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BULLETIN 



N° 19 



4 1900 ^ 



BELFORT 
TVPOGKAPHIE ET LITHOGRAPHIE DEVILLERS 

33 & 35, RUE THIEKS, J3 & >5 
1900 



DigilizMwGOOglc 



Le Comité laisse aux auteurs des travaux publii'S dans 
le Bulletin toute la responsabilité de leurs assertions. 



Le Comité rappelle aux Sociétés corrospondiintes que 
la liste des ouvrages publiée dans la première partie du 
Bulletin sert d'accusé de réception pour les publications 
qu'elles échangent avec la Société BeKoriainc d'Emula- 
tion. 



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6",. 






SOCIÉTÉ BELF08TAINE D'ÉMULATION 



^r)^4:i3sriSTR.^Tioi>r 



PRÉSIDENTS D'HONNEUR 

MM. le Général de division Gouverneur. 

rAdininislrateur du Ti'rritoîrc de Belfort. 
le Maire de Belfort. 



COMITÉ D'ABMINISTRATION 

MM. iiEnuHit Pliilippe, membre de l'Institut, professeur 
au Collège de France, à Paria, Président. 

ScHinMEn, proviseur honoraire du Lycée, Vice-Pré- 
sident. 

DuBAiL-Rov, Secrétaire. 

n.\iiDY Victor, docteur en médecine. 

IJaumaxn, pt-inire. 

liosNAYMÉ, contrôleur principal des mines en relraite, 

Chavix-Colin, professeur honoraire de philosophie. 

Gregori, procureur de la République. 

Ménétrez, avocat. 

Meveh Lucien, naturaliste. 

Nahdin, pharmacien. 

UiKscH, pharmacien. 

TuLVET Charles, négociant. 

ViELLARD Léon, maître de forges, Morvîllars. 

Beck, bibliothécaire-adjoint, Trésorier. 



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MM. Anatole de UarllK^lemy. membre de l'Institut, à Paris. 
Contejean, professeur honoraire de Faculté, à Mont- 

béliard. 
lloiincr, peintre à Paris. 
Le Sup(^rieur des lïént'dictins. à Délie. 
Itleiclicr, professeur à It'coie de pharmacie, à Xancy. 
Hurlholdi, sculpteur, à Paris. 
Papuchon, gdngral commandant le génie du C* corps, 

û Ch;ilons<sur-Marne. 
Iterger Philippe, professeur au Collcgc de France, « 

Paris. 



MM. Abt, pasteur, à Belfort. 

Ardin, directeur de 1» Banque de F'rancc, à llelfort. 

nachelicr, directeur de la Société Alsacienne, à 

nelfort. 
Bailly Louis, employé à la Préfecture, ù Belfort. 
Bardot Louis, administrateur à la Direction des 

manufactures de l'Etat, h Paris. 
Bardot, mécanicien au chemin de fer, à Montbéliard. 
Bardy Henri, pharmacien, » Saint-Dié. 
Bardy Victor, docteur en médecine, à Belfort. 
Baucr Emile, caissier des houillères de Uonchamp. 
Buumann, peintre, à Belfort. 
Bauzon, propriétaire, id. 
Beck, bibliothécaire, id. 
Becker, juge suppléant au Tribunal de Belfort. 
Bègue, employé au chemin de fer de l'Est, à Belfort, 
Bclin, avocat à la Cour d'appel, à Besançon. 
Belliard, négociant, ù Belfort. 
Beloux .\ugusle, pharmacien, à (iironiiigiiy. 
Bcnner, ingénieur, à Belfort, 
Benoit, notaire, id. 

Benoit, docteur en médecine, à Paris. 



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- V- 
MM. Bentzinger, directeur honoraire des écoles, à Giro- 

1 médecine, à Bclfort. 

Uernlieim Simon, propriétaire. ici. 

Berlin, juge au Tribunal, id. 

M"» Bcrthold, (veuve), id. 

MM. Bétry, vice-président de l'Union bslfort'"', à Belforl. 

Billet, capitaine ou 35' de ligne, id. 

Blanchot, ingénieur ù la Société Alsac""-. id. 

Bisclioff, médecin- major au 8' rég. d'arlil'*, à Nancy. 

Bizot, vétérinaire principal en rctraile, k Dclle. 

Blonde Charles, négociant, à BelTort. 

Blum. chef d'entretien du chemin de fer do l'Est en 
retraite, à BelTort. 

Bochu, professeur de dessin au Lycée, ù Bclfort. 

Bock, chef do gare en retraite, id. 

BohI, propriétaire, id. 

Bolin. ingénieur ù la Société Alsacienne, id. 

Hoigeol Jules, manufacturier, à Giromagny. 

Boigeol l-'ernand, id. id. 

Boiinaymé, contrôleur principal des mines en 
retraite, à Belfort- 

Bonnefoy, notaire, ii Belfort. 

Bordes-Gesser, négociant, à Belfort. 

Bornèquc Eugène, manufacturier, à Boaucourt. 

Bourlior, capitaine-major au 4° bataillon d'Afrique, 
ù Gabès. 

Bourquard Célestin, trésorier à la Caisse d'épargne, 
à Belfort. 

Dourquard Célestin, propriétaire, à Belfort. 

Bourquard, horloger, à Belfort. 

Bourquard, professeur à l'école normale, à Evreux. 

Bourquard, percepteur à Belfort. 

Bosch-Stein, industriel, à Danjoutin, 

Bourquin, conducteur principal des ponts et chaus- 
sées, à Beifort, 

Bretegnier, pasteur, à Bolfort. 

Briottet (labbé), curé, à Rupt (Haute-Saône). 

Brun Emile, négociant, û Belfort, 

Drunhammer, régisseur de la fabrique DoUfus-Mieg, 
à Belfort. 



;dbvG00gle 



MM. Bubendorf, docteur en médecine, à Beirort. 
Bury, Joseph, propriétaire, id. 

Butebacli, enlreprencur, id. 

Cacheux, chef de section honoraire aux chemins de 

fer de l'Est, à Belfort. 
Canet Gustave, ingénieur civil, h l'aris. 
Cerf, n^^gociant, à Belfort. 
Chair, proresseur au Lyciîc, à Bplfort, 
Chaix, id. id. 

Charpiot, directeur d'usine, à MorvilInrR. 
Charpiot, marchaml-laiilcur, à Belfort. 
Charpentier- Page, ingf'nieUr, à Valdoie. 
Chaudel-Page, id. id. 

Chavin-Colin.professeurhonorairc au Lycée, Belfort. 
Chevalier, négociant, à Colmar. 
Clavcy Célestin, à Fousscmagne. 
Clémcncet, inspecteur primaire, à Saint-Dié. 
Clerc, v(!térinairc au 19' dragons, à Vienne. 
Clerc, instituteur, ù Belforl. 
Clergé, sous-chef de scclion aux chemins <le fer de 

1 Est. à Belfort. 
M"" Comte (veuve-, propriétaire, à Bctforl. 
MM. Corbis, docteur en médecine, id. 
Cordier, architecte, id. 

Cordier, médecin aide-major au 35' de ligne, îi Belfort. 
Coré Georges, censeur au Lycée, à Sens, 
Cbudry, professeur au Lycée, à Belfort. 
Courtot, pharmacien-major à la pharmacie centrale 

des hôpilnux militaires de Paris. 
Courty, étudiant, à Paris. 

Coupetle Eugène, propriétaire, à Planchcr-Ics-Mincs. 
Cousin Paul, fali' d'horlogerie, à Tramelan [Suisse). 
Cravc. instituteur, à Monireux-Château. 
Cucnin, directeur honoraire des écoles, à Luxenil. 
Cusin. commissaire de sur\eillance administrative, 

à Belfort, 
Cusin, caissier principal de la Banque de France, à 

Bordeaux. 
Cusin Abel, négociant, ù Belfort. 



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-vil - 

MM. Dangel, véUrinaire en retraite, à BelTort. 

Danzas, négociant, à Délie. 

Uaull, denlisle, à Belfort. 
M'" Uuval, ilirccliiLC des écoles, ù Bcaucourt, 
MM. Déboulet (l'iibbé), curé, à Mugnivray (llautc-Suône). 

Dehnyc, cupitaiiic des sapeurs-pompiers, à. Lielfort. 

Delsart, pharmacien, id. 

Démeusy, propriétaire, id. 

Dûmeusy, receveur de l'Enregistreuient, ù St-Picrre 
(le Cliignac (Dordogne), 

Dcvillcrs, lilhograiilic. Belfort. 

Deubcl, négociant, id. 

Didier, proviseur du Lycée, à Belfort. 

Diény, préfet de l' Allier, à Moulins, 

Ditislieim, horloger, id. 

Dielsch, avoué, id. 

Digue, liortoger, id. 

Diringer Edouard, employé, à Fesches-le-Chùtel. 

Dognon, inspecteur de l'Association des proprié- 
taires d'appareils ù vapeur, à Belfort. 

DoUfus Daniel, manufacturier, id. 

Dollfus Emile, directeur de (iluture, à Belfort. 

Dollfus Gustave, tngi5nicur civil, id. 

Dolbeau, propriétaire, à Belfort. 

Donzé, id, id. 

Doyen, bijoutier, id. 

Dubail-Roy, propriétaire, id. 

Droit, notaire, à Dellc. 

Drouin, photographe, ù Belfort. 

Dumus, lieutenant-colonel en retraite, à Belfort, 

Durr, inGtituleur, à Cliâtenois. 

Dupont Gustave, industriel, à Belfort. 

Duvcrnois, docteur en médecine, à Belfort. 

Emonet, colonel en retraite, à La Flèche. 
Engcispnch, professeur en retraite, à Belfort. 
Engel, Alfred, manufacturier, id. 

Erhard Victor, id. ùRougemont-le-Château. 

Feiock, pharmacien, à Ilérimoncourt. 
Pcltin, agent d'assurances, à Belfort. 



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- VIIÎ — 

MM. Peltin, juge au tribunal, à Beirort. 
Feltin. notaire, à Dellc. 
]-'eul{>in, profesacur nu Lycée, l'i nelTort. 
l'iscber, docteur eu iiiéduciue, ù Uougemont-le- 

Châlenu. 
Flacli, proresseur au Collège de France, à Paris. 
Flamand, directeur d'usine, à lïeirorl, 
Fleury de la ilussinière, architecte, à Belfurt. 
Fournier François, propriéliiire, id. 

Founiîcr, professeur au collette d'Epinal. 
Freléclioux, direcleur d'usine, h Urandvillara. 
Frenaye, banquier, à Uelforl. 
Fricker, iK^gociimt, id. 
Frisch, cher de bataillon au 106' de ligne, à Ciiâlons- 

sur-Marnc. 
Frilz-Lang, archivisle en reiraiîe de la PK-fecture, 

ù Del fort. 
Priez, véttîri nuire, ù i'elil-Croix. 
Frossard E<iouurd, maire de Cravanclie. 
Frossard, capitaine au 42* de ligne, ù Belfort. 

Callet Auguste, instituteur, à Belfort. 

Ganguillet, ingénieur ù la Société Alsacienne, à 

lîelfort. 
Garnache, agent d'assurances, à Belfort. 
Uurreau, Dir' de la Banque de Mulhouse, à Belfort. 
Garteiser, hôtelier, à Belfort. 
(lasser, docteur en médecine, à Chagny. 
Gasser, propriétaire, à Hemigny, (Saone-et-Loire), 
Gasser, Directeur de tissage, à Danjoutin. 
Gasper, géologue, à Mantoche (Ilaute-Saône). 
Golheroi, professeur de musique, à nclfort. 
Géant, professeur en retraite, id. 

Geist Alfred, négociant. 
Gendre Auguste, propriétaire, à Mascvaux. 
Genol Emile, propriétaire, à Danjoutin. 
Geoffroy, professeur au Lycée, à Belfort. 
George, juge au tribunal civil. id, 

Gérard, chef d'escadron au 27' régimentd'artillerie, 
à Douai. 



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- IX- 

MM. Gerber, lieutenant au 3.V de ligne, à BelFort. 
Cesser, parfumeur, id. 

Gilles, proprictuirc, id, 

Giranfcz, négociant, lï Lcpuix. 
Giroud, huissier, à Belfort. 
Godurd, professeur au Lycée, à Tulle, 
flofiinet, négociant, ii Belfort. 
Granier, inspecteur des eaux et forOls, ù Belfort. 
Orasser, négociant, à Dcaucourt. 
Gregori, procureur de la République, à Detfort, 
Greiner, directeur honoraire de lu Banque de France, 

il Belfort. 
Greiner, docteur en médecine, à Belfort, 
Grisez, directeur de l'Asile d'aliénés. Le Alans. 
Groslxjrnc, propriétaire, à Belfort. 
Urosjean, ancien député, à Montbélîard. 
Groniier, docteur en médecine, îi Dellc. 
Grumbacli Jacques, négociant, à Belfort. 
-Gschwind, caissier au Comptoir d'Escompte, ù 

Belfort. 
Guillaume, instiluleur, à Félon. 

Ilaas Joseph, banquier, lï Belfort. 
Haas l'rospcr, id. id. 

IlœfTelé, direcleur de filature, à Belfort, 
Hartmann, professeur au Lycée, à Xancy. 
Ilasenclever, lieutenant au 'Sa' de ligne, a Belfort. 
llattenbcrger, brigadier d'octroi, id. 

lludich, relieur, id. 

Ilauscr Léon, négociant, 

llengy. Président de la Belforluino. ù Levallois. 
Hcnnequin, agent d'assurances, à Belfort. 
Ilcilmann Josué, ingénieur à la Société Alsacienne, 

à Belfort. 
Ifeilmann, Jean-Jacques, ingénieur, à Paris, 
liechinger, chef de bure.iu à la Société Alsacienne, 

à Belfort. 
Herbelin Eugène, propriétaire, Belfort. 
llerbelin Louis, agent d'affaires, Belfort. 
llerrgott.professeurà la Faculté de médecine, Nancy. 



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-X- 

MM. Herrgott Camille, au Valdoie, 

Hirn (l'abbé), aumônier des sœurs de Ribeauvillé, 
ù Belfort. 

HolTmann, directeur de tissage, ù lïougemont-le- 
Cbâtcau. 

Hosatte, directeur des écoles, i Belfort. 

Iloiibre Léon, ingénieur en chef des ponts et chaus- 
sées, à Beirort. 

llouet, modeleur à la Société Alsacienne, à Belfort. 

Iluckel, libraire, a Belfort. 

Ilumbrecht [l'abbéi, curé de Saint- José pli, à Beirort. 

IluntiEbucler, instituteur, id, 

IIusBOn Georges, juge au tribunal civil, 

Ingotd (labbé), à Colmar. 

Jacquerez, inspecteur den travaux publics aux colo- 
nies, ù Paris. 

Jacquez-Muller, négociant, :i Belfort. 

Jeannerct, professeur au Lycée, à Besançon. 

Jenny, percepteur, h Giromagny. 

Jnjiy JulcS; général de division on retraite, sénateur 
du llaut-Khin, à l'aris. 

Japy Jules, manufacturier, ù Beaucourt. 

Japy Gaston, id. id. 

Japy Henri, id. id. 

Japy René, id. id. 

Joaeliim Joseph, négociant, à Belfort, 

Joacliim, pharmacien, à Valdoie. 

Joachim, professeur au Lycée, à Châtcauroux. 

Jobin, avoué, à Belfort. 

Jollibois, dentiste, à Belfort. 

Jolivct, négociant, td. 

Jourdiiin, propriétaire, à Altkirch. 

Juif Conrad, ni'gocîant, à Berfort. 

Julien, avoué, id. 

Kauftmann, propriétaire, à Belfort. 

Keiler Emile, ancien député, à âaint-Xi colas. 

Keller Pierre, propriétaire, id. 



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-xt- 

MM. Keller, propriétaire, à Belfort. 

Kessler Fritz, fabricant, à Soulzmatt. 
Klem, préposé en chef de l'octroi, à lîelfort. 
Kocli, manufacturier, à Rougegoutte. 
Kœchlin Georges, manufacturier, ù Belfort. 
Kœhler, négociant, id. 

Krocll, pliarmacien, id. 

Kubler, propriétaire, ù AUktrch. 

Lablotier, proprit'tairc, à Bourogne. 

Lafosse, propriétaire, à Belfort. 

Lalioz, Paul, avocat, id. 

Lamarche, professeur au Lycée, à Belfort, 

Lamy, docteur en médecine, à Petit-Croix. 

l-aubser, directeur de la Société Générale, U Belfort 

Laurent-Thléry, rédacteur en chef de la Fronlièyo, 

k Belfort. 
Laurent Paul, fabricant, à Planclier-les-Mines. 
Lapostolcsl Not'l. propriétaire, à Belfort. 
Iiachicbc Amnnd. coiffeur, id. 

Lncliiclie Christophe, coifTeur, id. 
M"* Launois, id. 

MM. Laroyenne, agent d'assurances, id. 
Lauxcrois, négociant, id. 

Li'bleu Xavier, négociant, id. 

Lebrun, professeur à l'école normale, à Belfort. 
Le Courbe (comte], avocat à la Cour d'appel, à Paris. 
Le Dérof, professeur au Lycée, à Belfort. 
Lebmann Albert, avocat, id. 

Lehmann Isidore, négociant, id. 

Lesmann, propriétaire, à Roppe. 
Letterlé, sculpteur, ix Belfort. 
Lévy-Grunwald Edouard, négociant, à Belfort. 
Lévy Nephtalie, négociant, id. 

Ley, négociant, id. 

Liblin, directeur de filature, ù Rougegoulte. 
Lhomme Edouard, à Giromagny, 
Loichot (abbél, vicaire, à Belfort. 
Loillier, médecin-major au 35« de ligne, à Belfort. 
Louis, professeur au Lycée, id. 



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- xtt - 

MM. Loviton, chimiste en chut au laboratoire du Minis* 
tère des finances, ù Belfort. 
Lutenbacher, chef d'atelier à lu Société Alsacienne, 
à Belfort. 

Macker, docteur en médecine, à Colmar, 

Magnié, notaire, à Belfort. 

Mailinrd, propriétaire, ù Belfort. 

Maître, ingénieur des mines, à Morvillars. 

Marchai Emile, professeur au Lycée, û Belfort. 

Marchai (l'abbéi, curé à Montreiix-Chàtcuu. 

Marcotte, industriel, à Chaux. 

Mare, propriétaire, à Belfort. 

Marion, commandant en retraite, à Belfort. 

Marraet, chef de bureau à la préfecture, à Belfort. 

Marty, médecin- major â Tllopitul St-Murlin, à Paris. 

Malhey, industriel, à Senones. 

MarzIolT, président du tribunal civil, à Belfort. 

Marlzloff, propriétaire, à Belfort. 

Martz, conseiller h la Cour d'appel, à Nancy. 

Mégnin, chef de bureau » la fabrique DolJfus et C", 
à Belfort. 

Meillère, docteur ès-sciences, chef des travaux chi- 
miques de l'Académie de médecine, à l'aria. 
Ménétrez, avocat, à Belfort. 

Mcnétrez, colonel au 120' de ligne, à Courbevoie. 
Ménétrez, docteur en médecine, à Belfort. 
Mény, chef de bureau, à Paris, 
Mercier, instituteur, à Bavilliers. 
Mercky, opticien, à Belfort. 
Mérot, percepteur, à Seurre (Côte-d'Or}. 
Metz Arthur, négociant, h Paris. 
Metzger, rabbin, à Belfort. 
Metzger, agent général des ventes des Houillères, à 

Ronchanip. 
Metzger, clerc de notaire, à Belfort. 
Meyer, inspecteur d'Académie, à Annecy. 
Meyer Lucien, naturaliste, à Belfort. 
Michel, commissaire-priseur, id. 
Mignerey, professeur au Lycée, à BeKort. 



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— XIII — 

M"*Monnicr, directrice de l'école supérieure, à Belforl. 
MM. Monségur [de\ colonel d'infanterie de marine, en 

retraite, à Morlanne (Basses-Pyrénées). 
Morey, géomètre, Ronchamp. 
Moritz, négociant, à Belfort. 
Morlot, propriétaire, id. 

Mortot. chel' de bataillon au 151' de ligne, à Verdun. 
Moulon, directeur de l'enseignement primaire, à 

Belfort. 
Mouzimann, fonde de pouvoirs de la Maison Viellard, 

ù Morvillars. 
Muller, médecin vétérinaire, à Belfort. 
Mullcr, négociant, id. 

Muller Eugène, propriétaire aux Sables d'Olonne. 
Muller, propriétaire, à Belfort. 
Muller Maurice, employé à la Société Alsacienne, à 

Belfort. 
Mugnier, professeur au Lycée, à Belfort. 
Munérot, id. id. 

Nardin, pharmacien, à Belfort. 

Netzer, professeur honoraire, id, 
Nicolas, professeur à l'école normale à Dijon. 
Nidergang, docteur en médecine, à Belfort. 

Page, propriétaire, à Belfort. 
M"" Pain, à Paris. 
MM. Pajot, professeur au Lycée, à Belfort. 

Papillon, capitaine au 9' bataillon d'arlillenc, à 

Belfort. 
Parisot, lieutenant au 13° cuirassiers, à Cliarlres. 
Paronelli, propriétaire, à Belfort. 
Pélot, libraire, id. 

Pélot, imprimeur, id. 

Petitjean Armand, journaliste, à Paris. 
Petitjean, docteur en médecine, à .louarre, 
Petitjean, id. à Belfort. 

Pfiffelmann, employé, id. 

Picard Alfred, négociant, id. 

Picard Gustave, id. id. 



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— XIV - 

MM. Pergup, instituteur, à Plorimont. 

l'etitclerc, géologue, ù Veaoul. 

Pezct, employé à la Sociclé Alsacienne, à Uelfort, 

Plubel, professeur » l'école normale, id, 

Pinault, capitaine au 35° du ligne, à Belfort. 

Piningre, instituteur, id. 

Pointot, Président de la Société tles Sauveteurs, à 
Belfort. 
M"' Potdcvin (veuve), à Belfort. 
MM. Porterat, agent retraité de la compagnie de l'Est, à 
Villemonble (Seine), 

Portet, négociant, à Planeher-les-Mines. 

Pourcliot Louis, à Giromagny. 

Poussiguc, dirooteur des llouillùrcs, à Itoncliamp. 

Prétt-t, comptable, à Belfort. 

Prcvot, capitaine en retraite, à Oflemont. 

Quiquerez, négociant, à Belfort. 

Tîciset (le vicomte de), au château de Vie sur-Aisne. 
Rémond, médecin-major au t.')!* rég>, ù Beiroil. 
Renault, agent d'uITaireF, à Belfort. 
Riehert, négociant, ;ï Ncufcliâtcau. 
Kicklin Krnest, négociant, à Belfort., 
Ricklin, notaire, à Rougegoutte. 
Hiellimuller, propriétaire, à l'erouse. 
Rogenmoser, receveur des postes, ù Belfort. 
Hwscli, pharmacien, id. 

M™Ra?sch, institutrice, id. 

MM. Rœlly, négociant, id. 

Homond, juge de pai:t, à Giromagny. 
Romond, grellierdu tribunal de commerce, ii IJelfort. 
Rosier, professeur au Lycée, id. 

lioussen (de*, trésorier général, id. 

Roux, industriel, à Montbéliard. 
Itozicr, commis d'inspection académique, à Belfort.' 
Roy, agent-voyer, à Rlmaucourt (Haute-Saéne). 
lîoyer, propriétaire, à Montbéliard. 
Houeche, commis des Postes et Télégraphes, Belfort. 



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MM. Rudler, médecin aide-major au 4~3* de ligne, à 
Belfort. 

Saglio Florent, propriétaire, à Paris. 

Salomon, négociant, à licirort. 

Solignac-Fénclon (le comte do), dépulô de la Haulc- 

Saône, à Lure. 
Sauvageot, instituteur, à Eveltc. 
Schad, entrepreneur, à belTort. 
Saugier, directeur d'usine, à Morviilars. 
Schlatter, pharmacien, à lielfort. 
Schirmer, proviseur honoraire du Lycée, à Itelfort. 
W Scherer, professeur à l'école supérieure id. 

MM, Scheurcr Ferdinand, industriel, id. 

Sclieurer-Sahler Fernand, manufacturier, à Lure. 
Kclieurer-Salilcr Julien, id. id. 

Schlicklin, directeur des écoles, à Belfort. 

Schmitt, libraire, id. 

Schneider, maire do id, 

Schultz, propriétaire, id. 

Schwa;derlc, professeur de musique, id. 

Ëchwatm, propriétaire, id. 

8englé, conducteur des ponts et chaussées, id. 
Sigrist, directeur de teinturerie, id- 

Simonin, inspecteur primaire, à Arnay-lc-Duc 

(Côte-d'Or). 
Sombstay, fabricant de tuiles, à Proidefontaine, 
Sonet, fabricant, à Plancher-les-Mines. 
Êjouché, président de la Société do botanique des 

Deux-Sèvres, à Pamproux (Deux-Scvresi, 
Stehelin, trésorier-payeur général, à Dijon. 
Stciner, industriel, à Uelfort. 
Spetz, fondé de pouvoirs de la banque de Mulhouse, 

à Uelfort. 
Spindler, industriel, à Plancher-les-Mines. 
Spitzmuttcr Georges, rédacteur on chef du Hallie- 

ment, à Uelfort. 
Stiegler Léon, libraire, à Belfort. 

Taufnieb, docteur en médecine, à Giromagny. 



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- XVI - 

MM. Teissier, c;ipitaine de gendarmerie, ù Bclfort. 
Thiault Michel, avocat, id, 

Thiault Camille, directeur d'assurances, id. 
Tliietry, professeur au Lycée, id. 

Tisserand, arcliiteclc, id. 

Tourncsac, en Irep relieur, id. 

Toutey, ins[)ccteur primaire, à Marseille. 
Touvet, n^grociant, à lïelfort. 
Touvel, chef de bureau au minislèrc des linanccs, 

k Paris. 
Touvet, notaire, à Giromagny. 
Tresch, agcnt-voyer, id. 

Troyon, employé à la Socitîté .Msacienne à Bclfort. 
Trouillat, receveur des douanes, à Petit-Croix. 
Turillot, huissier, à lïelfort. 

Vauthcrin Auguste, piiarmacien, à Paris. 
Vautherin Joseph, docteur en médecine, à Uelfort. 
Vermot Arthur, industriel, àChâtenois. 
Vemy, contrôleur des douanes en retraite, à Dijon. 
Viellard Léon, maître de forges, à Morvillars. 
V'iellard .\rniand, député du lluul-Khin, à Paris. 
Viénot, président de la Société d'Emulation, à Mont- 

béliard. 
Voisinel Jules, propriétaire, à OiTemont. 
Vuidard, notaire, à Delfort. 
Vuillaume, médecin aide-major à l'hôpital militaire 

d'Alger. 

Walscr Ferdinand, négociant, à Uelfort. 
Walser Xavier, id. id. 

Wamod, maire de Giromagny. 
W'cill, professeur au Lycée, à Uelfort. 
Wellé Alfred, pharmacien. id. 

Welfelc Tahlié;, curé, à Uavilliers. 
Wcndiing [l'abbé), directeur de l'institution Sainte- 
Marie, à Uelfort. 
Wetslein, commis principal des douanes, à Delfort. 
Wiss, instituteur, id. 



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— XVII — 

MM. Yvonnet, ancien commiasuire-priseur, à Belfort. 

ZœptTel, ancien Vice-Président du Conseil de 

préfecture, à Nancy. 
Zeiler, recteur de l'Académie de Clermont-Ferrand. 
Zeller, instituteur, à Délie. 
Zeiler René, industriel, à E!tuerFont-Bas. 
Zeller, comptable à l'usine Steiner, à Helfort. 
ZweiTel, ingénieur, à la Société Alsacienne, à Belfort. 



^--«■■«eesT-j 



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SOCIETES CORRESPONDANTES 



FRAN CE 

Amiens. — Socii.'lé des Antiquaires de Picardie. 
Autun. — Sociétt^ éduenne des lettres, sciences et arls. 

Socit'lé d'histoire nnturellc. ' 
Auxcrre. — SociétO des sciences historiques et naturelles. 
Bar-le-Duc. — Sociéfi! des lettres, sciences et arts, 
lîelfort. — Seetion des Hautes-Vosges du C. A. F. 
Beaunc. — Société diiisloire, d'arcliéoiogie et de lillérat". 
Besançon. — Académie des sciences, belles-let'"' et arts. 

Société d'émulation du Doubs. 
Bourg. — Société des sciences naturelles de l'Ain. 
Bordeaux. — Acad" nalion"" des sciences, bcl'"-let'"' et arls. 

Société Archéologique, 
Caen. — Académie des sciences et belles-lettres. 

Société française d'archéologie. 
Chambéry. — Société savoisicnnc d'Iiist" et d'archéoloe", 
Cliâlon-sur-Saône. — Société des sciences naturelles de 

Saônc-et-Loire, 
Dijon. — Académie des belles-lettres. 
Epinal. — Comité d'bistoire vosgienne. 

Société d'Emulation des Vosges. 
Gray. — Société grayloise d'Emulation. 
Grenoble. — Académie dciphinalc. 

Société de statistique de l'Isère. 
Langres. — Société historique et archéologique. 
Lyon. — Société botanique. 
Lons-le-Saunier. — Société d'F^mulation du Jura. 
Le Mans. — Société historique et archéologique du Muine. 
Montbéliard. — Société d'Emulation. 
Nancy. — Académie de Stanislas. 

Société do géographie d»! l'Est. 

Sociéléd'arch«"lon'ainect du musée bistori([ue. 

Société des sciences. 

Annales de l'Est, 

Société lorraine de iihotograpliic. 



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— XIX — 

Nantes. — Socîc^tO archéologique, 

Sociélé des se"' nat'" du l'Ouest de la France, 
Narbonnc. — Commission areliiiologique. 
Nîmes. — Acadi'mie du Gard. 

î3ociété d'étude des seienees naturelles. 
Niort. — Société botanique des Deux-Sèvres. 
Orléans. — Société archéologique de l'Orléanais. 
Paris. — Société nationale des antiquaires de France. 

Société philomatiquc, rue des G'^'-Augustins, 7. 
Société d'anthropologie, rue de l'Kcole de 

médecine, 15. 
Association phylotechnique, rue Serpente, 2i. 
Société géologique de France, rue des Grands- 

Augustins, 7. 
Société de l'Histoire de France, rue des Francs- 

llourgcois, GO. 
Comité des travaux historiques et scientifiques. 
Musée Guimet, avenue du Trocadéro, 30. 
Wélusine {recueil de mythologie, traditions et 

nsagcsj. 
Musée social, rue Las-Cuses, 5. 
Reims. — Société d'étude des sciences naturelles. 
La Hochelie. — Société d'histoire naturelle. 
Rouen. — Académie dos sciences, belles-lettres et arts. 

Société industrielle. 
St-Dié. — Société phîlomaliquc. 
St-Omer, — Société des antiquaires de la Morinie. 
Toulouse. — Société archéologique du Midi de la France. 
Académie des acien"', inscript" et bel" Ici"'. 
Vcsoul, — Société d'agriculture, sciences et arts de la 
Haute-Saône. 

ÉTRANGER 

Berne. — Schweizerische Naturforschcnde Gesellschaft. 
Fribourg. — Société fribourgeoiso de sciences naturelles. 

Société d'histoire du canton de F'ribourg. 
Colmar. — Société d'histoire naturelle. 
Genève. — Société d'histoire et d'archéologie. 
Institut national genevois. 



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— XX - 

Lausanne. — Société d'iiisloirc de la Suisse romande. 
Société vaudoise de sciences naturelles 
Metz. — Oesellschaft fur lothringische Ueschichte und 
Altertumskunde. 
Société d'histoire naturelle. 

Académie (lettres, sciences, arts et agriculture}. 
Mulhouse. — Société industrielle. 

Musée historique 
Neuclmtel. — Société neuchâleloise de géographie. 
Porrentruy. — Société jurassienne d'Emulation. 
Strasbourg. — Ueologische Landesanstult von Elsass- 
Lothringen. 
Oesellschiitt fur die Erhaltung dcr ges- 

chichttichen Denkmipler ini Elsass. 
Universitœts und Landesbibliolhek. 
Washington. — Smithsoniun Institution. 



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RÉUNION GÉNÉRALE DU 22 AVRIL 1900 



Rapport du Secrétaire 



Messirurs, 

Dans le courant de l'année dernière, le Ministèie do 
l'Instruction publique adressait, en vue de l'Exposilion 
Universelle de 1900, aux Sociétés savantes des dé])arte- 
nients, un questionnaire en les pliant de répondre aux 
questions posées relaiivement à l'historique de la Société, 
aux publications éditées durant les dix dernières années, 
ainsi qu'aux fouilles arcliéulogiquea exécutées pendant 
cette période décennale, 

La Société d'Emulation s'est empressée de déférer au 
voeu du Ministère et a participé à l'Exposition en y envoyant 
ses publications depuis 1880, ainsi qu'un mémoire répon- 
dant au questionnaire du Minïatèie de l'Instruction publi- 
que. 

Votre Comité a décidé de publier, dans le Bulletin ces 
quel(|ues notes relatives à riiiat<jri'|ue et aux travaux de la 
Société, Nous transciivons ici les pages envoyées à Paris, 

La premièie question posée se raj)porte à l'iiislorique de 
la Société. Voici en quels termes nous y avons léponHu : 

« Le 10 Mars 187i, un certain nouihre de personnes as 
« i-éunissaient dans l'une des salles de l'Holel do ville, 
■ sous la piésidence de M. Charles Lebleu, adininibtiatour 
tt du Terriioire de Helfoi t. à l'effet d'ariéter les bases de la 
« consiiluiion d'une Société scienlili<iue et littéraire à Hel- 
« fort. Oti comptait sur de nombreuses ad lierions en Alsiice. 
« Il y avait queUjue témérité, alors que l'ennemi était encore 



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- xxir — 

« dans nos murs el l'avenir si sombre et si incertain, à 
« organiser dans une petite ville comme la nôtre, une 
1 Société de ce genre. Son but était de développer le goût 
" des choses lilléiaires et scientifiques, de recherclier et 
« de conserver tout ce qui se rattache à l'htstoii'e de Belfoi-t 
« et de l'Alsace et spécialement de reconstituer et d'accrol- 
<! Ire la bibliothèque. Les statuts de la Société qui prit le 
« nom de Société belfortaine d'Emulation, furent approuvés 
<• par l'autorilé préfectorale le 25 Mars suivant. 

" Le premier bureau de la Société fut ainsi composé; M. 
tt Dietrich, secrétaiie général de la Piéfecture, Président ; 
« M. Parisot, pharmacien, Vice-Président; M, Menétrez, 
« avocat, secrétaire ; M. Joseph Haas, banquier, trésorier. 

B Peu après la fondation de la Société, le Comité décida 

de créei' un Musée. Un récolement des livres delà biblio- 
u llièque municipale donna un total d'environ 3400 volu- 
« mes, dont la plupart provenaient de la bibliothèque du 
« couvent des Capucins. Il s'y trouvait un certain nom- 
B bre d'incunables, des Aides, des EIzévii's, d'autres édi- 

1 tions rares et de luxe et quelques manuscrits. 

a Le Conseil général du Territoire de Belfort et, après 
« lui, le Conseil municipal de Belfort, votèrent des subven- 
« lions à la nouvelle Société. 

« En 1874, la Société recueillait les objets découverts 

dans le cimetière franc du faubourg des Vosges à Belfoit, 
<■ et dans celui de Dclle, ainsi que dans le cimetière bur- 
« gonde de Cliâtenois. La même année, elle enrichissait le 
« musée des trouvailles faites dans les stations préliistori- 
<• ques du Mont Vaudois et de Roppe, où des travaux de 
" fortification étaient exécutés. 

• EnHn,enl87G,on mit à jour la nécropole préhistorique 
" des Grottes de Cravanche dans laquelle la Société fit opé- 

1 rer des fouilles qui donnèient une collection unique 
' d'ossements, outils et objets divers de la période néoli- 
I Ihique. 



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- XXIII ~ 

Très modeste à ses débuts, le Musée vit, en peu de 
« temps, ses vitrines et ses rayons, se garnir d'objets de 
" toute nature. Bientôt se montrait un commencement de 
« collections qui se développèient inseusiblemeni et, au 
« bout de quelques années, ce musée, dont la fondation 
a avait été si laborieuse, étonna les visiteurs par le grand 
« nombre et ta variété des objets réunis en si peu de temps 
a Le musée était, en majeure partie, l'œuvre pci'sonnelle 
« de M, Dietricli. Il en fut le créateui-, il en resta l'âme. 

« II mourut le 10 Juin 1881 et fut remplacé par M. Pari- 
" sol, longtemps maiie de Belfort, ancien pliarmacicn qui 
B consacra tout son temps et son activité à continuer l'œu- 
■ vre de son prédécesseur. liolaniste et géologue distingué, 
« il dota les collections du musée d'un herbier et d'une 
tt collection de fossiles fort remarquables. Ildressa égale- 
« ment, en 1887, un catalogue de la bibliothèque qui com- 
a prenait, à celle époque, environ 8000 volumes. Ce chiffre 
« a passé, en 1899, à l'>000. M. Parisot est moitié 21 Avril 
« 1890. 

« C'est grâce à la Société belforlaine d'Emulation que la 
« station préhistoi ique dos Grottes de Cravanclie a pu être 
« fouillée mélhodiquement. Depuis 1890, elle consacre, 
ï chaque année, 250 fr. aux recherches archéologiques 
" effectuées dans cette station. Une collection fort impor- 
« tante a été réunie dans une vitrine du Musée et attire 
" surtout l'attention des archéologues et des anihropolo- 
« gistes ». 

La seconde question concerne les publications de la 
Société dans la dernière période décennale. Nous y avons 
répondu en envoyant nos builetiiis et en signalant tout 
particulièrement la Notice sur l'histoire militaire de Belfort 
par le commandant, actuellement général Paputhon. 

La 3'' question est relative aux fouilles archéologiques 
faites par la Société depuis 1889. 

Voici la réponse qui a éié faite à cette partie du question- 
naire : - La découverte des Grottes de Cravancho remonte 



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— XXIV — 

« au mois d'Avi-il 1876. Les nombreux objets découverts, 
u à cette époque, dans cette station néolithique furent 
« tianâpoi'tés au Musée de Belfoit et c'est seulement en 
" 1890. que des fouilles méitiodiques ont été reprises. Les 
« premiers travaux miient au jour un crâne, le IS'deia 
» collection {ind. céphal" 76, 47], un humérus et un racloir 
" en os (le 20 cent'* de long, fort belle pièce. 

<( Kn 1891, non loin d'un amas decendies et de chaibons. 
« on recueille un rai;luii', trois anses de poteiie. (rois poin- 
a i;ons, trois silex taillés, deux valves d'anodoute, une 
« ébauche en seipentine de forme ovale. 

« En 1893, découvei'le de nombreux ossements. la plu- 
" jiait humains, débiis de poterie, deux couteaux en silex 

{15 cent, et 8 cKnt, de long) ; trois anses de poterie dont 
« une évidée, quati'e poinçons en os, quatre valves d'ano- 
" doute, une hachette en serpentine ; une emmanchure 
" en bois de ceif ; des bois de grand ceif et de chevreuil ; 
fl des lissoirs en buis de cerf, une canine d'ours de 8 cent. 
• de loniT, percée d'une ouverture à une de ses exliémités 
■ et qui, pi'ubablement, a servi d'oinement ou d'amulette. 

« Eu 1893, on exhume des ossements humains et des 
B débris de poteiie ; une hachette en jadéito ; quator/e 
u anneaux de forme ovoïde en argile grossière pétrie, per- 
u ces dans le sens do leur plus grand axe d'une petite 
" ouverture destinée à y passer un lien el former prubable- 

1 nienl un collier ; deux belles pointes de flèche en silex ; 
> un instrument en bois de ceif (lissoir 1) et une anse de 
1 poterie. 

n En 1891. on met au jftur deux ciânes dolichocéphales 
. (indices: 77, 6ô et 77.10}; deux silex taillés fortement 
< cachalunnés à retouches latérales ; belle hache polie en 
i aphanile de 21 cent, de longuoiu- ; deux poinçons en os ; 
1 tiois anses de poterie : un couteau en silex à retouches 
' longitudinales ; un bnis de cerf fortement ar'jué. partagé 
1 par le milieu dans le sens de la longueur, ti-availlé et 
i atninci ù ses extrémités. 



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— XXV — 

« En 1895, on découvre un jiolisâoir en giauwacko, unu 
« liaclieUe en aphanile ; deux insliuments en bois de cerf ; 
« des fiagmenls d'un grand et d'un pciil vase en poleiie ; 

■ quatre anses mamelonnées et des ossements humains. 
« En 18!)G, on recueille une pointe de flèche en silex, 

« barbelée, lelaitlée sur une des faces, fort bel instrument; 

■ un poinçon en os et des quantités notables de cendres et 
o de charbon. 

" En 1897, on exliume deux polissoirs façonnés avec des 
canines de sanglier et un crâne d'adulte du sexe mas- 
« culin (ind. téphal" : 76,08). 

1 En 1898, on découvre un superbe vase de 10 cent, de 
« diamètre à l'ouverture sur 10 cent, également de hau- 
« leur, portant des dessins tiès artistement exécutés. Par 
« la perfection de sa forme et de ses ornements, ce vase 

• dénote déjà un sens artistique très déveiop|)é chez les 
K potiers de la station de Cravanche ; un maxillaire infé- 
« l'ieur et une ébauche en serpentine. 

« Depuis 18yO, environ 800 mètres cubes de déblais ont 
e été extraits de celte station préhistorique et les dépenses 

• atteignent, à ce jour, 5500 fr. « 

Bibliothèque. — Nos acquisitions se portent, de préférence 
vers les alsatiques et autres ouvrages relatifs à l'histoire 
régionale. En 1899, la Société a acheté l'Alsace au 17" siè- 
cle, par Reuss ; les Reclierches sur les anciennes monnaies 
du Comté de Bourgogne par Dom Grappin ; le Mémoire 
historique sur la ville et labbaye de Lure, de l'abbé Besson ; 
les Coutumes de la Haute-Alsace, par Bonvalot ; le Précis 
des opérations militaires de l'armée d'Italie en l'an VII, 
par notre compatriote, le général Scherer ; les Recherches 
historiques sur la seigneurie de Neuchâtel en Bouigogne, 
par l'abbé Richard ; les Légendes du Fiorival, de l'abbé 
Braun, etc. 

Mitsée. — Nous n'avons rien de particulier à signaler au 
Musée, Nos ressources Hnancières étant fort restreintes, 
nous n'avons pu, à notre grand regret, continuer nos 



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— XXVI — 

recherches archéologiques dans la slation préhistorique 
de Cravanche et augmenter la collection déjà fort impor- 
tante d'insiruments et d'uutils qui se trouve au Musée. 

Bulletin. — Le Bulletin de 1900 est en partie imprimé. 
Les articles suivants y prendront place : la suite de l'Etude 
historique sur Belfort, par Henri Bardy, ainsi que celle du 
Glossaire du patois de Chàtonois par Aug. Vautlierin ; une 
Vue de Belfort en 1710, pai' Dubail-Roy ; les Récits d'une 
aïeule, par Godard et Notes sur la Grotte préhistorique de 
Cravanche par Courly. 

Situation de la Société. — A la fin de 1899, notre Société 
comptait 8 membres honoraires et 433 titulaires ; nous 
correspondons avec 98 sociétés savantes. Depuis la réunion 
générale de l'année dernière, nous avons perdudeux mem- 
bres honoraires : MM, Ceslre et Scheurer-Kestner qui, 
tous deux, à différentes reprises, ont fait des dons impor- 
tants à la Société et MM. Bredmeslre, l'abbé Mercelat, 
Jules Stiegler, Taboureau, Geopgino, Eugène Muller, De!a- 
rue, Marizlotf. Alphonse Canet, Grumbach, Auguste Jusler, 
Genly, Wagner et Paul Tisserand, membres titulaires. 

La situation financière est excellente et notre Trésorier 
va nous en faire l'exposé. 

M. Kauffmann, trésorier, donne l'état suivant des finan- 
ces de la Société, à la tin de 1899 : 
Dépenses 

Achats de livres et publications 19i 65 

Keliure lU » 

Allocation à l'aide bibliothL^caire 400 » 

Impression et port du Bulletin 1123 40 

Piecouvrement des cotisations 52 10 

Travaux et fouilles aux Grottes de Cravanche . . . 250 » 

Prix offert au Lycée 20 » 

Frais de secrétariat 55 50 

Imprimés et divers 37 50 

2142 !."> 



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— . XXVII — 

Recettes 

Excédent au 1" Janvier 1899 525 

Subvention du département au Musée 300 

» » à la Société d'tîmulation, 250 

Cotisations iC75 

Vente de bulletins 158 

Intérêts des sommes déposées * . . 36 4 



Recettes 2844 4ti 

Dépenses 2142 15 

Excédent 702 31 

Les comptes du Trésorier sont approuvés par les mem- 
bres présents. 

L'assemblée procède au renouvellement du tiers des 
niembres du Comité. Sont éius pwur 3 ans : MM. Bardy, 
Daumann, Schirmer et Viellard Léon, membres sortants 
et M. l'abbé Hirn, en remplacement de M. le D"' Marty, 
démissionnaire. 



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BIBLIOTHÈQUE 



Oarrages reçus en 1899 



ACHATS 



L'Alsace au IT siècle par lîod. Reuss, T. I. Paris 1897, t vol. in-8». 
Nouvelles œuvres inédites de Grandidter, Alsatia sacra, I, 

publii^es par l'abbé Ingold, Tome III, 1899. 
Recherches sur les anciennes monnaies du Comté de Bourgogne, 

par D. Grappin, I vol. in-12, Paris 1782. 
Extraits de la Gazette de France, 17' siècle, 55 pages manus. 
Mémoire historique sur la ville et l'abbaye de Lure, le prieuré 

de Sl-Antoinc et les seigneuries de Lure et Passavant, par 

labbé Besson, Besançon, 1846, I vol. in-8«. 
Coutumes de la Haute-Alsace, dites de Ferrelte, par Bonvalot, 

Paris, 1870, 1 vol in-8". 
Grande encyclopédie, 2'i° volume. 

Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, 2C' fascicule, 
Mulhouse français, par Aug. Lalance [1798-1871) Paris, 1898, 

1 brochure in-8«. 
Le colonel Denfert à Delfort, par de Prinsac, Paris 1878, 1 

broch. in-12. 
Précis des opérations militaires de larmée d'Italie en l'an VII, 

par le général Schcrer. A Paris, chez Dentu,an VII. 1 broch. 

in-12. 
St-Dizier, par l'abbé Faivrc, Dellc 1899. 1 broch in-8°. 
Rouget de llsle, par Ticrsot, Paris, 1892, I vol. in-12. 
Recherches historiques et statistiques sur la scigueurerie de 

Neucbâtel au Comté de Bourgogne, par l'abbé Richard, 

IJosançon, 1840, 1 vol. in-8». 
Histoire naturelle du Jura, par le frère Ogérien : Géologie, 2 

vol. ; Botanique par Michalet, I vol. ; Zoologie 1 vol. ; 

Paris t8(i;î. 
Légendes du Florival par l'abbé Braun, Guebwiller, 1866, 

1 vol. in-8» 



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— XXIX — 

Revue d'Alsace, 1899, 1 vol. 
Annales franc-comtoises, 1809, I vol. 

luvenlaire des arcliives dii parte mentales de I» Ilaule-^^aâne. 
Archives civiles, série IJ, par Uesson, I" vol. 186.");2*vol. 1874. 

DON 3 

Sur l'emploi de désinences caracttîristiques dans les di^nomi- 

nntionsdes groupes éinblis pour les classilicalions zoologiques 

par Jiinet, 1898, 1 broch., envoi de l'auteur. 
Les habitations à bon marché, par Janct, 1897, I brocb., don 

de l'auteur. 
Notice sur les travaux scientifiijuea présentés par M. Janet à 

l'Académie des sciences, I89fi. 1 broch., don de l'auteur. 
Sur un organe non décrit servant à la fermeture du réservoir 

du venin et sur le mode de fonctionnement de l'aiguillon chez 

les fourmis, par Janet, 1898, I brocb., don de l'auteur. 
Réaction alcaline des chambres et galeries des nids de fourmis, 

par Janet, 1898, 1 broch., don de l'auteur. 
Sur une cavité du tégument servant, chez les Myrmicince, à 

étaler, au contact de l'air, un produit de sécrétion, par Janet, 

1898, 1 broch., don de l'auteur. 
Elude Hur les fourmis, les guêpes et les abeilles, par Junet, 

1898, 3 broch-, don de l'auteur. 
Démostliènes étnit-il bègue ? pur le V' Chervin, 1898, I broch., 

don de l'auteur. 
Bulletin du Club Alpin français, 1898. 9 n", don d'un anonyme. 
Mes heures d'oubli, poésies, par Edouard Lbomme, 1899, 1 vol. 

in-1'2. don de l'auteur. 
Les manuscrits des anciennes maisons religieuses d'Alsace, 

par Ingold, I broch, in-8", 1898, don de l'auteur. 
Contribution à l'étude lilhologique et chimique des roches du 

Portugal, par le U' Bleicher, 1898, 1 broch., don de l'auteur. 
Quelques pages de l'histoire de St-I>ié pendant la Révolution, 

par Uardy 1899. 1 broch, don de l'auteur. 
Etudes d'ethnographie préhistorique : Fouilles à Bassempoug 

en 1897, par l'iette et de Laporterie, 1 broch in-8% envoi des 

auteurs. 
Tempérament et délinquance, par le docteur Marty, 1899, 1 

broch. in-8°, don de l'auteur, 



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— XXX - 

St-Remy et la rumille de Rosen, par Dubaiî-Roy, 1899, I broch. 

in-S", don de l'auteur. 
Conipto-rendu dfs sOances de l'Acadi^mie des sciences (12 Juin 

au 25 septembre 1899), 16 n'*, don de M. Berger. 
L'anal)aptiste ou le cultivateur par expérience, Almanach de 
1830, don de M. Nardin. 
Le Messager boiteux des quatre parties du monde, 1831, don de 

M. Nardin. 
Le Messager boiteux d'Alger, 1833, don de M. Nardin. 
Souvenirs du lieutenant g<;néral Vicomte de Reiset (1775-18101, 

par le Vicomte de Reiset, 1899, 1 vol. in-S", don de l'auteur. 
Examen du mémoire de M. de l'ejsonnel relatif aux prétentions 

des divers princes d'Allemagne qui ont des propriétés dans 

les provinces d'Alsace et de Franche-Comté, par le baron de 

Ralhsamliauscn, 1790, 1 broch. in-4'>, don de M. Billiet. 
L'anthropologie au Congrès de Uoulogne-sur-Mer, 1899, par 

Ph. Salnion, 1 broch. in-S", don de l'auteur. 

ENVOI DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

Bulletin de la Société grayloise d'Emulation, n» 1, 1898, 1 vol. 

n»?, 1899. 1 vol. 
Bulletin des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, IS97, 

I vol. ; 189S, 1 vol. 
Annales de l'Est, 1899, î fasc. 

Bulletin du Musée historique de Mulhouse, 1898, I vol. 
Mémoires de la Société d'Emulation du I>oubs, 1897, 1 vol. 
Annales de lu Société des sciences naturelles de La Rochelle, 

1897, 1 vol. 
Bulletin de la Commission archéologique de Narbonnc, 1" et 

2«sem« de 1899, 2 vol. 
Bulletin du comité des travaux historiques et scientillqucs : 

bulletin des sciences économiques et sociales, 1898, 2 fasc. ; 

bulletin historique et philologique, 1898, n" 1,2.3 et 4,3 vol. ; 

1897, n°' 3 et 4, I vol. ; bulletin archéologique, 1898, 1" livr., 

1 vol. ; 2' livr. de 98, 1 vol. ; 3' livr. 1 vol. ; 1899, I" livr. 

1 vol. 
Revue historique du Maine, 1" et 2* semestres de 1893, 2 vol. ; 

1«' semestre de 1899, 1 vol. 
Bulletin delà Société d'histoire nalurellede Colmar, 1897-98, 1 vol. 



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— XXXI — 

Mémoires de la Socii^té savoisicnne d'Iiistoire, 2* svric. Tome 

k>, 1898, 1 vol. 
Bulletin de rAcadémie delphinale, 1897. i vol. 
Mémoires de l'Acadcmie des lettres et sciences d'Aix, Tome 17, 

1898, 1 vol. 
SiSancc publique de l'Académie des lettres et sciences d'Aix, 

1898, 1 broch. 
Ilulletin de l'Académie des sciences, inscriptions et bollcs-!cttres 

de Toulouse, Tome I. 1897-98, fasc. I, •>, 3. 
Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de 

Caen, 1898, I vol. 
Flore de France (publication de l'Académie de la Koclielle; par 

Uouy et Foucaud. Tome 5, 1899, 1 vol. ; Tome I. 189;i, I vol. 
Mémoires de l'Acadiîniie des sciences, arts et beJlcs-ledres de 

Dijon, 1897-98, t vol. 
Bultclin de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, 

Tome 2, livre 2, 1899. 
Bulletin de I;i Société Cri bourgeoise des sciences naturelles, vol, 

7, fasc. 1 et 2, 1898, I vol. 
Mémoires et documents de la Société nationale des antiquaires 

de France. 1898, 1 vol. 
Bulletin de la Société scientiTique des Basses-Alpes, 1898; 4 fasc. 
" » » archéologique de Nantes, 2' semestre de 

1897, I vol. : I" et 2' semestres 1898, 2 vol. 
Bulletin de la Sociélé archéologiq' de Bézîers.Tomc 27. 1898,1 vol. 
Mémoires de la Sociélé d'archéologie lorraine, 1898, 1 vol. 
Compte-rcndu des fêtes du cinquantenaire de la Société 

d'archéologie lorraine, 1898, 1 fasc. 
Bulletin de la Soc. arclicologiqucde Tarn-et-Garonne, 1898, 4 fasc. 
Archives de la Société d'histoire du canton de Fribourg. 3' 

livr. du Tome 6, 1899. I vol. 
Bulletin de la Société d'histoire naturelle de MelK, 19' et 20» 

cahiers, 189.5 à 1898, 2 fasc. 
Annales de la Société botanique de Lyon, 1898, 2 vol. 
Mémoires de la Société d'Emulation de Montbéliard, 2* fasc. du 

20* vol. 1899. 
Bulletin de la Société de statistique de llsère, 4* série. Tome 4, 
1899, I vol. 
B B d'étude des sciences naturel les de Béziers, 

1897, 1 vol.; 1898, 1 vol. 



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- XXXII — 

Bulletin de la Sociélé historique tic Langres, 1" Janv. 1899, I livr. 
Aununire bullclin de la Société d'histoire de F'rance, 1898, 

I vol. 
Annales de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes 

Miiritimes, T. Iti, IH99, I vol. 
Dulletin de la Société d'agriculture, sciences cl arts de la Ilaute- 

Raône. n- ->9, 1898, 1 vol. 
Annuaire de ta ?îocicté pliilotcchniiiuc, 1898, I vol. 
Omis, Tome 9, n" 3, 1 rase. ; n" i, 1 Thsc, 

Dulletin de la Société pliilomatiqiiu vosgienne, 1898-99, I vol. 
Annual Report of tlic Smilbsoniim Institution, i89<), 1 vol. ; 

1897, 1 vol. 
Bulletin de la Société d'Embellissement de Iteirort, n" 'i, 1899, 

1 brocb. 
Mémoires de r.\cadémie des sciences, belles-lettres et arts de 

Besançon, I8U8, 1 vol. 
Documents relatifs à Ibisloire du Vallîiis, publiés par la Société 

d'histoire de ta Suisse romande, parlabbc Gremaud, Tome 8, 

1 volume. 
Bulletin de la Société botanique des lieux Sèvres, 1898, 1 vol. 

» de l'Acadtîmie du Var, 1898, 1 vol. 
Recueil de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de 

Tarn-et-Garonne, 1898, I vol. 
Bulletin de la Société des sciences de Nancy, 1898, 1 vol. 

» B d histoire naturelle <rAutun, 111< Itulletin, 

3* partie. 1897, I vol. Il' Bulletin, 1" 
partie, 1898, 1 vol. 
Mémoires de la Société éduenne, Tome 2«, 1898, I vol. 
Bulletin de la Société- d'histoire- naturelle de Toulouse, 3* Tasc. 
de 1894. 
s n pour la conservation des monuments his- 

toriques d'Alsace, 2" série. Tome 19, 
l«99, 1 vol. 
Mémoires de l'Académie de .NÏmcs, 1898, I vol. 
Actes de la Société jurassienne d'Umulalion, 5' série, 7* vol., 

189SI, 1 vol. 
Catalosue des actes du Dauphin Louis H devenu Louis XI rela- 

tiTs à l'administration du Dauphiné par l'ilot de Thoruy, 

publié par la î?ociété de stalisti'iue de l'Isère, 1899, Tomes 1 

et i, in 8". 



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— xxxm — 

Enquête sur les conditions de l'hitbitiktion en France, par de 

Kov'ille. Tome 1 (publié ptir le Comité des travaux liistori(]ues 

et scientifiques) Paris, 1899, I vol, 
liulletin de la Section des Hautes-Vosges du Club alpin Triinçais, 

nMl, 1898, I fasc. 
Mémoires de l'Acudêmie de Stanislas, 1898, I vol. 
Bulletin de la Société neuchâteloise de géograpbie. Tome II, 

1899, I vol. 
Mémoires de \a. Société des lettres, sciences et arts de Uar-le- 

Duc, Tome7, 1898, I vol. 
Bulletin of the geological Institution oï Upsala, 1898, 

I volume. 
Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, 4' série, 

Tome 3, 1899, 1 vol, 
Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, 1898, 3 fasc. ; 

1899, I- fasc. 
Annales de la Société d'Emulation des Vosges, 1899, 1 vol. 
Bulletin de l'Académie delphinale, 4' série, Tome 13, 1898, 

I volume. 
Mémoires de ta Société dunkerquoise pour rencouragement des 

sciences, 1898-99, 1 vol. 
Bulletin de la Société archéologique du Midi de la Erance 

(29 Novembre 1898 au 14 Mars 1899 ) 1 fasc. 
Table alphabétique des matières contenues dans les 10 volumes 

(1890-99) des Annales de la Société d'Emulation des Vosges, 

1899, ) fasc. 
Jahrbuch fur Geschichte, Sprache und Litteratur EIsass-Loth- 

ringens, XV. Jahrg. 1899, 1 vol. 
Discours prononcés à la séance générale du Congrès des 

Sociétés savantes à Toulouse le 8 Avril 1899, 1 fasc. 
Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 

1898, 1 volume. 
Mémoires de la Société nationale des antiquaires de P'rance, 

6- série, Tome 8, 1897 et 1899, 2 vol. 
XII Bericht iiber die Thœtigkeit der Naturforschenden Gesell- 

Bchaftin Solothurn 1898-99. 1 fasc. 
Bulletin de la Société archéologique de Bordeaux, I*ct2*Trim" 

de 1897, 2 fasc. 
Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences de 

Rouen, 1897-98, 1 voi. 



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— XXXIV — 

Les chartes de S' Berlin, pur l'abbi^ liléd (publitîes par la fiociélé 

des anliquiiires do Morinie), 4* faac. du Tome 'i, S' Omer, 

1899, 1 vol in 4». 

Mémoires de la SociiU'Iuslorique de Langres, 1899, f broch in 4". 

Dulletin d'bisIoJrc ecclésiastique du diouèse de Vulence, 1S99, 

4 livr. 
Mélusine, 1898 et 1899, 6 fasc. 
Bulletin de la Société arcbéologique du Finislère, 1898 et 1899, 

1 1 n". 
Revue scientifique du Liniou&in, 1898 et 1899, 5 n"'. 
Bulletin de la Société lorraine de photographie, 1898 et 1899, 

9n". 
Annales de la Société d'Emulation de TAin, 1898 et 1899 4 faac. 
Bulletin de la Société des sciences naturelles de Saonc el-Loire, 

1898 et 1899, 10 n"'. 
Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Orléans, 

189" et 1898, 3 fasc. 
Bulletin de la Société géologique de France, 1898 et 1899, (In'V 
historique do l'Orne, 1898 et 1899, 4 fasc. 
n de lAlliance française, 1899, 4 fasc, 

•> la Société géographique de l'Est, 1898 et 1899, 5 fasc. 
B n des études littéraires et scientiliques du 

Lot, 1898 et 1899, 4 fasc. 
» Diana, 1898 et 1899, 4 fasc. 

n Société d'agriculture de la Lozère, 1898 et 1899, 
8n». 
» » d'étude des sciences naturelles de lîeims, 

1898 et 1899, 4 fasc. 
» K industrielle de Mulhouse, 1898 et 1899, 

5 fasc. 
» » d'études des Hautes-Alpes, 1898 et 1899, 

5 fasc. 
Revue B d'anthropologie de Paris, 1898 et 1899, 

!j fasc. 
Bulletin de la Société des antiquaires de Morinie, 1898 et 1899, 

4 fasc. 
Revue de lAvranchin, 1808 et 1899, 4 fasc. 
Bulletin de la Société dunkerquoisc pour rcncouragemcnt des 
sciences, 't' fasc. de 1898. 



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~ XXXV — 

Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1898 et 1899, 
4 fasc. 
» » industrielle de Rouen, 1898 et 1899, 6 fasc. 

B n vaudoisc des sciences naturelles, 1898 et 

1899, 3 fasc. 
n » d'étude des sciences naturelles de Nîmes, 

2'Sem'de 1898, I fasc. 
D de rAsssociation itliilotcchnique, 1898 et 1899, G n". 
fl de la Soci(5tê archf-ologique de Nantes, 2" Sam» de 1897, 
1 vot. ; 1898, I vol. 
dunoise, 1898 et 1899. 2 fasc. 
« " des sciences naturelles de l'Ouest de la 

France, 1899, 3 fasc. 
Mémoires de la Société dagriculture d'Orléans, 1897 et 1898, 
'Z Tasc. 



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GLOSSAIRE 

DU 

Patois de Châtenois" 



N 

H', Voy. ne (négation). 

Ma, [Nau', Noël (voy. nbé), Bf. Nouel. 

Na&l. n. pr, à Bethonvillers. Du L. na.tàlis. 

Nâcbi, Noircir, voy. noî. Fréq. est le passage de oi, a â et 
â en 01. Voy. rot, vardjie, poi, pà. 

NAcbot, (bô di). Bois de lArsot, à Offemont. Sermamagny, 
Lo Nachot. Rég' rs fr. devient ch en patois. Voy. Achon. 

On dit aussi Narsot {U' J. V.) qui parait forme franco-patois. 
Notons que ce mot comporte l'article, ce qui indique à l'origine 
un subst. commun. 

En 1487, Assat; 1573, Arssal (2), La l" a donné la forme 
autrichienne [Ilassehat) 13i7, quoique relevée poster' mais 
existant auparavant. 

? Le VFr. arce, arceau = Enceinte fortiflée ou palissadée, 
etc.; du L. Arx-arcis. 

NS4Je: Neige; p. aj. [Noidje' ; id. en Salbérien ; Noije, 
à Besançon. 

Nâdjie, Neiger. Nidjoutâî, neiger léger*. 

Noidjie, où l'on dit noidje, 

lïal, Nez {Nairi. am, narine); [JVâ*, Pont-de-Roide, Étobon, 
Vescemont, pat. Rosemont ou montg. • 

«Naidjie, Nager (Néopat.). Naidju, nageur. Vov. Niu&î, 
Naidje, nage. Naidjoûere, [Nageoire. 

Haie, [Nef, Allée centrale de l'Eglise [neQ. En pat. Montb. 
Mandeure, barque. Du L. navis. 

Aux Najettesou Nagettes, 1. dit : terre à Réchésy. 

(1) Voir les bulletins n" 15, 16, 17 et iS. 

{2) Btill. Soc. BF. êm. (1888-89). Art. com. par M. Uiit»ll-Ro/. 



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NaIJi, Rouir à la rosée (chanvre), ou dans des fosses d'eau ; 
Naija, à Albertville ; Enàt'za, en Lgdoc ; Breton, éoji : Enêji, 
à Auxel, Enlever la filasse ; à DournoJs, apaiser par le travail. 

NaÎQ'Hi, Nenni, négation à l'adresse des gens auxquels on 
dit vous. Nâni, à Porrentruy Du L. non illiid ; ancien fr. 
Nennil. 

«Kaipe, Nappe (néopat.) ; voy. tîuaiye. Naipieu, toile de 
ménage à dessins tissés, ou de fabrique, destinée à Taire des 
nappes ou des serviettes, 

Naîri, voy. naî, 

Naitnre. Orilice génital des femelles mammifères. 

Naivate, Navette, Brassica Oléifère. 

Au JVauoI, l.dit de terre à Ciièvremont. 

Nai'yate, (dim. de Noue ou Noyé), ou Na.yotle, l.dits à Dan- 
joutin, EtuefTont-Bas, Suarce, Vétrigne, Abévillers, etc. 

Nal-yate, Navette de tisserand ou de fabr, de filets. 

Catche-Nalyate, Jeu analogue à celui du furet, dans lequel 
une société de femmes assises sur un banc, tiennent relevés 
leurs tabliers en sacs, dans lesquels elles font circuler un petit 
objet (la nai yate) qui peut tenir dans la main, en la faisant 
passer, ou simulant son passage d'un tablier dans l'autre, 
pour mettre en défaut la surveillante chargée de découvrir la 
■ n&îya.te ». Pendant ce temps les joueuses disent à qui mieux 
mieux, câtche, câlche miyale. Celle dans le tablier ou les 
mains de laquelle la « nalyate • est surprise devient surveil- 
lante à son tour. 

Naîyate est le dim. du m. suivant. 

Nalyes, Dragées de Baptême. Bf. Nâyes. Du L. nataiitia; 
spl., présents les jours de naissance. 

ITAle, Nielle des champs ; Lo niale, à Angeot. Les graines en 
sont noires ; Agrostemma Githago, L, Du Lat. nigella, noire. 

Nàn, [Non*, à Chalonvil. ; voy niôn. 

ITaD4jate. sf. Petite ange (en p. ange est fém.), p' andjate. 
Dans une procession, enfant en surplis couronné de roses 
chargé de répandre des roses sur le parcours du S'-Sacrement. 

NftnmoysQ que, Je pense qu'il y a moyen que. 

Nonmoyen, à Fontaine. 

N'a rnoijen = N'ât moyen, au Montb- = N'est moyen, eat-il 
vrai, pas possible ? (Contej). 



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Nanmoyen, adv. vraiment; ex : Hé bin, el ât venu! 
Réponse, N&nmùyen = pas possible ! 

Nao'ne, Id. à Angeot, Anne. Ici addit. d'une N de Ute comme 
dans Nandjale. 

Rappel, n. pr. TBf. Vellescot. 

NardiD, anc. n, pr. c"' ti-y, Faucogney, etc.; arr, Montb., 
abrév. de Bernardin. S' Bernard y était assez en renom pour 
que l'arc-en-ciel Boit appelé coènafe de S' Botnai(à Mandeure), 
à Maîciie (Bouanâ). 

Nardin de Oranvillars, 1162 (L. Viellard). 

Nerduyn, XIV. s* à Fèche, la 1'» syl. pat. aj. ;p'N'airduin. 

ITit ce fi, - pétes (c™ Delle) ; voy. non p£e. 

«Haution (Dans le guignol, de Bes.) [Nation]. Nâulîon que 
t'es ! Race (mauvaise) que tu es. 

Wàlion, à Exincourt ; id. sign. 

Navra, Blessé, à Plancher ; [Navré', Vfr, 

ITaye, AnC maison seigneuriale à Offemont, dans laquelle 
il y a d'anciens fourneaux en fonte massifs. 

Kiyle, 1° Noyer, 2° être inondé; ex. , lies praîa ni-yônt, les 
prés sont inondés ; lies Montbillaîs nàyônt, les gens de Montb. 
sont inondés. — [Nolyîe', à Angeot, etc. Fr. Bf. Ni-yer ou 
Neiyer. 

Ne... pie, Ne... pas. Ne... pè, ne... p', Ne point. É n' pë, 
pour il n'a point. 

Né, art. indéf. Une, voy. in, L'adj. num, est yêne (une). 
E yenë fônns ; èy on e ygne =: il y a une femme, il y en a 
une. 

.Yë reprend q.f. l'e initial original. Voy. aux m. laioai et s6n. 

(I) .Ve en dial. als. d'IIindlingue (Entraigne) = un ; ex. : ne 
monn, un homme. 

Nenft, p' nèn-^t (non est), Non pas. A La Roche Bernard, 
nonâ. 

Le contr. est chi à (si est). 

Nea, s. f. Nuit. Neutu, [iVuileux], de couleur obscure foncée 
parlant d'une étoffe ; voy. rôneu. 

Neuri. Nourrir. 

Djan Neury [Néry à Vescemonl). Le héros de la Chs du 
Rosemont. Le n. pr. Nourry fr. = gras (L. Larchey). 



(1) La pareati arji, réparait jc 



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- 4- 

Neosillate, Oscille, à Mandeure ; Keusiote, à Maiche. 
P'ia prothèse d'une n, voy. v&ndjalB, voy. le m suivant. 
ITeusille, [Nesille*, VFr. ou NoisiUe ; Noisette ; Angeot, 
neujHles ; près Deldinont, neiijailla ; ailleurs, nzilles. Rouge- 
mont, EtuelTont ; ncujatp., Foiigerolles- 
Neusillie, Noisetier ; voy conre pour le bois de ce n 
NeusUlierc. adj. de noisette. 

L.dit \ouslllate, près Gli., oii était un ancien bois, près la 
Savoureuse. 
(Neusill^te, à Mandeure =: Oseille ; voy. Neusiote. 
Onna,ie de neusilles, ôn'naie do fîlîes ! 
Nensiote, voy. Malatc. 
Revenr, Neveu ; au fém. Nicce. 

En 1763 i • Son p.irain tut son couiîn Pierre. Chrîs-oph: 

Lapoitollet et la marraine, ta ux ir L'riulo 

Lapoitollet. lou: àeux me* nepeuret nièce.s 

(Ginéal,.., minuic. delà famille Ch^rdoillct. de Bf. 

— Chltcnois). 

En 1243 ! • A Amey (1). mon cher nrnour, teigncur de 

Momfaucon.i 

(Doc, TB(. L. Viellard}. 
En 1333 : g Hugiici 4e BourgngnF, curateur de Dimol^el 
Othenin r ... son chier... nepvtar.a 

(TuEFFERD, hi<t. des c. de Montb.) 
Ni, l" Conj, nég. Ni ; 2° nég. Non ; ex. : i (e dis que ni ; en 
répons, contrad. à i le dis que si. 
Ifl, s. m. Nid. Maie, s. f, nichée. Nitchie, nicher. 
Hiâ, 8. m. !• Nichet, à Ch., à Montb. 2' [Niais*, en Montb. 
(c.-à-d. qui sort du nid]. 3° Qui reste longtemps au lit, à Bour- 
nois. 

Nia. à Annecy, Sav,, nourrisson, h Albertville, marmaille- 
Rad. ni. 
Niau, marmot, à S-y (2), Vescemont ; ex. : sale niau ! 
Gnâ ou Gnâl, dans Gnal Maingny, paraît notre mot francisé 
et pourrait := Petit (Magny). 
Viafe, s. f. TDf. Boue. 

Riaffl, B. m. Savetier. Auxel., Plancher. Bf. et argot parisien, 
lïiaque, Gine, à OfTemont iViagua!, Giiler. Voy, cong. 
nierçTie et nitye. Nioqoe, coup, bosse, à Plancher. 

(1) Amtdér. 

P) S-y est pr Sermamngny, comme G-y p' Giromagnj. 



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-5- 

Nice, Nice, vx Naïve, simple d'esprit. Nihche, à Commentry ; 
Nessi, en Lozère, 

NIcoqIA. Nicolas. Voy. Coula; Nicol, anc. n. pr, Ajoie. Nicot, 
n. pr, à Etueiïonl (pcut-ôtre aussi abrév. de Janicot). 

Colin, n. pr. Sl-Dizier, Croix. Nicos, anc. n. pr. à Eloye, 

Clauss, Tornie uls. germunopli. — Ktcinclausz, n. pr, aïs. 
(Petit Nicolas). 

Colney, n. pr. au Valdoie. 

Bounicol = Boue Nicol, bois à Offismont, Stoff. 

Coliinct, diin. ù Ch., Dermont. Colirtat, anc. n. pr. d'Ajoîe. 

Nie, s. m. Nerf. 

NIece, s. r, Nicec; voy. pour le masc. novcur. 

Nleche, Nasse. .Ve/se (peut-ûlre p^ nesse], fr.-pat. Coût, du 
Roscmont. BonvaloC. L. .\as8a. 

*lÏ!egli4Jle. [Négliger*. 

Niemma, Surn. enf C!i. A'imaf, anc. n. pr. à Vescemont 
1487. ce dernier nom est pcut-ôtre aller, enf. de Mignat(lj, 

« Jean Nimat, Jean Nimot », anc. n, pr, ù Clièvremont; 
voy. Mugnatc. 

Nieo'siot. très petit, en parlant d'un jeune enfant. Esp. ni^no 
(nino) ; au féin. Nienniale. Xien-niote, sobriq. Bf. D' Corbis, 

Niengne, abrév. ou rudtc, id. sign., sobriq. fém. augm. 

Nien nien, m et f., syn. de Nice, molle, lente, sobriq. Sal- 
bert. Parler nien. nien, parler niais en trainant. 

Niergue, Calotte, à Exinc. ,' coup sur le nez. Cong. au fr. 
[Nargue]. Voy. niaque. 

Nimot. Voy. Niemma. 

«Niilfi, Gf. Naine ; ex. : de réaction fr. contre la prononc. 
nasalisée patoise supposée de natnne. 

Nint, enr. EugiSnie. 

Niani = Nain-ni, voy. 

RiB, Noeud, [Nô*, VFr. Niuata-se, Noueux-sc, Ntuataie, 
garni-e de nœuds. Niold, Nouer à Plancher (Poulet). 

Niô di cô (Nœud du cou). Nuque, jonction en arrière du 
crâne ayec les vertèbres cervicales, articulations des vertèbres 
supérieures. Bf. Nœud du col. 

Nidie, adj. I. Niaise; id. au Salbert; cong. à nicc. 



U Livre Ronj», Df, (Dubail Roy}, Vaulliier Kimat, fri.e 



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Kiiia, [Non* (flans politesse), en tutoyant. N&n, à Chalonv. ; 
Niàn. en Montb. et TBf.; Nit', en Aïs. 

Id. in chs Rolland. Le traître Ganelon détournant Charles 
de marcher à l'Olifant dont le son venait de Roncevaux ; 

D« baiailU ett ni*n(, 

J> eitei vus vieil e fleuriz e bla.Dci, 
Par tell parolei vus resiemblei enfant. 

NIontote, S. f. Bagatelle, chose de rien. A Esinc , niiiniole, 
homme de rien, sans énergie ; comp. avec nienniot. 

Nitchle, Nicher. 

Nit'je, [Nique], Glaire du nez. NAque. à Poligny. 

Nityaî, [Siquard] ; litt. gamin qui a de la « nique ' au nez. 
Morveux! Au fém. \ifyaidje, morveuse ! — Sitiu, qui a ord' 
de la nitye, inj. 

Nifyerait, (locon de « nit.ye a expulsé. — Oong. au fr. nez 
ou plutôt ladj. hyp. nasique. 

Kinatal-D, voy. nio. Les dérivés des noms en ô ou ôt pren- 
nent un a, comme cela a lieu p' les form. fém. où o( devient 
ate. 

Kio-e, adj., [Nu-e*. 

Ninal, v. n. Nager, *.'Vaiiijîe(néo. pat.), id. Cett. B, neui (cong). 

Il y a à Ch. et ailleurs, dans le voisinage, une manière de 
nager spéciale, assez curieuse et élégante, qui doit être fort 
ancienne et indigène en notre pays. Elle consiste à battre 
alternativ', d'un pied et de l'autre, la surface de l'eau qui 
jaillit en gerbes de pluie, mais elle a l'inconvénient d'imprimer 
au nageur une allure tente, Inconvénient peu important en 
notre pays, vu le peu de largeur de nos cours d'eau. 

Ajoutons que les Kabyles des environs de Bougie, nagent en 
frappant de leurs pieds la surface de l'eau, A. Bruat, nepos. 

Kiual, V. Nouer. Dfcnmaî, dénouer. 

Hiûe, a. f. Nue. JViuaîdje, nuage. 

Hinëf, Neuf (n. de nombre). Nuëf, à Eschène {aj.). IViûe- 
fième, neuvième. 

'iViûewairt'ne, Neuvaine (prières). 

yiufa.in-ne, environ neuf, 

Ifîun, t" Nul, ou personne, ex, : niun n'it venu ; 2° Nullité, 
homme de rien, ex. : ce n'ât niun, c'est une nullité ; du L. 
tiûn unus. Id. en tout TBf. 

Niure, [Nuire*. 



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Kiûevelle (Djani, voy. Djm. 

KiTé, [Niveau* ; Nivelai, Niveler. 

!fix, c'est la négation als. ; ail. nicht. Rarem' employé (groB- 
sier). 

V6, Net à G-y., nô orthographié Sot, à Ch. dans les n, comp. 
Voy. Mânot. 

Nô, I. nôoe. Neuf, neuve, nouveau-Ile. Quoi de nô ? 

Mo, Nau, Voy. \oûe. 

«Ndbiesse, [Noblesse] : Nûbye, noble. Noble, anc. n. pr. de 
Grosmagny. 

Noblol, TBr. Noblat, n. pr, à Lachapcl-s-R.. où règne 
encore les diminutifs ajoulots en at. Noblat (1740), prévdt et 
bailli du comte de BelTort. — Nobtot, XV' s* à Chevremont. 

IfMèles, s. f, pi., (à Br., Noudles] ; Nouilles, de l'Ail, nudel. 
Angeot : Nôdelë. 

Môe, voy, noue. 

«KAé'l [Noël' en VFr. N'est employé en pat. que dans la 
chanson du bon^_an, Interj. de joie et de bienvenue à l'entrée 
des Rois et des Reines aux changements de règne, et aux 
grandes fêtes (Roquef,) par es. à Noël. 

En pat. : Voichi lou bon^n quât venu, chantons, Noé! 
Tout lou monde ât riedjoûe-yt, chantons, Noé ! 

En noëls de Bes. : . . .Grant Thiennot et lai Zibé ; 
Chantons tretou, de pa Dé, 
Noué! Noué! 

Notre cri Noé parait emprunté à l'anc. fr, d'où la difTérence 
avec notre nâ (NoËl), voy., d'autant plus que chantons se 
prononce à la fr. 

Noi-re. [Noire*. Dim. Noirot-ate, servent de surn. aux per- 
sonnes et de n. aux animaux. Noirat, n. pr. ajoulofone. 

A'oirâsse, augm. (Salbert), femme noire, péj. 

Noire Ave [étang de), situé près de l'étang d'Autriche 
(Roppe). 

Noirmouchot. voy. moûetche. Nois Tronichots, hameau de 
Frahier. Tunnel des .Voirmouchofs, devers Chapagney. 

Nacfti, Noircir. Nare, noire à Pont-de-Roide. 

La Noie, L.dit à Giromagny ^= noue, voy. 

Hoinants [Nonante*, bien impropr. remplacé en fr. par 
quatre-vingt dix. Ce m. se dit à peu près dans toute la France, 



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excepté dans le dialecte de l'Isle de France. En Belgique Wal- 
lonne, il est fort employé en fr. de même en Suisse française (1). 

Nom dfllai, petit juron = Nom Dé lai? = N. Dieu là. 

Nom de la, se dit q. f, en fr. 

Kom De (Nomine Dei;, voy. Dé. îeh ! nom De ! i s6 ne poûen 
fôn-ne ; Eh ! par le nom de Dieu ! je suis une pauvre femme. 

Nom De ! oui (oui est néopat.) =z le Dame .' oui, de l'Ouest. 

Nom De ail (ail — oui, oil ; arc/i.). 

■ En nom Dieu! Gentil prince, c'est vous et non un autre, ■ 
dit Jeanne d'Arc, à Chinon, à Charles VII, dissimulé sous un 
vêtement de peu d'apparat. 

NOnmal, Nommay, I*"" vge au sud de Ch, (Montb.) où com- 
mence le pat. de Montb. Novomas en 1147. 
C at nôote Cjlhriiiote 

Qu'on ât ollai fuire dèes vouicotes; voy. vouit-yes. 
~ Soillot. Onchot. 

HOD'nal, Nonnate, aj. ; voy. noûenai. 

Noaef, surn. à Bourogne (Janvret), parait form. cnf. de 
Joseph, 

Nonpte ? N'est-ce pas? Cette express, a un pi, de forme 
verbale comme la 2* pers. ind. pr, des v, en re !! 

Nonpîeles, employé en s'adress. à plus, pers., ou en ■ V'ou 
£at'!/ant n ; voy. ce mot et pîe. 

En p. aj. et autres N'ât ce pç, au pi. ; N'ût-ce pétes. 

NoDpipoitchant, [Non pas pourtant', cependant, pour i;a non 
(Mandeure). 

Oh ! pi poitchant. [Oh ! pas pourtant', cependant, pas pour 
ça (Chamesol) (2). 

Ndolâ'Tle, Nettoyer. Tnd. pr. i nônta-ye, conj.sur aiuancfe. 

7e(re nôntayîe, avoir perdu au jeu ce que l'on peut jouer. 

Nôniayu, Nettoyeur, 

JVÛn(ayures, s. f. pi. !• Nettoyage; 2* s. f. sing.. Délivre, 
cbez les bestiaux. 

«Hoque, Montg, Mont, et Sous-Mont. ; syn. de bolate ou de 
guenêfcle : Brue de Noque (Salbert), bouillon, où cette pâte a 
6ouii/i, chose de rien ; en pays d'Aoste, Nioqite. 

(t) Lei Français ne doivent pai adopler le n, de ■ Suiiie romande », mot 
miriqué et employé dans un e<prit d'hostilité contre la France, tandis que 
pr la Suiiie germanophone, ( Suisse allemande > est conservé. 

{i] Dans Villch contîn. pi* H de Valeneiennes : Et noopourquaDt, *é il feint 
reméi, trop Eust vilaine chose à nau*(p. 173. 



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Nonces, pi. [Noce>s, célébration et fête du mariage, Nou- 
Ça*j/u, [Noçoyeur], gent de ia noce 

Le pat. a gardé le pi. nouces, comme le Lat. nuptite. 

Koucho, sf. Noix, pat. aj. (Bretagne, Vernies, etc.); voy. 
îetehalon. 

Noué, Eteimbes, Félon, Lachapelle-s-R...., pat. ±: aj. 

Noue, sf., Id. en fr.; [Wcu'. en p. mont., pré ou pâturage 
humide; Noie, Nau, Nols, Nos ou Nôz, Noyé, Nolz. Noix, 
Noe, .Vouais, en TBf. ; n. de l.dit très fréquent. Il se retrouve 
en Alsace rhénane en formes nombreuses. L.dit à Cii., tes 
Noues. Les Nols, Chavannes-le-G., Foussemagne (Htoffel), 
. Dim. natyaJe ; Noyâtes, Etueffont-B, ; les Noyés, Trétudans, 
[r. cad ; Les Naux ou Nols, Chavannes-1-G., Foussemagne. 

L.dits : Noll (Murbach), Nollen (Niederbruck, Ligsdorf). 
Nollmaten (Lutter), etc. 

JVode, l.dit à Courtavon (H'^-Alsace) ; .Yoden, l.dit Ferrette, 
Sentheim ; Nodenweyer, étang à Lebeucourt (Liebsdorf), c°" 
Ferrette). 

Nœhlen, l.dit à Colmar; Nolls, torrent c*"" Grisons; JVani, 
vge fribourgeois ; NoU hameau zuricois; Nollenberg, ferme 
c™ St-Gall (ancienne aire celtique de la Suisse); Nœllely, l.dit 
à Vge-Neuf, Hle-Als. ; Nollersperg, à Sickert, terr. Masevaux 
(Stoff. (1). 

Noz d'Aijou, à Réchésy, etc. Neu, l. dit à Plancher, mare 
(Poulet). 

VFr. : Noue, Terrain humide ou traversé par des ruisseaux. 

Haute A'au, Haute .Voue, Grandvillars ; Varderc Nollen, 
Masevaux (Noia). 

Sur la Noz (Terrier St-Utric, 1568), Stoff. — B. Lat. : noa, 
noda, nodula. Lgdoc, Naou, auge, fosse à tan, etc. Orig.-Celt.: 
Naoz, Celt.-B. ; Savoie, Nanf = ruisseau (2). 

Non Ma.ngeot (= noue.,.), à Fontaine; La Favernau, l.dit 
à Cunelière. 

Dunand, n. pr., S.-E. de la Comté, à parler Sovoyophone 
(se trouve aussi à Bourogne, TBf). Dunod, anc. n. pr. à Cha- 
tenois, mais n'en paraissant pas indigène, compatriote au 
précédent. 

(1) Remarquer la conservatioa de notre mot ta vgei germa ttophooM. 

(2) Nanf, ruiiieBu. n. commun et n. de lieu presque caracténitia. dei pavi 
nvo/opbonei, partie Est du d> de l'Ain, Savoie, Suiise trançaiie, l'anc, d> au 
Mont-Terrible, bien entendu ezcepli, lud de Fianche-Comlé. 



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- le 

Le bois de .Van, près Chagey (Héricourt). 

• i-a brêlche des Ainans » (dis. Rosemont, TBf.). 

Les Ayna,n$, vge près Gouhenan3, vallée de l'Oigaon [c" 
Lure). 

Esnans, vge (C" Baume-les-Dames) = Es Nans. Nins, c" 
Rougemont [B.-le&'Dames). 

Les Nans, q<" d' Jura {ar. Poligny). 

N&ns, s, de iarr. de Besançon. — Nods, c" Vercel. 

La Nos ou La \ods, à Charniois (Stoff,). Nos ou Nods 
d'hiver, au Valdoie. 

La Nobrodie, à Jonuherey, préa. (Stod.)' ^^^ Nods, l.dit 
à Maiche (I)oubs). 

Ifoûene, sr., [None], Goûter. Collation de l'après-midi, à 3 
heures J. V. ou 4 heures. 

Ane. fr du paya nonne. — Non'nate, à Vermes. 

C'est la 9"' heure des cloitrea de jadis, heure des Romains, 
dgnt la 1" heure était de 6 à 7. — Du L. nona = 9" (I). 

Noûenâî, vn., Goûter, manger l'après-midi. 

A TréCudans, Salbert, etc. Vieprafat, Vépralai, du mot 
Vîepraie. 

En p. aj., à Mandeure, c'est moiranddî (L. merenda). 

A Froîdeconche (Luxeuilj, banqueta ! 

En VFr,, noner, vn. 

Noues, Nous; .Youéfre, nôtre ; lou noûelre ou l'noûetre, etc. 

NoÛë7le, Noyer, sm. 

*Rou8-Das, Dr., Nous avons, patoisisme. 

Nouvè, [Nouveau* ; au (ém. nouvelle ; id. en (r, 

«Hovale, Ane. fr. ■ La Dime novale est la dime sur une terre 
réduite en labour depuis 40 ans, et que de mémoire d'Iiomme 
n'avait pas été cultivée, dit Innocent [(I >. Terre navale, terre 
qui paie cette dime. Cette dime est adjugée aux curés (édit 
royal de I73t) Manuscr. de la cure de ChàlonvUlars. La forme 
masc. pi. est nooaux. — L.dits Nouvaux, .Vouua/e, Nouvets, 
Novelat (Valdieu), Nouveleux. — JVooier, n. pr. à Auxell., 
peut aussi se réclamer de nous. 

Hdv'lal, Novillars. — La syll. pat. nô — neuf se retrouve 
dans la forme française. — Vge à pat. aj. : onc.h&t. oncle, 

Hoja, Noz ; voy. noue. 

(Ij 11 lut bien tianne quand il orcnt cil «tirenent fait (Villeh. Farii). 



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- il- 

N'tille, t» Lentille, 2° tache de rouaseur. Bf. Pic, Berry, 
Nentille; > un demi péml de pois ou nentillea, 1679). H. Porr. 
Vautrey). 

NunnaD, t* Espèce de mirliton forme d'une coupe de la 
tige fistuteuse à nœuds d'un roseau, dont l'un des nœuds est 
conservé à un bout, l'autre bout ouvert, à embouchure latérale, 
dont l'étui médullaire, partiellement mis à vue, mais respecté, 
sert de membrane vibrante (onom.) 

2° Le roseau qui le fournit, Arundo phr&gmites Non-non 
à Etobon. 



On doit chercher à cette lettre les homologues fr. ou pat. 
autres que celui de Ghâtenois, commençant par en ou an, 
lesquels en ce patois sont ord' rendus par on. 

0, Oui, 'VFr, 6 ; du L. fioc ; [Eu* en p. Montag.'; c'est le oc du 
Lgdoc, ou plutôt le 6, car on prétend, qu'en ce dialecte, on a 
toujours prononcé ô et non oc. I crat qu'ô, je crois que oui. 
Voy, hâ, voy. âil, l'autre aflirmatton corresp, au oïl, 'VFr. Oui 
est employé aussi, mais c'est du néopat. ou plutôt du fr. 

ÔDraade,.Id. en fr. Don de la plus menue monnaie, fait à la 
messe des morts, par les assist»nts, passant à la iile derrière 
l'autel et au sortir de celui-ci. 

ŒoTrard. N. pr. à Ghâtenois, Dorans, G-y ; 1* forme de 
Ouvrard ; 2» de Eberhard. 

Ofmon, Offemont, vge, pat. cent. Bf. comme à Argiésana, 
etc. Ej.. de son pat. comp. à celui de Ch. : È m&indjànl dès 
blâches =: è maindjûnt dies bloûeches ; Ène tiul&ie ^ ne 
tiulate ; PSndu = Pdndu ; Piere de lai Afia(e, souvent uos_^en 
diies. Boufchte = boùetchie ; YeuC tchevâ = lu tchouvâ ; Yôs 
tckevas ^ lus tchouvas. Trauai-i/iâ lou bo = Traivai-yie lou 
boue. 

L'étym. Jovis Mons a été proposée. 

Oï ■' voi ! ou ,Ô-ye ouat, exclam, de douleur, de compassion. 

ont (aller) tirie les poirotes, à Etobon où cesse l'orrâ mont. 

Ôb, pr. On. En pat. du TBf il prend aussi le plur. ; ex. : ôna 
uarront {0ns) ou les gens verront; ont l'ont revu, les gens 
l'ont revu ; on fait liaison. 

An, à Vézelois et autres pat. 



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- iâ- 

Qq, sm , An. Dér. ônn&ie, année. 

Ôû, En [De cela) ; É i on n'Ira, p' è i ôn^ë (ra, il y en a 
trois 

on, prép. En : on tra côs. en 3 fois (Fait liaison devant 
voyelle. 

Ônftval, [En-eauvi]) Couvert ou imprégné d'eau, voy. ârm 

ônbafenal, Bmbarbouiller, parlant de la figure ; rad. baive. 

Rappelons que les part. pas. et les infinitifs des conj. en ai. 
îe, i, ont même Torme réciproq p'ces 3 modes ; id. du reste en 
fr. populaire. 

Oab&mal [Embaumer* par l'odeur. 

ÔnbaraiS, Embarras'. Le v. est Ônbaraifsîe. 

ônbarboflèyie, 1° [Bmbarbouiller* ; '2" adj. p' un cochon qu, 
commence à être engraissé. 

Ônbarlificoatal, Kmpëtrer dans des raisonnements ±: entor- 
tillés. Rab. : emberlucoquer. — K. berlue. 

ônbâsse, I-'osse faite dans le sol pour y prendre de la terre, 
ou pour une autre cause, mais non destinée à la sépulture. 

Ônbiaiva!, [Emblaver*, conj. atnmaf, comme tous les verbes 
en aï, 

Ônbidysaal, couvrir la tète d'un bé'juin, ou d'autr« vête- 
ment. 

ônbletal, [Embêter*. 

«ônbitioana. Ambitieux. 

ônbolal, Pelotonner (du fil). Voy. rad. bAle. 

Onbouèrnal, Enrhumé du nez. de la got^e (Grosne). Voy. 
fcouron : i so tout enbouèmaî. 

ôabofletal, [Emboîter*, mettre en boite, en un trou. Mettre 
des personnes en voiture ; ex. : liai ! lies voilai bin ônboùet&îs. 
Fourrer un bois dans un trou. 

Oaboâètche, Baisure du pain (litt. en bouche]. Lgdoc, em- 
bouchât. 

Oabonètchi, Emmêler, parlant de fils, cheveux, etc. 

OnbofletSDat. Serrer avec un boùeton ou garrot; Entortillé 
de Qchusde linges (personnes ou choses). 

Onboarbal, Sali ou salir par la boue. 

ôabourelal. Harnacher (un cheval) ; voy. bourê, lui mettre 
son collier; par extens., mettre son fourniment 

Grandvillars, Félon, Aogeot. La Chapelle<s-R., aj. em- 
bouprlaî. 



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- 13- 

Oobonssn, Entonnoir; voy. bôsso, rad. 

ônboutal, va. Exciter une personne (contre q.q un). Voy. 
boutai. 

Ennenboutaî, à Exinc. 

5nbraljeD8t, Mettre le foin en « braîjons » ; voy. ce m, ; 
enbraidjenâ, à Vézelois, 

Onbralssle, Embrasser, prendre, ou non, dnns ses bras et 
appliquer joue contre joue, c'est lanc, manière Tr. ; voy. baîjie. 

ônbra'yie, Voy. ônbre. 

Onbre, Ombre. Dér. ônbrayîe, donner de l'ombre ; c't airbe 
Ônbraye tout pyê. 

Dim. : Onbrote ; aivoi les onbrotes, avoir la berlue (en Montb), 

ônbre, Framboise, Ônbrîe, framboisier. A Meroux, Grandv., 
et en général TBf. ânbre et an'>ric. 

dnbretcUe, [Embrocher], passer les ■ broches • ou aiguilles 
à tricoter dans les mailles d'un bas qu'on veut rempiéter. 

ôubrevat, [Enbreuver]. Mettre l'eau dans un pré ± sec. 
Aibrevaî. abreuver (pour les animaux). 

Oobroûe'jle, [Embrouiller. Ônbroûe-y&mini, sm.. alTaire 
embrouillée. 

Uabrûere, Mettre en mouvement une chose qui doit rouler ou 
tourner. Ind. prés., i ônbrue ; pas. déf., i ônbrui ; part, prés., 
Ônbruant; part, pas., ônbruè. — Du L. in ritere. 

S'embrouiller = s'élancer, Bf. 

ôabrossâlal, Remplir de brouillards (bruss&les) : 
Loti ton s'ât bin ônbrussâla.î. 

Ônbm'ye, [Nombril). Du L. umbilicus. Breuillo, à Dijon, 
cicatrice de l'attache du cordon ombilical. Les mammifères 
coupent ce cordon avec leurs dents. 

ônbrn-yle, [Enverrouiller], Renfermer q.q.un au verrou 
(bru-ye). 

Uncamoâëtchie, Embarrassé du cerveau (Sinus frontaux) ; 
voy. camoiïëtchot. 

Onçate, Ongle des bëtes à cornes, d'un ruminant, d'un porc. 
VFr. oince. 

Onyate, à Vézelois, dim. d'onye. 

Oncbal, [Enfler* ; conj. ainmaî, le part. pass. ônc.haî ; état 
récent, actif. 

duc he, [Enlle*, Bf. ; Enllc, état permanent ou passif; (voy. 
onchaî). 



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- 14 - 

Enfle, en Berry. 

Ônchu. [Enflure* 

One hôre, [1* Enclore* ; 2* mettre sous clef. 

ônoM, [Enclos*. 

Ooc'hot, [Onclel], Oncle ; [Onchat*. pat. aj. à Grandvill., 
Etcimbes. — Vermes, etc. (Delémont), Onchat. 

Onchat, id. à Mandeure ; Onciat. Epauvillers (enclos du 
Doubs). 

Onciot ? Eloye, Rethenans (Belfort) ; Gros et Petit-Magny, 
EtuefTont V. Onchot, p. de Montb., Maîche,'Etobon, Brevilliers. 

Onc'hou(o(, dim. et surn. 

En p. de Besançon : 

P>n9&-T0U« que son Sirot (pire] (lîtt : p«tit Sire) 
Set ce poûere veille Onchot 

Îue tint l'aïquielle (qui lient l'écuelle). 
'ol bio mûri de (ai Dam (mère), 
Main sa mËre ot puce Ile. 

(gin» Noël, Bel...]. 

OncMc-hol, en Gruyère, C" Fribourg, où le ch comme en 
dép' Jura, est tj combiné avec ich. 

Onciot à Eloye, Gros et Petit-Magny, EtuefTont qui ont le 
même patois où l'on dit arra.i p' arrâ de Sermagny. 

[Onthiot*, à Honchamp, Lure ; Onthien, à Melisey [H^-S"*). 

Oiit'ye, à Villars-le-Paulel (Jusseyj. 

Dim. Onc-houtot, surn. — Au Grand Sancey(Clerval),oncim. 

Ôacbêae, Enclume. Enkyëne, montg. 

Ôncmôncte, [Encommencer], Commencer un travail p' la l" 
fois. Ecmoci, Ban de la Roche, B.-Rhin, cbute lorraine de l'n. 
Encommencement. S' Bernard (Sermons, p. 561, in 4 livres 
des R.). 

Ônçda, [Encens. Ônçoncîe, encenser. 

ôacombre, sf., personne ou chose qui encombre. Bf. encom- 
bre. 

ÔDcr&tre, v. imp. réîl. Avoir de la peine ù se décider ; ex. : 
È m'oncrât de tyitie nouète majon, il m'en coûte de quitter 
notre maison. Mandeure. encTâtre. È m'encrâchaît bêcû, il 
m'en coulait beaucoup (Mandeure). 

[Écràfre*, Avoir peur de, avoir la crainte de rester seul 
(St- Vital, Savoie). 

ôncre, [Encre*. Ônnàncraî, tâché ou tâcher dencre. 

UDcrètcbe, Qui reste accroché, sens permanent; p' le sena 
actif, voy. &icretchi. 



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- 15 - 

diicrfin-nal, Voy. crôn. 

Ùncroûtai, Enfouir (I), Voy. cré, Fr. local, encrotté. 

Ôndaival, Endèver; syn. d'ôndiâlaî. 

Ônderâ. En dehors. 

ôndiaidjie, [Engager*. 

ôndiaiD'Oal, [Enguiner*, s'o... s'introduire. 

Oadîfllal, Tourmenter comme un diable. 

Ôndiâle (îelre), être en diable, avoir le diable au corps. 

dndiai'Dal. Voy. Diainne. 

OndiDgne, sr. Bosselure. Ôndiugnîe, bossuer, partant de 
vaisselle métallique. 

De Diugne, peu usité. — Bourg., embeugner dz homol, de D 
et;î. 

ôndjaivelal, [Enjaveler'. 

Ondj^Di [Engin, manière d'exécuter, de faire. 

Miilengin, n. d'une anc. rue du Vieux Bf., qui aboutissait à 
l'arsenal d'alors. 

Ondjalat, [Enjôler*. Ônâjâlu, enjôleur. 

Ôadouere, [Endormir [peu usité). Dim., Ôndouerelaî. étour- 
dir, par la danse, un choc ou une cause quelconque. Ondoûe- 
relure, étourdissant. 

endeurai yie, étourdi (sens phys.l, Ronchamp. là où 

oue de Ch. devient eu. 

OadragonC'hai, adj. Après le vêlage. Gonflé avec ou sans 
phlegmon sec, de la mammelle de la vache ; engorgée parlant 
de la vulve de la vache. 

EndrauoTichaî, àDanjoutin. Voy.Rad. GonchafeIC7i(re(in(râ). 

ôndrait, Endroit, village. 

Oadremi (s'), [Endormir; ind. pr., i m ondoûe, n* noûes,^^ 
ondremôns, V voues ô/idoilefes ; pas, déf., i m'ôndremi ; p. 
prés., s'Ôndrematit ; p, pas., ôndrëmi. 

ôadrillenal, Habillé ou enveloppé de chiffons (voy. drille). 

Voilai in aifan rudemônt ôndriUenaî. 

Ondurle, Endurer. Endeure, douleur, à Auxel. 

Ôndyèlnal. Avoir le rectum engoué par des noyaux de 
cerises, ce qui arrive avec les cerises sauvages dont le noyau 
est gros. Voy. Dyenê. 

Dans l'express, Montb,. endijëlnaî de Caquelotte (patise. 
. (futj tncrotU aom 1«« 



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— 16 — 

avec œuTs cuits), M' Rcscner, Alm, de Monlli. 1893, il s'agit 
d'engoué par la d yëîe (le gosier). 

Ûndyëtcbe, [En guiché], arrêté et accroché dans les bran- 
ches, parlant d'un objet ti-conque, sens passif, permanent. 

En Bourg , Guiche — Juchoir. Vosges, Guiche, bâtonnet. 

Confr. avec DiucS, son cong. 

ônd'yêtcbi. usé, nrrôté dans les bronches, sens actif. 

Onfagoutal, va., Mettre en fagots, 

Oafairenal, [Enfariner*. 

Ônfelal, [EnOler*. 

ôofle, [Bnfer. Reprôns, rebeille pou iillai on Ônfîe, dicton 
d'enfant à l'égard de celui qui veut reprendre ce qu'il a donné. 

Ônfin, Enfin. 

ônfdncle. [Enfoncer*. Ônfonçure,. buffet triangulaire dans 
un coin. 

ônfrietal, Enfaiter un toit, couvrir un toit de tuiles. 

Ontoûènal. [Enfourner*. 

ônfronmaî, Enfermer à clef ou autrement. 

Ônfûe, [En feu*. Enflammé. 

Ônfuere, enflammer, allumer ; ind. pr, i ônfue, j'allume ; 
voues ônfûetes, v. allumez ; i ônfui, j'allumai ; part, pr , ônfaant; 
p. pas , ônfûe. 

Ônfuelaî, l'Enflammer; S" parlant d'une partie du corps 
(inflammation); voy. onvîelaî. 

ôngamoûe'sie. Barbouillé de a mouese >. sirop ou confitures 
poisseux ; de l'Als. Gemwss. 

Ongoulal, Prendre dans la gueule, la bouche. 

Ôngoulenaî, Engouer par aliments ou d'autre chose, d'avoir 
difficulté de les avaler. 

ôngour^jei [Engorgé], sens permanent ou passif, Engoué, 
qui a l'œsophage contracté (ex. : par certains fruits trop 
astringents. 

Onpourdjie, engorgé, sens actif, part, ou engorger, inf. 

Ôngraîchi, Engraisser ; fertiliser une terre, un pré. 

Ûngrandjle, [Bngranger*. Introduire une voiture chargée 
dans la grange. 

ôngrenat, [Engrener*. 

ôngrignie, Fâcher, rendre grigne ; voy. ce m. 

Ônberbal, Etre ou mettre en herbe. Ce praf ât bin ànherbaî. 



;dbvG00gte 



- 17- 

OnUio'Qal, Couvert, g^ami de Ltinc 

Oamal, [Emmi, au milieu de, parmi. Du L. m medio. 

Osimas, n. pr. à Mulhouse ; abrév. de llieronimus (.[érôme]. 

Les noms en us sonl ord* rhénans germanophones quoiqu'à 
tcnn" latine. 

ôa main. En main ; C't uli ât bin on miin (à point p' la 
main). 

ônmai-yOQlal, Emmailloter. 

ÔD-mllal, tEmmèlcr*. 

âamaailii*, [Emmanclier*. 

Ôoméle, Souple, flexible {membres, jeunes branches, man- 
ches de rouets). 

(A Niort, mêle =: blet). — Ônmêle c'môn in letchevou. 

Omnenâl, [Emmener* 

dnmideoal. Amidonnd, voy. midon. 

jhlinledjal, Salir d'excrément (l'inf et le part, sont semblables 
dans les verbes en ai, ic, ou i. 

ûnmleflgnle. Enchifrené. 

Ônmlelal, Emmiellé ; voy. mie. 

OomODCelal, Amonceler. 

ônnueral, Arroser de mûere (purin). 

ôn-aaîe, Année, voy, on. — L'ônnaie de lai tchîere onnaie, 
la chère année, 18161817 (Thi^r. Ghardoillet, materj. Ôn-naie 
que vint, année prochaine. 

ôn'nityal, Sali de nilye : voy ce m. 

dnaiûere, Ennuyer. Ind. prés., i ôn-niûe, noues on nîuôns ; 
pas. déf., i ônniui ; p. prés., ôn'niuant ; p. passé. Ôn-niûe. 

± Conj. sur 6otre. 

Ôn-niu-se, ennuyeux-se, Ôn.niu, sm. [Ennui*. 

Jadis, ce v. a eu- la forme èniûere, XVIII» s» (F" Cheux, 
avia patern...). 

En'neuyle, à Auxel. ; Èneu.yé, à Uriménil (Vosges), 

Ôû-noÛëla!, [Enhuiler], imprégner d'huile. 

ônpaipenel-e, Enduit-e de paipai ; pâteuse, parlant de la 
bouche ; autre forme, enpaipignîe. 

OopUal, Empêtré, enfoncé des jambes dans la terre molle 
des prés, parlant des chevaux. 

On a comparé aux pas ou pals, pieux enfoncés en terre, les 
jambes des chevaux; q.q.chose d'analogue se retrouve dans 



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■ - 18- 

ônpitiAÎ. — EmpAlaî, à Angcot, pressé entre un mur et une 
voiture. 

Ônpâle, empêtré dans la terre, forme passive. Voy. cong. 
pâl ou pâ. 

ônpàlemdBt, Ditis placé sur un cours d'eau d'arrosement 
ayant une ou plusieurs pâlies (voy. ce mol), ou vannes; id. 
en Berry. 

Ônpêtchte, Empëclier.Enpaufchie, p. montg. 

Ôapètre, Empêtré, arrêté dans q.q.chosc, parlant d'une 
personne; Auxel, cnpéturie, empêtrer. 

ôupialtre, [Emplâtre. 

ôapiaature, sf. , [Cmplanture], plants ; ou action de planter. 

Onpifttre, [Emplir. Tnd. pr , i ônpiâ, n" ônpiâchôns, v. 
ônpiâtes ; pas.déf., i ônpiâchi; les part, ônplâchanl, ônpiachu. 

Oapjtial, Ficher [empiquer], un objet pointu, en terre ou 
ailleurs ; part, passé, onpitiaî, état aclif. 

Ônpityc, 1° fiché, état passif ; 2° arrêté debout sans bouger, 
parlant d'une personne. 

Ôapofijenat, I" Empoisonner; 2* sentir mauvais; 3* infester. 

Ônpousseral, couvert de poussière. 

dnpOntchal, [Emporter*. 

Diale ônpoutchait !, Diable emporte. 
Mai fônne ât moiielche, 
Lou diale l'ônpoutche. 

Oaprëtal, Emprunter. Ônprètu, emprunteur. 

Ônpri, Pris ensemble, collé : Qui a commencé à prendre. 

ônprijenal, [Emprisonner*. 

dnp-y-eillte, [Employer*. Ôupyei, Emploi*. 

Ônp yëmal [Emplumé* garni de cheveux. 

ônraicea^, [Enraciné*, qui a pris racine. 

ônraidjie, [Enragé*. 

ûnrft'yîe [Enrayer]. Mettre ta charrue en terre pour !c I" 
sillon (voir roue ; pat. Bes. areillie. 

Ônràyle, v, n. Arrêter une roue avec une cliaine, p' faciliter 
la descente d'une voiture, sens aclif. 

ôorâyle, part. Immobilisée, arrêtée par un obstacle, une 
ornière, parlant d'une voiture, 

Ônrâye, adj. Couché, sans pouvoir se relever, parlant dun 
cheval ; arrêtée dans une ornière (voilure). Sens passif ± per- 
manent ; en détresse parlant d'un véhicule q.conque. 



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— 19 — 

A. Auxel., Enroyare, enrayure. 

dnreû'yle, Enrouillé, Enrouiller, répétons que le part. pas. 
et l'infin. sont semblables dans les conj. en aï, îe, i. 

On reutchenal, Enroué, Enrhumé avec voix rauquc : Lat. 
rancus, raucisonus. 

ôaroiletchle adj.f Entortill<:e, emmitoullée.... Voy. roùetche. 

ÔDsaigoenai, 1» Infecté par l'odeur. 2" Dérangé de la bonne 
voie, mal influencé : Lies djôns sont ônsaiguenais pà lies 
gazettes, lîad. SuiQuenait. 3° Vêtu de souquenitles, 

OaGaiagnle, Ensanglanté, taché de simg, (comp. îesangoûènaî] 
Bt Ensaingné. 

Non8^_,ODS. Nous avons, Bf. ; en pat, n'^^ans. 

Cas, pi. du pr, indéf On. on : on'^nt aivu di ma. 

Onsaitchle, 1» [Ijnsnclier'. 2° Tasser dans un sac, en le soûle- 
\ant et le liiissant rclomiter, 

i>nsailclne lies poumes de liero. 

Onsemoillje, [Ensommeillé], qui sommeille. 

dosigae, [Enseigne*. Ônsoûegjtie. 1° enseigner, 2° indiquer. 
Ex. : I /(' ai ônsaSign':* in ni dedjais. 

ônsdabye, [Ensemble*. Ensoinne, à Montreus-Gh. 

Ônflonrceiaî, [Ensorcelé*. 

Outairpai (s') v. réd. S'acharner à un travail, s'y appliquer 
fortement. Voy. (aîrpe. 

UDtà'yte. Mettre un oreiller, un traversin, dans une taie, (p. 
toûc) Bf. enioijer. 

Ontcbâtchie, Entasser en foulant ; voy. tchâichie ; ôntch&chîe 
lies valmons. 

Ontctiemaïssle, Assoupi, alourdi parle someil. 

ÔDtcheoà yle, Coputat'i, (canes). Rad. canis, ichin, 

OatchAral, Recouvrir d'étoiTe un moule de bouton ; voy. tchôfe. 

fiatchevletral, [Enchevêtré. 

ôntchletelat, [Enchâleîer] 1° Mettre en tas bien arrangé (le 
fumier, etc.) '1° Mettre en tas de quatre, l'un sur les trois autres 
(noix, etc.) ce qui constitue a in tchîetêt. 3' Charger une mesure 
de graines ibonne mesure). 

Oatfl, [Ente, greffe, — Ônfai, enter. 

Ontemi. Engourdi, paralysé momentanément par la pression 
sur un membre. 

Ex. : i aï lai tchambe ônlemî, VFr. entomi. 

En pic. éLumi. A Motz. Étoumi, étourdi, étonné. 



;dbvG00gle 



Êtomi, sans énergie, à Bournois. 

ôntenà yle, Moltre (le linge) dans la cuve à lessive, voy. tenail. 

ônterrat. [Enterrer'. Le coniraire, dîeterraî. 

Ôntle-re, [Entier-re*. 

ûnttechi, [Enlasser) mettre en tas régulier ((îec/iej les fagots, 
les gerbes, le foin. 

Ôntletal, [Entêter*. Alourdir le cerveau par les odeurs, les 
fleurs. 

Sontiêlaî, v. ré([. Senlèter. 

ÔntdDdre, [Entendre*, conj,, rôndre. 

ôntSnnai, Entamer. Ontùn-nure, 1" Entaniure ; 2° Entame. 

6nt6Dte, [Entente*. 

ôntourtillle, 1° [Entortiller*. 2» circonvenir, prendre dans ses 
filets (au moral). 

ÔDtral, [Entrer*. Ôntraie, entrée. 

Ôntrâpal, [Entruver* accident' ou non ; part. pass. Ontrapaî, 
sens actif. 

Ôntràpe, adj, sens passif, ord' accident' dans q.que pièce 
d'harnachement, longe, traits, etc. 

Du L. trabs, poutre dans le chemin, pourenfrai^cr la marche 
(Stap). 

ôntre, prép. [Entre*. Les Bessessentre 1. dit d'étang 
Leval-Roug*. voy. Dessc. 

Ôntre, Entre, Imp. du V. Ônlraî. 

Ontre bfltcble, Troubler dans un travail intellectuel, ou maté- 
riel. Aux Fourgs-Pontarlier, Entrobaitsi, entrebâillé. 

Ontrelâdjle, va [Entrelarder' ; le part. Entroliiâjîe, i° entre- 
lardé ; 2° entremêlé de rouge et de blanc, parlant de chair de 
bœuf. 

ôntretchaltre. Coffre à grains, bas et long, avec séparations 
P' chaque espèce de graines. 

De ànlre entre, et tchaître ^ charlre = prison, coffre. Aux 
Fourgs (Pontarlier) Enlsaitrou, compartiment. 

ôntre-lies-due-ives, 1. dil de pré entre 2 bras de la Savou- 
reuse, Ch. 

Ontretin, [Entretien*, par balancement, la syl. mouillée fr. 
est sèche en patois. — Bide d'in bon onlrctin, béte qui profite. 

ôntrevoâer, Entrevoir. 

ônt-yëïelal, [Encuver), mettre en cuveau (= l-yevé). 

OnTSchot, Orgelet. Envachot, k Vézclois ; sign. aussi abcès. 



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-2l- 

Onvlrmenchelal, attaqué ^ar les vers, parlant des fruits, 
légumes. 

OiiTftssiiat, [Engazonné), rourni de gazon, gazonné. 

ÛDT&ssIe, plaqué de boue, de vase, surtout après s'être assis 
ou Trotté. 

Onvëlmal, [Envenimé) avec réaction inflammatoire locale. 

Envelmenu-se, venimeux-se, Montb. (0. Claude). VFr. enoe- 
limer, St Bernard, et Veiin, Venin. Vliti àBournois. 

ÔUYÎ, [Envis* VFr., avec peine ; dans l'express. Voûër ônvi, 
voir auec peine, voir d'un ntauuais œil : e\. : Elle louvoU ônui. 
VFr. : A envis iert ja de grant pris 
Polains de malvais cstalon, 
Bonne semence Tait bon grain (Bible Guiot, Roq.) 

ânTiat, Envier, désirer. — Ônvie, 1" Désir, 2" envie. Voy. 
Ônui, du L. iiividere. 

ôoTle (ai 1), [A l'envers] Du côté Nord, côté d'une maison où 
le Soleil ne donne pas. Bois de VEnvers, (r. cad. Rougegoutte. 
Du Lat. in verso. Ban. de la K. (B. Aie.), Envié ^ hiver. 

ôoTte 3. r. petite languette de peau dz douloureuse se sépa- 
rant sur le côté des Ongles. 

Envé, Furoncle à Auxel. ; Plancher, Montb. Étym. ver, 
croyance de l'existence d'un ver, voy. vie. 

Eoer*, à Albertville furoncle ou la chute de l'n est ordin™, 
confirme l'étym. ver. Dim. ônvachot, orgelet. 

Onviechelal [Envesseler], Devenir gonflé comme un tonneau, 
parlant de botes à cornes ayant la panse ballonnée par inges- 
tion de fourrages frais, surtout trèfle, quand ils sont chargea 
de la rosée du matin — ; a signifié ailleurs, mettre en tonneau. 

ônvielal. En flammes, form. arch. d'Ônfûelâî ; Envétâ, à 
Auxel. 

ÔnvirevÔtai, Entortiller, enrouler en pelote, voy. virevô, 

ÔQViron, prép. Environ. 

ôuTiron, s. m. Tarière de charpentier, de On vîrie. 

OiiTOi'yle, [Envoyer*. — Envyie, à Vermes. 

6a t6b te, fin voilai, [En veux tu, en voilii', à foison. 

Onvfttal, Couvrir d'une voûte. 

ÔDVOulal, vr. [Envoler*. S'êvoler, s'envoler, Bf. 

fln ye, [Ongle*. Dim. Onyate à Vézeloîs ; voy. onçale. 

Onyiere s. f. [Onglière] Arêtier d'un toit. 

Oniaia'ne, Environ onze. 



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-22- 

Opelondje, ~ [Happe Soudjâ] Attrappe-lourdaud, en fr. ; 
bévue (Exinc.) 

dpûe, (lou prai d) pré situé au fond du Vallon venant de la 
G' Combe, à Ch. 

ôqael, s. m. (péj.) Importun, qui vient où il n'a que faire. 

Oquelot, desœuvré, (ar. Fontarlier) chanteur de cabaret 
(Tissot). 

Lgdoc, Caoucal, butor, lâche. AU. Gauhet, houiïonnerie. 

Oqueluse, bavarde. 

En Bourg : ocle =^ monstre. 

Ein pecho !un peu) pu pré de la pote (porte) 
Des_^Ocle de tote les sote (sorte). (Virg.vir. p, 198). 

Orgaêsse. à G-y, Frelon, AU, Horniss; Voiinevse, à Auxel. 

OrillODS. Ouies (des poissons) à Sermamagny, comp. avec 
arbaillons. 

Orjflle, s. f. OsciUe, Angcot, ne pas conTond. avec ojeraie, 
Angeot, voy. oûejernle. Ay^ule, à Fougerolles — Reujialc à 
Vermes ; voy. ma(a(e et neusillate. 

Oremins (M' Germain d'Auxel.) ou aurmains ; ormans ou 
aurmans à Sermamagny. [Allemands* ou gcrmanofôneR, 
Olrnans, à Vescemont, 

Orrft, Aller, Etueffont, Romagny.pat. niontag.,i4rrat,?Evefte. 
A Ronchamp, Mélisey. Orra, donc pat. mont. 

OrvSte, s. f. Dommage, dégâts produits par les orages et 
autres causes. Ovale, à Bournois. 

Orvâlu, exposé aux « orvdles » : Ce tchan ât bin orvalu. Du 
L. arua/is. 

« Quand il survient orua.Ue de temps ou de guerre, d iC'8 
Bonv. 

Le fr. : ori'ale s'applique à la Sauge sclarée, du L. aurum 
catcjis. 

Ossarot, ou aussarot, habit. d'Auxelle, pat. de Sermamagny. 

Quichelot, à Auxol.-Haut, à Plancher (Poulet). 

Oatolet, forme pat. du n. pr. Montb. de Oustalet, voy. Oûetâ. 

Otbeaey, dim. de Olhon, anc.n. pr. de Petitmagny, XV* S., 
L. Rouge Bf. 

rOlhile, prénom, o Othilde, à Bourogne » (Janvret). On trouve 
dans les anc.n. de Porrentruy ; D'" Olille. — Belèze, cite « S" 
Othilde en AU-d ; S" Othilie, Vierge à Straeb. VIII* S* et S" 



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Odile patronne de l'Alsace, fille d'Adalrîc 3* duc d'Alsace, hono- 
rée le 13 décembre. » 

Otilte, Odile et OtliiHe sont 3 formes du même n.. Olhile est 
n. fém. fréq. en Ajoie, Odile, patr. de Ohavan.-I.-Gr. en 1441 
Liblln). 

Où, ou Vou, adv. où : ou ç que, p' où St ce que = où est ce 
que. 

Oa I Voy. Uou. 

Oaait, Voy, houai. 

Ouche, s. r. Ours, Ouc/ion, ourson (Doubs), Arch. 

Oc/te, en Roscmont. 

Eta.ng de l'Ours à Lacliapclle-s.-C. (StoR) rappelle l'anc. 
existence de cet animal en notre pays. 

Oc/te, en p. montag. 

OadjsDÎere [Orrienière], ornière, VFr. et Pic. ordière ; Wal- 
lon, orbire, du h.OrbUa, ornière d'où l'hypoth. orbifarta. Ex. : 
de chang. d'rb en dj. 

Ou^jon, [Ordon, Ordre, rang, VFr. et I. dits, TBf.; oudjon, au 
Val d'Ajol. Eudon û Uriménil (Epinal) 1° Tâche ou partie de 
tache ou travail, 2" Le personnel de ce travail. Voilai in bë 
oudjon, voilà un beau personnel de travailleurs en besogne 
faisant le m£mc travail (moissonneurs, mineurs, bûcherons, 
etc.) En Champagne, ilordon groupe de vendangeurs. Le VFr. 
Ordon =: rangée, L. Ordo. En Bcrry, Ordon ^ rangée de 
javelles, andain, tache. 3- Odjort, à l'Ianchcr-les-M, Hande de 
terrain bordée par 2 lignes parallèles (Poulet), 

Ordon, à S' Vital, (Sav.) tâche de céréales que l'on a à couper. 

Lourdon fr. cadast, 1. dits de forôls en Vosges du TBf. et voi- 
sinaj^e. — Eudjon, a Auxel. 

Leudon à Gerbépal (Vosges) ; Udion, tâche dun bûcheron à 
Vouxey (Vosges) Ilaillant. 

Du Lai. ordo, ordre, rangée, ligne, 

Oa^jare, « Chaîne s formée des fils d'un tissage ou d'un tissu 
dans le sens de la longueur. Du L. Ordo. 

O&e, s. m. Août (mois}. 

Oûe, s. m. Or, ailleurs ôe ; voy. Lotie. yi, p' Loui ye d'oûe. 
B Lowri, ou Lcuri, montagne à Plancher-Ies-M. renfermant un 
filon d'or exploité au moyen ilge. » Poulet. 

Réapparition de VR originel. 

Oûe, B. m. os, Ôvhaille, Echinée de porc, (Montb.) 



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-24- 

En 1390, I La Chapelle dea osses do S' Germain » à Porren* 
truy [Vaulrey]. 

Oûè, [Oint*. Veîl Oûè [Vieux oint*, Graisse de panne, non 
fondue, laitftfe vieillir à lu cl-,imin<?e, répuWe bonne contre les 
clous, tumeurs, etc. 

Otle-dre, [Ordre*. 

Oûejé, [Oiscl] 1° Oiîeau ; Ojê, Aj. 6f>sê, Montb 2- terme de 
maçon, oiseau, p' porlei- le mortier sur les épaules, 3' En style 
badin, personne connue, individu. Votfat (oûejè. Voilàl'oiseau. 
Ç'ât in rude oûe-jê, c'eat un rude o. capable d« faire des choses 
extraord. — Oûejê dîes djèrëncs, oiseau des poules, buse, ou 
autre. 

Das,^usés. = des oiseaux, près Desançon. 

Dim. Oûejelof : En Monib. ^seiof, ex. : ext. d'un manusc. 
confié par J. V. ^ 

Lai ! qu'i vourôe bin éetre. Là ! que je voudrais bien être, 

L'Aselot des bôs voulant ; L'oiselet des bois volant ; 

Tout drait i mcnvoulerôe Tout droit je m'envolerais 

Lou traivée des bas di Uoi. Le travers des bois du Itoi. 

Ès^éetans de mon paire. Aux étangs de mon père, 

I m'en vierâe baingnoulai ; Je m'en irai « baignolcr» ; 

Chu lou djiron de mai mie Sur le giron de ma mie, 

I m'en vierôe réecbuaî. Je m'en Irais (me) ressuyer. 

Poulchaî ai l'âjelat, à Mandeure, porter à calITourchon (un 
cnTant] sur le cou comme on porte « l'oiseau > du mortier dont 
la forme rappelle vaguement la forme d'un oiseau, c.-à.-d. à 
chèvre- morte, ou en St Christophe ; p' porter en hotte, voy. 
craîtche. 

Chantoiseau, 1. dit, Lepuix. Choix d'oiseaux, probl. barbar. 
du m. précéd., à Essert. 

Oûe-je'af, [Oiselei". 1" Chanter (oiseaux). 2° Parler avec cer- 
taines intonnations involontaires de joie, qu'on a comparé à un 
chant d'oiseau. — p. aj. ôjeiaî, (Angeotl. 

Oûejal, [Oser*, conj. ainmaî. En Montb. Ôserot (Côntj.) qui 
ose, hardi. 

Oûejerôl, Auzerole, érable champêtre, du L. ^cer arbor, 
Angeol, ôjerâ ; Bourg*, cuserôlc. L. dits à Mcroux, champs : 
Dozeral, Lozeral. 

Oûéle, s. f. Huile. Ônrtoûëlaî, [Enhuiler]. Oùêlîe, [huilier. 

I,o(/Jer, n. pr. TDf. Auxeli.-Btueffont ; ce n. peutavoir aussi 



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-25- 

une autre origine. Loillier, n. pr. à Dorans. M' Maillant cite 
ollier p' huilier en 1502 (Lorraine), OHer, n. pr. à Morvillars. 
VFr. Olier, huilier. 

OÛële, s. f. Ourlet, (orle VFr.) Oùëlaî, ourler. — (A G.-y. 
[OUS', ourler. 

Oûer (vont d"), Vent dorage, grand vent. En Montb. ôe-r, 
grand vent ; air fConlej.) Lgdoc, Aourû. 

Oûeiaidje, Orage, E vait c' mon in vont douer, il va comme 
un vent d'orage. 

OÛerdje, Orge. Oûerdje d'orbâ ; voy. crbâ. 

Fr. cadast. les Orgeries, Fontenelle ; OrgevAl. Perouse [Stofi}. 

Odje, Orge, au Ban-de-la-Roche, où rd=^ dje, comme chez 
nous. Du L. llordcum. 

OAe'tft, [Hôtel] (autre p. [Ôtâ'} Demeure, logis quelconque, 
le home des Anglais. Bourg, hoté, Mign. ; Lgdoc. Oustal ; dim. 
Ouslalet: Auvergne, Ouchtal. [L'hôtellerie [hôtel de voyageurs] 
s'est emparée du m. liôtel). 

In bêl^oïieM, Une belle demeure, ^t l'oûetâ, au logis. 

Jn bê detaiit l'oûetâ. Un bel espace libre devant la maison. 

Ouefau, à Etobon, form. Montag, OuUu, en Bourg, Ôtau, 
Auxel. Ou(â, à Mégevetle en Faucigny. Oustot, en argot pari- 
sien. Oulau ou lioulau, cuisine, près Des. — Delaulal, n. pr. à 
Luxeuil. 

■ Bon/total, n. p. « curé de Chenebier, en 1586. >. 

Chef d'hôtel, anc' chef de famille à Florimont [Feltin). 

OÛetche, s. f. [orle] Champ clos, près des habitations, ou 
ord'. ouvert, bien amendé, servant ord', à la culture potagère, 
ou autre ; bien soignée, VFr. [Orf, cadast. ouche, oyche. — 
Tous mots du L. [hortus]. 

Oche ou hoche, dict. Boisie. F'orme Montag. et S. -Mont., 
Eulche. 

Oyche anc, fr. cad, c°° Bf. Lai vie dies Oûelches ou dies 
lîoudjes-Pètchus. à Ch. Dim. Oûe(cha(e ; montag. eittchote. 
Cadast. oychote. 

Ouchalés, ]. dit à Beaucourt. — Ouchemalte, à Levoncourt, 
mot patois de tète, ail. de queue, Hte-Als. — Oiches foitrecul, 
à Elupes. 

Oueches, 1, dit, Menoncourt. 

E ouèche, 1, dit, terre à Vauthiermont. 

Oûetchon, s. m. [orlon] La charge de Cl d'une bobine, d'une 



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pelote, ou d'un fuseau qu'on est en train de Taire ; fil qu'on . 
enroule autour de ces objets. 

I aï pedju mon onetchon (partie du fi) qui finit de s'enrouler. 

J af dj'in bé oûetchon, j'ai déjà une belle pelote. 

? Lat. ortuin, commencement, extraction. 

Oûe-ye, Oie : les autres p. TBf. ôye. Lés ôyes di VâdÔe, 
sobriq. des gens du Valdoie (Salberl). 

Oiiëyon, oison ; aliàs, ô-yon, awyon. 

Oùëyate, jeune oie : aliàs, ô-yate ; [ôyote' en Montb. 

Source du Cul d'Oillon, Tr. cad. à Badevel. 

Oûe'ye, village détruit, Oye. (Lou vaîdoûe, village (Yaldoie) 
ne renferme pas oûeye dans eon nom. 

Ai lai pie d'ûyole, à Cloche pied. Exinc. 

^Houillou, n. pr. TBf. 

Oûe'yi, Ouir, entendre ; autres pat. 6-yi ou ôcyi. — OÛO'yi 
dire = oui dire. 

Onpisse, surn. à sens inconnu. 

«Oui, atfirm. fr. ayant passé en pat. et remplace ± le ail de 
Ch. (= oïl) qui a vicUi. Oïl ou Oy' est constaté à Mende ? quoi 
qu'en Lgdoc ; ouai ou ouè à St Vital (Savoie) voy. 0, autre 
alfirm. de Cb. 

«Oardio, Orgueil, on ps. Montb. 

Onrfenot, Petit orphelin. Du L. Orphanits. VFr. Orfenin. 

St Ouri, St Ulric, vge, vallée de la Largue, où commence le 
pat. als. germanophone. 

Olry, Holry, Horry, anc. n. pr. TBf. et Porrentruy, dont les 
dim. aj. sont Ilolriat ; Horrel, anc. n. pr. à Vescemont ; Oriat, 
n. pr. St Germain, Anjoutey ; Grenat, à Récbesy ; Orieî, à 
Chaux, à Eloie. 

Ouali, au Ban-de<la-Roche. 

Mont Ori, Mont et onc' château à Kougemont [Liblin]. 

Le nom d'Ourî, Ulrich et cong. se trouvent surtout dans les 
vges ou nu voisinage dépendant des Seigneuries de Rouge- 
mont, de Fcrrette, où régnaient les Ulrich. 

Oumie, Orme. Cet arbre tend à disparaître du TBf. Dans la 
vente des coupes de bois annoncées, on relève rarement la 
présence de l'Orme, tandis qu'en t896à la vente de Pennesières 
(Hte Saône) 57 ormes y figurent. 

Chu l'Oitrme, coteau à Chat, où jadis, à la foire, se tenaient 
les chevaux, au siècle passé. 



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-2^- 

Dormoy, anc. n. pr. k Héricourt. 

Ons' voy, Hous'. 

Outata, m. et f. Écervelé, qui agit sans réflexion, onom. 

Outchie, s. m. [Ortie*, [Orlier Bf. Oulcbte djônti, ortie blan- 
che, Lamiun album. 

Outchie jiiiianl, ortie* piquante. Urlica urcns. 

Ôtchie, à MerouK et TBf. 

Oatchîgnle, form. du 'houtchignîe. 

OtiTert, [La porte est) Bf. ne s'accorde pas ; de même en p. 
îevri, m. et f. De même à B(. Je veux lui offert, p' offrir [patoi- 
sisme). Inf. =■■ participe. 

Oû-ye, ou onil ! exclam, d'ittonnomcnt à la suite d'un coup, 
de la chute d'un corps ; 3° Sens moqueur, ou narquois ; 3" au 
jeu de quilles à la suite d'un coup : oui/ .' tiaî c6 I 

Comp. à oïl voi .■ 

Ouil ! qu'a i é aru de djens saingnies 

Dans les tchans dés fîoudjes-Vies (Ch. de Frahier). 

ôvai, [Œuver], Pondre, voy. ûe. Ouîere (TMontb.) l'ovaire ou 
l'oviducte des Poules. 

Ote ou Anve', forme montg. de âve = Eau, ex, : à Sermama- 
gny (1/ l" vge a parler montg. 

OTonenne, à Etobon, avoine. 

Ovre, [Œuvre]. L'œuvre par excellence, la !'• qualité de filasse 
de chanvre. 

VFr. Ovre, travail. 

Ôvrâ, m. f, ouvrable. Djotië n'ovrS, j»ur ouvrable ; Vn du L. 
diumus. reparait à la fin du mot djoiïe, quand il précède otrâ. 

OvraiQ'nes, s. f. pi., inusité au sing. Les journées pendant 
lesquelles on fait les récoltes. Pendant lies ovr&innes. 

Ôvrie-re, [Ouvrier-e*, c'ât in ôvrîe, c'est un vrai ouvrier. 

Ovraidje. [Ouvrage*, travail. 

En fr. de Monib. vers 1503 : Ouwrie (Tuetey). mot fr. pat. 



A Mandeure : Ç'ât in bon^âvrîe, mais ç'ât in baraillat 
(buveur). 



> fuit p«ni«r i M. Liblin qui oy* tignjlîmit 



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P, ^oj- J'îe etpoûè ; p'aissaî, pas assez. 

I'' chez les ajoiilols ; i ii' peut j/. —je ne puis point. 

PS, [l'oi'. Pa dan, por dedans, dans ; loul pii ilans, partout 
dans. 

Pà ç' que, Ch. ht. etc. Par ce que. 

Pà de don, Par dedans, à rintéricur : Pa chi, par ici ; Pa lai, 
par là. 

Pà déchu, par dessus ; pa dedô, par dessous : Pâ rie, par 
vers. 

Pâ devîe, par vers du côté de ; Pa ce que, parceque, id, à Bf. 

Pi c&rs et pà coûênols, litt. par angles et par coins =:; de 
tous côtés. 

Tout i}a lu, tout seul (tout par lui]. Tôt poua lu, au B. de la 
Roche, B.-Rhin. Per ht, en fiat. messin ; VFr. par lui. 

Pâ, Pâi. s. ni. q. f. pâle, en fr, cad. (Ne pas confond, avec 
pâle, pelle). Pieu, poteau. 

Pâ, en pat, Montb. : a Enne serpent djôlaie achi roide qu'in 
pâ. - (Merci). 

Pa, en pat. du Bun-de-la-Roche. B.-Rhin, perche; Pâ, [palis), 
à Bournois. 

Enpâlaî. embroché par un pieu ; ex. : en p. aj. chs. de Peii- 
gnat. * 

Prignani dei pal. dit Petignat... 

Aiainl d'entraît, atiîm d'enpa7slï(î"» renion de la chi.) 

Pour un autre sens voyez, [Onpâlai'. 

Pâ, la partie fondamentale, ou poteau, supportant le balancier 
du Pâ'de-poui, ou puits en cigogne, à Frahier, Angeot, etc., 
ou puits à bascule, encore usilt!, pour tirer l'eau du Nil, en 
Egypte, d'où il a pu nous venir. 

Pâ-de-poMche, au Puits, vge, c"" Dellc (en pal. local : â Pouche), 
où puits se dit pouche : id. à Bretagne, etc. 

[Pau*-A-&0R7ie, (pou tirie l'aure) à Etobon = [pal à bec), pour 
tirer l'eau. Comp. boîche, à boUchi, 

Pfll ou Pflle, s. m. dans nombreux I. dits : Es grands pâles, 
Ch. Les Pâsles, St Dizicr, mot q. f. au (êm. peut-être par con- 
fusion avec le m. pâle, s. (. pelle. On trouve aussi pëlc. Ceit.B, 



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- 29 - 

Pal; Lat. Palus; Aïs. Pfobl {n. pr. à lif.), AU. Ffahl. tous cou- 
sins aryas (1). 

Le poteau, p' puits, se trouve à Saverne : Schtsendl', puits, 
{Ali. Stœnder. poteau). 

PScan, Manant : Groûessîo j^acan,' ) Dict. Boisle : pac&nt. En 
argot parisien, paysan. 

Du L. paganus ladj, de pagus). Uural, et plus tard, payen, 
après l'établjss. du ehrislianisme, le culte des anciens dieux 
B'étant rcfugié dana les pagi ± reculés. 

P&chait, Monceau, couche épaisse. 

In pâchait de nodje : Exinc. comp. le Tr. pagne/. 

Pàcharaite, surn. àCIi. 

Pftc'heDale, Fessée avec les mains. Ail. Pochen, frapper. 

Picheaaie, [Poissonnée]. Dans cette exprès. : Coulai sont lai 
pâchenaie. cela sent le fond de rivière ou d'étang, les herbes 
qui en sont retirées, enfin l'iiabitat. des poissons, ou l'odeur 
sentie pendant !a pêche. Voy. pàcho7i. 

Pàchle, [Percer*. 

Pfichon, Poisson, p. aj., mont, et s. mont. Potchon. Pouc/ion, 
à Montreux-Châleau ; Pochon, à Plancher. 

Pachenu, Poissonneux. — Pachon de boue, larve de plirygane, 
(]Ui sert d'sppiis p'' la pèche ; elle vit au fond de l'eau tranquille, 
entourée d'un étui cartonné, agglomérant des pierrettes. 

Pà^jô. [pû I>è' Ter. ; voy. De. Pàdei, en Bourg. : Pûdê, et 
pôdjé, en Montb. 

PS^Jon, [Pardon*. — Padjenaî, pardonner. 

Les Pages ; voy. EpRChes. 

Pal, s. f. l'iiix. Jadis à Luxeuil, à l'arrivée solennelle de 
l'Abbé, les gens de corvée, la nuit, aux grenouilles coassantes. 
Pà ! pà, ! Ranottes, pâ ! Voici M. l'Abbé que Dieu gâ, (garde). 

Pal, adj. adv. pire, [pis*. Fr de Month.) en 1301 : Soil que 
elle vaille peix que. (Tuetey), D. M. 

Ex. d'une certaine parenté, dans certain cas, entre l'i fr. et 
l'ai pat. ; voy. an maî [emmi* ;voy. aussi brijîe, pat. qui a donné 
braijon. 



(1) A Dijon : Aux reproches de Didon : 

Que NairnoD pleure que Nar.'iion braille. 

Aîaiai planta! lai, comme in «du 

VA Ui rrenKle !ot ilau. 

Et àt pu Tcoi que n'Ai în mabrr. 



(Virj. . 



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Paicâ, Maigre repas ; Taire son paîcâ, manger à part, faire 
sa popote, être à sa miche. Exinc. Comp, le VFr. pagœ, paie- 
ment, du bas L. paga, id. sign. 

Pal, 9. f. [Part", Pailchîe, partie. Lies paitchies. L. coles. 

Paitaidjîe, Partager. — Paî de boue, syn. de Gàbe. 

Pâ, viande, ar'. de Baume-I.-D. 

Paî di bon Due, Le vide produit dans un œuf entier cuit dur. 

Pflil ou pft'ye, (Chambre où est) le - poêle», Salon de Vge, ou 
anc' de Château. 

[Pawye' !, en Rosemont. 

Pâil bîe, Salon bas, du rez-de-chaussée ; paîl-'liâ. Salon au 
1" étage. 

Dim. Pâillot, petit - pâil .. — PoUle, à Maîche ; en 1 i86, id. 
à Montb. ; id. à Br. au X1V° S"; id. à Porrenlruy en 1511. 

Pôle, en p. Vosgicn. Pèlou, à Chatillon iJura' ; Pdlla ~ poôlc, 
au Ban-dc-la-Hoche. 

PAlot, s. f. poèie, aux Fourgî-Pontarlîer où pail se rend par 
Péiou,B.m. ; VFr. Poisie, Chambre à étuve, fourneau ; du 
Bas-L. piselum. voy. (Stappers}. 

Pailal, [Parler*. Casaî est plus employ. à Ch., djàsaî, ailleurs. 
Voy. ces mots. 

Pain, id. en fr. — P. de coucou, oxalis acetosella, alléluia ; 
Coucou, à Meroux. 

Pain di Bon Due. épinu vinette (le fruit). 

Pain, n. pr. à Egueniguc. Pain-bieu surn. an Salbert. 

PaiD'nate, s. f. Bout de la chaîne d'environ l/~2 métré que les 
tisserands ne peuvent tisser, que l'on rogne après chaque pièce 
de toile et qui sert à faire les gtanes d'ognons. 

PaiDae ou Pinne, maitresse poutre fuilièrc d'un toit. 

Pin^nate, syn. de Tônpye, arbre reliant les 2 trains d'une 
voiture. Mandeure. 

Palpai ou pèppt. Bouillie épaisse. Ptipà, à G-y. Voy. Onpai~ 
penai; Paipenu, qui tient du paipai, ou qui l'aime. 

Pàpii', à Auxel. 

Papin, en pat. Wallon, cataplasme. 

Lat. Pappare, manger ce qui ne se mâche pas. Le radie, se 
retrouve en it. ±: en Als. 

Pop-schlekr, Sobriq. des gens de Soultz (Guebwillerj ^ man- 
geurs de bouillie. 



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- 31 — 

Paiple, Papier, 'Pôpillute, papillote (bonbon enveloppé de 
papier). 

Paperot, à Besancon, papier sur lequel on a cuit des masse- 
pains ou des biscuits. 

Les confiseurs en vendaient ! 3 ou 3 {"" pour un sou ! aux 
enfants qui trouvaient à lécher ou à gratter quelques miettes 
restées dessus. Ce mot conviendrait aux prétendus confelli de 
' papier parisiens. 

Pairal, [Parer*. Donner l'apprêt au fil, p' tisser. Pairu, apprêt 
de tisserand fait avec farine. 

Pair^iemiD, Parchemin, du n. de la ville de Pergame, où ce 
produit a été inventé. 

Paire, s. m. Père. — Bf, Ch, [fr,) père. — Pairaffra, parâtre, 
mari de la mère. Rab. parasfre. 

Père, père en Aj., Vézelois, Bf. au Ban-de-ln-Roche U Rliin'. 

Pemme, corrupt. du mot père, Bourogne (Janvret) surn. 

Roland recevant le commandement de l'arrière garde, remer- 
cie Charles : 

Sire parastre, mult vus dei aveir chier 
La rere-garde avez sur meijwjiet. XI* S*. 

Paire, s. f. 1° Paire ; 2» Environ deux. 

Pairi, [Paris*. 

Parisel, Parisot n. pr. TBf probable dér. du n. de 3' Paris. 

Pairial, Parier. — Pairmre, Pari. 

Pairpait, s. m. Qui l'emporte sur les autres, qui a le pompon. 

Du fr. Parapet, anc' parapecl créneau au nommel d'un mur 
de défense. = [Pare-poitrine], de l'Italien parapetto. 

Pairpillot, [Parpaillot" VFr, papillon ; huguenot, arch. voy. 
Mèmonit-ye. 

Pals, Tmpér. du v. patlcfti (I). 

Pairtchait s. m., Perche ; pois. 

A Rougemont : lès aidiaits dain les Basses, sain pôinne la 
pâtchuse. 

Prignait carpes, aind-ylles, tchàvonâs at partchâts. (La loutre 
du Cliâteiot, trad. en pat. de Roug"). 



(I) Répéloni que lei i n les I lermiDaux non spoitrophèj 



ic Dim. ipour ifs mois en çt, ou en atj 
!i personnes des verbef.) 

DigilizMwGOOglc 



- 32 - 

Paiiaidje, [Partage' ; Paitaidji^, [parlager* ; Parlagert, ane. 
n. pr. Trétudans, XVI» S'.= Cohéritier, copossesseur. 

Paitcbi, [Partir"; ind. pr. i paî, n'paitchdns ; p. dét. i paitchi : 
p. prés, paitchant : p. piis. paitclii. Linf. à Maiclic — paîichi, 

Pdtchi', p. Mont., a-Mont., Roppe, KtuelTont,. 

Pat(chi/0; [partis for] de l'hiver. Le printemps ; id, à Bou- 
rogne. 

Pdlchif<ni, 0°" do Giromagny, et Salbfrien ; p-Vosg. inilifieu. 

PailcWe, vay.paî. 

Rtppîloni qtc l«i voyjllai, ou dipht. non accïntuéGi loM brfcvji. 

Au pi., parties naturelles. 

Faites, ou pettes, s. f. pi. Langes. Dim. Paitofi (ailleurs). 

A Besançon, pas : ex. .- Das petë mailloulots. 

Das pas et chemisoltes (Noëls). 

Piiissot, Lange (semble dim. du pas de Besançon) à Montb. 
(O. Claude), ou Patte = Débris de vieux linge blanc. 

A Mégevette en Kaucigny, Pa((es. — Aux Fourgs-Pontar- 
lier, Potot. 

Moutiers, Sav., Patin. 

A Digne (provenç.) Pedas' ou Pedail. Prov. patô. 

Lgdoc, Pctas', morceau d'étolTe p' rapiécer un vêtement, 
chemise. 

Esp Perfaîo, id. 

Dér. Paitîe [Pàtier]. Chiffonnier, marchand de chiffons, de 
lin^e. 

E lioûe c'iiiôn in Pailie. — Il crie comme un « paifie ». 

Palier, n. p. en Montb. ; id. sobriq., à SC Vital (Savoie). 

A Etobon : poutchâ tiétiun à patié, c.-à-d. comme un chif- 
fonnier porte sa hotte, = ai, (ai craîtche, Ch. voy. 

/'ai(e â tiu lai diainne, crie-t-on à ceux qui laissent voir un 
pan de chemise, ou un mouchoir blanc par derrière, voy. 
Diainne. 

R'polossi, en p. l-'ourgs-Pontarlicr, en fr. Rapetasair, con- 
tient noire Rad. B. Lat, Petacia, morceau dtStoffe Kymr. PeOi; 
BreC. per, morceau cong. à pièce. II faut écurlcr l'ail. Betlel. 

Faite ou pette. Mou, flasque. 

Faite, Pâte ; Paitu. pâteux ; Pat7i, I" pâté, -1' coup de Wrule 
sur la paume de la main, à l'école ; Pàliche, espèce du pâtisse- 
rie. Montb. 

F«m, [Pàtir*. 



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— 33 — 

Paitnile, Pâturer. 

Paltye, l'ûcjues ; l'ait ye c-heuri, [Pâques fleuries*. Pàcôl, à 
Plancher, Froideconche... (± qui vient à Pâques), TèUrd de 
grenouille. 

Paltyis, m. pi. [Patis'. Paquis, en fr. local, m. qui se retrouve 
jusqu'à Genève ; pâturage communal, à Ch. et cimetièpe, (qui 
est aux Paquis). 

li, dits Le Paquis, Lutran, Reppe, Le Valdieu... Le Pasquier 
1581. TtT. S' Ulric [Stofïf, d'où Pàquirat ; alias, le Paquirat, 
dim. à Réchésy... Du L. pasticuin et pasquerium. 

A Courtavon : * prv du Pasquai, 1391 ; plus tard. Posent, 
puis Pcccal. • 
Palvru, Voy. pavou. 

Paiye ou Peille, [Paille.] Dalle, uu enveloppe du çrain dans 
l'épi des baltes de grains. 

Paiijaisae, Paillasse. — J'ai-yu-se, qui a des pellicules sur la 
lêto, le corps. 

lîf. Paillaste .\ ressorti. Sommier. — PaiUurd. n. pr. à Bf, 

Pai yl6. [Puycr*. I piiiye. je paie. Paiijc, s. f. paie; id. à 
Paris. 

lAes conseillus ni' sont // lies jiaiijUH (payeurs). 

Paiyis et paiyisiin, id. en Tr. Ce dernier devient [puiyisain' en 
njoulot : écrit paysan, en aj. par erratum, en lO"* page de 
l'introduction. 

Bas de la Pal, I. dit à Sevenans. 

Pfil, Pâle ; Pèle, fr. cadastral. Voy. pâ. 

....Les Espales, champs à KIorimont; ici, Espales c?t pour 
ÎHs pâl3. 

Pftie, s. f. [Pelle) : [Pnure', en Rosemonl ; Pdldle, 1" Espèce 
de latte en spatule, servant de levier pour Taire mouvoir le 
treuil de la corde à foin : 3° HucloJr pour nettoyer le veraoir de 
la charrue ; 3» Omoplate. 

Piilâijla, Lliilever ou dépUcur du la terre, ou autre choiie i la 
pelle. 

l'aiayu, qui » pâhlye •. Palulaie, Pelletée. 

Hi-illie de lai pâle â Uu, express, employée plutôt au figuré 
qu'au propre =: chasser rudement. En Bourg. Lai paule au eu 
(Vn-g.) 

Onpalai, voy. ce m. 

P&le, Epaule (de porc) cong. au fr. pAleron. 



;dbvG00gle 



— 34 - 

Pâle, [Pel ou peau.] Levée d'écorce de chanvre en tillant. 

Pâlûere, pelure. A Boumois, pôl. 

Palle, s, f. Vanne ; id. en VFr, Voy. son dér. ônpâlemônt. 
Celt. Breton, pâl. 

PSlot-ate, [Pâlot- te*. 

PSlot, 1* [Palet ; 2* Jeune enfant gros et gras qui se laisse 
tomber comme un palet. 

Même radie, que pâ!e (pelle). 

Palsoa, à Levai, [Roug') Fiiux plancher ? en torchis et paille 
roulée (M. Cordier) peut être congénère à paille. 

Ffimaie, s. f. Empan, à Mandeure, voy. panne. Pâme, à 
Angeot [Palme*; id. au Ban-de-Ia-Koche (B. Als.)Du L. p&lmi. 

Pftmelle, Paumelle, dim. de paume. 

PandSoe, Tussilage, (pas d'une), (Salbert). 

Pandoûêr, [Pandour], Pillard, mauvais sujet. Nom d'une 
milice pillarde lors de la guerre de la Suce. d'Autriche. 

Pand'yiUon, Languette glanduliforme qui pend à chaque 
cdté du cou de certaines chèvres, q f. chez les porcs, simulant 
vaguement des pendants d'oreilles. Voy. Merdjelle. Montb. 
Manguilion (Contej.) ; ex. de P := M. Voy. pondre. 

Panne, s. f. Empan ; PAti-nà., à St Vital, Sav. Dans le midi 
pan de nez = empan de nez, dont un barbarisme a fait pied 
de nez I qui n'a aucun sens (1). 

Pànaî, terme de jeu de billes, mesurer les distances avec 
empans. L. Palma — Vha, Spanna, empan. Voy. Pâme et 
pâmaie. 

Panre, Prendre, (Pare, en p. aj.). Ind. pr. / pron, Wpri- 
gnôns, V prôntes ; p. déf. i prigni ; les part, prignant, pri — ; 
i pânraî, je pendrai. Voy. pri, et ônpri. Painre, à Eguenigue. 
Panre, en VFr. 

En Fr. de Montb. (1301) Charte citée par Tuetey : nospor- 
riens panre. 

PaoBiroD, Pansard, ventru. 

Pàtiche, Panse, à Pont-de-Roide. 

PaatAt, Le bas libre de la chemise ; c.-à-d, le petit pan, qui 
à donné aussi ptSn'naî ; voy. 

Panto&èche, 1° [Pantoufle' ; 2° Œuf, ord' le dernier de la 

(i) Ce barbaritme existait di'jk au commeoc. du XVIll" si&cte en Bourg : 
Tu laisie, ai prée l'aivoi grugée 
Tai fanne aivâ dcu fii dt nA. {Virg. Vir. p. 115. 



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poule, dont la coquille n'a pas été Tormée, et mou comme une 
p&nloufle, surtout chez les vieilles poules, 

PapOD, n. p. au TBT. àRechotte signifie grand-père. Ex.: Eu 
Ajoie, en 1499 ...l'hopitat recevra, comme prébendier Perrin 
Rouhier, ■ le papon > d'Agnelat, bourgeois de Porrentruy... 
Vautrey I. 155. Dn L. papus, grand-père. En Lgdoc papon, id. 
Bign. 

Clos Papon, Verger à Plancher-B, 

Paprensse, à Vermes, popreusse, = la clochette des bois. 

Parail. [Pareil*. Pôrail, en Montg. — Sanparail. extraordi- 
naire. 

Parai/ se trouve en VFr, 

Paurail en Montg. 

Paramoninde, A cause de, à Exinc. 

«Farapel, Bf. Parapet. 

^Parcours, Pâturage communal. 

Pardie, Pardieu (néop.) ; voy. Dé. 

Pïrô, Pardieu, = [Par De). 

Pire, Voy, panre. 

Paré, [Parrain*, 1/4 règle, chute dn. Les enfants crient aux 
paraîns peu généreux. Paré roâcnaî = à Paris, parrain à la 
crasse ! 

Pare, surn. de qui est souvent parrain, Salbei'f. 

«Parassu-se, [Paresseux-se* ; Pairà-ju-se, en pat, aj. ; Paraju, 
ailleurs. 

Poirnsu, Montb. 

Parfond de Vaux, 1, dit champs, à Perouse. 

Paris, Parisot, Parlset, Parisey, etc, n. pr. TBf. et Montb. 
peuvent venir de 1" St Paris, 2° de Paris. 

«Parole, id. en fr. [Pareu/e* en Rosemont et Salb. Ce mot 
vient du fr. et n'est pas indigène. 

Parrot, n. pr., voy. Piere. 

La Para (Etang de) fr. cadast. du Lat. palus, s. f. marais 
(R = L] à Suarce. 

Pas, id, en fr. 

Pas de lai pQÛeiche. — Pas de la porte*, Bt, Seuil. 

Pas-des-masaes, expression adoptée par les Als. germano- 
phones, empruntée à nos soldats, p^ dire pas beaucoup : Ex. : 
avez vous mal à la tête ? rép. pas-dcs-Tnas5C5 .' Id. & St Vital, 
8av. 



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— 36 - 

«Pataclftme, Cataplasme. 

P£tal, patn, voy. Pot. 

Pàtat. Ecraser, piler ou Touler. [Paulâ, en Kosemont. 

Groâe pâle-lîea-tch6s,s. m. = gros foule-les choux = (Lour- 
daud). Voy. à Frsîlchi. Frélcchoux. 

On prend des hommes lourds chaussés de sahots neuTs, p' 
fouler Ih choucroute récente. 

Pâtàte, s. f. Calcaire crayeux, de l'étage Corallien, que l'on 
pile grossièrement p' le réduire en gravier, pour récurer les 
planchers, les tahles etc. 

Cette pierre est hygrométrique et gélive. Telle est la carrière 
de Dorans. 

La patote ou La patate, I. dit à Danjoulin. 

Pâtot, Espèce de pilon, ou de masse de fur, emmanché propre 
à écraser la ■ patate •, ou les fruits p^ faire du cidre. 

L. dit fr. cddiist. La patola. — Pàlat, forme aj. de pâtot, 
Hcppe ; n p. d'Auxel. ; celte terminaison en at est étrangère au 
pat. de ce lieu (!). l'alat, n. pr. Aj. 

Pfitait, l'âton. iJér. de pâile, voy. 

Patait ou Patet, n. de lieu, pâturage, Vfr. pastel, pat<:. 

LcPatat, forêt à Vellescot. — Le Pafel, hoiset pré à l'erouse. 

Kue du Palat, anc. rue à l'orrentruy. 

Le Mapatey, Ferme à Lachap.-s.-Ch. (Slof). 

Patapouf, onom. du bruit de q. chose de lourd qui tomhc. In 
g roue patapouf , un gros hom. massif. 

Pfttche, [Pèche* ; Pâtchu, pécheur. K fàt laiclde lai reciêre 
îes palchus ^^ à chacun son métier. Rial Pcquaive, n. à l'or- 
rentruy. 1394. 

P&tchi, forme Montag.clsous Mont, de [(»ai(c/ii': voy. tlraiid- 
Patchy, écart à Bitschwiller, 

PStchon, [Partout, peu usité, remplacé par Tout pntchou 
[tout partout* partout. 

PSteuIere, 1° Poche libre, à l'usage des femmes, suspendue » 
la taille par un cordon. Bourg, [pauleneire' . 

Ce mot nous ramène à pautonier, pontonnier, qui entre 
nomb. significations avait celle de receveur de péage de pont, 
d'où nécessité d'un sac, ou poche. 

(I) 11 e)t à noter que dam les anc. document* TBI. on trouve louvenc dant 
noi patoïi non ajouIoFonei, des noms de perionnes à leimin. àt, alors i{ue, en 
lempi contemporains les nomi k termin. al ont ± disparu et resient :l^ can> 
tonnes en pajri ajoulofone. 



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- 3Î- 

bVilleurs l'aulotinière en VPr. = bourse ou gibecière, d'apr^d 
Carpenlier (Roquef.), 

2° Pociie dans les pans d'Iiubit, ouverte sur les côtés, recou- 
verte d'une pulte [à Ucllej. 

PSterate, [Pelteuse) s, f, Populage ou souci d'eau ; Caltha. 
paluslris, L. cong. à jiiifaî (petter). A Montb. Topole (Contej.) 
confirme léljm. (Pelteuse) ; Monlb. [l'àtoUe] {Contej,). 

Vie d' poterole, à Bournoîs, voie de pctteusc. 

Patois, id en fr. et en tous les purlcrs français, du L. pater- 
nus, anc' patroix. En gascon, patouès'. 

En Lorraine, Hayange, Landonvillé, patelin, pays natal, com- 
patriote (1), 

Patelin, a. m. en argit parisien, compatriote. 

Patiuè. ù S' Vital, Savoie. 

Pdtié, l'outchd {(éliUIlau{t;l/k^(F!tob^n), porter (i.q'unsurle 
dos, voy. craî(c/ie ; et jiaid?, rad. 

Pâtichs, voy. paite. 

Patiônce. ^Patience'. 

PfttOt, Voy. pâlnî. 

Patroâsgole, [Putrouiller), c.-à-<l, marctierdans l'eau boueuse. 

Patte, id. en fr. Patte d'Alouate [lîothonans Bf.; patte 
d'alouette. 

âyn. de jnpi d'OâeJelol. (Lotus pied d'oiseau). 

Pattes làtchu, s. m, [Puttus lècheu Bf.) Lourdaud ; ne serait- 
ce pas une allusion aux ours, qui jadis habitaient sur les mon- 
tagnes et pas lent |/ se I6jher les p:ttte3 l'hiver. 

L'adj. Fallu, id. en fr. — A Fri3sè, W' Als. Top-f, p:ttte ; 
Tœpelâ, petite patte. — .\nc. germain pal'., Celt. B. paz. 

Pattu, Voy. pot. 

Pavon, Pavot coquelicot ; id. à Mcroux. Paveu, h Angeot, 
et en Rosemoiit. 
.Pavou. s, f. Peur (pavor). El è pioctu t(j s' noiijïe en tare 
sAfcfie, (Angeol), il apeur de se noyer en terre sèche, en par- 
lant des gens riches qui travaillent toujours, ï^paoànlai, 6i>oa- 
vanter (Eguinig.}. 

L'étalii d' la Metche quàt crevai, 

Tos les pachons s' sont épavanluî ; (ou, a' sont en allai), ■ 

È ni ât. rèchtai quin bretcliait, 

C'ât lo Brute que l'aitrapai. (Eguenig ) 



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- sa - 

PaÎTrn-ss, peureux-se ; ici IV de jmvor, reparaît. 

P'cillta, abrév. de peucillîe. 

Pô, [Pel. peau*,[Pl*enp,aj (\ngeot),PëIctîe-re,[pellelier-re, 
tailleur, TBf. Ce mot doit remonter au temps ou les peaux 
servaient à faire dea vêtements. Ch., Eschënes, PhaiTans,. 
Grandvillars... 

Peltier, n. pr. à Ëvette, Salbert, Valdoie. Essert, Pelluy, 
anc. n, pr. à Sermamagny. 

Pëlson, Vêtement de peau ou de laine, couverture. A Plan- 
cher, = (acon. 

Pelisson, n. pr. TBf. 

I prit pidie de lieu mitère 

t lieu feiet dai ptUisans (couverture*) 

Comme on cret, de pis de moutoni (!8« Noil anc. p. de Betan;on}. 

PêiaAe, Plein la peau (de boisson] ; à Exinc. 

EnpelseriRÎe, gazonner par places un pré, à Eguenig, 

Pe, ou p' (oj.) ; sont des abrév. de j)oi(è, point (nég.) ; poiïè 
(point) Cent. Bf. Pliaffans. 

Chat, è ni ai ji« ; Aj. è ni âl \i ; Mcroux, !; ni ât poùè. 

P«, au f. pète, [put, pute], Laide, du L. pulUtus, puant ; 
Onom. = mouvement d'expulsion des lèvres. 

Voilai in pe tchin, (pe chin en fr.-pat.) ; Voila un vilain 
chien. 

L. dit, peux, champs, fr, cadast. (S' Dizier), 

Pëvène,à Plancher, Bourdaine, voy. viene. 

Notre mot se retrouve dans l'Est de la France. 

Il reprend son {originel dans Pëtaiou ! (qui a été pë, qui 
s'est mal conduit] =: vilain ! (Voy. avoi). 

Le contraire est bin-aiou, inus. à Ch., mais usité ailleurs. 

Malaittu, Malheureux, qui a eu du mal. 

On trouve en VFr. put affaire, putes œuvres, pute foi, dont 
Iti sens se rapproche de notre m. 

Puiain-Tie, s. f. prostituée, parait dérivé du fr., mais a pris 
laterm. fém. 

On trouve puline, dans Scarron, 

Notons que le Latin puta x= jeune fille. 

De même le mot « fille » a pris un sens péj, Paris, 

Pâcë et Pochais, forme enf. de François ; Voy. Français. 

Pèce, voy. pesse. 

Pë^jO) perdu'e, voy, pîedre. Prêdju, en Montb.; à Vézelois, 



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- 39 - 

Heasoncourt, Parlant du jeu des œufs à Pùquea ; tiu contre tîu, 
laipoûële pedju. 

Pëdrl, Perdrix. 

Pelai ou plal, Semoule de millet ; id. à Montb. (I) A Fouge- 
rolles, pofaî ; Pela, à Etobon. 

[Prâ*, à Vescemont et Rosemont, Plancher, Sermamagny. 

Maf, voy, miliërate, à Froideconche (Luxeuil). P'iaî, (Pon- 
tarlier (Tissot) = piler, pile. 

Me, à Bulle (Fribourg). 

Le ■ pelât t se vendait, à Cbâteaois, il y * uoe soixantaina d'anniei, tou* 
forme de semoule au de f:irine en petits uci. Ud marchand, Uu PStë Pilaf 
(= pelÈ = petit) venant de la Hte-Saune, à Ch. criait : <t pelaî < A ptlaX ! i in 
al di grtfyaî, de l'îicàlchtlal (réduit en gruau, concaiii). 

Avant l'introduction de la pomme de terre, le millet, (le pîU par excellence) 
jouait un grand rfile dans l'alimentation, témoin la Eameuie et coloisale 
bouillie que les zuricoii apportèrent toute chaude pat la Toie dit Rbio, A 
Strasbourg eo t576 ; 

Et ce fragment : SA, voichi lai Liie... 
Elle ai toute mouillie. 
Aipoutche lou ptlat ; 
I ferai pou lie 
Ene bouène fuelaie (Dr J. V.) 

Et l'expreis. d'ExincourI ; Vmdrt di pria!, faire tapiaierie il la dans». 

Pélâ, Mets avec pommes de (erre, châtaignes, écrasées, etc., 
à Albertville. 

Peloter, Bt Taire et lancer des pelotes ou boules de neige. 

PetDtne, surn, corrupt. du m. père [Janvret) à Bourogne. 

Penà. pat. aj., 1* Boisseau (Angeot) ; adj. 2° [panier) sans 
anse, panier à faire lever le pain (Bretagne, vge, etc. = 
Vôn-nife de Ch.). Kad. ■ penîe >. 

Pénal, boisseau en Porrentruy, en 1350 (Vautrey) ; id. en 
VFr, pénal de terre = à peu près un huitième de « journal ■ ? 
au pi. pénaux (fr. local). 

Panasse, Punaise des framboises [Salbert). 

Pen3.se, punaise à Bes. 

P'enc', abrév. de p' encoûë [pas encore}. Bf. p' encore. 

Pénellfl ou p'nelle, [Prunelle), fruit du prunus sptnosa. 

Dîes p'nelles, dîes belles pënelles — dîes bell' p" 

(1) En iJtS, Dijon en joie, cit. Mignard : 
Dé bon cusenri lai maignie 
Compoiire torte et patai, 
Garnioire in foudri (tonneau) de fiai 
De ]ubié de tate nature. 



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-4o- 

Belosse, à St Vital (Savoie), voy. Béloûeche. 

P'nellîe, s, m. prunellier, épine noire. 

[Penalle', en pat. montag. prunelle, prunelle de l'œil. 

Penl, punir, T. Montb. 

Fenle ou p'nte, [Panier' en osier, ord' à anses saillantes. 

P'nîe coquin [panier colien). panier opIuU sur le côté (d'où 
l'adj. câquin, voy. ce m,) Gibecière de pêcheur. Voy, penâ. 

Pëneraie, e. t. le conlcnu d'un panier rempli. Du L pana- 
rium, corbeille à pain ; (()' le panier on charme, etc. voy. Ichair- 
jiigne) 

Patinard, n, pr. TBf. Tous noms descendus du L. parus. 

Pensai, [l'enser". Pensât vouer in pô ! pensez voir un peu, 
ezclam. familière détonnement. 

«Pepée, Poupée, Bf. Voy. poupe. 

Psraille, [Pierraille*, lieu couvert de pierres, voy piêre. 

icperaillîe, enlever les pierres (d'un champ). 

Peràtc, [Pierrette*, voy. pterc. 

Les peraUes, \. dit de champ, à St Dizier, Méziré. 

Percqnet, Ane. n. pr. à Vourvenans, 1500. Comp. le L. per- 
tica, perche. Act' n" avons Veuquet, en ce vge — Precqueri, 
maire dOffcmont XVI' S'. 

Piecquel de iJeniey iDenney) XVI" S°. 

Péri, [Périr', misérablement. 

Pflriere, Lieu où ou c<ctruit des pierres, carrière. 

«Perlinpiapin, un des n. du lu Primevère ou 'croCiebairbe '. 
TDf. liosemont, Salberl, Plancher. 

«Pflrpignfla, Manche de Touet flexible en micocoitiller, venant 
du midi (ville de Perpignan). 

Pertchi, Etage au-dessus du compartiment de la grange, 
formé ou non de perchas destiné à loger les gerbes, voy. pîerl- 
che. 

Pesse ou pèce, n. de I dit de champ à Ch. ex. : îea londjes 
pesses (pièces). 

Les Placettcs, I. dit de champ à Villars-le-sec. fr. cad. 

Pesse la Clef, \. dit de champ, à St Dizier 

Il.-Lat. ;>e/ia. pièce ou morceau de terre. Celt, B. jier, pièce, 

Péssiere, [liulate ai], c.-à-d. culotte à pont, Mandeure. 

Péssiere devient [péchiere' (Contej.) .Montb., pont du pantalon, 
empiècement de corsage. 

Pêtcha ou p'tcha. [Pertuis* trou. L. pertusunii, 



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- 41 - 

P'ichugîe, [pertuiser* VFr. — P'tchu di liu, anus. 

Sur le J'ertu, I. dit champ, a OITemont. 

L. dit à Clitit., Iles Roudjes Pëtchus (ici ë après syl. muette;. 

Pëte. Voy. pë. 

Pëtè, au (ém. jiëtête, petit-le, c'àl în bê p'të, c'est un beau 
petit enfant. 

Petez, petet ou p'tè, (en pat. aj.)Pe(e(/, n.pr.à Chaux, à Bue, 
Cravanche, Chèvremont, etc. Cuit , jiii, pointe. 

Petit&t, Ane. n, pr, Porrentruy. 

Dim. l'etlol, au f. pétille ; snrdiminutif, pèlignot-ate, en pat. 
aj. petignat. En dure' le ti, ou a Pequignot, n, pr. TBf. 

/'equingnei/, C°" Kéricourt. 

Picbenot, à G-y. 

Les Pc tignots, en aj. Pe(igna(8, les partisans de Petignat, 
lors du mouvement populaire de 1740, en Ajoie. Plusieurs 
chants à Chût., en Porrentruy, en Delémont rappelaient cet 
événement. Petey, (petit) voir petet, n, propre, devenu à Ch. 
Pelai, (ou p'ië pèlaî. 

Pelital, n. pr. en Ajoie, (1740) ; Petit Jean, à EtuefCond-H., 
Orosmngny. — Pour Piot, voy. Py. 

Le fr, /'(îquin qu'il faut écrire ainsi, et non Pékin, (barba- 
risme) a le même radical ? En Esp. pequeno (I). 

P'iè-Cra, Petit-Croix, Vge ajoulofone, devient P'tè-CrÔ, à 
Vézelois : P'iè-Crou, à Croix, à Angcot. 

Pecquigiiot, Ane, n. pr. XVi* Siècle, ù Danjoutin, Bue. — 
Piquignot, anc. n. pr. à Bessoncourt. 

Petitniean, n. pr. N. TBf. 

PetAo ou p'tôe, (Voy. Vàget], mot franc-comtois, Montb. 

Pette. Voy. Paife. 

Peu, Puis, usité seul' dans et peu, voy. 

Pence, Pouce, peucie s. m. [Poucicr]. Doigtier p'ie pouce, ou 
même pour un autre doigt. 

Peuciltie et p'sillie, Pignocher, éplucher, retourner ses ali- 
ments dans son assiette, ne pas manger franchement. Doit 
dater de l'époque où l'on mangeait avec ses doigts, ce qui se 
faisait encore sous Louis XIll. PcucUlu, qui • peuciUe ». 

Pcucillîe, devient jjeitcijrnâ, à Plancher-l.-M. 



(1) A CommeDlrjF : piawrt t'guiti fpciît), (à'/e bin aUention, cou eil in bCrgâ 
(ficloa), quant ou pique ou nit bin mau. 

DigilizMwGOOglc 



- V2 - 

I^u P'iê Peuçol. le Petit-Poucet. 

Lou Tchîe Peuçot, [Le Char Poucet], ou du petit Poucet. 

Tchê peuçat, p. aj. ou Ponçai, (Vermesl. Tchê peuçot, à 
Etobon. = Grande Ourse. Déjà à Ronchamp c'est (o tchairot, 
et peuçot ne va pas jusque là à l'Ouest ? 

Ce nom provient de l'antique légende du Petit Poucet, qui 
originaire des pays slaves et germaniques, s'est propagée dans 
le voisinage seulement des autres pays. Cette légende était 
originair' inconnue aux peuples celtiques. 

En effet, à Morey (ar. .lussey) c'est chariot. 

A Ligny, Morvan, près Côte d'Or, c'est chatrio/, ou chaî- 
rioite du roi David. 

A Chatillon (Jura), c'est (sày' — [char) ; à Mouthe (ar. Pon- 
tarlier} Ifbu, char. 

A St Vital, en Savoie, la Grande Ourse c'est le grand < Stro- 
pélè-» (troupeau) ; la Petite Ourse, le petit f Stropélè ». C'est 
te troupeau de bœufs, [septem friones), que le petit voleur est 
censé avoir dérobé, et qu'il conduit à reculons pour égarer la 
poursuite, à cheval qu'il est, sur l'étoile du milieu du timon. Il 
est représenté par une petite étoile située très près, el au-dessus 
de la précédente, un peu visible à l'œil nu. (I) A Chatillon, 
(Jura)Tsâ'i/ (char). Perraulta pris dans cette légende le sujet de 
son conte. 

Penchtome, Voy, pàtume. 

Peupre, (Salbert), voy. [pôpre* Ch. 

Peur ou penre, voy. poûer. 

Peuri, Pourrir. — Peuriture, pourriture. 

Péri, à Besançon (Noëls). 

PfaaSans, Voy, Fâfan ; même pat. qu'à Mcnoncourt. 

Q.q. mal> : Lo soi i ai pu tehi ; ma fri. i Iraveilleue tôt pîè ; ta lel lra)-hu- 
rei ; voilà, chu man vanlre, din là ; gonc.he ; biateu prfttr ; i aîveu (= i aivd, 
Cb.) pri ênc golte de vin, diernoinc ; ce n'ât poui qu'l raivGucbe (pria, du Subj, 
que je rêve), ou [rSvBMe* (impart.,. ; mïme lorme quB p' le futur et l'imparf. de 
' c* mode). 

Pi, i" [Pic*, (outil) ; î' genre d'oiseaux. 

Pi-grivaî, pic varié, p.Épeiche. 

Pi-ioiir(c/iero(, [Torcheret], pic maçon, ou torchepot, Sitelle. 

Pi-Toi, [Pic-vert* ou pivert ; PivÔ, à Ronchamp, voy. piliaî. 

Pi, n, pr. Pierre, dans les noms composés ex. Pi-Fance, Pi- 
Dioud*ye = Pierre François, Pierre Joseph. Voy. Pîere. 
(IJ Voir • U Petit Poucet et la g" Ourie, pat Gaiton Pati» i, iSjS, P»rit, 



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— i3 - 

Piftchon. Glouton, gros mangeur, gros buveur. Voy, onpt^frô 
dont le pnrt. pr. est ônpiâchu. 

Piaice, [Place*. [Place', Rosemont et Salbérien ; Piaicîe, 
placer ; RônpiaUte, remplacer; Rônpiaiçant, remplaçant. 

Pialdie, 1° Plaider* ; 2° prendre à son service, Se pi&îdte. Se 
louer, se mettre « en condition » c.-à-d. en service, se plaider, 
en anc. fr. TBf. ; et Porrentruy (M»' Vaulrey). 

Piaîdu, plaideur. — Anc. fr. local du XVI' S". Réunion p' 
rendre justice, pfaid. 

Plaie, [Plaie*. 

Pialji. Voy, piaîre ; [Piâji* en Roaemont. 

Piaiodre, [Plaindre*. Ind. p. I piain, n'p' y ignôns.V plaintes ; 
les part, p'fyiffnant, p-t/ignu ; (Ptaindu, Chèvremont, Eschë- 
nes.) 

Pyign&it, plainte, gémissement. P.yignu, qui se plaint (!]. 

Pialn-ne, b. f. Erable plane, Acer pseudo-platanus. 

PlaiD'Oe d'Alsace. C'est la magna planifies de J. César, lors 
de la bataille contre Arioviste, dont il faut tenir compte pour la 
détermination du lieu de cette aCTairc. 

Piaia'oe, [Plaine*. Dîm. Piaînnate. Caresse avec la main à un 
chat, etc., dans la direction des poils qu'on apfanif ; Caresse k 
un en Tant. 

Aipiain-ni, aplanir; Raipiam-ni, raplanir, faire piain'naJe. 

L. dit, le Plainot (Chèvremont] fr. cadast. ex. de dim, mas- 
culin d'un nom fém, ; voir autre ex. :,Voirmouc/io( ivoy. moùet- 
che). 

Le Ptanot, \. dit, c" Maîche). 

Plaire, [Plaire*, ind. p. î piaf, n* piaîjôns, v piaîtes ; p. déf. 
i piaiji ; les part, pîaîjant, piaîju. — Piaî(-i î plait-il ? 

Piay'î, [Plaisir*. 

Piait-e, t'>[Plat', s. m. ; 2° adj. plat-e. Pi'aif^ [plateau], plat 
(vase). Ptaitelaie, [platée) Bf., le contenu d'un plat. 

Pîail_,et^_,coiïè, [plat et court] adv. nettement, sans détours. 

Piaitina, [Platine* de fonte qui garnit le devant d'un four, 
d'un poele. voy. (chanpain'ne. 



■ubjonclif sert de prèui 
•tde cooditioD., «X. : i/ari qu* tit l' m»i-ytuehim am il faudrait que 



(1) Ex, en pal. d'Etchène, au prèi. lubjoncliF : d4taiti qit'è l'pigtttuche avant 
lil ae [plaigniurl [mparl. ea cr. igtti en nombre de vges ajoukifonet à l'Eit 
au Nord du TBf., l'imparF. du lubjonclif sert de prèunt ; il icrtauMi de (utUr 
¥0111 le 

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- 44- 

«Haitrç ff'lâtre* blunc. Voy. dji, p' le plâtre à amender la 
terre. Ônpiaîtro, eniplâlrc. 

Le Plâtre^ I. dit de pré au Salbert, vge. 

Plantai, [Planter'. Pi^nt avoine, anc. n. pr. à EtuelTond en 
1488 (Liv li.) D. lî. 

Piai'yie, [Ployer', pUer {Ij, conj. sur aioançte, tous trois 
venus du L. plicare. 

Prayie', en Rosemont et 3ixlb<!rien. 

Ptaiyant, pliant c.-à-d. gros bâlon ployant, agissant a la 
manière du garot pour maintenir, les <• iet.yevesses •, ou les 
grosses charges sur une voiture (un cliëne, par ex.) 

Piaadée, Primevère, à Vermes(Délémont). 

Piantche, [Planche*. Uim. pianlchate. Piantchîc, [plancher*. 

Pinntcbe ai boitchi, voy, boitchi. 

Piantche, [Planche*, champ, pré, pelouse dans une situation 
± élevée, mais plane. Le dim. est pianlchate [planchette*. 

Ces -2 mots servent de n. nomb. n, de lieux. Planche du Ban , 
bois à Plancher-Bas. 

A Clialonvil. Champ cultivé en pré. 

Piantchie, Plancher, Vge de li'* S". Planchcwascn, I. dit 
» Felleringue, Hte AIg. 

«Plante, [Plante*. Piantaî, planter. 

Plaaton, [Plantain*. Long-Pianton, Plantage Lanceolata 
{lancéolé; employé p** le pansement des plaies. 

Rond-pianton, Grand plantain ; P. major. L. 

lianpianton, plantain, à Mcroux. 

Picâ, piqua, Auxelles-B., G y. Voy. [pitiaî', à pil-ye). Pitiâ, 
à Vescemont, à G-y. 

Al e pitià son tchevau moirot (noirot, à Vescemont) p6 eautà 
la bariere (Ch. Rosemonti. 

PicayoD ou plcaillon, très menue pièce de monnaie, un liard, 
ou un sou. (Styl. badin]. 

Le picaillon était en Piémont une ancienne pièce qui valait 
moins d"un centime [Stappers). El ê dics picayons, il estrîche. 

Ce mot a passé en Louisiane, chez nos créoles, d'où le n. d'une 
gazette, u The Picayune », journal à bon marché, 

Pichfllë. (à Levain.). Bourrelet-tournure, destinée à retenir 

(I) Cet' driur moH français vlrnn«at dn plicart, ut avaient te mtme ieni. Le 
pAl, fiaiyie a gardé cm deui iedi. Un dei nomb. ex. de la rectitude du pal, 
I nditponiabti pour décider de certaine* queilioni lÎDguistiquel. 



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-43- 

les jupons un peu plus gros derrière que devant (M' Cordier) ; 
à peu près syn. de Pouchelot, cmp, BiisëU'^. 

Pichie, [Pisser*. Pichot, pissat, urine, — Ptchu-se, pisscur- 
B.c; au tém p<5j... (1) 

Pichoûerate, l'Organe p' pisser ; 2* Tuyau donnant de leau. 

PichÔntê, [1° Pissenlit ; 2" Qui pisse au lit. 

Pichelu, n. pr. 1750. Pissatoup n. de lieu, et n. pr, en Ajoie. 

Picherot, {poutot): pot de chambre. — Piche sang, TBf, voy. 
pir-sang. 

*PichtouIet, [Pistolet*. 

Pidie, [Pitié*. Pidu, pitoyable, qui a de la pitié, ex. : 
Lte) mïdicini pi dus 
Fait lies djôni boaelui. 

Poiitchaî pidh, inspirer la pilié. 

Pidon. s. m. Gros rhume, à Lxinc. i ni raimêçsaî in bon 
pidon ; cmp. pilon. 

Pie, s. m. 1* Pied ; 3* Négation; ex. : è ni on d pîepude du, 
il n'y en a pas plus de deux ; souvent pie est remplacé par Pe, 
négation (poinl ; p' devant voyelle ou après voyelle accentuée 
(c'est une abrév. de poùè rpoinl], ex .àn'iât pe, il n'y est point, 
è n'ât p'venu Voy. non ph ; pipi d'oûejelol. 

La négation pe devient p', en pat, aj. : è ni âl p'. 

Pie de roi, }iied, mesure de longueur. 

Pé, (nég.) pas (Salbert), A Chalonvil., vos n' saitos pé, vous 
ne savez pas. 

Pîe boudjoi, pied bot; voy, boudjot.Cemot provient probabl. 
du Celt. bulga, sac de cuir. Jadis dans les campagnes au lieu 
de souliers pour pied bot, dirTiciles à faire, on se contentait 
saus doute d'une pièce ou sac de cuir ± bien appropriiS à un 
pied déformé {2} Le mot boujota est l'hjmîlog. bourg, fém. de 
notre boudjol [voy. ce m. i 

Pè de boulet où pe bol à Chàtlllon ;Jurai ; Pie boudol, à Abbe- 
nans, (C" lîougemont), Doubs. 

Pie d'aye, (tarfc. depied'âne) pas d'âne, TussillagcàMeroux. 

Pîe-d9-bae {pied de bcour) pied-bot cité par M. Contejean p' 
Montb. corrobore la sign. de pié de bou de rit Vilal ; voy. boud- 

iot. 

(Ij Urbai à Jupiler i C'a bj joli qu'eue pisjiiusc 

Qui ïîn chà ro lole dnilou.e (Vifg. Vir, p, io8|, 
(?) Le bonhomme de »! bauj^le 

Tire éne pare de lugnôle (id, p. 340), 



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- 46- 

DanE Villeh&rd, notes page 315, 2* Contin. de Guillaume de. 
Tyr. 

Le comte Loys blessé à mort, dit à l'Empereur Baudoin : 
...Qu* si vtui ait» maai, lachi» à* Kiir gui jà pU n'tn ttehaptra. 

Ici le motpi^, (pied) comme en patois, peut servir de néga- 
tion (pas) mais garde aussi sa signifie, originelle. 

Pîetôn, 1* piéton, 2* Tacteur rural, 3° chausson. 

Pteffon, petit pied d'enfant, peton ; Piêtot, id. ; ipiélot. 

PI«, s. f. {Piéé\ Sole, ou partie d'assolement, les 3 parties 
sont : 

1* Laï pEe dies biais, la sole des blés, 

2" Lai pîe dios boidjes, la sole de l'avoine, de l'orge, du seigle 
des ve&ces, du t boidjun >. 

3* Lai pie dics sombre devenue dfes pourriez de tiere, dt 
traîye, la sole des jachères, ou des p. de terre, du trèfle. 

L. dit, le Haut de lapiée (Grosne). Piée des bois, Bermont, 
etc. 

Pie, (è), il perd, voy. piedre. Pie, en p. aj. (Angeot). 

Pie, ano. nom ? de la Savoureuse, à Sevenans (Coutumes 
Assise, Bonv.) (I) 

Pièce. Pièce, voy. pesse. 

P^ciere, pont de pantalon (à Mandeurc et Montb.) Tiutate ai 
péciere culotte à pont, 

Hedre, v. a. [Perdre*. P^dje, à Plancher. Ind. p. i pîe, n' pcd- 
jôns, V pietûs ; p. déf. i pedji ; les part, pédj'ant, pêdju. Voy. 
pedju. 

iVe lou pîedre pîe = [je vous recommande de) ne le perdre 
pas. 

En fr. on trouve aussi l'inf. employé pour l'impératif, ex. sur 
les écriteaux : marcher au pas l 

Piedre, s. f. Perte. 

nere, s. f. [Pierre". Voy. les dér, peraie, peraiUe, pcrtere. 

Pîere ai raidiujoûëre, Pierre à [raijuisoire]. — Gong, à 
Pruse. 

Pîere-â-pâchon, pierre-au -poisson, à Bf. sur laquelle on éta- 
lait ou on lavait le poisson au marché. (2) 

(1) ■ La Pie, nomnièB rivière de l'Aisiie, puie au bat du ïilltige ». 

(2j Beliort, Monibiliard, Parrentruy, avaieal chacune leur pierre aa poima. 
C'aU sur celle de Bf <|ue rarel avait prit place, pour pcècher la Rifonne, lort- 
i)u'il fut expulié du TBl eu 1534 ou 1535 par Hu^uet Chard«uillet bourgnettrt 



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- 47- 

Piore, n. prop. Pierre. Voy. Djan-Piere. 

Dim. Pierot [PieraC en Aj. Pierrot tt.;Pierrat, fr. aj. ;PieWof, 
PieWi. 

Perrot et son dim. Pererot (environs). 

Paierie, en Als., Pe(er(î en Suisse ail. 

1" Pir dans n. comp. Ptr-Français (voy. Français), Pir- 
Djoûesè. 

Pirancais, (p. François) avec un c dur. 

2° Pi-Djouton, {voy. Djoùesè). Pi-Fance, (voy. Français). 

Pi-Dioudye, (voy. Djouesè). 

3» Pîe'yi, Pierre-Joseph? ou Pierli ; 4" Pai-Fauche, (p. Fran- 
çois ?) 

Py, est un n. propre, TBf. Auxell.-II. — Parrat, n. pr. 
dim. oj. Réchésy, Romagny ; Pienot, à Ch. ; Perrot, n. pr. à 
Chaux. 

Dim. PerrÎTt, dim. Pcrrenaf, Ajoie, Prenat. 

Belperin, n. pr. à Banvillars, id, à Cornol, (Porrentruy) en 
t440. 

Pîrnot, anc. n. pr., au fém. pirnatte XV* S' à Porr. ; Penot, 
anc. n, pr. devant Pîenot, à Ch. 

[Piâre*, en Monlag. à Etobon. Tiê affâre mon ami Piâro 
(Etobon). 

Prin, anc. n. pr. à Porrentruy (Perrin). 

Pé, n. pr, à Beaucourt. 

Perrod, n. pr. à Itougegoutte, avec le d Savoyophone ; Per- 
ros, au Puix, même observation. 

Pedro, en Espag. a donné Pepe (= répétition dé Pe) dont 
dim. = Pepito ; Perico, autre D. esp. 

Bidrement, [l'etermann'), anc. n. pr. Bf. 

Pêtre, forme all.-patoise, en Montb., introduite par la Dynas- 
tie ail, et la RéTorme. Pétrequin. 

Pierson, à Vellescot ; Pierçon, à Bretagne, (son en langue 
germ. ^ fils). 

Pierto, frère de Jeanne d'Arc. 

PlercU, [Persil*. 



de Bf. Ce petit monument historique itait placé derrière la Grande Fontain* ; 
il a dii|)aru en tS6j lora de la rtEeclion de la Fontaine. C'était un banc de 
calcaire jurassic compacte léger* eicavé mesurant environ 75™ sur l" «plus. 
La pierre bu poisson de Porremruj', en 1575, vît le prédîcaui Héliai Philippin. 

Kàciuité de cette tribune improvitèe par un serrurier du nom de Jotal (voir 
P Vautrey h, Porr). 



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_ 48- 

Plertchs, l'orclie, D Pcrlchi, voy. L. dilGraii Picrtclio(pTé). 
Andeinnns. fr. cad. en perchâtes, Monlb,, Epauvillere. PSe ri- 
che. 

Pie saivaut, passavant, (passe avant). 

Passavant, I' anc, n. pr, de Bf,, Montb., etc. 

2° cri de guerr.î de Thibaut, camte de Champagne (11, 

Plessal, Passer. [Pêssà.*, Montag. Pont-de-Hoide, etc. Pïes- 
«aies, s, f. pi. {passées), traces des pas, 

Pîesse-pàtchout , s. m. grande scie horizontale de charpentier 
à 2 manches, maniée par 2 hommes, p' scier en travers [passe- 
partout], (par opposition à scier de long). 

Piessu, [Passoir], s. m. bâti fixe en forme dll, dans une clô- 
ture livrant passage aux personnes qui enjambent la traverse, 

Pîessc-îaiçot. [Passe lacel'. 

Péssm-ant, Passavant, I. dit de Torél, à Champagney, anc, 
château. 

Plesseral ou ple'Seré, [Passereau], moineau. 

A Vermes, pêsselai. Du L. passer. 

Pieteoal, [Piétiner], jouer des jambes ou des pieds ; voy. pte. 

Pietenale, s. F. paquet de neige aux pieds qui s'est détache 
des pieds ; traces des pieds sur la neige. 

Pletenaie, s.f, [Panaisi sauvageon giande tierce, Heracleum 
aphondijlum. 

A OITemont, poupain-iie ; voy. ce m. 

On la donne aux lapins, voy. d'autres syn. à Coucûe, à Târpe. 

A Lyon : panais des vaches, M" Nay-V. 

Patmessin, polenaije = carotte sauvage. 

A Mégevctteau l'aucigny, paleniâUe — carotte, 

(li Ciions notre adreisf in6di:e >ux SauTCleurs de l'Aube, qu'oa peut «drciser 
k ceux du Haut-Rhin : 

PASSAVANT ! 

guant tes Baror», au temps jadis, Quand le Feu ou l'Eau, nous menace, 

uerro^trenl en anarchie, On ne voit devant le daneer. 

Contre la Reine aux fleur* de Lii, Pas de Champenois qui (efface 

Tbibiul *auva la Monarchie Ou qui ton^e a se menacer ; 

Au cri de : En avant I \lal. on crie : En .vaut ! 

Passavant ! Pattavant ! Passavant ! Passavant ! 

loinville, brave champenois, Et qui sera au premier rang? 

Kauva le camp t la Croisade, Contre l'enotmi en Champ.igne ? 

En éteignant le fej grégeoii. Qui veissra le premier sang I 

Mit Sarradns en reculade C est le Champenoli en campiene. 

En criant : En avant : Au cri de: En avant ! 

Passavant ! Passavant ! PasMvaat I PuMvant 1 



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_ 49 ~ 

Le L. [Pastinaca* (de pastus, nourrit.) ^r= panais. 

Pletichtfl, [PiélisteV Lou inetichle de Tchevraie (Brevillers'. 

Piètre, Piètre*, parlant de la mine, 

Plèyie. voy. piaiyie. 

Pilai, Piler, voy. petiiî. 

l'Ue, lif. volée rie coups. 

Pilfins, Pelote ou balle en peau, remplie de son, pour lancer, 
au jeu de ce nom. 

Ur. Pllone et pilome ; Pilome à Plancher ; du L. pilumen, 
résidu dune chose piiée [1', d'où le L. Pilumni ^ pileurs (de 
blé). 

Pilote, Cheminée, à t^tobon iHéricourt). — A Bournois, point 
culminant d'une cheminée, c.-ù-d. une petite pile ou tas. 

Pilure, Pilule, Ch., Xommay. 

Ces irois petits morce.im bècui, (biscuin). 

Le m'appelez vous pilloueres ? 

Us m'ont gailé lei macho'ieres (Farce de Palhelia, Roq.) 

*Pil-TlaettQ, Cr, Epine vinette. Ex. d'n devenu l ; p' wtce 
versa, voy. aina^e. 

Pincie. Pincer. IHnçate, pincette p' le feu. l'inçot, pincette 
(en pinçant), pincée. Pincc-araille, Torflcule, ou perce-oreille. 

Piadjon, Pigeon. Pindjenot, pigeonneau. Pinrfjenîere, s. t. 
pigeonnier. 

Pingenot, n. pr, TBf. Du L. pipio. 

PÎD'ne, Pinnale, voy. painne. 

Pinfô. Houx, :i Mandeure ; Bifô. à Laire (Montb.) ; Montagn. 
Veacemont, Pijeu. 

L. dit, Le [Piffeu*, montagne près EtuelTont-ll., (Stoff) ; parait 
venir du L. aqitt/b/iitm. 

Le qu du L. af/ua est devenu u dans aue. lci,<(U d'aquifolium 
est devenu p, ou 6, ne différant du v que par l'aspiration (2). 

Pingae, Peigne, Pingiiate, l' peignette, lîf. peigne fin ; penetà 
k St Vital. Savoie. 

'2" cardère (G" Dipsacus;, chardon à Toulon et autres. 

Pingnîe, peigner ; conj. aicancîe. 

Peiijnot, anc. n. p. à Iléricourt. 

(1) Voc. Lat. [r., m lat. de diff. êpoq. Paris, Guérin, r, S'-Jacquei, 1754, 
par ChompiÉ. 

Si El) 4 livrrs (les Roi', autre ex. de qu chang en f : 
ns v«n lu fa en Unli/, {Mliguuij pople Oeu., [Xll> S"). 



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— 50 - 

*PfntailIe (poulc\ Pintiidc. L.ps œufs en sont Irès cIutr, on 
refuse de i tljouc^ii - voy. conlre eux. 

Pjntcliifl. Dormir atisJs en jioichaTit lu t6tc de lemps à autre, 
à Exinc. = pioncer. 

PJOD, s. m. q. r. Pion, Paupière ; en L. palpcbram. 

R«d. L. PcUis, par un inlerniédiairc. l'Ion d'ipuit, en Muntb. 

Pion, [i'iomb. Pionbaî, plomber. 

D'aipion, d'aplomb. A Bf. à la H' André, les jeunes flMcs Tont 
tomber du plomb fondu dans l'eau pour voir leur futur mari, 
ou l'indice de sa profession ! 

Pionual, Pleurniclier, demander en plcunml. 

Piontiuse, qui c pion*nc ». 

PIAre, Pleuvoir, Tnd. pr.épiô/ ; p. déf.èpi'oui'if ; fai. è piOri}, 
ou è util piére : les part. pioiirarU, pb't li. 

Dicton enf. mais juste : 

È piât, t fati Icba. 

C'Ai lai ilett diea crBpâ<. 

■Voy. p-\jêd)e. 

Piotot, Pédale de rouet, à Exinc. dim. de (»(":'. 

Piot, Voy. py. 

PioupioU: l°onom. du cri du poussin. 

2* petit fantassin : voy. note à Py. 

Pîoulal, Piauler, faire entendre le cri de \\ poule demandant 
à manger. 

Pioali ! mot p' appeler les poules et poulets. PiiUi gaHinacei 
(T. Live, Stappers). (Voy. pifi'i- C'est un nominatif L. conserva. 
Pioulale, poulette. 

Piouii, liard d'Ali, dont une face présente l'aiifle bératdiq. 
éveillant l'idée de poulet. 

Pipe, id. en fr. Pipaî. fumer la pipe. Pipe de yan, cupule de 
gland. 

Uf, no pas piper, ne pas souder mot <i 

PipSte, 1° petite bougie roulée en pelote, ou rat-.lc-cave, fiu'on 
allume pour aller à l'offrande ; voy. c. mot : [l'icule. à Angeot 
(ici p change en v). 

(1) L'Onc-hot, qu'était bin éloiienal, 

Cmijraii qu'è pioiivBÎl pa mouchS. (par motc«aui). 

Oh niinni. oh mon onc.liot I 

Lai fnitrc m« sert de.... Chs burlex). du Valdoie. 

{"!] Enét ilevant Didon : Aîniai ne pipe ni ne mue, 



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— 51 — 

3* Dr. vieille baleine de parapluie que les enfants fument en 
guise de pipe ! 

En VFr., pipe signif. petit tuyau p' silTIer, tuyau, etc., du L. 
ptpare, piauler, Stappers. 

Pipi d'oûejelot [pied pied d'oiselet], Lotier piedd'oiseau, dont 
les gousses aiTectent la forme d'un pied d'oiselet. 

Le pat. pîe [long) répété, devient bref, en même temps que 
celte répétition indique un objet petit ; voy. paite. Pipi d'tfj^, 
Angeot, 

Pipi, Mot pour appeler les poules, poulets, ex. : piouli .' pipi ! 

Le Lat. pipere ^ glousser. Dans Buffon, crier pipi, parlant 
des poussins. 
PiquebA, l'io-vert ; ois. à Mnndeure. Litt. pique bois. 

« Frère Piqucbocufs, ou bouvier. » 

Piqnerey, N. pr. à Vézelois, etc. Voy, pitye. 

Pir, N. prop. voy. Piere. 

Plrchn, Persil, à Meroux, voy. Piarchi, passage de 1'/ à VU. 

Pirgàlle, s. m. [Pirouette ?) parlant d'un enfant jouant. Un 
tour de roue, la tète en bas. 

L'étymolog. de ces mots qui paraissent congénères est incon- 
nue. 

Montb. pilegatie. Comp. le vosgien Pironde, toupie. 

Le Lgdoc oii'o-passo, viroulel fait pensera uirîc, kviroô, vir- 
cûlai, voy. ; d'autant plus que l'o final devient souvent a, dans 
les composés, 

Pir sang, Aliàs, TBf. Piche-sang, Cornouiller sanguin, dont 
les baguettes droites servaient, à nos ancêtres celtiques, à faire 
des flèclies ; u cliez les Romains, au supplice des verges, et à 
former le faisceau des licteurs, que ceux-ci portaient avec la 
hacbe devant les consuls, p' indiquer leur droit de vie, et de 
mort. Ce supplice était précédé de celui des verges, p' tes non- 
citoyens romains » (Sauvages^. 

Pissenem, n. pr. à Anjoutcy. Cette term. en eifi peut provenir 
du heim, ail. 

Pistai, V. a. Faire pst'. Pistai in lîovre. Quand on fait pst ! à 
un lièvre non lancé, cela peut le faire arrêter, temps qu'on met 
à profit p' le tirer ! 

Pilchie, [Picher] [Piquer du bec les grains, ou autre chose, 
Montb. Voy. Piehegru, au m. gru. 



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- 52 — 

PitchAle, 8. r. Duvet qui précède l'apparition de la barbe chez 
l'homme, ou la plume chez les oiseaux. 

Pitckrole, ou pichrote, k Bournois. 

Pitye, [Pique*, Piliale. s. r. partie qui s'avance, piquante en 
pointe. Semaine enf : Lunlun, maîmaî, jnifi/e mit-ye, djùedjûc, 
n&n van, san san, laipiliate (Dimanche) s'On taii devant (Devi- 
nette). 

Pitiate. [Piquette', boisson faite arec des prunelles, etc. 

Pitiot, [Picot*, petite pointe piquante, iiiguillon. 

Pitiant, [Piquant* part, pr de pitiai ; voy. pied. 

Mour-piliant, voy. Mour. 

Picquard, anc. n. pr. i Trétudans XVP S'. B. Lat. Picardus, 
soldat armé d'une pique. Picquoy et Plcquot, anc. n. p. TBT. — 
Pical, n. pr. lîourogne. 

PiiJait, 1" [Piquet* ; 2° jeu de cartes. — Pitiure. [Piqûre*. 

Piliaî, [Piquer*. — Auxelles, G. y, Besançon, [jjîcâ*. Serma- 
magny, piliù. Dini. Pitioulaî, [Picoter", sons de piquer en atta- 
quant avec le bec, une pointe, ou autre chose, toucher avec 
quelq. chose de piquant : tourmenter en piquant. 

Ce glouglouf dt tout pitioiilaî: On en a enlevé les raisins par 
gourmandise, [En Ouest de France la petite vérole := lapîcofc). 

Sât&l lies pil-yes, Sauter un pas dangereux, périr, être battu 
au jeu : litt. sauter les hallebardes on les piques. 

Tout pityc, [tout pic] tout à fait ressemblant. C'ât .«oh paire 
tout p. 

Le radical pic se trouve en Celto-Bret. en al!, et dans les 
principales langues d'Europe. Voy. les. cong. Pi, et Pyêlche. 

Barbisier, le guignol de Bcs. : 

/ a, margMcane, hW. manqua, d'pn saulâ lâs pique) (maurir). 

PWate, Voy. pipate. 

Pivoi, Pivert, ois, Piuo, à Itonchamp. 

Plancon, Plauson, anc" n. pr. XV' S» au Puix. 

VFr. 1" Épieu, 2" jeune plant. 

Plôtche, s. f. claque ou coup à plat rcLcnlissanl, oiioin., par 
ex. : sur les fesses 

Pia(che enRosemont. 

Piiïche plétche, onom. p' désigner le bruit des savates ou 
autres chaussures claquant. 

Il va p. p. c.>à.>d. il marche en faisant claquer ses souliers, 
s.es pantoufles. 



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- ÔS — 

Plettel, syn. als. de ftoûese, (voy. co m.), à Niederbronri. 

Pli de Ui tienche. Aine 

*PlIe, a. r. Levée au jeu do caries. A Albertville, p/i, s. m., 
Kud. plier. 

nplomoa, ici. à lîf. Couverture de lit, en sac (/oûe de lé) rem- 
plie de plumes, ou de duvet. 

Pô, prép., pour, (voy. i)ou], p.uj.cent. RT. et C" (îiromajny, 
l'Valiier. J'ù ?i(î pas, pour nos porcs {Angool'. 
Chibin qu'ne (lemouèrè lï lat yot' rote. 
gi.e l'oHicie po boire l'ai golf. (Ch. Pelignat.. 

Pu, porc. Cil Aj. liosemont, elc. — Voy. poue. 

PO itôs j«(8, pour nos porcs, Angeot, Grandvillars). 

PU, l"adv. peu. 2' s. m. 

Pô ou Pau, Pas, neg. d'Auxell. 

In pelé pft, un petit peu, lixpress. trè.s rég. critiriuéc à tort 
par nos grammairiens. En Lat. paiilulunt. 

Pô (i), Je puis, voy. poùê-ijai, 

PÔ. [par* Frahier, voy. pâ, ex. : 
l'ù lo Doubs k vignani, 

A faisant in gran ditoué. 

Po les panre à t'arncboué ^Ch. Frahier). 

La portchlere, Voy. poûe. 

Pôf ! Terme de jeu de billes [Paf] onom. du bruit de lachûte 
d'un corps, (ici de la bille), que l'on Tait lomberde liaut, ce que 
Ion ne peut faire, si le partenaire a dit : 'pas de pôf ! 

Pôfe, s. r. Grand moule de bouton, destine à <ilre recouvert 
d'étolTe. AU. Knopf, bouton. 

Pôfile, Espèce de toupie Taiteà l'aide d'un bouton en os, tra- 
versé par un axe en bois. 

C'ie voiture, rôle c'nwn ne pôfile. Comp. avec pôfe. 

[PcH/i/o', liosemont et Salberien. 

Lai poi. Voy. aipoi ; Lapo'j, anc. n. pr. Porrentruy, Ii23, 
(Vautrey). 

Poi, s. m. [Poil*, cheveux. Jadis les perruquiers de Paris 
■ faisaient la Irisure, le poil •». El" ma à poi, il a mal aux che- 
veux (après ribole, Angeol). 

Poi de Ichin, [poil de cbien], herbe (grarainéc) courte et drue, 
formant un gazon serré, dans tes terrains secs. 

Poil du Chien, I. dit, Salbert ; Le Itonbomme (StolTel). 

Poi feu, [Poil follet}, (Eguenigue, Montg., 9ous'Montg. 



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_54- 

Voi rebouche, poil qui se (rebrousse) en tourbillons (Bgueni- 
gue). 

Foiîepoi, (Fdpoi, à Eguenigue, etc.) [Poil Tort*, poil raide, 
mal planté (cheveux). 

Lies foue-poi de Meru, Lou foue-poi de Mcnoncoûë, surn. 

Poi de fro}nent, à LuxeuiL = couleur de froment (ou falatc, 
voyOi pour les bétes à cornes de race femeline ; Poi rondot, p' 
le poil rouge de ces animaux. 

Poi, Poids ; n. pr. Poisot, Ute Saône ou Poisot TBf. : Poisat, 
forme ajoulotc, TBf. Voy. Poinzaz (à l'art, poisot], origine pos- 
sible, voy. aussi, le m. suivant. 

Pois en Vfr. = poids, gravité. 

Lai veîUe Pesafe, surn, à Angeot (1) cest le fém. de pcsot 
(peson) en p. monlagn. 

Poi, Pois, lég. voy. d*ir, besillon. Pesd, I. dit champ à Montb. 
(Contej.). 

Poi, [Par* Auxelles ; chans. du Rosomont. Granvil., Angeot, 
Meroux, Offemont, etc. 

Pai fraintt, ou fi (pourj nr pi (pas] dipiârt (Auxelles-Bj. 
Ou tin tncart pi d'autrt agàrt. 

[Fable du Loup... traduils en pat. d'Auxello-Bai). 

Poiré, [== Poi De) par Dieu. aj. etc, Voy. Diî. Ù poirô ô, ù par 
Dieu oui (Chalonv., Angeot). 

Poichi, Par ici, Angeot, Montagn. 

Poir ou ponèr, (voy. poûer), pauvre, à Meroux, etc. 

Poiraju, Paresseux, Grandvillars, nj. [Poirasu*, en Montb. 
(Morel). Ailleurs, poiràje, paresse. 

Poire, id. en fr. Poire de /te, espèce de poire rustique très 
dure, âpre, qui n'est mangeable que cuite. 

Poire de sang. Poire violacée, à chair rouge, Ch, 

P. t-adjafe, [Kcrdeife] petite p. vert jaunâtre. P. boùëtchale, 
p. âpres. 

P. moûeckon. p. du temps de la [moisson*. P, di Bon-Dûe. 
fruit de l'aubépine, etc. 

Poirîe. [poirier. 

Dim. Poireret 1. dit, champs, fr. cad- à St Dizier. Potreraf, 
à Montreux-Ch. forme aj. 

Poire de tiere, Poire de terre, pomme de terre, Fougerolles. 






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- 55 — 

Poirale, Pomme de tevre. (voy. pourne de tîere), Bretagne, 
Angeot, Salbert, Argiésang. 

Poiroie, C""Gy, (Evette, Sermamagny, Chaux, Lepuix, Lure, 
Konchamp, Latre [Montb.j 

/Girafe, I, dit de forêt, à St Dizier. 

Poiré, Clialonvil., Angeot, voy. De. 

PoirfiD, [l'aretif. Mies poirôns. Mes parcntS; mes père et 
mère, 

Poirônlaie, parenté. 

La Poirrière, I. dit de champ, à Suarce. 

Poisot, n, pr. TBf, Hte SaAne. Poisat, forme ajoulofone. 

Poimaz, 127!). anc. n. pr. de Délie, peut provenir de Poins, 
n. de saint qui a pu donner aussi Poinsot. 

Poitrà, [Poitrail]. Fanon des bœufs, à Verraes [Délémont). 

Poli, [Polir' ou poli. 

Polie, [Poulie*. Angl. (o pull., tirer. Rosemont [peulie. 

Pommate. k Vermes, pomme de terre. 

PoiDiDeratS,Vge du district de Saignelégier, où Tondit pônhe 
pour point, aussi les gens d'Epauvillcrs disent, en s'en moquant, 
qu'è poncenant ; pat. ± ajoulot. 

On y dit onciat, (oncle) sôhedat, soufTlet, comme à Epauvil- 
1ers ; Dtnce, pour dinchi. 

Notre Ck n'existe pas en ces localités. Existence de lin 1/2 
nasal. 

Pommes- Veuve, GT. A la 3t André, les enfants qui font ou 
faisaient, pommes-veuve, vont crier à la porte des veuves, 
pommes veuve I pour oljtcnir des pommes, ou autres fruits, 
(Fy. L. ux}. 

Poncent, voy. Pommerats. 

pjjndre, [Pendre. Ind. p. / pùn, n' pôndùns, V pontes ; 

P. dcf. i pondi ; les part, pùndant-du. 

Poires pondant. Espèce de poires, à longue queue, qui pen- 
dent. 

Pand-yilton, ou pônd-yillon, pendant d'oreilles, voy. pan- 
d'yillon. 

PÔndrille, Eflilocliure, frange ou filandre, qui pend, 

Pôndrillh, Pendiller, pendre par un fil. 

Pondrillerie, Ensemble de pôndrilles. 

Pùndrillon, augm. de pÔndriUe, vètementou partie qui ades 
1 pôndrilles ». 



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— 56 - 

Pdndû, 1» pendu ; 2" personnes dont les bans de mariage ont 
été publiés à l'église ou [pendus], allusion à l'affiche placardée. 

En fr. Montb. XVI' &* « ordonnance... qu'on la publiât et la 
pendit » (Tournier, Trot. Montb. p. 427;. 

P&nnal, [Panncr]. Nettoyer en cssuyunt avec ou sans pan de 
linge, pour enlever une saleté occasionnelle. Voy. niintayie, 
îechûere. 

Notre m. a passé en argot de l'aris avec le sens de ruiné. 
panne, [d'oii panade ruine, gens peu fortunés). ConTusion de 
rad. avec panade de pain. 

Pônne-mains, Essuie-mains ; — PÔn-ne tiu, torche c... 

Pana en, à St Vital = NénuTar ! (Savoie). 

Pfin-ne, [Panne* (/raichedepôn-ne, cong. au précéd. 

Ponpon, à St Vital, Savoie. Typha augustifoUa, typhacées : 
fr. massetic. 

Pdntecoûete, [Pentecôte*. Voy. goûërdje. 

Pont-roudje, = le pont de Bermont, n, d'un pont de bois ? 
qui, dit-on, a précédé le pont actuel en grés bigarré rouge. 

PApillle, Peuplier. Du L. populwt. Souvent on verra, comme 
ici, que, plus que le fr., notre patois serre le latin, comme plus 
prés de sa source linguistique. 

«Popillate, Voy. puipie. 

Pôpre, [Propre* bien habillé. Peupre, Mont, et Sous Mont. 

Pôpre c'môn in sou, ou c'mon in sou au. 

Popereusse, En Délémont, la clochclle des bois ; voy. pupe- 

«Porichinel, Df. Polichinelle. 

Portcbiere, Constellation comparée à une truie avec ses petits 
iSalbert). ■ 

Les Pléiades ?ou poussiniérc. 

*Porle-à-cou, s. m. Bf. Qui porte (au cou) la balle de contre- 
bande p' le compte d'un autre contrebandier en gros, 

Pôt, [Pet* ; pa(, en pat. aj. (Angeot) ; adj. Patu-sc, petteur-se. 

Poupie patuse, pomme dougâtre, contenant assez de gaz libre 
dans ses cellules. 

Paiai, [pettor*. Voy. païeraie. 

Palourt, sobriq. 

Pôt^tetre, Peut-être. 

Pôtnme, s. f. [Apotume), VFr. pus. Peuchtumc [Aposlume) 
VFr-, Salbert. 



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-57- 

Pon, nëg. [point], à Perouse, D' J. V. Voy. pe. Ce mot con- 
firme l'honio)og. de pe et pouè = point. 

Pou, prép. [pour*, id. ù Argiésans. voy. j», prép. et poi, 
Pouche que, pour ce que, 

Pooche, s. m. [Puits* aj. (Bretagne, Le Puits (Délie), Angeot, 
EpHuvillers. 

Lo Pouche — Le Puits, vge, in loco, et à Bretagne, etc.. 
Angeot. 

C'ât i pouche, c'est au Puits, vge (Délie). 

Lepuis, vge, (G-y) :^ Lou /'oui, Ch. El ât â Poui, il est au 
Puix, Voy. Poui. 

Ponchft, [Pourceau* ; voy. poûe. 

•PoQcheasiOD, [Procession). 

Pondje, Lou pont de tai P. — Pont situd sur un aDIuent de 
la Lusins entre Brévilliers et la route de BT. à Héricotirt, D' J. 
V. (Pou^e, en fr. cad.). Poudjevîe, I. dit TBf. — « Pont-levis 
{Pouge-vie) • à Porrentruy (Vaulrey)(i) ; u le pont-levis (la Ponge 
«iej» (2). Comp. pouge (Ouest) colline, cong. kPuy (d'Occitaniej. 

M' Contejcan cite poudjé — terrain indivis, clod, parc, le 
rapportantàce dernier m. ;etpoudjie, fruits tombés des arbres. 

Poûe, [Porc* ; Pô, pôe, aj. Montg et Sous Montg. et Hf- porc 
qui a sa croissance. 

Pouche, [pourceau*, jeune jKirc qui ne tette plus. 

Poucfte(of, 1" [porcelet* (au fém. pouchelàte) petit cochon de 
lait qu'on sèvre ù 6 semaines ; Pouchelat, ù Mandeure. 

2° Espèce de boudin ou rouleau d'étoffe, placé à la ceinture 
sous les jupons, pour les Taire bouffer. 

Poucheldte, Cloporte, à Mandeure. 

Pouc/iei£ere, 1° mère truie ayant petits (Iriîe) : 2' matrice de 
la truie. 

Puchelière, au Salbert, etc. ; Constellation, syn. de port- 
chîere, voy. 

Poûërteftene, [Porcherie], 1* mauvaise viande. 

2° Choses sales. Ex. : è fait dîes poûërtcherîes (portchelaie) 
en Montb. 

PourtchôJ, porc frais (viande). 

Poue sa-yaî, [porc sanglier). Ajoie. [Por singlaî, en Bourg.). 
Nàs Ichains pet mu tck'vii tant tripaîi, 
Via pauts sayali y v'niant r'boieki (labourer) (Ch. Pecigoat). 

H) F. -tO, hiit, de Porr, 1338, Vaulrey. 



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- 58- 

Pouè Sinliâ., à Chùlillon (Jura) ou 17 sèche est suivie d'une l 
mouillée ou i mouillé. Du L. Sin^ularis ± — solitaire. 

Pouclieiiez, ii. pr. en Ajoie (1491), Mgr \'iiutruy. 
i" âge du porc, (jouc/(e/oiitettaiit);2"'àge; ioenâ, i mois l/'2; 
(né en hiver). :)■"• âge, poucliê (adolescenti ; 4"" âge, porte 
adiiUc). 

Qualité ôtrâl nioûe, tlnjUle de porte, réflexion ultra-filosoli- 
que. 

Poâe barboûëyîa fharbouillé) c.-à-d. qu'on commence à 
engraisser, 

Pourtckot, Porc Trais. 

Pourchot, n. pr. à Esserl. Pourcelot, n. pr. à Lavoncourt 
(H" S'). Voy. Sanglie. 

PoM, s. m. el adv. Point (punctum). Pottë^e, pointe, clou, 
adj. pouëtu. 

Pouète de Pairis. • pointe • à corps cyiindriq. : les anciens 
clous étaient + carrés, ou anguleux, étaient Taits au marteau. 

Poùè. négat Point, pas, [ inus. à Ch.) Bcssoncourt, Chavannes, 
Argiésans, PhafTans ; Pou, à Perousc. J'oitf', point, a dû don- 
ner pe, voy, pie. 

Poiii', bref, a dû moins résister que pie qui est long, et s'est 
encore abrégé en pi' et p". 

Prétije poitè. presque pas (Merou\i. 

Les gens d'Epauvillers en parlant de ceux de Saignelégier 
disent è' poitcenanl, c.-à-dire .■ ils disent poifë pourpoint!! 
Toujours le purisme local in transigeant ! 

Podë, s. m. Poing. Pouëgnait, poignet : Pougnat, aj. 

<)npoiiHj}>ie, empoigner. 

Poûëçon. [Poinçon*. Poinçon, en Rosemont etaj. Poûfirenaî, 
poinçonner (percer au poinçon;. 

i'oîïicenol, n. pr, TBf. peut provenir de St Polns, voy. Poi- 
sot. 

Poâëdre, [Poindre*. Joindre quelqu'un p'Iui faire un mauvais 
parti, piger. 

Jiéd. fiepoiiêdre. 

PoAèJon, s. r. I° Poison, [potio). Le pat, a gardé le genre ori- 
ginal ; c'at de lai poùejon. 

2° Mauvaise odeur. Ex. : ii 'once d'oûëgnon, nonce de poùe- 
jon. 



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-5d- 

3' Personne inspirant répulsion, mauvaise au moral. C'ât ne 
poûeion '. voy. ônpoûojenaî. 

PoûSne, Peine. En 1340, poinne. Arch. Montb., Tuetey, p. 274. 

Poûër, Pauvre ; poûèr, à Meroux ; id. en Ajoulofonie. 

Poôcrntaie, pauvreté. 

Mâgraf poureEBÏe et velIlEue, 
SuntaiB plêsse rëlcbEoc. 

En p. montg, [peur' = pauvre. 

XIV* S" à Bf. Hôpital des (loules — pauvres ? Bardy;, peut 
être un exemple d'iiomologie entre L et R. Voy, l'introduction 
ITpage(l). 

PonoTtcba, [Porche], corridor, (Etobon). 

Poûflial, Poser (q.q. chose). RejJOiV, repos, le v. ;= repoûe- 
saî, 

Poûetche, [Porte*. Pouetche, Etobon. — Poulchote, 1/2 porte, " 
Etobon. 

Poûëlchale. porte d'agrafe. 

Poutiale. porte d'agrafe, boutonnière, petite porte (Savigny, 
Vosges) Haillant. 

Poâètcbe, [Poche] pochon ; [Pùtche' Montg. Salbert, Ajoie. 

Poûèlchate 1* form. dim. p' pochon ou louche, Poiiôtcheraic, 
le contenu d'une louche, 

Pouicbote, 1/2 porte, à Etobon. 

Poste =: [poûetche', à Albertville. 

Poûêtchiniot, s. m. Un petit peu (express, correcte malgré 
avis contraire, (en Lat. paululum], dim. de pA, qui, comnio le 
fr. peu, est s. m, et adv. 

Pofiëte, poùëtu ; voy. poûë, s. m. 

Poâeté, Poteau, petite poutre Tichée en terre. Lies poûetês 
d'in,^ônc-h6. 

Poâê'yai ou Poôè-yè, Pouvoir. Ind. p. i p6, n' pouëj/otts, f' 



(I) Le mol fouit s'appJiquaic aux pensionnairei de l'hoipice. Etait ce A l'ori- 
gine des femmes ? 

L'abbs Humbrecht cite «.. dix pauvrti poules, chacune des dîi pauvret poules ..t 
W Mart/ (18° Bul. S. Bm. Bf.j parle de viiilUs ftmmts hori tl'ilat de gagner 

Ces citation! n'appuient pas l'étyinologie pout* = pouere ; il y aurait pléo- 

Daos aucun de nos patois pouere n'a donni poule : le \" e«l long, le 1'^' e)t 

Enfin noui voyons le mot DJirint =: poule, èlre appliqué aux fcmmci en pat. 
de SermamagDf , en style badin. 



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-60- 

pâtes ; p. déf. î poùê-yi ; fut, i pouraî ; les part, poiiè'yani- 
poùè-yu. 
Poûe'je, [Pouil* dans Rabelais; Poûe'i/e bian, pou du corpB. 
Poûeyîe, [pouiller' chercher des poux. 
Poûe-yu, [pouilleux*. 

Jf'oûe't/éf'ui, (au figuré) pouilleux prétentieux, à Exincourt(tl. 
PonfaI, Eclater (de rire ou de gaz contenu, etc.] onom. 
PoniUe-r«Ti, [pou (qui) revit], pou mal écrasé ! [injur, à 
Dijon). 

Quan je voi lai chance qui lone, (tourap) 
Qu'i n'* pu qu'ai faire lé cône, (lei cornes) Voy. eolUne). 
Ai ce meichan pouiJIe-revi (Injure à Turnu* et à «es gens). 
Qui no veleio roaingeti tu vi ; (Virg. virai p. 300;. 

Pouih ! int. [Pouah !] Le pat. indiq. la répulsion matérielle et 
non morale comme le Ir. fi. Foui, en Montb. (Contej.). 

En Celt-B, foui ; Pfui, en ail. 

Poni, 8. m. Puits ; id. Etobon. Pouche, voy, ce m. Pourpiî 
de poui ou de pouche ; voy. pâ. Poiche, anc. n. pr. de Porren- 
truy. 

^î Poui, vge du Puix, C*" G-y. 

Loit Pouche, vge du Puits (Délie). 

Poai-poni, Pinson, à Mandeure, Maiche ; onom. 

Poule, [Poulain* anc. fr, Montb. l'oloing. PouIi(c/te, [pouli- 
che*. 

Palan, à Mandeure. 

Pouiignîere, [poulinière* mère jument, sa matrice. PouIè 
tasserot, poulain tetteur. 

Polin, n. pr. des environs. Du L. puUinus ou de Paul (Pau- 
lin). 

Poulot, 1° Coq. [Poulaf, en pat. aj. {.\ngeot]. Voy. ptouti. 

Poulat, anc. n. pr. en Porr. 

Pouler^, petit œillet rouge. Exinc. dont la fleur éveille l'idée 
de la crête du coq, comme p' le coquelicot. 

Du L. pullus, petit d'un anim^ii, d' pullinus est dim. 

Poulosedit co, en pat. Rosemont, Sermamagny, Vesccmont. 

2' Poule en Montb. clé' de la cannelle. 

*Poultral, Portrait, Bf. Porleraî. 

«Ponltron, Poltron. 

Poame, [Pomme*. 

(1) Liite E. Laurent. 



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- 61 — 

Poumùte. 1' petite pomme, 2" pomme de terre, Mandeure, 
Fougerolles, Vermes, 

S'oiime (ou powie] do licrc, pomme de Icrre. hlllcs sont dites 
« rondes > quand cuites en a robe de cliambrc ». 

Ponmîe, [Pommier*. L. dit, KsPommerofs, dim./'oH>mera(s, 
vgc de lanc. dépt du Mont Terrible. 

J'oumie, Géranium à feuilles botwdorantes. 

Powitai, cidre de pommes, à Dorans. D' .1. V. 

Poumaî, pommelé, n. de bœuf rouge ; ex. : atle ! poumai ! 
Voy, alto. iVimat, Roaemont, Salhert, 

Pommeray, anc. 1. dit à Perouse. (I) 

Poamal, foartchal, Jeu dan.s lequel on place 2 épingles dans 
la main fermée, tanlôt tes 2 tètes (pommes) du même coté, 
ipoumai). tan tôt la tète dun cotô, la pointe de l'autre (fourlchai) 
Si le parlenaire dit poumaî. ou /ourfchaî, et qu'il devine la 
situation, il gagne les '2 épingles ; dans le cas contraire, il en 
donne deux. 

Poupe. Poupée, Le Lat, pnpa, ^= petite fille, poupée. 

Poujjoji, enfant au naillot, commence à être employé en fr, 
ex. : La pouponnière, — En argot paris, vol préparé de longue 
main. 

Poupon à Plancher =^ aussi prunelle des yeux, du L. pupilla 
ayant les 2 signif. 

Poupenot, dim. id, à Bes. — Ponpote fém. termede caresse, 
Montb. 

J^oupairtne, 1° poupée ; 2° Heur de la Kardanc, etc, du Nénu- 
phar selon d'autres ; 3° Torsade de filasse se terminant en liaut 
par une partie un peu renflée : 4" s, pi. Ijspèce de Tilassc de 
qualité intermédiaire entre rôcrp et létoupe ; .> grande Berce, 
voy. pielenaie. 

Poupclain-ne, Bardane (Vézeloisl. 

Popavrne, patience, à Vescenionl. 

Poupeli, dim. syn. de poupon, dans cette expr. DC dû, pou- 
peli dû. 

PoHpenaî, traiter en poupon, dorloter, Ponpolaî T. Month. 

B(î poupon, pè gâchon; pë poupon, bê pachon, dicton qui se 
vériile souvent. 

Poupenetj, n. pr, Tiff, à Denney. 



(I) Livre Rouge Bf. cit. Dubail-Rojr, 



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Pourbeli, peut ôtrc de pel-bulli peau-bouillir (1). Eehaudcr 
les légumes, verser eau bouillante sur eux p' oter le goût de 

l'erbeli, à Bournois : cela se dit de la viande Traiclie qu'on 
fait revenir p' la conserver q,q. jours (Roussey). 

«Potircelainne, Porcelaine. B^ pottrceline, par réaction fau- 
tive.; contre la tendance du pat, à mettre aijiiio pour ine fr. 

Povre, Poudre à tirer, voy. ;>oi(ssîcre. 

Pouriatrn, Porrentruy, ville ; [Poirintru' , en Aj. (Vermesj ; 
l'oiminlrjii, in toco 138G. 

Ane' Potts Ragenirudis. En HI7 « Èberhart Juene (voy. 
djuene) comte de Wurtpniberg, comte de Montbéliurd. signur 
(le Poiirrentni » (Vautrey). 

Ponrple, [l'ourpierj Notre pourpier est une renoncule (véné- 
neuse) des prés humides. Le pourpier fr. porlidaca oleracea. L. 
est alimentaire. — Du iat. Ptillijicihs, pied de poulet (poulpied) 
allusion à Ia forme de la feuille. Voy. coqiien. 

Piapou, à St Vital, Savoie, autre espèce de renoncule des 
lieu\ secs. 

PourS, Poireau (Allium porrum,. 

Ponrsenre, Poursuivre ; conj. com. sflitre. Pourseutc, pour- 
suite. 

Bf. pourvue, poursuivi, en p. poiirsuijè ; (Porche-ijè, à 
Croix. 

Poussière, [Poussière*, Pousxcrate, petite poussière, poudre 
[)■' l'écriture, poudre médicamenteuse en paquets petits. 

Po((SSO(, poussière végétale de foin, de paille, etc., dim. de 
pousse ; id. sii^n. k Plancher. Du Lat. pulsare. La poussière du 
blé est poussée par le van, etc. 

Tiaî poussière q'è tint, quelle poussière fju'il tient = quel 
tapage, embarras, remue-ménage, ou grondcric, il fait. El dl 
aivit i faire de lai poussière. 

Pool ou Pou, [Pot*, arch. anC' mesure de liquides, ex. : in 
potil de rin. 

Cal l«i mies de (ché Mid'yeli. 

Qu'elles sani (savent) bin boire, 

Rintinlin, (Ira ia la ; 

Quelle) ant bin bu L-yinte poui, 

Ancoi enne pinle (bi^). Chs d'Ajoie manuic. J. V. 

|1) BceuF bouilli le dit bauli, k Bf, par balonc' campeonateur. 



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Poi((o(, tlîm. a remplacé pou : Potat. en p. aj. Egucnigue, 
Menoncourl, PhalTans : PCitot. Salbéricn. 

Brije-poutot. [Brise-pot) m. badin k ludressc d'un enfant 
remuant. Brijc polat, aj. 

Brise-Poutot, domaine à Pierrefontaine (Blamont). 

PoutUf. potier. Voir jiotitio fiu di). Pou lies de Bon fô, iiolicrs 
de Bon Toi. 

Fr, de Monlb. en \')(i2: bailler à Jcbnm des Poulotz... pour 
les poutoz (Tuetey D. municipa! 291}. 

Poutchaî. [Porter*. 

Poutche-paquet, 1" rapporteur en secret : 2' qui porto quel- 
que chose de ridicule dans le dos. sans qu'il le sache, attaché 
par plaisanterie, ou par hasard. D"où l'expression lancée au 
porteur ; poutclie piiquet. sans l' saiot. 

Potitchitî iiidîe, faire pitié. 

Poiilchaio, portée. 

Ke/»oit/c/iaî, [Eporter] Epuiser le sol par la culture. Exînc, 
Liste E. Laurent. 

J'ou(chan(. portant, part. prés. de Poutchaî— Poutchu.se, por- 
te ur-sc. 

Pontchant, [Pourtant* adv. devient [Poiichant* en aj., à 
Mandeure, Chamesol, ord' remplacé par le néo-pat. pour/;i7t/, à 
Ch. — Voy. non pipoitchant. 

Poatlé (lou tiu di.) Pour empêcher les enfants, qui ne sont 
pas encore venus à Bf, de tourmenter leurs parents pour y 
venir, on cherche à leur faire croire que, la 1" fois qu'un enfant 
entre en ville, il faut e baijîe l' liii dî jionlw. Lhomolog. rég. 
fr. serait potier, ce qui n"a pas grand sens, pour une ville fer- 
mée comme jadis était Bf, sans faubourgs, por(ier conviendrait 
mieux ; mais lhomolog. pot. de porlicr serait poûotcliîp, m. 
qui n'existe pas. L'ri -- Icli pat). 

Ce serait une esceplion, qui ne serait pas impossible. En fr. 
nous voyons ])oterne, anc' porternc, avoir perdu son U primi- 
tive. En pat. Monlb. nous avons poufecaid Uontojeani uu lieu 
de notre poùètcheruie. voy, poûetclie il- 

(1) tt celte citHlion qui appuie l'èlym. fiorlier. 



tire (porlière, ftt cne dialoiir. 
t, pu iioirp, pu fausse... (Virg. i 



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— 64 — 

Notre expression se disait aussi pour St Dizîer, probabl. à 
cause du pèlerinage, dont jouissait ce village, D' J. V. 

A Angeot, il y a un dicton analogue au pri?cédent, mais c'est 
un être imaginaire, lo railcliait, qui remplace notre jioutte. 
On retrouve ailleurs, a peu près le môme dire ; ex, à St Vital 
Sav. : E faut niômo [ou éJiracWi le eu d'enii groussn viel-ijo. 
Il faut baiser le liu dune grosse vieille ! On comprend que les 
enfants reculent souvent devant cette épreuve ! 

La Pontraiye, La Poutroye, ville du II. I^h. de jmlchra atfua, 
en L. ; Lai Pou/ra-ye :en pat.dul)onhomme}dont l'ail. Schnier- 
/ac/t est une traduction barbare, avec la conservation de aqua(ac/i.î 

Comme Aix (la-Chapelle} barbnrisée est devenue Aaclien (de 
aquae) avec un plur. ail, sur le ind. Lat.) 

La 1" syllabe du n. ail. a même signiT. que lall. si-liwn, beau. 
Donc, les 3 noms de La Poutroyc sign. belle eau. 

«Pontrevdqe, s. t. Petit pain au beuiTe d'un sou. droit oblong. 
Ali. bntterweck. 

Voy, son cong. et syn. vouU'yo qui est plus ancien, plus 
patoisc. 

Poutse. s. m. Charbon des céréales [urcdo Carbo) Voy. 
c/ij)0(sfi ; potse, à Eguenigue, Vescemont. 

Poutse, Charbon du blé, à Etobon — J'ofse, à Vescemont, 
à Plancher, Ergot de seigle (i'oulet, Rue?,',. 

t'oulsaî. atteint du jioulse. — A Augcot. l'oison, ergot de 
céréales, grain potsat. 

Pral, [Pré*. Prù, à Vescemont et Montg. J'raie, s. f. prairie, 
usité seul* dans 1. dits du territ. ex. : Ai l'aivallàie de lai praie; 
I,a pré. la prée, à FroideTontaine, Petit Magny. 

I'jaûo(, petit pré, jirairâl en aj., I. dit — Les prélats, à 
Etupes. 

Prélot, n. pr. C" Délie, — Prairel. à Perouse fr. cad. 

Praî di varet, di Toitërâ, pré afTecté à ceux qui tenaient ie 
verrat, le taureau ; dilT. vges. 

Prés 1. dit, en Prelle. (Morvitlars] fr cad. J'ra(mai/eii, Bur- 
bach-le-H. (Stoff) pléonasme latino-ail. 

Pralum Un bratell {—- pré) en 1397 à Fislis C°" Ferrette) Stof. 

Prù yo. ou l'raiije, et Praî'yot. Voy. ces m. 

« Le maix aux Espreuils » à Orosmagny, XV' S*. 

Esjire/s, vgc C"^ Noroy (Vesouli. 

h'I en général indiq, ici un dim- (B- Lat, pratellum). 



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— 65 — 

Vrr. pratel — R. L. parAtum, parar.?. 

" Lîi pré (,—: pr(!e)du prince ou grjindc pré, contenant 18 faul- 
cies. située entre lïf. et Danjoutin que les sujets do In mairie de 
Ghittenois (Oli. Vourvenans, Dcrmont Oye, Doluns)sont obligés 
de fener en foin et reçain « il). 

Prés [tourbcts, 1. dit au I*uix iO-y). Voy. bourbe. 

Projel, I. dit à Oberbruck (Mascvauxj (2). 

PraIJure. [Présure*. 

Praili, Pélrir, conj, fîni; du L. pïnsere, pifttum. 

Praîyot, liai), du moulin de la PrcîUe (entre Escliènes et 
Vézelois) sur le ruisseau de ce nom. Voy. son conj, ? Praf. 

Pràt-O, prôt-o, (paratus). l'raitt, en Posemont. Dér. aipràti, 
apprêter, 

J'i'à, en Rosemont, pré. 

Prëdje. Purge. Prëiijic, purger. 

Pnrdjc, à .Vrgiéaans, Piialïans. où le v. est jmrrfjie. 

Prëdju. Perdu, à Vézelois. Voy pîedre. l'ërdju (Morel, 
d'AllenJoie-, 

Pralle. 1. dit de pré. voy. praî. 

Prfiniie-re. [Premicr-ro*. Put. MontI). prinmaîchercheràprt- 
mer, prendre des airs prétentieux. 

«Prëpo&e (ai), A propos, i'repouesat, proposer ; Preiipeusaî, 
s-montg. Preupeusâ, montg. 

Prêtai, [Prûter*. (Voy. Ônprëtat). Prunier, Bf. 

Prètcble, Préeher. A prêtche = à la « conférence • à l'église, 
Chalonv. 

Prétye, [Presque*. 

Preval. [Privé*, cultivé (c.-à.-d. non sauvage) apprivoisé sens 
passif; aiprevaijie, apprivoisé sens actif. 

Prevai, au {ém.preaaUlje, Le vrai cerisier aigre de Cérasonte. 

Préïôt, n. pr, C"" G-y, LachapelIe-s-C. etc. Preaeu, en p. 
montagn. ; du L. pra'posilus, préposé direct du roi ou du Sei- 
gneur, pour surveiller ses intérêts espèce de lieutenant du Sei- 
gneur en noire pays, =: Proust au centre de France ; Probst, 
n. pr. à Mulhouse. 

Prêye ou prai-ye, Vézelois, Ruiss. venant de ce vge et tom- 
bant dans la Bourbeuse, en Tr. cad, Praillc. Voy, praiijol. 

(1) Provoiié de Bf. DR. Soc. E. sr. 

[il Nombre de n. de 1. dits en Als. germanoldne ont surnagé bu oaufraee du 
langage la'io ou néo-lalin, surtout en vallées vosgiennes. 



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-66 - 

Pri, Pari. p. du v. panre, au f. prije. 

Prije, s. f. prise. La prise de tal)ac est corn, en fr. 'prise. 

T'îes pri grillol, (giillonj dit'on à quelqu'un qui est pris, ou 
surpris, dana quelque situation ; allusion à la dilllculté de pren- 
dre le grillon du foyer. 

Prie, Près, adv. 

Prie, s. m. Prix. 

Prletche, s. t. Pèche. Prtetchie, pôclier, originaire de Perse, 
d'oii le nom. 

PrijoD, [Prison*. l'rijenîe, prisonnier. Ônprijcnai, emprison- 
ner. 

Prinmat, Chercher i [primer] par la tenue, les manières, 
Exinc. 

(Prin, anc. n. d'.^joie 1187 ; purail conlracU de Perrin, voy. 
Pîare). 

Prin, en p. des Fourgs-Pontarlier = niince, 

*Pri8ie, [Priser*. Prisu, [priscur*, voy, pri. 

Pri-yie, [Prier*, conj. aivancîe. Priiju-se, [Pricur-sc*. 

Dim. Pri'yerole, pays month., petite prière, 

Marie J. F. André, de Bf., était • prieure » des Annonciades 
de Porrentruy en 1688(1). 

Probst, n. pr. à Mulhouse, forme als. de prévôt. 

*PrÔDà,.(2) Puits [a 3/4 muet)à Strasbg., Sélestat. Cong. à 
l'ail, brûnttcn, ne varie pas au pi. 

Pron, id. en fr. Assez, en p, Monll)., aj. A Ch. c'est o aissiiî*. 

En 1793, lors de l'occupation de Montb. un des nouveaux 
venus, s'adressant à un groupe de gens causant des événements, 
dit d'un ton emphatique : Tremblez aristocrates ! Une femme 
du peuple répondit en pat. de Monib. iéh, mon tcliîe moiisieti, 
nôe' f)rûlàns})roii !... Thér. Chardoillet, mater mea, 

PrflÛe, s. f. Le troupeau mené par le berger communal, com- 
posé des bétes des parliculicrs;du L, jiroles, race, troupeau, 

Prontnttotre, Promettre, Ind. pr. 1 proumùn. ri' proumoit' 
tons ; p. déf. I proumùnti ; les part, jtroumimchanl ou ;»row- 
munlant, pruumi. 

Il) U licrnier « prieur u du prieur*, or.ire de St Augu«in,- de Chllenoi'* fut 

Id inrn.e du Chup'itre.de Monlbeliard (Touniicr, H. du proleil, Munlli.}. 

l'.'j ['lanonci q.tj. choie comme priiu »i, cet àke eit analogue A 1*^ île Muiil- 
béliard dam ^eruje ou gftbcrdje. 

[ci Duiij toujoun l'J 3/4 muet aliacien, héritage des lances indo-européen- 



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- 67 — 

«Pronvignancs, [l'rovcn;un;e. 'Provi'ni, provenir. 

Ind. p. iprouoin; p. déT. iprouvigni. Les part, proui-irinant, 
piouvenu. 

Pradat (1), n, pr. uj. conç. à pruiihon et à prudent, de bon con- 
seil, expert. 

Prun'QS. [Prune* ù pruneaux. Notic m. ne s'applique qu'au 
l'runus domeslica, voy, blouéchîe. Pm^itile, prunier ; IJf. 
prutfiie et prun'nier. 

PsoncoQè, Bessoncourt. vge C" Fontaine, anc' de la paroisse 
de FhafTans. 

Ex : de son patois composite : Bêche, bas fond ; impeussi- 
b ije : in peu meux ; Ion doze di moi d'a-out ai Bîefô ; l'ailchi- 
fcif, printemps ; /chaHjiaî ses sabots ; tuUot tilleul ; lou bô, le 
bois. N. pr. Uichardot, Charpiot, Caillot;!, dit Kssert Courbot. 

Prase, Perouse, vge près Bf. Lat. Pe/rosa (via?) ^ Pierreuse. 

l'ruuse, Hr. — Pêrousé, en pat. aïs. d"Hindlingue. 

Ais. anc. Pfieterhusen , 12il ; J'ei-ouse, l"295, fr. ; Pherusen 
1394. 

La Perouse, I. dits, Elssert, Grandvil. ;Sto(T). 

La Preusse, à Perouse, Froidefontaine, I. dit ; Parusse, 
Peruse, aux siècles précédants. 

La Presse, Grandvil. 1 dit. 

(3) — ? Proise, en Hte Saône. 

Au Canton d'Hirsingue, im Pfetterhausen, ail., Perouse en 
fr., — FctlerousOf en pat. ; en lat. Petrosa, 728 ; Perosa, 1139, 
etc. ; ayanC d= les mêmes appell. als.-all. de di(T. époques, que 
notre Pvuse, TUT., mais à parler als. germanof. faisant front à 
notre pat. devant Récliésy. 

A Dorans ; champ Perusse (Stof,), Bois la Presse ; Goutte 
l'eroux, it Lachapelle-s-Ch. 

A Fréland, à l' Allemand- Kombacli (H. Rh.) Perreuse Goutte 
ou Pruse Goutte ou Pierre goutte, 1. dits de ces localités à pat. 
± Lorrain : mais en fr. cadast. 

A Plancher-Bas : Les fireurupls, fr. cad., I. dit de bois. 



<1] N. porté par un enfant de Délie mort peuilïat « 1* guerre • (D-Rj. 

(i) \jf» Tiirmc) ail. p: ail. d^ nuire m. procèdent du Lat. /«fntsa. te I' 
dale ; U p Lat. devient rpg> pk |êcnt als.j cl pf en ull. ; lu lerm. 
adj. ma, pur ]eu de mois ou conjonnaace, devient kùs', ati, ou A4iu' ail. 

(1394. Sloff.) = à Pereiitse, ou Pi 



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— 68 - 

En 1470 t fûu ThyebaulK Tyelaire, de Peruse ■> (hist. de Por- 
rênlruy, Vaulrey, 149). 

En la Pero'isss, I. dit à Clialonv., au vge, lieu où, dit-on on 
mettait les peslifiirés, et où l'on di^couvrit des osGemenls, au 
XVIIl' siècle 

Pson, Ruche (d'abeilles), rornio de bêsaon. 

P'tiot, nu r, P'tia'e. surii. dim. de J*ë(ê ; pellt, voy. 

En Pic. iCorltlct; ona/*/(o/, J'hol. P'quiot;voy. Pëlê, Peqni- 
gnol et Piot, petit; min plot, mon cnfuDt (Corblel). — M'' Hail- 
lantcite le surn. de Plot lipmnie petit; comp. aussi piotijiiou, 
fanlussin =^ petit soldat. 

J'ioi, à Uar-ic-I)uc (Corblel). Le n. pr. Piol, Tlïf. parait se 
rapporter de préférence à co voc, plutôt qu'aux autres origi- 
nes possibles, citées au mot Pij. 

Pu, adv. Plus ; id. à bf. 

PncB, id, en fr. — Puce maline, pustule maligne. 

S'iepucie, prendre ses puces. 

Puerai, Pleurer, pat, ajotùot et Montb., Rourogne, Salbcrt. 
Cliarmois ; à CIi. c'est criai. 

A Vescemont, Pucri et criO, vge â pal. composite, 

Pujle, [Puiser* ; |)rendre de luau dans ses chaussures. 

J'ujol, petit seau emnianclié pour puiser le purin, la lessive, 
l'eau, etc., Bf. puisot ; Peuju, en pays de Montb. SE. ; l'eiiflcol, 
n. pr. T. Montb. >fi'me rad. que poai, jmKs. 

Peusu, à Abévillcrs Doubs), ou \'s fr, remplace le j, de Cli. 
comme à Montb. 

Pure, id. à Bf. Puer, Ind. i pu, n' puons, v pittes ; p. déf. i 
pui ; part. pr. puant. 

Puralsle, Pleurésie. 

Pulaitio, putain, pule. 

Comp. la rue du Petit Musc, il Paris, altér. de J*ii(iniws .' 
ainsi nommée à cause de celles 'ju'on y rcncontniit. 

Pusqne, [Puisque'. Voy. et peu ?, et pu. 

Pussio, [Poussin*. Pussenatc, jeune poulette Du L. pulli- 
cenus. 

Py, 'Voy. Pi, et Piere ; Dim. rfPiot, n. pr. TBf. Itourg. (voy. 
p'tiot). — Comp. Pijô, Serpollct à Bourtiois -- Pillut. en 
Montb. (II. 

u;si abrévialion d« V/rpillot ; id- 



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Comp. aussi Pi'of, Boisson, Vin; en Norm., Bretagne ;L. 

polus (I . 

P.yô-ae. Plcin-c, Tout p'ijë, tout plein ; en grande r|uan(iU'. 

AuK XIV> M XV' S', (iini.l Ici navijatrur* Oifp?oiï »jordi.ienl la Côt- Ue 
Guinée (ilrcouvcns psr eux avant le<i l'ortugaisj. Ici nigici arrivaient en disant 
en fr. : manigjtllr, maniguilli. tout pliin ! 

Tut fy}. a Biciagne, a;. Angeot, Djnjoulin, 

Pyëdjo, Pluie, l'.ijcdjenaî, pleuvoir en pluie fine ; pluvotter. 
P-ijï'djenu, pluvieux. Voy, îepyêdjîe, et jjîiîre. 

p-yëme, [PUime*. l'-ijemahlje, s, f, [plumagi;]. çririd plumet 
à nombreuses petites plumes p:in;icliéL'S, port-î p:ir les cons- 
crits. 

J'-yemai/, plume!. P-ijcniui, pliiiuur, d.-pouiller ; Br, lilumer. 

P'<jemu-se. h tiui plume, «lui dépouille [lig ); â" qui pelle, 
ex. : jrycmai lies pounes de lUrj. lîT, phiin'i ~ emplumé (m» 
Péioi). l'ijiiiïiu ! lenancicr de maison. . à MontI). 

l'-ijcmurc. IJplucluire (île pom. de terre, pelure. 

P'jêtj'ja. l'ijjhe, (Voy. j»i, raJ.}. l'ijêtchte, piocher. 

]'-jL't<:Irdii, sobrii], des go.is do Vi^iues près Dûlém^nt. 



On doit recliercher, à la lultre C. les homologues du Tr. qui 
ne se trouveraient pas ici, ou à T'y ou Ti. quand le pal. mouille 
les mots commençant p:ir un Q. — On a supprimé 1» de qu 
(comme en Lgdoc). S'il est sDnorj e^ l.iitin, il est aphone, ou 
parasite, en pat., comme eu Tr., et n'ajoute rien à la clarté. Il 
est respecté en noms propres et en citations. 

Qant, Quand ; Quahi. à Uougemont ; [fintril* en aj., c" liou- 
gciii. : QaiiKfien v'rai, ien panmî — QiiancJ que i'en voudrai, 
j'en prendrai. 

Le f (Inal de notre m. Tait liaison devant voyel ; ex. : qua)i(^è 
fuiruenl. 

Qisiin!5j, Quasiment. 

*Qar, Quart, la 'i~» partie ; voy. fiai. [Coir", à Petit-Croix. Au 
coiro, 1. dit lie clianip à Mé/.iré, uj. 

«Qitre-doubîes, Itr. châle fr. se pliant en 'i épaisseurs. 



: lj vigne dont nom vient cette... cileste... liqueur qii'oi 



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~ 7n — 

Qe, Q' \devaiit voyelle, ou même après prononciation accen- 
tuée), 1" que ; 2» qui [l)ex. : c'^t (u q' fait tout, c'est lui qui 
fait tout. 

Q£, (temps) nr. p' quel (tempe); anc' mouillé, en fr. Bf. lié; 
voy. le pron'ïiti (cx.:]»o»(iu?;: (ie/, devant vojcl. ou h muette: 
Uel^hommc ! lit. 

Qedflmaine, 1. dit, Ch., voy. comlcmine, cong, 

Qfliot, surn. ù Uourogne (Janvret). Qui crie comme un pinson 
(Qeiot). peut-être cong. à gai. 

Qâoiat, Bâtard. Q'nieu i= tiaignù de Ch.) ù Mandeui-e. \'oy. 
tiaignô. 

QeDicba, Calotte, chiquenaude, à Exinc. 

Qerate, Petite grenouille verle (Levai, Rougom). Voy.î'ain-iie. 

Qerqevelle, Bavarde, Eiinc. (3). 

QeseQ, Souci, est l'homolog. Des. de notre diaisin (3^ ; id. à 
Bournois. 

«Qioet, Voy. fioulot. 

«Qinot, Voy Jaque ; Qineile, dim. lém. à Bourogne (Janvret). 

Qinqer£, Cousin, insecte, à Fougerolle. — Quinquenâ, tinter, 
bourdonner, à PiancherL.M. ; à Mandeure, T-yint-ijenaî (ici les 
q sont mouillés). On peut rapprocher notre m. du VFr. riH(e- 
ner, tinter, carillonner. Chacun connaît le bourdonnement aigu 
des cousins. 

L. dit Quiquerelle (Chavannattc) et quinquorelle . 

Gigenrell, à Bisel (Hte Aïs.), Stoff. 

A Bournois, Qinq^terc ou Kinqueré, « I* moucheron, incom- 
modant les bœufs et les laboureurs, cherchant à se poser autour 
des yeux ; 2" jeune bœuf nouvel' sous le joug : 3° petit enfant 
courageux au travail, mordant k la besogne », (Roussey). 

Qniqn9r£, n. pr. en Ajoidofonie (4), XV* S', n. illustré par un 
explorateur de )a 1" heure, le lieutenant de ce n., à la Cùle 
d'Ivoire, inhumé à l'emboucliure de la riv. de San Pedro. 

Qincarniau, ^^ cousin, près Besançon. 

Quammus, Surn.de Porrentruy, 1405, = Camus; Dim. Camu- 
sot, anc. n. pr. T. Montb. 

(I) Ex. de noire ju», ou gt p' qui, en fr. du XV* S» «... et atsy [arhi. auwi] es 
boys de la vjlle jur (quij jont en bant (ban). Ufb. Bf. mtj. cil. p. H, Bardy, 
i8* Bull. p. 24, 

m Liïte E, Uur«nl. 

(3) Voi qui bin di questn d'in couë 

Uue t'é four» dan* rai tête (3â< Noël ane. Bc<.). 

(i) Payt à parler ajouloi, Ajoie, C" UeJle, Délétnont, etc. 



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Quaqnai, Xavier, à Bourogne. 

Qaarasson, anc. mesure de grains de Florimont (Feltin. Cul. 
Soc. Em. Bf. n» 17). 

? ~ Qunrtc ou le Vfr. Quarcignon ^ le 1/i d'un sac. Voy. 
cûtche. 

Quarteron, mesure p' l'avoine (L. liougc Bf.). 

Coiitron ?, à Eguenig., n. dit \i' double décalitre. 

La Quancha, 1. dit à Trétudans ^= altération cadast. de cou- 
che. 

Qaafemme, n. pr. à Colmar ; Bourogne (Janvret;, Méziré , 
peut provenir d'expreaslon Tavoritc, 

Quelain, n. pr. d'Ajoie, D6r. de Jaquelain ? ou de Miquel ? 
voy. Jacques, 

Quellain, n. pr. à Délie, ex. : le colonel de ce n. mort à 
Sedan (D. R.). Quélane, à Délie XV S*. 

Crande Qoene de champs, 1. dit TBF. ;voy. coûc. Queue 
d'Agacé, q. d'Alandre. 

Quiltery, à Ch. I. dit de pré ; n. pr. à Roncliamp. Voy. T'yil- 
leri. 

Quilleric, anc. sujet à Ch, du Comte de MontI)., forcé d'aller 
au prûclie à Dambenois. 

Quoichat, 1437. n. pr. curé à Kéchésy, pcul-ôtre cong. à 
cachot, catchot (^ étui, à Chûtenoisl. 

La Quoye. I. dit à Anjoutey, à Sevenans. 



oRftbi, Br. Rabbin. De l'hébreu raihi, docteur de la loi hébraï- 
que. 

Rftbial, [iiablé* de Râb-ye, rable. 

Ràboâeton, s. m. Petit être trapu, ou rabougri. 

R&djle (se), [se ranger] ; chute de In, 1/4 de régie, lîâdje te 
Grije, range toi, Grise (n, dejumont). 

Raidjîe, haie, fr, cadast. ntgie, ràgée. voy. raidjîe. 

L. dit Los Rtigies, lc3 Regiers ; les Rangiers, à Courcclles 
(Stoff,), à Porrentruy, 

'Rôndjie, Rangée : en Monlb. et TBf. ràndjte, dont le dim. 
*randjctte. Pour d'autres ex. du passage, dans les dérivés, de 
la syl. longue à la brève, voy, coûene, mâedie. 

DemSrâdje, voy. ce m. 



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-12- 

'Rôndjie, rangée, (néo-pat.). 

Rafiot, Roitelet à Vescemont (J. lïuezi. 

Ragacbin, n, pr. TBf. Comp. Ragac/n, on Xorm. qui menace ; 
cône. ? à agache fagasse] ; lîaf/assou, ou Jïajac/i, en Lgdoc, 
valet darmée (L. Larcliey). 

RâgSpftg'4 ou pdg'ë, (ê Tuiblc), Arc-en-ciel, â Souitz; Itadpât) 
a Friesen, Ilte Als. RagÔpogô, {I) Vallée de Zcrniatt (Valais). 
Ali. liag'en'bog'en, arc de pluie. 

Bigà'yle. Grasseyer, rouler les r, en parlant. 

Riigàiju. qui « ragaille », sobriq. 

Ragot, 1* faillie dure à une surrace plane (bois); 2° Courtaud, 
court et ramassé : 3° Jeune sanglier ; 4" Cheville servant à 
maintenir la ridelle sur la voiture. 

I>im. Pagotin, hom. petit et contrefait (Stap ) dans Roman 
comiq. de Scarron. 

Ragoûënal, Grommeler. — /îagowënu, qui grommelle, 

Ra!-re, [Rare" m. et f. — L. dits : les liais Tchênes ; es liaijs 
Chaines, 1580, St Ulric (llle Als.) (erriej- (2). 

L. dits de Torôts du TUf. Cli., Croix, Courcclles ; à Boron, 
Raichénes... 

Raibéetai. Embêter (q.qun) Exinc. 

Raiblecbl, Voy. aibîechi. 

Raicfltal, rédupl. de aicâlat, ramasser, attraper (un mal, etc^, 
le reprendre. 

Raicâae, [Racine*. R^icenaie, ensemble de racines d'un seul 
tenant. 

Raicomi se, 1° Qui a beaucoup de racines ; 2* qui tient de la 
racine ordin' non cultivée, ex. : Voilai dîes cariites bin raice- 
nuses. 

Bois de ia Racine, k 10. de Botans. 

Ralc.ha!, [Racler*. 

iîatc/ia(e (rém. de Raichot [Raclol*, inusité, petit outil p' 
racler, racloir. 

R. de lai tchairue, de laî mè. 

Raic-hu, qui racle. — Raichure, [raclure*. 

Jiatc-(te-(c/iëme7iaie, ramonneur. 

Raicbi, [Rassis* (pain). Se Raichieii. se rassoir, conj. fini. 

(1) Ù final Irès faib:r<, comme \c» i, & fin; 
savoi/oFoiici el en général des langues îndo-ei 
(2j SloEF. tlicl. lop. Ht Rhin, 



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-M- 

Raichorts, [1° rassurer*, 3" réassurer. 

Raîcftlal, [Racoler' : rechercher l'aniitié, courtiser. 

Pat. des environs i 

Si te n'êe dje pu s61e, Si tu nos déjà plus futiguiîc. 

Lise è te Tât dermi. Lise il te Taut dormir. 

Te sais qu'i te rècole. Tu sais que je le rcclicrche, 

Lt qui sô ton ami. Et que je suis ton ami. 

(Manusc. D' J. V.) 

Voy. rêcolaî. 

Ralcoadjal, [Racorder*, faire répéter ses leçons ivoy. aicoûe]. 
Taire la classe, := faire ressouvenir. L. liecordari. 

Raicoatchi, [Raccourcir*. 

Raidiujte, v, a. rédupl. [iïatguiser], Aiguiser, Jîaguîser, Bf. 

Uaidiuioûere, s. f [Haiguisotrc] action d'aiguiser, place sur 
un grès pour le faire ; voy. }>îerc. 

Haidiuju, rémouleur. 

RaidiassoD, Rcsie de mets, {Monlb.(, cong. ù ragoût. 

Raii^ftloil, s. f. Viorne Obier, Vibumuni Ojiutus, L, arbris- 
seau qui servait à faire des quenouilles et des liens. 

lîac/ie de tchin, à Sermamagny ; Ruase ds tchin à Plancher 
fPouIel). Voy. mï'necrvè ((■" Viorne). 

Il y on a 3 espèces [non distinguées) l'une ù feuilles et à fruits 
plus larges. 

« RèdjAloa (Rage au loup) » à Dournois ^ Hellébore (Rous- 
sey). 

En Montb. « lai raidjeâ loup- u'cstriletlcbore fétide (Contej.). 

Vorre, à Joinville [du Sire) se dit de l'Obier et de la nian- 
cicnne (mënecève). 

La Viorne Obier stérile = boule de neige. 

Raidje, Rage. Ônraidji, enragé. lîn Bourg. Maule raige, 
[mauvaise rage, L conservée indiq. fém. D;uis celte cit. c'est au 
ligure. 

La Sibylle à Enée : Voi dcu foi, ce diûle d'endroi. 
Que c'a tro de voi cne foi, 
Devant que vote maule-raige 
Vo feze faire le viaige [Virg. virai p. 18) (I). 

Raidjtfl. Rager. 

Raidjie. s, f. Haie ; voy. rddjîe. Voy. Soie, syn. 



(1) Vaj, Demarâdje. Le Vfr. maU-ragi =t faim extraoriliiii 



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liager ou liagié, fr. cad. 1. dit de bois à Bretagne, — Rùndjie, 
haie vive à Flancher-), -M. (Pouîel). 

Les Rangiers, l. dit entre Porrentruy et Ucldmont. liaïndjîes, 
en p. où sont des haies de noisetiers. 

Notre mot sert de n. de lieu de bois, comme cela a lieu p' le 
mot haie ; il est traduit pitr hioiissaiUes ? dans Bf. et T. par 
Liblin : voy. râdjie (ranger). 

La Riigie était jadis, sans don te ± comme la haie de Norman- 
die, une huie à grands arbres fermant des pièces de terre, ou 
rideau de bois de futaie ou de taillis, ex. : • A l'dgard des 6018 
cOTntnims pclUs et raigiers, hors des hautes futaies, les sujets 
pourront y couper du bois jioui" la construction, le chauffage et 
autres nécessités.., » Bonvalot, coulum. du Rosemont. 

Dans le Livre Rouge com. par Dubail-Roy 'I) f terre... la 
plupatt en rngers « accensement d'une r.igière ». 

Lanïgip Pernot, boisauN.dcBourognc. La Rayele auhailly, 
bois, 3. 0, do Perouse, 

Les grosses Rangées, bois près de Oouhenans (II" S*'. 

La Ragie des Genèures. Froide fontaine. Rangée de Biochiers, 
à Seloncourt, 

La J-'oragdc, Korètà Banvillars. La Rùgie dessoubz Mola- 
mont, 1468 ; voy. Mo»rê. 

BaidjaAai, [Rajeunir*. 

Raiduci, [Radoucir*, 

Raie ou roie, voy. roiïe. 

Raijin, Huisin. 

Raiiinol, 1" Petit raisin noir : 2° Espèce de petites a hhûa- 
clies » (voy. ce m.) rappelant le raisin par sa petite dimension ; 
3° rOrpin blanc, Scdum acre, L. ; Raisin de Crapaud, Bf. 

Rallal. [Râler]. Pleurer à grands cris, à gorge déployée. 

Railu-se qui « raile •> m. et T., à la moindre cause. 

Raîlail, cri de celui qui a raîle ". 

Rai'ltùere ou Ré'yûere, Raccommoder les vêtements; voy. son 
rad. aîHûo ; ici ai -— et. 

Raim ou Rain. Rameau de bois détaché vert ou sec ; id. à Bf. 

Ramaî ses pois, Salbcrt ; garnir de rameaux ou tuteurs ses 
pois. 

Raimaidjc, s. m. [Ramage], Bruit importun. Ex. : tiaî rai- 
maidje que tiniôni. 
~il)"BuH. s'.'d'Emul. Bf. 1888-89, "«d- <!« ''ail. M87, en 1667. 



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liaîmahse, s' f. riîaniassc], VFr, Roscmont, et Salbert. 
Ramassas en VFr. = raméo {Roq.l. 

En pat. sign. balai. 

liaimaissie. Balayer. 

Dim. liaimaissate, sarriette, aiïectant la forme d'une petite 
rafmaisse (Vézelois). 

Ilaimê-ellf, [Ramel-le], Ramé-ée, .Montb., Villara-les-B.), 
dont la peau a une disposition en gros rameitux, plaques ou 
bandes irrégulières sur fond blanc en plaques rouges et blan- 
ches p' la race bovine monlbéliardc ; à Ch. Hûnmaî. — liaime- 
laie, autre forme de ce nom. 

Mai belle E^imelaie, que le voi^ dcrrie moi- 
Ail boè«enat, en soa de ce rouEchart tout noi. 
(Qui a eu deux btsioni au aontmeC de ce rocher), (.Morel d'Allenjoie). 

Raimai-noi, Montb. qnand les plaques sont noires. 

liaimîe, [l* Ramier, 2" pigeon ramier. 

Raimlessal, Ramasser, caser, placer. A liT. : cette fille a été 
ramassée (casée). 

Rfiia ou ran, rang, n. de lieu fréq. en TBf. à La Poutroyc, Ste 
Marie- au x-Mines, Orbey et D' des Vosges, Dans les communes 
de pat. als. germ. à Fellering. Oderen {RaingoU) etc. 

Rain, VFr. et Ail. bordd'un bois, limites, extrémité. Fontaine 
des Remprés à Argiésans ; Sur le Rang, Bavilliers, Cliarmois, 
etc. (Stoff). Pente bordant un plateau(l). Grand ra mpcu.v. forôt 
à Méziré. 

Rain, bord d'un bois en Vfr. en Pic. 

Schûlzcnrain ou rein, en Als. germonofono ^^ butte des 
arquebusiers (Stofî) indique pente. 

Rainbre, Eteindre une dette, rembourser (L. remuneraroK 

Fr. de Montb. en Ii88, pour rainbure de six lettres en par- 
ch«min {Tuetey D. munie.). 

Raio'ae, Rainette, grenouille verte. A Roncbamp, raine guë- 
rote. La Raynihre, I. dit (Trétudana). C/ianieï'ai/ie, anc. i. dit, 
près la porte du moulin, anc. Bf. 

Ralpe, [Râpe* ; Raîpaî, râper. Raîpu, râpeux, 

Raipe ou Reppe, Grappe icliute delaconson. de tête. Kymro- 
celtic. crap ; et Vii, A. Krapfô, crochet, 

(1) Au VhI d'Ajol, ran est terrain en penle raids ; Les Rans de Remiremont 
= espèce de rempartj naturels (Haillant) « origine obscure > voy. raii. 

Ran, en Lgdoc ^ cocher. Radicaux cellic. et ail. paraiaxent avoir confondu 
leurs dérivés. 



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Raipai-e, Gami-e de fruits, comme grappe, parlant des pru- 
nes, etc. Voy. cong. Tep]ie. 

RaipéDfl, Petit cours d'enu à Angcot, [La lUipinc*. adluent de 
la riv. de St Nicolas. 

Raipè, [Hapel*, Hanpcau.VFr. '[iupeau\ 

El ani raipê = ils ont le même nombre de quilles abattues 
au jeu de la < blanquc •. On rapptlle p' ainsi dire à un nouveau 
jeu. 

RaipeUI. [Happeler*. 

Raiptain-ni, [ilaplanir], I* les poils, par c\. on passant la 
main sur le dos d'une b£ti> ; réd. de aipiainni : i' aplanir. 

A Croix, se Haipianna ^ se nipiatu nit. Ch. 

RaipAndre, Faire une appondure. rattacher les deux bouts 
d'une chose. Itl, corde, clolle. 

Raiponse. appondurc : ht. raponse. 

Raiprëtchi, [liapproclier*. 

Rairàndjie, [Rarranger]. 

Ralsal, [1° Raser' sa barbe, i* Taire la cour galante, du fait 
d'un garçon ù qui jadis, on avait demandé ce qu'il avait Tait 
pendant une absence, lequel avait répondu qu'il avait rasé sa 
barbe, alors qu'on savait qu'il avait courtisé « ne mugnale •. 
Raisi: à Urimenil (Vosges). 

Raisu. [liasoir*. 'Voy. Resct, cong. 

Hant da la Ralzate et Ralzanate, I. <litsà)-'oussemagn>t; comp. 
Rezillc, voy, 

Roi'Senêdal, Calmer un enfant pleurant, le remettre en son 
sens. Voy. .Séné, son rad. 

*RaiEOUDai, Raisonner. 

Se Raissâdji ou Rai'sadji, Devenir rassis, pose, parlant par 
ex. du caractère d'un enfant. 

Ra-soidji, 'Salbiirien et aj. , voy. aissudje ou aisddje. 

Rai'sadje. rassis [caractère, sens pei-mancnt ou passif : 
Ra'soidje [Salbert) adj. verbal. 

Raisàâjî, part. pas. sens actif ou récent. 

Ralsse, 1° Grande scie de scieurs de long, manocuvrée ord' 
par 3 hommes, 2 en bas, un en haut sur la bille inclinée sur un 
haut tréteau. 

2° Scierie mécanique ; L. dil à Montb. — Autre forme fr. 
cad. Russe. 



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— 77 — 

Raîssîe, faire aller la a raisae u pour oblenir des planches, 
Haussa, scier, forme da [iosemont. 

liaîssu, scieur de long. [R:iis9ou*, it Mandeurc. 

Raîssiin, sciure. 

liaissenîe, qui tient une < raîssc • scierie, où y travaille, 
scieur de long, Montb. ISourogne 

[liassinier], n. pr. ;i Bourogne (.lanvrct) ; francis'" du précéil. 
VKr. Ressc. scie. Du L. Raclere, scier- 

Raisse, [liasse*, gr:ind panier pour le charbon, p' le hnul- 
fourneau de Ch. ; mesure, subdivision du cuveau, voy. ('j/ei-p, 

RaisEOÛetai. Cesser de pleuvoir ; voy. aissoûrtp, et soûpIc. 

Rais-tcbaines, n. I. dils de bois en TBf. et voisin. iVoy. rai et 
Ickaine) = chûnes espacés ou rares. 

Rait, [Kal", Le fém. Rfii/e — souris; fiale, àG-y L'ancien rat 
noir pouvait paraître, étant de petite taille, le mâle de la sou- 
ris. 

L'AliA ;!'. rnlto, ratia, se disait déjà pour le rat et la souris, 
indiff. Ce rat passe p' avoir apparu en Franco au XII' S' à la 
suite des Croisades, (i) ctitdisparu sous l'invasion du Siinnii- 
loi, au XVI!I°. venu comme lui de l'Asie. La souris seule était 
connue des Romains (L. mus, Ail. mau.'!/. 

Raile dîcs tchans, campagnol. 

Rate, n. pr. TBf. Raile. sobr. à Cli. 

Railaî, Rongé par les rais, ou les souris. 

Raitun. déchet laissé par les rats, ou les souris, de ce qu ils 
ont rongé. 

'Raittcre, [lïattière. 

Riiiloûere, Uattière, souricière. 

Hailot, petit rat, mot de caresse il une mère ;i un enfant, 
surnom. 

[Roita,', ane. n. pr. aj. Ane' 01= ai (3) fonOliii'. 

Raitatc, 1" petite souris ; 2" Luelle, à Aneeol. TBf. I' petite 
souris ; -2" petite dent de lait des enfants, en Lgdoc Ratelos, les 
1"* incisives comparées à dents de souris. 



(!, Uanc. h. ail. est du VII' ii.i XI" Sièclî ; le moyen, du XI" bu XVI'. 

'-<) M. MMne l£ihvnid.< dit que le r.il D:ir;iit orlgm.iire d'Amérique :-? Le Rai 
qui n'a apparu en Angleterre qu'au XV' S' en cit n peu près iiisparu. 

{'Jj Le dict de la langue fr. de Letellier. édité ei 
U langue françoUf a ! De mémo Tchàimais, ne 1 



,db,Googlc 



— 78 — 

Iiail:;Voirfe, (à Mamleurc), Muscurdin des noisetiers. Raite 
neusilliere du p, Montb. 

Rait (i'ai'c, Hat deau. 

lîait-de-fiaîve. [lïuE-dc— cave' Coiitrib. indirectes) ; qf. mil, 
seul, 

L. dit a Cliamp des IWtes » û St Germain, Rad'tJaH.v, I. dit 
de terre à TIftvillicrs. 

Usiboudait, près Bes., Muscardin. 

Raitche, s. r. [Riiche], 1° Teigne des jirés constituée par une 
plante parasite, la Cuscute ; id. àMci'oux. 

5° Maladie qui fait tonil)er les poils du dos vhcx les bêles, ou 
les poils de la tcle, chez les gens; Teigne, Itartres, lîasco en 
Lgdoe. Hasic, à Albertville ou st ^^ notre Icli. 

Uailchu, qui a la • raîlcliu », voy. rietclie. 

Railchait. Rabougri. [Rachilique V'. 

BiûjiL' lo tUi di RailcIviU, expression, îi Angeot, qui rem- 
pla<;e a baîjie l' tin di [joutir ». Voy. Poutie. 

Haîtchiltoii. dim. de raîtchait. 

Raiteni, Retenir, surtout parlant d'une voiture atteltîo, en 
marelle : voy. rctcni. [Rétro ad tenere*. 

Railiiiioûere, Courroie ou chalnettede recuiement, attachant 
l'avaloire liulierc) au brancard de la limonièrc. 

Raitirle, [RaUiri;r]. Attirer q.q'un. RRttire, s. m- 1" lieu ou 
on est attiré, où l'on va souvent ; 2" personne qui est attirée, qui 
recherche la société : ex, : elle u un tas de mtircs. lif. 

Raitrapal, [Ratrappei*, rejoindre quelqu'un en marche, au 
travail ; ralleindrc. 

Raiiroupai, [Ralroupor]. Rassembler en troupe, en groupe, 
surtout en parlant des liètes ; pelotonner : rassembler (les plis 
d'une robe). 

Ranger, remettre en ordre, 

Raitajie, [Rulliser]. Attiser Voy. ailujute. 

Raivàderle, [RavuKderie], chose de rien, crudités sans valeur 
mangées par les enfants. Dcrîvé de railJC, voy. 

Raivaidjie, [Ravager*, 

RaÎTâlal, Redescendre (Réd, d'aiCiW.-tr ; Descendre. 

Recule, s. r. Descente de la roule de l'orousc, devant la porte 
(le Urisae IjàUI'. 



;dbvG00gle 



— 79 — 

Raivfttcble, S'écrouler, parhint de murs de pierre?, de tus de 
bois, etc. 

Raioàlcliie, T. Montb. déroulement, grélc de coups. 

Ratve, [Hâve'. Le refus grossier exprima par raîro .' corres- 
pond au ■ des navels ! » parisien. 

li&îres-Sdlaies, Raves coupées en petites lanières par la a roiic- 
bato y> préparées à la manière de la choucroute, sûrrûb' en Ws. 

Itaîue reutche; id. à Eguenig., Eschèncs... lïavonelleà fleurs 
juuncs, bluiiclies, lilas; id.â Aiigeot, les fleurs y sont blanches. 
Huice rutche à Délie. Uaphanus raphanistram, L. se distin- 
gue du Senovre par sa silique articulée indéhiscente. 

liavoleuche, à FougcroUcs, (Lut, leuce, rave sauviigc. Voy, 

Itabanctle, à Commentry, 

Rôle, û Froideconche (près Luxcuil). licuorutn, à St Vitiil, 
Savoie. 

Raivcrottes et RiceroUos. I. dit de cliamps, à Cliarmois ; 
liavières, à l-'rambouhans. 

Raivi, Radis, syn. du suivant. 

Ravi, Rafiot, n. pr. lïT. 

Raryi, (.\rch.] Radis, (ra-yi à Plancher!, à Ch., Angeot, Rcle- 
nans, l!f. 

'Raromte(, id. lîf. petit radis rose; Rairilon,àC\\. Voy. sno- 
tTC, reutchc. 

Raivai ou Rëval. Rêver ; Rére, id, en fr. 

Raivàne, [Ravine]. 1° Grand écoulement d'eau pluviale qui 
racine ou creuse le sol des champs, ou des terres meubles ; "3' 
les parties creusées ravinées. 

Raivigontai, riïavigoter*. 

Se Raivija!, Se souvenir ; se rairisiû, Chalonvil... Monlli. 

RaiToâênal, liédupl, de aicoilcnai. Montb. [Raiooinai'. 

Ràjon, [Raison". l'Raisounuî, raisonner'. Raujon, en Rose- 
mont. 

IJ convient dans ce 



a rrielè du colé de l'Allemagne, c 


■it un 


„ dorigioe celiiq'.e 


n. de rejeter le luiï, hII. relativ' t 


'ard VI 


■n',! et d-ecrire Brisai 


1res n, aU. Petite revendicalioi. 


>fr. d 




La lermin" de csl celtique ; elle i 


;sl pa 


.».ce en Lat. sous i 


nprèi en ull. «ou? form: d'ac/i. El 


. oL 





forme, d'aciis, acim 

(oi)ic (oïI| elle a donné aii ou vis, au. ay. ey'{= ê},'i.y. Ex. ; Tc/ialeiiais 'iChà- 
lenoiii, TBf. ; ChUnau. Châlenoii, dpt. Votges ; Tchaiipatgaty. Hte Saâne ; 
Chàlenny. Neuiliy, près \'».ia ; AtUgnty (ail. Allenach), C"" Dannemarie, [Hle 
Al».], 



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Rdjare, ici. à Bf. [tlasure] Raclure ou gratin atllit^rcnt au fond 
des marmites; crasse épaisse sur le linge de corps, ou les V("'te- 
mcnts. 

Rajiirîe. racler, ronger ;'uu osl ; du Lat. rasarc. 

Rtlai. [Kaler* VFr. Aller de nouveau ; voy. son rad. alai, ou 
allai. 

Râmaî, Crarnir de r.ifiicau.v, mctlrc des (nlcurs aux haricots, 
etc. E\. : i reu <i(aî larnaf nii's faviculca (^lalberl). 

liamaî blomls, li. noin, selon <(uc les |)1a<(ucs ile j-aJiiiii'e 
sonten blond ou en noir, parlant des biMcs à cornes. 

Uaniiiî, s. m. à Angaot â pi-u près syn. de (iiiV/inî, c.-n-d. 
pain allongé en l)rioolio de campagne. renrernianC des poires 
tranchant en brun (sur la coupe) avec la couleur claire de la 
pâle. 

Ramennaî, Maronner, gromeler, grogner, pour se plaindre 
de ce que l'on reçoit ou ne reçoit pas, de ce que l'on a à faire. 

RmtiHunu, (|ui rameiine*. 

Se dit des porcs à l'éCable demandant leur pâture. 

«Ramiers, Hranchages, dans les coupes de bois DT ; cong â 
ni mai. 

Ramoulair. lîemoulcur, rcd. de moufaîr. 

«Ramouler, Itr. Uamoner (M' Pélot). 

Rams', Eepèco de jeu do caries. Rantsaî, battre ou batlu au 
jeu de carfrs, ou autres. 

Ran, TU;, (voy. rain) ; rang, St Dizier, 1. dit de cbamp, Voy. 
rail}. 

Rain-des-ehènes, Cime 1/2 circulaire entre le val d'Orbey et 
la vallée de Munster ^llte Als.) Celt. ram, élévation. Voy. rain. 

Sous le Rang, I, dit de terre. Dû l' rait à Menoncourt. En 
notre région francofone et voisinage, le sens de pente et éléva- 
tion semble indique. Lu Rang des Monls, i. dît, l'cche l'Eglise. 
En Als. gerjTionofone en plaine; le sens de bord prévaut. Confu- 
sion possible do rad. eeltics, germains. 

Dans noti-e région et en vallées vosg, et nls. francofones, le 
rad. paraît celtic et signille élévation ou penle. 

Rancà-yie. Râler, d'agonie ou non. 

R.iticivyu, qui racle de la goi'go,oudes 1"" voiL-& respiratoires. 

Ranciyot, râle d'agonie. Riincoiija.t. â Mandeure. I-W lou 
rancivyot ; ici l'apostrophe remplace ë, 3' pers. du prés. ind. 
do aïoi. 



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— 81 — . 

Celt. Brct. Uonhel, plainte, râle de moribond, B.Lat, rascare, 
cracher. Voy. Rontcbie. 

Ranbour, Espèce de beliea pommes jaunes ; du vge de Ram- 
bure, près Amiens (Brachet). 

Pambour, anc. n. pr. DanjouLin. 

RaDducbnre, Durillon TBf. Ronduchure, à Cli. 

Rflne, id. à Bf. Bette-rave, (Râne, en Montb.j princip' la bette- 
rave rouge, employ. en salade. Uouene. û Kpauvillers. 

Comp. avec lu L. Râpa, rave, qui a donné ravenelle (ëiévat. 
d'une n) et renorale. à St VîIhI. AU. RunkcU rave. 

RaQpiantOQ, [Kond plantain], Plunlain. à Meroux. voy. juan- 

(011. 

Ron-pinn, à Plancher, Grand plantain. (Poulet). 

«RaoUïSer, v. a. Bf. Repousser durement, de l'Ail. Ileraus ! 
deliors ! ; provient de l'occup. pruss. en 1871. 

«Rappe, s. (. biard ; employé seulement dans : i non beillcrâ 
pie n rappe. 

Raiipe, à G-y (I). 

Riipa, k Barr, Bas Rhin. 

Rapp' à Intorlaken [BerneV à Zuric et en C°° du Valais. Cette 
petite monnaie alsatico-helvctique, valait environ un liard ; actuel' 
en Suisse, se dît p' un centime par les anciens ; inconnue en 
Allemagne, 

Rapp', iiicon.à Chclighé (Scliiltiçlieim, en ail.) près Strasbg; 
connu a Kîbeaupierre. En 1416, connu à Bf. 

Celte petite monnaie, ainsi que d'autres, parait avoir été im- 
portiic de Suisse, par la famille de Habsbourg ou Habichtsbourg 
('2) [dont le burg était en Argovie) lors de son intronisation en 
Sundgau. 

Ce mot venu avec les Habsbourg en notre Ter., a à peu près 
disparu avec eu\. 

Les Ritâs, Sobriq. des habit. d'Evettc, altération moqueuse 
probabl, de ératus (gens d'Écafe, à Sermamagny, r= Évettc], 

Rfltal, Cesser. Cong. ati'à(aî ; ex, : è n' râlo pc d' ptôre. 

Hâte, s. f, cesse : Ex. : C't aifant ne pe d' râle 



II) " En 1573, chasqiics su)cts de U miirie de ChAlenois, exccplé ceux de 
BolHDï, doiueot trois rappes pour la garde de Icitang d'Offemont b. tr. de 1657, 
cil. par Dubail-Roy. 

Il) llabicblsbur? ^ Tour du Vautour (Rolland, maison d'Auliichr, p. 5) ; au 
XIII- S'i bali par Radbod. 



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- 82 — 

Ràtche, [Crèche), ou mangeoire, placée sous le râtelier ; 
[Roitche' h Angcot [aj,) ; id, au Salbert. 

Ranichc, à Sxinc. VFr. Grepe. VhA. Krijtpà ; a!l. Krippe, 
mangeoire. 
[Rofclio', à Etobon [mont.) 

[lioiche', en pat. de liesançon ;= armoire de cuisine. 
Vai, Picrot, queri ce bari 
Qu'i mis au soi dedans lai roiche, 
Pou fare in glou ai mon plaisi. (T* Noël, Des..) 
Ràvoi, [Ravoir", Rentrer en possession de ; cong. acot, 
RâTOlti, Regarder: rad. Iiypoth. voîli, voir; cong. à fOi'li- 
voûer, Ch., voy. voir. Motajoulot caractéristiq., Grandviltars, 
Bretagne, etc. 
liavoîlie vor vt pâ, Regardez voir un peu. Voy. toùër 
Au Ban-de-Ia-Uocbc (U. lïli.) : 

Quand dj'a v'ni ficu do mâtce 
II m'frvouéliiienl, dje lis 'ruouèlois. (Obcriin). 
(Quand j'ai venu fors du moulierï. 
■Ils nie regardaient, je les regardais;. 
Rft-ye, Raie. Râ-yie, rayer ; conj. aioancîi:. 
liâ'yeu, sm. Toile de ménage ou cotonnade, à petites raies, 
ord' blanches sur fond bleu. 

Rflbairbe, sf. Guimbarde (espèce de petit instrum. de musiq.) 
en forme de iyre dont les enfants jouent, en la plaçant entre 
leurs dents, en soufflant lentement et faisant vibrer lalanguctte 
d'acier centrale, avec un doigt. 

Vfr. Rebec, rebebe, reberbe, espèce de petit violon à 3 cordes, 
en ital. Kibeca. 
Rebeillle ou rebavtjio, [Rebailler] Redonner. 
Rebeur, sm. Recoupe, farine de 3'* qualité, brune, retirée à la 
fin de la mouture après qu'on a enlevé la meilleure recoupe. 

Form. rédupl. subst. de « beurelter * bluter, Vfr. Ti3f. ; Vfr. 
buleter, tamiser ; Ail. Beuteln, 
Lgdoc, rcbutet. — Bulleux, n. pr. Nord TBf. 
Se Rebiantcfai, [Se reblanchir] changer de linge. 
RebifaI, Rabrouer. Rehifado [RebulTade*, action de rabrouer. 
Reboichat, Labourer en parlant des porcins (aj.)=r [Rcbachai] 
Cil. ; voy. bàclioi. 

RebAlal, rebolu, voy. bûlc. Rcboulai (les yeux;, rouler les 
yeux (Montb.;. 



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Rebouche, adj. Rebroussé, parlant du poil (cheveux) mal 
planté, en tourbillons. (Egiionig.). 

Rebonisade, En Montb., liebuffade ; de boutse, moue, Contej, ; 
Vfr. fcoise, bâton. 

Raboutai. 1° Replacer. '2' remettre une luxation ; voy. bout. 

Se [rebôlai*, se remelire, se rappeler (Vézelois). 

Rebrâtal, Voy. brâ. 

Rsbrure, Voy. brure, réd. 

Rebntez, n, pr. TBf. voy, cong. ? Ilerbuté. 

Recaboulal nos trifes, Rechausser ou butter nos pom. de 
terre (Mandeure) comp. cabou, rad. ; les traiter comme des 
cabous ? 

Reçâc'hal, Recercler. Ex. i vô reçàchaî noues sa.'yes. 

Rec&lal, Remonter en toilette ; voy. rad. Cale. 

Se RecArat, Se pavanner ; voy. Carë. 

Rflcbilial, Voy. chitiaî, arranger. Ex. : lou ton s' ât rôckitiai. 

Rec'haipi in soiyon^ à S-y, Regonfler les douves d'un seau 
dont le bois a été ieprii:U, desscclié, 

Rèche, Crible à Lurc, au Val dAjol, à Urimënil [Vosges). 

Voy. Rondjc, crible à Bretagne, Vge TBf. 

Recfatal, [Rester*. Demeurer ; Danjoutin, OlTemont, Evette, 
Chavan.-lcs-G. Hf. rester, se dit p' demeurer. 

Recignie. [Heciner] VFr. Faire un 2"** repas après le diner 
(goûter), ou plus tôt. 

Après le souper (2"" souper), à 9 h. à Angeot. Montagn. aj. 
voy. dinaî, soupaî. 

Du Lat. Recœn&rc — [Recignon, ce 2"" souper) — du L. 
cœna, diner, souper. 

Recelai, va. Faire lécole à q.q.un, pays Montb. ; ne pas conf. 
avec raico(aî. 

RecoûèDai, [Recorner] aux oreilles, répéter d'une manière 
importune (péj.) voy. coûene. 

Reconr', Revenir. Ex. : è ne poto poi en recouf, je ne pou- 
vais point en revenir [E. Moritzl à Anjoutey. 

Se Recraire, [Se Recroire] Se croire, ex. : è se recraif, il se 
croit important. 

Recrtevi, [1" Recouvrir, 2° recouvrir un toit), 

Recreuillie, Réd- de creuitlie, découvrir en « creuillant « en 
cherchant. 



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— 84 — 

Recrovaince, in toeo, [liccouvranee* vge, TOr. pat. ajoulot 
comme l'indiq. sa tcrm. aince, p' mice. 

Recrue. sT, [Appenlis, un Tecouvert au côté de la maison. 

Reçudre, [Kccevoir. Ind. pr. i reçu ; F, ddf. î reçu-yi : les 
part, roçu'ijaul, reçu. 

«Radicale, ht., liidicule. 

Rëdjie, Kuminer, parlant des ruminants. Du L. rumiyare, 
ruminer. 

lîèdje, sm. Faculté ou action de ruminer. 

Lies bîetes rëJjihit, è n fâl p' iies^^ai/iièt/îe mitenaiil. 

" En l'r. les chasseurs disent : le cerf fait le ronge » [rcdje). 
Voy. raUljîe ^^ [rangiîo;, comme ex. dû chute du. Du L. rumen, 
\" estomac des ruminants 

Redjindiait, ou, ot, lîerrain, ritournelle. 

Re4jipal) [Hcgimber], Huer, parlant des chevaux et autres 
animaux. Djipâ, i Dournois. Djibd, à Plancher (Poulet). 

Rëdjcnfal, Déborder, parlant de l'écume, ou d'un liquide 
mousseux. Itad. Djufe ; voy. Djonfdyîe, patauger dans préa 
marécageux (environs). 

Redjân'oal. Conlrefairc, singer une personne VTr. [rejaitner'. 

En lîourg. Rcjannaî. 

licdjùn-tm, qui ■ redjôn'ne ». L. Gannare, railler, rad. 

Redràssie, [Redresser", Se rcdrdsste, se tenir fièrement. 

il' se redriissa e'mijn in ])oi(e.!/« (pou) chu n' housse (galle). 

Rêefooal, Répondre avec impertinence. Rabrouer. Exinc. c- 
à-il. mettre de fû. En Vrr, mis fuem. chasst', Roq. 

Réetiôpal, Henippé. Exinc. 

Refaire, 1" id. en Tr., '2" tromper, 3° S'ôn refaire, faire le fier, 
avoir des manières de supériorité, ou de la vanité, à cauRC de 
telle ou telle chose. Jaqiiot ait ne belle moûelre, c s'on refnit. 

Refoftejenat, [liefoisonncr] Fournir beaucoup sous le même 
volume, ou la même qualité. 

E.\. : Voilai di foûe que refoûejene. 

Refoulai, Fatigué, dégoûte ;de prendre telle chose); à Roppo, 
syn, de regovlaî. 

Refn, 1" Refus ; 2° Réjouissance (boucherie), ex. : Beillie ou 
bai-yîa di ynour jiou di refit. 

Ucfiijai, [llefuder*. 

Refudje, refudjie, [Refuge, refuger*. Tour Réfouse à Porren- 
truy [L. Refugium) ? 



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- 85 — 

Regoanld, anc. n. pr. d'Oye, t553 ; id.. La Chapelle XVI«-5* ; 
Renaud, Rcnaudin, anc. n. pr. à Dorans XVI' S*. — Ronal, 136C, 
à Bourogiie, J' La Croix Bf. 

RegOac.hai, [Regonflef-], voy. ttonc/iaî. 

Regôasle, Rebondir, parlant de proJecLîics, ou d'obji?ts mis 
en mouvement, repoussi-s par le corps sur lequel ils frappent, 
comme une porte qui revient sur ses rjonits (radica!). 

Regond, en Berry, remous de l'eau. 

Regotsa!, Vomir ;l)as). Le vrai terme est refc/ianpaî. AU. go(- 
zen. Monlb. Regaue'sie. 

Regotsun, sm. (trivial) matières vomies =; Rîtcharipun. 

Ragoulal, Rassasier, rassasia à l'excès, Dêgouter-é. 

El^'^n al regou.t:iî. Cong. à goul&ie et au fr. gueule. 

Reione ou Rin'Ue, [Reine. 

Rein' ne dies boues. Ileinedeshois, ou Aspérule odorante, dont 
l'odeur est duc à ta cou marine. 

Rfllaichie, [l'Relaisaer'; 2" laisser en location une terre ; anc. 
et actuel, Fr. local, relaisser, amodier. 

Relaltchte. [Relâcher*. 

Relairer, t» [Relavcr ; 3' Laver [la vaifiselle). Rslairure. eau 
de vaisselle. 

Relàyie, 1° Relier', Reloiijîe, en Aj. 

2" Kecei'cfef un tonneau, un seau. Rsla-yu, qui rccercie, 
Reloiyu, en Aj. et salbérien ; Reloijerl, n, pr. en 1487, à Porr. 
[H. Vautrey). Kû"pin"gnr" (recercloursdecurc] Sobriq. des gens 
d'tlindlinguc. 

Roloyerl, n. pr. à Porrenlruy, 1487. 

Relèdje ou R'iëdje, sm. Horloge sf. VTr. Riloje. 

Relevai, 1" [Relever' ; 2° avancer dans ses alTaircs (iron.). 
Ex, Et on ât bin relevai. 

Relure, [Reluire'. Ind. p. i r'hi ; p. dût. î r'iui ; les part. 
rchtant, relu. 

RemagnenaT, Raccommoder les ustensiles de cuisine, faire 
œuvre de magnin, voy. 

Remairtye, [Remarque* point de repère. 

Remerciai, [Remercier). En Monlb. remaickiaî q. est + rég' 
pat. 

Lai Reme, sf. [Le Rhume' ; id. en VKr. Le L. Wieuma est 
aussi f. ; Bf, La rhume, du Grec Rlieo, rhuo; Je coule. 

Remigoon, Reste d'un plat, Montb., du L. remanere. 



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RetnoâSilU, st. [Remouille] nouvelle infusion sur du c&(é ou 
autre malièrc déjà infusée. Alias, Remoitle. 

Remoûëtchle, [Re moucher*, souitlctcr. 

Remoûetrai, [Remontrer. A Mandcure, remâlriâ, donner des 
éclairs. 

Lou, brouilla se remôuetre, La Iriclierie réapparait. 

Remprés ou Rainprés à Argiésans, I, dit = priïs près du bord 
d'un bois, voy. rain. 

Remuai, [Remuer*. Conj. sur animai excepté la 2"« p. du 
plur. du prés, de l'ind., et de l'imp., qui serre de près le Latin. 

Ex. remùetcs, lou soucre ât i (on. 

Renal, [Renard*, fienaquat, 1° vomir, pariant, des renard, 
chien, cliat, etc. ; 2" rendre gorge, restituer de force. lienocû., à 
Bournois ; "Saquai, en Montb. 

Jîeïiaidja, Uenarder, à Bournois et Renaiiljun, le vomi de 
chien ou chat, d'enf.int. (Roussey). 

Goupil {vurpil, rerpit) était jadis le nom du renard ; il a pris ce 
dernier nom (1) [n. d'Iiomme) de Uaginard dans le roman de ce 
nom. 

Reaà-yie, Injure, litt. [Renégat). 

Rcnoillie-Diaibe, (Angcot) Traître, qui faitde faux semblants. 

RendAe-senat, Montb. Rabillé, qui a [cfic/ossc) des habits, qui 
est recouvert. Rad. doue (dos). 

Renicha!, 1° Flairer, Montb. ; ■?■ [Renifler', car fl = ch. 
Montb. 

Rsnoncle, 1° [Renoncie* ; 2" Répondre, dans cette express. : (> 
ne retionccpîe inmout; 3" répudier son nid ou ses œufs, quand 
on y a louché; ex. : lies vadjoâeres (verdiers) ant renoncie 
lu ni. 

«Renier un bas, Df. En retricoter un pied ; syn. de rônpîelaî, 
comp. avec le fr. ente. 

Reoterre, sm. Rente ou redevance annuelle sur les fruits de 
la terre (m' de la cure de Chalonvillars, XVIII* S'). 

Les Repeus, I. dit de prés, à Ch. prés la rivière. Aux liepeus 
1. dit, champ, prés, bois à Argiésans. 

Reple, [Repas). îe, rend q. f. â fr. Rejtaf, à Urceroy. 

Replessal, 1° [Repasser) ; 2° donner une volée de coups. 

(I) Si par l'influence du Roman du Renard, ce n. d'homme a servi à désigner 
le goupUaa vuTpil (Vulpeil. En dép> Vosges à Urimcnit, le n. d'homme Rtgnaud 
disigue le chat mUe. 



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Repltial, 1° [Repiquer] : 2° reprendre bonne mine : 3* reboiseï'. 

Repitieu, lieu reboisé, ou en train de l'être. 

Se RepfiDtre, Se repentir. Ind, pr. I me rcpôn. v" v repûntes 
i2° pers. pl.j; p. déf. i m' repùnli; les part, rcpùnlant, rcpùntu, 
Bf. repenti. 

Repoûe, [Repos*. Se repoûesaî, se reposer, 

R«poûëdre, [Repoindre], piger. J v6 btn la repouëdre. 

Reppa, Vge Tuf, Riepe en pat. Ch. ; ail. Risjiach. Pat, aj. ; 
près le ru de la Loutre. 

Repps, Nombreux 1. dits : Lu Reppe, à Uavillicrs, à DcUe ; 
ruisseau de la Reppe (forôtj. Aux Rï-pes, Vourvenana iSloIlT). 
Ktuoffonl-II. La Reppe, (rorét). 

La Rapine, m, voy. Raipëne. L'IIerpe, I. dits champs à An- 
geot. 

Reppe ou Raîpe, coteau (à Trétudans) escarpé ; peut être 
congénère à rampe. 

Vfr. ramper grimper, monter. B-All. rapp.n, s'accrocher 
(Stappers), Voy. les cong. raipe, graipaî. 

Bois de la Grande Rèpe prJbs Puzy (Vesoul). Le Repa.is mtgne 
du Distr. de Porrentruy. 

Nombr. I. ditsen .\ls. germanorone, commençant parrappen. 

Considérons aussi le L. rip:i, et !e mot de Ch. Repeu, I. dit 
plat prés la rivière. 

Reprêdjie, Reprocher. De repredje [reproche. 

Rebrctchie, Rabrouer à Exinc. 

Rapreacljle, part. pas. dans la chans. de Frahier (Poly) est 
traduit par épargné, en p. Month. ; réprandjie, économiser, épar- 
gner, Taire grâce, à l'inTin,, en Montb. ; id. à Bournois. 

Rare ou Rlère-8ur-la-malice, fr. cadast., 1. dit de champ au 
Valdoie. voy. Derrîo. 

Rére, du L. relro. 

Rérot, n, pr. Bf, Danjoutin. [Rérat*, en Ajoie, à Reppe, St- 
Dizier ; anc. n. pr. à Porrentruy. Forme dim. 

Bérote, (Chaise). Bf. Espèce de selle formée par 2 mains de 
bras pendants de deux personnes, pour en porter une troisième 
(entr'eiles) dont le derrière est supporté par ces 2 mains croi- 
sées. Voy. Sellate. 

A la chaise Rérote. 

Porte,. porte ma culotte, Bf., disent les enfants, se livrant à 



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cet exercice. — Notre mot peut-être un dim. de rèrc ?î mais 
rere se dit dairie en pat. Cli. (1). 

A Metz, [Chaire' dudu. ^ 

Re'Sairal, l" [Resserrer* ; 2- Constiper, ex. : resairai c'môn 
in foiijin. 

Re'sairci. [Re-sarcir]. Repriser ; conj. fini. Le VKr. sarcir = 
coudre, ourler, racommoder. Du L. Sarcîare, repriser. 

«RescoDtrer, (r. local c\. : 

Treis rail titfui soiamti Têscanlris, Venant dt divmis conirfes ; 

Nous sommei ici toustroii vcnui, Pour adorer l'endnt Jésus ^Noël de Ch.) 

Rë'sonbial. [Ressembler']. 

Keseute, [iïesiiife] La somme qui revient pour parfaire un 
échange. 

Résille ou Rézille, fr, cad. I. dits, TBr. En Montb. grésille, 
sf. terrain pierreux, Contej. 

Dernier ia. Rêselle, 1. dit, champ, à Méziré (Journ. de Bf. 
Le Résillon, ù Lutran. PesHlon Zug, à Dessenheim (Neuf-liri- 
sacl Stoff. ; pré soits ia Rcceilles, à Vézelois. Voy. grêsiUie. 

Reset, n. pr. ù Delle. Reisel, n. pr. ù Chavan.-I, -Grands, a Le 
lieut' Réset, de Délie, mort au Soudan à 3'( ans n Dubail-R, 
Reset, en p. de BT. ferait [llésol', m. (jucn trouve dans a le 
liourg Risot anc. partie de la ville haule de Bf. anc' Boresa ou 
Bouresa, formes à tcrmin, ajoulofone, Dorcsot, in loco. 

Peut venir du Vfr. 1' Rmj, tondu, rasé, et improb' de rein, 
reseau, mesure p' les grains, et les terres := j'esaî, rasai, 
résau (120 lit. à Chatenois des Vosges). « Général Reisel, de 
Colmar, n7.>l836 ». 

Raisè, {= Reiset homofoniq' parlant: ^= Raser, rasé en D' des 
Vosges. — La famille Reiset de Fîorimont originaire de Lor- 
raine, dit M"" Fcltin. Vfr. Rose, tondu, rasé. 

Retacoûeaal, [Retaconncr] Rapiécer, mettre des « (acons « 
voy. — Retacoènâ, à Albertville. 

RetchaiDdjle, [Hechangcr* Lou ton s'dt retchaintljîe. 

Retchairdjie, [Recharger. R?tchairdjeu, cailloutis ou rechar- 
gement d'une route en pierre ou terre. 

Rètchalji, Réchésy, TBf. dernier vge de notre pat. aj. vers 
Fetterouse, (ail, Pfettcrliausen). 

(I) A noier que Rairtil, en p. des Fourgf-PonUilier, = o espace entre 3 inci- 
■ives de la macboire supérieure ; lacune dans un lissu u ; mat ccng. à rat, raiti, 
rare, voy. 

Comp. austi RakttiUi «ne. n. TBf. ponvaat donner notre dimîiiulil.. 



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N. pr. Gallial ; Parai, (voy. pîere) ; V&llat, Trouillat. 

L. dits : Entre les Chênats ; au Murai ; Paquîrat (voy. Pai- 
l-yi). 

E^tang de la Houebe, Voy. ce m. Aux Naigeattes, comp. 
naîjt ; Noz d'Aijou comp, à iige. 

N. pr. Jobin ; Chalmcij (voy. Tchaume) ; Gorey : Rodier 
[voy. l'tte). 

Belchaopal, 1' Vomir, rejeter ; 2' Jiefc/ianpun, matières vo- 
mies. Voy. tchanpat. 

Retchftsste, [Uecliausser*. Butter (les pommes de terre). 

Retchâsson, la terre qui hutte, D' Doubs. 

Rêtche, [Riclie*. Rïitchesse, richesse. 

L. dits à Vézelois, fr. cad. liechot ; voy. Routchot a lart, 
Uoutclie. Rcchelot (Stoff.) voy. Relchoûëte. 

Relcbletral, [Rcchâtrer] Rapiiîcer, ou raccommoder grossiè- 

RetchlgDle, [Rechigner' 1° Refuser le travail ou autre chose 
en faisant la grimace ; 2° imiter les manières, les grimaces de 
q.q.un. A Bf. rechigner, contrefaire (q.q.un). 

Retchoûèr,[iîec/ioir], Retomber. Retchoûële, [rechute], aL'ave 
de R... » est l'eau ayant servi à l'arrosage d'un pré, qui s'écoule 
à la partie déclive, pouvant encore servir à un arrosage de 9°" 
qualité. 

Rëtohoûëte, Vgc, Oh. Rechotte, comp, Rëtche ; XIV* S". 
Rec/tiO((e et Ric/te/'onfame [Liblin) fait partie du chapelet des 
Vges ± ajoulots garnissant la rive droite de la Madeleine 
Bourbeuse. Ertchote (à Petit-Croix). Sabot y fait Sabat. 

Reteai, 1° [Retenir' ; 2* Concevoir, parlant des bestiaux ; 3" 
prendre en location ; 4° faire passer par la langue, éplucher 
une personne au moral. 

Retieatial, [Requinquer*. Réd. Retient' y enaî. 

Relient-yenai roues, lai veille ! invitation iron. à se bien atti- 
fer, à nne vieille coquette, par une autre femme, naturellement! 

Au XVII" S' tt Gounel (voy. gouné) de drap rouge reguiqué 
(rehaussé) de ver » Tournier prot. Montb. p. 223. 

En Pic. Rcpimpé. 

Retîsare, [Recuire*. Reticuture, [Recuilure* Bf. 

Reqcujure en Montg. 

Ecume albumincuse qui se sépare du beurre, après sa cuis- 
son faite pour le conserver, (voy. rtetieure). Une partie de cette 



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matière s'attache au fond du vase sous forme de râjiire : v. ce 
mot. 
Itetirle, [Retirer*, Rctirie aiprîe, avoir des airs de famille 

Retiulaî, [Reculer*. 

Retinnioûetre, Reconnaître, {Rctiunoâcchancc, reconnais- 
sance), linoènialre, aj. 

Retofledre, [Retordre*. Ind pr. î retoCie, a' retomljùns, v 
reloûetes ; pas. dét. i reloudji ; les part. re(oudjaii(-u. Voy. 
reloue, adj. ,voy. m./7) qui a un sensperman., passifou adj., tan- 
dis que reloudju a sens actif ou verbal. 

RettenaDs, Ecart de ilelfort sous l'étang de Rettenans ou 
Reihnans. Sloff. cite les formes Doratenans. d'Oratenans et 
lîcttcmnis. La l'= sjll. Dô = peut être le pat, dô = dessous. 

Ex. comparatifs des patois de 



Rfcttanan» 


DodIouUd Chftt«nois 




Viiï^Aifan. 


Ycm_Aifans Lu AiFans 


leurs Eniani. 


pâte d'Alouale 


Pipi d'OÙFJdot 


lotier pied a-oiseau 


Anbourlal 




Hatuacher 




Ard;i1ons ArbaillDH! (1) 


Ouïes de! poissons 


lou BA 


tou Bô lau Bode 


le Bois 


CuncouBidje 




Hanneton 


Ciûioi 


)Ciûlot(hautduvge) 


Sifflet 


è Demoure 


é Réchle è Damoùirt 


il Demeure, il reste 


Djôjè 


Djôsé Djoûesè 


Joseph 


«1 it va 


cl il Fi el àt Fô 


il est Fou 


el ài Fù 


el at Fô cl ât Foù: 


il est Fort 


Fure (q, f. Ritar) 




) courir. Fuir 


èn< GaïKc 


iat Gaille ne Caille 




c't' Hi« 


cV Hîvé c't Huvie 


cet Hiver 


in Hammr 


in HoDuie in Hônma 


un Homme 


mai Marigne 


mai Marigne mai Macigne 


ma Marraine 


MailcWlal 


tiu bianc j";Ïia„t' 


petit Martinet 


t Maitidjànt 


è maindjor.t ê I^aindjâiit 


ili Mangent 


«1 ât MA 


el at WL6 el âl Moùc 


Il est Mort 


«lie at MOtche 


cMe ai Môlche elle il Moaelche(-2l 


elle est Morte 


el tt Ma (F. mAle) 


el ai Mo (F. mule) cl at Ma (t. tnSie 
qf. Mou, tùlche 

orillam, à Sermamagny ; qui peut donni 


il est mou (F. molle) 


(i; Oroillons ou 




± cong. à oreilles ? 




(î( les 3 l.l te prononcent séparément pour distinguer du 


masculin *l. (il). 



,db,Googlc 







Cbàtenoia 




Môlchï 


Matchs 


Moûetche 


Morte 


MAlche 


MStche 


Moûetchs 


Mouchs 


•Muet 


Miol 


Miot 


Muet 


Muate 


Miate lU 


Miate (1) 


Muette 


Miate 


Miale 


Miate 


Mietle 


Piere de lai Miate 


Pierc de ta Miate 


Piere de lai Miate 


Pierre de la Mioite 


MuniaieouMugnate FeilU 


Mugnate 


[Mignole] jeune fille 


OD_aQi 


On_ont 


Oo_ont 


lesgeo»fOni(onl(= 
le plir. de o,,,. 


Oociot 


lOaciot(lebautduvge) q 


Oncle 




)Onc-hot(leba5) 






tous Jés Pachoni 


lous 1«B Pachoni 


tous Iles Fâchons 


tous les Poissons 


lou Plal 


lou P'iai 


lou Fiai 


[le Pile] le Millet 


tout Pyè 


lout P-yh 


loui r-fè 


loui Plein, beaucoup 


RaiyL 


Raiyi 


Rai-yi, Raiïi 


Radis 


Saidje-fânne 


Saidje-fon-ne 


Saîdje-fân'ne 


S âge -femme 


la Sairie 


lai Saîrie 


lai Satrie 


(»oy. ce mot) 


Sficiot, 


SÛC'hot 


Sooechoi 


[Soufflet' 


i ï« Sole 


i su sole 


i !Ô Sole 


je suis f:ttigué (solulus) 




SVu-ye 


Setail ou S'raîl 


Soleil 


Tchevâ 


Tcheva 


Tchouvâ 


Cheval 


les Oyei di Vaî- 


lesOypïdiVaidoueliesOùeyeïdiVaî 


- les Oie» du Valdoie 


daiM 


ou Vaidfi 


doQe 


{■obriq., 


i m'an Vais 


i m'an Vais 


i m'ân Vaii 


Je m'en Vais;Br. je 


lou Vépr& 


lai Vépraie 


lai VIepraie 


la Vesprée. 


Vipralat 


Vfrpralai 


Noaenai 


Goûter (verbe) 


lou Voiyin 


lou Voiyin 


lou Voiyin 


[le Regain} 


lou Yuire 


lou Veulre 


lou Lu 


(le Leur) 



Renllle, Rouille. Rcuîllîe, rouiller. Dîereuillîe, Dérouiller. 
Ane. Fr. local, Déroilter (Montb.). 

Reuillard, n. pr. àRougcmont, peut s'ign. un peu roux; cmp. 
reui, rouissage, lieu de rouissage, en D' Vosges ([Taillant). 

Reajiale, Oseille, à Vermes. 

Reajure, Forme de liâjure, voy. 

Renpal, Koter. Reupait. sm. éructation, 

RensilUe, [Rongiller). Ronger, mordiller. 

Reusillol, 1° Le ecntre ou le reste d'un fruit ou autre, après 
avoir mangé après ; 2" Sobriq. d'une a gent n personne grêlée, 
couturée, maigriote. 

Ret' Reùâle, [Ratte rongeuse, souris des champs, à Bournois. 

I n'observe pas de muetlei en ces 3 



,db,Googlc 



-92 - 

RentchA ou Rëtchâ Prêveû, Richard Prévôt, (chs. Rosem. p. 
Auxel.-B. 

Reutche, af. Espèce de sac, ou cornet fait d'une levée d'écorce 
de saule des bois fraîche, repliée tranavers' parle milieu, desti- 
née à contenir les Traises cueillies au bois — \!r. [Rusquc) 
écorce d'arbre. Celto. Br, [Rusck'. Pat. Besançon, lîetchoto, 
panier d'écorce. Celto-Kymric, Rhîsg. 

Reatche (raive) sf. voy. ra'ii^e, probubl. du L. ru^fîcus. plutôt 
que de L. Retice ; voy. roûetchi^, p' no pas le confondre avec. 

Reatche, sf. à Angeot, cercle de bois qui entoure les cribles. 
Voy. [Roue telle' Ch. 

Reatî. [Rôtir*. Reuti, sm. rôti. 

Reuli, sm. un des supports horizontaux, en bois, dans la che- 
minée, pour la fumaison de la viande de porc. 
Btillie me dlis caûetii. 
Qm pSndint ai vaûes riulis. Ickanl&ns. «aè ! 

Reutalaî, en Montb. trop rôtir, altérer par le feu 

Reutîe' Rôtie, tartine. 

Révale, I. dit TDf. ù Bf. forte descente à la porte de Brisac, 
(ail. Brisach) à Bf. où l'on ■ raivale » (pat. Cli.j fortement. 

hes Ré callas fermes, à Etueffont-Bas (Stoff]. 

Revartchle, I, Fouiller ou retourner le sol, ou les choses, en 
tous sens (I) ; ~2° Se dit du fouissement des porcins. Uu L. 
[revcrtere]. Angcot [revoirtcliie". 

Reuartchun, i" Choses mises en désordre ; 2* Labourage des 
porcins. 

Rêvent, [Revenir*. Ind. p. irevîn ; p. déf. irevigni ; fut. i 
rêverai ; cond. i reverâ ; les part, revignant. revenu, le reste 
sur fini. 

£/ "n* fidiurt quê n M( rnîal pt. 

Ravenue, sf. taillis. iïeDi(7Hî7if, Esprit qui revient. 

Les Retenues du Ban =^ Les taillis, h. Champagney. 

«Revenant-boa, Bf. Boni provenant de la vente des produits 
accessoires de la coupe du bois des Censiers du Salbert, et qui 
revient, en le trouvant bon, aux censiers. dont le cens est en 
nature de bois — Ravegnant-bon, à Bournois, pourboire, héri- 
ag e. 

{1) Ç'au Pjan Neuri <|u« Dii» I' boLe ei 
AI eu rVortchie Irû djô irû nîu, pô ra*; 
p. d'Auxel. 



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Rever-d'are, Petit ross<! ou dépression à bord très élargis, 
tracé à travers un chemin, p' l'écoulement des eaux. J. V. ou 
le passage d'un petit cours d'eau. 

Reviere, Itiviùre. Reuërafe, petite rivière, I. dit ; fr. cadast. 
jReoerole. 

Revietche, Revëchc. 

Revirifl, va. 1° Retourner ; 2' Arrêter une bfite pour lui faire 
rebrousser chemin. 

Se revirie ud.yenot, Passer au Protestantisme. 

iîeuirîc, sf. HchulTadc, coup; 2° Linge lessivii resté dans la 
cuve après renlèvementdu drap contenant les cendres. ; 3' coup 
de main, service que l'on rend à l'occasion en retour, Exinc. 

Revirot, sm. 1° Retour de la fête le lendemain ou le 8' jour ; 
2° Pensées qui reviennent ; 3° Nouveau repas donné à ceux qui 
n'ont pas assisté à la fête. 

Rerit'yènal, t" Revenir à la vie ; 2» faire revivre. Rad. i-jiye- 
naf et riJnvU'yei'aî. 

Revoiri, [Reguérir), Guérir de nouveau, guérir. 

Rev&odje, Revanche. 

Revfindre, [Revendre'. Détailler ce qui a été acheté en gros. 

Reiondu-sfi, Rovendeur-sc, ravaudeuse qui revend en détail, 
des fruits achetés. 

Revoiiédje, [Revanche); se Revoûëdjie, prendre sa revanche. 

Revouëtche, Rcvôche. 

ReTOÛër, va. Revoir. Se revoûër; se reconnaître : è ne pie (' 
(on c(iî se reroûer. 

Rèye, [Règle*. Re i/îe, Régler. Rê-yemôn, Règlement. 

Rbome, Rivière d'Auxclles ; ou des Rouf chof es (Sermamagny), 
Rhône, fleuve. Rhône, ruisseau à Niederhruck, (Masevaux) M' 
Oendrc (1) Wioin. riv. Côte d'Or. Rhin (lleuve). 

liahin, riv. passant à Ronchamp. 

Rhien, 1. dit, sur un petit cours d'eau, au N. de Ronchamp. 

Riai ou Rié, part, passé de rire ; voy. E.t. : è ij'e lonlùn qui 
n'ai tan rH-- 

Riapal, 1° Choquer une porte ouverte, (sur le chanbranJe) ; 2' 
battre q.q'un à tour de bras ; ex. : i l'ai riapaî. 



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Ropâ., à Bournois. 

Ribe, sf. Foulon, ou moulin à broyer l'écorce de chanvre. AH. 
Eeiben, broyer, 

Ribâi, passer le clianvre à la «ribcu. RibAie, la charge d'une 
B ribe n, 

En D' Vosges ride ; ex. de b devenu d. 

Ribe-clin-Von'ye, Rubis sur l'ongle, p. Montb. 

RibiSii, [Ruban* (TBf. riban); id. en anglais. B.Lat. Rubanus, 
1307. 

liibônlàî, garni de ruban. 

RibonribaiQ'ne, Bon gré mal gré ; id. à Dijon, Vfr. id. 

Ribole, [Ribote], ivresse ; letre on ribote, être pris de vin ou 
d'alcool. 

Le Vfr. Ri6au( = Pillard, débauché. 

Ric-ai-rac, Ric-â-ric, tout juste. 

Ridtft, Rideau, ù Mundcure. 

Rtebiat, [re oublier] du Lai. oblitare et du préf, re. 

Riebraissie. Voy, 6rats. Rcbrassier, n. pr. à Grandvillars. 

Se Rlebrussi, ri^d. de brussi ; voy, 

Rïec'baire, sf, fRéclaire' ou éclaire. Chclidonium majus, L.; 
est en (leur pendant tout le séjour des hirondelles (!) (Cbelidon 
en grec). L'eau distillée passe p' éctaircir la vue ; le suc passe 
p' détruire les cors, les verrues. 

Rlec'hairi, 1° [Réclairer* ; 2" à Exinc. {R'-echairi] exposer au 

Rlechaval, Rincer, laver à grande eau. 

Kîcc/iauaie, sf. Lavage à grande eau ; baignade de courte 
durée ; premier plongeon d'un baigneur. 

Rîechai:ure, I' Eau de lavage, rînçure ; 2* boisson de mau- 
vais aloi. 

Réchnal, forme de Riechûcre (aux environs). Voy. au m. oûe- 
jaî, la cit. manuser. J. V. 

Reucliue. sm. temps de la matinée, après le ressuage de la 
rosée (Exinc). 

Riechûere, Ressuyer. Ind. pr. i rîerhûe ; pas. déf. i rîecliui, 
les part, riechuant-ûe. 

Rtecrial, [Récrier, saluer de la parole de loin, reconnaître un 
parent, un onii. 

Rlechte, [Reste*, fiecfitaî, voy, ce m. 



9 birondcUee, croyait-on, s'en servaient? pour 



,db,Googlc 



— 95 — 

lUflcAlal, faire l'école à q.q'un. 

Rtecrire, [lïi?crire*, ri^pondre à une lettre, en écrire une. 

lUediaidjal' [Regarder*. Ind. i rietiiaî, n' ried}aid)ôiis, part, 
pas. rîediaijaî, le reste sur ainmaî. En aj. ravoitt (Urandvil. — 
Rîcdiat, regard, vue d'une chose désirable. Bêrêdiaî,\. dit, Cii. 
Beau regard. 

Rêediaitche, regardant, avare, et Ri:diaisse, en pays Montb. 

Rvgddjà', regarder, à Auxell, G-y (1) ou le G est resté dur. 

Rledjonfal, Déborder par aflluence d'un liquide moussant, 
versé dans un tonneau, un vase quelconq. voy. rad. djafe. 

Riedjonfaitt, débordant en moussant. 

Rlednre, [Réduire. letro rîeduè, être exténué. !nd. p. i rîedu ; 
p. déf. i riedui ; les part, i-ieduant. rîeduè, conj. sur riindro, 
avec le rad. rîedu. 

Rrdute, Villars-les-B., conduite rangée, réduite de ses excès. 

Rledjo&eyi, Réjouir*. [Réjoui*. 

Rlefreusignie, Pris de frisson ; arr. Montb. 

Rlesoûenal, Résonner, faire écho. 

RlelchAdal, va. [Réchaudey] 1° Réchauffer; i' au passif, avoir 
chaud en temps froid, ex, : lies bîn rtetcliddaî. 

Rîelchâditn, aliment réchauffé, 

Rlef-e, [Ras-e, plein sans dépasser le bord parlant de grains 
etc. Lai meujiire îclait rtefe. Ail. raffel, racloir. 

Riefe, Rûgle pour raser la mesure ; Riefaî, faire cette opé- 
ration. 

Rifaî, [Rallor), éraller, ail. Raffen. Le L. Rapzra dtcon^. 
enlever, saisir. 

En coutume du Rosemont, Droitde Ri/ïoi'icou du bourreau, 
droit de faire le métier d'équarrisseur, d'enlever la peau des 
animaux abattus, malades ou hors d'usage (i). L'équarrisseur se 
dit bourlâ, en pal. 

En géologie, rôftU (m. savoiyorônc). partie de rocher jurassi- 
que ± unie, comme raclée, raflée par les eaux diluviennes. Ex. 
à Bermont. 

Se Rieflal, [Relier]. Mettre sa fiance en. On n' s'i salruit rîe- 
fiai. 

RiefOTirmai, [Réformer*. 

Rigontal, Travailler à la diable. Kxinc. II)). 

(l) Rcgjdje «H 'hau, n!gadio en W, {g Jur monlg.], (Chs, Roicmoiii). 
(2i Voy. Bonvaloi, coul. du Rojcmoiii 
(3) Usle E. Laurent, 



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lUeme, sT. Fouet de conducteur d'animaux ou de voiturier. 
Dim. Rîemate. 

En pat. messin, Itemote = petit rameau, voy. raim. 

Rîemaîe, coup de a Rîeme *. Aïs. riemc, fouet (à Soultz, à 
Friesen, als. Frie8è)(l). Ail. Riemen, ianière. 

Rlope, Reppe, vge du TBf. aj. 

Riep6ndre, [Répondre ; part. Rîepondànt ; en aj. réponja'int 
(Chs des ajoulots). 

«Rière, Rière-lavUle, Rière sur la malice, I. dit au Valdoie. 

Rier Lepuix, I. dit au l'uix (G-y) c.-à-dirc Derrière Lcpuix. 

J{ieri;escemon(, vge C" G-y, en pat. Darh-Vescemont. 

Rlesfttal, [Ressauiei], Tressaillir. 

RieserailUe, v. (ou Riesen'iyie) [' \ . [RensolBiUer) Exposer 
au solci! ; 2' sf. temps ± long pendant Jeq. le soleil donne, après 
avoir été caché 

En pat. Salbérien et voisinage, Argii-sans, Perouso, [Rése- 
rii-yie' (lieux où le mol soleil devient seru-ye ou s'ruije). 

lUe'signoulait, [Rossignolet), Rossignol. 

Rle'80Ûec'hal,[Ressou/'/ïei-', prendre son souffle se reposer un 
peu. J. V. 

lUetaimu, Rétameur ; [rétaimou*, à Mandeure. 

Rîetâler, [Re étaler' p' faire sécher. Se rîctalai, faire de l'éta- 
lage par sa toilette, prendre une pose p' se faire valoir. 

RIetchaipal, [Réchapper, sortir d'un danger, d'une maladie. 
Ex. : el on e rîelchaipaî. (Réchappé Bf.). 

lUetche, [Rèchc*, âpre au toucher ; aigre en parlant dn temps, 
de l'air. 

Rèche ou rèsch, id.sign, à Friesen iHtc Aïs ). Ail. Jfesc/ierad. 

Rletô, [Râteau*. VFr. Rastcl. 

Rictelot, petit râteau. 

Rîetelai, manœuvrer le râteau p' ramasser le foin. 

Rictelaîc. la charge dun râteau. 

Rieleti, Râtelier ; Rétclô, à Etolion. 

Champ du Rètey, I. dit à l'Iancher-Bas [H" S*j. 

Lai foire dies rteti', la foire des râteaux, qui a lieu à Bf. le 
I" lundi de Juin, D"" J. V. 

lUetelIaî, va. Appliquer un bandage sur une fracture d'un 
membre, à l'aide d'atlelles [ietcUes]. 

(I) Ou riemi, cet i ou i c*t affaibli et se rapproche de l' ï ali, 1/2 muet final. 



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- 97 — 

Rlatenl, Faire lu lilL-rc {d'iatrdin). Ini. p. i fîjïjii: ; p. déf. i 
rieteni ; le resie sur fini. 

Rietenure, l'éliSmciit quelconque de la litière ; Êtcnurc à 
Plancher. 

Rieteni, pirait la centra?!, de [(13 ietrsni], du rad. ietraîn, 
(L. stramen lilière). 

Rleteûai, Faire rejoindre, au contact de l'eau, les douves d'un 
vaisseau en bois, disjoint par lu aècheressp, ou iegrieli, voy, 

Rc'tinni, à liournois. Ri'c-ha'ipi à H-y. 

Rletieure, [Recuire* Bf. Cuire à siccité, trop cuire, dcssèclier 
par la cuisson : ne pas confond, avec relioure. 

lUeiiurîe, [Hécurer*. 

Rletraici, [ROtriScii", Rictraico, sf. partie détoiîe rétrécie ou 
à rtîfrOcir. 

Rlatrs, [Rc ùlre] Klrc de nouveau. Kx. : noû^s vliins rietre 
moiiciUios: conj. îetre. 

Rietremoitchi, syn. du suivant, TDr. 

Rtetre moulai. Eprouver un tremblement spasmodiq. général. 
Uad. Lat- Iremere, reiro. 

Rtetroâs'yaiisie, [lîetrousscr) parlant des pantalons, des 
manches. 

RIflt'yipaJ, [fiî équipé], ra nippé. Rûctiopai, à E.^inc. 

Rieyoil. [Réveil*. RîerrtUUe, réveiller, éveiller. 

Rteooil-maUin, liuveii-matin. Euphorbe, qui vous réveille le 
malin quand on a'en est touché la ligure, 

Et àt Tlrtaitll* c'môn ni tckairpign'e dt raitn. 

Rlev&ntai, r/îéi,pn/e;J refroidi par le froid ou le vent. 

Hievônti, autre forme, hou lôii s'ât biii rîevônti. 

Rifal, Arraehcr brusquement en frottant, [RiFler, Rafler], faire 
une érallurn. ,\ll. raffcn, Voy, riefp. 

Rlgdlis3«, Réglisse ; id. n Meroux. Auvergnat, régalissc ; 
Espagn. r.i;/;i/t: ; L. LUtuiritia. 

Arijaticlie, St Vital, Savoie, 

RÎQCle. [Rincer, Iftrs l'inclc. subir une averse, ou autre chose 
désagréable, être nettoyé (lavé; de son argent au jeu, ou autre- 
ment. 

Rincen.iie, I* Rincée, averse sur le dos, 

A Reims, les gens qui n'ont pas été bien traités, on les dit 
rincés ou Reirnsés. 

Rindje, s. m. Crible, à Angcot. Rundje, k Bretagne. 



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- î)8 — 

A Bnrr liingnii, maiii|tulor, tourner. Va!. d'AjoI. l'i-ije, 
crible. 

.\ Vrîesè, B. Rhin (ail. Friesen ; fr. Frôchone), viterc, IM» 
Als. voy. 

Rind'yenaie, [Riniiimiiée], Grande qunntilO de même chose, 
fruits, cic. ou màiiic animaux poussés ou non ii!»r quelqu'ins- 
trumcnts ringard, elc). 

Ex. : è sont ne ijvan rînd-ycnnic. 

Rind-yenitre, ramassis, raclure en grand, 

Rintri, ailj. m. et f. Hatatinë, Uitl.'- ; ici. lîf. Poires rintn, 
cspi'ce do poires ridées îi maturité, peu après leur cueillette. 
Râlri, en Bourg. (Vir. Viralj ce qui indiq. qu'il faudrait rain-tri 
en notre p. Uolri, en Pie. 

Rtole, en Montb. fable, conte. En argot parisien, partie de 
plaisir. 

Riouqual, Pousser le cri de joie, [Um !' que l'on retrouve chez 
plus, peuples, par ex. chez les Arabes. II semble le cri do joie 
des humains ; voy. i/o». 

liioiiqiiait, l'émission de ce cri. 

Ripe chu l'on je, Itubis sur l'onirle, Exinc. 

Riqaiqui. N. d'un comédien saltimbanque ayant séjourné à 
Ch, En argot parisien, eau-dc-vie. A Granvillc, petite voile au 
sommet d'un mât. 

«Ripdpette, Chose de rien ; Bf. et T. RîpOpctte ou de mauvaise 
qualité ; Ripopêe, fr. mélange de restes de vin. Lat, Ripaupa- 
lum vinum ~ vin ± frelaté, de cabaret fStappers). 

Ripûpelle, à Albertville, gens de rien. 

Rire, id. en fr, Ind. i ri, n* rions ; p. déf. i rîeji ; les part. 
riant, riaî ou riè ; le reste sur rondre avec le rad. ri, sauf p' le 
p. déf. avec rîej. 

Rijes, sf. pi. rires, choses gaies : Ex. Ca n'àt pic cites rijes. 

Rijouhi-se, ricur-se, [Rifjolcur-se), qui aime à rire, ii s'amu- 
ser, 

Rijoulat, [aux environs sud) rire [rigoler) ; Rijoulâ, à Dour- 
nois. 

Jiiaison, syn. montb. de rijes. 

Riselal, Faire glisser transversal' sur le sol le train do der- 
rière d'une voiture, coinser. frôler, parlant de corps ± durs, 
oiioni. 'f Exinc (J'est un dim. ; conip. (isd, voy. 



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— 99 — 

Ritai, Courir [liitd à Gy, Roujcmonl (I). Ritu, coureur. — 
Ali. reilcn, chevaucher, Gelt, Bret. reclek, courir. 

iiitsi, se dit depuis Angcot, HougemonI, au X. jusqu'au 
Lomont au .'*. el jusqua Vermes, frontiùrc Soleurc ; mot de 
notre région ; mais ne dépasse guère Bf. à 10. ; au Salbort on 
dit déjà ftive .Mr) îd. à Romagny ; à Argiésans, court [rifaî, y 
est inconnu). A Angeot on dit aussi, fure (et ritaî). Ritaî, à 
Croix, il Monll). Uild, à Boiirnois, C" Rougemont (Douhs). 

Rûtve ou Ritter, n. pr. Bf. 

Rite, Ruo, à Meroux, Buta ijravcolens (plante). 

Rilerè, crible, « Frîesè [al\. Friesen) vge germanof, comp. 
moy. H, AU riiicn, tordre. 

Rive, id. en fr., Bord, " rive » de l'eau, d'un champ, d'une 
table, d'un toit, d'un bois, 

Rdbucbte, [Robuste*. [lieubuclite' en p. Montg. sous M., et à 
Brevillcrs [TI" S'"). 

R6dal, [Roder* peu usité, mais les rédupl. Rùdinai, Rôdail~ 
lie (péj.), le remplacent. 

RôtlaîUû, qui B rôUaillD «, débauché ; plus usité. 

Rœscb, N. pp. à Fr/s'ë, l'Friesen, en ail.) Frechono en fr. H" 
Ala. 

Roi, id. en fr. au fém. rem*no ou rinne. Roi se pron. roué, 
comme jad, en fr. jusqu'il Louis Xl'V. 

En fr. des environs de Paria : ie Roué, toiiè el moue, ça fait 
troué. 

Roi [^ roué), au fém. j'oidc, [Raide*. 

/ sô roi, c.-à-d. jai le-s membres ou le corps un peu raidis, un 
peu courbuturés. 

Pont-de-Uoide, vil. arr, Monih., sur le roide. 

Roitche, voy. Riitche. 

Rdial, 1" Rouler* se servir du rouleau; i' Courir ipéj.) n'avoir 
pas une bonne conduite ; id. â Bf. RôUi qui « roule n, rôdeur, 
coureur. 

Rolot, [Rouleau* p' écraser les mottes de terre après les 
semailles. 

Ruhite, sf. [Roulelle*, petit rouleau p' écraser les pâtes. 

(1j Djain-Pierc i TcWietat... a (il) rile à la m&ion, 
l'iiire ">n pi, sa pare (pelle), at pièlche de façon, 

Hue la isrrc atiulaie A ton d'sa Icuniere, 
•rit des ctEd» de pi que li bâ-y[t Djain Piere. (Fab, Loulre du Chïtelot 
trad, en p. Rougemonl). 



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- 100 — 

RôluI caroussù, Df. rouItT carossc, mener grand tr^in, 

Rollin, n. pr. à Oh. cl environ sud (ù l^xincourt 15&.')). Dim. 
lioUinot, siirn. de Kollin, ]ieut dériver de lîolle ou Raoul, ou 
du n. de St Clirodomliis, etc. 

« Le coutelier Jean Roltiii, ajant embrassé la relig, calboliq. pendant l'occu- 
paiion [r. se vit contraint aprit la paix de Wei([^alie d'abandoiin?r Montb. sa 
ville natale..., alla s'établir k Paris, où il devint pèr« du savant Cli. Rollin, en 
|S61... u Duvernoy Ephém. p. 319. 

Houliin. n. pr. cité dans la Charte de 1307, avec la l" syll. 
pa toise. 

Rulin, avec Vu = ou, 1347 (Cité par Bardy). 

Romer, Rbomer, n. pr. als. Pèlerin ayant été à Rome. Rœmer, 
1. dits en Als. 

Le Rdme ou BbAme, liivièi-e d'Au\el. — Moulin du Rone à 
Cli. Iô73, n. actuel' inconnu. 

Rôn, [Rang*. 

tt6o, Rien, Rdn (ailleurs, TliT.). Ron- que-veille, voy. ce m. 

Rfla ou Rond, id. en fr. Rôndot-ato, Rondelet-to, Rondafe, st. 
LieiTo terrestre. 

'Rondinage, Bf. bois de chauffage en rondins. Rondenaie, 
si. coup de rondin. 

Ron ; ou Rone, 1573, n. du moulin de Chatenois (I) « Le mou- 
lin du Riinc ». 

Rônbaitre, [Rembattre] Rabattre' battre en concentrant, sur- 
tout parlant du soleil. 

Ex, : ioit s'rail i rônbait. 

Rdnbfllai, [Rembarrer* 1/4 Règle L — U. 

Rdnbfilai, [Remballer* ; È pôt ronbâlai sies compliemonts ; 
il peut cesser do faire ses c. 

Ronboûetal, Rem])oiter', rebouter, réduire une luxation. 

RÔnbraissIe, [fie embrasser*, embrasser. 

Se B6nbrouguenaI, Se couvrir la tôteet le haut du corps avec 
les jupons relevés, ou avec un vùtemcnt, ou une toile quelconq. 
pour se mettre à l'abri = [Rembégninè). 

(1) Prsvoite de Ht. com. par Dubail Roy. trad. fr. do Ife?. Ce moulin eîl 
antérieur ou moulin aciuel bali su XVII" S-, et pmbabl. place ailleu-s, vu que 
ce nom est nciticll> inconnu, petii-^tre placé li ou an XVI^ S* le Haut Fuur- 

■^i'é en 1573 

. d'eau après 



lin nouv 


au nom n le l-o.iriipau v 


tabli rn 1671, un an ava 


.r la rec 


iiudc (Ju canal du moulin 


actuel, et la sinuosité de 









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-loi -^ 

Rttnbrûere, rdd. donbiniere. 

Rânchemellal, Kessemeller. [Rensemeller' k Bf. 

Roncin, 1" Cheval étalon, [Uuncin", (Ch' Roland). Ail. iîoss. 
Vfr. lioncin, cheval de service, mauvais cheval. — Roncenîe, 
qui tient un roncin p' la monte. 2' Roncin, pâtisserie épaisse 
(oBurs, farine, lait, q.T. cerises ou pommes) cuite au four ; pùii 
(flan), à S' Vital, Savoie. 

Ràncontral, [Rencontrer*, voy rescontrer. 

Rôndê, [Rondeau*. L.dit à Ch. Bf. (Lies r(îndL*s),âChaux(vge,. 
En 1563, à Montb. ordon=*.., Les Sergens ferontlcur devoirpour 
le fait des danses, rondea.ux, chansons impudiques... Duvcrnoy, 
Eph, Ronde ou Martinet, 1. dit de pré près de TArsot. 

Rondat, 1. dits à Bessoncourt, PhalTans. StoFT. 

En 1565, vidite des Eglises... ■ Ceux d'Extncourt jurent Dieu, 
les suints et le diable après le bûtail et autrement... Les jeunes 
gens s'adonnent à danser des rondetiux ou aux quilles... •>. 
(Eph. Duvernoy), Notre mot rondS parait donc être une danse, 
une ronde. 

Rondiot, en p. messin, Danse nia chaîne ; conip. Vujouliile et 
la (jran. 

Dim. Romtelot (1) sert aussi de I. dit de pré à Xommay. 

RoadBfoQtaiae, Fontaine dans les pr<3a, à Ch. — Rondo, surn. 
f<im. 

RÔudenaie, Colique intense, tranchce. TBf. et Montb. Ratitio- 
naie. En fr. Tandon, secousse, violence, impétuosité. Runtlon- 
néù, course en circuit d'une bète lancée. — Randenâ, BouRée 
d'air, Bes. 

En Monlrandon, 1. dit de pré, à Magny-Vernois (Lurel. 

M. Contejean rattache à notre m, le v. Montb. Tandaî, extô- 
nuer, ôtre épuisé ; voy. rùndre. Comp, le proven(,'aI Randa, 
point extrême, violence (Slapp.). 

Rûndiain-De, [Rengaine*. 

Rondiainnai, [licn^axner' . Rondiainnaî sics compliemûnts. 
Cesser de persuader. Bf. Rengaine, air musical ou chanson, 
remontrances, vieillis ou démodés (Ms. V j. 

Rondin, id. en fr, Randenaî, à Exinc. syn. de houf-lcnaî, voy. 

(Il Prenann'iiaus Je ne bande 
An rondrlol 
liiêle n- wrabande 
iiaule Piîrol. [Noils de Bsianfuii, loo", D.'lamy). 



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— 102 ^ 

Rjtadje, Crible, à Bretagne. Lo rige, au Ban-de -la-Roche 

(B. Als.). 

Roodot, adj. Houge(robe des bovins). 

Rondot, dim. rie Rond. — Ronde, surn. ftm. àCh. — Rondot, 
aiic. n. pr. en Moiilb. 

R&odre, [Rendre*. Voir sa conj. Rôndu, lîendu' Bf., exténué 
(I], arrivé. 

On se rend devant une force supérieure, on ne résiste plus ; 
à la guerre ou se rend. 

R&adacbnre, Durillon, randuchuro (ailleurs). 

En Rôneo ou RAeneu, au crépuscule, entre le jour et la nuit. 
Exinc, Ai lou roue neu = à lai raie nuit ^Montb.). Ai rû ncu, à 
Bournois. 

«Rôoflal, Ronfler, néo. p. Voy. rôntchîc. 

RÔufoûe, sm. [Renforl*. 

Rânlouënal, [Kenrourner". Le part. rÔnfoûënai-e, ^ aussi, 
qui a la mine rembrunie. 

Rânfoncle, Enfoncer de nouveau. J sô rônfoncie pô cent__^ans 
(Vézelois) = Je suis reculé dans mes affaires p' longtemps ; 
allusion à la prétendue apparition ccntennale de la Dame de 
Breyval. 

R8nfrâtchi, [Rafraichir). Bf. [renfraichir*. 

R6iifrletal, [lîenfailer' un toit, retenir un toi! de tuiles. 

«RÔnfroamst, [Renfermer*. 

Rfintroûëgnle, [Renfrogné*. 

Se R6&gaillenal, 1° Se mieurc habiller, revenir à l'aisance ; 
rad. gaille, style badin ; 2" remettre de nouveau de mauvais 
habits. 

RonQaiUcnaî, remettre dans sa u gaille » son argent (figuré) 
c.-à-d. remettre en place son argent. 

RSomal, 1" Ramer ou ramé, garnir, ou garni de rameaux, ou 
tuteurs ; 2" [Ramé*. Tacheté de plaques, ord' rousses sur fond 
blanc ; telle la race de vaches montbéliarde. Bigarré ; n. de 
bœuf. L'autre bœuf eonsort se nomme ord' poumaî, pommelé, 
qu'il le soit ou non. L'infin. et le part. prés, sont homoformcs. 
Le fém. de Rônmaî, serait roninjHa, R%m'^lle ou ramùlaie, ail- 
leurs. 

(1) Kii forts chevaux liraîenl un coche, 

Femme», moines, vii-illardu, loui était dcMcndu. 
L'allclagc tuaii, soufRaii^ èuit rtndu [LafootaîDci, 



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— 10.1 — 

[Jîan-maî', au Salbert ae dit p' les boeufs jaunes. 

I véu ranmai mes fdvicalos, je veux garnir de tuteurs 
[rameaux) mes plants de haricots, Salbert. 

R6npifttre, [Remplir*. Ind. p. i rùnpià ; p. dof. t ronpiâdii ; 
les part, rônpiâchanl-rônpidchu. Gong, piâchon, voy. 

Rfinpletal, Rcraire un pied ù un ])as, Rempiéter' 13f. 

Rttnpli, [Kcpli*. 

RODpn, [Rompu], qui a une hernie. Vfr. de Bf. rompure, 
hernie. 

Ronp-yômat, r[RempIumer* ; î' Regarnir de poils, clieveux. 

R5a-que-TeiIle (ou vai-ye), Rien qui vaille, vaurien ; id. en 
Montb. 

Se Rônsemoillle. S'assoupir de nouveau (eong. sommeil). 

Rôntcbaa, RoncJiamp, où règne le pat. montagnon et notre 
Tch, mais pas notre C'A. 

Allai !ti Rontchan, ronfler, jeu de mot avec le part. pr. do 
rôntchîc. 

A Champagney près Roncliamp, nous avons les « champs 
ronds » 1. dit, ce qui tend à infirmer l'c'tym. fiomanus campus, 
donnée p' Roncliamp à l'occas. de la public, du Chant de 
Frahier. 

F^x. de mois p. du lieu : bcu, boia ; Pie boudjot (pied bot) ; 
ç'û l' lu, c'est le leur ; guiaickole, jeune fille ; onthïot, oncle ; 
orra, aller ; afan, enfant ; Tiargole, Claircgoutlc ; sôfiot, souf- 
flet ; tiaipab'ijc, capable. 

Rântcble, Ronfler. Roucltier Vfr. — Lat, rJionc/tits, ronfle- 
ment. En Celt. B. roc Via. ronfler ; comp. rit*!, voy. 

Rttntchletelat, Remettre les noix ou autres choses en « châ- 
teaux " ; r<jii(c/ae(ou(ai, au jeu des noix, regagner des « tchîe- 
tê' •> ou châteaux = = i noix dont une sur les 3 autres. 1" ent- 
chaitoulai, en Monlb. M' Contejcan donne étym. Tchaîlâ [cong. 
à cheptel) matières premières d'un artisan, du L. capi'laic- 

RdntieuDi, Qui sent l'odeur du linge mal lav6, mal sèch(!. 

Bcrry, rancouî. 

Rfiotiajal, [Re oncuser] ; VFr. Encuser. Ddnonccr une chose 
cachée, accuser, 

Rônvàchat, Renverser* un liiiuide, une voiture, une clôlurc, 
du etc. ; L. versare. 

RÔaTfltcble: Démolir, faire écrouler une muraille, un tas ; du 
L. vcrtcrc. 



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— 104 - 

RoDvityenat, Rappeler à la vie. Coulai m'ë tout ronvit-yenaî. 

ROpe, lïoppe, vge ; in loco [Reupe*. Patois sous-montagnon 
a baroulchais » occidental, les sufllxes ot, y font au fém. aie 
comme à Bf. et Cli. ; lu ajl. an fr. ou pat, Cli. y fait ain comme 
en Ajoic. Es. : grain ^ grand ; tcheoillule, dim. de Icketitle ; 
oûe de Ch. fait eu : lés eutclms (oûelches). 

Keuftaî lo bo ; Rilaî, courir ; Biffot, Potot, Graingourdjot ; 
Munidte, Iclievillatc, miimte (tundis qu'a Eguenigue, on dit : 
Couri, Biffât. Potat]. 

Ex. de n. en ot, Soijsot, Graitrot, Pruiiot, Thurillot, Cour- 
bot. 

BApillIe, Uattre d'importance {bas). 

«RApitre, ITydropique, à Angcot. 

RAquille, Roquille ; boire sài rôquilte, boire sa petite dose 
liabituelle d'eau de vie, La roquille de Paris mesurant 29 cent, 
cubes. 

Roqiiillu, buveur d'eau de vie. 

Les Rasées, (Les Roseaux) 1. dit au Putx, G-y. Rosii-.res, 
(Welschrohr) vge soleurois devant lequel s'arrête le p. ajoulo- 
fone ; voy. cong. roûesù. 

RoBsmoat, un des 5 districts du Comti^ de Df. avant la Révo- 
lution. Le Haut Rosomont, forme le 0"° de Giromagny, plus le 
Valdoie qui patoise Salbcrien ou Sous-Montg. La Clis. de ce 
n. renferme le mot caoalie qui n'a paru en fr. qu'au XVI' S', 
(cavalier). 

Roube, Robe. 

Rotidje, [liouge. [Roidje', à Roncbamp, Rodjc, au Dan-dc-la- 
Rocbe (lï. Rhin) où se trouve notre dj. 

Roudje-Pëtclius, [llouges Pertuis' = Coinot, ou quartier de 
Cil.; on peut aussi i*crire Roulches-Pëtdius ^ Rocbos pertuis. 

Roudje goûerdje, rouge-gorge, ois. 

Roudjoulot, 1, dit de champs ; 1. dit les Roageots, à Davil- 

Rougé, n. pr. à Délie. 

J?oitdjo(-a(e, Rouget-te, Poires roudjalBs. 

Revirîe inon p'të bue roudjot, i vôe' deneraî in diucê de 
ç'roije (cerise) en Monlb. (Thér. Chardoillet, mater). 

Roudjate, à Eguenigue ; Roudjete, à llournois, Melampij 
rum anense, L. ; passe p' nuisible, dans le pain qu'elle colore 
en rouge violet; Rougelle, blé de vache en fr. 



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- m - 

Btete roudje, fBôte rouge* ou bovine, spéc' p' les bœurs. 

Roudjwre, Espèce de poires (^ roudjate ?;, Angeot, 

lioudji, [liougir", teindre en rouge, devenir rouge. 

lioudjaillie ou a yîe, avoir une apparence générale ± rouge 
ou rougeitre, [Kougeoillcr'. 

Roudjcmont, Rougcmont, TBf, dont lepat.Monlag. est teinté 
d'ajoulot ; il a les dim. en al-ale, tandis q. celui de O-y les a en 
o(-o(e. 

Roue, Sillon, trad. en fr. cadast. ])nr raie, rôle ou roye ; 
Herry, roie. — Ex. 1. dit. Longes raies (Villars-Ie-Scc, Héchésj) 
lîoûedi-tiu, sillon interfessier, Mandeure, Cli. 

RoÛebate, Itubot ou plaque de bois, portant des lames sépa- 
rées par des trous, et sur laquelle on frotte les raves, pour les 
réduire en lanières prismatiques (Voy. rait'p) = Ail. rutié, Als. 
ruebé. A Ilindlingue, Als. roueberlé, ortli, fr. 

Roûecllle, v. a. [Hosser*, frapper à tour de bras, une t/ent, ou 
une béte. Se dit aussi de lu pluie qui fouette [pluie battante) 
sur une liabitation. Ce mot est indigène et ne provient pas 
du fr. 

Itoûechîe, st. pluie battante, rossée; comp. aussi l'ail. Jîaits- 
chen, bruire. 

(liuueche, à Croix, syn. de rain ou rameau. Voy. roûelclie, 
son cong.). 

1" ô fr, liomolog. de oue pat., voy. broûechc, pat. = brosse, 

Roûègoe, [Rogne*. Es. è iyfe roùègnc, il cherche rogne, que- 
relle. 

Roûègnon, [Rognon*. RoUlenaie, en Montb., pièce du rognon, 

Roiîëgnie, [Rogner*. 

RoQenal, 1' Ruiner : 'i" appauvrir une terre {coilai in Ichan 
R.) ; 3° Epuiser une bôCe par un travail excessif, ou par faute 
de nourriture ; i' perdre au jeu ce qu'on a de disponible. 

l'arë roâenai ^^ le parrain à (a crasse de Paris. 

Roûeaal, Grogner, parlant des gros animaux, surtout du 
porc, qui font entendre un grognement sourd de mécontente- 
ment [rad, run, voy.). 

Ran-na, en pat. savoyard, Gruyère etc. 

Roûese, [Rose* ; Salbcrt et Montag. [Roûse'. — Roûsie, rosier, 
eu. R. en bâton. Rose Trémicre. 

Jtoiîesfe ou Rnàesi, (rosie, Mandeure, aj.) bœuf à robe rouge 
± sur fond blanc, par ex. la race montbéliarde. 



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— 106 - 

tîoùese, surn. de personne ayant bœufs de labour. 

Tchan Lai lîouese, a Cb-, 8t Dizier, Pré La Rose, fr, cad. au 
Puix, G-y. liosc d'Etang, Niinufar à Froideconche. Rcusc 
d'étang, à Vescfmont. 

Roûesé, Hoscau ; Roùsé, Eschônes, Besançon. Rosé, ailleurs, 
Angeot ; Rosière, 1. dit fr. cadast. Vézelois. 

Rùsû pcul donner Rossi' (Ij avec la {irononc. als. comme 
Mascvaux = Masscvaux dans une bouche als. gcrnianofone, 
Roselis, I. dit Dcthonvilliers. Dim. les lîoselets (Joncberey). 

Rosnerat, forme ajoulot, I. dît à Oberlarg. Hœ.ssri.'i, 129[l, Riis- 
sers à Fetterousc (ITellerlianson), (AUkircli'. 

Rosevaux, 1. dit à Bue. 

En .\ll, Rohr = roseau. 

Rosières, vgc soleurois, à l'est de Mouticr. Limite de notre 
patois ajoulot icn ail. Wotschenrohr -" Rosières des Gaulois ou 
français) où commence l'ail, suisse. Cen. indiq. que jadis notre 
pat. y resonnait; par contre le vge soleurois de Granges est acl' 
franco-germanofonc. 

Rosière, I. dit Chèvremont, Vézelois, Vourvcnans, Sloff. 

Roûësse, adj. f. [Housse*. Roussâtre, parlant de noisettes 
mûres. Roussel (le g"], Bf. 1782-1851. 

Roûësselaî, Tachet»! de rousseurs * ii'tilles «. 

Roûësselare, Tache de rousseur, syn. de n'tîUe, quand taebes 
circulaires. 

Roûeselol, [lîosselof n. pr, ; En pat. aj. ou du D' M' Terri- 
ble. Rossetat. 

Louis Rossai, de Grosne, n. du ■ Petit Chasseur • agi; de 20 
ans, tombé glorîeus' au combat du II octobre 1871), ù Sl-Jean- 
de-Ia-Rue!le. 

Rossâ, [Rosscl*, n. pr. en Ajoie et en TBf. (li à pat. aj. ex. 
Grandvillars, Fontaine, Chavannes-l.-G. (et vges annexés^ 

fioss^e, à Délie (i). 

A Bue, Urcorey, 1. dits, fr. cad, Rossiie peut venir de coûesd 
et ^=. roseraie. 

Roiissiaux, n, pr. au SaJbert. 

Rufisat, à Rougegoutle et Russat, Rosset, anc. n. pr. à ■ Gru- 
maingny ». (L. Rouge, Dubait Royj XV* S', alors où Vu était 
pour ou. 

Il) Ce nom e^t à cheval sur la frontière tînçuisliq. BeKono-AlsacieDoe. 

Il doit provenir ± exclusivement de Rasstl ; vo/. RoClene. 

(2} RoMèe, D. porté par un earanl de Djile, tombi ta Ctimét [D-lt.). 



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- 107 - 

lîoussin, (dîm. Rossenaf) 1422, anc, prcvàt de Bf. H, Bardy. 

A Paris, Rouquin, surn, argotic, de qui est roux. 

Jîoii, surn. àCh. 

Ro&esslgnoulet, [Rogsignoler. Uossignol. liossifjnolul, n. pr. 
dAjoie (1567;. ,.-. 

Rofletal, [lie ôter]. Otcr, ôtcr après avoir mis. 
Ro&etcbe, [iîor/e]. Lien de paille p'ies gerbes, formé de deux 
faisceaux de paille (ou yeu) ± tordus, noués du coté des épis. 
Lat. Retortii, retordue ; Vfr. [riorte). 

Roûdchot, l" retroussis circulaire au bord d'un bonnet de 
coton ; 2' bordure circulaire d'un bas tricoté à cotes ; 3° cordon 
de pierre ± saillant » l'extérieur, indiquant la séparation des 
étages d'un clocher ou d'une maison. 

Reulche, voy. ce m. — Ruisseau la Rorte, à Colombier-I'on- 
taine. 

Rouêtchot, [Rocliel] paletot, à Etobon. 

Rocket, n. pr. Héricourt, qui peut provenir aussi de routchot, 

Roûeton, sm. Trique, bâton p"" frapper. Soueton, à Kxinc. ; à 
Croix, soueienaî; Roûeienaî,Ch.batonner durement, assommer 
avec une trique. — Routenaic, sf. coups de trique; souelennic, 
à Exinc. 

Rôle, à Bournois, lien en bois tordu (voy. roCietcUe) p' les 
fagols ; Rd(c/(0/, dim. de Rôte, brioche. 

Holenui, frapper avec la rôte, à Bournois ^Roussey). 

Xotre mot est congén. à RoCietche. 

«Ronflait, Coup avec frottement, coup d'un projectile qui 
arrive précédé de Houfflement, frottement d'un projectile. 

Roufîer iContej.) à )[ontb. Souffler, gronder parlant du chat 
en colère. 

Roufaî, [en pat. Montb.) est dit aussi pour être en colère con- 
tenue. 

Pline dit que les Gaulois appelaientle lynx, fiufîus. Le P. 
liach, cité par Ch. Gérard, avance que le n. gaulois de cet anim. 
était ruf, ou rouf, animal félin qui à les manières du chat. 

Roumaiogoy, Romagny. vge près Rougcmont, on y dit fure, 
au lieu de ritai. pat. Rougemont {aj. monlg,). 

Roudn, adj. Rouan, cheval à poils rouges et blancs mêlés. 

♦Roiipette... (En Celto Breton, Kell) ; id. en Montb. 

«Roupie, Humidité découlant du nez des priseurs, teintée par 
le tabac, Bf, . . . ■ 



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- 108 — 

Ronqoal, [Roquer]. Faire changer de place un Cârps lourd et 
dur, à l'aide d'une forte poussée. 

Routctae, [lîochc. Dim. Routchale, [Rochette. Routcliot. 1° 
monticule rocheux ; 2° partie d'un sillon que la charrue n'a pu 
enlever. — Dois de lu Rochote à Botans. 

R. devient Rouche en fr. cad, — Alandre de rdtche. hirondelle 
de roche ou de funèlre à Mandcure. 

Kouclw, n. pr. à Chèvremont. à Félon, 

Retdiie, sm. rocher, Mandeure. 

Lo Roilchal ou liouèlchat, lieu pierreux à .\115eot où est la 
fontaine « ((e lai sorcière ». 

Roiiècfte, n. pr. à Brebote, Delle, F.iverois. 

Route, I" Voie dépl'* ou nationale. L. Rupla, (via) ~ bris(!e, 
chemin pratiqué. 

2' Route afi. Routait, sm. (Dim.) groupe de personnes en 
marche, ou petite troupe en désordre. VFr. rote. 

Les Routiers (bande de gens de guerre ± pillards), étaient 
ainsi nommés parce qu'ils étaient tj. en rouie ou bande. 

Rotilhier, n. pr. Tlîf. 

Roy. n.pr. citéen 1307 dans la Charte Df.; Urcerey, Argiésans. 
Banvillars, Réchésy. VFr. ■ chef de société ou confrcrie, Sei- 
gneur d'une terre, huissier, bedeau ■ Roq. ; au service du Roi. 

Ru, id. en fr. Ruisseau, petit cours d'eau artif. ou naturel, lit 
d'ieel ; a vieilli en fr., mais très employé en pat. — Rou, à Man- 
deure. Riole, ruisseau, en argot paris- 

Blancrupt = Ru blanc, La rivière de la Ifuiss en Ule-Als, 
francofône à Orbey. Weiss en ail. = blanc. 

Russie, sm., Ruisseler, avoir un courant rt: rapide formant des 
ondes. 

Hus$aiit, sm. partie d'une rivière, ou d'un ru ou existe ce 
courant, espèce de léger rapide. 

(Ces mots deviennent Roussai cl roussant à Exinc, Mandeure 
et environs ou l'u dev, ou. 

En fr. cadast. Ru est souv' orlhogr. rupt. Ex, : Le rupt de 
Reppe (Fousscmagnc). 

l>c mËme sur les 2 versants des Vosges, ex. : Fenarup( (Ste 
Marie-aux-Mtnes. 

Ru délai Toirdane, Ruisseau temporaire, provenant d'une 
source temporaire (Fontainne de Déjiré) ou foitty à Ch. 

RnUe- sm. {Uoua.ble, Dict. Boistc, rutissoire) 1" Espèce de 



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- 109 — 

gros radoir à luiig niandic. pour l;i bouc, le iiiorlier, les cen- 
dres, la braise du four. Roa(e, dict. Uoistc ; p' ce dernier sens ^ 
tire braise). 

2" Enfant remuant. C't' aifant, cal in niafe, 

Ruâlai. manœuvrer ïc. R. 

Rue, s. f. Roue. Ruhlc, petite roue ir-giTe mécaniq, ou non ; 
riate, Villara-les-lî. iDoubs; ; rouet, [lîwyote' en Montb. 

liiiot. sm. Kouc de la brouclle. 

'liouole en pal. de Besançon = ruelle, petite ruci. 

Ruelle, roue de la charrue : Lies ruelles, lavant-train de la 
charrue. 

Rnyîe, Charron, en Montb. Contej.l. 

RouhtPi; Roije}% n, pr. fabr. de roues, charron, Bf. et Ajoic, 

Ruez, n. pr. à Rougeniont, Vesccmont, TBf., G-y, peut prove- 
nir aussi de rit ; Rhué, lîf. 

Lai rené ile t>t Banar flîernardi arc-en-ciel (En l)ourj. vir. 
virai) (I). 



(Ij Lai ReuF de St Bnniir. Ici. la roiic e*i pour le nimbe dont 1» ïmngpi Aei 
maints lont ornèet. Ce nimbe présenta so'ivent det rayon* cnnrentrics qui peu- 
vent éveiller l'idée de roue. Il eit vrai que l'arc-encial pe a donner ausii celle 
idée. Ail'eun c'e<t la couronne, ce qui aupuie un peu la i'° int«rprélalian. 

A Argiésani, Urcerev, TB(. c'est lu coaranne lout court, peul-^irc sous enten- 
du de bt Denis ; à Lnire, près Monlb. à Boiiruois c'eit la eoulonolt x n Man- 
deure.arr. Montb.. à Epauvilliers (Clo»du Donb". Sui-sefr.) c>it ■ lai couinait lii 
tt Boinai ; à Makhe {arr. Monlb.J. la Cmmnaltde Si Beuanâ. 

A Chàtenni* : « ioi nfiineii », tom courl. 

Près Lunéville : < La cauràHê dt SI Uirnard » Oberlio. St Bernard né prés de 
Diion {100I-II53I. 

En TBf. l'ancien patron du vieux Belfort, St Denii a laissé un ■oiivcnir dan< 
l'eiiprei<iion : lai caire«nt dtSt Déni. & Angeot, Anjoutey, fermamngn/. Chaux, 
Ve«cemont, Petil-Croii ; à Danjouiin, c'est la rouroant dt SI Déni. 

A Iftobon (Hericourt) c'est la eourout Saini-Dingni. — tgl. Col. Si Deni^ BF. 

etc. Civi 

M' Maillant cile Auchon Doye et .Au:hon de nave. pour Fonlenay-lc-Ch.'etc 

n dépl. Vo'ges Si Uorard (VI- S'I. Yéiml. t, Monlb. où il avait une chapelle. 

un domaine assez étendu. La caureli dt SI Linaid, au Ban-de-la-Roche (B. 
Rhinj. Oberlin. 

En dept. Vo<(;e<. cit. de M. H:<illant. Ln miroiin» dt SI Liià à UHménil ; la 
rturonne dt St Luni k St Ain« ; la couronnt dt SI Nina, a La Uresse. En cer- 
taines parties de la Comlé : Courmine dt SI Léonard ou Liinard, (Danois cil. 
p. Haiflant : à Grar Svue dt SI Lina. 

Naturellement. St Gérard (X' S-] de renommée vo'Kterne n'a pas été oublié. 
M. Haillant cite la eeurennt dt SI Gità. et mémo In Graa-pàiyt dt SI G... — 
CoUnalt. eoulonolt (ei peul-ftire rouroue, rouràt, couroïi, qui pari>ii*eiit ^; homo- 
lofiues ft caanie) peuvent être l'atléralion de eauronnt. 

A Charmes (Mirecourt) on a arc-en-cié, à La Salle (Si Dié) arc-en-ri<u ; à 
Si Vital. Savoi-, arc-*nchè ; arc, en Val d'Aosie, A Locarno ( Te^sin) ou règne 
tous un vernis italien, un langage quelque peu francoEâne. I^n C<" Grisons, atl-yi. 
En Italie, areli àaltiio. En Picardie, Aru-de-St-Jeui. (Corbtel). Achivol, k Givct, 



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_ 110 — . 

Rnedol, n. pr. bourgeois Bf. 1422, = Ruilolph. n. pr. ail. 

Run, sm. Ton rude et grave des cordes vocales des û 
beies, ou dos gens. 

Kx, ; C'ie fille nit in ritii ! [ait Z' pers. ind. pr, daioi, dont 
l'abrôv. ou iissourd' ë est le plus ord' employiîei. 

Le Rassey, vge (arr. Montb j qui doit son nom à un ruisseuu 
qui n'existe plus ; i) et où notre Tcli est conservé, tandis que 
plus au Sud apparaît le Ts. savoyard. (Saugeais, Ncueliatcl, 
Mortcau, Pontarlier, Absence de notre Cli. Tchaiirot, Chabot, 
[poisson) ; JJd, houe; Tc/ieuà, cheval, et jadis caraf (import, espa- 
gnole). Chô (ou rWtd .») clou = c/h6, Ch. ; Cltfuri (ou Tcheuri ?j 
lleuvi, :^C/*etici,Ch. On commence à y entendre le Ts savoyard. 

• Boute t'ai bële-cU qn'i t' saute ». 

Bét'-cu (— bët'-tiii cil.) indiq. aussi la position génu-cubilale 
com. à Ch. 

In Ichir, un chien ; Tchan. Champ, Pour l'i", voy. lettre i. 

Russie, rossant, Voy. ru. 



L'S fr, surtout devant e muet, i, u, est assez souvent rendu 
en pat. par ch. ex, : cliemclle, Cliimon, Cliybye, chu, chire 

S', pour si conjonct. devant voycl. ou II muette : ex, s'è n' vint 
pè, s'il ne vient pas. Voy. l'adv, c.hi {= sii, 

S', pour se, réflech., è' s'ainusunl ; et p' nous, vous, réfléchis ; 
JiotÎP.s s'antusims, rôties s'aiiiiisaîs. Ce se ou s' réfléchi, pour la 
l'« et 2° pers. du plur , a été constatée à Df. 

Kx. : l'ajia, nuus s'ainusùns bien .' 

Sfl, sm. [Saut. Sûlut, ]saulev*, sàtii [sauteur* sans persévé- 
rance, sans sérieux. 

.^âlërlaî, sautiller. Sâtcretia, [sauterelle. 

" Saule pour la Nation » ,2 . 

En Hic AI', germancfâne, Rag' fog = arc-dc-pluic, à Frisen, ctc, à BTumf 
(BnimBthj Réy- biug' -, a Bprne Régè-pàg. 

No« appeilalions, en noire région el voisinage + étendu, indiqui^nt quel 
enthouïiasnio a prcîidè à leur formaiion, sentiinenf, ponanl aux nues, c'e»( le 
cai de le dire, nos panons <piiitiiets. 

(I) Let pelïtei foniaines du bord des boii se tarissent oïd', quand ceux-ci lont 
dèlruif, ou q f. deviennent temporaires, 

fl] Vers 1793, sur la loute de Ch., peut-être lors de ['expédition de Bf. i. 
Moutb,, des *. patrîoles t aimés renconlranl quelque passant, l'amusaient pour 
éprouver son patiiolitme ! ï tendre en iravers un futil, en l'invitant à sauter 
par dessu.', en disant .n saute pour la Nation u. P. J. Vaulherin (pater). 



,db,Googlc 



— ut — 

Sa, s. [ém. [Sau* VFr. Sel. Ai mai .ta '. ik ma sd', formule 
dont se servent les joueurs à la chèvre, voy. tchîerre, pour 
arrôter le jeu, et prendre le temps do poursuivre un partenaire 
qui n'est pus rest6 sur son bûloii. Cette express, et cette pour- 
Builo nous reporte au temps de la contrebande du sel entre le 
Monlb, non encore annesé el l'Alsace, époque ou les gabelous 
donnaient la chasse aux contrebandiers en se), qui ne devaient 
leur salut qu'à la vitesse de leur course. 

.S'ii ma ciiire, à Châtenois des Vosges, express, analogue à 
a ai mai .sa n. 

Moiiissâ : := anc. fr. local, (n, pr.) Momllesaiil, =: [mouille- 
sel* ; mot analog, à Mouillefarin^t, n. pr. fr. 

Salai [Saler*, Sorâ, à Auxel. ; Uiiiocs, ti-hôs siilaîs, [Ravea, 
clioux salés] Hâves, choux étant préparés à la façon de la chou* 
eroule, Voy. Sait/ï-ot(/)e p' les 1"*. 

Sânot [Saulnof vge ^11" S'). Sanairc, ^aliierat, n. pr. à Por- 
rcntruy (1483). 

Sabine Barthol, la Belle, ■ le canal de toutes les grâces g née 
à Jlontb, en IC"26 ; à la mort du Pr. Frédéric, se réfugie i Châ- 
tenois, p'' éviter la condam. qui l'attendait, de la part de son 
successeur. lEph. Duvernoy. 

Sabot, id. en fr. et dans les villages non teintés d'ajoulot ; à 
Bourogne, id. à Eguenig. (pat. sous aj. montag.l, ou jadis on 
disait Sabat, m'a-t-on dit. 

[Sabal*, en pat, ajoulot et en général dans les pat. teintés 
d'ajoulot, àÂngeot, Hcchotte, Mandeure. .Sai'^af.àCbamesol sur 
le versant mérid. du Lomont, jadis à Menoncourt, actuell' sabot, 
etc. [Sobof en Montb. 

Saboutîe, [Sabotier*, ^uboutaî [saboter] faire claquer ses 
sabots en marchant. 

Barailtata, 'Buveurs, petits barils). 

Traiiviie-snhats [à Tudresse des gens <lc Valentigney) à Man- 
deure, voy. barail. 

Saboulal, [Saboulcr' donner une correction manuelle. 

ft'abor(/er, en argot parisien, maltraiter, décrotter. 

Sftb-ye, [Sable*. Sablai, [Sabler*. [SaMu" Sableux. 

Sâce, [Sauce*, t'iici'e, saucer. 

Sflce ou Sâssa, sf. Saule [saliccm., iSaucc ou sa»sse, en I. dits. 
^âcie, sf. buisson de sHules, Mandeure. 



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— 112 — 

Mû Mcic, voy. ce mot. Saussey, !. dit ù TréluJans. Ailleurs, 
.S'aHry. .Sattfcj/, Sajissij. 

Aux Saussaies, Dim. n. de 1. dit fr.-pat. c;id. avec notre su(T. 
(ém. aie, au Vùldieu, Uld A\a., où finit notre patois, en N.-O. 

Priî La Sauc, k Egucnig. : aux Saucés, prés à Menoncourt. 

Zi( Sa?sero/c, l.dit à Dirlingaclorfou Triaucourt, 1318, (Stoff ) 
C" Forretto. 

Sacinet, anc. n. pr, à Trétuilans. 

Sasrebois, Sabine, à Vézelois, à >feroux. 

«Sacredie, it Br. Sitcrcdié, [Sacre 1)..* juron. Atténuation, 
saprcdic. 

I aivâ mon bâ Uhaipt. riu, earré. poSfiu 

Que ma caùalaU. S9 saus, prêt'y in ieiiu. sapT:dîf. (Chan^. eomiq.j. 

Sadjals ou Sâdjat, Sau^jaîa, paya entre Mortoau et Montbe- 
noit Doubs) dont la C'iati.ï (la GH/oy occupe le centre et lui a 
l>eut-étre donné son nom. Ex. du pat. LeTiicl, lune, cliPÎre, 
chien ; changement des X en R. et vice versa. Dos poiitières, 
des cuillères à pot. ; ûixs^aquoMen, des ûcuellea. 

Sfldje, [Sauge* ; id. à Meroux. 

Cur moristur homo cui salvia cmcit in horto r [ic. Jo Salcrncj. 

*Sfiglieur, Sciijnour, à Vesccmont. TicausciQneiir, n. pr, à 
Châtenois. 

Sai, adj. pos T. [Sa* le m. est s-in, le pi. sles. En 1332 i sai 
remmo... « (1). Mun. Tuctey, 3t;3j. 

Sai, Sac. Uim. SaUchol [Sachet* qualifie, injur. à l'adresse 
des hommes et surtout des enfants censés dilliciles à remplir. 

Au Salbert. SAiehnl. 

Saitchait. secousse imprimée à un sac pour en tasser le con- 
tenu, etc. Hab., saiquemcnl. 

Sailcliir. Saquer, donner ■ iit snitrhnit •>. 

Sai-(le-}inHO, poche ou excavation en calcaire jurassic rem- 
plie de minerai de Ter pisolithiq., à Cii. 

Sai-san-Tùn, trad. libre, a panier percé n dépensier. 

Sai-san-tru = qui ne peut être rempli ! 

Saichct, nne. n. pr. de Montb., pat de tête, fr. de queue. 

«Sait (Oûe-) béni I Oieu soit béni ! exctam. de satisfaction. 

Saibait, [Sabbat*. Cong. Sanbôdi, samedi. Kad. hébr. scha.- 
bat', repos ; coinp. VhA. sambaz-dAij ; AU. mod. sa}nstaij. Lat. 
sabbali dies. Stapp. 

[Raffut sabbat dt;s sorciers, en Gnndvaux [Jura;. 



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— 113 — 

Saie bai, Sarcler, enlever les mauvaises herbes d'une terre ; 
ou les arbustes qui g6nent la croissance d'un haut taillis. 

S&ic'hot, 1° Sarcloir ; 2" Enfant ou jouvenceau-elle, mal 
venu, avorton. 

Sô (sec) c'môn in sai-cbot. 

Saicheu, 1° bois sarclé ; 3* 1. dit de bois à EtuelTont-B. 

Bois sarclé, à EluelTont B., ou B. cerclé. 

Saidje, Sage. Seioeot, n. pr. à Boppe, Lacollonge. 

Saige, Sage n. pr. en D' du Doubs. Seiget anc. n. pr. au 
B Vaidhoye » 1487. 

Sagof, à Eschéne-Autrage, Denney. 

SaigaeBai, id. à Angeot, Faguenà. odeur de souquenille ; voy. 
le Dér. onsaigusnai. Faiguenais. en Montb. {Contej.]. 

Saille ou Sâye, [Seille* Rab. ; seau, baquet à deux anses ; S' 
Vital, (Savoie), Saille, du L. Sitellum ; Soiile, en aj. etc. Saillie, 
b(. [:= sâ'yîe) plein une seillc, Vfr. saijel, seau. 

En 1350, à Porr, une >■ saille de vin ■. 

Dim. Saillol, VFr. Seilleau, B!. siau, petite seille à une anse. 
Saiilate, petite seille, ou seau, suspendue à une perche ou à une 
corde pour puiser de l'eau d'un puits. 

Surdim. Saîlleiiot, seau à traire les vaches. 

Ne pas conf. avec et voy. sà-yîe ou saillie, faucher. 

Redevance « d'un bouillon de sel de sept vings seillot ■ en 
1 197. (Donation à l'abbayie de Delchamp d'une redevance de sel 
à Salins. Doc. TBf. L. Viellard p. 25. 

Soilloti Salbert, Dijon [Virg. vir.). 

Soillon, à Sermamagny ; id. àUriméoil (Vosges). 

Saillie ou sfiyle, [Soi'yic' sous-m. etc., Salbert, ChalonvU- 
lars, etc.. Faucher, seyer, D. Boiste. Conj. aivancîe. 

Saillu ou sâyu, faucheur. Soi-yu (Salbert, etc.). Du L. secare, 
couper. 

L. dit, es soyeux, fr. cadast. Mbntg. ; qui peut dériver de soi 
[haie) voy. 

Saingute, [Saigner". Voy. ônsaingnîe, et îesangoûënaî; sain- 
gnant, sanglant. 

Saingnin, sf. 1" Saignée ; 2° petite rigole, à coupe triangu- 
laire, pratiquée chaque année dans le gazon, p' l'arrosage (I), 

(I) C'e<l fauleur du curieux recensemenl de BelforI en 1790 (voir Bull. S. 
Emd. n» Ji], P. Noél Chardoillct, de Bf. Ch. (avus palern.) qu[ inlroduitit à 
Ch&tenoif, ver* iRoo ? le^; couteaux à faire les saignées d'inigation. L> lame incli- 
née en arrière est fixée li un long manche un peu cambri que l'ouvrtet debout 
poucie devant lui. D^ J. V. 



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— Ili - 

Sain'nidjie (à Epauvilliers). Saignelégier [St Léger', distr. des 
Franches Montagnes, anc. Ut du Mont Terrible, où règne un 
pat ±: aj. — Sa.in-Dligie, à Abbévillers (0. Claude). 

Saint Ârbîn. ou arba, à Vescemont, sorbier des oiseaux ou 
oiseleurs. — Arbe de St Matchin, « Sermamagny, (arbre de St 
Martin). 

En Monlb. Saintourbin (Contej.]. 

A Plancher ■ Saint-Arbin, Sorbier ou Cormier : M. Poulet 
le rattache a à la légende de St Albin du Cormier i. 

A Uriménil, .4rfcots (Vosges;. 

5 ai nte-I écriture, voy. au m. iecritoûerë. 

SaInte-SleEdn'iie, Voy. Siezônne. 

Saint C3me, vge annexé (St Kosclimé, en als. d'Hindlingtie), 
vge de notre pat. en bassin de 1111. 

Saînt-Ificoalas [St Nicolas]. La veille de la fête de St N. les 
enTants mettent leurs sabots à la cheminée, le lendemain on y 
trouve 1 botte de foin p' l'àne du St, des jouets, avec une verge 
± p' les enfanta. 

Saint-Oari, en pat. de Petit-Croix. Voy. Ouri. Le preuost de 
Saint-Oury (1266) (StolTj. 

Saint-Deni, St Denis. Couronne de Si Denis, Arc-en-ciel, lï 
Angeot, Petit Magny, Vescemont, Elobon, Sermamagny, etc. 
Déjà en l'arr. de Lure, Luxeuil, Froideconche, Plancher, StDel 
remplace St Denis, et Chondé = Arc-en-ciel, voy. achon. 

L. dit à Petit Magny, Couronne de Si Déni. 

Saintib'je, [Siintiblc]. Sain, c.-à-d. bon p'Ia santé ;ex. ; /î<?s 
carafes sont saintib-yes. 

Saîpin, Sapin. Vfr. Sajj, ex. : Si tient une lance de Saj). 
(Rom. de Perceval, Roq.). 

Sape en Monlag. : La Gouïe du Sape 1. dit de bois, à Rouge- 
goutte (ou du Saipe). 

Les Sapeux, bois à Sope. 

Les Essapes, 1. dità Vôzelois (StofQ. Essapeiix ou Les sapeux 
1. dit H" S" ; id. de forêts, TBf. à Bretagne, Charmois (3toft>. 
Sappenhetm, vge détruit près Ottmarsheim (Stoff). 

Sairaidia, 1°' Sarrasin ; 2° Bohémien (t). Ex. : iai vîe dîes 
Sairaidins (bois de Ch.). 

(1) 1* l-ei Gilano) [Ejîyptieni) sont les dîseendanli des Sarraijni d'Etpagnï, 
Mauies, ou Arabei, eipulséi d'Espagne; 3* Lci Bohémiens romaDlcbeli, Ici 
tsieanes aont orieinatrci de l'Inde el onl uni: langue indouc. 

Toui onl teint brou zÉ et cheveux i;oifi, c-à-d. le leini des anciens Sarra'ins. 



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— I I.l — 

Ce mot a été importé par les invasions des Maures ou Sarra- 
sins. Terre au Sa.rra.:in, I. dit EtuelTond-B.' 

Sairaidine, injure à filletto commettant un petit méfait. 

Djan-DjaUye, save ! save ! voichi lies saira.idins, Ch. 

Es sarrasin (StoH ù Danjoutin, — Sarrazin, n. pr. aux envi- 
rons, C" Giromagny, Le blé sarrasin, se dit boucate, Pn TBf. 

Saint-Tfide, in loco, St Claude (Jura). 

Saircelle, 1° [Sarcelle* ; 2" bavarde. 

Salrle ou S6rle, Sârtc, Montag., Ronchamp ; Sassoire, ou 
traverse savonnée supportée par IcsZfourchona, ou branches en 
V renversé, terminant en arrière l'armon, dans le train de 
devant d'une voilure chevaline. Elle glisse sous la ■ tônp'ye » 
ou flèche, selon les mouvements du timon, qu'elle tient en posi- 
tion relevée. Id. à Boncourt, Luxeuil... Serrière, fr. Bf. (M' 
Beuglot). Est dite aussi lisso, à Bf., Sarrière, ailleurs. 

L'échamet, à Lu Lanterne près Luxeuil (Vfr. eschamel, mar- 
che-pied). 

Essairie, à Mandeure ; \Échaîrie' à Epauvilliers (clos du 
Doubs). Seûhiêre, à Dole ; Sulaire, à Santans (arr. Dole). 

Échairie à Epauvilliers. 

Sali, en Dt des Vosges. 

La tseréjelâ, (à Châtîllon Dt Jura) ar. St Claude, ou règne le 
pat. genre savoyard [le (s p' le ch, et Va 1/2 muet final p' l'e dit 
muet). 

C'est Rejcu, sm., aux Fourgs-Pontarlier ; où il sign. aussi 
glissoire ; voy. le cong. risclai. 

Dans les voitures modernes, remplacée par le brochemont. 

Les chars à bœufs n'ont pas de ■ saîrie » ; aussi le timon non 
soutenu, repose à terre. 

SairTaljflle, Serviable, voy. servi. 

Salssle, [Sasscr' la mine de fer oolithique dans l'eau p' en enle- 
ver la terre, ou les pierrettes. 

.Saîssu, 1° Sas, espèce de tamis portant 2 longues poignes; 2° 
ouvrier qui sassc. 

SaitchIe,-ot,-a(t, voy. sai. 

Saitchot, Satcbot, voy. sai. Saichet, anc. n. pr. à Montb. n. 
fr. pat. 

Saivaite, [Savate*. Saivailaî [savater] mal raccomoder, mal 
travnillcr. 



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- H6 — 

Saîvfiru-SB, [3avoupeux-ae'. Le n. de Savoureuse p' la rivière 
eat inconnu. Voy. Savoureuse et savon. 

Snvoûe, pommier et pommes do ce n. L. sapor, saveur. 

Saivu, Sureau, du L, sumbucuni ; ici. à Meroux et TBf., mais 
non en Montg. et Sous-M. où il devient [sauu*. 

Saivu, Part. pas. du v. sâvoi. 

Sai-yin ou seillîn, Saindoux. Du L. Ssgimen = VFr. sain ; 
saîn ± homophone à notre saiyin. 

S4J0D, [Saison*. 

Salaidje, Salade; l'homol. fr. serait [sa/arde]. Saladjîe, sala- 
dier. 

Salbte (lou ou 1'] Le Salbert, montagne (I), — [S&urbê, en 
lîosemont, Sermamagny. 

Derrîe V Salbîe = vge du Salbert. ûarte l sorbe, en i>at. 
du Rosemont, ou mieux Saurbé, 

E\. du p. : i veu ramai mes favicules. 

Sa(e6eri et Sa(e6er(j 1472-1474, cit. Stoff., Salleberg, autre 
forme, 1472. 

Salberg, n. pr. ù Paris. 

Varonymes : Zellenberg (Cellamberoh 1120) C" Kaiserberg 
^ montagnes de la cellule de l'ermile. 

Zollenburg, anc. burg, val. de Masevau\, près Sickert; mais 
ici Zoll =.= péage. 

Sa/6erf, n. pr, dès le VIIP S» en France, abrév. de Salabert 
(L, Larckey) ^ (Noir renommé]. 

Salignonsfl, 1. dit, bois près la borne des 3 Dép", là où la 
contrebande du sel devait se faire le plus. Salignon, = pain de 
sel, si = sel. ; voy. sa ; c.-à-d. salignon de sel. 

Salignon, 1. dit à Plancher-Bas. 

Sam'li, Dim. de Samuel ; un n. biblic apporté par la Réforme, 
en Montb. 

San, Sans, [Sain* aj. 

Ex. Les bogres allennent c'ment des matans. 
Sam q" Petignat s' doteuche de ran. 

Sain, à Pont-de-Roide. 

Sanbédi, Samedi, vx ; actuel' Sanmedi ; voy. son cong. saibait 
o.-à-d. le jour du sabbat. En 1337, ■ le sambedi ». 



Il) Compoïée d'un grand bloc de ichiitei aïoîque!, rangée dam le Deronien 
Inférieur. M^i) peul être il y a-t-il lieu d'examiner les preienlioni du *iluri«D k 



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- in- 

«Sanglte, Sanglier. Sin-yia, à BoumoiB ; voy. poûe, p' d'autres 
formes. 

L. dits : Montagne des Chinglins, àFelon (StoIT)- ChinguUer, 
Torêt à Levoncourt (Hte-Als.)- ' 

Pouè Sin-iiâ, â Châtillon (Jura). 

Sanpàrail, Sans pareil, extraordinaire. 

Santaie, [Santé*. 

Lou lin chu I' laisial, ç'âl Idi lanlait. 
Loi! Itjtial chu r vin, ç'&t di tchaigrin. 
Sap OU Sèpa, 1. dit, en TBf. Sape, sapin, ù Vescemont. Voy, 
Satpin. 
Sape =: Seppois, vge germanofône, 1256. 
Sapait, (Clioppet VFr.) Heurt, secousse, gros cahot. 
Nous y voici désiapù ! 
Aïlemâ voues torches 
Aiin de ne voues soppâ. 
Dedans ce maichunt porche. (Xoels Bes.). 
Aox Sarres, 1- dit champ Br. 

Sardjan, Sergent. Sordjenot, [Servant), enfant de cœur; arr. 
Montb. 

Sargot, Sargoolait, Cahot. Sargoulai, cahoter ; Lgdoc, Sar- 
goutâ. 
Sarval, Sevrer, du L. separare. 
SSssiroQ, Espèce de champignon (Angeot). 
Sàtal-0-erlaI- relie, voy. sa (saut). 

8StchaiD*De, Sentëne, D. Boiste, ou fil attachant, au milieu, 
un Écheveau de fil. 
SStchot, voy. saitchot. 

Sfitle, sitche, sat, sfitchun, sàtchi, Voy. sô (sec). 
SSln, Faucheur, à Danibenois, voy. saillti, ou sâ'yu. 
Sanlrouebe, q.r, employé à DT. (Dubail Roy) := mives salaîes 
de Ch. Surruebe à llaguenau (ortograf. fr.). AU. saiier, suret, 
acide, rubé, rave [ Als, rùbë). Seulcrute, choucroute (pays Montb. 
(I), A Strasbourg, llaguenau sùrhrût', sûr = sauer ; L = R, 
com. précéd. 
Savaidjfl, Sauvage, du L. syloa, ForOt; sioaidjun, sauvageon. 



(1) A Monib. BU moins 3 (oi<. ou plai, d« mots d'origine ail. qu'à Chltrnoi', 
amenèi par la dynaiti? ail., et la Kifocme pour laquelle lei a" 
Irei) ont fourni de nombreux prédionii. et par un certain ne 
leur* apréi l-i guerre dos Suidoi* ; taadii quV '^' 
de notre tempi. 



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- 118 - 

Sauvageot, anc. n. pr. Nord TBf,, G*" G-y. Anjoutey, etc. 
Savaigol, anc. n. pr. fr. pat.. Savaigeat (1328) et Sauvaigeat. 
anc. n. pr. en pays ajoulophone (Est TBf. et Ajoie.., Dépt Mont 
Terrible). 

Savamoat, n. fr. de Sigolsheim ; où se trouve le I. dit Ebenig 
(Ebenœte en 1407. cens camer. de Munster) Stoff. ; = notre 
îepen&le. 

Sâve, Sauf-e. Bf. sauve, ex.. : il est sauve. Manusc. Pelot 
saufre, Bf. 

Sâuaî, [Sauver*. Ex. : Djan Djaitye, sâve ! sâve ! vùichi lies 
sairaidins ! 

Saroi, [Savoir*. Ind. p. i saî, n' sans, v' saîtes ; pas. déf. i 
saivi ; fut. i sairô ; les part, saivant, saivu. Voues saites, cor- 
respond au savez-vous des Belges. 

Ex. : On n' sairait (on ne saurait) roûenaî lies poûeres djôns. 
Savoiyar, 1* qui est de la Savoie ; 2" à Eschènes, peigneur de 
chanvre. Le patois savoyard, jusqu'ici ±i négligé par les lin- 
guistes, occupe la Savoie, Gex, Belley, Nantua (Ain]. Une 
grande partie [S. et 8. E.) du Dépt du Jura, arr. Lons-le-Saul- 
nier, St Claude, le Sud du dépt du Doubs, arr. Pontarlier ; il 
comprend toute la Suisse française (i) moins le Jura dit Ber- 
nois (2) ; en Italie, le Val d'Aoste. 

Dans le sud du Doubs, il subit l'influence du pat. franc-com- 
tois et les dim. en et savoyards tendent à devenir en ot. (Pon- 
tarlier) ; cet idiome important est donc notre voisin du Sud, ou du 
S. E. En pays Saugeais, C°° de Montbenoit (Doubsl, on rencon- 
tre le Ts savoyard et les dim. en et. Là où se rencontre le mot 
caïon (cochon) c'est du savoyard. 

Savon, id. en fr. Savoûënu~se, savonneux-se ; Savoùènate, 
saponaire, vov. .Sauoureuse. 
Savoûe, Voy. Saiveru. 

La Savonrease, Riv. de Bf., parait être un barb. pour 
sai'ouneuse, m. hyp, franco-patois. On n'a pas dû en trouver 
l'eau savoureuse I Jamais on ne boit d'eau de rivière, en 
TBf. mais de l'eau de source ou de puits qui egt excellente. A 
Bf. les lavandières ont remarqué que l'eau de la rivière était 
très bonne pour le savon, ne renfermant pas ou peu de sels cal- 
caires, que les terrains granltics porfirics ou siliceux n'ont pu 



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- 119 - 

lui céder. Les autres riv. du TBf. ajoulofone n'ont pas cette qua- 
lité (F. L. uxof). 

l" citation : Sauoureuse, 1695 [fonds Mazarin) Stof. En 1G18, 
c'était la rivière de l'Assise, voir Coût. deTÂssise renouvel, par 
Th Chardouillet en 1678. (Bonvalot). 

Source Savonneuse, à Bains [Vosges). 

Savrat, Sevrer ; du L. separare. Époni, à Auxel. 

Sa'ysl (poue-) aj. [porc-sanglier), Boncourt, aj. Le porc et le 
sanglier appart. à la même espèce. 

S^in-yaî. sanglier, Mandeure, Vermea, aj. Du L. singularis. 

[Son-yo, cochon, à Aoldzé (Holsheim]. B. Rhin). Voy. sanglie. 

Sîze, &el7.e ; Sazieme, seizième. Sàzainne, environ seize. 

Scbn-Estrées, Voy. Etraû Ce radie, se retrouve dans Étré- 
bourg en parlerde LaBaroche, cité par C. Pfister,=: Strasbourg 
= Stratâ-burgus, comme n. d'origine gallo-romaine. 

Sciai, Scienre ; voy. à siat. 

Se, pr. refl. !• se ; 2" nous : noues s'ôn vans ; 3» vous : voues 
s'ôn allaîs. 

Sébastien, a donné Bachtien', à Angeot ; Bâche et Baehtien, 
à Bourogne. Sebyle, n. de fem. à St Dizier, 1346, cong. à Ste 
Sybille XIV S°. 

«Scapulaire. à Meroux, p' capillaire, Genre Asplenium. 

Schéiighâ (ou Chéligué) en alsacien, vge près de Strasbourg, 
(Schi)tigheim en ail.). 

Schenrer, n, pr, als. = métayer. 

Schmorosc, Ecornifleur; mot des Alsaciens émigrés à Bf; ail. 
Schmarotzer. 

Schteklburg, Strasbourg, à Ilkirch ; Steklbùrgîer, Strasbour- 
geois, Chteklpour-yîr, orthog. fr, 

Sâdje, [Siège] ou emplacement d'une veillotte, Exinc. 

Sëdje, [Singe. SSdjerie, Singerie". Syn'de Semeture. 

Seigneur, id. en fr. ; Sagneur, à Vescemont. Bea.useigneur, 
n. pr, à Ch. etc. 

Sècie, Sucer. Sece-mie (suce-miel), plante labiée ou papil- 
lonacéc dont !a corolle enlevée et sucée, donne du miel. Secerof. 
Tussilago petasiles ? 

Secoure, Secouer, ind. p. i sacou, n' secouons, v' secoutes ; 
les part, secouant, secoué ; le reste sur rendre, avec rad, secou. 

3ed*yillle, [Séguiller], Châtier, donner des coups de verges ; 
Seguillie à Bes. 



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Seille, Voy. saille. 

SélesU, vil. du B. Rh. Ali. Schlettstadt! ! Ghelestiit ou Sélesta, 
à Aoldzé (Holsheim) B. Rhin ; SelatstnU. en 728. Selestatt, 1826 
(L'Alsace, par Aufschlager) ; 1865. Schlestadt [Daquol} ; en Lat. 
Selestadium. 

Le pat. als. a conservé le nom de Sêlesta., ou Chclestd, mal- 
gré l'autorité fr. ! ! qui favorisait le n. ail. 

Selle ou Slie, Serans, Dict. Boiste, ou peigne à chanvre à 
plusieurs rangées de clous pointus. Selaison, à Mandcure. 

Slaîjie, Sérancer, peigner le chanvre. 

Slaîju, qui « slaîje n = « mari ». Les peigneurs de chanvre 
sont ord' originaires du sud du Dépt. du Jura, OU d'autres pays 
à parler savoyard d'où ce n.de sjvoyar à Eschënes =:8iai'ju. 
A peu loi mon peure Frijie 
T'Ji todje aru bin s'iaijic (ravagi). Ch*. da Frabier). 

Selle, Chaise, siège. [Salle' à Vcscemont. S3llate, petite 
chaise ; (poutchai ai] lai sellatte = et voy. ràrote (chaisel. Du 
L. Se//a, siège. Sella, à St Vital, Savoie. 

Semain'ne, Semaine. 

Semetnres, st. pi. Simagrées. Bf. Simagries ? de a si7iia 
vultu n en faisant la grimace (cit. Slap.). 

Sammadoil, vge près Combeaufontaine ou notre Tch n'existe 
pas, 

SemoilUe, Sommeiller. 

SamODdre, Offrir à l'usage, en vente ou en location. Du L. 
submonere. VFr. Semondre, avertir, inviter, prier (Roq.). 

Semoûe, sm., et Bf., Tresse ou lisière, pour fixer la quenouil- 
lée à la quenouille, ou la couverture d'un enfant au berceau. 
Lgdoc, sùnous. 

*Semonîlla, Bf. [Semoule*. De même par balancement, on dit 
à Bf. boulli, sm. p' bouilli (bœuf). 

SeaâdJIe, Présager, augurer. Toi/ai in brut, que ne me 
senadje rôn de bon (1). 

Vfr. Senaz. prêtresse gauloise. Les sénages, classe de prêtres 
gaulois. 

Lat Sena'je, fontaine, près de Vourvenans ; Senaille, cadast. 

(I) Plaintes de Didon : Qu'Ainiat n'aivd qu'eîn cceur de pîarre, 
Que ne leu'je ni can pie soui larre, 
Criô.t-elle lai neu. !o jor ! 

Tô sannA atuongtai laî mor (Tout lemblaît annoncer 
•a mort (Virg. ïir. p. 127^. 



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— 121 - 

Séné, sm. [aenj Vfr. sens. Sens, sens commun. Voy. son, p' 
sens fisic. 

Jtf'auoi p(e lou senê de faire coulai, n'avoir pas l'idée de Taire 
cela. 

Saoelle, Fruit de l'aubépine voy. Cenelle. 

Senelle, ou s'nel !, terme du jeu de billes, pour déclarer le 
coup nul. Quand la bille a été touchée pendant son trajet le 
joueurprend les devants en criant: jia^ de s'neJ, ou pas d' sënel, 
tandis que si l'adversaire dit le 1" s'nel ! le coup est nul. Peut 
être du VhA,. snel, prompt, rapide, qui a donné le VFr. isnel, 
rapide. 

Sineudjie, (à Epauvilliers), Saignelégier, (Franches monta- 
gnes) ; anc. Dépt du Mt Terrible. 

Septante, a vieilli en fr.. se disait dans le plus grand nombre 
des pays francophones, compris les iles anglo-normandes ; a 
cédé le pas devant le soixante-dix incommode, mais pari- 
sien ! ! (1). 

Seltain-ne, environ sept. Settîeme, septième. 

Set^_,çuils, Lamproie, id, à Mandcure. Sept yeux, ou ouver- 
tures branchiales, d'un côté et de l'autre. 

Serait, ou s'ra-ye, Soleil. 

A Meroux, 1* id. ; 2' Arnique (2j ou Tabac des Savoyards, 
Arnica. 

Serwye ou s'ruye, Sermamagny, Angeot, Perouse, Le Sal- 
bert, Urcerey, Argiésans, ...Rougemont, Rosemont. 

Scraillîe, temps de la journée pendant lequel te soleil donne 
après avoir été caché. 

Rônseraillic, exposer au soleil. 

Serai, sm. Caillebote de lait égoutté, fromage d'un jour. Sera- 
cha, à St Vital, Savoie. Sera, à Grandvillars, aj. du L, sérum. 
Sârà, à Sermamagny. 

Seri, ou s'ri, sm. Musaraigne ; elle ressemble un peu à l'ex- 
térieur à la souris {soricein) ; uiouzet, moèzet en pays savoiyo- 
phoncs. 

(I) Pierre dil ï jÈius ; parJoniier»!-]*... jusqi'à sepl foi.» ? 

jéius : Je ne vom dis pas jusqu'à lept foi", maîi jusqu'à siptantt fois lept 
fou (St Malhicu. *ul£ate trad. pa. Le Maiitie do Sacy). Seplaale-sept, sobriq. 
de boiteux à Bf ;0' Xorbitj. La Belgique a gardé avec raiioo le a septante ■ 

Noi ciudjna ptoviociaux moini indépend an It, ont paiié soui le joug ia par- 
ler parisien. Les patoiiaatï, ordinairement fidèles à leur nationalité primitive 
ritiiteni : disent teptanie. 

('!) J. J. Jacques de Mérous. 



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- \iî - 

On devrait zb la respecter comme tous les insectivores, selon 
les eus. On dit à St Vital qu'il mord ? le pis des vaciies, alors le 
lait se caille ± dans la mamelle et sort caill*^ à la traite ? 

Un souris, à Bf. = une souris. 

Sermamaiogni, vge TBf. Sarmanmuingni, in loco ; Serma- 
magny. en fr. ; par abriiv, S-y. 

Ex, comparatifs des p. de S'-y et de Châtenois (R — fréq. L). 



à8.y 


AChàtatiDla 


Afan 


[Airan' (enfant 


Aufar 


[Actl- où Asstl (Auxellei) 


Auçarot 


(hab. d'Auxellei) 


Avolcherot 


Onvarkel (Orgeolel) 


Barres brue» 


iatllrs Slurt- (M;rtille9i 


Barte fônne 


[BtlUfinnt' 


Bijol-ote 


BIjit-ttt (Biiel-te) 


Lei BoroyoU di Vkdà 


iLits baraiUais di Vaid^ût'. {Lei gint du 




Valdoie (lobr.) voy. Baratt. rad. 


BAtGhe-t[u 


(P'ruit de l'aglamier. 


ReulA dam [a brobc. 


Rà{a\ dans lai bourbt. . 


BrOche 


[Bh&icht {prunes ± rondei). ' 


Bolche 


(Boisieau). coupot 


La cimaudJE 


Lai Rimt dt cini (ou humidiié du nez) 


Cerèje de St Matchin 


[Ctrise dt St Marlin] 


Lei C6' d'EJa« 


Les coq) d'Eloye ( ly\. badin); lei garçoni 




d'Eloie 


Ucœu 


Lo coup 


Coton 


[Cautu-. (psHoire p' le lait) 


a Cor 


i TiU ; (il courl) 


Léi DjerSD« d'Elâe 


(Lea Siles ou femmes d'Eloje; (slyl. badin) ; 




lilt. Us poules 


L*3 Diaibei de Ve^cmort 


(Sobr. = Us Diables...) 


Des Dreulche» 


(Pciasiles afficinalii) 


Eluda 


Itlttsat (donner des éclaiis) 


Eluda dan 1' deu 


(Elancer, avec des douleur, vive» dan* le dos) 


Écbapi 


[rtchaipal- 


Éïale 


\Inailt' (Kvelle, vge) 


Les Espagnoli 


(Us gens de Chaux, do La Chapelle ;iobr.) 


Fiàw (adj. Krasiot) 


(Frease, vge. Ilte Saônej 


Frfitche, Frolchot 


IFaurkhi, FmrUhit 


Meu 


[Mo- (mou) 


MAiche 


[ifvûHche-. (mouche) 


M6«che 


[lUaatlcAt' (morte) 


Mausauci 


iMaliaucy, élang) 


Paure (ou pore) 


[Pâle', (Pelle) 


AlU.t' nu pitit la lieur/u 


Elle s'est piqua la cuiise 


PrS 


[Praf (pré) 


l'iaolchorot 


(Hab. de Plancher) . . 



,db,Googlc 



Il S-y fc ChktonaU 

L« fikntche dei Barret Muniotei (La Planche des Belle*- Fi llei) 
Rcc haipi ia soj^on Kltieuiti in sa-yoi 

Reubià Rltbiai (oublier) 

Riàlei de U Icharut Ruilltt âe lai tckairut 

La Rtviere dis lloutchotes (La rivière ou ru du Rbome] 

Darfe l' Saurhé [Dirii i Stlilt- (la ïjb du Salbert) 

Salle StiU (chalie) 

Soir [Snulie' {Svli*T, grenier] 

S'ru-ye ou Struyi Sérail 

TicbioM Tttic-hal» 

Tuèc-he Terriitri (Lierre) 

La Tchapare deu Tchfl [Lai TckaiptlU dà Tckà'. 

Ltt Tchèn* (au fém.) Lan Ichina, [le chanvre) 

TauliroQ {rad. tabula) Ttnit (aiiai mtUrai, dreuoir) 

Tcheus aigre* [Tchit' talaU (choucroute) 

Tchapt [Tthaipi* 

Vieulole ou «ieurote jVioutate' 

Voidje \VadJe' (verte] 

Vru-ya de p6 Bruyr de foût (verrou de porc) 

Noms propres du lieu : Bardot, Belot [Bellet], Follot, Pequi- 
gnot, Marconnot, Morot, skuvsgeot. 

Evette, Chaux, LachapellG-s-C, S-y ont même pat., qui reste 
mouillé. 

Tandis que Giromagny, Auxelles, Plancher ont pat. ± sem- 
blable et sec, ex. ; ajfe s' au pîcâ la cœuche. Voy. ci-dessus. A 
Vescemont, à Riervescemont, c'est un patois un peu composite 
à cause de la destruction de ces villages, en 1632 ou 1633, par 
les Suédois. 

«Sermfin, Serment. Bf. Sermenté, p' assermenté. 

«Sernade, Ch. et Bf. Sérénade. 

Serpdn, sr. [Serpent*. 

Sarrai, 1° [Serrer' conj. ainmaE ; 2* Enrayer, ou arrêter, une 
roue de voiture ; Serru, sm. chaîne p' cet usage. [Serrou* à 
Mandeure, sabot de voiture ; Se serrai, se ranger. 

Serre, n. pr. Bf. non fréq. ; en Occitanie il := sommet de 
montagne, défilé. Mont de Serre, près Champagney (Hte Saune), 

Servi, Servir ; Ind. pr. i serve'. Serviate, serviette, 

Coulai ne se d' rôn, cela ne sert de rien. 

Serraljftle, Serviable. Q.q. rares adj. sont en <lfc au lieu de 
Sib-ye — [able", fr. 

SerTiD,vge,C?"'Baume-l.-D.Ex.du pat. Tchi*, chien. Tchain, 
champ, Tchait, chat. Soillot = {aa-yot de Ch.) seau. Notre Tch, 



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- 124- 

y est conservé ; Vn 1/2 nasal, s'y remarque com. en Montb. k 
Mandeure, à Vernies. 

SaU«, [Sentier* chute de l'n, 1/4 règle. Du L. semit&nus 
[Brachet). Celt-B. Hent, cliemin, 

Sënntie, à Angeot, 

Set, Sept ; voy. septante. 

Set'_euils, [sept !/eu:c] Lamproie, poiss. ainsi nommé en pat. 
à cause de ses sept paires d'ouverlures branchiales. 

Seafri, Souffrir, conj. fini. 

SenlUte ou Beu*yle, Couvert de buée, ux. : les vitres. 

Searo, Suivre, du L. Sequere. Ind. p. i seu, n' suyôns, v 
seutes ; p. déf. i su-yi ; les part, swyant, sicyè. Le reste sur 
rdndre en suivant les rad. des 5 temps primitifs. 

Seule, suite. 

Ile. seule, voy. ce m. 

Seiitiu, aia. (suit c.) qui suit souvent q.q.un par derrière, 
qui est ord' avec lui. 

Seutche, Suie. Cclto-gaëlic, suith (Stappers). 

Seiye, à Des, (La crèche). . 

Seute, Oorde à deux chefs pressant à l'aide d'un treuil placé 
derrière une voiture de foin, lu perche maintenant la charge, 
Salbert, Montbéliard. 

Sève, i" Subst. sève ; 

S" adj. en parlant des saules en 1" sève au printemps, et dont 
l'écorce se sépare du bois ; 

Ex. : è fàt trônpaî des sâees dans Vâoe pou lies faire veni 
sêces ; 

3" adj. parlant des pommes de terre dont le tissu est transpa- 
rent, qui pendant leur séjour en terre sont ± en partie expo- 
sées au soleil ; 

Ex. ; Cies po'unes de tîere sont sêoes; 

4> Les enfants à Mandeure en frappant une branche de saule 
au printemps p' détacher l'écorce du bois, pour faire un sifflait, 
chantent cette adjuration burlesque : 

Sève, sève, mon chôtrat (sifflet), 

Pà lai roue-di-tiu d'Djaicat (Jacquot), voy. rowe. 

Quan Djaicat serait crevai 

Mon chotrat serait savai (A. Henriet). 

Se Soveni, [Se souvenir, ind. p. i m' secin, n' n* seviniôns. 

Se re'seicni, se ressouvenir. 



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- 135 — 

Conj. sur vent, voy. 

Seviniance, souvenance. 

Sëvea, vgc de lu vallée de lu Dôren (Doller, ait.) ; en ail. 
Sewen, C" Masevaux, germanofone, et .Seiv. « Montagne de 
Sères ». 

Si, conj. condit, s' devant voy. ex. : s' è t' piait, s'il te plaît. 

Si, affirmation, ex. : t dis que si. 

Chi, diins chifait, voy. ce mot, et chiâ. 

Sial, [Scier' avec la scie à main. Ind. p. t sic. n' siôns, v' 
scietes ; p. dér. i syi, le reste sur ainmaî. HT. sieure ou scieuro. 
sciure, fr. et pat. voy. ratSSte. 

Sibsl, 148i, Sébile anc. n. pr. de femme, en Ajoie (Mg' Vau- 
trey). Ste Sybille XVI' S'. 

Slejant, Seyant, voy. chiere. 

Sierdje (1) ou cier4J6, [cierge). Arum macuialrun, pied de 
veau, voy. Damote. 

SIes, pr. pas. [Ses* en Tr. et ès autres pat. du TBf. (ses. 

Siezdnne (Ste), Ste Suzanne, vge près Monlb. 

Signeule ou mieux Cigneule, Manivelle à Etobon ; cigneure à 
Plancher, du L. ctconia, cigogne. Simieule, à Urimenil, Vos- 
ges. 

Se Signie, [Se signer* faire le signe de la croix sur sa per- 
sonne, Rab. se setgner. 

Silal, forme de Cilnî, voy. 

Sllla ou st'ye. Simple et non double, parlant d'une feuille de 
papier. Du Lat. singulus, qui a donné aussi sin-yai, sayai, 
voy, 

Simal, Suinter, parlant d'une plaie. Chu va siiné, cela va suin- 
ter, à Selvigny (Cambrai). Ail. Se'imen rendre un liquide muct- 
lagincux. ■ Val d'Ajol simbuâ, suinter ■. 

' llugiienin Simonutre ■ anc. n. pr. de Ch., I5Q0, maître 
eschevin ■>. L'S fr. a remplacé le Ch. pat. de Chimon. 

Sioal, Signer, ici le gn devient n sec, balancement compen- 
sateur du mouillemcnt ordinaire). 

t Les tesmoings sont sinêes manuellement •. Livre Rouge de 
Bf. (553, Dubail-R. 

Sinb'ye, Renoncule flottante à feuilles capillaires, habitant 
les « russants ■ peu profonds, formant des crinières sans cesse 



(1) Ortograf. J. J. Jacques de Mcioux. 



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- I3fi - 

agiliies par le courant, iïanitncufus (îuitans L. — En Montb. 
tiain-me, Contej. 

A Urimenil, Vosges, Sème, algue deau douce. 

Sinpc'ho, [Simple* voy, sUle ; Simjii/e devient rég, simpche 
aspiré par le p. 

ikSidnçu, Savant, qui a de la science, [siôncc*, scientiOc. 

Sis6, Carvi ou Cumin des prés, carum cu.rvi, sert de condi- 
ment à la charcuterie du pays ^saucissons} et au fromage façon 
de Oiromé (Géradmer). 

Du Lat. Sison, petite semence. (Voc. Lat, fr. univ. Paris, 
Guerin et D.) Sijô, à Vézeloia, (M' Kœsch) et à Meroux. 

Snovre, C" de Délie, Sinapis arvensis, genre sénevé (fleurs 
jaunes), donne tisane dépurative.— Sonobre en Montb. (Contj.) 
Souv. confondue avec rauene//c. 

Sidobre, n. pr. Hle Sne [ce n. se trouve en Provence ou eu 
Occitanie, dont il parait originaire}. 

Bois les Sires (en p. chires), I. dit de bois àRoppe, Les Sires, 
fr. est une forme du VFr. pour des sti-es. De même à Romagny, 
« bois le Seigneur » p' du Seigneur (II. 

Bois (a Dame, à Beurnevésin. 

Bois la Sise ou Lasize, .Xndelnans, c.-à-d. do l'Assise (1), anc. 
district divisé en 2 mairies relevant du tribunal du Château de 
Bf. Assise en Vfr. — Plaid oij on jugeait en dernier ressort. 
Roq. 

L. dit, verger et pré ; Les Assises, à Fontaine, 

Sltra, Cidre. Sitre eu Sav., en Bretagne francophone (Les 
sots bretons), à Laroche Bernard. Anc, fr, sidre, Celto. Bret. 
Sistr, Lat, sicera. 

Sitse, Siège d'un chnr-à-banc rustic. AU. sitz même sign. 

S'oorre, Se dislingue de la raite-reutche par sa silique, non 
articulée, indéhiscente. Sénevé des champs, fi. jaunes, donné 
comme raivc-rutche, C" Ueile, M. Fleury. 

Senobre à Montb. (Contej.) sinapis arrensis, donne tisane 
rafraichiss. 

La raive-reutche de Ch, = Ravenelle [voy, Rait?ej fleurs jau- 
nes, blanches ou lilas. 

(1) Ail Xll" Sîtcl« ei après, l'art. /; était q. f. emplori dam lei cas obliques : 
(surtout (levant Ici d. pr, imporlanls) par éliiion de dr t 

I* £ li Tiii curnandad à Joab fat tsttit maistrt euntslablti de la chnaUrit 
U rti, de la chevalerie du roi (Les 4 livres des Rois, p. 315,1, ...Li hoemt Deu = 
L'homme d* Dieu. p. altj et non l'homme- Dieu. 

3* En sa baaière portait les armes l'cmperaour. 



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— 127 — 

Ces 2 plantes ± semblables, inrcstcnt les cliamps ; elles 
voient leur noms confondus. 

S'Itû, p' si i vô, si je veux. S'i vô (six veaux) ç'ât chaî vîelots 
(jeu de mots). 

Bois La Sizs, 1. dit ù Andelnans, qui relovait de la mairie de 
t'.\ssise sur l'eau. « Il y a une rivière appelée TAssize n (I) ■-= 
la Savoureuse, n, qui n'existait pas alors. 

80, si. Sœur. SôsÔ, redupl. enf. 'Seurelle, petite sœur. Ces 
3 vocabl. servent de surn. 

Chue, au Salbert. (Voy. chur) p' le p. Montg., du L. soror. 

Sft. sm. Satiété (L. fatur). El maindjie tout son s6. Du Lat. 
satiilliis, soûl, rassassié (Brachct). 

Sou, adj. ; le fém. soitle. [soul-e] qui est en ivresse ; anc. fr. 
saoul. 

Le fr. sign. 1° plein de vin ; 2" plein d'aliments, rassasié. 

En 1633, les domesliq. d'Ulric, aux obsèques du Duc Léopold 
Fréd. à Monlb. ont été 1res satisfaits d'avoir été saouis tous les 
jours (rassasiés), (Man. cil. par Duvernoy, Eph.). 

Sou/aî, enivrer RessouVnaî. réd. en Montb. 

Soufon-ëfie, [souiard-e*, qui est ivre, ou l'est souvent ; id à 
Bourogne ; à Df. soûlot. 

S$, Sec, au tjm. saic/ie, [Sèche". En Aj. sa ou sàt, f. soitche, 
Angeot, Eschène, Charmois. Sô soitche, Salbert, Clialonvil... 

Satchi, Sécher, conj. fini. [Soitchi' Salbérien, Meroux, Cha- 
lonvillars, aj... 

Satie, sf. 1" sÈchcresse météorologiq. ; 2" soif ardente ; [Sot- 
tie", aj. et Sab. 

Sàtchun, fruits (pommes poires, prunes) séchés au four. 

Satchirun, sm. pré, ou partie de pré, naturellement sec. 

Remarquons que les dérives, partent du rad. féminin, comme 
on peut le remarquer souvent. 

Sàtche, sobriq. fém. 

«Sobritiait, [Sobriquet*. 

SAci, Souci (plante), du L. solsequium (c.-à-d. qui suit le 
soleil) ; anc' Solde, 

Sdci, Voy. te m. suivant. 

Se Sflcial, [Se soucier', conj. ainmai ; du L. sotUcHare, 
inquiéter. Ex. : l n' me socîe pe dallai pâtchîe adjed'eu. 

(Ij Coulumes rt Terr. de l'Aifise 1573. (A cpite époque le n. de Savoureuse 
n'ejiDiait pasi. Slalul UunviilDl. — Eu ull. Sssii' qui paiaii uno forme •+■ paioi' 



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— 128 — 

D. Sôci, souci. 

Soda, soté ou Sodl, en ats. d'Htndiingue, de Friescn = Le 
Puits, vge. C" Dellc. 

Sood\ autre fornic des anc. scribes germanorônes ; soot, en 
1576, Stolî. 

Soden', en I39i, — Lcpuix, vge, C" GIromagny. 

Sôdii, autre forme, plus ais. que la 1" qui est plus ail. On 
trouve surtout en Haute Alsace, surtout au sud, où ont dominé 
lea maisons de Ferrelte et d'Autriclie les n. de lieu suivants 
cités par StolTel. 

■ Sod, anc. écarts de la vallée de Masevaux, à Kircliberg, 
Weegscheid. 

Sodfeld, à Fellcringuc (St Amarinj. 

Sodten', à Ricdisheim (Mulhouse). 

Sodwald à lïanspnc iSl Amarin). 

Sœdlen', 1. dit, à Winlzenheim iColmai). 

Wegesode, anc. rue à Turcklieim; Wegesoi' n.pr.dc famille, 
1378 • la plus anc. citation de notre rad. 

Actuell' en Argovie, sol' prùncn ou sod' brûnncn = puits 
à Schtcin (Stein) ; mais sol' ou snd' waassr ^= eau minértde 
saline ou sodique, du côté de Rheinfeld, où sont de petits puits 
servant à extraire cotte cau.ctoù sod' fcrunnen' = puits, même 
quand l'eau n'est pas minéralisée. 

En Canton de Berne, sod' proûna, ou sod' brùnnen' —- puits. 

En Ilte Als., anc. Cté de Ferrette, à Friesen, à Hindlinguc 
sot' proûna, = puits, tandis qu'une source se dit lif proûna 
(source vive). 

En C" Fribourg, on trouve sodhach, n. de cours d'eau. A 
Délie, Loudevic Soder, anc. n. pr. en 1529, cité par L Viellard 
(Bult Br.n'9). 

Engelsod (Anget, Angelte, Angetli, en l'234), semble un bar- 
barisme apparu plus d'un siècle après, i.\nget ou Andjaten 1350). 
et dû sans doute aux scribes gcrmanofones des nouveaux maî- 
tres. Le n. pat. actuel Andjat, existait déjà en 1300, car Eniat 
se prononçait Enjat, en écriture et Andjat en prononciation 
usuelle. Nos scribes fr. en ont fait Angeot. 

Dans un intéressant travail, M. Gendre lire notre mot du Lat. 
surgere (se lever, sortir, jaillir] qui a donne sourdre. La ques- 
tion ne parait pas encore rcsoluc en ce sens. Il faudrait exami- 
ner les prétentions de sod' dans sod' wasser, k la paternité. 



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- 139 - 

Dans ce nom, en Argovic, sod'ousol' indique la qualité miné- 
rale ou sodique de l'eau tirée de petits puits. Ce mot a pu s'ap- 
pliquer au puits lui même. En ail. sodé ou sadâ signifie soude, 
et pas autre chose. Sod, quantité d'eau p' un brassin, sauce, 
acrimonie dans l'estomac. 

Notre radical n'existe pas seul, dans les cit. précédentes 
actuelles, mais par sa position adjective dans sot' proûnn ou 
sod' brànnen sert à distinguer les puits, des sources ; tandis 
que le latin surgere a servi, au contraire, à former le mot source- 

Remarquons que sod' proûna ou sod' brunnen (inconnu en 
Ilte Alsace fruncofùne] n'est employé que dans les pays germo- 
fones où ont régné nos anciens maitres germanordnes ou dana 
leur voisinage, ou dans leur pays d'origine. 

SOfiate, Sopliie. P. Montb. 

Soi, sf Soif. Sa, à Mandeure. 

Soi, sm. Soir. Arboi (arc-en-ciel) chu 1' soi, B6 ciiu I' mai- 
tin (à Vcrmes). 

Soi, sf. Haie, à Eguenigue. En lat. sœpes, Vfr. Sepe, Seip. 
Essôpi, faire sécher (linge] Auxel., c.-à-d sur les haies ? 

Dans le règlement de la 0°" de Levai, addit. de 1618 « a été 
réglé qu'une personne qui sera prise es soys, doit être amenda- 
ble », Liblin, Df. et Ter. p. 205. 

A Eguenig., vais (e coitdii derrie la soi. A Sermamagny(lj 
soie = palissade, tandis que t bês bossons » ^ belle haie. 

Le bois des Soyaux, près Chalonvillara (manusc. de la cure 
1727), forme francisée. 

Essoyeux, bois près Chalonv. et Frahier (voir chans. de 
Frahier, Poly], forme pat. 

Dim. Soyoto h Boumois ; sur le Soye, I. dit champs à Véze- 
lois; lai Sce au B. de la Roche. 

VFr. Soef, haie fermant un héritage, Roq. 

Soidja, au fém. soidjelle, [Sourd*-e, à Mandeure. 

Soile, Seigle. En 1270, à Soissons ; un mut de Soile (Thés, 
n. anecd. cit. p. Fullot). 

Soisoi-a(e, abrév. dim. de François-e ; çoisot est mieux. Voy. 
Français. 

Soitchi, V. inf. et part. Salbert, Châlonv., voy. [Sàtchi'. 

Sûle, Fatigué, {du L. so(u(us). Fatigué, las. (En p. aj. etc. 
c'est foutaî). 

(1) Seraugnj, {aima abrtg. de ijennaniagny, •roplojéa par Boovklot. 

D,9,t,z.dbyGOOgle 



— 130 — 

En p. Bf. Rethnans Sd(e. Rah. Solu. 

So/aî, fatiguer, lasser, sens prop. et (ig. Solant-e, Tatiguant-e 
BU moral. 

Seufd, en Ballon. 

SAle, fr. Cad. =^ ]}ie = sole fr. ICn la solale, îi Meroux, 16Ô5, 
Stoff; du L. soi, terrain. 

Sol, 1. dît, à Ligsdorf ou Lecliincourt, (Ferrette) SlolT. ; i Vol- 
gusheim, C*" Neuf-Brisac ; à Husseren (en 1488', et le composé 
liesol (Colmap). 

Solmont, I. dit à Kruth (Val St Amarin) où nous trouvons 
d'autres vestiges francofones, ex. Bramont. 

Les Soies, I, dit à Botans StolT'. 

Son, gai, sies, adj. pos. [Son, sa. sesTr. ; id. en Saihéricn. Sai, 
sa, en aj. 

San, son û Chalonvil. ex, : Sun^hanmc, son homme. Sis. un 
peu partout hors de Ch. 

L'n de son Tait liaison. 

Son, sm. Commet en Montb. 

Sïn, id, en fr, Soûenaî, sonner, Soùenu, sonneur. 'Sonnail- 
les, collier de grelots en forme de clochettes, 

Soûenale, sonnette. 

S6d, af. [Sens), côté. Ex. : sôn deavnt derrîe, sens devant 
derrière, D eue sôn, d'un côté. Fraire d'ëne son. 1/2 frère, 

Carousse ou voiture d'ëne son, voiture dont la caisse est diri- 
gée sur le côté et placée sur deux brancards, sans place pour le 
cocher. Elle est spéciale à notre région où résonne notre patois, 
Bf, Montb. et Porrentruy. Elle est en train de disparaitre ; en 
dernier I., les Juifs son servaient comme voiture démodée c.-à- 
d. à bon marché, Voy. senê, cong, p' le sens moral. 

Sfinbiant. Semblant. 

E&uble, Espèce de nœud coulant, formé par une boucle de 
corde dont les deux branches non nouées repassent côte à côte 
dans cette boucle. Lgdoc Suiibel, cordon, filet. A Bes,, t^atibd, 
chiquenaude, cong. (t . 

Du L. Cijmbalum '( cloche, probabl. à cause du noeud coulant 
ou de la corde de la cloche elle-même. 

Sonbre, adj, id, en fr. 

Soabres, sm. pi. Jachère, L. dit, (es Sombres, champs à 
Plancher-Bas. 



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— 131 - 

Sombrol, 1. dit, St Germain (Stoff). 

Sonbr&î. Labourer un champ p' le laisser en jachère ; Som- 
brer, en anc. fr. local et sommera, à Albertville; id. au Val 
d'Ajol. — Sonia, à Uriménil = sombre. 

SAndje, [Songe*. Sôndjîe, Songer, penser, 

SfiQ'iie, sm. [L. Sommus', somme, sommeil. I aî sonne. 

S6nti, ou s6iitre, Ind. p. i son, n" sôntons, v' sônlcs ; pas. 
déî. i son. Les part, sôntanl, sôntu. 

Sônti-bon, Hysope ; santi-bon, à Meroux. 

[S.infi-bon* sài;aH(je' Serpolet, à Meroux. 

Sôntu, st. senteur. 

Sôpe (sùbà), Soppe, vges de Hte-Als. parait congén. aux for- 
mes suspa, 1105 et sulcrbacli, 1185 (C"^ Masevaux). i Sope, 
autrement Mormaingny, 1453, Trouillot, cit. Stof. 

Sflpi, [Soupir*. 

Sorfae, Cerreuil, à Meroux. 

Soté, p. als. d'Ilindlingue (En(reigne), Lepuix, vge TBT. 

Son, Soûl, ivre. 

SOD, id. en fr. Ailrape-sou. espèce de filou, W. à Bf. 

SoQci, [Sourcil* à Mandeurc. 

Soocre, Sucre. Soucral, sucrer ; [Socrat, Aj. (Eschénes), etc. 

SoÛe, sf. 1» Soie ; 2° poil long et rude (des porcins par ex.) in 
vîetu de soûcs = porc, (jeu de mots). 

SoÛe de poûe, Etable à porcs, litt. toit de porc. En Aj. [Sô 
depô'. 

SoÛP, avantloit d'une grange. 

So&ë, sm. [Soin*. 

Soiiëgnic, [Soigner*. 

Soûec-hai, [Souffler*. En Montb- [Sôechaî*. Soûechai V poi 
(soufrier le poil). 

1" Provoquer. È n' ferait pîe bon U soûechaî V poi. 

'2' Respirer par la bouche pendant un sommeil profond, de 
sorte que chaque expiration distend ± les joues avant l'expi- 
ration, comme lorsqu'on fume la pipe (congestion des centres 
nerveux. 

Sôechaî, en Montb. 

Soûec'/iu, [souffleur*. 

tyoûec'he, [Souffle* subst. verbal. 

Soûêc-hot, [soufflet*. Sôc-hot, C" Bf. ; [Sochai*, aj. ; Soctoï, 
ReLhnans ; Sociaf, à Kpauvillers. 



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— 132- 

Chôchat, à Vernies (Delémont). 

[Souechot*. à Etobon (Iléricourt), [Sôechof, Monlb. 

[Sôfiot*, à Ronchamp, où n'existe plus le Ch de Ch. p' Fî. 

In cliè-\ial, un soufflet, au Bonhomme (Lapoutroye). 

Soûagnot, [Signel]. Jeton, avec n" d'ordre, que les teinturiers 
donnent p' reconnaUre les vêtements {ou uutres choses) donnés 
ù teindre. 

Se soùêgnie, se signer ; voy. Souegnîe, voy. soùë. 

Siniot, anc. n. pr. à Bessoncourt, XV* S*. 

SoÛenal, Sonner, voy, Son. 

Soflene, Saône. L. socco«a. Uad. sequann, le môme que p' 
Seine (sequana). 

Rivière des Séquanes; ou qui vient du pays des Séquanes (la 
Seine) peuple qui jadis occupait les sources de la Seine. 

Soûeqat, [Souquer* D. Boistc. et Bf. cliercher, fouiller, péj. 
(de l'ail, siicfien, chercher), flairer, en cherchant, parlant des 
chiens. Soâeqo, Tanbcau ! Soûeqe ! 

Soué, à Exinc. = Soûcge. 

Soûequ, qui met son nez où il n'a que faire ; frit;. 

Ecnrce, id. en fr. Bf. ressource. (Munus. l'ëlot'. 

Sourcle-re, Sorcier-re. Sorcîe-re, à Angeot. Voy. au m. Fon- 
taine, F. de la Sorcière. 

Soûeron ou Çoûeron, l''[Ciron]? Bas-L. [Siro]. VhA. Sluro 
(Stappers) ? 

Vrillette, petit cotéoptère dont la larve perce le bois, le rend 
vermoulu. Genre anobium. 

Le fr. ciron est un petit arachnide, Acarus sirô, mite du 
vieux fromage. 

2" dard des hyménoptères et d'autres espèces voisines, 

Soûerenaî, attaquiî par les • soûo.i-ons » (bois), vermoulu. 

A St Vilal, Sav., on Sâron — un ciron, fr. mile du fromage 
etc. 

A St Vilal, na(une)Zorsa = une vrillette qui vermoule le bois. 

Sofkertche, Jupon, jupe. Ail. Schiirz, sm. tablier. 

Soûetchs, [Sorte*. Ai-soù.e-khi\ assorti. 

«Sonetcbi, [Sortir*. Le m. employé est paitchi. Voy. ce m. 
J'ai sorti, Bf. je suis sorti. 

Soâele = et voy. aissoùetc. P, Messin, Sôli, adj. à la maison. 

En fr. Soute, anc' aasoute = réduit p^ le charbon ou les pou- 
dres. 



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- 133- 

L^oc, a&iousla, mettre à couvert. 

SofloteDat, Posser, (syn. de roûechie, Ch ); ù Croix, ex. : 

Di ci i viu It sauMlttiat. 

Sain aUtndri, è haiitail ai graiit eaui, son Irhin, 

Monlb. sôe-le, massue ; dim. sôe tôt. trique, Contej... 

Soûeteoi. [Boutenir. Soûelin, sm. verbnl, soutien. 

Ind. p. / soûetin, n* souelinions, i;' so&elenia ; parf. i soûeti' 
gni ; Tut. i soûeteraî ; les part, soûelignant, soûetenu. 

Montb. Sôe-(e, « bâton à grosse lùte, Contej. ; dim. « sdc toi, 
trique •. 

SoaIaI,-on,-êlie, Voy. sou et sa. 

SonW<yie, [Soulaseï-*. 

Sonlle, [Solier* VFr. et Celto-B. Fenil, grenier à foin reposant 
sur retable d'une n gi'andjerie ». En Cello-U. 861 ^ poutre. 

Soume, [Somnne'. 

Soup«, id. en fr. et en ait. (âuppe). Rosemont, Sope. Soupaî, 
V. et s., souper, repas vers les 7 h. ; SÔpaî, à Angeot. — V'hA. 
Sau/fe, orig. germ. 

Soupe à /a grand mère. Soupe à la farine roussie, à St Claude. 

«Sourcle-re, [Sorcier-re", l'onc. mot est Djenâtche, voy. 

Soutainne, Soutane. 

Spoula, Bobine, à G-y, de l'Ail. Spu-le, qui a donné le n. pr. 
SpuUer, 

Sri, sm. Musaraigne ; id. à Angeot. Du L. Soriccm souris. 
Id. en Comto bourguignon. 

Au midi de la Comté, en pays savoiyorône, c'est moizet, 
muzet (2). 

Stevenot, n. pr. a donné Thevenot, cong. d'Ietienne ; voy, 

Stoba ! Arrête ! à Frahier ; Sia6e ! à Auxclles (E. Morilzj. 

En Berry Stabo ! {= le L. sla bos) « exclum. des laboureurs 
p' arrêter les bœufs ». 

Stoffal, n. pr. H. Kliin, Allkirch. abrév. de Christofel, 

Sudal, [Soudar] Soldat; p. uj. [.Sondai* (3). Ban de la Roche, 
Soudai re. 

(1) Fabis du Loup... trxl. en par. de Croix IDelle). par M. Colin. 

(2) Rappeloni que te DApt. du Jura au lud de la Forêt de Chaux est lavoiyo- 

(3) Pâlignat dië : Nu< n' un* que cintîainne, maïi AiJjolali, 

Eiivrile yo Ira poûelchei toi' luirdjr... 
Vile lei tendait liuden'ornt eniraii 
Main laio d'entnli, tain d'tnpftial*. 



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-. 134 - 

tiunéville, Soudar, Oberlin. 

Suderasse, femme à soldat, péj. 

Sadal, Souder. 

Sua at_è, [Suffit est-H]. Toujours est-il. 

Suisse, !" id. en fr. ; 2" surn. C"" Bf. qui « Tait suisse • ; 3" 
« qui a servi dans les Suisses » (nourogne, Janvret). Au tém. 
Suissate, BF. Suissette, = Chuitzerasse au B. de la Roche [B. 
Rhin). Suiches, form. d'anc. écrits. Svychetz (1499) Suisses, 
Arch. de BelTort. Suichet, n. pr, arr. Montb. 

Lou SUD, ou lou sttD'ne, Le sien. Lai san. ne, L.i sienne. 

Supri'flumi. Sur le champ. 

Sur, adj. Sur, à Friesen ou Friesè (II" Als ) en fr. FrtSchone ; 
ail. sauer. 

Sur, incon. à Ch. 

Su-yant-Sn'jé = les part, du v. seure, voy. 

Su-ye, [Seuil*. 

Sn'jot, Hoquet. Sàngliot, en p. de Vanclans, Doubs. Pic. 
Souglot. Du L. singultum. 

STirÛDCOÛë, 1. dit, Ch. Scvironcourt. fr. cad, Stof. 

Uapprochons de ce n. Wyrascort, 1189, cité par L. Vieil, p. 
314 p' Voujeaucourt. 



Comme le plus souvent le C latin et autres C durs étrangers 
à notre parler (Lgdoc.Norm., Picard., etc.] ; et toujours le [Ch' 
fr., comto-bourguignon, bourguignon et autres dial. de langue 
d'oil, qui en dfïrivent, les Ts (1), [Sf (2;, et S h* (= Th anglais) (3) 
savoiyofônes, qui en proviennent aussi, se rendent en notre 
patois par [Tch*, c'est donc à la lettre T qu'il faut ordinair' 
chercher leurs homologues en notre patois. 

On remarquera, par balancement compensateur, que notre 
patois, mouilleur en général, sfcche le T où le fr. le mouille, ce 

(t) La Tarentaiw. la SuiiM française (<auF le Jura B«rnai!i) ; le payi de G», 
le Bugey ; le dpt du Jura ou ud de la forêt de Chaui ; Tarr. de Pomarlier 
(DouIm) le val d'Aoïte, q.q. peu en Tesain ° 

(3) Albettirille, et la vallée de l'Iière jusqu'à St Vital. A coté, ï Montailleur; 
b Grejy-tur-lière commence l'i'A qui deicfnd. 

(3) Occupe Cbambér}': la vallée de la Maurictine ; Mègevelte en Faiicivnr, 
Le'! Bmg» (vallée du Chéron] Minzler (Si Julien) etc. Prut au «ud en Occila- 
nie. c'e>I une i ou un f doux qu'on trouve louvent ; pi. en Dauphim' 
on dil Çambéry (Chambèryl ; rn Ardéehe. du cityidevl fchiendeul) 
--- "■- = Vie'— '■* --'■■■' .—'-.•■----< i .7__:._ 



, Vity = Vichy ; id. en l'iémoat roéridiaDal, s Veniic. 



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- 135 -1 

qui arrive aussi pour Us autres consonnes mouillables. 
Le T final de notre pat. du sutT. ot est ord' rendu par d en 
savoiyorànie. Dans St Bernard (sermons] le T final est rendu par 
D, à la 3"^ personne des verbes. 

Ta tt Etobon, Taupe-grillon ou Courtillière, voy. son syn. 
congénère Ertaî, el [(ai*. 

TSbS'yon, anc. n. des notaires, Tabellion, du L. Tubulœ, les- 
ta ment. 

Lieu dit de pré à Ch. — Môme rad. que tavaillon. L'étude de 
notaire en Vfr. = tablier ou tabelier. 

L'argot parisien talbîn, huissier, est peut-être un descendant 
dégénéré, 

Tibërië de Mourvelat (MorviDars) c'était jadis un individu 
extravagant. 

Cette appellation servait de qualificatif aux jeunes gens peu 
sérieux (M" F' Chcux, avia patcrna). Midi de France, t&bourin, 
un peu fou. 

En pays Montb. /an()eW;in, Tintamarre. 

Cong. au Tabarin, du Pont-Xeuf de Paris, et au suivant. 

Tiboûërat, Faire un grand bruit ou vacarme en tapant sur 
corps résonnant ; id, en VFr. (tabourcr). Bf, tambourer p' tam- ■ 
bouriner ; voy. lanbournsi. Rad. Tabour (1). 

Tàb-ye, [Table*. Talc, en aj. (Grandvil.), Taule, près Bes. 
Tâbiaie [Tablée". Bf. tabier. tablier. Rad. L. Tabula. — Tauli- 
ron et metlrot se disent pour dressoir p' vaisselle à S-y. 

Tàcat, (Taquer, Bf.] i" Toquer* ; se tàcaî. se donner un coup 
sur un corps dur ; onom. ou toquer. Quand il s'agit des jambes 
on dit, se b'yëlchîe [se bucber]. 

2' donner des coups secs ou secousses brusques au van, de 
côté, pour séparer les mauvaises graines ((acures!, 

3" passer le fil de la trame dans la chaine, et le pousser avec 
le battant pour faire un tissu serré id'où bruit sec). 

4" tricoter, tisser serré : ex. : cîes tckâsscs, c'ie toile sont bin 
tacaîes. 

Tâque, s(. Heurt ou coup reçu en se heurtant contre un corps 
dur. 

Tâcure, sf, La trame d'un tissu, sur laquelle on taque. 

(1) Baligant s'apprtiani conire Chirlpmagae : 
Par iule l'oit Eonc lur laburi auner. 
E CM tniilioes et ccz g;raiiles mull clen. Cb- Roland, V. 3137. 



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-136- 

Tâcaidje, action de « tâcaî >, le résultat de ce travail. 

Tacites, cliquettes se manoeuvrant comme les castag^ietteS. 

Tacoitfaî, fréquentatif de tacat. — Onom. 

Taic'Mte, (voy. ce m.) qui peut provenir d'un v. rédupl. liyp. 
taqueldî ou taclaî (dont le quel ou cl donne rég' rh. — Aussi 
l'instinct populaire en parler de Df. rctublit le cl (ticlette). 
Remarquons l'homologie ± de ai et i. 

Taquard, n. pr. TBf. 

Tflchon, [Talsson* ou blaireau. VFr. Tesson ; du L. laxoncm. 

Tftsson, près Bes.. L. Taxo. Vha Dahs, [Daclts. ail.). Dars' à 
Louèche (Valais). 

Comp. Lgdoc, Tessou, jeune porc. Creux-du~Tesson, 1. dit de 
champ, St Dizier, 

Teunîere, voy. 

Ticon, id. dans Rab. 1* Empiècement ou morceau d'étoffe 
employé à rapiécer un vêlement, ou une étoffe ; 

3" par analog. morceau ou partie de pré, ou autre chose à 
surface plane ; 

3° Gras-double. 

Tàcoûënaî, mettre une pièce, rapiécer. Le réd. retâcoûënaî 
est plus employé. 

laî, adj. pos. Ta. Ne pas conf. avec lîaî, quel, 

TaI-«, adj. Tel-le. L. talis. 

Tal, [Tard'. T&rdy ou Tardi (Tardif) anc. n. pr. d'Aj. = lent. 

Ailairdjie, voy. 

Tal.sm.Courlillère, ùEschéne, Angeot... [Hérétique); abrév, 
d'crlaî, voy. ce m. qui lui même est abrév. d'^rtfai (AbévillerB, 
0. Claude). 

Tê, Salamandre, à Sournois D'après M. Roussey, il fallait 
tuer le tê et en appliquer la peau sur la partie mordue par le 
dit lé, pour échapper à la mort ! Tuetey, n. pr. à Monlb. voy. 
liuaf. — -[TâàEtobon. 

Tai (bref] à Exincourt. salamandre, ou Triton. 

Taic'h&te, [Ticlette' Bf. Loquet, composé d'une loucbc à 
l'extér. de la porte, basculant à travers la porte sous la pression 
du pouce ; ce qui relève une tringle à l'intérieur retenue d'un 
côté, de l'autre, entrée dans un arrêt et mobile sous la louche. 

Taic-houtaî, Loqueter, (icler ou ticleter, Bf. faire entendre le 
[cliquetis] de la " taic-ha.te » agitée. 

Taichoutu, qui > taic-houte >. 



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Ëf. Tictet ou ticlette, loquet. Cliqued en Gelt, t3r. ; Lgdoc, sié- 
clet. St Vital, Sav. Lequel. 

TBc-hote, à Sermagny. Taquiote, k Plancher, ce qui nous 
mènerait à (acaî, (voy. ce m.) à tioche des Vo8ge3, clanche, 
loquet (Haillanl] et au fr. cliquette auquel il est homol. par 
transposition. Tous m. ononi. 

Taiclet, n. pr, TDf. Florimont. Voy. lacaî, radie, possible. 

Tan, Tant. [Tain*, Aj., Pont-de-Roide, Sancey. 

Tainte, Voy tante. 

«TaîpaidJA. Tapage. 

Tairi, [Tarir* parlant des bétes laitières ayant perdu leur lait. 
Employé passiv. : noûete va.itche ât ta.iri. 

Tairletre, Lierre. — [Terrestre], arbuste ne quittant pas la 
terre ou son support. 

Terrintre, à Meroux ; Taréche, à Sermagny. 

Tailche, [Tache*. Taitcftîe, tacher (ai est bref). 

Bête à mille [tàtches' ! Salamandre terrestre, Ronchamp. 

TaltcEe, Poche d'un pan d'habit en arrière. Bf. Tâche ; G-y 
Tâtchc. Ali, tasche qui a pu donner Tascher (de la Pagerie) ; 
voy. La Blotière. 

Tape-Ta(ic/ies, Un des sobriq. des gens de Chamesol [Man- 
deure], c. à-d. que les pans de leurs habits tapent sur les jam- 
bes. 

T4câ, à Albertville, besace. 

Taltchie, Tâcher. Conj. aiuancte. 

Tâcher moyen, expression spéciale à la langue d'oc et au 
parler savoiyofone, faire en sorte. Ex. : en pat. de Chûtillon, dpt 
Jura. On [(aisef* mayan de meu faire. 

Taivan, Taon ; du L. Tabanum. Rab. tavan. [Tatraîn' en p. 
aj. [Angeot]. Taraî, à Ronchamp. 

Taiyîa, [Tailler". Tai.yan, sm. [taillant*. 

Tatyandfe, taillandier. 

Taiyto, ou taillle, Voy. Teillot. 

T&lal, Contusionner, meurtrir, par pression ou coup, sans 
blessure extérieure. 

Se dit des fruits et des êtres animés ; ex. : Ne poire-de-fîe 
tâlaie ; avoi l' tUlon tàlai. 

Tauld, en p. ïilontag. 

■Tâlure, Confusion (êtres animés, fruits, etc.], 

Ce vocable, assez répandu en France, mérite d'étré' francisé. 



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- 133 - 

Taloiyie, courbaturer, en Montb. (Conlej.). 

Tftie, aj, ; voy. tâbye. 

Talon, 1° id. en fr. ; '2° partie postùr. de la base de la charme 
qui termine en arrière la choûelaie. 

Talvân'ne, (ù Bf. Talvanne'', ù Gli. mur de pignon, même 
signifie, à Uf. ; Talbenn, en Celt.-ii. 

Taiwan ne, à Angeot, mur ± bas supportant une cloison, ou 
logis, ou ù la grange, ce sens le ramennc à l'ail. Theilwand. 
mur de refend ou Tuilwand, car les Ail. nous précèdent dans la 
réforme inévitable de l'ortografe qui doit consister à bannir les 
caractères parasites ou inutiles. 

T&n ou tant. Tant. Tân pu, tant plus ; fan pat, tant pis. 

Tanberlan, Tintamarre, en Montb. Voy. Taberfê. 

«Taubouraal, Tanbouriner, battre de ta caisse. Vfr, Tahour- 
ner, et lambourner. Notre m. est de forme moderne, voy. l'anc. 
m. taboûëraî. 

Tandlqae, conj. Tandis que. 

Tanoeiilcircb, Vge C"" Hibeauvillé, en partie patois franco- 
phone (Aufschiager). 

TaDte, id. en fr. ; [tainle', en Aj, ; à Maiche. G'' Sancey 
(Doubsl T&inti'. il] 

Tantale, petite tante. Du L. amita. 

Tantairie ou Tante Airie. Être ou esprit féminin surnaturel 
qui faisait des siennes vers ta NoCl ou autre temps. (Ch., Sal- 
bcrt ..1 tourmentait les enfants paresseux, dérangeait les jou- 
joux, embrouillait par petits endroits, les ouvrages qu'on n'exé- 
cutait pas avec assez d'activité. Au pays de Montb . elle remplace 
fit Nicolas pour les bienfaits. D'après M' P. E. Tuelïerd, on la 
confondait au moyen-âge avec une Comtesse de Montb. ^Arie, 
ou Henriette] populaire par ses bienfaits, en Montb. et en Por- 
rentruy, jadis sous le même régime. On dit que dans te pays de 
Montb. : la Tantairie, visite les fours l'avant veille de Noël, et 
dérange tous les travaux de femme qui ne sont pas achevés pour 
cette époque et qui doivent l'être. 

Ex. de chute de Va. 

TantiDè ou taotyaai ! [Abrév. de Mâtantiuè: 1* Juron favori 
du Comté de Montb. ,ùElobon, et usité aussi en Porrentruy. 

(t) Petite ». pf indiquer un vrai i i i/i nagullïé. Cet i n'exi»le pas & ChMe- 
noi< ni en bassin àt ta Savoureuie. On le rencontre k Verme; f Dèiémotil) Man- 
deitrc.' Le Rii4iey, Servia (Baume iei Dames,, Peimes, Veioul (Hte Soe) cl 



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- 139- 

â* Un des sobriq. des « Montbillaidjots ». 

Tantoûe, (Tantôt* ; au Ballon, [Tanteû*. 

TaoDte. de Montb. est une forme de notre âoute ; voy. Aouto, 
en Dt de Lozâre, a la même sign. que notre aoute. 

Tapai, l" Taper ; 2' donner une (ape ; 3° éclater (par air com- 
primé). 

Red. TapouUi [Tapoter*. Dim. TspîUîe, pétiller. 

Tapol, tout corps ou instrument pouvant diïtoiiner par près- 
sion, ou ayant l'apparence gonHée. 

1° Silène enflée (caryophylléc) dont le calice est très renfle^. 

2' Espèce de ctifoire en sureau, contenant de l'air entre 2 bou- 
lettes d'étoupe mouillées, cet air comprimé entre elles par la 
poussée que fait une tige de bois, éclate par le départ de la 
boulette antérieure. 

3° avec une feuille, un sac de papier on fait un u tapot ". 

4* Grasse personne et ronde. A Bf. tapote, jeune fille 
boulote. 

/ sa gonc'he cmôn in tapot (c.-à-d, comme une chose gonflée 
prèle à éclater. 

Tapaie, Batte, battoir de lessiveuse. Un coup de tangue, un 
coup de tapate, Bf. ou tapette. 

Tapette en argot parisien, langue bien pendue, bavarde. 

Tapoûere, sf. [Tapoire]. Ustensile de bois, formé d'une pla- 
que épaisse de boia avec manche oblique pour aplatir et foulcF 
la glaise molle d'une aire de grange. 

Tape-taitche, un des sobriq. des gens de Chamesol (Man- 
deurc] voy. laîlche. C-ù-d. dont les pans d'habits battent les 
jambes. 

Tape-tîu, 1" Espèce de beignet, ou crêpe épaisse, espèce de 
« Tortcin » voy. ce m., qui tape plus fort que les crêpes en le 
retournant. 

i' Tilbury ou voiture de promenade à 2 roues [tape-cul". 

Tapaie, Tapée, un grand nombre, 

Tajyaî-baliveau, 1° marqué p' iitre réservé de la coupe ; 
2" resté vieux garçon. J. B. Vautherin (avuncul.). 

Topaissie, en pays Montb.} Éclater, fendiller. 

T&rpe, Grosse patte onguiculée d'animal [ex. loup, ours, qtc), 
par e\tens. grosse main d'homme. 

Tairpîe, à Vermes, plante i feuilles découpées, des terres 
humides. 



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- 140- 

f&irp&ilouè, a Boncourt, plante {taîrpe ai loué, ou l'ouè) =i 
patte de loup ? ou d'ours ? 

S'ôntairpaî. redoubler d'e(Tort3 au travail manuel ou autre. 

Tapaiior, [palte d'ours*, ù Vernies, grande Berce, 

Tapailo, grande Berce, District de Uelémont ^^ Tarpe de- 
Loup, à Montb. (Conlej.), grande lierce, 

BœrenJdjja, en Als , BeBrendopon. en forme germanisée. 
Patte-d'ours ; grande Berce (Uranc-Ursine ou Branche-Ursinc 
([leracleum f^phondylium) voy. tulue, — Topa, en ula. de Friesè 
(Friesen) ^= patte ; ce mot se retrouve dans les mots ci-dessua 
cités, laipailor etc., et tairpailouè, sertdo traitd'union avec les 
autres. 

Tôpâ, à Brumf (Brumatli) ; id. en romanlc/te (Grisona). Tôpè, 
en Argovie. 

L'ail, a Pfote, ± rapproché de patte Tous de la mOme famille. 

Tspe (étang de la) TBf. 

La Tappe I. dit de champ à Argiésans. 

Tàssie, Téter. Celt. B, tez ~ tette. 

Tasserot, jeune qui tête encore ; in vîclot lasserot ; in poule 
tasserot. 

Tâssoitche, ou tasse i:oUche{Sa.]bert, Eguenigue), Salamandre. 
Tôsse vaitche, {Plancher-les-M., Ronchamp), c.-à-d. TétevacUe, 
(croyance popul. lui attribuant la propension à téter et par suite 
à épuiser les vaches (M. Poulet) ; chose ayant Heu p' les ser- 
pents d'après des personnes dignes de foi? et qui se dit ù St 
Vital (Albertville), 

Bai'yîe ai làssie. Allaiter. 

Tosse ou fausse, mamelle, à Vescemont (Joseph RuczV 

Tasticoter, forme Bf. donnée par D'' Corbis, = asticoter du 
dict. Littré et autres dict. fr, 

Tathien ou tatyin, [Taquin*. Ex. du qu mouillé. 

Nom sous lequel sont désignés les habitants des vges situés 
au Sud de Bf. par ceu.'c situés au Nord, (par ex. par ceux de 
Sermamagny) D' J. V. 

«Tâtouille, Bf. Rossée ; D' Corbis donne Toutouitle. Elouilld, 
à Albertville. 

T«i)lirOD, voy. Tab-ye. 

Tavaillon, Id. en fr. dict. Littré. Bardeau, petite tuile en bois 
servant à garnir la talvanne ou mur à pignon, pour le garantir 
de la pluie battante amenée par le vent du S-0. 



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— 141 — 

Comp. le Vfr. tavel, bouclier, et ta.veié, tacheté. 

Tavel, n. pr, Bf. — Du Lat. T&bula. table, tabiclle, ou Tafcw- 
latio, plancher, ou de Tatct. vge du C'" de Fribourg (Tabernaj ; 
même rad. que lab&illon, voy, 

Taveroier, n. dua anc. professeur de l'anc. co'.lègG de BT, [ Ij ; 
n. cong. à Saverne {Très Tabernœ). 

Ta*yate, voy. (oue, taie d'oreiller. 

" Tayote ■ Corneille, fr. montb. 1628, Duvernoy. 

TCH 

Les grands monuments, après leur (]<:(( rue lion, laissent ij. des vertiges dans 
le sol, de même le Tch de notre parler ne pouvait avoir exisié depuis si long- 
temps, quoique répudié par les icrivaini do tous les temps, en notre pays, sans 
laisser dans notre sol tinguistic, des traces de son cxistance. Elles sont cependant 
1res raies et peuvent passer inaperçues. 

Dans l'inléressante étude de M. Feltin, sur Florimont, (Bul. S. Em. BF. i^, 
p. 33i), on trouve, parmi les pariiculier» appelés duns une Eranchise, en 1431 
TicAan Dcnu du Puix {= Jean Denis,. (Ici le Txh ail. est pour noire [Tch- qu 
lui même durci à l'allemande, est ici pour Dj de Djaii ; puis Tiehan Goly, du 
Puix ; Piltimithan, de Beurnevésin, (= Petit Jean, en pat. Pfié Djan) ; Tickan 
Nia, de Suarce = Jean Nia, en pat. Djan Nia, voy. ^l'd, et Henry Nia (Déjà 
indications de n. pr.{ voy. nia. 

On a aussi SehtUnay, Châienois en 1341, ^: homofûnc et homolog. à Tck&tt- 
nai, a. anc. et actuel tn patois. Ce Sck, est peul-êrre une tentative de figurer 
Tch. 

A Belfort, nous avons te n. pr. Ticliaint, {= le pat. TcJiaiae, sign. chine ou 
le fr. chaîne), en 1813, cité par M. Dubait Roy dans Bul. S. Em. BF. iSgS, p. l). 

a Le ai décembre 1813, le girde d'artillerie Maftre brOle les maisons Tschai»*, 
Longchamps, Vinot, Piney, ait Fg de France, situées entre le Pont et les Capu- 
cins ». (Revue d'Alsace 11185} ; à Rougemont, Ttthircll', n. pr. ; voy. .- 

Le Tch de la titt dti moli a pour ancêtre le c dur Latin, ou autre e dur. Il est 
représenté en Fr. par ch ; en ï^avoiyoFônie du Nord, Sud de la Kranche-Comli, 
Suisse françai-ie (excepté le Jura Bernois), en Val d'Aoste, par Ts ; par S. h 
(« th anglais) en Faucigny, eu 5t Julien, en Chambéry ; par ST A Albertville, 
St Vital, etc. par S en Provence. Notre Tek existe en n>inanicke. 

On trouve q.f. Tch égaré en pays du Ts, ex. Ickâ, chaux à Chàtillon (Jura] 
On le trouve aus.si à Beaujeu, piès Digne. 

Notre région du Tch est bornée à l'Eit par le Canton germanofone de Soleure; 
au sud, par le Ts de NeuEchftlel et de Ponlarlier ; au sud et à l'ouest, par le Ck 
du parler bisontin ou, comto-bourguignon, au nord en plaine, par l'alsacien ger- 
manoFûne ; mais au nord vosgien il l'élend niseï loin, en ilots, dans les hautes 
vallées lorraines et alsaciennes francufjncs, et mèms en q. 1. dits en vallées 
ats. germanol. 

Notre Tek occupe tout le TBF. et les ïges voisins [raocoFônes annexis, Por- 



(1) Le bon père Tavernier, notre anc. profesieur de Si", mort octogénaire, 
nous a laiué un bon souvenir avec son accent alsacien, et son épingle de cra- 
vate avic laquelle il nous donnait en l'imprimant, des laliifteit pttctftari ! Que 
Dieu aie son Ain« I disons-nous, selon le pieux dicton de nos pérei. 



,db,Googlc 



- 1« — 

rtnlruj, Delémont pi voi->in< sud IrancofAne; de l'anc. Dèpl du Mont Terrible. 
l'anc. pty de Monibéliard, ± i'arr. de Baume^t^S'O, ; à l'oueit une bande + 
étroite de la Hie Saône confinant le TBF. le Monlb. el Baume-I.-D. On le trouve 
à Ptancber, i Roncbamp, à Etobon, mais n'cal déjà pi ui à Lure, à Fougerolles, 
à Vesoul, eic. 

Sur le versant vosgien. on le tro'.ive en arr. de Retniremont, k Saulxurei, jt 
Ventron. à Cornimont. à La Bresie ; En arr. de S. Dis : k Gerbépal. k Frai», 
à Beririmoiitier, i Wiisembac. 

Sur le venant aUacien francofâne & Saatei P Schirmeck ; peut-Cire k Urmatt 
(A 30 kil. de Strasbourg) où d'après Aufschisger, (I Alsace, i8z5) résonne le 
pat. fr. Lorrain. On le trouve q. f. en noais germinoFùnes, ei. : Tckudi, a. pr- 
Sui'se; au Ban -de-la- R orbe ; au Val de Ville : en Vallès de ta Liepvre ; au 
Canton de la Poulroje ; en lieux dits d'origine francoWne, en Vallée germann- 
[Anes de St Grégoire ou de Munsler, en la vallée de St Amarin, en celle de 
Macevaui : 

Ex. ; Tschar, à Odeien (voy. Ichà) ; Takaderin. A Rimliac ; Tsc/iali, i Bour- 
bac-le-Hflul ; en la plaine germanofône aïs. ; Tichadcrùf, à Vancbelle ou Winc- 
kel, (voy, Uhadtrate); Tsihaslis. 4 Fcltero iso (Ptellerhaupien) ; TschamM{== U 
tchaa], k Retzviller ; Tsckamitle. à Reiningen rMulhouse) (Stoff.) ; Tschain ou 
tcAain = forme ajouloc ede cAaii ; Tschcll (= celle), à Roderen (Thann.'. 

En général, il faut soupçonner un n. d'origine francofônc pat. dans les n. 
alJ. germanofônes commençant par TscA. 

Le Ich dans l'inliriiur dt «as mets palais provient de H ; ex. : parli = pait- 
ehi, en pal. ; Paichi, en p. Montag. ; et en un lieu dit Grand-Paicby prts de 
Bit^chwiller, proven. de ce mst palais d'aprét BaquoI (o }. cit. p. 6a) babitè paf 
des ouvriers qui partaitnl q t. suni payer. On disaîi ; il est au Grand Pmlchy I 
parlant d'un mauvais payeur, 

Tchfl, sf. CIkiux ou calcaire calciné. Caltchin', à Locarno 
(Tessin) où pierre = Tsassô, donc présence du ts savoyard. 

Tsitu, à Santans (Montliarrey, arr. Dôle) (1), au sud de la forfit 
de Chaux, (ici déjà Ts savoyard). 

lebA, Chaux, vge du TUr. et lieux dils de Torëts. Nom de t. 
4ils caractéristique de la Franche Comté et voisinage, [Tchau", 
à Auxci., Sermagny. 

TsrJiabrunnen, C" du T. de Rimbach (StolTi en AU. cadas- 
tral. — Et autres I. dits avec le lad, Tschâ en Als. germano- 
Ton e. 

Lâchât, Sitchaul, Lachaud, n. de Tam. dans Ut région. 

(Ne peut-on rapprocher de notre mot les n, pr. de Ch. Lacheux 
et Cheux ? voy, ce m.) 

Lai Tchâ. forêt de L'Achat, en fr. cadast. à Grandvillars. 



Il) Notons q.q. mois du canton de Montbarrey, (de Santans) où c- „ 

<nl. genre Savoyard : Tsan, champ ; Tsiii, cbien ; Tsau, chaux (de la pierre)^ 
)»i, plâtre gypse ; Dmisstu, ma;uii ; midMir, manger ; Quitu, dou ; CùiiU, 
ruie (parent au moii savoyardj. 



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- 143 - 

Pré sous La Chaux, à Monlbouton. — Chauxra.in, 1. dit, Sic 
Croix-aux-Mines, llte Als. 

Pré Laehat, à Fontaine. Ferme de /ai Tchà, près Courtetelle 
(Delémont). 

Chautianc, près nesançoii, hauteur bois<5e escarpée, « où on 
est censé n'y aller qu'avec des ân;s n ? 

Chauclanne, riv. en Valais. 

Soûetchâ, Socliaux, vge près Montb. anc' Souchaul, en 1500, 
situé sous la colline boisée de Cliaux, Tchâ, près Montb. 

Lai Tchâ, forêt près lirevilliers. 

Latscha, n. pr. à Kimbac, Hte .\Is. (Masevaux). 

Tchur, à OiJeren (St .\marin] Hte .\Is. (Stofîi, vallée où se 
rencontrent plusieurs de nos 1. dits. 

Lu grande forêt de Chaux (Dôle), sépare le patois ± bisontin 
ou comtois prop' dits du patois savoiyorone en Dépt du Jura, de 
même que les « Grands Bois » séparent le pat. ajoulot du pal. 
cent. Deirortain. 

Notre mot devient c/iauldansSoitc/iauI= Sochaux; ailleurs, 
caU chai et char, ex. de Culmonte 1182, C/iafmont, Charment 
1 196, V'i/c/ia(nton(, Vieux-Cliarmont (près la colline boisée de 
la Chaux, près Montb. 

Dois de la Chaume, à Groemagny ; id, à Eloye, 

En Lat. vers 1 170, Calme de Arli = Le Chaux d'Arlior, (la 
Tsà d".\li), près Pontarlier, fou dArlay, Viellard, p. 395). 

Ici, Chaux est représenté par Calme qui a p' homolog. tr. 
C/iaume = friciic (Ij, plus tard bois. De même Caiinosiacum 
^= Chauniousey (Epinal) donne Cal ou Calm :^ chau. 

Les Hautes Chaumes, Hte Als. = en ail. Hochweiden — hau- 
tes forOts, (en Lat. ca(iîi montes (A. Maury) =; monts cliauvcs. 

Nombreux sont les ■ Chaux » dont la forme ancienne est 
chas. 

Ex. : En 1219, « Ilenricus sacerdos de clms » = Chaux, près 
Uf. ou près St llippolylc-du-Doubs. 

Dans le Morvan, la forêt « De Caltibus • a donné Chau, en 
passant par Caiz. 

lîoussey cit. par Maury fait venir le mot Chaux |la grande 
forêt de Dôlet, du celte Chod, qui est une forme de coai. Caoul, 
autre forme celtiq. ^ forêt. 

(Ij Le mot friche n du gaèlic = Friti l= le cousin de l'AhA. BruMiï. Broist 
l:. Cad, en TBf,, devenu tirucht en Juta), et originair' ayant désigne buiiioDl 
forêt » voy. A Maury, Forets de Gaule, p. 247. 



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- 14S - 

Pour notre mot passé en dial, al3. germ. {K&lm'et], voy. 
Tchaume. 

llemarquons aussi en germanofônie als. Schahn ou Chaim = 
[Chaume*, 1 dit monts- '' Oderen (3t Amarinj ; Scholis ou Chais 
en 1130, lï Lucclle; Schotrain, à Kayserberg ;li, StolT, 

Tctafl-de, 1' adj. [Cliaud-e' ; 2' sm. (Le) chaud. Lou tchâ dî 
djoûë, temps de la journée où il Tait le plus chaud. 

Tchâ lan, [chaud temps*. Kté (Orandvîl.) ; ,\j. 

Tchâ de lai main, sm. La paume de la main. 

Tchâda, st. Chaude, aiïaire qui a chauffé, qui a échauffé ceux 
qui s'en sont occupés. 

Tc/tiîrfîere, Chaudière. 

Tchâderale, 1" Petite chaudière, I. dit ; 3° L. dit Tschaderat', 
côte, à Winckel (Htc Als.). 

Tchâdiron, Chaudron. Cliauderon, I dit, à Vezelois. 

Chamliron, n, pr. à Vesoul. 

Tchâdot, Chaudeau, clialfur communiquée à la couche; faire 
lou tchâdot, tiédir le lit en y précédant son compagnon. 

Tchâfoiië, [Chaufour*, 1. dit; Tchâfoûêmo, Chaufournier. Id. 
à Menoncourt. 

Tchàlu. Chaleur. Tcholu. en Monlh. 

Tchâre, Otialoir, [du L. Ca(ere, avoir cliaudi, rad. de tous ces 
mots, mettre de la chaleur (à Taire telle chose). 

È n'm'ôti Ichât, [ii ne m'en chaut] = peu importe. 

Tchâdernîe, Chaudronnier [arch.j. Hn I3lî, charte G, Tuetey, 
Eslecenins U chadercniers, est l'un des bourgeois de Montb. 
Chacun ù cette époque avait son surnom, les n. de famille 
n'existant pas encore {-î}. 

L's était au nominatif sing. : notre langue possédait encore 3 
eus (sujet et régime). 

Tchâru-se, [chaleureux-se) qui a naturell' le corps chaud 
malgré le froid, qui n'est pas frileux. 

lelchâdaî, îetchâdure, voy. îeichàdai. 

Tchai, Tète, de [capu(, lat. ; anc' [Chef en fr. Usité seul' dans 
les n. composés, ex. : 

Tchai-biclai, l" Etourdi ; 2° 1/3 assommé. 

(I) Il y aurait encore à ruminer l'ongine d'auez n. n. de lieu (en Hle A!f. 
gei m. commeDf ant par Scher, mais ëviloni qu'on ne noui appliqua le : ne lulor 

(?) De mtme en Moyen-Age pour nos anciens Roij ou feudataitet, alori qu'on 
n'avait pat encore recours aux adjecufi n — ^- 



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- 145 - 

El ât lout Ichaibîetaî, il est tout bète [ébèté). 

Tchai bîetoûe. [Tête de travers). È tdiëmène tout Ichai-bîe- 
toûe, il marche tout de travers [bîetoûe = L. bis torlum). 

Tchaibîeluji, sm. Elle fait di tchai-bîetun, elle coupe tout 
de travers. 

Tc/iai-rVeitc/ielaî, Placé tète bêche. Le gros bout d'un côté, 
le petit de l'autre, par rapport ù un objet ou corps semblable ; 
se dit des pierres, des gerbes, etc. [Caput reversum, Lat.), avec 
le auff. dim. et verbal e(aî. 

Tchavon, Tchavôn-né, voy. ces mots. 

Tcharborue = [Tftte dos [blues', Ch.) brimbelles ou airelles 
myrtilles. M. Poulet, Plancher-l-M. « montagne Taisant face ù 
celle des Belles-Filles «. 

Tchaicoechie, Faire tomber les fruits d'un arbre à l'aide de 
gnulcs, ou de bâtons lancés. (Exinc). — A Etobon, Tc/iocoue- 
chie (l). 

...Tchaicouot, Ramusoule feuillu avec, fruit ± mur ainsi 
abattu, ou cueilli, (Exinc.) = d= le tchaircol de Ch. avec lequel 
il est congénère ; en ce cas Icbaicôecltie, signiiierait abattre dea 
a tchaircots ». 

En fr. nous avons chef [ou chai) d'œuvre. 

Tchevêcie, voy. ce mot. 

Tchaî^jun, [Chardon*. 

[Tchôdion, à Etobon, ou mieux tchàudjon. 

lelchaidjenaî. Enlever les chardonsd'un champ, d'une gerbe. 

Tchaidjëneri, [Chardonneret). En L. caniucHs. Chardoillet, 
n. pr. de Bf., Châtenois (2). 

Tchatl&t, Dim. [Chariot', à Mandcure. Châles, C" Délie, n. 
pr. =^ Charles. 



(1) Nouei voilà de Icheceuichit 
Apri» ce grouB nouyie (noyer) 

Nou<H_ i ân_ôn9 lan bi'yle, (nous y en [oni] tant baillt\ 
Que noues Vbm tout d^la-jK. (M. Goux, miire d'ElAbon,. 

[% Pendant 3 siiclei, le nom de ChardouilTct ou Chardoillet ['CKardaifytt, n 

Kl B'esl fait remarquer plus d'une fois, dam les annales de la ville de Bf. depui; 
iigii«i, en 1534, j'i-^qu a Ch. Chardoillet qui Ht partie de la municipal iii ins- 
lailee en 1794. La famille de re nom, f.it alliée aux principales familles de Bf. 
Ce fut BU commincement do ce siècle XIX», que Plerre.Nof I Cbardotllet. l'au- 
leur du curieux recensement de Bf., en 1790. (reproduit au Bull. Soc. Em. Bf. 
n' II. p. 133) l'élablit k ChAlenois. où il diiigeait le haut fourneau. 

Le nom écrit Chardouillet commence, au XVil* 5>. k s'Écrire Chardnillet, 
comme il en advînt pour le n. de La Trémouïlle. qui vers la mïnte tpuque 
devint La Trémoille. El comme la rouille s'écrivit ta roiilt, en tr. Monib. 

Comp. le savoyard itardttltt, train de devant de la charrue (où it =1 ch;. 



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- 146 - 

Pré Chalot, 1. dit à Auxel.-Bas. Chalonvillars, vge, voy. 
Tch&ronv'lai. 

TchalU, Châlit, de cap^a lecti, croit-on. 

Tchailemigne, [Charle magne', arcli. 

È fat laichie lies boûenes, lai roù que T... Iles e pianlaie. 

TcbaiDci, à Epauvilliers, elalles des chantres au chœur. 
[Chance!]. * Espace entre le maître-autel et la balustrade... > 
Roq. Mot ajoulot (t). L. cancellum, grille. Tchancê, en Menti), 
(parenté linguistiq, en Aj. et Montb ). 

Tchaiadjle, Changer. Retchain)îe, ri^d. voy. ce m. 

Tchandjîe, à Nommay, etc. 

Tc/iaindje, sm. l'Echange; 2° Enfant francorone placé en pays 
germanorone als., en échange d'un enfant de ce paya, et nice 
versa, ponr y apprendre le parler du paya. 

Tchalne ou Tchône, Chêne. Tchaîgne, à Eschênea, Tchâne, 
à Etobon et Montg., Vescemont, S-y, Tchainot, petit chêne, 
Tchaineré, à Exinc. ; 1. dit TBf, chêneré, cadaet. 

Tvhânais, I. dit, Chânois ou Chênois, fr. cadaat. ^ chênaie, 

Chaignol, n. pr. à Reppe ; voy, Ètchaigne. Cliagnot, à Mé- 
Eîré ; Tchame, anc. n. pr. Bf. 

Duchanois, n. pr. TBf. ; Chassignet, anc. n. pr. TBf. ; Cftai- 
nofi, n. pr. en Ajoie. 

Entre les Chénats,!. dit à Réchésy. ' 

« La Maison Tachaine à Bf. en 1813 ». 

CheniUet, anc. n. pr. de Bf. XV' S". 

Tchainne, [Chaîne*. 

Tchaiwnon, chaînon. 

Tchaî-yon, chaîne qui unit l'avant-train de la charrue 
(paroisse de la Barouche) avec la haie, à l'aide d'un grand 
anneau, PhaiTana D' J V. 

TcliaiDtre, Voy. tchintre. 

Tchaipd, [Chapeau* ; manteau de la cheminée, ù Angeot. 
TchApé, en Salbérien, en Rosemont [2). 

Tchapeliere, Nord de Bf. Petasites officinalis*, parasol, à 



il) En I394-. ' 35 bour^oji..., Rcnauld Braideferl... . Jehan Vaillard, vohcble, 
Heariat. dit Galinr. Perria dit Bo^iat fondent une chapelle < devaut le pyn>- 
cle ou ehanai d'icelle égliie... n (Mg' Vautre;, H, de PorrenIrujJ. Nombreux 

(2) Le parler du RosemonI eil te parler niontagaon du haut du bauin de la 
Savouieuie, et voisina^ eit et oueil. 



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- 147- 

Ch., plante ù très grandes feuilles des prés humides. Lstt. pe(a- 
sus, chapeau à larges bords. Grec : petasos, parasol. 

En Montb. tchaipê. {Dreutche, à Sermagny. 

Tchaipclate, sf. clou court et à grosse tête pour garnir et 
défendre les semelles. Voy. (c/iai, rad. 

Tchaipelot, [chapelet*. Le L. cappa ou chape, fr. manteau à 
capuchon, a donné le dim. chapel qui a donné chapelet, petit 
chapel ou couronne de fleurs, de roses (ou rosaire), ou guirlande 
placé sur la tËle de la vierge. Chapelet a ensuite désigné une 
guirlande de grains. 

Tchaipelat, en pat. aj. 

Lai Tchaipelle, vge C'° Rougemont), au parler ajoulofdne un 
peu altéré. N. pr. en ai, No6(a(. comme à Angeof. Le mot fr. 
Chapelle vient de c&petla 7* siècle, avait le sens d'abord du 
sanctuaire où la chape (ou cappa) de 8t Martin était conservée 
(A. Brachet). 

Tchaipelons, hab. de La Chapclle-s-Rougt (Angeot) ; autre, 
Icfiaipclales. 

[La rc/iapâre-deit-Tchâ' (in loco). La Chapelle-sous-Chaux. 
La Tchapclle-deu-T. (Salbert). 

A Plancher-lesM. c'est [Tchapore* p* TchaipeKe. N. pr. en o(, 
Preuo(, Bardot, Cardot, Marconnot. 

Tchai'pini Donner du tranchant ou du (il à une faux, à l'aide 
de coups de marteau sur la Tchaipye espèce de petite enclume 
qui reçoit, la faux, [Chapler' D' Boiste. 

Tchaipotl, sm. (Angeot). Espèce de porche ou entrée couverte 
à St Cosrae (vge annexé). 

Comp, Chaipeu avant-grange, Dt Vosges, et tchaipê, man- 
teau de cheminée, à .\ngeot. 

Tchaipu, Charpentier, arc/i. ; act' *(chairpci)iife{néo-p,). 

[Chapuis' n, pr. TBf, Dim. aj, Chapusat, n. pr. 

Ctiapuijot, seul habit, resté à Riervescemont, vers 1632 [I) et 
après, 

Tsapouté, chapuiser, Pontarlier. 

Tchaipajte, VFr. [Chapuiser* (2) Tailler du bois de charpente 



...Darievescemont, à n'y on Ttjttâ fu» 

rapportée par Joseph Ruez de VeJComc 



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- 148- 

(arch.j à la hache ; act. tailler du bois au couteau, à la serpe. 
Bas-L. Chapuisare. 

Tchaipuju qui ■ Ichaipuje ». 

IHerbe â tchaipu, voy. hîerbe. 

Tchairate-ot-outaie.-ri-rti-rue-nial-roD ; voy. tchîe. 

Tchaircot [charcot] Trochet ou assemblage iiiilurel sur )e 
même rameau de plusieurs fruits ± rapprochés ; in tchavxot 
d'îetchalons, de neusUles. Cmp. tchaicouot ; voy. tchai. 

[Tsarcou*, petite souche présentant nombr. racines ou 
rameaux (aux Fourgs-Pontarlieri. Voy. tchaicôelchie. Se dit 
aussi de 2 grenouilles copulatse. 

Tchaircoutaî, rassemblés en tchaircot. Tchaitcouoi.à Exinc, 
Djaircat, aj. 

Tchairdjie, [Charge. Tchaîrdjti?[aîdevient bref, comme souvent 
les syl. ou voyel. longues dans les dérivés augmentés de syll.) 
Charger. 

Tchairdjîe, Charger. Tchairdjemôn, Chargement. 

Tchairi, lieu couvert où l'on remise les voilures, les chars .' 
{Charry' en VFr. Bois du Charri, à Plancher-Bas, I, dit, 

TchairiTairi, [Charivari'. Bas-L. Cbaivaricum. En Norm. 
CarimaiKot. 

Tchairmë, sm. Charme (arbre). L dit. La Charme, a Dorans. 

Les Charmotles, I. dit. TBf. 

Tchairmclè, Reine des prés, à cause de la ressemblance ±, 
trouvée ; à Viîzelois. 

Tc/tairmefo(, id. sign. à Ch., Meroux, etc. Les Charmâtes, 
fr. cad. I. dit de champ à Beaucourt. Les Charmâtes, 1. dit à 
EtucITond-Bas. 

rcharmoi, Charmois,Vgc. Tc/iarmoi'i/aî, habitant de ceVge, " 

Tharmillat 1405 et C/iarmi((o( 1574, anc. n. pr. en Ajoic ; 
Charpiot, TBf, {C/iarpia(, Charmai, n. pr. 1533, en Aj. VFr. 
Charpe ^= [Charme). 

Tchairon, Voy. Ichîe. 

Tchairotale. Voy tchîe. 

Tchairpi sm. Charpie, VFr. Tharpir, mettre en pièces ; du 
L. carpare, ediler. arracher. 

«Tchaîrpigne, [Charpiijne' Bf. Panier ovale fait avec des 
lames de Charmes, avec ouvertures laissées sur les 2 côlés 
pour servir d'anses. Du L. [Carpînea*, 



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— 149 — 

Tchairpignîe, st. plein une a Charpigne ». El ât îevoillîe 
c'môn ne tcliairpignîe de raifes. 

Tchaipignîe, sf. qui fait des tchairpignes.Voy. tchairmê, son 
cong. 

«Tchairp&nte, Charpente, Tchar])Ôntie, voy. tchaipu, du L. 
Car}ienlarius, fabr, de chars (Besaoncourt, etc.) à Angeot. 

Tchairue sf. voy. tchie. Dans les Vges de la Barouche, lea 
charrues versent à gauche ; à Chàtenois, à l'erouse et aux 
environs, en Comté, elles versent à droite, D.J.V duL.Carruca. 

Tcbairvaichri [Chauve-souris] du L. Calvus chauve qui a 
donné les Dim.-rr. (noms propres} {Calvin, Calvet, Chalvet, 
Charvet ^ Tchaîrcaî ; et du L. Soricem. qui a donné Chrt, 
reg*, et sri. 

Tchavoichri [Angeot]. Tchaioocheuri, Vernies ; àSemmadon 
(Combeau-Fontaine}, Chauvichri ; (1) id. au Magny-Vernoia 
(Lure). 

Tchenvêchri, à Exinc. 

Volant-Souris, c" La poutroye. Souris-Vol&nte à Châtenoia 
des Vosges. 

Tchaitoutchai.[Chat'.Le fém.Tchai(e(2).Tc/>aî, interj.pour 
chasser les chats. 

Chait, en p. bourguignon et Des. où n'existe pas notre Tch, 
Testai à Auxel, 

Tchat, à Bcaujeu, près Digne ou se retrouve notre Tch. 

Tc/iai(on, 1° petit chat ; 2* Chaton ou fleurs des amcntacées. 

Tcbaitenîère, Chatière. 

Tchaimiânai,[cbat miauler) marchera quatre pattes, parlant 
des petits enTants ; marcher ou quémander à la manière des 
chats qui miaulent en demandant ; se dit aussi des chats 
tchaitenai, à Exinc. 

(1) L« m. Calvin e)( devenu Kitlblin (parlant de [ 
Roderen (Thann), ifi-Hippolyie eic. n. de lieu cli. pu 
Ckauvt, montagne ± cbaure en d*p' Vo-ges. 

(^1 Le Chat eit féminin pour l>ipèce chat, en Lorraine voszienae, Lunévitle 
(Oberlin), D' Vosges 4 Uninènî! jHaillant). où il ett dit CkaiU. De même déJA 
au Val d'AjoL Cela lend à rapprocher du patois lorrain, le pai. du Bonhomme 
(llapouiroye). celui du Ban-de-la- Roche (B. Mi.) où l« chat le dit Ui Itkailt. 

Dans cei localiiti et dam le< baulei Vallées Lorrainei (Voieienneil, à 
Cornîmonl, Venlron. Ktaiie. GerMpal. Wi->erabach. Sauii'uras, La Breite, 
Bertrimoniier, le Irouie no:re tch. comme dans les valléet alsaciennes 
francophones (C™ Ijipouiroye, Ban de la RocHp, Schirmcck etc.), et même 
dam des noms de lieu des valiéci germanophones ; Tsekar, a Odeien ; 
Tickarbrunnen, Tschali. i Burbach\e-H., etc. 



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— 150 — 

Tchai-r'guè.yô ; en Montb. Tchai-f)uèriô. Ecureuil ; le L. 
Sciurus, sciuriolus [écureuil] a Tonné le 2* terme de notre 
mot ; le 1" est suffisamment expliqué par les mots suivants : 
Tchai griô, k Leval-Roug. ; Chragriot n. pr, Bf. A St-Georges, 
près IssouduniC/iai^acoureuil; dans lePerclie,C/ia(^,^oMreuii; 
en Berry, Cliat^curieux ; Guério. à Bournoîs (Isle-s-l-Doubs), 
écureuil ; Écuron, à Auxel , voy. GaliHîe. Le rad. existant en 
celtiq,, ail. etc., n'a apparu en Lat. que tardivement (Stap). 

Tchaitfl [Chatal, à Montb.) [Cheptel) [Capital) matières 
premières possédées par un artisan. Exincourt. 

Tchaitcbe d'ûe, voy. tchâtchîe. Un des nombreux ex. du 
passage de la longue à la brève dans les mots composés ou 
allongés. 

Tch&itiibîe, Chalebier, Vge, Hte-Saûne. 

TcbaltiuD, [Chacun* în tchaîtiun, aj., un chacun. TcfiaU'ye, 
chaque. 

Tchat-ylere, Chaire (d'église), du L. Cathedra. Chaire, à 
Péry (Vesoul), à Dijon, à Metz ^ Chaise. [Tsaieure* chaise, 
chaire, aux Fourgs-Pontarlier, voy. Selle. 

Tchai-yîere, chemin à Chat., point de départ du chemin vicinal 
allant à Brevillers. 11 parait avoir été établi il y a plus de deux 
siècles, pour faciliter le charroi du minerai dererauxpatouillets 
de Ch. Son nom parait congénère à Charrière, Charère, pat. 
Besançon.) Avant l'extension du village (déterminée par 
l'exploitation des mines de fer, et l'établiss. du Haut-Fourneau) 
jadis concentré autour de l'église, il n'avait pas de raison 
d'être. 

Le mot hypothét, [ChaillèTe) qui serait un homologue 
apparent ànotre Tchai-yîereet signifierait ± terrain à chaïlles(l) 
ou à [ca(i(oi«), ne se rencontre pas à notre connaissance en 
TBf. dans les 1. dits. On trouve te bois deC/iai(Ies,à Villersexel. 
(Notons le pluriel), et la Chaillie, entre Champagney et les 
Granges Godey (Hte-Saâne). 

Tchftlal, V. [Chauler ; voy. Chaux ; imprégner de vitriol bleu 
(ou à l'eau de chaux) les semences et céréales, avant de les 

Tcbilaie, sf. Chemin ou sentier rendu praticable ou pratiqué 
dans la neige, par le passage des gens, des voitures, ou par le 
du terrain i cbaillei, géologiquement 



,db,Googlc 



- 151 — 

balai. D' Vosges, Cholaye. A Albertville, Savoie, St&lâ, v. 
{St = notre [tch'], marcher dans la neige, faire une ligne de 
démarcation aveu les pieds dans herbe ou blé. Rad. L. Callis, 
sentier frayé, qui a donné Citltisco, fouler aux pieds. 

Tcbàn, Champ ; id. au Bonhomme, Il"-Al8. ; au Ban de la 
Roche, B, Als, (présence de notre tch.). les tchans^:=en pâture. 

Tch&in, on Aj. ; id. à Clerval, à Servins [Baume-les-D.), Vfr. 
cfian ; id. à Magny-Vernoia (Lure). 

Menai lies bîetes îes tchans îes praU, mener les botes pâturer 
aux prés. 

L. dits. Tchambel à Retzviller ; Tchtembele, à Reiningen 
(Mulhouse) ; TscfiimpoHe, (Stof) forme aj. de tête à Largue-\e~ 
Haut [Lairdje, en p. de Petit-Croix). 

Tch&nais, Chênaie. Derrîe Tchânais 1. dit de prés, [Chanois* en 
fr. cadast. Voy. (chaîne. 

Tchanbc, Jambe. Djanbe, à Sournois. Tchanbon, Jambon. 
[Tchaimbe' jambe, aj. Dim. Tchanbot, Croc en jambe, Faux 
pas. Faire tchambot, fléchir à 1/2 une jambe, donner un croc- 
en-jambe. Grosse C/iam6e, anc. n. Porrentruy, 1417. 

*Tchaaçn-se, [Chanceux-se* en parlant des choses, avec le 
sens de hasardeux, exposé à des mécomptes. 

Tcbaadelnse, Chandeleur, 

Tcban ne, Channe, environ un peu plus de 2 litres, inusité à 
Ch., mais encore usité en pays de Montb. pour le lait. 

Tchanpaignon , Champignon, (Tchanpatgnâ , en pays 
Montbj. Ici par balancement contraire ign fr. devient aign ; 
alors qu'ord' aign fr, devient ign. pat. Ex. : tchîetigne, 
Châtaigne. 

Tchampaî, jetter à terre (^= aux champs) pour abandonner ; 
tandis que jetter pour envoyer ou lancer, c'est youpai, voy. Le 
part. pas. tchampaî, a son analogue (berrichon, et VFr. 
champi né dans lea champs et par suite bâtard. Lgdoc, 
escampâ jeter, abandonner aux champs. Bourg, Jampai. 

Tchanpaî l'vélat (veau) vêler (Angeot). 

Tchanp&î ai ma, jeter à mal, gâcher, dissiper. En Berry, 
amaujetet: [Slanpâ*, jeter, à Albertville, 

Tchanpoi, Parcours pour pâturer ou picorer, Ch.Salbert, etc. 

Tchanporyie, pâturer, picorer aux champs ou ± loin de la 



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— 15* — 

Tchanpain-ne, platine horizontale garnissant le seuil d'un 
four ou d'un fourneau. Le Vfr. Ch&mpaigne = plaine. 

Tchanpaignon, Cliampignon, voyez ce ni. Kembs, ville 
d'Als., [Campanenses], en Lat. 

Tchanpelie » hab. de Chanpey, T. Montb. 

Tebaopsd, Chamesol, Vge. jcréte sud du Lomont) Aussi dit- 
on DèrieTc/tamjisd. Sobr. Tch.-lês-fÔs;Grôspies : 3'a;>e taîtches. 
Voy. hoiiè Mandeure). 

TchanpsC ! Dans lai boirbs (boue) jusqu'à cô (Mandeure). 

Tchamseu, à Monléclieroux. 

Tchaotal. [Chanter*. Dim. Tc/ian(êWaî. chantonner ; â 
Tchainlraillâ, il chantonnait (Auxelles-B.). Tchantoulaî, en 
Montb. 

Chanterey et Chantereel, 2 forni. de n. pr p' la même pers. 
au XVl'S. àl'érouseiLiv.lî.) 

TchaotA, [Chanteau'. Ce qui reste d'une miche entamôe. Dim 
Tchanlelot, 1° Restant d'un pain b«nit, réservé pour le porter 
au voisin qui doit fournir ce pain le dimanche suivant ; 2° 
Conscrit de Tannée prochaine accompagnant les conscrits de 
l'année pour apprendre les chants et les usages. 

Dans la chs du Roscmont, il faut : fos lés djôns de Djérau- 
itiatn{;n!/tchantaint c'ment des andjes au lieudeetfc/taulaînf, 
qui est inconnu et qui paraît devoir son existence à une coquille. 

Tchanterelle, Chanterelle, champignon d'un jaune chamois 
à pilier plein s'élargissant en un chapeau sinueux, très estimé. 
(Giilet-Magne). 

TchapalOD, tchapelldre, voy. ichaipé. 

Tcharate-ote-fi-yie-ftyn, voy. tchie (char). 

TcharboD, Charbon. Lai Combe-Tcharbon, 1. dit de vallon 
dans les champs, à Ch. 

Tcharboûënie-re, Charbonnier-re. 

Tcharboûênaî, Charbonner, rôtir au feu, 

Tcharboinaie, en Montb., grillade i('ontej.i 

Tcharboùëyte [C'iarfcoui/ler, lïf.] Tacher de noir, d'encre, 
etc., gribouiller. Lou ton se Icharhoùêije. Le ciel se tache de 
nuages. Le Lat. Carbonculare paraît l'ancêtre de notre mot. 

TcharcODe, à .\uscl-B. Tchacue ou chacoue. à Plancher-I-M- 
indiqué comme Galeopsis et signiltant queue de chat, par M. 
Poulet. 



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- 153- 

Tcbftre, Voy, Ichâ, Chaloir. È n'm on tcbât, peu m'importe 
[il ne m'en chaut'. 

Tcharmo-yal, Voy. tchaîrmê, pat. ± aj. ex. ,■ mai tainie 
niafaile ne puerait pouè di tôt ; cola. 

Tcharmont-di-Boue, Grand Charment ; T'-chu-l'Ave, Vx 
Charmont. 

Tcharooï'lal [Chalonvillars' R = L, 1/4 de règle. Pat ± 
Cent. Bf.Ex.de p.:Man-hanme,poirô,rédjimant, sotchi ; moillic 
yeufanncs, muniote. / m'en vai i boue vos dire ; Man Dut;, 
el amboi^^dje tôt (il mêle tout). Raivisai vos, mâtin chiât (/" 
n'existe pas). Yeu tché (Leur chair). Man parii, in veîl bouebe 
(boûëbc, Cb.). El at coutchie dans lo vardjie. I l'i heitlerô tôt 
l'butin, maityedji. Fure desô lai grandje [ritaî n'existe plus) 
Nos li paiycrans ne boteîlle. Matou ! èm'tutaiyaîC. Ë demourait 
ai l-'raihic. Le point de Châlonvillars Uf., un point compté en 
trop au jeu de cartes. 

Tcharvoûete, sf. mot d'injure ^= charogne. Carougnadô en 
Lgdoc qui a aussi Carn-mortal, ± congénère à notre mol (1). 

Aux Fourgs-Pontarlier, Tseroupot, cong. à notre m. 
pouvant venir ■ de caro corrupta n, Tissot. En ce lieu règne le 
Ts Savoyard, pour notre Tch, et les dim, au lieu de mots 
simples. [Tsarvotôt, autre mot homologue à Tcharooûetê, mais 
dim, comme ord' en ce pat. 

Tchftase [Chausse] Bas, sm., Tchausse Montg., Ëtobon. 

Tchassîe, v. chausser (ses bas). 

IchAssie, st. Chaussée. Rêtchàssie [Rechausser], butter (les 
pommes de terre). 

Dîetchâssie, Déchausser (ses bas). 

Tchâsson, Chausson, Tchâssenîe, [Chaussonnier] qui Tait des 
chaussons. 

Tcbfltchie, [Chaucher* VFr. Presser, fouler avec force du poids 
de son corps. Du Lat. Calcare qui a donné aussi Caucher, VFr. 

Ai lai tchâtche ! A la presse ! au pillage ! Exclamation 
poussée par des enfants peu délicats, qui s'entr excitent à faire 
main basse sur les enjeux (de noix, de billes,) d'honnêtes joueurs, 
en se poussant, les uns les autres. 

Tchailche-d'ûe ! (ici, â est devenu ai bref, à cause du 
déplac. de la toniq. = écrasement d'œufs, cri d'avertissement. 



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- 154 — 

indiquant qu'on va jeter des œufs crus à ceux qui sont pris à 
partie. Quaiqued'ue en Montb. Contcj. Tcliâlcheu, ). dit en 
Montb. 

Tchatchait, Tas foulé, presse. Grand monceau , grand nombre 
de « Châteaux » [voy. tcliieté, de noix, etc. Se dit aussi de gens 
presses tombant les uns sur les autres, en tas. 
Tchâlchcu, I. dit en Montb. 

Tchanme, à Sermsmagny, TBf, bois entre ce vge. et Eloye ; 
au nonhomme, Hte-AIs-, [Chaume* (Fr. local TBf, et VFr } ; id. 
au C" de La Poutroyc. En Lorraine, chaume ^ pâturage sur 
le sommet de montagnes chauves. VFr. Terre inculte, en friche, 
où le bétail peut pâturer ou se reposer. Nombreux 1. dits de 
forOts dans les Vosges, TBf. Als. oij les i têtes ■ des Ballons 
deviennent chauves, cali'i montes. La. Chaume, forêts à 
Itoppe, Grosmagny, Rougemont. Chaumole, dim. 1. d. à La 
Chapelle-B-Chaux. Les //'•■-ChawJïies, entre le dép' des Vosges 
et la Hte-Als, ; Hoch-Wal-Jen, ail. = Hautes forêts. Terre : 
Ilaute-Cliaume, à Grosmagny. Pré des Chaumes à G-y. En Als. 
germanophone : Kalmen, à Willer ; Calmet, à Waldighofen ; 
Kœlmet, à Biderlhal ; Kœlmel, à Vieux-Ferrette (Stof). 

Tchavé, Chauveau, à Bes., Chopine. Ail. Schoppen (v = p. 
adouci). VFr. Chauveau, Chovelot, 

En 13'28, Jehan, dit Chavelier, à Porr. Chavé. Ane. n. m. à 
Porr. 

TchâTOn, Le bout d'un lil qu'on roule ou qu'on déroule, ou 
chef de fll ; voy. (chai, tête(caput. v = p. adouci). 
Tckavon serait la tête du lil. 

Tchàvon Déchus (dessus) [Chavon' en fr. cadast. Bout, partie 
qui s'avance, tête ou * coinot " Ouest de Meroux. Tchàvon 
Dedâ (dessous}. • coinot » Est. D' J. V. 

[Sfauon*, en Sav. Le bout d'un chemin, d'une allée, but, 
Albertville ou SI = [Ch*. 

Tchavda-ne-ltes-Grands, Chavannes-les-Grands ; Vge du TBf. 
à patois aj. Les 2 Vges voisins : 

T.-chu-l'îetan, et Tchavôn-nate. Le 1" est annexé, (ici v = b ; 
de Cabane) = Schavanné-am-Weier, (llindlingue) 
Tchauaiia(e = « Saîrie ■> (Salb.) 

C/iavartier, s'est dit anc' en fr. local p' habitant de cabane 
[Chavane*, = ± colonger ± fermier. 



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- 155 - 

Chavândier, anc. n. pr. d'Ajoie. 

Tchavanes, Feux de réjouissance ou brandons s'atlumant le 
1" Dimanche de Carême. Levai (Rougemontj, M' Cordier. Jadis 
on faisait des [Cabanes* de branchages pour y mettre le Teu ; 
voy. fàyes et bouetches — [Bordes) ? = Boude, Boudate (I). A 
Porrentruy, il y avait au XVI' S* « le jour des Bordes » en fr. 
local. Ce dernier mot a la mâme sign. que Clmvanes, ({" 
Dimanche de Carême]. 

A Chavannes, on trouve les n. pr. ajoulots, Gautheral, 
Ilenrissat, Crevoiserat. 

Êlchauvoinâ, Disperser, surtout parlant de poules apeurées. 
Auxell. ^ sorties de la cabane. 

TchSvoil'nè, Chevanne (ou Meunier}, Cyprin ainsi nommé 
parce que, dit-on, ce poisson a une tête, en général, plus grosse 
que ses congénères, moins peut-être que celle de la carpe ; 
rad. Tchai, tête. Quand petit, il est compris avec d'autres 
sous le n. de bian [blancs]. 

Tchê tchë ! interj. onom. p^ exciter les porcs à manger. 

Tché, voy. (chie. 

Tcliêlal, Téter ou sucer autre chose que le bout de la 
mamelle ; ex. : le doigt, la réglisse, ou le tckelot. Ckouler. Bf. 

Tchelot, Suçot, nouet ou pli de linge trempé dans du lait ou 
un liquide sucré ou laiteux pour donneràsucer aux nourrissons. 

A Bournois. Tchèlâ, téler. sucer, p' téter, voy. lâssie ; cmp. 
sùcîe, tassîe, 

Tchêlu-se, qui « ichëte ». 

Tcbemïa, Chemin. Tchemin de tchie, chemin de chars ou 
charretier, 

Tchemenaî, Cheminer, marcher. 

«Tcbëm'oaie, Cheminée. Voy. iymiî. 

TchenA, [chenal] Chéneau, du L. Canalis. L'a conservé de 
Ichenâ appuie l'étym. indiquée. Rigole en bois traversant un 
ru. 

Goutte-Cheneau, 'jy Corbisj petit cours d'eau venant de la 
forêt du Salbert, contribuant à former le ru de Cravanche qui 
tombe dans la Savoureuse. 

(I) N. de lieu k M on treux- Château, Argiésam. 

En Bou^. \Virg-Viraf, p. çfj) cous traniporlant en Cartbaee de Didon : 

L« soir ç'i det Eesim, db bodt, {Bordes, Feux de joie 

On lai prarrA por ène sodé. (SoardeJ. 



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— 156 — 

Tcbeni-ye, fait en fr. chenille, comme barail = baril. 
TcheneiUe, à Nfandeure, 

Tchen&-\}îe, ntlaqué par les chenilles, les vers ou larves 
[fruits). Voy. ônichenâ'yîe, autre rad. 

Tchenàyes, sobriq.iï l'adresse des gens de Corban (Délémont) ; 
du Lat. Cam'ciiia. 

Tchèae, s. m. Chanvre ; La Tchène, à S-y est au (ém. de 
même à Plancher. 
Bousson, s. m. Chanvre femelle, rad. basse. 
Tchênevaî, s. m. Chenevis. llab. Chenevé. L'î comme dans 
le L. Cannabis ou le fr. Chenevis, a q. q. f. p' homologue, ai, 
en notre pat. ; voy. brijie : et vice versa. 
Tcbënevâ, Chanvre femelle, à Maichu. 

Tchënerîere, Chenc\ière ;oûelche est employé de préférence. 
Tchenemi ye. Chcnevotte, du L Cannabium, ou par l'hypo- 
thétic catiabiohun. Channot à Montb., portion d'un paquet 
d'étoupe, Contej. Cbanvrier, n. pr. (environs). 
TchAne, voy tchaine. 

Tchëneble, Vge llle-Saône, Chcnebicr. Ex. du p. i aîmâideu 
(dos). 

Tcheoi, s. f. [Chenil], balayure, fétu de paille, etc., ordure 
légère, troublant la pureté d'un liquide, de luoil, ou la propreté 
du plancher, etc. (En fr. chenil signifie logement de chien ou 
petit local sale). Cheni, en Bourg, et en Saône-el-Loire, où le 
Ch remplace' notre Tch. Ce mot est presque caractéristic de la 
région à parlerComto-bourguignon, comme Caïon, cochon de la 
région à parler genre Savoyard ; voy. Savoyar. En dehors de 
celte région, on m'a indiqué notre mot comme existant près 
Uaon-t'étape ; n'est pas indiqué dans le dict. des Vosges 
d'Haillant. 

On trouve Cheni ; id. sign. à Mégevette on Faucigny ; en 
Bourgogne (Mignard) ; au Creusot, 

Tchësse, 1° Chasse : 3° Chasse-clou, chassoir, outil de 
tonnelier. 

'Uûle-lclièstie, [Haute chasse], est une chasse, aérienne et 
infernale à la fois, censée se passer dans les airs, menée par 
une troupe invisible et bruyante sous la conduite d'un chef 
variant avec les traditions locales. Voir Bull. Soc. d'Em Bf. 
notes sur Breuifvâ. 



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— 157 - 

Tchëssu, Chasseur 'Chasserot, i' Tr. p. petit chasseur ; n, 
pr. à Beaucourt ; 2" Châtenois [des Vosges) oiseau de proie 
(épervier), Ojau tsolseret [Oiseau cltasseret*. Epervier, aux 
Fourgs- Ponta ri ie r. 

Tchessouere [Cliassoire* Vfr Ficelle tordue serrée qui fornie 
la mèche d'un fouet. 

Tchèsale, I' Chasser ; 3° aller à la chasse 

Tcherfl, ou tch'vfl (voy. fc/ioura) Torme ajoulot salbérien, 
etc. 

TctaevantOD, Tison, VFr. Chcvanton, que Roq. dérive de 
candescere. 

Tchevicle, Coussinet placé sur la tète [TcbaV. d'un bœuf pour 
y recevoir le joug (Vézelois). 

TchcTillB, Cheville. 

Tc/iewina/e, Cheville ou malléole. Tchcvillte, cheviller. El (e) 
l'ânme tchevillîe dans l'coûe. 

Chevillôl, anc. n. pr. lîf. XVI' S". 

Tcheriroa, Ohcvron. bois supportant les lattes d'un toit. 
'Tchcvron, chevron, insigne militaire. 

Tchevrate, voy. tchièvre. Tchcvraie, Tchevriol, I. dits. 

TchèTrî, voy. tchièvre. 

Tchèvrne, Chevreuil. 

Tchift-le, voy. irhicre. 

TchicOD, TItf. Tige centrale ou trognon d'une salade : lailue, 
etc. A Sombernon (Côte-d't)r) Chicon, Lailue, lïomaine. id. en 
fr, A lif. Chicon, Trognon de romaine. Salade de chicon, 8-y. 
TBf. Tchicol, morceau de quelque cbose. (un fchicot de 
pain. (Sermamagny. MonlbtSlianl, ai lai tchicole, chichement 
(Contej). 

Le fr. Chicot « ce qui reste en place ou planté d'uno branche, 
d'un tronc, d'une dent cassée. Norm. : Blé Chicot, petit blé. Fr. 
Chiquel, pclile partie. 

Tchie, prép. 1" Chez. Lai fonnc tchie Anioiiënc. Tous tchie 
Anloûênc sont venus. 

2° Signif. aussi les gens de la maison. Tchie Anioûene sont 
venus. 

3" La maison. Voilai tchîe mon ânchot-di-boûe. [Lat. 
Casa). 

Tchie, s. m. [Char), voiture à 4 roues, [Tc/w*, ailleurs, TDf. 



.dbyGoc^gle 



-158 — 

Dim, Tchairot (1), Chariot, petite voiture d'enfant. Tchairate, 
Charrette ; Tcharole, en Rosemont. 

Tchairiat. k Mandeurc, 1" Chariot, 2° 0** Ourse, 

Tchairi, s. m. remise p' les voitures. VFr. Charry id. en 
Rosemont, à Pont-de-Roide. 

Tchairti, Corps ou caisse de Charkbanc rustique, supportant 
le B Sitse * ou siège. 

'Tcbairtie, Tchairton; Charretier, Charreton. 

Tchàràyîe, I' va, charroyer ; 2° s,f. plur. traces des roues 
sur un gazon ou une terre. 

Tcharayu. [Charroyeur] qui fait des charrois dans les petits 
chemins du territ. communal ou autre, se disait spécialement 
pour le minerai de fer. 'Voiturîese dit pour les grands chemins 
ou les plus grandes distances. 

Tchairoutaie, plein une voiture de gens ; [Charretée'; 

Tcbaîron, Charron. 

Tchairue, tchatruaî ; Charrue ; labourer à la charrue. 

La TchSrale, (Salb.) La charette, la grande Ourse, Constel- 
lation. Cherre ou Charre, s.f, VFr. local, charretée. 

Tchemin de Tchie, est pour Charrière, ce qui indique que 
jadis, à l'origine de notre pat. ù Ch.il n'y avait pas de Charrieras, 
ou chemins pour les chars. 

Tchicpetiçot, [Char-Poucet] ; voy. Peuce-Tsà-y, 1" Char ; 
2' g^* Ourse, à Chatillon (Jura). Sous la Charrière, à St-Dizier 
1. dit (2). 

Aux Charrieras, 1. dit champ et pré à Courtelevant ; c'est le 
[carrière' méridional. 

Tchai^rîère, [Charrière*. 

Tchie, s. f. 1° Chair ; '2" Viande, Ce dernier mot moderne en 
fr. p' chair, n'a pas d'homologue pat. 

[Tché' (ailleurs). 

Tchê feule, au Salbert [Chair folle], chair qui bourgeonne de 
trop dans une plaie. 



(t) Pour avoir mcni 14 Ckrrtat de bol«, dét ntrs la J 
jii»qu>n la Milelîére... pour meitre à exécution par le feu un 
1509. (Mgr Vautrey. hist. de Porrentruy). 

n Donnpz au dici Philippe pour cini} joumic) que son 
(Tueiej, D. munie. Momb. 1488, p. 384:. 
(3) l es Ckarires «onl bourbeuSM, 
Lei bergères lont crotlâ. 
Elle» sont in poué honiemes ; 
HUel n'oueienot cptrâ (9° Noël Bes, p. 38). 



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- 159 - 

Tchîe-dè-bue, (Chair de bœuf) u Dioûeclie » ou petite prune 
ronde ayant d= une couleur ))rune roiicée. Composilion du 
Magistrat en 1646. « l'ierre Chardouillet, laxeur de c'iair et 
grand forestier » (I). A cette époque le mot viande (vivres) 
n'avait pas encore supplanté chair. 

Tchte, syn. TchsUleS; voy. ce m. 

Tcble-re, adj. I" [Chor-e* ; 2° qui est cher, d'un prix élevé. 

TchlefiUoD (de poume]. Trognon de pomme, partie centrale 
de ce fruit qui reste après avoir mangé le reste. Voy. D'j/é«e(Jère, 
à D-yênâ. 

Tcblere, [Chier* càquaî et tiaitiaî, autres formes du L. 
C&care. Ind. pr. I ichie, n' tchiôns, v tchîetes ; p. déf. I tcityi. 
Les part, tchiant, tchte : El tchîe dans mies tailchcs ou mîcs 
tchâsses ^ il m'a poussé à bout par sa conduite vers moi, 

Tchiâle et Tchîerîe, Lieu où l'on « tchîe » Bf. chiote. 

Tchîâ, [Chiard*, au fém. Tchiâle, adj. qui « tchte). A servi de 
sobr. n y a l'Ile du Chiard, à Chatou, près Paris. Tchie'yon, 
syn. de Brayon.en Ajoie, voy fcrijîe ;îd. en Montb. llad tchtere. 

Tchiôntiuiatc, [Chie-en-culote] pej. petit gamin. 

Tchiônlé, [Chienlit' Dernier né ; gamin qui salit sa couche ou 
ses vêtements. 

Tchiônni, Demie né d'un nid, le dernier enfant. Tchièn ni 
(Angeot). 

Tchîerôt, adj. ipoutot), au Sud de Ch. Vase oii on « tchîe ». 

Aux Fourgs de Pontarlier [p'tot tsirol', adj. f. = laide (Peu 
galants les gens de ce pays.) 

TchiÔ, s, m. 1* Fiente de mouche ou autre insecte ; Tache de 
sang provenant de la piqûre de puce, Bf. Chiot, 

Tchuàtaî, piqué de « TchiÔ » ; Bf. Chioté, ex. : les drops sont 
tout chiotés, Bf. Voilai in murot qu'at bin fchuàtaî, Ch. 

TcUe&ft, s m. Chésal, anc. fr. local, Sol qui supporte une 
maison, la maison elle-même ; Terrain à bâtir. 

Lgdoc Casai. Du L. casa, maison. Chésal, VFr. Maison, 
église (Hoq.) 

• Tchœslis » I. dit, à Phelterouso, vge germanoph. Ali. 
Pfetterhausen) = Schesal. en 1338 (Sloff.) 

Les ■ Chaselz ■ dont il est question dans les chartes de Bf. et 
dcMontbéliard, et dont l'assistance est nécessaire pour prononcer 



(1) H. Bardy, tS* Bull. Soc. Bf. Em. 



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les plus fortes amendes paraissent être des notables propriétaires 
de maisons. Voyez note (I). 

TcWetè, 1' [Château* Tchêtê à Eschènes (aj.) 2» au pi. se dit 
des nuages en balles de coton, ou Cumulus. 

3° Petit tas de 4 noix ou autres fruits, dont l'un placé sur les 
3 autres forme enjeu ou partie d'enjeu, que gagne celui ijui 
l'abat avec une autre noix. Rab. Caslelet. Midi, Castelè. 8t-Vi(al, 
Sav. {Stitelef (là, ou St = notre tch.) Erasme parle de ce jeu 
(Sauvages). 

Rônlchîelelaî ; voy, ce m. liôntchîetoulaî, voy. ce 1" m. Dim. 
Tchietcht [Chàtelot* lieu dit d'un monticule rocheux en calcaire 
jurassic a ptérocères, situé entre Cii. et Trétudans, taillé en 
forme de témoin, par les eaux diluviennes qui creusèrent la 
Vallée de la Savoureuse. 

[Tchêtelat*. en ajoulot ; n. pr. à La Collonge (Chételat), voy, 
Ô7i(chîe(e(aî. 

La Chaitey » en pays de Montb., fête du 8 septembre ; est 
et était la fête de l'anc. église (0) détruite de Cliâté, près de 
Pont-de-Koide, fondée au V« siècle. Tf/ie(ê, en pat. de Mandeure, 
de Sancey, Faire la Tchêiê, faire la tête en général à Sancey. 

Tchîetê = [Castel devenu [KasieC en Hte-Als. en l.dits, ex. : 
Kastclacker, à Oderen ; Kastelbergen, c"* Ferrette, Masevuux, 

(1) Le VFr. local Chaté peut indiquer, possesseur de Ref ou de maison. Ici 
en examinani les 2 cit. suivantes, on peut penser qu'il s'agit de possesseurs de 
ni>î<oi«. ou de notables. 

(...Et si aus-^i estoit que l'amende fut phiF (de Cb fa\i) lesd. neuffs bourgeois 
doivrni apptUr trois ou driii dis chamtis dti d. lyea et doivent accorJet 
eniïmble, sinon le jugement doibi revenir à Seigneur » (Chait. BE. 1307. Bul. 
S. ém. H. Bardj. n' là, p. 39) < ..i\ le diz maires ne pnet et ne doit lever 
amende se ne est par le conienlempnt des nuef borgois juriez et de Iieit 
chttiét dt la vile dt Manlbiliard ,, et se la plus granz partie de lour, ne se 
poaieni accorder, le juKemenz doit repaïricr i Seignor, et li sSres endoit rendre 
bon droit et toial... 1283. Chart. Monib. (Tuetey. I). municip. 334]. Au point de 
vue du droit et de la lojraulé, l'appel au Seigneur four départager les voix 
serait conleslable. lî les ( 3 (hase* t le représentaient. Les rhaset élaîenl des 
gens de < la vile t ou < du dit Ij'eu * [coiis], appiUi par leurs combourgeois 

Remarquons la cit. suivante latine, maïs où casali eV seul, non suivi du mot 
hominfi •....in marie etiam et nai et alii casati in jam dicta eccUsia sepeliri et 
fponi dtbemas, lanqaam in slnu matris neitrae. ut qua vivat tias habuit, hâtent 
et défuticlas r. Lettre d'Etienne de Bourgogne a'environ 1225- D- TB£. L. 
Viel. kl casati (<-h,-ei) = de la maisun ou Jamille des posses eurs du fief. M. 
L. Vtellard fait remarquer lo vassalité de la famille de Montfaucon enven 
rRglise St. Etienne, de Besançon, dans laquelle elle avait le droit u'èlre 
enterrée. 

Le Vfr. Chasè ^ possesseur d'un fief, d'une maisin. Mïgnard dit : s Chasit 
= Vassaux loges par leur Seigneur. Kiancb et «aulx.le.Duc XIII 5° >. 

(?) Ab. Richard (cité par Tournîer H. prot. M. p. 18). 



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- 161 - 

Cuebvillor, Munster, Rouftsic, etc , en lieux où le parler 
liitinorone ai-lé submergé le plus tnrdiv'. 

TchletcbfiD, [cher-temps] ; ici, r-t est reg' devenu tch. Aj, 
tc)nclcfian. Temps de disette. Voyez tcliie ^ [Cher'. 

Tchtetigne, [Châtaigne*. Cong Tchâlenuis ; p' a originel 
devenu te. voy. tchietrat, tchictè, et autres n, commencent par 
Ichîa, les jujIs commune, par ca en rad, lalin. 

Ichtetral [Châtrer*. Trinetrat tie tjrciiotië yc, Couper une g. 
en deux en s<^parnnt le train de derrière du reste du corps. 

Tchietrc-iciiait [ehâtre-chat] mauvais couteau qui n'est censé 
bon qu'à l'usage indiqué par son nom. 

Tchîelnt, Châlreur, lequel annonce son passage en modulant 
dans un instrument circulaire de la grandeur d'une montre. 

Tchîelr}g}He, [>ôj. Coupalller, abîmer on coupant. Bf. 
Cliûlrignor. 

TcliielTillon, 1" Pomme mal venue ; 2° lOspèce do petites 
pommes brunes, claires. 

Le Vl'r. [Chulrilhii' se dit des jeunes animaux castrés. 

'Châlrcrie, anc, droit fiscal de la mairie d'Assize, sur In 
castration, avant 1789. 

Tchievre, [Chèvre, 1° du L. Cajjra ; 2° trépied formé de la 
IfiTurcaton d'une lige, coupi! dans un arbre pour le jeu de la 
chèvre ; il est gardé par un joueur, tandis que les autres cher- 
chent, du but, à lu renverser, à l'aide de leurs bâtons, qu'ils 
ne peuvent aller chercher que quand ladite chèvre est renver- 
sée, ou par une course assez habile pour éviter le contact 
du bâion du gardien. Voy. Sd. 

Tchevrate, \° jeune chèvre. [Chevrette* ; i" très petites 
• bloûêchos •> rondes. 

Tc/teura(îe, prunier à ■ tchevrates • blanches, plus grosses 
que des prunelles. 

Tc/ieuri, chevreau, 2* au fig. et pluriel, Givsil, dont les petits 
grêlons sautent comme des chevreaux : Tchovns tl'aii^ri, 

Tcbeciron, chevron de toit, (cheurùe, voyez ces m. 

Tohievre-fuye, [Chèvrereuille*. Voy. boâa ai lai IcUievre. 

i'rat de 'l'ckevraî, (CItevrùt, en Tr. cadast.) ± cerné par le 
bois du même nom, situé entre Cii et Itrevilliers, sur cette 
dernière c"', avec une source d'eau très bonne, se perdant dans 
le sol. Fait partie du bassin de la GriUl-Coinbc. En 1573, 



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- 162 - 

ortografié Cbcvray. Chevrcl, Chevrot, châtelains de Bavilliera, 
XIV S'. 

Combe Tchevriot, affluente de gauche de la Gran-Combe. 

Lai Tchîevrc, sobr. d'un hom grand et maigre, portant aussi 
le syn. Kchette, dim, de Keb., voy. 

TcUeTremont; Chèvremont, vge. En 1105, l'ablat. Lat. = 
Chyurimonle, fait voir que le n. actuel pat. existait déjà. 

Ex. de son patois : È s'at piaindu in pouHchiniot ; ran di 
tôt. Di laissé pri, vos^n aïs ; diemouène. I dremerô, mais lo 
soi i aï ivanire gonche ; pô coutchie [p' coucher) pa l'bé (par 
]ehaa].Et-yemouere. Eltelesvaavoi.Lo coi'ie(Loucouvie, àCh). 

Tchieyon, voy. tchîere. 

TchifaI, 1" EbourilTer, crêper, mêler (les cheveux avec les 
doigts] en grattant ou griffant. Se tchifai, (sens rëfl]. 2* fripper 
(ses vêtements). VP>. Chiffe, Chiffon. 

Tchifoûëijnîe, Chiffonner, froisser (papier, étoffe). 

Tchignle, Pleurnlclier, voy. Uoulchiijnie Tchiguot, surn. de 
pleurnicheur, à Bourognc [Janvret) (I). 

- TchigDe.e.f, Chignon, à Angeot : Sai tchigne ât tôt hboufaio 
(M* Demougc). 

TcbÎD, Chien, un des mois mouillés en fr. devenant sec en 
pat. Dans certains vges : Mandcure, Vermes, Servin (Baume- 
les-Dames), Le Hussey, Vi n'estqu'à l/'J nasal, Tchi- (i), l'n ne 
se faisant qu'à 1/2 sentir, cette consonne tombe tout à fait à 
Croix, où chien devient Tchi : à Fougerotles où il devient cht 
(là cesse notre Tc/i) ; Chin, à Des., à Oray, à Oy illte-tîaône) ; 
Ki, Celt. Br. ; Tsin à Santans (arr. Dole) au Sud de la g^' forêt 
de Chaux (pat. genre Savoyard]. 

Tchigne, Chienne. Cagne, d'origine nu'rid.est un péj.q.f. sort 
d'injure fém. 

Tchindùn, Chiendent*. 

El ât c'man les tchins d'Eché, 

Ë mairtchânt tout d'travc (pat. Danjoutin. 

Tchintchant, adj. fabriqué pour signifier cliuintant, comme 
représentant mieux que Ch fr. devient Tch, ce qui est tj. 
accompagné de dj. p' j ou ge fr. 






lu 'on chognerô. qu'on braillrrA 

' luiie on se co.iierô (ou se lairi.il) (Virg. vir. p. 131). 
en ir. ei à Chitenoii n'a plus le son de l'i ; il se prononce comn 
mais l'î de i" (c.-â-d. avec un peiii n) le tait eniendre, 
D Momb, en Ajoie, etc., Mandeurc, Vermei. 



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— 163 — 

Tchintre, 1° Ciiintrc, on fr. ondastral ; bout d'un champ sur 
lequel après ciia((ue sillon, on retourne la charrue p' labourer 
en sens contraire ; S° le champ alTrontunt une série de champs, 
sur lequel ceux-ci tchintra't/Ônt \t muel]. 

Tchintrayîe, retourner la charrue après chaque sillon en 
Taisant 1/3 cercle. Du L. Cinctura [Cintre* en fr. = 1/2 cercle- 
Les Cbaintres, Tr. cad. I. dit de champ, Bavilliers et Tlïf. 
Chintrc des Aiges, Charmois ; voy. ègc. 

Tchipoatat, [Chipoter]. Tracasser pendant qu'on est occupé ; 
contrarier, parlant d'enfant. Tcl.ipoutu, qui tchipoute. 

Tcbitche, I' Glande, à Mandeure ; 2° Espèce de petits fruits 
en grappes analogues aux pommes VFr. Gietz, bosse, saillie. 

Tc'hi-yle, s.f. [Cuiller*, on peut écrire Cyi-i/îe ; l'y innuencé 
parle (. devient aspiré ou, c/i. 

Tcb6 ! Tchô, hùe ! interj. pour chasser les chèvres, les 
moutons. Tchou ! à Dournois. 

TchA, Cliou ; Tcheu, en p. Monig. et Sous-M ; Etobon, Ëssert, 
Villersesel A. Henriel). 

Cheux, n. pr. à Chàlenois, voy. Cheux. 

Tcliôs (mquais, 1° Choux verts, hachés, cuits ; 2° Ruiiiox, îi 
feuilles lancéolées. 

liriseclioux, anc. n pr. de .Monib. -- Fréléchoux, n. pr. TBf. 
comp. frailchi. 

TcbA latcbu, td. à Meroux, à Vézcloîs, patience (Humex 
patientia), Hocscli ; sign. Chou gourmand. 

Tchôs Qraîs, liumex à fouilles ovales ; on les mange qf. en 
icliôs boilchis. 

'Gras choux, llf. feuilles de Itelle, voy. Bielle. 

Tchôs boilchis, voy. boiic/ii, on mange q.f. les « IchAs grais » 
en tchCs boitchîs [lioUchi peut signif. [Iiaquaisj. Bac peut être 
congénère à Boitchi ; voy. pâ. 

Tchôs salais, s. m. pi. Choucroute; voy. Saulroube. 

Tcheus aigres ; id sign. à Sermamagny. A Essert ; Nos Ichcus 
sontcoeus. 

TchAfe, calice ou enveloppe de la noix (brou), de la noiscllc. 
Enveloppe en étotîe d'un bouton. 

Tchdfaî. recouvrir déioffe (un bouton). Dtetchôfai, dépouiller 
de son enveloppe Içlchôfaî, rompre l'enveloppe ou unç 
enveloppe. 



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— 164 — 

Tcho/buèyie, ne manger que le meilleur d'une chose, laissant 
le reste (Bournois), 

Tchoisi, [Choisir, choisi*. Ind. pr. i tchoise; conj. fini. 

TcMpolé, s. ni. Manteau de la chcminre, cong. à T/iappe ; 
voy. (Angeot) 

Tchoûe, Chouette, à Mandcure : Quô vcîUe Ichoûe, VFr, 
[CJiô'] (parlant d'une vieille femme diîsagréable, 

Tcho&êgale, Pleurnicher, lîf. Cliiijner Adj. lchoiicgnu-s(i. 

Tchoûër, Choir, tomber, Ind. p. I choiië, n' Ichonc'yôns, r' 
Ichoûëtes ; p. déf, i Ichoùë-yî ; les part, tchoûë-ijant, tchoUê ; 
le reste sur les 5 temps primitifs. Auxel.-H. TchÔre, ex. : son 
Ichàpaî au tchà en darie... (chs Rosemont) [I}, 

«Tchoflese, Cliose ; a servi de surn. Tdicuse, en Hosemont et 
Salbérien. 

TchoufaI, Knimclor (les cheveux, le fil) ; ébouriffé : ex, ; ollc 
ât tchoufaie. 

Tchoufe, s.f. [loufTc) : Haie tchoufe 'Je ]ioi,quel e)(imt'/e)»ieii( 
de cheveux. Ail. Zoff, tresse de cheveux, queue. 

Tcltoufait, chignon ou faisceau de cheveux mal peignés. 

Tchoufon, paquet de cheveux môtés, tortillés. 

TcboufiUot, Petit paquet de choses tortillées, papillote ; 
démèlurc de cheveux (Salbert). 

Tchoupait, grande masse de cheveux. 'Fiai Ichoupait île pni. 
L'ancien fr. toupe ^= toupet, dér du germ. : ex Itas-all. lopp., 
touffe de cheveux (Itraebel). Ail. suisse Zuffe, ou poignée de 
q.q. chose (Stapp). 

TchoufaI, Manger goulûment [Exinc) (2) avec bruit de 
mâchoires, 

Tchoulot, Entre-deux de bouts de banc d'église joints en bas, 
sur lequel les jeunes filles peuvent s'asseoir en regardant de 
côté la nef. Dira, de l'AU. Sluhi (siège) ; fait l'oflice de strapontin. 
[Choitllaf, n. pr. en Ajoie, en (517 (Vautrey). 

Tcboutclie, Sobriq. à Chat, .ailleurs, femme désordonnée. 

TchoOTft, Cheval, en p. à ChâC , Andelnans, Cliâlonvil., 
Salbérien ; Mandcure, Montb. ; Tch'câ, ou Iclievâ, Ajoulof, 
lîrevillers, Tch'vati, Auxell.,G-y. 

Il) En fr. de Franche Comté x en es cai esqucts il encheait tr\ la volonté du 
Seigneur » n Enihair « = ici, tomber, en (Charte d Orgelet 1366, cit. Tuelej. 
C'est du ïraî VFr. et non du parler local savoiyofone. 

(2) Liste E. Lauient. 



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~ 165 — 

Tchouvau, a Etobon, 

Chevulx, ancien fr. Monib. XV* S*. 

Tcheuâ moirat, à Angeot = Cheval moreau, ou morel (f). 

Tvliouvil mourê (moreau) à Mancieure, Carabe des jardins ^ 

Tchoiira-di-Bon Due, à Cli. rie nourrit d'insectes morts, de 
petits mollusques. 

/.ou CliouKaii, le cheval, près Besançon. 

Tfliouvâlot, [Ohevalef 1° Clievalet composé de 2 pièces de 
bois ini5gales, jointes en compas, servant a supporter le train 
de derrière de la charrue en marche sur les chemins, le train 
t'tant renversé ; ?* haut tréteau à longs pieds, (des scieurs de 
lonz) supportant une bille h scier en planches. 

Satchot, tchevalerot (petit chevalier) noblesse pëdju, disait-on 
à un bâtard mendiant se croyant d'une noble extraction (Salberll. 
Voy, sai. 

S'ailchovvahî, se mettre à caliTourchon. A Auxel.-B. ai,^en 
picâ son Ichevsu [ehs. Rosemont, en p. d'Auxel.j. Chevalier, n. 
pr. à Dorans, Ch,.. Breboltc. 

Tchouv&trè, [ChL-vétre) Bride en corde, ou en ruban de fil, 
pour mener les chevaux à la foire ; du L. Capistrum. Quand 
une fille va souvent à la foire, on dit : elle ât encotië aivu 
(rain-Jiaf son tchoiwâtre ai lai foire. 

TchsIUes, sf. pi. Dans celte express, aroî lies tchsUles — 
avoir les dents agacées par l'usage des fruits ou des acides. 
Tchîe, à Angeot. Eceliâ, à Albertville. Ce dernier mot pourrait 
appuyer lortografe : aïoi l'ietchsille, Ch. 

Tchuate, Chouette, voy. tchoue ; paivru e'môn ne Ichuate. 
Tchiote, en Montb. 

Te, tu, voy. toi. 

Teillfit ou tai-yô, [Tilleul) [tuHô, à Bessoncourt ; Tu-yô, 
à Meroux). L'i lat, ou fr. souvent rendu en patois 
par ai 'ou ei). C'est une form. dim. du VFr. Til, du L. 
Tilia. Celt. B. til. Tillot en fr. de notre région, en I. dits. Tytia 
en latin régional. Le t final est afone, comme clans tous lus n. 



(1) A RonceiMux; 

Li Quetis Gtrins siet tV Chtval MarpI 

El sis cumpaiai CtrUrs tn fastt-Cerf ; (nnm ilc cheval). 
Laschmi lar resiies. brorhent ambdui ad ail, 
E vunlfirir un païen Jimaael. (Chï Roland, V. 1379). 
Le manuscrit Ae Lyon donne Uirtt qui m: le bon ; mïi< M. Paris y subii 
Siirtt qui lui parait mïfux juiiifié ! Nnlie paloii lui donne lorl. Pour la cou 
il a au-js) Uoyaf = [Biyard*, tiaciti, baucant. 



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en ol ; il indiq. la brièveté de l'o précédent. Sert de n. de lieu à 
nombr. endroits. Tio en Vosges (llaillant) ou Thiot. Le tilleul 
rare dans les bois X Argiésans, lu coupe du Fahy en a présenté 
trois. 

Teillle. Tiller ; de lanc. fr. Tille ou Teille — l' S"* écorce des 
jeunes tilleuls ; 2° écorce de chanvre (par cxtens) L'écorce de 
tilleul efit fibreuse et textile; elle sert à faire des cordes de 
puits, mais pas en TUf Ai îechie (EsBcrt) dan l'boûe de (ai 
Coûete, è y e dics teillots et dies piainnes. Sur le TUlon 
(cliamp) I. dit, à Menoncourt. Au Thaillot, 1. dit à Bavilliers. 
Terre : au.ï TiUcs, Dorans. Tilhn, 1. dit à Suarce Tiamont, 
un ham. d'Kvette ou Stoffel cite Quasimont, ham. ? 

Titlc, bouquet de bois, cité p' M, Contejean, en Montb. 

Cmp. Tille, Echinée de porc, ou tranche, VFr. et Porrenfruy 
en i3.=>0. 

Tillal, en Porrentruy. nnc. fr. local, (Mg' Vautrcy, hist. Porr.) 

Temal, Laisser verser ± involont" une partie du contenu 
liquide d'un vase plein. En Celt D. tumpa = verser. 

Tëmerê [Tombereau) voiture à 2 roues, qui se décharge en 
versant en arrière. VFr. Temereau ; id. à Petit-Croix. Tourmê, 
à Exinc, d'où lourmelaî, charroyer au tombereau. 

Tenail, s. m. Cuve p' la lessive, tonneau dont un fond a été 
enlevé. Tonoil, s. m. Cuve, à Epauvillers. 

Tenate, s.f. Tonneau dont un fond est enlevé, pour préparer 
et conserver ta choucroute et les « raives sa/ates ». 

Tandon, à Mcroux, Tenon ou arrête-bœuf, Ononis spinosa. 

Tëne, s.f. Tonne (\'osges, (iuole, = tinetle). 

Tinne, en pays Montb. mesure de vin de ÔO litres (Tuetey). 
Tcnnc, XV' S' ; comptes de la v de Montb (Tueley, D. mun.). 

TëDÎ, 1° [Tenir* 2» posséder, avoir (q. q.-un) sensément sous 
son pouvoir zt surnaturel ou d'induence. Ind. p. 1 Un, n* 
liniùna ; p. déf. i tigni ; fut. i teraî (Il : les part, lignant, ténu, 
le reste sur fini, avec les rad. des 5 temps primitifs. 

Tenu, possédé du démon ou d'un humain. 

7'e(é, lin le, petit, [tiens toi' (tranquille). Ex. i!e h:iliinccmen', 
le t mouillé fr. - t sec pat. 

Tenle, Pressoir rustique, placé ordinniremcnt en la cuisine. 



[I) Guiltaume à" Chsmplite • à JroFTroij- île Vilp Hnnloin 



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- 167- 

En Lgdoc estagné ; c. à d. vaisselier ou dressoir p' mettre la 
vaisselle d'étain. Rad. stannum. Mot moins rustic (I) que 
mellrot, voy, 

Tenre ou taore, Tendre, Du L. tener. 

Tanretaîe, s,t. tendresse au lisic, cité par M. Contejean. 

Teatiuait, forme de tantiuè ; voy. 

Tèrft, [Terrail*, VFr. Levée de terre, pays Montb. Fossé dans 
la terre, à Bournois. 

Tereiilon, courtilli;re ; rad. Terre. Terrage, impôt de la 
dîme, Porr. 

Terlantal, Flâner, perdre son temps. 

Terlo, forte loile de fil croisé; forme ? à Exinc. du Cairîo de 
Maiclie [voy. car<î) [Treillis) ou grosse toile ; voy. trâsse. 

Terrietre, forme de Tairîetre, voy. Terrintrc, à Meroux. Bois 
du Têtre, Lepuits (Délie). 

TerrnD, [Terrain), 

Tat Ifî boûèet a s'tnnulanl. 

Jutqu'és fiaHtt qut t'armanl, 

A ptude Citar. drhu lu tarrUHI. 

A ladanl A dilruTt Us VormuHs (Ch* Frahier). 

Tertau, Bavard, forme de Fertelle, Bourogne. 

Querquevelle, en Montb. 

Terlo, Montb., platine de langue, peut-être du mot Terlore, 
rouet ± bruyant. 

Tervé, (souenai ou-) sonner le fêlé, Exinc (2). 

Têt. Salamandre à Exinc, forme racourcie de Erlaî, voy. ce 
m. c. à-d. hérétic. 

Ta, à Etobon. A Sombernon, ta = Salamandre terrestre. 

Toachie, Tousser. Réd. Teuchensî, Toussailler. 

Teuche. s.f. Toux. 

Tenniere, Tanière ; VFr. Tesnière, ; dér. de Taissonniêre ; 
Trou du taisson, 1. dit TBf. La grande Tauiiière, 1. dit, cliamps, 
à Morvillars. 

Teure, s.f. 1* Partie supérieure de la tête d'un bœuf fVFr, 
Tor, L. Taurus) entre les 'i cornes (Salliert-Angeot), partie de 
la tête qui tourc. I H aî p,anqnaî in cô chu lai teare (Angeot). 
1 elle rsl fautive et moderne ; 



[l| La le cmi liaison (que en 
il faut <V pr le masc. comme 
jH» au masc. Jadis maniaqi, 
remplacer ûi(#f ; mai./!f,. 
{= Sergent de villej. 

(2) Liste E. Laurent. 


t tém. ; pr le 
dans !« pu 

en arj;ol par 



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2" Coltine allongi-e, vue du Siilhcrt à gauche de la télé d'Rtobon, 
en fr. cadast. L.'t Tliitrc; à Monib. Ture, mine renfrognée 
((.'ontej.) fvoy. toiièri'). 

«Tearlipe, [Tulipe), fleur du Nénufar (l), OITeniont. Ailleurs 
c'est la Rose des IJtangs ; mais à 8t-Vitat, Savoie, c'est... le 
pannacu !! p' la sign. voy. pôiinui et {tu. 

Téïe [Tiède), L. tppkius. 

Teyaut, r»rme enf. de Frérot, à Uourogne (Janvreti. 

I,a Thàle, I. dit de foret, à Davillers, parait forni. francisée de 
l'ail, llml. 

Tbaonenkirch, commune du C" de Kiheauvilté, conip.de plus, 
écarts, dont les uns parlent le patois fr., les autres le p. als. 
germ. 

Thieulien, anc. n, pr. ar. Monlbéiiard ICGô; faut-il voir dér. 
du Mathieu ? TliioUon, Mathieu appuie l'étym. QuéUin, n dit 
en pat, TielUn. 

lîlioig, en v\ écrits ~ tcutsch. 

Tià. En avant ! p' les vaches. Tiiiliii n. enf. des vaches (Tissotj. 

Tiai ou Tyë ! e'est le té ! gascon, le tiens ! fr. 

Tia!, Quart, Lmi TUiî, 1. dit ù Cb. c. à d. le [quart* d'une 
fauchée, environ 6 ares. Esquarts, 1. dit â Aulcchaux (Itlamont) 
fr. cad. 

Ttai-e, [Quel-le* L. Qualis. En fr. local de vge, Ticl homme ! 
Quel h. 

Nota. Le t suivi d'une voyel ou dipht. est mouillé en notre 
pat. et so prononce Tij. 

Tiaîlye [(Quelque*. Tiail-ye-cû [Queh[ue coup] (fois), lîf. 
Que temps, quel temps. 

Se Tiaibelal = se Diaibetai '^ hypolhéliq. Se chamailler, 
Kxinc, voy. Dinle, rad. 

Tiaidje, [Cage*. 

Tiaigne, 1° forme paloisée de [Cagne' voy. ce m, ; •> Chose de 
peu de valeur. 

Ti.t/ipi.-i.iso, (sur ])éjor.! au fig. femme dévergoniléi'. 

TiaigaB-RoJese. I. dit a Cli. ; fi.i(/(i.--n>)S ■. eji fr. e;i I. 

TiaigDÔ [Quignon) Pûtisscrie rustiipie eonleuiint des fruits, 
dans la croûte sui)ér. de lai|ue|le sont enfoncés des sous, 
donnée le jour de Xo;:l, par les p-irrains à leurs filleuls ?i 

(t} On (lit xiosi nJnuphar. Ici < n va au pluf rourl. 



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forme rappelle vaguement la forme d'un poUpon.un corps ovale 
et les 2 extrémittJs arrondies, globuleuses. Cugnu, en Gruyère 
(u ^ ou). Voy. Qtieniut et q'nieu ; daprfcs Btappers, quignon 
ou cujgnon, gros morceau de pain, dériv<! du L. Cuneiis, coin, 
voy. tiugnîe. [Cœuijnô, Bâtard au Russey, se rattaclieà Uugnot). 
1 m'en vais ai Taraignô (quartier de Des.) 
More pou Tare in Quiijnâ (anc. Noi'i, Bes ) 

Quignô, en Bourg. [Vir virai) cité en I iî4, présenta des 
parrain et marraine le 1" jour de l'an. 

Tiaimaie, ou tyaimaie, Forme plus patoisc que camaie, voy. 
ce m Exincourt. 

TiaiD, Quand, en p. AJoulot, et à Dourogne. Quiin, à Ch. et 
ailleurs. 

Tiaiosoo, ou t'yinson, \' Pinson [Quinson', D. Boisle ; 2» 
tinîbre aigu, oppressif, ou siflliint de la voix. Ex. ; c'Ie fonne 
ail iii tijinson ! voix aigujj d'un enfant ; 3' Pomme sauvage 
attendrie pur la gelée, l'intérieur, alors renfermant un jus 
rafraîchissant. Voy. i'uinsoti. Queijot, surn. de n qui crie 
comme un pinson », Bourognc (Janvrct). 

Vyinsenai, faire entendre une voix aiguë, ou une toux 
silllante [Quinsonncr]. îcirc tynsenat, avoi l'ou nai l'ynsonaî, 
être soi disant gelé, aussi froid qu'une pomme gelée. 

«Tiaipab'ye, Capable à Itonchamp. 

Tialese, [Casse*, VFr., Casserole ; ou mesure (1). avec 
laquelle le meunier prélève de la farine, p' se payer du prix de 
la mouture, opération indiquée par le verbe Tiaissîc, et l'adj. 
Tiaissu, péj. à l'adresse des meuniers qui « tiaissent > trop. 

1 Leurs liets [lits(, linceulx, (linceuls, draps de lils] ; casses » 
(= tiaisse) ; fr. Porrcntruy, 1511. 

Tiaissate, [Cassotte', Plancher-lcs-M. [Poulet), casserole en 
fonte à 3 pieds et à queue. D'où la devinette : tîetc dans tîete, 
sel' pies et duc coûes, lorsqu'un chat met sa tête dans la 
casserole p' lécher. 

Tiaisse, Caisse ; malgré \'î, emprunté du fr. , ce mol provient 
du L capsa comme le précédent, de même que eusse, voy. ce 
mot. VFr. Capse, boite. 

(I) C'élnil la 21" partie dx la cartF. â Bf. cl voîninagc. 

Aux malins nnslir mug'irr... ne doivf^nt prendre [ors que cJo:i froment Ft doit 
soigle la vingt quorle partie ; d'nrge et d'avoine la satime partie. ITuet.^y. D. 
M. F. Coinie. 2IIG. Charle de Poligny. 12SN1. Ceci n'est pa> du dialecie comiciiï 
qui n'cxîtie pas en dacumcnl*, mm du fr. de chancellerie avec q.q, patoisi.mes. 



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- 170 - 

Tiaitial, 1° syn. de tchîere, mais forme plus ancienne. L. 
Cacare, celt. B. Kac'ha fc'h dur :^ ch. ail. dur). 2* prendre peur 
devant le danger qui en effet détermine chez les poltrons ou 
nerveux un flux de ventre. 

Tiaitiu, l'qui • liait-ye » ; poltron. 

'Cacade, Bf, Chose ou opération ridiculement petite, après 
avoir paru ou être annoncée ± importante ; la montagne 
accouchant d'une aouria. 

Tiaityignu-se, Bf. caqtiinieux-se, chicaneur, chipotier. 

Tiaitre[Ciuatre*Tiai(rîeme, quatrième riai(ratn-ne, environ 4. 

Tiaitchoûeje-îeme, Quatorze-ième. 

Tiaitre-vë, Quatre-vingts. 

Tiai(re-ai-liaiire, t* au galop ; descendre les escaliers ou les 
monter i marches à la fois ; 2' quatre par quatre, en grand 
nombre et en marche, parlant des souris, rats et autres 
animaux. 

Quan ce fut pour le coutchie, 

Tiaitrt-tti-liaitrt d'chu in soulie, (lolier, grenier), 

I.ai mai n'a tr d'chu ïn fagol. 

Reguinguelte et reguîguot (Cbi burlesque du Valdoie). 

TW ! OU t'yai ! c'est le « tiens » ! interj. fr., le (è du Lgdoc. 
L'impér. du v. teni = tins (tiens). 

Tialt'ye, Quelque, Tiaîlitim, quelqu'un. Tièle chose, qq, 
chose fr. Bf. 

Tait'ye-i ; anc. formes, voy. Catherine. 

Tialva, [Cave*. Tiaiveudc, Excavation souterraine, ex. : 
1 creuUie, i faî dies tiaioeudes (a£ devenu ai bref) dans le n. 
composé 

Tiai-ytt, [Caillou' en Montb. voy. Caillô. 

Tiftmon, un des hameaux d'Evctte ; bois à l'Est de Moval. 

Tiant'yi, Tiantyelot. etc. voy. François. 

Tiftrpe, Carpe, à Vescemont, à S-y. Tiârpiere, Carpiere, petit 
étang. 

Ticlette, Df. voy taichale. 

Tie, Tiers, Tircelin [Tiercelet], Le mâle de l'épervier, plus 
petit que ta femelle. 

Tlebfl, n. pr, [Thiébaud* ; n donné Tiau ou Tiaui*, à Bourogne 
(Janvrel), et Dinnba. C'àl c'môn toit )nairtclne de Tichà liêii 
(Bcly). c ni fin /int. 

Thiaiitl, n. pr. à Melisey. 

Tiébrïe, forme pat. de Kéirie, voy. 



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- 171 - 

Tleche, s.r. [Tas) [iàsse]} indiq. homologie par 1/4 de règle, 
c. à-d. pas Tréquente. Monceau de foin, de fagots, entassé régul. 
sur le • soulîe ' ou ailleurs. 

Ôntiechi, meltre en ticche. En Néerlandais, en Anglais, tas' 
= tas. 
Tusse, en anc. pic, poche portée à la ceinture ^= [laitche). 
Tlecheran, Tisserand. 

L'îitre djoùë qui Tëlit tan... 
Trâgremîeché"de Q bian .. 
Tiecheran, bê tiecberan, 

Fais me mai toile couran. {Vieille ronde, de Ch.) 
Tixeram, nom pr. Montb. XVI' S', « Jehan Tixeram », en 
1502 (I) dont Vx se prononçait ss). 

TlefloDi Punaise ; Têfîon (Angeot, FougeroUes) ; un des sobr. 
des gens d'Héricourt ; ailleurs Teufion. 
*TieI-le, Quel-le, fr. local, p' tia£-c. 

Tiele, Tuile. Tieiîe, Tuillier. Tîelerie, tuilerie. Tielaî, de 
couleur de tnile, parlant du teint du visage rouge brique. 
« Tyelaire de Perouse » en 1470, à Porrenlruy n. pr. = Tuilier. 
. La Tillière (La Tieillière 1655) » Bf. Essert, Stof. Teuriie 
(Vosges) ; lieuterîe, anc. fr. local Bf, se prononçant comme en 
pat. 
Tiellenr, n. pr. Keller*, anc. n. pr Bf. XVI» S»; La Chapel. s.C. 
Tiemoâê, Témoin, chute de l'n, IjZ règle. 
♦Tiette [Quête). 

Tiental, ou tylntal. Quintal [cent livres) anc. mes. 
liere. Terre. Foûe-tîere, Terre forte, argileuse. 
TIete, 1* Tête -, 2* Sommet de montagne arrondie, ex. : La 
Tête dEtobon ; La Tête de Moine, à l'Est du Fayé, TBf ; La 
Tète de Faux, au Bonhomme, olc. ; 3° Sobriq. Qui a une grosse 
tète. Le Lat. rad. Tes/a ^ vase en terre, analoge d'altrib. de 
sens avec Câquelle, voy. 

Tietfit, 1° Tët ou tesson de poterie ; 2° petit homme qui a une 
grosse télé. 
Tétot, Têtard, au Hussry. 
Ûnlîetitî, voy. ce m. 

Tcetaie, coup de tète, à Exinc. Tête d'aWrichte, se dit à 
Angcpt des germanophones du voisinage et de loin (d'où 

(I) Eilr. dei compt. de Monib. par Tue:ey, 



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- i72 - 

slbrichiat, parler leur langue} ; traduction libre : tête de boche, 
qui se dit en Suisse ; ex, : à Uanccs (Litusanne). Cli. Tîele de 
p'yelche (—pioche). 

Tieoche, 1* Cuisse [Cœucliç' à 0-y ; (l'eusse, ù Des. /.ou 
ichâne à trô lieuches, à Llobon ; i' un demi Cotylédon ou une 
des 4 divisionB de l'amande de la noix. Lgdoe cuiêisso de nâzë. 

Tieuchate [Cuiselle] Allai ai lai Hettchâte. Aller à I& 
planchette ou assis à poil, de travers, sur le dos d'un cheval, et 
non à califourchon. 

TieuchSere, Maîtresse branche d'un arbre. En fr. cest le 
bras et non la cuisse qui a servi pour Taire le mot. Le pat. a 
aussi le mot brance qui a un sens gémirai. Au Ban d, 1. Koche, 
queue he de huos, rameau, queue 7ta(e petit rameau. Le chêne 
des 3 cuisses, à Etobon, qui, à '2" du sol, a 3 maîtresses 
branches. 

«Tieae [Queue* de cheveux de l'une, régime. Voy. coûe du 
latin cauda. 

Tieafate, Espèce de poire, à Angeot. 

«Tiear, Cœur (neo-p ). Tiûe, s. m, Arch. usité à Abbevillers, 
etc. en Monlb Voy. tiCie = cuir. 

Corftil, Cœur et organes y attenant, fuie, etc. à Vermes ; en Tr, 
levée. Voy. coûërâ. 

T'yeTal, v.a. Désirer p' q. q. un, souhaiter (q, q, chose) de 
cœur à q, q. un. Voy. ( ij'vaî 

«Tieur, Chœur. 

Tianre, 1° Cuire ; 2° Fermenter, parlant du foin nouveau qui 
s'échauffe. Donner de la vapeur. Ind. pr, t lieue, n' 1-eujôns, 
pas. déf. i tieuji. Les pat. tieujant, lieuju (actif ou lieu sens 
passif). Conj. comme boire. îelre tieu, 1" être cuit ; 2* perdu. 
Ave tieujanle, Eau bouillante. 

Tienjêne, Cuisine. TieujeTiîe, cuisinier. Tiuji'ne, à Vescemont. 
tt Cusenale, petite cuisine à Porrentruy, 1511, fr. cad. 

? Diaisin, voy. ; Qupscn (1), à Hesançon ; Vfr, Quesiiie, 
cuisine, du L. coquifi.). 

Ticujcnaî, Cuisiner ; f.'uïeiicr, anc fr. de f'orrentruy. 

iîeii'eure, r^ticuture, voy. retieure. 

Tieule, cuite. 

Tieujanle, s f. 1" Dyspepsie-acide, ord' suite de riho te (Angeot), 
à peu près syn. de grilluls; 2° brûlure destomac. 



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— 173 - 

TiïDterie, Aiguillée de fil, métnc rad. que le suivant. Montg. 
cwuturie. 

Tieutm'e [Coulure] de 2 parties ensemble. Voy. coudre, du 
L. cousuere, consutum. [Cœuhire' en Montg. A St-Vilal [Savoie) 
cœuteriâ. 

Tigrelal [Tigré). iVe belle vailche titirclaie. 

Tifait, Gros morceau (de pain). Lifrel, en Monlb. Conlej, 
Chiffon, en Norm. 

TignaisSB, Cliignon en désordre. [Tignasse]. 

Tille, Echinée de porc, Ajoïc, VPr. 

Tin, tiniôns-t ; voy. teni. 

Tintin, forme enf. de Célestîn, Bf. 

Tiossie, Salb. syn. de Chouqucnaî, voy. Cliouquai. 

Tirc«lin, I* Tiercelet. Le mâle de l'Kpcrvier {plus petit (juc 
la femelle, d'où le nom). En fr.cc m. s'applique aussi aux mâles 
des fiiucons, ctrapaces voisins, ex. : un T. de faucon; 2° Ane' à 
Monlb., espi'ce do tissu. 

*Tiretaiu*oe [Tiretaine, ôlolîe laine et coton en fr.] Femme 
des carrefours ; comp : La grisetle qui a deux sens, 1" espèce 
d'étolTe ; 2" ouvrière de ville di sage. 

Tirle, 1" Tirer ; 2° Aller dans un sens détermine, 'i'ire-poi. 
[Tire cheveux) fruit de la Itardanc. 

Tirte at rà. Tirer en bas [Tirer avalj Tirvûitaî, parait formé 
de la locution précédenle, tiniiller les \étenients, le corps ; c\. : 
e((esc laiche tiroadaî 

Tirie ne lâlre,mf)oullrait, Eerire une lettre, fuire un portrait. 

Tirîe à bout, tirer à la fin. 

Tirate, s.f. tiroir ; Tiroi, s, m. TBf., Tirât, Angeot. 

Tirli, Mauvaise ou grossière élolTe, TUT. 

Teurli, D' Corbis, « Toile grossière s {I). 

Ter H, en Monlb. (Conlej.) Etoffe en [treillis*, cong. à lerlo, 
voy. et qui est syn. et cong. dini. 

Tirli, cri du rouge-gorge (I). 

Tiroignic, tirailler en Mont. 

Titch ou Titsch, forme als. de Dcutsch = ail. (de langue) 
Thiois, en fr. Tiitsch ou Diitsch, c" Zoug (Suisse). On peut 



villageois poricur de droeuet, revenant 
Hiig dei ■ LreusG) du Salberl ■ lorsqu'il 
t répéunl avec penislance tirU I tirli t 
■ H'dl fi' dilirli, mail bin dibon dragutt. 



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- 174 - 

placer ici. Tige gronde, I, dit forêt au Puix (mots d'o 
ail.) altération de Titsch grund, terre ail. 

Tiu ?[Qui ?• Tiu qu'ât (aï ? ou tiu ç qu'ai lai (f,p' â(ce). Qui 
est là ? qui est ce qui est Ik ? 

Tia, (ietre »i). Etre à quia, *tre rMuit. 

En p. bourg, dn Vir virai : cl ât ai cou, è n'en peut pu. 

Tiu, [Cul* notre mot eet homologue à plus, mots Tr. c'est-à- 
dire que plusieurs mots fr. aboutissent à notre mot pat. comme 
cela a lieu d'ailleurs en fr. 

Tiussô = tiû sô [Cul sec] homme gros comme rien, ou qui a 
de petites Tesses. Si nous avons liu-sÔ, à Bournois on a boc-sô 
(bec sec) = figure maigre) Chàlonvil. ; Bourogne, Tiusso. 

Tiu d'apoi, à Bourogne, sobr. de cordonnier. (Janvret) voy. 
aijjot. 

Tiulate, Culotte*. Tiulate ai beuillalc ; voy. beuillîe. 

Tiuloulon, petit qui porte culotte, Montb. 

Tiallerfl, [Culière* dans Joinvillc et Dict. Boiste. Avaloire, 
croupit-re de derrière d'un cheval atteli3, pour faciliter la 
descente sur une route ou maintenir le harnachement. 

Tiu b'ni, voy. béni, 

Tiu di poutîe, ou di raîtchaU, voy. Poutie. 

Tiu bêeche, cul bas, en pays Montb. bas sur jambes. 

Tiu bian, petit martinet ou hirondelle de fenêtre. Hiain-tiu 
à Vermcs ; voy. Maitchelot. 

Tiu-de-tiulate, fond de pantalon. Ai bët'Hu, position genu- 
cubitale ; id. TBT. Montb., au Russey ; voy. ce m. 

Bôtche-tiu, Gratte cul ou cynorrhodon ; litt. bouche-c. 

Jehan Fébure, dit rougecut, un des 3 maîtres bourgeois, à 
Torrenlruy, XVI' S*, (Mg' Vautrey). 

Montrecul, 1. dit de champ, à Fêche l'Eglise. (Près Paris 
l'aspect est plus i^tendu, Montretout). 

Grosses tiulates, sobr. des gens de Vauthiermont (Angeot), 
qui ont un caractère spécial. 

Tiual, 1'ucr, conj. ainmai. 

Soûec haï cmon in biXe ma tiuaî, soufller comme un bœuf 
mal tué. 

Tue-bélc, Tue-béte à Sournois ; Tuanme tue-homme : c. à-d. 
travail ou machine qui ércinte les bétes, les hommes. 

Tûe-lout, s. m. [Tue-tout]. 

Tuetey, anc. n. pr. à Iléricourt et Montb. voy. (ai (tô) et (â. 



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- 175 - 

Tue-chiens, ou cliasse-pauvrcs (XVII' S°) le dernier des 
agents de police à Montb. (Duvernoy). 

Tiubrâ, Primevère, à Elobon, voy. croûebdirbe. 

Tiadat, [Guider* VFr. (I) en Dict. Boiste), croire, penser, 
s'imaginer. En p. ajoulot, ex. : <• Vite lés soudais tiudennent 
entrai '. I m'sô tiuclè.Jc me suis pensé, à Bretagne, Montreux, 
etc. 

Tiudot, Présomptueux, Vézelois, Châlonvill. etc. Qui ne 
réussit pas dans entreprises. 

Tiudrat, c"" Délie, ne réussissant pas dans ses entreprises- 
La Cude, l. dit de pré, à Méziré. 

Cude, Tour, niche à Plancher-l.-M. (Poulet), mais pas à 
Auxelles-B. 

Cude, Bévue (Montb.) (Contej.) 

Tiudè, Sobriq. d'un habit de Ch. orig de la région de 
Montreux, où l'on dît, i tiudè. 

Tiadre, Cueillir. Ind. p. i tiu, n* tiwijôns, V tiufes ; p. déf. ; 
i tiu-yi ; fut i liudrÔ ; les part- tiuijanl, tiu.yai ou liu-yè. 

Tieûdre, à Urcerey, 

Tiûe, s. m. Cuir, Tiû, à Auxel, Tiûii, se rapprochant de tiûe, 
à Etobon. 

Mathieu le coroaissicr, (^^le cordonnier, qui travaille le cuir) 
bourgeois de Porrentruy, en 1317, Courcoisier, n. pr. en 
ajouloronc. 

(Comp. VFr. Escofier, tanneur, Escoerie, escoberie, cuir 
apprêté) du L. Corium. 

Tiaeille, ou tioaiye, Nappe. En VFr. Touaitle, 1° Nappe, 
serviette, etc. ; 2* étoffe comjwsant le turban des Sarrasins 
(■loinvtlle) ; 3° étoffe de soie, Bas-L. Toalta. L'ancétrc est le 
V. L. texere. [Tiuaije', en Hosemont. 

Tiûe, s. m. Cœur ; voy. lieur qui a remplacé notre mot. Cong. 
Corail, à Vermes, cœur, foie, entrailles. 

Tiuô voy, T-h'vô. 

TinefSte, Espèce de poire allongée, Angeot ; îilias, tuefule. 

Tiûenin, Tiàenot, etc. voy. îetien-ne. Cuenc, 1391, bourgeois 
de Porr. 

Tiflgnle, Enfoncer un coin [cogner) à coups de marteau ou de 



dii Meiljn, euidt enseigner a 



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- 176 - 

massue, une cheville. Dans le Roman du Renard, Cuîgnée = 
Cognée, 

Tiuijnot, Coin, du L Citneits ; id. à Auxel. [T'nignal', à 
Angeot. Voy. Cœugnô. 
Cugnol, I. dit de pré, à Rougcmont. 
*Tinivre, [Cuivre). 

TiuUron, Feu follet, Culard on Ccrry ; Culâ, Vosges. 
Tiullon, id. signifie à Montb. 2° petit tourbillon soulevant 
poussière (Contej ) = le fûuletot. IV Corbis donne p'' Hf. 
Cultons, [m. Trancisé]. 
Quelar, en Bourg. En Celt. lîr, ankelcr. 
Tinnioaâetre [Connaître). Ind. p i tiitnioû'), n* liunioûwhiins, 
v tiuiiioûetes ; p. déf. t tiunoûpctii ; les part, tiumoilechanî, 
tiunioi'iccliu. Kn aj. Coujnàtrc, ex : 

Di Un de ço-li, în^oflîcic 

DJatt i prince ' ( I coignâ l'niétie, 

[ al cinquante Kaiîcrliquei 

Pou pAre Pélignal et sai clique u. (Ch< l'edgal). 

Tittnoûechance, Connaissance. 

Tiuperot, Salive des glandes Sidivaires expulsée, cracbal de 
salive, voy. îeliupai. 

Keupolo, p. messin. Salive Le français ne distingue pas les 
c. de salive et de glaire. 

«Tiuraissie, [Cuirassier. 

Tiurbolat, [Oriboulai) Ch. ; drap fait aveu des (ils chinés, bleus, 
rouges et blancs. Montagne, Angeot, etc. 

•Tiure, Cure. Tiurîe, Curé. lîf. thirS. {Curie, n. pr. TBf. 
peut provenir do cuir, de curiez, VFr. char). 

Ti itn>tt-se [Curieux-se*. Elât tiurieuc'miin iierei//e fonne. 

Tiurimisilaîo, [Curiosité*. Représcntalijn ou comédie de 
village. ï)\i L. curare, VFr. Curions, plein do zèle, curieux. 

Tinte, Ilâtc. Avoi Itule, avoir hùtc (du Lut. cifuâ). Tiutu, 
hâtif, précoce. !Jcs bouehes de Tchâlonaï sont tiutus. Lgdoc 
cvilô, hâle. 

Tintioe, Grande Berce, TBf. Tucluc, h Vézelois. Voy. tarpc. 

«Tiavle, [Cuvier* n pr. en pays Montb, 

Tiovate, Corps de cheminée maçonné (Angeot). Dim. de t'i/'iê. 
Voy. ce m. 

Thivolo, 1. dit à Frahicr, [Cuvette* ou fond de vallon très 
encaissé. Es Tiuvnlles (Cuvotes) 1. dit de champ, à Angeot. 



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— 177 — 

Toi, id. en fr. pr. pers. souv' en riigim indirect comme son 
ancôtrc tibi. Te (id. en fr.) souv' sujet ex. : (e vin, tu viens. Toi 
se iirononcc loué, comme jadis pendant et avant Louis XIV, id. 
ol)s. pf toute diplit. oi. 

Toi ou Toit, id. en fr. Toilô, couvreur (de toit). Aj. [Toitâ', 
anc. doc Irictot 

Toijlol, II. d'un curé de Porrentruy, orig. de Dôle (1714). 

Toile, id en fr. Toilate [Toilette] ; à lïf toUe grasse, c'est 
l'épiploon du porc qui sert à envelopper les o griblates ". 

Toitô, voy. toit. 

Tômelai, assommer, aj., assigner des coups de poing. 
Kl alemandé : fùtre nom de Tié ! (Dieu) 
// fnut lome'er celle clique {clis l'etignat) 
Que n'tiuà p'ai boire è Kiiiserliques. Voy. toûene. 

Ton, !" Temps' ; Tan, en Aj. Montb. et voisinage, en dehors 
du p. CliiU ; 2* Le ciel nllimospliérique. 

Ton, [Tan*. Tonnai 1° lanner ; 2° J)aflre (q. qunj Bf. Tonâ, à 
Planclicr-1.-M. 

Tdndre. id. en Tr. Ind. p. t Irîu : p. dtîf. i lôndi, les part. 
tonflunl, tùnJn. 

Tondu pelât, tondu jusqu'à la peau. 

T(')ni/itre cloison pleine. 

Tfinean ! Kxclnm. ou léger juron. Toiicnitciie, aulie forme de 
juron, adouciss' du juron supérieur toûcnaire V 

TAnelè, à Darr dim. de Toni ; voy. Antoûëne. Vers Mulhouse 
et en Suisse, le suif. H, remplace le suit. Ji! plus partie, au B. 
lïhin. Tôni, Asimc |1) et Cli. Toneli, Cli Toni, en Lgdoc. 

Ton n\ Thann, vil. als. Tanne, en AH. ^= Sapin. 

TÔDp ye, FI(!L-lie ou arbre de jonction des '2 trains d'une 
voilure. Pinnale, à Mandeure. 

TÔnpye, [Templu' VFr. ^= tempe. A Roncevaux ; 
Li quens Roildnz ad la huche sanglante ; 
De sun cerccl rumpuz en est li tcmiites. 
L'olifanl siinel à dulur et à peine. (Chs Roi. v. 1785). 

Le r^im. lônpiate. Tempe, est seul employé pour éviter la 
confusion avec (iinp ye, (fléclie de voiture ; ni5o-pat', tônpe. 

Tôntche, [Tanche* pois. 

Tors-champs, I. dit, fr cad. à Grandvil. voy. loûedre. 

(li Aïchpach, BU Ali. (le Pont d'j. 



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- 178 - 

Torte, sobriq. formé de Georges, i Angeot. 

Ton ! Intcrj. p' appeler les chiens. Rédupl. toutou, s.m. 
chien, ent. comp. p*" la formation à yuyu. 

Tonbac ou Toubd, Tabac ; Touboc, en Rosemont ; du Caraïbe 
des Antilles, lopahiba, Calumet, qui a donné loba, Tabago, 
Tobacco, angl. (Petun, en Bretiignc), 

Mange-tabac, surn. de chiqueur, à Tr^tudans. 

Toudjn, [Tordu*. En Montb. Tordju, mot irrég' patois. 

Toùë, s f. Tour (bâtiment). Toùènelle, Tournelle. 

Toûe, s.m. [Ton' ; avoi loue, avoir tort, 

Toûe, adv. [tôt. Tanioûe, lantât. Binteu, bientôl, à Phaffans. 

Toûë, s.m. Tour à tourner, manière ± bonne d'agir. Toûètiaî, 
tourner [autour) Toûenure, 1" tournure ; 2» planche sur laquelle 
on retourne la pâte p' les gâteaux, la pâtisserie. 

Toûènant. s.m. lieu où chemin tourne. 

Retoûënaî, retourner. Pour tourner, se mouvoir en rond, voy. 
virîe. È lônaî-yc ; il tournoie (Ilonchîimp). 

Dietoûê, [Détour*. 

Toûënaîe, s f, ex. : ne toûënale d'ave. L'eau darrosemcnt 
qui revient à tour de rôle. 

Toûe, Taie ! Toue de le, Taie dédredon ; Toûe de traivie, 
Taie de traversin, voy. tatjate.Tô en Rosenionl. 

Que vail ai (aï reoiere et que laichc sai panse ai l'oûeta f 
devinette pour indiquer • lai (oûe de le ». 

Toûe, adj. voy. toùëdre. 

ToûecA, [Torcol, ois. de passage. 

Toûedjè, Toujours. 

Toflëdre, [Tordre*. Ind p. i toàê, m* toudjôns, v' loùëtes ; p. 
déf. i toudji. Les part, toudjant, loudju ; conj. le reste sur 
rôndrc, gardant les rad. des 'i temps prinitt 

Jifloûèdre, Retordre. A Exinc.Refdedre, donner l'inflexion au 
langage et l'accent spécial de chaque vge : ex. : retâe dre 
Verbaton, le golnlchie, parler comme à Etupes, à Gelhoncourt. 

Toûe, Toùetchc au fém, tors-se,sens permanant, passif, tandis 
que toudju a sens di actif. Elle n'àt pie loûetclie. Pîe-loûe, 
pied natur' tordu ou de travers, voy. boudjot. 

lieloûe, retordu en parlant du fil, en tenant 2 ou 3 brins 
tordus ensemble pour le tissage, 

Toûe d-yële [Tord gueule], mot injurieux. Toue-cC, voy. 

Toûejon, [Toison*. 



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— 179 — 

Tofienat, Tonner*. Toûenatre, tonnerre. 

ToûenUchc, petit juron, voy. Toneau. Tondre, n. pr. à 
Angeot. A!l. donner; als. de Souitz Tounnr et à côté lounndr, 
(orth. fr.)= tonnerre 

Tofienal, [Tourner*, avec le sens de travailler au tour, voy. 
toûë. 

Touënâie, tournée ; Toinée, s.f. canal d'irrigation (Leval- 
Rougeni. , Cordier). ToùCnaie dave, tournée d'eau, d'irrlg. 

Tonai/îe, [Tournoyer* avoir les dernières convulsions, à 
Ronchamp. 

Toûene, Masse ou massue en bois à manche, p' enfoncer le 
coin dans le bois de chaulTage, p' le faire éclater. 

Tône, à Angeot, aj. Dim. Touenote, en p Montb, 

Montb. Touenaî (Conloj.) assommer. Ajoic (ome(aî. 

Tdne, Marteau p' briser rochers, au Dan-de-la-Roche (B.Rhin). 
Toitn', bâton renflé d'un bout, à Bournois. 

Toflenitche, voy. Toûenaî, tonner. 

Tonërè [Taureau* [Torcl*. Tonërai, donner de la tête, parlant 
des bétes à cornes. Se louerai, lutter de la tète, surtout en 
parlant des vaches. Toûerelierc. adj. de vache tj. en chaleur. 

Toiîëreioi, petit taureau (arch.) Thorclot, anc. n. d'homme 
(Montb.) 

Thaurin, n. pr. Délie. Thourol, (environs) ; Thurillot, n. pr. 
à Cunelière et I. dit à Echénc, Rechottc. Pastourot, peut donner 
aussi tourot, comme notre m. 

ToÛertcbe, s.f. [Torche* Bf. 1° Linge tordu, [Tortum en L.) 
Règle ri := Ich) en couronne, pour coussinet sur la tête, et 
destiné à supporter un fardeau, ord' une « seille ■ pleine d'eau; 
2° Pain en couronne, id. à lîf. ; 3* gifle. 

TourlchoTi, Torchon. 

Tourtche, 1" touffe de plantes sur pied ; 2° petit Taisceau de 
paille, roulé en coussinet pour être placé entre 2 pierres de 
taille. 

Tourtchîe, 1° Torcher, 2" pousser par touffes. 

Tourlclienaî, v.n. Pousser par grosses touffes. Ex. Lou 
Irai-ue tourlchêne. 

Tourlchenaie, s.f. (homophone au précéd.) Grosse touffe de 
plantes. 

To&ëtchi, Toucher. 



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- 180 - 

Toûezïc, Espèce de juron adouci, marquant déception, ou 
manque d'un coup au jeu. 

Toufe, Emploji5 dans l'cxpross. : è fait toitfe. 11 fait étouffant 
(par la clialeur lourde) ; es toufô. eii gascon. 

Cras du Tool, 1. dit à St-l)izicr, 1. dit de pré et forêt. En VFr. 
Tout = fossé ; en Celt. B. TouU, fosse, rad. possible. 

La TouHe, pré à Lulran et Valdicu (Stoff). 

Toumelat, Syn. Cli. de l'Aj. Tomelaî. voy. 

TonrmâDtal, Tourmenter. TourmCmtine, \° jeune fille lour- 
mentant sa mère ; 2° à Monll). Térébenthine (Contoj.) 

Toortchle, Tonrtcbenaie, etc., voy. toûërtchc. 

Toutchê, [Tortel*, en VFr. Tarie aux fruits, Galelte. Tourtou, 
à Coinmontry, [Torlef en anc. fr, Porr. IGll [i). [Toiichê', à 
Angeot, Aj. 

Toûtchelot, petit « toulchê ». 

Tnutcbelai, faire des o toutchô n, en fiiire souvent. 

Toulchehi, qui en fuit souvent, qui en est amateur. 

Toutchô de fiete [T. de fête patronale) Ici les fruits sont 
remplacés ù la surface dun gâteau de brioche par un battu 
d'œufs, de crème et de beurre (yacoitcnitre). 

Toaickè de Brigna! [BrugnafrlJ, 

Tonrh.iux. n. pr. Tlîf. (3). 

Tout, m. et f s. Toute. Au pi. tous ; iiéo |iat et tus |îirch. à 
Ch,) vestige de déclinaison, anc. fr luit. Tôt. en p. Aj. et lus 
au pi.. Toi en Montagn. et central Bf. Toi et fos.à rrahier. 

Trietus, Tous sans exception, VFr. TresluU = M-s tous. 

Tout canton, [Tout eomplanlj. Tout de suite. 

Tout ]t!i tu, [Tout par lui ?] tout seul. T.-jj.i tic. T-parelle, 
toute seule ? 

ToKl pâ tchout, [Tout par tout*, partout. Tôt poî tchôt, à 
Montreux et autres aj. Ici, Vr de par et le t de tout donnent 
rt = [(c/t*. Bourg, To( po iot. 

Tout p-yë, Voy. p'yfi t= bùcô, en cent. Bf. 6êrjeu, Mont et 
Sous-Mont ^ beaucoup. 



(1| l^n IGll. Réglemrr.t aux prèbendiets 'ou pensionnaire!! de l'hdpira! de 
Porrenlruy... o licm rsi tlif ntlu à tom ceux du dil hôpiu] dn non partager ia 
rhairi {voy. tckie = viindc), pain, Icriels et aunes viandes lalimonls) et 
hreuïnges pour i» donnpr à aulniv, au dommage du dit hôpital,., IG23 » 
(Mgr Vaulrey, cit. I. p. IGO). 

(î) Lei n. pr. comme les n. de lieu sonl Souvint d'une homologie faulivc (ou 
en fr. cad.) 



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Tous lies fûn-nGs.toutuB les femmes. En Savoie, fout est aussi 
m. et Km. 

Kupprochons Etoii, aussi avec (le contraire est nèlou, s 
IJournois;. llou en fr, 

'Tontict, [Toquetj Espî'ce de bonnet de femme à deux pièces, 
un peu à la manière dune capotte [Héricourt). 

Touzou, Mot vague = maraud ; aliàa, Toxan ; Norm. 
locson — femme grossière. Celt. B. Tuzuin. I.gdoc, Tocosiaou, 
butor, dissimulé. A Rennes locmn, homme grossier. 

Trâ, Trois, Trazc, Treize. Trajîeme. Troisième. Trazàine, 
environ treize. VFr. Treizaine. 

Tral, s.r, Poulrc supportant le plancher. Du L. trabem, 
poutre ; Xorm. : Tref. VFr. Trez. 

Tral, s.m, Trait, du h.tractuni\ cité par rapport au précédent, 
une des 2 longes ou cordes par lesquelles le cheval tire la 
voiture 

Traidjie, Marcher ou se frayer un chemin, là où il n'y a pas 
de piste ; frayer à travers les herbes, les céréales, les brous- 
sailles. Trâdjie, Eaehène, Le VFr. trachicr = suivre à la trace. 
[Trajicere*, traverser (1). 

Traidju, qui va, vient, cà et là à travers les terres. 

Traidje, s.m. passage frayé, subst. verbal. Au Trage, 1. dit 
champ à Ailloncourt (Lure). Voy. Atraidjc, TBf. Vge, Autrage. 

Traihien, ou trai-yin. Grand bruit fait par les bëtes ou les 
gens ; Explication bruyanle, vulg' boucan. 

Le rni Matslle dit à deux ch«valieri larrizini : 

Vui eiei fili i l'rri Mallraîn (a). 

Ki suleii faite message* voloaderi, Chi. Roi. v. aSji. 

VFr. Tram, Tnïhin. 

Tiaî trai-yin que « tiniont = Quel train (vacarme) qu'ils 
tiennent, 

TraimoDtaiD'DS, Tramontane, le Nord, la direction. Tr&tnon- 
fana, l'Etoile polaire, en Italie, qui parait au-delà des montagnes, 
au N. Pietire lai T. l'ordre la lt";le. 

Trainnai, [Traîner*. 



(î) Cil* pr.iir b [acluye 



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- 18-2 - 

Train-naî lai diain-ne, voy. ce mot. Tram-we, maladie de 
longueur [Ëxinc). 

Trdiri'nedtain'ne, s.m. Homme tlemmard; au fém.Temme qui 
laisse traîner sa robe ou qui laisse les choses en désordre ; id. 
Angeot. 

'Train-naie, \' Temme des rues. Dr. tr&in-nie ; 2* .pute d'uae 
charogne vers un piège à ionp. 

Tratn'naie, ou frain-nai'sse. Trttiaaeve, qui parait ramper sur 
le bord des sentiers (polygonum aviculare, L ] ; [Traîna] 
Clématite à Plancher (Poulet. 

Train de pai-yisan, Train de culture. 

Traiti'nê, Traîneau. 

Train' ne-Sai, Traine-sac, pillard Sobr.des gens d'Héricourt, 
(Montb.) auxquels ceux de Monlbéltard ont reproché à tort ou 
à raison, des velléités de pillage, en 1793. 

Train' ne- bofte, Troëne, Ligustram vulgare, L. 

Traltl, Traiter, Matraîti, maltraiter. 

Traiveil ou TraiTalye [Travail* Traiveillîe, Travailler, 
Traveitlu-se, Travailleur-se. 

Traire, id. en fr. Ind. p t trat, n' traiyôns, v' traites ; p. 
déf. i trai-yi. Les part, trai-yant, trai-yu. 

Trai yant, s. m., pis de la vache. 

Trairot, adj. Dans quoi on trait ; Saillot trairot. Employé 
Bubstanliv* ; in trairot. VFr. Trayot. 

Traivle, s. m. I' Travers ; 2' Traversin. 

Trairelot, Traversin, à Eschènes, traversin d'enfant. Ici, 
dim. en of,quoiq. ord< en al en ce vge. 

Aux Traversots, 1. dit de champ, Beaucourt, etc. Champ 
Traversin (Fêche l'Eglise), c. à-d. champ ayant direction 
transversale par rapport aux autres. Au Travers, autre 1. dit. 

Traitiait. s. m. Vieille chaussure éculée. Savate. 

Traifyenaî, traîner la savate. 

Trai('yen«, qui « (ratiyëne ». 

Trai-ye ou Tré"ye, s.m. Trèfle ; Trâ-ye, à Trétudans, Meroux, 
Vézelois [Troiye* à Sermamagny ; 'Tréf'u Nonimay. 

Traobelal, Chanceler, surtout parlanl des ivrognes, tituber ; 
(ne pas confondre avec trônbiai} (I) Bournois, Tranfc/â, (et 
franbyanl, tremblant). 

ni IrtmMdrdaa^ lei rue( >. Régi. de H^.de Porrenlraj, 



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- 183 — 

Un des rarissimes cas où la syll an n'est pas devenue on, en 
p. Chàtenois. 

Trapa, id. en Tr. Dim. trapot. au f, trapote. 

Traquenà, [Traquenard]. Dans l'express. a.voi Vtraquenâ, 
Tlif, marcher comme si on traînait un piège derrière soi. 

Trâsae, [Tresse*, ruban de fil. Tr5ssa(e, lacet, petit ruban de lil. 

Trassoud'e, vendeur de trdsses. 

Tr&sse, s. m. Gros coulil de ménage servant à faire des draps 
de lit, des pantalons ; voy. Terlo. 

Traugft, à G-y. AU. tr^gen, porter. 

Trë, s.f. Trident servant pour enlever le fumier, la litière, 
etc. 

Trabais, nom sous lequel, en TBf, seraient diîsigmis les 
habitants de Strasl)g.??d'aprèsun correspondant de M. Dubait-R., 
et qui pourrait être dérivé de Iriboques ? Strasbg. se dit 
Elr^bour, en pat. de La Baroche (Hte-Als.), forme qui a pu 
fournir cet adj. (1). 

Trebesburg, un ancien nom de Strasbourg (Aufschiager), 
l'Alsace, p. 39, dans leq. on pourrait voir ± le radical 
de Triboques ? 

Trcbcte, fils fabuleux de Ninus et Sémiramis, qui aurait 
fondé Strasbg 'f? Dans la fable, on peut q. f. glaner, si peu que 
ce soit ; Tré6è(e se rapproche davantage de Triboque. Rappro- 
chons ÈlerbRis = habitants de Brette, vge annexé près TBf., 
francophone. 
Trebe, Bac, à Voujaucourt, etc. 
Trebillle, [Tourbillonner), parlant de petits corps. 
Trebillot, l*Os métatarsien du pied de porc, percé en son 
milieu d'un trou dans lequel passe, croisée avec elle-même, et 
tenue par les deux bouts, une corde double, à l'aide de laquelle 
en tournant et détournant, on imprime un mouvement alternalif 
de rotation, déterminant un ronflement. (A Bf. loujyie qu'on fait 
tourner) au fouet. 
2° EnTant remuant. 

Tredalone, Aventure à Urcerey. Ti-iUlai, aux Fourgs- 
Pontarlier, rôder. 
Trëm'roûe, (lai) 1. dit de beau chemin en forêt, à Banvillars. 



1 Als.-Lor. ; Birg[pr.L,einault, i. i. 



,db,Googlc 



TrètcWe, 1" Tranchée, (chute de Vn 1/4 de Règle). 2° Colique 
violente qui semble vous trancher. 

Tretcbl, Trancher, parlant du lait, Cailler. Ceit, Bref. Treuk, 
aigre. 

Tretyle s. m. [Turquie], mais, hié de Turquie. La farine ou 
1;» bouillie de nmls = gautlcs. 

Treuil, [Treuil] presse ou pressoir. 

•Trenver, anc. forme de trouver, (treuvaî) que les anciens 
e m ployai en I, on piirhint fr. (I', J. Vaulhcrin piilcr'; Trouvaî, est 
seul employé. 

Tliboirate, Espèce de pelilc poire (Angcoi; analogue aux 
poires a Vudjates n. 

*Trle, Marque du superlatiT, Très ; c'est du néo-patois 

Le préfixe (ri> ord' vient du L. Irans. 

Trîebeutchîe [Trébucher* (1). Formé de Trie (-Iran.':; et do 
byèlrhie [± cong. à bttche, du germ biisch. 

•Trichte, [Trisie*. 

Tricon. Voy. Trique. A lîT. o gros morceau de pain » T)' Corbis. 

Tricot, gros hiilon noueux [trique). Tricot se dit aussi en fr. 
d'où tricoter, bâlonner. De l'ail. Streiclien, frapper. 

Tricoatal, tricoter*. .\ll. Strickten, tricoter. 

Triedre, donner les premières pousses, parlant des graines 
semées ; se dit surtout des graminées. Ind. p. è trîe ; imp. 
è triejait ; p. déf. è trîejit. 

Les part. triejant,triuju. 
■ Trîejiin, Les premières pousses hors de terre (surtout dos 
graminées. Montb [tricsun'. 

Trczi, f^urgir, dans Barbisior (le guignol de Dos.) 

Triefilate, [Tréfilctte] Vrille pour percer le bois ; voy. viole. 

TrleJDn, voy. triedre, 

Triepacble. [Transpercer', chute de l'ji, l/'i règle. 

Trïe'sâter, Tressaillir. Le suhst. Tressawf, VKr. = on pat. 
irtesd. 

(1) L'Emir et Chulcs mil prUf-t : 



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- 185- 

TrletStchi, [{Trans.) Sécher], Devenir trop sec, Aj. Salb. etc, 
trêsoilclii. Voy. SÔ. 

Triesoûe, [Trésor*. 

Trîetô, [Tréleau' Espi;ce de tréteau à claire voie, incurvé, et 
à 4 pieds, à lusage des bouchers. Trêtat, à Mandeure, forme aj. 

Trie(e(aî. Chanceler sur ses jambes, surtout en parlant des 
animaux, comme un Iréloau mal assujetti. 

Trlelelle de lui tc.hairue. Pièce de bois verticale unissant la 
" /taie» à la base de la charrue, pour la consolider, (charrue de 
ci-devant) D' J. V. A Denney, c'est hi coulonalo. 

Trtetudao, Trétudans, vge, pat. de Ch. — T. très prudents. 

Trletns, voy. tout. 

Trîevirte, Tourner un peu, parlant d'un corps lourd dont on 
change un peu l'orientation. Voy. Virie. Se Trévirîe ("j)îe, se 
donner une entorse (Sermamagy), Trie est l'abrév. de trans, k 
travers. 

Q. q. chose d'analogue en VFr. : en allres granz colps i vait 
ferant, L'un mort sur l'altre suvent vail tm&lurnant (Ch. 
Roland, V. 3371). 

Trievoûèr, [Entrevoir). Voy. toûêr, et Irïevirîe. 

Trife, Pomme de terre, un des 8 ou 10 noms de la pomme de 
terre en notre région, Mandeure, Monlb. 

Tn/Ze, autre forme. ASt-Vital,(f/"era.Trount::'ye,àCommentry. 

Treujfe, à Morey (Morô, in loco) c"" Vitrey (Jussey). [Tronche), 
en Mont. Contej. FI. = [Ch*. Truche, en Norm. Trëfe à 
Sombcrnon (Dijon) : Trèfe, près Vesoul. Toufla, à St-Sauves 
(Puy-de-Dôme). Truffe, en argot Paris. 

Tuferô, en Lgdoc, pomme de terre [truffe rouge) ou Trufô ^: 
truffe. En Ccvennes trufÔ, 1" truffe ; 2° Pomme de terre. Truffe. 
en VFr. signifie aussi tromperie, plaisanterie, ornement de tête, 
bonbance ! et truffêeur, trompeur, moqueur. (La Truffe, anc. 
Burn. à Délie, 1343 ; LiblinBf. et T. p. I34J. — =fc Cong. Terrœ 
tubcr ; Germ. : [Tarloffel], Karloffel (Slap), dont terrœ tuher 
peut être lancôtrc. En Lat Tui>er et Tnherus = Truffe, fruit, 
tumeur, pomme, cham|iignon (I). On trouve à Albertville 
Ta»/t/Iael Tifôra. 

En pat dr bisontin de Dùlc : i vona faire cairc [cuire) tias 
tartouches [pommes de terre) et çairclai (sarcler) las disclles 
(betteraves). Cette cit. appuie létym, fr. de Kartoffet. 

(1) Voc. uniï. Lit. [r. Ch.impré, t7r,i. 



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Notons qu'il y a des truiïes au Salbert, près Bf, mais de petite 
qualité. 

TriflMwrB, Angeot, Vêtement, Chaussure en lambeaux. 

TtyonlaL CariHonner un baptême, en frappant les cloches 
avec le battant (mu par tes mains], ou avec autre chose Bourg, 
trézel&î. Bes. trézeitlâ. VFr. iTresoler, c. à-d. carillonner avec 3 
elocliss d'où le nom. Le fr. c&rillonner. |ou quâdrillonner), 
■quand il y avait quatre cloches, ce qui ne se voyait pas en nos 
o a itipagncB. 

Tring'elt, s. m. Pourboire. AI). Trinkgeld, qui s'est simplifié 
en g'elt. Pour le boni donné aux employés sur la vente de 
certains produits. A Paris, le boni de survente := surbine, (selon 
la binette !]. 

Tripal, [Triper' Bf. Piétiner, marcher sur quelque chose ; ex. : 
Ne tripâis pê chu mai Toube. Pat. messin, treupler. Celt, Bret. 
Tripâ, piétiner. Le red. tripoûègnîe, tripotter, marcher à petits 
pas. 

Tripoûëgnu, qui « tripoûëgne a marchefin, qui Iripotte. 

Tripaît, Palier, à Kxinc. Liste E. L. 

Triponez^ anc. n. pr. de Porrentruy et TBf, dérivabie : 1' de 
Tripon, mou ; 2' de triper (L. Larchey ; 3' de St-Triphon. 

THpotée, grêle de coups, argot paris. 

Tripe, id. en fr. Stripen, en Celt. B. rad. 

Trique, et Trtcon, Gros morceau de pain. Ces 2 mots peuvent 
être congénères. Voy. tricot. 

Trissle, Emettre un liquide ± épais sous la pression. Bf. 
Trisser. éclabousser, avoir le dévoiement. 

Trisse, s.f. Dévoiement, émission du corps de matières ± 
liquides. 

Trissu, qui a la a trisse » ; Sobriq. injur. à l'adresse des 
bourgeois de Bf. et de Montb. 

Trissous, Sobriq. pour Auxellcs ; Sobriq. des gens de 
Délémont. Donc mot régional. 

Trissait, Emission d'un jet de e trisse ». 

Tritri, Poisson minuscule, se réfugiant dans les petits rus 
(AngeotJ. Ce mot se trouve à la Miirdniquc sous la forme de 
titiri. 

Trô [Tronc], Chute dn, 1/4 règle, [Trognon). 

Tro de tchô. T. de chou. En p. Bcs. Qu'on grille in bon trou 
de boudin. 



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- I8Î - 

Trttai. Monfb. (Conlj), Trdler, dict. Littré, de l'ail. troUen. 
se. TxmUer. D' Corbis. Troleuille, Libellule (Contj). 

Tf5iibfait,'TrsiBtoWr. Tronb-yemôn, Tremblement. 

Trônbye, Tremble, p&pulus tremUia, h. Dira. — Trônbiot. 
Combe dîes Trônbiots, I. dit forestier i Oh. ; Trm»hiot, «n fr. 
cadast. 

Es Trembtalz, Ter. S' Ulric.Stoff 1580.Trem()/ai,àCharmoiB, 
Reppe, aj. 1. dit en fr. cadastral et où règne l'at ajoulot. 

Lai Trénbiaie, à Angeot, bois. 

Tr&npai, [Tremper*. Trônpai-moûëyie, ± Trempé-mouillé, 
Bf. mouillé à fond, parlant d'un humain. 

Trônpale, [Trempette*, Mouillcltea de pain avec vin sucré. 

«TrAnpal, Tromper ; mot ord' remplacé par attrapai. 

TrOopat, Trompeter, jouer de la trompe. Trônpe, id. en fr- 
peu usité (trompe) du Lat. tuba ;Diez] ; elle est faite avec de 
l'écorce de Saule (ou autre) rentré en tube spiral. 

«Trôatchant, [Tranchant*, néo-put. = lou côpant. 

Irdntcbe, [Tronche, D. Boiate] VFr. Tronce, grosse souche, 
ou tronc d'arbre ± écourté, sur pied ou détaché. 

Dîm. Trojitcftof, 1° Souche d'arbre sur pied vert ou sec [îes 
trôntchots 1. dit, où était une forêt) ou détaché (billot). Nois 
Trontchots, un hameau de Frahier. 

Troncbet, fr. cad. I. dit de Champ, Plancher-Bas. 

Troji (chênaie, augmentatif = Tronche, munie de racines 
nombreuses. 

TrÔDte. Trente. TrÔntain'nc, Trentaine, environ trente. 

Trenlai, s. m. en fr. Porrentruy, au XV* S", une trentaine, 
comme on dît un quintal. 

Trônvâchie, [Traverser]. 

TrOBÔ, s m.SoufFlet.ou coup sur la face (Chaos, de Frahier) [I). 
A Bournois, Trosâ, [trousser), 

Tron, adr. [Trop*. 

Tron-de-Bu, Bf. Intervalle d'horizon, entre le Salbert et le 
Mont, à l'Ouest de Bf , par où s'annonce la pluie p' cette ville. 
11 nest cependant pas précisément dans la direction de Bu 
[Bue) vge. 



|l) Ma Arnene qu'étal 16 i «S '.fort «t wc} 
A César al e folu în trati ; 
A (et) bouinei tchanb«i y aiit safft l« cA (le corpi). 



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— l,Si1 -- 

Trou da Renard, Irou hori^tontal ou espèce de tanitrc, act' 
comblé, el où ont lîté enli^rrées de nombreuses victimes du 
siège de Bf. en 181i, au N.-E. du Rocber supportant le Château 
de Bf. Un autre trou situé sous la Hoclie, supportant le Château 
de Bf, était appelé par nos condisciples u trou du Renard n, n, 
qu'il avnit sans doute hérité du vrai trou. A Chùtenois, il y a 50 
ans, un renard avait de mënic établi son gîte dans un trou au 
coiiiot assez dense des « lioudjes l't'tchus ». Voy. Iroufignon. 

Troucal, 1' Presser, Touler avec les pieds (le foin mis en tas, 
etc.). AU. Di'ûcken, presser. 

2* Imprimer à la main avec des plaques de bois. TTOcâ, à G-y. 

Troucaitije, Toile imprimée à la main, Express, générique. 
Opération par laquelle on Tait le 

Trouqcti, Toile imprimée à fleurs, ord' 01 et coton ; ex : les 
mouchoirs bleus à points el cadre blancs, chez les catholiques, 
ou à tond vert chez les Ilud'ijciiots du voisinage (ici le vert des 
blouses huguenotes reparaît. (Nous parlons d'avant 1870). 

Troucuse, adj, qui « Irouque ». 

Parmi « la dotation de la Chapelle de la Trinité, au cloître de 
l'Eglise collégiale lîf, vers la rue Boresot..., l'autre (missel) en 
papier en htlres impressées ou troquées (XVI* S'). Liblin, 
Eglises Bf, cit 11. Bardy. 

Trom de dcrrîe, s. m Train de derrière d'un animal, 

Troûe'se, s.f. Lie, ou dépôt boueux, dans vin, cidre ou autres 
liquides épais, surtout d'un mare pressé. Trousse, à G-y. Ali. 
Drusen, lie. 

/e/roûe'seiiaî, voy. ce m. 

Troue-senaî. barboter, pays de Montb. c. à-d. remuer la 
(rotîcse ou trôe-se. 

Etrôsni, à Mandeure, écraser, c. à d. faire sortir de la 
irtiûe-se n. 

Troûe'Sfi, [Trousseau*. Troussîe, [trousser*. Au passif : el ât 
bintoûc aivu troussîe. il a bientôt été a<f 2).-i/res. Du L.lorquere, 
lorsum. VFr. (orser, Irosser, mettre en paquet. 

Jadis, le choléra se nommait, Iroiisup-galunl ! 

Troufignon, 1" Chignon [Sens badin), 2* Anus, à Blamort (et 
même à Hf, 1)' Corbis). Kn ce cas trou serait suivi du rad. de 
finie ! voy. ce mot. 

Trouilhc, THf, [Tronë ijîe, Ch ] Trouiller, VFr. presser avec 
la presse, cong, à Treuil. UilTérenls sens extînsifs. A Bf, 



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- 189 - 

lûclicr pet sacciidi'. A Vcscemonf, Trouitle, lait 1/2 cailli! ± 
r.tpiiclunt ce qui sort de \a presse. Ri'-d. Ti'oillenat, à Mandeure, 
sens Bf. 

TroiieiUie, à Dournois, lAclicr excriSments liquides avec bruit, 
(Roussey). 

Trouillait, pel <■ Irouillé », TrolUat, (|ui « trouille », à 
Mandeure. 

Treûi/îe, presser, à Dournois, pressurer. 

TrouUle-bclâchcs, Sobriq. au Salbcrt, voy. btoûcchc. Les 
" bïoûeches » diHerminent souvent un dérangement intestinal. 

(Tru-yot, à Dournois = le dim. de True (truie) (voy.) 

Le VFr. Trouiller, signifie aussi chiffonner, en pressant, 
salir. Trouille, tourteau. 

Drouille, en Pic. =; Foire, excrément. Entendu à Paris : 
avoir la IrouiUe, avoir peur devant l'ennemi. 

TcrnuUle, (à Plancher, M' Poulet] « Lait commençant à se 
cailler. Se disait ù Vescemont. ne se dit plus. 

Trouille, femme de mauvaise vie, à Rl-Vilal, Savoie, 

Trollier, à Albertville, pressor le raisin, p' en extraire le jus 
{P. Brachct). 

Ces mots sont conséni-res au fr. treuil ; du L. torculum, 
pressoir de torquero, tordre (Slap), ou d'origine onomalopîque. 

Trouillûler, en argot parisien, puer, par extension. 

Rapproclions pour les distinguer de leurs paronymes, les 2 
mots suivants : 

Eapi'it-TrouiUot m esprit trompeur, fantôme, revenant ■ 
Monlb (Contcjean) autre radical ; voy. le suivant cong. 

Le Fr. Trouille, truble, filet pour la pOche, du L. (itrtarc = 
Troubler, remuer. 

Le Lgdoc Troulia, fouler la vendange, patrouiller. 

Trouillal. Troyat, n. pr. Aj. : Troui7/o(, D' Doubs, etc. 
Trouillcl, à Lyon, forme savoyophone.comp. aussi avec Traîije 
ou Troi'ye qui peut donner Troyat, en .^j. 

Troalat ou Tonrlat, Tourniquet permettant le passage d'une 
personne à travers une clôture, mais arrêtant les bestiaux 
[Mandeure) 

Trulol, à Exinc, syn. de pie-su, et du précédent. 

Troussai, Jouer des jambes ; dim. IroussiUenai , Exinc, 
mftme rad. que Trouesô. 



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- 190 - 

Troiwal, [Trouver*. Ane. fr. local TBf, venu jusqu'à nous, 
treumr {P. 3. V. pater). 

TroTairs,Ru qui t>rend sa sourceàPérouse, passe àChèvremont. 

Trncb«, fr, cad. Forêt entre Fontenelle et Chèvremont près 
du ru de ri4{refc/ie ou de VAutrëtche (1) dont les francisants 
ont formé notre prétendu mot. D' Jos, Vautherin. 

Truche, 1. dit, forêt à Méziré. Trucher, VFr. Mendier. 
Truchot, n. pr. Bf. Voy. Trifle. 

True, (Truie* De troja (Troie, anc, ville], allusion au cheval de 
Troie, Les Romains garnissaient de volailles le ventre de jeunes 
porcs, que l'on rôtissait. .(Porcus trojanua) Brachct. 

Trûerie, Cochonnerie (au moral) acte honteux ; au phys. 
Saleté. 

Tscheiller, n. pr. als. en TBf. forme patoisée de tète, de 
Zeiler, voy. Zett. Le z ail. se prononce ts qui devient rég. tch. 
en pat. fr. que les germanofones écriront i$ch, ainsi que le 
font ord' nos compatriotes Bf. et environs francofones en y 
introduisant une s qui devient parasite et encombrante p' les fr. 

Beim Tschell, 1. dit à Roderen (Thann). ici Tchelle = Cella, 
celle, hermitage ; comp. Scheller, Sonneur, crieur public. 

Tscllirett, n. pr. à Rougemont. Chirette, n. pr, à Bf., à 
OfTemont. L'anc. fr. Chiere, Cire et tchiere cité par Raillant ^ 
Visage, tète. 

Tnefle, forme pat. de Tuefferd, n. pr. Montb. Malgré l'appa- 
rente ressemblance avec tuferô, (voy. au mot trife) peut 
descendre du n. germ. Teuferd ? (pacifie de la nation], 
vu certaine homologie entre eu et ue pat. et la présence du d. 
Pré Tueffet à Charmois. En fr. Truffier et tuffier — moqueur, 
etc. ; Tuffier, = carrière de tuf, L. Larchey. 

Tarqnemagay, I. dit de terre à G-y, 

Tntne, Grando-Berce TBf, Vézelois, Offemont. A Mandeure, 
Coucâë, Corcu, en Jura Bernois. Cocue à Plancher-les-M., M' 
Poulet, qui indiq. étym. Hercule. (Voy. l'art, iarpe). A St- 
Vital, Savoie, Cocoua, au sing., cocoue, plur. (2] Plante 
consacrée à Hercule (lleracleum Sphondylium L) d'où les noms 
précédents. 

(1) C'est de ce mot pat. dèriTi li' Autriche que le cadastre a atusi (abiiqui 
Autruche !l mol ridicule qui doit être remplacé par ta forme originelle ; on n'a 
jamais prononcé Autruche que par la forme erronée du cada<>trr. 

(3) A St. -Vital les n. en i font e, au ptur. (è aigu 1/3 muet ou très bref). C'Cil 
.._ j__ >___ j.j j,jj.|j[. sjïoiyophone qui a une flexion pr le pluriel en 



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- 191 - 

Tan ou tno'ne, m.f. Tien ; au f. tun-ne ; tienne, adj. poss. 

L', ou (ou luïi'ne, Le lien, etc. 

Tarlatain'De, I* Orgue de barbarie, serinette ; 2' Personne 
qui se laisse facilement influencer par le monde. 

Tus, m. et f. pi-, tous, toutes. Voy. tout ; à vieilli à Cb. 

Tutayie, [Tutoyer* le contr, est Voûesa'yîe ; voy. Tuta.vyie, 
k Chalonvtllars. 

T.yaignft, autre ortb. de tiaignô. 

Tyait-yi, forme de Catherine, ou mouillage de Caqui. 

Et d'autres mots commençant par Ty qui sont placés à son 
homologue mouillé, Ti. 

Tyëchîgaot, [Coussinet] sur le dos d'un cheval attelé à un 
tombereau (Exinc). Se dit Selle à Parie, ou cet organe plus 
compliqué rappelle ± une selle de cavalier. 

Tyèltte, [Couleur*, arch. 

Tyemeaè, Communal (Terrain). Cumenaille. I. dit forêt 
commun. Bermont, Dorans, fr. cad. (Stoffj. En 1678, La 
Gttemenelte (bois de chênes) Dorans (I). 

Tyemenâlaîc, communauté := les gens de la commune. 

È farait l'dîetrure de tyëmenâtaie ; trad. libre : il faudrait 
le lyncher, au nom et entre gens de la commune. 

T'yëmataie, se trouve en ancien fr. Df. sous la forme de 
commun, ou commung, cong. (3). 

T-yemin dîs prais, [Cumin des prés*, Carvi ^Angeotj, voy. 
Sisô. 

T-yènnlIerfl, Cunelières, vge TBf, à pat. a)., aussi y trouve-t- 
on les n. pr. aj. Mercelal, Guérilat, Joliat. Les scribes 
autrichiens croyant voir te mot cuillère, ont traduit le n. de 
notre village en LoefTeldorf. 

TyênODye, tiuenouillc. Corongne, à Auxelles. 

T yenoo'yle, s. f. Qucnouillée. 

T'yenon-yates, s.f. pi- Espèce d'étugère carrée, formée de 
chaque c6té du carré de deux rangs superposés de bâtons 
tournés, passés dans 4 supports lixés au plafond ou au plancher 
du haut, et au-dessus du poJile, destinés à suspendre les grands 
échoveaux de fil, et à sécher le linge. B.-Lat. Conucula. (de 
Co/lJ8J quenouille). 

(Il Coutumes de l'Ansiie, Thomas Chsrdouîllet, grand maire (Bonratolj. 
(3) I Compoiit. du Msgiïlriit en IGJS... Viron, maître bourgeois... Pierre 
Noblat, mailr« du r«m«Hn «. Soc. E. Bf. Bull. 18, p. 94, H. Bardj. 



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— io-> - 

T'yêri, [Quérir*, Chercher. [Réd. rê(yen) Ind. p. i tyie, n' 
t'ijerôns, ï* t'ijîetes ; p. drf. t tijêri. Les p. t ijcrani, tyera 
ou t'ijeri [Queri', à Uea. 

T'jëtchèDe [Courtine* Rideau, ù Etobon (M. Goux), Courtine 
en ce cas est une acception exteiisive du mot courtine mur de 
proleclion, courtine en fr. (I) 

T-yëtclli, [Curtil*. L. dits : Lies t yetchi, Combe tyelchi. 

Quechi en fr. cadastr. ; Curti, CuHij, id. (i) : Couti, en 
Fr. Comté. 

Qtietschy, Tr. cad. I. dit à i Lairdje » ou Larguc-lc-haut, 
H"-Alsîice. 



(1) Cur/i'na.en L.cl 
théâtre, granri vb«. cl 
(Guérin, èdit.) t7.~4, I 

(2) L'ancèlie laiin de notre mot e»l cAors, cors.caars. (au génilK Chorrii, etc.) 
encio), has'-e-caur, ferme, famillf. el palaii du prince (Slap). qui a diinni 
curitra,^ l'aec.co Bas Latio,=:ti riisii/cnc/ rurale d'un grand seigneur franck (où 
il résidaii ïoloniiers) sa mai-«)n, se-" officier» enfin cour de Justice, qui se tenait 
fa ion nom. tlx : « Lex ebmanorum : dt ta qui in curte Regii k,mi«im 
accidit u. Ici, Curlem a le sens lio cour prin.rière. Autre ex. où le mot cnrUn 
a le sens de cour judiclère <!...ttd placilum (plaid) sive curlem veniens. ■ A. 
Urachet. Cour et coorl d'après cet éminent lilologiie ont mjme rncinr. 
rentrai renient à l'opiDJon de l'auteur Bf. cité plus bat. Cependant curi'u, désigne 
qf. «n noi document!, le mot evur colongcre (L. Violet) ou colonge. 

De plus nous voyons Bressaiicourt. en lat. Bersacuria iiay. Vaulrey cité p. 

rejetons, ce qui a deja été signalé. Toutes deux sont du gpnre fém. 

Le normand a encore con.crïé cour = maison rurale. La (orme VFr. caurt 
ou cort (Ferme, etc.) qui termine te n. de n. vges, en notre tégicn. a donné le 
dim. courlil ^ petit lardin potager, s Jai'lin qui e« ord' fermé de mucaïtjp*. 
de hale^ ou de fossés > (Roq.) ifont tes autres Cormes sont curlil, curti. (et q.f. 
eully^, homologues à notre tyëlchi, car le RT est représenté en notre pal. par 
TVA. 

Noire pat. >'oppnie absolument ï voir, dans le m. cully. le descendant de 
euUus (culture , comme le dit M. H. Bardy (Hull. Soc. Em. Bf. p. 98. n* 17). 

Notons en plus que L, devant T, tombe toujours en pat. En VFr. populaire. 
cela arrive, et culture est reprâientê par coulure, dani le n. de l'anc. rue Couture 
Sie-Catherine. à Paris. 

Courlil ou curti. a donné q.I. cully en TBf. comme le L. eera. cire, a donné 
cile, en notre pat.. Ct qui distinguiit le courlil ou cully du champ, ce n'éiait 
pas d'être en culture, tous les deux l'étaient, mais la clôture que seul le premier 



Le pal. en général, tout pauvre qu'il est. est au point de vue linguistic. bien 

«115 pur que le français, car il s'est formé avec autant d'indépendance que 
inc. parler populaire (r. L.e nAtre serre le latin' de plus près. 
Les patois ne sont pas des dialectes provinciaux dégénéré! ou devenus paloii. 
comme les filologues le disent, mais ont leur vie propre absolument indépendante 
et en général n'ont y'amat't éli écrits. Ils constituent une mine lingusiique d'une 
richesse inépuisable, dont on commence à apprécier l'importance, mais 
cependant pas autant encore qu'elle le mérite. 



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— 193 — 

Tyëîchirat, I. dit à Courtelevnnt [1' h de Courtel = R) 
forme aj comp. k Paqiiirat : voy. PuiL-yis. 

T'yètchitot, Jardinet, Monlb. Contej. 

T-yctclu'la,n, Courtelevaiit, vgc du TBf. ù pat aj. 

Tijëtchcimie, 1" Di'bris de plantes et herbes en las, provenant 
du potager 'fyèlclii) ; 2° petit tas de fumier, où l'on jette les 
d(!bris, les balayures. 

Si l'homme SBvail l'rfE-t du céleri, 

Il en pUntprnil pitîn ton eouii (prov. de Comté). 

T'ijëlclirac [Courtine*, Hide:ui, Monlb. Etohon. Du sens 
d'enclop, front de muraille. Courtine, par extension, a gignifié 
tour de lit ou d'autel. 

Lnrour, n. pr. anc. à Trétudans et autres loc. du TBf. 

T'yeTsI, va, formé de tiCio,, tœur, voy. tieur; tinù, en aj. = 
Inf. et IjkI. i)r. ; voy. citation au mol Tdniohiî. 

Tyrvâtro, en Montb. Contej. 

Tyevéche, s. m, [Couvercle". 

T-yevesse, forme simple d'iet'ijevcsse ou iet'yevâisse ; cong. à 
i'i/'ue ; voy. 

T.ycirietdio, s.f, [Couverte, couverture de lit {tch = rt (r.) : 
Toile à franges, contre les mouches, placée sur ]c dos du 
cheval. 

Dirn. T.yeTÎcMiale, petite couverture, petit • plumon » 
d'enfant. 

Tevri. Couvrir, à Auilincourt. voy. rrîc^^'i. 

'f-yiUeri, 1. dil, pré, en la Coinlic-â-Fulvro ; Cadast., 
[Quillery' probabl. : de Quellcric, n. pr. d'un des sujets à Ch, 
de Monlb. forci5s par le comte de Montb. d'aller au prêche 
proteslant, en IGu:) ^). 

T'jillle, 1" Cuiller' ; '2° Truelle ; 3* Evidoir, pour creuser les 
sabots. 

T-yillerale, petite cuiller ; CuiUerote (Exinq), Têtard ™. 
[Cœuillerate. ou Këyeratc. 

T ijillernir. s.f, plein une cuiller. 

Tyinsou, autre orlh. homoph. de Tiainson. [Kinsou' en Lgdoc. 

Qufiiil, à Dourogne (Janvrel). 

Tyintyenè,voy.Q((i)ifjueré.ri/tn(i/enaf,Ch. avoir respiration 
sibilante, avec râles d; aigus d'oppression. 

Tyinze, [Quin/e* T yin/ainne [Quin/aiue* ou environ quinnc, 

m TourrUr, H. du prol, en Monlb. 



;dbvGoc^gle 



— 19i — 

T yiUe, [Quitter* conj. aira»cic. .lili/id'e, acquitter, 

Tyi/e, adj. [Quittû*. 

T'jitye s.r. [Tetto), Bout de la mamelle, se dit aussi de la 
mamelle. Ex. : c(e foivne ait dics belles t-yH-ycs. 

T'ijit'iji, forme enfantine [Qttl'/«i* form; francisoj. Quiquc, 
surn. à Bou rogne. 

Titof, à Planr.Iier (Poulet). Titiijnn, petite mamelle, à 
Bournois. VFr. lilhine. Ali. Zilze ; à Cclt-Bi-cton Te: ; Anslo- 
Saxon tite, mamelle ; parente arya. Titi, à Hournois. 

Ty'TÔ ou tinô[Cuveau] 1° Manteau de cheminre; i" Cliemini^e 
elle-môme, dont la partie inférieure est composée du manteau 
± en forme de cure renversée. Tuii, à Exincourl. 

Thwate, [Cuvelle] Cheminée à Angeot, ou Tinâ -- tuyau de 
Cheminée. 

Lai Tiuvnte, un hameau de Fraliier. La Cuvotle, I dit pré 
au Puix, G-y. 

3° Tyet'é, mesure p'Ie charbon, le minerai de fer. ou fCuveau) 
jadis en usage au haut-fourneau de Cliàlenois. 

« Le [Cuveau* de charbon comble, était la l> partie de la 
henné {brriiide en p. voy. te m.]. ■■ Il mesurait 1"' de long, sur 
tl^SSl millimètres de large, et {V'i'tH de profondeur ; il conlienl 
341130 centimètres, comble. Il se subdivise en liasses liaiime 
voy. en pat.) et en .'î conthtcs. 

Pour former une benne de charbon ; il faut 3 cordes et 1/i de 
bois de quartier. Il faut une corde de plus lorsque le bois est 
en rondins ». fJ'' des mines. Duhamel; •■ 4-">0 à Ô.iO cuveaux de 
mine sont employés par an, à Châtenois » (idj. 



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itriMtioi à la Flore ili Teirilolrii le BelM 



(OLATIllÉME AimCLE] 

L» plu]>tirl des plantes que nous désignons ci-après n'ont pas 
encore 6iè rencontrées dans notre Territoire ; les autres se 
trouvent dans des localitiis non explorées Jusqu'à ce jour. 

nelfort, décembre 1809. 

BONNAYUÉ. 



FAMILLE DES RENONCULACÉES. 
IIELLEBORUS L. 
H. DÎgar L. Viv. janvier-avril. Cultivé dans plusieurs 
jardins de lîelfort, — Hellébore noir, rose de Noël. 

FAMILLE DES CRUCIFÈRES. 
BR.\SS1CA L. 
B. eloDgata Ehrh. Var. integri folia Doiss. Bisan. mai-Juillet. 
Celte plante, originaire de l'Orient, n'existe que sur quelques 
points de la France, Depuis 1896, nous observons chaque 
année un pied dans les environs de la cible du Tort de la Justice 
il UclTort. — Moutarde élancée, à feuilles entières. 

BtlXlAS R.ïir. 

B. erucago L. Ann. Juin-Aoûi. Deux éclinntillons parmi les 
rocailles des glacis du fort du Château, ii Belfort. l'iante du 
Midi de la France. — Jhinias fiiusse ronitclle, masse de bedeau. 

B. orientalis L. Viv. niui-Juillct. Plusieurs pieds sur les 
glacis des Torts de lu Justice etdu Château, à Delfort. — liunias 
d'Orieut. 



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. 196 - 



LEPIDU'M L. 



L. latifolium L. Viv. juin-août. Signalé pn'xL-dL-mmcnt à 
proximité de la station de Bourognc. Rencontré de nouveau au 
bord du fossé de la route longeant une propriété en ruine, à 
l'entrée du village d'OITemont, ainsi qu'à l'intersection de la 
route de l'crouse et du chemin du tir de la Justice, à lielfort ; 
ass. iib. — l'osseraije à largos feuilles. 

FAMILLE DES HIPPOCASTANÉES. 

AESCULUS L. 

A. hippocastanam L^ Arbre, mai. J'ianté un peu partout, 
dans les allées, promonades et parcs. — Marronnier d'Inde. 

A. Robiconda DC. — Arbre, mai. Moins répandu que le 
précédent, dans les mêmes endroits. — Marronnier à fleurs 
roui/es. 

FAMILLE DES OXALIDÉES. 

OXALIS L. 
0. stricta L. Viv. juin-septembre. Lieux cultivés. Verger 
Piertot, à Rougemont-Ie-Cbâteau ; ass. ab. {Sauvageot]. — 
Oxalide raide. 

FAMILLE DES PAPILIONAGÉES. 

ULEX L. 
D. Earopaeus Sm. Viv. mai-juin. Arbrisseau très rare dans 
la région et qui ne se trouve qu'au Salbert. M. Ch. Raiscli a 
découvert trois pieds à l'entrée d'une batterie située au Nord 
de l'étang Rudolphc, à Offemont. — Ajonc d'Europe, jonc marin, 
l&ndier. 

LATIIYKUS L. 
L. annuiis L. Ann. mai-juin, l'n ccluinlillon sur les glacis 
du fort du C'iiâleau, à Delfort. l'Ianle du Midi de la France. — 
Gesse annuelle. 



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- 197 - 
FAMILLE DES ROSACÉES. 

FRAGARIA L. 
F, colUaa Elirh. Viv, mai-juin. Abondant à l'origine du 
chemin couvert du fort de lu Justice, ù Belfort, — Fraisier dns 
coiUiios, cvaquelin. 

FAMILLE DES PARONYCHIÉES. 

SCLERAXTIIUS L. 
S.perenais L. Viv. juin-août. Valli-c sablonneuse de St-Nicolas, 
près Kougemont-tc-Chûtcau ; ab. — Gnavelle vioace. 

FAMILLE DES OMBELLIFÈRES. 

BUPLEVRUM L. 

B. rotnndifoliam L. Ann. juin-juillet. Bord du chemin 
couvert du fort de la Justice, à Belfort ; deux pieds. {Ed. ChaUon). 
~ Buplècrc à feuilles rondes, perce feuille. 

FAMILLES DES SYNANTHÊRÉES, 

CEXTAUREÂ L. 

C. collina, L, Viv. juillet-août. Endroits rocailleux près de la 
cible du fort de la Justice, à Belfort. Deux échantillons. Plante 
méridionale. — Centaurée des collines. 

FAMILLE DES GENTIANÊES. 

GENTIANA Toum. 
6- poeumonanlhe L. Viv. juillet-octobre. Cotte plante a été 
trouvée en ISO'i par M. L. Pourchol fils, dans les parties 
découvertes et herbeuses, à l'Ouest du bois Lardier, situé à 
gauche de la roule de Giromagny à Auxellea-Ffas, non loin 
d'un étang d'où sort le ruisseau Oombois ; ass. ab, — Gentiane 
pneumonanthe. pulmonaire des marais. 



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— 198 - 

FAMILLE DES BORRAGINÉES. 

CERINTIIE Tourn. 
C. minor L. Var macnlata L. Viv. mai-Juillet. Un beau pied 
derrière Iti cible du fort do la Justice, à Dclfort. Plante des 
Alpes, des Pyrénées. — Hélinet petit à fleurs tachées. 

XOXNEA Médik. 
N. pulla DC. Viv. avril-juin. Un échantillon près de la cible 
du fort de la Justice, à lïelfort. Plante du Midi de la France. — 
Nonnêe brune. 



FAMILLE DES VERBASCÉES. 

VEHBASCUM L. 

V. montannm Schrad. Bisan. juillet-septembre. Disséminé 

dans le bois de S" Catherine, à Kougemont-le-Cbâteau. 

(SauuageoJi. — Molène de montagne. 



FAMILLE DES LILIACÉES. 

MUSCARI Tourn. 
M comosQm MUi. Viv. mai-juillet. Champs La Corre, à 
Evede ; rare (Sauvageot). — Muscari à toupet, ail à toupet. 



FAMILLE DES ORCHIDÉES. 

EPIPOGIUM Gmel. 
E Gmeliaî Rtch [E.ajv/ii/NHm Gmcf'. Viv. juillet-août. C<.>tle 
orcliiilce a été rencontrée le 10 juillet I8K5 par iil. Pourchol, 
l'un des collaborateurs de la Flore du Territoire, dans la forôl 
du lîallon de Giromiigny, eu suivant l'ancien srntier du Saut 
de ta Truite au Rummel, avant rétablissement de celui qui 
existe acluellenient ; très rare et fugJice. — Epipogon de 
Gmefi'n, Kpipogon sans feuilles. 



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- 109 — 

FAMILLE DES CYPÉRACÉES. 

laiYXCIIORI'OlîA Va/((. 

R. alba l'a/i(. Viv. juin-août. Ftord de l'étang Hiuiolphc, à 
droite on venant d'UlIcniont ; ab. — Rb^nchospove blanc, 

clioin iluiic. 



CAUBX L. 

C. pilosa Scop. Viv. avril-mai. Pour bien arriver sur 
l'emplacement qu'occupe celte plante, mentionnée dîins le 
lïulletin n" I i de 1895 de la Société lioirortaine d'Iimulalion, on 
prend à droite du premier étang du l'etit-IIaut, le chemin qui 
se rend a l'hùtel du Ballon de Giromagny. Elle s'étend sur les 
côtés du chemin jusqu'à l'approelie du Chalet Bonaparte. — 
Care-v jioHu. 



FAMILLE DES GRAMINEES. 

CALAMAOUOSTIS Rolh. 

C. epigeîos Roth. Viv. juillet-août. Lieux humides à 
l'extrémité de la Sablière des Barres, vers la ferme, à Belfort ; 
ass. ab. — CalamagrosiUie commune, roseau terrestre. 



FAMILLE DES FOUGERES. 

CETEKACII Willd. 

C. offlcinarum Willd. (Asplenium celerach L.) Viv. juin- 
septembre. Cette fougère a déjà été signalée à Chèvremont, 
dans le BulletinnM7deI898dcla Société Beltortained'Emulation. 
Elle vient délre découverte à Belfort par M. Ed. Challon, au 
commencement du mur en pierres sèches qui suit le chemin 
allant au fort de la Justice ; une douzaine de pieds. — Célérach 
officinal, dorade, doradille, herbe dorée. 



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FAMILLE DES LYCOPODIACÉES. 

LYCOPODIUM L. 
L. anDOtinam L. Viv. août-septembre. Cette espèce trts 
rare, a ét<? rencontrt^e en 1899 par M. L. Pourchot fîls, en 
montant, à partir du kil.4,ti, perpendiculairement à la route du 
Saut de la Truite au Ballon de Giromagny, dans la forêt où l'on 
venait de faire une coupe de bois. Elle existe à trois endroits 
diff(5rcnts ayant chacun une superficie de quelques mètres 
carri's, — Lr(copo(/e à feuilles (fc ijenéi'rier. 



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ÉTDDE HISTORIQUE SDR BELFORT 



CHAPITRE DOUZIÈME 

Les Seigneurs de la Famille Mazarin. — 

Armand-Charles de la Porte, 

duc de la Meilleraye. 

lC5î-168i 



S I- 

Ce n'est pas en vain que tant de maux et de désastres vien- 
nent, dans le court espace d'un quart de siècle, fondre sur un 
pays. Los pauvres gens de Belfort et des environs avaient 
épruuvii toutes les soulTranccs, toutes les privations imaginâ- 
mes, et se trouvaient, suivant une expression bien juste, 
ruinés jusqu'aux cendres du feu. La situation, cependant, 
sembla s'améliorer et peu à peu, avec le calme, revint l'espoir 
en des temps plus propices. 

.Nous avons vu à quel nombre restreint était réduite la bour- 
geoisie. Il fallait l'augmenter dans l'intérêt des ressources 
communales, et pour cela, il importait d'être coulant dans les 
réceptions. De nouveaux admis le furent sur la promesse qu'ils 
se libéreraient des droits exigés dans un moment plus favora- 
ble, ou bien en paiement de dettes contractées vis-à-vis d'eux 
par la communauté. Nous citerons, comme exemple de cette 
dernière manière, un acte du 3U mai 165 'i, moins de trois mois 
après la reddition aux troupes du roi de France : 

a Messieurs ont accepté pour ung de leur cobourgeois Jean, 
■ lils de Nicolas Cuenat, habitant de ce lieu, sur promesse 
« qu'il a fait de vivre calholiquement, obéyr aux Mtrebourgeoia 

(I) Voir pour Je* onia premiers 
sièclea), Ic9 bulletin ii» 15, anné. 
n* 17, année 1898, p. 187 a a8ï. 



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» et Conseil, leur pourter tout honneur et respect et rapport de 
« tout ce qu'il pourroit entendre contre leur bonne famé et 

• réputation, faire le proffit et éviter le dommai^e de la ville, 

• maintenir de tout son possible les bonnes et laudables cous- 

• tûmes et franchises d'icelle, et sur ce et sur son bon compor- 
« tement a été reçu moyennant quatlres vaches à lui dehues et 
« fournyes par cy devant pour l'entretien des soldats durant le 
« siègp de M. le Mareschal de la F'erté, et trois pisloles en 
a argent. Sur quoy il a faict le serment en tel cas nccoustumé >>. 

Parmi les dégâts causés par ce siège, les Annales belfortaines 
n'ont gardé que le souvenir de l'incendie de l'église de Brasse. 
La nef et le clocher furent la proie des flammes, mais le chœur, 
heureusement épargné, subsista et conserva pendant de longues 
années encore l'aspect gothique de ce vieil édifice. 

En 1655, on y fit les travaux de réparations, qui furent 
terminés au commencement d'octobre, ainsi que le constate un 
document portant ce titre : Compte que rendent George Bellol 
el Christophe Pelletier, comme m^enandiirs (I), et honorable 
David Keller, comme ayant charge de faire relief une somme 
d'argent selon deux divers jecls sur les paroissiens pour le 
resiablissement de l'église harochiale de Brasse, bruslé pen- 
dant le siège dernier de la ville. — 12 octobre I6.'iô. Les deux 
u jecls n ou impositions produisirent Gl I livres 8 sous 3 deniers 
et ne sufTirent pas pour couvrir la dépense qui, outre les 
corvées, s'éleva à 819 I. ! s, 10 à. Il restait encore à exécuter 
quelques travaux de détail, qui furent faits l'année suivante [2\. 
Faute de fonds, la reconstitution du clocher fut remise à plus 
tard. 

Ce fut au point de vue flsual que le désordre se lit alors 
sentir. Tout changement de régime amène dans lu répartition 
et la perception des impôts, des modifications plus ou moins 
profondes. C'était une nouvelle administration financière à 
organiser et cela ne pouvait se faire du jour au lendemain. Que de 



(1) Lei menanâiert de Braaie èlaient chargéi de percevoir de c 
chef* de famille de la paroïSM, pour te compte de la fabclque. de« 
annuetlea. Ce* collecleuri étaient désignés chaque année par le 
adroinistralrur de la fabrique, au nombre de deux, uji pour la ville c 
lei villigei enviconnan». paroiiiiens de Saint-Cbriitophe. ili étaier. 
remplir graluilemenl cet ofiic« et d'en rendre compte »» Magistral U 
le 31 décembre. (V. J. Liblin, Lts Eglises 4* Bel/orl, p. g). 

(!) Cf. J. LiBLiH, hc. cil. p. 16. 



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— 203 — 
bouleversements dans le service ! Que d'abus d'une part et de 
réclamations de l'autre !... 

Les magistrats de Belfort avaient profité d'un séjour que fit 
en leur ville, au mois de septembre 1654, l'intendant de 
Baussan pour lui adresser à ce sujet une supplique connue en 
ces termes : 

a A Monseigneur de BaussâTi, Conseiller du Roy en ses 
" Conseils d'état et privé, commissaire général de l'urmée 
H allemande, Intendant de justice, police et finances en la 
" Haute et Basse-Alsace. 

- Supplient très humblement les mre b. et Conseil de la ville 
B de Belfort qu'il plaise à V. S. ordonner et faire en sorte que 
« les rentes du Roy en Allemagne ne se payent que dans un 
« lieu comme de tous temps, ains ayant acquit du premier 
« rentier l'on ne soit obligé de les payer une seconde fois dans 
il d'autres lieux ; ce faisant V. S. fera ce qu'est de droit «t 
fl d'équité ». 

M. de Baussan écrivit au bas de cette requête la réponse 
suivante, qu'il scella de son cachet : 

n Les Bourgeois de Belfort ayant acquitté le péage deu au 
1 Iloy en un lieu ne pourront être obligé de payer une seconda 
« fois pour même marchandise, et le second péager les laissera 
e passer franc, pourvu qui luy apparaisse du certificat du lieu 

■ où ils ont chargé, et l'acquit du i" péager ; sera tenu le 2" 
•I péager de visiter les marchandises pour connoitre ay les 
a droits de toutes les marchandises ont été acquitté et s'il s'en 
u trouve d'avantage que ce qui est porté par lesd. certificat et 

■ acquit et qu'ils ne justifient qu'ils ayent chargé depuis 
« l'acquit, saisira lesd. marchandises avec les chariots et 
D l)estiaux servant à la conduite dont il nous donnera avis et si 
« les voituriers apportent ccrtilicat qu'ils ayent chargé entre 
B les deux péages, fera payer les droits et en donnera 
u quittance. 

« Fait à Belfort, le !7 Septembre 165i ». 

La perception des contributions se faisait, dans les villages 
de la seigneurie, avec une extrême difficulté, non seulement 
par suite de la misère engendrée par les événements, mais à 
cause des mauvaises récoltes de l'année précédente, qui avait 



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— 204 — 
été d'une sécheresse désolante {l>. Aussi le Chapitre de Belfort, 
qui levait annucllemcnl une titille de 00 livres sur les habitants 
de Mcroux et de Vézclois, indépendamment de la dime en 
grains, provenant de l'union du prieuré de Saint-Nicolas à la 
Collégiale, ne pût-il se procurer que 3 livres 15 sous! Etencore 
la perception en avait été si difTicilo qu'il proposa au receveur 
général du Roi de se charger de lopcralton. La proposition fut 
acceptée, et il fut convenu que la part du Chapitre qui, sur 
cette dime, payait au Domaine 1 hichot, 4 quartes de froment et 
050 bottes de paille, serait désormais proportionnée au rende- 
ment annuel ; que pour l'année 1055, la taille produit 45 livres, 
sa pari serait de 25 livres, et que les dimcs levées il resterait 
au Domaine du lîoi un dcmi-bichot 7 quartes <Ie graine. 330 
bottes de paille et une livre do cire ■J. 

Il y avait, dans la noblesse indigène, beaucoup de méconten- 
tement et de défiance. Très attachée à la Maison d'Autriche, 
elle ne dissimulait pas ses sentiments contre une autorité 
encore si peu régulière et qui blessait ses habitudes et son 
patriotisme. Les Reinach de Foussemagne, étaient de ceux-là : 
ils affectaient des allures indépendantes vis-à-vis du 
nouveau pouvoir et prétendaient se soustraire à certaines 
obligations. C'est ainsi qu'ils avaient cessé de se fournir do sel 
aux magasins de iJelfort, dont ils étaient tributaires comme 
paroissiens de Phaffans, c» vertu de lettres archtducales et 
notamment de celle du duc Albert de I IGIÏ '.'■V.. 

On ne tarda pas à les rappeler à l'ordre. M. Colbert (i . 
conseiller du Roi et subdélégué de l'Intendant des justice. 
police et finances en Alsace, était justement de passage à 
Belfort. Le 8 août 1659, une citation des magistrats de la ville 
appela le baron de Reinach et tîeorgcs, son eliâlclaiii, à compa- 
raître devant le subdélégué qui leur fit part des plaintes portées 
contre eux par les admodiateurs des snulneries de Belfort et 
Giromagny. Le baron, dit le document auquel nous empruntons 



(1) V. le RrcHtil mémorabU de H. Bois 'de -Chine, p. m |du tirage à pirl). 

(îj V. 1. Ubun, loc. cil. p. 53. 

{3) V. celle leiire au ch^ip. \l' J III de cette Etudi, 

li) Chaclei Colbrrl. lil* du premier préiidcni du Pucleinenl de Mclz, devini 
procureur général en 165S, puis premier président du Conieil louvriain 
d'Aluce, en lûâs, en remplacement de M. Colbecl de Croii<y, devenu ministre 
et lecrilaïre d'Eiat, auquel il succéda également comme inirndant d'Alsace. 
Il Bil mort président, «u Parlement de Metz le 4 avril 1723, âgé de 105 ani. 



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CCS détuJis, ■ uuroit promis à M. lu Conseiller de prendre à 

« ladvenir sel dcsd. suulneries ; I , et lud. chastcHain, n'ayant 

« aussy voulu enlendre, s'y est aussi submis d'en prendre et 

" de n'en user d'auilrea, ayuns confessé qu'il n'avoit pris cy- 

11 devant i{uu <l^ii\ tuis du sel estrani^er. La tout faict et 

deselaré en la maison de Praneois ]ji Sœur où estoil logé 

« mond. S' de Colbert et par devant les honorables Henri Roy, 

« inayre d'IIsî-ers : Moual, inayre à (lr;indvillars, et Nicolas 

« Ferriat dud. lieu ». 



S II. 
Les ai-lieles 73 et 71 du Irailé de Munster avaient stipulé la 
cession n lu Couronne do France du Landt^raviat de la Ilautc- 
Alsate, dont fail partie le Sund<i;au 'comté de Kerclte et seigneu- 
ries de belforl, Dellc, TUann, Altkirch et Isenheiin , et tous les 
autres domaines qui appartenaient alors, dans la Haute et Dassc- 
.\lsace. soit à l'Kmpire. soit à la maison d'Autriche. A l'époque 
de la conquèt!?, cos domaines, po,-isé<lés par une branche impé- 
riale à litre patrimonial et héréditaire, formaient l'apanage de 
deux |)rince:i dj celle branche, I-'erdînand-Charlcs "3' et Sisjia- 
moud-Krançois, désignés dans le traité souslenomd'arc'tiducs 
d'JHsprdcft. t'es princes, en renonçant, de concert avec 
l'Empereur el les litals de l'Empire, à toutes les parties distrai- 
tes de l'association irurmaniquc au prolit de la Couronne de 
France, réclamèrent, comme propriétaires fonciers et en qualité 
de possesseurs territoriaux, une indemoité qui fut lixéc d'une 
part à la somme de trois millions tournois, payables pendant le 
cours des années KiiO, KmI) et 1651, un tiers pour chaque 
année, dans la ville de H.de ; d'autre part, la France s'engagea 
4 acquitter, à la décharge des archiducs, les deux tiers des 
dettes de lu Régence d'Ensisheim. Elles furent exactement 
payées i . 

il| L'e«prit d'oppoaîtlun de c'tte famills de R'ina^h dura peu : eHe devint 
blenlôt loiiie liévo.iee aa roi, et le-i membrei, rnire' Hii service île France, *'y 
coLiJuisicent avec lant de biavoure qu'en 1718 leur bsrunie fut érigée au comie, 

lll FerJininJ'Chirlet. iié le 17 m li iSiS. i.iccàiIb a soa père L^ogold dan* 
le Lind^'aviat d'At^ace. «»»■ U uilelle de sa mère Claude de MéJicis. Ce fui 

rendaiK .ta mînorilê q.ie l>t Suîdoii qui avaient f;<il la conquête de l'AliaCP, 
> cédèreni par le Irailé de l'aris (i*' novembre 1634) k Luuis XIII, leur allié. 
(Schœpi'un-Rawenèz, t. V. p. 413. 

Cl} Cf. Rapport di Gt(ffni)t à lAtStmU.'f .CoHiUUanli^ au tum du Camiti 
dcl Djaiaiiies, U 1$ JuMtt qgo. 



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En décembre 1659, Louis XVI, voûtant récompenser le car- 
dinal Mazarin des services qu'il avait rendus à la France, et 
notamment de la part qu'il avait prise dans la conclusion du 
traité des Pyrénées, signé le 7 novembre précédent, lui fit une 
importante donation comprenant le comté de Ferrette et les 
seigneuries de Belfort, Délie, Tliann, Altkirck et Isenheim, 
c'est-à-dire tout le Sundgau , le tiers environ de l'ancien départe- 
ment du Haut-Rhin. 

Après un éloge pompeux du donataire, les lettres de don, 
datées de Toulouse, s'expriment de la manière suivante : 

s Et désirant luy témoigner et aux siens en toutes occasions 
« combien nous en avons de satisraction et de sentiment, et 

• avec combien d'affection et de bienveillance. Nous alTection- 

• non s sa personne et ce qui le touche. Nous avonsjugé que nous 
« ne pouvons luy rien donner maintenant de plus convenable 
a que quelque partie de ce qui nous peut appartenir en terres 
a et revenus dans le pays d'Alsace tant en conséquence de la 
(c cession qui nous en a élé faite par l'Empereur, l'Empire, la 
a Maison d'Autriche en Allemagne, par le traité de paix conclu 

• à Munster en Westphalie, que de la cession et renonciation 
■ expresse faite par le roy d'Espagne comme chef et aine de 
< ladite Maison d'.\ustriche par le traité de paix conclu à l'Isle 
1 des Faisans le septième novembre dernier; desquelles terres 
a et revenus nous avons la pleine et entière disposition tant à 
« cause que jusqu'à présent nous n'en avons fait aucune 
1 réunion expresse au domaine de notre Couronne, que nos 
« Receveurs et nos Comptables nont rendu aucun compte en 
« nos Chambres des Comptes des fruits ny du fond des terres 
Cl et autres biens à nous appartcnans audit pays et lieux à nous 
« cédés par lesdits Traités n. 

Les lettres-patentes font ensuite l'énumération de tout ce 
qui constitue la donation, ne réservant au roi que « les foy et 
u hommage, souveraineté et ressort » ; c'est-à-dire que les 
fiefs relevant de ces terres seraient sous la suzeraineté immé- 
diate du roi, comme ils l'avaient été des archiducs d'Autriche, 
et non sous la directe du cardinal donataire et de ses succes- 
seurs ; puis, elle ajoutent : « Et d'autant que le feu Roy, nôtre 
a très honoré Seigneur et Père, et Nous, avons accordé à divers 
1 officiers de nos Armées d'Allemagne et autres, dont aucuns 



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« Eonl décédés, la jouissance d'aucune desdites terres et 
•I seigneuries en vertu de simples brevets ou lettres patentes 
non vérifiées et enregistrées en nos compagnies souveraines, 
o auparavant nii'mc de !a conclusion du traité de Munster el 
■ lorsque nous jouissions desdils pays que par le droit de 

conqui^te faite par nos Armes. Nous avons expressément 
« révoqué el révoquons par ces présentes le contenu aux-dils 
« lirevets ou Lettres patentes comme nuls » (1;. 

Ce cadeau, vraiment royal, avait été fait au cardinal Mazarin, 

1 à ses hoirs, successeurs et ayaiis cause, pleinement, paisi- 
blement et perpétuellement ». A défaut d'héritiers de son 
nom, le cardinal, voulant cjpendant le perpétuer, désigna l'une 
de ses nièces, Hortense Mancini, pour être l'héritière d'une 
grande partie de ses domaines, à la condition expresse que 
son mari quitterait son nom et ses armes pour prendre le nom 
et les armes des Nfuzarin, le roi ayant promis d'ériger en 
duché-pairie féminine, sous le nom de duché de Mazarin, 
soit un des domaines du cardinal, soit un autre qui serait acquis 
à cet effet. 

(.'es duchés féminins qui, à défaut de descendant mâle, pas- 
saient aux femmes, donnaient à leurs maris le titre et le rang 
de pair de France. Armand-Charles de la Porte, duc de la Meille- 
raye, accepta cette position, et, en février 1661, il épouaa 
Hortense Mancint, reçut en dot le duché de Mayenne, avec 
une somme de quinze cent mille livres de rente, el prit le nom 
de duc de Mazarin. Peu de jours aprfes, le 9 mars, le cardinal 
mourut, après avoir, par ses testament etcodicille des 6 et 7du 
même mois, légué tous les biens meubles et immeubles dont il 
n'avait pas disposé, à Hortense Mancini, sa nièce, et à Armand- 
Charles, duc de Miizarin, époux de celte dernière, à la charge 
par eux de les transmettre, par suile de la substitution qu'il 
instituait, à l'aîné de leurs enfants mâles, ou, à défaut de mâles, 
à l'ainé de leurs filles, dont le mari serai! tenu de prendre 
le nom cl les armes de Mazarin. Les biens situés en Alsace, et 
provenant de la donation faitJ eu décambro 1C59 par Louis XIV, 
étaient compris dans cette substitution indéfinie qui embrassait 



(1) V. [e lexte complet des LeUrpa dan. ht Ordannavets du Ray ti Pigit- 
mtnU du Comeii tauvtraitt d'Âliact (i6S7 à i73S). par M. de Corbcron, I. l, 
ou dan» le* Ordunnantn d'AlMt* pat da Bouf, t. t, p. il. 



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-m- 

tous les sexes et toutes les branches jusqu'à l'extinction totale 
de tous les individus de la famille Mazarinc. 

C'était donc plutôt à l'héritier de son nom qu'à sa propre 
nièce que le cardidal léguait cette immense fortune. 

Le comte de la Suze a été le premier seigneur fr!iiit;ais de 
Belfort ; le duc de la Sloillerayc en fut le second, (I] mais 
comme par lui commence réellement la série des seigneurs de 
cette famille de Mazarin qui a laissé dans noire pays tant de 
souvenirs, ])lus mauvais que bons, nous lui devons mieux 
qu'une simple mention. 

Armand-Charles de la Porte de la Meilleraye. était le fîls 
unique du maréchal de la Mcilleraye, qui avait obtenu de lui 
transmettre la charge de grand-maître de l'arlillcric dont il 
était pourvu. Il devint ensuite duc de Mayenne, comte de 
Ferrelte, de Thann, de Delfort, de Maries, baron d'Allkirch, 
grand bailli de Haguenau, gouverneur capitaine-général pour 
le roi en la Haute-Alsace, gouverneur particulier des villes, 
citadelles et châteaux de Urisach, Philipsbourg, Nantes, llenne- 
bon, Quimperlô, S;;int-Maixent, Chaslenay, La l'ère et Vin- 
cennes, lieute:iant-général pour Sa Majesté en ses pays et 
duché de Bretagne et en ses Armées, pair du rayaume, etc. 





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Salue -Génies, qui commandait pour le roi dans !a forLereue de Brïsarh et en 
Haule-Aluce. fit droit i celle reqnèic par la lelire suivante adressée à Mtssiturt 
Its Prtuosl it gmi dt justice de la viiU de Belfirt : 
< Messieurs. 
« Le lèle et la fidélilé que voui aiiéz lesmoigné pour le service du Roy et 

< de sou Eminence depuis que je sjis en ce pays, moblige ï vous accorder 

< avec plaiHr la ilemanJe que vous me f.iiites d'eiemplcr vos bourgeois de 
c faire garnie dans la ville, j'écris pour <:et^ effect au «leur de Latouche, vosire 

< coiuniendant. afin qu'il U fasse désormais par ûtt soldats de la garnison. Je 
( serois bien aise de vouj pouvoir donner dcj marquai de mon aEfccCion, so)'ez 
( en persuadés ei que je suis, 

« Messieuis, 

< Vosire très aS<-clionné 

( LE Marquis de ^mni-Gsniës t. 

( Briiach, ce 15 Janvier iffil 1. 

Nous poiiédons l'original de celte lettre, qui noue a été donnée par J.-P. 
lallon (de Sainl-Dizier). IlIIc eat cachetée à ta cire rouge aux aimes du 
marquis. 



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On voit, par cette longue énumération de titres et de char- 
ges, bien iju'arrière petit-fils d'un apothicaire de l'arthenay. 
que ce n'était pas un personnage ordinaire. Sa fortune parti- 
culière devait ùtre prodigieuse. II eut le palais Mazariii, avec 
toutes ses richesses artistiques. Le roi l'admit dans tous ses 
conseils, le distingua, le combla en toutes manières. Pour tout 
cela, cet heureux homme n'eut que la peine d't^pouser la plus 
belle femme de 1" ranci:. Mais (|uel original, quel excentrique! 
Hix dévotion était outrée, ses scrupules inouïs. « Les jansé- 
nistes de lu Fronde, dit M. Aniédéc Renée, le charmant his- 
torien des nièces de Mazariii, s'étaient scandalisés qu'un 
cardinal eût dans sa maison des statues et des portraits légère- 
ment vêtus ; le duc de Maxarin s'en fit aussi un cas de con- 
science. Toutes ces nudités le révoltèrent, et que fit-il V II ne se 
borna pas, comme Tartufe, à y jeter son mouchoir; un mar- 
teau à la main, il parcourut, un beau jour, sa galerie, en 
brisant de ces beaux marbres ce qui choquait le plus ses 
regards. Les peintures des Titien et des Corrège, quand elles 
s'écartaient des règles expresses de la décence, subirent des 
réformes tout aussi radicales : elles furent religieusement bar- 
bouillées Malheureusement pour su femme et ses héritiers 

ce réformaleur de lu statuaire ne devint pas positivement fou. 
Au milieu des singularités que l'on raconte, il conservait de lu 
gravité, les manières d'un grand seigneur, ta conversation d'un 
honnête hommen (tj. Il était jaloux à l'excès. Les fréquentes ' 
visites que le roi faisait à sa femme le mettaient dans lu plus 
affreuse inquiétude. N'osant lui fermer sa porte, il imagina, 
pour soustraire lu belle llortensc aux excitations du péché et 
échapper aux morsures de la jalousie, de lu tenir dans un élat 
de locomotion perpétuelle. II se fît accompagner par elle de 
ville en ville, de gouvernement en gouverment, de Bretagne en 
Alsace, l'exposant, dans ces courses vagabondes, à mille 
fâcheuses aventures. 

Tel était le seigneur de Belfort etautres lieux qui, par son 
riiïorisme pudibond, méritait plus que l'épithète bien peu 
méchante de Pteux que lui décerne Saint-Evremond i'i;. 

(I| AuÉDÉE Renée, Les Niiees dt Maiarin, i vol. in-S«, Paris Firmîn Didot, 
3* *<>■. 1857. P- 330 et siq. 

i'î) t On ne prête qu'aux riches >, suivan 
lier, tit d'une exacte et étonnln^e vèrili. Au>*i 



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Quant à ses qualités, car il en uvait, malgré tous ses ridi- 
cules, voici ce qu'en dit SaiiU-Sinion dans ses Mémoires : « Gra- 
cieux, afîable et poli, il était de ta meilleure compiignic et fort 
instruit ; magnifique, du goût ù tout, de la valeur ; dans l'intime 
familiarité du roi, qui n'a jamais pu cesser de l'aimer* (1), 
Cette appréciation, toute élogicusc, qu'elle soit, doit être vraie, 
car en ce qui concerne le comté de Belfort, qu'il gouverna pen- 
dant de très longues années puisqu'il ne mourut qu'en 1714, il 
n'y aura guère de griefs à formuler contre lui. On n'en peut 
dire autant de ses successeurs. 

Un des premiers actes de son administration, et qui décelait 
en lui le grand-maître de l'artillerie de France, fut une ordon- 
nance datée de Tliann, le 20 décembre )66'2, rendant obliga- 
toires les exercices du tir à l'arquebuse ; 

€ 11 est ordonné à tous les bourgeois et habitants des Paroisses 
I du Comté de Delfort de s'assembler tous les Dimanches dans 
c les lieux qui leurs seront indiquez par nos officier aud. Comté 
« aueq leurs armes et carabines à rouët pour s'exercer et 
c apprendre à tirer au blanc, affîn de se discipliner au faict des 
« armes et se rendre capables de les porter lorsqu'il en sera 
« besoing, pour le seruicc du Roy suiuant et conformément à 
t ce qui s'obseruait anciennemenf pendant que ledit comté 
f estoil sous Sa domination de la maison d'Austriche. Et aflin 

que lesdits habitans s'y applicquent aueq plus d'affection, 
a nous ordonnons qu'il leur sera fourny des prix à nos dépens 
< pour la récompense de ceux qui auront le mieux réussy de la 

1 mcsme valleur qu'on les fuurnissoit du temps de lad' domina- 
« tion de la Maison d'Austriche jusqu'à la somme de cent huit 
t liurcs six solz huict deniers tournois, dont les deniers seront 
« déliurés par notre rcceueur en chascunc année, auquel nous 



seigneui de Belfort dei excenlricltéi vralement înimaeinablei et qii« raconle 
sommairement l'.iiteur des Niices de Maiarin (p. 33g). < Il voulur. dil-îl, faire 
kiracher 1rs dents de devant à ae* filles, qui ctaleat belles comme leur inhte, 
pour qu'elles fissent nallte moîni de tentatloni. t! défendit aux villageoises de 
traire leurs vaches dam l'inlérit de leur chatteté. el aux nourrices Ak donner à 
têter à leurs petits onfants le vendredi et le samedi, It enieignait aux finîmes t'ani 

Suelle poiLure pudique ellea . pouvaient battre le beurre ou filer. Il s'en allait 
lisant le missionnaire de village en village, et répandait partout des catéchis- 
mes de sa façon ; it voulait convertir en couvents tous les corps-de-garde. Il 
avait !• passion des règlements; il ea fit un des plus burlesquei sur les rigles 
à observer par les garçons apolbicairci, pour concilier la décence avec leurs 
fonctions >. 

(I) Uimoirti d* Saint-Simen, t. XIX, p. 163, tdit, in-lS. 



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I mandons de ce' faire sans aucune dilQculté, enjoignond aU 
« preuost dud. Belfort de faire publier noslre présente ordon- 
« nance partout où besoing sera a ce que personne n'en pré- 
<L tende cause d'ignorance. 

a Fait à Tannes, te vingtiesme jour de Décembre 1662. 
« Le Di;c Maiahinï 

« Par Monseigneur : Louhcillièrë b. 

Le duc de Mazarin se rendit ensuite à Belfort. Il était acom- 
pagnt: de sa femme, qui le suivait partout et voulait voir de ses 
yeux tous ces beaux et riches domaines dont elle était, par le 
fait, la véritable propriétaire, puisque c'était à elle, et non à 
son mari, qu'ils avaient été légués. Les Betfortains purent faire 
connaissance avec leur dame, qui était, disait-on, c non seule- 
ment la plus belle des nièces du cardinal, mais aussi une des 
plus parfaites beautés de la cour, et à laquelle il ne manquait 
que de l'esprit pour être accomplie et pour lui donner In viva- 
cité qu'elle n'avait pas s (tu 

Les magistrats se mirent immédiatement en mesure d'exé- 
cuter l'ordonnance du duc de Nfazarin. Il fallut d'abord recons- 
tituer la compagnie des Chevaliers de l'Arquebuse, complète- 
ment désorganisée depuis les guerres et la dépopulation de la 
ville. On remit en vigueur les anciens statuts. C'est ainsi que, 
comme autrefois, les tireurs ne devaient faire leurs assemblées 
et exercices qu'à des époques déterminées et avec la permission 
du prévôt et des membres du Conseil ; qu'au cas où le prévôt et 
le maître-bourgeois se présenteraient pour tirer à l'arquebuse, 
les officiers de la compagnie devraient leur déférer les premiers 
honneurs; que s'il arrivait des contestations et des diflicuUés, 
à l'occasion de leurs exercices ou pour les rangs, entre officiers 
et chevaliers, la connaissance en appartenait aux prévôt et 
magistrats ; de même, pour le choix de tous les officiers et bour- 
geois qui devaient composer la Compagnie. 

Le lieu des réunions et des exercices fut maintenu au même 
endroit, c'est-à-dire en dehors du mur sud-ouest de la ville où 
se trouvait la Porte-basse ou de Bourgogne, entre la tour de 
Montbéliard et celle des Ladres. La maison des tireurs, aban- 
donnée depuis si longtemps, tombait en ruines ('2), et sarecons- 

(1] V. Ahi^dée Renée, litc. cil. p. 331, d'aprèi tei Mémoim dt Madamt 
dt la FayitU. 

[ï) hlls éiait liluie tout prti du champ dc'tir, non lob du Fouroeati. Elle 
a eziiié juiqu'cQ 1870 «t ètail conau* tout le non de Ua\tt% dt t'Arqurbute. 



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truction était urgente. Le 3 avril 1663, les magislruts passèrent 
un marclié avec Jacques Moinnin cf son beau-frcTi; |»our « rebas- 
n tir, en ce qui dcspentl du charpcntagc, la maison des tireurs 
I de deux estai^es auec la rammure etdcuxchappoutez, mesme 
< de faire les formes des porlfs cl fcncstres. » Le prix était de 
33 Uv. 15 sols, et deux pots de vin, à la condition qu'ils se 
mettront incontinent à la besogne. 1 

Lu liourgeoisie t5lait alors Tort mcconlcntc des malhonnêtos 
ngisKemenls du meunier. On se serait cru en 1ÔC9, où les 
])laînles avaient été des plus vives et où le Conseil des IX pro- 
fita des débuts de l'administration d'un Orand-Hailli pour 
demander justice. La situation (''tait lu même qu'à cette époque. 
Le meunier, soutenu par le tabellion du comte, refusait tout 
contrôle de la paît des magistrats. Le seigneur était tout nou- 
veau dans SCS terres, et les bourgeois espéraient qu'il se mon- 
trerait plus particulièrement bien disposé en leur fuveur. 
L'occasion était plus que favorable, cl, pensant avec raison 
que, suivant un vieil adage bien connu dans le pays, il valait 
mieux avoir alTairc au bon Dieu qu'à ses saints, ils s'adresscrent 
directement au duc de Maxarin : 

« Hemonstrent en toute bumilité les m" bourgeois et liabitans 
■ de la ville de B"lfort que de tout tems ils tiuroient eu (e chas- 
« (oye poiUique sur ung monnier de Belfort comme sur ung 
« autre bourgeois, cependant il fait refus d'obéir, étant soit- 
o tenu par le sieur tabellion de Belfort, qui, par un sinistre 
B prétexte, retil attirer celte direction à Mrs. lus officiers de 
« la sei'yneurie, ce que ait (irand préjudice des droits de la. 
a ville, et intéresse grandement les pauvres bourgeois etaulres 
« habitans de la seigneurie qui sont obligé de moudre audit ' 
a moulin, laissant le meunier impuny lors<iu'il rend mal la 
V fîirine. Ce considéré, Monseigneur, il vous pluira les remettre 
a en leurs anciens droit et pouvoir sur led. monnier, qu'ils 
« feront paroilre en cas de besoin acoir eu de toute anbiennete, 
« et ils prieront Uieu pour vie, santé et grandeurs ». 

Le seigneur trouva que les habitants étaient dans leur droit, 
et répondit par cette phrase, aussi péremptoire que brève, 
écrite et signée de su main : 

- CkaffvuU ou chapento ; cauroocrnicnt d'un 



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— 213 — 

"La connoissance de la police sur les moulins est renvoyée 
a au maistre-bourgeois de Belfort ». 

En 1664, Jean Noblat, d'uDC des plus anciennes familles bour- 
geoises de la ville ili, fui institué à lu charge de prévôt par une 
lettre ainsi conçue ; 

u Kstant nécessaire de pourvooir mie personne fidelle et 
n capable pour exercer !a charge de jirévosl en nostre seigneu- 

rie de Delfort. et estant phiincnient informé des bonnes vie, 
il mœurs, capaciti? et sufQsnnce do Jean Xoblot, bourgeois de 
■< lad. ville. Nous l'avons constitué et estably, constituons et 
a eslablissons en lad. charge de prevost pour en ycolie faire 
« tous les actes requis et ncccs.'iairos, tant pour voilier soigneu- 

1 sèment a ce qu'il no se p;isso rifn «'outre le service du Hoy, 
1 qu'à la conservation et bien de nos droicts et inlérests, et 
1 nous faire un ndelie rappport des choses qui viendront à sa 
« cognoissancr au proiudice d yccux. Glandons aux Maistre- 
« bourgeois et Conseil de nostre dilte ville de iîelfort de l'ins- 
'■ tallcr et le laisser paisiblement jouyr et exercer lad. charge 
<t de prcvoat de lad, ville et seigneurie. Kn foy de quoy, nous 
« avons à ces présentes signées de nostre main faict apposer le 
« sceau de nos armes. A ISrisach, ce troisième Juing mil six 
« cent soixante quatre. 

« Le Dt:c Mazahinv 
« Par Monspfgjieiir; LnriK^iLLiÈiiE « 

Le duc de Mazarin revint quelques anni'os après revoir sa 
ville de lielforl. Il profita du séjour qu'il y iit ii la lin du mois 
de Juin 1CG7, pour aller à Munlhéliard visiter le prince Ooorge, 
qui le reçut au château avec distinction. « M. le due, dit une 
chronique. M fort gai et témiiigna beaucoup d'arailié au prince : 
il voulut voir la bibliothèque, quoique cliétive encore ■> 3 . 

Nous avons laissé Chap. IC" S I' la ColK'giale St-Denis dans 
une situation des plus précaires. On conçoit faeilcmenl que 
celte interminable période de guerres et de calamités de toutes 
sortes n'était pas faite pour rnméliorer. Malgré le rétablisse- 
ment, en 1618, des deux prébendes supprimées en i6îi, la mort 
et la misère avaient tellement réduit le nombre des chanoines 

{\) Deux membrei 
jeune, figursnl déjà (iani 

(■2. DuvERNOV, EpHàmiridts du Comié dt Monibiliard l'ïS J( 



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- 214 — 
qu'en 1670 il n'y en avait plus que quatre, y compris le prévôt, 
pour composer le Chapitre. Cela devait naturellement préoc- 
cuper le dévot duc de Mazarin, et le 17 Juin de la même année, 
il nomma deux chanoines, François Ladoubar et Jean-Pierre 
Keller, L'année suivante, il pourvut encore à deux autres cano- 
nicats ; mais les anciens prétendirent que, suivant les statuts 
capituluircs, les deux nouveaux devaient subir quatre années de 
carence, a Le II Mai 1671, intervint une transaction par laquelle 
le chapitre se désista de cette prétention, le duc de Mazarin 
s'obligeant, de son côte, à n'augmenter le nombre des chanoines 
qu'en proportion de l'augmentation des revenus fl) ». En consé- 
quence, le "26 mai, les deux chanoines nouvellement nommés, 
dont un se nommait messire de Cantenach, furent reçus et 
installés par leurs confrères. 

Le Chapitre se trouva donc à ce moment, composé de huit 
membres, cliilTre qui fut bientât réduit à cinq, qu'il ne devait 
plus jamais dépasser. 



-un. 

Parmi les menus faits relatifs à la vie intime de la commune, 
il en est queIf|ues-jnH que nous croyons devoir mentionner. 
Bien que peu in té rossants pur eux-mOmcs. pris isolément, et au 
risque d'encourir le reproche d'entrer dans des détails oiseux 
et futiles, il nous a semblé qu'ils pouvaient ligurer utilement 
dans une monographie historique, ù litre de renseignements 
sur l'administration municipale, ainsi que sur les mœurs et les 
coutumes de celte époque. 

Le 22 février 1663, les deux frères Thomas et Adam Delà- 
porto furent rpi,us bourgeois de Belfort, à la prière du chanoine 
Oéhand, leur oncle. Cette famille Dolaporte, dont les branches 
se multiplièrent par suito de nombreuses alliances, est destinée 
à jouer un certain rôle daus les Annales bclfortaines. 11 ne sera 
pas facile de se reconnaître dans l'enchevêtrement de sa généa- 
logie, et on s'en fera une idée en feuilletant les anciens regis- 
tres des haplOnies, mariages et déci-s de la Collégiale, où sont 
cités les noms des innombrables membres de celte famille qui, 
dans la seconde moitié du XVIII" siècle, fournira des person- 



(I) J. LiBMS, Us Bgtins dt Belfort, p. M. 



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— 215 — 
nages dont la notoriété franchira les étroites limites de l'his- 
toire locale. 

Nous connaissons les préoccupations des magistrats en 
faveur de l'instruction primaire. H y a tout lieu de croire 
(ju'elles ne se ralentirent pas. Le 10 février 1063, ils admirent 
pour un de leur co-bourgeois, Jacques Monnin, charpentier, 
originaire de Grandfontaine, dans le comté de Salm-en-Vosges, 
à charge par lui de reconstruire, en ce qui concernait son 
métier, la maison d"école « depuis le bas jusques au haut, 
" tant pour Fenestrage, trais et faire les planches sur murailles, 
B ramures et toutes autres bastimens nécessaires, le tout à la 
« bonne foy et à ses frais, moyennunf vingt deux livres dix 
a sols que la ville lui payera il; ■. 

Kn 1664, le 21 juillet, ils reçurent Anne-Françoise Vallat 
pour maîtresse d'école jusqu'au -24 juin l'année suivante, 
« pour le pris de 15 liburcs, et trois libures ballois pour le 
« louage de sa maison, et à telle condition qu'elle enseignera 
<i les filles à lire et à oscripre, travailler de la dentelle et de la 
u guille (aiguille) ceux qui désireront d'apprendre, les instruire 
( à la dévotion, le tout de son possible ». 

Il fallait faire bonne garde pair empicher la forôl du Salbert 
d'être en but aux dommages plus ou moins graves que ne ces- 
saient d'y causer les habitants des villages voisins. Au mois 
de novembre 1672, le Conseil assigna les gens de Cravanche 
p:ir devant les olFiciers de la Seigneurie « pour les veoir con- 
' damner à raison d'avoir fait champoyer le Salbert par les 
« bestiaux. Considérans qui; lesdits habitans ont cogneu et 
u confessé avoir très mal fait en cela, Messieurs du Conseil les 
« ont reçu à mercy : à quoy se sont soubmis et de ne point à 
" l'advenir. s'entremettre aux privilli'ges et droits de ladite 
« ville ". 

(I) Voici la larmule du sermani prSlé par Moîiinin entre le; mains dei 
Magislrai*. et qiiî devait èlre cette dont on faiiail uia;;e depuis Js réunion de 
Belfort à la Krance : < je jure de vivre en ]> foy caibolique. apoiihditjue el 

H aux lieurs oHiciers, ipèciairment à un l'révOt de Be^forl concernant lei 
> afCuirri de Jiislice, el aux Mail re- Bourgeois et Conseil de ladite ville ; les 
n obé/r en tout ce que de leur part luj fera commandé, comme au^tj ct'advan. 
■ cer le proifit et éviter le dommage de ladite ville de touc jnn pojsible, et 
n généralement de se comporter en tout comme un autre el lîJel bourgeois 
. 3t>ibt [aire t. V. Arch. de BelEorl, BBj. 



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- 216- 

Une ordonnance du 21 janvier 1673, interdit toute mascarade 
pendant le carùme, € « peine de punition ». Il faut dire 
qu'alors on était fort sévère pour les contraventions aux règle- 
ments de police. Ainsi, telle personne était condamnée 
à 3 livres et aux frais pour être sortie, un dimanche avant 
la messe de paroisse, sans en avoir eu la permission du 
prévôt du Chapitre. Telle autre, à la même amende •< à cause 
de reniement de Dieu ». Tel autre, cordonnier, pour avoir 
travaillé le dimanclic, In veille de Nol'j. le jour di'S Hois. cic. 
Tel autre condamné à 60 sols d'amen<lc pour avoir, au marché, 
vendu du beurre avant l'heure dilerminée. Tel autre enfin à 
6 livres et à tous les frais pour avoir juré et hlasphémé Dieu. 

l'ne excellente mesure de police, ((ui a toujours été et est 
encore soigncuscnicnt prescrite par les officiers municipaux, 
est celle i|ui assure un lion et elTicace rumoiia^c. Le 10 octobre 
1676, les magistrats firent un accord avec Jean Fraignc, dit 
IIuiUecoi>pa, natif du baillaire de Locarno Italie suisse, 
râclour de cheminées, " pour avoir le soing de racler, tous les 
R ans deux fois, les cheminées de la ville, à raison de cinq sols 
" lune portant l'autre par cha(|ue fois, moyennant quoy il sera 
« obligé d'en racler six appartenantes à la ville une fois pour 

Kn ce temps-là. le niaitre des hautes-<cuvrcs icamifex) de 
Belfort se nommait Jean-Joseph Comte. Il eut de sa femme, 
Madeleine Fleur-de-Lys, — un nom doux et charmant pour une 
feinnie de bourreau, — deux fils : Jean-Kiançois. né le 37 juin 
1671, et Jean-Jacoh. qui naquit le 21 juin ll>80. 

Au printemps de l'année tiiHlI. on éleva une croix de pierre, 
que Ion appela la cruix de la Suinte Mis.tion, dans un endroit 
que la délibération du Conseil ne précise pas, mais qui tlait, 
selon toute probabilité, à gauche de la route du \'uldoie, près 
de l'endroit où prend le chemin allant à brasse. Le plan en 
avait été fait par le H, P. capucin Jules, et le travail exécuté 
par un muitrc-macon et tailleur de pierres d'.Mtkirch nommé 
Geschnand, avec lequel lu ville avait passé un marché le 3 
février. En vertu de ce marché, on devait lui payer la somme 
de 80 livres tournois, tant pour son travail que pour ses 
dépenses. Les matériaux, comme chaux et sables nécessaires 
pour les fondations, devaient lui être fournis. La ville était, en 



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-217- 

outre, obligée d'uller olierchcr à ses Trais, à Altkîrch, les pierres 
de la croix et son piédestal. L'entretien de ses oulils, pendant 
la durée du travail, étiiit également à su charge. Cette croix 
avait vingt-cintf pieds de hauteur, y compris le piédestal et les 
degrés. 

La singulière coutume de sonner les cloches pendant les 
omges existait à Bclfort comme en beaucoup d'autres endroits. 
Une décision du .17 mai de cette même année 1680, signée par 
le secrétaire de la ville, Jean-Pierre Noblat (1), dit que Claude 
Corette' recevra pour sonner, <• lorsqu'il y aura un temps monté 
et du tonnerre, l'3 livres tournois pendant la présente année ». 



S IV. 

Dès les premiers jours qui suivirent la conquête, la France 
vit et comprit tout le parti qu'elle pourrait tirer de l'excellente 
position stratégique de Belfort, comme place forte et poste 
militaire de première ligne. Ce serait une solide barrière 
contre l'Allemagne et la Suisse, en même temps qu'un entre- 
pôt très important pour le commerce par les grandes routes qui 
y convergent. On commença donc par y mettre une bonne 
garnison, avec un gouverneur des ville, château et dépen- 
dances. 

La tranquillité Tut parfaite pendant un certain nombre 
d'iinnces, mais quand, en 1672, Louis XIV eut déclaré la guerre 
à ta Hollande, les appréhensions naquirent de nouveau. Toute 
lAllcmugne répondit à cette déclaration en prenant fait et 
cause pour les Hollandais. L'empereur et les princes, grands 
et petits, se coalisèrent, confondus dans un même sentiment de 
haine contre la France, pensant que l'heure était venue de 
ressaisir l'Alsace, a cette proie que l'Empire n'avait lâchée 
qu'à demi dans les équivoques et les obscurités du traité de 
Westphahe rZ'i a. 

En présence des redoutables événements qui se préparaient, 
le prince de Montbéliard n'avait qu'à rester neutre ; c'est à quoi 
il se décida, malgré les propositions que lui Qt la France. Mais 
celle-ci' lui en garda rancune, et son hostilité ne tarda pas à se 

;i, Il occupait dijà cet emplei *n 1671. 

(^'1 V. Charles Gérard, Ld BatailU <U Turckktim (Colmar, Eug. Barih, 



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— 218 — 

manifester, Le prince Georges avait ordonné dans toutes les 
églises de son comié des prières publiques où il était parlé de 
■ l'ennemi de la chrétienté qui, par ses linesses et astuces, sem- 
blait vouloir troubler la p»ix de l'Empire >. Le commandant de 
Belfort, M. de Périgny, crut y voir une allusion malveillante à 
Louis XIV, et, le l'i Novembre 1673, envoyaundesesofUciersà 
Montbéliurd pour demander des explications. Le prince répondit: 
« que l'on n'avait entendu parler que du Diable, dont le but ne 
vise qu'à lu guerre, la discorde et la désunion |l] *. 

N'était-ce pas, de la part des Français, chercher une querelle 
d'Allemand? lia ne se bornèrent pas là, et, malgré la neutra- 
lité strictement observée, passèrent bien vite des menaces aux 
faits. Le 8 Janvier 1674, douze cents hommes venant de 
Belfort pénétrèrent en Franche-Comté en traversant la seigneu- 
rie d'Héricourt et en commettant de grands dégâts. Le 31 du 
même mois, le marquis de Vaubrun entra dans le comté de 
Montbéliard avec quatre mille hommes de troupes, s'empara 
de plusieurs localités et ne se retira qu'au bout bout de dix à 
douze jours. 

A M. de Périgny succéda, comme gouverneur de Belfort, le 
comte d'Aubigné, frère de la fameuse marquise de Maintcnon, 
et le petit-fils de l'éloquent et brave d'Aubigné, l'ami de 
Henri IV. ■ C'était, dit Saint-Simon, un panier percé, fou à 
enfermer, mais plaisant, avec de l'esprit et des saillies, et des 
réparties auxquelles on ne se pouvait attendre. Il ne se contrat- 
gnoit pas de prendre un ton goguenard, et de dire très ordinai- 
rement te beau-frère lorsqu'il voulait parler du Roi >. Avant de 
venir prendre le commandement de Belfort, il avait été gouver- 
neur d'Amersfort, en Hollande. 

Le 4 juin, il vint avec soixante cavaliers faire une reconnais- 
sance jusqu'aux portes de Montbéliard. Son approche causa 
quelque épouvante parmi les habitants de la ville. Une senti- 
nelle avancée lui tira un coup de fusil ot le manqua. 

Un écrit contemporain parle à trois ou quatre reprises du 
comte d'Aubigné, gouverneur de Belfort. Cet écrit, etréme- 
ment intéressant, est une relation de a deux voyages et séjours 



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^ 219 — 

faits en Alsace en 1674-76 et 168t » (1). Il est dû à la plume 
d'un commis de la Mittôle, — ce que noua appelleriona aujour- 
d'hui un employé de la Régie ou des Contributions indirectes 
— qui se nommait H, de L'Hermine. [2j 

La première fois que ce fonctionnaire vit le comte, ce fut au 
mois de novembre 1674, époque à laquelle il vint à Belfort, 
comme employé au bureau du receveur général de la Ferme 
du Roi, et où il demeura trois mois. Voici ce qu'il dit de notre 
ville dans ses curieux mémoires: 

< La figure que j'en ay dessinée (3) nous montre que cette 
ville étoit très-peu de chose en ce tems-là ; en effet, ce n'étoit 
qu'un trou, des riies étroites, sales, mal pavées, des maisons mal 
bâties et obscures, en un mot, la plus triste et la plus désagré- 
able demeure du monde. Le soleil, qui répand partout ailleurs, 
n'y paroit — il faut entendre en hiver — que l'après-midi, 
parccque la hauteur de la côté où est situé le château, l'em- 
pêche de l'éclairer dès le matin Le château n'étoit qu'un 

nid à rats Il est fortifié, du côté de la plaine qui est vers le 

midi, de trois ou quatre bastions et d'un ouvrage à cornes bien 



(I) Publia d'abord dam le* Bulletins aonuali du Musét kisii/rigut de Mul- 
house, il 0. èié édili Miauite en un beau volume, «oui ce liire : itémairti de 
dtiuc vjyagts tt séjauti m Aiiac*. I6J4-J6 et l6Sl ; Hulhouie. imp. de V" Badec 
et C", 1886, grind ia-8- de 364 p., avec I» vues d'Allkircb et de BelEorl, 
deiiineet par l'auteur. — Le manuscrit origioal de cet agréable récit avait éii 
découvert et acquis par aa riche indu-itnel mulbousien, H. Frédéric Eagel- 
Dnlliui. 11 renL-riDi dei passage! éxtrfmemenl int^reisanti (ur ta vîtte de 
BHfort dans lei premiers temps de la dé|>OE*ei*ioa de l'Autriche en Alsace, et, 
maigre leur loagueiir. nous avou* cru devoir les repniduire îoiégralemeDi. 

(!) Céi mimoirês ne sont pas siftoés : mais H. qb L'Hbkmii^e. le nom de 
leur auteur, se trouve en caractères lisibles, quoique tréi-ténus, et camme 
perdu au milieu d'autres iraiii de plume, sur la vue de Beltori qu'il a joiule ft 

jt la plume, a été dessinée « sur le lieu, du 
e la montagne du Salbei^, le v" de mars 
lu/j •>. <-t^ tii;> iHuiiEujt ,..u^u.. E-i exécuté suivant la méthode de la perspec- 
tive conique. Le dessinateur a pris soin d'indiquer sa position exacte, a l'Oueit 
de la villa, sur la rive droite de la Savoureuse, et sa plume a rendu 1res Bdéle- 
meni ce qu'il voyaii. Il exi->ie un plan de la même époque. dre»é par les 
ingénieurs mîtiiaires. sur la demande de Vauban. Dans le bel album qui accom- 
pagne sa Nvtict sur l HUIiiirt mititairt d* Btlftrt, M le colonel A. Hapuchoil a 
donne ceite vue et ce plan sur la même planche, et grice à la Hdeliié da ta vue 
per«p(>ctive, il a pu oiienlcr le plan sous elle, de manière k, faiie coïncider les 
délnils des deux dessins. Par leur comparaison, dit M. Papuchon.on voir <■ que 
la ville était entourée, du c6le de la Savoureuse, d'une double enceinte dont 
l'une était formée par la continuité même des maisons, par analogie avec ce 

3uon peut voir encore aujourd'hui à Saini-Ursanna, et l'autre, cumpleiemeot 
étachée, et Formée d'un simple mur Sanquê au moyen de petites tours. 



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— 220 - 

revêtus, d'un fossé sec taillé dans le roc, d'un chemin couvert, 
d'une palissade et d'un ghicis qui aboutit au niveau de la 
campagne. Mi ]l y a une vieille tour ronde dans la petite cour 
de ce château, qui est la première chose qu'on découvre de 
loin, et un puits qui a 83 toises de prorundcur. La ville, qui est 
au bas, n'avoit de mon tcms aucune Torti fi cation, elle n'étoit 
fermée que d'une simple muraille sans defTence, telle qu'elle est 
représentée dans la figure. On voit qu'il n'y a que deux portes, 
encore n'ouvroit-on que celle qui étoit sur le bord de la petite 
rivière nommée la Savoureuse. Cette porte étoit double avec 
double pont-lcvis et un corps- de-garde à l'ordinaire auprès de 
la barrière. La première de ces deux portes cy éloit flanquée 
de deux tours rondes d'une espèce de pierre rouge fort dure ; 
il y avoit au dessus de l'entrée cinq armoiries de seigneurs de 
l'Empire, et celles de l'Empereur se voyoient au plus haut de la 
seconde porte au dessus dune montre d'horloge. L'autre porte 
de Belfort, qu'on n'ouvre point pendant la guerre, est celle du 
marché. 

■ li n'y a dans celte ville qu'une seule église, c'est une collé- 
giale servie par cinq chanoines, dont le premier s'appelle le 
prévôt du chapitre. Ces bénéfices là sont de peu de revenu. Us 
ont de certaines fêtes en l'année, où il y a fondation pour 
chanter trois fois de suite le Maffiii/îca/ à 'Vêpres. Tout auprès 
est une petite chapelle dédiée à S" Barbe. L'église paroissiale, 
dédiée à S' Christophe, est située à un bon quart de lieue de la 
ville, vers le nord, à un lieu nomme Brasse, de sorte que c'est 
une chose incommode de porter si loin les enfants au batéme et 
les morts à la sépulture. Près de celte parroisse il y a une 
belle forge de fer, qui travaille par le moyen de l'eau d'un 
grand étang. A deux ou trois cens pas de la porte de BcfTort, 
sur le bord d'une des branches de la Savoureuse, il y a un 
couvent de Capucins, où ils étaient bien douze ou quinze 
religieux 

a Au pied de lu hauteur sur laquelle est bâti te château, il y 
a plusieurs moulins pour battre et préparer la mine de fer, et 
des fourneaux, où l'on la fond ensuite. 

s A l'égard des habilans de BcITort, ce n'est que de la petite 
bourgeoisie, mais le comte d'Aubigni, frère de Madame de 

(1) L'Hc'Tnino parle ici du Couronni ilu Comlc de ta 5uie. 



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Maintenon, gouverneur de la place, et lea oillciers de quatorze 
compagnies d'infanterie qui y étoient, y [nettoient du beau- 
monde. La bourgeoisie suit les coutumes d'Allemagne soit 
pour la cuisine, les poiiles, la monoyc ; mais pour le langage, 
c'est un patois, qui n'est ni françois ni allemand, qui tient pour- 
tant de tous tes deux et que tous deux n'entendent point. Ils 
appellent ce jargon là le Romain. Personne ne m'a jamais pu 
dire larat.son pour laquelle on donnait un nom si illustre à cet 
étrange baragouinage. 

u Toute petite que soit cette place, elle est cependant fort 
importante, c'est une des clefs de l'Alsace, et la situation avan- 
tageuse de son château lui a fait donner le nom de Belfort, 
qu'on s'est accoutumé insensiblement de nommer et d'écrire 
BelTort. » 

Au moment où L'Hermine arrivtiit à Delfort, les Impériaux 
s'en approchaient, avec le dessin de l'assiéger. Ils rêvaient de 
reprendre la Pranclie- Comté, et, pour eux, la forteresse de 
Belfort n'était pas seulement le nid à rats dont parlait le 
commis de la gabelle, mais un nid de gueuxiLumpennesfA qui 
céderait à une volée -de canon. A la fin de novembre, ils occu- 
paient tout le Sjnd^uu, et un de leurs chefs, lu comte de Reif- 
femberg, un colonel de dragons, inondait le pays d'une procla- 
mation au nom de la puissance impériale « dont les justes armes, 
disait-il, ne vont à autre but que de chasser du territoire de 
l'1-împire, son ennemi déclaré, et de rétablir ses Itdcles états et 
sujets dans leur ancienne liberté (Il s. 

Le gouverneur d'Aubigné, justement préoccupé de la situa- 
tion, demanda du renfort au duc de Duras, qui commandait à 
Besançon. Aussitôt, deu?: régiments de cavalerie, ceux de Le 
Câteux et de Boncour. composés chacun de sit compagnies, 
entrèrent le 1" décembre 1014, vers cinq heures du soir, dans 
les murs de Belfort. Cette porte de la Comté devenait de jour 
en jour plus diiTicilc à franchir pour l'ennemi. 

Le gouverneur était admirablement secondé par le chevalier 
de la Poterie, officier des plus distingués par sa bravoure et ses 
talents militaires, qui, placé là en qualité de lieutenant de Roi, . 
avait reçu secrètement pleins pouvoirs en cas de siège. 

(1} V. Ch. GËit.\RD, loc. cit., p. 6$. 



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— 222 — 

Laissons inainten&nt la parole à L'Hermine qui, témoin 
oculaire et à l'aiTùt des nouvelles, raconte d'une manière véri- 
dique et pittoresque ce qui se passa dans notre ville Jusqu'au 
8 décembre, jour de son départ pour Langres : 

« Les Impériaux s'étant rendus maîtres de tout le plat pais 
d'Alsace, il ne leur restoit plus à prendre que Brisac qu'ils 
tenoient bloqué, le chûteau de Landseron qu'ils tachoient de 
surprendre, et la ville de Delfort qu'ils prétcndoient assiéger 
de jour en jour. En amendant cette entreprise, ils avoicnt établi 
des quartiers dans tous les châteaux circonvoisins, ils venoient 
tous les soirs en escadron Jusqu'au bord du glacis du château 
et le long des murailles de la ville, pour la reconnoitre, de sorte 
qu'on s'attendoit fermement à être assiégés. Le comte d'Aubi- 
gni, que Je fus saluer dès le lendemain de mon arrivée, ne 
nous entretint que de ce prétendu siège, et il fuisoit fort 
l'empressé sur les précautions qu'il avoit à prendre ; il deman- 
doit à mon receveur s'il avoit bonne provision de sel dans le 
magazin du Roy, il trouvoit que la quantité qu'on lui marquoit 
n'étoit pas sufSsante, et il le mcnaçoit do le rendre responsable 
du dommage, en cas que la garnison vint à manquer de sel 
durant le siège. II paroissoit fort en colère contre lui ; après 
tout, ce n'étoient que fanfaronades, car tous les jours, après 
midi, ce gouverneur venoit chez le receveur tenir son brelan 
avec les ollicicrs de la garnison. 

« Les fausses ullarmes étoient cependant assez fréquentes 
dans la ville et aux environs. Nous en eûmes un Jour une, 
étant CD bonne campagnie à dîner aux Capucins ; leur couvent 
est hors de la ville, comme je l'ay remarqué cy-dcssus. L'n 
valet tout échaufé nous vint dire qu'il paroissoit un parti 
d'Impériaux dans la plaine marchant vers Bclfort. Nous receû- 
mcs diversement cette nouvelle, les uns en pâlirent, d'autres en 
plaisantèrent, et quelqu'un de notre bande demanda au Père 
gardien un habit et une barbe de Capucin, pour n'être pas 
emmené par les Allemands. 

« Ce qui confirma de plus en plus la croyance où l'on étoit 
que la ville alloit être assiégée, c'est que le 1" décembre il y 
arriva COO cavaliers de la brigade de Catteux, pour en fortifier 
la garnison, mais ils ne servirent qu'à désoler les habitans. Ils 
étoient au dcscspoir de voir jusquesàvingt soldats dans chaque 



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— 223 — 

tnaison, leurs bestiaux ëtoient dans la riie, tandis que les che-' 
vaux des cavaliers occupoient non seulement les écuries et les 
étables, mais encore les sullcs et les inagazins d'embas. On 
n'entendoit de tous càtés que des plaintes de ces pauvres bour- 
geois, qui vouloient tout abandonner plutôt que d'être tourmen- 
tés, mangés et ruinés par ces impitoyables gens de guerre. A 
cela près, tous les Soirs ont étoit régallé des fanfares de leurs 
trompetes qui se répondoicnt d'un quartier à l'autre. 

■ On ne doutoit plus que la ville ne dût être bientôt assiégée. 
Le gouverneur, qui faisoit l'homme entendu dans le métier de 
la guerre, disoit tout haut qu'il alloit faire brûler la ville et les 
villages à deux lieues à la ronde et qu'il ne recevroit dans son 
château que la seule garnison. Toutes ces menaces là, feintes 
ou véritables, firent que le receveur général résolut de se réfu- 
gier dans quelque ville de Franche-Comté ou de Champagne. 
Le secrétaire du duc Mazarin (lî et son maitre d'hôtel, qui 
étoient à Relfort avec une partie de sa maison, furent aussi de 
cet avis, de sorte qu'ils prirent leurs mesures ensemble pour 
en sortir au plutôt. 

1 Pour nous rassurer contre la peur du siège, le 7 décembre, 
à une heure du matin, nous fûmes réveillés en sursaut par le 
bruit des tambours, des trompetes et le tintamare que faisoient 
des hommes et des chevaux courans par les rues. Nous nous 
levâmes au plus vite, pour savoir la cause de ce vacarme. Des 
gens épouvantés nous dirent d'abord que toute la garnison se 
retiroit de la ville à cause de l'approche des ennemis -, mais 
un moment après on sceut que c'étoit un détachement de cava- 
lerie et d'infanterie qui alloit partir, pour tâcher de surprendre 
un quartier des impériaux à deux lieues de là. Cette réponce 
remit le calme dans nos esprits et renvoya chacun se réchauffer 
dans son lit. 

a Sur les dix heures du matin, on nous vint dire qu'il yavoit 
déjà quelques cavaliers revenus de l'expédition. La curiosité 
d'en savoir des nouvelles nous engagea d aller nous promener 



(1) Il s'appelaii Charles Brieequel. L'Hermine, qui fui ion conipagnaa à 



I aurai» lea nx journée* ac 
.. .u...w.i( de [>ire ro Francbe-Comli. 
EUDi ■ L.aTiere>, uoi» eiioiii u o--<iiD-iire ent^mble 4 aoui prument 

e* qu'il y tat plu* Guri«iu( doM U villa •. Mtmvirtt, eic. p. z^y 



appelBii Charles Hneequel. L tiermine, qui tut lon conipagnaa a 
qu st>i 37 decembie. en parle en leriiiei fuil a*anl>j;aux. « C'èioit, 
ùl homme bien fuit. [toli. ipirituel, qui avoît de l'eluJe et chantait 
Noui ns nom étions pai quiitéi durant lea «x journée* de 
ei pénible route qua nous irenion* de [aire eo Francbe-Comli. 

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hors la ville au devant de ces aventuriers. Nous trouvâmes à la 
porte un officier impérialiste avec quelques cavaliers prison- 
niers quon faisoient attendre à la barrière, où ils mouroient de 
froid, car il geloit à pierres fendre, ot ils n avoicnt point de 
manteau. Nous vîmes ensuite revenir nos gens, qui alloient 
au petit pas par pelotons, ayant tous du papier blanc au cordon 
de leur chapeau, ou k sa place le moucboir tourné autour de la 
forme. Nous interrogeâmes un olllcier et quelques cavaliers, 
qui nous dirent qu'ils vciioient de Muntrcux. qu'ils avoient 
manqui5 leur coup pour être arrives trop tard, et que l'inruntoiie 
nelesavoit pas soutenus, qu'elle dcvoitsejutter dans les maisons 
du vilage et faire un feu continuel, tandis qu'ils auroient attaché 
le pétard à la porte du château . Tout ce qu'ils avoient pu faire, étoit 
d'enlever quelques cavaliers avec leurs chevaux, de ceux qui 
étoient logés dans le vilage. Nos gens vouloicnl qu'il y cul plus 
de 600 hommes dans le château, mais les prisonniers assuroicnt 
qu'il n'y en avoit que trois compagnies de dragons en tout. 
Quoiqu'il en soit, on amena à Itelfort 27 prisonniers et CO petits 
chevaux maigres, et nous perdîmes à cette belle expédition le 
lieutenant-colonel de Catteux, jeune homme fort brave, qui fut 
tué et laissé sur le pont-levis du château avec cent louis qu'il 
avoit dans sa bourse, à ce qu'on dinoit. Il y eut de plus trois de 
nos cavaliers blessés, deux desquels vinrent mourir à Itelfort. 

« Après midi, le receveur général et le M* d'hôtel du duc 
Mazarin, prirent leur résolution de partir dt's le lendemain, cl 
de se réfugier à Langres, et à l'heure même, ils se donnèrent 
tous les mnuvemens nécessaires pour ce loiage. On fut 
demander un passeport à Mons' le gouverneur cl une escorte 
de cavaliers pour une journée seulement. On chercha un 
ctiariot pour mettre toutes les hardes et les balots, et celui de 
l'équipage du duc, qui étoit couvert, servit pour porter sa vais- 
selle d'argent et la tinance du bureau du Hoi, ce qui montoit 
bien ensemble à la valeur de cinquante mil livres. On y trouva 
encore place pour ta femme du receveur et sa mère, ses deux 
petites lilles, dont la plus âgée n'ovail pas neuf ans, et une ser- 
vante. On laissa le soin du magasin à sel du Roi au commis de 
Tanne, qui n'avoit point d'emploi, depuis que les soldats impi^- 
riaux l'avoicnt contraint d'en déloger. 

■ On m'acuscra de faire le gascon, si je dis icy que je sentois 
du chagrin de voir qu'il falloit partir de Beffort. C'est ccpen- 



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dant la vérité que les bouillons de la première jeunesse où 
j'étais, m'inspiroicnt la dangereuse curiosîlé de me trouver 
dans une ville assiégée, s ;'1) 

Les princes allemands confédérés étaient de plus en plus sûrs 
de 1& victoire, et le due de llolslein se targuait d'aller, îx bref 
délai, lever des eontributions sur toute la Champagne. Mais 
ils comptaient sans Turenne qui, venant de quitter l'Alsace 
pour passer sur le versant occidental des Vosges, paraissait 
leur laisser le champ libr;. Où allait-il':' C'était le secret du 
maréchal. Pour tout le monde, il se rendait en Lorraine y 
chercher ses ([Uarliers d'hiver. 

Ce fut alors {[ue coniraeni;a cotte marche fumeuse, en plein 
hiver, qui fit défiler le long des Vosges lorraines l'armée frun- 
(,'aise pour trouver l'endroit le plus facile à rentrer en Alsace et 
tomber brusquement sur l'ennemi. Le rendez-vous général 
était Delfort. Turenne avait fort justement deviné U plan des 
princes coalisés, qui méditaient une invasion au cccur de la 
France. En s'emparunt de Uelfort et en entraînant le prince de 
Montbéliard dans la coalition, lu Franche-Comté leur était 
ouverte. Il fallait les prévenir, et, pur un mouvement habile et 
précipité, les surprendre à l'improvistc. 

Grâce à hi brigade de Le Câteux qui, par ses courses, tenait 
libres les environs de Ik-lfort, la marche des Allemands était 
momentanément suspendue. Cela les irrita et pensant qu'il 
était temps, avant qu'il ne surgisse de nouvelles complications, 
d'envahir la Fninche-Comté, ils formèrent deux corps d'opéra- 
tion. L'un, de 5000 hommes, devait aller s'emparer de Lure, de 
Luxeuil et de Vesoul ; l'autre, de 301)0 hommes, devait, à la 
gauche du Doubs, pénétrer dans la province par Délie, Beau- 
court et Audincourt. Le duc Auguste de Ilolstein les comman- 
dait. Mais il était dt'jà trop tard. Lu nouvelle de la prise de 
Rcmiremont et de l'approche de Turenne, qui était derrière les 
Vosges, arrêta net les deux colonnes expéditionnaires. Elles 
ne franchirent pas les villages d'Aspach {ii. On était alors au 
18 décembre. On ne soupçonnait pas encore que Turenne eût le 

(1) Deux Voyagts tt Sfjt/urs. etc., pp. 917-230. 

(■2) Aspach-lt-Has. «ur la peiite DolUr el la grande route de Lyon à SirM- 
bourg, a aH kilomètres de BelCon. — Lt Puni d'Aspach, hainnu de la 
commune de Bar nhaupMe- Haut. *\\»i sur la Dollar, que la même routa 
iraverie sur ua beau pont à 3S kilom. de BeHorl. Avant U guerre de 1^70, 
ces deux villages taisaient partie de l'arrondi*) ente Dt de Belfon. 



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— 226 — 

dessein de padser en Alsace, mais U éteit devenu impossible 
d'aiTaiblir l'armée des princes à un pareil moment 1 1). 

Pendant ce temps, le maréchal était dans son camp du 
Longuet, près de Remiremont, occupé d'assurer le service des 
subsistances de son armée. 11 y iivait reçu la visite du duc de 
Duras, gouverneur de la Franche-Comté, qui lui avait amené 
la brigade de cavalerie que Le Câteux commandait dans le 
voisinage de Bclfort. 

Le 23 décembre, de grand matin, il leva le camp et se mit en 
marche avec son armée. Le 26, il prit quartier à Champagney 
et à Roncbamp. il envoya de là un petit corps pour occuper la 
ville de Dclle et son château, que les français lirent sauter peu 
de jours après leur arrivée, en même temps que la tour de 
Milandre. Le 27, il partit avec l'avant^gurde et arriva après- 
midi au Valdoie, d'où il écrivit aussitôt à Louvois. Il annonça 
lui-même, avec une gaieté toute militaire, son arrivée à 
l'ennemi, en faisant tirer te canon. 

* Le mystère, dit Ch. Gérard, dans sa superbe relation de la 
Bstattle de Turckheirn (p. 76) (2), avait été son grand intérêt, 
pendant la marche. 11 en avait un tout différent maintenant, la 
publicié retentissante, l'ébruitcment rapide de son entrée en 
Alsace ; car il était impatient de voir les impériaux rassemblés, 
afin de juger de leurs dispositions et de leurs projets, par les 
mouvements qu'ils feraient ». 

Sa lettre à Louvois écrite et expédiée, Turenne fit préparer 
son logis dans la petite maison que l'on montre encore au 
milieu du village du Valdoie (3), et qui devint, pour quelques 

Laguille, dam ion Hiil. Je la pr-vinct d'Alsace, gui, luivant Ch. Gérard. 
( n'est peui-Ctre nulle parc plus inexact el pl>is négligé que d«ni le recil de 
crue campagne i, dit que le dar. de HttistEÏn fil bailre Belfort par 34 cai.oni. 
C'eit une erreur évideole, donl Dcicharriftres s'en fait l'écbo el que plusleur* 
ont répétée apré* lui. 

(1) Cf. Ch. Gërakd, loc. cit. p. 67 et 68. 

chante, de cet ouvrage de Ch. Gérard, l'érudît et agréable auieur de l'Antimni 
Aliar» à tablt. Le récit de « la Bataille de Turcktieim > a d'abord paru dani 
la Rnua 4'Aliact, année iSjt, p. 377. 11 a été réédité, en 1870. a Colmar, 
chez Eugène Banb, libraire (impr. J.-B. Jung], en un joli volume petit in-8' de 
132 page>. C'étuit alorn d'une iBiiiasanle aciualiié, el nous avons oenié devoir 
le mieux faire connaître en le reprodui?<ani dans la CaMtlle Voigitnn» de 
Saint-Dié {n-> du 4 >eptembre 1S70 au 5 février ie;ij. 

(3) Dans le village du Valdoie, à gauche de la route dei Voseei et à 
quelquei métrer plu* loin que legliïe, ie tiouïe une maiion d'humble appa- 
r-nce. parai.-ani rpmonEer. par «in archi.eciure, au jnilieu du XVI- (■«cle. 
Elle était connue, liaua le paj^a, *uu* le aum de t Alaitbn de Tureunc u, et la 



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-227 — 

heures, le quartier-général ; puis il galopa à Belfort pour s y 
renseigner. H ne voulut pas monter au chûteau, chez le gouver- 
neur et, simplement, s'arrêta en ville dans la demeure du lieu- 
tenant de Roi, le chevalier de la Poterie, où il passa le reste de 
la journée et une partie de la soirée. Cela donna lieu à des 
propos malveillants pour le comte d'Aubigno, auxquels L'Her- 
mine fera, un peu plus tard, allusion. Le soir, le maréchal 
regagna ses cantonnements, et coucha au milieu de ses troupes, 
afin de pouvoir le lendemain, à l'aube, prendre ses dispositions 
pour reconnaître l'ennemi. 

Turenne est à Belfort ! Tel fut le bruit qui, comme un coup 
de tonnerri', (tclatu soudain et se répercuta de proche en proche 
dans toute l'Alsace. Les généraux de la coalition prirent peur, 
arrêtèrent leurs mouvements, et sentirent qu'il leur fallait 
accepter la bataille là où il plairait aux Français de la leur 
donner. 

Turenne n'attendit pas que toute son infanterie fut arrivée au 
Valdbie. Le 28 décembre, au point du jour, il détacha le briga- 
dier de Saint-Aoust et Maurevert, en éclaireurs, avec quelques 
escadrons, du côté de l'Alsace, et lui-même marcha, avec 1000 
hommes de la gendarmerie, les brigades de Lucinge, de 
Sourdis et de Câteux, par Bessoncourt (Ij, sur Fontaine [i]. 

On sait comment se termina cette célèbre campagne : d'abord 
à Riedisheim, près de Mulhouse [29 décembre 1674), puis à 
Turckheim i5 Janvier 1675', les Impériaux furent battus à plate 
couture. Ils repassèrent le Rhin en désordre et l'Alsace fut 
délivrée. 



tradition popuJaire n'hésitait pai à affirmer que c'était parce que ce granU 
capitaine y avait logé pendantia nuit du 37 au sS decsmbre 1674, L'»pccl de 
cette vieifle cooilrucdon , le siiile gothique de sei fenêtres ï croisillon* «t à 
accoladea, H>n eicalier exièrietir à balcon de bois, lui donnent, vii-à-vis de cet 
événement, un air de contemporanéité qui corrobore la tradition locale. 

Le groupe belfortain de la Section des Hauiel-Vosgei du C.-A.-P., Compre- 
nant tau; l'intérêt qui l'atlache à cette maison, qui est pour potre territoire un 
véritable < monument historique u, a fait placer, en i88!J| contre la façade 
donnant sur la route, une inscription commémorative du fait qui lui a valu le 
nom qu'elle porte. — V. La Maison <U Turnitn. par Henri Bardï, dans le 
Bull, n- I (iȈi de la Sect. des Hautes Vosges, p. 46, av. planche. 

M, Baumann, ancien professeur de dessin au lycée de Belfort, a fait un 
tableau repiêientant cet épisode . Par un temps de neige, Turenne, suivi d'un 
groupe d'officiers, arrive devant la mai-.on qui va lui servir d'abri, et parle- 
un troupeau d'oies eFfrajée< rappelle d'une manière hjurcuse et symbolique 
le nom du village oit se passe la scfenc. 

(1) Village situé à 6 kilomètres de Belfort. 

(2) CheMieu de canton de l'arrondi Mmenl de Ojifott, :i 13 kilo, de cette ville. 



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Le 8 février 1G75, L'Hermine revint à Belfort, aprës une 
absence de deux mois tout juste, a A notre retour, dit-il, la 
crainte des Impériaux éloit entièrement dissipée. Mons' de 
Turenne. qui parut tout à coup sur lu fm de décembre » Beffort, 
les empôcliu bit-n d'en former le siège ; il se mit à leurs 
trousses, les battit ù Milhouse. « Turlieim et auprès de Stras- 
bourg, et tes obligeu de repasser le liliin sur le pont de cette 
ville là. 

« Tout ce que je trouvoi de pluisiint après notre retour, ce fut 
qu'étant allés, le receveur et moi, saluer le gouverneur de 
Helîort. il se mit à nous faire valoir la conduite qu'il avoit tenue 
durent ces dangereux (ems, nous voulant persuader, comme à 
des gens venant de l'autre monde, que sans lui c'étoit une ville 
perdue pour la France. Nous n'eûmes garde de faire puroitre 
que nous le croyions pas, quoique nous eussions déjà appris par 
des ofliciers de la garnison que l'aproche des ennemis lui avoit 
presque troublé l'esprit, qu'il n'avoit pas osé faire tirer le 
canon sur eux, crainte de les irriter, lors même qu'ils l'insul- 
toient jusqu'à s'approcher en escadron sur le glacis du château, 
et que le chevalier de la Poterie, lieutenant de Uoi de la place, 
vouloit à toute force qu'on lesescarmouchât. Ce gouverneur ne 
croyoit pas que nous savions que le Roi lui avoit envoyé un 
commandant avec pleine autorité en cas do siège ; 1 1. II tâctkoit, 
en se donnant de l'encens à lui-même, d'oublier les incartades 
que les moindres officiers de l'armée de M' de Turenne lui 
avoient fuites en passant, et de se dissimuler le mépris que ce 
grand général marqua pour sa personne, en refusant de loger 
au chùleau, et préférant la simple maison du lieutenant de Roi, 
fort sage et fort expérimenté dans le fait du la guerre. 

1 La plupart des prisonniers impériaux qu'on avoit faits dans 
les dernières batailles avoient été transférés en France et en 
Catalogne. Nous ne touvâmes plus à UeUort que trois officiers 
colonels des ennemis. L'un se nommoit le comte Alieti. 
Florenlin, les deux autres éloient allemans. Ils avoient la 



(ti [I [allai I qu« les lalenl4 militaire) ilu Gojvern-ur de Belfort fuisenl > 

obtenir un grade plui è\tvè. Mai; il ne perdit piii la m.-inie de *c vanler. i 
plu) isr.l, < il parlait loujours de ses vieille» guerrei. comme un homme q 
méritait loui et n qui on faisait le plua g'and lorl du monde de ne l'avoir p 
fait marecbal de Fraitce il y a longlempi >. (V. SAHiT-SixoN, Mémoins; t 
G, Barbj. 1856, I. II, p. 5S). 



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liberté d'aller et de venir snuls par la ville, on lour permettoit 
inômc quclqueroÎR fien sortir; mais pour lors ilsélaii'iit accom- 
IKigni-s truii oflk'ier et de deux soldats armés <le leurs tiious- 
fiuets, la mt-clie allumée ; ils ne portoient jamais d'éjiée dedans 
ni dehors. Voilà tout ce que je puis vous dire de ta ville de 
lîelfort et de ce que j'y ay vu de remarquable. Vers la niy-mars 
167j, je fus prendre possession de lu recepte générale 
d'AlIkirch ». 

Les besoins de son service appelèrent L'IIerniine trois ou 
. quatre fois à HelfoH, où il revit le comte d'Aubigné, notamment 
au mois de septembre suivant. On jugera du peu de sécurité 
qu'offraient alors les grandes voies de communication en 
lisant le récit qu'il fait d'un de ses voyages. 11 raconte qu'ayant 
« chercher de l'argent àBâle pour payer les troupes, il lui fallut 
une escorte de 60 hommes de la garnison de Belfort, commandée 
par un capitaine, le chevalier de Froiiais. ayant sous lui un 
lieutenant, un sous lieutenant, un enseigne et plusieurs sergents. 
B Nous étions six personnes à cheval, car M. de Prouais avoit 
un valet de chambre avec lui, le reste de notre équipage consis- 
toil en une charette vuide destinée à aporter l'argent. Nous 
partîmes de Ueffort en bon ordre, tambour bâtant. Nous arrê- 
tâmes longtemps au bas de la ville, parce qu'il y avoit deux 
cents quaissons de vivres do l'armée qui filoient dans le chemin 
montant le long du fossé sec ». Ce voyage fut très accidenté, 
et ce fut, cette fois, l'escorte elle-même qui mit l'argent en 
danger. A Jettingen, les soldats se mutinèrent, et l'on eut 
toutes les peines du monde à ramener les fonds chez le receveur 
général du département de Belfort, à lu porto duquel on posa 
une sentinelle comme chez un trésorier d'armée (t . 

Le passage de l'armée de Turenne par ta trouée de Belfort 
occasionna à la ville d'assez fortes dépenses, tant pour les char- 
rois, fournitures de voitures et de chevaux que pour des indem- 
nités aux conducteurs et les salaires aux individus qui servirent 
de guides aux troupes jusque près de Miilhouse '2i. 

Les mouvements de troupes continuèrent encore loiigtemps 
dans le pays, se succédant à d'assez courts intervalles et se 
dirigeant tantôt de l'ranche-Comtc en Alsace, tantùt en sens 

(1) Dtux Voyages li Séjours, etc., p. 107. 
(ij J. LiBLIN, BtlfaTt ti wn Urritairt, p, 



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- 230 - 

inverse. La principtmU^ do Monlb('-lJitnl, contre laquelle la 
France nourrissait des desseins hostiles, i-n était à chaque 
instant inondée, surtout du côté d'Héricourt. Le 9 novembre 
1675, une conférence oui lieu à Uelfort entre le prince Louis de 
Condé, le duc de Duras, et un envoyé du prince Georges, 
nommé Barbaud. natif d'Héricourt, qui avait acquis la terre de 
Kloriniont avec faculté de rachat. Condé manifesta l'intention 
de s"emparei' de Montbéliard, alléguant un traité passé par le 
comte-souveniin avec les confédérés allemands. Mais, sur les 
observations que lui lirent le duc de Duras et Barbaud, il 
renonça à ce projet (l-. 

Cela n'empêcha pas Monlbéliard d'être pris le 8 novembre de 
l'année suivante par le miiréchal de Luxembourg Cil. Le 27 du 
même mois, le gouverneur de Belfort, comte d'Aubigné, 
s'empara des arsenaux de Blâmont, d'Héricourt et de Mont- 
béliard. Il y avait plus de 50 pièces de canon dans le dernier. 
Le matériel de guerre dont il se saisit fut évalué à plus de deux 
millions de livres tournois \:i\ 

Celte même année 1676, Use passa à BeKort un événement qui 
produisit une profonde impression et que L'Hermine, dans ses 
Mémoires, rapporte ainsi : - Parmi les Capucins, il y en eut 
un assez fou, que je ne veux pas nommer, pour servir d'espion 
au Roy d'Lïspagne, après qu'il eut perdu la comté de Bourgogne. 
Bel emploi ! pour un homme qui a renoncé au monde et même 
à sa propre volonté, que de s'intriguer dans les intérests d'un 
autre prince que celui que la Providence lui a donné pour 
maître ; et de se mettre au péril de perdre la vie pour toute 
récompense. C'est aussi ce qui lui arriva en I67C, car ses 
lettres ayant été interceptées, il fut convaincu de trahison et 



(I) DuvKBMOY, Ephimiridti, etc., p. ^ag. — TuefcEttr, HittviTt. etc., p. 558. 

(>) Luxembourg commandait l'armée d'Alisce depuis le 24 mai 1676. L.e 36 
août, il avait marché sur Brisach et euit entré dana le Brîtgau. Maia le duc 
de Larraiae ralsembla toute» ses iroupet. dam le deiMsia d'entrer dans ta 
Haule-Aliace. où il avait résolu de prendre det quartieri. Le maréchal de 
Luxembourg, pénélraot les vuei de l'ennemi, repa^ia le Rhin au plug vite, 
envoya le camie de Roye et le marquis de Bouffler* aupièi de Bâle, le 
chevalier du l'ieuii a Belfort, et se poiia lui-m^me a Reguiiheim. a uue lieue 
d'Eotisheim. Cette situation de l'armée Crancaiae fermiiii entièrement au duc 
Je Lorraiiir. non Meulement l'entrée du Suiid^jau, maii encore celle de loule 
l'Alsace. Le du,: de Lorraine fui obligé de prendre ses quanien [l'hiver sur lei 
terre» de l'Empire (commencement do novembre. Le duc de Luxembourg 
répandit les siens en Alsace, après avuir Eoicé le prjj-.ce de Monlbéliard a 
recevoir ganiixoo Eraoçaîse. 

(S, DuvF.RSOV, Efhémîrùitt, etc., p. 453. — Id. p. 560, 



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- 231 — 

Tout l'adoucisacment que srs confrères purent obtenir, fut que 
condamné à être pendu entre la porte de la ville et son couvent, 
pour le respect de leur ordre, on le dépouilla de l'habit de B. 
François, on lui rasa la tonsure cl la barbe de Capucin, avant 
de le conduire au gibet n (1). 

Bientôt s'agita la grande question de Tortifier la ligne du 
Rhin. Belfort, dont la Roche se dresse à ÔO kilomètres du 
lleuve comme une sentinelle avancée, se trouvait au premier 
rang des plaiies-fortes à créer. Déjà, au mois de juin 1675, le 
maréchal de Vauban, au cours d'une tournée d'inspection sur 
cette frontière, était venu jeter un rapide coup d'œil sur ce 
point stratégiqne, et, le 29 juin, avait envoyé de Nancy au 
Ministère un avis sur les ouvrages les plus nécessaires à la 
fortiflcation de Belfort [S'. Il s'était bien vite rendu compte dn 
l'importance qu'il y avait de veiller à la garde de cette dépres- 
sion de terrain qui s'étend depuis les derniers mamelons des 
Vosges jusqu'aux premiers contreforts du Jura, et qui porte le 
nom devenu historique de Trouée de Belfort. On sait qu'il y 
revint au commencement de 1677, pendant une visite des 
places-fortes de l'Est, par une lettre qu'il écrivit à Louvois, au 
sujet de Brisach, et qui est datée de Belfort le 39 Janvier de 
cette année (3). Il y retourna de nouveau à la fin de mai 1679, 
mais, cette fois, avec le marquis de Louvois, ministre de la 
guerre, en personne. 

Le 3 Juin, l'intendant de Forstner, avec d'autres députés de 
la Régence et du Magistrat de Montbcliard, se rendirent à 
Belfort, et le lendemain obtinrent audience de Louvois et de 
V^auban. Le but de cette démarche était d'obtenir la levée du 



(1) JVriH. Jr Voyagti ti Stjoun, elc. p. 315. — O" P*"' s'ïipliquer jusqu'à 
un certain puint ce iragiqus ïucident en songeant que d'aprèi l'article 4 du 
trailè pasii le 15 juia 1619 entre le Père gardieii de Monifon, provincial des 
CBpucini du comiè de Bourgogne et les ofMcieri de la Seigneurerie et lei 
magiurati de la ville de BjIFort, le> neuf religieux du Cuuveni devaient tire 

_..■_._ j_ r_ — ■.__ d'Autriche ou du comte de Bourgogne. '- -'- 

'■ " ■ " ■|a-Cumi 



tuui Comtois. Or. la Priinche -Comté, nouvellement 
' Louis XIV (juillet 1^4), n'avait pu encore com^lèiementdesBimè. 
ids-iai ! — Ntnni, ma fait.... Telle étaii ta devisr de ceux qui 

loujour» cOmnie aon 

dt la 

d'hui Ginéral commandant le génie de 



la ff Région, à Cbl Ions-sur- Marne]. 
(3) Relrsé, etc. 



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- 232 — 

séquestre apposé sur lo domuinc <lu prince Georgt' : mais leur 
demande fut ajourni'-c. 

A CP moment, le comlc d'Aubigiir nt-taîl plus gouverneur de 
Belfoi-t I . Il jivait été remplacé ù la lin de 1677, par Maurice 
de Sjiint-Just. Juc(|ues de Lalouclie, seigneur d'ilauterive 2 , 
ancien colonel de dragons, était major dn château depuis près 
de vingt ans. 

Kn 1078, le gouverneur demanda â la ville de lui iillouer la 
somme de <• six cent quart d'e«c-us » par an pour son bois et 
son charbon. Le Conseil assembla, le 2 Octobre, une partie des 
notables do la commune, tels que Jean Bellot, Claude Joly. 
Aduni Lanière. Henri Vernier le vieux, (.iaspar Lcraibvre, Jean 
Chivey, Pierre-i'rançois Chardoillel, Jacque Fuchs et Claude 
Car. Tous déclarèrent n qu'on navoit jamais esté obligé de 
e fournir aucun bois ny charbon â un gouverneur de ce lieu ny 
u au ebasteau. i[ue par ainsi ils ne voutloient se résoudre à 
« donner deorsenavant aucun bois ny charbon que préalable- 
» ment on aye présenté requcstc ix Mons. l'Intendant \.i} pour 
« maintenir la ville dans ses anciens droits <•. 

Nous voici arrivés au moment où les fonctions de Conseillers 
vont devenir extrêmement diUiciles el pénibles, tiraillés <{u'ils 
seront sans cesse par les prétentions du seigneur et de ses offi- 
ciers au sujet de l'administration de la justice, et ])ar les 
exigences exagéri!es des officiers de la garnison, sans compter 
l'obligation de faire face aux dé|>enscs occasionnées par do 
lourdes charges militaires et dos procès coûteux. 

Au printemps de H)7'J, il y eut quelques mouvements de 
troupes. Los 12 et 13 mars, deux compagnies du régiment de 
Lu Marini} [i' arrivèrent à Belfort pour demeurer en garnison 
au château. Deux autres en sortirent le 21 avril pour aller k 



u 


[l) il éisil ce 

a lillc d'un r 
ville de Har 


ourné o Par 
ommé Picer 
^ ». V. Sain 


, Jieli 


sralt èpoua qu 
médecin, qui a 


[que [empi aprË 
était fait procuteu 
1. p. 57- 


^n .678. 

r du roi de 


3 


■■}, Ce de Ulouche d'Ha 
m se fixer en Alsace. Il y 

ti9 le Sundgau et dépend 


la h 


eu le Dremier 
n. en i63i, par 
rance. ddn< div 
partie du Châ(es 


membre de <a 
bénéfice dit roi. a 
ers biens f^odau 
Il d'Altkirch. 


ariiille qd 
ux Zotlen, 




(3) L'inlendant d'Al'Bce était al 


ars Jacque 


de 1 


1 Graoge. 




(ti Ce régim 
par lie déiraii a 

parniion, il «i 


m, F.>.[)ié e 
la suite d'il 
ivée a Sain 
it composé 


n ,62-) poiir -rr 

iiiiulrage et re 

-Quentin, le sj 

de quatre rcpls 


ïir d 

déce 
ho m 


abord à la mar 
ue en 1635 <^^"* 
ibre 1659, où il 


le. tut en 

allait tenit 
csl au jour- 



,db,Googlc 



Lftndskron. Le 28, quatre compagnies allèrent au château, 
mais, dèa le lendemain une en ressortit pour se rendre à 
Blûmont. Ce régiment a%-ait été fortement éprouvé a la bataille 
de Turckiieim, où il perdit plusieurs officiers, notamment M. de 
Barcgc, son major, Nous retrouverons La Marine à BeUort 
vers la lin du siècle suivunt. 

Ces allées et venues de gens de guerre, qu'il fallait loger 
pondant des périodes de temps plus ou moins longues, étaient 
fréquentes et tenaient la population toujours en alerte. Les 
derniers passages, quoique peu importants par eux-mêmes, 
venaient d'avoir lieu quand étaient arrivés Louvois et Vauban. 
Ils purent entendre les plaintes des bourgeois, écrasés par les 
logements militaires incessants et les nombreuses réquisitions, 
et résolurent d'y porter remède au plutôt, dans la limite du 
possible, en faisant Taire les travaux d'aménagements et 
d'agrandissements les plus urgents, en même temps que ceux 
nécessités par la défense, en attendant mieux. On conçoit aisé- 
ment que cela ne fit pas cesser le mal d'un coup, et que les 
charges pesèrent encore lourdement sur les habitants pendant 
quelque temps, car nous les voyons réclamer de nouveau, en 
1683, disant que « la ville n'étant composée que de 80 maisons, 
il y a toujours une grande garnison, et particulièrement de 
cavalerie ; ces maisons sont fort petites et ont jusqu'à 15 
cavaliers ». 

Les murailles de la ville étaient dans un état assez satis- 
faisant. Dès le 12 Juillet 1672, on avait commencé à réparer la 
partie flanquée par la tour de l'Ecluse, comme étant la plus 
délériorée et la plus exposée aux coups de l'ennemi (1). 

Mais les bâtiments du château étaient on ne peut plus étroits, 
défectueux et malsains. On n'y avait plus touché depuis fort 
longtemps et ils ne pouvaient servir à caserner qu'un nombre 
d'hommes très-restreinl. Vauban indiqua les principales cons- 
tructions et améliorations à réaliser de suite. 

Les travaux commencèrent et furent poussés avec une telle 
activité que deux ans après, en juillet 1681, notre ancienne 
connaissance, de L'Hermine, faisant un nouveau voyage en 
Alsace et passant par Belfort, put y constater de notables 



(I) C'rst pourquoi la premitre cho!e que fit Vauban fol de taire comtru 
rouvraj;e a cornes, dénommé alors dt ta Miutlt et Bclup|lrm''nt de t'Espéran 
Jeté au nord de l'enceinte, et qui ètaità peu prèi achevé ta i6dt. 



,db,Googlc 



changements. Le u nid à ruts », iJont il nous ]\iil:iit naguère, 
était devenu i un bâtiment de briques de 25 à 30 toises de 
langueur, percé de trois rangs de fenêtres en belle simétrie, 
dont les vues sont charmantes, situé comme il est sur le haut 
de ce rocher escarpé ". On pouvait facilement y loger un 
bataillon. On travaillait aussi à un ouvrage à cornes, au nord 
de la ville et sur le liane de la montée des Chèvres, afin de 
protéger la place de ce côté. L'Hermine lui trouvait déjà un 
assez bon aspect, mais il faisait cette réflexion » qu'à moins 
que l'on ait applani le haut de cette même montagne qui 
s'appelle la Miote, il sera difficile d'en faire une bonne place de 
guerre, parce qu'elle en sera toujours commandée. J'en parle 
comme oculaire témoin, j'ai monté dix fois au haut de celte 
éminence, où le château même de BefTort, qui est si élevé, me 
paroiasoit comme dans une vallée ; aussi découvrois-je de là 
les montagnes de la Forét-Noire et de la Suisse » (!]. 

Dans ce voyage en Alsace, L'Hermine ne fit que traverser 
Belfort: c'est à peine s'il y resta quelques heures. Aussi le 
temps lui manqua-t-il pour pouvoir ajouter à son récit anté- 
rieur. Seules, son entrée en ville et les difTicultés qu'il éprouva 
pour changer ses rixdales en monnaie française, lui parurent 
susceptibles d'être contées : <s Arrivant à Beffort, les bourgeois 
qui gardoient la porte ne voulurent pas me laisser entrer dans 
la ville, à cause que la garnison en étoit dehors, qui faisoit 
l'exercice auprès des Capucins. J'eus beau me renommer des 
premiers officiers, appeler même des bourgeois que je connois- 
Boia, et que je voyais sur le pont en dedans la barrière ; ils firent 
tous la sourde oreille, sans faire semblant de m'entendre. Je 
savois bien qu'en pareil cas, on doit refuser la porte aux 
inconnus, mais je ne croyois pas qu'on dût me prendre pour tel 
dans une si petite ville, où j'avais demeuré près de trois mois, 
Cette cérémonie ra'irapatientant, je crus que pour abréger je 
n'avois qu'à aller prier M, le gouverneur, qui étoit au bataillon, 
de me permettre d'entrer dans la ville. Je fus donc dans la 
plaine des Capucins, je mis pied à terre par respect à trente 



(1) A propos de la Pierrt dr la Stiolir, voici ce q^ue dit L'Hermine : • Il y 
a lur le somnlel de la Mlolte un pilier quarrè de pierre d'environ :5 plpdi d« 
hauteur sur 4 de laigeur. qui sert de bornes a Koii diocèses, aavoir. & l'arcbe- 
vtché de BeisDçon, d'où relève Belfolt, i l'éviché de :;trasbaurg el à celui de 
Balle, a II ; a erreur «n ce qui concerne le diocèse de blraibourf;, qui en eit 
bien loin. 



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-- 235 -^ 

pRs de lui, et laissant mon cheval en garde à un paisan, j'allay 
lui demander la permission dont j'avois besoin ; mais quoique 
je Tusse très bien connu de ce gouverneur, il me répondit, d'un 
ton de mauvais plaisant, que j'eusse la bonté d'atendre que la 
garnison fut rentrée. Je n'insistay pas lur cette belle réponce, 
je le quittay tout indigné, je remontai à cheval pour aller 
attendre à la barrière du corps de garde. Peu de tems après, 
les troupes battirent la marche, et le gouverneur, qui venoii à 
leur tête, fit signe de loin avec sa canne qu'on me laissât entrer 
dans la ville. 

a Je fus descendre chez le nouveau receveur, qui me fit assez 
bon acceuil ; nous dînâmes ensemble, mais il ne voulut point 
me donner d'argent de France, quoique l'ancien lui en eût laissé 
une partie pour changer contre ma monoye d'Empire ; c'est ce 
que je connoissais par une lettre qu'il m'avoit écrite en partant 
de Beffort. Cette même lettre m'adressoit encore au prévôt de 
la ville pour la môme fin, c'est-à-dire pour me changer mes 
Reichsdalles. J'en essuyay un pareil refus, je n'en pus tirer que 
de mauvais compliments et des bons souhaits pour mon voiage, 
qui ne coûtent rien. Cela fait bien connoitre qu'il n'est point 
d'amis si fort que l'intérest. Je fus donc obligé de porter mon 
argent à Montbéliard, où Kœnig le banquier me Ri perdre 12 
pour cent de change n (Ij. 

Le roi aussi voulut voir de ses yeux cette trouée des Vosges 
dont on parlait tant alors et qui, par la fortification de Belfort, 
allait devenir, de ce côté là, le boulevard du royaume. Il y 
vint en juin 1683, accompagné de la reine Marie - Thérèse 
d'Autriche et du dauphin de France. Le marquis de Louvois 
les avait précédés de quelques jours. Ce voyage se fit sans le 
moindre apparat, presqu' incognito. La famille royale arriva à 
Uelfort le 12 juin et logea, dit une tradition locale, dans une 
hôtellerie située rue Sur-l'Eau et portant l'enseigne aux Trois 
Rois. La reine et son fils acceptèrent d'être marraine et parrain 
d'un enfant du gouverneur M. de Saint-Just, qui, né le 20 mai 
précédent, avait été baptisé, ou plutôt ondoyé le même jour, la 
cérémonie rituelle ayant été ajournée. Elle ne put avoir lieu 
pendant le trop court séjour du roi à Belfort. La reine et son 
Sis, sans tenir personnellement leur filleule Marie-Thérèse sur 

11; Mimaim, «ce, p. 313 cl 13. 



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les fonts baptismaux, n'en furent pas moins ses répondants, et 
ils figurent comme tels dans un des registres de l'ancienne 
église collégiale où l'acte de baptême se trouve à la date du 23 
juillet (1). La petite Marie-Thérèse de Saint-Just n'eut pas le 
bonheur de conserver sa royale marraine. Le 30 de ce même 
mois, la reine de Frauce mourait presque subitement à l'âge de 
45 ans. Les fatigues de ce dernier voyage ne furent certaine- 
ment pas étrangères au « coup imprévu n dont parla Bossuet 
dans l'Oraison funèbre de cette princesse (2). 

A la suite des doléances que ilrent les bourgeois cette année- 
là, et que nous avons mentionnés plus haut, Louvois donna, en 
1684, la permission de bâtir entre les deux murailles, du côté 
de la Savoureuse, et au delà de la porte de l'Horloge, jusqu'à 
une distance de 60 toises. 

François Huet, seigneur de Dampierre, écuyer, était alors 
commissaire ou lieutenant du Roi. On le trouve pourvu de cet 
emploi dès le commencement de janvier 1681, Nous le voyons 
encore le 36 juin 1685 assister au mariage de son beau-frère 
Claude Chapperon, écuyer, seigneur de Pernanville, capitaine 
des grenadiers au régiment de Soissons, avec Mademoiselle 
Jeanne de Laistre (3). 

(1) Cet acte se trouve dans le Rtgiitrium baplisahrum ab anna i6ji ad l6ço 
ad usum tcclesia calltgiala Btlfarlttitis dépose dann \es bureaux de la mairie 
de Belfon. 11 e» ainii conçu : 

Mariat-Theresîa de Sl-Jus fiUa ntbUiiimi viri Maurilîi de Sl-Jus. in regiit 
ixrrciliiui firafecli. guitriiaiorii ciuilatU et caslri Belfarliniii. et Dominae 
Catatat de Flauigny .conjugun. nalae et haptîsatae die vigesimà Uaii an-mil- 
sex-ottuag terl, larrae baplismi ceremaniae cetlatae suni in ecUia cMeg. et par. 
RitfoTlevsi dit vigitimit terlia julii an-supradieti. cujut aitceftoTa furruHt 
serenissimua princeps Ludouicus Gatliae delphinus filius Ludouiri dtcimt quarii 
régis christianit^imi. et MaTia-Theresia d'Autriche Ludauici XIIII sponsa et 
Gatliae regina. 

fi) Boiïuet et Fléchier, dans leurs Oraisons funèbres, (ont allusinn aui 
(al iguea endurées par la r'rinc pendant ]e< fréquents voyage* auiqueh l'altrei- 
gnaïc la rot. Dans <es Souvenirs, M'»" de Caylu< dit < qu'elle mourut en peu 
de jours, d'une maladie qu'on ne crut pas considérable, et d'une largnée faite 

(3) Ce Claude Chapperon et sa sœur Geneviève, épouie de Huet de Dam- 
pierre, était né d'André Chapperon, écuyer, vétéran des gardes du roi. et 
d'Eti'abelh l'oligny. Jeanne de Uistre était fillle de Claude de L.ai<:lre. 
conseiller du roi, et iJe Catherine Flamand. Le mariage eut lieu en l'éfllise 
paroissiale de Saint -Christophe (Brasse), en présence de Joachim de Ja Chê- 
tardyc, brigadier des armées du toi, inspecteur -gène rai de l'inFanterie et 
commandant pour le service du roi à Bri^ach, et du chevalier Philippe da 
Géraudière, capitaine de cavalerie et commandeur des ordres de Notre-Dame 
ilu Mont-Cs.mel et de St-Laiare de Jérusalem. — La Famille Chapperon portait 
de gueules i un chevrtti abaissé d'argent surmonli d'une faste haussée d'ar. 



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— 237 — 

Eu 1GS6, le chevalier Dominique de Saint-Martin étuil major 
de place, et Jacques de Latouche, major au château. 

Le régiment d'infanterie de Villars et celui de cavalerie de 
Saint-Aignan tenaient garnison à Belfort(l). Ils furent rem- 
placés l'année suivante (1687) par ceux d'Angoitmois et de 
Royal-Comtois. 

Le gouvernement de la ville et du château était, à ce moment, 
entre les mains de M. de Mantefrans, qui avait succédé à Nf. de 
Saint-Just. 



(1) Il y avait niera dans le rt^ment de cavHlïrie de St-Ai^nan un marécha'- 
dei-logi'i nommé Jacquin de Belirgardr. Euit-il de ceUe famille du mtme ncm 
que noui verroai à Belfun à l'ipiHjue de la Révululion ? 



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ÊHXPiTBE TREIZIÈME 

Le duc de la Meilleraye (suilc). 

1681—1713 



S I- 

En 16814, un ancien prévôt de la Collégiale de S'-Denis, 
nommé Jean-Joseph Emoinin, avait fait construire, près de la 
Croix de mission dont nous avons parlé précédemment (Chap. 
XII., % 111.), une chapelle dédiée à la Vierge, sous le titre de 
Notre-Dame-de-Lorette. II s'agissait maintenant de lui donner 
un chapelain. 

Le 17 Janvier 1684, l'abbé Emoinin, accompagné de David 
Giboutet, Henri Vernier, Jean Keller, Thomas Delaporte, Pierre 
Plerron et Nicolas Viron, membres du magistrat, et de divers 
bourgeois du commun, se présenta devant le tabellion du 
comté, Adam Cuenin. 11 venait • lui faire recevoir et rédiger 
l'acte de fondation du revenu qu'il entendait afTecter à l'entre- 
tien du chapelain. Il dota cette fondation de la somme de 1000 
livres tournois, dont la rente à cinq pour cent devait être 
annuellement et perpétuellement perçue par le chapelain, k la 
condition qu'il dirait dans la chapelle, tous les samedis, une 
messe pour le soulagement et la délivrance des âmes du purga- 
toire. L'acte désigne les créances qu'il livre à la chapelle pour 
constituer la somme de 1000 livres tournois et qui, en effet, la 
constituent et la dépassent même d'un dixième (1). Messire J.-J. 
Emoinin prend, en outre, à sa charge, la fourniture des orne- 
ments et meubles nécessaires k la célébration des messes 



,., . ,. . Liblin. 

ir chacun : René R 



par chacun : René Renouz et coniorti. de Trttudani, 666 t. 13 t. 4 d.. Joseph 
Clerc, meunier à Bellort, 137 1,, Jean Keller, malire-lMUTzeais de Belfort, 350 
liïrei (Ut Eglàn dt Bilfart, p. (S7). 

D,9,t,z.dbyGOOgle 



— 239 — 

pendant sa vie. En retour de cette fondation messieurs dii 
Magistrat concèdent à perpétuité le terrain sur lequel la 
chapelle u été construite. En considération de quoi, Emoinin 
cède à perpétuité au Magistrat son droit de collature, de patro- 
nage et de présentation du chapelain. Mais il se réserve le 
droit de la desservir sa vie durant. Il stipule, en outre, qu'à son 
décès, son neveu, Joseph Bostant, lui succédera et qu'après le 
décès de celui-ci un prêtre de la lignée des Keller sera investi 
par le magistrat, et qu'à défaut d'un sujet de cette lignée, le 
magistrat préférera ii tout autre un prêtre issu de l'une des plus 
anciennes familles bourgeoises de Belfort ; moyennant quoi, le 
magistrat demeurera chargé de l'entretien de la chapelle, des 
ornements, du mobilier et même de la maison et du jardin du 
chapelain. Les troncs destinés à recevoir les offrandes appar> 
tiennent au magistrat, et dans le cas où, par suite d'accidents, 
guerres, incendie, etc., la chapelle serait ruinée, le service sera 
interrompu jusqu'à ce que les offrandes auront sufll pour la 
réparer. Chaque tronc aura deux clefs, l'une tenue par le 
chapelain, l'autre par le magistrat ; que si la chapelle, tombée 
en ruine, il ne devait plus être permis de la relever, l'intention 
et la volonté du fondateur est que le revenu serve à faire 
dire une messe, chaque semaine, au maître-autel de Brasse, 
en l'honneur de la Vierge et pour la délivrance des âmes 
du purgatoire. Les revenus éventuels qui adviendront à 
la chapelle seront employés à l'entretien d'un deuxième chape- 
lain, que le magistrat choisira parmi les prêtres nés à Belfort. 
Dans les cas où elle serait ruinée, les revenus seront transférés 
à la fabrique de Saint-Christophe de Brasse, où les messes 
seront célébrées (!}. 

La fondation fut approuvée et confirmée, le 31 Décembre I G84, 
par Pierre de Grammont, archevêque de Besançon. 

A peine livrée au culte, la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette 
fut très- fréquentée, et les deux troncs qu'on y avait placés 
reçurent de nombreuses offrandes. Les chanoines de Saint- 
Denis en prirent ombrage ; ils ne voulurent pas différer le 
moment de soulever des difficultés et de tâcher de s'approprier, 
en dépit de la fondation, l'argent déposé par les paroissiens là 
où il était, selon eux, indûment donné. Us s'empressèrent donc 



(1) J. LiBtw, Itf Eglûes d» Bdfart, p. 67 et 6 



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— 240 — 
de saisir le tribunal eccléaiaetique de l'archevêché d'une 
requête par laquelle ils revendiquaient le produit des troncs et 
de toutes autres oblations au proCt du prévôt du Chapitre 
comme curé primitif. 

Le 19 Février 1686, le magistrat de Belfort fut touché de la 
requête du chapitre, par exploit de l'huissier Colin, et constitua 
le procureur Bûson pour le représenter devant le tribunal. Le 
9 mars suivant, l'archevêque, siégeant en son paliiis épiscopal 
à Besançon, statua : « que sur chacun des troncs établis dans 
a ta chapelle serait placée par le magistrat une inscription 
a portant : Tronc pour la fabrique, entretien et décoration de 
t cette chapelle ; que chacun de ces troncs serait muni de deux 
« clefs, dont l'une restera entre les mains du chapelain et 
u l'autre entre celles d'un commis du magistrat; que tout ce 
B qui serait relevé, de temps à autre, desdits troncs serait 
• inscrit sur un livre signé chaque fois des deux clavistes et du 
' magistrat; que le tout serait employé à l'entretien de la 
« chapelle et de ses dépendances, aux ornements nécessaires, à 
« la décoration et à la participation du chapelain, et qu'à la fin 
u de chaque année, ils rendraient compte de l'emploi desdits 
■ deniers. 

« Relativement aux autres offrandes et oblations, tant en 
« argent qu'en autres choses de toute nature, elles appartien- 
« dront au chapitre, représente par son prévôt, comme curé 
« primitif, à la réserve toutefois des tableaux, ornements d'autel 
et cierges qui seraient otTerts pour servir de luminaire ; 
u déboute les parties du surplus de leurs prétentions et com- 
pense les dépens, n 

Une quittancée du 10 mars atteste que le magistrat paya, pour 
sa part des dépens, la somme de 2i livres tournois. 

La chapellsnie était vacante en 1694. Le 22 mars de celte 
année, Jean-Pierre Keller, curé de Montreux-Jeune, fit signifier 
aux magistrats qu'ils aient à l'instituer comme chapelain de 
Notre-Dame-de-Lorrette, conformément aux stipulations du 
fondateur, attendu qu'il était prêtre de la lignée des Keller. 
Jean-Nicolas Chardoillet, l'un des membres du Conseil, répondit 
à l'huissier que ce corps n'étant pas assemblé au moment de la 
signification, il ne pourrait être donné satisfaction au requérant 
que dans deux ou trois jours. 
Cette famille Keller, désignée par le fondateur pour être la 



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~ 2-ii — 

pépinière des chapelains de \.-D.-de>Lorrett6, était une deS 
plus vieilles, des plus estimées et des plus nombreuses du pajs. 
Son principal représentant, à cette époque, était Jean Keller, 
dont nous venons de voir le nom parmi ceux des magistrats 
témoins du dépôt de l'acte de fondation au tabellionage. 
Magistrat très éclairé, excellent administrateur, il était la 
probité mCme. Sa réputation d'honorabilité et de sagesse lui 
attirait les respects de tous, et son opinion faisait sentence. 
Aussi, au Conseil des Neuf Bourgeois, la plupart de ses collègues 
se rangeaient-ils à son avis, sans môme l'avoir entendu ; de là 
ce proverbe belforlain : « Je suis de l'avis de Jean Keller ■ (1). 

Nous connaissons l'humeur tracassière du Chapitre ; à 
diverses reprises, dans le cours de cette histoire (2), nous 
l'avons vu exercer son esprit de chicane vis-à-vis de la bour- 
geoisie et de ses représentants, leur suscitant, par d'injustes et 
incessantes revendications, des embarras et des différends qu'il 
fallait résoudre par les moyens aussi longs que coûteux de la 
procédure. Presqu'au même moment où il cherchait à s'appro- 
prier l'argent déposé par les fidèles dans les troncs de la 
chapelle qui venait d'être érigée par un de ses anciens prévôts, 
il entamait un nouveau procès contre le Conseil des Neuf, au 
sujet de la desserte et du casuel de l'église de Brasse. 

Dans SCS recherches historiques sur les Eglises de Belforl, 
J. Liblin donne, à ce sujet, des détails circonstanciés. « En 
vertu, dit-il, du droit seigneurial et canonique, le prévôt de la 
collégiale de St.-Denis était bien investi du titre de curé 
primitif delà paroisse ; mais, par contre, le magistrat, c'est-à- 
dire l'autorité laïque, conservait en main l'administration du 
temporel de la paroisse et la défendait, avec un soin jaloux ou 
prévoyant, dans toutes les circonstances où elle était menacée 
d'empiétement par l'autorité ecclésiastique. C'était déjà la 
société civile en lutte avec la société religieuse. A cet égard, le 
Magistrat déploya, dans toutes les occasions, une grande 
fermeté et c'est grâce à cette attitude, conforme d'ailleurs au 
sentiment populaire, que l'église de Bresse conserva jusqu'à la 



(t) DcscHARRikKEB, Essat sut l'hUt. lHUrairt tU Btl/orI, pp. SS et 153 (note 
icii. — Jean Keller mourut pn 1695 et fui inhuDii dam la pelile Dt( de l'église 
Dolitginlt, devant l'autel du Rosaire. 

i finj ; chap. Vi, ) ni (pattim) ; chap. vu, | iv (â la 



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— 242 — 

Tl^volution son titre et ses prérogatives d'église paroissiale eit 
face de l'église de St.-Ucnis et de ses prébendes composant le 
Chapitre. • 

Malheureusement, les paroissiens, dans la personne de leurs 
magistrats, n'obtenaient pas toujours gain de cause. L'arche- 
vêque de Besançon, devant le tribunal duquel se portaient ces 
sortes d'affaires, était souvent fort embarrassé. Comme il ne 
pouvait donner entièrement tort, dans beaucoup de cas, s des 
membres de son clergé aussi haut placés, il recourait à un 
expédient, encore usité entre plaideurs: il coupait le jeu en 
deux, octroyant la plus large part à ses confrères. Il est vrai 
que parfois — mais bien rarement, — les juges ecclésiastiques, 
mieux renseignés sur les insatiables exigences des chanoines, 
se firent un devoir de rejeter leurs prétentions. 

C'est ce qui arriva en 1665. Le Chapitre s'était plaint que la 
desserte de Brasse était pénible et le casuci peu an rapport avec 
tes soins qu'exigeaient une paroisse aussi étendue. 11 demandait 
à l'archevêque de bien vouloir modifier te tarif des droits 
curiaux de manière à trouver désormais une rémunération plus 
satisfaisante pour les actes de leur minislière. 

Le 37 Octobre, l'autorité diocésaine communiqua au Magis- 
trat, administrateur de la fabrique, la requête du Chapitre et 
l'invita à y répondre par écrit. 

Le Magistrat répondit que les paroissiens de Brasse espéraient 
qu'aucune modification ne serait apportée au règlement exis- 
tant, par la raison que la cure était dotée d'une bonne partie 
des dîmes de Belfort, du Val d oi e, OfTe mont et Cravanche, com- 
posant la paroisse de St. -Christophe. Le Magistrat ajouta que 
la desserte a toujours été l'annexe d'une prébende ; que quand 
les chanoines vont administrer dans les villages, « ils se font 
bien payer de leurs voyages extraordinaires ». Quant à la célé- 
bration de la messe à Brasse les dimanches et jours de fête, le 
Chapitre alléguait « une contre-vérité », car la messe n'y 
était pas célébrée dix fois par an. Lee paroissiens espéraient 
que l'archevêque y obligerait de rechef les chanoines comme 
c'était leur devoir de toute ancienneté. 

A l'égard des messes et enterrements, les paroissiens suppli- 
aient l'archevêque de faire un règlement fixe, car les chanoines 
exigent jusqu'à 15 et 16 livres, non compris le droit curial et 
celui du marguillier, pour ce qu'ils faisaient autrefois à raison 



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— 243 — 

de 4 livres. Quant aux Messes, ils se les font payer 16 sous 
8 deniers, ■ chose exhorbitante >, dit le Magistrat. Celui-ci, à 
l'appui de son dire, produit deux pièces attestant que J. Dovin a 
payé 13 livres 6 sous 8 deniers pour l'enterrement de sa femme, 
et que Cessai a dû consigner à l'avance 24 livres pour les 
obsèques de la sienne. 

Le Chapitre n'obtint pas satisfaction. Il persista dans ses 
réclamations et, l'année suivante, revint plus vigoureusement à 
la charge. Le 16 février 1686, il lit assigner le Magistrat ■ à 
B comparoir devant l'iliust" et révérend"* archevêque de 
x Besançon, en la salle de son palais, pour procéder sur le 
■ contenu de la requête afm d'entendre régler les droits curiaux 
<■ et condamner les paroissiens à les reconnaître par procureur 
1 légitimement constitue ■. 

La requête porte : que le casuel de S t. -Christophe est fort 
modique ; que la desserte est estrémement pénible ; qu'elle se 
compose de la ville de Belfort, des villages de Cravanche, 
Valdoie et OfTemont, distants d'une heure de. chemin, sans 
compter, les forges, fourneaux et les coupeurs dans les bois, 
auxquels on est obligé d'administrer les sacrements ; que l'église 
de Brasse, oii l'on enterre ordinairement, est éloigné d'un quart 
de lieue de la ville ; que jusqu'à présent les paroissiens ont 
payé pour l'ordinaire seulement: 6 sous 8 deniers tournois 
pour l'ontenement des enfants, 4 sous 6 deniers pour la béné- 
diction aux femmes relevées, 3 livres pour les mariages, 3 
livres pour les lettres de rezedo, 30 sous pour la bénédiction 
des maisons neuves, 13 livres 6sous 8 deniers pour les enterre- 
ments des chefs de maison les plus riches et ce, tant pour droit 
curinl que pour six messes, dont trois dites à haute voix ; et 
enfin que les paroissiens ne vont pas à l'offrande aux jours 
solennels de l'année, ce qui déroge aux curiaux. En consé- 
quence, le Chapitre demande un règlement qui améliore ces 
conditions et condamne les paroissiens, en la personne des 
fabriciens, à les faire respecter. 

Qui l'emporta dans cette circonstance ? Aucune pièce de nos 
archives municipales n'indique qu'il y ait eu des modifications 
apportées au tarif ; mais on y trouve deux quittances des frais 
payés à Besançon, pour le compte de la fabrique de Brasse, par 
Thomas Delaporte, délégué pour la représenter devant le 



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tribunal ecclésiustiquL'. Ceci serait un indice que le Chapitre 
eut gain de cause. 



SU. 

Après la conquête, il n'y avait eu d'abord d'autre change- 
ment, dans l'administration de la justice, que la substitution du 
Conseil provincial d'Alsace à la Régence d'Ensisheim. 11 con- 
tinua à connailre, par appel, les décisions des juges du comté 
de Belfort. 

Cependant le Conseil provincial ayant improuvé, par ordon- 
nance du C septembre 1675, des degrés de juriction trop multi- 
pliés, il intervint, sur l'opposition du duc de Mazario, un arrêt 
du 27 janvier 1678 qui rendit toutes les justices seigneuriales 
du comté de Belfort ressortissantes du Conseil de la province. 
Alors disparurent les justices des mairies, absorbées par le 
baillage seigneurial composé d'environ cinquante villages. 

Les magistrats de Belfort, se Jugeant, avec raison, atteints 
dans leurs privilèges séculaires, protestèrent. Ils s'adressèrent 
directement au duc de Mazarin par une lettre du 26 octobre 
1680. Mais leur requête était conçue dans des termes trop sou- 
mis, trop humbles. Ils pensaient s'attirer ainsi les bonnes 
grâces de leur seigneur; ce fut le contraire qui arriva. Leur 
réclamation fut considérée par lui comme un acte de complète 
subordination : puisque ces magistrats « espéraient de la bonté 
de son Excellence qu'elle les maintiendrait et les continuerait 
dans l'exercice de leur justice dans laquelle un prévàt y préside 
de sa part », c'est qu'ils avouaient ne tenir le droit d'exercer 
cette justice que de la bienveillance du seigneur et qu'ils ne 
considéraient pas la concession de 1307 comme un titre qui leur 
donnât une justice patrimoniale. Telle fut l'interprétation que 
le Muzarin fit, avec sa mauvaise foi accoutumée, de la lettre 
respectueuse des magistrats belfortains, qui furent forcés d'em- 
ployer les voies judiciaires pour porter leurs doléances au Con- 
seil d'Alsace devenu Conseil souverain. 

C'était là tout ce que demandait le duc, dont l'amour pour les 
procès n'avait pas de bornes. Cet homme, qui avait tant de 
provinces à gouverner, tant de biens à régir, n'avait pas sans 
doute assez à faire, car il était heureux qu'on lui fit des procès ; 
il en eut jusqu'à trois cents, dit l'abbé de Chuisy dans ses 



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Mémoires, et il les a presque tous perdus. ■ Je suis bien aise, 
disnit-il, qu'on me fasse des procès sur tous les biens que j'ai eus 
de M. le Cardinal. Je les crois tous mal acquis, et, du moins, 
quand j'ai un arrêt en ma faveur, c'est un titre, et ma conscience 
est en repos ■ (tj. C'est pourquoi il plaidait avec une véritable 
frt^'nésic devant tous les parlements du royaume si bien que les 
millions d'ITortense Mancini finirent par entrer dans la poche 
des gens de loi. Malheureusement, tous ces démêlés, toutes ces 
batailles à coups de factums et de dossiers engloutissaient aussi 
d'autre argent, qui aurait trouvé un emploi plus profitable. A 
Belfort, l'ère des procès irritants, coûteux et interminables était 

En 1681, les magistrats levèrent commission • pour faire 
défendre aux oflicicrs du baillage de connaître des différends 
entre les justiciables de Belfort « mais ils ne purent obtenir 
aucune décision au Conseil souverain d'Alsace. Une leur restait 
doue que la ressource de porter leurs réclamations au pied du 
trûno. (Soutenus parl'lntendant de la province, M. de la Grange, 
ils suivirent cette voie et dénoncèrent dans leur requête au 
roi, les faits qui s'étaient passés et le trouble qu'ils viennent 
d'éprouver dans l'exercice de la juridiction que la ville avait 
ncquise et maintenue si longtemps. Mais, dans la crainte d'un 
échec, ils crurent qu'il était de leur intérêt de faire intervenir, 
dans leur requiHe, la personne du prévôt seigneurial. C'était 
une insigne maladresse, que leurs successeurs eurent à déplorer 
plus tard. 

Un arrêt du Conseil d'Etat, du 31 février 1684, ordonna que 
les différends qui surviendraient entre les habitants de la ville 
de Belfort, banlieue et dépendances seraient jugés et terminés 
dorénavant en première instance, tant au civil qu'au criminel, 
par les prévôt, magistrats et conseillers de la ville, et qu'ils y 
exerceraient la justice conjointement en la manière accou- 
tumée, sauf l'appel au Conseil supérieur d'Alsace ; Sa Majesté 
faisant défense au duc de Mazarin de les troubler dans l'exer- 
cice de leur justice et juridiction à peine de nullité, de 300 
livres d'amende et de tous dépens, dommages et intérêts. 

Cet arrêt, ayant une très-grande importance dans l'histoire 
judiciaire de notre ville, nous pensons devoir le reproduire 
in-oxienxo : 



li) Cf. AuÊDÉe RsNti, L*s niiett dt Mataria [^ Mil.), p. 335 et 373. 



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- 246 - 

« Sur la requête préacntëe au Roi, étant en son Conseil, par 
' les Prévôt et Magistrat de lu ville de Belfort : Contenant, bien 
ï que de tout tems ils ayent eu droit d'exercer la Justice et la 
• Police dans leur ville, ainsi qu'il se pratique dans toutes les 

I autres de la Province, sauf l'appel au Conseil supérieur 
i d'Alsace ; néanmoins ils ont été troublés dans ces fonctions 
a depuis quelques temps par le Sr. Duc de Mazuriny, lequel les 
a a obligé de se pourvoir sur leurs différens pardevant les Ofli- 

II ciers du Baillage et Seigneurie de ladite ville de Belfort. 
I quoiqu'ils ne soient pas Juges compélens des Habitans 
■' d'icelie ; ce qui cause de forts grands frais aux Parties, dont 
i ils ont toujours été exempts, lorsqu'ils se sont pourvus par 
i devant les dits Sieurs du Magistrat, qui rendent lu Justice 
■f sans frais, à raison de quoi ils se sont pourvus audit Conseil 
t Supérieur, oti ils ont traduits ledit S' Duc de Mazuriny, pour 
I être réglé sur leurs dilTércns ; mais comme depuis quatre 
( années que le Procès y est pendant, il est demeuré indécis, 
> ceux-ci n'en ont pus pu avoir ruison, ni obliger ledit Conseil de 
K leur faire justice ; a ces causes ils auroicnt très-humblement 
I fuit supplier Sa Majesté, en confirmant leurs privilèges, de 
1 les vouloir maintenir dans l'exercice de la Justice de Belfort, 
t et défendre audit S"" Duc de Ma?:ariny de les y troubler, en 
i quelque manière que se puisse Olre ; ayant égard, vu ladite 
1 Requête et pièces attachées à iccUe, et tout considéré : Sa 

< Majesté étant en son Conseil, a ordonné et ordonne, que tes 
I différens qui surviendront entre les Habitans de ladite ville 
i de Belfort, banlieue et dépendances d'icelie, seront jugés et 
t terminés dorénavant en première Instance, tant pour le Civil 
I que pour le Criminel, par les Prévôt, Magistrats et Conseil de 
I ladite Ville, et qu'ils y exerceront la Police conjointement en 
1 la manière accoutumée, sauf l'appel au Conseil supérieur 
I d'Alsace : faisant Sa Majesté défenses audit S' Duc de Muza- 
i riny, et aux Officiers du Baillagc et Seigneurie dudit Belfort, 
■ de les troubler dans l'exercice de leur Justice et Juridiction, 

< à peine de nullité, de 300 livres d'amende, do tous les dépens, 
i dommages-intérêts. 

(I Fait au Conseil d'État du Roi, Su Majesté y étant, tenu à 
i Versailles le 21 Février 1684. 

Le Tellteb, « 
Le fait d'avoir associé à leur juste réclumation le prévôt, 



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- m — 

l'homme du Seigneur par excellence, fut de la part des Magis- 
trats une trËs-grande faute. Si, plus résolus et plus confiants 
dans leur bon droit, ila avaient osé aborder franchement la 
question ; si, moins timides et moins éblouis par le prestige du 
pouvoir seigneurial, ils avaient eu, dans cette circonstance, la 
légitime fierté qu'eurent souvent leurs ancêtres et que leurs 
successeurs montrèrent dans la suite, ils n'auraient pas eu 
l'idée de mettre le prévôt en nom dans leur requête au roi, et 
l'arrêt du Conseil ne le mentionnerait pas en lui accordant la 
concurrence à l'administration de la justi:^e. 

Le pr(;vôt était à cette époque Mcichior Noblat, docteur en 
médecine. Un autre membre de cette famille, qui commençait 
à devenir marquante dans le pays, Jean-Pierre Noblat était 
secrétaire-greffier de la ville en même temps que prévôt de 
l'hôpital Sainte-Darbe, c'est-à-dire président de la commission 
administrative de cet établissement. 

Ces soucis de procédure ne devaient pas détourner les 
membres du Conseil des soins qu'ils avaient à donner à l'admi- 
nistration communale. Ces soins devenaient, en effet, plus 
incessants depuis qu'en haut lieu on projetait de faire de Uelfort 
une place forte de premier ordre. 

11 fallut, avant les grands travaux, améliorer le système de 
distribution des eaux d'alimentation, qui avait toujours laissé 
grandement à désirer. On supprima la V'iei/(e-FonIiii)ie de la 
place de la Halle, et, daprés une délibération du 'il septembre 
1689, lion conduisit le peu d'eau qu'elle versait renforcer le 
débit de la Pelite-Fontainc, déjà convenablement restaurée en 
ICn. On décida, par la môme occasion, la reconstruction de la 
Grande- Fontaine, qui ne sullisait plus aux besoins du<|uartier. 
Toutes deux furent munies de bassins propres à servir d'abreu- 
voirs aux chevaux de la garnison. 

Cette garnison, ordinairement composée d'un régiment d'in- 
fanterie et d'un de cavalerie, était maintenant permanente. 
L'augmentation de population qui en résultait, ainsi que les 
rapports continuels entre civils et militaires, devaient donner 
un surcroit de besogne aux magistrats uu point de vue de l'exer- 
cice de la police. Nous avons vu jadis, au greffe du tribunal 
civil, une série de dossiers remontant à cette époque de nos 

(IJ Arch. BF. BB 6. 



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Annales. Presque tous se rapporlaient à des démêles, à des 
rixes, à des injures, en un mot à des afTaires qui sont aujour- 
d'hui du ressort de la « simple police •>, et dans lesquelles 
l'élt^mont militaire joue le principal rôle. On conçoit facilement 
que la présence de tant de soldats n'était pas à l'avantage des 
bonnes mœurs, qui durent dès lors subir une orientation dans 
un sens des plus fâcheux. Aussi voit-on se dérouler, dans les 
interrogatoires que renferment ces dossiers, la chronique popu- 
laire et scandaleuse du vieux Belfort à la fin du XVII' siècle. 
Ces réponses de plaignants et de témoins sont, en majeure 
partie, des histoires d'amourettes, dégénérant en propos diffa- 
matoires et en querelles. On y voit défiler tour à tour les régi- 
ments en garnison, avec les noms des compagnies et les sobri- 
quets des soldats. Les plaintes en recherche de paternité 
donnaient lieu également à d'amu.'^antcs informations : telle est 
celle d'Anastasie Ghardoillet contre Hyacinthe Mougenot, le fils 
du grellier et tîibellion de la seigneurie de Belfort. en dafe des 
5 — 26 novembre 16!!3. 11 y aurait là une ample moisson à faire 
sur la vie privée de la petite bourgeoisie d'alors et sur les 
mœurs, us et coutumes de nos ancêtres belfortains. 

Mais revenons en arrière pour dire ce qu'était devenu l'hôpital 
S"-Barbe depuis l'année 1608. Nous avons parlé fChap. VHi. 
S \') de quelques donations déjà faites à cette époque par des 
personnes charitables, dans le but d'augmenter les revenus de 
cet établissement. Il n'est cependant pas possible, jusque vers 
le milieu de ce XVII* siècle, de fixer ces revenus d'une manière 
précise. M. l'abbé llumbrccht, dans son remarquable Mémoire 
historique que nous avons déjà souvent cité, dit <. qu'il existe 
bien des titres de propriété de l'hospice, tels que maisons, jîir- 
dins, vergers, prés et champs dans les communes de Belfort, 
Denney, Roppe, Essert, Cravanche : des titres aussi sur divers 
particuliers, depuis l'année UO.i ; il existe encore des constitu- 
tions de rentes, cens, fondations de messes et services religieux, 
moyennant des capitaux versés au profit de l'hôpital. La pre- 
mière lettre do constitution, du 8 mars 1404, est de sept sous 
hâlois de rente annuelle sur .lacques Vendele, bourgeois de 
Belfort. Jusqu'en l'année 1500, nous avons trouvé onze autres 
lettres de même genre; vingt-trois de 1.500 à 1.596: enfin, de 
I6U1 à 10!M, il y a vingt et une lettres de constitutions de 
rentes au profit de l'hôpital, soit sur des bourgeois, soit sur des 



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- 249 — 

particuliers des villages voisins. Muis nous ne pouvons donner 
le montant exact des revenus. Ce n'est qu'en 1638 que noua 
avons trouvé un compte exact des cens et des intérêts fixes dus 
a l'hôpital. Us montent à la somme de 327 livres 13 sols. Plus 
tard Jean- Pierre Noblat, prévdt de l'hâpital, nous apprend aussi 
la somme exacte des revenus annuels de cette maison. Dans le 
compte, dressé par lui, des années 167Ô à 1631}, l'hâpital avait 
alors un revenu franc de 313 livres 3 sous 10 deniers, a 

Les comptes devaient, autant que possible, être visés par 
l'archevêque de Desangon ou par son délégué, quand ils étaient 
do passage à Belforf. C'est ce qui arriva particulièrement pour 
le compte de 1665. Antoine- Pi erre I" de Grammont, dans sa 
visite générale du diosèse, « dans le lieu de BelTort > le 2 sep- 
tembre 1667, visa le compte de l'année 1665 dressé parCourtot, 
receveur. 

On peut se demander, avec M. l'abbé Humbrecht, (1), o pour- 
quoi ce fut le prévôt de l'hôpital, Jean-Pierre Noblat, qui en 
évalua les revenus fixes pour les années 1675 à 1686 >. Il est à 
présumer que le compte de cette période décennale fut aussi 
minutieusement établi pour prouver clairement l'emploi et la 
destination des revenus, et empêcher qu'ils ne soient remis à 
l'ordre de N. D. du Mont-Carmel et de St. -Lazare de Jérusalem, 
en vertu d'un édit du mois de décembre 1672. Cet édit avait 
concédé à cet Ordre l'administration et la jouissance perpé- 
tuelle des maisons, droits, biens et revenus de toutes les mala- 
dreries, hdpitaux, Maisons-Dieu, aumôneries, confréries, 
chnpelles et autres lieux où l'hospitalité n'était plus gardée. Tel 
n'était pas le cas de notre hôpital des Bourgeois. 

Ajoutons qu'à ce moment un bourgeois de Belfort, David 
Ilugonin, maitre en chirurgie, était en même temps directeur 
de la Confrérie de Ste. -Barbe. 

Les directeurs de l'hôpital avaient trouvé un excellent moyen 
de se procurer des ressources. On sait qu'au Seigneur appar- 
tenaient les droits de la halle et des marchés. Les archiducs 
d'Autriche avaient donc pu, de ce fait, accorder certains privi- 
Ifrges à la corporation ou confrérie des marchands. L'article 
2.'i de leurs Statuts et Règlements portait, en effet, « que 
* comme de coustume, et de tout temps immémorial même 

(1) Of. til., p. 34. 



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— 250 — 

I depuis la fondation de cette ville de DelTort, ainsy qu'il paroist 
« par Lettres de conlirmation des Seigneurs souverains des 
« années mil quatre cent soixante deux et mil quatre cent 
B quatre vingt douze et autres plusieurs postérieurs conflrmji- 
K tions que lesdils marchands uiiroient, ont et auront à 

• lauenir. comme île toute ancienneté; le pouuoir et droit 
n de faire prcstor le serment à tous marchands fréqucn- 
i tants les foires, aussy bien (jue ceux qui se feront passer 
n maitres de se comporter fi.lellemcnt dans leur négoce et les 
« receuoir dans leur assemblée, dej)uis la Kiviérc de Lu^te 

II en Bourgogne jusqu'à la Hiviêrc de la Larjrue située dans 
u le Sontgau, et depuis la ville de Colmar tirant à Sainclc 
" llypolite jusqu'à l'onlarlier aussy en Hiiurgogne ; et pour le 
11 droit d'enregistrement une fois pour tout dans ladJtte maitrizc 
- chacun desdits marchands paiera suîuant son négoce, s';auoir 
" de trois liures JLi3i[u'à cin([ liurcs par chaque enregistrement, 
•1 qui seront rétrihuées audit liospilal S'° Itarbc et employez 

* aux panures honteux, comme do toute ancienneté », 

Voihi comment les confrères avaient su se créer un revenu 
assez important, toujours sur, et qui était susceptible d'aug- 
menter au fur et à mesure du nombre croissant de nouveaux 
membres. 

Nous venons de citer le nom d'un chirurgien. Il y en avait 
encore d'autres, à cette époque, dans notre ville, dont nous 
relevons les noms dans les registres de baptêmes, mariages et 
décès de l'ancienne église collégiale ; Jean Uufaux ou Du 
Féaux , en 1673 ; Melchior Durosoir et Etienne Pierre, en iCS5; 
Jean SybJllc, en tfiih"). Mais c'était llugonin qui tenait le pre- 
mier rang, tant pour la pratique de son art que pour sa situa- 
tion de fortune. 11 avait toute la confiance des magistrats et noua 
le trouvons habituellement chargé des expertises cbirurgico- 
légales. Pour donner une idée de la manière dont les maitres 
d'alors rédigeaient leurs procès-verbaux de visite, nous trans- 
crivons le suivant, provenant des vieilles pièces de procédure 
déposées au grelTe du tribunal civil : 

a Nous David Hugonin, maitre-chirurgien et bourgeois dudtt 

I Belfort, certifions que par ordonnance à nous signiliée pour 

II visiter le sieur Jacques Chevalier, bourgeois et maitre- 
11 chapellier, nous estant transportés chez lui, l'avons trouvé 
« dans son lit et l'ayant visité luy avons trouvé plusieurs con- 



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-251 - 

s tusions par toute la teste et sur le glgomas du côté sénestre 

■ une grande contusion avec scoriation et du côté destre sur le 

■ bras sur l'os humérus une contusion de quatre pouces de 
<t grandf^iir, et sur la jambe du destre sur les os tébia et péroné 

1 une grande contusion qui lui tient la moitié de la jambe, et 
B l'ayant exactement visité n'avons trouvé autre chose sur son 
« corps n. 

CI En foy de quoy avons fuit le présent rapport. Fait audit 
« Belfort le 3* Aoust 1695. 

< D. IIUGONIN. n 

Quel était approximativement le budget de la ville de Belfort 
vers la (in du XVII" siècle ? Deux pièces de nos archives muni- 
cipales iJJ. 1} vont nous répondre. Biles se rapportent aux 
années l6Hiï, 8:ictH'i. La première esl un u Estât des reuenus » 
pi'ndant cette période triennale, année par année ; la seconde 
est un B l'îstat sommaire do la dcspence fixe et casuelle « de la 
ville, l'our les recettes, en prenant ta moyenne des trois ans, 
nous voyons qu'elles étaient à peu près do 4"235 livres. Le 
chilTre des dépenses pour 1681 a été de 5910 1., c'est-à-dire 
supérieur de 1675 1. à la moyenne des revenus de trois années. 
Du reste, si la manière dont sont rédigés ces mémoires n'est 
pas d'une grande précision, elle suffit néanmoins à donner de 
curieux renseignements sur la nature des revenus communaux, 
des traltemoitts des magistrats et employés, ainsi que sur les 
diverses charges de la ville. 

Nous n'en donnerons qu'un court aperçu, en exprimant le 
désir de voir M Dubail-Hoy, qui a compulsé à fond nos archi- 
ves, publier bienlôt les documcnls les plus importants qu'elles 
rcnTermcnt. 

En fait de revenus, l'angale (Umgueld) a rendu 1765 1. 13 s. 

2 d. en 1865 ; 1i(l(l I. 15 s. 'i d. en 1683 ; et 1735 1. 18 s. en 1684. 
— Le IJanvin, pous les années correspondantes: 80 1., 107 1. 
10 s. et 56 I. 10 s. Le droit do saulnorie : 1805 1.; 16i2 1. et 
16.52 I. — Les pâquis de Brasse etde la Chapellate ont rapporté 
.565 I. 1» s., 'i>5 I. 2 s., 393 I. 12 s, 3 d, — Les renthales (droit 
de 5 s. 'i d. que chaque nouveau marié doit à la ville; 10 S. 8 d. ; 
et 16 s. — En 1682, on a reçu deux nouveaux bourgeois, qui 
ont payé chacun 30 1.. non compris les seaux de cuir bouilli 
ipour les incendies); de même l'année suivante. Il n'y a eu 



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-252 — 

qu'une rdcpplion en 1684. — La thuillièrc (luilcrîcj, compris le 
jardin y allcnani, rapporte par an 53 I. G s, 8 d. 

Sur ce môme élat des recellcs, on a inscrit les dépenses pour 
frais de procès internes à la ville par les communautés du Val- 
doyc et de Duvillicrs. et |>;)r les liériliers Cliardoillel. Elles ont 
été, pi'ndant ces trois années, de 530 1. 

On dcpoiisuit annuellement en charités, tant au\ K. P. capu- 
cins qu'au:! autres pauvres passants nécessiteux, environ 100 I. 

— Les dépenses de charrois et de la façon du bois pourles deu\ 
corps-de-garde de la ville, y compris les cliandelles, se sont 
montées, en 168'i. à ?5tl livres. Les mômes dépenses, pour le 
cliûteau, ont été de 3C9 I. 

Voici quelles étaient les principiiloa dépenses fixes: Au 
maître-bourgeois, pour son gage annuel, compris les journées 
du secrétaire pour dresser le com])te de la ville, 02 I. — A Mes- 
sieurs du Magistrat, au nombre de huit, à chacun '20 1. = 160 1. 

— Au socrétaire-grefTier, pour ses gages, compris les jiapiers, 
encre, cire, elc, 170 I. — Au niaitre de commun, 13 I. 6 s. 8 d. 

— Au \alet de ville, tant pour son gage que pour la location de 
sa maison, 100 I. — Au maître d'école, pour ses gages d'insti- 
tuteur et d'organiste, li3 1. — « A celui qui lève les soufllets 
de l'orgue », 10 1. — A lu niaitrosse d'école, .50 1. — Au fonlai- 
nier, 59 I, — A Ihorloger, 36 1. — Aux deux gardes de Hnage et 
des bois, et à un troisième pendani Télé, à chacun 2 I. par 
semaine ^ 260 1. pour l'année, — Pour faire sonner à midi et 
la retraite du soir, 15 1. — Aux vicaire, maître bourgeois, secré- 
taire, maitrc du commun, valet de ville et sergent, pour leur 
droit de rogations, à chacun 1 l. = 6 1, — Pour le logement des 
officiers de lElat-major, 1000 1. — Pour location de la maison 
où demeure le major. 90 I. — Location de jardins pour le lieu- 
tenant de lioi et le major de place, 3t 1. 

Il faut ajouter à ces dépenses quelques indemnités ducs aux 
Magistrats pour Trais de visite au finagc et leur droit des règle- 
ments des poids de saulneiie; aux taxeurs de pain, vin et 
viande ; enlin, les 6 livres de cire que ta ville doit annuellement 
au seignc'ur-comlc, à cause de la forêt du Salhert, — • Plus, la 
« ville doibt pour censés de eappilaux ik plusieurs particulliers, 
«1 par chaque année, 1020 1. 8 s. 10 d,, et la plupart desdiles 
• censés ne sont point estez payez depuis t670. Plus, la ville 
« doibt en debtcs courrantes de plusieurs années environ 
« 1000 1.» 



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— 253 — 

En fuit de dépenses c&SUeUes, on pouvait calculer que celleâ 
nécessitées pour l'entretien et les réparations des pont, portes et 
autres bâtiments de la ville, ainsi que pour l'entretien des Ton- 
taines, horloges, et prairies, se montaient ù 1000 I. par an, 
Atn!)i, en ll>32, la somme dépensée avait étij de 917 I. et de 
n^Ol. en 168'i. 

Les frais occasionnés en 1683 par le passage du roi avaient 
été de 175 1. 



S 111. 



Dès sa première visite, Vauban avait été frappé des inconvé- 
nients qu'offraient les hauteurs qui commandent Delfort. 
Aussi voulait-il y parer, et dans le projet qu'il envoya de 
Brisach au ministre de la guerre le 1" mars 1687, il avait tracé 
l'emplacement d'ouvrages défensifs à la Miottc, aux Fourches 
(la Justice) et aux Barres, ce qui aurait, dès ce moment, consti- 
tué le camp retranché que l'on a fait de nos jours. 

Mais Louvois trouva ces ouvrages par trop dispendieux et les 
supprima. 

A ce premier projet de fortiti cation, Vauban avait joint un 
très-succint aperçu de ce qu'était la place. Il est facile de voir, 
par quelques détails, que la description qu'il fait de la ville a 
été écrite très rapidement, avec des données superficielles et 
comme de mémoire, Ainsi, le chiffre de ■ Mi maisons fort 
serrées » qu'il dit exister en ville dépasse de beaucoup celui 
que donnent les bourgeois, dans leur supplique de 1683, et qui 
doit être le véritable. Il y a là quelque chose qui ne peut s'ex- 
pliquer qu'en supposant que ceux qui renseignèrent le célèbre 
ingénieur comptèrent non seulement les maisons proprement 
dites, mais aussi leurs dépendances, telles que granges, 
hangards et écuries. Quant k la population, que Vauban évalue 
à « quelques 550 personnes à tout compter », c'est là un chiffre 
approximatif, mais qui peut être vrai en admettant qu'il y ait de 
6 à 7 personnes par maison, ce qui n'est pas exagéré. 

La ville était donc, ainsi qu'il le dit, « fort petite de soi, et il 
falluit de-toute nécessité l'agrandir p^ar la rendre capable de 
contenir quelques troupes •>. 11 ajoutait qu'elle n'était fermée 
que ■ d'un petit mur de cloître fort mauvais, flanqué de deux 



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— 254 — 

ou trois méchantes tours qui ne pouvaient servir à la fortifica- 
tion et le tout environné d'un petit fossé presque comblé qui 
n'avait de bon que le canal des moulins qui coule dans la plus 
grande partie, lequel canal étant forcé se pourrait ôter en demi- 
heure de temps [11. n 

Malgré la suppression faite parLouvois « faute de moyens *>; 
les premiers travaux furent poussés, dès la fin de l'été de 
l'année 1687, avec une prodigieuse activité. Vauban vint à 
Belfort apporter ses plans et donner les ordres nécessaires. On 
fit venir des ouvriers de tous les côtés et on employa, à cet effet, 
la voie des réquisitions et des corvées royales. Il en vint de la 
Ilaute-Âlsace, de la Lorraine et de la Comté. Des localités 
situées à d'assez grande distance fournirent leur contingent de 
terrassiers et de maçons. La petite ville de Bergheim, bien au 
delà de Colmar, reçut l'ordre d'envoyer des maçons (2). Epinal, 
en Lorraine, dut fournir une équipe de 43 travailleurs ()):. 

Ils arrivaient par bandes, à leurs frais ou à ceux des commu- 
nautés réquisitionnées, sous la conduite de contre- maîtres, de 
surveillants ou syndics, avec leurs voitures et leurs bêtes de 
trait, suivant l'ordre réglé par des commissaires. Pendant long- 
temps les routes qui aboutissent à Belfort furent couvertes de 
ces corvéables. Au fur et à mesure de leur arrivée, ils allaient 
camper aux Barres. Le lieu qui servait de dépôt aux outils des 
travailleurs, entre l'ouvrage à corne et Brasse, sur la rive 
droite de la Savoureuse, en a conservé le nom de Magasin. 

Un vaste campement s'dtendant, sur la même rive, depuis le 
couvent des Capucins jusqu'au Miigasin et à la cliapelle de 
N. D. (le Lorette, avait aussi été établi, avec lentes et baraques, 
pour loger des troupes fournies par dilTérenls régiments d'in- 
fanterie afin de coopérer aux travaux pendant la période la plus 
active. Les régiments de Limousin, de Normanilie, d'Anaou- 
mois, de Poitou, de Guienno, de Piémont et de Royul-Comtois 
envoyèrent des délaclicments plus ou moins nombreux. Ce 
furent Poitou et Limousin qui fournirent le plus de ces soldals- 

(1) V. un exlr. de ce m 
(1886-87), p. ?ï, et dan» la A 
gènêtalj A. Papuchon, p. 2i. 

I?) Archives de Bergheim, AA 3 et 4. 

(.1) Invintaire kisioriqut des archiva aucieiinis dé la ville d'S_ 
par Ch. Ferry, archiviste de la ville et des hojpic;!, et publié par 1 
tion municipale ; T. II., p. &(. 



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— 255 — 

travailleurs : neuf compagnies par le premier, quatre par le 
second. Guicnne et Roijal-Comtois en avaient détuclitS trois, et 
les autres ri^gimeiits chacun deux (1). 

Vauban revint l'année suivante visiter les travaux. Nous le 
voyons, le 12 mars 1688, tenir sur les fonts de baptême un 
enfant, né déjà depuis treize mois, mais auquel on n'avait admi- 
nistré que l'ondoiement dans la certitude de lu venue plus ou 
moins prochaine d'un parrain liaut placé çï . 

La prâscncc du ci^lèhre ingénieur redoubla l'aclivité dos tra- 
vailleurs, et, avant de quitter la place, il put donner les instruc- 
tions les plus précises à ses ollîciers du génie Louis Chevallier et 
Antoine du Portail, ingénieurs des places et des armées du Roi 
h la résidence de lîelfort, ainsi qu'au direcleurdcs fortifications 
Claude Jourdain et à l'entrepreneur François Lcbleu, dit la 
Feuille (3.. 



■ U 11 y a aux Archives de Beltorl (FF. 36) un document de? 

des vivandiers et autres du eam« gui uni fait réglrr leurs mesures de vin, pnids 
et ballances. 4a 12 Septembre 16S7. en présence du S' Priuosf et du Magistrat. 
à la réserus de Vernie. C'cal une vérification du poidn el mesure* Faiifs dam 
l'inteitt des ouvrier civils et militaires, a laquelle devait èt>« loumis les h^ieliers, 
cabareliers et dcliilant^, ainsi que les boulangers et bouchera delà ville de Bel- 
fort. Le tarif notn semble assez élevé ; ainsi, pour poiuçonuer un pot. iii>e pinte, 
une chopine et une demi chopïne, c'était 1 livre : 2 livres avec des poid«. Cet 
Etal nous donne certains dtiails bons a noier. Noua y voyons, par exemple, 

3u'il y avait au camp un billard, a c6tè d'un « paliclpr ■. l'un et rmure, saai 
oute. H l'usage des officiers; qu'un Si" Arlus. sirurgien-major de Limo»in u, 
a fait régler ses mesures de capacité, mais non tes poids, car il était marchand 
en même Icmns qu'il tenait un bouchon. Nous y trouvons, avec \a^ noms des 



presque lo 




:>dier9 : 


Brin d 


Amour. Ch 


:amp 


agne. 


Helte-Kos». 


La Ramée. 




La Vi 


olelle. 1 


'.a Fran 


ce. U Ve< 






Mais ce qi 


x\ offre un 


intérêt plus 


direclei 


ment local, c'est 




lalui 


ré de* 


h6(elleries 


et caharets 


.ie Rellort . 


■n 1617. 




se.gne* 


des h&telle 






.t . A la Cra. 


i» d Or. au 


Ptlit-Saint- 


l'ierré. 


au Mar 


teau dO 


1-, à la Crm 


U blanche. 


au Saumon. 


à la Bague 


dOr, à lA 


"ge. ou 


Bœuf. . 


m Soleil. auxTrais 


■Rvi. 


I Les 


c;ibarel* eit 


.ieut:,l /a 


Ville de M^sheim 


, à Sai 


nt-Nical. 


w, à la R. 




à ta 


Fleur dt L\ 


is. au Don 


Vivant, à l 




nne. au 


Taitleu? 


■ fraiifuis, s 




compter d'autres 1 


louchons et 


débits sans 


désigna 




.eciales. 


Il y en av: 


ails 




onlour des 


Capucin, r 


près de* magasin* 




iei des 


enireprenei 






ant a Bras^i 


i; piès de 


Notrp-Dam. 


r-de.l,oi 


eite, et 


iiisq..e 1 




xde 


' mi9<i< 


on. Derrière 





(i) Voici la copie de cet acte de baptême, d'après le registre (de 1671 à 1630} 

Seàastiano Jilia nMlis et generasi Dnî Fraucisri Iluet. arcis et urbis Bel- 
fartensis pn Regt legati. et Duminae Cemnrfae Chaperon canjug. undecima die 
deeembris anni 16S6 baptisalo. rilus et eeremjnia fuerunt adkibiU die duode- 
cima maria anni 168S. eujus sasceptores fuere N-ibilis et generjsus DniStbas- 
iianus à Vaubnn. copiarum galticarum prae/ectus et Domina Lucretia Ni/bUt 
dmaini Dyiinisii de Baudouin pro rege lielfjrti commisiarii uxor, 

Vauban. Noblet. 
(3) De lui dG5C«rid«r.t lei membres de lï Famille Leblcu, uoe de plus notable! 
du payi. 



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— 256 — 

Le 2l Septembre de ta même année, se trouvant de rechcf à 
BetFoi-t, Vauban écrivit au ministère une lettre accompagnée 
d'un croquis du corps de place, de la demi-lune 26 [qui couvre 
la Porte de Brisach) et du cliàtcau (1). 

Lciitretien des ouvriers et de leur matériel coûtait fort cher 
aux communautés : les dépenses étaient d'autant plus lourdes 
que le séjour des corvéables devenait plus long. Certaines loca- 
lités se plaignirent de cet état de choses, et nous en trouvons 
un exemple dans ce qui se passa à Epinal, où la question fut, à 
plusieurs reprises, agitée au sein du Conseil de ville pendant 
cette année 1G88 et les deux suivantes. Voici ce qui est men- 
tionné à ce sujet dans VInvenlairo hisloriquis de Archices 
anciennes : 

a 13 mai iG88. Emprunt de 2000 francs pour payer le quartier 
« dliivcr et l'entretien des 43 travjiilleurs aux TortiOcations de 
a Belfort^ — 27 mai i689. Levée d'une contribution semblable 
H pour payer les pionniers qui travaillent aux fortifications de 
« Helfort. — 3 septembre iOS'J. Nicolas Darbîcr va à Itelfort 
a pour faire accepter des ouvriers étrangers, en remplacement 
a dos î3 travailleurs d'Epinul. Le iU, on lève une contribution 
« jiour subvenir à leur entretien. — Le 28 oc(otro. On repré- 
« sente à l'Intendant les charges de la ville, tant pour les 43 
« travailleurs de lîclfort qu'autrement. ~ 22 {éorier ilJÙO, le S' 
« Mossel demande si les pionniers d'Epinal doivent toujours 
■ travailler aux fortifications de Itelfort, quand ceux des autres 
« prévôtés n'y travaillent plus. — Le i3 mars, vote de 2 fr. par 
a jour au S' Mossel, inspecteur des pionniers à Belfort. — 
a (li septembre, payement des frais que Jos(>ph Vuillemin a fait 
a à Paris et à Versailles au sujet des pionniers qui travaillent 
a toujours aux fortifications de Belfort (Sî. » 

Un ne dit pas si le délégué spinalicn obtint gain de cause au- 
près des autorités supérieures, et si ses compatriotes purent 
enfin quitter les chantiers de Belfort pour rejoindre leurs foyers 
après une absence de trois uns. 

C'est que les premiers travaux étaient considérables et 
pénibles. Il fallait creuser ici, remblayer là, niveler en d'autres 



(tj MS de la Biblblhiqne de 1> Seciian lechnîque dn Ginir. 

(-2) /nv. Miit. d*s Ârch. d Epinal, I. II. pp. 64. 63 el 6). — On voit, à la date 
du aa juin l'iga, qufi BeauroRT. li<>ur|;eot« -gouverneur d'Epinal, prêle lajo fr. 
p.jur payrr Ici pioDoiErs Uc B.'lfoil [tac. cil. p. 73). 



abjGoOgIc 



-257- 

endroils, notamment toute ta partie qui devait servir à l'agrart- 
disscmcnt <Ie la ville. Vauban avait, en ciTet, fait démolir les 
vieilles murailles toutes décrépites de l'enceinte, en laissant 
debout néanmoins la Porte de l'Horloge, et, après avoir fait 
acheter, au nom de lEtiit, un grand espace de terrain, il traça 
des fortifications nouvelles d'après sa méthode et ménagea, 
dans l'intérieur de cet espace, une place pour une église, l'autre 
menaçant ruine et ne pouvant pas, du reste, être conservée au 
pied du château. D'autres places furent réservées pour un 
arsenal asez vaste, un magasin militaire des vivres et un moulin 
que ferait tourner le canal traversant la ville. Les rues furent 
tracées, alignées au cordeau, et les maisons assujetties à une 
façade régulière ainsi qu'à une même hauteur. Des casernes 
devaient faire le pourtour intérieur des remparts, au lieu du 
chemin de ronde, que l'ingénieur crut pouvoir remplacer par le 
terre-plein et le parapet de ce même rempart. 

La nouvelle enceinte avait la forme d'un pentagone, dont un 
côté était constitué par l'escarpement de la roclie du château. 
Les courtines sont flanquées, aux angles, par des tours bastion- 
nées - n'ayant guère que la capacité d'une bonne tour, mais qui 
sont construites en forme de bastion, couvert d'un autre bastion 
ou contre-garde. Celles-ci sont coupées de plusieurs grandes 
traverses ponr éviter l'onfihide. L'escarpement du château, du 
côté de la ville, était censé une courtine. Les quatres autres 
furent couvertes d'autant de demi-lunes, dont deux couvrant les 
portes (I). n La ville était entourée de fossés larges et profonds, 
que l'on pouvait inonder sur les fronts ouest et nord. On péné- 
trait par deux portes monumentales; celle dite de France^ 
placée au milieu de la courtine de l'ouest, et celle de Brisach, 
pratiquée dans la courtine du nord-est, du côté de l'Alsace. 

Au château, Vauhan continua à faire les améliorations com- 
mencées depuis plusieurs années déjà, et le pourvut, en avant 
du couronné, d'un grand ouvrage ii cornes « selon sa méthode 
particulière ■>. 11 couvrit la porte de secours ou de la campagne 
d'une petite demi-lune à flancs. Le tout enveloppé d'un chemin 
couvert avec traverses et glacis. Dans l'intérieur du château 
proprement dit, il ménagea des casemates voûtées ; agrandit 

<LJ suiranl un Extrait des maauscrita dt KoMftoii {Tracé dis fjrtificalUini dt 
Btlftttt], pubMé par Armbruster. [Lteturts courantes i l usage des Ecoles ; l'Aria, 
Delngruve. 1SS7I H reproduit n^r A, Papuchon {Hull. de la Sac. beif. dEmul., 
n" 8, p, 93, et Nuiici mr Vliist. milil. de Belfirl. p. 22 cl 23. 



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-258- 



je bùtimenl pricjcipal, déjà reconstruit et transformé en caScrne, 
de manière ù pouvoir y loger un bataillon, et restaura la chapelle 
qu'avaient roniléc les anciens seigneurs i^t dont l'Humànier, 
nommé par le roi, élait à ce moment François-Joseph Obrier, 
docteur en théologie et curé d'Kssert. 

Tels étaient les grands travaux de Tortification en cours dexé- 
culion, qui idlaicnt faire de Belfort une place de guerre redou- 
table en même temps ((uun considérable entrepôt de commerce. 
Nous en reparlerons bientôt, quand le gros -œuvre sera terminé 
et que le célèbre ingénieur en aura fait réception. 

A M. de MonleTrans succéda, comme gouverneur des ville, 
château et dép;>iidancjs de BelTort, Simon Camus de Morlon, 
nommé par provisions du 1" Juin lliH'J. Il venait de Ilitchc, en 
Lorraine, dont il avait été gouverneur pendant plus de huit ans, 
en même temps qu'il commandait une compagnie de cadets- 
gentilshommes. Celait un vieux et vaillant soldat qui, comme 
cadet de ramille. [I était entré au service comme simple trou- 
pier et avait conquis, dans le régiment d'Aurergite, par sa con- 
duite et sa bravoure, tous ses gradca, jusqu'à celui de brigadier 
des armées du Hoi, I)é;.'oré, pour actions d'éclat, de la croix de 
Tordre de Saint-Louis, il avait été chaviré, en Janvier IGTSi, de 
l'inspection générale de l'Infanterie au département de la Lor- 
raine, des Trois-Evèchés et de la frontière de Champagne ("2;. 

(1) Ainsi que l'indique le lambjl placé en chef de l'êcu de ses armes. 

!■>) Etats d.. service! .le Camiis de Morton (Simon) d'après la fMaiivligie 
mititaire de Franca dtpuis Iti premiers temps delà Monarchie, vat Pinard ()'arl->. 
IT5H) : i 11 entra dans le rèe< à.'Auvergiie en i6Jo ei parvint à une comp:iei)le 
le 14 février l63j. Il la commniid.i nujt sièges do Doua., île T"j,rn.i).<-i de Lille. 

servir en Flandre en ]6âK. Sa compkgnie ayant été réformée au muii de mai de 
cette année, il (ut replacé à une aulrele 20 ao.it 1671. Il seiïii .ouï M. le l'rince 
i la priic de Wesel. d'Emefick, au passage du Rhïn. au siège de DoB'bourg en 
1672, au "iege de MaeîLrirht en 1673. au combat do Scnef en 167^. an combat 

1675, an combjt de Kokî'b-rg en i67i. au siè^e de Kribourjr en 1677, â l'atta- 
que des retranchements de Secfcingen. aux lièges de Kehl et do Lichicmb^rg en 
i6;P. Nommé in.pectei.r général de rinfanterie au liépartemeni de la Lorrnlne, 
des lïvechès et de la frontière de Champagne, par commission du 14 Janvier 
iâ79, on lui donna le commandement de Biichi au moi» de février l58l. Il se 

gnie de CaileU qu'on a«emt)la â Bitche et dont on )ui donna le commandement 

fions du 1" Juin ifSç. en quittant celui de liltche et la compagnie de cadet». e( 
posséda le gouvernement de BeFort ju'^qu'a sa mort. » — V. pour plus de détaiN 
notre notice sur Camus de lHurlun, inspeeleur général d'i"finitetie ni Larraine. 
eu. 'i63S-'7'^), publiée dans « Bull. soc. philomjliquc voig., unnée 1837-9^ o 
et tir. a paît de 14 p., Saiat-Die, 1897. 



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- 259 - 

Le nouveau gouverneut (I) avait pour officiers de place: M>f. 
de la Sablière, (2) licutcnanl de Roi ; de Fornanville, major i3) ; 
de Valmont, aide-ni;ijor ; Jacques de Latouche, major du châ- 
teau (i ; de Piballier, aide-major '5!. 

Du long gouvernement de Camus de Morton — car il dura 
près de vingt-trois ans, il n'est resté aux Archives de Uelfort 
(|u'une pièce datée du 1" Juin IC93, portant * défense de Taire 
pâturer nuitamment les cheviiux, bœuTs et autres bestiaux dans 
les prairies et les chunips ensemencés, sous peine de G liards 
d'amende pour lu première fois, et, en cas de récidive, de puni- 
lion exemplaire [(!]. » 

Dans le cours de ses glorieuses campagnes, Louis XIV ayant 
reconnu l'importance d'avoir un plus grand nombre d'oiriciers 
de guerre, établit dans plusieurs places de son royaume des 



(I) Un mémoire ds l'Intendant d'Alsace, dati de 1700 (publié par le docteur 
H. Wei.^erbct dans la Revue d'Alsace, 18971, no"' apprend que le gouverneur 
■ louchait iiayi livres (l'appoiiileinent<, plui 600 livres que la ville lui accor- 
dait comme indemnité de logement, et 500 livrei pour sa moitié de la cantine 
affermée 1000 livres, u 

("Î! Jean-Anloine Li'gonel, sieur de la Sablière ; Armes : d'argent à deux fas- 
tes de gueules. Il fut le premier de sa famille, originaire d'Agde. en Languedoc, 
qui arriva en Alsace. Il ctail ecuyer. chevalier de Saint-Louis, quand il vînt à 
Belfort, en leg?. comme lieutenant du Roi. Delï. il fut nommé major comman- 
dant pour le roi la place de Colmar (17301, où il mourut le 17 décembre 1753, 
ù l'fige de 78 ans. 

(3) Claude Chappcron de Fornanville. écuyer. seigneur de Bréttgny et de 
Bental en partie. Sa scem Geneviève avait épousé Franfols Huet de Dampierrc. 
ainsi que nous l'avons dit à la lin du chapitre précédent. 

(i) Ce }. de Ljitouche (ou de ta Touche) était, comme nout l'avons vu, ofHcier- 
major du château de Relfort depuis lôSgoufo. Il était originaire de la prûvince 
du Nivernaif. 11 avait été un rude' soldat. Dès 1637. il monta à l'assaut de la 
pelilc ville de Saint-Ursanne, dans révêché de Bâie. Il commanda en 1&18, a 
la bataille de Leni. l'inlanlprie du célébic d'blrlach. Il fut, en 1677. détaché de 
Belfort et appelé a ta Cour pendant quelque temps pour apprendre le^ armes 
au Dauphin. Il avait épousé en 1649 Catherine-Ursule Meindel de Steinfels, en 
Souabe (Li^HR, Alsace uoble. 11. 305). Il mourut en i6g5. laissant iia famille éta- 
blie en Alsace. Son lils Henri, écuyer, gouverneur du château d'Kngelboul'K. ^ 
Thann. avait épousé Bli^nbeth Kempf if Angtcth en i6ç6 ; sa Rlle. Anne-Char- 
lolte devint abbesw des Bénédictines d'Oltmar'heim, en 1692. — Armes : de 
gueules à un Ii'bh d'ur et une fasce d'oaur, brochant sur le tout, chargée di trois 
croissants d'argent (Armoriai d'Alsace, n* 288). L'Armoriai du Nivernais (Paris, 
1847, 1501 donne pour blason aujt la Touche ; de gueules à trois besans d'or. 

(']) Louts-jacques de Marbeul, écuyer. seigneur de Fiballier. — Aimes : d'atur. 
à deux èpits d'argent passées en sautoir. Us gardes et poignées d'or, la pointe 
en bas. — i^on prédécesseur, dans ce poste, d'aidc-major au château, était 
Anlaine Ducruiel. 

','.; I^ papier est aux armes 'le Morlon -. d'aïur, à trois croissants d'argent 
posés deux et un, avec une étoile dur en abîme, et portant en chef un larabel à 
quatre pendants d'argent. L'écu. timbré de la couronne de comte, et cnlou'é 
d'un cordon auquel es: suspendue ta croix de Èalnt-Louis. Le lambel est une 
brisure qui indique qu: ces armoiries sont celles d'un puiné ou cadet de famlDe. 



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— 260 — 

Compagnies àe jeunes gens, fils de ^ntilshommes ou de getiâ 
vivant noblement, à qui l'on donna le nom de » Cadets ■. Ils y 
étaient instruits dHns les exercices militaires, et lorsqu'on les 
trouvait capables de commander, on les faisait officiers dans 
les troupes. Ces compagnies, comme autant d'écoles où l'on 
apprenait )e métier de la guerre, fournissaient continuellement 
de très bons sujets. 

Nous avons vu que, dès le début de celte institution, Camus 
de Morton avait eu une compusi)'^ '^ commander, au cliâteau 
de Bitche. On n'avait qu'à s'en louer puisqu'à peine installé à 
Uelfort, on le mit à la tète d'une autre, que Ion caserna au 
cbûleau, et dont l'inTirmerie fut placée dans le bâtiment de la 
halle, appartenant au seigneur i|). 

Il y avait alors dans celte place-forte, en voie d'agrandisse- 
ment et de transformation complète, un nombre assez considé- 
rable de fonclionnaires, dont les noms de quelques-uns ont été 
conservés dans les registres de l'église collégiale : 

Gédéon de Cbauvigny, commissaire provincial de l'artillerie; 
Cliarles de Mongrif, commissaire du roi (en iC87J ; Jacques 
Collignet, commissaire des guerres [eu 1C87) ; Rodolphe Dorin, 
fermier général ; Jacques-Denus Uaudoin, commissaire du roi 
(en 1088); Gilles Ferrierde Bavilliers (■2)ancicn commissaire ilea 
vivres et receveur des domaines du roi à ISelfort, à ce moment 
l'un des fermiers des forges, mines d'argent et domaines de la 
seigneurie ; Jacquc» Dupin, directcu r des mines de Giromagny ; 
IJenry Emporté, maître de la poste aux chevaux et receveur du 
marquis d'Uxollea à Rougemont (1CB3-IG98); Nicolas Bochet. 
directeur des postes : Jean-Cnncmond de Dillaud, cbirurgien- 
major de l'hôpital militaire (3i ; Gabriel Broichot, commissaire 
des guerres [en IG'Jjj ; Pierre Oaillet, receveur des domaines 
du Roi et commissaire des poudres et salpêtres. 



(2) Il fui le prand-père 
83 an.. 

Ci} Armes : d'»rgtttt ri unt bande d'ai 
taàie défendue d'argeni, et b, ' 



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i IV. 

On s'imagine les sommes prodigieuses qu'il fallRit âLotiisXIV 
pour faire tace oiix dt^penscs occiisionnécs par ses campagnes el 
la construction des places-forlcs, dont il garnissait les fronlières, 
ainsi que par le Taste qu'il d<Sployait à sa Cour. 

Il avait donc hesoin de beaucoup d'argent el il employait 
tous les moyens possibles pour s'en procurer. Il résolut de 
spéculer sur la vanité et l'orgueil de ses sujets en usant 
de l'anoblissement pour battre monnaie. Il est vrai, qu'autrcrois 
déjà, la royauté .ivait, dans un but fiscal, employé ce moyen, 
mais d'une façon si discrète qu'il avait, pour ainsi dire, passé 
inaperçu. Plus pressé que jamais, le roi voulut, cette fois, en 
user largement ill 

L'édit de novembre 1696 fonda la Grande-Maitrise générale et 
d»>pôt public des armes et blasons du Royaume, sorte de Cour 
héraldique cbargée de fournir, contre remboursement, des 
armoiries aux personnes honorables qui en désireraient, et d'en- 
registrer les blasons de tous les gentilhommes, corporations, 
communautés et gros bourgeois (2). Le tarif des droits à perce- 
voir fut lixé « 20 livres par personne, -W livres pour les abbayes, 
et de 2."» à 100 livres pour les compagnies, corps de ville, odicea 
et communautés. 

Celte mesure fiscale ne fut pas du goût de tout le monde. Des 
particuliers, ne voulant pas payer les droits, s'empressèrent de 
renoncer « leurs armoiries et de les faire effacer sur leur vais- 
selle, leurs cachets et leurs voitures. C'est que l'impôt héral- 
dique était personnel, et chaque membre de la môme famille 
devait facquilter. Or, on n'élait pas libre de renoncer à son 
blason : un édit du 19 mars 1697 ordonna la recherche de ceux 
qui se refusaient •■ à profiter de la grâce que Sa Majesté leur a 
a voulu accorder en les autorisant, par l'enregistrement à l'Ar- 
« mariai général, de porter les mêmes armes qu'elles ont eu 

(1) Le roi avait Miayé de ce moyen et il lui avait réussi. Le 4 mars 1696 il 
avait publia un «dit poriant anoblinemenl, mojennant finance^, de 50U perion- 
nés choisies parmi les plus diilingnses du royaume, n pour servir de récompenses 
B ceui de not sujets qui, en lei acquérant par une finance modique, contribue- 
lont à nous tournir les secours dont nous avons besoin pour repousrïr les efforli 
combinés de nos ennemis, b 



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« par le passé. >> Bien plus, on donna des armoiries, d'office, à 
une fouii' de bourgeois qui n'en avaient jamais eu. 

Pour donner une idOe de la quantité des gens hlasonnêcs 
ainsi, nous dirons que la province dAlsace Tournit ll.ri eiiré- 
gistrernents d'urmoirins, qui produisirent 1113, ti3S livres, l'armi 
ces cnréiiistrements, il y en eut 1808 qui Turent faits d'oflicc, 
mais pour lesquels les inlénssés payèrent ' t ■. 

Si nous sommes eiitri: dans ces détails, c'est pour expliquer 
romment ila pu se faire [|u'une toute petite ville, comme l'était 
lîelforl à celte époque, avait eu autant d'anoblis. En elTet, 
VAritiorial c/e la CjémJraUli} d'Alsace contient les noms et bla- 
sonne les armoiries de 'i'2 habitants de lielfort, parmi lesquels 
il y a II» fond ionn 11 ires jiublics tant militaires que civils, déjii 
nobles pour la j>lupart et dont les armoiries n'ont été que con- 
firmées, (es armoiries sont décriirs et peintes dans l'immense 
recueil connu sous le nom d'.lriuoria/ (jénéral de France, 
dressé par Louis-lioger-Cbarles d'IIozier , juge et intendant 
des armes et blasons de l'rance, cl dont la Uibliotbèque natio- 
nale possède te volumineux manusecit l.'î'. 

Nous pensons qu'il est intéressant de signaler ici les noms 
des -26 anoblis bolfortains et de blasonner leurs armoiries, 
d'après les registres dressés à Brisacb et à t'olmar au mois de 
novembre 1C97. 

11 y avait deux membres du Cliapitre ; Itonenfant, prévôt de 
l'église collégiale de î?t. -Denis (fc ijurulcn îi un clievmn il'or, 
ni-a'inini'jiié ou cliofili- ili-ux éloih-s H pu jioinlc d'un cwissaiil 
rfc iiiL-iiin] et le chanoine Charles tl'iizurh un choimn tl'argpnt, 
accitnijiuQni- l'u piiinlo d'un croinsiinf de nu-ine et un clipf aussi 
d'urgent cbarijé de tmin éloUes il'azur): un prêtre, Jneiiues 
Vauclair. curé de Danjoulin ((Vazur àun œil d'anjenl en fasce 
suriininlii d'une étoile d'ur, adexiré df la lelire I cl sénestré de 



M) Annirial de la Gé'iéralilC- d' Alsace. Recueil officiel dns'b par les ordres 
de Louis XIV CL publié pour la première foi; par A de H. lAiial^ile de Barlké- 
Itmj'). I voJ. in-8° do 450 p. — Colmar, impr. liih'. Camille Dcrkcr, iNâi. 

I-:) Il éiaii fil» de Pierre d'Hoïîer, seigneur ilo la Garde, en Provence, et le 
pÈre de L.ouivPicrio U'Hoiier, qui Bt imprimer plus lard un ouvrage inmulè 
Armarial général de ta Franc» oti Registre de la Noblesse de France, qu'il ne 
fnul pas confondre avec l'Armoriai de ifigS, plus connu 50U5 le nom d'.irmorial 
drdHaEier. 

[:l.i Armoriai général de France, élabli en verlu do lEdil royal de novembre 
i6j6 el rcsié manmcrii à lu Bibliothèque naiionale de l'aris, comporte 34 volu- 
mes de telle, reliés sous le litre Armarial Général, el 35 vol. do biosons reliés 
sous le mime litre, avec le sous-titre : Blasons cotoriis. 



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— 263 — 

la. double IpUiv W de mémo, et en pointe un mont de trois 
coujipaux de siiiople'). 

Puis, le in'ovôt Melchior Xol)lut, doclour on médecine et 
licencié en droit, et su femmo iK'O Elissa])elli Boiir((uenot {de 
yueules k Iruts (ireiiade.'^ d'or, tiijvet; et feuiUccs de sbinple. 
accati- d'azJir ii une bande li'argent chargée de trois roses de 
gueuies et accompaijnées de deux étoiles dur) ' l), ainsi que son 
parent, Jeun -Pierre Noblat, secrétaipe de la ville {do gueules à 
tmia grena-Jes d'nr, tigées et feuilléas de sinople). 

Vt'n;iiont enauilc des bourgeois de BelTort, dont quelques-uns 
ren)])lîssiiient des charges ou emplois publics, tels que .Iciin- 
Claude (luonin. Tcrmiep des revenus de lu ville, (d'iiiv^eni A une 
hanv d'azur, aecninjiaijnée en chef de Iroix tourteaux de sable, 
et en pointe d'un lion eontourné de gueules] : Jacques Cuenin, 
tabellion de la ville et du comtf-, (d'azur il une Lande d'or, 
chargée de t rois C(VurK de gueules] ; François Passavant, grand- 
nihùrc de l'Assise [d'azur à une bande, accompagiivc en clief 
d'un croissant et en pointe de deux grenades tiijéeset feuHlées, 
passées en sautoir et surmontées d'une étoile, le tout d'or). 

Les bourgeois anoblis étaient de ceux que leur Torlune mettait 
le plus en relief, les notables de l'endroit, qui pouvaient, sans 
se gêner, dépenscr'lcs "20 livres exigées par le fisc (31. En voici 
lé numération : 

Thomas Delaporle (d'azur A une porte d'or, ouverte d'argent, 
garnie de sa herse ou porte-coulisse de salile. et un chef de 
gueules chargé de trois roses il'argent] : David Gibouletici'acur 
à un checron d'or, accompagné de trois geais de même, et un 
ciief de gueules charge de trois étoiles d'argent), Jacques 
Wachcr, marchand en gros, [d'azur à un arc bandé d'or, 
cncoclié d'uïie llàche en fasce de nfhne, soulenud'an croissant 
d'argent, et un chef cousu de gueuler, chargé de Imis éto'des 
d'argent] ; Jean Forticr, [d'azur à une tour donjoniiée d'une 
(ou)-e/(e d'or, parillonée de gueules, giroucttée d'argent. 



(1) Ce Nublat possédait deux maison; situées sur 


a place devant la Halle. A 




ns seigneuiiales, ainsi que 


nous le dirons plus loin: pem-êire mJme ne les rc 
ailen'lant qii« ie duc de Mazarin lui ail donné un s 


nplissati-il déjù plu. qu'en 




(;') On n'était pai fjiigoant, du reste, pour l'enrog 


siremeni. Il suRi^ail de pro 


duire un dessin colorié des aime- que l'on avait d 


eià et dont on demandai 


canÉ^rinalion. ou Je celles que l'on désiiail avoir 


bu bien l'empreinte de ^on 


cachet sur de la ciie. avec ia d(;signa:lon écrite des 


métaux Cl des émaux (cou 


jeuri) dont lu armoiries lont ou seront composées, 


eu ajoutant en bas ses nom 


et qualiiéi. 





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— 264 — 

maçonnée de sahle, posée sur un mont de stnojWe. cl un chef 
cousu de Queulos, chai'gé de trois étoiles d'argent) ; Uavid 
Ilugonin. maîtrc-chirui^ien [d'argent h trois cœursde gueules, 
deux et U7i] ; Jean Cucnot, marchand {d'or à trois têtes de lion 
arrachées de gueules, deux et une); Joan-l'ierrc Charclouillet 
[d'argent à un chardon de cinq fleurs de smoj»le, sur une ter- 
rasse lie niême, sommé d'un chardonneret au naturel, accosté 
de deux étoiles de. gueulcf;) : Henrj- Vernîer {d'or à un arbre de 
sinoplei ; Pierre Chapelle {d'azur à (rois croix rccroisettées au 
pied fiché d'or, deux et un); Camus, un des directeurs de 
Ihopititl [d'or à une tête de More île sable'' ; la veuve de Jean 
Kcller d'argent à un sautoir de gueules, accompagné do quatre 
roses de même) ; Maurice Testu {d'azur à une tête humaine 
d'argent, surmonté d'un maillet d'or]; Duraux (d'a:ur à une 
foi d'argent parée de gueules, mouvante des deux flancs de 
l'écu) ; François Violand {d'azur à une fasce ondée d'argent); 
Pierre Pachon [d'azur à trois cornes de cerf d'or, rangées en 
pal) ; Ciirpentier, maitre-pcrruiuier {de gueules à un pal 
d'argent accosté de deux lions accostés d'oi'). 

Nous devons ajouter à ces noms ces trois autres qui vont 
hientôt jouer un certain rôle duna la hourgeoisic hcifortaine : 
Gilles Terrier de Bavilliers ou du Châteiet, déjà mentionné 
(d'azur A une autruche d'or, éclai)'ée de gueules, laquelle tient 
en son hec un fer de pique d'argent, la pointe en bas, et un 
chef de gueules chargé de trois étoiles d'argentj ; François 
Lebicii dit lu Feuille [d'aïur à un piodestat d'or, sonuni; d'une 
pontme de pin de sahle sur laquelle est perchée une tourterelle 
contournée au naturel, et un chef cousu de gueules, chargé de 
trois étoiles d'argent); Charles-Joseph de Staal de Cravanche, 
ccuyer et seigneur de la Coste, capitaine-lieutenant du régiment 
de Surbeek {de sable à un pied et cuisse de griffon d'or). 

La ville de BelTort Qt également enregistrer ses armoiries qui, 
désormais furent ainsi blasonnés: d'azur à une tour pavillonnêe 
d'or, ajourée du champ, maçonnée de sahle, g irouettée d'argent 
et cotoijéc d'un B et d'un F d'or (11. 

(I) Voici le litre ou brevet délivré a la ville de BelFort pour coniuter l'enre- 
gistrement de ses armoiries. Nous le donnons pour monlrer la manître dont 
étaient libellés ces sortei de certificats héraldiques : 

« Par ord" rendue le aa' du mois de Nov"»^ de l'an 1697 par M" le» Com- 



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Il en fut de mJ;ii3 du Chapitre, dont lu bhison — eliosc assez 
extraordinaire: — ne portait p;i3 la figure de saint Denis, son 
pulron, mais celle de saint Cristophe, patron de Brasse et de la 
ville : d'azur à un saint Christophe d'or sur des ondes d'&rgent, 
chanjé d'un Christ de carnation tenant un inonda d'or à la 
main. Le Chapitre avait-il repris ou conservé la tradition de 
Brasse, et saint Denis, le premier patron de l'église, s'elTaçait-il 
devant suint Christophe, ou la tradition ? Telle est la remuriiue 
que fait à ce sujet J. Liblin, et <{u'il faut noter sans chercher à 
l'expliquer (D. 



§ V. 

Cependant les rupporls entre les bourgeois, représentés par 
leurs magistrats, et le duc de Mu/uriii, dans la personne de ses 
olficiers, étaient des plus tendus. Les magistrats, justement 
alarmés des périls que couraient les droits de juridiction qu'ils 
tenaient de leurs Franchises, cherchaient tous les moyens pos- 
sibles pour les sauvegarder dans leur intégrité. N'allérent-ils 
pas jusqu'à se ligurer que la vieille charte constitutionnelle qui 
leur avait été jadis octroyée, conlre remboursement, par un 
seigneur souverain pourrait être confirmée telle quelle par un 
autre souverain plus puissant, aussi moyennant finances? 

Se rappelant les bons oUices que leur avait accordé, quelques 
années auparavant, l'intendant d'Alsace de la Grange, ils 
pensèrent qu'il voudrait bien encore, dans cette circonstance 
critique, leur être favorable. Ils déléguèrent à Strasbourg un des 
leurs, Thomas Delaportc, muni de pleins pouvoirs. 11 est regret- 
table de ne pas connaître les divers incidents de cette mission. 
Nous savons seulement qu'une proposition de versement d'une 
certaine somme dargcnl — 13,000 livres, —fut faite par devant 
notaire pour le cas où le roi de France confirmerait à la ville de 

" rcfUM, ont été enregiilr^ei à l'Armoriai général, dant le rpgiitre collé Aliace, 
" en co'iièqmiice du payement des droiu réglés par le) tafii et arrejt du Con- 
- Mil, du acr de Novembre de l'an 1695. I£n tnî de quoi le présent brevet a été 
« délivré pBi Nom Charlui d'Hoiier, Conseiller du Roi et Carde do l'Armo- 
* liai de Prnnce. 

Fait i Paris, le ij' du moii de Dè.-cmbrc de l'an 1698. 

01 Cf. Btl/irt tt wi Tirritairi, p. 85. 



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Bclfort la libre jouissance de ses privilèges siîculuircs, ainsi 

qu'il l'avait fait )x>ur Strasbourg I . 
Voici l'acte souscrit parle délégué belfortain: 
" l'ar deuant moy, Notaire royal résident à Strasbourg sous- 

ti signé est comparu le sieur Thomas de la Porte, ancien m* 

• bourgeois île la ville de DelTort, au nom et comme fondé de 

I procuration des m' bourgeois et conseillers de lad. ville, 
« lequel, aud. nom et en lad. qualité, a promis à Sa Majesté et 

• â nos Seigneurs de son Conseil de payer en cette ville do 
« Straslxmrg la somme de troistc mi! liures tournois nionnoye 
« ayant cours dans cette prouinco. st,'avoir moitié aux fcslcs de 

• l'aHqucs prochaines et l'antre moitié au jour et fesie de St- 
« Jean Baptiste ensuiuant, moyennant lesquels ofTros il supplie 
u très humblement Sa Majesté d'accorder par édil aux magis- 

• trais et bourgeois de lad. ville la conlirmation de tous leurs 
« priuilèges, les élections libres de toutes charges qui composent 
u le corps dud. magistrat et qui on dépendent, leur Jurisdiction 
<• et l'administration des reuonus de lad. ville, ainsy que Sa 
« Majesté a fuit à ceux de Strasbourg pour iouir dcsd. priui- 
■ l^ges, élection desd. charges, Jurisdiction et administration 
« des reuenus à l'aducnir, ainsy qu'ils ont fait par le passé 
« sans qu'il y soit innoué aucune chose; en payement de 
« Inquelle somme de treize mil liures aux termes ey dessus dits 
•> le sieur de la Porte, aud. nom et en lad. qualité, a obligé tous 
" les biens, rentes et reuenus présens et aduenir de lad. ville 
« de Bcffort. Fait et passé aud. Strasbourg le dernier jour du 
« mois de Januier mil six cens quatre vingts treize, en présence 
tt de Benoist Barbaud et de Jean Gacon domeurans and. Stras- 

II bourg, qui ont signé avec led, de la Porte et moy notaire 
u sur l'original des pntes remis cejourd'buy à monseigneur 
« l'Intendant, n 

B Didier Dutel », 
Il y a loin de 1307 â IG03, et ],ouis XIV, roi de France et de 
Navarre, n'était pas Renaud de Bourgogne, comte de Montbé- 
liard !... Inutile d'ajouter que la trop naïve proposition des 
magistrats n'eut pas de suite. Les pauvres gens, bien déçus, en 
furent quittes pour les frais d'un inutile voyage et le coût d'un 

(1) n Sa MajpHé confi.mora Imi» Ici 
I Coutumes do Ja ville ite Sltdsbo irg, 
leplpmbrc l6Hi. 



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ncle noluriû dent le duplicalu, conservé dans nos archives 
m un ici paies, rappelle seul ce singulier épisode de nos annales (I). 

Plus que jamais, le duc de Mazarin iiersiHûra dans ses 
entreprises usurpatrices. Son prtivôt, Mclcliior Noblat, tout 
dâvoiié à sa ville natale, voyait avec chagrin ces agissements, 
auxquels sa charge l'obligeait de prendre part contre l'intérêt 
de ses concitoyens. C'était un homme capable : docteur en 
médecine, il n'avait pas hésité à aller se faire recevoir licencié 
en droit, ((«and l'Arrêt du Conseil d'Etat du 17 octobre I68G, 
dans le ))ul de retrunclicr les abus qui se commettaient dans 
l'administrulion de la justice, eut exigé que tous les baillis et 
juges seigneuriaux fussent gradués. 11 décida qu'il résignerait 
ses fonctions dès qu'il aurait été remplacé. Mazarin choisit un 
nommé Stadcl, lieutenant de la Seigneurie du Kosemont. Mais 
ce Stadcl n'étant pas né à Delfort, c'était au mépris le plus 
flagrant de la Charte de 1307 (juc ce choix était fait. On sait, en 
elTet, quelle disait formellement que le Seigneur se réservait, 
pour lui et ses successeurs, le droit d'établir un prévôt ou maire, 
qui doit être un des bourgeois de la ville « ou ung altrc si on ne 
trouayt esd-tjeu qui le voulut estre (C) n. Or, le duc n'avait 
fait aucune démarche pour trouver, dans ta ville, un bourgeois 
capable de remi»Iir cet office. Aussi, les membres du Conseil 
des Xeuf déclarèrent- ils qu'ils refuseraient de rcconnaitro 
l'intrus. L'énergique résistance de leurs ancêtres aux tentatives 
anticonstitutionnelles du sire .1. J. de Morimont leur revenait à 
l'esprit (H). 

Le Mazarin, furieux, se hâta de faire assigner les Mailre- 
Uourgeois et Magistrats de la ville de tielfort aux Requêtes du 
Palais de Paris « pour faire ordonner qu'il pourrait disposer de 
l'office de Prévôt de ladite ville en faveur d'un étranger, b Les 
Magistrats répondirent que cela était « au préjudice du droit 
des bourgeois auxquels lesdits Magistrats soutenaient qu'il était 
alTccté suivant leurs titres ». 11 s'adressèrent au Conseil d'Klat 
et, le 38 juin 1698, obtinrent contre le duc de Mazarin un arrôt 
([ui défend:iit à celui-ci de se servir de lettres de Commillinius 
ou d'évocation pour traduire les sujets d'Alsace hors de leur 



(t) Atch. de BelEort, AA i-3. — Communication de noUc (rèi-obticrant col- 

léguE M. D.ibail-Koy, auquel noua adreiiona ici nos plus sincères rc 
;■!) V. Us Cha)>itre> II J I el IX J It do ceUc Eiiidir histarijai. 
(3) V. Chap. VII i IV. 



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ressort, i'inlontion <lii roi étant tie ne pas les distraire de la 
juridiction de leurs juges naturels (I). 

Ne se sentant pas aussi soutenu au Conseil souverain d'Alsace 
qu'au Palais de Paris, le duc de Mazarin renonça à ses exhorbi- 
tantes prétentions, et bicnlàt il put pourvoir de roHice de 
prév6t un bourgeois indigène, François Noblat, destiné à être 
pendant de longues années à la tête de l'Administration 
Seigneuriale. 

Tous ces travaux entrepris sur tous les points ù la fois, tout 
ce remue- ménage de militaires et d'ouvriers, n'étaient pi«s sans 
changer les conditions d'existence de nombreux Jiabitants et 
sans déranger la manière de vivre des bourgeois. Les chanoines, 
surtout, habitués à une vie tranquille et réglée, se sentaient 
plus troublés que d'autres. « Le cloître, dit M. Liblin, était 
menacé d'une ruine prochaine. La vétusté de sa construction, 
la poussée des terres remuées pour la défense du château, 
l'usage que l'on en avait fait pendant plusieurs années comme 
magasin d'artillerie, les dégâts causés à sa toiture par l'éclat 
des mines mises en œuvre par les travaux de fortification, 
l'avaient mis dans un état déplorable ; sa charpente était 
pourrie, et le chapitre en demandait la restauration (3j «. Il 
s'adressa à l'Intendant d'Alsace pour le mettre en demeure d'y 
procéder au compte du roi ; il répondit que ce soin ne le 
regardait en rien. 

En 1G88, le moulin banal de Belfort fut démoli pour l'établis- 
sement de la ville neuve. On sait que le Chapitre avait sur ce 
moulin une rente de 22 livres, qui lui avait été donnée par la 
comtesse Jeanne, lors de la fondation de la Collégiale en 1342 [lï;. 
Il se trouva donc privé de ce revenu. Mais le moulin ayant été 
reconstruit dans l'intérieur de la nouvelle enceinte et sur le 
canal qui traverse la ville, le Chapitre fit assigner, le 17 février 
1694, l'Intendant d'Alsace pour lui faire continuer la rente et le 
paiement des arrérages depuis 1688. Le 5 féxrier 169r>, le 
Conseil souverain rendit un arrêt, qui ordonna la continuation 
de la rente sur le nouveau moulin et le paiement des arrérages 
depuis le moment oit l'ancien avait cessé de moudre. 

.1) V. UrdomiaiicetdAhacf, T. i., p. ^^3. 
ï) Les Eglises Je Bit/art. p. 5^. 
(.() Cf. Chai>. 111 ( U do celte Etwin. 



.dbyGOOgle 



Le Magistrat et le Chapitre étaient, à cette époque, loin de 
vivre en bonne intelligence. Les conilits étalent fréquents ; il 
s'ensuivait des procès dans lesquels succombait tour à tour 
l'une ou l'autre partie. 

Dans l'année 1695, une contestation assez vive s'éleva au 
sujet d'un droit de 10 sous que percevait la fabrique de l'église 
de tirasse pour chaque baptOme carillonné, conformément à ua 
règlement du 1 2 mars 1689. Le Chapitre s'opposa à la perception 
de ce droit. Le 16 octobre 1695, le Magistrat, administrateur de 
la fabrique de St-Christophe, et les délégués des villages 
paroissiens prirent une série de mesures contre les prétentions 
du Chapitre.Non seulement, ils maintinrent le droit en question, 
mais ils décidèrent encore que la fabrique de Brasse resterait 
en possession de celui de faire payer, à son profit, la somme de 
10 livres bâioises par les familles qui feraient enterrer l'un des 
leurs dans la nef de l'église. L'assemblée résolut en outre que, 
dans le cas où le Chapitre voudrait s'opposer à cette taxe, le 
Magistrat devra, au nom des paroissiens, la maintenir par 
toutes les voies de droit (Ij. 

l'resqu'en même temps, avait surgi une autre querelle, plus 
particulièrement grave, puisqu'elle fut accompagnée d'actes de 
violence. La fabrique de l'église paroissiale, c'est-à-dire encore 
le Magistrat, avait seule le droit de faire carillonner aux 
baptêmes, à l'aide des cloches qui lui appartenaient, et d'en 
toucher le profit. Le marguillier du Chapitre, Pierre-François 
Antonin, prétendit qu'il pouvait aussi sonner chaque fois qu'on 
s'adressait à lui. Les fabriciens ne voulurent pas soufTrir cet 
empiétement, et, afin de l'empêcher, firent fermer, par une 
porte, l'endroit du clocher où était le carillon. Incité pur les 
chanoines, le marguillier brisa cette porte. Arrêté par ordre du 
Conseil, il fut emprisonné, traduit en justice sous l'inculpation 
de bris de clôture et pour » avoir cmpesché le proffit qu'il 
a s'attribuait mal à propos en carillonnant les cloches qui 
" appartiennent à la fabrique, soit de sa part ou de la part de 
« Messieurs du Chapitre «.Condamné, il porta appel au Conseil 
souverain. Le 18 décembre 1695, les magistrats, auxquels 
s'étaient joint:» plusieurs des paroissiens les plus notables, 
résolurent de répondre à cet appel ; et, a vu que Messieurs du 

(I) Cf. ]. LisLix, up. cit., p. ai. 



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^ 276 — 

« dhapitre estoicnt les autheurs de ladite Tmcture de la porte, 
a voullant attribuer à leur marguiller un droit qui appartient 
« directement à la fabrique, si elle veut bien en imposer sur 
« les parrains et marruincs lors'iue l'on Tait dus baptêmes », ils 
décidèrent de Ttiire iiilervenir le Cbapitre comme complice du 
délit commis par Antonin. Le Chapitre fut donc cîti'- n pour 
« s'entendre condamné à se désister de ses prétentions et 
c entendre dire que les fai}riciens sont maintenus dans la 
a possession des cloches et du clocher, dont l'enlrée du bas 
■1 restera libre pour permettre à Messieurs du Chapitre d'aller 
« aux cordes pour sonner quand bon leur semblerait; que les 
• veilles des jours de fête solennelle, la clef tle la porte du 
« carillon leur serait remise, ainsi qu'on l'a toujours ofîert. « 
« charge de la restituer dans la matinée du joursuivant à celui 
a des membres de la fabrique qui en a la garde, n Les fabri- 
ciens et paroissiens déléguèrent à Hrisach Thomas Delaporte 
pour poursuivre la cause ; nous ignorons quelle fut la décision 
du Conseil souverain. 

Autre conflit, deux ans plus tard, à propos d'un maître 
d'école. 

Nous avons dit précédemment (Chap. VIII § IV) qu'il y avait 
deux écoles : l'une plus spécialement cléricale ot relevant du 
Chapitre ; l'autre, communale et aux frais de la ville. Maisjl ne 
faut pas croire pour cela que celle-ci était complètement en dehors 
de la surveillance cl de l'aulorilé capitulaire. Puissant comme 
il l'était alors, le clergé s'attribuait en beaucoup de choses ^ 
— ce qui souvent n'était pas un mal — certaines prérogatives, 
surtout dans les questions d'instruction. A Uelfort, le Chapitre 
s'était réservé, sur le choix du muitre d'école, nn droit d'agré- 
ment dont il se montrait très jaloux. Aussi le Magistrat ayant 
institué un maître sans en avoir référé au prévôt de la Collé- 
giale, celui-ci présenta, le I" octobre 1697, au vicaire-général 
de Besançon une requête tendant à faire déclarer que le Magis- 
trat devait soumettre les choix au prévôt. La requête concluait, 
en conséquence, à ce que l'interdiction des maîtres et maîtresses 
d'école institués en dehors du Chapitre fut prononcée par l'au- 
torité ecclésiastique. Ce qui fut admis, et, le 7 octobre, la déci- 
sion fut signifiée au Magistrat par le notaire royal Mangenot ;I '. 



(1) Cf. J. LlBLIN, op. cil., p. 56. 



;dbvGOOgle 



~ 271 — 

L'année suivante (1698!, Jean-Antoine Savin, prévùt du Cha- 
pitre et curé primitif de Brasse, dcmunda que la paroisse lui 
fournisse une ninison curiale. Le Magistrat, agissiint comme 
administrateur de la fabrique, assisté des délégués des villages, 
se ri^unit le 20 avril à I1iôtel-de-ville et délibéra a qu'en réponse 
B à la requête du S' Savin, l'on sen met au refus de lui fournir 
u aucune maison curiale, ne lui étant point due de la part de la 
« fabrique. » L'assemblée décida à l'unanimité qu'en cas de 
poursuite ultérieure « par ledit Savin, on lui répondra par 
« devant le juge compétent (Il ». 

Nouveau et plus grave différend en Janvier 1703. Voici 
comment s'exprime J. Liblin à ce sujet : « Le chanoine Charles 
venait de mourir et il fut inhumé dans la nef de l'église Si-Denis. 
Thomas Delaportc, maitre-bourgeois, réclama à l'héritier du 
chanoine le droit de 30 livres, qui était dû à la fabrique pour la 
place donnée au défunt dans ta nef. Le Chapitre prît fait et 
cause pour l'héritier et prclendit que, comme chanoine, le défunt 
était exempt de la taxe réclamée. Cette intervention n'arrêta 
pas le mailre-bourgeois, qui fit assigner l'héritier devant le 
bailli, dont la décision fut conforme à la demande de l'adminis- 
trateur de la fabrique. L'héritier du chanoine, ou mieux le 
Chapitre, ne se soumit pas au jugement. Pour le faire exécutci*, 
il fallut mettre en mouvement le sergent de la ville, Antoine 
Degcn, qui signifia les actes et opéra la saisie. Elle fut validée 
le jeudi suivant en t'audiencc du prévot-bailli et du Magistrat. 
L'affaire fut ensuite portée devant le Conseil souverain, où elle 
fut vidée en dernier ressort. Les pièces manquent pour dire 
quelle fut l'issue en instance d'appel [2). jj 

En I70i, le Magistrat refusa de délivrer le bois d'affouage de 
la forêt du Salberl auquel les chanoines avaient droit. Un arrêt . 
du Conseil souverain, rendu le 21 février, maintint les chanoines 



_. _) de Henry Vrrmi-r, J.-P. Chirdouillel. DaviJ GiOoutel. Thom^ 

j.C. Bellol, David Pierion. Guillaume Clerc. Ch.-F. Monnier. F. Thomi 



(1) V. LiBi.iM. op. cil., p. 23. — Celte délibération du 3o avril 1698 porta Ici 

■VoiUnd, de Crsvanche ; Guill.iume Koïsel, Cl.-Françnii Montel e 
Ctiampagne. d'ORemont ; Jean Bourgeois et Claude Violand, du Val 
ont déclaré ne savoir signer, mais adhérer. 

{1) LiBUM, op, cil,, p. 57. — M. Liblin ajoule, à lort, que le Conseil 
srèfeail alors a l'tle-de-l'aïUe Jsur le Rhin, en Face de Brisach). Il étal 
moment à Colmar,. où 11 avait été transféré par Lettres- Patente j du 



,db,Googlc 



— 272 — 

dans leurs droits et condamna le ^tagi8t^at à leur faire mar^Uef 
le bois d'affouage comme du passé. 

On voit par tous ces détoils, un peu longs peut-être et que 
certains trouveront trop minutieux, que le Chapitre, cherchait 
noise, en tout et pour tout, au Conseil des Neuf, adminislruteur- 
né des deux fabriques. Non content de l'animositi' qu'il semait 
et entretenait dans la paisible population belfortaine, il prolitait 
de la situation créée par la transformation de la ville pour 
adresser d'incessantes Vëelamations ù i'uutorité supérieure, et 
toujours dans le but d'en tirer le plus de profil possible. Nous 
l'avons vu tout-à-l' heure demander la restauration du cloitre 
attenant aux maisons canoniales. Nous allons voir maintenant 
comment il sut profiter des circonstances pour anéantir com- 
plètement l'bApital de la comtesse Jeanne ou des Poules. 

Ainsi que nous l'avons dit (Chap. VI S 111), les chanoines 
s'étaient successivement emparés, par les moyens les moins 
avouables, de pre8(|ue toutes les prébendes cD de l'administra- 
lion des revenus de cet hôpital. Ils enjouissaienten paix depuis 
de longues années, et personne ne songeait plus ù les inquiéter. 
Quelques murmures arrivaient bien encore à leurs oreilles, 
mais ils étaient si anodins, si peu fréquents qu'ils songèrent k 
supprimer définitivement ce vieil établissement de charité et à 
en efTacer même le souvenir (1j. 11 restait six ou sept prébendes 
que, petit à petit, ils méditaient d'éteindre, mais un obstacle à la 
suppression de ce reste était la maison qui servait d'hôpital. 
Cette maison était un témoin permanent de la fondation, et ce 
seul vestige sufiTisait pour troubler la tranquillité du Chapitre 
Celui-ci se détermina prudemment à faire disparaitre tout ce qui 
pouvait rappeler I idée d'hôpital, et il crut que rien n'était plus 
favorable à cette idée que de faire passer lu maison entre les 
mains d'un tiers. 

L'occasion n'était-clle pas on ne peut plus propice ? L'état de 
délabrement du bâtiment, les vieux fossés qui le joignaient 
comblés par les entrepreneurs des fortifications, les chambres 
des pauvres malades rendues inhabitables par suite de l'humi- 
dité et des émanations malsaines de flaques d'eaux croupies, 
n'élaienl-ce pas de bonnes raisons à alléguer.' Les chanoines 
les tirent valoir dans lu requête qu'ils présentèrent, en 1690, au 



(Ij Cl. l'abbé HuMBilECHT, M.-mQÎri hhl. lur Us HàpUaax Ji Btifarl, p. l 



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-273 - 

duc de Mazarîn, patron de l'hôpital. llsluî exposbrent que la 
maison des pauvres était dans une extrême ruine ; que tant par 
négligence des anciens administrateurs que par les travaux que 
le roi Tiiisait faire à Belfort, celte maison était inhabitée, et, 
partant, inutile ; que les revenus de l'hôpital étant Taibles ot 
insullîsanta, il convenait de vendre cette maison et d'en 
employer le prix au profit des pauvres. Le duc de Mazarin se 
trouvait justement à Giromagny, où il était allé visiter ses 
mines du Rosemont il). Dév6t comme il l'avait toujours été, il 
ne douta pas de la sincérité de l'exposé ; il le crut véritable et y 
consentit le ii juin 1690, à condition que le prix serait employé 
en œuvres pies, suivant que Tarclievéque de Besançon le 
trouverait à propos. Ce consentement suggéra aux chanoines 
une autre idée ; comme le prix était destiné à des œuvres pies, 
ils se présentèrent à l'Ordinaire, auquel ils indiquèrent l'usage 
qu'ils comptaient faire du prix de la maison : ils proposèrent 
l'établissement d'un nouveau chantre et de deux nouveaux 
enfants de chœur auxquels on fournirait le logement et les frais 
d'entretien. « Bien entendu, ajoutèrent les chanoines, que 
quand il n'y aurait pas d'enfants de chœur, le chantre aurait 
moins. » 

Cela n'était pas du tout maladroit de la part des chanoines, 
car il aurait dépendu d'eux d'instituer ou de ne pas instituer 
d'enfants de chœur, et, par conséquent, de donner au chantre 
la plus petite portion, gardant ainsi pour eux ce qui était des- 
tiné aux deux enfants. Ils proposèrent, de plus, qui) leur fut 
permis de faire ta distribution aux pauvres, et comme d'eux- 
mêmes ils s'étaient déchargés de trois messes et qu'ils n'en 

9 de Roieniont tt 

_:îqiieï de BelforI (formel el foui 

n uV Idmï'nT.lr 
Boii-de.(,h«ine, dil, d«na 'tin Rtcuril mumorablt, que o le lo de Mav {ai . 
n. Sl.| ififif. MBzarin a eil« irailé à la forge de Belfort par le S' BbtW. ad 
diateur d'icelle>. ICn 1690,1e dirrclFUrdetfargenenommail Bregenlzer. yueli 
nnnèea Bprèi, n oui voyons, comme dîrec Leur dei mines de jiromagn/ ei 
(orge* de Belfo.'t. Jacquei Dupin. uuquel succéda Phitippe-Michel d'Anth^s. 
en 1640, b Weinheim (dans le PalatinBl) d'une famille originaire de l'île 
Gotbitind. d'Anlhès perdii, à la suUe dei guerres une grande partie 
lune. Il se décida, en 16;^. i quitter le Palatinat, ravagé par Tiireni 
ville libre de Mulhouse, où il olili 



décida, en 16/4, i quiiter le Palatinat, ravagé par 
le Mulhouse, où il olilint au bout de vingt an<, le o nouL m^, le 
droit de bourgeoiiie. C'est à celle époque que Mszarin. ayant eu l'occaiion 
d'apprécier ifi connaissances métallui^iquei, le prit à sou service en qualité 
de lïirecteur dei mines du Roiemoai, ainsi que, des forges et bauls-Coutoeaux 



d« Bolfort. il n 



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-274 — 
disaient plus qu'une par semaine, ils demandèrent de transférer 
celtft messe à la collégiale, L'Ordinaire conçul bien le but des 
propositions et les évita par son décret du 28 juin 1(>90. Il per- 
mit la vente de la maison, mais au plus oITrant et dernier 
enchérisseur ; il ordonna que le prix serait employé en acliat de 
Tonds ou rente solide et que le revenu ser\'irait à l'entretien des 
pauvres. Quant à la messe, il consentit à sa translation à la 
collégiale. 

On avait linte de terminer celte affaire ; aussi l'on passa sur 
les formalités. On ne lit pas de publication, et, quatre jours 
après la décision de l'Ordinaire, la maison fut vendue à Dufaux, 
bourgeois et membre du Conseil des Neuf, pour 2(I0U livres 
qu'on laissa en constitution à l'acquéreur pour en payer 
100 livres annuellement. Comme c'était le bien des pauvres 
qu'on avait vendu, le contrat aurait dû être passé sous le nom 
de l'hôpital ; miiis le Chapitre eut la |)rudenLo de le faire passer 
sous son nom, de sorte que cette maison fut confondue parmi 
les biens du Chapitre avec les autres revenus de l'hôpital, 
comme les dîmes de Meroux qui y ont été incorporées et mises 
dans la mt^me catégorie qu'eux. 

Il n'y avait plus de débris de l'hôpiliil des Poules que quel- 
ques pauvres malades qui furent obligés d'aller demander asile 
dans l'hôpital des Bonrgeoh- ■ 1 1. 

La corporation des Marchands ou Confrérie de Sle-Barbe, à 
laquelle était due la fondation de cet élablissement et qui eon- 
tinuiiit à l'entretenir avec le plus grand soin, était alors dans 
un état des plus prospères. Ses anciens Statuts avaient élé 
successivement confirmés en l'i62, 149'2, 151.5, 15G7 et 1592 par 
les archiducs d'Autriche, mais à partir des guerres qui avaient 
désolé le pays, c'est-à-dire depuis celle des Suédois « jusqu'au 
u moment où la ville de Ihdrorl a eu le bonheur d'être sous la 
B domination du roi de France », ils ne lavaient été iju'indi- 
rectement par le traité de Westplialie. Kn ICi)7, les marchands 
adressèrent une requête « tendante à ce qu'il plaise au Iloi leur 
vouloir octroyer acte de leurs Statuts et Privilèges, 1rs remettre 
en possession d'iccux et do les en faire Jouyr comme ils estoient 

(I) V. Henri Bardv. Ccup d'ail sur fhisivirt d*s Hvbilaux, dt la Médecine 
et de la Chirurgie dans le caiiUn de Uelfi/rl IRevue d'Alsace. tB.îr, p. 487), — 
L'at>bè HUMBRECHT, Mémoire historique sur les Hôpitaux de Bel/art, pp. lî, 14 



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-2% - 
feupposds jouyr et jouissoient d'iceux aïant la malhcureilsé 
guerre de Sutde on ce pais. » Louis XIV fit droit à cette 
requête cl, le 2(i mai 1698, ordonna que les Statuts seraient 
homologués au Conseil souverain d'Aisaco pour être exécutés 
selon leur forme et teneur, en y ajoutant néanmoins cette clause 
" que dans les assemblées desdita marchands il ne sera traitté 
autres choses que celles concernantes la manutention de leur 
négoce, n 

Nous ne donnerons pas ici les vingt cinq articles des Sfaiu/s, 
Rpglemcnls ot PrivUéçjes de l'honorable Corps de Marcliand" 
de la ville de Belforl, dont nous possédons l'original, on un 
cahier sur parchemin petit in-folio de 16 feuilleta. Ils ont élé 
publiés dans la Reçue d'Alsace de 1886 (p. ?3-2 -3î3! par P.-E. 
Tucfferd, d'après une copie sur papier trouvée aux archives de 
Montbéliard. Le texte de cette copie est conforme à peu de. 
chose près à celui de l'original il). 

Ces î^tatuts avaient le plus grand souci des intérêts de 
l'hôpital Sle-IJarbe, ainsi <[u'on le peut voir par les stipulations 
de quelques articles. 

« Lesdits marchands auront pour patronne ot protectrice la 
H bienheureuse Saincte- Barbe auquel jour le corps des marchans 
a faira ceilebrer la Saincte messe solennellement a Diacre et 
tt Sousdiacres, à laquelle assisteront tous les marchans, mar- 
u chandes, garçons et apprentifs, à peine contre les dcfaillans a 
« l'esgard des maistres de vingt sols, moitié au prollit de la 
a maislrize, et l'aulre nioUié à l'Iiospitid Slo Barlie.... » 
Article l""), 

u Que celluy <iui dans les assemblées ne parlera auec respect 
V et modestie, qui sera assez imprudent et téméraire de taxer 
« quelqu'autre d'injures ou baillera un démenly sera à l'amende 
11 de trois liures, et même celluy, qui de querelles ne se 
B voudra recôncillicr avec son aduerso au dire des niaitrcs du 
« corps sera a l'amende de dix liurcs moitié nuprof fil de Vhopilal 



(I) NoLis ierons observer b ce propos que M. Tueffurd, dam les queltju» 
mois doDl il a fait piicéder la copie ilcs Stalui;. a commii une groise eneur 
en prenant le recueil des droits, mages et coutumes de la ville de Belforl, 
connu sous te titre d'Urbaire lia 1472. pour de soildisant Slaluls délivrés b celte 
date par l'archiduc Sigismond d'AutricîiE. On a vu, dans le Chap. Vt î IV de 
celle Elude kisiariqui que le recueil de 1473 est dû à l'Administration bourgui- 
gnonne de Charles-le -Téméraire (^^6g-l4^^), el qu'a celle époque Sigismond 
n'avait plus rien à voit duns les terres du Landgraviat d'Alsace ou de l'Auiriche 



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-276 — 

ti Saincfe Barbe, et l'autre moitié à la maSstrise » (Art. 5). 

a Le maître d'apprentissage qui aura donné un certificat 

(non véritable) condamné à cent liures d'amende, et les autres 
ï cerlilllcateurs chacun en cinquante liures, moitié au proffit 
n dudU hoi\nla{ ii"-Iiarhe et l'autre moitié au profllt du corps 
« des marchands ». (Art. IJi. 

« Il ne sera permis à aucun marchand d'ouurir entièrement 

1 ou à moitié sa boutique pour vendre sa marchandise les jours 
" de Testes et Dinianchoa a peine d'un escu d'amende, lamoitié 
<• at( iproffU dudit ltospila.1 Saincte-Bnrbe et l'autre moitié au 
1 profit du corps des marchands.... » Art. 16'. 

a Les maistres jurés ont et auront droit d'inspection, sans 
tt préjudice de celluy de Messieurs du magistrat, sur tous mar- 
u chands tant sur ceux qui seront trounés vendre auec des poids 
« légers quauec des aulnes et mesures qui seront courtes, 
« comme aussy sur ceux qu'ils trouueront vendre ou auoir 

• vendu des marchandises de mauvaise condition, qualité ou 
« inTecle, el sur iceux taxer amende au profllt dudit corps par 
•I moitié aucc ledit hospit&l S'*-Biirbe suiuant l'exigence du 
B cas B [Art. 17'. 

<i Lorsque ladite Kauflliaus sera édifliée, les marchands 
R estrangers ne pourront descharger en aucun autre lieu que 
ce soit leurs marchandises que dans icelle a peine de cinq 
liures d'amende moitié au profOt de la maistrîse et l'autre 
» moitié Hudit hospital Saincte-Barbe » (Art, 20). 

" pour le droit d'enregistrement, chacun des marchands 

• étrangers) payera suiuant son négoce sçauoir de trois liures 
" jusqu'à cinq liures par chaque enregistrement qui SP}-ont 
' rétribuées audit kospitat S^-Barbc et employez aux pauvres 
» honteux comme de toute ancienneté » (Art. '2h). 



§ VI 



?ur ces entrefaites les travaux de rortifications avaient élé 
menés rondement. Au commencement du printemps de l'année 
1G98, Vauban vint les visiter, pendant le voyage qu'il fit sur les 
frontières par ordre de Le Pelletier de Souzy, commissaire- 
général des fortifications depuis la mort de Louvois en 1690. 

Le 24 avril, Vauban, après s'être rendu comp'te'de la situation 



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(le la place, adr.;s3a à son chef le rcsultal de son iiispcclion I], 
et. le 2%, il lui écrivit tic lluninguc: « UelTort m'a tenu plus 
« longtemps que je n'avois espéré ; j'y ai trouvé beaucoup de 
' choses à voir et y examiner qui, joint uu mauvais temps qu'il 
« a fait, m'a empcsché de faire plus de diligence {2) ». Après 
avoir visité le château de Landskron, dont il parle assez longue- 
ment dans cette lettre, il se dirigea, pur Colmar, sur Brisach, 
d'où il envoya, le 13 mai, au commissaire-général une a ins- 
truction particulière des ouvrages qui restent h faire à la forlili- 
cation de Heffort iJ). » 

Nous avons sous les yeux un très-benu plan manuscrit, très- 
bien dessiné avec teintes au lavis, et ce titre ; BE^Konr. l'iaa 
(fit itouueau Projet de M' de Vauban cliifré, 1698. {'i) Il a, très- 
certainement, été fait par ordre de l'illustre ingénieuret d'après 
ses indications, lors de son voyage en Alsace. Les ouvrages 
achevés ou en construction sont teintés en gris et en rose : ceux 
à faire le sont en jaune. Un de ces derniers ne fut même jamais 
exécuté ; c'est le grand ouvrage à cornes destiné à couvrir le 
bastion de la Tour des Bourgeois et dont Vauban parle en ces 
termes : « Sur la hauteur opposée au château vers le nord on 
<• élève un ouvrage à cornes irr6gulier construit parressauts à 
« cause du commandement sur lequel il est assis. Son front est 

couvert d'une demi-lune, et le tout enveloppé d'un fossé, 
• chemin couvert et glacis, excepté dans les endroits où l'es- 

1 carpement ne le permet pas. a 

Cinq ans après, le gros-œuvre était à peu près terminé et 
Vauban, revenant de Vieux-Brisach, dont il avait dirigé le siège, 
vint à Belfort faire la réception des travaux. Il était dans cette 
ville le 3Ô Octobre 1703, d'où il écrivit au marquis de Cbamil- 



(1) Elal pristnl dt la farlifiealien àt Btffarl inon lignt), Manuicrid de Vau- 
ban, à la HibtîolhAque ae ta Section technique du Ueiiie 4 Parii. 

(21 Da Paris à Brisûck. LeUrei iniJItci d« Vauban 'Revue bleue, a' vol. de 
1897, p. 200). 

(3) Manuicrili de Vauban. Bibliath. de U Hect. lechn. du Gjnie. 

(4) Ce plan mesure o™ 49 X 0™ 38 et est 4 l'Achette de 139 toises. Il présente 
deui partie idarilés qu'i] est bon de signaler. La première c'est que la couvent 
des Capucins «it marqué comme destiné 4 être rasé dan« l'intérêt de la défense; 
la seconde est l'indication que la Sivoureuse devait être endiguée depuis le 
poni de la roule de Bflle (qui, à cette époque, paiiiait entre l'ounage à cornes 
de la Miotle et l'enceinle de la villej jusqu'après les Capucins, en face du 
Kouineau, Les cliiffies sont ceux de la nomenclature technique dunt on se icit, 
en foriillcation, pour désigner chaque ouvrage. 



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rii-.in I ,i\ -.r-;-* ri.', on r,>* i-nt x [.■■;'ti--r •{•i-: f;ir ■[■■u\ [>i)rte^. 
'/■:.É,-,.| ofi arr;i- pir i.'s ri)i;ti-= iL- fr;ir..->- -c 'iH'- L^n a friintlii 
l -1' .ÉT.f'^i-. im-r -jr;!,:.!.- r-.,iirr.r.^ *.■ 'i..^ ■■;■■;-■;!.;. tLin-ln-''* il vh:t<{u>i 
•■•iir-'-.-n.''- ;i:ir ur,-- t^nr lia*:. T.ri-'-i ■'. . rr>r— i./lL'i--iii-'nC i.-on.struite 
» i.-|,r.'ui.-.l.ï !,il, i.Mlv, Ju-'^ iui m..:-!! <.}iivr^ U Poi-te-^i^ 
Krrfr,' ■■. ■! Un t:f->c Cr.--.-ilr';..r;iîi:, Aa-I-^-m-* Je 1 iijv.'rtiire et 
.-.it.--; 1 -H H.-.i\l.,.i^i -4 fti-,f,..!;-*\.:rf. ;.»:.;■* .U [. ia:-!.-i.i-=. .-s: un 
?i'i]iti-li; fr-inn*,!..- ■ -.-idt.tiî. ■! un ^)it t!-.-i-art,-iti [U" et durit; 
'■ï'-'-L-nt- •:■(.;, -mi ,n. r>-i'r>f-ii-nt.(iit i'i---ii fl ■■jril-?!y*tf. iTit.i:irë dt 
froi.L.-'ïH .[ «nn-i .'t -.iirmont.: .!.■ h> >• >iironn.î rovLiI.-. Au-.IfS!=u«. 
<l,.n- lin r-,irt..ii'^l.^, .■,! U .Lit.; M!>i LXXXVM i" .U- ta oon:itruc- 
ti'.n .1- II- hi-\ .'.liri.;.:. fl.-.rit !-■ IVont..n .?sl .>rn.^ Jun s.)I.-il. 
/■rnl.li-r)..: du irran-i roi, avec son orgu.-ilkiise .(eviw Ye.-j./i<r«- 
//iw iiiiinr. tr *;onr'inni'- .'n aniorlis-^rnient à ctiurun de ses 
ari'.'i'i d uni; t>nndir flumlMur.;. lîi.-n [n-u. )>armi les villes forli- 
Jif-iv fni constriiilt s p.ir 1 illustre inL''>nieiir, pouvaient se 
v.int'-r d'HOir un uitutii Ik-uu morcfitu d'architecture militaire. 
I.A l'ortf if'AIxaie ou </*> Iirii:>ch. dune élévatian moins 
irraiidf i.t d unt-omt-mt-ntalion plus £oI)r>>. était beaucoup moins 
inip'i^itiil'-. I.i: xoifiina^i; di; la roche du château elles ditlîcultès 
du l'-rrain avai'mt umprchc d«: la mettre au milieu de lu cour- 



'li V. la •.rurf. <U V^'ihnn ia Bull. hisl. et pkiUUg. du Cmiiè des Irctaux 
hist. fl tiifili/, Anneî iS-S, p. ïîJ. 
ri, HM. de la ■'ect. techn. du Genî':, à P.ui<. 

r',i>.lriiJt'. l;iie ytiie di la ville tl du château de Bê/orl destine sur U lieu par 
M' le l:/tivnlitr des Tiuthts. a une daie imJcteimin.ic. mai» qui nivis semble 
plut r»[)pr''f-hi^c île 17OJ qui de 1710, nom monifc cei Jours bislknniei avec 
uni; platn-f'.rmi- creiiclce ayanl une échauguelic aux deux aagics lei plus en 
viir. Ce dci'in seru ireu probablement reproduit dan* le BulletÎD, avec lei com- 
mciiiairci ijn il ncce--iiic, ce qui nous dispense d'en parler ici. 



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tine. qui ne pouvait ainsi présenter la régularité de celle de 
l'ouest. Mais ce qu'elle perdait en symétrie, elle le gagnait pur 
un aspect bien plus pittoresque et guerrier, s'iiarnionisant 
mieux avec les impressions sévères et un peu tristes qu'inspirent 
d'ordinaire les forteresses. 

Tous ces ouvrages militaires, lourds et massifs, n'étaient pus 
pourtant, dans quelques unes de leurs parties, dépourvus de 
détails gracieux. C'est ainsi que Ion remarquait, à l'angle 
saillant des bastions, de jolies ccliauguelfes (1), très-étroites, 
en forme de poivrières, portées sur un encorbellement en cul- 
de-lampe décoré d'écussons et de trophées, surmontées d'un 
toil en dalles amorti par une pomme de pin sculptée. II y en 
avait une fort belle à l'ungle saillant du bastion qui couvrait ht 
Tour des Bourgeois ; elle donnait un certain air monumental à 
cette partie de la fortification. 

L'ouvrage à cornes de la Miotte ou de VEspérance était 
surtout remarquable par la beauté, la solidité de sa maçonnerie, 
et ses arêtes en pierres de bossage où l'on voyait des culs-dc- 
lampe armoriés. 

Kn franchissant la Porte-de-Francc, on se trouvait dans ce 
qui sera la Villp iieiict^ de Vauban, comprenant une surface 
presque double de celle qu'occupe la vieille ville. Mais au 
moment où nous sommes, tout est vide encore, à l'exception 
des casernes, adossées aux remparts et qui faisaient, sans 
discontinuité, le tour des trois-quarts de la cité. Le canal était 
creusé et faisait tourner le moulin banal reconstruit à neuf. 
Des places avaient été réservées tant pour les bâtiments royaux 
et militaires que pour les édifices publics, mais elles ne reçurent 
pas toutes la destination à laquelle elles avaient été primitive- 
ment affectées. C'est ainsi que lors de la visite de A'auban, en 

(I) Eschaugutllt, eschargaiU, etcargatie, tsgarili», gariii, petites logrs des- 
tinées a abriter les sentinelles sur les tuun, rcmpsns, etc., particulièrement 
ilanK le voisinage des portes, aux angles des gros ouvrages. Dans l'architecture 
militaire, les echauguettes n'ont été abandonnées qu'après Vaul>an. On les 
tezardail encore comine utiles, même avec l'artillerie A feu. 11 va sans dire, 
qiTcn cas de siège, c'était ta première chose qu abattait l'assaillant, o Cette 
perfistance de I èchaiiguetle constate son importance dam les ouvrages mili' 
laires puisqu'on eut tant de peine à l'abandonner, mjine après que tout le 
système de la défente l'elait translormé. Le temps et tes lioulcts ont laissé peu 
de traces de ces petits ouvrag^^s que nous ne retrouvons plus que dans d'an, 
ciennes gravures j et c'est A peine si, aujourd'hui, sur nos vieux bastions fran- 

t>is, on aperçoit quelques assises des encorbellements qui les portaient, u 
'lOLLLT-LEDuc. Dîclioti'iaire raisonné d'Architecture, art. Echaagutllt, 



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ilO^. 1 on rôsolul de iMlîr le magasin militaire des vivres là 
où l'on 8'«-(ait proposé en 1691 cl'édilier rilôIcl-de-Vilk. 

Nous avons dit qu'une place avuit été ménatrtt pour une 
nouvelle église. Jamais prévision n'avait élC mieux justiiiée. 
L'église Bl-Denis était, par suite de l'agrandissement de la 
ville et de l'augmentation de la garnison, absolument insulTisanle, 
mais elle se trouvait, en outre, dans un état de délabrement 
déplorable. Des réparations, jusqu'alors ajournées, devenaient 
urgentes, et il fallait tout au moins exécuter les plus nécessaires 
|Kiur pouvoir se servir de l'édîrtcc jusqu'à la eonstruction d'un 
autre. C'est à quoi l'on se décida en attendant. Le I î juin ITtiT. 
les travaux furent adjugés à Henri tîougre jKiur la somme de 
4'i<l livres. « Ils consistaient dans la réfection et la réparation 
de la ramure qui couronnait l'autel du Rosaire jusqu'aux 
sièges du Magistrat ; dans la démolition de la tribune des 
vieilles orgues ; dans le crépissage et le blanchissage des 
parties du mur mises â découvert ; dans la construction d'une 
nouvelle tribune, au dessus du jubé, pour recevoir les nouvelles 
orgues ; cette tribune devait être de même longueur et largeur 
que les murailles de la chapelle Xotre-Dame-de-Joie, et enfin 
dans un escalier avec balustrade pour monter à la tribune « i . 

Quelque temps auparavant, le 11 février, le Conseil des Neuf 
s'était entendu avec Joseph Vaulthrin, facteur d'orgues de 
Ilemiremont, pour réparer celles de l'église. > Après les avoir 
visitées, est-il dit dans le registre des délibérations, il avait 
reconnu qu'elles étaient caducques et dépourvues de plusieurs 
fluttcs et autres choses capitales très nécessaires, comme de 
plusieurs jeux dont elles manquent. Nous, les maitre-bourgeois 
et Magistrat do Delfort, ayant égard â la décoration et 
embellissement de ladite église collégiale, le tout pour faire 
réussir à la gloire de Dieu, avons arrêté et convenu avec ledit 
sieur Joseph Vaulthrin de rétablir et refaii-c à neuf lesdites 
orgues suivant le projet et devis que lui-même nous a remis en 
main. » La somme demandée par l'artiste était de 75U livres. 
Le travail achevé, l'orgue fut expertisé, au cominoncenient de 
l'année suivante, par Claude-Joseph C upillard, artiste à Lure. 

[I) A celte époque llJOJ-^'i. L*uiï de Gaudeffroy, «cigneur de St. -Priva, 
écaytr. Conseiller du Roi était commiiiairc ordinaire Je sei gucires a la re i- 
dence de BelbrI. 

{î) J. LiQLi:!, Les Eglises de Belfort, p. jS. 



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La flèche de IVglise. qui avait déjà été reconstruite en 16Ô7 
avec riiorloge, tombait de nouveau en ruine. En 1711, le 
Magistrat, administrateur di- la fabrique, résolut de la remplacer. 
Le 19 avril, il adjugea pour 6.")0 livres la démolition de cette 
ril-c|ic et la construction de la nouvelle à Fidèle Strolt/, maître- 
charpentier, originaire du Tyrol et demeurant à Morvillars. 
D'une hauteur de 24 pieds, elle fut couverte en fer-blanc par le 
ferblantier Miinrique, moyeniuint -2-iO livres. 

Pendant celle période de temps, plusieurs autres travaux 
avaient été exécutes à BulTort. En I70-"), on fut obligé de 
réparer l'église de lîrasse, d'y mettre une charpente, de recrépir 
et blanchir les murs. Le devis estimait la dépense à 'i.'iO livres, 
mais on mit l'adjudication des travaux au rabais, et, le 19 
juillet, un mailre-maçon, nommé Christ Noir, en fut déclaré 
adjudicataire pour l'J8 livres. Dans cette même année 1705, il 
fallut encore réparer le conduit des eaux de la rue de l'Eluve, 
ainsi que les deux horloges de la ville. En 1700, on reconstruisit 
derrière la Maison de ville un local pour les .archives ; celui 
qui les logeait étant devenu insuffisant. 

Uien que les travaux des fortitications se soient ralentis 
depuis la dernière visite de Vauban, on n'eu continuait pas 
moins à exécuter différents ouvrages qui nécessitaient encore 
la présence de nombreux ouvriers. Un plan de Helfort, non 
daté, (]| mats qui est postérieur de quelques années à celui de 
1098, montre qu'il y avait des baraquements en deux endroits : 
l'un à l'entrée du faubourg de France actuel, et l'autre dans les 
■ prés situés derrière le couvent des Capucins, entre la route de 
Monihéliard et la ï^avoureuse. Notre avis est ((ue ces baraques 
devaient être occupées à ce moment par des ouvrier et non 
plus par do la troupe, logée alors aux casernes de la ville 
depuis trois ou quatre ans. Il fallait, en elTct, achever le 
système défensif de la place, cl la mettre au plus vite à l'abri 
de toute surprise, car les Impéiiaux étaient toujours de l'autre 

(1) Ce plan (o* 30 X O' îly est ifravè, ■■. I. n. d., «ana aulref inserlplloni que 
celle ie la lépcnite ou titre, dam un carre placé a l'angle gauche lUfiêricur, ol 
ainsi conçu : BiiFFOnr. n Fortcreiie s-îiiiëe au pied ilea montagne? de Vaugc 
R a 47 Degrez g'i Min.itrs de Ijititude et 3» Degrei 3$ .Vtinul» de l.ongiiuiie 
• dum la t'rovince du Sumgaw a dix lieues de Basle a l'Occident. Cette HIace 
a est du Gouvernemem Genèrul d'Aisace au Koy qui y fait taire de grand 
■ Ttavaui ces dernière» années n. L'échelle de loo loue* e'I a l'sng'e droit 

devait couvrir le ba^lion de la tour ilea Bourgeois. 



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c6té du Rhin, n'attendant qu'un moment favorable pour 
reprendre l'ofTensivi;. Ils crurent le moment venu, en 1709, et 
au moiti d'août, ils traversèrent le fleuve et pénétrèrent dans la 
fori't de la Hart, au nombre d'environ tO.OlMI hommes, sous le 
commandement du comte de Mercy Ils rencontrèrent le 26 
août, près de Ruemcrshcim, (t) un nombre à peu près égal de 
Franviiis. ayant à leur lête le lieutenant-général comte du 
Bourg. La rencontre de ces 20,000 combattants, aussi vite 
engagée que terminée — car elle ne dura qu'une heure et 
demie, — ulTranchit l'Alsace pendant plus d'un siècle de toute 
invasion étrangère. (2) 

Au premier bruit du passage du Kbin par les Impériaux, 
Noblat, prévôt et bailli de la seigneurie de Belfort, avait rc^-u 
l'ordre de Tuire raser, à la distance de iOO toises des lortllica- 
tions, toute espèce de haies, palissades, maisons, murs et glo- 
ricttes de jardins, et cela dans les vingt-quatre heures i3). Le 
prévôt n'avait pas cédé à l'affolement général. Sans se départir 
de son calme habituel, il fit tout disposer pour l'exécu- 
tion d'une mesure qui allait être extrêmement préjudiciable à 
ses concitoyens ; puis, d'accord avec les autorités militaires 
auxquelles il lit de sages représentations, il attendit que les 
nouvelles deviennent plus positives. Au lieu de la marche en 
avant que l'on appréhendait, ce fut la défaite de l'ennemi que 
l'on apprit. Par sa présence d'esprit ut sa prudence, le prévôt 
Noblat venait d'épargner aux habitants de Belfort des pertes et 
des fraiâ considérables. 

Le gouverneur de Belfort, Camus de Morton, mourut le 16 
février 1712, âgé de 77 ans, et fut enterré le surlendemain dans 
l'église collégiale, près du grand autel et en présence des 
chanoines. Il fut vivement regretté, aussi bien par le peuple 
que par les bourgeois et la garnison. (4) L'ancien capitaine du 

(1) Village de 1> Hau<e-AI<acc, près d'Eniisheim, «ur la route de Baie à Slru- 
bourg et [iièï du Rhin. 

(?) Cf. A. BFNOtT, Dans ta Harl. L» Combat dt Runurshtim. (Revue catho- 
lique d'Alunce, annie 189a p. 830. goS). M. Uenoit compare l'importance de Ce 
combat, quant a tft résukats. â celle île la victoire de Turenne à Turclcheiin 

(.1) Cf. DHsCHARHlÈRas, filial sur lUIsl. liltir. df Btlfyrl. Noie 103 (p. 153). 

(1, Cf. Hhnr[ Bardv, Camus de Mariait, etc. in Bull. Soc. Philom. voig.. 
année i8g7-gH. — Lori de la démolition àr. l'église S(-Dcnit. en 175a. le monti- 
ment funëii'c de C. de Morton f.it imniponé dans l'église de Brane. Il était 
remarquable et eit encore aujourd'hui fort intéreïïant, malgré lei mutilations 
que lui ont fait subir tes Vandales 'j; '793- 



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r<?giment d'Auvergne était un de ces vaillants soldats, braves 
comme leur épée sur le champ de bataille, mais qui, lettrés et 
philosophes, savent charmer leurs loisirs en temps de paix par 
la lecture et l'étude. Il donna ou légua ses livres à la bibliothèque 
des Capucins. Toujours prêt à rendre service, son nom et sa 
signature se trouvent, dans les registres de l'église collégiale, 
au bas de plusieurs actes de baptême et de mariage. 

Quelques jours avant la mort du vieux gouverneur avait eu 
lieu, le 10 février, celle de François Lebleu, entrepreneur 
général des fortifications (1). 

L'année suivante (1713), une autre perte affligea les Belfortains. 
Ce fut celle du prévôt de l'hôpital -Stc-Barbc, Jean-Pierre 
Noblat, un homme de bien qui laissa de profonds regrets. Par 
une délibération en date du 19 novembre, les directeurs de 
l'hôpital décid^Tcnt qu'il serait célébré une messe solennelle 
pour le repos de son âme. (2) 

Toute autre fut l'impression causée dans tout le pays, par la 
nouvelle du décès d'Armand-Charles de la Meilleraye, duc de 
Mazarin, seigneur de Belfort et autres lieux, qui mourut en 
son duché de la Meilleraye le 9 novembre 1713, âgé de 82 ans. 
On ne sait s'il y eut beaucoup de regrets sincères; on paraissait 
plutôt se féliciter d'être débarrassé d'un aussi insupportable 
procédurier. Mais les pauvres Belfortains comptaient sans leur 
hôte. Ce maitre plaideur laissaitdes successeurs dignes de lui, 
et la série des procès n'était pas près de finir... 

(.,4 suivre). 



(1) It fut enlerré à Brsiie. On voit sa piètre tombale dans la oeF de VégVne, 
à droite et si>u^ lei bancs, avec cette tpitaphi: i Cigtl U corps de FraneoU 
LtbUu dit LaffuilU à tiin vivant eniriprintur général d4t fortifications dt Bel- 
fort Itqutl décéda U la février de l an ITI2. Que Dieu ail son àme. 

(2) Cf. M, l'Abbé HuMBHECHT, op. cil. 45. 



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Contes d'une aïeule d'Oîîemont 



I. LA TADLE MYSTEIÎTEUSE 

Le ciel triait sombre, etla bise faisait fuir des nuages gris qui 
pnssflient et repassaiont devant la pleine lune de décembre. Un 
vieillard suivait pi^niblement l'étroit sentier qui conduisait de 
Itelfort dans le bois de la Miolle. Arrivé au sommet de la côte, 
il e'arrôta pour respirer un instant et secouer la neige qui s'at- 
tachait à ses souliers fern's. Il promena ses regards autour de 
lui. Tout était paisible, en dehors du bois où la bise Taisait 
craquer et gémir les branches. 

Mais son œil se tourna vers une prairie profondément encaissée 
dans un vallon où coulait un petit ruisseau. Là-bas, une table; 
était dressée prés d'un feu pétillant : il distinguait, à cette 
distance, un grand hontnie noir qui paraissait se chaurfer 
et attendre les convives. 

Etonné de ce spectacle, le vieillard se demanda tout d'abord 
s'il avancerait jusqu'auprès de cet homme, qui était peut-être 
un chef de voleurs. Cependant, depuis plus de cinquante an.";, il 
n'y avait pas eu de brigands dans les forêts de Belfort. Etait-ce 
un fou qui voulait devancer le réveillon et dîner seul au milieu 
de la prairie ? 

Le vieillard finit par avancer à pas lents : il s'aperçut que la 
table ne portait pas de mets préparés, mais seulement un beau 
service en argenterie et en vieille faïence. L'homme qui la gar- 
dait se retourna enfin, tout d'une pièce. — Que veux-tu ? dit-il 
au vieillard. — Donne-moi du feu pour allumer ma pipe, — Il 
lui présenta un tison enflamme et lui demanda : « Es-[u des 
nôtres V — Corlainement, répondit le vieillard d'un ton assure. 
— Dépoche-toi donc de signer. « Et l'homme noir lui présenta 
un grand livre qu'il prit sur lune des chaises. « Signe avec ton 
sang i> dit-il en présentant une plume au vieillard. Celui-ci se 
piqua légèrement la main : mais comme il ne savait pas écrire, 
sans faire d'observalion, il traça rapidement une longue croix 
au bas d'une page déjà toute couverte de signatures. 



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A peine eut-il tracé le signe sacr6, que le bruit du tonnerre 
éclata : des ténèbres épaisses envahirent tout le vallon ; une 
odeur infecte se répandit et suiïoqua le vieillard, qui tomba 
évanoui sur le sol de lu prairie. 

Quand il revint à lui, les rayons d'un pâle soleil d'hiver éclai- 
raient la plaine : il se releva et s'aperçut qu'il tenait le livre 
mystérieux serré contre sa poitrine. La table et l'homme noir 
avaient disparu. 

Revenu chez lui tout tremblant d'émotion, il lut dans ce livre 
maudit les noms d'une quantité de personnes qui avaient juré 
un pacte inviolable, et qui tenaient leurs réunions secrètes à 
divers intervalles. A son lit de mort, il fit brûler le livre sous 
ses yeux : car parmi beaucoup d'autres, a-t-il dit, les noms de 
ses plus proches parents s'y trouvaient. « Voici les frères de 
l'Antéchrist » : telles furent ses dernières paroles. 

11. LA CLEP UOUGIE 

Par une nuit» très claire du mois d'octobre, un jeune paysan 
d'OITemont suivait la rive de l'étang Rudolphe, quand tout à 
coup, à la lueur bleuâtre de la lune, il vit s'élever non loin de 
l'eau une colonne grisâtre de la hauteur d'un homme. Cette 
colonne vaporeuse prit bientôt la forme d'un fantôme aux traits 
indécis, tout couvert d'un linceul blanc. Une voix sourde et qui 
semblait sortir de la terre lui fit alors cette question ; a Veux-tu 
trouver un trésor ?» — Je veux bien, rûpondit en balbutiant le 
jeune homme. Que me faut-il faire ? — Dans un an, à pareille 
heure, reviens ici. Tu iras vers le grand chêne de l'étang. Puis 
veindra une béte tenant dans sa gueule une clef rougie : tu la 
suivras. Bile s'arrêtera devant un autre chêne. Alors, sans 
crainte de te brûler, tu prendras la clef, tu creuseras la terre et 
tu ouvriras un coffre caché au pied de l'arbre. Dans un an, à 
pareille heure. » Le fantôme redevint une colonne de vapeur 
grisâtre qui s'cnfon(,-a dans les entrailles de la terre. 

Un an et un jour après, le jeune homme, qui n'avait parlé à 
personne de cette apparition, revint le soir au lieu de rendez- 
vous. La cupidité l'avait fait arrriver avant la tombée de la 
nuit. Il roulait dans son esprit toutes sortes de projets qu'il 
comptait exécuter dès que le trésor aurait été caché dans sa 
maison. D'abord, il n'habiterait plus Offemont, mais Delfort ; 



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pourquoi même n'irait-il pas à Paris ? Il y deviendrait proprié- 
taire et vivrait sans travailler ; il y passerait son temps en pro- 
menades et en amusements de toutes sortes. 

Un bruissement subit le fit tressaillir. Puis un tourbillon 
violent se fit entendre et souleva les feuilles mortes jusqu'aux 
plus hautes brandies des arbres. Alors le jeune homme vit à 
quelques pas de lui un loup de taille «énorme, au poil gris 
hérissé, qui le regardait fixement de ses yeux brillants et tenait 
une clef rougie dans sa gueule. 

A cette apparition, le jeune habitant d'Offemont recula et 
sentit ses jambes flageoler. Ensuite, par un efTort désespéré, il 
s'enfuit tout d'un trait, à travers le bois, jusqu'aux premières 
maisons du village. 

Le lendemain, il racontait à ses voisins son aventure nocturne. 
Le surlendemain, il s'alitait, pour mourir au milieu de la nuit 
suivante (1). 

III. LES SORCIÈRES DU PAYS 
Une femme d'Offemont, qui était venue s'établir à Belfort 
avec son mari, se logea dans le faubourg de Montbéliard. Elle 
y devint mère d'une petite fille. Dans la matinée du 22 
mai 18... elle tenait dans ses bras son nourrisson lorsqu'une 
femme inconnue entra subitement Elle était grande et forte ; 
ses cheveux grisonnaient ; ses yeux noirs étaient toujours 
agités. Son nez, fortement busqué, ressembiaitàun bec d'oiseau 
de proie. Au lieu de prendre la chaise qui lui était oFTerte, elle 
alla se mettre à cheval sur un banc près de la cheminée. « Un 
beau temps pour être en couches. — Oui, meilleur que l'hiver. 

— Y a-t-il longtemps que vous avez cet enfant ? -— Quinze 
jours, madame. — Je sais que vous avez trois filles et un 
garçon, et que vos enfants ne sont pas loin d'ici, n En disant 
cela, l'étrangère regarda fixement la nouvelle accouchée. 
Celle-ci, gênée, lui demanda : a Qu'est-ce que cela vous fait ? > 

— La visiteuse ne laissa point voir de mécontentement, causa 
quelques instants de choses insignifiantes, puis, se levant avec 

(1) V. Légende Je l'étang du Boi« d'Arsol, par M. Henri Bardv |Club Alpin 
Haules-Voiges. iNgo). L(-gende du Châieau d'ICf^ert dbid. n' di ; Hevue d'AI- 
aace. iHfig. aniclr de M. POLV, sur la Dame de Passavanl. — Le* Ruînei du 
Château de Rougcmont, par M. DUBML-Rov. A Meroux, 1 Sermamsgny, 
à Auxellp<, à Vescemont, même légende. — V. Contes et Légende] de 
TEit. par M"" DE WliT. 



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— 287 — 

brusquerie, elle bondit trois fois, tournant ses mains la paume 
en dehors, et quitta la maison sans dire adieu. 

La jeune mère, stupéfaite, se demanda tout d'abord si cette 
femme n'était pas une folle. Puis elle alla un instant au jardin. 
Elle y ressentit de vives douleurs à l'intérieur du corps, se hâta 
de rentrer et appela son mari avant de se recoucher. Quelques 
instants après, l'enfant s'élant réveillée subitement la mère 
essaya de lui faire prendre le sein. Ce fut impossible. La 
petite se mît à crier, puis à japper comme un petit chien, au 
grand elTroi de sa mère. Dans l'après-midi, celle-ci lui donna le 
sein une seconde fois : les jappements recommencèrent. Des 
femmes offrirent leurs bons offices pour tirer te lait de la jeune 
mère : il fut impossible d'en faire sortir une goutte. 

Le lendemain, les mamelles de cette femme étaient gonflées 
et plus grosses que sa tète ; puis elles devinrent fort petites, et 
cette alternance se renouvela plusieurs jours de suite. La petite 
fille ne voulait prendre le sein d'aucune femme et restait sans 
nourriture. D'autres enfants refusèrent comme elle de prendre 
celui de sa mère. Celle-ci s'était prodigieusement afFaiblie et 
restait courbée en deux comme si elle eût été accablée par la 
vieillesse. 

i Je sais bien, dit-elle, que la femme m'a jeté un sort. Elle 
n'est pas d'OITemont; mais il y a eu ces derniers temps plus 
d'une sorcière au village. Une d'elles a fait périr toute la portée 
de petits porcs qu'avait le sabotier, pour se venger de ce qu'il 
avait fait un trou dans un sabot qu'elle lui avait donné à réparer. 
Une autre, à Roppe, est apparue dans le bois à un homme, sous 
la forme d'un lièvre qui se jetait dans ses jambes. Il a chassé 
cette bête, qui l'empêchait d'avancer. Le lendemain, vers 
Bessoncourt, il a revu le lièvre maudit ; et comme il avait 
son fusil, il a tiré dessus. Le lièvre s'est sauvé avec une patte 
cassée Mais quelques heures après, des passants ont trouvé au 
même endroit une femme étendue à terre et ayant une jambe 
brisée. Elle a osé, la sorcière, le faire juger par messieurs les 
juges de Belfort, et le faire condamner à la prison, o 

1 Cette femme que vous avez vue, lui répondit une voisine, 
c'est peut-être un fantôme. — Je n'en ai jamais aperçu ; ma 
sœur a vu cependant l'ombre dune femme de sa connaissance 
passer devant elle dans le bois de la Miotte ; et quelques heures 



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après, elle apprenait que cette femme venait de trépasser. ..(I) 
Non : un fantôme ne m'aurait pas fait tant de mal ; je vous dis 
que e'est une sorcière. Chez iiiea paronls, une autre femme 
avait jeté un sort sur noire vaelie, qui était prête ù vélur. Nous 
avons tout de même eu le petit veau ; et nous l'avons plus lard 
voulu saigner sous une remise. La sorcière est orriv<^e et a dit 
à notre vieux voisin, qui allait égorger 1h béte : «Ne tuez pas ce 
veau-là : je vous en donnerai ce que vous me demanderez. — 
Fasse ton etiemin, vieille sorcière, je n'ai rien à te vendre ! » 
KJte a dû s'en aller. C'était le temps des cerises. La sorcière est 
allée faire la cueillelle : au moment où le vieux saignait notre 
veau, elle est tombcedu cerisier et s'est tuée sur le coup. »... 
Mon père est allé consulter un analtaplisle. " Otez le seuil de 
votre écurie, a-t-i! dit: vous trouverez un sort caehé dessous. » 
Nous y avons trouvé un énorme crapaud, que nous avons tué : 
depuis ce temps-là, jamais nos bêles n'ont été malades. » — 

« Pour les sorcièies. je n'y crois pas, dit une voisine. Mais je 
crois aux fantômes. Ici, dans celte maison, ajouto-t-elle en 
baissant la voix, j'ai vu un soir un fanténie noir se promener 
dans le jardin ; il sortait d'un coin où la pluie ne pénètre |)a5, 
et où il y a peut être une tombe : mon mari n'a pas osé creuser 
à cet endroit. — .Te ne m'étonne pas de cela, dit l'accouchée : 
moi-même, j'ai eu ici une peur alTreuso. Au milieu de la nuit, 
après un cauchemar, je me suis réveillée en sursaut J'ai vu à 
deux pas de moi, un horrible spectre debout dL-vant mon lit. Il 
était sans tête et vêtu seulement d'une chemise. Je me suis 
sentie couverte d'une sueur d'angoisse, mais je n'avais pas la 
force de remuer ni de crier pour réveiller mon mari. Le fantôme 
ne m'a rien dit et a reculé lentement, puis a disparu dans la 
muraille de lu cuisine. Alors seulement j'ai pu appeler mon 
mari. 11 a bien vite allume une chandelle et est allé dans la 
cuisine, mais il n'a rien pu découvrir. » 

C'est peut-être, dit la voisine, une maison hantée qui attire 
les sorciers et les mauvais esprits. Il faut aller habiter ailleurs. 
— Je partirai aussi, mais niainlenant, je suis trop malade ». 

Deux jours après, le mari de la ji'une femme, en passant 
sur le pont de la ville, y reconnut la visiteuse, d'après la 
minutieuse description que sa femme lui en avait faite. Il se 

11) Kait de lélêpalhic V, MARrLLrKR : Hallutinatians lilépaikigun. — C. 
Flammarion ; L'inconnu et les rechtrtkts psychiqnK (igoo,. 



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- 580 — 

hâta d'aller la rejoindre et lui dit, en dissimulant sa colère : 
« Allezaufauljourgde Monthcliurdiune femme a une commission 
pour vous. — Je n'ai rien à y fiiire. — Allez-y, si vous n'y allez 
pus, vous y perdrez de l'argent. » La fenimc, après un instant 
d'hésilalion, prit le cbcniin du rnubourg. L'homme prit une 
route délournée et courut assez vite pour arriver aussi tôt après 
elle. Il s'arma d'une hache et ouvrit la porte. Déjà la sorcière 
était entrée et se trouvait en face de sa victime : « Vieille 
coquine, lui cria l'homme, enlève le sort ou je te tue. — Je ne 
vous ai pas touchée, cria-t-elle à la malade en lui lançant un 
regard l'éroec — Non, mais vous avez sauté trois fois au pla- 
fond. • — L'inconnue, qui voyait la hache levée, fit rapidement 
et trois fois de suite le tour de la chambre en murmurant une 
incantation. L'homme la suivait. La malade, de peur de voir 
son mari eommcllre un meurtre, ouvrit promptement la porte 
et poussa la misérable dehors. PMIe se contenta de crier quchiues 
malédictions et se hâta <le s'enfuir l.'n instant après, le lait de 
la jeune mère coulait abondamment jusque sur ses pieds. 

Quant à sa petite lille, elle resta soulTrante pendant trois 
mois : l'enfant ne prenait absolument rien, et les trois derniers 
jours, sa petite langue tremblait dans sa bouche d'une manière 
extraordinaire. Le sommeil lu fuyait. I'jnfin,sur le conseil d'une 
pieuse personne, une prière fut récitée pour elle : l'enfant 
s'endormît paisiblement, et quelques heures après se réveilla 
aussi bien guérie que sa mère (\). 

Ch. Godard. 



e lemp< lie r»c«<illir \et rir^» légrnde'i dii territoirfi 
c> que des VK^illard*. M. Dub*il-Rov, Secrétaire de 
tcevrail volonttert toaie commuiiica^ioa orale ou i 



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NOTES 

SUR LA GROTTE PRÉHISTORIQUE DE CRAVANCHE 



Il n'est pas même besoin d'avoir été à Belfort pour connaître 
de réputation la grolte préhistorique de Cravanche ; elle a 
déjà fait l'objet d'un si grand nombre de relations dans des 
revues dilTérentes, qu'en venant à mon tour, offrir au public ces 
quelques notes, j'ui moins l'intention de l'instruire que de lui 
faire sentir tout le plaisir qu'elle m'a procuré. En partant de 
Belforl, ù une distance d'environ trois kilomètres, on rencontre 
à gauche, après avoir traversé le petit village de Cravanche, 
une colline de formation calco-oolithique qui fait face au Mont 
Salbert (1). C'est dans le flanc nord de cette colline qu'on 
appelle a le Mont » que s'ouvre l'entrée actuelle de la grotte. 
Notons en passant, que cette ouverture est le résultat fortuit 
d'un coup de mine de la part d'ouvriers carriers qui exploitaient 
la pierre en cet endroit au mois d'avril 1876. 

a La grotte, au moment de sa découverte (cf. Bulletin de la 
Soc. d'hist. nal. de Colmar 1875-76 art. Ch, Grad), offrait à la 
vue un spectacle saisissant ; on apercevait çà et là, un amas 
incohérent de blocs détachés de la voûle incrustant des squelettes 
humain». ■ — L'étonnement fut grand : on se mit de suite à marte- 
ler la rochedureet compactedu Sol pour extraire ces squelettes ; 
àdifférentes reprises, on découvrit des poteries, des siles taillés, 
des ossements d'animaux, etc., etc. Ce fut une véritable mine 
archéologique. Il est à regretter qu'on naît pas apporté à temps 
plus d'attention à cette trouvaille merveilleuse pour la science, 
noua aurions aujourd'hui un champ très vaste d'observations 
intéressantes, tandis qu'on est réduit maintenant à conjec- 
turer beaucoup. 

A une époque où les hommes n'avaient pour toute demeure 
que les crevasses ou les anfractuosités naturelles des rochers, 



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- 291 — 

la grotte de Cravanclie servit de refuge à des peuplades peut- 
être antérieures, à tout le moins contemporaines, des cons- 
tructions lacustres de la Suisse, comme nous essayerons de le 
montrer tout ù l'heure. En effet, en présence des divers objets 
de l'industrie primitive de Cravanclie, on est obligé do recon- 
naître qu'ils ne datent pas d'un même temps (I). 

Dans l'intérieur de la grotte, on remarque à l'ouest une sorte 
d'auvent par lequel la terre provenant de l'extérieur semble 
avoir pénétré ; on suppose que c'est là que se trouvait autrefois 
l'entrée naturelle, hypothèse d'autant plus rationnelle qu'on y 
a recueilli de nombreux fragments de charbon, restes évidents 
d'anciens foyers. 

Cette entrée a-t-elJe été obstruée naturellement par l'éboulis, 
ou au contraire à dessein par les derniers habitants de la 
caverne ? Nous ne saurions le dire précisément. 

Ucpuis sa non-occupation, la grotte a subi une transformation 
si grande causée par un ou plusieurs éboulements de la voûte, 
qu'actuellement, malgré la profondeur des fouilles opérées 
(trois mèrres environ), on n'est pas encore parvenu au niveau 
premier du sol ('2). J'insisterai ici sur la portée du mot x non- 
occupation n, car si cette cavité naturelle de Cravanche ne 
servit pas toujours d'habitat, elle fut, à coup sûr, une demeure 
sépulcrale comme en fait foi le grand nombre de squelettes 
humains exhumés. Sans vouloir aucunement démontrer que les 
peuples qui ont utilisé la grotte de Cravanche comme demeure ou 
nécropole soient de l'époque de la Madelaine, voici les raisons 
pour lesquelles nous avons cru reconnaître d'abord un âge 
antérieur à celui de la pierre polie. 

Les couteaux en silex de Cravanche sont du type de la 
Madelaine recueillis sur les bords de la Vézère (Dordogne), 
les parures et ornementa sont ceux des Magdaléniens : citons 
une canine d'ours de O^OS de longueur, perforée à la racine pour 
recevoir un lien de suspension (il est à remarquer que cette 
canine a conservé la patine, le lustré que le frottement lui a 
primitivement donné ; des poinçons en os servant à coudre 
les peaux d'animaux, des coquilles marines (valves d'ano- 

(1) Les perçoin. Im grattoirs, les haches, lea percuteurs, les IJMojn ont élé 
i4unii tous une vitrine au Muiée de Belforl. 

(!) L'iboulemeat a peut être contribué poir une part à la conservaliou dei 
squeleltea ru Jei protégeant contre l'influence des agents stmospherlqiies. 



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— 392 — 

dontel entre autres, une coquille fossile du genre pecluiiculus 
ohovalus du terrain tertiaire , sables supérieurs) série oligocène), 
percf'-e pour *>trc siisiicnduc au cou, des os longs fendus pour 
extraire la moclk'. Ci- n'est point tout : jai, moi-même, trouvé 
un rriigment de linionite (scsquioxyde de fer) qui a sans doute 
dû servir pour le tatouage. C'était d'un usage courant chez les 
magdaléniens de Tabriqucr une pâte à tatouer en broyant ta 
limonite avec de la moelle d'os. 

Est-ce à dire que tous ces objets doivent remonter à l'époque 
de la Madelaine '/ Assurément non. Des poteries nombreuses, 
une incrustation calcaire de joncs tressés, des perles en argile 
cuite, des bâches finement polissécs, des lissoirs bien achevés 
révèlent une pi^riode avancée relativement rapprochée de la 
nôtre et correspondant à celle des habitations lacustres de la 
Suisse (palafitti) (P. 

Parmi les ossements d'animaux déterminés on a : une 
mâchoire de chevreuil, des bois de grand cerf (ceri-US claphus) 
de renne .?; frangifer laramina). 

Comme les poteries n'ont jamais été trouvées dans les 
couches intactes de l'époque du renne, la station de Cravanche 
pourra rester classée d'une façon certaine et définitive dana 
l'âge de la pierre polie (néolithique). 

Examinons maintenant avec soin les poteries primitives de 
Cravanche. On remarque quelles ont été façonnées à la main 
avec deux sortes de terre : les unes en argile très fine, les 
autres en argile grossière pétrie de petits cailloux siliceux ['2}. 
Comme ces poteries, en étant placées devant le feu, ont été mal 
cuites, l'irrégularité de la cuisson leur adonné une teinte iné- 
gale. Voici d'autre part la liste des vases ou jarres en bon état 
qui méritent une attention particulière. 

t" Une jarre bombée à goulot très étroit, haute de 32 cm 
ayant trois petites anses mamelonnées destinées sans doute à 
la suspension. Cette jarre d'une conservation parfaite ne porte 
aucun dessin. 

2° Un vase en poterie noire, très fine de 1 1 cm. de hauteur por- 

(11 U première rlécoiiverle des hibilalions lacustre 
: de Zurich par Tero 

s fragmcnls de lisaus, des gra 



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- 293 - 

tant,sur lapartiehonibéc, une incrustation, quiconsisie en petits 
traits horizontaux et obliques faiis îivic des ébauchoirs en bois 
ou en os. 

3° Un vase bomhoide de 20 cm. de hauteur à deux anses 
mamelonnées dont le goulot ressemble à un cône tronquù. 

4° Un vase de couleur brun clair de 23 cm. de hauteur pou- 
vant avoir quelque analogie de forjue avec nos bar1)otines 
modernes Cet échantillon montre dcjà par les dessins une cer- 
taine perfection dans l'art. 

Une des trouvailles les plus curieuses de Cravanchc est une 
incrustation calcaire de joncs ou do chaumes n'unis et rcliL'S 
transversalement par l'écorcc de quelques osiers. Tout porte à 
croire que celte sorte de paillasson était une coiiehelte. Ce trav.ùl 
est identique dans son genre à celui de l'époque lioben- 
hausienne. 

Notons maintenant deux grands anneaux plats on serpentine 
dont la destination a été et est encore conlroversiV . IHaient-cc 
des bracelets comme le pense M. .\. de Nforliilet ? Elaient-ce 

des sortes de grattoirs V inf/iic: suh jiiiliro lia fst. Il y a lieu 

ici de remarquer le trafic auquel se livraient les peuples préhis- 
toriques ; ils se devaient passer de main en main, sous forme 
d"échaniies, les produits naturels des régions les plus diverses. 
C'est ainsi que s'explique la venue de la serpentine, de la 
jadéite dans des pays où ces roches ne se sont jamais ren- 
contrées. Comment maintenant, nous étojmerione-nous de la 
présence du jade et de la serpentine dans la Grotte de Cra- 
vanchc? Voici, enoulre, le résultat des derniers fouilles faites à 
Cravanche ; 1" On trouva en 1893 quatorze perles en argile 
cuite, percées dans le sens de leur plus grand axe pour servir 
de collier; 2° En lH9i-95, un polissuir portatif en grauwacke 
marqué do petites raies longitudinales peu profondes, indiquant 
son usage pour alliler des petits outils, tels par exemple que 
des poinçons en os ; 3" lin 1896, des pointons en os et une pointe 
de flèciie barbelée; 4' En ltJ97. on continua à déblayer le solde 
la grotte sans rien trouver. Etait-on arrivé à lu limite de la 
couche archéologique ou en existe-t-tl une autre plus inférieure? 
L'avenir résoudra peut-être cette question problématique. En 
1899, on découvrit un petit vase en terre fine de 10 cm. de hau- 
teur portant des petites raies obliques sur la panse. Cette 



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potiche, très délicatement façonnée, indique un degré élevé 
dans l'art. 

Arrivons maintenant à la partie anthropologique de la Grotte 
de Cravanche qui nous ofTre un intérêt d'autant plus grand, 
qu'elle conOne au problème de nos origines : le nombre des 
squelettes humains découverts est considérable. Citons quinze 
crânes actuellement bien conservés : treize se trouvent à fielfort 
et deux au Musdc de la Société d'Anthropologie de Paris. 

MM. Salmon el Barthélémy ont mesuré dix crânes dont voici 
les petits et grands diamètres avec les indices crâniens. 







Indice crinien 


172,5 (?) 


123.5 (?) 


71,59 (?) 


183 


132 


72,13 


174 (pathotogiiiue) 


126 


72,41 


173 


128 


73,98 


173 


130 


75,15 


ni 


130 


76,02 


168 


128 


76,19 


no 


130 


76,47 


180 


140 


77,77 


183 


143 


78,14 


lytlasocd'aoïh.dBPari».; 


143 


72,96 


174 <!• 


134 


77,01 


179(ine!uréàniiètMiB]il] 


139 


77,65' 


172 d" 


133 


77,32 


184 d- 


140 


76,08 



L'indice crânien est le rapport du diamètre transversal maxi- 
mum d'un crâne à son diamètre antéro postérieur supposé égal 
à 100. 



I : 



GD 



Presque tous ces crânes ont une protubérance très caractéris- 
tique à l'occiput, ils rentrent dans la catégorie des crânes longs, 
d'après leurs sutures, ils indiquent des individus d'âges diffé- 
rents. Le fronl est droit, point de prognathisme, les dents sont 
d'une parfaite conservation. En somme, les peuples préhisto- 
riques de Cravanche devaient avoir une belle constitution. 



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Signalons encore une curiosité anthropologique : on a trouvé à 
Cravanche quatre humérus à olécrane perforé (1). Ceci pro- 
vient de ce que la partie osseuse très mince qui sépare la cavité 
olécranienne et la cavité coronoide a disparu en laissant ainsi 
libre passage entre elles. Tandis que l'on observe rarement 
cette perforation olécranienne sur les humérus des races mo- 
dernes, elle se voit fréquemment sur ceux des races préhisto- 
riques, l-'runières l'a observée dans une proportion de 10 p. 100 
dans les dolmens de la Lozère, et Wymann dans une proportion 
de 31 p. 100 dans les Mounds des Etats-Unis. En disant que 
les peuplades de Cravanche avaient « une belle constitution », 
je tiens à faire une certaine réserve au sujet de leur force 
musculaire, car non seulement les péronés ne sont pas cannelés 
mais les tibias et les fémurs sont ténus et les clavicules pe- 
tites (3). Somme toute, nous avons alTaire à une race dolilocé- 
phale qui pourrait justement être rapprochée de la race de 
Cro-Magnon (3). 

Je ne puis terminer ici cette esquisse sans venir remercier 
sincèrement MM. Dubail-Roy, Hœsch et Meyer, qui ont bien 
voulu s'intéresser à ma petite étude en me favorisant de leur 
concours. 

Belfort, Juillet 1899. 

G. COURTY. 



(Il Ea examina 


un humérus A ca 


louilleg en fera de 


IS) A deui ex» 


c'est-à-dire peu él 


(3) PIii.iei.rs ûs 


aitHiinn. Lei corp 


pcini Je9 os en < 


crois, .e résoudre 



olécranienne perforée, peut être que la coalinuation des 

ni près, la taille des peuples de Cravanche est de 1 m S4, 

cms humains de Cravanche partent des iracea de carbo- 

111 èial), ou ètaienl-ils placé* prèi de* foyers? Il faut, je 
e point le savoir. 



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Une vue de Belfort en 1710 



Les vues de Itelfort aui siècles derniers sont fort rares et 
c'est une bonne fortune de pouvoir oITrir aux amateurs d'his- 
toire locale un Tac-siinilc de l'original d'une gravure représen- 
tant noire ville au commencement du J8' siècle et provenant de 
ta collection des estampes de la Bil)liollu'<|ue nationale. 

A notre connaissance, outre celle gravure, il n'existe que 
3 vues du château et de la ville de Helfort avant le 19* siècle. 
De plus, notre musée possède une peinture à l'huile, portant la 
date 1615, qui n'est qu'une copie de la vueder.4($afi3 illualrata 
de Schfcpnin cl par eonsi^qucnt, antidatée d'un siècle et demi 
environ, ainsi •pie des tableaux à l'huile représentant l'église, 
l'ancii-n magasin aux vivres (acluellement maison Grosborne;, 
la place d'Armes, peintures fuites à la l>n du siècle dernier. 
L'abbc hescharrières. dans sa volumineuse Histoire manuscrite 
de Uelfoit. en aurait vu d'autres, car dans sa description de 
notre ville, il s'exprime ainsi : u on se servira de deux plans de 
BelforI qui datent du milieu de la guerre de Trente ans et qui 
représentent celte ville vue du cimetière de Brasse à peu près, 
en sorte que. sans en distinguer les rues, ni la plupart des mai- 
sons, on voit les remparts, les portes, les tours et presque toute 
lenceinle. Le premier est gravé sur bois et placé à la suite 
d'une mauvaise histoire militaire allemande des ravages des 
Suédois par les troupes de Saxe ^^"einlar, imprimée à cette 
épo((ue. Il s'accorde parfaitement avec le second, peint à l'huile, 
sur une grande échelle. Il a été conservé longtemps au vieil 
hôlei de ville de la Porte de Brisach d'où il a disparu, dit-on, 
pour aller giler dans un village de la Franche-Comté 1 . 

La vue la plus ancienne est celle du château en 1579. Tirée 
des Curiosités d'Alsace publiées en 1860 et 1861;. elle est la 
rcjiroduelion d'un dessin original conservé aux Archives dépar- 
tementales du ll'-libin. Le plan du tableau fait face à unobser- 
valeur placé à l'K. du château, sur le prolongement de la crête 

(1) M.-ilgr^ nos rechirches. nous n'aroni pu dùcouvrir Irace de ces deux vues. 



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i^:f- AU i'Jle- ft^u ehat.^^ Ji } 



5 " s ■\ ». fe-- f . 

BELFORT 



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/.'-w D^^^/,^ùf,^u.p.^^!'^ceé'^i^"r JkjVy„.L.^ 






EN 1710 



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- 297 — 

des Perches, en un point situé à une petite distance au 8. du 
village de Perouse. Cette vue est fort intéressante, parce qu'elle 
indique l'existence d'un ouvrage avancé, détruit lors de la cons- 
truction du couronné du comte de la Suze. 

La vue de Belfort en 1675 (la ville autrichienne, par consé- 
quent] a été extraite d'un ouvrage Tort curieux attribué à de 
l'Hermine et ayant pour titre : Mémoires de deux voyages et 
séjours en Alsace, Ulk-lH et i68t, publié en 1886 par la Société 
industrielle de Mulhouse. Notre ville a été fort exactement des- 
sioée par l'observateur qui était placé sur la déclivité du Plateau 
des Chèvres (1), 

ISAlsalia illtisiraia de Schœpllin donne une excellente gra- 
vure de la ville et du château de Belfort en 1752, prise égale- 
ment à ro. de la ville. Ce qui surprend dans cette vue, c'est de 
voir les deux tours de l'église S'-Christophe (qui n'ont été faites 
qu'en 1788 et 1844) couronnées de dômes. Le dessinateur, pour 
exécuter cette gravure, sest servi des plans de l'église inachevée 
à ce moment et plus tard, ces dômes ne furent pas construits. 

La M Veiie de la ville et du château de Belfort dessiné sur le 
lieu par M. le chevalier des Touches » [i) nous montre Belfort, 

(1) Ces deux vu» du château e 
dani ta Noiice sur l'Hiiioire mili 
CHOH, i8Sg. 

{ï) Gravure de 30 cent, sur la. Nou9 devons à l'obligeance de M. le général 
Papucboii les reineignpraenLs luivanti concernant l'auteur de celte gravure; le 
Chevalier De^loucbes Lnui> Cainu<i. tt fut d'abord commissaire extrnordinatre 
de l'arlilleHe le 16 Décembre i6gi, lervit au siège de Namur et se trouva il la 
bataille de ^iteinkerque en 1693, à celle de Neervinde et au li^ge de Charleroi 
en 1693. Devint commiisairc ordinaire de l'artillerie le 6 Avril 1694 et El la 
campagne en Klandre. 

Lieutenant en second de l'arlillrrie de l'armée de Flandre, par commission 
du 3o Avril 1695, il servit au bombardement de Bruxelles et alla commander 
l'artillerie en Bretagne par commission du 30 Avril 169S, Il y demeura jusqu'en 
170a, et (ui nommé pat commisiion du aS février 1703 pour commander l'artil- 
jerie du corps séparé de l'armée de Flandre. 

Brigadier d infanierie par brevet du 10 Février 1704, il commanda l'artillerie 
de l'armée de la Moselle par commission du 25 Mars 1704 et 6 Avril I705. Il 
fui fait lieuii^aanl-colonel du régiment des Bombardiers par commission du 30 
Janvier 1706, commanda l'arlilleHe de la Moselle par commission du 30 Mars, 
et eul le i" juillet un ordre pour se jeter dans Dunkerque et te défendre en cas 
d'attaque. Il commanda en second l'artillerie de l'armée de Flandre par com- 
mission du 38 Mars 1707. l'artillerie de l'armée du Rhin et du département 
d'Ahace par commission du 13 Mai 170)4. Il commanda en -.heC l'artillerie de 
l'armée de Flandre par commission des 18 Mai 1710 et \" Mars 1711. Capitaine 

f encrai des Bombardiers de France par provisions données à Versailles le 18 
invier 1713, il commanda en ch^tf l'artillerie de l'armée de Flandre par com- 
mission du 30 Mars ; mais il reçut au siège de Douai une blessure qui l'empêcha 
de servir le reste de la campagne. On lui donna la charge de Lieutenant géné- 
ral de l'artillerie des départements de la Moselle, de la Meuse et de la Sarre 
par provisions du 3 mai 1716, le grade de Maréchal de camp par brevet du 8 



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— 298 — 

après sa transforma lion par Vauban. L'observateur, placé sur 
le prolongement de l'axe de la Porte de France, a dessiné très 
fidèlement le front de cette porte, les deux tours qui le flanquent 
[elles ne sont pas encore recouvertes d'une toiture en charpente, 
comme nous le voyons, plus tard, dans la gravure de l'Alsatia 
iliitslrald, en 1752) et les contre-gardes qui couvrent ces deux 
tours. On remarque même que la Porte de France est ornée des 
grenades que nous avons encore vues avant sa démolition. Avec 
quelque attention, on aperçoit l'écusson royal figuré sur le 
dessin. L'ouvrage à corne de l'Espérance qui était alors un 
ouvrage avancé, non soudé alors au corps de place, est achevé. 
Le château est bien dessiné. De l'Hermine s'exprime au sujet 
du château, reconstruit en 1675 et démoli sous la Restauration 
pour faire place à la caserne actuelle * l'ancien château n'était 
qu'un nid à rats, mais présentement, il a bien change de face, 
c'est un bâtiment de briques qui parait avoir 25 à 30 toises de 
longueur, percé de trois rangs de fenêtres, en belle symétrie 
dont les vues sont charmantes ». A VK. on remarque la chapelle, 
au S., la tour du donjon, démolie en 1780, qui avait 12 " de 
diamètre. 

Sur la gauche, nous voyons la Tour dos Bourgeois ou les 
habitants de la ville avaient droit de retruite en cas de siège. 
Elle était entourée du hangars où ils remisaient leur mobilier 
et d'un fossé large et prorond, où le bétail était mis à l'abri. 
Avant Vauban, celte tour avait 4 ou -5 étages avec embrasures 
en tous sens. Ce célèbre ingénieur y fit exécuter un revêtement, 
complété en 1820. Tout à fait sur la gauche, on aperçoit les hau- 
teurs de la Miotte et de la Justice et au-dessous, l'ouvrage à 
corne de l'Espérance, puis les maisons du Magasin, et la cha- 
pelle de N. U. de Lorelte, construite en HjS.t par Emoinin. 
ancien prévôt de la collégiale, à l'intersection de la rue de Mul- 
house et du faubourg des Vosges. 

Dans l'enceinte intérieure de la ville, on voit le clocher de la 
collégiale de S'-Denis, située sur l'emplacement actuel de la 



: 17Z0 ; la charge 



Uioi9 du 7 Mjfs 1735. Le 

. J'age de 58 anslEiiruil do 
r les originaux, l'aris, 1764, 



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caserne du l'avillon, démolie en 1753, attenante à la Prévôté et 
au cloîire du chapitre. En 1717, un rapport adressé à l'arche- 
vêque de Dcsançon constate qu'elle menace ruine. Cette église 
n'avait qu'une nef à plafond de bois de 7 toises de longueur sur 
5 de largeur et sur la droite, un bas cùté. Elle était fort obscure, 
car elle ne recevait de lumière que par les fenêtres de ses cha- 
pelles bâties à la gauche et par celle qui se trouvait au dessus 
de son portail. Le Clociier, surmont»^, d'une flèche, se trouvait 
attenant au chceur et non au-dessus de l'entrée donnant dans la 
rue du Uosemont (rue du Pavillon actuelle). Un peu à droite de 
la Porte de France se montre la Porte de l'Horloge {placée 
entre les maisons Dardy et Charpiot), démolie en 1739 faisant 
partie de l'enceinte intérieure de la ville, formée par le derrière 
des maisons [comme cela existe encore à S'-Ursanne). L'enceinte 
extérieure de la ville, avant Vauban, bordant le canal actuel, se 
composait d'un mur garni de tours. Entre les deux enceintes se 
trouvait un espace d'environ 35 mètres, formant fossé où péné- 
trait l'eau de la rivière. 

La Porte de Bourgogne, de France ou des Capucins (enceinte 
extérieure), flanquée de deux tours, se trouvait à peu près dans 
l'emplacement N.-O. de l'Arsenal. De l'Hermine nous dit « cette 
porte était double avec double pont-levis et un corps de garde 
à l'ordinaire près de la barrière, La 1" de ces portes était 
flanquée do deux tours rondes d'une espèce de pierre rouge fort 
dure. Il y avait au-dessus de l'entrée cinq armoiries de seigneurs 
de l'Empire et celles de l'empereur se voyaient au plus haut de 
la seconde porte (c'est celle qui figure dans la gravure) au- 
dessus d'une montre d'horloge » (Ij. 

Sur la droite et dans le prolongement de la Porte de l'Hor- 
loge, on voit la tour de Montboliard (reste de la vieille enceinte) 
qui se trouvait vers l'extrémité de la rue de l'Elu ve, à l'angle E. 
de la caserne du fronl sud de la ville. 

Enfin, tout à fait sur la droite, se montre le couvent des 
Capucins, établi en 1619 sur le champ des Lépreux et démoli, 
partie en 18'iO, partie en 1885. 

Au premier plan de la gravure, nous remarquons une quantité 
de maisonnettes qui disparaîtront, plus tard, pour faire place 
aux faubourgs de Franco, des Ancêtres et de Montbéliard. On 

le de Briiach et détruite pendant ]« 



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lit la légende suivante: ceci ne doit point eslre un village, le 
dessinateur s'est (rompe et a prétendu dessiner des tentes de 
campement. 

En effet, ce ne sont pas des maisons, car, dans la Vue de 
VAlsatiaillustrata,<iii 1152, le faubourg de France n'est encore 
indiqué que par des clôtures de palissades et seul, le bâtiment 
de l'Ancienne Poste existe dans cette partie des faubourgs. 
C'est bien un campement, car une pièce des archives, de 1687, 
nous donne un état des vivandiers du camp ayant fait régler 
leurs mesures. Nous y voyons figurer les régiments de Limousin, 
Angoumois, Normandie, Poitou, Guienne, Piémont et Royal 
Comtois. Ce camp qui s'étendait du couvent des Capucins au 
Magasin, a probablement subsisté Jusqu'à l'entier achèvement 
des travaux de fortification de notre ville, entrepris par l'illustre 
Vauban. 

D.-R. 



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NOTES GÉOLOGIQUES 

prises le long du îossé de la Canalisation 
d'eau de Roppe 

par L. MEYER 
Membre de la Soclélé Cëoloolque de France 



Duns le courant de l'automne 1899, la commune de Roppc, 
près Belforl, fit exécuter des travaux de canalisation d'eau 
poluble. Deux sources furent captées : l'une située sur la rive 
droite de l'étang d'Autruche, à une dizaine de mètres au-dessus 
du niveau de cet étang, et l'autre, plus à l'Ouest, au bord de la 
foriil A cet cfTet des trancliées d'une profondeur moyenne de 
CSO à 1 mètre, partant de chacune des sources, furent ouvertes, 
pour recevoir des tuyaux de conduite en fonte. Les deux 
tranchées se rencontraient à proximité de la route du fort de 
Roppe, en un point oii un réservoir fut construit pouremmagasiner 
les eaux. De là, ces dernières ont été conduites à travers le 
vallon de l'Autruche, jusqu'au village, où la canalisation se 
bifurque dans le sens des deux extrémités de la bourgade. 

Ayant eu la bonne fortune de faire une excursion aux 
environs de Belfort en compagnie de M. le docteur Bleicher, de 
Nancy, nous avons appris par hasard, que les travaux dont il 
s'agit, étaient en cours d'exécution, et nous nous y sommes 
rendus ensemble. A notre arrivée, la branche Est de la tranchée 
était déjà recomblée jusqu'au point de jonction. Nos observations 
n'ont donc pu porter que sur la branche Ouest et sur le restant 
du fossé. 

La source du bord de la forêt prend naissance (ainsi que 
l'autre) dans le grès bigarré et fournil une eau très limpide. 
Depuis la lisière du bois jusqu'à la route, la (rancliée traverse 
une couche de lehm de provenance vosgienne. A partir de la 
citerne, le lehm recouvre une couche d'alluvions sableuses 



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formée aux di'pens de roches locales : grès divers, calcairu, 
barylinc, etc. Ces alluvions se remarquaient sur un assez iong 
parcours du foss(^. On voil ensuite se succéder des marnes ver- 
dâlros et jaiinâlres, d'une puissance d'environ 3 mètrts, en cou- 
ches de -20 centimètres, inclinées à ;ï5-4l)° Sud-Nord, soit contrai- 
rement à l'inclinaison générale des roches de la région (I). Ces 
marnes étaient suivies d'un gros jaune, fin, ayant environ l^jîd 
d'épuisseur. Puis venaient deux handes de marne charbonneuse, 
la premii-Te de 30 ceiilimi'tres, la seconde de '20 centimètres, 
inclinées de même, ut sépiirécs l'une de l'autre par une couche 
de marne d'une é|)aisseur de 35 centimètres, le tout recouvert 
par environ i à 5 mètres de grès fin, gris-jaune, très tendre et 
se brisant facilement. 

Ces diverses couches marno-gréseuses peuvent être consi- 
dérées comme ivprésenlant le sous-étage inférieur du Keuper. 
Malgré des recherches minutieuses, il n'a pas été possible de 
découvrir dans les marnes charbonneuses des traces de végé- 
taux assez bien conservées pour pouvoir être étudiées au point 
de vue de la détermination. 

Plus loin, sur un parcours d'environ 30 à 40 mètres, affleurent 
sur la tranchée des marnes multicolores se rapportant au Keu- 
per supérieur, sans gypse ni sel gemme, quoi(iue le premier de 
CCS minéraux ait été exploité, à ce niveau, au delà du village 
de lîoppc, non loin de la ferme de la Maye, 

Après avoir dépassé les marnes irisées, on voyait, jusqu'à 
environ GO mètres du coude que fait la tranchée pour se diriger 
vers l'Est, des grès très lins, schisteux, de couleur gris-bleu, 
ayant l'apparence du Rliélien ou inTra-lias. Il était impossible 
de déterminer avec quclqu'assurance la puissance de ces cou- 
ches, les léles de bancs ayant été démantelées par les eaux et 
recouvertes, en certains endroits, d'une couche de sable dilu- 
vien ; il est regrettable que le fossé n'ait pas été creusé plus 
profondément à cet endroit. 

Les couches du Sinémurien et du Oharmouthien, fortement 
ravinées, ne montrent aucun affleurement et sont couvertes de 
matériaux de transport provenant des terrains d'amont : grès 



(Il c< 



élrigne jusque v 



couches fuii 


:an(ej dont noi 


is allons parler, fonl 






allant depuis près de 


'«"Vi^.!!. 


' par M. Parist 





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— 303 — 

bigarré, rhiîtion, elc. (sable (in au fond du fossé, sable grossier 
au dessus). Ce terrain pouvait être suivi jiisquà environ '20 
mètres du coude du Tossé, où l'on trouvait, en place, les miirnes 
bleues et jaunes du Toarcien supérieur, sans stridilication appa- 
rente, malheureusement sans Tossiles. A l'endroit où la trunclu'e 
touchait la route, soit à l'anirle, les ouvriers avaient mis au jour 
des schistes gris-bleus que l'on i-cloii nais sait facilement pour 
être du Toarcien inférieur ; mais ces roches n'iStaicnt pas en 
place, cl avaient été menthes là, peut-être lors de l'exploitation 
des mines de ciment, car elles se trouvent placées au-dessus 
du lebm, de dale plus récente. 

 partir de ce point, nous n'avons pu voir, jusqu'à environ 
KO ou 90 mètres du ruisseau, que du lehm plus ou moins sableux. 
A l'approche du ruisseau, les alluvions sont plus grossières, rt 
l'on rencontrait des galels de grès sur un ast^ez grand parcours 
de l'autre côté du ruisseau, pour ne plus voir ensuite que du 
tchni, jusqu'au bourrelet que forme l'aslarlien en saillie. Ce 
dernier était visil)le dans presque tout le restant du fossé creusé 
pour la canalisation d'eau. C'ependant, dans la partie N.-Ll. du 
village, il est recouvert par les argiles sidérolithiqucs. A celte 
occasion, il a été possible de constater que le terrain sidéroli- 
tliique incontestablement non remanié,, et représenté par de 
belles argiles ocreuses lustrées, conlenant de nombreux grains 
de fer, repose diroctcmeiit sur l'étage uslartien. 

L M. 



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