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HARVARD UNIVERSITY. 



Mineralogical Laboratory, 

UNIVERSITY MUSEUM. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE 



DE 



MINÉRALOGIE 

Fondée le 21 mars 1878 

RECONNUE d'utilité PUBLIQUE PAR DÉCRET DU 2 FÉVRIER 1886. 



TOME irilVGTIElIE 



PARIS 

LIBRAIRIE POLYTECHNIQUE, BAUDRY & C*^ ÉDITEURS 

1», rue des Sainto-Pères, ftft 

MAISON A LIÈGE, RUE DES DOMINICAINS, 7 



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SOCIETE FRANÇAISE 

DE 

MINÉRALOGIE 

LISTE DES MEMBRES 

A 897 



Menibres honoraires décèdes. 



MILLER (W. H.). 
ADAM. 

KOBELL (Fr. von). 
SMITH (Lawrence). 
SELLA (Q.). 
RATH (G. vom). 
DOMEYKO (I.). 



LEUCHTENBERG (S. A. I. le 

grand-duc Nie. de). 
KOKSCHAROW (N. de). 
SCACGHI (A). 
SZÂBO (J.). 
MARIGNAG (Ch. de). 
DANA (J.-D.). 



Membres honoraires. 

DAMOUR (A,), membre de l'Institut, 10, rue Vignon, Paris. 

DES GLOIZEAUX (A.), membre de l'Institut, professeur honoraire 
de Minéralogie au Muséum, 13, rue Monsieur, Paris. 

FRIEDEL (Gh.), membre de l'Institut, professeur de Ghimie 
organique à la Faculté des Sciences, conservateur des collec- 
tions de Minéralogie à l'École des Mines, 9, rue Michelet, Paris. 

LANG (V. von), professeur à l'Université de Vienne. 

NORDENSKIOELD (Baron A. E.), membre de l'Académie des 
Sciences, Stockholm. 

RAMMELSBERG (Prof. D*" G.), Geh. Bergrath, Gr. Lichterfelde bei 
Berlin. 

ROSENBUSGH (D' H.), professeur à l'Université de Heidelberg. 
SGHRAUF (A.), professeur de Minéralogie et directeur du Musée 

minéralogique de l'Université de Vienne. 
TOPSœ (D^ H.), professeur à l'École militaire de Copenhague. 
TSGHERMAK (D' G.), professeur à l'Université de Vienne. 



lleiiilirea perpétuels. 

BERTRAND (Emile), ingénieur, 2, rue de la Planche, Paris. 

INSTITUT impérial des Mines de Saint-Pétersbourg. 

MAUROY (de), ingénieur, à Vassy (Haute-Marne). 

SEIDEL Y AYMERIGH (José), professeur à la Faculté des Sciences 
de la Havane (Cuba). 

SOCIÉTÉ impériale minéralogique de Saint-Pétersbourg. 

Meiiilires ordinaires (^). 

m AMARAL (Fr. José de Santa Maria), mostero de S. Bento, à 
Rio de Janeiro. 

AMIOT (H.), ingénieur en chef des Mines, attaché à la Direction 
des Chemins de fer de P.-L.-M., 4, rue Weber, Paris. 

ARMACHEWSKI (P.), professeur à l'Université de Kiew (Russie). 

ARZRUNI (DO, professeur à TÉcole Polytechnique d'Aix-la-Cha- 
pelle. 

ATANASESCO (N.), docteur es sciences, professeur de Chimie à 
la Faculté de Médecine, Bucharest. 

AUGE, propriétaire de mines, 6, rue Barralerie, Montpellier. 

BARET (Ch.), pharmacien, 23, rue Chateaubriand, Nantes. 

m BARROIS (Charles), professeur-adjoint à la Faculté des Sciences, 
Lille. 

BAUER (D' Max), professeur à l'Université, Marburg (Hesse). 

BEAUGEY, ingénieur des mines, 136, boulevard Raspail, Paris. 

BEL, ancien élève de TÉcole polytechnique, ingénieur civil 
des mines, 110, boulevard Malesherbes, Paris. 

BENSAUDE (Alf.), professeur à l'Institut industriel, 66, rue KerreirsL 
Borges, Lisbonne. 

BERGERON (Jules), professeur de Géologie et de Minéralogie à 
l'Ecole centrale, 157, boulevard Haussmann, Paris. 

BERTRAND (Marcel), membre de l'Institut, ingénieur en chef des 
mines, professeur à l'École des Mines, Paris. 

BIBLIOTHÈQUE de l'Université de Clermont-Ferrand. 

BIBLIOTHÈQUE de l'Université de Grenoble. 

BIBLIOTHÈQUE de l'Université de Louvain (Belgique). 

BIBI4JOTHÈQUE de la K. technische Hochschule de Stuttgart. • 

BIZARD, 23, rue des Arènes, Angers. 

(1) La lettre m indique les membres à vie. 



— ni — 

BLONDEL (Maurice), licencié es sciences» 286, b^ Raspail, Paris. 

BLOT (l'abbé), missionnaire apostolique, docteur en théologie, 
docteur es lettres, 31, rue Dombasle, Paris. 

BOMBICCI PORTA (Louis), professeur et directeur du Musée de 
Minéralogie, à l'Université de Bologne (Italie). 

BOUBÉE (MadameE.),3, boul. et place St-André-des-Arts, Paris. 

BOUCHARD (IK), membre de l'Institut, 174, rue de Rivoli, 
Paris. 

m BOUCHARDAT (Gust), professeur à TÉcole de Pharmacie, 108, 
boulevard Saint-Germain, Paris. 

BOURGEAT (l'abbé), docteur es sciences, professeur à la Faculté 
libre des Sciences de Lille. 

m BOURGEOIS (Léon), répétiteur à l'École polytechnique, assis- 
tant au Muséum d'histoire naturelle, 1, boulevard Henri IV, 
Paris. 

BRAUNS (R.), professeur à l'Université de Giessen. 

BRÉON (René), ingénieur civil, Semur (Gôte-d'Or). 

BiJCKING (D' Hugo), professeur à l'Université de Strasbourg. 

m BUREAU (D** Louis), professeur à TÉcole de Médecine, directeur 
du Musée d'histoire naturelle, 15, rue Gresset, Nantes. 

GARNOT(Ad.), membre, de l'Institut, inspecteur général des 
mines, professeur à l'École des Mines, Paris. 

GATEUX, préparateur à l'École des Mines, Paris. 

GESARO (G.), professeur de Minéralogie à l'Université de Liège, 
Trooz (Belgique). 

CHABRIÉ (G.), docteur es sciences, chef du Laboratoire de chimie 
de la Clinique des voies urinaires, 11, rue Bara, Paris. 

CHESTER (A.), professeur au Rutgers Collège, New Brunswick, 
New-Jersey (États-Unis). 

GHUDEAU, chargé du cours de Géologie et de Minéralogie à la 
Faculté des Sciences de Besançon. 

CHURCH (A. H.), F. R. S., professeur de Chimie, Shelsley, Kew 
Gardens, Surrey (Angleterre). 

COHEN (EK E.), professeur à l'Université, 4, Rossmarkt, Greifs- 
wald (Allemagne). 

COLANI (A.), 19, rue Vauquelin, Paris. 

COLORIANO (P. Ant.), docteur es sciences, directeur de l'École 
Normale dMnsti tuteurs, Bucharest (Roumanie). 

m CORNU (A.), membre de l'Institut, professeur de Physique à 
l'Ecole polytechnique, 9, rue de Grenelle, Paris. 



— IV — 

C08SA (Alfonso), professeur de Chimie à TÉcole d'application 
des ingénieurs (Valentino), Turin. 

COSTA-FORO (L.-G.), directeur des Mines de Berca-Vaclète, 
3, allée de la Métropole, à Bucharest. 

m COSTA-SENA (J. da), ingénieur des mines, Ouro-Preto, Minas 
Geraës (Brésil). 

COUTTOLENC, professeur à l'École professionnelle, 55, rue 
Libergier, Reims. 

CUMENGE, ingénieur en chef honoraire des mines, 33, rue de la 
Bienfaisance, Paris. 

CURIE (Pierre), professeur à l'École de Physique et de Chimie, 
13, rue des Sablons, Sceaux (Seine). 

DAMOUR (Emilio), chef des travaux de Chimie à l'École des 
mines, Paris. 

DELAGE (A.), professeur à la Faculté des Sciences de Mont- 
pellier. 

DEMARTY, Directeur du Comptoir géologique du Plateau cen- 
tral, 23, avenue de Royat, Clermont-Ferrand. 

DESHARNOUX, graveur, 69, rue Monge, Paris. 

DOELTER (DO, professeur de Minéralogie à l'Université de Gratz 
(Autriche). 

DUPARC (Louis), professeur de Minéralogie à l'Université de 
Genève. 

DUFET (H.), maître de conférences de Minéralogie à l'École nor- 
male supérieure, 35, rue de l'Arbalète, Paris. 

DURANDIÈRE (Arthur de la), 62, rue des Saints-Pères, Paris. 

DURIER (Gh.), vice-président du Club alpin français, 7, rue 
de Grenùhle, Paris. 

ECK (D'H.), professeur à l'École polytechnique, Neckarstr., 75. 
Stuttgart (Allemagne). 

m EGLESTON (DO, professeur de Minéralogie à l'École des mines, 
35, Washington Square, New- York. 

FERRAND. 

FLAMAND, chargé de conférences à l'École des Sciences d'Alger, 
Alger-Mustapha. 

FOUQUÉ, membre de l'Institut, professeur d'Histoire naturelle 
des corps inorganiques au Collège de France, 23, rue Hum- 
boldty Paris. 



FRIEDEL (Georges), ingénieur des Mines, École des mines de 
Saint-Etienne (Loire). 

m FROSSARD (le Pasteur Ch.), 14, rue Ballu (anc. rue de Boulo- 
gne), Paris. 

GAUBERT (Paul), docteur es sciences, préparateur de Minéralogie 
au Muséum d'histoire naturelle, 79 6m, rue Monge, Paris. 

GENTIL (Louis), préparateur au Collège de France, Paris. 

GLINKA (Serge), privat-docent, cabinet de Minéralogie, Univer- 
sité impériale de Saint-Pétersbourg. 

GrOGUEL, docteur es sciences, maître de conférences de Minéra- 
logie à la Faculté des Sciences, 52, cours d'Alsace-et-Lorraine, 
Bordeaux. 

m GOLDSCHMIDT (D'V.), professeur de Minéralogie et Cristallo- 
graphie à l'Université, 9, Gassbergstrasse, Heidelberg. 

GONNARD (F.), ingénieur des hospices civils de Lyon, 38, quai 
de Vaise, Lyon. 

GORGEIX (Henri), ex-directeur de l'École des Mines d'Ouro- 
Preto (Brésil), a Mont-sur-Vienne, par Bujaleuf (Haute- Vienne). 

GOSSELET, professeur de Géologie à la Faculté des Sciences. 18, 
rue d'Antm, Lille. 

m GRAMONT (Arnaud de), docteur es sciences, 81, r. de Lille, Paris. 

GRATTAROLA, directeur du Musée et Laboratoire de minéralo- 
gie de rinstitut royal des Études supérieures, 2, piazza San 
Marco, à Florence. 

GREGORY (James), 88, Charlotte Street, Fitzroy square, Londres. 

GROTH (D' Paul), professeur à l'Université, Mineralogische Samm- 
lung, Akademie, Munich (Bavière). 

GUYOT DE GRANDMAISON (E.), 23, rue Glairat, Bergerac (Dor- 
dogne). 

HAUTEFEUILLE, membre de l'Institut, professeur de Minéra- 
logie à la Faculté des Sciences, 28, rue du Luxembourg, Paris. 

HINTZE (D' C.)* professeur de Minéralogie à l'Université, Neue 
Mathiastrasse, 8, Breslau. 

HOSSAK, Commission géologique de Sâo Paulo (Brésil). 

INSTITUT minéralogique de l'Université de Czernov^itz (Autriche). 

J ANNETTAZ (Ed.), maître de conférences à la Faculté des Sciences, 
assistant au Muséum d'histoire naturelle, 86, boulevard Saint- 
Germain, Paris. 

JANNETTAZ (Paul), ingénieur des Arts et Manufactures, répéti- 
teur à l'École centrale, 68, rue Claude -Bernard, Paris. 



 



— ▼! — 

JOFFRE (J.), chimiste, 60, rue de Bondy, Paris. 

JUNGFLEISGH, membre de l'Académie de Médecine, professeur 
à l'École de Pharmacie et au Conservatoire des Arts-et-Métiers, 
74, rue du Cherche-Midi, Paris. 

KAMPMANN (Alfred), Epinal. 

KISLAKOVSKY, conservateur du Musée minéralogique de l'Uni- 
versité de Moscou. 

KLEIN (D' Cari), professeur à l'Université de Berlin, Geh. Ber- 
grath,AmCarlsDade, 2, Berlin-W. 

KRENNER (ly), professeur de Minéralogie au National Muséum, 
Buda-Pest. 

KROUSTSCHOFF (D»" K. de). Musée minéralogique de l'Académie 
impériale des Sciences, Wassili Ostrow, Saint-Pétersbourg. 

KUNZ (Georges F.), chez MM. Tiffany et C«, Union Square, New- 
York City. 

KUSS (H.), ingénieur en chef des mines, rue Victor-Hugo, 21, 
Douai (Nord). 

m LACROIX (Alfred), professeur de Minéralogie au Muséum d'his- 
toire naturelle, 8, quai Henri IV, Paris. 

LAPPARENT (Alb. de), professeur de Géologie et Minéralogie à 
l'Institut catholique, 3, rue de Tilsitt, Paris. 

m LARTET (L.), professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse, 
87, rue Saint-Michel, Toulouse. 

LAVENIR, docteur es sciences, préparateur de Minéralogie à 
l'Ecole normale supérieure, 4S, rue d'Ulm, Paris. 

LE BLANC, 3, rue Guénégaud, Paris. 

LECOQ DE BOISBAUDRAN, correspondant de l'Institut, Cognac; 
ou 36, rue de Prony, Paris. 

LE CHATELIER (H.), ingénieur en chef des mines, professeur à 
rÉcole des Mines, 73, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris. 

LÉON, ingénieur des mines, à Valenciennes (Nord). 

LEWIS (W. J.), New Muséum, Cambridge (Angleterre). 

LIEBISGH (D"^), professeur à l'Université, Gottingen (Prusse). 

LIMA (J. do Rego), ingénieur des mines, 14, rue de Covento de 
Jésus, Lisbonne. 

LIMUR (C*« de), hôtel de Limur, Vannes (Morbihan). 

LINDSTRCEM (G.), adjoint au Riks-Museum, Stockholm. 

UPPMANN, ingénieur, 36, rue de Chabrol, Paris. 



— vil — 

m L.IVERSIDGE, professeur à TUniversité de Sydney, Nouvelle 
Galles du Sud (Australie). 

L.O VISATO pomenico), professeur à rUniversité de Gagliari (Sar- 
daîgne). 

LUEDECKE (D' Otto), professeur à l'Université, 35, Wilhelm 
Strasse, Halle s. Saale, Thuringe. 

MASKELYNE (N. S. Esq"), membre de la Chambre des Commu- 
nes, Basset Down House, Swindon, Wilts (Angleterre). 

MATTIROLO (Ettore), ingénieur des mines, directeur du Labora- 
toire chimique de roffice royal géologique des Mines, Rome. 

MEUNIER (Stanislas), professeur de Géologie au Muséum d'histoire 
naturelle, 7, boulevard Saint-Germain, Paris. 

m MICHEL (Léopold), répétiteur à la Faculté des Sciences de 
Paris, 128, avenue de Neuilly, Neuilly (Seine). 

m MICHEL LÉVY (A.), membre de Tlnstitut, ingénieur en chef 
des mines, directeur du Service de la carte géologique de 
France, 26, rue Spontini, Paris. 

MIEG (Mathieu), 48, avenue de Modenheim, Mulhouse. 

m MIERS (Henry-A.), professeur au Magdalen Collège, Oxford. 

m MIRABAUD (Paul), banquier, 8, rue de Provence, Paris. 

MOREL(J.), chef des travaux chimiques à la Faculté des Sciences 
de Lyon, 33, rue de la Liberté, Lyon. 

MOSES (D»- Alf. J.), professeur à l'École des mines de New- York. 

MUGGË (D^O.), professeur à l'Université, 10, III Jàgerhofstrasse, 
KœnigsberK (Allemagne). 

MUNIER-CHALMAS, professeur de Géologie à la Faculté des 
Sciences, 75, rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris. 

MUSEUM d'histoire naturelle de Hambourg. 

NENTIEN, ingénieur des mines, 15, rue Monselet, à Bordeaux. 

NIES (D»" Fr.), professeur à l'Institut agricole de Hohenheim (Wur- 
temberg). 

œBBEKE (D' K.), professeur de Minéralogie à la technische 
Hochschule, Munich (Bavière). 

OFFRET (Albert), professeur de Minéralogie à la Faculté des 
Sciences de Lyon, 135, avenue de Saxe, Lyon. 

OUROCHEWICH (Sawa), professeur à l'École des Hautes-Études 
de Belgrade (Serbie). 



— VIII — 

PAGHEGO DO GANTO E GASTRO (Eug. Vaz), professeur au lycée 
de Ponta Delgada, île de Sâo-Miguel (Açores). 

PISANI, chimiste, 8, rue de Furstenberg, Paris. 

PLASENGIA (DO, 29, Agniar, Havane, Guba. 

PLY, lieutenant-colonel d'artillerie, directeur de l'Atelier de 
construction de Puteaux (Seine). 

PORGHER (l'abbé), professeur au Petit Séminaire, 19, rue Notre- 
Dame-des-Ghamps, Paris. 

m POTIER, membre de l'Institut, ingénieur en chef des mines, 
professeur honoraire à l'Ecole Polytechnique, 89, boul. S*- 
Michel, Paris. 

w POUYANNE, ingénieur en chef des mines, à Alger. 

m RIGHARD (Ad.), préparateur à l'École des Mines, 21, rue Linné, 
Paris. 

ROLLAND (G.), ingénieur en chef des mines, 60, rue Pierre-Ghar- 
ron, Paris. 

ROUX (Léon), professeur de Ghimie à la Faculté des Sciences 
de Poitiers. 

RUTLEY (Frank), professeur de Minéralogie au Royal Collège 
of Science, 93, Edith Road, West-Kensington, Londres. 

m SAUVAGE (Ed.), ingénieur des mines, 14, rue Eugène Flachat 
(place Pereire), Paris. 

m SAXE-GOBOURG-GOTHA (S. A. L le Prince dom Pedro de). 

SGAGGHI (E.), professeur à l'Université de Naples. 

SGHULTEN(D'" Aug.de), professeur à l'Université de Helsingfors 
(Finlande). 

SEHERR THOSS (le baron M. de), Hohenzollernstrasse, il, Berlin. 

SELIGMANN (G.), 18, Schlossrondel, Goblentz. 

SELLE (vicomte de), au château de Fontienne, près Forcalquier 

(Basses-Alpes). 

SELWYN, ancien directeur du service géologique du Ganada, 
Muséum and Office, Sussex street, Ottawa. 

SKOUPHOS(D'' Théodore), Conservateur du Musée minéralogique 
et paléontologique, 9, rue Navarinos, Athènes. 

SORET (Charles), professeur de physique à l'Université de 
Genève, 22, rue Saint-Antoine. 



— IX — 

STEPANESCO (G.), directeur du Musée d'histoire naturelle, 
8, Strada Verde, Bucharest. 

STOBER (D'), répétiteur de Minéralogie à l'Université, 2, boule- 
vard Léopold» Gand. 

STRUEVER, professeur de Minéralogie à l'Université de Rome. 

STUER, 40, rue des Mathurins, Paris. 

TAUB (Louis), 10, rue Lafayette, Paris. 

TBNNE (ly G. A.), privat-docent à l'Université et conservateur 
au Musée de Berlin, 18, Stegeitzer Strasse, Berlin, W. 35. 

TERMIER (Pierre), ingénieur des mines, professeur de Miné- 
ralogie à l'École des Mines, 71, rue Claude-Bernard, Paris. 

USSING (ly N. V.), professeur à l'Université de Copenhague. 

UZIELLI (Gustave), professeur de Géologie et de Minéralogie à 
l'École d'application des ingénieurs, 3, via Goito, Turin (Italie). 

VELAIN (Charles), chargé de cours de Géographie physique à 
la Faculté des Sciences, 9, rue Thénard, Pans. 

VERNADSKY (Vladimir), privat-docent à l'Université de Moscou. 

WALLERANT, maître de conférences à l'École normale supé- 
rieure. 

WATTEVILLE (Charles de), licencié es sciences, 96, avenue Vic- 
tor-Hugo, Paris. 

WICHMANN (D' A.), professeur à l'Université d'Utrecht (Pays-Bas). 

WIEDEMANN (ly E.), professeur à l'Université d'Erlangen. 

WINCHELL (N.-H.), géologue de l'État du Minnesota, Minneapolis. 

WULFING, professeur à l'Université de Tttbingen (Wurtemberg). 

WOULF (Georges), privat-docent, à l'Université de Varsovie. 

WYROUBOFP (Grégoire), 20, rue Lacépède, Paris. 

ZEGERS (Louis L.), ingénieur des mines, 57, Chacabuco, Santiago 
(Chili). 

ZUJOVIC (J.-M.), professeur de Géologie à l'École supérieure de 
Belgrade (Serbie). 



— X — 

B«rea« de la Soelété 

(Année 1897) 

MM. TERMIER, Président ; 

LE GHATELIER, G. FRIEDEL, Vice-Présidents ; 
L. BOURGEOIS, Trésorier; 
P. GAUBERT, Secrétaire pour la France; 
Ad. RICHARD, Secrétaire pour l'Étranger. 
M. BLONDEL, Archiviste. 



Menibres du 



€»n§ell de la Soelété 

(Année 1897) 



MM. DUFET (H.), 
FOUQUÉ, 
HAUTEFEUILLE, 



MM. LACROIX (A.), 

MICHEL (Léopold), 
WYROUBOFF. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



Amhée 1897. — Bulletin n® 1. 



Compte rendu de la séance du 14 Janvier 1807. 

Présidence de M. Hautefeuille. 



M. le Président donne la parole à M. le Trésorier pour 
la lecture de son rapport. 



Rapport du Trésorier. 



Messieurs et ghers Collègues, 

Nous avons l'honneur de vous présenter les comptes de 
l'année 4896. arrêtés au 31 décembre dernier, qui se 
répartissent ainsi qu'il suit : 



— « — 

COMPTES DE L'EXERCICE 1896 
Recettes. 

En caisse au 1" janvier 1896 Pr. 3.249 58 

Cotisations arriérées 440 » 

— de Tannée 1.100 20 

— anticipées 120 » 

Droits de diplôme 20 » 

Allocation ministérielle 600 » 

Abonnements et vente de JBw/fe^ms 1.144 15 

Rentes sur TÉtat français 3 0/0, 3 1/2 0/0. . 286 » 
Intérêts du compte de chèques à la Société 

Générale à 1/2 0/0 3 85 

Intérêts des sommes déposées à la Caisse natio- 
nale d'Épargne à 2 1/2 0/0 53 78 

Total Pr. 7.017 56 



Dépenses. 

Bulletin, impression Pr. 1.715 80 

— gravure 136 » 

— rédaction et extraits 350 » 

Administration y allocation au garçon de salle . . 200 » 

— gratification au concierge et au 

facteur de la poste 22 » 

— frais de bureau 183 20 

— dépenses exceptionnelles, sous- 
cription perpétuelle à la Société des Amis 

des Sciences • 200 » 

Bibliothèquey abonnements 154 75 

— assurances contre l'incendie ... 27 75 

Société Générale; droits de garde, timbres, etc. 4 66 

Solde en caisse au 1«' janvier 1897 4.023 41 

Total Pr. 7.017 66 



— 3 



Le fonds de réserve n*a subi aucun accroissement nominal 
cette année ; les valeurs qui le constituent, évaluées au 
1" janvier 1897, se composaient de : 

137 francs Rente française 3 0/0 perpétuel, 

à 102 fr. 30 c 4.671 70 

151 fr. Rente française 3 1/2 0/0, à 105 fr. 75 c. 4.562 35 



Total. 



Fr. 9.234 05 



Ce qui, joint à l'encaisse au 1®' janvier 1897, constitue un 
actif immédiatement réalisable de 13.257 fr. 46 c. 

Nous soumettons ensuite à votre approbation, Mes- 
sieurs, le projet de budget suivant pour le présent exer- 
cice : la Société entrant dans sa 20* année, nous proposons, 
d'accord avec un certain nombre de membres, de com- 
mencer, dès à présent, la confection de la seconde table 
décennale et nous inscrivons, au compte des dépenses, 
une somme de 300 francs (la première table avait 
coûté en tout environ 800 francs) représentant un à- 
compte relatif aux frais qui pourraient être faits en 1897 
de ce chef. 

PROJET DE BUDGET POUR 1897 
Recettes. 



Reprise sur l'encaisse précédente. 

Cotisations 

Allocation ministérielle 

Intérêts du fonds de réserve . . . 
Abonnements et vente de bulletins 

Total. 



Fr 



Fr 



2.200 » 

2.000 » 

600 » 

288 V 

1.062 » 

6.150 » 

2 



_ 4 — 

Dépenses. 

Bulletin^ impression Fr. 3.500 » 

— gravure SOO » 

— rédaction et extraits 500 

— impression et rédaction de la deuxième 
table décennale 300 

Administration, allocation au garçon de salle . . 200 » 

— frais divers 150 » 

Bibliothèque, abonnements, reliure, assurances, 

etc 300 » 

Réserve et imprévu 700 



» 



» 



» 



Total Fr. 6.150 

Le Trésorier y 
L. BOURGEOIS. 



MM. Jannettaz et de Watteville ont examiné l'état des 
finances de la Société et ont entièrement approuvé le rap- 
port de M. le Trésorier. 

M. Jannettaz propose d'adresser des remerciements à 
M. Léon Bourgeois pour le zèle avec lequel il a soutenu les 
intérêts de la Société. Cette proposition est adoptée à l'una- 
nimité. 

Il est procédé à l'élection du Président, de deux Vice- 
Présidents, du Secrétaire pour la France et de deux Membres 
du Conseil. 

Le dépouillement du scrutin donne les résultats sui- 
vants : 

Présidence : M. Termier, 42 voix; M. Gorceix, 6 voix. 

M. Termier est élu président pour Tannée 1897. 

Vice-Présidence : M. Le Chatelier, 44 voix; M. G. Priedel, 
44 voix. 



— 5 — 

M. Gaubert est réélu Secrétaire pour la France. 

MM. Fouqué et Hautefeuille sont nommés Membres du 
Conseil en remplacement de MM. Curie et Michel Lévy. 

Le Bureau et le Conseil pour l'année 1897 sont ainsi 
composés : 

M. Termier, président; MM. Le Chateiier et G. Friedel, 
vice-présidents; M. L. Bourgeois, trésorier; MM. Gaubert 
et Richard, secrétaires; M. Blondel, archiviste; MM. Dufet, 
Fouqué, Hautefeuille, A. Lacroix, L. Michel, A. Michel- 
Lévy, Wyrouboff, membres du Conseil. 

M. Hautefeuille, en cédant sa place à M. Termier, re- 
mercie de nouveau la Société de l'honneur qu'elle lui avait 
fait en rappelant à présider ses séances. 

M. Termier adresse tous ses remerciements à la Société 
de l'honneur qu'elle lui a fait en le nommant à la prési^ 
dence. 



M. PisANi présente à la Société : 

!• Des cristaux de muscovite remarquables par leur 
polychroïsme ; 

^ Des petits cristaux de zircon, du comté d'Essex, pré- 
sentant les faces V^ très développées alors que les faces 
6* ont presque disparu. 



M. Termier a le plaisir d'annoncer à la Société une 
intéressante découverte faite par MM. Franchi et Stella, 
ingénieurs au corps des mines d'Italie ; celle de l'existence, 
et même de la fréquence, de la:lawsonite dans les fentes 
et les druses des roches métamorphiques des Alpes pié- 
montaises. 



— 6- 

On sait que la lawsonite (^) est un minéral très voisin 
de la carpholite, ayant la formule : 

2H*0, CaO. Al*0», 2SiO* 

qui ne diffère de ]a formule de la carpholite que par la 
substitution de CaO à MnO. La lawsonite a été découverte 
en 1894, par M. Le Ransome, dans des roches cristallines 
de la péninsule de Tiburon, Marin County (Californie), où 
elle est associée à la margarite, à Tépidote, à Tactinote, au 
glaucophane et au grenat rouge. 

La première mention de Texistence de ce minéral dans 
les Alpes a été faite en 1895, par M. Franchi, au cours de 
la description d'une diabase ophitique très altérée des envi- 
rons d'Elva (Val Maira) (*). Des cristaux orthorhombiques, 
que M. Franchi ne pouvait identifier avec ceux d'aucune 
espèce connue, apparaissaient avec Talbite et le mica blanc 
dans les produits de transformation des feldspaths de la 
roche. Dans une note, parue en 1896, M. Franchi signalait 
la fréquence, dans des gisements analogues, de cristaux 
tout semblables, et annonçait que le même minéral avait 
été retrouvé, par M. Stella, en veinules dans une amphi- 
bolite sodique de la haute vallée de Chianale (»). 

C'est sur les petits cristaux provenant de ces veinules 
que MM. Franchi et Stella ont pu faire la détermination. 
Leurs conclusions ont été corroborées par une analyse 
chimique, due à M. Mattirolo, et il n'y a plus aujourd'hui 
de doute possible : les cristaux des veinules et ceux qui 
épigénisent les feldspaths sont des cristaux de lawsonite. 

(1) BmU. Soe. de Mméralogie, XVm, p. 437. 

(2) FBAifCHi. — iVolùM sopra aicime metamurfim di tmpkotkti e diabasi 
nelfe Alpi oeddentaHy Bollett. dei R. Comit. geolog., 1895, II, p. 90. 

(3) FuASKm. ~ ProMÙH ed Anfiboliti sodkAe, BoUett. Mta Soc. geol 
itiiisnai, 1896, II. 



^ 7 — 

M. Franchi a eu Tamabilité de m'envoyer un échantil- 
lon de Tamphibolite sodique du vallon de Chianale, où Ton 
voit des veinules claires, en grande partie constituées par 
la lawsonite, et de joindre à cet envoi un petit tube conte- 
nant des cristaux séparés. Je tiens ces cristaux, et la roche 
d'où ils proviennent, à la disposition de ceux de nos col- 
lègues qui seraient curieux d'examiner une espèce miné- 
rale encore bien peu connue. 

Il est probable, comme M. Franchi le dit dans sa lettre 
d'envoi, que la lawsonite sera prochainement retrouvée 
en bien d'autres points des Alpes. 

Son origine semble identique à celle de Tépidote et de la 
zoïzite si fréquentes dans les roches vertes des Alpes: c'est 
le résultat du dédoublement d'un silicate à la fois alcalin 
et calcique, par exemple d'un feldspath calcico-sodique, 
l'élément sodique engendrant de Taibite. 



Note sur les formes cristallines de quel(|ues composés 
crgaiii(|ues et inorganiques. 

Par L. DuPARc et F. Pbarge. 

A. — Sur les sels de quelques acides complexes inorganiques 

N® 1. — Sel (P ammonium de Vadde arsenotungstique. 

3(NH,), ASjOj 18W0, + 14H,0. 

Ce sel a été examiné déjà par M. Stuhlmann(*) qui ne l'a 
point mesuré et s'est borné à mentionner son analogie 
avec les sels correspondants des acides phosphotungs- 
tiques, et avec le sel de potassium du môme acide. 

(1) StQchlmann. AnncUes de LiebiQf t. 245, p. 



— 8 — 

Nous avons eu entre les mains quelques cristaux fort 
imparfaits de ce sel, préparé par MM. Kehrmann et Ruti- 
mann. Ils sont verdâtres, perdent rapidement leur eau de 
cristallisation ; les faces sont souvent courbes, surtout sur 
les gros spécimens. Ces imperfections subsistent dans 
toutes les cristallisations successives. 

Les cristaux, déposés de la solution aqueuse, présentent 
toujours deux types. 

Dans le premier, la face p (001) est large ; c'est la face 
d'aplatissement. 

j* (010) et h^ (100) existent toujours bien développées. 
i^ (lOÎ) et a* (011) existent, mais peuvent être fort ré- 
duites. Allongement pj*. 

Dans le deuxième type, plus rare, a* (011) est large et 
devient la face d'aplatissement ; les autres faces existent 
toujours, mais p (QOl) et h^ (100) sont réduites. Allonge- 
ment ph^. 

Les propriétés optiques sont toujours indéterminables. 




Fig. i. 



Système du prisme bioblique. 

ZX = llSolO' XY = iU^y ZY = 61*>37' 
a:b:c = 0,589o : 1 : 0,6522. 



— 9 — 









AiioLi on miaiLEs 








Obiervé. 


calculé. 


pg' 


— (001): (010) 


= 


^^^o^'* 


— 


ph* 


— (001) (100) 


^ 


TSolS'* 


— 


h^g^ 


— (100) (010) 


= 


75» 3'* 


— 


i*9* 


— (011) (010) 


= 


TS'ia'* 


— 


a^h^ 


= (101) (100) 


= 


50«5S'* 


— 


a*g* 


= (lOÏ) (010) 


= 


S8»54' 


S8M7' 


fifei 


= (011) (100) 


= 


61046' 


6206' 


aH*^ 


= (lOÎ) (011) 


= 


103»S0' 


103«26' 



î^ous avons comparé les mesures de ce sel, avec celles du 
sel de potassium de Tacide phosphomolybdique correspon- 
dant, déterminé précédemment par nous (*), et avec le sel 
de potassium de Tacide lutéophosphotungstique, déter- 
miné par Stuhlmann. Nous avons rapporté ces trois sels 
au système d'axes que nous avons choisi, qui est celui 
qui paraît s'accorder le mieux avec le développement ordi- 
naire des faces de ces cristaux. 



Tableau comparatif des sels avec 14 H^O de cristallisation, 

3M,P,05,i8M03 3K,0,P,03,i8W03 3(fie,)»0,As,05,i8W0, 

ZX = H4"2-2' HS°42' 115M0' 

XY = H5«26' lio^O' 114^3' 

ZY = 60*>o0'(«) 61*>26' 61^37 



(1) L. Duparc et F. Pearce. Bulletin, t. XVIII, p. 31. 

(2) Et non 65*50' èomme cela figure par erreur de^ transcription dans notre 
première note. Lire aussi dans celle-ci P5f' = (001) (OÏo) et i^h^ = (OU) (100) 
au lieu de (001) : (010) et (Ôîî) : (100). 

yre aussi au n» 8 6«p = (lOfl) (0001) au lieu de mp = (laîo) (0001). 



- 10 - 





3M,PA.i8M0, 


3K.0,P.0„i8W0, 


m»nKV 


CL 


= 


0,3938 


0,«S92 


0,5895 


C 


= 


0,6749 


0,6401 


0,6522 


P9' 


ilIZ 


H2»8' 


lll'T 


1H026' 


ph' 


z=z 


750S' 


73''9 


73M5' 


hY 


=== 


73»18' 


-4»2' 


7503' 


i^ 


= 


71«S0' 


72022' 


73012' 


a^¥ 


HZ 


48<'5T 


49«23' 


50«56' 


aY 


= 


S7041' 


88''6' 


58»54' 


i^h> 


^= 


61»43' 


60«'59' 


61046' 


aH' 


— 


lOloS' 


\01HT 


103«30' 



Un coup d*œil jeté sur le tableau précédent montrera 
que l'on peut conclure à Tisomorphisme de la série : 

( R = NH4,K etc. 
3R,0, R'sOg, ISR^Oa + 14H,0 avec j R'= P, As etc. 

( R'=M,Wetc. 

Nous avons aussi, dans notre précédent travail, (*) déter- 
miné la forme d'un sel de la formule 

3K,0, P.Ob, 18W0, H- 28H,0 

obtenu en faisant cristalliser le selàl4H,0, correspondant, 
à basse température. Nous avons essayé de faire cristal- 
liser dans les mêmes conditions le sel de potassium 

3K,0, As.Oj, 18W08+ 14H,0 

qui est absolument isomorphe avec les précédents. Nous 
avons obtenu plusieurs fois des petits cristaux hexagonaux, 
qui ressemblent parfaitement à ceux que nous avons déter- 
minés antérieurement; mais il a été impossible de les 
mesurer ; ceux-ci éclatent spontanément à la moindre élé- 
vation de température. Il est néanmoins probable qu'il y a 

(1) L. Duparc et F, Pearce, Iqc, cit. 



— H — 

aussi isomorphisme dans la série avec 28 H,0 de cristalli- 
sation. 

Nous avons examiné également une intéressante série 
de sels complexes qui renferment 22WO,, et préparés par 
M. le D' Kehrmann. Nous nous bornerons pour le mo- 
ment à mentionner quelques résultats, nous réservant 
de revenir sur ces corps d'une manière plus détaillée, 
quand nous aurons réussi à obtenir un meilleur matériel 
d'études. 

N® 2. — Sel de potassium de Vacide phosphotungstique 
à22WO,. 

7K,0, P.Oj, 22WO, + 31H,0 (Vl 

Cristaux assez imparfaits, incolores, translucides. Ils 
présentent généralement les faces de la protopyramide 
b"* (111), rarement une base p (001) qui est alors petite. 



Fig. î. 

Système du prisme droit à base carrée ? 
c = 0,6053 

ANQ LK DBS HO RMAHS 

Observé. Calculé. 

6> zn (111) (001) = 40O34'* — 

^mf^m — (111) (111) ^ 5509' 34045' 

Au microscope, sur la face parallèle h p = (001), on 
observe une faible biréfringence. 

Il) Kehrmann et Freinkel. Berichte, t. XXV, p. 1968. 



— 12 - 

L'individu paraît formé de quatre secteurs, qui s'éteignent 
parallèlement aux côtés du carré de la base. En lumière 




Fig. J. 

convergente, chaque secteur donne une croix qui se dis- 
loque en deux branches d'hyperbole très rapprochées. Le 
plan des axes est perpendiculaire aux côtés du carré, la 
bissectrice est positive. L'observation est rendue très diffi- 
cile par le fait que ces cristaux sont saturés d'inclusions 
d'une substance blanchâtre et opaque. 

N® 3. — Sels de baryum de r acide arsénotungstique 

à22WO, C). 

TBaO, As^Oç, 22WO, + 48H,0 

Très petits cristaux blancs, translucides, présentant les 
faces de la protopyramide 6*^ (Ht), très rarement la base 
p (001). 




Fig. A. 

(1) Ce sel a été préparé par MM. Kehrmann et Rutimann, qui en publie- 
ront incessamment la préparation. 



— 13 — 

Système du prisme droit à base carrée ? 
c = 1,0499. 

Angle dks nokmalbs 
Observé. Calculé. 



^iyafti/9 _ (mj (lîi) _ 71049'* 



H2«5' 



Nous n'avons pas pu déterminer les propriétés optiques 
de ces cristaux, vu leur petitesse et leur opacité. Cepen- 
dant, nous avons tout lieu de croire qu'ici encore, la 
symétrie quadratique n*est qu'une pseudosymétrie. En 
effet, nous avons eu entre les mains quelques cristaux de 
forme identique, d'un sel dans lequel l'ammonium peut 
remplacer isomorphiquement le baryum en proportions 
variables. Ces cristaux présentaient sensiblement les 
mêmes angles. Examinés sur leur base naturelle et malgré 
leur mauvais état, on voyait nettement huit secteurs. Les 




Fig. 5. 

cristaux mesurables sont d'ailleurs très difficiles à obtenir; 
dans la majorité des cas, la solution abandonne de gros 
octaèdres blancs et opaques, nettement formés de la réunion 
d'une multitude de petits octaèdres, et simulant une mâcle 
polysynthétique. Ces gros octaèdres s'obtiennent aussi 
bien pour le sel de baryum que pour celui de baryum et 
d'ammonium. La formation de petits cristaux mesurables 
ne dépend exclusivement que de la concentration. 



- 14 — 

B. — Formes cristallines de quelques substances organiques 
N® 4. — Tétrachlorure de racide tétrachlorophtalique. 



CCI 



a 



Ce corps a été préparé par M. Graebe (*). 

Les cristaux transparents et incolores sont assez volu- 
mineux. Ils sont obtenus d'une solution du corps dans 
Téther. Ils présentent les formes suivantes : 

La face p (001) large, toujours bien développée, souvent 
face d'aplatissement. 

h^ (100) et g^ (010) constantes; la quartopyramide 
(111) /*'" ainsi que les quartopyramides (llï) = c*'^ et 
(lîl) d''", puis Thémidôme i^ (011). Allongement pj^ 




Fig. 6. 

Système du prisme bioblique. 
ZX = 106O36' XY = 96042' ZY = 67^48' 
a:b:c = 1,5232:1 : 1,1813 
(1) Graebe Annaleny p. 238. 



iS 









Aiiai.i DIB 
Observé. 


MOmiALBS 




Calculé. 


pft» 


= (001) (100) 


11= 


74046'* 


— 


P9' 


= (001) (010) 


= 


111013'* 


— 


hY 


= (100) (010) 


= 


89026'* 


— 


Pf" 


= (001) (111) 


= 


§9050'* 


— 


f'Y 


= (111) (010) 


= 


5903O'* 


— 


/•'"A* 


= (111) (100) 


= 


49057' 


49051' 


»> 


= (011) (001) 


= 


6I07' 


6O058' 


»Y"» 


= (011) (111) 


=z 


2702O' 


2705' 


c^p 


= (lïij (001) 


= 


IO80IT 


IO80IO' 


c'"Ai 


= (llî) (100) 


= 


68049' 


6904' 


C"'5* 


= (Ifl) (oîo) 


= 


5-2028' 


5203O' 


d«p 


= (111) (001) 


=z 


36058' 


37014' 


d«°j» 


= (ITI) (010) 


HZ 


41042' 


41027' 


d^A» 


= (in) (100) 


zrz 


— 


6O03O' 


d*»»' 


= (lIl) (011) 


— 


— 


93018' 



Propriétés optiques : La face p (001) est, à quelques 
degrés près, perpendiculaire à la bissectrice aiguë. Le plan 
des axes est parallèle à rallongement ; Tangle des axes est 
très petit ; le signe n'a pu être déterminé. 



No 5. — Thiochronate de potassium, 

C,HS,0,,K5 + 4H.0. 

Ce corps a été préparé par M. Graebe (*). 
Cristaux jaune citron, petits, très friables, quand ils 
sont cristallisés d'une solution aqueuse. 

(1) Gra^e, Liebig's AntuUen. 146, p. 42. 



— 16 - 

On observe les faces (111) 6*'* petites et (110) m lon- 
gues. Les cristaux sont allongés selon Taxe vertical et 
aplatis parallèlement à (llO). Ils appartiennerlt à rtiémiôdrie 
holoaxe ; la solution abandonne en nombre sensiblement 
égal des cristaux droits et gauches. Le solide droit possède 
quelquefois de très petites faces du solide gauche ou vice- 
vei^sâ. Les faces (lîî) et (IlT) sont toujours fortement 
striées. 




Fig. 7. 

Système du prisme rhomboïdal droit. 
a:b:c = 0,6461 : 1 : 0,6402. 









Anqlb des 
Obserri. 


HORMALIS 




Calculé. 


b^'b" 


= (111) (IH) 


= 


99«26'* 


— 


b"'b'" 


= (Hl) (ïll) 


= 


lai'S'* 


— 


mm 


= (110) (lîO) 


ZII 


esoga- 


6S»44' 


5.«j,./. 


= (111) (111) 


zzz 


— 


100»18' 


6"»m 


= (111) (ITO) 


= 


71.44' 


71»44 



— 17 — 



N* 6. — Orthophénylbenzoate de lithium. 



C.H,< 



COOLi(l) 

C.H. (2) +H.0 



Ces cristaux ont été obtenus par réaction de Tacide or- 
thophénylbenzoïque sur le carbonate de lithium. Cristallisés 
de Teau, les cristaux sont gros et se détériorent rapidement 
à l'air. Les faces sont corrodées et mauvaises, vu leur 
imperfection les angles ont été mesurés un grand nombre 
de fois sur divers échantillons. 

On observe : la base p (001), le pinacoïde A* (100), le 
prisme m (110). 




Pig. 8. 



Système du prisme rhomboïdal oblique. 
ZX = 108*>46' 

a : b : c=. 1,3026 : 1 : ? 



pft* = (001) ^100) = 
h}m = (100) (110) = 
pm = (001) (110) = 



AMAU 


DIB 


NORMALBl 


Observé. 




Calculé. 


71014'* 







50»S8'* 




.— 


78o33' 




78oi9 



- 18 - 

Nous avons précédemment déterminé les sels de sodium 
et potassium du même acide, le sel de potassium est tricli- 
nique et n'a pas d'analogie avec les deux autres. 

Les sels de lithium et sodium, en revanche, sont assez 
semblables comme le montre le tableau qui suit, dans 
lequel nous rectifions aussi les valeurs des constantes du 
sel de sodium, données par erreur dans notre travail anté- 
rieur (*) et qui ne se rapportent pas au cristal en question. 



Sel de lithium. 


Sel de Bodium. 


ZX = 108«46' 


124*49' 


a: b : c = 1,3026 : 1 : ? 


1,6392 : 1 : ? 


pm= (001) (110) 78-'33' 
mm = (110) (110) 78«4' 


70» 15' 
72»34' 



Dans les deux cas, il y a tendance vers une symétrie 
rhomboédrique. 

Genève. Laboratoire de Minéralogie de l'Université. 
Janvier 1897. 



Études cristallographiques sur la calcite des carrières 
de Gouzon (Rhône). 

Par M. Ferdinand Gonnard. 



PRÉAMBULE GÉOLOGIQUE 

Lorsqu'on arrive à Lyon par la vallée de la Saône, on 
est frappé à la vue des vastes carrières qui s'étendent 
parallèlement à la voie ferrée, et à son voisinage presque 
immédiat, du dépôt de mendicité d'Albigny à la maison de 

(1) L. Duparc et F. Pearce, loc, cit. 



— 19 — 

de Saint-Léonard, et qui sont creusées dans les couches 
puissantes de calcaire, qui, concurremment avec celui du 
haut Rhône, fournit à Lyon les meilleurs moellons pour 
la construction. 

De bas en haut ces carrières présentent les couches sui- 
vantes (*) : 

i^ Reposant immédiatement, et en stratification concor- 
dante avec le lias supérieur, que caractérisent notamment 
Hildoceras bifronSy Brug. ; Hammatoceras insigne^ Schûbl. ; 
Grammoceras fallcuAosum, Bayle ; Ludwigia Aalensis, Zief. ; 
Ludungiaopalina, Rein,(*); etc., apparaît le calcaire à fucdides 
ou calcaire à empreintes de cancellophycus, désignés par les 
carriers sous le nom de calcaire à coup de balai, à cause des 
stries curvilignes qu'il présente, et caractérisé par la pré- 
sence d'une ammonite Ludwigia Murchisonœ, Sow. Cette 
première assise est la zone la plus inférieure du bajocien ; 
elle constitue le substratum visible des couches exploitées 
pour la construction ; c'est la zone à Ludwigia Murchisonœ. 

2" Au-dessus se montre le calcaire à entroques, connu 
dans le pays et à Lyon sous le nom de calcaire jaune ou 
pierre de Couzon. C'est un calcaire marno-ferrugineux 
rempli de débris triturés de fossiles, mais où les véritables 
entroques ou débris de tiges de pentacrinus ne semblent 
pas très abondants. D'après MM. A. Faisan et A. Locard la 
puissance de cette assise est d'environ 30 mètres. La partie 
supérieure renferme en assez grande quantité des bryo- 
zoaires (d'où le nom de calcaire à bryozoaires donné à cette 
partie du calcaire à entroques), quelques baguettes d'oursins 
(Rhabdoddaris horrida, de Lor.), etc. 

(1) Je dois à mon ami, M. Attale Riche, la plupart des renseignements géolo- 
giques qui se rapportent à cette localité, et dont je ne donne ici qu'un r^umé 
très succinct. 

|2) MM. A. Faisan et A. Locard indiquent, par erreur, Rœmer, dont l'ou- 
vrage est de 1836, alors que Reinecke est de 1818. 



— 20 ~ 

3® Une troisième assise a été récemment découverte par 

MM. Paucheron, Grange et Rebours. Elle ne se montre 

que par lambeaux isolés et peu développés, témoignant 

ainsi de Faction d'une puissante érosion sur cette assise. 

Au point de vue paléontologique, elle est caractérisée par 

la présence des ammonites suivantes : Lioceras concavum^ 

Sow.; Lvdwigia rudis, Buckm.; Ludwigia cornu, Buckm. On 

y trouve aussi des gastropodes appartenant aux genres 

Cerithium, Pseudomelania, Turritella, Ataphrus, Zizyphmus, 

Littorina, Amberlegay etc., et surtout Pleurotomaria. Parmi 

les lamellibranches domine le genre Trigonia. La présence 

des trois ammonites précitées permet d'attribuer avec 

certitude cette assise à la zone à Lioceras concavum, deuxième 

zone du bajocien inférieur ; il en résulte que le calcaire à 

entroques appartient au bajocien inférieur. 

4® La quatrième assise, désignée par MM. A. Faisan et 
A. Locard sous le nom de calcaire ' à ammonites Blagdeni, 
possède un faciès de charriage très prononcé. Elle est 
caractérisée par la présence des ammonites suivantes • 
Oppelia subradiata, Sow. ; Cœloeeras subcoronatvm^ 0pp. ; 
Cœloceras Blagdeni, Sow., etc. Cette assise, qui n'a guère 
plus de 0",40 de puissance, paraît correspondre seulement 
à la partie supérieure du bajocien moyen. Il y aurait donc, 
dans le Mont-d'Or lyonnais, absence de la majeure partie 
du bajocien moyen. 

So Enfin, une cinquième et dernière assise du bajocien 
du Mont-d'Or est celle que Ton connaît sous le nom de 
Ciret (calcaire à ammonites Parkinsoni). Elle est très riche en 
fossiles; et, parmi les ammonites, on peut citer: Parkin- 
sonia Parkinsoni^ Sow.; Cosmoceras garanti, d'Orb.; etc., etc. 
Cette assise représente le bajocien supérieur. 

La coupe des carrières de Couzon étant ainsi sommaire- 
ment connue, nous allons étudier la seule assise qui nous 



— 21 — 

intéresse au point de vue minéralogique, c'est-à-dire le 
calcaire à entroques, ou, plutôt, les belles géodes qu'il 
renferme, et où la calcite et le quartz se trouvent fréquem- 
ment associés. 

HISTORIQUE ET PRÉLIMINAIRES 

La calcite de Couzon, signalée au commencement de ce 
siècle par le comte de Bournon à Rome de l'Isle, a été 
étudiée par ce dernier, qui en a décrit quelques combinai- 
sons cristallines. Bournon a figuré dans Tatlas de son traité 
de la chaux carbonatée (Londres 1808) un bon nombre de 
ces combinaisons. Mais les déterminations cristallogra- 
phiques de Bournon ont été l'objet de critiques sévères de 
la part de Wackernagel et de Zippe. Déjà d'ailleurs Haûy, 
qui a également étudié et décrit plusieurs combinaisons 
de formes de cette môme calcite, avait reproché à Bournon 
la complication de quelques-uns de ses symboles {Traité de 
Minéralogie, 2« éd., 1822, t. I", p. 33S et suivantes). 

Dans sa minéralogie et pétralogie des environs de Lyon, 
1849, M. A. Drian fait une récapitulation des combinaisons 
de formes étudiées par ses prédécesseurs ; il n'y fait 
qu'une seul addition. 

Il m'a donc paru qu'il y avait intérêt à reprendre cette 
étude, soit pour en contrôler les résultats, soit pour y 
ajouter. C'est le but de cette notice. 

Les auteurs ci-dessus ont signalé sur les cristaux de 
calcite de Couzon l'existence des onze formes suivantes, 
dont les notations, dans le système de Lévy, sont : 

p, e«, e*, c*, c**, eS e^/,, aS 6S d* et d* 

Les combinaisons qu'elles présentent, au nombre de 
neuf, sont les suivantes : 



c*; pc*; e'e*a*; c^^ftS trouvées par Bournon et décrites par 
Rome de Tlsle ; 

6*; c*Vci/,; c*e*; pe*dS décrites par Haûy; 

Enfin, e^é^e^pb^d*, trouvée par ThioUière, et décrite par 
A. Drian. 

J'ai pu, à ces onze formes, parmi lesquelles il en est 
quatre, savoir : c% e**, a* et dS que je n'ai pas eu Toccasion 
d'observer, en ajouter vingt autres. 

De ces vingt formes simples, neuf sont déjà connues sur 
des cristaux de calcite d'autres gisements. Ce sont : c*, e"'*, 
6% 6», 6*, 6*, cP'*, (P* et « (Da?). Mais, onze autres sont nou- 
velles, à ma connaissance du moins, ne se trouvant pas 
dans les catalogues les plus récents, et entr'autres, dans 
celui de Francesco Sansoni (*) (Sulle fwme crislaUine délia 
eakite di Andreasbery, Hartz, 1884). 

Mon examen a porté sur un grand nombre de cristaux 
provenant de belles géodes que j*ai pu me procurer grâce 
à une fourniture de moellons de Couzon d'une certaine 
importance pour la construction de bâtiments à l'hospice 
du Perron, commune de Pierre-Bénite (Rhône). 

Ces cristaux sont remarquables par la netteté et le poli 
de leurs faces principales, ainsi que par leur limpidité. Ils 
sont parfois associés au quartz cristallisé. J'ajouterai enfin 
qu'ils sont encore particulièrement intéressants par les 
phénomènes de corrosion linéaire ou polyédrique que pré- 
sentent certaines de leurs faces. 



(1) Je dois faire remarquer ici que, dans ma note à l'Académie des Sciences, 
du 10 février 1^%, c'est par une erreur de copie que la face d^^ a été men- 
tionnée, et par une autre erreur, celle-ci d'observation, que la face e^ a été 
inscrite comme face nouvelle. Ces deux fuces doivent donc être supprimées de 
la liste. 



DESCRIPTION DES CRISTAUX 



/«^ cristal (fig. 1). 

Ce cristal, ainsi que d'autres extraits de la môme géode, 
est limpide et transparent. Il était implanté, et, par suite, 
n'offre qu'une de ses moitiés; il a 7 millimètres de lon- 
gueur. 




Fig. I. 



La combinaison de formes qu'il présente est la suivante ; 



Faces déjà connues. 



Face noavelle. 



d* {m) 



K = (d"'d"«6"^=(62S) 



P (100) 
e» (4iî) 
c» (311) 
e» (Hâ)___ 
«'"•(6.6.11) 
e' (lll) 

Les faces connues />, e', d", et la face nouvelle (d'"d"'6"') 
que je désigne par la lettre majuscule K, sont largement 
développées, nettes et très miroitantes, et les incidences 
qu'elles ont fournies sont très bonnes ; e*, très constant 
sur les cristaux modifiés du type pe^d* de Gouzon, mais 



— 24 ^ 

toujours très étroit et strié parallèlement à son intersec- 
tion avec e', n'est déterminable que par la considération 
des zones; «• est petit d'ordinaire, mais très constant, et 
toujours net et brillant: e* est toujours plus ou moins 
ondulé, et son intersection avec c' est parfois une ligne 
courbe (voir fig. 4) ; 6"", que je n'ai observé que sur les 
cristaux de cette géode m'a donné d'assez bonnes inci- 
dences. 

Au sujet de e"", M. Des Cloizeaux fait remarquer que 
Hessenberg a indiqué le rhomboèdre e^"" sur un beau 
cristal de Bleiberg, en Garinthie offrant la combinaison 
pe«6*c'^"e'*^"e5C,„ ; ce rhomboèdre présentant des faces arron- 
dies, M. Des Cloizeaux regarde le symbole e"'*, plus simple 
que c"'*', et néanmoins très voisin de celui-ci, comme 
préférable (Manuel de Minéralogie, t. II, p. 104). 

Le rhomboèdre c"^' est d'ailleurs connu dans le quartz, 
et a été retrouvé par M. Des Cloizeaux sur les cristaux de 
cette dernière espèce provenant du Brésil, du Dauphiné, 
du Valais et de Traverselle (Mémoire sur la cristallisation et 
la structure intérieure du quartz, p. 32). 

Quant au sommet trièdre que j'ai, dans le tableau ci- 
dessus, noté 6^, il n'a fourni ici que des images confuses. 

Mais, sur un certain nombre de bons cristaux, dont 
malheureusement je n'ai guère pu détacher des géodes que 
les sommets, j'ai observé, indépendamment de l'isoscé- 
loèdre 6* (210) et du rhomboèdre 6^(110), un assez grand 
nombre de scalénoèdres sur 6 directs. La zone pW^, déjà 
très riche, s'est encore enrichie de plusieurs faces nou- 
velles. C'est comme annexe à la description de ce premier 
cristal que j'indique ces faces observées sur différents 
cristaux, où elles sont plus ou moins développées et 
réunies; je n'ai pas d'ailleurs jugé utile d'en faire un 
dessin spécial. 



-25- 

Voilà, ci-après, les diverses formes déjà connues ou 
nouvelles que m'a présentées la zone pfr^d^' : 

Faces déjà connaes. Faces nouvelles. 



rhomb.6* (HO) 


<f» (704) 


6» (920) 


isoscél.6» (210) 


<P" (302) 


6"* (10.3.0) 


scalén. 6» (410) 




fr'*» (17.6.0) 


» 6» (SIO) 




6«" (13.6.0) 


» 6» (610) 




6"» (740) 



d> (20Ï) 



2* cristal (flg. 2) (*) 




Fig. I. 

Sur des fragments de cristaux, dont la figure 2 repré- 
sente l'un d'eux, j'ai observé les formes ci-après : 

Faces déjà connues. Faces nouvelles. 



K = (d'-d'-ô'» = (6i«) 



e» (3ÏÎ) d»(26l) 

c» (112) 
c» (Uî) 
e„. (122) 

Outre ces faces on en remarque encore deux autres plus 

ou moins nettes : l'une dans la zone d'He,^, dont les cris- 

(1) Nota. — Les faces \s et Ki de cette figare, moins bonnes que celles de la 
Sgure soirante, n'ont donné que de mauvais pointés, dont je ne me suis pas 
servi; aussi ne les ai-je pas foit figurer au tableau ci-contre. 



— 2« — 



tg.ux suivants offrent un développement plus marqué, et 
donnent par suite de meilleurs pointés; l'autre dans la 
zone e'rfV, toujours plus ou moins arrondie ou striée pa- 
rallèlement à l'intersection de d* et e*. Je reviendrai plus 
plus loin sur ces faces qu'on serait tenté au premier abord 
de regarder comme des faces de corrosion. 

3^ cristal (flg. 3). 

De même que le premier, ce cristal est limpide et trans- 
parent; il ne présente que la moitié supérieure, et a, sui- 
vant Taxe principal, une longueur de U millimètres. 




Fig. 3. 

On y remarque la combinaison de formes que voici 

Faces déjà connaes. Faces nouvelles. 






(100) 

(4lî) 
(311) 
(112) 
(111) 



d} (201) K = yd'^'d'''h''') = (625) 
d"' (302) K^=(d^d'^'b'^) = {m) 

J =(d"''d"'b''"')={8Al.të) 



— 27 — 

Les faces p, e«, c* et d* sont bien développées et donnent 
des pointés excellents; e* est toujours strié; c* à surface 
ondulée; cP* est très petit ainsi que \ee^^; elles donnent 
cependant d'assez bonnes incidences. 

Quant aux faces nouvelles, que, pour abréger, je désigne 
par les lettres majuscules K, K^ et J, elles sont assez pe- 
tites, bien que nettes, et les images qu'elles fournissent 
sont pâles, mais néanmoins suffisantes. 

Je dois faire une observation sur J; son symbole pour- 
rait être représenté plus exactement par les caractéris- 
tiques 40.84.75; mais, eu égard à la faible différence qu'il 
y a entre les précédentes et celles que j'ai adoptées, savoir 
8. 17.15, ou ces dernières multipliées par le facteur com- 
mun 5, ce qui donne 40.85.75, et, d'autre part, à la peti- 
tesse de la face J, et, par suite, à la valeur des pointés 
qu'elle fournit, j'ai pensé qu'il était préférable de prendre 
le symbole de mon tableau. 

Enfin, une autre face non mentionnée dans ledit ta- 
bleau, et appartenant à la zone si riche e'd'e*, est désignée 
dans la figure 3 par le signe ^ ; elle a été déterminée 
plus nettement sur le cristal n® 4. 

Ainsi que je l'iai indiqué pour le deuxième cristal, j'aurai 
à revenir à ces faces si constantes dans les cristaux de 
Couzon du type pe*rf* modifié, et dont la notation précise 
est souvent impossible à déterminer à cause de l'étalement 
des images que ces faces présentent au goniomètre de 
réflexion. 

4« cristal (fig. 4). 

Ce quatrième cristal, qui ne présente pas môme la moitié 
supérieure complète, a environ 15 millimètres de longueur. 
Les faces qu'on y observe sont les suivantes ; 



— 28 — 



Faces déjà connues. 



Faces nouvelles. 



p (100) e*(liî) 
e»(3lT) (f«(20î) 
c«(ll2) ^ =:(*'»d»6*'*) = (l32) 



U = (d»'V^*«6»«) = (10.29.^) 
V = (d*'»d*«6*'~) = (20.36.39 j 



Comme toujours les faces p, «•, e^ et d* sont nettes et mi • 
roitantes, et c* inégale; les mesures prises sur c* sont 
donc simplement suffisantes, alors que celles prises sur 
les quatre autres faces sont excellentes. 




Fig. 4. 

Ce cristal présente deux faces nouvelles U et V; je les ai 
rencontrées fréquemment; mais elles sont d'ordinaire fort 
petites, et je n*ai eu le plus souvent que des pointés inac- 
ceptables. Sur ce cristal, au conlraire, ces deux faces, et 
notamment la face V, sont assez largement développées 
(plus de i millimètre sur 2, environ) , et les pointés sont 
bons. D'autre part, les faces y (de Des Cloizeaux) sont éga- 
lement bien développées, quoique arrondies, et j'ai pu ob- 
tenir des incidences assez satisfaisantes; j'estime, d'après 



la moyenne des mesures prises, qu'elles peuvent en effet, 
pour le présent cristal, être rapportées au scalénoèdre 
(cï*'^d*6*'*). Il est toutefois possible que, sur d'autres cris- 
taux ce soit plutôt des formes voisines de la même zone, 
telles que x = (d**d"*6**), ou encore it = (d*"rf*^'6**); car, j'ai 
trouvé, pour les valeurs de l'angle de ces faces avec e* adja- 
cent, des écarts de 5 à 6**, et, voisines des trois suivantes 
calculées : 

^e* •= 188^53' 
itc* = 162o«0' 

Il est donc possible que de nouvelles faces viennent plus 
tard prendre place entre celles déjà signalées dans la zone 
d*e*; mais, les cristaux que j'ai examinés, bien qu'en assez 
grand nombre, ne me permettent pas d'être afflrmatif à 
cet égard. Je me borne donc à signaler la face déjà connue 
j^, dont le symbole m'a semblé présenter le plus de certi- 
tude. 

5« crUtal (fig. S). 

Le cinquième cristal de calcite qui fait l'objet de cette 
étude offre ceci de remarquable que c'est une macle qua- 
druple (Vierling), la seule, au reste, que j'aie trouvée dans 
dans les nombreuses géodes de Couzon que j'ai examinées. 

Si, comme la figure 5 l'indique, on place ce cristal, ainsi 
d'ailleurs que j'ai placé les cristaux précédents, c'est-à-dire, 
de façon à avoir devant soi la zone pe'e*, (ce qui est facile, 
même sans recourir à des mesures d'angles, en se repé- 
rant sur la face p, intersection des zones b^d^ de droite et 
de gauche, très riches en faces, et sur la face e», toujours 
si nette dans ces cristaux), on voit que ce groupement de 
quatre individus est constitué par deux macles simples 
(Zwilling), maclées elles-mêmes suivant la base a*, comme 
plan d'assemblage, avec un axe d'hémitropie normal à 



— 30 — 

cette face. La macle supérieure a donc, par rapport à la 
macle inférieure, tourné de 60<> autour de l'axe principal 
qui leur est commun. Si maintenant on considère Tune des 
moitiés, la supérieure par exemple, de ce vierling (la fi- 
gure montre une parlie des b^ d'un des cristaux compo- 
sants, partie en arrière, et dont les stries sont dirigées 




FIg. 5. 

suivant l'intersection des b^ du second cristal, qui est en 
avant), on s'aperçoit que l'un de ces cristaux a également 
tourné de 60*^ par rapport à l'autre, autour de l'axe prin- 
cipal commun, et que, par conséquent, chacun des demi- 
cristaux du zwilling supérieur supposé réuni à chaque 
autre opposé du zwilling inférieur constitue l'assemblage 
par croisement de deux cristaux complets. C'est un 
exemple assez curieux de groupement composé d'une véri- 
table macle par juxtaposition, c'est-à-dire, avec plan d'as- 
semblage et axe d'hémitropie déterminés avec une macle 
par pénétration mutuelle. 
Ce remarquable cristal, dont j'ai cherché à reproduire, 



— 34 ~ 

aussi exactement que possible, la partie la plus intéres- 
sante, n'est malheureusement pas complet, et les cassures 
qu'il présente proviennent des points d'attache dans la 
géode qui le renfermait. Il a environ 15 millimètres 
d'épaisseur (suivant l'axe principal), et 22 millimètres de 
largeur. 
Il présente la combinaison de formes ci-après : 

Faces déjà connues. Faces nouvelles. 

P (^00) e,^ [m] K = d*»d*'V*) = (625) 

«♦ (411) 6* (210) e** = d'^'d^'b'") = (344) 

c» (3ïr) d« (20Ï) 

c« (ll|) d"" (704) 

e* (m) 

Je ne répéterai pas ce que j'ai dit déjà touchant l'état des 
faces p, e*, e*, 6*, eS c^^, d" et K. Les faces 6* sont finement 
striées, et donnent des images un peu vagues. Quant aux 
faces (P, que je n'ai guère observées que sur cette macle, 
elles sont nouvelles pour la calcite de Couzon; mais, déjà, 
elles ont été signalées par Haûy sur des cristaux de cal- 
cite du HartZ; et notées par lui au moyen du chiffre 2 dans 
la variété cristallographique qu'il désignait sous le nom de 
d'Amblytère. 

Ce scalénoèdre a été récemment indiqué par P. Sansoni 
sur des cristaux d'autres gisements d*Andreasberg (miniera 
félicitas et miniera gnade GoUes); mais, cet auteur ne donne 
ni mesures d'angles à cause du mauvais état des faces 
(poco sviluppaley puntigiatte, semi-opache), ni figures des com- 
binaisons qu'il cite. Haûy avait donné des incidences dans 
les tableaux placés au commencement de l'atlas de son 
traité de minéralogie. 

Il n'est pas sans intérêt de remarquer que le scalénoèdre 
2 d'Haiiy ou cf'* = (704] est, en notation Bravais, exprimé 



— 32 — 

parle symbole (T.4.ÏÏ.3) et que le nouveau scalénoèdre 
K =: (625) est, dans le même système de notation, exprimé 
parle symbole (4.7.ÎÎ.3). Aussi les angles KK sur e^ et 
(?'*(?'* sur e^'^ sont ils tous deux égaux à 139^36' d'une part, 
et les angles KK sur e* et (f'*d''* sur (F tous deux égaux à 
106o20' d'autre part ! 

Haiiy avait donné les valeurs très voisines de 139^53' et 
de 106O13'. 

Quant à la face nouvelle e,,^, elle est manifestement en 
zone avec les faces e^,^ et e* d'une part, et avec les faces 
e* et 6* d'autre part. Aussi, son symbole est-il aisément 
calculable! Cette face se rencontre sur les divers cristaux 
constituant la macle quadruple; j'ai donc pu multiplier les 
mesures qui me permettent de contrôler le résultat du 
calcul. Je donnerai plus loin les valeurs d'angles pour les- 
quelles j'ai pris des moyennes; car, les faces e^t^ sont assez 
petites et pas très miroitantes; et, si e^ est une face tou- 
jours brillante et très unie, e*, au contraire, est presque 
constamment très inégale. Leg incidences sur e^ et sur 6* 
ne donnent donc pas une certitude égale à celle que four- 
nit la considération de l'intersection des deux zones que 
j'ai indiquées plus haut. 

Les tableaux ci-joints indiquent la répartition des faces 
sur les cinq cristaux dont la description a été donnée ci- 
dessus, et dont, sauf pour la macle quadruple, j'ai étudié 
un bon nombre de similaires. Ils montrent qu'en résumé 
sur ces cristaux des géodes de Couzon j'ai reconnu 16 faces 
anciennes et H faces nouvelles. 

Faces anciennes. 

•!•' cristal. 2« cristal. %• cristal. 4" cristal. Macle. Divers. 
p » P P P ». 



— 33 — 

i*' cristal, s* cristal. 3* cristal. 4" cristal. Maele. Divers. 



e» 


e» 


e» 


c» 


c» 




e* 


e» 


e« 


c» 


e« 




c"* 


» 


» 


x> 


9 




e* 


e* 


e* 


e« 


c* 




» 


«1/2 


<?!/. 


» 


«m 




6» 


» 


» 


» 


» 




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6» 


6» 


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» 





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» 


b" 


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» 


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» 


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6* 


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d* 


d« 


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K 


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M 


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Face.v nouvelles. 



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b"' 


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B 





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1» 


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Jl) 


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6««« 


1» 


» 


» 


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e** 


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K 


K 


K 


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K 


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K, 


» 


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» 


J 


» 


fi 


fi 


9 


» 


» 


U 


)> 


» 


9 


j> 


» 


V 


)) 


fi 



Nota. — Voir à la page suivante la perspective stéréo- 
graphique des faces de lacalcite de Gouzon. 



— 34 — 




Fig- 



- 35- 

MESURES ET CALCULS CRISTALL06RÀPHIQUES 

Les résultats précédents sont justifiés par les tableaux 
d'ensemble des angles calculés et mesurés donnés ci- 
après. 

Parmi les zones étudiées, les trois seules qui m'aient 
fourni des faces nouvelles sont les suivantes : 

1*> La zone d^e^i^ (K, Kj); 

2® La zone e^i^e^ (e^n); 

30 La zone prf« (6»«, fc**», b'"", b^, 6"*). 

En dehors de ces trois zones il y a eu à déterminer les 
symboles des faces nouvelles isolées J, U et V. 

J'ai, pour mes calculs, noté les angles à partir de faces 
déjà connues ou m'ayant donné d'excellents pointés; ces 
faces sont, ainsi que je l'ai fait remarquer dans le cours 
de la description des cristaux qui font l'objet du présent 
travail, les faces suivantes : 

ci*, e*, ej/„ e\ p, 6», 6». 

J'ai pu, pour les deux zones d'e^/,, et pcP, employer la 
formule des faces tautozonales. 

Zone d^e^i^. 

Les données, qui m'ont servi dans l'application de la 
formule des faces tautozonales, sont les suivantes : 

Angles des normales. 

P =d«= (201) 

P' = e* = {4ÏT) PP' = Épe* = 1T48' ) 

P« = d> = (2Ï0) PP" = ^d« = 3S»36' î •»'®"'^8- 

P" = K. PP" z= d«K, = 80»30' j 

P"=K PP.v=d.K=54«38'r«^"'^^^- 

4 



— 36 — 



«i/ie,,, sur e 
KK sur e* 



d»K. 
K,K 



sure* 
sure* 
sure* 



Angles calculés. 

loe-w 

144.24' 



16»«6' 
160O58' 
i53»«3' 
175«52' 

172»ÎJS' 



Angles mesurés. 

129O30' 

125022' 

164»49' 

160»5S' 

183»S6' 

n6»6' 

168»39' 

n2»53' 



Nota. — Dans ma note à l'Académie des Sciences du 
10 février 1896, j'avais donné comme base du calcul de la 
face K la valeur d'angle mesurée ci-après : 

d»K sur e* = 128«'10' 

ce qui m'avait conduit au symbole compliqué : 

(<?'*,<?»', 6""») = (851.287.713) 
ou f5,93.2.i;97). 

auquel j'ai substitué les nombres voisins plus simples : 

(6.2.5). 

La nouvelle valeur mesurée que je donne dans le tableau 
ci-dessus pour l'angle d*K, soit 128*22', obtenue sur des 
cristaux meilleurs que les premiers que j'ai eus à ma dis- 
position, conduit exactement au symbole (6.2.5) que j'avais 
adopté tout d'abord. 

Par suite, les valeurs d'angles de la face nouvelle K 
avec les faces voisines ont dû être corrigées comme suit : 



— 37 — 





▼imnw 


CALCDLia 




Aocienn«f. 


Nonvdlai. 


KK sur «♦ 


105»86' 


lO&W 


Ke,^ 


173^7' 


172»5«' 


Kd» adjacent 


160»46' 


160»58' 



En dehors de la zone d*ei,, je donne les valeurs d'angles 
ci-après : 



KK sur e' 


calculées 140»n' 


mesurées 139»86' 


Ke"" 


— 15M3' 
Zone «i^e*. 


— iss-îr 



La face nouvelle e,,* est, comme je Tai dit précédemment, 
en zone avec e,;, ete* d'une part, et a" et 6* d'autre part; 
par suite, le symbole en est ai sèment calculable; elle existe 
sur trois des quatre cristaux de la macle quadruple que 
j'ai décrite. 

Les angles que j'ai pu mesurer sont les suivants : 

Calculés. Mesurés. 



e Bfn 


172»14' 


1 72-26' 


«<«!,» 


i 62056' 


iOS'V moyenne 


^a/i^i/i 


ITO»*!' 


171* environ. 



En dehors de la zone e^^eS je donne les valeurs d'angles 
suivantes que j'ai pu obtenir sur deux des meilleurs com- 
posants de la macle quadruple qui m'a fourni la face e'j/^. 



Calculés. Mesurés. 



pb* 


1S6052' 


156046' 


pd* 


1S0»58' 


150O54' 


pd"* 


14-«3' 


14702' 


pe» 


148080' 


148054' 



— 38 — 





Angles de la macle. 




pp' 


89»13' 


89»16' 


c'e'» 


1S1033' 


1S1028' 


e»e" 


126'»14' 


126»24' 



Zone pd*. 

Les cristaux du type e*d* de Couzon portent fréquemment 
à leur sommet (ils sont presque toujours implantés) un 
pointement formé du rhomboèdre 6* et de scalénoèdres 
directs 6®. Il y a passage, pour ainsi dire insensible, 
d'une forme à une autre; et le pointement est, en somme, 
généralement constitué par trois surfaces courbes, dont 
les génératrices sont les intersections successives de p et 
des divers b^ , depuis &• jusqu'à b^, y compris les formes 
intermédiaires qu on peut imaginer. L'intersection de cha- 
cune des trois faces du pointement avec chacune des trois 
faces e* correspondantes est donc une ligne courbe. 

Avec cette disposition qui se retrouve sur beaucoup de 
cristaux, il serait presque impossible de noter des faces 
qui se réduisent presque à des lignes, et donnent par suite 
des images excessivement confuses et vagues, si, sur quel- 
ques-uns d'entre eux, la transition d'une forme 6* à sa 
voisine ne se faisait parfois d'une manière moins continue. 

Les faces scalénoédriques acquérant alors une certaine 
étendue, les pointés deviennent possibles et même très 
bons. Si donc, ainsi que je l'ai fait pendant plusieurs mois, 
on mesure un grand nombre de cristaux, on arrive à pou- 
voir reconnaître tantôt l'un, tantôt l'autre, des membres de 
la série des scalénoèdres 6* , série si riche qu'on pourrait 
presque en admettre la parfaite continuité. 

Ayant donc mesuré les angles de la face p avec diverses 



- 39 - 

faces de la série en question, j'ai, outre les incidences 
déjà connues, observé les suivantes : 



p6» 


= les'sy 




pb^ 


= 164«»2' 




pb^ 


= 162»48' 




pb^" 


= 1S8»16' 


moyenne 


pbi^ 


= 184<»5' 





Si Ton consulte le tableau des incidences donné par 
M. Des Cloizeaux {Manuel de minéralogie j tome II, p. 98), on 
voit immédiatement la place que les cinq faces 6^, fe«', fr«^, 
b^'\ ôariv occupent dans la série. 

Les données qui m*ont servi dans Tapplication de la 
formule des faces tautozonales sont les suivantes : 







Angles d«s normales. 


P =p =(100) 






F = 6» = (610) 


PP' 


z=pb* = S'm' 


P' = 6» = (510) 


PP" 


=pb* = 10*24' r 


P" =6» 


PP'" 


= pb'> =11»21'] 


pnr — fta/ 


PP.T 


= p6^ =15»8' / 


PT = frr" 


PPT 


= pb^' = 17»12' \ ] 


pTi _: 6*"' 


ppri 


= pb^" =21044' l 


pra^ ffxn 


pprii 


= pb^y = 2S»55' 1 


J'ai trouvé : 






b" = 


(9.1,98.0) 


ou (920) = b^ 


b^ = 


(9,93.3.0) 


ou (10.3.0) = 6"» 


W = 


(17,16.7.0) 


ou (17.7.0) = 6"« 


W = 


(12,96.6.0) 


ou (13.6.0) = 6"« 


b"" z=i 




(7.4.0) =6"* 



calculés. 



mesurés. 



— 40 — 

Il en résulte le tçibleau suivant, qui comprend aussi les 
valeurs de pdP que j'ai observées. 





Angles calcolés. 


Angles mesurés. 


pô** 


168^32' 


168039' 


p6'»» 


164*57' 


164052' 


pb"* 


162041' 


162048' 


pb"^ 


ISS'IT 


158016' moyenne 


pb'" 


154021' 


15405' 


pd* 


150OS8' 


15106' 


pd"" 


14703' 


14T2' 


pd*'* 


14205' 


14^05' 



Calcul de la face J (Pig. 7). 




La face J du 3® cristal précédemment décrit, est repérée 
relativement aux deux faces e^ et e^i^, par les valeurs 
d'angles réels mesurés qui suivent : 

Je' = 163«49' et Je„^ = 176«3'. 



— 41 — 

D'autre part, on a : 

c*Ci„ = 162o5S'3(r (calculé). 

Ceci posé, si Ton désigne par Xy y, z les trois pôles des 
trois faces du rhomboèdre primitif, et par P le pôle de la 
face J = (qrs), et si Ton donne Px et Py, on calculera aisé- 
ment le triangle Pxj/. 

Connaissant les angles Pxy et Pyz, et appelant a l'angle 
plan du sommet du rhomboèdï'e, on aura : 

Pxz = 0L-\- Pxy = a + p'p'J (*) 
et Pyz = a + Pyx = a + ip'f 

Px étant situé en dehors de l'angle zxy. 
Bt les caractéristiques de la face J seront fournies par 
les deux équations connues : 

Sin Pxy __ s Sin Pyx s 

— ^~" -"• et 



Sin Pxz r Sin Pyz q ' 

Or, l'angle plan du sommet du rhomboèdre de la calcite 
étant (Voir M. Des Cloizeaux) a = 101^88', l'on a, en pre- 
nant les angles des normales : 

et enfin : 

a = 78«8'. 

Il faut donc calculer les angles Pxy et Pyx, 
Dans ce but, j'ai résolu successivement les six triangles 
suivants : 

Je^i/,, d»e*e„a, p'd'eS pye\ p'e^i etp^J. 

(1) p' est le pôle de la face située en regard de l'axe des Y et p' celui de 
la face située en regard de l'axe des X, et l'observateur est placé sur la bissec- 
trice de l'angle Ya*X. 



— 42 — 

Ces opérations ont donné les résultats inscrits aux 
tableaux ci-après : 

Triangles. Valents données. Valeon calculées. 

l Je» = le»!!' Jcj^e» = 70<'42' 

Je»e,„ j Je,,, = »>61' Je'e,,, = 13«29' 

I d»e» = 37041' d»ei„ei = ISi'S' 

d«e»c,^ j d»e„ = 26»8' e'd'e,„ = 24»16' 

( e^Ct^ = 1T4' dVc,« = 38»5' 

d'où d*c*J = 24»36'. 

lp'e> =80»35' dyc» = 50«S7' 

p'd»c« <|)'d» =2902' <i»e«p' = 38«4' 

/ d»c* = 3T41' p'd»e» = lOl'S' 

d'oùp'e»J = 62»40'. 

, „ , ( p'e' = 50»3S' ej)'/ = S0»58' 

^^ ^ I py = WSb' pey = 103052' 

I p'e» = 00033- p'J = 44052' 

p'e»J j e*J = 16011' p'Je» = 103o2S' 

/ p'e»J = 62"40' Jp'c» = 20O33' 

d'où Jp'p" = 71031'. 

l p'J = 44082' p' Jp' = 9205' 

p'p'J jp'p' -.74055' p'p'J = 46084' 

/ Jp'p" = 7I03I' p'J = 66024' 

Des valeurs calculées : 

Pxy = 46054' 
et: 

Pyx = 7I031' 



il résulte 
et: 
d'où : 

et : 



— 43 — 

Pxz = IS'S' + 46«'54' = 1240J59' 
Pyz = ISfS! + H'SV = 149»36' 



||£P^ =- -L = 0.8912 
Sin Pxz r 



-||lî^ = --î- = 1.8742 
Sm Pyz q 

et, en faisant g = 1, 

q : r : s :H . 2,103 .TiSTJ 

ou, enfin, 

(9r«) = (40.84.75). 

J'ai néanmoins adopté, pour plus de simplicité, et avec 
une concordance très suffisante avec les résultats de Tob- 
servation, et eu égard à la petitesse de la face J, le sym- 
bole : _ 
(qrs) = (40.88.76) 

et, en divisant par le facteur commun S les caractéris- 
tiques : _^ 

(qrs) = (8.17.15) = J. 

Le tableau suivant montre, dans les deux cas, les diffé- 
rences des valeurs des angles calculés et mesurés. 

Angles. Calculés. Mesurés. 

J = (40.84.15) et e.„ 176»8' ) 

J = (40.8S.75) et e^, 175«46' j 

J = (40.84.J5)ete« 163049' . 

J=: (40.88.73) et e» 163»44' ^ 



44 — 



CALCUL DES FACES V ET U DU QUATRIÈME CRISTAL DÉCRIT 
PRÉCÉDEMMENT 



r Face V (Fîg. 8). 




Fig. 8. 



Les mesures qui ont servi de base au calcul des carac- 
téristiques de la face V sont les suivantes : 



Ve^ = t63M5' 



et: 



On a, d'autre part : 

e'e^ = 153«7' (calculé). 

Nous servant des mêmes notations que pour la face J 
nous avons à résoudre les deux équations ; 



— 5 — 

et: 

Pyz = a + Pyx^^ + Vp'p" 

V étant, de môme que J, situé en dehors de Tangle zxy. 

Les caractéristiques de la face V seront donc données 
par les équations : 

Sin Pxt/ s Sin Pyx __ s 

Sin Pxz r Sin Pyz """ q 

Les angles nécessaires des normales étant : 

Vc* = 16043' Ve« = 18°36' et e*e« = 26«53', 

pour calculer les angles Pxy et Pj/a:, j'ai résolu les triangles 
Ve*6*, Ve^p" et Vey, opérations qui ont fourni les résultats 
ci-après : 



0) 



Triangles. 


Taleun données. 


Valeurs calculées. 


( 


Ve» 


= 16»4S' 


VcV = 38085' 


Ve»e» j 


Ve« 


= 18036' 


Ve»c» = 4402' 


( 


e»fi» 


= 26»S3' 


eiVe» = 99047 


( 


Ve' 


= 16''45' 


p"Ve^ = mr 


NcY 


pV 


= so^as' 


eyW = 2028' 


( 


\eY 


= 17206' 


p'W = 67014' 


/ 


Ve* 


= 16048' 


p'Ve» = 82«9' 


\eY j 


p'e» 


= 50O35' 


Vp'e» = 21041' 


( 


p'e»V 


= 8*02' 


p'V = 50O52' 



Il résulte de ce qui précède : 

Pxy = 80"a8' + 2o28' = 53^26' 
et: 

Pyx = 50<>58' + 21041' = 72o39' 

(1) L'angle Ci/je^' = 40«30' (Voir la perspective stèréograpLique), 



— 46 — 



par suite 

et : 
d'où: 



et 



et enfln 



ou : 



Pya = ISfS' + l^SSy = 1«0*44' 

SinPacy _ Sin 53*26' __J__. «-aj. 
Sin Pœa ~ Cos ii'ai' "" r ~ ' 

Sin Pyx _ Sin IH'W f_ — i Q»{«4 

Sin Py« ^ Cos &y>iV ~ q ~ ' 

9 : r : s :: 1 : 1,82 : MS 

(qrs) = (20.36.39) = V. 
Face U (Pig. 9). 




Fig. 9. 



J'ai observé pour U les incidences suivantes 



fe^~-. 



^ 47 — 

UV — 1720 
et: 

Ve^ = 163«lo' déjà connu. 

Employant les mêmes formules que pour les deux faces 
V et J, et prenant les angles des normales de Ue*, UV et 
VcS j'ai eu, pour calculer les angles Pan/ et PyXy à résoudre 
les triangles Ue*V, pVU et \]e^p'\ et les résultats sont con- 
signés dans le tableau ci-dessous : 

TriaDgles. 

Ue»V 



Valeurs données. 


Valeurs calculées. 


Ue« ai-'W 


UVe' = 118»T 


UV 8» 


Ue«V = 19^' 


Ve» 16»45' 


VUe» = 43O30' 


p'e' 80»33' 


p'Ue' = 93M8' 


e»U 21O40' 


Up'e» = 28^28' 


p'e'U 65»23' 


p'V = WW 


p'é 50»35' 


p'Ue* = s-iy 


e»U ai-iO' 


UpV = 4»9' 


\5eY 169»15' 


p''U = li-ST 



p'e'U 

VeY 

De ces résultats on tire : 

Pan/ = 50»88' — 4»9' = 46''49' 
et: 

Pyx = S0»88' + 28»28' = l»>i3' 
par suite : 

Pxz = 78»8' + 46049' = 124084' 
et : 

Pt/z = 78''8' + 79023' = t87»28' 
d'où : 

SinPx, _Sin 46-49' __j_^^j^ggg^ 



Sin Pcca Cos 34»54' r 



— 48 - 

et: 

SinPyac _ Sin 79»23' _ _ J_ _ « «e^ 
Sin Pyz Cos 6T28' ~ q "' 

et enfln : 

9 : r : » :: 1. 2,88. iisë 

ou : 

{qrs) = (10.29.26) = U. 

Les symboles adoptés ci-dessus pour les trois faces nou- 
velles J, V et U conduisent au tableau comparatif suivant 
des incidences calculées et mesurées. 





Angles calculés. 


Angles mesuris. 


Je» 


163044' 


163«49' 


J«'i/. 


175046' 


176o3' 


Ue' 


IS8HV 


1S8O20' 


UV 


ni'iS' 


1720 


Vfi 


163"10' 


163»1S- 


Ve» 


imHi" 


161»24' 



Eu égard à la petitesse des faces et à leur éclat assez 
médiocre, l'accord entre Tobservation et le résultat du calcul 
peut être regardé comme assez satisfaisant. 

Le tableau ci-dessous résume l'état actuel de nos con- 
naissances sur les formes de la calcite de Gouzon. 

Tableau de concordance des notations symboliqnes de Lévyy 
Miller et Bravais. 

Lévy. Miller. Bravais. 

a» (IH) (0001) 

p (400) (lOil) 

e» (ni) (lOro) 



LéYy. Miller. Bravais. 



(P 


(lOÎ) 


(1120) 


b' 


(HO) 


(0112) 


e* 


(6ÏÎ) 


(7074) 


e* (n) (•) 


m 


(8052) 


e» 


(3ÎÎ) 


(4041) 


e*in) 


(6.6.11) 


(0.17.17.1) 


e* 


(355) 


(0.14.14.1) 


e* 


(Hï) 


(0221) 


6" (N) {') 


(740) 


(3.4.7.11) 


b*{n) 


(210) 


(1123) 


^«•(N) 


(13.6.0) 


(7.6.13.19) 


ft"* (N) 


(17X0) 


(11.6.17.23) 


6'" (N) 


(10.370) 


(7.3.10.13) 


6*(n) 


(410) 


(3145) 


6^(N) 


(920) 


(7.2.9.11) 


6M») 


(510) 


(4156) 


6«(n) 


(610) 


(5167) 


<?»(n) 


(302) 


(3251) 


<P"(n) 


(704) 


(7.4.11.3) 


d« 


(201) 


(2131) 


<"./« 


(122) 


(1431) 


«.,.(N) 


(344) 


Î1873) 


» (n) (d-d^n 


(135) 


(2532) 


Kl (N) (d»<f ♦6'*) 


m) 


(3472) 


K (N) (dwd'»6«) 


(625) 


:4.7.H.3) 


J (N) (d-'d-ft*"») 


(8.17.15) 


(y.32.25.10) 


U (N) (d«»d"'"6«) 


(10.29.26) 


(îg.55.3B.13) 


V (N) (d^^'-fc^ 


(20.36.35) 


(16.75.59.17) 



(i) La lettre n indique les faces nouvelles relativement pour le gisement de 
GoQzoD, et la lettre N les faces absolument nouvelles. 



so — 



PARTIGUIARITÉS DIVERSES. — CORROSIONS 

Les cristaux étudiés dans cette note présentent diverses 
particularités intéressantes à signaler. 

Je me suis borné à présenter ici les combinaisons les 
plus riches en formes nouvelles, soit relativement, soit 
d'une manière absolue, parmi celles où le rhomboèdre c* 
est la dominante. Mais, à côté de ces combinaisons assez 
rares, il y en d'autres plus fréquentes, où, avec la face e* 
apparaissent les bisellements e^/j plus largement dévelop- 
pés. 

Haûy en a déjà figuré plusieurs dans TAtlas de son 
Traité de Minéralogie (voir les figures 39, 95, i06 et 132 des 
planches 7,14 15 et 18). 

Les faces rf*, e* et e', très petites alors, cette dernière 
surtout, et qui disparaissent même parfois complètement, 
semblent avoir été absorbées par les faces e^i^. 

J'ai néanmoins pu obtenir les incidences suivantes, 
assez bonnes : 

Calculés. Mesurés. 

eV i01<>8' lOlHO'moy. 

e%,^ 162^56' 162057' 

«i/i^i/aadj. 135«38' 135^29' moy. 

e^^e,i^ sur e* 92°9 91°57' 

e'e^ 122^35' 122^53' 

Un faciès assez curieux est celui qu'offre la figure 10. 
Sur un cristal où e^ domine, le sommet est constitué par 
un ensemble de faces b^ , dont l'intersection avec e^ est 
une ligne courbe. Ce sommet est entouré par trois autres 
pointements, dûs à un développement de faces jo, qui paraît 
avoir continué à se faire après la formation du cristal. 



— SI — 

Enfin, il faut mentionner les corrosions diverses que 
présentent ces cristaux du type c*, simple ou modifié plus 
ou moins; elles sont de trois espèces. 

A la première appartiennent les corrosions linéaires, 
sur lesquelles j'ai déjà attiré Tattention (voir Comptes rendus, 
3i janvier 1887 et 29 août 1887, et Bulletin de la Société fran-- 
çaise de Minéralogie, n« 8, tome X, page 297 et suivantes). 
J'ai démontré que ces lignes de corrosion, qui, parfois, 
se manifestent suivant trois directions sur une même face 
eS déterminent par l'ensemble de celles-ci des plans paral- 
lèles à 6*. 

Je rappellerai, en passant, que M. G. Cesàro, qui a 
donné une intéressante monographie des cristaux de cal- 
cite de Rhisnes (Belgique) et de quelques autres gisements 




FIg. 10. 



(voir Description de quelque cristaux de calcite belges ^ Âcad. 
roy. de Belgique, 188S), est arrivé à la même conclusion, 
quant à la direction de son plan de strie (Bulletin de la Soc, 
franc, de Minéral, n° 1, tome XI, p. 51 et suivantes). 

5 



Les faces e^ présentent aussi des corrosions polyédri- 
ques (voir fig. 10, n°* 1 et 2). Ce sont des vides tétraédri- 
ques courbes, dont l'axe de symétrie est dans un plan 
vertical contenant la diagonale oblique de eS et dont, si 
Ton peut dire, Tintersection avec e* est un triangle isocèle 
curviligne, qui a sa base parallèle à la diagonale horizon- 
tale de e*. Ces cristaux négatifs, d'ordinaire très petits et 
d'une grande netteté sont isolés et répartis çà et là en très 
grand nombre parfois sur les faces de l'inverse, qui con- 
servent leur poli. Parfois aussi beaucoup plus développés, 
atteignant jusqu'à un millimètre et demi de plus grande 
dimension suivant la diagonale oblique de e*, ils se pénè- 
trent mutuellement, et alors les faces de Pinverse devien- 
nent irrégulières ou ternes. 

Enfin, les arêtes e^ sur e* sont également l'objet de corro- 
sions. 

Un même cristal présentequelquefois ces trois genres de 
corrosions à côté d'autres cristaux de la même géode qui 
restent absolument nets et très miroitants. Ceci ne laisse 
pas de rendre quelque peu embarrassante l'explication de 
la production de ces divers phénomènes. 



Mémoire sur la quartzine et sur l'origine de la polarisation 
rotatoire du quartz. 

Par M. Préd. Wallerant. 

HISTORIQUE 

Mon but n'est pas de discuter ici les différentes hypo- 
thèses qui furent proposées pour expliquer la polarisation 
rotatoire; je tiens seulement à résumer les résultats 



— S3 — 

obtenus dans la voie que j'ai suivie pour établir nettement 
la part de chacun et rendre à mes prédécesseurs ce qui 
leur est dû . 

C'est en 1869 que Reusch publia dans les Annalen der 
Physik und Chemie^ t. 138, les premières expériences qui 
servirent de base à la théorie que je crois avoir établie 
d'une façon définitive dans ce travail. Généralisant une 
expérience de Norremberg, Reusch empila des lames de 
mica de même épaisseur, de façon que leurs sections prin- 
cipales fussent à 120® les unes des autres, toujours dans le 
même sens dans un même paquet. En plaçant ces paquets 
dans les appareils permettant d'observer les phénomènes 
de la polarisation chromatique soit en lumière parallèle, 
soit en lumière convergente, il constata la production de 
phénomènes identiques à ceux que l'on obtient avec une 
lame de quartz taillée perpendiculairement à Taxe, autre- 
ment dit le passage à travers ces paquets, a pour effet de 
faire tourner le plan de polarisation du rayon incident, et 
le sens de la rotation est précisément déterminé par le sens 
de l'empilement des lames de mica dans le paquet. Reusch 
devait naturellement chercher à expliquer la polarisation 
rotatoire des cristaux en s'appuyant sur ses expériences. 
Il venait justement d'étudier les anomalies optiques que 
l'on observe dans les aluns, anomalies qu'il expliquait en 
admettant l'existence de tensions internes réparties de telle 
sorte qu'elles fussent égales dans toutes les directions d'une 
face de l'octaèdre, mais plus petites que dans une direction 
perpendiculaire à cette face. Il en conclut que la polarisa- 
tion rotatoire du quartz est due à l'existence de trois plans 
de tension également inclinés sur l'axe et coïncidant peut- 
être avec les faces de l'un ou de l'autre des hemiscalé- 
noèdres. 

En 1876, Mallard et L. Sohncke soumirent simultanément 



— 54 - 

au calcul les expériences de Reusch. Dans un mémoire que 
contient le tome IX des Mathematische Annaleriy Sohncke 
considère un rayon polarisé rectilignement tombant sur 
un paquet de trois lames biréfringentes d'égale épaisseur 
et dont les sections principales sont à 120® Tune de l'autre, 
et il calcule la longueur des axes de la vibration elliptique 
émergente. Il cherche ensuite à quelles conditions doi- 
vent satisfaire les lames pour que le petit axe soit nul et 
pour que l'angle .de la seule vibration subsistante avec la 
vibration incidente soit indépendant de la direction de 
cette dernière. Il constata ainsi que la question ne compor- 
tait pas de solution rigoureusement exacte, mais seulement 
une solution approchée, que Ton obtient en supposant l'é- 
paisseur des lames suffisamment mince pour que Ton 
puisse en négliger les puissances supérieures. Une telle 
solution nécessitait une vérification expérimentale plus 
précise que celle fournie parles observations de Reusch. 
Aussi, Sohncke entreprit-il une série de mesures qu'il a 
publiées dans le tome VIII des Erganzungband der Annakn 
der Physik und Chemie et constata ainsi le bien fondé de ses 
résultats mathématiques en voyant les valeurs mesurées 
se rapprocher d'autant plus des valeurs calculées que l'é- 
paisseur des lames était plus petite. 

Il montra même que la concordance entre les deux séries 
de valeurs était presque complète avec des lames d'une 
épaisseur de O^^jOOQQ et que par suite les phénomènes de 
la polarisation étaient rigoureusement reproduits au moyen 
de ces lames. 

En outre dans son livre intitulé a Entwikelung einer théorie 
der krystallstruktur », publié en 1879, Sohncke montrait que 
la structure hélicoïdale devait se rencontrer normalement 
dans certains cristaux contitués suivant les vues de Bravais. 
On sait que d'après celui-ci, les éléments de symétrie d'un 



— 55 — 

cristal soat communs à la fois à la molécule et au système 
réticulaire ; mais si au lieu de les attribuer à la molécule 
elle-même, on les considère comme appartenant à un 
ensemble de molécules constituant un élément cristallin, 
rien ne sera changé à la façon de concevoir la structure 
d un cristal. Mais alors un second problème se présente : 
une molécule étant donnée, quelle position occupent relati- 
vement à celle-ci les molécules des autres éléments. 
Sohncke a montré, en résolvant ce problème, qu'il existait 
toute une catégorie de cristaux où les molécules, situées 
sur une certaine droite, avait tourné l'une par rapport à 
l'autre, d'un angle déterminé autour de cette droite, tou- 
jours dans le même sens; cette rotation pouvant se faire 
de gauche à droite ou de droite à gauche. On voit donc que 
par expériences et par ses développements théoriques, 
Sohncke précisa l'hypothèse de Reusch et lui apporta une 
confirmation des plus précieuses. 

Simultanément, Mallard traitait la môme question au 
point de vue mathématique. Dans son mémoire, inséré 
dans les Annales des Mines, tome X, Mallard recherche les 
modifications exercées sur une vibration incidente par un 
paquet de lames identiques entre elles, orientées d'une 
façon quelconque, lorsque l'épaisseur est suffisamment 
faible pour que l'on puisse en négliger les puissances 
supérieures. Il montre que dans le cas général la vibration 
émergente est une vibration elliptique dont il calcule les 
éléments, mais qu'en outre, dans certains cas, celui par 
exemple où les sections principales des lames font entre 
elles des angles de 60<», toujours dans le même sens, la 
vibration émergente est rectiligne et que son plan de pola- 
risation a tourné dans le sens inverse à celui de l'empile- 
ment des lames d'un angle w, donné par la formule : 



— 56 - 

TU* 

(0 = 7= — d*E. SE, 

dans laquelle SE représente Tépaisseur d'une lame, E Té- 
paisseur de tout le paquet, d le retard introduit par le pas- 
sage à travers une lame. Les résultats sont donc identiques 
à ceux obtenus par Sohncke, mais de plus, Mallard indique 
la structure que doit posséder le quartz pour que la théorie 
précédente lui soit applicable. Il suffit que la molécule soit 
biaxe et possède un axe de symétrie binaire; si ces molé- 
cules se disposent suivant les mailles d'un système réticu- 
laire ternaire, de telle sorte que Taxe binaire des molécules 
situées sur une même rangée verticale coïncide successi- 
vement avec chacun des axes binaires du système réticu- 
laire, Tédifice cristallin aura une hémiédrie ternaire 
holoaxe et présentera le phénomène de la polarisation 
rotatoire. Cette conception théorique des cristaux possé- 
dant le pouvoir rotatoire est beaucoup moins simple que 
celle proposée par Sohncke et me paraît devoir être aban- 
donnée. 

Cette façon de concevoir la structure du quartz fait naître 
immédiatement une objection sérieuse : puisque le phéno- 
mène de la polarisation rotatoire reste constamment iden- 
tique, il faut que l'enroulement des molécules se fasse avec 
une régularité parfaite et il est difficile d'admettre que les 
conditions de cristallisation aient toujours été suffisamment 
favorables pour permettre à la structure cristalline d'attein- 
dre ce degré de perfection. Pour lever cette objection, 
M. Wyrouboff a repris l'étude optique du quartz et a 
montré dans un travail, que renferme le tome VIII des 
Annales de Chimie et Physique, que cette régularité est en 
définitive exceptionnelle et que fréquemment le quartz pré- 
sente deux axes optiques dont l'écartemént est variable. 



— 57 — 

Mais, bien entendu, si ces observations permettent de 
lever une objection faite a priori à la théorie, elles ne 
suffisent pas cependant, comme le dit cet observateur, 
pour en démontrer l'exactitude. 

En 1890, des découvertes importantes firent faire un 
grand pas à la question. MM. Michel Lévy et Munier 
Chalmas reprirent Tétude des variétés fibreuses de silice 
désignées sous le nom de calcédoine et publièrent le 
résultat de leurs recherches dans les Comptes rendus de VA- 
cadémie des Sciences du 34 mars i890, puis dans le Bulletin 
de la Société minéralogique, tome XV. 

Ils furent amenés à distinguer trois variétés de silice 
fibreuse auxquelles ils donnèrent les noms de : 
Calcédoine, 
Quartzine, 
Lutécine. 

Ces trois variétés, toutes les trois biaxes, ne se distin- 
guent que par la direction d'allongement de la fibre. 

Dans la calcédoine, la fibre est allongée suivant le grand 
axe d'élasticité optique «p, dans la quartzine suivant le 
petit axe d'élasticité % et dans la lutécine suivant une 
direction du plan de symétrie ng^nnu mais encore mal 
déterminée; dans les Comptes rendue, M. Michel Lévy con- 
sidère cette direction comme faisant un angle de 4S® avec 
Taxe ng de petite élasticité, tandis que dans le Bulletin de la 
Société minéralogique il attribue à ce môme angle une valeur 
de29o. 

L'angle des axes optiques, variable, peut atteindre 3S<> ; 
les biréfringences principales sont approximativement : 
ng — np:= 0,009o ; n^ — rim = 0,0086 ; nm — np = 0,0009 . 

La quartzine est susceptible de former des groupements 
ternaires que M. Michel Lévy décrit dans les termes sui- 
vants : 



« Certaines préparations montrent des associations ter- 
naires de fibres presque éteintes (de à 0.001 de biréfrin- 
gence) entourées par des éventails de fibres beaucoup plus 
allongées et plus biréfringentes qui jouent, autour des 
associations centrales ternaires le rôle que les petits sphé- 
rolithes de quartzine remplissent autour des dents de 
quartz. Le croquis figure 12 rend compte, au point de vue 
optique, de cette association. En lumière convergente, lors- 
qu'on vise bien précisément le centre du groupement, on 
obtient la croix noire caractéristique des sections perpen- 
diculaires à un axe optique unique positif. 

» Dès que Ton admet dans l'objectif plus de rayons pro- 
venant d'un système de fibres que des deux autres, la croix 
se disloque et deux axes assez écartés se montrent autour 
d'une bissectrice positive bien centrée. Quand on s'écarte 
du milieu du groupement, la bissectrice se décentre. 

» Dans chaque système de fibres, le plan des axes opti- 
ques est perpendiculaire à l'allongement apparent qui est 
positif. Il ne faut pas d'ailleurs oublier que le véritable 
allongement est suivant % perpendiculairement à la plaque 
étudiée ; celle-ci témoigne donc d'un aplatissement relatif 
suivant rim et non d'un allongement absolu. 

n Certaines préparations montrent parfaitement que les 
faisceaux ternaires de quartzine prennent la place des 
dents de quartz, et parfois même se fusionnent avec elles. 

» Il nous paraît inutile d'insister sur la confirmation pra- 
tique que nous avons ainsi découverte des idées théoriques 
préalablement développées par M. Mallard, au sujet de la 
structure intime du quartz. » 

On voit d'après ce qui précède que MM. Michel Lévy 
et Munier Chalmas, tout en apportant des documents de 
la plus haute importance pour la question qui nous occupe, 
ont eu surtout pour but de décrire les différentes variétés 



de silice cristallisée et n'ont fait qu'indiquer, dans leur 
conclusion, la corrélation pouvant exister entre la biaxie 
de cette silice et le pouvoir rotatoire du quartz. 

Aussi, ayant trouvé des matériaux particulièrement pro- 
pices à l'étude de cette question si intéressante, j'ai cru 
devoir reprendre la question, et après de longues et minu- 
tieuses recherches, j'ai pu établir que Thypothèse de 
Reusch, complétée par Sohncke, était exacte, en montrant 
que dans une face du rhomboèdre p du quartz, c'est-à-dire 
dans une face sur laquelle les molécules se déposent lors 
de Taccroissement du cristal, les molécules de quartzine 
pouvaient prendre trois orientations déterminées, se dédui- 
sant les unes des autres par une rotation de 120® autour de 
Taxe du quartz et que, d'autre part, quand une môme face 
p limite simultanément deux cristaux, l'un gauche, l'autre 
droit, les molécules de cette face appartenant au cristal 
gauche sont à 120®, comme orientation, des molécules du 
cristal droit. 

Les développements que je vais donner éclairciront cet 
aperçu de mes résultats et en montreront l'importance au 
point de vue de la conclusion ; mais auparavant je dois 
reprendre la question au point de vue mathématique. 

PRÉLIMINAIRES MATHÉMATIQUES 

MM. Mallard et Sohncke, dans leurs travaux sur la 
question, ont considéré le phénomène de la polarisation 
rotatoire comme un cas particulier de la polarisation ellip- 
tique, c'est-à-dire que, considérant un rayon polarisé rec- 
tilignement qui tombe sur un paquet de lames, ils ont 
calculé les éléments de la vibration elliptique émergente 
et ont cherché dans quelles conditions cette vibration 
elliplique devenait une vibration rectiligne. En suivant 



— 60 - 

cette marche, pour éviter les difficultés de calcul, ils 
devaient, dès le début, faire des hypothèses restrictives, de 
sorte qu'en arrivant à des formules générales en ce sens 
qu'elles comprenaient le cas de la polarisation elliptique, 
leurs résultats ne comportaient pas toute la généralité 
dont ils sont susceptibles en ce qui concerne le cas de la 
polarisation rotatoire. 

Considérons un paquet de trois lames biréfringentes 
quelconques superposées et orientées d'une façon quel- 
conque et sur lequel tombe normalement un rayon de 
lumière homogène polarisé rectilignement. 

Soit OA, OA' les sections principales de la première lame 

(flg.i); 



c:.- 



^P' 




Fig. 1. 



hi la phase à l'origine des temps du rayon vibrant sui- 
vant OA ; 

Al la phase du rayon vibrant suivant OA', 

Et posons ftj — Aj = dj. 

OB et OB' les sections principales de la deuxième lame, 
OB faisant un angle p avec OA et 



— 61 — 

K,K K — K = d^ 

les quantités correspondantes aux précédentes. 

Enfin OC et OC, les sections principales de la troisième 
lame, OC faisant un angle y avec OB. 

ftj, fcj et A, — Aj = dj 

les quantités correspondantes. 

Si la vibration incidente OP fait un angle « avec OA, il 
est facile de voir que les composantes du mouvement vibra- 
toire émergent, rapportées à OC et OC sont : 



(h, + h^ ^- *,) 

— Sin a Sin p Sin y Sin [-^^ {k, + A, + K) 

— Cos a Sin p Cos y Sin -^ (ft, + *, + A») 

\ Cos a Cos p Cos y Sin 1 -^ {h^ + K + K) 

-^ (*i + K+ As) 

-m (Al + K + A,) 

+ Sin a Cos p Sin y Sin f-^^^ (k, + k, + A,) 

expressions que Ton peut, pour abréger, mettre sous la 
forme : 

Y = Cos a Cos p Cos y 

I" Sin -^ (Atga-B) ^ Cos ^ (Ctga -. D)] 



— 62 — 
X = Cos a COS p CO? y 

[ Sin -^(A'tga - W) - Cos -^ (C'tga - D)J 

Pour que la vibration émergente soit polarisée recti- 
lignement, il faut et il suffit que Ton ait : 

Atgg - B _ Ctgg - D _ . 

A'tga — B' "" G'tga — D' "~ ^ 

en désignant par x Tangle que fait la vibration émergente 
OF avec OC. 

Pour que cette égalité ait lieu quel que soit a, sans que 
igx soit indépendant de a, il suffit que Ton ait ; 

C _ D _ C^ _ D^ 

A "" B "" A' ~ B' ^ ^ 

D'autre part, si nous désignons par X l'angle de la 
vibration émergente avec la vibration incidente, on a évi- 
demment : 

X = p + Y + (r- a 
OU bien : 

^ z= a + (X - p - y) 

et par suite : 

tga + tg(X - p - y) 



tgcc = 



1 - tga tg (X - p .- y) 



Pour que cet angle X soit indépendant de la direction de 
la vibration incidente, il faut que les égalités suivantes 
soient satisfaites quel que soit a : 

Atg g ->- B _ Ctg g — D __ tg g + tg (X — p y) 
A'tga — B' "" G'tga — D' "~ 1 — tg a tg (X — p - y) 

c'est-à-dire que l'on ait : 



A — 


— 




B 




= 


63 - 


A' 




n — 


tg(X 


D 


-Y) 


tg(X 


-P- 
C 


-Y) 




ts(x 


-P- 


-y) 


tg(x 


-P- 


-Y) 



= - B' 

(2) 
= — D' 



Nous remarquerons d'abord que si les conditions (2) sont 
satisfaites, il en est de même des conditions (1). Or, les 
premières, c'est-à-dire 

A = — B' B = A' 

C = — D' D = C 

se réduisent à deux conditions qui peuvent se mettre sous 
la forme : 

tang A+A. = _ tg J^ Ao^l-y) 



ou 



2 ° 2 Cos (p -h YJ 

d,-d, _ d, Sin (p - y) 
tg. 2 - t» -f- Sin (p + y) 



2 Sin 2 p 

qui nous permettent de cedculer d, et d, lorsque l'on connaît 
d„ p et Y- 
D'autre part, l'angle de rotation est donné par l'égalité : 

B-l-A' 



tg (X - p - y) = - 



A — B' 



et en vertu des conditions précédentes, on obtient pour X 
la valeur : 



t9X = 



Sin2(p-hY)tg-|-tg-^ 



- 64 — 

On voit ainsi que les trois lames épaisses j orientées d'une 
façon quelconque, mais d'épaisseurs convenablement 
choisies, ont pour action de faire tourner le plan de pola- 
risation de la vibration incidente, et l'angle de rotation est 
indépendant de la direction de celle-ci. 

Les phénomènes de la polarisation chromatique et leurs 
conséquences ont été si souvent vérifiés expérimentale- 
ment, qu'il eût été oiseux de rechercher dans des expé- 
riences la confirmation de ces formules, qui peuvent être 
admises sans conteste. 

Si, maintenant, nous cherchons l'équation du mouve- 
ment vibratoire suivant OP', nous trouvons, en posant : 

^ = h, + k, + h, + k, + h, + k, 
A Gos p Cos y ^. / ^Tzt 8 \ 

' = -^^ Cos(X-p-,) ^'^ 1"^ - t) 

La phase du rayon émergent est donc :• 

en supposant que les trois lames possèdent les mêmes 
indices n et n' et que leurs épaisseurs soient respective- 
ment e^, ej, 63. Autrement dit, le rayon a éprouvé, par le 
fait même du passage à travers l'ensemble des trois lames, 
un retard égal à celui que lui ferait éprouver une seule 
lame isotrope d'épaisseur e^ + e, -f- e, ayant pour indice la 

moyenne des indices — ^ — . 

Jusqu'ici, nous avons supposé la lumière homogène, et 
les formules précédentes, dans lesquelles entre la longueur 
d'onde X, ne sont applicables que dans ce cas. Mais si l'on 



- 68 — 

n'emploie que des lames suffisamment minces pour que le 
carré de l'épaisseur soit négligeable vis-à-vis de l'épais- 
seur elle-même, les formules se généralisent. Elles de- 
viennent en effet : 

d, tg^Y d, tg 2 p 



2 Sin "2 p ' 2 Sin 2 Y 



X=: 



Sin 2 (p + ï) d, d, 
4 -t- rf, da tlos 2 (p + y) 



et si les lames d'épaisseur e^, e„ e, sont de même subs- 
tance, ces formules nous donnent ; 

_ ^ tg2Y _^ e, tg2p 



x = 



2 Sin 2 p ' - 2 Sin 2 y 

Sin 2 (p + ï) jn' — n)« e, e, 
4 X» + e, e, («' - n)* Cos 2 (p -f y) 



J'ai dû introduire ici un double signe, car les formules 

* j. * ^« tg2Y . , , . d, tg2p 

tgdi = -tg-^ -ôè^ ettgd, = -tg^ 



2 Sin2p ^ ' ^2 Sin 2 y 

tff 2 Y tff 2 S 
indiquent que si les facteurs ^.. ^' , ^ 7 sont tous 
^ ^ Sm 2 p Sm 2 y 

deux négatifs, les sections principales OA, OB, OC doivent 
être de même signe relativement aux autres sections prin- 
cipales OA', OB', OC, c'est-à-dire qu'une vibration suivant 
OA, OB ou OC doit se propager respectivement plus vite 
ou moins vite qu'une vibration suivant OA', OB' ou OC Si 

tg2 Y 
au contraire ^,7 J^ par exemple est positif, les sections 

OA et OB devront être de signe contraire relativement à 
OA' et OB'. 



- 66 - 

On devra donc, dans les formules précédentes, prendre 
les signes convenables pour que e^ et e, soient positifs. 

On voit donc que dans le cas où nous nous sommes 
placés, les conditions sont indépendantes de la longueur 
d'onde et le système des trois lames donnera en lumière 
parallèle et en lumière convergente des phénomènes iden- 
tiques à ceux que Ton obtient avec une lame taillée dans 
un cristal doué de la polarisation rotatoire. 

Je n'ai plus qu'à indiquer le cas particulier qui, seul, me 
sera nécessaire ; c'est celui où 

Dans ce cas, les formules relatives aux lames épaisses 
deviennent : 

tgd, = tgd, = 2tg^ 

2^/3Sin«-^ 
tgX= ^ 



1 + 3 Cos d^ 
et dans le cas des lames minces : 

dj = rf, = d^ 

Ces dernières formules sont celles établies par MM. Mal- 
lard et Sohncke. Mais il ma paru nécessaire d'établir les 
formules dans le cas des lames épaisses, puisque, dans les 
expériences, le cas des lames minces n'est jamais réalisé, 
et de montrer ainsi que ces lames épaisses ne doivent pas 
avoir la même épaisseur pour déterminer la rotation d'une 
vibration. 



- 67 - 



Quartz et Quartzine. 

Avant d'étudier les relations existant entre le quartz et 
la quartzine, il est nécessaire de décrire les propriétés de 
la quartzine d*une part et la forme des cristaux de quartz 
avec lesquels elle se trouve en relation. 

Dans les sables de Cuise des environs de Paris, c'est-à- 
dire dans la partie supérieure de Téocène inférieur, on 
rencontre des géodes de grosseurs fort variables, pouvant 
atteindre la grosseur d'une pomme. Ces géodes vides ou 
remplies de calcite, ont leur paroi formée de silice à deux 
états différents : la partie externe de la paroi est formée de 
cristaux de quartz recouverts à l'intérieur de quartzine à 
surface mamelonnée, comme l'indique la photographie 
figure 1, planche I. Ces mamelons ont leur convexité 
tournée vers l'intérieur de la géode, remarque sur laquelle 
j'aurai à revenir plus tard. 

11 est à remarquer que ces géodes ne se rencontrent dans 
les sables de Cuise que quand ceux-ci sont exposés depuis 
longtemps aux agents atmosphériques, dans les talus des 
chemins creux, et d'une façon générale dans la partie 
superficielle du dépôt sableux. Sur les plateaux encore 
recouverts de calcaire grossier qui protège le sable situé 
immédiatement au-dessous, les géodes font complètement 
défaut. 

Il est donc fort probable que ces géodes se sont formées 
depuis la dénudation du calcaire grossier, depuis que les 
eaux météoriques ont pu circuler librement à travers le 
sable, dissoudre la silice hydratée qui s'y trouve toujours en 
quantité plus ou moins notable et la transporter en d'autres 
points où, grâce à des conditions que nous ignorons, elle a 
cristallisé en donnant du quartz et de la quartzine. Ce qui 

6 



est certain c'est que ces minéraux sont uniquement le 
résultat de réactions chimiques aqueuses s'étant produites à 
la température ordinaire et que les actions ignées sont 
absolument étrangères à leur formation. 

Quartz. — Les cristaux de quartz microscopiques consti- 
tuent la zone externe de la paroi de la géode, mais ils ne 
sont pas disposés régulièrement, normalement à cette 
paroi. Us forment des bouquets dont les sommets sont 
placés à la limite externe de la géode, comme le montre la 
coupe figure 1, planche II, et d*oii les cristaux divergent 
vers l'intérieur; ces bouquets en se juxtaposant, en s'en- 
chevêtrant, constituent la zone externe de la paroi. De 
cette disposition, il résulte que les cristaux vont en gros* 
sissant en s'éloignant du centre, et que les cristaux étant 
accolés les uns aux autres, ne peuvent présenter latérale- 
ment de faces géométriques. Celles-ci ne se montrent qu'à 
l'extrémité des cristaux, où elle offre des caractères tout 
spéciaux et jamais observés jusqu'ici. 

Ces pointements présentent les trois faces du rhomboèdre 
p, comme je m'en suis assuré en mesurant l'angle plan des 
faces que j'ai trouvé égal à 94®, la vraie valeur déduite de la 
mesure des angles dièdres étant de 93®ST. Mais à la place 
de chacune des faces e*'^ s'élève un trièdre que l'on voit 
dans la figure 2, A, représentant un pointement vu de face, 
et dans la figure B, d'un cristal vu de profil. Des sections 
faites dans le cristal montrent que ces trièdres sont les 
extrémités de trois cristaux enchâssés dans un cristal 
central ; leur section droite présente un angle interne de 60% 
comme le montre la figure D. Les quatre cristaux ont leurs 
axes optiques parallèles, et comme les bases des trièdres, 
marquées d, sont précisément parallèles à une face p du 
cristal central, elles peuvent elles-mêmes être considérées 
comme des faces p de chacun des cristaux annexes ; fré- 



quemment d'ailleurs, ces bases font défaut et les trièdres 
sont creux. Quant aux faces latérales des trièdres, elles 
sont assez complexes : chacune d'elles est formée d'un 
grand nombre de petites facettes toutes parallèles entre 
elles, mais disposées en escalier, comme le montre la 
figure B ; autrement dit chaque facette est en retrait sur 






Fig. 2. 

la facette immédiatement inférieure. Les facettes sont 
striées très finement et très régulièrement, ces stries sont 
parallèles à l'intersection e'c** et les stries des deux faces 
d'un même trièdre font entre elles un angle de 60®. Il en 
résulte que ces facettes appartiennent à la zone eV et s'il 
ne nous a pas été possible de déterminer exactement leur 
notation, à en juger d'après les apparences, les facettes 
d'un même trièdre sont deux faces e* non adjacentes. Il ne 
faut pas oublier, en effet, que dans le prisme hexagonal e^ les 
six faces ne sont pas identiques : les A^apeurs d'acide fluo- 
rhydrique déterminent sur trois faces non adjacentes des 
figures de corrosion différentes de celles que l'on trouve 
sur les trois autres; on doit donc s'attendre à trouver 
sur certains cristaux les faces c* d'un des groupes à 
l'exclusion des autres. D'autre part, par suite du retrait 
d'une facette immédiatement inférieure, il se produit une 
autre facette occupant précisément la place de la face 
supérieure d'une marche dans un escalier ; cette seconde 



— 70 — 

facette est parallèle à une face p et lui est absolument 
assimilable au point de vue de la position, c'est-à-dire que 
comme elle, elle est symétrique de la face d. Cette remar- 
que a son importance comme on le verra dans la suite. 

Les faces p du cristal central, présentent assez souvent 
une particularité intéressante ; on constate sur elles l'exis- 
tence de couches minces se superposant les unes aux 
autres en allant du sommet à la base de la face. En outre, 
les accidents de la surface se traduisent généralement par 
la disparition de fragments parallèles à cette surface, 
comme s'il existait un clivage parallèle aux faces p. Ces 
faits s'expliquent facilement si Ton se rappelle la position 
respective des cristaux de quartz : ils sont intimement 
accolés par leurs faces latérales et les pointements seuls 
sont libres ; c'est donc uniquement par dépôt de matière 
sur les faces du pointement que ces cristaux ont pu s'ac- 
croître; il est, par suite, tout naturel que dans certains 
cas, la nouvelle couche formée ne s'étende pas sur toute la 
face p et que d'autre part il y ait un clivage parallèle à 
cette face. 

Comme l'indique la figure A, les faces p montrent des 
stries, fines et continues, parallèles aux arêtes pp et aux 
côtés de base des trièdres. Ces stries sont les lignes de 
suture de cristaux en forme de lamelles, parallèles à Taxe 
du cristal principal et dont la forme gauche se comprend 
bien en considérant les figures C et D, où les lignes claires 
et les lignes obscures en reproduisent les sections droites, 
la première dans une section perpendiculaire à l'axe faite 
au-dessus des trièdres et la seconde plus bas. Ces lamelles 
sont généralement séparées par des plans de suture bien 
nets, mais le point intéressant consiste en ce que Cha- 
cune d'elles se subdivise en deux lamelles présentant des 
rotations de sens différents. C'est ce qu'indiquent les 



— 71 -^ 

figures C et D où, bien entendu, on a exagéré les différences 
d'extinction. Les deux photographies des figures 3 et 4, 
planche I, montrent le môme cristal après que Ton a fait 
tourner l'analyseur tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. 
Il est à remarquer que les cristaux se terminant par les 
trièdres ont toujours la même rotation que la lamelle en 
forme d'étoile à trois branches correspondant aux arêtes du 
rhomboèdre p. Ces cristaux présentent d'ailleurs assez 
fréquemment des irrégularités : s'ils sont gauches, par 
exemple, ils présenteront des zones à contours quelconques 
possédant une rotation droite. 

Tandis, d'ailleurs, que ces derniers cristaux se prolon- 
gent dans toute la longueur du cristal central,. les lamelles 
au contraire s'arrêtent plus ou moins loin du sommet en 
se terminant en biseau. Leur existence n'est pas constante, 
tantôt elles font complètement défaut, tantôt elles n'exis- 
tent que sur une ou deux faces p. Généralement, elles 
sont confinées dans le voisinage des arêtes pp et n'envahis- 
sent pas toute la face p. Il est à remarquer que la partie de 
la face p non envahie par ces lamelles gauches ne présente 
pas la polarisation rotatoire. Gela se voit assez bien dans 
la photographie, figure 2, planche I, d'une coupe faite très 
bas dans un cristal, si bas même qu'elle n'intéresse que la 
partie inférieure des lamelles gauches. On se rend bien 
compte cependant que si les lamelles à rotation droite sont 
éteintes et les lamelles à rotation gauche éclairées, les 
parties du cristal correspondant aux faces p ont une inten- 
sité intermédiaire. Toutes particularités sur lesquelles 
j'aurai à m'appuyer plus tard. 

Enfin, j'ai tenu à m'assurer de l'identité de ces cristaux 
avec le quartz habituellement étudié: j'ai mesuré les indices 
principaux de réfraction pour la lumière du sodium et j'ai 
retrouvé les valeurs connues. De plus, en mettant un frag- 



— 72 — 

ment de ces cristaux en suspension dans un mélange de 
xylol et d'iodure de méthylène et prenant la densité de 
ce liquide au moyen de la balance de Westphal, j'ai pu 
obtenir une valeur très exacte de la densité de ce quartz, 
densité qui est de 2,622. 

Quartzine. — La quartzine en masse, si elle est pure, est 
incolore et même transparente quand on en polit les sur- 
faces ou qu'on les couvre d'eau; fréquemment une petite 
quantité d'oxyde de fer la rend blonde et en altère la lim- 
pidité. La première chose à faire était de s'assurer que 
cette quartzine définie physiquement jusqu'ici était bien 
de la silice pure. En opérant sur un gramme environ de 
matière que j'ai fait dissoudre dans l'acide fluorhydrique 
et en faisant évaporer avec adjonction d'acide sulfurique, 
il n'est resté qu'un léger enduit de rouille sur les parois du 
creuset; le poids de cet enduit était si faible qu'il ne m'a 
pas été possible de le déterminer. La quartzine est donc 
bien de la silice avec une petite quantité d'eau d'imbibition 
dont la présence s'explique facilement par l'origine aqueuse 
du minéral. 

Si, en effet, on chauffe la quartzine au rouge, elle subit 
une perte légère, et elle devient blanche comme de la por- 
celaine ; mais si on la taille alors en lames minces pour 
pouvoir l'étudier au microscope polarisant on constate 
que ce nouvel aspect tient seulement à ce que le minéral 
est craquelé en tous sens et qu'il n'a pas perdu ses pro- 
priétés optiques. L'eau chassée n'était donc pas de l'eau 
de composition, mais bien de l'eau d'imbibition. Il est pro- 
bable que la quantité de cette eau varie beaucoup avec les 
conditions de formation, ce qui expliquerait les variations de 
densité observées dans les échantillons désignés sous le nom 
commun de calcédoine. La quartzine que nous avons 
étudiée a exactement pour densité 2,576. Indiquons en 



^ 73 — 

passant que, chauffée au rouge vif pendant un temps suffi- 
sant, on voit, comme pour le quartz, la densité diminuer 
notablement. 

La quartzine taillée en lames minces et étudiée au mi- 
croscope se décompose en fibres très allongées, cylindriques. 
Quant à la direction d'allongement de ces fibres relati- 
vement à la direction des axes d'élasticité optique, elle est 
très variable. J'ai déjà rappelé que M. Michel Lévy avait 
distingué trois variétés de silice biaxe suivant la direction 
d'allongement des fibres : 

La calcédoine, 
La quartzine. 
La lutécine. 

La première allongée suivant np. 

La seconde suivant rig. 

La troisième suivant une direction du plan de symétrie 
rig fim faisant avec rig un angle soit de 48®, soit de 29<>. 

En m'appuyant sur certaines raisons, ne se rapportant 
pas à mon sujet, j'ai lieu de croire que cet angle est exacte- 
ment de 32*>. 

Mais outre ces directions d'allongement j'ai eu l'occasion 
d'en reconnaître deux autres. Certaines fibres sont allon- 
gées suivant une droite du plan de symétrie % rim faisant 
avec fig un angle de 57®, c'est-à-dire perpendiculaire sur 
celle de la lutécine. 

Enfin fréquemment les fibres sont allongées suivant l'axe 
d'élasticité moyenne rim. Etant donné la multiplicité des 
directions d'allongement, il me semble superflu et môme 
gênant de donner des noms différents à ces différentes 
variétés et je propose de désigner sous le nom de quart- 
zine la silice cristallisée biaxe définie par les constantes 
optiques que l'on trouvera plus loin. 



— 74 — 

On n'avait jusqu'ici que des renseignements peu précis 
sur le système cristallin auquel appartient la quartzine, on 
savait seulement qu'elle appartient à l'un des trois derniers 
systèmes puisqu'elle est biaxe. J'ai pu faire faire un pas à 
la question grâce à des matériaux d'une origine tout autre 
que ceux employés jusqu'ici. La granulite des environs 
des Aubiers, en Vendée, renferme des cristaux de quartz, 
d'origine éruptive, disposés en faiscaux rayonnants, dont 
les pointements hexagonaux pe^' sont seuls libres. Ceux-ci 
présentent de nombreuses zones d'accroissement parallèles 
à la surface extérieure. Ce sont de véritables quartz enca- 
puchonnés. Les zones d'accroissement, qui indiquent un 
ralentissement dans la cristallisation, ont leur surface 
jalonnée par de petits corpuscules en général grossière- 
ment arrondis, incolores ou légèrement colorés en jaune, 
dont la nature paraît à première vue assez difficile à 
déterminer. Mais dans la zone externe de quartz, où la 
cristallisation paraît avoir rencontré le plus de difficultés, 
outre les corpuscules réparties au hasard, on en voit 
d'autres disposés en files, sans se toucher ; d'autres se 
touchant, mais ne se fusionnant pas, forment des fibres 
noueuses; enfin par la fusion on passe h des fibres de 
quartzine allongées sur rim et situées dans un plan perpen- 
diculaire à l'axe optique du quartz. Or, certains des corpus- 
cules qui, par suite, doivent être considérés comme formés 
de quartzine, au lieu d'avoir une forme grossièrement 
arrondie, ont une forme de tétraèdre, orienté de façon à 
ce que Tune des hauteurs soit parallèle à l'axe du quartz. 
La base opposée à cette hauteur possède des angles très 
voisins de 60°, si voisins môme que je n'aurais pas hésité, 
d'après les mesures faites, à considérer la valeur de 60® 
comme exacte, si je n'avais su que la quartzine était biaxe. 
Il en résulte donc que la hauteur correspondante est un axe 



— IS — 

ternaire limite, suivant l'expression de Mallard. Si, de plus, 
on admet, ce qui est fort probable, que ces tétraèdres sont 
orientés optiquement comme les fibres de quartzine aux- 
quelles ils donnent naissance, il en résulte que la quartzine 
appartient, comme la tridymite, au système triclinique. 
D'après l'orientation, en effet, l'axe de plus petite élasticité 
optique coïncide avec l'axe ternaire limite et par suite ce 
tétraèdre ne possède aucun axe binaire, puisque dans un 
tel solide un axe binaire passe forcément par les milieux 
de deux arêtes opposées et ne sauraient par suite coïn- 
cider, ni être perpendiculaires à Taxe de plus petite élasti- 
cité optique. Par conséquent la quartzine appartient au 
système triclinique et chacune des faces du tétraèdre 
représente à elle seule une forme simple. 

Dans leur mémoire, MM. Michel Lévy et Munier Chal- 
mas indiquent pour l'angle des axes optiques une valeur 
variable pouvant atteindre 35® et, d'après une communica- 
tion verbale de M. Michel Lévy, il pourrait dépasser 40®. 
11 était donc nécessaire de rechercher les causes de celte 
variabilité pour se prémunir contre elles, puisque évidem- 
ment, dans un corps cristallisé bien défini, l'angle des axes 
optiques est constant. La cause de cette variabilité est 
facile à prévoir : la quartzine n'a été étudiée que dans des 
concrétions où il existe toujours des tensions; ce n'est pas 
là une simple hypothèse, car quand on casse les géodes 
que j'ai décrites, elles éclatent sous le marteau et les frag- 
ments en sont projetés de toutes parts. Ces tensions ne 
peuvent que très peu modifier l'élasticité optique du corps, 
c'est-à-dire les indices de réfraction, mais il ne faut pas 
oublier que l'angle des axes optiques n'est pas fonction des 
indices eux-mêmes, mais de leurs différences qui sont 
toujours faibles et que, par suite, la moindre variation 
dans les indices entraine pour ces différences des variations 



— 76 — 

notables. Comme les tensions s'exercent dans des direc- 
tions fort différentes, relativement au plan des axes opti- 
ques, tantôt elles augmentent, tantôt elles diminuent Tangle 
des axes. 

Heureusement, dans nos préparations, les faces de cris- 
taux de quartz sont tapissées de fibres de quartzine bien 
parallèles entre elles, fixées par une de leurs extrémités 
au cristal, libres par Tautre. Comme on le comprendra plus 
facilement quand je décrirai les relations de la quartzine 
et du quartz, ces fibres ne sont pas concrétionnées ; elles 
forment souvent de petits faisceux isolés, maintenus dans 
leur position simplement par Tadhérence de Tune des 
extrémités au cristal de quartz. 

Le faisceau qui m'a servi avait à peu près 0™",02 de 
côté ; malgré l'exiguité de ces dimensions, la mesure de 
Tangle se fait sans peine par le procédé de MM. Mallard 
et Bertrand au moyen d'une loupe Klein combinée avec un 
oculaire Czapski. 

Connaissant Tindice moyen, j'ai trouvé pour 2V la valeur 
58® dont la bissectrice aiguë est l'axe de plus petite élas- 
ticité avec V < p. 

Comme on le voit, en se mettant à l'abri des causes d'er- 
reur, c'est-à-dire de l'influence des tensions, on obtient 
pour cet angle une valeur bien supérieure à celle indiquée 
jusqu'ici. 

Mais ce qu'il importait avant tout de déterminer, c'est la 
valeur des indices de réfraction. Toutes mes recherches se 
faisaient sur des lames minces, taillées dans les géodes, 
ayant une épaisseur de 0""",04 à O^^jOS et collées sur une 
lamelle de verre, en tout semblable aux préparations qui 
servent à l'étude des roches au microscope. La seule mé- 
thode à employer pour mesurer les indices était celle de 
la réflexio]! totale, présentant encore de grandes difficultés. 



— 77 — 

Si, en effet, les plages de quartzine, étant englobées dans 
des préparations ayant un centimètre de côté, pouvaient 
être considérées comme absolument planes, les parties de 
ces plages dans lesquelles les fibres sont bien parallèles 
entre elles, ne dépassent pas comme dimensions un demi 
millimètre de côté. 

Si donc, on réfléchit que la lumière renvoyée par le 
cristal doit traverser un collecteur, un objectif, un oculaire 
et, de plus, un analyseur, on comprendra que la grande 
difficulté consiste à se procurer des sources de lumière 
homogène suffisamment intenses. Pour la lumière jaune, 
les procédés ordinaires ont suffi, mais pour obtenir 
d*autres lumières, j'ai dû faire construire un tube Plûcker 
à hydrogène, de forme spéciale : le tube fin est enroulé sur 
lui-même dans un même plan et les ampoules sont placées 
perpendiculairement à ce plan, de façon à pouvoir appro- 
cher la partie éclairante aussi près que possible de la cuve 
en verre dépoli contenant le liquide où baignait le cris- 
tal. J'ai pu mesurer ainsi les indices pour les raies C, D 
et F. 

Le liquide employé était soit de la naphtaline monobro- 
mée, soit de Tiodure de méthylène, dont les indices étaient 
fréquemment déterminés, car ils dissolvent le beaume de 
Canada servant à coller la préparation sur la lamelle de 
verre qui la supporte. 

Bien entendu la première précaution à prendre était de 
recouvrir la préparation d'encre de Chine en ne ménageant 
que le cristal, ce qui se faisait facilement sur la platine 
d'un microscope muni d'un faible objectif. 

De plus, pour la lumière jaune, se prêtant mieux aux 
déterminations, j'ai successivement mesuré les indices sur 
une face perpendiculaire à la bissectrice aiguë, c'est-à-dire 
à peu de chose près perpendiculaire aux fibres et sur une 



— 78 — 

face perpendiculaire à la bissectrice obtuse, c'est-à-dire 
parallèle aux fibres, car, a priori, il n'était nullement cer- 
tain que Tétat fibreux de la matière ne modifierait pas 
l'angle de réflexion ; j'ai obtenu les mêmes résultats dans 
les deux cas. 
L'indice n cherché étant donné par la formule : 

n = N. Sin X, 

où N est l'indice du liquide, X l'angle limite, voici les résul- 
tats obtenus : 

Lumière jaune, — Rate D, 
Pour le grand indice % : 



X = es'ss 


Ig N = 0,2194819 


nj = 1,843 


X = 6803S 


Ig N = 0,2194819 


flg = 1,843 


X = 68»38 


Ig N = 0,2198187 


%= 1,844 


X = 68»35 


Ig N = 0,2198187 


ng = 1,844 




Moyenne 


ng = 1,8438 


Pour l'indice moyen nm : 




X = 6T88 


Ig N = 0,2194819 


n„ r. 1,836 


X = 6T>iS 


Ig N = 0,2198187 


nm = 1,838 




Moyenne 


n„ = 1,8388 


Pour l'indice tip : 






X = 67<>37 


Ig N = 0,2194819 


np = 1,832 


X = 6T32 


lgN= 0,2198187 


«p = 1,833 




Moyenne 


np = 1,8328 


En résumé : 


ng = 1,8438 
n„, = 1,8388 
np = 1,8328 





— 79 — 

Ces différentes mesures nous montrent que les valeurs 
obtenues sont exactes, à une unité près du troisième 
ordre. 

Lumière rouge. — Raie C. 

Pour le grand indice rig : 

X=:(52«S1 Ig N = 0,2384436 % = 1,540 

Pour rindice moyen rim : 

X = 62028 Ig N = 0,2382142 nm = 1 ,834 

Pour le petit indice «p : 

A = 62^10 Ig N = 0,2384435 Wp = 1,531 

rig = 1,640 
nm = 1,534 
np z= 1,531 

à une unité près, du troisième ordre. 

Lumière verte. — Raie F. 

Pour le grand indice % : 

X = 61«24 Ig N = 0,2464566 rig =^ i ,548 

Pour l'indice moyen Wm : 

X = 60^49 Ig N = 0,2464566 n«= 1,340 

Pour le petit indice rip : 

X = 60^38 Ig N = 0,2464566 rip = 1,537 

Tfg = 1,548 
nm = l,o40 
Tip = 1,537 



— 80 — 

li eût été du plus grand intérêt pour mon travail de pou- 
voir déterminer la dispersion de la quartzine, autrement 
dit les trois biréfringences principales, pour chacune des 
teintes du spectre. Mais pour les déduire des indices, il 
faudrait les connaître au moins avec leur quatrième déci- 
male et pour les mesurer directement il faudrait pouvoir 
opérer sur des préparations plus épaisses que celles que je 
possédais ; avec des lames de 3 à 4 centièmes de milli- 
mètre d'épaisseur, d'une substance peu biréfringente, les 
erreurs commises dans la mesure du retard et celle de 
répaisseur ont une importance relative trop grande. 

Tout ce que nous pouvons obtenir, c'est une valeur 
moyenne des biréfringences. 

La biréfringence maxima peut se déduire assez exacte- 
ment de la différence des indices et les autres se calculer 
au moyen de l'angle des axes optiques, dont les variations 
n'influent que peu sur celles des biréfringences. On a 
ainsi : 

% — iip = 0,0H 

rig — nfn= 0,0075 

nm — np = 0,003S 

Les deux dernières ne sont en définitive que la moyenne 
des valeurs que Ton peut déduire de la différence des 
indices . 

RELATIONS ENTRE LA QUARTZINE ET LE QUARTZ 

Je suis arrivé à la partie la plus importante de mon tra- 
vail, à la recherche des relations existant entre la quartzine 
et les cristaux de quartz que j'ai étudiés dans le para- 
graphe précédent. Cette recherche m'a présenté les plus 
grandes difficultés et cela pour plusieurs raisons. Les cris- 
taux de quartz, en effet, sont cachés par la quartzine qui 



— 81 — 

les recouvre et de plus, de dimensions très petites ; il n'était 
pas possible de les tailler suivant une orientation détermi- 
née ; le seul renseignement que je possédais au sujet de 
l'orientation des sections résultait de ce que les cristaux 
étant grossièrement normaux à la surface des géodes, en 
taillant une lame mince tangentielle dans cette géode, 
j'avais des chances d'y rencontrer des sections normales à 
Taxe ; tandis que les sections parallèles à cet axe devaient 
surtout se trouver dans les lames passant par le centre de 
la géode. En ce qui concerne la quartzine, une autre diffi- 
culté naissait de la finesse de ses fibres : quand un faisceau 
de fibres est coupé obliquement, il n'est guère possible de 
distinguer les différents segments, quand ils se trouvent 
dans le prolongement les uns des autres, de sorte que les 
fibres paraissent toujours être parallèles au plan de la sec- 
tion. Une troisième difficulté provenait de ce que les rela- 
tions entre la quartzine et le quartz ne sont constantes que 
quand ce dernier possède la polarisation rotatoire, ce qui 
en définitive est le cas exceptionnel. 

De plus, les fibres sont allongées suivant des directions 
fort différentes, comme je l'ai indiqué, aussi, en s'appuyant 
sur rallongement de la fibre, au lieu de s'appuyer sur 
l'orientation optique, on est amené à commettre de graves 
erreurs. 

Je distinguerai d'abord deux groupes de fibres : l'un 
comprend des fibres très courtes tapissant la surface des 
cristaux de quartz et qui ne sont visibles qu'à un assez fort 
grossissement dans les lames minces. Un second groupe 
comprend des fibres très longues, réparties en faisceaux 
coniques très aigus, qui, dans leur direction générale, sont 
disposées normalement sur les faces p des cristaux de 
quartz. Ce sont ces fibres qui forment le recouvrement des 
cristaux, les mamelons visibles à l'intérieur des géodes. 



Au moment où ces faisceaux coniques pénètrent au milieu 
des fibres de l'autre groupe, ils se rétrécissent brusquement 
et se réduisent à un petit nombre de fibres accolées qui 
s'infléchissent et deviennent parallèles à Taxe du quartz. 
Aussi, les faisceaux proprement dits n'ont-ils peut-être pas 
leur point de départ sur les faces mêmes du cristal, mais 
plutôt sur des fibres de l'autre groupe parallèle à l'axe du 
quartz. 

Sur chaque cristal, il y a trois systèmes de ces fibres, 
les fibres de chaque système étant normales à Tune des 
faces du rhomboèdre p. De sorte que dans une section 
perpendiculaire à Taxe du cristal, faite un peu au-dessus 
de ce cristal, on obtient un groupement ternaire formé de 
trois secteurs de 120®(fig.2[Pi.II).Dans chacun de ces secteurs 
les fibres, quoique coupées obliquement, paraissent, comme 
je l'ai déjà dit, dirigées parallèlement à la bissectrice du 
secteur, dans le plan de la section. Ces fibres sont allongées 
suivant l'axe % et le plan des axes optiques est perpendi- 
culaire au plan bissecteur du secteur. 

Mais ces fibres n'ont qu'un rapport accidentel avec les 
cristaux de quartz, et de leur groupement ternaire, on ne 
peut rien conclure sur la constitution de celui-ci. Elles se 
sont disposées normalement aux faces du cristal comme 
tous les corps cristallisés en aiguilles se disposent norma- 
lement à la surface des corps sur lesquels ils se fixent. Le 
groupement ternaire résulte simplement de ce que le rhom- 
boèdre p ne possède que trois faces; s'il en possédait 
quatre, la quartzine formerait des groupements quater- 
naires. Ce qui le démontre d'une façon irréfutable, c'est 
que j'ai observé des groupements ternaires en tout sem- 
blables sur des rhomboèdres de calcite. 

Passons donc à l'étude des fibres du second groupe qui, 
seules, ont de l'importance au point de vue de la structure 



^83 - 

du quartz. Ces fibres, au lieu de former des faisceaux 
coniques s'insérant de loin en loin sur le cristal, sont réu- 
nies en faisceaux parallèles, tapissent toute la surface du 
cristal et se répartissent en trois systèmes différant l'un de 
Tautre par l'orientation optique. Mais il y a lieu, pour se 
rendre compte de la disposition de ces fibres, de distinguer 
les cristaux simples, ne présentant pas la polarisation rota- 
toire, des cristaux complexes possédant cette propriété. 

Commençons par les premiers. Si on considère la posi- 
tion de l'axe de la fibre relativement aux éléments du cristal 
de quartz, on peut reconnaître sur chaque facep cinq sys- 
tèmes de fibres. Les fibres de deux systèmes sont situées 
dans des plans perpendiculaires à Taxe optique du cristal 
et, dans ces plans qui coupent le trièdrej? suivant des 
triangles équilatéraux, parcjlèles aux hauteurs de ces 
triangles issues des sommets adjacents à la face p consi- 
dérée. Les fibres de deux autres systèmes sont appliquées 
sur la face p elle-même et parallèles à l'une ou l'autre des 
arêtes du trièdre p. En projection, sur un plan perpendicu- 
laire à l'axe du quartz, elles sont parallèles aux fibres pré- 
cédentes, aussi ne les distingue-t-on bien que dans les pré- 
parations épaisses permettant de les suivre dans leur 
développement. Le troisième système a une direction toute 
différente : ses fibres sont parallèles à l'axe optique du 
cristal. 

La photographie fig. 5 PI. I nous montre les fibres situées 
dans un plan perpendiculaire à l'axe du quartz. D'après ce 
que j'ai dit plus haut, on comprend qu'il n'est pas possible 
de montrer dans une photographie les fibres parallèles 
aux arêtes quand elles coexistent avec les précédentes, 
mais dans la photographie fig. 2 Pi. III, où elles sont seules 
on les voit très nettement. 

Les fibres parallèles à l'axe sont également très difficiles 

7 



- 84 — 

à représenter, parce qu'elles s'éteignent en môme temps 
que le quartz. On ne peut les mettre en évidence qu'en les 
éclairant par de la lumière naturelle fortement convergente 
de façon à déterminer des réflexions totales sur leurs bords. 
On les voit bien cependant dans la fig. 1 PI. III en a. 

Mais si Ton considère l'orientation optique, on voit qu'il 
n'y a en réalité que trois orientations; la diversité appa- 
rente provient de ce que les fibres sont allongées suivant 
des directions différentes. Ces fibres sont très courtes ; 
elles ont au plus 0"",02 de longueur et en outre, dans les 
préparations, les plages que l'on peut observer n'ont pas 
une largeur supérieure, par suite de la présence des fais- 
ceaux du premier groupe qui viennent s'interposer au 
milieu de ces fibres. Aussi n'ai-je pu les examiner en 
lumière convergente et déterminer leur orientation que 
grâce à l'oculaire Czapski. J'ai constaté ainsi que la bissec- 
trice aigu^ de l'angle des axes optiques, c'est-à-dire Taxe 
ng était dans toutes les fibres parallèles à l'axe du cristal 
de quartz sur lequel elles étaient fixées. Pour arriver à 
cette constatation, il ne pouvait être question de faire des 
mesures tout à fait impossibles dans les conditions où je 
me trouvais. Voici l'artifice que j'ai employé : dans les pré- 
parations, les cristaux de quartz ne sont jamais coupés 
rigoureusement suivant un plan perpendiculaire à l'axe ; 
les sections sont plus ou moins obliques sur cet axe et par 
suite, en lumière convergente, le centre de la croix noire 
occupe une position quelconque dans le champ. Or, en exa- 
minant en lumière convergente une plage de fibres, si on 
tourne la platine du microscope de façon à transformer 
Thyperbole, ligne neutre, en croix noire, puis, si on dé- 
place légèrement la platine de façon à amener dans le 
champ de l'appareil le cristal de quartz sur lequel les fibres 
sont fixées, on ne s'aperçoit du passage qu'à ce que dans 



— 85 — 

le quartz la croix noire se détache sur un fond plus lim- 
pide ; quelle que soit l'inclinaison de l'axe optique du quartz 
sur Taxe du microscope, la croix noire ne bouge pas quand 
on passe de la quartzine au quartz. Il faut donc bien que 
Taxe d'élasticité optique de la quartzine soit parallèle à 
l'axe optique du quartz. 

Une fois ce résultat obtenu, il est facile de constater que, 
dans les fibres situées dans des plans perpendiculaires à 
Taxe du quartz, le plan des axes optiques est perpendicu- 
laire à la direction d'allongement des fibres, direction qui 
coïncide par suito avec Taxe moyen d'élasticité. Mais les 
fibres étant parallèles aux hauteurs du triangle découpé 
dans le quartz, les plans des axes optiques sont respecti- 
vement parallèles aux côtés du triangle, adjacents à la face 
p supportant les fibres. 

Pour les fibres situées dans la face p parallèle aux arêtes 
du cristal, leur orientation optique est absolument la même 
que dans l'un ou l'autre des systèmes précédents, mais au 
lieu d'être allongées suivant nm, elles sont allongées sui- 
vant une droite située dans le plan Ug rim et faisant avec tig 
un angle de 57*». 

Dans le troisième système, les fibres, étant allongées pa- 
rallèlement à Taxe de plus petite élasticité, sont de la quart- 
zine proprement dite ; elles sont orientées de façon que le 
plan de leurs axes optiques soit parallèle au troisième côté 
du triangle. 

On voit donc que, si en apparence il existe sur les faces 
p d'un pointement de quartz cinq systèmes de fibres, au 
point de vue de l'orientation optique, il n'en existe que 
trois dont les plans des axes optiques, disposés comme l'in- 
dique le schéma suivant (fig. 3), sont parallèles à l'axe ter- 
naire du rhomboèdre p et respectivement perpendiculaires 



sur chacun de ses plans de symétrie, et font, par suite, 
entre eux, des angles de 120^. 

Quant à la répartition des fibres de chaque système sur 
les faces p, elle est excessivement variable ; en général, sur 
une face, c'est un système qui prédomine sans exclure 
complètement les deux autres, et le plus souvent ce n'est 
pas le môme système qui prédomine sur les trois faces du 
môme cristal. En un mot, aucune loi ne régit la répartition 
des fibres sur les faces du quartz. 



4^H9 



Fig. S. 

Je terminerai en faisant remarquer que ce sont les fibres 
de quartzine proprement dites qui, en se recourbant, ser- 
vent d'amorces aux faisceaux coniques du premier groupe 
également constitués par des fibres de quartzine propre- 
ment dite. 

De plus, comme l'ont fait remarquer MM. Michel Lévy 
et Munier Chalmas, c'est ce système de fibres de quartzine 
qui est généralement le point de départ de la cristallisa- 
tion du quartz. Le centre des bouquets de cristaux de 
quartz comme celui représenté par la fig. 1 PI. II, est assez 
fréquemment occupé par de la quartzine proprement dite 
dont les fibres sont disposées radialement et qui se fusion- 
nent avec les cristaux de quartz. 

Si maintenant on examine les cristaux présentant la po- 
larisation rotatoire, à la répartition irrégulière des fibres 



— 87 — 

d'orientation différente, succède une régularité parfaite. 
Comme je l'ai dit plus haut, les cristaux présentant la pola- 
risation rotatoire sont d'une part, les cristaux à section 
triangulaire, qui se terminent par un trièdre si particulier 
et en second lieu les cristaux en forme de lamelles gauches 
qui possèdent alternativement la rotation gauche et la rota- 
tion droite. 

Occupons-nous d'abord de ces derniers ; sur leurs faces 
p, ne s'insère qu'un seul système de fibres allongées paral- 
lèlement à l'une des arêtes de la face p sur laquelle elles 
s'insèrent. Mais la bissectrice aiguë est toujours parallèle 
à Taxe du quartz et le plan des axes optiques perpendicu- 
laire à l'un des plans de symétrie, autrement dit l'orienta- 
tion optique est la môme que dans le cas précédent. 

Quand une des lamelles de quartz est complète, c'est-à- 
dire qu'elle se compose de deux parties respectivement 
parallèles à chacune des arêtes, sur l'une de ces parties, 
les fibres, pouvant librement se développer, sont longues, 
tandis que sur l'autre elles sont très courtes et précisément 
égales à l'épaisseur de la lamelle. A première vue, on pour- 
rait croire que la petitesse de ces dernières fibres provient 
de ce qu'elles ont été coupées par la préparation, mais il 
n'en est rien ; dans les préparations un peu épaisses, on 
les retrouve très nettement dans l'épaisseur. 

J'arrive maintenant à un fait capital, c'est que sur deux 
lamelles accolées et présentant des rotations de sens diffé- 
rents, les fibres sont toujours orientées à 12(y> les unes des 
autres. 

Enfin, quand le nombre des lamelles est insuffisant pour 
recouvrir toute la face p, la partie inférieure et centrale de 
cette face, qui correspond à une portion du cristal ne pos- 
sédant plus la polarisation rotatoire, supporte encore les 
deux systèmes de fibres allongées et orientées dans les 



— 88 — 

mômes directions, mais au lieu d'être régulièrement grou- 
pées suivant leur orientation, elles sont au contraire 
réparties de la façon la plus irrégulière et s'enchevêtrent 
de façon à former un véritable feutrage. 

Ces détails se voient bien dans la photographie (fig. 1, 
PL III), qui demande quelques explications. Elle représente 
une section faite dans un trièdre du rhomboèdre p, section 
qui a la forme d'un tronc de pyramide. Cette section est 
vue par sa grande base, aussi est-ce à travers les faces 
latérales que Ton voit les fibres appliquées sur ses faces et 
c'est seulement le tronc de prisme ayant pour base la petite 
base du tronc de pyramide qui est éteint. Mais pour bien 
mettre en évidence les différents systèmes de fibres, il 
faut les éclairer d'une façon spéciale, ce que l'on ne parvient 
pas à faire pour les trois faces latérales simultanément ; 
aussi ces fibres ne sont-elles bien visibles que sur une 
face. 

On voit en a trois systèmes de fibres courtes, à peu près 
au maximum d'éclairement, en a' deux autres systèmes à 
peu près éteintes, en b trois systèmes de fibres longues, 
orientées comme les fibres a, et en V les fibres longues 
correspondant aux fibres a\ Au centre, au contraire, les 
fibres n'ont plus cette répartition régulière parce qu'elles 
sont insérées sur une région de la face p, ne présentant 
pas de lamelles de polarisation rotatoire. 

La photographie (fig. 1, PI. IV) montre bien la disposition 
en angles ouverts sur la face a des fibres vue en détail dans 
les photographies précédentes; on a mis au point dans 
^intérieur de la préparation elle-même, de sorte qu'aucun 
détail n'est bien net. 

Il me reste à considérer les cristaux se terminant par 
un trièdre et possédant aussi la polarisation rotatoire. J'ai 
dit plus haut que les faces latérales de ces trièdres se 



décomposaient en facettes striées appartenant à la zone t^e^ 
en retrait les unes sur les autres et que ce retrait résultait 
une facette parallèle à une face p. Or, ces facettes portent 
des fibres qui sont parallèles à lune des arôtes de la 
face/) parallèle à la facétie, de sorte que de chaque côté 
du dièdre on voit s'écarter des fibres respectivement 
parallèles à chacune des arêtes. Au point de vue optique, 
elles sont d'ailleurs orientées comme les autres fibres 
parallèles à ces mômes arôtes. Il y a donc similitude 
complète entre ces cristaux et les lamelles gauches pos- 
sédant la polarisation rotatoire. Quant aux facettes de la 
zone eVS leurs stries qui, je le rappelle, sont dans un plan 
perpendiculaire à Taxe du quartz, portent des fibres égale- 
ment situées dans ce plan et ayant la même orientation sur 
les deux faces du dièdre. Elles sont toutes parallèles à la 
hauteur correspondante du triangle que fait dans le quartz 
une section perpendiculaire à Taxe. Ces fibres sont allon- 
gées suivant Um, et le plan des axes optiques parallèle à 
l'axe du quartz est perpendiculaire à la fibre. On voit donc 
que les trois systèmes de fibres observées sur ces trièdres 
ont encore des orientations optiques à 120** les unes des 
autres. 

Il est vrai que sur les lamelles gauches nous n'avons pas 
observé le dernier système de fibres allongées suivant Um^ 
mais il ne faut pas oublier que les facettes de la zone c»c^ 
ne s'observent pas sur ces lamelles. 

La disposition des fibres dont je viens de parler est fort 
difficile à montrer dans une photographie, car pour bien 
voir la direction d'allongement de ces fibres il faut faire 
successivement varier la mise au point de façon aies suivre 
dans l'épaisseur de la préparation. 

Je donne ici, figure 2, PI. IV, une photographie d'une sec- 
tion faite un peu obliquement dans un cristal dont les 



— 90 — 

trièdes sont très développés relativement à la partie cen- 
trale ; elle montre les deux systèmes en a et en 6. 

Tels sont, rapidement exposés, les faits qu'il s'agit d'in- 
terpréter. Avant tout, je ferai remarquer que les cristaux 
de quartz, étant intimement en contact par leurs faces 
latérales, ne peuvent s'accroître que par dépôt de nouvelles 
molécules sur les faces du pointement, en particulier sur 
les faces p. En second lieu, j'admets que chaque fibre de 
quartzine est optiquement orientée comme la molécule du 
cristal sur laquelle elle est fixée. C'est là à vrai dire une 
supposition, mais qui est justifiée partant défaits d'obser- 
vations qu'elle peut être admise sans difficulté. D'autant 
plus que c'est peut-être la silice qui nous offre le plus 
d'exemples, dans la nature, de semblables actions d'orien- 
tations ; ainsi dans les roches éruptives, non seulement un 
cristal de quartz préexistant exerce une action d'orientation 
sur les cristaux de quartz se formant à son contact, mais 
encore sur ceux qui se forment à distance, malgré la pré- 
sence de petits cristaux de feldspath entre le cristal orien- 
tant et le cristal orienté. D'ailleurs, dans le cas présent, 
l'examen des faits nous amène à la même conclusion : et 
en effet les fibres de quartzine ne sont pas normales aux 
faces du quartz, et si elles peuvent prendre plusieurs 
orientations, celles-ci sont parfaitement définies et en 
rapport avec celle des éléments du cristal de quartz ; elles 
sont donc forcément déterminées par le quartz et l'hypo- 
thèse la plus simple pour expliquer cette action du quartz, 
est d'admettre que la fibre de quartzine est orientée comme 
la molécule qui la supporte. Nous sommes ainsi amenés à 
cette conclusion, c'est que, dans le cas où le cristal ne 
possède pas la polarisation rotatoire, les molécules de 
quartzine qui se déposent sur une facep peuvent s'orienter 
de trois façons, différentes et de trois seulement : l'axe de 



~ 91 - 

plus petite élasticité se place parallèlement à Taxe du quartz 
et le plan des axes optiques se dispose de façon à être per- 
pendiculaire à l'un des plans de symétrie du rhomboèdre 
p ; dans une même face p, les molécules peuvent prendre 
trois orientations différentes, à 120^ les unes des autres, 
mais en général Tune des orientations prédomine sur les 
autres. 

Si maintenant on considère un cristal, qui se décompose 
dans sa partie centrale en lamelles à rotation alternative- 
ment droite et gauche et possédant la môme face p, toutes 
les molécules se déposant dans la face p de Tune de ces 
lamelles s'orientent de la môme façon ; celles se déposant 
sur la face p d'une lamelle à rotation gauche, s'orientent 
à 120® de celles se déposant sur la môme face p d'une 
lamelle à rotation droite. 

Dans la partie inférieure et centrale d'une face p, dans la 
région ne se décomposant plus en lamelles à rotation, les 
molécules possèdent une orientation ou une autre et alors 
dans cette région la polarisation rotatoire n'existe plus. 

Je suis ainsi amené à considérer de la façon suivante le 
mode de formation des cristaux se décomposant en lamelles 
à rotation gauche et droite. 

Les molécules, qui se déposent sur une face p, s'orien- 
tent, sur une lamelle à rotation gauche de façon à ce que 
le plan des axes optiques soit perpendiculaire au plan de 
symétrie passant par une arête 0A| du rhomboèdre p, sur les 
lamelles à rotation droite de façon à ce que ce môme plan soit 
perpendiculaire sur le plan de symétrie passant par Parôte 
OAj ; dans une seconde couche de molécules, sur les lamelles 
gauches le plan des axes optiques est perpendiculaire sur 
le plan passant par OAj et sur les lamelles droites sur le 
plan passant par OA^ et dans une troisième couche, toutes 
les molécules s'orientent de façon à ce que le plan des axes 



- 92 - 

optiques soit perpendiculaire sur le plan de symétrie 
passant par Tarête OA, qui occupe la môme position rela- 
tivement aux deux systèmes de lames gauches et droites. 
Puis le cycle recommence. 

Ce mode de formation est indiqué dans le cas présent 
par les faits observés ; mais évidemment il n'est pas néces- 
saire ; il n'est pas indispensable pour la régularité de l'en- 
roulement que toutes les molécules d'une face p soient 
orientées parallèlement et il est même probable que dans 
Paméthyste où les lamelles alternativement gauches et 
droites sont disposés autrement, le processus est différent. 
Je vais d'ailleurs, à propos d'une question subsidiaire, 
indiquer un autre mode d'orientation des molécules. 

On peut se demander si un cristal de quartz est réelle- 
ment formé de fibres de quartzine enchevêtrées d'après 
certaines règles, ou simplement de molécules de quartzine 
qui ne se disposent en fibres que quand les conditions 
nécessaires à la formation du quartz ne se trouvent pas 
réalisées. 

Les cristaux de quartz éruptif provenant de la Vendée, et 
que j'ai déjà décrits, me paraissent fournir les éléments 
d'une réponse à cette question. 

Dans la zone d'accroissement externe, où la cristallisa- 
tion paraît avoir rencontré le plus de difficultés, outre les 
corpuscules de quartzine répartis au hasard, on en voit 
d'autres disposés en files, mais sans se toucher, d'autres 
se touchant mais ne se fusionnant pas forment des fibres 
noueuses; enfin par la fusion on passe à des fibres véri- 
tables de quartzine allongées suivant Um, situées dans un 
plan perpendiculaire à l'axe optique du quartz et réparties 
en trois systèmes faisant entre eux des angles à 120^. Si 
donc on considère que ces fibres sont plongées dans du 



— 93 — 

quartz normal, on arrive à cette conclusion que quand les 
molécules de quartzine ont la môme orientation tout le 
long d'une fibre allongée suivant la direction que je viens 
d'indiquer, elles n'ont pas Torientation voulue pour former 
du quartz. Il est probable qu il n'en est pas de même pour 
les autres directions d'allongement de la quartzine et 
que par conséquent la fibre n'existe pas dans le quartz et 
qu'elle ne se produit que dans le cas défavorable à la cris- 
tallisation du quartz. 

Mais ces cristaux de quartz nous offrent une autre par- 
ticularité : les fibres, en effet, au lieu d'être parallèles aux 
hauteurs du triangle découpé dans le rhomboèdre p par 
un p!an perpendiculaire à Taxe optique, sont parallèles aux 
côtés de ce triangle, autrement dit le plan des axes optiques 
de la quartzine, au lieu d'être perpendiculaire à l'un des 
plans de symétrie du rhomboèdre p, est parallèle à l'un de 
ces plans. 

Cette disposition se voit bien dans la photographie 
figure 6, planche I, malgré les conditions où elle a été faite. 
Les fibres sont en effet peu nombreuses et ne se super- 
posent ipas ; aussi à Textinction en lumière polarisée, elles 
ne laissent passer que trop peu de lumière pour être photo- 
graphiées. J'ai donc dû opérer en lumière ordinaire assez 
convergente pour déterminer des réflexions totales. 

Les molécules de quartzine ne sont pas orientées rela- 
tivement au rhomboèdre p dans ce quartz éruptif comme 
dans le quartz d'origine aqueuse des environs de Paris. 
C'est probablement à des différences de cette nature] que 
sont dues les variations si notables que Ton observe dans 
l'angle de deux faces p du rhomboèdre des cristaux de 
quartz d'origines différentes, variations considérées jus- 
qu'ici comme des anomalies. 



- 94 



RELATIONS ENTRE LES INDICES DE RÉFRACTION DU QUARTZ ET CEUX 
DE LA QUARTZINE. — ÉPAISSEUR DE l'ÉLÉHBNT DE QUARTZINE. 

Si, comme tous les faits que je viens d'exposer tendent à 
le démontrer, le quartz est constitué par des molécules de 
quartzine convenablement orientées, ses forces élastiques 
optiques et par suite ses indices de réfraction, doivent 
être des résultantes de ceux de la quartzine. Or les indices 
de cette substance sont inférieures à ceux du quartz qui, 
par conséquent, à première vue, ne peuvent en être 
déduits. C'était là une grave objection, qui m'avait d'abord 
fait rejeter l'hypothèse de Reusch sur la constitution du 
quartz. Mais j'ai remarqué depuis que les indices mesurés 
n'étaient pas ceux d'une fibre de quartzine mais ceux d'une 
masse fibreuse de quartzine ; qu'entre les fibres existaient 
des espaces vides dont les dimensions sont inférieures 
à celles des longueurs d'onde et qui par suite déterminent 
simultanément une diminution dans les valeurs des indices 
de réfraction et dans celle de la densité. L'application de la 
loi de Gladstone était donc tout indiquée pour calculer les 
indices de réfraction de la quartzine ayant la densité du 
quartz 2,622 au lieu d'avoir la densité mesurée 2.576. 

En calculant ainsi les indices de la quartzine, on trouve 
les valeurs suivantes : 



Pour la raie C 



Pour la raie D 



tig = 1,5496 
nm = 1,5435 
np =l,oi04 

rig ==1,5532 
nm = 1,5450 
np = 1,5420 



- 95 -- 

Pour la raie F : 

ug = 1,5577 
fifn = 1,5496 
ftp =1,5465 

L'angle des axes optiques reste le môme, puisque le rap- 
port des biréfringences ne change pas. 

Or, Taxe de plus petite élasticité de la quartzine coïnci- 
dant avec celui du quartz, l'indice extraordinaire de ce 
dernier doit être égal au plus grand indice de la quartzine; 
et d'après le calcul établi dans un paragraphe précédent, 
rindice ordinaire doit être égal à la moyenne arithmétique 
des deux autres indices. On obtient donc ainsi pour les 
indices du quartz les valeurs ci-dessous, en face desquelles 
j'ai indiqué les valeurs mesurées : 



On voit donc que les valeurs calculées diffèrent des 
valeurs mesurées au plus d'une unité de troisième ordre. 

Il ne me semble pas qu'il soit possible de donner une 
preuve plus démonstrative de l'exactitude de la théorie 
que j'ai cherché à établir dans ce travail. 

Personnellement, j'en tire une conviction d'autant plus 
forte que tous les nombres servant de base au calcul 
étaient déterminés avant que je me sois rendu un compte 
exact du rapport de la quartzine avec le quartz : attribuant 
à la quartzine une seule direction d'allongement, suivant 



Indices calculés. 


Indices mesurés 


. ( nff = 1,549 


1,550 


' np= 1,842 


1,541 


( n,= l,5o3 


1,883 


1 n,= 1,543 


1,844 


ing = 1,557 


1,558 


np = 1,848 


1,849 



- 96 - 

ng, d'après !a disposition des fibres j'étais amené à admettre 
que le petit axe d'élasticité de la quartzine n'était pas 
dirigé suivant l'axe du quartz. L'indice extraordinaire de 
celui-ci devait par cela même être plus petit que le plus 
grand indice de la quartzine : conclusion en contradiction 
absolue avec les valeurs que me donnait l'observation; je 
suis donc certain de n'avoir pas été influencé dans mes 
déterminations par une idée préconçue. 

En ce qui concerne la polarisation rotatoire du quartz, 
si nous avions pu mesurer les indices de la quartzine avec 
assez de précision pour en déduire la valeur de la biré- 
fringence Um — rip pour les raies C, D et F, nous aurions 
pu calculer les deux paramètres de la formule : 

A . B 

Wm — Wp = A + -— 

et d'autre part l'épaisseur de la molécule de quartzine. Tous 
les paramètres de la formule donnant la rotation d'une 
vibration de longueur d'onde X eussent donc été déterminés 
rationnellement. 

Malheureusement nous ne connaissons qu'une valeur 
moyenne de rim — Wp = 0,0035 qui nous permet seulement 
de nous faire une idée de Tépaisseur de la molécule. 

L angle X de rotation d'une vibration de longueur d'onde 
a est donné par la formule : 

et pour l'unité d'épaisseur de. quartz, cet angle est : 
__ X it\n — n)V 



— 97 — 

et ce même angle exprimé en degrés : 

90 t: (n' _ 7i)«c 

Cette formule permet de calculer e : 

, ^ «X- v/3 _ 0-,000007S3 y/ïï _ p,. ^.. 
^ ~ 90 TT (n' — n)« ~ 90 7t (0,0035)^ "" ' * 

A première vue on est étonné de trouver pour l'épaisseur 
de la particule élémentaire de quartzine une valeur aussi 
élevée. Mais d'abord je ferai remarquer que cette valeur 
est parfaitement compatible avec les résultats des expé- 
riences de M. Sohncke, qui en effet a montré que la polari- 
sation rotatoire était produite par des lames de mica de 
biréfringence précisément égale à 0,0035 et dont l'épaisseur 
était de 0"",0099, c'est-à-dire près de trois fois plus épaisses 
que l'élément de quartzine. Mais bien plus, la théorie per- 
mettait de prévoir cette valeur élevée pour l'épaisseur de 
cet élément. 

Si en effet les éléments de quartzine quoique biaxes se 
disposent suivant les mailles d'un système réticulaire ter- 
naire, c'est qu'une de leurs directions est presque un axe 
ternaire, qui est presque un axe de révolution pour l'ellip- 
soïde d'élasticité optique. Il en résulte que la biréfringence 
d'une lame perpendiculaire à cet axe est très faible, et 
comme pour une rotation donnée l'épaisseur de la lame 
est en raison inverse du carré de cette biréfringence, l'é- 
paisseur de cette lame doit être relativement grande. Je 
m'en vais d'ailleurs m'appuyer sur cette remarque pour 
montrer comment on doit concevoir la constitution d'un 
cristal de quartz. 



-98 - 

DE LA CONSTITUTION PHYSIQUE DU QUARTZ 

Des recherches précédentes, il résulte que le quartz 
doit être considéré comme formé d'éléments biaxes qui 
dans les cas favorables s'orientent de telle sorte que les 
éléments situés sur une même parallèle à Taxe soient à 
120^ les uns des autres. Cet enroulement peut paraître 
singulier, mais des faits, indéniables quoique la cause en 
soit inconnue, viennent appuyer ce résultat. MM. Michel 
Lévy et Munier Chalmas en étudiant la calcédoine, c'est-à- 
dire de la quartzine allongée suivant Taxe rip, constatèrent 
dans certains cas que la biréfringence était variable suivant 
la longueur de la fibre: qu'elle passait par desminimaet des 
maxima. Ces variations ne peuvent s'expliquer, disent-ils, 
qu'en admettant la rotation autour de la fibre, comme axe, de 
la bissectrice aiguë qui est toujours perpendiculaire à la 
direction de la fibre. J'ai cherché si, au lieu de s'appuyer 
sur une interprétation, on ne pourrait constater le fait 
expérimentalement et j'ai trouvé des matériaux propices 
dans la calcédoine, dite agate d'Oberstein servant à faire 
des creusets. Cette agate présente des zones blanches 
formées de fibres bien parallèles, dans lesquelles les 
variations de biréfringence sont très lentes et avec l'ocu- 
laire spécial de Czapski, j'ai pu constater non seule- 
ment que la bissectrice aiguë tourne autour de la fibre, 
mais encore que l'enroulement se produisait tantôt de 
gauche à droite, tantôt de droite à gauche. L'enroulement 
dans les deux sens est donc un fait bien établi, mais dont 
la cause nous échappe. 

La différence principale entre cet enroulement et celui 
existant dans le quartz, consiste en ce que dans la calcé- 
doine il est continu, tandis que dans le quartz il e^st dis- 
continu et varie par sauts brusques de 120 en 120 degrés. 



— 99 - 

Mais une fois cette faculté d'enroulement constatée, il est 
facile de concevoir comment certaines causes s'opposent 
à la continuité et ne permettent qu'un enroulement par 
bonds successifs. 

D'un calcul précédent, résulte en effet que l'élément de 
quartzine a une épaisseur d'environ 0"™,0037; cet élément 
n'est donc pas une molécule, dans le sens habituel du mot, 
mais un véritable petit corps cristallisé pouvant affecter des 
formes cristallines. 

Cet élément peut par exemple affecter la forme d'un 
tétraèdre pseudorégulier, comme ceux dont j'ai constaté 
l'existence dans la quartzine; si ces tétraèdres s'accolent 
face à face, ce qui est possible, puisqu'ils sont à peu près 
réguliers, la faculté d'enroulement, si elle est conservée, 
ne pourra être continue, mais se fera par sauts de ^20^ Il 
se peut que l'élément ait une autre forme, celle d'un rhom- 
boèdre par exemple, mais la forme du tétraèdre pseudo- 
régulier, outre que je l'ai observée, a l'avantage d'expliquer 
pourquoi le rhomboèdre p du quartz est presque cubique. 
On est donc ainsi amené à considérer l'élément de quart- 
zine constituant du quartz comme identique à la particule 
intégrante de Haiiy. Il ne faut pas en effet oublier que si 
cette conception a dû être rejetée comme trop particulière 
par la plupart des cristaux, il n'en est pas moins vrai que 
certains se montrent comme formés par l'accolement de 
petits cristaux pouvant à tous les points de vue être consi- 
dérés comme la 'particule intégrante de Haûy. C'est ainsi 
que des petits cubes de fluorine, par leur superposition, 
donnent naissance à des octaèdres qui, par leur régularité, 
pourraient rivaliser avec les modèles en bois construits 
pour l'enseignement de la minéralogie ; c'est ainsi que les 
prismes d'amphibole se décomposent au microscope en 
une infinité de petits cristaux disposés tous parallèlement ; 

8 



— 100 — 

11 me serait facile ; de multiplier ces exemples, montrant 
que la constitution que je suis amené à reconnaître au 
quartz, n'est pas un fait isolé, en ce qui concerne la nature 
de l'élément constituant. 

On voit donc que la polarisation rotatoire du quartz a 
pour causes premières, d'abord la propriété d'enroulennent 
de la quartzine autour d'un axe d'élasticité optique, pro-^ 
priété non expliquée mais dûment constatée ; en second 
lieu, le fait que la quartzine présente des formes simples 
qui, parleur superposition, donnent naissance à un cristal 
ayant un pôiiitement ternaire qui transforme cqt enroule- 
ment continu en un enroulement se faisant par sauts de ±209. 

Tel est le résultat de mes recherches sur la constitution 
physique du quartz et sur l'origine de sa polarisation 
rotatoire. Je crois avoir établi d'une façon définitive l'exac- 
titude, de l-h y pothèse de Reusch, complétée par Sohncke. 
Bien entendu, je n'ai pas la prétention d'avoir résolu d'une 
façon complète le. problème de la polarisation rotatoire ; 
il est fort probable que l'expUcation donnée pour le quartz 
n'est pas applicable aux autres catégories de; corps; mais 
il suffira, maintenant, de porter ses efforts sur l'origine 
du pouvoir rotatoire dans les liquides pour que la question 
soit complètement élucidée. 



_vi.:.. ..'1. ■. ; .-._■. 'Li-i 





Fi g. I — Gr. ~ ^'2 



Fi g. 2 — (Jr. = ?-/ 




Fig. y — Gr. =■- ijo 



Fi g. ^ — Gr. ~ ijo 




P^S' 5 — ^^' ^ 9^^ 



Fi g. 6 — Gr. = 200 



Sec. Mir.. :./[. WALT.SRAx^T 



T. XX. PI. II 




Fig. i — (ir. =■ 24 




t:i(iiil>y, ;»», Avcmic tU" (Ihàlilloll, Pari: 



hSA. Soc. Mii:. M. Vf Al 



L,. i.r /^. L, 



xx. n. j:[ 




Fï^. 2 — Gr. ^ lOn 




Fi g. I — Gr. ~ 2./0 



Caiiipy, 3»), Avoiiuu i\v Chàlillon, Paris 



Bull. Soc. Min. M. V7ALT.ERAKT T. XX. PI. 1' 



- ^ — ^' 




Fi g. 2 — Gr. ~ loo 




Fig. I — Cr, - Su 



Campy. Ji;. .\\imiui? <le Clifilillmi, Paiis 



BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



Année 1897. — Bulletin n" 2. 



Compte rendu de la séanoe du 11 février 1897. 

Présidence de M. Termier. 



M. PisANi présente des cristaux de quartz contenant du 
rutile et provenant du Valais. 



M. Weiss expose les résultats de ses recherches sur Tai- 
mantation de la magnétite cristallisée. Le mémoire sera 
publié dans le prochain Bulletin, 



M. Termier fait la communication suivante : 

Sur la boumonite de Peychagnard (Isère). 

Par M. P. Termier. 

Un de mes élèves, M. Anglès-d'Auriac, élève ingénieur 
au corps des Mines, m'a rapporté, au mois de novembre 
dernier, de son voyage d'instruction dans l'Isère, un très 
curieux cristal d'un minéral noir, ayant toutes les pro- 
priétés de la bournonite. Ce cristal lui avait été remis par 
M. Rolland, président du Conseil d'administration de la 
Compagnie des Mines de La Mure, comme provenant, avec 



— 102 — 

quelques échantillons de galène, dolomie et quartz, d'une 
ancienne galerie des mines d'anthracite de Peychagnard. 
M. Rolland avait, depuis longtemps, remarqué Tétrangeté 
de Téchantillon et l'avait précieusement conservé. Sur ma 
demande, M. Tay, ingénieur à la même Compagnie, a bien 
voulu m'envoyer de nouveaux échantillons du même mi- 
néral. 

Il s'agit bien d'une veine de quartz et dolomie, avec ga- 
lène et bournonite, recoupant les grès houillers et rencon- 
trée, il y a quelques années, par une galerie au rocher. Le 
gîte est actuellement inaccessible, mais on en connaît 
exactement la position et on Ta repérée avec soin sur les 
plans des exploitations de Peychagnard. 

Le quartz et la dolomie (celle-ci en rhomboèdres à faces 
courbes) ne présentent aucune particularité remarquable. 
La galène est en magnifiques cristaux cubo-octaédriques. 
La bournonite est, le plus souvent, massive et sans formes : 
ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle se présente en cris- 
taux nets. Ces cristaux, dont je possède actuellement deux 
beaux spécimens, sont, comme on le verra par la suite, 
tout à fait aberrants et ne ressemblent à aucun des types 
habituels de l'espèce. 

J'ai vérifié d'abord que c'est bien de la bournonite. La 
densité, mesurée avec le plus grand soin, est de 5,78. L'a- 
nalyse, faite par M. Pisani, sur de la matière détachée de 
l'un des cristaux, a donné les résultats suivants : 



Soufre 


20,2 


Antimoine 


24,7 


Arsenic 


Faibles traces 


Plomb 


40,0 


Cuivre 


13,7 



Total. . . 98,6 



J&ïus. 



— 103 — 

Il n'y a ni argent, ni fer. 

L'éclat, extrêmement vif, est métallique sur les faces 
cristallines, semi-métallique et résineux dans la cassure. 
La poussière est noire. 

Comme, d'autre part, les cristaux sont nettement ortho- 
rhombiques, et que Tun d'entre eux, ainsi qu'on le verra 
tout à l'heure, montre, dans l'une des zones perpendicu- 
laires à un plan de symétrie, quatre faces faisant entre 
elles l'angle des faces m (HO) (llO) de la bournonite, aucun 
doute n'est plus possible : c'est bien à la bournonite qu'il 
faut rapporter le minéral noir de Peychagnard. 

Dans l'étude cristallographique qui va suivre, j'adopterai 
les paramètres habituels de la bournonite, ceux de Miller, 
Hessenberg, Kokscharow, Groth, Dana et Miers, savoir : 

a : b : c = 0,93« : 1 : 0,897. 

La facep (001) est perpendiculaire à l'axée; la face g^ 
(010) à Taxe 6; la face A* (100) à l'axe a. Ce sont les conven- 
tions habituelles. 

Pour chaque face, je donnerai simultanément le symbole 
dans le système à trois caractéristiques (système de Miller 
avec les conventions ci-dessus), et dans le système Lévy- 
Des Cloizeaux. J'ajouterai, pour les faces déjà connues, le 
symbole adopté par Miers dans son travail d'ensemble sur 
la bournonite (*). 

Formes observées. 

J'ai observé avec certitude les formes suivantes : 

Pinacoïdes : (001) = p = ç (Miers) 

(010) = ff* = a (Miers) 
(100) zz= fti =r b (Miers) 

(1) Miers. — Mineralogical Magazine^ 1884, 6, p. 59. 



— 104 — 

Prismes : (110) = m = m (Miers) 

(310) = h* = 'fi (Miers) 
(210) = A» =6 (Miers) 
(9S0) = K"^ forme nouvelle 
(380) = ^"* forme nouvelle 
(140) =7 9*» = ^ (Miers) 
Protopyramide : (334) = 6** = ^ (Miers) 
Brachypyramides : (568) = b"'^¥g'"^ forme nouvelle 

M 34) = 6*'*6y ou Ci;, face r de Miller 
Macropyramide ; (11.3.4) = b*^b"^h''^ forme nouvelle 
Brachydômes : (034) = e^ forme nouvelle 

(032) = e** forme nouvelle 

Macrodôme ; (203) = a^ = h (Miers) 

Il y a là six formes qui, à ma connaissance, n'ont été 
jusqu'ici signalées par aucun minéralogiste, savoir : 

Deux prismes : (950) = h''' 

(380) = ff"/» 
Une brachypyramide : (5d8) = 6*'"6*9'* 

Une macropyramide : (11.3.4) = b'"b"^h^'^ 
Et deux brachydômes ; (031) = e*" 

(032) = é"' 

A ces seize formes, dont l'existence, dans la bournonite 
de Peychagnard est, comme on le verra par le tableau 
des angles, absolument certaine, il faut ajouter les quatre 
prismes suivants, dont l'existence est simplement pro- 
hable * 

(430) = ft' = 6 (Miers) 

(-80) = ^» 

(120) = .9* = f (Miers) 

(230) = gr» = « (Miers) 

Le prisme (780) 9" n'a jamais été signalé. 



— iOS — 

Voici le tableau indiquant, pour ces vingt formes, la 
correspondance des angles calculés et des angles observés 
(angles des normales) : 





Formes. 






Angl* 
calcuM. 


Angle 
observé. 


(110) 


(iOO)=f»ft> 






43O10' 


430 2' (moyenne) 


(950) 


(100) = A'W 






27031' 


27035' 


(380) 


(950) = ^"W 






40O42' 


40O48' 


(568) 


(001) = 6""6«9'» 


avec 


P 


42» 6' 


42» 2' 


(568) 


(100) = 6""6*3'» 


avec 


A* 


63028' 


63» 5' 


(568) 


(203) = b'^'b^g'" 


avec a"' 


30O 5' 


29015' ( 'Z'T ) 
\ multiples/ 


(568) 


(950) = 6""6*(/'« 


avec 


h'" 


Sl'lS' 


51« 8' 


(568) 


(034) = 6""6»^'» 


avec 


c« 


26032' j 


de 26» 0' 
à 26055' 


(034) 


(001) = e«p 






33056' 


33«36' (moyenne) 


(032) 


(001) = (^p 






53023' 


52048' ( P ''''. ) 
Vmauvais/ 


(203) 


(001) = o»p 






32«31' 


32028' 


(203) 


(950) = o^A'" 






61028' 


6O05T 


(210) 


(100) = hW 






250 8' 


25«30' 


(334) 


(100) = 6*»A» 






59014' 


590I6' 


(H. 3.4) 


(100) = b'"b"*h"' 






2403T 


24049' 


(134) 


(568) = ej,j avec 


b""b 


'.«?"' 


15019' 


14037' 


(334) 


(310) = 6"»/i» 






50052' 


50059' 


(310) 


(100) = h*h^ 






17022' 


17054' 


(430) 


(100) = ft'/t» 






35» T 


34037' 


(120) 


(010) = ^»5' 






250 8' 


2505O' 


(380) 


(100) = ^'"»^» 






68013' 


68048' 


(140) 


(010) = 9'^g' 






12038' 


12044' 


(780) 


(100) = 3»A' 






46056' 


46057' 


(230) (100) = «/*fti 






54024' 


56« O'f"*"'*'**') 
V images / 



I 



106 




^ ? il 




r 



— 107 — 




4 



/ ^ 


Il '<i \ • 






v^^^^ 




Y i 


J 


1 

n 



I 



— 108 — 

Pour ces derniers angles, comme d'ailleurs pour toute 
la zone verticale, les observations sont très incertaines, 
à cause du striage des faces. Il existe, dans celte zone 
verticale, bien d'autres faces que celles que j'ai citées, mais 
dont les symboles n'ont pu être déterminés avec une pré- 
cision suffisante. 

Les pinacoïdes donnent aussi de très mauvaises images . 
Les faces les plus planes et les plus miroitantes sont (334), 
(568), (950), (380), (310), (034), (032), c'est-à-dire précisément 
les faces appartenant à des formes nouvelles ou rares de la 
bournonite. 

Monographie de deux cristaux. 

Parmi les échantillons, déjà assez nombreux, qui m'ont 
été remis, je décrirai sommairement deux cristaux tout à 
fait remarquables par le développement et l'éclat de leurs 
faces. On trouvera, dans les figures ci-jointes, leur repré- 
sentation exacte (dessin exécuté par M. Richard). 





Cristal I. 

Outre la zone du prisme, qui est la zone habituelle de la 
bournonite, il existe ici (comme dans tous les échantillons 
de Peychagnard) une zone spéciale, qui est la caractéris- 
tique des cristaux de ce gisement. C'est la zone A^è'" ou 
(100) (334) dont l'axe a pour symbole [043], et qui comprend 
le dôme e*'» (034). 



— 109 — 

Le cristal I, long de 2'"8, est coupé en deux parties à 
peu près égales par un clivage h^ (lOO). Il présente un dé- 
veloppement anormal, par gradins ou escaliers, mais sans 
macles. La face p (001) est petite et mal dressée. Dans la 
zone du prisme, la plus belle face est (980) K''*. Dans la 
zone [043], il y a deux faces 568) et (034) qui, avec leurs 
symétriques (568) et (034), sont les plus grandes et les plus 
éclatantes de tout le cristal. Les faces (134) sont très 
étroites. Quelques-unes de ces faces sont striées parallè- 
lement à l'axe de zone. 

Dans la zone [043], symétrique de la précédente, la face 
(568) est un peu cylindrique et le plan tangent à cette face 
oscille entre les positions extrêmes (B68) et (334), la plus 
grande étendue correspondant toutefois à (568). De l'autre 
côté du dôme (034), c'est la protopyramide (334) qui repa- 
raît, et non pas la brachypyramide (568). Les faces sont 
moins planes et plus striées que dans la zone [043], mais 
elles sont toujours parfaitement en zone. Le choix de la zone 
a été très net et sans aucune hésitation, de la part de la 
substance : mais il est visible que le choix des divers plans 
de la zone, sauf celui de (100) et de (034), lui a été à peu 
près indifférent. C'est analogue à ce que l'on sait depuis 
longtemps pour la zone verticale. 

Le dôme (203) a** est très développé, mais moins bien 
djessé que (034). 

Une grande partie du cristal est brisée et manque. C'est 
ce qui explique, dans les épures, l'apparente dissymétrie 
des faces de la zone du prisme. 

Le cristal II est un peu plus petit (environ 2^°*). La zone 
du prisme y est extrêmement réduite et ne montre qu'une 
seule facette bien nette, qui est A» (3Ï0). La zone domi- 
nante est la zone [043], qui comprend de très belles faces 
(034), (334) et (334). La zone symétrique par rapport au 



- MO ~ 

plan horizontal existe aussi, mais moins développée. Des 
quatre faces de la protopyramide 6**, deux sont un peu 
cylindriques, avec tendance vers la brachypyramide (568). 
Mais la plus grande étendue de ces faces cylindriques 
correspond réellement à la protopyramide. On n'observe 
pas ici les stries parallèles à Taxe de z^ne qui sont si fré- 
quentes sur le cristal I. Les formes (i34) et (H.3.4) n'ap- 
paraissent pas. 

La moitié environ du cristal est brisée et manque. Par 
le côté qui correspondrait au plan g^ (OfO', le cristal adhé- 
rait à une gangue de dolomie et quartz, avec fragments 
de grès houiller et mouches de galène. 

Les autres cristaux que je possède sont, pour la plupart, 
extrêmement petits et difficiles à séparer de la gangue. 
Tous montrent la même prépondérance des formes de la 
zone [043]. La forme e*^(034) y domine, avec une pyramide 
qui est, soit (33i), soit (568). 

Au cours de cette étude, j'ai pu amplement vérifier, 
comme l'a fait Tan dernier M. Peck (*), que la symétrie de 
la bounionite est réellement et exactement orthorhom- 
bique. 

M. A. Lacroix signale l'abondance de la lawsonite comme 
élément des gabbrios saussuritisés et de certains schistes à 
glaucephane de Corse; une note sur ce sujet paraîtra dans 
le prochain Bulletin. 

(1) F.-B. Peck. — Zeitsch. fu'^ Krystallograuhie, 27, 1896. 



Le Secrétaire, gérant, P. GAUBERT. 



PARIS — IMmRI&IZRIE CHAIX (SUCC. n), r>, RUE DE L\ >ArNTE-CHAPF:LLF. — 12' -97. 



BULLETIN 




DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



Année 1897. — Bulletin n*» 3. 



Compte rendu de la séance du 11 mars 1897. 

Présidence de M. Termier. 



M. Termier fait une communication sur la cinabre et Tono- 
frite de Ouen-Shan-Tchiang. 
Elle sera publiée dans le prochain Bulletin. 



M. P. PisANi présente des cristaux de calcite de Joplin 
(Missouri). 

Ces calcites en grande partie transparentes, d'un jaune 
doré, se présentent en cristaux gigantesques dont quelques- 
uns ont de S à 6 kilos de poids. Le scalénoèdre ordinaire 
d* y domine, mais il y a ordinairement des modifications au 
sommet parmi lesquelles le rhomboèdre inverse 6S le 
rhomboèdre primitif et Tisocéloèdre 6*. Le centre des 
cristaux est souvent coloré en violet, ce qu'on voit bien 
dans les faces de clivage. 

Sur des cristaux plus petits que je présente à la Société, 

10 



— H2 - 

les sommets sont beaucoup plus nets et on distingue par- 
faitement sur l'une les faces d»d*p6"*6*6*e*' sur un autre on 
a d^pV^b^V. Les faces 6* sont très brillantes et celles du 
rhomboèdre p et des autres faces assez ternes. 



Sur la brushite et la métabrushite. 

Par M. A. Lacroix. 

On a décrit dans le guano de diverses localités et plus 
récemment dans les produits de cavernes, deux hydrates du 
phosphate bicalcique ; Tun à 4H»0, la brushite (2CaO, H*0, 
P*0» + 4H*0) ; rautre à 3,5 H«0, la métabrushite (2CaO, H»0, 
P*0* + 3,8 H*0). Ces minéraux se présentent rarement en 
cristaux distincts et il paraît régner quelque incertitude 
sur la question de savoir si ces deux espèces n'en consti- 
tuent pas une seule et unique. 

Depuis plusieurs années, je recueille des documents sur 
cette question, j'ai différé jusqu'à présent leur publication 
espérant toujours pouvoir me procurer de meilleurs échan- 
tillons. La découverte que j'ai faite récemment d'un curieux 
gisement de métabrushite dans le sol de Paris, m'engage à 
donner dès aujourd'hui les résultats acquis de mes re- 
cherches. Je m'occuperai tout d'abord des conditions de 
ce nouveau gisement. 

Au mois d'août 1896, des travaux de voirie, exécutés à 
Paris dans la rue de Béarn, sur l'emplacement de l'église 
de l'ancien couvent des Minimes (dite de la place Royale), 
ont mis à découvert deux cercueils de plomb datant de 
l'année 1630. Ils ont été transportés au musée Carnavalet, 
où, grâce à l'obligeance de M. le D' Robinet, j'ai pu exami- 
ner leur contenu. 



— 113 — 

L'un d'eux renfermait un squelette assez intact ayant 
encore conservé ses cheveux. Il ne présente que peu d'in- 
térêt au point de vue minéralogique. Je n'y ai observé en 
effet qu'un petit nombre de sphérolites, tous disposés d 
l'intérieur du crâne, A la place de Tabdomen, j'ai recueilli au 
milieu de débris pulvérulents, quelques petits nodules 
d'une substance blanche, à aspect farineux, dont il sera 
question plus loin. 

Le second cercueil renfermait un squelette plus altéré 
qui, malheureusement, a été mis en pièces pendant le 
transport. Plusieurs os longs, un des os iliaques sont re- 
couverls d'un enduit de paillettes blanches cristallines; la 
cavité du crâne est transformée en une magnifique géode 
(brisée), tapissée de cristaux blancs aciculaires, groupés 
en rosettes et atteignant 8"°* de plus grande dimension. 
Leur disposition dans le crâne est assez régulière : on 
sait que la paroi crânienne comprend trois espèces, l'ex- 
térieure et l'intérieure (plan externe et plan interne) sont 
à tissu très serré; la médiane (diploé), au contraire, est 
formée par de larges cellules. Le plan interne est fissuré, 
soulevé, et c'est sur ces débris que sont implantés les cris- 
taux. Le diploé est plus ou moins complètement transformé, 
ses larges cellules ayant permis le développement facile 
du minéral qui parfois l'imprègne complètement; enfin, le 
plan externe est, par places, lui-même recouvert de cris- 
taux. 

La substance qui constitue ceux-ci est un hydrate du 
phosphate bicalcique. J'ai cherché à isoler une petite quan- 
tité de substance pure à l'aide d'un mélange d'iodure de 
méthylène et d'éther; malheureusement, il est impossible 
de débarrasser complètement le minéral de fragments 
organiques; aussi, lorsqu'on le calcine, celui-ci dégage-t-il 
une odeur fétide, puis il noircit pour ne redevenir blanc 



— 114 — 

qu'à la température du rouge. La perte par calcination a 
été de 23,50 0/0, se rapprochant plus, par suite, de celle de 
la brushite qui renferme 26,2 0/0 d'eau, que de celle de la 
métabrushite qui en contient 22,1 0/0; mais, si Ton tient 
compte de l'impureté de la substance étudiée, on est con- 
duit à admettre que le minéral en question contient néces- 
sairement moins d'eau que la brushite et qu'il appartient 
plutôt à la métabrushite. 

Cette opinion est du reste confirmée par la densité. En 
effet, Dana donne 2,208 pour la densité de la brushite, et 
2,288 à 2,362 pour celle de la métabrushite. Or, la densité 
d'un cristal limpide et pur de Paris, prise dans la solution 
d'iodure de méthylène, a été trouvée de 2,31 ; celle de la 
métabrushite (*) des îles Sombrero, mesurée en même 
temps, était de 2,30, et celle des îles des Oiseaux de 2,33. 

Les lamelles micacées observées sur un os du bassin, 
ainsi que les produits pulvérulents recueillis dans le pre- 
mier cercueil, paraissent appartenir à la même substance, 
dont ils constituent des variétés cryptocristallines. 

On peut se demander quelles sont les réactions qui ont 
donné naissance à cet intéressant minéral, qui a été trouvé 
rarement dans quelques gisements de guanos des Antilles. 

M. Armand Gautier a observé dans la grotte de Minerve 
(Aude), une curieuse couche, essentiellement constituée 
par de la métabrushite (*) associée à la mineivite; il a expli- 
qué sa production par la transformation des organes mous 
d'animaux dont on trouve les ossements intacts au-dessus 



(1) Cet échantillon consiste en un petit fragment de cristal ayant environ 
1"°» de côté, qui a été donné à M. Des Cloizeaux par M. Julien, Tauteur de 
la description de la métabrushite. 

(2) Ann. des Mines^ janvier 1894. Ce minéral, déduction faite des impu- 
retés, renferme une quantité d'eau (23,36 en moyenne), intermédiaire entre 
celle de la brushite et de la méiabrushite, mais se rapprochant davantage 
de celle de ce dernier minéral. 



— 115 — 

de la couche phosphatée. Sous l'influence de ferments oxy- 
dants, ces matières organiques auraient donné naissance, 
entre autres produits, à du phosphate biammoniacal qui, 
entraîné par les eaux au contact du calcaire sous-jacent, 
aurait par substitution permis le dépôt du phosphate bical- 
cique cryptocristallin. Ce mode de formation a été proba- 
blement réalisé dans les gisements de guano qui renfer- 
ment la métabrushite et la brushite. Dans ceux de la mer 
des Antilles, ces phosphates se trouvent en effet non seu- 
lement dans les cavités du guano, mais encore dans les 
calcaires coralliens que recouvre celui-ci. 

Il est probable qu'une réaction de ce genre est intervenue 
pour donner naissance aux cristaux que j'étudie ; mais ici, 
le cadavre, conservé en vase clos, a fourni lui-môme tous 
les éléments nécessaires à la minéralisation : ce sont les 
os qui ont donné la chaux (et sans doute aussi une partie 
de l'acide phosphorique). Il semble probable que la décom- 
position de la matière cérébrale a joué un rôle particu- 
lièrement intense dans ces réactions chimiques ; on constate 
en effet, que c'est à l'intérieur de la cavité crânienne que 
se sont produits la plupart des cristaux et les cristaux de 
plus grande taille (*). Ceux qui se trouvent à la partie ex- 
terne du crâne sont toujours moins nombreux et plus 
petits; leur présence est généralement liée à quelque fêlure 
de la boîte osseuse et on les voit parfois se grouper sur 
les bords d'une fissure de celle-ci, ayant permis un suinte- 
ment venant de l'intérieur. 

J'ai pu établir l'identité des propriétés optiques des cris- 
taux, qui font l'objet de cette note, avec ceux du phosphate 
de chaux trouvé dans une fouille par l'abbé Ducrost, à la 



(1) Dans le premier cercaeil, les cristaux ne se trouvent qu'à Tintérieur du 
crâne. 



— 116 - 

surface d'un tibia humain du gisement préhistorique de 
Solutré (Saône-et-Loire) {*), et signalé par M. Gonnard. 

Ce qui donne un intérêt spécial à mon observation, ce 
sont les conditions très précises dans lesquelles s'est effec- 
tuée la cristallisation de la métabrushite. Elles ne permet- 
tent pas de douter que l'on se trouve en présence d'un cas 
d' autominéralisation, l'intervention d'aucune substance exté- 
rieure au cadavre ne pouvant être invoquée pour expliquer 
la formation des cristaux étudiés. 

L'étanchéité du cercueil de plomb, rendant possible le 
contact, longuement prolongé et sans doute sous pression, 
du squelette et des produits de la décomposition cadavé- 
rique, a permis ainsi entre eux de mutuelles réactions 
chimiques. Il serait intéressant de chercher, par l'étude du 
contenu d'autres cercueils de plomb, si le phénomène qui 
nous occupe est général. 

Revenons maintenant aux propriétés optiques de la mé- 
tabrushite, les échantillons que j'ai étudiés proviennent des 
localités suivantes : Paris, Solutré, Antilles (îles des Oiseaux 
et Sombrero). Je ne cite que pour mémoire la métabrushite 
farineuse de Minerve que je dois à l'obligeance de M. A. 
Gautier et dont les cristaux sont trop petits pour se prêter 
à des mesures optiques précises. 

Le plan des axes optiques ,est perpendiculaire à j^(OlO), 
de même que la bissectrice obtuse positive. Dans jS la bis- 
sectrice aiguô négative fait avec les traces dep(OOl) un angle 
de 25® environ (Paris) dans l'angle aigu de p/i*(001)(100). 
Ces propriétés optiques sont tout à fait identiques avec 
celles de la pharmacolite naturelle (Des Cloizeaux) ou arti- 
ficielle (M. Dufet) (*), dans laquelle la bissectrice aigiie fait 

(1) BuU, Soc, Min., XH, 464, 1889. 

(2) Bull Soc, Min,, XI, 187, 1888. 



- Ml — 

avec p un angle de 29®. L'écartement des axes optiques est 
aussi très voisin de celui de ce dernier minéral, en effet, 
Tangle 2Va déduit de la mesure de l'angle Sd autour de la 
bissectrice obtuse (rayons jaunes), en admettant pour tim 
la valeur 1,59 est de : 

2Va = 79« Iles des Oiseaux, 
2Va = 81® Paris, 
2Va = 84* lie Sombrero, 
2Va = 81« Solutré, 

alors que M. Dufet a mesuré pour la raie D 2Va = 
79<>24' dans la pharmacolite artificielle. 

En résumé, on voit que les propriétés optiques qui vien- 
nent d'être décrites sont les mêmes dans tous les cristaux 
étudiés et sauf une petite variation dans Técartement des 
axes optiques elles sont identiques à celles de la pharma- 
colite, ce qui plaiderait en faveur de la formule 2CaO, 
H*0, P*0* + 4H*0 ; c'est-à-dire de celle de la brushite. D'autre 
part, cependant, le dosage de Teau dans le minéral de Paris, 
la densité dans les cristaux de Paris et des Antilles, 
parmi lesquels se trouve le cristal original de Julien, 
feraient penser plutôt à la formule de la métabrushite. 

Peut-être les deux hydrates existent-ils et possèdent-ils 
des propriétés optiques à peu près identiques; ce sont 
celles-ci que j'ai cherché à établir ; il faut espérer que les 
possesseurs de cristaux nets de ces minéraux jugeront la 
question assez intéressante pour reprendre cette élude en 
l'accompagnant de dosages rigoureux. 

Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer qu'il existe 
dans l'histoire de la pharmacolite quelque incertitude 
analogue à celle que je viens d'exposer pour le phosphate 
bicalcique. 



— H8 — 

M. Dufet a montré en effet^) que les beaux cristaux qu'il 
a reproduits et décrits ont pour formule 2GaO, H*0, P^O*^ 
+ 4H*0, ce qui exige 20,83 0/0 d'eau ; ces cristaux sont 
identiques au point de vue cristallographique et optique 
avec ceux de la pharmacolite naturelle (*), mais ces der- 
niers renferment toujours plus d'eau, environ 24 0/0, ce 
qui leur donnerait pour formule 2CaO, H*0, As«0* + SH*0. 



Matériaux pour la minéralogie de la France. 
Par M. A. Lacroix. 

XXXIII (*). — Cinabre de Réalmont (Tarn). 

Dans une excursion faite en octobre dernier avec 
M. Brémond, nous avons visité une ancienne recherche 
de mine de mercure faite à environ 800 mètres de la 
sortie du bourg de Réalmont, sur la route d'Albi; le pro- 
duit recherché était le cinabre. Ce minéral se trouve dans 
des minces filonnets de quartz qui coupent des schistes 
micacés paléozoïques. Il constitue de belles masses cristal- 
lines très pures, d'où Ton peut extraire des lames de cli- 
vages translucides. Ce cinabre est intimement mélangé à 
des cristaux limonités de pyrite qui lui sont antérieurs. 

Le gisement de Réalmont est le seul qui, dans la France 
continentale, donne du cinabre massif cristallin. Les re- 
cherches de Pellancon, de Saint-Arey près la Mure et de 
la montagne de Prunières, dans l'Isère, ne fournissent en 
effet que des masses pulvérulentes imprégnant de la blende 
altérée. Quant à la mine de Menildot, près Saint-Lô 

(1) Voir BuU. Soc. Min,, XVÏI. 36. 1892. 

(2) Dbs Gloizeaux, id., 192. 



— 119 — 

(Manche), exploitée à la fin du siècle dernier, elle n'a pro- 
duit que des quartzites imprégnées de cinabre. 



XXXIV. — Kaolinite cristallisée de Saint-Mary^-le-Plain 

(Cantal). 

Les environs de Massiac sont riches en filons de stibine 
coupant les micaschistes. Plusieurs d'entre eux ont été 
exploités près de Saint-Mary-le-Plain. La stibine de ce der- 
nier gisement se présente parfois dans des géodes en 
grands cristaux enchevêtrés dont les interstices sont rem- 
plis par de la kaolinite. Tandis que dans la plupart de ses 
gisements le kaolin est formé de petits éléments dont la 
cristallinité n'est visible qu'au microscope à de forts gros- 
sissements, à Saint-Mary-le-Plain, au contraire, il est facile 
de voir, même sans le secours d'une loupe, la cristalli- 
nité du minéral qui fait l'objet de cette note. 

J'ai pu aisément obtenir cette kaolinite à l'état de pureté 
parfaite, grâce aux échantillons que je dois à l'obligeance 
de M. Bouhard. Pour purifier ce minéral, j'ai employé le 
vieux procédé de la lévigation, préconisé par Gordier. Le 
kaolin a été mis en suspension dans l'eau : des décan- 
tations successives; suivant des repos plus ou moins pro- 
longés, ont permis de séparer des fragments de stibine 
des grains de quartz, des paillettes de biotite altérée riches 
en petites aiguilles de rutile, etc. 

Ainsi purifiée, la kaolinite se montre sous la forme 
d'une poudre cristalline formée par de petites paillettes 
hexagonales p (001), m (110), g^ (010), généralement allon- 
gées suivant une arête pg^ (001) (010). Elles se groupent 
fréquemment, suivant la loi des micas, formant des étoile - 
ments à six branches. 



— 120 — 

La poudre, montée dans le baume de Canada, permet 
de voir des lames couchées sur g^ (010) ; elles offrent une 
extinction se faisant à 15® ou 20° de la trace de p (001). Le 
plan des axes optiques est perpendiculaire à g^ (010) et les 
axes très écartés autour la bissectrie aiguë négative oblique 
sur le clivage p. La biréfringence est faible. 

Toutes ces propriétés sont celles de la kaolinite normale. 
L'anfidyse montre que la composition correspond à la for- 
mule théorique A1*0», 2 SiO», 2 H*0. La perte d'eau est exac- 
tement de 14,01 0/0. 



Sur l'existence de l'ou-vtraroi^lte dans l'île de Skyros. 
Par M. A. Lacroix. 

On sait qu'à la suite de l'expédition de Morée, une 
mission scientifique française fut chargée d'étudier la 
Grèce continentale et les îles qui en dépendent. Les géo- 
logues attachés à cette mission, Puillon de Boblay etVirlet 
d'Aoust, ont rédigé un intéressant volume (*) sur le résultat 
de leurs recherches et déposé au Muséum d'Histoire natu- 
relle une importante collection de roches. Celle-ci est 
aujourd'hui conservée dans le service de géologie, où j'ai 
pu y faire des recherches, grâce à l'obligeance de mon 
collègue, M. Stanislas Meunier. J'y ai trouvé sur un 
échantillon de chromite un intéressant minéral. 

Cet échantillon provient de l'île de Skyros (plaine au 
sud-ouest de Saint-Georges), l'une des Sporades ; il a été 
recueilli par Virlet d'Aoust dans une masse de serpentine. 
La chromite est à gros grains, elle est traversée par des 

(1) Expédition scientifique d$ Jdorée^ II. 1833. 



— 121 - 

veinules de serpentine jaunâtre, dans laquelle sont dissémi- 
nés de petits grains ou de petits rhombododécaèdres d'un 
beau vert émeraude. Ils sont transparents et constitués par 
de Touwarowite possédant toutes les propriétés caractéris- 
tiques de ce minéral. 

Ce genre de gisement est tout à fait analogue à celui de 
Bissersk, dans l'Oural, avec cette différence toutefois qu'à 
Skyros, Touwarowite se trouve dans la masse môme de la 
chromite et ne tapisse pas de géodes. Ce minéral est assez 
rare pour qu'il m*ait paru utile d'en signaler un nouveau 
gisement qui mériterait d'être étudié à ce point de vue. 



Sur des cristaux de calcite provenant du tunnel 
de Gollonges (Rhône). 

Par M. Ferdinand Gonnard. 

Je dois à mon ami, M. Offret, communication d'un très 
beau groupe de cristaux de calcile provenant des travaux 
du percement du tunnel de Gollonges, près de Lyon, et 
qu'il avait reçu de M. A. Faisan. Je viens donner de ces 
cristaux une courte description. 

Ils présentent essentiellement la combinaison d'un rhom- 
boèdre aigu, très dominant, et des faces du prisme d*. Sur 
les arêtes culminantes de quelques-uns d'entre eux, on 
remarque les faces d'un second rhomboèdre, faces peu 
développées d'ailleurs. Si l'on cherche à produire des cli- 
vages sur le sommet de ces cristaux, on constate que les 
faces ainsi obtenues sont parallèles aux faces du second 
rhomboèdre ; celui-ci est donc le primitif, et le premier, 
celui qui le plus communément constitue ces cristaux, est 
un rhomboèdre inverse. 



— 122 — 

Ces cristaux, implantés sur leur gangue, ont une longueur 
de 10 à 25 millimètres. Les faces du rhomboèdre inverse 
sont assez unies, mais ternes et légèrement arrondies vers 
le sommet; celles du prisme sont creusées par une cor- 
rosion qui laisse les arêtes en relief. Enfin, celles du rhom- 
boèdre primitif sont ternes et rugueuses. 

J'ai trouvé pour le dièdre des arêtes culminantes de l'in- 
verse environ la valeur de 68®, au goniomètre d'appli- 
cation. On en déduit 5342' pour l'angle plan du sommet. 

En partant de 68® pour le dièdre de l'inverse, on arrive 
aux symboles suivants, savoir: (0.10.10.3) en notations 
Bravais ou, en notations Miller, (13.13.17) = e"'*'. Mais, 

comme le rhomboèdre e"^** ne diffère de e^^ que de -gg-, et 
vu d'ailleurs le mode de mesure imposé par l'état des faces, 
au symbole e""^ j'ai substitué celui plus simple e^^ = (334). 

Le dièdre calculé de e^ est de 68®8' et l'angle plan de 
53®30'. Les angles de la section principale sont 3149' et 
16®55', soit ensemble 48®14'. Or, une mesure directe m'a 
donné 48® environ. L'accord est donc assez satisfaisant. 

En résumé, les cristaux en question présentent la com- 
binaison pe*^d* (avec, en plus, probablement e* très petit); 
elle est donc voisine dépend* qu'Haiiy désignait sous le nom 
d'inverso-émarginée. (Voir Atlas de son Traité de Minera- 
logie, pi. IX, fig. 58.) 



Sur un chloro-aluminate de calcium hydraté se madant 
par compression. 

Par M. Georges Friedel. 

En cherchant à réaliser par voie humide la synthèse des 
aluminates de calcium, j'ai obtenu plusieurs composés 
cristallisés nouveaux dont un, en particulier, a pu être 



— 123 — 

isolé et étudié complètement. Ses propriétés cristallogra- 
phiques méritent d'être exposées avec quelques détails. 

Il se produit lorsqu'on chauffe vers 400 à SOO®, dans un 
tube d'acier doublé de platine, un mélange d'alumine pré- 
cipitée, de chlorure de calcium et de chaux en présence 
d'un excès d'eau. 

Ce mélange a été effectué dans un des essais directement, 
dans les proportions de 5«r de chaux vive, 68^ de chlorure 
de calcium fondu et 46^ d'alumine calcinée. On a obtenu en 
même temps que le chloro-aluminate en question, de 
petits cristaux tabulaires de corindon, et deux aluminates 
cristallisés qui n'ont pas encore été isolés. Cependant il a 
paru préférable d'employer une bouillie plus homogène 
formée par l'addition de chaux vive à une solution de chlo- 
rure d'aluminium. Un excès de chlorure de calcium est 
d'ailleurs favorable à la cristallisation. 

Un mélange de iO«'" de chlorure d'aluminium hydraté 
cristallisé (à 12 molécules d'eau) et de 6^^ de chaux vive, 
donne à côté d'une certaine proportion de matière amorphe 
le chloro-aluminate seul. Avec 13»^ de chlorure et 6«r de 
chaux, on reproduit les quatre espèces de la première opé- 
ration ci-dessus. Avec 19^^ de chlorure pour 6»' de chaux, 
il se fait très peu du chloro-aluminate, beaucoup de corin- 
don et de diaspore. 

Aucune de ces substances ne paraît pouvoir se produire, 
au moins dans les conditions où je me suis placé, à des 
températures notablement plus basses. En tube de verre 
scellé, à 180 ou 200®, je n'ai pu obtenir aucune cristallisa- 
tion des mélanges indiqués ci-dessus. 

Le chloro-aluminate se présente en lamelles hexagonales 
dont le contour extérieur est souvent irrégulier, tendres, 
assez friables, quoique présentant une flexibilité sans 
élasticité qui rappelle celle du talc. Souvent ces lamelles 



— 124 — 

atteignent un diamètre de plusieurs millimètres. On peut 
aisément les séparer par triage à la main. 

La matière dégage de Teau par calcination. Les acides la 
dissolvent facilement sans résidu. L'eau ne la décompose 
que par ébullition prolongée. Placée dans un dessiccateur, 
à froid, elle ne perd rien de son poids en 24 heures. Dans 
Tétuve, à 105®, elle perd lentement de Teau, les cristaux 
restant parfaitement limpides, et la perte de poids s'arrête 
à 12,38 0/0 au bout de 24 à 36 heures. La température de 
Tétuve étant alors élevée à 176-180°, la perte d'eau n'aug- 
mente plus, bien que la déshydratation soit loin d'être 
complète. La matière reprend du poids lentement à l'air 
libre à froid; elle reprend l'eau éliminée. 

Chauffée au rouge, la substance devient opaque, légère- 
ment verdâtre ou bleuâtre, puis blanche quand la calcina- 
tion a été prolongée. Elle perd d'abord rapidement 19 0/0 
environ du poids initial, mais quand on continue la calci- 
nation au rouge intense, la perte de poids croît ensuite 
lentement, et à peu près de la même quantité à chaque 
calcination de même durée. L'augmentation de poids sur 
la balance est aussi plus rapide qu'après la perte des 
12,38 0/0 d'eau du début. Il est évident que le changement 
de poids n'est plus ici dû au seul départ de l'eau; la dé- 
composition des cristaux a mis en liberté du chlorure de 
calcium, qui s'oxyde lentement à la calcination en déga- 
geant du chlore. On a arrêté la calcination après une perte 
totale de 36,07 0/0 du poids initial. 

Après comme avant la calcination, la matière est dis- 
soute aisément par l'acide azotique même étendu. 

On y a dosé 

6,52 de chlore pour 100 du poids initial. 
18,80 d'alumine — 

39,71 de chaux — 



- 125 — 

Du chlore ayant été vraisemblablement perdu à la calci- 
nation, on a, sur une nouvelle portion de matière, effectué 
un dosage direct du chlore sans calcination préalable. 

Résultat : i2,44 0/0 de chlore. 

Ueau ne peut être déterminée que par différence, mais 
la calcination fournit néanmoins une vérification, le chlore 
restant ayant été dosé. Le calcul d'après le second dosage 
de chlore, par différence, donne 31, 80 0/0 d'eau; d'après la 
calcination 3i, 48 0/0. 

La composition est donc la suivante (I). Elle est repré- 
sentée avec une exactitude très suffisante par la formule 

Al»0»,3CaO, CaCl», 6H«0 + 4H*0 

à laquelle correspondent les chiffres de la colonne IL 

Je sépare les quatre molécules d'eau nettement distinctes 
des autres, qui s'éliminent avant 100» sans destruction du 
réseau cristallin et peuvent être reprises comme l'eau des 
zéolithes, et d'autre part les six molécules qui ne partent 
qu'au rouge, avec décomposition complète du réseau, et 
qui sont analogues à l'eau des sels hydratés. On peut re- 
marquer que le chlorure de calcium cristallise précisé- 
ment avec six molécules d'eau. 



CaO 39,71 


39,93 


Al'O» 18,80 


18,18 


Cl 12,44 


12,63 


H'O totale 31,85 


32,09 


H'O mobile (12.38) 


(12,84) 


102,80 


102,83 


correspondant au Cl 2,80 


2,85 



100 100 



— 126 — 

La densité, déterminée au moyen de l'iodure de méthy- 
lène, est de 1,892' à 140. 

Bien que le contour des lamelles, quand il est composé 
de lignes droites, soit exactement hexagonal régulier, 
l'examen en lumière polarisée montre que les cristaux 
n'appartiennent pas au système hexagonal. Chaque cristal 
apparaît alors comme composé d'un nombre plus ou moins 
grand de plages en forme de lozanges de 120<* exactement, 
se touchant suivant des lignes très fines rigoureusement 
droites, et disposées suivant trois orientations distinctes à 
120® les unes des autres. L'extinction se produit pour 
chaque plage suivant les bissectrices des angles du losange. 
Quand une série de plages est éteinte, les deux autres ont 
exactement même éclairement. 

Les lignes séparatives des plages sont parallèles non aux 
diagonales mais aux apothèmes de l'hexagone limitant la 
lame entière. Elles sont disposées toujours de telle façon 
qu'à chaque sominet aboutissent trois plages d'espèce dif- 
férente, en sorte que si l'on fait tourner le cristal entre les 
niçois croisés de manière à donner des éclairements diffé- 
rents aux trois séries de plages, on croit voir en perspec- 
tive un entassement régulier de parallélépipèdes rectangles 
éclairé latéralement. Les photographies (pi. V) rendent 
bien compte de cette disposition. 

La biréfringence est assez élevée. La direction d'extinc- 
tion parallèle à la grande diagonale des lozanges, c'est-à- 
dire parallèle aux côtés de l'hexagone extérieur, est néga- 
tive. Il semble donc, en lumière parallèle, que l'on ait 
affaire à une substance rhombique pseudo-hexagonale dont 
l'angle des faces m soit très exactement 120^ 

Mais si l'on observe une lamelle à la loupe, en s'arran- 
geant pour que la lumière se réfléchisse à sa surface, on 
voit qu'elle n'est pas plane. L'illusion de relief observée 



I 



■Il 



— 127 — 

en lumière polarisée n'est pas tout à fait trompeuse; les 
plages de même espèce sont bien parallèles entre elles, et 
s'illuminent ensemble par réflexion, mais elles font avec 
celles des deux autres espèces un petit angle. La lame 
entière se compose d'une quantité de lamelles planes 
orientées dans trois directions, un angle dièdre saillant sur 
Tune des faces correspondant à un angle rentrant sur 
l'autre. En choisissant des lames composées d'un petit 
nombre de plages définies, j'ai obtenu au goniomètre de 
très bonnes images et des mesures bien concordantes. 
L'angle de deux plages contiguës est de 4®48' (4H7' à 4^50'). 
D'autre part, l'examen en lumière convergente montre 
une bissectrice aiguë négative excentrée, la trace d'un seul 
des axes optiques étant visible dans le champ. Si l'on con- 
sidère l'un des sommets où se rencontrent trois plages de 
120®, formant un trlèdre régulier saillant très aplati, la 




Fig. 1. 

bissectrice de chaque plage s'écarte du sommet comme 
elle le ferait, si les plages étaient orthorhombiques, en 
vertu de leur disposition en trlèdre. Mais elles sont bien 
clinorhombiques, car d'une part l'inclinaison de la bissec- 

11 



— 128 — 

trice est manifestement supérieure à 4^48' ; d'autre part on 
trouve assez facilement des lames qui ne comprennent 
qu'une seule orientation de plages : posées à plat, ces lames 
montrent encore une bissectrice excentrée, un peu moins 
seulement que lorsqu'elles font partie d'un cristal com- 
plexe. La figure 1 rend compte de l'orientation des trois 
séries de plages. 

Le mode de groupement est donc le suivant : Trois cris- 
taux clinorhombiques assez éloignés de la symétrie ortho- 
rhombique, mais dont les faces m font entre elles des 
angles de 120® exactement, s'accolent par ces faces m, les 
faces p faisant entre elles de petits angles de 4«48', et l'en- 
semble étant limité extérieurement par les trois faces A* 
et par les trois faces g* communes à deux plages contiguës 
(en supposant, ce qui n'est pas vérifiable, que ces faces 
latérales soient dans la zone mm). On voit que trois des 
faces prismatiques extrêmes ne jouent pas le môme rôle 
que les trois autres. L'ensemble n'a qu'un axe de symétrie 
ternaire. Ce mode de groupement n'a jamais été signalé, 
à ma connaissance du moins. Il présente ceci de particulier 
que les cristaux élémentaires n'ont qu'une zone pseudo- 
hexagonale. Quant à la forme extérieure hexagonale, on 
va voir qu'elle s'explique par ce fait qu'à la température 
où ils se sont formés les cristaux appartenaient réellement 
au système hexagonal (ou plus exactement au système 
rhomboédrique). 

Mais ce qui rend surtout intéressant le nouveau composé 
ce sont les propriétés suivantes : 

Quand on le chauffe doucement sur la platine du micros- 
cope, on voit l'édifice des plages biréfringentes disparaître 
subitement vers 36®. En lumière parallèle toute biréfrin- 
gence disparaît. En lumière convergente on aperçoit un 
axe optique unique, négatif, normal à la lame, avec une 



— 129 — 

biréfringence très faible. Si Fonn'apas chaufifétrop au-dessus 
de 36®, en laissant le cristal se refroidir sur la platine on 
voit tout à coup les plages biréfringentes envahir la lame 
quand la température s'abaisse vers 36®, orientées toujours 
comme au début, mais occupant des positions différentes 
(les photographies 2, 3, 4 sont celles d'une môme lame, 
2 avant chauffage, 3 et 4 après deux chauffages et refroi- 
dissements successifs. On a choisi une lamelle de forme 
extérieure irrégulière afm qu'elle fût bien reconnaissable 
dans ses différents états. Le refroidissement s'est fait entre 
deux lames de verre. S'il a lieu dans un milieu plus 
conducteur, et lentement, les plages obtenues sont plus 
grandes. 

J'ai déterminé par deux procédés la température de 
transformation : d'abord en plaçant une lame sur du mer- 
cure, et en évaluant la température au moyen d'un thermo- 
mètre plongé presque horizontalement dans le bain au voi- 
sinage de la surface. En observant la lamelle par réflexion, 
on voit tout à coup les petits angles qui strient sa surface 
disparaître et la lamelle devenir exactement plane à une 
température qui est très constamment de 35®,8'. Au refroi- 
dissement, il y a un certain retard à l'apparition des stries, 
et ce retard est variable. Quand le bain est tranquille, la 
température peut descendre jusqu'à 3S® environ sans que 
la transformation s'opère. S'il est agité, le retard est moin- 
dre. D'autre part en fixant une lamelle à l'extrémité d'une 
tige quelconque au moyen d'un peu de cire, la plaçant 
ainsi au milieu d'un vase rempli d'eau, et en observant 
entre deux niçois croisés, j'ai retrouvé toujours le même 
chiffre 35®,8' à réchauffement, et un retard plus nettement 
et plus facilement observable encore au refroidissement, la 
transformation ne se produisant parfois pas même à 34® à 
condition de ne pas agiter le liquide. Elle a lieu, si la tem- 



— 130 — 

pérature est inférieure à 35^8', dès que Ton imprime un 
mouvement au cristal. Le phénomène est tout à fait com- 
parable à une surfusion, il a d'ailleurs été déjà signalé 
pour d'autres transformations analogues. 

Si maintenant on examine les cristaux portés pendant 
quelque temps à Tétuve vers 80® ou 100®, ayant perdu tout 
ou partie des quatre molécules d'eau mobile, on voit que 
même à froid ils restent uniaxes et plans, les plages biré- 
fringentes ne se reforment plus. La biréfringence n'est 
d'ailleurs guère plus forte que lorsque le cristal n'a pas 
perdu d'eau, mais elle est bien nette, l'axe optique négatif 
subsiste, la substance peut perdre quatre molécules d'eau 
sans cesser d'être cristallisée comme elle l'est à 36 ou 37®. 
Cette eau est comparable à celle des zéolithes, et il est peut- 
être intéressant de remarquer qu'un aluminate peut se 
comporter en cela comme les silico-aluminates. 

De plus, comme celle des zéolithes, cette eau peut être 
reprise par un séjour assez prolongé à l'air humide. Si l'on 
abandonne les cristaux pendant un jour ou deux à l'air, on 
voit d'abord se former sur les bords des lames une bordure 
continue biréfringente, suivant les contours extérieurs, 
nettement séparée de la partie obscure, sans transition. Ces 
bordures se divisent par de fines lignes droites en plages 
semblables à celle du cristal intact, s'éteignant dans trois 
directions à 120®. On les voit croître peu à peu, puis envahir 
tout le cristal, assez rapidement s'il est mince, au bout de 
plusieurs jours seulement s'il est plus épais. A ce moment 
le poids est revenu à sa valeur initiale. 

Ainsi, chauffé à 35®,8', le cristal devient subitement ter- 
naire, la lamelle devient plane (je dis ternaire et non hexa- 
gonal, car dans la transformation inverse, les six côtés de 
l'hexagone extérieur reprennent trois par trois leurs rôles 
respectifs, sans interversion, ce qui indique qu'ils ne jouent 



— 131 — 

pas le même rôle dans le cristal uniaxe). Et ceci a lieu sans 
perte d'eau, sans changement de composition, car la trans- 
formation inverse est instantanée et se produit aussi bien 
dans une atmosphère sèche. Plus haut, au-dessous de 100®, 
il y a perte d'eau, le réseau restant intact et le cristal res- 
tant lernaire, mais au refroidissement il ne peut reprendre 
la forme clinorhombique que s'il a repris complètement 
les quatre molécules d'eau dont il a perdu tout ou partie. 

Il m'a paru intéressant de rechercher si cette transfor- 
mation, opérée à si basse température, présente les carac- 
tères d'une véritable transformation allotropique chimique, 
d'une modification du groupement et en particulier du 
nombre des molécules chimiques composant une molécule 
cristallographique, ou bien simplement d'une de ces trans- 
formations dont les théories de Mallard ont donné la clef, 
dues à une rotation des molécules cristallines autour de 
leur centre de gravité. Les premières sont caractérisées, 
semble-t-il, par une modification importante et brusque de 
la densité; celles du soufre ou du carbonate de chaux en 
sont le type. Les autres ne sont que la transformation d'un 
groupement macroscopique en groupement submicrosco- 
pique ou même moléculaire régulier. 

C'est le cas de la boracite, de l'amphigène ; il est tout à 
fait comparable aux passages (observables dans l'espace, 
sinon dans le temps) de la quartzine au quartz, du micro- 
cline à Porthose, de la zoïsite à l'épidote, qui se font sans 
changement de densité. 

On parvient assez facilement, après quelques tâtonne- 
ments, et en opérant dans un tube à essais bouché, plongé 
dans une masse d'eau assez grande, à réaliser un mélange 
d'iodure de méthylène et de benzène ayant la même den- 
sité que le chloro-aluminate vers 35<>. La densité de la 
liqueur ne varie pas assez vite pour qu'une différence de 



- 132 — 

température de quelques dixièmes de degré suffise à déter- 
miner l'ascension ou la chute rapide du cristal. Quand la 
température passe par le point de transformation 3S®,8', sMI 
y avait variation brusque de la densité, on s'en apercevrait 
immédiatement à la chute ou à l'ascension du cristal, car 
une différence d'une unité de la troisième décimale suffît 
à les déterminer nettement. Or on n'observe absolument 
rien de particulier à 38®,8', ni à aucune autre température 
voisine. L'expérience, reprise un grand nombre de fois, a 
toujours donné le même résultat. 

Je pense donc que Ton doit se représenter cette transfor- 
mation comme celle de la boracite d'après Mallard. A 
35®8', les molécules prennent une mobilité assez grande 
autour de leurs centres de gravité pour s'orienter trois 
par trois (par exemple), chacune ayant l'une des orienta- 
tions qu'ont les molécules des plages séparées au-dessous 
de 35*,8'. 

L'ensemble est ternaire et on conçoit que la variation de 
densité soit nulle. Seulement ici il y a un certain déplace- 
ment des centres de gravité des molécules, puisque la 
lamelle s'aplatit. 

On trouve une curieuse confirmation de cette mobilité 
des molécules et de la facilité avec laquelle elles passent 
de l'une à l'autre des trois positions d'équilibre qui leur 
sont propres dans l'observation suivante (photographies 5 
et 6) : 

Si, ayant posé un cristal à plat sur une lame de verre, 
sous l'objectif du microscope, on le recouvre d'une lamelle 
couvre-objet, et si, en continuant d'observer le cristal, on 
appuie légèrement à l'aide d'une pointe sur cette lamelle, 
on voit apparaître une foule de plages nouvelles, toujours 
dans la même ordonnance. Si l'effort exercé est faible, ces 
plages sont instables, quoique parfaitement délimitées par 



— 133 — 

des lignes droites ; elles reprennent l'orientation initiale 
quand on cesse d'appuyer. Si on a pressé un peu plus fort, 
elles se fixent définitivement dans la nouvelle position. Le 
changement se produit, d'ailleurs, aussi bien sur une 
lamelle composée d'une seule plage, qui se subdivise en 
une foule d'autres ayant les trois orientations. Il est iden- 
tique à celui que produit un échauCTement au-dessus de 
36®, suivi de refroidissement. On conçoit seulement que la 
pression tende plutôt à aplatir les petits trièdres formés 
par les plages contiguës, et ait pour effet général de subdi- 
viser les plages existantes en plages plus petites, tandis 
que la transformation à 36"* peut donner des plages plus 
grandes que les plages initiales. Rien n'est plus curieux à 
observer sous le microscope que cette rotation brusque de 
120® des molécules de toute une plage, et surtout cette 
sorte d'élasticité qui les fait revenir à leur position primi- 
tive quand le déplacement n'a pas été suffisant. 

L'effort à exercer pour produire cette rotation est relati- 
vement faible. Il faut manier les lamelles avec précaution 
pour ne pas modifier leurs groupements intérieurs. En po- 
sant doucement une lame couvre-objet sur le cristal, on y 
fait souvent déjà apparaître de nouvelles plages. 

Bien que la macle étudiée ici soit une hémitropie (ré- 
seaux symétriques) et non une pénétration par pseudo- 
symétrie (réseaux se faisant suite), elle est en relation évi- 
dente avec la pseudosymétrie ternaire d'une zone. 

Il est remarquable que la macle produite artificiellement 
dans ce cas diffère par un point important de celle de la 
calcite. Quand on produit, au moyen d'une lame de cou- 
teau, la macle 6* du spath, on refoule successivement les 
plans réticulaires parallèles à 6* de façon que les nœuds 
du réseau compris dans la partie mise en mouvement, 
placés primitivement sur le prolongement des rangées de 



— 134 — 

la partie fixe parallèles aux arêtes du rhomboèdre, vien- 
nent se fixer dans une position nouvelle sur des rangées 
symétriques des précédentes par rapport au plan de macle. 
Tous les points de la portion déplacée subissant ce même 
mouvement, la forme extérieure de cette portion est symé- 
trique de celle de la portion restée immobile. 




Fig. 2. 

Supposons que le plan de la figure 2 soit celui d'une 
lame hexagonale du chloro-aluminate sur lequel les plages 
sont inclinées de 2^24', soit ABC D, la projection de Tune 
des plages, X Y la ligne parallèle à AB suivant laquelle 
se produit la macle. Comme le contour extérieur hexagonal 
de Ja lame ne change pas par la production des macles, 
il est évident que le déplacement des nœuds du réseau est 
normal au plan de la figure, et très petit d'ailleurs puisque 
l'angle de deux plages après macle est inférieur à 5°. Si 
tout se passait simplement comme dans le spath, nous 
aurions après macle deux plages ABXY et CDXY se 
projetant sur le plan de la figure suivant le même contour 
que la plage initiale AB CD, et faisant entre elles un angle 
de 4® 48'. Les réseaux seraient bien symétriques par rap- 
port au plan de macle, perpendiculaire au plan de la 
figure et passant par X Y, mais non les formes extérieures 
des deux plages. Or, en fait, après macle, on observe des 



— 138 — 

plages dont les contours sont symétriques par rapport au 
plan X Y, par exemple A'B'XY, CDXY. Mais ici ce n'est 
plus, comme de la calcite, parce que les molécules de la 
rangée X A elles-mêmes sont venues se transporter sur la 
rangée X A'. Ce sont les molécules qui, dès le début, se 
projetaient sur XA' qui se projettent encore aux mômes 
points et qui n'ont fait que se déplacer de peu normalement 
au plan de la figure, et tourner de 120® autour de leur centre 
de gravité. Le déplacement de X A en X A' des plans limi- 
tant la plage maclée est donc un phénomène nouveau, qui 
ne se présente pas dans le cas d'une hémitropie simple 
comme celle de la calcite. Ce qui se produit dans un plan 
perpendiculaire à la ligne XY, intersection des deux plages 
maclées, est bien identique à ce qui se passe dans la macle 
b^ du spath. Mais le déplacement des limites des plages 
qui se produit dans le plan de lamelle, sans déplacement 
réel des molécules dans ce plan, est un phénomène d'un 
ordre tout différent, rendu possible par la pseudosymétrie 
ternaire du réseau de ce plan. La ligne X A' est dans le plan 
de la plage la limite du groupe A'B' X Y des molécules qui 
ont tourné de 120®. Celles qui sont à gauche ont d'ailleurs 
forcément pris l'orientation de la troisième espèce de 
plages, elles ont tourné de 120® dans l'autre sens. 

Maintenant, si le déplacement des molécules normale- 
ment à la figure était nul au lieu d'être simplement très 
petit comme il est, si le cristal était une lamelle plane et sa 
forme réellement pseudohexagonale, les nœuds du réseau 
resteraient fixes, les molécules tournant de 120® autour de 
ces points. Les limites des plages se déplaceraient sans 
changement de la forme extérieure comme elles le font 
dans le plan des lamelles du chloro-aluminate. Si l'on 
n'a pas jusqu'ici observé la production mécanique de 
macles par pseudosymétrie, le corps en question, qui n'est 



— 136 — 

pseudoternaire que par une de ses zones, nous montre 
dans le plan normal à cette zone un phénomène identique. 
Dans le sens perpendiculaire, il se comporte comme la 
calcite. On le comprend de la manière la plus simple et la 
plus évidente si Ton prend pour point de départ les idées 
de Mallard sur la pseudosymétrie. Il n'est peut-être pas 
inutile de faire remarquer que la découverte d'un cristal 
réellement pseudosymétrique dont on pourrait déplacer les 
plages à volonté sans déplacement des nœuds du réseau , 
apporterait aux théories de Mallard, s'il en est encore be- 
soin, une preuve définitive. Le cristal qui vient d'être dé- 
crit réalise presque ce desideratum. Le déplacement des 
molécules parallèlement à l'axe pseudoternaire est très 
petit, et le phénomène dominant consiste dans leur rota- 
tion de 120» autour de ce môme axe. 



Explications de la Planche V. 

I. — Niçois croisés, Tune des séries de plages éteinte. 
Grossi 25 fois. 

II, III, IV. — Niçois croisés. Grossi 2o fois. I, état primitif, 
II, III, après chauffage au-dessus de 36® et refroidissement. 

V, VI. — Niçois croisés. Grossi 25 fois. V, état primitf . 
VI, après compression. 



137 — 



Recherches sur l'aimantation de la Magnétite 
cristalUsée {*). 

Par M. Pierre Weiss. 

Introduction 

Tous les corps, simples ou composés, se répartissent au 
point de vue de leurs propriétés magnétiques en deux 
classes. L'une, celle des corps fortement magnétiques ou 
ferromagnétiques, comprend les métaux de la famille du 
fer et un petit nombre de leurs composés, Tautre embrasse 
l'ensemble des autres corps, dont les propriétés magné- 
tiques ou diamagnétiques sont incomparablement plus 
faibles. 

De nombreuses recherches ont renseigné sur les pro- 
priétés magnétiques des cristaux faisant partie de cette 
deuxième classe si étendue. Leur aimantation est propor- 
tionnelle à l'intensité du champ qui la produit et obéit 
à la loi de Tellipsoïde. Mais on ne sait presque rien, 
jusqu'à présent, sur l'aimantation des cristaux ferroma- 
gnétiques. Or parmi les corps du premier groupe se 
trouve Toxyde de fer magnétique Fe'O*, qui existe dans 
la nature sous forme de cristaux du système cubique sou- 
vent volumineux. Je me suis proposé dans ce qui suit 
d'examiner l'influence de la symétrie cristalline sur les 
propriétés magnétiques de ce corps exceptionnel. 

(1) Travail fait au Liboratoire de physique de l'École normale supérieure, 
dirigé par MM. Violle et Briilouia. Le présent exposé est un résumé d'un 
mémoire paru dans l'Éclairage électrique, juillet 1896. 



— 138 — 

J'ai eu à ma disposition des cristaux de magnétite de six 
provenances différentes (*) : 

1® Des octaèdres des États-Unis, de fort belle apparence, 
mais Assurés dans la masse ; 

2® Des octaèdres de Binnen dans le Valais, dont les faces 
très lisses et brillantes présentaient la polyédrie caractéris- 
tique de macles; dans Tintérieur, des discontinuités appa - 
paissaient au polissage ; 

3« Un cristal de magnétite cristallisée, de Suède, clivable 
en octaèdres, beaucoup moins attirable à Taimant que les 
autres échantillons et certainement transformé partielle- 
ment en Fe'O*. 

Je n'ai pu tirer aucun parti de ces cristaux ; les suivants, 
au contraire, remplissaient bien les conditions requises 
pour des mesures précises. 

4* Octaèdres du Zillerthal, dans le Tyrol. L'un d'entre 
eux, mesurant deux centimètres de sommet en sommet, 
présentait des faces très régulièrement développées, un 
peu creuses, composées de petites facettes qui miroitaient 
toutes en môme temps quand on faisait tourner le cristal, 
en l'éclairant par une source éloignée. On pouvait en con- 
clure que l'orientation de la matière était bien uniforme 
dans toute son étendue. Une coupe mince, parallèle au plan 
des axes binaires et quaternaires, examinée au microscope 
polarisant, montrait une continuité très satisfaisante de la 
matière, interrompue seulement par de très rares et très 
petites inclusions étrangères. 

5® et 6® Dodécaèdres des gisements classiques de Traver- 

(1) Qu'il me soit permis d'exprimer ici ma reconnaissance à MM. Friedel, 
Hautereuiiie, Lacroix, Wallerant, qui ont bien voulu mettre à ma disposition 
de beaux échantillons provenant des collections de l'École des Mines, de la 
Sorbonne, du Muséum et de TÊrole normale supérieure. Je n'oublierai pas 
mon mattre M, D^fet, qui m'a témoigné constamment le plus bienveillant 
intérêt. 



— 139 — 

selle et de Brozzo, dans le Piémont. Toutes les faces de 
ces cristaux sont couvertes de stries parallèles à la grande 
diagonale du losange, dont la régularité garantit Tunifor- 
mitô de Torientation de la matière. 

Plusieurs des échantillons dont j'ai disposé étaient d'une 
pureté et d'une homogénité très satisfaisante dans l'éten- 
due de fragments de plusieurs centimètres, notamment un 
cristal de Brozzo que je dois à M. Lacroix et sur lequel a 
été faite la série la plus complète de mesures. 

J'ai vérifié par des coupes microscopiques la pureté des 
échantillons de ces derniers gisements. 

Dès les premières expériences je me suis aperçu que 
l'aimantation n'était pas la même pour les directions dif- 
férentes par rapport aux axes cristailographiaues, contrai- 
rement à ce qui a lieu pour les phénomènes optiques pour 
lesquels les cristaux cubiques sont isotropes. J'ai eu alors 
recours à deux procédés différents pour étudier les varia- 
tions de l'aimantation avec la direction. D'abord, j'ai em- 
ployé des prismes taillés suivant les directions des axes 
quaternaire, binaire et ternaire, sur lesquels j'ai pu 
déterminer avec précision les courbes représentant les 
valeurs que prend l'aimantation pour des champs variant 
dans des limites très étendues. Puis j'ai opéré sur des 
disques au moyen desquels j'ai étudié les valeurs de l'ai- 
mantation en fonction de la direction d'un champ extérieur 
de grandeur constante et d'orientation variable. 

A. — Expériences sur les Prismes 

1® Principes de la méthode de mesure. 

Que les mesures d'aimantation soient faites par la mé- 
thode magnétométrique ou par la méthode balistique, leur 
principale difficulté réside dans la détermination du champ 



— 140 — 

résultant du champ extérieur et du champ démagnétisant 
produit par le corps lui-même. On a recours, pour la sur- 
monter, à certaines formes particulières du corps telles 
que le tore, le cylindre très long par rapport à son 
diamètre ou Tellipsoïde, pour lesquelles le champ déma- 
gnétisant est nul ou calculable. 

Il était difficile, par suite de la petitesse des échantillons 
de magnétite, de se placer dans ces conditions. J'ai tourné 
la difficulté en modifiant la méthode balistique de façon à 
mesurer le champ directement, comme l'aimantation, par 
une impulsion du galvanomètre. Elle permet alors de se 
servir des baguettes relativement courtes que Ton peut 
tailler facilement dans les cristaux de magnétite par les 
procédés des opticiens. 

Supposons que le corps aimanté et le champ magnétisant 
aient un plan de symétrie commun coupant normalement 
les lignes de force et la surface du corps et qu'il n'y ait 
dans le voisinage de ce plan de symétrie de variation 
brusque ni de la section du corps ni du champ magné- 
tique. 

Quand on traverse la surface d'un corps aimanté la com- 
posante du champ tangentielle à la surface est continue. 
Dans le plan de symétrie cette composante tangentielle 
existe seule ; en pourra donc, dans ce plan, identifier, avec 
une certaine approximation, le champ à l'intérieur du 
corps avec le champ extérieur mesuré dans le voisinage 
immédiat de la surface. 

Pour faire celte mesure j'ai placé les baguettes de magné- 
tite avec la bobine induite qui l'entoure dans un champ 
magnétique variable obtenu avec des appareils qui seront 
décrits plus loin. Cette bobine induite est composée de 
deux parties de même nombre de tours de fil, la première 
aussi rapprochée que possible de la surface du corps et la 



— 141 — 

deuxième entourant la première à une certaine distance, 
les deux parties étant accouplées dans le même sens, une 
impulsion du galvanomètre balistique mesure le flux total 
traversant la bobine, c'est-à-dire, à une correction près, 
rintensité d'aimantation ; puis le sens de la bobine inté- 
rieure étant renversé, l'ensemble des deux bobines est 
équivalent à une bobine unique dont la section est l'espace 
annulaire compris entre les deux bobines. Dans la figure!, 
A et B représentent schématiquement les parties extérieure 




F.g. i. 

et intérieure de la bobine et M la magnétite. La section 
efficace dans cette deuxième partie de l'expérience est la 
surface couverte de hachures. Une nouvelle impulsion 
donne alors le flux passant dans cette région annulaire, 
c'est-à-dire le champ dans le voisinage immédiat du 
corps. 

J'ai employé cette méthode de la double bobine, comme je 
l'appellerai pour abréger dans des champs inférieurs à 
500 unités que l'on peut aisément obtenir avec des bobines 
sans fer, mais elle est beaucoup plus générale et permet de 
produire le champ avec des électro-aimants, sans qu'il soit 
nécessaire de s'occuper de la loi d'aimantation des pièces 
en fer ou de la non-uniformité du champ. 

Mais cette méthode n'est correcte que si l'assimilation du 
champ dans le voisinage du corps au champ extérieur est 
légitime ; on doit donc soumettre l'uniformité du champ à 
une discussion dans chaque cas particulier. 



— 142 — 

C'est cette discussion (*) qui m'a amené à donner à l'ex- 
périence la forme particulière représentée dans la figure 2. 

Les appareils qu'elle représente sont placés dans une 
forte bobine, au moyen de laquelle on obtient facilement 



bc^^ 




Fig. 2. — Magnétite et bobine induite. 

un champ de SOO C. G. S. La magnétite M M est entourée 
de la double bobine d, composée de deux parties de 50O 
tours chacune. Aux points P, P' la magnétite se raccorde 
avec les cylindres en fer F F'. 

Le barreau de magnétite n'était jamais composé d'une 
seule pièce, mais d'une partie centrale assez longue pour 
placer les joints bien au dehors de la bobine et de prolon- 
gements symétriques taillés dans le même cristal suivant 
la même orientation. Les surfaces terminales, dressées 
avec soin, assuraient une continuité magnétique suffisante. 



2« Résultats. 

Je ne résumerai ici que les expériences sur la magnétite 
de Brozzo, qui sont les plus complètes. 

Les courbes T B Q de la figure 3 représentent l'intensité 
d'aimantation en fonction du champ pour les directions de 

(1) Voir le Mémoire original. 



- 143 — 

Taxe ternaire, binaire et quaternaire, mesurée sur des pris- 
mes parallèles à ces trois directions tirés d'un même cristal. 



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M» 







Fig. S. — Courbes d'aimantation de la magnétite de Brozzo. 

AIMANTATIOIf TOTALE AIMANTATION RÊSIDUBLLB 



Combe T direction de l'axe ternaire 
* B » binaire 

> Q » quaternaire 

> A voir le texte. 



Courbe T' direction de l'axe ternaire 
» B' » binaire 

> Q' > quaternaire 



H 



• EN VO.XCTION DB H 



Courbe Ti direction de Taxe ternaire 
» Bi » biternaire 

» Qi » quaternaire. 

Dans la plus grande étendue de la courbe, Taimantation 
dans la direction de Taxe ternaire est maxima ; elle est très 

12 



— 14i — 

voisine de Taimanlation suivant l'axe binaire, tandis que 
l'aimantation suivant Taxe quaternaire est nettement infé- 
rieure ; les trois courbes ont leur maximum d*écartement 
pour un champ voisin de 150 unités pour lequel les ordon- 
nées sont entre elles à peu près comme 

15 : 18 : 19. 

Elles se coupent dans le voisinage de H = 16 et se placent 
dans Tordre inverse entre cette valeur et de H et zéro. Cette 
dernière particularité ne se retrouve pas dans tous les 
échantillons. 

Les deux courbes T et B ont la forme habituelle des 
courbes d'aimantation des métaux fortement magnétiques. 
La courbe Q au contraire s'en distingue en ce qu'au lieu 
d'une asymptote horizontale comme les deux autres, elle 
semble avoir une asymptote inclinée d'un angle « tel que 
tg a = 0,23o environ. 

Plusieurs auteurs ont montré que pour les différentes 
variétés de fer l'approche de la saturation se fait suivant 
une branche de courbe hyperbolique. Kennelly a exprimé 
ce fait par une formule empirique représentant l'aiman- 
tation : 

OÙ k représente la susceptibilité, c'est-à-dire le rapport de 
rintensité d'aimantation I au champ H et a et 6 des cons- 
tantes. 

Cette formule représente très bien, en effet, le phéno- 
mène dans une région qui commence bien avant la satura- 
tion. Elle a l'avantage de toutes les formules linéaires de 
se prêter à un contrôle graphique facile et celui de donner 



— 14o — 

très commodément par extrapolation la valeur de Taiman- 
tation à saturation. On a en effet pour H = « 

i _i 

Imax — T. 

Si donc en représentant graphiquement les valeurs ex- 

1 

périmentales de r en fonctions de H on trouve une courbe 

se terminant par une portion sensiblement rectiligne, on 
pourra considérer l'inverse du coefficient angulaire de la 
droite qui se confond avec elle comme donnant bien l'ai- 
mantation à saturation. 

Les courbes T^ B^ Q^ (fig. 3) représentent j en fonction 

de H pour les directions des axes ternaire, binaire et quater- 
naire. Les deux premières se confondent avec des droites 
à partir de H = 120 c. g. s. et donnent pour Taimantation 
à saturation 437 et 432, valeurs identiques, eu égard aux 
erreurs d'expérience et aux impuretés possibles de la ma- 
tière. La courbe correspondant à Taxe quaternaire ne per- 
met pas une semblable extrapolation. Mais il est vraisem- 
blable que l'aimantation suivant cette direction tend aussi 
vers la même valeur. 

3» Hypothèse sur la structure de la magnétite. 

Nous pouvons rendre compte des différentes particula- 
rités présentées par les courbes d'aimantation par l'hypo- 
Ihèse suivante. Imaginons qu'un cristal de magnétite soit 
composé de trois systèmes de lames parallèles aux faces 
du cube séparées par des couches d'une substance non 
magnétique. Ces lames s'entrecroisent et constituent une 
sorte de réseau cubique dans lequel les plans qui limitent 



— 146 — 

la maille sont magnétiques et l'intérieur de la maille non 
magnétique. 

Si Ton aimante le corps ainsi composé parallèlement à 
son axe ternaire les trois systèmes de lames font avec la 
direction de Taimantation le même angle de 3o<»l6', et 
Tensemble se comporte dans cette direction comme une 
substance homogène. 

Le champ étant dirigé suivant Taxe binaire, deux des 
systèmes de lames sont inclinés à 48* sur cet axe et sont 
dans des conditions un peu moins favorables à l'aimanta- 
tion que dans le cas précédent. Le troisième système, au 
contraire, contient Taxe binaire et s'aimante facilement. 

Pour Taimantation parallèle à Taxe quaternaire, deux des 
systèmes contiennent la direction de Taimantation ; le 
troisième lui est perpendiculaire et s'aimante avec une 
extrême difficulté, et son aimantation est sensiblement 
proportionnelle au champ. On doit donc s'attendre à trou- 
ver pour l'aimantation parallèle à l'axe quaternaire une 
courbe résultant de la sommation des ordonnées d'une pre- 

2 

mière courbe, correspondant aux - de la matière placée 

o 

dans des conditions de facile aimantation et d'une deuxième 

qui est la droite représentant l'aimantation du dernier 

tiers de la matière. Cette courbe résultante aura donc une 

asymptote inclinée dont l'ordonnée à l'origine est égale 

2 

aux ^ de l'aimantation à saturation. Cette condition est 

remplie par la courbe expérimentale Q (fig. 2). L'ordonnée 
à l'origine de son asymptote est : 

290 = |. 435. 
o 

Comme contrôle de cette hypothèse, on peut déduire des 



— 147 — 

courbes expérimentales la courbe de la substance placée 
dans les conditions de plus facile aimantation. Il suffit de 
retrancher de la courbe Q la partie de l'aimantation pro- 
portionnelle au champ donnée par l'asymptote et de multi- 

3 
plier la différence par -. On obtient ainsi la courbe 6 (même 

figure) qui, comme cela devait être, est au-dessus de la 
courbe correspondant à l'axe ternaire et tend vers le môme 
niaximum que celle-ci. 

On conçoit que si, dans les directions parallèles aux axes 
binaire et ternaire, la magnétite se comporte sensiblement 
comme une substance homogène la loi linéaire : 

A; 

soit observée. 

Supposons que pour l'aimantation parallèle à l'axe qua- 
ternaire deux tiers de la substance obéissent à cette loi 
linéaire ; pour le troisième tiers l'aimantation est propor- 
tionnelle au champ. Un calcul simple montre que la juxta- 
position de ces matières conduit, pour la matière résul- 
tante, à une susceptibilité représentée par une courbe 
concave du côté de l'axe des H. C'est bien ce que montre 
la courbe expérimentale Q^. 

On peut, en partant du coefficient angulaire de l'asymp- 
tote, calculer le rapport de l'épaisseur des feuillets magné- 
tiques que nous avons imaginés, à celle de la matière non 
magnétique interposée et Ton trouve que les feuillets 
magnétiques ont une épaisseur égale à trois fois celle des 
intervalles non magnétiques. Il est impossible, dans ces 
conditions, de réaliser l'enchevêtrement des trois systèmes 
de lames en leur conservant des propriétés indépendantes 
Nous ne pouvons donc considérer la structure hypothétique 



que comme qiuUitativetncnt équivalente de la structure 
réelle. Mais il reste extrêmement vraisemblable que les 
particularités observées sont la conséquence d'une certaine 
structure. 

B. — Expériences sur les Disques 

4® Principe de la deuoAème méthode de mesure. 

Les expériences précédentes ne portent que sur les direc- 
tions des axes de symétrie du cristal. Il était désirable 
d'avoir des renseignements sur Taimantation dans d'autres 
directions. De plus, on peut objecter à ces expériences que 
l'identité absolue de la matière n'est pas démontrée, bien 
que des barreaux de différentes orientations aient été 
taillés dans le même cristal présentant de grandes garanties 
d'homogénéité. 

J'ai pu mesurer l'aimantation en dehors des axes et 
comparer sa valeur dans différentes directions sur le 
môme échantillon en employant des disques de magnétite. 

La méthode employée est encore une forme de la mé- 
thode balistique. 

Les impulsions du galvanomètre mesurent les variations 
du flux d'induction traversant une bobine induite unique 
entourant le disque suivant un diamètre, tandis qu'on fait 
tourner celui-ci dans le champ d'un aimant. 

L'appareil qui a été employé est représenté dans les 
figures 4 et 5. Le disque de magnétite est collé avec un peu 
de cire sur un disque de laiton de même diamètre supporté 
par une petite tige fixée dans l'axe de la plateforme d'un 
goniomètre de Babinet. Les angles de rotation de la plate- 
fonùe sont mesurés au moyen d'une alidade dont l'ex- 
cursion est limitée par deux butoirs. 



— 149 — 

La bobine induite b (fig. 5) se compose de deux parties 
de 40 tours, laissant passer entre elles la tige qui supporte 
le disque. Elles sont reliées par un support flexible en 
plomb, permettant les réglages, à la pièce qui dans le 
goniomètre porte la lunette. On fixe cette pièce ou on 
limite sa course par deux autres butoirs, et les angles dont 
elle tourne sont lus sur le cercle divisé. 




Fig. 4. — Appareil pour la mesure de l'aimantation des disques 
de magnélile. Echelle 1/10. 

Un grand aimant A (fig. 4) en fer à cheval est suspendu 
au-dessus du goniomètre et porte, par simple attraction 
magnétique, deux pièces polaires P en fer doux qui pro- 



~ ioO — 

duisent un champ sensiblement uniforme dans toute 
rétendue du disque. Ce champ a été mesuré par le galva- 
nomètre balistique au moyen d'une bobine composée de 
trois tours de diamètre exactement connu et a été trouvé 
égal à 853 unités. Une masse de plomb M donne la stabi- 
lité nécessaire à Tappareil. 




Fig. 3. — Grandeur naturelle. 

On commence par déterminer la grandeur de l'aimanta- 
tion pour une position déterminée du disque qui sert de 
point de départ. Pour cela, on fait tourner brusquement la 
bobine de 180® à partir de la position où elle est traversée 
par le flux maximum. On mesure ainsi deux fois le flux 
total. 

On fait ensuite la même mesure après avoir enlevé le 
disque de magnétite. On a ainsi le flux H S', provenant du 
champ extérieur H, traversant la bobine d'aire S'. La diffé- 



— 151 — 

rence des deux mesures donne Tintensité correspondant au 
rayon origine. 

Ces déterminations préliminaires faites, on opère 
comme il suit : le plan des spires de bobine étant réglé 
perpendiculairement au champ magnétique, on cherche par 
tâtonnements quelles sont les positions pour lesquelles le 
galvanomètre balistique ne donne aucune impulsion quand 
on fait tourner le disque d'un très petit angle. Ces positions 
sont les maxima et les minima d'aimantation. 

Puis on fait décrire au disque toute la portion de la 
circonférence qui n'est pas rendue inaccessible par le sup- 
port de la bobine, c'est-à-dire près de 300**, en passant 
brusquement d'un maximum ou minimum au minimum ou 
maximum suivant. On note l'impulsion correspondante. 
La somme algébrique de ces impulsions donne alors la dif- 
férence entre un maximum ou un minimum quelconques 
et le rayon vecteur origine. 

La précision des observations est suffisante pour per- 
mettre d'additionner un grand nombre d'impulsions sans 
craindre de trop augmenter les erreurs par leur accumu- 
lation. D'ailleurs, l'égalité des rayons vecteurs distants de 
180<» constitue une bonne vérification des mesures. 

Le détail du tracé de la courbe représentant l'aimantation 
en fonction de la direction est ensuite arrêté par la mesure 
de la différence entre les rayons vecteurs d'un certain 
nombre de points intermédiaires et les maxima et minima 
voisins. 

5° Composante de raimantation perpendiculaire au champ. 

Pour les expériences sur les barreaux taillés parallèle 
ment aux axes de symétrie du cristal, il est naturel de 
penser que la direction de l'aimantation est celle du champ 



— lo2 — 

magnétisant parallèle au barreau. Les mêmes raisons de 
symétrie n'existent pas quand on aimante un disque sui- 
vant un azimut quelconque. Les expériences décrites ci- 
dessus ne mesurent par conséquent pas l'aimantation totale 
mais la composante de l'aimantation perpendiculaire au 
plan des spires de la bobine. Dans le cas général il y a une 
composante normale au champ située dans le plan du 
disque et une composante normale au disque. Je n*ai pas 
tenu compte de cette dernière dont Tinfluence est négli- 
geable (*). 

Quant à la composante de l'aimantation perpendiculaire 
au champ, située dans le plan du disque, je Tai déterminée 
en plaçant le plan des spires de la bobine parallèlement au 
champ et en opérant comme pour la composante principale. 

6° Résultats. 

Je ne donnerai que les résultats concernant la magnétite 
de Brozzo. Ils ont été pleinement confirmés par l'étude 
d'un certain nombre de disques de magnétite de Traver- 
selle. 

J'ai opéré sur 6 disques de 20"°» de diamètre et de 3""" 
d'épaisseur taillés dans la magnétite de Brozzo : 

1« Deux disques parallèles à la face du cube ; 

2* — — du dodécaèdre ; 

3® — — de Toctaèdre. 

L'orientation de ces disques est repérée au moment de 
la taille avec une grande précision grâce aux stries paral- 
lèles aux axes binaires qui couvrent toutes les faces dodé- 
caédriques. On taille d'abord une lame d'un peu moins 
de 1"™ d'épaisseur dans laquelle on découpe le disque après 

(1) Voir le mémoire original. 



— 153 — 

avoir marqué au crayon la direction des axes qu'elle con- 
tient. Le disque une fois amené à l'épaisseur voulue, on 
le colle pour le consolider sur un couvre-objet de micros- 
cope de même diamètre sur lequel sont tracées d'avance 
des lignes de repère que Ton fait coïncider au moment 
du collage avec celles de la magnétite (*). 

a - Disques parallèles a la face du cube 

Les observations faites sur le premier disque parallèle à 
la face du cube ont été représentées graphiquement dans 
la figure 6 en portant sur les rayons vecteurs issus d'un 
point des longueurs proportionnelles à l'aimantation. 

La courbe extérieure qui représente la composante de 
l'aimantation parallèle au champ présente nettement la sy- 
métrie quaternaire ; les maxima d'aimantation correspon- 
dant aux axes binaires, les minima aux axes quaternaires. 

La courbe plus petite au centre représente la composante 
de l'aimantation normale au champ. Comme on devait s'y 
attendre, elle passe par l'origine pour les rayons vecteurs 
qui correspondent aux maxima et aux minima de l'aiman- 
tation parallèle au champ. Entre deux directions pour les- 
quelles elle est nulle, l'aimantation normale au champ passe 
par un maximum qui est plus voisin de la position du mi- 
nimum de l'aimantation parallèle au champ que du maxi- 
mum. L'aimantation tourne donc plus vite que le champ 
quand il s'écarte d'un axe d'aimantation minima et moins 
vite quand il s'écarte d'un axe d'aimantation maxima. 

La courbe de l'aimantation normale au champ se com- 
pose donc de 8 boucles occupant chacune une région angu- 
laire de 45®. Six d'entre elles seulement ont été déterminées 

(1) Ce travail a été fait avec grand soin par M. J. Werlein. 



— 154 - 

et sont représentées dans la figure 6. Les dissymétries 
assez grandes qu'elles présentent sont dues probablement 
aux fissures du disque. Leur influence, néanmoins, ne 
masque pas la symétrie quaternaire qui est indiquée avec 
netteté par la position des six maxima observés. 



f? 




Fl(. «. — Jfa y wH i tr dit Anocro. i*» DÉsqo^ panllèlt à bi tee da c^ibe. 
paratlèie d ptrpeadiculaire «■ cteMp. 
Les lîg«es poutiUéas iadâq^eal les ■riiii tt les MiBiiBa. 



■tai«oa 



Le deuxième disque parallèle à la face da cube donne 
lieu à des courbes identiques et confirme les résultats pré- 
cédents. 



155 — 



p — Disques parallèles à la face du dodécaèdre 

La figure 7 représente les observations sur le premier 
disque parallèle à la face du dodécaèdre, de la môme ma- 
nière que la figure précédente, celles du disque parallèle à 
la face du cube; le deuxième disque conduit à des courbes 
identiques. 




Fig. 7. — Magnétite de Brozzo. v Disque parallèle à la face du dodécaèdre 

Aimantation parallèle et perpendiculaire au champ. 

Lps lignes pointillées indiquent les maxima et les minima. 



L'aspect général des courbes représentant Taimantalion 
parallèle et perpendiculaire au champ est encore conforme 
à la symétrie cubique. 



— 1S6 — 

On i*emarquera la valeur relativement grande de Taiman- 
tation transversale pour les directions du champ comprises 
entre Taxe ternaire et Taxe quaternaire. 

Cette composante permet de déterminer l'obliquité de 
l'aimantation sur le champ magnétisant extérieur. On 
trouve que Tobliquité maxima est de 18®. 

y. — Disques parallèles a la face de l'Octaèdre. 

Les expériences sur les deux disques parallèles à la face 
de Toctaèdre, taillés dans la magnétite de Brozzo, ont 
montré des propriétés sensiblement identiques dans toutes 
les directions. 

Pour un disque de même orientation, provenant d'un 
petit cristal de Traverselle, particulièrement pur et homo- 
gène, les variations de la composante de l'aimantation 
parallèle au champ ont atteint 0,16 0/0 de sa valeur, et la 
grandeur trouvée pour la composante normale au champ 
conduit à une obliquité de moins de un demi-degré. 

On peut en conclure que la magnétite se comporte ri- 
goureusement comme une substance isotrope pour toutes 
les directions contenues dans une face de l'octaèdre. 

Si Ton porte sur tous les rayons issus d'un point l'ai- 
mantation que prend la matière dans un champ de gran- 
deur constante, dirigé suivant le rayon considéré, on 
obtient donc une surface magnétique ayant la symétrie du 
système cubique. Pour la valeur du champ que nous avons 
utilisée, elle ressemble à un cube à faces creuses et à arêtes 
arrondies. Cette surface présente quatre sections cycliques 
parallèles aux faces de Toctaèdre. 

Mais les valeurs relatives de l'aimantation dans diffé- 
rentes directions varient beaucoup avec la grandeur du 
champ. L'aspect de celte surface magnétique doit donc être 



— • loi — 

très variable ; ce qu'il importe plus de noter que sa forme 
dans tel ou tel cas particulier, c'est la concordance très 
satisfaisante de sa symétrie avec celle du système cubique. 
En effet, l'absence de vérifications optiques de la symé- 
trie cristalline, par suite de Topacité de la magnétite, aurait 
pu inspirer une certaine défiance à Tégard des conclusions 
tirées uniquement de la forme extérieure du cristal et de 
Tanalogie présumée avec les spinelles. On aurait également 
pu supposer Texistence de macles plus ou moins dissi- 
mulées. Ces deux hypothèses sont également incompa- 
tibles avec la régularité des résultats fournis par les 
disques. 

1^ Interprétation des expériences sur les disques par la 
structure de la magnétite. 

J'ai cherché à obtenir des courbes analogues à celles 
données par la magnétite au moyen d'un système magné- 
tique de structure convenable formé d'une substance iso- 
trope. 

J'ai employé à cet effet un disque de toile de fer de 20"™ 
de diamètre composé de deux systèmes de fils rectangu- 
laires. 

Quand on place ce disque dans un champ magnétique 
un peu intense, Tune des directions à 45® sur les fils 
s'oriente énergiquement suivant les lignes de force. La 
direction des fils est donc un minimum d'aimantation et 
doit jouer le même rôle que l'axe quaternaire de la magné- 
tite. C'est bien ce qu'ont montré les mesures faites par le 
procédé employé pour la magnétite et représentées dans 
la figure 8. 

La courbe extérieure, en traits pleins, représente l'aiman- 
tation parallèle au champ. La courbe intérieure représente 



— 1«8 — 

la composante transversale. Ces courbes sont assez sem- 
blables à celles du disque de magnétite parallèle à la face 
du cube. 




Fi^. 8. — Disque de loile métallique. Aimanlaiion parallèle et perpendiculaire au champ. 



Dans rhypolhèse sur la constitution du cristal de magné- 
tite, suivant laquelle il se comporterait comme un enche- 
vêtrement de trois systèmes de plans rectangulaires de 
matière magnétique séparés par des couches non magné- 
tiques, les fils de la toile métallique seraient analogues aux 
baguettes découpées par le disque dans les deux systèmes 
de lames qui lui sont perpendiculaires. Pour représenter 
le troisième système qui est parallèle au plan du disque, il 
faudrait ajouter à celui-ci un disque de fer continu dont la 
masse serait égale à celle de l'un des systèmes de fils. 



— 189 — 

Ce disque ajouterait à l'aimantation observée une aiman- 
tation constante, égale à la moitié du maximum de l'aiman- 
tation de la toile métallique. 

En modifiant ainsi la courbe trouvée expérimentalement, 
j'ai obtenu la couche pointillée de la figure 8. Elle res- 
semble encore davantage à celle de la magnétite. 

8^ Expériences qualitatives. 

On peut mettre en évidence les propriétés magnétiques 
des disques non isotropes par des expériences qualitatives 
très simples. 

Si l'on pose un disque de magnétite D (flg. 9) sur un plan 
de verre V placé intérieurement sur l'une des branches 
d'un aimant A dont le champ est vertical, le disque se place 
verticalement dans Je plan de symétrie de l'aimant et, tout 
en glissant vers la région où le champ est maximum, 
s'oriente de façon à diriger un de ses axes d'aimantation 
maxima parallèlement au champ. 




M 



Fig. 9. 

Si on l'écarté de sa position d'équilibre par une rotation, 
il y revient énergiquement, à moins que, par suite d'un 
écart un peu grand, un autre axe d'aimantation maxima se 
substitue au premier. 

Le disque parallèle à la face de l'octaèdre ne montre 
aucune tendance à s'orienter. 

13 



— 160 — 

L'obliquité de raimantation d'un disque de magnétite 
par rapport au champ a comme conséquence une défor- 
mation dissymétrique de celui-ci. A Tintérieur du disque, il 
est dévié en sens inverse de Taimantation ; à l'extérieur, au 
contraire, dans le sens de Taimantation. Cette dernière 
déviation est moins accentuée que la première. 

On peut mettre ces déformations du champ en évidence 
au moyen des spectres magnétiques. Les photographies 
figures 10 et 11 représentent le champ déformé par un 




Fig. 10. — Déformation d'un champ magnétique par un disque de magnétite 
parallèle à la face du dodécaèdre. Position symétrique. 

disque parallèle à la face du dodécaèdre placé, dans la 
figure 10, symétriquement par rapport au champ et se 
comportant comme un disque isotrope et dans la figure H, 
placé à peu près suivant l'orientation donnant la dissy- 
métrie maxima du champ. 

Le disque était fixé sous la plaque photographique avec 
un peu de cire. On saupoudre de limaille la face gélatine à 
la lumière rouge et on impressionne avec une flamme de 



— 161 — 

gaz. On obtient ainsi le négatif dont les épreuves cî-jointes 
sont les copies positives. 

9^ Résumé et Concltmons. 

Cette étude de Taimantation de la magnélite cristallisée 
comprend deux parties : 

La première contient la détermination des courbes 
d'aimantation au moyen d'une méthode nouvelle. Ces 




Fig. 11. — Déformation d'un champ magnétique par un disque de magnélite 
parallèle à la face du dodécaèdre. Position dissymétrique. 



courbes, relatives aux directions des axes quaternaire 
ternaire et binaire du système cubique, présentent des 
différences bien caractérisées. L'aimantation dans la 
direction des axes ternaire et binaire est analogue à celle 
des autres corps ferro-magnétiques et tend vers la satu- 
ration suivant une loi hyperbolique. L'aimantation suivant 
l'axe ternaire est en général la plus forte, mais très peu 
supérieure à l'aimantation suivant l'axe binaire. L'aiman- 



— 162 — 

tation suivant Taxe quaternaire est nettement inférieure et 
tend à atteindre celle des deux autres axes dans les champs 
très forts. Pour cette dernière direction, la saturation n'a 
pu être mise en évidence expérimentalement : dans les 
champs élevés, la courbe d'aimantation semble avoir une 
asymptote inclinée sur Taxe des abscisses. 

Une hypothèse de structure réticulaire permet de rendre 
assez bien compte de ces faits. 

Dans la deuxième partie, ces résultats ont été confirmés 
et étendus à des directions en dehors des axes de symétrie 
dans des expériences sur des disques de magnétite. La 
méthode employée à cet effet donne avec une grande sen- 
sibilité les variations de l'aimantation avec la direction. 

On a pu mettre en évidence par la même méthode 
l'obliquité de l'aimantation sur le champ et mesurer sa 
composante perpendiculaire au champ en fonction de la 
direction. 

Toutes ces expériences, faites sur plusieurs cristaux de 
gisements différents, ont montré un accord très satisfaisant 
des propriétés magnétiques avec la symétrie cubique, 
mais, contrairement à ce qu'auraient pu faire supposer les 
propriétés optiques des cristaux cubiques, la grandeur de 
l'aimantation de la magnétite varie avec son orientation 
par rapport aux axes cristallographiques. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



Année 1897. — Bulletin n® 4. 



Compte rendu de la séance du 8 avril 1897. 
Présidence de M. Termier. 



M. E. Damour donne le résultat de ses recherches sur la 
dilatation des cristaux. 

M. Frossard présente à la Société un fascicule sur les 
minéraux pyrénéens décrits dans la Minéralogie de la 
France, de M. Lacroix. 



Revue des espèces minérales nouvelles. 



Quirogite. — Ce minéral possède une couleur gris de 
plomb sur les parties exposées à l'air, mais sur les cas- 
sures fraîches, on observe Téclat métallique. Densité 7,22 



- 164 — 

àl3* et dureté 3. Le minéral ressemble beaucoup à la ga- 
lène par ses propriétés extérieures, mais il est quadratique 
et présente les formes (lH) (100) (001) (112?) (706?). Le 
rapport des axes est 1 : 1,286. 
L'analyse a donné les résultats suivants : 

Plomb 63,89, Antimoine 9,69, Fer 6,30, Soufre 17,51, ce 
qui correspond à la formule (SPb)»» (S»Sb«)*, (S»Fe)". En 
tenant compte que le sulfure de fer se trouve dans ce mi- 
néral comme une matière étrangère, sa formule serait 
(SPb)*«(S»Sb«)». 

Ce minéral, qui se trouve dans les mines San Andres, 
Georgina, Paraiso, etc. (sierra Almagrera, province Pal- 
meria), a été dédié au minéralogiste espagnol D.-F. Qui- 
roga. (Fernandez Navarro. — Minérales de Espana existentes 
en el Museo de Historia natu^al de Madrid, 3* note. — 
Anal, de la Soc. Esp. de Hist. nat. t. XXIV, 1896). 

Munkforssite, Bliabergite et Ransâtite. — Ces 

trois nouveaux minéraux, décrits par M. Igelstrôm, ont été 
trouvés dans le gneiss, de Kirchspel Ransâter, gt de 
Wermland (Suède). 

La munkforssite est blanche quand elle est pure, mais elle 
est souvent faiblement rougeâtre. Elle se présente en 
grains atteignant quelques millimètres et aussi en prismes 
monocliniques. La dureté est de 5. 

L'analyse a donné les résultats suivants : 

SO» 13,20; P«0» 13,98; A1»0» 2S,54; Ca0 32; FeO traces. 
Cl traces ; perte au rouge 2,63 ; partie indécomposable par la 
chaleur (damourite) 10,74 : total 98,09. 

En déduisant ces deux dernières parties on a ; 

SO» 18,12, P«0» 16,01, A1«0» 29,23, CaO 36,64 = 100. 
Ce minéral est donc voisin de la svanbergite. 



— 168 — 

La munkforssite est infusible au chalumeau, et incom- 
plètement soluble dans les acides. 

La bliabergitc se présente en gros cristaux rhomboé- 
driques ayant de i à 3 centimètres. Elle est brune ou brun 
rougeàtre. Dureté 4,5. 

L'analyse a donné les résultats suivants : 

L — Bliabergite brune : 

SiO* 39,13; A1«0» 27,60; FeO 26,74; MnO 4,4S; MgO 
et CaO 0,43; H«0 3,26: total 101,61. 

II. — Bliabergite brun rouge : 

SiO« 41,67; A1«0» 23,81; Fe'O» et Mn*0» 27,38; H«0 7,14; 

total 100. 

Ces résultats conduisent à peu près à la formule : 

2 (Fe, Mn)» SiO*+Al*Si»0" ou 3(Fe, Mn)«SiO* + 2Al«SiO». 

La bliabergite est infusible au chalumeau, quoiqu'elle 
devienne noire et magnétique. 

La Ransâtite est en cristaux, limités par des faces rhom- 
bes et est probablement cubique; leur couleur est rose 
pâle et leur dureté 6. 

La composition est la suivante : 

SiO» 43,47; A1«0» 14,50; Fe»0» 17,72; MnO 14,97; 
CaO 5,63, MgO 2,57; total ; 98,86. 

La formule est donc : 

3(Mn, Ca, Mg)SiO' + (Fe, Al)*Si«0". 

(L. J. Igblstrôm, Zeitsch. fur Kryst. und. Min,, t. XXVII, 
p, 601. 1897.) 



— 166 — 



OUVRAGES REÇUS EN DON EN 4896 



(i) 



Boletin de la Sociedad national de Minerîa de Santiago. 
Lacroix. — Minéralogie de la France et de ses colonies. 
Petiton. — Géologie de rindo-Chine, avec atlas. 
P. Weiss. — Aimantation de !a magnétite cristallisée et de quel- 
ques alliages de fer et d'antimoine. 
Geological and natural hlstory Survey of Minnesota. Dirigé par 

M. N.-H. Winchell 22 d 23. Annual report. 
Proceedings of the Nova Scotian Institute. Vol. VIII, -4® partie ; 

vol. IX. 
Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Mâcon. 
Journal of the Royal Institution of Cornwal. Vol. XXII, 2® partie et 

vol. XXIII, 1« partie. 
d'Achîardi. — Tormaline del Granito Elbano. 
Chester. — A Dictionary of the Names of Minerais. 
H. RosENfiuscH. — Mikroskopische Physiographfe der massigen Ge- 

steine. Vol. Il, fasc. 2. 
Catalogue de la collection de minéralogie du Muséum. 
Frossard. — Mémoire sur les marbres pyrénéens. 
Anales del Museo nacional de Buenos- Ayres. — T. IV. 
Ad. Carnot. — Sur les variations observées dans la composition des 

apatites, phosphorite? et des phosphates sédimentaires. 
Ad. Carnot. — Méthode d'analyse des font^, fers et aciers. 
Report of the Sixte Meeting of the Australian Association for the 

advance ment of Science. 
George Brush. — Manuel of Determinative Mineralogy vilh an antro- 

duction an Blowpipe Analysis. 

(1) Les ouvrages cités ou qui seront analysés dans le BtUletin ne sont pas 
mentionnés ici. 



Le Secrétaire, gérant, P. GAUBERT. 



PABIS — IMPRIMERIE CHAIX (SUCC. b), 5, RUE DE LA SAINTE-CHAPELLE. — 280-97. 



BULLETIN 

DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



Année 1897. — Bulletin n* 8. 



Compte rendu de la séance du 13 mai 1807. 

Présidence de M. Termier. 



M. le Président prend la parole : 

Messieurs, 

J'ai le pénible devoir de vous annoncer la mort de notre 
véritable fondateur, du père de la Société française de 
Minéralogie, de son tout premier président, notre cher et 
vénéré Des Cloizeaux. Cette mort met en deuil toute la 
science française, je devrais dire toute la Science : mais 
elle frappe d'une façon particulièrement cruelle notre 
Société, qui doit à Des Cloizeaux son existence, et dans le 
sein de laquelle ce grand savant comptait tant de disciples, 
d'admirateurs et d'amis. 

J'étais en voyage, et dans un pays où les communications 
sont difficiles, quand est survenu ce douloureux événement. 
En mon absence, votre vice-présidenl, M. H. Le Châtelier 
a bien voulu régler les détails de la participation de la 
Société de Minéralogie aux obsèques de notre regretté 



u 



— 168 — 

Maître. Ne sachant si je pourrais revenir à temps pour 
prononcer, en votre nom, sur cette tombe, les paroles de 
suprême adieu, il a eu la délicate pensée do prier M. Damour, 
notre doyen, l'intime ami, et, pendant cinquante-trois 
années, le collaborateur de Des Cloizeaux, de dire cet 
adieu et d'y faire passer, avec sa propre douleur, les regrets 
de tous ses confrères. Je remercie M. H. Le Ghâtelier pour 
les démarches multiples que mon absence lui a imposées ; 
et je remercie M. Damour d'avoir bien voulu, malgré son 
grand âge et l'inclémence de la température, se rendre aux 
funérailles et parler, en notre nom à tous, avec cette émo- 
tion qui nous a tous gagnés, sur la tombe de son ami. 

Le discours prononcé par M. Damour sera reproduit 
intégralement, dans le compte rendu de la présente 
séance. 

Que vous dirai-je à mon tour, de ce mort illustre. 
Messieurs, que vous ne sachiez déjà et que vous n'ayez 
déjà entendu ? Le nom de Des Cloizeaux a rempli, pendant 
un demi-siècle, toute une des moitiés de la science minéra- 
logique, comme pendant vingt années, le nom de Mallard 
remplissait l'autre moitié. Et ce sera le durable honneur 
de la Société, minéralogique de France d'avoir eu comme 
fondateurs, et, à quatre reprises différentes, comme prési- 
dents, ces deux hommes devant qui s'inclinent encore les 
minéralogistes du monde entier, et qui, avec des aptitudes 
bien diCTérentes, l'un, comme observateur patient et sagace, 
l'autre comme philosophe, se complétant d'ailleurs et s'ap- 
préciant l'un l'autre, ont si largement reculé les limites 
de nos connaissances ! Tous, tant que nous sommes ici, 
nous procédons de l'un et de l'autre, et nous usons chaque 
jour des méthodes de celui-là, des idées de celui-ci. 

Il importe cependant que l'œuvre scientifique de Des 
Cloizeaux reçoive, dans ces murs et au milieu de nous, un 



public hommage, dont notre Bulletin transmette l'écho 
jusqu'aux rives les plus lointaines. Il faut que Téloge de 
Des Cloizeaux soit ici prononcé, dans une de nos prochaines 
séances que nous ferons en son honneur, aussi solennelle 
que possible ; et que cet éloge dise combien ce Maître a 
travaillé, quel observateur incomparable il a été, quelle 
était la rigueur, je dirai presque le scrupule, de cet esprit 
analytique, quels services il a rendus à la minéralogie, à la 
pétrographie, à la géologie, par ses innombrables obser- 
vations ; et aussi quel homme bon, quel ami dévoué, quel 
guide sûr, était ce grand savant ; et enfin quelle était son 
autorité, non seulement parmi nous, mais parmi les miné- 
ralogistes de toutes langues et de tous pays, et combien 
universelle et incontestée était la réputation de ce soli- 
taire. 

L'auteur de cet éloge est tout indiqué. Messieurs. Aucun 
de nous, mieux que M. Lacroix, n'a connu Des Cloizeaux; 
nul, parmi les jeunes, n'a eu, au môme degré, sa confiance 
et son amitié ; nul n'a suivi plus fidèlement et avec plus 
d'éclat la voie tracée par le Maître. M. Lacroix qui est, à 
tant d'égards, le véritable continuateur de Des Cloizeaux, 
a bien voulu accepter la tâche, lourde assurément, mais si 
honorable, d'élever à cette illustre et chère mémoire un 
monument digne d'elle. 

En attendant. Messieurs, saluons encore une fois la belle 
figure qui vient de disparaître. C'était bien le type accompli 
du vrai savant, c'est-à-dire de l'honnête homme appliqué à 
la science. De son vivant même, il a reçu la récompense 
de ses labeurs. Quelle belle fin de carrière I Et, sauf les 
infirmités inséparables, hélas! de Thumaine condition, 
quelle belle vieillesse I Chacun de nous, n'est-ce pas, vou- 
drait mourir ainsi, dans la plénitude de son intelligence, 
avec la conscience du devoir loyalement accompli, avec ce 



— 170- 

sentiment qu*il restera de lui une œuvre durable et féconde, 
qu'il a travaillé cinquante ans sans rencontrer un seul 
contradicteur, et qu'il va s'endormir dans Téternelle paix 
en laissant ici-bas un nom que les hommes n'oublieront 
pas et dont l'honneur et l'éclat iront toujours grandissant. 

M. le Président lève la séance. 

Discours de M. A. Damour. 

« Messieurs, 

« C'est au nom de la Société de Minéralogie que je viens 
apporter ici quelques paroles d'adieu sur la tombe de mon 
plus vieil ami. 

» D'éloquents interprètes vous ont exposé les travaux 
considérables et de haute valeur de l'excellent confrère que 
la mort vient de nous enlever. Ce n'est pas seulement en 
France, c'est aussi à l'étranger, en tous les lieux où la 
minéralogie est un objet d'étude, que notre confrère était 
tenu en très haute estime. 

» Après ses deux voyages en Islande si fructueux pour 
la science, Des Cloizeaux avait parcouru les principales 
contrées de l'Europe : Angleterre, Suède, Danemark, 
Prusse, Autriche, Russie, Suisse, Espagne et Italie. Il a 
visité les plus riches collections : partout il trouvait le plus 
cordial accueil. 

» De hautes distinctions honorifiques lui furent décernées 
par les souverains étrangers ; en 1889, il fut nommé officier 
de la Légion d'Honneur. La Société royale de Londres, en 
l'honneur de ses travaux de minéralogie optique, le gratifia 
de sa grande médaille. 

» L'Académie des Sciences, qui l'avait admis dans son sein 
en 1869, l'appela à la présidence en 1889. 



— 171 — 

» M. Des Cloizeaux pensait depuis longtemps à l'utilité 
d'établir en France un foyer de réunion aux savants adonnés 
à l'étude de la minéralogie. Encouragé et soutenu par le 
concours des savants professeurs ses collègues, il se mit à 
l'œuvre pour fonder notre Société. Ce fut le 21 mars 1878 
que la première séance eut lieu à la Sorbonne, dans la 
salle des conférences de la minéralogie, mise à la dispo- 
sition de la Société par l'obligeance de M. le professeur 
Friedel. On y décida que les séances auraient lieu le second 
jeudi de chaque mois et qu'un Bulletin serait publié, expo- 
sant les travaux de minéralogie et de cristallographie des 
membres de la Société, ainsi que l'analyse des travaux faits 
en France et à l'étranger. En cette première séance, 
37 membres se trouvaient alors réunis : ce nombre s'accrut 
rapidement; puis, par décret du 2 février 1886, la Société 
fut reconnue comme établissement d'utilité publique. 
Aujourd'hui elle compte 185 membres et son Bulletin grossit 
chaque année. 

» Vous savez toute l'ardeur et le soin consciencieux que 
M. Des Cloizeaux apportait dans les immenses recherches 
nécessitées pour l'achèvement de l'important ouvrage qu'il 
avait modestement intitulé : Manuel de Minéralogie, Dans 
les nouveaux loisirs que lui laissait sa mise à la retraite, il 
n'accordait rien au repos. Mais l'emploi trop fréquent du 
goniomètre, du microscope et des appareils de polarisation 
pour arriver aux calculs cristallographiques a le fâcheux 
effet de porter atteinte aux organes de la vue. Une con- 
gestion aux yeux s'était déjà déclarée Tannée dernière. La 
santé de M. Des Cloizeaux, jusqu'alors assez robuste, subit 
bientôt de pénibles atteintes. Une maladie chronique, 
dont Tart des meilleurs médecins ne put arrêter les pro- 
grès, l'obligea de cesser tout travail. Les soins les plus 
tendres, les plus assidus de la noble et digne compagne de 



— 172 — 

sa vie, aidée de sa fille bien aimée, ne purent conjurer 
un mal devenu incurable. Le confrère que nous aimions 
s'est éteint, conservant la lucidité de son esprit, fortifié 
par le secours de la religion qu'il avait pratiquée avec 
ferveur. 

1» Des Gloizeaux fut un homme de bien : sa vie entière 
fut consacrée au travail et aux devoirs de la famille. En 
toutes choses, il s'appliquait à faire prévaloir ce qu'il 
jugeait utile, juste et sage. Tous ceux qui l'ont connu 
l'honoraient et l'aimaient. Son nom, comme savant, 
demeure acquis à l'histoire de la minéralogie; il y 
occupera la plus honorable place parmi les fondateurs 
de cette science et parmi ceux qui en ont fait avancer les 
progrès. » 



Note smr la mesure des biréiringences des minéraux en 
lames minces. 

Par Fréd. Wallerant. 

Pour mesurer la biréfringence d'un cristal en lame 
mince, on se sert généralement du comparateur de M. 
Michel Lévy. Cet instrument permet de comparer la teinte 
du minéral, due à la polarisation chromatique en lumière 
parallèle, à la teinte d'une lame de quartz taillée en biseau. 
Cette comparaison se fait facilement si le cristal est assez 
épais ou assez biréfringent pour donner au moins le jaune 
du premier ordre. Au-dessous de cette limite, la compa- 
raison devient assez difficile et l'on a proposé plusieurs 
artifices pour remédier à cet inconvénient. Un procédé 



— 173 - 

très simple consiste à transformer le microscope en appa- 
reil de Norrémberg. A la place de la lentille Bertrand, on 
introduit une glace inclinée à 45® sur Taxe du microscope 
et Ton place au-dessous de la préparation, sur la platine du 
niicroscope, un petit miroir. Le rayon lumineux, réfléchi 
par la glace, traverse l'analyseur, qui fait ici fonction de 
polariseur, traverse le cristal, se réfléchit sur le miroir, 
retraverse le cristal, puis l'analyseur, qui fait ici réelle- 
ment fonction d'analyseur. Tout se passe donc comme si 
le cristal avait une épaisseur double de celle qu'il a en réa- 
lité, et bien des cristaux prennent une teinte qu'il est facile 
de comparer à celles du quartz du comparateur. La colo- 
ration se produit d'autant plus facilement que le même 
Nicol jouant le rôle d'analyseur et de polariseur, on se 
trouve dans le cas où l'analyseur et le polariseur ont leurs 
sections principales parallèles; on obtient donc des teintes 
complémentaires qui se produisent pour des retards infé- 
rieurs à ceux donnant les teintes directes. 

Dans ce procédé, la glace réfléchissant la lumière doit 
être fort petite, et il est préférable d'employer un Nicol 
dont les faces ne sont pas perpendiculaires à Taxe du 
microscope, pour éviter l'intervention de la lumière réflé- 
chie sur la première face du Nicol. 



Note sur une forme naissante du quartz. 

Par Préd. Wallerant. 

Au cours de ses belles recherches sur l'origine de la 
silice cristallisée dans les couches sédimentaires du bassin 
de Paris, M. Munier-Chalma^ a rencontré des cristaux de 
quartz de forme particulière dont il a bien voulu me confier 



— 174- 

i'examen. Ces cristaux, qui offrent les faces habituelles du 
quartz p, e*", e*, sont implantés par rextrémité de Tune de 
leur pyramide sur des masses calcaires résultant de la substi- 
tution de la calcite au gypse. Quelquefois isolés, ils sont 
généralement maclés ou disposés en bouquets, mais pres- 
que toujours l'extrémité de la pyramide supérieure fait 
défaut et il en résulte une cavité qui se prolonge au milieu 
du prisme e*. Quand les cristaux sont accolés, maclés, cette 
cavité présente une forme très complexe, difficile à ana- 
lyser ; il n'en est plus de môme quand le cristal est simple, 
et il se montre avec toutes les apparences d'une trémie. 

La figure 1 montrant un cristal vu de face, de façon 
à ce que l'œil plonge dans la cavité, et à côté une section 




1^ 




Fig. i. 



longitudinale permettra de se rendre facilement compte 
des différentes particularités. Les bords de la cavité 
sont souvent formés par des fragments des faces p et e** ; 
aussi at-elle grossièrement la forme d'une pyramide 
hexagonale en creux, dont les parois correspondent à cha- 
cune des faces de la pyramide absente. Ces parois se pré- 
sentent avec deux aspects différents. Les unes, comme 
celles indiquées en a dans la section, sont continues et 
absolument lisses comme une face naturelle. Dans ce cas, 
si cette paroi est adjacente à une face e^'\ elle est parallèle 
à la face p opposée, et inversement ; dans les deux cas, elle 



— 175 - 

est parallèle à une face de la pyramide hexagonale absente. 
Sur ces parois, on constate fréquemment l'existence de 
fragments de lamelles très minces, lamelles de clivage 
parallèles à la paroi, montrant que le dépôt s'est produit 
par couches successives. 

D'autres parois se décomposent en gradins, dont le 
nombre est très variable et qui donnent au cristal cette 
apparence de trémie dont j'ai parlé plus haut. La face 
supérieure des gradins, complètement lisse, est parallèle à 
la face de la pyramide adjacente à la paroi ; ici encore, on 
constate que le dépôt s'est fait par couches succes- 
sives. Au contraire, les faces verticales des gradins sont 
chagrinées, très irrégulières, et Taccroissement s'y est 
produit d'une façon quelconque. Ces gradins peuvent 
d'ailleurs se continuer sur les parois voisines, ils corres- 
pondent à autant de cristaux, s'encapuchonnant les uns 
les autres. 

Mais c'est surtout l'extrémité inférieure, servant à l'in- 
sertion du cristal sur la masse calcaire, qui présente des 
particularités intéressantes. Cette extrémité ne se termine 
pas en général par la pyramide hexagonale p, e"^ habituelle, 
mais par une pyramide hexagonale plus ou moins sur- 
baissée dont les faces se décomposent en gradins. La 
figure 2 (gross. 10) représente une de ces pyramides et 
chacune des stries à forme hexagonale correspond aux 
plans de séparation de deux quartz encapuchonnés. Gomme 
le cristal est plongé dans le heaume de Canada, dont l'in- 
dice se rapproche beaucoup de l'indice moyen du quartz, 
bien des particularités disparaissent et la pyramide offre 
une apparence de régularité qu'elle est loin de posséder. 
On pourrait croire en effet qu'elle est constituée simplement 
par la superposition de lamelles hexagonales, de notation 
a* de plus en plus petites, tandis qu'en réalité les seules 



— n« — 

faces que Ton rencontre sont, ici, comme dans la cavité 
intérieure, les faces p et é"*. Comme le montre la figure 2, 
chaque prisme hexagonal creux, constituant un cristal de 
quartz, se termine à son extrémité inférieure par une face p 
ou une face e^. Quelquefois, les faces p des différents 
cristaux sont dans un môme plan et il en résulte une seule 
facep pour Tassemblage, mais le plus souvent elles sont à 
des hauteurs différentes et il en résulte une série de gra- 
dins d'autant plus accentués que les cristaux présentent à 



% 




Fig. ï. 

leur face intérieure une cavité irrégulière se prolongeant 
plus ou moins profondément et limitée par la face e* du 
cristal suivant. 

Si aux caractères précédents on ajoute que les faces e* 
sont toujours très réduites, on voit que ces cristaux pré- 
sentent tous les caractères des trémies. Ce sont en effet 



— 477 — 

des cristaux en voie de formation, développés dans des 
conditions peu favorables à la cristallisation, en ce sens 
qu'il a dû se produire bien des arrêts. Comme me Ta 
fait remarquer M. Munier-Ghalmas, il parait s'être formé 
tout d'abord une lamelle hexagonale microscopique sur 
laquelle s'est déposée une première enveloppe ayant la 
forme d'un prisme hexagonal creux, et à chaque période 
de cristallisation, il s'est formé une nouvelle enveloppe 
semblable à la première. 



Sur le corindon de rarrondissement de Biella (Italie). 

! Par M. Ferdinand Gonnard. 

' Un industriel lyonnais, M. Durrschmidt père, fabricant 

de meules en émeri, m'ayant demandé, il y a environ cinq 
ans, si je pourrais lui indiquer un gisement de corindon 
qui lui permît de se procurer ce minéral à meilleur compte 
que le corindon de la Caroline, je lui conseillai de tenter 
l'exploitation du gisement découvert aux environs de 
Biella, par M. l'ingénieur Muthuon, et qui a été l'objet 
d'une note de Lelièvre, insérée dans le Journal des Mines 
(1812, — pages 127 et suivantes). 

M. Durrschmidt a suivi mon conseil, et a fait exploiter 
ce gisement, qui, l'an dernier, lui a fourni environ 
2.000 kilos de corindon. Grâce aux renseignements que 
m'a donnés récemment son fils, je puis rectifier et com- 
pléter les données que présentent à ce sujet les divers 
traités de minéralogie. 

Une première rectification est à faire tout d'abord quant 
à la localité. Le corindon en question ne se trouve ni à 



— 178 — 

Mozzo, ni à Etenengo. comme l'indique le mémoire de 
Lelièvre. Cette dernière localité n'existe même pas dans la 
région. On ne trouve que la localité de Pettinengo sur la 

1 

carte de Tétat-major italien au ^ ^ (1884). En réalité, le 

gisement découvert par Muthuon est situé à une certaine 
distance de Mosso Santa Maria; et voici, pour préciser, 
comment on y arrive, en partant de Mosso. La route passe 
au petit hameau dit « Valle superiore di Mosso », puis 
laisse à droite celui de.Trivero. Le point culminant de cette 
route est à l'endroit dit «Bocchetta di Stavello » (i.206 mè- 
tres d'altitude), col entre la pointe de San Bernardo et 
celle del Tirolo. On descend ensuite jusqu'au pont nommé, 
par erreur, « ponte di Barbero » sur la vieille carte d'état- 

1 

major au ^ publiée en 1884 et revisée en 1875, et 

qui, exactement, porte le nom de « ponte délia Babbiera » 
(à 692 mètres) ; on remonte après cela en passant près de 
l'alpe Barbero. C'est à environ ISO mètres en amont du 
pont que Ton commence à voir un filon de feldspath 
blanc, qui, à la surface, ne contient pas de corindon, et 
dont on peut apercevoir la continuation au fond du torrent 
de la Sessera, que le sentier domine de près de 30 mètres. 
Le filon de feldspath corindonifère apparaît à 200 mètres 
du pont, à une altitude de 900 mètres ; la direction en est, 
d'une manière générale, à peu près parallèle à celle de la 
Sessera, abstraction faite des méandres du torrent. 

Ce filon se montre d'abord sur une longueur de 68 mè- 
tres; on a désigné ce premier champ d'exploitation sous le 
nom de filon de Foggia. Après une interruption de près de 
400 mètres, il reparaît sous TAIpe Aines, à 80 mètres au- 
dessus de la Sessera; on a appelé filon de la Sessera ce 
second champ d'exploitation. En somme, on peut dire que 



— 119 — 

le gisement de corindon est, à présent, reconnu sur une 
longueur d'environ 500 mètres. 

Le filon de Poggia donne un corindon gris clair; l'extrac- 
tion en est difficile à cause de la dureté de la roche, et il 
y est disséminé assez irrégulièrement. Aussi est-il, au 
moins momentanément, abandonné pour celui de la Ses- 
sera. Ici, le corindon d'un brun foncé se trouve dans un 
feldspath altéré, qu'on [peut exploiter au pic; de plus, il 
paraît abondant, et ses cristaux atteignent parfois un assez 
gros volume. M. Durrschmidt m'en a montré dont le poids 
dépasse 5 kilogrammes ! Un de ces cristaux offre un beau 
miroir de glissement. 

Je ne rappellerai pas ici les analyses de Vauquelin (*), de 
Rocholl (») ou d'Alf. Cossa(').Le corindon de Foggia ou de 
la Sessera est très pur ; il contient jusqu'à près de 96 0/0 
d'alumine. Cessa fait remarquer que, contrairement à ce 
qui a lieu pour le corindon de l'Inde, il n'existe pas traces 
de magnétite dans celui de Foggia. 

Dufrénoy, en mentionnant la découverte de Muthuon, 
qu'il attribue à tort à Lelièvre {Traité de Minéralogie, 2« édi- 
tion, 18S6; 2« vol., p. 286), reproduit l'assertion d'Haiiy 
touchant l'absence de clivages que présente le corindon de 
ce gisement. Cette assertion, mérite une explication. Il est 
très exact que le corindon gris clair d'une des extrémités 
exploitées du filon, je veux dire celui auquel M. Durr- 
schmidt a donné le nom de fllon de Foggia, est compacte 
et ne présente pas de clivages. Mais l'autre extrémité, qui 
a reçu le nom de fllon de la Sessera, pour la facilité du 



(1) Journal de Pkys, et de Chim,, de Lamétherie, — LXXIV. Paris, 1812, 
p. 463. 

(â) RammeUberg, Handl. Mineralchem, 4875, p. 576. 

(3) Bicerche Chemice e Microscopiche in roccie e mmerali d'Italia 4878-4880. 
— Torino 4884 ^ p. 64-68. Feldi^fxUhe corindoniforo délia Biellesc. 



— 180 — 

langage, et qui n*est distante de la première que d'environ 
400 mètres, comme je l'ai dit précédemment, fournit au 
contraire un corindon qui se clive admirablement. On 
trouve aisément dans les envois de la mine le pseudo- 
octaèdre pa^ plus ou moins complet, comme dans la sidé- 
rose, la diallogite et la giobertite. Il est donc certain que 
Muthuon n'a connu et envoyé à Lelièvre que les cristaux 
assez irréguliers du filon de Foggia. 

Grâce à l'obligeance de M. Durrschmidt fils, j'ai pu 
examiner un très grand nombre d'échantillons de la Ses- 
sera. Parmi eux, j'ai eu la bonne fortune de rencontrer 
quelques cristaux entiers et très nets, ayant 15 à 26 milli- 
mètres, suivant l'axe ternaire, et 8 à 12 suivant les axes 
binaires. La combinaison qu'ils offrent est pa^d%. Mais le 
plus grand nombre d'entre eux ne montrent que pa^d^ ou 
simplement a*rf*. Quelques-uns de ces derniers sont parfois 
aplatis suivant deux faces d* parallèles, et montrent une 
rectitude de faces et d'arêtes bien rare dans cette espèce 
minérale. J'ai pu, avec ces cristaux, obtenir au goniomètre 
d'application des valeurs d'angles différant à peine de quel- 
ques minutes de celles calculées, soit, par exemple : 

Observé. Calculé. 

pp = 86«18' — 86*4' 
pa' = i22«30' — 122»26' 
pd' = 13745' — 136^58' 
pc, =1190 — 118<»49' 
e,e,ad; = 128^ — 128^2' 

Les cristaux de la Sessera présentent presque cons- 
tamment, sinon sur trois des six angles trièdres de chaque 
base, au moins sur un ou deux d'entre eux, les faces p 
plus ou moins développées; et quand celles-ci n'existent 



— 181 — 

pas, les stries caractéristiques à cette espèce indiquent 
sur quels angles elles pourraient apparaître. 

En terminant cette courte notice, je dois ajouter que des 
indices de corindon ont encore été reconnus par M. Durr- 
schmidt fils dans les montagnes de Crevacuore, commune 
de Caprile, à environ 1.700 mètres d'altitude. 

Lyon, le 10 mai 1897. 

P. GONNARD. 

Nota. — Les minéralogistes, que le sujet de la note ci- 
dessus intéresserait, pourront consulter les ouvrages sui- 
vants : 

1^ Cenni di statistica Mineralogioa degli stati di S. M. il re 
di Sardegnia, per cura di Vincenzo Barellt, — Torino, 4835. 

2^ / Tesori sotterranei dell Italia, per Guglielmo Jervis. — 
Aoma, Torino^ Firenze, 1878. 



Note rectilicatiTe. 

J'ai publié dans le Bulletin de la Société (tome XVI, n®* 1 
et 2, 1893) une courte note sur un cristal de pinite de 
Saint-Pardoux (Puy-de-Dôme), où j'indiquais une face nou- 
velle a*», dont l'angle avec p est de 118^30', mesuré au gonio- 
mètre d'application. 
9 

Avec n = -^-rr- on arrive hpa^ = ilS°19', valeur très voi- 
20 

sine de celle observée ; j'avais indiqué également ce der- 



— 182 — 

nier résultat, auquel je n'ai pu arriver qu'en faisant 

9 
n =r — • . Or, par une erreur que je ne m'explique pas, et 

à laquelle je n'ai pas pris garde eu corrigeant mes 
épreuves, j'ai, malgré l'accord des deux valeurs observée 
et calculée par moi, noté la nouvelle face a"*. M. le profes- 
seur A. Cathrein vient de me signaler cette erreur; je 
m'empresse donc de la rectifier et d'adresser en mênae 
temps mes remerciements au savant professeur d'Innsbruck 
pour son obligeance. 

J'ajouterai que M. Cathrein pense que, vu le procédé de 
mesure et la petitesse de la face, le symbole de la nouvelle 
face pourrait être simplifié et se remplacer par a*^. Je 
me bornerai à faire remarquer qu'entre pa^ = 117^44' et 
pa*"= 11849', la différence est assez grande pour que, 
môme au goniomètre d'application, on puisse l'apprécier. 

Lyon, 6 juin 1897. 

F. GONNARD. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



Année 1897. — Bulletin n® 6. 



Compte rendu de la séance du 10 Juin 1897. 

Présidence de M. Le Gh atelier. 



M. le Président proclame membre de la Société : 

M. Georges Bénier^ ingénieur civil, présenté par MM. A. 
Damour et Stuer. 

M. A. Damour fait la communication suivante : 

Sur rassociation de Tanthraolte et de la p3rrophyllite 
aux émeraudes de la Colombie. 

Par M. A. Damour. 

On sait que les gîtes d'émeraude de la Nouvelle-Gre- 
nade et notamment celui de Muso, près Bogota, appar- 
tiennent au terrain infra-crétacé (Néocomien) caractérisé 

15 



— 184 — 

par la présence de divers fossiles et notamment par des 
ammonites. L'émeraude, en cristaux très nets, s*y montre 
implantée sur un calcaire cristallin accompagné d'un 
schiste noir. Elle y est parfois associée à un minéral en- 
core rose, désigné sous le nom de parisite (carbonate de 
cérium, de lanthane et de didyme). 

M. Dénier, ingénieur civil des Mines, ayant fait récem- 
ment une exploration géologique en ces contrées de TAmé- 
rique du Sud, a rapporté des échantillons de roches re- 
cueillies sur ces mêmes gîtes d'émeraude et dans lesquels 
on voit intercalés de petits grains d'un noir éclatant, 
presque métallique et pouvant, au premier aspect, être 
confondus avec les minerais du cérium, connus sous les 
noms d'allanite et d orthite. M. Dénier m*a demandé d'en 
faire l'examen; voici ce que j'ai observé sur ce minéral : 

Amorphe, fragile, couleur noir opaque. Rayant le cal- 
caire, rayé par une pointe d'acier. Densité = 1,64. 

Chauffé à la flamme du chalumeau, il rougit et ne fond 
pas. Il ne colore pas les flux. 

Chauffé au rouge sombre dans un mélange de nitre et 
de carbonate de soude, il fuse et brûle rapidement, ne 
laissant qu'un très faible résidu argileux. 

Ces caractères permettent donc de rapporter ce minéral 
à l'anthracite. 

Sur la même roche, on observe des pyrites de fer accom- 
pagnant des nodules aplatis d'un minéral fibreux de cou- 
leur blanc verdâtre, teinté en certaines places, de rouille 
ferrugineuse. 

Ce minéral est très tendre, onctueux au toucher comme 
le talc. Il dégage un peu d'eau dans le matras chauffé. Sa 
densité est : 2,74. Les acides ne l'attaquent pas. 

Chauffé au rouge vif, il se gonfle beaucoup, s'expolie et 
ne fond que très difficilement sur les plus minces éclats. 



— IKf — 

L'analyse m'a donné, pour sa composition» les résultats 
suivants : 

Silice = 63,86 

Alumine = 29,16 

Oxyde ferrique = 1,68 

Traces de chaux et de 

magnésie, eau et 

matière volatile = 6,36 



100,76 



Cette composition exprimée par la formule approxima- 
tive Â'i Si* +R est bien celle qu'ont donnée MM. Hermann, 
Rammelsberg, Sjôgren, Berlin et Genth, pour les pyro- 
phyllites de Berezowsk, d'Ottrez, de Westana et de Ches- 
terfield. 

On peut ainsi compter parmi les minéraux associés à 
l'émeraude de la Nouvelle-Grenade : le calcaire cristallin, 
le schiste charbonneux, Tanthracite, la pyrite de fer, la 
parisite et la pyrophyllite. 

10 juin 1897. 

L'association de Tanthracite aux émeraudes déjà signalée 
en 1892, par M. Jannettaz (*), se trouve encore confirmée 
par les échantillons présentés aujourd'hui à la Société. 



(1) BuUetin de la Société française de Minéralogie, mai-juin 1892. 



— 186 



Sur la production arUlicielle de la laurionite et de 
composés isomorphes avec celle-ci. 

Par M. A. DE Schulten. 

La laurionite, oxychlorure de plomb, ayant la formule 
Pb Cl OH et cristallisant en prismes orthorhombiques, se 
trouve dans les scories de plomb des mines du Laurium, 
en Grèce. Elle a été étudiée par M. Kôchlin(*) et G. vom 
Rath(«). 

J'ai obtenu la laurionite par le procédé suivant : 

On dissout 1 kilogramme d'acétate neutre de plomb dans 
2,8 litres d'eau, on chauffe la solution à Tébullition, on 
ajoute une solution chaude de 80 grammes de chlorure de 
sodium dans 280 centimètres cubes d'eau, on filtre rapide- 
ment et on chauffe la liqueur filtrée, au bain-marie, dans 
un vase à précipiter, pendant 12 à 16 heures. Au bout de 
ce temps il s'est formé un dépôt de laurionite très bien 
cristallisée et parfaitement pure. On lave les cristaux avec 
de l'eau froide, puis avec de l'alcool et de l'éther. 

L'analyse des cristaux a donné : 



Trouvé. 


calculé 
poar PbClOB. 


Pb 79,86 


79,77 


Cl 13,87 


13,67 


H«0 3,34 


3,47 


(par diff.) 3,23 


3,09 



100,00 100,00 

(1) Annalen des k, k. naturtUst. Hofmwceums in Wien, 1887, 2, p. 185. 

(2) ZeUschrift fiir Krystallographie, t. XVII, p. 105. 



— m — 

Les cristaux sont lentement attaqués par l'eau froide. 
Par ébuUition avec de Teau ils deviennent bientôt ternes ; 
chaufifés à 100® ils ne subissent aucun changement de com- 
position. ChaufTés au rouge sombre ils perdent de Teau, 
puis ils fondent. Le culot est formé de longs prismes en- 
chevêtrés d'un oxychlorure de plomb que je me propose 
d'étudier plus tard. 

La densité des cristaux est de 6,241 à 15®. Leur volume 
moléculaire est par conséquent 41,6. La densité de la lau- 
rionite naturelle n'a pas été déterminée. La laurionite arti- 
ficielle est en prismes orthorhombiques, incolores, trans- 
parents et doués d'un éclat adamantin. Les plus gros 
cristaux sont longs de 1 à 2 millimètres et épais d'environ 
0°",1. On observe les faces m (110), dominante, g* (120) 
et e* (012). Je donne ici les angles des normales que j'ai 
mesurés et les angles correspondants du minéral naturel 
déduits des mesures de M. Kôchlin : 





CrisUax aitifleiels. 






Observé. 


CalcDli. 


Cristaux naturels. 


mm (110) (lïO) 
«/«</» (120) (120) 
c»e» (012) (012) 


♦lOTlS' 

68<>32' 

*44°46' 


68O20' 


107O32' 
68<>ify 
40" 9' 



Le rapport des axes est : 

a : b : c= 0,7366 : 1 : 0,8237. 

Si Ton observe un cristal reposant sur la face m en 
lumière polarisée convergente on ne voit pas d'axe optique. 
L'allongement est négatif. La biréfringence est d'envi- 
ron 0,05, 



— 488 — 

L'intervention d'une température élevée n'est pas néces- 
saire à la production de la laurionite, bien qu'elle favorise 
la formation de cristaux nets de ce composé. Si l'on fait 
agir à froid une petite quantité de chlorure de sodium sur 
un excès d'acétate neutre de plomb en solution aqueuse on 
obtient, au bout de quelque temps, des cristaux ayant la 
composition de la laurionite et tout à fait semblables aux 
cristaux formés à chaud, si la cristallisation s'est effectuée 
très lentement. Si les cristaux se sont formés trop vite, 
les faces e* sont supprimées et les faces du prisme de- 
viennent convexes. 

Si dans la préparation de la laurionite indiquée au com- 
mencement de cette note, on substitue au chlorure de so- 
dium 50 grammes de bromure de sodium, on obtient des 
cristaux de laurionite bromée. La cristallisation est ter- 
minée au bout de 12 heures. 

L'analyse des cristaux a donné : 



Troaré. 


Calculé 
poar Pb Br OH. 


Pb 68,03 


68,09 


Br 26,13 


26,32 


H»0 2,99 


2,96 


(par diff.) 2,88 


2,63 



100,00 100,00 

Les cristaux sont attaqués par l'eau, mais moins vite 
que le composé chloré. Chauffés au rouge ils perdent de 
l'eau et fondent. La masse refroidie est bien cristallisée. 

La densité des cristaux est de 6,721 à 15**. Leur volume 
moléculaire est ainsi égal à 45,2. 

La laurionite bromée est en prismes orthorhombiques 
légèrement colorés en jaune, transparents et doués d'un 



— 489 ^ 

éclat adamantin . Ils ont les mêmes dimensions et offrent 
les mômes faces que le composé chloré. 





Angles des normales. 




Observé. QUculé. 


mm (410) (lîO) 
</V(120)(lfO) 
c»e» (012) (0Î2) 


♦lOTW 
68»S0' eS'W 



Le rapport des axes est : 

a : b : c = 0,7310 : 1 : 0,8043. 

Si Ton observe un cristal reposant sur la face m en 
lumière polarisée convergente, on voit un axe optique. Le 
plan des axes est parallèle à la base. L'allongement est 
négatif. 

La laurionite bromée s'obtient aussi à froid dans les 
mêmes conditions que le composé chloré. 

On obtient de la laurionite iodée en opérant de la ma- 
nière suivante. On dissout 400 grammes d'acétate neutre 
de plomb dans 1 litre d'eau, on chauffe à l'ébullition, on 
ajoute 30 à 40 centimètres cubes d'acide acétique cristalli- 
sable, puis une solution bien chaude de 20 grammes 
d'iodure de potassium dans 100 centimètres cubes d'eau, 
on filtre, on recueille la liqueur filtrée dans un verre à 
précipiter renfermant 1 litre d'eau bouillante et on chauffe 
la liqueur au bain-marie. La cristallisation est terminée au 
bout de 8 à8 heures. 

L'analyse des cristaux a donné : 



— 190 — 




Trouvé. 


Calculé 
pour Pb I OH. 


Pb 88.83 
I 38,97 
H«0 2,68 
(par diff.) 2,88 


88,99 

36,17 

2,86 

2,28 



100,00 100,00 

Les cristaux ne sont pas attaqués par Teau. Chauffés 
au rouge, ils perdent leur eau et fondent en émettant des 
vapeurs d'iode. Pour la détermination de Teau, j'ai chauffé 
la matière avec un excès d'oxyde de plomb. 

La densité des cristaux est de 6,827 à 18«. Leur volume 
moléculaire est ainsi égal à 51,4. 

La laurionite iodée est en prismes orthorhombiques 
jaunâtres, limpides et doués d'éclat adamantin. Ils atteignent 
environ 1 millimètre de longueur et 0"'",5 d'épaisseur. Ils 
offrent les mômes faces que le composé chloré. 





Angles des normales. 




Obserré. Calculé. 


mm (110) (ITO) 
9Y (120) (llO) 
e«e» (012) (0T2) 


*106»28' 

67039' 6T32' 
♦44» 0' 



Le rapport des axes est : 

a : b : c = 0,747f> : 1 : 0,808l. 

Les propriétés optiques concordent avec celles que j'ai 
signalées chez la laurionite bromée. 

La laurionite iodée se produit à froid dans les mêmes 
conditions que la laurionite chlorée. 



— 191 — 

Si Ton compare les rapports des axes des trois composés 
isomorphes que je viens de décrire, on voit que le com- 
posé brome se rapproche du composé chloré par la lon- 
gueur de l'axe a, tandis qu'il se rapproche du composé 
iodé par la longueur de Taxe c. 



Sur la production artificielle à la température ordinaire 
de la phosgénite et de la phosgénite bromée. 

Par M. A. DE Schulten. 

Des cristaux très nets de phosgénite ont été obtenus en 
1881 par MM. Priedel et Sarasin(*) en chauffant un mélange 
de chlorure et de carbonate de plomb avec de Teau, en 
tube clos, à 180". 

Les conditions dans lesquelles s'est effectuée la cristalli- 
sation de la phosgénite naturelle en certaines localités sont 
telles que l'intervention d'une température élevée paraît 
exclue. Guidé par cette indication de la nature, je suis 
parvenu à réaliser la synthèse de la phosgénite à la tempé- 
rature ordinaire par un procédé des plus simples. On n'a 
qu'à mettre une solution aqueuse de chlorure de plomb en 
contact avec une atmosphère d'acide carbonique, pendant 
quelque temps, pour voir s'engendrer de petits cristaux de 
phosgénite d'une grande netteté. Pour obtenir un produit 
qui ne soit pas souillé par du chlorure de plomb, il convient 
d'opérer de la manière suivante. Dans un bassin de 3 litres 
on met 1,8 litre d'une solution aqueuse de chlorure de 

(1) Bul, Soc. Min,, t IV, p. 176. 



- 192 — 

plomb saturée à froid, on ajoute 1 litre d'eau récemment 
bouillie et on fait passer un courant lent d'acide carbonique 
dans l'espace vide du ballon. Au bout de vingt-quatre 
heures, il s'est formé des cristaux de phosgénite dont la 
plus grande partie nage sur la surface du liquide. On lave 
les cristaux rapidement avec de Teau froide, puis avec de 
l'alcool et de l'éther. 

L'analyse des cristaux a fourni les nombres suivants qui 
conduisent à la formule de la phosgénite PbCO', PbCi* î 

TroQvé. Calculé. 



Pb 


75,97 


75,97 


Cl 


13,03 


13,01 


C0« 


8,21 


8,08 


(par diff.) 


2,79 


2,94 



100,00 100,00 

Laissés en contact avec de l'eau, les cristaux deviennent 
vite ternes. 

La densité des cristaux est de 6,134 à 18®. Le volume 
moléculaire est ainsi égal à 88,8. 

La phosgénite artificielle est en pyramides ou prismes 
quadratiques, transparents et doués d'un vif éclat. On 
observe les faces p(OOl), 6"'(4H), m(iiO), ft*(100) et de petites 
facettes d'un octaèdre sur les angles. Les faces dominantes 
sont généralement h''\ chez les cristaux nageant sur la 
surface du liquide, et p chez les cristaux qui se sont déposés 
au fond du ballon. Les cristaux sont à un axe et positifs. 
Les cristaux aplatis suivant p atteignent 0™",i6 de dia- 
mètre. 

La phosgénite bromée s'obtient par la substitution du 
bromure de plomb au chlorure dans la préparation du 



— 193 — 

composé chloré que je viens de décrire. Si l'on fait agir 
Tacide carbonique trop longtemps sur la solution de bro- 
mure de plomb, les cristaux de phosgénile bromée pren- 
nent une teinte noirâtre par suite d'une légère réduction, 
fait que je n'ai pas encore pu élucider. 

L'analyse des cristaux a donné les nombres suivants. 
qui conduisent à la formule PbCO', PbBr*. 

Trouvé. Calculé. 



Pb 


65,21 


65,30 


Br 


25,S3 


25,23 


CO» 


6,65 


6,94 


(par diff.) 


2,61 


2,53 



100,00 100,00 

La phosgénite bromée est attaquée par Teau froide comme 
le composé chloré, mais moins vite que celui-ci. 

La densité des cristaux est de 6,850 à 18'*. Le volume 
moléculaire est ainsi égal à 96,8. 

La phosgénite bromée est en cristaux quadratiques, inco- 
lores et transparents, ayant les mêmes dimensions et les 
mêmes propriétés cristallographiques et optiques que celles 
signalées par moi chez la phosgénite chlorée. 

Toutes mes tentatives d'appliquer le procédé que je 
viens de décrire à la production d'une phosgénite iodée 
sont restées infructueuses. 



— 194 — 



Production arUlicièlle simultanée de la laurionite, 
de la phosgénite et de la oérusite. 



Par M. A. de Sghulten. 



On sait que la laurionite se trouve associée à la 
phosgénite et à la cérusite à Laurium où ces minéraux se 
sont évidemment formés par Taction de Teau de mer et de 
Tair sur des scories de plomb. Ayant réussi à préparer 
artificiellement la laurionite et la phosgénite dans des 
conditions qui ont présidé à leur formation à Laurium, 
j'ai voulu essayer de produire ces deux espèces minérales 
et la cérusite associées. 

A cet effet, je dissous 20 grammes d'acétate neutre de 
plomb dans 1 litre d'eau, j'ajoute une solution de 2 grammes 
de chlorure de sodium et j'abandonne la liqueur filtrée au 
repos dans un grand ballon en faisant passer un courant 
très lent d'acide carbonique dans l'espace vide du ballon. 
Bientôt on voit se former sur les parois du ballon et sur la 
surface du liquide des cristaux brillants de laurionite, et, 
au bout de quelque temps, on voit apparaître des cristaux 
nets de phosgénite s'associant à la laurionite. En conti- 
nuant de faire passer le courant d'acide carbonique, on voit 
la laurionite disparaître peu à peu des endroits qui sont le 
plus exposés à l'action de l'acide carbonique, et maintenant 
apparaissent de petits cristaux de cérusite présentant les 
faces 6*'*(111) et m(410) et tous maclés suivant m, qui se 
déposent sur la phosgénite. La laurionite subsistant encore 
intacte dans les parties inférieures du ballon, celui-ci 
renferme ainsi maintenant tous les trois minéraux en 
question associés. 



— 498 — 

Si Ton continue encore de faire agir l'acide carbonique 
sur le contenu du ballon, la quantité de phosgénite paraît 
diminuer, tandis que les cristaux de cérusite deviennent 
plus volumineux. Des expériences faites sur la laurionite 
et la phosgénite artificielles prises isolément m'ont, d'ail- 
leurs, montré que, par l'action de l'acide carbonique en 
présence de l'eau, la laurionite est transformée en phos- 
génite et que la phosgénite, à son tour, cède la place à la 
cérusite. 



Sur la production des carbonates cristallisés de cad- 
mium et de manganèse (diallogite artificielle). 

Par M. A. de Sghulten. 

Déjà en 1887, M. L. Bourgeois (*) a réussi à produire le 
carbonate de cadmium cristallisé en rhomboèdres, en 
chauffant du carbonate de cadmium amorphe avec une 
solution de chlorure d'ammonium en tube scellé à 150- 
180V 

En 1888, j'avais tenté, mais sans succès, de faire cristal- 
liser le carbonate de cadmium en appliquant la méthode 
qui avait fourni à de Senarmont (•) des carbonates cristal- 
lisés de plusieurs autres métaux de la série magnésienne : 
l'action du carbonate de calcium sur une solution de chlo- 
rure de cadmium, en vase clos, à 200®, donne un oxychlo- 
rure de cadmium au lieu du carbonate de ce métal (•). 

(1) Comptes reruhUy t. CIII, p. 1.088. 

(2) Comptes rendus, t. XXXII, p. 409. 

(3) Comptes rendus^ t. GVI, p. 1.674. 



— 196 — 

Des expériences récentes m'ont montré que le carbonate 
de cadmium cristallisé s'obtient aisément par application 
du procédé qui m'a fourni la malachite en 1889 (*). On 
ajoute à une solution de chlorure de cadmium, de concen- 
tration moyenne, du carbonate d'ammonium en excès, pais 
de l'ammoniaque jusqu'à ce que tout le carbonate de cad- 
mium précipité soit dissous, on étend fortement la solution 
avec de l'eau et on chauffe la liqueur au bain-marie, dans 
un ballon ouvert ou dans un verre à précipiter. A mesure 
que l'ammoniaque se dégage, il se dépose sur les parois 
du vase des cristaux brillants de carbonate de cadmium. 

L'analyse des cristaux a donné : 

Trouvé. Calcolé 

— pour GdCO'. 

CdO 74,81 74,43 

CO* 2S,iO 2«,S7 



99,61 100,00 

Si l'on chauffe les cristaux au rouge, ils se transforment 
en oxyde noir de cadmium sans que leur forme extérieure 
change. 

La densité des cristaux est de 4,960 à 13®. 

Le carbonate de cadmium est en rhomboèdres simples, 
transparents, qui atteignent de 0°™,1 à 0°"°,2 de longueur. 

L'angle aigu de la face p est égal à environ 77®30' et 
l'angle des normales pp est ainsi égal à environ 74®. 

Le carbonate de manganèse a été obtenu par de Senar- 
mont sous forme de poudre cristalline par le chauffage 
en tube scellé à 160®, pendant quelques jours, d'un mélange 

(1) Comptes rendus, t. GX, p. 202. 



— 197 — 

de chlorure de manganèse et de carbonate de sodium en 
solution aqueuse. 

Si dans la préparation du carbonate de cadmium cristal- 
lisé que je viens de décrire, on substitue au chlorure de 
cadmium du chlorure de manganèse, on obtient de très 
petits cristaux ayant l'apparence de rhomboèdres, mais il 
est difficile d'éviter que le précipité ne s'oxyde à l'air en 
prenant une teinte brunâtre. 

On obtient du carbonate de manganèse cristallisé pur 
si l'on fait bouillir la solution du carbonate de manganèse 
précipité dans l'eau saturée d'acide carbonique. Pour éviter 
l'oxydation des cristaux il faut avoir soin de ne pas chauffer 
la liqueur trop longtemps. Les cristaux obtenus de cette 
façon sont trop petits pour pouvoir être déterminés. J'ai 
obtenu de plus grands cristaux par ce procédé en me ser- 
vant de l'appareil qui m'a permis de produire des cristaux 
de malachite au moyen d'une solution de carbonate de 
cuivre dans l'eau saturée d'acide carbonique (^). 

L'analyse des cristaux a donné : 

Trouvé. Calculé 

— pour MqCO . 

MnO 61,56 61,74 

C0« 37,82 38,26 



99,38 100,00 

Les cristaux ne sont attaqués que lentement par les 
acides étendus, chauffés au rouge, à l'air, ils se transfor- 
ment en oxyde manganoso-manganique noir en conservant 
leur forme extérieure. 

(1) Comptés rmdus, t. CXXII, p. 1.352. 



— 198 — 

La densité des cristaux est de 3,6S. 

La diallogite artificielle se présente en rhomboèdres 
simples, transparents, brillants et presque incolores. lis 
atteignent 0"»"»03 de longueur. L'angle aigu de la face p 
est égal à environ 77<>10' et l'angle des normales pp est ainsi 
égal à environ 73*>25'. Les cristaux sont négatifs. 



Revue des espèces minérales nouvelles. 



Blxbjrite. — Minéral cubique et présentant les formes 
p (001) et a* (lia). Traces de clivage octaédrique. Couleur 
noire ; éclat métallique. Poussière noire. Densité 4,94S. 
Dureté 6 à 6,8. 

La bixbyite fond à la flamme du chalumeau en donnant 
un globule magnétique. Réduite en poudre très fine, elle 
se dissout avec difficulté dans Tacide chlorhydrique avec 
dégagement de chlore. 

L'analyse a donné les résultats suivants : 

I II Moyenne. 

SiO» 

A1»0» 

Pe»0» 

TiO» 

MnO 

MgO 



La silice et l'alumine sont considérées comme des 
impuretés. 

On peut regarder le minéral comme répondant à la 
formule PeMnO', la quantité d'oxygène 4,37 permettant 
de transformer Mn en Mn'O* ; mais par analogie avec 



1,24 


1,19 


1,21 


2,57 


2,48 


2,83 


47,81 


48.18 


47,98 


1,62 


1,78 


1,70 


42,08 


42,02 


42,05 


0,12 


0,09 


0,10 


4,37 


4,39 


4,38 


l'alumine 


sont considérées 


comme 



— 199 — 

Pe*0', le minéral devrait être rhomboédrique, or il est 
cubique et par conséquent il vaut mieux le rapprocher 
de la perowskite et lui donner pour formule FeO, MnO". 

Le titane remplacerait une petite quantité de manga- 
nèse. 

La bixbyite, dédiée à M. Maynard-Bixby, a été trouvée 
à 3S milles sud-ouest de Simpson-Utah. Les cristaux, 
ayant 8 millimètres de côté environ, sont implantés sur 
de la topaze, sur des grenats décomposés et sur des 
rhyolites. lis ont été formés sous Faction des fumeroles. 

(S.-L. Penfibld et H.-W. Foote, Am. J. of S,, 8* série, 
vol. IV, p. 108, août 1897.) 

Rœblingite. — Ce minéral se présente en masses 
compactes blanches qui consistent en un agrégat de petits 
cristaux prismatiques. Ces derniers, examinés au micros- 
cope, s^éteignent parallèlement à leur longueur et ont une 
double réfraction faible. Ils sont trop petits pour que les 
auteurs aient pu déterminer leur système cristallin. 
Leur densité est 3,433 et leur dureté est inférieure à 3. 

L'analyse a donné les résultats suivants : 

I II Moyenne. 



SiO» 


23,81 


23,66 


23,88 


SO» 


9,01 


8.99 


9 


PbO 


31,07 


30,99 


31,03 


MnO 


2,46 


2.81 


2,48 


CaO 


28,91 


25,98 


28,98 


SrO 


1,33 


1,46 


1,40 


K»0 


0,16 


0,09 


0,13 


Na»0 


0,43 


0,36 


0,40 


H»0 


6,36 


6,38 


6,31 



100,32 



16 



— 800 — 

La formule H"Ca'Pb»Si»S*0" représente la composi- 
tion du minéral, qui peut être considéré comme une com- 
binaison de cinq molécules du silicate H*CaSiO* et deux 
du sulfite CaPbSO*, une petite quantité de chaux étant 
remplacée par le manganèse et la strontîane. C'est la 
première fois qu'un sulfite a été constaté dans la nature. 

Fusibilité 3. Soluble dans les acides. Traité par le 
carbonate de sodium sur le charbon et à la flamme réduc- 
trice donne un globule de plomb. 

Ce minéral, dédié à Fingénieur Rœbling, se trouve à 
Franklin New Jersey, près du ou au contact d'un granit et 
d'un calcaire blanc, associé au grenat, à Tanatase, au 
zircon, à la phlogopite, à Taxinite, à la willemite, à la 
datholite, à la barytine, à la caswellite, à la calcite, à la 
pyrite, rhodonite, etc. (S.-L. Penfield et H.-W. Foote. — 
Ibid., 4« série, t. III, p. 413; 1897.) 



VTellsite. — La wellsite est monoclinique et présente 
des macles semblables à celles de Tharmotome et de la 
phillipsite. Elles présentent deux types. Le premier, qui est 
le plus fréquent, est représenté par des cristaux maclés 
suivant p et suivant e^ et terminés par une pyramide. 
Les cristaux du deuxième type sont maclés suivant m. 
Ils sont semblables à ceux de l'harmotome de Bowling 
près de Dumbarton sur la Clyde, décrits par M. A. 
Lacroix (*). 

Les formes observées sont A* (100), g^ (010), p (001) et 
m (110) avec e* (011) comme plan de macle seulement. 

La mesure des angles a donné : 

(1) Bidietin de la Société Miner, de France, t. VIII, 94. 1885. 



- 201 — 

(010) (OiO) 90«* sur le plan de macle. 

(100) (100) 13^'* sur le plan de macle. 

(010) (110) 58<»19'* 

(001) (100) 83«27 = p. 

(001) (110) 60O «9«4»' m^Sr calculé : «9»33'. 

a : 6 : c = 0,768 : i : i,24S. 

Les cristaux sont brillants et ne montrent pas de clivage 
apparent. 

L'éclat est vitreux. Beaucoup de cristaux sont peu colorés 
et presque transparents, les autres sont blancs. Dureté de 
4 à 4,8. La densité varie de 2,278 à 2,366. 

fip fait un angle de S2« avec l'axe vertical dans l'angle 
obtus p. Double réfraction positive. % est bissectrice aiguë. 
L'angle des axes varie probablement de 120 à 130®, mais 
cela n'a pas été mesuré directement. 

L'analyse a donné les résultats suivants : 

I II Moyenne. 

SiO» 43,62 44,11 43,86 

A1»0' 25,04 24,89 24,96 



BaO 


8 




5,1S 


0,07 


SrO 


1,12 




1,18 


1,18 


CaO 


S,76 




5,84 


8,80 


MgO 


0,61 




0,62 


0,62 


K»0 




3,40 




3,40 


Na»0 




1,80 




1,80 



H«0 13,32 13,39 13,35 



100,01 



La formule R''Al*Si'0^^ 3H*0 représente sa composition 

13 3 

R' = — Ba, -^ Ca, -=- K. La wellsite est donc une zéo- 



- 202 — 

lithe voisine de la phiilipsite. Chauffée au chalumeau, elle 
s'exfolie légèrement et donne un globule blanc. Fusibilité, 
2,8 à 3. 

Ce minéral, dédié à M. S.-L. Well, a été trouvé à Buck 
Greek, dans une mine de corindon de Clay Co (Caroline 
du Nord). 

La couche de corindon renferme de Talbite, du feld- 
spath, de l'hornblende et est traversée par la dunite près 
de son contact avec le gneiss. (J.-H. Pratt et H.-W. 
PooTB. — Am, Joum. of Se, 4® série, t. III, p. 443. 
1897.) 

Gersbsrite. — Minéral bleu, en grains d*un millimètre, 
appartenant au système hexagonal ou au système rhom- 
bique. Pas de clivage. 

L'analyse a donné : 



P»0' 


33,22 


32,26 


A1»0« 


47 


46,68 


CaO. FeO, MnO 


9,43 


6,66 


MgO 


2,40 


5,33 


H»0 


7,19 


9,07 



La formule P>0», 3R0 + 3(P«0S 3R»0») + 17H>0 repré- 
sente la composition de ce minéral qui est voisin de la 
lazulithe. 

La Gersbyite a été trouvée à Dicksberg, près de Gersby, 
Wermland, dans des schistes quartzeux à damourite. 
(Igelstrôm. — Zeitsch. f. KrysL, t. XXVIII, p. 310, 1817). 



Le Secrétaire, gérant, P. GAUBERT. 



PARIS — IMPRIMERIE CHAIX (SUCC. b), 5, RUE DE LA SAmTE-GHAPELLE.— 1119-97. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



Année 1897. — Bulletin n® 7. 



Compte rendu de la séance du 11 novembre 1897. 

Présidence db M. Termier. 



M. LE Président annonce la présentation d'un membre 
perpétuel. 

M. Ad. Garnot fait hommage à la Société des deux notes 
suivantes qu'il a publiées en commun avec M. Goûtai : 

1° Sur l'emploi des sels cuivriques pour préparer le 
dosage de divers éléments dans les fontes et les aciers. 
Comptes rendus de V Académie des Sdences, CXXV, 12 juillet 
1897 ; 

^ Recherches sur l'état où se trouvent, dans les fontes 
et les aciers, les éléments autres que le carbone. Ibid.^ 19 
et 29 juillet 1897. 

M. F. PisANi présente des échantillons des minéraux 
suivants : 

17 



- 204 — 

1® D'Euchairite de la province de Bioga, République 
Argentine. Ce minéral, trouvé d'abord en Suède, où il est 
excessivement rare, a été rencontré récemment dans cette 
nouvelle localité d'Amérique, associé à Tumangite (séléniure 
de cuivre et de plomb), ayant la couleur de la phillipsite, 
ainsi qu'avec la chalcoménite, sélénite de cuivre d'un bleu 
d'azur. L'umangite avait été analysée par M. Pisàni avec 
d'autres séléniures gris (en 1879) et signalée comme une 
variété à part ; 

2o De Tridymite en très gros cristaux ayant jusqu'à S mil- 
limètres de diamètre, dans la trachyte de Pietro Monta- 
guone, Monts Euganéens. 



Sur le cinabre et l'onoirite de Ouen-Shan-Tchiang (*;. 
Par M. Termier. 

M. Chauveau, ingénieur civil des Mines, m'a rapporté 
d'un voyage d'exploration en Chine d'admirables cristaux 
de cinabre, mêlés d'un peu d'onofrite grenue, provenant 
des mines de cinabre d'Ouen-Shan-Tchiang, dans la pro- 
vince de Koueï-Tchéou (Chine centrale). Ces mines, exploi- 
tées pour vermillon, sont ouvertes sur des veines quart- 
zeuses, plus ou moins chargées de sulfure et de séléniure 
de mercure, qui traversent des calcaires compacts et durs, 
assez analogues aux calcaires du Trias alpin. 

Le cinabre est généralement en cristaux nets; l'onofrite 
forme de petites mouches opaques, d'un noir de fer, à 

(î) Note présentée à la séance de mars. — C'est à la suite d'une erreur 
dans la mise en pages que la note n'a pas été publiée dans le Bulletin pré- 
cédent. 



— -20S — 

cassure grenue et éclatante. Deux analyses, faites par 
M, Pisani, ont donné les résultats suivants: 





Cinabre. 






Onofrite. 


Mercure 


8ST75 






7-T3 


Soufre 


13,70 






10,3 


Sélénium 


Néant 
99,48 






8,4 






Zinc (traces 


de fer) 


1,3 



97,3 

L'analyse d*onofrite a été faite sur 0»^300 environ de ma- 
tière à poussière noire, contenant encore quelques fines 
particules de cinabre. Un essai pour soufre fait sur une 
très petite quantité d'onofrite triée à la loupe n'a donné 
que 9,4 0/0 de soufre. 

Le rapport de S ■+- Se à Hg + Zn, dans Tonofrite ana- 
lysée, est très sensiblement égal à 1. La formule du minéral 

est donc : 

(Hg, Zn) (S. Se) 

comme dans Tonofrite de San Onofre et dans celle de 
rutah. 

Quant au cinabre, il a la composition normale, corres- 
pondant à la formule HgS. 

Dans les druses des veines quartzeuses, les cristaux de 
cinabre atteignent parfois de grandes dimensions (jusqu'à 
2 centimètres de longueur, parallèlement à Taxe ternaire) ; 
ils sont entourés, et parfois lardés, de fines aiguilles de 
quartz. 

La forme est celle des cristaux de Nikitowka (Donetz), 
décrits par G. Tschermak (^) : rhomboèdres groupés par 

(1) Tschermak. — Mineralog, und petrograph. Mittheilungen^ VU, 1886, 
p. 361. 



— 206 — 

com pénétration, Tun des deux individus ayant, par rapport 
à l'autre, tourné de 60» autour de Taxe ternaire. 

Chacun des deux cristaux ainsi associés présente d'ailleurs 
les formes suivantes (le paramètre c du cinabre étant pris 
égal à 1,145) : 

Base c = (0001) = a^ (Haûy-Lévy) 

Rhomboèdre primitif r = (lOll) =p — 

— direct U = (3032) = e« 

— — n =(2021) = e» — 

La base c est très rare. Le dernier rhomboèdre n est de 
beaucoup le plus développé, surtout dans les gros cristaux. 
La forme U, qui est une forme nouvelle du cinabre, n'ap- 
paraît pas dans tous les échantillons. Quelques cristaux 
montrent, en outre, sur les angles de l'hexagone en zig- 
zag, de très petites faces e* = (lOÎO), parallèles aux cli- 
vages. Voici le tableau des angles (angles des normales, 
mesures faites par M. Richard) : 

Mesuré. Calculé. 



rr 


ou (lOÏl) (OÎH) 


87''2S' 


87023- 


nn 


ou (2021) (0221) 


107«40' 


107O36' 


eV 


ou (OIÎO) (1011) 


ee-ai' 


66O30' 


e*n 


ou (0110) (2021) 


62''21' 


62«7' 


rU 


ou (lOÎl) (3032) 


10» 


10«20' 


m 


ou (lOÎl) (2021) 


16022' 


16023' 


cr 


ou (0001 ) (lOll) 


S3»4' 


S2054' 



Sur un seul cristal, j'ai observé une face, et une seule, 
d'hémiscalénoèdre. Cette forme est certainement très dif- 
férente de la forme x de Nikitowka (4253). Elle est beau- 
coup plus aiguë et n'appartient pas à la môme zone. Le 
symbole n'a pu en être déterminé avec précision, toutes 
les faces du cristal en question étant dépourvues d'éclat. 



— 207 — 

Les très petits cristaux sont seuls éclatants et bien iùv- 
mes. Dans les gros cristaux (de (K",6 à S*"*), les faces t^/ôt 
surtout les faces n, sont striées horizontalement, ondulées, 
parfois cylindroïdes, le plus souvent ternes, et couvertes 
d'une sorte de vernis opaque, d'un rouge sombre ou d'un 
rouge vif. Les teintes rouge sombre et rouge vif de cet 
enduit alternent par bandes horizontales. La cassure de ces 
mômes cristaux est lamelleuse (clivages c*) et extrême- 
ment éclatante. 

Les axes ternaires des deux cristaux assemblés sont 
toujours rigoureusement parallèles; mais, de môme que 
dans les échantillons de Nikitowka, il est rare que ces deux 
axes coïncident en position, en sorte que la figure exté- 
rieure de cet assemblage étoile peut ôtre plus ou moins 
irrégulière. En tout cas, les deux individus groupés ont 
toujours les mêmes plans de clivage : la loi du groupement 
est donc bien, comme à Nikitowka, une rotation de 60® 
autour de l'axe ternaire. Les propriétés optiques de. ces 
assemblages sont intéressantes. 

Une lame taillée perpendiculairement à l'axe ternaire et 
examinée en lumière naturelle, ne montre aucune division 
intérieure et paraît homogène. On y voit de fines cassures 
suivant les trois directions e* et des files d'inclusions noires 
(onofrite?) perpendiculaires à ces cassures, c'est-à-dire 
parallèles aux trois faces (fi du deuxième prisme hexagonal. 

Si l'on observe la même lame en lumière parallèle entre 
deux niçois, on la voit divisée en deux systèmes de ré- 
gions, inégalement claires, rigoureusement limitées par des 
lignes parallèles aux clivages e*. La distribution de ces régions 
est très irrégulière et très variable ; elle semble n'avoir 
aucun rapport avec la forme extérieure du groupement. 
Les figures ci-dessous, un peu schématiques, représentent 
deux types de cette distribution. 



— 208 — 



Les régions qui, en lumière parallèle, sont inégalement 
claires, correspondent à des rotations inégales du plan de 
polarisation. En faisan^, tourner Tanalyseur, on les voit 
successivement s'éteindre. A la jonction de deux régions. 








et dans une bande de très faible largeur parallèle à cette 
jonction (c'est-à-dire parallèle à une face e*), l'extinction se 
déplace parallèlement à elle-même et parallèlement à e* au 
fur et à mesure que l'on tourne l'analyseur. 

Chaque cristal est donc formé par l'accolement, suivant 
des faces e', de deux espèces de cinabre, différant entre 
elles par le sens ou la valeur de la rotation. Les faces e« 
d'accolement sont interrompues, de distance en distance, 
par de très petits escaliers horizontaux d'une largeur très 
uniforme : d'où les bandes à extinction progressive. 

Ces déductions se vérifient par l'observation en lumière 
convergente. Dans certaines lames, l'un des deux systèmes 
de régions correspond à du cinabre droit, l'autre à du 
cinabre gauche : les rotations sont inverses et égales et le 
pouvoir rotatoire est d'environ 325<>. Les bandes étroites à 
extinction progressive montrent fréquemment les spirales 
d'Airy, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. 

D'autres lames montrent une disposition différente. 



— 209 — 

L'extinction des deux systèmes de régions ne s'y fait pas 
symétriquement de part et d'autre de la position de l'ana- 
lyseur qui correspond à une rotation nulle. L'un des 
systèmes donne une rotation droite, l'autre une rotation 
gauche ; mais ces rotations inverses ne sont pas égales. Il 
y a donc, dans l'un des systèmes, et probablement dans 
les deux, mélange de cinabre droit et de cinabre gauche. 
Les spirales d'Airy apparaissent encore quand on vise, en 
lumière convergente, certains points des bandes intermé- 
diaires à extinction progressive. Parfois l'un des systèmes 
de régions ne présente plus de pouvoir rotatoire et on y 
voit, en lumière convergente, la croix noire pénétrer jus- 
qu'au centre de l'image d'interférence. 

D'après la description qu'en a donnée Tschermak, le ci- 
nabre de Nikitowka se compose, dans la plupart des cas, 
d'un semblable mélange, à pouvoir rotatoire très réduit, 
parfois même nul : mais on n'y observe pas cet accolement 
régulier, suivant des faces e*, de cristaux à rotations in- 
verses, qui semble être la caractéristique du cinabre 
d'Ouen-Shan-Tchiang. 

Les lames taillées obhquement par rapport à l'axe ter- 
naire, dans les cristaux d'Ouen-Shan-Tchiang, ne montrent 
aucune trace de groupements intimes et semblent parfai- 
tement homogènes. Elles donnent, en lumière convergente, 
les images des cristaux uniaxes. 

Il semble résulter de ces propriétés optiques qu'il n'y a 
pas réellement compénétration de deux cristaux rhom- 
boédriques, ayant même axe ternaire et dont l'un aurait, 
par rapport à l'autre, tourné de 60® autour de cet axe. Au 
point de vue morphologique, cette définition peut paraître 
exacte : en réalité, et si Ton considère la structure intime 
des cristaux d'Ouen-Shan-Tchiang, le groupement est tout 
autre. Ces cristaux sont des polyèdres hexagonaux étoiles, 



— 210 — 

manifestant extérieurement une hémiédrie holoaxe du 
système sénaire et qui sont formés de prismes, accolés sui- 
vant des plans parallèles aux clivages, de cinabre droit pur 
et de cinabre gauche pur, ou encore de deux cinabres à 
rotations inverses, mais eux-mêmes mélangés et n'ayant 
qu'un pouvoir rotatoire réduit. 

En d'autres termes, le cinabre d'Ouen-Shan-Tchiang, par 
toutes ses propriétés, semble être hexagonal et non pas ter- 
naire. L'axe principal est véritablement d'ordre 6 et il y a 
six axes binaires dans le plan perpendiculaire. 



Matériaux pour la Minéralogie de l'Algérie. 
Par L. Gentil. 

Le gisement zéolitique du cap Djinet (Alger). 

Le cap Djinet, situé à 60 kilomètres environ à Test d'Al- 
ger, fait partie d'un massif volcanique dans lequel M. De- 
lage (*) a le premier signalé des zéolithes : il a déterminé 
de la mésotype et de la scolécite qu'il distingue par le signe 
de leur allongement. 

De mon côté, j'ai annoncé de la mésolite et de l'apophyl- 
lite diagnostiquées par M. Damour (*) sur des échantillons 
provenant des caillasses d'empierrement de la ville d'Al- 
ger. M. A. Lacroix a déterminé depuis sur ces mêmes 
échantillons, la mésotype et l'apophyllite (•). 

J'ai réuni l'hiver dernier, dans ce gisement minéralogi- 
que, de nombreux matériaux dont l'étude fait l'objet de la 
présente note. 

(i) Thèse de doctorat^ Montpellier, 1888, p. 16i. 

(2) L. Gentil. — Sur quelques zéoUtes d'Algérie {BuU, Soc, franc. Min., 
t. XVIII, p. 374). 

(3) Minéralogie de la France et de ses colonies^ t. II, p. 271. 



— 211 - 

Le massif volcanique du cap Djinet est assez important. 
Il s'étend sur une dizaine de kilomètres de longueur et 
autant de largeur. Les zéolites se rencontrent surtout à 
l'ouest du massif au bord de la mer, dans une petite anse 
où sont ouvertes des carrières exploitées pour l'entretien 
des routes d'Alger. 

C'est là que j*ai recueilli la majorité de mes échantillons. 
Une course rapide dans le reste du massif m'a permis de 
m'assurer de la grande dissémination de ces silicates 
hydratés, notamment dans les tufs qui accompagnent les 
filons et les coulées de laves. 

I. — ZÉOLITES DANS LA ROCHE VOLCANIQUE. 

La plus grande partie de mes échantillons proviennent 
de la carrière exploitée par M. Bonamici, dans un filon de 
lave ayant traversé et modifié des marnes calcarifères 
appartenant au Miocène inférieur (Cartennien). 

Composition de la roche. — C'est une labradorite augitùfoe, 
ainsi que l'a déterminé d'abord M. Delage (*), puis, MM. J. 
Curie et Flamand (*). C'est une roche compacte plus ou 
moins foncée. Elle montre au microscope de grands cris- 
taux (ïaugite et de feldspaths. Ces derniers appartiennent 
à la série basique : le labrador-bytownite paraît dominer; 
on y rencontre aussi de la bytoionite et de Vanorthite. 

La pâte microlitique est constituée par de longs micro- 
lites de lab7^ador et de labrador-bytomnite associés à des 
microlites augiiiques et des microlites de magnétite dissémi- 
nés. Les produits secondaires sont abondants : des produits 
chloriteux (delessite...), de la calcite et des zéolites. 

Enclave quartzeuse. — J'ai observé dans cette roche une 
enclave de quarlz. Celui-ci se montre craquelé ou fondu. 

(1) Étude tuccincte sur les roches éruptUtes de VAlgéHey Alger, 18^9, p. 23. 



— 212 — 

Le verre résultant de cette fusion montre fréquemment des 
inclusions gazeuses ; ailleurs il a subi un commencement 
de recristallisation en fibres très fines d'allongement posi- 
tif. Cette enclave est entourée d'une bordure d'augite à peine 
coloré en cristaux quelquefois visibles à Pœil nu disposés 
normalement à la paroi de l'enclave. Ce pyroxène se 
montre, en outre, à Fétat de cristallites dans le verre fondu; 
des filonnets de ce minéral sillonnent l'enclave quartzeuse. 
Le passage à la roche volcanique se fait généralement par 
une zone de grands plagioclases acides : de Vandésine. 

Enclaves calcartfères. — Bien que je n'aie pas observé 
d'enclaves de cette nature dans la labradorite de Djinet, il 
n'est pas douteux qu'elles aient été abondantes dans cette 
roche volcanique. Leur existence permet d'expliquer le 
mode de gisement habituel des zéolites déposées dans cette 
roche. 

Les silicates hydratés se montrent généralement, en 
effet, sous forme de masses irrégulières emprisonnées au 
sein de la roche. Celle-ci étant très compacte, on ne peut 
admettre que les zéolites se soient déposées dans des 
cavités; il semble plutôt, au premier abord, que ces sili- 
cates se soient formés aux dépens d'enclaves solubles ou 
facilement désagrégées par les eaux minérales qui ont 
déposé les zéolites. 

Cette manière de voir paraît pleinement confirmée par 
l'existence, dans un grand nombre de nodules zéolitiques, 
de trois minéraux : un pyroxène vert, un grenat et de la tool- 
lastonite. Ces minéraux se montrent à la périphérie des 
nodules : les zéolites sont toujours de formation posté- 
rieure. 

Le pyroxène est en petits grains arrondis ou en cristaux 
visibles à l'œil nu avec les faces habituelles m(llO), A*(100), 
gHOiO), 6'''(îll). Ces cristaux possèdent un polychroïsme 



- 213 — 

sensible : d*un beau vert, suivant ng ; jaune verdâtre, sui- 
vant Wp. Ils sont quelquefois disposés en faisceaux nor- 
malement à la paroi de la roche volcanique englobante. 

Le grenat également assez abondant est d*un beau jaune 
encore sensible en lame mince. Il affecte la forme 6*(H0), 
montre des anomalies optiques. 

La wollastonite est, de ces trois minéraux, celui qui appa- 
raît le moins fréquent. En réalité il a été souvent épige- 
nisé par des zéolites : c'est ainsi que j*ai constaté une 
association ophitiqtie du pyroxène vert et de la wollastonite 
en baguettes à section octogonale, association dans laquelle 
ce dernier minéral a été complètement épigénisé par de 
Tapophyllite. 

Le pyroxène, le grenat et la wollastonite des nodules 
zéolitiques du cap Djinet rappellent les modifications subies 
par les enclaves calcaires du basalte d'Aubenas (Ardèche) 
étudiées par M. A. Lacroix (*). Le savant professeur a de 
plus signalé la zéolitisation subséquente de quelques-unes 
de ces enclaves. 

Il semble donc bien que les nodules de zéolites du cap 
Djinet doivent être considérés, au moins pour la plupart 
d'entre eux, comme résultant de l'action subséquente des 
émanations qui ont suivi l'éruption volcanique, sur des 
enclaves calcaires ou calcarifères emballées par le filon 
éruptif. 

Ces enclaves peuvent provenir, soit de bancs calcaires 
situés en profondeur, soit plutôt des marnes du Miocène 
inférieur directement traversées par le filon de labradorite; 
ces marnes sont fortement chargées de calcaire. 

Zéolites. — On voit par ce qui précède quel est le mode 
habituel de gisement des zéolites qui nous occupent. On 

(1) Les enclaves des roches volcaniques^ Màcon, 1893, p. 144 et suiv. 



— 214 — 

rencontre aussi dans la roche de petits filonnets de rem- 
plissage de ces silicates hydrates. Enfin plus rarement 
encore, les zéolites sont logées dans des cavités huileuses 
de la roche scoriacée. 

D'une manière générale ces silicates sont dépourvues 
de formes extérieures et leur étude n'est possible que par 
Texamen microscopique de plaques minces taillées dans 
les nodules zéolitiques et par des essais microchimiques. 
J'ai reconnu parmi ces zéolites : 

La mésotype^ la thomsonite, Vapophyllite et Vanaldme. 

La mésotype est la plus abondante du gisement. Elle 
constitue des aiguilles généralement très fines pouvant 
dépasser un centimètre de longueur et réunies en sphé- 
rolites serrés les uns contre les autres. Cette zéolite a une 
apparence opaque, d'un blanc de porcelaine. Elle est facile 
à caractériser au microscope par son allongement positif, 
son extinction longitudinale, sa bissectrice positive et un 
angle des axes (2V) de 50** environ. Les aiguilles d'un sphé- 
rolite de mésotype viennent s'entrelacer à leur extrémité 
libre avec les aiguilles d'un sphérolite voisin du même 
minéral ou de thomsonite; ou bien elles sont noyées dans de 
l'apophyllite. Un échantillon m'a montré des baguettes de 
un demi à un millimètre d'épaisseur de mésotype vitreuse 
noyée dans une masse opaque. Une plaque mince perpen- 
diculaire à la direction des cristaux m'a montré des prismes 
de mésotype souvent maclés sur la face m (110) et noyées 
dans un réseau à maille à peu près rectangulaire de fines 
lamelles ayant la même réfringence que les prismes. 

Ce réseau est sans doute constitué par des lamelles 
excessivement fines groupées par rotation de 90® autour 
de l'axe principal. Ces macles microscopiques ont déjà été 
signalées par M. A. Lacroix (*). 

(1) BuU. Soc. franc. Minéral,, t. XIX, p. 424. 



— 215 — 

La mésotype, en aiguilles libres, est très rare dans le 
gisement qui nous occupe. J'ai trouvé cependant, dans une 
petite cavité des aiguilles, formées du prisme m{H0),j*(010) 
terminé par le pointement 6*'*{111). 

La rtonwom'/c se montre, comme la mésotype, en baguettes 
réunies en sphérolites. Elle est également abondante dans 
le gisement. Il est impossible de distinguer ces deux miné- 
raux à Toeil nu ou à la loupe, mais rien n*est plus facile 
au microscope, la thomsonite se distinguant par sa biré- 
fringence plus élevée et son plan des axes transversal 
(allongement tantôt positif, tantôt négatif). 

L'allongement négatif de la thomsonite dans les sec- 
tions h^ (100) explique Terreur de diagnostic commise sur 
ce minéral, qui a été confondu avec la scolécite. 

Les fibres des sphérolites de thomsonite sont englobées 
à leur extrémité soit dans de Tapophyllite, soit dans de 
i'analcime. Cette dernière association se rencontre fré- 
quemment dans d'autres gisements. 

Le minéral qui nous occupe est très rare en cristaux 
libres. J'ai cependant observé de petits cristaux très minces 
constituant de la thomsonite aplatie sur g^ (010). Ces 
lamelles montrent une bissectrice aiguë positive avec un 
angle des axes (2V) de 50® environ, et le clivage p (001). 
Un essai microchimique indique la prédominance de la 
chaux avec un peu de soude. 

Vapophyllite a été déterminée pour la première fois par 
M. Damour (*). Ce minéral est assez abondant dans notre 
gisement. Il est associé à la mésotype et la thomsonite 
fibreuses et s'en distingue par son clivage nacré et sa trans- 
lucidité, qui tranche sur l'apparence laiteuse des deux 
premières. 

(1) Geatil, loc, cU. 



- 216 - 

Les cristaux d'apophyilile à forme extérieure sont extrê- 
mement rares. Un seul échantillon m'a offert quelques 
cristaux de 2 à 3 millimètres réunis dans une petite cavité 
de la rocbe volcanique. Ce sont des cristaux plus ou moins 
aplatis sur la face p (001) qui domine avec o* (101). Les 
faces m(HO) se montrent également mais très réduites. Les 
faces a*(IOl) sont striées parallèlement à Tarête de zone. Un 
cristal de 2"" i/i m'a. donné les mesures suivantes : 





Angles mesarés. 


Angles calculés 


pa* 


119012' 


U9028' 


a^a^ surp 


58047' 


ss'se' 


ma^ 


12802' 


128"2' 


pm 


8903O' 


90» 



h'analdfne est la plus rare des zéolites du gisement. Je 
Tai trouvée à la partie supérieure du filon éruptif en petites 
masses vitreuses remplissant des cavités huileuses de la 
roche scoriacée en cet endroit. Ce minéral n'offre généra- 
lement pas de forme géométrique par suite du remplissage 
intégral de la cavité huileuse qu'il occupe, mais, sous le 
choc, il montre fréquemment des plans de séparation à 
stries parallèles qui représentent les faces extérieures de 
cristaux empilés. J'ai trouvé sur un échantillon de petits 
cristaux d'analcime de 2 à 3 millimètres à faces nettes, très 
brillantes. Ce sont les faces du trapézoèdre a* (211). Ce 
minéral se montre, en outre, quelquefois en contact avec 
de petits sphérolites de thomsonite. 

Aux zéolites que je viens de signaler se trouvent presque 
toujours associés d'autres minéraux secondaires : de la 
calcitey des chlorites et des sulfures métalliques. 

La calcite est fréquente ; elle est assez rcurement pourvue 
de formes extérieures. 



— 217 — 

Les chlorites peuvent se distinguer en chlorite verte et 
chlorite blanche. 

La chlorite verte est souvent disséminée dans les no- 
dules de zéolite, de même qu'elle a envahi la roche qui les 
renferme. Elle est difficile à caractériser et peut appartenir 
à plusieurs espèces minérales. J'ai reconnu avec certitude 
la delessite. 

La chlorite blanche constitue une substance nacrée, lamel- 
laire, blanche et quelquefois légèrement teintée en vert. 
Ces lamelles examinées à plat au microscope montrent, en 
lumière convergente, un axe optique négatif. 

Les sulfures métalliques sont assez fréquents en cristaux 
de très petites dimensions. Ils sont contemporains des 
zéolites dans lesquelles ils se trouvent empâtés. Ce sont : 

De la pyrite en petits cristaux cubiques; 

De la chalcopyrite en cristaux qui affectent la forme du 
sphénoèdre 1/2 6*^ et possèdent une couleur jaune ver^ 
dâtre ; 

De la, galène en petits cristaux généralement aplatis et qui 
peuvent être confondus, à cause de leur exiguïté, avec des 
lamelles d'oligiste; mais un essai microchimique m'a 
indiqué nettement la présence du plomb, et des plaques 
minces montrent l'opacité complète de ce minéral. 

Une deuxième carrière exploitée dans une coulée un peu 
à l'ouest de la première m'a fourni de la mésotype^ de la 
thomsonite et de Vapophyllitej mais ces silicates s'y montrent 
assez rarement sous forme de nodules. Ce qui m'a paru 
plus fréquent, ce sont des fissures très minces sillonnant 
la roche et remplies d'une poudre blanche, qui paraît 
amorphe à l'œil nu, mais que Ton peut résoudre à la loupe 
en aiguilles excessivement fines. L'examen microscopique 
de ces aiguilles montre qu'elles appartiennent à la mésotype. 



— 218— 

II. — ZÉOLITES DANS LES TUFS VOLCANIQUES. 

Dans le massif volcanique du cap Djinet des tufs accom- 
pagnent les coulées et les filons de labradorite. 

Partout j'ai constaté dans les tufs la présence des sili- 
cates hydratés. Mais leur récolte est difficile par suite de 
l'absence de route et de Taltérabilité de ces minéraux. 

En deux points, cependant, j'ai pu recueillir d'assez 
beaux échantillons : 

1® Tufs de la ferme Gamier, — Auprès de cette ferme se 
trouvent des tufs formés de cendres et de lapilli agglo- 
mérés en une roche assez résistante. Les nombreux vides 
laissés entre les éléments de ces tufs sont fréquemment 
remplis de zéolites parmi lesquelles domine la stilbite. Cette 
zéolite se distingue facilement par son clivage nacré g^ (010), 
parallèle au plan des axes optiques et par ses caractères 
chimiques. Elle est très abondante dans la roche et lui 
donne un aspect particulier. 

La stilbite est accompagnée d'autres silicates parmi les- 
quels j'ai reconnu des lamelles ^^{OlO) de thomsonite, de ma- 
gnifiques petites aiguilles de mésotype et enfin de jolis petits 
cristaux d'analcme. 

2*» Tufs de Mazer. — En m'avançant vers l'est, j'ai trouvé 
aux abords du village arabe de Mazer, dans des tufs, des 
filonnets d'analcime en trapézoèdres de 3 à 4 millimètres. 
Ces cristaux sont accompagnés de rhomboèdres de calcite. 
Ils sont quelquefois englobés par ce dernier minéral. 

La stilbite se montre également en cet endroit en filonnets 
dans les tufs. 

Enfin des scories altérées montrent leurs cavités com- 
plètement remplies de zéoolites fibreuses et prennent 
l'aspect d'un spilite. 



— 219 — 

Une plaque mince taillée dans cette roche montre de la 
misotype et de la thomsonite (*). 



Sur un moyen de détermination pratique 
des f eldspaths plagioclases dans un cas particulier. 

(Application d'une épure de M. Michel Léyt.) 

Par Léon Bertrand. 

Parmi les diverses sections de plagioclases, les plus 
faciles à distinguer sont certainement celles à extinction 
symétrique, perpendiculaires à g^ (010). L'emploi de Téclaî- 
rement égal, qui sert à reconnaître très facilement ces 
sections, montre souvent aussi qu'elles présentent simul- 
tanément les macles de Talbile et de Carlsbad. Dans ce 
cas, l'existence d'une seule section remplissant ces conditions 
suffit pour déterminer le feldspath, sans qu'il soit nécessaire 
d'avoir le maximum d'extinction pour Tun des deux indi- 
vidus de la macle de Carlsbad. 

Ces sections ont servi déjà à M. Michel Lévy pour carac- 
tériser l'albite, lorsque la différence des angles d'extinc- 
tion ±a des lamelles 1 et 1' du premier individu et ±p des 
lamelles 2 et 2' du second ne dépasse pas 2®. Il est facile de 
généraliser en se servant de Tépure XII de son Étude sur 
la détermination des feldspaths(*); un petit artifice sans aucun 
intérêt théorique, mais d'une application pratique très 
facile, permet d'arriver très rapidement au résultat et de 
déterminer non seulement la composition du feldspath, 
mais aussi l'orientation de la section étudiée. 

(1) Travail effectué dans les laboratoires de M. Fouqué au Collège de France, 
et de M. A. Lacroix au Muséum d'Histoire naturelle. 

(2) Michel Lévy. — Éttuie sur la détermination des f eldspaths dans les 
plaques minces, — Paris, Baudry el C'% 1894-1896, 

18 



— 220 — 

Si l'on considère Tune des courbes de l'épure en ques- 
tion correspondant à un feldspath déterminé, la valeur de 
Tangle d'extinction d'une section quelconque de la zone per- 
pendiculaire à j*(010) est fournie par l'ordonnée correspon- 
dant à une abscisse À, dont la valeur est donnée par l'angle 
que fait la trace de la section sur g^ (OiO) avec l'arête h^g^ 
(100) (010). Dans le cas particulier qui nous occupe, on a 
pour l'individu 1, 1' une certaine extinction ±a correspon- 
dant à une valeur déterminée de X, et pour l'individu 2, 2' 
une autre extinction ±p correspondant à l'abscisse — X. 

La question revient donc à chercher sur l'épure quelle 
est la courbe (existante ou obtenue par interpolation) telle 
que, étant données les valeurs de a et p fournies par la 
section, ces deux ordonnées correspondent à des abscisses 
égales et de sens contraire. La position de la courbe 
trouvée donnera immédiatement la teneur en anorthite du 
feldspath, et d'autre part la valeur des abscisses trouvées 
permettra d'orienter la section. 

La détermination de la courbe cherchée peut se faire 
mécaniquement et sans tâtonnements au moyen du petit 
dispositif suivant. On colle sur une petite planchette en 
bois blanc une épure dans laquelle les diverses courbes 
ont été tracées avec des figurés différents (traits pleins et 
pointillés de diverses sortes, ou mieux traits de couleur), 
de façon à reconnaître facilement les deux portions d'une 
même courbe situées de part et d'autre de l'axe des abs- 
cisses. Il est, en outre, utile d'interpoler une courbe dans 
chaque intervalle de l'épure de M. Michel Lévy pour les 
feldspaths à 5, 15, 25, etc. 0/0 d'An, et aussi de colorier avec 
des teintes différentes les intervalles des différentes 
courbes, en employant naturellement la même teinte pour 
les deux parties d'un même intervalle situées de part et 
d'autre du point de croisement des courbes. 



— 221 



Ceci fait, on prend trois bandes de carton mince, dont 
deux sont simplement rectilignes et une troisième découpée 
comme l'indique la figure 1, le petit trou étant sur la 
ligne abcd. On possède alors un matériel qui peut servir 
presque indéfiniment. 



.ir?^ 



éb 



J 



Fig. 1. 

Premier cas. — Vun au moins des angles aet ^ déterminés 
au microscope dépasse 16^ (maximum de Talbite). — Dans ce 
cas, il ne peut y avoir aucun doute, le feldspath est assez 
basique et renferme au moins 37 0/0 d'An. 

Étant donnés les deux angles a et p, déterminés au mi- 
croscope, on fixe chacune des deux bandes rectilignes de 
carton avec deux punaises parallèlement à Taxe des abs- 




Fig. 2. 

cisses de l'épure et à des distances a et p de part et d'autre 
de cet axe, en choisissant la plus grande dé ces deux va- 
leurs pour la partie supérieure [de l'épure, où se rencon- 



— 222 — 

trent les ordonnées maxima des courbes (fîg. 2). Les deux 
lignes AB et CD donnent respectivement pour chacune des 
courbes de l'épure, deux valeurs X et X* généralement diffé- 
rentes et il est facile de constater qu'il n'y a qu'une courbe 
pour laquelle X* = — X. 

La règle en carton (fig. 1) est ensuite disposée de telle 
sorte qu'elle passe par les points B et C et que le trou 
soit situé sur le diamètre vertical de l'épure au milieu 
de la distance EF; on pique alors dans ce trou une épingle, 
autour de laquelle il ne reste plus qu'à faire pivoter la règle. 
Dans ce mouvement de rotation, elle intercepte sur les 
deux autres règles des longueurs EG = X et FH = — X, 
qui restent constamment égales, en sorte que lorsque les 
deux points G et H arriveront à être sur une môme courbe 
ou dans la môme position relative par rapport à deux 
courbes voisines, on aura la solution cherchée. 

Dans le premier cas, le numéro de la courbe donne di- 
rectement la teneur en An du feldspath ; dans le second 
cas, on l'apprécie facilement avec une approximation de 
1 à 2 0/0 (sauf au voisinage de l'anorthite, où les courbes 
sont très serrées). 

Enfin, lorsqu'on n'a qu'une section presque perpendiculaire 

d j4 (010), si les deux angles a et — a' des lamelles t et i', d'une 

part, et les angles p et — p' des lamelles 2 et 2', d'autre 

part, ne diffèrent respectivement que de 2® ou 3», les 

a4-a' P4-3' 
moyennes — ;j— et ' employées de la môme manière 

donnent encore une approximation très suffisante. 

Deuxième cas. — Les deux angles a e/ p (a > p) sont tous 
deux inférieurs à 46^. — Dans ce cas, il y a au premier abord 
indétermination pour la position des deux règles horizon- 
tales, car les ordonnées maxima des courbes sont positives 



— 223 — 

pour les feldspaths renfermant plus de 18 0/0 d'An, tandis 
qu'elles sont négatives pour ceux qui en renferment moins 
de 18 0/0; suivant le cas, on devra donc porter la plus 
grande valeur a au-dessus ou au-dessous de Taxe des x. 
Dans tous les cas, toutefois, cette valeur a se trouve du 
côté droit de l'épure, correspondant à une valeur positive 
deX. 

Il existe un critérium qui peut, dans la majorité des cas, 
fournir une indication utile; c'est la valeur de la différence 
a— p. Quand elle reste assez grande, le feldspath est assez 
basique ; si cette différence est très petite et ne dépasse pas 
3 ou 4®, le feldspath est généralement très voisin de Pal- 
bite. Dans le premier cas, la valeur a doit être portée au- 
dessus de Taxe des x et la plus petite p au-dessous, comme 
précédemment; dans le second cas, c'est l'inverse. 

Il est d'ailleurs facile de s'assurer pratiquement que si 
l'on trouve une solution pour une valeur déterminée de 
a et p avec une certaine position des règles, on n'en trouve 
pas avec la position inverse; en sorte que le problème 
n'est indéterminé qu'en apparence. Il sera seulement né- 
cessaire, dans les cas douteux, de faire deux opérations, 
en intervertissant les règles. 



Sur la marcasite de Pontpéan (Ille-et- Vilaine) et sur les 
pseudomorphoses qu'elle constitue (1). 

Par M. A. Lacroix. 

Les mines de galène et de blende de Pontpéan-en-Bruz, 
près Rennes, exploitées dès 1730, ont fourni à diverses 
reprises de fort beaux minéraux dont le plus commun est 

(1) Les figures de cette note sont empranlées au 2* fascicule du tome il 
de ma Minéralogie de la France^ qui paraîtra incessamment. 



— 224 — 

la blende fibreuse. Le but de cette note est d'appeler Tat- 
tention sur la marcasite qui abonde dans les filons 
exploités et sur les curieuses pseudomorphoses de pyrrho- 
tite que j'y ai observées. Le premier échantillon que j'ai 
décrit (*) m'avait été remis par notre collègue M. de Mauroi* 
Depuis lors, M. l'intendant militaire Pavot a donné au 
Muséum de très remarquables spécimens dans lesquels j'ai 
observé de nombreuses particularités nouvelles : ils ont 
été pour la plupart trouvés vers 1886. 

La marcasite se présente en cristaux libres, en croûtes 
concrétionnées de forme variée ; elle est généralement 
postérieure aux autres sulfures et notamment à la blende. 

Les cristaux libres sont très allongés suivant l'axe ver- 
tical ; leur structure est presque toujours polysynthétique ; 
ils sont alors constitués par le groupement à axes pres- 




Fig. 1 et 2. 

que parallèles d'un grand nombre de petits individus de 
même forme. Assez fréquemment, le cristal résultant, au 
lieu d'avoir un développement régulier, présente une 
forme en barillet dont la figure 2 évite une plus longue 
description ; les cristaux de ce type atteignent plusieurs 
centimètres. 



(1) BuU. Muséum d'Hist. fuUureUe, II, 357, 1896. 



Quand ces cristaux sont maclés suivant m, ils offrent la 
fornîe d'un prisme hexagonal irrégulier dont deux faces 
sont remplacées par une profonde gouttière verticale 
(fig. 3 et 4). Souvent ces macles offrent des décroissements 



""^^^^^Sfe^w 


^'^5^^;^^ 


m 


m. 



Fig. 3. 

réguliers donnant à leurs sections la forme en fer de lance 
représentée par la figure 5. Les décroissements ne sont 
pas seulement réguliers suivant une arête pwi, le cristal 
devient de plus en plus large dans la direction de Taxe 





Fig. 4 et 5. 

Projection sur p (001) de la macle suivant m (110) de la marcasite 
de Pontpéan. 

vertical pour se fondre insensiblement dans la marcasite 
qui supporte les cristaux libres. 

La marcasite de Pontpéan est blanche et prend une teinte 
verte livide par altération. 



— 22G — 

Le minéral le plus intéressant de Pontpéan est sans 
contredit constitué par les pseudomorphoses de pyrrhotite. 
Elles forment des lames hexagonales dépassant 2 centi- 
mètres de diamètre. Elles sont souvent empilées, à axes 
imparfaitement parallèles, et implantées en grand nombre 
sur la gangue, perpendiculairement ou obliquement à leur 
face d'aplatissement (flg. 6). Elles rappellent souvent par 
leur disposition les lames de zinnwaldite des gisements 









^Mà 




^H^Hl^. 


^ÊÊpmSt 


B^^^^^Br. v^l^^^l 


■I^HU 


*' -^hiB^^5^^^^B 


ffifl 


HP 


L^ 


wÊw 


., ■ ■ . A 



Fig. 6. 

Groupe de cristaux de pyrrhotite (pseudomorphoses en marcasite) de 
Pontpéan. (Photographie réduite de moitié environ.) 

stannifères de Bohême. Il existe parfois plusieurs cen- 
taines de semblables cristaux sur une surface de 1 déci- 
mètre carré. Plus rarement, le même minéral forme des 
prismes hexagonaux de plus grand diamètre, plus épais 
(flg. 7) et quelquefois un peu allongés suivant Taxe 
vertical. 

Par suite de la disparition complète de la substance ini- 
tiale de ces cristaux, ceux-ci ne sont plus actuellement 



— 227 — 

formés que de marcasite et de pyrite ou enfin de marcasite et 
de galène. Il n'est pas douteux cependant que ces cristaux 
ix'aient été originellement constitués par de la pyrrhotite 
dont ils présentent toutes les parliculariiés de forme ; des 
pseudomorphoses de ce minéral en marcasite et en pyrite 




lig. 7. 

Pyrrhotite de Pontpéan (pseudomorphoses en galène; et en marcasite) en 
prismes hexagonaux implantés sur quartz. (Photographie réduite de moitié 
environ.) 

sont connues dans divers gisements allemands et notam- 
ment à Freiberg, mais ce qui donne un intérêt spécial aux 
pseudomorphoses de Pontpéan, c'est la régularité géomé- 
trique de leur structure. J'ai observé, dans ces pseudo- 
morphoses, les trois catégories suivantes : 




Fig. 8. 

Groupement.^ de marcasite seule sur pyrrhotite. — Ce sont 
les plus communs. Les cristaux de marcasite ayant moins 
de 1°" sont aplatis suivant p (fig. 8); ils sont implantés 



— 228 — 

sur la face m (iOro) de la pyrrh otite et leurs stries paral- 
lèles à leur axe a sont elles-mêmes parallèles à Tarôte 
basique de la face du prisme hexagonal de la pyrrhotite. 
Il résulte de ce fait que l'axe binaire b de la marcasite est 
parallèle à Taxe sénaire de la pyrrhotite et les deux autres 










Fig. 9. 
Disposition théorique de la marcasite sur une face m (lolo) de pyrrhotite. 
A gauche, un cristal de marcasite a été représenté avec la direction de ses 
axes. 

axes binaires c et o de la marcasite parallèles à deux axes 
binaires du prisme hexagonal (fîg. 9). Quand de petits 
cristaux de marcasite ne sont pas venus s'implanter, en 
outre, irrégulièrement sur la base q> (0001) de la pyrrho- 




Fig. 10. 
Face a> (0001) de pyrrhotite pseudomorphisée en marcasite, montrant la 
direction des arêtes mm de la marcasite disposées comme il est indiqué 
dans la figure 9. 

tite, celle-ci présente un aspect moiré, dû aux réflexions 
sur les arêtes mm des cristaux de marcasite, respective- 
ment perpendiculaires aux côtés de la face hexagonale 
(flg. 10). Sur les faces m du prisme hexagonal, l'ensemble 



des stries de la marcasite simule les stries parallèles 
aux arêtes basiques qui existent normalement dans la 
pyrrhotite. 

Groupement de marcasite et de pyrite sur pyrrhotite. — 
Ces groupements, beaucoup plus rares que les précédents, 
n'en diffèrent que parce que Tintervalle laissé par les 
cristaux de marcasite est occupé par de petits cubes de 




Fig. 11. 

Photographie d^une face m (lOÎO) de pyrrhotite de Ponlpéan transformée 
en marcasite et en pyrite. {Grossissement de trois fois.) 

pyrite, orientés de telle sorte qu'une de leurs faces est 
parallèle à la base et une autre à une face du prisme 
hexagonal de la pyrrhotite (fig. 11) ; leurs trois axes qua- 
ternaires coïncident donc en direction avec les axes binaires 
de la marcasite, avec Taxe sénaire et deux des axes binaires 
de la pyrrhotite (fig. 12). 



- 230 — 

Groupement de marcasite et de galène sur pyrrhotite. — Ces 
groupements ne se rencontrent que dans les grands cris- 
taux ayant une certaine épaisseur (fig. 7). Le cristal paraît 
extérieurement formé par de la galène, souvent recouverte 
d'une croûte irrégulière de marcasite. L'orientation de 
la galène par rapport à la pyrrhotite est la môme que celle 




c ^ 

— r ' — "* / 




Fig. 12. 

Disposition théorique de la marcasite et de la pyrite dans TéchantiUon 
représenté par la tigure 11. A gauche, un cristal de pyrite et un de mar- 
casite ont été dessinés avec la position de leurs axes. 

qui vient d'être indiquée pour la pyrite, mais avec une par- 
ticulariré intéressante. Ce minéral ne constitue pas, ea 
effet, une infinité de petits cristaux comme la pyrite ; le 
prisme hexagonal de pyrrhotite est occupé par trois cris- 
taux de galène groupés en croix (fig. 13 et 14) ; ils ont tous : 




Fig. 13. 
Disposition de la galène dans les pseudomorphoses de pyrrhotite. 

1® une face p commune, parallèle à la base du prisme 
hexagonal ; 2® une face p, parallèle à une face du prisme 
hexagonal. Il en résulte que lorsqu'on examine un sem- 
blable édifice, sur la face basique de la pyrrhotite, on 
n'aperçoit pas sa nature complexe quand les clivages, 
dont la direction est indiquée par la figure 9, n'ont pas été 



— 231 — 

produits artificiellement. Si, d'autre part, on place sur le 
goniomètre le cristal, de façon à mesurer Tangle des deux 
£aces prismatiques contiguës, après avoir eu soin d'écor- 
cher les arêtes verticales du cristal, on voit, par rotation 
du cristal apparaître une série de réflexions distantes les 
unes des autres de 60® ou de 30®. Ces réflexions sont pro- 
duites alternativement par les faces p extérieures (parallèles 
aux faces hexagonales de lapyrrhotite)etpardesclivagesp 
intérieurs du même minéral (fig. 14). 

Ces groupements par pseudomorphose de galène, rem- 
plissant un prisme hexagonal, sont Tinverse des groupe- 




Face p (0001) de la figure 13, montrant les dispositioDS des clivages cubiques 
de chaque secteur de galène. 



ments pseudo-hexagonaux dans lesquels Tédifice de symé- 
trie supérieure est formé par le groupement d'individus 
de symétrie inférieure. Ici, c'est le minéral élémentaire 
qui possède la symétrie la plus élevée. 

Cette galène imprègne la marcasite et joue, par rapport 
à celle-ci, un rôle analogue à celui de la calcite dans les 
célèbres rhomboèdres de calcite de la forêt de Fontaine- 
bleau, avec cette diff'érence toutefois que la marcasite 
étant elle-même orientée, la structure est pegmatique et non 
jHBcilitiquey comme dans les cristaux de Fontainebleau dont 



- 232 — 

les grains de quartz ont, les uns par rapport aux autres et 
par rapport à la calcite, une orientation quelconque. 

Le tableau suivant résume les relations de symétrie 
liant la marcasite orthorhombique, la pyrite et la galène 
cuMqueSy à Tédiflce hexagonal de la pyrrhotite qu'elles ont 
remplacée : 



Pyrrhotite 


Marcasite 


Pyrite et galène 


(hêoeagonale). 


iorthorhombique). 


(cubiques). 


Axe sénaire. 


Axe binaire b. 


Axe quaternaire. 


Axe binaire de première 






espèce. 


Axe binaire a. 


Axe quaternaire. 


Axe binaire de seconde 






espèce. 


Axe binaire c. 


Axe quaternaire. 



Toutes les variétés de marcasite de ce gisement s'al- 
tèrent avec une très grande facilité et il est presque 
impossible d'en conserver des échantillons à Tair libre. 
Cette grande altérabilité est peut-être due en partie à la 
structure hétérogène du minéral qui, grâce à cette parti- 
cularité, ofTre une grande surface à Poxydation. 

Le procédé qui paraît le meilleur pour conserver ces 
échantillons en voie d'altération consiste à les laver à 
l'alcool, à les laisser séjourner pendant quelques mois dans 
ce liquide changé plusieurs fois, puis à les placer ensuite 
après dessiccation dans un vase soigneusement iuté ou 
mieux encore dans Talcool. Des échantillons arrivés au 
Muséum couverts d'efflorescences de mélantérite qui les 
rendaient méconnaissables sont encore en parfait état 
après six mois d'un semblable traitement. 



— 233 — 

Sur l'amalgame argentifère de la mine des Ghalanches 

(Isère). 

Par M. A. Lacroix. 

Schreiber a découvert, en 1786 (*), dans les filons ar- 
gentifères de la mine des Ghalanches, près Allemont, un 
amalgame d'argent associé à du mercure natif. Ce minéral 
a été plus tard analysé par Gordier (*), qui lui a trouvé 
presque la composition théorique Ag*Hg*. 

Il semble que ce minéral ait toujours constitué dans ce 
gisement une extrême rareté, et Héricart de Thury, dans 
une monographie des Ghalanches, ne le cite même pas. 

Je viens d'en découvrir un échantillon dans la collection 
du Muséum, il provient d'une très ancienne série et date 
probablement du temps de Texploitation de Schreiber, 
aussi m'a-t-il paru utile de le signaler dans le Bulletin. 

L'échantillon est constitué par la gangue argentifère 
habituelle des Ghalanches, c'est-à-dire par une asbolite 
terreuse, noire, veinée d'érythrite rose. G'est au milieu de 
ce mélange que se trouvent des filets d'argent natif et 
l'amalgame sur lequel mon attention a été attirée par l'exis- 
tence de clivages 6* (110) à éclat très vif et d'un beau 
blanc d'argent. Il existe aussi quelques petites facettes 
cristallines p (100), b^HO), a* (111), a«(211). 

Le minéral est malléable ; dans le tube fermé, il décrépite, 
puis donne un abondant sublimé de mercure en goutte- 
lettes en laissant un résidu d'argent natif. 

J'ai passé en revue, à plusieurs reprises, tous les autres 
échantillons d'argent natif de ce gisement existant dans les 
collections du Muséum sans y rencontrer d'autres exem- 
plaires de cette rare substance. 

Il) /. des Mines, 432, 1789. 
(2) — XII, 1, 1802. 



— 2U - 



Détermination des indices de réfraction des minera- 

des roches. 



Par Fréd. Wallebant. 



L — PRÉLIMINAIRES. 



Les minéraux, qui constituent les roches, étant de fort 
petite taille, et étant englobés au milieu des autres élé- 
ments, se prêtent mal à la détermination de leurs cons- 
tantes spécifiques et en particulier de leurs constantes 
optiques. Aussi les pétrographes se sont-ils servis, pour 
la détermination des indices de réfraction, soit de miné- 
raux de filons, soit de minéraux des roches, mais d'une 
taille exceptionnelle permettant de les isoler. 

Il est cependant d'un intérêt capital d'opérer sur les 
minéraux mêmes des roches. Leur détermination spéci- 
fique se fait dans bien des cas au moyen d'un ensemble de 
caractères qui n'ont rien d'absolu en eux-mêmes et qui 
peuvent, par suite, conduire à des résultats incertains. 

On détermine aujourd'hui très rapidement la nature 
d'un feldspath, grâce aux beaux travaux de MM. Pouqué, 
Michel Lévy et v. Pedorow, mais l'étude des autres familles 
de minéraux est loin d'être aussi avancée. Les amphiboles, 
les pyroxènes nous offrent une variété d'espèces compa- 
rables à celles des feldspaths; les espèces les mieux 
caractérisées peuvent seules être distinguées et les autres 
sont rapportées inconsciemment à l'une ou à l'autre de 
ces dernières. Il est vrai qu'au point devuepétrographique 
la détermination de ces amphiboles, pyroxènes, etc. n'a pas 
la même importance que celle des feldspaths; mais il 
n'en est plus de même au point de vue minéralogique. 
Or, il est bien évident que la connaissance des trois indices 



— 23o — 

principaux d'un minéral permettra de le rapporter à une 
espèce connue ou sinon d'en conclure à l'existence d'une 
espèce nouvelle. 

D'ailleurs, en dehors de toute idée de détermination 
spécifique, il ne faut pas oublier que la connaissance de 
l'ellipsoïde d'élasticité optique d'un minéral en grandeur et 
en position est du plus haut intérêt, puisque de cet ellip- 
soïde on peut en déduire toutes les autres propriétés 
optiques. M. v. Fedorow a donné une méthode permettant 
de fixer l'orientation de Tellipsoïde en déterminant la posi- 
tion des axes optiques, d'où Ton déduit celle des axes 
d'élasticité. Il reste donc à mesurer la grandeur de ces 
axes, c'est-à-dire les indices. D'ailleurs, la méthode que 
je propose permet de déterminer avec une approximation 
souvent suffisante la position aussi bien que la grandeur 
des axes d'élasticité. 

La méthode de la réflexion totale était tout indiquée, 
puisque les cristaux d'une roche ne peuvent s'observer 
que dans une lame mince à faces parallèles ; de plus, ces 
lames minces ayant fréquemment un centimètre de côté, 
c'est-à-dire des dimensions bien supérieures à celles des 
cristaux qui s'y trouvent, on peut être sûr que les sections 
faites dans ces cristaux sont absolument planes et se 
trouvent par cela même dans des conditions particuliè- 
rement favorables à l'emploi de cette méthode. Mais le 
phénomène de la réflexion totale n'est visible que si la 
section cristalline est isolée, et dans le cas présent cette 
section est trop petite pour être isolée soit mécanique- 
ment en enlevant les autres minéraux, soit en recouvrant 
ces derniers d'encre de Chine. 

La difficulté a été levée au moyen de l'artifice suivant : 
on interpose une lentille qui donne une image réelle 
agrandie de la lame mince de la roche et de la section 

19 



— 236 — 

cristalline à étudier, et dans le plan de cette image on place 
un diaphragme iris que Ton ferme jusqu'à ce que Timage 
seule du cristal étudié soit visible, ce qui est facile grâce 
à ses grandes dimensions ; dans ces conditions, les rayons 
émis par le cristal traversent seuls le diaphragme, et dans 
un appareil situé derrière ce diaphragme, tout se passera 
comme si le cristal était isolé. En particulier, si Ton déter- 
mine à la surface du cristal le phénomène de la réflexion 
totale, on l'observera avec la plus grande netteté à travers 
le diaphragme. 

La théorie mathématique de la réflexion totale à la sur- 
face des corps biréfringents a été donnée par M, Liebisch 
dans le Neves Jahrbuch de 1885. Les principaux résultats 
de cette étude ont été établis géométriquement de la façon 
la plus élégante par Mallard dans le Bulletin de la Société 
en 1886 et par M. Soret dans les Archives des Sciences 
physiques et naturelles de Genève, en 1888. D'autre part, 
M. Lavenir{^) a montré comment, au moyen d'un réfracto- 
mètre de haute précision, comme ceux de Pulfrich ou de 
Abbe, on pouvait en outre déterminer l'orientation de 
l'ellipsoïde d'élasticité. 

Je n'ai donc à rappeler ici que les principaux résultats, 
d'une application immédiate, et déjà indiqués pour la plu- 
part par M. E. Bertrand (»). 

Les théories précédentes montrent d'abord que les 
indices obtenus sont à peu près ceux des rayons qui se 
propagent à la surface du cristal dans le plan d'incidence 
de la lumière. L'erreur commise en adoptant cette con- 
clusion ne porte que sur la cinquième décimale. Cela 
revient à dire que les indices obtenus appartiennent aux 
rayons dont les vibrations sont dirigées suivant les axes 

(1) Lavbnir. — Bull. Soc. Minéral., t. XIV, 1891. 

(2) E. Bertrand. — Bull Soc. Minéral,, t. IX, 1886. 



r 



— 237 - 

de rellipse d'intersection de l'ellipsoïde d'élasticité optique 
avec le plan n perpendiculaire à la face du cristal et ma 
pian d'incidence de la lumière. 

De plus, en éteignant l'un des rayons avec un analysenr, 
on obtient l'angle que sa vibration fait dans ce plan n avee 
la normale à la face du cristal. 

Considérant d'abord le cas d'un cristal uniaxe, il est 
facile de distinguer avec l'instrument lui-môme, comme je 
rindiquerai plus loin, la vibration extraordinaire de la 
vibration ordinaire ; en tous cas, une étude préalable en 
lumière convergente permettra la distinction. Si on oriente 
cette vibration extraordinaire perpendiculairement au plan 
d'incidence, le plan n passera par l'axe optique du cristal 
et les rayons subissant la réflexion totale auront pour 
indices les deux indices principaux du cristal. En outre, 
la direction de la vibration principale extraordinaire sera 
précisément la direction de l'axe optique. 

Abordons maintenant le cas des cristaux biaxes, en 
supposant que l'on ait affaire à une section quelconque. 
M. Soret a montré que si on mesurait les indices de tous 
les rayons se propageant dans son plan, on obtenait un 
maximum absolu qui est l'indice principal %, un mini- 
mum absolu 7ip, et en outre un maximum et un minimum 
relatifs dont l'un est égal à nm. On voit donc qu'avec une 
section quelconque on peut tout au moins obtenir rip et %. 
On peut d'ailleurs déduire les indices principaux des 
mesures faites pour ^obtenir Torientation de l'ellipsoïde 
d'élasticité. Prenons en effet pour axes des z la normale à 
la face et pour axes des x et des y les deux directions de 
vibration des rayons normaux à cette face ; la position de 
ces derniers relativement à des directions connues, telles 
que traces de plans de clivage, traces de plans de macle, etc.^ 
ayant été déterminée par les mensurations habituelles. 



— 238 — 

Soient n^ et n\ les indices des rayons se propageant sui- 
vant Taxe des y et a^ l'angle de la vibration d'indice n^ 
avec Taxe des x, de même n, et n\ sont les indices des 
rayons se propageant suivant l'axe des x et a, Tangle de la 
vibration d'indice n, avec l'axe des y. 

L'équation de l'ellipsoïde d'élasticité sera évidemment : 

Les cosinus directeurs des trois axes d'élasticité s'ob- 
tiendront, comme on le sait, en calculant les trois racines 
de l'équation en S de cet ellipsoïde. L'approximation 
obtenue dans cette méthode sera certainement au moins 
égale à celle des méthodes employées jusqu'ici pour les 
cristaux microscopiques. Je ferai remarquer que le calcul 
sera de beaucoup simplifié, si l'on a mesuré directement 
l'un des indices principaux ou bien si l'on connaît l'angle 
des axes optiques, puisqu'alors l'angle auxiliaire a ser- 
vant au calcul des racines de l'équation en S, est donné par 
la formule 

^ , o + 4 7c Cos 2 V 

^°*^-^ = -7f~ 

que j'ai démontrée ailleurs. 

Quant aux indices principaux, ils sont égaux à la racine 
carrée de l'inverse des racines de Téquation en S. Mais 
bien entendu, il sera toujours préférable de les mesurer 
directement, ce que l'on peut faire facilement dans un grand 
nombre de cas particuliers. 



— 239 — 

On peut obtenir sans peine les trois indices principaux 
quand la section appartient à Tune des trois zones ayant 
pour axes les axes d'élasticité optique. Ces axes ayant trois 
directions à angle droit les unes sur les autres, il enrésulte 
que les sections satisfaisant cette condition sont relative- 
ment fréquentes dans une préparation. Elles se reconnais- 
sent facilement par une étude préalable en lumière conver- 
gente, et au moyen de l'instrument lui-même comme on le 
verra plus loin. 

Cette distinction faite, si Ton place Taxe d'élasticité 
optique perpendiculairement au plan d'incidence, des deux 
rayons subissant la réflexion totale, celui qui vibre dans le 
plan de la face aura pour indice un des indices principaux. 
Si ensuite on fait tourner la préparation de 90® dans son 
plan, les deux rayons subissant la réflexion totale, auront 
pour indices les deux autres indices principaux. En outre 
la direction des vibrations coïncide avec celle des axes 
d'élasticité dans le plan II. 

Remarquons enfin que si la section est perpendiculaire 
à un axe optique, l'angle que fait l'un de ces axes d'élasti- 
cité avec la normale à la face du cristal est précisément le 
demi-angle des axes optiques. 

II. — DESCRIPTION DE l' APPAREIL. 

Appliquons sur la base d'un prisme d'indice élevé N, une 
face plane d'un corps d'indice n, le contact étant rendu 
intime par l'intermédiaire d'un liquide ; si l'on fait tomber 
sur Tune des faces latérales du prisme un faisceau conver- 
gent de lumière homogène, une partie de ces rayons 
subira la réflexion totale sur la face de contact du corps 
et du prisme, l'autre sera transmise partiellement et ira se 
perdre dans le corps. Pour qu'un rayon subisse la réflexion 



— 240 - 

totale il suffit qu'il fasse avec la normale à la base du 
prisme un angle plus grand que Tangle X défini par Tégalité 

n = N Sin X. 

8i, au contraire, il fait avec cette normale un angle plu8 
petit que X, il est en grande partie transmis. 

Les rayons réfléchis sortent du prisme par la seconde 
face, et si on les reçoit sur une lentille convergente, le col- 
lecteur, placée de façon à ce que son axe optique soit dans 
Hne section droite du prisme, il se produit dans le plan 
focal principal de cette lentille un phénomène bien connu: 
tous les rayons qui, avant réflexion, sont parallèles entre 
eux viennent, après réflexion, converger en un môme 
point de ce plan focal ; mais les rayons, faisant avec la 
normale à la base du prisme un angle plus grand que X, 
donnent un point très lumineux, tandis que les rayons 
faisant avec cette normale un angle plus petit que X, étant 
en grande partie transmis, ne donnent qu'un point peu 
éclairé. 

Si donc on regarde avec une lunette le plan focal prin- 
cipal, on y distinguera deux régions, l'une vivement éclairée, 
l'autre sombre, très nettement distinctes. Or, il est bien 
évident que les rayons qui viennent converger au point de 
la ligne de séparation des deux régions situé dans la section 
principale du prisme font à Tintérieur de ce prisme un 
angle égal à X et par suite à leur sortie du prisme, ils font 
avec la normale à la face de sortie un angle a tel que 

Sina = NSin(X -A) 

A étant l'angle de base du prisme adjacent à la face de 
sortie, lorsque le rayon formant l'angle X se trouve relati- 



— 211 — 

vement à la normale du côté de la base du prisme, dans te 
cas contraire la formule reliant a et X devient 

Sinaz=:NSin(A — X). 

Pour obtenir X, il suffît donc de mesurer a ; dans ce but 
la lunette servant à examiner le phénomène porte un réti- 
cule ; par la croisée des fils de ce réticule, on fait passer, 
par une rotation convenable du prisme, la ligne de sépara- 
tion des deux régions, puis éclairant le réticule on tourne 
le prisme jusqu'à ce que Timage du réticule vue par ré- 
flexion sur la face du prisme vienne coïncider avec le 
réticule lui-même, l'angle dont on a tourné le prisme est 
précisément Tangle a. 

J'ai supposé jusqu'ici que le minéral examiné était seul ; 
mais s'il se trouve englobé au milieu d'autres, pour l'isoler 
comme je l'ai dit plus haut, on place un diaphragme iris 
dans le plan de l'image réelle de la préparation donnée par 
le collecteur, et la lunette au delà de ce diaphragme. 

On voit, en résumé, que l'appareil doit se composer de 
deux parties bien distinctes : d'une part, un prisme porté par 
un dispositif permettant de mesurer l'angle de rotation ; 
d'autre part, un système optique composé du collecteur, du 
diaphragme et de la lunette. Je vais décrire successive- 
ment ces deux parties, qui sont représentées en place pfiu* 
la figure 1. 

Goniomètre (*). — Cet appareil (flg. 2) se compose d'un 
prisme p, d'un verre ayant pour indice 1,89. La longueur 
de son arête latérale est de un centimètre ; sa section 
droite qui est équilatérale a 8 millimètres de côté. L'une des 
arêtes latérales du prisme est abattue de façon à donner 
naissance à une petite face de l"'",o de large, parallèle à la 

(1) Ce goniomètre a été constrait avec le plus grand soin par H. Pellin. 



— 242 — 

face opposée du prisme, que nous appellerons la base. Le 
prisme est enchâssé dans une platine de 7 centimètres de 
long sur 4 centimètres de large de façon que sa base soit 



m 

à 






i^^lBL ■ ' 



Fig. 1. 

exactement dans le plan de Tune des faces de la platine. 
Cette face porte deux valets V permettant d'appliquer et 
de maintenir la préparation contre la base du prisme. La 



— 243 - 

platine peut tourner autour d'un axe horizontal parallèle à 
l'arête du prisme et cet axe se termine par la vis B per- 
mettant de faire tourner la platine seule à la main. 

Les supports de Taxe sont fixés sur une plateforme 
s'adaptant sur la platine d'un microscope ; soa centre est 
muni d'une ouverture 0, de sorte que l'on peut, avec le 
microscope, examiner dans les conditions habituelles la 
préparation appliquée contre la base du prisme, grâce à la 
présence de la petite face transformant ce prisme en une 
lame à faces parallèles. 




Fig. 2. 



L'autre extrémité de Taxe est centrée avec une alidade A 
et les rotations des deux pièces peuvent être rendues soli- 
daires par une vis de pression B^. Le mouvement de l'ali- 
dade et, par suite, celui de l'axe peut être transformé en 
mouvement lent par une seconde vis de pression D qui la 
fixe au pas de la vis B,. 

Cette alidade porte un vernier au quinzième et se déplace 
devant un axe de cercle C de 50® portant une division en 



— 244 — 

demi-degrés, dispositif permettant de mesurer un angle de 
40^ à deux minutes près, ce qui sufRt dans tous les cas. 

Système optique (1). — On peut adopter, pour ce système 
optique, deux dispositifs différents, ayant chacun ses 
avantages ; c'est principalement la nature du microscope 
employé qui dictera le choix entre eux. 

!• Le plus simple comprend un objectif microscopique 
de 3 centimètres de foyer, portant un réticule dans son 
plan focal principal supérieur. D'autre part, à la place de 
l'oculaire on introduit dans le tube du microscope un Nicol 
à vision directe surmonté d*un diaphragme iris, l'ensemble 
pouvant tourner autour de Taxe du microscope. 

Au-dessus du diaphragme iris, on peut placer soit un 
oculaire positif susceptible d'être mis au point sur l'ouver- 
ture du diaphragme, soit une lunette permettant de viser 
dans le plan focal supérieur de l'objectif. Cette lunette est 
composée d'une lentille de 5<^",5 de foyer faisant fonction 
d'objectif et d'un oculaire de i<^" de foyer. 

Enfin on doit pouvoir introduire dans le corps du micro- 
scope, à la place de la lentille Bertrand, une petite glace 
inclinée à 45® sur l'axe du microscope de façon à pouvoir 
éclairer le réticule. 

Le grand avantage de ce dispositif c'est de n'exiger 
aucune stabilité entre ses différentes parties; la seule con- 
dition nécessaire consiste en ce que le réticule de l'objectif 
doit avoir une position fixe par rapport au centre optique 
de cet objectif; condition toujours remplie. Aussi doit-il 
être adopté toutes les fois que l'on se sert d'un microscope, 
dont le corps, formé de plusieurs parties, n'offre pas de 
stabilité suffisante. 

Mais l'inconvénient de ce dispositif est d'exiger une 

(1) Cette partie de rapparcil a été consfraitc pnr la inaifon Zeiss. 



— 245 — 

source de lumière monochromatique très intense, que Ton 
n'a pas toujours à sa disposition. Il faut, pour obtenir une 
flamme jaune intense, employer le procédé indiqué par 
Chauvin (*) et qui consiste à chauffer au moyen d'un chalu- 
meau oxhydrique du sel marin, fondu et contenu dans un 
creuset de porcelaine. La paroi latérale de ce creuset a été 
fendue suivant la verticale au moyen d'une lime, de façon 
à ce que la flamme puisse tomber directement sur le sel. 
Mais une grande quantité de sel est volatilisée et il faut 
opérer sous une cheminée de dégagement. 

2^ Le second dispositif comprend au contraire une 
source de lumière blanche intense telle que la flamme d'un 
bec Auer. Les différences portent sur la construction de la 
lunette, au milieu de laquelle se trouve un compensateur 
d'Abbe. C'est celte lunette qui est représentée dans la 
figure 1 ; son mode d'attache sur le microscope est 
évidemment trop compliqué, mais on n'oubliera pas que 
c'est là un premier modèle facile à simplifier. Le compen- 
sateur d'Abbe se compose, on le sait, de deux prismes 
d'Amici à vision directe pour le jaune et que l'on peut 
faire tourner d'angles égaux en sens inverse au moyen du 
bouton que l'on voit sur la figure. 11 permet de compenser 
la dispersion des rayons de différentes couleurs et de les 
rendre tous parallèles aux rayons jaunes, de sorte que 
l'on obtient l'indice de ces derniers même avec de la 
lumière blanche. 

Mais, par suite de l'interposition de. ce compensateur, il 
n'est plus possible de voir le réticule quand il se trouve 
dans le plan focal supérieur de l'objectif du microscope, et 
il faut le placer dans la lunette, au-dessus du compensa- 
teur, dans le plan conjugué de ce plan focal. Il se com- 

(1) Chauvin. — Th^'se de doctorat. 



- 246 — 



pose de deux fils à angle droit, l'un étant parallèle à Tarête 
du prisme du goniomètre. De plus, Tune de ses extrémités 
est recouverte par un petit prisme à réflexion totale qui 
peut recevoir la lumière du dehors, comme le montre la 
figure 3. 




Fig. 3. 

L'inconvénient de ce dernier dispositif est, comme on le 
verra plus loin, d'exiger une fixité absolue de la lunette 
pendant la durée d'une détermination ; condition qui ne sera 
remplie que si le microscope et la lunette ont été construits 
avec le plus grand soin. 

Il y aurait peut-être d'ailleurs possibilité de combiner 
les avantages des deux dispositifs tout en faisant dispa- 
raître cet inconvénient ; il faudrait pour cela placer le com- 
pensateur sur le trajet de la lumière incidente entre la 
source et le prisme du goniomètre. 

III. — MARCHE À SUIVRE DANS LES OPÉRATIONS. 

Je ferai d'abord remarquer que la préparation doit être 
terminée sur le porte-objet lui-même de façon à être par- 
faitement plane. Ordinairement on la termine sur une 
glace et après l'avoir décolée, on la transporte sur le porte- 
objet, mais dans cette opération la préparation, très 
mince, se gondole toujours et ne peut donner que de mau- 
vaises images. En outre, le poli de la préparation doit être 



— 247 — 

poussé aussi loin que possible ; dans le cas d'un cristal 
isolé, toujours d'assez grandes dimensions, on recommande 
au contraire de ne pas faire durer trop longtemps l'opération 
du "polissage, par crainte d'arrondir les bords du cristal ; 
mais, il n'en est plus de môme ici, où la préparation est 
très mince, où l'on peut laisser de côté les cristaux occu- 
pant le bord de la préparation et où, enfin, la surface polie 
doit réfléchir le plus de lumière possible. 

Au moyen de la vis B, on fera tourner seule la platine p 
de façon à amener la base du prisme horizontal à la face 
supérieure et sur cette base on applique la préparation 
par l'intermédiaire d'iodure de méthylène. 

Grâce à la petite facette remplaçant l'arête du prisme 
parallèle à la base, la préparation s'observe comme dans un 
microscope ordinaire. On peut donc placer perpendiculai- 
rement à l'axe du goniomètre la direction suivie par les 
deux rayons dont on veut mesurer les indices. Il est, en 
effet, facile de mesurer l'angle que fait cette direction 
avec une ligne de repaire, ligne de clivage, ligne de macle. 
Cette direction est en effet parallèle au fil NS du réticule 
de l'oculaire, il suffit donc de faire tourner la platine du 
microscope entraînant avec elle le goniomètre jusqu'à 
amener en coïncidence avec le fil la ligne de repaire. 

D'autre part, il est facile de reconnaître si la section du 
cristal est parallèle à un axe d'élasticité ; dans ce cas, en 
effet, si Ton oriente la direction d'extinction, parallèle à 
cet axe, parallèlement à Taxe du goniomètre, la section 
doit rester éteinte quand on fait tourner la platine p. En 
particulier, c'est ce qui aura lieu quand on placera le 
rayon ordinaire d'un uniaxe parallèlement à l'axe du 
goniomètre. 

Une fois le cristal orienté comme il convient, on fait 
tourner la platine p de façon à ce qu'un faisceau de lumière 



- -248 - 

convergente tombant sur l'une des faces latérales du 
prisme sorte, après réflexion sur la base, par Tautre face 
latérale et pénètre dans le microscope. Dans cette nouvelle 
position, on voit le cristal à travers une des faces latérales 
du prisme en lumière polarisée, mais il n'y a aucun retard 
entre les deux rayons, puisqu'ils n'ont pas traversé le 
cristal. Celui-ci n'est donc plus coloré et il faut une cer- 
taine attention pour le reconnaître s'il se trouve au milieu 
de cristaux semblables ; ce que l'on a de mieux à faire, 
dans ce cas, c'est de repérer sa position relativement à une 
des stries accidentelles qui se trouvent toujours sur la base 
du prisme. 

C'est le moment de diaphragmer, mais cette opération 
doit être faite judicieusement ; il ne faut pas oublier, en effet, 
que le cristal n'a pas été centré et que d'ailleurs le cen- 
trage n'est pas possible ; les rayons émis par le cristal sont 
déviés par le prisme et la déviation varie avec l'inclinaison 
de la platine p. Si donc, on diaphragmait dans une posi- 
tion quelconque de la platine, lorsqu'on la ferait tourner 
pour effectuer une mesure, un cristal quelconque se sub- 
stituerait au cristal étudié devant l'orifice du diaphragme. 

Il faut diaphragmer quand Tinclinaison de la platine p 
est telle que dans le phénomène de la réflexion totale la 
séparation de la partie obscure et de la partie éclairée du 
champ passe sensiblement par le centre de ce dernier, de 
façon à n'avoir plus à faire tourner la platine que de quel- 
ques degrés. Cette position s'obtient très facilement de la 
façon suivante : si on fait tourner la platine dans le sens 
des a décroissants, c'est-à-dire dans le sens de la flèche de 
la figure 4, le faisceau AOB des rayons subissant la réflexion 
totale va sortir du champ et le cristal ne sera plus éclairé; 
si donc, après avoir éteint le cristal de cette façon, on fait 
tourner la platine en sens inverse jusqu'à ce que le cristal 



— 249 — 

s'éclaire à nouveau, la ligne de séparation des deux par- 
ties du champ sera elle-même visible. C'est alors qu'après 
avoir mis l'oculaire positif exactement au point sur l'ou- 
verture du diaphragme, on met le microscope lui-même 
au point sur le minéral et on diaphragme. 

A partir de cet instant, la marche de l'opération est un 
peu difiFérente suivant que l'on se sert du premier ou du 
second dispositif. 




Dans le cas où on emploie la lumière monochromatique, 
i l'oculaire positif on substitue la lunette permettant de 
voir simultanément le réticule et l'image due à la réflexion 
totale qui se trouvent tous deux dans le plan focal supérieur 
de l'objectif. Après avoir serré les vis B^ et D et éteint Pun 
des rayons au moyen de l'analyseur, il est facile d'amener 
la ligne de division du champ à passer par la croisée des 
fils du réticule. 

En second lieu, on introduit la glace à 45<* sur l'axe du 
microscope, on fait tomber sur elle la lumière d'un bec de 
gaz qui par réflexion va éclairer le réticule. En faisant 
tourner l'alidade et par suite le prisme, on voit passer dans 
le champ un cercle lumineux au milieu duquel se trouve 
l'imageduréticule vu par réflexion sur la face du prisme;«aTïS 



— 2>0 — 

difficulté on amène cette image à coïncider avec le réticule 
lui-même. On n'oubliera pas que pour bien voir Timag-e, il 
faut donner au diaphragme iris une ouverture convenable. 
Si Ton se sert du second dispositif, après avoir remplacé 
l'oculaire positif par la lunette et fixé celle-ci avec soin, on 
tourne le compensateur jusqu'à ce que le centre du champ 
étant blanc, on y voit le bord de la partie sombre absolu- 
ment incolore ; le bord ne sera net que si cette condition 
est rigoureusement remplie. On amène ce bord à être tan- 
gent au fil Est-Ouest du réticule et on fait la première 
lecture. Puis on ramène le compensateur au zéro et on fait 
tomber un rayon de lumière sur le petit prisme à réflexion 
totale de l'oculaire, de façon à éclairer Tune des extrémités 
de ce même fil Est-Ouest. En faisant tourner le goniomètre 
d'un angle convenable, on voit passer dans le champ une 
fente éclairée, qui le traverse dans toute sa largeur, et au 
milieu de cette fente une ligne sombre qui est l'image, 
vue par réflexion sur le prisme du goniomètre, de la partie 
éclairée du fil du réticule. C'est qu'en effet, l'image d'un 
point de ce fil, vu à travers le diasporamètre, n'est pas un 
point, mais un segment de droite, et tous les segments de 
droite se trouvent dans le prolongement les uns des autres. 
On amène cette image à coïncider avec le fil lui-môme et 
on fait la seconde lecture. 

IV. — DISCUSSION DES RÉSULTATS. 

Recherchons d'abord quelle est la grandeur de la plage 
cristalline utilisée à la mesure des indices. 

Dans le microscope que j'emploie, le diaphragme iris se 
trouve à une distance de 201 millimètres du centre optique 
de Pobjectif ; comme la distance focale de cet objectif est 
de 30 millimètres, il en résulte que le grossissement de 



f 



281 — 

201 
l'image donnée par cet objectif est égala ^ , c'est-à-dire 

sensiblement égal à 7. 

D'autre part, le diaphragme peut être fermé de façon à 

2 
ce que son ouverture ait un diamètre égal à -r- de milli- 

naètre. On ne peut guère aller plus loin sans trop diminuer 
le pouvoir séparateur de la lunette. Par conséquent, le dia- 
mètre de Tobjet dont l'image recouvre le trou du dia- 

2 1 

phragme est de -rrr- = -ttt de millimètre. 

zi lU 

Mais, bien entendu, comme la plage cristalline est incli- 
née sur Taxe du microscope, son diamètre est un peu su- 

1 2 

périeur, il est en général compris entre -jrr- et -^jr- de 

millimètre. On voit donc que la majeure partie des cristaux 

des roches ont des dimensions suffisantes pour se prêter 

à la mesure de leurs indices. Le plus souvent même on 

n'utilise qu'une partie de la section cristalline. 

Voyons maintenant avec quelle exactitude s'effectuent 

les mesures. La lunette employée donne pour un objet 

situé dans le plan focal de l'objectif du microscope un 

grossissement linéaire compris entre 8 et 10. 

1 
Comme on peut à l'œil apprécier un déplacement de-rrr- 

10 
de millimètre, il en résulte que l'on peut apprécier dans le 

plan focal, avec la lunette, un déplacement de — rr- de mil- 

80 
limètre. La distance focale de l'objectif étant de 30 milli- 
mètres, les pointés se font en commettant une erreur 

inférieure à langle a, tel que Sin a = , c'est-à-dire 

2400 
inférieure à r30". Comme chaque opération comprend deux 

mesures, l'erreur est au plus de 3', c'est-à-dire inférieure à 

celle provenant de la lecture, puisque le vernier ne donne 

que les 2 minutes et que, par suite, l'erreur peut atteindre 

de ce fait une valeur de 4'. 

20 



— 862 — 

Voyons donc quelle influence une erreur de hl a sur la 

valeur de l'indice obtenu. 

Les formules : 

n = N Sin X 

Sin« = NSin(A— X) 
donnent : 

, _ Cos X Cos a i<L 

"" Cos(A — X) • 

Gomme a diminue en môme temps que X, il est évident 
que la valeur maximum de du sera donnée par la valeur 
minimum de X. Or, le plus petit indice que Ton puisse 
avoir à mesurer est celui de la tridymite qui est de 
1,428. 

Pour cette valeur de w, on trouve : 

dn=:± 0,0007. 

Mais c*est là une valeur maximum et pour la plus grande 
valeur de a, c'est-à-dire pour 30®, on a seulement : 

dn = ± 0,0002. 

Dans tout ce qui précède, j'ai supposé que la face cristal- 
line était parallèle à la base du prisme ; il est très impor- 
tant, en effet, que cette condition soit remplie, si l'on ne 
veut se mettre dans le cas de faire subir une correction au 
résultat obtenu. Quand la préparation est assez large et 
fort mince, ce qui a lieu le plus souvent, on satisfait sans 
difficulté à cette condition. Il n'en est plus de môme si son 
diamètre est assez faible et surtout si elle est épaisse. 
Après avoir obtenu une première valeur de X, il faut alors 
faire tourner l'appareil de 480® sur la platine du micro- 
scope et faire une seconde mesure de cet angle, en faisant 
intervenir l'autre angle de base du prisme. On prend en- 
suite la moyenne des deux valeurs de X ainsi obtenues. 

Une autre cause d'erreur provient de l'état des minéraux 



— 283 — 

que Ton examine. Pour la détermination des indices, on 
se sert habituellement de cristaux isolés, choisis avec soin, 
absolument sains, sans inclusion ni cassure. Ici, il n'en est 
plus de môme ; les cristaux renferment très souvent des 
inclusions; ils offrent des clivages, des cassures qui déter- 
minent des irrégularités dans la réflexion et rendent par 
suite moins net le phénomène de la réflexion totale. C'est 
ainsi que lorsqu'un cristal présente des traces de clivage, 
le contraste entre la partie éclairée et la partie sombre est 
beaucoup moins net quand les traces de clivage sont pa- 
rallèles à Taxe du goniomètre que quand elles lui sont 
perpendiculaires. Mais ce sont des inconvénients auxquels 
il est impossible de se soustraire, quelle que soit la mé- 
thode employée. 

V. — APPLICATIONS. 

1** Délerminatioa d'indices viconniis. — Il est encore bien 
des cristaux dont les indices sont inconnus. En général, 
ce sont des cristaux trop petits pour être séparés de la 
gangue ou de la roche qui les englobe. L'appareil que je 
viens de décrire se prête tout particulièrement à la déter- 
mination de leurs indices. J'ai l'intention de publier dans 
la suite les indices des plus connus parmi ces minéraux. 
Je ne citerai ici, comme exemple, que la Glaucophane. 

Il m'a suffi de faire faire une préparation des schistes de 
l'île de Groix, pour obtenir un grand nombre de sections, 
se prêtant à la détermination des indices, qui sont : 

rig = 1,6390 
rim = 1,6381 
ftp = 1,6212 

2* Déltrmination des éléments d'une roche. — L'emploi du 
microscope permet de déterminer certains des minéraux 



— 254 — 

entrant dans la composition de la roche, soit que ces mi- 
néraux présentent des caractères intrinsèques les distin- 
guant nettement des autres» comme le quartz, soit qu'ils 
appartiennent à des groupes particulièrement bien connus, 
comme les feldspaths. Mais souvent aussi, la détermination 
n'est qu'approximative, on ne reconnaît que le genre sans 
pouvoir distinguer l'espèce et Ton dit que la roche renferme 
un mica blanc, un pyroxène, etc. sans pousser plus loin la 
spécification. 

Comme exemple, j'ai déterminé les éléments d'une gra- 
nulite de la Vendée, en commençant par les feldspaths. 

1® Une section présentant trois lamelles hémitropes 

dont la centrale était parallèle h nm, m'a donné comme 

indices : 

ng = 1,5S81 

fim = 1,8527 

np = 1,5800 

Or, MM. Michel Lévy et Lacroix donnent pour les in- 
dices de Tandésine de la Roche-Sauve, près de Privas, les 

valeurs : 

Vg = 1,656> 

fim = 1,553 

pp = 1,649 

D'autre part, j'ai moi-même obtenu pour les indices du 
feldspath du porphyre bleu de Saint-Raphael, feldspath 
qui, par sa composition et ses caractères optiques, doit 
être évidemment rapporté à Tandésine, les valeurs sui- 
vantes : 

ng = 1,5585 

fim = 1,5539 

np = 1,5501 

Le feldspath étudié est donc bien certainement de Vandé- 
sine type. 



— 285 — 

2® Une section zonée était dans sa partie centrale per- 
pendiculaire à %, elle m*a donné : 

tig = 1,S»84 
nm = 1,S533 
rîp r=r 1,5807 

C'est donc encore une andésine type. 

3® Une section présentant la macle de Carlsbad était, 
dans Tune de ces macles sensiblement perpendiculaire à 
np. Les indices sont : 

tig = 1,8878 
nm = 1,8839 
ftp = 1,8800 
Andésine type. 

4» Une section sans macle ni trace de clivage, parallèle à 
un axe d'élasticité, m'a donné : 

ng — 1,8449 
nm = 1,8419 
rip = 1,8367 

Or, M. Fouqué a obtenu pour les indices d'un oligoc'ase 
du Mexique les valeurs ; 

Ug = 1,8487 
rim = 1,8418 
Up = 1,8373 

Le feldspath étudié est donc bien un oligociase type, 

5® Une section perpendiculaire à un axe optique m'a 
donné comme indices : 

ng = 1,8380 
n = 1,8330 
np = 1,8306 



— 256 — 

Or, MM. Michel Lévy et Lacroix ont obtenu pour Talbite 
de Arendal (Norwège) les valeurs : 

fig = 1,540 
n^= 1,534 
np = 1,53-2 

qui sont plus élevées de deux unités que les nombres pré- 
cédents. Il est probable que cet albite est un peu calcique, 
et que les premiers nombres sont réellement ceux de Val- 
bite type, 

C^ Une section sans macle, sans trace de clivage per- 
pendiculaire sur tig m'a donné : 

rig = 1,5386 
fim = 1,5333 
fip = 1.5307 

C'est donc une section d'albite type. 

7® Une section perpendiculaire à rip donne : 

fim =^ 1,5336 
Tip = 1,5306 

Je n*ai pas mesuré %, ces deux nombres suffisant à dé- 
montrer que Ton a affaire à une albite type. 

8* Une section maclée possède une lamelle parallèle à 

fim et donne : 

vg = 1,5383 

np z= 1,5290 

C'est donc encore une albite type. 

9® Une section présentant la macle de Carlsbad et per- 
pendiculaire sur Tim dans une de ses plages, a donné : 

Tig = 1,5245 
n«= 1,5232 
np = 1,5167 



— 287 — 

Or, M. Descloiseaux a obtenu pour une adulaire du Saint- 

Gothard : 

fig = 1,5243 

n« = 1,5223 

wp = 1,8181 

Les deux valeurs de rig et de rim concordent bien, mais la 
valeur que j'ai obtenue pour rip est évidemment trop faible 
d'au moins une ou deux unités du troisième ordre ; j'ai dû 
commettre une erreur, mais les deux autres valeurs suf- 
fisent à affirmer que j'ai affaire à de Vorthose type. 

10« Enfin, j'ai mesuré les indices d'une lamelle de mica 
blanc parallèle à rtm et j'ai obtenu : 

ng = 1,5963 
np = 1,5601 

tandis que M. Pulfrich a donné pour les indices d'une 

muscovite : 

fig = 1,5977 

np = 1,5601 

Si je fais remarquer que tous ces résultats ont été obte- 
nus avec une seule préparation de la roche, on pourra juger 
de l'importance des résultats fournis par la détermination 
des indices de réfraction. 



Sur la forme cristalline du borate de lithium 
Bo203,Li'0,16H20. 

Par M. P. Termier. 

Ce sel a été récemment obtenu par M. H. Le Châtelier. 
Sa forme est rhomboédrique. 

CL 

Le rapport — est égal à 0,944. Le rhomboèdre primitif 
c 



— 268 — 

p (lOFl) fait avec la base a* (0001) un angle de 132<>32' 
(angle vrai). 
Les seules formes constatées jusqu'ici sont : 

p (1011), e*« (Olll), c* (lOÛ)), eta^ (0001). 

Les cristaux sont des tablettes hexagonales ayant au 
maximum 1 centimètre de largeur et 6 ou 7 millimètres 
d'épaisseur. En général le rapport de la largeur à l'épais- 
seur est compris entre 5 et 10. Le pourtour des tabl^ettes 
est formé par les faces du prisme hexagonal e* (lOlO) et 
par de très petites facettes, du rhomboèdre primitif, plus 
rarement des deux rhomboèdres p et &^. 

Il est très rare que ces facettes de rhomboèdre manquent 
tout à fait et que le cristal se réduise à un prisme hexago- 
nal basé. 

Récemment préparés, les cristaux sont incolores et par- 
faitement limpides, et toutes leurs faces, sauf la base, 
donnent au goniomètre de bonnes images. Au contact de 
l'air, le sel devient peu à peu opaque et se pique d'efflo- 
rescences blanches. 

L'examen optique montre que la subtance est rigoureu- 
sement uniaxe. Le signe est positif. Il n'y a pas trace de 
polarisation rotatoire. 

La composition correspond exactement à la formule : 

Bo*0», Li*0, 16H«0. 

La densité, prise au moyen d'un mélange d'iodure de 
méthylène et de benzine, a été trouvée égale à 1,38; mais 
ce nombre est peut-être un peu trop fort, les cristaux aux- 
quels il se rapporte paraissant avoir déjà subi un com- 
mencement de déshydratation. 

Le Secrétaire, gérant^ P. GAUBERï. 

PARIS — IMPRIMERIE CHAIX (SUCC. B), 5, RUE DE LA SAINTE-CHAPELLE.— 2501-97. 




1^^^^^^^^^ 



Hélioc^ Du.] a r dm 



BULLETIN 

DE LA 



-OCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALdiilK 



Année 1897. — Bulletin n^ 8. 



Compte rendu de la séance du décembre 1807. 

Présidence de M. Termier. 



LE Prinïdent annonce la mort iïa M. A. Schrauf, mein- 
onortiro il,e la Sm-iété. 

K l*Kr-i:;r:NT procl.nne : 1° Membres hoiior.'iir?^ MV 
• •} et N.-S. Mai^kelyru»; 2" Membre perprwiifl, >'N,f •.'• 
. na, c?ur 1.» f>r''Siint liion de MM. (U^ Maiiroy i'.\ T* • 

.\ pré^»*:it:!li(iiis >oîi{ annoncées. 

V. Lacroix ht lanolice suivante sur M. l).*s Cio. .. . . v • 

A. DES GLOIZEAUX 

Par A. Lacroix. 

i^ 1894, presv^ue cliaque année a \. • « .«tî^ 

un deuil cruel : après la mort si • : • ùe 

. qui nous a été enlevé en pleine *. •;« ■ • • »vi> 

..riu deux de nus doyens, de nos foui.t.i - .•; en 




^^^^g?^,.,^^ 



Hélioô^.Dujardm 



BULLETIN 

DE LA 



SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE MINÉRALOGIE 



Année 1897. — Bulletin n® 8. 



Compte rendu de la séance du 9 décembre 1897. 

Présidence de M. Termier. 



M. le Président annonce la mort de M. A. Schrauf, mem- 
bre honoraire de la Société. 

M. LE Président proclame : 1® Membres honoraires, MM. 
Pouqué et N.-S. Maskelyne ; 2** Membre perpétuel, Specola 
Vaticana, sur la présentation de MM. de Mauroy et Termier. 

Deux présentations sont annoncées. 

M. A. Lacroix lit la notice suivante sur M. Des Gloizeaux: 

A. DES GLOIZEAUX 

Par A. Lacroix. 

Depuis 1894, presque chaque année a apporté à notre 
Société un deuil cruel : après la mort si inattendue de 
Mallard qui nous a été enlevé en pleine vigueur, nous 
avons perdu deux de nos doyens, de nos fondateurs et en 

21 



même temps de nos anciens présidents, Daubrée, puis, 
le 7 mai dernier, Des Gloizeaux. 

Je remercie notre Président d'avoir bien voulu me char- 
ger de faire revivre devant vous la figure et l'œuvre du 
maître vénéré auquel m'attachait une vive et respectueuse 
affection. 

L'histoire de Des Gloizeaux peut se résumer dans celle 
de son œuvre, il n'a vécu que pour la science et sa vie 
tout entière a été remplie par une passion exclusive et 
désintéressée pour la Minéralogie. Ses travaux sont l'un 
des points de départ d*une des branches les plus fécondes 
de cette science, et tous ceux qui aujourd'hui se pressent 
à sa suite dans l'étude des propriétés optiques des miné- 
raux sont plus ou moins directement ses élèves. 

Né à Beauvais, le 17 octobre 1817, d'une vieille famiile 
de magistrats. Des Gloizeaux fut animé dès sa première 
jeunesse d'un intérêt très vif pour les minéraux: il aimait à 
se rappeler sa petite collection de collégien. Quand il vint 
à Paris pour achever ses études, il eut la bonne fortune 
d'avoir pour professeur de mathématiques spéciales le cris- 
tallographe Lévy. Gelui-ci encouragea le goût naissant 
de son élève pour la minéralogie et l'engagea à suivre le 
cours de Dufrénoy à l'Ecole des Mines; il y fit plus tard la 
connaissance de H. de Senarmont. Ges savants décidèrent 
de sa carrière scientifique. G'est en effet sous l'influence 
de Lévy qu'il devint cristallographe habile; c'est surtout 
de Senarmont qui l'engagea dans l'étude des propriétés 
optiques dans laquelle il ne tarda pas à devenir un 
Maître. 

Élu membre de l'Institut en 1869 et président de l'Aca- 
démie des Sciences en 1889, Des Gloizeaux a occupé 
diverses fonctions dans l'enseignement de la minéralogie : 
répétiteur à l'École Gentrale en 1843, il fut nommé Maître 



— 261 — 

de conférences à TEcole normale en 18S7, suppJéa Delà- 
fosse à la Sorboniie de 1873 à 1876 et le remplaça au 
Muséum en 1876^ où il professa jusqu'en 1892, époque à 
laquelle il fut nommé professeur honoraire. Mais ses goûts 
l'entraînaient plutôt vers le travail personnel et solitaire 
que vers ramphithéâlre. Il fut du reste, jusqu'à la fin de 
sa carrière, privé de laboratoire convenablement organisé 
et des ressources que donnent généralement les situations 
officielles. Il dut toujours travailler avec des moyens maté- 
riels insuffisants et à Taide de ses ressources particulières. 
Dans son cabinet, encombré de livres, de brochures, d'ins- 
truments de tout genre, transformé en laboratoire et en 
atelier de lapidaire, il menait de front les plus délicates 
mesures et le travail manuel de l'opticien, aussi habile 
ouvrier qu'expérimentateur consommé. 

Malgré leur multiplicité, les travaux de cabinet n'ont pas 
absorbé toute l'activité de Des Gloizeaux; bien que ses 
études aient été surtout du domaine de la Physique, il était 
naturaliste dans l'âme. Il ne voyait pas seulement dans un 
minéral matière à recherches physiques ou chimiques, 
toutes les questions se rattachant à l'origine, au gisement 
des minéraux, à leur rôle géologique, l'intéressaient au plus 
haut point. Aussi voyagea-t-il beaucoup pour voir en place 
les minéraux dont il étudiait la structure et les propriétés 
physiques : c'est au cours de ces nombreuses pérégrinations, 
qu'il noua d'intimes relations dans leur pays d'origine avec 
les minéralogistes les plus éminents de son temps : 
Angstrôm, Breithaupt, Haidinger, Haussmann, N. de 
Kokcharoff, Miller, Naumann, vom Rath, G. Rose, Scacchi, 
Sella, pour ne citer que les morts. 

Ses premiers grands voyages eurent lieu en 1845 et 1846. 
Dès cette époque, les physiciens se préoccupaient de la 
rareté du spath d'Islande. Biot, auprès duquel Des Gloizeaux 



-262 — 

travaillait au Collège de France, ayant eu Toccasion de 
Tapprécier, le fit charger de deux missions en Islande. Des 
Cloizeaux ne se contenta pas de déterminer exactement le 
gisement du précieux minéral, il fit d'intéressantes obser- 
vations sur les geysers avec son compagnon de voyage, 
le célèbre Bunsen, et rapporta une riche collection de 
minéraux et de roches qui lui servirent plus tard pour 
divers travaux : c'est de ce voyage que date la découverte 
de la christianite. 

En 1868, il fut chargé par le Ministre de Tlnstruction pu- 
blique d'une mission en Suède, en Norvège et en Russie. 
A diverses reprises, il parcourut la plus grande partie du 
reste de l'Europe et fît en France de nombreux voyages 
qui lui permirent de recueillir d'innombrables obser- 
vations. 

Véritable bénédictin. Des Cloizeaux avait un entrain à 
l'œuvre, une puissance de travail, une persistance dans les 
desseins, une ténacité extraordinaires ; il pouvait pendant 
de longues années poursuivre sans répit la môme recherche, 
-— ses travaux sur les feldspaths en sont un exemple, — 
s'isolant en quelque sorte du monde extérieur, revenant 
sans cesse au problème cherché au milieu des occupations 
de tous les jours. 

Une autre caractéristique de son esprit était une honnê- 
teté scientifique rigide, jointe à un soin constant de l'exac- 
titude et de la précision, mais de la précision réfléchie. Il 
était ennemi en effet de cette précision illusoire que don- 
nent des mesures poussées jusqu'à la seconde et effectuées 
sur des quantités qui d'un cristal à un autre ou même dans 
un même cristal peuvent varier de plusieurs minutes et 
même quelquefois de plusieurs degrés. 

C'est cette conscience toujours en éveil qui, même à. la 
fin de sa vie, lui rendait pénible le moment de la signature 



- 263 — 

du bon à tirer d'un travail quelconque; il cherchait jusqu'à 
la dernière minute à perfectionner son œuvre, la rebâtissant 
parfois de fond en comble, alors qu'elle semblait achevée. 

Lorsque Des Cloizeaux avait touché à un sujet, il le con- 
sidérait comme sien, ne le perdait plus de vue, y revenait 
sans cesse, au fur et à mesure quUl perfectionnait ses mé- 
thodes ou que les travaux d'autres savants appelaient son 
attention sur la question. C'est ainsi qu'on le voit vers le 
milieu de sa carrière étudier à l'aide des propriétés opti- 
ques des cas difficiles qu'il avait jadis cherché à résoudre 
cristallographiquement, puis y revenir plus tard encore : 
ses divers mémoires sur la wôhlerite, la christianite et 
l'harmotome sont dans ce cas. 

Des Cloizeaux lisait avec avidité tout ce qui se publiait 
sur la science qui lui était chère, mais en parlait peu. Quand 
il avait sous la main le minéral décrit, il résistait rarement, 
ou plutôt, il ne résistait jamais au désir de répéter l'expé- 
rience indiquée ou de vérifier la description donnée, cher- 
chant toujours à se former une opinion personnelle sur le 
sujet. Cette curiosité scientifique insatiable, l'entraînant 
continuellement à des observations nouvelles, au milieu du 
travail du moment, a été l'un des éléments de succès de 
son Manuel de Minéralogie, mais elle est aussi le secret de 
son inachèvement. 

Vivant au milieu des minéraux, vivant pour eux, il les 
aimait passionnément, et cet amour ne l'a abandonné 
qu'avec la vie. Quelques jours avant sa mort, alors qu'il 
ne quittait plus son lit, je lui portai quelques-uns des 
cristaux de cinabre que venait de décrire notre président 
actuel ; il les prit dans ses mains défaillantes, et un rapide 
sourire passa sur ses lèvres à la vue de ce minéral qui lui 
rappelait ses chères études et l'une de ses plus brillantes 
découvertes. 



— Î64 — 

Sous des dehors un peu brusques^ Des Cloizeaux était 
d'une grande bienveillance, que vous avez tous été à même 
d'apprécier. Les jeunes gens, les débutants, aussi bien que 
les savants en renom, trouvaient auprès de lui un accueil 
plein d'aménité; je ne puis me rappeler sans émotion les 
encouragements qu'il me prodigua, lorsque, pauvre étu- 
diant sans recommandations, je vins le trouver au Muséum 
en débarquant de ma province. Il était toujours prêt à 
mettre au service de celui qui le sollicitait ses profondes 
connaissances des minéraux et son érudition profonde. 

Le premier mémoire de Des Cloizeaux date de 1842; à 
partir de cette époque, il n'a cessé pendant cinquante- 
deux ans de publier presque chaque année de nombreux 
travaux. 

Jusqu'en 1855, son œuvre est exclusivement cristallo- 
graphique; sa première publication, consacrée à l'étude 
des propriétés optiques des minéraux, est de cette année ; 
dès lors, ce nouveau genre de recherches l'absorbe pres- 
que entièrement et il ne publie plus guère de travail cris- 
tallographique sans y ajouter quelques observations op- 
tiques. 

Peu chimiste lui-même. Des Cloizeaux eut l'heureuse 
fortune de trouver dès sa première jeunesse en M. Damour, 
notre vénéré doyen, l'habile chimiste auquel la minéralo- 
gie doit tant d'analyses délicates, non seulement l'ami sûr 
auquel il devait être attaché jusqu'à la mort, mais encore 
le conseil dévoué qui l'a aidé souvent de son expérience et 
avec lequel il a publié plusieurs mémoires importants. 

Les travaux cristallographiques de Des Cloizeaux ont 
toujours eu un but descriptif, celui de fixer la forme et de 
déterminer avec le plus de précision possible les cons- 
tantes cristallographiques d'un grand nombre de minéraux 
ou de sels de la chimie. Il s'est attaqué soit à des substan- 



ces nouvelles, rares ou inconnues à ce point de vue, telles 
que la homilite, la herderite, la beudantite, la nadorite, la 
huréaulite, la barytocalcite, la descloizite, la dufrénoysite, 
rilvaïte, le malacon, la gadolinite, la cymophane, la clau- 
delite, la gay-lussite, la durangite, la greenockite et Tiody- 
rite, etc., soit à des minéraux communs offrant quelque 
incertitude dans leurs formes : apatite, gypse, anatase, 
réalgar, rutile, gehlenite, melilite, wolfram, niobite, chris- 
tianite, harmotome, etc. Il a publié en outre de nombreuses 
notes sur des espèces minérales provenant de gisements 
nouveaux ou peu connus (adamine du Laurium, etc.). 
* Mais son œuvre cristallographique capitale est son 
mémoire sur le quartz qui est resté un modèle du genre. 
11 l'entreprit en 1853, à la suite de Texamen qu'il avait 
fait de cristaux de quartz du Valais; il était alors surtout 
préoccupé de la structure intime du quartz. Il voulut à 
cette occasion passer en revue les cristaux de collections 
publiques de Paris, sans avoir l'intention du reste d'entre- 
prendre un travail cristallographique que le mémoire 
de G. Rose paraissait rendre superflu; il ne tarda pas 
cependant à trouver tant de faits nouveaux qu'il fut en- 
traîné à écrire une véritable monographie de ce minéral ; 
elle lui coûta plus de deux ans de travail. Aux 35 formes 
connues jusque-là dans le quartz, il en ajouta 134 nouvelles, 
faisant pour la plupart partie de zones intéressantes et 
offrant une complication de symboles plus grande que celle 
qu'on était alors habitué à trouver dans les cristaux. Tous 
les échantillons étudiés n'avaient pas fourni à beaucoup 
près de bonnes mesures ; très fréquemment. Des Gloizeaux 
eut à hésiter entre plusieurs symboles, également compli- 
qués ; par un usage habile de la considération des zones, 
par un sentiment cristallographique très fin, il sut toujours 
faire un choix heureux entre les diverses hypothèses qui 



- 266- 

se présentaient à lui^ et les travaux plus récents effectués 
sur ce sujet, si souvent étudié et jamais épuisé, sont venus 
donner de multiples et éclatantes vérifications à son 
œuvre. 

Les macles du quartz ont beaucoup occupé Des Gloizeaux; 
par des mesures nombreuses il a montré que les macles 
à axes parallèles, si bien étudiées par G. Rose, ne s'effec- 
tuent que rarement avec la précision théorique, qu'il y a 
souvent des oscillations atteignant 2® autour des nombres 
donnés par le calcul, exemple de cette tolérance qui s'ob- 
serve si fréquemment dans les phénomènes naturels en 
général et dans les groupements cristallins en particulier • 

Il a en outre précisé la très rare macle à axes inclinés 
qui porte le nom de macle de la Gardette. 

L'emploi de la lumière polarisée lui permit de faire 
ressortir l'extrême complication des groupements intimes 
des cristaux de quartz, en apparence les plus purs : il 
en fixa les détails par ces belles photographies que vous 
connaissez tous et qui constituent le premier essai d'appli - 
cation de la photographié à la représentation des phéno- 
mènes optiques dans les cristaux. 

Ses recherches cristallographiques n'ont pas toutes fait 
l'objet de travaux spéciaux, il en a disséminé un grand 
nombre dans son Manuel de Minéralogie et dans ses mé- 
moires consacrés plus spécialement à des observations 
optiques; c'est ainsi par exemple que l'on trouve dans ses 
« Nouvelles recherches sur les propriétés optiques des cristaux », 
travail inséré dans le tome XVII des Mémoires des savants 
étrangers, de véritables monographies cristallographiques 
de la carnallite, de la tachydrite, de l'adamine et de la 
pisanite, isomorphe de la mélantérite, de la vivianite, de la 
prosopite, ainsi que d'un certain nombre de sels. 

Parmi ses études cristallographiques consacrées spécia- 



— Wl — 

lement à la détermination de produits artificiels, il y a 
lieu de citer ses travaux sur divers tartrates et sa mono- 
graphie des sels de thallium, la détermination du système 
cristallin du silicium et du magnésium, etc. 

L'autorité acquise par Des Cloizeaux comme cristallo- 
graphe est attestée par la confiance accordée à ses mesures 
par tous les minéralogistes et par l'adoption de la plupart 
de ses données par les auteurs des traités les plus récents. 
Mais son influence dans la science cristallographique s'est 
manifestée d'une autre façon encore ; c'est grâce à lui en 
effet, grâce à l'exemple qu'il a donné dans ses mémoires 
et dans son Manuel de Minéralogie que la notation cristallo- 
graphique de son maître Lévy est devenue en France le 
système universellement adopté. Des Cloizeaux se plaisait 
à faire valoir sa grande commodité, ses avantages au point 
de vue descriptif, au point de vue de l'enseignement oral 
et de l'inscription sur les figures des cristaux de symboles 
qui, dans le plus grand nombre de cas, sont constitués par 
une seule lettre. Il ne se dissimulait pas cependant l'incon- 
vénient qu'il présente d'avoir des axes différents de ceux 
des autres systèmes de notation, mais son attachement à 
ce genre d'axes tenait à son grand désir de donner une 
réalité objective à la forme primitive du cristal qu'il étu- 
diait, à choisir pour celle-ci une forme fréquemment réali- 
sée dans -la nature et possédant quelque propriété physi- 
que intéressante, telles que des clivages par exemple. Il 
était du reste grand admirateur de Miller et de son sys- 
tème qu'il utilisait fréquemment pour le calcul. 

Les travaux cristallographiques qui viennent d'être briè- 
vement passés en revue suffiraient à eux seuls pour établir 
la réputation d'un savant, ils ne forment cependant qu'une 
faible part de l'œuvre scientifique de Des Cloizeaux. 

La partie la plus durable de celle-ci est constituée en 



— Î68- 

efTet par ses travaux sur les propriétés optiques des minérauœ. 
Pour l'apprécier avec justice, il faut se reporter au point où 
en était la connaissance de celles-ci lorsqu'il les aborda. 

Elles n*étaient guère encore sorties des laboratoires de 
physique. Des Cloizeaux m'a raconté bien souvent ses 
premières expériences effectuées au Collège de France 
sous la direction de Biot pour la mesure des angles d'ex- 
tinction des clivages du gypse, sans microscope, par rotation 
d'une large lame entre deux niçois placés aux extrémités 
d'un tube incliné. Les microscopes d'Amici et de Nôrrem- 
berg faisaient alors leur apparition et son premier instru- 
ment construit à l'aide de lentilles que lui avait envoyées 
Amici lui-môme est conservé au Muséum comme une pré- 
cieuse relique. Il y a loin de cette pesante machine aux 
délicats instruments dont se servent aujourd'hui les débu- 
tants de nos laboratoires. 

Personne alors parmi les minéralogistes français, sauf son 
maître de Senarmont, trop tôt enlevé à la science, ne se 
doutait de l'importance que devaient prendre les propriétés 
optiques dans l'étude des minéraux, et Des Cloizeaux m'a 
montré des lettres de son ami de Mairignac, écrites dans 
la période de tâtonnements qui précéda ses premiers mé- 
moires, lettres dans lesquelles le célèbre chimiste et cristal- 
lographe le raillait affectueusement de son entêtement 
dans une semblable voie. 

Aux prises avec de multiples difficultés, mais animé de 
cette ardeur et de cette persévérance qui étaient parmi ses 
qualités maîtresses, Des Cloizeaux sut trouver de grandes 
ressources dans son esprit ingénieux et inventif. Sous sa 
main, le microscope de Nôrremberg construit par Soleil 
prend une forme nouvelle ; son champ augmente, permet- 
tant d'observer les plus délicats phénomènes avec des 
plaques de dimensions relativement restreintes. Les limites 



d'observation, nécessairement très étroites jusque-là, 
s'élargissent. Des Cloizeaux voit dès lors devant lui une 
source presque illimitée de recherches, il fait le rêve 
enthousiaste de déterminer les propriétés optiques de tous 
les corps transparents et translucides, étendant ses recher- 
ches au delà des limites habituelles à la plupart des miné- 
ralogistes de son temps, effaçant les barrières factices qui 
limitaient leurs observations aux seuls corps existant 
dans la nature et annexant tous les sels de la chimie. Il 
se mit à l'œuvre avec une ardeur dévorante qui ne devait 
s'éteindre qu'avec la vie. 

A l'ancien procédé employé pour mesurer l'écartement 
des axes optiques par rotation de la lame, taillée norma- 
lement aux bissectrices, autour de l'axe d'un goniomètre 
de WoUaston, il substitua le microscope horizontal qui 
est aujourd'hui encore en usage, le disposant pour les 
mesures dans l'air ou dans un liquide approprié pour les 
substances ayant un écartement d'axes très grand. Lorsque 
plus tard ses travaux sur les variations de l'écartement 
des axes optiques le nécessitèrent, il disposa l'original 
appareil qui a donné entre ses mains de si intéressants 
résultats. 

Jusqu'à lui, l'étude de la dispersion s'était faite par la 
mesure directe de l'écartement des axes optiques pour 
diverses lumières monochromatiques. Plusieurs physi- 
ciens, Nôrremberg, Neumann, Herschell et plus récem- 
ment de Senarmont, avaient constaté dans les sections 
taillées perpendiculairement aux bissectrices des cristaux 
biaxes les variétés que présente la disposition des couleurs 
constituant les anneaux colorés. Des Cloizeaux s'empara 
de ces observations, montra leur généralité, les systé- 
matisa et mit en lumière leur importance pour la déter- 
mination du système cristallin des substances biaxes. Il 



- 270 — 

étudia la distribution des couleurs dans les lames des 
minéraux rhombiques, suivant le sens de la dispersion 
des axes optiques. Dans les substances monocliniques, 
il définit les dispersions inclinée^ tournante ou croisée des 
bissectrices, suivant la position de ces dernières, et enfin 
étudia dans les substances tricliniques les mélanges de 
ces diverses dispersions. Ce nouveau procédé dMnvesti- 
gation prit entre ses mains une très grande importance ; 
il le maniait du reste avec une habileté incomparable. 
Son œil percevait dans une figure donnée par la lumière 
convergente, des nuances qui surprenaient un obser- 
vateur moins exercé. Les déductions qu'il en tirait et qu'il 
cherchait du reste toujours à vérifier par d'autres procédés 
étaient rarement en défaut. 

Enfin, pour terminer l'énumération des méthodes que la 
science minéralogique doit à Des Cloizeaux, il me reste à 
rappeler les formules qu'il a employées pour calculer l'indice 
moyen et l'écartement réel des axes optiques des substan- 
ces biaxes, en fonction de l'angle apparent des axes opti- 
ques, mesuré autour de chacune de leurs bissectrices. 

L'âge n'avait en rien affaibli son ardeur pour les recher- 
ches d'un genre nouveau et lorsqu'il y a dix ans des per- 
fectionnements apportés aux anciens appareils vinrent 
modifier les procédés d'investigation qu'il avait toujours 
pratiqués, lorsque surtout notre collègue M. E. Bertrand 
construisit un microscope analogue à celui dont se ser- 
vent les pétrographes et dans lequel était introduite la 
lentille qui porte le nom de ce savant, vit-on Des Cloizeaux 
abandonner résolument pour toujours l'instrument de 
ses anciennes recherches et se remettre au travail avec 
une ardeur juvénile, revoyant en quelques années avec 
le nouveau microscope toutes les préparations de cris- 
taux quUl avait étudiés depuis vingt-cinq ans, s'achar- 



— Î71 — 

nant sur toutes les substances qu'il n'avait pu jadis dé- 
brouiller complètement, donnant ainsi à ses élèves un 
entraînant et fortifiant exemple. 

11 ne peut guère être question dans cette notice de passer 
en revue, même brièvement, tous les mémoires consacrés 
par Des Gloizeaux à Tétude des propriétés optiques des 
substances cristallisées, je me contenterai donc de noter 
les principaux. En 18o7, 18S8 et 1867 il a publié dans les 
Annales des Mines et dans le Recueil des savants étrangers trois 
grands mémoires renfermant le résultat de ses recherches 
et montrant le progrès de ses méthodes ; il y passe en 
revue d*une façon plus ou moins complète les propriétés 
optiques de 468 minéraux ou sels, ce qui constitue à peu 
de chose près le bilan de ce qui était connu à ce point de 
vue au moment de leur publication. 

Dans le mémoire de 18S7, qui lui servit de thèse de 
docteur es sciences physiques, Des Gloizeaux étudie parti- 
culièrement le signe optique des substances biréfringentes 
en montrant son importance pour la distinction des subs- 
tances minérales. Sous Tinfluence d'un récent mémoire de 
H. de Senarmont sur les propriétés optiques des corps 
isomorphes, il insiste sur ce que des corps isomorphes 
peuvent avoir des signes optiques différents. D'autre part, 
frappé par la découverte qu'il vient de faire de types posi- 
tifs et de types négatifs dans l'apophyllite, la pennine, le 
clinochlore, l'eudyalite (eucolite), il définit Vespéce minérale 
telle qu'il la comprendra désormais, c'est-à-dire la réunion 
des individus dont tous les caractères chimiques et optiques 

sont semblables, alors que le groupe ou la famille se com- 
posera de la réunion des individus ayant la môme forme 

cristalline, mais dont la composition chimique offre des 
variations soumises aux lois de l'isomorphisme et dont les 

propriétés optiques peuvent se manifester par des signes 



— Î72 — 

contraires, les différences de propriétés optiques étant 
consécutives des variations chimiques. 

Son second mémoire, paru en 1858, montre un grand 
progrès dans les méthodes, c'est à partir de ce moment 
qu'il utilise d'une façon constante les caractères tirés de 
la dispersion et qu'il les définit. Dans un mémoire publié 
en 1864, il est revenu avec plus de détails sur ce dernier 
sujet et a donné la description circonstanciée de toutes 
les méthodes employées par lui pour la détermination des 
propriétés optiques des corps cristallisés. 

Enfin son troisième grand mémoire, publié en 1867, est 
consacré non seulement à la suite des recherches précé- 
dentes, mais encore à la publication d'un travail poursuivi 
pendant plusieurs années sur la variation que l'écartement 
des axes optiques présente sous l'influence de la chaleur. 

Des modifications temporaires dans l'écartement et la 
position des axes optiques étaient connues dans le gypse 
et dans la glauberite. Des Cloizeaux découvrit que l'orthose 
présente cette même propriété ; en chauffant une lame de 
ce feldspath taillée perpendiculairement à sa bissectrice 
aiguë, il vit les axes optiques disposés tout d'abord dans un 
plan parallèle au plan de symétrie, se resserrer, se réunir, 
puis s'ouvrir dans un plan perpendiculaire au premier. Quand 
réchauffement ne dépasse pas 400®, par refroidissement le 
phénomène se produit dans un ordre inverse ; mais si 
la température est poussée à 700 ou 800<*, les modifications 
deviennent permanentes. Cette observation d'un phénomène 
nouveau présentait d'autant plus d'intérêt qu'il existe des 
gisements volcaniques dans lesquels l'orthose possède le 
second mode de disposition du plan des axes optiques. 
Après cette brillante découverte, Des Cloizeaux suivant sa 
méthode habituelle se hâta d'essayer l'action de la chaleur 
sur tous les corps qu'il avait précédemment étudiés ; il ne 



— 273 — 

retrouva des phénomènes identiques à ceux de l'orthose 
que dans trois substances : la brookite, la cymophane et 
la zoïsite ; mais dans un grand nombre de cristaux biaxes 
il observa des variations réversibles. Dans beaucoup de 
substances orthorhombiques, Tangle des axes optiques 
varie sous Tinfluence de la chaleur dans des proportions 
plus ou moins grandes qu'il détermina. Dans les minéraux 
monocliniques, il constata en outre pour quelques-uns 
d'entre eux des variations dans la position des deux 
indices compris dans le plan de symétrie. Quant aux 
minéraux tricliniques étudiés à ce point de vue, ils ne lui 
montrèrent aucune modification appréciable. 

L'étude de la polarisation rotatoire, abordée au point de 
vue expérimental, fut pour lui une source d'importantes 
découvertes ; c'est ainsi qu'il trouva le pouvoir rotatoire 
du cinabre, dix-sept fois plus considérable que celui du 
quartz, qu'il fit voir que le sulfate de strychnine possède 
à la fois le pouvoir rotatoire dans ses cristaux et dans ses 
dissolutions, ce fut le premier corps connu possédant cette 
propriété. Il montra par contre que le benzile ne possédait 
le pouvoir rotatoire que dans ses cristaux et les camphres 
seulement dans leurs dissolutions. 

Avant d'aborder une des œuvres capitales de Des Gloi- 
zeaux, je tiens à citer les mémoires dans lesquels il établit, 
à l'aide des propriétés optiques, Texistence de types ortho- 
rhombiques dans les groupes jusqu'alors considérés 
comme exclusivement monocliniques, la zoïsite dans celui 
des épidotes, Thypersthène, l'enstatite, la bronzite dans 
celui des pyroxènes, l'anthophyUite et la gedrite parmi les 
amphiboles, — les mémoires dans lesquels il fit voir que les 
minéraux à terres rares (gadolinite, orthite, homilite, 
etc.), dont il avait étudié les propriétés pyrognostiques 
curieuses en commun avec M. Damour étaient formés par 



des plages biréfringentes (dont il a déterminé les propriétés 
optiques), noyées dans une masse monoréfringente prove- 
nant probablement de l'hydratation des premières, — ses 
mémoires sur les formes et les propriétés optiques du wol- 
fram, de Tamblygonite et de la montrebasite, de Thuréau- 
lite, de la descloizite, de l'orpiment, de la cryolite et des 
minéraux qui l'accompagnent, de latéphroïte, de la duran- 
gite, de la wôhlérite, de Tharmotome, de la christianite, 
de la gismondine, de la crocoïse, de la vauquôlinite, de la 
nadorite, des trois types de humite de Scacchi,dans lesquels 
il établit l'existence d'un type rhombique et de deux types 
monocliniques à propriétés optiques différentes, enfin sa 
note sur l'existence d'un carbonate de fer et de magnésie 
dans la météorite d'Orgueil. 

Des Cloizeaux a en outre établi, soit seul, soit en colla- 
boration avec M. Damour, un certain nombre d'espèces 
minérales: la christianite, l'ottrelite, la chalcoménite, la 
serpiérite et surtout le microcline. 

J'arrive maintenant à une longue série de recherches 
qui ont occupé Des Cloizeaux pendant plus de vingt ans, 
je veux parler de ses travaux sur les feldspaths ; ces miné- 
raux ont une importance considérable au point de vue de 
leur rôle dans la constitution des roches. Leur connais- 
sance est la base môme de tous les systèmes de classifi- 
cation pétrographique et c'est là une des causes principales 
de l'inlérôt passionné que leur a porté Des Cloizeaux. On 
a vu déjà plus haut à quelle découverte importante l'avait 
conduit l'étude de l'orthose; en poussant plus loin l'examen 
microscopique de ce minéral, il vit qu'un grand nombre de 
cristaux, ayant la môme composition chimique que ce mi- 
néral, étaient en réalité tricliniques, avec forme limite 
monoclinique, il montra les curieuses macles et les pro- 
priétés optiques de cette substance nouvelle qu'il appela 



— 278 — 

micî'ocline, reprenant un ancien nom de Breithaupt, et dont 
les propriétés optiques, à l'inverse de celles de l'orthose, 
présentent une remarquable stabilité à toutes les tempé- 
ratures. Ce fut un véritable triomphe pour ses délicates 
méthodes d'investigation que de l'avoir conduit à la décou- 
verte d'une espèce nouvelle dans un groupe de minéraux 
aussi connus que les feldspaths potassiques sur lesquels 
le dernier mot semblait dit. 

C'est à Des Cloizeaux que nous devons les premières 
notions précises sur les propriétés optiques des plagio- 
clases; leur détermination présentait de nombreuses diffi- 
cultés, non seulement à cause de la dissymétrie triclinique 
de ces feldspaths, mais encore en raison de la rareté de 
leurs cristaux et de leurs petites dimensions. Il eut besoin 
de toute son ingéniosité, de toute son habileté manuelle 
pour mener à bien son œuvre par approximations succes- 
sives. 

Après avoir établi d'une façon aussi exacte que le per- 
mettaient les méthodes employées et la nature des échan- 
tillons étudiés, les propriétés optiques de tous les plagio- 
clases, Des Cloizeaux s'est surtout attaché à l'étude détaillée 
des types acides, de l'albite à l'andésine, montrant notam- 
ment les variations que présentent à ce point de vue les 
ohgoclases ; il a eu la satisfaction de voir un de ses con- 
frères, M, Fouqué, continuer son œuvre pour les plagio- 
clases basiques. 

Les données fournies par Des Cloizeaux sur les plagio- 
clases ont permis en 187S à M. Michel Lévy de construire 
ses courbes sur les extinctions en zone de ces feldspaths, 
elles ont fourni à Mallard les bases de son mémoire sur la 
loi de Tschermak. Aimant peu les controverses et les 
théories. Des Cloizeaux s'est tenu presque à l'écart de la 
discussion soulevée par cette loi célèbre, s'applaudissant 

22 



— 276 — 

toutefois des progrès énormes qu'elle faisait faire à la 
connaissance des feldspaths et de la part qu'y prenaient 
ses disciples. 

Des Cloizeaux avait dès l'origine senti toute la portée 
de son œuvre au point de vue de l'étude des importantes 
et des multiples questions qu'elle soulève. Sans avoir lui- 
mftme participé directement à la transformation de la pé- 
trographie moderne, il n'ignorait pas que ses travaux 
avaient contribué pour une très large part à l'éclosion et 
au progrès de cette nouvelle branche de la minéralogie et 
il était heureux d'en suivre le rapide essor. 

En terminant, il me reste à parler de l'œuvre de prédi- 
lection de Des Cloizeaux, de celle à laquelle il a travaillé 
tant qu'il a pu tenir une plume et dans laquelle il s'est mis 
tout entier, de ce beau livré qu'il a appelé modestement 
Manuel de Minéralogie. Lorsqu'il l'entreprit, il voulait seu- 
lement publier une traduction de l'ouvrage de Brooke et 
Miller, An eîementaiy introduction to Mineralgy, mais bientôt 
les nombreuses observations personnelles qu'il avait 
recueillies le conduisirent à écrire un livre nouveau, resté 
malheureusement inachevé. 

Ce livre diffère de tous ceux qui l'ont précédé par deux 
points principaux. Des Cloizeaux s'était donné la tâche 
d'indiquer en détail les propriétés optiques de tous les mi- 
néraux transparents ou translucides; il s'était proposé 
d'autre part de faire pour chaque espèce minérale l'in- 
ventaire de toutes les formes connues et d'établir de lon- 
gues listes d'angles calculés, soigneusement classés par 
zones suivant un ordre invariable qui évite de longues 
recherches, et mis en regard des angles mesurés par 
divers auteurs ou par lui-môme. Cette comparaison des 
données de l'expérience et du calcul avait pour but de 
mettre en lumière les variations que sont susceptibles de 



— 277 — 

présenter les angles d'une môme espèce minérale suivant les 
variations de composition chimique et suivant les gisements 
de celle-ci. L'introduction des projections stéréographiques 
dont Miller venait de faire un si habile usage donna à cet 
inventaire cristallographique une clarté toute particulière. 

Des Cloizeaux s'était donné pour règle de ne jamais citer 
dans son Manuel un seul nombre sans le vérifier par le 
calcul, et il faut avoir assisté, comme j'ai eu l'occasion de 
le faire, à l'exécution d'une partie de cette œuvre pour se 
rendre compte du prodigieux efiTort de travail qu'elle a 
coûté à son auteur. 

Dans son Manuel, Des Cloizeaux établit l'état de la science 
au moment où il écrit, efiTaçant complètement sa person- 
nalité, n'ayant aucun souci de mettre en première place les 
innombrables observations originales qu'il y sème à chaque 
page et d'échapper ainsi au reproche de compilation qui 
atteint infailliblement tout auteur d'un ouvrage de ce 
genre. 

Est-il besoin de vous rappeler, à vous qui êtes pour la 
plupart au nombre de ses collaborateurs de la première 
heure, la part prépondérante prise par Des Cloizeaux à la 
création de notre Société, l'une des plus chères affections 
de ses vingt dernières années. 

Jusqu'en <878, il n'existait aucun lien entre les minéralo- 
gistes français, dont les travaux étaient épars dans diverses 
publications. 

Des Cloizeaux employa sa grande autorité et son entrain 
habituel à l'établissement de ce trait d'union entre tous 
ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent aux études 
minéralogiques. 

Deux fois notre président (*), il a été parmi les plus assidus 

(1) En 1878, à la fondation de la Société, et en 1889. 



— 178 — 

à nos réunions et quand la maladie le retînt définitivement 
loin de nous, il voyait venir avec impatience le lendemain 
des séances, pour en apprendre les plus minutieux détails. 
Aussi, parmi les nombreux honneurs et marques d'estime 
qu'il reçut dans sa longue carrière, n*y en eut-il aucun qui 
l'ait plus profondément touché que celui dont notre 
Société prit l'initiative en 1894 en lui apportant par la 
bouche de Mallard et de M. Michel-Lévy le témoignage de 
l'admiration et de la respectueuse affection de nous tous. 



LISTE DES OUVRAGES ET MEMOIRES 
PUBLIÉS PAR A. DES CLOIZEAUX 

G. R. (Comptes Bendus). B. S. M. (Bulletin de la Société française de Minéralogie). 
A. M. (Annales des Mines), A. G. P. (Annales de Chimie et de Physique). 

1842. — Extrait dMn mémoire de M. Huidinger sur les principaux minerais 

de manganèse {A. ilf., I, p. 409). — Cristallisation de l'aeschynite 
{A. M., Il, p. 349). — Cristallisation de la chaux phosphatée (A. 
if., II, p. 352). — De Tottrélite, nouvelle espèce minérale (en 
commun avec M. Damour) (A. M,^ II, p. 357). — Détermination 
des formes primitives et secondaires de la monazite, nouvelle espèce 
minérale (A. M., II, p. 362). 

1843. — Détermination des formes cristallines de la Gay-Lussite (A. C. P., 

VU, p. 489). — Recherches chimiques et cristallographiques ayant 
pour résultat la réunion de la mellllite et de la humboldtilite en 
une seule et même espèce minérale (en commun avec M. Damour) 
[C. R., XVII, p. 1245). 

1844. — Nouvelle détermination de la forme primitive du gypse {A. C. P., 

X, p. 53). — Note sur la détermination de la forme primitive de 
la humboldtilite {A. C. P., X, p. 69). — Eiamen cristaliographique 
et réunion du néoctèse à la scorodite (A. C, P., X, p. 402). — 
Note sur les formes cristallines de l'anatase {A. C. P., X, p. 420). 

— Note sur les formes cristallines du réalgar (A. C. P., X, p. 422). 

— Analyses de quelques substances minérales; pennine, chlorite 
hexagonale et talc (en commun avec de Marigoac) (A. C. P., X, 



p. 427; Bibliothèque universelle de Genève, XLIX, p. 131, n* 97. 

Janvier). 

1845. — Formes cristallines du cadmium sulfuré {A, C. P., XIII, p. 326). — 
Description de quatre arséniates de cuivre différents par leur 
composition et leurs caractères cristallographiques (en commun 
avec M. Damour) (C. R., XX, p. 148). — Examen cristallogra- 
phique de cinq variétés d'arséniate de cuivre (A. C. P., XIII, 
p. 417. — Étude cristallographique des nitrates de protozyde 
de mercure (C. A., XX, p. 1303). — Nouvel examen des formes 
cristallines de la cymophane (A, C, P., XIII, p. 334). — Formes 
cristallines de la perowskite [A. C. P., XIII, p. 338). — Nou- 
velles recherches sur les deux variétés de barytocalcite (en 
commun avec M. Delesse) (A. C. P., XIII, p. 428; A. if., VIII, 
p. 643; A. C. P., XIII, p. 436). — Astérie fixe offerte par deux 
plaques de diamant (C. «., XX, p. 514; A. C. P., XIV, p. 301). 
Observations minéralogîques faites en Islande pendant l'été de 1845 
(C. R,, XXII, p. 736). — Note sur la hauteur de IHékla et sur 
réruption de ce volcan au mois de septembre 1845 (C i?., 

XXIII, p. 771). — Gonferves recueillies en Islande dans une 
source thermale à une température de 98* C (C. R., XXIII, p. 
934). — Os d'agneaux affectés d'exostose recueillis en Islande 
{C. R.y XXIII, p. 934.) — Observations sur la température des 
geysers d'Islande (en commun avec W. Bunsen) (C. R., XXIII, 
p. 934). — Examen cristallographique et réunion de la morvenite 
à l'harmotome (C. /?., XXII, p. 745; A, M., IX, p. 339). 

Ig46. _ Sur la willémite (en commun avec Delesse) (A. M., X, p. 211). 

1847. _ Observations physiques sur les principaux geysers dislande (C. A., 

XXIV, p. 456). — Mémoire sur les formes cristallines de la grée- 
novite (A. C. P., XX, p. 84). — Mémoires sur la christianite, 
nouvelle espèce minérale (C. R,, XXV, p. 710; A. if., XII, 
p. 373). — Détermination des formes cristallines de la gehlenite 
(A. if., XII, p. 382). — Observations sur la température à 
diverses profondeurs des principaux geysers d'Islande (A. C. P., 
XIX, p. 444). — Sur le gisement du spath d'Islande [Bulletin de 
la Société géologique^ 2* série, IV, p. 768). 

1848. _ p^ote sur la forme cristalline du malakon, hydrosilicate de zircon, 

de Chanteloube (Haute-Vienne) (A. C. P., XXIV, p. 94; A. if., 
XV, p. 106). 

1849. — Notice de Tarkansite des États-Unis (en commun avec M. Damour) 

(A. if.. XV, p. 447). 

1850. — Mémoire sur les formes cristallines du wolfram (A. C. P., XXVIII, 

p. 163). 



— 280 — 

1854. — Détermination de la forme cristalline de la wôhlérite (A. C. P., 
XL, p. 76). — Note sur la forme cristalline de l'iodure d'argent 
et son isomorphisme avec le sulfure de cadmium {A, C. P,, XL, 
p. 85). — Note sur la forme cristalline d'un nouveau vanadiate 
de plomb {a. C. i>., XLI, p. 78). 

185^. — Mémoire sur la cristallisation et la structure intérieure du quartz 
(C. R., XL, p. 101; A. C. P., XLV, p. 129). — Note accompa- 
gnant l'envoi au nom de M. Greg, d'un morceau de fer météo- 
rique renfermant des globules de plomb métallique (C, R., XLL 
p. 490). — Note sur le diamant noir (A, M., YIII, p. 1885 et 304). 
— Notices minéralogiques sur la dufrénoysite, la baiérine et TU- 
vaïle {A. M,, VIII, p. 389). 

1856. — Note sur la forme cristalline du silicium {Société philomaHqtief 

23 février 1856). — Sur la cristallisation et les propriétés opti- 
ques du quartz {L'Institutj XXIII, p. 161). 

1857. — Mémoire sur l'emploi des propriétés optiques biréfringentes pour 

la distinction et la classification des minéraux cristallisés (C. A., 
XLIV, p. 322; A, if., XI, p. 261, 342; L'Institut, XXVI, 1858, 
p. 111, 112). — Note sur l'existence de la polarisation circulaire 
dans le cinabre (C. R., XLIV, p. 876-878). — Note sur la décou- 
verte de la polarisation circulaire dans les cristaux de cinabre et 
sur l'existence simultanée du pouvoir rotatoire dans les cristaux 
et dans les dissolutions de sulfate de strychnine {L'Institut^ XXY, 
p. 149; Pogg, Ann.y Cil, p. 471). — Complément à la note sur 
l'existence de la polarisation circulaire dans le cinabre et obser- 
vations sur le pouvoir rotatoire des cristaux de sulfate de strych- 
nine (C. R.y XLIV, p. 909; A. C. P., p. 41-361; Pogg, Ann., 
Cil, p. 474). — Examen de divers échantillons de sables auri- 
fères et platinifères d'Antioquia (en commun avec M. Damour) 
(A.C. P.,LI, p. 445). 

1858. — Détermination des formes cristallines et des propriétés optiques de 

l'huréaulite (C. A. P., LUI, p. 293). — Propriétés optiques biré- 
fringentes et forme cristalline de la liroconite (VInsiitut, XXVI, 
p. 420). — Sur la cristallisation et la structure intérieure du 
quartz (C. R., XLVII, p. 29); Recueil des SavanU étrangers, XV, 
p. 404-614). — Deuxième mémoire sur l'emploi des propriétés 
optiques biréfringentes en minéralogie (A. Af., XIV, p. 339). 

1859. — Nouvelles recherches sur les propriétés biréfringentes des corps 

cristallisés (C. iî., XL VIII, p. 262 et 849). — Élude du camphre 
au point de vue de la cristallographie chimique (C. R., XLVIII, 
p. 1064). — Note sur la forme cristalline et les propriétés op- 
tiques du camphre (A. C. P., LVI, p. 219). — Mémoire sur les 



formes cristallines et les propriétés optiques de la zoïsite, de la 
siilimaDite et de la wôhiérite et note sur une nouvelle disposition 
du microscope polarisant (A. if., XYI, p. 219). 

1860. — Examen des propriétés optiques et pyrogénétiqnes des minéraux 

connus sous le nom de gadolinite, allanite, orthite, euxénite^ tyrite, 
yttrotantalite et fergusonite (en commun avec M. Damour) {A, C. 
/>., XLIX, p. 357). 

1861. — Sur un nouveau procédé pour mesurer l'indice moyen et l'écarté 

ment des axes optiques dans certaines substances et sur la sépa- 
ration de plusieurs espèces minérales regardées jusqu'ici comme 
isomorphes {C. R.j LU, p. 784-790). — Note sur les formes cris- 
tallines d'un oxyde de manganèse artificiel (C. A., LU, p. 1323). 

— Sur la forme des cristaux artificiels de fer oiigiste produits 
dans les fours de M. Kuhlmann (C. R,, LU, p. 1325). — Note sur 
les modifications temporaires et sur une modification permanente 
que l'action de la chaleur apporte à quelques propriétés optiques 
du feldspath orthose (C. A., LUI, p. 6A). — Note sur la présence 
du zinc carbonate, de la Iherzolite et de la fluorine dans la chaîne 
des Pyrénées aux environs des Eaux-Bonnes {Bull, Soc. géoL, 
XIX, p. 416). 

1862. — Manuel de Minéralogie {Paris, Dunod, édit., I, 1 vol. in-8^ XLYIII, 

571 pages et atlas). — Relation entre les phénomènes de la pola- 
risation rotatoire et les formes hémièdre^i ou hémimorphes des 
cristaux à un ou deux axes optiques (British Association, p. 38). 

— Nouvelles observations sur les modifications permanentes et 
temporaires que l'action de la chaleur apporte à certaines pro- 
priétés optiques de plusieurs corps cristallisés (C i?., p. 651; 
A, C. />., LXVIII, p. 191 ; A, M,, II, p. 327; BuU. Soc, géol, de 
France, XX, p. 41 ; Pogg, Ann., CXIX, p. 481). — Note sur la 
forme cristalline et les propriétés optiques de la téphroïte (A. M., 
II, p. 339). 

1863. — Note sur les formes cristallines et les propriétés optiques biréfrin- 

gentes du Ciistor et du pétalite [C, R,, LVl, p. 488). — Sur le 
pseudodimorphisme de quelques composés naturels ou artificiels 
(C. /?., LVI, p. 1018); BuU. Soc, chimique, p. 290-300). — Sur 
les propriétés optiques biréfringentes et sur la forme cristalline 
de l'amblygonite {C. R., LYII, p. 357). — Note sur la classifica- 
tion des roches dites hypérites et euphotides {BuU. Soc. géol. de 
France, XXI, p. 105). 

1864. — Sur la présence d'un carbonate de magnésie et de fer dans la mé- 

téorite d'Orgueil (C. R., LIX, p. 829). — Mémoire sur le pseudo- 
dimorphisme de quelques composés naturels et artificiels (A. C. 



— 282 — 

P., I, p. 313). — Note sar les formes cristallines et les proprié- 
tés optiques biréfringentes du castor et du pëtalite (A. C, P., III. 
p. 264). — Mémoire sur l'emploi du microscope polarisant et sur 
rétude des propriétés optiques biréfringentes propres à déter- 
miner le système cristallin dans les cristaux naturels ou artificiels 
(A. Af.,VI, p. 557-575). 

1865. — Mémoire sur l'emploi du microscope polarisant et sur l'étude des 

propriétés optiques biréfringentes propres à déterminer le sys- 
tème cristallin dans les cristaux naturels ou artiflciels (C. /}., 
LXI, p. 39; Afin. Poggeni,, CXXVI, p. 387). — Sur la présence 
d'un carbonate de magnésie et de fer cristallisé dans la météorite 
d'OrgueU {Ann. Poggend, CXXIV, p. 191 ; B. 5. F., XXII, p. 24). 

— Origine de la karstenite de Modane, en Savoie {B. S. F., 
XXII, p. 25); — De l'étude des propriétés optiques biréfringentes 
des cristaux {Schweizer naturf, Gesell, Verhandl.y XLIX, p. 64). 

1866. — Bemerkungen zum Aufsatz von Herm F. Pfaff : Ueber die Bestim- 

mung der Brechungsexponenten doppeltbrechender Substanzen 
aus ihren Polarisationwinkeln (Ann. Poggend.y GXXIX, p. 479). 

— Sur la forme cristalline et les propriétés optiques de Tada- 
mine (C. fl., LXII, p. 695; B. &'. C, V, p. 438). — Sur les pro- 
priétés optiques des cristaux naturels ou artificiels, et sur les 
yariations que ces propriétés éprouirent sous Tinfluence de la 
chaleur (C. «., LXII, p. 987; Ann, Poggend, CXXIX, p. 345).— 
Nouvelles recherches sur les propriétés optiques des cristaux na- 
tui^els ou artificiels, et sur les variations que ces propriétés 
éprouvent sous l'influence de la chaleur (Rec. des Savants étran- 
gerSy XVIII, p. 511-752). — Note sur la tankite {Mém. Soc. min. 
Saint-Pétersbourg, II). — Leçon sur les propriétés optiques biré- 
fringentes propres à déterminer le système cristallin dans les cris- 
taux {Société chimiqtie, p. 379). 

1867. _ On the crystalline form of Pachnolite [Amer. J. of Se, XLIII, 

p. 267). — Note on the optical character or difTerent micaceous 
minerai called Margarite [Amer. J. of Se. XLIV, p. 283). 

1868. — Sur la forme clinorhombique à laquelle on doit rapporter l'har- 

motome et la wôhlérite, d'après de nouvelles recherches sur la 
dispersion de leurs axes optiques (C. fl., LXVI, p. 199; A. C. 
P., XIII, p. 416; Mém. Soc. min. Saint-Pétersbourg, III; PhU. 
Trans., CLVni, p. 565; Proc. Roy. Soc, XTI, p. 319; Phil. 
Mag., XXXV, p. 461). 

1869. — Études chimiqpies, optiques et cristallographiques sur les sels de 

thalliura (en commun avec Lamy^ (C. R-t LXVI, p. 1146; A. C. 
P., XVII, p. 310). — Note sur la forme cristalline etsurlespro- 



priétés optiques du paratartrate de potnsse {A. C. P,. XVII, p. 
365). — On a transparent wolfram {Amer.J, of S>., XLVIII, p. 
137). — Sur l'existence du pouvoir rotatoire dans les cristaux de 
benzyle (C. R., LXVIII, p. 308; A, C. P., CXXXVII, p. 629). — 
Sur la forme cristalline, les propriétés optiques et la composition 
chimique de la gadolinite (C. /?., LXVIII, p. 1114; A. C. P., 
XVIII, p. 305). — Nouvelles recherches cristallographiques et 
optiques sur la forme clinorhombique iu wolfram (C. f?., LXIX, 
p. 868; A. C. P., XIX, p. 168). — Sur la véritable nature de 
Fesmarkite (C. «., LXIX, p. 871). 

1870. — Sur la véritable nature de l'esmarkite (A. C. P., XIX, p. 176;. — 

Note sur l'émeraude morallon des mines de Muso (Nouvelle- 
Grenade) (A. C. P., XIX, p. 333j. — Note sur quelques dérivés 
cristallisés des hydrocarbures de la houille (C. R., LXX, p. 587). 
Sur la forme clinorhombique de l'oxyde rouge de mercure (C. 
R , LXX, p. 830; A. C. P., XX, p. 281). — Note sur la forme 
cristalline et les propriétés optiques d'une combinaison de proto- 
chlorure de platine et de triéthylphosphine analogue au sel de 
Magnus (C. /l., LXX, p. 970). — Sur les propriétés optiques du 
benzyle et de quelques corps de la famille du camphre, à l'état 
de cristaux et à l'état de dissolution [C. R., LXX, p. 1209; A. 
C. P., CXLI, p. 300). — Note sur la montebrasile (C. R., LXXII, 
p. 306; A. M,, XX, p. 22). 

1871 . — Note sur les formes cristallines de la nadorite (C. /{., LXXII, p. 81) ; 

(A. M., XX, p. 32). — Observations optiques et cristallographiques 
sur la montebrasite et Tamblygonite de Montebras (Creuse) (C. i{., 
LXXIII, p. 1247). 

1872. — Mémoire sur une nouvelle localité d'amblygonite et sur la monte- 

brasite, nouveau phosphate d'alumine et de lithine hydraté (A, C. 
P., XXVII, p. 385). — Note sur la wavellite de Montebras (A. C, 
P., XXVII, 405). — Mémoire sur les propriétés optiques les plus 
propres à déterminer le type cristallin des espèces naturelles ou 
artificielles dont les cristaux sont imparfaits ou offrent une forme 
limite {Ass. franc, pour Vavancement des sciences^ I, p. 323). — 
Nouvelle note sur Tamblygonite et la montebrasite (C. R., LXXV, 
p. 114). — Sur la composition chimique de la gadolinite (A. M. y 
I, p. 157). — Sur le thallium (en commun avec MM. Wilm et Lamy) 
(A. AT., 1, p. 157). 

1873. — Note sur la détermination des dimensions relatives de la forme fon- 

damentale de l'amblygonite (C. «., LXXVI, p. 319) ; (A. C. P., 
XXIX, 82). — Rapport sur un mémoire de M. Fouqué intitulé : 
<r Nouveaux procédés d'analyse médiate des roches et leur appli- 



— 284 — 

cation aux laves de la dernière éruption de Santorin » (C A., 
LXXVI, p. 1182). — Ueber Leucit und Ànalcim (ZeiUch, deutsch. 
geol, Geielisch., XXV, p. 566). 

1874. — Manuel de MinéraJogie {Paris, Dunod, édit,, II, 1" fasc, p. i à lu 

et 1 à 208 et atlas). — Observations relatives à une communi- 
cation de M. Lawrence Smith intitulée : Curieuse association de 
grenat, d'idocrase et de datholite (C. A., LXXIX, p. 814). — Sur 
la forme cristalline et sur les propriétés optiques de la durangite 
{Ais. franc, pour l'avancement des Sciences, 111, p. 388; A. C. 
i>., IV, p. 401). 

1875. — Sur les propriétés optiques biréfringentes caractéristiques des quatre 

principaux feldspaths tricliniques et sur un procédé pour les 
distinguer immédiatement les uns des autres (C. /{., LXXX, p. 
364); (A, C. P., IV, p. 429). — Note sur l'élément pyroxénique 
de la roche associée au platine de l'Oural (C. A., LXXX, p, 785). 
— Ueber Perowskit ; ûber die Bestimmung der vier hauptsâch- 
lichslen triklinen Feldspathe auf optischen Wege {Neues Jahrb. 
Min,, p. 279). — Ueber Leucit Kryslalle von Pompeji; Salit von 
Nischne Tagilsk ; ûber Eukrit und die triklinen Feldspathe {Nettes 
Jahrb. Min., p. 395). 

1876. — Mémoire sur l'existence, les propriétés optiques et cristallographiques 

et la composition chimique du microcline, nouvelle espèce de 
feldspath triclinique à base de potasse, suivi de remarques sur 
Fexamen microscopique de l'orthose et des divers feldspaths tri- 
cliniques (C. /l ., LXXXIl, p. 885, et LXXXIII, p. 878);(1. C.P.,IX, 
p. 433). ^ Examen microscopique de l'orthose et des divers felds- 
paths tricliniques (C. «., LXXXII, p. 1017). —On the crystallogra- 
phic relations of the three types of chondrodite (humite) {Amer. 
Journ, of Science, XII, p. 229). — Memoir on the three types 
of humite {Phil, Magaz, IF, p. 286); {Neues Jahrb. Min., p. 640). 

1877. — Note sur la forme cristalline, les propriétés optiques et la composi- 

tion chimique delahomilite (en commun avec M. Damour) (A. C. 
P., XII, p. 399. — Ueber die optischen Verhâltnisse der Krystalle 
und ihre Unwollkommenheiten {Nettes Jahrb. Min., p. 160). — 
Sur la forme cristalline et les propriétés optiques du protoiodure 
de mercure (C. C, LXXXXIV, p. 1418). — Sur une nouvelle 
anthophyllite de Bamle en Norwège (C. ft., LXXXIV. p. 1473). — 
Sur l'existence et sur les caractères optiques, cristallographiques et 
chimiques du microcline, nouvelle espèce de feldspath triclinique 
à base de potasse {Assoc. ftanç, pour l'avancement des Sciences, 
VI, p. 508. — Ueber Humit und Mikroklin {Neues Jahrb, Min., 
p. 499). — Ein neuer Barytfeldspath [Tschermàk^s min. MittheU., 
p. 99); [Neues Jahrb. Min., p. 591). 



— 288 — 

1878. — On niikroklin, nyt species, triklinisk, kalifeldspat, densoptiske, 

krystallografiske kjendeteen {NgL Magaz, for Naturtuidansk Kris- 
ftanta).— UeberTopaz-Kristalle aus Mexico; ûber den Perowskit; 
Calcit ¥00 Beryen Hill. Yorkommen dei Tridymit im Moat-Dore : 
Forcherit (Neues Jahrb. Min,, p. 40). — Sur un nouveau gise- 
ment de Tadamine (C. H., LXXXYI, p. 88). — Présentation de 
nouveaux minéraux (nouméite, adamine) (B. S, M.yl, p. 28). — 
Sur la cabrérite du Laurium (en commun avec M. Damour) {B. 
S. M.^ly 75). — Note sur un nouveau feldspath barytique {B. S, M., 
l, p. 85). — Note sur les travaux de M. Delafosse (C. H. LXXXVU, 
p. 569). — Note sur les dépôts de quartz résinite dans la vallée 
de Saint-Nectaire {A$ioc. franc, pour ravancement des Sciences, 
VII, p. 552). 

1879. — Note sur les caractères optiques de la nev^rberyite (B. S. M., II, p. 133). 

— Note sur la forme cristalline, les propriétés optiques et la com- 
position de la homilite [en commun avec M. Damour) {A. C, P., 
XII, p. 399). — Formes et caractères optiques de la hopéite 
{B, S. If., Il, p. 133). — Sur la forme clinorhombique à laquelle 
doit être rapportée Tépistilbite {B. S. 3f., II, p. 161). — Note sur 
la forme cristalline et les propriétés optiques de la saccharine 
(C. R., LXXXIX, p. 89 et 922-924). 

1880. — Sur la forme cristalline du magnésium (C.A., XL, p. 1101); {B, S, Jtf., 

III, p. 111). — Nouvelles recherches sur les caractères optiques 
des oligoclases {B. S. M., III, p. 157). — Sur la danburite {B. S. 
AT., p. 194). — Note sur les propriétés optiques de l'érythrozin- 
cite, la raimondite, la copiapite (B. S. M., p. 40). 

1881. — Note sur la roscoélite, la karyiniteet la monazite {B. S. M., iy,p.56). 

— Étude de différents minéraux ; serpiérite, hédyphane, corindon 
de Ghamounix, cordiéritedu Puy, barytocalcite {B, S. M., IV, p. 89). 

— Note sur la chalcoménite, nouvelle espèce minérale (en commun 
avec M. Damour) (C. R. p. 92-837) ; (B. S. M,, IV, p. 51). — 
Caractères optiques de la jadéite {B. S. M,, IV, p. 158). — Note 
sur la fibrolite d'Auvergne et la haj dénite de Baltimore et sur de 
très petits diamants du Brésil (B. S. M., IV., p. 257). - Instruc- 
tions géologiques destinées aux membres de l'expédition du Cap 
Hom (en commun avec M. Daubrée) (C. A., p. 94, 882). 

1882. — Note sur Texistence anormale de la dispersion tournante dans un 

cristal du système orthorhombique. — Notes sur les formes cristal- 
lines et sur la réunion de la vauquelinite et de la laxmannite (en 
commun avec M. de Kokscharov^r {B. S. M., V, p. 53; A. C. P., 
XXV, p. 421 et XXVI, p. 135; B. S. M., V, p. 58). — Note com- 
plémentaire sur la vauquelinite {B. S. M^Wt p. 70). — Note sur 



les constantes optiques de la croooïse (B. S. M,, Y, p. 103). — 
Note sur les propriétés optiques de la hûbnérite de la Nevada et 
de Forpiment (B. S. M., Y, p. 105). — Note sur les constantes 
optiques de la nadorite {B, S. M., Y^ p. 122). — Nouvelles 
observations sur les divers échantillons de prehnite {B. S. M., 
Y, p. 125). — Note supplémentaire sur les béryls bleus de la mer 
do GJaoe (B. S. M,, Y, p. 142). — Sur Tindice de réfraction du 
chlorure dVgent naturel (B. S. M., Y, p. 143). — Note sur la 
probabilité de Texistence à Barbin, près Nantes, du nouveau silicate 
d*alumine de fer et de chaux de Petit-Port, décrit par M. Ber- 
trand en 1880 {B. S. M., Y, p. 176). — Note sur les caractères 
optiques et cristallographiques de la pacbnolite et de la thomsé- 
nolite {B. S. M., [Y, p. 310; A. C. P., XXXIX). — Note sur 
quelques formes nouvelles de Teuclase du Brésil (B. S, M., V, 
p. 317 ; il. C. P., XXXIX, p. 400). — Note sur Texistence de la 
néphéline en grains d'un blanc d'émail, dons les blocs d'oligoclase 
ponceux a Denise, près le Puy (en commun avec M. Jannetaz) 
{B. S. M,, Y, p. 319). — Sur une épidote à base de magnésie 
(picroépidote) (en commun avec M. Damour) {B.S. M. y YI, p. 23). 

1883. — Nouvelles recherches sur l'écartement des axes optiques, Forientation 

de leur plan et de leurs bissectrices et leurs divers genres de 
dispersion dans l'albite et Toligoclase {B, S. M.^ Yl, p. 89). — 
Nouvelles observations sur le type cristallin auquel doit être rap- 
portée la cryolite [B. S, Jlf., VI, p. 255). — Note sur Texistence 
de deux axes optiques écartés dans les cristaux de gismondine 
(B. S. M.y YI, p. 301). — Note sur les caractères optiques de la 
christianite et de la phillipsite {B. S. M,, YI. p. 305). 

1884. — Extraits de minéralogie (B. S. M, y YII, p. 35). — Examen optique 

et cristallographique de plusieurs silicates de manganèse {B, S. M.^ 
YII, p. 72). — Forme et caractères optiques de Teuduophite {B. 
S, M., Yll, p. 78). — Sur la forme cristalline et les caractères 
optiques de la gismondine {B. S. M., YII, p. 80).— Sur l'identité 
optique des cristaux de herderite d'EhrenCriedersdorf (Saxe) et de 
Stoneham (État du Maine) (C. «., XCYIII, 9. 956; B. S. M., 
YII, p. 130). — Nouvelle note sur la gismondine et la christianite 
[B, S. M., YU, p. 135). — Oligoclases et andésine {B.S. M., YII, 
p. 249). — Note sur des nodules cristallins contenus dans le grès 
de Bagnoles (B. S. 3f., YII, p. 468). 

1885. — Remarques sur la composition chimique de la herderite (en commun 

avec M. Damour) (B, S. 3f., YIII, p. 3). — Forme cristalline et 
caractères optiques de l'hydrate de chloral (B, S. M,, YIII, p. 125). 

jgg5. _ Notes sur quelques formes nouvelles observées sur des cristaux de 



— 287 — 

topaze de Durango (Mexique) (B, S. M., IX, p. 135). — Note 
sur la forme rhombique de Oescloizite {B. S. M., IX, p. 138). — 
Nouvel examen optique et chimique de deux oligoclases [en commun 
avec M. Pisani) (B. S. Jtf., VIll, p. 76). — Note sur la véritable 
valeur de l'indice moyen de la herderite de Stoneham {B. S, M., 
IX, p. 141). — Note"^sur la phénacite de Colorado et de Framont 
(B. S. If., IX, p. 171). — Note sur la détermination des para- 
mètres du gypse et sur les incidences des formes obsei*vées dans 
ce minéral (B. S, If., IX, p. 177). — Sur un minéral qui parait 
offrir une forme rhombique du rutile {B, S. Jlf., IX, p. 190). — 
Note supplémentaire sur la forme rhombique de la Descloizite 
(fî. S. M.y IX, p. 190). 

1887. — Cristallographie notes (hiddenite, xenotime, quartz, phénacite) (in 

Hidden, Amer. Joum. ofSdenceSy XXXII, p. 284). — Note sur 
le professeur Websky (B. S, M,, X, p. 42 et 178). — Note sur 
la forme clinorhombique et les caractères optiques de l'acide 
arsénieux prismatique (C. R., CV, p. 96; B. S. M,, X, p. 303). 

1888. — Note sur la crucite (fî. S. M., XI, p. 63). — Sur la forme que 

présentent les cristaux de rubis obtenus par M. Frémy (C. /{., 
CVI, p. 567). — Note sur les caractères optiques de la pharma- 
colite naturelle et sur leur comparaison avec les cristaux artifi- 
ciels de M. Dufet (C. fl., CVI, p. 1215; B. S, Af., XI, p. 192). - 
Note sur les propriétés optiques de la haidingérite (C. R., CVI, 
p. 1218; B, S. M., XI, p. 195). — Notice sur Gerhard vom Rath 
{B. S. M,, XI, p. 255). — Note sur des cristaux du Connecticut, 
paraissant appartenir à une forme triclinique dimorphe de la 
baiérine {Centenaire de la Soc. philomatique). 

1889. — Sur la mazapilite (B. 5. If., XII, p. 441). 

1890. — Note sur des cristaux remarquables de chalcopyritede Tile de Cuba 

{B, S. M,, XIII, p. 335). 

1891. — Présentation d'échantillons de poUux de Hebron {B, S. M., XIV, 

p. 129). 

4893. — Manuel de Minéralogie {Paris, Dunod, édit., II, 2* fasc, 1 vol. 
in-8», p. LUI à lx et 209 à 542) . — Nouvelle note sur les pro- 
priétés cristallographiques et optiques de la perowskite {B. S. M., 
XVI, p. 216). — Phénacite de Saint-Christophe en Oisaos (en 
commun avec M. A. Lacroix) (C. R.y CXVl, p. 1231). 

1894. — Phénacite de Saint-Cristophe, en Oisans (en commun avec M. A. 
Lacroix) (B. S. M., XVII, p. 33). — Note sur les travaux de Mari- 
gnac {B, S. 3f., XVII). — Notice sur les travaux de A. Scacchi 
(C. il., CXVIII, p. 221). 



— ISS- 



Sur les produits de décomposition des pyrites du bassin, 
de Paris, de Nazos et de Susaki près Gorinthe. 

Par M. A. Lacroix. 

La pyrite et la marcasite abondent à divers niveaux 
géologiques des environs de Paris ; elles y sont fréquem- 
ment altérées, donnant naissance par leur décomposition à 
de nombreux minéraux dont on peut suivre les détails de 
formation ; leur étude est le but de cette note. 

Dans la craie de Meudon (sénonien), la marcasite est peu 
abondante, elle affecte la forme habituelle aux nodules de 
la craie; ceux que j*ai examinés sont très allongés et ont 
une forme contournée; ils ne présentent aucune particula- 
rité intéressante. 

Dans Vargile plastique de l'éocène inférieur (sparnacien) 
et notamment dans le sable argileux et dans les fausses 
glaises qui les surmontent, la marcasite est extrêmement 
abondante. Les carrières d'Issy, près la porte de Versailles, 
sont à citer spécialement pour létude de ce minéral qui y 
forme des masses ou des rognons allongés et ramifiés pou- 
vant atteindre plus de 40 centimètres de longueur. Cette 
marcasite est finement grenue, d'un blanc livide; elle ren- 
ferme en grande abondance des empreintes végétales, 
parfois des mollusques réduits à leur moule (*), des grains 
de sable, etc. Il n'est pas douteux que la concentration de 
ce sulfure de fer ne se soit produite grâce à une réduction 
effectuée par ces débris organiques. Je n'ai observé aucune 
forme cristalline distincte, mais j'ai trouvé à la partie 
supérieure des fausses glaises de jolis octaèdres microsco- 
piques de pyrite, réunis en globules résultant souvent de 

(1) M. G. DoUfus m'a remis de beaux exemplaires de Vivipara mblentOy 
d'Orb. pyrilisée provenant de Targile plastique de Montrouge. 



répigénie de graines de charas. Ces globules existent en 
grand nombre dans le même échantillon et jouent un rôle 
capital dans la production de la sidérose et de la websterite 
qui vont être étudiées. 

Dans les fentes de retrait de nodules de sidérose dont il 
sera question plus loin, se rencontrent de petits cristaux 
de pyrite, ce sont des octaèdres réguliers avec les faces du 
cube; ils sont nettement d'origine secondaire. 

Dans Targile plastique dlvry, on trouve des nodules 
de marcasite rappelant ceux de la craie, ils ont une struc- 
ture fibreuse très nette, leur surface est lisse et brillante, 
mais dépourvue de pointements cristallins. Cette marcasite 
fibreuse est plus altérée encore que la variété compacte 
dlssy. 

Le sulfure de fer est abondamment distribué dans les 
lignites du Soissonais, contemporains des fausses glaises 
des environs de Paris. 

Enfin, il y a lieu d'indiquer l'existence de la pyrite secon- 
daire à divers niveaux des marnes ludiennes des carrières de 
gypse d'Argenteuil, de Noisy-le-Sec, etc., et dans les 
marnes oligocènes qui surmontent la masse supérieure du 
gypse Indien (marnes bleues, marnes à Cyrènes). 

Produits d'altération. 

On sait que les pyrites (*) présentent dans leurs divers 
gisements deux modes principaux d'altération, l'un que 
Ton peut appeler altération hépatique, l'autre altération 
saline (*). 

(1) Je désignerai désormais sous le nom de pyrites ^ indistinctement la pyrite 
et la marcasite. 

(2) Minéralogie de la rance, II, 576, 1897. 



— 290 — 

Altération hépatique. — L'altération hépatique s'effectue 
dans les gisements en place, là où les pyrites n'ont été sou- 
mises que lentement à l'oxydation. Le minéral conserve 
intégralement sa forme, mais se transforme insensiblement 
de la périphérie au centre en limonite ou en hématite, etc. 

Peut-être cette altération hépatique est-elle due à une 
oxydation directe de la pyrite sous Pinfluence d'eau riche 
en oxygène ou bien est-elle le résultat de l'action sur ce 
minéral d'eaux chargées de bicarbonates solubles qui trans- 
forment d'abord le minéral en carbonate, plus tard décom- 
posé lui-même en limonite. 

Quoi qu'il en soit, c'est ce mode d'altération que présen- 
tent tous les échantillons décomposés de marcasite de ' 
Meudon que j'ai eu l'occasion d'étudier. 

Il y a en outre généralement formation de gypse quand 
la gangue de la pyrite est calcaire; mais étant donnée la 
solubilité de ce minéral dans l'eau, il disparaît fréquemment. 
Les nodules limonitisés sont creux et c'est souvent à leur 
place ou à l'intérieur de leurs cavités que se sont implantés 
les cristaux de gypse étudiés plus haut. 

Altération saline. — L'altération saline est celle qui se 
produit actuellement partout où les pyrites se trouvent 
exposées à une oxydation rapide soit à l'air libre, soit dans 
un gisement originel traversé par des eaux très oxygénées. 

La réaction initiale de cette altération consiste essentiel- 
lement dans la transformation de pyrite en mélantérite et en 
adde sulfurique, 

FeS« -I- 8H»0 -I- 0^ = PeSOS 7H«0 -f H«SO* 

Pyrite Mélantérite 

Des produits secondaires prennent naissance d'une part 
par l'oxydation de la mélantérite et d'une autre par l'action 



-291 — 

de l'acide sulfurique libre sur les roches servant de gangue 
à la pyrite. Enfin, les produits d'oxydation de la mélanté- 
rite forment, par leur action sur ces mêmes gangues, une 
nouvelle série de produits intéressants. Ce sont ces divers 
minéraux que je vais étudier. Ils ne sont véritablement 
très abondants que dans Targile plastique; quelques-uns 
d'entre eux se trouvent aussi, mais en moindre abondance, 
dans les marnes bleues oligocènes. 

Mélantérite. — L'altération des pyrites se propage avec 
une rapidité d'autant plus grande que les échantillons 
étudiés sont moins homogènes, fibreux ou imprégnés 
de matières d'origine organique qui absorbent elles-mêmes 
avec avidité l'oxygène. A Issy, cette décomposition 
marche avec une rapidité extrême, et il est curieux d'aller 
visiter par un jour de soleil, suivant une période de pluie, 
la partie de la carrière où les sulfures abondent. On voit 
alors le sol couvert d'efflorescences blanches qui généra- 
lement recouvrent les nodules de marcasite empâtés dans 
l'argile. 

Des échantillons de marcasite de la grosseur du poing, 
recueillis humides dans cette carrière et conservés dans un 
tiroir de collection, sont en quelques mois entièrement 
transformés, après s'être préalablement fendillés dans tous 
les sens. 

La mélantérite que l'on observe dans les carrières pari- 
siennes a la forme de petites houppes blanches ou inco- 
lores; ce n'est guère que dans les échantillons formés, 
comme il vient d'être dit, dans les collections, c'est-à-dire 
à l'abri de la dissolution, que le minéral se présente en 
cristaux assez épais pour prendre la coloration verte, habi- 
tuelle à ce minéral. Il suffît du reste de lessiver dans de 
l'eau distillée bouillie les échantillons naturels non oxydés 

as 



pour obtenir par recristallisation des cristaux monocli- 
niques de mélantérite. 

PRODUITS DUS A DES RÉACTIONS SECONDAIRES 

a. Produits directs. 

Je rangerai dans cette catégorie les minéraux produits 
directement par l'action de l'acide sulfurique libre ou de 
la mélantérite, ou encore de ces deux produits réunis sur 
la gangue des pyrites. 

Gtpsk. -r Le gypse de Meudon, celui des marnes vertes 
et des marnes bleues de Romainville résulte de Taction 
sur la craie ou sur le calcaire des marnes de Tacide sulfu- 
rique, mis en liberté par la décomposition des pyrites. 
Il en est de même de celui de l'argile plastique : dans 
ce dernier gisement, le calcium est fourni par l'argile 
plastique elle-même et aussi par les eaux calcaires super- 
ficielles qui arrivent dans l'argile plastique après avoir le 
plus souvent traversé un manteau de calcaire grossier. On 
verra plus loin, cependant, qu'une partie de ce gypse est 
le résultat d'une réaction plus complexe. 

Gypse de Vargile plastique, — Partout où Vargile plastique 
(sparnacien) a été rencontrée dans les environs immédiats 
de Paris, on y a observé du gypse. Ce minéral s'y présente 
souvent en cristaux limpides d'une grande beauté, d'une 
perfection de forme remarquable, aussi convient-il de les 
étudier avant ceux de Toligocène (*) et de la craie qui sont 
rares, toujours petits et souvent peu nets. 

Le gypse se rencontre à tous les niveaux de l'argile plas- 
tique, mais il est particulièrement abondant dans les hori- 

(1) Il s'agit ici, bien en tendu , exclusiyement de cristaux de gypse d'origine 
secondaire, car ces marnes oligocènes sont parfois riches en gros et beaux 
cristaux de gypse d'origine lagunaire. 



— 293 — 

zons très pyriteux et notamment dans les fausses glaises qui 
en occupent le sommet : les lignites du Soissonais qui 
correspondent au même niveau, renferment des cristaux 
de gypse ayant les mêmes formes. Il y a lieu de citer parmi 
les localités qui ont fourni les plus beaux cristaux : les 
carrières dlssy près la porte de Versailles, Auteuil (notam- 
ment près de l'usine à gaz, la rue Mozart et principalement 
les fondations des maisons portant les n**" 66 à 76), Meu- 
don,Bougival, Saint-Germain-en-Laye, les environs d'Éper- 
nay, etc. 

La relation d'origine existant entre le gypse et les pyrites 
n*est pas douteuse, comme on le verra plus loin; il n'est 
pas rare du reste de voir les cristaux du premier de ces 
minéraux implantés directement sur un rognon du second. 
Les formes du gypse de l'argile plastique sont à rapporter 
à trois types. 

Type I. — Les cristaux de ce type sont ceux qui abon- 
dent à Issy, à Auteuil, à Bougival, à Saint-Germain, ils sont 
caractérisés par la constance des formes g^(OiO), m(HO), et 
a,(21l) avec aplatissement suivant gf^ 

Tantôt les cristaux sont également développés suivant 
les arêtes mm et a^a^ {gypse trapézien d'Haûy), tantôt ils sont 
au contraire, allongés suivant Taxe vertical, Ou parallèle- 
ment à l'arête a^a^ ; g^ (010) est toujours très développée. 

Ils possèdent quelquefois de petites facettes e*(011) et 
c"'(031); elles sont souvent arrondies, creuses et il n'est 
pas rare de voir une seule face e* développée, ou encore 
cette forme n'exister qu'à l'une des extrémités de l'axe 
vertical. Plus rarement, les faces 6* et a, sont également 
développées et les cristaux, généralement alors très allongés 
suivant l'axe vertical, ont un pointement à quatre faces très 
régulier (Bougival). 



— 294 — 

Les autres faces des cristaux sont parfois assez planes, 
mais le plus généralement elles sont arrondies, gondolées 
et ne donnent au goniomètre que de mauvaises mesures . 
Les cristaux n'ont souvent que les faces de la zone pris- 
matique nettes, ils se terminent alors en pointes irrégu- 
iières sur lesquelles on peut voir les traces d'une structure 
polysynthétique, les grands cristaux étant en réalité formés 
par le groupement à axes parallèles de nombreux individus 
de même forme. 

Ces cristaux peuvent atteindre d'assez grandes dimen- 
sions et dépasser 18 centimètres dans la direction de Taxe 
vertical. Dans quelques cas, leur allongement est plus 
grand encore; il peut être augmenté par des emboîtements 
à axes plus ou moins parallèles, généralement compliqués 
d'entrecroisements irréguliers. 

Des groupements en éventail étaient fréquents dans une 
trouvaille faite en 1893 lors du creusement des fondations 
d'une maison à Auteuil (rue Mozart). Ces groupements 
consistent en un cristal allongé suivant Taxe vertical qui, 
dans l'angle obtus de a^m supporte un éventail, formé par 
une série de cristaux très aplatis suivant j* et groupés 
comme les feuillets d'un livre autour d'une parallèle à 
l'arête a^a^ ; parfois aussi ces lames sont mélangées de 
cristaux disposés avec quelque irrégularité. L'angle obtus 
Qj^m postérieur supporte un éventail du même genre. Les 
cristaux qui le constituent ont leurs parallèles dans 
l'éventail antérieur, mais ne se trouvent pas sur leur pro- 
longement. Il y a là tendance à la formation d'une macle, 
et, à ce point de vue, les cristaux d'Auteuil sont à 
comparer à ceux du Papelsberg (Siebengebirge) décrits 
par M. Laspeyres (*). 

(1) Twhwmdk'i Miner. MittheU.y 1875, 117. 



Type IL — Les cristaux de ce type sont moins fréquents 
que les précédents; ils ont été trouvés notamment à Meu- 
don dans une argile rouge très ferrugineuse. Ils présentent, 
eux aussi, les formes m(110) et surtout gf*(010) très déve- 
loppées, mais a,(^ll) est réduite ou même absente : les 
cristaux sont raccourcis suivant l'axe vertical et parfois un 
peu allongés parallèlement à la normale A*; ils sont ter- 
minés par une surface arrondie dont l'intersection avec g^ 
fait avec Taxe vertical un angle voisin de 88®; elle corres- 
pond, suivant les individus, à a**(203) ou 0,^849). Ces cris- 
taux sont parfois identiques à certains cristaux des marnes 
vertes. Plusieurs cristaux de cette forme s'empilent sou- 
vent suivant Taxe vertical pour donner un individu offrant 
des angles rentrants sur les faces m. 

Type m. — Je dois à l'obligeance de M. Dollfus un 
échantillon de gypse recouvrant le lignite pyritisé des 
fausses glaises de Meudon (les Moulineaux) : les cristaux 
sont des lentilles sans forme distincte, semblables à celles 
du gypse Indien, la collection géologique du Muséum 
renferme un échantillon analogue; ce type paraît être 
exceptionnel. 

Les cristaux de gypse des types I et III, une fois isolés 
de leur gangue, se montrent limpides; les seules inclusions 
qu'ils renferment sont constituées par de l'argile, parfois 
emprisonnée dans des cavités ayant la forme de cristaux 
négatifs. 

Gypse des marnes Indiennes et oligocènes. — J'ai rencontré 
de la pyrite finement divisée dans les marnes de la troi- 
sième masse du gypse de Noisy-le-Sec, ainsi que dans 
les marnes à Cyrena et dans les marnes bleues de Romain- 
ville. Aux affleurements de ces marnes, la pyrite s'altère 
très rapidement en les colorant en jaune, on voit alors ces 



couches ferrugineuses se couvrir de petites aiguilles inco- 
lores de gypse, se rapportant toutes au type I de l'argile 
plastique. Ces cristaux, dont l'origine secondaire n'est 
pas douteuse, se distinguent bien par leur couleur et leur 
forme des cristaux de gypse existant parfois normalement 
dans ces différentes marnes. 

Gypse de la craie sénonienne. — La craie sénonienne de 
Meudon est percée de tubulures et traversée par des dia- 
clases, le long desquelles se sont parfois déposés des cris- 
taux de célestite et de gypse qui recouvrent indistinctement 
la craie elle-même, ses silex, ou imprègnent ses fossiles. 

Notre collection possède quelques échantillons de ce 
genre, rares aujourd'hui; le gypse s'y trouve dans des 
cavités riches en limonite qui résultent de la décomposition 
de la marcasite. Ce sont de petits prismes incolores ou 
blancs, aplatis suivant g\OlO), offrant les divers aspects du 
type I du gypse de l'argile plastique. Ils n'ont aucun intérêt 
cristallographique. 

Macles. — Les macles du gypse de l'argile plastique, des 
marnes oligocènes et de la craie sont relativement peu 
abondantes, si on les compare à celles des autres gisements 
de la région parisienne. 

Elles correspondent toutes à la même loi, c'est la macle 
avec axe de rotation normal à A*(iOO), mais tandis que dans 
le gypse des marnes vertes oligocènes, la macle se fait par 
accolement suivant h^{iOO); ici il y a plus généralement 
pénétration des deux individus et quelquefois accolement 
suivant j*(010). Cette macle présente dans ce cas les diverses 
particularités de la macle de Carlsbad dans l'orthose. 

A côté de ces macles, se rencontrent de nombreux grou- 
pements accidentels dus à des enchevêtrements plus ou 
moins réguliers. Les petits cristaux ont une grande ten- 



— 297 — 

dance à se grouper autour d'un centre pour former des 
étoilements. 

Websterite. — La websterite a été rencontrée pour la 
première fois par A. Brongniart (*) dans les fausses glaises 
d'Auteuil. Elle y forme des rognons constitués par des 
grains globuleux d'un blanc de neige, à structure fibreuse. 
Ils sont pressés les uns contre les autres et ont été com- 
parés inexactement à des oolithes. 

Le même minéral se rencontre au même niveau dans les 
carrières dlssy (près la porte de Versailles). Dans le cou- 
rant de 1896, un de mes élèves, M. Jecker, m'en a signalé 
une assez grande quantité dans ce gisement; nous avons 
constaté que la websterite y était localisée à la partie supé- 
rieure des fausses glaises; elle se présentait dans une zone 
blanche se fondant insensiblement d'une part avec celle-ci 
et de l'autre avec un sphéroïde riche en sidérose globu- 
laire dont il va être question plus loin ; les progrès de l'ex- 
ploitation ont fait disparaître la zone à websterite. 

L'examen microscopique des globules de websterite 
montre que ceux-ci constituent de véritables sphérolites, 
parfois remarquablement réguliers. Le minéral possède 
une faible biréfringence; les fibres des sphérolites étant très 
minces et très enchevêtrées, l'étude détaillée de leurs pro- 
priétés optiques n'est guère susceptible de précision. J'ai 
pu constater toutefois que le minéral est biaxe, le plan des 
axes optiques est parallèle aux fibres dont la direction est 
toujours de signe négatif. 

La complexité des fibres de websterite peut être mise en 
évidence en éteignant une fibre placée entre les niçois croi- 
sés ; on voit apparaître alors de nombreuses ponctuations 
biréfringentes dues à des fibres présentant une autre 
orientation. 

(1) Ann. sciences natur., mars 1828. 



La websterite est généralement considérée comme mo- 
noclinique. L'examen optique n'est pas contraire à cette 
hypothèse, mais ne la démontre pas cependant; les fibres 
sont trop enchevêtrées pour qu'on puisse affirmer qu'elles 
présentent des extinctions obliques dans leur direction d'al- 
longement. Les résultats de l'étude de la websterite des 
lignites du Mont-Bernon, près Épernay, est plus favorable à 
l'hypothèse du système orthorhombique : le minéral de ce 
gisement se présente sous forme de masses compactes ou 
farineuses : au microscope, on constate qu'il est formé par 
de petites aiguilles enchevêtrées et non groupées en sphé- 
rolites : leur extinction est longitudinale; la bissectrice 
aiguë est positive et perpendiculaire à une face de la zone 
d'allongement, parallèlement à laquelle se trouve placé le 
plan des axes optiques. 

L'analyse de la websterite d'Auteuil faite par J.-B. Dumas 
est voisine de celle qu'exige la composition théorique (*) 
(ATO», S0»,9H»0). 

Halotrichite. — L'action de l'acide sulfurique exercée sur 
l'argile plastique en présence de mélantérite donne nais- 
sance à de l'halotrichite [FeSO*, A1»(S0*)', 24H«0] ; je ne l'ai 
pas trouvée isolée, mais j'ai constaté son existence à l'état 
de mélange mécanique dans les croûtes résultant de l'oxy- 
dation de la mélantérite et dont il sera question plus loin. 

Sidérose. — C'est, selon toute vraisemblance, à la réaction 
simple (FeSOS 7H»0 + CaCO» = FeCO» -f- (CaSO*, 2H*0) 
-|- 5H»0) de la mélantérite sur des eaux d'infiltration cal- 
caires ou sur du calcaire existant normalement dans l'argile 
plastique, qu'il y a lieu de rapporter la formation de la sidé- 

(1) La websterite est faiblement décomposée par Teau, et peut à la longue 
être transformée en hydrate d'alumine. 



— 299- 

rose qui se rencontre parfois en assez grande abondance 
dans Targile plastique. Dans quelques cas (Issy), la sidérose 
s'est produite en môme temps que la websterite, les deux 
minéraux étant voisins Tun de l'autre. 

C'est Ch. d'Orbigny qui en 1837 découvrit à Vaugirard, à 
Vanves, à Arcueil et en diverses autres localités, de véri- 
tables lits constitués en grande partie par de petits glo- 
bules cristallins de sidérose. Ces derniers étaient distribués 
dans une argile située entre l'argile sableuse et Targile de 
la base. A Arcueil, ces globules entrent pour 45 0/0 dans 
la masse argileuse qui les renferme. Dans un môme gise- 
ment, ces globules ont sensiblement le môme diamètre 
(pouvant dépasser 2 millimètres). 

Les nombreux échantillons de cette sidérose que j'ai 
examinés proviennent des récoltes de d'Orbigny ; j'en ai 
recueilli moi-même à diverses reprises dans les carrières 
d'Issy. Les meilleurs échantillons proviennent de ce dernier 
gisement. La sidérose doit ôtre étudiée au sortir de la 
carrière, car si ce minéral reste, môme peu de temps, 
exposé à l'air, il ne tarde pas à se décomposer, au moins 
partiellement. 

A l'état pur, la sidérose se présente sous la forme d'une 
masse grenue d'un blond clair, pénétrée d'un peu d'argile. 
L'examen de lames minces fait voir que les globules sont 
en réalité constitués par un grand nombre de petits rhom- 
boèdres souvent arrondis et affectant la forme de grains 
d'orge. Ils sont fréquemment groupés d'une façon quel- 
conque pour constituer les granules macroscopiques, mais, 
souvent aussi, ils sont arrangés d'une façon régulière, le 
grand axe des sections étant placé tangentiellement à la 
périphérie du globule. Ces grains sont pressés les uns contre 
les autres sans ciment et peuvent ôtre aisément désagrégés. 
Plus rarement, on rencontre des échantillons dans lesquels 



— 300 — 

les cristaux de sidérose sont isolés et atteignent 0'",8 de 
diamètre; ils se prêtent à un examen détaillé. La sidérose 
est englobée par de Targile contenant quelques petits grains 
élastiques de quartz, elle a la forme de rhomboèdres très 
obtus ou de prismes hexagonaux terminés par le même 
rhomboèdre. Les sections perpendiculaires à Taxe vertical 
sont régulièrement hexagonales et montrent en lumière 
convergente la croix noire des minéraux uniaxes, avec 
signe négatif. Le plus souvent, ces cristaux ne sont pas 
simples, mais ils sont constitués par le groupement en 
éventail, c'est-à-dire à axes imparfaitement parallèles, de 
plusieurs individus. Enfin, j'ai observé quelques groupe- 
ments dans lesquels les axes principaux des deux compo- 
sants font entre eux un angle très voisin de 90° et qui 
correspondent à la macle suivant p(iOÎl), connue dans la 
calcite. 

Les cristaux de sidérose de ce gisement montrent par- 
fois une particularité curieuse, leur centre est occupé par 
un rhomboèdre du même minéral, souvent en partie isolé 
au milieu d'une cavité (*), il a la môme orientation que le 
cristal périphérique. C'est généralement par lui que com- 
mence l'oxydation, de telle sorte que les cristaux sont 
souvent colorés en brunâtre au centre, alors que leur péri- 
phérie est presque incolore en lames minces. 

Quand la décomposition est plus avancée, le cristal entier 
est transformé en limonite, des veinules de ce minéral tra- 
versent le globule diamétralement ou obliquement, réunis- 
sant les cristaux élémentaires qui finissent par se souder 
et par être transformés entièrement en une masse homo- 
gène de limonite. 

(1) J'ai donné une photographie de ces cristaux dans un Mémoire sur le 
gypse de Paris, qui paraîtra dans le tome IX (3« série, des Nouvelles Archives 
du Muséum), 



— 301 — 

Les échantillons du gros sphéroïde de Targile de la 
carrière d'Issy dont il a été question plus haut renferment 
des grains de sidérose îi structure un peu différente : le 
centre des grains est formé par des rhomboèdres aplatis, 
groupés en éventail ou en sphérolites; ils sont entourés 
par une croûte fibreuse de sidérose en partie oxydée ; dans 
beaucoup de grains, la partie centrale seule subsiste et l'on 
est ainsi conduit aux globules creux recueillis par d'Or- 
bigny à Arcueil et qui souvent ne renferment plus guère de 
carbonate; ils sont surtout constitués par de Toxyde de fer 
hydraté à poussière rougeâtre. Les globules dlssy ren- 
ferment souvent à leur centre des octaèdres de pyrite ; il 
devient évident que c'est cette pyrite qui, par oxydation, 
leur a donné naissance; quand on examine des lames minces 
taillées dans les petits nodules entièrement pyriteux qui, 
çà et là, s'observent dans les blocs à sidérose; on voit dans 
ceux-ci que la pyrite en octaèdres épigénise les cloisons 
ou remplit les cavités de fossiles qui paraissent être des 
graines de chara, La sidérose globulaire constitue donc 
parfois, sinon toujours, une épigénie d'origine organique, 
comme le supposait d'Orbigny, mais celle-ci a été d'abord 
pyriteuse avant d'être carbonatée. 

On voit en résumé que la sidérose de Targile plastique, 
pas plus du reste que de la websterite ne mérite l'épithète 
d'oolithique sous laquelle on l'a désignée jusqu'à présent. 

Produits d'altération de la mélantérite, 

La mélantérite s'oxyde à l'air avec une extrême facilité, 
elle donne ainsi naissance à un produit concrétionné, à as- 
pect butyrique, dont la couleur varie du jaune pâle au jaune 
de soufre; il présente généralement une réaction nettement 
acide. 

Ce produit abonde sur les parois de l'argile plastique des 



carrières dlssy, où il constitue des concrétions parfois 
épaisses de plusieurs centimètres. Ces concrétions se dis- 
solvent presque complètement dans Teau, ne laissant 
qu'un résidu argileux : celles qui sont de couleur pâle 
et par suite peu oxydées laissent déposer par cristal- 
lisation des aiguilles de mélantérite, mais le plus souvent, 
on n'obtient aucun produit cristallisé; la liqueur, en se con- 
centrant, devient sirupeuse, épaisse, puis donne un résidu 
jaune concrétionné, analogue à celui qui a servi de point 
de départ. 

La coloration jaune de ces concrétions est due à la for- 
mation d'un sulfate de sesquioxyde de fer, qui me semble 
voisin (sinon identique) de la copiapite {2Fe*0^, SSO», 18H«0), 
mais que je n^ai pu parvenir à isoler, car il est mélangé 
non seulement à la mélantérite non oxydée, mais à de l'ha- 
lotrichite, et à du gypse produit par la réaction dont il a été 
question plus haut. 

Produits indirects. 

Dans les carrières d'Issy, sous Tinfluence des pluies, les 
concrétions complexes qui viennent d'être étudiées se dis- 
solvent, leur solution ruisselle à la surface du sol et, en 
présence de fragments de calcaire, éboulés des assises du 
calcaire grossier qui recouvrent l'argile plastique, subissent 
une double décomposition, donnant d'une part un sulfate 
basique de sesquioxyde de fer qui est Vapatélite^ et d'une 
autre du gypse. 

J'ai recueilli de nombreux fragments du calcaire gros- 
sier, qui surmonte l'argile plastique montrant les divers 
stades de cette transformation. C'est par une réaction de 
ce genre qu'il y a lieu d'expliquer l'association constante 
de Tapatélite aux beaux cristaux de gypse étudiés plus 
haut. Je ne m'occuperai plus ici que de l'apatélite. 



— 303 - 

Apatéute. —Le nom d'apatélite a été donné par Meillet (*) 
au sulfate basique de sesquioxyde de fer qui accompagne 
d'une façon presque constante les cristaux de gypse et la 
marcasite dans Targiie plastique. On trouve ce minéral en 
abondance dans l'argile plastique de Meudon, d'Auteuil, 
d'Issy, etc., sous la forme d'une substance jaune clair, à 
structure terreuse, constituant de petits nodules irrégu- 
liers ou des enduits friables. Je l'ai rencontré en très 
petites quantités, associé au gypse secondaire des marnes 
à Cyrena convexa et des marnes bleues de Romainville. 

Il y a lieu de remarquer que Tapatélite se transforme 
avec la plus grande facilité en limonite par exposition à 
l'air humide : cette particularité, jointe à la difficulté de 
séparer mécaniquement le minéral intact de son produit 
d'altération, pulvérulent comme lui, rend difficile l'établis- 
sement de la formule définitive de ïapatélite. 

La composition correspondrait, d'après Meillet, à la for- 
mule (4Fe"0», 6S0', 3H*0) . Je renvoie pour la discussion de 
cette composition et pour les rapports existant entre la 
raimondite, la carphosidériiej la pastréite et Vapatélite au tome 
III de ma Minéralogie de la France dans lequel ces diverses 
questions seront traitées en détail. 

J'ai pu constater que l'apatélite, examinée en lames très 
minces avec de forts grossissements, se montre constituée 
par de petits cristaux à contours vagues, nettement uniaxes, 
optiquement négatifs et très biréfringents; ces propriétés 
sont celles que j'ai observées dans les trois sulfates hydra- 
tés de sesquioxydes de fer cités plus haut, ainsi que dans la 
cyprusite. 

Les caractères extérieurs de tous ces minéraux sont sen- 
siblement les mêmes; la raimondite, la carphosidérite et la 

(1) Revue sctenf^ud, U, 2&5, 1843. 



— 304- 



C 03 

•g c« 

T3 C 
O O 

à- 



cyprusite se montrent cependant parfois avec une structure 
microscopique cristalline qui n'existe, ni dans Tapatélite, 
ni dans la pastréite. 

Le tableau ci-dessous résume les réactions qui ont donné 
naissance aux produits d'altération de Targile plastique ; il y a 
lieu de faire remarquer que tantôt ces réactions ont été effec- 
tuées isolément et que tantôt elles se sont enchevôtrées. 



Indirects. 



Produits d'altération primaire (oxydation des 
pyrites). i 

a. Action de H«SO* ( a. Calcaire . 
sur la gangue. ( p. Argileuse 
Action de la mé- / a. Calcaire, 
lantérite et de 
H»SO* sur la 
gangue. 
, Produit de Toxydation de la 

mélantérite 

Action de la copiapite sur le 
calcaire 



Mélantérite. 
Acide svUfurique, 
Gypse. 
Webstertte. 
Gypse^ sidérose. 



2® indirects. 



p. Argileuse HàbtrickUe. 
Copiapite. 
Apatélite, gypse. 



Les réactions qui, par la décomposition des pyrites, ont 
donné naissance aux minéraux qui viennent d'être étudiés, 
ont un caractère de grande généralité, mais il est peu de 
régions dans lesquelles il soit possible de les étudier en 
voie de formation dans leurs diverses phases successives 
et aussi facilement que dans Targile plastique parisienne. 
Dans la plupart des gisements, en effet, une partie des pro- 
duits formés ont disparu sous Tinfluence de diverses causes. 

Ces phénomènes sont, bien entendu, indépendants de 
Torigine sédimentaire ou éruptive des pyrites et ils sont 
notamment à comparer aux phénomènes du môme genre 
qui s'observent dans certaines fumerolles volcaniques; les 
minéraux qui nous occupent y résultent de l'action de 



— 305 -^ 

Tacide sulfurique (produit par Poxydation de Thydrogène 
sulfuré) sur des roches variées de composition appropriée. 
Lors d'une récente mission en Grèce, j'ai eu l'occasion d'ob- 
server les faits suivants particulièrement intéressants au 
point de vue qui m'occupe ici. 

Naxos. — Sur la côte occidentale de l'île de Naxos et à 
quelques centaines de mètres au nord de la petite ville de 
Naxie, les falaises sont constituées par des sédiments gré- 
seux tertiaires, recouverts par une argile, riche en pyrite 
cubique, puis par des conglomérats calcaires que surmontent 
des conglomérats granitiques. La falaise est par place très 
démantelée, les débris de sa partie supérieure (conglomé- 
rats granitiques et calcaires) s'éboulent sur ses flancs et 
s'amassent à son pied. Sur ces débris, ruissellent les eaux 
qui se sont chargées de mélantérite, en passant sur les 
couches argileuses dont les cristaux de pyrite sont souvent 
entièrement limonitisés aux affleurements. On retrouve 
toutes les particularités des enduits de mélantérite et de 
leurs produits d'oxydation jaunes décrits plus haut, mais 
dans ce gisement, grâce à la sécheresse du climat; la mé- 
lantérite peut se conserver mieux que dans la région pari- 
sienne et elle s'observe en cristaux nets et transparents. 
Le long des rigoles qui conduisent au pied de la falaise ces 
eaux acides, chargées de sulfate de fer, on voit se former 
des cristaux de gypse identiques à ceux de l'argile plas- 
tique d'Auteuil [cristaux simples, ou maclés suivant A^lOO)], 
partout où cette argile est riche en calcaire. 

Les eaux minéralisées, produites par dissolution des 
concrétions de sulfates peroxydes, en suintant à la surface 
des blocs éboulés du conglomérat calcaire, subissent la 
même décomposition qu'à Issy et j'ai recueilli des blocs 
arrondis de calcaire, superficiellement transform.es en 



— 306- 

gypse (*), mélangé d'apatélite qui les colore en jaune. 
Partout on voit Tassociation de ces deux minéraux et il est 
possible de suivre au microscope toutes les phases de cette 
sulfatisation progressive du calcaire; quand elle est incom- 
plète, un coup de marteau permet parfois de séparer la 
croûte sulfatée d'un noyau de calcaire intact. 

Susaki. — Le ravin de Susaki, situé à quelques kilomètres 
à Test de l'entrée orientale du canal de Corinthe, est connu 
par une solfatare qui se trouve au contact d'argiles et de 
conglomérats calcaires pliocènes et d'une serpentine. Cette 
solfatare dégage de la vapeur d'eau, accompagnée d'acide 
carbonique et d'hydrogène sulfuré . Celui-ci par décompo- 
sition donne non seulement du soufre, mais encore de 
l'acide sulfureux, lui-môme transformé en acide sulfurique ; 
c'est ce dernier qui, en attaquant toutes les roches avoisi- 
nantes, produit les minéraux qui vont nous occuper. 

Depuis longtemps, M. Fouqué avait signalé la transfor- 
mation en gypse des conglomérats calcaires, j'ai étudié 
récemment (*) les curieux produits néogènes formés aux 
dépens de la serpentine. On voit celle-ci se couvrir d'epso- 
mite, puis la magnésie, le fer, la chaux disparaître à l'état 
de sulfates solubles, pour ne laisser que de l'opale, offrant 
encore la structure microscopique de la serpentine intacte. 
Elle est généralement imprégnée de gypse, résultant en 
grande partie du ruissellement des eaux superficielles 

(1) Le gypse produit par la transformation de ces calcaires est constitué 
par des aiguilles enchcTêtrées et ne ressemble en rien, au point de vue de la 
structure, au gypse Indien du bassin de Paris. Ce pourrait être là un argument 
contre Porigine épigénique de ces derniers sUl était encore nécessaire de discuter 
cette vieille hypothèse. A ce point de vue, il y a lieu de faire remarquer que 
les ossements des mammifères du gypse parisien ont conservé leur structure 
originelle et n'ont subi aucune des transformations minéraiogiques, certai- 
nement fort curieuses qui se seraient produites dans des assises métamorphisées 
par on mécanisme quelconque. 

(2) C. Rendus, CXXIV, 513, 1897. 



— 307 — 

ayant traversé le conglomérat gypsifère qui localement 
recouvre la serpentine. 

En un point du ravin, j'ai observé en outre un curieux 
accident minéralogique ; le fer, au lieu d'avoir été éliminé 
à Tétat de mélantérite, soluble par les eaux superficielles, 
a été fixé et transformé en marcasite qui imprègne l'opale, 
tapissant même parfois ses cavités de belles masses mame- 
lonnées. Cette marcasite s'altère aisément sous l'influence 
de la vapeur d'eau acide qui traverse la roche; elle se 
décompose, donnant ainsi naissance à de la mélantérite 
dont j'ai pu recueillir de beaux échantillons généralement 
riches en magnésie. 

Alors, aux dépens de cette mélantérite, se produit tout 
le cycle de décompositions, étudiées plus haut; comme le 
conglomérat calcaire supérieur s'éboule constamment, à la 
surface de blocs calcaires qui, au bas du ravin, arrivent en 
contact avec les produits d'altération, on voit se produire 
encore du gypse et de l'apatélite. 

Ce gisement est fort remarquable à ce point de vue, car 
il permet de saisir sur le fait la formation actuelle du gypse 
s'efTectuant par deux voies diff'érentes, bien qu'en réalité 
elles soient dues à la môme action de l'acide sulfurique 
sur du calcaire. Dans un cas en effet, cet acide provient 
directement d'une fumerolle volcanique, alors que dans 
l'autre il a passé par diverses combinaisons dont la der- 
nière est un sulfate ferrique. 

Le gypse de Susaki est aussi intéressant à étudier, car, 
de même qu'à Naxos, il est facile de suivre pas à pas la 
gypsification des blocs calcaires qui s'effectue par leur 
périphérie. 

Quant au gypse produit dans les argiles, associées aux 
conglomérats, il affecte la forme de beaux cristaux, iden- 
tiques comme forme à ceux d'Auteuil. 

24 



— 308 — 

Milo, — Enfin, sur la côte sud-est de Tîle de Milo, j'ai 
observé des faits du môme ordre que ceux qui viennent 
d'être passés en revue. 



Sur Ift polylite de Thornson. 

Par M. A. Lacroix. 

Thomson a donné le nom (*) de polylite à une substance 
qu'il indique comme provenant de couches de magnétite, 
rencontrées aux environs d*Hoboken (New Jersey). 

Il décrit cette substance comme un minéral noir, se cli- 
vant suivant une direction, ressemblant par son aspect à 
une amphibole; Téclat est vitreux, la substance opaque en 
masse. La densité est de 6 à 6,5; l'analyse a donné les 
résultats suivants : 



SiO« 




40,04 


CaO 




11,54 


FeO 




34,08 


MnO 




6,60 


Al'O» 




9.42 


Perte au 


feu 


0,40 



102,08 

Ce minéral est rangé dans tous les traités de minéralogie 
dans le groupe des pyroxènes. M. Edw. Dana place la 
polylite dans le supplément de son livre ("), en indiquant 
qu'elle est peut-être un pyroxène, mais que le gisement est 
douteux, aucun banc de magnétite n'existant à Hoboken. 

Je viens de trouver dans la collection du Muséum, un 

(1) (kUlines of Mineralogy, I. 495, 1836. 

(2) System ofMineralogy, 1893, 1045. 



— 309 — 

échantillon de polylite, entré en 1842 et répondant parfai- 
tement à la description de Thomson ; les surfaces de cli- 
vage présentant Taspect cristallitique des scories ferrugi- 
neuses cristallisées, j'en ai entrepris l'étude. 

L'examen de lames minces montre que la substance est 
hétérogène; elle est constituée par des cristallites trans- 
parents de fayalitey noyés dans un verre brun, riche en 
octaèdres cristallitiques de magnétite. 

La polylite de Thomson est sans aucun doute un produit 
artificiel et le lit de magnétite, dans lequel elle a été trou- 
vée, quelque déblai d'usine métallurgique; le nom de 
polylite est donc à rayer de la nomenclature minéralogique. 



Sur la lawscnite de Corse et de la Nouvelle-Calédonie. 
Par M. A. Lacroix. 

Dans le Bulletin de février (p. 110), j'ai signalé l'existence 
de Is. lawsonite dans des roches à glaucophane de Corse. 
Diverses occupations ont retardé la publication de cette 
courte note, annoncée pour le Bulletin suivant. 

Mon attention avait été rappelée sur la lawsonite par la 
découverte de ce minéral, faite en 1896 par M. Franchi (*) 
qui l'a rencontré comme élément abondant de roches 
variées des Alpes. Lors de la publication du second fasci- 
cule de ma Minéralogie de la France (*), j'avais eu l'occa- 
sion d'indiquer dans un gabbro saussuritisé de Corse la 
présence d'un minéral que M. Nentien m'avait signalé et 

(1) Âccad. rcal. Torino, 27 décembre 1896. 

(2) Minéralogie de la France, I, 708, 1895. 



— 310 — 

dont les propriétés optiques ne correspondaient à celles 
d'aucun minéral connu. 

Lorsqu'on 1895, M. Ramsome publia sa description de 
la lawsonite de Californie (*) et voulut bien m'en commu- 
niquer des échantillons, je constatai son identité avec mon 
minéral inconnu de Corse. Depuis lors, j'ai examiné un 
grand nombre de roches à glaucophane de Corse que m'a 
communiquées M. Nentien ou que j'ai trouvées dans la 
collection du Muséum, ainsi que les roches similaires de la 
Nouvelle-Calédonie ; j'y ai constaté l'abondance de la 
lawsonite. 

La lawsonite de ces gisements est tellement identique 
comme forme à celle trouvée par M. Franchi, qu'il me 
paraît inutile d'entrer dans de longs détails à son égard. 
Les roches qui la renferment sont des gabbros saussuritisés 
et glaueophanisés [Vieux pont de Piedicorte sur le Tavignano, 
de Bastia (Corse) vallée du Diahot (Nouvelle-Calédonie)] 
ou des schistes à glaucophane provenant selon toute 
vraisemblance de la transformation de gabbros (Corse). 
Les plus beaux échantillons de lawsonite que j'ai eu l'oc- 
casion d'examiner se trouvent dans un gabbro indiqué dans 
la collection du Muséum, comme provenant de la Basanera 
de Bastia. La roche est constituée par de grands cristaux 
de diallage, en partie transformés en glaucophane et acti- 
note et entourés par une masse d'un blanc verdâtre qui, 
au microscope, se résout en un mélange de lawsonite, d'al- 
bite, d'anorthite avec par places de la chlorite, de l'actinote 
et de l'épidote. La figure 1 est la reproduction d'une pho- 
tographie d'une partie de la roche riche en lawsonite. On 
y voit ce minéral en baguettes rectangulaires, remar- 
quables par leur réfringence {rim = 1.67 environ), et les 

(1) BuU, VniversUy de Californie, I, 301, 1895. 



— 3H — 

propriétés optiques caractéristiques de ce minéral : plan des 
axes parallèle à 3*, bissectrice positive perpendiculaire à 
p(OOi), avec çà et là des clivages rectangulaires p et j*, 
fig — wp = 0,021 environ. Les cristaux de lawsonite sont 
orientés dans la roche, leurs formes sont nettes, ils sont 
moulés par tous les autres éléments, différant ainsi comme 
structure de la lawsonite de Californie, qui est ophitique 




FiG. 1. 

Photographie d'une lame mince du gabbro saussuritisé de la Basanera de Bastia, 

riche en baguettes rectangulaires de lawsonite. 

par rapport à la glaucophane. Cette lawsonite est tout à 
fait identique à celle d'un échantillon du Val Chiana que 
je dois à Tobligeance de M. Franchi. 

La roche du Pont de Piedicorte est beaucoup plus trans- 
formée que la précédente, le diallage ancien n'y existe 
presque plus, la structure est assez identique dans toutes les 
parties d'un môme échantillon; la roche est essentiellement 
constituée par un feutrage d'aiguilles de glaucophane, do 
lames de chlorile renfermant des grains de sphène ; les inter- 



— 342 - 

valles, laissés entre elles par ces aiguilles, sont remplis 
par de Talbite, englobant des cristaux généralement cristal- 
litiques de lawsonite. 

L'échantillon de gabbro transformé de la vallée du Diahot 
dans lequel j'ai trouvé de la lawsonite présente une struc- 
ture intermédiaire entre ces deux types; il reste encore 
de grands cristaux ophitiques de diallage, englobés par 
une masse schisteuse qui est essentiellement constituée par 
des aiguilles de glaucophane ; celles-ci sont mélangées à 
une grande quantité de cristaux distincts et de grains de 
lawsonite. 

Enfin, pour terminer, dans le schiste à glaucophane de 
Rutelli et Campitello (Corse), la lawsonite en cristaux nets, 
existe seule au milieu des aiguilles de glaucophane. Dans un 
autre schiste à glaucophane de Santa Maria di Poggo, la 
lawsonite forme de gros cristaux, analogues à ceux de la 
figure 1 ; ils sont mélangés à de Tépidote et à de la glau- 
cophane pour constituer des nodules très cristallins au 
milieu d'un tissu à éléments très fins de glaucophane et 
de longues aiguilles de lawsonite. 



Etude cristallographique de la boumonite des mines 
de Pontgibaud (Puy-de-Dôme). 

Par Ferdinand Gonnard. 

HISTORIQUE ET CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES 

La bournonite a été découverte à la mine de Barbecot 
par Pournet, alors directeur des mines de Pontgibaud 
(1828. Annales scientifiques d'Auvergne). Bouillet {Topographie 
minéralogique du département du Puy-de-Dôme, 2® édition, 



— 313 — 

1854) se borne à reproduire la mention de la découverte 
de cette espèce minérale. Il en est de même de Lecoq {Épo- 
ques géologiques de ^Auvergne, 1867), où d'ailleurs on ne 
trouve pour ainsi dire aucun détail précis concernant la 
minéralogie, pourtant si riche, de cette partie du plateau 
central. 

Bouillet et Lecoq ne font même pas njiention du mémoire 
sur la cristallisation et la composition de la bournonite, 
publié en 1836 dans les Annales des Mines (III, tome X, p. 
371 à 380) par Dufrénoy. Je reviendrai plus loin à ce mé- 
moire. 

J'ai, dans ma Minéralogie du département du Puy-de- 
Dôme (2« édition, 1876, p. 136 et 137) également cité la 
découverte de Pournet et indiqué, sur Tautorité de Dufré- 
noy, deux combinaisons de formes de la bournonite de 
Barbecot. 

Plus tard, en 1882, dans des notes minéralogiques sur 
les environs de Pontgibaud (Mémoires de r Académie des 
Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, et Bulletin de la Société 
Minéralogique de France, tome V, p. 46), j'ai indiqué l'exis- 
tence de cristaux de bournonite à la mine de Roure. Ces 
cristaux sont souvent noyés dans une barytine laminaire 
blanche; parfois aussi ils sont dégagés, et atteignent d'as- 
sez grandes dimensions; ils sont d'ordinaire ternes, et se 
prêtent mal aux mesures goniométriques, au moins avec le 
goniomètre de réflexion ; parfois très altérés, ils sont recou- 
verts de cristaux de cérusite blanche provenant de leur 
décomposition. 

De 1res beaux cristaux ont été également rencontrés à la 
mine de Pranal; iis reposent alors sur la galène octa- 
édrique. 

Un important mémoire publié par M. A. Miers {Minera- 
logical Magazine and journal of the Mineralogical Society of 



— 314 — 

great Britain and Ireland, VI, p. 59 à 79, 4884) a trait, entre 
autres, aux cristaux de bournonite de Pontgibaud; l'auteur 
y fait la critique du mémoire de Dufrénoy. 

Enfin, V. Goldschmidt {Index der Krystallformen der Mine- 
ralien, tome I"", p. 327 à 343, 1886) revient au mémoire de 
Dufrénoy, et reproduit, en les étendant beaucoup, les obser- 
vations de M. Miers. 

En résumé, il n'existe, touchant la bournonite des mines 
de Pontgibaud, que le fait de la découverte, sommairement 
exposée par Tauteur, de cette espèce minérale à Barbecot 
d'abord, plus tard à Roure et à Pranal, et le mémoire de 
Dufrénoy. Ce travail ne renferme d'ailleurs que quelques 
données cristallographiques que l'on retrouve dans son 
traité de minéralogie (je ne considère ici que la 2« édition). 

Quelle valeur ont les données de Dufrénoy ? 

Si l'on consulte le mémoire de Miers (en ne nous occu- 
pant que de la bournonite de Pontgibaud), on voit (p. 64) 
qu'il déclare inintelligible le tableau des formes données 
avec les incidences par Dufrénoy dans son traité de miné- 
ralogie, mais que ce tableau s'explique en partie par son 
mémoire de 1836. Il ajoute plus loin que les calculs de 
Dufrénoy sont incorrects, mais que les résultats peuvent 
être probablement interprétés à l'aide d'une table qu'il 
donne, et dans laquelle les lettres sont celles du mémoire 
original et non celles du traité de minéralogie, où plusieurs 
sont inexactes. 

Goldschmidt, dans son admirable index, si précieux pour 
ceux qui s'occupent de cristallographie, se livre à une 
critique plus minutieuse des données de Dufrénoy conte- 
nues, soit dans son mémoire de 183t>, soit dans l'édition de 
1856 de son traité de minéralogie. 

Goldschmidt constate d'abord une erreur, celle-ci de 
notation sur deux cristaux de Pontgibaud, où, au moins 



— 318 — 

d'après les figures données dans Tatlas par Dufrénoy (pi. 98, 
277, 278) deux mêmes faces sont notées différemment, e' 
sur Tun, e* sur Tautre. 

Il fait remarquer ensuite que Dufrénoy ne donne pas, en 
1836, les angles élémentaires de la bournonite. Dans le 
traité de 1856 les éléments correspondent à 

a:b:c = 0,938 : 1 : 0,6137, 

mais ne sont pas d'accord avec les symboles du tableau des 
incidences. En revanche, les éléments de Lévy, soit : 

a : b : c = 0,938 : 1 : 0,89d4, 

que Dufrénoy affirme être donnés sans doute pai\ erreur, 
sont parfaitement exacts. 

D'après Goldschmidt le tableau de l'édition de 1856 est 
une copie de celui du mémoire de 1836, et ne s'en distingue 
que par une notation différente des faces. Mais ce tableau 
renferme, dit-il, tant d'erreurs que, si celui de 1836 n'est 
pas très utile, celui de 1856 ne peut servir à rien. 

Goldschmidt termine ses Bemerkungen par ce jugement 
sévère touchant le travail de Dufrénoy sur la bournonite ; 

e Si Ton considère, en somme, la communication de 1856, 
l'on voit dans trois pages tant d'erreurs accumulées qu'il 
ne serait pas facile d'en rencontrer autant, étant donné un 
aussi faible espace, dans la littérature minéralogique. On 
peut se rendre compte comment cela est possible, si l'on 
se figure la manière dont vraisemblablement ce mémoire 
a été rédigé ; c'est peut-être ainsi : Dufrénoy a repris dans 
sa partie principale son mémoire de 1836 ; il y a joint d'ail- 
leurs à quelques figures, dont je n'ai pu retrouver l'origine, 



— 316 — 

les notations de Lévy qu'il emprunta avec les symboles 
marqués. Il tenta alors de mettre en concordance les 
figures de Lévy avec le tableau d'incidences, et d'adapter à 
celles-ci les figures de Lévy. Ayant échoué dans sa tentative, 
Dufrénoy chercha à sortir de ces difficultés en regardant 
les éléments de Lévy comme erronés, et, au lieu des nota- 
tions pour lesquelles il ne pouvait trouver de concordance, 
il en mit au hasard, ou même n'en mit pas du tout. 

» Dufrénoy n'a pas utilisé les données de Mohs et de 
Hausmann, bien qu'il ait eu certainement les premières en 
main. L'exactitude des éléments de Lévy serait assurément 
résultée de leur concordance avec les premières. 

» De ces considérations on conclut que l'on ne peut retirer 
que fort peu d'utilité, pour des recherches ultérieures sur 
la bournonite, du mémoire de 1836, au moins pour ce qui 
concerne la description des formes; tout au plus peut-on, 
comme confirmation, rapprocher ces mesures des obser- 
vations offrant déjà de la certitude ; mais les données de 
1856 sont d'une complète inutilité. » 

Il résulte des diverses observations critiques qui précè- 
dent qu'il n'était pas sans intérêt de reprendre une étude 
de la bournonite de Pontgibaud, d'autant plus que, depuis 
un certain nombre d'années, il s'est trouvé dans les galeries 
de ce groupe minier, à Pranal comme à Roure, mais sur- 
tout à Pranal, un assez grand nombre de très bons cris- 
taux. Malheureusement, il était assez difficile de se pro- 
curer de ces échantillons; et, ce qui ajoute à ces regrets, 
c'est que les mines sont aujourd'hui fermées, pour long- 
temps sans doute, à toute exploitation. 

Grâce à l'obligeance de quelques amis, parmi lesquels je 
comptais feu M. A. Brihat, ancien conducteur des ponts 
et chaussées à Pontgibaud, il m'a été possible d'avoir quel- 



— 317 — 

ques bons échantillons, dont Tétude fait l'objet du présent 
travail (*). 

DESCRIPTION DES CRISTAUX ÉTUDIÉS 

y*' cristal (fig. /, une fois et demie la grandeur naturelle. — 
Fig. la coupe agrandie) . 

Ce cristal a été détaché d'un beau groupe, dont faisaient 
également partie les cristaux suivants, provenant de la 
mine de Pranal. Bien que n'offrant que la moitié environ 
de la partie antérieure du prisme, il a comme plus grande 
dimension 3 centimètres et demi. C'est une macle polysyn- 
thétique suivant m. Ses faces dominantes sont jo, a*, 6* et 6* \ 
Il possède aussi les faces a* et Ç == (6*6*'V*) très peu déve- 
loppées, mais néanmoins fort nettes; la face ? est répétée. 
En outre, dans la zone a*6V, on observe une série de faces 
allongées, plus ou moins étroites, dont plusieurs sont 
brillantes et m'ont donné de bons pointés au goniomètre de 
réflexion. Parmi ces faces, se trouve trois fois répétée la 
face 6S immédiatement reconnaissable à la loupe grâce à 
de petites faces S que chacune d'elles porte à l'angle supé- 
rieur gauche. Je ne les ai pas figurées à cause de leur 
petitesse. J'ai pris les incidences de ces faces sur la grande 

(1) Dans ce travail j'emploierai à la fois les systèmes de notation de Miller 
et de Lévy-Des Cioizeaux. Les paramètres adoptés sont les suivants: 

a : b : c :: 0,938 :ii : 0,897 

ce sont ceux de Miller, Hessenberg, Kokscharow,iGroth, Dana et Miers ; il 
convient toutefois de faire remarquer que, pour Miers, c'est le paramètre a 
qui est égal à 1 ; au reste, les nombres qu'il donne dans son mémoire sont: 

a: b : c:: 1,06612 : l : 0,95618, 
ce qui revient à: 

a : 6 : c : : l : 0,938 : 0,897. 

D'autre part, le paramètre a de Goldschmidt correspond au paramètre c 
de Miers, et, réciproquement, c de Goldschmidt correspond à a de Miers. 



— 318 — 

face 6* en collant sur cette dernière une lame de mica très 
mince. C'est également parce moyen que j'ai obtenu Tangle 
de ce 6* avec la face qui lui est contiguë à droite, et que 
j'ai désignée par a^ sur mon dessin. Les faces que j'ai déter- 
minées ainsi sont : 1® eS très petite, mais très brillante; 




FiG. 1. 



2« (bW^h"*) = U de Miers. Cette face U se trouve répétée 
quatre fois. Puis, deux faces nouvelles, à ce que je crois du 
moins, ne les ayant rencontrées ni dans le mémoire de 




Miers, ni dans l'index de Goldschmidt, savoir : 3® une bra- 
chypyramide {h'^h^g'^) = c^,, = (5.7.12), que, dans mon 
dessin, je désigne par la lettre p^; elle est répétée deux fois 
sur la macle en question; 4® enfin, une macropyramide 
assez développée, celle que j'ai notée a^. J'ai pu, grâce à 



— 319 — 

son développement, mesurer son incidence sur b^ au gonio- 
mètre d'application et au goniomètre de réflexion. Le calcul 
à l'aide de la formule des faces tautozonales m'a conduit 
au symbole assez simple (6»«6*'*W) = (b'^b'^h"'). 

Ce môme cristal m'a présenté une troisième face nou- 
velle assez développée (elle a 2 millimètres sur S 1/2) et 
brillante sur une partie de son étendue. Son incidence sur 
6*" est très voisine de celle de la face v de Miers sur ce 
même 6**; mais, sur 6\ elle diffère notablement de celle 
de V. Cette nouvelle face, que je désigne par v^, prend, 
sur la perspective stéréographique, place entre les zones 
V*e^y et 6*'y. Le calcul m'a conduit au symbole, un peu 
compliqué (6*'"V*y'*) = (80.66.59). Le symbole voisin, plus 
simple, (6*'"6*''gf*'*') = (10.13.12), donne pour b^v^ un angle 
trop différent de l'angle observé pour qu'on puisse 
l'adopter. 

Si, pour achever la description de ce cristal, on étudie la 
zone du prisme, on observe les faces m, j*, A*, A*, très 
étroites, mais très brillantes et se répétant plusieurs fois. 

En résumé, le cristal n» 1 présente les 15 formes sui- 
vantes : 



Lévy 
I Gloizeaux. 



Miller. 



Miers. 



Lévy 
Des Gloizeaux. 



Miller. 



Miers. 



P 

9\ 
m 
h» 



a* 



001 c 6*'* m y 

010 a 6* 112 u 
110 m (6*'«6V)=^i/« *'ï-^2 p, nouvelle 
970 M {6""«6*^«ff"») W.66.59 v, nouvelle 
310 7i (b^b'^h'^) 314 U 

011 n (b^b'^h'^) 214 Ç 

101 {b'^b^^hy") 918 a^ nouvelle 

102 œ 



— 3Î0 — 

Le tableau ci-dessous contient les principales incidences, 
savoir : 



goniomètre de 
réflexion. 

goniomètre 
d'application. 





Calculées 


Observées. 


n^ 


133M0' 


i33<>21' 


mM 


na^sT 


172»34' moy 


mifi 


IWlâ' 


iWV.' moy 


P** 


146»4S' 


147» 


pft'" 


127«20' 


127»30' 


po» 


»36«17 


136M5' moy. 


6*e,« 


174-46' 


174«44' 


e^U 


169047 


170» 3' 


&•«. 


146''14' 


146» 9' moy. 


6%» 


160»19' 


16(M8' moy. 


6*^1 


173«89' 


173»49' 



goniomètre de 
réflexion. 



Nota. — Si, au lieu de prendre pour v^ le symbole 
(80.66.69), on prend (10.13.12), on trouve : b^v^ = i6W 
et b'^v^ = llâ^Ky. 

^ cristal (fig. 2, grandeur naturelle; fig.Sa et 2b agrandies). 

Remarquable par ses dimensions, ce cristal n'offre 
qu'une de ses moitiés, et a cependant 6 centimètres 1/2 
sur 4, avec une épaisseur de 1 centimètre 1/2; la plupart 
de ses faces sont nettes, mais ternes. C'est également une 
macle polysynthétique comme le cristal n** 1, et la zone 
a*6*e* y présente la même série de facettes allongées et 
étroites que celui-ci. Comme elles sont ternes, je n'ai pu 
les étudier aussi complètement que celles du précédent; 
j'y ai reconnu seulement e^i^ et U. 

M. P. Groth a décrit (Die Mineraliensammlung der Kaiser- 
Wilhelms-Universitât Strassburg. 1878, p. 61, fig. 40 et 41) 



I 



— 321 — 



deux cristaux de bournonite, dont le premier est une macle 
polysynthétique suivant m, provenant de Horhausen (Nas- 
sau), gisement récent, qui, dit Tauteur, a produit les plus 




FiG. 2. 



beaux et les plus gros cristaux connus jusqu'ici; or, le 
plus grand, cassé comme ceux de Pranal, n'a qu'environ 
3 centimètres 1/2 de plus grande dimension, d'après la 



Côté A 





Côté B 



FiG. 2a. 



FiG. 2b. 



figure donnée par Groth. Il est donc encore inférieur aux 
cristaux de Pranal, soit comme volume, soit aus^i comme 
richesse de faces. 



Le crisled n<^ 2 présente les 14 formes suivantes 



LéTy 
DM Cloizranz. 


MUler. 


Mien. 


L«vy 
Des Cloizeaax. 


Miller. 


Hiera. 


P 


001 


C 


a» 


101 





9' 


010 


a 


a* 


102 


X 


A» 


100 


b 


6*» 


m 


y 


m 


uo 


m 


6» 


112 


u 


h* 


310 


e 


(6«6»0=c.,. 


5.7.12 


nouvelle 


«» 


OU 


n 


(6'6'W) 


314 


U 


o'» 


301 


S 


(6»6"'A"') 


214 


S 



Dans ce cristal, les faces dominantes sont p, a* et e* ; les 
deux premières sont ternes; e* est assez brillante, mais 
légèrement courbe et finement striée au voisinage de 6^,^ et 
parallèlement aux arêtes ej,jU; p est grossièrement striée 
perpendiculairement à Tarête pa^. Les faces b^'* et 6* sont 
très nettes; leur intersection est parfois curviligne (fîg. 2a, 
partie inférieure du cristal de gauche). Les faces a"^ (8 de 
Miers) sont petites et striées parallèlement à leur inter- 
section avec A^ Les faces e^^e sont assez larges, mais ternes, 
comme il est dit plus haut; les faces U, moins développées, 
permettent toutefois, au moins pour celle qui est contiguë 
à a*, une mesure suffisamment exacte. Quant aux faces ?, 
elles sont assez étendues et assez planes pour donner des 
indications certaines. Il en est de même de a*. 

Les faces de la zone du prisme i», A*, A* et g^ sont très 
miroitantes; m est finement striée suivant Tarête wA*. 

Les principales incidences sont les suivantes : 

Calculées. Observées. 



mm 


93''40' 


93»20' 


\ 


mh* 


161»58' 


162» 


/ au goniomètre 


fflA' 


136O50' 


.18T 


l de réflexion. 


A»À« 


184052' 


164»30' 


j 



— 323 — 





calcnlées. 


Observées 


A '8 


160O47' 


160O40' 


6'»S 


138021' 


138O30' 


m¥" 


142O40' 


142O30' 


è'-'b'» sur m 


105O20' 


IO804O' 


6W61 


160O3S' 


I6O03O' 


6'»e» 


144033' 


144040' 


e*e' sur g»* 


83046' 


84» 


po* 


136017' 


136O30' 


a^a^ sur h* 


87019' 


87» 


an 


168*34' 


I6803O' 


o'o* 


161O30' 


162» 


an 


1S8»38' 


139° 


6n 


169*24' 


169O10' 



au goniomètre 
d'application. 



5® Cristal (fig. 3, cinq fois la grandeur naturelle). 

Le cristal n*^ 3, qui offre la même macle que les précé- 
dents, n'est qu'à peine la moitié du groupement; il a 
environ 15 millimètres de plus grande dimension. Les faces 
m des deux composants ne sont pas exactement dans le 
môme plan vertical, mais font un angle de 172^32'. Les 
faces dominantes de la macle sont p, h^, w et a* ; il pré- 
sente également a", b^ et 6*. Cette dernière est, ce qui 
d'ailleurs est assez fréquent, creusée de cavités, souvent 
polyédriques. Ce petit cristal présente cet intérêt particu- 
lier que Ton observe sur la zone du prisme une face nou- 
velle, petite, mais très brillante, et qui donne un excellent 
pointé ; c'est h^^\ soit (18.5.0) en notations de Miller. J'ai 
observé sur d'autres cristaux une face très voisine, sinon 
la même ; mais comme elle était finement striée parallèle- 
ment à wAS les images étaient pâles et un peu vagues ; 

25 



^324 — 

j'avais été conduit par mes premières mesures à h^, soit 
(^9.5.0). Peut-être cette dernière face est-elle à conserver. 
Mais j'ai plus conflance dans les mesures qui m*ont conduit 

L'angle w/i«»* observé = 151«21' et calculé 151«26'. 

L'angle mh'"" observé = 150^31' et calculé 150o42'. 

Ce même cristal offre sur le composant de gauche deux 
petites faces nettes, mais ternes, qui sont manifestement 
en zone d'une part avec ma^ et d'autre part avec /i*6*'*. La 
projection stéréographique montre qu'elles appartiennent 




'WÂ^- 



FiG. 3. 



à la macropyramide a^ = (2H), désigné par Miers au 
moyen de la lettre v. La zone pA* présente, en outre, une 
série de trois faces a^ , indéterminables à cause de leur 
petitesse et de leur peu d'éclat. 

En résumé le cristal n® 3 présente les huit formes déter- 
minées p, ^S m, h^^, aS 6*'*, 6* et v, et 3 formes indétermi- 
nables. 



- 325 ~ 



4® Cristal (fig. 4, cinq fois la grandeur naturelle). 

Ce quatrième cristal a, à peu près, les mômes dimensions 
que le précédent, soit 15 à 16 millimètres de longueur 
sur 10 de largeur et 10 d'épaisseur. Ses diverses faces sont 
toutes plus ou moins brillantes, sauf a* et é^ ; celles de la 




O-fMia) 



prjuj 



zone du prisme sont éclatantes. Ce n'est d'ailleurs encore 
qu'une moitié de macle suivant m, et je n'en aurais pas 
fait une mention spéciale, si elle n'offrait une face assez 
rare p = (121) que détermine l'intersection des zones me* 
et 3*6*'". Le cristal en question montre les dix faces p, AS m, 
h\ a\ e\ 6*", h\ O et p. 



— 326 — 



5® Cristal (fig. 5, très agrandie), 

La figure 5 ne donne qu'une partie du cristal que j'ai 
étudié, et qui se compose d'un groupement, sur du quartz 
hyalin, de deux cristaux maclés d'après la loi ordinaire; 
mais, la partie que j'ai représentée est seule intéressante; 
elle montre, en effet, trois faces rares de la zone ph^; l'in- 
férieure est V (211) qui est parfaitement déterminée par 
l'intersection des zones ma^ et A* b"^; celle du milieu S (212) 
par celle des zones a* ft*'* etp A»; la supérieure £ (214), déjà 
reconnue sur les cristaux n® 1 et n® 2, est nettement en 




Fio. 5. 

zone avec a» 6* et p h*. Ces trois faces sont petites et ternes ; 
je n'ai pu, par conséquent, mesurer leurs mutuelles inci- 
dences; mais elles offrent une telle netteté de contours 
que leur détermination ressort manifestement, même sans 
mesures, de la considération des zones diverses auxquelles 
elles appartiennent. 

Les formes que me fournit cette partie de la macle étudiée 
dont il s'agit ici, au nombre de dix, sont: p, V, m, a*, a', 
b''\ h\ r, S et 5. 



327 — 



ff« Cristal (fig. 6, cinq fois la grandeur naturelle). 

Dans la macle n<» 6, dont je n'ai également représenté que 
la partie nette et intéressante, et qui est quintuple, bien 
qu'incomplète, les deux cristaux composants sont assem- 
blés irrégulièrement, en ce sens que les faces p sont légè- 
rement obliques Tune par rapport à Tautre; mais les faces 
h^ sont dans le même plan vertical. J'ai figuré cette partie 
de la quintuple macle parce que chacun des deux compo- 
sants reproduit la succession des faces A*, A* et A' de la zone 
du prisme, et que les deux dernières, A* surtout, sont assez 
rares, au moins dans les cristaux de Pranal que j'ai eus à 




ma disposition; ces faces sont d'ailleurs, ainsi que les faces 
m, très brillantes et m'ont donné d'excellents pointés. 

Dans ces divers cristaux et d'autres encore, je n'ai, 
qu'une fois ou deux, rencontré les faces g^ et j'; la bour- 
nonite semblerait donc se présenter à l'observateur confor- 
mément aux conventions qu'on adopte pour la position du 
prisme orthorhombique, la zone pj* étant le plus souvent 
inobservable. 

Le composant de gauche offre les dix faces p, A*, m, A*, 
A», a\ a% b"\ 6* et v, et celui de droite les sept faces p, AS 



m, A*, A', aS 6*" et 6*, et, de plus, la série des faces a^, déjà 
rencontrées sur le cristal n** 3, parmi lesquelles probable- 
ment a* et o', mais dont je n'ai pu encore déterminer les 
symboles, à cause de leur peu d'éclat et leur petitesse. 



RÉSUMÉ 

En résumé, de Tétude d'environ une trentaine de cris- 
taux de bournonite des mines de Pontgibaud, et surtout de 
la mine de Pranal, parmi lesquels j'ai figuré seulement les 




FiG. 7. 



— 329 — 

six qui m'ont paru offrir le plus d'intérêt, à cause de leur 
richesse de formes, de leur netteté ou de leurs dimensions 
exceptionnelles, il résulte que cette belle espèce minérale, 
qui s'est rencontrée, soit empâtée dans la barytine lami- 
naire blanche, soit recouvrant la galène de si remarquables 
cristaux (*), soit enfin altérée et recouverte elle-même de 
cérusite, il résulte, dis-je, que cette belle espèce minérale 
est beaucoup plus riche en formes simples que ne le lais- 
sent supposer les deux seules figures que Dufrénoy (*) a 
consacrées à sa description. 

J'ai observé les 24 formes simples suivantes, dont quatre 
nouvelles (voir la projection stéréographique), soit : 



Cloizeaux. 


Symboles Miller. 


NoIaUons de Wlera. 


P 


001 


C 


9' 


010 


a 


A' 


100 


b 


9* 


120 


f 


m 


110 


m 


h* 


970 


M 


A» 


210 


e 


h* 


310 


■^ 


h"'* 


18.8.0 


nouvelle F. G. 


e» 


01 i 


n 


o* 


102 


X 


a* 


101 





o"» 


301 


h 


6» 


112 


u 


ô"' 


111 


y 



(1) À Pranal, on a égalemeat trouvé de magnifiques cristaux de tétraédrite 
simples ou maclés suivant a', et que les mineurs désignent sous le nom 
expressif de nosudi de cravaUSy quand ils sont maclés. 

(2) Il ne mentionne que les faces p, ^S e^ ^, a* et &^ 





— 380 — 




Symboles Lévy-Des Cloizeanx. 


Symboles Miller. 


NoUUons de Miets. 


(6'»6's») = e. 


121 


P 


(6'*6V") = e.,. 


S.7.12 


Pj nouvelle P. G, 


(6""'6""j'~) 


50.66.89 


Vj nouvelle F. G. 


(bWh') — a. 


211 


V 


{b*b"'^'") 


212 


S 


(6»6«-A'«) = a,„ 


213 


G 


(bW'h'"} 


214 


? 


{6i6"'/,«) = a,„ 


314 


U 


(6'«6«A'«) 


918 


a, nouvelle F. G 



Addition aux études cristallographiques sur la calcite 

de Gouzon. 

Par P. GONNARD. 



Depuis ma note insérée dans le tome XX (n<>* 1-2, 1897) 
du Bulletin, j'ai rencontré deux autres formes simples de 
calcite, nouvelles pour le gisement de Couzon, et qui 
viennent s'ajouter aux 27 que j'ai signalées. 

La première e"' fait partie d'une combinaison déjà étudiée 
par Haûy, savoir : 6* c* c*^, et indiquée par lui comme pro- 
venant de Norwège, sans autre désignation (voir fig. 88 
de l'atlas de la 2« édition de son Traité de Minéralogie), Les 
cristaux que j'ai examinés sont implantés et n'ont guère 
plus de 4 à 5 millimètres de plus grande dimension. Ils 
présentent les particularités suivantes : 6* est finement 
strié, comme d'ordinaire, suivant les bissectrices des 
angles formés par les arêtes culminantes du rhomboèdre ; 



— 331 — 

malgré cela, elle donne d'assez bonnes images; par contre 
e^^ est terne, et j'ai mesuré son incidence sur 6*, en collant 
sur elle une lame de mica mince ; quant à cS elle est tou- 
jours inégale et ne fournit que de mauvais pointés. 

Mesuré : h^^ = i67<>48'. Calculé : 6* e'^ = 167^58'. 

La seconde e*' se trouve également dans une autre 
combinaison signalée par Haiiy, savoir : 6*e*e^^rfS que ce 
savant dit provenir des environs de Caen (fig. 124 de son 
atlas). Les cristaux de Couzon étudiés par moi, implantés 
comme les précédents, ont de 15 à 18 millimètres de lon- 
gueur suivant Taxe ternaire ; 6* est striée et peu miroitante ; 
d^y bien développée, est assez unie d'ordinaire, parfois iné- 
gale ; e* est toujours ondulée ; e** est très inégale çt pré- 
sente en son milieu une gouttière dont Taxe est avec Taxe 
ternaire dans un plan vertical ; cette gouttière est d'ailleurs 
très obtuse. Les mesures ont été faites avec le goniomètre 
d'application. Sur ces cristaux, on observe les lignes de 
corrosion, qui déterminent des plans parallèles à 6*. 



IncideDces. 


Mesurées. 


Calculées. 


6» 6* 


13S» 


134»ST 


d^d* 


\WW 


144024' 


rf'e*» 


140» 


139»44' 


d»c» 


132» 


131»S6' 



333 - 



ERRATA AU TOME XX 



Page 6, note 2 : au lieu de enphotide, lire euphotide. 

Page 7, en note : au lieu de Stuchlmann, lire Stuhlmann. 

Page 110, ligne 3 en remontant : au lieu de gabbrios, 
lire gabbros. 

Page HO, ligne 2 en remontant : au lieu de glaucephane, 
lire glaucophane. 

Page 129, lignes 4 et 10 en remon- 
tant : 

Page 130, ligne 1 en descendant, et 5 f au lieu de 35<>,8', 
en remontant : ( ^lire 35^8\ 

Page 132, lignes 3, 8 et 17 en descen- 
dant : 

Page 191, ligne 2 en remontant : au lieu de bassin, lire 
ballon. 

Page 180, ligne 6 en remontant : au lieu de pe^, lire a*e,. 



— 334 — 

TABLE PAR NOMS D'AUTEURS 

DES TRAVAUX ORIGINAUX PUBLIÉS DANS LE TOME XX 



Pages. 

Bertrand (Léon). — Sur un moyen de détermination pratique 

des fcldspaths plagioclases dans un cas particulier . . 219 

Bourgeois (Léon). — Rapport du trésorier 1 

Damour (A.). — Sur l'association de Tanthracite et de la py- 

rophyllite aux émeraudes de la Colombie 123 

— Discours prononcé aux obsèques de M. Des Cloizeaux . . 170 
DuPARC (L.) et Pearcb (F.). — Note sur quelques formes cris- 
tallines de quelques composés organiques 7 

Franchi et Stella. — La lawsonile des roches métamor- 
phiques des Alpes piémontaises 5 

Friedel (Georges). — Sur un chloro-aluminate de calcium 

hydraté se maclant par compression 122 

Gaubert (Paul). — Revue des espèces minérales nou- 
velles 163, 198 

Gentil (L.). — Matériaux pour la minéralogie de T Algérie. 210 

Gonnard (F.)« — Études cristal lographiques sur la calcite 

des carrières de Couzon (Rhône) 18 

— Sur des cristaux de calcite provenant du tunnel de Col- 

longes (Rhône) 121 

— Sur le corindon.de Tarrondissement de Biella (Italie). . 177 

— Note rectificative, cristal de pinite de Saint-Pardoux. . . 181 

— Étude cristallographique de la bournonitc des mines de 

Pontgibaud (Puy-de-Dôme) 312 

— Addition aux études cristallographiques sur la calcite de 

Couzon 330 

Lacroix (A.). — Sur la brushite et la métabrushiie. . . . 112 

— Matériaux pour la Minéralogie de France ; kaolinite cris- 

tallisée de Saint-Mary-le-Plain (Cantal) 118 

— Sur Texistence de Touwarowite dans Tîle de Skyros. . . 120 

— Sur la marcasite de Pontpéan (lUe-et-Vilaine) et sur les 

pseudomorphoses qu'elle constitue 223 



— 335 — 

Pages. 
Lacroix (A.). — Sur ramalgame argentifère de la mine des 

Ghalanches (Isère) 233 

— A. Des Qoizeaux 260 

— Sur les produits de décomposition des pyrites du bassin de 

Paris, de Naxos et de Susaki près Corinthe 288 

— Sur la lawsonite de Corse et de la Nouvelle-Calédonie. . 30? 

— Sur la polylite de Thomson 308 

Pearce (F.) et DuPARC (L.). — Note sur quelques formes cris- 
tallines de quelques composés organiques 7 

PiSANi (F.). — Présentation de minéraux; calcite de Joplin . 4 H 

— Euchairite 204 

ScHULTEN (A. de). — Sur la production artificielle de la 

laurionite et de composés isomorphes avec celle-ci. . 186 

— Sur la production artificielle à la température ordinaire de 

la phosgénite et de la phosgénite bromée 191 

— Production artificielle simultanée de la laurionite, de la 

phosgénite et de la cérusite 194 

— Sur la production des carbonates cristallisés de cadmiun 

et de manganèse (diallogite artificielle) 183 

Stella et Franchi. — La lawsonite des roches métamor^ 

phiques des Alpes piémontaises 5 

Termier (P.). — Sur la bournonite de Peychagnard (Isère). 101 

— Sur le cinabre et Tonofrite de Ouen-Shan-Tchiang. . . . 204 

— Sur la forme cristalline du borate de lithium Bo^O^, Li*Oj 

16H20 257 

Wallerant (Fréd.). — Mémoire sur la quartzine et sur l'ori- 
gine de la polarisation rotatoire du quartz 52 

— Note sur la mesure des biréfringences des minéraux en 

lames minces 172 

— Note sur une forme naissante du quartz 173 

— Détermination des indices de réfraction des minéraux des 

roches 234 

Weiss (P ). — Recherches sur Taimantation de la magnétite 

cristallisée 137 



TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE 

DES MATIÈRES 
CONTENUES DANS LE TOME XX 



ABRÉVIATIONS USITÉES DANS CETTE TABLE 



An. Analyse. 

Synt. Synthèse. 

Crût. Étude cristallographique. 



Gis. Gisement. 

Min.nouv. Minéral nouveau. 
Opt. Étude oplique. 



Aimantation de la magnétlte, 

P. Ww8,137. 
Arsénotungstate d'ammo- 
nium (crist.), L. Do- 
PARC et Pearcb, 7. 
— de barsrnm, L. Doparc 
et Pearcb, 12. 
Amalgame argentifère (Cha- 

landres), A. Lacroix, 233. 
Analcime (Cap Djinet)^ L. Gentil, 

216. 
Anthracite (Muso), A. Damour, 

183. 
Apatélite, A. Lacroix, 303. 
Apophyllite (Cap Djinet). L. Gen- 
til, 215, 217. 



Biréfringence (mesure), F. Wal- 

LERANT, 172. 
Bixbyite (min. nouv.), S.-S Pen- 

piELD et H.-W. FooTE, 199. 
Bliabergite (min. nouv.), Igels- 

TRÔM, 164. 
Borate de lithium (Bo^O», Li^O, 

16H20), P. Termier, 257. 
Bournonite (Peychagnard) (crist.), 

P. Termier, loi. 
Brushite (gis. nouv.), A. Lacroix, 

112. 



Calcédoine (opt.), F. Wallerant, 

98. 
Gaioite (Couzon, erist.), F. Gonnard, 
18 et 330. 

— (CoUonges), F. Gonnard, 

121. 

— (Joplin), F. PiSANi, 111. 
Carbonate de cadmium (synili), 

A. DE SCHULTEN, 195. 

— manganèse (synth.), 

A. DE SCHULTEN, 195. 

Cérusite (synth.), A. de Schulten, 
194. 

Ghlorite (Cap. Djinet), L. Gentil, 
217. 

Ghloroaluminate de calcium 
hydraté, G. Friedel, 122. 

Cinabre (Ouen-Shan-Tchiang). P. 
Termier, 111 et 204. 
— (Réalmont), A. Lacroix, 
118. 

Gopiapite, A. Lacroix, 304. 

Corindon (Biella) , F . Gonnard. 177. 

Corrosion (figures de), F. Gon- 
nard, 58. 

Cristaux (dilatation), E. Damour, 
163. 



Diallogite (synth.), A. de Schul- 
ten, 195. 



-337 — 



Enclaves caloarif ères (Gap Dji- 
net), L. Gentil, 213. 
— quartzeuses (Gap Dji- 
net), L. Gentil, 212. 

Euohaïrite (Bioga), Pisani, 111. 



Feldspaths plagioclases (dé- 
termination), L. Bkrtbaiid, 219. 



Oalène (min. nouv.), Â. Lacroix, 

238. 
Oersbyite, Igelstrôm, 202. 
Groupement de minéraux, A. 

Lacroix, 227. 
Oypse (Bassin de Paris), Â. Lacroix, 

292. 



Halotrichlte (Bassin de Paris), À. 
Lacroix, 298. 



Indices de réfracticn (mesure 
de8),F.WAL- 

LBRANT, 234. 

— •— (quartzine ) , 

F. Walle- 
RANT, 78-94. 



Kaolinite (Saint-Mary-le-Piain), À. 
Lacroix, 119. 



Lawsonite (synth.), A. de Schdl- 
TEN, 186 et 194. 
— (Alpes), Franchi et 

Stella, 6. 



Lawsonite (Gorse), A. Lacroix, 
118. 



Macle (chloroaluminate de calcium 

hydraté), G. Friedel, 1?2. 
Macle (cinabre), P. Termier, 207. 
Magnétite (aimantation), P.Weiss, 

— (structure), P. Weiss, 

14.5. 
Marcasite (Pontpéan), A. Lacroix, 
223. 

— (Bassin de Paris), Id. 

290. 
Mélantérîte, Id., 291. 
Mésotype (Gap Djinet), L. Gentil, 

214. 
Mesures de biréfringence, F. 

Wallerant, 172. 
Métabrushite (gis. nouveau), A. 

Lacroix, 112. 
Munkforsite (min. nouv.), Igel- 

TRÔM, 164. 



Onofrite (Ouen-Shan-Tchiang), P. 
Termier, 204. 

Orthophenylbenzoate de li- 
thium, L. DupARc et Pearce 
(crist.), 17. 

Ouwaro^w'ite (Skiros), A.Lacroix, 
120. 



Pharmacolite (opt.), A. Lacroix, 

118. 
Phosgénite (synth.), A. de Schul- 
NEN, 191. 
— bromée (synth.), A. 

DE SCHULTEN, 191. 



Phosphotungstate de potas- 
sium (cristOi L' DoPARC et F. 
Pearcb, 11. 

Plnite (Saint -Pardoux), F. Gonnard, 
181. 

Polarisation rotatoire (quartz), 
F. Wallerant, 52. 

PolyUte, A. Lacroix, 308. 

Pseudomorphoses, A. Lacroix, 
213. 

Pyrite (Pontpéan), A. Lacroix, 229. 
— (Bassin de Paris). Id. 

Pyrophyllite (Ck)lombie), A. Da- 

MODR, 183. 

Pyrrhotite (Pontpéan), A. Lacroix, 
2i6. 



Quartz (orig. de la pol. rotatoire), 
F. Wallerant, 52. 

— (constitution physique), Id., 

96. 

— (forme naissante), Id., 193. 

— (Valais). Pisani, 101. 
Quartzine (opt.), F. Wallerant, 

52. 
Quirogite (min. nouv.), F. Navarro, 
164. 



Ransatite (min. nouv.), Igelstrôm, 
164. 



Reproduction artificielle, A. 

DE ScHULTEN, 186, 191, 194 et 195. 
Roebllngite (min. nouv.), S.-L. 

Pbnfield et H.-W. Foote, 200. 
Rutile (Valais), F. Pisani, 101. 

S 

Sidérose, A. Lacroix, 298. 
Stilbite (Gap Djinet), L. Gentil, 
218. 



Tétrachlorure de Tacide té- 
trachlorophtalique (crist.), L. 
DuPARC et F. Pearce, 14. 

Thiocronate de potassium, 
(crist.), L. DuPARC et F. Pearcb, 
15. 

Thomsonite (Cap Djinet), L. Gen- 
til, 215. 

W 

"Websterite (Bassin de Paris), A. 

Lacroix, 297. 
"Wellsite (min. nouv.), H. Pratt 

et H.-W. Foote, 200. 



Zéolithes (Gap Djinet), L. Gentil, 
210. 



Le Secrétaire, gérant^ 
Paul GAUBERT. 



paris. — IMPRIMERIE CHAIX (SDCC R), RUE DE LA SAINTB-CHAPBLLE, 5.-2822-97. 



SCMU 



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