenus a été considérée comme 
la négation absolue de la liberté individuelle et comme une 
mesure arbitraire de pénalité. Sous une telle disposition, 
le mot qenâs a reçu la signification de ce peine pécuniaire, 
amende », d'où le verbe qdnas, qënas « condamner à 
l'amende ». Qui sait si le verbe arabe qanasa « chasser » 
qu'on fait venir de xuvéç, génitif de xJa>v « chien », ne se 
ramène pas à l'action de traquer les récalcitrants qui cher- 
chaient à échapper aux impositions. Quoi qu'il en soit de 
cette dernière conjecture, il importe de faire remarquer que 
le verbe qanas avec le sens de « payer une amende » se 
trouve dans les inscriptions minéenes de l'Arabie méridio- 
nale. Depuis quelques années, certains épigraphistes ont 
émis l'opinion que les textes minéens appartenaient au 
second millénaire avant le Christ. La présence du vocable 

k 



— dfj — 

latin dans l'un d'eux oblige à admettre que le royaume mi- 
néen existait encore au premier siècle de l'ère vulgaire en 
même temps que les royaumes de Saba et d'Himyar que 
nous connaissons mieux par les géographes classiques. 



III. 



Kalank diz « la Tour de la Grue ». 

Dans la séance du 25 mai de Tannée passée, j'ai rappro- 
ché conjecturalement le mot sanscrit karumkara « grue » 
du syriaque quaraq'ala qui a le même sens. On m'a objecté 
alors que le mot sanscrit précité se composait de karum -f 
kara. Cette objection doit certainement être écartée, grâce 
à la comparaison avec la forme persane kalank, forme qui 
serait kalan-kâr si le dissyllabe kara du mot sanscrit était 
un élément de composition. Mais cela est un point secon- 
daire ; le but réel de cette communication est de rechercher 
le sens que la tradition parsie a voulu attribuer à la dési- 
gnation mythico-géographique « la Tour de la Grue », 
située près de Babylon, résidence d'Ajis-Dahâka. 

Si je ne me trompe, la grue est ici le symbole de l'art de 
la divination et de la magie. L'antiquité pronostiquait 
l'avenir par le vol des oiseaux, surtout du corbeau et de la 
grue. En Egypte, le dieu de la sagesse, Thot, est coiffé 
d'une tête d'ibis ; les Indiens exaltent la science de l'oiseau 
Garuda, et la loi de Zoroastre est enseignée dans le Var de 
Yima par l'oiseau Karshipta. Il est remarquable que le 
célèbre temple babylonien appelé bit sagil semble avoir été 
la source du néo-hébreu segulki « qualité magique » et de 
l'éthiopien sagal « magie ». La chose s'explique facilement 
par ce fait que pour beaucoup de peuples la Ghaldée et 
l'Egypte étaient la partie des arts magiques. Aussi est-il 
curieux de constater que le mot hébreu hartom, qui ne dé- 
signe que les magiciens des deux pays que je viens de nom- 
mer, signifie primitivement « bec d'oiseau », signification 



— clvij — 

dans laquelle l'oiseau symbolise également l'idée de la ma- 
gie. Ces rapprochements me paraissent appuyer le sens que 
je suppose à la désination parsie de l'ancien sanctuaire baby- 
lonien par « la Tour de la Grue ». Que le nom indo-persan 
de la grue soit indigène ou étranger, il est incontestable 
que la légende avestique qui rattache le mythe d'Ajis-Da- 
hâka à Babylone vient d'une époque où cette ancienne capi- 
tale, avec ses temples immenses, ne présentaient plus qu'un 
monceau de ruines informes, ce qui nous mène vers la fin 
du premier siècle de notre ère. 

Joseph Halbvy. 



JOSEPH DERENBOURG 1 



Joseph Derenbourg, mort à Ems le 29 juillet 1895, na- 
quit le 21 août 1811, à May en ce. Cette ville, qui apparte- 
nait alors à la France, était le chef-lieu du département du 
Mont-Tonnerre. Les Israélites de Mayence, siège de la plus 
ancienne communauté juive d'Allemagne, jouissaient pour 
la première fois, après des siècles d'oppression, de la com- 
plète égalité civile, que la France venait de leur conférer. 
Grâce à ce nouvel état de choses, qui commença en 1797, 
la communauté juive prit un essor très rapide, elle s'accrut 
principalement de l'afflux incessant des juifs des localités 
voisines. Déjà avant cette date, le père de J. Derenbourg, 
Hartwig (Gevi Hirsch) Derenburg était venu i Mayence, où 
naquit en 1794 son fils aîné, Jacob, qui devint juriste et fut 
le président de la communauté de Mayence. Le nom indique 
l'origine de la famille ; Derenburg est une petite ville de la 
province prussienne de Saxe, district de Halberstadt. Dans 
l'acte de naissance de Joseph Derenbourg, le nom est écrit 
Derenburg, mais peu à peu, la famille s'habitua à écrire 
Dernburg; aux premiers temps de son séjour à Paris, il si- 
gnait également Dernburg. Plus tard il prit le nom de De- 
renbourg \ 



1 . Résumé de la notice publiée par M. W. Bâcher dans la Revue 
des Études juives, t. XXXVII, n° 68. 

2. J'ai trouvé « Derenbourg » pour la première fois dans la liste 
des membres de la Société Asiatique de juillet 1847. Dans les listes 
antérieures, le nom est écrit Dernburg. De même dans la Zeitschrift 
de Geiger, où le public apprend à connaître le nom pour la première 
fois. 



— clii ^— 

Depuis l'âge de cinq ans jusqu'à l'âge de treize ans, Joseph 
Derenbourg reçut les leçpfas de son père. L'enseignement se 
bornait à la Bible et au Talmud, nulle étude profane. Chaque 
jour, huit heures durant, le père initiait son fils i la litté- 
rature talmudique ; il prépara ainsi, sans le prévoir, le so- 
lide fondement pour les recherches scientifiques que Joseph 
Derenbourg devait faire plus tard dans cette littérature. 

Quand il eut seize ans révolus, son éducation prit une 
nouvelle direction. Soutenu par sa mère, il apprit les lan- 
gues classiques pour entrer au gymnase. Cependant il ne 
négligea point ses études talmudiques, car, outre son père, 
il avait encore pour professeur de Talmud R. Lob (Léo) 
Ellinger, rabbin de Mayence depuis 1823. 

Après quelques bonnes années d'études préparatoires, 
Derenbourg entra en seconde au gymnase de Mayence, où 
il suivit les cours avec succès, jusqu'à ce qu'il fut prêt à se 
rendre à l'Université. 

Pour un jeune homme qui voulait se préparer à la car- 
rière rabbinique après avoir achevé ses études au gymnase, 
il n'y avait à cette époque qu'un établissement où se former : 
c'était l'Université. La faculté de philosophie offrait la cul- 
ture scientifique et philosophique et spécialement l'étude 
des langues sémitiques, tandis que la faculté de théologie 
protestante, en tant que les cours en étaient accessibles à 
des auditeurs juifs, permettait aux jeunes rabbins de s'ap- 
proprier les différentes disciplines de la théologie chré- 
tienne, que chacun pouvait appliquer, selon ses tendances 
et ses goûts, à la théologie juive. 

En réalité, ainsi que le dit plus tard lui-même J. Deren- 
bourg 1 , « l'Université n'avait pour le théologien juif presque 
d'autre but que de lui procurer le grade de docteur, que les 
communautés commencèrent à considérer vers 1830 comme 
la marque d'un rabbin instruit. L'étudiant en théologie fré- 
quentait ainsi les cours de philosophie, de philologie, de 
langues orientales, .et choisissait parmi ces enseignements 
divers ce qui convenait à son goût et à son esprit ». Il a 
défini par ces paroles ses propres études universitaires. 

I. Dans son éloge de Geiger, Jùd. ZeiUchrifl, XI (1875), 301. 



— Cil — 

Pour étendre ses connaissances dans le domaine de la 
science juive, il était livré à lui-même. Il n'avait, pour le 
conseiller, que les livres et l'exemple de ses camarades. 
Quand Derenbourg vint à l'Université, la science juive avait 
déjà produit et était en train de produire quelques œuvres 
composées d'après la méthode critique des sciences histo- 
riques et philologiques. De 1822 à 1829, Jost avait publié 
les neuf volumes de son Histoire; de 1828 à 1832, Rapoport 
avait produit ses remarquables Biographies. Vers le même 
temps, Zunz travaillait à son ouvrage Die gottesdienstlichcn 
Vortrdge, après avoir déjà tracé en 1818, dans une substan- 
tielle brochure, comme le programme de la nouvelle science 
juive et publié en 1822 la première Revue de la nouvelle 
école, et dans cette Revue sa monographie sur Raschi 1 . 
C'étaient là les illustres modèles qui s'offraient aux yeux 
des étudiants juifs des Universités allemandes qui se prépa- 
raient à cultiver la littérature hébraïque et rabbinique et à 
devenir les porte-paroles du judaïsme. 

Quand, après avoir débuté à Giessen 1 , Derenbourg arriva 
à l'Université de Bonn, il y rencontra en 1832 un certain 
nombre de ces jeunes théologiens épris de la science juive. 
Le plus influent d'entre eux était Abraham Geiger, plus âgé 
d'un an que Derenbourg et qui n'avait plus que quelques 
mois à rester à Bonn. Mais ce temps assez court suffit pour 
établir entre eux une amitié qui dura toute la vie. 

A vingt-trois ans, Derenbourg avait terminé ses études 

1. On trouvera comme le souvenir de l'impression que ces trois 
savants firent sur Derenbourg dans les paroles qu'il leur consacre 
dans l'introduction à son Essai, p. 7, note 2. 

2. Voici comment Derenbourg s'inscrivit le 26 octobre 1830 dans 
le registre de l'Université de Giessen : « Joseph Dernburg aus Mainz, 
Sohn des Hartwig Dernburg, studirt Filosofie. » Il resta à Giessen trois 
semestres, de 1830 à 1832. Il suivit, entre autres, les cours d'Osann 
sur l'histoire de la littérature grecque et sur Sophocle, ceux de 
Schmitthammer sur l'histoire du moyen âge et l'histoire universelle, 
ceux d'Umpfenbach sur les mathématiques pures ; à cette époque, 
c'était le théologien protestant Pfannkuch, chargé de professer à la 
fois les langues orientales et l'exégèse de l'Ancien Testament, qui 
enseigna pendant ces trois semestres les éléments du syriaque, du 
chaldéen et de l'arabe et qui peut, par conséquent, être considéré, 
pour ces trois langues, comme le premier maître de Derenbourg. 
— Je dois ces renseignements à M. le professeur Stade, de Giessen. 



— clxj — 

à l'Université. Des circonstances extérieures, ainsi que des 
motifs personnels l'empêchèrent d'accepter une place de 
rabbin. Il préféra un emploi de précepteur, qui lui permet- 
tait d'assurer son existence matérielle et de continuer en 
même temps ses études. Une bonne fortune le conduisit 
dans la famille Bischoffsheim, originaire de May en ce, qui 
habitait Amsterdam. 

Il fut chargé de diriger l'éducation de Raphaël Bis- 
choffsheim, actuellement député et membre de l'Institut. 
Sans nul doute, ce fut Der