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Full text of "Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique"

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i BULLETIN 



DE LÀ 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE 



Gand, imp. G. Annoot-Brtockmao, Ad. Hotte, tucc. 



BULLETIN 



DB LA 



/ f 



SOCIETE ROYALE DE BOTANIQUE 



^ 



DE BELGIQUE 



FONDÉB LE 1" JUIN 1862 



TOME aUABANTE-TROISIÊHB 




BRUXELLES 
AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

JABDIM BOTA.NIQUB DB L'ÉTAT 

1906 



t 



CuA^-^ 



NOTICE 

SUR 



FRANÇOIS CREPIN 

né à Rochefort le $0 octobre 1830, mort à Bruxelles 

le $0 avril 190${^). 



I. 
lia ▼!•, iM oxiglnM, r«&ikzi06| l'éduoatloii. 

Rien n'est plus intéressant que de démêler dans les 
traits, dans le caractère, dans la tournure d'esprit d'un 
homme distingué, les multiples influences qui l'ont fait 
tel qu'il est, afin de reconnaître par quoi 11 répète l'un 
ou l'autre de ses ancêtres et par quoi il innove datis sa 
lignée, ce dont il est redevable à l'éducation et ce qu'il 
doit au hasard des circonstances, — > ou, si nous voulons 



(1) Notre regretté confrère, L. EaauA, travaillait aotivemcnt à cette 
notice lorsqa'ane mort foudroyante Ta terrasié, le l*' août 1905* La pre- 
mière partie, ainsi que denx paragraphes de la seconde partie, étaient 
achevés. G*est donc son œuvre» telle qu'il roulait la donner & l'Académie, 
écrite avec cette clarté de style et ce souci minutieux de la vérité qui le 
caractérisaient. Le plan de cette notice donnait les différents pointa qu'il 
comptait encore traiter, mais sans indications directrices. Chargé de la 
terminer, j*ai accepté celte mission délicate, mû par un double senti- 
ment de reconnaissance envers Téminont confrère, si prématurément 
enlevé, ainsi que pour le maître aimé dont il avait accepté de retracer la 
vie et l'asavro. (Th. DuaAWD). 

Cette notice a paru dans TAnnuaire de 1905. L'Académie royale de 
Belgique a bien roula en permettre la réimpression dans notre Bulletin. 



,i 



\t 



6 

parler le langage des naturalistes» — de chercher à faire 
en lui la part de l'hérédité, du milieu et de la variation 
personnelle. Mais, pour mener à bien une telle étude» il 
faudrait avoir su d'avance qu'un littérateur, qu'un artiste, 
qu'un savant naitra un jour dans une famille donnée 
et s'être, comme on dit, « documenté » copieusement sur 
les membres de cette famille, depuis plusieurs géné- 
rations. 

Au sujet de l'ascendance lointaine de François Grépin, 
nous savons seulement que sa famille est originaire du 
Nord de la France : famille modeste et travailleuse, 
issue de Marcel Crépin(U, de Cateau-Cambrésis (France), 
lequel vint s'établir à Rochefort, dans l'actuelle province 
de Namur, au commencement du XVIII* siècle. Le père 
du savant dont nous retraçons la biographie, était Jean- 
François-Joseph Grépin, l'alné d'une nombreuse famille : 
il fit des études de droit à Bruxelles, en 1816-1817, fut 
nommé greffier de la justice de paix, en même temps 
que percepteur des postes à Rochefort, sa ville natale, 
et y devint juge de paix en 1847. Il exerça cette fonction 
jusqu'à la mise en vigueur de la loi de 1867, qui fixait 
des limites d'âge pour les magistrats. II était, en outre, 
inspecteur cantonal de l'enseignement primaire. Il 
mourut à Rochefort en 1875, à l'âge de 83 ans. 

Gomme il arrive si souvent pour les hommes qui ont 
marqué par leur mérite, François Grépin doit aussi 
beaucoup à sa mère, née Marie-Josèphe Hastire. Elle était 
la fille d'un médecin de Wavreille, fixé à Saint-Hubert, 
où il est mort du typhus, à 32 ans, en 1840. Femme de 
grand cœur et d'une intelligence supérieure, elle lisait 
énormément et fut, jusqu'à la fin de sa vie, le guide 
infaillible de toute la famille. G'est sans doute d'elle que 



François Grépin tenait surtout son caractère sérieux et 
son intelligence affinée. 

Notre futur botaniste était Tainé de cinq enfants : il 
avait trois frères et une sœur (^). 

Son instruction fut assez originale (8). On l'avait fait 
entrer à Técole primaire* à Rochefort. Mais il ne s'y plai- 
sait pas du tout et ne montrait aucun zèle pour l'étude. 
Ses parents en étaient fort affligés. Que faire? On le 
confia, vers i84Af sur son propre désir, à un ami de la 
famille, jeune instituteur communal du village de Wa- 
vreille (à 5 kilomètres de Rochefort), M. Romain Beau- 
Jean, de sept à huit ans plus âgé que lui et pour qui il 
éprouvait une vive sympathie. H n'est que juste de 
constater que M. Beaujean eut sur son développement 
intellectuel une grande et heureuse influence. 

Le jeune François ne fréquentait point l'école de 
Wavreille : leçons, devoirs, exercices divers se faisaient 
à domicile, et cela d'autant plus aisément que l'élève et 
le maitre occupaient la même chambre dans une maison 
du village. Il étudia ainsi le français, l'arithmétique, la 
géographie, l'histoire et surtout les sciences naturelles, 
pour lesquelles le maitre avait un goût très marqué et 
qui étaient l'étude favorite de l'élève. M. Beaujean 
maniait habilement le crayon et le pinceau : il sut aussi 
faire de son élève un bon dessinateur. 

L'un et l'autre n'avaient que de modestes ressources; 
cependant, la petite bibliothèque de M. Beaujean ren- 
fermait, fort à propos, quelques ouvrages scientifiques 
solides, et le jeune François se plongeait dans leur lecture. 
C'étaient les Cahiers d'histoire naturelle^ de Milite- 
Edwards et Achille Comte, les Nouvelles suites à Buffon; 
puis la Faune de la Mosellef de Foueiœl, et la Flore de 



i 



8 

la MoselUf de HoLA.irDaK, ouvrage que François Grépin 
consultait souvent; la Flore luxembourgeoise ^ de TnrAifr; 
celle des Environs de Spa^ du D' LusuirBy c le père de 
la flore belge », comme Grépm devait l'appeler plus tard; 
l'excellente Flore des environs de Paris^ de Gossojir et 
Gerhuit, etc. 

Il y avait, à c6té de la chambre habitée par Télève et 
le professeur, une grande pièce inoccupée qu'ils eurent 
tdt fait de s'annexer. C'est là que l'on déterminait les 
plantes et les insectes, rapportés des promenades, là que 
Grépin préparait et épinglait ceux-ci, séchait celles-là, 
avec un soin minutieux. La collection d'insectes ne fut 
toutefois pas continuée très sérieusement et toute l'atten- 
tion se concentra, dès lors, sur l'herbier. 

Gomme le maitre et l'élève étaient jeunes tous deux, 
et tous deux animés du même feu sacré, rien ne les 
arrêtait dans leurs courses vagabondes. Tantôt, on gra- 
vissait les coteaux escarpés et arides des terrains cal- 
caires de la Famenne, tantôt, en explorant l'Ardenne 
toute proche, on arrivait à des gorges sauvages, ou bien, 
on risquait de demeurer enlisé au milieu des fondrières 
des terrains fangeux. Maintes fois, il fallut que l'un des 
camarades aidât l'autre à se tirer d'une position critique 
et lui tendit, d'une main secourable, le bâton à tête 
recourbée, qui est l'alpenstock des Ardennais. 

Mais aussi quel bonheur de vivre ainsi au grand air, 
de pénétrer, chaque jour, plus avant dans l'intimité de la 
nature environnante 1 Les moindres découvertes d'es- 
pèces rares : fleurs non encore cueillies, insectes cap- 
turés pour la première fois, faisaient événement et 
stimulaient à de nouvelles recherches. 

Nous pouvons assister ici par la pensée à ce spectacle, 



4^ 



9 

toajours passionnant : une vraie vocation qui germe et 
s'affîrme. Celle de Grépin s'annonça de bonne heure et 
ne cessa de s'accentuer. C'est d'abord l'enfant qui aime 
à collectionner les herbes ou les papillons. Puis, il se 
familiarise peu à peu, avec eux, il en reconnaît, de mieux 
en mieux, les formes, il en distingue les variétés diverses, 
il les compare, il les groupe, il les classe. Il s'intéresse à 
leur vie. Il s'efforce de découvrir les enchaînements qui 
rattachent les espèces les unes aux autres, les traits 
communs qui s'y retrouvent, les lois qui président à leur 
distribution. 

La curiosité enfantine s'est transformée en attention 
scientifique : un naturaliste est édos. 

Il nous a dépeint lui-même, dans l'introduction de son 
Manuelf les joies qu'occasionnent ces émotions juvé- 
niles. € Quel est, dit-il, le botaniste déjà âgé qui ne se 
rappelle avec bonheur ses premières déterminations, 
faites au milieu des campagnes, et qui ne se souvienne 
de sa fierté d'alors, lorsqu'il pouvait nommer une Ané- 
mone, une Renoncule, ou distinguer la Drave printa- 
nière parmi les autres Crucifères? Quel est celui qui n'a 
point conservé le souvenir de ces premiers temps, alors 
qu'on commence à balbutier le langage scientifique et à 
parler d'étamines, de pistil, de corolle, de feuilles cau- 
linaires et de feuilles radicales? (^) » 

L'esprit scrutateur, ingénieux du jouvenceau était 
toujours en éveil et se portait tour à tour sur les objets 
les plus variés. Il observait, d'un regard pénétrant et 
amusé, les mœurs et les travers des braves villageois. 
Il notait leur langage et leurs superstitions. Puis, il se 
divertissait à établir des roues hydrauliques ou d'autres 
ouvrages sur un petit canal de 20 à 30 centimètres 



10 

de largeur, qui servait à l'irrigation d'une prairie voisine 
de rhabitation de Wavreille. S'il découvrait un ancien 
instrument de musique abandonné, une horloge, un 
réveil-matin hors d'usage, vite il en faisait < l'autopsie », 
afin d*en connaître le mécanisme et l'agencement des 
différentes pièces. Ce désir constant de s'instruire 
et cette pétulance n'étaient point pour déplaire à 
M. Beaujean, qui déclare avoir connu, dans sa longue 
carrière, peu d'élèves aussi heureusement doués; mais 
il jetait dans une inquiétude permanente la bonne 
vieille villageoise chez qui l'on demeurait. « Je ne sais, 
disait-elle en soupirant au professeur, ce que vous ferez 
de ce garçon-là, ni ce qu'il deviendra. 11 n'a pas une 
minute de repos et je n'ai plus aucune tranquillité : vous 
verrez qu'il me fera mourir !! » 

n. 

Fonotions aâxnlxiiitratiTM pasiagôres. 
ÉtudeB en Beoret. 

Le séjour d'un an environ à Wavreille avait donc 
opéré en François Crépîn une révolution complète : ce 
jeune homme, naguère si peu studieux, ne parlait plus 
maintenant à ses parents que d'étude et d'achat de livres. 
Son rêve eut été de se consacrer uniquement à « l'aimable 
science », comme on disait alors. Mais il fallait songer à 
l'avenir et il ne semblait pas que la botanique pût con- 
stituer une carrière lucrative. (Qui oserait prétendre que 
c'en soit une, même aujourd'hui?) 

Rentré à Rochefort, il céda aux instances de ses 
parents et, en attendant mieux, se fit agréer en qualité 
de commis au bureau local de l'enregistrement. 



11 

Le ciel me préserve de mal parler d'une administration 
si importante ! Mais elle fournit un aliment un peu 
maigre pour une intelligence avide de savoir, et le nou- 
veau commis se consolait en se livrant, avec son frère 
Henri, à de véritables débauches de lecture. Ils cares- 
saient'même ensemble l'idée ambitieuse de s'initier à la 
connaissance du latin, en suivant la méthode jacotot, 
alors très en honneur (W. 

Tout leur argent de poche s'en allait chez le libraire, à 
Bruxelles, et c'était fête pour eux chaque fois que le 
facteur des messageries Van Gend leur apportait un nou- 
veau paquet de livres. D'ailleurs, l'entomologie et la 
botanique n'étaient pas négligées, et les deux frères, 
armés de leurs sacs, boîtes et filets, faisaient de fré- 
quentes excursions, qui n'étaient pas sans intriguer les 
bonnes gens'de la commune. 

Vers la fin de l'année 1849, un concours ayant été ou- 
vert pour la monination de plusieurs surnuméraires dans 
l'Administration des postes, le jeune François y réussit 
et put décrocher le brevet convoité, qui l'amena en avril 
1850 au bureau des postes de Namur. Là, il fallait piocher 
sur les chiffres et les statistiques. Heureusement qu'à 
cette époque son frère cadet Henri entra comme commis 
au bureau de l'enregistrement de la même ville, dont le 
receveur était un ami de M. Crépin père. Grâce à ce 
rapprochement, les deux frères continuèrent à s'instruire 
de conserve. Mais l'aîné ne pouvait disposer entièrement 
de ses dimanches, ce qui formait obstacle aux longues 
excursions auxquelles ils s'étaient habitués à Rochefort. 
Cette circonstance, jointe au caractère trop matériel de 
ses occupations postales, détermina François Crépin à 
se démettre de ses fonctions de surnuméraire et à deve- 



13 

nir commis de renr^istrement dans le même bureau 
que son frère. 

Le receveur hébergeait ses deux commis et les accueil- 
lait à sa table, en échange du travail assidu qu'il exigeait 
d'eux. Ils crurent pouvoir employer les soirées à leurs 
études favorites, et le dimanche, qui était jour de congé, 
était consacré à de grandes courses botaniques, d'où l'on 
revenait les boites vertes remplies de plantes, destinées à 
llierbier commun. 

Les deux frères étaient des marcheurs infatigables : 
ils ne ménageaient ni leurs jambes ni leurs peines, et 
parvenaient ainsi à enrichir leurs collections sans grands 
frais. Un samedi soir, leur journée de travail achevée, ils 
se mettent en route, pédestrement, pour Rochefort et 
parcourent pendant la nuit les 50 kilomètres qui les en 
séparent; ils y font une longue herborisation, puis 
reprennent le dimanche soir la route de Namur, afin de 
pouvoir recommencer leur tâche administrative le lende- 
main à 8 heures du matin. On peut attendre beaucoup 
de jeunes gens capables de rester trois jours et deux nuits 
sans dormir, tout en accomplissant à pied un trajet de 
plus de 100 kilomètres. 

Sais le receveur ne l'entendait pas ainsi. C'était un 
bureaucrate austère et convaincu. L'amour de la science 
lui apparaissait, chez les deux jeunes gens, placés sous son 
autorité, comme une infidélité coupable à l'égard de la 
besogne légitime. Aussi leur signifia-t-il que désormais 
il ne voulait plus voir de lumière dans leur chambre une 
fois 9 heures sonnées. Peine inutile. De cette chambre 
dépendait un placard, sorte de réduit servant à remiser 
les vêtements. Les jeunes botanistes y installèrent une 
petite table et, après avoir fermé la porte, ils pouvaient. 



13 

à la faveur de bougies achetées en secret, s'y livrer à 
leurs clières études; ils dépistaient de la sorte les argus 
du voisinage qui renseignaient M. le receveur sur les 
lueurs nocturnes qu'on remarquait chez lui avant l'emploi 
de ce stratagème! 

Une lutte si inégale ne pouvait cependant durer long- 
temps. Après un an de séjour chez le vieux receveur, 
François Grépin reconnut qu'il était tombé de Gharybde 
en Scylla et qu'il n'avait décidément pas plus la vocation 
de l'enregistrement que celle des postes. Il retourna 
dans sa famille, qui lui fit bon accueil et lui permit de 
continuer ses études botaniques. 

m. 

HerboxlsationB et premiôres recherohes. 

Le voici, à partir du printemps de 1852, libre de sui- 
vre uniquement son penchant. Bien que l'on n'aperçut 
pas du tout quel parti il pourrait tirer plus tard de ses 
recherches scientifiques, il était encouragé par sa mère, 
qui voyait dans le perfectionnement intellectuel un but 
au moins aussi louable que la poursuite des moyens 
matériels d'existence. Au demeurant, elle espérait tou- 
jours que le reste viendrait par surcroit : sa confiance 
clairvoyante ne devait pas être déçue. 

De 1852 à 1860, François Grépin explore en tous sens 
une grande partie de la Belgique, surtout les provinces 
de Namur, de Luxembourg et de Liège, le vasculum au 
cAté, le déplantoir suspendu au poignet et, à la main son 
solide bâton ardennais, en bois de chêne. Il vit parmi les 
herbes sauvages qui exercent sur lui une sorte de fasci- 
nation, il les dissèque, il apprend de plus en plus à 



14 

connaître la flore indigène, il mène l'existence qu'il 
souhaitait, sans nul souci du lendemain, sans nulle 
ambition que de savoir. Il est heureux. 

Ses carnets d'herborisation, proprement lignés, métho- 
diquement tenus, remplis de sa petite écriture verticale 
et régulière, nous le montrent herborisant du printemps 
à l'automne, presque tous les jours. Souvent ce ne sont 
que des promenades dans les pittoresques environs de 
Rochefort et de Han-sur-Lesse, assez souvent aussi il 
s'agit de véritables excursions botaniques, de la durée 
d'une semaine environ. Il arpente les plateaux de TAr- 
denne, il s'enfonce dans la forêt de Saint-Hubert, il esca- 
lade les rochers de la vallée de la Meuse, de la Lesse, de 
la Semois, de TOurthe, de TÂmblève... En 1854, il visite 
le Plateau des Tailles (baraque de Fraiture) ; en 1859, il 
parcourt les dunes du littoral. C'est l'Ardenne surtout 
qu'il étudie à fond, c'est à < son Ardenne » que vont ses 
plus vives sympathies. Dans une excellente monographie 
botanique qu'il lui consacrera plus tard(<^), il en parle 
en un langage enthousiaste et coloré, qui ne lui est pas 
habituel. Ce passage, à propos duquel il s'excuse lui- 
même de s'être laissé entraîner, comme il dit, à une 
< description légère » , mérite d'être transcrit : 

« Si lo paysage [ardennais] Mt sombre et triste sar les bautes-fagnes, il 
eat par contre d'une fraîcbcur et d'un pittoresque admirables dans les 
vallées. Je youdrais la palette du peintre et la plume du poète pour dire et 
peindre les beautés des bords de l'Ambièye, do i'Onrtbe, de l'Homme, de 
la Lesse et de la Semoy ; je youdrais l'œil du premier et l*cnthousiasme du 
second pour décrire tes lignes grandioses des montagnes, les contours 
capricieux et charmants des riyières, pour faire sentir le charme des sites 
si nombreux, entassés en quoique sorte dans les yallons et les gorges de 
TArdenne. Remonte-t-on rAmUève de Mon- Jardin à Stavelot, on trouve 
à chaque pas de quoi admirer ; à droite et à gauche sont de belles pentes, 



15 

reeoufertef de ces fraîches fojrèts où les cimes des arbres forment mille 
6giircs, semblent se confondre, mais se distinguent néanmoins suivant les 
essences direrses. A Coo, on est surpris, an détour d'un coude brusque de 
la rÎTière, de se trouver en face d'une cascade» admirablement encadrée 
dans le fouillis de verdure de ses bords. A Trois-Ponts, on quitte la gorge 
profonde qu*on avait suivie depuis Remouchamps, pour se trouver dans 
une vallée large, où l'Amblève reçoit la Salm, sur tes bords desquelles sont 
groupées les blanches maisons du village. Continuant la montée, on vient 
déboucher dans une sorte de plaine, au centre de laquelle est étendue la 
petite et riante ville de Stavclot, dont les nombreuses tanneries sont 
échelonnées le long de ta rivière. Les alentours de cette localité sont 
intéressants par la beauté du pays et par la richesse de sa floruie. Mémo 
chose peut être dite de Viel-Salm et d*Houffalise. lia vallée de l'Ourthe ne 
le cède pas à l'Amblève surtout vers Laroche, où viennent converger de 
nombreuses gorges latérales, qui rendent les environs extrêmement 
accidentés. Par cette foule de sentiers, qui rayonnent autour de Laroche 
et s'élèvent en se cramponnant, pourrait-on dire, aux flancs des roches et 
des pentes abruptes, on jouit à chaque instant d'une nouvelle perspective. 
Tantôt, on domine la large vallée de l'Ourthe, encaissée dans ses bois et ses 
rochers, tantét Tœil plonge dans un vallon romantique, au fond duquel 
s*étale une fraîche prairie traversée par un ruisselet dont tes eaux vont se 
jf ter sur les roues d'un moulin. Nulle part ailleurs, en Belgique, on ne 
peut trouver une telle richesse de sites. Aussi Laroche est-il chaque année, 
pendant toute la belle saison, mais surtout aux vacances d*aoùt et de 
septembre, le rendez-vous habituel des naturalistes, des dessinateurs, des 
simples amateurs de la nature. A cette saison, dans les auberges, les 
boîtes d'herborisation se cognent aux attirails du peintre, du ebaseeur ou 
du pécheur, et, à table, le botaniste y le peintre, le poète et les simples 
curieux ne tarissent pas sur les ressources naturelles des environs. A Pune 
des extrémités de l'Ardenne» nous pouvons encore admirer la majestoeuse 
vallée de la Semoy, qui» des Forges -Roussel, en aral de Floren ville, 
jusqu'à fiohan, nous offre une succession d'endroits extrêmement 
pittoresques. Je recommande surtout à l'amateur une des gorges latérales, 
la vallée du ruisseau de Vresse et d'Orchimont. L&, il trouvera et des 
plantes rares et de belles prairies, des rochers magnifiques et de ces bois 
qui font regretter au botaniste de n'être pas peintre. Enfin, je no finirais 
pas si je voulais parler de tout ce que les Ardennes offrent de beautés 
naturelles... (7) >. 



16 

La lecture des journaux d'herborisation de Grépin 
donne l'impression d'une activité continuelle» d'un tra- 
vail sérieux et opiniâtre. Il y inscrit soigneusement les 
espèces récoltées, celles à rechercher chaque année, les 
observations à faire. En vue d'un voyage à Verviers, par 
exemple, qu'il accomplit en juillet 1859, il prendra la 
peine de dresser d'avance, dans le carnet de cette année, 
la liste de toutes les plantes intéressantes signalées par 
Lejeune et d'autres dans la région : elles sont au 
nombre de cent douze et, pour la plupart d'entre elles, 
il y a des indications sur les caractères qui permettent 

de les reconnaître et les stations qu'elles préfèrent. Gela 
représente vingt-quatre pages, d'une écriture serrée, 
pour la préparation d'une seule course. Loin de s'atta- 
cher exclusivement aux formes rares, il se préoccupe 
aussi de la distribution géographique des plantes vul- 
gaires et, dès 1854, il tient note de la nature des terrains 
visités. G'est vers 1855, qu'il doit avoir étudié l'ouvrage 
classique de Thurmann(^)sur la géographie botanique du 
Jura, qui agit profondément sur son esprit; et, à partir 
de cette année, nous le voyons faire attention à l'expo- 
sition chaude ou froide, abritée ou ombragée, à la station 
sèche ou humide, à la nature des roches, etc., où crois- 
sent les divers végétaux rencontrés. 

Les courses étaient rarement solitaires. Il est parfois 
accompagné de son frère Henri ou de son frère Joseph, 
qui devait devenir médecin, parfois de son maître et ami 
Romain Beaujean ou d'un républicain français, agro- 
nome de mérite, proscrit du 2 décembre, Pierre Joi- 
gneaux; souvent, il herborise avec un autre réfugié fran- 
çais, le D' Gharles Moreau, médecin fort distingué, qui 
résidait, comme Joigneaux, non loin de Rochefort à 
Saint-Hubert. 



17 

• 

La Belgique, à qui les ambitions du Second-Empire 
ont fait traverser des heures si périlleuses, n'en doit pas 
moins à l'homme de Décembre une vive gratitude pour 
avoir contraint à l'exil une si grande partie de l'élite 
française : les réfugiés payèrent largement, par leur 
apport d'intelligence, de science et de culture, l'hospi- 
talité cordiale qu'ils reçurent chez nous. 

Ces réflexions se présentent d'elles-mêmes quand on 
voit quelle influence heureuse le D' Moreau — fervent 
amateur de botanique et esprit très cultivé — a exercée 
sur Crépin. Celui-ci s'est plu à le déclarer : « Ses conseils, 
sa conversation savante ont été pour moi, — écrit-il en 
1860, — depuis bientôt dix ans, un véritable enseigne- 
ment(î>) » . 

Les bases de la connaissance de la flore belge avaient 
été solidement établies par Roucel, l'auteur du Traité 
des plantes les moins fréquentes qui croissent naturelle- 
ment dans les environs des villes de Gand, d'Alost, de 
Termonde et de Bruxelles, et surtout par le D' Lejeune, 
de Verviers, dans son Coînpendium florae belgicae, 
publié de 1828 à 1836, avec la collaboration du D' Cour- 
tois. Cette étude avait ensuite été assez négligée pendant 
les vingt premières années d'existence du jeune royaume. 
Mais vers 1850, une génération nouvelle avait repris 
avec ardeur les recherches abandonnées. Des médecins, 
des pharmaciens, des ecclésiastiques, des professeurs de 
sciences, des instituteurs, des magistrats, des rentiers, 
quelques dames employaient leurs loisirs à collectionner 
des plantes. Ils étaient disséminés dans tout le pays; ne 
se connaissant guère» ils restaient confinés chacun d.ins 
son canton, et ne pouvaient aboutir à aucun travail 
d'ensemble. Peu à peu, l'actif botaniste de Rochefort 



18 

• 

entre en relations avec eux et devient le trait d'union qui 
leur manquait. Il se fait communiquer leurs trouvailles 
et leur fait part des siennes, il stimule leur zèle, il entrcv 
tient avec eux une correspondance formidable et inces- 
sante, des échanges de spécimens s'établissent. 

Le jeune comte Alfred de Limminghe (qui fut assassiné 
à Rome, en 1861) avait réuni au château de Gentinnes 
des herbiers considérables et de précieux livres de bota- 
nique : il les mit libéralement à la disposition de Crépin. 
Le R. P. Bellynck en fit autant pour la riche bibliothèque 
du Collège Notre-Dame de la Paix, à Namur, où il était 
professeur. Le baron de Sélys-Longchamps nous apprend 
que notre botaniste, ne se trouvant en possession que 
d'une bourse très modeste, copiait souvent, par écono- 
mie, le texte et les planches des ouvrages qu'on lui avait 
prêtés l^^) : c'est ainsi qu'il fit une copie des Roses de 
Redouté et des quatre feuilles de la carte géologique 
d'André Dumont. Souvent il recevait des éclaircissements 
ou des renseignements utiles d'Edouard Morren, profes- 
seur à l'Université de Liège; de l'abbé Strail, curé de 
Magnée, près de Liège (chercheur de plantes si passionné 
que sa servante même avait acquis le flair botanique!); 
de Remacle, juge à Verviers; de l'abbé Eugène Coemans, 
paléontologiste et, surtout, mycologue de grand mérite, 
qui devint un de ses meilleurs amis ; de Frédéric Gavet, 
qui explora à fond les environs de Louette-Saint-Pierre 
(province de Namur) ; de Fenninger de Gand, dont l'es- 
prit éclairé ne fut pas sans action sur son évolution intel- 
lectuelle ; de Scheidweiler, un pharmacien allemand 
devenu professeur de botanique à l'Ecole d'horticulture 
de Gand, qui, par son véritable sens scientifique, rendit à 
notre horticulture des services signalés et auquel Crépin 



• 19 

devait succéder plus tard; etc. Son cercle épistolaire ne 
s'arrêtait pas aux frontières de la Belgique : l'étranger 
aussi, des botanistes connus, tels que le D' Wirtgen à 
Coblence, Schuitz de Deux-Ponts, J. Gay à Paris, Babing- 
ton à Cambridge, étaient ses correspondants réguliers. 

En même temps, il s'appliquait avec acharnement à 
acquérir la connaissance indispensable des grandes 
langues scientifiques étrangères : l'anglais, l'allemand, 
un peu d'italien, sans négliger le latin, dont il avait déjà 
auparavant commencé l'étude. Il réussit aussi, au début 
de 1853, par un réel tour de force, à rassembler la 
somme nécessaire (150 à 160 francs) pour acquérir un 
microscope de Chevalier, de Paris (^l). Afin de remplir un 
peu son escarcelle, il n'hésitait pas à se charger de tra- 
vaux de copie et même de reliure, pour le compte de 
deux notaires, amis de la famille. 

IV. 

PremiôroB publioatioiui. 

Ses premières publications scientifiques datent de cette 

époque. 

Dès 1852, il s'était abonné au Bulletin de PAcadémie 
royale de Belgique, et le spectacle mensuel du mouve- 
ment scientifique de notre pays ajoutait un stimulant de 
plus à ses recherches. « En connaissant, tous les mois, ce 
que les savants ont découvert, on est pris, écrivait-il, 
du noble enthousiasme de les imiter(l*^). » Un an à peine 
plus tard, il adresse à l'Académie une Note de deux pages 
dont celle-ci décide l'impression, non sans exprimer 
quelques réserves U^). II s'agit d'un Galeopsis trouvé par 
lui à Ciergnon et à Rochefort, en compagnie des Galeopsis 



ladanum et ochroleuca (»- villosa)^ et qu*il tient pour un 
hybride de ces deux espèces : il faut bien reconnaître 
que les commissaires de 1* Académie, Jean Kickv II et 
Martin Martens, n'avaient pas tort d'objecter qu'il ne 
fournissait pas la preuve de cette affirmation. 

La mèine année, l'Académie accueille une autre courte 
Notice de lui sur deux Menthes qu'il regarde comme 
hybrides, et en 1859, un fascicule de « Notes sur quel- 
ques plantes rares ou critiques de la Belgique », qui fut 
suivi, de 1862 à 1866, de quatre autres fascicules sous le 
même titre. 

Ce premier fascicule renferme des observations sur 
une cinquantaine de forines dont l'auteur discute les 
caractères ou la dispersion. Encore qu'il s'en soit défendu 
dans la suite (1*), il est assez porté à admettre ici la dis- 
tinction spécifique de types très voisins l'un de l'autre, 
d'espèces affines ou petites espèces, comme on les a nom- 
mées. C'est ainsi qu'il sépare, du VHypericum perforatum 
VHypericum tineolatum, du Thlaspi perfoliatum le 
Thlaspi erraticum, du Filago germanica le Fllago lûtes- 
cens, le tout à Texemple de cet excellent observateur, 
Alexis Jordan, dont il devait plus tard combattre vive- 
ment les idées. En fait de trouvailles nouvelles pour la 
flore belge, Crépin mentionne surtout une intéressante 
plante arctique et alpine, le Lycopodium alpinum, qu'il 
avait découverte, en 1854, entre Odeingne et la Baraque- 
de-Fraiture, à 650 mètres d'altitude. 

Les débuts de notre jeune savant furent salués avec 
joi^ par ses aînés : dés 1853, le D' Westendorp, habile 
mycologue, lui dédiait un Sphaeria Crepini; l'année 
s.iivante, le bon D' Moreau, dont il a été question plus 
haut, imprimait dans la dernière livraison du < Diction- 



21 

naire d'agriculture », au mot Triglochin, cette phrase 
élogîeuse et prophétique : c Nous de>ons la connaissance 
de cette espèce à M. Crépin, de Rochefort, jeune bota- 
niste très distingué, plein de zèle et d'ardeur pour la 
science, à qui il ne manque qu'une tribune ou une occa- 
sion pour se faire connaître, et qui, nous en sommes 
convaincu, fera un jour honneur à la Belgique ». 
B.-C. Du Mortier, déjà célèbre à des titres divers, lui 
écrivait à peu près la même chose : «... Je suis heureux 
de voir de jeunes auteurs entrer dans la carrière, et je 
dois ajouter que je n'en connais aucun dont les travaux 
aient un côté plus savant que les vôtres et présagent un 
plus bel avenir... » Des encouragements venaient de 
Cambridge, par la plume de Babington ; et le vieil Elias 
Pries, presque septuagénaire, adressait, de la lointaine 
Upsal, des louanges latines : « valde laetor mihi obviam 
venisse botanicum juniorem, qui plantas religiose obser- 
vât, Dec hodiernfi levitate nec singulum levem lusum 

specie distinguit, née omnia subsimilia sine examine 
coacer vat(i5) » . 

V. 

Le Manuel de la Flore de Belgique. 

Hais ce n'étaient que des coups d'essai, et Grépin s'était 
attelé à une tâche plus ardue. 

On a vu qu'un renouveau se manifestait, à dater de 
1850, dans l'étude de la flore indigène. Par ses herbori- 
sations nombreuses et approfondies, par ses échanges de 
plantes, par sa vaste correspondance et, surtout, par son 
coup d'œil pénétrant, joint à un esprit critique et pondéré, 
le botaniste de Kochefort était tout désigné pour dresser 



32 

le bilan de cette activité renaissante. Nul mieux que lui ne 
pouvait doter le pays d'une flore vraiment moderne, 
digne de remplacer les livres remarquables, mais main- 
tenant vieillis, de Roucel ou de Lejeune et Courtois. 

Le projet avait grandi et mûri, peu à peu, dans son 
esprit. D'abord, il n'avait eu l'intention de rédiger qu'un 
catalogue. 

« En reconnaissant les erreurs qui pullulent dans les 
ouvrages indigestes, publiés depuis quelques années sur 
notre flore, je viens de me décider, écrit-il dans une 
lettre familiale du 12 octobre 1853, à entreprendre un 
catalogue raisonné des plantes de ce pays, dans lequel je 
passe en revue toutes nos plantes indigènes ou dites 
indigènes, et où je note les espèces qui, suivant les don- 
nées de la géographie botanique, peuvent encore y être 
découvertes. Le travail que j'avais déjà commencé l'année 
dernière, dans l'intention de le publier, je l'ai recom- 
mencé et suis arrivé à la famille des Rosacées. Sur quatre 
cents espèces passées en revue, plus de soixante-dix sont 
déjà mises à l'index, pour cause de mauvaise détermina- 
tion, de fausses indications, etc. » 

Le mois suivant, ce catalogue est terminé. Mais, au lieu 
de se hâter de le faire paraître, Grépin veut étudier le 
sujet mieux encon; et se renseigner davantage. 

En 1854, il comprend l'utilité qu'il y aurait à cultiver 
les formes végétales dont il désire contrôler la fixité ou 
obs?rver les modilications. Il crée pour cela, dans les 
dépendances de la maison paternelle (rue Jacquet, à 
Rochefort), un petit jardin botanique qu'il entretient, 
pendant plusieurs années, avec un soin extrême. 

Il lui sembla bientôt qu'il y avait à faire autre chose 
qu'une simple énumération et, en 1859, il s'ouvre à son 



23 

conseiller et ami, le D' Moreau, de son intention de 
publier une flore belge. Le docteur ne se contenta pas 
de l'approuver chaudement : il lui promit que, grâce à 
M. Joigneaux, il lui procurerait un éditeur. 

Au mois d'août de cette année, le projet relatif à un 
Manuel de la flore de Belgique se précise. W. Joigneaux 
en a parlé à l'éditeur Tarlier, qui hésite à entreprendre 
l'impression d'un ouvrage purement scientifique : il ris- 
querait cependant l'entreprise si on pouvait lui assurer 
d'avance deux cents ou deux cent cinquante souscrip- 
teurs. 

Aussitôt les amis de l'auteur mettent des listes en 
circulation et après quelques mois, une centaine d'adhé- 
sions ont été réunies. C'était moins que n'exigeait l'édi- 
teur; mais Grépih, confiant dans le succès le son œuvre, 
ne renonce pas seulement à demander aucun paiement 
(sauf cinquante exemplaires gratuits), il assume hardi- 
ment lui-même tous les risques de l'entreprise, et, quoique 
le manuscrit ne fût pas tout à fait achevé l'impression 
commence. 

Quel est l'écrivain — modeste ou glorieux, « scien- 
tiste » ou littérateur, peu importe — qui ne se souvienne 
avec quelque attendrissement de l'époque où s'imprimait 
son premier travail de longue haleine? Combien le débu- 
tant est heureux de voir se succéder et s'empiler les pages 
du livre, — de « son livre ! » — quelle préoccupation que 
la correction des épreuves et comme il les relit fiévreu- 
sement, d'un œil encore inexpert I 

Puis viennent pour lui les alternatives inévitables de 
fiei*té et de crainte : aura-t-il le succès qu'il est certain 
de mériter, car une œuvre si tendrement couvée ne 
saurait être qu'un chef-d'œvre? Le public est parfois si 



24 

lent à se laisser entraîner, ou si injuste! D'ailleurs, 
Fauteur, pour peu qu'il soit consciencieux, se persuade 
bien, chemin faisant, qu'il y a des parties moins bonnes, 
dont il est inoins satisfait, qu'il voudrait récrire en 
entier ; et il est des moments où il souhaiterait d'enfouir 
le tout dans s:^s cartons. Mais l'imprimeur est inexorable : 
il faut renvoyer les « placards » corrigés le plus tôt pos- 
sible, il ne s'agit point de se lancer dans les frais de trop 
multiples changements, il importe de hâter le « bon à 
tirer », afin de dégager du « caractère », il faut, sans 
délai, fournir de nouvelles copies... 

Crépîn passa, en 1860, par ces émotions diverses. Tout 
en corrigeant les épreuves, il travaille à l'achèvement du 
manuscrit : celui-ci fut terminé au mois de mai. Il ne 
reste plus qu'à écrire la préface. Par un sentiment louable 
de respect pour ses aines, il dédie son œuvre « à la mé- 
moire de Charles Morren et A.-L.-S. Lejeune ; à MM. B. 
Dumortier et J. Kickx. » 

C'est au mois de juin que le Manuel parut. L'auteur 
reçut la bonne nouvelle que le Gouvernement s'inscrivait 
pour cent exemplaires. Le D' Moreau rédigea un beau 
prospectus-réclame. La vente marcha bien. L'éditeur se 
montrait enchanté. De toutes parts affluaient les félicita- 
tions, et la Société d'horticulture de Namur lui décerna 
une médaille de vermeil. 

Ce fut un succès. 

VL 

Professorat à PÉoole d'hortioaltaroi à Gand. 

Cependant, il était temps de songer à se procurer 
quelque emploi rétribué. Crépin s'en rendait compte, et 
sa grande préocupation, dont ses lettres de famille 



25 

portent maintes fois la trace, était d*en trouver un qui 
ne le détournât point de Tétude de la botanique. 

Une circonstance inattendue devait le servir presque 
malgré lui. 

L'année qui suivit la publication de sa Flore, la chaire 
de botanique et d'horticulture à l'École d'horticulture de 
l'État, a Gcntbrugge lez-Gand, devint vacante par le 
décès inopiné de l'excellent Scheidweiler, qui avait lui- 
même succédé, en 1851, à Planchon. Des candidats à 
cette place se présentèrent en foule. Mais Crépin, qui ne 
possédait ni diplômes universitaires, ni expérience péda- 
gogique, et qui avait la modestie des vrais savants, hési- 
tait l)eaucoup à se mettre sur les rangs. 

Il avait été décidé que la chaire occupée par Scheid- 
weiler serait partagée désormais entre deux titulaires : 
l'un pour la botanique, l'autre pour l'horticulture. L'abbé 
Goemans, qui était chargé du cours de morale et de 
religion à l'Ecole d'horticulture et qui tenait Crépin en 
haute estime, l'engagea vivement à postuler la première 
de ces deux fonctions; sa famille l'y poussait beaucoup, 
et il finit par se laisser convaincre. La publication récente 
de sa Flore avait, du reste, attiré sur lui l'attention du 
directeur de l'École, Van Houtte, et, parmi les très 
nombreux concurrents, ce fut lui qui l'emporta (octo- 
bre 1861). 

Aussitôt la nomination accomplie, il s'agissait de com- 
mencer le cours sans retard. Le mois d'octobre n'était 
pas expiré que le nouveau professeur avait fait ses débuts 
de manière très convenable, étant données son inexpé- 
rience de l'enseignement et sa timidité. 

Certes la position n'était pas des plus lucratives 
(1,700 francs par an), mais elle avait ce double mérite de 



26 

placer notre naturaliste dans un milieu propice aux 
études botaniques et de lui permettre de s'y consacrer 
exiusivement. 

Son fidèle ami» le D^ Moreau, le lui écrivait avec raison: 
c Vous n*avez pas trop de temps pris par vos leçons et 
vous pouvez travailler, non seulement à préparer votre 
cours, mais, en outre, à faire avancer la science, et c'est 
là, à mon avis, un des grands avantages de votre position 
actuelle(i6)». 

A Gand, on l'avait très bien accueilli, et — ce qui était 
un fort bon signe — tout le monde avait plus de con- 
fiance en son savoir qu'il n'en avait lui-même. < Je n'ai 
rencontré partout ici que de la sympathie, » dit-il dans 
une des premières lettres qu'il adresse à sa famille(^'7). 

Peu à peu, il gagnait de l'assurance et se familiarisait 
avec le professorat, qui lui avait semblé d'abord si redou- 
table : la préparation de ses leçons devenait moins labo- 
rieuse et lui laissait plus de loisirs. 

D'après des notes que m'a fournies obligeamment un 
de ses anciens coIlègues(^^), on se convaint que Grépin 
était un professeur excellent, très dévoué, d'une exacti- 
tude exemplaire. Il a formé de bons élèves, et l'on trouve 
dans ses papiers des lettres débordantes de reconnais- 
sance de plusieurs d'entre eux. Un Polonais lui écrira 
par exemple (en un style auquel je laisse sa saveur) : 
< Parmi la centaine de Belges que j'ai connus, j'ai ren- 
contré surtout trois nobles citoyens dont je conserverai 
la mémoire dans mon cœur jusqu'à mes derniers jours; 
et c'est votre nom, cher Monsieur le professeur, qui 
occupe la première place... (l^i >. 

Grépin sut inspirer à tous ces jeunes horticulteurs une 
vraie passion pour les herborisations. Un Anglais, 



27 

M. Harry Cripps, de Tunbridge Wells, devint, sous sa 
direction, un botaniste de mérite; il mourut malheureu- 
sement jeune, des suites d'un refroidissement contracté 
dans ses courses botaniques, en Angleterre. 

Le directeur de TEcole, Van Houtte, ne faisait à Grépin 
qu'un seul reproche: il regrettait qu'il ne s'intéressât pas 
aux plantes exotiques ; il eût souhaité l'attacher à la 
rédaction de sa < Flore des Serres » . Mais Grépin voulait, 
avec raison, concentrer son effort sur la connaissance 
approfondie de la végétation indigène et sur quelques 
autres problèmes, tels que l'étude si difficile des Roses 
qu'il avait entreprise dès cette époque. 

Il travaillait beaucoup chez lui, sortait peu, ne fré- 
quentait guère la société gantoise. Mais c'était un bon ca- 
marade et il est resté en relations amicales avec tous ses 
collègues, même après qu'il eut quitté Gand. 

vn. 

Préparation de la detudème édition du Manuel. 

Pendant son séjour à l'Ecole d'horticulture, l'Académie 
publia les fascicules II à Y de ses Notes sur les plantes 
rares ou critiques de la Belgique, travail minutieux qu'il 
définit lui-même : la Flore belge étudiée par fragments. 

Une cinquantaine d'espèces font l'objet de remarques 
dans le deuxième fascicule, entre autres une Épervière 
que notre auteur décrit sous le nom d'Hieracium mosa- 
;2um, mais qu'il ramena ultérieurement à VHieracium 
Si^midtii de Tausch, et une Grucifère qu'il regarde 
comme inédite et qu'il apelle Thlaspi neglectum; il 
devait aussi ne la considérer plus tard que comme une 
variété du Thlaspi perfoliatum. Ge fascicule est encore 



28 

intéressant en ce qu'il renferme les premières observa- 
tions de Crépin sur les Roses, qui devinrent son étude 
de prédilection. 

Le troisième fascicule parut en 1863 : il est consa- 
cré, lui aussi à une cinquantaine de formes végétales, 
parmi lesquelles il convient de mentionner le Silène 
inflata sur lequel Crépin avait constaté, par la culture, 
certaines variations brusques et assez remarquables, et 
VIsoëtes echinospora^ que Tabbé Vandenborn, de Saint- 
Trond, venait de découvrir en Belgique, ajoutant ainsi à 
notre flore une nouvelle famille de plantes vasculaires. 

C'est encore une bonne cinquantaine d'espèces qui sont 
annotées dans le quatrième fascicule, daté également 
de 1863. Neuf espèces nouvelles pour la flore du pays y 
figurent, à la suite des trouvailles de Crépin et de ses 
correspondants, et sept espèces qu'on en avait exclues 
sont réintégrées dans leurs droits d'indigénat ; plusieurs, 
cependant, n'ont pas pu être maintenues dans la suite, 
entre autres l'intéressant Salvinia natam. 

Le cinquième fascicule, qui est de beaucoup le plus 
considérable, fiit présenté à l'Académie en 1865 et publié 
par elle, non plus dans ses Bulletins, mais dans ses 
Mémoires. Il est complété, dans le même volume, par 
des <i^ Additions ». 

Ce fascicule s'occupe de quatorze espèces nouvelles 
pour la flore belge et de sept autres, très rares, qui en 
avaient été indûment rayées, allais il mérite surtout de 
fixer notre attention à cause des idées sur l'espèce, en 
général, que l'auteur exprime dans la préface et sur 
lesquelles nous aurons à revenir, et aussi à cause de ses 
observations détaillées sur les Ruinex, les Potamogeton^ 
les Carex et les Glyceria. Les espèces Jialophiles de ce 



29 

genre de Graminées y sont étudiées d'une manière 
approfondie ; leur dispersion en Belgique est soigneuse- 
ment établie; une espèce inconnue jusque-là de nos Ao- 
ristes, le Glyceria Borreri, est signalée dans nos polders, 
et Grépin élève au rang d'espèces une forme algérienne 
qu'il nomme Glyceria expansa et qui est très voisine du 
Glyceria festucaeformis, ainsi qu'une autre, du bassin de 
la Méditerranée, qu'il appelle Glyceria pseudo-distans, 
mais que l'on rattache généralement aujourd'hui au 
Glyceria distans. 

Tous ces travaux, en quelque sorte préparatoires, lui 
permirent de faire paraître, en 1866, une deuxième édi- 
tion de son Manuel de la Flore de Belgique, bien supé- 
rieure encore k la première. Revisée avec un soin minu- 
tieux, enrichie de l'indication de nombreuses variétés, 
semée de notes critiques qui ont disparu des éditions 
subséquentes, cette édition de 1866 est, à bien des égards, 
celle que les spécialistes préfèrent. 

Le succès de la première édition s'était traduit d'une 
manière palpable, et l'auteur en avait retiré, tous comptes 
faits, quelques centaines de francs de bénéfice. Pour la 
deuxième, l'éditeur Mayolez lui fit des conditions avan- 
tageuses : on tirerait à 1,500 exemplaires et il recevrait 
1,000 francs, outre 50 exemplaires, dont 10 sur papier 
vélin. 

vm. 

Kominatioa à BraxeUea. Direction da Jardin 

botanique de l'État. 

Jean Kickx II, qui occupait la chaire universitaire de 
botanique à Gand depuis 1835, vint à mourir, le 1" sep- 
tembre 1864. Grépin se mit sur les rangs pour sa succès 



30 

sion: il ne fut pas nommé. La place échut au jeune fils 
du défunt, Jean-Jacques Kickx, docteur en sciences 
depuis un an à peine. 

Une autre situation s'offrit à Grépin, un peu plus tard, 
cette fois dans la capitale. 

Notre savant confrère M. Ed. Dupont, déjà célèbre 
par ses travaux sur les populations préhistoriques de 
notre pays, avait été placé, en 1868, à la tête du Musée 
royal d'histoire naturelle de Belgique et, sous son active 
impulsion, ce grand établissement scientifique avait été 
promptement réorganisé. En vue de la vaste et métho- 
dique étude du sol beige et de ses habitants, qu'il cher- 
chait dès lors à réaliser, il reconnut bientôt l'utilité qu'il 
y aurait à créer au Musée une section de paléontologie 
végétale : il n'existait, du reste, à cette époque, à Bru- 
xelles, aucun dépôt public où pussent être conservées les 
collections de plantes fossiles appartenant à l'Etat. Il fit 
donc, en 1869, des ouvertures à F. Grépin. 

Gelui-ci était d'autant plus disposé à les écouter que 
l'Ecole d'horticulture de G^ntbrugge, par suite de diver- 
ses circonstances, subissait un déclin rapide. Très nom- 
breux naguère, les élèves, en 1870, n'étaient même plus 
une dizaine. L'année suivante, les cours ne furent pas 
ouvertsW. 

Aussi voyons-nous Grépin se fixer désormais à Bru- 
xelles. Les démarches de M. Dupont, vivement appuyées 
par l'abbé Eug. Goemans, aboutirent à le faire attacher 
au Musée d'histoire naturelle, et un arrêté royal du 
25 mars 1872 le nomme officiellement conservateur à ce 
Musée, pour la section de paléontologie végétale. 

Goemans ne devait pas assister à ce succès deson ami : 
il mourut au commencement de 1871. Il avait exprimé 



31 

le vœu que ses collections paléontologiques appartinssent, 
après sa mort, à un établissement public : le Gouverne- 
ment belge les acheta à la famille du défunt et les remit 
au Musée d'histoire naturelle. Vers la même époque, le 
Gouvernement avait acquis, grâce surtout aux efYorts de 
B.-C. Du Mortier, le précieux herbier de von Martius de 
Munich, et, faute d*un endroit mieux approprié, l'avait 
aussi déposé au Musée. 

Mais déjà au moment de cette acquisition, la reprise, 
par l'Etat, du Jardin botanique de Bruxelles était chose 
décidée en principe : votée à la Chambre (18 avril 1870) 
et au Sénat [16 mai), elle allait devenir un fait accompli 
par la promulgation de la loi du 7 juin de la même année 
et par le versement du prix d'achat, un million de francs, 
à la Société cédante. 

Il est inutile de refaire l'histoire du Jardin botanique 
de Bruxelles, à partir de sa création, en 1826, par la 
Société royale d*horticulture des Pays^-Bas (devenue plus 
tard la Société royale d'horticulture de Belgique) jusqu'à 
sa transformation en établissement public. Les vicissi- 
tudes étranges qu'il traversa, sa déchéance graduelle du 
rang d'institution scientifique à celui d'entreprise mer- 
cantile, les négociations laborieuses qui s'échafaudèrent 
autour de lui, les offres pécuniaires séduisantes que Bar- 
thé lemy-4]lharles Du Mortier, commissaire du Gouverne- 
ment auprès de la Société, eut tant de peine à faire 
repousser par les actionnaires, enfin l'heureuse reprise 
par l'Etat en 1870, dont il faut surtout faire remonter le 
mérite à la ténacité de Du Mortier, secondé par le bon 
vouloir du bourgmestre de Bruxelles, Jules Anspach, et 
du Ministre de l'Intérieur, Eudore Pirmez, tout cela a été 
parfaitement raconté dans une Notice de J.-E. Bommer, 



32 

à la suite de laquelle se trouve aussi rexcellent rapport 
soumis par Du Mortier à la Chambre des Représen- 
tants (12). 

Lors de la reprise, J.-E. Bommer, qui était conserva- 
teur des collections de la Société propriétaire du jardin, 
fut chargé provisoirement, par le Gouvernement, des 
fonctions de directeur, en même temps qu'un conseil de 
surveillance était nommé, sous la présidence de Du Mor- 
tier. Il fallut beaucoup lutter au début pour assurer au 
Jardin une destination purement scientifique et pour y 
conserver les collections botaniques de TÊtat. Une 
société charitable, la Société de philanthropie, ne deman- 
dait-elle pas à disposer de la grande salle du Jardin 
botanique, pour y établir une exposition et y donner des 
concerts hebdomadaires, depuis octobre jusqu'à juillet? 
La Société des Aquarellistes formulait une requête ana- 
logue. La Société de la Croix-Rouge pour secours aux 
blessés avait son siège social dans Torangerie et aurait 
voulu Ty conserver... 

Quant aux herbiers de von Martius, de Lejeune, etc., 
c'est seulement après un an qu'on obtint leur transfert 
du Musée au Jardin. 

Durant peu de temps (1875), la direction du Jardin 
botanique et celle du Musée d'histoire naturelle furent 
alors réunies dans les mains de M. Dupont, avec Fr. Cré- 
pin pour secrétaire et pour agent comptable du Jardin, 
tandis que Du Mortier, par un partage bizarre, était 
chargé de la direction scientifique » (2^). Mais M. Dupont 
ayant donné sa démission de directeur du Jardin au 
bout de quelques mois, ce fut Crépin qui lui succéda, 
d'abord à titre provisoire (31 mars 1876) et bientôt défi- 
nitivement (24 mai de la même année) : il est resté à la 



t 
* 



33 

tète de cet établissement, durant vingt-cinq ans, ayant 
pris sa retraite le 31 octobre 1901. 

C'est ici le moment d'envisager les services considé- 
rables que Grépin rendit au Jardin botanique pendant 
ce quart de siècle. 

Au moment de son entrée en fonctions, comme le 
rappelait le regretté président du C!onseil de surveillance 
du Jardin, Henri Doucet, lors de la fête offerte à Grépin 
en 1891, le personnel était un peu démoralisé par suite 
des changements assez nombreux qui s'étaient succédé 
en un court espace de temps. Il fallait le rassurer, l'har- 
moniser, fixer à chacun la tâche qui lui incombait dans 
le travail général : c'est à quoi Grépin réussit admirable- 
ment, grâce à son grand jugement, à l'aménité, à la cor- 
dialité de ses relations (^). 

De l'établissement commercial qu'était devenu le Jardin, 
il sut faire un véritable foyer de science et de haut 
enseignement. Geux-là seuls qui connurent le Jardin au 
moment où Grépin en devint directeur et qui le revoient 
dans son état actuel, peuvent se rendre compte de l'heu- 
reuse métamorphose accomplie. 

Dès la première année (1876), la galerie des herbiers 
est restaurée et devient le centre de l'activité scientifique 
de l'établissement ; les publications périodiques courantes 
y sont mises à la disposition des travailleurs. L'herbier 
reçoit des accroissements notables : Grépin fait don 
au Jardin de son herbier général, comprenant 17821 
numéros, et de son précieux herbier belge, fruit de 
vingt-cinq années de recherches et d'études, qui comptait 
8564 numéros ; grâce à la libéralité de la baronne Oscar 
de Dieudonné, de Louvain, l'important herbier d'Europe 
de feu son mari vint s'ajouter aussi à celui du Jardin : 

8 



34 

sur les 10500 espèces, attribuées à TEurope par le Sylloge 
de Nyman, près de 8700 y étaient représentées» et il 
renfermait, en outre, 1850 espèces non mentionnées par 
Nyman. Une section de paléontologie végétale est créée. 
La collection systématique de plantes de pleine terre ou 
« Ecole de botanique » , comme on l'appelait, est complè- 
tement replantée, mais, par une concession compréhen- 
sible, quoique regrettable au point de vue scientifique, 
elle est classée d'après le système, factice et suranné, 
inventé en 1829 par Du Mortier. A cette « Ecole i 
principale, le nouveau directeur en ajoute trois autres : 
pour les plantes officinales et vénéneuses, pour les 
plantes horticoles, pour les plantes alimentaires et indus- 
triellesC-»). 

M. Ed. Dupont avait imaginé pour le Musée d'histoire 
naturelle un mode d'étiquetage fort ingénieux, au moyen 
de planisphères, qu'il introduisit au Jardm pendant sa 
courte période directoriale ; Crépi n en étendit et en 
généralisa l'usage, et il a été, depuis, adopté dans beau- 
coup d'autres Jardins botaniques. On sait en quoi il 
consiste : < Les plantes herbacées, les arbres et les 
arbustes sont pourvus d'une étiquette à deux compar- 
timents. Le compartiment supérieur porte les indications 
ordinaires, tandis que, sur le compartiment inférieur, 
est peint en blanc, sur fond vert ou bleu, un planis- 
phère où l'aire de dispersion naturelle de l'espèce 
est marquée par une ou plusieurs taches de carmin ou 
de vermillon. En cas de naturalisation, l'aire de l'espèce 
est marquée en bleu foncé. De plus, dans l'Ecole de 
botanique, chaque famille est pourvue d'une étiquette 
avec planisphère sur laquelle l'aire générale de la famille 
est marquée au carmin. La teinte de celui-€i est d'autant 



35 

plas intense, plus foncée sur les diverses régions, que les 
espèces de la famille y sont plus nombreuses. Par ce 
nouveau procédé, Taire de dispersion, soit des espèces, 
soit des familles, est indiquée d'une façon plus exacte, 
plus complète et plus frappante que par Tancienne 
méthode... (33) ». 

Les années suivantes, l'herbier est mis en ordre; 
il s'enrichit des collections de Du Mortier et d'autres 
encore ; l'herbier belge est soigneusement revisé 
(220 cartons, avec 22134 feuilles); dès 1878, des 
espèces alpines vivantes, que Grépin va le plus souvent 
recueillir lui-même dans les montagnes de la Suisse, 
du Tyrol, du Piémont, sont réunies et plantées sur 
des rocailles; une petite tourbière artificielle est con- 
sacrée à des essais de culture de plantes de la Gampine 
et de l'Ardenne; les serres se peuplent de nombreuses 
espèces nouvelles; la serre de la Victoria regia est trans- 
férée du Parc Léopold au Jardin botanique; un jardin 
d'hiver est édifié, puis agrandi (de manière à abriter, 
entre autres, les belles Fougères arborescentes qui s'y 
trouvent encore, don de M. P. Binot, de Pétropolis); une 
serre des Orchidées, une serre des Cactées sont con- 
struites, celle-ci recevant, notamment, la riche collection 
de Gaspard Demoulin, de Mons, qui fut donnée au Jardin 
par sa veuve, en 1882; l'ornementation du Jardin n'est 
pas négligée. En même temps, des spécimens vivants 
sont distribués, avec la plus grande générosité, aux 
autres établissements d'enseignement : Ecole vétéri- 
naire de l'Etat, Ecole d'horticulture de Mons, etc.; et, 
durant la trop courte existence du Ministère de l'Instruc- 
tion publique, ce fut encore le Jardin qui alimenta^ 
presque seul, les jardinets scolaires, si utiles pour l'in- 



36 

struction et la moraiisation de l'enfance, et qu'un chan- 
gement d^orientation politique fit si tôt disparaître. 

Grâce à Tacquisition de meubles, de bocaux, d'al- 
cool, etc., la collection des produits végétaux put être 
classée, installée et exhibée. La bibliothèque fut réorga- 
nisée et, malgré l'exiguïté des crédits, le nombre des 
ouvrages y devint plus que triple, ce qui semblerait 
incroyable, si Ton ne savait que Grépin fit don au Jardin 
de tous ses livres de botanique; le nombre des publi- 
cations périodiques reçues quadrupla, surtout par suite 
de l'adjonction de celles de la Société royale de Bota- 
nique, à laquelle le Jardin sert de local. De même, la 
Société belge de Microscopie, le Club alpin belge y 
reçurent l'hospitalité. En 1885, le Jardin donna tempo- 
rairement asile, dans deux chambrettes situées sous les 
combles, au Laboratoire d'anatomie et de physiologie 
végétales de l'Université de Bruxelles (qui les quitta en 
1891 pour devenir l'Institut botanique). Plus tard, le 
Musée forestier de l'Etat trouva aussi place dans les salles 
du Jardin botanique, agrandies et transformées, tandis 
que de nouvelles salles, plus vastes et mieux aménagées, 
étaient construites pour les herbiers et la bibliothèque. 
Enfin, sur la proposition de MM. Errera et Massart, une 
collection éthologique et même une ébauche de collection 
phylogénique furent organisées dans les « Ecoles » du 
Jardin, en 1900. 

Ainsi, non seulement par son propre labeur et par son 
inlassable sollicitude, mais encore en encourageant les 
initiatives qui lui semblaient intéressantes, Crépin n'a 
cessé de travailler au développement du grand établis- 
sement qu'il dirigeait. 

Quelques chiffres montreront mieux l'essor qu'il sut 



37 

lui imprimer et les accroissements réalisés sous son 
dîrectorat (1876-1901) (37) : 

Accroissement des herbiers. 

NOMB&B OB PAQDBTf. 

liTer^^eoT 

Herbier génértl 3,760 BfiQO 

Herbier d*Bnrope rion. 890 

Herbier da Congo rien. 280 

Herbier belge 150 800 

en ontre» Herbier spécial des Roses 

(légné an Jardin, 1903) rien. 900 

ToTiL .... 2,900 6,000 

Aeeroissement de la bibliothèque. 

Oarrages 877 en 1878. 9,860 en 1900. 

Périodiques 25 on 1880. pins de 100 en 1900. 

IX. 
ToyftgM dans lei Alpai. 

Une biographie de François Grépin serait incomplète, 
si Ton ne parlait du grand attrait qu'a exercé sur lui la 
nature alpestre. 

Il avait toujours été un marcheur intrépide et, de 
bonne heure, il éprouva le désir de connaître et de gravir 
de vraies cimes. Mais ses ressources très limitées, autant 
que le soin d'étudier à fond la flore belge, avaient long- 
temps restreint ses excursions à l'exploration botanique 
de notre pays. 

n avait donc près de 49 ans lorsqu'il fit, en 1879, son 
premier voyage dans les Alpes. II devint, de plus en plus, 
on fervent de la montagne : l'alpinisme, comme il le 



38 

remarque lui-même, est souvent, semble-t-il, < une 
passion de Tàge mûr »(^). 

Chaque année, il ira dorénavant parcourir quelque 
partie de la Suisse, du Tyrol, du Dauphiné, des Pyrénées 
ou du Nord de l'Italie^ Tantôt, il voyage simplement en 
touriste, mais d'ordinaire le naturaliste revendique ses 
droits : il herborise, il étudie sur place les multiples 
formes de Roses qu'il rencontre, il déterre des plantes 
vivantes dont il remplit des paniers, des essuie-mains, 
voire des mouchoirs de poche, et qu'il expédie ensuite 
au Jardin botanique. Et comme sa connaissance de la 
flore alpestre, loin d'alourdir sa plume, lui permet de 
faire en quelques lignes des croquis justes et colorés! 
Ecoutez-le : 

«Il ne fftut pas être boUDÎite pour s'enthousiasmer à U vue des 
p&taragei alpins anx mois de juillet et d'août, mois qui représentent, en 
quelque sorte, le printemps et l'été confondus. Vers 3,000 et 8,000 mè- 
tres, la montagne est littéralement enserelie sous les flenrs; l'herbe fine 
des montagnes disparaît même entièrement sons une prodigieuse 
multitude de corolles. C'est une féerie, c'est une exubérance florale sans 
limites. Nos jardins les plus fleuris sont ternes à c6té de ce tapis des Alpes. 
Les fleurs remplissent les pratrios et les bois; elles enrahissent les 
torrents, s'aecrocbent en cohortes serrées aux flancs rocheux les plus 
abrupts^ pullulent jusque dans les éboulis des cimes, que la neige quitte 
pour quelques jours è peine. Partout des gentianes, aux corolles d'un bleu 
d'asur, des primeTères et des soldsnelles aux couleurs purpurines ou 
riolacées, des anémones aux brillantes corolles, des saxifrages et des 
androsaces aux bouquets pressés, des roses des Alpes en immenses 
colonies, des renoncules blanches ou jaunes, des rosacées aux largos 
pétales, enfin mille autres espèces qui toutes riralisent de formes et de 
teintes (29) s. 

n vbite ainsi, tour à tour, en compagnie de son frère, 
l'avocat Gélestin Grépin, et de quelques amis, le RJghi, le 
Simplon, les lacs italiens, les richesses de l'Engadine, les 



39 

merveilles de Zermatt, les pics rosés et fantastiques des 
Dolomites» les environs grandioses d'Airolo» les vallées 
trop négligées du Dauphiné... 

Grâce à son initiative et à celle de son ami M. Albert 
Du Bois, fut fondé, en 1883, le Club Alpin belge dont il 
est demeuré, jusqu'à sa mort, l'infatigable secrétaire, et 
dans lequel il sut grouper ce que la Belgique compte de 
voyageurs convaincus, d'ascensionnistes et d'amants de 
la montagne. Il a toujours été l'un des plus fidèles aux 
excursions — comme aux dîners — du Qub. 

X. 

Setndto, malAdl«, déote. 

Ardennais robuste, bravant les fatigues, menant une 
existence réglée, consacrant ses vacances à se retremper 
par la vie au grand air, François Grépin avait toujours su 
conserver une santé excellente. Jusqu*à l'âge de 70 ans, 
ses proches n'ont pas souvenance qu'il eût jamais fait 
appeler un médecin. 

G'est à cet âge avancé qu'il accomplit très gaillarde- 
ment, en 1900, sa dernière excursion en Suisse, allant à 
pied d'Engelberg à Grindeiwald, par TEngastlen-Alp, le 
Saetteli, Meiringen et Rosenlaui. Mais, à partir de 
l'année suivante, sa santé commença à décliner. Il entre- 
prit encore, au printemps de 1901, avec quelques membres 
du Glub Alpin, une course dans la vallée de la Semois ; 
mais il n'était plus aussi alerte. La marche se faisait 
pénible. Son activité diminuait. Lui, toujours si sociable, 
il se repliait de plus en plus sur lui-même, et, peu à peu, 
il devenait silencieux. 

Malgré les soins afiectueux de ses frères, dont l'un 



40 

habitait avec lui depuis tantôt trente ans» aucune amélio- 
ration durable ne se produisait dans son état. Il voulut 
essayer de Tair natal et se transporta dans la maison 
paternelle^ chez sa sœur, à Rochefort. Assis dans le 
jardin, il passait de longues heures au grand air, souriant 
aux visiteurs, de son bon et fin sourire, fumant sa vieille 
pipe, cent fois éteinte, cent fois rallumée. Il ne souffrait 
pas, l'appétit était bon, le sommeil paisible, mais les 
jambes s*obstinaient à refuser tout service. Trop con- 
sciencieux pour conserver des fonctions qu'il ne pouvait 
plus remplir complètement, il adressa de Rochefort, au 
mois de septembre 1901, sa démission de directeur du 
Jardin botanique. 

Le mois suivant, sa démission était acceptée. Ce n'était 
pas une veine formule qu'employait le Ministre de l'Agri- 
culture en lui transmettant l'arrêté royal qui lui conférait 
le titre de directeur honoraire, c'était la vérité même : 
c Je suis heureux, à cette occasion, écrivait-il, de recon- 
naître les services signalés (jue vous avez rendus au 
Jardin botanique de l'Etat, qui s'est placé, sous votre 
direction, au premier rang des établissements scienti- 
fiques («'>)». 

De son c6té, le Conseil de surveillance du Jardin bota- 
nique, qui avait vuGrépin à l'œuvre depuis tant d'années, 
prenait, dès ce moment, l'initiative de demander au 
Gouvernement que son buste fût placé, de son vivant, 
auprès de celui de Du Mortier, dans la grande salle des 
herbiers. Ce rare et légitime hommage n'a toutefois pu 
être réalisé qu'après sa mort. 

A la fin de 1901, une légère amélioration se produisit, 
et il revint de Rochefort dans son home de Bruxelles. 
Mais c'est en vain qu'il tenta à plusieurs reprises de se 
remettre à l'étude de son herbier des Roses. 



41 

Les soins touchants de ses proches, les efforts des 
médecins, les encouragements de ses amis, qui cher- 
chaient à lui relever le moral, ne purent empêcher le 
déclin graduel. Il se rendit encore à Rochefort au mois 
de juillet 1902 et y resta jusqu'au 15 septembre. Il rentra 
alors à Bruxelles. Ce fut son dernier déplacement. La 
paralysie fit peu à peu des progrès, et il s'éteignit douce- 
ment le 30 avril 1903. 

Les funérailles eurent lieu, le 4 mai, dans sa ville 
natale de Rochefort, au milieu du concours ému de toute 
la population, n repose là, auprès des tombes de ses 
parents. Du cimetière, situé sur une colline, on aperçoit 
les pittoresques vallées de la Wamme et de la Lesse, 
qu'il avait jadis si amoureusement explorées, dont il 
chérissait chaque recoin, dont il connaissait chaque 
buisson. 

Suivant le désir exprimé dans son testament, sa 
famille s'empressa de remettre ses collections et son 
important herbier des Roses au Jardin botanique. 

Telle fut la vie du savant. Il nous reste maintenant à 
apprécier son œuvre scientifique. 



42 



L'ŒUVRE, 



Pour les botanistes belges, Grépin restera toujours le 
savant qui a mis au point la flore de notre pays^ qui Ta 
débarrassée d'un bagage encombrant^ résultat de fausses 
déterminations ou d'indications accueillies trop légère- 
ment. Que de données inexactes qui, depuis un demi- 
siécle et plus, traînaient dans les flores belges, ont été 
définitivement éliminées, grâce à ses nombreux travaux, 
révélant un sens critique très sur et une grande connais- 
sance de la géobotanique des contrées vobines. 

Pour se convaincre des services que Grépin a rendus 
dans ce domaine, il suffit de comparer le tableau de la 
flore belge, tracé en 1854-1855, par Nyman, dans le 
Sylloge florae Europae et celui du Conspectus florae 
Europae, du même auteur, publié en 1878-1882 et basé 
sur les travaux de Grépin. Le premier donne une idée 
absolument fausse de la végétation de la Belgique. 

A l'étranger, les mots Rosa et Grépin resteront insépa- 
rables; le premier évoquera toujours le souvenir de 
celui qui a consacré une vie à l'étude des Roses, et 
l'illustre J.-D. Hooker a bien traduit ce sentiment géné- 
ral, lorsqu'il a écrit : Botanists cannot be too grateful to 
that author's admirable labours in this most difficult 
genus (81). 

Nous ne pouvons entrer dans l'examen détaillé des 
deux cents volumes et mémoires que Grépin a publiés. 
Certes, ce serait une étude intéressante et qui mon- 
trerait, chez lui, à la fois, une grande variété et une 



43 

singulière unité dans reffort» mais qui dépasserait de 
beaucoup le cadre de ces notices. Nous nous bornerons 
donc à mettre en relief certaines parties de son œu ire, 
renvoyant à ses travaux ceux qui désireraient se faire 
une idée plus complète de l'activité de celui qui a été, 
pendant près d'un demi-siècle, le chef incontesté du 
mouvement botanique en Belgique. [Th. D.] 

I. 

Il» eoimafwanoe à» 1* flore belge. 

On sait avec quelle passion Grépin s'était attaché» dès 
ses débuts, à l'étude de notre flore. Son canton natal 
d'abord, après cela toute la Famenne et toute l'Ardenne, 
ensuite la région jurassique belge, puis les dunes, puis 
les autres régions : il avait foulé presque tout notre sol. 
Et, grâce à ces herborisations répétées, grâce aux 
échanges de plantes, grâce à sa vaste correspondance, à 
ses lectures, à son étude critique des anciens herbiers, 
il avait acquis une connaissance botanique approfondie 
du pays entier, et il put établir, bien mieux que ses 
devanciers, la dispersion des espèces indigènes. 

C'est là, ce qui constitue le grand mérite et ce qui fit le 
succès de son Manuel ^ demeuré, depuis près de cin- 
quante ans, à travers cinq éditions successives, le com- 
pagnon indispensable de tous ceux qui veulent étudier 
la végétation de la Belgique. 

Avec infiniment de raison, Grépin insistait, en 1860, 
dans l'avant-propos de la première édition de son 
ouvrage, sur l'état d'infériorité dans lequel se trouvait 
la botanique descriptive en Belgique. < Notre faiblesse 
m phytographie phanérogamique, écrivait-il, ne peut 



44 

être dissimulée ; elle saute aux yeux de quiconque par- 
court notre modeste bagage scientifique. Nous devons 
tous travailler sans relâche» si nous voulons nous élever 
au niveau qu'ont atteint nos voisins. » 

Pour y parvenir, il fallait, à la fois, guider les cher- 
cheurs en leur fournisant une bonne flore et féconder 
leurs efforts par Tassociation. Plus que tout autre, Grépin 
contribua à réaliser ce double desideratum, et c'est à lui 
surtout qu'il faut faire honneur de la situation actuelle, 
si brillante en comparaison de celle de 1860. 

A cette époque l'usage des c clefs dichotomiques » 
pour la détermination des espèces végétales, commençait 
à peine à se vulgariser : nous les voyons apparaître pour 
les genres et les espèces, mais pas encore pour les 
familles, dans la Flore du centre de la France (1840) de 
Boreau, dans la Flore de Lorraine (1843) de Gk)dron, et 
dans la Flore des environs de Paris (1845) de Ck)sson et 
Grermain. 

La méthode dichotomique, c'est-à-dire l'idée ingénieuse 
d'amener l'étudiant à la découverte des noms d'une série 
quelconque d'objets, par une succession de questions 
méthodiques qui se correspondent et s'excluent deux à 
deux, cette idée était cependant déjà ancienne. Le pro- 
cédé a été inventé, semble-t-il, au milieu du XVI* siècle, 
par le philosophe Ramus l'une des victimes de la Saint- 
Barthélémy; le botaniste Martin-Daniel Johren, de 
Francfort-sur-l'Oder, en fit l'application aux végétaux» en 
1710, dans son Vade-mecum botanicum; mais c'est La- 
marck, surtout, qui sut en tirer un parti très heureux, 
à la fin du XYIiP siècle, pour la détermination des 
genres et de espèces. L'illustre naturaliste en a excel- 
lemment saisi les avantages et fixé les principes : aujour- 



45 

d'hui encore, il y a profit à relire ses réflexions, à ce 
sujet, dans le « Discours préliminaire > , imprimé en tête 
de sa Flore Française. Il montre que la méthode dichoto- 
mique doit avoir pour seul but de nous faire arriver au 
nom du Végétal, par la voie la plus sûre et la plus courte 
possible^ sans chercher le moins du monde à nous pré- 
senter Tordre naturel de groupes ou, comme on le dit, 
€ la suite des affinités que Ton a observées dans les 
plantes et la chaîne admirablement graduée qu'elles 
paraissent former... » : car ce sont là deux point de vue 
tout différents. » Il en est, ajoute-t-il, des systèmes et 
des méthodes destinés à nous faire connaître les noms 
que Ton a donnés aux plantes, comme de ces noms 
eux-mêmes. Ni les uns ni les autres ne sont dans la 
Nature; ce ne sont que des moyens artificiels dont on 
est convenu pour s'entendre : tout est ici l'ouvrage de 
l'homme. Au contraire, un ordre fait pour nous montrer 
la suite de tous les rapports de ressemblance qui 
existent entre les plantes, considérées dans toutes leurs 
parties, ne peut être arbitraire. Le plus ou le moins, à 
cet égard, a un fondement dans la chose même. Pourquoi 
donc vouloir réunir, dans un même plan, deux objets 
tout à fait indépendants l'un de l'autre, si ce n'est que le 
premier nous sert comme de degré pour arriver jusqu'au 
second, vers lequel il n'a point été donné à l'esprit 
humain de s'élever par un premier essor (^) ? > 

Pour combiner les clefs dichotomiques de son Manuel^ 
Grépin s'était surtout inspiré, comme il l'indique dans 
l'avant-propos, de celles du Synopsis analytique de la 
Flore des environs de Paris^ de Gosson et Germain, mais 
en les modifiant et les adaptant parfaitement à la flore 
belge. On trouve, en outre, dans le Manuel de la flore 



46 

de Belgique — modèle de précision et d'exactitude — 
des conseils utiles sur les herborisations» sur la récolte 
et la préparation des plantes» sur les herbiers; des 
indications sur la composition de « la bibliothèque du 
jeune botaniste > ; enfin» deux chapitres intéressants» 
relatifs à la géographie botanique de la Belgique et à 
l'espèce végétale. Un petit dictionnaire des termes tech- 
niques, une liste annotée des botanistes belges ayant 
fourni des matériaux à l'auteur, une énumération des 
ouvrages qui concernent notre flore, et des explications 
sur l'usage des tableaux dichotomiques, complètent l'in- 
troduction(^). Le débutant est ainsi conduit, en quelque 
sorte par la main, par un guide éclairé qui — pour 
reprendre une expression de Lamarck — voyage partout 
avec lui» qu'il peut consulter à chaque instant» qui plait 
même d'autant plus qu'il exige toujours des recherches 
de sa part et déguise des leçons qu'il donne» sous l'appa- 
rence flatteuse d'une découverte. 

Les résultats ne se firent pas attendre. De toutes parts» 
grâce à ces facilités nouvelles» de jeunes amateurs se 
joignirent aux aines pour l'exploration botanique de 
tous les coins du pays : catalogues» florules» monogra- 
phies» descriptions de variétés» esquisses phytogéogra- 
phiques de la flore indigène» se succédaient à l'envi et 
allaient bientôt trouver un sympathique accueil dans les 
publications de la Société royale de botanique de Bel- 
gique. [L. £a&.] 



47 



n. 



lia fondation do la Booiété da botaniqua, du Olub alpin 
balge et du Iiaboratoira de l'Inatitat botanique. 

Dès 1835, un groupe d'amateurs de l'horticulture et de 
l'agriculture fondait, à Bruxelles, un cercle qui s'inti- 
tula : « Les vrais amis de Linné ». L'association grandit, 
devint prospère et prit le nom de Société royale linnéenne. 
Elle existe encore aujourd'hui. En dehors de ses exposi- 
tions périodiques, elle organise, chaque année, des 
herborisations et des conférences botaniques, qui contri- 
buent à répandre, dans un cercle étendu, les connais- 
sances élémentaires et le goût de la science. 

Un autre cercle de botanistes s'était constitué à Gand, 
une vingtaine d'années plus tard, à l'instigation de Jean 
Kickx II. Crépin s'en fit recevoir (mars 1862), quelques 
mois après son installation à Gand. 

Mais c'est en 1862 seulement que l'on songea à réunir 
en un faisceau les botanistes épars dans tout le pays. 

L'idée émanait de trois jeunes gens qui, avec l'heu- 
reuse témérité de leur âge et sans attendre l'adhésion 
des gens rassis, lancèrent une circulaire, convoquant à 
Bruxelles les botanistes et les amateurs de botanique, 
pour jeter les bases d'une société de botanique. Ces trois 
pionniers étaient MM. R. Grûn et A. Joly, étudiants en 
sciences naturelles de l'Université de Bruxelles, et M. A. 
Wesmael, professeur à l'Ecole d'horticulture de l'Etat^ à 
Vilvorde(34). Leur appel trouva de l'écho, et, dans une 
réunion préliminaire, tenue à l'établissement géogra- 
phique Van der Maelen, bien connu, à cette époque, à 
Bruxelles» un bureau provisoire fut nommé, avec l'abbé 



48 

Goemans pour président et Fr. Crépin pour secrétaire. 
Un projet de statuts, rédigé par eux, fut soumis à une 
assemblée générale, qui eut lieu le 1*' juinrl862 : la 
Société de botanique de Belgique était définitivement 
fondée. [L. Errera.] 

Rappelons, à ce propos, que Crépinjoua aussi un grand 
rôle dans la fondation du Club alpin belge et de l'Institut 
botanique de l'Université de Bruxelles. 

Le distingué publiciste Alb. Du Bois, ami intime de 
Fr. Crépin, a raconté la fondation du Club alpin belge ; 
« Nous étions, à cette époque, l'un et l'autre affiliés au 
Club alpin français, mais nous profitions peu des avan- 
tages que pouvait nous offrir la Section de Paris, trop 
éloignée de nous, dont nous relevions. C'est alors qu'un 
beau soir, en 1882, nous nous dîmes : « Pourquoi n'y 
aurait-il pas un Club alpin en Belgique?» Et, le 18 février 
1883, cette association fut fondée. Il en devint le secré- 
taire et je fus désigné pour être son adjoint. Nous avions 
réuni une centaine de membres, parmi lesquels figurent 
encore des alpinistes de première valeur, au nombre 

m 

desquels je me plais à citer Emile Yandervelde, Henri La 

« 

Fontaine, Hébert Speyer, Peters, Ern. Solvay, etc. 

c Le Bulletin de notre Club contient des pages char- 
mantes, écrites par lui avec cette bonhomie qui le 

caractérisait. Car il avait horreur de la pose et du pédan- 
tisme(35). » 

En 1891, lors de la manifestation organisée en l'hon- 
neur de Crépin, H. Doucet, alors président du Conseil de 
surveillance du Jardin botanique de l'Etat, rappelait 
en ces termes la fondation du laboratoire de bota- 
nique : 

« La vulgarisation et l'extension des études botaniques 



49 

ont toujours trouvé en vous un zélé défenseur. Lorsqu'un 
professeur de TUniversîté (L. Errera) conçut le projet 
de fonder un Institut de botanique, destiné surtout à 
l'étude des questions de physiologie végétale, c'est à vous 
qu'il s'est adressé, parce qu'il était certain d'obtenir 
votre bienveillant concours; son espérance n'a pas été 
déçue. Vous lui avez accordé, avec l'autorisation du 
Gouvernement, un local, dans les bâtiments du Jardin, 
qui a permis à cet Institut naissant de s'établir et de 
commencer une série de travaux très intéressants pour 
cette partie de la science, dans laquelle notre pays avait 
peut être eu le tort de se laisser devancer un peu par les 
voisins. 

» Aujourd'hui, grâce au don généreux d'un anonyme, 
cet Institut va prendre un nouvel essor..., mais à vous. 
Monsieur Grépin, revient l'honneur d'avoir compris 
immédiatement toute l'importance de cette institution 
pour l'étude de la science à laquelle vous avez, sans 
réserve, consacré toute votre existence, et de lui avoir 
accordé un asile, qui a abrité ses premiers essais, et sans 
lequel peut-être la généreuse pensée du fondateur n'eût 
jamais pu recevoir d'exécution(^). > [Th. D.] 

m. 

Travaux do Faléontologio ▼ôgétale(l). 

On a vu dans les pages précédentes que, en 1871, les 
circonstances amènent Fr. Grépin à modifier la direction 
de son activité officielle par l'acceptation des fonctions 
de conservateur de la section de paléontologie végétale, 
au Musée royal d'histoire naturelle de Bruxelles. 

(1) Ce chapitre fst rédigé par M. le professeur Ch. Bommer. 

4 



50 

II se met immédiatement à l'œuvre, travaille avec 
ardeur à l'étude et à l'accroissement des collections de 
la nouvelle section et bientôt se dégage nettement la 
grandeur de la tache qu'il veut entreprendre. Grépin 
conçoit un vaste plan, dont la réalisation, secondée par 
sa remarquable puissance de travail, ne pouvait manquer 
d'être féconde. 

Il commence, en 1874, la publication des Fragments 
paléorUologiques pour servir à la flore du terrain houiller 
de Belgique : 

« Soas le titre qui préeède» ëerit-il, mon intention est de pubUer 
ane série de notes et de dessins qui pourront aider à l'élaboration 
d'une flore générale de notre terrain houiller. Les matériaux qui 
feront Pobjet de ces notes seront principalement ceux que possède le 
Musée royal d'histoire naturelle, matériaux qui se composent actuel- 
lement de la collection délaissée par feu l'abbé Cocmans, à laquelle sont 
venues sa joindre des pièces provenant de diverses autres collections 
et Burlont les très nombreuses pièces que j'ai recueillies moi-même 
dans nos eharbonnsgeSf ou que j'y ai fait recueillir. Ces dernières 
récoltes ont plus que doublé la collection générale du Musée et l'ont 
enrichie d'un nombre asses considérable de nouTOautés pour notre 
flore. Toutes les fois que je décrirai ou figurerai une empreinte, 
j'aurai soin d'en indiquer la provenance... De cette façon, on 
connaîtra la part revenant aux divers collecteurs qui ont concoumi 
à la formation de cette collection. Dans les planches jointes aux 
descriptions et aux obeervstions de cas Fragmenté paUontologiquês^ 
je me bornerai ordinairement à représenter les seules parties des 
empreintes indispensables à l'interprétation du texte, réservant las 
dessins complets de pièces entières pour une publication définitive, faite 
sous on grand format (87). > 

La flore de nos gisements dévoniens, à peu près incon- 
nue, avait aussi attiré particulièrement l'attention de 
Grépin, il nous fait connaître ses principaux éléments 
dans deux importantes notices (^). Il s'occupe également 
des représentants exotiques de la flore houillère (^). 



51 

La nomination de Grépin à la direction du Jardin bota- 
nique de l'Etat marque la seconde étape de ses travaux 
paléontologiques. 

Forcé, par les exigences très absorbantes de ces nou- 
velles fonctions» de quitter son poste du Musée d'histoire 
naturelle» Grépin donne une forme nouvelle à son projet 
de 1874. Loin d'abandonner l'idée d'un grand travail 
général» il la modifie en élargissant les principes qui 
doivent lui servir de base. Il étend donc à ses études 
paléontologiques les modifications qu'ont subies ses 
idées dans le domaine de la botanique, sous l'influence 
des idées transformistes qui, dès cette époque» exercent 
une action de plus en plus décisive sur les sciences 
naturelles. C'est avec la réelle hauteur de vues que nous 
retrouvons dans ses travaux sur les Roses» qu'il indique 
le programme que doivent désormais remplir les 
recherches de paléontologie végétale. 

C'est dans lé Bulletin de la Société royale de botanique 
de Belgique qu'il commence, en 1880» la publication des 

Notes paléophytologiques : 

» 

ë Jo me propote de pablier, soas ce titre» une série de notes sur les 
Yëgétaax fossiles et priiielpalosnent sur eenx de notre terrain boniller... 

» Si U paléontologie végétale, an temps de son enfance^ a été eonsi- 
dérée comme une dépendance de la Géologie» elle a, de nos jours, repria 
sa Téritable place dans le cadre des sciences botaniques. Elle ne consiste 
pins dans la connaissance superficielle d'un nombre restreint d'empreintes, 
serrant aux géologues à caractériser certains étages,... elle a conquis son 
indépendance et est appelée k élucider des problèmes qui touchent, non 
seulement à Thistoirc des êtres organisés, mais encore à celle des révolu- 
tions de notre globe. C'est elle qui doit nous expliquer Torigine et la 
distribution des flores vivantes; c'est elle qui nous dévoilera par quelles 
étapes ont passé nos grands groupes végétaux, c'est elle enfin qui fera 
connaître par quelles phases climatériques ont passé les continents des 
diverses époques géologiques... 



52 

> .. . Cet notes seront suecessivement suivies de mémoireSf accom- 
pagnés de planches représentant les objets décrits (40). » 

Quatre notes nous donnent seules une idée bien incom- 
plète de TelTort de Grépin pendant cette nouvelle période 
de ses travaux. Dans la dernière, datée de 1881 (^^), 
Grépin rappelle les peines sans nombre que lui a coûtées, 
depuis bientôt dix ans, l'étude de la flore houillère de la 
Belgique. 

Gette magnifique préparation d'une grande œuvre 
devait demeurer sans conclusion. La direction du Jardin 
botanique, la monographie des Roses, s'emparent tou- 
jours davantage de la vie de Grépin et finissent par ne 
plus laisser de place pour aucune autre entreprise. La 
paléontologie perdait ainsi un de ses adeptes les plus 
dévoués et l'un des plus capables de résoudre, grâce à la 
sûreté de son jugement, les problèmes, souvent si obscurs 
et si compliqués, qu'elle soulève. Hais, bien avant cette 
époque, Grépin semble avoir senti qu'il ne pourrait 
suffire à la tache qu'il avait assumée. Il communique, en 
effet, à ses collègues étrangers, nombre de spécimens, 
choisis parmi les plus intéressants, afin de leur permet- 
tre de les publier. G'est ainsi que Stur et Leiller ont 
décrit des types remarquables de végétaux houillers, 
découverts par lui. 

Nous retrouvons en ceci la générosité de caractère, le 
sincère désir du progrès de la science, dépouillé de tout 
intérêt personnel, qui furent parmi les plus belles qua- 
lités de cet homme simple et bon. [Gh. Bohmbr.] 



53 



IV. 

OhuMifloAtloii des Bosefl. 

En 1868» Grépin a publié un mémoire qui, bien que 
n'ayant que quelques pages, présente un intérêt réel, 
moins par le travail lui-même que par l'essai de classi- 
fication qui y est donné en note. Grépin nous apprend 
qu'il fait t des études en vue d'une monographie géné- 
rale du genre Rosa, qu'il est sans cesse préoccupé de la 
classification [naturelle] des espèces, et qu'il est encore 
loin d'être arrivé à un arrangement qui le satisfasse : 

« Dans le genre Rosa, la elassification des espèces et formes a anc 
importance capitale, et tous nos efforts doivent tendre à perfectionner 
le classement afin d'arriver i ano disposition naturelle. Les sectionne- 
ments artificiels ont entraîné et entraînent encore les botanistes dans des 
erreurs, dans de fausses appréciations de formes. Je ne suis pas éloigné 
de croire que certains types spécifiques ont des formes, des membres, 
répartis dans plusieurs sections ou tribus sous des noms différents,. . (42). » 

Alfred Déséglise avait apporté d'heureuses améliora- 
tions aux groupes composés par De Gandolle. Grépin, à 
son tour, indique en 1868, dans le mémoire que nous 
venons de citer, en 1869, les modifications et chan- 
gements qu'il a fait subir à la disposition adoptée par le 
rhodologue français : 

« Ces modifications, dit-il,tODt loin d'être définitives, puisqu'il ne faut 
pas se dissimuler la part grande de l'artificiel dans tout ce qui précède. 

1 Qu'un jour on vienne à prouver — ce qui me parait fort probable — 
que le même type spécifique peut revêtir plusieurs livrées, être glabre 
on paboscent. glanduleux ou églanduleux sur ses feuilles, à pédicelles 
lisses ou hispides-glanduleux, et alors une partie de l'échafaudage laxo- 
nomique disparaît et, avec lui, une foule de prétendues. Les seetîonne- 
ments artificiels effacés, des formes afiines tenues, aujourd'hui éloignées, 
seront rapprochées ou réunies (48). » 



54 

En 1874, cette question si importante n'a fait aucun 
progrès ; Grépin écrit : c Gomme une bonne classification 
des Roses n'est pas encore trouvée je ne m'astreindrai 
pas à suivre une classification quelconque » ; mais elle le 
préoccupe sans cesse. Deux ans plus tard, il en reparle, à 
l'occasion de la publication de son important Prodrome 
d'une monographie des Roses américaines : 

«( On trouvera peat-étre que j'ai trop maltipllé les sectiona, qae je ne 
condense pas assez les espèces en larges groupes. A cette objection, je 
répondrai que» dans le genre Rù»a, il n*est pas possible de constituer de 
grandes sections naturelles, ainsi qu'avaient yoain le faira quelques 
autours... Ce que j'ayanco ici est le fruit d'une longue expérience et de 
travaux qui reposent sur une masse de matériaux qu'il ne aéra peut-être 
plus donné à un autre botaniste d'examiner comme je l'ai fait (44). » 

Ge n'est que treize ans plus tard que Grépin devait 
donner une classification complète du genre Rosa. 
En 1891, il l'a reproduite avec quelques modifications 
dans le Journal des Roses (^). 

Sa monographie générale, dont nous reparlerons, étant 
restée inachevée, cette esquisse a une importance consi- 
dérable, car elle permet de se rendre compte de quelle 
façon Grépin comprenait les sections et les espèces, 
dans le genre Rosa, après un travail acharné de trente- 
cinq ans. [Th. D.] 

ROSA Linn. 
Sect. I. Synstylae D. C. (13 espèces) : 

R. Watsoniana Crép. 



R. microcarpa Lindl. 
R. CoUettii Crép. 
R. multiflora Thunb. 
R. Luciae Franck, et Sav. 
R. Wichuraiana Crép» 
R, tonquinensis Crép. 
R. anemonaeflora Fart, 



R. setigera if icA^r. 
R. phocnicia Boi$ê, 
R. moschata Herrm. 
R. semperrirens L. 
R. arvensis /A(df . 



55 



SsGT. n. Stylosae Crép. (1 espèce) : 

R. Styloea Desv, 

Sbgt. in. Indicae Thory (2 ou 3 espèces) : 

R. indica LindL R. sempcrflorens Curtit. 

?R. ^gttnieti CoUett. 

Sect. IV. Banksiae Crép, (1 espèce) : 

R. Raiiksiae R. Br. 

Sect. V. Gallîcae Crép. (1 espèce) : 

R. galHca X.. 

Sect. VI. Caninae Crép. (9 espèces) : 



R. canina L. 

R. fonroginea Vill. 

R. gluUnosa Sibth. et Sm. 

R. rabiginosa L. 

R. mierantha Sm, 



R* tomentota Sm, 

R. YÎlIota L. 

R. elymaltica Boi$9, 

kneeht. 
R. JandzilH Bess» 



et Haut- 



Sect. VII. Garolinae Crép. (4 espèces) : 



R. carolina/r. 
R. nitida W»/I(f. 



R. humilia Manh* 
R. foliolosa i^tt/^ 



Sect. Vm. Ginnamomeae Cr^p. (14 espèces) : 

R* Beggeriana Schrenk. 
R. Alberti Regel. 
R. gymnocarpa Nutt. 
R. macrophylla lind/. 
R. Webbiana WaU. 
R« acicularis Lindl, 
R. laxa Aels. 

Sect. IX. Pimpinellifoliae DC. (2 espèces) : 

R. pimpinellifolia L. - 1 R. xanthina Lindl. 

Sect. X. Luteae Cr^p. (2 espèces) : 

R. latea MUL I R. snlphurea Ait, 



R. einnamomea L. 

R. nutkana Presl. 

R. piioearpa ^. (?ray. 

R. blanda Ait, 

R. ealiforniea Cham, et Schleehl. 

R. mgoia Thunb. 



R. alpina L. 



56 
Sbgt. XI. Sericeae Crép. (1 espèce) : 

R. terieea LindL 

Sbgt. XII. Minutifoliae Crép. (1 espèce) : 

R. minutifolia Engelm, 

Sbgt. XIII. Bracteatae Thory (2 espèces) : 

R. bracteatae Wendl. R. cliaophylla Tkary. 

Sbgt. XIV. Laevîgatae Thory (1 espèce) : 

R. laerigata Miehx, 

Sbgt. XV. Microphyiiae Crép. (1 espèce) : 

R. microphylla Roxb, 

V. 

Idées sur PSflpèoe. 

La question de Tespèce, qui a divisé et passionné les 
botanistes de la seconde moitié du XIX* siècle, a fait 
l'objet des constantes recherches dé Grépin. Il est donc, 
non seulement intéressant, mais profondément instructif 
de suivre révolution qui s'est accomplie dans son concept 
de l'espèce; c'est elle que nous allons étudier chronolo- 
giquement dans les pages suivantes. 

Voici deux passages qui font ressortir, avec une par- 
faite netteté, son attitude anti-évolutionniste d'avant 
1865: 

« J'admela [donc] que Tespèce eat immuable quant à aon easenee, 
qu'elle a dû et a pu arriver jusqu'à nous^ depuis rorigine des ohoscs^ 
par une suite non interrompue de générations et d'indiyiduSy dans 
chacun desquels son essence se retrouve entière et inaltérée (46). » 

«... Croyant à l'espèce, j*ai surtout en vue de montrer, par une étude 
approfondie des formes végétales, qu'il existe réellement des espèces dans 
la nature; que les espèces ne sont pu de simples jouets des circonstances, 
des formes accidentelles, ducs au hasard, se transformant sans cesse, 
maisqa*ellea sont dos êtres indépendants, immuables, dans leur essence» 
qu'elles sont do véritables entitées qui se réalisent, se manisfestent dans 
certaines limites infranchissables (47). » 



57 

Partisan convaincu de l'immuabilité de l'espèce, ainsi 
que ces citations viennent de le démontrer, F. Grépin 
semble un moment devoir se rattacher à l'école dite Jor- 
danienne ou multiplicatrice, mais il ne marche pas long- 
temps à la suite du botaniste lyonnais. Le synthétiste va 
bientôt l'emporter chez lui sur l'analyste, et cette ten- 
dance ira toujours s'accentuant, et, dès lors, jusqu'à la 
fin de sa vie, il combattra vigoureusement les idées de 
Jordan et de ses disciples (tô). 

En mai 1886, Grépin s'est, en effet, déjà ressaisi. Il 
examine les Rosa dumetorum, collina, Deseglisei, obtusi- 
folia et solsHHalis, et, se séparant de trois hommes dont 
les travaux faisaient autorité, Boreau, Déséglise et Gre- 
nier, il établit que ces Roses ne sont que des formes, en 
invoquant quatre sortes de preuves : l** l'existence de 
variations parfaitemeat transitoires; 2« la non-constance 
des caractères préconisés; 3* la non-concomitance de 
ces mêmes caractères; 4* l'iaexactitude des descrip- 
tions(*9). 

Nous sommes en 1869, Fr. Grépin publie le premier 
fascicule des Primitiae fnonographiae Rosarum. Dès les 
premières pages, le changement profond qui s'est opéré 
dans ses idées sur l'espèce, est clairement exprimé : 

c On pourra ici me demander quelles sont mot croyaacea et quel dut 
}W en vue, en abordant une étude aussi longue et aussi laborieuse que 
celle des Roses. J*ai bien repoussé la théorie de révolution, mais, avec le 
temps, mes idées se sont modifiées, et aujourd'hui j'avoue que cette même 
théorie satisfait mieux Tesprit que la théorie contraire. Toutefois, jo 
crois sage de réserver mon jugement sur celte délicate question (50), » 

U commence à penser que les évolutionnistes pour- 
raient avoir raison, mais il croit à l'espèce bien tranchée, 
nettement séparée des espèces voisines : 



58 

« Mm premièrot études tur les Roses remontent à 1805, et, depuis 
cette époque, Je n'ai cessé do réunir et de décbififrer de nombreux maté- 
riaux. Ces études, déj& longues, me permettent d'avancer les propositions 
suivantes : que l'espèce [entendue dans le sens de l'école linnéenne] dans 
le genre Rosa, est aussi tranchée que dans tout autre type; que chaque 
type, selon sa dispersion, est compris dans des limites plus ou moins 
larges; qu'au delà de ces limites, il y a une laeune plus ou moins consi- 
dérable qu*il faut sauter pour entrer dans les limites des espèces voisines; 
qu'une confusion véritable ne règne pas parmi les espèces. » 

« ...mes étades antérieures m'ont convaincu qu'un certain nombre de 
formes, élevées à la dignité d^espèces, ne sont que de simples variétés, 
ou peut-être des espèces en voie de se caractériser, mais qui ont été créées 
par suite de la mauvaise entente des caractères, pour n'avoir pas tenu 
compte que divers types peuvent varier, être glabres ou pubeseents, 
glanduleux ou églandaleux, nains ou géants, etc. Dans la suite, je 
m'efforcerai de prouver cette assertion, en discutant les caractères des 
formes transitoires, par Texamen des variations parallèles, par des 
expériences de culture (51). » 

Dans ce premier fascicule des Primitiae^ un chapitre 
curieux est consacré à une étude analytique et minu- 
tieuse de plus de cent cinquante Roses d'Europe. Crépin 
essaie de justifier cet essai par les considérations sui- 
vantes : 

a En parcourant ces longues listes de noms, auxquels la même valeur 
semble être donnée, on se demandera sans aucun doute quel est mon but 
en caractérisant plus ou moins cette foule de formes, où je veux en venir 
en acceptant cette multitude de prétendues espèces, dont le chiffre va 
sans cesse en augmentant. Mon but, je l'ai dit, c'est de parvenir, si la 
chose est possible, à la connaissance des véritables espèces. Mon senti- 
ment intime est qu'un très grand nombre de ces formes sont de simples 
variétés ou dos variations, mais je veux essayer de démontrer cette thèse 
par une analyse approfondie de toutes les formes que l'on parviendra à 
découvrir, par la discussion de leurs caractères, par rétablissement de 
variétés et de variations parallèles, enfin par des essais de culture. Pour 
que ma démonstration soit un jour bien comprise, il faut qu'on puisse 
s'entendre clairement sur les objets en litige, qu*on puisse ainsi me 
suivre dans le développement de ma critique, dans les comparaisons 



59 

établies, et pour cela les formes doirent être caractérisées et dénommées. 
£o second lion, pour parrenir à la dccoaverte de tontes les formes exis- 
tsntesy distinguer Tinédit du connu, il faut anssi nn guide, etc*est dans 
cette rue que j'ai tracé les tableaux analytiques. Plus les termes de la série 
seront nombreux, plus parfaites pourront être la réduction et la délimi- 
tation des formes. La couTiction dos esprits sérieux ne sera pas emportée 
par de simples réductions ingénieuses ne reposant que sur des probabili- 
tés^ ou des hypothèses, elle ne sera gtgnée que si les réductions, les 
rapprochements, sont solidement fondés sur des considérations d'ordres 
divers, fournies par une étude prolongée et complète* Se borner à réduire 
aujourd'hui sur de pures hypothèses, sur dos faits incomplets, c'est faire 
un traTail qui sera repris demain et détruit (52). s 

En 1872, Fr. Crépin doit reconnaître lui-même que 
la tentative n'a pas été heureuse et qu'elle a été mal 
comprise : 

« Après SToir lu le premier fascicule des Primitiae monographiae 
Aosonim, plusieurs botanistes se sont imaginé que j'étais derenu partissn 
de la subdivision des types, dits linnécns, que j'avais renié les principes 
qui m'avaient toujours guidés dans Tappréciation des formes végétales, 
pour adopter les principes de l'école moderne. Ces botanistes ont sans 
doute compris bien mai divers passages de mon travail, car j'y marque 
clairement, et sans ambages, mon opinion, bien connue du reste, sur la 
plupart des créations spécifiques de l'école moderne. 

c Si, dans ce premier fascicule, j'ai à mon tour distingué spécifiquement 
des formes secondaires, de petiteg espèces, ce n*est pas dans le but de les 
maintenir au rang dos véritabiea espèces, mais comme je l'ai fait remar- 
quer, c'est, au contrairo, pour parvenir à démontrer plus facilement que 
ces formes secondaires ne sont pas de vrais types spécifiques. En employant 
cette méthode, j'espère arriver à convaincre les partisans de l'école 
moderne de l'inanité de la plupart de leurs créations et k les foroer à 
reconnaître que leurs principes de spécification les conduisent fatalement 
à la distinction spécifique de l'individu (68). » 

Cette démonstration par l'absurde, faîte trop timide- 
ment, ne pouvait réussir ! Mais un autre botaniste lyon- 
nais, plus jordanien encore que Jordan, devait la donner, 



60 

quelques années plus tard, en décrivant plusieurs milliers 
de Roses, à Taide des mêmes moyens d'analyse méticu- 
leuse, et en arrivant ainsi à cette c distinction spécifique 
de Findividu :» , prédite par Crépin. 

Mais revenons en 1869! Crépin s'efforce de définir 
l'espèce. Sa définition peut, à première vue, paraître un 
peu flottante, mais si on l'étudié attentivement, on voit 
qu'elle fait bien ressortir le contraste, que son auteur 
admet, entre la fixité de l'espèce et son polymorphisme : 

« L'idée de ce que peut être I*ospèce se forme ou se fortifie par Télude 
aUôntive de U nature et par un sérieux travail de la réflexion. Pour mol, 
l'eipèce me paraît devoir être autre ebosc que ce qu*eiitcndonl beaucoup 
d*auteurs moderucs, quelque oliose de plus riche, de plus complexe; les 
espèces me semblent être des plans, des types d'organisation, so révélant 
à nos yeux dans un ensemble de caractères morphologiques et biologiques, 
types susceptibles de se modifier en présence de milieux divers, mais 
conservant toujours assez de notes communes à tous leurs individus pour 
se faire sentir ou reconnaître à travers leurs métamorphoses. En parlant 
ici de Tospèce, je n'ai en yue que nos temps géologiques modernes et 
n*ai pas à m 'enquérir de ce qu'étaient nos espèces dans le passé et de ce 
qu'elles seront dans l'avenir (5i). » 

En 1872, Crépin traite, avec quelques détails, deux 
questions dont il avait entrevu la grande importance : la 
solidarité des caractères et l'existence de variations 
parallèles : 

c Déj&, en 1861, dans la préface de la première édition du Manuel de 
la flore de Belgique^ j'ai dit quelques mots touchant la solidarité des 
caractères. Par solidarité de3 caractères, j'entends la liaison qui existe 
entre les caractères qui se manifestent dans plusieurs organes de la même 
plante. Pour bien préciser ma pensée, je vais citer un exemple. Ainsi, 
dans les Roses, que la glandulosité apparaisse, et nous la verrons assez 
souvent so produire à la face inférieure des folioles, des stipules et des 
bractées, sur les pétioles, les pédicelles, le réceptacle et les sépales; si 
elle est intense, elle pourra atteindre la face supérieure des folioles, des 
stipules et des bractées, et même certaines portiona des axes. Beaucoup 



61 

de phytographet Toieet, dans les diyers siègas de cette glandulouté, toute 
ane série de caractères distinctifiB, alors qoe réeliement il n'existe qu'un 
teulet unique caractère^ ceioide la glandulosité. Celle-ci, dans les Roses, 
est fréquemment Uée arec la double dentelure des folioles. La YÎUosité, 
dans le genre Ro$a, oflFire le même phénomène que la glandulosité. D'un 
autre c6té, un certain degré d'hypertrophie ou d'atrophie non tératolo- 
gique, Télongalion, le nanisme, le géantisme sont, à leur tour, la source 
de modifications qui se produisent dans les divers organes de la même 
plante, modifieations liées entre elles et dont beaucoup de phytographea 
eonstitucnt autant de caraetèrea différentiels. Ici encore, au lieu de 
plusieurs caractères, il peut n'en exister qu'un seul et qui diêparait de 
iouê le» organes si la cause qui Ta produit vient à cesser. C'est certaine- 
ment à l'ignorance de ces faits généraux que nous devons, en partie» la 
création d'une foule de petites espèces qui n'ont d'existence que dans nos 
livres. 

« Dès 1863, dans lo troisième fascicule de mes Notes sur quelques 
plantes rares ou critiques de la Belgique, j'avais fait prévoir l'heureux 
parti qu'on pouvait tirer, au point de vue de la spécification, de Texis- 
tonee des variationf^ parallèles. Deux ans après, M. Duval-Jouve, qui ne 
paraissait pas aroir eu connaissance de ce que j'avais écrit à ce sujet, a 
traité cette question avec beaucoup de talent, en étudiant les variétés des 
Juncus, A son tour, M. Fraachct abordait ce point intéressant dans ses 
études sur les Verbaseum hybrides. L'existence des variationa parallèles 
jette un jour tout nouveau sur celte foule de petites espèces qu'on croit 
distinctes et qui ne sont au fond que les variations parallèles d'un nombre 
beaucoup plus restreint de véritables types spécifiques (55). » 

De 1872 à 1882, les travaux sur les Roses se succèdent 
saos iaterruption. Le passage suivant d'une étude sur les 
Roses du Caucase montre bien comment, à la fin de cette 
période, Grépin envisage Y espèce : 

€ La section des Caninae, telle qu'on Tentend habituellement, me 
parait bornée aetnellemenl à un seul type spécifique qui est représenté 
par trois races, offrant chacune une multitude de variétés, plus ou moins 
rigoureusement parallèles. Je désigne ces trois races sous les noms d'Euca» 
ninae, Coronaiae, Méridionales, Les Eueaninae comprennent toutea les 
forme du R, eanina^ à sépales restant fléchis après Tanthèse et caducs 
avant la maturité des rdeeptacles ; les Coronatae embrassent toutes les 
JL glauea Vni. (A. RêuUrie God.) et R. eoriifoUa Pries sont las chefii do 



62 

file et doat les tépalet se redressant après Tanthèse et persistent sur tes 
réceptacles pendant la maturation ; les Meriiionêleè sont représentées 
par le A. Pou*%ni Tratt. et ses nombreoses yarîétés (56). » 

Dans le Caucase, rien que pour les EucaninaCf Grépin 
indique plus de cinquante variations parallèles. 

Cette variabilité serait-elle propre au Rosa caninal 
Non ! Crépin la retrouve chez des groupes infiniment 
moins répandus, tels que les Villosae et les GraveoktUes : 

€ L'étude que j'ai faite des nombreuses formes qui composent aeluelle- 
ment le groupe désigné sous le nom de yillasae, m'a démontré que du 
R. poméfera le plus typique, à folioles amples allongées, et glanduleuses 
en dessous^ à gros réceptaoles densément hispidc- glanduleux, jusqu'aux 
formes églandulcuses les plus délicates du A. mollit, il existe une chaîne 
ininterrompue de variétés et de variations qu'il n'est pas possible do 
rompre en plusieurs tronçons pour en constituer des espèces. 

c Les créations spécifiques se sont faites suocessivement et sans idées 
d'ensemble, au fur et à mesure des découvertes; elles sont comme 
autant d'étapes qui ont été faites dans la connaisance des variations. 
Pour lea étayer, on a employé des caractères dont on est bien forcé 
de reconaître aujourd'hui la parfaite inanité. 

« Mes idées de réduction seront difficilement acceptées par ceux qui 
se bornent è l'étude de flores loeaies, qui n'ont pu étudier que des 
tronçons isolés de la longue chaîne des variations ; mais quant aux 
amateurs qui possèdent de riches matériaux, qu'ils aient la patience de 
les analyser avec soin, je suis intimement convaincu qu'ils arriveront 
avec le temps aux mêmes conclusions que moi. 

« ... Je ne suis moi-même arrivé à ces idées de réduction qu'après 
de longues années d'étude et après avoir éprouvé do nombreuses 
hésitations (57). » 

C'est aussi en 1882 que Crépin est amené, par ses 
observations patientes, à se rallier, dans une large 
mesure, aux idées d'Alexandre Brum, du D' H. Christ 
et de Clavaud, sur Tinégalité de valeur des types spéci- 
fiques. Il traite longuement cette question à propos de 
la publication de la Flore de la Girondef du dernier des 
trois botanistes cités. 



63 

Détachons de cette étude ces quelques considératioDs 
intéressantes : 

c On peut se demander si la distribution dea espèces en deux catégo- 
ries, les unes primaires (stirpes), les autre secondaires (eipiceê), est le 
dernier terme du progrès. Il y a lien d'en douter. Si j*en juge par le 
genre Rose, il me semble que les espèces iinnéennea n'ont pas toutes une 
égale Taleur. C'est ainsi que dans ce genre. Il existe des types isolés, 
formant des subdiTisions génériques monotypes, qui sont plus distincts, 
pins richement earaclérisés que les types réunis & plusieurs dans une 
même subdivision générique. Remarquons bien qu'ici je ne fais nulle- 
ment allusion à des types de second ordre (espèces de M, ClaTaud), mais 
bien à des espèces linnéennos. J*ai, en outre, cru reconnaître que la valeur 
des caractères des types isolés égale d peu près la somme des caractères 
des types assaciés par deux, par trois ou par un plus grand nombre dans 
leurs subdivisions génériques respectives* Il est rraisemblable que-le mémo 
fait se reproduit dans les autres genres. Il y aurait donc inégalité de valeur 
spécifique parmi les types linnéens et dès lors il serait logique de leur 
accorder divers rangs. 

« ... S'il est prouvé qu'il y a bien, comme je pense, inégalité dans la 
valeur des types secondaires, la phytographie devra entrer résolument 
dans une voie nouvelle et modifier sa méthode (68). » 

Grépin publie, en 1886, une notice sur Le rôle de la 
buissonomanie dans le genre Rosa. Elle n'a qu'une 
dizaine de pages, mais ce sont des pages qu'il sera tou- 
jours utile aux phytographes de méditer. 

Quelle ingéniosité et aussi quelle vérité dans ce tableau 
de l'importance qu'un seul buisson peut acquérir en bo- 
tanique : 

c Le buisson de Rose est une mine où le botaniste peut puiser l pleines 
mains; au temps de la floraison et de la fructification, et pendant des 
années, le même buisson peut livrer un grand nombre de spécimens 
destinés aux échanges et ft la confection des exsiccata. C'est ainsi qu'une 
simple forme individuelle finit par s'impoaer à l'attention et par jouer, en 
apparence, le rôle d'une variété ou même d'une espèce. > 

c ... Il est rare de trouver deux buissons identiques; je pourrais ajouter 
que la complète identité est loin de se rencontrer toujours entre toutes les 
parties d'un même buisson (68). » 



64 

c Le travail d'aoalyse minatîease reste seientifique tant qu'il a pour 
but de découvrir et de démontrer le degré de variabilité des organes, de 
distinguer ce qui est individuel ou dû à des influences locales, de ce qui 
est propre, commun à un groupe naturel de formes^ et dont la conataoee 
se maintient malgré les circonstances. Hais dès que l'analyse quitte cette 
voie, elle ne peut plus guère produire que des résultats stériles (60). » 

C'est encore dans cette notice que nous trouvons la 
description des micromorphes. 

« La buissoBomanic a eu pour origine un sentiment vrai, celui de 
Texistcnce de micromorphes. Ceux-ci sont de petits groupes natureU, de 
formes très alfiiiea, représentant les dernières ramifications de l'arbre 
généalogique des liosicrs. Les micromorphes jouent, dans l'espèce, le rôle 
que celle-ci joue dans le genre; comme les types dont ils sont dérivés, ils 
se distinguent chticun par un ennmble de caractères; seulement ces carac- 
tères sont d*antant moins marqués que les micromorphes sont d'un rang 
plus inférieur. Les buissonomanea sont-ils réellement parvenus à saisir les 
micromorphes? Je le conteste foriuelleinent... Ces analystes à outranee ne 
se sont pas aperçus qu'ils prennent pour des caractères essentiels et des 
différenees spécifiques de simplet moiques sous lesquels se dissimulent 
plus ou moins les vrais caractères spécifiques (61). » 

Grépin ajoute encore en note : 

« 11 faut bien se garder de confondre les micromorphes avec les variétés. 
Celles-ei sont ordinairement établies sur des états et leur délimitation eat 
facile; mais la caractéristique dea micromorphes est entourée de dilTicul- 
tés extraordinaires et exige de très longues recherches. La délimitation 
d'un micromorphe est, on somme, beaucoup plus laborieuse que celle 
d'une espèce (63). » 

Ses observations dans la nature et dans les herbiers» 
ses méditations engendrent, plus fortement que jamais, 
dans son esprit, la conviction de l'existence des variations 
parallèles ; aussi écrit-il, en 1886 : 

c Celles-ci (les espèces dites Ilnnéenncs) à quelques rares exceptions 
près, et exceptions qui finiront probablement par disparaître, offrent 
chacune des séries de variations parallèles : 

Folioles glabres ou pubescentes; 

Pétioles glalnrea ou pubeacents; 



65 

Folioles gnndef, moyennes on pelites; 
Folioles ovales, arrondies ou ianc4^o1ées; 
Folioles églanduleusea ou glanduleusca à divers degrés; 
Pétioles glanduleux ou cglandulcux; 
Pétioles inermes ou aiguillonnés; 

D?nls foliairea, simples, doubles ou eomposces glanduleuses; 
Pédicelles lisses ou glanduleux; 
Pédicelles glabres ou plus ou moins pubescents; 
Réceptacles petits, moyens ou gros; 

Réceptacles ovoïdes, arrondis, ellipsoïdes^ atténués ou renflés à Ton 
on l'autre bout; 
Réceptacles lisses ou glanduleux; 
Sépales lisses ou glanduleux sur le dos; 
Sépales églanduleux ou glanduleux sur les bords (68). * 

Mais si Grépin est profondément convaincu de ce 
parallélisme de la variabilité des espèces^ il n'a pas réussi 
à convaincre tous les rhodologues. 

En 1887, deux, spécialistes suisses bien connus 
font paraître une Revision du groupe des Orientales, dans 
laquelle ils émettent certaines idées générales, en oppo- 
sition formelle avec les résultats que Fr. Grépin croyait 
avoir obtenu par ses |)ropres recherches. 

Gela amène Grépin à publier, l'année suivante, une 
étude critique des idées émises par MM. Burnat et 
GremliW^). Il le fait avec une grande hauteur de vues 
et résume les objections de ces monographes de la 
façon suivante : 1* le genre Rosa serait une association 
de formes d'une obsctu*ité désespérante, où la distinction 
d'espèces existe à peine, relativement à d'autres genres 
connus; 2* ses espèces se relieraient entre elles par des 
formes plus ou moins nombreuses; 3« le genre lui-même 
serait malaisé à répartir en sections naturelles; 4* selon 
M. Ghrist, il n'existerait pas, dans les Roses, d'espèces 
absolument isolées, mais, entre tous les groupes spéci- 
fiquesy on observerait des formes de transition. 



66 

Fr. Crépin commeace par dire que l'opinion de 
M. Christ, reprise par MM. Burnat et Gremli, est complè- 
tement fausse^ et à l'appui de cette affirmation, il cite, 
comme espèces isolées, cinq Roses appartenant à des 
sections monotypes naturelles; les R. microphylla Roxb., 
laevigala Michx, minutifolia Engim., sericea Lindl. et 
Banksiae R. Br.; et comme espèces isolées appartenant 
à des sections pleiotypcs : les Rosa carolina L., foliolosa 
Nutt., microcarpa Nutt., et setigera Michx. 

Puis il examine les autres points dans dés pages qui 
seront toujours méditées avec profit par les monographes, 
car on y sent une conviction sincère, basée sur une étude 
longue et minutieuse des faits. 

Une brève citation pour montrer le point de vue, 
toujours le même d'ailleurs, de Crépin, en 1892 : 

a AujourdUiui, il est dercnu à peu près superflu de rappeler que les 
groupes de formes, stcc lesquels on constitue les espèces, sont, dans 
chaque genre, de valcui* spécifique très inégale. lU représentent des stades 
Taries d*évolution.... 

« Parmi ces espèces^ il en est, d'ordre supérieur, devenues parfaitement 
isolées, très distinctes, et d'antres, d*un ordre subordonné, conservant 
encore des liens qui les relient plus ou moins étroitement entre elles (66). • 

En 1892 et 1894, Crépin scrute, avec le concours des 
botanistes genevois Buser, Paiche et Schmidely, la florule 
rhodologique du Salève, étudiée avant lui par une pléiade 
de bons observateurs; elle comprend six espèces mon- 
tagnardes, neuf espèces de la plaine et dix hybrides. 
Il se rallie aux vues exprimées par le D' H. Christ, de 
Bàle, qui avait reconnu l'existence d*un groupe de formes 
intermédiaires entre les variations de la plaine et celles 
de la montagne, et il les décrit ainsi : 

c Ces formes montagnardes, on le sait, 3ont ordinairement caractériiées 
par un port plus trapu, par des fleurs assez brièvement pédiceilées, à 



67 

coloration d*an roaoa^seiviffpardesaépalesse redrcuant après ranthèse, 
par des styles très relus ou tomenteax et par une maturation plus précoce. 
Mais, chose que Ton sait encore, c'est qa*entre ce groupe de formes mon- 
tagnarclc3 et le /{. canina des plaines, il existe un groupe de formes intcr- 
niédiairca qui relie en quelque sorte ce premier groupe à celui des plaines. 
Co groupe intermédiaire, comprenant les R, glauca forma subcanina 
Christ et H. coriifolia forma subcollina Christ, embarrasse beaucoup 
l'observateur. » 

Puis, une fois encore, il proteste contre le préjugé du 
polymorphisme exceptionnel des Roses : 

• Je ne cesserai pas de répéter que le polymorphisme des Roses est une 
véritable légende, propagée par Pignoranee ou la routine et aussi, reoon- 
naisaons-le, par un grand nombre de travaux superficiels ou puérils, 
publiés sur le genre. » 

C'est aussi en 1894 que Crépin publie un mémoire 
important : Rosae hybridae. Après avoir avancé que 
c Texistence de Roses hybrides méconnues a été Tune des 
causes qui ont retardé la connaissance des espèces véri- 
tables », il dit que cela s*e\plique aisément : 

■ Un hybride méconnu jette le trouble dans l'esprit de robscrvateur 
qui est à rechercher les caractères distinctifs de deux types ayant ser?i do 
générateurs à l'hybride. Celle-ci, eneiTct, perses caractères plus ou moins 
intermédiaires et assez vacillants, semble affaiblir ou détruire la constance 
des caractères spécifiques des deux ascendants» et, de plus, elle peut 
obscurcir la distinction réelle qui existe entre des soussectiona du 
genre (66). « 

Dans ce mémoire, Tauteur passe au crible d'une cri- 
tique sagace tous les hybrides indiqués dans le genre 
Rosa, et la conclusion de ce mémoire de cent cinquante 
pages est formulée comme suit : 

a J'ai la conviction que, dans Tavenir, Phybriditè jouera un rôle 
considérable danslt s travaux de systématique et nous donnera l'explica- 
tion de bien de faits qui touchent h l'évolution des e8pèces(67). s 

Deux ans plus tard, à l'occasion de la description d'une 



68 

nouvelle espèce, découverte au Turkestan {R. algoiensis), 
Grépin se deQiande si elle constitue un type différent du 
Rosa laxa, et ce doute Tamène à écrire : 

« U paraîtra peut-être étrange qu'avec Texpérience que j*ai acquise, 
je puisse rester plus on moins perplexe dans ce cas-ci. Je n'ai cessé d'affir- 
mer, depuis des années, que les espèces dans le genre Rosa, sont aussi 
distinctement caractérisées que dans tout autre genre... 

» C'est à la fragncntation de l'individu qu'on doit aUrilucr, en grande 
partie, la lenteur avec laquelle le genre Ro$a, sort de l'état chaotique, 
amené par les multiples travaux dont il a été l'objet depuis trois quaiis 
de siècle. Grâce à des recherches approfondies dans la nature, grâce à des 
comparaisons extrêmement nombreuses et répétées, les espèces euro- 
péennes oommencent à se dégager d'une façon suffisamment nette, et les 
types vraiment spécifiques ne sont plus dans le cas de se voir confondus 
les uns avec les autres (68). » 

£n 1898, alors que Grépin est encore en pleine posses- 
sion de sa lucide intelligence, il écrit sur cette question, 
qui n*a jamais cessé de le préoccuper : 

« Entre les espèces actuelles et leur ancêtre commun, Teapèce primi- 
tive du genre, il s*est écoulé un temps dont on ne peut supputer la durée 
mais qui a dû être considérable. Pendant ce temps, les diverses lignées du 
genre se sont peu à peu constituées, les unes en ne cessant de progresser 
dans le temps et l'espace, en mallipliant leurs représentants; les autres, 
eontrariéea par les circonstances plus ou moins plastiques, ayant été 
moins heareuses dans Irur développement. On peut admettre, en outre, 
que certaines lignées ont disparu sans parvenir jusqu'à nos temps. Si, 
comme on doit le supposer» les chaînons successirsy qui ont relié l'espèce 
ancestrale aux espèces actuelles, ont disparu comme celle-ci sans laisser 
de traces^ nous nous trouvons devant un hiatus, devant un champ où 
toute trace de descendance fait défaut. Que faire dès lors pour retracer la 
marche suivie par les lignées du genre^ pour découvrir à quels stades 
d'évolution les branches successives d'une même lignée ont pris nais- 
sance? Nous sommes réduits aux hypothèses pour remonter du présent 
au passé, pour fixer la place que, dans la ramure de l'arbre généalogique, 
les sections doivent occuper, pour rattacher les dernières ramifications 
de cet arbre, qui nous sont seules connues, aux branches qui leur ont 



69 

donné naissance. L'ignorance du passé nous expose fatalement l de fausses 
appréciations sur les choses du présent. Aussi nVt-on pas lieu de s'étonnar 
des tâtonnements, des doutes et des hésitations des classificateurs (69). » 

Ces citations peuvent paraître longues à ceux que la 
question de Tespèce n'a jamais troublés ; nous ne les 
croyons pas inutiles. Nous avons essayé, bien imparfai- 
tement nous le sentons, de montrer Grépin s'acharnant 
à la solution de ce problème. 

Ce n'est pas banal et c'est instructif d'avoir pu suivre* 
en quelque sorte pas à pas, cette conscience de savant 
à la recherche du vrai I Toute son œuvre est une œuvre 
de bonne foi ; aussi ne se considère~t-il jamais comme lié 
par ce qu'il a écrit, si de nouvelles observations lui mon- 
trent qu'il a erré. Ce qu'il découvre, il le dit ; ce qu'il 
ressent, il l'exprime ! En voici encore une preuve. Crépin 
avait décrit, en 1869, un Rosa de l'Asie Mineure, le R. 
Boissiri, et il avait pensé alors que c'était une espèce 

m 

bien distincte. Ecoutez-le en 1882 : 

• Je croyais ayoir, à cette époque, assez d*expéricncc pour ne pas 
être dupe do caractères individuels, et cependant je me trompais 
complètement. Il est toujours dangereux, je dirai même téméraire, 
d'établir uno espèce nonrclle sur un spécimen unique ou sur des 
matériaux insuffisants. Si, dans ce cas, on juge utile de proposer un 
type noureau, alors on doit faire de réserves. C*ost ec que je n'ai 
pas fait et j'ai eu tort (70). > 

Plus on relira ces pages, dans lesquelles nous avons 
essayé de faire parler Grépin lui-même sur cette question 
primordiale de l'espèce, plus elles acquerront d'impor- 
tance pour celui qui réfléchit. Cette condensation de son 
œuvre constitue un enseignement d'une haute portée, 
mais ce n'est pas sans une longue et forte préparation 
que Ton peut apprécier un semblable effort. 

Partisan convaincu, au début, de l'espèce immuable, 
ses études l'amènent à admettre les idées évolutionnistes, 



70 

comme projetant le plus de clarté sur ce problème qui 
le hante, et nous retiendrons les conclusions suivantes, 
qui nous tracent les grandes lignes de ce qu'aurait été 
cette monographie, rêvée comme le couronnement d'une 
vie de labeur incessant : 

« Après aroir épuisé presque toutes les sources d*iiiforinations, je 
me troure seulement en mesure de conclure et de démontrer: 

« Que les espèces, dans le genre Rosa, sont de valeur spéciBque 
inégale ; qu*elles se distinguent parfaitement les unes des aatros ; 
qu'elles présentent, en général, les mièmes séries de variétés et de 
variations parallèles; qu'elles constituent des sections très naturelles 
et que, enfin, le genre n*ofTre aucunement ce polymorphisme excep- 
tionnel, ce désordre^ que certains otMcrvaleurs ont eru y avoir décou- 
vert (71). » 

Complétons ces conclusions, formulées en 1888, en 
rappelant quelle importance, dans les dernières années, 
Grépin attribuait, avec Kerner, à Thybridité dans la 
genèse de formes fixées. Cette théorie a de chauds par- 
tisans et de plus nombreux adversaires. Nous sommes 
convaincu que sur ce point, comme sur beaucoup d'au- 
tres, l'avenir donnera raison à notre grand botaniste 
belge qui, quelle que soit la hauteur de vues à laquelle 
il s'est souvent élevé, a encore mieux pressenti la vérité 
qu'il n'a su l'exprimer. [Th. D.J 

VI. 
IBnoore quelçLues pages sur les Boses. 

Dans ses nombreux travaux sur les Roses, Crépin a 
étudié ce genre sous tous les points de vue : classification, 
descriptions d'espèces ou de formes nouvelles, distri- 
bution géographique, expériences de culture, clefs analy- 
tiques, revues critiques ou bibliographiques. De 1869 à 



71 

1882, Crépi n a publié cinq fascicules des Primitiae mono- 
graphiae Rosarum, plus de huit cents pages, renfer- 
mant notamment de véritables travau\ monographiques 
sur les Roses d'Asie et d'Amérique ; mais ce n'est qu'une 
partie de ses contributions rhodologiques. Bornons-nous 
à mettre en relief quelques pages écrites dans les der- 
nières années, et pleines de réflexions judicieuses. 

En 1892, à propos d'une étude sur la distribution 
géographique du Rosa stylosa Desv., il dit : 

« Les botanistes qai se sont occupés de la distribution géographique 
des espèces, ense basant sur des doenmentsauihentiques, savent combien 
les recherches de ce genre présentent de difficultés, combien elles exi- 
gent de temps et de démarches. Pour arriver à la connaissance suffisam- 
ment complète de l'aire d'une espèce quelconque, il ne suffît pas de 
relever les indications bibliographiques, il faut remonter aui sources, 
c'est-à-dire aux herbiers. Il faut, de plus, s'adresser à tous les botanistes 
capables de fonrnir de nouvelles indications appuyées de preuves. 

« Dans ces derniers temps, on s'est beaucoup préoccupé de géographie 
botanique. Dans un congrès, on a émis l'idée de faire dresser des cartes 
de distribution spécifique par des commissions internationales; il s*est 
même fondé tout récemment une Académie de géographie botanique. 
Cela dénote quelle importance est attachée è ces recherches spéciales. 
Mais les projets en vue sont prématurés et condamnés à un prompt avor- 
tement : leurs auteurs ne semblent pas avoir soupçonné les difficultés 
énormes, et pour ainai dire insurmontahles, de leur entreprise. 

« A notre avis, le travail projeté ne peut guère être tenté que par des 
monographes très expérimentés, et encore ceux-ci sont-ils appelés k ren- 
contrer de nombreux obstacles. L*expéricnce que j'ai du genre Boia 
m*aotorise peut-être à me donner ici comme exemple. 

• Voilà pliu de trente ans que je m'occupe, avec activité, de ce groupe 
pour lequel j*ai utilisé une masse extraordinaire d'informations; or, 
malgré cela, je ne suis pas encore à même de tracer exactement l'aire 
de distribution de nos quelques Roses européennes. 

• Certes des commissions internationales ou les académiciens auxquels 
je viens de faire allusion, pourront, sans trop de peines et assez rapide- 
ment, dresser des cartes de géographie botanique en se bornant à 
releyer les renseignements fournis par les livres et par un certain nombre 



72 

d'herbicn, miit ec len \k anc œuvre de eompilalion tellement remplie 
d*erreur9, de lacunes et d'inoxaelitudes qu*il est à désirer dans riniêrét 
de la science, qu'elle ne soit même pas commencée (73) ■ 

Dans les années suivantes, Crépin se livre à de longues 
et patientes recherches sur la forme et la composition de 
rinflorescence dans le genre Rosa, et il en donne le 
résumé en 1895. 

Nous avons toujours pensé que les recherches extrê- 
mement laborieuses faites dans son immense herbier et 
qui sont condensées dans son mémoire : Remarques sur 
Vinflorescence des roses^ l'avaient extrêmement fatigué 
et avaient marqué le déclin de sa puissance extraor- 
dinaire de travail et aussi de sa confiance à mener 
à bonne fin la tâche qu'il avait entreprise, depuis bientôt 
quarante ans. 

Ce mémoire donne l'impression d'un effort immense 
qui n'a à peu près rien donné; Crépin lui-même l'a 
ressenti ; de là, sa conclusion assez mélancolique : 

tt En terminant l*exposé des faits amenés par le dénombrement des 
inflorescences d'une masse considérable de ramascules florifères on 
fructifères, je me demande si je ne me suis pas lirré à des recherches 
assez raines et sans grande valeur. Je sais combien souvent les statistiques 
sont trompeuses et qu^on doit, en générai, être très défiant & leur égard. 
Mais il me parait, dans ee cas-ci, qu'on peut attacher une certaine impor- 
tance aux résultats que j'ai exposés (75). • 

Toute l'année 1896 est consacrée à la revision du genre 
Rosa des grands herbiers publics ou privés; celle des 
Roses des herbiers de Lejeune et de M"* Libert présente 
un intérêt tout spécial pour la flore belge. Crépin y éta- 
blit définitivement la synonymie des types créés par ces 
deux observateurs sagaces. Il parle aussi, dans ce travail, 
de la revue critique qu'il a faite des Roses de l'herbier de 
Du Mortier, ce qui lui a permis de reconnaître que le 



73 

R. campesiris de cet auteur est le A. trachypkylla Rau, 
espèce qui n'a jamais été revae« ni en Belgique, ni dans 
le Grand-Duché de Luxembourg. 

En 1897, Grépin aborde la question de la recherch? 
des noms princeps spécifiques» devenue brillante depuis 
la publication de la Revisio Generum^ du V Kuntze. 
Dans un mémoire intitulé : La question de la priorité des 
noms spécifiques envisagée au point de vue du genre Rosa, 
il montre, par une série d'exemples, combien la recher- 
che des noms princeps présente de difficultés et exige 
d'investigations, et Ton sent combien il a raison d'écrire 
en terminant : 

« Je me demande si les boUnisles qui sont à la tète du mouiemeni 
prioritaire et qui réclament la publication k bref délai d'un index 
général f devant former code, ont entrevu rimmentité de la tftchc et 
l'extrême dilfienlté dca rcchcrehra à faire (74). » 

La dernière publication de Fr. Grépin sur les Roses 
a pour objet l'examen d'un mémoire considérable de 
H. P. Parmentier, intitulé : Recherches anatomiques et 
taxinomiques sur les Rosiers. La foi de l'auteur français 
dans les données anatomiques est telle, qu'il avait écrit 
dans l'introduction : c II faut bien se pénétrer de cette 
vérité rigoureusement scientifique, qu'il est impossible 
de déterminer l'espèce sans le concours des caractères 
anatomiques». Dans une étude d'une cinquantaine de 
pages, Grépin soumet à une critique serrée les affirma- 
tions de H. P. Parmentier. Il constate, entre autres, que 
c'est sur des sections, considérées par lui comme artifi- 
cielles, que ce botaniste a voulu établir une descendance 
naturelle. . 

Grépin rappelle aussi que, grâce à l'anatomie, M. Par- 
mentier prétend être parvenu à définir ce que doit être 



74 

l'espèce végétale et à établir sur des bases certaines deux 
catégories distinctes d'espèces : des espèces primaires ou 
réelles et des espèces morphologiques. 

Que valent en réalité ces espèces primaires? Sont-elles, 
comme leur auteur l'assure, des entités effectives et 
irréductibles? A ces questions, Grépin répond : 

« Je crains bcaucoap qae les distinclions spécifiques établies par cet 
anatomiste, da moins dans le genre Rosa, ne reposent que sur des faits 
insuffisamment obserrés et interprétée h l*aide de principes dont la 
valeur est loin d'être démontrée (75) ». 

Pourtant Grépin tient à faire remarquer que, s'il 
critique la valeur des caractères spécifiques préconisés 
par les anatomistes, ainsi que la méthode suivie par eux 
pour les obtenir, il n'est jamais entré dans sa pensée 
de contester l'utilité de l'anatomie pour les recherches 
taxinomiques en général. [Th. D.] 

VIL 

MonofirrftpUe du genre Bosa. 

De 1856 à 1865, alors que Grépin semble concentrer 
tous ses efforts sur la connaissance de la flore belge, il a 
fixé son attention sur un sujet bien autrement vaste: 
il veut publier une Monographie générale des Roses» Il 
semble déjà, en 1868, que ce travail paraîtra bientôt, mais 
à mesure que ses études s'étendent, que ses connais- 
sances spéciales augmentent, Grépin saisit mieux la 
grandeur de la tâche entreprise. G'est un genre ardu que 
le genre Rasa ; bien des spécialistes de la plus grande 
valeur en ont abordé l'étude sans arriver à un résultat 
satisfaisant. Il veut que ce genre soit scruté, fouillé, 
comme jamais genre ne l'aura été et comme, nous ne 



75 
craignons pas de l'affirmer, jamais genre ne le sera plus : 

« Croascr le même sujet arec une patience à toute épreuve et sans se 
préoccuper du temps, y faire converger toutes ses méditations et tout 
ce qu*on peut acquérir d'expérience, s'acharner au même trarail 
jusqu'au moment où la lumière soit devenue complètr, nous parait plus 
oiile au progrès de la science que de disperser son activité sur des objets 
variés dont l'étude ne peut être achevée par un seul homme (76). » 

En 1898, embrassant d'un regard les quarante deux 
années déjà consacrées à la préparation de sa Mono- 
graphie, Grépin résume ainsi ses travaux préparatoires : 

a Durant ce très long espace de temps (de 1836 à 1898), j'ai eu Tocca- 
sion d*étudier sur le vif uae prodigieuse quantité do buissons, non 
seulement en Belgiqui*, mais encore dans la plupart des massifs mou- 
Ugneux de l'Europe centrale, la Suisse, la Bavière, le Tyrol, l'Italie du 
nord, la Savoie, le Dauphiné, les Vosges, le Jura, l'Auvergne et les 
Pyrénées françaises; j'ai cultivé un assez grand nombre d'espèces et de 
variétés; jo me suis mis en rapport avec une foule de spécialistes qui 
m'ont communiqué de riches matériaux, recueillis sur tous les points de 
l'hémisphère boréal; j'ai été à même d'étudier â peu près toutes les 
recolles des botanistes voyageurs ; j'ai, enfin, fait la revision des eollec- 
iions de Roga, conservées dans tous les herbiers publics ou privés 
d'Europe et d'Amérique ayant quelque importance et dans lesquels j'ai 
peut-être étiqueté près de cent mille numéros. 

c L'examen de ces immenses matériaux, joint à l'étude de ceux 
composant mon propre herbier de Roses, qui comprend actuellement au 
delà de quarante mille feuilles, m'a succesivement fourni matière à de 
nombreux travaux préparatoires qui, réunis, forment aujourd'hui un 
Tolamo de deux mille pages (77). » 

A la fin de 1894, on avait pu croire que cette monogra- 
phie, attendue impatiemment, car l'on savait avec quelle 
conscience elle serait faite et quelle somme de travail 
elle représentait, allait enfin paraître. Grépin en annonça 
la publication, pour l'hiver de 1894-1895, par les lignes 
suivantes : 

« Le genre Rosa est certainement le groupe de plantes sur lequel on a 
le plus écrit; sa bibliographie compte plusieurs centtinea d'ouvrages. 



76 

Il «emble que parmi cette riehesie liltci-aire, le botaniste ou Tamateur de 
Roses paisse trouver un guide propre à lui faire bien eounaUre ce genre : 
or, ce guide manque complètement. 

€ Les ouTrages généraux, tels que les Species et les Dendrologieê, 
renferment bien la description des Roses sucecssiTOment connues, mais 
ces sortes de travaux ne permettent à personne de s'initier d'une façon 
satisfaisante à la connaissance des espèces et de leurs nombreuses 
variétés. 

« Bn présence des nombreux travaux monographiques consacrés 
depuis quelques années k des genres ou à dos familles, on a lieu de 
s*étonner que les Rosa n'aient pas fait l'objet d'une histoire complète et 
détaillée. Cette lacune regrettable a sans doute eu pour cause les difficul- 
tés peu ordinaires du sujet. Parmi ces difficultés, on peut mettre en 
première ligne l'extrême divergence des auteurs sur le rang à accorder 
aux membres constituant le genre Rosier, et sur la classification des 
espèces. Si certains botanistes n*oiit admis qu'un nombre restreint de 
types spécifiques, d'autres on décrit les espèces par centaines. Il en est 
résulté une sorte d'anarehie qui a rendu Tétude des Roses à peu près 
impossible à la grande majorité des botanistes et des amateurs, et a 
même fait naître l'idée qu'il n'existait pas do vériUbles espèces dans le 
genre. 

« Mes premières recherches m'ayant donné la conviction que les Rota 
ne sont pas en réalité plus polymorphes qu'une foule d'autres plantes, 
je me proposai dès lors de donner la démonstration de cette vérité. 
Depuis 1862, j'ai successivement publié, dans ce but, une longue série 
de travaux qui ont peu à peu rectifié les idées fausses professées sur 
le genre Rota, 

€ Aujourd'hui, grâce à des recherches poursuivies pendant plus de 
trente ans et qui m'ont permis d'épuiser à peu près toutes les sources 
d'informations, je crois être en mesure de donner une monographie 
complète et détaillée du genre i. 

Mais la crainte de Tà-peu-près harcèle cet esprit avide 
de clarté et de précision. Il voudrait qu'il n'y eût plus de 
points douteux dans son exposé. Grâce à ses voyages» il 
estjmaitre du sujet pour l'Europe occidentale et centrale, 
mais l'Espagne, la Sicile, le Caucase présentent encore 
bien des formes embarrassantes. Il sent qu'en face du 



77 

buisson il découvrirait la vérité : c Si je pouvais voir ces 
Roses sur place » , nous répète-t»il sans cesse, et il attend 
de nouveaux matériaux, il multiplie ses demandes de 
renseignements aux botanistes des régions qu'il n'a pas 
encore visitées, il revise tous les herbiers qu'il peut obte- 
nir en communication. 

Se 1895 à 1898, ce travail de bénédictin se poursuit. 
Ses amis, ses correspondants commencent à s'effrayer : 
s'il allait disparaître sans avoir donné la synthèse de ses 
travaux ! Grépin, lui, a confiance, et il le dit : la maladie, 
il ne l'a jamais connue. Il a encore devant lui quelques 
bonnes années. Il ne reprendra plus d'autre sujet. Pour- 
quoi alors ne pas parachever celui-ci ? La rédaction de sa 
monographie ne sera qu'un jeu ! 

La polémique avec M. P. Parmentier, sur l'importance 
de l'anatomie en systématique, marque son dernier eflort. 
Dés 1900, il est visible pour tous ceux qui raiq)rochent, 
et bientôt aussi pour lui, que, si tous les matériaux sont 
à pied d'œuvre, l'édifice ne sera jamais élevé, au moins 
par lui. 

Les fruits de ce travail intensif de prés d'un demi- 
siècle sont-ils donc perdus ? Heureusement non I 

Grépin prévoyait-il qu'il ne pourrait rédiger ce que 
j'appellerai son testament scientifique, je ne le crois pas. 
Mais U avait vu tant de vides se fafre dans les rangs 
des hommes de science, que déjà en 1869 il écrivait : 

« J'estimo qao lorsqu'on entreprend an travail de longoe haleine, il 
ett pradent de faire eonoaitre sneeeasi renient d*a Tance les rôsuluts 
pnrtiels de ses recherches; il pont arriver que l'anteor soit mis dans 
rimpocsibilité de terminer son œnvre et alors on pourrait voir se perdre 
des choses intérssssntes on précieuses (78). » 

Un simple regard jeté sur la liste si considérable de 



78 

ses travaux montre qu'il a suivi ce mode de faire qu'il 
estimait prudent. 

Espérons qu'un jour un botaniste, épris de grandes 
choses, reprendra la question au point où Grépin l'a 
amenée, et s'appuyant sur son admirable hepbieK''8), 
si riche en annotations précieuses, sur ses manuscrits et 
sur ses travaux, nous donnera, enfin, cette Monographie 
générale des Roses^ que sa main défaillante a laissé 
inachevée. [Th. D.J 

VIII. 
DistinotionB honorifiques. 

Fr. Grépin, l'homme modeste par excellence, ne 
rechercha jamais les honneurs, les honneurs vinrent le 
chercher. Le Roi le nomma chevalier de l'Ordre de Léo- 
pold, en 1876, et il fut promu officier, en décembre 1891, 
dans des circonstances qu'il est bon de rappeler. Depuis 
1866, Fr. Grépin était secrétaire de la Société royale de 
botanique de Belgique, et Ton peut dire que, pendant ce 
quart de siècle, il avait été l'a me de la Société qui lui 
devait la plus large part de sa situation florissante et du 
renom qu'elle avait conq ais à l'étranger par ses i)ublica- 
tions. On saisit le prétexte de ce jubilé pour organiser 
une manifestation, destinée à montrer à Grépin en quelle 
haute estime il était tenu dans son pays. Mais dès que 
ce projet fut connu, des botanistes étrangers voulurent 
s'y associer. Il fallut en élargir le cadre, et ce qui ne 
devait être, au début, qu'une fête de famille des bota- 
nistes belges, devint une manifestation d'universelle 
sympathie du monde botanique. Mais là encore Grépin 
montra son désintéressement : il ne p^mit l'organisation 



79 

d'une soudcription qu*à la condition que les sommes 
recueillies serviraient à fonder un prix à décerner par 
la Société royale de botanique de Belgique. Le 6 dé- 
cembre 1891, dans une séance solennelle, au Jardin 
botanique de l'Etat, Jf. le professeur Aug. Gravis, pré- 
sident du Comité d'organisation, remit au jubilaire un 
album contenant les portraits de tous les fondateurs du 
prix Crépin. 

Le Gouvernement prit une part officielle à la fête ; 
M. De Bruyn, alors Ministre de l'agriculture, après avoir 
rendu un éclatant hommage au savant et au fonction- 
naire, lui attacha sur la poitrine la croix d'officier de 
l'Ordre de Léopold (86). 

Crépin reçut la médaille civique de V* classe en 1890, 
la croix civique de l'* classe, en 1898. Il fut aussi com- 
mandeur des ordres royaux de Serbie et de Roumanie, 
mais il accordait certainement au moins autant de prix 
aux distinctions scientifiques qui lui étaient accordées 
par ses pairs. Il fut membre titulaire de l'Académie 
royale, membre effectif, correspondant ou honoraire de 
presque tous les Sociétés scientifiques de Belgique et 
d'un grand nombre d'Associations savantes de l'étranger. 
Qu'il nous suffise de rappeler : les Sociétés des sciences 
naturelles de Cherbourg et de Nancy ; la Société des 
Naturalistes du Grand-Duché de Luxembourg ; la Société 
Murithienne, du Valais; la Nederlandsche Botanische 
Vereeniging ; VAccademia di Scienze, Lettere ed Arti, de 
Palerme ; la Linnean Society of London et la Royal 
Horticultural Society, de Londres ; la Deutsche Botanische 
Gesellschaft ; la Botanischer Verein der Provinz Branden- 
burg ; la Botaniske Forening, de Copenhague, etc., etc. 

En 1901, lorsque la maladie força Crépin à résigner 



80 

ses fonctions de directeur du Jardin botanique, le Con- 
seil de surveillance prit l'initiative d'une souscription 
pour placer son buste dans cet établissement qu'il avait 
vivifié par son travail et son intelligente direction. Les 
adhésions arrivèrent nombreuses, mais cette manifesta- 
tion ne put avoir lieu que le 6 décembre 1904, après la 
mort de celui qui devait en être le héros. 

Dans une séance solennelle, tenue dans la Salle du 
Dôme du Jardin botanique, M. le comte Oswald de Ker- 
chove de Denterghem, président, retraça éloquemment la 
carrière de Fr. Crépin. M. Em. Beco, secrétaire-général, 
remplaçant M. le baron van der Bruggen, Ministre de 
l'Agriculture, parla au nom du Gouverneuient, qui s'était 
associé à la manifestation par une importante subvention. 

Le buste, en marbre blanc, œuvre de God. Devreese,' 
est maintenant placé dans la Salle des Herbiers. 

Grâce au Club alpin belge, une stèle, entourée de 
vasques ornées de fleurs, supportant le buste en bronze 
du Maître, s'élève dans sa ville natale, sur l'ancienne 
place Verte, à laquelle, par un suprême hommage, 
Tadministration communale de Rochefort a donné le 
nom de François Crépin (8l>. [Th. D.] 



NOTES. 



(1) Le nom de la famille Grépin s'écrit réellement sans accent snr Te. 
C'eat ainsi qu'il est orthographié dans l'acte de naissance de François 
Grépin et dans les premières publications de notre confrère; il n*a com- 
mencé à l'écrire arec é qu'à partir de 1885. 

(3) Jean-François-Joseph Grépin est né à Rochefort en 1792 et décédé 
en 1875; sa femme» née Marie-Joseph-Henrietle Hastire» est née en 1799 et 
décédée en 1871. Leurs cinq enfants sont : François, né le 80 octobre 1880, 
mort le 80 arril 1908; Henri, directeur honoraire de l'enregistrement et 
des domaines, à Bruxelles, né en 1833; Joseph, né en 1885, docteur en 
médecine è Rochefort, mort en 1891; Louise, née on 1838; Gélestin, 
arocat à la Gour d'appel de Bruxelles, né en 1841. Le seul d*entre eux qui 
se soit marié est le second ; il n'a point d'enfants. 

(8) Outre les détails qu'ont bien touIu me fournir les deux frères de 
François Grépin, j*ai reçu sur cette période de sa vie d'intéressants soure- 
nirs de M. Romain Beaujean; je l'en remercie virement. Tons ces 
renseignements m'ont été fort utiles. 

(4) Manuel de la Flore de Belgique, 1^ édit., 1860^ pp. xii-xiii. 

(5) Ge n'est pas ici le lieu d'entrer dans l'exposé de la « Méthode 
Jaeotot », qui eut, pendant un certain temps, un si grand succès et 
rendit assurément des services, « en permettant, comme l'a dit un des 
ditciples, à tout père de famille de faire apprendre à sos enfants ce 
qu'A ignore lui-même i*. Le volume dans lequel étudièrent, vers 1845, 
les deux jeunes Grépin était intitulé : Manuel complet de l'enseignement 
univenel, ou application de la méthode Jaeotot à l'étude de la langue 
maternelle, latine, grecque, anglaise, aliemande et italienne; à la 
géographie, la chronologie, l'histoire; l'arithmétique, l'algèbre, la trigo- 
nométrie, l'application de l'algèbre à la géométrie, la statique, le calcul 
différentiel et intégral, la mécanique ; la physique, la chimie ; l'histoire 
naturelle; le droit; le dessin, la peinture et la musique; précédé d'une 
Introduction par P.- Y. de Serais. Paris, 1840; un volume de XXIV- 
et 828 pages. 

6 



82 

(6) L'Ardenne 8ou$ le rapport de la végétation, (Bull, de la FàDiaATioN 
DRs soc. D*HoaTiGULTORB, Gand, 1868, pp. 318-866.) 

(7) Loc. ci/., pp. 828-824. 

(8) J. TavKUkKv, Eisai de phytoitalique appliqué d la chaîne du Jura 
et des contrées voisines, Boroe, 1849, 2 toI. 

(9) F. GaipiR, Manuel de la Flore de Bdgique, V^ édit , 1860, p. LXVII. 

(10) Diacoara de M. le Baron Edmond de Selys Longghamps, dans le 
Compte rendu de la manifestation en r honneur de M. F. Crépin, du 
6 décembre 1891, publié par L. Errera et Th. Durand. Gand, 1892, p. 28. 

(11) biD., et notea manuscrites de M. F. Crépin. 

(12) Citation rapportée dans lea notes manuscrites de M. F. Crépin. 
(18) Rapport de MM, Kickx et Martens. (Bull, de l'Acad. aor. de 

Bbloiqub, t. II, 8« partie, 1858, pp. 24, 26 et 272.) 

(14) Voir Notes sur quelques plantes rares ou critiques de la Belgique, 
6« fasc , 1866, pp 5-6. 

(15) Lettres de Du Mortier à Crépin, du l«r mai 1860, et d'El. Pries, 
dn 4 septembre 1862. M"** Léo Errera m'a beaucoup secondé dana le 
dépouillement de la Tolumineuse correspondance conservée par Crépin. 

(16) Lettre du docteur Moreau, datée de SaintrHobert, 11 novem- 
bre 1861. 

(17) Lettre da F. Crépin, du 8 novembre 1861. 

(18) M. Fréd. Burvenich père, à qui je renouvelle ici mea romereie- 
ments. 

(19) Lettre de M. R..., du 6 décembre 1861. 

(20) Annales parlementaires. (Moniteur belge, Chambre des Beprésen- 
tants, séance du 7 mars 1871, pp. 789-740.) 

(31) J.-E. BoMMsa, Notice sur le Jardin botanique de Bruxelles, (Bull. 
Soc. aoT. BOT. Belo., t. IX, 1871, pp. 418-455). Celte notice contient 
aussi des détails complets sur l'acquisition de Therbicr de von Martiua. 
Au sujet de l'histoire des jardina botaniques de Bruxelles (dont le pre- 
mier remonte à 1797), Crépin a également rassemblé quelques renseigne- 
ments dans son Guide du botaniste en Belgique, 1878, p. 281. 

(22) Arrêté royal du 1»' mai 1875. 

(28) Arrêté royal du 2 mai 1875. 

(24) Discours de II. Doucbt, le 6 décembre 1891. {Bull, Soc, roy, bot, 
fieii^., t. XXXI,1892, p.25). 

(25) Voir CaépiN, Rapport au Ministre de l'Intérieur. (Moniteur bilob, 
18 avril 1877.) 



à3 

r 

(26) Ces détails me sont, pour la plupart, connus de source personnelle 
ou par les reoseignements que m'a fournis, arec une obligeance dont je 
le remereîe vivement, le successeur de Grépin, M. Th. Durand. 

(28) Cebpin, Fiies des alpinitte$ suisset d AUdorfen iS84. (Bull. Club 
iLPiif belcb, 1. 1> p. 215.) Plusieurs des courses de François Crépin dans 
les Alpes ont été résumées d'une plume alerte par son frère, M. TaTocat 
C. Crépin, dans un article, malheureusement inachevé, intitulé : Ça et là 
dan* Us Alpes (Bull. Club almii bblgb, t. III, 1896, p. 118), et notre 
botaniste en a décrit quelques-unes lui-même, avec bonhomie et finesse, 
dans les publications du Gub alpin belge. 

(29) Gaériif, Notice sur la flore alpestre (dans Alb. Do Bois, Croquis 
alpins, Mons, 1883, p 496). 

(80) Lettre de M. van dcr Bruggen, Ministre do l'Agriculture, du 
39 octobre 1901. 

(31) Sir J. D. flooiuiR, in Bot. Mag., CXVI (1890), sub. I, 7119. 

(32) Lamâeck, Flore française, t. I, an III de la République (1794), 

pp. II, LTII, LVIl, LTI11, LIX. 

(83) Jfanue^ de la Flore de Belgique, 1860 V« sér. 

(34) Karl Grûn, devenu docteur en sciences et pharmscie, 8*établit à 
Yorviers; il 8*est surtout signalé par ses recherches sur la flore belge; il 
mourut en 1879. M. Auguste Joly est aujourd'hui professeur de chimie 
analytique & l'Université de Bruxelles : Alfred Wesmael, connu par sa 
monographie des Populus, était architecte de jardins; il est mort, k Nimy 
près de Mons, le 9 novembre 1905. Sur l'histoire do la Société de bota» 
nique, on consultera : Cairiif, Guide du botaniste en Belgique, 1878, p. 804. 

(85) Bull. Club alpin belge, t. III, 1903, p. 881. 

(86) Bull. Soe. roy, bot. Belg., t. XXXI, 1892, p. 26. 
(37) BuU. Acad. roy. Belg., t. XXXVIII, 1874, 2« sér. 

(88) IHd, et BuU. Soc. boL Belg., t. XIV, 1875. 

(89) Note sur le Peeopteris odontopteroïdes Morrii (dans Bull. Acad. 
ROT. Bblg., 2« sér., t. XXXIX, 1874) et Nouvelles observationi sur le 
Peeopteris odontopteroïdes Morris (in Bull. Soc. bot. Bblg. t. XY, 1876). 

(40) BuU. Soc. bot. Belg., t. XIX», 1880. 

(41) l»id., t. XXI», 1881. 

(42) IHd., X. YII, 186S. 

(43) ïbid., t. YIII, 1869. 

(44) Ibid., t. XV, 1876, p. 85. 

(45) Sketch of a new Classification of Roses (in Jouan. or m Rotal 



84 

I 

HoaTicoLTUftAL SoGiiTT. Loodoo, 1889) y et Nouvelle elauifiôation de$ Ro$ei 

(in JouRK. DBS Rosis, 1891» n<w 8, 4, 5). i 

(46) Manuel de la Flore de Belgique, l^ ëdit., 18(K), p. l. 

(47) Notée sur les piaules rares ou critiques de la flore belge^ 5« fase.» [ 
1865, p. &. — Toujours V espèce, (Bblo. hort., 1868.) 

(48) Ihid., pp. 4 ot 6. 

(49) BuU. Soc, bol, Belg., t. Y, 1866, pp. 18 à S7. 

(50) !bid., t. VIII, 1869, p. 327. 

(51) md., t. VIII, 1869, p. 329. 
(53) Ibid,, t. yill, 1869, p. 303. 
(53) Ibid,, t. XI, 1872, p. 104. 
(64) Ibid., t. Vlil, 1869, p. 803. 

(55) Ibid., t. XI, 1872, p. 111. 

(56) Ibid., t. XXI, 1882, p. 12. 

(57) Ibid., t. XXI, 1883, p. 118, 

(58) Ibid,, t. XXI, 1883, p. 193. 

(59) Ibid, t. XXVS 1886, pp. 58, 55. 

(60) Ibid., t. XXV«, 1886, p. 56. 

(61) Ibid., U XXV», 1886, p. 67. 

(63) Ibid,, X. XXV«, 1886, p. 57 t» nota, 
(68) Ibid,, t. XXV«, 1886, p. 59. 

(64) Ibid., t. XXV1I>, 1888. 

(65) Ibid., t. XXXI», 1893, p. 93. 

(66) Ibid., t. XXXIII, 1894, p. 8. 

(67) Ibid., t. XXXIII, 1894, p. 148. 

(68) Bull. Herb. Boiss., t. IV, 1896, p. 718. 

(69) Bull. Soc. bot. Belg., t. XXXVII, 1898. p. 155. 

(70) Ibid., t. XXI, 1883, p. 40. 

(71) Bull. Acad. roy. Belg., 8* série, t. XVI^ 1888. 
(73) Bull. Soc. bot, Belg,, i. XXXI, 1803, p. 138. 

(73) Ibid., t. XXXIV, 1893, p. 53. 

(74) Bull, Herb. Boiss,, t. V, 1897, p. 108. 

(75) Bull. Soc. bot. Belg., t. XXXVII^ 1896, p. 159. 

(76) BuU, Aead. roy. Belg., 3« série, t. XVI, 3888. 

(77) Bull, Soc, bot. Belg,, X. XXXVII, 1898, p. 9. 

(78) Ibid,, X. VIII, 1869, p. 231. 
(70) Cet herbier comprend environ 600 paf[uela, dans on ordre 

admirable ; il contient les récoltes de pins de cent botanistes de TAncien 
et du NouTean Monde. 



85 

Fr. Grépio a aiisti préparé deux colleetions de Roset^ foaf lo nom 
de Herbier de» Raies, données Pane à M. Ém. Bornât, Paotre au 
Ma8ë« d'hialoire natorelle de Vienne. Elles comprennent ebaouae 
677 numéroe. (Conf. BuU Soe. bot. Belg.^ t. XXXIV» 1895, p. 53.) 

Il a aussi collaboré à VBerbarlum Rosûrum, do D* Pons. (Conf. Bull. 
Soe. bai. Belg., t. XXXIY^ 1895. b. 54 ) 

(80) Manifestation en rhonneur de M. Fr. Crépin (66 pages) in.S<' 
{BuU. Soe. Bot. Belg.,x. XXXI, 1892). 

(81) Inauguration du buste de François Ctipin au Jardin botanique 
de eÉtaî (46 pages), in-8<» Boll. du JAao. bot. de L*fc.TAT, 1. 1, 1905. 



LISTE 

DES 

017VRACi£S BB FR. CRÉPIJV. 



PUBLICATIONS ACADEMIQUES. 

Bulletins et Mémoires. 

Note sur le Galeopsii ladano-ochroleuca^ (l'« série, t. XX, 1858.) 

Notice sar deux nouvetux hybrides. (Ibid.j 1853.) 

Notes sur quelques plantes rares ou critiques de la Belgique, 1«' 

fasc. (2« sér., t. VU, 1859, 27 p.) 
Ibid., 2* fasc. {Ibid,, t. XIV, 1862, 75 p.) 
Ibid., d« fasc. (IHd., t. XV, 1888, 40 p.) 
Ibid., 4« fasc. (Ibid., t. XVI, 1864, 68 p.) 
Ibid., 5* fasc, avec 6 pi. {Mémoireê in-8», t. XIII, 1865, S74 p.) — 

Avec une note additionnelle : Noarelles remarques sur les Glyeeria 

du groupe HeleocfUoa et description d*unc espèce inédite. 
Note sur un Gaulinites récemment décoarert dans Tassise laekcnienne. 

(Bull., 2* sér., t. XXXVUI, 1864.) 
Fragments paléontologiquos pour servir à la flore du terrain bouiller 

de Belgique. Fragment 1«'. (Ibid) 
Note sur le Pecopterii odontopteroidei Morris. (Ibid,, t. XXXiX, 1875.) 
Discours prononcé aux funérailles d*Édouard Morren. (Bull,, 3* sér., 

t. XI, 1886, p. 129.) 
Rapport sur une réclamation de priorité de M. Ghicandard à propos d'un 

travail de M. Ém. Laurent. {Ibid., t. XI, 1886.) 
Les Roses aux prises avec les savants, discours. (Ibid.^ t. XVI, 1888, 

p. 698 ) 
Rapport sur une note de M. Ém. Laurent : Sur les nodotitéi che* le poii 

à la suite dHnoeulations (Ibid., t. XIX, 1890, p. 737.) 
Rapport sur le travail de M. Éd. Nihoul : Sur le Ranunculus arvensis, 

(/»»(/., t. XXI, 1891, p. 791.) 



87 

Nota bibliographiquo sur le livre de M. Gogniaox : Melaiiomaceae, (Ibid., 

t. XXII, 1891, p. 199.) 
Happort sur le trarail de M John Briquet : Sur le genre Galeopsis (Ibid., 

t. XXIV. 1892, p. 6.) 
Note bibliographique sur le lirre de MM. Th. Durand et H. Schinz : 

Conspeciui florae Africae. {Ihid., t. XXIX, 1894, p. 406 ) 
Note bibliographique sur le livre du comte 0. de Kerchove : Le livre de* 

Orchidées. (Ibid., t. XXX. 1805, p. 194.) 
Note bibliographique sur le livre de M. Ë. Pâque : De Vlaamsche volki- 

namen der planten. (Ibid., t. XXXI, 1896, p. 685.) 
Rapport sur le mémoire de concours en réponse à la question : On 

demande de nouvelles recherches sur le mécanisme de la cicatrisation 

ehci les végétaux (Ibid.y t. XXXIl, 1896, p. 792.) 
Note bibliographique sur la première partie de la troisième édition du 

Cours de botanique de feu Â. Bellynck, par E. Pfiqoe. (Buil. Class, set. 

Aead,, 1899, p. 148.) 
Note bibliographique sur Touvrage intitule : Plantae Thonnerianae 

congolenses, par MM. De Wildeman et Durand. {Ibid., 1900, p. 870.) 
Note bibliographique sur la Flore analytique et descriptive des provinces 

de Namur et de Luxembourg. {Ibid.y 1902, p. 526.) 

Annuaire. 

Notice sur Auguste-AIexia-Âlphonse-Aloxandrc Bellynck. (Année 1878.) 
Notice snr Barthélemy-Charics-Joseph Du Mortier. (Annro 1897.) 
Notice sur Joieph Decaisne. (Année 1884.) 
Notice sur Edouard Morren. (Année 1887.) 

OUVRAGES IfON PUBLIÉS PAR l'aGADÉMIE. 

Phytographie. 

Maiioel de la Flore de Belgique, 1860; 1 vol. de 812 p. in-12; — 

Deuxième édition. Bruxelles, 1866; 427 p. in-12; — Troisième édition. 

Bruxelles, 1874; 624 p. in-18; — Quatrième édition. Bruxelles, 1882; 

548 p. in-12; —Cinquième édition. Bruxelles, 1884; 564 p. in-12. 
Elodeû canadensis Rich. (Bull. Soc. bot. Belg.^ 1. 1, 1862.) 
Petites annoUtions à la flore de Belgique. !•' fasc. {Ibid., 1. 1, 1862); 

2« fac. l»id , t. II, 1868) ; 8» fasc. (Ibid., t. Y, 1866.) 
Les Charaeées de Belgique. (Ibid.^ t. Il, 1868.) 
Catalogue de la flore belge (avec Gravet et Delogne), 1878, in.8«. 



88 



Nomenclature. 



Sur on vice de la nomeDclature botanique. {BtdL Soe» boL Belg., t. III, 

1864.) 
Reyisîon de l'Herbier det Graminées, des Cypcracéea ci des Joncées, 

publié par P. Michel. (Ibid., t. VI, 1867.) 
La nomenclature botanique au Congrès international de botanique do 

Paris. Rochefort, 1867; 28 p. in-8o. 

Géographie botanique. 

Un coup d'œil sur la florulc des environs de Han-sor-Lesac. {BuU, Soc, 

bot. Belg., 1. 1, 1862.) 
Considérations sur Tétude de la ilorc indigène. {Ibid.^ t. II, 1868.) 
L'Ardenne au point de vue botanique. (&«//• Fédér, soc, kortic. Belg., 

1863; 60 p.) 
Quelques mots sur la dispersion de VHelichrysum arenarium D. C. {Bull. 

Soc. bot, Belg., t. Il, 1868.) 
Matériaux pour servir à l'histoire de la géographie botanique de la Bel- 
gique, ilbid., t. m, 1864. et t. IV, 1865.) 
Lappa tomentosa Lara, est-il rare ou commun dans Touest de l'Europe? 

[Ibid,) 
Observations sur la Flora von Nord-und Mittel-Dtulschland de M. A. 

Garcke, à propos de la Belgique. {Ibid., t. IV, 1865.) 
La flore du Palatinat comparée à celle de Belgique. {Ibid.) 
Coup d'œil sur la flore du département des Ardcnnos. (Ibid., t. VI, 1867.) 
Géographie botanique de la Belgique. {Patria Bêlgiea, 1873.) 
Observations sur quelques espèces devenues douteuses pour la flore de 

Belgique. (BuU. Soc. bot. Belg., t. XX^ 1881.) 

Tératologie. 

Recueil de faits tératologiqucs. 1»^ fasc. (Bull, Soc. bot, Belg., t. II, 

1868); 2«fasc. (Ibid., t. IV, 1865); 8«fasc. (Ibid., t. V, 1866). 
Descriptions of some vegctablc Monstraosiiies. (Tke Naturaliste 1866.) 
Note sur un Ophrys monstrueux. {Bull. Soc. bot. Belg,, t. XVIIP, 1879.) 



89 



Études sur le genre Rosa. 



Études tm* lei Roiet {Bull. Soe. bat. Belg., t. V, 1866.) 

Primitiae monognphiae Rosarum. — Matériaux pour servir à l'histoire 

des Roses. — i» fasc. {BulL Soc» roy. bot. Belg.^ t. Vllf.) Gand, 1869 

134 p. ia^S». 
Ibid., 3» fasc. (Ibid,, t. XI.) Gand, 1873; 130 p. iii-8*. 
Ibid., 8« fase. (Ibià., t. XIII.) Gand, 1874-1875; 134 p. iii*^o. 
Ibid.t 4« fasc. (Ibid., t. XV.) Gand, 1876 ; 87 p. in.8». 
Ibid., 5« fase. (Ibid., t. XIX.) Gand, 1880; 300 p. in-8«. 
Ibid., 6« fue. {IHd^ t. XXI.) Gand, 1883; 194 p. in-8o. 
Rosae hispanicae (article Rosa dans WilUcomm et Langé, Prodr. FI, Hi$p,, 

1874). 
Deux oosTelles Roses américaines. (Bull. Soe. bot. Belg,,i. XXI, 1875.) 
Description d'une nourelle espèce de Rose américaine (R. Durandii), 

(ibid., t. XXII, 1875.) 
Histoire du Rosa multiflora Thanb. (Rêv. hortic» bêlg. et étrang.^ 1876.) 
Quelques mots sur les Rma rugosa Thunb. et R. Iwara Sieb. (/oiini. des 

uwreê et de» jardin», t. XXII, 1877.) 
La découTcrte du Ro»a Sabini Woods dans le département de PIsère. 

{BuU. Soe. bot. BUg., t. XX*, 1881.) 
Hoteenr les Aosa Pi»»arti Carr. et A. Sabini Woods. (Ifttd.. t. XX*, 1881.) 
Les études de M. Borbas sur les Roses do la Hongrie. {!bid., t. XX *, 1881). 
Voyage botanique de MM. V« F. et Â. H. Brothcrus dans le Caucase 

[Rosa]. (Ibid., t. XXI>, 1883.) 
Ifole sur les récentes décourertes de Roses on Amérique. {Ibid., 

t. XXP, 1883.) 
Note sur le Ro»a anemonaeflora Fortune. {Wid., t. XXII>, 1888.) 
Les Roses de Therbier de Rau. (Ibid.) 
L'étude des Roses en Autriche. {Ibid.) 
Sur la râleur que Ton peut accorder au mode d'évolution des sépales 

d'après Tanthèse dans le genre Rosa. (ïbid, t. XXIV, 1885«) 
Les Ro»a du Tun-Nan. {Bull. Soe, bot. Belg., t. XXV>. 1886.) 
Nouvelles remarques sur le Ro»a oxyacantha MB. {Ibid.) 
Le rôle de la buissonomanle dans le genre Ro»a (Ibid.) 
Rosaa synstylae. — Études sur les Roses de la section des Synstylées 

{Bid) 



90 

Nouvellet reiiiar«[uet tor lot Roses américaines. {Ibid., t. XXVP, 1887.) 

Ff ouTelles recherches à faire sur le Rosa obtuHfalia Desv. {Ibid.) 

Les Roses destlea Canaries et de Ttle Madère. (Ibid,) 

Rosae helreticae. — Observations sor les Roses de la Suisse. {Ibid,, t. 

XXVII, 1888.) 

Examen de quelques idées émises par MM. Ramat et Gremli sur le genre 

Rosa (Ibed., t. XXVn>, 1888.) 
Le Rota vUlo»a L. (Ibid.) 
Norae Rosae descriptio. {Ibid.) 
Obseryations sur les Roses décrites dans SuppUmentum Florae orienialis 

de Roissier. (Ibid,) 
Description d*uno nou Telle Rose asiatique, R. (^/(^anfea Collet {Ibid.) 
Sur des restes de Roses découverts dans les tombeaux de la nécropole 

d'Arsinoë de Fayoum (Egypte). (Ibid.) 
Considérations sur quelques faits concernant le genre Rosa (Ibid,, t. 

XXVIII, 1889.) 

Mes excursions rbodologiques dans les Alpes en 1889. (Ibid,) 

Nouvelles observations sur le Rosa gigantea Gollett. {Ibid., t. XXVIIP, 

1889.) 
Nouvelles remarques sur les Roses américaines. (Ibid,) 
Découverte du Rosa moschata Mill. en Arabie. (Ibid,) 
Rosa CoUelti — Une Rose nouvelle découverte par M. le général Collett 

dans le Haut-Rurma. (Ibid.) 
Recherches pour établir exactement les époques de floraison et de matu- 
ration des espèces dans le genre Aosa. (Ibid,) 
L*odeur des glandes dans le genre Rosa, (Ibid.) 
Note sur la situation des ovaires et des akènes dans la coupe récepta- 

culairo des Rosa. (Ibid.) 
Observations sur le Rosa Engelmanni Wats. (Bull, Soc, bot, Belg,^ 

t. XX VHP, 1889.) 
Recherches sur Tétat du développement des grains de pollen dans 

diverses espèces du genre Rosa (Ibid,) 
Sketch of a now Classification of Roses. (Joum, of ihe Royal hortieultural 

Society, 1889.) 
Les Roses récoltées par M. Paul Sintenis, dans TArménie turque, en 1889. 

(BuU. Soc, bot. Belg,, t. XXIX^, 1890.) 
Les stipules peuvent-elles offrir des caractères distinctifs dans les Rosae 

caninae? (Ibid,) 



91 

La R&sa ruHginasa L. rar. decipiem Sagorski. (Ibid,) 

Clutifieatioa des Roset européennes par le docteur E. Ripart (œurre 

potthame), accompagnée d'observations par François Grépin. (IHd,) 
NoaTclle classification des Roses. (Joum, den Roseê, 1891.) 
Notes snr diverses Roses des Pyrénées. {BuU, Soe, bot. France, 

X. XXVII, 1891.) 
Mas excursions rhodologiqaes dans les Alpes en 1890. {BuU, Soe» roy. 

M.Bêlg.,X.XXX,mi.) 
Les Roses de l'île de Thasos et du mont Athos. (Ibid.y t. XXXI>, 1892.) 
La distribation géographique du Roia phoenicia fioiss. {Ibid.) 
Tableau analytique des Roses européennes. (Ibid.) 
La distribution géographique du Rosa stylosa Oov. (Ibid.) 
Die Roscn von Tirol und Vorarlberg. (Bericht der naturwiti* merfû. 

Verein, in Innsbruck^ 1892.) 
Les Roses valaisannes (BuU. Soc. Murithienne, 1892.) 
Les Roses recaoillis en Anstolie et dans TArménic turque par MM. Paul 

Sintenis et J. RornmQUer. {Bull, Herbier Bousier, t. I, 1893.) 
Qnelques mou sur les Roses de Therbicr de Resser. (Ibid.) 
Eu for SYCDska floran ny Rosa-art. (Bolaniska Notiser, 1898.) 
Mes excursions rhodologiquos dans les Alpes en 1903. (BM, Soe. roy, 

boi. Belg., t. XXXII, 1898.) 
L'obsession de Pindividu dans l'étude des Roses. {Bull, Soe* boi, Belg.» 

t. XXXU<, 1893 ) 
Los Roses de l'herbier de £.och, l'auteur du Synopsis floraé germanieûe 

et helifetieae. (Jbid,) 
Quelques mots snr les Roses de Therbier du Tarn, de Martrin-Donos. 

(Ibid.) 
Basa Fisehenana Ress. et R. gorenkensis Ress. {Ibid.y t. XXXIIP, 1894.) 
Sur la nécessité d'une nouvelle monographie des Roses de l'Angleterre, 

(Ibid.) 
Rosae h/bridae. — Études sur les Roses hybrides. (Ibid,, X, XXXIII, 

1894.) 
Quelques considérations sur la distribution géographique des Rosa en 

Scandinavie. (Butaniska Notiser, 1894.) 
Mes excursions rhodologiques dans les Alpes en 1891 et 1892. (BuU, 

Herbier Boissier, X. Y, 1894.) 
Les Roses du Mont Salève. (BuU. Soc. bot, Genève, t. VU, 1894.) 
Rtmarqnes snr le Rosa oxyodon Roiss. {BuU, Herbier Boissier, 1896,) 



92 

Rémarquet tor l'inflorescence des Rota. (Bull, Soe. roy. bot. Bêlg,^ 

t. XXXIV», 1895,) 
Met excnnions rhodologiqaes dans les Alpes en 1894. (Ibid., t. XXXIV, 

1894.) 
Révision des Rosa de l'herbier Babington. (Journ. of Bolany, 1896.) 
Description d'one noarelle espèce de Rose chinoise. (Bull, Soe. roy, bot, 

Belg., t. XXXV», 1896.) 
RoTision des Roses des herbiers de Lejeune et de M"« Libert. (Ibid.^ 

t. XXXV, 1896.) 
Le Rosa algoiensiêj ospèee noarelle do Turkestan. (Bull, Herbier Bous,, 

t. IV, 1896.) 
RcTision do qnelqaes rieax herbiers suisses. (Ann, Conserv, bot, de 

Genève, 1. 1, 1896.) 
La question de la priorité des noms spécifiques envisagée au point de vue 

du genre Rosa (Bull, Herbier Boiss,, t. V, 1897.) 
Nouvelles Roses chinoises. (Bull. Soc, bot. Ital,, 1897.) 
Les Roses recueillis en Tbcssalie par M. P. Sintenis. (Bull, Herbier Boiss,, 

U V, 1897.) 
Gen. Rosa [FI. analitica d'Ualia, de Fiori et Paoletti]. (1898.) 
Observations sur le Rota ttellata Wooton. (Bull, Herbier Boitt., U VI, 

1898.) 
L*anatomie appliquée à la classification. (Bull. Soc, bot, Belg., t. XXXVH, 

1898.) 
Les idées d*un anatomiste sur les espèces du genre Rota et sur leur 

classification. (Ibid,) 

Herborisations. 

Une herborisation dans la vallée du Boeq (art. signé ***). Belg. kart., 

1868.) 
Fleurs du Bas-Luxembourg. (Ibid., 1863.) 
Herborisations printanièrea. (Ibid., 1868.) 
Les marais de Berlaere et l'abbaye d'Afflighem. (Bull, Sœ. bot. Belg,, 

t. II, 1863.) 
Plateaux et vallées du nord-est de l'Ardenne. (Ann. Soc. phytol. et 

microgr. d* Anvers, 1866.) 
Une excursion botanique dans la Gampine 1 imbourgeoise. (Belg. hort., 

1866.) 



93 

Compte rendn de la 5« herborisation générale (eny. de Stavelot.) {Bull, 

S9cbot.Belg.,uy,19ee,) 
Compte rendu de la 7« herborifation générale (enr. de Heytt). (Wld,, 

U Vn, 1869.) 
Compte renda de la 8* herborisation générale (Grand-Doehé de Lnxem* 

bonrg). {tbid., t. Vm, 1869.) 
Compte rendu de la 12« herborisation générale [en collaboration aree 

M. Baguet : en?, de Hasselt et de Han-sur-Lesso]. Wid., t. XII, 1878.) 
Compte reoda de la 19* herborisation générale (Bouillon). (Bull, Soc, bot, 

BHg., t. XX«, 1881.) 
Compte rendu de la 90* herborisation générale (eny. de Marienbourg). 

{Mi., XXIM882.) 
A traren le pays des Dolomites. (Ihid,, t. XX', 1883.) 
Compte rendu de la 21* herborisation générale (eny. de Virton). (Ibid,^ 

t. XXU*. 1888.) 
Compte rendu de la 22* herborisation générale (eny. de Maeseyk et de 

Genek). {Ibid., t. XXUP, 1884.) 
Compte rendu de la 24* herborisation générale (Gampine anyersoise). 

(ftlrf., t. XXV", 1886.) 
Compte rendu de la 87* herborisation générale (eny. de Poix et de Saint- 
Hubert), (lbid.y t. XXXVIII, 1899.) 

Biographies. 

Biographie de Louis-Al.-H..Jo8. Pire. {Bull. Soc bot Belg.^ t. XXIXyl890.) 
Notice bibliographique sur le D' Em. Cosson. {ibid., t. XXIX>, 1890.) 

Paléontologie. 

Paléontologie végétale de la Belgique. {Patria Belgica, 1878.) 

Obseryationa sur quelques plantes fossiles des terrains déyoniens rappor- 
tés par Dumont à l'étage quartzo-sehlsteux inférieur do son système 
eifelien. (BuU. Soc. bot. Bêlg., t. XIV, 1875.) 

Ifouyelles obseryations sur le Pecopteris odoniopteroideê Morris. {Ibid., 
X. XV, 1876.) 

Les étudea de M. Grand'Eury sur la flore corbonifère. {Md., 
t. XVI, 1877.) 

La photographie appliquée à la paléontologie végétale. (Bull. Soc^ bêt» 
Belg., t. XVIU", 1879.) 



9i 

Notes paléontologiqaes, Fasc. let II. {Ibid., t. XIX*, 1880;; III 

(t. XX», 1881). 
Sar l'emploi do la photographie poar la reproduction des empreintea 

végétales. (Ibid., t. XX.,<, 1881.) 

Mélanges. 

De rétude de la boUnique. (Belg, horL^ 186'i.) 

Causeries botaniques. (Rev. papul. des sciences, 1868.) 

Notes extraites d'un vieil herbier (Bull, Soc. bot. Belg., t. II, 1863.) 

Toujours Tespèce! {Belg. hort, 1868.) 

Un petit procès à propos d'horticulture et de botanique (art. signé 

£. Prince). (Ibid., 1868.) 
Sur quelques contradictions botaniques. (Bull. Soc. bot. Belg., t. III, 1864.) 
Dimorphism and Atrophy. (The Naturalist, 1865.) 
Des réductions spëciques. (^sjoc. phyt. et microgr. d^Anvers^ 1865.) 
Considérations on the term c Specles > a propos of a new Work of 

M. Jordan. (The Naturalisl, 1865.) 
Eléments de botanique. (Bull, Cercle arboric. Belg., 1867-1870 ) 
La synonymie au Congrès de botanique de Paris. {Assoc. phytol. et 

microgr. d^Anvers, 1868.) 
Guide du touriste : Rochofort et ses environs (ouvrage signé F. C. de la 

Famcnne).Rochrfort, 1870; d08 pages. 
Notions élémentaire.^ de botanique, à l*usagc des écoles (en collaboration 

avec J. Poncin). Bruxelles, 1876; 88 p in 18. — Deuxième édition. 

Bruxelles. 1882; 83 p. in-18. 
Floro médicale de la Belgique. (Patria Belgiea, 1878.) 
L'expédition belge dans l'Afrique centrale. (BuU. Soc, bot. Belg., 

t. XVÏ, 1877.) 
Guide du botaniste en Belgique (plantes vivantes et fossiles). Bruxelles, 

1878; 504 p. in.l8. 
Petit guide du Jardin botanique de Bruxelles. Bruxelles, 1878; in 18. 
Les noms populaires wallons ou flamands appliqués aux plantes indigènes, 

naturalisées oa introduites en Belgique. {Bull. Soc. bot. Belg., 

t. XVB», 1878.) 
Quelques arbres remarquables du parc de Bockenborg, à Denrne. (Wid, 

XXP, 1882.) 
Quelques réflexions sur la stituatlon actuelle de la botanique descriptivo. 

(Ibid., t. XXVn>. 1888.) 



«5 

Sur le polymorphiime attribaé à certains groupet génériques. (Ibid,) 
La botanique de Uaventr (art. signé : Un botaniste du passé) ^7. deê 

serrei, t. XXVIU. 1883.) 
Ifotiee sur la flore alpestre (dans Alb. Du Bois; Croquis alpins. 

Mons, 1888). 
Sur l'inégalité de valeur des espèces dites linnéennes. {BuiU Soc. bat, 

France, t. XXXII, 1885.) 
Faut-il supprimer la publication des catalogues de graines dos Jardins 

botaniques? (Bull. Soc. hoU Belg., t. XXY>, 1856.) 
Les excursions alpestres dans leurs rapports ayec Tbistoirc naturelle. 

(BuU. Club alpin belge, 1. 1, 1880.) 
Le col de Gries. {Ibid.) 

Fêtes des alpinistes suisses à Altdorf, en 1884. {Ibid., pp. 309-915.) 
La rallée de la Murg et sa flore. {Ibid., pp. 377-291.) 
Quelques mots d'un botaniste belge sur les nouyelles flores du nord de la 

France et de la Belgique. (Bruxelles. 1888, 3 pages in 8*^. ) 
Deux botanistes chinois partisans du libre échange. (Bruxelles» 1888, i p, 

in««) 
Excursion du Qub alpin belge dans les Vosges en 1893 (BuU. Club alpin 

belge, t. II, 1898.) 
Dans l'Oelzthal et le val Maggia. (Ibid., t. III, 1894.) 
Excursion du Club dans la rallée de l'Ahr (Eifel). (Bull. Club alpin belge^ 

t. ni, 1894.) 
Us variaUons parallèles (Bull. Soc. bot. Belg., l. XXXVl, 1897.) 
Visite des collections botaniques & l'Université de Bruxelles. {Ibid^t 

t. XXXIX», 1900.) 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES 



»l LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



ANNEE 1906. 



Séance du 4 février 1906. 

M. J. Ghaloic, président. 

M. Th. Durand, secrétaire général. 

Sont présents : MM. Jos. Bequaert, Gh. Bommer, 
J. Ghalon, L. Goomans, Y. Goomans, E. de Bullemont, 

m 

Tb. Durand, E. Leroy, Y. Pinsonnat, Em. Marchai, 
H. Matagne, J. Mossart, H. Schouteden, A. van der 
Bruggen. 

M. Y. Leroy assiste à la séance. 

MM. A. Gravis, El. Marchai, Yan Bambeke et Yan den 
Broeck se font excuser. 



Mort de H. Arth. Hanslon. — M. le Président tient 
avant tout à rappeler la nouvelle perte que la Société a 
faite depuis la dernière séance. Le 10 décembre dernier, 
notre sympathique et actif confrère M. Arth. Mansion, 
docteur en sciences naturelles, professeur à TAthénée 
royal de Namur, est décédé inopinément dans sa 
quarante-troisième année. Depuis 1890, Arth. Mansion 
avait présenté à nos séances une vingtaine de mémoires 
ou de notes qui ont fait faire des progrès considérables 
à nos connaissances sur les Mousses et les Hépatiques de 

7 



98 

Belgique. Il était l'un des fondateurs de la Section 
bryologique qui, dans notre Société, a donné, depuis 
trois ans, une si énergique impulsion aux recherches 
dans cette branche de la cryptogamie. 

En terminant M. le Président souligne le triple et irré- 
parable deuil qui a atteint notre Société par la disparition 
de trois jeunes savants, dans toute la force de Tàge, 
£m. Laurent, Léo Errera, Arth. Mansion. U espère que 
M. EL Marchai, qui est aussi un bryologiste distingué, et 
qui était en rapports constants avec notre regretté con- 
frère, voudra bien rédiger une notice biographique pour 
le Bulletin. 



Le procè&*verbal de la séance du 3 décembre 1905 est 
lu et adopté. 



American PhlIosophieAl Society. — Cette grande 
Association scientifique américaine a décidé de x;élébrer 
le deuxième centenaire de l'illustre Benjamin Franklin, 
l'un de ses fondateurs et elle a invité notre Société à se 
faire représenter aux fêtes jubilaires qui auront lieu en 
avril prochain. 

La Société ne pouvant envoyer de délégué, le Secré- 
taire-général est chargé de transmettre ses regrets et aussi 
ses vœux pour l'entière réussite de la manifestation com- 
mémorative. 



Ccmiiinnicalicns et lectarcs. 

Dans une intéressante causerie, M. J. Massart sous le 
titre Les fourmis-jardinières^ rend compte de curieuses 



99 

observations faites par le botaniste voyageur allemand 
Ule. 

M. Massart est prié de résumer les faits qu'il vient 
d'exposer. 

M. Em. Marchai dépose, au nom de son père M. £1. 
Marchai et en son nom propre, un mémoire intitulé: 
Recherches physiologiques sur les Mousses et les Hépatiques f 
et il résume les principaux faits observés. (Commissaires, 
MM. J. Massart et P. Nypels). 

M. le Président en remerciant MM. £1. et Ém. Mar- 
chai, rappelle que l'Académie royale de Belgique leur 
a décerné récemment une médaille d'or de la valeur 
de mille francs pour un mémoire sur Les recherches expé^ 
rimentales sur la sexualité des spores chez les momses 
dioiques et il les félicite au nom de la Société. 

Le Secrétaire-général, au nom de M. Gh. Van Bambeke, 
donne communication d'un aperçu sur les espèces du 
genre Scleroderma de la flore belge, dont l'impression 
dans le compte-rendu de la séance est voté. 



Hodto de pabiieation da Bulletin. 

Les propositions suivantes du Secrétaire général sont 
adoptées à l'unanimité : 

!• revenir à Tancien mode, c'est-à-dire de n'avoir plus 
qu'une partie dans le Bulletin, la double pagination étant 
une cause d'erreur ; 

2" publier un fascicule, même de peu d'importance, 
dans les jours qui précèdent chacune des séances soit 
4 fascicules par volume (fin janvier, fin avril, fin septem- 
bre, fin novembre) ; 

3* donner : a) l'indication des ouvrages ou des articles 



100 

nouvellement parus présentant un intérêt plus spécial 
pour les membres ; 

b) une bibliographie complète des ouvrages ou des 
articles publiés par les botanistes belges ou en Belgique» 
de façon à ce qu'on puisse trouver dans notre Bulletin 
un tableau exact du mouvement botanique en Belgique; 

c) de petites nouvelles. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée 
à 4 h. 1/2. 



LES FOnRMIS-JARDINIÈRES, 
par Jeàit Massa.kt. 

On sait depuis plusieurs années que des Fourmis 
américaines cultivent des champignons. M. Ule(l) vient 
de montrer que certaines espèces cultivent des Phané- 
rogames. 

Des Fourmis appartenant aux genres Camponotus et 
Azteca bâtissent leurs nids sur les grands végétaux dans 
les forêts de l'Amazone. Ces nids portent quatorze Phané- 
rogames qui n'existent jamais ailleurs. Plusieurs des 
plantes cultivées par les Cainponotus ne sont que des 
variétés d'espèces habitant aussi la forêt; celle des Azteca 
constituent des espèces particulières, qui n'ont souvent 
pas de parenté avec les plantes sauvages de la région 
amazonienne. Ces plantes appartiennent à sept familles 
différentes. 11 y a deux Aracées, trois Broméliacées, une 



(1) Blumengarten der Ameisen um Ama^nenstrome, in Kantcn et 
Schcnk, Vegetationsbilder, Dritte Roiho, Hclft I (1905). 



» ■ 



101 

Pipéracée, une Moracée, une Gactacée, deux Solanacées, 
quatre Gesnériacées. 

I^s quatorze végétaux cultivés par les Fourmis, pré- 
sentent naturellement les caractères généraux des plantes 
épiphytes. Pourtant ce ne sont pas des épiphytes quel- 
conques qui ont été prises par les Fourmis. Celles-ci ont 
manifestement opéré un choix parmi les espèces capables 
de s'adapter à ce mode de vie. En effet, celles qui crois- 
sent sur les fourmilières ont toutes des racines assez bien 
développées, mais ne devenant toutefois pas trop fortes, 
et ne formant pas une masse spongieuse. Ceci exclut les 
Fougères, la plupart des Broméliacées et des grandes 
épiphytes ligneuses qui ont des racines trop spongieuses, 
ou trop réduites, ou trop longues. D'autre part les plan- 
tes des Fourmis ont toutes des fruits charnus, ce qui 
exclut les Orchidacées et un grand nombre d'autres 
épiphytes banales. 

Ces exigences au point de vue de la structure de 
l'appareil radiculaire et du fruit, nous permettent de 
comprendre l'utilité de ces plantes pour les Fourmis. Les 
nids établis sur les arbres, et sur d'autres grandes plantes, 
doivent être très solides pour pouvoir résister aux bour- 
rasques et surtout aux averses. Il n'est pas douteux qu'en 
cultivant des plantes dont les racines se moulent sur les 
parois des fourmilières et s'y incrustent, les Insectes 
réalisent une notable économie sur les matériaux de 
construction. La culture aurait donc pour principal objet 
de consolider les murs de la demeure. Mais le fait que 
toutes les espèces possèdent des fruits charnus pourrait 
bien aussi ne pas être une simple coïncidence : il est 
vraisemblable que les Fourmis se nourrissent des fruits. 

On voit que les observations de M. Ule sont des plus 



102 

curieuses. Quand on cherche à interpréter les faits et à 
les comparer avec ce qu'on sait des plantes cultivées par 
rhomme, leur signification devient encore plus intéres* 
santé. 

Les plantes cultivées par les Camponotus ne sont en 
partie que des variétés dont le type habite la forêt voi- 
sine. Il en est de même pour beaucoup de plantes des 
cultures humaines, par exemple la Carotte et le Chou» 
dont les ancêtres sont connus à l'état sauvage. Quand 
aux espèces domestiquées par les Azteca^ elles sont tout à 
fait spéciales, tout comme les Céréales et les Haricots. 
Mais ces plantes-là dérivent évidemment aussi d'espèces 
qui étaient sauvages. U est vraisemblable que ces der- 
nières existent encore actuellement, car il n'y a aucune 
raison pour que le fait de cultiver certains individus 
d'une espèce fasse le moindre tort à ceux qui sont restés 
sauvages. Seulement, les Céréales, les Haricots et les 
plantes élevées par les Azteca ont été tellement modifiées 
par la sélection artificielle que les botanistes ne parvien- 
nent plus à identifier la plante cultivée et la plante sau- 
vage. — L'une des Solanacées cultivées par les Azteca n'a 
pas de proche parent parmi les plantes amazoniennes; 
les espèces les plus voisines habitent les régions situées 
au pied des Andes péruviennes. Il faut donc admettre que 
les Fourmis l'ont emportée dans leurs migrations. De 
même, certaines plantes cultivées par l'Homme sont origi- 
naires de régions fort éloignées : ainsi, les Maïs enEurope, 
et le Froment en Amérique. 

Tout ceci tend à nous faire admettre que les Fourmis 
ont soumis leurs plantes à une sélection fort méthodique, 
et continuée pendant fort longtemps dans les mêmes 



103 

directions. Hais tandis que les végétaux se modifiaient 
dans un sens utile aux Fourmis, ils subissaient fatalement 
d'autres changements. Nous avons vu que les nids ne 
portent jamais que les quatorze plantes particulières. Les 
Fourmis ont donc soin de détruire les < mauvaises her- 
bes », c'est-à-dire les innombrables plantes dont les 
spores et les graines sont apportées sur les fourmilières 
et y germent. L'Homme également sarcle sans cesse ses 
cultures et empêche les plantes sauvages de les envahir. 
Mais les végétaux cultivés, ainsi défendus contre les com- 
pétiteurs, soit par l'Homme, soit par les Fourmis, perdent 
la faculté de livrer avantageusement le combat pour 
l'existence contre les plantes spontanées, et elles finissent 
fatalement par ne plus pouvoir vivre en dehors des 
endroits où elles sont placées sous la protection incessante 
des cultivateurs. Aussi le long des chemins où les 
Carottes sauvages sont abondantes, ne rencontre-t-on 
jamais de Carottes cultivées. Pourtant il n'est pas douteux 
que des graines de la plante cultivée y tombent fort sou- 
vent ; mais celle-ci rencontre aussitôt la concurrence des 
espèces spontanées, concurrence dont la Carotte sauvage 
triomphe, mais sous laquelle la plante cultivée, devenue 
plus douillette, succombe inévitablement. — H en est de 
même pour les plantes domestiquées par les Fourmis : il 
est bien certain que leurs graines arrivent parfois ailleurs 
dans la forêt, mais ces plantes ont également perdu les 
armes qui leurs permettaient de lutter contre leurs 
rivales, et elles ne peuvent plus vivre que si elles sont 
soignées par les Fourmis. 



104 

APERÇU BBTOUQUE SDK LES ESPÎGIS 

DD 6. SGLERODERHA (Pen. p. p.) emend. Pries DE LA PLOBE BELGE, 

ET CONSIDÉRATIONS SUR LA DÉTERMINATION DE CES ESPÈCES, 

par Gh. Van Bahbeks, 

A. — Aperça historique. 

On peut dire que Fr. van Sterbeeck a le premier jeté 
quelque lumière sur les Sclérodermes de notre flore. Il 
sépare nettement les Sderodermay ses « quaede-Aerd- 
buylen » qu'il désigne ainsi par opposition à ses « goede 
Aerd-buylen » ou truffes, d'avec les Lycoperdons, ses 
€ Wolfs-vest » (vesses-loup), et, comme le prouvent ses 
descriptions et ses figures, il distingue deux si pas trois 
espèces de Sclérodermes. 

Tout ce que dit Tauteur dans le deuxième paragraphe 
de la page 316 de son Theatrum fungorum(^) doit être 
considéré comme se rapportant à Scleroderma aurantium 
(Vaill.) Pers. [Sel. vulgare Hornem.). Deux des figures 
de la pi. 32 marquées B, la supérieure et Tinférieure, 
auxquelles renvoie la description, ne laissent aucun doute 
à cet égard. La supérieure représente un groupement de 
cinq exemplaires ; on y reconnaît aisément le faciès de 
S. vulgare; l'inférieure montre une coupe à travers un 
exemplaire isolé sur laquelle on distingue la glèbe et la 
paroi du péridium. La figure supérieure est une copie 
réduite d'après une aquarelle faisant partie du recueil de 
Champignons peints délaissé par Fr. van Sterbeeck (2). 

(1) Fr. ran Sterbeeck, Theatrum fungorum oit het Toonecl dor 
Gampernoelicn. Antwerpen, 1675. 

(2) Ce recueil provient de la bîbliothèqao de Bourgogne et fait partie 
do fond Van Hnlthem de la bibliothèque royale do Bruxelles. Il en sera 
question dans un autre trarail. 



105 

Celle-ci nous montre les Sclérodermest grandeur natu- 
relle et avec la coloration qui leur est propre. Sous cette 
aquareUe, il en est une autre, non reproduite sur la 
pi. 32, figurant une coupe à travers la masse formée par 
les exemplaires. Ces deux figures sont absolument 
démonstratives, et elles soutiennent bien la compa- 
raison avec maintes figures de S. vuigare parues depuis 

lors. 

Dans le paragraphe suivant de la page 316, il est 
question d'une autre espèce, à dessication plus rapide, 
à contenu plus pâle et se résolvant plus tôt en pous- 
sière ; elle se distingue aussi par la présence de quelques 
filaments radicaux ou d'un stipe court et cylindrique, 
et par une coloration plus foncée, brunâtre. Cette 
description peut surtout faire hésiter entre S. terru- 
cosum (Yaiil.) Pers. et S. bovista Pries. Toutefois, 
eu égard aux caractères fournis par les deux figures 
médianes de la planche 32, aussi marquées B, aux- 
quelles renvoie l'auteur, il me parait probable qu'il a 
eu sous les yeux les deux espèces : en effet, la figure 
supérieure — et mieux encore une aquarelle dont elle 
est une reproduction — rappellent bien S. verrucosum 
(verrues de la surface du péridium, coloration), tandis 
que la figure médiane inférieure — elle ne se trouve 
pas parmi les aquarelles — montre une surface lisse, 
caractère sinon constant, du moins très fréquent chez 
S. bovista. 

J. Kjckx commet donc une erreur lorsque, dans sa 
notice sur Fr. van Sterbeeck, il écrit à propos des figures 
de Scleroderma de la pi. 32 du Theatrum fungorum : 
c Toutes les figures marquées B représentent la même 
espèce (Scleroderma vuigare) ; mais le texte confond avec 



106 

elle le Scleroderma verrucosum et ses variétés »(0. Les 
figures de van Sterbeeck aussi bien que le texte se rap- 
portent à (les espèces distinctes» et Ton s'étonne de la 
confusion faite par Kickx qui a eu l'occasion de confron- 
ter le texte, non seulement avec les figures gravées du 
Theatrum, mais aussi avec les belles figures coloriées du 
recueil de Champignons peints. 

Plus tard, mon regretté Maître commet une autre 
erreur. Dans la troisième centurie de ses Recherches pour 
servir à la flore cryptogamique des Flandres^ après avoir 
décrit Scleroderma verrucosum Pers., ^spadiceum Nées, 
il ajoute : « C'est incontestablement xette variété que 
notre célèbre mycologue, François van Sterbeeck, avait 
en vue lorqu'il dit en parlant des Scleroderma vulgare et 
verrucosum qu'il ne distingue point entre eux : » Suit la 
citation des lignes 13 à 18 de la page 316 du Theatrwn 
fungorumi^). Or, ces lignes et surtout la figure supé- 
rieure B de la pi. 32, plus les deux figures coloriées qui 
se rapportent à la description de van Sterbeeck, ne peu- 
vent laisser aucun doute sur la détermination; il s'agit 
manifestement, non de S. verrucosum^ mais, au contraire, 
de S. vulgare. La même erreur se retrouve dans la Flore 
cryptogamique des Flandres i^K 

Près de deux siècles après l'apparition du Theatrum 
fungorum, J. Kickx publie sa Flore cryptogamique des 
environs de Louvain. 11 y fait connaître deux espèces de 

(1) J. Kickx. Esquisses sar les ouvrages do quelques anciens natura- 
listes belges, n. François yan Sterbeeck. {Bulletin de VAc. r, deê 
Sciencei et Belles^Leitres de Bruxelleê, 1842, v. p. 428, p. 38 du tiré à 
part.) 

(2) J. Kickx, Recherches pour urvir à la flore cryptogamique des 
Flandre». 8"« centurie. Bruxelles, 1846, p. 26*27. 

(3) J. Kickx, Flora cryptogamique dea Flandres, t. U, p. 10. 



107 

Sclérodermes : Scleroderma aurantium Pers. et Sclero^ 
ierma verrucosum Pers., Scleroderma citrinum qu'il 
décrit comme espèce distincte devant être considéré 
comme synonyme de S. aurantiumW. 

Dix ans plus tard, parait la Flore du Hainaut par 
l'abbé N. L. Michot. A l'exemple de Kickx, l'auteur 
décrit comme espèces : S. aurantium^ S. citrinum et 
S. verrucosum^). 

Dans la troisième centurie de ses Recherches pour 
servir à la Flore cryptogamique des Flandres, J. Kickx 
signale la présence de Scleroderma cepa Pers. et de 
Sclerodenna verrucosum P spadiceum Fries. Comme nous 
l'avons vu, c'est cette prétendue variété de S. verrucosum 
qu'il croit reconnaître dans une partie de la description 
de van Sterbeeck, description qui se rapporte, au con- 
traire, à S. vulgarei^). 

La Flore générale de Belgique^ par G. Mathieu, parue 
en 18539 renferme la description de trois espèces de 
Sclérodermes : S. aurantium Pers., S. cepa Pers. (S. vul" 
gare p Fr.) et S. verrucosum Pers.W. 

Dans sa Flore mycologique de GentinneSy Alfr. De 
timminghe mentionne une seule espèce, S. aurantium 
Pers. \^). 

La Flore cryptogamique des Flandres de J. Kickx nous 
renseigne sur la présence, dans cette partie de notre 
pays, de S. verrucosum Pers., et de la variété /3 spadi- 



(1) J. Rickx, Fhrc cryptogamique des enviroM de Louvain, Braxellet, 
18S5, p. 145. 
|3) N. L. Hiehot, Flore du Hainaut. Mons, 1845, p. 868. 
(8) J. Kickx. Beeherches etc., I. e. p. 26-d7. 

(4) C. Mathico, Flore générale de Belgique. 1858, T. U, p. 880-881. 

(5) Alfred Do Limminghc, Flore myc^giçue de Gentianes. Namur, 

1857, p. es. 



108 

ceum Nées, déjà signalée, par l'auteur, dans la troisième 
centurie de ses Recherches; de S. vulgare Fr. et de 
S. cepa Pers.W. 

Le Catalogue des Champignons observés aux environs de 
Bruxelles^ par Mesdames £. Bommer et M. Rousseau, 
mentionne deux espèces : S. vulgare Fr. et S. verrucosum 
Pers. (2). 

Dans la Flore mycologique de Belgique du D^ £. Lam- 
botte, nous trouvons l'indication et la description de trois 
Sclérodermes : S. verrucosum Pers., S. vulgare Horn., 
et S. cepa Pers. (3). 

Enfin, dans le Prodrome de la Flore belge^ Em. De 
Wildeman indique comme ayant été rencontrés en 
Belgique : 

1. s. boviila Pries. 

2 S. verrucosum (Bull.) Pers. 

■ yar. spadiceum (SchacGT.) Pries. 

3. S vulgare Horn« 

• yar. tpadiceum Pers. 

Nous voyons apparaître ici pour la première fois une 
espèce qui pourtant est loin d*étre rare, S. bovista Fr., 
recueillie, à Limelette, par El. Marchai. C'est l'unique 
station mentionnée. 

C'est à tort que S. vulgare var. spadiceum Pers. est 
donné comme synonyme de S. cepa du même auteur. 
S. spadiceum décrit par Persoon correspond à S. spadi- 
ceum SchaeW. , considéré comme variété de S. verrucosum^ 
par Fries. En décrivant S. spadiceum^ Persoon renvoie 



(1) 1. Kickx, Flore erypiogamique des Flandres, T. II, p. 10-11. 

(2) E. fiommor et M. Rousseau, Catalogue des Champignons observes 
dans les environs de Bruxelles. Gand 1879, p. 126. 

(3) E. Umbotto, Flore mycobgique de la Belgique. 1880^ I, p. 500-^1. 



109 

d'ailleurs à la description et aux figures de Schaeifer W. 
En résumét d'après le travail de De Wildeman, on 
peut considérer comme appartenant à notre flore, quatre 
espèces de Scleroderma^ savoir : 

1. s, bovUia Frics. 

S. S, verrucoMum (VtilL) Pers. 

8. 5. vulgare Horn. 

4. S. cépa Pers. (3). 

Elles correspondent aux quatre espèces qui représen- 
tent le g. Scleroderma en Hongrie, 1^) ce qui prouve, soit 
dit en passant, le cosmopolitisme de ces Champignons qui 
trouvent, en des stations souvent très éloignées les unes 
des autres, les conditions nécessaires à leur existence. 

B. Oonsidérations sur la détermination des 
espèces da genre Scleroderma. 

Que des erreurs se soient glissées dans les détermina- 
tions de ceux de nos mycologues qui se sont occupés des 
espèces du g, Scleroderma^ c'est inévitable (^^ En effet, 
dans maints cas, les descriptions en font foi, ces détermi- 
nations sont exclusivement basées sur les caractères 
macroscopiques : forme du Champignon ; aspect, colora- 

(1) D. G. H. Penooii, Synopiis melhodica Fungorum, Pais prima. 
Gôtungae, 1801, p. 165. 

(2) B. De Wîldcman et Th. Durand. Prodome de la flore belge. 
Thallophytes par E. De Wildoman, Bruxelles, 1898, p. 58-58. 

(3) Voir DOtammoDt le trarail de L. HoUôt, Uber die Trennut^g der 
Ungaritchen Scleroderma-Arten. (Hath. a. Naturw. fierichtc aus Ungarn. 
Bd. XX, 1908, p. 81d.) 

(4) Dftna l'herbier de J. Kîekx, eonseryé aa Jardin botaniqae de 
rUoiTenité de Gand, an exemplaire (le seul du g. Scleroderma), re- 
eoeilli & Renaix, et dénommé Sel. vulgare fi eepa Fr., correspond ft 
5. botfiiia Fr. — Dea exemplaires provenant de Therbier Westendorp, 
coiaerrés dans l'herbier da Jardin botaniqae de TÉtat, et portant l'éti- 
qiMlte : 5. vmlgare Horn.» correspondent ft 5. verrùcoium Pers. 



110 

tion de ia glèbe, etc., sans qu'il soit tenu compte des 
caractères fournis par l'examen des spores. Sans doute, la 
forme typique d'une espèce est en général assez facile à 
reconnaître sans qu'il soit nécessaire de recourir à cet 
examen ; mais à côté de cette forme, il en est qui s'en écar- 
tent, souvent de façon notable et qui, revêtant alors cer- 
tains caractères propres à une autre espèce, peuvent 
conduire à une détermination erronée. 

D'autre part, l'examen microscopique des spores à lui 
seul ne saurait sufQre, car il pourrait laisser perplexe 
l'observateur qui n'aurait pas en même temps sous les 
yeux l'exemplaire dont les spores proviennent. 

Enfin, pour arriver à un résultat probant, Vexamen 
des spores doit se faire dans certaines conditions spéciales. 

Dans leur étude sur la fructification des Scleroderma 
comparée à celle des Lycoperdon et des Bouista^ les frères 
Tulasne signalent une différence très intéressante, d'après 
les espèces auxquelles elles appartiennent, entre les spores 
arrivées à maturité : les unes, après s'être hérissées de 
pointes mousses peu pressées « semblent se revêtir d'une 
enveloppe membraneuse, transparente, fort large, mame- 
lonnée à sa surface et d'un singulier aspect. Il en résulte 
autour d'elles un réseau élégant, au travers duquel on 
aperçoit les corps sphériques qu'elles renferment quel- 
quefois (0. » D'autres spores sont simplement hérissées, 
dépourvues de bordure diaphane ; seulement les pointes 
dont leur surface est ornée ont paru, aux auteurs, plus 
aiguës que chez les spores entourées d'un anneau. Comme 
le prouvent les résultats obtenus par L. Hollôs, résultats 
sur lesquels nous revenons plus loin et dont nous avons 

(1) L. R. ot Ch. Talasne. Do la fructification dct Sderoderma comparé* 
à ocUe des Lycoperdon et des BovUta {Annulée des icieneei natureiUê. 
Partie botanique, seconde série, tome XVII, 184S, Yoir p. 8). 



111 

pu confirmeKrexactitude, les frères Tulasne se trompent 
en rapportant ces derniers échantillons aux. Scleroderma 
vulgare et bovista de Pries, et les autres, c'est-à-dire ceux 
dont les spores sont bordées, au Scleroderma verrucosum 
du même auteur. Ils ajoutent, il est vrai : « Cependant 
ces trob espèces étant, à ce qu'il nous semble, fort diffi- 
cile à distinguer, nous n'osons pas nous flatter d'être 
parvenus sans erreur à ces déterminations (i). » 

Lorsque Nicolas Sorokine, parlant des spores de 
S. verrucosum^ dit que €Vexo$porium,... se couvre ou 
simplement d'épines, ou d'élévations pectinées qui divi- 
sent toute la surface de la spore en une multitude de 
petits polygones » (^), il faut en conclure que l'auteur a 
attribué, à une même espèce, des spores provenant 
d'espèces distinctes. 

Le docteur L. HoUos, ayant constaté que les Sclero- 
derma reçus en échange, alors même qu'ils proviennent 
de mycologues distingués, sont souvent mal déterminés 
et que, d'autre part, les exsiccata ne fournissent pas 
toujours un matériel convenable, eut recours à un 
nouveau procédé pour atteindre le but. Il chercha notam- 
ment à rendre plus transparentes les spores de Scléro- 
dermes, en les traitant par des solutions caustiques ; il 
obtint surtout de bons résultats par l'emploi d'une 
solution de potasse. Au contact de ce liquide, les spores 
étalées sur la lame porte-objet deviennent plus transpa- 
rentes, et on peut s'assurer à l'examen microscopique 
que, traitées de la sorte, elles se comportent de façons 
différentes d'après l'espèce à laquelle elles appartiennent. 
cDlesen Umstand, dit le savant mycologue hongrois. 



(1) L. c. p. 8-9. 

(3) Nicolas Sorokino, DéTcloppement des Scleroderma vtrrucoiutn. 
{Ann, eu u, nol., 6« série, 1876. Bot. T. UI, p. 87, pi. 6, fig. 18» e. d.). 



112 

nûtzte ich zur Trennung der ungarischen Scleroderma" 
Arten aiis. »(i). En effet, le procédé préconisé, par 
Hollôs, facilite singulièrement la détermination des 
espèces du g. Scleroderma ; toutefois il importe de l'ajou- 
ter, il ne donne les résultats voulus que pour les spores 
arrivées à maturité. Gomme Tout bien vu les frères 
Tulasne, «d'abord tout-à-fait homogènes, elles (les spores) 
montrent plus tard, dans leur intérieur, un nucleus 
transparent qui bientôt les remplit tout entières » (3). Plus 
tard encore, elles se colorent davantage et deviennent 
hérissées, ou hérissées en même temps que réticulées. 
En résumé, au point de vue de la manière d'être des 
spores traitées par une solution de potasse (3), les quatre 
espèces de Sclérodermes de notre flore qui correspondent, 
on Ta vu, aux quatre espèces rencontrées en Hongrie, 
se comportent comme suit : 

. -, . . ^.. w ( 5. amrantium (Vaill.) Pcrs. 

A. Espèces à spores retieulees ] ^ . . , „ 

'^ ^ (S. boviita Fr. 

B. Espèces à spores simplement i S, verrucoium Pers. 

éehinulées. j 5. cepa Pers. 

S. aurantium peut surtout être confondu avec S. cepa. 
A l'état frais, chez les deux espèces, à un moment donné 
du développement, le péridium est épais et la masse des 
spores d'un noir-violet est traversée par les veines blan- 
ches de la trame. Aussi, L. Hollôs a pu dire, parlant de 
S. cepa : « Diesen Pîlz verwechselten Fries und die 
meisten Mycologen mit Scleroderma vulgare. Auf Grund 
der Sporen kônnen sie leicht unterschieden werden » W. 

(1) L. Hollôs» 1. c. p. il3-818. Voir aassi son grand oavrsge : Die 
Goiteromyceien Ung^mu Leipzig, 1904. 

(2) L. c. p. 8. 

(8) Hollôs n'indique pas le degré de concentration de la solution 
employée par lui. Je me suis serri très ayantageoaement d'une solution 
à 85 o/o. 

(2) L. Hollôs, Dié Goiteromyceien Ungame, §. c, p. 181. 



113 

Il n'est pas non plus toujours facile de distinguer, rien 
que par l'examen des caractères macroscopiques, S. bo- 
visla de S. verrueosum, et il est probable que souvent les 
deux espèces ont été confondues. C'est encore pai' l'exa- 
men des spores traitées par la potasse, qu'on parvient à 
les distinguer sûrement. 

Chez les deux espèces à spores réticulées ainsi que 
chez les deux espèces à spores simplement échinulées, 
l'enveloppe réticulée d'une part et les pointes de l'aulre 
se présentent, pour chaque espèce, avec des caractères 
un peu didérents. Ces caractères nnn signalés par Hollos, 
méritent pourtant de lixer l'attention. Ainsi, les spores 
de S. bovista ont une enveloppe réticulée fort large, 
mamelonnée à sa surface (Rg. 1) et rappelant, par son 



Fig. t. 

aspect, les « spores mûres réticulées et entourées d'une 
bordure diaphane dont les contours sont assez irrégu- 
liers » décrites par les frères Tulasne, et dont la figure 8 
de la planche 1 de leur travail déjà cité fournit un 
exemple. Seulement c'est à tort, on l'a vu, que ces 
botanistes considèrent ces spores comme appartenant à 
S. verrttco$um. Kickx verse dans la même erreur l»rs- 
qu'il attribue une bordure transjtarente aux spores de 



114 

S. verrucosum^ et il nous prouve ainsi qu'il avait sous 
les yeux celles appartenant à S. bovista(^K 

Les spores de S. aurantmm se distinguent de celles de 
S. bovista^ par une enveloppe réticulée moins large, plus 
intimement appliquée sur Tendospore, de sorte que la 
bordure diaphane est plus étroite et ne se découvre 
souvent que par places (fig. 2). 




Fig. 2. 

En ce qui concerne les spores de S. verrucosum et de 
S, cepa^ on constate que les pointes de la surface sont plus 
courtes,et, en général, moins aiguës chez la première espèce 
(fig. 3), plus longues et plus aiguës chez la seconde (fig. 4). 




Fig. 3. Fig. 4. 

Ce sont donc là des différences qui peuvent contribuer, 
pour leur part, à distinguer S. aurantium de S. bovista^ 
et S. verrucosum de S. cepa. 

(1) J. Kickx, Fiore cr>jpt. des Flandre», 1. c, p. 10. 



BECHERCHES PHYSIOLOGIQUES 

CHEZ LES BRYOPHYTES 

par EL. et BM. MABOHAL. 



INTRODUCTION. 

De tous les groupes végétaux» rembranchenient des 
Muscinées est» certes, celui chez lequel nos connaissances 
sur la nature des réserves hydrocarbonées sont les plus 
incomplètes. 

Seules» les matières grasses qui semblent, chez ces 
organismes» disputer à Tamidon le rôle d'éléments 
plastiques ont fait Tobjet de quelques observations suiviçs. 

Ce sont d'abord les corps oléifères des Hépatiques 
(Olkôrper des auteurs allemands) qui» par leur organisa- 
tion particulière autant que par leur curieux rôle 
œcologique, ont fixé l'attention des observateurs. 

Pfeffer(l)» Stahli3),Lohniann(3), etc. et plus récemment 



(1) Suhl. Pflaoscn und Sehneeken. Jenaische Zeitich. f. Nat, und 
Medhin.Bd. XXII. N. F. XV, 1888. 

(2) Preffer. Dio Olkôrper dcr Lebermoosc, Flora, 1874, n'* 1, 8. 

(3) Lohmann. Beitrag zur Chomio und Biologie dcr Lebcrmoose. 
Beihefte M, CentralbL Bd. XV, p. 215, 1903. 



lié 

Garjeannc (1) leur ont consacré des études approfondies. 

Mais ces éléments, formés en majeure partie d'huiles 
essentielles, ne semblent jouer aucun rôle dans le méta- 
bolisme constructif des Hépatiques; les huiles grasses, 
au contraire, paraissant constituer une des formes les plus 
fréquentes et les plus impartantes de la matière carbonée 
chez les Muscinées. 

C'est à une remarquable étude de Jônsson et Olin (3) que 
nous devons en près lue totalité nos connaissances actuel- 
les sur cette matière. 

Ces savants ont décelé qualitativement et, le plus 
souvent même, dosé les matières grasses dans un assez 
grand nombre de Mousses et d'Hépatiques et localisé ces 
substances chez plusieurs espèces. 

Dans un certain nombre de cas, Jônsson et Olin ont 
recherché la corrélation possible entre la matière grasse 
et Tamidon. 

Quant au\ sucres, à part le rôle connu qu'ils jouent 
dans l'attraction chimiotav.ique des spermatozoïdes vers 
Tarchégone, leur existence a été démontrée, chez quel- 
ques espèces par TrelTnerl^), mais n:)s connaissances sur 
ce sujet restent très incomplètes. 

L'amidon, qui constitue cependant le produit le plus 
constant et le plus important de l'assimilation chez les 
végétaux verts, a été signalé çà et là, occasionnellement 
par quelques uns des observateurs qui ont abordé la 
biologie des Bryophytes. 

(l) Garjoanno. Die Olkôrpor dci* Jungcrmnnnialcs. titra, 1003, p. 457. 

(3) Jônsson und Olin. Dci* Fcttgchalt dtii: Moosc. Lunds Univertilets 
Anskrtft, Bd. 34, p. 1. 

(3) TrefTncr. Beitrjgc zar Giiemie dcr Laabjioosc. Inaag. Ditsert. 
Dorpat, 1881. 



117 

C'est ainsi que Haberlandtd), Ck)esfeld(3^ Da]mer(3), 
Bastit(4> et, comme il a été dit plus haut, Jônsson et Olin 
font mention de l'existence de Tamidon chez quelques 
espèces. Mais aucune étude spéciale, aucun aperçu 
d'ensemble sur Tamylogénèse des Muscinées n'a vu le 
jour jusqu'ici. 

L'étude que nous avons entreprise en vue de contribuer 
à remplir cette lacune est divisée en deux chapitres. 

Dans le premier, essentiellement microchimique, nous 
déterminons la présence ou l'absence de l'amidon dans un 
nombre déjà important d'espèces réparties dans les divers 
groupes de l'embranchement des Bryophytes. 

Dans un second, de caractère plus physiologique, 
nous envisageons les causes qui peuvent amener des 
fluctuations dans la réserve amylacée de ces végétaux. 



(1) Habcrlandt. BcitrSgc xar vergleichendcn Anatomie UDd Physiologie 
der iAubmoose. Jahrb. f. Ufissenêchûft, Botanik. Bd. XVII, 1886, p. 359. 

(2) Coesfeld. Bcitrage zur Anatomio und Physiologie der Laabmoosc. 
Bot. ZeiL, 1802, pp. 151, 169, 18S. 

(3) Dalmer. Uober slârkereiehe Chlorophyllkôrper im Wasscrge^ebo 
der Laubmoose. Florat 1891. 

(i) Bastit. Roeherchea anatomlquea et pbyaiologiquea sur la tige ci la 
feuille des Mouflses. Revue générale de Bot., 1891. 



118 



CHAPITRE I. 

Existence et looallBation de ramidon ohea les Mousses 

et les Hépatiques. 

Pour déterminer la caractère ainylifère ou non amy- 
lifére d'un végétal, il est indispensable d'opérei» dans 
certaines conditions bien déterminées. L'inobservance de 
ces prescriptions a, certes, maintes fois induit les observa- 
teurs en erreur et fait considérer, comme dépourvus 
d'amiJon, des organismes qui en sont, cependant, dans 
les conditions normales de \ie, amplement pourvus. 

Nous chercherons à établir, dans la seconde partie de 
ce mémoire, quels sont les facteurs qui peuvent, spécia- 
lement chez les Muscinées, déterminer une diminution 
importante, voire même la disparition complète de la 
matière amylacée. 

La connaissance de ces influences nous a conduit à 
ériger en règle absolue, dans la détermination du carac- 
tère amylifère des espèces étudiées, l'obligation d'exami- 
ner les spécimens : 1° fraîchement récoltés dans leur 
station naturelle et en état de végétation active; 
2"* recueillis à une époque où la gelée n'avait pu agir 
récemment. 

Ce sont les observations efTec tuées au printemps et en 
automne qui permettent le mieux de réaliser ces 
conditions. 

Dans les cas assez nombreux, d'ailleurs, où les échan- 
tillons, au moment de leur prélèvement, dans la nature, 
n'étaient pas suffisamment frais, on les a mis en culture, 
souvent pendant plusieurs mois. 



119 

Les cultures étaient effectuées, lanlôt^sous cloche dans 
le laboratoire, tantôt, en case vitrée ou sous des châssis 
au nord. 

Les observations datées de l'hiver portent toujours sur 
des plantes ainsi conservées en végétation, hors de 
l'atteinte du froid et à une lumière convenable. 

Dans beaucoup de cas, notamment chez les espèces qui 
ne montrent pas d'amidon dans leurs tiges feuillées, on a 
voulu étudier, sous ce rapport, le protonéma. 

Dans ce but, on a utilisé la merveilleuse aptitude des 
Muscinées à la régénération et provoqué, aux dépens de 
tiges et de feuilles, la production d'un protonéma secon- 
daire. 

Comme on le verra, les propriétés amylogénésiques de 
ce protonéma sont souvent fort intéressantes. 

Nous avons utilisé presqu'exclusivement, daps nos 
recherches, la méthode microchimique qui permet une 
localisation précise de l'amidon et une grande multiplica- 
tion des essais. 

Il semble superflu, a priori ^ de revenir sur la techni- 
que de la recherche de l'amidon. 

Toutefois, la nature spéciale des membranes, chez les 
Muscinées, ne permet pas d'utiliser une technique quel- 
conque. 

Vlodprobe classique de Sachs pas plus que le Chloral- 
jodprobe préconisé par Schimper (i) ne donnent des résul- 
tats satisfaisants. 



(1) Schimper. Uebor fiildang und WandorungdcrKohlhydratcin den 
Uobblâturn. Boi^ Zeit. 1885 p. 787, 758, 769. 



120 

Après de nombreux essais préliminaires, nous avons 
été conduits à adopter le procédé suivant. 

Les éclianti lions bien propres sont placés dans de petits 
tubes à essais dans de Talcool à 94"*, et exposés à la 
lumière pendant quelques jours. 

Après décoloration complète, ils sont lavés soigneuse- 
ment à Teau distillée, puis, placés en tubes dans une 
solution aqueuse d'hydrate de potasse à 10 */o. La durée 
du séjour dans ce réactif varie de 5 à 12 heures, suivant 
la nature des objets. 

Des lavages répétés éliminent, ensuite, la potasse, 
dont les traces restantes sont neutralisées par Tacide 
acétique concentré. Après élimination de ce dernier, les 
échantillons sont, enQn, traités à la glycérine iodée. 

Cette technique est, certes, très longue, délicate, mais, 
elle a été reconnue nécessaire pour mettre bien en 
évidence des quantités parfois très faibles d'amidon, dans 
des tissus très riches en chlorophylle et protégés par des 
membranes de la consistance et de la nature de celles de 
la majorité des Muscinées. 

Outre l'amidon, on a été amené, dans un certain nom- 
bre de cas, à caractériser les matières grasses et les 
sucres par leurs réactifs microchimiques classiques. 

Dans les pages suivantes, nous résumons les constata- 
tions eHectuées sur un certain nombre d'Hépatiques et 
de Mousses, en les envisageant dans leur ordre systéma- 
tique. 

Un certain nombre d'espèces nous ont été obligeam- 
ment communiquées par difïérents bryologues, parmi 
lesquels nous tenons à remercier spécialement MM. Cornet, 
Halin, Péters, Sladden et Smoiders. 



121 

Nous sommes aussi redevables à notre regretté con- 
frère, feu A. Hansion,de l'envoi de nombreux matériaux 
d'étude. 

HÉPATIQUES. 

Frallanla dllalala Oum. 

Mat, Khisncs, mars ; Bauchc, mai; env. de EnsiYal {leg, Halin), 
janyier; cultures (1 , septembre. 

Tiges, feuilles, propagulcs, archt^gones et sporogones dépourvus 
d'amidon. 

La matière grasse c.it abondante chez cette espèce, notamment, 
dans le sporogone. Les pédicelles très jeunes montrent do 
nombreuses gouttelettes huileuses, leurs capsules sont rem- 
plies d'un protopla3me d*aspcct écumeux, très riche en ma- 
tières grasses; plus tard, élatères et spores jeunes eu présen- 
tent également beaucoup; & la maturité, les élalères en sont 
dépourvues, les spores montrent une masse centrale très 
fortement colorée par l'acido osmique. 

Vrallaala Tamarliei Dum 

Mat, Yanco, octobre; vallée de l'Amblève, août; cultures, août, 
septembre. 

Absence complète d'amidon. 

Iiejennia serpllllfolla Lib. 

Mat, Wanlsort, juin; Vallée de l'Amblève (stallon frsicbe et 
station sèche), août; Malonne, mai. 

Tiges et feuilles dépourvues d'amidon. 

Mat. Vallée de rAmblève, cultivé au laboratoire, à la lumière 
et sous cloche, d*août à mars. 

Tiges et feuilles : pas d*amidon. 



(1) Cette mention indique que les matériaux d'étude ont été empruntés 
& des exemplaires cultivés en couche placée en serre pu sous cloche^ 
dans le laboratoire, 



122 

Hadotheea laevIgataDum. 

3!at» Waulsorty juin. 

Tige$ et feuillei dépounmes d'amidon. 
Hadolheca plalyphylla Dam. 

Mat. En?. d^Ensiral, {ieg, H&lin), décembre; Sart-fiernard, 
octobre; Onoz, septembre; Haverain, mai. 

Cette espèce ne contient pas d*amidon dans tiges, feuilles, 
aporogone. 

Iteënla eouplanata Dum. 

Mal. Eut. d*£hsiyal {leg. Halin), février- mars; Bauche (corti- 
eole), mai; Waulsort, juin (rapicolc). 

Tiges, feuilles, propagules, protonéma, sporogone et spores 

sans amidon. 
Sporogones jeunes, pédicelles à fines granulations de matière 

grasse trèa abondantes, pas de grosses gouttelettes huileuses; 

spores richea en matière grasse. 
Sporogones mûrs : corps oléifères très petits comparés à ceux des 

celluloa foliaires» dépassant rarement 10 (t en longueur, au 

lieu de 20 (ji. 

Seapaala ondalalA Dam. 

Mat. Vallée de l'AmblèYCi août; id. cultures, août, septembre, 
noTcmbre. 

Plantes très déreloppées : tiges peu ou pas d'amidon; feuilles, 
les inférieures sans amidon ou n'en présentant qu*nn peu dans 
quelques cellules isolées; les supérieures, assez bien. 

Plantes jeunes plus grêles: amidon en quantité moyenne, 
spécialement rers le sommet . 

Mat, Vallée de rAmblève, semis de propagulcs, novembre. 

Le 18 novembre on a mis à germer en solution minérale nutri- 
tive, à la lumière, des propagulcs bien développés qui^ à cet 
état ne présentent pas d'amidon. 

Des examens successifs fournissent les constatatioms suivantes : 

1. — 15 novembre — pas d'amidon. 

2. — 17 — id. 
8,-19 — id. 



123 

4. ^ 81 norembre — faibles traces, dans quelques propagules. 
5.-23 — îd. 

6. — 25 — an peu plus. 

7. — 27 — amidon en quantité notable. 

8. — 2 décembre — protonéma bi- ou pluricellulaire riehe en 
amidon. 

Seft^ala neaiorMta Dam. 

Mal, Houffaliie, cnltares, janvier; rallée de rAmblëve^ août; 

id. euUnres, septembre. 
Pas d*amidon observé. 

Mat, Vallée de rAmblèvc, cultivé en solution minérale, sons un 
éclairement assez intense, novembre. 

Tiges : assez bien d'anydon, sauf dans les parties centrale et 
périphérique; feuilles : quelques-unes seulement on présen- 
tent en asjez faible quantité. 

Sporogones : pédieelles jeunes : amidon assoeié h de la matière 
grasse; sans amidon. 

Mai, Vallée de TAmblèvc; semis de propagules en solution 
minérale, k la lumière. 

Après un mois, la majeure partie des propagules se sont déve- 
loppés ; les jeunes protonémas sont amylifères. 

Seapaala enrla Dum. 

Mai. Seillcs, cultures, janvier ; Rhisnes, mai ; Honffalize, août. 

Amidon assez abondant, surtout dans la partie supérieure dea 
plantes et, en plus grande quantité, chez les individus jeunes. 

1llpl#phyllaai alUeans Dum. 

Mai. Grande-Marlagne, avril; Namur, janvier et avril {leç, 
A. Hansion); Gembloux, janvier; cultures, février. 

Tiges et feuilles : pas d*amidon; dans certains exemplaires, des 
portions de la pseudo-nervure ou du limbe présentent faible- 
ment la réaction de ramylo-dexlrine ; les matières grasses sont 
abondantes dans ecs organes. 

Mai, Ferooz, talus de chemin creux, frais, septembre. 

Tiges et feuilles sans amidon sauf extrémités propagulifères et 
quelques feuilles voisines qui en montrent un peu. 



124 



Mat Valléo de I*Ânibi6ye, cultivé aa laboratoire, décembre. 

Assez bien de feuilles ont de ramidon. 
Mat. Semis de propagulcs, juin. 

Protoiicma et jeunes plantes déj& propaguliRrcs présentent de 
Tamidon en faible quantité. 

Mat. Fcrooz, cultivé au laboratoire, janvier. 

Sporogone. 

Les archégones fécondés présentent, dans leurs parois, une 
grande quantité d*amidon et de matières grasses. Sporogoncs 
différenciés & pédicelles encore très courts : les cellules de ces 
derniers renferment abondamment amidon et matière grasse 
en gouttelettes très grosses; les capjulcs encore verdâtres 
(500 .u de diam. environ) «à clatères et cellules-mères des 
spores non encore bien différenciées, montrent peu d'amidon, 
mais matière grasse abondante. * 

Sporogones mûi*s : les pédicoUes sont dépourvu) de réserves; 
dans les capsules, les spores et les élatèrcs n'ont plus 
d'amidon. 



Trlehne^lea tomeoleila Dum. 

Mat, Grande-Marlagne, avril; vallée de l'Amblèvc, août. 

Pas d*amidon. 

Mat. Vallée de l'Amblève, cultures, octobre. 

Tiges et feuilles des parties terminales, jeunes : asaei bien 
d'amidon. 

Blepharoila elllaris Dum. 

Mat. Sart-Bernard (leg. Peters), novembre; cultures» décembre. 
Tiges et feuilles : amidon abondant. 

Bleph«roil«iiui Irtchophyllam Dum. 

Mat. Vallée de l'Amblève, août; id. cultures, avril. 

Tiges : amidon abondant, sauf quelques-unes qui n'en ont pu. 
Feuilles en présentent parfois seulement dans les deux ou 
trois cellules inférieures mais plus souvent jusqu'au sommet. 

^nthéridies jeunes : un peu d'amidon. 



125 

l^levrmiditsaia trilobalofli Dum. 

Mat, Malouno (leg. Pétert), avril; Houffalize (base do rochers), 

août. 
Tiges ci feaillcs pourvues d'amidon, et très richos en glyeosc. 

ClaeiBBvIos TrlehoaiaBls Dum. 

Mai. Ferooz, mai, juillet. 

Tiges : amidon abondant, sauf rarement dans les jeunes qui n'en 

présentent que peu ou pas. 
Feuilles et amphigastres : amidon 1res abondant, parfois seule- 
ment dans des groupes irréguliers de cellules. Propagulos : 
très riches. Ces propagnles sont rassembles en capitules au 
sommet de rameaux difTërcnciés ; dans eertains exemplaires, 
co rameau entièrement hyalin et dépourvu d'amidon, avait 
Taspectd'un pédicelle de sporogone. Daics un capitule, les 
propagules les plus jeunes, eucord petits sont richos en 
amidon, les antres, entièrement développés, caducs en 
sont dépourvus, mais présentent de la matière grasse en 
gouttelettes. 

Lors de la germination, ces propagules reconstituent de la 
matière amylacée; le protonéma qui en provient en est, lui 
aussi, très riche. 

Chez un certain nombre d'exemplaires étudiés, la partie termi- 
nale renflée des rlilzoides contenait assez bien d'amidon. 

Mal, Grande-Marlagne (station plus sèche), avril. 

Tiges : pas d'amidon; feuilles et stipules en ont assez abondam- 
ment; certains exemplaires, cependant, en sont dépourvus. 

Des pédicelles très développés ne présentaient plus d*amidon 
mais des corps oléifères constitués tantôt de deux ou plu- 
sieurs gros globules, tantôt de nombreuses petites goutto- 
lettea, en grande partie solubles dans l'acide acétique. 

ClBclBBalns argntm Dum. 

Mat, Sart-Bernard; mla en culture et observé en janvier. 

Tiges et feuilles : amidon peu abondant; propagules mûrs, riches 
en hnile. 



126 

Cte^aloila hîemM^émim (L.) Dam. 

àlaU Bauehc, cultures, février; Ttllée de rAmblèTo, cttlliTé, 
mars; Gembloux, cultures, décembre. 

- Tiges et fouilles à amidon abondant. 

Mal. Grande-Marlagnc (station plus sèche), avril; Weerdc St- 
Gcorges, juin. 

Tiges et feuilles sans amidon. 

Sporogones encore contenus dans le périanthe : amidon dans le 
pied seulement ; plus ftgés : pédicelles riches en amidon et en 
matière grasse; plus avancés encore: pédicelles avec amidon, 
mais plus de matière grasse ; pédicelles au maximum d'allon- 
gement : sans amidon mais contiennent assez bien do glycose 
et des corps oléifères. 

Capsules : élatères et spores jeunes : amidon abondant; spores 
mûres : sans amidon. , 

Mttt. Semis de spores, juillet. 

Protonéma assos développés présentent la plupart amidon abon- 
dant. 

CephalMila byo Mieea (Rot h) Ueeg. 

Mai, Gembloux, cultures, janvier; Ferooz, cultures, avril. 

Amidon dans liges, feuilles, surtout chez exemplaires jeunes et 
parties jeunes des individus vieux où il est abondant. 

Mat, Alazy, février. 

Forme propagulifère à amidon souvent peu abondant; on n'en 
trouve que dans quelques feuilles. 

Mat, Mazy. Semis de propagules, avril . 

Le 18 avril, propagules mis à germer en solution minérale (1), 



(1) Voici la composition de cette solution : 

Eau 1000 

Nitrate d'ammoniaque 1 

Sulfate de potasse 05 

Sulfate de chaux 0.5 

Sulfate de magnésie 0.5 

Phosphate blpotassique 0.5 

Sulfate de fer 01 

Hydrate de potasse à 10 «/o : quelques gouttes pour neutraliser 
exactement. 



12? 

6n cristailisoir» à la lumière, l» moyenne : Id'-lS'*. Us sont à ce 

moment dépourrus d*amidon. 
Le 16 avril, un échantillon prélevé montre les propagules gon- 
flés, à amidon abondant. 
Le 19, propagules en voie de division; chez certains la colora- 

par l'iode est plus p&Ie. 
Le 22, les protonémas comptent do 4 & G cellules, ordinairement 

tr&s amylifères, sauf, parfois, une ou deux cellules, contiguës, 

moins riches. 
Le 80, protonéma à nombreuses cellules, pourvu déjà de rhi- 

zoîdes ; Tamidon y est abondant, sauf dans les rhizoïdes. 

ChUmëeyphmM p#ljr«B(hm Cord. 

Mat. Grand-ftlarlagno, ruisseaO| avril; Poix (St. Hubert), août. 

Tige et feuilles: amidon assez abondant ; parfois, cependant, 
il ne s'en trouve qu'à la base des limbes, ou en ilôts irré- 
galiers, dans ees derniers. 

■«•phMolM UdmUlta (L.) Nées. 

Mat, Gembloux, janvier, avril, septembre; Juslen ville, cul- 
tures, janvier. 

Tiges: sans amidon; fenilles : un petit nombre de vieilles 
feuilles présentent, notamment vers les bords, des eellules 
amylifères; an plus grand nombre de jeunes renferment une 
faible quantité d*amidon. 

L'analyse a démontre la pi*éspnce, chez cette espèce, de saccha- 
rose. Le glycose a été également observe. 

Mot, Gembloux, cultures, août. 

Sporogoncs jeunes : pas d'amidon mais matières grasses. 

Pédicelles mûrs privés de réserves; ils renferment des corps 

oléifères et, en grande abondance, du glycose. 
Spores mûres : pas d'amidon. 

Mat, Gembloux, semis de spores, mai. 

Protonéma pluricellulairc, filamenteux : amidon abondant dans 
la plupart des cellules; seulement, les plus jeunes sont 
moins riches, parfois même dépourvues d'amidon. 

Ij^phoeolea holerophylla Dum. 

Mat, Jodoigne, juin ; Haversin, mai* 



128 

Tiges et feuilles : Iraees d'amidon. 

SporogoDe : dans jeune pédîeelles et capsules : matière grasse 
en abondance^ pas d'smidon. 

Plagl<»ehlla aspleoloMrs Dum. 

Mai. Jaslenrille (leg. Corne t), novembre. 

Amidon peu abondant dans tiges et feuilles, les premières sou- 
vent plus riches que cet dernières. 

Des archégones présentaient de Tamidon dans leur partie 
renflée. 

Ii^phoBla exflectiforaiis (Breidl.) Stepb. 

Mat, environs de Spa (leg. Cornet)^ octobre. 

Tiges ei feuilles assez bien d*amidon; propagulcs Jeunes riches; 
les propagules mûrs en sont privés. 

liophosla gracllls (Schl.) Stcph. 

Mal, Waulsort, août. 

Tiges et feuilles ne présentent pas d*amidon. 

Ii^phmiia Sehreberi Nées. 

Mat. Vallée de t*Amblève, cultivé à la lumière, septembre. 

Tiges pas d'amidon; les feuilles terminales en présentent parfois 
un peu. 

Mat, Vance, cultivé an laboratoire, décembre. 

Tiges : quelques-unes en présentent un peu; Jes feuilles en sont 
dépourvues. 

Mat. Vallée de l'Amblève, août (deux stations); Sart-Bernard, 
octobre; cultures, septembre. 

Tiges et feuilles sans amidon; matière grasse abondante. 
I««plMshi laflata (Huds.) llowe. 
Mat, Gembloux, mai. 

Les plantes de deux récoltes successives (9 et 20 mai), & Texeep- 
tion de 2 anthéridies, ne contenaient pas d'amidon, mais 
présentaient, surtout dans les tiges, une très grande abondance 
do gouttes d'huile. (Cotte absence d'amidon sera expliquée 
dans la 2« partie de ee travail.)* 



139 

Mèmet mat. tenus soos clodic, en bonne lumière. 

Le 2 septembre et le 3 décembre : amidon trèii abondant dans 
tiges et feuilles mais plus d'buile, sauf les corps oléifères; le 
glycosc y est assez abondant. Un nuuvel examen, effectué en 
janyicr accusait une dimination notable d*amidon ches les 
feuilles; le glycose manquant presque complètement dans les 
tiges ne se montrait ailleurs qu'en faible quantité ; à noter 
que, de nouveau, les matières grasses sont abondantes dans 
les tiges, où les cellules montrent de l à 8 grosses gouttes 
d*huile au milieu d'innombrables et fines gouttelettes. 

li^phoiia ventrieoflMi Dum. 

Hat, Houffalizc, cultures, mars; Gcmbloux, cultures, mars. 
Tiges et fouilles : amidon abondant 

Hat. Mazy, février. 

Certaines feuilles ont leurs ecllulcs riches en amidon, d*auli*es 
en ont peu on pas. 

Ma^» Houffalize : semis de propagules, mars-avril. 

Mb à germer des propagules mûrs. Des spécimens témoins y 
indiquent Tabsence d*amidon. 

Après 7 jours, dans la solution minérale nutritive, à la tempéra- 
ture de 130 à I80, l'amidon s*y montre abondant; après 
21 jours, ils sont bi -cellulaires, Tassimilation y détermine 
la production d'amidon en abondance; après 25 jours, le 
protoaéma est eonstitué de 8 è 4 cellules très amylifères. 

Mal. Vancc, cultures, janvier. 

Sporogones jeunes. 

Pédicelles de 800 {i environ de longueur, formés de cellules 
riches en amidon et en matière grasse; capsules: parois 
riches en amidon et en huile; élatères et tissu sporogène 
riches en matière grasse. 

Mat. GemblouX| semis despores, novembre-déce nbre. 

Le 21 novembre, mis à germer, en solution minérale, des spores 
mûres (rabscnee d*amidon y avait été constatée), pour 
eiAmen3 successifs du contenu amylacé durant la germination. 

9 



130 

fre obteryation : 23 — il Pas d*tmidon. 

2* — 25 — Environ le qnart montrent de l'ami* 

don. 
8* — 27 — Constatation analogue. 

4« — 80 — Environ la moitié montrent do l'ami- 

don. 
5« — 8 — 12 Presque toutes ont de l'amidon. 

6* — 7 — Amidon plus abondant dans toutes 

les spores. 
7« — 17 — Très abondant, début de division. 

8* — 19 — Beaucoup de spores en division ; 

amidon très abondant. 
9« — 31 — Protonéma pluri cellulaire très riebe 

en amidon. 

Loph«zla blcrenata Dum. 

Mai, Houifalizct eulturcs, mars. 

Tiges et feuilles, pas d'amidon ; il en est de môme des propa- 
gules. 

MaL Vance, juin. 

« 

Tiges sans amidon ; feuilles très peu, dans portions de limbe. 

Sporogone : pied des pcdicelles jeunes : beaucoup d'amidon. 
Pédicclles jeunes à cellules très ricbos en amidon et en 
matières grasses; capsules : parois avec amidon abondant. 

Spores presque mûres sans amidon. 

Des anthéridics jeunes se montrent riches en amidon. 

lioph^sla lliiellerl (Nées) Dum. 

Mat. Malonne {leg, Péters), lévrier. 

Amidon abondant dans tiges et fouilles ; glycose assez abondant 
vers les extrémités; moins ailleurs. 

f iophosia aiitaiiiiiallfl (DC) Hecg. 

Mat. Vallée de la Vcsdre {leg. Cornet), décembre. 

Pas d'amidon. On aurait pu l'attribuer, en grande partie, & ce 
fait qu'une chytridinée avait partiellement détruit le paren- 
chyme foliaire. Mais des individus de la même provenance 
placés sous cloche au laboratoire, se sont oébarrassés du 
parasite et ont végété vigourensement. Néanmoins, étudiés 



131 

ftaeeeu* «o janvier, férrier et mai, ils n*oat pas moatrë 
d'amidon ; dans la dernière observation, de grosses gouttes 
d'huile ont élé déeelées dans les tiges. 

Ii»ph»ila laeeeelata Dmrt. 

Mat, Env. de Spa {leg. Cornet), novemlire. 

Amidon très abondant dans tiges et feoillea* 
Hesophylla erenalata (Sw.) L. 

àîat, Habay-la-Neove, octobre, id. cultures, mars; vallée de 
rAmblève, cultures, septembre. 

Tiges et feuilles présentent amidon abondant, notamment dans 
les individus jeunes et les pousses stoloniformcs. 

La var graciUima Nées s'est montrée parlicalièrement riche. 

Sporogones jeunes (5 exemplaires étudiés). 

L'un d'eux présente un pied de 100 (i..; le pédicelle qui mesure 
250 {1. est riche en amidon et en gouttelettes huileuses Les 
capsules très jeunes sont riches en amidon . 

Sporogones mûrs : pédicelles dépourvus de matériaux de réserve; 
ils ne renferment plus que dos corps oléifères elliptiques de 
90= 11 (il. ou globuleux, de 12 (i. de diam., à surface très 
finement granuleuse et au nombre de 2-3 dans les cellules. 

^•■•pliylla comprema Dum. 

Mat. Vallée de TAmblève, août. 

Vieilles tiges dépourvues d'amidon; tiges jeunes, beaucoup, 
dans la partie terminale; feuilles, les terminales a.«sez bien, 
les moyennes, peu, les inférieures, pss. 

Mes^pliylla sealarU Dum. 

Mat, Seilles, (station fraîche), novembre. 

Tiges et feuilles : amidon très abondant. 

Sporogones jeunes (même provenance, cultures, décembre) : 
Pied bulbiformc à cellules contenant assez bien d'amidon. 
Pédicelle encore verdàtre, cylindracé, constitué par des files 
de cellules, très aplaties, superposées, au nombre de 80 à 40 
en séries linéaires contiguës; ces cellules sont plus grosses au 
sommet, sous la capsule, où elles atteignent 44 (n, tandis qu'à 
la base elles ne dépassent guère 32 p,. filles renferment, les 
unes» beaucoup d'amidon, les plus nombren^os conli'^nncnt do 



132 

i*aniidon aecompigné d'an ctrUin nombre de goatulettet de 
matière graste ; plat il y a de ces grosses goattes d*huile, 
moins Pamidon est abondant. 

Capsule encore recoarerte de la membrane mince, transparente 
constituée par raccroissement du sommet de i'archégone. 
Spores encore vcrd&lres et même déjà un peu brun&tres riches 
en amidon de même que les élatères. 

Sporogones mûrs (même pi*oycnance, cultures, février). Pédi* 
ccllc3 entièrement développés : cellules très allongées ne 
présentant plus d'amidon sauf parfois celles situées près 
do l'insertion de la capsule; la matière grasse plastique a 
disparu, il no reste que les corps oléifères de protection, au 
nombre de 12 à 25 par cellule, ovoïdes ou limon iformes, de 
5-10 .= 4-8 (1., exceptionnellement de 20 = 10. 

Spores et élatères s sans amidon. 

Mht, Pécrot, talus sablonneux sec, octobre. 

Plantes adultes : très peu d'amidon dans tiges et feuilles; plantes 
jeunes : beaucoup. 

fllamiapella emarginata Dum. 

ifat. Vallée de TAmblève, août; id. cultures, septembre; 
novembre 

Tiges el feuilles généralement ssns amidon. Dans un échantil- 
lon du matériel prélevé en août dans la vallée de l'Amblève, 
quelques feuilles on présentaient en faible quantité. 

Harflopella Fanckil Dum. 

Mat, Habay-la- Neuve, cultures, janvier; Seilles, novembre. 

A!nidon abondant dans tiges et feuilles, plus rarement existe 
seulement en quantité notable dans la partie supérieure des 
tiges. 

FoManibronla WandraezeLII (Cord.) Dum. 

Mat. Sart«Bernard, cultivé au laboratoire, décembre; Gembloux, 
cultures, décembre. 

Tiges et feuilles : amidon abondant, sauf les feuilles inférieures 

qui en sont souvent privées. 
Sporogone. Pédicelles très courts : les eeliulea constitutives sont 



133 

pleines d'amidon et de matièref grasses; pédieeilcs encore 

yerdfttres pins allongés : la matière grasse a en grande 

partie émigré dans la capsule ; Tamidon est encore abondant; 

pédieelles complètement allongés : ni amidon ni matière 

grasse si ce n'est des corps oléifères; il persiste cependant un 

peu d'amidon à la base. 
Capsules, avant la division des ecllules-mères des spores, le 

contenu ne montre pas d*ainidon. 
Capsules encore jeunes s spores en tétrades, à épispore 

lisse, amylifères mais surtout riches en huile; élatères avee 

huile. 
Capsules presque mûres : spores & épispore déjà coloré, à crêtes 

visibles sans amidon mais avec grosses gouttes d*huile; 

élatères avec huile abondante. 
Capsules mûres : spores et élatères sans amidon. 

SlaEla pnuiilla L. 

ikii, Habay-UrNeuve, octobre. 

Amidon abondant dans la fronde, très abondant dans les 
propagules. 

Pcllla eplphylla Cord. 

Mat. Vallée de rAmblève, août, cultures, février. 

Frondes très riches en amidon. 

Sporogones jeunes : pédieelles & séries de cellules constitutives 
à amidon très abondant en grains partiaulièrement gros, 
sans matière grasse, contrairement à ce que l'on observe 
chez toutes les autres espèces amylifères. Spores jeunes 
riches en amidon. 

Sporogones mûrs : pédieelles très longs, dépourvus d'amidon, 
mais renfermant des corps oléifères et du glycoso en abon- 
dance. Spores mûres : amidon abondant. 

IHetigeria fareata (L. ex p.) Dum. 

Mat, Bauche, septembre; Habay-la*Neuve, octobre; env. do 
Ensival {leg, Halin), janvier; Haversin (corticole), mai. 

Tiges, feuilles, sporogone, sans amidon. 

Heligerla pnbepeens Radd. 

Mat. Env. Ensival (leg, Halin), mars; Waulsort, juin. 
AmidoBdana tiges, feuilles. 



134 

Anevra plagvU Dam. 

Mat, Uayertin, mai. 

Amidon trèf abondant dans la pai*tie médiano, renflée des fron- 
des; ii décroît progreisiyement yera les bords oÀ il y en a 
peu ou pas. 

Aneara oialUftdA Dum. 

Mat. Vallée de rAmblèye, août. 

Amidon abondant partout; les cellules marginales des frondes 
en sont un peu moins ricbes. 

lianiilarlA Yal^wU (L.) Dum. 

Mat. Gemblouzy cultures, octobre, décembre. 

Frondes : amidon très abondant; propagules, îd. 
K6b*«lla h«iiitopliAerle« Radd. 

Mat, Namur, cultures, féyrieret mars. 

Frondes, réceptacle et stipes jeunes, riches en amidon; ces 
derniers en sont priyés à la maturité. Glyeose asses abondant 
dans le réceptacle, les stipes et les poils écailleux. 

TargloBift hypophylla L. 

Mat, Bruxelles, cultures janyier. 

Frondes, sporogones jeunes, & spores eneoro en tétrades, ricbes 
en amidon. 

nteelA glavea L. 

Mai, Volalne, octobre ; id. cultures, janyier. 
Frondes, sporogones et spores à amidon très aboodant. 

MOUSSES. 

SpluigBiiBi AeallMinBi Ehrb. 

Mat» Vallée de TAmblèye, août; id., cultures, septembre; id. 
cultures, noyembre. 

Tiges à amidon en grains petits, peu abondants, dans quelques 
cellules des parties les plus jeunes ; feuilles sans amidoo. 

Des anthéridies se sont montrées riches en amidon. Les spores 
en sont dépouryues. 



135 

potr«phllft Ehrh. 

Mat. Valléo de U Chefn», août; id. caltores, septembre, octobre, 
mars. 

De nombreux échantillons, étudiés aux diverses époques do 
l'année, de cotte espèce rupicole, cultivée, cependant, dans 
les conditions optimum pour la production d'amidoo, n*en ont 
jamais montré. 

Nous n'avons malheureusement pas réussi, malgré des essais 
répétés à obtenir la germination des spores ni la régénération 
par les feuilles et par les tiges. Nous n'avons donc pu nous 
renseigner sur la présence de TamidoD dans le protonéma. 

Phaacam eiispldataiii Schreb. 
Mat. Gembloux, novembre. 

Tiges et fouilles : amidon assez abondant ; les individus âgés, 
après la dissémination des spores, n'en présentent que très 
peu ou plus. 

Sporogones : parois eapsulaires à amidon très abondant; spores, 
la plupart, assez bien. 

Pleiirldliim sabalatimi Br. eur. 
Mat. Gembloux, septembre. 

Tiges, feuilles, protonéma à amidon assez abondant ; anthéridics 
et paraphjses très riches. 

DierAB^welflla cirrata Lindb. 

Mat, Lonzée, forme corticole ; cultures, décembre. 

Tiges : la plupart privées d'«midon, certaines, assez bien; 
feuilles : amidon chez le plus grand nombre; celles des 
rosettes terminales sont plus particulièrement riches, surtout 
les plus jeunes; propagulcs : amidon abondant. 

i/ol. Gembloux, régénération de tiges, fouilles et propagules, 
septembre. 

Protonéma secondaire : amidon en quantité moyenne dans la 
majeure partie des filaments; bourgeons et jeunes plantes 
sans amidon. 

WimdâmmB bryolëas Hedw. 

Mat, Gemblou, cultures, février. 



136 

Tiges : on pou d'amidon au sommet; feuilles, la plupart, aiseï 

bien, surtout les supérieures» 
Sporogone : pédicelle : un peu d*amidon; spores presque mûres : 

los unes présentent encore de l'amidoo, les plus arancdes en 

sont dépourrues. 

FiMMeDfl taxlfollvfl Hedw. 
Mat, Gembloux, ayril. 
Amidon abondant dans tiges et feuilles. 

FiMMens adlantoidei Hedw. 

Mat, Vallée de i'Amblève, août; id. euUures, septembre. 
Tiges : peu on pas d'amidon; feuilles, amidon abondant. 

Canipyl^piis fl»x««fl«i Brid. 

Mat, Vallée de l'AmUève, août; id. cultures^ septembre. 
Tiges : sans amidon ; feuilles terminales : très peu à la base» 

nieranella iMteromalla Sch. 

Mat. Habay Juillet; Seilles, septembre; Maxy, avril. 

Tiges : amidon en faible quantité, parfois absent; feuilles 
jeunes : la plupart en ont assex bien, mais fréquemment, 
seulement dans la moitié supérieure, contrairement au cas le 
pins ordinaire. 

Spores mûres sans amidon. 

Mat. Ferooz, semis do spores, septembre. 

Protonéma riche en amidon. 

DleranellA spcc. 

Mat. Neufchliteauy avril. 

Tiges et feuilles à amidon aboodant, surtout dans la moitié 
supérieure de ces dernières. 

lHerAii«Bi •«•parlvn Hedw. 

Mat, Fer 001, septembre. 

Tiges et feuilles inférieures sans amidon, les supérieures jeunes 
en ont dans le limbe entier; les grains petits sont surtout 
abondants sur les crêtes dentloulées de la nervure. 



137 

P^ttiA tr««catA Br. cor. 

l/flf . IfeQfehAteaii, aTril. 

Amidon pea abondant dans tiges et feuillet. 
P«ltlA laneMlaU G. Muell. 

MaL Neufchftteau, arril. 

Amidoo très abondant dans tiges et fcailles. 
Caratoion p«rp«rcii8 Brid. 

Mat, Gembloui, octobre; Feroox» mars; Namur, mai. 

Plantes adultes : on général très pea d'amidon ; liges et feuilles 
des plantes jeunes à amidon abondant. 

Mai, Crembloox, semis de spores, mai. 

Le 7 mai, mis à germer des spores, chez losqoelles Tabsence 
d*amidon a été constatée, en solution minérale. 

Après 2 jours, les spores gonflées commencent à germer, leur 
contenik deyient plus ou moins granuleux, quelques unes 
présentent déjà une faible réaction d*amidon. 

Après 8 jours, le filament germinatif s'allonge, l'amidon y est 
asseï abondant. 

Le 12 mai, soit après 5 jours, tous les protonémas formés de 
deux cellules sont riekcs en amidon. 

Mat, Gembloax, semis de spores sur agar à base de solution 
minérale, septembre. 

Protonéma : amidon abondant surtout dans parties jeunes ; les 
bourgeons et jeunes plantes sont très riches, des individus 
plus Agés n'en ont plus qu'à la base. 

Mat, Gembloax, février. 

Sporogone. Partie supérieure des pédicelles et tissa assimilateur 
des capsules : amidon assex abondant. Spores mûres dépour- 
vues d'amidon. 

WBMé jmÊmé mm r«belliis Br. eor. 

ifat, Onoi, septembre. 

Tiges : très peu d'amidon ; feuilles : assez bien, excepté dans la 

nervure. 
Archégonos ; amidon dans partie inl&riearo renflée. 



138 

Sporogone. 

Captal6 jeane : tiua aMimilatenr riche en amidon, spores non 
mûres : imidon en qaantitë yariable; capsules mûres : tissu 
assifflilateur, peu, columello eneore beaucoup, spores, sans 
amidon. 

ffarbala «ngvlealala Hcdw. 

Mat. Gembloux, cultures, décembre. 

Tiges et feuilles I amidon assez abondant. 
Sporogones. Pédicelles : énormément, surtout dans partie supé- 
rieure; yaginnle, peu. 
Spores sans amidon. 

i/af. Gembloux, semis de spores^ arril. 

Protonéma d'ftges divers riches en amidon. 

^rbvla fftilax Hcdw. 

Mal. Env» d'Ensivai {Ug, Halin), septembre. 

Tiges : pas d'amidon; feuilles : très peu abondant, sauf les jeunes 
des sommités qui en ont parfois assez bien. 

Mai, Eut. d'Ensiral, cultures, régénération do tiges et de 
feuilles. 

Prctonéma seeondairc, bourgeons, tiges et feuilles des jeunes 
plsotes très riches en amidon. 

^rbala eoBvoliita Hedw. 

Mai, Eut. d*EnsiTal (leg, Halin), septembre. 

Amidon assez abondant partout; cependant, certaines tiges 
yieilles n'en ont pas, de même que la plupart des yieillcs 
feuilles. Jeunes tiges et sommités particulièrement riches. 

SarbiiU toriBMA W. et M. 

Mat, Vallée de l'Amblère, août; id« cultures, septembre. 

Pas d'amidon dans tiges et feuilles. 

Mai. Même proyenanee, régénération de tiges nues, de sommi- 
tés de tiges fouillées et de fenillee. 

Après un mois, le protonéma secondaire obtenu se montre 
dépourvu d'amidon. 



139 



Sartala HivrAlift Tîmm. 

Mai. Gembloai, mur ombragé, jain. 

Pas d'amidon. 

Mat. Même slatioD quo ei-detsas, norcmbre. 

Feiiill«9 : pas d*amidon, sauf les périchctiales chez lesquelles 
on troutt des groupes de eeilulet qui en ont assez abondam- 
ment* 

Sporogone. 

Archégones fécondés : amidon amea abondant. 

Pédieelles non entièrement déyoloppés : beaucoup dana la 
moitié et parfois dans le tiers supérieurs ; pied et yaginule : 
pas d'amidon. 

Absence deglyeose. 

Mat, GemblouXy semis de spores» norembre. 

Le 18 novembre, on a mis à germer des spores en solution 
minérale nutritive. L'absence d'amidon y avait élé, au 
préalable, constatée. 
Les examens successifs suivants ont été effectués : 
1 examen, 30 novembre. Bésultat : amidon. 



2 — « — 



3 

4 



2i 
26 



5 — 28 — 



6 — 



1 décembre — 



— il — 



: quelques spores avec traces 
d'amidon. 

: spores ovoïdes, amylifôros. 

: la hernie s'accentue, elle 
renferme beaucoup d'ami- 
don. 

: débuts de filaments mesu- 
rant de 1-4 fois le diam. 
des spores, riches en 
amidon. 

: protonéma de 1 & 3 cel- 
lules, très amylif&res. 

: presque toutes les spores 
ont germé; les filaments 
du protonéma sont très 
longs et riches en ami- 
don. 



■•rbaki r«ralls Hedw. 
Mat. Haversin, mai. 
Tiges et feuilles sans amidon. 



140 

Mat, Même prorenance, feuilles on régénération, mal. 

Après un mois, très beau protoncma, à extrémités rooniliformes, 
naissant dans la moitié inférieure de la feuille, riehe on 
amidon; les parties vieilles allongées du prolonéma, do même 
que les bourgeons qu*il porte et quelques rhizoïdct en sont 
dépourvus. 

Hedwigift albieaM Lindb. 

Mai. Vallée derAmblève, août, id, cultures, septembre. 
Tiges et feuilles sans amidon. 

Qriniiiiia apoearpa Hedw. 
Mat. Onoz, août. 

Tiges et feuilles dépourvues d*amidon. 
Mat. Onoz, régénération do feuilles. 
Protonéma secondaire dépourvu d'amidon. 

QrimnilA palvlnata Sm. 

Mat, Onoz, septembre. 

Tiges et feailles sans amidon. 

Mat. Même provenance, avril. 

Tiges, feuilles et sporogones dépourvus d'amidon. 

RhaeondtrlBn pr^tensiiin A. Braun. 
Mat. Vallée de TAmblévc, août. 

Tiges et feuilles sans amidon. Des échantillons de la même 
provenance, cultivés dans les conditions les plus favorables en 
septembre et mémo en octobre, n'en ont pas montré non plus. 

lUiacdHiltrliiiii aelealare Brid. 

Mat. Vallée de PAmblève, août. 

Tiges et feuilles ordinairement sans amidon, parfois, cependant, 
en très faible quantité. 

Mat» Même provenance, tiges nues, sommités et feuilles en 
régénération. 

Protonéma secondaire : assez bien d'amidon, surtout dans la 
partie la plus vieille des filaments. 



141 

KhftCoadlrlttHi «rleoldes Brîd. 
Mat Feroozy 8«pt6mbre. 
Amidon aniqaoiD6nt aa f ommet def piat jeunes tiges. 

•rthutrleham aflloe Schr&d. 

Mat» Vallée de rAmblëve, août; id » ealtures, septembre. 
Tiges et feailles sans amidon. 

Mal. Même proycnance, régénération de tiges fcnillées. 
Protonéma seeondaire sans amidon. 

VMa erispn Brid. 

Mat» Vailé; de TAmblèTe, août; id. cnllurcs, septembre. 

Pas d'amidon dans tiges et feuilles ; anlhéridics riches ; arché- 
gones : un peu d'amidon. 

SBealypla ftlrept^earpa Hedw. 

Mat. Hayersin, jain; Maxy, ayril. 

Pas d'amidon, sauf quelques bases de feuilles qui en ont un peu. 
SeUstotegA osnmodneeA W. et H. 

Mat. Orchimont {leg, Pétcrs), ayril. 

Amidon abondant dans les tiges et très abondant dans les feuilles. 

FuiarlA hygrometrlea Hedw. 

Mai. Gcmbloux, mars. 

Tiges, feuilles : amidon abondant. 

Sporogones jennes : pédiecUes et tissu asiimîlateur de la cap- 
sule à amidon abondant. 

Fahlla aBMllaa Lindb. 

Mat. Marloie, mai. 

Tiges très riehet en amidon ; feuilles : quantité moyenne, surtout 
abondant dans moitié inférieure. 

PttUla alUcMiB Lindb. 
Mût. Onoi| ayril. 

Tiges à amidon abondant ; la plupart des feuilles en sont aussi 
asses riehement ponryues. 



142 

Pahifo BiitABs Lindb. 

Mût, Seillet, enltares, toptembre. 

Tiges : amidon assez abondant; trèf abondant dans lim bas ot 

nenrnros des feuilles. 
Archégones riebes dans leur psrtie inférieare; fenillos périehé- 

tiales anui très riches. 
Sporogonos jeunes : amidon abondant dans les jeunes pédieolles. 

llryviii p«e«dotriq««lruiii Schwacgr. 
Mat, Haversin, mai. 

Tiges à amidon très abondant ; les feuilles terminales sont les 
plus riches, les autres en ont le plus dans leur moitié infé- 
rieure. 

Bryvin «ae^pitltimn L. 

Mat, Gemblouz, mur» mars. 

Amidon abondant dans tiges, feuilles, tissu assimilatour de la 
eapsule et dans la colamcUo. 

Wlffum erythroearpmn Sehwaegr. 

Mat* Vallée de TAmblève, cultures, octobre. 

Amidon abondant dans tiges et feuilles, surtout celles des 
extrémités. 

Bryan Arfi;«iite«ni L. 

Mat, Gembioux, juillet; Jusienville, cultures, automne. 

Amidon dans presque toutes Ica tiges, abondant ou asses 
abondant. Feuilles également à amidon abondant, parfois, 
seulement dans la moitié inférieure du limbe. 

Exemplaires tenus en couches, janvier. 
Beaucoup moins d'amidon que ci-dessus, mais gljcose rare 
dans les tiges ot abondant dans les feuilles. 

Bryan r««e«iii Schreb. 

Mat, Malonne (leg, Péters)| mars. 

Tiges : un peu d'amidon; feuilles : amidon abondant en 
mélange arec énormément de matières grasses; le glyoose 
existe également on quantité notable. 



143 

HolwM stellar* Hedw. 

Mat, Magnée, eulturef, juin. 

Amidon abondant dans tiges et feuilles. 

Hniam pnBetatmi L. 

Ifa/. Habay-la-Nenve, «eptembrc; yaliée de rAmbière» août; 
Ferooz, mars; id. cultures, février. 

Tiges, feuilles et protonéma à amidon abondant. 

Sporogones asseï jeunes*, pédi celle riche en amidon surtout dans 
sa moitié supérieure; capsule : tissuassimilatcuretcohimelle 
riches; spores encore réunies on tétrades ou déj& libres, sans 
amidon. 

■al«ni r^straf am Schwaegr. 

Mat. Landelies, cultures^ mars. 

Amidon abondant dans tiges et feuilles. 
llBivBi ftfllDe Schwaegr. 

Mat, Uaversin, mai ; Pécrot, juin. 

Amidon asseï abondant partout, mais surtout dans les parties 
terminales. 

HdIub iiii4«lAl«a Neek. 

Mat. Feroos, juin; îd. septembre. 

Amidon trèa abondant dans tiges et feuilles, parfois les parties 
yieilles sont ici plu« riches que les sommités. 

Fleurs maies : paraphyses, un peu d*amidoii : parois des anthé- 
ridies : beaucoup. 

neiaM iMmam L. 

Mat, Grande-Marlagne, mai ; Ferooz, mars. 

Tiges : amidon peu abondant ; il est souyent localisé dans le 

parenchyme cortical. 
Feuilles : amidon ordinairement dans toutes ; les terminales 

abondamment dans le limbe entier; les autres, souyent dans 

la moitié ou les deux tiers inférieurs du limbe et on moins 

grande quantité. 
Anthéridiea et archcgones très riches; paraphyses, assci bien 

le glycose est également assez abondant dans ces organes. 



144 

Sporogoncs avant la matarité complèlc. 

Pédieelles : amidon très abondant sortoat dans partie sapé 

rieure. 
Capsules : tissu assimiiatcur et columelle très riches; coiffe ; 

un peu d'amidon ; cellules- mères dos spores ou spores jeunes, 

sans amidon . 
Spores mûres sans amidon, mais abondamment pourruet de 

matières gitsscs. 

. hfat, Grande-Mari agnc, régénération de tiges sur agar à base de 
solution minérale, septembre. 

Après 40 jours, on a obtenu un abondant protonéma et des 

bourgeons feuilles. 
Une partie du protonéma seule est riche en amidon (l), les jeunes 

plantes (tiges et feuilles) en sont beaucoup plus riches que les 

individus adultes. 

AalaeoBinlaiii andro^yaan Schwaegr. 

Mat. Houffalizc, cultures, mai. 

Tiges, feuilles et propagules riches en amidon. 
Aalaeomnlain palustre Schwaegr. 

Mat. Vallée de l'Amblèvc, août. 

Tiges : amidon assez* abondant; feuilles : un peu à la base de 
quelques limbes et dans les nervures. 

Barlmmia poiiiifM*iiiiB Hedw. 

Mat, Vallée de TArablève, août. 

Pas d'amidon. 

Mal, Même provenance, cultivé sous cloche et ft bon éclairo- 
menty septembre. 

Tiges : traces ; fouilles : abondant. 

llartraaiia ffiderl Schwaegr. 

Mat. Waulsort, juin. 

Tiges : tràs peu d*amidon; feuilles jeunes : abondant; feuilles 
vieilles : très peu, notamment, dans les nervures. 

(1) Les filaments dépourvus d'amidon étaient sans doute partiellement 
desséchés, en dehors du milieu nutritif. 



145 

TeIrapUs pellaeMa. Hedw. 

Mat, Houffalize, cultures, janyier. 

Amidon assez abondant dans toute la plante; pvopagulos très 
riches, 

AlrielMni aiidalatani P. Beauv. 

Mat, Habay-la^Nenve, juillet ; Houffalize, cultures, septembre ; 
Gembloyx, cultures, janvier. 

Amidon abondant dans tiges et feuilles. 

Màt, Vallée de TAmblère, cultures, septembre. 

Tiges : amidon abondant ; nerrures des feuilles, riches, base des 

limbes, pauvre en amidon. 
Sporogones i pëdicelles, pas d'amidon; columelle et coiffe, trèi 

riches; tissu assimilateur, assez riche. 

^•i;»BatiuB aMdes P. Beauv. 

Mat. Habay-la-NeuYc, cultures, juin ; Neufch&tcau, avril. 

Tiges : amidon abondant; feuilles : beaucoup, mais moins dans 
leor moitié inférieure; protonéma riche. 

Pagaaaiani BaBOBi P. Beauv. 
Mat. Neufehâteau, avril. 

Tiges : amidon peu abondant; feuilles : lamelles et limbes 

abondant, partie engainante, rare. 
Sporogone. Pédicelles : les uns ont assez bien d*amidon, les 

autres peu ou pas, suivant leur âge. Capsules après sporose : 

pas d'amidon. 

Palytriehua plllferam Scfareb. 

Mat, Ferooi, septembre. 

Tiges sans amidon mais très riches en matières grasses; feuilles : 
dans les lamelles, assez bien ; dans la base engainante, beau- 
coup moins, 

Palytrichoin JoBiperiaoBi Willd. 

Mat, Getaibloux, mars. 

Tiges souterraines (rhizomes) et aériennes à amidon assez abon« 
dant dans le parenchyme cortical. 

10 



146 

Feuilles : lamelles riches, partie iufdricufe engainante du lim 
souvent peu ou point. 

Mat. Gembloux, régénération de feuilles^ février. 

Après 32 jours, te protoncraa secondaire obtenu se montre riche 
en amidon. 

Mat, Neufchditeau, avril. 

Anthéi'idies el filets des paraphyses : glycose abo..dant; amidon 
abondant dans les antbcridies et la partie terminale renflée 
des paraphyses. 

P^lytrlchnni formosani Uedw. 

37a/. Vallée de l'Amblëve, août; Seillcs, septembre; Fcrooz, 
mors. 

Tiges : assez bien d'amidon dans la couche moyenne ; feuilles à 
amidon abondant, plus partieulièrement duns les lamelles, 
rare dans la partie engainante où il y a un peu ou pas. 

Mat, Scilles, tiges et feuilles en régénération. 

Après 43 jours, les tiges nues ont donné un beau protonéma 
et des bourgeons, les feuilles détachées ont aussi régénéré. 
Amidon relativement abondant. 

Palylrlehani eojunaae L. 

Mat. Neufchâteau, avril. 

Tiges : couche moyenne très riche en huile, à amidon assez 
abondant; feuilles : les lamollcs et le limbe en présentent 
beaucoup, sauf à la partie inférieure où il n*y eu a pas ou 
très peu. 

Sporogone. Pédicclles jeunes : un pou d*amidon; capsule très 
jeunes, à tissus non encore différenciés : amid,>n très abon- 
dant. 

Itfeckera complasiata Br. cur. 

3fa/. Vallée de TA nblève, août; Waulsort^ août; id. cultures, 
septembre. 

Tiges et feuilles sans aniJon. 

IVeekera erUpa Hedvr. 

Mat. Waulsort, juin; id., cultures, septembre 
Ttgcs et feuilles sans amidon. 



147 

Merlg«p1iylloni laeeas Brid. 

Mût. Grande-Marlagne, avril. 

Amidon pca abondant dam tiges et fcnillcfl (surtout les termi- 
nales). 

AB«niQd«D vltieal«ta0 Hook. et Tayl. 

Mat. WauUort, juin; Onoz, septembre. 

Tiges et feuilles dépourvues d'amidon; on n^en a trouvé un peu 
que dans les feuilles du sommet d'une tige. 

Thaldiom tamarlflelanm Br. ear. 

Mat. Vallée de TAmblève, août. 

Tiges et feuilles sans amidon. 

Mat. Même provenance/ cultures, septembre. 

Tiges et feuilles sans amidon si ce n*est quelques jeunes feuilles 
terminales qui en présentent assez bien. 

Mamalla trlehaniaaaldes fir. cnr. 

Mat. Waulsort, caltare, février. 

L'amidon y manquait dans les tiges et les feuilles ijui, par contre, 
étaient riches en glycose. 

balhaelam Hyaram Brid. 
Mat. Waulsort, juin. 
Pas d*amidon dans tiges et feuilles. 

HaauiUtheeiani serlceani Spr. 

Mat. Gemblouz, troncs d*arbre, décembre. 
Tiges et feuilles sans amidon. 

CaBiptatheeiaai aiteas Scb. 

Mat. Giatoux, septembre. 

Amidon seulement dans les parties jeunes de la tige; feuilles : 
les vieilles sans amidon, les jeunes en présentent h la bnse, 
parfois même dans tout le limbe. 

Braehylheelaai ratabnlam Br. enr. 
Mat. Gembloux, mars. 



148 

Tigct : amidon vers le sommet; feuilles : celles de la partio 
termtiiftle de» tiges en ont seules assez bien. 

ÈUtt. Onoz, avril. 

Traces d'amidon dans tiges et feailles. 
BraehytheelaBi veIttCittvai Br. eur. 
Ëiat. Gombloax, caltares, juillet. 

Tiges : les trois qoarts en ont assez bien; les feuilles des som- 
mités en ont seulement assez bien dans leur moitié inférieure. 

HyMtfMisfll flag€llare Br. eur. 
U§t. Vallée de rAmblève, août. 
Traces d'amidon dans tiges et feuilles. 

Karhynehlaoi pra^loagam Br. eur. 

Mût, Gcmbloux, avril. 

Tiges : amidon très abondant; feuilles, seulement abondant. 
Rhyaeh^steglam ranelTornie Br. eur. 

Mat, Waulsort, juin. 

Peu d*amidon, sauf dans quelques rares tiges et feuilles où il est 
abondant. 

Mat. Même provenance, cultures, septembre. 

Tiges : amidon abondant; feuilles : abondant dans les nervures; 

dans les limbes, il y en a uniformément mais en assez faible 

quantité. 

Thamalaoi afopeearam Br. eur. 

Mat. WauIsort,juin. 

Tiges : très peu d'amidon; vieilles feuilles : souvent dans ncr- 
vurcs; jeunes feuilles terminales, assez riches. 

IsopterygloBi eiei^aas Lindb. 
Mat, NeufchAteau, avril . 

Plante propagulifère : tiges et feuillcj, assez bien d'amidon, 
surtout dans les parties terminales; propagules (rameaux 
filiformes caducs, garnis de petites feuilles), très riches. 



149 

Pla§;MheeliiBi sylvaticam fir. ear. 

Mat, Valléode rAmbière, août. 

Pas d*amidou dans feuilles, tiges ; quelques filaments de proto- 
néma en sont, en reranche, très riches. 

Met, Mémo prorenanee» cultures, septembre. 

Tiges ont de l'amidon abondamment vers leurs extrémités; les 
fouillea terminales sont richoa; les autres en ont un peu. 

PlaiSiatheeliUB oadolatam Br. eur. 

Mai, Vallée de rAmblève, août. 

Tiges : beaucoup d'amidon dans la partie supérieure, rarement 
peu ; feuilles terminales très riches, cellea du tiers supérieur, 
seulement assez }iien à la base, les inférieures en sont 
dépourrues. 

AniMyvlaglBai Mrpaaa fir. eur. 

ffyt, Gemblouxet Onoz, ayril; Pfeufebâteau, id. 

La plupart des tiges contiennent beaucoup d'amidon, surtout 
les plus jeunes ; il en est de même des feuilles où let plus 
ftgées sont ordinairement les moins riches. 

Pédieclle à amidon très abondant,parfois dans toute sa longueur; 
tissu assimilatour et eolamelle & amidon abondant. 

MypDmm fillelavat L. 

Mat, Haversin, mai. 

Tigea : assez peu, parfois seulement des traces ; feuilles, eninron 
la moitié en ont assez bien ; tantôt toutes celles d'une même 
tige en ont, tantôt les feuilles amylifères sont isolées. 

Mût. Onoz, avril. 

Environ la moitié des tiges sont nettement amylifères; eertsi- 
nes plantes ne montrent pas d'amidon dans les feuilles, 
d'autres en ont assez abondamment. 

Hypaaai caprepalfarme L. 

Mat, (talus assez sec) Neufchâteau, avril. 

Il y a peu d'amidon dans les tiges ; les feuilles en ont quelque- 
fois assez abondamment, surtout les terminales. 



150 

Hypaam iii«iiaBeoiii Ucdw. 

JJai. Waulsart, juia; Neofebâteau, avril. 

Très peu d'amidon daas tigos et feuilles. 

Hypaam Cf ista-eastr^asls L. 

Mat, Vallée de la Ronce [leg, Mansion et Sladdcn) cullarei, 
septembre. 

Tiges vieilles : pas d'amidou, tiges jeunes, amidon abondant 
surtout au sommet; feuilles : les terminales seules eu présen- 
tent. 

HylaoouilMBi ^quarr^sam fir eur. 

Mat. Neufcbâteau, avril. 

Tiges et feuilles à amidon assez abondant. 

Étudô de matériaux d'herbier. 

Indépendamment des 132 espèces de Musciaées, dont 
l'étude fait l'objet des pages précédentes, nous avons 
soumis à un examen microchimique, un certain nombre 
de plantes d'herbier que nous n'avions pas à notre dispo- 
^.itîonà l'état frais. 

Parmi celles-ci, la plupart se sont montrées dépour- 
vues d'amidon ce qui s'explique par l'action qu'exerce la 
dessiccation sur la réserve amylacée, action qui sera 
étudiée dans la deuxième partie de ce travail. Quelques 
unes, cepenJant, avaient onservé des quantités notables 
d'amiion; on est donc en droit dj 1rs considérer, a fortiori^ 
comme amylifères à l'état frais. 

Nous en donaons ci-dessous la liste, avec Tindication 
du lieu d'origine et de l'année de la récolte. 

Hépatiques. 

Diplophyllum obtusifolitim Du m. 1882 Laroche. 
Lophozia incisa Dum. 1882 Limelette. 



151 



Acolea coralloides (Nées) Dum. 
Pellia Fabroniana Radd. 
Plagiochasma italicum (De Nol). 
Riccia crystallina L. 

» fluitans D. 
Anthoceros laevis L. 

Archidium alternifolium Sch. 
Ephemerum serratum Hampe. 
Physcomitrella patens Br. eur. 
Weisia mucronata Br. eur. 
Discelium nudum Brid. 
Bryum alpinum L. 



1899 env. Prague. 
1882 Ënsival. 

1900 Prague. 
1880 Molenbeek. 
1868 Lanaeken. 
1904 Sart-Bernard. 



1884 Poix. 

1868 Visé. 

1869 Blîcquy. 

1882 Villers-la-Ville. 
1868 Visé. 

1870 Quarreux. 



CONSIDERATIONS GENERALES. 

Afin de pouvoir dégager de l'ensemble des nombreuses 
constatations ci-dessus des déductions d'un caractère 
général, nous avons établi, tant pour les Hépatiques, que 
pour les Mousses, des catégories basées sur la présence 
de la matière amvlacée et sur son abondance relative. 

Nous avons distingué : 

1« Les espèces dépourvues d'amidon; 

2** Celles qui n'en présentent qu'en faible quantité. 

Dans cette catégorie, nous rangeons les espèces chez 
lesquelles Tamidon n'existe que dans une portion réduite 
de la plante, de même que celles où cette substance est 
répandue dans tous les tissus verts mais seulement en 
quantité très minime. 

3"* Les espèces riches en amidon. 

II convient d'insister ici sur ce fait que les groupements 
ainsi constitués sont loin d'avoir une valeur absolue, la 



152 

teneur en amidon d'un végétal étant influencée par des 
causes très multiples, les unes internes, les autres 
externes. 

La répartition des espèces, dans les tableaux ci-dessous, 
est simplement l'expression de nos constatations person- 
nelles. Toutefois, comme nous nous sommes toujours 
efforcés de nous placer dans les conditions d'observation 
les pIuH favorables à la mise en évidence du caractère 
amylifère, il y a lieu de considérer nos groupements 
comme l'expression très rapprochée de la réalité. 

Nous tenons à faire remarquer, d'autre part, que c'est 
uniquement sur l'amidon de la plante sexifêre (tige et 
feuilles ou frondes) que sont basées les catégories 
ci-dessous. 

I. Hépatlqaes dépoarvaes d^amldoii. 

Nomt des espèces, . Nature des stations (i), 

Frullania dilatata ûum. Écorces. 

— Tamarisci Dum. Id. 

Lejeunia serpillifolia Lib. Rochers ombragés. 

Madotheca laevigata Dum. Id. 

— platyphylla Dum. Id. 

Radula complanata Dum. Ecorces et rochers. 

Lepidozia reptans Dum. Pied des rochers. 

Lophozia gracilis (Schl.) Steph. Rochers. 

— autumnalis (De) Heeg. Id. 



(1; Sous cçtte désignation, nous indiquons, non les étalions possibles 
de l'espèce coniidéréc, mais bien celle qui nous a fourni nos matériaux 
de recherches. C'est ainsi, par cxomplc, que nous renseignons Frullania 
dilatata sur écorces, purée que les échantillons étudiés provenaient 
tous de ce genre de station; tandis que Tcspèco végète également sur 
roohcrs. 



153 

Nom$ de$ eipèces. Nëturê des itationt» 

Metzgeria furcata (L. ex p.) Rochers et écorces. 
Dum. 

— pubescens Radd. Id. 

IL Hipatlqae» préBealaBl ée Tamld^B en faible 

qmaBlUé. 

Noms des espèces. Nature des stationn, 

Scapania undulata Dum. Rochers bord des ruis- 

seaux. 

— nemorosa Dum. Terrains frais. 
DiplophyUum albicans Dum. Rochers et terre sili- 
ceuse. 

Trichocolea tomentella Dum. Endroits frais. 

Pkuroschisma trilobatumJium. Pied des rochers. 

Cincinnulus argutus Dum. Parois d'un fossé. 

Lophocolea biderUata (L.) Nées Sur la terre ombragée. 

— heterophylla Dum. Id. et vieille souche. 
Plagiochila aspleiiioides Dum. Id. 

Lophozia bicrenata Dum. Talus siliceux. 

— barbata Dum. Rochers et sables. 
Marsupella emarginata Dum. Rochers humides. 

III. Hépatiqoes préaeataiil 4e PaMldea en aiioDdaBee. 

Noms des espèces. Neture des Stations, 

Scapania curta Dum. Terre ombragée. 

BUpharozia ciliaris Dmr. Sous un arbre. 

BUpharostoma trichophyllum Lieux frais. 

Dum. 
Cincinnulus TrichomanisTiaia. Terrains siliceux ombra- 
gés. 
Cephaloziabicu8pidata{L.)Ti}xm. Terrains siliceux. 



154 



No ms des espècet. 

Cephalozia byssacea (Roth) 

Heeg. 
Chiloscyphus polyanthus Gord. 
Lophozia exsectiformis(Bre\dl). 

Steph. 
Lophozia inflata(H}xds.) Howe 

— ventricosa Dum. 



— Muelleri (Nées) Dum. 

— lanceolata Dum. 
Mesophylla crenulata (Sw.) L. 

— compressa Dum. 

— scalaris Dum. 
Marsupella Funckii Dum. 
FossombroniaDumortieri Lindb. 

— Wondraczekii (Gord.) 

Dum. 
Blasia pusilla L. 
Pellia epiphylla Cord. 
Aneura pingius Dum. 

— multifida Dum. 
Lunularia vulgaris (L.) Dum. 
Reboulia hemisphaerica Radd. 
Targionia hypophylla L. 
Riccia natans L. 

— glauca L. 



Nature des ttathnt. 

Terrains siliceux.. 

Ruisseaux. 
Terrains siliceux. 

Sols schisteux. 

Talus et rochers siliceux 

plus ou moins ombrar 

gés. 
Rochers calcaires frais. 
Pierres humides. 
Talus siliceux ombragés. 
Ruisseaux. 
Terrains siliceux. 
Talus ombragé. 
Bord d'un étang. 

Terre fraîche. 
Talus humide. 
Terre fraîche. 
Bord de Teau. 
Ravin humide. 
Terre un peu fraîche. 
Bord d'un chemin. 
Terre ombragée. 
Fossé. 
Terre fraîche. 



155 



IV. H^iuseg dépourvues d^anililoD. 


Noms det apècea. 


Nature det ttations 


Andreaea petrophila Ehrh. 


Rochers. 


Barbula tortuosa W. et M. 


Id. 


— ruralis Hedw, 


Id, 


Hedwigia albicans Lindb. 


Id. 


Grimmia apocarpa Hedw. 


Rochers et pierres. 


— pulvinata Sut. 


Toits. 


Rhacomitrium protensum A. 


Rochers. 


BrauD. 




Orthotrichum affine Schrad. 


Id. 


— Lyellii Hook. et Tayl. 


Troncs d'arbres. 


Ulota crispa Brid. 


Ecorces. 


Neckera complanata Br. eur. 


Rochers. 


— crispa Hedw. 


Id. 


Hotnalia trichomanoides Br. 


Id. 


eur. 





Isothecium myurum Brid. 



Id. 



y. Housses préseutuDl de ramidon eu faible qoaiitité. 



NoiM det espèces. 

Sphagnum acutifolium Ehrh. 
Dicrafwweisia cirrata Liad. 
Campylopus flexuosus Brid. 
Ceratodon purpureus Brid. 
Didytnodon rubellus Br. eiir. 
Rhacomitrium aciculare Brid. 

— ericoides Brid. 
Encalypta streptocarpa Hedw. 
Bartramia pomiformis Hedw. 
Pterigophyllum lucens Brid. 



Nature des stationt. 

Rochers humides. 
Troncs d'arbres au nord. 
Blocs de pierres. 
Lieux secs. 
Rochers. 

Rochers humides. 
Sols siliceux. 
Rochers calcaires. 
Rochers. 
Bord de Teau. 



156 



Noms des e$pèces. Nature des sUtiom, 

Anomodon viticulosus Hook. et Rochers. 
Tail. 

Thuidium tamariseinum Br. Bord d'un ruisseau, 
eur. 

Homalothecium sericeum Spr. 
Brachythecium rutabulum Br. 
eur. 
— velutinum Br. eur. 



Ecorces. 
Sur la terre. 



Sur un mur recouvert 
de terre. • 
Hyocomium flagellare Br. eur. Rochers irrigués. 
Thamnium alopecurum Br. 
eur. 



Rochers. 



Isopterygium elegans Lînd. 
Hypnum eupressiforme L. 

— Crista-castrensis L. 

— cuspidatum L. 

— Schreberi Willd. 

— purum D. 

— molluscum Hedw. 



Terre en forêt. 
Talus assez sec. 
Pierres dans une sapi- 
nière. 

Prairies humides. 
Terre dans les bols, 

Id. 
Terre sèche. 

YI. ]II«WM0 préMBtaat ée l'amldoB en aboadaaee. 

Nonu des espèces, Nature des stations, 

ArchidiumalternifoliumSchimp. Terre fraîche. 
Phascum cuspidatum Schreb. id. 
Pleur idium subulatum Br. eur. Terre. 
Discelium nudum Brid. 
Fissidens bryoides Hedw. 

— taxifoliusKodw. 

— adiantoides Hedw. 
Campyïopus fragilis Br. eur. 
Dicranella heteromalla Sch. 

— Spec. 



Argile fraiche. 
Terre fraiche. 

id. 
Marais. 

Terre dans les bois. 
Bois. 
Talus ombragé. 



157 



Pfomt de$ etpècés. 

Dicranum scoparium Hedw. 
Pottia truncata Br. eur. 

— lanceolata G. Muell. 
Barbula unguiculata Hedw. 

— fallax Hedw. 

— convoluta Keiv/ . 

— muralis Tina. 
Schistotega osmundacea W. et 

M. 
Funaria hygrometricaKeiw. 
Pohlia annotina Undb. 

— albicans Lindb. 

— nutans Liadb. 
Bryum capillare L. 

— pseudo triquetrum 

Schwaegr. 

— caespititium L. 

— alpinum L. 

— erythrocarpum 

Schwaegr. 

— argenteumL. 

— roseum Schreb. 
Mnium skllare Hedw. 

— punctatum L. 

— rostratum Schwaegr. 

— a/^ne Schwaegr. 

— undulatum Neck. 

— hornum L. 
Aulaœmnium androgynum 

Schwaegy . 
Bartramia Œderi Schwaegr. 
Tetraphis pellucida Hedw. 



Nature des itation$» 

Bois. 

Terre fraîche, 
id. 

Terre. 

Terre et murs. 

Terrain rocailleux. 

Murs au nord. 

Terrains siliceux ombra- 
gés. 

Chemin. 

Terre fraîche, 
id. 

Terre sablonneuse. 
Murs. 

Rochers frais. 
Murs au nord. 
Blocs au bord de Teau. 

Terre fraîche. 
Chemins. 
Bois calcaire. 
Rochers ombragés. 
Bois frais. 
Fossé d'un bois. 
Prairies. 
Bois, 
id. 

Terre ombragée. 
Rochers frais. 
Terrains siliceux. 



158 

iVoaM dût etpèces, 

Atrichum undulatum P. de 

Beauv. 
Pogonatum aloides P. de 

Beauv. 

— nanum P. de Beauv. 
Polytrichum piliferum Schreb. 

— juniperinum Wild. 

— formosum Hedw. 

— commune L. 
Camptothecium nitens Sch. 
Eurynchium praelongum Br. 

eur. 
Rhynchostegium rusciforme 

Br. eur. 
Plagiothecium sylvaticum Br. 

eur. 

— undulatum Br. eur. 
Amblystegium serpensBr. eur. 
Hylocomium squarrosum Br» 



Mture dti itationt. 

Terre ombragée. 

id. 

id. 
Talus siliceux. 
Terres incultes sèches. 
Bois. 

id. 
Marais. 

Prairies. 

Pierres arrosées. 

Bois. 

Bois frais. 
Pierres. 

Terre très fraîche. 



eur. 

Si Ton envisage, dans leur ensemble, les résultats con- 
signés dans les tableaux précédents, on peut se demander 
s'il existe entre les espèces appartenant à une même caté- 
gorie une parenté autre que le caractère amylifère. 

Un examen attentif montre que les affinités systéma- 
tiques ne constituent nullement la déterminante de ce 
dernier. 

Nous ne pouvons, sous ce rapport, nous ranger à l'opi- 
nion émise par Stahl et rapportée encore tout récemment 
par K.Mueller(i), d'après laquelle les Hépatiques fron- 

(1) K. Mudler. Die Lebcrmoose, ia Rabenhorst's Kryptogamen/lora, 
Bd VI, p. 49. 



1 



159 

deuses présenteraient de Tamidon, tandis que les foliacées 
auraient leur réserve carbonée essentiellement repré- 
sentée par du sucre. On a pu voir, qu'au contraire, 
beaucoup d'entre ces dernières sont riches en amidon. 

C'est ainsi que, sur 41 Hépatiques foliacées étudiées, 
30 présentent de l'amidon en plus ou moins grande 
quantité et 11 seulement en sont dépourvues. 

D'autre part, Jônsson et Olin(l) établissent des compa- 
raisons entre quelqu^'s types de Mousses, au double point 
de vue de la matière grasse et de l'amidon. Ils émettent 
cette opinion que les Mnium sont les Mousses les plus 
riches en amidon, puis viennent les Hypnum et les gen- 
res voisins et, enfin, les Dryum se distinguent par leur 
grande pauvreté en amidon, pauvreté d'ailleurs com- 
pensée par une abondante réserve grasse. 

L'examen de nos tableaux, montre, que les Hypnum et 
genres affines se répartissent dans les trois groupes ; sur 
26 pleurocarpes étudiées, 4 n'ont pas d'amidon, 15 en 
présentent un peu, 7 beaucoup. 

Quant aux Bryum, ils comptent parmi les espèces 
riches en amidon et ne peuvent donc pas être, sous ce 
rapport, éloignés des Mnium. 

Il résulte donc de l'ensemble de nos constatations qu'il 
n'y a pas de relations bien nettes entre le taux amylifère 
et la place, dans la classificatian, des espèces considérées. 

On pourrait nous objecter que le tableau 1 (Hépatiques 
non aniylifères) contient, en grande majorité (7 sur 11), 
des espèces d'un même groupe systématique ; celui des 
Jungermanniacées anacrogynes. Mais, ces espèces présen- 
tent un autre trait commun, celui de croître toutes dans 

(1) Loe. cit., p. 25. 



160 

des stations où la végétation est exposée à souflrir de la 
sécheresse, elles sont toutes xérophiles. C'est, comme nous 
allons le voir, le facteur qui joue le rôle prépondérant 
dans la détermination du caractère amylifère ou non 
amylifère des Bryophytes. 

Si Ton considère les tableaux I et IV (Hépatiques et 
Mousses non amylifères) ci-dessus, on constate que les 
espèces qui y sont contenues appartiennent toutes à des 
stations (rochers, écorces) où de longues et fréquentes 
périodes de dessiccation doivent affecter la végétation. 

Au contraire, si nous comparons les tableaux III et VI 
(Hépatiques et Mousses pourvues d'amidon en abondance), 
nous trouvons que les espèces qu'ils comportent se déve- 
loppent, en immense majorité, dans des conditions de 
fraîcheur constante (terre, rochers frais, bord des eaux, 
eaux]. 

Enfin, les types des tableaux II et IV (Mousses et Hépa- 
tiques à amidon peu abondant) occupent, en général, au 
point de vue de la nature de la station une place moyenne 
entre les deux précédents. Us peuvent être exposés à la 
dessiccation, mais d'une façon beaucoup plus passagère et 
moins fréquemment que les espèces non amylifères. C'est 
ainsi, par exemple, que Rhacomitrium aciculare, Hyocch 
mium flagellare, bien que se développant au bord des 
eaux peuvent être soumis à des alternatives passagères 
de dessiccation* 

Toutefois, dans un certain nombre de cas, d'ailleurs 
peu nombreux, cette relation étroite entre la fraîcheur 
de la station et la présence d'amidon n'existe pas. 

C'est ainsi que, par exemple, Plagiochila asplenioides 
est assez pauvre en amidon bien que se développant 
dans des endroits frais, Voire même humides. 



161 

D*autre part, Polytrichutn juniperinum et P. pilife- 
rum^ croissant en lieux secs, sont en général abondam- 
ment pourvus d'amidon, mais on sait que les Poly tries 
possèdent d'autres adaptations xérophiles particulières 
(tiges souterraines, feuilles épaisses munies de lamelles). 

S'il existe une telle dépendance entre la nature de la 
réserve et les conditions de vie, on peut se demander en 
quoi consiste cette adaptation. 

Chez les Bryophytes xérophiles, non amylifères, la 
réserve carbonée est constituée par les matières grasses 
et des sucres. 

II n'entrait pas dans le cadre de nos recherches d'appro- 
fondir cette question, mais nous avons néanmoins décelé 
macrochimiquement les sucres (et en particulier le sac- 
charose) dans la plupart des Hépatiques consignées dans 
le tableau n» I et constaté qu'il en existait des quantités 
notables chez Madotheca laevigata et Lophozia gracilis. 

Il est très admissible que, d'une part, la matière grasse 
en imprégnant parfois les membranes, d'autre part, les 
sucres par leurs propriétés osmotiques, concourent à 
augmenter la résistance de ces végétaux à la dessiccation. 

Dans les considérations précédentes, on n'a envisagé 
que l'amidon des tiges et des feuilles ; la connaissance des 
caractères amylifères du protonéma et du sporogone 
conduisent à des déductions analogues. 

D'une façon très générale, le protonéma des Mousses, 
comme celui des Hépatiques, est très riche en amidon, 
souvent même plus riche que la plante feuillée de l'espèce 
à laquelle il appartient. 

Il existe en outre des cas, où l'amidon se trouve dans 
le protonéma, alors que la tige et les feuilles n'en renfer- 
meot pas (par exemple, chez Barbula ruralis) ou n'en 

11 



162 

préseateat que peu (par exemple, chez Rhacomitrium 
aciculare, Dicranoweisia cirrata, Ceratodon purpureus). 
Les protonémas se développant surtout au printemps 
et à l'automne, c'est-à-dire à une époque où la séche- 
resse est moins à craindre, végétant, de plus, très près du 
substratum, en situation ombragée, on comprend que 
les adaptations xérophiies ne leur soient pas aussi néces- 
saires qu'aux plantes feuillées. Leur existence est 
d'ailleurs éphémère; dès l'apparition des bourgeons, ils 
peuvent disparaître, les jeunes tiges peuvent alors 
s'adapter contre la dessiccation. 

Pour ce qui est du sporogone, la nature et la répartition 
des réserves carbonées y varient beaucoup suivant les 
espèces, mais en général chez les types amylifères, 
l'amidon se trouve relativement plus abondant que dans 
la plante feuiliée. 

C'est ainsi, par exemple, que le tissu assimilateur des 
capsules des 3Iousses est ordinairement très riche en 
amidon, même chez les esj)èces dont les tiges et les 
feuilles n'en renferment que des quantités minimes. 

On voit ici Tiniluence du tissu aquifère qui prémunit 
la capsule contre la dessiccation et permet ainsi à la 
matière carbonée, de prendre, sans inconvénients, la 
forme d'amidon. 

Quant au sporogone des Hépatiques et spécialement 
des Jungermanuiacées, nous avons décrit pour plusieurs 
types, les curieuses fluctuations qui s'accomplissent dans 
leurs réserves carbonées au cours du processus de matu- 
ration. 

Nous n'y reviendrons que pour rappeler que chez les 
espèces amylifères, l'amidon se trouve, dans le pédicelle 



163 

jeune» mélangé à une grande quantité de matières gras- 
ses. Ces dernières émigrent les premières dans la jeune 
capsule; à son tour, au moment de Télongation brusque 
du pédicelle, Tamidon disparait ne laissant, dans les 
cellules, que les corps oléifères dépourvus, comme on 
sait, de tout rôle plastique. 

Nos observations nous portent à croire que le glycose, 
quand il est abondant dans les cellules du pédlcelle mûr, 
détermine, par la turgescence qu'il provoque, la rigidité 
de cet organe fragile. 

Si nous considérons, pour terminer, les spores des 
Muscinées, nous arriverons à cette conclusion qu'aussi 
bien, chez les Mousses que chez les Hépatiques. foliacées, 
ces corps reproducteurs ont, en général, leur réserve 
constituée par de la matière grasse. Il n'y a guère 
d'exceptions que pour les Hépatiques frondeuses et pour 
quelques Mousses à grosses spores, telles que le Phascum 
cuspidatum. 

Au point de vue éthologique, nous retrouvons dans ce 
fait un cas nouveau d'adaptation de la nature des réserves 
en vue de parer aux dangers de la dessiccation. 

GOIVGLUSIOS GICEIfSEALES DU GhAPITRE I. 

Les faitsT généraux les plus essentiels qui résultent des 
observations consignées dans ce chapitre sont les sui- 
vants : 

!• L'amidon constitue une matière de réserve très 
répandue dans le groupe des Bryophytes; 

2^ La présence ou l'absence d'amidon et son abondance 
relative sont indépendantes de la place occupée par 



164 

l'espèce considérée dans la classification, mais dérivent 
essentiellement du caractère de sa station naturelle. 

On peut sous ce rapport classer les Muscinées en 
trois catégories : 

I. Espèces nettement amylifères, végétant dans des 
conditions où la fraîcheur est constante. 
Types : Âirichum undulatum, Cincinnulus Trichomanis* 

IL Espèces peu amyliféres, exposées à des périodes 
de dessiccation relativement courtes et rares. 
Types : Lophocolea bidentata, Ceratodon purpureus. 

m. Espèces non amylifères, adaptées à supporter 
une dessiccation prolongée. 
Types : Radula complanata, Neckera crispa. 



165 



caaAPiTRE n- 

Action des Agents extérieurs sur Tamldon des Bryopbytes. 

Dans la première partie de ce travail nous avons 
montré que l'amidon constitue une matière de réserve 
très importante et très répandue chez les JHuscinées. 

Il nous a paru intéressant de rechercher si ces végé- 
taux étaientt au point de vue de Tamylogénèse, soumis 
aux mêmes lois que les plantes supérieures et d'étudier, 
notamment, Tinfluence des agents extérieurs sur les 
fluctuations de la matière amylacée. 

Nous avons été d'autant plus tentés de travailler dans 
cette direction, que la littérature botanique ne comporte 
jusqu'ici aucune contribution à cette étude. 

Nous envisagerons successivement les eflets des trois 
facteurs essentiels de la végétation : la radiation, l'eau, 
l'aliment. 

I. RADIATION. 

A. — Lumière. 

Influence de réolairement sur Pamylogénèse. 

La nécessité de l'intervention de certains rayons lumi- 
neux pour la production du radical aldéhydique, point 
de départ de l'amylogénèse, constitue un phénomène 
général chez les plantes à chlorophylle, sur lequel il 
serait inutile d'insister. 

Nous avons néanmoins réuni un certain nombre d'indi- 
cations relatives à l'action favorisante qu'exerce un 
éclairement approprié sur l'assimilation du carbone et, 
par contre-coup sur la production de l'amidon. 



166 

Nous avons, en outre, cherché à déterminer la part qui 
revient, dans ce phénomène, respectivement à la tige et 
aux feuilles et même au sporogone des Muscinées. 

Dans la première partie de ce travail, nous avons 
montré que des Bryophytes peu amylifères, au moment 
de la récolte dans une station quelque peu sèche et 
ombragée, montrent de Tamidon, parfois même en quan- 
tité considérable, après culture en atmosphère humide 
et à bon éclairement« 

Seules, les espèces qualifiées non amylifères (Andr^aea, 
Grimmia, Metzgeria, etc.) ne modifient pas, dans ces 
conditions, la nature de leurs réserves. 

L'influence de Téclairement se trouve, il est vrai, ici, 
liée à celle d'un facteur également très actif sur les varia- 
tions de l'amidon : l'humidité. 

Pour séparer l'action de la radiation lumineuse sur la 
production de l'amidon dans les divers organes des Mus- 
cinées, nous avons utilisé des matériaux privés de cet 
hydrate de carbone par un séjour suffisamment prolongé 
à l'obscurité. 

Nous extrayons de notre registre d'expériences les 
comptes-rendus d'observations suivants : 

Expériences sur Hnlam horovm. 

Le 19 septembre, on expose séparément, dans de petits 
cristallisoirs contenant une mince couche d'eau stérilisée : 

!• Deux tiges feuillées; 

2« Deux tiges privées de feuilles ; 

3' Les feuilles séparées de la tige précédente. 

Tous les matériaux sont rigoureusement désamidonnés. 

Les cristallisoirs sont placés à la lumière, sur une 
fenêtre au nord. 



167 

Le 21 octobre, on met fin à l'expérience et fait la 
recherche de l'amidon, par la méthode précédemment 
indiquée. 

Les résultats sonts les suivants : 

• 1» Tiges feuillées. 

Tiges : amidon assez abondant; feuilles : les supé- 
rieures ont le margo souvent enrichi et présentent, dans 
le limbe, de nombreux ilôts amylifères. 

2* Tiges privées de feuilles : amidon en très petite 
quantité. 

3" Feuilles détachées : beaucoup plus que dans les 
feuilles attachées. 

Cette expérience montre que, sous l'influence de la 
lumière, l'amidon s'accumule dans les feuilles détachées; 
dans les feuilles attachées, il émigré partiellement dans la 
tige. 

La tige est douée d'un faible pouvoir photosynthétique 
propre, ce sont les feuilles qui constituent, ici, les organes 
essentiels de l'assimilation du carbone. 

Expériences sur mnlam punctatum. 

Le 13 janvier, on a exposé à la lumière, dans les mêmes 
conditions que ci-dessus : 

1* Deux tiges feuillées désamidonnées, à chacune des- 
quelles on a enlevé : a) la 3°"* feuille à partir du sommet, 
b) la moitié longitudinale du limbe de la 4°*« feuille (la 
nervure étant comprise dans la partie restante] ; 

2* Les deux feuilles entières et les deux demi-limbes 
prélevés ci-dessus. Ces organes sont séparés, de manière 
à ne pas être confondus dans leur provenance. 

L'étude de ces matériaux a été faite le 11 février et a 
donné les résultats suivants : 



168 

!• Tiges feuillées. 

Feuilles : amidon abondant, surtout dans les supé- 
rieures. Demi-feuilles avec nervure, attachées : ne présen- 
tent de l'amidon que dans leur portion inférieure. 

2» Feuilles détachées entières. 

Amidon au maximum, c'est-à-dire, encore plus que 
dans les attachées ci-dessus. 

Les demi-feuilles détachées renferment aussi beaucoup 
d'amidon, notablement plus que les moitiés attachées 
correspondantes. Toutefois, le bord de la section (tn est 
dépourvu, vraisemblablement à la cause de la mort, 
par traumatisme, des cellules. 

Cette expérience confirme pleinement les résultats de 
la précédente. 

Nous ajouterons que Mnium punctaturriy grâce à ses 
feuilles grandes et larges, convient particulièrement pour 
ce genre d'observations. 

Expériences sur Plaglotheeliui andnlatiui. 

Par l'action prolongée de l'obscurité, on a obtenu des 
exemplaires de cette espèce ne présentant plus qu'un peu 
d'amidon, dans la partie moyenne et inférieure des tiges. 

Ce matériel a servi à établir, le 20 novembre, les 
expériences suivantes : 

1. Des axes feuilles ont été entourés, dans leur moitié 
inférieure, de papier d'étain et maintenus à l'aide d'un 
tampon d'ouate à l'intérieur d'un tube-éprouvette, con- 
tenant une certaine quantité d'eau stérilisée, dans 
laquelle les tiges plongent par leur base. 

2. Des tiges feuillées identiques, également entourées, 
dans leur partie inférieure, de papier d'étain sont pla- 
cées, le sommet tourné vers le bas, dans un tube-éprou- 



169 

vette; elles y sont maintenues à l'aide d'un tampon 
d'ouate. 

Au fond de l'éprouvette un peu d'eau stérilisée entre- 
tient une atmosphère humide dans la partie du tube 
occupée par les sommités exposées à la lumière. 

On réalise, ainsi, l'exposition à la lumière de la partie 
supérieure des tiges, d'une part, en position normale, 
d'autre part, en position renversée. 

La migration éventuelle de l'amidon sera-t-elle influen- 
cée par ce changement de direction des axes? 

Le 10 décembre, on sépare de chacune des expériences 
les parties soumises et soustraites à la lumière et les 
étudie séparément quant à leur teneur en amidon. 

1. Tiges feuillées en position normale, 
à) Parties éclairées. 

Tiges : amidon abondant ; feuilles adultes, assez bien 
et même beaucoup, dans les terminales. 

b) Parties à l'obscurité. 

Tiges: amidon abondant sauf vers l'extrémité infé- 
rieure; feuilles: en général, pas d'amidon, quelques-unes, 
un peu, à la base. 

2. Tiges feuillées renversées. 
à) Parties éclairées. 

Tiges : amidon abondant ; feuilles : limbes avec grou- 
pes étendus de cellules amylifères. 

b) Parties à l'obscurité. 

Tiges : amidon très abondant, si ce n'est à l'extrémité 
inférieure où il fait défaut ; feuilles supérieures : amidon 
assez abondant; dans les autres, il n'y a d'amidon que 
dans la nervure et dans les bases épaissies des limbes. 

D'une façon générale, les feuilles des parties éclairées 
sont, comparées à celles maintenues à l'obscurité, plus 



170 

riches dans la portion moyenne et supérieure du limbe et 
plus pauvres vers la base et dans la nervure. 

Cette expérience montre que l'amidon, né dans les 
feuilles exposées à la lumière, émigré partiellement vers 
les parties maintenues à l'obscurité» s'y accumule dans 
les tiges ainsi que dans les bases des feuilles; cette migra- 
tion n'est, de plus, nullement influencée par la position 
des organes. 

Expériences sur Polytrlehom formosnin. 

Le 10 octobre, des plantes désamidonnées de Polytri- 
chum formosum ont été entourées de papier d'étain, 
jusqu'à un cm. du sommet, laissant le pinceau de feuil- 
les terminales exposées à la lumière. La base des tiges 
plonge dans la solution minérale nutritive. 

Le 19 novembre,, on fait la recherche de l'amidon, com- 
parativement, dans les portions éclairées et non éclairées. 

Les résultats obtenus sont les suivants : 

1» Sommités éclairées : 

Tiges : un peu d'amidon dans le parenchyme cortical 
moyen; feuilles : beaucoup dans les lamelles, rien dans 
les gaines* 

2* Parties soustraites à la lumière : 

Tiges : pas d'amidon ; feuilles : assez bien dans les 
lamelles. 

Gomme on le voit, ici, l'amidon émigré des feuilles à 
la lumière, au lieu de s'accumuler dans la tige, se dépose 
dans les feuilles à l'obscurité. Cette constatation tend à 
faire accorder aux feuilles des Polytrichum un caractère 
de réservoirs de matière amylacée plus accentué que 
chez les types précédents où la tige semble jouer ce r61e, 
d'une façon prépondérante. 



171 

Nous verrons, dans les expériences suivantes se con- 
firmer cette opinion que justifie d'ailleurs, a priori^ la 
structure particulière des feuilles chez les Polytrics. 

Expériences sur Polylrlcbain Janlperioam* 

Le 25 octobre, on a exposé comparativement à la 
lumière : des tiges feuîllées désamidonnées de cette espèce 
et des feuilles détachées à différents niveaux des précé- 
dentes. 

Le 26 novembre, l'amidon est abondant dans les feuil- 
les, aussi bien attachées que détachées; ces dernières 
sont, peut-être, un peu plus riches, mais la différence est 
beaucoup moins nette que chez les Mnium. 

Une expérience analogue a été faite le 4 janvier, mais, 
ici, comparativement, d'une part, en eau stérilisée et, 
d'autre part, en solution nutritive. 

Les résultats ont été conformes aux précédents ; toute- 
fois, en solution nutritive, les feuilles détachées ont 
engendré un protonéma secondaire très amylifère, elles- 
mêmes étaient, de ce fait, moins riches en amidon que 
les feuilles en eau stérilisée qui n'avaient pas régénéré. 

Le 10 janvier 1905, on a mis en cristallisoirs, avec eau 
stérilisée et à la lumière, des tiges nues et des tiges feuil- 
lées d'individus désamidonnés. 

Le 6 février, les tiges nues ont produit de nombreuses 
proliférations allongées; les tiges feuillées n'en ont pro- 
duit que quelques unes au sommet. 

L'amidon est absent des tiges, dans les deux cas; en 
revanche, les feuilles des tiges où ces organes ont été 
laissés, sont riches. Les jeunes proliférations sont, de part 
et d'autre, abondammenj; pourvues d'amidon. 



172 

Toutes les expériences ci-dessus ont été établies à 
l'aide de Mousses ; les Hépatiques foliacées semblent pré- 
senter des phénomènes identiques. 

Dans une expérience sur Plagiochila asplenioides 
désamidonnéy on a observé que des feuilles détachées 
s'enrichissaient sensiblement plus en amidon que des 
feuilles restées attachées. 

Conclusions. 

Ces diverses expériences et d'autres que nous n'avons 
pas cru devoir relater autorisent à conclure que, chez les 
Muscinées (abstraction faite des Hépatiques frondeuses, 
où il y a cumul, dans la fronde, des tondions de la tige et 
des feuilles) : 

1° Ce sont les feuilles qui sont le siège essentiel de la 
photosynthèse et, par contre-coup, de l'amylogénèse 
primaire; l'activité assimilatrice des tiges est très faible, 
en général. 

2* Le dépôt de l'amidon qui émigré des feuilles s'effec- 
tue dans les tiges. 

Inflaenoe de l'obsourité sur ramldon. 

C'est un fait général et bien connu que le séjour de 
plantes amylifères à l'obscurité détermine la disparition 
plus ou moins rapide de l'amidon. 

Il n'y a d'exceptions, à cette règle, que pour un 
certain nombre d'algues et pour les grains d'amidon qui, 
chez les plantes supérieures, jouent le rôle de statolithes. 
L'amidon des stomates résiste, lui aussi, très longtemps à 
l'obscurité. 

Mais, si l'absence de lumière exerce cette action géné- 
rale sur les plantes, il existe, cependant, entre ces 



173 

dernières, des différences très importantes quant à la 
rapidité avec laquelle le désamidonnage se produit. 

Les Bryophyies étant, en majorité, des plantes ombro- 
philes, on peut s'attendre à voir leur réserve carbonée 
résister longtemps à la suspension de l'action lumineuse. 

Nous avons fait, sur ce sujet, de nombreuses observa- 
tions, tant sur les plantes sexifères, que sur le proto- 
néma et même sur le sporogone. 

Nous envisagerons tout d'abord l'action de l'obscurité 
passagère, nocturne, telle qu'elle atteint journellement la 
végétation. Nous étudierons ensuite les effets d'une 
suppression artificielle, prolongée, de la radiation lumi- 
neuse* 

Effets de l'obscurité nocturne. 
Expérience sur PlagiMhlIa «spleiiMilcB. 

Le 23 octobre, on a recherché comparativement 
l'amidon dans des exemplaires de cette espèce prélevés 
dans DOS cultures au laboratoire, les uns à 6 h. du matin, 
les autres à 5 h. de l'après-midi. Température de 15* 
àl8*. 

Les résultats sont les suivants : 

!• Spécimens prélevés le soir. 

Amidon en quantité moyenne dans la plupart des 
feuilles. 

2» Spécitnens prélevés le matin. 

Quelques portions de feuilles présentent encore une 
faible réaction d'amidon. 

Une certaine partie de l'amidon a donc émigré pendant 
la nuit. 



174 



Expériences sur Camptotheelnm niteoB. 

Le 23 octobre, on a fait une expérience analogue avec 
cette espèce. 

Elle donne les résultats suivants : 

1* Spécimens prélevés le soir. 

Tiges à grains amylacés abondants; feuilles supérieures 
à amidon abondant, dans leur moitié inférieure. 

2* Spécimens prélevés le matin. 

Un peu moins d'amidon dans les feuilles. 

Chez cette espèce l'élimination nocturne semble donc 
faible. 

Expérience sur Uni om homani. 

Une expérience identique avec Mnium hornum ne 
fournit aucune différence appréciable dans la teneur en 
amidon, le soir et le matin. 

Il résulte de ces constatations, qu'à rencontre des feuil- 
les caduques de la plupart des phanérogames, les feuilles 
des Muscinées ne perdent pas complètement, pendant la 
nuit, l'amidon résultant de Tassimilation diurne. 

Sous ce rapport, elles se rapprochent des feuilles 
persistantes et, comme elles, jouent, à la fois, le rôle 
d'organes de production et d'accumulation de la matière 
amylacée. 

Effets de Vobscurité continue et de longue durée. 

Les expériences relatives à l'influence continue et pro- 
longée de l'obscurité ont été effectuée de très diverses 
manières. 

Dans la majorité des cas, des exemplaires de l'espèce 
étudiée ont été placés, en eau stérilisée, ou en solution 



175 

miaérale nutritive dans des cristallisoirs. D'autres fois, 
ce sont des touffes entières avec terre, voire même des 
cultures en pots qui ont été placées à l'obscurité. 

L'armoire noire» dans laquelle les matériaux ont été 
placés, réalisait une obscurité complète; la température 
était celle du laboratoire (14* à 19°). Dans tous les cas, 
l'humidité a été maintenue constante pendant toute la 
durée de l'expérience, afin de bien dégager l'atîtion de 
l'obscurité et d'en comparer les effets à ceux de la dessic- 
cation à l'obscurité que nous envisagerons plus loin. 

Les observations ont porté sur des Hépatiques et sur 
des Mousses. 

Expériences sur CloeioBiiliis TriehomanU. 

Le 23 novembre, une grosse touRe de Cincinnulus^ à 
tiges et feuilles riches en amidon, a été placée à l'obscu- 
rité. 

Le 30 décembre, on a prélevé quelques échantillons 
pour la recherche de l'amidon : aucune diminution nota- 
ble n'est observée. 

Le 10 février, environ la moitié des plantes sont 
désamidonnées, le glycose, assez abondant au début, 
n'existe plus qu'en faible quantité. 

Le 23 mars, la plupart des plantes sont presque com- 
plètement désamidonnées; il en reste cependant un 
certain nombre, chez lesquelles l'amidon est encore 
abondant, notamment dans les tiges. 

Le 26 avril, les constatations sont à peu près identi- 
tiques, la proportion de plantes amylifères n'a que 
faiblement diminué depuis l'observation précédente. 
La réaction de Fehling montre quelques traces de glycose. 

Après ce séjour de cinq mois à l'obscurité, les plantes 



176 

sont encoi*e vivantes, la teinte est un peu plus pâle qu'à 
la lumière; cependant, dans les limbes, des groupes irré- 
guliers de cellules présentent parfois leurs chloroplastes 
désorganisés. 

Expériences sur lIe»o|ihyllA Malaria. 

Le 29 janvier, des exemplaires de cette espèce ont été 
placés en eau stérilisée à l'obscurité. 

Le 11 février, aucune diminution notable de l'amidon. 

Le 13 mars : amidon assez abondant dans des pousses 
étiolées qui ont pris naissance ; dans les vieilles tiges, il 
y en a un peu, les feuilles en sont dépourvues. 

Le 29 mai, il n'y a plus d'amidon ni dans les vieilles 
tiges ni dans les pousses étiolées. 

Celles-ci sont presqu'incolores, mesurent de 15 à 
20 mm. de long alors que les tiges qui les ont produites 
n'en mesurent que 10 à 12; leur diamètre varie de 
200 jx à la base, jusqu'à 80 à 100 fu au sommet. 

Les feuilles, réduites à l'état d'écaillés, ne mesurent 
que 50 à 130 /ut de long et restent étroitement appliquées 
contre les axes. 

Expériences sur liaphoila veatrteova. 

Une touffe de cette espèce a été conservée à l'obscurité, 
en pot, et arrosée soigneusement avec de l'eau stérilisée, 
du 16 février au 20 mai. 

A cette date, la plus grande partie de l'amidon a 
disparu» il n'en reste que des traces comparativement 
aux quantités du début. 



m 



Expériences sur PlaKlMhlIa aspleiiloldefl. 



Les exemplaires observés étaient très pauvres en ami- 
don et Ton y a surtout suivi les fluctuations du glycose. 

Le 17 janvier, des individus de cette espèce sont 
introduits dans un cristallisoir avec de l'eau stérilisée 
et placés à l'obscurité; ils sont, en ce moment, riches 
en glycose. 

Le 20 suivant^ aucune différence appréciable ne se 
manifeste. 

Le 26, le glycose est encore abondant dans tiges et 
feuilles. 

Le 3 février, le glycose a complètement disparu; l'ami- 
don n'a guère subi de diminution notable, depuis le 
début de l'expérience. 

Le 21 février, l'amidon, à son tour, a été utilisé. 

Ajoutons que le Plagiochila asplenioides a fait l'objet 
d'une observation de SchîmperCU. 

Ce savant a vu le glycose disparaître des feuilles de 
cette espèce, après trois jours de séjour à l'obscurité ; il 
opérait, il est vrai, sur des exemplaires qu'il qualifie 
d'absolument dépourvus d'amidon. 

Le temps plus considérable exigé, dans nos expérien- 
ces, pour amener la disparition du glycose doit être du 
à la présence, en faible quantité, de matière amylacée. 

Expériences sur iineiira nmlttlMa. 

Cette Hépatique présente, en abondance, de l'amidon 
dans ses frondes ; le glycose y existe aussi en quantké 
très notable. 

(1) Sebimper, /oc. eit. 

12 



178 

Des individus sont placés, le 27 janvier, en eau stéri- 
lisée à l'obscurité, pour examens successifs de Tamidon et 
du glycose. 

Le 16 février, le glycose a diminué ; amidon, comme 
au début. 

Le 2 mars, le glycose n'existe plus qu'en très faible 
quantité; l'amidon a subi une très notable diminution. 

Le 26 avril, l'amidon a presque complètement disparu; 
il y reste la même quantité très faible de glycose que 
lors de l'observation précédente. 

Les plantes ne sont, en ce moment, nullement décolo- 
rées, mais plutôt devenues brunâtres. 

Expériences sur liimiiiaria ernelata. 

Le 16 septembre, une touffe de frondes propagulifères 
est mise en cristallisoir à Tobscurité. La plante présente 
sa grande richesse normale en amidon; le glycose s'y 
montre assez abondant. 

Le 9 octobre suivant, frondes et propagules n'ont pas 
sensiblement perdu d'amidon ; le glycose a diminué. 

Le 28 décembre, les propagules ont encore un peu 
d'amidon; les frondes en ont encore beaucoup dans leur 
partie moyenne la plus épaisse et surtout vers l'insertion 
de proliférations étiolées, légèrement verdàtres, cylin- 
dracées, de 4 mm. de long sur 1.5 de diam., qui ont pris 
naissance. Ces productions sont très riches en amidon et 
en glycose. 

Le 10 février, les frondes sont amincies, jaunâtres, 
papyracées et ne renferment plus que des traces d'amidon 
et de glycose. Les proliférations se sont un peu allongées 
tout en conservant leurs caractères; l'amidon y subsiste 
en abondance* 



179 

Placées en solution minérale à la lumière elles s'allon- 
genty tout en prenant la forme dorsiventrale, normale, 
des frondes de Lunulania. 

Expériences sur IBtahuîm nngiiiealala. 

Le 21 novembre, une culture en pot de cette espèce a 
été placée à l'obscurité. 

En ce moment, l'amidon existe mais peu abondamment 
dans les feuilles, notamment à la base et dans la nervure; 
les tiges n'en présentent qu'en faible quantité. 

Le 11 décembre, l'amidon a complètement disparu des 
feuilles; les tiges n'en ont plus que des traces. 

Ici, comme on le voit, la disparition de l'amidon est 
relativement rapide. 

Expériences sur €)cralo4oB parpnreus. 

Ces expériences portent sur une jeune culture obtenue 
de spores sur agar à base de solution minérale. ' 

Au moment de la mise à. l'obscurité, le 22 septembre, 
le protonéma très abondant avait donné naissance à de 
nombreuses jeunes plantes. 

L'amidon, abondant dans ces dernières et dans les gros 
filaments du protonéma, faisait presque défaut dans les 
randfications les plus jeunes, relevées au-dessus du 
milieu nutritif et qui, de ce fait, avaient sans doute subi 
l'action de la dessiccation. 

Le 9 octobre, il reste encore assez bien d'amidon dans 
les tiges et dans les jeunes bourgeons; les feuilles n*en 
ont plus ; dans le protonéma, un certain nombre de fila- 
ments en ont encore. 

Le 17 octobre, il ne reste d'amidon que dans quelques 
jeunes tiges et dans quelques rares filaments du proto- 
néma. 



180 

Le 30 novembre, plus de traces d'amidon dans aucun 
organe. 

Expériences sur noiam horamn. 

^, Des exemplaires riches en amidon de cette espèce ont 

été placés en eau stérilisée, à l'obscurité, le 20 avril. 

Le 5 mai, on observe déjà une diminution notable de 
l'amidon, notamment dans les feuilles. 

Le 15 mai, la majorité des feuilles ont perdu leur 
amidon, surtout celles des sommités; dans le tiers infé- 
rieur des tiges, les feuilles en ont encore, surtout à la 
base* 

Tiges : amidon encore al)ondant dans la moitié infé- 
rieure. 

Le 16 août, l'amidon a complètement disparu de tous 
les organes. 

Expériences sur Jluinin piAelalain, 

Des spécimens de celte espèce, placés dans des condi- 
tions identiques, le 15 février, ont donné lieu aux obser- 
vations suivantes. 

Le 19 février, aucune diminution apparente de l'ami- 
don. 

Le 17 mars, l'amidon a fortement diminué dans les 
feuilles; il y a eu production de deux pousses étiolées 
qui, elles, se montrent amylifères. 

Le 28 mars, il reste encore assez bien d'amidon dans 
les tiges; quant aux feuilles, sur 10 étudiées, une seule a 
encore un peu d'amidon, les autres en sont complètement 
dépourvues. 

L'expérience n'a pu, faute de matériel, être poursuivie 
jusqu'à désamidonnage complet. 



181 

Le 2 janvier, des capsules encore bien vertes de Mnium 
punctatum sont exposées, à l'obscurité, en eau stérilisée. 
Des spécimens examinés pour servir de témoins, mon- 
trent beaucoup d'amidon dans le tissu assimilateur, à la 
base de Topercule, dans la partie inférieure de la colu- 
melle et au sommet du pédicelle. 

Le 11 février, il n'y a plus de traces d'amidon dans les 
capsules; seul le sommet d'un pédicelle, en présente 
encore la réaction, mais celle-ci est faible. 

L'amidon du sporogone subit donc, à l'obscurité, le 
même sort que celui de la plante sexifère. 

Expériences sur Ifatani aBdalatimi. 

On a eu en vue, dans cette expérience, de suivre chez 
cette espèce, à la fois, les fluctuations du glycose et celles 
de Tamidon à l'obscurité. 

Des exemplaires ont été, dans ce but, mis en cristalli- 
soir avec eau stérilisée, le 11 février. Le glycose est alors 
abondant dans tiges et feuilles ; l'amidon est très abondant 
dans ces mêmes organes. 

Le 21 suivant, le glycose est devenu rare, l'amidon 
reste inchangé. 

Le 16 avril : traces de glycose, l'amidon n'a guère 
diminué dans les tiges ; mais, il a disparu des feuilles. 

L'expérience, bien que non poursuivie jusqu'à dispa- 
rition complète de l'amidon montre, néanmoins, que la 
matière amylacée des feuilles est plus rapidement utilisée 
que celle des tiges. 



182 



Expériences sur Polytriehani JnalpcrlB 



Un pot de cette espèce a été mis à l'obscurité, le 
16 août. 

Le 10 octobre, tiges et feuilles présentent encore de 
l'amidon en quantités notables. 

Le 17 novembre, il n'en reste que quelques traces. 

Dans une autre expérience, effectuée avec la même 
espèce, on a recherché si les feuilles séparées perdaient 
leur amidon dans les mêmes conditions que les attachées. 

Dans ce but, on a mis en cristallisoir à l'obscurité : 

1* Des tiges feuillées ; 

2* Des feuilles détachées des précédentes. 

Mis en expérience le 4 janvier, ces matériaux ont été 
étudiés le 26 suivant. 

On observe, à cette date, que les feuilles attachées sont 
sensiblement moins riches qu'au début; il en est de 
même des feuilles détachées qui ne présentent aucune 
différence notable, comparées aux premières. 

Gomme on le voit, les feuilles de Polytrichum juniperi- 
num ne perdent pas aussi rapidement leur réserve amyla- 
cée que celles des Mnium, Ceratodoriy etc. 

Cette particularité, due à leur structure, s'observe éga- 
lement chez les autres Polytrichum. 

C'est ainsi que des exemplaires de Polytrichum formo- 
sumj ayant séjourné plus de 15 jours à l'obscurité» 
n'avaient pas perdu sensiblement d'amidon dans leurs 
feuilles. 



183 



GORGLUSIOIVS. 



Ces nombreuses expériences sur Tinfluence de l'obscu- 
rité sur l'amidon des Muscinées autorisent à formuler les 
conclusions suivantes : 

l*" L'obscurité nocturne oe suffit pas pour amener, dans 
les feuilles, la disparition complète de l'amidon d'assimi- 
lation diurne. 

2« L'obscurité coatinue, suffisamment prolongée, peut 
produire la disparition complète de la réserve amylacée; 
toutefois le temps requis pour amener ce résultat est, en 
général, plus long que chez la majorité des Phanérogames. 

3* La rapidité du désamidonnage par l'obscurité 
dépeod, indépendamment de la température : 

a) Des espèces. — Les Hépatiques et spécialement les 
frondeuses perdent, en général, leur amidon plus difScile- 
ment que les Mousses. 

b) Des organes. — D'une façon générale, l'utilisation 
respiratoire de l'amidon est plus rapide dans les feuilles 
que dans les tiges. Toutefois, chez les Polytrichum, les 
feuilles, grâce à leur organisation spéciale perdent beau- 
coup plus lentement, cet hydrate de carbone que les 
feuilles des Bryum, Mniunif etc. 

Ajoutons que, sous l'influence de l'obscurité, il appa- 
raît chez beaucoup d'espèces de Bryopbytes des ramifi- 
cations à axes très allongés et à feuilles réduites, à 
coloration très pâle et présentant, ainsi, les caractères de 
l'étiolement. 

Nous avons notamment observé des productions de ce 
genre chez : Cincinnulus Trichomanis, Mesophylla scal^ 
riSy Lunularia vulgaris^ Ceratodon purpureus, Mnium 
hornum^ Polytrichum juniperinum^ etc. 



184 



B. — Chaleur. 

L'assimilation chlorophyllienne nécessite, pour son 
accomplissement» l'intervention d'une certaine tempé- 
rature. 

Chez les Bryophytes de nos climats« l'activité végéta- 
tive n'est interrompue, en hiver, que lorsque la tempéra- 
ture descend en dessous d'un minimum relativement 
faible. 

De plus, la vitalité de ces végétaux semble résister 
facilement aux grands froids. 

Parmi les phénomènes d'adaptations auxquels les 
Muscinées doivent cette propriété, il faut accorder une 
grande importance à la modification d'état chimique des 
matières de réserve. 

Chez les Phanérogames, à feuillage persistant, avec 
lesquelles les Muscinées présentent maintes analogies 
physiologiques, on sait que l'amidon se transforme, 
pendant les hivers des régions froides et même tempérées, 
en matière grasse et en sucre. 

Bengt Lindforss(^), étudiant cette question, a conclu de 
ses observations que, durant les hivers de rAllcmagne 
centrale, l'amidon disparaît complètement chez Bryum 
roseum et chez Polytriehum commune et il incline à con- 
sidérer toutes les Mousses comme rigoureusement dépour- 
vues d'amidon, pendant la saison froide. 

Il a constaté de plus que les espèces précitées, mises 
à la température de SO"", reconstituaient, presqu'instanta- 
nément, leurs réserves amylacées qui avaient pris, en 
majeure partie, la forme sucre. 

Nous avons recueilli quelques indications sur ce sujet. 

(1) Bengt Lindforss. Zur Physiologie and Biologie der wintergrii- 
ncn Flora. Bot Centrait!. B" LXVIJI, p. 83. 



185 



Observations sur Barbala uan^aleulata. 

Le 23 février 1906, «a pot de cette espèce, conservé 
jusque là en serre, à l'abri de la gelée et normalement 
pourvu d'amidon, a été exposé, durant une nuit, à une 
gelée de 4* (température à la surface du sol]. 

Le lendemain, une partie des individus est mise en 
alcool, pour la recherche de Tamidon. 

On trouve : tiges : un peu d'amidon, notamment vers 
les extrémités; feuilles : la plupart 0, quelques-unes un 
peu. Le glycose est assez abondant dans tiges et feuilles. 

Une autre partie des échantillons est placée à l'obscurité 
au laboratoire pendant 24 heures; on y constate, alors, 
un accroissement faible, mais réel, de l'amidon. 

Observations sur Ceralodon parporeas. 

Le 23 février 1906, après une nuit de gelée, on a 
prélevé, le long d'un chemin, à Ferooz des gazonnements 
fructifies de cette espèce. Ils présentent très peu d'ami- 
don dans les tiges, pas dans les feuilles, abondamment 
dans pédicelles et capsules. 

Mis à l'obscurité, au laboratoire, on n'y constate pas de 
reconstitution notable d'amidon. 

Observations sur IHalaiii horaaai. 

Le 19 janvier 1906, après quelques jours de gelée, on 
recueille des échantillons de cette espèce munis de sporo- 
gones. 

On y recherche l'amidon et compare les quantités avec 
celles que montrent des exemplaires conservés en serre, 
à l'abri de la gelée. 



186 

Tandis que ces derniers présentent de l'amidon assez 
abondamment dans tiges et feuilles, on n'en trouve pas 
dans les tiges des plantes exposées au froid; seules, 
quelques feuilles, en ont conservé en quantité moyenne. 

Conclusion* 

Gomme on le voit, le froid exerce, sur l'amidon des 
Muscinées une action comparable à celle qu'il produit 
sur la réserve des feuilles persistantes des végétaux 
supérieurs. 

Toutefois, dans les hivers relativement doux de notre 
pays, la transformation de l'amidon, sous l'influence du 
froid, est loin d'être complète. 

II. EAU. 

Nous avons montré précédemment les relations 
étroites existant entre le degré d'humidité de la station 
et le caractère amylifère des Bryophytes. 

Mais, nous avons cru devoir préciser, par la métb4Mle 
expérimentale, les efiets de la sécheresse sur l'amidon et 
envisager successivement l'action de ce facteur, à la 
lumière, puis, à l'obscurité, en distinguant, dans l'un et 
l'autre cas, les suites de la dessiccation lente et ceux de la 
des0Îeeatton rapide. 

DMfliooation lente & la lumière. 

Dans les conditions naturelles, beaucoup de Bryophytes 
sont exposés à subir une perte progressive de l'humidité 
qui assure la turgescence et le fonctionnement normal 
de leurs tissus, et à tomber dans un état de vie ralentie 



187 

que Bastit(l), étudiant spécialement Polytriehum junipe-- 
rinum^ a qualifié de sommeil hygrométriqtu. 

Nous nous sommes attachés à reproduire artificielle- 
ment les conditions de cette dessiccation lente» à la lumière» 
afin d'en observer les effets sur la réserve amylacée. 

Expériences sur Polytrleh^ni JulperlnuB. 

Le 14 juin» deux fortes touffes de Polytriehum juniperi-- 
num sont placées en pots, c6te à cAte» dans un endroit où 
elles reçoivent une abondante lumière diffuse et à Tabri 
de la pluie. 

L'une d'elles est arrosée journellement, l'autre, ne 
reçoit aucun arrosement. 

IVHitefois il y a lieu de faire remarquer que la rosée 
nocturne rafraîchissait, chaque nuit, les cultures. 

Le 28 juillet, des échantillons sont pris dans les deux 
pots, pour la recherche de Tamidon; oelle^i donne les 
résultats suivants : 

Pot arrosé : amidon très abondant, dans tiges et feuilles. 

Pot non arrosé : tiges, pw d'amidon; feuilles, sur 
vingt, deux en présentent encore vu peu à Tendroit 
où la partie engainante se rétrécit. 

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Expériences sur d'autres Mousses. 

On a soumis, à l'influence de conditions analogues, des 
cultures des espèces suivantes : Barbula unguiculata, 
Ceratodon purpureus, Bryum argenteum et Brachythe- 
eium velutinum. 

Les résultats de ces observations sont consignés dans 
le tableau suivant : 



(1) Butît, loe. dtaio, p. 4t6. 



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189 



COÎTGLUSIOITS. 



Ces observations démaQtrent clairement que la dessic- 
cation lente des Mousses à la lumière détermine la dispa- 
rition progressive de leurs réserves amylacées. 

L'explication de ce phénomène doit être recherchée 
dans les modifications qu'apporte la dessiccation au fonc- 
tionnement de l'assimilation chlorophyllienne et de la 
respiration. 

Au début de l'expérience, c'est-à-dire lorsque l'humi- 
dité est encore suffisante, les plantes sont normalement 
turgescentes; ces deux fonctions s'accomplissent réguliè- 
rement et leur action combinée se traduit par un gain de 
matière amylacée. 

Mais, après quelques jours, malgré les faibles précipi- 
tations nocturnes, grâce à la chaleur estivale, l'eau du sol 
diminue progressivement, la turgescence faiblit et les 
feuilles tombent bientôt dans le sommeil hygrométrique. 
Dans cet état, elles continuent, néanmoins, à respirer et 
à assimiler. 

Toutefois, l'assimilation étant beaucoup plus affectée 
dans son énergie fonctionnelle par la dessiccation, que 
la respiration, les pertes quotidiennes d'amidon l'empor- 
tent sur les gains. Avec les progrès de la dessiccation, 
augmente la durée et l'intensité du sommeil hygromé- 
trique qui finit par s'établir d'une façon ininterrompue, 
amenant la disparition graduelle de la matière respira- 
toire amylacée. 

C'est cette même dessiccation lente à la lumière qui 
appauvrit les Muscinées, en été, de leur amidon et qui 



1 



190 

oblige à ne considérer que des matériaux maintenus 
quelque temps dans une fraicheur constante, pour la 
détermination du caractère amylifère des espèces. 

DaMdooatloii rapide à la lunière. 

Dans les expériences précédentes, la perte d'eau des 
tissus s'est effectuée lentement, n'amenant que progres- 
sivement un état de sommeil hygrométrique définitif. 

Les efTets de la dessiccation à la lumière sur Tamidon 
sont-ils identiques lorsque cet état est rapidement atteint? 

Pour répondre à cette question nous avons abandonné 
des échantillons de diverses espèces dans des vases 
ouverts, placés dans un lieu sec et à température relati- 
vement élevée, atteignant jusque 35*. 

Les résultats de ces observations sont consignés dans 
le tableau suivant : 



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192 



GONGLUSIONS. 



Si Yen envisage, dans leur ensemble, les observations 
consignées dans le tableau précédent, on constate que, 
dans la majorité des cas, une dessiccation rapide de quel- 
ques jours à la lumière provoque une déperdition notable 
d'amidon. 

Là même, où elle n'a pu être décelée microchimique- 
ment, la diminution d'amidon s'accomplit très proba- 
blement. 

La réaction iodée est trop sensible, en effet, pour per- 
mettre de constater une raréfaction d'amidon dans des 
tissus qui, comme les frondes d!Aneura^ par exemple, en 
contiennent, en très grande quantité. 

Quelle que notable que soit parfois la diminution 
d'amidon provoquée par la dessiccation rapide, elle ne va 
jamais jusqu'à la disparition complète de cette substance. 

Il y a, entre les eflets de la dessiccation lente et ceux 
de la dessiccation rapide à la lumière, cette diiïérenoe 
essentielle que la première amène une diminution pro- 
gressive de l'amidon allant jusqu'à la disparition totale, 
tandis que la seconde produit une raréfaction plus brus- 
que, mais ne provoque jamais la destruction complète de 
la réserve amylacée. 

Quant aux causes de raréfaction de l'amidon sous 
l'influence de la dessiccation rapide à la lumière, elles 
n'apparaissent pas clairement, car le phénomène semble 
souvent trop brusque pour pouvoir être mis uniquement 
sur le compte d'une combustion respiratoire. 



193 



Beesiooation lente à robsourité. 



Nous avons montré précédemment l'influence de 
l'obscurité sur Tamidon des Muscinées. 

Nous venons de constater, d'autre part, que le facteur 
sécheresse, quand il s'exerce lentement, amène aussi la 
disparition progressive de la réserve amylacée. 

L'action combinée de ces deux agents doit donc, a 
fortiori^ être très énergique dans ce sens. 

Les expériences suivantes en fournissent la preuve. 

Expériences sur Mcflophylla sealnrl». 

Le 17 janvier, une touffe bien fraîche, avec terre, de 
cette espèce a été mise dans plusieurs doubles de fort 
papier et abandonnée à une lente dessiccation à l'obscu- 
rité. 

Le 24 suivant, quelques exemplaires prélevés se mon- 
trent déjà moins riches en amidon. 

Le 30, la diminution s'accentue ; le 13 février, il n'y 
en a presque plus; le !•' avril, la matière amylacée a 
complètement disparu. 

Dans une seconde expérience, des exemplaires mis 
dans des conditions analogues, le 29 janvier, ne présen- 
taient plus, le 14 avril, que quelques cellules des feuilles 
amylifères. 



Expérience sur flcsophylla erenalata. 

Des exemplaires mis en dessiccation lenie, à l'obscu- 
rité, le 1" avril, ne montraient plus d'amidon dans tiges 
et feuilles, le 1'^ mai suivant. 



13 



194 



Expérience sur JHartapelU F«B«kii. 



Le 31 janvier, des échantillons avec terre sont placés 
en papier et maintenus frais quelque temps; ils se 
desséchent, ensuite lentement. 

Le 1*' avril, tout l'amidon a disparu. 

Expérience sur Aaciira piDgalii. 

Cette espèce soumise à une dessiccation lente à l'obscu- 
rité prolongée, du 26 mai au 9 août, a perdu une grande 
partie de son amidon ; dans la partie épaisse des frondes, 
environ un tiers des cellules en ont encore. 

Expériences sur DlerasowebiUi elrrttta. 

Le 5 mai 1905, on a mis en dessiccation lente plusieurs 
fragments d*écorce couverts de gazonnements denses de 
cette espèce. 

Afin d'éviter une dessiccation trop brusque, le papier 
contenant ces échantillons est maintenu frais pendant une 
quinzaine de jours. 

Le 27 août, des spécimens prélevés ne contiennent plus 
d'amidon. 

A la même date, des tiges et feuilles ainsi désamidon- 
nées sont mis en régénération en solution minérale 
nutritive, à la lumière. 

Le 2 septembre, un abondant protonéma secondaire a 
déjà produit de nouveaux bourgeons. Toutes ces produc- 
tions sont riches en amidon. 

Le 19 suivant, le produit de cette régénération est mis 
en dessiccation lente à l'obscurité. 

Le 25 octobre, les tiges et feuilles des jeunes bourgeons 
sont privées d'amidon; seuls, quelques gros filaments 
épaissis du protonéma en ont encore. 



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Indépendamment de Taction de la dessiccation à 
l'obscurité sur l'amidon, cette expérience prouve que des 
tiges et feuilles privées de cette matière de réserve sont 
encore susceptibles de régénération. La production de 
tissus nouveaux s'effectue vraisemblablement, ici, aux 
dépens de la matière grasse dont cette espèce est abon- 
damment pourvue. 

Expériences sur BryaM argentoiiai. 

Après 30 jours (du 2 mars au 1*^ avril) de dessiccation 
lente à l'obscurité, une touffe de cette espèce était com- 
plètement désamidonnée. 

Le 3 mars des tiges et feuilles ont été prélevées et 
mises en régénération à la lumière. 

Le 30 avril, fragments de tiges et feuilles ont produit 
un abondant protonéma avec jeunes bourgeons. 

Ici encore la disparition de l'amidon n'empêche pas la 
régénération. 



Expériences sur JHnlmn 

En 35 jours (du 25 mai au 30 juillet), une toufle avec 
terre de cette espèce, desséchée lentement en boite, à 
l'obscurité, ne contenait plus d'amidon que dans quelques 
rares cellules des feuilles. 



Expériences sur JHBlan 

Le 20 avril, des échantillons frais de cette espèce ont 
été mis dans les conditions suivantes : 

1* Dans plusieurs doubles de papier fort, maintenu 
frais durant une dizaine de jours ; 

2* Sur sable humide au début, dans une boite obscure. 

Le 13 mai, des échantillons sont prélevés pour la 



196 

recherche de Famidon ; les résultats de cet examen sont 
les suivants : 

l» Exemplaires dans papier. Amidon presque complè- 
tement disparu des tiges et feuilles. 

2^ Exemplaires sur sable. Amidon disparu sauf quel- 
ques cellules du margo et de la nervure de certaines 
feuilles. 

Le 20 mai, les matériaux de ces deux expériences ont 
été mis à régénérer et ont, au 7 juin, donné protonéma 
et bourgeons nouveaux. 

Deux autres expériences de désamidonnage du Mnium 
hornum, par dessiccation lente à l'obscurité, ont donné 
les résultats suivants : 

Après 3 mois (du !•' mai au 2 août) : disparition com- 
plète de Tamidon. 

Après 2 mois (du 20 janvier au 23 mars) : tiges et 
feuilles ne présentent plus d'amidon. 

Expériences sur nolam roBtratam. 

Le 5 mars, on a mis une forte touffe dans plusieurs 
doubles de papier, maintenus frais durant une dizaine de 
jours. L'amidon y était, au début, très abondant, dans 
tiges et feuilles. 

Le 28 suivant, les tiges n'ont plus d'amidon ; environ 
un tiers des feuilles les plus vieilles en ont encore près de 
la base de la nervure, rarement un peu dans les limbes. 

Mis à régénérer le 20 mars, ces matériaux ne produi- 
sirent pas de protonéma secondaire. 

Dans une expérience analogue, du 2 avril au !•' mai, 
le Mnium rostratum avait perdu la presque totalité de son 
amidon. 



197 



Expériences sur Polytrlchnat jo»l^rl«oBi. 

Le 4 janvier un copieux échantillon de cette espèce est 
mis en dessiccation lente à l'obscurité. 

Le 2 mars, le désamîdonnage est presque complet, 
quelques rares feuilles présentent encore un peu d'amidon 
dans les lamelles. 

CoircLusioKS. 

Ces expériences montrent que l'action combinée de 
l'obscurité et de la dessiccation lente amène la dispari- 
tion complète de l'amidon et que, dans la plupart des cas, 
la marche de ce phénomène est plus rapide qu'à l'obscu- 
rité humide. 

Dessiooation rapide à TobBOtirité. 

Pour obtenir une dessiccation de ce genre, on a placé 
des échantillons des diverses espèces sur l'acide sulfu- 
rique dans un bocal à l'obscurité. 

Après 33 jours, Cincinnulus Trichotnanis n'avait 
perdu que peu d'amidon. 

Après le même temps, Mnium stellare et Mnium hor- 
num en avaient perdu notablement. 

La préparation que subissent les échantillons en vue 
de leur conservation en herbier réalisant souvent des 
conditions analogues de dessiccation, nous avons analysé, 
au point de vue de leur teneur en amidon, un certain 
nombre d'Hépatiques et de Mousses d'herbier. 

Les résultats de ces observations sont consignés dans 
les tableaux suivants : 



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P_„„„„, 


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i 


, ^ 




1 
J 

3 


a| ^ 





199 



HoattiM. 



EtPiCBS ÉTUPIÉES. 




État db lVhidon au ptitfTBMPs 
1906. 



Archidium ^ernifolium 
Ephemervm serratum 
Physeomitrelia patem 
Schistotega osmundacea 
Ditcelium nudum 
Pkyscomitrium pyriforme 
Bryum alpinum 



erythroearpum 
roseum 



1889 
1868 
1869 
1869 
1868 
1869 
1870 



1902 
1869 



Très abondant. 
Très peu abondant. 
Amidon assez abondant. 
Abondant. 

Id. 
Assez abondant. 
Tiges : traces; un petit nombre de 

fonilles en sont encore bien 

pourraes. 
Tiges : encore beanconp; feoill.: 0. 
Tiges et feailles : amidon. 



Comme on le voit, les Bryophytes se comportent très 
différemment, lors de la dessiccation en herbier; tandis 
que les Hépatiques foliacées et quelques Mousses perdent 
une grande partie, parfois même la totalité de leur 
amidon, les Hépatiques frondeuses et certaines Mousses 
ne subissent qu'une diminution peu sensible de leur 
teneur en cet hydrate de carbone. 

Ces variations tiennent à la structure et à la texture 
des tissus et à la teneur amylacée initiale. 



Conclusion. 

D'une façon générale, la dessiccation rapide à l'obscu- 
rité produit les mêmes effets que la dessiccation rapide à 
la lumière : destruction ou transformation notable, mais 
incomplète de l'amidon. 



200 



ni. ALIMENT. 



L'amylogénèse des végétaux est, certainement, 
influencée par les conditions de la nutrition générale. 
Bien que nous ne connaissions pas encore nettement, à 
l'heure actuelle, les rapports directs existant entre 
Taiimentation minérale et la production d'amidon, on 
doit admettre, a prioriy que l'intervention des éléments 
biogéniques indispensables pour l'édification des tissus 
et des organes de l'assimilation photosynthétique. Test, 
conséquemment, aussi, pour la formation de l'amidon. 

Nous n'avons pas cherché à approfondir cette question. 

Nous avons envisagé uniquement l'influence de l'ali- 
ment carboné sur l'amylogénèse. 

Alimentation carbonée. 

Les radicaux nécessaires à la production de l'amidon 
sont fournis, dans les conditions normales, par la photo- 
synthèse; ils peuvent l'être cependant aussi sous forme 
de corps carbonés divers et, alors, le concours de la 
lumière n'est pas indispensable. 

Il y a donc lieu de distinguer l'alimentation carbonée 
minérale et l'alimentation carbonée organique. 

Alimentation carbonée minérale. 

Il n'était pas dans nos intentions d'étudier les condi- 
tions de l'assimilation photosynthétique du carbone chez 
les Mousses. 

Nous nous sommes bornés à rechercher les conditions 
de vie de quelques Muscinées, d'une part, en atmosphère 
dépourvue d'anhydride carbonique, d'autre part, dans 
un air artificiellement enrichi de ce gaz. 



201 



Expérience sur Jflalaiii puoetatam cultivé en atmosphère 
dépourvue d'anhydride carbonique. 

Le 15 février, on a placé à la lumière, des exemplaires 
de Mnium punctatum dans un appareil constitué comme 
suit: 

Un flacon de 1 litre de capacité renferme, sur une 
épaisseur de 5 cm,, des scories grossières que Ton im- 
prègne abondamment d'une solution de potasse à 20 */o. 
Sur cette couche de scories, est disposé un petit cristal- 
lisoir qui contient les plantes en expériences ; ces der- 
nières plongent incomplètement dans de l'eau stérilisée. 

Le goulot du flacon est hermétiquement fermé à l'aide 
d'un bouchon de caoutchouc percé de deux trous, livrant 
passage à deux tubes recourbés; à chacun de ces 
derniers, est relié un tube d'absorption en U rempli de 
fragments de potasse anhydre. 

L'appareil est parfaitement hermétique et le milieu 
interne complètement privé d'anhydride carbonique; 
tous les jours on y renouvelle Tair par insufflation. 

Les individus introduits, le 15 février, dans l'appareil 
présentent les caractères amylifères suivants : 

Tiges : amidon abondant ; feuilles : assez abondant. 

Le 28 mars, on met fln à l'expérience ; de nombreuses 
tiges feuillées assez grêles et d'un vert clair se sont pro- 
duites; un échantillon copieux est étudié au point de vue 
de l'amidon et fournit les résultats que voici : 

Vieilles plantes. Tiges : très peu d'amidon; feuilles : 0. 

Pousses nouvelles. Tiges : sur 4, 2 en ont encore un 
peu au sommet, les autres, aucune trace ; feuilles : 0. 

Gomme on le voit, le Mnium punctatum^ vivant pendant 



ao2 

43 jours à la lumière, en atmosphère rigoureusement 
privée d'anhydride carbonique» utilise la presque totalité 
de sa réserve amylacée, d'une part, à la formation de 
pousses nouvelles, d'autre part, à pourvoir aux besoins 
de la respiration. 



Expériences sur ]IE«s«phylla Mslarl* et sur Brywn 

ar|l»Bl«aHi en atmosphère enrichie d*anhydride car- 
bonique. 

Ces expériences ont été faites en introduisant des 
exemplaires fortement appauvris en amidon de Meso- 
phylla scalaris et complètement désamidonnés de Bryum 
largenteum, dans un flacon fermé d'un litre de capacité, 
dans lequel on a produit, par la réaction d'un poids 
déterminé de carbonate de soude avec l'acide sulfu- 
rique, une surcharge d'anhydride carbonique corres- 
pondant à environ 1 */«. 

Des échantillons témoins végètent comparativement 
dans un flacon à atmosphère normale. Le tout est placé à 
la lumière. L'expérience dure du 20 janvier au 6 février 
et donne les résultats suivants : 

Mesophylla scalaris. 

Témoin : Tiges et feuilles, amidon peu abondant. 
En excès d'anhydride carbonique : amidon notable- 
ment plus abondant que dans le témoin. 

Bryum argenteum. 

Témoin : amidon, assez abondant dans tiges et feuilles. 
En excès d'anhydride carbonique : amidon abondant. 



203 



Conclusion. 



Cette expérience montre que la teneur normale de l'at- 
mosphère ne constitue pas Toptimum pour l'assimilation 
carbonée des Muscinées et que ce phénomène s'accomplit, 
comme chez les Phanérogames, avec une plus grande 
intensité, lorsque cette teneur est de beaucoup plus 
élevée. 

Les Muscinées constituant des végétations très basses, 
étroitement appliquées contre un substratum ordinaire- 
ment humeux et siège d'un dégagement constant d'anhy- 
dride carbonique, végètent, d'ailleurs, normalement dans 
une atmosphère plus riche en ce gaz que Tair qui baigne 
l'appareil foliacé des plantes d'une certaine dimension. 

Alimentation carbojiée organique. 

La production d'amidon à l'obscurité, aux dépens d'un 
certain nombre de corps carbonés appartenant notam- 
ment au groupe des sucres a été reconnue possible, par 
divers expérimentateurs, chez un grand nombre de 
plantes vertes, aussi bien inférieures (Flagellâtes, Algues), 
que Phanérogames. 

Seules, les Bryophytes n'ont été jusqu'ici l'objet d'au- 
cune recherche suivie à ce sujet; aussi, avons-nous 
accordé, à cette question, une attention toute spéciale. 

Les expériences organisées dans ce but ont été effec- 
tuées à Taide de spécimens préalablement privés, le plus 
complètement possible, d'amidon. 

Les Hépatiques ne se laissant pas souvent priver com- 
plètement de leur réserve amylacée sans perdre leur 
vitalité, on a dû employer, pour ces dernières, des exem- 
plaires simplement très appauvris; l'étude comparative 



204 

de témoins en eau distillée permettait, d'ailleurs toujours» 
de se rendre compte de l'existence d'une assimilation 
réelle des substances étudiées. 

Pour les Mousses on a pu se procurer soit par Faction 
de l'obscurité seule, soit par l'action combinée de ce fac- 
teur avec la dessiccation lente, soit enfin, par la vie en 
atmosphère dépourvue d'anhydride carbonique (pour 
Mnium punctatum) des matériaux privés de réserve car- 
bonée. 

Assimilation du saccharose. 

Le tableau suivant résume les observations effectuées 
sur l'amylogénèse aux dépens de ce sucre. 





AuimUâUon da Saoeharote. 


EtriGU tnmin. 


i 


Isï 


Ritmm. 




s 


a % 






i 


'"* 




Uphocolta MerophyUa 
anoitwulu» Trichomanit 


20'/. 


13i. 




20./. 


llj. 




Lapho»ia tn/Iola 


80»/. 


91 j. 


Tiges : boucoup d'amidon; fcaillea : en 






pelilc qaintitoding un certain nombre. 




20./. 


Uj. 


Amidon très a banda ni. 


LmvlatU vulgarii 


20 .;. 


ni- 


Amidon su maximum dani froadca et pro- 

pagalea. 
Tigoa : pat d'amidon: fenillea l«rminales : 

BUez t^ondanl. 




20./. 


17 j. 


DicrantUa htltromalla 


20-/. 


82J. 


Feuilles : bcaocoop d'amidon, lige* et p^di- 
cellcB : paa d'amidon. 




20./. 


19]. 


PeDilles : ((én6r«lemflnt beaucoup d'amidon, 
tige» : traces 


— murMli, 


20./. 


18], 


TigM. fenillei cl pédicelloa : amidoD au 


OrthotriehHm affine 


20./. 


8îi. 


Feulllei : pas d'tmidon; liges : traeei. 
Jeunca lige» beaucoup, vieilloa, moini; fcuil- 


Bryum argenteum 


10./. 


9J. 








lea i un peu dan» quelques unes. 
Amidon Irèi abondant dans ligoa al reuille*. 


Id. 


10./. 


18 j. 


M, 


20.;. 


9). 


unes trt» riche», le» autres pauvres. 


Id. 


20./. 


18 i. 


Amidon trËa abondant. 


Unium $iellare 


20.). 


a . 


Assimilation notable. 


— pvtulatum 


10./. 


aaj. 


Tiges : peu ou pas d'amidon i feuilles : la 




20./. 


iij. 




— harnum 


10./. 


30 . 


Assimilation très Ënergiqnc. 


1.. 


li . 


Feuilles : amidon en Irèa faible qutDtité. 




10.). 


80 . 


Pas de rdiullal : eiiTahi par moisissures. 




20./. 


20 . 


Tiges et feuHlea surtoul terminales : amidon 


Polytrithum janipeH- 






1res abondant. 


nkiB 


10./. 


7i. 


Tiges : amidon abondaul; feuille*, dans leur 




20./. 


7j. 












M*m 


30./. 


82 j. 


Amidon dans cilr^mité des liges et feuille* 
terminale*. 




20.;. 


2aj. 


Tiges : amidon abondant; fealUcs, la plupart, 
0, quelque* ane* un peu 1 la base. 









â06 

Ge tableau montre jque toutes les Muscinées étudiées 
sont douées, dans une mesure plus ou moins grande, de 
la propriété de produire de l'amidon à l'obscurité aux 
dépens du saccharose. 

En général, à la concentration de 20 (»/o l'amylogénèse 
est plus énergique qu'à celle de 10 V«- 

En revanche, il ne convient pas de dépasser 20 ""/o, car 
alors l'action osmotique du sucre pourrait s'opposer à la 
formation d'amidon. 

Il résulte, en effet, d'expériences dont la relation sor- 
tirait du cadre de ce travail, que dans des milieux très 
osmotiques (glycérine à 50 */• + saccharose à 20 <>/•) 
Lunularia vulgaris perd rapidement l'amidon de ses 
frondes. 

Assimilation dn Glycose. 



EspàcBS iTODiéis. 



CORCER- 
Ta4TI0IV. 



DuMis 

DB L'sXPi- 
aiKUGB. 



RESULTATS. 



Cincinnulus TriehomanU 
Mnium harnum 

Polylriehum juniperinum 



lOo/o 
10 «/o 



10 o/. 



Il joars. 

14 jours. 

36 jours. 

7 jours. 



28 jours. 



Assimilation énergique. 

Amidon asseï abondant. 

Assimilation énergique. 

Tiffcs : assez bien d'ami- 
don; feuilles beaucoup 
dans limbe: lamelles, 
peu ou pas dans gaine. 

Maximum partout. 



Aasimilation du LactoM. 



207 



Eapicis irvMÈu. 



CONCBN- 
TBATION. 



Bryum argenteum 



Mnium puneiatum 
Mnium hornum 



Poiylrichum juniperinum 



10 0/. 



<0o/. 

10 0/. 

lov. 



20»/« 



DuMiK 

DB l'bXFA- 

unrcB. 



9 jours. 

21 joart. 
14 jonrs. 
2Sl jours. 

14 jours. 
14 jours. 



RisULTATS. 



Amidon abondaut dans 
prcsauo toutes les 
feuilles 

Assimilation énergique. 

Assimilation notable. 

Amidon très abondant 
dans tiges et feuilles. 

Tises : pas d'amidon ; 
feuilles : un peu dans 
les lamelles. 

Tiges : pas d*amidon ; 
feuilles, quant, nota- 
ble dans les lamelles. 



ExpériencM snr raidmilation de dlverMi antres inbitancee 

par Mnium hornum. 



SoasTAZicn éreDiiss. 



Maliose 

Rtffinose 

Dextrioe 

Id. 
Amidon sotnble 
Mtnnite 
Acide aeétiaue 
Aeide lartnque 
Acide oxalique 
Acide citrique 
Glycérine 

Id. 
Leucine 
Peptone 



GoNGlIf- 
TSâTIOll. 



10«/o 

lOo/o 

5«/o 

0.5 o/o 
0.5 o/» 
0.50/0 
0.50/. 

!•/. 
0.350/0 



DoaiB 

aiBRCB. 



RiSOLTATS. 



Assimilstion notable. 
Aucune assimilation. 
Assimilation très notable. 

Id. 
Aucune assimilation. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

H. 

Id. 
Assimilation notable. 
Aucune assimilation. 

Id. 



208 

Expériences sur rasaimiUtion de dlTenet antres substances 

par Polytriehum juniperinum. 



SUMTANCBS iTUllÉBS. 


COKCIN- 
TaiTlOîf. 


DORÉB 

DB L*KXPÉ- 

RIENCK. 


Résultats. 


Dextrino 

Id. 
loulino 

Amidon solublo 
Mannite 
Glycérine 
Acide tartriquo 
Asparagine 
Peptonc 


lOVo 
lOo/o 

2o/o 
2o/o 

2o/« 
2 0/. 
2o/o 

2»/. 


loi. 

18 j: 
14 J. 
14 î. 
14 1. 
14 1. 
14 1. 
14 î. 
14 J. 


Légère assimilation. 
Assimilation notable. 
Aucune assimilation. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 



CoirCLUSIONS. 

Il résulte de ces expériences sur Tassimilabilité de 
divers corps organiques que les Bryophytes présentent 
sous ce rapport des propriétés analogues à celles des 
Phanérogames. 

En présence de glycose, de saccharose, de lactose et 
de maltose, ils peuvent former de Tamidon à l'obscurîté. 

La dextrine, bien que dans une mesure plus réduite, 
peut également être utilisée à Tamylogénèse. On sait que 
Tavis des expérimentateurs se trouve partagé sur la 
question de Tassimilabilité de cet hydrate de carbone 
par les Phanérogames. 

Quant aux acides organiques, ils ne paraissent pas 
pouvoir fournir aux Mousses le carbone nécessaire à 
Tamylogénèse. 

La nutrition allotrôphe y apparaît donc beaucoup plus 
restreinte que chez les Algues qui, d'après les récentes 
recherches de Treboux(i) assimilent énergiquemment ces 
substances. 



(1) Trcboux. Organische Saiiren als Kohienstoffqucllc bci Algcn. 
Ber, d, deutich. bot Gesellt. Bd. XXIII, 1905, p. 9. 



209 

Enfin/ la glycérine est le seul alcool qui ait donné un 
résultat positif. 

Siège de rassimilation des matières sucrées. 

Nous avons vu que Tamylogénèse par photosynthèse a, 
chez les Bryophjrtes, son siège essentiel dans les feuilles. 

n y a lieu de se demander si la production d'amidon 
aux dépens de radicaux carbonés présente la même 
localisation. 

L'expérience suivante, réalisée arec Mnium hornum 
apporte des éléments à la solution de cette question. 

Le 20 septembre, on a mis à l'obscurité, en solution 
à 20*/« de saccharose : 

!• Des tiges feuillées désamidonnées de cette espèce ; 
de ces tiges, les unes dressées, plongent dans la solution 
sucrée par leur base, les autres, renversées, par le 
sommet; 

2* Des feuilles détachées flottant sur la solution ; 

3* Des tiges nues immergées dans le liquide. 

Le 20 octobre, on fait la recherche de l'amidon dans 
ces différents matériaux. 

Les résultats sont les suivants : 

1* Tiges feuillées^ aussi bien dressées que renversées : 
amidon abondant dans tiges et feuilles ; 

2* Feuilles attachées : amidon en quantité équivalente 
à ce qui est observé dans les attachées ; 

3* Tiges nues : comme celles pourvues de feuilles. 

La tige aussi bien que les feuilles peut donc assimiler 
le sucre. L'ensemble des résultats consignés dans le 
tableau relatif à l'assimilation du saccharose confirme, 
d'ailleurs, cette possibilité. 

L'expérience ci-dessus montre, de plus, que la conduc- 

14 



210 

tion des sucres peut s'effectuer par les tiges et les feuilles 
quelle que soit la position relative de celles-ci. 

Il n'y a pas que les organes de la plante sexifère qui 
puissent être le siège de l'amylogénèse aux dépens de 
sucre, le sporogone jouit de la même propriété. 

C'est ainsi que des jeunes sporogones, préalablement 
désamidonnés à l'obscurité» de Mnium punctatum^ plsicés 
en solution de saccharose à 20 Vo» à l'obscurité, se sont 
réenrichis d'amidon dans le pédicelle et le tissu assimila- 
teur de la capsule. 

De même, des sporogones de Scapania nemorosa en 
solution sucrée se sont montrés plus riches en amidon 
que des exemplaires en eau distillée. 

Cette propriété amylogénésique semble donc générale 
dans les divers organes des Muscinées amylifères. 

Influence des matières sucrées sur les Brjfophytes non 

amylifères. 

On vient de voir que les sucres sont activement trans- 
formés en amidon par les Bryophytes normalement 
amylifères. 

Il était intéressant de rechercher si les espèces qui» 
dans les conditions naturelles sont dépourvues de matière 
amylacée, présentent la même propriété. 

Les espèces mises en expériences ont été les suivantes : 
parmi les Hépatiques : Radula complanata^ Metzgeria 
furcataj Madotheca laevigata et M. platyphylla^ Frullania 
Tamarisci et Fr. dilatata; parmi les Mousses : Andreaea 
petrophila^ Neckera complanata, Hedwigia albicans. 

Le glycose, le saccharose et le lactose ont été utilisés. 

Le tableau suivant indique les résultats obtenus. 



211 



■••*' 



Espèces iTOBiéss. 



NaTUEK BT PaOPOBTiON 

BU 

SUCMB BMPLOTi, 



DoaiB 

DB L*BXpi- 
RIBNCB. 



RiSDLTÀTS. 



Lejeuniu se piUt folié 
Rûdula dimplanala 

Id. 

Id. 

td 
Metzgeria jurcata 

Id. 
àîadotheca laevigata 

Id. 
Mûdotheea platyphylla 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

FrulUnia TamarUci 
FruilaniédUatêiê 

Id. 
Andreaea pttrophila 

lé. 

Id. 

Rhaeomitrium proiemum 
Ifeekera eomplanata 

Id. 
Ifedwigia albicans 

Id. 



Saccharose SO oj^ 
Glycosc 12 Vo 
Saccharose 20 «/o 
Lactose 10»/« 

Id. 
Glycose 12 <»/« 
Saccharose 20 «/o 
Glycosc 12 «/o 
Saccharose 20 *|o 
Glycosc 12 •'• 

Id. k la lamière 
Lactose 10 «j. 

Id. à la lumière 
Glycose 10 «/o 
Saccharose iO «/• 
Saccharose 10 ^/^ 
Glycoae 12o/« 
Saccharose 20 •/• 
GiTcoaê 12«/« 

Id. à la lamière 
GWcose 10 «/o & It 

lumière 
Glycose 10 «/o 
Glycose 12*/« 

Id. à la lamière 
Saccharose 20 */o 
Id. 



11 joara. 

19 loars. 
Jd. 

13 joars. 
28 4oars 
11 joors. 

Id. 

Id. 

Id. 

10 jours. 
Id. 

18 jours. 
Id. 

11 jours. 
18 lours. 
82 ]ours* 
11 jours. 

Id. 

16 joora. 

Id. 

20 joan. 
là jours. 
11 joura. 

Id. 
27 jours. 
88 jours. 



Paa d'amidon. 



212 



GoifCLUSIONS 6É1TÉRA.LES DU Gh^PITIBIE IL 



Les idées générales les plus importantes qui se déga- 
gent de ces recherches sur l'influence des conditions de 
végétation sur la production et les fluctuations de la 
réserve amylacée des Uuscinées peuvent être résumées 
comme suit : 

L Action db la. EA.DiA.Tioir. 

A. Lumière. 

La production d*amidon par photosynthèse est surtout 
importante dans les feuilles des Muscinées. 

Ces organes sont» non seulement, le siège essentiel de 
Tamylogénèse primaire mais elles jouent, chez les Bryo- 
phytes, comme chez les Phanérogames à feuilles persis- 
tantes, le rôle de réservoirs de matière amylacée. 

L'amidon qui ne peut plus se déposer dans les feuilles 
émigré vers les tiges. 

L'obscurité nocturne ne prive que très partiellement 
les feuilles de leur amidon. 

Un séjour prolongé et continu à l'obscurité amène la 
disparition complète, par combustion respiratoire, de 
l'amidon; ce désamidonnage est, en général, plus lent 
chez les Hépatiques, surtout frondeuses, que chez les 
Mousses. 

L*amidon des tiges résiste, d'ordinaire, plus longtemps 
à l'obscurité que la réserve foliaire. 

B. Chaleur. 

Le froid hivernal détermine la transformation partielle 
de l'amidon des Muscinées. 



213 



IL AcTlOn DE L*BAU. 



La perte d*eau des tissus agit très énergiquemcnt sur 
la réserve amylacée des Bryophytes. Toutefois cette 
action est fortement inDuencée par les conditions de la 
dessiccation. 

Une dessiccation lente à la lumière» telle qu*elle agit 
fréquemment sur la végétation en été, amène la dispari- 
tion progressive de la réserve amylacée. 

Si elle est rapide, Tamidon diminue d'ordinaire brus- 
quement et notablement et, ne se modifie, dans la suite, 
que très lentement. 

L'absence de lumière, entravant la reconstitution des 
hydrates de carbone, ajoute ses effets à la perte d'eau 
pour hâter, dans la dessiccation lente à l'obscurité, la 
disparition de l'amidon. 

IIL Action de l'alîment. 

Une teneur en acide carbonique supérieure à la nor- 
male est favorable à l'assimilation photosynthétique et 
conséquemment à la production d'amidon. 

A l'obscurité, les Bryophytes normalement amylifères 
peuvent utiliser les sucres, notamment, le glycose et le 
saccharose pour l'amylogénèse. 

La dextrine et la glycérine semblent pouvoir jouer un 
rôle identique. 

Les Muscinées non amylifères restent dépourvues de 
réserve amylacée même en présence de sucres. La pro- 
priété de donner naissance à de l'amidon parait, en 
conséquence, leur faire défaut d'une manière absolqe^ 



214 

Gomme le montre Texamen de ces conclusions» les 
Bryophytes obéissent, d'une façon générale, aux mêmes 
lois que celles qui régissent la production et les fluctua- 
lions de l'amidon chez les autres végétaux à chlorophylle. 

Certes, les théories actuellement connues de Tassimila- 
lion du carbone devaient le faire prévoir. Mais, il était 
néanmoins nécessaire d*en donner la preuve expérimen- 
tale, ce qui n'avait pas encore été fait jusqu'ici. 

Gembloax, mal 1906. 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES 



Bl LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



ANNEE 1906. 



Séance du 6 mai 1806. 

Présidence de M. J. Chaloit, président, 
M. Th. Durand, secrétaire général. 

La séance est oaverte à 14 h., au Jardin botanique de 
l'Etat. 

Sont présents : MM. J. Clialon, Alf. Cogniaux^ L. Goa- 
mans» V. Coomans, Th. Durand, J. Massart, H. Matagne, 
P. Nypels, Sladden, M"* Jos. Wéry. 

MM. Ch. Bommer, EL Marchai, Em. Marchai, E.Paque, 
Ch. Van Bambeke et H. Yanden Broeck se font excuser. 



Horl de H. le Comte Osw. de iLerekeve de Denfi*r- 
ghem et de 91. Iiéen Charles Tan ICeroin. — M. le Pré* 
sident annonce que, depuis la dernière séance, la 
Société de botanique a de nouveau été douloureusement 
éprouvée. 

M. le Comte Osw. de Kerchove de Denterghem est 
mort à Gand, sa ville natale, le 20 mars dernier. Il était 
né le 1**^ avril 1844. Membre de notre Société, il fit à 
diverses reprises partie du Conseil et en fut le président, 

V) 



216 

en 1889, lors des fêtes jubilaires du vingt-cinquième 
anniversaire de sa fondation. 

Doué d'une intelligence supérieure, le Comte de 
Kerchove brilla dans des domaines bien divers. Rappe* 
Ions qu'il fut Gouverneur du Hainaut et membre écouté 
de la Chambre des Représentants, puis du Sénat. Il 
exerça un rôle prépondérant dans le monde horticole, où 
il jouissait d'une notoriété universelle. II présida, avec 
éclat, la Société royale d'agriculture et de botanique de 
Gand. En cette qualité, il fut l'àme de plusieurs des 
grandes expositions quinquennales d'horticulture, orga- 
nisées par cette célèbre Société. Il déployait, dans ces 
délicates fonctions, un charme et une autorité incompa- 
rables. Fondateur de la Revue de VhorticuUure belge et 
étrangère (1875), il en fut le rédacteur en chef jusqu'à 
sa mort; il écrivit, dans ce périodique et dans plusieurs 
autres journaux, un nombre considérable d'articles. Il 
s'était fait un nom, dans le monde botanique, par des 
publications de longue haleine : Les Palmiers (1878), Le 
livre des Orchidées (1894). 

Il fut un défenseur ardent des intérêts du Jardin 
botanique de l'Etat, aussi sa nomination comme Président 
du Conseil d'administration de cet Etablissement (1901) 
fut-elle saluée, avec joie, par tous ceux qui ont à cœur 
son développement. 

Orateur et écrivain de talent (l), il laisse un vide qui se 
fera longtemps sentir! Notre Société, qui était fière de le 
compter au nombre de ses membres, depuis 1871, lui 
conservera un souvenir reconnaissant. 



(1) Voir rintércssaDte notice do M. Ch. Pynaert, dtns le n» du 
l«r tf rll 1930 de It Rtvue de rhorticulture belge et étrangère. 



217 

M «Léon-CharlesyanNerom, né àBruxelIes, le 24 novem- 
bre 1862, y est mort, il y a quelques jours (23 avril). 
Membre de la Société depuis 1883, il prit part à presque 
toutes les herborisations générales et comptait dans nos 
rangs de nombreuses sympathies. Il a rendu de réels 
services à la Société royale Linnéenne, dont il était un 
des administrateurs, et à la Société d'agriculture de 
Bruxelles, qui l'avait appelé à la Vice-Présidence. 



Le procès-verbal de la séance du 4 février 1906 est lu 
et adopté. 

Hembre associé. — Sur la proposition du Bureau, 
H. A. Glaziou est nommé membre associé. 



Prix Crépla. — Sont nommés : MM. A. Gravis, 
El. Marchai et Th. Durand, membres du Jury, chargé de 
faire à la Société les propositions pour le Prix Grépin 
(période 1903-1905). 

M. J. Massart est nommé suppléant pour le cas où l'un 
des membres serait empêché d'accepter cette charge. 



Herborisation générale. — M. J. Massart rappelle 
qu'il avait proposé que l'herborisation générale, de cette 
année, eut lieu dans le Moyen et le Bas-Escaut et accepté 
de la diriger. Pour des raisons particulières, il demande 
que ce projet soit renvoyé à une autre année et il propose 
une excursion de trois jours sur le littoral, dans les 
environs de Nieuport et de Coxyde. 

La proposition, vivement appuyée par M. Th. Durand, 
est adoptée à l'unanimité. — M. Massart est chargé de 



218 

Forganisation» pour les 9-11 septenibre, et il préparera 
un programme assez détaillé, qui sera envoyé à tous les 
membres. 

Cominiuileafloiis et leetarcs. 

M. Alfr. Gogniaux annonce que la Flora BrasiliensiSf 
commencée il y a soixante-six ans» vient d*étre terminée, 
et il donne des détails fort intéressants sur cet ouvrage, 
unique dans la littérature botanique. 

M. le Président souligne la part brillante que M. Âlfr. 
Gogniaux a prise à l'achèvement de cet œuvre immense, 
par ses travaux sur les Gucurbitacées, les Mélastomacées 
et les Orchidées, et en lui adressant les félicitations de la 
Société, il lui demande de résumer pour le Bulletin^ la 
communication qu'il vient de faire. 

Sur la proposition du secrétaire général, la Société 
décide l'impression dans le compte rendu de la séance : 

1"* D'une notice de M. Hyacinthe Vanderyst, sur de 
Nouvelles stations de Péronosporées, observées en 1905. 

2* et d'une note de M. A. Cornet : Le Scapania aspera 
H. Bernet, en Belgique. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 
16 heures. 



A PROPOS DE LAGHÈrEMENT DE LA c FLORA BRASILIENSIS », 

Note par Alfred Cogiciaux. 

Après soixante-six années d'efforts persévérants de la 
part des trois principaux éditeurs de la célèbre Flora 
Brasiliensis^ Ph. von Martius, W. Eighlbr et I. Urbaic, 
cette œuvre colossale est enfin terminée : voilà un événe- 



219 

ment botanique qui mérite, d'autant plus, d'attirer l'atten- 
tion des membres de la Société Royale de Botanique de 
Belgique que, comnne chacun le sait, le riche herbier, 
formé par Ph. von Martius, le fondateur de l'ouvrage, 
est le noyau de notre herbier national, l'herbier du Jar- 
din botanique de Bruxelles (U. Nous avons d'ailleurs 
l'honneur d'avoir vu figurer les deux premiers de ces 
botanistes, et de compter encore le troisième, au nombre 
des membres associés de notre Société, Un court histori- 
que de cette Flore, unique jusqu'ici dans la littérature 
botanique, ne sera donc pas déplacé ici. 

De 1817 à 1820, Martius, plus tard professeur à l'uni- 
versité de Munich, avait fait au Brésil, aux frais du 
gouvernement bavarois, une exploration botanique 
extrêmement fructueuse, et en avait rapporté des collec- 
tions très considérables. Après quelques publications 
partielles du fruit de ses récoltes C^), en voyant la richesse 
excessive de la végétation brésilienne et le peu de choses 
exactes que nous en connaissions encore alors, après 
mèms avoir commencé une Flore brésilienne sur' un plan 
très modeste (-i^ il conçut le projet d'un ouvrage monu- 
mental, dans lequel non seulement toutes les espèces 

(1) Rappelons qae le titre principal da premier président de notre 
Soeiélé, Barlhélemy Du Mortier, à notre reconnaissant sourcnir» fut 
d'aroir ddcidé le Gourerncmcnt belge à faire l'acquisition dn Jardin 
botanique de Bruxelles et de l*herbier de Martius : cet herbier, riche 
d*environ 60»000 espèces, représentées par 250 à 300,000 ezcmplairea, fut 
acheté, en 1871, pour la somme rclatirement modeste do 82,000 francs. 

(2) Hittoria naturëUi Palmarum ; 8 roi. in-folio max., 1893-50. — Nova 
Généra et Speeiee Plantarum ; 8 roi. in-4«, 182^39. » Spécimen maieriœ 
medieae brësUiêneis; in-4«, 1824. — Icônes Plantarum eryptogamicarum 
per Bresiliam coltegit ; ia-49, 1828-84. — Herbarium Floraa brattlien- 
fit; in-8», 1887 41, etc. 

(3) Flora Braeiliemiê; roi. I, pars prîor; in-8«, 1898. 



220 

seraient décrites, avec soin* dans tous leurs détails* mais 
encore* où toutes les plantes intéressantes* nouvelles ou 
litigieuses * ^ seraient fidèlement représentées par la 
gravure. Il s'associa comme éditeur de l'ouvrage End- 
licher* de Vienne* et il se choisit un certain nombre de 
collaborateurs, parmi les botanistes les plus renommés de 
son temps ; le premier fascicule de la nouvelle Flora Bra- 
siliensis put ainsi paraître en 1840. 

Endlîcher ne prit qu'une faible part à la direction 
de l'ouvrage; d'ailleurs à sa mort* en 1847* les neuf 
premiers fascicules seulement étaient édités. Martius 
continua, seul* la direction de la Flore jusqu'à sa 
mort* en 1868, et publia les fascicules 10 à 46. Il 
laissait alors le soin de continuer son œuvre à son 
élève et ami, W. Eichler, en dernier lieu directeur 
du Musée botanique et professeur à l'Université de 
Berlin* qui* à sa mort* en mars 1887* avait pu faire 
paraître les fascicules 47 à 99. M. I. Urban* sous- 
directeur du Musée et du Jardin botanique de Berlin, 
qui, depuis longtemps, aidait Eichler dans sa tâche, était 
tout désigné pour recueillir sa succession, et il publia 
les fascicules 100 à 130. Il est à remarquer que ces 
31 fascicules sont, pour la plupart* très volumineux et se 
rapportent généralement aux familles pour lesquelles 
il a été le plus difficile de trouver des collaborateurs; 
de sorte que sa tâche ne fut pas la moins ardue. 
M. Urban a eu ainsi l'honneur de mener l'ouvrage à 
bonne fin* le 130* fascicule* qui le termine, portant la 
date du 1*' avril 1906. 

Ces 130 fascicules forment quarante volumes de format 
très grand in-folio (43 centimètres sur 31) qui* sans les 
tables^ contiennent ensemble 20.733 pages, et sont 



221 

illustrés de 3811 planches 0). Ils coûtent» en librairie» 
5465 francs» l'exemplaire. 

On y trouve la description de 2253 genres, dont 
160 nouveaux, et de 22767 espèces, dont 5689 sont 
nouvelles; 19629 de ces espèces sont brésiliennes et 
3168 ne croissent qu'en dehors du Brésil ; 6246 sont 
figurées sur les 3811 planches. 

Si Ton tient compte, d'un côté» que d'immenses étendues 
du Brésil sont encore très peu explorées ou même ne le 
sont pas du tout» d'un autre côté, que, non seulement 
les premiers fascicules publiés» mais même ceux qui ont 
paru» il y a vingt à trente ans» sont aujourd'hui déjà fort 
incomplets, on peut estimer que ce pays nourrit au moins 
trente mille espèces de plantes (Cryptogames cellulaires» 
non comprises). 

L'ouvrage est l'œuvre de soixante^inq collabora- 
teurs (^), qui appartiennent à neuf pays différents, et qui 
se répartissent comme suit» par nationalités : 
38 Allemands, ayant fourni 9603 p. texte, avec 1649 pi.; 



2 Belges, 


id. 


3135 


id. 


654 id. 


5 Anglais, 


id. 


2298 


id. 


626 id. 


5 Suisses, 


id. 


2043 


id. 


441 id. 


4 Français, 


id. 


485 


id. 


99 id. 


7 Autricliiens, 


id. 


430 


id. 


105 id. 


1 Hollandais, 


id. 


387 


id. 


150 id. 


2 Danois, 


id. 


300 


id. 


76 id. 


1 Hongrois, 


id. 
plus] 


52 


id. 
id. 


11 id. 


Total comme 


liaat 20733 


3811 id. 



(1) Tolu les nombrei, eités dans eeUe notice, lont emprantés tux 
doeumontt statistiques, publiés par M. Urban dans le fucicule 130 do 
Touvrago. 

(2) Seulement 23 d'entre eux sont encore Tirants aujourd'hui. 



S22 

Quoique n'étant que deux, les Belges viennent donc 
au second rang, pour Timportance de leur collaboration. 
Voici, par ordre chronologique, ce qu'ils ont fourni à 
l'ouvrage : 

1* El. Marchai. Hederaceae; partie du fasc. 75(1878) : 
30 pages, avec 6 planches; 4 genres, avec 32 espèces 
(11 nouvelles; 28 brésiliennes, 4 extrabrésiliennes; 
7 sont figurées). 

2* Alf. Oogniaux. A. Cucurbitaceae; fasc. 78 (1878) : 
126 pages, avec 38 planches; 29 genres^ avec 138 espè- 
ces (12 nouvelles; 116 brésiliennes^ 22 extrabrésiliennes; 
43 sont figurées). 

B. Melastomaceae ; fasc. 89, 94, 100, 103, formant 
2 volumes de l'ouvrage (1883-88): 1110 pages, avec 
238 planches; 63 genres (1 nouveau), avec 1163 espè- 
ces (166 nouvelles; 986 brésiliennes, 177 exlrabrési- 
liennes; 365 sont figurées). 

C. Orchidaceae; fasc. 114, 117, 119, 120, 123, 125 à 
129, formant 3 volumes (1893-1908) : 1882 pages, avec 
372 planches; 142 genres (1 nouveau), avec 1765 espèces 
(131 nouvelles ; 1455 brésiliennes, 310 extrabrésîliennes; 
762 sont figurées). 

La part des Belges se résume donc comme suit : 
MM. £1. Marchai, 30 pag. , avec 6 pi. ; 32 csp. décr. 
Alf.Cogniaux, 3118( ') » » 648 d 3068 » » 

Total 3148 i» » 654 » 3100 » » 
M. Urban a classé les 65 collaborateurs dans l'ordre de 
la quantité de matière fournie. Nous extrayons de sa 

(1) Ce nonabro» obionu on ajautant les trois qui sont donnés plus haut 
(12^ + 1110 H- 1882 = 8118), surpasse do 13 celui qui eat indiqué un 
peu plus loin; il en csl de môme du total, 3148, comparé au nombre cité 
précédemment. 



223 

liste seulement ceux qui ont écrit plus de 500 pages ; 
il y en a di\, qui sont : 
MM. Gogniaux, 

de Ver\ îers-Nî\'elles, 3 105 pages (0, avec 648 pi . 
Schumann, de 

Berlin (mort en 1904), 1407 » » 228 > 

Mûller d'Argovîe, de 

Genève (m. en 1896), 1371 » » 224 » 

Baker, de Kew, 1152 » » 273 » 

Eichler, 

de Berlin (m. en 1887), 866 » » 179 » 

Bentham, de 

Londres (m. en 1884), 836 » » 265 » 

Engler, de Berlin, 778 » » 179 » 

Berg, de 

Berlin (m. en 1866), 636 » » 85 ]> 

Boell, de 

Carl8ruhe(m.enl885), 584 » » 107 » 

Urban, de Berlin, 522 » » 54 » 

Dans le travail de M. Urban, dont nous résumons ici 
brièvement les principales données, se trouve un tableau 
des familles, rangées dans l'ordre de leur importance 
numérique, avec la date de la monographie, le nombre 
d'espèces et le nom du monographe. Nous en extrayons 
ce qui concerne celles qui ont plus de 500 espèces, qui 
sont les huit suivantes : 



(1) D'après la note précédente, il faut 8118. Ce n*cst pas sans un 
sentiment d*orgucil, bien légitime, me semble-t«il, que je constate que 
ma part égale presque celle des cinq Anglais, des quatre Français et des 
sept Autrichiens réunis; et cependant parmi les Anglais, se trouyent 
deux des principaux collaborateurs, MM. Baker et fieutham* 



224 

Orchidaceae (1893-1906), 1455 espèces. Gogniaux. 
Compositae (1873-84), 1312 » Baker. 
Leguminosae (1859-76), 1234 » Bentham. 
Myrtaceae (1857-59), 1057 » Berg. 
Melastomaceae (1883-88), 986 » Gogniaux. 
Rubîaceae (1881-89), 974 » Mûller d'Argovie 

et Schumaan. 
Euphorbiaceae (1873-74), 859 » Mûller d'Argovie. 
Gramîneae (1871-«3), 682 » Doell et Hackel. 

On comprend que les monographies les plus anciennes 
sont très probablement celles où il y aurait, aujourd'hui, 
le plus grand nombre d'espèces à ajouter, et peut-être 
qu'alors le rang de certaines familles serait quelque peu 
modifié. 

Pour la publication de son grand ouvrage, Martius 
avait obtenu le haut patronage de l'empereur d'Autriche 
Ferdinand I", du roi de Bavière Louis !•' et de l'empe- 
reur du Brésil Dom Predo II. La Bavière ne lui a jamais 
donné qu'un appui tout platonique; quant à l'Autriche, 
elle ne fournit plus de subvention depuis de longues 
années; le Brésil seul» jusqu'en ces derniers temps, 
inscrivait annuellement à son budget un crédit de dix 
contos de reis (valeur nominale 28400 francs), pour 
le service d'une souscription à 103 exemplaires de 
l'ouvrage. 



225 



ROUTSLLSS STATIONS DE PÉRONOSPORÉES EN 1905 
par Tabbé Htig. Vaitdbrtst. 

ALBUGO Pers. 
Albvffo eaadida (Pers.) 0. Kuntze. 

Hollande : Sparrondaal (Bois -la -Due), 17 septembre 1905, sar 
Capiella Bur$a-pa$tori$. 

Italie : Florence (Lung Arno)» 9 férrier» tar Cardaminê; Rome 
(Stazione San Pietro), 17 février, sor Cardamine; Rome 
(derrière les jardins du Vatiean). 19 et 37 férrier; Tivoli 
(Cascades), 7 mars, sur Cardamine; Rome (via Cnsnia 
rerhia) 29 mars,(Tia Aurélia nova) 8 avril, sur Cardamine; 
Monte Cavo, avril, sur Cardamine; Rome (Forum roma- 
nnm), 26 mars, sur Captella Bursa-paitorii; (Ponte 
Mollf), 28 avril, sur Capiella, 

Au commencement de Tannée, ce parasite très com- 
mun sur Cardamine semble beaucoup plus rare sur 
Capsella, dans les environs de Rome. 

Alba^ Tragopogonia (Pers.) S. F. Gray. 
Namnr : Namar, 28 août 1905, sur Seorzonera hitpaniea. 

Hollande : Sparrendaal^ 18 aeptembre 1905, sur Seorzonera hiepa- 
niea. 

Albugo Portalacaa (DC.) 0. Kuntze. 

Zdége : Huy {École d^ agriculture pratique), 1 août 1905, sur 
Portulaea oleracea- 

IL PHYTOPHTORA de Bary. 

Pbytaplitara inreatana (Mont.) de Bary. 

Ce parasite a fait, en Belgique, de grands dégâts dans 
les cultures de pommes de terre, durant Tannée 1905. 



226 



III. PLASMOPARA Schroeter. 

Plasmopara nlvea (Unger) Schroeter, 

Italie : Rome (cimetière catholique), 5 trril sur Ombellifère îndélcr- 
minée; Ntples (Jardin botanique), 10 mai 1005. 

Platmapara vilicola (Berk. et Gurt.) Berl. et De-Tonî. 

Liège : Huy (École d'agriculture), juillctaoût, sur FUis vinifera; 

Hujr (vignobles des enrirons de la rille), août 1)05. 
Hainaut : Tournai (École d'horticulture), août 1905, sur jeunes yignea 

en pépinière. 

•% 

Hollande ; Sparrendaal, 10 septembre 1905, sur rUiê vinifera. 

IV. BREMIA Regel. 

Bremia I^aetaeaa Regel. 

Brabant : Baal, 9 août, sur Seneeio vulgarit ; Qaecht, 10 août, sar 

Lactuca tativa. 
Namnr : Namur, 28 août, snr Lactuea êatiea\ Haredsous^ 80 août, 

sur Cinium. 

Italie : Rome (cimetière catholique), le 5 arril, sar Sénecio vulgarii; 
Rome (snr le marché), aTril, snr Lactuea iativa ; Napica 
(Jardin botanique), 10 mai, sur Cinium, 

V. PERONOSPORA Corda. 

Peronaspora affinle (Rosm.) De Bary. 

Italie : Naples (jardin botanique), le 10 mai 1905, sur Fumaria* 

PeroBOipora alta Fuck. 

Brabant : Rotselaer, Tremeloo, Baal, WercLter, août et septembre, 

sur Plantage tnedia. 
Luxembonrff : Carlsbourg, juiUer» sur Plantago média. 
Namur : Floriffoux, 28 août, sur Plantago média. 

**♦ 
Hollande : Sparrendaal, 18 septembre, sur Plantago média. 



227 

im (Gasp.) de Bary. 
Brabant : Eaviroos de Worehter, tout, sur Ceraitium. 

Italia : Rome (Sto Onofrio), 13 février et 1 mars; Monte Jtftrio, 80 mtrs; 
VilU BorghètOf 9 mars et 4 arril; Vatican^ 27 ayril; Porta 
San Scbasliano, 20 mars, etc. sur Cêraitiutn, 

Paron«ap«r« «rb^raaceaa (Gasp.) de Bary. 

Italie : Rome (Palatin), 12 mars; (via triomphale), 29 mars; (cimetière 
catholique), 5 avril; (via Àarclia nova), 8 avril 1905, sur 
Papaver. 

PeraBaap«r« cal#lliec« de Bary. 

Italie : Rome (Ab <!• tre fonlanc), 18 ma»; (Janicule), 18 mars; (San 
Onofrio), 23 mars; (jardins du Vatican), 28 mars; (Monte 
Mario), 30 mars; (passcggiata Margherita), 6 avril; (Ponte 
Molle), 7 avril; Albano (via Appia), 18 avril 1905. 

A cette époque de Tannée, c'est, semble-t-il, la péro- 
nosporée la plus commune dans les environs de Rome. 

PcroBospora eanglomerata Fuck. 

Italie : Albano {via Jppia)^ 18 avril, sur Géranium; Rome {cia 
San Pancrazis), 26 mars, sur Géranium; (Siazioné 
San Pictao), 25 février, sur Géranium; {Ponte Mjlle), 
7 avril; Ruines de Pompéï, le 11 mai 19 J5, sur Géranium, 

PeroB«apora eflraaa (Grev.) Rabenh. 

Italie : Ruines de Pompei, le 11 mai 1905, sur Chenopodium. 

FeNBMfara Kiiph«rblae Fuckel. 

Italie : Rome (jardine du Fa^'can), 28 mars; {Villa Doria Pam- 
phyli), 10 avril 1905. 

Peroaaspara Fiearlae Tul. 

Namur : Floriffoux, 25 août 1905, sur Ranunculue repene. 

Hollande : Sparrendaal, le 88 septembre, sur Ranunculue repene, 

Italie : Rome (San Onofrio), 28 février, sur Ficaria ranunculoidee; 

(Villa Rorghèse), 9 mars et 1 avril, sur ficaria{l); (Ecole 

(1) Une fols, noua l'y avons trouvé associé à VUrocyetie Anemenee. 



â28 



pratique d'Agriculture), 6 trril 1905 sur ilafl«fl(;tl/f^S 
repem. 



P«r«no8p«r« grisca (Ung.) de Bary. 

Iftimboorg : onv. de Tongrcs, tout, sur y$ronica Beccabunga. 
Luxembourg: CarUbourg Juillet 1905, sur Feronica Beccabunga, 






Italie : Rome (Cimetière eatholique), 5 avril sur Veroniea] Rome 
(Janioule), 18 mars 1905, sur Feronica. 

Per0B«sp«ra leptoiperma de Bary. 

Brabant : Paar, 25 août 1905, sur Matricaria Chamomilla. 
Peraaospora paratUiea (Pers.) de Bary. 

Hollande : Sparrcndaal, 18 septembre, sur Capiella Buna-paitorii. 

Italie : Rome (cimetière catholique), le 5 arril, sur Capsella; Tivoli, 
7 mars, sur Crucifère indéterminée; Rome (Ponte Molle), 
89 mars 1905, sur Capsella (associé au Cyttopui can- 
didui). 

PeroBogpora pulvernlaeca Fuck. 
Italie : Monte Cavo, avril 1905, sur Hellêborui. 
PèroBoapara Trifolioram de Bary. 
Brabant : Paar, 25 août, sur 7ri/olium. 

Italie : Rome (San Onofio), 13 mars et 12 avril; (passaggiata Margha- 
rita), 1 avril; (eimetière catholique), 5 avril; (Ecole pratique 
d'agriculture), 6 avril; (Palatin), 12 mars; (Colisée), 26 mars; 
Naples (Jardin botanique), 10 mai 1905, sur Trifolium sp. 

Peranonpora Urticae (DC.) de Bary. 

Brabant : Werchtcr, Rotselacr, septembre-décembre, sur Urtiea 

urem. 
Limbourg : Tongres, août 1905, sur Urtiea urem. 

Hollande : Nuland, 21 septcmbroi 1905, sur Urtiea urem. 



229 

Tlel«« (Berk.) de Bary, 
Kamnr : Florifiboz, 28 tout, s ar Ficia. 






lUll» : Rome (Stn Onofio), IS tyril 1905, rar Fieia. 

F«roB«8p«r« Ti^Uie de Bary. 

Hamur : Maredtoos, le 30 août 1905, sar Fiola tricolor. 
Tongree, le 5 erril 1906. 



LE SGAPANU ASPERA H. Bcrn. EU BEL6IQUE, 
par A. GoARBT. 

Le Seapania aspera H. Bern. est une espèce à feuil- 
les papilleuses. Il est voisin du Seapania aequiloba, 
avec lequel il peut même être confondu à l'état jeune, 
car, en cet état, il a les feuilles entières ou presque, A 
Tétat adulte, la confusion n'est plus possible» Seapania 
aspera ayant alors les lobes foliaires fortement denti- 
culés, caractère qui le différencie sûrement de l'espèce 
voisine. 

Le docteur H. Bernet, qui a distingué le Seapania 
aspera comme espèce distincte, l'avait trouvé dans le 
Jura. Il le signale comme suit dans son Catalogue des 
Hépatiques du S. 0. de la Suisse et de la Haute-Savoie 
(1880) : < G. dans le Jura, la Haute-Savoie et les Alpes 
vaudoises. > Le Seapania aspera a, depuis, été découvert 
ailleurs chez nos voisins du Sud, notamment dans le 
Dauphiné, l'Auvergne et les Pyrénées (Douin — Revue 
bryologiquef 1901, page 49). Il existe également en 
Angleterre, en Ecosse et en Irlande (H. W. Lest — 
Bepathics o( the British islands, 1902); en Suède, Nor- 



230 

wège, Suisse, Allemagney Autriche et Italie (W. U. 
PearsoD — The Hep. of tlie Dritish Isles, 1902). II n'a pas 
encore, à ma connaissance du moins, été signalé comme 
faisant partie de notre domaine floral. 

Je l'ai trouvé en mars 1905, sur une paroi verticale, 
orientée vers le N. et découverte, des rochers calcaires 
du bord de la Vesdre (à la lisière du bois des Mazures), 
entre Pepinster et Gofiontaine. Il y végète en compagnie 
du Nechera complanata^ à une altitude d'environ 130 mè- 
tres. Il y est stérile et fort peu abondant. 

Malgré les recherches les plus minutieuses, je n'ai pu 
le découvrir ailleurs dans mon champ d'exploration, où 
cependant le calcaire abonde. 



REVUE DES TRAVAUX DE BOTANISTES BELGES. 

Los Phanéroiraineg dei terrei magelUnlquei, par Ë. Dr W'ildi- 
■A5; Anvers (arril 1903), 1 vol. iil-4<' de 222 pages et 23 planches. 

Ce volume fait partie des Rapports scientifiques, publiés sous la direc- 
tion de la Commission de la Belgica. 

« Pendant les courts séjours des naturalistes de U Belgica sur Ici 
terres magellaniqncs et antarciiqnos, M. É. Racovitca a réuni des 
éléments de la flore phanérogamique de cette région qui, relatiyemcnt 
peu nombreux, ont de la valeur au point de vue de la géo- botanique •• 
C^est ainsi que M. Ë. Do Wildcman» charge d'en dresser le bilan, apprécie 
les résultats de la retentissante expédition de la Belgica» à ce point dt 
voe spécial. Il a divisé son volumineux mémoire en trois parties : 

I. Énumération iyitématique de$ Phanérogames, récoltée par 
M. É. RicoTiTZA, pendant la eroUiére ven U Pôle Sud du 
S Y. Belgica {l9Q1'iS96). 

Dans la eedtaine do phanérogames récoltées, il n'y a en, ainsi qu'il 
fallait s'y attendre, aucune espèce nouvelle, mais M. De Wildcman a foil 
reproduire par Thabile crayon de M. A. d*Apreval i non seulement des 



231 

cfpèces qui no TsYaient pu éié JQiqu^icî, mais tussi des planlet ayant 
déjà été dcMÎnées dans des travaux plus anciens; la comparaison do ces 
figures pormellra do micui juger dos caractères spécifiques toujours asscs 
rariabJes », En voici l'intéressante liste : Ranunculus rainutifloms 
Bertero; Golletia discolor Llook.; Anomono mullifida Pair»; Oimor- 
rhiza cbilenais Hook. et Arn.; Vicia Ringii Jfook.; Géranium maigolla- 
nicum Hook>; Scnecio longipos Hook» f>; Bromua eoloratua Siend*; 
Pbloum alpinum L,; Anagallis altcrnifolia Cav, var. dcnsifolia Hook.; 
Ribes magcUanicum Pair.; Viola tridcnlata Menz ; Ranunculus 
glanduliforus Po$pp.\ Chiliotirichium diffusura [Fotfri/.] Duién ; 
Ranunculus bitcrnatus Smith; Carex Banksii Boott; Galium antarcti- 
cum Hook* /.; Poa scabcrula Hook* f-; Az^rclla filamentosa Lam»; 
Perezia magellanica (L. f.) Lag.; Agrostis magcllanica Lam,; Acacna 
ovalifolia Ruiz et Pav»; Urtica magellanica Poir. ; Triglochin 
atriatum Ruiz et Pav.; Codonorchis Lcssonii (d'Urv,) Lindi.; 
Armoria chilensis Boiss, var. magoUanica Boiis.; Lebctantbus amrri- 
canus Endl.; Caltha dioniaefolia Uook. f,; Chloraoa Commcrsonii 
Brongn,; Trisetum subspicatom P. Beaux).; Acaena pumila Vakl; 
Astelia pumila R, Br»; Cardaminc antiscorbutica Bankt cl Sol. 

If. Énumératiam iyitématigu$ dé ia ftoré auêtr/hantarctiquê 

américaine (Piianérogamcs). 

Cette énumération comprend le relové complet dos 539 espèces et 
variétés observées dans la Terre de Fou et les vingt-cinq ties du domaine 
magcllaniquo. Pour chaque espèce, Pauteur a cité c toutes les publica- 
tions, où il en est question, pour autant bien entendu, qu'il s'agisse do 
la distribution dans la zono envisagée a et donne la disporaion géogra • 
pbique détaillée. 

I Cotte florule ainsi établie sera très utile à ceux qui auront à s'occuptr 
de cette flore; ello mettra entre les mains dos phytogéogrspbcs les 
éléments nécessaires pour Ja comparaison des flores antarctiques et 
sobaotarciîqaos. » 

lit Idbîeaux statistiquéê de la flore austro*antaretîque améri- 
caine (Phanérogames). 
Gelie deroièro partie do mémoiro de M. De Wildeman est très 
suggestive» elle permet d'embrasser en quelques pages Pétat actuel do 
nos eonnaissanceo sur la flore delà Terre de Feu et dea Iles Wellington, 
Madré de Dios, des Évangélistes, do la Désolation, Sainte-Élisabctb, 
ClarencO) Dawson, Camden, Basket, Londonderry, Chair, Pauvre, Britton, 
Navarini Cable, Picton» Hosto, fiumt el Smokc, aux Moutons, Grévy, 
Wolluton, l*Herroitc, Horn^MclvîHe et Terre des États. 



233 



••* 



Béioliat du Toyage du 8. Y. Belgioa ca 1897, 1898, 1899. — 
ChampignoiUi par M«** É. Bommeret H. Ronsscta; Anvers (1905), 
în 49 de 15 pages et 5 planches. 

Les champignons, ao nombre d'une vingtaine, proviennent de la Terre 
de Feu, à l'exception d'un seul provenant de la région antajrctiqne et 
non détcrminable. Us ont donné à nos distinguées mycologues dix 
espèces et formes non encore connues. Preuve nourcUe, disent les 
auteurs, de la richesse de la flore fongique encore si peu étudiée des 
contrées australes tempérées, qui, par leur climat constant et humide, 
doivent être une des régions du globe les plus favorables au développe- 
ment dos Champignons. 

Voici les espaces nouvelles : Sareotcypha Raeovitxae, Podocrea 
deformans; Puecinia eingen$;E$cidia rubra; Trametes albido- 
rosea; Flammula ineompicua; Omphalea Stella; Chalaria 
Cyttariae-f Sclerotium antarctieum. 

Les planches dessiaées par M"« Uél. Durand représentent Cyttarim 
Darwini Berk., Podocrea deformam, Puecinia cingem Bomm. et 
Rouss. ; Jeeidium Jaéobithalii'JIenriei P. Magnus. 



♦% 



Ètadea de ayatématique et de géographie botanique aor la 
flore du Baa et du Moyen-Oongo par M. Ë». De Wudbuait. 

Le premier volume do cet important ouvrage, publié dans les Annales 
in-4o du Musée du Congo est terminé; il comprend trois fascicules: le 
premier [80 pages, 25 planches] a paru en juin 1903; le second [132 pages, 
18 planches] en mai 1904; le troisième [l'U pages, 30 planches] en 
mars 1906. 

I Dans ces Eludée, dit l'auteur, nous avons donné les indications que 
nous avons recueillies par Texamen des herbiers de l'Afrique tropiealc^ 
qui nous sont passes entre les mains depuis 1908. Ils étaient constitués 
en majeure partie par des en rois transmis au Jardin botanique de TÉtat 
Belge par le Gouvernement de TÉtat Indépendant du Congo, i M. De 
Wiideman dit aussi avec raison que le Gouvernement de l'Etat Indépen- 
dant t a droit à la reconnaissance du monde scientifique pour Tappui 
constant et efficace prctc par lui i\ ceux qui cherchent à étudier les 
productions de son vaste territoire. > 

Pour faire saisir toute l'importance de ce travail, pour la flore du 
Congo, il nous suffira de donner l'énumération des espèces nouvellea 
ou figurées. 



233 

Fascicolb !• 

Eneéphalartoi *Laurentianui, Anubiai ^IlaulleviUeana; An- 
tholyta Cabraê; Dracaena Butayei; Polystachya Kindtiana; 
Megaelinium ^congoUme ci Gillêtii; Seyphotyee GiUetii; 
LoranthuB Butayei et ^Kimuenzae; Ptychopetalum aUiaceum 
et nigricam; Cleome GiUetii; Capparis acuminata; Uvaria 
brêoiitipitata, ^ Cleistopholiê grandi flora; Xylopia eongolemie, 
GiUetii et *Dekeyxeriana; *Stenanthera pluriflora; Homalium 
GentUii; Aeioa GiUetii; TrichiUa GiUetii; Ci$$u$ polycy- 
mosa; Corehorus lobatue; Triumfetta dubia, GUletii et inter- 
média; Cola GiUetii; Gareinia GiUetii; Combretum GentUii; 
Prevoitea brevi/lora; Cordia GiUetii; Fitex GiUetii; Olden- 
landia Kimuenzae; Sabicêa a/finis, longepetiolata et GiUetii; 
Ranéia Cuvelierana; Plectronia Gentilii et tomentoêa; Lobe- 
lia GiUetii; Senecio eongolensis; Lactuca * GiUetii, Uongeepi' 
eata et ^tricoitata. 

Dans cette liste, de môme qae poar les suivantes, noos avons iodiqné 
pr na astérisqQe les espèces noavelles qui ont été représentées dans les 
planches qui accompagnent chaque fascicule. 

Leê espèces ou variétés suivantes, déjà décrites ailleursi sont aussi 
figurées : Irentepohlia Detoevrei; Polypodium propinquum 
Wsll. rar. Laurentii Christ et intermedium; Dioscorea Liebrecht' 
Hana; Anubiai hastifolia Engl.; Grewiopsit Dewevrei De Wild. 
et Th. Dur. et globoia De Wild. et Th. Dur.; Doretenia GiUetii; 
Anubiai GiUetii De Wild. et Th. Dur.; CiiiUi IlauUevilleana De 
Wild. et Th. Dur.; Megaelinium Laurentianum [KraenzI.]; Enee" 
phalartoi Lemarinelianui De Wild. et Th. Dur. 

Fasciculi II. 

Sfêmoepatha ^naullevilleanap Calamui *Laurentii; Paliiota 
Pynaertii; Chlorophytum Fuehiianum; Sareophrynium ArnoU 
dianum; I%Ma Schumannianaf Trymatococcui * GiUetii; 
Monodora Durieuxii; Cynometra eongemii, *djumaeniii et 
GiUetii; Macralobium *Dewevrei; Indigofera Butayeif ery- 
throgrammoidei, nioeroemii et variabilii; Milletia brevi/lora, 
Cabrae, Demeuiei, dubia, Duchanei, * GentUii et Harmiiana ; 
Seibania afflnii; Jephroiia ^meleensie; Aetehym mené glandU' 
loia, Sutayeip GiUetii; Dalbergia florifera» GeMUii. glau- 
eacêm et Micheliana; Derrii ^eongolemii; Glycine GiUetii et 
kiiantuensis; Erythrina GiUetii; Rhynchoiia afflnii et katan- 
gineii; Doliehoi*Hendrickxii et KataU; Limania *Demeuiei 
ti^Lacourtiana; Jiibiicui GiUetii; Gnidia Butayei; Memecylon 



234 

GilMii; Mogtuêa DucheinêU GilMii ot laymansiana; Sirych' 
nos GilletiU iuberosa et variabilU; CryptoUpis Debeentii; 
Raphionaenie Michelii et Ferdickii; Schizoglotium Cabrât; 
Margaretta Ferdickii; Jiclepias afflniSf Cabrae» congolen$i$, 
Dewevrei, ereeta, katangemis ; Stathmostelma Ferdickii ; 
Cynanehuné cangolente; Secamone Dewevrei; BrachysUlma 
nausêotum; Cerop&gia Butayei et Dexcevrei; Tylophora GUletii 
et gracilis; Combretum Bosoi, Butayei ot Laurentii; Triealysia 
petiolata et djumaemiê; Plectronia Dewevrei; Fadogia Butayei; 
Chomelia apieulata^ f^iurentii et *longifolia; Ptyrhotria 
Dewevrei et GilMii. 

Voici la liste des espèccf figurées dans ce deuxième rascîcule, mais 
décrites précédemment : Megoclinium purpureorachie ; Eremo* 
spatha CabraelDeWM. otTh. Dur.); liaemanthus leseruuwaetii; 
Fanilia Lujm; Poiyetaehya affiniê Lindl.; Limonia Poggti 
Engl. var. latialata De Wiid. 

Fasciccli ni. 

Nephrolepie filipet Christ ; ^Albuca *Gentilii et variegata ; 
Dracaena ^Oddonii, ^rubro-aurantiaca et Gentilii; Urera 
GiUetii; Popowia GUletii; Parinarium * GUletii;. Cneetiê 
Leecrauwaetii; Adenantkera GUletii; Cynometra ^Lujae; A$^ 
gylocalyx ^Fermeuleni; Maerolobium ^GUletii; Crotalaria 
^filifolia* ^linearifolia et *se8$ilii; Plalyeepalum Fanhouttei; 
Baphia *Fermeuleni; Dalbergia GiUeiii; Fagara *GiUetii; 
PhyllanthuB *moeroeneis oi ^ Ferdickii; *Macaranga * GUletii ; 
Euphorbia Ferdickii; Sorindeia *ICimuenzae et ^GUletii; 
Trichoêcypha ^Oddoni ; Chytranthus Gerardi et ^GUletii; 
Tetracera GUletii et Demeutei; Bégonia Gentilii; Combretum 
*pyri forme; Diêiotis GUletii; Trietemma Demeueei; Atctepiaê 
Ferdickii; Prevoetea Oddomi; Tkomandersia Bmtayei; Hygro- 
phila ^GUletii; Whit^Mia GiU^tH ei eylvatiea; ScleroekiUm 
GUletii. 

» 

M. De Wildeman donne, dans ces Etudes, les descrip* 

tions de deux genres nouveaux, créés par L PierrCt le 
distingué botaniste français mort récemment. Ce sont les 
genres Hua (H. Gabonii)^ et Egassea {E. laurifolia Pierre 
et Pierreana De Wîld.). 
Signalons les importantes «mtatioiis suivantes : Safinm 



235 

oblongifolium De Wild. au lieu de Excoeearia oblongifoUa 
Huell.-Arg. ; Eremospatha Cabrae De Wild. au lieu de 
Calamus Cabrae De Wild. et Th. Dur.; Eulophidium 
Ledieni De Wild. au lieu de Eulophia Ledieni Stein; 
Milletia Teusiii De Wild. au lieu de I^onehocarpus 
Teuszii Bûttn. ; Aaclepias Buchwaldii De Wild. au lieu 
de Gomphoearpus Buchwaldii Schlecht. et K. Schum. ; 
Toxocarpus Lujaei De Wild. au lieu de Rhynchostigma 
Lujaei De Wild. et Th. Dur. 

Une légère critique en terminant, M. £. De Wildeman 
a de nouveau décrit, dans un ouvrage donné comme ne 
traitant que de la flore du Bas et du Moyen-Congo, des 
espèces récueillies en dehors de l'État Indépendant et qui 
pourraient échapper à ceux qui étudient la flore d'autres 
régions, ee sont les Asparagus Lecardii, Dioscorea Lecar^ 
dii et Loranthus senegalensis^ tous trois du Sénégal; 
Grewiopsis Trillesiana Pierre^ du Gabon; Sterculia 
Marseilleif de Zanzibar; Tephrosia tanganicensis et 
Popowia Stormsiana^ de TAfrique équatoriale allemande; 
Tephrosia Junodiif de Mozambique. Tq. D. 

* 

Misiion ÉmiU Laurent (1908-1904). — Éaaméralion des plantes 
récoltées par M. Emile Laurcot (avce la collaboratioii de U. Marcel 
Laurent) pendant sa dernière mission an Gengo, par É. De Wildiman 
(3 faaeieules parus, 854 pages et 105 planebes). 

C'est avec émotion que nous avons parcouru cet 
ouvrage» devenu en quelque sorte le testament scien- 
tifique de notre brillant confrère. Que de documents il 
avait réuni pendant ce court et fatal voyage au Congo; 
que de notations écrites en abrégé» et qui n'avaient de 
sens que pour lui, restées inutilisables ! Que d'observa- 
tions, qu'il n'avait pas eu le temps de consigner par écrite 



236 

irrémédiablement perdues! Pourtant on est un peu 
réconforté en voyant que tant de nobles et généreux 
efforts produisent des fruits. M. Marcel Laurent, qui 
accompagnait son oncle, a veillé avec un soin jaloux 
sur les trésors qu1l avait aidé à réunir; et lorsque 
H. De Wildeman a été chargé d'en faire l'étude, il lui a 
apporté le concours le plus dévoué, s'efforçant de rem- 
placer, dans la mesure du possible, celui qui aurait été 
un guide si précieux pour le savant spécialiste du Jardin, 
botanique de Bruxelles. 

C'est un vrai monument que M. De Wildeman a élevé 
à Emile Laurent, et pourtant le fascicule contenant la 
biographie de l'intrépide botaniste voyageur, un résumé 
de sa dernière mission en Afrique et une vue d'ensemble 
sur les principaux résultats n'a pas encore paru. 

La Mission Emile Laurent est un ouvrogo indispensable non 
tonlemcnt pour ceux qui s'occupent de systématique générale ou 
africaine et de géo-botanique, mais aussi au point de yuo de la botanique 
appliquée, car il contient de nombreuses observations dans ce domaine 
(voir par ex. Tarticle Coffèa), d'excellentes reproductions de clichés 
photographiques, une belle série de planches, etc. 

M. É. De Wildeman, a sauvé ou mis en valeur tout ce qui était 
utilisable en Tabsence d'Ém. Laurent, et on doit lui savoir gré, non 
seulement de la manière dont il s'est acquitté de cette tâche, mais aussi 
de la rapidité avec laquelle il Ta menée à bien. 

Les fascicules I (p. 1-112), Il (113 192), III (198-854) ont paru rcspecti- 
Tcmont en août 1905, octobre 1905 et juin 1906. 

Voici le relevé des espèces décrites pour la première fols(l). 

Fascicule I. 

Nophrodium Laureiitiorum Christ; Vittaria ^eongoensis Christ {^)\ 
Acrostichum Labrusca Christ; Gyathea Laurentiorum Christ; Raphia 

(1) A moins d'indications contraires tous les noms nouveaux, cités 
dans cet article, sont de AI. De Wildeman. 

(2) Les espèces précédées d'un astérique sont accompagnées de figures. 



237 

^Laarentii, *Se»e et *GcntiIiana; Anthorieum Laerentii; Oracaena 
^Laurentii; MogacHniam Arnoldianum ; Angraecum crinalc; *Dorstenia 
LanrcnUi;*l]rera Laurcntii; Lôranthus Albizziae, ^elongatus, *ircbncn- 
sla, ^mangheensis et mayombcnsis ; *Popowia Laurentii ; Capparis 
Dachctnei ; Manotos Laurcntii ; Albizzîa Laurcntii ; Cynomctra Laurcntii ; 
Copaifcra Demeusci Ilarfns ; Grudia Laurcntii; Macrolobium ^Laurcntii; 
Dialium Laurcntii; Gamocnsia Laurcntii; Baphia acuminatact Laurcntii; 
Tephrosia Laurcntii. 

Fasciculb n. 

Dalbcrgia isangionsis et Laurcntii; Lonchocarpus Lanrcnlii; Erioscma 
Laurcntii; Vîgna Laurentii ; Fagara Laurcntii; *Pycnoconi a trilobalum; 
Tricboscypha Laurcntii; Dcinbollia Laurcntii; Cbytranthus ^Laurcntii; 
*CÎ8ans Laurentii ; Solanum Laurcntii ; Thomandcrsia Laurentii ; *Lcpi- 
dagathia Laurcntii. 

Fascicule III. 

Dactyloctenium mpuctense; Loptochloa Laurcntii; Palisota Laurentii; 
Aerotpira Laurcntii; fiulbophyllum platyracbis; Angraecum Arnoldianum 
et stipulatum; Piper Laurcntii; Ptych^pctalum Laurcntii; Acridocarpui 
Laurcntii; Campylostcmon Laurcntii; Salacia Laurentii et aUta; Antbo- 
cleiata Laurcntii; Oldcnlandia florifcra et Laurcntii; Sabicea Laurcntii; 
Lcptaelinia *Arnol(liana et Screti; Oxyantbus dubiua; Tricalysia Lau« 
rentii et Pynaertii; Bcrtiera gracilia et Laurentii; Vangueria Laurcntii; 
PIcctroniaGilletii et ^Laurcntii; Coffca aruwimicnais et Royauxii; Ixora 
^Laurentii; Psychotria ^Laurcntii; *calacnait, djumaenais et Gabrae; 
Triehoatachya Laurentii. 

Nous avons déjà parlé des nombreuses photographies 
qui rehaussent la valeur de cet ouvrage. Signalons les 
planches botaniques non encore notées par un astéris- 
que : 

Platycerium Stemmaria Detv. ei yar. Laurentii; Aapidium Laurentii 
J. É, Bomtn. et var. dontioalalum ; Boraaaus flabelliformia Mart, yar. 
stbiopica Warb.; Ghioropbytum Fuchsianum; Dracœna reflexa var. 
nitens Bak. et Poggei EngL yar. elongata; Asparagua Duchesnci Lin- 
ll0fi; Eulophia larida yar. laiifolia; Polyatachya Kindtiana; Listrosta- 
ehyspcllucida Reichb. f>\ Angraecum viridciccns; Polystachya Lauren- 
tii, msyombcnsia et mystacidtoides; Pycnocoma trilobalum; Mocaranga 
Mccifera Pax; Galvoa aesailiflora Cognù Brillantaisia aubcordata De 
Jf^ild. et Ih, Dur,\ Jaumea congenais 0, lIoffm*\ Crinum Laurentii 



238 

77^. Dur* et De IFild. et giganteam Andr. Drimiopflis BartcrI Bak.\ 
Scilla Ledicni Engl, var. zebrina; Palisola Pynacrti ; Phrynium confer- 
tum 1^. Sch, ; tiulbophyllam plalyrachis ; Angraecum Ariioldianum ; 
Adenia lobata (Jacq ) Engl.\ Coffca afliois, aleoopbylla Don, aruwi- 
mioiisis, arabica, congcnsîs Proehn. Tar. Chalotii Pierre^ Tar. aubsca- 
nîlii et Arnoldiaim, Dewavrci De fFild. et Th. Dur., rar. oabangbien- 
sifl Pierre, canophara Pierre rar. erassifolia Ém. Laurent, var. 
8aiikuirucn8is var. HinauUii Pierre et var. kouiloucnsia Pierre, 
Klaiiui Pierre, libcrica Bull et Dybowikii Pierre; Hacmantbua 
diadoma Linden, Gardénia Thanborgia L. f., Angraecum Kindtia- 
num et tlipiilatuin ; Bégonia Poggci Warb » (Jrginca aUiasima (£.) 
Bak.y Pcriploea nigreicens AfzeL, Bartcria Cstuloaa Maet. 

En terminant celte revue d'un des côtés importants 
de cette publication, relevons quelques noms nouveaux 
d'espèces non encore décrites : Solanum Wildematiianum 
et Zuccàgnianum Dammer; Rutidei leucantha K. Schum.; 
Eragrostis tubiformis Hack.; ou d'espèces changées de 
genres : Oubanghia laurlfolia Pierre pour Egassea îauri- 
folia Pierre; 0. Pierreana pour E. Pierreana; Angrae- 
cum Kindtianum pour Lislrostachys Kitidtiana; Nephro- 
dium coadwtatum Christ pour Aspidium coadunatum 
Wall.; Angraecum viridescens De Wîld. pour Mystaci- 
dium Laurentii De Wild. et félicitons le Gouvernement 
du Congo d'avoir servi une fois de plus les intérêts de 
la science en éditant avec un soin tout particulier ce 

remarquable ouvrage. Th. D. 

* 
* * 

Le Bambou. Étude, culture, emploi. Par Jean IIouzeau de Lehaib. 

Bulletin périodique, Mons. Libert. 

Le Bambou, en Belgique, aemblait il y a qucl(|uea années absolument 
paradoxal; le B, Mêlake seul paraissait dana quelques jardins* Aujourd'hui 
les collections do trente ou quarante cspèecs, dont plusieurs de grande 
taille, cuUiyées sans abri, en pleine terre, par M* Houzcau près de Mena, 
et par M. Drioii en son domaine de Marlagne (Wdpion) jusIiGcnt rini« 
tiatiye d'une publication spéciale. 

J« ClIALOlf. 



239 



« « 



Vlora Bnuillleiuii. — Orohldaoeae, par Alfh. Cognuox. 

Dans la Flora Brasiliensis^ la famille des Orchidées 
comprend 3 volumes» qui ont paru en 10 fascicules, de 
1893 à 1908. Ils se composent : 
Vol. I de 672 pages, avec 133 planches ; 
» II » 664 i> > 119 » ; 
» III » 604 » > 120 3 ; 

Total . 1940 pages, avec 372 planches. 

Ils contiennent non seulement la description des Orchid 
dées du Brésil, mais aussi toutes celles des trois Guy ânes, 
du Pérou oriental, du Paraguay, de l'Uruguay et de la 
République Argentine jusqu'à Buenos^ Ayres. 

Les espèces décrites sont au nombre de 1765, dont 
14Ô5 brésiliennes et 310 extra-brésiliennes. Elles ap;)ar- 
tiennent à 142 genres (dont un nouveau), répartis en 
22 tribus. 

Les 372 planches réprésentent 762 espèces et 28 varié- 
tés, avec 5856 figures d'analyses. 

Le genre le plus nombreux en espèces est le Pleura- 
thalliSf qui possède 232 espèces, dont 137 et 9 variétés 
sont figurées. 

Pour chaque espèce, il y a : description très détaillée, 
synonymie et bibliographie complètes, variétés, disper- 
sion géographique totale. Gomme exemple des développe- 
ments donnés à ces divers points, citons le Cattleya 
labiata, qui avec ses 11 variétés, 1 sous-variété et 
480 formes (variétés horticoles), occupe 22 colonnes 
(vol. II, pages 229 à 250). 

Autant que Ta permis l'état des matériaux étudiés, les 
descriptions sont rigoureusement comparatives ; les carac- 
tères distinctifs des espèces sont d'ailleurs mis en relief 



240 

dans les tableaux analytiques détaillés et entièrement 
inédits mis en tète de chaque genre. 

Les espèces nouvelles sont au nombre de 142. Parmi 
les autres» à part celles qui se trouvent dans les cultures, 
le plus grand nambre étaient encore fort obscures, ayant 
été si brièvement ou si imparfaitement décrites par leurs 
créateurs, que sans la vue des échantillons typiques, il 
était à peu près impossible de les identifier. Les nom- 
breux herbiers étudiés par Fauteur lui ont permis de 
voir presque tous ces types (à l'exception de ceux de 
Reichenbach, mis sous scellés à Vienne pour 25 ans) ; il a 
pu ainsi donner de bonnes descriptions de ces anciennes 
espèces mal connues et les rapporter à leur véritable 
genre. La communication des beaux dessins de M. Bar- 
bosa Rodrigues lui a permis de mettre en lumière les très 
nombreux genres et espèces dus au botaniste brésilien. 

L'auteur aurait pu créer beaucoup plus de nouvelles 
espèces; mais il a préféré ne considérer que comme 
variétés les formes qui n'étaient pas nettement tranchées; 
de même que beaucoup d'espèces établies par d'autres 
auteurs ont été ramenées au rang de variétés ou même 
parfois de simples synonymes. 

Liste des 142 espèces nouvelles (i). 

Habenaria Sprucei, Urbaniana, Schenckii, humilîs, Tauberliana, Mud- 
leriana, Candolloana, alpestris, Ulaci, goyazonsis, Riedclii, GlazioTÎanai 

(1) Dans la liste saiyante, on a considéré comme espèce nonvcUo, par 
exemple Habenaria Sprucei Cogo. (p. 40), qui a pour synonyme 
H. nuda Kraenzl., parce que la plante qui a été nommée par Kracuzl. 
Hab, nuda Lindl.» n'est pas l'espèce de linoliy, mais est réellement 
une espèce nouvelle inédite. 

Mais il n'en a pas été de même pour le Hab. Rodriguesii Cogn. 
(p. 48), qui a pour synonyme //. muricata Barb. Rods., parce que 
H. Barbosa Rodrigues a réellement décrit une espèce nouvellei mais dont 
U. Gogniaux a du changer le nom, parce qa*il existait un 7/. muricata 
Rchb. f. antérieur. 



241 

•ptihnlifera» Usloglossa, pungens, Lofgrenii; Pogonia catharlncnsi^; 
Pogoniopsit Sehenekii; Epistephium laeidum; Prloxia Glaaioyiana, Ion* 
gicornu; Slenonrhynchas GlasIoTii, longifoliaa, giganteua, Haaalcriif 
loogicollia, pilosus, parvus, viridis, congcstifloraa, pcdîcellatus, rentri- 
coaas, Hilarîanus; Spiraiithca paludoaa, Grisebachil, Ulaci, Schwackei, 
Cogniaoxiana Barb, Rodr, inéd., rotundifolia, goyazensis, divorsifolia» 
aabfiliformis ; Physarus Potci'ianus, hamilis, Lindlcyanus, pumitns, 
bicornutns, Utaci; WulUchlacgclia Ulaci; Altcnstcinia Hicronymi ; Stc- 
noptora Lorcnzîi, Prescottia Glazioviana, panlcnais; Ponthicya Sprucei; 
]liei*08tylîa Hicronymi, gracilis, humilia, quadrangularis; Liparis bifolia; 
Galcandra paraguayensis; Cryptophoranlhus minimus; MasdoTallia Ed- 
wailii, lillipuUana ; Slolis Lindleyana, synaepnla» Lôrgfonii, carnosnla; 
Plenrothallia purpureo-violaecay Kraenziiniana, Rodriguoaii, Crcpi- 
niana, GlazioTÎi, rigidula, iinearifolia, dcpaupcrala^ Mouraci, ptcro- 
phora, Lofgrcnii, tubcordifolia; Restropia aualiralia, Lôfgrenii, plcurolhal- 
loidea; Octomcria dccombena^ brovifolia; Poiiera anatralis; Epidcndrum 
rnpicolum» paulcnsc, Lôfgrenii, Noackii, pcrnambDcensc» juruacnao, 
robnatam; Brassavola Gardneri; Sophronilis auatralis; Elleanlhus Sprn- 
ecanua, pnber; Calasctum bicallosum, comoaum,CIaesianiim; Kochiopby- 
ton Sehlecht. in herb, gen, nov., ncgrcnao Schlecht, in herb.; Bulbo- 
phyllum longiapicatiimi cryptaiithum; Maxillaria pcrnambuccnaia, 
minuta; Ornithidium Lôfgrenii; Macradenia paulensia; Warmingia L5f- 
grcoii; Notylia microehila, Durandiana, Glaziovii; Comparctlia panlfnais; 
PIcctrophora Ëdwallii; Gentroglosaa GlazioTÎi ; Trichopilia brasilicnsis; 
Dipteranthua eorniger; Gomeza Glaziovii; Oncidium vorrucosiaaimum, 
Lôfgrenii, Ëdwallii, Pohlianum, graciilimum, Sellowii, GlazioTii, Gomc- 
aii, Hasslcrii, riograndeose ; Cheiradenia Imthurnii; Dichaca auatralis, 
anchorifera, breyicaulis. humilia; Campylocentrum latifolium, robustum, 
aentiiobum, denaiflorum', brachyearpum, gracile, Ulaei, calliatachyum, 
amazonicam, hirtellum» Grisebachii, Burchellii, 



MÉLANaES. 



En 1399, dana co Bulletin (1) MM. De Wildeman et Th. Durand ont 
décrit une Zingibéracée, le Rcnealmia DewOTrei dont on ne connaisaait 
par lea fleura. Dea grainea ayant été enroyéea directement par le 
Fr. J. Gillet à MM. de Vilmorin, celui-ci en donna une plante au 



(1) BuU. Soe, bot. Belg., XXXVIII, %• part. (1899), p. 143. 



242 

Masoum do Paris où elle a flenri le 13 juin 1905. Cela a permis à 
Bf. F. Gagnepain, qui a fait une dtude spéciale de cette famille, de 
compléter la description (1) de cette plante, dédiée à notre regretté 
confrère Alfred Dcwèyro. 

L'Année biologique (8« année) a para à la Gn de 1905. Elle eom- 
prend les travaux publiés en 1903. Collaborateur en Belgique : Jean 
Chalon. Parmi les auteurs belges dont les travaux ont été cités ou 
analysés, nommons J. Massart, Ém. Marchai, Ë. Laurent. 

Nous attirons l'attention de nos confrères sur la série suivante de 
questions de concours. 

lo Dans le programme du concours pour 1907 de la Clasts dêt seiên" 
ces de l'Académie royale de Belgique^ il y a deux questions intéres- 
sant les botanistes : 

PREMIÈRE QUESTION. 

On demande de nouvelles recherches sur les transformations 
qu'éprouvent les matières azotées dans V organisme animal ou 
végétal. — Prix : 1,000 francs. 

DEUXIÈME QUESTION. 

On demande de nouvelles recherches sur la formation des 
gamètes, tes phénomènes intimes de la fécondation ou lespre» 
miéres divisions nucléaires dans des Algues. — Prix : 800 froncs. 

Les mémoires devront être inédits et écrits lisiblement. Ib pourront 
être rédigés en français, en flamand ou en latin; ils devront être adres- 
sés, franc de port, à M. le Secrétaire perpétuel, au Palais des Académies, 
avant lo 1' août 1907. 

L* Académie exige la plus grande exactitude dans les citations; les 
auteurs auront soin, par conséquent, d'indiquer les éditions et les psgcs 
des ouvrages cités. On n'admettra que des planches manuscrites ou pho« 
tographiques. 

Les auteurs ne mettront point leur nom à leur ouvrage; ils y inscri- 
ront seulement une devise, qu*ils reproduiront sur nn pli cacheté renfcr* 
mant lear nom et leur adresse; il est défendu de faire usage d'un pseudo- 
nyme. Faute de satisfaire & ces formalités, le prix ne pourra Hre accordé. 

(1) Bull Soc. hot, Fr. LII, p. 543. 



Les mémoiires remis après le terme prescrit et ceux dont les autours se 
feront connaître, de quelque manière que ce soit^ seront exclus du con- 
cours. 

L'Acaddmie croit devoir rappeler aux concurrents que les mémoires 
soumis à son jugement sont et restent déposés dans nés archives. Toute- 
fois» les sQteurs peuvent eu faire prendre copie> à leurs frais, en 3*adres- 
sant à cet effet au Secrétaire perpétuel . 

2» La Société royale du ieiêfi^a médieaUi et naturelles de 

Bruxelles a mis au concours, pour Tannée 1906, la question suivante : 

On demande des recherches sur les facteurs géologiques, c/t- 
matiques, hydrologiques, chimiques, etc., qui règlent la distri- 
bution des organismes d'un même groupe dans un district 
naturel. 

L'auteur étudiera, par exemple, la répartition des Coléoptères dans les 
dunes, ou celles des Algues dans les étangs d'un coin de la Gampine, celle 
des Mousses dans une forêt, des Lichens dans un massif rochcax, etc. 

Ne seront admis au concours que les travaux dans lesquels on s'efforce 
de distinguer les diverses causes qui influencent la distribution des orga- 
nismes, — Prix : une somme de 900 francs. 

Les mémoires, écrits lisiblement en français, devront être adressés au 
Secrétaire de la Société, M. le D' Godart-Danhieux, rue Montoyer, 9<*, à 
Bruxelles. 

Les mémoires envoyés en réponse au concours devront parvenir au 
Secrétariat avant le 1' mars 1907. 

Les mémoires devront être mun's d*une devise* Celle-ci sera reproduite 
fur le pli cacheté qui renfermera le nom deTantrur. 

La Compagnie se réserve d'accorder des récompenses à ceux des con- 
currents qui, ssns avoir mérité le prix, auraient cependant présenté un 
trsvail digne de Tinsertion dans les Jnnales de la Société. 

Tout manuscrit envoyé à la S4M»ét^ devient sa propriété; toat mémoire 
couronné sera imprimé soit en entier, soit en partie, dans les Annales, 
et Tauteur aura droit à cinquante exemplaires tirés à part de son travail. 

Sont exclus du concours les mémoires qui ont été soumis à Texamen 
de sociétés ou de jurys scientifiques. 

8* Nons signalons enfin ane question posée par la Société des scien' 
ces, des lettres et des arts du Hainaut, formulée comme suit : 

Il existe, dans la partie septentrionale du bassin de la Haine, entre la 
plaine alluviale et le plateau limoneux du nord du Hainaut, une région à 
sol sableux s'étendant do Gottignies jusque vers Bonsccours. — On 
demande une étude sur la flore de cette région, spécialement au point de 
vue des analogies qu'elle présente avec la flore campinienne. 



244 

Les mémoirefl seront rédigés en français. 

Ils seront remis franeo^ ayant le 31 décembre 1906, chez M. Wiliquet, 
Greffier provincial. Secrétaire général de la Société, ayenne d'Hayré, 
n» 22, à Mons. 

Les concurrents ne signent pis leurs travaux ; il y mettent une devise 
qu'ils répètent sur un billet cacheté renfermant leur nom et leur adresse^ 
ainsi qa*une déclaration que leur œuvre est inédite et qu'elle n'a pas été 
récompensée par d'autres sociétés savantes. 

L'exactitude la plus grande dans les citations est exigée; à cet eflct, 
les concurrents indiqueront non seulement les titres, mais aussi les édi- 
tions et les pages des livres cités. 

La Société prie les auteurs de présenter leurs manuscrits sous forme 
de cahiers. 

Seront exclus du c'oncoars, les concurrents qui se font connaître de 
quelque manière que ce soit. 

Le prix consiste en une médaille d*or frappée au coin de la Société. 

La Société peut décider l'impreaslon dans ses a Mémoires et Publica- 
tions » des travaux récompensés. Dans ce cas, les auteurs ont droit à 
cinquante exemplaires de leur œuvre, tirés à part. 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



ANNEE 1906. 



Séance du 7 octobre 1906. 

Présidence de M. J, Ghaloit, président, 

M. Th. Dur Ain), secrétaire général. 

La séance est ouverte à 14 h. 1/2, au Jardin botanique 
de l'Etat. 

Sont présents : MM. L. Bauwens, Ch. Bommer, J. 
Ghalon^ Alfr. Ck)gniaux^ Léon Goomans, V. Goomans, 
£m. de BuIIemont, Th. Durand, Éni. Marchai, Paul 
Wypels, H. Schouteden et P. Van Aerdschot. 

MM. El. Marchai, H. Micheels, E. Pàque et Gh. Van 
Bambeke se font excuser. 



nort de n. Romain Bcanfcan, membre elTeetlf 
et de m. Olazloa, membre assoelé. — - M. le Président 
annonce que notre Société continue à être cruellement 
éprouvée. II a appris que notre collègue M. Romain 
Beaujean, membre effectif, directeur honoraire d'école 
moyenne de TEtat, chevalier de TOrdre de Léopold, 
décoré de la Groix civique de première classe, est mort 
à St-Hubert, le 21 mars dernier, âge de 83 ans environ. 

• 

Pendant six ans, de 1846 à 1852, il fut attaché à TEcole 

17 



246 

primaire supérieure de Neufchàteau, en qualité de 
professeur, puis il fut nominé directeur de i*£coIe 
moyenne de St-Hubert, fonctions qu'il occupa pendant 
plus de 30 ans. 

M. Haccour, successeur de M. Beaujean à St-Hubert, 
a rappelé, en termes élevés, les qualités morales de notre 
regretté confrère et les services qu'il a rendus à rensei- 
gnement (U, il a dit aussi, et avec raison qu'il fut un 
botaniste distingué. 

Léo Errera a écrit des lignes charmantes sur les rap- 
ports de R. Beaujean et de Fr. Grcpin, et montré la 
grande et heureuse influence de notre confrère sur 
le développement intellectuel de celui qui devait devenir 
un des maîtres de la botanique en Belgique (^). 

Il y a 46 ans, Fr. Grépin écrivait dans la préface de 
la 1"* édition du Manuel de lu flore de Belgiquet^). 
c La flore ardennaise doit beaucoup aux recherches de 
cet amateur. Durant plusieurs années il a exploré avec 
soin les environs de Neufchàteau et de St-Hubert. C'est à 
lui qu'on est redevable de la découverte du Lycopodium 
annotinum ». Fr. Grépin a largement utilisé les données 
fournies par les herborisations de Beaujean dans son 
beau mémoire sur VArdenne. 

A la séance de mai, notre Société nommait Glaziou 
membre associé, en reconnaissance des nombreux ser- 
vices qu*il avait rendus à la botanique dans ses 
explorations au Brésil. Or, Glaziou était déjà mort, depuis 
plusieurs jours, dans une petite localité de la Gironde. 

M. Alfr. Gogniaux, qui a été de longues années en 



(1) Voir lo journal L'Jrdennais, n* du 31 mars 1906. 
^) Bull. Soe. bot. Belg.y XLIII, pp. 7 et 8. 



247 

rapport avec Glaziou» tâchera de réunir quelques notes 
biographiques sur celui dont le nom restera intimement 
uni à la flore brésilienne. 



Le procès-verbal de la séance du 6 mai est lu et 
adopté. 

Le Secrétaire-général donne lecture des notices sui- 
vantes dont l'impression est votée : 

1) H. Micheels, Sur un nouveau dispositif dans les 
cultures aqueuses. 

2) Bouly de Lesdain^ Lichens rares ou nouveaux pour 
la Belgique, recueillis pendant l'herborisation de la Société 
en septembre 1905. 

3) Van Bambeke, Quelques remarques sur Polyporus 
Rostkovii Iries> espèce nouvelle pour la flore belge. 



M. Alfr. Gogniaux donne d'intéressants détails, sur 
les Orchidées du Brésil et des régions voisines et dépose 
un mémoire sur ce sujet. 

(MM. Ém. De Wildeman et Th. Durand sont nommés 
commissaires pour l'examen de ce travail.) 



M. Bommer fait une communication sur un champi- 
gnon dont il a observé le mycélium dans un bois de 
conifère du type Pityoxylon provenant du terrain 
wealdien du Hainaut : il signale l'analogie que présen- 
tent les caractères de ce mycélium et son mode d'attaque 
avec ceux de Polyporus borealis Fr. actuel. 



248 

IL Bo.i^msr prô^entse k Quide de VArboreturude Ter- 
vuereni^). 

Cet Arboretum a été établi, sq^ Ips auâpices du Roi, 
dans le domaine doit Sa Majesté a fait don à TEtat. Il 
constitue la réalisation d'un projet formé, en 1897, par 
notre confrère» lorsque, à la suite de TExposition de 
Bruxelles, il fit soumettre au Conseil supérieur des forêts 
la question de la création d'un Musée forestier. 

Dans le rapport qu'il fit à ce propos, M. Bommer 
insista sur la nécessité qu*il y avait à compléter par un 
arboretum, Tensemble des collections d'un tel Musée» 

L'arboretum devait comprendre deux sections : dans 
Tune» les essences forestières eussent été groupées 
géographiquement de manière à représenter les différents 
types de forêts de la zone tempérée» tandis que» dans la 
secondé» elles eussent été classées systématiquement. 

Uarboretum de Tervueren ne représente actuellement 
que la première de ces sections. Les essenc3S forestières, 
au nombre de 297» dont 109 espèces de Conifères et 
ISS.^èces de Dicotylées, sont réparties dans Q5 groupes 
dont chacun représente un aspect particulier des forêts 
de9 régions^ tçmçérées. Les plantations» commencées en 
1902» sont composées de plantes d*une hauteur variant 
de un à cinq mètres; elles ont été établies dans des 
taillis dont les réserves sont âgées de 15 à 30 ans ; la 
superficie totale occupée par les groupes e$t d'une 
vingtaine d'hectares. 

Le. Giiiie est, divisa en deux parties : la. première çst 
consacrée à la cpinpQsitioi^ (}e3: groupes» la seçondip» à 1^ 
descripUoB somniaire des essences qui les composent. 



(1) Guide de l'Arboretum de Tervueren, Brax., 1906, 1 roi. de 211 pag.» 
aroo i plancbcti 3 plan» et 2 oartea. 



219 

Ces indications répondent à iln point de vue essentiel- 
lement pratique; toutefois le degré d'exaetitùde «javelles 
empruntent aux sources originales ou M. Vomâi^ s'est 
efforcé de les puiser, donne au Cuide de TAfbafétïifn 
une valeur scientifique, prindipalemént en ce qui con- 
cerne la Géographie 'botanique. 



Mn. Bouly déXèsdaih, docteur en médëdhë, 2i iixttï- 
kerque et Jules Gbarlier, instituteur à Nanîédic, pré- 
sentés par MM. J. Chalôn et J. Massài**t : 

iDlil. Edm. Fromont, docteur ëh médecine, à iSt-^ïflés 
et J. GoCBn, directeur de l'Ecole inoyehrïe âè Chatyiét, 
présentés par MM. Ch. fiomiiiér et Th. lidrafid : 

M. Ch. Grâfle j*, industriel, présenté pkr ÉM. 'Bâu- 
wens et Th. Durand : 

demandent à faire partie de la Société. 



L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 
16 heures. 



LKHBNS SABES MI HOUTEADX MUR U ULSIQOE» 

recneilHi pendant VhtrboriàaUôn ée là ^eiéti Hofiaie tfo Bàtàntipie 

par M. BouLT db ï^soiiir. 

Sur un des versants du Hoogen Blikker, la plus élevée 
des dunes des environs de Ck)xyde, conduits par 
M. Massart nous avons recherché le Ramalina fraxinea 
que ce botaniste y avait autrefois récolté sur le sable, 
nous n'avons malheureusement pu retrouver cette espèce 
intéressante, mais en revanche, nous y avons trouvé une 



250 

véritable colonie de lichens vivants sur le sable,. libres 
de toute attache. 

Quelques petits buissons de Salix repens et d'Uippo- 
pha&y au pied desquels végètent desséchés et rabougris, 
des touffes de Barbula rurailiformis et de Bryum argen- 
teuirif de nombreux. Cetraria aculeata var. edentula Ach. 
et non loin de là, des petits bosquets de Piiius maritima^ 
forment le fond de la végétation, et encadrent la petite 
localité où aidé par MM. Massart et Marchai, j'ai recueilli 

ces lichens. 

On pourrait penser qu'une partie d'entre eux, arrachés 
par le vent, proviennent des troncs de Pins du voisinage, 
mais la végétation de leurs écorces est très pauvre, et 
sauf quelques rares et petits spécimens d'Evernia pru- 
nastrif je n*ai trouvé aucun exemplaire des espèceis 
récoltées sur le sable. 

Il convient de noter que tous les lichens cités ici, sauf 
les Cladonia^ Cetraria et Usnea^ ont une tendance à 
protéger leur face inférieure qui se creuse en gouttière. 
Cette modification, utile contre la sécheresse puisqu'elle 
permet à la plante de garder ainsi plus longtemps 
l'humidité de la rosée, est d'ailleurs générale dans les 
lichens à thalle membraneux qui vivent libres de toute 
attache : les Parmelia molliuscula (Ach.) var. vagans Nyl. 
et ryssjlea (Ach.) Nyl., en sont de frappants exemples. 

Ceux qui, plus heureux que moi, connaissent le russe, 
consulteront avec intérêt l'intéressante notice que 
M. Elenkin a consacré aux Lichens migrateurs dans le 
Bulletin du Jardin Imp. de St.Pétersbourg, 1901, livrai- 
sons I et IL Les belles planches, jointes à ce travail, sont 
d'ailleurs absolument démonstratives. 

Oladonia farcata Iloffm. — Je nai pas trouvé 



251 

d^échantillons entièrement libres : quelques-uns n'adhé- 
raient que très peu au sol, et les podétionsde la périphérie 
avaient leurs extrémités recourbés vers le centre, formant 
ainsi une touffe à contours arrondis. 

Bamalina farinacea Ach. var. arenioola B. de 
Lesd. nov. var. — Cette nouvelle variété très commune 
en cet endroit, se distingue du type par les laciniures du 
thalle qui au lieu d'être dressées, sont foutes plus ou 
moins couchées sur le sable, curieux exemple d'adapta- 
tion qui permet ainsi à la plante d'offrir moins de prise 
au vent. A noter aussi que certaines des laciniures qui 
reposent sur le sable sont canaliculées en dessous. 

Grâce aux mouvements d'élévation et d'abaissement 
occasionnés par les alternatives de sécheresse et d'humi- 
dité, les laciniures se débarassent des grains de sable. 
Ainsi, si la sécheresse leur est utile en les appliquant sur 
le sable, il faut néanmoins que l'humidité, en redressant 
les laciniures, intervienne de temps en temps pour les 
arracher à l'enlizement qui les menace. 

Bamalina fastigiata Ach. — Un seul échantillon 
en assez mauvais état, avec une apothécie. 

Evernia pronaatri Ach. var. stictocera Hook. — 
Très commun, d'ailleurs assez répandu dans les dunes 
de la Belgique et du nord de la France. Le thalle est 
dressé quand le lichen vit au milieu d'autres plantes, 
mais sur le sable nu, il est le plus souvent couché. 

Les laciniures plus ou moins canaliculées, sont cendré- 
verdâtres, presque concolores à leur partie inférieure, 
et couvertes ou non de sorédies. Elles sont obtuses ou 
légèrement émarginées au sommet dont les divisions se 
terminent par des petits tubercules d'un brun noirâtre. 



252 

Les laciniures sont profondément réticulées lacuneuses 
à leur face inférieure, qui est recourbée en gouttière, 
et présentent principalement sur les bords, de nom- 
breuses et grosses sorédies d'un blanc pur. 

Usnea hirta Hofim. var. arenioola B. de Lesd. 
nov. var. — Je n'ai recueilli que trois ou quatre échan- 
tillons de cet Usnea qui parait rare. 

Il forme sur le sable des petites touffes à contours 
arrondis, larges de trois à cinq, et hautes de un à deux 
centim. Le thalle très rameux est sorédié, et couvert de 
nombreuses fibrilles le plus souvent recourbées à l'extré- 
mité : K «B. 

V Usnea hirta ne se rencontre que très rarement sur 
les arbres des dunes de la Belgique et du nord de la 
France : je ne l'ai recueilli qu'une seule fois à Dunkerque. 
Par contre, on trouve parfois cette espèce dans les 
Polders, sur les vieux bois qui servent de clôtures dans 
les pâtures. 

Parmelia physodes Ach. var. arenicola B. de 
Lesd. nov. var. — Un seul petit échantillon recueilli par 
M. Massart. La plante parait un peu diOérente du type 
par ses lobes épais et convexes légèrement incurvés aux 
extrémités. Cette variété dérive de la var. platyphylla 
Ach., qui se rencontre assez fréquemment sur les vieilles 
barrières. 



Oaloplaca vilellinula Oliv. Exp. syst. et descript. 
des Lich. de l'Ouest p. 232. Lecanora vitellina Nyl. Lapp. 
Or. p. 127. Zw. L. N» 577 Norrl. Herb. Lich. Fen. 
N» 271. 

Goxyde : abondant sur les rameaux de Salix repens et 



253 

d'Hippophae, et sur uq morceau de cuir au Hoogen 
Blikker. 

Thalle formant une mince tache verdàtre, visible 
seulement à la loupe, et développé surtout autour des 
apothécies. K + R. 

Apothécies petites» espacées ou le plus souvent pressées 
anguleuses, jaune-clair, d'abord planes et munies d'un 
bord plus pâle, assez épais et un peu proéminent, puis 
subbiatorines à la fin, à bord toujours visible : K + R* 

Epith. jaune d'or, thec. et hypoth. incolores, para- 
physes libres, grêles, articulées, terminées par une 
grosse cellule. Spores 8*^~, ellipsoïdes, polariloculaires 
ou uniseptées, et alors parfois, mais très rarement res- 
serrées à la cloison, longues de 12-13 sur 5-9 (i. 

Cette espèce nouvelle je crois pour la Belgique, est 
assez commune en France, à Bray-Dunes contre la fron- 
tière belge, où je l'ai recueillie sur Salix repens, Hippo^ 
phae et Rosa spinosinimma. 

Samallna evemloides Nyl. Prodr. p. 47. Rama- 
lina pollinaria |3 monophylla Coem. ined. in EJckx Flore 
crypt. des Flandres, p. 211. 

Sur des Saules^dans les polders^entreGoxyde etFurnes. 

Cette espèce est commune sur les cétes de la Méditer- 
ranée et sur une partie du littoral de l'Angleterre. Assez 
rare aux environs de Dunkerque, elle s'avance jusqu'à 
une vingtaine de kilomètres dans l'intérieur des terres; 
je ne l'ai jamais recueillie sur les arbres dans les dunes. 

Presque toujours stérile, on ne l'a signalée fertile, en 
France du moins, qu'à Noirmontier où M. le D^ Yiand 
Grand-Marais en a récolté quelques exemplaires avec des 
apothécies. 

Ce Ramalina qui n'avait pas encore été réconnu en 



254 

Belgique, y atteint très probablement sa limite septen- 
trionale. 

Gatillaria prasiniza (Nyl.) Lecidea prasiniza Nyl. in 
Flora 1874 p. 312 Zw. L. N» 592. A, B, C, D, E, Arn. 
N* 1121 el 1472. 

A rintérieur des Saules creux, dans les polders, entre 
Goxyde et Furnes. Très commun également aux environs 
de Dunkerque. 

Thalle lépreux, granulé, assez épais, vert foncé, cou- 
vrant parfois presque entièrement l'intérieur des vieux 
Saules. Apothécies très petites, nombreuses, noiritres, 
presque globuleuses, dispersées ou confluentes. Epith. 
très légèrement fuligineux, thec. et hypoth. incolores, 
paraphyses sondées, thèques claviformes, spores 8°*'* 
ovoides, simples, longues de 9-13 sur 4-5 ju.. Spermaties 
droites, longues de 7-8 sur 1 p. 



SDR UN NOUVEAU DISPOSITIF POUR LES CULTURES AQUEUSES; 

par HKicai Mighesls. 

On connaît la méthode des cultures aqueuses, utilisée 
avec tant de succès par les physiologistes depuis la 
seconde moitié du XVIIP siècle. 

Dans une longue série de recherches faites en collabo- 
ration avec M. le Professeur P. De Heen, de TUniversité 
de Liège (1), et dont un grand nombre de résultats n'ont 

pas encore été publiés, nous avons employé deux dispo- 
sitifs principaux. 

(1) Voir, notamuieiit, Bull, de VAcad. royale de Belgique (ClasBo des 
Sciences), n«*6, 7, 8 et II, 1905, ainsi que Bull, dé l'Institut de physique 
de VUnivenitè de Liège, Ilh série, 2« fasc , 1905. 



255 



D'ordinaire, les graines, trempées au préalable pendant 
24 heures dans Teau distillée, sont déposées sur un tamis 
formé par un cadre en fil d'aluminium soutenant un 
tissu à larges mailles. Ce tamis repose sur la surface du 
liquide de culture contenu dans un cristallisoir, et de 
telle sorte qu'il n'y ait pas immersion des graines (Fig. 1). 
Ici le liquide se trouve donc au-dessous des graines. 

Pour certaines recherches, il nous a fallu, au contraire, 




O^SL 




Fi<jî 




placer les graines au-dessous du liquide, tout en les lais- 
sant cependant dans l'air, comme dans le cas précédent. 
Nous nous sommes servis alors d'un gros cylindre en 
verre, fermé hermétiquement à sa partie supérieure par 
un bouchon en liège recouvert de gomme-laque. Celui-ci 



256 

est traversé par un tube en verre auquel on a fixé un 
tuyau en caoutchouc pressé au moyen d'une pince de 
Scheibler (Fig. 2). 

Après avoir asujetti une rondelle de tissu à larges 
mailles sur le bord -inférieur du cylindre, on aspire 
le liquide expérimenté par le tube en caoutchouc, puis 
on ferme la pince. Le liquide se maintient dans le 
cylindre où il est retenu par Faction de la pression 
atmosphérique et de la tension superficielle. Les graines 
sont placées ensuite sous la rondelle de tissu à larges 
mailles et elles sont soutenues par un tamis circulaire 
formé du même tissu* 

Si on emploie des grains de Froment et de Feau, on 
voit les feuilles pousser vigoureusement vers le haut dans 
le liquide, tandis que les racines végètent assez miséra- 
blement dans l'air. 



QDELQUBS REMARQUES SUR POLYPORUS ROSTKOWII Fr., 

espèce nouvelle pour la Flore belgêt 

par Gh. Yait Bajibexb. 

Le 11 et le 14 du mois de septembre dernier, je suis 
entré en possession d'une dizaine d'exemplaires du 
P. Rostkowii Fr., trouvés à Landegem (Flandre orientale) 
sur un tronc de Frêne W. 

C'est une espèce nouvelle pour notre Flore. La compa- 
raison des caractères fournis par nos exemplaires avec 



(1) La découferlc » été faite par M"* Gormainc Vandcn Bos qui, déji 
àdiffércnles reprises, m'a procuré des cspècci intéressantes. Je saiaia 
roccasioD qui m'est oiTcrtc pour lui exprimer ma vive rcconnaissauco. 



257 

les descrîptioaa de KostkowiusC^), de Fpîe8(2^ de Sac- 
cardo(3), de Quélet^^), de Berkeley (5), de Cooke 6), de 
G. DIasseef'), et avec les figures jointes à la description 
de Kostkowius, m'a suggéré quelques remarques qui 
poui:ront servir» croyons-nous, de complément aux 
diagnpses et aux descriptions de ces auteurs* lesquelles 
passent sous silence certaines particularités* et ne con- 
cordent pas toujours sur tous les points. J'ai cru utile de 
joindre quelques, photographies à la présente notice(^). 
Si l'on exclut la figure 138 de Bolton, considérée par 
Pries comme représentant probablement une forme 
monstrueuse du Polypore, il ne reste que les deux 
figures de la planche 1,7 de Sturm, qui accompagna la 
description de Rostkowius. De ces deux figures, très 
réduites, Tune représente un groupe de trois exemplaires 
réunis, entre eux par la base du stipe, Tautre montre 
une coupe longitudinale d*un exemplaire isolé. Pries et 
Saccardo, citant la pL 17, ajoutent : « Optime ». Or, 
les figures de cette planche ne correspondent que partiel- 
lement à nos exemplaires. 

Dimensions. — D'après Rostkowius, le chapeau mesure 
en hauteur de 6 à 8 pouces, sur une largeur de 5 à 
9 poaces; d'après G. Massée, le diamètre transversal 
oscille entre 4 et 6 pouces; Quélet donne comme dimen- 



(1) Djtns Sturm's Flora» IH, Abth « 5. Bd , p. 37. 

(2) Frtcs, Epier., p. 439; Bym. Eut , p. 534. 

(3) Saeeardo, S^ll.f VI, p. 82. 

(i) Qaétet, ^cMridiont p. 167; Fhre myc. de France, etc., p. 407. 

(5) Berkeley, Outlintê of Brititk Fangology, p. 238. 

(6; Oaoke* Handbook ofBrilhh Fungy, p. 265, 

(7) MasBce, BritUh Fangu$ Flora^ I, p. 235.. 

(S) Je dois ces photographies à l*obii^cance de M. Vaiidcr Gacht, 
préparaloar da Cours de botanique à l' Université de Gand. Je le prie 
d'agréer mes vifs romereîmonta. 



258 

sions du péridium 0°03-5; Pries et Saccardo disent 
simplement : « Magnitudine cum affîni P. sqiiarnoso 
certat » . Les dimensions de noire plus grand exemplaire 
dont une partie du stipe fait défaut, sont les suivantes : 
longueur totale 31 cm,, dont 24 pour le chapeau et 7 
pour la partie restante du stipe; plus grande largeur 
du chapeau 41 cm. Ce sont là des dimensions qu'atteint 
parfois aussi P. squamosus. Ce n'est pas le seul point de 
ressemblance de notre Champignon avec cette espèce. 

Forme. — Tous les auteurs signalent la forme en 
entonnoir du Champignon. Rostkowius, le créateur de 
l'espèce, lui a donné le nom de P. infundibuliformis. 
Décrivant la manière dont le jchapeau se continue avec 
le stipe, il dit : a ... geht in dem excentrischen Stiel so 
ûber, dass in der Mitte des Hutes eine konische Ver- 
tiefung bleibt i>(0; le chapeau est dit « dimidiato- 
infundibuliformi » dans les diagnoses de Pries et de 
Saccardo; pour Berkeley et Cooke, le chapeau est 
« somewhat infundibuliform; il est <e infundibuliform » 
pour Massée; «Péridium cyathiforme » écrit Quélet(2); 
seuls Berkeley et Broomc, que je cite d'après Cooke, 
ajoutent, après « infundibuliform » , « but often latéral » . 

Chez un seul de nos exemplaires mesurant 21 cm. de 
longueur totale, dont 13 pour le chapeau et 8 pour le 
stipe auquel manque l'extrémité basale, le chapeau est 
nettement infundibuliforme, et la description donnée par 
Rostkowius peut s'y appliquer parfaitement (PI. I, fig. 1^. 
Il n'en est pas de même pour les autres exemplaires, 
surtout pour ceux arrivés à complet développement : 
Vinfundibulum a disparu, et le stipe d'exentrique est 



(1) L. c, p. 38. 

(2) Flore myc. I. 



c, p. 408. 



259 

devenu latéral (Ph I, fig. 2). On ne trouve plus, comme 
trace de l'entonnoir, qu'une petite dépression transver- 
sale, sorte de pochette aplatie, en forme de croissant, à 
Tendroit où la face supérieure du stipe se continue avec 
la face correspondante du chapeau; la convexité du 
croissant est tournée vers le stipe, et ses pointes se con- 
tinuent avec les bords du chapeau; la dépression, pro- 
fonde de 4 à 6 millimètres dans son milieu, est délimité 
en dedans par la face supérieure du chapeau, en dehors 
par une expansion membraniforme (PI. II, fig. 1) (l). 
Par suite de la disparition de l'entonnoir, le chapeau 
légèrement convexe, flabelliforme, rappelle la forme que 
revêt fréquemment celui de P. squamosus. 

D* après tous les auteurs, le chapeau est lisse et uni. 
Sur certains de nos exemplaires, on distingue, au niveau 
de la zone basale noir-bistre du chapeau, des petites 
saillies à disposition rayonnante. Sur deux exemplaires, 
on trouve, à ce même niveau, de petits cristaux de 
bioxalate de potasse, comparables à ceux qui se déposent 
assez souvent à la surface du chapeau de P. sulphureus 
(PLI, fig. 2). 

Le chapeau de nos exemplaires est mince et son 
épaisseur diminue graduellement depuis la base jusqu'au 
bord. Ce bDrd est entier, faiblement replié par places, et 
nous n'avons pas constaté la disposition ondulée du cha- 
peau signalée par Quélet, Berkeley et Broome. 

Consistance. — Les auteurs s'expriment sensiblement 
de la même façon au sujet de la consistance du Champi- 
gnon. Dans la diagnose de Rostkowius ainsi que dans 



(1) Cotte photographie a été faîte d'après dos oxemplaircs desséchés. 
La poehette est moins nettement risihle sur la photographie flg. 3, pi. I. 



260 

celles de Pries et de Saccardo qui rangent le Polypore 
parmi les pleuropodes de la section des < lenti », il est 
dit : « Pileo carnoso-Iento ». La consistance de nos 
exemplaires rappelle celle de P. squamosus, et la dési- 
gnation charnu-flexible < carnoso-lento » leur est par- 
faitement applicable ; toutefois il est à remarquer qu'en 
général la consistance du stipe l'emporte assez notable- 
ment sur celle du chapeau. 

Coloration. — Rostkowius, Fries, Saccardo» Quélet» 
(Enchiridion) désignent^ par le terme < fumoso », la 
coloration du chapeau ; fierkeley et Gooke se servent du 
qualificatif « dingy »; <e smoke-colour, or sometimes 
tinged tan-colour » dit G. Massée ; Quélet (Flore myc.) 
décrit la coloration du chapeau comme étant « chamois 
pâle» puis bistrée ». Dans sa description détaillée du 
Champignon. Rostkowius, parlant de l'infundibulum, 
s'exprime comme suit : « In dieser Yertiefung ist der 
Hut schwartzbraun, welches nach dem Rande zu in ein 
geflammtes Rauchgrau ûbergeht ». D'après ce que nous 
voyons sur nos exemplaires, il importe en effet de 
distinguer entre la partie correspondant à Tentonnoir ou, 
quand celui-ci n'existe pas, entre la partie basale du 
chapeau et sa partie périphérique. La première consiste 
en une zone bistre-noir, séparée, par un contour irré- 
gulier, déchiqueté, de la partie périphérique (PI. I, 
fig. 1 et 2); seulement, sur nos exemplaires, celle-ci 
ne revêt pas un ton fuligineux, mais au contraire jaune- 
roussâtre vif y comparable à la coloration la plus habi- 
tuelle du chapeau de P. squamosus. Le ton roussâtre 
résulte de la présence d'un pointillé ou plutôt d'un 
vergeté de cette couleur sur un fond plus pâle (PI. I, 
fig. 1 et 2]. Fries avait déjà dit, à la suite de sa diagnose, 



261 

< Pileus in luteseentem transit in mco speciininc j>. 
Cooke fait suivre sa diagnose d'une description empruntée 
à Berkeley et Broome, où la coloration du chapeau est 
décrite CDinme suit : « pale ochraceous, mottlcd bclow 
with darker spots and virgate, dark brown at the base ». 
De toutes les descriptions, c'est celle qui s'adapte le 
mieux à nos exemplaires. Ajoutons qu'indépendamment 
du pointillé roussâtre, on trouve, disséminés, quelques 
points plus foncés, bistre ou bistre noir. 

La zone externe du chapeau se présenterait donc sous 
deux aspects, d'après qu'elle revêt le ton jaune-roussàtre 
rencontré par Pries, par Berkeley et Broome, et caracté- 
ristique de nos exemplaires, où le ton fuligineux vu 
par Rostkowius et la plupart des auteurs. Or, ces 
deux colorations s'observent aussi pour le chapeau de 
P. squamosuSf la seconde correspondant à la variété B 
« pileo fuliginoso » de Pries. C'est une nouvelle preuve 
de la parenté qui existe entre les deux espèces. Une 
autre preuve de cette parenté nous est fournie par deux 
de nos exemplaires où le pointillé a fait place à des 
flammes brunes rappelant les écailles apprimées, carac- 
téristiques de P. squamosusW, 

Stipe. — Dans les diagnoses de Pries et de Saccardo, 
nous lisons : « stipite longo, excentrico, reticulato, 
definite nigro, basi incrassato ». Parmi les remarques 
qui suivent la diagnose, il est dit : « Stipes in génère 
longior, incurvus, basi subcaesipitoso-connatus ». Le 
stipe, excentrique, mais plus souvent latéral, en général 
plus long que celui de P. squamosusy droit ou recourbé, 



(1) Plus ou moins visible sur rcxomplairc de droite de la pli )lograpliio, 
pi. II, fig. 1. 

18 



262 

se trouve^ sur certains de nos exemplaires, du moins, 
quand il est recourbé, pour la partie la plus rapprochée 
du chapeau, dans le même plan que la face hyméniale, 
tandis que sur d'autres, il forme, avec cette face, un angle 
souvent à peu près droit. L'épaisseur du stipe diminue • 
d'abord à mesure qu'on s'éloigne du chapeau (sur le 
plus grand de nos exemplaires, l'épaisseur du slîpe à son 
attache au chapeau est de 6 cm.), pour atteindre en 
général son maximum au niveau du renflement basai ; 
mais comme il s'agit d'un Champignon souvent cespiteux 
et conné, à ce niveau, les renflements d'un nombre plus 
ou moins grand d'individus se fusionnent et se con- 
fondent (PI. Il, fig. 1). 

Tous les descripteurs de P. Rostkowii indiquent, comme 
caractère du stipe, sa coloration noire ; il est plus exact 
de parler d'un ton bistre-noir, à l'exemple de Quélet. 
En général, la coloration foncée n'intéresse pas toute 
la surface du stipe. Sur les exemplaires de la figure a 
de Rostkowius, on voit cette coloration entourer tout le 
stipe à sa base, s'étendre sur sa face supérieure, mais 
sans atteindre toutefois le bord postérieur du chapeau; 
de là, à ce niveau, une zone claire qui, à la face infé- 
rieure du stipe, se continue avec une partie également 
claire, jusqu'à une distance variable de la base. Sur un 
seul de nos exemplaires, la disposition correspond à celle 
figurée par Rostkowius (PI. I, fig. 1); sur tous les 
autres, la zone claire est absente, la coloration bistre- 
noir de la face supérieure du stipe se continuiyit sans 
interruption avec la zone basale aussi d*un bistre-noir 
du chapeau (PI. I, fig. 2); enfin, sur le plus volumineux 
de nos exemplaires, le ton bistre-noir recouvre toute 
la surface du stipe. 



263 

Pores. — « Popîs pentagonis» sordide luteo-albis, 
dentatis, decurrentibus j>y dit Rostko^ius dans sa dia- 
gnose; et plus bas : « Die Poren sind 3 bis 4 Linien lang, 
ungleich gross, meistentheils fûnfeckig» gezâhnt, schmu- 
zig weisgelf, im Alter brâunlich, uud laufen an der 
Unterseite des Stiels sehr >veit herab r>. Gela peut 
s'appliquer à nos exemplaires (PI. n, fig. 2); toutefois» 
a) à Tétat frais, nous avons trouvé une face hyméniale 
d'un blanc ou d'un blanc-jaunàtre pur» non d'un blanc- 
jaunâtre sale; b) la longueur des tubes qui, à la face 
inférieure du chapeau, varie de 3 à 4 mm., diminue 
graduellement en se rapprochant du stipe, pour faire 
place* à sa face infério'ure, à un simple réseau à mailles 
en général pentagonales. C'est donc avec raison que 
Fries, Saccordo et Quélet, énumérant les caractères du 
stipe, se servent du qualificatif c réticulé » . 

Chair, — D'après Rostkowius, « Das Fleisch ist weiss- 
gelblich, zâh, hat einen schleimigen nich unangenehmen 
Gesmack und hinterlâsst auf der Zunge ein gelindes 
Brennen » . Nous avons trouvés à la chair une saveur 
mucilagineuse, mais sans percevoir la sensation de brû- 
lure signalée par Rostkowius. A l'état frais, nos exem* 
plaires avaient une faible odeur de farine fraîche. 

Spores. — Gomme le dit Quélet (Flore myc), la spore 
est ellipsoïde, oblongue, guttulée. Le nombre des goutte- 
lettes y renfermées varie de une à deux. Les « two 
nudei » dont parlent Berkeley et Broome, correspondent 
évidemment à ces gouttelettes qui sont de nature grais- 
seuse et très réfringentes. D'après Quélet, la spore 
mesure 12 fu; Saccardo donne comme dimensions 12 » 5; 
pour Massée, le plus grand diamètre varie de 14-16 /x, 
le plus petit de 5-6 jx. Nos mensurations nous ont donné 



264 

des chiffres qui concordent sensiblement avec ceux du 
savant botaniste anglais ; nous avons trouvé, en eflet : 
1216 « 5-6. 

Support, — Gomme on l'a vu, nos exemplaires crois- 
saient sur un tronc de Frêne ; c'est aussi le Frêne qu'indi- 
que Rostkowius comme support de Tespèce; Frics, 

m 

Saccardo et Quélet citent le Frêne et TErable; sur 
« old stumps » dit Berkeley; sur <c stumps » dit Cooke; 
d'après Massée, on trouve le Champignon « on truncks of 
Asch, & also on stumps ». 

Distribution géographique. — Saccardo indique l'Eu- 
rope comme habitat du Polypore. Sa présence a été 
constatée en Allemagne (Rostkowius), en France (Quélet), 
en Angleterre (Berkeley, Cooke, Massée], en Scandinavie 
(E. Fries). L'espèce est considérée comme rare par 
Rostkowius, Berkeley et Cooke. 

En tenant compte des descriptions données, par les 
auteurs, de P. RosthowH^ et des particularités fournies 
par nos exemplaires, nous croyons pouvoir résumer, 
comme suit, les principaux caractères de l'espèce : 

Champignon charnu-subéreux, rappelant les dimen- 
sions de F. squamo8U8, à chapeau d*abord infundibu- 
liforme, puis flabelliforme, une petite dépression en 
forme de croissant persistant comme vestige de 
l'entonnoir à l'union de la face supérieure du stipe 
avec la face correspondante du chapeau; surface 
supérieure du chapeau montrant une zone basale 
bistre noir séparée, par un contour irrégulier, d'une 
zone périphérique d'un ton tantôt fuligineux, tantôt 
d'un jaune roussâtre clair et alors couverte d'un 
vergeté plus foncé parfois remplacé par des flammes 



I 
■ 



265 

brunes rappelant les écailles apprimées caractéristi- 
ques de P. squamosus; stipe relativement long, 
d'épaisseur variable, droit ou incurvé, d'abord 
excentrique, puis latéral, à renflement basai, situé 
dans le même plan que le chapeau ou formant avec 
ce plan un angle variable, souvent à peu près droit ; 
tantôt séparé de la partie basale bistre noir du 
chapeau par une zone claire, tantôt la coloration de 
sa face supérieure se confondant avec celle du 
chapeau; face inférieure en général claire jusqu^à 
une distance variable de la base ; pores en général 
pentagonaux, denticulés, diminuant graduellement 
de longueur en se rapprochant du stipe, à la face 
inférieure duquel ils deviennent décurrents sous 
forme d'un réseau à mailles le plus souvent pentago- 
nales ; spore ellipsoïde, oblongue, guttulée, le nom- 
bre de gouttelettes variant de une à deux, mesurant 
12-16 « 5-6. 

Gand, 6 octobre 1006. 



EXPLICATION DES PLANCHES. 

Pl. I. 

Fig. 1. Forme infundibuliforme da Champignon tu par sa face supé- 
rieure. 2/8 gr« uat. 
Fig. 2. Forme fl«l>clliformc; face supérieure. 2/3 gr. nat. 

Pl. n. 

Fig. 1. Deux exemplaires yus par leur face supérieure sur laquelle on 

distingue les dépressions s6mi-l un aires. 1/2 gr. nat. 
Fig. 2. Face byméniale d*un exemplaire flabellifor me l/2gr. nat. 



SUR LES 



ORCHIDÉES DU BRÉSIL 

ET DES RÉGIONS VOISINES 



PAA 

Alfred GOGNIAUX. 



PREMIERE PARTIE. 
Additions ù, la Flora Brasiliensis. 

Pendant Timpression de la monographie des Orchi- 
dées dans la Flora Brasiliensis (1893-1906), j'ai reçu 
ou j'ai obtenu en communication d'importantes collec- 
tions» qui m'ont fourni de nombreuses additions aux 
parties déjà imprimées de mon travail. A la fin de celui-ci 
(fasc. Xt pp. 525-584), quelques-unes d'entre-elles, 
comprenant 2 genres, 75 espèces et 8 variétés, ont pu 
être insérées dans Vaddenda; mais faute de temps, 
la plupart, surtout les additions à la distribution géo- 
graphique, n'ont pu y trouver place. Ce qui suit sert 
donc de complément à Vaddenda de l'ouvrage. 

J'ai conservé pour les genres et les espèces, les 
numéros d'ordre qu'ils portent dans la Flora Brasiliensis, 

L'astérisque devant le nom d'une espèce, indique que 
cette espèce est nouvelle pour le Brésil; devant le nom 



267 

d'une région, il indique que l'espèce est nouvelle pour 
cette région. 

1. SELENIPEOIUM Reichb. f. 

Depuis que ce genre a paru dans la Flora Brasiliensis 
(1903)» la classification des Orchidées diandres a subi 
de profondes modifications. Les idées de M. Pfitzer sur 
le démembrement de l'ancien genre Cypripediuyn^ alors 
combattues vivement, sont aujourd'hui généralement 
adoptées, et même certaines sections de genres établies 
par lui sont actuellement considérées comme ayant une 
valeur générique. 

Les deux sections dans lesquelles j'avais rangé les 
espèces de Selenipedium sont admises comme genres 
distincts; voici les noms que doivent porter les 7 espèces 
de ce groupe, avec les synonymes à y ajouter : 

A. PhragmopedlluBi Pfitz. 

1. Ph. vitlatum Pfîtz. in Engler, Pflamenr,, IV, 50, p. 47, 

fig. 24A (1908). 
Selenipedium Pauliitanum Rolfe in Orch. Rev., l, p. 239 (1893). 
Papkiopedilum vitlatum Pfitz. in Engl., Bot, Jahrb,, XIX, 

p. 42 (1894). 
Paphiopedium viltatum Kerch. Livre det Orch,, p. 455 (1894). 
Phragmipedium viltatum Rolie in Orch, Rev,^ IV, p. 832 (1896). 

2. Ph. earieinuai Pfitz. in Eugl., P/lan*enr., IV, 50, p. 46, 

fig. 23B (1903). 
Papkiopedilum caricinum Pfitz. in Engl. Bot, Jahrb., XIX, 

p. 41 (1894). 
Paphiopedium earieinum Korcb., Livre des Orch,, p. 454(1894). 
Phragmipedium caricinum Rolfe in Orch, Rev,, IV, p. 832(1896). 
Peruvia : Proy. Loreto ad Pongo de Caioorachi (E. Ulc n. 6418). 

— Floret Septcmbri. 

3. Ph. HloUflehianam Pfitz. in Engl., P/lamenr., IV, 50, p. 47, 

fig. 28A (1903). 



268 

Paphiopedilum Klot%schianum Pfilz. in Engl., Bot. Jahrb., XIX, 

p. 41(1894). 
Paphiopedium KUtischianum Kcrch., Livre des Orck», p. 451 

(1894). 
Phrngtnipedium Klotischianum Rolfc in Orch, Rev., IV, p. 332 

(1896), in Trans, Linn. Soc. Lond, 2« «cr. Bol., VI, p. 65. 
3i>is. Phra^mopedilam ilar^ealianam Pfitz. (voyez FI. Brat., 

III, pars VI, p. b35). 
i. Ph. Uodleyaoum Pfltz. in Engl. Bot. Jahrb., XXV, p. Ô27 

(18)8), in P/lanienr., IV, 50, p. 44, fig. 22C. 
Pap'iiopedilam Lindleyanum Pfitz. in Engl., Bot» Jalirb,,XlX, 

p. 41(1894). 
Paphiopedium Lindleyanum Kcrcb., Livre des Orch., p. 455 

(1894). 
Phragmipedium Lindleyanum RoKo iu Orch. Bev., IV, p. 832 

(1896). 

B. SeleDipedllam Pfitz. 

5. S. palinlfollam Ptitz. in Engl., Pflanienr , IV, 69, p. 27, 

fig. 13A-B{1903). 
Guiana gallica : Propo Caycnno (Palris). 
0. S. Isabeliaiiam Pàtz., loc. cit., p. 28, Hg 13G-D (1903). 

II. HABENARÏA Willd. 

4^'V H. 1Ia9«Kleriaom Gogn. ex Ghod. et Hassl. in 
Bull, llerb. Boiss. 1903, p. 929 (nomen tantuni) (Sect. 
Macroceratitae) : caule elongato, multifoliato; foliîs 
c:'e?.to-patulis, anguste lanceolatis, aciilis, basi loagîus- 
cule vaginantibus, 3-5-nerviis, nervis subtus non promi- 
nentibus; racjino longiiis'^ulo, densiuscule inultidoro; 
bracteis foliaceis, lanceolatis, longiiiscule acuaiinatis, non 
larinatîs, ovario br^vioribiis ; s^palo dorsali ciciiliato, 
late ovatc), abrupte aciito, dorso n:)n carinato, laleraiibiis 
viv longioribus, rvîdevis, falcito-oblongis, longiuscule 
apiculatis; petalis bipartitis, parlitione p;)stica iineari- 
ligulata, actitiiiscuia, falcata, antica inulto breviore sub- 



269 

filiformi antice porrecla; labello basi breviter integro 
lineari deinde tripartito, partitionibus lateralibus angiistc 
lineari-subulatis, intermedia satis longiorc, carnosa, 
lineari-subclavata, obtusiuscula, inferne longe atteauata; 
calcari pendulo^ paulo arcuato, anguste lineari-clavato, 
acuto, ovario longiore ; processubus stigmaticis elongatis» 
linearibusy rectis» canalibus antherae paulo brevioribus. 

Tuberidîum anguste ovoideum, obtusum, velutinum, 
3-3 1/3 cm. longum. Gaulis erectus, teretiusculus, laevis, 
pallide viridis, 5-10 dm. altus, 4-6 mm. crassus» Folia 
siccitate tenuiter menibranacea, intense viridia, mediana 
12-15 cm. longa et 2 1/2-3 cm. lata, inferiora et superiora 
minora; vaginae arcte adpressae, 2-2 i/s cm. longae. 
Racemus erectus, 12-16 cm. longus. Bractae subad- 
pressae, satis concavae, virides, 1 i/i-3 cm. longae. Flores 
albo-virescentes. Ovarium subtrialato-angulatum. Sepala 
rigidiuscula ; dorsale 7-9-nervuiosum, 9-10 mm. longum, 
6 1/2-7 mm. latum ; lateralia leviter concava, tenuiter 
5-7-nervulosa, 10-11 mm. longa, 4 mm. lata. Petalomm 
partitiones carnosulae; posterior erecta, subtiliter tri- 
nervulosa, 8 mm. longa, 1 1/2 mm. lata; anterior 
1 i/s-2 mm. longa. Labellum rigidiusculum, basi integrum 
2mm. longum et 1 mm. latum; lobi latérales paulo diver- 
gentes, 5-6 i/s mm. longi, 1/3-1/2 mm. lati; lobus inter- 
medius 8-9 mm. longus, 1 mm. latus; calcar 2Ô-30 mm. 
longum, inferne 1/2-2/3 mm. et superne 1 i/i mm. 
crassum. 

Celte espèce doit se placer avant le H. bractescens 
Lindl., dont elle se dislingue surtout par ses pétales à 
segment antérieur beaucoup plus court et plus étroit que 
le postérieur. 

* Paraguay : Cainpos propc Paraguari (Balansa, n. 2991); in sylya 
Cordillera do Altos (tfasslcr, n. 4062). — Florot Aprili. 



270 

7. HaJkeBaria CtourlIeaBa Gillies. — *S, Pauh (Ck^mm. Geogr. 

e Geol. S. Paalo, n. 8258). 
* Paraguay : In locis hcrbosis prope Villa Rica (Baltnsa, n. 2988); 

in paiude prope Chololo in vallo flaminis Y-Aeû (Hassler» 

n. 6827). 
7bi«. H. SpesazBiniaDa KraonzU in Engl., Bot. Jahrb,, XXXVI, 

Beibl. n. 80, p. 10 (1905) 
*Argentina : Prope £1 Santaario ot Carmen Calcbaqui (Spegazzini). 

8. H. VaupellU Reirhb. f. et Warm. — Minas JGtraès : In palndibua 

prope Qucluz (Ë. Ule, n. 3475). 
*S. Catharina : In capocira ad Itajahy (E. Ule, n. 4005). 

9. H. Sarlor Lindl. — *(?oyas (Glaiiou, n. 22159 part, et 22179a). 

Minas Geraës (St-Hilaire, B\ n. 2429 part, et C\ u. 125, 

Claossen); in hnmidit ad Tripuhy et locis graminosis ad Oaro 

Preto, ait. 1050 m. (£. Ulo, n. 9144 et 114';2). 

Rio de Janeiro : Prope Nova Kribnrgo (E. Ulo). 

5. Paulo : Secus Rio Piqueno (Guillemin, n. 408). 

*Rio Grande do Sul (Czeroiak et Reincick, n. 374). 

^Paraguay : Cordillère de Valenznela (Balansa); secua flum. 

Tapiraguay prope Apepn, et in rivulo flum. Y-Aca prope 

Cboiolo (HasBier, n. 5050, 6594 et 6594a). 

Xi. H. pauciflora Reichb. f. — Minas Geraës (St-Hilaire, B*, n. 2^9 

part.,D.,n. 378). 
^ yar. plurlllora Gogn var. nov. ^ Raeemus aecandus, laxo 

5-floraa. « Herta 5-6 dm. alla ; petala alba. ■ 

* Paraguay : In eampis ad S. Joaquin prope Caaguazû (Haasier, 

n. 9683). — Floret Decembrî. 
15. H. ilcxa Reichb. f. — Minas Geraës (Sl-Hilairc. B», n. 2339. B», 
n. 2334). 
"Rio de Janeiro : Ad Tijuca (Glaziou, n. 4216). 
— yar. Rodrlsaesll Cogn. — *S. Paulo (St-Hilaire, C\ 
n. 1448). 

17. M. Schwaekel Barb. Rodr. — *Goyaz : In campot ad Serra dos 

Pyroncos (E. Ule, n. 3119). 

* Paraguay : In decliriis «Sierra de Maraca}ui, locis paludosîs 

prope Ipé-Hu (Uaislor, n 5262) . 

18. H. retasa Barb. Rodr. — S. Paulo : Campo de Bocaina (Comm. 

Geogr. e Geol. S. Paulo, n. 2334). — Flores viridea. 



271 

18^^. Hàbenarla BalamMiel Gogn. spec. nov. (Sect. 
Nadae) :caule gracillimoy longiusculo, basi squamuloso» 
paucifoliato ; foliis graminoideis» anguste linearibus, 
acutis» basi longe vaginantibus ; racemo brevi, laxo, 
pauci-plurifloro ; bracteis lanceolatis, longe angusteque 
acuminatis» ovario satis brevioribus; sepalis apicetrun- 
catis et minute apiculatis angulis acutis subapiculatis, 
dorsali late ovato, lateralibus subdûplo longioribus, 
ligulatis» basi constrictis» deflexis; petalis ^bipartitis» 
partitione postica oblongo-ligulata, obtusiuscula, falcata, 
sepalo dorsali sublongiore, antica paulo longiore, anguste 
lineari» acutissima, basi attenuata, patenti-deflexa ; labello 
fere usque ad basin tripartito, partitionibus subaequi- 
longist acutiusculis» inferne attenuatis, lateralibus satis 
divergentibus anguste lineàribus, intermedia lineari- 
oblonga convexa ; calcari pedulo, anguste lineari, acutis- 
simoy superne leviter incrassato, ovario paulo bre- 
viore; processubus stigmaticis mediocribus, linearibus, 
porrectiSf obtusis. 

Tuberidia oblonga, apice rotundata, 1 i/i cm. longa, 
3-4 mm. crassa. Gaulis erectus, strictus» teres, 2 )/3-4 dm. 
longusy 1-1 i/s mm. crassus, sparse vaginatus. Folia 1-2, 
erecta, limbo 2-3 cm. longo, vagina arcte adpressa, 
1-3 cm. longa. Racemus erectus, 2-6 cm. longus, 
3-10-florus. Bracteae arcte adpressae, inferne vaginantest 
pallide virides,8-12 mm. longae. Flores flavo-virescentes. 
Sepala subtiliter trinervulosa ; dorsale valde concavum, 
2 1/9 mm. longum, 2 mm. latum ; lateralia valde obliqua, 
4 mm. longa, 1 1/3 mm. lata. Petala tenuiter membra- 
nacea; partitio postica erecta, subtiliter binervulosa, 

3 mm. longa, 1 1/4 mm. lata; partitio antica satis arcuata, 

4 mm. longa, 1/3 mm. lata. Labellum carnosuium; 
partitiones latérales patulae vel ascendentes, 5 mm. 



272 

longae, 1/2-2/3 mm. latae; partitio intermedia subrecta, 
patenti-reflexa, subtiliter trinervulosa, 5 i/s mm. longa, 
1 i/i mm. lata; calcar satis arcuatum, 13-14 mni. lon- 
gum» inferne 1/2 mm. superne 3/4 mm, crassum. — 
Aflinis H. retusae Barb. Rodr. 

* Paraguay : Fluiiani in paludoiis jnlcr Ccrro Lambaré et Pacuttiba 
(Balonsa n* 724) ; ia paludosis ad San-Joaquiii propc Caaguaxû 
(Hasslcr n. 9081). — Floret Dcccmbri. 

19^**. HiibeBaria subtiliroriiilB Gogn. spec. nov. (Sect. 
Nudae): caule subâliformi, breviusculo, pauciroliato ; 
foliis brevibus» lineari-subulatis, acutissimis, basi longe 
vaginantibus; racemo breviusculo, laxiusculo, plurifloro ; 
bracteis ovato-lanceolatis, breviter vel longiusciile subu- 
lato-acuminatis, basi breviter vaginantibus, ovario satis 
brevioribus; sepalis aequilongis» dorsali cucullato, late 
obovato, apice rotundato et breviter apiculato, latera- 
libus ovato-Ianceolatis, breviter acuminatis, satis obliquis, 
patenti-reflexis ; petalis bipartitis, partitione postica tri- 
angulari-lanceolata, acuta, paulo obliqua, sepalo dorsali 
satis breviore, antica aequilonga, capillari, erecto-patula; 
labello basi breviter integro deinde tripartito, partitioni- 
bus aequilongis, lateralibus divaricatis filiformibus, inter- 
media lincari, obtusiuscula, convexa; caleari pendulo, 
liaeari-clavato, acutiusculo, ovario satis breviore; pro- 
cessubus stigmaticis breviusculis, linearibus, porrectis. 

Gaulis erectus, paulo flexuosus, teretiusculus, 25- 
35 cm. longus, circiter 1 mm. crassus. Folia 1-2, erecta, 
limbo 2-3 i/t cm. longo, vagina arcte adpressa, 1-2 cm. 
longa. Racemus erectus, 1/2-1 dm. longus. Bracteae 
arcte adpressae, virîdes, 6-12 mm. longae. Flores flavo- 
virescentes. Sepala tenuiter trinervulosa, 3 mm. longa, 
d'^rsile 2 2 1/4 mm. latum, lateralîa 1 1/« mm. lata. Petala 



273 

tenuiter membranacea, 2 mm. longa, partîtione postica 
erecta, subtiliter uninervulosa, 1/2-2/3 mm. lata Labei- 
lum carnosulum, basi integrum 1 mm. longum latumque ; 
partitio intermedia 2 i/i-2 s/i mm. longa. 1/2 mm. lata ; 
calcar ieviter arcuatum, 4-5 mm. longum» inferne 
1/3-1/2 mm. superne 3/4 mm. crassum. — AfSnis 
H. Sprucei Ck)gn. 

^Paraguay : In paladoais ad San-Joaqnin prope Caagaazû (Hasalcr, 
11.9681 a), — Fiorct Dccembri. 

âO. HateBaria. aphylla Barb. Rodr. ^ *Gùya* (Glazioa). 

21. H. seeuadif ora Barb. Rodr. -- *Minat Geraës (SuHilaire, D, 

n.507). 
32. H. nada Lindl. — *Goya* : Prope nrbem Goyaz (Glazioo). 
23. H. Badrigaesll Cogn. — Minan Geraët : Serra do Itatiaia ad 

Sitio de Rames altit. 2000 m. (E. Goonelle). 

28. H. heptadaelyla Rcîchb. f. — *McUo Grotao : Ad fontes nùm. 

Paraguay prope Diamantino (Weddell, n. 8074). 

29. H. Iiepriearil Rcichb. f. — *Goya§ : Campes in Serra Daurade 

(E. Ule, n. 3121). 

30. H. i^laoeophylla Barb. Rodr. — Minas Geraës (St-Hilaire, E^, 

n. 2471). 

31. H. dullleniinli Rcichb. f. — S. Paulo (St-Hilsiro, C\ n. 1518 bis). 

Minas Geraës (St-Hilairc, B*, n. 424). 
*Goya* : Prope nrbem Goyai (Glazion, n. 22156 a). 
32 H. bre¥idenfi Lindl. — ^Goyai (St-Hilaire, C\ n.710 ter). 

Minas Geraës : Serra dos Cristacs prope Diamantina (Schwacke, 

U.8407). 
*Rio de Janeiro : Alto Macahé de Nova Friburgo (Giaziou, o. C). 

87. H. leptaeeras Hook. — Minas Geraës (St-Hiiaire, B^ n. 855, 

D., n. 175). 
*5. Pdulo : Ubataba et prope nrbem S. Paulo (Gomm. Geogr. c 

Geol. S. Panlo, n. 1802 et 8262). 
S, Caiharina (St-Hilairc, C', a. 1766) ; ia paludosis ad S. Francisco 

(E. me). 

88. H. jrosephensifl Barb. Rodr. — « Planta toi a glauca. Flores 

fliTO-Tiridcs. ■ 



274 

*S. Paulo : Propeurbem S» Paulo (Comm. Gcogr. e Geol. S* Psulo, 
n. 2930). 
89. Habenarla ParaDaesslB Barb. Rodr. — « Planta lO-IS dm. 
alta; petala alba. t 
* Paraguay : Regione flnm. Tapiraguay, in campo Apepu (Hassier, 
n. 5948). 
40. H. parvlfora Lindl. — Minas Geraës (St-Uiiairc, B*, n. 398, 
930 et 965); ad Onro Preto (Schwacke, n. 9246) ; in iiumidis 
ad S. Joaô d'£i Rcy et Vargea do Marçal (Ck^mm. Googr. e 
. Geol. Minasy n. 1300 et 1882); in Capoeira ad Serra do Itatiaia 
ait. 1000 m. (E. Ule, n. 8476). 
^Espiritu Sanlo (St-Hilaire, BS part. 2, n. 286). 
Rio de Janeiro (St-Hilaire, A*, n. 715, C\ part. 2, n. 262); ad Tijuca 
(E. Ule, n. 3568); ad Alto Maeahé de Noya Frîbnrgo (Glaziou, 
n. D, E, et F). 
5. Paub (Gaudichand, u. 183, St-Hîlaire, C^ n. 1208, 1649 et 
1793 bis, D., n. 680 ter); in paludosis ad S. Simaô, ad Brejo 
do Campo prope Campo Grande, ad Monamcnto de Ypiranga 
prope S. Paulo (Comm. Geogr. o Geol. S. Panlo, n. 1529, 1942 
et 3060). 
5. Calharina : Saô Bento (Schvacke, n. 6845); Capoeira prope 

Joinviile(E.Ule,n. 12). 
Rio Grande do Sul : Porto Aiegre (Czermak et Reincck, n. 878). 

40^'% *WK. incoBspicua Gogn. spec. nov. (Sect. Mi- 
orantliae) ; caule gracillimo, breviusculo, paucifoliato ; 
foliis satis parvis, mollibus, linearibus, acutis» dorso non 
carinatisy basi breviuscule vaginantibus, superioribus in 
yaginas multo minores reductis; racemo brevi» laxe 
paucifloro; bracteis ovato-oblongis, longiuscule acumi- 
natis, ovario satis brevioribus; sepalo dorsali ovato, 
obtusiusculo, cucuIiatOy lateralibus paulo longioribus, 
oblongis, acutis, satis obliquis, patulis; petalis biparti tis, 
partitione postica triangulari-obionga, acutiuscula, sub- 
falcata, sepalo dorsali paulo breviore, antica triplo 
breviore, subulata, erecta; labello fere usque ad basin 
tripartito, partitionibus lateralibus lineari-filiformibus. 



275 

satis divergentibust intermedia satis latiore et paulo 
longiore» lineari, obtusiuscula; calcari pendulo, lineari* 
clavato, obtuso, ovario satis breviore. 

Gaulis erectus, satis flexuosus, teretiusculus, 2 1/2 dm. 
longusy vix 1 mm. crassus. Folia erecta, subtiliter pluri- 
nervulosa, 6-7 cm. Ionga,3-4 mm. lata. Racemus erectus, 
4-5 cm. longus. firacteae adpressae, basi breviter vagi- 
nantes» 6-10 mm. longae. Flores ut videtur virescentes. 
Sepala tenuissime trinervulosa, dorsale 4 mm. longum 
et 2 1/2 mm. latum, lateralia 5 mm. longa et 1 1/2 mm. 
lata. Petalorum partitio postica erecta, obscure trinervu- 
losa, 3 1/2 mm. longa, basi 1 1/3 mm. lata; partitio antica 
1 mm. longa. Labellum carnosulum, patenti-reflexum; 
parti tiones latérales 3 mm. longae, 1/2 mm. latae; partitio 
intermedia 4 mm. longa, 3/4 mm. lata; calcar leviter 
arcuatum, 6 mm. longum, inferne 1/2 mm. superne 
1 •/' num. crassum. — AfSnîs H. parviflorae Lindl. 

•5. Paulo (St-Hilairc C« n. 1502). 

41. Mabeaaria RelchenbachiaDa Barb. Rodr. — S. Paulo 

(Comm. Geogr. Gcol. S. Panlo d. 2534). 
42 H. IHoiitcvideiislfl Spreng. — Uruguay : Propo Montevideo 

(Coarbon). 

43^'*. *vt. iSdwalliiCogn. spec. nov. (Sect.Micranthae): 
caule brevi, gracillimo, paucifoliato ; foliis membranaceis, 
lanceolato-ligulatis, acutis, interdum conduplicatis, basi 
breviter vaginantibus,superioribas in bracteas decrescen- 
tibus; racemo brevi, laxiusculo, plurifloro; bracteis 
ovato-lanceolatis, breviter acuminatis, ovario subaequi- 
longis; sepalis aequilongis, dorsali ovato,apice rotundato- 
subtruncato et minute apiculato, dorso rotundato, 
lateralibus oblongis, apice rotundatis apiculatisque, 
patulis; petalis bipartitis, partitione postica auguste 



276 

triangalari-oblonga, obtusa, falcala, scpalo dorsali vix 
breviore, antica dimidio breviore lineari-subulata ascen- 
denle ; labello fere usque ad basîn tripartito, partitionibus 
subaequilongis, anguste lineari-subspathulatis, acutis, 
intermedia satis laliore; calcari pendulo, lineari-clavato, 
obtuso, ovario satis breviore; processubus stigmaticis 
brevissimis. 

Gaulis erectus, strictus vel paulo flexuosus, teretius- 
culusy 15-33 cm. longus, 1-2 min. crassus. Folia bcne 
evoluta saepius 2-3,erecta vel paulo palula^ satis concava, 
intense viridia, 3-6 cm. longa, 4-8 mm. lata. Racemus 
erectus, strictus, 2-8 cm. longus. Bracteae adpressae, 
inferne breviter vaginantes, pallide virides, 5-12 mm. 
longae. Fbres ut videtur virides. Sepala tenuiter triner- 
vuiosa,5mm. ionga, dorsale cucuiiatum, 2 >/2 mm.latum, 
lateralia ieviter obliqua, 1 '/^l a/» mm. lata. Petala 
submembranacea; partitio postica sepalo dorsali arcte 
connivens, tenuiter uninervulosa, 4 </^ ii^"^* longa, 
1 1/2 mm. lata; partitio antica 2 mm. longa. Labellum 
carnosolum, patenti-reflexum; partitiones Ieviter diver- 
gentes, 4-5 mm. longae, intermedia 4 mm. latérales 
vix 1/2 mm. latae; calcar Ieviter arcuatum, 7-8 mm. 
longum, inferne 1/2 mm. et prope apicem 1 »/« mm. 
crassum. — Affinis H. cultellifoliae Barb. Rodr. 

*S. Paulo : In campis humidis ad Monumenlo do Ypiranga propo 
urbem S. Paulo (Edwall in Comm. Geogr. e Geol. S. Paulo, 
n. 3059). — Florct Noyciabri. 

51. HabeDaria araolfera Lindl. — * Minât Geraës (St-flilairc, B*, 

u. 603, B», n. 2314). 

52. H. fcracllis» Lindl. ~ *Rio de Janeiro : Cauipoa prope Jacarcpagua 

(E. Ulc, n.4107;. 
54 H. SaatenslM Barb. Rodr. — S. Paulo (St Ililairc, C^ n. 1399); 
inlcr Campo Grande et Rio Grande (Cotnm. Gcogr. c Geol. 
S. Paulo, n. 1971). 



277 

65. HabémiriA fasHillls Cogn. — Minas Gtrah : Inter DUmtimima 
et fiiribiry (Schwackc, n. 8406). « Flores Tirides. » 

56. H. Corcovadensls Kraenzl. — - Rio 'de Janeiro : Corcovado 

(E. Ule, n. 4006). 
"Minai Gerâëi (St-Hilairc^ BS n. 854, P, d. 2261). 
*(;oya« : Propo urbom Goyai (Glaiiou, n. 23156 et 23157). 
"Paraguay : In stageis in regione eursus superioris finm. Apa 

(Hassler, n. 8015). 

57. K. IiagaDAe-SancUie Kraenzl. — Minas Geraès : Serra do 

S. José prope S. Joâo d'El Rey (Schwacke, n. 10162). « Flores 
albidi. » 

58. H. VanberllAnA Cogn. — *S. Pauh (Gomm. Geogr. t Gcol. 

& Panlo, n. 2806). 
*Rio de Janeiro : Alto Macahé de Nova Friburgo (Glazioa, d. A). 
"Minas (;eraé«(St-Hilairc, D^ n.225ot2d4). 
60. K. imbricata Liodl. — Goyai : Prope urbem Goyaz (Glaziou, 

n. 22158 a). 
61* M. graollfieapa Barb. Bodr. -^ "S. Pauh : Campes de Bocaina 

^Oomm. Geogr. c Geol. S. Panlo, n. 2306). 
64. B. Oandolleana Cogn. «— Goya» : Prope urbem Goyaz (Glazioa, 
n. 22153). 

65^'*. H. Caagaasn^BBla Cogn. spee* nov. (Sect. 
Fentâdactylae] : caule breviusculo, satis gracili, 3-5- 
foliato; foliis satis parvis, lineari-lanceolatisi acutissimis, 
longitudinaliter conduplicatis, basi longe vaginantibus; 
racemo breviiiscUlo, densiiiscule multifloro ; bracteîs lan- 
ceolatis, longe acuminatis» filoribus paulo longioribus; 
sepalis subaeqailongis, dorsali cucuilato, ovato, apice 
rotundato et minute apiculato, lateraiibus ovato-oblongis, 
apice rotundatisy patulis; petalis bipartitis, partitione 
postica late ligulata, apice rotundata, sepaio dorsali 
leviter breviore, antica satis breviore, anguste lineari, 
obtusiuscula^erecta ; labello fere usque ad basin tripar- 
titOy partitionibus lateraiibus anguste linearibus, obtu- 
siusculis, satis div«rgentibus, intermedia satis longiore, 
oblongo-ligulata, apice rotundata; calcari pendulo, 

19 



278 

liaeari-subclavatOy obtasiusculo, ovario paulo breviore ; 
processubus stigmaticis brevissimis, crassis. 

Caulis erectus^ strictus vel paulo flexuosus, obtuse 
angulatus, 2-5 dm. longus, 2-4 mm. crassus. Folia 
erecta, membranacea, tenuitcp multiaervulosa, 8-12 cm. 
longa, 6-10 mm. lata, superiora in vaginas multo minores 
decrescentia. Racemus erectus, strictus, 4-7 cm. longus. 
Bracteae erectae, tenuiter membranaceae, 1-1 i/i cm. 
longae. Flores virides. Sepala e^Ltus subtiiîter puberula, 
. tenuiter trinervulosa, 3-3 i/s mm. longa, dorsale 1 s/i- 

2 mm. latum, lateralia satis concava, leviter obliqua, 
1 i/f mm. lata. Petalasubcarnosa; partitio postica erecta, 
subplana, vis. obliqua, tenuissime binervulosa, 2 i/t mm. 
longa, 1-1 i/i mm. lata; partitio antica vix arcuata, 
subtiliter 1-nervulosa, 1 i/i-l ijt mm. longa, 1/3 mm. 
lata. Labellum erecto-patulum, carnosulum; partitiones 
latérales 2 mm. longae et 1/3 mm. latae, intermedia 

3 mm. longa et 1 i/i mm. lata; calcar paulo arcuatum, 

4 mm. longum, inferne 1/2 mm. superne 3/4 mm. 
crassum. — Affinis H, alpestris Gogn. 

*Paraguay : In paludîbas propc Caaguaza (Hauler n. 9679). — 
Florot Deccmbri. 

67. Habenarla JFaaeireniils Rraenzl. — Rio de Janeiro : Serra 
de Itatiaia» altit. 1900 m. (E. Ule, d. 3478). 

73. B. setaeea Lindl. rar. depaoperata Gogn. — Minas Geraës : 

In campis inter Diamantina et Biribîry (Schwacke, n. 8406). 
*Goyaz (Weddell, n. 253S); prope arbem Goyaz (Glasiou, n. 22153). 
78. H. Urarmlasll Roichb. f. — *Rio de Janeiro : Serra de lutiaia, 
altit. 2300 m. (E. Ule, n. 8477). 
Minai Geraës (St-Hîtaire, B*, n.713). 
*Goyai : Serra Dourado (E. Ulc, n. 3190). 

74. H. BleilaliiGogn. — * Minas Geraës : lu locis humidisad radiées 

Serra de Oaro Prcto (Schwacke. n. 10152 et 10453). 

Obs.^Le n. 10452 a les flcara blanches et le n. 10153 a lea flean 
yertes. 



279 

75. lIab€DarIa achaastha Rcicbb. t. — *Mina8 Gtraés x In lacu- 
bas ad Ribciraû et ad Rio Noto (Schwacko, n. 11114 et 11900). 

70. H. armata Reichb.f. — *S, Paulo (St-Ililairc, C^ n. 1527). 

*Rio de Janeiro : lu rupibos ad Pedra do Conico propo Nova 
Friburgo (E. Ule, n. 4611). 

77. H. fsecanda Lindl. — Rio de Janeiro : Tijuca (E. Ulc, n. 4098); 

Sorra do Itatiaia ad Sitio de Ramos, ait. 2000 m. (Gounolle). 
Minas Gtraës (St-Hilnire, B\ n. 2477, D., n. 241 et 285); Serra do 

Papayaco (St-Hilaire). 
*Paraguay : In campis prope Caagaazu (Haaaler, n. 9680). 
— var. Eatrcllensis Reicbb. f. — ^Paraguay : In paludosis 

propo Altos et Igalimi (Ilasslcr, n. 3857, 5601 et 5610). 

78. B. leoeoaaotlia Barb. Rodr. — *Goya% : In paladosis prope 

arbom Goyaz (Glaziou. n. 22155). 
*MaUo-6ros8o: Seeus flum. Paraguay (Wcddell, n.3279). 
81. H. prateasla Reicbb. f. — *MattO'Grosêo : Scrrado prope Cuyaba 

(Pilger, n. 226). 
81bis. m. Roralmeasli» Rolfo in Trans. Linn, Soc. Lond., scr. 3, 

Bot. yi, p. 65 (1901). ^*Guiana anglica : Mont. Roraima. 

87. m. rcpens Nntt. — *Rio de Janeiro: In paludosis prope Copa- 

cabaua (E. Ule, n. 4004). 
S. Catharina : lo paludosis prope S. Francisco (E. Ole). 
* Paraguay s Fluitans in paludosis inter Cerro Lambaré et 
Pacumbu (Balansa, n. 723). 

Ob$» — Au mois d'avril de cette année, M. Rusby a signalé (Joum. of 
Ifew-YorkBoL Gard., 1906, p. 112; Orch. Rev., 1906, p. 250; Gard. 
ChnM,y 1906, II, p. 146), comme une cbose bien curieuac dans la famille 
des Orehidéest qu'il a observe cette espèce dans le delta de l'Orénoqae, 
au milieu de masses de végétation flottante. Dès 1876, Balansa l'avait 
également recueillie flottant dans les marais du Paraguay, eu compagnie 
de VH, Balan$aei, décrit plus baut (n. 18bis). 

88. m. Arechavaletae Kraenil. var. elafa Gogn. ~ *Rio de 

Janeiro : Alto Macabé de Nova Friburgo (Glaziou, n. G). 
*Rio Grande dô Sut (Gaudicband, n. 386). 

90^'. H. Polifloalana Gogn. spec. nov. (Sect. MioroB- 
tylinae) : caule breviusculo, gracili, inferne plurifoliato; 



280 

foliis satis parvis, anguste oblongis, acutis, dorso iafernc 
leviter carinatis, basi breviter vaginantibus; racemo 
breviusculOy laxe pauci-plurifloro ; braçteis ovalo-lanceo- 
latis, longe acuminatis, glabris, ovario satis brevioribus; 
sepalo dorsali ovato, apice rotundato et minute apiculato, 
lateraiibus satis longioribus, oblongo-ligulatis, abrupte 
acutis, falcatisydeflexis; petalis indivisiSt lineari-ligulatis, 
obtusis, basi non dilatatis, sepalo dorsali paulo breviori- 
bus; labellobasi breviter iodiviso deinde tripartito, par- 
titionibus obtusiusculis, lateraiibus anguste linearibus 
leviter divergentibus, intermedia satis longiore lineari- 
ligulata; calcari pendulo, anguste lineari-clavato, apice 
subrotundatOf ovario longiuscule pedicellato satis bre- 
viore; processubus stigmalicis brevibus, obtusis. 

Caulis erectus, rectus vel leviter flexuosus/ teretius- 
culus, viridisy 3-3 i/i dm. altus» 1 i/s mm. crassus. Folia 
erecta vel erecto-patula, siccitate membranacea, intense 
viridia, 4-6 cm. longa, 1/2-1 cm. lata. Racemus rectus 
vel leviter arcuatus, 6-11 cm. longus. Bracteae erectae, 
membranaceae, leviter ventricosae, basi breviter vagi- 
nantes, 12-16 mm. longae. Sepala subliliter &-nervulosa ; 
dorsale satis concavum, 5 mm. longum, 3 i/i mm. latum; 
lateralia 6 i/3-7 mm. longa, 2 mm. lata. Petala erecta, 
falcata, (d)scure trinervulosa, 4 i/i mm. longa, 1 1/4 mm. 
lata. Labellum carnosum, pendulum, basi integrum 
1 mm. longum; partitiones latérales paulo arcuatae, 
3-4 mm. longae, vix 1/2 mm. latae; parlitio intermedia 
subrecta, 5 mm. longa, 3/4 mm. lata; calcar paulo 
arcuatum, 15 mm. longum, inferne vix 1/2 mm. et 
prope apicem 1 i/a mm. crassum. — ACQnis //. Hieronymi 
KraenzI. 

*S. Paulo (St-Hilaii'C^ C^ n. 12S2 in herb. Mus* Paris, comm. cl. 
J. Poisson). 



981 

93. HabeBarta aMvMi Lindi. — BUiuu Gêraës (Clanssea, n. 893). 

Go^a* (Weédell, n. 1969); prope Qrbem Goyas (Glaziou, n. S21&9 

part, 22160 et 28161). 
*5. Paulo : Sapuc&by (Comm. Gcogr. e Geol. S. Paulo, d. 2116). 
*Paragvay : Caropos ad Caaguazu (Balansa, n. 8989) ; in paludosia 

sccos flnm. Apa (Hassicr, n. 8520). 

94. H. hamala Borb. Rodr. — (ïayaa (fiwehell, b. 7040). 

99^**. 9r> fat«|(rlpetafa Gogn. spec. nov. (Sect. Seti- 
oaudae) : caule elongato, robustiusculo, aphyllo, vaginis 
pluribus remotis longiuseulis inferioribus acutis supe- 
rioribus acuminatis vestito; racemo longiusculo, lax.iu8- 
cule multifloro; bracteis ovalo-lanceolalis» acutissime 
longeque acuminatist ovario breviter pedicellato satis 
longioribus ; sepalo dorsali subcucuUato, late ovato, apice 
rotundato et ininutissime apiculato, lateralibus paulo 
loDgioribus, oblongo-ligulatis, acutis, patenti*deflexis ; 
petalis indivisis, late triangulari-obiongis, acutiusculis 
apiculatisque, basi utrinque abrupte contractis^ sepalo 
dorsal! paulo brevioribus; labello simplici, pendulo, 
lineari-ligulato, obtusiusculo, paulo supra basin utrinque 
minute acuteque unidentato; calcari pendulo, lineari- 
clavato, obtuso, ovario satis breviore ; processubus stig- 
maticis brevissimis^ obtusis. 

Gaulis erectus» strictus, teretiusculus, 6-8 dm. altus, 
3-4 mm. crassus ; vaginae membranaceae, arcte adpressae* 
8-12 cm. longae, basilares multo breviores subimbricatae. 
Racemus strictus, 14-15 cm. longus. Bracteae adpressae, 
membranaceae, basi semiamplexicaules, 1 i/i-2 i/i cm. 
longae. Flores albi. Sepala carnosula» distincte 5-nervu- 
losa, dorsale 6-6 i/t mm. longum et 5 mm. latum, 
lateralia subfalcata, 6 i/3-7 mm. longa, 2 i/i mm. lata. 
Petala erecta, leviter arcuata, oblique trinervulosa» 
5 i/i*6 mm. longa, 2 s/i-S mm. lata.^LabelIum crasse 



282 

carnosum, margine anguste membranaceam, 6 mm. 
longum, 1 i/s mm. latum; calcar subrectum, 6 i/t-7 mm. 
longum, inferne 2/3 mm. superne 1 1/2 mm. crassum. 

L'absence de feuilles, ou si Ton veut les feuilles 
réduites à des gaines, distingue cette espèce de toutes les 
autres de la section Seticaudae. 

*Paraguay : la ctmpis propre Caaguasu (HaBtler, n.9678).— Floret 
Deccmbri. 

100. Habenarla hexaptera Lindl. — Goya* : Pi-ope arbem Goyai 
(Glaziou^n. 23153a). 

III. CHLORABA LIndK 

3. C membranaeea Lindl. — Uruguay : MonteTidoo (Courbon, 

n.487). 

4. C Areehavaletae K.raeazl. — *ArgenUna : Tandil (0. KanUe). 

Uruguay : Banda oriental (St-Hilaire, C^ n. 2 140). 
5bi«. c. phoealeea Spog&z. PI Nov, Rep. Argent., dec. lU. p. 6 (1897); 
Kraenxl., Oreh., H, p. 75, tab. 8, fig. I. 
*Argentina : Tucuman et Salta» ait. 300 m. (Spcgazzini, n. 102195). 
5t«r. C. praeolneta Spcgai. et Kraenzl. in Rraenil., Orch,, II, p. 118, 
tab. 12, fig. D (1904). 
Argentina : Salto (Spegazzini, n. 102109). 

IV. BIPINNULA Gommers. 

1. B. blplamata Reiehb. f. — Uruguay : Hontoyideo (Gommerson); 

fianda oriental (St-Hilaire, C^ n. 2037). 
9. B. Olberti Reiehb. f. — Uruguay : Monterideo (d'Orbigny, 

Goarbon); Banda oriental (St-Hilaire, G^ n. 2092); Sierra de 

Sotis (0. Runtze). 
Sbi*. H. inontaDa Areeh. in Ann. Mut. Nac. Montevid.^ II, p. 232, 

cum. ic. (1899); Kraonzl., Oreh,, II, p. 23, Ub. 1, fig. G. 
* Uruguay : Cerro Hamado de les Gigantes (Arechavateta). 

V. POGONIA Ju8s. 

1. P. bella Reiehb. f. et Warm. — *Goyai (Glsziou, n. 22172). ^ 

« Odear repoussante » (Glaziou). 

2. P. plnrill^ra Barb. Rodr. -- "Minai Geraëê (St-Hilaire, B', 

n 689); Itabirado Campo (E. Ule, n. 2706). 



283 



6. Fiigettia revulvta Barb. Rodr. ^ *S, Cathiurina : S. Franeisco; 

et prope Lagana (E. UIc, n. 121). 
8. P/macraaIha Barb. Rodr.; KraenzL in Xenia Orch», III, p. 161, 

tab. 993. fig. Il» 5-9. — Bio de Janeiro : CorcoTado (Raben). 
*S. Catharina : Propc Brusqao (Boettger teste Kraenzlin). 
19. P. Radrigaetll Cogn. — Minas Ceraës (St-Hilaire, B\ n. 1187); 

Serra do Itatiaîa ait. 1000 m. (£. Ule, n. 3469). 

13. P. «Biicalealata Reichb. f. — Minaz Geraës (St-Bilaire, D, n. 143). 

*5. Pauiù : Apiahy (Poiggary). 

14. P. leplda Reîcbb. f. — ÈHnoi Geraës : Serra de Om^ Preto 

(Schvtcke» n. lOili). 

17. P. vlnosa Barb. Rodr. -- S. Paulo : Locia aranoais in capoeira 

niaritima ad Garaguatatoba (Gomm. Geogr. e Geol.. S. Paulo, 
n. 1769). 

18. P. met alllna Barb. Rodr. — Minas Geraës (St-Hilaire, C\ n. 231, 

G*, n. 1647bis); Serra de Lenbeiro (Gomm. Geogr. e Geol. 
Minas, n. 839). 
Rio de Janeiro : Gorcoyado et Corgo Seco (Riedel, n. 7); prope 
GaTea (£. Ule, n. 4009). 
*5. Pauîo : Prope Santoa (Lindberg, n. 700); Apiahy (Puîggary). 
97. P. teanla Reîcbb. f, — *Guiana anglica : Mont. Roraima, ait. 
2850 m. (Me Conncll et Qoeich, n. 691). 

27^^. P. Baaalerlaoa Cogn. ex. Ghodat et Hassl. ia 
Bull. Herb. Boiss.f 1903> p. 930 (nomen tantum) (Sect. 
Olelstes) : caule brevi, robustiusculo, 2-4-foliato, apice 
densiuseule 4-6-floro ; foliîs brevissimisy fere ad vagioas 
reductiSy latis, apice subrotundatis ; hracteis foliaceis» 
late ovato-rotundatist apice abrupte acutiusculis, ovario 
breviter pedicellato paulo brevioribus; sepalis subaequi- 
longisy lanceolato-ligulatis, acutis subacuminatisque ; 
petalis ligulato-subspathulatis, breviter acuminatis, sub- 
falcatis» sepalis paulo brevioribus; labello petalis paulo 
breviore, inferne longiiiscule angusteque Iigulato,superne 
satis dilatato et profundiuscule trilobato, lobis late ovatis 
apice rotundatis, lateralibus integerrimis, terminal! satis 



î 



384 

prodacto margine leviter undalato, disco superne tenufter 
tricarinato, carinis leviter papillosis. 

Gaulis erectus, strictus vel leviter flexuosus, teretius- 
culuSt 8*15 cm. longus» 2*3 mm. crassus; vaginae 
subadpressae, siccitate tenuiter membranaceae, pallidae, 
6-8 mm. longae. Bracteae patulae, satis concavae, virides, 
5-8 mm. longae. Flores albi, segmentis erectis, siccitate 
pellucidis. Ovarium lineari-clavatum, subrectum, cum 
pedicello 1-1 1/3 cm. loDgum. Sepala subtiliter trinervu- 
losa, 8 i/i-9 mm. longa, 2-2 1/3 mm. lata, lateralia paulo 
obliqua. Petala 8 mm. longa, 1 i/s mm. lata. Labelium 
tenuiter trinervulosum, 7 mm. longuni, inferne 1 mm. 
superne 3 i/> mm. latum. Golumna recta, apice non 
incrassata, 7 mm. longa. — AfiSnis P. tennis Reichb. f. 

^Paraguay : In colle Stoto Tomas prope Paragvary (HaBsler, 
n. 6809). — Florct Decembri. 

33. PqgçnU ParanaeasIsBarb. Rodr.^ *(;oya»(Gluioa,p.2ai70). 

* Minas Geraéi : Serra de Carassa (St-Hilairo); Cachamba (J. de 

Moara). 
*S. Pauio (St-miaire, C\ n. 1898) ; ItapelinUiga (Gomm. Geogr. e 

Geol. S.-Paalo, n. 476). 
*S. CathariiM : lo paludosis ad Campo d'Una Lagona JE. Uie). 

* Paraguay : Sierra Maracayu (Hassler, n. 5402) 

29 P. apylla Barb. Rodr. — *Mina» Geraès : Garopos do Itacolumy 
(E. Ule, n. 1991). 

Vr. POGONÏOPSIS Reichb. f. 

9. P. Selieaekll Gogn. — Rio de Janeiro : Serra dot Orgaos (Ë. Ule, 
n. 2000). 

Vil. EPISTBPHIUM Kuntb. 

3. K. selerophyliniii Lindl. — 5. Paulo (Gaudiehaud, n. 178). 

Minoê Geraès (St-Hilairc, BS n. 848, G', n. 609 et 610bfs, D. n.iâ') 
ol 421r Wcddoll); Gar?eIlo (Glaussen, n. 884); Loto Leagow 
et Gaethé (Mag. Gomes, n. 1968 et 1999). 



as5 

Gmjn : Câinpof [Mropo MMstmedei (E. CTIe, n. 8190) ; Infor G»yai 
et Cujaba (WeddcH, n. 3017); prope Goya» (Ghiziou, n, 33171). 
Para (Herb. Mu9. Paris.). 

*Paraguay : Caagaazû (Balansa, n. 717) ; lecus flain» Tapiragaay, 
YAca et Apa (Hassicr, n. 5949, 6754 et 8361). 
5. E . Incldam Cogn. — *Guiana anglica : Bf ont. Roraima (Me Gonnell 
et Qaelcb, n. 83) . 

VIII. VANILLA Jusg. 

1» IT. planlfoUa Andrew*. -» Rio de Janeiro i Calta (Glazjou, 

n. 3Q509). 
3. V. €itfi«il0sol« Klolzteb. — *Mùmm Gtraèê : C in campoeiras 
(Comm Geogr. e Geol. Minas, n. 3138) . 
Coyat : Propo urbem Goyaz (Glaziou, n. 33151) . 
— Tsr. brevlfolla Cogn. — *Bahia (Blanchet). 
7« If. purvlfolia Barb. Rodr. <— * Paraguay i Gaarapi (BalaiM«, 
n. 4541); Cordillera de Altes (Haaaier, n. 1397). 

9. V. aeata Rolfe in Journ. Linn. Soc. Und., Bot. XXXII, p. 458 

(1896). — *Surinam (Kappler). 

10. T. appeadlcnUta Rolfe in Kew Bull, 1895, p. 178, loc. cit., 

p. 469. — *Guiaiia anglica : Corentyno Rirer (£• F. im 
Tburn). 

11. V. Bestnanal Rolfe, loc. dt., p. 463 (\999), -^ ^Surinam 

(Hostmann, n. 806), 

13. W. avata Rolfe, /oc. cit., p. 451 (1886). — *Guiana gallica (Mariin). 
18. ▼. inbriftta Rolfe in Kew Bull, 1899, p. 188. ~ ''Guiama 

anglica (Jenman, n. 6771). 

14. T. lirrli;htll Reiehb. f. in Flora, 1865, p. 373; Rolfe, loc. d/.» 

p. 454. — *Surinam (Hostmann, n. 83); *Gu%ana anglica. 

15. IT. Hiarowyaaasls Palle, Enum. Vase. PL Surinam, p, 118, 

tab. 4 (1906). — *SuHnam (Verstecg, n. 633). 

m. PELEXIA Lindl. 

1. P. setaeaa Lindl. -^ Rio de Janeiro : Rcstinga de Copaeabana 
(B. Ule, n. 4179). 
*Maito Groiso : Kalisehu (Pilger, n. 716). 
^Paraguay : Cordillera do Altoa (Hassler, n. 8100). 



286 

2. PefoxU trltoba hindi.^ Rio de Janeiro {Si'Uï\ê\re,V,n.^b2,h\ 

n. 55» C^ D. 4uèf Weddell, n. 513); Corcorado (J. de Moura, 
n. 55); in sylyis ad Tijuca (E. Ulc, u. 4013 part.). 
*Paraguay : Propc Paragaari (Balansa, o. 4545); CordîUera do 
Altos (Hasalor, n. 4054). 

3. P. roico-aiba Reichb. f. — A»o dtf Janeiro (Gaadichaud, n. 372). 

Addo synoo. : P. TravatMsii Roife io Gard, Chron,, sér. 3, XI, 
p. 330 (1892); Kew Bull., Add. Sér. IV, p. 312. 

4. P. Olaslovil Cogn. var. ParaguayeDsIs Gogn. var. nov. — 

Folia minora (12-14 cm. looga, 3-4 cm. lala), clliptico-oblonga, 
infernc sababrapte et anguate eonstricta. Scapua 4 dm. altut. 
— « Ilerba 4-5 dm.; petala albo-TÎreseentia. > 
* Paraguay : In syiria propo Caaguazù (Hassler, n. 9290). 

X. STENORRHYNCHUS L. C. Rich. 

Ibia. 9. glgmnUutÊ Cogn. - S. Paulo (St-Hilaire). 
2. S. balanophoroBlaehys Cogn. — Minai Geraës (St-Hilairo, B\ 
n. 2410, Dy n. 498, Claosscn, n. 390). 
*S, Paulo : Campoa do Bocaina (Comm. Geogr. e Gcot. S. Paulo, 

n. 2326). 
Matlo Groiso i Ad fontes flum. Paraguay (Weddell, n. 3062). 
^Paraguay : Caaguazù et Dona-Juana (fialansa, n. 641 et 722); in 
campis humidia secus flum. Apa (Hasaler, n. 8282(i). 

2^". *8. latipetalvB spec. nov. caule robusto, glabro, 
plurifoliato; foliis mâjusculis, erectis, lanceolato-ligulatîs, 
obtusiusculisy inferne longiuscule vaginantibus, superio- 
ribus sensim in vaginas arcte adpressas abeuntibus; 
spica breviuscula, dense multiflora; bracteis anguste 
lanceolatis, longe acuniinatis, glabratis, floribus saepîus 
paulo longioribus; ovario anguste obovoideo, valde obli- 
quo, brevissime sparseque puberulo ; sepalis ovatis, apice 
rotundatis, trinerviis, extus subtiliter puberulis, latera- 
libus paulo longioribus satis oblique insertis ; sacco paulo 
prominente, late rotundato, leviter puberulo; petalis late 
ovatis, obtusis^ tenuiter 7-nervulosis, satis obliquis, 



287 

sepalo dorsali siiblongioribus ; labello basi erecto superne 
arcuato-refle^co, extus longitudilaliter villoso, intus 
iaferne bicalloso callts lineari-oblongis dense villosis» 
sepalis lateralibus satis breviore, ambitu ovato-rhombeo, 
apice obtuso, margine valde undulato-crispo, basi late 
unguiculato, distincte trilobato, lobo terminal! parvo 
ovato, lobis lateralibus late rotundatis erectis columnum 
amplectentibus ; coiumna brevi, glabra, rostello apice 
longe subulato. 

Gaulis erectusy strictus, teretiusculus, 6-7 dm. altus, 
5-6 mm. crassus. Folia intense viridia et anguste albo 
marginata, 20-25 cm. longa, 3-4 i/s cm. lata. Spica stricta, 
9 cm. longa. Bracteae erecto-patulae* membranaceae, 
tenuiter trinerviae, glabrae, 10-18 mm. longae, 3-5 mm. 
latae. Flores sessiies, patuli. Ovarium 6 mm. longum. 
Sepala membranacea, 4 mm. lata, dorsale cucuUatum 
7 mm. longum, lateralia 8 mm. longa. Petala sepalo 
dorsali arcte conniventia, 7 1/3-8 mm. longa, 4 i/i mm. 
lata. Labellum 7 mm. longum, infra médium 4 i/s mm. 
latum. Golumna 2 i/3-3 mm. longa. — Affinis S. balano- 
phorostachys Gogn. 

^ Minai Geraët (St-HiUiro, CS n. 245). 
8. SteDorrhyBehnii Paragnayeasls Cogn.— Paraguay : Ipé-Hu 

(Hassler, o. 5357). 
4. S. ««iitrifer Cogn. ~ *Rio de Janeiro : Alto Macahé de Nova- 
Friburgo (Glaztou, o. J). 
£5. S. BonarieBsU Cogn. — Minas Gèraët (St-Hilaire, Bi, n. 928» 
G*, n. 493); in ba midis ad Serra da Itatiaia prope Ghapado 
(Mag. Gomes, n. 2521). 
^Paraguay : Guarapi (Balansa, n. 721) ; Igatlmi et sccua flam. Apa 

(Haasier, n. 4874 et 8011;. 
Argentina : Azucar (Hioronymoa) . 

— Ttr. robnuta Gogn. — Paraguay : Gorro-Hu, Gordillera de 
Altos et Tobaty (Hassler, n. 1373, 3048 et 6122). 



288 

6. StaiorrhyMehwi MmiimmtÊÎm Ogn. — *Ferâ$uûtf : Apepn 

(Hattler, n. 4957). 
*6Ui. 9. HaMicrIi Cogn: — Minas Geraès (St-Hilsiro, B>j n. 925). 
*Goya% (StHilaire, C\ n. 888, GUsion). 
*S. Paulo (St-Hilaire, C*, n. 1491 ter). 

7. fl. Arrabldae Rcichb. f. — Minas Gérais (S(-Hilaire, CS n. 8S9); 

Serra do Gipo et do Oaro Preto (Schveeke, n, 8401 et 10410); 
Serra do lUUaia ait. 2200 m. (B. Ule, n. 8471). 
Gtmax (GUziou, o. 32163, part, et 22179 b). 
*S. Pauh (St-Hilairo, (?, n. 1457, 1525 bis et 1786). 

8. S. eeraelfoilnt Barb. Rodr. — *S. Paulo (Gomm. Geogr. e Geol. 

S. Panlo» n. 2801). 

9. 9. eplphytas Barb. Rodr. — Brasilia aus^o-oriêntaiis (Gladoii, 

n. 18539). 
10U«. li. Ta^nareiiib^ensto Barb. Rodr. in Conttib. Jard. Bêt. /tto, 
m, p. 68, lab. 11 (1909). — * Uruguay : Taquarembo 
(Arcchavaleta). 

11. 9. Hiaerop^das Barb. Rodr. — *S. Caiharina : S. Francisco et 

Yelha propo Blamenau (E. Ulc, n. 248 et 4016). 

12. fl.EsmeraldaoGogn. — *5 Pau/o (St-Hilaire, G^ n. 1G59, Comm. 

Gcogr. e Geol. S. Panlo, n. 1766). 
*S> Caiharina : Gampo d'Una Lagune (£. Ulc, n. 1829). 
^Paraguay : Cordillère do Altos (Haaslor, n* 4060). 

13**'« *8. steoaathn» Gogn. spec. nov. caule longius- 
culOt satis gracili, aphyllo, sparse vaginato, inferne 
glabro, superne brevissime sparseque pilosulo; foliis 
majusculisy paucis, omnibus radicalibus, rosiilatis, erecto- 
patulis, longe petiolatis> lanceolatis, acutis, basi longe 
cuneatis; racemo longiscuio, laxe submultifloro ; bracteis 
anguste linearManceoIatis, longe acuminatis, glabratis, 
floribus multo brevioribus ; ovarîo breviter pedicellato, 
oblongo-claviformiy brevissime subsparseque pilosulo; 
sepalis subaequiiongis, anguste lineari-ligulatis, extus 
inferne subtiiiter puberulis superne glabris, dorsali acuto 
subtiiiter S-nervuloso, lateralibus breviter acumninatis 
trinervulosis ; sacco parvo, subgloboso, basi leviter con- 



289 

stricto, vix pilosulo ; petalis Imeari-subspathulatis, acutis» 
ioferne longe attenuati^t sepalo dorsali aequilongte ; 
labello erecto apice demam reéurvo, sepàlis kteràlibus 
siitMiequiloiifo, glabro, ambitu Mneari-dpathulato, inferae 
iMgissime attenuato^ prope apicem valde coDstricto, apice 
abrupte aciito ; eoIuaiDa Ioiigi6sioia, subfiliforniiy rostdlo 
aeuto* 

Gaulis erectus, strietus, teres, 5-6 dm. altufi, 2-^ i/s mm. 
crassus. Folia tenuUer membranacea, limbo 13*13 cm. 
longo et 3 cm. lato» petiolo satis gracili, 7-8 cm. loi^o; 
vaginae caulinae 6-8, arcte adpreasae, aeuminatae, 
3-4 cm. longae. Racemus erectus, 1^15 cm. longiis. 
Braeteae erectae, tenuiter membranaceae, 12-20 mm. 
longae. Flores erecto-patuli. Sepala 3 mm. lata, dorsale 
13-15 mm. longuin, lateralia basi antice longe decurren- 
lis, 18-20 mm. longa; saccus 4 mm. longus et 3 mm. 
crassus. Petala sepalo dorsali arcte conniventia, subtiliter 
trinervuiosa, 13-15 nua. longa, 2 mm. lata. Labellum 
valde concavum, subtiliter 11-nervulosum, 18-19 mm. 
longum, superne 5 mm. latum. Golumna recta, 15-16 
mm. longa. — Affinis S. pteriganthi Gogn. 

*Minai GiraBi (SuHiUire, BS n. 1461 «t 155^is). 

16^^'. *StenorrhyBehiii steBophyllas Ciogn. spec. flOV. 
caule longiusculo, robustiusculo, aphyllo^ glabro, sub- 
sparse yaginato ; foliis elongatis, paucis^ omnibus radi- 
calibus, rosulatis, anguste lineari-ligulatis, acutis, basi 
in petiolum longiusculum attenuatis; spica breviuscula, 
densa, multiflora ; bracteis Iriangulari-Iinearibus, longe 
acuminatis, glabrîs, floribus circiter aequiiongis ; ovario 
sessili, anguste obovoideo, densiuscule pubescente, valde 
obliquo; sepalis late oblongis, trinervulosis, glabratis, 
dorsali obtuso, cucullato, lateralibus paulo brevioribus, 



290 

subrectis, basi valde oblique insertis, sacco paulo promi-* 
nente, laie rotundato; petalis ovatooblongis, apice sub- 
rotundatiSf leviter obliquis, sepalo dorsali sublongioribus; 
labello inferne erecto superne satis recurvo, sepalis 
lateralibus paulo loogiore, indiviso, glabrato, ovato- 
triangulariy superne longiuscule attenuato, apice acutius- 
culo, margine crispulo, basi intus biealloso callis villosis; 
columna brevi, crassiuscula, rostello acuminato. 

Gaulis erectus vel ascendens, leviter ilexuosus yel 
arcuatusy teres, 35-40 cm. longus, 3-4 mm. crassus. 
Folia tenuiter membranacea, intense viridia, 25-35 cm. 
longa, 1 i/s-2 cm. lata; vaginae caulinae 5-6, adpressae^ 
acutiusculae, 4-6 cm. longae. Spica erecta, 6-7 cm. longa. 
Bracteae erecto-patulae, 9-14 mm. longae, 1 1/9-2 1/3 mm. 
latae. Flores patuli. Ovarium 4-5 mm. longum. Sepala 
3 mm. lata, dorsale 7 mm. longum, lateralia leviter 
patula, 6 mm. longa. Petala subpellucida, sepalo dorsali 
arcte conniventia, subtiliter trinervulosa, 8 mm. longa, 
3 i/t mm. lata. Labellum valde concavum, tenuiter 
multinervulosum, 7 mm. longum, 4 mm. latum. Golunma 
3 i/i mm. longa. — Affinis S. longifolii Gogn. 

*Rio Grande do Sul (St-Hilaire, C\ n. 1834 bis). 

17. Stenorrhynchas loagifollns Cogn. — - Ceara : Guaramirango 

(Huber)'. 
SO. 9. naeraothas Cogn. — Minas Geraes : Olho d'Agoa (SuHiloire); 
Cunrello (Claussen, n. 891). 
Goya» : Scrtao d'Amaroloité (Wcddell, n. 2835); prope arbcm 

Goyaz (Glaziou, n. 22162 a part.). 
^Paraguay : In rcgiooe cursus supcrioris fliim. Apa (Hassler, 
D. 8265). 

20^'*. S. va^çiaatas Gogn. spec. nov. caule brevii 
robusto, aphyllo, inferne glabro, superne breviter dense*- 



291 

que villoso, vaginis pluribus magnis subfoliaceis satis 
ventricosis glabratis acutisque vestito; racemo brevi, 
densiuscule plurifloro; bracteis anguste linearManceo- 
latisy longe acuminatis, extus brevissime subsparseque 
glandulosopilosis, floribus satis brevioribus ; ovario 
brevîter pedicellato, obovato-oblongo, breviuscule dense- 
que glanduloso-piloso; sepalis acutis, extus densiuscule 
breviterque glanduloso-pilosis, dorsali ovato-lanceolato, 
valde concavo, lateralibus paulo brevioribus» anguste 
triangularibusy subfalcatis, basi valde oblique insertis, 
sacco satis producto, obtuso, ovario paulo breviore; petalis 
ligulatis, apice rotundatis, inferne longe angusteque 
unguiculalis, margine exteriore tenuissime fimbriato- 
ciliatis, sepalo dorsali paulo brevioribus; labello erecto 
apice satis recurvo, sepalis lateralibus satis breviore, 
extus subtiliter puberulo, intus inferne tenuiter pilosulo, 
ambitu anguste obovato-oblongo, basi profunde sagittato 
lobis linearibus obtusis, superne abrupte satis constricto, 
apice late rotundato; columna elongata, crassiuscula, 
glabra, rostello crasso breviter rostrato. 

Gaulis erectus, rectus vel plus minusve flexuosus, 
teres, 20-25 cm. altus, 4-5 mm. crassus; vaginae sub- 
membranaceae, virides, 4-6 cm. longae. Racemus 5 cm. 
longus, 12-15-florus. Bracteae erecto-patulae, 2-2 i/s cm. 
longae, 2-3 mm. latae. Flores patuli, ut videtur virides ; 
pedicelli 4-5 mm. longi. Sepala tenuiter 5-nervulosa, 
dorsale 18 mm. longum et 5 1/1-6 mm. latum, lateralia 
15-16 mm. longa et 4 mm. lata. Petala pellucida, paulo 
obliqua, tenuiter trinervulosa^ 17 mm. longa, 3 mm. 
lata. Labellum tenuiter membranaceum, subtiliter nervu^ 
losum, 17-18 mm. longum, 7 mm. latum. Columna 
ôrecta, 11-12 mm. longa. — Afiinis S« macranthi Gogn. 



292 

*Pmragnaif : Ciagiiani (fltstler» s. 9880a). — Floret Septcmbri. 
Var. paeelflaros Coga» — Racemiu breriMimua, 8-4-flonia, 

floribus paulo majoribaa. 
^Paraguay cum type (Haasler, n. 9Ô90&). 

21. •UBorrhyndkiui orchlolëM L. G. Rich. — Goya* (Sl-ffilaire, 

G*, D. 790, GUzioa, n. 22163); Sortao de Amarolehé 
(Weddell, n. 2788); S. Pedro de Âlcaotara (Raben). 
Minas Geraës (St-HUaire, ES n. 1916, Glaoïsen, n. 886); Ribeiraô 
(Sdiiracke, n. 11116); BarrcMO (Gomm. Geogr. e Geol. 
Minai» n. 73); ad Owo PretD et Serra do Gapanema (Mag. 
Gomea, n. 1271), 
Rio de Janeiro (StHilaire, AS n. 498, B', n. 13); Serra d*£strella 
(Weddcll, n. 860); lYoTa-Friburgo (Raben); Pico da Tijaco 
(E. Ule, A. 4069). 
S. Catharina : Insula S. Gatliarina (Gaadichaad, n. 185); S. Frao- 

eisco (£. Ule). 
*Argéntina : Prov. Gorrientea (fionpland). 
*Pêruvia : Proy. Loreto prope Tarapoto (E. Ule, d. 57p). 
— yar. anstralls Gogn. — Mioas Geraës (St-Hilaire, BS 

n. 1656); Serra de Garaça (E. Ule, d. 4015). 
*Goya% (Glaziou, d. 22167). 
*Mqtto Gro9SO : Goyaba (Le H. Moore, n. 66). 
*5. Paulo (Gomm. Geogr. o Geoh S. Pauio, n. 2568, 2658 et 2658^; 
ifiter Taiibaté et S* Luiz do Paeabytioga (Gomm. Geogr. o 
GeoK S, Paulo, n. 1843). 
*Rio Grande do Sul i Porto Alegrc (Gzermak et Reineck, n. 875). 
*Paraguay : Secus flum. Gapihary et Apa (Hassler, n. 4412 et 
8522). 
Argentina : Gordoba (P. Rurtz^ n. 6567); Jujay (0. Knntae). 
21bU. S. SamII-AbImII Kraenzi. in Engl. Bot. Jahrb., XXXVI, 
Beibl. n. 80, p. 8 (1905). — *ArgênUna : Prov. Salta, ad 
Gneita de San Antonio (ex Kraenzi., loc. cit,), 

22. S. rapeslrls Gogo. — Paraguay : Tobaty (Uassler, n. 6427). 
22bi8. S. Caaterae Barb. Rodr. Contrib. Jard. Bot. Rio, II, p. 4^ 

tab. 6, fig. G, 1-7 (1901). — *Uruguay : Prov. Riycra ad 
Tranquera (Gantera). 
24bia. *S. |p«dlMll«tM Gogn. — * Minas Geraës (Suffilaire, GS 
n. 987). 



293 

à5. Stenorrliynehos hyst«Minthos Barb. Rodr. — Paraguay : 

IgtUmi (Hatsler, n. 5472). 
25bi8. *S. veBtrie^sos Cogn. — Goya* (Glasioa, n. 92162a, part.). 

25^*'. 8. «lUeans Gogn. spec. nov. caule brevi, robus- 
tiuscoloy apbyllo, glabro, vaginis pluribus majuscults 
arcte adpressis inferioribus acutis superioribus acuminatis 
glabrisque vestito; racemo brevi» densiuscule plurifloro ; 
bracteis late lanceolatis, longiuscule acuminatis, glaber- 
TimiSf floribus paulo brevioribus; ovario leviter pube- 
niIOy brevissime pedicellato; sepalis acutis, tenuiter 
trinervulosisy subaequilongis, extus pilosulis, dorsali 
ovato-lanceolato, fornicato, lateralibus lineari-ligulatis, 
leviter obliquis, sacco paulo producto, apice rotundato, 
ovario multo breviore; petalis lineari-subspathulatis, 
obtusis, sepalo dorsali subaequilongis; labello inferne 
erecto superne leviter recurvo, sepalis lateralibus satis 
breviore, utrinque subtil iter puberulo, ad médium cum 
columna connato, ambitu oblongo-spathulato, inferne 
longe ligulato, superne valde abrupte constricto, apice 
triangulari-aciito ; columna longiuscula, crassiuscula, 
glabra, rostello apice longe subulato. 

Gaulis erectus, paulo flexuosus, teres, laQvis, 2-3 dm. 
altus, 2 i/s-3 mm. crassus ; vaginae subimbricatae, jpem- 
branaceae, 2-4 i/t cm. longae. Racemus 5 cm. longus. 
Bracteae erecto-patulae, satis concavae, tenuiter mem- 
branaceae, 1 i/f-2 cm. longae, 3-5 mm. latae. Flores 
patuli, albicantes; pedicelli 2-3 mm. longi. Sepala 
membranacea; dorsale erectum, ll-ll i/a mm. longum, 
4 mm. latum; lateralia patenti-reflexa, 12 mm. longa, 
2 mm. lata. Petala peilucida, tenuissime 2-3*nervulo8a, 
sepalo dorsali arcte conniventia, 11-11 i/s mm. longa, 
2 mm. lata. Labellum membranaceum> inferne margine 

20 



294 

pellucidum, subtiliter plurinervulosum^ 11 mm. longum, 
interne 2 mm. prope apicem 4 mm. latum. Golumna 
recta, 7 mm. longa. — Âffinis S. hystheranthi Barb. 
Rodr. 

* Paraguay : CatgutzUy in campig (Hasslcr, n. 9589). — > Floret 
Srptembrf. 

XI. SPIRANTUES L. G. Rich. 

1.8. Hlpefitrlii Barb. Rod. — Bfinas Geraès (St-Hilaîre, B% n. 2011, 
B>, n. 2143); Serra de Ouro Preto (Schwaeke, n. 10528). 
*Rio de Janeiro : Tijaca (E. Ule, n. 4068). 

— yar. denaiflora Gogn. var. nov. — Caulii robastior. Spica 

dcnsiflora. Bracteao late lanceolatac, 8-5 mm. latac. 
*Peruvia : Proy. Loreto ad Tarapoto et Corro do Escaler (E. Ule, 
n. 6313 et 63t3a). — Floret Octobri-NoTembri. 

2. 8. bleolor Lindi. — *Ceara : RiaohodosGapima(Habcr). 

Minas Geraès : Gassarao (J. de Moura, n. 817). 
*S. Catharina : S. Francisco (E. Ule) (forma latifolia). 
"Paraguay : Villa Rica et S. Tomas (Uassier, n. 538 et 1018). 

3. S. seliilabris Griseb. — * Paraguay : Gordillera de Altos (Hasaler, 

n. 8321). 

4. S. data L. G. Rieh. — * Minas Geraës (St-Hilaire, B\ n. 1461, 1468 

et 1554bis). 

— var. ovata Gogn. — 5. Catharina : Laranjelra prope Orléans 

(E. Ule, n. 1827). 

* Paraguay : Gaarapi (Balansa, n.4538). 

— var. parFifaliaGogn» — *S, Paulo: Âpiahj (Pniggarj). 

* Uruguay : Mootovides (Gonrbon). 

6. 8. variegala Barb. Rodr. — S. Catharina : Orléans (E. Ule). 

7. 8. troneata Lindl. — Minas Geraës : Serra de Oaro Preto, in 

rupîbus (Schwacke n. 9478). 
10. 8. llneaCa Lindl. _ Minas Geraës : Galdas in loeia hnmidis 
(Lîndberg n. 530); Ribeiraô prope Rio Novo (Schwacke, 
11.11116). 
Rio de Janeiro (Glaxioa, n. 16373 et 18511a) ; Gorcovado et Morro 
da Nova Gintra (E. Ule); Serra dosOrgaJJs prope Therezopolis 
(J. de Monra, n. 31 et 805). 



295 

5. Catharina : Blnmentn et ins. S. Catharina (E. Ule). 
11. Spiraslhcs mlcrantha Barb. Rodr. — *S, Paulo : Apiahy 
(Puiggary). 
Rio de Janeiro : Alto Macahé (Glaziôu). 
*5. Catharina : Orléans secus flum. Larapjeira (E* Ule, n. 1327). 
*Peruviû : Yurimagnu et Pongo (E. Ule). 
14 S. «priea Lindl. — Rio Grande do Sut (St-Bilaire, C\ n. 2798); 
BoUaxa (H. yon Thering, d. 371); Porto Alegre (Caerroak 
et Reineck^n* 158). 

28. S. brftetcoia Lindl. — Rio Grande do Sul : Porto Alegre 

(Czermak et Rcioeek, d. 877). 
*Argentina : Proy. Cordoba ad S. Jayier, et in ter Soto et 
S. Fraociico (Hicronymua). 
27. 0. Vlael Cogn. » *Rio de Janeiro: Alto Maeahë de FToya*Friburgo 
(Glaziou). 
*Rio Grande do Sul (St-Hilaire, C\ n. 8760). 
27i>>'. 9. Arechavalelae Kraenzl. in Engl. Bot. Jahrb.^ XXXVI, 
BeiU. u, 80, p. 9 (1905). — * Uruguay : Jacnarembo (Areeha- 
yaleU). 

29. S. camporom Lindl. — Uruguay : Banda Oriental (St-Hilaire, G', 

n. 2406). 
Paraguay : Tobaty in eampia (Pasaler, n. 6882). 
29U1. S. ëclleatiila Kraenal. in Engl. Bot. Jakrb., XXXVI, Beibl. 
n. 80, p. 9 (1905). — ^Paraguay : Taenropncn (Arecbaya- 
leU, n. 47827). 

83. S. homalH^stra Rcicbb. f. et Warm. — ^Paraguay : Caagaazu 

(Hanaler, n. 9590 ci 9590 d). 

— molllflora Cogn. var, nov — Spica dcnsa, circiter 15-flora. 
^Paraguay : Gaagnain, in eampia (Hasaler, n. 9590 e). — Floret 

Septembri. 

84. 0. ngltUU Reicbb. f. et Warm. — Mina» Geraës : S. Jo&o d*El 

Rey (Sehwacke, n. 10177, Comm. Geogr. e Geol. Minas, 

n. 1881). 
*G&ya* : Scrtao d'Amaroleité (Weddell, n. 2857); propé urbem 

Goyaz (Glasiou, n. 22158 6). 
*Guiana gallica (Leprienr). 

— yar. de|MioperaUl Cogn. — Goya* : Serra dos Pyreneos 

(B. Ule, n. 8191). 



296 

34^*'. 8. Ilasslerli Gogn. spec. nov. (sect. Sarcoglottis) : 
caule breviusculo, satis gracili, inferne glabro^ apice 
brevissime denseque glanduloso-piloso^ vaginis satis 
distantibiis niembranaceis glabris acutisque vestito ; foliis 
hysteranthîs^ paucis» radicalibus, lineari-ligulatis^ acutis; 
spica brevissima, densiuscule 5-8-flora; floribus erecto- 
patulis; bracteis lanceolatis, longe acuminatis, glabris^ 
ovario longioribus; ovario brevissime et densiuscule 
glanduloso-viiloso ; sepalis inferne extus vix glanduloso- 
pilosulis, obtusiuscuiis, subtiliter trinervulosis^ dorsali 
oblongo, superne attenuàto, lateralibus satis longioribus^ 
linearibus; petalis anguste lineari-subspathulatis, obtu- 
siusculis, uninerviis, inferne angustissime longeque 
cuneatis, sepalo dorsali paulo brevioribus ; labello inferne 
erecto superne leviter recurvo apice ascendente, sepalis 
lateralibus paulo breviore^ extus glabro, intus subtiliter 
furfuraceo^ ambitu late oblongo, basi profonde sagittato 
lobis lineari-subulatiSy inferne late cuneato, ad médium 
abrupte valde constricto sicque trilobato^ lobis marginc 
integcrrimisy basilaribus erectis trîangularibus acutisque, 
terminali angustissime longeque unguiculato» rhom- 
boideo, obtuso, unguiculo, intus dense villoso; columna 
breviuscula, antice subtiliter puberula, rostello obtuse 
rostrato. 

Gaulis erectus, strictus» teres, 25-40 cm. altus, 
2-3 mm. crassus; vaginae adpressae, 3*4 cm. longae. 
Folia (valde imperfecte evoluta?) erecta» tenuiter mem- 
branacea> 8-10 cm. longa, 6 mm. lata. Spica 1 i/s-3 cm. 
longa. Bracteae erectae, 12' 16 mm. longae> 4-6 mm. 
latae. Flores albi. Sepala carnosula, dorsale valde conca- 
vum, apice recurvum, 8 i/9-9 mm. longum, 3 i/a mm. 
latum ; lateralia subconniventia, 8 mm. longa, superne 



297 

1 i/s mm. lata. Labellam inferne carnosulum, 12 mm. 
longum, ad médium 5 mm. latum, lobo terminal! mem- 
branaceo, 3 mm. lato. Golumna 3 i/s mm. longa. — 
AfGinis S. sagittatae Reichb. f. et Warm. 

* Paraguay : S. Jotqain prope Gaaguazu, in paladosis (Hassler, 
n. 8668). — Florct Docembri. 
88. Spiranlhes siinplex rar. nenroplera Cogn. — M%na$ Geraës 

(St-Hilaire, B', n. 2386). 
39. 9. nlliçiiiosa Barb. Rodr. — Minas Geraëi : Cachocirodo Campo 
(Schwaeko, n. 10044). • Flores odorati » • 
*Gaifa* (Giaziou, d. 22162 part, et 22166) . 
BraêUia austnhorientali, loco hand Indicato (Glasiou, n. 20508). 

* Paraguay : Igatîmi (Haiilcr, n. 4886). 

44. 8. fapieiealata Cogn. — *S. Paulo (Gaadîchaud, n. 177). 

45. 9. aeanlIflCoga. — * Paraguay : Gcrro Pclado propc Villa-Riea 

(Busier. n . 8855) . 
— yar. |;randiflora Reichb. f. — Minas Gtraën : Casa de 

Pedra prope S. Jofto d'El Rey (Comm. Geogr. e. Gcol. Mîoaa, 

n. 2044). 
*Matto GroMSO : Serra da Chapada (Le M. Moore, n 190 et 191) . 
^Paraguay : Garapégua (Hassier, n . 4595) . 

46. 9. rofescens Fisehar. — Paraguay : Yaguarou (Balansa, n. 720). 
48. 9. nllHa Cogn. — Minas Geraes (St-Uilaire, D, n. 489). 

Rio de Janeiro : Serra d'F^trella (Weddeil, n. 887;; Serra do 
Macahé prope Nova-Friburgo (E. Ule, n* 4963) • 

XII. PHTSURUS L. C. Rich. 

4. P. Aratavhensia Barb. Rodr. — *S. Paulo (St-Bilaire, G', 
n. 1628). 

6. P. arlelinas Reichb. f. et Warm. — *Para : Belem aecus flum. 

Juma-Miry (E. Ule, n, Â) . 
S. Catharina : Blamcnau (E. Ulc, n. 4014). 

7. P. hamills Gogo. — Rio de Janeiro : Tijuca (E. Ule, n. 4010). 
10. P. picCafi Llndl — *AUo Amatonas : Marary Jurua (E. Ule, 

n. 546). 

* Minas Geraes : Serra de Ouro Preto (Scbwacke» n. 11212). 



298 

Rio de Jantiro (Si-Hllftir«, C, n. 07, GUsiou, n d44 et 19001); 
S«rrt dot Orgafts ad TheresopolU (J. do Moura, n. 108); 
Serra da Bica (E. Ule, n. 4070). 
*S» Paulo : Apiahy (Paîggary); Goneeiçao da Itanhaën (Coinm. 

G«ogr. Gool. S. Paulo, o. 1670). 
5. Catharina : Blumenaa, Tubarlo» Gapivare in Serra Gérai 

(B. Ule, n. 985, 1889 et 4070). 
* Paraguay : Taeoaral et Tobaty (Haisler, n. 1760 et 6447). 
— yar. reCieolarIs Reiehb. f . — S. Calharina : Inral.S. Catha- 
rina (E. Ulo). 
Id. Physaras Meolor Barb. Rodr. — Minas GeraBs ; Pasaa-Doz 
prope Oaro Preto (Hag. Gomea, n. 2858). 
^Paraguay : Ip4-Ha (Haailer, n. 5874). 

16^^*. *P. longieornn Gogn. spec. nov. caule longius- 
culo» erecto vel ascendente; foliis satis oumerosisy 
breviuscule petiolatis» oblongis, acutis, basi breviuscule 
attenuatis; pedunculo commun! longiusculo, leviter 
pubescente, inierne plurivaginato, superne densiuscule 
multifloro ; bracteis lineari-IanceolatiSt longe acuminatis, 
glabris, ovario aeqiiilongis; sepalis glabris, acutis* dorsali 
late lanceolato, lateralibus satis longioribus, triangulari- 
linearibusy basi longissime decurrentibus ; petalis lineari- 
subspathulatis, acutis, sepalo dorsali aequilongis ; labello 
liberOy ambitu obovato-oblongo, acuto, sub apice satis 
constricto; calcari filiformi, superne leviter incrassato, 
acutOy ovario satis longiore. 

Planta 2 i/s-3 i/n dm. alta. Gaulis rectus vel leviter 
arcuatus, teres, glaber, 3-5 mm. crassus. Folia patula, 
membranacea, utrinque glabra, 8-10 cm. longa, 2 i/i- 
3 i/i cm. lata, basi in petiolum inferne vaginatum 
2-3 i/n cm. longum attenuata ; vaginae tenuiter membra- 
naceae, albidae, satis ventricosae, oblique truncatae, 
post foliorum lapsum persistcntes. Pedunculus communis 
erectus, 12- 15 cm. longus. Flores erecto-patuli ; pedicelli 



299 

graciles, erecti, 5-7 mm. longi. Bracteae erecto-patulae, 
1447 mm. longae. Ovarium lineari-fusiforme, 10-12 mm. 
longum. Sepala tenuiter uninervulosa ; dorsale valde 
concavum, 7 mm. longum, 3 mm. latum, lateralia 
superne leviter recurva, 9 mm. longa, 2 mm. lata. 
Petala pellucida, distincte uninervulosa, inferne valde 
attenuata, 8 mm. longa, 1 i/s-2 mm. lata. Labellum 
erectum apice recurvum, subpellucidum, glabrum, sub- 
tiliter 9-nervulosum, 10 mm. longum, 3i/s mm. latum; 
calcar descendens, glabrum, 25-26 mm. longum, inferne 
2/3 mm. superne 3/4-1 mm. crassum. Columna 4 mm. 
longa. — Affinis P. foliosi Lindl. 

*Brasilia aUètriH)rientaii% loeo tccaralo haud indicato (Riedcl, 
n. 77). 

XIII. WDLLSCHLAEGEUA Reichb.f. 

1. IW. aphylla Reîchb. f.— Rio de Janeiro : lotcr Lagot et CorcoTado 

(Giazioa, n. M). 
*S. Paulo : Rais da Serra (Comm. Geogr. c Gcol. S. Paulo, n. 4^46). 
3. HT. ealcarala fienth. — AUo Ama*onai : Jnruà Mivy (£. Ule, 

n. 6741). — Floret Julio. 

XIV. ALTENSTEINIA Kunth. 

1. A. JHeroBymi Gogn. — Argentina : Proy. Corrientes ad Delga- 
doeué (NiederlelDf n. 1292). 

XVI. CRANICHIS SwarU. 

9. C. eandilda Cogn. — Minas Gcraès : Serra do Itatiaia altit. 1900 m. 
(E. Ule, D. 3470). 
*S. PttUio (Gaudiehaud, n. 192, St-Hilaire, t*, n. 1629); Campes 
do Bocaina (Comm. Geogr. e Geol. S. Panlo» n. 2350). 



300 



XVII. STENOPTERA Presl. 



5. S. anaoasBoe^mos Reichb. f. — *Mina» Geraè$ : Ouro Preto ad 

riTulos (Schwacke, n. 11984). 
Rio d$ Janeiro : Pica do Papagaio et Tijaca (B. Ule, n. 4011); 

Thereaopolia(J. de Houra, a. 57) 
^Paraguay : Gordillèro de Mbatobi prope Paragaari (fialanaa» 
n. 2994). 

6. S. aetlnoBophlIa Cogn, — Mina$ Geraë» : Ouro Preto ad riruloi 

(Schwacke, n. 9521); ad Passadoi prope Ouro Preto (Mag. 
Gomcs» u. 1350). 

7. S. I^reniil Gogn. — *5. Paulo : Alto da Serra (Comm. Googr. e 

Geol. S. Paalo, n. 4043); Itatinga ad Serra de Rotncata 
(Alex. Hamroel, n» S). 
S. Catharina : Blumenau (£. Ule). 

XVIII. PRESCOTTIA Lindl. 

1. P. sUiehyodes LIadI. — S Catharina : Tubarào (B. Ule); insul. 
S. Catharina ad S. Antonio (E. Ule, n. 692). 
Rio de Janeiro (St-Hilalre, A', n. 830); Tijuca (E. Ule, n. 4072). 
Minas Geraês : Serra do Gauâraô (J. do Moura, n. 313j. 
*ÂUo Amatonat : Jura& Miry(£. Ule» n. 4&b). 
2 P. montana Barb. Rodr. — Minai Gérait : Serra do Itatiaia prope 
Chapada (Schwacke, n. 11495). 
*S. Paulo (St-Hilaire, (?, n. 1791, Comm. Geogr. eGeoI. S. Paolo» 
n. 24-37). 
3. P. Icptostaehya Lindl. — * Minas Gérais : Morro de S. Sebutifto 

prope Ouro Preto (Hagalh&es Gomes, n. 2897). 
5. P. Giaslovlana Cogn. — * Minas Gérais : Serra do Itatiaia, altit. 

2200 m. (E. Ule, n. 8468) . 
6 P. Rodeiensls Barb. Rodr. — Rio de Janeiro (St-Hilairo, A*, 
n. 139, Woddell, n. 518). 
*Minas Gérais (St-Hilaire, A', n. 348). 
7. P. plantaiclnea Lindl. — Minas Gérais : Serra do Ouro Preto 
(Sehwacke, n. 9409) ; Itacolumi (Comm. Geogr. e Geol. Minas» 
n. 1546 et 1B97> 
*Goyai : Prope nrbcm Goyaz (Glaziuu, n^ 22164). 



301 

Rio de Janeiro (Raben, WoddeU» o. 517) ; > ilo aux Chatt » prope 

Rio (Commerson); Morro do Cabreçto propo Gopaeabana 

(B. Ule, n. 4017); Serra do« Orgaôs (Gardoer, n. 5884); 

Theresopolis (J. de Moura» n. 38). 
*S. Paulo (Gomm. Geogr. o Geol. S. Paulo^ n. 3738 et SIO^; 

Apiahy (Puiggary, n . 2838) . 
*S. Catharina : (Raben). 
Id. PreMaitia €ore»vadeii0ta Reiehb. f. ^^^ Minas GeraëiiSetn 

da Maniiqaeira (Comm. Geogr. eGeol. Minas, n. 316); Serra 

das Camariobas prope Oaro Preio (Sehwacke» n. 11573). 
*5. Paulo : Villa do Santo Amaro in capoeira (Gomm. Geogr. e 

Geol. S. Paulo, n. 2288). 
13. P. mierantha Lindl. — Minât Geraês : Serra da Mantiqueira 

(Comm. Geogr. eGcol. Minas, n. 315); in campis siccis prope 

Barbacena (Schwaeke, n, 11549). 
Rio de Janeiro (St-Hilaire, A^ n. 4*27); Gopaeabana (Laschnatb, 

n. 40); Mana(Sebwaeke, n« 1860); Morro do Gabreçto (B. Ule, 

n. 1989). 
*S. Paulo (Gomm. Geogr. e Geol. S. Paulo, n. 2629); prope Sanlos 

(Burchell, n.8134). 
*Paraguay : Inter saxa in solo humoso prope S. Thomas et in pa- 

lude prope Igatiroi (Hassler, n. 967 et 4702). 
"^Argentina : Territ. Missîoncs ad S. Psdro (Niederlcin, n. 1295). 

16. P. lanelfoila Lindl. — Rio de Janeiro : Tijuca in rapibus et Gayea 

(E. Ule, n. 4071). 

17. P. cpiphyCa Barb. Rodr. — S, Paulo : Campes doBoeaina (Comm. 

Geogr. e Geol. S. Paulo, n. 2817). 

XIX. PONTHIEVA R. Br. 

4 P. Sprneel Gogo. — Peruvia : Départ. Loreto ad Poogo de Caina- 
raebi (E. Ule, n. 6419). 

XX. CORYMBIS Tkouarg. 

1. C dceombana Cogn. — Paraguay ; Guarapi (Balansa, n. 
CordiUera do Altos (Hassler, n. 2915). 



302 



XXI. MICROSTYLIS Nutt. 



6. H. ParChoBlI Reicbb. f. — *P6ruvia : Gerro do Cumbaso» allii. 
700 m. (E. Ule^n.E). 

5'''. *in[. ^iplralipetala Gogn. spec. nov. pseudobulbo 
parvoygraciliy anguste ovoideo-conico, leviter compresse; 
caule brevi, salis gracili, basi vagînis 1-2 parvis vestito, 
infra médium bifoliato, superne acute 4-5-angulato ; 
foliis satis parvis, alternis, ovatis, acutis, basi rotundatis 
abrupte in vaginam contractis, margine integerrimis, 
scapo multo brevioribus; racemo brevi^subumbelliformi, 
dense multifloro; pedicellis brcvibus, glabris; bracteis 
triangularibus» longe acuminatis, pedicellis multo brevio- 
ribus; floribus minutis; sepalis obtusiusculis, margine 
valde revolutisy dorsali oblongo-ligulato, reflexo, late- 
ralibus paulo brevioribus, anguste ovatis, patulis; petalis 
tenuiter filiformibus, usque ad basin spiraliter tortis, 
sepalo dorsali satis brevioribus ; labello glabro, latissime 
ovato-cordiformi, acuto, superne leviter vel obscure 
trilobatOy basi distincte biauriculato auriculis laie rotun- 
datis basi contiguis, disco laevi, sepalis lateralibus satis 
longiore. 

Herba glaberrima, laete viridis, 14-15 cm. alta. Pseudo- 
bulbus superne longe attenuatus, 2-2 i/s cm. longus, 
8-9 mm. crassus. Folia patula, tenuiter membranacea, 
subplana, 4 i/i-5 cm. longa, 23-27 mm. lata; vaginae 
adpressae, 2-4 cm. longae. Racemus 1 i/i cm. longus. 
Pedicelli plerumque patuli, 2-4 mm. longi. Bracteae 
1 i/s mm. longae. Sepala pallide viridia, dorsale 2 i/n mm. 
longum et 1-1 i/i mm. latum, lateralia 2 mm. longa et 
1 i/a mm. lata. Petala viridia, 1 i/a-2 mm. longa. Label- 
lum patulum, subplanum, fuscum, 3 mm. longum, 
3 i/«-4 mm. latum, — Affinis M. gracilis C!ogn, 



303 

*S. Paulo : Gtmpo Grande ad radieea arboram inier nratcot 
(Lofgron io Gomm. Geogr. c Geol. S. Paulo, n. 8279 et Icon. 
n. 74). — Floret Aprili. 

7. nieriMiCylls hastlfabla Reichb. f. — Minaê Geraëê : Carusa 

(Claosseo, n. 896); Oaro Preto (Damazio, n. 1260). 

XX[I. LIPÂRIS L. C. Rich. 

1. II. «lata Lindl. — Minai Geraës (SuHilaire, B*, n. 606); Ypanema 
(Langsdorif). 
Rio de Janeiro : Maoa (E. Ule» n. 4026). 
5. Paulo (Comm. Gaogr. e Gcol. S. Paulo, n. 2526); Serra do 

Cobatao (Guillemln, n. 892). 
*S. Catharina (St-Hilaîre, C\ n 1716); S. Francisco (E. me,n.244). 
*— :var. loQgifoila Cogn. — * Minas Geraie : Qoilombo (Comm. 

Gcogr. e Gcd. Minas, n. 1285). 
Paraguay : Igatimi et in yalie flum. Y-Aca (Uassier, n. 4879 
et 6849). 

8. II. Mfolla Cogn. — *Goyai : Propc nrbem Goyaz (Glntiou, n. 22168). 
5. II. eampeBtrlsBsrb.Rodr. — 5. Pau/o :Âpiahy(Puiggary,n. 



XXIII. GALRANDRA Liiidl. 

1. Q. OevdDiaaa Scliomb. — *Para (Berb. Mus. Parts). 

7. Q. Clamii Cogn. — Brasilia austro-orientali (Glaziou, n. 10091). 

15. CI. Joaeea Lindl. — Matto Grosso : Cujaba (Pilgcr, n. 280). 

Goya* : Prope urbem Goyaz (Giaziou, n. 22177). 
*S. Raulo (St-IIilairc. C>, n: 1085;; Jacarahy (Mendonça, n. 718). 
^Paraguay (Hassicr, n. 2736). 

16. O. Jnaecoiëes Barb. Rodr. — S. Paulo (St.Hilaire,C^ n. 1892 ter). 

*Goya9 : Prope urbem Goyaz (Glaziou). 

*Malto Grosso : Diamanlino ad fontos flum. Paraguay (Weddell, 
n. 8085). 
13. CI. Beyrichii Reicbb. f. — Rio de Janeiro (St-Hilaire, A\ 
n. 124); Tijuca (Glaziou, n. 5481). 
"^5. Baulo (Comm. Geogr. c Geol. S. Paulo, n. 2148); hatinga 

(Alex. Hnmmel). 
^Paraguay : Cordillora de Altos (Hassier, h. 1751). 
19. CI. hyiiterantha Barb, Rodr. — "Paraguay : San Bernardine, 
Peribebuy et Cordillera de Altos (Hassler, n. 1962, 1968 et 
3071). 



3)04 



XXIV. POLYSTACHYA Hook. 



1. P. l«(cola Hook. - Surinam : Prope pUnt. Jagtliut (Splitgorber, 

n. 425 01427). 
8. P. EsCrellensIs Reichb. f. — Mintu Géra» : Cachoeirt do Campo 
(SchwackCf n. 9953). 
Rio de Jweiro (Weddell, n. 68); propo urbem Rio de Janeiro 

(Burchell, n. 997); Nova Fribnrgo (B. Ule, n. 4646). 
S. Paulo (Comm. Geogr. o Gcol. S. Paulo^ n*. 2612). 
^Paraguay : Gaagaaxa (Hasslcr, n, 9147). 
6, P. foll«Mi Reicbb, f. ~ *Guiana galliea : Cayenne (Patris). 

XXV. CRYPTOPHORANTHUS Barb. Rodr. 

1^. *C. SeheBckii Gogn. spec. nov. caulibus secun- 
dariis numerosis^ fasciculatis, longîusculis, satis gracili- 
bus, teretibus, 4-5-articuIatis, vaginis scariosis vestitis ; 
folio majusculo, submembranaceo, oblongo-Ianceolato, 
apice acutiusculo et minutissime tridenticulato, basi in 
petiolum longiusculum attenuato; floribus fasciculatis» 
majusculis^patulis, breviter pedicellatis, angustc oblongis, 
apice acutis; sepalis glabris, oblongo-lanceolatis, apice 
breviter acuminatis et longiuscule connatis ; petalis par- 
vis» auguste ovato-triangularibus, breviter acumiuatis, 
glaberrimis ; labello tenuiter membranaceo, longiuscule 
unguiculato, triangulari-hastato, breviter acuminato, 
petalis paulo breviore; columna recta, non alata, glabra. 

Rhizoma repens, robustiusculum. Gaules secundarii 
ascendentes^ satis arcuati, pallide virides, 9-10 cm. longi, 
1 i/s mm. crassi. Folia subplana, viridia^ eum petiolo 
1-2 cm. longo 12-14 cm. longa, 2 i/f-3 cm. lata. Pedicelli 
gracillimi, glabri, 8-10 mm. longi. Sepala membranacea, 
5-nervulosay 15-16 mm. longa, 4 mm. lata. Petala pellu- 
çida, subtiliter trinervulosa, 4-5 mm. longa, inferne 



305 

2-2 i/t mm. lata. Labellum trinervulosum, 4 mm. Ion- 
gum, 2 mm. latum. Golumna 3 mm. longa. — AfiSnis 
C. punctati Barb. Rodr. 

*Rio de Janeiro : Serra dot Orgaôs prope Tberesopolis, sapra 
arbores (Schonck, n. 2705). — Floret Februario. 

XXVI. MASDEVALLIA Rail et Pav. 

10\ *SB[. carinata Gogn. spôc. nov. caulibus secun- 
dariis brevissimis subnullis, gracilibus, teretiusculis» 
vaginatis; foliis minutîs, oblongis, apice obtusiusculis et 
obscure tridenticulatis, basi leviter attenuatis et breviter 
petiolatis; scapo subnullo, unifloro; bracteis tenuiter 
scariosis, vaginantibus» obtusis; floribus parvis, erectis, 
brevissime pedicellatis, glaberrimis; ovario crassiuscule 
lateque trialato; sepalis aequilongis, dorso crassiuscule 
aIato-carinatis,inferne in cupuiam brevem campanulatam 
antice basi vix gibbosam coalitis, lobis ovatis, subabrupte 
in cauda longiuscula satis gracili rigidiuscula erecta 
acutaque terminais; petalis minutis» membranaceis» 
irreguiariter rotundato-quadrangulis, supra basin valde 
constrictis» ad médium abrupte valde dilata tis et latera- 
liter obtuse triangularibus, apice subrotundatis ; labello 
petalis \ix longiore, latiuscule longeque unguiculato, 
unguiculo ligulatoy limbo obovato-rotundato, basi pro- 
funde emarginato-hastato auriculis retrorsis lineari- 
subulatis, apice rotundato-subtruncato, margine int&« 
gerrimo, disco basi minute bicarinato ; columna gracili, 
leviter incurva, apice minutissime bialata, clinandrio 
postice producto unidentato. 

Folia dense congesta, erecta, crasse carnosa, supra 
subplana et ad médium profundiscule caualiculata, subtus 



306 

obtuse angulata, cum petiolo gracili 3-4 mm. longo 
2-3 cm. longa, 6-7 mm. lata, 2 mm. crassa. Scapus 
erectust 3-4 mm. loogus. Pedîcellus gracilist erectus, 
4-5 mm. longus. firacteae tenuiter membranaceae, arcte 
adpressae, dorso subcarinatae, abrupte acutae, 2 mm. 
longae. Galyx carnosulus; cupula 3 mm. longa, apice 
4 mm. lata; lobi erecto-patuli, crasse trioervii* 6-7 mm. 
longi, 4-5 mm. lati ; caudae subrectae, 6 mm. loogae. 
Petala erecta, satis obliqua, dorso subtiliter bicarinulata, 
4 mm. longa lataque. Labellum erectum, unguiculo 
leviter arcuato 2 i/s mm. loogo, limbo 3 mm. longo 
latoque. Golumna apice leviter incrassata, 5 mm. looga. 
»— AfiSois M. Edwallii Gogn. 

*Bratilia austrthorientalis loeo aeeorato haad îndieato (Gltziou). 

XXVII. PHYSOSIPHON Liodl. 

1 . P. eehlBttBthas Cogn. — Rio de Janeiro : Morro Qaeimado aapra 
arbores (Glaziou, n. 3819). 

XXVIII. STELIS Swarts. 

4. 8. Bupreehtlana Rcichb. f. » * Minât Géra» : Serra da Peidade 
(Magal. Gomoi, n. 1544). 
Rio de Janeiro (Glaziou, n. 18586) . 
*5. Patdo : Apiahy (Paiggary, n. 8556), 
8.8. vlridilpiirparea Lindl. — ^Peruvia : ProY. Loroto ad Cerro de 

Escaler, alUt. 1800 m. (E. Ule, d. 6698). 
17. 8. SHlAragdlBa Barb. Rodr. — *5. Paulo (Comm. Geogr. e Geol. 
S. Paulo, D. 2385). 

30. 8 . Hlerali Lindl. — Rio de Janeiro : TS'orti Fribargo (E. Ule). 

31 . 8 . Petr^polllasa Rciehb. f. — Rio de Janeiro : Coreorado 

(Vauthiar, n. 880); Thereaopolis (E. Ule, n. 4120). 
*S. Paulo : Apiahy (Poiggary, n. 8561) 
5. Catharina : S. Frandico et Blumenau (E. Ule, n. 96 et 1830). 

22^^. *». pwpnsiila Gogo. spec. nov. (sect. Mono* 



307 

•taobyae) : caespitosa; caiilibus secundariis subnuIHs; 
foliis minutissimis, crassiuscule carnosis> brevissime 
petiolatîs, suborbicularibus, apice obscure apiculatis, 
margine integerrimis et distincte marginatis; racemis 
solitariis, superne usque ad médium plurifloris, foliis 
multo longioribus ; bracteis scariosis> inferne vaginantibus 
et breviter tubulosis» apice triangularibus acutisque, 
ovario paulo brevioribus; floribus minutissimis, secun- 
dis, brevissime pedicellatis; sepalis glabris, erectis, basi 
breviter coalitis, ovato-triangularibust breviter acumi- 
natis. 

Gaules secundarii graciles, squamis 1-2 minutis sca- 
riosis vestitiy 1-2 mm. longi. Folia patula, rigida, 
subplana, enervia, 4-5 mm. longa et fere totidem lata. 
Pedunculus communis ascendens, satis arcuatus, capil- 
laris, basi spatha minuta inclusus» 2-3 cm. longus; 
pedicelli satis arcuati, cum ovario 3/4-1 mm. longi. 
Bracteae adpressae, pallidae, 2/3-3/4 mm. longae. Flores 
purpurei. Sepala 3/4 mm. longa. -^ Affinis? 

* Minai Geraês: Serra de Capanema, « cpiphyt. in Bromeliaeeae 
radiea > (Sehwacke, n. 9312). 

94. Steiis IftiMlrigaeBlI Cogn. — *S. Paulo : Campo Grande 

(Comin. Geogr. e Geol. S. Paulo, n. 8269). 
30bi« S. liôfgreBli Cogn. — S. Paulo (Conim. Gcogr. e Geol. 

S. Paulo, n 8dd5) 
31. 8. fratema Lindl. — *Rio de Janeiro : Nora Friburgo (B. Ule). 
88. 8. ai^eatata Lindl. — Guiana gallica (PerroUet) . 
40. H, aMalasiiBtha Barb. Rodr. ^ Rio de Janeiro (Sellow, Glaziou). 
41bia. fil. GuiaBensis Rolfe in Trans. Linn. Soe. Lond,, Ser. 2. Bot. 

VI, p. 59 (1901). — * Guiana anglica : Mont. Roraima, altit. 

1150 m. (Me Connell et Qoelch, n. 708) . 

SpecioB valdo imperfecte cognita. 

S. Bitaallllara Reiehb. f. ex. Hoffmagg. Ver*, der Orch., p*dl (18i8) 
— Rio de Janeiro. 



308 



XXX. PLEDROTHALLIS R. Rr. 



8. P. Mi«i*«eephiila Lodd. — *5. Paulo (Comm. Geogr. 6 Geol. 

S.Paalo, n. S598). 
5. P. nentMMi Gogo. — *Para : Jani&-lfir3r prope Bolem (E. Ule, 

n. 5772). — Flore! Septembri. 

5^''. *F. ele^aiitaU Gogn. spec. nov. (Sect. Hjrmeno-* 
danthae § Blongatae] : caulibas secundariis gracilli- 
mis» teretiuscalis, 1-2-articuIatis, foliis cîrciter aequilon- 
gis, vaginis breviusculis membranaceis tubulosis glabris 
laevibusque vestitis; folio parvo, crassiuscule carnoso» 
anguste obovato-oblongo» apice obtuso et minutissime 
tridenticulato, basi satis attenuato et breviter petiolato, 
enervioy tenuiter marginato ; racemis solitariis vel gemi- 
natîs» crectis, superne pauci-plurifloris et fractiflexis, 
folio paulo longioribus, basi spatha minatissima arcte 
adpressa inclusis; bracteis minutis, membranaceis, inferne 
tubulosis, superne triangularibus, acutis ; floribus parvis, 
distichis, patulis yel subnutantibus, caducis, longe 
pedicellatis ; sepalis membranaceis, aequilongis, obtusis, 
trinerviis, glabris, dorso non carinatis, dorsali obovato- 
oblongo, lateralibus paulo angustioribus, usque ultra 
médium connatis, basi satis gibbosis et mentum subro- 
tundatum formantibus ; petalis elliptico-oblongis, obtusis, 
integerrimis, crassiuscule trinerviis supra fere tricarinatis, 
sepalo dorsali satis brevioribus; labello erecto, carnosulo, 
petalis paulo longiore, longiuscule lateque unguiculato, 
limbo anguste ovato-cordato, indiviso, obtuso, superne 
subtiliter papilloso praecipue supra ; columna satis gracili, 
leviter incurva, superne fere usque ad basin utrinque 
breviter alata, clinandrio postice acuto margine leviter 
undulato. 



309 

Gaules secundarii numerosi, fasciculati^ ascendentes, 
satis arcuati» 2 i/s-4 cm. longi, 1/2 mm. crassi. Folium 
erectum, apice leviter recurvum, subplanum, rigidum; 
limbo 23-28 mm. longo, 8-11 mm, lato; petiolo gracili, 
3-4 mm. loogo. Pedunculi communes filiformest teretes* 
4-6 cm. longi. Pedicelli patuli vel erecto-patuli, capillares* 
leviter arcuati, basi cum pedunculo breviuscule connati, 
6-11 mm. long], firacteae 2-2 i/t mm. longae. Sepala 
leviter divergentia, satis concava» 7 mm. longa ; dorsale 
3 i/i mm. latum, superne margine revolutum^ lateralia 
in valva 6 mm. lata connata. Petala subpellucida, 5 mm. 
longa» 2 i/i mm. lata. Labellum leviter concavum» dis- 
tincte trinervulosum, unguiculo 2 mm. longo et 1 mm. 
lato, limbo 4 mm. longo, inferne 2 i/s mm. lato. Golumna 
5 mm. longa. — Affinis P. mentosae Gogn. 

*Rio dû Janeiro (Glailou). 

9. *ne«r*thallUi IianeeaBii Lodd. — *Para : Jorai Miry prope 

Belom (Ë. Ul6, n. 5766). 
10. P. parpurco-Tlolaeea Cogn. — 5. Paulo (Comm. Geogr. e 

Geol. S. Paulo, n. 2588). 
14. P. ble^l^r CogD. ^ Rio do Janeiro (GUziou). 
16. P. loagieavlis Lindl. — Rio de Janeiro s Alto da S«nra prope 

Nota Fribnrgo in tylvia tapra arbores (E. Ule). — Floret 

Januario. 
dO' P. icraeills rar. ^Bls^ti De Wild. in Tribune Hortic, I, p. 

(1906). — Brasilia au$tro^ientûli$ {Binoi). 
87. P. eaMp'Cosa Barb. Rodr. — Minas Geraës : Serra de Ibitipoca 

(Comm. Geogr* e Geol. Minas, n. 1808). 
*S. Paulo (Comm. Geogr. e Geol. S. Panlo, n. 3588); Apiahy 

(Pniggary, n. 8186). 
^Paraguay : Caaguaiu (Balansa, n. 716). 
29. P. mTawraeava Barb. Rodr. — Rio de Janeiro (Glazion). 
80. P. hyi^rophiU Barb. Rodr. — Rio de Janeiro (Glaziou, n. 17248); 

Serra das Araras prope Theresopolis (J. de Mourra, n. 81). 

31 



310 

*S. Paulo: Serra de CaDUrttîra (Comm. Geogr. e Gcol. S. Paolo, 
n. 3316); Apiahy (Pulggary, n. 8171, 8360 et 8466). 

31. Plearothallifl eaiilllar is Lindl. — Rio de Janeiro (Gaudichaud) ; 
Alto Haeahô (Glaiioo); Serra dos Orgàos (E. Ule, n. 4122). 

44. P. gUadallgera Lindl. — Dans la description, au lien de : 
« racemia « . folio multo longioribua », il faut : c racemû folio 
multo brevioribus ». Le lapaua se toit facilement, pnisquo 
plus loin la description porte : « Foiiom 4 1> cm. longum. 
Pedancalis communis 1-1 i/t cm. longus. • 

63. P. esBelfolla Gogn. — Rio de Janeiro (Glazioa, n. 19898); Alto 

Macahé(Glaiioa). 

64. P. erassieaaIIsCogn. — 5. Paulo : S. Manoel do Paraizo(Alox. 

Hnmmely n. 9). — « Flores aarantiacei; anthera atropnr- 
parea. — Floret Januario-Junio ». 
68. P. qaadIrldIetttataCogn. — Rio de Janeiro (Glaiiou). 

Ohs. — Cette espèce, qne je ne connaissais antérieurement que par le 
dessin de M. Barbosa Rodrigucs que j'ai reproduit dans laf?. Bras., 
doit être transférée dano la section Lepant M formes, 

68**^'. *P. Haeaheeasis Gogn. spee. nov. (Sect. Hyme- 
nodanthae § Depaaperatae) : caulibus secundariis 
subfasciculatis, filiformibust teretiusculis» uniarticulatis, 
foliis satis brevioribus ; folio ininuto» submembranaceo» 
anguste oblongo-subspathulato, apice obtuso et minutis- 
sime tridenticulato, inferne longe angasteque cuneato et 
breviter petiolato, subtiliter 7-nervuloso; pedanculis 
solitariis vel rarius geminatis, capillaribnst glaberrimis, 
apice uniflorisy folio satis longioribus ; bracteis minutis; 
floribus minutis» brevissime pedicellatis, nutantibus; 
sepalis tenuiter membranaceis, glaberrimis» linearibus, 
obtusiusculis, obscure trinervulosis, dorso rotundatis, 
lateralibus paulo longioribus et latioribus fere usque ad 
apicem connatis; petalis lineari-lanceolatis, acutiusculis, 
uninerviis, margine integerriinis» glaberrimis, sepalo 
dorsal! subdimidio brevioribus; labello submembranaceo, 



31t 

petalis aequilongOy sessili, glaberrimo, indiviso, anguste 
obovato, margine integerrimo, apice late rotundato, 
inferne leviter constricto et longiuscule attenuato» disco 
ad médium oblique tenuiterque bicristato; columna 
gracilit clinandrio oblique truncato. 

Rhizoma repens» subfiliforme, elongatum, tortuosum. 
Gaules secundarii ereeti vel ascendentest 6-12 mm. longi. 
Folium erectum, rigidiusculum, 1 i/i-2 i/a cm. longum, 
superne 4r6 mm. latum. Pedunculus erectus, paulo 
flexuosusy 3-4cm. longus. Bracteae ochreatae, 1 i/t-2 mm. 
longae. Sepala paulo divergentia, dorsale 7 mm. longum 
et 1mm. latum, lateralia 8 mm. longajn valva 3-3i/smm. 
lata connata. Petala pellucida, vix obliqua, 4 mm. longa, 
1 mm. lata. Labellum satis concavum, 4 mm. longum, 
1 i/t-1 8/4 mm. latum. Columna subrecta, 3 mm. longa. 
— - Affinis P. filifarmis Ck>gn. 

*llio de Janeiro : Alto Haeahé (Qludoo). » Floret Jonio-Julio. 

75. Pleurothallls blerifllata Cogn. — Rio de Janeiro : Thereio- 
polis (E. Ule, n. 4128). 
5. Paulo : (Gomm. Geogr. e Geol. S. Paulo, o. 8277). 
85. IF. gattnlata Cogn. — *5. Paulo : Itatinga (Alex. Hommcl). 
97. P. twlûém Lindl. * *S. Paulo i lutinga (Alex. Hammcl). 
101. P. Ilngiia Lindl. — Rio de Janeiro (Giaziou). 

101^*'. P. ealearata Gogn. spec. nov. (sect. Bymeno- 
danthae S Oaespltosae) : parva, caespitosa ; caulibus 
secundariis filiformibus, teretiusculis, uniarticulatis, 
folio multo brevioribus, vagina unica longiuscula tubu- 
losa glabra laevi apice oblique truncata vestitis; folio 
minuto, crassiuscule carnoso, lineari-lanceolato, apice 
obtusiusculo et obscure emarginato, inferne longe atte* 
nuato fere petiolato, obscure plurinervuloso ; pedunculis 
communibus solitariis vel geminatis, capillaribus, uni- 



312 

floris vel interdum 2-3-floris floribus succedaneis, folio 
paulo brevioribus ; bracteis minutist ochreatis, superne 
leviter dilatatis, apice oblique truncatis ; floribus minutis^ 
patulis> breviter pedicellatis ; sepalis membranaceis, 
acutisy tenuiter triaervulosis» glaberrimis, dorso non 
carinatis, dorsali anguste oblongo, lateralibus paulo bre- 
vioribus, usque ultra médium in valva elliptico«oblonga 
basi breviter obtuseque calcarata connatis ; petalis lineari* 
lanceolatis, acutiusculis, uninerviis, margine integerri- 
mis, sepalo dorsali subdimidio brevioribus ; labello car- 
nosulo, petalis satis breviore, sessili, indiviso, anguste 
ovato, superne satis attenuato^ apice rotundato, disco a 
basi fere usque ad médium bicristato; columna brevi, 
gracili, clinandrio oblique truncato. 

Gaules secundarii numéros!, dense fasciculati, ereeti^ 
4-8 mm. longi. Folium erectum^ rigidum, subplanum, 
18-28 mm. longum^ 2-3 mm. latum. Pedunculus corn- 
munis erectus, strictus, 1 i/a-2 cm. longus. Pedicelli 
erecti, plus minusve arcuati, 2-3 mm. longi. Bracteae 
tenuiter membranaceae, 1-1 i/a mm. longae. Sepala valde 
divergenlia, dorsale erectum, 9 mm. longum, 2i/s mm. 
latum, lateralia superne recurva, 8 mm. longa, in valva 
2 mm. lata connata, calcari patulo, 1-1 i/s mm. longo. 
Petala subpeliucida, 5-5 i/s mm. longa, 1 mm. lata. 
Labellum erectum, tenuiter trinervulosum, 3 i/s mm. 
longum, inferne 1 i/s mm. latum. Columna arcuata, 
2 i/s mm. longa. — AfSnis P. linguae Lindl. 

*Rio de Janeiro (Glaziou). 

102. Plearolhalita Imbrieala Barb. Rodr. » Mina$ Gérait : 
Biribiry propo Diamantina (Schwacke, n. 10767). 

104. P. taelnlata Barb. Rodr. — Rio de Janeiro (Glaziou). 

105. P. microphyta Barb. Rodr. — Rio de Janeiro (Glaziou). 

100. *JP. seaiparfloreBB Lindl. ^ *Para : Jaraé Ifiry prope Belem 
(E. Ulc, n. 6771). 



313 

113^^. Plearothallla sabumbellata Gogn. spec. nov. 
(Sect. Hymenodanthae § Oaespitosae) : pusilla, caes- 
pitosa; caulibus secundariis subnullis; folio minuto, 
carnosulo, tenuissime marginato, breviter petiolato, obo- 
vatoy apice rotundato-subretuso et minutissime apiculato« 
basi paaio attenuato, obscare nervuloso; pedunculis 
communibus solitariis vel rarius geminatis, capillaribus, 
apice subumbellatim 5-10-floris, folio multo longioribus ; 
bracteis ovato-lanceolatis, longiuscule acuminatis, ovario 
multo brevioribus; floribus minutis, patulis, longiuscule 
pedicellatis; sepalis tenuiter membranaceis, glaberrimis^ 
sabaeqailoQgis, acutissimis> subtiliter trinervulosis, dor- 
sali late obiongo, lateralibus triangularibus, in valva fere 
asque ad tertium bifida basi antice satis gibbosa connatis; 
petalis anguâte obovato-rhoinbeis, obtusiusculis, tenuis- 
sime trinervulosis, sepaio dorsali dimidio brevioribus; 
labello çarnosulo, petalis subduplo longiore, longiuscule 
angusteque unguiculato, limbo indiviso, ovato, obtuso, 
margine valde undulato-crispo, superne leviter papil« 
loso> disco nudo; columna breviuscula, gracili, apice 
acute tridentata; anthera depressa, superne anguste 
rostrata. 

Folium erectum, rigidiusculum, limbo 6-7 mm. longo, 
4-6 mm. lato; petiolo gracili, 2-3 mm. longo. Pedunculi 
communes erecli, paulo flexuosî, 2 i/t-3 cm. long!. 
Pedicelli dense aggregati» erecti, saepius paulo arcuati, 
4-7 mm. longi. Bracteae tenuiter membranaceae, 2-3 mm. 
longae. Sepala valde concava, dorsale 5 mm. longum et 
2 mm. latum, lateralia 5 mm. longa, basi 2 i/s mm. lata. 
Petala erecta, pellucida, subplana, 2 i/s mm. longa, 
1 1/9 mm. lata. Labellum erectum; unguiculo 1 i/a mm. 
longo, 1/2 mm. lato; limbo obscure trinervuloso, 



314 

3 mm. longo, 2 i/i«2 s/4 mm. lato. Golumna vi\ incurva, 
2 mm. longa. — AfSois P. Lindleyanae Gogn. 

*Rio de Janeiro (Glaziou). 
114^*'. *Plearotluilll8 aculidentaU spec. nov. (Sect. 

Hymenodanthae § Oaespltosae) : parva, caespitosa ; 
caulîbas secundariisbrevissimis, gracillimis, teretiusculis, 
uniarticulatis, vagina unica majuscula tubulosa glabra 
laevi apice oblique truncata vestitis; folio satis parvo, 
carnosulo, longiuscale petiolato, oblanceolato» tenuissime 
marginato, apice acutissime minuteque tridentato, inferne 
longiuscule caneato, distincte uninervio; pedunculo 
commani solitario, capillari, superne laxe plarifloro, 
foliis leviter longiore; bracteis ochreatis, minatis, apice 
oblique truncatis acutisqae; floribus parvis, patulis» 
distichis, breviuscale pedicellatis ; sepalis tenuiter mem- 
branaceiSy aequilongis, glaberrimis^ subtiliter trinervu- 
losis, dorsali late oblongo, obtaso, lateralibus satis 
angustioribas, acutis, in valva usque ad tertium bifida 
non carinata basi antice paaio gibbosa connatis ; petalis 
ovato-oblongis subrhomboideis, obtusiasculis, uninerviis, 
margine integerrimis, glabris, sepalo dorsali multo 
brevioribus; labelio submembranaceo, petalis aeqailongo, 
longiuscule angusteque unguiculato, limbo indiviso, 
auguste ovato, obtuso, margine integerrimo, superne 
subtiliter papilloso, disco uudo; columna longiuscula, 
gracili, clinandrio minute tridenticulato. 

Gaules secundarii erecti vel ascendentes, subrecti, 
1/2-2/3 mm. crassi. Folium erectum vel paulo patulum» 
rigidiusculum, subplanum, limbo 2 i/a-3 cm. longo et 
7-10 mm. lato, petiolo gracili 4-6 mm. longo. Pedunculus 
communis erectus, inferne strictus, apice valde fracti- 
flexus, 4-6 cm. longus. Pedicelli capillares, patuli, recti. 



315 

basi cufii pedunculo breviter connati, 3-5 mm. longi. 
Bracteae 1 i/«-2 mm. longae. Sepala satis divergentia, 
valde concava, 6 mm. longa, dorsale 3 mm. latum, 
lateralia in valva 3 i/s mm. lata connata. Petala subpel- 
lucida, 2 i/s mm. longa, 1 i/s mm. lata. Labellum 
subtiliter trinervulosum, 2 1/9-2 s/4 mm. longum, 1 mm. 
latum. Golamna vix incurva, 2 i/t mm. longa. — Âffinis 
P. marmoratae Gogn. 

*5. Paulo (Comm. Gcogr. e Geol. S.Pauln, n. 2567 part.). 

llGbia. *Plearolhalllii Barbosaaa De Wild. in Gard. Chron., 
ter. 8, XXXIX, p. 244 (1906). — Brasilia auttrchorientalis, 
loco acenrato haad iodicato (P. Binot). 

117*»**. *P. delugloftM Gogn. sfec. nov. (sect. Hyme- 
nodanthae § Caespitosse] : parva> caespitosa; caulibus 
secundariis gracilibus, teretiusculis, 1-2-articulatis, folio 
malto brevioribus; folio parvo, carnosalo^ longiuscule 
petiolato^ oblongo, apice acuto indiviso vel obscure tri* 
denticulato^ basi breviuscule attenuato^ obscure uni- 
neryio ; pedunculis communibus solitariis vel interdum 
geminatis, capillaribus» apice laxe 2-3«floris^ folio paulo 
longioribus; floribus parvis» patulis» longiuscule pedi- 
cellatis, minutissime bracteatis; sepalis membranaceis» 
acutis» tenuiter trinervulosis» glaberrimis, dorso angu- 
latis, dorsali late lanceolato, lateralibis satis minoribus, 
fere usque ad apicem connatis» basi antice vix gibbosis ; 
petalis obovatiSy apice late rotundatis, uninerviis» mar- 
gine superne subtiliter denticulatis, extus subtiliter 
papillosis, sepalo dorsali multo brevioribus; label lo 
carnosulo» petalis sublongiore» anguste deltoideo, apice 
obtuse trilobato, margine integerrimo, supra superne 
subtiliter papilloso ; columna breviuscula, gracili, apice 
acute tridenticulata. 



316 

Gaules secundarii erecti vel ascendentes, subrecti, 
1-1 i/s cm. longi, 3/4-1 mm. crassi; vagina membranacea, 
arcte adpressa, pallide .fusca, 7-9 mm. longa. Folium 
erectum» rigidum, subplanum, 2 i/s-3 cm. longum, 
8-10 mm. latum, petiolo gracili, supra profunde canali- 
culato, 4-8 mm. loago. Pedunculi communes erecti, 
leviter flexuosi» 4-5 cm. longi. Pedicelli tenuiter C2q[)il- 
lares, erecto-patuli, leviter arcuati, basi cum pedunculo 
brevissime connati, cum ovario 5-7 mm. longi. Flores 
flavescentes, atropurpureo striati et punctati. Sepala 
valde divergentia, dorsale 8-8 i/a mm. longum et 3 mm. 
latum, lateralia in valva 6 i/3-7 mm. longa et 4 mm. lata 
apice minute bidentata connata. Petala leviter concava, 
3-3 1/4 mm. longa, 2-2 1/4 mm. lata. Labellum obscure 
trinervulosum, 3 i/n mm. longum, sub apice 2 mm. 
latum. Golumna paulo incurva, 2 mm. longa. — Affînis 
P. tricoloris Cogn. 

*S, Paulo (Gomm. Geogr. e Geol. S. Paulo, n. 2567 part.). 

119. PleBrolhallld hUns Lindl. — Rio de Janeiro (Glaziou, 

n. 20508). 
120 P. Orobyl Lindl. — 5. Paulo (Comm. Googr. e Geol. S. Panlo, 
n. 1283); Apiahjr (Paiggary) ; Ilatinga (Alex. Hummol) . 
Minas Geraes (Gomm. Geogr. e Geol. Minas, n. 1188). 
128 P. plela Lindl. ^*Alto AmoMnaa : Secut flum Jaruâ in sylyia 

propeBom Fiin(B. Uic, n.5277). 
196. P. trialata Coga. — Rio de Janeiro : Alto Hacahé (Glazioa) . 

*S. Paulo : S. Hanoel do Paraiza (Alex. Hummol, n.7). — « Flores 
flavo-auranliacei, in tut purpureo-punctati ». — Florct Janua* 
rioJunio. 
127. P artlenlata Lindl. ^ */ito (/« Jan0<ro (Gtaziou, n. 20497o) 

Brasilia loco accarato baud indicato (Princ. Maximil. de Wied, 
Glaziou, n. 18535a et 20497) . 
123. P. ieplotefolâa Barb. RoJr. ^ Minât Geraès : Caldas (Lindberg, 
n. 5-30) . 
Rio de Janeiro : Alto Macahé (Glaziou) . 



317 

*S, Paulo (Comtn. Geogr. 6 Geol . S. Pftulo, n, 3560) ; Itatinga (Alox. 

Ilunimel); Âpiahjr (Puiggary, sine n. et n. 3463) . 
*Rio Grande do Sul : S. Loarenço (H. von Thcring). 
134 Plearothallls lilaelna Barb. Rodr. — Minas Geraes : 
Sitio (If. Schenck» n. 3173) ; Cap&o prope Ouro Preto (Sena 
ex Schwaekc, n. 9400; — ■ flores obscure purpnrei, odoro 
eucumerum »), 
*Rio de Janeiro (Glaziou). 
185. P. avraaliaea Barb. Rodr. ~ *S. Paulo : S. Manoel de Paraizo 

(Alex. Hammely n. 8). 
139. P. tercii Lindl. -^ *Rio de Janeiro : In rupibus ad Podra do Gonico 
prope Noya Friburgo (E. Ule, n. 4688; — • floret Januario). 

151. P. oIlKanlha Barb. Rodr. — *S, Paulo : Piassagnera (Lôfgrcn 

Icon, n. 84; — floret Septembri). 

152. P. hamasa Barb. Rodr. — Minas Geraes : Serra do S. Sebasti&o 

(Comm. Geogr. e Geol. Minas, n. 1575; — flores rosei). 
157. P. HoflinanBiiegglaDa Rcichb. f. ^ Adde synon. : P, foetens 

yar /9. Hoffmannseggiana Reichb. f. in Hamb. Gartent,, XV, 

p. 53 (1859). 
168. P. Radrlisnaali Cogn« — *Rio de Janeiro (Giazioa). 

170^**. *P. aabratoniilfalla Cogn. spec. 7iov. (Sect. 
Saroodanthae § Brachystaohyae) : mediocris ; eau- 
libus secundariis remotis, satis gracilibus, inferne tere- 
tiusculis, superne lateraliter paulo compressis antice 
profundiascule canaliculatis, inarticulatis, basi univagi- 
natis, folio multo longioribun ; folio satis parvo, crasse 
carnoso, sessili, suborbiculari vel rarius late ovato, apice 
obtuso et minute tridenticulato, basi rotundato-subcor- 
dato, uninervio nervulis lateralibus indistinctis ; pedun- 
culis communibus solitariis vel geminatis, gracilibus» 
glabris, folio satis brevioribus, superne laxiuscule 3-5- 
floris, basi spatha parva glabra acutaque inclusis; brac- 
teis parvis, ochreatis, glabris, apice oblique truncatis; 
floribus parvis» patulis, brevissime pedicellatis; sepalis 
carnosulisy glaberrimis, tenuiter trinerviis, non carinatis, 



318 

dorsali oblongo, obtuso, lateralibas satis brevioribus, 
acutist in valva elleptico-ovata apice minute bidenticulata 
basi antice leviter gibbosa connatis; petalis linearibus, 
acutis, uninerviis, roargine integerrimis, sepalo dorsali 
triplo brevioribus; labello carnoso, petalis aequilongo, 
breviuscule lateqae unguiculato, indivise, elliptico- 
oblongo, apice rotundato, margine integerrimo, supra 
superne subtiliter papilloso, disco ad médium tenuiter 
bicristato; columna breviuscula» claviformi, clinandrii 
marginibus subtiliter denticulatis. 
Rbizoma repens, elongatum, satis gracile» flexuosum. 
Gaules secundarii ascendentes, satis arcuati, 8-10 cm. 
longi» inferne 1 mm. superne 1 i/s-2 mm. crassi. Folium 
patulum superne satis recurvum, rigidum, subplanum, 
2 i/ï-4 cm. longum, 2-3 cm. latum, nervo mediano supra 
profundiuscule canaliculato, subtus paulo dislinclo, 
Pedunculi communes folio adpressi, 1 1/3 -3 cm. longi; 
spatha basilaris carnosa, lateraliter valde compressa, 
dorso acute carinata, 4r7 mm. longa. Pedicelli cum 
ovario 2 mm. longi. Bracteae membranaceae, pallidae, 
1 i/t-2 mm. longae. Sepala satis divergentia, dorsale 
6-6 1/) mm. longum et 2 mm. iatum, lateralia 4 i/s mm. 
longa, in valva 8 mm. lata connata. Petala subpellucida, 
2-2 1/4 mm. longa, 1/2 mm. lata. Labellum leviter con- 
cavum, tenuiter trinervulosum, 2 i/i-2 i/t mm. longum, 
1 1/3-I i/s mm. latum. Golumna 2 mm. longa. -- Affinis 
P. exarticulatae Barb. Rodr. 

*Rio de Janeiro (Glazioa). 

Braêiiia austro-orientûlis loco accuralo haud indicato (Glazîou, 

n. 14326 c). 
17U PlearolhalliM RtograndeB§U Barb. Rodr. rar. long;!- 

eaolls Cogn. — *S. Paulo : Itatinga et Tictè (Alex. 

Ifaminel, n. 5). 



319 

Paraguay : In sylriM prope Gugaaxû (Htssler, n. 9394; — « hcrba 

epiphyta, 15-â5 cm. alU; petala lividt. ~ Floret Mtrtio >). 
17S. Plear«thalllii plalyalaehya RegeU ^ *S, Baulo (Gomm. 

Gcogr. Geol. S. Paalo, n. 3268). 
181. P. steaaiietala Liadl. — *S, Catharina : Garcia propo Blumo* 

nau» in syWis (E. CJie, n. 1818 ; ~ floret Aprili). 
180. P. li€tero|ihylia Gogn . — Rio de Janeiro (Giasioa» n. 17785a). 
189. P. diensillara Gogn. — *S. Paulo (Gomm. Gcogr. e Gool. 

S. Paulo, n. 2301). 
193. P. mafeoidlea Liadl. ^ *S. Catharina : Flaggenberger, in 

rapibus (E. (Ile; -^ floret Aagaato«Septembri) . 
193. P. palwtnata Gogn. — *S, Paulo : Gampo Grande (Gomm. Gcogr. 

e Gool. S. Paalo, n. 3272). 
197. P. rabcni Lindl. var. latlfolla Gogn. — *S, Paulo (Comm. 

Geogr. c Geol. S. Pauto, n. 1861); Apiahy (Poiggary, 

0.2823). 
206. P. lloearlfolta Gogn. ~ *Rh de Janeiro : Alto Maeahé (Giazioa ; 

— flores albi ; floret Octobri) . 
*5. Pauh (Comm. Geogr. e Geol., n. 2600). 
208a P. cxigaa Gogn. — Rio de Janeiro: Thcresopolis ad tnmeos 

arbonim (E. (Ile, n. 4124; — floret Deeembri). 
213. P. noarael Gogn. var. brevlfolla Gogn. — Rio de Janeiro : 

Alto Maeahé (Glaziou). 
210. P. pterophopa Gogn. — Rio de Janeiro : Sen*a dos Orgàoa, in 

sylvis ad trnneos arbornm (B. Ule; — floret Deeembri). 
218bis. P. naralaiensU Rolfe in Traits. Linn. Soc. Lond., ser. 2» 

Bot. VI, p. 58 (1901). — *Guiana anglica : Mont. Roraima, 

altit. 2^50 (Me Gonnell et Queleh, n. 687). 

Spocies nomino tantnm nota. 
P. Brasllienait; Bot. Centralbl., LXXX, p. 476 (1899). 

XXXII. RESTREPIA Konth. 

4. WL. Gardaerl Benth. — Rio de Janeiro : Alto Maeahé, altit. 1000 m. 
(E. Ule, n. 4752); Serra dos Orgftos (Ë. Ule; — floret 
Deeembri). 
*5. Paulo (Gomm. Geoc;r. e Geol. S. Paulo, n. 2211). 



320 

XXXllbf. BRACHIONIDIUM Lindi. 

1. B. brevleaudatom Rolfo în Tran», Linn. Soc. Lond., ser. 9» 
Bot. VI» p. 59 (1901). — *Guiana angltea ; Roraima, tltit. 
1150 m. (Me Gonnell et Qaeich» n. 705). 

XXXIII. OGTOMERIA R. Br. 

I. O. grandlllara Lindi. — *S, Paulo (Comm. Geogr. e Geol^ 

S. Paulo, n. 2585). 
— var. robasta Gogo. — *S, Paulo (Comro. Gcogr. e Geol. 
8. Paulo, n. 2589) 
2bis. O. CoBDellII Rolfc in Trans. Linn, Soc. Lond,, ser. 2, Bot. VI, 
p. 60 (1901) -^ *Guiana anglica : Mont. Roraima, altit. 
2850 m. (Me Conntll et Qaelch, n. 700). 
8. O. pvftilla Lindi. > *Rio Grande do Sul : Porto Âlogrc (J. Czeriuak 
at ReîncciL, n 372; — floret Jalio). 

4. O. lltnvpblla Barb. Rodr. — Rio de Janeiro : In cacumîne Serra 

dos Orgftos propa Thcrezopolis (J. do Moura, n. 105). 

5. O. plalcala Barb. Rodr. — *Rto Grande do Sul (Gaudiebaad, 

n. 835). 
10. O. «•neolar Barb. Rodr. — *S.' Paulo : Itatinga (Alex. Hummel, 
n. 8; — flores flavo-cîlrini; — floret Martio-Aprili). 

II. O. erasaifolla Liiidl. — *Minas Geraesi Serra de Itacolami in 

rapibus (E Ule, n. 1993). 
Rio de Janeiro (£. UIc). 

S. Paulo (Gomm. Geogr. c Geol. S. Panlo, n. 2300); Campinas 
(Efoack, n.80); Itaiinga» San Manocl do Paraizo, CG. (Alex. 
Hummel; — c flores suave olen tes ■). 
* Paraguay : Guarupi (Balansa, n. 2990) 
— Tar. friarilealata Gogn. — *Mina$ Geraes: Rio Verde 

prope Galdas (Regnell, ser. III, n. 1680). 
*5. Paulo : Apiahy (Puiggary, n. 3010). 
38. O. helvola Barb. Rodr. — Rio de Janeiro (Glaziou). 
89. O. Ipptophylla Barb. Rodr. — *R%o de Janeiro (Glaziou). 
41. O. alolfoUa Barb. Rodr. — *5. Pauh : Serra de Botucatu prope 

Itaiinga (Alex. Hummel). 
42 O. IVawpae Rcichb. f. — S. Paulo (Comro. Geogr. e Geol. 
S. Paulo, n. 2541). 



321 

46. Hetomerla JanelMIa Barb. Rodr. — Rio de ^anêiro (Gluiou, 

II. 17805). *S. Catharina : S. FraacMco(E. Lie, n. 943). 

47. O . chainaelepf otes Reichb. f. — *S. Patèio : Apiahy (Poiggary). 

Rio de Janeiro : Scm dos Orgâos prope Therczopolis (H. Schcnck, 
n.2600). 

48. O. s^aellis Lodd. — S. Paulo (Corom. Geogr. o Geol. S. Paulo 

8inc n.); Apiahy (Puiggary, n. 8855). 

49. O. decambeas Cogn. — *S. Paulo : Itatinga (Alex. Hummel). 

50. O. brevifolia Cogn. — Alto Âmawnas : In sylvis prope Manàos 

(E. me, n. 456) 
50w« O. parvifolla Rolfe in TVfliw. Linn. Soc. Lond. «cr. 2. Bol. VI, 
p. 60 (1901). — *Guiana anglica : Mont, Roraima, in eacu- 
minc, altit. 3850 m . (Hc Connell et Qaelch, n. 696). 

XXXIV. ISOCHiLUS R. Bt*. 
1. I. liaearis R. Br. — * Paraguay : Taeanguâ (fiassiez n. 993). 

XXXVI. TETRA6AMESTUS Reichb. f. 

1 T modestasReiehb. f. — flto(ie/aAitfOiGarnio(Neves-ArmoDd, 
n 821). 
*5. Catharina : Blumenau (E. Ule, n. 1319). 

XXXVII. PONERA Lindl. 

1. P. aastralls Cogn. — Minau Geraës : S. Jofto d'El Rey (Comm. 
Googr. e Geol. fflinaa, n. 1666; — ctcrrestrin; florca albo- 
lutei; floret Julio •) • 

XXXVIII. SCAPUYGLOTTIS Poepp. et Endl. 

6 . S proliféra Cogn . ~ *Peruvia : Pror. Loroto ad Ccno de Ponasa, 

altit. 1300 m. (E Ulc, n. 56p). 
S. S. reflexa Lindl. — S. Paulo (Comm. Geogr. o Geol. S. Paulo» 

n.2872). 

Ohê, — Le 5. Coffniauxiana De Wild. (in Gard. Chron., 1905, I, 
p. 88) a été signalé par erreur comme prorenant du Brésil. J'ai fait 
connaître {loc. cit.^ p. 121) qu'il a été récolté par le D' Purpus aux 



322 

enTÎronf d*Orisaba (Mexique). Je croîs utile do rappeler cette rectifica- 
tion , car la patrie enronée da Brésil a encore été indiquée tout récem- 
ment pour cette espèce {Journ, Soc. Nat. d^Bort. de France, septembre 
1906, p. 697). 

XXXIX. HEXADESMIA BroDgD. 

3. 11. « • ■ •phyllji Barb. Rodr. — Rio de Janeiro : Goreovado, in 
arboribns (H. Sebenek» n. 1897; — floret Decembri). 

XL^. ISABELIA Barb. Rddr. 
1. I. vlrginalhi Barb. Rodr. * S. Paulo : lutinga (Alex. Hammel). 

XLIII. LANIUM Benth. 

1. II. Avlcvla Bentb. — *S. CathariiM : Garcia prope Blamenaii» in 

sylvis (E. Ule, n. 1828). 
9. Ma. BerkaUyl Rolfe. - *S. Caiharina : S. Francisco (B. Ule; — ' 

floret Maio). 

XLY. EPIDENDRDM L. 

5. E. •■cldU«Mc« Lindl. — ^Paraguay : S. Bernardine et prope 

Inguero (Hassler, n. 1970 et 9605). 
89. E. ▼aricgatiim Hook. — *Rio Grande do Sul : Porto Alegre 

(J. Csermak et Reinoeke, n. 167). 
49. K. Invcrtmii Lindl. — S. Paulo : Itatinga (Alex. Hommel). 
48. K. lalra Reicbb. f. — Minât Geraëi : Pico de Papagaio (E. Ule, 

n. 4024 ; — floret Martio). 

45. E. fra|:raBS Swarti. — 5. Paulo (Comm. Geogr. e Geol. 

S.Paulo, n, 2988). 
*JftfMi Geraëê (St-Hilaire ser. D, n. 66). 
Para : Secus flum. Jurua Hiry prope Belem (E, Ule, n. 5775). 

46. E. HVIdgrenlt Lindl. — 5. Caiharina : S. Francisco (E. Ule); 

Garcia prope Blumenan (E Ule, n. 1824)* 
48. E. ealamarlam Lindl. rar. tatlMiam Cogn.— * Minai Geraèsi 
Serro de Caparaô (Schwaeke, n. 6880; — floret Fcbmario). 



323 

51. Epidendrvm armenlaciim Lindl. — S. Catkarina : 
Joinrillo (E. Ule. n. 10) . 

54. K. patens Swarts, — *S. Gatharina : Blamenaa (H. Schenek, 

n. a05). 
"Bûlda (filanchet). 
*Para : Eatrema lecas flam. Jamâ Miry (E. Ule, n. 416) . 

55. K. Caoperianvni Batem. ^ *Rio de Janeiro': NovaFriburgo 

(Claauen, n. SOO) . 
56 E laiif;lspathiuii Barb. Rodr. — "Rio de Janeiro : (Glazion^ 

n. 15458) . 
*5. Paulo : Gampos de Bocaina (Gomm. Geogr. e Gcol. S. Paalo, 

n. 24a5). 
58. K. ranlfermii Lindl. — *Rio de Janeiro: Coimo Velho prope 

Larangeirofl (Glaxioa» n. 11619; — flores yirides) . 
63. K. smarai^dlBaiii Lindl. — Rio de Janeiro i Carmo (Noyea- 

Armond, n. 85) ; in syWis supra arbores ad Tijaca (E. Ule, 

n. 4161; — floret Aprlli); Serra dos Orgaôa (J. de Moura, 

n. 65). 
68 . E. Ollcaale Lindl. ^ 5. Paulo : Cantareira (Gomm. G«ogr. o Geol. 

S. Paulo, n. 2315). 
Rio de Janeiro : Manâ (E. Ule, n. 4117) . 
7i. E. Blartiaaaiii Lindl. — Minas Geraès : Estaçaô do Macaia 

(Gomm. Geogr. e Geol. Minas, n. 690). 
76. E. eampestra Lindl. -^ Minas Geraës : Villa Riea, in sazosis 

(Riedcl, n. 410). 
88. E. eloagatom Jacq. — Rio de Janeiro : Morro da Noya Qntra 

(Sehwackc, n. 6157). 
*Rio Grande do Sul : Porto Alegro (J. Gzermak et Reineck, n. 876)« 
84. E. eltlptleom Qrabam. — S. Gatharina : Joinyille (E. Ule). 

Rio de Janeiro : Reslinga prope Capocabana (B. Ule, n. 4019). 
93. E naetaraam Jacq. — *S. Paulo : Gubatâo (Gomm. Geogr. 

e Geol. S. Paalo, n. 3331). 
— var. mlnaa Cogn. var, nov, — Planta mnlto gracilior. Gaules 

1-2 dm. longi, 2-8 mm. crassi. Folia crecto-patula, 5-7 */2 cm. 

longa, 8-14 mm. lata. Pcdicelli cum ovario 8 cm. longi. 

Flores aibi, sepalis pctalisquç 21-24 mm. iongis. 
*Peruvia : Prov. Loreto ad Ccrro de Escaler (E. Ule, n. 6689). 
98. B. lalllabra Lindl. — RU) de Janeiro : Tijuca (fi. Ule); Serra dot 

Org&08(B. Ule, n. 4118). 



324 

*S. CathaHna : S. Franciico (E. Ule); Garcia prope Blamenan 

(E. Ule, n.1823). 
104. Epidendram corymbosiiiii Lindl. — Rio de Janeiro : 

Coreorado (H. Schenck, n* 3384); sccn» flum. Paqoequer et 

ad Serra dos Orgàos prope Thcresopolis (J. de Moura» n. 86, 

58 et 980). 
118bli. E. rapleolom Gogn. — *S. Pêulo : Serra Gantareira (Gomm. 

Geogr. e Geol. S. Paalo, n. 8368). 

117. E. diiram Lindl. var. parwlflomiii Lindl. — Minai Oera» : 

Caraça, altit. 1500 m. (E. Goanelle). 
*Rio de Janeiro: Serra do Hacabé, altit. 1200 m., in ropibvs 
(E. Ule, n. 4954: -* floret Febraario). 

118. E. camMiam Lindl. — iiinai Gereie : Itacolnmi et ad Serra de 

S. Joié d'El fiey (Gomm. Qcogr. e Geol. Minas, n. 1553). 
133. E. flarlbandani K.ontb. — Rio de Janeiro : Noya Fribuigo 

(Raben). 
137. E. 1¥<>ddellli Lindl. — ^Paraguay : Igatimi (Haasler, n. 4884). 
129. E. ri|;ldaiii Jacq. — S, Catharina : Blumenau (Ë. Ule» n. 1825). 

5. Paulo : Itatinga, Tieté, etc. (Alex. Hummel, n. 16). 
180. E. ramaflam Jacq. — Rio de Janeiro i Serra do Macahé, altit. 
1000 m., in rupibus (Schwackei n. 4950); Serra dos Orgàos 
ad Thorczopolis (J. do Monra, n. 80 part.). 
183. E. plam Reicbb. f. et Warm. ^ *Rio Grande do Sul : Porto 

Alegre (J. Gzermak et fielneck, n. 167). 
188. K. Bodrifçaeail Gogn. — S. Catharina: S. Francisco (E. Dlo). 

XLVll. CATTLETA Lindl. 

33. C. vlalacea Reicbb. f. in Gard, Chron, now ser. VIU, p. 134, 
in adnot. (1877); Rolfe in Gard. Chron. sor. 8, V, p.803 (1889). 
— Maito Grosso : Jatobà (Pilger, n. 654). 
83i>i*. €. Jeamâail Rolfc in Kew BuU., 1906, p. 85. — *Guiana 
anglica : Ad fontes flum. Mazanint (Jenman^ n. 7750). 

XLVIIL LEPTOTES Lindl. 

1. II. blealar Lindl, — Rio de Janeiro (Glasiou). 
S. Paulo : Apiahy (Puigary ; — floret Octobrî). 
Paraguay : Secns flum. Tapiragnay (Ilasslcr, n. 4133). 



325 

4. ]Lept«tes teaais Rciehb. f. — *S. Paulo : Apiaby (Puiggary, 
n: 8143; — floret Julio). 
*S. Catharina : Sào Bento in arboribus (Scbwacke, n. 4957). 
Brasilia attstralis (R. von Wettstein). 

XLIX. BRASSAVOLA R. Br. 

1. B. Afartlana Lindl. — Alto Âmazonai : Manftos sccus flum. Rio 

Negro (E. Ulc, n. 6001). 
8. B* Perrtnil Lindl. — Paraguay : S. Bernardino, Cordillera de 

Altos et Gaagaazû (Htsslcr, n. 1971, 2608 a, 26086 et 0668). 
10bi«. B. ChacMnsis Kracnzl. in Engl. Bot. Jahrb., XXXVI, Beibl. 

n. 80, p. 7 (1905). ^ *Argentina : Chaco (Spegazzinl, 

n. 69472). 

L. LAELIA Lindl. 

6. Ml. rap€stris Lindl. — *Rio de Janeiro : Pedra do Coureo prope 

Noya Frlbargo, in rupibas (E. Ule, n. 4645). 

7. II. flava Lindl. — *Bahia (Blanchet, n. 1017). 

*Riode Janeiro : Nova Fribargo (Rabon). 
19. Ml. Begncllti Barb. Rodi*. — S, Paulo : Capoeira sccus flam* 
Hogy-Gaaaaù (Comm. Geogir. e Geol. S. Paulo, n. 1819; — 
« flores violacei ■). 

LU. SOPHRONITIS Liodl. 

4. S. eeraoa Lindl. ^ Rio de Janeiro (Glasiou). 

— var. albiflora Cogn. var, no», — Flores albi. 
* Minas Geraês : Serra de Lavras Novts et Serra de Campanema, in 
rupibus (Schwacke, n. 7614 et 9314). — Floret Martio-Junio. 

5. 8. ptar^carpa Lindl. — Rio de Janeiro : Gavea (Rabcn). 

6. S. ¥lala«ca Lindl. — Rio de Janeiro; Gavea, in arboribus vetustis 

(Glaziou, n. 8032; — « flores laete rose! a); in rupibus td Rico 
do Papagaio (E. Ule, n. 4864). 
Minas Gérais : Pedra firanea et Caldas, in rupibus (Lindberg, 
n. 524). 

LUI. ELLEANTHUS Presl. 

7. E. allgantlliui Reichb. f. — Peruvia : Prov. Loreto ad Gerro de 

Pontsa, altit. 1400ni., in arboribus et in rupibus (E. Ule, 
n. 6690). 

22 



326 



LIV. SOBRALIA Ruiz et Pav. 



7. S. Ombrlata Pocpp. et Eudl. — Ptruvia : Prov. Loreto td Gerra 
de Escales altit. 1400 m., in rupibui (Ë. (lie, u. 6675). 

LV. BLETIA Ruiz et Pav. 

3. B. IftodrIgaestI Gogn. — Minas GertiBs : Serra da Cam a .liu 
(Comin. Geogr. o Geol. MinaB, n. 1710). 

LVI. CYRTOPERA Llndl. 

1. C Unglfolia Rciehb. f. — S. Catharina : S. Francisco (E. Ulc, 
n. 2Ô5). 

jLVlw. PTEROGLOSSASPIS RcIchb. f. 

1. P. Argeatlna Rolfe ex Stuckort in Ann» Mu$. Nac. Buenos ili/et, 
IX, p. 11, in Orch. Rev., Xil, p. Id6 (1904), in Kew Bull., 
1906» p. 86. — *Argtnlina : In pracmont. laxos. yallc Rio 
Primero prope Gordoba (Slnckert, n. 64S5). 

LVIL CYRTOPODIUM R. Br. 

1. C. punetalaiii Lindl. — Rio de Janeiro : Manâ et Tijuca (E. Ule, 
n. 4116 et 4176). 
*S. Calkarina : S. Francisco (E. Ulc, n. 237). 
7. C ▼ireseens Rciehb. f. et Warm. — Paraguay : Tobaly intcr 
rapes et secus flum. Âpa (IlaMlcr, n. 6131 et 8262). 
10. C. parpureaoa Reiehb. f. et Warm. — Goya% : Scrtao d'Ama- 
roleité (Weddoli, n. 2739, 2i01 cl 3071). 
5. Paulo : Inter Gajun'i et Canna Vcrdc (Rcgndl ser. III, n. 1179*). 
^Paraguay : Igallmi (llassler, n. 5624). 
13. C palâidum Rciehb. f. et Wani. — ^Paraguay : Prope flam, 
Tapiragaay (Sasslcr, n. 4316) • 
Minas Geraet (St-Iiilairc, B\ n. 22S0). 
17. C ebaraeam Barb. R>dr. — *Peruvia : Prov. Loreto in rupibaa 
prope Cancla Usiah, altit. 1000 m. (E. Ule, n. 6691) . 



32t 

LVIII. WARREA Lîndl. 

!• 1W. trteot«r Lindl. ^ *5. Paulo : Itatinga, in lylrîs nmbrosis 
(Alex. Hummel, n. 12). 

LIX. GOVENIA Lindl. 

1. Cl. CUirdnerl Hook. — Rio de Janeiro : Serra do Maeahé, altit. 
900 m. (E. Ule, n. 4953). 
*S. Paulo : Piritaba (Comm. Geogr. c GcoU S. Paulo, n. 2981); 
Itatinga (Alex. Hiunmel, a. 11). 

LX. CYANAEORCHIS Barb. Rodr. 

1. C JkronAaae Btrb. Rodr. — ^Paraguay : Ipé-Ha in Sierra 
Maraeayu (Baaaler, n. 5828) . 

LXII. CATASETUM L. C. Rich. 

10. C. âlraHui Lindl. ^ *S. Paulo : Serra Ncgra, 9 (Comm. Geogr. 
6 Geoi. S. Pavlo, n. 2289, Lôfgren Icon. n. 23); Itatinga, d* 
(Alex. Hummel). 
38. C. Ombrlalam Lindl. — 5. Paulo : Campinas (Noack). 

Paraguay : Cordillera de Altos (Hassler, n. 8655 et 8656). 
45. C. cernnm Beichb. f. — 5. Paulo : Campinai (Noack). 

LXVL XYLOBIUM Lindl. 

2 *X. f«T€ataiii Stein (Maxillaria foveata Lindl.; Warm. Symh, FI. 
Bras. Centr. part. XXIX, p. 847). 
*M%nan Geraëê : Lagoa Santa^ in syivii rarissima (Warroing). 
5. *1L. bràchystachyam Kraenzl. in Gard. Chron., sor. 8, XL, 
p. 802 (1906). 
*5. Catharina (W. Ilcnnen). 

LXVlir. BIFRENARIA Lindl. 

1. B. aihrantiaea Lindl. — ^Surinam : Para, in arboribua (Wull- 

sehlaegel, n. 559) . 
8i>t«. *B. Faralaihbarsiaaa Sehlecht. in Orchie, f, p. 25, fig. 12 

(1906). — *S. CaihaHna (Francke). 



328 

2. VifreBaria avreo-falvà Lindl. — Minos Gérais : Scrrt 

lutiaia ad Fazcnda Henri()OC (E. Gouncllc); in saxis ad 
Serra da Cachoeirado Campo (Schwackc, n. 10471). 
15. B. vltelHaa Lindl. — Rio de Janeiro ' Tijaca, aupra arbores 
(E. Uie); Serra dos Penitenlca propo Thcrosopolis (J. do 
Moura, n. 117). — Floret Februario-Aprili . 

LXXVI. STANHOPEA Frosl. 
8. S. Kraveolen» Lindl. ^*5. Paulo : Gampinas (rfoack). 

LXXXIIl^^ ROCHIOPHYTOIV Sclilcchl. 

1. IL. ■esrenst» Schleciit. — Ainsi qnc M. KracnzUn me l'a fait 
remarquer récemment, ecUe espèce est identique à VAcacallis 
cyanea Lindl.; le genre Kochiophyton doit donc étro rapporlé 
comme synonyme à Acacallin Lindl. 

LXXXIV. ZYGOPETALDM Hook. 

1. Z. lAlermediooi Lodd. yar. Peruvlanam Rolfc. — *Bolivia : 
Yungas (Weddell, n. 433^). 

3. Z. Slackayl Hook. — Minas Geraës : Serra de Ouro-Prcto (E. (Ile, 

n. 1995); Serra Itatiaia ad Sitio de Ramos» altit. 3000-2300 m. 
(£. Gouncllc). 

4. Z. triste Bai'b. Rodr. — Addc synon : Z. Proteroeanum Hort, 

Gard. Chron., 1899, H, p. 198; Orch, Rev., 1899, p. 287, — 
teste Rolfo in Orch, Rev,, 1905, p. 163. 
9bi«. Z. Hastlerlanam Rracnzl. in Engl. But. Jahrb., XXXVU, 
p. 389 (1906). — ^Paraguay : Gaaguazû, in truneis ÂlsophUae 
atrovirentis in dumetis paluilosis (llasslcr, n. 9020; — floret 
Fobruario). — «t Herba epiphylica, repens, 0™5-0"8; sepala 
pelalaqoo suporne viridia badio puiiolala, inferno liltcina ». 

LXXXVII. BULBOPIIYLLUM Thoiiars. 

3. B. ^latiaosamCogn. — *S. Paulo (Co n.n. Gcogr. e Geol. S. Paulo, 

n. 3275). 
5 B. atraparpaream Barb. RoJr. — *Rio de Janeiro : Thereso- 

polis in arboribus (J. de Moura, n. 26; — floret Junio). 



329 

13. Ilalbophyllain Benaellil Reichb. T. — 5. Paulo : Itatinga 
(Alex. Hammcl). 

16. B. laeiaiatvin Cogn. T&r. jrànelrense CogD.— Rio de Janeiro 
(Giaziou). 

22. B* JLandiaBam Reichb. f. et Warm. — *Rio de Janeiro (Giaziou). 

2). B. IVeddetlIi Reichb. f.; Bot, Mag., lab. 7958; Gard. Chron.^ 
ser. 3, XXXV, p. 380, XXXVl, p. 293 et 882, fig. 167; Kew 
Bull, 1905, Append. III, p. 68. — Minai Gerces : Biribiry 
prope Diamanlina, in saxîf (Schwacke, n. 8409). 

38. B. eplphytan Barb. Rodr. — Hlinas Geraes (Lindbcrg, n. 521; — 
florot Septembri) 

LXXXVIIL GROBYA Lindl. 

1. et. Anhersliaa LIndi. — * Minât Geraet : Caidas (Rcgnell, scr. III, 
n. 2063); Serra do Oaro Pieto, in eaeomine saprt arbores 
(Schwacke, n. 10421, Magalhàes Gomci, n. 1948); loeo 
aceuralo h and indicato (Giaziou, n. 16378). 

2 et. galeatà Lindl. — *Minas Gérait : Serra do Itatiaia ait. 1500 m., 
in rupibus (E. Ule, n. 3472). 
*S. Paulo (Comni. Geogr. e Geol. S. Paulo, n. 8270). 



XC. MAXILLARIA Ruiz et Pav. 

4. n. rafeseans Lindl. — *5. Paulo: Campe Grande (Lofgren, 

leon.» n. 11). 
15. in. ehlorantha Lindl. — S, Catharina : Bluroenau (Schwacke, 

n. 4997). 
Rio de Janeiro : Serra daa Araras prope Therczopoiis (J. de Moura, 

n. 77): 
*Guiana gallica (Poiteau). 
25 n. erocea Lindl. — Rio de Janeiro : Therczopoiis in sylyis supra 

arbores (J. de Moura, n. 52). 
3 ). B[. eraffsifoila Reichb. f. — *Rio de Janeiro :. Serra do Hacahë in 

arboribos (E. Ulc, n. 4949). 
31. JH. eehialphyta Barb. Rodr. — Rio de Janeiro : Alto Mscahé 

(Giaziou; — floret Junio); Serra da Rica prope Cascadura 

(Schwacke, n. 6981; - fl. Julio). 
38. JH. par phyro stèle Reichb. f. — *S. Paulo : Apiaby in arboribus 

(Puiggary; — fl. Junio). 



330 

44. Haxlilaria dlvarieala Oogn. y&r. *|>arvlfolla Cogn. nov. 

var. — Folia malto minora, angustc liiicari-ligulala, â i/>- 
3 i/a cm. longa, 4-4 i/i mm. lata. 
*R%o de Janeiro (Glaziou). 

45. JIE. metrax Reichb. f. ot Warm. — Brasilia auttro-orientahs 

(Glaziou). 
5ii>u. *JK. Binoti Do Wildcm. in Orchis, l, p. 25 (1906). — Brasilia 

austro-orientalia ioco accurato h&ud iiidicato (P. Binol). 
57. H. Ferdlnandlana fiarb. Rodr. var. '^lateola De Wildcm. in 

Orcfiiê, I, p 26 (1906). — * Brasilia auitto-orientalii ioco 

aecarato hand indicalo (P. Binot). 
60. H. paniila Hoo]l. — *Rio de Janeiro : Carmo (Ncres-Armond, 

n. 38 et 322). 
G4. n. ancata Lîndl. — Alto AmaMnoi : Fortalcza secus flum. Jorad 

infcr. in arboribas (Ë. (Ile, n. 6014). 

65. mCminata Cogn. — *Rio de Janeiro (Glazioa). 

66. HE. madida Lindl. — Rio de Janeiro (Glaziou, n. 20502). 

— Tar. *inonophylla Cogn. var. nov, » Plaota robusta. 
Pseudobulbi omncs apice monopbylii. 
*Rio de Janeiro (Glaziou) . 

67. 31. sabulata Lindl. — Rio de Janeiro: Intor Praio Fltmingo et 

Praia Vermelha (Ricdcl). 
*S. Calharina : Scrtâo do Rio Ncgro (Scht^acke, n. 1350). 
6S. mi. aeleulavis Herbert. — Rio de Janeiro (Glaziou). 
71. m. Itfeowledli Reichb. f — *5. CJa/Aartna : Sâo-Bcnto (Schwacke^ 
n. 5508). 

XCl. SGUTICARIA Lîodl. 

1. S. Hadwenil Hort. ^ *S Paulo : Alto da Serra (Comm. Googr. c 
Geol. S. Paulo, n. 3593). 

XGll. GAMARIDIUM Lindl. 

1. C oehroleacum Lindl. — AUo Amaionas: Fortalcza seeus flum, 
Rio Jurai (El Ule, n. 446). 
*Guiana gallica : Caycnne (Patris). 
3. C robuslam Barb. Rodr. -^ Rio de Janeiro : Serra d'ËslrclIa ii| 
ru pi bus (Ricdcl, n. 46). 
*S' Paulo : Aiambary (Lôfgron, Icon., n, 14). 



331 



XCIII. ORNITHIDIUM Salisb. 

8. O. ehloroleacam Barb. Rodr. — *S. Paulo (Comn.Gcogr. e Gcol. 
S. Pftulo, n. 8276). 

XGIV. TRIGONIDIUM Lindl. 
5. T. tcnoe Lodd. — *Guiana gallica : Cayenne (Patrii). 

XCV. EOLOPHIDIUM Pfiiz. 

I. C macalatam Pfitz. — Rio de Janeiro : Riachudo (Novct- 

Armond n. 118). 
Paraguay : Yaguaron in sylvis umbrosîi (Balansa n. 640). 

XCIX. NOTYLIA Lindl. 

II. ]tf. atcnaiitha Reichb. f. — 5. Paulo : Itatinga (Alex. Hammel). 
15. HT. lyrata Sp. Moorc var. major Cogn. ^ Paraguay : Gaagnisu, 

ad truncos arborum in lylvis (Hasilcr, n. 9288). 

Gl. RODRIGUEZIA Ruiz el Pav. 

8. H. Nejçreoats Cogn. — Alto Ama*ona$ : Sacus flam Rio Negro 

(Roeb, n. 110 ox Schlechtcr in litt.)* 
15. H* rlf^ida Rrichb. f. — S, Paulo : Ubatuba (Comm. Geogr. e Geol. 

S.Pauio, n. 1814). 

eu. lONOPSlS KuDth. 

1. I. paniealata Lindl. — Para : Marary (£. UIo, n. 5870). 
Rio de Janeiro : Garmo (Noves-Armond, n. 42). 
5. Paulo : Taubaté (Comm. Geogr. e Geol. S. Paaio, n. 4051). 
. !• Barrh^llli Rcichb. f. — Para : Belem •cens flum. Juruà-Miry 
(E. Ulc, n. 5779). 

CVIIL GENTROGLOSSA Barb. Rodr. 

5* C? Pernvlaiia Cogn. spec. nov. pseudobulbis nuUis 
vel subnullis; foliis satis numerosis, congestis> disiichis, 
satis coriaceis, conduplicatis, lineari-subulatis, acutis, 
basi breviter vaginantibus, linibo cum vagina articulato ; 
pedanculo filiformi, unifloro, ad médium unibracteato, 



(,iU <i 



332 

foliis circiter aequilongo ; bractea parva^ anguste ovata, 
acuta^basi vaginante;floribus minutis; sepalis linearibus, 
apice obtusis vel subtruncaiis, dorso non carinatis, latera- 
Hbus paulo majoribus basi aniice longe decurrentibus ; 
petalis anguste linearibus, apice subtruncatis, sepalo 
dorsali paulo brevioribus; labello erecto, tenuiter mem- 
branaceo, sepalis lateralibus paulo breviore, indiviso vel 
obscure trilobato, ovato-rhomboideo, acuto, basi in calcar 
elongatuni lineare obtusum producto, disco tenuissime 
unicristato; columna brevi, crassiuscula, claviformi. 

Radiées glabratae. Folia fastigiatim patula, leviter 
arcuata vel falcata, 1 1/2-2 cm. longa, 1-1 1/2 mm, lata. 
Pedunculus erectus> leviter flexuosus, 1-2 cm. longus. 
Bractea adpressa, 2-3 mm. longa. Flores purpurei. Sepala 
erecta vel apice paulo patula, tenuiter trinervulosa, 
dorsale 4*4 1/2 mm. longum et 1 1/4 mm. latum» iateralia 
5-5 1/9 mm. longa et 1 i/a mm. lata. Petala erecta, uni- 
nervulosa, 3 1/2 mm. longa, 1/2-2/3 mm. lata. Labellum 
subtiliter trinervulosum, 4-4 i/s mm. longum, 2 mm. 
latum; calcar pendulum, paulo flexuosum, 6 /3-7 mm. 
longum, 1/2-2/3 mm. crassum, Columna 1 1/3 mm. longa. 

*Pêruvia : Pror. Lorcto, in arboribus ad Ccrro de PonoBs, altit. 
1300 m. (E. Ulc, n. 6688). — Floret Hartîo. 

2. Ceatrofflossa Glaiiovil Cogn. — Rio de Janeiro : Serra doi 

Orgâos propc Therezopolis in arboribus (J. de Moara, d. 49, 

283 et 303; - floret Jalio). 
8. C Crreeaf aaa Cogn. rar. ^aureaCogn. var. nov. — Flores flavo- 

aurei . 
*Rio de Janeiro : Serra doB Orgâos prope Therezopolis, in arboribus 

(J. de Moura, n. 124). 

CXI. TRIZEUXIS Lindl. 

1. T. faleata Lindl. — 5. Paido : Serra de Botacttu propc Itatin^a 
(Alex. Hummel). 



333 



GXll. QDERETTIA Liiidl. 

3. Q. mleroiiiAra Cogn. var. major Cogn. — *Rio de Janeiro 

(Glazioa). 
2^^. *Q. aastraiis Kraensl. in Fedde, Repert,, H, p. 57 (1906). — *Rio 

Grande do Sul : Nea-Wurtomberg, altit. 500 mm. (A. Bora- 

muller, n. 14S). 

3. Q. earinata Cogn. — Adde synon. : Burlingtonia perpunlla 

Rracnzl. ! in Gard. Chron., scr. 3, XXXIII, p. 18 (1903). 
*S, Paulo : Cainpînat (Noack). 

4. Q. Theresiae Cogn. var. aBgaattfalta Cogn. -- Minas Geraès : 

Serra de Ouro Pi*eto (Schwacko, n. 95S2); Passades prope 
Ouro Preto (Magalhâcs Gomes, n. 1849). 

CXIV. ASPASIA Lindl. 
3. Jk. variei^ata Lindl. — *Guiana gallica : Gajcnno (Patris). 

CXVI. DIPTERANTHUS Barb. Rodr. 

2. D. pellaeidiia Cogn. — Rio de Janeiro : Corcorado (Scbwtcke, 
n. 6671; — « planta pondula »). 

CXVII. ZYGOSTATBS Lindl. 

2. Z. Inaata Lindl. ~ 5. Paulo : Serra Negra (Comm. Gcogr. e Gool. 

S. Paulo, n. 8892). 
8. Z. Altentaaa Kracnzl. ~ Paraguay : Piribcbuy in sylris montanis 

supra arbores (Uassler^ n. 1719). 

4. Zygostates paplllaaa Gogn. nov. spec. pseudobulbis 
minutissiinis, aggregatis^ leviter compressis, apice mono- 
pbyllis; foliis minutis, carnosulis, lioedri-Iigiilatis, acu- 
tîusciilis, basi longe attenuatis fere petiolatis ; pedunculo 
communi liliformi, erccto, superne leviter fractiflexo et 
laxiusciile 3-5-floro, foliis circiter aequilongo; bracteis 
ovato-triangularibus, acuminatis, ovario dimidio brevio- 
ribiisT floribus breviuscule pedicellatis, segmentis utrin- 
que subtiliter denseque papillosis ; sepalis subaequilongis, 
liberis, sessilibus, patulis, ovato-oblongis, apice sub- 



334 

roiundatis ; petalis late obovatis, longiuscule abrupteque 
unguiculatis, apice siibrolundatis» margine dentatis, 
sepalo dorsali aequilongis; labello sepalis lateralibus 
aequilongo, ambitu ovato, profonde cyinbiformi, margine 
leviter undulato, apice obtusiuseule triangulo, basi irun- 
caio uirinque obtuse rectangulo, disco tenuiter tricari- 
nato» brachiis basilaribus horizontaliter patentibus, 
linearibus, subfalcatis, apice paulo attenuatis obtusisque, 
columna paulo brevioribus. 

Pseudobuibi 3-4 mm. longi. Folia erecta, rigida, 
1 1/2-3 cm. longa, 3-4 mm. lata. Pedunculus communis 
acute angulatus, 2-3 cm. longus. Pedicelli capillares, 
patuli, cum ovario 6-8 mm longi. Bracteae rigidiusculae, 
circiter 3 mm. longae. Flores ut videtur albi. Sepala 
satis concava, trinervulosa nervulis lateralibus vîx 
distinctiSy 4 mm. longa, 2 i/i mm. lata. Petala tenuiter 
S-nervulosa, 4 i/t mm. longa, 4 mm. lata. Labellum 
patulum, 4 mm. longum, 3 mm. latum; brachia 2 mm. 
longa. Columna 2 i/s-3 mm. longa. — Affinis Z. Aile" 
niaiiae Kraenzl. 

*5. PatUo : Apiahy (Paiggary, n. 8567). — Florct Dccembri. 

m 

CXVllL ORNITHOCEPHALUS Hook. 

3^^'. *0. ipraeiliscapas Gogn. spec. nov. (Sect. Iridi- 
folii) : foliis numerosis> distichis, dense imbricatis, satis 
parvis, vaginis breviusculis, margine auguste pellucido* 
alatis, limbo carnosulo, verticali, lanceolato, subfalcato, 
margine tenui, apice acuto; pedunculo communi ascen- 
denliy tenuiter filiformiy teretiusculo, densiuscule et 
brevissime hispidulo, foliis paulo longiore, fere usque ad 
basin laxe 11-13-floro; bracteis late triangulari-ovatîs, 
acutis, pilosulis, ciliatis^ ovario multo brevioribus; florj- 



335 

bus minutis, longiuscule pedicellatis; sepalis subaequilon- 
gis, obovato-oblongis, apice rotiindaiis, margine superne 
ciliatis; petalis pellucidis, late obovatis, apice rotundato- 
subtruncatis, margine superne denticulato-laciniatis, gla- 
bris, sepalo dorsal! satis longioribus; labello patenti- 
deflexo, sepalis lateralibus subduplo longiore, indiviso, 
ovato-oblongOy basi rotundato, ad médium satis con- 
stricto, apice acuto, margine integerrimo, glaberrimo, 
disco interne 4-carinato, carinis exterioribus crassis car- 
nosisque, carinis interioribus graciiibus. 

Folia flabellatim patula, rigidiuscula, 5-6 cm. longa, 
9-12 mm. lata. Pedunculus communis superne vix frac- 
tiflexus, 7-7 i/a cm. iongus. Pedicelli patuii vei erecto- 
patuli, capillares, subrccti, hirtelli, 5-6 mm. longi. 
Bracteae 1 i/t-2 i/i mm. longae. Sepala satis concava, 
subtiliter trinervuiosa, 2 mm. ionga, 1 mm. lata. Petala 
valde concava, paulo obb'qua, 3 mm. Ionga lataque. 
Labellum subplanum, antice subtiliter 5-nervulosuin, 
3 i/a^ mm. iongum, 2 mm. iatum. — Affinis 0. pygmaei 
Reichb. f. et Warm. 

*AUo Ama^ona$ : Estrcma sccas flum. Jaruâ (E. Ulc, n. 6924 part.}. 
— Floret Scptcmbri. 

4. *Oraithoeephalas avfeafa Reichb. f. et WulUcbl. — *AUo 
Amaionas : Estrcma accus (lana. Juroà(E Vie, d. 6924 part.). 

6. *0. faleatas Fockc — *AUo Ama*ona8 : Estrema secua flum. 

Juruà (£, Ulc, n 6924 part.). 

7. O. eojetleola Barb. Rodr. — Allô Amatonas : In arboribus aecus 

flum. Juruili-Miry (£. Ule, n. 5726). 

8. O. grandlfloras Lindl. — Rio de Janeiro : Petropolû (Kromcr ex 

Schwacke, n. G986; ^ florot Dcccmbri). ^ « Planta pcndula >. 

CXX. CHYTROGLOSSA Reichb. f. 
1. C Harileottiae Roiebb. f. — Rio de Janeiro (Glaziou), 



336 



CXXI. PHYMATIDIUM Lindl. 



1. P. delleatalam Lindl. — Minas Geraës : Itatiafa altit. 850 m. 

(E. Gounellc). 
Rio de Janeiro : Thcrczopolis sccus flam. Paquequcr (J. de Moura, 

n. 101). 
S, Paulo : Alto da Serra (Coram. Gcogr. c Gcol. S. Paulo n. 4^88 

part.). 

2. P. hysteranlham Barb. Kodr. — Rio de Janeiro: Serra dos Orgâoa 

prope Therczopolis (J. de Moura, n. 107). 

5. P. falelfollum Lindl. — Minas Geraës : Serra do Itatiaia altit. 

850 m. (£. Goanelle). 
Rio de Janeiro : Serra dos Orgâoa (Schwackc, n. 4814); prope 

Therezopolis (J. de Moura, n. 54 et 87). 
5. Paulo : Alto da Serra (Comm. Geogr. e Geol. S. Paulo, n. 4038 

part.). 
S. Catharina : Blumenau (Schwacke, ti. 5506). 

CXXIV. GOMEZA R. Br. 

1. «. laxiflora Kl. et Reichb. f. — «5. Paulo (St-Hilaire ser. C\ 

n. 1223). 
4. G. Barkerl Regel. — S. Catharina : Joinville (Scbwacke. n. 6949; 

— flores pallide lutei). 

6. G. follosa Kl. et Reichb. f. var. brevifolla Cogn. var, nov, — 

Folia laiiceolata, 10-13 cm. longa, 2 '/a-S cm. lata. 
*S. Paulo (Coinm. Geogr. c Geol. S. Paulo, n. 3874); Apiahy 

(Puiggary). 
8. CI. Glazlovli Cogn. (Mart. 1905). — Adde synoii. : G. scandens 

Rolfc in Kew Hand-Lisl of Orchids, édit. 2, p. 101 (1904, — 

nomcn nudum ! ! !), in Orch. Rev. XIV, p. 208 (July 1906). 
*S, Paulo : Serra da ilantiqncira et Serra do Mar (Comm. Geogr. o 

Gcol. S. Taulo, n. 8d76 et 4452; — floret Dccembri). 

Obs. — D'après la note que M. Rolfe a publiée récemment dans V Orchid 
Review sur cette espèce, sous le nom de G* scandens, ou pourrait croire 
qu'il Ta nommée et décrite dès 1904 sous ce dernier nom, lequel aurait 
ainsi la priorité; mais à la page 101 delà seconde édition (1904) de U 
Liste des Orchidées cultivées à Kew, on trouve uniquement : « G. seau- 



337 

dens Rolfe, Br&zil. > Ce n'est pas là une publication ayant quelque valeur 
au point de tuc des droits de priorité, et s'il existait alors une description 
de cette espèce faite par M. Rolfe, elle est restée dans ses manuscrits. 

Je pourrais dire aussi qn*avant la publication, en 1904, du nom donné 
par M. Rolfe, la plante que j'arais nommée Gome*a G/a^ioviana était 
déjà entre les mains du dessinateur de la Flora Drasiliensiit, M. le 
D' Joseph Pohl, de Berlin, que même la description de Tespèce était déjà 
imprimée dans ma monographie, et que le nom donné par moi était 
inscrit dans différents herbiers publics depuis plusieurs années; mais ce 
serait là pur enfantillage de ma part. Une seule chose est sérieuse, c'est 
que Tespèee, ayec le nom que je lui ai donné, a été décrite, figurée et 
publiée, le !•' mars 1905 (1). 

10. CSonieza Thcodorea Cogn. — 5. Pauh : Campos da Bocains 

(Comm. Geogr. e Gcol. S. Paulo, n. 8875). 

CXXVil. MILTOiNIA Lindl. 

4. JI. 0peetabllls Lindl. -^ Rio de Janeiro : Ad Rio de Janeiro cul ta 

(Schwacke,n. 6445). 
S. Paulo : Raiz da Serra do Mar (Gomm. Geogr. c Gool. S. Paulo, 
n. 3677 et 4052). 
6. H. eaaeala Lindl. ^ *5. Paulo : Raiz da Serra do Mar (Comm. 
Geogr. c Geol. S. Paulo, n. 3330). — Florct Junio-Augusto. 

11. H. Regaellll Reichb. f. — 5. Paulo : Apiahy (Puiggary, n. 3381). 

CXXVIII. 0NCiniU3I Swanx. 

5. •. l«Bfsipea Lindl- var. monophyllam Regel — * Minât Gérait 

(Lhotzsky). 
8. O. barbatam Lindl. — *Ceara : Guaramiranda (Hubcr in Bull. 
Herb. Boist., 1901, p. 298). 

14. O. pnbes Lindl. — Paraguay : Caaguazu (Hassler, n. 9578). 

15. O. eraelatam Reichb. f. — S. Paulo : Raiz da Serra do Mar, 

Serra Ncgrs, etc. (Gomm. Geogr. e Geol. S. Paulo, n. 2863). 

(1) Dans le n* 9 du Bulletin de Kew, paru à la fin du mois de décem- 
bre dernier, M. Rolfo donne enfin la description de son G, icandent 
(Kew Bull., 1905, p. 376 et Orch, Rev., 1907, p. 33); mais, chose étrange, 
ce Gomeza y est présenté comme une espèce inédite, sans synonyme ni 
aucune indication bibliographique. 

{Noie ajeutée pendant Cimprcition, janvier 1907.) 



338 

17. •■cldlain Billdani Barb. Rodr. — *S. Paulo : Itatinga in Serrft 

de Botacata (Alex. Hummei» n. 4). 
W. O. loii|;lcorna Mutel. — *Arg€ntina: Laguna, Cordillcra de 

Miationca inter San Pedro et Campinao de America (Nieder- 

lein, n. 1289). 
29. O. ▼arie^sam Lindl. — S. Paulo : Gampo Grande in Senrft do 

Mar (Gomm. Geogr. e GcoL S. Paulo, n. 6002). 
— rar» RogersII Reichb. f. — 5. Pauh (Gomm. Geogr. e Geol. 

S. Pauloy n.2928). 

87. O. spllopleram Lindl. — * Minas Geraës : Itacolamy in cftcii- 

mine; saxicola (Schwacke, n« 10811; — floret Febraario). 

88. O. biffollam Sima. — Argentina : Pror. Gorrientea ad Gony 

(Niedcriein, u. 1298). 
44. •. e^rnl^eram Lindl. — S. Paulo (Comm. Geogr. c Geol. 

S. Paulo, n. 82i3). 
49. Q. crltfpam Lodd. — Minas Geraes s Serra de Itatiaia ad Fazenda 

Hcnriqno, altit. 850 m. (E. Gounelle). 
*Espiritu Santa (Bioot ex Rolfc in Orck, Rev., 1005, p. 199). 
54. O. praotextam Reiehb. f. — Rio de Janeiro : Nova Fribnrgo 

(Raben). 
5. Paulo: Itatinga (Alex. Hummel, Icon., n. 14). 

60. O. 0are«de0 Lindl. — S, Paulo : Paranapancma (Gomm. Geogr. o 

Geol. S. Paulo, n. 8248). 

66. Q. graelle Lindl. — AHnas Geraès : Serra d*Itabira do Gampo, 
terreitrif (Schwaeke, n. 0410). 

70. Q. pamllam Lindl. — Rio de Janeiro : Morro Rotundo prope Rio 

de Janeiro, in rapibus (Schwaeke, n. 1854); prope Thereio- 

polis (J. de Moora, n. 89;. 
77. Q. tralllferum Lindl. — S. Paulo : Serra do Mar (Gomm. Geogr. 

e Geol. S. Paulo, n. 6050; — floret Junio). 
7Ubi>. ^O. Johnlanam Schleeht. in Orchis, I, p. 4 (1906). — ^ratiVta 

austro^aientalis, loco accnrato hand indicato ex Schlechter, 

loe. cit, 
80. O. Batemanianain Parm. — Minas Geraës (St-Hilaire, 

8cr. B*, n. 315, Langsdorff, Glaussen) ; Serra de Garasse 

(St-Hiiairc); Galdas (Lindbcrg, n. 612); Serra da Gachoeira da 

Gampo. in rnpibus (Schwaeke, n. 8944). 

*5. Paulo : Serra da Gantareira (Gomm. Geogr. e Geol. S. Paaio, 

n. 6061). 
*5. CathariM : Joinville (Schwaeke, n. 6965). 



339 



CXXXI. SIGMATOSTALIX Rcichb. f. 



3 8. braehyeloo Griseb. — Argentina : Terril. Missiones ad LagnoDs 
de la Gordillera (Niedericin, n. 1291). 
Paraguay : Piribebay et Garaguatay (Hassbr, n. 1719 et 3567). • 

CXXXII. PROMENAEA LindK 

6. P. Ieiltl|^lao0a Lindl. — Pseadobulbi oblongo-eonicl, valdo corn* 
prêtai» soperne longe attenaati, apice diphylU, 1 iy3-2 om. 
longi, 5-8 mm. lati. Folia tenuitcr membranacea, angustc 
spathalato-lanccolata, acuta, infernc longe altennata et dia- 
ttncte pctiolata; petiolo graeiii, 2-3 cm. longo; limbo aaque 
10 cm. longo et 13 mm. lato. Peduncalus 6-8 cm. longiu. 
*Rio de Janeiro : Serra do Macahé allit. 1500 m., In arboribus 
(E. Ule» n. 4947; — floret Februario). 

CXXXIX. CAMPYLOCENTRUM, Bcnth. 

17. 0. Parahybanease Rolfc. — 5. Paulo (Comm. Gcogr. e Geol. 
S. Panlo, n. 2523). 



DEUXIEME PARTIE. 

Les Orchidées de quelques régions voisines 

du Brésil. 

Dans la partie de la Flora Brasiliensis consacrée aux 
Orchidées, je ne me suis pas borné à décrire les espèces 
qui croissent dans les limites politiques du Brésil ; mon 
travail comprend également toutes celles de plusieurs 
régions voisines : les Guyanes, le Paraguay, l'Uruguay et 
la République Argentine jusqu'à Buenos- Ayres, ainsi que 
la plupart de celles du Pérou oriental. 

Mais toutes les données relatives aux Orchidées de ces 
régions sont éparses dans les trois gros volumes de ma 
monographie; c'est pourquoi j'ai cru utile de les résumer 
dans les Ibtes suivantes, où les noms spécifiques imprimés 



340 



, en caractères italiques désignent les espèces spéciales à 
chacune des régions considérées ici : 



Jl^ Qnyane française. 



1. 

2. 

3. 

4. 

5. 

6. 

7. 

8. 

9. 
10. 
11. 
13. 
13. 
14. 
15. 
16. 
17. 

18. 

19. 

20. 
31. 
22. 
23. 
24. 
25. 
26. 
27. 
28. 
29. 
80. 



Selenipodilum palmifolium 31. 

Pfîtz. 32. 

Habenoria longîcanda Hook. 33. 

— pauciflora Lindl. 34. 

— Lepircnrii Reichb. f. 85. 

— MuelUriana Cogn. 36. 

— setacea Lindl. 37. 
^- pratoniis Reichb. f. 38. 

— scticanda Lindl. 39. 
Pogonia grandiflora fieichb. f. 40. 

— paludosa Reichb. f. 41. 

— Surinamenais Lindl. 42. 
Yanilla Pompona Schiede. 43. 

— ova/a Rolfe. 41. 
Spiranthes tenuis LindL 45. 

— Griscbachii Cogn, 

— Guianensis Cogn. 46. 

— sagittata Reichb. f. et 47. 

Warm. 48. 

Wullfchlaegclia ealcarata 49. 

Benth. 53. 

Galeandra Baaeri LlndL 51. 

var. luUa Wats. 

Polystachya foliosa Reichb. f. 52. 

— luteola Hook. 53. 
MasdcTalIia cuprea Lindl. 

— Cayennentû Reichb. f. 54. 
Stelis ophiogloffoides Swartz. 55. 

— argentata Lindl. 
Picarothallis pruinosa Lindl. 53. 

— marginata Cogn. 57. 
*- semperQoreus Lindl. 58. 

— marginalif Reichb. f. 59. 

— picta Lindl . 60. 



Plcnrothallif acutiuima Lindl. 
hochilas linearis R. Br. 
Scaphyglotlif proliféra Cogn. 
Epideudrum oncidioidcs Lindl. 

— ciliarc L. 

— fragrans Swartz. 

— imatophyllnm Lindl. 

— noctnrnum Jacq. 

— latilabre Lindl. 

— difforme Jacq. 

— rigidum Jacq. 

— ramosQm Jacq. 

— strobilifcrum Bcichb. f. 

— florijugum Barb. Rodr. 
Ellcanthns Brasiliensif 

Reichb. f. 
~ Caravata Lindl. 
Sobralia seasilis Lindl. 
Cyrtopera longifolia Reichb. f. 
Gyrtopodium punctatnm Lindl. 

— Anderaonii R. Br. 
Catasetum macrocarpum 

L. C. Bich. 
Polycycnis vittata Reichb. f. 
Roellensteinia graminea 

Reichb. f. 
Menadenia labioia Gogn. 
finlbopbyllum Oerstedii 

Reichb. f. 
Maxillaria chlorantba Lindl. 

— discolor Reichb. f . 

— DeiYanxiana Reichb. f. 

— alba Lindl. 
«- uncata Lindl. 



341 



61. Camaridium ochrolcucum 

Lindl. 

62. Trigonidium tenue Lodd. 

63. Notylla fragirans WuUscliI. 
61. — sagittifcra Link et K.1. 

65. — aromatica Barkoi*. 

66. Rodrigaezîa iccunda Kunth. 

67. lonopaîs paniculata Lindl. 

68. Aspasia varicgala Lindl. 

69. Ornithoccphalus cilialus LinJl. 

70. ~ falcatas Focke. 

7L Oaoidium althsimum Swarlz. 
73. — Kapplcri Reichb. f. 
73. ^ Baucri LindL 



74. Oncidium pusillum Reiehb. fr. 

75. — tenellum Fr. Gérard. 

76. — Ccbollcta Swarl». 

77. Lockhartia elcgans Ilook. 

78. — Wcigelti Reichb. f. 

79. Cheiradciiia cuspidala Lindl. 

80. Dichacapondula Cogn. 

81. — muricala Lindl. 
83. — graminoidca LindL 
83. — braehypoda Reichb. f. 
81. Gampylocentram micranthum 

Rolfc. 
85. — paehyrrhizutn Rolfe. 



2o Surinam. 



1. Selcnipcdilum palmifoliam 
Pfilz. 

3. Ilabenaria Sarlor LindL 
3. — macroccratilis Wiild. 
4 — hcpladaclyla Reichb. f. 
5. — pratcnsis Reichb. f. 
0. « parvidcas Lindl. 

7. — obtusa Lindl. 

8. Pogonla paludosa Reichb. f. 

9. — Sartnamcnaig LindL 

10. Yanilla planilolia Andrews. 

11. — Pompona Schîede. 

12. — SurinamensisSplitg. 

13. — Palmarum LindL 

14. — acuta Rolfe. 

15. — Hostmanni Holîe, 

16. — Wrîghlii Reichb. f. (ex 

Rolfe). 

17. Spiranlhct Guîanensia Cogn. 

18. — tcaulis Cogn. 

— — var. grandiflort Lindl. 

19. Phyaaruff Peterianus Cogn. 
80. Liparis 'KappUri Reichb. f. 



21. Galcandra juncea LindL 

22. Polystachya luteola flook. 

23. — foliosa Reichb. t, 

24. Masdevallia minuta Lindl. 

25. Stelis argentata Lindl. 

23. Pleurothallîs Lanceana Lindl. 
27. — pruinosa Lindl. 
23. -^ long iroitrii Focke, 

29. — FocA-tf» Lindl. 

30. — brevipts Focke. 

31. — Kegelii Reichb. f. 
82. — Uiqueliana Lindl. 

33. — harbulata Lindl. 

34. — marginata Cogn. 
85. — acmperflorens LindL 

36. ^ picta Lindl. 

37. -^ aculissima Lindl. 

38. — ovjlifalia Reichb. f. 
89. — villoia Kn. et W. 

40. — orbicularis Lindl. 

41. Lcpanlhos holioocephala 

Reichb. f. 
43. Rcslrepia Kegelii Reichb. f. 

23 



342 



43. Ojlo.ncrIa5ir//tinens/sFockc. 72. 

41. Poiier» Jehkii R^ichb. f. 73. 

45. Scaphyglottis proliféra Gogn. 74. 

46. llexisca rcflcxa Rcichb. f. 

47. LaDiam microphyllum Bcnth. 

48. Ëpidcndram paleaceum 75. 

Roichb. f. 76. 

49. — chloroleacam Hook. 

51. — ORcidioîdes Liadl. 77. 

var.graniticamLindl. 78. 

61. — dichromam Lindl. 79. 

5â. — clayatam Liadl. 80 

— — yar. purparasccns 81. 

Cogn. 8â. 

58 . — Tariogatam Hook. 83. 

54. — fragrans Swartz. 84« 

55. — aiiccps Jacq. 85. 
^ — Tar vircacena Lindl. 86. 

56. — Schomburgkii Lindl. 87. 

67. — imatophyllum Lindl 

58 — noctumum Jacq. 88. 

— » var. latifolium Lindl. 89. 
var, trideaa Cogn. 93. 

59. — difforme Jacq. 91. 

60. — aculptum Reichb. f. 

var. linearifolium 92. 

Reichb. f. 93. 

61. — ilenopctalum Hook. 

62. — diffaaum Sar. var, depau- di, 

peratum Gogn. 95. 

68. — floribandum Kanth. 93. 

64, — rigidum Jacq. 97, 

65. — ramosain Jacq. 98. 
66 — ati'obilifcram Reichb. f. 99. 

67. — discolor Benth. 100« 

68. Braaaavola anguatala Lindl. 

69. Schoxnburgkia criapa Lindl. 101. 

70. -* marginata Lindl. 

7 1 . Sobralia scssliis Lindl . 102. 



Gyrlopora longl fol il Reichb. f. 
Gyrtopodium punctatain Lindl. 

— Andorionii R . Br. 

— — var. cardioohilam 

Gogn. 

— parvifloram Lindl . 
Gatasetum macroearpam 

L.G. Rich. 

— fuliginoaum Lindl. 

— discolor Lindl . 
Gycnoches Loddigeaii Lindl . 
Paphinia eriatata Lindl. 
Batemania GoUeyi Lindl . 
Bifrcnaria aurantiaea Lindl. 

— longicornii Lindl . 
PerÎBteria guttata Kn. et W. 
Stanhopca grandiflora Lindl. 
Kegelia Houtttana Reichb. f. 
Gongora quinqnenervia Ruis 

et Pav. 

— nigrita Lindl . 
Menadonii labioaaGogn» 

— Kegelii Cogn. 
Bnlbophyllum Ocratedii 

Rcichb. f. 
Maxillaria Kegelii Reichb. f. 

— violaceo-punctata 

Reichb. f. 

— aplondena Poepp. et Endl« 

— auperflua Reichb. f. 

— discolor Reichb. f. 

— Desvanxiana Reichb. f. 

— alba Lindl. 

— nncata Lindl* 
Camaridlum ochrolcucum 

Lindl. 
Ornithidium vcatitum 

Rcichb. r. 
Trigonidium tonne Lodd. 



343 



103. Macradonia triaudra Lindl. 

104. — SurinamênsU Reichb. f. 

105. — loxoglottis Fockc et R. f. 

106. Notylia Duraniiana Cogn. 
107* — fragrans WulUchl . 

108. — aromatica fiarker. 

109. ^~ WulUchlaegeliana 

Fockc. 
ILO. Rodrigaozia socuada Kanth. 
IIL. loaopsis paaicalata Liodl. 

112. — teres Lindl. 

113. Plectrophora iridifolia Fockc. 
lU. Trichopilia mutica Reichb. f. 
1L5. AspaBÎa yaricgata Lindl. 

116. Ornithocephalus ayicala 

Reichb. f. et Wulis. 

117. — ciiiatUB Lindl . 

118. — falcatus Lindl. 

119. Cryptarrhcna K.egclii 

Reichb. f. 
12). Rrassia caudata Lindl. 
121. — Lawrenceana Lindl , 



122* Rraasia Lanecana Lindl . 

— — var. macrostachya 
Lindl. 

128. Oncidium altissixnum Swartz. 

124. — Kappleri Reichb. f. 

125. — Lanecanum Lindl . 

126. — pusillam Reichb. f. 

127. — Spracei Lindl. 

123. LockhartiaWcigoltiReichb.f. 

129. — micrantha Reichb. f. 

130. fioliea yiolacea Reichb. f. 

131. Chaabardia Surinamensis 

Reichb. f. 

132. DichaeaSplitgcrberi Reichb .f. 

133. — graminoidea Lindl. 

134. — Weigeltii Reichb. f. 
185. — brachypoda Reichb. f. 

136. — Kegelii Reichb. f. 

137. Gampylocentrummicranthum 

Rolfe. 
13d« — fasciolaCoga. 



Dans un ouvrage publié tout récemment (*), M. Pulle a 
ajouté les neuf espèces suivantes à la flore du Surinam : 



139 (16bUi}. Vanilla Marowi/nensis 

Palle. 

140 (43i>i*). Orleanesia Amazonica 

Barb« Rodr. 

141 (44i>i«). Scaphyglottis violacea 

Llndi. 
143 (5ibi*). Epidendriim Gearense 

Barb. Rodr, 



148 (58bi«) . - latilabrc Lindl. 
144 (d4bU). Coryanthca macnlata 

Hook. 
115 (91M»). Maxillaria Parkeri 

Uook. 

146 (92i>i>). — rufeacens Lindl« 

147 (mi^i*). Oncidium Papillo 

Lindl. 



(1) A. PuLLB : An Enumeration of the Vascular Planls known from 
S'Àtinam, logether with Iheir distribution and sgnonymy; Leiden, 190G. 



344 



d« Guyane anglaise. 



I. Phragmopedilum KlotMChia- 34. 

num Pfitz . 35. 

3. — LindleyanumVûit» 36. 

3. Selcnipcdilum palmifolium 37. 

Pfilz. 3 S. 

4. Habcnaria longicauda Hook. 39. 

5. — maciroccralUia Willd, 40. 

6. — pauciflora Lindl. 4t. 

7. — heptadactyla Roichb. f. 42. 
g. .. par?ifloi*a Lindl. 43. 
9. — tnacilenta Rciehb. f. 44. 

10. — Sehomburgkii Lindl. 

11. ~ Moritzli Ridicy. 45. 

12. — > i{orat'mefi5is Rolfe. 4). 

13. *— scticaada Lindl. 47. 

14. PogoniaparvifloraReickb. f. 43. 

15. — rosea Rciehb. f. 49. 
18. ..- tennis Rciehb. f. 50. 

17. — Surinamcniif Lindl . 51* 

18. — phyiurifolia Roichb f . 52. 

19. Epistephlum lacidam Gogn . 53. 

20. ~- par viflorum Lindl. 54. 

21. Vanilla 6ico/or Lindl . 53. 

22. — Surinameniia Splitg. 56. 

23. — Palmarani Lindl . 57. 

24. — appendicula Rolfe . 68. 

25. ^ fimbriataKoUe. 59. 
23. — Wrighlii Rciehb. f. 60. 
37. Steaorirhynchus orehioidcs 61. 

L. G. Rich. 62. 

28. SpiranthoB elata L. G. Rich. 63. 

29. — bifida Ridiey. 

30. — GuiancnsisGogn. 64. 

31. — aphylia Ridiey . 65. 
33. — acaulisGogn. 66. 
33. -* mctalUea RoIfc. 67. 



Stenoptera adnata Ridiey. 

— viscosa Reich . f . 
Liparis vexillifera Gogn , 
Galeandra Deyoniana Schomb • 

— jnncea Lindl . 
Polystachya lutoola Hook. 

— foliosa Reiehb. f. 
Masdevallia Guianensis Lindl . 

— pieturata Reiehb . f . 

— minuta Lindl. 
Physosiphon emarginafus 

Lindl . 
Stclis $ona^a Reiehb. f. 

— ophioglossoidcs Swavtz . 

— tria tjla Lindl. 

— grandiflora Lindl . 

— ai'gentata Lludl. 
*- GuianentU Rolfe . 

Scaphosepalam brève Rolfe. 

— ochthodcs Pfitz. 
Pleurolhallis rujeifolia R Br. 

— sempcrflorens Lindl. 

— Grobyi Lindl. 

— pieta Lindl. 

— ciliata Kn. et W. 

— rhombipetala Rolfe. 

— slenopetala Lodd . 

— aristata Hook. 

« Roraimensi» Rolfe. 

— orbicnlaris Lindl. 
Brachyonidinm brevicaudatutn 

Rolfe. 
Octomeria Connellii Rolfe. 
•— tridcntata Lindl. 

— parvifoUa Rolfe. 
Seaphyglottis yîolacea Lindl. 



345 



68. 
69. 
70. 
71. 
72. 
73. 
74. 
75. 
76. 

77. 
78. 
79. 
SX 
81. 
82. 

83. 
84. 
85. 

86. 
87. 



8S. 

89. 

90. 

91. 

92. 

93. 

94. 

95. 

96. 

•7. 

98. 

99. 
100. 
101. 



Seaphyglottis tUUata Lindl . 102. 

— proliféra Cogn. 108 
~ ? fascicuUta Hook. 104. 

— rcflaza Lindl. 105. 
Ucxisoa imbricata Rcichb f . 106. 
Laoiummicrophyllamfienlli. 107. 
Ëpidendram globosum Jacq. 108. 

— cblorolcucumHook. 109. 

— oncidioidos Lindl. Yar.gra- 110. 

nitieum Lindl . 

— * odoratissimum Lindl . 111. 

— paehyanthum Lindl. 113. 

— pictum Lindl. 113. 

— ion oimum Lindl . 114. 

— ciliare L. 115. 

— viviparum Lindl. 116. 

— clavatam Lindl . 

— tigrinum Lindl. 117. 

— varicgatam Uook. vai'. 113. 

coriaeaum Lindl. 119. 

— fragrans SwarU. 120. 

— ranifcrum Lindl. var. 121. 

obiutilobum Cogn . 
yar. luteum Lindl. 122. 

— moniigenum Ridley. 123. 

— Imthumii Kiàley . 121. 

— prosiratamCogn, 12a. 

— orehidiQoramSalzm. 

— Schombnrgkii Lindl. 126. 

— fulgent Brongn . 

-* dccipiens Lindl. 127. 

— imatophyllum Lindl. 12S. 

— elongatum Jacq. 129. 

— longieolle Lindl. 130. 

— noctarnam Jacq. 131. 

— oorymbosum Lindl. 182. 

— atenopetalnm Hook , 133. 

— t;îo/a«ceiM Ridley. 134. 



Epidendrum alsum Ridley. 

— daram Lindl. 

— Miersii Lindl. 

— rigidum Jacq. 

— ramosum Jacq. 

— strobiliforum Reichb. f. 
Diacrium bicornutum Benth 
Caltieya Tiolacea Reicbb. f. 

— Lawrenceana Reicbb. 
t. 

— JentnanjiRolfo. 
Brassavola Martiana Lindl. 

— angustaU Lindl. 
Schorobargkia crispa Lindl . 

— marginala Lindl. 
ElIeanthuB furfuraceus 

Reichb. f. 

— linifoliaf Presl. 
Sobralia Liliaatram Lindl. 

— ttenophylla Lindl . 

— lessilis Lindl . 
Gyrtopodinm punctatum 

Lindl. 

— Andersonii R. Br. 

— parviflorum Lindl . 

— cristatum Lindl. 
Mormodei verntxtu m Reicbb. 

f. 
Catasetam macrocarpum 
L. C. Rich. 

— fui iginosum Lindl. 

— saccatum Lindl. 

— poriferum Lindl. 

— deltoideum Mutcl. 

— Darwinianum Rolfe. 

— barbatum Lindl. 

— cristatum Lindl. 

— cornutum Lindl. 



346 



185. Gfttas6tam fimbriatum Lindl. 
var. Tiridalum Reichb.f. 

136. — seum Reiehb. f . 

137. -^ longifolium Llndl. 

138. — discolor Lindl. 

.» .. yar. virtdiflorum 
Cogn. 

— — var. Bashnani Cogn. 

139. Cycnocbot Loddigctii Lindl. 
110. — ehlorochllam Klotzsch. 

141. Paphinia cristata Liudl. 

142. Xylobium foYcatom Sirin. 

143. — Colleyi Uolfc. 

144. Batomania Colleyi Lindl. 

145. Bifrcnaria aurantiaca Lindl. 

146. — longicornia Lindl. 

147. Peristeria pcndula Hook. 

148. — tellilabrit Roichb. f. 

140. _ gottata Kn. et W. 

150. Sieyckingia/enmanî Reichb.f. 

151. Goryanlhes speciosa Hook. 

yar. alba Lindl. 
153. — roacalata Hook. 

— — yar. punctata Lindl. 

— — var. Foumieri 

André. 

yar. Parkeri Hook. 

158. — maerantha Hook. 
151. Aganisia ptt/cAe//a LindL 
155. — fimbriataRcichb. f. 
166. Stanhopca grandiOora Lindl. 

157. Houiletia Roraiinentis Rolfc. 

158. Polycyenis yittata Reiehb. f. 

159. Gongora qninqueneryis Rnfz 

et Pay. 

160. — nigrita Lindl. 

161. «- atroparparea Hook. 

162. Koellcintteinia trieolor 

Reiehb. f. 



163. Koelleinsteinia Rellnerfaoa 

Reiehb. f. 
161. — graminea Reiehb. f. 

165. Zygopetalem Burkei Reichb.f. 

166. — ventuium Ridlcy. 

167. Mcnadenia labiosa Cogn. 

168. Eriopsia biloba Lindl. 

169. Balbophylium Roraimeme 

Rolfe. 

170. — exallatum Lindl. 

171. — braeleolatum Lindl. 

172. — quadri$etum Lindl. 

173. — setigerum Lindl. 

174. Slcnia pallida Lindl. 
175 Blaxillaria Parkeri Hook 
170. — rnfescens Lindl. 

177. — yiolaceo-panclata 

Reiehb. f. 

178. — chlorantha Lindl. 

179. — grandiflora Lindl. 

180. — Connellii Kolfc. 

181. — auperflna Reiehb. f. 
183. — diseolor Reiehb. f. 

183. — alba Lindl. 

184. — pumilaHook. 

185. — Quelchii ^olfc . 
180. — uneata Lindl . 

187. ScQticaria Hadwenii Hort. 

yar. Dodgsoni Stein. 

188. — Steelci Lindl. 

189. Camaridinm ochroleneum 

Lindl • 

190. Trigonidinm obturam Lindl . 

191. — tenue Lodd. 

192. ^~ aeaminatam Batem. 

193. Macradenia triandra Lindl. 

194. Notylia tagittifera Lindl. 

195. — aromatiea Barker. 

196. — mierantha Lindl. 



347 



197. Trichocentram purpureum 213. 

Lindl. au. 

198. — reeurvum Lindl. 215. 

199. Rodriguezia seconda Kanth 216. 

var, sanguinea 217. 

Sehomb. 218. 

200. — candidaBatem. 2ID. 

201. — luteola N. E. Brown. 220. 

202. lonopsis panicolata LiudI . 221. 

203. — teres Lindl. 222. 

204. Âspasia variegata Lindl. 223. 

205. Ornithocephalus ciliatus 224. 

Lindl. 225. 

206. — falcatus Lindl. 226. 
207» Gryptarrhena Kegclii 227. 

Roichb. f. 228. 

208. Odontoglossnm nacvinm 229. 

Lindl. 230. 

209. BrassiaLawrcneeana Lindl. 281. 

— — var. angustata Lindl. 232. 

210. — Lanceana Lindl. 233. 

— — var. macrostachya 234. 
Lindl. 

211. — Wageneri Reichb. f. 235. 

212. — villosa Lindl. 



Brasiia bidcn.<i Lindl. 
Oncidium nigraium Lindl. 

— nanam Lindl. 

— lunatum Lindl. 

— altissimum Swarhs. 

— KappleW Reichb. f. 

— Pirarense Reichb. f, 

— orthostates Ridicy. 

— Lanceanum Lindl. 

— puiillam Roichb. f. 

— pulchellumUook. 
Lockhartia Wcigeiti Rcichb.f. 

— micrantha Reichb. f. 
BoUea violacca Reichb. f. 
Huntleya lucida Rolfe. 
Gheiradonia cuspidata Lindl. 

— Imthumii Cogn. 
Dichaea muricata Lindl. 

•— graminoidoa Lindl. 

— Weigeltii Reichb. f. 

— ochraeea Lindl. 
Campylocentmm micranthum 

Rolfo. 

— fasciola Cogn. 



4« Parafiraay* 



1. Habonaria Haisleriana Cogn. 

2. -^ Gourlieana Gillics. 

3. — Sartor Lindl • 

4. — pauciflora Reichb. f. rar. 

pluriflora Cof^n, 

5. — Schwaekai Barb. Rodr. 

6. — Balaruaei Cogn, 

7. — * tubfUiformis Gogn. 

8. — Paranacnais Barb. Rodr. 

9. » parviflora Lindl. 

10. — Goreovadensis KraensI . 



11. Habenaria Caaguaiuensis Gogn. 

12. — seconda Lindl. 

— — var. Estrellcnsis R. f. 

13. — repens Natt. 

14. — obtusa Lindl. 

15. ^~ iniegripetala Cogn. 

16. Pogonia HassUriana Gogn. 

17. — Paranaensis Barb. Rodr. 

18. Epistephium sclerophyllamLindI. 

19. y anilla parvifolia Barb. Rodr. 

20. Peloxia setaeea Lindl. 



348 



21. Pelexia triloba Lindl. 

23. SteDorrhynchiif Lolanopho- 

roslaehys Cogn. 
23. — Paraguayensis Cogn . 

34. — Bonariensis Cogn. 
var. robusta Cogn. 

25. — SaltcniisCogn. 

26. — Hasalorii Cogn. 
37. -* Esmeraldac Cogn. 

28. — maerantbns Cogn. 

29. — vagfnatus Cogn. 

— — Yar«pattci/7oru«Cogn. 
80. — orchioidca L. C. Rich. 

— — yar. austral is Cogn. 
31. — rupestris Cogn. 

82. — pcdiccllatus Cogn. 
var. major Cogn, 

83. — hysleraathua Barb. Rodr. 

84. — yentricosus CogD . 

35. — albieans Cogn • 

36. Spiranthei bicolor Lindl . 

37. «- scllilabris Griscb. 

38. — elata L. C. Rich. yar. 

oyata Cogn. 

39. — chloroleuca Barb. Rodr. 

40. — camporum Lindl. 

41. — delieatula Kraenzl. 

43. — homalogastra Rcichb. f* 
et Warm. 

— — yar. multiflora Cogn. 

43. — Hasslêrti Cogn . 

44. «^ uliginoaa Barb. Rodr. 
~- — yar. robusta Cogn. 

45. — acauIisCogn. 

— — yar. grandiflora Lindl. 

46. — rafesceni Fischer. 

47. Physaras pictas Lindl. 

48. — bicolor Barb. Rodr. 



49. WullscblaegcHa aphylla 

Rcichb. f. 

50. Steooptcra ananassocomos 

Reichb. f 

51. Prescoltia micrantha Lindl. 
53. Corymbis dccumbcns Cogn. 
53. Liparis elata Lindl. yar. longi 

lolia Cogn. 
51. Galeandra juncca Lindl . 

55. — Bcyrichii Rcichb. f. 

56. — hystcrantha Barb. Rodr. 

57. — Paraguayensiê Cogn . 
53. Polystacbya Estrcllcnsis 

Rcichb. f. 

59. Plcurothallis caespitosa Barb. 

Rodr. 

60. — Rio-Grandcnsis B. R. yar. 

longicaulis Cogn. 

61. Octomcria crassifolia Lindl . 
63. Isochilas lincaris R. Br. 

63. Epidendrum oncidîoidcs Lindl. 

64. - Weddollii Lindl . 

65. Brassayola Pcrrinii Lindl. 

66. Sophronitis ptcrocarpa Lindl. 

67. Cyrtopodium punctatum Lindl. 

68. — vircscens Rcichb f.etW. 
60. «- purparcum Reichb. f. 

ctW. 

70. ^ pallidum Reichb. f. et W. 

71. Goyenia stt/pAurea Reicbb. f. 

72. Cyanacorchis arundintc Barb. 

Rodr. 

73. Catasctum fimbriatam Liodh 

— .. var. fissum Rcichb. f. 
^~ — var platypterum 
Reichb. f . 

74. Zygopetalum Ilaitlerianum 

Rraenzl , 



349 



75. Balbopbyllum chloroglossam 

licichb. f. Cl W. 
^6, Eulophidium inaculatiimPntz. 

77. Macradenia multi/lora Gogn. 

78. Nolylia lyrata Sp. Mooro var. 

major Cogn . 
79* lonopfiBpanicul&taLindL 

80. — Gariincri Lîndl . 

81. Zygostates Alleniana Kracnzl 

83. Miltonia flavescens Liiidl . 
88. Oiicidîum Hasslerii Cogn. 

84. — pubcs Lindl • 

85. — Briet^ianum Rcichb. f. 
var. rufida Reicbb. f. 

86. — vipcriDum Lindl. 

87. — vtrieosum Lindl. 

88. — flcxoosum Sims. 



80. Oncidium (ydrophilum Barb. 

Rodr. 
9\ — ipilopteram Lindl. 

91. — ' verrucosissimum Gogn. 

92. — cornigcram Lindl. 

92. ~ pumilum Lindl. 
94. — Gebollcta Swarti. 

05. *- Jonesianum Rcichb. f. 

93. Sigmatostalix bracbycion 

Griscb. 
97. Leiochiins puicbcllas Gogn. 
93. Gampylocentrum negicctom 
Gogn.var.angustifolium 
Gogn. 
90. — acutilobum Cogn. 
100^2Ibi»). Pcicxia Glazîofii Gogn. 
var. Paraguayensis Gogn. 



6« Uruguay. 



1. Habenarla bractescena Lindl. 

2. — Gourlieana Gillica. 

8. — parviflora Lindl. 

4. — Mon te vide nais Sprcng. 
— — var. Tueumancnsis 

Griscb. 

5. — aranifcra Lindl. 

6. — pentadactylt Lindl. 

7. — Arcehavaletac Rraenzl. 
8* *• Platanihêrae Rcichb. f. 

9. Ghloraoa mombranacea Lindl. 

10. ^ Arcchavalctac Kracnzl. 

11. Bipinnula biplumata Rcichb. f. 

12. — Giberti Rcichb. f. 
18» — Polystjka Kracnzl. 
14. — numtana Arcch. 



15. Stonorrhynchus Bonaricnsia 

Gogn. var. Tobusta Gogn. 

16. — Taquarembœntii Barb, 

Rodr. 

17. — rupcstris Cogn. 

18. — CanUrae Barb. Rodr. 

19. Spiranthca data L. G. Rich. 

var. parvifolia Gogn. 

20. — aprica Lindl. 

21. — Ârechavaletae Kracnzl» 

22. — dilalataUnâl. 

23. — eamporum Lindl. 

24. Octomcriacrassifolia Lindl. 
35. — tridcntata Lindl. 

26. Cyrtopodium Andcrsonii R. Br. 

27. Oncidium viperinum Lindl . 

28. — bifolium Sims. 



350 



6« Bôpublique Argentine. 



!• HabeDftriabraetefoeiuLindl. 

2. — Goarlieana Gillies. 

3. — Spégawniana Kraenzl. 

4. — Guiliemioii Reichb. f. 

5. — MoDtcvidentisSprcng. 
. _ var. Tucamaneniis 

Griaeb. 

6. — pentadactyla Lindl. 

7. — aecnnda Lindl. 

8. — Aehalensis Kraenzl. 

9. — Hieronymi ELraenzl. 

10. Ghloraca bûeriata Griseb. 

11. — renosa Rcîchb. f. 
IJ. — mcmbranacea Lindl . 

13. — Arcchayaletae Kraenzl . 

14. — phoenicea Spcgaz. 

15. — praecincta Spcgaz. et 

Kraenzl. 

16. fiipinnola biplumata Reichb. f. 

17. Pogonia Paranaensis Barb. 

Rodr. 

18. Pelexia triloba Lindl. 

19. StenorrhynchuB Argentinut 

Griseb. 

20. — BenarientisCogn. 

21. — Saltensis Cogn. 

22. ' orehioidcs L. G . Rich . 
var. anstralis Cogn. 

23. — Sancti-Antonii Kncnzl . 

24. Spirantbcs scUilabris Griseb. 

25. — data L. G. Rich. var. 

ovataCogn. 

26. — lineata Lindl. 

27. — aprica Lindl. 



28. Spiranthea braeteota Lindl. 

29. — acaulia Cogn. var. grandi- 

flora Lindl. 

30. Altcnttcinia Hieronymi Cogn. 

31. Cranichis micrantha Griseb. 

32. Prescottia plantagînca Lindl. 
83. — micrantha Lindl. 

31. Ponthiera Maodonii Reichb. f. 

35. Bficrostylis Hieronymi Cogn. 

36. Liparis yezillifera Cogn. var. 

iatifolia Cogn. 

37. Polystachya Estrellensis 

Reichb. f. 

38. Pleurothallis Rio-Grandcnsis 

Barb. Rodr. var. long!- 
caulis Cogn. 

39. Isochilus lincaris R. Br. 

40. Gatllcya intermedia Grahan. 

41. Brasaavola C'A acoen«» Kraenzl. 
4'^. Pteroglossaspis ^r^^en^tna 

Rolfc. 

43. Cyrtopodium punctatum Lindl. 

44. — Andersonii R. Br. 

45. Oncidinm longicornu Mutel. 

46. •— vipcrinum Lindl. 

47. — bifolium Sims. 
var. majuê Hori. 

48. — pomilum Lindl. 
49» Sigroalostalix brachycion 

Griseb. 

50. Campylcccntrum nrglectom 

Cogn* var. angnstifo- 
lium Cogn. 

51. — GrUebachii Co%n, 



351 



TROISIÈME PARTIE. 
Quelques remarques de géographie botanique. 

Le Brésil a déjà été exploré par un grand nombre de 
botanistes et de collecteurs horticoles; mais son territoire 
est tellement vaste (les 5/6 de l'Europe, plus de 15 fois 
la France), que sa végétation est encore bien loin d'être 
entièrement connue. Parmi les provinces du centre, de 
l'ouest et du nord, il en est plusieurs qui ont à peine été 
visitées par les collecteurs d'Orchidées, ou même qui ne 
l'ont jamais été; celles du sud-est sont les mieux connues, 
mais elles le sont encore très imparfaitement, car chaque 
exploration amène encore la découverte d'un certain 
nombre d'espèces nouvelles. On peut d'ailleurs voir par 
mes deux addenda ce que ces quelques dernières années 
d'exploration ont fourni de nouveautés. 

Je ne puis donc prétendre que mon travail soit com- 
plet; mais du moins j'ai fait tout ce qu'il était en mon 
pouvoir pour qu'il soit le moins incomplet possible. Grâce 
à Textrême bienveillance des directeurs ou des posses- 
seurs de presque tous les grands herbiers de l'Europe, 
j'ai pu réunir et conserver chez moi, la plupart pendant 
une période de plus de quinze années, pour les étudier et 
les comparer à loisir, toutes les Orchidées de la région 
brésilienne et même généralement de toute l'Amérique 
tropicale contenues dans les collections suivantes : 

Jardin Botanique de Bruxelles; Musée Botanique de 
Berlin; Krug et Urban, de Berlin (le plus riche herbier 
connu pour les Antilles); Jardin Botanique de Gottingue 
(avec la précieuse collection de Grisebach ; — toutes les 
Orchidées); Musée Botanique de Copenhague; Warming, 



352 

de Copenhague; Musée d'Histoire naturelle de Stockholm; 
Jardin Botanique de St-Pétersbourg (herbier général et 
herbier spécial des Orchidées cultivées); Académie des 
Sciences de St-Pétersbourg; Jardin Botanique de Munich; 
Musée d'Histoire naturelle de Vienne: Jardin Botanique 
de Genève (herbier Delcssert); C. de Candolle> de Genève; 
Boissier, à Chambésy, près de Genève; Muséum d'Histoire 
naturelle de Paris; Comte de Franqueville et depuis 
Drake del Gastillo, à Paris (avec la collection L.-G. et 
A. Richard; — toutes les Orchidées); Jardin Botanique 
d'Utreclît (Orchidées de Surinam); Glaziou, de Rio de 
Janeiro (herbier propre de Regnell et de Puiggary). 

J'ai étudié sur place le célèbre herbier de Kew, y com- 
pris l'herbier typique de Lindley, ainsi qu'une partie de 
celui du British Muséum de Londres. S. A. R. Madame 
la Princesse Thérèse de Bavière m'a communiqué pour 
l'étude, ses récoltes d'Orchidées dans l'Amérique tropi- 
cale, et M. Hieronymusy de Breslau, celles qu'il a 
recueillies dans la République Argentine. 

Feu Glaziou (35 années d'exploration] , Schwacke, 
MM. H. Schenck, Lofgren, Edwall, £. Ule, J. de Moura, 
Neves-Armond, Alexandre Hummel^de Magalhàes Gomes 
et plusieurs autres, m'ont gratifié d'une part souvent 
considérable du fruit de leurs explorations au Brésil. 
M. le D' Hassier, de Aarau, m'a fait don des doubles de 
ses nombreuses découvertes au Paraguay, et M. le capi- 
taine John Donnell Smilh, de Baltimore, m'a donné une 
part de ses récoltes annuelles dans TAmcrique centrale. 
Je suis redevable au R. P. Sodiro, de Quito, d'une très 
riche collection d'Orchidées de l'Equateur. M. H. Schenck, 
de Darmstadt, m'a envoyé diflérenles Orchidées vivantes 
recueillies par Fr. Noack dans la province de Sào-Paulo, 



353 

et par le D' Purpus au Mexique. Beaucoup d'horticul- 
teurs et d'amateurs d'Orchidées m'ont envoyé des fleurs 
fraîches pour mes études. 

Enfin je dois une mention toute spéciale à M. Barbosa 
RodrigueSy directeur du Jardin Botanique de Rio de 
Janeiro, qui m'a communiqué plusieurs centaines de 
magnifiques aquarelles, avec de nombreuses analyses 
faîtes sur le vif, représentant à très peu d'exceptions près 
les 538 Orchidées brésiliennes qu'il a décrites comme 
nouvelles; la plupart de ces aquarelles ont été repro- 
duites par la gravure dans les planches de la Flora Bra- 
siliensis. 

Je saisis cette occasion pour exprimer ici ma vive gra- 
titude envers toutes les personnes qui m'ont aidé de la 
sorte dans l'accomplissement de ma tâche. 

Grâce à ces riches matériaux, j'ai pu établir, autant 
qu'il est possible de le faire actuellement, la dispersion 
géographique des Orchidées de la région brésilienne, et 
poursuivre, en dehors de la même région, l'étude com- 
plète de cette dispersion. 

Le nombre total des espèces que j'ai décrites est de 
1795, dont 172 sont nouvelles; 1476 sont brésiliennes, et 
319 extra-brésiliennes. 

Parmi les 1476 espèces qui ont été observées au Brésil, 
1183, soit 80,5 pour cent ou les 4/5> sont exclusivement 
brésiliennes, 288 — un cinquième seulement — croissent 
aussi en dehors des limites de ce pays. 

Les genres qui comptent plus de 25 espèces au Brésil 
sont les 13 suivants : 

1. Pleurothallis, 214 espèces, dont 198 spéciales. 

2. Epidendrunif 129 > » 89 3> 

3. Oncidiim, 107 » » 86 » 



62 


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y> 


50 


50 


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47 


46 


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30 


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9 


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44 


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41 


36 


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35 


36 


» 


» 


26 


33 


» 


p 


28 


29 


» 


» 


27 



354 

4. Habenaria, 91 espèces, dont 65 spéciales. 

5. Maxillaria, 

6. Octomeria, 50 » » 47 » 

7. Spiranthes, 

8. Catasetum^ 

10. Bulbophyllum, 

11. StenorrhynchuSf ou » » zo » 

12. Cattleya, 

13. Pogonia^ 

On compte 19 genres spéciaux au Brésil ; ce sont les 
suivants, avec le nombre d'espèces qui jes composent : 
Acacallis, 1; Centroglossa, 4; Chaeaanthe, 1; CA//^ro- 
ff/05sa, 3; Cirrhaea,5; Dipteranthus, 3; Gomeza, 10; 
Groft//a, 3; feaft^/ia, ;i; Lépiotes,^; Paradisanthus, 3; 
Phymatidiumj 4; Platyrhiza, 1; PogoniopsiSy 2; QuekeUia, 
5; Sanderella, 1; Saufidersia^ 1; Sophronilis, 8(1); 
H'armt;i(;m, 2. 

Les 288 espèces brésiliennes qui croissent aussi en 
dehors du Brésil, se retrouvent ailleurs dans les propor- 
tions suivantes : 12 dans l'Uruguay, 67 au Paraguay, 
21 dans la République Argentine, 2 au Chili, 14 en 
Bolivie, 43 au Pérou, 17 dans l'Equateur, 137 (près de la 
moitié) dans les Guj ânes, 70 au Venezuela, 47 en Ck)lom- 
bie, 46 dans l'Amérique Centrale, 34 au Mexique, 87 aux 
Antilles, 3 dans le sud des Etats-Unis et 1 dans l'Afrique 
tropicale occidenlale. 

Ces chiffres ne peuvent cependant donner une idée pré- 
cise des affinités florales du Brésil avec ces divers pays, 



(1) L'une de ces espaces a été rcccinmcnt trouvée au Paraguay par 
le Dr Hassle>% 



355 

parce que ceux-ci sont d'étendue fort inégale et qu'ils 
sont loin d'être également explorés. 

Les trois espèces brésiliennes dont l'ère de dispersion 
atteint le sud des Etats-Unis sont : Habenaria repens 
Nutt.» Polgstachya luteola Hook. et Epidendrum noctur* 
num Jacq. 

Plusieurs espèces du Brésil ont été signalées comme 
croissant aussi dans l'Ancien monde, mais généralement 
par suite de confusion avec des espèces affines. C'est le 
cas notamment pour le Polystachya luteolaKook. et VEulo- 
phidium maculatum Piltz., les plantes d'Afrique données 
sous ces noms ayant été reconnues comme formant des 
espèces distinctes. Dans la Flore du Brésil, j'ai cité trois 
espèces brésiliennes qui ont été trouvées dans l'Afrique 
occidentale tropicale : 

1. La variété rufina du Liparis elata^ établie par Rid- 
ley pour une plante croissant au Lagos et à Sierra Leone ; 
mais plus récemment [FI. of trop. Africa^ VII, p. 19), 
M. Rolfe a établi que cette variété est une espèce distincte. 

2. Epidendrum nocturnum Jacq.; j'ai noté que d'après 
Reichenbach [Gard. Chron.f 1873, p. 763), celte espèce 
a été recueillie par Wel witsch à Sierra Leone, mais elle ne 
peut guère s'y être rencontrée que comme plante intro- 
duite, car elle ne parait plus s'y trouver, et tous les Epi- 
dendrum connus sont américains. 

3. Cyrtopera longifoUa Reichb.f., recueilli par plusieurs 
collecteurs dans la Côte de l'Or, au Lagos et dans l'Angola, 
et qui pourrait y être indigène, puisque d'autres Cyrto- 
pera croissent dans l'Afrique tropicale. Je retiens donc 
cette espèce comme la seule croissant à la fois au Brésil et 
dans l'Afrique occidentale. 

Les listes données plus haut des Orchidées connues dans 



356 

six régions voisines du Brésil peuvent donner lieu aux 
remarques sommaires suivantes : 

1. Cloyane française : 83 ctpècèt, dont 6 tpécialet. Genres domi- 
nants : Epidtndrum, 11 espèces; Uabenaria, 7; Onciiium,^; PleurO' 
ihallis, 6. 

2. Sarlnam : 147 espèces, dont 07 spécialos. Genres dominants : 
Epidendrum, 22 esp ; PleuroUiallit, 15; Maxillaria, 10; Vanilla, 8. 

3. Oayane anglaise : 235 espèces, dont 62 spéciales. Genres 
dominants : Epidendrum, 84 esp. ; Calaielum, 18; MaxiUaria^ 12; Habt- 
naria, 10; Oncidium, 10; Pleurothallit, 10. 

4. Paraguay : 109 espèces, dont 21 spéciales Genres dominants : 
ïLbênaria, 15 esp.; Slenorrhynchut, 14; Oncidium, 13; Spiranthei, 11. 

5. Uruguay : 28 espèces, dont 8 spéciales. Genres dominants : 
Habénaria, 8 esp. ; Spiranthe8,b; Bipinnula, 4; Stenorrhynchus, 4. 

6. République Argentine : 51 espèces, dont 14 spéciales. 
Genres dominants : Uabenaria, 9 csp«; Chlcraea, 6; Spiranthes, 6; 
Slenorrhijnchits, 5. 



3h 
^ 



35T 



KOTE SUR LE GENRE MACBpZ.UIOMA, DJE IX FAMILLE 

DES CLXIRBITACÉES, 

par Alfred Gog:jiiau\. 

Les ligues suivantes, extraites d'une note que j'ai 
puJ>liôe en tô93 dans le Bulletin de VHerbier Bomier 
(Xf p. 614], renforment toute Thistoire du genre Maonh- 
zdnonia : 

« A Tépoqae où nous avons publié notre monographie 
«.des Gucurbitacéesr (1881), la tribu des Zanoniées se 
« composait des trois genres Zanonia, MsomiUrd et 
« GerrcurdcuUhus. 

« Depuis lors», deux, autres genres y ont été ajoutes- : 
« le Siolmatra dont noua venons de parler, et le genre 
« Hemsleyiif que nous avons décrit ea 188d, sous la 
« planche 1822 de^ Icônes Plantamm de Hiooker. 

a A l'occasion de Tétude de. ces. disux nouveaux genves^ 
« notre attention s'est rteponUc sur l'ancien geupe 
a ZaiN^^ua» constitué par deux, espèces (Z. Indiea Liao. 
« et Z.macrocarpa BL) si différentes, entre elles, q^e 
4c nous nous sommes toujours demandé si elles sont bien- 
« congénères. Cependant en rédigeant notre ancien tra- 
ce vail,, nous n'avions pas osé les séparer complètement, 
« d'abord dans la crainte d'augmenter le nombre déjà 
« assez considérable de genres monotypes> puis parée 
« qu€«.de la. seconde, espèce, nous ne connaissions ni les 
« fleurs màlds ni les fleurs femelles; toutefois nous les 
« avons rangées, alors dans deux, sections distinctes : la- 
« première celte des Euzanonia^ et la seconde celte d<9s 
a Maeron^anonia* Aujourd'hui, quoique les fleurs de 
a Z%fwnia macrMarpa, soient encore inconnues, nous 

24 



358 

« n'hésitons pas à faire de cotte espèce un genre distinct, 
« auquel nous conservons le nom Maerozanonia de la 
a section. .. » 

On comprend d'après cela combien j'étais désireux de 
pouvoir étudier les fleurs du Zanonia macrocarpa qui 
jusqu'ici, à ma connaissance, n'existent encore dans 
aucun herbier^européen. Au printemps dernier, ayant eu 
l'occasion d'être en rapport avec M. J. J. Smith, conser- 
vateur au Jardin botanique de Buitenzorg (Java), je lui 
exprimai l'ardent désir que j'avais de posséder des fleurs 
de cette espèce. Ma demande fut accueillie avec la plus 
grande bienveillance, et sur la fin de juillet, je reçus de 
M. le D^ Treub, directeur du Département de l'Agricul- 
ture, à Java, une caisse contenant de beaux échantillons 
fleuris de la plante désirée, ainsi qu'un flacon des fleurs 
des deux sexes, à divers degrés de développement. 

L'étude de ces riches matériaux m'a montré que ce 
genre est fort distinct du Zanonia^ et m'a permis d'en 
formuler la diagnose suivante : 

Maerozanonia. — Flores dioici. Masculi paniculati. 
Galyx carnosulus, primum clausus, demum usque ad 
médium trilobatus. Petala 5, carnosa, valvata, in ala- 
bastro recta, acuta. Stamina 3, libéra, disco inserta, 
filamentis brevissimis, crassis; antherae erectae, una 
unilocularis, ceterae biloculares, loculis rectis, longitudi- 
naliter dehiscentibus, connectivo latiusculo non producto. 
Pistillodia 3, minuta, subulata, remotiuscula. — Flores 
feminei racemosi. Galycis tubus adhaerens, carnosus, 
hemisphaericus; limbus membranaceus, in alabastro 
clausus conicus, deinde in lobos 2-3 obtusos irregulariter 
ruptusy demum caducus basi regulariter circumscissus. 
Petala ut in mare sed crassissime carnosa, valde caduca» 



359 

Staminodia nulla. Ovarium semiglobosuin, triloculare, 
septis demum retractis uniloculare ; ovula numerosissima, 
pendula; styli 3, basi remoti, deinde inflexi contigui et 
erecii, satis caduci, saepius profunde biûdi, segmentis 
elongatis, erectis, contiguis, apice subulatis. Fructus 
maximus, hemisphaericus, valde polyspermus, apice 
truncato trivalvi. Semina magna, descendentia, valde 
compressa, dense imbricata, ala ampla tenuissime mem* 
branacea diaphana lateraliter valde dilatata cincta. 

Frulices scandentes, glabraii. Folia petiolata, coriacea, 
indivisa, margine integerrima. Cirrhi apice bifidi. Flores 
parvi, bracteis valde caducis. 

En comparant ces caractères avec ceux du Zanonia 
(Euzanonia) y on peut résumer comme suit les principales 
différences entre les deux genres : 

Zanonia. Pétales fortement repliés en dedans dans le 
bouton. Staminés 5; anthères transverses, uniloculaires, 
à débiscence transversale. Pistillode nul. — Slamino- 
des 5, alternipétales. Ovaire à loges biovulées; styles 
très courts, écartés, à divisions étalées-réfléchîes. Fruit 
petit, cylindrique-claviforme, contenant au plus 6 graines. 
Graines à aile épaisse, dilatée au sommet et à la base. 

Macrozanonia. Pétales toujours droits. Etamines 3 ; 
anthères dressées. Tune uniloculaire, les deux autres 
biloculaires, à débiscence longitudinale. Pistillodes 3, 
écartés, subulés. — Staminodes nuls. Ovaire à loges 
multiovulées; styles allongés, à divisions dressées, subu- 
lées et contiguës. Fruit très gros, hémisphérique, à 
graines extrêmement nombreuses. Graines à aile très 
ample, finement membraneuse et diaphane, fortement 
dilatée latéralement. 

Parmi ces différences, celles qui sont tirées de la struc- 



3«0 

iure des étamines sont lea plu» reoiar.quaUes9 can elles 
semUent rapprocher le Mam*om}wnia desv Méb>Uiciées> 
alors que par les caractères dapiaiîL et du fruit ainsi que 
de la> graine», il ne peut être écarté dés Zânoniées, 

IHJBiis la tribu (ou sous-tribu^ des Zanoniées est caracté-- 
risée entre autres, par 5 étumines libres et aUernipélales^ 
à anthères wiiloculaire». Un seul genre(U s'écarle de ce 
typa régulier; c*esfe Ib GerrardantiiuSf qui a 5 élamines 
équidistaniiies, donfc L'une imparfaite», les quatre aulnes à 
anthères, rapprochées et cohérentes par paires. Ce genre 
anomal peut être considéré CDimne le chaînon qui 
conduit au Macrozanonia^ dans ce dernier la cohérence 
deux à deux des anthèresétantphis parfaite et s'éteadant 
aussi aux filets, qui ainsi deviennent forcément oppositi*- 
pétales. 

Goiiunie conclusion* le Macrozanonia est une Zanonit^c 
anomale» à nanger à. la suite du denardanthm. 

(1) J[Q.dqift.omiiti3odfi ptrlm* duigonnû.6'j/i)'a/i/Afro/wi>.U«rjn», doiiUon* 
n« connaît niJoft flûur)foinolloi3 ni le fcuîu 



COMPTES RENDUS" DES SËÂNCES 



DB LÀ 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



■■ » ■■■ 



ANNEE 1906. 



Séance du 2 décembre 1906. 

Présidence de M. J. Ghaloit, président, 
M. Th. Dura^kd, secrétaire général. 

La séance est ouverte à 14 h. 1/2 dans la grande salle 
de rinstitut botanique Léo £rrera> mise gracieusement à 
la disposition de la Société par notre confrère M. Massart 
directeur. 

Sont présents : MM. J. Ghalon> Alf. Gogniaux, L. Coo- 
mans, V. Goomans, Emm. de Bullemont, Th. Burand ; 
M""** Houbion, MM. Isaacson, J. Massart, H. Matagne, 
E. Paque, P. Nypels, H. Schouteden et M"* Jos. Wery. 



mort de M. S. W. A. Van lIeeri»wyDghclfl éi de 

H. li. VanderklDdere. — Avant de donner la parole au 
secrétaire pour lire le procès-verbal de la séance du 
7 octobre dernier, le Président annonce que la Société 
a fait deux nouvelles pertes bien sensibles en la personne 
de MM. Van Heerswynghels et Vanderkindere. 

M. Van Heerswynghels, membre effectif depuis 1898, 
s'intéressait beaucoup aux travaux de la Société. Bota- 
niste amateur, notre regretté confrère cherchait un délas- 

25 



362 

semeat daas l'étude de la flore iadigène, cap les délicates 
foQCtions qu'il remplis^siit au Ministère de la Justice, 
comme directeur chargé des questions relatives à la policj 
des étrangers en Belgique, rappelait à exercer son acti- 
vité dans un tout autre domaine. — Homme d'une haute 
distinction, il sera vivement regretté. 

M. Léon Vanderkinderc, professeur à l'université de 
Bruxelles, membre de l'Académie royale de Belgique, 
jouissait d'une grande réputation comme historien. Peu 
de mois avant sa mort, il avait reçu le grand prix décen- 
nal pour les sciences historiques. — Un moment il avait 
semblé vouloir se consacrer aux études botaniques et il 
publia, dans notre Bulletin, en 1864, avec la collabora- 
tion de M. Ch. Buis, une étude sur les noms populaires 
des plantes (1). 

Son orientation vers les études historiques ne diminua 
pas son intérêt pour les recherches poursuivies par notre 
Société et, membre fondateur, il lui resta fidèle jusqu'à la 
fin. 11 s'est éteint le 9 novciubre dernier dans sa 
65™* année. — Notre Société, qui s'honorait de le compter 
parmi ses membres, lui conservera un souvenir ému. 

Le secrétaire est chargé d'écrire à Mesdames Van Heers- 
wynghels et Vanderkinderc pour leur faire part des sen- 
timents de profond regret qui viennent d'être exprimés. 



Le procès-verbal de la séance du 7 octobre est lu et 
approuvé. 

Le Président dit que le premier objet à l'ordre du jour 



(1) Cu. fiuLs et L. Yandbrkirderb, Quelques mois iur rétude des noms 
populaires des plantes en Belgique (Bull, vol. III, pp. 208-219).* 



363 

est le compte rendu de Therborisalion générale de la 
Société qui a eu lieu au commencement de septembre sur 
le Littoral. 11 rappelle que celle excursion, conduite par 
M. Massart, a élé des plus instructives, puis il donne la 
parole à notre confrère. 

M. Massart, au lieu de lire un compte rendu de 
cette excursion, fait passer sous les yeux des membres 
une série de projections lumineuses et retrace à grands 
traits la biologie de la flore des dunes qu'il étudie, depuis 
de longues années, avec une pénétrante sagacité. 

Cette causerie, vivement applaudie, est le résumé d'un 
grand mémoire qui paraîtra dans le tome XLIV de nos 
Bulletins. 

La Société entend la lecture et vote l'impression des 
travaux suivants : 

1) Notice biographique sur Auguste Glaziou, par Alf, 
Gagniaux. 

2) Notice biographique sur Ernest Piitzer, par Alf. 
Gogniaux. 

3) Notice sur Arth. Mansion, par Elie Marchai. 

4) Influence de la valence des métaux sur la to.vicilé 
de leurs sels, par H. Micheels. 



M. J. Chalon cède la présidence à M. £. Paque et lit 
quelques noies bibliographiques et botaniques dont l'im- 
pression est également votée. 11 dit aussi qu'il a été 
chargé par M. Paul Themos, propriétaire du château de 
Bouge, de faire hommage à la Société d'un Album des 
arbres remarquables de la jyrovince de Namur. 

Get Album, véritable œuvre artistique, est vivement 
admiré et le secrétaire est chargé d'écrire à son auteur 
pour le féliciter et le remercier au nom de la Société. 



364 

M. le Président proclame MM. Bouly de Lesdain, 
Jul. Charliep, Edin. Fromont, J. Goflin et Ch. Gràffe, j% 
membres effectifs. 

II annonce que MM. Maurice Hespei et Ad. Isaaoson, 
présentés par MM. Nypeis et Th. Durand, et M. Kaym. 
Naveau, présenté par MM. H. Vanden Broeck et Th. 
Durand, demandant à faire partie de la Société. 



Election de trois conseillers. — Il est procédé à l'élec- 
tion de trois conseillers en remplacement de MM. £ni. 
Marchai et H. Micheels, noa rééligibles, et de M. Arth. 
Mansion, décédé. 

MM. Cl. Aigret, P. Van Aerdschot et Ch. Van Bam- 
beke sont nommés. 

L'ordre, du jour étant épuisé, la séance est levée à 
16 h. 1/2. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR AUGUSTE GLAZIOU, 
par Alfred Cogniaux. 

AuGusTE-FRA:vçois-MAaiE Glaziou naquit à Lannon, 
petite ville bretonne (département desCùtes-du-Nord), le 
30 août 1833 W. Il commença ses études dans sa ville 



(1) Cette date est celle qui 03t donnée par M. Urhan dans le fascicule 
13) de la Flora Brasiliênns, d'api'68 des renseignements fournis par 
Glaziou lui-même. Mais un ami m'affirme, d'après une source officielle, 
que Glaziou est né en 1828. Cette dernière date concoHc d*ailleurs, je 
pense, avec les indications verbales qu'il me donna à diverses reprises 
lors de courts séjours qu'il fit chez moi, à Verviers en 1889 et 1895, et à 
Nivelles en 1903. 



365 

natale, puis il alla les terminer à Paris, où il conquit le 
diplôme d'ingénieur civil. 

A peine âgé de vingt-einq ans, en 1858, il partit pour 
le Brésil, où il occupa bientôt la charge de Directeur 
général des Jardins publics de la vilie de Rio de Janeiro; 
ii avait entre autres sous sa direction le célèbre Passeio 
Publico, qui fait toujours l'admiration des étrangers qui 
visitent la capitale du Brésil, et où se trouvait sa rési- 
dence. 

Plus tard, ses attributions s'élargirent, et il fut nommé 
Directeur géaéral des Jardins publics et des Forêts de 
rstat de Rio de Janeiro, fonctions qu'il remplit jusqu'en 
1895, année où il prit sa retraite et revint définitivement 
en Europe. 

Pendant ce long séjour au Brésil, il avait gagné Tamitié 
des plus hauts fonctionnaires de l'empire, et plus tard de 
la république. L'Empereur Dom Pedro II lui-même, dans 
un long entretien qu'il daigna m'accorder en 1889, me 
fit part de la haute estime qu'il avait pour lui, tant pour 
le talent dont il avait fait preuve dans les travaux d'em- 
bellissement de la ville de Rio, que pour les services émi- 
nents qu'il avait rendus à la botanique brésilienne. Il 
avait ainsi acquis au Brésil uae influence considérable, 
qu'en maintes circonstaaces critiques ii fit valoir au profit 
de la continuation de la publication de la Flora Brasi' 

liensis. 

Dès son arrivée au Brésil, la brillante végétation tro- 
picale de ce beau pays avait séduit Glaziou, et bientôt il se 
mit à explorer avec ardeur les environs de Rio. Il étendit 
peu à peu le rayon de ses recherches, et parcourut toute 
la province de Rio de Janeiro jusqu'à la riche Serra des 
Orgues et à la Serra de Itatiaia. Plus tard, ses recherches 



366 

se portèrent également vers les provinces de Minas 
Geraës et de Sao Paulo; par trois fois, il fit des expédi- 
tions dans la province de Espiritu Santo, et les deux der- 
nières années de son séjour au Brésil furent consacrées 
ù une grande et très fructueuse exploration de la pro- 
vince de Goyaz. 

Le fruit de ces longues et patientes investigations fut 
la formation d'un exsiccata extrêmement riche, compre- 
nant les numéros 1 à 22770, non compris plus de mille 
numéros bissés, ce qui forma un total de près de24000 nu- 
méros, représentant en exemplaires remarquablement 
bien préparés plus de 1201)0 espèces. Toutes les fois que 
les circonstances h permettaient, chaque numéro était 
récolté au moins à dix. exemplaires, et la collecticm était 
distribuée gratuitement aux herbiers de Berlin, Paris, 
Bruxelles, Ke\v,St-Pétersbourg, Copenhague, Stockholm, 
Genève, Montpellier, Rio de Janeiro, parfois à d'autres 
encore. Plusieurs monographes, collaborateurs de la Flora 
BrasiliensiSj ont a jssi eu leur part dans cette généreuse 
distribution; pour ma part, j'ai reçu au moins 1200 nu- 
méros dî Mélastomacées, dont un grand nombre d'uni- 
ques, près de 500 numéros d'Orchidées, dont une partie 
conservée en alcool, sans compter de nombreuses Cucur- 
bitacécs. 

Beaucoup de Jardins botaniques ou même d'horticul- 
teurs avaient aussi obtenu de lui, et toujours gratuite- 
ment, des quantités de plantes vivantes et de graines. Pour 
ne citer qu'un exemple, rappelons la célèbre collection de 
Broméliacées que le professeur E:loua:*d Morren avait 
autrefois rassemblée au Jardin botanique de Liège, en 
vue d'une monographie qui malheureusement n'a pu 
voir] le jour, etjdont un grand nombre de spécimens 
avaient été envoyés du Brésil par Glaziou. 



367 

Retiré au Bouscat, près de Bordeaux, en 1895, Gla- 
zioii con>acrait son temps à étudier et à mettre en ordre 
tous les malériaux accumulés dans son riche herbier. II 
aurait pu publier sur les innombrables plantes qu'il avait 
récoltées au Brésil un foule de renseignements bien inté- 
ressants, mais il hésitait toujours à le faire. Ce n'est qu'en 
1905 qu'il se décida à publier dans les Mémoires annexés 
au Bulletin de la Société botanique de France, ses Planlae 
Brasiliae centralis a Glaziou lectae. Deux fascicules en ont 
paru dans les volumes 52 (1905) et 53 (1906) de ce 
recueil; ils comprennent ensemble 200 pages et contien- 
nent les 59 premières familles (Renonculaceae-Crassula- 
ceae), en suivant Tordre de VIndex Generum de Th. 
Durand. On y trouve l'énumération systématique des 
espèces qu'il a récoltées, avec leur synonymie, les numé- 
ros de son exsiccata qui s'y rapportent, et l'indication 
précise de la localité où chacun de ceux-ci a été cueilli, 
indication précieuse, car généralement les plantes qu'il a 
distribuées n'étaient accompagnées d'aucun autre ren- 
seignement que leur numéro d'ordre. 

Il serait bien désirable que Ton puisse continuer la 
publication de cet important travail, dont le manuscrit 
doit être fort avancé, s'il n'est terminé. Voici en effet ce 
qu'il m'écrivait sur la fin de l'année dernière : « La 
« Société botanique de France a commencé d'imprimer 
«c mon travail; elle a entre les mains environ huit mille 
tf fiches comprenant toutes les indications pratiques sur 
« les Dicotylédones. Maintenant je prépare le même détail 
« pour les Monocotylédones et les Cryptogames, qui for- 
« meront à peu près autant de fiches. Cette partie finie, 
« il me restera encore à débrouiller une liste très étendue 
€ des noms vulgaires, avec la concordance dos noms 



368 

« botaniquest de tout ce que j'ai pu recueillir là^as. Cette 

< dernière besogne terminée, je proflteraî alors de la bien- 
« veillante proposition que vous me faites pour la revoir, 
« la corriger et la faire imprimer s'il y a lieu,. •• si je 
« suis encore de ce monde. » 

Malgré cette dernière note pessimiste, il avait encore 
pleine confiance dans ses forces, car dans la même 
lettre (23 décembre 1905), il me disait : « Je continue de 
« porter comme d'ordinaire le poids des ans : toutefois le 

< corps s'alourdit et les yeux perdent de leur vigueur; 
« cependant je n'ai pas précisément lieu de m'en plain- 
« dre, puisque ma santé générale conserve encore le sou- 
« venir de ce qu'elle était autrefois, sans grave infir- 
« mité. » 

Il continuait donc son travail plein de confiance dans 
l'avenir, lorsque, sans doute dans la première quinzaine 
d'avril de cette année, une affection pulmonaire l'emporta 
en trois jours de maladie. Ses nombreux amis restèrent 
assez longtemps dans l'ignorance de sa mort, qui avait 
cependant été annoncée à l'une des séances de mai de la 
Société botanique de France, mais elle ne fut générale- 
ment connue que sur la fin de juin, lorsque parut le 
Bulletin de cette séance. 

Ces détails n3 sont pas inutiles pour expliquer com- 
ment il se fait que, dans sa séance du 6 mai, la Société 
Royale de botanique de Belgique, pour reconnaître les 
grands services que Glaziou avait rendus à la Botanique 
en général, et en particulier au Jardin botanique de 
Bruxelles, l'avait élu membre associé, alors qu'il était 
déjà mort depuis environ un mois. 

Moi-même, dans les premiers jours de juin, je lui 
adressais encore les Orchidées des herbiers propres de 



369 

Puiggary et de Regnell» qu'il m*avait communiqués pour 
mes études. Je serais heureux d'apprendre un jour que 
ces collections ont pu reprendre leur place dans son her- 
bier. 

Les services éminents que Glaziou a rendus à presque 
tous les phytographes qui, depuis trente à quarante ans, 
se sont occupés de la végétation du Brésil, lui ont valu de 
nombreux témoignages de la reconnaissance de ceux-ci. 
Il serait trop long d'énumérer ici les espèces qui portent 
son nom, car elles sont au nombre de plusieurs centaines; 
je me bornerai à mentionner les genres et sous-genres qui 
lui ont été dédiés; il n'y en a pas moins de huitf qui 
sont : 

1. Glaiiovia» de Bureau (1868), famille des Bignoniacécs. 

2. Gla%iova, de Martius ex Wendland (1871), fam. des Palmicri ; Bentham 

et Hookcr en ont fait une aeetion da genre Cocon, qui a été 
nommée Gla*wphoenix, par Drudc (1897). 

3. GlaiiosUlma, do Fournier (1885), fam. des Asclépiadées. 

4. Giaiiopfiyton, de Franchet (1889), fam. dos Graminées; considéré 

comme section du genre ArundinariOf par Hackcl. 

5. Diaglaziovia, de Cognfanx (1891), fam. des Mclaatomacdes, 

6. Gla%iophytttm, de Cogniaux (1891), section du genre Ostaea, fam. des 

Mélastomacécs. 

7. Neoglatiovia, de Mclz (1894), fâm. des Broméliacées. 

8. Glaùocharis, de Taubcrt (1895), fam. des Bur.nanniacécs. 

NiroUcs, octobre 190^». 



NOTE BI0GR4PH1QUE SUR ERNEST PFITZER, 

par Alfred Cogmaux. 

C'est avec une douloureuse surprise que, dans les pre- 
miers jours du mois de décembre dernier, nous est par- 
venue la triste nouvelle de la mort inopinée de noire 
savant et si sympathique confrère, le professeur Eritest 



370 

Pfitzbr, de Heîdelberg. Cette mort était d'autant plus 
imprévue pour moi spécialement, que moins de trois 
mois auparavant, je Tavais encore vu en Belgique, à son 
retour d'un voyage d'études en Angleterre, où il avait 
assisté à la conférence sur l'hybriJation organisée par la 
Société Royale d'Horticulture de Londres; il était alors 
toujours plein de force, de santé et de bonne humeur, 
m'entretenant longuement, avec l'enthousiasme et la 
bienveillance que chacun lui connaissait, de ses travaux, 
s'informant des miens, et faisant de beaux projets d'ave- 
nir. Hélas! tous ces beaux rêves devaient s'évanouir 
bientôt, car le 3 décembre, une atteinte d'apoplexie 
venait brusquement le foudroyer. 

ërnest-IIugo-Henri Pfitzer naquit le 28 mars 1846, à 
Kônigsberg, où son père exerçait la profession de libraire, 
mais il eut la douleur de le perdre lorsqu'il avait à peine 
atteint l'âge de douze ans. 

Il fit ses études moyennes au gymnase de sa ville 
natale, et lorsque celles-ci furent terminées, en 1863, il 
suivit les cours universitaires de 1863 à 1867, d'abord à 
Kônigsberg, où il fut l'élève de Gaspary, puis à Berlin, 
où il eut comme maitre le célèbre morphologiste Alexan- 
dre Braun. Le 9 avril 1867, il conquit le diplôme de 
Docteur en Philosophie, avec une dissertation intitulée : 
Ueber die Schutzscheide der deutschen Equiseiaceen 
(32 pages), qui fut reproduite l'année suivante avec plus 
de développements dans le Jahrbucher de Pringsheim(VI, 
pp. 297-31)2, pi. 18-20). 

Il se rendit alors à Heidelberg, où pendant trois semes- 
tres, il continua ses études sous la direction de l'illustre 
physiologiste Hofmeister, puis il passa à Bonn en octobre 
1868, comme assistant à l'Institut botanique du profes- 



371 

seur Hanstein, en même temps qu'il était maître de con- 
férences à rUnîversîté de cette ville. 

Le 21 juillet 1872, à peine âgé de 26 ans, il fut appelé 
à Heidelberg, comme successeur de son maître Hofmeis- 
ter à la chaire de botanique et directeur du Jardin et de 
l'Institut botaniques annexés à TUniversité, fonctions 
qu'il exerça jusqu'à sa mort, soit pendant une période de 
plus de 34 années. 

On peut dire que la vie entière de Pfitzer fut consacrée 
à l'étude de la botanique, car depuis 1867, date de son 
premier travail, il ne se passa guère d'années sans qu il 
fit paraître un ou souvent plusieurs mémoires de haute 
valeur scientifique. Il serait trop long de les énumérer 
tous ici, car la liste de ses publications comprend environ 
70 numéros. 

Celles-ci peuvent se diviser en deux séries; la pre- 
mière comprend surtout des recherches microscopiques 
concernant l'anatomie végétale et l'étude des cryptoga- 
mes inférieures, plus spécialement des Diatomées; la 
seconde se rapporte à la famille des Orchidées. 

Dans la première série, notons comme travaux princi- 
paux : Untersuchungen ueber Bau und Entwicklung der 
BacilUriiceen [Diatomaceen) (in Hanstein, Bot. Abhandl. 
ans d. Geb. d, Morph. und Physiol., I, 189 pp. et 6 pi.; 
1871). _ Ueber die Geschwindvjkeit der Wasserstrômung 
in der Pllanze (in Pringsheim, Jahrb., XI, pp. 177-217; 
1877). _ Die Bacillari^iceen (in Schenk, Handbuch der 
Bot., II, pp. 403-445, avec 15 f\sr, 1882). 

En outre, il donna, dans le Botanisclier Jahresbericht 
de Just, le compte rendu bibliogpaphitjue des travaux 
publiés sur la « Morphologie et la Physiologie de la Cel- 
lule, j> pour les années 1873 à 1882, et ceux qui concer- 
nent les « Bacillariées » pour les années 1873 à 1905. 



372 

Les travaux de la seconde série, ceux qui concernent 
les Orchidées, commencent avec Tannée 1877, d'abord 
par une série de notes sur Tanatomie, la morphologie et 
la physiologie de diverses plantes de cette famille; puis en 
1881, apparaît un ouvrage capital : Grundzûge einer ver- 
gleichenden Morphologie der Orchideen (un vol. in-folio 
avec 4 pi. et 35 fig. dans le texte], dans lequel il jette les 
premières bases d'une classiiication naturelle des genres 
d'Orchidées, en établissant de nombreux groupes basés, 
non seulement sur la structure des fleurs et spécialement 
du pollen, mais en même temps sur le mode de végéta- 
tion et la préfoliation; à la différence de Lîndiey, qui 
n'admettait qu'un petit nombre de tribus (sept), caracté- 
risées exclusivement par le nombre et la position des 
anthères et la structure du pollen. C'était pour la famille 
des Orchidées, l'analogue de la méthode naturelle de Jus- 
sieu, substituée au système de Linné. 

Cette première ébauche de sa classification fut con- 
tinuée et 1886 par : Morphologische Studien ueber die 
Orchideenblùte [vol. de 139 pp. avec 65 fig.); elle fut 
précisée davantage et systématisée complètement l'année 
suivante dans : Entwurf einer naturlichen Anordung der 
Orchideen (vol. de 108 pp.). 

Tous ces travaux sont résumés et complétés dans le 
grand ouvrage de Engler et Prantl « Die naturlichen 
Pflanzenfamilien^ » où il fut chargé de traiter la famille 
des Orchidées (II, Abt. 6, pp. 52-220, avec 197 figures; 
1888-89). Il y classe, pour Tcnsemble de la famille, 
417 genres, répartis en 31 tribus et de nombreuses sous- 
tribus. Des suppléments à ce travail capital, destmés à le 
tenir au courant des publications récentes, ont encore 
paru dans le même ouvrage en 1897, en 1900 et en 1906 ; 



373 

de même que certains points de sa classification ont été 
développés ou perfectionnés en 1894 et en 1898 (in 
Engler, Bot. Jahrb., XIX, pp. 1-42; XXV, pp. 517-546). 

Lorsque pour inaugurer dignement ce XX' siècle, 
TAcadémie des Sciences de Berlin conçut le projet de 
faire publier sous son patronage les deux immenses En- 
cyclopédies du Règne végétal et du Règne animal, on 
sait que c'est M. Engler qui fut chargé de la direction de 
celle qui concerne le Règne végétal (« Das Pflanzenreichi^). 
Le savant professeur de Berlin avait sous la main un 
botaniste tout désigné pour lui confier la famille si impor- 
tante des Orchidées, c'était évidemment Pfitzer. Celui-ci 
était admirablement bien préparé pour rédiger toutes les 
généralités concernant Tenseaible de la famille et ses 
grands groupes; mais pour les détails traités selon le plan 
général de l'ouvrage, pour le « spedes », la tâche était 
évidemment au-dessus des forces d'un seul homme, et il 
dut penser à partager le travail. 

J'étais alors assez avancé dans la rédaction de la mono- 
graphie des Orchidées de la région brésilienne; et d'un 
autre côté, trouvant la nouvelle classification de Pfitzei^ 
la plus rationnelle de celles qui avaient été proposées 
jusqu'ici pour cette famille, j'avais été, je crois, le pre- 
mier à l'adopter dans un ouvrage de botanique descrip- 
tive; c'est pourquoi il aurait désiré me charger de toutes 
les Orchidées américaines, se réservant celles de l'ancien 
monde. 

A mon âge, c'était beaucoup entreprendre, et j'aurais 
voulu ne m'engager que pour un groupe, mais sur ses 
instances, j'acceptai de m'occuper des deux tribus des 
Pleurothallidées et des Laelîinées (environ 2000 espèces), 
et après cela, lui dis-je, « qui vivra verra ». Lui-même 



374 

sentit bientôt la nécessité de s'adjoindre des collabora- 
teurs pour les Orchidées de l'ancien monde, et M. le D' 
Kraenziin, de Berlin, accepta de monographier la grande 
tribu des Dendrobiées. 

Dès le commencement de Tannée 1903, Pfitzer put faire 
paraître la première partie du grand travail qu'il avait 
entrepris, la monographie des Orchidées pléonandres (un 
vol. de 131 pp. avec 41fig.), comprenant les deux petites 
tribus des Apostasiées (3 genres et 14 espèces) et des 
Cypripédilinées (89 espèces, réparties en 4 genres). Cette 
dernière tribu spécialement, traitée avec tout le soin pos- 
sible, avait exigé de sa part de longues et pénibles 
recherches et lui avait pris un temps considérable. Il 
comprit alors que la tache qu'il avait assumée était beau- 
coup plus lourde que ce qu'il s'était figuré d'abord. 

Au printemps de Tannée 1904, se trouvant pour études 
au Jardin botanique de Kew, Tidée lui vint de confier à 
M. Rolfe la rédaction de la tribu des Gatasétinées, déjà 
•étudiée partiellement par Torchidographe de Kew ; mais 
avec une délicatesse exquise, qu'ont pu apprécier tout 
ceux qui Tont connu, il ne voulait pas faire de proposi- 
tion avant d'avoir mon assentiment, revenant toujours à 
son idée première, de me réserver tous les groupes amé- 
ricains, ou du moins la plupart d'entre eux. Dans ma 
réponse, je lui dis que non Seulement ce projet ne me 
déplairait pas, mais que je considérerais comme une 
bonne fortune pour l'ouvrage, que M. Rolfe soit chargé 
des trois tribus voisines les Gatasétinées, les Lvcastinées 
et les Gongorinées, si richement représentées dans les 
serres de Kew, tandis qu'elles ne (igurent généralement 
dans les herbiers que par des matériaux peu nombreux 
et le plus souvent en fort mauvais état. J'eus peu de 



375 

temps après la satisfaction d'apprendre que M. Rolfe 
avait accepté l'offre. qui lui était faite. 

Gomme seconde partie à monographier, Pfitzer avait 
choisi la tribu des Coeloginées, qu'il espérait faire 
paraître vers le commencement de 1907 ; mais la mort 
est venue le surprendre avant qu'il ait pu y mettre la 
dernière main. C'est M, le D' Kraenzlin qui est chargé 
de combler les quelques lacunes qui restent à ce travail. 

Diverses académies ou associations scientifiques 
s'étaient estimées heureuses de posséder Pfitzer au nom- 
bre de leurs membres; la Société Royale de Botanique 
de Belgique, entre autres, dans son assemblée générale 
du 6 décembre 1903, l'avait élu à l'unanimité membre 
associé. 

Dans son propre pays, il était hautement apprécié. Il 
fut « prorecteur » de l'Université de Heidelberg pour 
l'année scolaire 1889-90; en 1889, le gouvernement du 
Grand-Duché de Bade lui avait décerné le titre honori- 
fique de « liofrat », puis en 1894 celui de « Geheimer 
Hofrat ». 

Pfitzer avait su gagner l'estime et l'affection des nom- 
breux botanistes avec qui il était en relation et qui tous le 
regrettent vivement. Sa mort est une grande perte pour 
la science; pour le « Pllanzenreich » spécialement, cette 
perte est actuellement irréparable. 



376 



ARTHUR HANSIOff, 
par Elie Marghal. 

Arthur Mansion est né à Huy, en 1863. Il fit ses étu- 
des moyennes à TAthénée de cette ville puis conquît, 
à l'Université de Liège, sous la direction de M. le profes- 
seur Gravis, le diplôme de Docteur en Sciences. Il y 
publia, à titre de thèse académique, un important mé- 
moire intitulé : « Contribution à l'étude des Renoncula- 
cées (sur le Thalictrum flavum) ». 

C'est dans sa ville natale, à l'Athénée de Huy, qu'il 
débute dans l'enseignement. 

Les vallées de la Meuse, du Houyoux et de la Mehaigne, 
par leur grande variété de sols, d'exposition, d'alti- 
tude, etc., font de cette localité un centre d'herborisa- 
tion des plus intéressants^ notamment au point de vue 
bryologique. Mansion s'y éprend bientôt d'une vraie pas- 
sion pour Tétude des Muscinées; il se livre avec ardeur 
à l'exploration de cette région et, en 1894, publie en 
collaboration avec un ami, M. le D' Clerbois, deux fasci- 
cules très documentés sur les <i Muscinées des environs 
de Huy » . 

Bien que, en grande partie, absorbé par le professorat, 
il explore avec autant de soin que de succès les environs 
d'Ath, ceux de Mont-St-Guibert, Villers-la-Ville, la Vallée 
de rOrneau et une grande partie de la Campine limbour- 
geoise; les résultats de ses études, consignés dans diverses 
publications, disent éloquemment combien était puissante 
l'activité scientifique qu'il déployait. 

Ë!! 1902, nous le retrouvons à Namur. Ici un nouveau 
et vaste champ d'observation lui permet d'étendre encore 
le cadre de ses persévérantes recherches. 



377 

Bientôt ses découvertes bryologiques dans la vallée 
supérieure de la Meuse, ses gorges latérales et les Arden- 
nes liégoisesy se succèdent rapidement : il publie sans 
relâche des catalogues enrichissant la flore beige de nom- 
breuses espèces nouvelles ou très rares; il comprenait, 
parmi celles-ci, les remarquables trouvailles de nos con- 
frères MM. Sladden, Cornet, Halin et Péters. 

La bryologie était entrée dans une période féconde. 
L'élan avait été donné; un groupement d'amateurs est 
réalisé au sein de notre Société sous le nom de < Section 
bryologique » : Mansion est désigné pour en prendre la 
direction. 

Des excursions sont organisées et, malgré une santé 
débilitée, il met tout en œuvre pour en assurer la réus- 
site. C'était du reste un excellent guide, d'un esprit 
lucide et méthodique, d'une grande sûreté de coup d'œil 
et toujours plein de verve et d'entrain. Il assume la lourde 
tâche de la détermination des récoltes ainsi que celle des 
matériaux recueillis, dans leur propre champ d'explora- 
tion^ par certains membres de la section. 

L'importance des résultats réalisés en très peu de 
temps montre, à toute évidence, que de^ grandes lacunes 
existent encore dans la connaissance de notre flore des 
Muscinées> lacunes imputables surtout à l'insuffisance 
des moyens d'étude. 

C'est ainsi que le manque d'une flore belge des Hépati- 
ques rendait la détermination de celles-ci très difficile à 
l'aide des manuels rédigés pour les pays voisins. Notre 
confrère résolut de combler cette lacune : l'étude qu'il 
avait faite des riches matériaux de son herbier et des 
collections si importantes du Jardin botanique de BruxeU 
les dont il fit la révision^ autorisait cette entreprise. 

26 



378 

L'an dernier, parut à Gini» le premier fascicule de la 
« Flore des Hépatiques d3 Belgique » qui fut jugé très 
favorablemsnt; c'est un manuel bien conçu, parfaitement 
adéquat au but à atteindre et reflétant partout la science 
profonde de l'auteur. 

Celui-ci terminait le fascicule II, quand la longue et 
douloureuse maladie dont il était atteint, s'aggravant 
subitement, vint le forcer à interrompre ses chères étu- 
des. Nous l'avons vu, au cojrs d'uno e.vcursion dans les 
gorges latérales de l'Amblëve, en compagnie de son meil- 
leur ami, notre confrère Sladden, sDulïrir sans proférer 
la moindre plainte ; ses traits, brusquement contractés, 
trahissaient, malgré lui, de vives douleurs internes, mais 
sa puissante force de volonté lui faisait rapidement sur- 
monter ses souffrances et reprendre bientôt sa belle 
humeur habituelle. 

L'aggravation progressive de son état nécessite une 
intervention chirurgicale : notre pauvre ami s'y résigne 
et subit avec le plus grand courage une terrible opéra- 
tion. 

Un instant il renaît à l'espérance; alors que sa vigou- 
reuse nature lutte encore avec la mort, on le voit pendant 
quelques temps se livrer de nouveau à ses études de 
prédilection; cette douce illusion fiit de bien courte 
duré 3. Quelques semaines plus tard, hélas, la mort l'ar- 
rachait à l'affection d'une compagne qui l'adorait et de 
no:iibreux amis qui fondaient sur lui de belles espérances. 

On peut dire que Slansion a succombé victime de son 
dévouem3nt à la science : I avait trop présumé de ses 
forces I 

Professeur doué d'une grande facilité d'élocution asso- 
ciée à une profonde érudition, il se donnait tout entier à 



37Ô 

son enseignement, y apportant un zèle et une ardeur qui 
furent malheureusement des plus nuisibles à sa santé. 
D'autre part, ses études bryologiques lui imposaient trop 
souvent de longues et épuisantes veillées consacrées au 
travail microscopique. Enûn son infatigable activité 
l'attirait vers d'autres domaines de la science : il fit de 
remarquables travaux zoologiques sur les mœurs des 
insectes et des mammifères inférieurs qu'il publia dans la 
« Revue scientifique :», de Paris; il s'occupa également 
de Météorologie et collabora à la Revue « Ciel et Terre » . 

Evidemment c'était trop pour son organisme depuis 
longtemps affaibli, sa mort prématurée était fatale. Sa 
carrière scientifique, bien que relativement courte, a été 
fructueuse, son œuvre si douloureusement interrompue 
durera néanmoins. Des amis n'ont pas permis que son 
manuscrit fut perdu pour la bryologie; ils viennent, 
après mise en ordre, de le livrer à l'impression. 

Pendant l'élaboration de sa Flore des Hépatiques, il 
faisait avancer parallèlement la révision de son herbier, 
et celle de l'herbier de l'Etat, de sorte que ces deux col- 
lections aujourd'hui réunies contiennent les types de la 
flore des Hépatiques, ce qui leur donne une valeur docu- 
mentaire spéciale que sauront appécier les bryologues. 

Arthur Mansion était une personnalité des plus sympa- 
thiques, d'une remarquable droiture de caractère, très 
franc et très expansif ; aussi son souvenir vivra-t-il long- 
temps chez les botanistes belges, où il ne connut que des 
amis. 



380 

INFLUENCE DE LA VALENCE DES MÉTADX SUR LA TOXICITÉ DE 

LEURS SELS; 

par Henri Migheels. 

Dans une série de six cristallisoirs, on verse 1000 e. c. 

5 
d'une solution ^déci- normale de NaCI dans Teau. Le sel 

o 

est chimiquement pur et Teau a été distillée dans un 
appareil en verre. Un descrîstallisaîrs sert de témoin, les 
cinq autres reçoivent respectivement 10 c. c, 23 c. c, 

1 

40 c. c, 83 c. c. et 40. c c. d'une solution - déci-nor- 

61 

maie deCaSO*. Dans le sixièms cristallisoir, on fait passer, 

au moyen de deux électrodes en platine, le courant fourni 

par trois éléments de Daniell. \ la surface des solutions 

se trouve un tamis d'étofTe à larges mailles sur lequel on 

a déposé des grains de Froment qui ont, préalablement, 

séjourné pendant 2i heures dans Teau distillée. 

Au bout de quelques jours, les grains sont en voie de" 
germination, et Ton constate qu3 le poids moyen des 
plantuies ainsi que la longueur de leurs racines, sont 
d'autant plus considérables que la teneur en CaSO* est 
plus élevée. 

Dans le cristallisoir où passe le courant galvanique, on 
remarque, par contre, un minimum de développement. 
Celui-ci y est toujours moindre que dans le témoin. 

En remplaçant CaSO* par un sel d'un autre métal 
bivalent, on obtient des résultats assez analogues. La 
quantité nécessaire pour obtenir le maximum de 
développement varie de l'un à l'autre. J'ai employé 

dans mes recherches, outre la solution ^^ déci-normale 

64 



381 

1 
de CaSO% les solutions - déci-normale de SrCP, décî- 

Jà 

1 1 

normale deMgCP, — — normale de ZnSO*, 777 déci-normale 

^ 128 64 

de Pb(G'H'O-) et déci-normale de BaCP. 

Ces résultats permettent d'étendre au règne végétal 
les conclusions formulées par Jacques Loeb et ses collabo- 
rateurs (U au sujet de l'atténualion de la nocivité de NaCl 
pour les animaux, marins par l'introduction de sels de 
métaux bivalents. 

L'action d'un faible courant électrique nous montre, 
d'autre part, que la flocculalion arrête l'excilation favo- 
rable à la germination. Les mélanges employés semblent 
donc agir sur les graines à la façon des solutions 
colloïdales (S). 



MATÉRIAUX POUR LA FLORE BELGE. 

Sous ce titre, nous donnerons, dans chaque fascicule du 
Bulletin, les données intéressantes que nous aurons pu 
réunir sur notre flore. Nous espérons que tous nos con- 
frères voudront bien nous faire part de leurs trouvailles 
afin que ce que chacun aura observé ne soit pas perdu 
pour la science. Ce chapitre sera donc une œuvre 
collective. 



(1) The American Journal of Physiology, 1899-1902; Pftuger'i Archiv. 
f. die gesammte Physiologie, 190i>1902. 

(2) M1CHKKL8, H. et Db Heen, P. {Bull, de VAcadém le royale de Bel- 
gique [Classe des Sciences], n? 7» 1905). 



382 



.*• 



Liste de Lichens recueillis & Spa. 

Du 15 juillet au 15 août 1904, M. le D' Bouly de Les- 
daîn, membre effectif de notre Société, et demeurant à 
Dunkerque, a séjourné à Spa et a fait^ dans un rayon de 
3 à 4 kilomètres, de fructueuses excursions lichénologi- 
ques autour de la jolie cité ardennaise. Le résultat en a 
été publié, sous le titre cité en tête de ces lignes, dans le 
Bulletin de la Société botanique de France W. 

Nous renvoyons à ce travail les lichénologues de notre 
pays, mais nous croyons intéressant de donner ici la 
liste des espèces et variétés non signalées dans le /Vo- 
. drome de la flore belge et par conséquent nouvelles pour 
notre flore; plusieurs sont même nouvelles pour la 
science. 

Gladonia maoilenta Hoffm. var. slyracclla [Uh,] Wainio et squami- 
gera Wainio; CI. Plorkcana [Fr,] Sommerl,\ Cl. coccifcra 
[L.] WtUd. t. phyllocoma Floerke; Cl. digitata Schaer. f. me- 
gaphylla Del, et var. microphyllina Tonell.; Cl. aquamosa 
[Scop,] HjlJrn, f. m iiruella ([>«/.) Wainio et T. frondosa [Del.] 
Harrn,] Cl. fimbriata [L ] Fr, f. tubaeforinis, cornutaradiata 
Coem, capreolata Fioerke et yar. aubcofnulaiV^/. 

Oladena silvatioa [L,] var. riridans BriU, 

Farmelia Mougeoti Sc'iaer., trichotcra //ve, rorraculifcra Nyl.; 
faliginosa [Fr.] Nyl, Tar.laclcvirona.Vy/. a m bigu a [Wu'/.] 
Nyl. 

Fhysoia pulverulenta {\ch,\ Nyl, var. argyphaca Ach,\ P. Icptaloa 
[\ch.] DC; obscura [Ehrh.] Nyl, var. ehloantha [Ach,] Fr,; 
lîthotca var. aclaUrolIa Nyl, 

Caloplaoa ferrug^Iaea [lljidt.] Tk, Fr, var. fesiiva E. Fr.; G. phlo- 
gina [Ach.] Flagcy. 

Candelaria vltelUaa [Ach,] Koerb,; cpixantha Ach,; laciniosa Duf, et 
f. granalosa lUrm, 

^ « 

(l) Torac LU (1905), pp. 16-aS. 



383 

FyrenodeBinls TariAbiliB [AehJ\ KœrK 

Leosnora mpestris Seop.; dispersa [Per«.] Floerke; snbfusca ilcA. 

Tar. Pinaatri Schaer,; L. chlarona [Ach.] Nylr, rugoaa N\fl.\ 
^poiytropa Ach. f. illusoria Aeh,\ L. conysaca [Ach."] NyL; 

arobrioa [EhrhJ] NyL\ Ssmbuci [Pers.] NyL 
Aspioelia loBoa NyL 
Aorospora fùsoata Th. Fr, 
Leoania oyrtella [Ach,] Th, Fr,; L. Eryiibe Th. Fr^ 
Fertusaila oonummis DC. f. plambca Duby ; P. velata NyL; scatel- 

laris flue, 
Leoidea luoida Ach.; eoarctata [5m.] NyL; flexuosa [Fr.] NyL; acnco- 

fiiaca Arn ; Harmandii B. de Lesd.\ cadabriae NyL; mizdla 

NyL; sylvicola Flot.; spadana B» de Le$d,; lucipida Aeh. et 

albo-coer.aletcens [Wu/f.] Ach. 
Catillaria globulOBa [f/A]. Th. fr.; aynothea [AcA]. Th. Fr.; erysi- 

loides [Nyl] Th. Fr.; ehalybeia [BorrJ] Arn, 
Bilixnbia Naegeli [Stitenb.] Th, Fr.; cblorococea Th. Fr,, subfuscata 

^yyl] 

Baoidia luteola [Sehrad.]; ineompta [Borr.] AnU et rar. prasina 

Lahm» 
Biatorella oohTophora [NyL) Th. Fr.; deplanata Almq. 
Psora ostreata [Hoffm.] Schaer. 
BhiBOoarpon obsouratum \Ach,] Th, Fr. 
Buellia disolfbrxnls [NyL] Oliv,; myriocarpa [DC] Th. Fr, et rar. 

ehloropoli»; B, atro-albella NyL rar. aethalea Ach, 
Opegrapha herpetioa Ach.; subsiderclla NyL; atra Pers, var. hapalca 

NyL; 0. diaphora [Ach.] NyL 
Arthonia pnnotifonDlB Ach,; populîna MaisaL; lurida Ach.\ anasto- 

moaans Ach. for m. dispersa. 
Csrpheliiun melanophaeum Krb, 
Yerraoaria leoideoides NyL; fusco-nigrescens [Pen,] Mass.; aelhio- 

boU Whlnbg; mucosa Ach.; hydrela Ach, et Tar. parasîtica 

B. de Lesd.\ V, dolosa Hepp.; elacomelaena Ma$saL 
SegeflUna leotissima Fr. 
Bagedia oonoidea [Leight] B, de Le$d, [ss= Y. chlorotiea Tar. 

conoidea Leight.]. 
Aorooordia gemmata [Ach.] Krb. 
Theledinni aorotelliun Arn, 



384 

▲rthopyrenfa ISftllax [%^] Am. et rar. pnnctala Oliv.; A. pvncli- 

forraif [Ach.] Am.; cincrco-pruinoaa [Schaer.] Kœrb, 
Noimandina puoh^lla [Borr*] Am. 
Collema oeramoides [born,] Nyl. 
Collemodium miorophyllum [Ach.'\ NyL 
BudooooouB g^emmiferos [Schaer,] Nyl, 

flava Ach, 



M. P. Nypels noiis a remis la note suivante : 

Ajouter aux indications de M. Bouly do Lesdain dans 
sa Liste des Lichens recueillis à Spa (1905) : 

Lecidea expansa Nyl., espèce nouvelle pour la Belgique 
trouvée à Spa en 1904 par M. Bouly de Lesdain : Notes 
lichenologiques III (1905). 

Erratum : Dans la Liste des Lichens recueillis à Spa 
remplacer Cladonia delicata Flk. par Cladonia pityrea 
Fr, (correction faite par M. Bouly dans ses Notes Liche- 
nologiques). 



©*• 



M. Aug. Dolisy a adressé à la Société un relevé des 
plantes qu'il a observées dans le Luxembourg, à Long- 
willy, en 1904. A côté des espèces qui forment le fond 
de la végétation de cette partie de TArdcnne, nous notons 
des plantes intéressantes : 

Aquilcgia Yulgaris, Diaiilhus deltoiJcs, Sapoiiaria Vaccaria, Silcnc 
gallica; Geraniiirnsylvaticuin, Acer plalanoidcs, Monotropa llypopitys, 
Pyrola minor, Alyssum calycinum, Trifoliotn agrarium. Vicia lulca, 
Comarum palustre, Garum Caryî, Mcum athamanticum, Ox^'coccos p«- 
luitris, Arnica montaaa, Euphorbia cyparissias, Juacus squarrosus, 
Bolrychium Lunaria, Ëquisclum sylvaticuin. 






Njtre nauveau confrère M. Isaacson nous a ci)mmuni- 
qué une liste des plantes^ intéressantes qu'il a observées 



385 

aux environs de Bruxelles en 1905 et 1906* Elle paraîtra 
ultérieurement* 

Parieiaria ramiflora Mônch. Ancienne station classique 
dans un vieux mur près du pont de Namèche^ à 10- m. 
en amont, rive gauche. M. Chevalier en a trouvé une 
nouvelle station à 200 m. en aval du pont. 

Cette plante, simple variété du P. offLcinalis, rare et 
seulement naturalisée chez nous, est la plante la plus 
commune en Bretagne dans les joints des vieux mur$ en 
granit. (J. Chalon.) 

Notre actif confrère M. A. Hardy nous a communiqué 
des notes sur le résultat de ses excursions aux envi- 
rons de Visé et sur le Littoral. Citons entre autres à 
Zeebrugge : Cirsium eriophorum; Lathyrus tuberosus; 
Helminthia echioides ; Diplotaxis muralis; Linaria spuria. 

M. A. Hardy a fait encore d'autres excellentes trou- 
vailles : Equiseium variegatum^ dans un marais en 
sortant de Blankenberghe vers Heyst ; Aceras anthropo- 
phora sur la Montagic St-^i?rre à Lixhe-Loen et vis-à- 
vis de Eysden. Dans cette dernière habitation, il y avait . 
plusieurs centaines de pieds, à fleurs entièrement d'un 
brun rouge vif; Linaria striata^ terrains vagues entre 
Visé et Mouland. 

Plusieurs membres de la Société et d'autres amateurs 
nous ont encore fourni de nombreuses indications, mais 
avant de les publier dans le chapitre des Matériaux pour 
la pore belge^ il faut vérifier si les déterminations sont 
exactes et si les habitations sont réellement nouvelles. 

Th. D. 



386 



REVUE DBS TRAVAUX DE BOTANISTES BELGES 
OU TRAITANT DE LA FLORE BELGE. 

Qnide derAxboretnm de Tervneren,, par Ch. Bommbk. — firux., 
1906; Tol. de 211 p^es» arec 4 planeheS| 3 plans et 3 cartes. 

Notre Bulletin a déjà rcnda compte de cet ouvrage (1) et insisté sur sa 
râleur, prineipalement en ce qui concerne la géo-botanique. 



Index KewexiBlfl plantamm phanerogamamm. ^ Supple- 
xnentam primum : Nomina et njtMnyma omnium Generum et Spe- 
cierum ab initia anni 1886 u»que adfinem anni 1895 complectene; 
Mnfecerunt Th. Doeand et fi. D. Jackso?i. — firuxelles, 1901-1906 ; un 
Yol. in -40 de 519 pages. 

S'il est un Urre utile à tous ceux qui s'occupent de l'étude des plantes, 
eu même à ceux qui reulent simplement étiqueter correctement un 
échantillon d'herbier ou une plante en culture, donc aui botanistes 
comme aux horticulteurs, c'est incontestablement Vindex Keweneis, par 
B. D. Jackson, qui contient le relevé par ordre alphabétique de tous les 
noms génériques et spécifiques, ainsi que de leurs synonymes, créés 
depuis Linné jusqu'à nos jours, avee renvoi à Pouvrage dans lequel ces 
noms ont été employés pour la première fois. 

Si les horticulteurs, notamment, consul (aient cet ouvrage pour la 
rédaction de leurs catalogues, ils ne seraient plus exposés à estropier les 
noms des plantes d'horrible façoo, comme rerlains d'entre eux le font 
fréquemment. 

Mais le relevé contenu dans les quatre gros volumes de l'Index s*arréto 
à l'année 1885; et depuis cette époque, Tactivité des phytographes, grâce 
aux collections de plus en plus riches dont ils disposent, a été plus 
grande que jamais, en même temps que leurs publications se trouvent 
disséminées dans des recueils périodiques en nombre toujours plus con- 
sidérable* 

Des suppléments à Vlndex devenaient donc indispensables, et notre 
confrère AI. Th. Durand, avec son collaborateur M. B. D. Jackson, en 

(1) Bull, Soc. roy, de botanique de Belgique, vol. XLIII, pp. 248-49. 



387 

onireprireni le . premier, eompreoant la période décennale 1886-1895. 
Leur trarail parut en quatre fascicules, le premier en 1901» et le dernier 
en juillet 1906. 

En prenant la moyenne entre le contenu d'un certain nombre de 
colonnes de l'ourrage, on peut estimer que ce supplément comprend au 
minimum ioixante tnilie noms. On se fait difficilement une idée de la 
somme énorme de trarail qu'un reieré de ce genre exige, du nombre de 
rerues et de livres que Ton doit éplucher pour trouver toutes les non- 
reautés qu'ils contiennent, s'assurer si un nom est réellement nouveau, 
s'il est bien employé ou s'il doit être relégué au rang de simple syno- 
nyme. C'est là un travail qui exige à la fois beaucoup de patience et une 
grande sagacité, travail bien ingrat pour ceux qui s'y livrent, mais 
extrêmement profitable pour les autres. 

t^otons dans ce supplément certaines additions au plan adopté pour 
l'index, que nous eonsidérona comme de notables améliorations ; entre 
autres, la date de publication de chaque nom; puis s'il arrive qu'après 
la description princcps d'une espèce, d'autres descriptions plus com- 
plètes ou des planches en ont été données, elles sont également ren- 
seignées. Or, la description princeps n'est pas toujours la plus complète ; 
souvent, au contraire, ce n'est qu'une diagnose sommaire destinée à 
prendre date; et si plus tard l'espèce a été figurée, il est toujours utile 
d'en éire informé. D'un autre côté, la date de publication des noms est 
indispensable pour bien établir la synonymie de beaucoup d'espèces ; et 
pour les recueils périodiques notamment, si l'on n'indique que le numéro 
d'ordre du volume, pour savoir à quelle date ce volume a paru, il faut 
l'avoir S0U3 la main, ce qui Ja.ii bjaacoup de cas est malheureusement 
impossible ailleurs qu'à Kew ou peut-être au Brilish Muséum. 

Le Supplément se termine par deux addenda : Tun à VlndeXy par 
M. Jackson, Tautrc an Supplément lui-même Alfred Cogniaux. 

RsNiEa, A., Sur la flore da terrain houiller inférieur de Bau- 
dour (Hainaut). (G. R. Ac. Se. Paris, 19 mars 19 J6). 

On ne connaissait que peu do chose de la flore de l'assise de base du 
terrain houiller inférieur do la Belgique. L'auteur fournit la liste sui- 
vante dos fossiles qu'il a rencontrés : 

Sphenopteris Larischi Stnr sp.; S. Stangeri Star ap.; S. Dicksonoides 



388 

Goepp. sp.; S. cf. Schillingsii Andrac; S. Essînghi Andrac; S. cicgans 
Brongn.; S. cf. tridactylitea Brongn.; Rhodoa moravica Eltingh. sp.; 
Palmatoptcris snbgcniculata Stur sp.; Archeeoptcris cf. dissccta Gocpp.; 
Adiantitos oblongifolius Goepp. sp.; A. Hachcroaki Slur; A. scssilis von 
RochI; Neuropteris antcccdcns Stur; N. obliqua Brongn.; Pccoptcris 
aspcra Brongn.; P. dentota Brongn.; Alcthoptcris dccurrens Artissp.; 
A. cf. Davrcuxi Brongn. sp.; LygiiioJcndron sp.; SphcnOphyllum tener- 
rimum-trichomatosuiu Slur; Asterocalamites serobiculalus Schlotb.sp.; 
Calamités cistiiformis Stur; Lcpidodendron aculealutu Stcrnb.; L. obo- 
Tatum Stcrnb ; Lepidophlolos lariclnus Stcrnb.; L» cf. macrolcpidotus 
Goldcnb.; Lcpidophyllum lancooiatum Lindlcy et Hulton; Stigmaria 
ficoidcs Slernb.; Dorycordailcs sp.; Artisia sp.; Cordaïanthus sp.; Trigo- 
nocarpus Parkisoni Brongn.; T. Schuitzii Gocpp. et Berger; Rhabdo- 
carpus Uneatus Goepp. et Berger; Corda icarpus Cordai Gclnitz sp.; 
Cardiocarpus sp ; Samaropsis bicaudatus Kidston; Walchia (?i antccc- 
dcns Stur. A ces 89 espèces viendront s*en ajouter d'autres. Cette flore 
de Baudour comprend surtout des espèces caractéristiques du Culm, 
c'est-a-dirc d'enpèces appartenant à un niveau inférieur à la zone A du 
bassin de Valeneienncs» la plus ancienne du terrain houiller du nord de 
la France. HENai Michbels. 

Florale des Alguos de Jersey. — Notre confrère M. le D' II. Van 
Heurck publie dans les Annale» de la Société Jerseioise de» icience» la 
florule des Algues de l'Ile de Jersey , ù laquelle il travaille depuis plusieurs 
années. J. Chalon. 

Notloes sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore dn 
Congo, par Ém. De Wildeiah; vol. II, fane. I; Bruxelles, novembre 
1906(1). 

Ce fascicule comprend sept chapitres bourrés de faits au point de yuo 
de la botanique appliquée ; nous ne pouvons donc songer à les analyser» 



(1) Le volume 1 de cette importante publication comprend trois 
fascicules. Nous en avons donné une analyse détaillcc dans le Bot, Cen- 
tralhlatt. 



389 

mais nous attirons sur eaz rtitontion, uon seulement des botanistes, 
mais de tous ceux que les questions éeonomiques intéressent. 
I. Rocouyer ou Bixa-OreUana L. (pg. 5-19). 
II. Bulungu [produit du Symphonia globuHfera L.] (pg. 20-27). 
ill. Quelques conseils de pratique culturalc (pg. 28-36). 
IV. Tuiles Tégëtales (pg. 87-56; p(. IXX). 
V. A propos de lianes caoutchoulif&res de TAfrique tropicale 
(pg. 57-97). 
VI. Noies sur les usages de quelques plantes congolaises (pg. 99 159). 
Dans ce chapitre l'auteur insiste sur les propriétés reconnues en 
Afrique ou ailleurs, chez trente-six espèces congolaises. 
Vif. Quelques Orchidées congolaises nouvelles ou intércsiantes 

(pg. 160-165). 

Angraecum PynaertU Do Wild. (pg. 160); A, ovalifolium De Wiid. 
(IGl); A. imbricalum Liiidl. (163); Siyitacidium xanthopoUinium Th. 
Dur. et Schinz (163); Listroslachyi PynaertU De Wild. (164); L. ve$iealà 
Reichb. f. (166). 

De nombreuses gravures ajoutent encore & l'intérêt de ces notices. 

Th. D. 

étades de systématiçLUd et de srôographle botaniques sur la 
flore du Bas- et du Moyen-Oongo, par Eu. De Wilueuian; yoI. Il, 
fasc. 1 [Février 1907], pages 1-84; planches 1-XXXV. 

Si rHerbier du Congo augmente de mois en mois d*une façon vraiment 
remarquable, si à côté de noms de collecteurs bien connus lois que Giîlet, 
Butaye, Oddon, L. Pynaert, etc., nous en voyons de nouveaux surgir, 
Sapin, Serct, Biéler, etc., les matériaux réunis grâce à leur féconde 
activité ne viennent pas 8*accumuler ù Bruxelles, sans profit pour la 
science. M. Ém. De Wildeman consacre presque tout son temps à les 
élucider et ses publications sur la flore congolaise se succèdent avec une 
rapidité surprenante. Ce fascicule ne contient pas seulement de nombreux 
renseignement sur des espèces déjà signalées au 0>ngo; il apporte un 
fort contingent d'espèces nouvelles pour la science. Ce sont elles que 
nous allons relever maintenant en marquant d'un astérisque celles dont 
la description est accompagnée d*une figure: AnubioB *affinis; Dracaena 
*ueleenti8; Olax Gilletii et PynaertU; Campylostemon PynaertU: Aliode^ 



390 

copsis Oddoni; Gouania Sêreti; Dombeya *niangaraen8i8 ei ^Sereti; Cola 
*8ubvertieillato ; Gareinia Giadidi, Bégonia *Sereti; Jasminum Ver' 
dickii; Lepiactinia surongaeiuis; Plectronia Oddoni; Fadogia tomen- 
tosa et Pavetta * Léser auwaetii. 

Il y a quelques nomina nuda : Eragrostii sabulicola et tubiformit, 
Pilger; Hugonia oblmifoliaf C. H. Wright; Gareinia longeacuminat a, 
Engl. 

Notons aussi que VAnubias Afzelii De Wild. et Th. Dur. [non Engi.] 
devient VA. EngUri De Wild, et que les espèces suivantes, décrites anté- 
rieurement, sont représentées par do fort heaux dessins : Crinum 
Laureniii Th. Dur. et De Wild.; Dioseorea macroura Harms; Polysta- 
chya polychaete Kraenzl.; Angraecum Pynaerlii De Wild.; A, tcandenn 
Schleehter var. longifolium De Wild.; A. Arnoldianum De Wild.; 
A. Gentilii Do Wild.; Listrostachyt Pynaerlii De Wild. et visicata 
Kcichh, f.; Albii^ia Lebbek Bcnth.; Fillaeopsit discophota Uarras; 
Turraea Cabrae Do Wild. et Th. Dur.; Cula digitata Mast.; Periploca 
nigiesceni Afzel.; Tricalyiia PynaerU De Wild.; Bertiera Laurentii 
Do Wild.; Plectronia CiUetii De Wild.; Trichostachyi microcarpa 
K. Schum.; Te fairia pedata Hook. f. Th. D. 

MisBion Emile Laurent [1903-1904] par Ëm. Db Wilubman, 
4«< fascicule [pages 1X-€^X et 855-450. Pi. GVII-CXLir]. Février 
1907. 

Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensons du monument que 
M. Dk W^ildcman élève à notre regretté Emile Laurent. Le quatrième 
fascicule, qui vient de paraître, ne le cède pas en intérêt aux précédents; 
il débute par une notice bingraphiquo, rappelant surtout les services 
éminents rendus par Ém. Laurent à la botanique et à l'agriculture con- 
golaises. Les pages XXVII-CXIX, contiennent le carnet de route d'Emile 
Laurent, du 24 septembre 1903 ou 30 janvier 1004, et ne se prêtent pas à 
une analyse sommaire. Elles sont d'une lecture attrayante, riche.* en 
aperçus ingénieux et montrent l'observation sagace sans cesse en éveil. 

La deuxième partie de ee faseiculc est consacrée à la suite de l'énuméra- 
tion des plantes recueillies par Ém. Laurent, avec la collaboration de son 
neveu 3Iarce1. Cette partie du travail contient non seulement beaucoup 
d'espèces nouvelles pour le Congo, mais aussi pour la science. En voici 



391 

le releyé : los cspècei, non suiyies d'un nom d*aatear, sont signées de 
M. De Wildemen : Uredo Laurentii P. Heno.; Aecidiutn congoanum 
P. Henn.; Phyllochora heterospora P. flonn. ; Zy/arta Laurentii P. Henn.; 
âtelanconium hysUrioides F, Henn,; Fwarium PhyUachoroéV. Honn.; 
Crinum congoleHse; Muia *LaurenUi; Iodes Laurentii; impatiens 
Declercqii, Kerekhoveana, *mayombfnsis et ^Sereti; Grewia *Laurentii ; 
Cola ^Laurentii, longifotia et *griieiflora ; Tttracera GiUetii; Buchnero- 
dendron Laurentii; Bomalium Laurentii, ealaensis et Giltetii; Ompha- 
ioearpum* Laurentiip ^sankuruense, ^Cakrae et ^bomanehensi$; 
Chrysophyllum ^Lacourtianum, ^Laurentii et ^longipedicellatum; 
^Sersaliiia Laurentii ; Mimusops ubangiensis et congolensii ; Solanum 
*Pynaertii, *Letcrauwaetii et *Streti. 

Les espèces que noas venons d'énumérer dont les noms sont précédés 
d*i]n astérisque, sont accompagnées de planches. — D'autres dessins 
représentent des espèces décrites précédemment : Solanum \Vï/(/eman- 
niî Dammer; Cola Dewevrtil>t\f\\à, et Th. Dur.; Adamonia sulcata 
Chcv.; Aiuia paradisiaea L. var. sanguinea Welw. 

Deux variétés nouvelles» lo Tetracera Stuhlmannii Gilg var. occident 
talis De Wild., le Cola Laurentii De Wild. form. integrifolia De Wild., 
sont aussi représentées. 

Ce beau fascicule renferme encore un grand nombre de gravures dont 
nous ne pouvons donner le détail. Tu. D. 



MÉLANGES ET NOUVELLES. 



IfoQs croyons utile de signaler à nos confrères un intéressant article 
de M. Paul Vuillemin sur les variations do l'Equisetum palustre [Bull. 
Soc, bot, de France, t. LUI, pp. 37-45]. 

Dans le même volume H. F. Gagnepain a publié une notice sur le 
savant et regretté botaniste J.-B. Loui^ Pierre, Panteur de la magistrale 
Flore forestière de la Cochinchine. Pierre était membre associé de notre 
Société. [I. c. pp. 54-59J. 

H. Prain, superintendant du Jardin botanique de Shibpur, membre 
associé de notre Société» a été nommé Directeur des Jardins royaux de 
Rew» en remplacement do M. Thiselton-Dyer qui a pris sa retraite. 



392 



Congrès national d'horticulture de Bruxelleê, — La Fédération des 
Sociétés horticoles de Belgique, qui en est l'organisotrice, a tenu son 
assemblée annuelle^ le 27 mars dernier, h la Bourse des horticnlleurs. 
Elle a nommé le Comité de patronage et la Commission d*organisation. 
La Présidence d*honneur sera offerte à U. te Ministre de Tagriculture. 
Le Congrès réunit, à ce jour, plus de 300 adhérents dont la liste a paru 
au Bulletin de la Fédération du 81 mars, ainsi que le règlement et le 
programme des questions. Les rapports seront publiés aux BuUetine des 
80 juin et 10 septembre. Les plus méritants seront primés; il sera attri- 
bué aux lauréats des médailles de ycrmeil ou d'argent aree diplôme. 

Le Congrès aura lieu dans la seconde quainiaine de septembre. La 
cotisation, comprenant Tabonneroent au BuUetin, est de deux francs. 

Adhésions et renseignements au Secrétariat, rue de Statte^ à Hay. 



Jardin botanique de Roscoff. — M. le directeur Delage ni*a cédé rem* 
ploi d'un vaste terrain où je vais cultiver en pleine terre et sans abri : 



Agave, divers. 


90 espèces de Bambous. 


Camcllla. 


Magnolia. 


Myrte. 


Figuier. 


Laurier rose. 


Fuchsia. 


Laurier tin 


Laurier noble. 


Eaealyptus. 


Lippia citriodora. 


Eryobotrya japonica. 


Phœnix canariensis. 


Araucaria imbricata. 


Chamœrops excelsa. 




J. Chàlon. 



TABLE DES MATIERES. 
DU TOME XLIII. 



PagM. 

Académie royale de Belgique (Programme des concours, pour 1907 

deT) 242 248 

Bkadjbâa, Rom. (Mort de M.) 245 

BooLT DB Lbsdah, LichcnJ rares ou nouveaux pour la Belgique. 240-254 
Bulletin (Propositions relatives au mode de publication du) . . 99 
CoGRiAux, Alp.^ Note à propos de Pachèrement de la Flora Draii* 

litruis 218-224 

— Note sur le genre Macroianonia Gogn. de la famille des Cu- 

curbitacces 357-360 

— Notes sur les Orchidées du Brésil et des régions voisinrs . 266-356 
Espèces nouvelles : Centroglossa peruviana, pp. 881; Cryptypho- 

ranthuê Schenehii, dOi] » Habenaria Balansati^ 271, Cao- 
gua%uensis,2n , EdwaUii^Vnù, Hassleriana, 2^, incoMpi- 
eua,2yi,mlegripetala,2&U Poissoniana,219, iub/iUformU, 
272; Maidevallia earinata, 805; Microstylit spiralipetala, 
802; Ornilkocephalus graciliscapus, 334; Physurus longi-- 
cornu, 298; Pleurothallis acutidentata^SU, calcarata,Bi\, 
deltogloua, 815, elegantula, 308, macaheensis, 810, sub- 
rotundifolia, 317, et subumbellata, 818; Pogonia Hasile- 
riana, 283; Spiranthes //aM/erii, 296; Stelit perputilla, 806; 
Stenorrhynehus albicans, 293, latipeialus, 286, itênanthus, 
288, itenophyllui, 289, et vaginatuêy 290; Zygostalei papil- 
/osa, 333. 

— Notice biographique sur A. Glaziou 864 

— Notice biographique sur E. Pfitzcr ........ 369 

GoaNBT, A., Lo Scapania aspera H. Bcrn. en Belgique . . . 239-230 

GaériN (Nomination du Jury du prix) 217 

DB K.EacHovB, Odw. (Mort do M.leComte) 215 

Ebrera, L. et Durand, Tir , François Grépin, sa vie et son œuvre. 

Fbaiikun, Bbn'j. (Deuxième centenaire de) 98 

Glaziod, a. (Nommé membre associé) 217 

— (Mort de M.) 245 

— (Notice biographique) 364 

Maisiom, Arth. (Mort de M.) 97 

— (Notice biographique) 875 



394 

PagM 

Hâecual, Eue, Notice biographique sar Arth. Mansion .... 875 

— £uB et En. (Médaille d'or décernée à MH.) 99 

Recherches pbysiologiqucf sar ramidon chez les Bryo- 

phytes 115-214 

MASB4RT, J. Les Fourmis-Jardinières 100-108 

Matériaux pour la flore belge .......... 381-385 

Mélanges et nouvelles • ^ . • 391-892 

Membres (Présentation de nouveaux) 249 

MicHBiLs, H. Note sur un noureau dispositif pour les cultures 

aqueuses 254-256 

*- Influence de la valence des métaux sur la toxicité de 

leurs sols 379-880 

Pfitzkr, E. (Notice biographique) 869 

Renealmia Dewevrei Do Wild. et Th. Dur. (Observations sdr le) 211-242 
Séances de la ^ciété : 

4 février 1906 97 

6 mai 1906 215 

7 octobre 1906 . . . . ' 245 

décembre 1906 . . . • 361 

Travaux de botanistes belges ou Irailant do la flore de Belgique 
(Revue des) : 
BoMMER, Cb., Guide de TArboretum de Tcrrueren . .248-249, 885 

— E. et Rousseau (Mesdames), Résultats du yoyage du S. Y. 

Bcigica (Champignons) 282 

Cociiuox, Alf. Flora Brasiliensis (Orchidacées) .... 289-241 
DoaAiiD, Th. et Jacksou, B. D. Index Rewensis (Supplem. 

primum) 885-886 

De Wildexar, Ëi., Mission Ém. Laurent . . . 285-238, 889-890 

— Notices sur des plantes utiles ou intéressantes du Congo . 386 

— Les Phanérogames des terres magellaniques . . . 280-231 

— Études de systématique et de géographie botanique dans 

le Bas et le Moyeu-Congo 232-235,888-389 

UouziAU DE Lehàib, J. Le Bambou 238 

Remuer, A. Sur la flore du terrain houiller inférieur de Baudour 8S7 
Vandeetst, U. Nouvelles stations de Peronosporées en 1905 . 225-229 

Vakt Nerom, Léon (Mort do H.) 517 

Van Bambeke, Cu. Quelques remarques sur Polyporui Rostkovii 

(espèce nouToUe pour la flore belgo) ...... 256-265 

— Aperçu historique sur les espèces du genre Sileroderma et 

considérations sur la détermination de ses espèces . . 104-114 



i 



BULLETIN 



DB LA 



SOCfÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE 



Gaiid, iiup. G. Annoot-Bracckman, Ad. Iloste, suce. 



BULLETIN 



DE LA 



/ r 



SOCIETE ROYALE DE BOTANIQUE 



DE BELGIQUE 



FONDÉE LE 1- JUIN 1863 



TOME aUABANTE-aUATfilÉME 




BRUXELLES 
AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

JARDIN BOTANIQUE DE L'ÉTAT 

1907 



Conseil d'administration de la Société royale de botanique 

de Belgique pour Tannée 1907. 



Président : M. J. Chalon. 



Vicê' Présidents : 



MM. Ch. Bommer, Ém. Db Wildbman el Ém. Paqub. 



Secrétaire général : M. Tu. Ditband. 



Trésorier : L. Coomans. 



Conseillers : 



MM. Cl. AiGRBT(i909). 
A.Bnis(l907). 
ÂLF. CoGmAUx(1908). 
V. Coomans (1908). 
A. Hardy (1907). 



MM. H. MATAGNE(i908). 

P. Van Abrdscbot (1909). 
Ch. Van Baibski (1909). 
M»* Jo8. Wbry (1907). 



.• •- 



• •• 






• • 



IsiUr-^Ay^^e-* , 



LÉO ERRERA 



1868 — 1906 



La Société royale de botanique de Belgique a depuis 
quelques années eu le malheur de perdre plusieurs de ses 
membres les plus actifs. 

L'une des pertes les plus sensibles qu'elle ait éprouvées 
est celle du prof. Léo Errera, enlevé brusquement au 
moment où elle comptait plus que jamais sur lui pour 
conserver et augmenter le renom qu'elle a acquis à 
l'étranger. 

Errera fut emporté inopinément à Uccle, dans son 
Château de Vivier d'Oye, le !•' août 1905, peu de jours 
après son retour d'un voyage en Autriche-Hongrie, où il 
avait représenté notre Société au Congrès International 
de botanique de Vienne. 

Rien ne pouvait faire prévoir cette fin prématurée I La 
mort est venue le ravir au sein d'une réunion de famille. 

La nouvelle de la brusque disparition de notre regretté 
président se répandit rapidement dans toute la Belgique 
et dans les milieux scientifiques de l'étranger^ causant 
partout un étonnement profond. Personne ne voulait 
croire à la mort de cet homme que les principaux 



10 

botanistes d'Europe et d'Amérique avaient eu Toccasion 
de voir en pleine vigueur peu de jours auparavant. 

Léo Errera était presqu'universellement connu, les 
travaux variés qu'il a publiés avaient attiré sur lui 
l'attention de tous les hommes de science, et aux regrets 
des botanistes s'ajoutait encore celui de voir disparaitre 
une intelligence et un savoir aussi étendus. 

Notre Société a perdu en Léo Errera un de ses princi- 
paux protecteurs qui, à mainte reprise, dirigea ses tra- 
vaux et occupa presque sans discontinuité une place au 
sein de son Bureau. 

Le nom de Léo Errera restera à jamais gravé dans les 
fastes de notre Association à laquelle il a légué une 
somme importante pour la constitution d'un prix qui 
perpétuera son nom. 

< Rien n'est plus intéressant que de démêler dans les 
traits» dans le caractère, dans la tournure d'esprit d'un 
homme distingué, les multiples influences qui l'on fait tel 
qu'il est, afin de reconnaître par quoi il répète l'un ou 
l'autre de ses ancêtres et par quoi il innove dans sa 
lignée » , disait-il en ouvrant la note qu'il écrivait sur 
notre regretté François Crépin, au moment où la mort 
est venue le frapper. Que ne pouvons nous suivre, dans 
nos notes, ce beau plan et essayer dé déceler dans ce carac- 
tère d'élite la part qui revient à l'hérédité, au milieu et 
à la variation personnelle. 

Né à Laeken le 4 septembre 1858, Léo Errera fut dès 
sa jeunesse porté vers l'étude des sciences exactes et 
naturelles. Encore enfant il s'assimila rapidement les 
langues vivantes et à l'âge de 16 ans il parlait le 



Il 

flamand, le français, l'italien, Tallemand et l'anglais. Il 
fit également des humanités très complètes, en partie en 
suivant les cours de l'Athénée royal de Bruxelles, en 
partie chez lui sous la conduite des meilleurs professeurs. 
C'est durant son passage à TÀthénée royal de Bruxelles 
qu'il commença, avec Louis Pire et avec François Crépîn, 
l'étude de la végétation indigène qui devait lui permettre 
de produire plus tard des études biologiques pouvant 
servir de modèle. 

Entré tout jeune à l'Université de Bruxelles il se fit 
inscrire à la Faculté de Philosophie et Lettres où il acquit, 
avec un très grand succès, le diplôme de candidat. Ces 
études philosophiques et littéraires eurent un immense 
retentissement sur sa carrière et ce fut admirablement 
préparé par cet enseignement qu'il suivit les cours de la 
Faculté des Sciences, où il obtint le 1'' août 1879, un 
diplôme de docteur avec la plus grande distinction. Ses 
examens universitaires terminés, il se rendit à l'étranger. 
Il avait compris qu'un enseignement universitaire quel 
qu'il soit ne peut être vraiment fructueux que si l'on a 
fréquenté des laboratoires et si Ton a, autant que possi- 
ble, travaillé les grandes questions scientifiques avec 
ceux-là mêmes qui les ont présentées. 

Pendant les semestres d'hiver de 1879-1880 et 1881 
nous le trouvons à Strasbourg où il suit les cours du 
prof, de Bary et où il fréquente le laboratoire renommé 
du célèbre cryptogamiste. Tout en assistant avec assiduité 
aux leçons de de Bary, il fréquentait les leçons de chimie 
biologique et le laboratoire du prof. Hoppe-Seyler, dans 
lequel il puisa les fondements de plusieurs de ses travaux 
ultérieursr. 

La chimie fut toujours une de ses branches préférées, 



là 

elle a, il est vrai^ tant de rapports avec la physiologie 
végétale, à l'étude de laquelle Léo Errera s'était parti- 
culièrement consacré. 

En 1882 nous trouvons Errera à Wûrzbourg où pen- 
dant le semestre d'été il s'occupe de physiologie sous 
la direction du prof. Sachs. 

Les leçons de de Bary et de Sachs influencèrent profon- 
dément le travail du jeune botaniste belge et l'on peut 
dire que c'est dans ces laboratoires qu'il réunit les élé- 
ments d'où sortirent plus tard plusieurs de ses magistra- 
les études et beaucoup de travaux de ses élèves. 

A son retour définitif à Bruxelles» Léo Errera présenta 
comme thèse d'agrégation à l'Université un travail entamé 
en Belgique alors qu'il était étudiant et dont il avait 
parachevé l'étude pendant son séjour en Allemagne. 

Cette thèse « L'Epiplasme des Ascomycètes et le Glyco- 
gène des végétaux », constitue une œuvre remarquable. 
Publiée en 1882, les conclusions qui s'en dégagent 
sont encore concordantes avec la science actuelle. Déjà 
d'après ce travail et surtout d'après les thèses annexes, on 
peut se rendre compte de l'étendue du savoir de Léo 
Errera. Il envisage en effet dans les propositions qu'il a 
émises, non seulement des études physiologiques et 
chimiques se rapportant au règne végétal, mais même 
s'engage dans des démonstrations de mathématiques 
pures. 

Tout jeune, Léo Errera avait fondé avec des amis étu- 
diants à l'Université : Renson, Paul et Gustave Gevaert, 
Edmond Destrée, un « Cercle des jeunes botanistes » où, 
à tour de rôle, les membres s'exerçaient à parler et à 
résumer les travaux botaniques marquants de l'époque. 
En 1876, il n'avait que 18 ans, il prit pour la première 



13 

fois la parole en public au cercle artistique de Bruges. 

En 1884, le conseil académique de l'Université de Bru- 
xelles le chargea du cours d'Anatomie et de physiologie 
végétales, spécialement appliquées à l'étude des Crypto- 
games », dont on avait décidé la fondation. Il était temps 
de donner un peu plus d'extension, au sein de la Faculté 
des Sciences, aux études botaniques, dont toutes les 
branches pesaient sur les épaules d'un seul professeur, 
notre regretté J. E. Bommer. 

Lorsque Léo Errera prit possession de cet enseigne- 
ment, il n'y avait point à l'Université de laboratoire 
de botanique où les étudiants eussent pu voir de près la 
structure des organismes végétaux et apprendre à faire 
des recherches originales. Dans un intéressant opuscule 
« Le rôle du laboratoire dans la science moderne » , qui 
est le résumé de la leçon d'ouverture de son cours, il fait 
ressortir l'importance du laboratoire et démontre qu'un 
cours scientifique ne saurait être fructueux s'il n'est 
expérimental, s'il n'est dans la plus large mesure accom- 
pagné de démonstrations et complété par un laboratoire. 
< Pour répandre l'instruction populaire, disait-il, nous 
avons pris comme devise : des écoles, nous devons de 
même, pour vivifier l'enseignement supérieur des 
sciences, n'avoir aujourd'hui qu'un seul mot d'ordre : 
des laboratoires !» et il ajoutait encore < Ou notre ensei- 
gnement scientifique universitaire donnera une place 
prépondérante aux laboratoires, ou il est condamné à une 
irrémédiable déchéance ». C'est encore dans cette même 
notice que nous trouvons cette phrase digne de remarque : 
« Ceux qui apprennent les sciences selon l'ancien système, 
sans mettre, comme on dit, la main à la pâte, me parais- 
sent ressembler aux spectateurs assis dans la salle, tandis 



14 

que le drame se déroule sur la scène, ils sont immobiles, 
extérieurs à l'action ; ils regardent en simples dilettantes 
les acteurs qui s'agitent et les péripéties qui se succèdent. 
Grâce au laboratoire l'étudiant est transporté de l'autre 
côté de la rampe, il devient lui-même acteur, il se sent 
mêlé à ce drame éternel et sublime de la pensée hu- 
maine aux prises avec l'inconnu » . 

Cette revendication de l'utilité des laboratoires scienti- 
fiques actuellement à nos yeux si puérile, était bien 
nécessaire à cette époque, chez nous, et ce ne fut pas 
sans difiîculté qu'il finit par obtenir gain de cause grâce à 
l'appui de Doucet et de François Crépin et qu'il put faire 
installer un embryon de laboratoire de botanique dans 
trois chambrettes que l'on aménagea sous les combles, 
dans les anciens locaux du Jardin botanique de l'État. 

Ce modeste laboratoire a été le point de départ du 
mouvement qui s'est créé en Belgique ; les Instituts se 
sont constitués nombreux pour toutes les recherches 
scientifiques et Léo Errera a eu la grande joie de voir les 
idées qu'il avait émises en 1884, sanctionnées de toute 
part plus largement peut-être qu'il ne l'avait espéré. 
Lui-même n'était d'ailleurs pas resté en arrière et le 
petit laboratoire où ses premiers élèves avaient travaillé 
avec tant d'ardeur et dont nous les anciens, nous aimons 
à nous souvenir, se transforma en cet Institut botanique 
qui désormais porte son nom et qui peut être cité comme 
un petit modèle. Si le local n'est pas vaste, s'il ne peut- 
être comparé à celui des Instituts de quelques grandes 
villes universitaires de l'étranger, on doit reconnaître que 
tout a été aménagé avec tant de soins et d'une manière 
si raisonnce que le travail y devient facile. 

La mort du prof. J. E. Bommer, survenue en 1895, 



15 

laissait vacante la chaire de botanique générale qui immé- 
diatement fut dévolue à Léo Errera. Du jour au lendemain, 
en pleine période de cours. Errera reprit renseignement 
brusquement interrompu par la mort de son maître, 
auquel il consacra avec émotion la leçon de réouverture 
du cours de botanique à la candidature en sciences natu- 
relles. 

Je n'ai pas à insister ici sur le grand rôle joué par 
Léo Errera au sein de l'Université ni à faire l'éloge du 
professeur modèle. 

. II a su imprimer à son enseignement un caractère 
spécial : la clarté de l'exposé, l'érudition, entraînaient 
la conviction. Notre confrère M. J. Massart, qui a succédé 
au maître dans la lourde charge du professorat nous a 
montré ailleurs la carrière professorale de Léo Errera, 
nous n'y reviendrons pas(i). 

Nous avons tous eu mainte et mainte fois l'occasion, 
durant nos séances, de remarquer, la pureté du langage 
de Léo Errera et la grande facilité avec laquelle il 
s'assimilait les plus difficiles questions et les exposait à 
ses confrères, faisant pénétrer dans leur esprit les con- 
clusions précises auxquelles étaient arrivés les travaux 
de ses collègues. 

Léo Errera était de ceux qui improvisent rarement 
mais étudient constamment; il recherchait les causes 
et classait dans son cerveau la multitude des faits qui 
s'accumulent petit à petit autour d'une question. 

Aussi les objections et les problèmes qu'on lui posait 
trouvaient*ils très rapidement une réponse. Il aimait 
la discussion et entraînait ses élèves à argumenter 



(1) J. Massait. — Léo Errera, 1858-1905 (Revue de VUnivtniU, 1906). 



16 

contre lui, sachant que c'est par le choc constant des idées 
que s*éclaircissent les problèmes les plus difficiles. C'était 
d'ailleurs dans ce but qu'il avait, un des premiers en 
Belgique, créé les conférences de laboratoire ou il aimait 
à voir se réunir élèves et anciens élèves. 

Sans vouloir analyser en détail ses nombreux travaux^ 
dont nous avons relevé les titres à la suite de cette 
esquisse, il est^ pensons-nous> nécessaire d'insister un 
peu sur certains d'entre eux, non seulement pour démon- 
trer leur importance^ mais encore pour faire voir Ten- 
chainement des études, à première vue si dissemblables 
de Léo Errera et faire ressortir une fois de plus sa vaste 
érudition. 

Il était âgé de 16 ans lorsqu'il débuta comme botaniste 
en publiant» dans les « Bulletins » de notre Société, une 
notice sur quelques espèces nouvelles ou peu connues de 
la zone argilo-sablonneuse, et, l'année suivante, ayant 
fait durant les vacances un séjour à Nice, il envoya à 
François Crépin une lettre sur la végétation hivernale des 
environs de la belle station méditerranéenne. Notre 
regretté Secrétaire ne put résister au désir d'insérer 
cette lettre dans les publications de la Société et nous 
devons lui en savoir gré» car de nos jours, où la végéta- 
tion de toute l'Europe est bien connue, la lecture de 
cette notice est encore restée attrayante et l'on y trouve 
déjà cette précision dans l'expression qui a été une des 
caractéristiques de l'œuvre de Léo Errera. 

La lecture des ouvrages de Darwin qui venaient de 
paraître et dont il était question dans le monde savant, 
imprima une nouvelle direction aux études de notre jeune 
botaniste, qui abandonna la systématique végétale vers 
laquelle il avait été porté par ses premiers maîtres Crépin 



17 

et Pire, pour se lancer dans les études biologiques et 
physiologiques que soulevaient la question des plantes 
carnivores et celle de la fécondation des fleurs par les 
insectes. En collaboration avec son ami Gustave Grcvaert, 
il donna à nos Bulletins une série de notes sur la fécon- 
dation chez les Pentstemon et Primula et se proposait de 
continuer ces recherches, car on a retrouvé dans ses 
papiers des séries d'observations nouvelles sur la struc- 
ture des fleurs de primevères, sur les caractères demacro- 
stylie et de mîcrostylie, et certes, si la mort n'était venue 
arrêter ces travaux, il aurait publié sur ces questions un 
mémoire plus documenté encore que ne Test Tœuvre 
posthume, mise à jour par une de ses élèves M"* J. Wéry. 

Ge fut durant son séjour à Strasbourg chez le profes- 
seur de Bary qu'il étudia la substance de réserve des 
Champignons. Toutes les recherches avaient abouti, jus- 
qu'à cette époque, à faire considérer les Champignons 
comme un groupe aberrant, bien diflérent des végétaux 
supérieurs, dont les représentants paraissaient incapables 
d'accumuler des matières de réserve. 

Léo Errera parvint à démontrer la présence chez ces 
organismes d'une substance de réserve qui n'était autre 
que le glycogène découvert par Claude Bernard. 

Il prouva que cet hydrate de carbone est très répandu 
dans ce groupe de végétaux et se rencontre même dans 
des groupements différents où des recherches toutes 
récentes sont venues pleinement démontrer les indica- 
tions données primitivement par Léo Errera. Il com- 
plète cette étude dans le laboratoire de Uoppe-Seyler, 
et parvint à mettre en relief le fait très important 
que la présence ou l'absence du glycogène ne peut 
servir de caractère différentiel entre les organismes 



18 

animaux et végétaux. Ce travail sur le glycogène est le 
fondement de toutes les études, très nombreuses, entre- 
prises depuis sur cette substance. 

Durant toute sa vie Errera n'abandonna pas cette 
question, soit qu'il en continuât lui-même l'étude, soit 
qu'il engageât Glautriau à la reprendre dans certaines 
de ses parties, l'amenant ainsi à nous donner un des plus 
beaux travaux sortis de l'Institut Errera. 

Le dossier réuni par Errera sur le glycogène végétal, 
bourré de notes personnelles et d'indications de tout genre 
a pu être mis en ordre par M. J. Massart qui l'a fait 
paraître dans le <c Recueil botanique de l'Institut Léo 
Errera», avec les nombreux dessins de localisations 
accumulés par Errera depuis des années. 

Ge n'est pas dans la seule étude du glycogène que Léo 
Errera nous montre ce remarquable esprit de suite. 
Jamais il n'a abandonné les recherches auxquelles il s'est 
successivement livré et sur toutes on a retrouvé dans ses 
papiers des séries nombreuses de notes et de résumés. 

Aux études sur le glycogène dans le règne végétal, 
par lesquelles Léo Errera avait déterminé à l'aide de 
la microchimie la présence de ce corps dans les cellules, 
se rattachèrent tout naturellement une série d'autres 
travaux micro-chimiques, en particulier ceux sur la loca- 
lisation des alcaloïdes et des glueosides chez les plantes. 

Le premier mémoire traitant de ce sujet date de 
1887, Errera le publia en collaboration avec deux 
de ses élèves : Georges Glautriau et le Dr. Maistriau. 
Il porte sur les alcaloïdes des : Colchicum, lYicotiana, 
Aconitunif Narcissus^ Canna, Veratrum^ Solanum et 
Strychnos. Ge travail pour lequel Errera avait pris 
comme devise cette phrase de de Sénarmont « il faut 



19 

tâcher de coordonner les observations de façon qu'on 
puisse en tirer des conclusions » en amena un certain 
nombre d'autres qui furent vérifiés par toute une série 
de recherches subséquentes sorties soit du laboratoire 
d'Errera, soit d'instituts étrangers qui avaient dans 
celte voie suivi la trace du professeur belge. Cette 
question avait pour notre professeur une grande impor- 
tance car il espérait déduire de ces travaux des conclu- 
sions générales. Aussi lorsqu'il se décida à fonder 
le Recueil de l'Institut, réunit-il tout ce qui avait été fait 
sur ce sujet dans son laboratoire et le tome II du 
Recueil de Mnstitut botanique renferme la réimpression 
des principaux travaux de localisation qui ont vu le jour 
à rinstitut botanique de Bruxelles. 

Un autre travail de Léo Errera, dans le même ordre 
d'idéeSj mérite ici une mention spéciale, c'est celui qu'il 
publia en 1889 dans les Annales de la Société belge de 
microscopie « Sur la distinction microchimique des alca- 
loïdes et des matières protéiques :».I1 y fait voir comment 
il est possible de distinguer, microchimiquement,dans les 
tissus végétaux ces deux groupes de corps qui dans cer- 
taines conditions donnent les mêmes réactions. C'était là 
un travail d'une haute portée, car cette méthode simple 
permettra de multiplier les recherches et d'arriver à des 
résultats très précis dans l'étude de certains faits physio- 
logiques et biologiques. 

Dans les papiers accumulés par notre regretté con- 
frère, se trouvaient des notes nombreuses sur la biblio- 
graphie déjà si considérable des alcaloïdes, glycosides, 
tanin, etc. et l'Institut botanique a fait vraiment œuvre 
utile en publiant ces documents que Léo Errera avait 
amassés précieusement. Cette bibliographie relativement 

9 



ao 

très complète nous montre une fois de plus avec quelle 
assiduité Léo Errera poursuivait les études qu'il avait 
une fois commencées et avec quels soins il suivait l'évo- 
lution d'une question, pour tirer ultérieurement le plus 
largement parti de ses lectures. C'est grâce à cette 
méthode régulière d'études qu'il était arrivé à posséder 
les connaissances encyclopédiques que l'on a tant admi* 
rées en lui. 

Pendant son séjour à l'Université de Wûrzbourg, un 
chapitre du cours de botanique professé par Sachs fit une 
impression particulière sur le cerveau d'Errera, c'était 
celui où le maître allemand exposait le principe de l'atta- 
che rectangulaire des cloisons de la cellule au moment de 
leur formation, principe dont la base se trouvait dans la 
forme particulière présentée par le fuseau achromatique 
au sein duquel se constitue la nouvelle membrane. Déjà 
dans les annexes de sa thèse d'agrégation» Léo Errera 
insiste sur ces données et dans un travail qu'il fit paraître 
quelque temps plus tard sous le titre : « Sur une con- 
dition fondamentale d'équilibre des cellules vivantes » 
il démontre que la membrane cellulaire animale ou végé- 
tale est, au moment de sa naissance, totalement compa- 
rable à une lamelle liquide. Partant de ce point et se 
basant sur les travaux de notre physicien Plateau, il put 
déduire qu'au moment de sa formation une membrane 
cellulaire quelconque doit prendre la forme que pren- 
drait dans les mêmes conditions une lamelle liquide. 
Mais il ne se contente pas d'émettre le principe ; par des 
expériences il démontre qu'à l'aide de bulles de savon, 
c'est-à-dire de lamelles liquides minces, il est possible de 
reproduire toutes les formes cellulaires primordiales. 
C!omplétant alors res premières recherches, il fait voir 



21 

que la disposition des membranes cellulaires, d'après un 
système de trajectoires orthogonales, ne doit être con- 
sidérée que comme cas limite. L'étude de cette question 
préoccupa, elle aussi» vivement Léo Errera ; on peut le 
regarder comme le précurseur de cette Science que les 
zoologistes ont baptisée, un peu pompeusement peut-être, 
du nom de c Embryomécanique » . 

Léo Errera possédait sur cette question des documents 
nouveaux, qu'il ne lui a pas été possible de mettre en 
lumière. 

Si je m'arrête un peu plus longuement sur ce sujet, 
c'est que plus que tout autre il me remémore notre 
regretté confrère. Ce fut en effet pour appuyer ce prin- 
cipe qu'il me proposa, tandis que je fréquentais son labo- 
ratoire, d'étudier les cloisons obliques des rhizoides des 
Gharacées et des Mousses. J*eus le bonheur de pouvoir 
corroborer toutes les conclusions du maitre et d'insister 
sur le principe très simple auquel est soumise la consti- 
tution de la charpente cellulaire, quelque variable qu'elle 
puisse paraître à première vue. Je me rappelle avec 
plaisir les heures que nous avons passées ensemble, dis- 
cutant les résultats des observations et des expériences 
et essayant de nous rendre compte par des formules 
mathématiques de la position que devaient prendre 
théoriquement les membranes des cellules végétales. 

Certains de ces problèmes mathématiques sont encore 
sans solution et pendant que je me reporte à ces études 
déjà lointaines, je retrouve dans mes dossiers certaines 
constructions géométriques que nous avons tenté d'éta- 
blir pour essayer de déterminer comment devraient se 
disposer les cloisons cellulaires dans une cellule en forme 
de fuseau, se divisant successivement en deux parties 



22 

par des cloisons obliques, comme cela se voit chez 
certaines Algues. Que de fois nous avons repris ces con- 
structions sans oser nous fier au^ résultats obtenus, bien 
qu'ils semblassent se rapprocher sensiblement de ce que 
nous observions directement au microscope. 

C'était là encore une des particularités de ce caractère 
d'élite, tout devait être mûrement réfléchi, rien de fait 
à la légère, et Léo Errera travaillait parfois pendant des 
années à un même mémoire, car il voulait ses travaux 
irréprochables. 

On peut dire, sans exagération, que bien peu de savants 
ont atteint dans leurs productions la clarté et la précision 
que nous ont toujours montrées les travaux de Léo 
Errera. Il était aussi sévère pour lui que pour ses élèves 
et rien ne sortait de son laboratoire sans qu'il eut discuté 
et vérifié les conclusions du travail; il a rendu ainsi un 
service inestimable à tous ceux qui ont eu la chance de 
travailler sous ses ordres. 

Tout en s'attachant à démontrer que les jeunes mem- 
branes cellulaires sont sous la dépendance des lois géné- 
rales de la tension superficielle, Léo Errera recherchait le 
moyen d'expliquer par ces mêmes lois le mouvement du 
protoplasme à Tintérieur de la cellule et le mouvement 
tout entier des corps protoplasmiques nus tels que les 
amibes. Il eut l'occasion de revenir sur la question 
à la séance de février 1904 de la Société royale des 
Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, pendant 
laquelle il fit projeter des amibes artificielles dont la 
mobibilité est indiscutablement régie par la loi de la 
tension superficielle. Dans cette voie sûrement féconde il 
fut donc encore un initiateur. 

De la tension superficielle aux études chimico- et 



23 

physico'physiologiques il n'y avait naturellement qu'un 
pas, et dans ce domaine qui acquiert pour Tétude de la 
cellule une très grande importance, Léo Errera aurait 
certainement fait ressortir des conclusions nouvelles» car 
il avait entrevu les rapports entre tous ces facteurs et 
n'avait pas encore osé insister largement sur eux. Ses 
études de physiologie cellulaire portèrent en grande 
partie sur les phénomènes osmotiques, et celles-ci l'ame- 
nèrent à proposer la création d'une unité osmotique pour 
laquelle il proposa le nom de « myriotonie » . 

Il avait donc saisi l'importance de ce phénomène dans 
la vie cellulaire et il a engagé dans Tétude de ces 
phénomènes diiïéi^ents de ses élèves qui recherchèrent 
les conditions suivant lesquelles les cellules végétales 
sont capables de s*adapter à des solutions de concentra- 
tions différentes. 

Il est nécessaire, pensons-nous, d'attirer l'attention sur 
un autre travail d'Errera, étude d'un genre bien difiérent 
et qui a paru dans les Annales de notre Société. C'est 
celui qu'il a intitulé : c Un ordre de recherches trop 
négligé. L'efQcacité des structures défensives des plan- 
tes. » Dans ce mémoire qui ouvre également un sillon, 
il propose à ses collègues belges de délaisser un peu la 
systématique locale, et les convie à s'occuper de biologie, 
cette science qui, jeune encore, a fait cependant depuis 
quelques années des progrès marquants et dans laquelle 
il y a tant de < généralisations prématurées s> et 
^« d'hypothèses fantaisistes. » 

Malheureusement les conseils que nous adressait Léo 
Errera n'ont pas trouvé grand écho en Belgique et bien 
peu de nos botanistes se sont décidés à entreprendre les 
recherches dont Errera avait si magistralement disposé 
le plan. 



24 

Ce travail a fait une impression profonde à Tétranger, 
beaucoup plus profonde que chez nous, où Ton ne semble 
pas avoir reconnu que sous ses dehors simples il est 
fondamental et de documentation serrée. Il ofire un 
point d'appui pour toute une série de recherches et nous 
ne pouvons assez conseiller à tous nos botanistes de 
méditer les quelques pages qu'Errera consacra à l'étude 
des structures défensives des plantes. 

S'il fallait essayer de synthétiser l'œuvre d'Errera, il 
faudrait en classer les éléments en trois groupes prin- 
cipaux, ayant entre eux des points de contact indéniables. 

En tout premier lieu, rappelons les relations des fleurs 
et des insectes, études biologico-physiologiques auxquelles 
se rattache une longue série d'autres travaux. Puis on 
pourrait considérer le groupe de ses observations sur le 
glycogène, les alcaloïdes et les glucosides. Enfin l'appli- 
cation de la physique moléculaire à l'étude de la struc- 
ture et de la vie de l'organisme végétal, et celle de 
la physique et de la chimie à l'étude physiologique de 
la plante. 

En dehors de ces trois groupes principaux, les sujets 
d'études touchés par Errera, furent des plus variés. 

La longue liste des travaux de Léo Errera fait voir 
que dans les sciences naturelles pures, aucune branche 
n'a été laissée de côté et même, il a touché à la péda- 
gogie et à la philosophie dans lesquelles il s'est montré 
aussi compétent qu'en botanique pure. 

Pour se faire une bonne idée des larges vues d'ensem- 
ble acquises par Léo Errera, ce sont non seulement les 
travaux purement scientifiques qu'il faut lire, mais les 
courtes notices qu'il a éparpillées, car souvent dans de 
simples rapports académiques il a présenté des vues d'en- 



25 

semble, exposé les bases de recherches à eiïectuer ou fait 
ressortir des aspects tout nouveaux pour certaines ques- 
lions. Il lui a été donné de développer lui-même des 
sujets qu'il avait ainsi signalés et qui lui étaient venus 
à l'esprit, en discutant les travaux d'autres botanistes. 
Parfois aussi il a eu le plaisir de les voir étudier par 
ses élèves, mais il reste encore immensément à glaner 
dans ces notices car un très grand nombre des questions 
et des problèmes suggérés par Léo Errera sont restés 
sans réponse. 

Certains travaux de Léo Errera sortent du domaine 
botanique dans lequel nous aurions du peut-être nous 
cantonner. Nous n'avons pu résister au désir de les 
rappeler ici. 

La plupart d'entre nous« n'ont pas eu l'occasion et la 
chance d'apprécier la grande valeur pédagogique de 
Léo Errera, de l'avoir vu à l'œuvre au milieu de ses 
élèves. 

En examinant ici certaines de ses publications, peu 
connues peut-être de beaucoup de nos confrères, il nous 
sera possible de faire ressortir certains faits et d'insister 
une fois de plus, sur la justesse de ses opinions. Partout 
on parle chez nous de réorganisation d'enseignement 
et de l'enseignement mondial, il n'est pas inopportun 
d'insister sur des idées qu'il n'a pu malheureusement 
défendre au moment ie plus propice avec la fougue et 
l'enthousiasme que beaucoup d'entre nous ont bien con- 
nus. Combien de fois dans ces derniers temps n'avons 
nous pas regretté, dans nos assemblées, l'absence de 
Léo Errera,' il avait l'indiscutable talent de synthétiser 
la discussion et de faire ressortir d'un chaos d'idées celles 
qu'il fallait mettre en pratique, celles qui vraiment 
étaient capables de produire de bons fruits. 



26 

Ayant en 1890, assumé la charge de rédiger le rapport 
pour le prix Joseph De Keyn, nous le voyons s'insurger 
dans les quelques pages qu*il communique à Tacadémie, 
avec combien de raison, contre la non spécialisation des 
auteurs d'ouvrages classiques. Ecoutons cette phrase et 
demandons nous si elle n'est pas digne d'être Inscrite en 
lettres gigantesques dans l'antichambre de tous nos 
éditeurs de classiques. 

« N'écrire que lorsqu'on a quelque chose à dire et ne 
parler que de ce que l'on sait, cela semble une règle 
banale, et pourtant, combien peu satisfont à cette simple 

exigence ! » et plus loin : , « mais peut-être ne 

serait-il pas excessif de demander que les manuels de 
physique soient écrits par des physiciens, les manuels de 
chimie par des chimistes et les manuels d'agriculture par 
des agronomes. Au lieu de cela nous voyons des auteurs, 
très estimables, d'ailleurs, rédiger à la fois un traité de 
chimie, un traité de physique et un traité de météoro- 
logie. Encore y ajoutent-t-ils fréquemment un ouvrage 
sur l'arithmétique et sur la botanique ». Nous devrions 
citer des pages entières de ce rapport si documenté où 
Léo Errera fait ressortir si justement le défaut de com- 
pétence des auteurs qui, ne se donnant pas la peine ou 
n'étant pas capables de faire œuvre personnelle, em- 
ploient comme il le définit « ce talent si moderne : l'art 
d'écrire avec des ciseaux » . 

Cet art est malheureusement plus difficile qu'on ne le 
pense, il ne suffit pas de puiser à l'aventure dans les 
diverses sources que l'on a à sa disposition, il faut encore 
et surtout savoir discerner la valeur de ces sources. 

Dans un autre ordre d*idées nous voyons émettre par 
Léo Errera des appréciations qu'il eut été si utile de faire 



27 

ressortir au dernier Congrès mondial où les mêmes 
questions furent agitées. 

Jetons un coup d'œil sur le rapport qu*il rédigea, avec 
un soin jaloux, au sujet de la création du Palais du 
peuple et de Torganisalion de sa salle de botanique. Bien 
que ce rapport ait paru dans nos Bulletins, il nous parait 
utile d'insister un instant sur la façon dont notre regretté 
confrère y définissait les musées. « Pour que le musée 
soit véritablement efiQcace, il faut que la science y vienne 
au devant du visiteur, attrayante et facile; qu'il se sente 
comme pris par la main et conduit pas à pas; qu'on 
n'exige de lui aucune connaissance préliminaire et qu'on 
lui demande un minimum d'efforts »; et plus loin, en 
insistant sur la limitation des sujets exposés dans un 
musée populaire, il disait: « cette modération s'impose 
encore si l'on veut s'abstenir de faire double emploi avec 
les musées spéciaux : Musée d'histoire naturelle, collée- 
tions de l'Observatoire royal. Jardin botanique de l'Etat^ 
etc. II est bien entendu que c'est toujours à ceux-ci que 
l'on devra recourir pour une étude plus complète, pour 
tout ce qui est érudition et science spéciale. Le Palais 
du peuple devra servir d'introduction à tous ces musées 
et ne faire concurrence à aucun. j> 

Léo Errera indiquait donc bien clairement la différence 
profonde qui doit exister entre le Musée populaire et le 
Musée scientifique spécial que de nos jours on voudrait 
voir supprimer. On voudrait voir une spécialisation toute 
particulière se jeter dans ce domaine, toute la science 
devrait pour ces novateurs devenir populaire et se mor- 
celer par pays au lieu de rester au-dessus de nos subdivi- 
sions politiques qui sont bien rarement des limites natu- 
relles. Errera comprenait la valeur des musées spéciaux 



28 

si nécessaires pour l'étude complète d'une question et il 
savait, pour l'avoir expérimenté lui-même, qu'une étude 
botanique ou zoologique ne peut être poussée que si elle 
est faite d'une façon continue sur des matériaux accu- 
mulés par les musées spéciaux. S'il était encore parmi 
nous, lui, le chercheur méticuleux, l'opposant de la spé- 
cialisation à outrance, il aurait vite trouvé des arguments 
pour rejeter bien loin cette demande de morcellement 
inutile de nos collections scientifiques qui ne permet- 
trait plus de faire de la synthèse, but vers lequel 
doivent tendre tous les efibrts de la science. 

N'était ce pas d'ailleurs une thèse bien connexe qu'il 
a défendue en 1892 dans une conférence à l'École des 
mines de Mons, pour laquelle il avait pris lé litre : La 
nécessité des études superflues. 

« On prétend, disait-il, qu'il existe à Chicago une 
machine fameuse pour la préparation des boudins. A 
l'une des extrémités on introduit l'animal vivant et il en 
sort à l'autre bout sous forme de boudins prêts à être 
servis...., mais n'est-ce pas un peu là l'idéal universitaire 
de bien des gens ? On nous amène aujourd'hui un tout 
jeune homme, presque un enfant, qui n'a pas même appris 
à apprendre, et on nous demande pour le lendemain un 
docteur prêt à plaider, à guérir, ou, simplement à raison- 
ner juste. On Ta bien vu dernièrement, lors des discus- 
sions de la loi sur l'enseignement supérieur : tous propo- 
saient à l'envi que l'on réduisit l'enseignement à une 
préparation immédiate platement utilitaire, en vue de la 
carrière choisie. » 

N'est ce pas ce que nous voyons couramment! Là git 
la grande raison pour laquelle nous voyons actuellement 
si peu de jeunes gens s'adonner à certaines études, en 
particulier à celle de la botanique. 



29 

A quoi pourrait-elle servir, cette science aimable? 
Quelques places de professeurs dans les Universités, quel- 
ques chaires dans les Instituts spéciaux. Pourquoi donc 
faire le doctorat en science botanique. « De plus en plus 
nous nous cantonnons, dit-il dans notre coin, nous restrei- 
gnons nos regards à notre toute petite sphère, pareils à 
des chevaux de manège nous tournoyons chacun dans le 
cercle de nos intérêts immédiats et nous avons comme des 

œillères qui nous empêchent de rien voir au delà il 

faut que chacun de nous cherche à compléter ce qu'il sait; 
aux connaissances qui lui sont directement nécessaires 
pour son métier, pour ses fonctions, pour sa carrière, 
qu'il ajoute des notions étrangères, inutiles si Ton veut, 
afin de secouer la torpeur intellectuelle et d'élargir son 
horizon. » 

Il y a dans ces quelques pages bien des pensées qu'il 
serait utile de mettre en vedette et comme il le disait 
dans sa conclusion, il faut encourager le culte du superflu 
car, c bien plus que les préoccupations de notre métier 
de chaque jour, il représente ce qu'il y a de durablement 
utile .... cherchons surtout à donner à la jeunesse une 
intelligence ouverte et non pas seulement une carrière 
lucrative. » 

« Et de même que la Grèce rayonnera éternellement 
dans le monde par ses penseurs, aux spéculations 
abstraites, par ses artistes aux œuvres superflues, per- 
suadons nous bien que la grandeur d'un peuple se 
mesure à son désintéressement, d 

Faut-il signaler spécialement sa connaissance étendue 
des langues vivantes et mortes? Elle faisait de lui en 
même temps qu'un polyglotte, un orateur parfait que 



30 

dans toutes les réunions scientifiques on a tant admiré. 
Hais on nous a révélé lors de l'inauguration solennelle 
du buste de Léo Errera, oftert par sa famille à Tlnslitut 
botanique, un autre tournant de cet esprit déjà si vaste. 
On nous Ta montré poète. Qu*il nous soit permis de 
reprendre ici les trois strophes qu'il écrivit le 11 mai 
1875 entre Vivier d'Oye et Bruxelles : 

L'hymon des fleurs se préparc 
Sur i'arbrc en fête qui pare 
D*un diadème son front ; 
Peupliers, ormes et frênes 
Mûriront bientôt leurs graines 
Et les feuilles tomberont ! 

Juchés sur les branches souples 
Les oiseaux perchent par couples 
Sous les grands domcs feuillus ; 
Qaaud les petits de l'année 
Auront leur tour d'hymcnce 
Les parents n*y seront plus t 

Nature, âpre Créatrice, 
Il faut donc que tout fleurisse 
Pais tu dis à chacun : meurs ! 
Tu veux que les êtres s'aiment 
Et, dès que leurs fruits se sèment 
Tu Tiens faucher les semeurs ! 

Dans ces deux derniers vers ne peut on voir résumée 
la trop courte vie de Léo Errera, ouï la nature, cette 
âpre Créatrice est venue faucher trop tôt la plante dont 
les fruits commençaient seulement à se disperser. 

Ne semble-t-il pas qu'en écrivant ces lignes Errera ait 
pressenti sa destinée ! 



31 

La vie scientifique d'Errera a été intimement unie à celle 
de la plupart de ses élèves et il avait mis un peu de sa 
propre science, de son vaste savoir» dans les nombreux 
travaux sortis de son laboratoire. 

Quand dans la mémorable cérémonie commémorative 
destinée à rappeler le souvenir de François Grépin et de 
trois élèves du « Laboratoire d'anatomie et de physiologie 
végétales » : Alfred Dewèvre, Georges Glautriau, Emile 
Laurent, trop tôt disparus, il 'retrace leur vie déjà si 
bien remplie, faisant ressortir l'immensité du deuil qui 
s'était abattu sur son Institut, qui eut soupçonné que le 
jour où la mort inexorable viendrait frapper le chef de 
cette jeune institution déjà si endeuillée, était si proche 
et que les paroles si bien senties qu'il prononça en ter- 
minant son discours^ s'appliqueraient si nettement à sa 
propre personalité. 

c Le temps des chercheurs isolés n'est plus, la science 
est aujourd'hui trop vaste et trop complexe pour qu'on 
puisse la faire progresser autrement que par la coopé- 
ration, par la coordination des volontés. Notre ambition 
doit être de créer des organismes scientifiques, viables 
et bien vivants, qui durent après nous, où le présent 
s'appuie sur le passé et prépare l'avenir. Et qu'est-ce 
qu'un organisme sans histoire, sans traditions ! Or toute 
histoire est nécessairement douloureuse, puisqu'elle 
consiste, pour une grande part, dans le souvenir de ceux 
qui ne sont plus; mais elle est fortifiante aussi, puis- 
qu'elle est faite de leurs exemples, qui demeurent. » 

« Ghers amis, chers collaborateurs disparus! Ici, dans 
cet Institut consacré à la science que vous avez aimée et 
pratiquée, l'atmosphère est tout imprégnée des effluves 
vivifiants de vos exemples et de votre souvenir. » 



32 

< Ainsif daas chacua des eiYorts, dans chacune des 
découvertes de ceux qui vous succèdent» il y aura 
quelque chose de vous qui aura survécu... » 

Ce n'est pas seulement dans cet Institut que Léo Errera 
a tant aimé, que quelque chose de lui survivra I Tous 
nous le conserverons dans notre souvenir et la Société 
qu'il a si généreusement dotée, pourra faire admirer» dans 
l'avenir» son nom parmi ceux des Belges qui ont le plus 
contribué au renom scientifique de notre pays» dans 
lequel nous plaçons avec orgueil le berceau de la bota- 
nique. 

Si le nom de Léo Errera brille avec éclat dans les 
sciences naturelles» la philosophie» la littérature» l'in- 
dustrie» l'économie politique ont fait l'objet de ses études, 
et lui doivent même certains travaux remarqués. Ils 
sortent eux totalement du cadre de cette notice et notre 
incompétence en ces matières ne nous permet pas d'ail- 
leurs de faire ressortir leur valeur. 

Nous n'avons cependant pas voulu passer sous 
silence cette partie de l'œuvre de notre regretté maitre, 
car elle montre une fois de plus combien vaste était 
l'érudition de celui que tous nous regrettons. 

Les travaux qu'il a laissés» en partie inachevés» sont 
considérables et la publication complète de tout ce que 
Léo Errera a écrit le montrera sous des aspects inconnus 
ou à peine soupçonnés. 



L'œuvre de Léo Errera est pour nous, ses élèves» ses 
collègues ou ses admirateurs, un magnifique exemple de 
ce que peut le travail bien conduit; pour ceux qui nous 
suivront elle deviendra un brillant modèle. 



33 

Gomme Ta si bien dit M. le professeur F. Ludwig» 
dans les quelques phrases qu'il consacra à Léo Errera; 
il fallait pour cordonner les faits aussi clairement 
que le faisait Errera, un esprit génial et Ton ne peut 
exprimer mieux la synthèse de ce caractère d'élite que 
ne Ta fait le professeur Ludwig : < Eine so einheit- 
liche Deutung der verschiedensten Naturerscheinungen 
konnte nur einem genialen und vielseitigen Greiste wie 
Errera» der zugleich Biologe und Physiologe, Mykologe, 
Ghemiker, Physiker und Matematiker war, gelingen, 
einem Manne, der die Forschungen der verschiedensten 
Nationen als Polyglott leicht uberschaute. Vnd ein 
solcher Mann, der noch dazu durch seltene Lehrbe- 
fàhigung glânzte, dessen reiner Gharakter und goldenes 
Herz von allen, die ihn kannten, nicht genug gerûhmt 
werden konnte, er ward uns in der Blûthe der Lebens- 
jahre entrissen ». 



Quand on songe à celte disparition si brusque, on ne 
peut s'empêcher de se rappeler l'ancien < Laboratoire de 
botanique »i alors qu'autour du maître nous nous grou- 
pions avec Laurent, Glautriau, Dewèvre, qu'Errera a eu 
le chagrin de voir hélas, enlevés avant lui dans la fleur 
de l'âge. G'est en se reportant ainsi quelques années en 
arrière que Ton se rend compte du grand vide que la 
mort de Léo Errera a laissé et de ce que la science 
botanique et notre Société ont perdu en ces hommes sur 
qui reposait en grande partie l'avenir de la botanique en 
Belgique. 

Honorons la mémoire de notre regretté confrère par 
le travail méthodique, ayons toujours présents à l'esprit 



34 

ces quelques vers qu'il écrivit en août 1877, en contem- 
plation devant la mer : 

Oh! 116 carguoaa Jamais les roUes!... Point de lâche 
Ddfaillanee!... Courage, à l'œuvre, sans relâche! 
Et notre long effort, sans cesse répété 
Fera bien avancer la lourde Humanité ! 

• 

E. De Wildeman 



35 



LISTE BIBUOGRAPHIQUE RANGÉE PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE. 

Idste oomplôte d'aTTll 1906. 

1874. 

ladicalions eonccrnant quelques espèces peu communes de la zone 
argilo-sablonneuse ou nouvelles pour cette zone. (Bulletin de 
la Société royale de botanique de Belgique, t. XIII, p. 811, 

18Y4,3ViP.) 

1875. 

Lettre sur la régétation dcsenyirons de Nice. (Ibidem , t. XIV, p. dOO, 

18 janvier 1875> 18 Vs P&ges.) 
La clôture de la Kermesse de Rotterdam. (Signé : L. E.) (Le Journal de 

Bruges, 33 août 1875, feuilleton do 4 colonnes.) 

1876. 

Afiinités. (Signe : Galacthydre.) (/otima/ deê Étudiant», 13 janvier 1876, 

1 colonne.) 
Compte-rendu d*une conférence de M. Vanderkindere. (Signé : Aermys.) 

(Journal des Étudiants, Il mai 1876, 4 '/^ colonnes.) 

1877. 

L'agriculture et Thorticulture en Norvège. (Die Pflanionwelt Norwegens, 
par F. G. Schûbeler.) (Revue de VHortieullure belge et étran- 
gère, 1877» 7 pages.) 

Les plantes insoctirores. (Bulletin de la Société royale de botanique de 
Belgique, t. XVI, pp. 356-360, 38 avril 1877, 4 Vs P»gc8.) 

Note sur la flore des bas-fonds du Parc do Bruxelles. {Ibidem, t. XVI, 
pp. 160-161, 23 juin 1877, '/s pag«) 

Compte-rendu de travaux de TAcadémie des Sciences de Stockholm. 
(Signé : L. E») (Bulletin des séances de la Société belge de 
microscopie, t. IV, pp. XG-XCI, le 37 décembre 1877, l page ) 

1878. 

Co.npte rendu de mémoires du D' P. Th. Clèvo. (Signé : L. E.) (Ibidem, 
t. IV, pp. CLXX-CLXXI, 28 février 1878, 2 p ) 

Sur la structure et les modes de fécondation des fleurs et en partieuiicr 
sur rhétérostylie du Primula elatior, par Léo Errera et 
Gustave Govaert, V* partie. Avec un «ppendice (ur les Pent' 
stemott gentianoiies et Pentslemon Uartwegi, par Léo Errera. 

3 



36 

{Bulletin dé la Société royaU dé botanique de Belgique, 

t. XVn, pp 88-248, 1878, 244 p.) 
Compte rendu de : La Chimie ponr tous, par Â. D. Deluc. (Signé : E.) 

(L^Athenaeum belge, 17 novembre 1878, 1 colonne.) 
Idem. (Journal de Bruge», 28 novembre 1878, 1 eulonne.) 

1879. 

Note sur la fécondation du Géranium phaeum L. (Bulletin de la Société 
royale de botanique de Belgique, t. XVIII, 11 janvier 1879, 
9 pages.) 

Réponse à M. Heckel au sujet de la fécondation dans le Genre Géra- 
nium. (Ibidem, t. XVIH, pp. 42-45, 1' mars 1879, 8 p.) 

Obserrations sur la flore des côtes de Belgique. (Ibidem, t. XVIII, 
pp. 46-48, 1' mars 1879, 2 pages ) 

Deux mots sur la Dionée. (Ibidem, U XVIII, pp. 53-59, 5 avril 1879, 

3 »/f pagoi.) 

1880. 
Sonnet solennel et badin. (If on signe.) (La Gatette, Bruxelles, 8 avril 

1880.) 
Communication sur la division cellulaire. (Bulletin des séanceedela 

Société belge de microscopie, t. VI, 29 1880, 1 p.) 
Comptes rendus de : Sur des cellules végétales à plusieurs noyaux, par 

H. Treub, et de : Ueber aus mehrkernigen Zcllen aufgebaute 

Dieotyledonen Reimtraeger, F. Hegelmaier, (Ibidem, t VI, 

29 juillet 1880, 4 pages et 2 Va P&6<^*«) 
Compte rendu de : Les Nectaires, par Gaston Bonnier. (Botanische Zei- 

tung, 20 août 1880. 2 pages.) 
Compte rendu de deux ouvrages de botanique de A. F. W. Sehimper et 

F. Delpino. (L'Alhenaeum belge, V octobre 1880, B colonnes.) 

1881. 

Cellules végétales plurinuclées. (Bulletin des téancee de la Société belge 

de microtcopie, t. VII, p. XCVII-C^ 29 janvier 1881, 3 pages.) 
Un moyen simple de constater la fécondation croisée chcx les Primevères. 

(Bulletin de la Société royale de Botanique, t. XX, 2"*« partie, 

5 février 1881, 2 pages ) 
Communication sur un nouveau moyen pour éclaircir les tissus opaques 

qu'on veut étudier au microflcopc. (Bullelin d<$ iéance» de 

la Société belge de microscopie, t. VII, p. Cil, 26 février 

1881, >/s Pi^gc. 



37 

Sur le magnétisme des corps on relation avec leur poids atomique. {Bul- 
letin de V Académie royale de Belgique, 3* série, 1. 1, pp. 813- 
317, mars 1881, 4 */> P^gca.) 

Sur la loi des propriétés magnétiques. Note préliminaire. {Ibidem^ 
3» série, 1. 1, mars 1881, pp. 318-328, 5 ViO 

Coloration des noyaux par la nigrosinc. (Bulletin de$ iéances de la Société 
belge de microscopie, t. VII, pp. GXXXIV-GXXXV, 25 juin 
1881, 1 page.) 

Idem. {Recueil de rinstitut botanique de VUnipenité de Bruxelles, 
t. Il, p. 99, 1906, 1 page.) 

Communication sur le Fucus platycarpu* et le F* terratut, (Ibidem^ 
t. VII, pp. CXUI-CXUII, 30 juillet 1881, 1 page.) 

L'histoire des Juifs, d'après Schleidcn. {L* Indépendance belge, 21 août 
1881, 8 ■ /, colonnes.) 

Vie et travaux de AI. J. Schleiden. (Revue scientifique de la France et de 
réiranger, t. XXVllI, 8 septembre 1881» pages.) 

1882. 

Communication au sujet de la genèse des spores chez les Truffes. (Bulle- 
lin des séances de la Société belge de microscopiCt t. VIII» 

pp. LXXIX-LXXX, 29 avril 1882, V* pagc-) 
Lettre collective de condoléances du Bureau de la Société belge de micros- 

copie àMB^Ch. Darwin. {Ibidem, t. VIII, p. XCI, 29 avril 

1882, 1 page.) 
Compte rendu de : The formation of vegctable mould through the action 

of worms, wilh observations on their habits, par Gh. Darwin. 

(L'athenaeum belge, U mai 1882, 4 '/i colonnes.) 
L*Épiplasme des Ascomycètes et le glycogène des végétaux. {Thèse 

d'Agrégation, Bruxelles, 27 mai 1882, 82 p. in 8*.) 
Idem. (Recueil de l^ Institut botanique de VUniversité de Bruxelles^ 1. 1, 

p. 1, 1906, 70 pages.) 
Troisième centenaire de rUniversité de WCîrtzbourg (L'Indépendance 

belge, 3, 7 et 10 août 1882, 1 V«. ^ '/« «t 3 colonnes.) 
Communication au sujet d'une note de M. W. Gardîncr. (Bulletin des 

séances de la Société belge de microscopie,i. IX, pp. 6-6, 

2S octobre 1882, 2 pages.) 
Sur le glycogène chez les Mucorinées. (Uullttin de l'Académie royale de 

Belgique, t. IV, pp. 451-457, novembre 1882, 6 p.) 
Idem. (Recueil de l'Institut botanique de l'Université de Brtuelles, t. I, 

p. 71, 1906» 5 pages.) 



38 

1883. 

Rapport sur les préparations microscopiques de bouille de P. F. Rcinsch. 

{Bulletin det séancet de la Société belge de mierMcopie, t. IX , 

pp. 88-91, 31 mars 1888, 3 pages.) 
IMscusiion sur le degré de certitude de la recherche da Bacillua de la 

tuberculose ilana la pratique médicale. (Ibidem, U IX, 

pp. 119-123, 26 mal 1883, 5 pages.) 
Routines et progrès de la botanique systématique. {Bulletin de la Société 

royale de botanique de Belgique, t. XXII, pp. 207-226, 14 juil- 
let 1883, 19 pages.) 
Idem. (Revue scientifique, Paris^ 19 janvier 1884.) 
Rapport sur la participation do la Société à l'exposition internationale de 

photographie. (Bulletin det séances de la Société belge de 

microseopie, t. IX, pp. 160-164, 29 septembre 1883, 4 pages.) 
Conférence sur la morphologie et la physiologie des lichens (Ibidem, 

t. IX, pp. 178-179, 29 septembre 1883, 1 page.) 
Le 12 octobre 1883. (Dédiée à M. et M»« Félix Delbassc, 1 page.) 
Rapport annuel de la Société belge de mîcroscopie. (Bulletin des séances 

de la Société belge de microscopie, t. IX, pp. 181-185, 

14 octobre 1883, 3 >/> pO 
Discussion au sujet de Tétat attucl de la chimie physiologique. {Ibidem, 

t. X, pp. 67 69, 28 décembre 1883, 2 pages.) 

1884. 

Essai de description scientifique. {Ciel et terre, U janvier 1884, 2 pages.) 
Discussion sur les Diatomées. (Bulletin des séances de la Société belge de 

microscopie, t. X^ pp. 82-88, 25 janvier 1884, 3 ^z, pages.) 
Analyse d'une notice de P. F. Reinsch, présentée i\ la Société belge de 

microscopie le 28 mars 1884. (Ibidem, t. X, pp. 127-129, 

28 mars 1884, 1 page.) 
Communication : Sur l'emploi de la canarine. {Bulletin des séances de la 

Société belge de microscopie, t. X, p. 183, 26 juillet 1884, 

Vs P««c.) 
Idem. (Recueil de Vlnetitut botanique de VUniversité de Bruxelles, t. Il» 

p. 101,1906, ViPagc) 
Sur remploi de Teocre de Chine en microscopie. (Bulletin des séances 

de la Société belge de microscopie, t. X, pp. 184-188, 

26 juillet 1884, 4 pages.) 
Idem. {Recueil de l'Institut botanique de VUniversité de Bruxelles, t. Il 

p. 103, 1906^ 4 pages.) 



39 

Sur le glyeogèae chez les Basidiomycètes, (Bulletin de VAcadémU royale 

de Belgique, 3* série, t. VllI, décembre 1884.) 
Idem (Jiémoires de V Académie royale de Belgique, t. XXX VIF, 1885/ 

6i pages in 8®.) 
Idem. (Recueil de Vlnttitut botanique de C Université de Bruxellet, 1. 1, 

p. 77, 1906, 46 p.) 
Die grosso Wachsihamspcriodo bei don Fruchttragern von Phycomycee. 

{Botanische 2eitung, n» 32-36, 22 août 1^84, 13 pages.) 
La liquéfaction do l*bydrogène et les ballons. (Revue Scientilique,^0 sep- 
tembre 1884, '/4 P^'S^O 
Idem. (Le Moniteur belge, 30 septembre 1884.) 
Idem. (Llngénieur-Conteil, 15 octobre^ 1884.) 
Questions de terminologie. (Bulletin de$ séances de la Société belge -de 

microscopie, t. X, pp. 217-220, 12 octobre 1884, 2 */, poiges, 

et t. XI, pp. 86 3ê, 26 octobre 1884, 1 1/2 P«gG.) 
Idem. (Receuil de V Institut botanique de l'Université de Bruxelles, t. II, 

p. 107, 1906, 3 p.) 
Le rftlo du Laboratoire dans la science moderne. (Revue de Belgique, 

1884, 12 pages.) 
Idem. (Congrès international de botanique et d* horticulture éP Anvers, 

1885.) 

1885. 
Sar l'existence du glycogène dans la Levure do Bière. (Comptes rendus 

de l'Académie des Sciences de Paris, 20 juilUet 18S5, 

2«/, pages.) 
Idem. (Recueil de l'Institut botanique de l'Université de Bruxelles, t. I, 

p. 125,1906,3^1 pages.) 
Les réserves hydrocarbonées des Champignons. (Comptes rendus de 

l'Académie des sciences de Paris^ 8 ao&t 18S5, 2 pages.) 
Idem. (Recueil de F Institut botanique de l'Université de Bruxelles, t. I, 

p. 123^ 1906, 3 pages.) 
Questions de concours. (Bulletin de la Société royale de botanique de 

Belgique, t. XXIV, p. 167, 6 décembre 1885, Va P<^g®-) 

1886. 

Une expérience sur Taseension de la sève chez les plantes (Bulletin delà 
Société royale de Botanique de Belgique, t. XXV, pp, 24-32, 
9 janvier 1886, 9 pages.) 

Ein Trantpirationsvcrsuch. (Berichte der deutschen Botanischen GeeeU* 
sehafL Berlin, p. 16, 29 janvier 1886, 2 pages.) 



40 

Ucber den Naehwcis des Glycogcns bei Pilscn. {Dolanische Zeitung, 

7 mai 1886, 2 pages.) 
Idem. (Recueil de l'Insiitut botanique de l'Univenité de Bruxellét, t. 1, 

p. 133, 1906, Vs P<^S<^) 
Pourquoi les éléments de la matière vivante ont ils dea poids atomiques 

peu élevés? (Malpighia, 1. 1, fosc. I, juillet, 1886i 13 pages.) 
Idem. Traduction allemande. {Biologitches Centralblatt, p. 22, 1 mars 

1887^ 9 pages.) 
Un ordre de recherches trop négligé. L'efficacité des structures défen- 
sives dos plantes. (Bulletin de la Société royale de botanique 

de Belgique, t. XXV, pp. 86104, 11 juillet 1886, 19 pages ) 
Idem. (Bulletin de l*Aitociation det élevée de V école d^ horticulture de 

Vilfforde, 1886, 12 pages.) 
Sur une condition fondamentale d^équilibre des cellules vivantes. (/?«/- 

lelin des iéancet de la Société belge de micro$copie, t. XIII, 

pp. 12-16, 30 octobre 1886, 4 pages.) 
Idem. (Complet rendus de l* Académie des Sciences de Paris, 2 novembre 

1886) 
Idem. Traduction allemande. (Berichte der deutschen Botenischen Ge- 

sellschaft, p. 441, 1886, 2 V, pages.) 
Gomment l'alcool ehasse-t-il les bulles d'air? (Bulletin de la Société 

belge de microscopie, t. XllI, pp. 69*75, 22 décembre 1886^ 

C ■/, pages.) 
Idem (Recueil de l^ Institut botanique de r Université de Bruxelles, t. II, 

p. 111, 1906, 5 pages.) 

1887. 

Sur la méthode des bactéries. (Bulletin des séances de la Société belge de 
mieroscopie, t. XIII, pp. 84-86, 29 janvier 1887, 3 pages.) 

Idem. Traduction espagnole. (Cronica eientificaf Barcelone. 10 septembre 
1887.) 

Correspondance sur Weismann. (Naturwissenschaftliche Rundschau, 
19 février 1887, V2 page*) 

A propos de l'assimilation chlorophyllienne. (Bulletin des séances de la 
Société belge de microscopie, t. XIII, pp. 126-127, 26 mars 
1887, 2 pages.) 

Premières recherches sur la localisation et la signification des alcaloïdes 
dans les plantes. — Note préliminaire par M. L. Errera. (Bul- 
letin de r Académie royale de Belgique, 3* série, t. XIII, mars 
1887, 3 pages.) 



41 

Premières recherches sur la localisation et la sigaificatioii des alcaloïdes 

dans les plantes (en collaboration avec MM. Maistriau et Clau- 

triau.) Mémoire couronné par la Société royale de» sciences 

médicales et naturelles de Bruxelles. {Journal de la Société 

royale de$ tciences médicales et naturelles de Bruxelles^ 1887» 

29 pages, in-S^.) 
Idem (Recueil de VlMlilut botanique de V Université de Bruxellet, t. II, 

p. 147, 1906» 34 p.) 
Note bibliographique sur : Mélanges d'histoire et d'art par L. Baeholin 

(Signé : E. Oêl.) Indépendance belge, 17 Avril 1887.) 
Ueber Lokalisation der Alkaloîden in dcn Ptlanzen . Biologitchee Cen^ 

tralblalt, 201, 1 juin 1887 8 </> P-) 
Pourquoi dormons-nou3?(Ae{;:/e Scientifique, Paris, juillet 1887, 10 pages. 
Idem (.Bulletin de la Société d'Anthropologie de Bruxelles, i. V, 1887, 

29 pages.) 
Idem. Traduction norvégienne. (Naturen, Bergen, octobre 1887.) 
Perché dormiamo 7 Traduction italienne. 1888. 
La micrographie & l'Exposition de Wicsbadcn. (0u//0<m (/es séances de 

la Société belge de microscopie, t. XIV, pp. 22-35, 24 octobre 

1^87, 13 pages.) 
Mouvement protoplasmique et tension superfîcielle. (Ibidem, t. XIV, 

pp. 43-46, 2 4 décembre 1887 2 Vs pagc^*) 
Anhaufung und Vcrbrauch von Glycogen bci Pilxen. (Tageblatl der Ver* 

sammlung deutscher Nalurforscher und Aente in Wtesbaden, 

n» 4, 1887.) 
Idem. (Biotogisches Centralblatt, V novembre 1887.) 
Idem. {Berichte derdeulschen Botanischen Gesellsehafl. t. V,p.LXXlV, 

1887, 4 pages ) 
Idem. (Botanisches Ctnlralblatt, t. XXXII, p. 59, 1887. 2 pages.) 
Idem. (Recueil de l'Instilul botanique de l'Université de Bruxelles,U I. 

p. 138, 1906, 1 page.) 
Ueber Zelleuformcn und Scifenblasen. (Tageblatt der Versammtung 

deutseher Naturforscher und AerUe in Wtesbaden, n» 8, 

1887.) 
Idem. (Botanisches Centralblatt, t. XXXIV, p. 395. 1888, 8 </t PH^- 
A propos des éléments de la matière vivante. (Malpighia, 1S87, '/s P^6^*) 



42 

1888 

Rapport sur : M*>de de di^lruiro le spectre secondaire dans loi poisssnts 
objectifs à immersion, par A. Brachet. (BulUtin de VAeadé" 
mie royale de Belgique, 3"« série, t. XV, mars 1889, 1 psge.) 

Commanieation an sujet de la structure cellulaire et de la conjugaison 
du Spirogyra porticalh^Clere (Bulletin du séances de la 
Société belge de microscopie, t. XIV, pp. 150-151, 26 mai 
1888, 1 >/s P«g60 

Rapport sur : Recherches sur les jeonei Palmiers par H. Hicheels. 

(Bulletin de l'Académie royale de Belgique, S»* série, 
t. XVI, Août 1888, 5 pages.) 

Sur dea appareils destinés à démontrer le mécanisme de la turgescence 
et le mouvement des stomates, {Ibidem, B'^* série, i» XVI, 
novembre 1888, 15 pages.) 

Rapport sur : Recherches sur les organismes inférieurs. La I^i psycho- 
phjTsique de Webor vérifiée pour Théliotropisme d'un Cham- 
pignon, par J. Masiart. (Ibidem 8">« série, t XVI, décembre 
1888, 1 page.) 

1889 

Les plantes-boussoles. Revue scientifique, ISjaayicr 1889, 1 page.) 

Revue de chimie physiologique des végétaux (Journal de médecine da 
chirurgie et de pharmacologie. Bruxelles, 20 juillet 1889, 
8 pages.) 

Rapport sur : Note sur les fermentations visqueuses par II. Van Laer. 
(Bulletin de V Académie royale de Belgique 8"« série, t. X VUI, 

juillet 1889, Vt P>^g«*) 
Compte rendu en allemand de : La Loi de Weber vérifiée pour Thélio- 

tropisme d'un Champignon, par J. Massart. (Botanische Zei* 

tung, 2 août 1889, 1 page.) 
Sur la distinction microchimique des alcaloïdes et des matières pro* 

téiques. (Annales de la Société belge de microscopie, t. Xllf, 

fase. 2, pp. 73-121, septembre 1889,48 '/j pages.) 
Idem. (Recueil de l'Institut botanique de V Université de Bruxelles, t. II, 

p. 189, 1900, 43 pages.) 
Rapport sur : Expériences de culture concernant Malthiola annua et 

Ddphinium Ajacis, par Mac Leod, Staes et Van Eeckhaute 

(Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 3"« série, t XVIII, 

décembre 1889.) 



43 

Rapport sur : Les Salicornes du liltoral belge et de Terncuzen, par Ad. 
Vandeobcrgho. (Ibidem, 8>n« série, t. XVIll, décembre 1889.) 

1890 

L^aimant agil-il sur le noyau en division? {Bulletin de la Société royale 
de botanique de Belgique, t. XXIX, 2« parlie, pp. 17-24, 
11 janvier 1890, 7 Vs pages.) 

La « plante météorologique » (Ibidem, t. XXIX, 3"« partie pp. 43-44, 
11 janrier 1890, 1 page.) 

Note sur le travail de M. E. Maupai sur la conjugaison des Infusoircs 
ciliées. {Ibidem, t. XXIX, 3a« partie pp. 44-45, 11 janvier 
1890, 1 pogo.) 

Rapport sur : Expériences sur Tabscnce de bactéries dans les vaisseaux 
des plantes, par É. Laurent (Bulletin de V Académie rogale de 
Belgique^ij»* série, t. XJX, mars 1890, 1 ptgc.) 

Le fond des mers : compte rendu d*unc conférence de AI. Paul Polsencr 
(non signé) (La Flandre libérale, 21 mars 1893.) 

Microscope d'excursion de M. Amrhein. (Bulletin dit séanceu dt la 
Société belge de microscopie, t. XVI, pp. 48-49, 29 mars 1890, 
1 page.) 

Rapport sur le Prix Joseph De Reyn : 1888-1889. (Bulletin de l* Acadé- 
mie royale de Belgique, S** série, t. XIX, mai 1890, 21 pages.) 

Compte rendu, en allemand, de ! Recherches microchimiques sur la loca« 
lisation des alcaloïdes dans le Papaver iomnijerum, par 
G. Glautriau. (Botaniiche Zeitung, 2 mai 1890, 1 page.) 

Rapport collectif de MH. Errera et Crépln sur : Expériences sur la 
production des nodosités chez le Pois à la suite d'inoculations 
par É. Laurent. (Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 
d«« série, t. XIX, juin 1890, 1 page.) 

Rapport sur : La réduction des nitrates par la levure de bière et par quel- 
ques moisissures, par É. Laurent. (Ibidem, 3°>* série^ t. XX, 
août 1890, Va page.) 

La respiration des plantes, {llevue de Belgique, 15 août, 1890, 24 pages.) 

Idem, Traduction Bulgare, 1893, et nouvelle édition, 1898. 

Rapport sur : La réduction des nitrates en nitrites par les graines et les 
tubercules, par É. Laurent (Bulletin de ^Académie royale 
de Belgique, S* série t. XX novembre 1890, 1 page.) 

Rapport annuel de la Société royale de botanique de Belgique. (Bulletin 
de la Société royale de botanique de Belgique, t. XXIX, 2"« 
partie, pp. 164-169, 7 décembre 1890, 5 pages.) 



44 

Rapport sur Torganisation de la salle de Botanique au PalaU du Peuple, 
i\ Bruxelles. {Bulletin de la Société royale de Botanique^ 
t. XXIX, 2« partie pp. 1(59-315, 7 décembre 1890, 46 pages.) 

Rapport sur an mémoire de eoneours : Etudier l'influence de la tempéra- 
ture sur la marche, la durée et la fréquence de la caryoeinèse 
dans on exemple emprunté au règne végétal. {Journal de 
médecine, de chirurgie et de pharmacologie, Broxellei, 
20 décembre 1890, 1 page.) 

1891. 

Zar Frage nach den Beziehangen zwischen Alomgewicht und magnctis- 
mus. {Berichte der deutschen chemischen GeulUchaft, 
t. XXIV, iio 1, janvier 1891, 1 </« P&ge.) 

Les sphères attractives dans les cellules végétales. (Signé L.-Ë.) Bulletin 
de la Société royale de botanique de Belgique, t XXX, 2* par- 
tie, pp. 65-66, 14 mars 1841, 2 pages.) 

Rapport sur : Les sphères attractives dans quelques cellules végétales, par 
É. De Wildcman, {Bulletin de l'Académie royale 4a Belgi' 
que, 3'« série, t. XXf, mai 1891, */) P^ge.) 

Cari Ton Nâgcli. (Signé : LE.) {Bulletin de la Société royale de botanique 
de Belgique, U XXX, 2» partie, pp. 148-152, 3 mai 1891, 
4 pages.) 

Notice sar Nâgcli {Bulletin de la Société belge de microscopie, t. XVII, 
pp. 148-151, 80 mai 1891, 3 pages.) 

Discussion au sujet d'une communication de H. Ch.Bommer sur un Cham* 
pignon pyi'énomycètc se développant sur le test des Balancs. 
{Ibidem, t. XVIF, pp. 152-154, 30 mai 1891, 1 «/t PBg<^«-) 

Discussion au sujet d'une communication de H. R. Verboogen sur l'action 
du courant électrique constant sur les microorganismes 
pathogènes. {Ibidem, t. XVIl, pp. 188-191, 27 juin 1891, 

2 Vt pages.) 
Rapport sur : Ranunculut arvcnsii, par Ed. Nihoul. {Bulletin de VAcadé* 

mie royale de Belgique, 3« série t. XXI. juin 1891, 1 page.) 
Note sur la théorie toxique du sommeil. {Comptes rendut de la Société de 

biologie de Paris, 2 juillet 1891, '/s P^ge.) 
Note bibliographique sur : Ptlanzcnbiologische studien aua Russisch 

Lappldud, par Osw. Kihlmann. (Non signé), Revue scientifi'' 

quef 11 juillet 1891, 1 page.) 
De grâce des noms latins ! {Bulletin de la Société royale de botanique 



45 

de Belgiqve,i,XXX, 2« partie, pp. 164-166, 14 juillet 1891, 

3 pages.) 
Rapport sur : Recherches sur les organismes inférieurs, par J. Massart. 

{Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 8* sdric, t. XX f, 

juin 1891, Vî page.) 
Sur la loi de la conservation de Is vie. (Revue philosophique, Paris, octobre 

1891, 10 pages.) 
Jean-Serrais Slas. (Bulletin des séances de la Sociétébelge de microsenpie, 

t. XVIII, pp. 57-80, 23 décembre 1841, 23 poges.) 

1892. 

Idem. (Revue de Belgique, 15 février 1892. 18 p.) 

Note bibIiogi*aphique sur : Recherches sur la fixation do pAzotc libre par 
les plantes, par Ë. Laurent et Th. Schloesing fils. (Bulletin de 
V Académie royale de Belgique, 3» série, t. XX III, avril 1892. 
3 pages.) 

La néeessité des Études superflues. (Revue universitaire, Bruxelles, 
15 mai 1892, 12 pages.) 

Idem. {Mémoires et piiblications de la Société des Sciences, des Arts et des 
Lettres du Ilainaut, 1892, 14 pages.) 

Idem. (Traduction bulgare*. 1899.) 

Expériences relatives aux bulles de savon. (Bulletin de la Société belge de 
microscopie, t. XVIJI, pp. 132133, 16 mai 1892, 1 page.) 

Quelques mots à propos d*unc communication du Dr. Verhoogen : Sur la 
structuk-e dss Bactéries (Bulletin de la Société belge de micros- 
copie, t. XVIII, pp. 154-155, 20 juin 1892, «/i page) 

Communication au sujet d'expériences de M. Sachs, sur le développement 
des racines chez les plantes cultivées en pot. (Ibidem, t. XVIII, 
p. 160. 18 juillet 1892, Vt P&gc) 

Compte rendu collectif de MM. Errera et Durand de la manifestation du 
6 décembre 1891, en Thonneur de M. F. Crépin. {Bulletin de 
la Société royale de botanique de Belgique, t. XXXI, Impartie, 
pp. 7-68» 27 juillet 1892, 61 pages et portrait.) 

Rapport sur : Monographie du genre Galcopsit, par John Bri(]uct. (Bulle» 
tin de la Société royale de botanique de Belgique^ 3« série, 
t. XXIV, juillet 1892, V, page.) 

Rapport sur : La fermentation bactérienne des sardines^ par le Dr. A. B. 
Griffiths.(/Ai{/«m,3« série, t. XXIV, décembre 1892, '/^ page.) 

On thc cause of physiological action at a distance. (Annals of Botany, 
t. VI, pp. 378*875, décembre 1892, 2 pages.) 



46 

1893. 

Rapport sur : ÉtaJcs sur l'attscho des cloisons cellulaires par É. De WiU 

deman. {BuUelin de VAcadémie royale de Belgique, 9«. série, 

t. XXV, janvier 1894, 3 < /, pages.) 
Note bibliographique sur MM. Schlocslng fils et É. Laurent. {Ibidem, 

8» série, t. XXV, février 1893, 1 «/s P«gc«-) 
A propos de la conférence de M. Raoul Piclet : Sur le libre arbitre en 

faco de la physique contemporaine. Deux mots. (Hevke 

universitaire, Bruxelles, 15 mars 1893, 6 pages.) 
Notice sur Schûbeler. (Bulletin de la Société royale de Ifotaniqué de Bel' 

gique, t. XXXII, 2« partie, pp. 81-88, 7 mai 1893, 8 pages.) 
La «dnle Russie. {La Galette, Bruxelles, 9 mai 1898.) 
Sur le « Pain du ciel b provenant du Diarbckir. (Bulletin de l'Académie 

royale de Belgique^ 3° série, t. XXXVI, juillet 1893, 8 pages.) 
Idem. (Recueil de l' Institut botanique de l'Uniuenité de Bruxelles, t. III, 

1907.) 
Les Juifs Russes : extermination ou émancipation? Bruxelles, octobre 

1893, 184 pages.) 
Idem. Traduction anglaise, 1894. 
Idem. Deuxième édition française, mars 1903, 184 pages. 
Idem. Traduction allemande, août 1903. 
Discussion au sujet do la communication de M. Jacques. T a-t-il an 

type Juif? (Bulletin anthropoL de Bruxelles, 27 novembre 

1893, 2p.) 

1894. 

Les bases scientifiques de l'agriculture. (Court d'extension de rUnivcrsité 

libre de Bruxelles, 1893-1894, 27 pages.) 
Idem. (2"« édition, 1902.) 

Idem. Traduction flamande (Oc Landhode, 7 livraisons, août-septembre 

1903, 24 colonnes.) 
Idem, Traduction flamande, 1904. 
Idem. Traduction italienne 1906. 
A propos d'un livre récent. (Non signé). {La Flandre libérale, 20 janvier 

1894, 2 colonnes.) 

Les Juifs et le service militaire. (Non signé), (La Flandre libérale, 23 jan- 
vier 1894j petite note.) 

L'Intolérance en Roumanie (Non signé). (La Flandre liber aie, fUj^nYier 
1894, petite note.) 



47 

Barbares et ciTilisés, (Non signé). {La GazeUe,Brnxe\\e9, d4janTier 1894, 

*lt colonne.) 
Histoire d'ane loterie. (Non signé). {La Flandre libérale, 5 février 1804, 

petite note.) 
Rapport sor : Scléroses et cardons myeélicns, par Gh. Bommcr {Bulletin 

de P Académie royale de Belgiqtie, S^* série, t XXYII, mars 

1894, 4 pages.) 
Joseph Bohm. Nécrologie. {Bulletin de la Société royale de Botanique de 

Belgique, t. XXXOI, 2« partie, pp 34-35, 10 mars 1894, 

1 page.) 
Correspondance sur Stas. (Signé : un Bruxellois.) La Liberiéf Bruxelles, 

26 avril 1894, Va colonne.) 
Rapport sur : Contribution & l'étude de Tirritabilité des spermatozoïdes 

chez les Fucacécs, par M. Borde t. {Bulletin de l* Académie 

royale de Belgique, 8" série, t. XX Vil, juin 1894, 4 pages.) 
Pringsheim. (Non signé.) La Flandre libérale, 2i octobre 1894, 

'/i colonne.) 
Remarques sur une note de tératologie, par M. Girist. {Bulletin de la 

Société royale de botanique de Belgique, t. XXXIII, 2" partie, 

pp. 85-87, 11 novembre 1894, 1 ^2 P<^8® ) 
La pointe de la racine. {Ibidem)^ t. XXXIII, 2« partie, pp. 78-88, 10 no- 
vembre 189 i, 1 page.) 
La feuille comme plaque photographique.(&tt//e/in des séances de la Société 

belge de mierotcopie, t. XXI, pp. 30-35, 17 décembre 1894, 

5 pages.) 

1896. 
Idem. {Bulletin de l'Association belge de photographie, }ui\\cilS9fi.) 
Compte rendu de : Ueber den icUinhalt von BacUlus oxalaticus Zopf, par 

M. W. Higula. {Bulletin des séances de la Société belge de 

microscopie, t. XXI, pp. 43 46| 21 janvier 1895, 3 pages.) 
Finlande et Russie. (Signé X.) L'Indépendance belge, 19 février 1895, 

1 colonne.) 
liCs grands Juifs. (Non signé.) La Gautte. Bruxelles, 19 février 1895, 

1 colonne.) 
Sur le mécanisme du sommeil. Aperçu critique. {Bulletin de la Société 

d'Anthropologie de Bruxelles, t. XIV, p. 46-66, 25 mars 1895, 

20 pages.) 
Communication sur les microbes lumineux. {Ibidem, t. XIV, p. 68, 

29 avril 1805, petite note.) 



48 

Discussion au sujet d*uno eommuiiication de M. Oollo sur la lélôgonic. 

(Ibidem, t. XIV, pp. 6^-71, 39 avril 1895, 2 </, pages.) 
Rapport sur : Élude chimique du glycogèno chez les Champignoas et les 

LcTures, par 6. Clautriau. {BiUUiin de V Académie royale de 

Belgique, t. XXIX, mai 1895, V2 P&8^*) 
Rapport sur: Recherches de inicrochimie comparée sur la localisation 

des alcaloïdes dans les solanécs, par Ph. Molle. {Ibidem, 

t. XXIX, juin 1895, 3 1/3 pages.) 
Rapport sur : Étude chimique sur huit terres du Bas-Congo par E. Stuy- 

vaert. (Ibidem, t. XXX, juillet 1895, 1 ^/^ pages.) 
Notice sur rinstitut botanique de i'Uniyersit (S de Bruxelles, 2è octobre 

1895, 34 pages.) 

Idem. (Notice sur l'exposition uni versitairei 1897.) 

Notice nécrologique sur J. É. Bommer. {Bulletin de la Société royale de 

Botanique de Belgique, t.XXXIV, U« partie, pp. 7-31, 1895, 

15 pages et portrait.) 

1896 

Note bibliographique sur la Revue de TUniversité de Bruxelles, (fftf/jfe/in 
de l'Académie royale de Belgique, 3°** série, t. XXXI, mars 

1896, 2 pages) 

Comptes rendus de : La différenciation raméalo chez les lianes, par 
J. Alassart et de : Respirabîlitc de Tair dans lequel une bougie 
a brûlé jusqu'à extinction, par Franck Clowcs. (Revue de 
rUnivenité de Bruielles, mar» 1893, pp. 311-318, 1 p. et 

V2 P«g«-) 
Expérience relative à l'action des rayons X sur \e Phycomyces, (Complet 

rendus de r Académie det tciences de Parit, 30 mars 1896 

Vf pagfs) 
Essais de philosophie botanique, 1. L'optimum. (Revue de CUnivenilé de 

Bruxelles, avril 1896, pp. 321-316, 25 pages.) 
Compte rendu de l'Annuaire du Musée de Bergen pour 1894-93 (Signé E.) 

(Ibidem, avril 1896, pp. 391-392, 1 V, page.) 
Compte rendu de : La défaite du matérialisme scientifique, par Ostwald. 

(Signé : £.) (Ibidem avril 1896, pp. 392 396, 3 >/, page.) 
Lettre préface à la Flore des Algues de Belgique par M. É. De Wildcman 

(Avril 1896, 6 pages.) 
Note sur un tronc de Ilètre à cœur rouge. (Bulletin de la Société centrale 

forestière de B Ijique, mai 1895, p. 311, 8 pages.) 



49 

Une pluie expérimentale. (Ciel et Urrè, V août 1896, S Vt P ) 

Note bibliogfaphiqae sur la Flore des Algues do Belgique, par M. É. De 

Wildeman, {Bulletin de VAcadémie royale de Belgique, 

d>« série t. XXXII^ août 1896, 1 page.) 
Rapport sur le concours : On demande des rechcrhes nouycUeB au sujet 

de IMntervcntion do la phagocytose dans le développement 

des invertébrés, par M. le Dr G. De Bruyne (Ibidem, 8« série, 

t. XXXII, décembre 1896, 1 >/, page.) 
Rapport sur le concours : On demande de nouvelles recherches sur le 

mécanisme do la cicatrisation chez les végétaux, par J. Mas- 

sart. (Ibidem, décembre 1896, 8 pages.) 
Rapport sur : Recherches expérimentales sur Tassimilation de l'azote 

ammoniacale et de l'azote nitrique par les plantes supérieures 

par Laurent, Marchai et Garpiaux. (Ibidem, S* série, t« XXXII, 

décembre 1896, 2 pages.) 
The préservation of plants for exhibition. Report on Expérimenta nade at 

the c Institut botanique de TUnivcrsité de Bruxelles. » (Report 

of the Britith Association. Liverpool, 1896, 7 ptges.) 

1897 

Note bibliographique sur un livre de M. P. De Vuyst. (Bulletin de 
l'Académie royale de Belgiquê,B* série, t XXXII, janvier 1897 
1 page.) 

Compte rendu de l'Annuaire du Maiëc de Bergen pour 1896. (Signé : E.) 
Revue de VUnivenitéde Bruxelles, mars 1897, p. 463, 1 page.) 

La vérité sur le Juif russe (Non signe) La Gatetle, Bruxelles, 18 avril 
1897, S colonnes.) 

Note sur une communication du professeur Pfeffcr. (Signé : E.) (Revue 
de l'Univenité de Bruxelleh m>i 1897 p. 686, Va P^^"*) 

Rapport sur : Existe-t-il un noyau chez les Sehizophytes ? (Bulletin de 
V Académie royale de Bêfgique, 8* série, t. XXXIV, décem- 
bre 1897, 5 pages.) 

Planches de physiologie végétale; texte descriptif français avec 86 figures 
et explications des planches en français, en allemand et en 
anglais (en collaboration avec É. Laurent.) In 4« avec 15 
planches in-folio en chromolithographie, 1897f 98 pages ) 

Existe-t-il une force vitale? Gours d'extension de rUniveraité de 
Bruxelles, 1897, 28 pages. 

Idem,2« édition, 1898. Idem, 3« édition, 1899. Idem, 1« édition, 1809. 
Idem, 5« édition 1901. Idem, 6« édition, 1902. 



50 

1898 

La Rovnunîe et le traité de Berlin. (Sigoé ; ao Libéral belge) {LHndépen- 

daneebélge,^ décembre 1897 et 17 janvier 1898. Va coIonDO 

et 1 */t colonne ) ' 
Rapport anr : Rccberahes anatomiquos et physiologiqaes sur le Tradeê'- 

eantia Virginicû, par M. Gravia. (BiUletin de VAc^démié 

royale de Belgique, 3« aérie t. XKXV, janvier 1898, V, page.) 
Rapport sur : Réaetion osmotiquc des cellules yégé talcs, par H. Van 

Rysselbcrgfae. {Ibidem, d« série, t. XXXV, janvier 1898, 

8 pages.) 
Les arabes et la scolastique. {Vami de Vordre, 4dO février, 1898, */2 ^^ 

lonne.) 
Compte readu de : Loséeà*its philosophiques et pédagogiques de Giuseppe 

Allievo, par G. B. Gerini : (Signé : E ) Revue de VUnivereité 

de Bruxelles, avril 1898, p. &55, Va Pi^S^) 
A propos de FÉglise et de la Science, Réponse à un vitaliste. {Revue de 

VUniveniié de Bruxelles mai 1893, pp. 551-586, 29 pages.) 
Sur l'origine do Tagriculture : Discussion de la communication de M. 

Goblet d'AlvicUa. (Bulletin de la Société d^ Anthropologie de 

Bruxelles, t. XVII, pp. 19-20, 28 mars, 1898 1 page, et pp. 

147-151, 27 juin 1898, 4 pages et t. XVUI, p. XXU, 27 mars 

1899, petite note.) 
Tous les êtres virants ont-ils besoin d'oxygène libre? Note additionnelle 

à Toptimam. (Ret^ue de l* Université de Bruxelles^ juillet, I8989 

pp. 773.7'Zô, 3 Vs pages.) 
Idem. (Revue scientifique, 20 novembre 1898.) 
Un recueil des lois de la biologie. (Revue de l* Université de Bruxellee, 

juillet 1898, pp. 788-792, 4 pages.) 
Note bibliographique sur le a Prodrome do la Flore belge par De Wilde- 

man et Th. Durand ■ (Bulletin de l'Académie royale de Bel* 

gique, 3» série, t. XXXVI, juillet 1898, 1 V, page.) 
Rapport sur : La réparation de quelques Algues, par Ë. De Wildcman. 

(Ibidem, 3« série, t. XXXVI, juillet, 1893, »/t page.) 
Les gaz liquéfiéa et la direction des ballons. (Ciel et terre, 16 juillet 1898, 

1 Vf pag«.) 
Une belle idée. (Signe : X.) L^ Flandre libérale, 25 novembre 1898, 

1 colonne.) 

Guerre au cléricalisme ! (Signé : L.) Ihiiemf 2 décembre 1873, 



I 



/, colonne.) 



51 

Lo coiuiU des griefs. (Signé : X.) (Ibidem, 7 décembre 1898| 1 ccloone.) 

Six serinons sar les Juifs. (Signé : Belga.) Le Siècle, Paris, 27 décembre 
1898, 1 colonne.) 

Rapport sar le concours : On demande de noorelles reehercbes macro- 
chimiques et microchimiqaes surit digestion chez les plantes 
carnivores {Bulletin de l'Académie royale de Belgiquê,S^ eétie 
t. XXXVI, décembre 1898, 5 pages.) 

Sructureof tho yeast ccll. (Annah of Butannyy décembre 1898, V2 P°8*0 

Idem (Briliih At80ciatio)i Report, 1898.) 

Thcorctical calculation of an osmotic optimum {Annals of Bolannyp 
décembre 1898, 1 page.) 

Idem {Britith Aêtociation Report, 1898.) 

On the Unit to be adopted for osmotic measurement. (AnnaU of BoUnny 
décembre 1898, V2 page.) 

Idem (Britiêh Astociation Report, 1898.) 

Sommaire du cours d'éléments de botanique pour la candidature en 
sciences naturelles 1898, 140 pages. 

Idem, 2« édition, revue et corrigée, 19 Ji, 154 pages in 8». 

1899 

Hérédité d*un caractère acquis chez un Champignon pluricellulaire. 

(Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 3« série, t. XXXVII 

février 1899. 23 pages.) 
Rapport sur : La raffinose considérée comme aliment hydrocarboné do 

l'Aspergillus niger, par II. Giliot. (fôidem, 8« série, t. XXXfll 

mars 1893 Vi P»gc.) 
Une tentative uéo-vltaliste. Aperçu critique. (Revue de rUniversité de 

Brujcelles, mars 1899, pp. 489-445» 6 pages.) 
L'énergie chimique des cellules vivantes. A propos d'un ouvrage de 

M. Loew. (Non signé.) (Ibidem, mari 1899, pp. 445-449, 

4 Vipages.) 
Adresse collective de MM. Errera, Laurent et De Wildeman à M. Ch. Van 

Bambckc, à l'occasion de son 70* anniversaire. {Bulletin des 

séancet de la Sociétébelge de microfcopie, t. XXV, pp. 20.23, 

21 avril 1899, 2 Vt pages.) 
Les conférences de laboratoire de l'Institut botanique. (Revue delWniver- 

tilé de Bruxellet,) 
I. Année Académique 1898-1899, par G. Clautriau, t. IV, juin et 

juillet 1899. 



52 

II. Année Aeadémiqae 1899*1900, pir J. De Mcyer, t. YI, no- 
yembre et décembre 1900. 

III. Annde Académique 1900-1901, par J. De Meyer et Maria 
Maltaux, t. VU, mai, juin, jailiet 1902. 

IV. Année Aeadémiqne 1901-1903 par G. Barger,t. VIII, oelobre, 
norembre et décembre 1902. 

V. Année Académique 1908-1904 par J. W. Commelin, t. X, 
norembre et décembre 1904 et janyier 1905. 
Compte rendu de : Les Roumains en Transyiranie, par Aug. De Vreugbt. 
(Signé : £.) {Revtte de VUniveniU de Bruxelles, juin 1899, 

p. 734, VtP»ge-) 

Intelligence des Fourmis. (Ibidem, juin 1899, p. 804, ■/, page.) 

L'Église et le Darwinisme, (roidem, juin 1890, p. 804, Vi VH^) 

A propos de génération spontanée. (Résumé d*onê conférence dont lo 
texte complet a été publié en 1900, dans la Reyue de l'Uniyer- 
sité de Bruxelles.) Bulletin de lu Société royule des seiencee 
médicales et naturelles de Bruxelles, juin 1899, 1 Vs psg<^0 

Discussion au sujet de l'analyse bactériologique des eaux du Bocq. 
(Ibidem, 10 juillet 1899, 6 pages.) 

Une leçon élémentaire sur le Darwinisme. (Revue de VUniveniie de 
Bruxelles, octobre 1899, pp. 1-28, 28 pages.) 

Idem. 2* édition, revue et considérablement augmentée, 1904, 85 pages. 

GomeinTerstândlicher Vortrag ûber die Darwiuische Tbcorie, mit 
Berucksichtigung einiger ncueren Untersuchungen. Traduc- 
tion allemande de : Une leçon élémentaire sur le Barwinismc, 
8"« édition, Odenkirchen, 1902, 44 pages. 

Compte rendu de : Les oscillations séculaires de la température à la 
surface dn globe terrestre, par lyante Arrhénius. (Signé : £•) 
(B»vue de r Université de Bruxelles, décembre 1899, pp. 228- 
280, 3»/, pages.) 

Note bibliographique sur: Miscellanées biologiques offertes à M. A. Giard. 
Bulletin de l*Académie royale de Belgique, 8« série, 
t. XXXVn, décembre 1899,8 Vt P>g«*)- 

La foi catholique et la théorie de Péyolution. (La Flandre libéralef 
7 décembre 1899, 1 >/, colonne.) 

Deux lettres réponses (XX« Siècle, 8 décembre et 17 décembre 1899, 
'/s colonne chacune.) 

Usure approurée par le Pape. (Non signé.) Flandre Libérale 9 décembre 
1899, petite note.) 



53 

La genèse de l'indiTida {Ibidem, numéro jubilaire, décembre 1899, 

Vs colonne.) 

1900 
La liberté scientifiqoe des professeun do Lonrain (Non signé) P vUm 

80 janyier 1900, */< colonne.) 
Rapport sar : Recherches expérimentales sar l'hydrolyse et l'util itatiiui 

de la raffinose par le Pentcillum glaucunif par U. Gillot. 

(BuUetin de l'Académie royaU de Belgique, X. XXXVHl, 

féyrier 1900,1 page.) 
Remarques sur la Toxicité moléculaire de quelques alcools, à propos des 

recherches de M. le D' Vandevelde. {Bulletin de la Société 

royale dee $cience$ médicalee et naturelleê de Bruxelles, 

Sférricr 1900, 18 pages.) 
Snobisme soeialbte. (Non signé) {La Ga%eite, Bruxelles, 6 férrier 1900 

petite note.) 
Toujours la légende du meurtre rituel. (Non signé) La Flandre libérale, 

19 février 1900, petite note.) 
Rapport du Jury chargé de décerner en 1899 le prix décennal des seien.' 

ces botaniques ; période 1889-1898 {MoiUieur belge, 81 mars 

1900, 18 pages.) 
Magnétisme et poids atomique. {Bulletin de l* Académie royale da Belgique 

t. XXXV III, mars 1900, 9 pages.) 
Essais de philosophie botanique. II. A propos de génération spontanée. 

{Revue de VUniversité de Bruleellee, mai 1900, pp. 5454M, 

21 pages.) 
Discours aux funérailles de G. Oautrîau {Ibidem, inin 1900, pp. 705-706 

l Vs P«go.) 
Idem, {Gaiette de Charleroi, 8 juin 1900, '/s colonne.) 
En Roumanie. Un document interdit. (Non signé.) La Flandre libérale, 

15 juin 1900, 1 colonne.) 
La disette en Roumanie et le gouYcrnement roumain (Non signé) Ibidem, 

28 juin 1900, V« colonne.) 
En Roumanie. (Non signé.) {Ibidem, 25, 28 et 29 août 1900, 1 colonne 

dans chaque n*.) 
G. Clautriau. Esquisse biographique. (Annales de la Société royale det 

iciencei médicales et naturelles de Bruxelles, t. IX, 1900, 

28 pages.) 
Extrait de TEsquisso biographique de G. Clautriau. {Mémoire de la 

Société belge de micrescopie, 1900, 24 pages.) 



54 

Rapport sar le concours : Existe-t-il an noyau chez Ici Schizopbytcs» par 
J. Massart. (Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 
t. XXXVIII, dôcembi« 1900, 3 pages.) 

1901. 

Les plantes ont-ellea une âme t Compte rendu, par J. De Heyer, de la 
conférence faite le 33 nofembre 1900 : par M. Léo Errera. 
(Revue de VVniverùté de Bruœêlle$, janvier 1901, pp. 395-800, 
5 p. 

Sur la mjrriotonie comme unité dans les mesures osmotiques. (Recueil de 
Vlnttitut botanique de VUhivenité de Bruxellêi^ t. Y, p 193, 
février 1901, 15 pages.) 

Idem. (Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XXXI V, mars, 1901| 
18 pages.) 

Note bibliographique sur un travail du Dr. Starke. (Ibidem, t. XXXIX, 
mars 1901, 3 pages.) 

Rapport sur : Influence de la température sur la perméabilité du proto- 
plasme vivant pour Teau et les substances dissoutes, par 
Fr. Van Rysaelberghe. (Ibidem, t. XXXIX, man 1901, 
3 •/« P«g«8.) 

L'Eglise et l'évolution (Non signé) (Revue de VUnieemtè de Bruxelles, 
mars 1901, pp. 459-6(K), 1 '/t P>g<^*)* 

Compte rendu de : Influence du sol sur la dispersion du Gui et de la 
Cuscute en Belgique. (Signé : E.) (Ibidem, mai 1901, pp. 638- 

681,3 VsP«g«».) 

Rapport sur : Expérience sur l'accoutumance héréditaire des levures aux 
solutions salines concentrées, parClerfcyt. (Bulletin de l'Aca* 
demie royale de Belgique, t. XXXIX, juin 1901, 1 page.) 

Rapport sur : L'irritabilité des plantes supérieures, par J. Massart, 
(Ibidem, t. XXXIX, septembre octobre 1901>3 7s psg^>«) 

Rapport sur le concours : On demande de nouvelles recherches relatives à 
Tinfluence des facteurs externes sur la caryocinèse et la 
division cellulaire chez les végétaux. {Ibidem, t. XXXIX, 
décembre 1901, 3 pages.) 

Rapport sur le concours : On demande de nouvelles recherches sur le rôle 
physiologique des substances albuminoïdes dans la nutrition 
des animaux ou des végétaux. {Ibidem, t. XXXIX, dé- 
cembre 1901, 6 Vs P&g«*0 

A propos d'un acte de lèse-science. {Revue de VUnivertiié de Bruxellee, 
décembre 1901, pp. 145-146, 1 page.) 



55 

Sur ane bactérie de grandes dimensions : Spirillum Cohsstu, {Bulletin 
de la Société royale des sciences médicales et naturelles de 
Bruxelles, décembre 1901, 9 pages.) 

Idem. (Recueil de l^ Institut botanique de V Université de Bruxelles, t. V, 
p. 347, 1901, 10 pages.) 

1902. 

Rapport sar : Tnc oxpérîencc sur Tinflaence des solutions salines con- 
centrées sur les propriétés de la lefurc de bière» par 
L. Lcpoutre. {Bulletin de V Académie royale de Belgique, 
t. XL, férricr 1902» 1 page.) 

Un document volé. (Ifon signé.) La Gaiette, firnxclles, 2 février 19Ù2, 
^/i colonne.) 

Llnfluence des unions consanguines. (Signé : L. E.) lievue de l'Université 
de Bruxelles, avril 1902, pp. 580-581, 1 page.) 

Exposé de divers phénomènes de la vie végétale^ avec expériences. 
[Bulletin de la Société royale des sciences médicales et natu- 
relles de Bruxelles, juin 1903, 1 </, page.) 

Le P. Domenecb et les Peaux-Rouges. (Signé : L. E.) {Le Siècle, Paris, 
11 novembre 1902, '/% colonne.) 

Rapport sur le concours : On demande de nouvelles recherches sur la 
formation des substances albuminoidcs chez les végétaux. 
(Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XI, décembre 
1902, 6 pages.) 

1903. 

La brochure du Marquis Agénor, ou le Manuel du parfait antisémite. 
(Signé : E, Lenoir.) (Le Siècle, Paris, janvier 1908, 9 n»* de 
feuilleton.) 

Idem. {La Flandre libérale, juin 1908.) 

Sur la limite de petitesse des organismes. {Bulletin de la Société royale 
des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, janyier 1908 
8 Vî P«gcs.) 

Idem. {Recueil de l'Institut botanique de V Université de Bruxelles, t. Yl, 
p. 78, février 1908, 9 ',/, pages.) 

Idem. {Revue scientifique, 7 février 1903, 8 pages.) 

Compte rendu de : Recherches microchimiques sur la présence des Âlca* 
loYdeset des glyeosides dans la famille des Renonculacées, par 
Vanderlinden. (Botanisches Centralblatt, t. XCII, n«8, 1903, 
1 VaP^ge.) 



56 

Compte reoda de : La prétendae existence de soUnine daos les graines 
de Tabac, par J. Starke. {Ibidem, t. XCU, n» 9, 1903, 1 Vt P*) 

A propos d'an déû. (Non signé.) (Le FUndre Hbér(Ue9 3 mai 1903, 
1 >/| colonne.) 

Une question indiserète, (Signé : Uo yieux Juif.) Ibidenif 36 mai 1903, 
1 colonne. 

Do quelques progrès récents de la Théorie de l'évolution (Revue de l'Uni- 
versité de /}ruxe//es Juin, juillet, pp.-641-691, 1803, 50 p.) 

La Jeunease Laïque. (Le Réveil de Brugetet de la We$t'Fïandre, 21 sep- 
tembre 1903, */i colonne.) 

Les Massacres de Ivichinew. (Bulletin de /« Ligue belge des droits de 
l'homme, t I, fasc. 3, septembre 1903, 39 pages ) 

Filippo Buonarroti. (Signé : £.) (Revue de VUniversité de Bnixelle*, 
octobre et norembre» pp. 67-77 et 143-149, 10 et 6 pages.) 

Discussion au sujet de la communication de MM. Dclcourt et Mayer, sur 
les tumeurs de Tencéphale. (Bulletin de la Société royale des 
sciences médicales et naturelles de Bruxelles, décembre 1903, 
5 pages.) 

Quelques bévues. (Non signé.) (Revue de VUniversité de Bruxelles, jan- 
vier 1004, pp. 323-324, 1 page.) 

Notice sur É. Laurent (La Goutte, 35 février 1904, 1 colonne.) 

Compte rendu de : Table de mortalité et de survie, par J. M. J. Leclerc 
(Signé E.) (Revue de l'Université de Bruxelles, mars 1904, 
p. 487, 1 page.) 

Discussion au sujet d'une communicatiou de M. Slosse, sur la formation 
de la graisse aux dépens de Talbumine. (Bulletin de la Société 
royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, mars 
1904, 3 p.) 

1904. 

Cérémonie commémorative à Tlnstitut botanique de l'Université de 
Bruxelles. (Revue de l'Université de Bruxelles, mai, juin 1904, 
pp. 667-684, 17 pages.) 
Idem. (Bulletin de la Société royale de botanique da Belgiquêp t. XLII, 
V* partie, août 1905.) 

Discours à la cérémonie Pasteur. (Le /empi, 30 juillet 1904, */, colonne.) 

Trop de périodiques scientifiques. (La Suisse universitaire juillet, 

août 1904, 3 pages.) 
Note sur la myriotonie. (Travaux de l'Association de l^lnstitut Marey, 
Paris, 30 août 1904. 1 page.) 



57 

Conflit de préséance cl excitations iuhibitricos . chez les rëgëtaax. 
(VI* Congrès international des physiologistes^ Bruxelles, aoûti 

septembre 1901, </s P'S<^0 
Idem. (Archipei mt':rnaHonalei de physiologie* Liège, Bruxelles, yol. II» 

décembre 1904, Vs P&S®*) 
L^Église et la maladie du Sommeil. (La GaieUe, Bruxelles 10 octobre 1904, 

*/, colonne.) 
Projections d'expériences de microchimie et de mycrophysique. (Archivée 

internationales de physiologie. Liège, Bruxelles, vol. II, 

décembre 1904| 2 pages.) 
Rapport sur : Quelques expériences sur Tattraction des abeilles par les 

fleurs, par Joséphine Wery. {Bulletin de r Académie royale de 

Belgique, t. XLIL décembre 1903^ 1 page.) 
L*éTolutioa et règliso. (Extrait de la préface de la 2« édition de : Une 

leçon élémentaire sur le Darwinisme, 1904, 16 pages.) 
François Crépin. (Bulletin de la Société royale belge de géographie^ 1904^ 

3 pages.) 
Pr. Crépin. (En allemand.) Beriehte der bayerisehen bolanischen Gesell- 

schatU t. IX, 1904, 3 pages.) 
Idem. (Beriehte der deutschen bolanischen Gesellschaflf t. XXII, p. 31, 

1904, 2 Vt P^ge*-) 
Micrococcus prodigiosus. (Jewish Bncyelopedia, 1904, 2 colonnes.) 
Struggle for prééminence and inhibitory stimuli in plants. {British AssO" 

dation. Cambridge, section K, 1904, '/s P*g®0 
Some geoeral résulta on the localisation of alcaloïds in plants. (Ibidem^ 

1904, IV, page.) 
Idem : (Recueil de VlnstiM botanique de VUniversilé de Bruxelles^ t. II, 

p. 185, 1906, 3 pagcè.) 

1905. 

Discours à l'inauguration du médaillon Laurent^ à Gembloux. (L'ingé' 
nieur agricole de Gembloux, mai 1905, 8 pages.) 

Idem. (Annales de Gembleux, 15« année, p. 339, juin 1905, 3 pages.) 

Note sur le Congrès botanique international de Vienne. (Bulletin de 
P Académie royale de Belgique, t. XUII, juillet 1905, 8 pages.) 

Conflits de préséance et excitations inhibitoires chez les végétaux avee 
6 planches. (Bulletin de la Société royale de Botanique de 
Belgique, t. XLII, l^* partie, V août 1905, 16 pages.) 

Idem. (Recueil de l* Institut botanique de P Université de Bruxelles, t. VI, 
p. 136, 1906, 14 pages.) 



58 

De plus : diver»c§ communlcalions à la Société belge de M icroseopie, & la 
Société royale de Botanique de Belgique, à la Société d'Anthro- 
pologic et à la Société royale des scieuees médicales et 
naturoUei de Bruxelles. 

ŒaTres posthnmes. 

Glycogène et « paraglycogène » chez les Végétaux. (RêCUêil de VlnsUM 
botanique dé VUnivênité de Bruxelles, t. I, p. 843, 1906, 
37 pages.) (Terminé par M. J. Massart ) 

Liste bibliographique du Glycogène et du Paraglycogène. (Ibidem, t. I, 
p. 881, 1905, 48 pages.) (Réunies, par M. Commclin.) 

Sur les caractères hctérostyliques secondaires des Primevères {Ibidem, 
t. VI, p. 228, 1905, 81 pages.) (Complété par MH« Wery.) 

Sur rhygroscopicité comme cause de l'action physiologique à distance 
découYcrte par Elfring. {Ibidem, t. VI, p. 803, 1906, 
62 piges.) (Terminé par M. Commelin.) 

Notice sur François Crépin. (Annuaire de l'Académie royale de Bel- 
gique, 1906, 112 pages et portrait. Revue et complétée par 
Th. Durand.) 

Note préliminaire sur les feuilles. (Billet cacheté, déposé dans la Classe 
des sciences de l'Académie royale de -Belgique du 6 mai 1879, 
et ouTert par la famille en 1906. (Bulletin de V Académie royale 
de Belgique, t. XLIV, janvier 1906, 1 page.) 

Bibliographie des alcaloïdes, glycosidcs, tannins etc. {Recueil de l*In8titui 
botanique de VUnivenité de Bruxellet, t. II, p. BU, 1908, 
39 pages.) (Réunie par M. Commelin.) 

Cours pratique de Microchimie végétale fait au doclorat en sciences 
botaniques à l'Université de Bruxelles. (Public à Bruges 1906, 
19 pages.) 



Différents travaux paraîtront encore d'ici à quelque temps. 



ESSAI 



DE 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 



DBS 



iSTBICTS UTTOBiUÎ ET AlLDVIiD! 

DE LA BELGIQUE 
par JEAN MASSART(l). 



AVANT-PROPOS. 

Un travail de géographie botanique, si modestes que 
soient ses tendances, ne peut plus se contenter de donner 
une énumération des plantes rencontrées dans une contrée 
déterminée, en indiquant tout au plus dans quel genre de 
stations se rencontre chaque espèce. La liste qui repré- 
sente rinventaire de la flore n*est plus considérée que 
comme une première étape dans l'élude géobotanique; 
celle-ci ne sera complète que lorsqu'on aura réussi à défi- 
nir les adaptations s<péciales des plantes aux multiples 
conditions de milieu qui règlent la vie végétale dans la 
contrée étudiée. Ce n*est pas encore tout : connaissant les 
divers groupements de végétaux et les raisons pour 
lesquelles telles espèces, et non telles autres, se rencon- 



(l)Co travail parait aussi dans le tome VII du Recueil de l'Institut 
botanique Léo Errera. Le texte y est accompagné d*uii plus grand nombre 
do cartes, de diagrammes et do planches phototypiques. 



60 

trent ensemble dans les mêmes stations, il s'agit de 
rechepclier d'où viennent ces espèces : si elles sont nées 
sur place, si elles ont immigré en partant de régions 
voisines, ou si elles sont le reliquat d'une époque géolo- 
gique antérieure. 

Certes, il est difficile, sinon impossible, de remplir 
entièrement un programme aussi vaste et qui dans cer- 
taines de ses parties est encore assez vague. Aussi le pré- 
sent travail n'a-t-il pas pour objet d'élucider tous les 
divers problèmes qui surgissent, mais de montrer com- 
ment d'autres, mieux préparés et disposant de plus de 
temps, pourraient réussir à faire l'étude géobotanique 
des districts qui nous occupent. 

Ce travail comprendra successivement les parties sui- 
vantes : 

Un exposé succinct de ce qu'on sait quant au passé 
géographique et géologique des districts littoraux et 
alluviaux; 

L'étude des conditions d'existence vis-à-vis desquelles 
les plantes doivent s'adapter, et des diverses associations 
d'espèces qui occupent le terrain ; 

La comparaison des districts littoraux et fluviaux avec 
les autres districts de la Belgique, et avec les districts 
littoraux et fluviaux des pays voisins ; 

Enfin, un exposé de nos recherches sur l'origine de la 
flore des dunes, des alluvions fluvio-marines et fluviales 
et des polders. 

Au texte sont annexées des listes de plantes, des 
cartes, des diagrammes et des phototypies. 

Les listes comprennent : 

!• Une liste géographique indiquant les plantes qui ont 
été signalées dans les districts considérés, avec leur 



61 

distribution géographique en Belgique et dans le reste 
de la Terre ; 

2^ Une liste des associations végétales des districts litto- 
raux et alluviaux; 

3<> Uneliste élhologique renseignantes principales adap- 
tations des plantes étudiées. 

Ces listes ont une pagination spéciale. La liste géogra- 
phique est paginée avec Tindice g. La liste des associations 
est paginée avec Tindice a. La liste éthologique est 
paginée avec l'indice e. 

Je suis heureux d'adresser ici mes remerciments 
cordiaux à tous ceux qui m'ont aidé dans mon travail : 
M. Durand, directeur du Jardin botanique; H. Rutot, 
conservateur au Musée d'histoire naturelle ; H. J. Vincent, 
météorologiste à FObservatoire; U. Grégoire, directeur 
ad intérim de l'Institut chimique et bactérologique de 
Gembloux, mont fourni de précieux renseignements 
bibliographiques. — M. Bouly de Lesdain, M. G. Bommer, 
M""' Rousseau, M^^* G. Destrée et les regrettés A. Uansion, 
G. Lochenies et Delognc ont déterminé pour moi des 
lichens, des Champignons et des Bryophytes. Enfin, je 
dois aussi beaucoup de reconnaissance à ma femme, qui 
m'a aidé adresser le tableau climatologique général. 



62 



CHAPITRE PREMIER. 

LE PASSÉ DES DISTRICTS LITTORiiUX BT ALLUVIAUX. 

Le littoral belge et la plaioe basse parcourue par 
TEscaut et ses affluents inférieurs n*OQt que depuis peu 
de temps l'aspect et la configuration que nous leur con- 
naissons. 

Époque miocène. 

^ nous remontons jusqu'au temps oiï nous avons pour 
la première fois des données un peu précises sur l'état 
de la basse Belgique actuelle, c'est-à-dire à l'époque 
bolderienne (fin du Miocène), nous voyons que la mer du 
Nord n'avait pas les mêmes limites que maintenant. 

Elle s'étendait au NE. de notre pays et n'avait pas de 
communication avec la Manche; la Grande-Bretagne 
n*était pas séparée du continent européen (l). 
En ce temps, les districts étudiés (voir fig. A*, cartes 2*) 
étaient presque entièrement continentaux; les rivières 
n'avaient pas encore leur cours actuel; l'Escaut, assez 
mal délimité, se partageait en plusieurs bras (ont-il été 
occupés simultanément ou successivement par les eaux 
du fleuve?), qui coulaient vers le N. ou le NNE. 



(1) Presque tous les détails relatifs & la baise Belgique aux époques 
miocène^ pliocène et pleistoeène, sont empruntés aux intéressantes 
publications de M. Rotot (iS97, 1897-1898, 1903, 1906). 

* Toutes CCS Ggures sont réunies sur des planches hors-texte, mar- 
quées « cartes 9, cartes 3 et cai'tes 4 ». 



63 



Époque pliocène. 



A l'époque diestienne (voir fig. B, cartes 2), toute la 
basse Belgique et une partie de la moyenne Belgique 
sont envahies par la mer. 

Puis, le sol s'exhaussa, refoulant de plus en plus la mer 
diestienne vers le N. (voir fig. C, cartes 2). LTscaut se 
jetait dans un large golfe qui pénétrait au loin dans les 
terres jusqu*au delà de la frontière française. Sur le 
territoire mis à nu, des rivières creusèrent leur lit. 

c Puisque depuis lors aucune mer ne s*est avancée aussi 
loin vers le Sud que la mer diestienne^ les eaux douces ont 
toujours continué à s'écouler dans la même direction sur 
le territoire définitivement émergé, et cette persistance a 
amené le creusement des vallées de la moyenne et de la 
basse Belgique. Il en résulte donc ce premier point très 
important : V ébauche de la plupart des vallées de la 
moyenne et de la basse Belgique date de la fin de l'époque 
diestienne. » (Rutot, i906, p. 24.) 

Comme la pente générale du terrain était à cette 
époque inclinée vers le NNE., les rivières ont dû naturel- 
lement prendre cette direction ; elles Font conservée à 
travers tout le Pleistocène et THolocène. 

Il en résulte une curieuse discordance entre le cours 
actuel des rivières et la pente, du terrain. 

On pourrait dire que les rivières de la moyenne et de 
la basse Belgique coulent dans un lit « fossile ». 

« Il n'est pas jusqu'aux toutes petites rivières de la 
région maritime, la Hames, la Hem, l'AaCi), ITser, 
la Waerdamme, etc., qui n'obéissent à la règle générale. 



(1) Cet trois rivières lont en France. (Note do J. M.) 



64 

Elles ne coulent pas, de leur origine à leur embouchure, 
en ligne droite, normalement à la côte, mais suivent, 
dans leur partie supérieure, un cours parallèle au 
littoral, avant de se diriger franchement vers la mer. — 
Il faut admettre que l'orientation commune de tous ces 
cours d'eau est bien, en effet, un héritage du passé •• > 
Ck)RWBT, 4905-4904, p. M 262.) 

Époque plbistogânb ou quatbbnurb. 

Moséen. A la fin du Pliocène, c'est-à-dire pendant la 
Poederlien et le Scaldisien, la pente générale du terrain 
était SN. Tout au début du Pleistocène, un mouvement 
du sol amena l'immersion de l'extrémité NE. du pays et 
la création d'un large golfe dans lequel débouchait la 
Meuse. 

Pendant cette époque, appelée moséenne (flg. D, 
cartes 2), l'Escaut coulait un peu à TE. de sa position 
actuelle. A quelques kilomètres en amont de Gand, il se 
jetait dans une baie où débouchaient également la Lys, 
ainsi qu'un Rupel plus étendu que la rivière actuelle; ce 
Rupel ancien ne s'arrêtait pas à l'endroit où il se jette à 
présent dans l'Escaut, mais il continuait vers l'W., rece- 
vait la Dendre, et arrivait enfin à la mer. Quant à la Lys, 
elle avait à peu près la même direction qu'à présent. 
Peut-être détachait-elle un bras qui se dirigeait vers le 
N W. et allait confluer avec une autre rivière, venant du 
SW., des hauteurs de l'Artois. 

G a m p i n i e n. Un soulèvement s^est effectué vers le SE. 
du pays, et la pente générale est maintenant SE-NW. Le 
nord des provinces d'Anvers et de la Flandre orientale 
est émergé (Fig. E, cartes 2). Le Rupel n'a guère changé. 



65 

L'Escaut s'est encore un peu déplacé vers l'W. et occupe 
son lit actuel jusqu'à Gand. Il conflue ici avec le Rupel 
et la Lys et débouche dans un golfe. La Lys s'anastomose 
avec le fleuve descendant des collines de l'Artois. Ce 
fleuve passait à peu près sur l'emplacement de notre côte 
actuelle. 

Pendant l'époque campinienne (vers sa fin?) un 
immense marécage se forma autour d'Anvers (fig. F, 
cartes 2). Il contient des ossements des animaux de la 
faune du Mammouth. A Soignies, des tourbes semblables, 
remplies d'ossements de Mammouth et de Rhinocéros 
iiehorhinuSf renferment en même temps des milliers 
d'Insectes, de coquilles et de débris végétaux. (Rutot, 
4906, p. 31.) 

L'époque moséenne, et surtout l'époque campinienne 
sont caractérisées par l'énergique creusement que les val- 
lées ont subi. Cette érosion tenait sans doute en grande 
partie à ce que les pentes du terrain étaient plus accusées 
et que les rivières étaient par conséquent plus rapides. 

Hesbayen. Il est caractérisé par un aflaissement 
notable de toute la Belgique ; en même temps, linclinaison 
du sol disparaissait. Cette disposition horizontale, à peine 
ondulée, du pays, concordait avec l'arrivée de masses 
énormes d'eau. Un régime de crues intenses s'établit. 
Presque toute la Belgique fut envahie par les eaux (flg. 
G, cartes 2) ; la haute Campine anversoise et limbour- 
geoise et les plateaux élevés de l'Ardenne restèrent 
seules émergés. 

L'eau qui se répandait à la surface du sol était sans 
doute apportée par la Meuse et provenait de la fonte des 
glaciers des Vosges et des Alpes. 

Il est probable que la grande inondation hesbaycnne 



66 

était due en partie à ce que les eaux venant de l'Europe 
centrale allaient buter contre le front de rimmense 
glacier Scandinave, qui s'étendait jusqu'au milieu de la 
Hollande. (Rutot, 1906, p. 33 ) 

Brabantien. Lorsque les eaux hesbayennes se retirè- 
rent, elles laissèrent sur le sol un limon gris, sur lequel se 
développa une végétation de tourbière. D'après M.Penck, 
le SE. de l'Europe était à cette époque couvert par un 
steppe, c'est-à-dire par une végétation laissant à nu des 
étendues plus ou moins grandes de terrain. La flore était 
sans doute la même chez nous, tout au moins dans les 
endroits trop secs pour que la végétation marécageuse 
p4t y vivre. Lorsque le vent soufflait avec violence, il 
entamait le sol limoneux et soulevait des nuages de pous- 
sière qui allaient s'abattre plus loin ; ainsi s'est constitué 
un terrain limoneux à grain très fin, homogène, non 
stratifié, qui est le brabantien, analogue au lôss éolien des 
géologues allemands. 

Flandrien. Après cette période d'émersion, il y eut 
un nouvel aflaîssement notable du sol, amenant la mer sur 
toute la basse Belgique, et jusque dans les larges vallées 
des rivières : les Nèthes et leurs affluents, le Demer et 
ses affluents, la Dyle, la Senne, la Dendre, l'Escaut, la 
Haine, la Lys (fig. H, cartes 2). Ça et là une ile s'élevait 
au sein de la mer flandrienne, notamment au S. et à 
rWSW. de Bruges, et à l'E. de Malines. Les dépôts hes- 
bayens étaient donc recouverts par les eaux marines sur 
une grande étendue. Les vagues et les courants rema- 
nièrent naturellement le limon qui occupait le fond de la 
mer: l'argile fut en grande partie enlevée^ surtout dans 
les endroits où la mer flandrienne séjourna le plus long- 
temps, et il ne resta donc que du sable. 



67 

On voit sur la carte (fig. H.) que le littoral de la mer 
flandrienne avait une tout autre position que le littoral 
actuel. La mer flandrienne se prolongeait vers le SW., 
alors qu'aux époques précédentes (voir les fig. A à F) ce 
territoire était continental. Des collines de l'Artois descen* 
dait un fleuve dans la vallée duquel la mer flandrienne 
pénétra également, si bien que peu à peu la crête de 
l'Artois fut rongée. Un autre fleuve, coulant en sens 
inverse, se dirigeait de la crête vers la Manche; le même 
phénomène d'érosion s'y produisit. Finalement la bar- 
rière crayeuse réunissant les collines de l'Artois aux 
hauteurs du comté de Kent fut démolie par les eaux qui 
l'attaquaient des deux côtés à la fois : le Pas-de-Calais 
était creusé, mettant en communication la Manche et 
la mer du Nord, et séparant la Grande-Bretagne du 
continent. 

Mais les eaux de la mer flandrienne durent bientôt 
reculer, devant un nouvel exhaussement du pays. Sur le 
sol mis à nu, les rivières reprirent en partie leur cours 
ancien : les vallées avaient été plus ou moins bien conser- 
vées sur le fond de la mer flandrienne, et les eaux 
fluviales retrouvèrent leur lit primitif. Il s'était pourtant 
produit une modification importante au N. deGand. Deux 
barres sableuses s'étaient dressées en travers de l'ancien 
golfe de Gand. L'une à 2 ou 3 kilomètres seulement au 
N. de l'emplacement de la ville, l'autre s'étendant envi- 
ron d'Eecloo à Selzaete. La première eut pour eflet 
d'arrêter l'Escaut. Celui-ci ne put plus couler directement 
vers le N. ; il s'infléchit vers l'E. et se logea dans la vallée 
par laquelle le Rupel débouchait jadis dans le golfe de 
Gand. Par de larges méandres» l'Escaut refoulant le 
Rupel, atteignit Rupelmonde, le point de confluence 



68 

actuel des deux, rivières, et d'ici la masse des eaux se 
fraya un nouveau passage vers le N. (voir carte 1 [hors 
texte]) : le lit Rupelmonde-Anvers-Santvliet (frontière 
hollandaise) était enfin creusé. Par où le fleuve passait 
en aval de Santvliet, nous le verrons plus loin. 

Que devenait pendant ce temps la Lys, l'autre grande 
rivière qui se jetait jadis dans la golfe de Gand? D'après 
M. RuTOT [4897^ I, p. 60), cette rivière ne recreusa son 
ancien lit que jusqu'à Deynze; de là elle se dirigea vers le 
NW. Elle occupait ici le lit de la Vieilie-Gaele (voir 
carte 1 [hors texte]). Elle arriva ainsi au Moervaert, 
devant le plus septentrional des deux seuils qui 
obstruaient Tancien golfe. Les eaux s'épanchèrent en un 
large lac, puis elles se créèrent une issue vers TE. par la 
Durme actuelle. La carte 1 (hors texte) montre nette- 
ment quel aurait été ce trajet : il est jalonné sur toute 
sa longueur par des polders. 

Plus tardf la rivière réussit à se creuser un cours, des 
plus tortueux, à travers les sables flandriens au NE. de 
Deynze : elle put ainsi rejoindre l'Escaut à Gand ; à 
partir de ce moment, elle abandonna son ancien lit. 

Cette manière de voir, qui avait déjà été défendue par 
M. Van WsavBKB en 1892, parait tout à fait plausible. 
Pourtant M. Rutot [1896, 1, p. 61) émet l'hypothèse 
qu'il faudrait plutôt voir dans la Vieille-Caele continuée 
par le Moervaert et la Durme, le lit ancien de la Mandel, 
qui est actuellement un affluent de la Lys. 

Quelle que soit la vérité au sujet de ce dernier détail, 
un fait général se dégage de toutes les études faites sur 
le cours des anciennes rivières de la plaine flamande. 
Aussi bien les auteurs que nous venons de citer que 
M. VAN OvEELoop ct M. Ybestraete sont d'accord pour 



69 

admettre que les rivières ont beaucoup modifié leurs 
cours depuis la retraite de la mer flandrieoae. 

Ajoutons que la plupart des anciens lits des rivières 
sont occupés à présent par des polders; c'est précisément 
ce point qui nous intéresse plus particulièrement et qui 
nous a engagé à donner quelques indications sur les 
vicissitudes de rivières. 

m 

Climat des périodes pleistocènes. Avant de 
continuer cette étude et de rechercher quels changements 
se sont effectués dans la configuration de la côte et de 
plaine alluviale pendant THolocène, revenons un instant 
en arrière et demandons-nous quel était le climat qui 
régnait sur la Belgique pendant les diverses périodes que 
nous avons examinées jusqu'ici. Cette question se posera 
de nouveau lorsque nous essaierons de démêler les 
origines variées de la flore littorale et alluviale; qu*il 
nous suffise à présent de mettre sous les yeux du lecteur 
une réduction du tableau, dressé par M. Rutot {4906), 
qui indique le synchronisme entre les périodes glaciaires 
et interglaciaires successives, admises par M. Penck, et les 
périodes pleistocènes de notre pays. (Voir page suivante.) 

Époque hologène ou modbbne. 

Période des tourbières. Nous voici arrivés à 
l'aurore des temps historiques. 

La mer a quitté le sol de la Flandre ; celle-ci est sillon- 
née par des rivières qui sont sensiblement les mêmes que 
celles d'aujourd'hui. Le pays a une pente très faible; les 
eaux s'évacuent lentement et difficilement ; de grands 



70 



TABLE àU 

résumant la comparaison de la série glaciaire de M. Pbzick 
et des dépôts correspondants en Belgique, par M. Rutot. 



Glagiairb 
dans lb se. bb l*eubopb. 



Époques. 



Végétation . 



En Bblgiqdb. 



Dépôts et Tégétation. 



Époques. 



Temps actuels. 
(Uoloc6no.) 



Forêts. , ^ 

I Temps 

Forêts. /_ ,j. , .> actuels. 

Grand déTeloppcmcnt ( (Bolocène.) 
des tourbières. " ^ ' 



Glaciation do 
Wurm. 



Forêt. 

? 

Toundra. 

Forêt? 
Toundra. 



Sables, limons et 
argiles. 



Flandrien. 



3* inierglaeiatre. 



Steppe. 



Forêt. 



Limon éolicn. 



Brabantien. 



Limon, gravier, tourbe J 



Glaciation de 
Riss. 



Limon. 



Hcsbayen. 



Toundra. 



2* interglaciaire. 



Steppe. 



Tourbières de la basse 
Belgique. 

Sables, grayiers. 



Campinien. 



Forêt. 



Gailloutis. 



Glaeiation de 
Mindel. 



Toundra. 



Gailloutis, sables, 
glaise. 



Moséen. 



!•' interglaciaire . 



Steppe? 
Toundra? 



Gailloutis, sables, 
glaise. 



Glaciation de 
Guenz. 



Toundra. 



Sables, glaise. 



Plioeène 
supérieur. 



71 

marais se forment au fur et à mesure du retrait de la mer 
flandrienne. 

Sur la terre basse, gorg'ée d'eau, s'installe une végéta- 
tion marécageuse, composée d*Alnus glutinosa (Aune), 
Betula albj, (Bouleau), Quercus pedunculata (Ghéne), 
Pinus sylvestriSf Myrica Gale, Scirpus lacustris^ Spha- 
gnum, etc. Cette flore nous est assez bien connue; on la 
retrouve plus ou moins bien conservée dans les tourbières 
qui sont exploitées en divers points du littoral. Nous y 
reviendrons dans le chapitre relatif à l'origine de la flore 
littorale; p3ur le moment, faisons seulement remarquer 
que ces tourbières dépassent la plage actuelle, et qu'elles 
affleurent au fond de la mer du Nord ; c'est de là que les 
tempêtes détachent d'énormes blocs de tourbe et les 
amènent sur la plage, surtout aux environs de Heyst et 
de Knocke. 

Cette végétation n'était pas limitée à la bordure litto- 
rale. Elle couvrait également toute la Flandre, et on la 
retrouve sous les couches argileuses déposées par TEscaut 
et ses affluents. La carte géologique de la Belgique ren- 
seigne la tourbe en de très nombreux points, sous les 
alluvions fluviales. Le 12 mars 1906, une brèche sur- 
venue dans la digue du Polder « Den Esch » (voir phot. 
68 et 69), entre Tamise et Thielrode, a provoqué un 
alTouillement profond qui a mis à nu les couches de tourbe 
et qui en a même soulevé de gros blocs. 

J'ai pu reconnaître dans ceux-ci des troncs de Bouleau 
(Betula alba), d'Aune {Alnus glutinosa), de Chêne 
[Quercus). Les observations faites par M. Mourlon mon- 
trent que cette couche de tourbe occupe la même position 
stratigraphique que celle du littoral : entre le Flandrien 
et l'argile inférieure des polders. 



72 

Les restes des végétaux habitant les marécages de la 
Flandre avant l'époque historique et pendant l'occupa- 
tion romaine ne nous ont été conservés que dans les 
endroits où ils étaient soustraits à l'oxydation par une 
couche imperméable d'argile. Tout nous fait supposer 
que le sol flandrien était partout couvert de marécages. 
Mais la culture a envahi de plus en plus complètement la 
surface des sables flandriens; les marais ont été drainés» 
les bruyères ont été défrichées. La végétation indigène 
ne s'est plus maintenue que dans un petit nombre 
d'endroits. 

Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre relatif 
à l'origine de la flore littorale. 

Affaissement du littoral et dépôt de l'allu- 
vion marine inférieure. La présence de ces tour- 
bières sous-marines, dans lesquelles on reconnaît facile- 
ment les espèces citées plus haut, indique que la terre 
ferme a été plus étendue qu'elle ne l'est maintenant, et 
qu'au début de l'époque holocène les eaux de la mer 
s'étaient retirées au-delà de la côte actuelle, laissant 
émergée une partie du fond de la mer du Nord; sur 
ces terrains s'installa une flore marécageuse identique 
à celle des endroits qui sont encore aujourd'hui conti- 
nentaux. 

Après l'ère de soulèvement qui amena l'évacuation 
de la mer flandrienne, il y eut un nouvel aflaissement du 
littoral belge. A quel moment commença-t-il? Il serait 
impossible de le dire. Lorsque les légions de César 
arrivèrent dans le pays des Ménapiens et des Morins, 
c'est-à-dire dans ce qui est maintenant la plaine mari- 
time, elles ne rencontrèrent que des bois et des marais. 
Il ne fut pas facile d'y poursuivre et d'y réduire à l'obéi»- 



73 

saoce les Méaapiens et les Morins(l). Le mouvement de 
recul de la terre ferme avait-il déjà débuté? Y avait-il 
des duoes le long de la plage ? Certaines portions de la 
forêt marécageuse étaient-elles déjà inondées à marée 
haute? César n'en dit rien; seulement il ne faut pas 
oublier qu'il n'attachait aucune importance à des détails 
de géographie (2) • Strabon nous a laissé quelques rensei- 
gnements plus circonstanciés. «Les Ménapiens, dit-il, 
habitent des petites îles dans les marais. Ils avaient là» 
dans les pluies, des refuges assurés ; mais en temps sec, 
on les y prenait aisément. » (Cité d'après Blaughard, 
pp. 143-144.) 

Peut-être la lente immersion de la côte sous les flots de 
la mer avait-elle déjà commencé à l'époque de César ; 
mais elle n'avait certainement atteint que la bordure 
extrême du continent, située en dehors de la côte actuelle : 
en effet, dans les couches superficielles de la tourbe, on a 
trouvé en beaucoup d'endroits des monnaies datant des 
trois premiers siècles de notre ère, jusqu'à Constantin 
(mort en 337). Vers Tan 400, Marck (près de Calais) 
n'était pas encore inondé. M. Blaitghaed, à qui j'emprunte 
ces détails (p. 143) ajoute; «C'est l'époque où les peuples 
germaniques envahissent la Flandre et s'y établissent ; or, 
ils n'ont pas laissé trace de leur présence sur la tourbe, 
ce qui donne à croire qu'ils ont trouvé la plaine inondée. 



(1) Voici les citations, d'après Bl4nchasd, p. 143 : Continentes tilvas ac 
palubes hoMant (De Bbllo callico, III, cap. XXVIU, 9). Perpetuis palu- 
dibus silviÊque muniti (Ibid.» VI, cap. V, 4). In $yhas palude$quê 
eonfngiunt (Isid.) . 

(2) n a, par exomplo, décrit d'ane façon si imparfaite remplacement 
de Portu» Itiui, où il s'est embarqué pour l' Angleterre, que les géogra- 
phes n'ont pas encore réussi à déterminer avec certilodo la situation de 
cepoinU 



74 

L'invasion marine se serait done avancée sur les plaines 
au cours des premières années du Y* siècle, en même 
temps que l'invasion germanique prenait possession des 
vallées de la Lys et de l'Escaut ; le désarroi était complet, 
et Ton s'explique que personne n'en ait parlé». 

Ce qui prouve encore mieux que la mer n'avait pas 
atteint UDtre plage actuelle» pendant l'époque romaine* 
c*est la découverte d'établissements gallo-romains au delà 
de la ligne des dunes qui bordent maintenant le rivage. 
M. RuTOT {i903, p. 5 du tiré à part) a reconnu, à marée 
basse, entre Middelkerke et Ostende, o; remplacement 
d'une large station pré-romaine, à laquelle avait succédé 
une station belge româtne, qui furent recouvertes par 
Talluvion marine. » 

Non loin de là, presqu'en face des feux de Raversyde, 
le même infatigable chercheur a découvert, à l'extrême 
limite de la marée basse, <x les restes d'un village du haut 
moyen-âge. On y reconnaît des chemins ou des rues, des 
alignements de pilotis... » (Rutot, 4903 ^ p. 12 du tiré à 
part.) 

En face de Mariakerke-village, il y a également des 
traces de l'occupation humaine. (Rutot, 4903, p. 13 du 
tiré à part.) 

Ces quelques indications suffiront à montrer que Tinon- 
dation ne s'est pas opérée partout en même temps. Il faut 
d'ailleurs bien se rendre compte de ce que pendant cette 
période d'affaissement, le rivage de Belgique n'avait pas 
l'allure rectiligne qu'il affecte à présent. Le sol de la 
Flandre, c'est-à-dire le fond de la ci-devant mer flan- 
drienne, n'était pas strictement horizontal ; il avait sans 
doute, dans les régions maintenant immergées, la même 
configuration, un peu bosselée, que dans les parties con- 



75 

tinentales. Or, il est évideot que la mer entrait plus pro- 
fondément dans les creux du terrain, tandis que les 
endroits en relief formaient le long de la côte des caps 
et des presqu'îles. 

L'inondation ne se poursuivait pas d'une manière 
continue et progressive ; divers indices montrent qu'elle 
procédait par à-coups, qui correspondaient sans doute à 
des tempêtes survenant lors des équinoxes. Il arriva, par 
exemple, que des marécages où la mer avait fait irrup- 
tion, furent plus tard abandonnés par les eaux salées et 
qu'une nouvelle végétation d'eau douce s'y installa, 
jusqu'au moment où la mer prit définitivement possession 
du terrain. C'est ainsi qu'on s'explique la présence de 
couches de sable plus ou moins argileux intercalées dans 
la couche de tourbe. M. Debeat a également signalé des 
phénomènes du méina genre dans la plaine littorale de 
la Flandre française, notamment à Bois-en- Ardres. 

Partout 011 la mer atteignait le marécage boisé, elle 
tuait la végétation : les arbres, les herbes, les Mousses, 
incapables de supporter le contact de l'eau salée, mou- 
raient et se transformaient en tourbe. 

Mais la mer amenait de nouveaux sédiments. Les dépôts 
consistent généralement, vers l'Ë., «en une infinité de 
fines alternances de sable gris, fin, et d'argile sableuse. .. 
Vers l'Ouest, l'argile disparait plus ou moins et Talluvion 
marine se compose principalement de sable fin, meuble, 
blanc jaunâtre, rempli de coquilles marines». (Rutot, 
1903, pp. 4, 5.) 

Argile inférieure des polders. Sur la couche 
de débris provenant des plantes tuées par l'eau salée, ne 
se déposèrent pas seulement les sables amenés lors des 
tempêtes. Les multiples rivières qui se jetaient dans 



76 

la mer du Nord, étalaient leurs eau\ à marée haute à la 
surface des terrains progressivement envahis et y aban- 
donnaient leurs sédiments les plus fins, les seuls que la 
lenteur de leurs cours leur permettait de tenir en suspen- 
sion. Ces sédiments argileux constituent l'argile infé- 
rieure des polders. 

Il y avait donc le long du rivage une bande de pays, 
large d'une vingtaine de kilomètres, qui était deux fois 
par jour inondée par la marée haute. Il n'y a plus en Bel- 
gique de région où l'on puisse se rendre compte de 
l'aspect que devait avoir cette vaste plaine. Elle présen* 
tait sans doute, sur une très grande échelle» l'apparence 
des schorres et des slikkes actuelles, c est-à-dire des 
quelques points ou le dépùt d'argile fluvio-marine s*opère 
encore sous nos yeux (voir plus loin). Les âlluvions 
vaseuses des wadden de la Frise, donnent une idée 
de ce qu'était le district littoral de la Belgique pendant 
les premiers siècles du moyen âge. 

L'abaissement du niveau de la terre par rapport à celui 
de la mer du Nord n'affectait pas uniquement le littoral. 
Au fur et à mesure que la côte s'enfonçait sous les flots, 
les rivières sortaient de leur lit dans la portion inférieure 
de leurs cours, et les marées remontaient de plus en plus 
haut, arrêtant la descente des eaux vers la mer. Deux 
fois par jour, une large nappe s'épanouissait sur les terres 
basses bordant TYser, l'Escaut, le Rupel et ses affluents, 
la Dendre,la Lys.... et déposaient par-dessus les végétaux 
asphyxiés et transformés en tourbe, des couches d'allu- 
vions argileuses ou limoneuses. 

Il est facile de définir jusqu*où s'étendirent les inonda- 
tions poldériennes : l'argile qu'elles ont abandonné 
indique exactement quelles étaient leurs limites. 



77 

Gà et là une ile surgissait du sein de la nappe d'eau 
saumàtre. La carte géologique de la Belgique au 40,000" 
(planchette de Nieuport-Leke) en indique une au SE. 
d'Ostende, à Zevecote. On sait aussi qu*ii y en avait une 
autre qui est. maintenant enclavée dans les dunes litto- 
rales, à cheval sur la frontière française. Sur cette 
dernière, les habitants de la région voisine se rendaient 
anciennement pour manger des Mollusques (Cardium 
edule) qui étaient sans doute abondants dans la vase ; les 
valves dépareillées de leurs coquilles forment un kjôk- 
kenmôdding où Ton a retrouvé beaucoup d'objets de 
l'industrie humaine : poteries, armes, bijoux^ médailles, 
etc., montrant que cette éminence était déjà fréquentée à 
l'époque de la pierre polie et qu'elle le fut jusqu'au 
Yb siècle. 

Les hommes, séduits par la fertilité de l'argile déposée 
par les eaux fluvio-marines, y amenèrent bientôt leurs 
troupeaux. Pour se garantir des inondations lors de fortes 
marées, ils élevèrent des monticules dépassant de 
plusieurs mètres les hautes eaux. Ces monticules sont 
fréquents en Zélande et en Frise; ils portent le nom de 
terp (pi. terpen). Us reposent en général directement 
sur la tourbe (voir Beekman, p. 39). Un campement du 
même genre a été découvert à Vlisseghem par M. Rutot 
[4905, p. 8 du tiré à part.) 

Il est fort intéressant d'examiner les cartes qui ont été 
dressées pour donner une idée de la géographie de notre 
plaine maritime et alluviale pendant le moyen âge. Elles 
ne visent évidemment pas à un3 grande exactitude, 
puisque les documents graphiques font défaut; mais 
toutes sont d'accord pour montrer que les limites de la 
terre ferme, de la région inondée à marée haute, et des 



78 

eaux., étaint très différentes de ce qii^elles sont mainte- 
nant. 

La figure I, empruntée à Db Hoox, montre que la terre 
s'étendait au delà de la cote actuelle. Vers l'endroit où se 
trouve maintenant le Hont, le bras de mer par lequel 
l'Escaut débouche dans la mer du Nord, existaient il y a 
un millier d'années la presqu'île de Wulpen et Tile 
de Schooneveldy qui ont complètement disparu. 

Le Hont n'existait pas, ou tout au moins il n'avait pas 
encore une grande largeur. Du temps de César, l'Escaut, 
au sortir de ce qui est maintenant la Belgique, coulait 
directement vers le Nord, et allait confondre ses eauxavec 
celles de la Meuse. Plus tard, cette communication s'ob- 
strua en partie et TEscaut se fraya un passage vers le 
NVy.> entre les lies de Tholen et de Zuid-fieveland. Plus 
tard encore, le Hont se creusa et les eaux du fleuve se 
déversèrent par ce nouveau chenal. 

Actuellement, les eaux de l'Escaut ne sont que rare- 
ment saumàtres à Anvers; elles ne sont franchement 
salées à chaque marée haute qu au voisinage de Lilio. Or, 
les cartes géologiques montrent que de l'argile poldé- 
rienne, semblable à celle du littoral, se trouve bien plus 
haut qu'Anvers, jusqu*aux embouchures du Rupel et de 
la Durme. 11 faut donc bien admettre qu'anciennement 
les eaux salées remontaient plus haut qu'à Tépoque 
présente. Le chenal par lequel l'Escaut se jetait dans la 
Meuse, puis celui qui se dirigeait vers le NW., étaient 
probablement plus larges que le Hont. D'ailleurs le Hont, 
lui aussi, était jadis beaucoup plus large, avant que les 
endiguements successifs ne lui eussent enlevé toutes 
les alluvions latérales que ses eaux pouvaient occuper à 
marée haute (voir la fig. J qui esl une reproduction som- 



79 

maire de la carte donné par Kuhmer). La masse d*eaa qui 
pénétrait par le Hont ancien, était certes bien supérieure 
à celle qui peut encore se glisser dans l'étroit goulet laissé 
entre les deux lignes de digues. 

Construction de digues. Au fur et à mesure que 
des sédiments argileux rehaussaient le sol inondé, celui-ci 
était de moins en moins recouvert par les marées ordi- 
naires ; bientôt on put songer à le soustraire définitive- 
ment aux incursions de la mer, pour en faire un polder et 
le livrer à la culture. 

Des digues furent construites, d'abord assez près de la 
limite extrême des alluvions poldériennes, puis de plus 
en plus loin vers la mer. Entre deux endiguements succes- 
sifs, le sol continuait à s*exhausser sur la partie encore 
soumise au flot, de telle façon que les polders les plus 
anciens sont aussi les moins élevés. En même temps que 
des endiguements étaient opérés sur le littoral, on con« 
struisait aussi des barrières analogues le long de TEscaut 
et de ses affluents inférieurs, tant dans la partie où l'eau 
est salée que dans celle où la marée faisait encore refluer 
les courants, mais où n*arri valent pourtant plus les eaux 
marines. 

On n*a pas de données précises sur l'époque des plus 
anciens endiguements, ni sur leurs auteurs. On admet 
assez généralement que les Normands furent les premiers 
constructeurs des digues et que celles-ci ont été élevées 
pendant le 1X« siècle. Ce serait donc entre le ¥• et le 
IX* siècle que se serait déposée en majeure partie Targile 
inférieur des polders. 

En même temps que des digues artificielles étaient 
dressées pour défendre les terres nouvellement conquises, 
une barrière de dunes de plus en plus épaisses et hautes 



80 

s'établissait le long du rivage. Au XI* siècle, les dunes 
occupaient déjà sensiblement leur position actuelle : les 
noms de Dunkerque, Oostduinkerke, Abbaye des 
Dunes, en font foL (Voir Blatcchard, p, 160.) 

Dés que la vaste plaine d'argile poldérienne fut suffi- 
samment abritée par les dunes et par les digues, les 
populations voisines s*y installèrent et y fondèrent de 
nombreux villages. Alors que les agglomérations de la 
Flandre sablonneuse, beaucoup plus anciennes, portent 
généralement des noms avec désinence -hem ^ -zelCf etc., les 
villages nouveaux, établis par un peuple chrétien autour 
des églises et des chapelles, ont souvent des noms dans 
lesquels on trouve les mots kerke (église) ou capelle (cha- 
pelle). M. Blatcchard (p. 162) donne une carte de la répar- 
tition des communes dont le nom comprend les termes 
ierie ou capelle. M. Jongxheere donne une carte analogue. 

La plupart des communes de la plaine poldérienne 
datent du XII* et XIII* siècle. Mais il ne faudrait pas 
croire que cette région avait déjà à ce moment son aspect 
actuel. Les anciennes criques qui sillonnaient les alluvions 
et par lesquelles s opérait Técoulement des rivières débou- 
chant dans la plaine, n*étaient pas encore barrées ni 
envasées et les bateaux pouvaient arriver jusqu'aux ports 
de Bruges, par le Zwyn (voir fig. 1 et M), — de Ghistelles 
et d'Oudenburg, par une crique débouchant à Oslende, — 
de Furnes et de Wulpen, par la crique qui devint plus 
tard le canal de Nieuport à Furnes (voir (ig. K). 

L*endiguemcnt de la plaine littorale était fort avancé, 
alors que les bords de l'Escaut et de ses affluents conti- 
nuaient encore à être largement inondés à chaque marée. 
Il ne pouvait d'ailleurs pas en être autrement, puisque 
rembouchuri) du fleuve venait de se déplacer. Les rives du 



81 

■ 

Hont restèrent pendant fort longtemps un pays indécis, 
tour à tour disputé par la mer et par les hommes (voir 
fig. 10). 

Ruptures de digues. Dépôt du sableàCardium 
etdeTargile supérieure des polders. L^ailaisse- 
ment du sol, qui avait permis Tinondation de la côte par 
les eaux poldériennes, continuait à s'effectuer. Pendant les 
XIIs Xin% XIV* et XV* siècles, chaque violente tempête 
survenant lors des marées d'équinoxe, risquait de défon- 
cer les digues et d'inonder une étendue plus ou moins 
considérable de polders. 

C'étaient naturellement les points situés tout près de la 
mer qui étaient le plus exposés. Ainsi disparurent, pour 
toujours, des localités telles que Onze-Lievc-Vrouw-ter- 
Streep, au large d'Ostende, et Scarphout, au large de 
Blankenberghe, englouties en 1334. 

c LMnondation de la Toussaint, en 1570, se fit sentir 
depuis Calais jusqu'au Jutland. On dit qu'à Anvers les 
dégâts occasionnés aux quais et aux marchandises furent 
estimés à 100,000 florins. La marée pénétra cette fois fort 
loin dans le Rupel, dans la Dyle et les Nèthes, et un 
nombre considérable de villages furent momentanément 
inondés. » (Meynne, /<S7C, 2, p. 59.) 

II n'était pas rare non plus que les digues et les dunes 
étaient rompues et que la mer envahissait brusquement 
les polders. C'est à une catastrophe de ce genre qu'est due 
la destruction du port de Lombarlzyde en 1134. Il est 
probable qu'en même temps fut obstrué le cours delTser. 
La rivière cessa de passer par Lombartzyde et se creusa 
un nouveau lit qui passait à Santhoven W; un nouveau 

(1) C*ctt le caniil (ou crique) de Nicawcndammc (voir fig. L). Ce lit est 
également abandonné, depuis qa*un nouvel Yser a été creusé, de 164f3 
à 1600. 



82 

port se forma en ce point, d'où le nom de Nieuport qui lui 
fut donné. Les figures K et L permettent de se rendre 
compte de cette modification. 

On conçoit qu'avec les moyens primitifs dont on 
disposait en ce temps, une rupture de digue n*était pas 
vite réparée. Pendant de longs mois, la marée continuait 
à pénétrer par la brèche et à apporter ses sédiments 
sableux. Cet état persistait en général assez longtemps 
pour qu'une faune de Mollusques sabulicoles, composée 
surtout de Cardium edule et de Scrobicularia piperata^ put 
s'installer dans le sable. 

Les géologiques belges donnent à ce dépôt le nom de 
oc sable à Cardium » . 

Plus tard, la mer ne faisait plus irruption d'une façon 
aussi violente, et dans la nappe d eau, plus calme, de Tar- 
gile se déposait par dessus le sable à Cardium : c'est 
l'argile supérieure des polders. La figure L montre claire- 
ment Tancien cours de TYser, les sédiments sableux qui 
ont comblé la vallée de la rivière, et enfin les couches 
d'argile supérieure des polders qui sont superposées au 
sable à Cardium. 

Ce ne sont pas seulement les tempêtes et les marées 
CKceptionncIles qui ravagèrent la côte et percèrent en 
maints endroits la barrière de dunes et de digues. Notre 
pays fut sans cesse le théâtre des guerres que se livraient 
nos voisins, et à chaque instant, les villes fortes du 
littoral durent, pour se couvrir pendant les sièges, ouvrir 
les écluses et permettre aux fleuves et à la mer d'inonder 
les pays environnants. C'est ainsi que les Moeres, au SW. 
de Furnes (voir fig. K) furent à diverses reprises assé- 
chées, puis de nouveau noyées pendant les sièges que 
soutinrent les villes de Furnes et de Dunkerque. 



83 

iQUtile d*ajoatef que chacune de ces subinersions 
déterminait le* dépôt de nouveltes couches d'ailavions 
argileuses. 

*% 

Les polders de TEscaut» du Rupel» de la Durme» etc. 
subissaient les mêmes vicissitudes que ceux du littoral 
proprement dit. KunnER a donné une description suc- 
cincte des principaux endiguements» catastrophes et 
réparations de digues qui se sont succédé dans le bas 
Escaut. 

Il ne paraîtra peut-être pas oiseux d^énumérer, d*après 
cet auteur, les plus importants de ces événements, afin 
de donner une idée des remaniements incessants que la 
plaine alluviale a subi, depuis le IX« siècle jusqu^en 1830. 

Premières digues vers 830 à 850. 

En 1042, 1087» 1100, ruptures dé digues et inonda- 
tions. 

En 1124« création du pofder de Lillo. 

En 1164, 1170, nouveaux désastres. 

En 1230, endiguement du polder de Battenbroeck. 

En 1260, endiguement à Saaftingen. 

En 1302, il y a un combat naval important, à Tembou- 
chure du Rupel, sur l'endroit qui est maintenant le polder 
de Hingene. 

En 1331, endiguement de Borgerweert. 

En 1341, réendiguement de Lillo. 

En 1298, création du polder de Ruysbroeck, sur la 
rive gauche du Rupel. 

En 1377, inondation du polder de Saaftingen. 

En 1449, réendiguement de Saaitingen. 

En 1523, endiguement du polder de Weert. Entre 
1246 et 1523 s'était opéré le changement du cours de 

6 



84 

l'Escaut. Celui-ci emprunta la partie inférieure du cours 
du Rupel et abandonna le lit du « Vieil Escaut », à 
Bornhem. (voir lafig, J.) 

En 1530, nouvelle inondation de Saaflingen. 

En 1551, rupture des digues de Borgerweert et forma- 
tion du Groote Weel de Burght (voir phot. 65 et 73) ; 
rupture des digues des polders de Hingene, Bornhem, 
Weert, Spierenbroeck. 

De 1583 à 1585, siège d'Anvers par Alexandre 
Farnèse : toutes les digues en aval d'Anvers sont coupées. 
(Voir la pi. ÏII dans le travail de Kummer.) Saaftingen 
n'a plus été réendigué depuis lors. 

En 1606, inondation des polders de Hingene et 
d'EykenvIiet. 

De 1622 à 1648, guerre qui se termine par le traité de 
Munster ; beaucoup de polders sont remis sous les eaux 
pour les opérations militaires. 

En 1658, rupture de digues à Bornhem et Hingene. 

En 1663, endiguement des polders de Krankeloon, à 
Melsele. 

En 1674, endiguement du polder Royal, à Melsele. 

En 1682, inondations sur les deux rives de l'Escaut, 
en aval d'Anvers. — A Oorderen il se forme des étangs 
qui subsistent encore aujourd'hui. 

En 1691, le Peerdeschorre (en aval d'Anvers, sur la 
rive gauche), où il n'y a plus maintenant la moindre trace 
de digues, était encore un polder. 

De 1694 à 1713, guerres de Louis XIV. Beaucoup de 
polders sont submergés. 

En 1715, inondation partielle des polders de Thieirode, 
de Namur (jamais réendigué), de Wilmarsdonck, d'Au- 
struweel. 



85 

De 1745 à 1848, guerre avec la France; inondation des 
polders de Calloo, de Melseie, de Borgerweert. 

£n 1784, <K guerre de la marmite » ; inondation 
des polders de Calioo et de Doel. 

£n 1794, guerres de la Révolution ; submersion des 
polders de la rive gauche de TEscaut. 

En 1802» inondation du polder de Battcnbroeck. 

En 1808, rupture des digues de Uoboken, de Kranke- 
loon et du polder Royal. 

En 1808, guerres de Napoléon; inondations des 
polders des deux rives de TEscaut. 

En 1809, endiguement du polder de Schelie; la même 
année, rupture de la digue; en 1810, réendiguement. 

En 1814, le générai Carnot fait inonder les polders des 
deux rives. 

En 1820, rupture des digues des polders de Ruys* 
broeck, de Hingene, de Willebroeck, de Battenbroeck. 

Le 5 février 1825, la plus forte marée connue ; inonda- 
tion des polders d'Eykenbroeck, de Weert, de Batten- 
broeck, de Willebroeck, de Schelie, du polder Royal. 

En 1827, inondation du polder de Petit Willebroeck, 
de Hendonck, de Ruysbroeck. 

En 1828, inondation du polder de Battenbroeck. 

On voit qu'elle est longue et monotone, la liste des 
sinistres qui ont sans relâche remis sous eau les polders 
de l'Escaut, au fur et à mesure que Thomme opiniâtre 
les endiguait et les réendiguait. 

Quelques-uns de ces terrains (Saaftingen, Namur, 
Peerdeschorre) sont restés perdus. 

Citons aussi, d'après M. Blanchard (pp. 167 et suiv.), 
comment se iirent les endiguements du bassin de ITser. 
(Je supprime les notes bibliographiques). 



86 






< Le golfe de ITser, le plus vaste des estuaires du 
X* siècle, diminue aussi rapidement que les autres et se 
réduit au Xin* siècle à une petite crique. £n 944, il 
s'étend jusqu*à Loo ; au milieu du XI* siècle, c*e^t encore 
une baie imposante où pénètre la flotte de Grodwin. 
Cependant la partie méridionale s'assèche; en 1066, 
remplacement des communes de Saint-Jacques^apelle, 
Oudecapelle, Gaeskerke, Stuyvenkenskerke, forme un 
grand schorre, une bergerie appelée B ire la, et dépen- 
dant de la paroisse d'Eessen . Une longue digue, l'Ouden- 
zeedijk (voir fig. M.), protège les parties émergées les 
premières, Lampernisse, Furnes, Eggewaertscappelle, 
contre un retour offensif des eaux; la levée part des 
dunes vers Oost-Dunkerke, passe par Avecapelle et 
ZiOetenaey, et aboutit à la rivière vers le fort de Knocke. 
Au Nord, la c6te forme une échancrure assez prononcée, 
car la ligne de dunes, à partir d'Oost-Dunkerke, va droit 
à TEst ; c'est la vieille ligne qui borde encore aujourd'hui 
le Sud du polder Lens, passe sous la ville de Nieuport et 
continue jusque vers Saint«Georges, contrastant par la 
nature de son sol et par son élévation avec les basses 
terres qui Tentourent au Nord et au Sud. C'est là 
qu'entre 1083 et 1093 apparaît la terre de Sandes- 
hoved (0, sur laquelle Philippe d*Alsaee établira, un 
siècle après, la ville de Nieuport. Sur la rive Est, le bord 
de la baie est constitue par les vieilles dunes de Lom- 
bartzyde et de Westende (^) ; peut-être même un bras 
séparc4-il Lombartzyde de Westende, si Ton en croit le 



(1) Oa SanthoYon ; Toir fi|^re K. (Note ajoutée par J. M*) 
(9) Voir figure L (Note ajoutée par J. M.) 



87 

diction qui veut que le premier de ces villages ait jadis 
fait partie du Furnes-Anibacht. Par les tempêtes du 
N.-W., la mer pénètre largement dans le golfe et fait 
encore sentir Teflet du flot jusqu'au delà de Loo, puisque 
les moines d'Eversham ne sont pas quittes des dégâts de 
rinondalion de 1105. 

c Hais le recul définitif du golfe s'accuse au XII« siècle. 
Au Sud, on s'empare des terres neuves de Dixmude 
(1104), et en 1166, ITser devant cette ville parait bien 
n'être plus qu'une rivière. Au Nord, la langue de terre 
de Sandeshoved s'accroit aux dépens de l'estuaire, et le 
monastère de Bourbourg se partage les terres neuves avec 
le chapitre de Sainte- Walburge (1111-1112). Il semble 
qu'un bras existe encore, vers l'Est, rejoignant les terres 
basses des Moeres de Ghistelles; il est encore question, en 
1171, de terres que le flot avait abandonnées jadis dans 
les paroisses de Slype, Leffinghe et Steene, ce qui ferait 
songer entre une communication entre le golfe de l'Yser 
et les terres basses d'Oudenburg par une crique, qui 
serait devenue plus tard l'Yperleet. 

<K A son tour, en 1138, l'abbaye des Dunes acquiert 
des terres neuves dans l'estuaire. On s'empare des grèves 
situées devant Ramscappelle, devant Pervyse (1139); à 
l'embouchure de la Venepe^ qui amène les eaux de 
Fumes, les schorres ont tendance à s'accroître, et on peut 
prévoir qu'ils seront un jour mis en culture. De l'autre 
côté, les terres s'augmentent vers Schoore (1176); enfin, 
à Westende, Philippe d'Alsace donne à l'abbaye d'Ouden- 
bourg les terres neuves où s'élèvera la ferme de Bamburg 
c entre les dunes et ITser » , resserrant ainsi les passes 
de l'estuaire (1173). Les schorres continuent de s'accroitre 
en 1205 à l'embouchure de la Venepe ; l'apparition des 



88 

paroisses de Mannekensvere (1239) et Saint-Georges 
(12 '^0) indique un nouveau rétrécissement de la crique, 
quoiqu'il soit encore question^ dans ces nouveaux terri- 
toires, d'inondations de la mer à empêcher. Pendant toute 
la fin du XIIP siècle on continue à endiguer, à délimiter 
les terres neuves, du côté des Hemmes, de l'abbaye des 
Dunes, à Westende, à Sainte-Georges. Enfin, en 1294, 
le comte Guy de Dampierre accorde Toctroi de faire une 
écluse qui barre la crique de Nieuwendamme ; c'est la 
fin du golfe intérieur; en 1309, on peut construire un 
pont entre Lombartzyde et Nieuport. Les atterrisse ments 
se forment, dès lors, entre la nouvelle ville de Nieuport 
et de la mer; en 1271 le Hemmekin « ke li mers a jetée 
et ki oncques ne fut dikée j> ; en 1280, un a jet de mer 3> 
entre Nieuport et les dunes : c'est le futur polder Lens, 
que viendra protéger bientôt la digue du comte Jean. 9 

* 

Enfin, pour terminer cette étude sur le passé des 
districts littoraux et alluviaux de la Belgique, signalons 
encore les modifications relativement récentes que 
l'homme a fait subir au littoral dans la région du Zwyn. 

M. Wauwermaits nous renseigne, d'après Mercator, 
sur la situation de la côte en 1585 (fig, N). On y voit que 
le Zwyn atteignait encore Bruges, et que la Lieve éta- 
blissait une communication directe entre la Lys et le 
Zwyn. — A Ostende débouchait une rivière U) qui pas- 

(1) Dam la partie baiso de son cours, cotte rivière s*appclait Tperlec 
on Yporlco. D'outrct rivières de la plaine marilime ont porté ou portent 
cncorô ce nom, notamment un afHaent de i'Yscr, à Nieuport (qui est 
appelé, par erreur, « canal de Viadsloo » sur là figure L), cl un autre 
affluent de TYser, qui passe par Yprci. 



8d 

sait par Oudenburg et Bruges et qui recevait les affluents 
venaat de Ghistelles et de Snaeskerke. 

Les figures et P montrant les étapes successives de 
l'endigueinent et l'envasement du Zwyn. Ces cartes sont 
assez explicites et se passent de commentaires. 

Depuis 1872, date de l'achèvement de la digue inter- 
nationale, on s'efforce de favoriser la croissance de la 
longue flèche de sable qui obstrue de plus en plus 
Tancienne embouchure du Zwyn. Actuellement, il ne 
reste plus qu'un très étroit goulot par lequel la mer 
pénètre encore dans l'ancien golfe. 

Limites actuelles des disthigts littoraux et alluviaux. 

Maintenant que nous connaissons les grands traits de 
rhistoire des districts que nous étudions ici, nous pouvons 
essayer de les délimiter. (Voir la carte 1, hors texte.) 
Nous réservons leur description plus complète pour les 
chapitres où nous étudierons les associations végétales. 

Dunes littorales. £lles font un bourrelet presque 
continu le long de la plage ; très larges entre la frontière 
française et Nieuport, elles se rétrécissent de plus en plus 
vers Ostende, pour devenir de nouveau plus étendues au 
Coq. Depuis Wenduyne jusqu'à Heyst, elles manquent 
complètement et sont remplacées par la digue du comte 
Jean. A Heyst, elles reprennent une certaine largeur 
jusqu'à la frontière néerlandaise. Dans les endroits où 
elles sont assez étendues, les dunes ne forment pas une 
ligne unique de monticules; elles sont disposées en plu- 
sieurs rangées, entre lesquelles s'étendent des vallées plus 
ou moins profondes et humides, les pannes. 

Alluvions fluvio-marines : slikkes et schor-» 



ÔO 

res. En trois points ie la côte, la ligne de dunes est 
coupée pour livrer passage àdes cours d'eau : à Nieuport 
débouche ITser, — à Ostende^ Tancen Yperlée, — à 
Knocke, Tancien Zwyn. En ces endroits, la sédimentation 
des alluvions apportées par les rivières continue à s'ac- 
complir; il s'y forme des couches d'argile, en tout sem- 
blable à Targile poldérienne qui s'est déposée depuis le 
ly* siècle sur les terrains successivement noyés par la 
mer. 

On appelle slikke la portion qui est inondée à chaque 
marée haute, même lors de la morte eau ; le schorre est 
la portion plus élevée que les eaux n'atteignent qu'aux 
marées de vive eau. 

Sur la côte même, les slikkes et les schorres sont ré- 
duits à fort peu de choses. A Ostende, Tendigqenient de 
l'ancienne rivière est complet, et l'on ne rencontre plus 
les plantes des alluvions saumàtres que çà et là dans les 
bassins de chasse. Les vases fluvio-marinçs les plus im- 
portantes sont celles du bas Escaut. En aval de Lillo, les 
eaux sont fortement salées à marée haute, et le fleuve est 
bordé d'intéressantes alluvions où se retrouvent les plan- 
tes caractéristiques de ce district. 

Alluvions fluviales. En amont de Lillo, la saI^ce 
n'est plus suffisante pour imprimer à la flore un cachet 
spécial; pourtant, on comprend que la limite ne sqit pas 
branchée nettement; il y a naturellement une région où 
les alluvions fluvio^marines et les alluvions fluviales se 
mélangent. 

Cette région indécise s'étend jusque vers Burght. £n 
amont de ce point, on ne rencontre plus que d'une ma- 
nière tout à fait exceptionnelle les plantes des slikkes et 
des schorres. 



91 

Les districts des alluvions fluviales remonte le long de 
l'Escaut et de ces affluents aussi haut que se fait sentir la 
marée. Pour plusieurs de ces rivières, la limite supérieure 
est artificielle et constituée par une écluse ou un barrage; 
il en est ainsi pour TEseaut à Gand, pour la Dendre à 
Termonde. 

LTser ne possède plus d'alluvions fluviales, puisque 
le barrage est établi à Nieuport au niveau des slikkes et 
des schorres. 

Polders. Avant Tendiguement, les eaux de la mer et 
des rivières s'étalaient chaque jour sur toute la région 
littorale et sur la plaine basse qui borde les rivières. 
L'argile qu'elles ont déposée est sensiblement la même 
partout, qu'elle ait été transportée par les eaux saumâtres 
du littoral ou du bas Escaut, ou par les eaux douces, mais 
à courant très lent, des rivières. La différence de salure 
qui existait lors de la construction des digues s'est effacée 
petit à petit, et actuellement les polders marins ont les 
mêmes caractères que les polders fluviaux. Il n'y a donc 
pas de raison de séparer le district poldérien en une por- 
tion marine et une portion fluviale. 

Latéralement, le district poldérien s'étend jusqu'aux 
districtjB campinien, flandrien ou hesbayen. Lorque la 
.pente du sol est forte, ainsi que c'est le cas le long des 
petits affluents de l'Yser, et aussi le long de la plupart 
des affluents de l'Escaut, le passage du poldérien au 
district voisin est net et précis. Mais lorsque le pays est 
très plat et qu'il se continue à peu près horizontalement 
au-delà du poldérien aus^i bien que sur celui-ci, la 
délimitation n*e$t possible que par l'examen de la terre et 
de la végétation. Il en est ainsi notamment dans le nord 
des deux Flandres ; raffaissement du littoral a continué 



d2 

après que les polders eussent été complètement mis à 
Tabri des inondations derrière les digues; si la barrière 
des dunes et des digues était rompue à présent, Tinonda- 
tion s'étendrait donc notablement plus loin qu'au 
Lx_éme giècle, ainsi que le montre la figure Q empruntée à 
Yan Rysselberghe. Dans ces régions sablonneuses, qui 
sont au-dessous du niveau des marées de vive eau, 
l'évacuation des eaux est aussi difficile que dans les 
polders argileuit : ces pays sont rayés d'une infinité de 
petites rigoles bordées d'Alnus glutinosa (Aune), servant 
au drainage des eaux surabondantes. 

Sable à Gardium. Il reste encore un dernier district, 
peu important au point de vue de son étendue. Ce sont 
les pays où s'est déposée, lors de la rupture des digues, 
une couche assez épaisse de sable à Gardium. Il n'y a 
qu'un petit nombre d'endroits (voir carte 1 [hors texte]) 
où le dépôt de sable a une puissance suffisante pour don- 
ner à la végétation un cachet particulier. Partout ailleurs, 
le sable existait en quantité assez minime et il a été 
mélangé intimement à l'argile sous-jacente. 

Avant de clore ce chapitre, ({u'il me soit permis de 
citer quelques pages d'Edmond Picard, dans La Forge 
Roussel. Rien ne peut donner de la basse Belgi((ue une 
idée à la fois plus rapide et plus juste. Disons que ce que 
l'auteur appelle « la campagne flamande j> est notre 
district poldérien, que sa a Campine » est notre district 
campinien, et son « Brabant » notre district hesbayen. 

<s Quand, le dos tourné à la ligne monotone? des côtes 
de la Flandre, on regarde les flots jaunâtres de la mer du 
Nord, presque toujours brumeux, ne changeant de ton 



d3 

qu'avec les caprices du ciel tourmenté qui les surplombe, 
si ce n'est pas la sérénité et la joie qu'on sent descendre 
en soi, c'est une rêverie profonde et austère qui semble 
mieux en rapport avec le drame de la vie. 

« Quand, laissant ce spectacle, qui élève en berçant, on 
se tourne vers l'intérieur et qu'on pénètre dans la ligne 
des dunes qui ourlent le rivage, le cœur s'apaise mais 
reste ému, devant l'horizon plus restreint des ondulations 
sablonneuses qui se succèdent, tantôt couvertes d'herbes 
dures et frissonnantes, tantôt nues, d'un jaune pâle et 
argenté, donnant à qui s'enfonce entre leurs plis l'impres- 
sion du désert. 

« Et, lorsque remontant sur leurs dernières croupes, 
on aperçoit tout à coup la campagne flamande, plate et 
indéfinie, se perdant loin, bien loin, dans un brouillard 
violacé, avec ses premiers plans de pâturages, ses 
rangées d'arbres parfois si nombreuses qu'elles donnent 
l'illusion d'une forêt, étalant la gamme des verts dans des 
tons si intenses qu'il semble qu'une ondée vient de les 
aviver en les lavant; lorque les toits rouges sur les blan- 
ches maisons rustiques piquent ce plantureux tapis et le 
relèvent, comme des nœuds sur une robe; que les 
clochers de villages se montrent pareils à des phares dans 
cet espace sans bornes, on se demande quel est le plus 
puissant pour toucher notre àme, de cet océan de verdure 
tranquille et reposée, ou de cet océan toujours mobile 
dont on entend derrière soi la clameur. 

< L'Escaut aussi, là où la marée se fait encore sentir et 
où les bâtiments de mer labourent ses flots, séduit, non 
par la variété des aspects, mais par la grandeur de ses rives 
basses et gazonnées, ne laissant voir des arbres que la 
cime, des maisons que les toits. Ici encore tout s'unit pour 



94 

former une harmonie mélancolique. La bande limoneuse 
des eaux s'allonge comme un serpent sur la surface 
uniforme et verte des polders. Les bestiaux blancs tachés 
de noir, marbrant les près comme les voiliers marbrent le 
fleuve, semblent eux-mêmes rendus pensifs par la calme 
monotomie du spectacle. 

c Si alors on pénètre dans le pays, on arrive bientôt à 
la région des gros villages où la propreté des Flandres 
éclaire le paysage par la blancheur laiteuse des habita- 
tions. De chacune de ces agglomérations, comme du 
moyeu d'une roue énorme, rayonnent les chemins plats 
des campagnes. Ils se déroulent en rubans à travers les 
cultures fertiles, bordées d'aulnes, laissant voir çà et là 
une terre grasse et foncée. Partout apparaissent, entre le 
feuillage, des maisons basses que le groupe principal 
semble avoir égrenées. L'esprit se repose dans une sensa- 
tion profonde d'abondance tranquille et sûre d'elle-même. 

« Pour qui cherche dans la nature une impression plus 
pénétrante encore de paix poétique, c'est dans la Campine 
qu'il faut aller, là où la zone des plaines vient se perdre 
en déserts de sable, sur lesquels les plantes de sapins 
plaquent leurs grandes taches sombres. La bruyère s'étale 
en nappes roses et odorantes au milieu desquels s'endort 
çà et là un marais. Les routes tracées au hasard dans le 
terrain stérile développent au loin leurs sinuosités pares- 
seuses. Les maisons sont pauvres et rares. L'isolement 
pèse sur le paysage silencieux. 

« La plaine flamande prend fin. Nous voici en Brabant. 
Le sol se relève comme si une force souterraine le gon- 
flait. Les premières collines restreignent l'horizon. Dans 
leurs flancs sont découpés les premiers chemins creux 
aux berges abruptes et ombragées, aux ornières profon- 



95 

des. Les crêtes se chargent de l>ois où poussent en hautes 
futaies les hêtres. 

« Mais quand on avance sur les ondulations qui s'allon- 
gent, la grande culture se montre avec ses vastes sur- 
faces sans arbres. Le paysage se ternit et sa nudité 
amortit toute sensation... » 



CHAPITRE IL 
LES coNDinoirs d'bxistefce des végétaux. 

Nous essayerons d'indiquer dans ce chapitre quel est 
le milieu dans lequel les Végétaux des districts littoraux 
et alluviaux se développent et de quelle façon ils s'adap* 
tent à ces conditions. 

Nous examinerons successivement le climat, le sol, les 
rapports des Végétaux avec les Animaux et avec les 
autres Plantes. 

S I. — Le climat. 

Définir un climat, au point de vue géobotanique, n'est 
pas aussi facile qu'on pourrait l'imaginer. 

L — Division de l'amméb en saisons. 

Faisons remarquer en premier lieu que les saisons 
astronomiques délimitées par les équinoxes et les solstices 
ne correspondent nullement aux phases successives de la 
végétation dans un pays tel que la Belgique. L'hiver, 
c*est-à-dire la saison où les arbres, les arbustes et les 
grandes plantes herbacées sommeillent, va de la fin de 
novembre à la dernière quizaine de mars.Lcprintemps, 
caractérisé par le réveil de la vie végétale, commence à 
la fin de mars et se termine déjà avec le mois de mai. 



96 

L'étéy avec le plein épanouissement de la végétation, 
comprend les mois de juin, de juillet, d'août et de sep- 
tembre. Enfin, l'autonne, où la vie s'arrête peu à peu, 
est plus court encore que le printemps; il commence en 
octobre pour finir en novembre. 

Il serait certainement logique de diviser l'année en 
quatre périodes concordant avec les saisons botaniques. 
Mais la façon dont sont publiées les observations météoro- 
logiques rend une pareille subdivision pratiquement 
irréalisable : en effet, la plupart des recueils météorolo- 
giques donnent des moyennes mensuelles pour les 
minima et les maxima thermométriques, ainsi que pour 
l'humidité atmosphérique, et des totaux mensuels pour 
les quantités de pluie. Cette façon de présenter les 
moyennes et les totaux est fort logique pour les météoro- 
logistes, puisque les nombres ainsi calculés satisfont com- 
plètement aux nécessités de leurs études. Seulement, on 
voit que si nous voulions partager Tannée en saisons 
botaniques, nous devrions calculer à nouveau toutes les 
moyennes et tous les totaux : besogne longue et fasti- 
dieuse. — Afin de pouvoir le plus facilement utiliser les 
nombres publiés» nous avons fait un compromis entre ce 
qui existe et ce qui serait désirable. 

Nous divisons Tannée en quatre saisons, délimitées de 
la façon que voici : T hiver : décembre, janvier, février, 
mars; le printemps : avril, mai; Tété : juin, juillet, 
août, septembre; Tautomne : octobre, novembre. Le 
lecteur qui consultera nos tableaux C (p. 104, 105), 
E[p. 113 ss.)et G voudra ne pas perdre de vue que Tannée 
commence pour nous le 1" décembre. L'année 1891 
signifie donc : « du l»" décembre 1890 au 30 novcm- 
brel891 ». 



97 



II. Imperfection des observations météorologiques. 

Quelles sont les observations météorologiques dont on 
aurait besion pour déterminer complètement le climat 
géobotanique d'un pays? 

a) Température. — En premier lieu, il faut connaître 
les températures maxima et minima de chaque jour, 
nombres d'après lesquels on calcule les moyennes. Celles- 
ci ne doivent jamais embrasser une période plus longue 
qu'une saison : la moyenne des maxima de Tannée, ou 
la moyenne annuelle de minima, où tous les hauts et les 
bas se balancent et s'effacent, n'ont aucune importance 
pour nous; à plus forte raison, n'avons-nous pas d'intérêt 
à connaître la température annuelle moyenne, ainsi qu'on 
peut le voir dans le tableau G. 

Une difficulté insurmontable se présente, dès qu'on 
veut se servir des observations faites par les météorolo- 
gistes. Comme c'est la température de l'air qui les 
intéresse le plus> c'est presque toujours elle seule qui 
est notée, alors que c'est la température de la plante 
elle-même que nous devrions connaître, non seulement 
celle des organes aériens, mais aussi celle qui règne au 
niveau du sol et même dans les portions souterraines. 
Lorsque le ciel est limpide, les objets placés au soleil 
s'échauffent beaucoup plus que l'air ambiant. Par 
contre, pendant les nuits claires le rayonnement refroi- 
dit les plantes et le sol bien au-dessous de la tempé- 
rature de l'air. Or, il importe peu aux végétaux que l'air 
soit modérément chaud, si leurs feuilles grillent pendant 
le jour et gèlent pendant la nuit. 

On ne saurait trop insister sur l'écart entre les tempé- 
ratures auxquelles les plantes sont exposées en réalité et 



Ô8 

celles qui sont observées par les météorologistes. Le 
tableau: suivant,, dressé à l'aide de renseignements qui 
se trouvent dans le fascicule des Monographies agricoles de 
la Belgique consacré à la région limoneuse et sablo-limo- 
neuse, résume des observations faites pendant quinze 
années consécutives à TObservatoire d*Uccle^ près 
Bruxelles. (Altitude 100 mètres.) 

Les thermomètres donnant la température de l'air sont 
mis sous abri à T'^SO au*dessus de la surface du sol ; les 
autres thermomètres sont couchés soit sur le sol nu, soit 
sur le sol couvert d*un gazon court (0. 

Le tableau montre que des gelées sont relativement 
nombreuses sur le sol gazonné en mai, 7 en moyenne, — 
que des gelées blanches surviennent même en plein été, 
alors que Tair se maintient à une température de plus 
de 5* — et qu'en hiver le gazon peut avoir une tempéra- 
ture de 13* plus basse que celle de l'air. D'autre part, 
la couche superficielle du sol s*échauf!e jusqu'à 55°. 

Pour compléter ces notions au sujet de la température 
réelle des végétaux, donnons encore, d'après le même 
fascicule des Monographies agricoles^ les températures 
minima observées, pendant l'hiver très rigoureux 
de 1838, dans l'air et dans le sol; celui-ci n'était pas 
couvert de neige. (Voir tableau fi, p. 100.) 



(1) En hîvcr, quand le sol 6it eotivcrt do neige, ces therinomètfcs «ont 
déposés sur la neige. 



99 





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100 



TABLEAU B. 

Température de la terre, en hiver. 

A l'air, sans abri — 20,6 

A la surface do sol — 10,2 

Immédiatement au-dessous — 8»9 

A la profondeur de 5 centimètres .....— 6,5 

— 10 — — 6,8 

— 15 — - 4,9 

— 80 — — 3.4 

— 40 — — 1,8 

— 60 — — 0,2 

— 80 — +0.5 

b) Vitesse d*évaporation. — Une autre donnée météo- 
rologique très importante est celle de la vitesse d'éva- 
poration. Les études géobotaniques de ces dernières années 
ont montré avec une évidence de plus en plus grande que 
l'aspect de la végétation et la structure des organes aériens 
dépendent plus encore de la vitesse de transpiration 
que de la température. Malheureusement ici les données 
météorologiques sont tout à fait insuffisantes; il n'existe 
d'ailleurs pas de méthode universellement appliquée et 
donnant des résultats comparables qui nous renseigne sur 
la vitesse d'évaporation. Les météorologistes observent, 
indirectement du reste, le degré hygrométrique de l'at- 
mosphère, c'est-à-dire le rapport de la quantité de vapeur 
d'eau contenue dans l'atmosphère à la quantité maximum 
que l'air pourrait en posséder à cette température. Mais 
la connaissance de l'état hygrométrique de l'atmosphère 
ne donne qu'une idée très imparfaite de la vitesse avec 
laquelle se fait l'évaporation. En effet, celle-ci augmente 
avec la température de l'air et avec la force du vent; elle 
dépend aussi, à un moindre degré, de la pression baro- 



101 

métrique. II résulte de ceci que pour une même humidité 
relative (de 80 par exemple), Tévaporation sera très in- 
tense s'il fait chaud et venteux, et presque nulle si l'air 
est froid et calme. 

Dans divers observatoires on cherche à déterminer par 
voie directe la vitesse de Tévaporation. On se sert surtout 
de révaporimètre de Fiche. Par malheur, cet instrument 
n'est pas utilisable pendant l'hiver. 

Il ne reste donc, pour nous renseigner sur la vitesse 
d'évaporation, que la mesure de l'état hygrométrique de 
Tatmosphère. 

c] Pluie. — Un autre facteur important est la quantité 
de pluie reçue par le sol. Ces observations se font dans 
tous les observatoires et Ton possède à ce sujet des don- 
nées fort nombreuses, dont l'exactitude laisse peut-être 
un peu à désirer, mais qui, telles qu elles sont, nous sont 
d'un précieux secours. 

d) Quantité de lumière, — Puisque les végétaux dont 
nous étudions la dispersion géographique sont en majo- 
rité des plantes autotrophes, ayant besoin de lumière 
pour l'assimilation du carbone» il serait de la plus haute 
importance de connaître la quantité de lumière reçue dans 
les diverses points de la Terre. La mesure de l'intensité 
lumineuse se heurte à de grandes difficultés, et je ne 
pense pas qu'il y ait des observatoires météorologiques où 
on la fasse d'une façon méthodique et régulière. La chose 
ne serait pourtant pas impossible» ainsi que Ta montré 
M. WiESNER {1895-1895). 

A défaut de la mesure de l'intensité lumineuse, il serait 
très utile d'avoir celle du nombre d'heures de soleil; mais 
bien peu nombreux sont les observatoires qui publient 
ce renseignement. Dans la plupart des recueils mctéoro- 



102 

logiques, on se contente de donner la nébulosité» c'est-à- 
dire une estimation de la surface du ciel qui est couverte 
de nuages. Une telle observation laisse inévitablement 
beaucoup de place aux impressions subjectives de l'obser- 
vateur ; les chiffres ne sont donc pas strictement compa- 
rables. 

e] Vent. — La même incertitude règne dans beaucoup 
de cas au sujet du vent. La direction est donnée avec 
précision, mais sa vitesse est souvent estimée d'après 
l'échelle de Beaufort ou d'après l'échelle terrestre au lieu 
d'être mesurée à l'anémomètre ; ajoutons d'ailleurs que 
Testimation de la force du vent ne présente pas de gran- 
des difficultés et que les chiffres sont donc assez compa- 
rables. 

Les vents faibles n*ont d'intérêt pour la géobotanique 
que comme modificateurs de la transpiration. Dès que la 
vitesse atteint ou dépasse 12 ou 13 mètres par seconde, 
Faction mécanique du vent vient s'ajouter à son action 
desséchante et ses effets deviennent des plus énergiques. 



¥ « 



On voit par les pages précédentes, combien les ren- 
seignements que nous possédons sur le climat, considéré 
comme facteur géobotanique, sont imparfaits et souvent 
peu précis. Sghihper [4898^ p. 190) a fait également re- 
marquer que les observations météorologiqnes devraient 
être complétées dans diverses directions pour fournir un 
point d'appui aux recherches géobotaniques. 



103 



III. — Comparaison du climat littoral avec celui des 

AUTRES PARTIES DE LA BELGIQUE. 

Maintenant que nous savons quelles sont les données 
météorologiques qui nous seraient nécessaires, tachons de 
tirer parti de celles dont nous disposons, en vue de déter- 
miner les principaux éléments du climat. 

Comparons d*abord le climat littoral à celui des autres 
parties de la Belgique. 

Les éléments du tableau C sont empruntés aux Mono- 
graphies agricoles de la Belgique; dans chaque fascicule, 
le chapitre relatif au climat est rédigé par H. Lakoastee, 
directeur du service météorologique à l'Observatoire 
royal d'Uccle. 

Les renseignements se rapportent à chaque mois, de 
décembre à novembre. 

a) Température, 

Au point de vue thermique, le littoral subit de moins 
grandes variations que l'intérieur du pays; Tété y est 
moins chaud; l'hiver y est moins froid; le nombre 
des jours de gelée y est relativement faible. La neige ne 
persiste dans les dunes que pendant les hivers excep- 
tionnels. 

Pendant l'hiver rigoureux de 1906- 1907, beaucoup 
de plantes étrangères qui ont été gelées dans les jardins 
du centre de la Belgique n'ont aucunement souffert sur 
le littoral. Signalons : Evonymus japonicus, Prunus 
LaurO'Cerasus, Laurus nobilis^Lavatera arborea, Aucuba 
japoniea. 

Au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la mer, le climat. 



104 



TABLEAU 

Le climat du littoral comparé 



LOCALITÉS. 



Moyenne des hàxihà. 


D. 


J. 


F. 


M. 


A 


H 


J. 


J. 


A. 


S. 



Ostcnde (ait. 6 m.). 

Farnci(aUit.6m.). 

Somergcm (altit. 
22 m.) . . . 

Iiegh6in(alt.l9ni.) 

Turnhoul(alt.27m.) 

Hcchtel(alt. 64 m.) 

UccIe(alt.lOOm.). 

fiastogne (altit. 
503 m.) . . . 



6,4 3,9 5,8 8,9 



12,2 



6,2 4,0 6,2 9,6 13,4 



I 



5,9 
5,5 
5,7 
5,2 
4,1 



8,3 
3,0 
3,0 
2,2 
3,2 



5,9 10,0 

5.5 9,8 
5,9 10,4 

6.6 10.3 
4.9 8,0 



2,7^ 0,1 3,8 8,0 



14,2 
14,1 
15,3 
15,3 
12,7 

13,4 



15,? 


18,8 


20.5 


20,3 


18,7 


16,2 


19,4 


ao,9 


20,5 


18,4 


17.6 


21,1 


22,3 


21,7 


19,4 


17,6 


21,8 


22,8 


21,9 


19.1 


19,0 


22,6 


33.6 


22.7 


19,9 


18.9 


22,6 


23,4 


22,7 


20,2 


17,0 


20,4 


21,R 


21,2 


18,1 


17,0 


21,1 


21,7 


21,1 


18,2 



Joues de gelée. 



Ostendc. . 



Furnes . 



• • 



Somerg6m . • . 
Campine{i) . . 
Uccle . . 



• • 



naute'Ardenne(2). 



9.3 
11,3 
13,7 
14,S 
11,5 
23,5 



16.7 
18.3 
21,0 
22,1 
13,9 
27,5 



11,7 
13,7 
15,1 
16.0 
10,3 
22.8 



4.6 
5,3 
8,0 

10,1 
8,4 

192 



0,9 
1.4 
3,6 
3,9 
1.6 
13,4 





0,1 

1,0 

0,5 



4,2 































0,1 









































0,8 














(1) Pour les jours de gelée, moj-enne entre Turnhout et Hechtcl. 

(2) Pour les jours de gelée, moyenne entre Bastogno et Libramont. 



105 



C. 

à celui de Vintérieur de la Belgique. 



0. 



N. 



MOTEKNE DBS MLIIMA. 



D. 



J. 



F. 



M. 



A. 



M. 



J. 



J. 



A. 



S. 



0. 



N. 



13,8 
13,4 

14,0 
13,4 
13,9 
14,8 
12,6 

12,0 



9,4 
8,9 



1,3 

0.7 



8,8 0,0 



8,4 
9,0 
8,8 
7,5 



0,5 
-0,1 
-0,6 
—0,2 



-1,3 


0.1 


2.8 


-1,7 


-0,6 


2,2 


-2,7 


-1,1 


1,7 


-2,1 


-0,7 


2.0 


-3.3 


-1,6 


1.4 


-4,0 


-2,1 


0,8 


-1,2 


-0.2 


1,3 


—6,9 


-4,8 


-3.1 



5,2 


8.3 


4,3 


7,4 


3,0 


6,0 


4,4 


7,4 


3,9 


7,3 


8.2 


8,7 


4.3 


7,4 


0.4 


4.1 



11,(5 
10,8 

10,2 
11,2 
11,1 
10,5 
10,9 



13,2 
12,2 

11,6 
12,6 
13,1 
11,9 
12,6 



7,3 8,9 



13,4 
12,4 

11,8 
12,7 
12,2 
12,0 
12,5 

8,8 



11,6 
10,6 

9,6 
10,4 
10,3 

9,6 
10,3 

6,« 



7,4 
6,5 

5,6 
6.2 

5,9 
5,5 

6,6 

3,0 



3,2 
2,5 

2,1 
2,5 
1,8 
1,2 
2,6 

-0,7 



ElO TOMBÉE. 



0.1 


5,7 


56 


42 


88 


87 


30 


41 


48 


54 


66 


62 


73 


0,6 


6,9 


54 


40 


33 


41 


81 


45 


52 


57 


68 


64 


77 


3,3 


10,4 


72 


47 


40 


47 


85 


51 


66 


70 


81 


68 


87 


2,6 


12,3 


68 


44 


39 


44 


37 


46 


67 


77 


70 


63 


72 


0,4 


5,5 


60 


51 


47 


49 


47 


56 


«5 


74 


75 


65 


71 


0.2 


15,0 


111 


79 


49 


74 


53 


70 


89 


107 


86 


84 


89 



68 
63 
67 
58 
62 
109 



106 

tout en restant doux, perd de plus en plus sa constance. 
Ainsi, Furnesi situé à seulement 5 kilomètres de la plage, 
a déjà un climat moins régulier qu'Ostende. Nous ne 
possédons pas de renseignements météorologiques sur les 
polders fluviaux et les bords immédiats des rivières à 
marées; mais des stations telles que Somergem et 
Iseghem, situées en Flandre, à une faible altitude, nous 
permettent de nous faire une idée du climat qui règne le 
long de l'Escaut et de ses affluents. En effet, il est fort 
probable que le climat de ces polders et de ces bords de 
rivières est intermédiaire entre ceux de Somergem et 
dlsegbem d'une part, et ceux de Turnhout et d'Uccle, 
d'autre part. 

D'une façon générale, les districts géobotaniques qui 
nous occupent ont donc un climat fort égal. D'ailleurs, 
dans notre pays, ce n'est guère dans la portion élevée de 
la Gampine (par exemple à Hechtel) et en Ardenne (par 
exemple à Bastogne) que le climat devient réellement 
rigoureux. Aussi y a-t-il pas mal d'espèces végétales, 
originaires de pays plus chauds, qui sont localisées au 
bord de la mer. Dans les contrées méridionales, elles 
habitent Tintérieur des terres aussi bien que le littoral. 
Chez nous c'est uniquement au bord de la mer qu'elles 
trouvent les conditions thermiques nécessaires à leur 
maintien. Citons notamment Phleum arenarium, Scirpus 
HoloschoenuSy Juncus anceps, Glaucium flavurriy Althaea 
offieinalis, Ramalina evernioides. 

Il y a aussi quelques plantes méridionales qui passent 

couramment Thiver en plein air dans les jardins de la 

côte, alors qu'elles gèlent à Bruxelles; telles sont Laurus 

nobilis, Lavatera arborea. 

De même qu'il y a des espèces que la douceur de 



107 

rhiver retient dans les districts littoraux, y en a-t-il 
d'autres que l'insuffisante chaleur de Tété en éloigne? 
Gela n'est pas impossible. 

En tout cas, il est certain que la Vigne n'y mûrit jamais 
ses fruits, même quand elle est cultivée, comme c'est 
généralement le cas, sur la pente méridionale du toit 
des petites maisons de la dune ; elle pousse vigoureuse- 
ment et des raisins sont produits en abondance, mais ils 
n'arrivent jamais à maturité, faute de quelques journées 
assez chaudes. Ce qui est vrai pour la Vigne, Test peut* 
être aussi pour des plantes sauvages, qui seraient ainsi 
exclues des districts littoraux. Il est possible que ce soit 
pour cette raison que Galium Cruciata, Satureja Clinopo- 
dium^ S. Acinos, Malva moschata, etc., ne réussissent 
pas à coloniser les dunes, les polders et de la plaine 
flandrienne. Ce sont, en eflet, des plantes qui sont sur- 
tout abondantes dans le midi et qui fleurissent en plein 
été. 

La limite septentrionale de ces espèces n'est aucune- 
ment parallèle aux isothermes de janvier, mais elle suit 
sensiblement, surtout dans la partie occidentale, les 
isothermes de juillet. Ces faits semblent indiquer qu elles 
ont besoin de fortes chaleurs en été, et qu'elles ne 
craignent nullement les fortes gelées de l'hiver, puis- 
qu'elles se rencontrentdansl'Europe centrale et orientale, 
à climat continental. Ce ne sont pas non plus les conditions 
du sol ou de l'humidité qui peuvent rendre les dunes 
inaptes à Texistence de ces plantes, car on les rencontre 
fréquemment (surtout les deux premières) sur les sables 
tertiaires aux environs de Bruxelles. 

Jusqu'à quel point la température du sol participe- t-elle 
à celle de l'air. Je ne pense pas que des observations aient 



108 

été faites comparativement dans le sable des dunes et 
dans l'argile, telle que celle des polders. M. Hilgard 
(p. 306) donne des renseignements au sujet de la capacité 
calorique et de la conductibilité du sable et de l'argile. Le 
sable a une chaleur spécifique plus grande que l'argile, 
et pour une même quantité de chaleur absorbée, sa tem- 
pérature s'élève donc moins que celle de l'argile. Ceci 
tendrait à faire supposer que la surface du sable ne subit 
pas de grandes variations de température. Mais il faut 
considérer, d'autre part, que le sable est mauvais con- 
ducteur de la chaleur, de telle sorte que la chaleur ab- 
sorbée par la couche superficielle ne se transmet que 
lentement aux parties profondes, et qu'inversement, 
pendant la nuit, la chaleur de la partie inférieure nat- 
teint que lentement la surface. Il faut encore tenir compte 
de la teinte très pâle du sable, peu favorable à l'absorp- 
tion de la chaleur. De l'ensemble des recherches, faites 
notamment par Wollicy (d'après M. Hilgard), il résulte 
qu'en été, les sols sableux sont les plus chauds,puis les 
sols riches en humus, les sols calcaires et, enfin, les sols 
limoneux et argileux ; tandis qu'en hiver ce sont les sols 
riches en humus qui sont les plus chauds, puis les limons 
et, enfin, les sables. 

J'ai à diverses reprises déterminé, dans les dunes de 
Goxyde^ pendant les journées très chaudes, la température 
du sable exposé directement aux rayons solaires à midi ; 
le thermomètre a souvent marqué des températures com- 
prises entre 57* et 58». Il est certain que les feuilles et 
les tiges minces qui sont en contact intime avec le sol, 
par exemple Erodium cicutarium^ Leontodon hirtus, les 
Mousses, prennent ces températures élevées. 

Je n'ai pas d'observations de températures de la surface 



109 

de l'argile des polders ; d'après les données réunies par 
M. H1LGARD9 elle est probablement moins chaude que le 
sable. Sur les alluvions marines et fluviales, qui restent 
toujours fortement imprégnées d'eau, l'échauflement 
superficiel est naturellement peu appréciable. 

En somme donc^ s'il est vrai que la température de 
l'air, à 1 ou 2 mètres au-dessus du sol, est sensiblement 
plus basse en été et plus élevée en hiver, dans les dunes 
que dans les polders et les autres parties de la Belgique, 
en revanche la surface du sable s'échaufle plus en été et 
se refroidit plus en hiver que celles des autres terrains. 

Humidité atmosphérique. 

M. DuRiEux [1900) déduit de ses observations que Tair 
est plus sec sur le littoral qu'à l'intérieur du pays. Cette 
conclusion est probablement inexacte, puisque sur toute 
la côte occidentale de l'Europe continentale, depuis Brest 
jusqu'à Skagen, l'humidité relative est supérieure à ce 
qu'elle est à l'intérieur du pays (voir tableau G). 

Pluie. 

Les observations d'Ostende concordent avec celles des 
autres localités littorales : partout la quantité d'eau re- 
cueillie est inférieure à ce quelle est à quelques lieues de 
la mer, même lorsque le pays est plat (voir tableau G). 

M. DuRiEux (i900y p. 393) attribue la faiblesse de la 
pluie à la rareté des orages. On constate, en effet, que 
c*est surtout en été que le déficit est considérable (voir 
tableau G), ce qui rend la pénurie d'eau d'autant plus 
sensible à la végétation : les plantes des dunes ne sont 
presque pas arrosées pendant les mois où le besoin d'eau 



110 

est le plus vif; et encore celle qui to|nbe s'infiltre-t-elle 
rapidement dans les profondeurs du sable où eUa n'est 
plus accessible aux racines. 

La rareté des pluies d'été est aussi très défavorable aux 
végétaux des schorres et des slikkes. Ils ont leurs racines 
dans un sol imprégné d*une solution concentrée de chlo- 
rure de sodium, qui n'est que difficilement absorbée ; elles 
n*ont donc l'occasion de prendre de l'eau que lorsqu'une 
pluie survient à marée basse et dilue la solution saline. 

Il n'est pas rare non plus que les pluies soient trop peu 
copieuses dans les polders marins ; quoique ceux-ci soient 
situés en-dessous du niveau des hautes marées^ les fossés 
qui irriguent les prairies tarissent pendant les étés secs 
et la végétation jaunit et dépérit. Ce fut notamment le cas 
en août et septembre 1906. 

Quant aux polders fluviaux et aux alluvions des ri- 
vières à marées, leur végétation est toujours abon- 
damment pourvue d*eau et, par conséquent» indépen- 
dante de la pluie. 

Nébulosité. Intensité de la lumière. 

Le ciel du littoral et des polders ne présente aucune 
particularité; la nébulosité est sensiblement la même que 
dans les districts continentaux. (Voir aussi le tableau G.) 

Vent. 

Voici les nombres donnés par M. Durieux {1900^ 
p. 395) pour la direction du vent à Ostende, et ceux 
donnés par M. Ianga.stbr [1900^ p. 430) pour Bruxelles. 
(Ces derniers nombres sont réduits en proportions */eo 
pour les rendre comparable à ceux d'Ostende.) 



m 



TABLEAU ». 

Direction du vent suivant les saisons W. 



DIRECTION 

DO VMT. 


HIYSR. 


PBINTIMPS. 


Û7&. 


AUTOMNE. 


■ 

a 

2 


• 

8 
IS 

M 


• 

1 


• 

M 



9m 


m 

o 

a 

o 


• 

1 

u 


> 

« 

S 
O 

3 


• 

m 

K 

1 


N 


00 


33 


152 


92 


125 


93 


59 


45 


NE 


130 


77 


207 


131 


115 


88 


110 


SI 


E 


160 


125 


76 


131 


39 


76 


114 


115 


SE 


67 


69 


32 


61 


25 


46 


62 


71 


S 


190 


158 


107 


96 


100 


82 


210 


157 


SW 


180 


338 


158 


2?,7 


214 


279 


210 


323 


W 


150 


152 


176 


158 


283 


215 


161 


148 


NW 


63 


53 


92 


101 


90 


121 


72 


54 



Aussi biea à Ostende qu'à Bruxelles, le vent souffle 
d*uQe façoQ prépondérante du SW. Mais au printemps, 
les vents de NE. à Ostende et ceux de NE. et d*E. à 
Bruxelles sont également fort fréquents. 

Je me hâte d'ajouter que les nombres qui viennent 
d'être donnés n'intéressent pas beaucoup la géobotanique. 
En eflety on est généralement d'accord pour admettre que 
les vents faibles n'influencent guère la végétation, ni par 
leur action mécanique, ni par leur action desséchante. Il 
n*y a guère que M. Uaicsen [1904) qui croit que même 



(1) Dans le tableau D, les saisons sont les saisons astronomiques. 



112 

des vents peu rapides peuvent détruire le bord des 
feuilles. Quant à moi, je pense que les seuls courants 
atmosphériques dont nous ayons à tenir compte sont ceux 
dont la vitesse dépasse 14 mètres à la seconde, soit cin- 
quante kilomètres à l'heure (ils sont représentés par les 
nombres 7 à 12 dans Téchelle, de Beaufort, et par les 
nombres 4, 5, 6 dans Téchelle terrestre). Il est donc logi- 
que de ne tenir compte que de ces vents violents, que 
nous appellerons indistinctement des tempêtes (U. 

Les observations indiquant la vitesse du vent à Ostende 
n'ont jamais été publiées, à ma connaissance. Mais nous 
possédons les chiffres relatifs à Dunkerqueet à Flessingue. 

Le tableau F résume ces observations. Nous y joignons, 
pour la comparaison, les observations faites à Paris (au 
Parc Saint-Maur). Les tempêtes sont classées par saisons 
géobotaniques (voir p. 96). 

Lorsque les indications étaient données d'après 16 direc- 
tions, je les ai ramenées à 8 directions, en partageant 
également les observations NNE., ENE., ESE., etc., entre 
les deux directions voisines. — Ces observations étaient 



(1) Voir sur la relation ODtre réchclie de Bcaufort, réehcllc terrestre 
et la vitesse du rcnt, V Annuaire méiéorologiqut de I^Obtervatoire royal 
de Belgique, 1908, p. :384. 

Voici larelatioa pour la partie de Téchelle qui nous intéresse ici : 











Viteise 


Yitetue 


Échelle 




ÉchelU 




par eeconde 


à l'heure 


de Beamfort. 


terrestre. 




en mètres. 


en kilomètres 


— 




— 




— 


— 


7 


1 


4 




13,8 


49,7 


8 


) 


^ 




16,4 


59,0 







5 




19,5 


70,0 


10 






23,5 


84,6 


11 


{ 


6 


1 


28,4 


102,2 


12 


! 


84,2 


123,1 










et au del& 


et au delà 



113 



TABLEAU m. 



Direction des vents dont la vitesse atteint au moins 50 kilo- 
mètres à r heure f à Dunkerque^ à Flessingue et à Paris. 



SAISONS. 



N. 



NE. 



£. 



SE. 



S. 



sw. 



w. 



NW. 



Tempôtes de Donkerque (1890 à 1899). 



Force =i 50 à 69 kihmèirei d l*heure. 



Hirer . . 


• • 


18 


6 


20 


» 


5 


8 


70 


21 


Printemps. 


. • 


7 


9 


7 


» 


» 


1 


22 


7 


Été. . . 





5 

8 


9 

2 


3 
11 




» 
1 


5 

2 


27 
26 


7 


Automne . 


• • 


11 




Force = 60 a 69 kilomètres à Pheure. 






Hiver . . 


a ■ 


4 


1 


9 


» 


6 


8 


44 


12 


Printemps . 


• ■ 


5 


2 


1 


n 


» 





10 


1 


Été . . . 


i « 


8 


> 


9 


» 


» 


8 


4 


• 


Automne . 


« • 


6 


1 


5 


» 


> 


1 


6 


4 




Force = 70 d 79 kilométrée à l'heure» 






Hirer . . 


. . 1 


2 


8 


» 


» 


8 


80 


1 


Printemps . 


• 


1 


» 


» 


• 


4 


» 


2 


1 


Été • . . 


• • 


1 


11 


» 


)) 


n 


1 


1 


» 


Automne . 


• • 


8 


1 


2 


» 


9 


» 


9 


1 



114 



TABL£&n B (9uite). 



SAISONS. 



N. 



NE. 



E. 



SE. 



S. 



SW. 



w. 



Il 



NW. 



Tempôtet de Dimkerque (1890 à 1899) (mite). 
Force sr 80 a 116 kilomètres d l'heure. 



Hiver . 
Printemps 
Été. . 
Automne 

Total 



8 



66 



> 


4 


9 


» 


» 


» 


» 


1 


24 


66 



12 



3a 



10 




Total ciiiÉRAL : 528^ 



TempôtM de FlesBliiffae (1890 à 1899). 



Force =zl àBde l'échelle de Beaufort. 



HîTor . 
Printemps. 
Été . . . 
Automne . 



Hiver . . 
Printemps. 
Été. . . 
Automne • 



• • • 



• •. 



• • 



Forée =s 9 d 10 dé l'échelle de Beûufort. 



• • 



• 



5 


7 


9 


8 


17 


68 


65 


4 


4 


4 


1 


» 


6 


5 


» 


» 


» 


n 


11 


18 


32 


1 


» 


4 


s 


8 


81 


16 



> 


1 


1 


> 


2 


8 


14 


* 


2 


» 


» 


> 


1 


» 


» 


» 


• 


» 


» 


1 


1 


1 


9 


1 


» 


1 


6 


2 



1 



17 
6 
4 
5 



115 



TABLBAU E (êuite). 



SAISONS. 



N. 



NE. 



R. 



SE. 



S. 



SW. 



w. 



NW. 



^m 



Tempdted de Viewiiiffae (1M0«1699) (iuite). 
Forcé = 11 é 12 de l'échelle de Beaufort. 



niver ... 


9 


f 


f 


> 


B 


» 


1 


Printemps. . . 


» 


# 


» 


p 


i 


> 


9 


Été 


» 


f 


9 


» 


» 


■ 


» 


Automne . . . 
Total . . . 


P 
11 


14 


9 

19 


4 


27 


128 


129 






Total céiiRAL : 363 





Tempôtee de Piuria (1890-1899) (1). 
Force =:ide l'ickcUe temUre, 



HÎTer . . . 

Printemps. . . 

Été. . . . 

Automne . . . 

Hiver . . . 

Printemps. . . 

Eté • • • . 

Automne • . . 



Force = 5 tfe l'échelle terreêlre. 



M 



36 



18 


10 


1 


1 


38 


53 


14 


10 


10 


> 


1 


12 


11 


8 


1 


1 


» 


1 


12 


20 


4 


2 


5 


» 


1 


12 


15 


2 



2 


5 


• 


» 


8 


5 


5 


1 


> 


» 


W 


» 


2 


» 


» 


» 


» 


9 


» 


9 


» 


1 


1 


B 


9 


5 


9 


9 



2 
1 



(1) Les nombres publiés ici diffèrent un peu de ceux que j'ai donnes 
dans : Les eondiliom d'exisienee de$ arbres dans le» Utnet UUorales, & la 
suite do petites eorreetions que j'ai apportées aux calculs. 

8 



116 





TABLBAU E (suite). 








SAISONS. 


N. 


NE. 


E. 


SE. 


S. 


SW. 


W. 


NW. 


TempôtM de Puis (1890-1899) (suite). 




Forée ^^ de l'échelle terreetre. 




Hiver .... 


1 


> 




» 


4 


3 


n 


» 


Printemps . . . 


» 


N 




» 


» 


» 


n 


» 


Été 


» 


» 




» 


M 


» 


M 


» 


Automne . . . 


» 


» 




• 


> 


2 


» 


B 


Total. . . 


34 


33 




4 


91 


113 


38 


18 




Total céiiéRAL : 825 

























faites trois fois par jour à Dunkerque et à Flessingue. 
Pour Paris, je ne tiens compte que des observations de 
6 h , 12 h. et 21 h. 

Voici des schémas qui sont plus démonstratifs que les 
nombres du tableau E. Du Ann, FI Ann^ Pa Ann^ repré- 
sentent les tempêtes qui ont soufflé à Dunkerque» Fles- 
singue et Paris pendant les années 1890 à 1899 : la lon- 
gueur de chacun des rayons de la rose des vents est 
proportionnelle au nombre des tempêtes de cette direc- 
tion. — Du PE, FI PE, Pa PE représentent de la même 
manière les tempêtes des printemps et des étés à Dun- 
kerque, Flessingue et Paris de 1890 à 1899. 



117 



DU AlOi 




DO PE 



^ 




FLPB 



PA AjfM 




^ 



PAPE^ 



Direction des tempétot. (Pour rexplicalion, yoir plus haut.) 

Comparons entre eux les tableaux ou les schémas : 

À Dunkerke, les tempêtes soufflent le plus souvent du 
quadrant NW. 

A Flessingue, elles soufflent du quadrant SW. 

À Paris> la prédominance du quadrant SW. est encore 
plus marquée et la direction maximale a une tendance à 
tourner vers le S. 

Quelle serait la raison de cette différence? 

Dans toute TEuropc occidentale, les vents du quadrant 
SW. sont les plus fréquents. Les tempêtes suivent la règle 
générale. Seulement quand des vents violents soufflent 
par dessus la terre, leur vitesse décroit de plus en plus, 
ce qui n'a pas lieu par dessus la mer. Sur la côtCi la 



118 

direction des tempêtes est donc en relation avec l'orienta- 
tion du rivage : les vents qui passent sur la terre pour 
atteindre le point considéré, se sont airaiblis, tandis que 
les vents de la mer arrivent directement et sans rien 
avoir perdu de leur vitesse. C'est ainsi qu'à Dunkerque, 
où la côte a sensiblement la direction WSW.-£N£.| la 
mer étant à rWNW., les tempêtes du SW. sont notable- 
ment moins fréquentes que celles de TW., que rien 
n*arréte. A Flessingue, l'orientation du rivage est W.-E., 
la mer étant au S., ainsi qu'on peut le voir sur la carte 
hors texte I. La direction SW. est donc largement ouverte 
et ce sont les tempêtes SW. et W. qui sont les plus 
nombreuses. Lorsqu'on examine un point tel que Paris 
qui est situé au milieu des terres, et où l'action retarda- 
trice des arbres et des inégalités du sol s*exerce également 
sur to;is les vents, on y retrouve la prédominance des 
vents SW. 



» * 



Je crois qu'il est inutile de discuter en détail le mode 
d'action 4u vent sur la végétation. Des observations de 
KiHLMAN, M.Warming, M. HAjTSBif, ctc, qui ont été 
réunies et comparées critiquement par M. Fruh, il résulte 
que le vent agit à la fois en secouant les feuilles et en 
accélérant leur transpiration. Bans les dunes, il intervient 
encolle d autres façons : il ensevelit les végétaux en cer- 
tains entroits et les déracine en d'autres; il mitraille les 
feuilles par les innombrables grains coupants de sable 
qu'il entraine violemment avec lui. Enfin une tempête 
soufflant de la mer est toujours plus ou moins chargée 
de sel, et celui-ci peut à son tour devenir une cause de 
destruction. 

On a une tendance à exagérer l'importance de ce der* 



119 

nier facteur. M. Feuh relate de nombreuses expériences 
qui prouvent que la quantité de sel marin emporté par 
les tempêtes est toujours assez minime. H insiste aussi 
sur cette constatation que les méfaits du vent à Tinté- 
rieur des continents sont les mêmes que près des côtes, 
alors que certainement le vent n'y est pas salé. 

Un autre fait qui vient également montrer que « Tair 
salin » n'a guère d'importance, c'est que sur les côtes du 
Boulonnais, constituées par des falaises où la mer se brise 
avec furie et où chaque vague de tempête se résout en un 
épais nuage d'embrun, la pente abrupte de la falaise 
nourrit, jusque tout près de la limite des marées, une 
végétation qui ne porte aucunement l'empreinte du sel 
marin. On n'y trouve pas une seule des plantes halo- 
philes qui sont spéciales aux alluvions vaseuses impré- 
gnées d'eau de mer(^) [Suaeda, Salieorniaj Atropis 
maritima^ etc.), ni de celles qui habitent les sables salés 
[Cakile, SaUola, etc.). Les plantes particulières qui s'y 
rencontrent sont exclusives aux rochers maritimes 
{Crithmum maritimum^ Silène maritima, etc.), mais il 
n'est pas prouvé que ce soit le sel marin qui localise ces 
espèces sur les rochers battus par la mer. On ne pourrait 
vraiment citer que deux Phanérogames qui soient attirées 
sur les falaises jurassiques du Boulonnais par le sel 
marin : ce sont Apium graveolens et Glaux maritima. La 
première est localisée en Belgique sur les digues dont la 
base est léchée par de l'eau saumàtre. Sur les falaises, 
Apium habite le voisinage des filets d'eau qui suintent 
sur la pente escarpée, partout où les couches sont incli- 
nées vers la mer. L'eau de pluie qui tombe sur le plateau 



(I) Pourtant les falaîsôs jarastiquea sont soavent argileases. 



120 

de la falaise dissout le sel amené par les tempêtes, s'infiltre 
jusqu'à une couche imperméable et suit celle-ci vers 
l'escarpement de la falaise. Quant à Glaux, il habile le 
bas de la falaise, près de la marée haute. Il n'est du reste 
pas fort répandu. 

A côté de ces espèces dont la présence indique une 
certaine salure, de nombreuses autres plantes témoignent 
que l'eau est à peu près douce : Equisetum palustre, 
Lolium perenne^ Lemna mtnor, Orchis latifolia, Ranun- 
culus repenSf Carlina vulgaris, Pulicaria dysenterica^ 
Tussilago Farfara, Mentha aquatica, Scrophularia aqua- 
tica^ etc. 

Puisque des falaises, exposées directement aux grandes 
vagues de la Manche» portent une flore nullement halo- 
phile, et qui serait chassée par la salure, on admettra à 
plus forte raison que l'air n'est pas chargé de particules 
salines sur notre côte basse et plate, qui se prolonge au 
loin sous une mer sans profondeur et où les vagues, 
d'ailleurs peu hautes, viennent mourir lentement sur la 
plage, en y déferlant à peine. 

Il est juste d'ajouter que tous les botanistes ne sont 
pas d'accord sur l'innocuité des particules de sel entraî- 
nées par le vent. M. Devaux {4906) a publié des obser- 
vations faites près de Biarritz, qui le conduisent à accuser 
principalement le sel marin de la destruction localisée de 
Pinus Pinaster (Pin maritime). 

Autrement menaçants sont, pour les plantes des sables, 
le danger d'être déchaussées et celui d'être ensevelies 
sous le sable soulevé ailleurs. 

Chaque tempête creuse la dune sur la face antérieure 
et transporte le sable par dessus la crête, sur la face 
située en aval ; ici les plantes sont enfouies ; là elles 



121 

étaient déracinées. Mais pour que les rafales, même 
violentes, modifient visiblement la forme de la dune, 
il faut qife le sable soit sec et pulvérulent; lorsque les 
grains sont collés ensemble par Teau, ils résistent victo- 
rieusement aux ouragans. 

Il importerait donc beaucoup de savoir si les tempêtes 
de certaines directions sont plus fréquemment dépour- 
vues de pluies que d'autres. 

J'ai minutieusement comparé à ce point de vue les 
observations faites à Dunkerque et publiées dans les 
Annales du bureau central météorologique de France. 
Pour les années 1890 à 1899, je n'ai pas trouvé qu'il y 
eut une prépondérance de tempêtes sans pluie pour 
aucune direction. Donc, puisque c'est de l'W. que 
soufflent le plus souvent les tempêtes, c'est la face W. 
des dunes qui est la plus entamée, et elles se déplacent 
vers l'E. 

Ce n'est pas uniquement en transportant le sable que 
le vent menace la végétation ; il exerce aussi une action 
immédiate sur les organes aériens des plantes. Cette 
influence est naturellement d'autant plus évidente que 
ces organes sont plus directement exposés aux tempêtes ; 
en d'autres termes ce sont les feuilles, surtout celles 
des arbres et des arbustes, qui auront le plus à souffrir. 

Ces considérations nous amènent aussitôt à cette 
conclusion, que pour apprécier exactement et complète- 
ment le vent comme facteur géobotanique, il ne faut pas 
accorder la même importance aux tempêtes qui soufflent 
en hiver et en automne qu'à celles du printemps et de 
l'été. 

Si nous constatons que les arbres à feuilles caduques 
sont déformes par le vent, nous serons en droit d'incri- 



122 

TABLBA0 M. 
Tempêtes du printemps et de Vété. (Années 1890 à 1899.^ 



LOCALITÉS. 


N. 


NE. 


E. 


SE. 


S. 


SW. 


W. 


NW. 


Dunkerquc • . 


2i 


11 


10 








18 


69 


16 


Flcssinguc . . . 


4 


6 


4 


1 





25 


88 


7 


Paris .... 


11 


11 





2 


23 


88 


11 


7 



miner d'une façon presque exclusive les tempêtes du 
printemps et de Tété, en d'autres termes» celles qui 
soufflent pendant que les arbres sont en feuilles. 

Voyons d'abord quelles sont les directions de ces 
tempêtes. (Tableau F.) 

Les schémas Bu PE, FI PE, Pa PE traduisent ces 
nombres d'une façon plus démonstrative (voir p. 117). 

Ils montrent, tout comme les schémas correspondant 
au\ tempêtes de Tannée entière^ que les tempêtes les 
plus fréquentes du printemps et de l'été soufflent sur 
notre côte, orientée exactement comme celle de Dun- 
kerque, du quadrant WN., mais avec prépondérance 
notable de la direction W. 

Si le vent agissait surtout par sa force mécanique, 
c'est-à*dire en poussant les arbres, il est évident que 
sur le littoral ceux-ci seraient tous penchés vers TE., de 
même qu'à l'intérieur du pays ils sont penchés vers le NE. 
Or, on constate aussitôt que \mv inclinaison se fait vers 
le SE. ou PESE. 



Comment donc agit le vent? Un examen attentif des 
rameaux qui viennent de sabir une tempête lève tous les 
doutes. C'est Texagération de la transpiration qui est 
seule en cause : le bord des feuilles est noirci et recroque- 
villé; le sommet encore jeune de chaque rameau est 
également desséché. 

M. Hansek (1904) est également d'avis que la mortifi- 
cation de la zone marginale des feuilles est due à ce que 
la sève contenue dans les vaisseaux des nervures foliaires 
s'évapore avant d'arriver jusqu'à l'extrémité des ner- 
vures. Celle idée rend très bien compte de ce fait que 
la destruction des tissus commence toujours par le 
bord. 

Le mdindre obstacle suffit à annihiler la puissance 
destructive que le vent exerce sur le feuillage. Ainsi, un 
buisson de Populus monilifera ou de P. alba qui a été 
fouetté par une tempête, n'a subi d'injures que du côté 
qui était directement exposé au venl : les feuilles y sont 
brunies, les sommets des rameaux sont flétris; sur 
Taulre face, c'est à peine si l'on aperçoit une action. 

Celte différence est des plus nettes, même lorsque le 
buisson est peu dense et n'a qu'un mètre d'épaisseur ou 
même moins. Il faut donc admettre qu'en passant à 
travers le feuillage, le vent a perdu suffisamment de sa 
vitesse pour ne plus exercer d'effet appréciable sur les 

feuilles(i). 
L'affaiblissement du vent par un obstacle, insignifiant 



(l) Ce ftil, qu'il est facile d'observer lors de chaque iempéle, cal en 
contradiction avec les eipéricDcca faites par M. Hai^sek (iOOiU qui a vu 
que des vents, même faibles, suffisent à mortifier le bord des fcuillcf . Je 
suppose que M. Harsbn se servait d'exemplaires qui avaient été cultivés 
dans un air particulièrement calme* 



124 

en apparence, permet aussi de comprendre une pratique 
culturale habituellement suivie dans les dunes. Au prin- 
temps, lorsque les champs sont préparés pour la planta- 
tion de Pommes de terre, on couche sur le sable des 
branches d'Aune ou de Peuplier : quoiqu'il n'y ait pas 
de feuilles à ces rameaux, ils brisent suffisamment le 
vent pour que celui-ci ne soulève plus le sable superficiel 
et ne l'emporte pas au delà du champ. On se sert dans 
le même but de bouchons de paille enfoncés dans le 
sable. 

Représentons-nous maintenant quel aspect prendront 
des végétaux qui sont soumis depuis toujours à l'action 
déformante des tempêtes. Sans répit, les rameaux qui 
naissent du côté des vents dominants se flétrissent et se 
dessèchent ; la cime ne parvient donc jamais à s^étendre 
de ce côté, et elle devient asymétrique. De plus en plus, 
elle s'accroit dans la direction opposée et finalement elle 
prend Taspect d'un balai fortement usé. Comme le poids 
de la couronne est tout à fait unilatéral, le tronc se 
penche dans la direction inverse de celle d'où soufflent 
les tempêtes. Un fait qui montre nettement que ce n'est 
pas l'eflort mécanique exercé par le vent qui incline les 
arbres, mais uniquement la traction unilatérale provo- 
quée par la cime, c'est d'abord que les arbres qui ne 
souflrentpas de l'action desséchante du vent ne s'inclinent 
pas, — témoin Salix alba^ — et en second lieu que les 
arbres dont la cime ne s'étale pas latéralement, tels que 
Populus italicaf restent également verticaux, tout en 
devenant asymétriques. 

Les diverses espèces sont inégalement sensibles à 
l'influence desséchante des vents, d'après des observa- 
tions faites dans les districts littoraux de Belgique. Voici 



125 

comment on peut classer les arbres et les arbustes au 
point de vue de la déformation plus ou moins grande que 
le vent leur imprime. 

1. Populus alba (Peuplier blanc), Tilia platyphylU 
(Tilleul) et Ulmus eampeslris (Orme). On n'en rencontre 
jamais un individu à couronne régulière. 

2. Fraxinus excelsa (Frêne), Alnus glutinosa (Aune}, 
Populus italica (Peuplier pyramidal), Ligustrum vulgare 
(Troène). Les deux premiers sont toujours fortement 
asymétriques et penchés ; le troisième reste droit malgré 
le dessèchement de la moitié des rameaux. Le dernier 
forme des buissons qui sont comme rasés du côté de 
rWNW. 

3. Populus monilifera (Peuplier du Canada). Déforma- 
tion moins accentuée. 

4. Belula alba (Bouleau), Quercus pedunculata (Ghéne}. 
Couronne à peine unilatérale. 

5. Salix alba (Saule blanc), S. repens (Saule rampant), 
Hippophaës rhamnoides (Argousier). Jamais la moindre 
trace de dessèchement. 

Les Populus alba et les Vlmus pleinement exposés au 
vent prennent souvent des aspects tout à fait singuliers. 
Toute branche qui pousse vers TW. et le NW. étant 
aussitôt desséchée, toute la couronne finit par être déjetée 
et elle donne Timpression d'un panache de fumée soufflée 
de côté. 

Lorsque la plante est protégée par une dune ou par une 
construction, la déformation caractéristique ne se montre 
qu'au-dessus de Tabri, dans la portion du feuillage où le 
vent a librement accès* Ce phénomène se voit de la façon 
la plus évidente sur de petits Populus alba poussant sur 
le penchant SE. de dunes situées à La Panne, à gauche 



126 

de la route qui conduit de Tarrét du tram vicinal à 
la mer. 

Ce qui a été dit plus haut du ralentissement du vent à 
l'intérieur d'un buisson ou d'une cime, même peu 
épaisse, rend compte de ce fait que les arbres de la 
côte ne présentent leur allure oaractéristiqûe, en forme 
de balai usé, que lorsqu'ils sont isolés. Lorsqu'ils sont 
suffisamment rapprochés et alignés dans le sens des vents, 
ils se garantissent les uns les autres et aucune déforma- 
tion n'apparait. C'est ce qui s'est passé pour les Populus 
monilifera plantés le long de la route de Fumes à La 
Panne. Daîis ce village, la route suit sensiblement la 
direction WNW,; les arbres s'abritent donc mutuelle- 
ment et ils n'ont pas du tout l'apect habituel des Peu- 
pliers qui ont poussé au bord de la mer. 

Cette observation faite sur les arbres de la route de La 
Panne nous ramène à notre point de départ : pourquoi 
des arbres librement exposés à toutes les tempêtes s'incli- 
nent-ils vers le SE, alors que les tempêtes d'W. sont les 
plus nombreuses? 11 est vrai que la fréquence de ces 
tempêtes est plus grande que celle des autres, seulement 
il faut considérer que les vent d'VY. sont généralement 
moins froids que ceux du N W. Lorsque ces derniers arri- 
vent sur la côte, ils se réchauflent au contact du sol, et 
par conséquent leur humidité relative diminue, ce qui 
entraîne une évaporation plus rapide du feuillage qu'ils 
fouettent. Or, comme c'est à la dessiccation des rameaux 
d'une moitié de la cime qu'est due l'asymétrie des arbres 
littoraux, nous voyons pourquoi les troncs penchent vers 
le SE. 



Jusqu'ici nous n'avons envisagé que les arbres qui 
perdent leurs feuilles en hiver. On cultive aussi dans les 
dunes littorales des Conifères à feuillage persistant 
{Pinua sg!vestri$ et P. Pinatler ou Pin maritime), qui sont 
donc exposés aux vents pendant toutes les saisons. On 
distingue facilement chez eux l'action mécanique exercée 
principalement par les tem|>étes du SW., et l'action des- 
séchante qui est la plus marquée pour les tempêtes du 
NW. 

Un petit t>ois de Pinua s^lvesiris établi dans les dunes 



Petit boia d« Piaut tyheitrit, ta Coq. Les eroix indiquenl lei irbrei 
morti. Lei Oèehoi indiquent l'inclinaiMn de* arbrel. — PUP. A = /*!>■ 
pului atba. 

du Coq (entre Ostende et Blankenberghe) est particulière- 
ment démonstratif. Le croquis ci-jolnt indique qu'elle est 
sa configuration. 

Sur le bord 3„ tous les arbres sont déjetés vers l'ENE.: 
les branches qui étaient tournées vers l'WSW. ont été 
détruites, — plutôt brisées que desséchées, — et la cime 
est devenue asymétrique (voir phot. 41). Sur le bord 
NW. les arbres ont eu à peine le temps d'être inclinés; 



128 

la cime tout entière a été tuée rapidement (voir phot. 
42 et 43.) 

Je pense que s'est en hiver que se produit l'effet 
destructeur du vent de NW. sur les Pinus. Pendant les 
hivers 1905-1906 et 1906-1907, les Pinus sylvestris et 
P. Pinaster plantés à Coxyde, à la base du versant NW. 
du Hoogen Blikker, ont présenté la mortification du 
sommet des aiguilles du c6té NW. de la cime W. Chaque 
arbre avait, en février, une face restée verte (SE.) et une 
face fortement brunie (NW.); pendant le printemps et 
Tété, les aiguilles se dessèchent de plus en plus et tom- 
bent. Gomme sur chaque rameau de la face NW. des 
arbres, ce ne sont que les aiguilles les plus exposées qui 
périssent, les Pins de Coxyde deviennent à peine asymé- 
triques et continuent à pousser vigoureusement. 

Lorsque les Pins sont isolés, il arrive souvent que leur 
cime devient fortement unilatérale, et prend la forme 
d'un panache de fumée (voir phot. 81). 

A quoi tient le dépérissement total et rapide des Pins 
sylvestres au Coq? Je l'ignore. Toujours est-il que les 
causes qui détruisent actuellement les arbres agissent 
déjà depuis plusieurs années. La pineraie a été sensible- 
ment plus étendue vers le NW. qu'elle ne l'est mainte- 
nant. En 1891, son bord NW., situé loin en avant du 
bord actuel, montrait le même dépérissement des Pins 
battus par les tempêtes froides du N W. (voir phot. 43; . 

Dans une autre des plantations du Coq, on se rend 
compte de la différence des cfiets du vent sur les Pins, 
qui sont verts en toute saison, et sur les Peupliers blancs, 



(1) La salure de l'air intcrviont-elle, comme Ta observe M. Devaux? 
Ce ii*ctt pas impossible, mais je n'oserais l'aflirmer. 



139 

qui n'ont de feuilles qu'au printemps et en été. Au milieu 
des Pins sont quelques Peupliers dont les branches 
dépassent les Pins. Alors que ceux-ci montrent Tincli- 
naison des arbres le long de la bordure WSW., et leur 
mort du côté NW., les Peupliers sont tous uniformément 
couchés vers le S£. : les rameaux qui se dirigeaient vers 
le NW. ont été desséchés et seuls ceux du SE. persistent 
(voir schéma, p. 127 et phot. 44). 

(A suivre.) 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES 



M II* 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



ANNEE 1907. 



Séance du 3 février 1907. 
Présidence de M. Ch. Bommer, vice-président. 

La séance est ouverte à 14 h. 1/2 au Jardin Botanique 
de l'Etat. 

Sont présents : MH. L. Bauwens, Ch. Bommer, 
L. Goomanst P. Francotte, Maur. Hespel, A. Isaacson, 
Em. Marchai, H. Matagne, P. Nypels, H. Schouteden, 
P. Van Aerdschot et Van der Bruggen. 

MM. J. Chalon et Th. Durand prient d'excuser leur 
absence. 

M. Ghysebrechtsy de Diest, envoie à la Société le 
manuscrit d' « Observations botaniques faites en 1905 
et 1906. > 

L'assemblée vote des remerciements à notre confrère 
pour son intéressante contribution à l'étude de la flore 
belgCt et décide l'impression de ce travail dans le compte- 
rendu de la séance. 



M. Ch. Bommer fait une causerie sur les Fougères 
et les Conifères de la flore Wealdienne du Hainaut. 



M. P. Nypels communique à la Société une proposition 
de M. Peters, de Malonne, d^organiser, pour le mois de 



131 

mai, 'ane exeursion bryologique aux enMvans de ^cctle 
(localité. 

L'assemblé donne son adhésion à ce projet et remercie 
notre confrère de Tinitiative qu'il a prise. 



M. le D' H. Matagne -donne quelques renseignements 
sur une forme anormale à fronde fasciée de Athyrium 
Filiûo-femina trouvée à Schilde par M, Ern. Ghyse- 
brechts. 



JVomcanx membrcii. — MM. Ad. Isaacson, Maur. 
Hespel et Raym. Naveau, présentés à la dernière séance, 
sont proclamés membres effectifs. 

La séance est levée à 16 heures. 



OBSERTATIONS BOTANIQUES FAITES EN (905 ET 1906, 

par L. Ghysebreghts. 

A côté de mes récoltes personnelles, le présent 
travail mentionne les principales découvertes faites par 
MM. l'abbé Mellaerts, Gustave Van Nerom et François 
Goyens; il comprend en outre une liste de Champignons 
recueillis pour la plupart aux alentours de Diest. Les 
espèces précédées d'un astérisque sont nouvelles pour la 
flore des environs de cette ville; celles précédées d'une 
eroix paraissent introduites. A motiis d'indkaAîoos con- 
traires, les habitations citées appartiennent à la zone 
campinienne. Gomme par le passé, mon savant conrfrère 
et ami, le R. P. Pàque, a eu l'obligeance de déterminer 
mes plantes litigieuses. Je suis heureux de trouver ici 
l'occasion de lui témoigner teute ma gratîtade. 



132 

fClematlB TIUIImi L. — Hties à Sichem et à Herck-1a- Ville. 
ThaiietruB aaTum L. — Prtiries hamidei. SchaffcOf Sichem, 

SchoonhoTen (Aerschot). 
fAdonlB acstlvalls L. Ttr. oli|;opetaia« — Décombres à Webbe- 

com. 
RaDaDcnlns hederaeens L Hcrck-U-Villc, Spaibccli, Schuelen. 

— hoioieneos Lloyd. — Linckhoat. 

— IJngua L. — Haawaert, Sichem, Schaclen. R. 

— mnrleonnÊU L» ^ Arg.'iabL: Hoelcden, Suui'bcmpde,Glabbceky 

Winghe-St-GeorgC8. 
f Bcrlberis vulgaris L. — Haie à Wingho-StGeorgos. 
GypBophila maraiis L. — Vont. Arg.-iabL: Bci-broek, Herek-la- 

Ville. 
Saponarla oflieiDaliB L. var. Qore pieno. ~ Webbecom QQP. 
f ^ Vaeearla L. — Décombres à CaggeTinne-Assent. 
Silène ^aillea L. var. an^llea Mort et Koch. — Avcrbode,Kormpt, 

Spalbeck, Ocleghcm. 
f ^ noetiflora L. — Zcelhero. 

t — dlehotoma Ehrh. — Webbecom, Zeelhcm. Snbspontané. 
léyehnU Flos-Caeiili L. rar. aibiflora. — Entre Diest et 

Sichem, Molenstode. 
Safçlna proeambens L. Variété à flcars doubles et & pétales d*an 
beau blanc dépassant assez longuement le calice. J*ai obserré 
cette rare et curieuse forme du mois do septembre dernier ; elle 
croit dans un chemin herbeux à Quaedmecbelen. 

— Bodosa E. Mey. — Arg.^mbl,: prairie tourbeuse h Lubbeck. 
Holesteain ambeiiatain L. — Terrain sablonneux à Langdorp. 
Steiiarla |;iaaea With« ^ Hauwaert, Vcerle. Arg.-tabl.i Geet- 

Bctz. 
yar. Dliienlana MertetKoch. — Arg.-tdfL: bords d'un 

fossé à Hcrck-la- Ville vers Steyoort. 
Cerastlum ercetum Coss. et Germ. — Berbroek, Meldert, Quaed- 

meehclen, Hersselt, Vorst. 
lilnnni eathartlenm L. ^ fierbroek, Kcrmpt, Schuelen, Tessen- 

derloo. 
Radiola llnoidea Gmel. — Arg.-tabL: Herck- la- Ville vers Rum^ 

men^ entre Haelen et Geet-Betz. 
Haiva moschata L. — Hauwaert. 

— Aleea L, — Arg^-iM,: Binekom (abbé Mellaerts). 



133 

f Althaea otteinallB L« — Sehaffen. SalMpoDttné dans le Toitinage 
d'un jardin. 

EvoDymaB europaea L. ^ Dearnc. 

]|foiiotro|ia Hjrpopitys L. — Croit en abondance et lourent par 
gronpes de 15 à 20 indiridos dam deus lapinièrei à Mcldert. Se 
reneontro aassi à Molenitcdey Lummen et Pael. 

Hyperleum pnlehrnm L. ~ AC , AR. 

— montnDnni L. — Hersselt. Assez abondant dans un bois de 

sapins. 
doëes palnttrlB Spach. — Gampine brabançonne : Rîllaer. 
Drosera rotuDdIfolia L. — Arg.-gabl,: Attonrode. 

— iatermedia Hayne. ^ Au sud dn Dëmer à Oonck. 

Pjnroia mlDor L. ~ Arg.-sabl, : Rnmmen, Winghe-St-Georges, 
Hcrck-la-Ville. 

Resoëa Inteola L. Gaggovinne-Assent. 
f — intea L. — Voie ferrée k Sichem et à Montaigu. 

Ifyniphaea alba L. var. mlnor DG. — SchoonhoTen(Aerschot). 
tQlaaelani eornicniatam L. — Zeelhem. 
f Chelranthns Chcirl L. — Sur un mur à Herck-Ia- Ville. 

Barbarea Tai^aris L. — Tessondcrloo (Goyens). 

Cardamlne syivatiea Link. — Meerhout. 
tSIsymbrlum Sinaplstram Cranta. — Wcbbccom» Sehoot (Tesseo- 

derloo), Pael, Eynthout. 
f — liOeMlil L. —Butte du moulin à Eynthout. 
fKrysianiiii repaDdam L. ^ Zeelhem. R. 
f DipiotaxU muraiU DG. — Voie ferrée à Diest. 
t Alyssam iDeanam L. — Sehoot (Tessenderloo), Eynthout. 

Thiaspi arveaae L. — Tessenderloo (Goyens), Hauwaert, Thielt- 

Notre-Dame. 
fliepldlnm perfollatam L. — Gaggevinne-Assent, Webbeeom. 
f — rodera le L. — Abondant sur la roie ferrée à Diest, Sichem, 

Schuclen et Zeelhem. 
f — Draba L. — Prairie & Webbeeom. QQP. Voie ferrée à Aerschot. 

— eampestre R. Br. — BecqucToort, Montaigu, Wcbbccom, 

Zeelhem. 
Senebiera Coronopns Poir. — Arg.-iabL : Bndingen. 
Viola palustris L. — Thielt-Notre-Damc. 
denlata angliea L. — Arg.-iM.: Rummen, Herck-la-Ville, 

Steroort. 



184 

tûbl, : entre GortCDtekeo et Rtasberg. 
fIJiex enropaensL. — Arg.^$abl. : Miscom^ lUathei^. 
OSMiki 0|rfiiMHi L. ^ Holenatede, Sobiieton. — • àrg.-^M.^: Mam- 
beek, CUahbook, Jloeleden. 
fCtalep^a offielBalis L. - MoleDitede.(iui pied). 
tHeillotnB eoeraieas L. — J)ieflt, Ceggeiriiiiko-AiMia, Sebtiiofi, 

Webbecom, Zoolbom. 
filEediea|;o dentieuiata Willd. — Webbecom. 

—^ falcala L. — Zecihem. 
Trirolium fliilarine L. « Kieaegbem, fiiebom, iittckboiU^ Sflhimhffl . 
— aMdiwM L. * ce dans un bois monitteus à Hagaaalt pvèi de la 
Umite de Vaeiandooek. 

Signalé par feu le doclcar Van Haesendonok onice flerftclt et 
Aerachot . 
f — resapinatani L. — DéeombreB àCaggeBvJnne-Aasoat^t Webba- 

eom. 
* Vicia iathyroidesL. — Lummen. RR. Cotta^daateA'éUUcoMMie 

dans le Limbonrg qu'à Petenheim (lAnaekoD)» 
f — *tenalfolia Roth. — Voie ferrée à Aciacbot. 
t — pannonlea Jaeq. — Déeoiabroa à Webbocom et voie ianrée k 
Aerachot. 

f Tar. flore aliio. — Avec le type. 

t — eaasablea L. — Webbocom. 

f — viilosa Rolh. — Infeaic dci cban^ do aeigle à Tbiolt*N.«®. -et 
•urtout & HaowaerU £u»le aussi à Aenohot eX à Webbeeon. 
liathyroa (uber^am L. — Bords du Dénier à i>îeat; voieierrée i 
Aeraehot ; dëoombros à Wobbooom. 
f — iilrratas L. «• Voie ferrée à Aerschot et prairie à Webbecom. 
f — âpiinftB L. -— Voie lérr ée & Aersobot. 
I^pila IPorUila L. * Arg.-^abL: Rudingen, Geet-fieta^ RumiiMB» 

Waenrode, Herek-Ia- Ville, Loxbe^gen, Sieroort. AR. 
fCSIaytonla parfoihila Donn. — Àrg.-êabl. : Hoeledea. 
Carrlgl^la litaralia L. — Bcggynendyk, Moll, Weslinalle. 
liiecebrnm vertielilatnai L. — Camp. brëb. : Becqucvoort, 
Thielt-N.-D. — Arg^$abL'. Binckom (abbé MaHaorta]^ LoiiMMigen. 
SeieraDtiiaB aDBuus L. vAr. »ia«Bia (S. éienais Aeat.). — Pnrti- 
fîeatioDs 4ie Diest. 



MVii L*. «• Karinpl^ QaaedmedleUD^. 
— reflexttm L. — Arg.'iabL : sur m» vieaK mwt à Oplinier. 
fli«4^«iiiBvMM i>c € or>B^ L. ^ÇiotU sur las toit» et lesnuink 
Planté. 
ftpi9!»0ai IJiBiMri» L. var. demAita.. — Aiaan- rdptodii que 

lo type. 
^•maraai paluolre L^— Au. sud da Démer-ài BMqaeiMMMit» Càgge* 
Tînne-Assônt, Haimaert, MeaaelllraBkp,Tliidt-N.-9t,WebbeMaiv 
Winghe-St-Gcorget. 
Pot«Dtllla mrgj^mikmm L. — Fael, Qiiaediiieeheien».RfU 
Rasai taatftaiaaa Smv — iMwaovt, Win§he«St-Geor9D9».iLafropt. 
Arg^'MibL: Uoeled'en^ Rammeo^ 
— > psUglaaaa L. -^ Uauimiert,. Wingfae«8^Georgeai 
A||rlai»Dla BufiatorlBi h, ^ Haawaort; Wivighe-St-Georgoi, 
Heruclt. 
— aëavaêa Mill. — Arg.-fûbL : GecUBots. 
Al ah atHIa yalf^avla L. — Denenderloo, Neerhoat. Arg.-iêbL: 

Cortenaekcn. Peu abondtati 
Palariani Saasialaovba L. ^ Sofauolen. 
t — paly^amnin. W. et K. -- Voie fenréo à Aenohot. 
ISKeuplîuu sermaDlea L.— Qaelqœa baiksons à fiaggevinne-ÂMoiit, 

Teatelt et Teasaiiderloo, bidigèBO ? 
fCydonia volsarlfi Fers . — Jardin abandonné à Testeltr. 
Kplloblnm spleataai Lmk. * Meldert, Oosthamv Pael> Zcolhem» 

Veerle. 
tHanuthcra bleaaia L. ~ Hermpt, Daelen^ Lummen, Vi venelle 
(Zolder), Bynthoat. 
jgaardia. paJ«atrla L. — Hkitwaert, Lmgcforp, Wioghe-St-Goorget, 

Spalbeek-. M. Van Norom l'a reeneitU à Haelen. 
Cireaea latetlaaaL. — Wingha-St^eop^ es,, neomclt, Veerle. — 

Arg,^tM,: Loxbergeni 
Hydraeatyle Tulgaria L. -«• An sud da- Démer à Thielt-N.-J)., 
Haawaort»Wiaghe>St-4loorg0». — ilr(r.-MM.:Attenrodd» Badlii«> 
genv Rammen, IIerek-la-¥illo. 
fBapienraai ratnadlfeliam L. — Webbocom, Zoolhem . 
Cla al a wlvaa» L. — VaérendoMfc, Vearle» QnaodmeeheleB. 
Helaaaiadiaai aodiOornai Koch, var. aidaaa MerU et KLoch. — 
Haelen. 
— laaBdataai Koeh. — Pael. 



136 

Pia^ilneila ma^fta L. » G. prtîriet de la yallée du Dénier depuis 

Schuelen jusqu'à AerscboU 
SellBOiii earvifoiia L. — Hertselt. — Arg.nabl,: Binekom» Rum- 

men, Stevoort. 
JPeaeedanani palustre Mônch. — Au sud du Démcr à Hauwaert, 

Thielt-N.-D., Winghe-St-^îeorges. 
Pastioaea sativa L. ^ Arg.^abl,: Létu. 
fHeraelean palmatam Baumg. — Espèee méridionale. Hcrck* 

la-Ville. 
f Oriaya graodiflara Hoffm. — Biost» Webbecom. 
Coalam aiaealatnni L. » Berlnroek, Kermpt, Veerle» Vorst. 
Saxifraga içranniata L. — Le docteur Yao Hacaendonck ne men- 
tionne pas cette espèee dans m Florule de» environ» dé >\e»Ufioo, 
Elle existe à Averbode et à fiersaelt. — Montaigu, Lummen, 
Pael, Tessendcrioo 
ADdremeda pollfolia L. — Cette belle et rare Ëricinée a disparu 
de Vaerendonck par suite du Tassèchement du marais & 
Sphaignes dans lequel elle végétait. 

Mémo obserTation pour Oxyeoccot paltulri», Scheuch*eria 
palustri» et Eriophorum vêginatum, 
Eriea Tetrailx L. — ArçrtabL : Léau. 

var. aibiflora. — ArerbodCy Caggevinne-Asscnt, Bcrbroek, 

Rermpt. 
* — eloerea L. *- Lummen. 
Caiinna val|;aris Salisb« var. flore al bo. — ficrbrock, Hcrck-la- 

Ville, Oostham. 
liysimaehla Dememni L. — Arg. tabL : Lubbcck. 
t — panetata L. — Arg.»abl. : Geel-Betz. Asset abondant aux bords 
d'un large fossé dans le parc du eb&teau d'Elsraecr. 
— thyrsiflora L. — Eynthout, Veerle, Vorst. 
Ceotaoeains mlnimas L. — Holenstede^ Kcrropt, Schuelen. -* 

Arg.»tabl. : Herck-1a«Ville, Rummen, 
Plaolai^o média L. — M. Tabbé Haliet, curé & Oostham, y a trouvé 
ce Plantain assez répandu dans un pré sec. — Indigène en 
Gampine ? 
Ilex Aqnlfollnni L. — Averbode, Caggevinnc-Assent. Sichem, 
Berbrook, Schuelen. 
fFraxIoas oresaoa Nutt. — Haclcn. Planté. 



137 

Iiigastram Tolgare L — HersMlt, Veerle. Probablement intro- 

dait. 
ITInea mlttor L — fiocqnevoort, Molenbeek-Wersbock, Sichem, 

Herck-la-Ville^ Qaaedmechelen . 
Gentiana Pneamonanthe L. ~~ Arg.-êobl. : cotre Herck-la-VîlIe 

et Rummen. — Camp : Rillaer, 
Cieendia fUiformls l>elarbre. — Berbroek, Rernipt, Spalbeek, 

Sehuelen. 
Cr]rtliraea palehella Pries. — Arg.-êobl. : Hcrck-la* Ville, 

Rammen. 
C/aMatA major DC. ~~ Extrêmement abondant aux bords du Démer 

à Berbroek et à Spalbeek. Je l'ai aussi obserré à Kcrmpt. 

— Bpithyiiiaiii Murr. — Arg.'sabl. : parasite sur le G^nista 

angliea à Rummen et à Stcroort. ^ Lubbeck. 

Iilthaspermam arvense L. — AG-, AR. 
f Asperago proeambens L. — Webbccom. 
fliyelam barbaram L. — Winghe-St-Georges. PIsnté. 
f D atara Stramoninm L . » Cimetière de Testelt. 

Verbascam Thapsns L. — Oxelaer (Sichcm). 

— nlsram L — Eynthout, Oostham, Virerselle (Zolder), Goursel, 

Houlhaelen, 
f — phoenlceam L. — Un pied dans une prairie k Webbecom. 
*fireronlea persiea Poir. — Je l'ai trouvé en quantité dans un 

ehamp de trèfle entre Molenbeek et Wersbeek . 
Iiimosella aqnatlea L. — Bas-fond humide à Sehuelen. QQP. 
Serophalaria nodosa L. — Une rariété à fleurs d'un rert jaunâtre 

existe aux bords du Démer entre Diest etSiehem. 
DlgltalU parparea L. — Arg.-sabl. : coteaux à Miscom. 
Iilnaria Elatine Mill. — Hauwtert, Messelbroek, Thielt-N.-D., 

Herckla- Ville. 
Pediealaris sylvatlea L. var albiflora. — J'ai obserré cette 

rariété à Herck-la- Ville. 
IJtrIealarla mlnor L. — Marais de Hauwaert et de Winghc- 

Si-Georges. 
Orobaaehe Kapam Thnill. — Schaflen, Quacdmechelen. 
lllentha rotandifolia L. — Langdorp. 
fSalvia vertielllàta L. — Aerschot. — Arg.-iahL : Pellcnberg. 
Orlganam Talgare L. — Vallée du Démer à Molenstede. 



t3B 

TIvfaitt» BmÊfffWamt h^ — La Tvriétë à fl«uip» ftNine1le#ivrMi«niti«' 

à Webbecom et à Rillaer. 
f nMUMia «flieiaftll» L. — Chemio à Dies^ 
Ifepeta Cataria L. — Molenstede. 
fSUerltki nM»Uina L. ^ Zeelhem, 
Iiamlain parpaream L. rar.. flbre fliib^v — Cag||ovfiane*As86ni, 

Webbdcom. 
Claleopuls anii^astlfalla Ehrh. — > Voie ferrée à lieBseiiderloo 
(Gdyeiu), Kciunpt, Bérck-la-Viile: 

yar. aiblllora. ^ En compagnie da type à R^nnpli. 

f — lalifolla Hoffm. — Zeelhem. 
Staehys aPTenahi L» T«r. fera allw. ^ Caggevimie-Aaaent et 

Herek-la-VilIo. 
Betoniea ofBeUialla L. — Wingfae^Si^Ckorgea. 
Harrabinm Yalgare L. ~~ Arg-.^abl, : LéM^ 
I^eonaras Cardiaea L. -> Linckhoat, IfeeHtouiL 
Braneila vatfçarittL* ver. alM#ora. — Seh«ffeB(mi piedV 
Seateliarla nâm^wh, ^ Uaawaert, » AV^.-iaM. : entre Hbwb^W- 

Ville etRummen. 
ITaphana-otlieinallaL. ^ ÂT^rbode. 
Vaeelniam Vlti»-Ida<Mi L. — M, l'abbé DaaMa me l'indiqae i 

Zolder où il est tiés abondant' et à Heusden e»Ginipfiie. 
CaipaaMia pap«ae« laides L. -^ Ox«lacr (di«fa«ni). 
t — llnifolla L. — Caj^geviniM^AiBsent. 
basions WÊomâmmm E.. var. alMIIora. -^ TéatvH, WeBbewmy^ 

Berbroek,.iieraaelt> YeeWe. 
Iiabelia DortaMMUa &• ^Étang'à OoBtliam. 
Rryonia dMéa Jaoq. — Siebem. — « Le long* de \kt Wk/fVB à^Hlitttfacrf, 

Thielt-N.-D. ot Wingho^t^Georgea. 
SambacoB Ebalam L. — Arg»*aabl. : Léau. 
OaUirai saxatlle L. — Arç.-mbL : Riesegfi»m% 
— alIginoBam L. — Tbielt-M.-D., Winghei^t-Oeoi^gv»^ Uaeleo, 
Herek-la-Ville, Ooatbam, 
Seablosa Sneelsa L. Tar. flore albo. ~ Sichem, lf<crek-la-Vine, 

Eynthont. 
Hjiaatia arYensIs Goulu. — Cotte eipèce'réput\(e>cMnmune dans 1» 

lone campinienno, est rare aux enTlrons dft»Meat. 
DIpftaeaB flPflvefilpi»Mill. — Beriirock, Schurion; 



139' 

B L. --^ Arg.'-tubt. : Bteclenlioich. 
volf^mrt» £• — Ifauwaert, Wtngho-St-Geoiige»^ Hèltaelc; 
Clmlam ^atoatre Soop. var. flore albo. -^ Lummeti. 

— af^l leat DC. -— Cette bello Gompoiëo arait ddjft été aigimléfir à 

Oeleghem par M. Gilbert. J*ai ea la bonne fortune d*en frourer 
ane nonvclle habitation sur le territoire de eettc eommone près 
de la limite de Santboren. 

— oleraeeum Scop. ~~ Winghe-St-Georges («n pfcd). Halle, 

Pnlderbosch» Santhoyon. 
Iiappa ollleinalls Ail. — M. Van Nerom l'a récolté à Haelen. — 

Arg,'$M. : Rerabeek, Waenrode. 
CeHiawrea #a#ea L. — La rariétë ft fleuranaextdrîeiir» non rayon» 

nanta est plua eommune en Campineque te type. 
IMiieM tripartita L. var. fartegrata. — Rillaei*, Sehaffen, 

Haelen, Kermpt, Vcorle. 
Hatriearia Inodora L. — Sichcm, Poel, Zecthem. 
Ctaiaphaliam lates^aNMiiii L. -« Oxelaer (Sichem). 
Antenaaria diolea Gârtn. — Hauwaert, Meldert'. — Argi^mM-, : 

Loxbergen (Van Nerom). 
JPIIai^o apiealata G. E. Smith. — Ârg.'Sabl. : Rummen . 
JtaMearia ¥«t|çarf» Gartn. ^ ArgrMbh: Hieelciiboaeh; Lcau, 

Rnmmen. 
ErlgeiHMl aeris L. — Veerle. 
f Aster maerophyllas L. ~ A'bondamnicnt naturalisé dans un bois à 

Caggeyînne^Assent. 
fSeaeelo vlseosas L. — Voies ferrées à Molenstede» Testelt, 

Webbecom, Schuelen, Herck-la- Ville; 'SVevoovt, Obattoribo; 

Quaedmechelon. 

— eraeaefollas L. — Arg.-tabl, : Budingcn, Hcclcnbosch. 

-^ neiiioreinil»L rar. Fwehsil (5. FtfcAtli Gm) ~ Wingfia-St- 

Georges. — Arg.'SabL : Binckùm; Lubbeek (abbé Bfcllaerts), 

Steyoort. 
TuMllai^a Farfara L. — Rare. Molenbeek-Wevsbcck, STontaiga, 

Blauwbcrg, Ileldcrt, Veerle. 
Petasites aflletnatlfi Mooch. — Beeringen, Berbroek» Schaelen. 

Zeelhem. — Arg.-gabt, : Steroort'. Abondant par places. 
Clehorivin Intybm L. •* Gaggeyinnc-Assent, Zeellicm. IVc paraît 

être que rabspontmé. 



140 

Hjrpoehaerls i^labra L. ^ Arg.'têU. : Geat-Boti» 

Plerls hleraeMdes L. — Schooten, 's GrtrenweMl. ~~ Introdalt 

on quantité sur la roie ferrée & Zeelhem et à Spalbeek. 
fliaetaea Searlola L. — Haie du chemin de fer di Tessenderloo 

(Goyens), 

— maralis Less. — ficcqueroort. 

yar. eolorata Cou. et Germ. — Riche habitation à 

Thieit-N.-D. 
fBarkhaasia setosa DG. — Une petite eolonie dans an pré à 

Webbecom. 
Crépis paladosa Mônch. — Arg.^tM, : Binckom (abbé Mcllaerts). 
Hleraelam Anrleala L. rar. monoeephalaiii Coss. et Germ. « 
Moienstede, Schaffen, Sichcm, Thielt^N.-D., Linckhout, Quaed- 
mecheien, Tessenderloo, Zeelhem. — Ârg.-ëabl. : Hoeleden, 
Rersbcek, Suarbempde. AR. 
f X-anthlum splnosuiii L. — Webbeeom. 
f Ambroftia artemUlaefolia L. — Webbecom. 
f Amarantas retroflexas L. — Décombres. Molenslcde, Webbecom. 
f Eaxolas viridis Moq. Tandon. — Jardins à Berbroek et à Geet* 

Bctz. 
f Polyenemam arvense L. — Espèce de la zone calcaire. Un pied 

à Webbecom. 
Chenopodiam foetidam Lmh. — Arg.-iobL : Heelenbosch. 

— •palifoliamSchrad. — Testclt. 

— marale L ~ Caggerinne-Assent, Kcrmpt,Schaelen. — Arg^tM.: 

Rummen. 
IKoehla seoparia Schrad. — Webbecom (un pied) • 
Ramex maritimus L. — Ça et là le long du Démcr à Aerschot et 

Langdorp; bords d'une maro à Molenbeek-Wcrsbeek. 
Polygonam Ristorta L. — Quaedmechelen, Halle, Ocleghcm, 

Vorst. — Arg^'iabl. : Kersbeek, Waenrode, Lubbcek. R. 

— miteSchrb. — Arg.-iabL : Binckom (abbé Meliaerts). 

— dometoram L. — Eynthout, Halle, Schildé. 
jHjrriea Gale L. — Au sud du Démer à Schuelen. 
Aiisma rattuncaloldes L. — Hanwaert, Quaedmcchclen. 

— natans L. — J'ai tu cette espèce en fleurs à Sichem le 11 arril 

1905. — Arg,-tabL : Herck-la- Ville vers Rummen. 
OrAithosainm ambellatam L. — Testelt, Webbecom, Pael, 
Tessenderloo, Vorst. R. 



141 

-t-Oraithogalnm pyrettaleam E. ~~ Webbecom (an pied). 
Alliam Tlneale L. rar. eompaetam (A. eompactum Thuill). «- 

Aenehot, Winghe-St-Georges (H. If ys). 
Ifartlieelaiii OMlfragam Huds. — Bourg- Léopold, Hechtel, 

Helchteren. 
Convailaria maialia L. — Pael. 
Poly§;onatain mnltiflorum Ail. — Blauwberg. 
Halantheniaiii bifollam Schmidt. — Testelt, Thi6lt-N.-D.| Hers- 

seli, Vaercndonck, Bcrbroek. 
Paria qnadrifolla L. — Beeqaevoort, CaggeTinne-Assent, Sîchem, 
Thiclt-N.-D. — Arg.'iabi, : Miscom, Winghe-Si-Georges. 
— — far. à trois fenilles. — Becqueroort, Schaffen. 

Tar. à cinq feuilles. — Schaffon. — Arg.-êubl, : Loxbergen 

(Van Ncrom). 

IVareisBU» Pseado-Brarelssas L. — Arg.^abl. : Loxbergen 

(Van Ncrom), Waenrode. RRR. 
tGalanthns nlvalis L. — Naluralisé dans un petit pare à Webbeeom. 
Orehla norio L. var. albiflora. — Webbecom. — Arg.-sabl. : 

Binckom. HR. 

— maealata L. — Variété à fleurs blanches et ^ feuilles non 

tachées. Ilanwaert. 
* » laearnata L. — Prairie tourbeuse à Hauwaert. — Lubbeek. 
Gymnadenla eonopaea R. Br. — Hauwaert. ~~ Arg,'tabl. : 
Lubbeek» Winghe-St-Gcorgcs. 

— Yirldis Rich. » Répandu dans quelques prairies à Hauwaert, — 

Arg. $abL : Lubbeek. 
Platanthera bifolla Rchb. — Webbeeom, Berbroek, Haelen, 
Montaigu, Zeelhem. — Arg,$abL : Cortenacken, Rummen, 
WaenrodOy Hcrek-la-Ville. 

— montana Sehmidt. — Caggcrinne-Assent. 

EpIfiaetiB latifolia Ali. «- Deurne» filauwberg, Veerle. — Arg.- 
sabl, : Hodcdcn. 

— fialnstria Crantz. — Hauwaert. 

Spiranthea aatamnalis Rich. — Arg.-sabL: Herck la-Ville vers 

Rummen. Peu abondant. 
Hydroeharls Horsus-ranae L. Ary.-sa6l.: Geet-Beti. 
Trl|çlochin palnatrla L.— Arg.'^abl^ Lubbeek. 
Patamoiçeton polygonlfoliaa Pourret. — Hauwaert, Winghe-St 

Georges, Donek, Arg.'êobl.: Waenrode. 



14a 

— graoiiaeiis L. — ladiquô à Uauwaerl pai* Tbîâlons«.MAl9r<^' lot 

plus acti Tes recherehes» je ne sais pa» parvenu à>le r4»trouTcr. 
^ — pUintaKineiui Dacroz. — Ea grande abondance dan» lea-maraiit 
de Haiiwacrtet de WinghcSl-Gcorges. 

— eomprestias L . — Molenstcde, Scboonfaoven*(^r8chot^y: Korropt. 

— aeatifollus Liuk. Arg.^^abU : llerck-U-Ville rera StevoorU 

— oblaaifoiiiui M. et K. — Ce PoUmot a déjà étd ai|^alé pw 

Tbielens à Winghe-St-Georges. Retrouvé.. Se renoontre égale- 
ment à Haawaort, à Kernapt et à Averbode. 

-» pasillas h, — Hattwaert; Winghe-St-Georgcs, Qaaodmechelen, 
Arg.'Sabl, : Geet-Belz. 

^ maeronatas Sehrad. ^ AR.» R. en Qampine. 

Ijemna arrhiia L. — Biest, Eynthout, Sanlhoven yen Pulde»- 

boBch. — Arg.'sabL : Badingcn, Geet-Botz. R.^ mais très 

abondant dans ses habitations. 
0alfft paluntrliiL. — Coursel. 
AeoMUl Calamas L. — Kermpt, Spalbcek, Schuelcn, Viverselle, 

Olmen. Arg.-sabl : Herck-la- Ville, Gect-fietz. 
Typha an^stifolia L. — Arg.-sabl : Horck-la-Ville vers Stcroort. 
Sparsanlam mlnlmam Frics. - ilaawacrt (Ose. de Dieudonné), 

Wînghe-SlGoorges (Arm. Tbielens). Extrêmement abondant 

dans les marais de ces deux localités. — Entre Siehem et 

Averbode, Thielt-N.-D., Testelt. 
«VaiieiM IHiformis L. — Molcnstcde, Veerle, Vorst, Pael, Viver- 

selle, Kermpt, Oostham^ Olmen. 

— eapltatttft Weig. — Champs humides. Aerschot, Ayerbode, 

Langdorp, Berbrock, Kermpt, Linckhout, Pael, Qaaedmeehelen, 
Schuelcn, Ëynlhout, Hcrsselt, Vaerendonck, Veerle,, Vont. 
Ce petit Jonc est moins rare qu'on ne le croit généralement. 

— •btHsMoras Ehrh — Hauwaert, Winghe-St Georges. 

— tenais Wild. — Arg.-sabl. : entre Mcrck-Ia- Ville ctStevoort. 

— Tenai^ela Ehrh. — Berbrock, Pael, Schuelcn. 

liamla mnltiffora Lcj. var. congela (L. congesta Lej.). AR. 

environs de Diest, 
Carex pnlfearls L. — Arg.'^abl,: Lubbeck. 

— àrenària. L. — Camp, brabançonne: Langdorp, Molenftt«d«, 

Schaffbn, Sichcm, Testelt. 



«43 

t w e ti amjn laOaod. — Mania de Haowaort. 

— fianlenlata L. — llaawaert. 

— > eJMigaia L. -- Aerbrook, JCermpt. — Arg.-^abL: Sl0>vooi>t. 

— pfloliiera L. » kC, kR., cnrirons de Diest. 
Rhynehofipora fusca R. et S. — Rire gauche -du Démcr à Rcr- 

broek. 
M c l e acl i ai4a acieniaris R. Br. — £yDthout, Paol, Scbnelen. 
Seirpns |iaaeilloras Ligliif. — Teatclt. 

— eacfipUasaa L. «- Borbrock. C<csi ]m j)M»inièrc km que je le 

»ciicont»e au sud du Démcr. 
•* ûmÊémÊM R. « Wingbe-St-Georgcs (Thielcns) J'y ai vu la plante 

en quantité ainsi qu'à Hauwaert, Rillacr et Webbeeom. 
•— «etamaaL.^^ty.'iaU : Budingen, Hoeleden. Rummcn, Herck- 
la-Ville. 
IlM«plMiraHi latliellHiii Aoppe . — Prairie tourbcuae à Hauwacrt. 
Cyperufi fascng L. — Une vingtaine de pieds dans le marais de 
Winghe-St-Oeorgea. 

— llaYescens L. — Pullule dans un large ehcmin herbeux à 

Spalbecik. Se rencontre auasi, maia en petite quantité, an 4)ord 

d*uae marc à Berbroeek. 
Iieersia oryioldes Sw. — Eyndthout, Rillaer, Spalbeek, Vcerlc. 

Arg, saU. iiRudingen, Gcot-Betz, Herok^a-Ville. AR. 
D Igitarla saap^uInallB Scop. — Schoonboven (Aerachot), Sichem, 

£yothout, ILormpt, Ooatham. 
Setaria glauea P. Bcauv. — Molenboek-Wcrshcck. 
Calamap^rostis laneeolata Roth. — Winghe-Sl-Georgcs, Bcr- 

broek, Kermpt, Quacdmccholcn, Halle, Vorst. AR. 
Hlllani einisam L. — Bccquevoort, Kcrmpt, Spalbeek. — uârg.- 

9M, : Hoeleden, Kersbeek, Waenrode, Loxbergcn» Stevoort. 
Cynodon Daetylon Pera. — Le long d'une baie à Caggcvinne- 

Aaaent. 

BAlAora Retz. — Langdorp, Sehaffea, Haelen. — Arg^-iM, : 

Losbergen, Suurbenpde. 

eampresfta L. — Vieux murs. Acrschot. — Arg,'$abL : Lëau. 
JBroniiis teetorum L. — Voies ferrées. Haeleu, Kermpt, Spalbeek. 

Arg,'8aU. : Budingen. 
Fe«laea i^igantea Viil. — Hauwaert, Thielt-N.-D., Winghe- 
St-Georges, Kermpt, Santhoven. — Ary.-faM.': WaeflYode, 
Herek*la-yille, Stevoort, Cortenaeken . 



144 

Rraehypodiam sylvatiemii P. BeauT. — Hauwaert, Hcnaelt, 

Santhoven. — Arg.-sabL : Stevoort. 
lioliom temalentam L. — Champs d'aroine à Berbroeek. 
Hordeam secallnam Schreb. *- Prairies de la Tallée da Démer 

à Molenstedc.C. 
f — Jvbatam L. — Décombres. Wcbbecom. 
Itf ardas atrieta L. — Arg, sabl. : Atteorode, Cortenaeken, Glabbeek, 

Herck-la- Ville, Loxbergen, Stevoort. 
Polypodinm Hryopterls L. — Paits à Meldort. QQP. 
Scolopendriam vul^are Sm. — Puits. Sichem, Tbielt-N.-D., 

Kermpt, Linckhoat, Meldert, Oostham, RR. — Arg.-êabL: Gorte- 

naeken (Van Nerom). 
Aapleniam Flllx-femina var. faaelata. — Mon frère a observé 

cette rnoostruosité aux bords d'un fossé à Scbilde, 

— Triehomanes L. — Aerschot, Winghe-St-Georges, Rcrmpt. 

— Kata-muraria L. ~~ Linckhout» Veerle. 
Cystopteris fragiils Bernh. -— Chemins oneaisséa à Winghe- 

St-Georges et Holenbeek-Wersbeek. 
Poiyatieham montaBam Roth. — Kermpt, Meerhout, Schilde, 

's Gravenwesel, Wyneghcm, — Arg, sabl. : Atteorode, Herck- 

la-VilIe. 
Oamunda regalis L. — Arg.*sM. : Kerckom (abbé Mellaerts)^ 

Herck-la-Villc. 
Plialaria:^laballfera L. — Rillaer, Pael, Quaedmechclen. 
Iiyeopodlani Inondât am L. — Bcrbroek» Schuelen. 

— elaYatum L. — Oostham. 

*Chara hispida L. — Très fréquent dans les marais de Hauwaert et 
de Wingho-St-Georges. 
rar. dasyaearpa A. Braun. — Remplit une petite marc & 

Hauwacrt. 

— frasilia Desv, — Hauwacrt, Rillaer, Winghe-St-Georgcs, 

Quaedmechclen. — Arg.-sahl. : Budingeo, Herckla-Ville rers 
Rummen. 
IVItella translneens Agardh. — Hauwaerl. — Arg.-êahh : Hcrck- 
la-Ville yers Stevoort. 



Rasa seplnm Thuilh — Lummen. N'avait pas encore été signalé 
dans te Limbuurg. 



145 



CHAMPIGNONS. 



JHoreliella escalenta L. — Diest (Van Nerom). 

Helvella laennosa Afzel. -> GaggeYinne-Assent (Van fferom). 

Hltrula paladosa Frics. — Sur les feuilles mortes dans les boit 
marécageux. Becqueroort, Bînckom, Cortenacken, Schaffeo, 
Waenrodo, Webbecom. Tesscnderloo, Zeelhem, R., mais ordi- 
nairement très abondant dans ses habitations. 

Geoglossmn fçlabram Pers. ~~ Becqnevoort, CaggOTînnc-Asacnti 
SchaiTen, Webbecom. 

Peziza aarantla Pers. — Hadcn (Van Nerom}, ScbafiTcn, Webbe- 
com, Herck-la- Ville. 

— venosa Pers. ~ Caggeyinne-Assent (Van Nerom). 
Iiyeoperdon BoYista L. — Schildc (Ern. Ghyscbrechts). 
Phallus Impudlen» L. — - Entre Dicst et Sichem. 
Clavarla abietlna Pers. — GaggcTinne-ABsent. 

^ Botrytis Pers. — Schildc (Ern. Ghyscbrechts). 

— inaeqaaiis FI. dan. — Diest (Van Nerom)» Bccqucvoort, Cagge- 

vinne-Assent. 

— mufleoldes L. — Webbccom (Van Nerom), Caggevinnc-Assent. 

— ra|i;ofla Bull. — AR. 
Thelephora terrestris Ehrh. — AR. 

Hydnam eyathlforme Schacff. — Caggcvinne-Assent, Dearno, 
Molenstede, SchafFen, Tessendcrloo, Zeelhem, Schildc. 

— ferraiçlneain Pries. » Tessenderloo» RRR. 
~~ Imbrleatam L. — AR. 

— Iaevl|;atiiiii Schwarti. — Tes-scndcrloo, Zeelhem. 

— ttigram Pries. — Sehafien, Zeelhem. 

— répandant L. ~ Caggcrinne-Assent, Dcarne, Molenatcde, Lox- 

bergcn, Tessenderloo, Vcerlo. 
JBoletaft erythropns Pers. — Sichem. 

— f^annlatns L. — Caggevinne-Asscnt (Van Nerum). 

— Inrldna Schaoff. ^ Caggeyinne Assent (Van Nerom). 

— seaber Frics. — Diest (Van Nerom). 

— «abtonientosas L. —Caggevinne-Asscnt. 
Polypoms amopphuft Frîes. — Caggeyinne-Assent. 

— squamosas Huds. — Molenstcde (Van Nerom). 
Daodaleà qnereina L. — Diest, Veerlc. 



146 

JHemllas laerjrmans Pries. — Diesu 

Amanita Happa Pries. — Caggennne-Assent (Van Nerom). 

~ pantherina DC. — Diost (V«d Ncrom). Uu pied. 

" phalloïdes Fcics. — CaggeTinne-Âssent (Van Neroni). 

'-*• — rar. eilrlaa. — Gaggevinne-Asscnt (Van Merom), Schaffon. 
Iieplola proeera Scop. — Dieat, Caggevinnc-Âsseat, Molenstede 

(Van Nerom), Schaffcn^ Lummen, Slatdeit, Zeeltiein, Schildc. 
Armillarla mellea Vahl. — Caggcvinae-Âssent, Deurne^Schaffen. 
Trlelialoma Badam Bail. — Diest (Van Nerom )^ Gaggeyiiuie- 
Asaenty Zcelbem. 

— Kasftsla Sehaeff. — Gaggevinne-Assent, Wingh6*St-*GQQrg68. 

— galfareum Bail. — AG. 
~ terream SehaeC ^ AG. 

Clilocyhe «andicanui Fors. * Zcelhem (Van Nerom). 
Collybla radleata Relh. •* Gaggevinne-Asaonl (Van Nerom). 
Ilyiçraplioras elMirneBs Friest. — AR. 

— psittaeens Pries. — AR. 

Xiaetarliui ehrysorrkeiw Pries. — Zoeihem (VanJieroni). 

— delielosufi L. ~ Becqueroort, Gaggevinne^Asseat, Dourne, 

Lummen, Tesscnderloo, Loxbergen^ Ilerck-la-Viile, Aammen. 

— thejofçalaa Pries. — Zecihem. 

— volemus Pries, — WebJ^eeom, Haelen (Van jNorpmj^ 
idantliarellaB eibarlas Pries. — AG., HR. 

— auraatlacas Frics. -^ Winghc-S&-<îeorgcs. 

— InfandibalUaraftia Scop. ^ Tessondcrlop. 

^I^arieus Prunulns Scop. Gaggevinne-Assent^ l40i;bcrgoi^ Sclûlde. 
Phollota aquarroMi MuU. ^ Wcbbecom (Va» Ncrom)^ 
Paxillns inYoIntas Pries.*— Dieat (V«ii NevomO» 
Afçarlesa •eaaipeatrls L. ^ Environs de Diest. 
Coprlnufi eomatQS Pries — Diest, Sichcm. 



COMPTES RENDUS DES StANCES 



DB LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 

ANNÉE 1907. 



Séance du 6 mai 1907. 
Présidence de M. J. Chalon, président. 

La séance est ouverte à 14 h. 1/2 au Jardin botanique 
de TEUt. 

Sont présents : MH. L. Bauwens, J. Ghalon, Alf. 
Gogniaux, Léon Gooinans» V. Goomans, Ein. de Bullc- 
mont, P.Francotte, Sfaur. Hespcl, A. Isaacson^V. Leroy, 
Em. Sfarchal, J. Massart, H. Malogne, P. Nypels» E. 
Pàque, J. Pirson, H. Schouteden et Th. Durand, secré- 
taire général. 

Le procès-verbal de la séance du 4 février est lu puis 
adopte. 

Le secrétaire général annonce que la Société a fait 
de nouveau des pertes bien sensibles en la personne de 
nos confrères MU. G. Bamps, docteur en médecine et 
J. Gielen, propriétaire. 

€. Bami^. — M. le D' Bamps, qui habitait en der- 
nier lieu à Ixelles, résida de longues années à Hasselt 
où il fut échevin. Il connaissait admirablement la flore 
de la province de Limbourg. Avec une obligeance inlas- 

10 



148 

sable, il guidait les botanistes désireux d'étudier les 
richesses de la flore campinienne. 

Dix années d'herborisations suivies lui permirent de 
publier dans nos Bulletins, une intéressante Florule des 
environs de Hasselt W. 

Lors d'une excursion aux environs de Bruxelles, dans 
un localité bien souvent visitée déjà, à Bergh, il montra 
la sûreté de son coup d'œil en découvrant une espèce 
dont la présence en Belgique était douteuse, le Chara 
aspera. 

J. Gielett. — M. J. Gielen était bien connu de tous 
ceux qui s'occupent d'archéologie. II avait réuni dans 
son hôtel, à Maeseyck, une riche collection de tableaux 
anciens, d'objets en céramique^ de manuscrits à enlumi- 
nures, mais sa prédilection pour les objets du passé, 
ne l'empêchait pas de montrer un vif intérêt pour l'étude 
de la flore indigène. Il contribua beaucoup à la réussite 
des diverses herborisations générales de notre Société 
dans la Gampine limbourgeoise, en 1865, 1873, 1884. 

C'est avec un profond regret que nous voyons dispa- 
raître ces hommes distingués et la Société n'oubliera 
pas leur fidèle attachement. J. Gielen fut un des premiers 
à répondre, en 1862, à l'appel du Comité provisoire 
qui fonda notre Société et M. Bamps entra dans notre 
Société, il y a plus de quarante ans, alors qu'il étudiait 
la médecine à l'Université deLouvain. 



Aldrovandi. — La Société a été invitée à se faire 
représenter aux fêtes organisées en Italie à l'occasion du 



(1) Voir BuVetin^ tome XII, p. 3 cl suiv. 

fiamps a publié aussi on 1895 un Catalogue des erypiogamei vaseu- 
laires et des Characées du Limbourg, 



149 

3* centenaire de la naissance d'AIdrovandi. — Aucun 
membre ne pouvant aller à Bologne pour y représenter 
la Société, le secrétaire est chargé d'écrire au Comité 
pour exprimer son admiration pour Tillustre botaniste 
italien. 



M. H. Schouteden rappelle que l'on va célébrer le 
2"* centenaire de la naissance de Linné^ et il demande si 
la Société ne prendra pas part à cette manifestation. 

Le Président déclare que la Société s'associera cer- 
tainement à la glorification de l'illustre réformateur des 
sciences naturelles. 



Prix Crépln. — Le Président annonce que sur la pro- 
position du Jury composé de MM. A. Gravis, £m. Marchai 
et Th. Durand, le conseil de la Société a décerné le prix 
triennal Fr. Crépîn, à Tensemble des travaux sur la 
bryologie belge de notre regretté confrère, Arthur 
Mansion. 



L'ordre du jour appelle la discussion de la proposition 
de la modification du format du Bulletin. M. Bauwens 
propose de donner plein pouvoir au Conseil pour 
trancher la question (Adopté) (l). 

Prix liéo Errera. — Dans la séance du 1' octobre 
1905, Madame L. £rrera porta à la connaissance de la 



(1) Dâv&nl l'impossibilité de tirer les planches du trayail de M. Massart 
dans le formai actuel du Bulletin, le Secrétaire général arait soulevé la 
question d'adopter un format plus grand. Le Conseil s'est prononcé pour 
lo êtaiu quo en décidant que les planehes et cartes, accompagnant le 
mémoire sur la géo-botanique du littoral, seraient tirées sur un fascicule 
À part. 



150 

Société la clause suivante du testament de son éminent 
mari si soudainement enlevé à la science : 

c Je charge mes héritiers de remettre à la Société 
royale de botanique de Belgique une somme de quinze 
mille francs, en rente belge 3 <"/•» afin qu'elle en emploie 
les revenus pour la création d'un prix triennal d'ana- 
tomie« d*embryologie ou de physiologie végétales ». 
[L. ErreraJ, 

Cette donation fut acceptée avec une vive recon- 
naissance. 

D'accord avec Madame L. Errera, exécutrice des 
volontés de son mari, le règlement suivant a été élaboré. 
Soumis à TAssemblée, il est adopté à Tunanimité. 

Aatiglb ptEMiEB. — La Société décernera tous les trois ans un prix de 
mille francs (L) [Prix Léo Errera] à Pauteur ou aux auteurs, membres 
de la Société, belges ou étrangers, du meilleur trarail original d*anato- 
mie, d'embryologie ou de physiologie Tégétalcs. 

Le prix pourra être partagé. 

AsT. 2. — La première période triennale s'est ouverte le !•' janvier 
1906 et sera close le 81 décembre 1903. 

AsT. 8 — Les travaux pourront être imprimés ou manuscrits. Lea 
travaux manuscrits, ainsi que les travaux imprimés, dont la date de 
publication serait très rapprochée de la clôture d*une période triennale, 
devront être envoyés au Secrétaire de la Société, sous pli recommandé, 
au plus tard, le dernier jour de la dite période. 

Art. 4. — Les travaux rédigés en françsis, allemand et anglais seront 
seuls examinés par le Jury. 

Len manu«erits devront élre dactylographiés ou écrits très lisiblement 
en caractères latins. 

Aat. 5. — ' Dans la séance de décembre qui précédera la clôture de la 
période triennale, la Société nommera une Commission de trois à cinq 
membres chargée de lui proposer le ou les Isuréats. 

Une somme do deux à trois cents francs servira à indemniser lea 
membres du Jury. 



(1) Sauf rédaction motivée par la baisse du taux de rinlérêl de la rente. 



15t 

Abt. 6. — La décision du Jury sera proclamco dans la séance de mai 
qui suivra la elôturo de la période. 

Abt. 7. — La Société se rcscrre le droit de publier les manuscrits 
primés; si elle renonçait à l'impression lo ou les manuscrits seraient 
remis aux autours dans le mois de la proclamation de la décision du Jury. 

AaT. 8. — Dans le cas où le Jury ne décernerait pas de prix, les 
intérêts seront ajoutés au capital. 



A propos de l'emploi des langues, dont il vient d'être 
question, M. Alfr. Gogniaux croit utile de faire remar- 
quer au\ membres de la Société, spécialement à ceux qui 
s'occupent de phytographie» que d'après les articles 36 
et 39 § 2 des Règles admises par le Congrès international 
de Nomenclature botanique réuni à Vienne en 1905, à 
partir du V janvier 1908, « les noms de groupes nou< 
veaux ne seront considérés comme valablement publiés 
que s'ils sont accompagnés d'une diagnose latine; » et 
pour les espèces, « la date de la publication de la dia- 
gnose latine entrera seule en ligne de compte dans les 
questions de priorité. » 



Manifestations L. Errera et Onw, de M.ereho¥e. — 

Le Secrétaire général rappelle qu'une souscription pour 
honorer la mémoire de MM. Errera et Oswald de Ker- 
chove est ouverte. Il propose ({Ue notre Société adhère à 
cette manifestation de reconnaissance. Cette adhésion se 
justifie non seulement par les services que ces hommes 
remarquables ont rendu à la botanique et à l'horticulture, 
mais par ceux qu'ils ont rendu à notre Société, qui 
est fière de les avoir comptés au nombre de ses Prési- 
dents. 
Cette proposition est adoptée. 



1^2 

Cfrypt^eoeeas Fagi. — Le P. Pàque serait heureux 
si des membres pouvaient lui indiquer le moyen de 
combattre le Cryptoeoceus Fagi qui cause de grands 
ravages dans certaines forêts de la province de Namur. 



Canfirenee de JH. Jf. Hassart. — M. le professeur 
J. Massart expose, dans ses grandes lignes, la composi- 
tion des divers éléments qui se sont combinés pour former 
le personnel de la flore de la zone maritime. 

Notre Bulletin publiera un grand mémoire de notre 
confrère sur ce sujet qu'il a étudié à fond, et nous 
n'essayerons pas de résumer ce magistral exposé. 



Itfouveanx membres. — M. le Président annonce 
que M. Jul. Pirson, instituteur à Namur, présenté par 
MM. J. Ghalon et Th. Durand, demande à faire partie de 
la Société. 



Le Secrétaire général rappelle que les membres sont 
invités après la séance, à visiter le rocher qui vient d'être 
édifié dans le jardin d'hiver, puis. Tordre du jour étant 
épuisé, la séance est levée à 16 h. 1/2. 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES 



Bl LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



ANNEE 1907. 



Séance extraordinaire tenue à Modava 

le 22 juin 1907. 

Présidence de M. J. Chalon, président. 

La séance est ouverte à midi. 

Sont présents : MM. Aigret, J. Gbalon, A. Cliarlet, L. 
Goomans, M. Hespel, M""' Houbion, H. Lonay, £m. Mar- 
chai, J. Massart, H. Micbiels, JuL Pirson, et Tb. Durand, 
secrétaire généraL 

MM. V. Lambert, de Bruxelles, D' Lefils, de Liège, 
Watbelet, de Modave, MM. IL et Fréd. Schwarz, Art. 
Maréchal et Herman Spring, membres du Cercle de bota- 
nique liégeois, assistent à la séance. 

Avant de donner la parole au Secrétaire, le Président 
remercie toutes les personnes qui ont bien voulu répon- 
dre à rappel de la Société et assister à l'herborisa- 
tion générale. Il remercie d'une façon toute spéciale, 
MM. Gharlct et Watbelet qui se sont multipliés pour assu- 
rer le succès de l'excursion qui nous réunit aujourd'hui. 



Iflert de H. le D' liodw. Fischer. - Notre Société 
vient de perdre un de ses membres associés. M. le D** 



154 

Ludwîg Fischer, de Berne, s'est éteint dans celte ville, 
dans sa septantième année. II a consacré toute sa vie à la 
science et s'était fait un nom par ses travaux sur la 
mycologie. 

Le procès-verbal de la séance du 5 mai est lu et adopté. 



Le Secrétaire général annonce que M. A. Gravis, 
empêché au dernier moment d'assister à l'herborisation 
générale, a envoyé une analyse, dont il est donné lecture, 
de l'intéressant mémoire de M. Paul Bertrand, de Ulle, 
sur un végétal fossile qu'il a appelé Adelophylon JutierU 

L'assemblée vote l'impression de cette analyse, ainsi 
que de celle, présentée par le P.E. Pàque, d'un curieux 
article de la Revue scientifique, intitulé une Chlorophylle 

animale. 

M. le Président présente quelques observations qui 

seront insérées à la suite de cette analyse. 



M. le Président lit plusieurs notes, entre autres sur le 
Sylloge Algarum, de De Toni. 
Elles seront publiées dans les Mélanges. 



Le Secrétaire général propose d'insérer dans le compte- 
rendu de la séance une courte notice de M. A. Cornet 
renfermant beaucoup de données intéressantes sur la 
flore bryologique liégeoise [Adopté]. 



155 

M. le Président donne la parole à M. iierin. Spring, 
membre du Cercle de botanique liégeois, qui expose les 
remarquables résultats obtenus, notamment pour la 
dessiccation des Orchidées, par un procédé dont il est 
l'inventeur. 

Cette communication intéresse vivement l'assemblée 
et l'auteur est prié de la rédiger pour notre Bulletin. 



l¥«uvcaDx membres. — M. le Président proclame 
membre effectif, M. Jul. Pirson, présenté à la dernière 
séance. 
Il annonce que : 
MM. Pierre Fitschy, étudiant à Liège, 

Jean Sebrechts, ingénieur agricole à Anvers, 
présentés par MM. J. Chalon et Pàque ; 
Mademoiselle E. Fritsché, régente à Liège, présentée 

par MM. Gravis et Chalon; 
MM. J. Houzeau de Lehaie, à St-Symphorien, 

P. Janson, membre de la Chambre des Représen- 
tants, à Bruxelles, 
D' Lefils, professeur à l'Athénce, à Liège, 
Fél. Plateau, professeur à l'Université à Gand, 
présentés par M3I. Chalon et Th. Durand, 
demandent à faire partie de la Société. 



L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée. 



156 



ETUDE DU STIPE DE L*ADELOPflVTO.V JUTfERf, 



par M. Paul BERTA.iirDy 

Prcparatear au Musée Houilier de rUnivcnilô de Lille, 

(Extrait dea Mémoiret de la Sociélé de» Sciences de Lille, 40 p.» 4 pi. — 

L. Daniel, Lille, 1907). 

Analyse par A. Gai vis. 

Le nom générique à!AdelophytO)i a été créé par 
rUIustre paléoboianiste B. Renault pour désigner un 
végétai fossile trouvé sous un dolmen de la Haute-Alsace 
par M. Jutier. L'exemplaire unique consiste en un 
fragment d*axe silicifié, mesurant un décimètre environ 
de longueur. Les autres organes sont totalement incon- 
nus; le gisement lui-même est indéterminé. Peu de 
plantes assurément mériteraient plus que celle-ci de 
porter la dénomination d'Adelophyton {œ^xoç peu connu, 
(fvrov plante]. 

C'est la structure de ce • végétal cnigmatique que 
M. Paul Bertrand a cherché à élucider. Les résultats 
obtenus par l'analyse rigoureuse de quelques coupes 
minces sont réellement remarquables, grâce surtout aux 
déductions que l'auteur a su judicieusement en tirer. 

Au surplus, r Adelophyton est une Fougère appartenant 
à un type absolument à part, dont l'organisation diffère 
très notablement de celle de toutes les Filicinées connues 
actuellement à l'état vivant ou à l'état fossile. 

La première question que M.* Paul Bertrand a cherché 
à résoudre est celle de la disposition phyllotaxique des 
appendices le long de Taxe étudié. L'état fragmentaire de 
l'échantillon rendait cettedétermination particulièrement 
malaisée. Des constations habilement faites ont cependant 

permis de reconnaître que le cycle est égal à — • 

^1 



1Ô7 

La composition des traces foliaires aux divers niveaux 
de leur trajet constituait le second point à étudier. Dès 
qu'elle est entièrement constituée, une trace foliaire 
comprend une petite masse arrondie de liber situé en 
arrière de cinq Ilots de trtchéides scalariformes; il n'y a 
pas de pôles trachéens : les cinq ilôts ligneux sont donc 
apolaires. Bois et liber sont entourés par des éléments 
sclérifiés formant une gaine mécanique. 

La coupe transversale du stipe rencontre une cinquan- 
taine de traces foliaires : les unes sont situées prés de 
l'insertion des frondes ; les autres se trouvent de plus en 
plus près du centre du stipe. Les plus rapprochées se 
rencontrent et forment la partie réparatrice. Celle-ci 
comprend : 

a) un anneau libérien fréquemment interrompu par 
la sortie des traces foliaires; 

bj un cordon ligneux apolaire, isolé à Tintérieur du 
parenchyme qui occupait l'emplacement circonscrit par 
l'anneau libérien. 

Les caractères propres au stipe de VAdelophyton Jutieri 
sont donc les suivants : 

« 1. Le bois et le liber forment deux systèmes indé- 
<c pendants l'un de l'autre. 

« 2. Le bois est représenté par un seul cordon répa- 
c rateur, véritable sympode hélicoïdal, isolé au centre 
« du stipe. 

« 3. Le liber constitue un tube épais entourant l'espace 
« vide central. Ce tube est résoluble en 21 cordons 
« réparateurs à parcours sinusoïdal. 

« 4. Les deux systèmes entrent en relation pour la 
« formation des traces foliaires ; les masses ligneuses sor- 
« tantes, issues du sympode central, se placent 5 la face 



158 

« interne de l'anneau libérien et constituent avec ce 
« dernier un cercle lihéro-ligneux normal, d'où s'échap- 
« pent régulièrement les traces foliaires. 

L'Adelophyton nous offre le premier exemple d'une 
véritable indépendance des devx systèmes conducteurs 
dans une plante. Il est toutefois probable que cette indé- 
pendance cesse dans les frondes et que celles-ci renfer- 
ment des faisceaux libéro-ligneux plus ou moins compa- 
rables à ceux des autres Fougères. 

D'autres détails histologiques prouvent que Y A. Jutieri 
était une espèce à stipe dressé, vivant dans des endroits 
très humides. 

Je ne terminerai pas cette brève analyse d'un travail 
si précis et si substantiel sans adresser des félicitations à 
Tauteur. Il a su conduire ses recherches avec une maî- 
trise et les exposer avec un talent qu'on ne s'attend pas à 
trouver dans la première œuvre d'un jeune anatomiste. 



UNE CHLOROPHYLLE AiMMALE. 

La Revue générale clés Sciences pures et appliquées (n« 
du 15 mai 1907) publie une Note qui peut également 
intéresser le botaniste et l'entomologiste. Elle porte pour 
titre : Une chlorophylle animalef et en voici la substance. 

Tous les botanistes connaissent la chlorophylle végé- 
takj son spectre d absorption et le rôle physiologique 
important qu'elle joue dans la nutrition de la plante. 

Une matière verte identique se retrouverait chez 
divers insectes herbivores, notamment chez la Sauterelle 
verte. — PodiapolskyCO vient de démontrer que l'iden- 



(I) Ucber das griinc Pigment bci Lociulidcii (ZooL Ameiger, XX XI, 
1907, p. 362). 



159 

tité de couleur ne serait pas seulement une apparence, 
mais que le vert de Sauterelle aurait toutes les propriétés 
physiques de la chlorophylle végétale. Comme elle, il se 
dissout dans l'alcool ; la solution garde sa teinte à l'obscu- 
rité et brunit quand on l'expose à la lumière, etc. Le 
spectre d'absorption du pigment animal a présenté les 
mêmes bandes que la chlorophylle extraite des feuilles 
de Robinia, prise comme terme de comparaison. 

Néanmoins, de cette identité physique^ il n'est pas 
permis de conclure à l'identité chimique^ comme l'expé- 
rience Ta souvent montré, pour des cas analogues; tout 
ce que l'on peut affirmer c'est qu'il y a quelque proba- 
bilité pour que la couleur animale soit une chlorophylle. 
— Rappelons, en passant, que toutes les chlorophylles 
végétales n'ont pas la même composition chimique; les 
travaux d'Elard et d'Arm. Gautier l'ont suffisamment 
démontré. 

Becquerel et Brongniart étudièrent naguère le pig- 
ment vert des Phyllies, ces insectes qui ressemblent si 
étrangement à des feuilles; ils arrivèrent a la mcme 
conclusion que Podiapolsky. 

La Miintis religiosa, autre Orthoptère vert, présente 
des propriétés spectrales analogues; notons cependant 
que la bande d'absorption dans le rouge est déviée un 
peu à droite. 

D'où vient cette couleur, chez l'insecte? Est-elle formée 
de toutes pièces, ou est-ce de la chlorophylle provenant de 
la plante nourricière? La seconde hypothèse expliquerait 
difficilement le cas des Mantes, qui sont des insectes 
carnassiers. — Cet écran chlorophyllien a-t-il un rôle 
chez l'insecte? Les radiations transmises sont-elles 
utilisées quelque part? 



160 

II n'est pas possible de répondre actuellement à ces 
questions. Des recherches commencent à se faire en ce 
sens. 

A ce sujet se rattachent peut-être les très curieuses 
constatations de M"""* Maria von Linden, W qui a expéri- 
menté sur des chrysalides vertes de Lépidoptères placées 
dans une atmosphère riche en eau et en anhydride 
carbonique. Ces chrysalides, comparativement à d'autres 
de même espèce, placées dans une atmosphère ordinaire 
simplement riche en eau, augmentent de poids et 
l'analyse chimique décèle, parait-il, qu'elles ont formé 
de la matière organique nouvelle, par assimilation du 
carbone, de Tazote, de Toxygène et de l'hydrogène puisés 
dans l'air et la vapeur d'eau; la quantité du carbone 
assimilé est surtout notable. — Ces expériences, criti- 
quées et critiquables du reste, ajoute l'auteur anonyme 
de l'article de la Revue génét\ des Se, ne sont certes pas 
convaincantes; mais il est permis d'espérer qu'elles 
mettront sur la trace du rôle physiologique des 
pigments animaux, sujet encore enveloppé de mystères, 
jusqu'à ce jour. E. Paque, S. J. 



A la suite de la lecture de cette Note, l'honorable 
Président de la Société, M. J. Chalon, attire l'attention 
sur les animaux verdis par la présence de plantes vertes 
dans leurs tissus. Il cite, comme exemples, les Convoluta 
Roscoffensis envahis par les Chlorelles, les Huitres des 
Maremmes bourrées de Navicula ostrearia, YAjithea 
cereus rempli de Zooxanthelles; il ajoute qu'il y aurait 



(1) Voir C. R. Soc. Biologie, Paris, 1007. 



161 

lieu d'examiner si Ton se trouve ici en présence d'un 
cas de vraie symbiose et si Tanimal profite de l'assimila- 
tion chlorophyllienne? 



CONTRIBUTION A LA FLORE BRY(HX)GIQUE DE BELGIQUE. 

Cinquième IhU d'habitatiom nouvellei d'etpèces rares, 
par A. Cornet. 

MOUSSES. 

Bystegium orlspum Sch. -» Boia de Sohan (Pcpinstcr) (fr.). 
Gymnostomum ouxTirostrain Hcdw. — Bord do la Vesdirc, entre 
Pcpinstcr et GolTonlainc (st.). 

— mpestre Schv, — Bois des Mazurcs, entre Pepinster et GolTon» 

toinc (vallée de la Vcsdre) (st.). 
Diohodoxitiiiin pellncidum Sch. — Bord de la Vesdre, entre 

Pepinster et GcfTontaine (st.). 
Dioranella aquarrosa Sch. — Val du Ruy de Chawion, entre Spa et 

La Rcid (station) (st.). 
Dioranum flagellare Hcdw. — Bois des Mazurcs, entre Pepinster et 

Goffbniaine (vallée de la Vesdre) (st.). 

— montanum Hcdw. ~ Même habitation (st.). 
Campylopns flexuosuB Brid. var. flagellifer Ben. — Bois de la rire 

droite de la lloègnc à Pepinster (st.). 
Leptotriohuxn pallldmn Hampe. — Valide de ta Uoègnc entre Theux 

et Polleur (fr.). 
Didyxnodon oylindrlous B. et S.; D. tenuiroitriê Wils. ^ Bois des 

Mazui'cs, entre Pepinster el GofTontaine (rallée de ta Vesdre) 

(«t.). 
Barbula fàllax Hcdw . yar. brevlfolla Brid . — A rayer de ma 3« liste ; 

c'est Trichostomum rigiduîum Brid. & Télat jeune. 

Syntriohia papillosa Jur. — Dans une prairie à Theux (st.). 

Grixninia leuoophaea Grcv.—Bord de la route h Spixhe (Theux; (st.). 

Bhaoomitrlnin laniiginoBiim Brid. var. subimberbe Ilarm. 
forma faloata Boul. — Boute de Stoumont à Basse-Desnié, 
entre cette dernière localité et Chefna (st.). 



162 

Webera bnlbifera Warnst. — Webera tennifoUa Brygn. — 
Fohlia bulbiftra (Warnst.) — Webera ooxnmutata 
var. avimontana Rolh. — Sur la terre ombragée et fraîche 
dans le Fond de Wisloz (Thcux) (st.). 

a Bulbilles long. 200-280 .a larg. 130-160 ^, par 1-8 daas 
raissclle des feuilles snpëriearcs des tiges stériles, arrondis 
on orales, se terminant par an eoart pédicclle bien TÎsible, et 
coaronnés par d-5 pointes émoussées, courbées à l'intérieur, 
cacallées et coaniyentes » (Dismier, Revue bryologique, 1905, 
page 92). 

Toutes les localités belgea du Webera annotina Uedw. 
deTraient être reyucs mlDuticusemcnt, en tenant compte de 
ee que cette espèce (sens ancien) a été démembrée en quatre 
espèces nouTclics : Webera proligera (S. 0. Lindberg) Kindb., 
W, annotina Ilcdw. entend. Correns, U'. erecta Correns, 
W. biUbifera Wsrnst. On trouverait peut-être que certaines 
de ces habitations appartienncitt en réalité soit au W, proli- 
gera, soit au W, ereeta, soit encore au W. bulbifera. 

Le travail de M. Dismier, que je viens de eitcr» est i lire 
par tous ceux qu'intéressent ces petites Mousses affines ; on y 
trouve une clef analytique, des diagnoscs et des figures qui 
permettent do les distinguer les unes des autres avec une 
certitude suffisante. 

Webera bulbifera Warnst. n'a pas encore, à ma connais- 
sance du moins, été signalé en Belgique; il est donc nouveau 
pour notre domaine floral, 
Mnium serratum Brid. — Vallée de la Vesdre entre Pepinster et 

GoiTontainc (fr.) ; bord de la Hoègne à Pepinster (fr.). 
Bartramia ithyphylla Brid. ^ Bois dit « Ilcid du Fer • entre Becco 

et Hestroumont (La Rcid) (fr.). 
Thyldiuxn Fhilibertil Limpr. — Chemin de Justenville & Wislez 

(st.); route de Mont & Theux (st.). 
Anomodoa long^follus Hartm. — Bois des Mazurcs, entre Pepinster 

et GoiTontaine (vallée de la Vcsdre) (st.). 
Earhyn.hium eonfertum Mildc var. Baldinianum De Nodt. « 
A rayer de ma 8* liste. 

— algirianum Nob. «Bois de Juslcnville (st.)« 

— rusoiforme Mildo var. oomplanatum Sehctze. ^ Bois des 

Mazures (entre Pepinster et GolTonlaine) (fr.). 



163 

flurliyiioliiiijn ^CommMiali Limpr. yar. iiiigiiMum H. Mnell. — 
Bloes calcaireB ombragés an bois de Joslenrilki (st.). 

J*ai signalé U Ijrpé êtérile dans la mèoie habitation ; je l'y 
ai rencontré fertile en janTier 1907. Les capsules étaient alors 
encore eomplëtoment Tortes ; j*cn ai sorTcillé la maturation 
ponr pouToir déterminer Tépoquc de maturité en Belgique, 
où cette espèee n'a rai t pas encore été trourée fertile. 

Les capsules se sont déoperculées spontanément dans le 
mois d'avril. 

fin tenant compte de ea que l'hiver précédent a été parti- 
culièrement long et rigoureux, ce qui a certainement con- 
trarié et retardé la maturation, on peut, je crois, admettre que 
Burhynehium Tommatinii Limpr. fructifie en mars-ayril 
dans notre pays. 

L*époque de fructuation (rhiver) renseignée par Delognc 
dans sa Flore (vol. II, p. 236) est donc erronée. 

— abbrevifttumSch. » Chemin de Juslcnville à Wislez (st.); entre 

Oneux (Theux) et Sohan (Pepînstcr) (st.) chemin de Hodbo- 
mont & Jevoumont (Theux) (st.). 
Braohjtlieoiain ratabulum Seh. var. robustnm Scb. — Bois de 
JusleuTiUe (fr.). 
-* Balttbroflum Seh. — Voilée de la Uoègne à Pépinsisr (st.). 

— ftlbloaiui Seh. var. alpinuxn De Net. « Chemin de Heusy, près 

du château de Sohan (st.). 
FiagiotlLeolam dentioalataiii Seh. var. demBum Seh. — Bois do 
Ju8lenyille(8l.). 

yar. heroynioum Jur. - Bois des Masures, entre Pepinster et 

Goffontaine (vallée de la Vesdre) (st.). 

— oQTVifblinm Schlieph. — Vallon du ruisseau de Devant-le-Fond 

à Hodbomont (Theux) (fr.); bois de Juslcnville (fr.). 
▲mblysteginm oonfervoldea Seh . «Bois de Sohan (Pepinster) (fr.); 
entre Juslcnville et Rondehaye (fr.). 
« ripariom Seh. var. loaglfoliurnSch. - Flottant dans une rigole 
à Juslcnville (st.). 
Hypnom faloatnm Brid. — A rayer de ma 4« liste. C'est plutôt une 
forme inondée du Hypnum commutatum Hedw., dont le port 
a été modifié et les radicules détruites par l'action de Teau 
courante. Cette forme se caractérise par dea touifes molles, 
des tiges irrégulièrement ramifiées, rarement pennées, et des 
radicules nulles. 

11 



164 

Hypnam molluBoain Hisdw. var. graoile Boal. — Entre Ronde- 
baye et JuilenyiHe (st.). 
'- imponara Usdw. — Chemin de Cbinheîd à Sohan (Pepiaater) 

(81.). 

HÉPATIQUES. 

FesatellaoonioaCord. « Bord d*ane rigole entre Ghinheid et PepiQ- 
ster (st.); bord de la Vesdre» entre Pepinater et Goffoa- 
taine (st.). 

FelUa Vàbroniana Raddi. — Bord d'une rigole à JoslenTille (fr.). 

Aneura multifida Dam. — Bois des Mazures, entre Pepinater et 
GoiTontainc (yaliée de la Vesdre) (fr.) . 

— latifirons Dum. — Terre argiio-calcaire dans une ancienne fosse Si 

sable entre Jaslenville et Oncax (st.). 

C'est la seconde habitation belge ; cette espèce a été trou- 
vée à Vicrsct-Barsc, par A. Mansion, en août 1890. 

Metzgeria oonjugata Lindb. — Près des ruines de Franehimont à 
Theux (st.) ; bois dît « Heid du Fer » entre Becco et Hestrou* 
mont (LaReid) (st.). 

Marmipella Fimokii Dum. — Bois dit a Heid du Fer » entre Beeco et 
Hcstroumont (La Reid) (st.); schiste sec à Spixhe (Thenx) 
(st.); bois de la rive droite de la Hoègne à Pepinater (st.); val 
du ruisseau de Joban près Chinheid (Pepinster) (st.); bois de 
Juslen ville (st.). 

Meiophylla hyallna (Lyell.) Corb. — Val du Ruy de Chawion entre 
Spa et La Reid (station) (st.). 

— orenolata (Sw.) Corb. var. graoillima Nées. — Route de Theux 

à PoUeur (st.). 
Lophozia biorenata Dum. — Bois de la rive gauche de la Hoègne 
entre Juslen ville et Forgea-Thiry (st.). 

— Tentrloosa Dum. — Bois dit c Heid du Fer » entre Beceo et 

Hcstroumont (La Reid) (st.). 
-» incisa Dum. — Val du Ruy de Chawion, près la gare de 

La Reid (st.). 
Flagiooliila asplenioides Dum. var. minor Lindb. •- Entre Banneax 

et Goffontaine (st.). 
ChilOBoypliiifl polyanthns Cord. — Val du Ruy de Chavion, entre 

Spa et La Reid (station) (st.). 



165 

I 

I Oephalozia Lammeralaiia (Huebn.). Spruoe. — Bois des Mazurcs 

entre Pepiniter et Golfontainc (vallée de la Y cadre) (st.). 
« Diffère du G. bictupidata par ses proportions plus fortes, 
i la tige plus allongée, les stolons rares ou nuls, les lobea des 

feuilles plus inégaux et acuminés, les amphigastres plus 
fréquents sur la plante mâle» l'inflorescence dioîqne, les 
fl. femelles terminant une branche allongée, les fol. involucr. 
plus profondément divisées, à lobes entiers, le périanthc 
plus grand, la station dans les lieux très humides, dans les 
marécages, au bords des étangs dans les lieux ombragés ». 
(Boulay, Muicinées de la France, vol. II, p. 56). 

Espèce problématique, qui n'est peut-être qu'une variété 
notable du CephaloUa bicuspidata (L.) Dum. — Nouvelle 
pour la Belgique. 
BlepliaroBtomatriohopliyllum Dum. — Val d'un affluent du Ruy 

do Ghawion, près la gare de La Reid (st.). 
Boapanift aequiloba Dum, — Sur la terre découverte d'un talus 
ealcaro-sablonneux au Thicr du Gibet è Theux (st.). 

var. aspera (M. et II. Bernct); So. aspera M. et H. Bernet.— 

Paroi verticale, orientée vers le N. et découverte, des 
rochers calcaires du bord de la Vesdre, entre Pcpinster et 
Goffontaino (st.). — Nouveau pour notre flore. 

SPHAIGNES. 

Bphagnuxn oymbifoliniii Ehrh. var. braohyoladmn Warnst. — 
Environs de Hochamps (Tcnneville) vers la ferme de 
St-Michel (st.). 
var. Bquarrotmliun N, et II. — Fond de Wislez (Theux) (st.). 

— tenellum Ehrh . — Environs de Mochamps (Tenneville) (st.). 

— BUbseoimdiim N. v. E. var. oontortmn Sch. — Entre Theux 

et Polleur (st.). 

— forma £Etloatinn Cardot. — Fond de Wislez (Theux) (st.). 

— forma fltriotiiin Grav. — Forêt de St-Michel, vers 

Avenne (st.). 

var. obestim Wils. » Environs de Trcux (st.). 

var. viride Boul. forma auriculatum (Sch.) C&rdot. — 

Lisière marécageuse d*un bois de sapins à Chétifontaine 

(Pcpinster) (st.). 



166 

Splutgniun laiioiniim H. Spr. — Pnirle humide à Ghélifontaine 

(Pepinster) (st.). 

— ■qnarrofmm Pcrs. — fiok marceagtaz eatre Grune et Mochamps 

(st.); l>oi8 des Moines près Ifassogne (st.); forêt do St-Miehel, 
vers Awenne (si.) 

— aoQtilbliuiii Ehrh. var. laridam Hûbn. forma aquarroaulani 

Warost. — Buy de Ghawion, entre Spa et La Reid (station) 

(st.); boit de Slancnx (Theax) (st.); bois à Chétifootaine 

(Pepinster) (st.) 
Tsr. qninqae&rium Lindb. — Vallée de l'Oorthe Si fion- 

iierne (filoirey) (st.); entre Thenx et Polieur (st.); route de 

Taaerémont à Pepinster (st.); fond do Wisiei (Theux) (st.). 
-< roourviun P. B. forma Tiride Scblieph. — Route de Tancré- 

mont à Pepinster (st.) . 
^ Oirganaobnll Russ. yar. aquarroaiilam Ross. — Près 

Mochamps (TeanOTille) (st.). 



PROCÉDÉ DE CONSERVATION DES COULEURS DES ORCHIDÉES, 

par Herh. Sp&ing. 

La conservation des couleurs des fleurs, à la suite de 
leur dessiccation, est un problème dont la solution laisse 
encore beaucoup à désirer. C'est ce que savent très bien 
tous ceux qui ont fait un herbier. Certaines plantes, 
notamment les Orchidées, aux nuances si variées, souf- 
frent le plus des procédés de dessiccation en usage; elles 
prennent toutes une coloration brunâtre qui fausse la 
collection des diverses variétés de certains Orchis cara(>- 
térisées par des dififérences de teintes [Orchis purpurea, 
moriOf maculata^ etc.). 

Pensant que la cause de la destruction des couleurs 
pouvait se trouver dans l'action de micro-organbmes sur 
la substance colorante des fleurs, j'ai eu Tidéede procé- 



167 

der à la dessiccation de manière à tuer, dès le premier 
moment, les ennemis invisibles. Pour cela, j*ai chauiTé les 
fleurs à une température suffisante pour créer un milieu 
aseptique, en un temps assez court pour empêcher les 
micro-orgam'smes d'agir. 

 cette fin j'ai étalé entre deux feuilles de ouate, une 
cyme florifère d'Orchis morio après avoir, au préalable, 
enlevé toutes les fleurs non situées dans un même plan, 
afin de diminuer l'épaisseur. Les feuilles de ouate, ainsi 
préparées» je les ai placées sur l'angle d'un fourneau de 
cuisine, où régnait une température telle que la face 
inférieure de la feuille de ouate commençait à peine à 
roussir au bout d'un temps assez long. Je les ai couvertes 
ensuite d'une couche de papier buvard, d'un centimètre 
d'épaisseur environ, d'une planchette et d'un poids d'un 
kilogramme. Au bout de quinze à vingt minutes environ, 
la dessiccation était achevée; j*ai retiré le spécimen et j'ai 
constaté que celui-ci avait parfaitement gardé toutes ses 
couleurs, à l'exception des parties colorées par la 
chlorophylle, qui étaient devenues d'un vert jaunâtre. 

J'ai alors séché de cette manière toutes les Orchidées 
que j'ai pu facilement me procurer, et toutes ont par- 
faitement gardé leurs teintes. 

Toutefois, pour bien réussir, quelques précautions sont 
nécessaires : la température ne doit pas être trop élevée, 
il convient de détacher de temps en temps le spécimen 
de la ouate afin de décoller les fleurs avant la dessiccation 
des stigmates ; enfin, aussitôt la cyme séchée, on la retire 
de dessus le fourneau, et on l'enlève de la ouate avec 
beaucoup de précaution, car les tissus entièrement secs 
sont cassants; mais quelques minutes d'exposition à l'air 
ambiant suffisent pour rendre à l'échantillon la flexibi- 
lité indispensable à sa conservation. 



168 

Par ce procédé simple» à la portée de tout le monde^ 
on peut dessécher les Orchidées en conservant leur colo- 
ration. Si Ton maintient les échantillons secs à l'abri de 
l'humidité et de la lumière, dans une boite en fer-blanc 
fermant bien> les couleurs ne s'altèrent pas, ou fort peu» 
avec le temps, et on obtient un résultat des plus satis- 
faisants. 



MÉLANGES ET NOUVELLES. 



I/ennemi des arbres. — Le plus grand ennemi des arbres, e*est le 
journal, en raison de l'énorme quantité de fibre do bois qui entre dans 
la pâte du papier nécessaire. 

Voici quelques chiffres. 

Les foréls de hêtres sont plantées à raison de 2500 par hectare ; rers le 
milieu de leur évolution, il en reste 1500, et à maturité» 210 environ. Les 
forêts de Pins restent beaucoup plus denses, et Ton peut estimer à matu- 
rité leur densité à 400 troncs par iiectare. C'est surtout la Ubre du Pin 
qui entre (ions la pâte du papier. L'évolution de la forêt de Hêtres ae fait 
en 120 et jusque 180 ans. 

Voyons maintenant la consommation : 

Le New York IJeraldeile Ghbe, les drux grands journaux amérirain^, 
consomment 200 arbres par jour, et le Petit Journal, de Paris, 120,000 
arbres par an. Uiiureusemcnt que les forêts d'Epinctte du Canada» les 
plus considérables après celles de la Sibérie, ae renouvellent toes les 
vingt ans, et qu'une partie d'entre elles (situées près de Québec) peut à 
elle seule fournir annuellement plus de 500,000 tonnes de papier, sans 
qu*on puisse prévoir un arrêt dans cette formidable production. L'Europe 
ne possède, de ce cdté-U, que des ressources médiocres. 

La Chronique, de Bruxelles, qui nous fournit ce renseignement, oublie 
de nous dire ce qu'elle consomme elle-même^ et plus généralement la 
consommation de tous les journaux belges et l'origiiie de la iibre do bois 
qui entre dans leurs presses. 

Loi 30,000 journaux quotidiens du monde, nous apprend la Revue 
scientifique (2-3-1007), consomment chaque jour environ 1,000 tonnes 



160 

de pâle do bois, cl comnio il parait en moyenne 200 Tolumcs journcJlo- 
ment, on atteint une consommation annuelle de plus de 875,000 tonnes de 
p&to poar papier d'impression» rien qu'en journaux, liTrcs et revues, sana 
compter les proapectus, les papiers à écrire, les affiches et les emballages. 
Dépense annuelle en mètres cubes de bois : 

Le monde entier 1,350,000,000 

(j'écris bien : 1 milliard et quart). 

Etats-Unis seulement 900,000,000 

Europe 350,000.000 

France 6,500,000 

Il est pénible de voir gâcher tant de papier, quand on songe que cela 
représente des arbres qui disparaissent. Il faudrait au moins trouTcr un 
succédané de la fibre ligneuse avant le déboisement complet du globe. 

J. Cii. 

Eoole d'art. — Signalons à Nancy l'existence d'une école d'art, 
e'est-à-dire un groupe d'industries artistiques à tendances communes, 
sMnspirant de robservation scientifique des modèles virants. La frcqueo- 
tation et l'étude de la plante, de la flore lorraine en particulier, a inspiré 
aux artistes de TEst français dos motifs charmants, nouveaux, inattendus, 
pour la forme et la décoration des meuble», des vase^ et des plateaux, 
des broderies, des panneaux d'appartement et même dea loxueusea 
toilettes de femmes. 

H. Charles Didier a consacré à cette intéressante école le n® de 
Hfl//oiila, janvi-^r 1907. J. Ch. 

Btrnthiopteris germsnioa. — Cette Fougère fructifie cette année 
dans mon jardin à St-Scrvais (Namur) pour la première fois depuia 
quarante ans que je la cultive. J. Cii. 

.% 

Dauoos Carota. — La peur pourpre du Daucm Carota, ^ Environ 
un tiers des pieds de Daucut offrent au centre do leurs ombelles une fleur 
pourpre unique, signalée dans la plupart des flores, mais d'une façon 
imprécise. 

Voici quelques détails. 

Toutes les ombelles d'un même pied ont la fleur pourpre^ ou bien en 
sont dépourvues. 

Cette fleur représente uqc ombcUule très réduite, à un acul rayon, avec 
involucelle de deux petites bractées seulement, opposées. 



170 

En général c'est une fleur femelle régulière. On en trouve parfoU 
cependant avec étamincs et pollen pourpres. D'ailleurs, il arrive que des 
ombelles entières de Daucus n'ont que des fleurs femelles sans aucune 
Staminé. En général, les grandes fleurs dissymétriques de la périphérie 
sont femelles. 

Sur certains pieds de Daucut tous iesfraits et les étamines sont rosés; 
sur d'autres, nettement verts. Ce caractère est-il transmiasible par semis? 

Quelle peut être Torigine, l'utilité, la destinée des fleurs pourpres de 
Daucus ? 

Les ombelles femelles appartiennent-elles à des pieds femelles -* 
comme chez les Taraxacum — et alors y a-t-il parthénogenèse ou fécon- 
dation par les Insectes? Par semis, obtient-on indéflniment des pieds 
femelles? J. Cu. 

Colpomenia slnuosa. — M. Fabre Domergue a été le premier & 
signaler en abondance dans les huitrières de la rivière de Vannes, 
M. Sauvsgeau dans celles de Belle-Isle en mer, MM. Fauvel, Corbière et 
Creuly dans celles de Cherbourg, la présence du Colpomenia êinuo$a 
Derb. et Sol. Cette Algue brune^ généralement connue sous le nom de 
ballons, a une forme plus ou moins sphérique et boursoufllée; elle 
ressemble beaucoup ou Leathesia, et atteint 15 centimètres de diamètre. 
Attachée & la coquille des Huîtres, elle se gonfle et se remplit de gas; 
alors ûlle flotte et soulève l'iluitre, qui n*est pas, comme la Moule, retenue 
au fond par un byssus. La marée descendante entraîne à la mer, par cents 
et par mille, les Huîtres qui sont perdues pour Télcveur. 

Rappelons que certaines surfaces à renibouchure des rivières du 
Morbihan se louent plus clier que de bonnes terres à blé. J. Ch. 

• • 

Nemoderma tingitana fiorn. — Le Nemoderma tingitana Born. 
était jusque dans ces derniers temps une des Algues Phéophycces les plus 
rares. Elle avait été trouvée en 1828 par Schousboe à Agla près de 
Tanger; en 1901 M. Kackuck fit exprès le voyage d*Hcligoland à Tanger 
pour la retrouver et Pétudier; on ne la connaissait en aucun autre point 
du globe. 

Et voici que M. Sauvageau la découvre à Banyuls» en très grande abon* 
danoc, depuis le Cap Dounc jusqu'au-delà du Cap Creus. On peut l'y 
recoller tonte l'année. 



171 

Déeidémeot, Talgologie réserTO cneore beaii€oap de snrpriMf à caox 
qui voudront f *y coniacrer. J* Ci. 

••• 

NaTicula ostroaria Borj. — M. Giard cite à Ambleteuiey prèi de 
Wimereuz, des parcs & Hnîtres qui verdissent soavent pendant les mois 
d'avril -mai. Alors se développe en abondance la Diatomée spéciale 
Navieuia oitrtaria Bory. (Dans le l'raité de Van Heorck N. fuiiformit 
GroB. var. ottrearia Gnin.) 

Je n*ai pas d'indication poor les parcs à Huîtres d'Ostende, qui sont à 
vrai dire» des bassins d'emmagasinage, mais non dos parcs d'élevage. 

On lira un travail considérable sur la Diatomée en question» par 
G. Sauvageau» dans Travaujo des laboratoireê de la Soe. se, d^Arcaehon, 
1907. J. Cn. 



* 



Galitun Tertim, — Pourquoi presque toutes les Flores traduisent- 
elles Galium verum par Gaillct (ou CalIIe-lait) jaunb? 

Ezeaptona Tinant qui donne Gaillet TKaT(!) ; Michot et fionnier-Layons 
qui écrivent Gaillet vaii» ce qui est enfin la vraie dénomination. 

J.Ch. 






FlaatM à aoido oyanhydrique. ^ La Revue Scientifique n»* 
8 et 4» juillet 1907, donne un résumé très complet des plantes à acide 
cyanhydrique par P. Guérin, professeur à TEcole supérieure de Pbar- 
roacie do Paris. Il faut joindre ce trsvaîl à deux notices de notre confrère 
M. P. Fitsehy sur le même sujet (Académie royale de Belçique^ claué 
dêi Se. n» 8 de 1906 et Journal de Pharmacie. Paris, 19-10-1906) pour 
avoir une idée totale de cette intéressante question* M. Guérin cite 
d'ailleurs M. Fitschy, dont les recherches ne lui ont pas échappé. 

J.Ca. 



HBLIOeitAPHIE. 



La Botanique a connu dans les premiers mois de 1907 deuz'événemcnts 
considérables : l'achèvement de la Flore de France de MM, Costo et 
Flahault el l'achèvement du Sylloge Algarum par De Toni. 

La Flore de France par l'abbé H. Costa el Gh. Flahault ne traite quo 



172 

les Phanérogamos et les Cryptogames Tascalaires ; elle forme trois gros 
volumes et décrit — en français — 4354 espèces. Pour ehacnne de ces 
espèces une figure excellente, représentant les détails caractéristiques, 
accompagne le texte ; le travail du dessinateur seul est vraiment colos- 
sal. Commencée le 25 juin 1900^ la Flore s'est achevée en moins de sept 
années. 

Du Sylhge, le cinquième volume est en vente; il comprend les Myxo- 
phycécs et a pour auteur le D' Achille Forli de Vérone. C'est le travail le 
plus complet qui ait paru jusqu'à ce jour sur ces Algues inférieures, et 
l'on peut aflirmer que pendant bien des années, il restera le seul. 

Le Sylloge, commencé en 1889, a donc mis 18 années pour arriver à sa 
fin. Tout Touvrage est écrit en latin ; chaque espèce aune diagnose 
très détaillée, une liste étendue de toutes les stations connues, une syno- 
nymie complète. Aucune figure. 

Voiei, pour donner une idée de ee monument scientifique. Tindication 
des cinq volumes. Ajoutons que le Sylioge coûte 427 francs. 



Vol, 



I. 

tl. 


Chlorophycées . . 
BaciUariées. . . 


• • . 

• • • 


Nombre de 
peget. 

1815 

1556 


Nombre dee 
espècM diorites. 

2978 

5741 


III. 


Fucotdées . • • 


• . a 


688 


1047 


IV. 


Floridées . . . 


• . • 


1978 


8094 


V. 


Myxophycées . . 
Total 


• • • 


751 


1585 




6288 


14445 










J. Ch. 



Le Monde Vôgôtal par Gaston Bornibk, 230 figuros dans le texte. 
Paris, chez Flammarion, 3 fr. 50. 

Le savant professeur do la Sorbonne, auteur de L'Enchaînement dei 
Organismes, de la Flore complète de France (collaboration avec 6. de 
Layens), du Cour» de Botanique (collaboration avec Leclere du Sablon), 
publie ce volume de vulgarisation que je voudrais voir entre les mains 
de toutes les personnes de culture intellectuelle. C'est sous forme de 
résumé, ce que chacun devait savoir en Botanique, même les médecins 
et les avocats qui veulent se tenir au courant des grands problèmes de la 
nature ; c'est un livre vraiment agréable & lire, qui se place à juste titre 
dans la Bibliothèque de Philosophie scientifique. 



178 

Voiei les titrei des grandes divisions de l'oavrage : 
1. Histoire de la flenr. 
3. Idées successives sur la constitution des groupes. 

3. Découvertes et progrès dans l'étude des Cryptogames. 

4. Entre les plantes sans fleurs et les plantes à fleurs. 

5. La donble individualité du végétal. 

6. Critique de la elassificatioa actaelle. 

7. Notion expérimentale de l'espèce. 

8. Création actaelle des espèces. 

9. Transformisme expérimental. 

10. Expériences sur les modifications par le climat. 

11. La vie dans l'obscurité complote. 

12. La génération spontanée. 

Et nous, les botanistes, (lu'avons-nous à gagner par la lecture du livre 
de Gaston Bonnicr ? Beaucoup, je vous assure, ne fût-ce qne le plaisir do 
retrouver groupés autour de lumineuses hypothèses les faits que nous 
connaissons déjà. J. Ch, 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES 



Dl LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BEMilQUE. 



WMVI 



ANNEE 1907. 



Séance du 6 octobre 1907. 
Présidence de M. J. Chalon, président. 

La séance est ouverte à 14 h. 1/2 au Jardin Botanique 
de l'Etat. 

Sont présents : MM. Gh. Bommer, J. Ghalon, L. Goo- 
mans, Y. Goomans, Ein. De Wildeinan, Em. Durand, 
Maur. Hespel, Ad. Isaacson, H. Schoûteden, P. Van 
Aerdschot, M«'"« Jos. Wéry el M. Th, Durand, secrétaire 
général. 

MM. Ch. Aigret, A. Bris, Alf. Gogniaux, Aug. Gravis, 
Em. Marchai, Raym. Naveau, E. Pàque et Van Bambeke, 
empêchés, se font excuser. 



A chaque séance nous avons la douleur de constater 
que de nouveaux vides se sont faits dans nos rangs. 
Depuis la dernière séance, nous avons perdu trois mem- 
bres actifs : MM. Gust. Soreil, Henri Forir et J. P. Koltz. 

Goslave Soreil. — Ge sont les lignes suivantes, de 
Vhidépendance belge^ qui nous ont appris la disparition de 
notre distingué confrère : 

a Nous apprenons avec regret la mort de M. Gustave 
Soreil, décédé à Maredret. » 

« M. Soreil — pour ceux qui l'avaient approché, 



176 

c'était le pére Soreil — avait consacré une grande partie 
de sa vie à l'élaboration des plans de l'abbaye de Mared- 
sous et à leur exécution. Aussi était-il membre correspon- 
dant de la Commission royale des monuments. C'était, 
de plus, un savant géologue, qui fut président de la 
Société géologique de Liège. Nul ne connaissait, comme 
lui, les détails géologiques de la contrée, si compliquée, 
de Dinant, et il en avait donné la carte tout dernière- 
ment. B 

<r Régisseur d'un grand domaine, il se plaisait aux 
expériences pratiques de l'arboriculture et de la sylvi- 
culture. » 

« C'était un modeste, un esprit large et un caractère 
loyal. Tous ceux qui Tout approché le regretteront 
vivement. » 

6. Soreil s'était rattaché à notre Société, il y a près de 
vingt ans [1887]. II connaissait bien la flore de la pitto- 
resque région qu'il habitait, et dans le Prodrome^ son 
nom est plus d'une fois répété par exemple pour les 
Orobanche purpurea et Picridis^ découverts près de 
Maredsous. 

Henri Fortr. — C'est avec une profonde émotion 
que nous avons appris que H. Forir est mort subite- 
ment, le 14 juillet dernier. Né à Liège le 1"^ janvier 1856, 
il fut de bonne heure attiré vers l'étude des sciences. 
Forir fit partie du Cercle des jeunes botanistes liégeois 
qui, de 1872 à 1878, imprima une si vive impulsion à 
Tétude de la flore de cette province. U suffit de parcourir 
les trois fascicules des Matériaux pour servir à Vétude de 
de la flore liégeoise (l) pour se rendre compte de l'ardeur 
avec laquelle il herborisa. 



(1) Bull. Soe. ray. dt bot. de Belgique, Xlf (1878), XllI (1874) et XiV 
(1876). 



1T7 

Forir, ayant conquis son diplôme d'ingénieur des 
mines, après de brillantes études, fut nommé répétiteur- 
conservateur de géologie à TUniversité de Liège. Dés 
lorsy il consacra tout son temps à des travaux géologiques 
qui le firent rapidement connaître. 

Lorsque Gust. Dewalque, qui fut des nôtres aussi, 
abandonna le secrétariat général de la Société géolo- 
gique de Liège, qu'il avait fondée, Forir lui succéda et 
il conserva jusqu'à la fin de sa vie cette fonction qui 
demande autant d'activité que de désintéressement. Il 
collabora activement à la grande carte géologique de 
notre pays et publia de nombreux mémoires. 11 espérait 
toujours revenir à la botanique; aussi, en 1897, se fit-il 
recevoir membre de notre Société. 

Son amour ardent pour le travail et son inlassable 
obligeance en firent la proie du surmenage. Tous ceux 
qui l'ont connu n'oublieront jamais ce savant modeste, à 
l'âme droite, au cœur chaud. 

J. P. jr. Rolti. C'est tout-à*fait par hasard que nous 
avons appris la mort de notre excellent confrère du 
Grand-Duché de Luxembourg. Notre Bulletin lui doit 
plus que quelques mots, et nous espérons pouvoir lui 
consacrer une notice dans un de nos prochains fasci- 
cules. 

Le procès- verbal de la séance extraordinaire du 22 juin 
est lu et adopté. 

MM. Ad. Isaacson et Gilta et M. Mod. Guns ont déposé 
des travaux faisant connaître de nouvelles habitations de 
plantes intéressantes pour la flore belge (Commissaires : 
MM. £m. De Wildeman et Th. Durand). 



178 

M. Th. Durand lit une notiee, intitulée : Quelques pages 
sur Vétat de nos eonnaistanees en fiorisUque belge. 

L'assemblée décide que ce travail paraîtra dans le 
compte-rendu de la séance. 



M. Gh. Bommer résume quelques-uns des résultats de 
ses études sur la Flore Wealdienne du Hainaut. Il attire 
l'attention sur le fait que beaucoup de types très évolués, 
appartenant notamment au groupe des Abiétinées, pré- 
sentent, déjà à cette époque éloignée, une structure aussi 
évoluée que celle qui les caractérise de nos jours. 

A la demande du Président, M. Bommer promet de 
donner, pour le Bulletin^ un résumé du grand mémoire 
qu'il prépare sur cette question. 

Le secrétaire général appelle l'attention des membres 
sur la fondation appelée 

PRIX EMILE LAURENT. 

(Première période : 1907 1908.) 

Un prix biennal de 900 francs (1) est décerné alternotivcmcnt : 

l** A Tautear belge ou aux auteurs belges du meilleur travail relatif à 
Cétude de la flore ou des producUons végétales de l'Etat Indépendant du 
Congo (y compris les travaux d'anatomie et de physiologie des plantes 
congolaises) ; 

3* A l'auteur belge ou aux auteura belgea du meilleur travail relatif à 
la botanique, y compris ses applications agricoles et horticoles (à l'exclu- 
aion des travaux visés par le {•), 

Lca ouvrages présentés peuvent èlre manuscrits ou imprimés. 

Lea ouvrages imprimés doivent avoir été publics pendant les quatre 
années qui précèdent la eldture de la période du concours. 



(1) Sauf variations rcaultant de modifications du capital ou du taux 
de l'intérêt. 



179 

Les mtnuflerits feront signés. Le pris remporté par br trerail 
manascrit no sera délivré que contre la présentation, dans le délai 
maximutn d*an an, à dater du joar de la proclamation des résoluts du 
concours, d'un premier exemplaire imprime, conforme an manoscrit 
couronné. 

Le jary pourra toujours, s'il le juge convenable, diviser le prix en 
deux parties égales ou inégales 

Dans le cas oà le prix ne serait pas décerné, le montant servira à 
augmenter le capital. 

Les résultats du concours seront proclamés dans la séance publique 
annuelle de la Classe des sciences. 

La première période de ce concours (Flore et Productions végétales en 
Congo), ouverte le V janvier 1907, sera close le 81 décembre 19U8. 

Seuls, les ouvrages écrits en français (Ij, portant la mention « concours 
pour le Prix £mile Laurent i et adressés (franc de port) à M. le Secré- 
taire perpétuel de l'Académie royale de Belgique, au Palais des Acadé- 
mies à Bruxelles, avant la date de clôture de chaque période, seront 
admis tt concourir. 



Le secrétaire général signale également la question 
suivante, mise au concours (période de .1907-1908) par 
la Société des sciences^ des arts et des lettres du Bainaut. 

H exitte, dans la psrlit iepientrionale du ba$$in de la Haines mire la 
plains alluviale elle plaleau limoneux du nord du Hainaul, una région i 
êol sableux 8*étendant de Goltigniei jusque vers Bonsecoun. ^ On 
demande une étude sur U flore de cette région, spécialement au point de 
vue des analogies qu'elle présente avec la flore campinienne. 

Les mémoires seront rédigés en français. 

Ils seront remis franco, avant le 31 décembre 1908, chez M. Williquet, 
Greffier provinciol. Secrétaire général de la Société, Avenue d'Havre, 
n» 22, à Mons. 

Les concurrents ne signent pas leurs travaux i ils y mettent une devise 
qu'ils répètent sur un billet cacheté renfermant leur nom et leur adresse, 



(l) L*usage du latin est admis pour les travaux de systématique. 



180 

ainsi qu'une ddclar&tîon que leur œurro est inédite et qu'elle n'a pas été 
récompensée par d'autres sociétés savantes* 

L'exactitude la plus grande dans les citations est exigée ; à cet effet, 
les concurrents in Jiquoront non seulement les titres, mais aussi les édi- 
tions et les pages des livres cités. 

La Sdciotc prie les auteurs de présenter leurs manuscrits sous forme 
de cahiers. 

Seront exclus du concours, les concurrents qui se font connaître de 
quelque manière que ce soit. 

Le prix consiste en une médaille d*or frappée au coin de la Société. 
La Société p3Ut accorder des mentions honorables, avec ou sans médaille, 
aux travaux qui ne lui paraîtront pas mériter le prix. Ces médailles 
seront do vermeil, d'argent ou de bronze. 

Lorsque la médaille d'or est décernée, le billet cacheté joint au 
mémoire est ouvert on séance de la Société, et le nom qu'il contient est 
immédiatement proclamé. 

Loriqu*unc autre réco.npcusc est accordée, le billet cacheté, joint au 
mémoire, est ouvert par le Président assisté du Secrétaire général. Ce 
dernier s'adresse à l'intéressé pour savoir s'il accepte la récompense. 
Dans l'aHirmative, le nom est publié; si l'auteur refuse, le Président et le 
Secrétaire général sont tenus d'honneur à garder le secret le plus 
absolu. 

La Société peut décider rimpression dans ses « Mémoires et Publica- 
tions • des travaux récompensés. Dans ce cas, les auteurs ont droit à 
cinquante exemplaires de leur œuvre, tirés à part» 

La So3iëté devient propriétaire des manuscrits qui lui 
sont aireâsës. Les a-iitears, qai justifient de leur qualité, 
peuvent en faire prendre des copies à leurs frais. 



IToavMiax membreB. — M"*'^* Fritsché, MM. J; Houzeau 
de Lehaie, P. Fitschy, P. Janson, D' Lefils, Fél. Plateau 
et Fréd. SeebrechtSt présentés à la dernière séance, 
sont proclamés membres effectifs. 

MM. Aug. Dolisy, présenté par MM. Gh. Bommer et 
Th. Durand, 



181 

MH. Gilta, présenté par MH. \d. Isaacson et 
Th. Durand, 
Mod. Guns présenté par MM. £m. De Wildeman 
et Th. Durand 
demandent à faire partie de la société. 



Sobventlon de la Soelélé Botanique. — Le jury, 
composé des membres du Conseil, chargé de décerner la 
subvention de 500 fr. pour encouragement à l'étude de 
la Botanique» s est réuni le 3 août au Jardin Botanique 
de l'État. 

Etaient présents : M. J. Ghalon, président, MM. Gh. 
Bommer et £. Pàque> vice-présidents, MM. L. Goomans, 
y. Gomans, Th. Durand et P. Van Aerdschot. 

Après un examen attentif des titres et demandes des 
candidats, le Jury a passé au vote, au scrutin secret; 
par 7 voix sur 8 votants; la subvention a été accordée à 
M. P. Fitschy, de Liège. 



L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée 
à 16 h. 1/2. 



182 



QUELQUES PAGES SUR LËTAT DAVANCEHENT DE NOS 
CONNAISSANCES M FLORISTIQUE BELGE 

par Th. Durand. 

Nous avons le plaisir d'annoncer rachèvement du 
Prodrome de la flore belge. L'ouvrage complet forme trois 
volumes, ayant près de 2150 pages. Le 1" fascicule 
parût au mois de septembre 1897, le IS*"* et dernier 
sera distribué dans quelques jours. Les volumes letU sont 
l'œuvre de M. Em.De Wildeman; ils contiennent toute 
la Cryptogamie et valurent à leur auteur le prix Crépin 
pour la période 1894-1897; le volume III, que nous 
avons rédigé, conlient la Phanérogamie, des Additions et 
corrections et une Table alpliabéti(|ue de to.is les noms et 
synonymes des trois volumes. Le fasc. 15 et dernier, 
qui vient se placer en tête du tome 1, contient des Consi- 
dérations générales^ résumées dans les pages suivantes. 

Si nous ne nous trompons, la Belgique est le seul 
pays d'Europe possédant un relevé complet de son per- 
sonnel floral, avec la dispersion détaillée de chaque 
espèce. C'est la mise au point de toutes les recherches 
effectuées sur notre territoire, depuis trois siè^Jes et 
demi, et les noms des premiers collecteurs ayant été 
donnés pour chaque habitation, on peut facilement voir 
ce qui revient à chacun, dans cet effort collectif pour 
arriver à la connaissance de notre flore. 

Notre Société peut s'enorgueillir à juste titre, de l'im- 
pulsion qu'elle a donnée à ces recherches, car on retrouve 
à chaque page les noms de ceux, qui furent ses fonda- 
teurs ou ses membres les plus fidèles. 

Au 1*' janvier 1906, on connaissait en Belgique 8896 



188 

espèces. Gela^ ne veut pas dire que le nombre des espèces 
qui y a été indiqué^ n'était pas plus élevé, mais c'est 
le chiffre qui reste aprè^ une étude critique sévère des 
documents accumulés. 11 est juste de signaler que ce tra- 
vail d'épuration, pour la Phanérogamie, a été entrepris, 
et pour ainsi dire achevé, par un homme dont le nom 
restera indissolublement uni aux recherches sur la flore 
belge, Fr. Crépin. C'est lui qui débarrassa nos flores de 
toutes leurs richesses factices. Il sufllt, pour s'en con- 
vaincre, de comparer les listes des espèces, données dans 
la Florula belgica deDumortier, le Compendium florae bel- 
gicae^ de Lejeune et Courtois, les Flores belges de Mathieu 
et de Hannon, avec le tableau dressé dans la première 
édition du Manuel de la Flore de Btlgique. 

Dans un chapitre intitulé Espèces douteuses ou exclues^ 
nous avons donné l'énumération de 728 de ces espèces, 
réparties en quatre catégories. 

1) Espèces obscures [19]. 

2) Espèces mal déterminées ou dues à des indications 
volontairement fausses [321J. 

3j Espèces rencontrées accidentellement [199j. 

4) Espèces plantées ou sorties des cultures [189]. 

Il y a certainement plus que des erreurs de détermi- 
nation de la part de ceux qui afiirmaient avoir trouvé 
dans notre paysi YAndromce septentrionalis, VEphedra 
distachya, le Gentiana lutea^ etc. 

Aux abords des grandes villes ou dans les centres 
industriels, on trouve toujours des espèces exotiques, 
apparitions la plupart sans lendemain. Au fond, la pré- 
sence au milieu de la végétation indigène, de ces étran- 
gères de passage, ne présente aucun intérêt scientiflque. 
Nous voudrions mettre en garde, en passant, ceux qui 



184 

consacreat leur temps à les rechercher. II y a des obser- 
vations infiaimeat plus intéressantes à faire sur les espèces 
appartenant réellement à notre flore, soit au point de 
vue géo-botanique, soit au point de vue biologique. 

Sans doute, certaines espèces étrangères ont fini par 
obtenir chez nous la grande naturalisation; d'autres 
sont des candidats sérieux et l'obtiendront peut-être ; 
surveillons-les, suivons leur pénétration dans le pays, 
mais ne perdons pas notre temps à des déterminations 
trop souvent douteuses, tant ces étrangères sont défor- 
mées sous Tactioi) de conditions de milieu par trop 
différentes. 

Pourtant, un paragraphe spécial a été consacré à 
36 espèces « qui se rencontreront sans doute encore 
dans notre pays au moins à titre d'espèces naturalisées > ; 
citons notamment : 

Agropyrum rigidam. Polygala Cbamaebuxuf. 

Catnpanula pusilla. Polygonum viviparuni. 

Carcx Heleonastdfl. Rinuncalus tripartitus. 

Gypripediam Galceolas. Rubas tomentoiua. 

Damasoniam stellatum. Seirpua pungens. 

Eaphorbia paloatria. Sedam Cepaea. 

Hutchiniia petraea. SemperriTum arvctrneiite. 

KLocbia birauU. Senecio maritimus. 

Oenantbe pimpiacUoides. Soseli aaouam. 
Oiionîa hireina. » montanam. 

Orobas Ternos. TroUiua earopaeua. 

Paparer bybridum. Yiacetoxicam nigram. 

Poa glauea. Viola persîcifolit. 



En 1885, Fr. Grépin donnait le tableau suivant des 
espèces phanérogames de la flore belge. 

Espèces indigènes 1192 

Espèces naturalisées 61 

Espèces subspontanées .... 125 



185 

Si Dous laissons de côté les plantes cultivées en 
grand, il reste environ 140 plantes» plus ou moins bien 
naturalisées, que l'observateur a des chances de rencon- 
trer dans ses herborisations; 22 de ces espèces étaient 
déjà connues dans notre pays avant 1800, 67 ont été 
trouvées pour la-première fois entre 1800 et 1836, 10 de 
1837 à 1859, le reste, de 1860 à 1885. 

Les dernières arrivées sont : 

Ornithopnt comprMsat. Amaraotuf albnt. 

Primala Tolgaris. Ambrosia artemiaiaefolia, 

Uicraciam amplexicaule. Anthoxinthain aristatam. 

Lepidiam virgiaicam. Geraniam Endresti. 
Sinapia jaocaa. 

A côté de ces nouvelles venues, il n'est pas sans intérêt 
de rappeler les noms des espèces introduites, connues 
dans notre pays depuis plus de trois siècles et demi. 

Antirrhinum majua. Melilotoa albui. 

Artomisia Abiiathiam. Melissa offîciaalis. 

Borrago officinalia. Oxalia eorniculata. 

Chciraiilhus Cheiri. SemperTirum teetorum. 

Datura Stramooium. Pyrethram Pariheniam. 

Eaphorbia Lathyria. Ulex earopaeua. 
Hyasopoa oflieinalii. 

Si nous abordons maintenant Teauimen du personnel 
floral indigène, constatons tout d'abord l'immense 
progrès réalisé en trente cinq ans. Avant 1870 on n'y 
comptait que 2400 cryptogames, au commencement de 
1906, le chiffre de 7000 était dépassé. 

Dans les deux volumes consacrés à la Gryptogamie, 
M. £m. De Wildeman a rangé les habitations par 
provinces; cela était nécessaire vu le petit nombre relatif 
d'observations faites dans tout le pays. 

£q 1902, nous avons donné dans nos Bulletins un 



1«6 

tableau des Cryptogames classées par provinces. Oa 
remarquera, en le comparant avec celui donné dans 
l'introduction du Prodrome, des différences assez 
sensibles (0. Nous avions alors attribué au\ diverses 
provinces les indications générales comme < dans tout le 
pays » . Pour les tableaux de l'Introduction du Prodrome, 
nous avons, en remontant aux sources, restreint ces 
données générales, et cela a amené pour presque toutes 
les provinces un abaissement des chiffres donnés. 

Ainsi pour leNavicula viridis{Pro{\. I, 60), la disper- 
sion est donnée comme suit: <Lg.: env. de Spa[De 
Wild.). — C. (Van Heurck) ». En 1902, nous avions 
admis que celte espèce existait dans tout le pays; c'est 
plus que probable, mais maintenant nous avons cru plus 
exact de ne prendre en considération que l'indication 
positive, et les cas de ce genrj sDut fort nombreux. 

Nous avons aussi tenu compte du chapitre Additions et 
corrections du Prodrome, publié en li)05. Il renferme 
de nombreuses données nouvelles, notamment pour le 
firabant, la Flandre occ. et le Limbdurg. Nous croyons 
donc que les chiffres suivants, représentent bien le nom- 
bre de Cryptogames constatées avec certitude dans cha- 
cune des provinces. 

Brabaot 4075 Finndrcor 1510 

Liège 2616 Anvers 910 

Namar 1936 Uainaut ...... 708 

Flandre occ 1641 Limboupg .... 629 

Luxembourg 1535 

On voit quel vaste domaine la Cryptogamie offre 
encore à l'activité des botanistes belges. 



(1) Dans le tableau de 1908, il fallait lire : Au vers 980, au lien dt680. 



187 



Seul le Brabant a élé sérieusement exploré au point de 
vue cryptogamique; c'est ce qui lui donne dans ce 
tableau une place qui n'est certainement pas en rapport 
avec sa richesse florale comparée, par exemple, à celle 
de Liège, dont la flore doit être infiniment plus variée, 
et qui vient en second, avec un écart énorme. Que dire 
du Luxembourg avec 1535 cryptogames! 

D'autre part, tandis que 420 Algues ont été indiquées 
en Brabant, sur les 1228 connues en Belgique, on n'en 
connaît que 209 en Flandre orientale. 

Pour les Mycètes, les chiffres sont encore plus élo- 
quents : 

Espèces connues en Belgique 5709 

» Brabant 3251 

» » Liège 1685 

• n Namnr 1838 

I I Flandre or 1069 

» » Flandre occ. . . ... 990 

» » Luxembourg ... 813 

» » Hainaut 278 

» » AuTers. . 258 

» > Limbourg 1S7 

La dispersion des Bryophytes est infiniment mieux 
étudiée, et le classement des provinces, suivant leur 
richesse à ce point de vue spécial, est bien plus conforme 
à la réalité : 

Espèces connues en Belgique 582 

Liège 476 

Luxembourg 441 

ffamnr 419 

Brabant 305 

Anrcrs 244 

Hainaut 238 

Flandre or 176 

Limbourg 185 

Flandre ooe. • . • • . 180 



188 

Si nous avions tenu compte des données récentes 
recueillies par la Section bryologique, sous l'énergique 
impulsion de notre regretté confrère Ârth. Mansion, tous 
ces chiffres eussent subi de notables augmentations. La 
découverte d'une série de Bryophytes nouvelles pour 
notre flore, et cela dans les provinces bien explorées» 
montre que^ même dans la branche la mieux étudiée de 
la Gryptogamie, il reste encore beaucoup à faire. 

HP** Jos. Wéry a repris, en Algologie, la succession de 
M. Em. De Wildeman, mais nos confrères Lochenies et 
Mansion ne sont pas encore remplacés, surtout le 
premier, qui s'était adonné aux recherches lîchénolo- 
giques trop négligées dans notre pays. 

Il ne faut pas se dissimuler que, si le nombre des 
Cryptogames dont la présence a été constatée avec certi- 
tude est considérable, ce n'est, dans bien des cas, que 
sur un ou deux points du pays. 

Nous savons que nos œnfrères Elie Marchai,!. Massart, 
Péters et Sladden ne laisseront pas tomber la Section 
bryologique, mais des sections semblables, pour les 
autres branches de la Gryptogamie, rendraient d'inappré- 
ciables services. 

On trouve dans le Prodrome un tableau statistique 
de la flore belge, donnant par classes, puis par familles, 
la richesse végétale de chaque province. 



En ce qui concerne la flore phanérogamique belge, les 
données sont infiniment plus nombreuses. Depuis trois 
siècles et demi, des centaines d'observateurs ont scruté 
patiemment les points les plus divers de notre pays. Dès 
1866, l'accamuiation des matériaux permettait à François 



189 

Grépin de substituer, aux divisions politiques, des 
régions botaniques. Depuis, les dernières espèces < trou- 
vables » ont été découvertes, et il semble à peine 
possible que notre flore puisse encore être enrichie de 
quelques unités. 

Notre flore indigène comprend 465 genres et 1258 
espèces. En 1885, Fr. Grépin donnait le chiffre de 1192 
espèces indigènes. Il ne faudrait pas en conclure que, 
durant ces dernières années, plus de 65 espèces indigènes 
ont été découvertes sur notre territoire. 

Get écart provient d'une manière différente de com- 
prendre Vespèccy notamment dans le genre Rubus. 

On connaissait 348 espèces à la fin du seizième siècle, 
dans les limites actuelles de la Belgique ; 670 à la fin du 
18"«; 1121 au milieu du 19"». G'est la brillante époque 
des recherches d'une pléiade de botanistes, dont les noms 
sont indissolublement unis à Thfstoire de la botanique 
dans notre pays : Roucel, Dessin, Lejeune, Courtois, 
Hocquart, P. Michel, Desmazières, Dumortier, J. Kickx, 
Dekin, Passy, Tinant. 

1854 marque le point de départ d'une nouvelle et 
féconde période de recherches. En sept ans, 67 espèces 
indigènes sont découvertes par Eug. Goemans, Fr. Gré- 
pin, Âug. Bellynck, Yict. Barbier, Gl. Determe, Fennin- 
ger, Mac Leod, Yandenborn, Scheidweiler, Arth. Mar* 
tinis, Moreau, Remacle, Van Haesendonck, Baesen, 
Blaize et Gravet. 

En 1862, notre Société est fondée ; nous retrouvons, 
dans ses premières listes de membres, presque tous les 
noms que nous venons de citer. Sa création engendre une 
véritable fièvre de recherches. — Il semble que tout doit 
être connu et pourtant de 1862 à 1893, les années 1871, 



190 

1874, 1876, 1878, 1879, 1883, 1887, 1891 et 1892 sont 
les seules où la flore phanérogamique n*est pas enrichie 
de quelques espèces. Les espèces cryptogames nouvelles 
se chiflrcnt par milliers. L'Introduction du Prodrome 
[pp. 18-22] donne le tableau de ces accroissements 
annuels de la flore. 

Fr. Grépin a tracé de main de maître la caractéristi- 
que des zones et régions botaniques de la Belgique, 
notamment dans le chapitre IX de la seconde partie du 
Gtiide du botaniste en Belgique. Il était inutile de redire 
tout ce qu'il a si bien dit, aussi dans la première partie 
du chapitre Régions botaniques et espèces largement répan- 
dues [Introd. pp. 25-38], n'avons-nous eu en vue que de 
compléter les données déjà acquises. La fin de ce chapitre 
a été consacrée à des tableaux complémentaires. 

Sur les 1258 indigènes qui composent notre personnel 
floral, 360 ont été observées dans toutes les zones et 
régions botaniques. Il ne faudrait pas en conclure que 
toutes sont des espèces communes.^ Sans doute on n'est 
pas surpris de rencontrer dans celte liste Lemna minor, 
Scirpus lacustris, Eleocharis palmtris^ Carex glauca, 
Anthoxanthum odoratum, Poa annua, Taraxacum dens^ 
leonis^ eic, mais on y remarque aussi quelques bonnes 
plantes, telles que : Potamogeton alpinus, Typha atigusti- 
folia, Accrus Calamus (indîg.); Epipactis palustris^ 
Ranunculus Linguay Lepidium ruderale, Parnastia 
palustris, Pyrola rotundifolia, Hottonia paluttris, Vtricu- 
laria vulgaris et V. neglecia. 

Une deuxième liste (115 espèces) comprend l'énuméra- 
tion des espèces observées dans toutes les zones et régions 
du pays (la zone maritime exceptée). On y trouve plus 
d'une espèce que l'on aurait, sans hésitation^ rangée au 



191 

nombre des espèces qui doivent croître partout : 
Arum maculatumf Carex sylvatica^ Alopecurus pratensis^ 
Deschampsia ca&spitosaf Poa nemoralis^Juncuscompressus^ 
Convallaria majalis, Saxifraga granulata, Epilobium 
montanum, Aegopodium Podagraria^ Teucrium Scoro- 
donia, Galium cruciata^ Campanula Trachelium^ 
Arnoseris minima, etc. 

Une troisième liste donne Ténumération de 105 espèces 
qui font défaut dans la région poldérienne et la zone 
maritime^ mais existent dans tout le reste du pays. 

Ici encore, il y a un bon nombre de soi-disant 
c vulgarités » : Carex leporina et remota, Milium effusum^ 
Holcus mollis^ Deschampsia flexuosa^ Bromus asper, 
Polygonatum multiflorum^ Polygonum dumetorum, Oxalis 
Acetosellaf Sedum album, Epilobium obscurum, Hieracium 
sylvaêicumf etc. 

Une dernière liste contient enfin Ténumération de 
26 espèces qui existent dans toutes les régions du pays, 
sauf la région ardennaise. 

A ce chapitre de Considérations générales^ M. De Wilde- 
man a ajouté une liste de plus de 600 travaux sur la flore 
belge. Elle est accompagnée d*un répertoire qui permet 
aux personnes encore peu initiées de se retrouver au 
milieu de cette littérature spéciale déjà considérable* 

Nous espérons, que ces données intéresseront nos 
confrères et qu'elles les stimuleront en leur montrant que 
Tœuvre, à laquelle notre Société s'est si largement consa- 
crée, est loin d'être achevée. 



14 



ESSAI 

DB 

GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 

DBS 

IISTBICTS UTTOBiDI ST ALLUVIÀDI 

DE LA BELGIQUE 
par JBAN MASSART(l). 



IV. ^ GOMPARAISOM DU CLIICAT DU LITTORAL DB LA BkLGIQUS 
AYBG GBL0I D0 LJTTOBAIi DB L'BUROPB OGGIDEKTALE 
MOYENNE. 

L'exposé que nous venons de faire du climat du littoral 
de notre pays resterait incomplet si nous n'y ajoutions 
quelques données sur le climat des littoraux qui conti- 
nuent le nôtre vers le NE. (Néerlande» Allemagne, Dane* 
mark) et vers le SW. (France). En efifet, il est intéressant 
de savoir jusqu'où, dans les deux sens, les conditions 
climatiques restent assez semblables à celles du littoral 
belge, pour que les habitants de nos dunes, de nos 
schorres et de notre plaine alluviale puissent s'étendre 
vers le NE. et vers le SW. C'est là une question que nous 
aurons à nous poser très souvent quand nous tenterons 
de rechercher l'origine de notre flore littorale et alluviale. 



(1) Suite, Toir p, 59. 



193 

Gomme nous aurons aussi à nous demander, à propos de 
nombreuses espèces, si celles-ci ne nous sont pas arri- 
vées de TE. y j'ai cru utile de comparer également notre 
littoral à celui de la Baltique, dans sa partie méridionale. 
C'est pourquoi le tableau G porte aussi les observations 
relatives à Memel. 

Le tableau G a été extrêmement long à dresser. J'avais 
espéré que la connaissance du climat permettrait de 
comprendre certaines des particularités de la flore litto- 
rale; j'ai été profondément déçu et regrette maintenant 
le temps que ma femme et moi avons consacré à dépouil- 
ler les annuaires météorologiques et à calculer des 
moyennes. — Pourtant je reste convaincu que si on 
connaissait le climat, tel qu'il intéresse la végétation, et 
non tel qu'il intéresse les météorologistes, nous arrive- 
rions à mieux pénétrer la géographie botanique. Le 
tableau G est donc destiné dans mon esprit à montrer 
combien sont grandes les lacunes des observations mé- 
téorologiques plutôt qu'à définir réellement le climat du 
littoral NW. de l'Europe. 

Les nombres du tableau G (p. 194 et suiv.) sont 
empruntés aux Annales du bureau central météorologique 
de France^ au Meteorologisch Jaarboek (Néerlande), au 
Deutsches meterologisches Jahrbuch et au Meteorologisk 
Aarbog (Danemark). 

Pour les années 1891 et 1892, Brest est remplacé par 
la Pointe-Saint-Malhieu, situé à une vingtaine de kilo- 
mètres à rw. de Brest. 

Rappelons ce qui a été dit à la page 96. L'année com- 
mence le !•' décembre, pour finir le 30 novembre ; 1891 
signifie donc : du l*' décembre 1890 au 30 novembre 
1891. — Hiver signifie : décembre, janvier, février, 



TABLEAU 

aimtU de FEtt 



rope oceidtntale. 



Jour* 

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78 


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86 


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17 


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15 


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63 


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6 


16 III 


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80 


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6,4 


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3 


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80 


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79 


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77 


78 


6,6 


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78 


67 


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659,0 


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374,! 


703.8 


97.9 


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833.6 


434,0 


89,8 


346,3 


814^ 


78.7 


14e,S 


55^3 


39,3 


307,3 


693.3 


31,0 


166.6 


716,8 


65,8 


286,4 


436,8 


18,9 


187,3 


848,6 


48.3 


SK»;? 


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66,3 


330.1 


796,4 


75.4 


819,3 


685,8 


68^ 


3)4,3, 


646,8 


60.3 


236,1 


601,8 


68,1 


311,8 


703.8 


71.6 


3M,6 


614,3 


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369,1 


438,8 


66,1 


316,6 


1051,7 


19,0 


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104.4 



106 




















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656,0 


69,7 


256,3 


16 


11 


10 


8 IV 


11X1 


87 


88 


82 


6,0 


785.9 


98.4 


359,ffi 


17 


5 


10 


81V 


8X1 


88 


80 


77 


4,5 


1 618,4 


89,9| 360,71 


56 


80 


10 


eiv 


BX 


85 


81 


78 


6,2 


1744,8 


184,S 


J 256,1 



Ucele. . . 
PIciainBue , 
Hcldor . . 
Hiiitriehl . 
Borkum. . 
Wilhelroib»Tcii 
K.eitum , . 
F»d5. . . 
V«iter*[g . 



Breit. . . 
Daukerquc. 
I^m. . . 
UccIb. . . 
Fleaiingae . 
Heldei- . . 
MtBBirlchl . 
Borkum. . 
Wllhclmihtren . 
Kcilum . . 
FauS . , . 
VeiterTJg . 



Mamel . 



Breil. . . 
Dunkerqnc. 
P»rii. . . 
l'cdo . . 



18.7 


33,3 


14,' 


8,9 


13.1 


19.1 


11,8 


8,5 


15,0 


33.1 


1IÎ.9 


6,5 


14,4 


23,3 


i4,a 


6,0 


13,4 


18.8 


11,1 


? 


11.9 10.3 


a.7 


7.6 


14,3; 23,1 


13,8 




11,3 18 


9,3 


7^4 


11,3! 18,9 


P.r 


8.3 


11.3 


18,1 


8,8 


6,7 


11,3 


18,2 


9,3 


6.4 


10,4 


17,0 


8,2 


5,8 


10,5 


17,6 


7.f> 


5,7 


10.0 


18,4 


7,6 


6.1 


17,6 


34,0 


14.S 


9,1 


18.9 


19,9 


11,3 


8,5 


16,8 


34,4 


14,5 


8,5 


14,9 


28,5 


12,7 


5,8 


13,6 


18,8 


9,9 


6,8 


15.0 33,7 


12,0 


7,1 


13,1 18,5 


9,3 


8,9 


12,3, I«,8 


10,S 


6.4 


12.0 18.8 


9,7 


7,3 


13,0 19,3 


8,7 


6.6 


11,4' 18,0 


8.1 


5,7 


11.71 19,9 


8.3 


ti.O - 


10.7 


18,4 


8.8 


5.4 - 


16,3 


33.8 


18,5 


8.4 


18,2 


30,2 


11,1 


7.7 


lô,5 


34,J 


l."j,8 


6.9 


14,0 


33.8 


13,3 


5,.|- 



9,3 


4,8 


9,0 


5,0 


8.4 


3.1 


7,3 


2.6 




T.0 


83 


5.6 


8^ 


4.9 


8,2 


5.8 


6,9 


3.0 


7.6 


4.0 


7,8 


3.3 


5,9 


3,8 


6,3 


ao 


8.9 


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8,6 


4,8 


9,1 


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2 1 


• 

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86 


141 


23X11 


88 


68 


76 


*fi 


685,0 


> 128,1 


180,2 








9 


21111 22X11 


83 


81 


82 


5,4 


428,:j 


103,6 


108,6 


A 





42 


6 IV 


2X1 


72 


64 


67 


4,7 


681,1 


122,2 


191,3 


2 





81 


2 IV 


20X1 


84 


80 


78 


7,7 


548,7 


107,8 


173,4 


1 





8 


S8I1 


21 X 


? 


76 


75 


4.4 


451,9 


82,0 


153,4 








7 


29 m 20 X 


80 


75 


75 


4,8 


709,5 


135,4 


212,4 


5 





83 


6 IV 11 X 


78 


70 


72 


5,7 


478,1 


95,6 


167,7 








10 


1 24 III 24 XI 


85 


83 


77 


5,4 


606,4 


100,1 


223,8 








7 1 6IV 
5 1 25 III 


21 X 


85 


82 


80 


6.2 


651,6 


133,7 168,51 








28X1 


89 


88 


86 


70 


698«5 


118,4 911,7 








9 


26 III 


23X1 


85 


81 


80 


6.7 


527,5( 74,21 165,0|| 


8 





4 


24 IV 


24XJ 


? 


80 


81 


5,8 


754,9 


109,9 


292,9 


1 





21 IV 


23X1 


84 


81 


82 


5.7 


629,6 


87,9 


207,7 


17 


8 


9 


17 IV 


14 X 


84 


77 


80 


6.1 


789,5 


188,0 


826,8 








47 


24 m 


10X11 


80 


78 


75 


5,6 


649,2 


85,8 


184,9 


,0 





12 


25 m 


8X11 


85. 


81 


86 


4.3 


401,1 183,7 


79,0 


^8 





56 


28 IV 


10 X 


67 


63 


61 


4.8 


898,3 59,6 


139,4 


11 





35 


23 IV 


17X1 


82 


81 


77 


6,9 


689 9 


168,0 


260,5 


? 


? 


? 


24 III 


8X11 


80 


79 


74 


4,8 


441,2 


116,2 


186.3 


1 





2 


131V 


8X11 


79 


79 


75 


4.4 


619,9 


112.9 


217,6 


8 





89 


26 m 


9X 


77 


75 


71 


5.8 


504,9 


118,7 


191,8 








5 


25 m 


8X11 


85 


84 


80 


5,8 


658,9 


113,3 


267,9 


2 





6 


231V 


21X1 


84 


79 


83 


6.9 


687,8 


148,0 


228,6 


8 





7 


IIV 


7 XII 


87 


86 


88 


6,3 


699,8 


75.6 


287,9 


10 





9 


IIV 


21X1 


84 


80 


79 


5.6 


669,3 


72,7 


190,0 


9 


5 


7 


141V 


21X1 


81 


78 


77 


2,9 


647,5 


88,9 


167,7 


8 





16 


IIV 


7X11 


81 


77 


77 


4.2 


535,8 


99,4 


145,6 


U 


â 


12 


2V 


26X 


82 


76 


76 


6,9 


704,7 


90,4 


205,6 


1 





80 


911 


3101 


88.8 


80 


81.5 


5.9 


717,7 


91 


144,5 


10 


1 


16 


5111 


4 101 


88,8 


85 


88 




567,1 


40,7 


188,7 


.2 


9 


89 


21V 


28X 


75,5 


64 


70 


4.8 


480,1 


52,2 


140,8 


15 


7 


30 


20V 


20X 


8d»6 


75,8 


81,7 


6.7 


582,2 


81,1 


232,3 



902 



STATlOlfS 



TIMPéAATUai MIXII 



1 « 

d , -o 



s.- 






TlMPéftlTUll VimMUM 



a , -« 



« I ► 

9 CZ3 









"a 

a 



V 



Fleisingue . 
Uclder . • 
Maulricht • 
Borkum . • 
Wilhelrnsharen 
Keitom . . 
Fonô . • . 
VcsterTig • 
Skagen • . 
Uemcl • 

19Q1 

Brest. . . 
Dunkerquc . 
Paris . . . 
Uccle . . 
Flossingue . 
Helder . • 
Maastricht . 
Borkum . . 
Wilhelmshavon 
Keitam • . 
Faoo . . . 
Vestervig . 
Skagen . • 
Memel . . 



T 

11,7 

14,1 
11,4 

11,1 
10,8 

10,2 

9,6 
9,6 
9,1 



16,4 
12.7 
15.2 
13,7 
12.5 
12,3 
14,4 
11,3 
11,8 
11,6 

11.1 
1L5 
10,8 
10,5 



19,9 
19,1 
22,6 
19,5 
19,4 
19,7 
19,0 
18,4 
18,6 
19,5 



22,5 

19,2 

24 

23,0 

19,8 

19,4 

23,5 

18,9 

19,2 

19,8 

18.9 

19,5 

19,3 

18,1 



10,5 
8,7 

13,1 
9,7 
9,2 

7,6 
6,8 
6.6 
6,5 
6,7 



14,4 
13,2 
16,2 
14,3 

11,4 

11,3 

14.9 

11.0 

11,4 

10,2 

9,2 

9,8 

7.7 

8,4 



? 

6,9 
6.4 
6,9 
5,5 
5,9 
5,0 
4,0 

5,1 
8,9 



8 

7 

6,2 

5.0 

7,5 

7.0 

6,1 
7,0 
5.6 
6,6 
5,5 
5,0 
5,5 
4,2 



? 

0,2 
0.0 
— 0»2 
-1,2 
-1,5 
-2,0 
-3.1 
-2.6 
-44 



8,5 

1,8 

0.6 

-1,8 

1,2 

0,5 

-0,6 

0,0 

-1,4 

—0.5 

-1.5 

-1.4 

—0,8 

-3,9 



? 
■7,8 
12,9 

- 9,6 
-12,5 

12,3 

- 9,6 
14,3 

-11.0 
-19.6 



- 8 

- 8,5 
-11,2 
-15,0 
-9.3 
-10,0 
14,6 
■10.1 
•11,3 

8.5 
12.7 
.11,0 

- 6,6 
19,6 



8^ 
8,2 
7.9 
6,2 
6,9 
7.2 
5.8 
5.1 
6,0 
4,9 



8,7 
8,5 
8.6 
7.1 
8,9 
8.5 
8,5 
8,7 
8.1 
8,6 
7,7 
7.3 
8,4 
7.8 



mars. Printemps = avril, mai. £té = juin, juillet, août, 
septembre. Automne = octobre, novembre. 

Afin de rendre plus facile la comparaison des climats 
littorau?c avec ceux de l'intérieur, le tableau porte aussi 
les indications relatives à trois stations continentales : 
Paris, Uccle et Maastricht . 

Une lacune fort regrettable se remarque immédiate- 



4.6 
4,0 
2.3 
0,4 
1.2 
1.4 
0,3 

—0,5 
1.3 

-^4 



I 





4.5 
%i 
13 
6.0 
5.S 
S.S 

3,8 

3.8 

5.0 

i7 

i2 

5,1 

-^7 



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1 


Joara 
de 














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3^5 U% 


1 


1 






V 


"5" 
1 


il 


■S 


li 


H ^1 


8 





U 


19 ni 


24X11 


83 


76 


77 


4.4 


446.1 


38,8 


14S,8 


11 





7 


3 IV 


33X11 


85 


77 


81 


4,8 


696.7 


85,6 


262,6 


IB 


4 


86 


81V 


8X11 


80 


69 


77 


5,4 


606.6 


69.9 


386.4 


13 





10 


28 ni 


8X11 


81 


70 


74 


6,4 


5S0,4 


72,9 


178.4 


16 





10 


3 IV 


6X1 




77 


85 


6,3 


639.3 


H4 


812.9 


30 


2 


17 


3 IV 


BXII 


87 




83 


eli 


654.4 


eîis 


253,8 


23 





6 


4 IV 


5X1 


80 


80 


81 


5,1 


615,3 


94.0 


181,0 


35 


4 


II 


10 V 


20X 


î 


78 


77 


4.1 


712,6 


67,4 


213,1 


31 


4 


1 


51V 


25X1 


ï 


80 


83 


6,7 


658.4 


79.0 


268,B 


<5 


24 


S 


15 V 


30X1 


83 


76 


75 


6,3 


617,2 


44,9 


856,0 


3 





38 


29 m 


7X1 


79,8 


76 


78 


6 


544,6 


U3.e 


148,0 


7 





4 


a» III 


4X1 


85 


80 


82 


4,7 


863,3 


67,8 


129,3 


11 


3 


88 


39 m 


2X1 


7e, 3 


66 


70 


6,1 


436,9 


76,2 


177,9 


14 


4 


88 


soin 


4X1 


t^s.a 


73.8 


66.3 


6,4 


607,7 


6«,4 


310,S 


9 





7 


30 m 


5X11 


81 


77 


75 


4.3 


479,1 


6B,0 


216,ï 


IS 


u 


3 


6 1V 


5xn 




79 


78 


6.0 


587,6 


82,6 


1B8,Î 


10 


8 


48 


80 m 


8X1 


78 


70 


73 


5,3 


549,3 


66.0 


189.5 


15 





4 


80 m 


6X11 


80 


74 


74 


5,4 


5'I8,2 


73.6 


151.1 


23 


6 


3 


6 1V 


4X1 


85 


78 


83 


6.2 


668.7 


86,5 


199,1 


17 





11 


30 III 


4xn 


87 


83 


83 


6,(i 


641,2 


86,6 


1«5,1 


36 


1 


7 


31 m 


IXI 


85 


83 


8(1 


5.5 


660.9 


07.9 


325.7 


21 


5 


15 


17 IV 


dix 


85 


86 


79 


4.3 


596,2 


113.8 


180,5 


IS 





13 


17 1V 


13X1 


86 


85 


83 


5.3 


464.6 


101.0 


143.2, 


40 


28 


sa 


7 V 


5X1 


83 


71 


75 


5,4 


747,4 


56,0 


204,6 



ment dans le tableau : il n'y a aucun renseignement 
pour le littoral belge. Pour suppléer jusqu'à un certain 
point à l'absence d'une station météorologique sur notre 
cAte, le tableau mentionne les observations faites à 
Dunkerque et à Flessingue, à quelques kilomètres au 
SW. et au NE. des frontières de la Belgique. 

Parmi les éléments du climat qui intéressent la 



204 

géobotanique, c'est la température et la pluie qui sont 
le plus soigneusement observées par les météorologistes. 
Il est donc tout naturel que les renseignements thermo- 
métriques et pluviométriques soient les plus détaillés 
dans nos tableaux. Les observations de la vitesse d'éva- 
poration et du nombre d'heures du soleil» qui seraient si 
importantes pour nous, n'ont pas été faites et sont rem- 
placées par l'humidité relative et par la nébulosité. J'ai 
cru inutile d'introduire dans le tableau les indications 
relatives au vent; qu'il suffise de dire que partout sur 
les côtes les tempêtes sont plus fréquentes qu'à l'intérieur. 

. Température. 

En régie générale, la température varie moins sur le 
littoral qu'à l'intérieur : les hivers sont moins froids, les 
étés sont moins chauds. En d'autres termes, le minimum 
moyen de l'hiver est moins bas sur le littoral qu'à l'mté- 
rieur, et le minimum moyen de l'été est moins élevé. 

Si nous comparons maintenant entre elles les stations 
littorales, nous voyons que Brest est notablement dififé- 
rent des stations échelonnées le long de la mer du Nord, 
de Dunkerque à Skagen, et que Memel (sur la Baltique) 
s'écarte assez sensiblement des stations de la mer du 
Nord. Brest a nettement un climat méridional, beaucoup 
plus chaud en toute saison. Memel est plus continental 
que les stations de la mer du Nord ; ses étés sont un peu 
plus chauds; ses hivers sont beaucoup plus froids. 

Au point de vue thermique, on peut donc grouper les 
stations littorales en trois catégories : 

a) Brest sur l'océan Atlantique; 

b) Les localités de la Manche et de la^ mer du Nord ; 

c) Memel, sur la Baltique. 



205 

Si» au lieu d'apprécier Thiver et Tété par les minima 
et le maxima moyens* nous jugeons de ces saisons par le 
nombre de jours de grand froid (minimum absolu infé- 
rieur à — 5* et à — 10*) et par le nombre des jours 
de grande chaleur (minimum absolu supérieur à 25''), 
nous arrivons à des conclusions analogues : Brest a le 
plus de jours de forte chaleur et le moins de jours de 
froid ; Memel a généralement plus de journées chaudes 
et toujours beaucoup plus de journées très froides que 
les stations de la mer du Nord ; celles-ci ne sont pas très 
différentes entre elles; pourtant on constate ici, mieux 
que pour les minima et les maxima moyens, que la 
température baisse assez régulièrement de Dunkerque à 
Skagen. 

Gomme chacun le sait, la douceur du climat de 
l'Europe occidentale n'est pas seulement due au voisinage 
du vaste régulateur constitué par T Atlantique, mais 
surtout à réchauffement des côtes par le Gulfstream, qui 
nous apporte les eaux chaudes du golfe du Mexique et de 
la mer des Antilles. L'action de ce courant tiède se 
fait naturellement sentir en hiver beaucoup plus 
qu'en été* 

Un coup d'œil jeté sur une carte qui représente les 
isothermes de janvier et de juillet, fait voir aussitôt que 
les conditions thermiques de l'hiver sont assez semblables 
depuis le Pas-de-Calais, et même depuis le Gotentin 
jusque vers le milieu du littoral occidental de la Norvège, 
mais très dissemblables de celles de la Baltique. En été, 
la relation est tout autre : la température moyenne est 
la même depuis le Gotentin jusqu'en Belgique et le long 
de la Baltique méridionale, mais il fait moins chaud dans 
le Danemark et en Norvège. 



206 

Ces notions n'acquerront toute leur importance que 
lorsque nous étudierons Tôrigine de notre flore littorale. 

Une autre donnée importante pour nous est celle de la 
longueur relative de Thiver et de Tété. Si nous compa- 
rons les temps qui s'écoulent dans chaque station entre la 
dernière gelée du printemps, et la première gelée de 
l'automne, nous voyons que ce temps diminue graduel- 
lement de Brest à Skagen, et qu'il est en général encore 
plus court à Memel. 

N'oublions pas pourtant qu*il s'agit ici des gelées des 
météorologistes, c'est-à-dire des moments où la tempé- 
rature de l'air descend en dessous de 0\ tandis que 
l'observation la plus intéressante polir nous serait celle 
des gelées blanches (voir p. 97). 

Le tableau G contient encore un autre renseignement 
thermique. Il est important de savoir à quel moment de 
Tannée la température devient assez douce pour que la 
végétation se réveille, et surtout de savoir si des gelées 
ne surviennent plus après que le printemps a commencé. 
C'est pour permettre la comparaison des diverses stations 
à ce point de vue que le tableau renseigne le maximun 
moyen d'avril, le minimum moyen de mai et le mini- 
mum absolu de mai. Ce n'est guère qu'à Memel et dans 
les localités continentales qu'il y a des gelées (tempéra- 
ture de Vair inférieure à 0*) à craindre en mai. 

Nébulosité, pluie^ humidité. 

Enfin le tableau donne les observations relatives à la 
nébulosité, à la quantité de pluie et à l'état hygrométri- 
que de l'atmosphère pendant le jour. 

La nébulosité ne présente rien de particulier. 

La pluie offre généralement les mêmes caractères que 



907 

sur le littoral de la Belgique : sécheresse relative du prin- 
temps : la quantité de pluie qui tombe au printemps 
n'égale pas le sixième de la quantité totale annuelle de 
pluie. Brest a des pluies d*été remarquablement pauvres 
alors que la quantité annuelle est très forte. Ailleurs la 
quantité estivale d'eau tombée est assez notable. 

Quant à l'humidité relative du jour, elle est à peu 
près la même partout, et se maintient entre 74 et 83, 
sauf à Brest, où elle varie davantage. 

Observations phénologiques. 

On a pu s'assurer par les pages précédentes de l'im- 
perfection regrettable des données météorologiques sur 
lesquelles est basée la connaissance du climat géobota- 
nique. Aussi les botanistes ont-ils souvent essayé de rem- 
placer les observations météorologiques par des obser- 
vations phénologiques. Celle-ci consistent dans la 
détermination des dates auxquelles s'accomplissent les 
phénomènes de la vie végétale : feuillaison, floraison, 
maturation des fruits, etc. Il est certain que ces phéno- 
mènes sont sous la dépendance directe des conditions 
climatiques et que la comparaison des moments où un 
même phénomène s'accomplit en divers points renseigne- 
rait sur le climat de ces localités. Malheureusement les 
observations phénologiques ne sont pas faciles à faire et 
je ne pense pas que l'on possède suffisamment de rensei- 
gnements vraiment irréprochables et méritant toute 
confiance (voir Bohxer et Massart, 490 A). 

Les cartes résumant les nombreuses observations qui 
ont été coordonnées par M. Hoffman (1885) et par 
M. Drude (1896, p. 465, et carte 4) ne sont pas suffisam- 
ment détaillées pour nous donner une idée de la phéno- 

15 



208 

logie du littoral. Il s'en dégage pourtant, me semble-t-îl, 
cette notion générale que dans la région qui borde la 
côte sur une largeur de 250 à 300 kilomètres, les phéno- 
mènes printaniers (feuillaison de Fagus sylvatica [Hêtre], 
floraison de Prunus Padus [Cerisier à grappes], de 
Pyrus communis [Poirier] et de P, Malus [Pommier]) 
sont en avance sur les contrées situées à l'intérieur des 
terres, à la même latitude. 

Une carte qui nous intéresse plus particulièrement est 
celle qui est publiée par M. Bla.nchard (p. 20), Elle 
renseigne l'époque à laquelle se fait la moisson du Fro- 
ment (Triticum vulgare) en Flandre (voir fig, R), 
Le trait général le plus saillant est ici, contrairement aux 
cartes de M. Hopfman et de M. Drude, Tinclinaison de 
courbes vers le Sud dans le voisinage de la mer. « La 
moisson dans la plaine maritime est plus tardive, à 
latitude égale, que dans l'intérieur ; et cette diflérence 
s*accuse surtout vers le Nord. Tandis que les communes 
sablonneuses de Somergem, Landegem, Nevele, Aeltre, 
moissonnent le blé du 5 au 15 août, les communes de 
l'embouchure de l'Yser, Slype, Westende, Coxyde, même 
Ghyvelde et la région de Dunkerque, ne se mettent à 
l'œuvre qu'après le 15; la diflérence est d'au moins 
dix jours. Cela lient à ce que le printemps et Tété sont 
moins chauds dans la plaine maritime qu'à l'intérieur, et 
particulièrement les mois de mai et de juin, si décisifs 
pour la végétation en Flandre; la diflérence entre les 
deux régions est d'environ un degré pour chacun de 
ces mois. » 

On voit donc que, pour M. Blanchard, la tardivité de 
la zone littorale tient à la moins grande chaleur des mois 
de mai et de juin. Gela est exact, ainsi que le tableau 



209 

donné par M. Blanchard le montre, si on considère la 
température moyenne Vais notre tableau C (p. 104 et 105) 
indique que si les maxima sont moins élevés, les minima 
sont, au contraire, plus élevés. 

Ce n'est pas ici le lieu de discuter les données de la 
phénologie, ni surtout l'interprétation qui attribue le 
rôle unique à la température. J'admets volontiers que 
la chaleur puisse hâter les phénomènes de la végétation, 
mais nous savons que d'autres facteurs intervien- 
nent également. Citons seulement les expériences de 
M. JoHAifSEN, qui montrent l'importance des phénomènes 
qui se passent pendant le soi-disant repos hivernal, et 
les observations de M. Smith sur la croissance du Bambou 
à Geyian : lorsqu'il fait sec, c'est la pluie qui influe sur 
la vitesse de croissance et non la température ; au con- 
traire, par les temps froids et humides, c'est uniquement 
la température qui est efficace. 

§ 2. — Adaptation des végétaux au climat. 

Après avoir essayé de définir le climat des districts 
littoraux et alluviaux, il nous reste à passer en revue les 
principales adaptations des plantes aux divers éléments 
météorologiques avec lesquels elles sont sans cesse en 
conflit. 

I. — RÉPARTITION SAISONNIÈRE DE L* ASSIMILATION. 

[Voir diagramme I.) 

La douceur de l'hiver et Tabondance de la pluie pen- 
dant cette saison rendent compte d'une particularité 
curieuse de la flore littorale : le grand nombre de plantes 
qui conservent leurs feuilles pendant l'hiver. Il y a même 
des végétaux qui n'ont d'organes d'assimilation que pen- 
dant l'hiver et le printemps. 



210 

A) Telles sont, en premier lieu, beaucoup de plantes 
annuelles qui germent en automne, poussent pendant 
l'hiver en utilisant Teau qui est alors abondante dans les 
couches superficielles du sol» et fleurissent au printemps; 
citons Phleum arenarium, Cerastium pumilum, C. semidecan- 
drum^Arenaria serpyllifoliay Drabavema^ Saxifraga tridac- 
tylUes, Myosotis hispida, etc. Le mode de végétation de ces 
plantes est représenté par le schéma A du diagramme 1. 

fi; Il y a aussi au moins une plante vivace qui se com- 
porte de même : c'est Ranunculus bulbosus. Les feuilles 
apparaissent à la fin de septembre ; elles grandissent et 
leur nombre s'accroît tout l'hiver; au printemps, la tige 
florifère se montre et les fleurs s'épanouissent ; déjà en 
juin les akènes sont murs. Aussitôt les feuilles se flétris- 
sent et l'organisme reprend son repos estival. (Voir sché- 
ma B du diagramme 1.) 

C] Les plantes qui n'ont de feuilles que pendant les 
saisons froides et qui passent l'été en état de vie ralentie 

— par le moyen de graines ou de tubercules souterrains 

— rappellent des espèces qui sont répandues dans les bois 
de l'intérieur du pays et qui manquent presque entière- 
ment» faute de stations ombragées, dans les régions qui 
nous occupent. Ce sont, par exemple, Anémone nemorosa, 
Scilla non scripta^ Convallaria majalis. Ce groupe n'est 
guère représenté que par Ornithogalum umbellatum et 
Ranunculus Ficaria : les feuilles sortent de terre au tout 
premier printemps, ou même déjà à la fin de l'hiver; en 
avril ou mai, les fleurs s'épanouissent; en juin, les graines 
sont mures et bientôt toute la vie se concentre dans les 
organes souterrains. (Schéma G du diagramme 1, et 
phot. 59.) 

D) Tout autrement se conduisent des végétaux, chez 



1 



lesquels la verdure ne disparaît jamais» et qui ne possè- 
dent pas non plus de tiges souterraines, ni de racines 
épaisses pouvant servir de réservoir. Chez eux, les tiges 
traînent plus ou moins longuement sur le sol et portent 
en toute saison des feuilles vertes. Exemple : Sedum 
aere^ Glechoma hederac&um, Glaux maritima, Lysimachia 
Nummulariaf qui sont complètement herbacés; Thymus 
Serpyllum, Veronica Chamaedrys, V. officinaliSj AtripUx 
portulacoideSf qui ont des tiges plus ou moins lignifiée. 
(Schéma Ddu diagramme 1). 

Les CallUriche^ les Potamogetorif Ruppia marina et 
quelques autres plantes aquatiques appartiennent aussi 
à cette catégorie : leur appareil assimilateur ne subit pas 
de réduction en automne. 

E) Les plantes bisannuelles constituent une nouvelle 
catégorie de plantes dont l'assimilation se poursuit en 
hiver. La graine germe au printemps et donne le premier 
été une rosette de feuilles qui se maintiennent vertes 
jusqu'au printemps suivant. Puis la lige s'allonge et les 
fleurs se forment. Citons PasHnaca sativay Daucus Carota^ 
Torilis Anthriscus, CirHum lanceolatum. (Schéma £ du 
diagramme 1). 

Trois plantes de ce groupe méritent une mention 
spéciale. Veronica Anagallis germe dans Teau. Pendant 
la première année, ses feuilles sont submergées, très 
minces, brunes ou rouges. Au printemps suivant, la tige 
se dresse hors du liquide et forme des feuilles aériennes, 
puis des fleurs. — Arabis hirsuta se comporte tantôt 
comme bisannuel, mourant après la première floraison, 
tantôt comme vivace : dans ce cas, des rameaux nais- 
sent, après la floraison, à Taisselle des feuilles de la 
rosette, et fleurissent la troisième année. — Anihyllis 



919 

Vulneraria est également à la limite des plantes bis- 
annuelles et des vivaces. Il possède le premier été des 
feuilles imparipennées, étalées sur le sol. En automne 
apparaissent, à Taisselle de ces feuilles, de nouvelles 
feuilles, serrées, par lesquelles débutent les rameaux 
florifères ; ces feuilles grandissent peu à peu pendant 
l'automne et l'hiver. 11 n'est pas rare que cette espèce se 
conduise comme une plante vivace : après une première 
floraison, Tindividu ne meurt pas, mais produit aussitôt, 
à Taiselle des feuilles basilaires, de nouveaux rameaux 
tout de suite garnis de feuilles, qui fleuriront Tété 
suivant. 

F) Uy Si beaucoup de plantes dont la racine pivotante 
ressemble à celle des plantes annuelles ou bisannuelles, 
mais qui fleurissent beaucoup d'années de suite et dont 
les feuilles persistent d^une année à l'autre. Telles sont 
Bellis perennis, Leontodon autumnaliSj Hypochoeris radi- 
cata, Taraxacum officinale. 

A ce même groupe se rattachent des espèces qui ne 
possèdent pas non plus de tiges souterraines (rhizomes, 
tubercules ou bulbes], mais dont les racines sont plus ou 
moins nombreuses ; leurs feuilles sont également persis- 
tantes : Corynephorus canescens, Plantago CoronopuSy 
P. lanceolata, Luzula campestris. (Schéma F du 
diagramme 1). 

Ces espèces n'ont pas de rameaux traçants, comme 
celles du groupe D ; leur tige courte reste toujours au 
niveau du sol. 

G) Jusqu'ici nous n'avons examiné que des plantes 
vivaces> toujours vertes, chez lesquelles les tiges florifères 
naissent au milieu des feuilles, et qui ne possèdent pas 
de tiges souterraines. Plus nombreuses encore sont celles 



213 

où des tiges dressées naissent chaque printemps sur les 
rhizomes cachés sous terre* Souvent, le rameau dressé ne 
porte la première année que des feuilles qui persistent 
pendant deux années au moins, et il ne fleurit que la 
dernière année : Armeria maritima, Pyrola rotundifolia. 
(Schéma G du diagramme 1). 

Il existe naturellement toutes les transitions entre le 
groupe précédent et le groupe G : beaucoup de plantes 
ont une rhizome situé presque à fleur de terre et fort 
peu allongé; elles pourraient rentrer indifféremment dans 
l'un et dans Fautre groupe. Exemples : Succisa pratensis^ 
Carex Goodenoughiij Dactylis glomerata^ Koeleria cristata. 

H) D'autres plantes vivaces donnent chaque année 
deux sortes de rameaux aériens, naissant les uns et les 
autres sur les rhizomes : au printemps, des rameaux 
abondamment pourvus de feuilles et de fleurs ; à la fin de 
Tété, des rameaux plus courts, à feuillage serré, qui 
passent Thiver, puis disparaissent au printemps. Exem- 
ples : Galium Mollugo^ Lamium album, Urtica dioiea, 
Chrysanthemum Leucanthemum, Achillea Mille folium, 
(Schéma ff du diagramme 1.) 

De ce groupe fait également partie Euphorbia Paralias 
(voir phot. 15], avec cette particularité que c'est sur les 
racines que naissent les bourgeons qui se développent, 
suivant les saisons, en rameaux purement assimilateurs, 
ou en rameaux à la fois assimilateurs et reproducteurs. 

/) Il n'y a pas mal de plantes dont les feuilles semblent, 
au début de l'hiver, destinées à résister victorieusement 
au froid, mais meurent peu à peu pendant Thiver, si 
celui-ci est un peu rigoureux W . 



(1) Nos obserTatioiis oDt été faitea pendant l'hiver, trèa dur, de 
1006-1907. 



2U 

Il en est ainsi d'Ammophila arenaHa (voir pbot. 22 à 
30] « Carex pseudo-Cyperus^ Iris pseudo-Acorus^ Silène 
nutanst Thalietrum minus. (Schéma /du diagramme 1.) 

Ces espèces font la transition vers celles que nous allons 
maintenant envisager, où lappareil d'assimilation dispa- 
rait dès l'automne. 

J) Ce sont d'abord des plantes annuelles estivales. 
Elles germent au printemps et fleurissent en été. Exem- 
ples : Euphrasia officinaliSy Uordeum maritimum^ 
Juncus bufoniuSf Coronopus procumbenSf Orobanche caryo- 
phyllacea. 

Ces plantes manquent sur les dunes arides ; elles sont 
rares dans les pannes, mais communes dans les polders, 
ce qui s'explique aisément par la rareté de l'eau dans les 
dunes pendant Tété. 

Les plantes annuelles des alluvions marines (SaJicornia, 
Suaeda, Lepturus), et de la plage (Cakile, Salsola) 
[phot. 1, 2, 3J rentrent aussi dans ce groupe. 

A première vue, il peut sembler étonnant que les 
cultures des pannes aient une flore composée en grande 
partie de plantes messicoles qui sont annuelles-estivales. 
Mais on ne doit pas perdre de vue que la plupart des 
champs sont labourés et mis en culture au printemps 
(Pommes de terre. Seigle) et que, par conséquent, il n'y 
a que les plantes annuelles germant au printemps qui 
puissent s'y installer : Gnaphalium luteihalbumf Poly" 
g(mum Persicaria^ Brassica nigra. 

Les cultures ne sont d'ailleurs établies que dans les 
endroits où Thumidité du sol reste suffisante en été. 
(Schéma / du diagramme 1. 

K) Cette catégorie est formée par les plantes vivaces 
sans rhizomes rampants, dont les feuilles se flétrissent en 



ai5 

automne : Pamassia palustris, Rumex Hydrolapathum^ 
etc. On peut y ajouter les arbres et les arbustes à feuilles 
caduques : Hippophaës rhamnoides, Rosa pimpinelUfolia^ 
Salix repens (phot. 19 à 21), Prunus spinosa, etc. (Sché- 
ma K du diagramme 1.) 

L) Enfin, le dernier groupe comprend les végétaux à 
tiges souterraines plus ou moins allongées, desquelles 
naissent chaque printemps des tiges dressées portant des 
feuilles et des fleurs, et mourant en automne. 

Ces plantes sont rares sur les dunes {Eryngium mariti- 
mum [phot. 24J), plus nombreuses dans les pannes 
(Lythrum Saliearia^ Lysimaehia vulgaris, les Orchida- 
cées [phot. 33]), très communes dans les polders, aussi 
bien sur les digues et aux bords des fossés {Ononis spi- 
nosa^ Ulmaria palustriSj Althaea oflicinaliSf Chrysanthe- 
mum vulgare) que dans les endroits marécageux et dans 
Teau ( Typha angustifolia^ Alisma Plantago^ Scirpus lacus' 
tris [phot. 71 à 73], Valeriana oflieinalis, Hippuris ttd- 
garis). Presque toutes les plantes des alluvions fluviales 
appartiennent à cette catégorie {Phragmites eommuniSt 
Scirpus maritimuSf S. triqueter [phot. 59 à 6i]. Il y a 
aussi dans cette catégorie Tune des plantes de la plage 
(Arenaria peploides). (Schéma L du diagramme 1.) 

La répartition stationnelle des plantes vivaces à assimi- 
lation exclusivement estivale se comprend sans peine 
quand on envisage les conditions climatiques spéciales à 
chaque station. Sur les dunes, le sol est trop sec en été, 
tandis que les pluies abondantes de l'automne et la dou- 
ceur de rhiver permettent aux plantes de conserver leurs 
feuilles pendant une bonne partie de Thiver; d'où, 
rareté de végétaux à assimilation uniquement estivale. 
— Dans les pannes, il y a d'assez nombreuses plantes de 



216 

cette dernière catégorie qui ont pu s'installer et qui sou- 
tiennent la lutte contre les espèces à assimilation continue. 

— Dans les polders, les deux sortes de plantes coexistent. 

— Sur les alluvions fluviales, les glaçons ballottés par le 
flux et le reflux coupent toutes les tiges : les quelques 
rares plantes à assimilation continue habitent en arrière 
du fourré dense de Phragmites qui borde les alluvions 
{Caltha palusiriSf Myosotis palustris). 

Si Ton comparait la flore des districts littoraux de la 
Belgique à celle d'un district nettement continental^ par 
exemple TArdenne, je ne doute pas qu*on constaterait 
une notable différence au point de vue de la répartition 
saisonnière de Tassimilation : il y aurait plus de plantes 
à assimilation continue près de la mer, et plus de plantes 
à feuillage disparaissant à Tautomne, dans TArdenne. 
Mais des statistiques de ce genre n'ont pas été dressées. 

Les organes d'assimilation des végétaux aquatiques 
montrent plus nettement que celui des plantes terrestres, 
des adaptations contre la gelée. Chaque hiver, souvent à 
plusieurs reprises, une couche de glace se forme à la 
surface des eaux ; lors de la débâcle, la croûte se frag- 
mente et les glaçons détachés s'en vont à la dérive. Il est 
donc impossible que les végétaux conservent pendant 
l'hiver des feuilles flottantes ou émergées; elles seraient 
fatalement prises dans les glaces et arrachées. Aussi con- 
state-t-on que les organes aériens se flétrissent sans 
exception en automne, et que la vie se retire dans les 
tiges enfouies au fond de la vase : Sagittaria sagittifolia^ 



i 



217 

Sparganium ramosum^ Phalaris arundinaeea^ Eleoeharis 
palustris^ Scirpus laeustris, Naumburgia thyrsiflora. 

Les plantes à feuilles flottantes laissent également périr 
celles-ci : Nymphaea alba^ Limnanthemum nymphaeoides, 
Hydrocharis Morsus-Ranae. 

Chez Nymphaea, les feuilles meurent seules, jusqu'à 
leur point d'insertion sur les rhizomes, qui persistent. 
Chez Limnanlhemwn les tiges étalées dans Feau meurent 
également, tandis que les tiges engagées dans la vase se 
maintiennent. Chez Hydrocharis^ toute la plante ancienne 
disparait à la fois, aussi bien les racines que les tiges et 
les feuilles ; la plante hiverne à l'aide de bourgeons spé- 
ciaux, les hibernacles, nés à l'extrémité de longs stolons, 
qui se détachent et tombent au fond de Teau ; ces 
hibernacles remontent à la surface en mai et déve- 
loppent aussitôt des feuilles. Hydrocharis est donc une de 
ces plantes vivaces, dont tous les organes sont transitoires 
et durent à peine quelques mois. Les Lemnacées, sauf 
Lemna trisulca qui est toujours submergé, passent 
également Thiver au fond de l'eau, pour ne reparaître à 
la surface qu'au printemps. 

Quelques plantes aquatiques possèdent à la fois des 
feuilles flottantes, et des feuilles submergées : Nuphar 
luteum^ Ranuneulus aquatilis heterophyllusn Poiamogeton 
natanSf etc. Les premières disparaissent en automne, 
tandis que celles qui sont protégées contre la gelée par 
une couche d'eau restent vertes pendant tout Thiver. 

Les végétaux complètement enfouis sous l'eau gardent 
souvent leurs organes d'assimilation pendant la saison 
froide : Ruppia marina, Lemna trisulca, Littorella uni' 
flora^ Ranunculus foeniculaeeus. D'autres se réduisent à 
des hibernacles qui passent l'hiver au fond : Utricularia 
vulgariSf Myriaphyllum spieatum* 



218 



» » 



Beaucoup de plantes très petites {Mousses, lichens, 
Schizopbycées) qui ne peuvent pas exploiter la profon- 
deur du gable et qui ne possèdent pas de réserves d'eau, 
ne fonctionnent que lors des pluies; elles n*ont de pério- 
des prolongées d'activité qu'en automne et en hiver, 
tandis qu'en été elles ne manifestent leur vitalité que 
pendant quelques heures, de loin en loin. Nous aurons 
loccasion d*y revenir à propos des adaptations contre la 
sécheresse. 

II. — Absorption de chaleur par les feuilles 

HIVERNANTES. 

Quelques-unes des feuilles qui persistent en hiver se 
chargent de matières colorantes, ce qui d'après H. Stahl 
[1896) assure l'absorption de chaleur. Ainsi Euphorbia 
Paralias devient rouge, Leontodon hirtus se colore sou- 
vent en violet, les feuilles de Pyrola rotundifolia devien- 
nent brunes entre les nervures. 

III. — Position et protection des bourgeons 

HIVERNANTS. 

M. lUunKiAEa [1905) a attiré l'attention sur l'intérêt 
que présente l'étude de la position des bourgeons hiver- 
nants et de la façon dont ils sont protégés contre les 
intempéries; pourtant il exagère peut-être un peu quand 
il pense que ce sont les procédés d'hivernage qui impri- 
ment à une flore son cachet caractéristique(l). Il distin- 
gue 4 catégories de plantes polycarpiques. 

(1) Il définit la géographie botanique : « La science géograpbiqne qui 
cherche à caractériseï* la terre par aon climat tel qu'il se manifeste dans 
Padaption des plantes aux saisons rigoureuses. » 



219 

ajhds phanérophytes» à bourgeons situés sur des 
rameaux élevés; ce sont les arbres et les arbustes de 
grande taille. Les bourgeons hivernants ont une couver- 
ture d'écaillés. Us sont peu répandus sur le littoral, plus 
nombreux dans les polders, ce qui tient sans doute 
surtout au vent. 

b) Les cbamépbytes sont de petite taille; leurs 
bourgeons hivernants sont rapprochés du sol. Thymus 
Serpyllum, Mriplex portulacoides, Glechoma hederaceum, 
appartiennent à cette catégorie. Calluna vulgaris, Salix 
repens (phot. 19 à 22), Hippophaës, Cytisus scoparius 
(phot. 77), sont intermédiaires entre les chaméphytes et 
les phanérophytes. Les plus typiques de ces plantes, 
c*est-à dire celles dont les rameaux sont cachés dans 
rherbe, ont des bourgeons hivernants nus, simplement 
enveloppés des feuilles restées vertes : Helianthemum 
ChamaecistuSf Veronica Chamaedrys^ Thymus Serpyllum^ 
Atriplex portulacoides^ Cerastium arvense^ Sedum acrCf 
Calluna vulgaris. 

c) Les hémicryptophytes ont leurs bourgeons 
hivernants placés au niveau du sol, ou bien, ce qui est 
plus commun, immédiatement en dessous. 

Ces plantes sont les plus communes de toutes sur 
les digues et aux bords des fossés des polders : Juncus 
glaucuSf Arrhenatherum elatius, Carex vulpina, Urtica 
dioica, Ranunculus repenSf Agrimonia Eupatoria, Plan- 
tago major, Artemisia vulgaris. Elles sont tout aussi 
répandues sur les schorres : Triglochin maritima (phot. 
53), Atropis maritima (phot. 58), Armeria maritima. 
Les hémicryptophytes ne sont pas rares non plus dans 
les pannes : Brunella vulgaris. Viola canina, Centaurea 
Jacea^ Succisa pratensis. Mais sur les dunes, elles sont 



220 

relativement rares : Corynephorus eanescens, Kœleria 
cristata, Erodium eicutarium. 

Ces diiTérences dans la répartition tiennent sans doute 
à ce que l'argile compacte des polders et le sable forte- 
ment tassé des pannes ne permettent pas aux jeunes 
pousses souterraines d'arriver facilement à lair; au con- 
traire, dans les dunes» les plantes à bourgeons profonds 
et, par conséquent, bien protégés, peuvent sans grande 
peine percer le sable meuble. 

Presque toutes les plantes aquatiques pourvues de rhi- 
zomes ont leurs bourgeons situés tout près de la surface 
de la vase, au fond de Teau : NymphaeayAlisma Plantago 
Cicuta virosa. Les rhizomes ne risquent pas d'être atteints 
par la gelée. 

Le bourgeon hivernant de la plupart des plantes bisan- 
nuelles est situé immédiatement en dessous de la surface 
du sol. Les MelUotus seuls allongent déjà leur tige dès le 
premier été ; ils sont donc chaméphytes. Anthyllis Vulne-' 
raria produit dès le premier automne des feuilles sur 
ses rameaux florifères de Tannée suivante. Toutes les 
autres plantes bisannuelles contractent en automne leur 
racine pivotante et attirent ainsi sous terre le bourgeon 
terminal : Pastinacasativa, Erodium cicutarinm, Jasione 
monlana. 

Les hémicryptophytes de M. Raunkiaer employent des 
moyens variés pour placer leurs bourgeons hivernants 
au niveau du sol ou immédiatement au-dessous de la 
surface. Parfois il y a des rhizomes horizontaux courant 
sur le sol ou légèrement souterrains : Juncus maritimus 
(phot. 56 a), Nardus stricta, Polypodium vulgarCf ou bien 
la tige souterraine reste très courte et son sommet dressé 
se maintient au niveau du sol, grâce à la contraction 



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qu'exercent les racines : Pamassia paltutris, PlanUgo 
major, Ranunculus bulbosus, Primula oflicinali$; les 
plantes bisannuelles rentrent dans la même catégorie : 
Erythraea pukhella, Cynoglossum offieinaley Anihriscus 
vulgaris. 

Beaucoup plus nombreuses sont les espèces dont les 
rhizomes plus ou moins traçants sont as^ez profonds, mais 
qui produisent avant Thiver des rameaux dressés qui 
s'arrêtent au moment où ils vont atteindre la surface : 
Saponaria officinalis, Thalictrum minus, Lysimachia vul- 
garis. Enfin, à côté de ces plantes, dont les bourgeons 
hivernants viennent d*en bas, il en est aussi dont les tiges, 
d'abord aériennes, s'enracinent et finalement sont attirées 
dans la terre; c'est ce qui se présente pour beaucoup de 
plantes à stolons aériens dont les bourgeons hivernants 
sont néanmoins placés sous la surface du sol : Potentilla 
repians, Hieracium Pilosella, 

d) Les cryptophytes possèdent des bourgeons sou- 
terrains disposés sur un rhizome, un tubercule ou un 
, bulbe. La plupart des plantes marécageuses et des plantes 
habitant les eaux peu profondes appartienent à ce groupe 
Hippuris vulgaris, Equisetum limosumf Solanum Dulca- 
mara. Il e