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BULLETIN 

m La 

SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE. 



^uAirl^ine S^rle. 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 

POUR 185/1-1855. 



Prennent, M. Hi|). Fortoul, iiiinistre de rin&truction publique 

„. „ , .^ 1 MM. GuicHiAUT, mefitbre de l'Insiilnt. 

( MH. Hip. UOCHABOT. 
Sc,«t«teur.. J pjj p^^^. 

Secrétaire, M 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA COMMISSION CENTRALE 

pooft i85A. 

Président, M. GtTSéniAtiT (d* riiAtitii^. 

F ice- Présidents. MM. B*A\ tSA6 rt JoMftRto (fle Vftfstitnt). 

Secrétaire générai, M. Alfred Maurt. 

Secrétaire adjoint, M. V.-A. Maltb-Brus, 

Section tle Correspondance, 

MM. A. d*Al>badir, corr» de riAstiliil. MM. Imbert d«a MoHeieM« 

géitirdl C«ll1<r. Igafood. 

Cochrlet. Ph. Lebas, membre de TlnMitu^ 

DuQot de Mofra.<. Meis^as. 

C** d'Escayrac de Lautiire. Noël-Desvergei.s cori*. de Tlnsl. 

Ffrry. Poulain de Bos*ay. 

Section de Publication* 

« 

MM. Aibert-Montcmonl. MM. Manroy. 

Cortaoïbert. MoreUFalio. 

Oaiiuy. Piévast (Coustaui), m. de Tlnat. 

de Froberville. Y'* de Santarem, corr. de l'Insl. 

Cl. Gay. Sédillot. 

Jacobs. Teruaux-Compaus. 

Section de Comptabilité. 

MM. Demersay. MM« Uaoïbert. 

Ducbanoy. De la Roquette. 

Garuier. Lôwenitern. 

jirchii^iste^bibliothécaire. 

M 

Trésorier de la Société, 

M. Meignen, notaire, rue Sain t-Mouoré, 370. 



Membres adjoints. 

MM. général Auvray. M. H. Hecqiiard. 

G. d*Eichlhal. 

M. Noirot, ageol de la Soriété, ni« Chriatine, 5. 



BULLETIN 



DB LA 



SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE 

RÉMBi PAB LA 8BCT101I M roBI^IGAHe!! 

ET MM. ALFRED MAURT, 

SICRiTAlBJB GÉNiRAL DE LA COMMISSION CKNTBAU, 

wr 
V.-A. «ALTE^BRim, 

mCtÉTAIRS ADJOINT. 



QUATRIÈME SÉRIE. — TOME NEUVIÈME. 

ANNÉE 18M. 

JANVIER - JtJl». 



PARIS, 



CHEZ AIITHUS-BERTRAND, 



1856. 



'SS 



^ 



Soc . xot-j ^ 



I 



LISTE DBS PRÉSIDENTS HONORAIRES 1>E L\ SoaÊTÉ 

DEPDIS SON ORIGINE^ 



ilM. 
De Laplack. 
De Pastorxt. 

De CBATXAr^UXAVD. ' 

Chabrol ok Toltic, 
Recquky. 

Aux. DE HUMBOLDT. 

Chabroi. de Cbousol. 
Georges CuTiER. 
Htoe de Neuville. 

Duc de DOVDBAUVILLE. 

J.-B. Etriès. 



MM. 

Le vice-amiral de Riont, 
Le contre-amiral Domoitt 
d'.UrViltji. 

DllC DECASEt. 

r/* de MUMTALIVET. 

De Baravte. 
; ht gépérai Psmt. 

GUIZOT. 

De Salvandy. 
TupiiriBR. * * 
De Las Cases. 



MM* 

VirxEMAiir. 
Cuvih-Gridaihr. 
L*amîr«I'R(ft79iis. 
L*a|Dir|l d^^lACKAD. 
Le vice-amiral Haloax. 
Walcs-ehabr. 

C'« MOLB. 
JOMARD, 

Le coptre-auiiral Mathibv. 
1/e uee-amiral I a Place. 



LISTE DES CORRESPONDANTS ÉTRANGERS DANS L'ORDRE 

Df.LIUR.MOlUIMlTlON. 



MM. 

H. S. Tahhbr, à Philadelphie. 

W. WooDBRiDaE, à Boston. 

Le It-col. Edward Sabihe, i Londres. 

Le docteur REiiroAif ex, à Berlin. 

Le doctwr RcciiARnaoïr, à Londres. 

Le professeur Kavh, à Copenhague. 

AiKSWORTH, à Edinbourg. 

Le colonel Lomo, à Louisville, Ky. 

Le capitaine Macovochib, à Sydney. 

Le conseiller de Mackdo, à Lisbonne. 

Le professeur Karl Ritteb, i Berlin. 

Le cap. John Washxhgtov, à Londres. 

P. DE Ahoelis , k Buenos-Ayres. 

Le docteur Kribgk, à Francfort. 

Adolphe Rrmah, à Berlin. 

Le docteur Wappacs , à Goeltingue. 



MIH. 

Ferdinand de Lcca, à Naples. 

Le docteur Barufpi, à Tarin. 

Le ltL*ut.-col. Fr. Coello, à Madrid. 

Le professeur MuircH, à Christiania. 

Le |«n. Albert de la Marwora, à Turin. 

Futgence' Fresnel, â'Mossoul. 

Ch. ScBEFPER, à Constantinople. 

{Le .professeur Paul Chaix» à Genève. 

J. S. Abcrt, colonel des ingénieurs*to« 
pogr#phes des États-Unis. 

Le professeur Albx. Bachb, surinten- 
dant du Coast'Survêx,àux Etats-Unis. 

LBPStus (Richard), à Berlin. 

De Marti vs, à Munich. 

KiBPSRT (Henri), à Weimar. 

pETERHAirir (Augustns), i Gotha. 



LISTE DES CORRESPONDANTS ÉTRANGERS QUI ONT OBTENU 

LA GRANDE .«ÉGAILLE. 

MM. ' I MM. 

Le capit. sir J. Feanklixt, à Londres. Le capitaine G. Bace. 

I^ capitaine Graah, à Copenhague; Le capileàie Jimtt Clark Rose, à Lon- 
La capitaine sir John Ross, à Londres. dres. 




rari».— Imprimerie d« L. MaftinitT, 
rae Mignon, t. 



BULLETIN 



DB LA 



SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE. 



JANVIER ET FÉVRIER 1855. 



Mémoires, ete. 



EXTRAIT 

d'une LBTTBB DB M. UBBMANN £• LUDBWIG A M. JOMARD, 

MEMBRE DB l'iRSTITUT. 



New- York, q3 septembre t854. 

Monsieur, 

...••• Permettez- moi de vous importuner encore par 
l'envoi d'un de ces travaux que poursuit ma persévé^ 
rauce sur mes anciens amis les aborigènes du Mexique» 
mémoire que je dois lire dans la séance de notre Société 
ethnologique samedi prochain, le 30 de ce mois. 

J'ai composa ce petit essai pendant les chaleurs 
excessives de cet été» et il y avait des semaines entières 
où je ne pouvais profiler que de deux ou trois heures 
de loisir; il m'a donc fallu un long lemps pour le finir. 
J'ai lâché de présenter à nos cthnologistes les vues que 
m'ont suggérées les éludes que j'avais entreprises, 
avant d'entrer dans la carrière de la jurisprudence (1), 

(i) M. Henuann E. Ludewig e^t jurisconsulte comme était M. Du ■ 
ponceao, président de la Société philosophique américaÎDe mon 
ancîeo correspondant. E.-J. 



(«) 

sur les antiquités mexicaines et qui in*ont occupé 
toutes les fois que j'avais occasion d'y penser. Je ne 
sais pas si elles $ooi justes et y& prie mea amis Btté- 
raires de m'inforuier sur ce point-là. 

Je serais heureux que ?ous consentissiez à examiner 
ce «travail et à me dire ce que tous en pensez; et 
comme j'espère trouver plus tard une occasion de 
continuer mes éludes, votre opinion, mieux que toute 
autre» m'indiquera la meitteure direction dans laquelle 
je pourrai procéder. En 1861 ell852, j'ai composé on 
ouvrage intitulé Uterature of amencan aboriginal lin» 
guiiticsy donnant, d'après Adelung, Vater et July 
(professeur à Cracovie ou à Lemberg), une liste bi- 
bliographique des grammaires et vocabulaires, publiés 
en plus de 200 langues indiennes de notre continent. 
Cette liste forme un manuscrit de plus de &00 pages 
in-folio et m'a coûté beaucoup de travail : je l'ai 
envtoyée à M. July pour en (kire usage dans la nourelle 
édition de son ouvrage qu'il est en trafn de pul^Uer. 

Hermann E. Lvobwig. 



DE LUfSTOIRE DE» AEORIGÈNES DtJ KEXIQUE, 

PAK M. HERMABEf LDDEWIG (l). 



Il n'y a pas de noms de peuples plus familiers aux per- 
sonnes qui se sont livrées à Tétude de l'histoire primitive 
du Mexique, que ceux des Tchèques, des Chicbimèques 

(i^ G* MMoire, dttiM d'abordk^ Im Société ctliBol^l(|ii» det. 
Él«tf-UaM»« été traduit sur le manuscrit de Tauf 



(7) 

^éB^AM^kqiÊe^ ma rvlrcHifemt nom» pveaqu^ à «haque 
pagtP de e«tte bistoÎM. El oependa»! n«l' é'eMrê c«ui 
q«î oQl le plo* approfondi* eeiM étode, n'^st «0 éHà 
de répondre d'cuie immièrck^fttisfaiflitiftle à d€ftre que»- 
!••»: QueUe» éteîeti» eee nmioni^Pet ifuel véritable 
Mm ettt-ekies joué dees ^Visteiregènépeled'u MeviqaeP 

Je iB'edeesMt acMM eewe demande', ti^ y a qtielque 
sepl ooiv an eaquissttQl^ un mémoire q«ii a éfé lu^, 
an i8A#« àleSdeîété albnoltigiqiie aoiérkmîne. Je pfe^ 
naie aleca cocAdisacince de plasieurs- dee \i\n» imper» 
lent» dttcomenla poup relliiiK>legie de5 ab^rigènei àvt 
ll«m|tte et da FAmérIqae cefHrafe. C^est le féfttrffal 
dae fecherobee que }e fis alors et qiie j'ai peursuiviea 
dtpaâa, quefe setHiiele mate tenant à-ra}>préciettofi du 
pu b l ie ? recbaPGlMa qiii ne nom qu'un apei»çti' dealtiiié 
é aereiRrda point de dépat4F âpdes Irafaux eliériaora 
dirigé» pe» des pevsetinee phM fe^aéea dans la maiiève 
ai plue à niéi&e de pciiaer eu» soiirca» qn'il eei incKs- 
paeaaMe d<» conau^ter à9n%^ de pareilles îfnvastigatîene* 

Ceft'esl point M le Keu d'entrer deiis )e détail de 
V'fcisMre dee Tokèxyues, <!aa Ghichiinèques e« des 
Aztèques déjà traitée dans les divers ouvMgee eonsa*^ 
orêi^ A^ nifeteire de KAméri^ue. Qu'il notia éeffise de 
dite' qee auivenl ropimoo eomtùntté, les- Tblièqfue^» 
aprèa de longue» eat)graf)ons', descendirent dn- ntM*4 
dane 1« l^riieire dé TAttahuee, an soumifren^ et eiv9- 
UaèfMfr hfh lieMtafnte et lés geotemérent durarnt p)o^ 
ûeurs siècles. De grandes calamités qui avaient aha^ 

laii^ bien entendu, la responsabilité dd ses assertions ii^a^icuses et 
^ent-étre souTenl hasardées. On a aussi respecté la forme et le style 
de Tantear qai preti^ dans la version française une physionomie* 



(8) 
^ulîëremenl réduil leur Dombre» les forcèrent d*abau- 
donner ce pays. Ils forent remplacés quelques années 
après par une nation sauvage et pillarde, les Gbichi- 
mèques venus aussi du nor^ et qui se répandirent par 
masses, au nombre de plusieurs millions, dit-on, dans 
la contrée devenue déserte ; ils fondèrent un einpire 
qui tomba plus tard entre les mains des Mexicains ou 
Astèqoes, nation qui, elle encore , était émigrée du 
nord dans l'Anabuac, et qui se trouvait en possession 
du territoire au moment de l'arrivée des Espagnols. 
Ceux-ci donnèrent au pays le nom d*empire du 
Mexique, lequel a depuis prévalu. Ces trois peuples 
venaient des contrées fort . éloignées dans le nord, 
comme le confirment les témoignages des hiérogly* 
pbes mexicains* Les Toltèques étaient en possession 
d'une civilisation relativement avancée qu'ils implan* 
tèrent cbez les sauvages aborigènes de l'Anabuac* Les 
Cbicbimèques, au contraire, se trouvaient dans un.état 
grossier ; ils vivaient de la cbasse ; mais en se mêlant 
aux débris du peuple qui les avaient précédés, et par 
un effet de leur séjour sous un climat plus doux, ils 
SQ, civilisèrent. 

Les Aztèques ne paraissent guère s'être distingués 
que par leur bravoure, leur perfidie et leur culte san« 
gMÎi^aire, Us parlaient, ditnin, comme les Toltèques 
et les Cbicbimèques , une seule et même langue , à 
savoir le nahuail ou mexicain, que l'on appelle aussi 
Tastèque* 

Tels sont les faits admis jusqu'ici, mais des éludes 
plus critiques nous ont amené à les tenir en grande 
partie pour erronés ; elles nous ont appris à peu tenir 
compte , dans les idées différentes auxquelles nous 



{») 

afODs été conduits, des imagina tiou^ et des fables dé* 
biiées par les populations sauvages, ou recueillies par 
la crédulité des missionnaires espagnols et même sOu* 
tenues par de soi«disant archéologues. Bernai Diaz , 
en effet . nous rapporte que l'arrivée des premiers 
Indiens de TAmérique en Espagne donna l'occasion 
aax savants de ce pays de bâtir au plus vite les plus 
étranges théories sur l'origine de ces peuples; et l'on 
peut dire que l'on n'a guère procédé différemment 
depuis dans les mêmes études» et en courant après les 
hypothèses les plus éloignées, les auteurs de ces re^ 
cherches ont négligé la plus naturelle des suppositions, 
celle d'une population indigène. Et dès lors la manie 
d'attribuer à la civilisation aborigène de notre conti- 
nent une descendance apostolique de l'ancien monde 
passée à l'état incurable, pendant plusieurs siècles, 
nous a valu l'histoire imaginaire des émigrations opé- 
rées par des millions d'hommes du continent asia- 
tique sur la côte glacée de l'Amérique russe, à travers 
les forêts impépétrablçs de l'Orégon, les plaines dé- 
sertes et stériles d'Utah et du nouveau Mexique. C'est 
dans ces déserts que les millions d*émigrants ont, 
dit-on, construit plusieurs villes, les Casas grandes des 
bords des Rios Colorado, Gila, et Chihuahua dont les 
ruines sont encore visibles et prouveraient, si l'on en 
croyait les traditions rapportées ci-dessus, que plus 
heureux que les voyageurs modernes qui ont vaine* 
ment tenté de traverser ces solitudes, les émigrants 
asiatiques trouvèrent là une vie abondante et facile, et 
élevèrent des monuqients destinés à perpétuer ou leur 
mauvais goût ou leur folie. Heureusement des dé- 
couvertes géogj^apbiques faites dans ces dernières itfi- 



(tO) 

nées, nous ont donné des idées plus raisonnables» et 
personne ne pourrait plus sérieusement admettre 
au^urd'hui qoe des millions de Chichîmèques errè- 
rent à trafers une contrée où, pour nous servir des 
pareles de Rit Carson. ^iyéritable eonnaîsseur du pays^ 
m le«p même mourrait de faim. 

C'eet seulement depuis peu que la critique histo- 
rique a» commencé à jeter quelque lumière sur l'his- 
letre des ahorigènes de l'Empire mexicain et la manière 
imtk s'est: peuf^é cet emprre. Peu notre honorable 
président» Alliert Gallatin, dans ses Notices sur tes 
naUone dami-cMlisées du Mexique^ nous a présenté un 
tperço tracé de main- de maître, des traditions tollè- 
ques, chidiiméqoes et aztèques, sur leur degré de 
prebttbililé et d'invraisemblance; d'un autre c4té, 
VL Fa4)bé B»rttseeiar, de Buorbourg, a récemment tenté 
d«9e ses qeraive lettres pour âen4r (T introduction à thi^- 
t€HmdêB nbmngènfss dk Mexique, de combiner les tra- 
diliom hisieriquee de l'Amérique centrale avec celtes 
dtt MeM^ue r e'eei tè assurément un grand' pas de fait 
dw)» le. banfle vdie^ 6et éferitain a montré que fés 
Tbllèquee ^eMÛenc phitAf du sud* que' dti nord, et que 
lesfveiîivceedvTucatan, deChtapas et de Suatemafà 
•n4 élé Je> beroeeu' de leui* ciirilisation. Mlrlheureuse- 
iMeM il e eesejpé de hi)i«e remonter cette civilisation à 
Faocien momtA^^ au^ Ifeu de loi reconnaître une ori- 
gtae eueechlliene« L^bbé Brasseur qui considfëre les 
Qoiehei de Guatentala el les Chichîmèques comme 
eni» par une- patenté étroite» explique ce dernier 
n<mi par les mots qùèehe^meead\ c'est-à-dire confëdéra^ 
tiom Qéicha^. Il* oonsfile^ quatre périodes pour te grand 
eMipfre'obiehiulèqtfev A mtf^it : la fknùà^ehane-guiche. 



( **) 

durant laquelle Votan et ses successeurs lesVolBDtde» 
IrsDspIantèrenfc la civilisatian hébraïque dan» lea 
déserts do Yucatan , du Chiapas ; la période Tuikn" 
Ulmeea durant laquelle régna la dynastie du second 
Votan» c'est-à-dire les Toltèques; la période Cholulla^ 
durant laquelle cette dynastie tomba en décadence et 
Boit par disparaître; enfin, ta période guatioiailiec o- 
mencaine qui fut marquée par Tinvasion des trib€ie 
sauvages dii nord dans toal l'empire Quiche 'Tulteca* 
oè dans le cours de laquelle lee Meiiaain» parrifnrent, 
à force de cruauté et de trahisons, ù la supériorilé et 
au pouvoir dont ils étaient en possession à TarriYée 
des conquérants espagnols. Il y a beaocoup do vrai-* 
semblance, ^e crois, dans les vues de ce savant ecclé* 
siasiîque, toutefr>is son travail parai» contenir trop de 
ces données mythologiques et ethnologiques, qui Iuîf 
enlèvent presque autant de valeur qu'aux vieux kisio- 
riadores espa^ols. Il ne peut y avoir de doute qu'au 
fond de toutes ces fietions et de ceaioiagioations doivent 
se cacher desfoitsqui, si on les pouvait débarrasser- 
des fables indiennes qui s'y sont osélées, et les réduire 
à leur» ]Mus simples termee , deviendraient intek- 
Irgfblesà tou> le monde; maie Tarchéologie comparée 
oe BOUS danne pas* les' inoyens d'opérer oetta» aépwrau* 
lion» Bile égm^e le travaîUeur dans isn labyriathe- do 
téotoigeages gveca, bébueaRit égyptiens et pbéoieîeiisv 
au mitieo duquel ii perd, noi^seulement la véritable 
drrectîeQ do ses i^edMrebes, mai» eoea^re le désiv 
d'afaiicer <kMrantage. 

Je ne crois pas, du f?ate, que I'od puisse, doua ia. 
reelierche^ qui noua oecupe, tirer un profil réel d<e 
l^iMd^dé'rBErcbéologtedo rMeiettmeede, ians'^rMit*» 



(12) 
si l'Amérique iiyait été connue du vieux coutineui 
il eûl élé ingrat ou bien orgueilleux de la pari de 
celui-ci d'oublier si totalement et de perdre de vue à ce 
point l'autre, qu'il s'est vu forcé de le découvrir quelque 
quatorze cents ou quelque deux mille ans plus tard. 
Pourquoi après cela recourir à des émigrés chassés 
de leur pays et oubliés? Pourquoi poursuivre à travers 
des milliers de faits quelques rares analogies sans va- 
leur d'application? Notre noble continent est assez 
?aste et assez vieux pour avoir son archéologie à lui, 
et les matériaux de cette archéologie ne le cèdent point 
en intérêt à ceux de l'ancien monde » lorsqu'on les 
envisage d'un point de vue américain et non à travers 
les préjugés littéraires de l'archéologie européenne. 
Commençons par réunir les matériaux de notre propre 
archéologie, soumettons-les à une analyse critique 
et un ordre méthodique en prenant seulement pour 
guides les principes que nous fournit l'histoire natu- 
relle de l'homme qui, à peu d'exceptions près, de- 
meurent les mêmes pour tous les temps et tous les 
pays; et quand nous y aurons retrouvé le véritable 
caraotère des liens qui unissent, et ont toujours uni 
lee hommes et qui les uniront éternellement, alors 
noat pourrons jeter les yeux autour de nous, et orner 
la capitale dont nous nous serons rendus maltreSa avec 
Içs fleurs que des études comparées nous ont permis 
de cueillir dans les jardins plus riches et mieux cuU 
tivés de l'ancien monde. En suivant la marche qui 
vient d'être indiquée dans le but d'obtenir une réponse 
aux questions que je me suis poaées d'abord, on est 
conduit à admettre, que l'Amérique centrale et le, 
Uexique étaient au no^mbre des contrées le» pM riches 



(là) 

lie la tiirre, qu*elles avaient une nombreuse popula- 
tion indigène, laquelle demeura: dans un élal floris- 
sant pendant une longue période; que cette popu- 
lation passa par tous les degrés intermédiaires de 
sociétés humaines religieuse et politique, avant d'ar^ 
river à une condition politique, resserrée par un lien 
plus étroit, sous l'influence de quelque chef sacerdotal 
ou militaire dans la Famille du<]uel le pouvoir devint 
héréditaire. 

La tranquille existence de pareilles populations dans 
leur état primitif de honheur ne saurait attirer beau- 
coup l'attention de l'historien, qui ne s'attache qa'aux 
agitations de la guerre et auzconséquencesde la tyran- 
nie dont est troublée la paisible existence des peuples 
au bonheur desquels on peut bien appliquer l'adage: 
iene qui latuà, bene vixit* 

Nous rencontrons en efl*et à toutes les époques de 
l'histoire du Mexique, telle que la tradition noos t'a 
eonservée, une population aborigène sur laquelle les 
tribus envahissantes exercent leur oppression. Cette 
histoire vraie, pour le fond, ne s'occupe que peu de ces 
aborigènes, et même souvent les néglige complètement, 
et n'a que des éloges pour leurs oppresseurs» qui, par 
un effet de l'éloigneraent auquel ils apparaissent dams 
le temps, sont ordinairement grandis- aux proportioi^s 
de géants ou de héros, et même à la fin transformés 
en dieux. — Deox nations se distinguent entre les po- 
pulations aborigènes du Mexique et de l'Amérique 
centrale, à savoir : leS'ÇicicAede l'Amérique centrale, 
et les Nahuàil du Mexique. L'une et l'autre compre- 
naient un certain nombre de tribus parlant des Jangues 
tégèreraent différentes; circonstance qui nous «contre 



(U ) 

qi&*6llw étaieiit iMoes d'«i«e m^me souche. J'ai déj& 
eo TëoMieur, dans on travail lu & la Société ethnoio^ 
giqM» d'appeler l'atteolion de cette Compagnie aar 
l'exielMice de necibreiiaes tnmaforttiations et de diimt 
gemettla arbifraires tfu offrent les iangitee des natiooa 
dn noavaav monde, usage naturel et onîvereei ehec 
toutes las tribus evrantes aborigènes de TAniérique » 
«nais qui n'altère pas cependant le caractère générique 
de ces langues. Il est aisé de reconnallre iftt'elles ap- 
partiennent é une seule et même Camille. Les langues 
«wya^qwcheettoendal (oehial) pn^oentent^etse affinîté 
e^wmiuiie» et étaient pariées ainsi que plvaiecirsaotres 
dans les pays que nous appelons maintenant Yocatan* 
Chiapas «t Guatemala. De ces trais langues» le maya 
était certawement la plus ciiUifée et est » on oonsé^ 
quence» celle qui a le plus attiré Tattentioa et Téinde 
des Espagnols, Le caractère de la plus haute antiquité 
est eonpreint sur ces idiomes^ Joints aux témoignage^ 
qae 0ous fournissent «toutes les sources de rhistmre 
des aborigènes de TAmérique» ils nous «dmimtrent la 
preuve qae la cifilisalion de la partie centrale de ce 
continent éiatt la plus aneionne» ot qu'ainsi, ^o mtfie 
c'est la loi ordinaire, la cif ilisalion a suiri dans le 
nouveau nMwde la direction du sud au ttord. Ledkuat 
propre à l'imérique ceulrale fit «érir plus 4ét les 
ftmU de la eivîlîsation dans le Hemque septentrional, 
qui cependant une fois en possession ée ce bienfait, 
prit un développomcnt plus rapide et pku vigoureux, 
U n'est «point iri nécessaire d'entrer dans tes détaiia 
^ue la tfudilîon nous a rapportés aur rfcfstoire des 
prawiiers chois guiches. Les modernes hiatoriMs du 
i'âmévique cenlraia ksmit désignés etM la wm éé 



(i* ) 

Votanfdes et onl rapporté, sur leur prétendttd origine 
traDsatlaotîqae, les fables lea plus ridicules. C'esl A 
cette caste des Votaoîdes que paraissent avoir appar- 
tenu cesToltëques des historiens cnexicains» M, l'abbé 
Brasseur a récemment établi que lesToltèques étaient 
venus du sud, et il est très vraisemblable qu'ils étaient 
sortis de Tuika qui occupait remplacement de l'Oûo* 
singo actuel. Les chefs ou caciques de cette ville peu* 
vent avoir appartenu à la famille Tul, dont les derniers 
membres sont bien connus sous le nom de Tutuls 
{JCiuh et Cobox), Ils^faisaient sans aucun doute partie 
de la noblesse quiche et, si Ion en croit la tradition 
consignée dans le CoiUx Gomdra^ citée par l'abbé Bras- 
seur dans sa seconde lettre, le meurtre du dernier 
descendant de la dynastie régnante de Tulha» enfant 
mineur, excita un soulèvement populaire et fut 
la cause de leur émigration. Us quittèrent Tulha en 
deux corps séparés; l'un sous la conduite de Xelhua 
est dit s'être rendu dans un pays appelé Nonohualco« 
et l'autre» quelques années après» sous celle de Jeyxco- 
huatl, émigra, dit'On, dans l'Anahuac où ils soumirent 
les Lknekas et les Xicalancos» et fondèrent l'empire 
Tul ou» suivant la forme de flexion nahualle» Toltèque 
(Toltek). Ces deux chefs partirent avec toute leursuite« 
et l'on peut inférer de la tradition et des peintures idéo* 
graphiques» que la troupe conduite par Jeyxcohuad 
effectua d'abord une portion de son voyage par eaui 
ils arrivèrent à un point nord-est de la vallée deMexice 
et se répandirent de là dans le pays où ils fixèrent 
leur demeure. 11 est clair que la migration de ces cbeft 
s'était opérée dans la direction des lieux inconnus et» 
par conséquent» non pas vers le sud» qui était sous la 



domination de leurs dominateurs. Le voyage qu*iU 
firent par eau doit avoir eu lieu sur les rivières qui se 
jettent dans le golfe du Mexique et alors probablement 
leur itinéraire fut le golfe jusqu'à la lagune de Tam- 
pico ou Tamiaqua, où ils paraissent s'être d'abord 
arrêtés et d où ils peuvent avoir ensuite remonté la 
rivière Tula, qui plus tard, dans la partie inférieure 
de son cours, près de la rivière Panuco, a reçu le noin 
de Rio Montezuma. Us rencontrèrent là des populations 
parlant la langue nahuatle, et comme la tradition nous 
dit formellement qu'ils changèrent au^si leur langue, 
nous pouvons considérer comme certain qu'à leur 
arrivée dans l'Anahuac, lés Totulxiuhs adoptèrent la 
langue nïkhuatlc, et en possession qu'ils étaient de divers 
arts et de divers métiers, ils les enseignèrent aux tri- 
bus aborigènes sur lesquelles ils ne tardèrerlt pas à 
acquérir de l'ascendant. Nous ne savons pas exacte- 
ment où se trouvait placé Nonohualco, qui est cer- 
tainement le Nohnopal de la chronique Maya et le 
ISohnial de Lizana, mais nous devons le chercher dans 
les provinces méridionales du Mexique. Les Tutuls 
émigrèrent, conduits par Xelhua, à Nonohualco et 
exercèrent vraisemblablement la même influence sur 
les populations aborigènes du pays ; car nous trouvons 
les nations de l'Anahuac réduites sous la domination 
des Tutuls ou Toltèques appelés QtucKemecatl ou Chi'» 
chimccati, parce qu'ils étaient alliés aux Quiche. 
Ainsi, l'Empifc'é chichimèque ne s'offre à nous comme 
n'étantaulrequeTcmpire des peuples alliés desQuiche. 
Cette élymolagie du norti de Ghichimèqués nous parait 
bien la plus naturelle, eV fort préférable à celle beau- 
coup ploD Toféée paf* Ittqi^elle on fait dériver ce hônt 






(17) 

des mois Techichinan)\ Chichen^ Cldchi ou Çhichimi , 
rapporlés par Torquemada» Alva» Betancourt et, der- 
uièremeot encore» par Buschmann. En effet, sous le 
nom de Chichimecall , pris dans son sens le plus 
général, on entendait une tribu ou une nation, non 
divisée parlant une langue particulière. Les Nahuatl, 
les Olomies et les tribus sauvages du nord, si toute- 
fois elles étaient soumises aux Toltèques, étaient 
aussi comprises sous ce nom. Et la preuve c'est que le 
petit nombre d'Indiens qui habitent encore quelques 
provinces de la république du Mexique (Querelaro» 
San-*Luis» Poloai, Guanaxuato , et Héchoacan) s'ap'<- 
pellent Chichimèques; ce qui n'est pas cependant un 
indice d'une origine commune. De plus nous trou- 
vons qu'au temps de la fondation de l'empire Ghichi- 
mèque» l'antique empire Quiche s'appelait Nima- 
quiche, c'est-à-dire le grand Quiche, dénomination 
qui n'aurait pas eu de raison d'être, si un empire sem* 
blable et certainement plus puissant avait été fondé à 
côté de l'empire Quiche primitif; enfin, ajoutons que 
le Codex Gondra^ déjà, cité, en parlant de la double 
éroigraliondesphefsdeTulba,lesappelleCbichimèques 
pour indiquer qu'ils étaient alliés à la famille Quiche. 
Cet empire Quichemecatl ne tarda pas, sous le gouver- 
nement des chefs de Tulha ou Tutuixiuh» c^ devenir 
plus puissant que l'empire primitif. La tradition his- 
torique nous rapporte qu'il était fort peuplé, que 
chaque parcelle de terrain dauà la vallée de Mexico 
était coltivée et que ses souverains portèrent leur 
domination sur une vaste étendue de pays. On ne sau- 
rait supposer cependant que leur autorité fût d'un 
joug facile ei Jléger pour les nations: qui leur étaient 

IX. ^ARVISR ET FivniEB. 2. 2 



(il) 

soumises. Le vieux système de In Hifltîticlion en sefft 
et err troîë cidsses <ié noblesse , l^^^uel jifév&lal aussi 
dans leHopire Quiche, et oà les Caciques, les Ahaoé 
et les CalpolUa s'etigraissaient des sueorA des tra« 
vaitieiirs , se continua éertaînemefil daos retupirg 
Tchèque ; il peut atotr été linalt^aienl là cau$e de ee 
méeoillenleaient et de oeue insurrection populaire qtti^ 
domme la traditûm nous parle d^utie grande famitiirt 
et d'une grande aéeheresae, auront été fraieembia- 
Moment amenée par une calamité d« mémo gonrOy et 
se seront lerminés par le renfereemeiit de lews ers 
gûeilleax souverains et de ieors adhérents qui fotiattf 
dîapersés en dilSèrentee direotiona* On comprend Caci^ 
lement iqu'un empire aussi poisaant que celui des aii^ 
ciens souverains de Tulha reposant, ainsi que t^tis loe 
premiers ^uvcrnemente aborigènes, aor une large Imm 
arislocratique, oe pouVbil pas élra détruit esi un oouif 
espace de lempa; il doit s'èire écoblé plusieuas anniea 
avant que les diaburdes imeatiiies enire les oppilei«> 
seurs et les opprimés aient eu une termânaison « et 
l'on ne peut douter que les infortunés Maceguala on. 
Mayequea, les aerfa de cet Bmpire, n'aient été aoiîte»* 
n42S par les tribus sauvages du nord ^ lea^iselies, ou 
furent appelées au secours des opprîttéa, ou vMiré»! 
de leur propre mouvement, apprenant le péril de l'état 
quiles tenait dans unedure sujétion^et iaforaaésqv'eilea 
pourraient réussir dans une expédition cotilre lui.TeJa 
ont été^ je suppose, la cause et le but du grand rnoo^e'» 
ment que la tradition commune désigne sous le nom 
de migration oUichimèque, et qui eat le premier aou^ 
lèvemenl dés peup4es opprimés iiont rhîsioîre du 
Mexique etde l'Améri^tse centrale faaae iuonten. TMè 



(19) 

lei détails de h tradition relative à cet événement 
nous amènent à croire que les plas humbles classes 
de Tempire Toltèque eurent aussi leur lour, el la 
descehdance de Xololl, attribuée aux Chichimèques, 
tnonlfé clairement leur position et les éléments dont 
flà éë composaient. En efTel, on rapporte que Xolotl 
fut le héros qui, loi'sque ses Trères, les enfants de Tair, 
ëijf^nl besi)in dé serviteurs, descendit aux enfers et 
êfi rapporta Tos qui, brisé et arrosé de sang, donna 
tfaiftsânce aux serviteurs. Ce: te tradition sur Xolotl 
tenffermé, sahs contredit, un sens profond, et montre 
Sous de$ couleur^ Symboliques, qui n'ont point été 
assei l^iriMrqdëes, lés progrès et le développement de 
la population auf^aravant opprimée. Cet os sorti de 
robscoritê et qui enfanta des serfs, après avoir élé 
arrôàé de sang, veut dire que les peuples sauvages 
forent Soumis par des oppresseurs sanguinaires, mais 
Us ètaleM plongés dans les ténèbres de la vie sauvage, 
leura yeui ne pouvaient éti^e ôuvet lé à ta lumière ëi 
un tei'me ne devait être ap})orlé aux soufTrahces qu*ils 
enduraient de la part de leurs 0(»presseurs, qu'après 
une lutté prolongée. L*oràc(e annonçait aux liéros 
c}u*ns devaient périr dèd ^Ud cette l^uiïiière ferait ma- 
nifestée et t^èst te qui afrïVa en effet; mah avanlt de 
ptvir^ i\i féguèrent leurà vètefflerits à teurâ serviteurs. 
Les opprimés tuèrent donc leurs oppresseurs, et se 
Mbslifuèh^enY iiafrdiment à leur place; la couronne et 
îa pourpre royale leur Rirent tratièlérés, et les Cliichi- 
dièques, Jadl* plongée éaài la barbahe et loppression, 
ûioût<m*tit tef le ttôtîé de iedra orgueilleux niaitreà. 
RIeù ne à'ôfffé érëc l»fi j^tis grand dègeé d'évidence et 
fhâ HiAtiréttéttiënî; B^abord la tràditiôtf relative 



(20) 

à Xolotl nous rapporte qu'il se mélaniorpbosa lors* 
qu'il fut persécuté par le dieu de Tair, en ces 
trois divinités qu'adorait le peuple: le Mais (Jiiolotl)^ 
le Maguey [Mexolotl) et le poisson {^ixolotl)^ et 
cependant il finit par être soumis; ensuite presque 
toutes les autres traditions nous indiquent l'humble 
origine dos Chicbimèques» et cette origine est qua- 
lifiée de ctdcomoston^ mot qui %eut dire les sept 
cavernes. Les cavernes représentent les habitations 
des serfs ou artisans; lesquelles sont construites dans 
les campagnes» avec des roseaux et des feuilles; mais 
elles constituaient dans les villes les étages inférieurs 
de ces vastes édifices, qui rappellent, par leur disposi- 
tion eitérieure, l'organisation féodale du moyen âge. 
si souvent comparée à une pyramide au sommet de 
laquelle résidait le seigneur suzerain. Dans ces édifices, 
le seigneur occupait l'étage supérieur et ses vasseaux 
les étages inférieurs, dans l'ordre de leur rang jus- 
qu'aux serviteurs les plus infimes qui demeuraient 
sur les dernières , les plus basses, les plus sombres et 
les plus humides assises de ce palais pyramidal. Dans 
les provinces septentrionales où régnait plus d'égalité 
sociale , les difiérenls quartiers d'une même ville 
s'appelaient cavernes, et la fameuse Cibola que fonda 
Vasquez Coronado, était divisée en sept cavernes ou 
communautés. 

Non-seulement ces faits, mais encore les masses 
nombreusesdans lesquelles on dit que les Chicbimèques 
émigrèrent» nous montrent que l'éruption de ces peu- 
ples, ou que la lutte qu'ils soutinrent avait un carac- 
tère populaire et était due aux classes inférieures» Car» 
pn ne voit mentionnés dans nulles autres tradition». 



( 21 ) 
les hommes, les femmes et les enfants du peuple. Un 
mBIion même de ses membres attire moins l'attenlion 
qu'un seul rejeton de la noblesse, et ils semblent 
D*ètre faits que pour servira cette caste d'esclaves et 
poor la mettre en relief. 

L'insurrection des Chichimèques fut un mouvement 
irrésistible de la ma^se du peuple auquel la noble5se 
ne peut rien opposer, et dès-lors il valait la peine de 
la mentionner ici surtout, puisque les insurgés s'em- 
parèrent du trône de leurs anciens maîtres. Il n'est 
point hors de propos de remarquer encore que la nou- 
velle dynastie montra, par son nom même de Cbichi- 
mèque, son origine populaire. Car il ne pouvait en 
substituer un à leur nom de famille Tul ou Tutnl et, 
quoique les principaux chefs de ce nouvel empire po- 
pulaire fassent certainement Otomies, c'est-à-dire de 
la nation la plus voisine des Nahuatl^ le peuple fut 
désigné par une appellation qui rappelait la commune 
oppression, et cette désignation continua d'être préfé- 
rée à celle qu'aurait fourni le nom de l'une ou l'autre 
des nations ou des tribus dont se forma le nouvel em- 
pire Ghiebimèque. Nous avons déjà dit que les Chi- 
chimèques n'avaient pas de langue qui leur fût propre. 
Les Toltèques, qui soumirent les premiers l'Anahuac» 
adoptèrent pour langue le nahuatl , et étendirent leur 
domination sur les tribus voisines vivant dans un 
état comparativement sauvage , principalement sur 
les Otomies. Lors de la révolution opérée pnr les Ma- 
ceguals, ces tribus sauvages du nord s'approchèrent 
du Mexique proprement dit , et comme elles conti- 
nuèreni à faire usage de leurs idiomes respectifs, il en 
résulta de si grands embarras que bientôt après, le 



( 22) 
gouvernement de l'Anahuac fiyaot pria une (orip^ 
plua régulière, l'étaUlUs^m^nt d'une langue QQipi^lU 
devînt de jour en jour plus pécessaire, L*eiQper?ur 
TechotlalatKin» Gis de Quinantzin» donna ep conséT 
quence l'ordre que le nahuatl, qui était U Ungi^ pré- 
dominante sous Teropire ToUèque et dont on so servfit 
non- seulement pour les désignation» gëograp)|iqu9f» 
mais encore dans l'interprétation des liiéroglypbeit 
et des peintures idiographiquea naliiiatU, fût tidopti 
par les Chichimèques et plu4 particiilîèremçol par 
tous les* officiers du gouvernement. Cet Qr<lre •'nyé* 
cutn sans grande diQiculté , comme noua l'apprend 
Ullilxocbitl, i raison de l'affinité étroite qui existait 
entre les Chichimèques et les premiers l^abitimls d« 
l'Anahuac que cet écrivain désigna sous le qo|i^ do 
Toltèqiies. 

(.a cause pour laquelle les Tollèquea et les CMcbi- 
mèqnes parlai^'nt une seul e^ même langue, le nabmttU 
apparaît ainsi avec évidence. Lejs nations qui parl^i^nt 
le nahuatl et qui habitaient l'Anabuac 4taif;|it s^s^ 
nombreuses et avaient ^ssez d'impqrtiinpç pour coa- 
server leur propre idiome sous \^ dyii^^li^ T^tt:|lzii|h 
dont les meiubres, par un motif d^ prude^ce^ l'^doiH 
lèrent aussi, au )ieu de garder leur l^^pgu^ Vk^K^» la 
quiche; et cette langue demeura en iisage ao^ Uii 
chefs otomies qui, après avoii* renversé l^s Jolti^^qu^a» 
prirent possession du trône impérial et dqrenl natu- 
rellement conserver une iangiie qi|i é^a^ 4fiv^9ua 
officielle. 

De même que l'empire Quiche qui ae divi^^ii w 
trois royaumes, Quiche, Kacbiquel ei ZiitugU. l'^m-i 
pire pppulaire Qt^icb^m^tl ^ dl^îaa aufii fui (fvJHk 



(M ) 

TttKcueo, Iksico, eï Tofieopan; et de vièma qM 
le mi des Qim^es était le chef de ûea trois empires 
et portait pooo ee niotif le iiorn de Nimaquiche, le roi 
de Tescuco reçol le nom de Cbicbimecatl Tecuhlli * 
ea qualité de chef de loat Tenpire* Les Cbichime^ 
cati Tecubtli étaient « ainsi que je l'ai déjà obaer? é » 
Otaaaîes et, ceaame neovellâ pt eu«e de ce fait, on doit 
rappeâfis que le grand NetMLbualcQyelsin eoeaposa des 
poèmes en oionit, langue qoi, comsas le ^marqua 
Çvana^es y Galfes dans ses Tantes americanas^ était 
piiir lui maternelle* 

La branche otomie des Cbiebimiques ne put ïwk^ 
jours kilter a«eo la brafoure et les intriguss des Mesîn 
wînfc dent lloisteubsoma (Uontesuma) parvîi>i à saîsiv 
|0 ^otiP^rnemenl ; il s'mnpara aussi de l'auterilé des 
l^nis 4e Ueûca* qui oe^supaient la second rang ^n puisi 
•anee parmi Us ebefa^de la gi?ande nation ohiebimèque. 

Cas M^sil^ltins qt«e les Eepagnols trouvèrent en pes<»* 
naaiîirn de l'autorilè suprême dans l'enoien empira 
cUebimèfiift, et Amui dès lors la moderne dénomina» 
tioD d'Anabuac est dérivée» ont attiré aurtout l'alten^ 
tkaa dans Ifs rçeberebes entreprises sur les aborigènes 
du UeBÎiitte, et oepemiant leur bistdire primitive de- 
maure antSMaiée d'autant d'obscurité que par ie passé. 

On admet généralement qu'ils appartenaient aux 
taibua naburaliao et qu'ils peuplaient le nabuaèl. L'opi*^ 
nimi tafue est qu'ils s'appelaient dans le pj^incipe 
Aslèqiiea et qu'ib acriaèrenl après de lengqea migra- 
tkma d'une eontr^ Sert éloignée au nord, nommée 
Aaiian Wk Allaa* C'est ce q^ii res^rt des peintures 
hîéiso^ypbi^oes dont la tradstiun nous a donné l-ex-* 
piieartnn, aaaeiiîons enee^^ plus imaginaires que celles 



(24) 

qui sont relatives aux émigrés venus de Tulba ou 
Aroaquemecan. On a sérieusement avancé que Astlan 
était situé au nord du golfe de Galifomie, et même 
quelques-uns l'ont placé en Asie» et les ruines des bords 
des Rios Colorado, Gila et Cbihuahua ont été présentées 
comme les demeurés des Aztèques. 

J'ai déjà dit que les récits relatifs à ces nombreuses 
migrations à travers les déserts de la Californie du 
nouveau Mexique et de la Sonora» sont des absurdités 
et j'ajouterai ici que si des ruines d'anciens édifices y 
existent réellement, ce ne peut être qne des construe* 
tions militaires destinées à servir de défense contre 
les tribus du nord ou à dominer celles que les Tol-< 
tèques avaient soumises , afin d'assurer le payement 
des contributions qui ne pouvaient être levées que par 
la force. On les aura abandonnées plus lard et les 
explications arbitraires des peintures symboliques et 
des traditions ont été la seule cause de Timportance 
qu'on y a encore attachée. L'origine des Toltèques 
est fort reculée et leurs migrations ont été nombreuses. 
Les Chicbimèques à leur arrivée au pouvoir, se di- 
saient venir d'une contrée 1res éloignée, appelée Ama- 
quemecan. Les Aztèques devaient en conséquence se 
donner une semblable origine, et aii besoin une plus 
ancienne en leur qualité de derniers, mais non cer- 
tainement des moins importants conquérants de l'em- 
pire. Comme il est constant que les Chichimèques 
n'avaient pas d'idiome à eux, mais parlaient nahuatl, 
et ainsi que je l'ai montré plus haut, attendu qu'ils ne 
faut pas entendre par l'épithète <le Cbichimecall une 
nation distincte, mais seuleiment une confédération 
politique (si toutefois il est permis de donner ce non^ 



(45) 

à ceux qui étaient dans un état de sujétion ) dont les 
tribus nabuatl formaient une partie et qui était gou- 
f ernée par la dynastie des Tuls ou Tululs ; et comme 
cette famille et ses adhérents, en émîgrant dans l'Ana- 
hnac, avaient changé de langue , nous sommes con- 
duits à admettre que les peuples appelés Aztèques 
étaient ou Toltèques ou Nahoatlacs. 

Les révolutions naturelles et sociales qui mirent fin 
à la branche (oitèqne de l'empire Ghichimèque, et 
qui plus tard déterminèrent les tribus sauvages du 
nord à envahir la riche contrée de l'Anahuac y obli- 
gèrent nécessairement les descendants des successeurs 
immédiats des Tollèqoes à s'échapper au plus vite, et 
nous les trouvons, en effet, fuyant dans toutes les 
directions. La majeure partie de la population de 
l'Anahaac composée des infortunés Maceguals, ne put* 
naturellement les suivre dans leur fuite, et comme ils 
ne devaient pas être en état de se gouverner eux- 
mêmes, comme ils avaient peut-être bien appelé à leur 
secours let tribus sauvages du nord, nous devons sup- 
poser qu'il régna une véritable terreur amenée par 
l'arrivée des bai^bares et leurs victoires sous les Mace- 
guals, terreur à laquelle seule pouvait trouver remède 
la vieille civilisation Toltèque» de nature à adoucir les 
mœurs sauvages des envahisseurs. 

L'œuvre principale de cette civiKsation fut de réta- 
blir l'influence des tribus nahuatl aborigènes qui l'une 
après l'autre s'avançaient et, pour ainsi dire, trans- 
migraient dans une existence politique et une nouvelle 
condition d'influence, revenant peut-être aux an- 
ciennes demeures' dont tes avait chassés l'invasion des 
barbares. 



|I doîl aXri» ^cpu^ mu t^ipp» c}« terriUie lutte cor? 
cfiqpiowd^xit A celui oji li;s difféfiçp^^ p^tiiona» que qou^ 
E^^contrpns 19^9 fie \à dbtributton des déppuiltei^ d^ 
Tfifnpire ToU^que, cpippieocèrenl 4 ^ conatiUier ei) 
CQmmu^^u^a r^lières ^t dîaûoclefli, et fiDf^leiimxi 

dont ie premier siég# ^«Â^ C#:»p4 pPf \f4 OM)RHM# f( 
lil# irihuA N^UiiatU. 

Noi^i^ f efipoptrpQA m:( 4^ ces 4e|.*nière« tribms ccm* 
<iiiéraiEit U prâdQHV^iM^ce daPIr )f pre^^i^r siècle 4^ I9, 
i4H4uti4>o Çbîçhiopi^cat) » 9t bal^itwt le#. ILçuz qu^ 
»¥%ieat sans dqpte ^U d^ leurs deiOi^Mrçs ^pus rem-' 
(»ire XoU^ue. Parg^L elles se ^^ou^^iepl les Colhuaii 
qui soa( npiQpaés ei^ pr^q^ier par les Naliu^tUcSn 
cpinma ^yan^ ^t^ TpUèq^f^ ; ce qp^, du rea^n^ p^rall 
4|9/uivani ^9V 4Uk ei;p.pkiyé avef: ui^. fcfieptipn tpé-: 
BPSJinMs pqqr d^gn^r ^^ ^^mV^^^ d^cl^p^ 4« )i|mc 
gr^pd^Uf pc^aiiàjçe. (B^ppal Pi^ dU Rof^nq^ àai-. 

La d^rpi^re d^s in^'Aitt i^ahy^ qui rfi^rqt ^r li^ 
sfil q^^\\^^, ^y^W^ \^^fS U^ixi^é. ^^ itfil\% dQf 4sièyqiv$j^ 
Qif. HdeiiMi* CeA pwpJ^ p^q^irèr^qf 4wi ^e p«ï4 
(^ft'^T^ifqi r^iffCMp I^^CflMva;» et U f«i priuiv4 qi&'îl^ 
s^Vfifp.1 Tii^lenlipq ^e les coipbf lire, pfc suilf fl'uo 
vieux différend. Mais lei,ir tenlalijrf PA fu^||^ tUBpf*e|^^ 
et iU ip|9[i^Ar^p( 4iP^f^ la siyéiipp de^ Çp}buaSf Cçpau* 
4ant ih p^KvwiBnMs^ççM^i: Içgr jj^^g, et aïAni choisi 
pi>»«4le\iw' le^Y ïïpu\fille «ésii^eçyçe, Tenjpii^ipeatd^ 
la uiU^ %pti|^ll^ d^ Mfxîpa, gui4é^ fiao^ ça çlko'i^ pfj* qpf^ 
pv<I^Mll«» ^1a Ipî doq^èreot le upip ^f TcniVfi^feUan . 
'^ y M^^i^^ >^i% lepople à leur £ar9qçhçt dî^u 4^ 1^ 
guerre, et cette ville devint ensuite le cwire d^ 



(IT) 

l'euipir^ Cbicbinièque, la «plendide aité d« MMÎdo. 
Maintenant qu'étaient cas ÂEtèqueal La tradilioa 
dit que c'étaient des Teltèqu^a qui, au teolps da k daa? 
truction d« ce peuple» s'enfuirent dans tes monteyaes 
qui s'étendent de Mecboaoau à AxtUn , conduits par 
Huetain, chef Toltàque. Cette contrée était située prés 
de l'eau, et ils en revinrent pour habiter leurs abciennes 
demeures» après le retour de tous les CbicbiinéqilAi. 
nabqatl de la vallée d/9 Mexico. Nous %vons donc inain^» 
tenant deux tribus nahuati qui avaient été» suivant 1% 
tradition tohèque, lesGolhuas et les Aslèquess et fort 
de ce fait» je suppose que cas deux peuples tiraient 
leur origine de ces Indiens Quicbc, qui sMÎvir^int lea 
chefs toltèqnes dans Ipurs migrations vers l'Aoabuac 
et qu'ils constituaient dans l'empire Tollèque les deux 
castes noible et sacerdotale. Les Astèques ou prêtresi 
devaient naturellement conformer leur culte à U 
religion reconnue eUez l^s Nabuatlacs, et en agisi^^nt 
ainsi, en greQani l'adoi^ti^m de Quet^lcoatl sur cçlUl 
de Huil;(itf>Wf iis d^vi^K^nA Im déposilAires dM aun 
cienneii frac^itfons et les prpmoteurs des s^u'^W^^ 
superstitions , mais par-dessus tout les soutiens ^t 
les coniplices delà lyrai^^îe des empereurs tolt^quas, 
Voilà pçprq^oi ils l^re^t l'objet de la baioe uoiver- 
selle , et telle est Içl raison pour laquelle ils durant 
ettendre p^tia iongtei^ps ^vant de retourner dan^ 
l'Anabuaç et de. reprepdçQ leur ancienne pa^ri^. l4^ 
Colbuas» iiutremçnt dit (es nobleç, étaient du nombre 
de ceux ^ui revinrent dans l'Apabuac et qui avj^içat 
appartenu à l'e^^Rre TpUéqae» alliée, de fff^ w^ 
prêtres^ en cpmpagifie dçl^q^e^ ils ^v^ent. çQinbc^Uff 
cpp|re les ç^roits du pepplç. 



(28) 

' NùUB rencontrons d'abord ces prêtres dans une po- 
sition subordonnée, ayant sans doute besoin pour 
leur siùreté'de l'appui des Golbuas, hiais par cette 
traîtrise et cette astuce qui ont en tout temps et en 
tout lieu caractérisé chez les peuples non chrétiens 
la caste sacerdotale, ils parvinrent bientôt, non-seule- 
ment A dominer leurs anciens prolecteurs, mais encore 
tout le reste de la population sur laquelle pouvait 
s'étendre leur pouvoir. C'est eux qui devinrent les 
gardiens et les interprètes des annales écrites dans des 
peintures symboliques, les maîtres du trésoi* de l'em- 
pire Toltèque et Cbichimèque. Et ce privilège peut 
avoir été l'une des causes qui les rendit maîtres de 
Tautorité en forçant Teropereur Techotlalazin à faire 
de la langue nahuatl la langue officielle de l'empire ; 
toutes ces peintures avaient élé en ciFet expliquées 
dans cet idiome. 

Les Aztèques n'eurent pas plutôt repris leur pays et 
leur pouvoir qu'ils exercèrent de nouveau leur op- 
pression à l'aide du culte le plus sanguinaire, de 
l'idolâtrie la plus hideuse; et leur perfidie et leur 
cruauté surent si bien s'arranger que nous trouvons 
à la fin un chef sacerdotal Hocteuhzoma monté sur 
le trônie de l'empire Chichimecatl et étendant sous 
son règne la domination des vieux Tchèques, devenu 
celle des Aztèques, sur presque toutes les contrées qui 
constituent aujourd'hui la république du Mexique. 

De cette façon la vieille domination toltèque échut 
aux prêtres de ce peuple, sous le nom d'Aztèques, 
nom dont le ^ehs n'a point encore été trouvé, uiliis 
(jlîef pÉ^sque tous les auteurs, qui se sont occupés de 
cette matière, font dériver de l;fj:^l/â/t ou JUaii^ c'est- 



(29) 

â-dire le pays voisin de Teau» L'abbé Brasseur Iraduil 
ce nom par lac des hérons^ el s'efforce ainsi d'établir 
que ce lac élait situé dans une contrée tropicale où 
ces oiseaux sont indigènes, du mol aztal^ c'est-à-dire 
héron blanc, Bushman rejette celte étymologie et aime 
mieux faire dériver azUan du mot aztli dont Ja signi- 
fication est, dit-il t perdue. Le mot azUan est, à ce qu'il 
Gi*oit, lié de près au mot û/ac, blanc, et il. montre 
que les composés iziac ou aztac étaient employés dans 
le même sens. Cet auteur ne hasarde aucune hypothèse 
sur l'emplacement de Azllan, que l'on suppose géné- 
ralement avoir été dans la basse Californie ou sur la 
côte de Sinaloa. 

Maintenant, si la tradition rapportée par Ixsllilxo^ 
cbitl est vraie, AzUan ou Atlan n'était pas la pairie 
originelle des Axtèques, mais seulement le pays où ils 
se réfugièrent pendant les révolutions et l'invasion qui 
mirent fin & l'empire Toltèque. Il serait certainement 
très gratuit de conclure quelque chose sur l'hisloire 
ancienne des Aztèques de ce séjour purement tempo- 
raire. Nous nous permettons cependant une supposi* 
tion sur le nom d'Atlan et le ferons dériver de Atl^ eau. 
C'était dans les contrées qui environnent les lacs dû- 
Mexique et de l'Amérique centrale que les colonies 
allaient surtout chercher de vastes lieux d'établisse- 
ments. Suivant Guzman et Torrès , cités par Juarros, 
les Toltèques Nimaquiches choisirent pour leur rési- 
dence Quiche, situé près du lac d'Atitlan. Les émi- 
grants Toltèques venus par mer de leur ancien pays, 
s'établirent sur la lagune de Tamiaqua, près de l'em- 
bouchure delà rivière Panuco. Les Ytzacx, une. des 
Uibiis les plus intéressantes du Yucataa et dont npus 



(M) 

partèroM plus loin, a? siebl leur eapilale dans une tlê 
d^ttn lac coDBu sooa le nom de lac d^ Peîm. 

Les Atlèques élabtireol leur demeure près du lae de 
Mexico. LcB Iles de la lagune deTerminos étaient, ainM 
que nie de Cotumel, sur la côte du Yucatan, et ceHè 
de la lagune supérienre de Teboaniepec, trta fré^ 
quenlées pour un nntif religieux. L'Ile de lléSoi> 
posttae éiail célèbre par son temple révéré de Votad i 
dit : /a caur du pévpie. Les idoles décon? ertea dadS 
les Iles du lue du Nicaragua « montrent qu'il eiistail 
aussi lé de taales sanctuaires. Il semble, du reate^ 
très naturel que Ton eût choisi pour y constrtfire des 
temples d'aussi magnifiques emplacements. L'étj'mb-^ 
logie qUi explique le mot atlad par eau tire donc 
de cette eircoostance une asses grande probabilité. 
Ce nom aura été donné par les Nahuatlacs aux caft-» 
tons voisins de ces laos et, clès*lorS| le oéai (i'AtIèque 
Sera passé é ceux qui les babi(aient« Ce n'est lé sans 
doute qu'une soppositiim. On doit noter cependant é 
l'appui, que tandis que Icpaya situé é Tenlourdu lac de 
Mexico s'appelait Aiiun^ celui qui environnait le lad 
d'Atitlan et qui était la résidence des Mfmaqoioho; 
portait le nom d'Utaiiun ou Huomktn , et lorsque Id 
langue nabuall se servait du mot telèque pour dési- 
gner les habitants dt^s bords des hics du Mexique, elle 
désignait en même temps séus le nom de Hucaztèquee 
ceux du paysqus baigne la lagune de Tainiagoa, les*' 
quels descendaient des Toltèqoes émigrés atatit qu'ilt^ 
se fussent mêlés aux tribus Nabuetis. Op ne saurait 
dune douter que ces Hucnztèqu^s ne tirassent leur 
erfgine de l'Amérique oentrale r leur langue eS 
ïétkti «laagos étaietii d'allleurB les inêmes que «euH 



(Il) 

Indien^ Maya et, eh plit^llciilién que éék \tk^tÈ. 
Pèdl-ètre les iribos appelées Aztéquëà qui abandon- 
nèrent la dallée de Mexico et se rérugiërent aa nordi 
allèrent-elles à là recherche d'uti anUe Ailan et eil 
trouvèrent- elles Uti prësdu lac de Ctiapala au paj^s des 
Ôtomtés, Ut dâhs léqaél se verse la rivière Tololotian 
(Tidatabd), non Mn d'Addacuecan, ville d*6ù s'eflectUd 
Irràtsemblableittént ta prertiière irroptron otomié; 
Voilà tout ce que peut nous apprendre l'étymoiogie 
qui tit'e le hotal d'Aztèques d'Atlan OU d^Aztlan. DVin 
ant^e ddté, M tes tâbtâ aT4ab et iztat èliiient employée 
cOihfâe syùonyirilss, oné synohymié pareille ne peut- 
elle pte avoir eii^lè entré les nokns Ittacx et Attecs? 
La aingUKère et Trappanté ressemblance que Totl 
remarque entre le nom Itzacx donné au lac Petetl 
(Peten Itza) dans lé Yucatan, et le nom de nos 
Aztèques mexicaine , Vetià très probable que des 
lùalx que la chronique Ma]ra, publiée par Stephens, 
appelle hommes itaintg, étaient de la même ^ouchë 
que nos ])rètrcÀ les Attéques. Leur Idolâtrie, fin- 
fluence toute politique de leurs prêtres, qui marchaient 
bahitlès die Ibtr^ iètemeàls blancs et laissaient croître 
leurs dieVéux que té sang inondait, leurs SuêrificeV 
humaibs , teuf tisâge de dévorer la t^iiair de ced 
viclimeé, tictttneS qtrt étaient quelquefois iMisès ett 
cdge et eii^raisséés tout exprès, ëotit aatant de trfthar 
de ntcaurs qoi conviennent kdi Aztèqties; et rhttmn- 
nité &e refuse à admettre que le hâkard seul ettt pu 
enfaiiter d^éUést horribles âfiafogieé. AuCutle des tiittreê 
trttius YncataneS ou Mayss fa'approcbait des ItxocM 
pour la croaUlé .du tuitë , àueune ne prcrfessÀit des 
sôperètîttdiiÉ attisai n^itibrèttaéê et austt sèiigQinalnii 



iit) 

que les Itiacx» triba qui, étaol appelée, eomme il a été 
déjà dit: tes hommes saints ^ et ayant, outre leur chef 
politique ou Canek, un grand prêtre ou Qaincanek^ 
partageant le pouvoir suprême et conser?ant» dans son 
palais» les jénaùiches ou annales peintes de l'histoire 
de son peuple, tribu qui. dis-)e» semble avoir oceopé 
entre les Indiens de la souche maya ou quiche, 
le même rang que les Axtéques entre les tribus 
nahuatls. 

Ces circonstances nous font croire que les chefs de 
Tula qui, comme il a été dit plus haut, avaient émigré 
de là à Nonohualco, se rendirent ensuite dans le Yu- 
catan et fondèrent là un gouvernement, qui prit le 
nom de Chichen-Itza , de ceux qui occupaient le pre« 
mier rang entre ses fondateurs les Quiches et les Itracx; 
c'est-à-dire ceux qui étaient dépositaires de l'autorité 
politique et religieuse. Les Ilzacx partirent lorsque 
la direction du gouvernement devint plus politique; 
ils se rendirent d'abord à Champotou où ils commen- 
cèrent par élever des temples, puis ils se reûrérent 
dans les montagnes à la recherche de leurs demeures, 
comme dit la chronique maya. Ils établirent ces de- 
meures sur le lac de Peten en un lieu qui mérite, s'il 
en fui jamais, le nom d'Atlan , dans le sens que ce 
mot reçoit dans l'histoire mexicaine. Dans un aujlre 
travail que j'ai lu déjà à la Société ethnologique, j'ai 
remarqué que Mocteuhioma, lorsqu'il entrait en con- 
sultation avec les prêtres et les officiers de la couronne, 
se servait d'une autre langue que le nahuatl; c'est ce 
qui est étubli par le témoignagne d'Orteguilla, car 
celui-ci était alors présent et, quoique versé dans la 
cof^pa^sance ^w qahpfitl,Jil ne put cependant cpra-^ 



( 3â) 

preDiIre ce que disaient Mocteubzoma et les prêtres. 
Nous pouvons inférer de là , que quand les Aztèques 
se consultaient entre eux et no voulaient pas être en- 
lendus par d'autres, ils se servaient de la langue pri* 
mitif e des Tollèques» le quiche ou le inaya » langue 
dans laquelle peut-être étaient composés les cbapla 
que, selon Pedro de Bios, ils entonnaient à Cholula, 
lors des fêtes que l'on célébrait autour de la pyramide. 
Ainsi, pour résumer les principaux résultats de ce 
travail, quant A la véritable signification des noms de 
Toltèques, de Ghichimèques et d'Axlëques, et cjuant »• 
la vraie place des peuples, ainsi appelés dans riii!»toire 
primitive du Mexique et de l'Amérique centralei je dirai: 

i^ Les nonis de Tollèques, de Cbichimèques et 
d'Aztèques ne désignent pas des nations indiennes ou 
des tnbus séparées, mais présentent plutôt un sons 
historique et statistique, et, vraisemblablement, sont, 
les trois classes ou castes d'une même nation, la no- 
blesse, le peuple et les prêtres. 

2^ Les Toltèques n'étaient autres que les Tutuls ou 
les chefs de Tula et leurs adhérents, lesquels émigré- 
rent dans l'Anahuac et y fondèrent la dynastie Toltoque 

• • • • 

ou Tutuixiuh. 

30 Les Tutuls, en tant que alliés des Quiches, por- 
taient le nom de Chichimecati; ce nom fut aussi étendu 
a leurs sujets, et il prévalut après qœ <îes derniers 
eureif t renversé la dynastie loUèqiie ; parce qu'il était 
devenu une appellation générique du peup^le et parce, 
que les tribus sujettes ou tributaires des Tutuls avaient 
coatribué à renverser, leur pouvoir héréditaire. 

h^ Les Aztèques étaient les Yizacx ou hommes saints 
qui ét<ii§rèi>ent avec l^s Tutuls dans l'AnaUuac, aaso- 

IX. JAnVISn BT FiVRlBR. 3. 3 



cièrcnl leur culte originel à celai des Nahuatlacs, VeM 
la fin de retnpireChichimèque, s'emparèrent du trAne 
impérial; peut-être leur nom signifie-l-il tout simple-' 
ment robes blanches. 

§• Les Tollëques et les Actèques qui sortaient de la 
souche quiche ou maya, changèrent leur iatigu^ et 
adoptèrent le nahuall qui était la langue offleieHe de 
l'empire Tollèque et fut bientôt rétabli par les em- 
pereurs Chichimecatl. 

6* Les Toltèques» les Ciiicbitnèqaes et k^s AzIèqueS 
n'émigrèrent pas â différentea époques et successive^ 
ment dans l'Anabuac^ mais vinrent ensemble. 

Us parvinrent cependant les uns après les autres 
au pouvoir, et comme ils possédaient sur leurs migra- 
tions des traditions historiques cofumunt's, on prit 
celles-ci pour dos récits différents et se rapportant à des 
événements qui avaient ou lieu à des périodes distinctes, 
tandis qu'ils étaient contemporains. 



M. iotnard a commairiqué à la Société la lettre suif ante qui lui 
à été adressée par M. le commaodant du géoie f aidherbe. 

Saint-Louis, fé i" novembre i854. 
MoNSIJiVB» 

J'ai l'honneur de tous accuser réception du petit 
cahier de questions et du numéro du Bulletin de la 
Société de géographie. 

Je vous envoie aujourd'hui le premier cahier do 
travail de linguistique dont je vous ai parié* 

Ce premier cahier comprend la langue sérére; voua 



(Si) 

fetrttque je ne me sois pas borné â un vocabulaire 
de mots; mais que j'ai cherché à donner les règles 
jH*iiieîpalM de eelle langue. 

il m'e été impossible de me procurer aucun rén- 
seignement sur le chiffre des populations. Peiit-ètre 
pl9ê laM podrrai*»)e faire des recherches dans ce sens. 

Le truteîl efiàfogoe à celui que je 'vous envoie est 
àiffèi fait poot* plusieurs autres langues et entre autres 
pour le sarakholé, langue, qui, je crois, est tout aussi 
kièemim que le sérère t mais j*aî tant d'occupations 
qae je ti'ei même pas le temps de mettre ce travail au 
net. Je v«tii wrai ebligé de me dire si le mode que 
i*ai «dopté tous | arali convenahle pour donner une 
idée de oes langues et pow en faciliter Tétode aux per- 
aesnei qui pourraient en avoir besoin. 

J'ai l'honnear d'être , Monsieur, votre très humble 
«t ixtê obéissant servhedr. 

L. VâidMrïb. ' 



NtBS exlrayens do iratail île M. FâinfifiM» lèniOitêâa 

suivant : 

QB U GBAIMlMaitUi SÉfliltt. 



La nation sérère, aujourd'hui dispersée en plusieurs 
petits États sor la côte ou refoulée dans tes bois de 
llfitérieilr, d6it être une des plus anciennes de là 
Séoégattibie. 

€*esl un peuple noir aul cheveui drépus, ayant des 



(S6) 
caractères physiques presque identiques avec ceux des 
Ouolofs. 

La langue sérère est tout à fait analogue dans ses 
règles grammaticales & la langue ouolof ; mais les mots 
sont différents en général. 

Dans les relations de voyage » on ne s'est guère 
occupé des Sérères ; on ne les a jamais mentionnés 
que comme une nation sauvage établie dans les envi- 
rons du cap Vert« 

Nous pensons qu1l y a beaucoup de sang sérère 
chez les Pourognes, esclaves ou affranchis desTranas, 
Maures de la rive droite du Sénégal; c'est en effet. sur 
les Sérères qu'on a dû faire et qu'on fait encore vo- 
lontiers la course aux captifs » car c'est la partie des 
aborigènes de la Sénégambie qui s'est montrée jusqu'à 
présent la plqs rebelle à l'influence de l'islamisme, qui 
est restée fidèle à sa vie un peu sauvage, à la croyance 
et à la crainte des sorciers, et qui continue sans aucun 
scrupule et au grand sqfindale.^es musulmans à faire 
usage des liqueurs fortes» t 

Voici 1§ ouHle de sjiccesiioa au pouvoir chet les 
Sérères. 

A la mort du roi, son frèrçjis. mère lui succède. S'il 
n*y a pas de frère^ s'est le fils de sa sœur. Le fils hérite 
des biens de, son père mai^.non de son aulorité; le 
pouvoir des mad (rois) est assex borné ; ils n'oseraient 
braver les personnages influents par leurs richesses 
ou par leurs relations. ... 

Il y a beaucoup de griots chez les Sérères. Les griots 
constituent chez les nations .do ia Sénégambie une 
caste à part dans la nation ; ils ne «s'allient qu'entre 
eux. Leur métier consiste à jouer des instruments et 



(S7) 

i cbanler, lioiBines ou femmes. Ils font généralement 
usage des liqueurs fortes a?ec excès, vivent gaiement 
el sont méprisés du reste de la nation. D'autres classes 
de la population partagent avec eux le mépris général: 
ce sont les forgerons, les tisserands. .. 

Ce peuple forme aujourd'hui quatre groupes de 
population principaux : habitant le Baol , le Sin « le 
Saloum et le Dieghem. 

Baol. 

Le Baol est une province du Gayor sur le bord de 
la mer^ entre Corée et Saint-Louis. Les villages prin« 
cipaux sont aujourd'hui loli» Nkhoié, Daded, Dogol» 
Lah, Lambai (résidence du chef)» Ml>aké Sanianka, 
Hbagagne Niouli, Ouokan, Ntientch, Ndank, Ouakhal 
Diam, Ntiakhar, Kaba (très grand) ; on y parle le 
sérère mélangé d'un assez grand nombre de mots 
ouolofs, c'est le sérère du Baol que nous donnerons 
ici» parce que Saint-Louis a plus de relations avec le 
Baol qu'avec les autres États sérères. 

Les productions sont le mil, les pistaches, le mais» 
le coton, les niébés (haricots du pays), beaucoup de 
bestiaux, quelques chevaux, beaucoup de bœufs por- 
teurs et quelques ânes. Une partie de ces produits 
sont vendus par les Sérères eux-mêmes à Saint-Louis 
et è Corée; le reste est acheté par des toucouleurs qui 
les apportent sur ces mêmes points. 

Sifu 

Le Sin est un petit État sérère indépendant, sur la 
cAte entre Corée et la Cambie. Le chef prend te nom 
de mad. 



/ 



( W) 

Les villoges priocipiiiii sont loal, piwe »p$l oomplôir, 
piakhao, résidence 4u in^» Sa», Bof, Dioia....» etc. 

Les productiotu 9»xxi ioe mteoiee q«e eeUee «In Ba«l 
à peu de aboie prèf« 

• . . . 

Ia SalouRi «st un petil Ëfa! sérère indépendant , 
gouverné par un inad , sur la cèle entre te Sin et ta 
Gambie. 

Les villages principaux sont : Kaon , résidence du 

ïnad, Doukinan, Pakalla, Tchikat, Galel , etc. 

" Les productions sont à peu près les mêmes que 
criles du Sin et dti Baot ; il produit plus de coton et 
moins de bestiaux. 

Diighem. 

Le Diéghem est un Ëlat sérère de llntérieur, sans 
chef indépendant et soumis au damel (1), mais lui rér 
sistant souvent à la faveur de ses forêts. Le^ Sérère^ 
de la côte parlent avec effroi de leurs frères du Dié- 
ghem qu'ils dépeignent comme sauvages et sorciers. 

Les villages principaux sont : Tiadiai, Ndout, Man- 
kounda, Lakliar, Ndioukh, Mbouroukh, Ndiaga Niao, 
Hbaniakhniakb , etc. 

n s'y trouve des bestiaux, des bœufs porteurs. Les 
habitants du Diéghem produisent beaucoup de m^l 
qu'ils viennent vendre avec des pistaches à SaK et à 
Nbour» villages sur la cèle près de Gorée. 

(i) MiOMl» tiir» en rai ieCkijor. 



(») 



Langue sérere. 

Personne que nous sachions ne s'est occupé d« la 
bogue flérèr»; les habitants. d« Sénégal eux-mêmes, 
ne fongent nullement à apprendre cette langue; sous 
le rapport de l'uaage qu'on en peut faire» son étude 
aai tris peu importante.;. eJle n'oi&e d'intérêt qua 
commBa étaoL la langue d'un peuple dont les Ouoiofs 
ne sunl, scion nous, qu'un rMMau perfe^ilionoé pav 
leDrotiement des Arabe» et deaEuropéeos ; cyelLe langue 
serait alors la type du groupe sérèfe-yolof« 

11 y a beaucoup de chanleiiaaa obea les Sérér^ii^ un 
grWk improvise les ceupleis qui li|i sont payés et. les 
feuames neprenoent en chcsuv le oefriiQ sur de^ air# 
qui Hi^ SMit pas toujours dépourvus de gré^e ; f^a cou«- 
plets et ces refrains, d'après leur nature n)èoaey r^f)^ 
fiaroMnt aottirent lesi noms propres des persasanes en 
l'hoanaar d«si|iielles ila pnt. é4é cooiposéa. Voinr» 
ooiniiie échantillop du sérèrs, quelques-uns de ces 
wf raina: 

Bia*reit o ba^et, gailaendor, laendor fordj-é; b»*f«t 
o ba-ret. 

Ne t*eii faa t>da, oh ne t'aa «as paji, viana Miiaer 
^ec nani, causer n'est paamal faire; né l'an «as past 
iihl ne. t'an ms» paau 

. Ola bil-Jbai.r mak^M mbeai^in. té klKiLab-«a.jdfeii-t« 
am ; ola lai-kim. 

Ailaii% ya «a dirai plueria»: tes TÎeîlte^ m'ii^iienl 
et les jeunes filles tiennent des ptHipas sud n^m aiP 
^flfUi ftfkkoa )e ne dirai pkia vieo 1 
; Kjd» klialaw agi t ctiéga odak ta diégMim koroklué 
iflil taiMnft ; kam khalam-am. 



(ao) 

Moi, je joue de la guitare : j'ai une case» mais je D*ai 
pas de mari pour y causer avec moi; moi, je joue de 
la guitare. 

Lago le lago lxol*na baî-es oun katim daé-am : Mes 
amants m'ont cassé le bras, je ne pile plus, je me re- 
pose (piler le mil pour la nourriture de la journée est 
la seule occupation des négresses; naturellement les 
jeunes et jolies négresses ne sont pas celles qui se fa- 
tiguent le plus à ce tratail). 

Fardj-am, nda diab-am gor-noun Salam Ngomar: 
Je suis laide, pourtant je vous ai enlevé vos maris, 
Salâm, fille de Ngomar 1 

Ce qui prouve que ches les nègres comme partout 
ailleurs, l'amabilité, la coquetterie ou d'autres talents 
peuvent lutter avantageusement contre les agréments 

physiques. 

Biram Pâté, oual ndial, nal khan amber I Briam 
Pâté , oual ndiai. Que les jaloux se dessèchent 1 Cette 
chanson avait sans doute pour objet de venger une 
pauvre pécheresse des brutalités d'un mari jaloux: ces 
pauvres négresses, la* nature leur a donné si peu de 

défense I 

laguetch Sen, ial ndiatou, ial tiok, laguelch ouali : 
C'est laguetch Sen qui a une belle chevelure et un long 
cou (une voix perçante), c'est laguetch le fils d'Ouali. 

Rhokhan, Ndioug Dire» ba-dat at nguetch-na, ndik 

o-nai. 

Rhôkhân, fils'de Ndioug Dire ne marche pas sur le 
soleil, tout à l'heure tu vas fondre I 

Ce refrain devait s'adresser à un de ces nègres qui, 
après avoir gagné quelque argent, s'achète de beaux 
habits, paie quelques griots qui le suifent en chantant 



( 41) 

ses exploits imaginaires et ceux^de ses ancêtres aussi 
imaginaires, et marche majestueusement au milieu 
des rues de Saint-Louis en se Ggurant que le monde 
entier a les yeux sur lui. 

Robn-am b-es ngor nga, kor-es boug a ter-am, rob 
in sotîokk ouad ka kor. 

J'ai sevré mon enfant, mon mari ne m'aime plus; 
je me suis lavée et je cherche un autre mari. 

Voilà la nature même; ne semble-t-il pas voir une 
fauvette, qui après avoir élevé une couvée , lisse ses 
plumes sur une branche d'aubépine, à l'approche d'un 
nouveau printemps, et s'apprête à faire un nouveau 
choix pour les amours de l'année? C'est un peu là les 
mœurs des nègres. 

Noms Serères. 

Noms d* hommes: Diégan, NGor, Latir, Biram, Bàlou, 

Dagar , Bal , Diegdiam ; Bagnik » 
Tanor. 

Noms de femmes : Dibor , Larba , Maié , Koumba » 

Rhémès, Kodou, Guimbi, Diouma» 
Moçan , Doumbé. 



(«) 



.%n»|y«e» et R«pp«rto. 



■••^"■•^"»^ 



RAPPORT 

SUR UN TRàTilL DB M. H. M ARTIV, IBtlTVLÉ : « MMIRV 
; i» p'm néSDIflS PQ6TH0»B DK M. IiRTBOHlIS HT W CES 

» u%viL i^visTiMs ; i* Là, oneéivàiftMp w oi*o»« 

f$ TMRmrBR àVAll9'«ftlXB ^Ti IIBS«f^|| E](|LGtJIII|IIiT 
c to ftTilf T LKft TSMVS IISTQMQVkBA S 2* MP» BMRVRS ET l^gp 
' » CORTttAmCTIOlIt OB EA Bio«BiHllB Mâf BiHATIQDB 
i » BBft AJIGIBNB 5'lSXffUQPE«T-BI.LBS tAB l«A PIVBRAIT^ 
* » DBB PVBDBB BT DBS mLUA» » Par M« Sif^lUk^T. 



En 1816 r Académie éés inscriptions et belles-lettres 
qoufi^nalt an mémoire de M. («tronne, qui ava^t 
p^UI' tiM*6 • Rfsçherckfis çrii^ques^ hUtoriques et géogra^ 
pkiques sur les Jragments d' Héron d^ Alexandrie^ ou du 
système i^étriqu^ égyptien considéré dans ses bases, dans 
SM rapf^rts. avsQ les mesures itinéraires des Grecs et des 
Romains, et dans les modifications qu^il a subies depuis 
le règne des Pharaons jusqu'à P invasion des Arabes, 

Ce mémoire» qui indiquait dans son auteur un re- 
marquable talent d'exposition et de discussion, admet- 
lait la possibilité d*une mesure exacte de la circonfé- 
rence terrestre chez les anciens Égyptiens, et laissait 
entrevoir une science astronomique assex avancée, 
antérieure aux écoles de la Grèce. 

M. Letronne étant revenu plus tard sur quelques- 
unes des opinions consignées dans cet écrit, ne songea 
point à le faire imprimer; mais après sa mori, on 



(4M 
pensa que le fruit des premières études de ce savaftit 
exciterait un nf intérêt , et Touvrage livré ft la puMi*» 
vile par les soins de M. Vincent, arr c toutes les réserres 
convenables il est vrai, sert aujourd'hui de point de 
mire aux critiques de M. H. Martin. 

Pour toutes les personnes qui ont eu Thonnevr de 
vivre dans l'intimité de M. Letronne, i) ne peut exister 
de doute sur les modîHcations que Hllostre - érodil 
avait apportées A son appréciation primitive des illoy 

• 

numents de l'antiquité; les mémoires sortis de sa 

plume en font foi, et M. R. Martin n'a eu en quelque 

sorte d'aulre peine que d'opposer M. Lettonne à 

M. Letronne, en puisant dans ses plus récents (rivaux 

des arguments à l'appui de la thèse que lui-même se 

proposait de soutenir. Mais il y a dans la manière de 

disserter de M. H. Martin une tendance beaucoup trop 

marquée â porter sur les questions le plus générale^- 

ment controversées, un jugement absolu, ou bien il 

rappeler certnines hy|)othèses abandonnées depuis 

longtemps, quil lui est bien facile de réfuter, et Je 

crois devoir présenter à ce sujet quelques observations. 

Le principal F)ut de M. H. Martin est de démoi^trer 

qu'antérieurement â l'école d'Alexandrie, les anciens 

n'ont jamais entrepris de mesurer un arc du méridien 

terrestre; il ne veut point que le système de mesures 

'àiXes phitèferïeunes ou ptolémaïques soit la reproduction 

d'un système régulier dé mesures, usité sous les Plia- 

raons, el fournisse la trace d^une mesure du degré 

moyen de l'Egypte; il ne croit pas davantage aux 

calculs présumés des Chaldéens ou des Indiens ; enfin, 

'il repousse tôiite explication des divergences que Ton 

trouve dans (es évaluations grecques de la eirùdnfé- 



reoce du globe, et qui, à ses yeux, n'attesteDl qu'une 
chose » l'ignorance profonde des géographes maihé- 
maiiciens qui florissaieni du temps d'Eralosthëne et 
d'Hipparque. 

Toutefois avant de développer 3on opinion, M. Henri 
Martin juge à propos d*évoquerle souvenir de ce peuple 
prioditif, instituteur du genre humain, qui aurait ap- 
pris à l'univers tout excepté son nom; il parait croire 
que ce rêve de Timagination de quelques érudits 
compte encore, en France et ailleurs, des partisans ; 
il cite même |a Sibérie comme un des pays où l'on 
aurait voulu placer le siège de celte civilisation anté- 
historique ; mais il suffit de parcourir les travaux pu- 
bliés dans ces dernières années pour comprendre le 
peu de valeur d'une semblable proposition ; de telles 
idées ne sont plus du domaine des esprits sérieux; 
tout le monde admet que l'histoire des sciences exactes 
commence avec l'école d'Alexandrie; si l'on poursuit 
chez d'autres peuples, les Chaldéens, les Égyptiens 
et les Indiens, par exemple, la trace de quelques con- 
naissances soit en astronomie, soit en mathématiques, 
c'est en s'appuyant sur les écrits des Grecs eux-mêmes 
ou sur des monuments qui s'accordent avec leurs 
traditions, qu'on arrive à un petit nombre d'induc- 
tions plus ou moins probables. 

Aussi ce que nous reprochons à M. H. Martin, 
n'est-ce pas d'établir, comme nous l'avons déjà fait, 
qu'en dehors des Grecs, tout se réduit à des conjec- 
tures; mais bien de prétendre d'un^ manière absolue 
qu'avant eux le champ de la science a été entièrement 
stérile, et de confondre avec de vaines hypothèses qui 
sonjt ensevelies à juste titre dans la poussière des bi« 



(A6) 

bliolfaèqaes, des Ibéorios basées sur des investigations 
consciencieuses, qu'il combat nu moyen d'arguments 
n^alifs : s'en tenir uniquement aux traités grecs qui 
nons sont pai*venus et dont nous ne possédons eu 
général que des fragments, c'est circonscrire la quea* 
tion à* une manière trop étroite : il faut toujours faire 
dansTinlérêt même de la science la part de rinconnu» 

L'interprétation de l'antiquité repose sur rexamen 
des monuments écrits et des monuments figurés, per* 
sonne ne le conteste ; seulement, dans bien des cas, 
l'insuffisance des matériaux rend cette interprétation 
purement hypothétique; de là ces systèmes conçus à 
priori que la critique rejette avec raison , parce qu'ils 
n'ont rien de positif. Il n'en est pas de même des 
recherches qui ont exigé de longs travaux, la discussion 
des textes, l'explication raisonnée de documents nom- 
breux. De telles recherches peuvent n'être pas & l'abri 
de l'erreur, mais elles ont du moins le mérite de pro^ 
Toquer k contradiction, d'appeler l'attention des éru* 
dits sur des points obsclirs ou mal définis, et du choc 
des opinions jaillit parfois la vérité. A coup sur 
H. H. Martin )uge avec une sévérité regrettable ce qu'il 
appelle le' roman de Gosseliin,'' S^ tours d'adresse, ses 
tricheries et seç manipulations dont MM. Walckenaer , 
Malte-Brun et bien d'autres ont été dupes: Pour notre 
part» nous n'avons jamais accepté les' idées' de G.09- 
sellin que sous toutes réserves; mais en considérant les 
travaux qu'elles ont provoqués et même en dernier 
lieu, les observations de M. H. Martin lui-même, nous 
pensons que l'on doit au savant académicien, une 
très grande reconnaissance. 

Nous ajouterons que M. H. Martin ne s'est peut-ètr^ 



(âe) 

pat ttià* avec asses de soin, au courant de iout ce qui 
a i%i imprimé aur lea divers sujets qu'il Iraile: U ann 
nonce que dans V Histoire qu'il prépare ilf l^astroMomie 
physique é^ê anoiena» il s'appuiera sur les éerils dit 
MM» Stukr, Ideler, Letronse, Holumano^ Reioaudi^ku^ 
ei il paraltig^orer que}e les ai analysés (l^dans lé iesne 
second de mes MeUériauà pour sentir à Vhistoire de 
l'astnmomis, des matkituaUques, ée la gàigrûphi0 chez 
Iss GjTses 0t les Orientaux. ^^ U é4ablira. dil4l ailkuré* 
q44'Hipparque a le premier signalé la préCesi^oo de« 
équino¥e9» c^^mme si ce n'élait paa un fait i^éliéralet 
ment accepté dans i'éiat actuel de nos connaissanoesf 
et il ne sait pas» ssQS doute » que nova atons prouvé 
qu'Hipparque s'était bti^aucoup . plus approché de 1^ 
véiTité qu'on ne le supposait jusqu'i présentdans l'évar 
iMAtiop de ce. phénomène (2)« — 11 ne veut pas croire 
aviec M. Chaule» que les Indiens aient eu ^insi que lea 
Grecsi leor école scientifique ; il voit en eux des co^ 
pistes plutôt que des auteurs originaux^ et c'est juater 
ment la tUèse qi^e; opus avons «Hitenue en exposant 
que pluaieors. inventions, dont k^ Arabes plaçaient 
l'origine d^ns i 'Inde, étaient grecques, le csnek indien^ 
par exemple^ le s/sième de la t^pidaUen des fiseSf \m 
.cfijffi!^ %Hti fiumémtian décimale^ Valgibre. eto* (t). 
Seulemeol .il reste un point à éolaircir; VL Chadfls 
ritppeUe à l'appui de son opiako que certaiaea 

(i) Comparez la note première de la pa^e 9, art* de M, l^. MarUO) 
avec nos Matériaux^ etc., 1. 11, p. 466, 5oo, etc. 

(a) H. Martin, toc, laud,\ et MaU^ t. 1*% p. 9, 12 et suiv. 

(3) H. Martin, p. 72 et 73; et Mat.^ t. H, p. 42i-563, Voyez ausèi 
le Bulletin de la Société de géographie, 4**<^rïe, 1. 1*% p. i64) ^3e; 

4, M» p« âîh 4»5. 



( 47) 

mètliodes indiennes diffèrent de celles deê rnà^ 
Ihématiciens d'Alexandrie , et c'est là one grafe> 
considération ; il s'agit de l*echercher si les stfvMts 
nestoriens qui ont porté lears connaissantes dans !«• 
diverses parties de l'Asie» o'Avaient pas eul-mèinefir 
modifié les méthodes de Diophante et de son écolei 
questions dont M. H. Mfiirtin ne semble pas se préoo^ 
cuper. — il trouve que M. Biot a une 0|>imon beau* 
coup trop favorable 4e la science d*Yao el des a^tro* 
nomes chinois antérieurs de dix à vingt-quatre siècles 
avant notre ^re, et il ignore, je suppose» que j'ai 
réduit à leur juste valeur les assertions de cet acadé- 
micien, avec Tapprobation de nos plus habiles sino- 
logues; — il s'élève contre l'abus trompeur des mathé^ 
mattgues eruphjrées à échafauder des hypothèses sans 
bases^ et il oublie tout ce que M. Letronne et nous- 
mème avons écrit à ce sujet, en montrant à quelles 
aberrations pouvait conduire l'emploi d'un globe 
céleste à p6les mobiles» et du calcul des probabilités 
appliqué par M. Biot à des questions historiques. — 
Enfin» il nous dit," d'après Tbéon de Smyrne» que les 
méthodes astronomiques des Chaldéens n'étaient pas 
géométriques comme celles des Égyptiens et des Crées, 
mais seulement arithmétiques» c'est-à-dire qu'elles 
consistaient dans le calcul des périodes de tenips qui 
itUnèneM les ia4iD«s phènomànca célestea; c'«8t ce 
qoo Doua avons oiaireraent indiqué en étudiant Jauf 
tbéoriade la lune^ décrite par Gemimia et fondée svr 
ooa conskiéralion arithmétique très ingénieuse (1)». 

(i) II. Martin, p. 19, 74^ '^^9 ^'^«f ®^ MaU^ Avant-propos, p. xt, 
t. i*', p. 4) 5 et 618; t. II, p. 563-6Si. Voyez aussi le Bulletin île 
notre Société, d^l elté. 



( 48) 

et c'est ane opinion que M. Chasles n'a cessé de pro* 
fesser depuis bien des années. 

Si nous suivons ainsi pas à pas M. H. Martin, c'est 
qu'il nous parait attacher à un certain ordre d'idées 
une nouveauté qu'elles ne sauraient avoir. Longtemps 
avant nous, Huet« le célèbre évéque d'Avranches» ap- 
préciait avec une grande justesse de vues raslronomie 
des anciens : 

a Celte science» écrivait-il, était alors si défectueuse 
]» qu'il est bien pardonnable aux modernes de l'avoir 
» peu étudiée; si les Ghaldéens paraissent être les 
» plus anciens observateurs dont on se souvienne, les 
)) Égyptiens se sont trouvés par la situation de leur 
» pays, portés à les imiter et Macrobe leur donne 
» même la pi^ojrité en rapportant l'artifice dont ils se 
» servaiçnit pour parvenir à uiie exacte division du 
)> zodiaquç; enfin, les Phéniciens y furent amenés de 
» leur côlé par la nécess^é de la navigation. Les Grecs, 
y> inslruils^.par eux« çjiiltivèrent l'astronomie dans la 
)) suite des tempç^. et depuis Thaïes et Pythagore , elle 
» fit des progrès reijaarquables jusqu'à Ptolémée. Les 
)» Arabes corrij^rept plus tard leurs observations et 
» les modoi*j94|9^ ont ppussé ces connaissances plus 
D Ipin qu'elles n'avaient encore été. » 



' V 



Nous arrrvi)ns «oiaînteiiaét aux considérations de 
M« H. Martin sur lès anciennes* meoirea de la terres 
à son avis, aucune tentative de ce genre n'a été faîLe 
avant les Grecs, ef ceux-ci n'ont obtenu que des ré- 
sultats erronés. On peut, indépendamment des AOOOOO 
stades présumés d'Aristote, réduire à cinq les évalua- 
tions qui présentent un caractère authentique: 



( 40) 
Archimède a?ail trouvé. SOO 000 stades. 

Hipparque 278 000 -^ 

Eratosthëne. ...... 252000 ~ 

PosidoQÎQS 2A0 000 — 

et 180 000 — 
Ed admettant pour la valeur du stade 18A",0» il 
faudrait prendre à peu près la moyenne entre les deux 
nombres de Posidonius , pour se rapprocher de la 
vérité, c'est-à-dire de 216 A89 stades. 

Une fois placé sur ce terrain, M. H. Martin fait main 
basse sur toutes les hypothèses qui s*écartent de ces 
premières données; il les regarde comme de pures 
rêveries ; lorsqu'on lui demande une explication quel- 
conque des divergences des Grecs, il les attribue à 
leur profonde ignorance ; rien en deçà/ rien au delà. 
Est-ce là une méthode vraiment philosophique » et les 
savants peuvent-ils se contenter de semblables argu- 
ments. Personne ne supposera que les Grecs, en pré- 
sence de résultats si différents tes uns des autres» n'aient 
point essayé de se mettre d'accord par de nouvelles 
observations. Un passage de Gléomède, expliqué par 
M. Guigniaut, justifierait au besoin cette hypothèse* 
Posidonius lui-même, en nous transmettant ces deux 
nombres de 2A0 000 stades et de 180 000, a dû cher- 
cher à se rendre compte de leur divergence. Qui nous 
dit qu'à d'autres époques, on n'a pas étudié la ques- 
tion pour obtenir un coefficient plus exact; si les 
documents nous manquent, n'.est-il point permis de 
croire que dans le grand nongtbre de traités qui ne 
nous sont point parvenus, on aurait pu trouver la trace 
de recherches de ce genre, et doit*on faire un crime 
à un érudit de s'être efforcé de suppléer à l'insuffisance 
a. ^ANvisa £T rivaiBB. A. A 



1 



(60) 

(les écrilB originaux, par une ibénrie qui nous repré- 
senterait les Grecs sous un jour moins défaforable. 
Dans les tables de longitudes et de latitudes q^i nous 
ont été tranAOïises par Técole d'Âlexaûdrie, îl existe 
des évaluations irréprocbablcs et en mesurant avec 
soia 1(1 distance de deux villes éloignées d'un d€gré ou 
de SO' <le d«gré et placées «ur 1« inènc»« méridien» oo 
pouvait rectifier aisénaecil les erreiiâvi groMÎères Aoul 
les premières esiimatioiwétaîeni entacfebées; c'est ce que 
les Arabes deTaien^ accomplit* au ix"" siè4:le de notre 
ère. Qui peut toutefois affirmer que des tentatives de 
ce ^eiHis «aient pas été faites peadant la iM'ilUaAe 
«péricde (!e Técole d'Aiexandiie ? Gossellin s esi laissa 
èéduire par Tb^polbéfie de la différence des SiUde^-; 
c*éta)tijne maniai e ingénieuse de relever les Gre^, 
et il a Âoulenu cette idée avec éru^lkiott et talent. 
Lieu qu'il ait encouru de b^s jiisles oritiques. ^ U* 
Martin^ après une kur^f^ue d^ession aurla piélr<iiUg^ 
•aocieone^ u'adttet à c6té du «tade de 184**6 que le 
atade pbiléléneA <le 210**, 8; naais eo reaveirsant le 
sj«tèinede GosseLLiny ii ne met à la place qu'une aé- 
gatie^^ et il W4W camènfe ea quelque aorte au poÎDt de 
défMii t qui a '«explique riea. il restera toujours la ques* 
tian d^ savoir cenameat les Grecs oat^des évaluaiûaas 
aussi iLinxTgeates «aasque leur esprit curie«u( ait aemgé 
à r^çl)4?rcber les causes d'an tel résalia^, et poiur W^ 
éitid^ls^ «dont les invesiigttliens se porteutile puàtërei^i^ 
vers les temps ^iiont.préoédér.^c^e d'Alexaodiie, je 
douie foii 4^ 'ils accepleal J'<a^gamea(c4ion de Ml ^. 



i. 



(51 ) 

Observation additionnelle au rapport qui pi^cède^ 

On reproche à M. H. Marlîn tie n'avoir pas tout dit, 
lout cité, à propos de la double question des mesu- 
ntges antiques de la terre» et de l*unité du stade itiné- 
raire employé à formuler les résultats obtenus. J'ai 
troofè, pour ma part« qu'il y a peut-être quelque 
chose de fondé dans cette remarque, et j'ai regretté 
surtout de ne rencontrer dans son Examen aucune 
meniioa d'un ooémoire spécial de M* William Martin 
Leake, $w h stade comme mesure de longueur^ lu, le 
20 novembre 1838, à la Société royale géographique 
de Londres, et qui ouvre le tome IX du Journal de 
cette savante compagnie. M. Leake avait soutenu jus- 
lemenl la même thèse que M. H. Martin a reprise au* 
jourd'bui, et qui a toujours eu, je crois, en France, 
des pariisaQs ooq douteux, malgré Tespèce de despo- 
tisme que les docU'ines de Gossellin ont si longtemps 
exercé» a cet égard, sur Topinion commune des érudits. 
L'empire de œs doctrines n'est cependant pas chez 
oous tellement déchu qu'il n'y ait encore utilité réelle 
à en faire ressortir les trompeurs artifices, et M. H. 
Martin a eu raison de se livrer au travail de démoli- 
lion qu'il vii^ni d'accomplir. Il a très bien montré une 
fois de plus qu'avec des moyens très imparfaits pour 
déterminer les distances terrestres, et avec des moyens 
plus imparfaits encore pour déterminer la quote-part 
de grand ctrcle corrélative à ces distances, il ne pou- 
fait ressortir de k comparaison de ces éléments gros- 
siéra» que des résultats très grossiers eux-mêmes; et 
le savant doyen de Rennes a eu soin d'établir que 
Vévalaation d'Aristote à ÂOOOOO stades» celle d'Archi- 
mède à SOO 000, eeUe d'£ratestbèae i 2(0000, et 



( 52) 

celle de Posidonius & 2A0000, se sont ainsi chrono- 
logiquement succédé en se rapprochant de plus en 
plus de la mesure véritable, ti*ès voisine de 246000; 
puis dans un calcnl ultérieur Posidonius a conclu 
180 000, péchant cette fois par insuffisance comme 
auparavant par excès: c'est le propre des approxîma^ 
fions d'osciller de part et d'autre du résultat vrai. 

Mais le recensement de ces évaluations successives; 
emprunté presque tout entier à Cléomède, n'est pas 
complet ; non que M. H. Martin ait négligé de relever 
tous les indices épars dans le traité de Gléoméde; 
nu\h il a négligé , comme, au surplus, la généralité 
de ses devanciers, des rapprochements qui portent 
avec eux leur conclusion. Après avoir rappelé, en 
offel, que Ton estimait à un quinzième du cercle 
entier. Tare compris entre Lysinoachie et Syène, et que 
la distance de ces deux points élait faussement évaluée 
à 20 000 stades , d'où avait été conclue la mesure de 
300 000 stades citée par Archimède, il remarque très 
bien que dans un autre endroit Cléomède ne compte 
que 10 000 stades d'Alexandrie à THellespont (c'est- 
à-dire £000 d'Alexandrie à Rhodes el 5 000 de Rhodes 
à THellespont) et qu'en ajoutant les 5 000 stades 
d'Alexandrie à Syène, on n'a plus qu'un total de 
16 000, au lieu de 20000 ; mais il oublie de conclure 
que de ces données il ressort aussi une circonférence 
non plus de 300 000, mais de 225 000 stades, évalua- 
tion la plus voisine de la vérité que l'antiquité nous 
ait fournie. Et ce n'est pas de ces seules données- que 
résulte la même mesure; M. H. Martin n'a pas négligé 
non plus de relever dans Cléomède la valeur de 
800 stades répondant, sur l'orbe terrestre,'&o diamètre 
du soleil ; lUAts il n'a pas mis le mème^soin i remar- 



(53) 

quer le rapport, plusieurs fois signalé par l'aulour 
grec» qui le donne comms reconnu d'abord par les 
Égyptiens» le rapport d'après lequel ce diamètre est 
un 750* du cercle entier, ainsi qu'on l'avait constaté 
par les bydrologes : or en multipliant par 750 les 
300 stades du dîatuètre, on revient A la mesure totale 
de 226 000 stades également donnée par les éléments 
que BOUS avons ci-dessus rapportés. 

Puisque nous rappelons ainsi les indications ras^- 
semblées dans le traité de Gléomède, peut-être nous 
sera-t-il permis de faire remarquer, occasionnellement, 
que l'évaluation d'Eratostbène y est portée au chiffre 
rond de 250000 stades, taudis que dans l'opinion com- 
mune, c'est 252000 stades qu'il faudrait lire; maissil'on 
veut bien considérer que Pline attribue formellement 
à Hipparque une. correction additive aux résultats d'Era* 
losthène, pendant que d'autre part Strabon constate 
qu'Hipparquc employait l'évaluation de 252000 stadesi 
ne aera-t-on pas conduit à conjecturer que l'addition 
de 2000 stades est précisément celle que l'on doit à 
Hipparque, et qui se trouve déguisée dans la leçon vul* 
gaire de Pline, sous un clfiSre exagéré ? d'Avezac. 



TYPES DES RAGES HUMAINES 

{Types of Mankind), 

P«rM!iI.Norr etOuDDoti. — Compte rendu par M. Gustat e d*Eicbthal. 

Messieurs» 

Les auteurs du liv^e dont vous aves bien voulu me 
chai*ger de vous rendre compte, ont pris soin de nous 
faire connaître, nu début même de leur travail, la 
pensée générale dont ils se sont inspirés. 



(64) 

a [/ethnologie, ont-ils dit» en répélunt les paroles 
de Thabile et courageux éditeur du Journal ethnolo- 
^que de Londres , l'ethnologie est la science qui 
étudie les différences physiques et intellectuelles de 
l'humanité, et les lois organiques dont ces différences 
dépendent. 

i> Le mot d'ethnologie a généralement été emplo yé 
jusqu'ici comme synonyme d'ethnographie: il a design é 
l'histoire naturelle de l'homme; mais il doit prendre 
aujourd'hui une signification beaucoup plus vaste ; il 
doit embrasser l'histoire tout entière physique et 
intellectuelle des diverses familles humaines, l'histoire 
de leurs relations et de leurs institutions sociales. 
Ainsi comprise, l'ethnologie intéresse également le 
philanthrope, le naturaliste, l'homme d'État. L'etVmo- 
logie cherche à connaître quelle a été, à l'origine, la 
structure organique des diverses races, leur caractère 
primitif: elle étudie le^ modifications que ces races 
ont pu éprouver par nnfluence combinée et succes- 
sive de diverses causes physiques et morales, elle 
cherche, enfin, quelle place la providence a assignée 
à chaque type humain dans l'échelle sociale. 

» Tel est le but de cette science, née, on peut le dire, 
sous les yeux tte notre propre générâtiod. La presse 
abonde en publicatiotis relatives aux diverses sections 
de retbnologie< Cependant aucune tentative n'a 
encore été faite, que nous sachions, pour donner à 
l'ethnologie, dans un traité systématique, une forme 
nouvelle en harmonie avec les progrès récetits de la 
•cience. 

x> Morton avait conçu le plan d'un pareil trairÉri, mats 
malheureusement il ne vécut pas assei longtemps 



(65) 

poar l'eiécutc^r. Le pi^ésenl volume esl bien loin sans 
doate de répondre aux exigences actuelles de la science; 
cependant nous avons confiance qu'il fournira d'utiles 
ressources et pourra servir de guide à cerix qui viea* 
dront après nous. » 

C'esl ainsi que MM. Nott et Gtiddon comprennent 
l'ensemble de la science ethnologique. Toutefois, entre 
les innombrables questions qui appartiennent A ce 
domaine, il en est une qui a particulièrement fixé 
leur attention, qui esl à la fois le point de départ et 
l'objet final de leurs travaux; c'est celle de V origine 
des raeer. Sur ce sujet, on le sait deux grandes opi-^ 
nions sont ("n présence. L'une s'appoyant sur le récit 
de la Genèse, affirme que toutes les races humaines» 
sans exception, sont issues d'un couple unique créé 
par Dien, placé par lui dans le jardin d'Eden, il y a 
quelque six mille ans. L'autre, se fondant sur l'ob- 
servation des caractères typiques, prétend que les di*- 
vertes races nu peuvent provenir d'une même souche 
primitive, et tout (*n reconnaissant l'unité organique 
de reapcce humaine H la disposition de toutes ses 
branches à s'associer de la manière la plus étroite, 
refuse d'admettre que cette unité résulte de l'unité 
d'origine. 

Cette opiniuo avait été déjà souvent exprimée, lors* 
que, il y a quelques années, M. Morton l'adopta, et 
consacra à la défendre un talent éminent et une 
science très étendue. Ses disciples réclament pour lui 
l'honneur d'avoir fondé sur cette base une nouvelle 
école ethnologique qu'ils appellent l'école américaine, 
en opi/ôslticm & l'école anglaise élevée par Prichard 
sur le principe contraire de l'unité d'origine. 



(56) 

C'est à la théorie de la pluralité primUwe des races 
que se rattache la série de traités distincts qui couipo« 
sent le livre de MM. Nott et Gliddon. 

Le premier de ces traités est l'œuvre d'un savant » 
dont le nom figure au premier rang parmi ceux des 
géologues et des paléontologistes contemporains» etqni 
né et formé enEurope^avugrandir encore sa réputation 
aux États-Unis où il professe aujourd'hui la paléon* 
tologie i l'Université de Cambridge. C'est une esquisse 
des provinces naturelles du règne animal et de leurs 
rappoiis avec les diverses races humaines, a II y a , dit 
M. Agassiz» dans l'histoire physique de l'espèce hu- 
maine un trait qui a été entièrement négligé jusqu'ici, 
nous voulons parler des relations entre les différentes 
races humaines, et les animaux et les plantes qui ha- 
bitent les mème« régions. L'esquisse que nous pré- 
sentons' a pour but de combler cette lacune et de 
montrer que les limites qui circonscrivent les diffé- 
rents groupes naturels d'animaux à la surface du globe, 
sont aussi les mêmes qui circonscrivent les sièges pri- 
mitifs des. différentes races (p. lviii). » M. Agassiz 
admetlkuit types humains primitifs. L'Artic ou Esqui- 
mau, le Afo'^K^'» l'Européen, l'Américain, le Nègre, 
le Uottentoi, le Malais, l'Australien; et il montre qu'à 
chacune des régions primitivement occupées par cha- 
cune (le ces races correspond nne Jaune particulière, 
c'est-à-dire un ensemble de races animales qui ne se 
retrouvent point ailleurs. Les vues de M. Agassiz ont 
été exposées par lui pour la première fois dans la 
Revue suisse en 18A5. Il ne nous appartient point de 
les discuter, ni de les juger en détail» mais dans leur 
ensemble, elles nous paraissent offrir un caractère de 



( ") 

férilé manifesle, et ouvrir à la science un cliamp 
tout nouveau. 

A ia suite du mémoire de M. Agassiz, vient le tra« 
vail propre de MM. Nott et Gliddon. II esl divisé en 
trois parlies dont la première appartient plus spécia- 
lement à M. Nott, et dont la seconde et la troisième 
sont Tœuvre exclusive de M. Gliddon. 

Dana une remarquable introduction» M. Nott expose 

Tobjet spécial de la première partie. La question en 

litige entre les partisans de Yunilé et ceux do \9l plu-^ 

mlité des origines humaines, se ramène évidemment 

à celle-ci : Les races kumaines ont-elles ou non des 

caracieres permanents ? Versonne en effet ne conteste 

qu'il existe aujourd'hui , entre les diverses faces, des 

différences extrêmement marquées, sous le rapport 

moral , intellectuel et physique. Mais les partisans de 

l-xcni/eés^'ori^vh^ prétendent que ces différences résultent 

de l'action prolongée des milieux physiques, ou bien 

des circonstances sociales dans lesquelles les diverses 

races ont vécu. Les partisans de la pluralité des on- 

gùies soutiennent au contraire, que ces causes sont 

tout à fait insuffisantes pour rendre compte des diffé- 

rencesdont il s'agit; ils n'admettent point que Taction 

d\i climat, ou celle des mœurs/ puisse arriver jamais 

à modifier les caractères essentiels de l'organisme. Les 

faits n*ont jamais manqué aux défenseurs de cette 

théorie : toutefois l'élude des anciens monuments de 

l'Egypte et de l'Assyrie, qui depuis le commencement 

de ce siècle, et notamment depuis quelques années, a 

fait tant et de si merveilleux progrès, est venue donner 

à leur opinion une confirmation inattendue et qui 

semble décisive* On a retrouvé, en effet, sur les sculp- 



( 58 ) 

lorês de ces monuments, des figures d'hommes et 
d'animaux dont les lypes subsisleol encore au)our* 
d'hui parfaitement conformes à ces anti<jues modèles. 
Un laps de plusieurs milliers d'années égal, dans cer- 
tains cas, ou presque égal à la durée que les parti- 
sans de Vunité d*on'gînê assignent à Texislence même 
de l'espèce humaine, n*a donc pu introduire dans 
l'apparence et par conséqaent dans Torganisation des 
races dont il est ici question , aucune modification 
sensiMe. D'un autre côté, les momies d'hommes et 
d'animaux trouvées dans les nécropoles de TËgypte 
attestent également la permanence des anciens types. 
Désormais cette permanence semble donc placée hors 
de doute, et par là se trouve en même temps confirmé 
le principe de la pluralité primitive des races hu- 
maines. 

M* Gtiddon est un des hommes de notre temps qui 
ont le plus soigneusement étudié et qui coonaissent 
le mieux les monuments de l'Egypte et ceux de l'As* 
syrie. Avec sa collaboration, en s'appuyant autaat 
que possil>le sur la comparaison des représentations 
assyriennes et égyptiennes venues fusqv^à nous, M. Notl 
a écrit six chapitres pleins d'intérêt sur la permanence 
des lypes caucasien «n général, juif, égyptien, nègre 
et arricain. Il a également entrepris cette démonstra- 
tion à l'égard des races aborigènes d'Amérique; mais 
ici ce soiol principalement les squelettes trouvés de- 
pms quelques années en si grand nombre dans les 
anciennes sépultures qui lui ont servi de terme de 
comparaison. 

A ce grand travail, viennent se joindre, pour com- 
pléter la première partie, deux mémoires posthomies 



( W) 
i^ Mortoo» l'un sur les Dimensions du ceivsau dans les 
^Jfirmtês races et les différentes familles humaines i 
^^^ire sur Torigine des races humaines i puis un mé« 
moire de M. Usber (de Mobile), sur la géologie et la 
P^^ontolagie, dans leur rapports ai^ec la question des 
origines humaines. Enfin viennent deux autres* mé- 
uoir^sde M. NoU, lun sur /«^ his de l'hybriditéchez 
l^ attimaus dans leur application à Vhomme^ l'autre sur 
^f^fuitomie des races humaines, 

^^ns le t Avail que nous venons de nommer » 
^* Ujiber résume les obsen^ations des géologues» 
Après Ifsquelles la surface terrestre, telle que nous 
^ Soyons aujourd'bui • doii nécessairement exister 
Oè]k depuis des myriades d'années; il cite ausai des 
exemples nombreux de débris humains et d'instru* 
oseots humains (rouvés dans des formations géolo- 
giques dont l'âge dépasse de beaucoup nos plus vieilles 
époques bistork]ues. 

La question des lois qui régissent les produits ky- 
lirides dans les races humaines avait été posée et dis- 
cutée 1res heureusement il y a quelques années par 
H* Morlon (1). M. Nott reprenant ce travail» y a ajouté 
de nombreuses observations, de curieux développe- 
ments. Et il est arrivé avec M. Norton à cette conclusion 
« qtie la faculté (te s*entre-produire, existante chez deux 
races d'animaux, ne prouve en aucune façoq la com- 
mune origine de ces races ; qu'à plus forte raison, cette 
faculté ne peut pas être invoquée comme preuve d'une 
même origine à l'égard de deux races humaines (2). » 

(i) Voyez SèUimtm*sJnurnal^ *S47' *( Chmrlnîon mediealJoumal^ 
1848-1 85 1. 
(1) Noos tt*«voBs ceptodant pat retrouvé dans le trairait dfc 



(UO) 

Le dernier mémoire de M. NoU sur l'analomie des 
races (p. 897) se compose principalement de résul- 
tats obtenus par Tétude des crânes qui composent la 
belle collection de feu M. Morton. 

Jusqu'ici nous avons vu MM. Nott et Criiddon de- 
mander directement à la science la confirmation du 
principe défendu par eux; mais l'opinion contraire 
repose sur autre chose qu'une base purement scien- 
tifique. Elle s'appuie surtout sur une autorité scrip- 
turale» sur un double texte de la Gen'^se, qui deux 
fois nous montre l'humanité tout entière sortant 
d'un couple unique, d'Adam et Eve, à l'époque de la 
création, de Noé et de sa femme à l'époque du déluge. 
— MM. Notl et Gliddon ont cru que leur œuvre serait 
incomplète s'ils ne réduisaient à sa juste valeur cette 
autorité sans cesse invoquée contre eux. Tel est Tobjet 
de In seconde et de la troisième partie- lédigées par 
M. Gliddon. 

Après avoir raconté la destruction du genre humain 

M. Notl, ceUe considération qui nous avait para la plus importante 
entre toutes celles prëseniéei par Morton: c*(est que la fécondité des 
métis, provenant d'espèces voisines mais distinctes, croît en propor- 
tion de la disposition de ces espèces à la domesticité. Or Thomme 
étant le plus domestique de tons les animaux, les métis humains 
doivent être, en vertu de la loi sig^nalée, les plus féconds de tous. 
Cette fécondité s*accoid« donc très bien avec la divertité spécifique 
des races humaines; elle n'en prouve en aucane façon TuniV, comme 
un a cru pouvoir l'affirmer. 

Le inémoiie de M. Morton fut présenté à la Société elhiiologique 
de Paris dans la séance du a a octobre i847> H donna lieu à des ob- 
servations très intéressantes de la part de M. Geoffroy Saint-llilaire 
sur la fécondité des métis et les caractères différentiels des espèces. 
(Voyei le Bulletin de la Société ethnolo(pq«e pour •S47-) 



par. le déluge, i'aiileur de la Genèse, dans son célèbre 
chapitre X^ donne le tableau des peuples issus de 
Noé et de ses trois fils, Sem , Cham et Japhei. De 
TaTÎsde lous ceux qui Tont étudié, cp document ren- 
ferme les renseignements les . plus précieux sur la 
filiation de certains peuples anciens. — Mais qu'est-ce 
que ces peuples? Que représenlent^ils. par rapport à 
l'ensemble de l'humanité? Sont-ils cet ensemble même, 
ou bien en sont-ils une simple fraction? — La réponse 
a cette question ressort de la détermination même des 
différents noms qui figurent dans le dixième chapitre. 
Faite par Bocbarl il y a environ deux siècles, avec 
autant de sagacité que d'érudition, souvent retouchée 
depuis sans changements considérables, cette détermi- 
nation a été reprise et amendée en certains points^par 
M. Gliddon. Il en a fixé les résultats, dans deux 
tables jointes à son travail , l'une généalogique , 
l'autre géographique; et il a ainsi rendu sensible 
cette conclusion que le chapitre X de la Genèse ne 
renferme qu'un petit nombre des peuples qui com- 
posent l'ensemble de l'espèce .Uumaine; qu il renferme 
les peuples seulement qui à l'ppoque où* le document 
fut écrit habitaient l'Arabie, TÉgypte, la côte septen- 
trionale de l'Afrique, enfin toute la partie antérieure 
de TAsie occidentale, comprise entre la mer Noire, 
TEuphrale et la Méditerranée. C'est à peu près le 
domaine sur lequel s'étendait le commerce des Plié- 
niciens, et par cette raison il y a tout lieu de croire 
que le document a été puisé à une source phénicienne. 
Quoi qu'il en soit, le chapitre X ne comprend évidem- 
ment qu'un certain nombre de peuples sémites et ha- 
mites; de peuples indo-germaniques, il ne renferme 



(6Î ) 

qo'un petit nombre et laisse en dehors la plus grande 
partie de celte immense famille ; d'ailleurs il ne men- 
tionne ni unMogol, ni on Polynésien, ni un Aoslralien, 
ni un Nègre. Ainsi, à prendre le texte de la Genèse, il 
est faux que oe livre établisse en aucune manière la 
descendance de l'universalité des peuples à l'égard de 
Noé. En donnant au diiièmo chapitre toute l'autorité 
imaginable, cette descendance ne s'appliquerait encore 
qu'à une faible niinorité« Par-fè même cette descen- 
dance ne peut être admise à l'égard du couple primitif 
(Adam et Eve), puisque, d'après la Genèse. Noé et sa 
femme sont demeurés l'unique lignée de ce couple 
primitif. 

Mais M. Gliddon n'a pas voulu s'en tenir là. Remon- 
tant au texte même, sur lequel on prétend fonder fe 
descendance universelle d'Adam, c'est-à-dire l'histoire 
de la création, il a rappelé que depuis plus d'un 
siècle tous les exégèles sérieux sont il 'accord pour 
reconnaître que dans la Genèse cette histoire est 
double, qu'il y a on premier document, comprenant 
le chapitre premier, et les trois pren)iers versets du 
chapitre 11, et un deuxièihe document, comprenant 
le reste du ohap, II» et le chapitre III tout entier. Or 
ces deux documents diffèrent complètement l'un de 
l'autre; il est facile de le constater à la simple lecture. 
Ici nous devons seulement faire remarquer que dans 
le premier document, le mot Adam est pris dans son 
sens génét*al, dans le sens d'espèce humaine. C'est 
dans le second document seulement qu'il prend un 
aens individuel et personnel. Or ce second document 
est 9 suivant loutes les appareaces, d'orighse persane 
et n'est entré dans le «orps des écritures sacréas M* 



( ftS; 

braiques qu'à l'époque de U captivité de BaLylone. 
Cependant c'est sur ce document seul que repose ia 
doctiine q^iî fait sortir tous les hommes d un coupJe 
pruniijr. 

En(iD« k l'appui des trava^^i que nous venons de 
rappeler» IUL Glid^on a co^nmencé une sorte d'exposi- 
li4>ii des pi*iocipes généraux de la critique biblique. 
Dans un pays où la Bible conserve juncore une si 
graAde aalorilé, il a regardé comme un devoir de com* 
muniqiser à ses compatriotes cette doctrine professée 
aujourd'Jrai par les plus illustre^ défenseurs de la foi 
protestante en Alle^oagne : q«e l'autorité de l'écriiwr^ 
et celle de la raison sont inséparablesi, et que« loin 
d'airoir rien à cxaiodre des entreprises de la critique» 
ta Bible vie peu-t que gagper à être débarrassée de 
r«i»«eLo|kpedontJ Jgnoraaceetla superstition l'ont par- 
fois entourée, et A se montr-e^ aux yeux des boinmes 
dans sa puiveté piimitive. 

Tel ist en jiéM^u^é^ Ikiessiejurs , l'important traaaU 
dQAX vous jQOus avex demandé de vous faille connalU^ 
la substance. Vous y verres comme nous saas 4o\jà» 
on nouveMiet resianquable iémoigcia^ de l'aotivilé 
scàeotiAque«t iphiljisnfbiqoe qu'i ae inanifesile aujour* 
iJ'htti auK États-Unis. Après avcMr mieAtré au moBtfte» 
dans aes lin s » Uiti on s jpolitiyigsw 1 «aamtple de la sagesse 
4HHe à la liberté» afii\^ avoir payé soj» tribut à la oîjvi- 
Ijsaùon |^-de<iiiagnifi^e6»applicat»oQ6 de la science 
aux besoins 4e J'industrie el anx .nécessités de la vie, 
après nous a»oir donské k paratonnerre, la navigation 
à 4a vapeur. Je télégraphe électvique, l'emplcû des 
^g«atsAnesthés^[ii0s» les JÈlats*lInis s aivancev^ aiyour- 
d'boi d'un ffss Jbasdi dans la noie Ait ia r^rme et de 



(04 ) 

la propagande scientifique et philosophique. Ils ap- 
portent & celte œuvre la même ardeur, la même puis- 
sance d'action , qui les ont conduits si loin dans la 
voie industrielle. Déjà Emerson et Channing se sont 
acquis un nom glorieux parmi les philosophes et les 
théologiens. Washington Irving, Prescott» Bankroft, 
ont pris rang parmi les historiens dont le temps doit 
respecter les œuvres; Norton et son école auront puis- 
samment contribué à régénérer la science de l'homme 
et à la populariser. 

En vous faisant connaître, Messieurs, l'économie 
générale du livre de MM. Nott et Gliddon , nous nous 
sommes abstenus de toute critique même sur les 
points à l'égard desquels nos convictions s'écartaient 
plus ou moins des leurs: un pareil travail eût dépassé 
la mesure du compte rendu que vous nous demandiez, 
la mesure même du temps que nous pouvions consa- 
crer à l'étude d'une œuvre aussi considérable. Il est 
cependant une exception que nous devons faire à la 
règle que nous nous sommes imposée ; nous devons 
exprimer devant vous le regret que nous avons éprouvé 
en voyant deux hommes aussi distingués subir si 
complètement l'influence du préjugé public, malheu- 
reusement si puissant aux États-Unis^ au sujet de la 
race noire. Et cependant nous sommes bien près de 
partager leurs opinions ethnologiques à l'égard de cette 
race : comme eux nous croyons à l'infériorité essen- 
tielle du noir, sous le rapport scientifique et politique; 
mais nous ne tirons pas de ce fait les mêmes consé- 
quences. Nous croyons que cetle infériorité est com- 
pensée par le développement si remarquable chex le 
noir de toutes les facultés sympathiques. Et loin d'ad- 



( «55 ) 

m'ellre qile cette race puisse être éternellement vouée 
k Teselavage, nous pensons que clans Père nouvelle, 
vers laquelle les peuples semblent aujourd'hui s'ache- 
miner, ère de travail, de paix et de sympathie, la race 
noire est appelée à remplir un rôle non moins im- 
portant que celui de la race blanche. Nous ne pouvons 
qu'indiquer ici cette opinion , en nous référant aux 
développements que nous y avons donnés ailleurs (1). 
Et pour rendre à chacun ce qui lui est dû, nous devons 
aussi rappeler que dans un livre récent, livre égale- 
ment émané d'une plume américaine, et dotit l'appa- 
rition a causé dans toutes les parties du monde civilisé 
une si vive sensation , dans le roman de VOncfe 
Tom, cette même opinion a été présentée et défendue 
par M^^ Beecher Stowe avec autant de raison que 
d'éloquence. 



RAPPORT 
SUR l'ouvrage iNTiTVLi : Geographl grœci minores, avec 

COMMENT AIRK ET ATLAS DE 20 PLAlVCfiBS, PAR M. GhaRLBS 

MûLLBR. Imp. et lîbr. Didot. 1 vol. gr. in-8* à 2 coi. 

— Par M. ISAMBBRT. 



C*est une entreprise depuis longtemps annoncée, et 

■ 

jamais complètement exécutée qu'une édition com- 
plète ou générale des Petits géographes grecs ; le succès 
obtenu par les quatre volumes de l'anglais Hudson , 
publiées de 1098 à 1712, avait attiré Tattention de», 
savants. Leur rareté en rendait la réimpression urgente 

(f) BuHétln de là Société elfaoologique, a* triroeétre de 1847. 
IX. JANVIER ET F^VRIBB. 6» 5 



(6d) 

Mais comme on avait reconnu combien elle était in- 
complète, et combien d'ou¥rages importants avaient 
échappé à cette édition, qui d'ailleurs se compose en 
partie de géographes arabes, des plans avaient été 
dressés. Nous n'avons pas été étranger à la publication 
par M. Franc. Gail fils, en 8 vol. in-8*, àrimprimerie 
royale, faite de 1826 à 1831. Elle était accompagnée 
de cinq planches, contenant diverses cartes.pour éclai- 
rer, les textes qu'elle renferme; car un.recaeiL de ce- 
genre ne peut se passer de cartes» et.il en faut autant 
qu'il y a d'ouvrages séparés; ces cartes ont été dressées, 
avec soin, les textes ont été revus; et chaque géograplie 
est accompagné de dissertations et de noies assex 
étendues : mais M. Gail n'a pu achever même la réim- 
pression des textes de l'édition d'Hudson. MM.Letraiine, 
Mûller et d'autres savants, pour ne parler. que des 
Français, îi)ant à coeur raccroisseroent de la géogra- 
phie, ont publié, à part, quelques-uns des géographes 
déjà connus, d'après de naaieaux manuscrits, et y 
ont joint de nouveaux éclaircissements. 

Hais il s*en faut qu'on pût se flatter d'avoir une 
collection complète^ quand Mi Ch. MiiUe^t auq(AAl.Us 
sciences histtiriques doivent le recueil de tous les 
fragments des historiens perdus depuis les temps les 
plus anciens jusqu'à la fin du vi' siècle de notre ère, 
en A volumes grand in«^i&*; a pris l'engagement envers 
MM. Didol de mettre au jour lensemble des Petitif 
géographes^nul n'était plus en état que ce savant cri- 
tique, de mettre à fin une si lourde entreprise; Â une 
connaissance parfoit^ de la philologie. M'. Mûller joint 
une grande liahitelé dans la confection des caries, et 
nul ne connaît mteint les sources. D un autre eèté« 



(67 ) 

It iifiMaon Didot» qui n'avait d'abord enlrcpris que la 
poblicaùon des telles épurés des classiques grecs, 
ne reeale devant aucun sacrifice pour étendre cette 
grande entreprise: elle ajoute à présent des com- 
mentaires. 

Le volunie aciHel^.qui ue contient encore qjLie le tiers 
de* oumiges géographiques écrits en grec , est ac« 
compagne déjà de 29 planches, contenant 108 caries 
tl V4iea; l'auteur n'a pas manqué de donner le tableau 
systématique des pays décrits, quand cela a été néces- 
saioe, et ce- rétablir dans les cartes, comparées la 
véritable configuration des côtes et des contrées 
iiàtéiieorea : il est descendu dans les détails topogra- 
phiques nécessaires, quand il a eu à éclaircir les 
(tetieriptions particulières. Nous pouvons assurer que 
IL KUkiler a employé les matériaux les plus récents et 
le* plus authentiques; il en a. donné une courte ana- 
lyse; et il a rendu justice aux graveurs, et surtout à 
Botre honorable et-savant collègue !V1. Jacobs pour sa 
eoopératîon» 

Ce* premier volume renferme à lui seul plus que les 
tDoifi'Volumes de l'édition de M.Gail; ilfoffre par ordre 
chionologique, 1* le Périple d'Hannon, ce monu- 
meai si respectable des explorations des Carthaginois, 
faites vers la fin du v* siècle avant notre ère; — 2* la 
description de la mer intérieure ^ oq Aléditerranée» 
(le Scylax de Caryande, écrite vers l'an 33S; — 
3* le Périple du golfe arabique, d'Agatarchide de Cos, 
rédigé vers l'an 4S0; — A* les Mansiones ou stations 
Parthiques, d'Isidore de Charax, qui datent du pre- 
mier siècle de notre ère ; — 6* le Périple de la mer 
Erythrée, des côtes de rAfrique, de l'Arabie, et d'une 



(68) 

portion de l'Inde, par un anonyme, écrivant vers 
l'an 89 de cette ère ; •— 6* la Navigation de Néarque, de 
rinde h l'Euphrate, et le Périple de l'Euxin, d'Arrien 
de Nicomédie, contemporain d'Adrien; — 7* les grandes 
explorations du Stadiasme anonyme, qui furent écrites 
de Tan 250 à l'an 300 ; — et enfin, 8* le Périple des 
deux Océans dû à la plume de Marcien d'Héradèe, 
vers l'an iOO. 

Chaque auteur est précédé d'une dissertation et 
accompagné de notes substantielles. 

On voit quelle moisson nous devons recueillir dans 
les lomes II et III de cette collection. 

Point de doute qu'elle ne soit accompagnée d'autres 
cartes et d^une table alphabétique très ample, des 
noms géographiques. Notre savant collègue, H. Noël 
Desnoyers doit publier les Géographes arabes; et 
compléter ainsi l'édition mixte qu'Hudson avait com- 
mencée. 

Nous croyons que l'entreprise, déjà si avancée, est 
une des plus importantes que la science ait tentées 
de nos jours. La géographie comparée, autant que 
la philologie, doit s'applaudir de ce qui vient d'être 
accompli par un critique si exercé; faisons des vœux 
pour qu'elle arrive promptement à son terme : nous 
savons d'ailleurs qu'elle va bientôt être suivie du 
deuxième volume de Strabon, avec 16 cartes rédigées 
avec le même soin et la même intelligence. 

ISAMBERT. 



EXPÉDITION DE L'AFRIQUE CENTRALE (1), 

PUBLlàB PAB M. AUG. PETBRMilfIf. 

(Analyse par M. Johabd.) 
{SHiie.) 



Huitième excursion. — Voyage de Barth et Overweg 
à Ranem, de septembre à novembre 1861. 

Aussitôt que les voyageurs Barth et Overweg se 
furent rejoints» ils apprirent que le sultan du Ouadày 
était mort et que tout le pays était en proie à la guerre 
civile* La tribu des Oualad-Soliman» refoulée par les 
Turcs au nord et au nord-est du lacTsad» résolut de 
s'établir au Ouadày; le cheykb du Bornou, afin d'aider 
les voyageurs, qui voulaient profiter de cette circon- 
stance pour explorer le pays entièrement inconnu 
situé entre le lac Tsad et la vallée du Nil» équipa vingt 
Arabes chargés de les accompagner. Le 16 de septem- 
bre ils quittèrent Rouka» se dirigeant sur la pointe 
nord-est du lac et traversantrYeou,qui se jette dans le 
lac Tsad avec un fort courant. Overweg dessina l'embou* 
chure de la rivière dans le lac, près de la grande ville 
de Bosso; après avoir passé Woodié, ils atteignirent 
l'extrémité nord- est du lac Tsad. Pendant cette course 
ils virent le lac couvert d'un grand nombre d'Iles; plus 
loin à l'est» les bords du lac sont marécageux et l'on 
aperçoit des troupes d'éléphants. A Birry, ils conti- 
nuèrent au nord-est. Le 1*' octobre, à Bir-el-Korno, 
ils gagnèrent le campement des Oualad-Soliman » qui 

(i) Vojez le numéro août-septembre iS54> p* i^« 



(70) 

les reçurent en jgrande cérémonie. La tribu comptait 
ceni familles, quantité de Tibbous, 5 000 chameaux» 
plusieurs milliers He bœufs et 'ïiaoutoos. De Bir-el- 
Rorno ils se dirigèrent sur Maw> la capitale de Kanem. 
La guerre des tribus les Força de revenir le lA no- 
vembre à Kouka, où le docteur Barih avait essuyé 
des attaques répétées de la fièvro. Le pays de Kanem 
a le mj&me aspect que Damergou, contrée Touarik; il 
est situé à 2 ou 300 milles plus à l'ouest sous la même 
latitude, et forme ain.si la transition entre la séche- 
resse du désert et les pluies périodiques du Soudan. 
,En ce moment, les pluies tropicales avaient cessé sur 
le Yeou. En quittant à Birri les bnrds du lac Tsad, les 
voyageurs trouvèrent un sol sablonneux peu habit<^, 
^couvert d'arbres, rempli d'aniilopes, de lions, de 
hyènes, de chacal^, avec une multitude d^éléphants 
et d'autruches; ils tuèrent un serpent python long de 
18 pieds. Dans la partie ouest il y a ab^nce de pierres 
ou de roches; les ondulations du sol présentent , 
au Heu de la forme ordinaire des vallées, des dépres- 
sions circulaires ou ovales d'une régularité remar- 
quable^el où se trouvent des puits entourés d'une riche 
végétation. Dans la partie est, vers Maw, ces formes 
MOgulièr.es font ])lace à des vallées contenant d'épaisses 
forêts de palmiers, des champs de mais, et même de blé. 
Les. palmiers doum et les dattiers fleurissent ensetnble 
.comme aux limites d'Air. Mais les populations des 
deux pays présentent un grand contraste ; les habi- 
lant&d'Alr ont pour demeure leurs rochers de granit et 
ils ont un gouvernement régulier; leurs innombrables 
chameaux trouvent dans les vallées une suffisante 
pâture» et eux-iirèmes subsistent -du commerce du sel, 



(71) 

pour lequel ils reçoivent du blé, des esclaves, des 
armes, des vêtements et toutes les nécessités de la vie; 
tandis que les Tibbous de Kanem ne jouissent pas 
d'un gouvernement régulier; leurs petites tribus vivetit 
isolées dans des vallons distincts et ont peu de com« 
inerce. Quand on les attaque, ils se retirent dans leurs 
épaisses forêts ou dans des lieux souterrains. Le Da- 
mergou est caractérisé parla fréquence des girafes, le 
Kanem par celle des éléphants. Le Kanem a toujours 
été dépendant, ou duOuadày,ou du Bornoà, alternali- 
vement.En 1860, le pays était gouverné par leOuadfty; 
mais en 1862, il étBit tombé au pouvoir de l'armée 
aUièe des Arabes Oualad-Soliman et des Bornouans. 

NeuiHeme excursion. — Voyage de Barth et Overweg 
à'Musgo, de novembre 1851 à février 1862. 

En arrivant à Kouka les voyageurs apprirent que 
le cbeyàh de'Bomou allait envoyer au Mandara une 
armée» comme au temps du major Denham, qui prit 
part à l'expédition contre ce pays et eut tant de peine à 
échapper. Loin d'être effrayés par les dangers qu'avïiit 
essuyés leur prédécesseur, ils se décidèrent à accom- 
pagner l'armfée, consistant en 10000 chevaux etau- 
!tant de piétons, avec une immense suite de chameaux 
et autres bêtes de charge. L'expédition partit le 26 no^ 
uembrB, se dirigeant au sud-sud^st, passa par Angor- 
Dou, KoUkia. Yedi, Marte, Alla et Dikoa, lieu qui est 
considérable et situé sur le Komadougou : c'est un 
pays (le plaine, peu boisé, mais complètement cultivé 
*ea colon, enoignons, etc., habité par lesKanori jusqu'«^ 
Afflige ^t Sogoma : jusque-là, le chemin fut le même 
que celui que suivit Denham en 1824 ; à partir de ce 



( 72) 

poÎDl on alla plus à l'esL A Diggera les envovés du 
siillan de Mandarali annoncèrent que le pays se sou- 
inellail à la domination du Bornou, et Tarmée d'in- 
vasion se poKa dans une autre direction. Le territoire 
de Musgo, qui commence à la latitude de 10* 55', 
frappa les voyageurs par Taspect du comfoH et d'une 
industrieuse activité. Le pays est d'un bel aspect» la 
plaine est ricbe, le» arbres magnifiques; le palipier 
giginya est particulier a cette région tropicale ; le doc- 
teur Barth ne l'avait trouvé que dans son voyage 
d'Adamaoua à Umboufoudé; on remarque des étangs 
d'eau de pluie appelés ingàljam^ qui se lient et forment 
des courants assez larges et profonds pour porler 
bateau. L'armée campa près d'un de ces étangs» d'où 
elle fit des excursions pour aller piller et ravager 
le pays. Les voyageurs se joignirent à deux de ces raz- 
zias, dirigées l'une au nord-est, l'autre à l'est-sud-est, 
mais qui s'arrêtèrent à une grande rivière, appelée 
Serbenel, principal affluent du Sbary, et dont un des 
bras a au moins 10 pieds de profondeur. Tous ceux 
qui essayèrent de la traverser furent tués par l'ennemi. 
Ses. rives sont escarpées. Les gens de Musgo ne sont 
pas une belle population, mais ils sont ce qu'on ap- 
pelle bien bâtis : les femmes sont horriblement défi- 
gurées par un ornement d'ivoire qu'elles portent à la 
lèvre, supérieure. L'armée, après avoir fait un butin de 
g-QOO esclaves et 10000 têtes de bétail, revint, par une 
ligne plus orientale, à Kouka, le 1*' février. 1862. 

Le pays exploré et découvert pendant ce voyage de 
Barth et Overwcg est de plus de 200 milles géogra- 
pbiques au sud-est de Rouka: cesi une immense 
plaine penchée vers le lac Tsad aycc une irèa faible 



(7S) 

inciioaison. Entre Wulia et Dawa il y a une ligne de 
partage qui sépare le bassin du lac Tsad de celui du 
Koaara. D'après la nature et la forme du sol, Tahon* 
daoce des eaux et la grandeur de Tinondalion, il ne 
serait pas surprenant qu'elles fussent réunies pendant 
la saison pluvieuse, et qu'il existât une communication 
non interrompue au moyen de laquelle de petites 
barques pussent passer du Rouara au lac Tsad (!)• Les 
voyageurs n'ont vu aucune montagne excepté au ter- 
ritoire de Mandata. Toute la contrée est d'une grande 
fertilité et habitée par une population très dense. Les 
districts inhabités et sans culture sont occupés par 
des éléphants, des girafes , des lions et autres bètcs 
fauves. Par ce voyage et celui du docteur Barth à Yola, 
le pays est connu à 100 milles plus loin que dans la 
carte du major Denham. 

Dixième excursion» — Voyage au Bagirmi (Baguir- 
mé)y de la fin de mars au 20 août 1862. 

Les deux voyageurs ont quitté Rouka à la fin de 
mars 1852, le docteur Barth allant au sud-est vers le 
Nil et le docteur Overweg au sud-ouest vers le Kouara. 
Le docteur 'Bartb se dirigea sur Massena, capitale du 
Bagirmi, passant par les villes d'Angornou , Yedi, 
Affadé, DebAbe Ingaya et Kala, et il atteignit Karnak 
Loggene, cheMieu de Loggun, situé sur la rivière Log- 
gène. Il traversa celle-ci et gagna le Schary (ou l'Asu), 
en face de la petite ville du nom d'Asu, limite ouest 



(i) J*ai déjà fait remarquer que les d^lionlemeiUs des grands cou- 
r»nU de l'intérieur de l'Afrique expliquent les traditions des in- 
digènes iiir In commurtirniion disjt livièrc*», ' E.->i. 



(74) 
du'Bagîrniî. Le pays^étant en rapport «d'amitié avec le 
Bornou, il y «apérait un bon accueil, mais il fut gran- 
dement désappointé, grAce aux intriguée d'un naiif, 
qui oroyant n'avoir pas été assez: bien Iraité par lie 
«ultan et le râir de Bomou, répandit les plus absur- 
des bruits sur le docteur Bar tb, danffereux sorcier, 
:di8ait-il, qui était irenu dons le Bagicmi poAir détrôner 
-le sultan. Le voyageur fut an^éié dans savcourae et âl 
lui fot impassible. de travevser le fleuve de l'Aau; saas 
seilaisserdétooroer par ces difficultés^ il-fit un oiccuit 
et arriva à fS milles plus bas à Kala et réossità Ira- 
JverserJa rivière; maïs lé de nouveaux obalaclea l'ar- 
HHèrent ; 'il ne lui fut permis que.d'envoyer ses lelties 
de recommandatioii lau .ohef-lieu et d'attendre la ré- 
ponse è.Asu; oelle-ci se.fit longtemps attendre; enfin 
il atteignit la capitale le 28 d'avrtUmaia sans pouvoir 
la dépnsser. Là il essaya de recueillir toutes sortes 
d'înformatioDs.toucliant les contféesduaudtetdefl'est 
jusqu'au Darfiëiit. Le 6;<}et juillet arriva* un iAeasa§er 
qui lui apportait desxLépéobesd'Europet avec d'agréa- 
bles .nouvelles. Au ,lieu de .partir sur-le-cbamp pour 
Koiika, il resta encore un moiadaas Je Bagicmi oA-le 
•ullan/le^fit assister <^, une grande fète.;-enfin».le'10aQÛt» 
f^pvès ttois oiois deejjour.àMasaeôa» il lui fut, permis 
.de partir. Ceeéjour avait coïncidé ^.vac l'époque «des 
pluies,,cpmeiiençant.avec le mois d'aVlri^et^durant jiis- 
qu!à celui d'octobre. A aoa retour il trouva la livière 
débordée , et fut plusieurs fois obliigé à» le icavecsier 
à la nage, tenant à la main la bride de son cbeval. 
Le 20 août il rejoignit son compagnon de voyage à 
Kouka. 
Cevoyage a beauconpajouté è nos connaisse ncea au r 



( w ) 

lesipays'à l'est^aud'^M du lac Tsad jusque vers le.baâsin 
du Nil. Barth est le premier Européen qui ait.vu le Ba- 
girmi. Le Scbary ou Asu esl à rest de la rivière deRar- 
nakLaf^ne» qui a été pris pour le Scbar.y.par le .major 
Denham, mais qui n'en est qu'un a01uAnt et&'^ppelle 
Logg^ine dans le Loggeee, Serbenel à Wulia,, et fia- 
Gun ou Ba-Bay au delé de ce district; le vrai Scbary 
est la rivière qu'il a traversée à Mêle et à Asu, Ji^où 
•dle;a.600 métros de large,>aiiec.un Gour.aat de 3 millas 
auglais a l'heure ; c'^st uneimagnifique rivière qui, au 
miUen de scm cours, se partage en deux branchas et 
coferiBe une grande lie, depuis Miltu jusqu'à Mesken; 
i«i les deux lyas se irejoigoent; l'oriental «s'appelle 
fiatdûkam ou Ba->ir. Uassenaesté 10 milles nord. du 
BfttcbikafDa Le Bagirmi est* pour la:plus grande, partie 
une immense plaîoe. Sauf i«s\frQAtières« est et $udi-est, 
l'islamisme y a pénétré; mab le docteur gBarlb l'^p* 
pelle un pays demi-païen. La route juaqji'â Massena 
est «me des prinaipaks gtaûdes routes suivijQs par les 
pèlevins.ailaoi à la Meequo* Le docteur. a. recueilli 4^ 
la bouche des pèlerins qu'il a vosàMasseôa des.infor- 
inations touchant lesipays situ^ entre ce point pi le 
tiil,de flaaoière à compléter la carte du QuadAy et des 
paysuoîsîns.ilia écrit et envoyé au. gouvernement bri* 
tanniquetun récit «volumineux sur l'histoire, la géo- 
graphie «t l'etboologie du Bagirmi et du Quad^, et 
rasaea)l>lé:des vocsabokiires très éieiuUis des.idioa^es 
de Loggeoe, Bagirmi et Quadày, et d'autres de. deux 
eenisaiols seulement appartenant à huit autres idio- 
mes. Le pays a un commerce tellement développé gu'il 
reçoit lesfmârebaadfl.tnon^seuleinentdu Bornou et du 
*diMdAy, uMÛs oaux deiKasoj les produits fOifropéens 



(-76) 

vont jusqu'à Gogomi, dans les contrées montagneuses 
(lu sud-est. 

Onzième excursion. — Voyage d'Oferweg vers Yakoba, 
du 2i mars an 22 mai 1862. 

Le 2i mars, Overweg se mit en route au sud-ouest 
de Kouka» près du puits de Toggir» il visita un village 
dont les habitants étaient presque tous aveugles: plus 
loin, Magomeri, grand marché, les puits ont AO pieds 
de profondeur. Le l**" avril il était k Gnjeba, grande 
ville enceinte de murs; le pays est riche en plantes 
et en arbres de beaucoup d'espèces : on compte trente- 
deux différents arbres, rapportant d%( fruits bons à 
manger, et quarante animaux que chassent les gens 
de Gujeba, compris la civette dont on retire le musc; 
le lieu appartient au Bornou depuis 1847. Le docteur 
Oveii/veg a éfé bien reçu à Gujeba; il y occupait une 
maison cootiguê à la résidence du sultan où il rece- 
vait la visite d'une multitude de curieux, attirés par 
les sons de sa. boite à musique; ils donnaient le nom 
de molo à cet instrument. 

Le docteur quitlaGujeba le 9 avril, se porta k l'ouest 
jusqu'à Dora. Les bestiaux qu'y entretiennent les Pel- 
letas sont si grands et si forts que jamais les lions ne 
les attaquent. Dora est une grande ville qui a succédé 
à une ancienne Dora , détruite en 18S0 par les 
Fellalas. Les habitants ont une langue propre. Le doc- 
teur Overweg monta sur une éminence qui domine la 
ville, d'où l'on a une vue étendue sur une vaste plaine 
versant dons le Benué, ce que M. Pelermann trouve èlre 
en contradiction avec d'autres rapports. Il était en train 
de monter sur une montagne beaucoup plus élevée 



(77) 

lorsque le sullan lui fit dire de revenir en ville. A la 
porte» lui, et les gens de Flka qui l'avaient conduit, 
furent très mal reçus par une foule immense, poussant 
des cris violents contre ceux-ci ; mais le docteur perça 
la foule et parvint à regagner son habitation; il y eut un 
homoie qai alla jusqu'à proposer de tuer l'étranger* 
Maigre la protection du sultan, il fallut quitter le lieu 
dès le lendemain matin. Overweg porta seB pas sur 
un terrain élevé qui forme le partage d^s eaux entre 
lest et l'ouest. Les troupeaux des Fellatas renferment au 
OMHns mille tètes do bétail. Avant Mutueb, ville forte, 
environnée de murs et de fossés, le sol est de gypse et 
de pierre à chaux chaînée de fossiles : les étrangers 
furent bien reçus dans la ville. A l'est deBillaraba, pays 
deBaber, on voit la formation basaltique. Les hommes 
ont de beaux traits et sont de mœurs douces et inof- 
feDsives.A Siggedir on donna au docteur le spectacle 
d'une danse d'éléphants. Le 29 avril il éproiwa la plus 
forte averse qui fût encore tombée de la saison , et le 
30 il rentra àGujeba. Puis, après avoir visité plusieurs 
villes, Uje entre autres, qu'avait vue le docteur Barth, 
parcouru des districts très peuplés, obsei*vé lesMarghi» 
population belliqueuse et qui se sert de flèches empoi- 
sonnées, il revint à Kouka le 6 mai. 

Tout le pays au sud-ouest du lac Tsad a été étudié 
géologiqueinent avec beaucoup de soin; je renvoie à 
la relation pour la description détaillée des terrains 
et des roches; on n'avait jamais recueilli autant de 
notions précises sur la composition du sol de l'Afrique 
intérieure : les roches basaltiques, les cônes réguliers 
de basalte abondent A Billaraba; tout est basalte A 



(78) 

Siggedir et an pied est le granit décomposé; en général, 
le basafté dbmine dans tout le pays. 

La saison pluvieuse y commence un mois pluttfl' 
qu'à Kouka, la contrée est des plus Tertiiës. Il y a un' 
arbre appelé aussi kouka, qui est d'une immense pro-^ 
portion. L'aLondance des bestiaux y est telle que* le* 
prix d'un mbuton àSogoma estde deuzpence (26 cen* 
times). Les principalesbétes fautes sont les- éléphdnts^ 
Wlions, les autruches, etc. Les singes, noirs etrouges» 
sont en gratid nombre. Le miel est d'excellente qna-* 
lité. La partie nord^ouest est babitée par les KerM? 
Kerri» tribu qui vit de pillage et est grandemeniredou^ 
tée ; non loin sont les fameux Nyemyem.célëbi^srdans 
rhistoire de l'Afrique intérieure; selon ce qu'on a dit' 
au docteur, ils sont cannibales et habitent les- districts^ 
au sud dès Baber: 

Ici finit rhistoire des* remarquables travaui du doc*^ 
teurC)verweg;'car peu de temps* s' est" écoulé entre son 
retour à Kouka ét'la caid^ophe quîl'a enlefé à l'ex- 
pédition. Le 15 dé juin commencèrent les pluies di-- 
luviales. Lé 2ft juin les' dépêches d^Angleterre arri- 
Tarent au docteur Bartb, alors dans le Bagirmi? elles 
étaient impatiemment atienduest cefutpouriuiun jour 
de joie» mais il ne put rentrer à KouUa que le 20'mû(« 
En arrivant, U^rth ftu* saisi' d'inquiétude, en voyant 
l'amaigrissement de son ami et son peu d'appétit. 
Pour éviter les dangers de la saison plurieuse, il fut 
convenu que le docteur Overweg ferait quelque longue 
excursion ; il partit donc pour le Ronadougou (le nom 
d'Yeou; estinconnuaux natifs); Au 21 juillet il trouva' 
que là rivière coulait de l'ouest à l'est, oourantquia 



(79) 

liêo pendanl sept mois, de juillet à' la Qode février. 
Offnveg revînt en astei bon- ôlat le lA septembre à 
Kooka, croyant anroîr relrfmvé la saati; cinq jours 
après il> était saisi de- la fièvre» sept jours plus tard il 
n'étail plus. A peine arrivé à-Maduarii prèadu lacTsad» 
oà.iLamdt voulu èine. transporté, il eo^pira le 27 sep- 
temiire; il àlaû âgé de. trente afi»i; le docteur Bartiv 
renctitlas.daniiai\»tdevoiffs à aaa unique compagnon 
de nrfBf^- 

OTerviie(ÇjétaîiJiérà.Ilambouiigv il avait ipris ses degrés 
à lîliniyerailé'de.'Benlini 



DouMÀam exmt'mui^ -^ Uarcliea du doeteur Barth 
dapnb août 1862, 

Mua» (le lettrée eDcoura(|eaates. et des ressources. 
arFiTée»d'fiarepe, leulodeur Barth soo^ai aussitôt si 
plusieara-pr<4elli de; voyage, l'un^ du lac Tsad au Dar^ 
four; l'autre, à Tombo^ctou; le troisième» vers la mer 
des.Iodes. Plein*. de réeoki lion et d'énergie, Barih re- 
joigoaîi avec.efitbousiasme sont uniqœ compa(|uon; 
maie il. arriva/ jiiièe pour le voir succomber}, sa santé 
'û kiit^mèine éta^it altérée; mais^ avec uO' véritable bé* 
roisflw^ il.se:délenaain»àHiontinuer seul l'onirepitse,. 
à.eaplerec lee^nvi^e <Au«iiBOiiara. îuaqu'ioi inconnues,, 
aioal que^leeitevre» eatre Sakkateuieit Tambouctou, et 
à.esmoyer ton» ses^. papier» à Tripoli» Le sultan du- 
Bemoniaiirait vouiujt^re^lanir à Koiika comme repré-' 
seiitanid&rAici§leÉ»irewma*ft^Barlb»evvait pris.^pn parti; 
à. tout pnx il'VMiait quolauûssioaa eût un résolut» 
Le sultan lui fit présent«dedeux. bçaux xbameaux. Ses» 
detnîàree* lelieea éiUêenC deiéee de Kaeboa du &• mars 
iSfrt. U aeeîbéié/ bienireço par lea Felkrtas; la^ pro-» 



(80) 

tection du Golndima (premier ministre) h Sakatou 
lui était assurée. Il devait s*y rendre avec une escarte 
de 200 cavaliers. A Kachna » il avait acbeté des pré* 
sents pour les chefs; enfin, il était satisfait du xèle et 
de la fidélité de ses serviteurs. 

Le docteur Bartb avait l'intention de se rendre à la 
Tchadda, au point )usqu'où sont remontés» en 1828» 
Allen et Oldfield. Il voulait visiter Rororrofa au sud 
de Yakoba et de Darroro (Dunrora de Lander) grand 
pays qui se distingue par un plus haut degré deoiirilisa- 
tion et par son industrie; la capitale» Wukari, est une 
immense ville» à 8 ou milles anglais du Benué. Ce 
pays figurait autrefois sur les- cartes» mais il a 
disparu des caries modernes; il en est question dans- 
le mémoire donné à Claperton par le sultan Bello » 
où on lit : « Kornoria (Kororrofa) embrasse 20 districts» 
possède des raines d'or» de sel et d'antimoine, d 

Treizième excursion. — Voyage du docteur Vogel. 

Un nouveau compagnon de voyage était devenu in- 
dispensable» et le |[ouvern^ment anglais avait eipédié 
le docteur Edward Vogel» aide de M. Hind et en outre 
bon botaniste» en qualité d'astronome de l'expédition. 
Il était recommandé par le colonel Sabine » l'amiral 
Smyth» M. Robert Browne» sir Jackson Honker et pré- 
senté par le chevalier Bunsen. Le docteur Vogel partît» 
de Southampton , le 2 février» avec deux hommes du 
corps des mines» et des caisses d'instruments propres 
à remplacer ceux de l'expédition» perdus, détraits ou 
détériorés par trois ans de voyage. 

Le 28 juin 186S» il quitta Tripoli accompagné de 
M. Frédéric Warrington (fils de l'ancien consul an** 



(81) 

glàis), et d'un parent du sultan du Bornou qui venait 
de la Mecque et retournait à Kouka. Au 5 août, ils 
étaient à Monouk, le thermouièlre monta jusqu'à 
IdO degrés Fahrenheit h Tombre (environ 32 deg. cen- 
tigrades} et 120 degrés au soleil (environ Al deg. {); 
l'appareil photographique ne put pas servir. 

Je n'extrais pas ici les observations faites par le doc- 
teur Vogel sur cette route , la même qu'ont suivie et 
décrite Denham , Clapperton et leurs successeurs; il 
y aurait cependant à relever d'intéressantes observa- 
tions d'histoire naturelle que le docteur était parfai- 
tement en état de recueillir. Je dois citer seulement 
ses observations d'astronomie, d'hypsométrie et de 
magnétisme. Les positions de * Sokna et Hourzouk 
(29* V à" et 26* 56' 16'^ en latitude) diffèrent peu de 
celles qu'ont données Lyon, Denhaol et autres; il n'en 
est pas de même pour la longitude ; le docteur Vogel 
assigne, à celle de Sokna , lô'* 18' SO'' E. Greenwich 
au lieu de 16* 28' selon Denhàm/ét lA* 10' 15'^ au 
lieu de 16* 50' selon Lyon. Le professeur Encke, à 
Berlin» a calculé les observations du docteur Vogel; 
mais il n'a trouvé d'éléments complets, quant aux lon- 
gitudes, que pour une lie dû ïac Tsad, l'Ile deBelarigo, 
dont la portion est de lA* 60' long. E.-N. Greenwich. 
Voici plusieurs des principales latitudes déterminées : 

Ile de Belarigo. 18* 26^ ZJ" (lac Tsad). 

Tripoli. . : . . 82*6â'4S'' 

TinTellust. . . 18* 35' 24" 

lie Gouria. . . IS* 24' 32" (lac Tsad). 

Sogoma. ... 11* 67' 30^ . 

Wolib; .... 10* 9' 22" 

Yedî 12* 27' 27" 

IX. JARVIBB BT FtVBIBB. 6. 6 



(82) 
L*HllUude de beaucoup de lieux a été détermioée, 
â l'aide de Thypsomèire de M. Regoault, par Tébul- 
litioD de l'eau (1); celles des monts Gha^iao à l'aida de 
Tanérolde ; ce dernier instrument a cessé d'être ^ifsmt 
plus au sud. Toutes les observf|lions déoiootrenl que 
TÀfrique septentrionale» de la Méditerranée au Soudan» 
représente un plateau d'une hauteur mo^noe de 
1 000 à 1 500 pieds anglais, coaiparable à celle d^ in 
Bavière et de TAllemagne centrale. De ce plAleau s'é* 
lèvent des chaînes de montagnes, dooi lapins élevée 
est une Ugne étendue, au sud d'£l-(irl)ât,qui doit avoir 
au moins h 000 pieds de haut. 
Principales hauteurs mesurées à l 'hjpsnmèljM. 
KasrGbarian. • 1 606 pieds aillais* 
Wad; Gâdama. 1 600 
Ramada, ... 1 i9à ji 1 668 pieds aqglaie* 
Wady Ajon^er. 2 960 {point le plus bautj. 
Tin TeJlust. . .. 1 89A 
Selufij^eh. ... 1 701 
Un excellent baromètre de mo ntagnes a iourjai unp 
trentaine d'autres résultats pour l'alliiude des Ueuxd 
en voici quelques-uns: 

Sokna. . • •' 1X)36 pieds. 

Les montagnes Noires» • 2 160 (le plus haut pouil 

àl6mil.4ud4f 
Godfah), 

Mourzouk» au consulat anglais, 1 i0& piede. 

En résumé, l'expédilion a beaucoup ajouté «jusqu'ici 

à nos connaissances sur l'Afrique centrale, sur la nature 

(i) Ces! M. Fastré, coq«|riiet««r.d'ÎDstrumeDts def/kf^ffit à Paris, 
qui fabrique celui-ci. 



(8â) 

du sol, sartont; le lac Ttod est înrinîment mieux connu; 
on a lies notions absolument neuves sur la conlrée 
d'Adamaoua, sur les deux fleuves Benué et Faro qui s'y 
rtncontrent, el sur Yola la capitale. Noua savons, à 
n'en pas douter» de quelle région part la Tcbadda» 
k grand affluant qui tombe dans le bas Kouara (Niger), 
à ffivijroo 100 lieues de son embouchure. Du côté du 
Sahara, nous avons appris à connaître le royaume 
d'Abir(Air), Puis, le pays dt Bagirmi au sad et au sud^ 
est du lae Tsad, pays qu'on ne connaissait que de nom, 
oà nul Saropéen n'avait pénétré» nous est dévoilé; ie 
eauvs du Scbary est rectifié; nous savons )usqu'où lea 
Fellatas ont porté leur influence et quels sont les 1er-- 
riftaire s occupés par les populations païennes» etc., etc« 
IL Petermaon a pris la peine de calculer la loogueuif 
desi:ou(es qu'ont parcourues les voyageurs; juaqu'ao 
mois d'aoail852» le cbiflre s'élevait i 6 800 milles 
géographiques. 

Enfin» noua possédons, gràco au docteur Barth 
prioçipalenoeot, une grande carte du pays compris 
entre les 5* et 15* parallèLes nérd, entre les 8* et 
SA* méridien à l'orient de Greenwich. 

Voilé de riches acquisitions pour la. géographie do 
l'Afrique et qui assurent & jamais^ à rexpédiiioio» partie 
spua les ordres de James Richardson» la reconnaissance 
de toute l'Europe savante. 

Telle est l'analyse fidèle, et je crois complète, de 
l'ouvrage que M. A. Pelermann a consacré à cette nm* 
portaate entreprise, à Vaide des malériaui originaïui 
qoa lui a confiés le gouvernement britannique : on ne 
sawait trop k louei etie remercier pour l'intelligence, 
ht conatanoa al l'habileté qu'ih a déployées dai» ce 



(84) 
beau Iravail, pour le soin apporté à la rédaction dea 
deux cartes dont il Ta enrichi. 

Maintenant que j*ai exposé en détail les treize ex« 
cursions des foyageurs anglo-germains* il doit être 
permis d'en examiner les principaux résultats. Le lac 
Tsad a cbangé de position sur la carte de 185i ; celte 
position est plus méridipnale et orientale que dans 
celle de 182A; l'Yeou n'est plus cette rivière qui tom- 
bait à l'occident du lac Tsad , la rivière de ce nom 
est placée sur la nouvelle carte bien loin au sud-ouest: 
sa source est reportée jusque près de Yakoba. Qaant 
à la rivière qui tQinbe de ce c6lé du lac, elle s'appelle 
Komadopgou ou rivière .de ^prnou. Kacbna, Kano, 
KMPgym 0Q.t égaLem^t^ changé de position. Les lies 
des Biddoum^r du J^c Tsad , soiH ici dénommées; 
elles sont jb,içnjpil{]s,noml^i:euse;s et autrement disposée». 
Le lac lui-inênae est d'une configuration différente; son 
rivage oriental a'^ P^ .^té.plus exploré qu'en 1828; 
c'est presque J^Uers de, la cârçonféreqce totale, environ 
100 milles géographique»* et la question est donc en- 
core ip^i^d^te, celle de savoir si le lac se déverse à 
l'est dans un bassin inférieur, ou bien si l'évaporation 
du lac compense l'àfflux des eaux qu'apportent inces^ 
si^mment, à louesl.et au si(d, le; ScUaipy, le ^omadeu- 

gPVijS^ unf}<i^oiaipmfi civière... 

.OiK.6aîtdl|ueJiBs.noir9'pafrl«B«>4raditionnellemenl de 
gFaiKl»«eours>'<l'<eaux souterrains,' et cela, depuis un 
temps tînmémbrïal ; ce fait, s'il était certain» donnerait 
Texplication de la disparitiop de plusieurs rivières , 
dont ;on ignora rjis;$ue. J^s, ancieips .eux-mêmes en ont 
parlé dass leurs écrits ; c est une circonstance qof'on 



(85) 

IrouTe consignée dans Tbistoire naturelle de Pline et 
ailleurs. Il ne serait donc pas tout à fait impossible 
que le bassin du Babr-eUGhazaI, localité encore corn* 
plétement inconnue de nos jours, ainsi que le lac dit 
Fittré, reçussent les eaux du lac Tsad par des canaux 
souterrains. 

Enfin, la branche du Dbioliba, que René Gaillié a 
Tue en 1828 h Vest de Tombouctou, et qui semble 
aussi avoir été aperçue par le docteur Barth en 1853, 
cette branche dont on ne sait pas l'issue (si toutefois 
l'obsertation est positive), ne pourrait-elle pas avoir 
on écoulement sous terre, et reparaître au jour vers 
le 10* méridien (est de Paris) sous le nom de Koma- 
doogou (rivière dont la source est ignorée) et non loin 
du lieu où a succombé James Ricbardson en 1851? 
Cette conjecture, cette explication lèveraient l'objec- 
tion à laquelle donne lieu la douceur des eaux du lac 
Tsad. En résumé, on en restera, sur cette question, au 
même point qu'il y a trente ans, tant que les voyageurs 
n'auront pas exploré toute la partie orientale du lac 
Tsad et publié leurs observations (1). 

' JoilABO. 

• 

(i) Uo point de géographie à présent mieux ëelairci, est la posi<« 
tion de Tombouctou, plus septenfrionftle qu'on ne le supposaif. 
On ne saurait mettre une observation de climatologie en parallèle 
avec une observation de géographie mathématique; mais il est per- 
mis de remarquer que le docteur Barth , en parlant des pluies tro* 
picalea, a écrit qu'elles te feisaieni peu sentir à Tombouctou, ce qui 
ne serait pas d'accord avec la latitude de i5 à 16 degrés seulement: 
cette remarque vient d*étre faite par M. d*Escayrac de Lauture dans 
la relation de son voya{>e en Afrique. La latitude du lieu excèdç 

eu effet 1 8 deiprés, d'après plusieurs observations du docteur Barth. 

E.-J. 



(88) 



NMiTeUes et eottiiii«Bleatl*iMU 



MOUVBLLBft COKGEBNAlfT LE DOGTBVIl BAftTH. 

Ces aiMivtUec soat (rsosmUei par le consyl 4*Angloterre (leJieme- 

naot colonel Herman) dans des lettres de Tripoli 

du i8 novembre i854* — Extrait. 

« Une letlre de M» Chureh» Tun des mineurs atta-^ 
chéfl à TexpAdîtion de l'Afrique centrale, en date du 
12 août, est venue jeter des dontes sur la nouvelle de 
h mort du docteur Barth. Il est vrai que cette noaveUe,. 
annoncée au consul par le docteur Vogel, da»8 une 
lettre du 18 juillet, af4té aussi annoncée foroneUement 
par une lettre da sultan dé Bomou & la rme d'An-* 
glelerrc, et <;onfirtnée -par le téasoignege de Uad|» 
Hassen qui acoompagua le thtdeur. Y<»gel de Mértouk 
à Kouàa, mais le dooteurt le sultan et Hadj^Hassen» 
ont sans doute puisé i la même source leurs inforoia- 
lions. La probabiUié de la npuvaUt ro«le. aor la ques« 
tion de savoir si le docteur Barth a atteint Sakatou ou 
non. Sur ce point» on n'a pas de nouvelle certaine; 
mais le rapport du chérif qui vient d'arriver à Kouka 
conclut à lanégative. 

» Il est difficile de comprendre qu'un homme aussi 
accoutumé aux voyages d'Afrique, sachant, de plus, 
avant de quitter Tombouciou, que le docteur Vogel 
était & Kouka, ou aux environs» ayant gagné Sakatou, 
sain et sauf, n'ait pas immédiatement dépêché un 
courrier à Kouka et assuré, autant que cela dépendait 
de lui, la jonction des deux expéditions. Une précau- 



(87 ) 

lion aussi sitnpiB aurait au moins arrêté toute espèce 
de mouvement âtx docteur Vogel dans une direction 
contraire. D*un autre côté , on peut objecter que si 
lanouyelle de la mort de Barlb à Meroda n'était pas 
fondée, il aurait depuis longtemps atteint Zinder» 
d'où il aurait fait parvenir des nouvelles par Ghada- 
œés, ou par Horiouk. Mais il est possible Cfue se» dé- 
pêches aient été interceptées par les Touariks» qui 
depuis quelque temps infestent les routes entre ce^ 
deux places et Zinder. Il est certainement étrange 
que les gens de la grande caravane qui vient d'arriver 
àKouka, dont plusieurs individus venaient de Meroda^ 
aient ignoré la mort de Barth un mois après /'«W- 
nement; et il est encore plus étonnant qu'aucun de 
ses serviteurs (à moins qu'ils aient pillé ses bagages 
et se soient ensuite dispersés) ne soit venu réclamer, 
à Kouka, tout au moins l'arriéré considérable de paye 
qui leur était dû, d'après ce que m'a écrit le docteur 
Barth. » 

Lettre de T, P. Church au lieutenant colonel Herman^ 

consul à Tripoli. 

Koukai 1^ août i854« 

c Sachant que le docteur Vogel vous a annoncé, 
dans une lettre dont M. H. Warrin^glon était porteur, 
la nauvelle de la mort du docteur Bartli, J*ai pèusé 
qu'il était de mon devoir de vous communiquer la 
nouvelle que j'ai reçue ce matin et qui, je suis heu- 
reux de le dire, laisse une forte espérance que le doc- 
teur Barth est bien portant et que la précédente 
nouvelle eat fausse. Un chérif est arrivé ici le 9 de ce 



(88) 

mois d'un lieu voisin de Tombouctou. Il a quitlé Tom- 
bouctou, il y a environ quatre mois. Quand il en est 
partit le docteur y était encore et tout a fait bien por- 
tant; mais il devait sous peu en sortir pour se rendre 
à Kouka ; et il apportait des lettres du sultan de Tom« 
bouclou pour différents chefs fellatas, à travers le pays 
desquels il devait passer en retournant à Kouka; il 
pense que le docteur est maintenant en route pour s'y 
rendre. - 

» J'incline à croire ce rapport plus digne de con- 
fiance que le premier, le cbérif ne donnant pas cette 
nouvelle pour gagner un présent; car il est si fana- 
tique qu'il n'aurait pas voulu communiquer directe- 
ment avec nous autres mécréants; il a donné cette 
nouvelle à un Arabe , ami du docteur Barth , à 
Kouka. 

D Ce qui me pousse encore plus à douter de la nou* 
velle de sa mort, c'est qu'une grande caravane étant 
tout récemment arrivée de Kauno (Kano?)» aucune 
des personnes de cette caravane ne savait la moindre 
chose touchant l'événemenl. Personne n'avait vu aucun 
de ses compagnons et serviteurs, quoique plusieurs 
d'entre eux soient arrivés des environs de Meroda, lieu 
où l'on prétend que le docteur Barth est mort; ils ont 
quitté ces lieux trois semaines ou un mois après que 
nous avons eu appris la nouvelle. Massoud, serviteur 
du docteur Vogel, est parti d'ici le 26 juillet pour 
aller chercher des informations à Kauno. J'ai grand 
espoir que nous apprendrons bientôt avec certitude 
que le docteur Barth est encore en vie et en bonne 
santé. 
» Nous n'avons rien appris du docteur Vogel depui^ 



{ 9») 

9on dépiart d'ici le 10 juillet, mais nous croyons qu'il 
est maintenant dans le Mandara« 

» H. Henri Warrington (dont la mort a été annoncée) 
partira d^ici demain matin et je suis heureux de dire 
que nous jouissons tous de la meilleure santé. » 

{Estrait du compte rendu de la dernière séance de 
la Société royale géographique de Londres,) 

Observation. — D'après les lettres antérieures et le 
réeit de l'eipédition, on voit que le docteur Bartb a 
été plusieurs fois malade dans le cours du voyage, 
notamment à Kouka. Voyez l'analyse de l'ouvrage 
d'Aug. Petermiamn, cinquième excursion [Bulletin de 
septembre 186A> p. 170). Cette remarque affaiblit 
mi peu les espérances que donnerait l'opinion de 
M. Ghurch. Néanmoins il est encore permis de con- 
server une lueur d'espoir. 

Paris, 18 janvier '18S5. ' E.-J, 



.»» 



BXPiDITIOn PAR STEAMBO A,T DANS LflRTiBIBUR DK l' AFRIQUE. 

Les nouvelles transmises depuis quelques jours par 
M. Aug. Petermann sur les découvertes dans l'Afrique 
centrale sont d'un haut intérêt. On se rappelle qu'en 
juin 1851, Barth a découvert un grand et puissant 
cours d'eau appelé Benoué, c'est-à-dire la mère des 
eaux. D'après son importance et sa direction (1) et 
selon d'anciennes conjectures (2), on devait admettre 

(i) Largeur, \ mille; profondeur, au miuimum, 9 pieds. 

(1) y^yra Buttétin de la Société de géographie, années 1846-47 



(99) 

^U6 c'était une «eoi« el métnê rinhre avec U Tchadtki: 
c'est ce qui vient d'être constaté par la navigation d'oa 
ilPeatnboatj ta Ptéiade, parti de Peraando'^Pô, atijour- 
d'iiui port anglais ; c'est le même natire armé par 1^ 
soins de AI. Mac-Grégor Laird. Ce yaisseau est parti 
d'Angleterre le 80 mai f8&ft, monté par doute oiarins 
cutopéens; an certain nombre de natrb s'y est joint 
en Afrique. 

Le 8 février dernier le navire est revenu en Angle- 
terre, saitx et sauF, après avoir remonté le Rouara, 
puis la Tchadda jusqu'à Yola , dans le pays d'Ada^ 
maoua. 

C'est en juillet que la Pléiade a i^emonté le Kouara. 
Le 7 novembre elle est rentrée à Fernando-Pô, après 
quatre mois de navigation » et après avoir pénétré à 
260 tnilles anglais, plos loin que les précédents voya* 
geurs, d^ns Tintérieur du contitlent africain. 

Il paraît résulter de ce voyage que les observations 
du docteur Barlh ont porté les lieux trop à l'est, ré- 
sultat qui concorde avec les observations du docteur 
Vogel. 

L^expédition a été parfaitement accueillie par les 
indigèxies, gens paisibles et de mœurs douces» 

Aiofii , on peut en six semaines» partant d'un pori 
anglais, arriver au cœur de l'Arrique, sans rien avoir 
à craindrct ni du climat, ni des habitants. De 60 bom- 
mes qui montaient le navire, nul n'a succombé; il y 
a eu très peu de maladies. Sur les 118 jours qu'a duré 
l'expédition, le retour a pris 73 jours environ , d'où 
l'on peut conclure que les voyageurs ont dû faire un 
grand nombre dlobservati^ns da U>ute, espèce. Celte 
expé4itton «nvra «o ttouvel et vaaia champ aui dé- 



(M ) 

eoureiies africaines; elle marquera une aorte d'ère 
noOTélle potir1'(*xploratton du paya, pour iM relationa 
commerciales avec TEurope, et poor là dvilisation dé 
ce yaste continent. 

Nota. On n*a pas reçu de nouvelles du d octeur Vogel 

ni du sort du docteur Bartb (1). 

\h février 1865. 

JoiiAa»* 



HOUVaULB CABTa OX L'aSPiGNa. 

Le gouvernement espagnol a ordonné la confection 
d'une carte sur le modifie de la nouvelle carte de France: 
le colonel Ybanex est chargé de la diriger. Les trois 
corps du génie» de l'artillerie et de Tétat-major con- 
courent è ce grand travail « qui sera appuyé sur des 
opérations géodésiques et assujetti à une chaîne de 
triangles du premier, du deuxième et du troisième 
ordres, comme dans la carte de France du Dépôt de 
la guerre. 

Attendu qu'il n^existe pas en Espagne, comme chez 
nous, de mappes cadastrales, les officiers et employés 
des différents corps auront à faire les levés topogra- 
phiques, pendant que d'autres s'occuperont de la 
triangulation. On commencera par mesurer une base 
de 30 à &0 kilomètres sur le plateau de Madrid, et la 
chaîne aboutira à un<' autre base sur le bord de la 

(i) Nous avions espéré 9 l'an dernier, que la Pléiade pourrait 
recoeillir le docteur Bdrlh, revenant à Yola au-devant d'élite ;in:ils il 
a préféré se porter èW Toaibovcton, voyage fiait po«r tetotir un 
komme auaaî intrépide, m^s qui éWil^lMi d« péfib..*». 



(M) 

mBt. M. le colonel Ybanez a fait exécuter ici pour la 
mesure des bases, une règle de h mètresi construite 
d'après les perfectionnements les plus récents. Les 
opérations vont commencer immédiatement. 

E.-J. 



DÉCLINAISON MAGNÉTIQUE 

DANS LA MER ADRUTIQVB, 

M. HeOQUAiiD,- consul k Scatari, a communique la noie suivante 
ettraite de VOb§ervatore Tnestino^ n* 377. 

Observations faites par le D' Kreil , directeur de 
ri. etR. Institut central météorologique et magnétique, 
par ordre du commandant supérieur de la marine 
autrichienne» pour déterminer la déclinaison magné- 
tique dans les lieux suivants : 

Trieste lA«03'(MaestraIe.N.-O.) 

Venise ià^W — 

Parenzoi li* 16' — 

Poia is» sy — 

Fiume 18* 46' — 

Lussin Piccolo. 18"* 37' — 

Zara !&• hV — 

Spalato 18* OV — 

Lissa 12* Sy — 

Lésina 12» 42' — 

Lagosta 12* 26' — 

Curzola 12* 24' , — 

Gravosa 11* 60' — 

Megline (golfe de Caltaro). 11* 64' -* 



(98) 

Antivari ll«68'(Haeslraie.N.-0.j 

Durauo U^2V — 

Avlone !!• 2<y — 

Corfou 11* 08' — 

Brindisi !!• 51' — 

Holfetla 12* 2y — 

Ancdnc IS» 40' — 



M. 8. BBBTBBLOT A COUMVNIQUÉ A LA SOCliTâ DB ciOGBA- 
PBIK LA NOUVBLLB SUIVAIITB BH DATB DB SAINTB-GROIX 
OB TinÉBIFFB, DU 5 D^CBMBRB 185A. 

L* aquitaine est uâ vapeor à héKce de^ consfruClion 
bordelaise et de la t&tce de 120 ehevauï, pouvant 
porter plus de 600 tonneaux de marcbaildtses.'Cté beau 
navire, de 68 mètres de long de ièle en têiè'ëtû4tyatit 
que 3 mètres 60 centimètres dé tirant d'eau, lippar^ 
tient A HM. Hauret et Pron, de Bordeaux, quvsn le 
destinant pour les voyages du Sénégal» l'ont fakcoii- 
struîre exprès pour qu'il pût remonter le fl'aiivEJWëtc 
sa cargaison jusqa*à Bakel. C'est le voyage qu'il arleàt 
d'exécuter au grand,étonnement.des populatiofUBtrinfH^ 
raines. A Saint-Louis mème^ la plupart' dei^iabvfeants 
et les autorités de la colonie considéraient l'entroprise 
avec un tel navire» sinon impossible, du moina^tràs 
hasardée; mais le bravB et intelligent capitaine Pontac 
ne s'est pas effrayé des obstacles qu'on lui faisait en- 
trevoir ; il tenait à remplir sa mission et voulait avoir 
la gloire de pénétrer le premier dans l'intérieur- de 
l'Afrique avec un navire d'un aussi fort tonnage^ pour 



eiécuter à TEicale de Bakel même» à 200 Ueiiea de 
l'embouchure du Sénégal», les opérationa d'échange 
qui lui a?aient été confiées. C'est eu effet sur ce grtnd 
marché de gomme du pays de Galaro qu'il a effectué 
son chargement de retour. 

Le capitaine Pontae partît de Saint-Louis eu Steé- 
gal le 1(^ septembre dernier.. C'était. I9 saison où le 
fleiiYe entrait dans ses plus grandes crues» et cette 
année surtout Kinondalion qui résulte de ce phéno- 
mène s'est étendue au loin sur toutes les terres adja- 
centes. D'après le rapport du capitaine de C Aquitaine^ 
les eaux du fleuve présentaient de toutes parts l'aspect 
d'immenses lagunes ; tous les pays riverains étaient 
înondéA» e( V^tk n'apercevait de dislance en diatunce 
que les cimes de quelques groupes d'acacia. A ftakeJ^ 
preaque laui^a Us m^i^ons étaient 8ubfiaerg!ée& ot les 
mureiUes du iwi aviâei^t beaucoup souffert de Tinonr 
<iaiîon. Aussi la i^avigati^m étailr^elle deweque fort 
difficiles car l», plupart des a^Oi^s da recoonaissatice 
des deux rives se trowant noyés» les pilotes avaVeBJt la 
^MS e^ode peine à suivre le lit d^ fleuve pour ne pas 
a'éehouer sur les baa-fonds* Ce n'était paa^ non plus 
aans c^(M>rir 4a graves den#^a qm le n^^vir^ poi^vaît 
GraMhîr les cQ«/des cm déti/ur a qMe fait le Sénégal dans 
pl^ieurs ev^^roita. Ce^ pa^ssages soi^t d^auM^at plus 
périUeus que le choc des, eaux du fleMve contre les 
sîves quikleMi: font obstacle» prodvât iilors dea contre*- 
e<^umnta assez violents po^r oppoaer une réûstance 
en aens injrerae dé l'évolution que doit faire le navire 
qui reittioate. Au4si , le navire (Aquitaine a441 failli 
a'éttbottM aifedéleiae de D^uald.» et aprèa bien dei 



obstacles franchis, U est heureusement parvenu à 
Bakel le 30 sejptembre, c'est- &-dîr^v on^e jours après 
son déjiartde Saint-Louis. Le 12 octobre^ le capitaine 
Pontac ay^it terminé se^ opérations d*échange et em- 
barqué gn chargement de gomme» d'arachides et de 
peaia* Enfin» le 17 octobre, il était de retour à Saint- 
Louis. — V aquitaine n'a perdu aucun homme de son 
éqnipajge durant cette expédition, bien que la plupart 
des matelots aient eu à payer au climat d^Afrique leur 
tribut de spuETraiices. Le capitaine Ponlac m'a rap- 
porté que pendant sa navigation sur le fleuve, le ther- 
momètrequ'il tenait suspendu dans la chambre n^avait 
cessé de marquer la nuit de 35 à 36 degrés cenligr. 
Quant à la température diurne, il m*a assuré qu'elle 
avait été rarement au-dessous de A2 degrés, mais que 
souvent elle montait plus haut. 

Un terrii)le coup de vent de nord-nordestquerv^aM£- 
taine a éprouvé à son retour du Sénégal, lui a rompu 
son grand ipàt. Cet événement Ta forcé de venir re- 
lâcher à Sainte -Croix de TénérilTe, d*oà il va repartir 
après avoir réparé ses avaries. — Les voyages que ce 
navire doit exécuter périodiquement k Bakel dans la 
^ison favorable pourront contribuer à faire pénétrer 
la civilisation dans le cœur de TAfrique; car, je l'ai 
déjà dit^met il est opportun de le répéter dans cette cir- 
constance, (Test par le commerce, par les relations 
qu'il entreilenl, les moyens dont il dispose, par tous 
les 'bienfaits qu*n répand et les progrès qu^il intro- 
duit, que les peuples se civilisent. 



(96) 

VOYAOB SCIENTIFIQUB DANS l'iNDB DB M. ADOLPHB 
SCHLAGIRTWBIT BT DB SB8 TftkBBS. 

M. Adolphe SchlagÎDtveit depuis son départ d'Eu- 
rope avec ses frères a écrit à M. le colonel W. Sykes, 
l'un des directeurs de la Compagnie des Indes» deux 
lettres datées» l'une d'Alexandrie» et l'autre de Bom- 
bay » pour annoncer Theureux succès de leur voyage. 
Leurs nombreux et précieux instruments scientifiques 
sont parvenus en très bon état» à l'exception d'un 
baromètre et de trois thermomètres. A leur arrivée 
à Bombay, ces savants allemands ont comparé leurs 
instruments avec ceux de l'Observatoire de cette ville» 
et ils se préparaient à partir à la fin de novembre pour 
Madras en passant par Poona. 

Pendant leur voyage jusqu'à Bombay, ils se sont 
occupés d'observations sur la température et la den- 
sité des mers entre Southampton et le port de Bom- 
bay» etc.» en suivant la route de la mer Méditerranée 
et de la mer Rouge. Un rapport à ce sujet adressé à 
la cour des directeurs de la Compagnie des Indes sera 
transmis à la Société royale de Londres» qui le publiera 
sans doute dans ses Mémoires. 

On doit faire observer que M. Adolphe Schlagintweit 
est seul employé par la Compagnie des Iodes et res- 
ponsable des instruments que cette Compagnie a mis 
à sa disposition. S'il lui survenait quelque accident» 
son frère Hermann le remplacerait. M. A. Schlagintweit 
doit d'abord et en première ligne compléter le levé 
(survey) magnétique de l'Inde resté incomplet par suite 
de la mort du capitaine Elliot. Toutes les autres re- 
cherches physiques sont secondaires. D. L. R. 



(97 ) 

Nous eitrayons du texte explicatif qui accompagne la carte 
géographique du Nicaragua , que M. Myionnbt-Ddpuy a 
soumis à la Société de géographie, les considérations 
soifantes. 

Dès 18A0, S. A. I. le prince Louis-Napoléon, après 
avoir étudié dans la solitude les différents points de 
joDction, était venu déjà, par un travail géodésique et 
spécial très étendu, faire connaître la préférence en 
faveur des lacs du Nicaragua (1) . 

En 18(8, cette préférence fut mise en évidence au 
monde entier^ par la création du royaume MosquHo et 
le protectorat de l'Angleterre âur ce prétendu royaume. 

Depuis cette époque; la découverte des ribhesses 
inépuisables de la Californie et de l'Australie est 
venue augmenter d'un tiers le nombre des navires dou- 
blant le cap Horn et accroîtra dans la proportion de 
1 à 300, le nombre des voyageurs par l'isthme améri- 
cain. Très prochainement il ser0 de i à 1000. . 

La compagnie Aspinwald, de New-York» fut la pï'e- 
uiière à faeiKter le passage par l'istbme de Panama » 
en améliorant la roule et en faisant un chemin de fer, 
dont une partie est aujourd'hui en exploitation. 

Les succès rapides de cette première entreprise de 
transit, malgré son inlperfeclion et l'insalubrité des 
deui aboutissants ( Ghagres et ' Panama } excitèrent 
bientôt les ambitions^ particulières. Diverses compa- 
gnies anglaises ou américaines se jetèrent sur toutes 

• 

(i) Voyex Bévue britanni^tte de mai i849f paçe f02 à 146, la tra- 
duction de ce savant travail. 

a. JANVIER BT FiVRIBB. 7. 7 



( 98 ) 
les côtes de l'Amérique centrale , cherchant par 
d'autres transits des éléments do fortune I 

C'est alors que M. de Garay présenta un projet de 
chemin de fer par le Tehuantepec» malgré la hauteur 
du seuil au-dessus des deux Océans, et l'insaluèrité 
des deux aboutissants. Le projet présentait quelque 
attrait en raison ce la brièveté dti trajet.4)o(irkfls États- 
Unis surtout (!}• 

Tout récemment encore, M. Squier^ ^éahigue firme- 
ricain, ebt venu présenter^par V Honduras^ un troisième 
projet de chemin de fer. Son cpareours serait de 100 
milles marins, franchissant un seuil de 'èOO pieds 
anglais, environ 15S nièlres au-dessus des Océans» 

11 est à remarquer que ces i|)rojets cnt été conçus 
uniquement en vue de faire communiquer les Étals 
de l'Union avec la Californie. 

» 

Legouvernement anglais considéi'ant tous ces |)rojeta. 
de cliemins de fer comme insuffisants a^àit déjà cher-. 
ché à 9e préparer un avenir favorable» en se créant, à 
Greytown* le |)rolecleur du royaume Mosquito, et en 
ouvrant à la petite république de Nicaragua un crédit» 
qui, dana uu temps très rapproché, lui assurait la.pos- 
session de ce pays, le pluif riche tenUoire du monde! 

Nous pouvons dire^ que cette voie de communication 
était |)réparée pour l'Europe : parce qu'en effet l'An- 
gleterre avait en vue d'opposer une barrièi'e, plutôt & 
l'espritd'envahissementdes Éials- linifi qu'à la France, 
qui alors était livrée à des agitations politiques inté- 
rieures. 



(1) Distance de ^iew-York à Saiv-Francisco^ 4^69 milles oMrini, 
dont 169 ("B 198 milles lerreidres) pour la traversée de ri^iimie. 



(9d) 

L'indifférencié de la seconde puissance inariuine, 
pour ses inlérèts du dehors» sur celle partie 'd\x (^obe» 
laisMÛl donc l'Angleterre et les États-liniB en pré- 
puce pour la prise de possession de ce passage im- 
portant 

i>eui ans après celte occupation par TAdgleterre, 
tes Américains» dans la personne de MM. Hmte et C^^ 
pasa^ent» le 19 avril 1860» on traité de canalisation 
avec le gouvernement de Nicaragua^ 

Ik Goibpagnie américaine» dominant par ce Irâilé 
les divers projets et entreprises connus jusque-là» re- 
cliercliale concours de TAngletene et en^o^aàLondres 
plusieurs agents chargés de traiter. 

Les effoits furent infructueux : en effet» il était dif- 
Heiie que des capitaux antipathiques vinssent se réunh* 
peur une entreprise au prbfit d'une Compagnie amé- 
ricaine de troisième ordre et qui n'était soutenue 
alors» financièrement, que i^ar H. Wenderbilt qui» 
dépvi^ s'est retiré. La Compagnie s*esl donc boi^née à 
im transit de terre» entre la Virgin et San-Juan de la 
Concordia. 

L'idduatrie anglaise» foulant dominer tonte entre- 
prise de canalisation » et pensant que la Compagnie 
Hvfite écliouerait dans l'exécutioii de son traité» par 
uîre àiiâe en dééhéance» pour conditions essenliellés 
non remplies, est venue successivement présenter deux 
autres projets : Turi par le golfe de Damn, partant du 
port Ecossès et débouchant dans celui de San-Miguel^ 
se aerv&nt de la rit ière Sabana. 

Le monde industriel» ému par cette nouvelle dé- 
couverte» présentée par MM. CuUéns et Gisùorn, tres- 
aaillit d'eèpérancei^ en Voyant an projcrt plus facile 



( ioo ) 

encore que celui du transit par TÉtat de Nica* 
ragua... ! Ce que je prévoyais est arrivé : je fis pari de 
mes réfleiions à un personnage éminent, qui dut mettre 
ma lettre entre les mains de sa Majesté l'Empereur. 

En janvier 1865, des explorations sérieuses furent 
faites. Du rapport de ces explorations, dont l'amiral 
Duquesne a voulu rendre compte lui-même» . il est 
résulté que les études faites contradictoirement» pré- 
sentaient des difficultés incalculables d'exécution. 

L'autre projet, également présenté par le golfe de 
Darien , mais en remontant au moins 30 milles la 
rivière de VAirato^ n'a pas encore été étudié* On peut 
donc le considérer comme non avenu. 

Ainsi, de tous oes pcajets de canalbation interocéa-* 
nique, nous croyons que le, plus sérieux , le plus 
pratique, le seul en un mot. qui doit suiviwe, est celui 
qui fut élaboré ^^^r la prinoe Louis-I^apoléon» sauf 
quelques modification) que des éludes ultérieures, les 
miennes compris^SfOnt pu démontrer nécessaires! 

C'est celui que la compagnie américaine» aiyoïir- 
d'hui déchue, a prétendu exécuter. 

C'est celui que les .savants explorateurs Squhr, 
Baily, Chevalier, Oersted r,oni indiqué. 

C'est celui qu'afiirme le président des États-Uois» 
M, Pience, dc|ii>s 9on dernier message (A décembre 18ô A). 

Enfin,. o^eat c^lijii^qtii. a été l'objet de mes études. 

Parti de Nevy-York, ep juillet 1850, sur une petite 
goélette américaine, çn compagnie du corps des ingé- 
nieurs pour les étude$^du canal , je me posai dés le 
principe d'une manière indépendante et m'abstins 
de passer toute espèce de traités avec la Compagnie 
Hwite ; craignant que mes travaux ne servissent un 



( 101 ) 
jour contre mon pays et contre mes projets ultérieurs. 

Je laissai donc les ingénieurs américains à San-Juan 
(Grey-Town) et remontai la rivière dans une pirogue, 
seul moyen de transport en usage jusqu'alors; je suis 
huit jours â remonter les 160 kilomètres de rivière. 
Maintenant le trajet par bateau à vapeur se fait en 
vingt-quatre heures. 

Je ne fus pas longtemps à prendre position dans le 
pays. Les personnes éminentes du gouvernement me 
témoignèrent leur vive sympathie pour la France, et 
je fus chargé par le président d'explorer les parties 
les plus intéressantes du pays (la Nouvelle Ségovie et 
le pays Mosquito) et d'en dresser la carte (1). 

Cette improvisation d'ingénieur d'un pays où il n'y 
avait aucun document à consulter, à qui même il con- 
venait, avant l'époque de son indépendance (1827), 
de garder inconnues aux autres puissances toutes les 
richesses et toutes les ressources qu'il possède , je dois 
le dire. Messieurs, cet acte de haute confiance du gou- 
vernement, doubla moii énergie et me fit triompher 
de plus d'un obstacle. 

Je n*ai qu'à me féliciter de l'accueil que me firent 
toute la population indienne et même les peuplades 
mosquitos. Seul, pendant quelques mois au milieu 
d'eux, je leur confiais presque toujours ma ceinture de 
pistolets et je ne gardais que mon sabre, plutôt comme 
décorum, à dire vrai, que comme mesure de sûreté. 

Et, remarquez-le bien. Messieurs, je n'ai dû qu'à 
ma qualité de Français et à mes croyances religieuses 



(i) J'ai rapporté en France toutes les pièces a l'appui de lueH 
nssertions et fie mes travaux. 



(10») 

cathoMquas» tquies le» concessioDB de terraiua et djç 
mines aurifère» et argeatjU[èj?^ q^ii m'oqt été faites! 

LeB liosquitos sont d'uu caractère timicles ip^uiet, 
paressçu]^ et voleurs. Ils adorei^i le $p|eil ; çepend^i(it» 
lor» de mon sé)o^r av^ milieu d'eux, j/ai eu.I% sa^uff^p- 
tion de voir les mèr^s toe préaej;itec ç^^ilir^ d'ç/]t^ ts 
pour les baptiser. 



K0TIC& SVB Là CARTS lUS LA FRiK/CH nO^IffiS^J^niU,, 

Dressée par M Charles Kead et éditée par Grassart, 1 1, rue de la Pais» 

^ Paris. 

U est intéressant pour h géograph,& de QpnpMIro.-la 
distribution des popalatîoos* suivant leurs Grqyia9f^4^ 
r^lîgieu^es^ can la diversité de cultes, sp raMf^U^ 4 ¥IV 
ensemble da. cifconstpnGe3 et de. raiV) iVti^etp/ar^t H^s^ 
à L'ot^nplogie ot d la toppgr%pl|ie d'un p^ys oy d'tijti^ 
caïK^pn* La ciirte de I9. Frappe prpte8jt,a^ ^st ffpnffi 
digne d.e. ^ét^de.desgépgrapJi,>Q^.; d'apl^^l pUj^ qa;eyp, 
a été dressée d'après les docume^t%o£^çije\i} par l^^pei;* 
SWM la mieux, placée poui^ lie^ C(Ui]^p\ilsej; et I.e|^ cqn- 
Iràler», IL GbaH^^ Read» chef de s.^rv,ice d(sa cuHqs.hq^, 
catboliques au ministère de l'inatrucliioix publique çj; 
des cultes. 

li^a progrès (^ protestai^sme en France soi^^ un, 
fait qf^i resaggpt avec, évidence de l'examen c^ç cette, 
carte. En dépit dej^ ijévocation de V^d\i de^N^ntesiet 
des pi9rsécntiopA dirigées contre le^ réCprmés^ eq ^çi;:tu 
de l'ordonnance de 172A, les protestants se trouvent 
maintenant dans le même rapport numérique avec la 
population catlioliquei qu'ils étay^t avajnt ces n:(çs^ures 



(lOS) 

d'iotoléraiice. On en comple aujourd'hui de 1 600000 
à 1800000 répartis sur .toute (^étendue de Fempire 
français» mais plus spécialement dans les départe- 
ments de la Seine, de la Charente-Inférieure , du 
Tarn, du Tarn-et-6aronne, du Gard, de la Lozère et 
de l'Ardéche. 

Get aceroissement graduel et peu remarqué des 
protestants qui suiirent en France la réferme de Calvin, 
a nécessité une répartition complète de tout notre pays, 
en circonscriptiops consistoriales , et tel a été l'objet 
principal àiy décret présidentiel du 10 novembre 1862', 
dont cette carte montre le système de division. Une 
même couleur embrasse l^s parties du territoire pla- 
cées dans une même circonscription consistoriale, et 
un signe particulier fait reconnaître le chef-Keu du 
consisloire. Les localités ayant des temples ou églises 
sont indiquées p^r un autre signe et toutes celles qui 
ont une population chrétienne réformée sont mar*- 
quées à Keiclusion de celles qui n'en renferment pas. 
Hi Read a de pl|is tracé le cours des principales 
nvièrea et les l^esde chemins de fer. En outre, l'au- 
teur a distribué, à k'entour de sa carte générale, des, 
certes partielles, donnant le noip et lu position des 
paroisses protestantes, e^ des lieux ayant des habi- 
tants qu^ professent le culte réformé, dans les dépar- 
temeula où. |a population protestante est la plus con- 
densée. Ce sont la Gironde et le n^idi de la Dordogne, 
la Drôme, la Lozère, le Gard, TArdèche. Ce travail, 
exécuté avec un grand soin et qui est destiné a devenir 
un élément staiisiique o£^ciel pour la connaissance de 
la difttÎMliQO des cultes A la surface du globe, n'est 
que la première partie de l'œuvre poursuivie par 



( 104 ) 

H. Charles Read. Cet écrivain qui s'est consacré avec 
un honorable dévouement à éclairer l'histoire de ses 
coreligionnaires et qui est le fondateur de la société 
déjà si florissante de l'histoire du protestantisme fran- 
çais, prépare une carte du culte évangélique ou luthé* 
rien. Voilà pourquoi les localités qui appartiennent à 
la confession d'Augsbourg ne sont point indiquées 
sur cotte carte, laquelle n'est annoncée que comme une 
partie première , quoiqu'elle constitue un tout com- 
plet : cette observation est d'autant plus nécessaire à 
faire ici que le grand nombre de réformés du rite 
français, dans les déparlements de l'ancienne Alsace 
et de l'ancienne Lorraine, pourrait donner le change 
et faire croire que toutes les populations protestantes 
de la France figurent sur cette carte. En effet, les 
arrondissements de Altkirch, de Saint-Dié, Schélestadi, 
Strasbourg, Saverne et Weissembourg, renferment un 
grand nombre de calvinistes. 

Il est également curieux de constater la coïncidence 
habituelle entre les départements protestants et ceux 
qui, suivant la carte de M. Charles Dupin , sont les 
plus avancés pour l'instruction primaire. On ne sau- 
rait contester que le protestantisme n'ait pas beaucoup 
plus fait pour TiDstruction populaire que le catholi- 
cisme; et si ce dernier culte parait avoir la supériorité 
pour les institutions de bienfaisance, et spécialement 
pour les ordres hospitaliers, l'autre culte a travaillé 
bien plus efficacement à répandre l'instruction et les 
lumières. On peut s'en convaincre en comparant l'état 
intellectuel de l'Italie, de l'Espagne avec celui de l'An 
gleterre, du Danemark, de la Suède et de la Hollande. 
Et pour constater que cetle différence ne tient pas à 



( 105 ) 
la différence seule des races que peuplent ces divers 

■h 

pays» il suffit de comparer l'état de TAllemagne mé- 
ridionale et catholique a?ec celui de l'Allemagne sep- 
tentrionale et protestante. Du reste» il est facile de 
pénétrer les motifs de celte différence, en examinant 
les principes sur lesquels repose la constitution des 
deux églises. 

La carte de M. Read a été publiée sous le patronage 
d'une des plus glorieuses conquêtes du protestantisme, 
l'amiral Baudin, président du consistoire central de 
France, et dont la patrie déplore la perte récente. 

Alfred Maury. 



EXTRAITS DES PROCÈS -VERBAUX DES SÉANCES. 



Séance du 5 janpier 1866. 

MftSIDEKCB SUCCBftSITB BB Mil. JOlfÂBD BT GUIGlfUUT. 

I^e proçè^TY^i:^) d^ U fi^oce. du 1*', décembre^ 
est Ivi e.l ^(UV)I^, apr^R (£u^qu|[}s, o^^yaliom 4«» 
M. Alfrçd ^aury, relativement à la mention faite, dans 
ce procès-verbal, du rapport qu'il devra présenter sur 
les cartes du prince héréditaire de Suède; il n*a pas 
trouvé, dit-il, dans la série des cartes offertes par le 
prince à la Société, la première des feuilles, la plus 
importante pour lui, celle où se trouve la légende, et 
il ne pourra rendre compte de l'ouvrage que lorsqu'il 
aura reçu la feuille qui manque et au sujet de laquelle 
il a écrit à M. le professeur Geffroy. 

Le procès-verbal de la séance générale du 15 dé- 
cembre est communiqué à la Commission centrale. 

Le secrétaire général donne lecture de la corres- 
pondance : M. le secrétaire directeur de l'Institut 
royal pour la géographie , l'ethnographie et les 
langues des possessions néerlandaises dans les Indes 
orientales, adresse à la Société les publications de cet 
Institut. La Commission centrale vote des remer- 
ciements à l'Institut, et décide qu'elle échangera 
son Bulletin contre les ouvrages qu'elle vient do 
recevoir. 

M. Edouard Anton adresse, de la part de M. le doc- 



teur Philîpfii. de Saoliago, au, Çbili, uoe-Q^M ^u 
désert d'Atacama. 

H. Hecquard, consul de France à Sculari (Mb|#^^)i 
adresse A le Société un exiraiè de VOhservfUone Trie^^ 
iiano^ eonteaant des observations faites piur le doctevMT» 
Kreil, directeur de Flnstilut eentral laétéorologiq^e 
et magnétique (voy. page 02 de ce Bulletin). 

IL de la Roquette apaooce Tb^ureuM^ %rr\v4j3 à 
Bombay de MM. Schlagintweit fràrâs* <iui doivent p vtM*. 
pour Madras vers la fio da aov,ei^br^ (1) . 

M. de la RoqueUe oSra^ de la. part de l'^ut^r et de 
l'éditeur, les 2% 3* ei 4' livraisaoade I'A^Im ^^ ^oy^Q 
de M. de Caatelaau. 

MM, B^H^BAllt FaoiD999iia. aBS,F.AR(}RS« LÊvi*4t^]râ||^, 
fils et Ernesl^ Mphin sont adiQÂs.dans la Société. 

M. Delamare. géograpj^ç/^gfa^^ur., ^^ pirésf^atéj 
comme candidat par MM. Jomard et CortamberL 

M. le président annonce que, conformément au 
Règlement, on va procéder au renouvellement du 
bureau de la Coo}mîftsii}D> caQtrai* ppiur.rannée 1855. 
Il prononce, en quittant la présidence, une allocution 
où il rappelle lie& lra«aux d« ia Socsété pendant les 
deux années qu'il vient de présider. 

Sont ^s ipeix^br^s d^ burea^ pour 1855 : 

Président: M. Guigniaut. 
Vice'prèsidents : MM. o'Avezag et Jomabd. 
Secrétaire général: M. V.-A. Malth-Brur. 
Secrétaire adjoint: M. Alfred Maurt. 

vO ^ojez la note aux nouvelles géographiques, p. ga. 



(108) 

L'ordre du jour appelle la notninationd'QH membre 
adjoint de la Commission centrale : M. le général 
Au? ray est élu. 

Les nouveaux membres du bureau entrent en fonc* 
tions. H. Gutgniaut, nouveau président* propose de 
voter des remerciements à M. Jomard^ président sor- 
tant. Cette proposition est adoptée. 

L'organisation des sections pour 1856 est modifiée 
dé la manière suivante : 

M. Cortambert remplace M. Alfred Maury dans la 
section de publication, et MM. Demersay et de la 
Roquette entrent dans la section de comptabilité. 

On procède h la nomination de la Commission du 
prix annuel pour la découverte la plus importante 
en géographie : sont nommés MM. d'Avezac, Daussy, 
Isamberty Jomard et Maury. 



Séance du 19 janvier 1866. 

f aiSiDBIfCB DB M. GUIlSlflAIIT. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté après quelques observations de H. de la 
Roquette. 

M. le président propose à la Commission centrale 
de voter des remerciements à M. Cortambert, secrétaire 
général sortant, les préoccupations et les incidents 
imprévus de la dernière séance ayant fait perdre de 
vue ce devoir. Celte proposition est accueillie à l'una- 
nimité. 



( 109 ) 

M. le présidenl rappelle les élections de cette der«- 
nière séance et proclame les noois des membres com- 
posant les trois sections de la Commission centrale. 

M. Jomard annonce que le colonel Ibanez, du corps 
du génie espagnol» chargé de diriger la nouvelle carte 
d'Espagne qui a été ordonnée par le gouvernement» 
est présentement à Paris , occupé des préparatifs de 
cette grande opération. 

Le même membre présente à Is^ Société M. Gh. An- 
derson récemment arrivé d'Afrique A Paris, d'où il 
doit repartir pour visiter la Suè^e, son pays natal» et 
retourner ensuite dans l'Afrique australe : son premier 
voyage a été fait en compagnie de M. Galton, et men- 
tionné avec éloge dans \e Bulletin. Il était, seul dans 
son second voyage, qui s'est étendu jusqu'au 18* degré 
de latitude sud. Une grande carte des voyages de 
H. Anderson, manuscrite, est ensuite communiquée à 
la Société et examinée avec un vif intérêt. M. Anderson 
promet un compte rendu de ses excursions, et il au^ 
torise la Société à annexer au Bulletin un extrait de ,sa 
carte. 

H. Jomard entretient ensuite l'assemblée des ré- 

■ 

centes nouvelles de Kouka et de Tripoli., au sujet de 
Tannonce de la mort du docteur BartU. Il résulte des 
lettres de 11. Churcli ,. l'un des attachés à M. Vogel 
(Kouka, 12 aoûtlSôA), et de M. le lieutenant-colonel 
Herman (Tripoli, 28 novembre), qu'on pourrait élever 
(iesdoules sur l'authenticité de la nouvelle, bien qu'elle 
ait été transmise à la reine d'Angleterre de la part 
du sultan de Bornou. 

M. V.-A. Malle-Brun remercie ses collègues de l'hon- 
neur inespéré qu'ils lui ont fait en le nommant sepré- 



( lio ) 

laîrë gènéj^!; mats il expose que M posiltod de 
rédacteiir en chef dos Nonvelks annules dei ntmytfgts. 
ayant pafù 4 quelques-uils d'entre eux incompatible 
HVëc les fc^ticiions de secrétaire gériérdi, il croît de son 
d'éVéir de donner sa démission. 

â la suite de quelqct^ obsenrations présMilées >|>àr 
lèM. de'lli Rt)qâette et l^uiain de Bossay , qUi déclarent 
ne pas voir d'incompatibilité dans la double situation 
dé M. V.^A.Hblte^Btun» et après quelques éclaircijse- 
hlënts de M. k président à ce sujet» Mé V;^A. Malte*- 
Brun déclare qti'il persiste dans sa première résdIolioD, 
et qu'il tnét sa dCinisèidn â la dièposition de ëes 
coUègiies. 

ftl. Alflred Maulpy demande alors la parole; il exposé 
dans Joëlle situation tl atait accepté les fonctions de 
Àeci'étaire adjoint» et dohne sa démission en la moli- 
vànt sjb'r éëtle de M. V.-A. Malte-<Bron. 

H. Tfémaui, tiiëuibi^ et latiréat de la Société» offre 
Ih èuite dëè livraisons dé son Atlais du voyage au 
'Soiidàn. M. le pt-ésideht adresse des remerciements é 
l'auteur. 

M. DBLàiiAAIi, présenté à la dëitlière séanèe i est 
àîdmii dans la Sèdété. 

H. Vivien de Saint^artin-^ anciet) membre» qui 
^Yàit perdu son titre par suite de l'article VI du Règle- 
teèhl» eât présenté par MM. Jomard et Goilamb^^rt^ 

M. Sédilldt donne lecture d'un rapport sur un trafail 
de M. Henri Martin (1)» qui combat, enire autres opi- 

(i) Ëiamen d'un Mëmoire posiliume Je Al. Letronoe et de ces 
deux questions : i* la rircoiiférenee du globe terrestre i^vatt-eM^ été 
vesnrée èkacnemetif, «iVattt les temps hhlofiquel? 3* IfeK ^rreCIrA et 



f 



(Hl) 

u\atii plus bù tnôfiis 'àccï'éfâiYé^ » l'ifiïë dfe la ineMre 
d\in aVc du ^inéridieU j[^ar les Égyptiens. Ce rappok*!, 
c^î dorit^e Heù à j^tiisiedrs observations de le pai% de 
MH. CrtiignUut , d'Avmc é\ 'Joihvtvà , est renVbyé ati 
Bii/tertli ftby. 'pRis hâVit). 

M. Vij^ve ia*Ëtclithtfl ^Tine fectu fie d'un fà'ppbrt 
sbH'bWï'ngè intîhiléï î>/?î?>o//wrf/iJt^itf (l)'dèMil!.NoU 
él Vliddc^b. Ce Vàppoii est i^hvoyiâ 'au Birlfetin apris 
qnetqûtéâ teixia^Oés de MM. Gûf^iaut et Alfred 
MkuVy. 



II. F^STémand de Lacâ éorit é la Société pa«r lui 
offrir pltjjBîe'urB nonfeiiox ouvitfces dooidl est l^autewr 
(vèy. Wftptèfcjv 

M. Jomard, en présentant à la Société M. MyÎKHiDèN 
I>ttpuy/i>flnre l*'<ine' cfrfle^e l'Élat de Ntofti^agua dreb- 
séèflr'^èC tn^ni\ebr^'«prèft ses propos tA>sènratttmii$ 



iet coQtnidicti<mt de la géographie mathématicjue des anciens s*ex- 
pliqueiit-ellês par la uiversité des stades et des milles? Paris, 1854) 
iii-8" de 14B pages. 

d* Wltfèm 4ftoM«héM% pÉlËKhijj^ )fo<dpt6#e^ •rtA «èrania of raMs, 
aod npon tbeir oa curai, geograpbical and biblical btétery. lilnatraled 
bj atflefSlloas from tfae ioediled |itip6rs of Samuel George Morton, 
and bv additionnai contributions firom Prof. Agassiz, W. Usher, and 
Prof. n. S. PattersoD. By J. C. iSott and George R. Gliddou. Lundon, 
Trèbncr, VKS4- ïn* ^^^ sc'h. 



(112) 

*1^ une grammaire fraoçaise en langue arabe, publiée 
par M. Dugat, à l'usage des indigènes de rAlgérie, 
et pouvant servir aux jeunes Arabes de l'Egypte et 
de la Syrie qui voudraient étudier A fond notre langue. 
Cet ouvrage est renvoyé à l'examen de M* Sédillot. 

Il offre ensuite» de la part de l'auteur» un ouvrage 
de M. Galton » intitulé : Art oj Travel^ accompagné 
de figures; M. Morel-Fatio est chargé d'ep rendre 
compte. Le savant voyageur n'a pas reçu la médaille 
que la Société lui a décernée en 185â ; la section de 
comptabilité est invitée à proposer le moyen de le 
dédommager de cette perte. 

Le même membre annonce que Roenig Bey s'est 
occupé depuis quelque temps de la traduction d'une 
histoire de Sennàr, ouvrage qui parait devoir jeter 
des lumiè/res sur l'histoire de l'ancienne Ethiopie; 
ses fonctions de secrétaire des commandements.. du 
nouveau vice-roi d'Egypte, Mohammed Sayd» l'ont 
obligé à suspendre momentanément l'achèvement de 
ce travail. 

Le même membre dépose sur le bureau un long ^ 
mémoire de M. Hermann Ludewig» l'un de ses corres- 
pondants de New- York» sur les aborigènes du Mexique, 
où Tau leur émet des opinions nouvelles sur les Toi- 
tèques, les Aztèques et les Gbichimèques (voyez p. 2 
et suiv. de ce Bulletin). 

M. Jomard termine ses communications en faisant 
hommage à la Société de la 2* livraison à^^Monwn^ts . 
de la géographie. 

M. Alfred Maury offre» de la part de l'auteur» M. Ph. 
Parlatore»deux ouvrages ayant pour titres': 1* f^iaggio 
per le parti settentrionali di Europafatto neW anno 1851; 



(113) 

2* Mémoire sur le Papyrus des anciens et sur le Papyrus 
Je Sicile» 

H. V.-A. Malle-Brun commuDique la réduction qu'il 
a faite, d'après les instructions de M. Jomard, d'une 
ctrte de Corée» destinée au Building 

La Commission centrale procède â la réélection de 
ses secrétaires» et elle nomme M. Alfred llaury» sacré- 
Itire général* et M. Y. -A. Malte -Brun» secrétaire 

adjoint* 

La Commission centrale nomme ensuite MM« Poulain 
de Bossay» de la Roquette et Isambert» commissaires 
pour le prix d'Orléans, relatif à l'importation la plus 
utile à Tagricullure» à l'industrie ou à Thumanâté. 

M. le président lit une note de M. Berlhelot» corn*' 
nraoiquée par M» Garnier» sur la mission que vient 
de remplir au Sénégal le navire à vapear V Aquitaine 
(voyet la page 80 de ce Bulletin). 

H.V.-A.Malle*Brun annonce la publîcati<m récente 
d'une carte des régions arctiques par l'Amirauté an*- 
glaise. Il entre dans quelques détails sur la nomen- 
clature de celte carte , destinée à restituer aux anglo- 
américains la part qui leur revient dans les découvertes 
arctiques, 

H, Isambert lit une notice sur Tatias qui accom- 
pagne le premier volume des Petits géographes grecs» 
que vient de publier la librairie Firmin Oidpt (voyes 
page 96 de ce Bulletùt). 

M. Fabre» membre de la Société, consul de France 
à Christiania» et présent à la séance; au moment de 
retourner à son poste» prie la Société de lui adresser 
quelques instructions. — Renvoi à la section de cor- 
respondance. 

iX, JAIIVIER KT P&VRIER. 8. 8 



{ iU ) 

Séance du 16 février 1855. 

A l'occasion du procès-verbal» un membre rappcfla 
l'observation qui a été faîte au moroenl du vote pour 
1^ nomination de la Commission du concours au prix 
d'Orléans» et il pense que l'erreur résultant de celte 
observation est de nature à invaliiler réieclion. La 
Commission centrale partage l'opinion de ce membre» 
crt décnde- qu'il' sera procédé à une nouvelle éleclidn 
dans la séance du 2 mars» 

M4 Alfred Maury annonce qu'il a traduit Je:m(b- 
moire de M^ Hermtinn Ludewig sur les aborigènes da 
Mexique. 

' M. Jomard donne lecture d'une lettre quo .lui adresse 
de Londres M. Anderson, en même temps qu'pn mé- 
moire partie imprimé partie manuscrit , destiné tV 
accompagner la carte de son voyage. M. Andersen 
profite de celte occasion pour transmettre le .veeu 
qu'a exprimé sir Francis Gallon au sujet de la médaille 
qui lui a été accordée par lai Société de Paris, et le vif 
regret qu'il éprouve de ne l'avoir pas reçue. 

Une lettre do M. Ribeiro, datée de Fayal (Açorés), 
est adressée au môme membre pour remercier la 
Société de la m'enlion qui a été faite de son travail 
stir la' statistique des Açoros; 

M. Jomard communique également une lettre de 
M. Brun» datée de Marseille ô février. Ce voyageur a 
appris qu'en 186/ii» A7 bar<{ues sont parties du Sennâlr 
pour le fleuve ftlanc; le commerce prend cliaque. jour 
une nouvelle extension sur ce fleuve, et M. Brui^ 
espère que bientôt les rives du Keilak cesseront d'ê|re 



Ufleo« Blanc *«?*"«"'; .^^^aU une Jelire d« 

U «èine communique pa ^^^.^^^ ^^.enfer- 

U. d-Escayrac. datée <»« ^«"J^' J j, fleuve Bboc 
«„ le canal des deux mer» *t. ^^^^^ ^^ d«,vioé au 

lyietin, aina qu une c ^^^^ je VAbyssinie. 

•^ "^'i""Tte de «Ue occasion pour offrir «ne 
M. Jomard proBte de eew élé.remisc de 

„«e des -^» V^ tl'qrreprésenle une partie 
Uor part, par M.Mar^tie. ^ q«- P ^^ ^^ .^^^^ ,, ,, 
du flemcBïanc. du 5 au 11 J i,,..„d du 

,«ys compris cotre le je ^^ ^.^ 

^'^'^V'TeXXtuXre du Niebpr. a««enl 
hoU stalions entre lem 

4o Nil Blanc. «\^l*»°''l'*i.„e l'extrait d\ooeletlro 
Le „.ftme membre communique^^^^^ ^^ ^^.^^ ^ 



à la précédente f^'' _ ^^^.,, ^t ua mémoire de 
Eosuile il présente "^ ^ ^^ i-fetat de Nicaragua. 
ll.M,ionnet-Dupuy. mgéo^u.^^^^^ ^^ .^^,^^ ^,^ , 

Celte carte représente le tem ^ pooiençla- 

- aistins- <î- ;7;;rdrMorqui- «tdo i. c. 

U.ré irèadétadléc du P*î»^^ ce J5«//«'»'0 • 
aeHoodùra» C'<>ï" P'?;;^,^,„,„ic,lions eu donnant 
. M.Jom.rd ^"7! diUraccompUe pai:/«P/«W- 

des nouvelles de l "P^J^^^'^^i^.éaeir de l'Afrique en 
bâtimentà vapeur, dans ti 



( 11^ ) 

MÎvaDt ie Kouara, la Tcfaadda et le Benouéi parveou 
^isqu^à Vola, ce navire ataii espéré trouver le docteur 
Barlh ; le voyage a doré 118 jours sous la direction de 
M. Baikie ; raccueil des naturels a été hospitalier^ Le 
bàtinsent est de retour en Angleterre. 

M. Y.-A. Malte-Brun, secrétaire adjoint, rlépose sor 
ie bureau le premier cahier des Naupelles annoter Jes 
voyages^ publié sous sa direction. 

M. Victor Guérin, professeur de rhétoriqve an lycée 
d'Angers, et M» Ernest Desjordins, professeur d'histoire 
et de géographie au lycée de Maçon , sont préeenlés 
peur être admis dans la SooiéU par HM. Guigoiaut 
et Jomard. 

M. le président signale les titres des deui candidats 
à Tattenlion de la Société. Le premier, ancien membre 
de Técole d'Athènes, est auteur de travaux importants 
sur la géographie et Thistoire des Iles de Sainjos et de 
Pathmos, et il prépare un mémoire non moins iidé-* 
ressant sur l'Ile de Rhodes et sur les côtes de la 
Palestine; le second vient de soutenir avec on grand 
succès deux thèses pour le doctorat es lettres. Tune 
sur les tables alimentaires qui se rattachent à un grand 
système d'assistance publique chei les Romains, l'autre 
sur la topographie duLatium et dans laquelle la partie 
géographique est Irailée avec soin. 

Le rapporteur de la section de comptabilité, pre- 
nant en considération la demande faite par M« Jomard» 
dans rintérèt de M. Gallon, propose à la Commission 
centrale de faire les frais d'une seconde médaille pour 
remplacer celle qui n'est pas parvenue à ce voyageur. 
Cette proposition est acceptée à l'unanimité. 
M. Trémaux lit une note dans laquelle il réfute les 



(117) 

opinions erronées de certains voyageurs sur les 
Yamyam ou prétendus Itonimes à qiieuc de rinlériour 
de l'Afrique. 

H. le président fait remarquer l'absence de plu- 
sieurs de ses collègues chargés de rapports urgents et 
il annonce, pour la prochaine séance» une nou?eIle 
convocation des sections de correspondance et de 
comptabilité» ainsi que de la Commission du concours 
au pnx annuel* 



»^^AmM«a 



( 118 ) 
OUVRAGES OFFERTS 

ÙAHS LES âBANGBS DE. JANVIER ET DE FÉVRIER 1855. 



EUROPE. 
Titres des ouvrages. Dottaîeuh. 

Vin^^io per le parti seltentrionali di Europa fatto nd!' ânno i85i, 
prima parte, i vol. in-8*. Firenze, i854* Fil- Paulatoib. 

ASIE. 

Les Samaritains de Naplouse, épisode d*uo pèlerinage dans les liens 
saints, i vol. in>8*. Paris, i855. L'abbé Baboés. 

Bornéo. Beschrijving van et Stroom(jebied van den Barito T. Bornéo. 
Description du bassin du Barito et Voyaije sar quelques-unes des 
principales rivières de la partie sud-est de cette ile, par le docteur 
C. A. L. M. Schwaner, de i843 à 1847. a vol. in-8*. Avec cartes. 
Amsterdam, i853-i854- — Beize romdom liet eiland Celcbes en 
naar eenige dcr Moinksche Eilanden, etc. Voyage à Vile Célcbes 
et il quelques ilesdes Moluques, exécuté en i85o, par Z. M. Sclie- 
pen, du navire de guerre VArgo, 1 vol. in-8% avec cartes et vues. 
La H.'iye, i853. — Bijdra(Ten tôt de Taal-Land-en Volkenkunde 
van Neerlandsch ludië, etc. Matériaux pour servir à la géographie 
statistique des Indes néerlandaises, a vol. in-8*. La Haye, i853- 
i854* — Banra, Malakka en Billiton, etc. Banca, Malacca et 
Billiton, par le docteur J. H. Croockewitz, publié aux frais des 
Indes néerlandaises dans les années i849-i85o. 1 vol. in-8*. La 
Haye, i85a. L'Irstitut n. obog. et etubog. des Indes onitKT. 

AFRIQUE. 

Voyages au Soudan oriental, dans l'Afrique septentrionale, etc., 
exécutes de 1847 ^ >854- >>% ^A i3* et i4* livraisons. In-f. 

P. Trâmavx. 



BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE. 

HABS BT AYBIL 1855. 



«iMiakMiMa^ 



■Iéni«li*e8, eto. 



MÉMOIRE SUR LE RÂGLE 

OC 

HALLUCINATION DU DteERT; 
Par M. W comte n'EscATRAr dr IiAVTure, membre de la Sociccé. 



Obseêvations préliminaires. 

Un voyageur, pressé d'atteindre le terme éloigné de 
ses fatigues, marche nuit et jour : accablé de lassitude, 
il ne tarde pas à être pressé par le sommeil ; sa volonté 
se roidit contre les exigences de sa nature; une lutte 
s'engage et cette succession naturelle de repos et de 
veille^ qui est la condition ordinaire de la vie, fait place 
chez lui à un état particulier qui n'est plus ni le repos, 
ni la veille. Ses yeux sont ouverts, son oreille perçoit 
les sons 9 sa main sent et agit, son esprit raisonne, et 
pourtant notre voyageur est le jouet des hallucinations 
les plus bizarres. 

Le terme d'hallucination est trop général pour dé- 
signer bien ce phénomène. Celui d'hallucination du 
désert a l'inconvénient de faire supposer qu'il ne se 
produit que dans le désert et celui d'employer deux 
mots à la représentation d'une seule idée. 

IX. UABS BT AVRIL. 1. 9 



1 



{ 122 ) 
Je proposerai en conséquence de faire passer dans 
notre langue le nom arabe de ce phénomène , nom 
bref, sonore et d'une articulation facile. Ce nom est 
ragl^ qui s'écrit arec un ré, un kâf et un lam (1) ; nous 
pourrions l'écrire ragle, ce qui serait plus conforme 
à nos habitudes orthographiques; let Arabes emploient 
l'accusatif adTerbial raglan (c'est-à-dire en ragle) pour 
désigner celui qui est sous l'influence du ragle. 

Le verbe ragala signifie il a subi l'action du ragle. 
Ce verbe» à sa quatrième forme, a la signification de : 
il a traversé le désert, il a marché rapidement, etc. 

Peut-être pourrions-nous adopter le verbe ragler^ 
dont le participe présent serait raglant, de même valeur 
que l'arabe raglan. 

Il serait avantageux d'employer les mêmes termes 
que les Arabes* a la désignation d'un phénomène dont 
nous n'avons guère à nous entretenir qu'avec eux. 

Il est rarement donné aux habitants de l'Europe 
d'observer le ragle» A part quelques courriers expédiés 
à franc étrier à de grandes distance» et quelques étu- 
diants qui, voyant avec inquiétude approcher le yout 
des examens, emploient leurs nuits à repasser ce qu'ik 
ont apprb» on peut dire que ce phénomène n'est connu 
que des soldats» et ne se maniresle à eux qu'en temps 
de guerre et <ian8 des circonstances peu ordinaii-es» 

(i) Daus ce mot Je kâf se prononce comme ao |f dar; c'est en 
réalité une lettre affectée de polyphonie, «lie tst arUcolée par les 
Arabes comme un k guttural dans les mots kouran (Gorao), hakk 
(vérité, Dieu], et comme un g dur dans les mots goum (levée, troupe), 
gam (corne). Les lecteurs du Coran en font toujours un k guttural, 
!•• Égyptieoa en font un k légèrement aspiré et semblable au e dnr 
des Toscans. (Vny* unm nste à la fin de ce némoira.) 



(128) 

comme les marches de nuit, les veilles prolongées en 
temps de siège» le qui-vive perpétuel d'une armée 
dont les campements sont menacés chaque nuit ou 
insultés sans cesse par un ennemi insaisissable. 

Les soldats n'écrivent guère leurs impressions; les 
voyageurs, plus complaisants pour eui-mômes, les 
écrivent volontiers, mais ayant, en général, soin de se 
fatiguer peu , ils ne connaissent le rngle que par oui- 
dire et nous en donnent un portrait peu ressemblant. 
Ils ont pour la plupart si peu d*idée de ce phénomène^ 
qu'ils le confondent généralement avec le mirage. 

Lorsque je voyageais à dromadaire dans leBeiad-es- 
Soudan» il m'arriva plus d'une fois de faire d'une seule 
traite un voyage de cinq journées de marche ordi- 
naire ; je passais alors en route trois nuits et deui jour- 
nées, el la fatigue causée par une si longue privation 
de sommeil produisait chez moi toutes les hallucina- 
tions du ragUt Je ne songeai malheureusement pas à 
cette époque à noter toutes mes impressions, et je n'en 
conservai qu'une réminiscence générale que j'ai con- 
signée en ces termes dans un livre intitulé : Le désert 
et le Soudan. 

« J'ai souvent souffert de la privation du sommeil, 
» qui est la plus cruelle de toutes; peu é peu je sentais 
* le trouble se mettre dans mes idées ; c'est en vain 
» que je parlais avec mes guides, que je chantais, que 
» je descendais pour marcher un peu, que je m'as|^er* 
» geais le visage d'eau fraîche : il me semblait bientôt 
» que l'horizon s'élevait autour de moi comme une 
» muraille, le ciel formait à mes yeux la voûte im- 
» mense d'une salle fermée de tous côtés, les étoiles 
» n'étaient plus que des milliers de lampes el de lustres 



( 124 ) 

» destinés à éclairer cette salie ; puis mes yeux se fer- 
x» maient, ma tète se penchait et tout d'un coup 
» sentant que je perdais l'équilibre, je me rattrapais 
)) il ma selle et cherchais en chantant à écarter de nou* 
» veau l'ennemi qui m'assiégeait sans cesse. » ( Le 
désert et le Soudan^ liv* V, ch. v.j 

Je ne songeais point à revenir sur cette description 
exacte, mais très incomplète, lorsque l'occasion m'a 
été donnée, sinon de faire du ragle une étude plus 
étendue, du moins de réveiller d'anciens souvenirs. 

Voulant dernièrement rejoindre à Suez M. Ferdinand 
de Lesseps et visiter avec lui ce port» dont la création 
d'un canal des deux mers peut changer la face, je 
partis du Caire sur un dromadaire de la poste. Ce 
voyage très court, car il employa un peu moins de 
trente heures, n'eût certainement pas donné chez moi 
naissance au ragle, si je ne me fusse trouvé dans des 
circonstances physiologiques toutes particulières. Je 
venais d'être malade et n'étais pas encore parfaite- 
ment rétabli; un malentendu fut cause que je n'em- 
portai point de vivres et ne pus m'en procurer en 
route; depuis deux ans je n'étais pas monté à droma- 
daire; enfin, ayant quitté le Caire assez tard dans la 
soirée, je me trouvai passer deux nuits sans sommeil. 
Le nigle se développa avec assez d'intensité pendant 
la seconde nuit, j'en causai avec les gens qui me con- 
duisaient; je retrouvai mes souvenirs, et les réflexions 
que ce sujet intéressant m'inspira, me conduisirent 
à quelques considérations générales, a une sorte de 
théorie du ragle (1). 

(i) Voypy. unn note h la fin de ce mémoire. 



( 425 ) 

Due longue privation de sommeil et la fatigue qui 
en résulte sont les causes ordinaires du ragle, qui peut 
se développer aussi sous Tinfluence d'une soif exces- 
sive, de la faim, peut-être même du chagrin , de la 
crainte, etc. 

Les sens sont émoussés, leurs perceptions devien- 
nent confuses et ne satisfont pas l'esprit, qui cherche 
à les compléter; une sensation imparfaite sert de point 
de départ et devient le rudiment sur lequel s'élèvent les 
constructions de la fantaisie ; l'encbalnement des idées 
accomplit celte transformation, qui a lieu suivant la 
pente des aspirations habituelles du sujet ou dans le 
sens de ses préoccupations du moment. 

Les aberrations peuvent se rapporter à la vue, h 
l'ouïe, au goût, à l'odorat, peut-être même au toucher. 
Celles de la vue sont de beaucoup les plus fréquentes. 
L'œil, en effet, est celui de nos organes que nous exer- 
çons le plus, qui a le plus besoin de repos : l'obscurité 
complète lui fournirait ce repos ; il se fatigue au con- 
traire davantage à chercher au sein d'une demi-obscu- 
rité, de ce qu'on a appelé des ténèbres visibles, le 
détail ou la véritable forme des objets. Nos autres sens 
sont rarement soumis à une cause analogue de fatigue. 
Le cas peut se présenter pour l'ouie, lorsqu'au milieu 
du tumulte d'un combat, à travers le grondement de 
l'artillerie, Téclat de la mousqueleric, l'ébranlement 
communiqué au sol et à l'air par le galop des chevaux 
et le roulement des voilures, à travers les cris des 
blessés» les appels qui se heurtent et se confondent, le 
bruit des tambours, le vacarme des clairons, le soldat 
cherche vainemenl avec une attention soutenue à dis- 
tinguer la voix de ses chefs. 



( 126 ) 

La nature des aberrations ne présente pas pour un 
même sujet et dans les mêmes circonstances une 
grande variété. En général, pour ce qui concerne la 
tue, les pierres deviennent des l'ocbers ou des édifices; 
les' traces des animaux, les ornières donnent à la route 
l'apparence d'une terre labourée ou d'une prairie. Les 
ombres portées, lorsqu'il y a clair de lune surtout, 
figurent des puits, des précipices, des ravins; des 
ombres moindres présentent l'aspect d*ètres animés; 
on voit passer devant soi de longues files de chameaux, 
des voitures, des troupes nombreuses, des bataillons 
dont on distingue les uniformes. 

On voit encore souvent s'élever devant soi et autour 
de soi toute une forêt d'arbres très minces et peu touf- 
fus, mais d'une grande hauteur et dont le feuillage 
cache une partie du ciel sans voiler pourtant les étoiles; 
dans un <lésert parfaitement aride, cette aberration 
me parait trouver son rudiment dans les petits vais- 
seaux plus ou moins engorgés de la cornée transpa- 
rente. Suivant que l'œil est plus ou moins ouvert, ces 
ob|ets prennent des apparences différentea. 

Les images ne paraissent souvent pas être éloignées 
de l'œil de plus de 50 centimètres à 1 mètre; elles ne 
s'en rapprochent pas davantage, à ce que je crois* Il 
m'est arrivé de traverser des murailles qui reparais- 
saient toujours devant moi, mon bras allongé plongeait 
dans la maçonnerie, mon corps ne la rencontrait 
jamais, elle s'ouvrait pour lui donner passage. 

Une aberration très fréquente est le redressement 
des surfaces horizontales. Des treillis s'élèvent aux côtés 
de la route; l'horison devient un mur, ou une en- 
ceinte, ou une immense cuve; quelquefois il semble 



(127 ) 

qu*on se trouve au milieu d'uD cratère, au milieu du 
Val-del-Bove, ou de quelque gorge resserrée des Alpes. 
Un fait d'une nature analogue est la transformation 
de la partie du ciel qui est devant nous en une longue 
et étroite bande de gaze. A propos du redressement 
des surfaces horizontales, je m'exprimais ainsi dans 
Le désert et le Soudan : 

a Nous rapportons toujours les perceptions de notre 
ji vue aux effets de la lumière à laquelle nous sommes 
» le plus habitués; c'est pour nous celle qui, dans nos 
» climats, se produit le jour. Cette lumière qui se 
» reflète vivement sur les plans horizontaux, laisse les 
» plans verticaux dans l'ombre; toute surface peu 
» éclairée est dès lors considérée à priori par nous 
» comme un plan vertical ; et la nuit ne nous offrant 
» que des surfaces obscures terminées par des traits 
» confus, nous n'y reconnaissons plus les plans hori- 
» zontaux. » [Le désert et le Soudan ^ liv. I*', cli. v.) 
C'est on fait de mirage. 

Les rochers, les maisons et tous les objets qui pré- 
sentent une surface verticale, paraissent plus élcvét 
qu'ils ne le sont, sans paraître plus larges; une maison 
d'un étage parait en avoir au moins deux. 

Le rudiment de toute aberration étant nécessaire- 
ment une perception confuse, il est facile d'en con« 
dure que la perception des objets éclairés ou lumi- 
neux ne donnera naissance à aucune aberration , à 
moins, bien entendu, que l'éclat de ces objets ne puisse 
pas être soutenu par l'œil. 

C'est pourquoi, dans le ragle, si l'on se trompe quel- 
quefois sur la nature des étoiles, on ne se trompe 
jamais sur leur nombre, leur situation, leur grandeur. 



( 128) 

Le ragle se manifeste quelquefois le matin ^ le soir et 
môme en plein jour; clans ce cas l'aberralion de In vue 
esl occasionnée par réclat insupportable d'une lumière 
ébiouissanle. Le phénomène est alors habiluellomcnt 
compliqué du mirage que j'appelle de la première 
espèce, à savoir: indécision sur la forme el la dimen- 
sion des objets, déplacement et flottement des images. 

Les aberralions de l'ouie, beaucoup plus rares que 
celles de la vue, atteignent surtout ceux qui sont h jeun, 
les vo}ageurs soumis à Tinfluence du simoun, dont 
les oreilles sont fatiguées par le vent, irritées parle 
salle, les gens sujets aux bourdonnements d'oreille; 
les fiévreux qui ont eu recours au sulfate dequinine, etc. 

Des sons réels confusément perçus, sont transfor- 
més par rimagination; le frôlement des herbes du 
désert, le choc d'un caillou, le mugissement du veni, 
deviennent des chants mélodieux, des cris de détresse, 
le grondement de la foudre, des .coups de fusil, etc. 

J'entendais une nuit le tic-lac d'un moulin; j'eus de 
Ja peine à me rendre compte de l'origine de ce bruit, 
j'y arrivai cependant : c'était la boucle de mon cein- 
turon qui flottait sur le pommeau de la selle où j'avais 
accroché mon sabre suivant l'usage du désert. 

On se représente facilement ce que peuvent être les 
aberrations de l'odorat et du goût. J'aurai l'occasion 
d'en citer bientôt un exemple. 

J'ai dit que cet enchaînement d'idées, qui donne 
naissance au ragle, a lieu suivant la pente des aspi- 
rations naturelles du sujet, ou dans le sens de ses 
préoccupations du moment. 

Les aspirations naturelles d'hommes appartenant 
à la môme race, ayant reçu une éducation à peu près 



( 129 ) 

pareille, ne sauraient différer beaucoup; il en sera de 
même de leurs préoccupations lorsqu'ils se trouveront 
soumis à l'empire des mêmes circonstances. De mêmes 
rudiments seront pour eux Ja source d'aberrations 
semblables ou a peu prés semblables. Aussi arrive-t*il 
presque constamment que des voyageurs pris simul- 
tanément de ragle voient se dérouler devant eux les 
mêmes images : si l'un voit des montagnes, l'autre en 
verra aussi; si l'un voit upe maison, l'autre verra égale- 
ment une maison. 

Toutefois les montagnes de l'un et les montagnes 
de l'autre, la maison de l'un et la maison de l'autre, 
pourront différer^ les unes des autres, et différer 
notablement. 

lin de nos arcbéologues les plus érudits traversait 
avec un habile paysagiste le désert de Suez, tous deux 
furent pris de ragle; se rendant mutuellement compte 
de leurs impressions, ils reconnurent qu'elles étaient 
pareilles et en restèrent surpris. De temps en temps 
l'an de nos deux voyageurs disait à l'autre: « Je vais 
vous dire ce que vous voyez : vous voyez telle chose. » 
Et la description qu'il faisait des images vues par son 
compagnon se trouvait parfaitement juste. 

Chez des gens de race et d'éducation différentes, les 
hallucinations présenteront dans les mêmes circon- 
siances une certaine analogie, mais elles seront rare- 
ment semblables. Ainsi , un Bédouin qui n'uurnit 
jamais vu d'arbres, et il y eu a beaucoup dans ce cas, 
ne saurait voir s'élever autour de lui une forêt; là où 
nous verrons une voiture, l'Arabe verra un chameau; 
là où nous verrons un clocher, il verra un minaret» et 
ainsi de suite. 



(4M) 

Une forte préoccupe tion a sar la nature desliallu- 
cînetions une influence remarquable. }*en citerai quel- 
ques exemples. 

lin médecin distingué qui se trouvait au Caire fut 
appelé de nuit aux Pyramides pour donner ses soins 
è un voyageur grièvement blessé; il partit; mais le som- 
meil appesantissait ses paupières, l'impatience d'arri- 
ver assez à temps pour arracber un malheureux à la 
mort lui faisait trouver la route d'une longueur excès- 
Mve. Préoccupé du moment où il verrait (iistinctement 
les Pyramides se dresser devant lui, il ne tarda pas à 
les voir surgir du sein des ténèbres et il mllait les 
atteindre, quand elles firent place au vide, il les revit 
encore, elles s'évanouirent de nouveau, et cette vision 
se renouvela plus de vingt fois en deux heures sans 
qu'il lui fût possible de s'en débarrasser. 

Un des plus récents marlyrs de la science, James 
Richardson, s'était perdu dans le désert : « J'étais acca- 
» blé de fatigise , dit-il dans la relation de son voyage, 
» mes sensations ressemblaient à celles d'un homme 
x) ivre ( my »efut$ began to réel Uke ihose of a dnmi^n 
n man); tantôt je croyais entendre des voix qui m'ap- 
» pelaient, tantôt je voyais des lumières, tantôt encore 
» un homme à liromadairc envoyé à ma recherche, et 
» ce qu'il y avait de plus singulier, c'est que toutes 
» ces impressions étaient d'une vérité complète; elles 
» appartenaient bien à ce monde, non k un monde 
» surnaturel ( je ne m'en étonne pas). Je voyais à chaque 
»> instant des gens qui me cherchaient, je les eatendais 
^> m'a(ipelur sans relâche, Yakob, Yakob 1 J'étais d'au- 
» tant plus le jouet de oes illusions qu'il faisait grand 
» jour, et que je ne croyais qu'aux dépeptîona dti la 



(181 ) 

«nuit; chaque bouquet d'herbe, cbaqtM boisson» 
» chaque butte de sable détenait un chameau, cm 
T> homme, un mouton, un être animé, etc. » Dans les 
tristes circonstances où il se trouvait, la préoccupa- 
tion constante de James Richardson était de retrouver 
sa caravane; de là toutes les hallucinations dont.il 
parle. 

le fis rencontre, il y a près de quatre ans, dans le 
désert des Bycharis (entre Soakem et Berber) , d'un noir 
qui s'y était égaré : depuis une soixantaine d'heures, 
ce malheureux n'avait rien pris; en proie au ragle, il 
n'apercevait autour de lui que des sources d'eau vive, 
dont il croyait s'abreuver sans cesse; l'air sec du 
désert lui apportait des eifluves humides, il marchait 
avec précaution sur le sable, se croyant sur un sol 
détrempé ; quelquefois il apercevait le Nil et le sentait, 
il courait alors ou se traînait jusqu'à ce que ses forces 
vinssent à le trahir; Cet homme ne dormait pas, il 
n*était pas le jouet de rêves, mais d'iiallucinations; 
il avait beaucoup de fièvre, mais le délire avait com- 
mencé avant la fièvre. 

On se demandera peut-être comment ce aoir pou- 
vait s'imaginer qu'il s'abreuvait alors qu'il se trouvait 
au centre d'un désert aride et environné d'une atmo- 
sphère dépouillée de toute humidité ; le voici : la peau 
de cet homme était brûlante, aa langue était couverte 
d'un enduit jaunâtre fort épais, les muqueuses de la 
bouche» de la gorge, du nex étaient le siège d'une forte 
inflammation; le contact de l'air, qui nous semblait 
brûlant, devait lui paraître froid, Tair qu'il respirait 
rafraîchissait niomentanénient sa langue et son fMiais; 
en proie à une préoecupalion unique* H devait con- 



( 182 ) 

fondre celte sensation de fraîcheur avec celle que lui 
eût fait éprouver une gorgée d*eau. 

Nous avons vu James Richardson être frappé de la 
netteté des impressions qu*il recevait du raglc. Ces per- 
ceptions fausses ont une vérité pareille i celles de nos 
rêves; elles sont si distinctes que nous les rapportons 
à nos sens» si subtiles que nous saisissons les moindres 
détails, les plus fugitives apparences des objets créés 
par notre imagination. C'est ainsi que marchant une 
nuit au milieu d'une vaste plainei il me semblait 
côtoyer de hautes montagnes : â ma gauche , à une 
profondeur immense, je voyais se dérouler une riche 
vallée; sur les bords d'un ruisseau coulant au milieu de 
cette vallée, je voyais un champ de trèfle, je comptais 
les folioles de ce trèfle imaginaire, je distinguais même 
les étamînesde ces fleurs; mais là commençait le rêve, 
le ragle faisait place au sommeil. 

Les sens cependant perdent en clairvoyance tout ce ' 
que gagne l'imagination. L'œil, par exemple» quoi- 
qu'ouvert ne voit plus ou presque plus, et les plus 
grands eflbrts ne suflisent pas toujours à faire aperce- 
voir l'objet le plus rapproché. Une nuit je voyageais 
sans domestiques et accompagné d'un seul guide sur 
une route très fréquentée et très apparente ; le guide 
se tenait à quelques pas en arrière de moi, j'étais en 
proie au ragle : a Tu n'es plus dans la roule , me cria 
» tout à coup mon guide, appuie à gauche. » J'appuyai 
à gauche et coupai la route sans la voir ; rappelé de 
nouveau, je pris à droite et coupai encore la route sans 
Ja voir davantage: « Je ne vois plus le sol, dis-je alors 
» à mon guide, passe devant je te suivrai sans peine, d 
Lui-même était bientôt le jouet des mêmes aberra- 



{ 188 ) 
dons et deTait descendre de son dromadaire pour 
chercher la roule avec ses pieds et ses mains, à défaut 
de ses yeux. 

Les sens sont émoussés» l'imagination folle : la rai-> 
son cependant, toujours en éveil, n'est pas trompée 
par les jeux de la fantaisie. 

On Toit un palais, on en compte les fenêtres, mais 
on sait à merveille qu'il n'y a point là de palais. C'est 
en vain pourtant qu'on se roidit pour ne point le voir, 
les plus beaux raisonnements n'y font rien; on sait 
qu'il n'existe pas, on agit comme s'il n'en existait pas, 
mais on le voit toujours, à moins qu'on ne vienne à 
penser à autre chose ou que l'imagination ne fasse 
du palais une forteresse ou une ville. 

Au milieu du ragle j'ai déclamé des vers ou psal- 
modié le Coran sans me tromper d'une syllabe ; j'ai 
soutenu des conversations très longues sans le moindre 
embarras comme aussi sans le moindre soulagement} 
j'ai essayé de résoudre des problèmes de mathématiques 
et j'y ai réussi; j'ui fait mieux, dans mon dernier voyage, 
pendant que le ragle m'obsédait, je tirai de ma poche 
un petit carnet et comme j'écris facilement à droma- 
daire, je m'amusai & noter sur ce carnet toutes les im« 
pressions que je recevais du ragle. Ce^qu'il y a d'assez 
remarquable, c'est que j'en étais réduit à écrire A 
t&tons; je ne voyais le carnet que par intervalles, il pre- 
nait presque constamment à mes yeux l'apparence 
d'un grand album couvert de très beaux dessins. Je 
relus le lendemain mes notes de la nuit, leur rédaction 
témoignait de la parfaite lucidité qui y avait présidé* 

Lorsqu'on parcourt une route sur laquelle on sait 
qu'il n'existe pas de forêts, on peut donc par l'effet 



(484) 

du mgle s'en voir entouré sans que la raison s*y trompé 
un seul instant ; mats si Ton parcourt une route in« 
connue, on peut fort bien ajouter foi à des impressions 
contre la fausseté desquelles on n'est point prémuni h 
l'avance, croice, par exemple, qu'il existe un fossé là 
où l'on en voit un. 

On peut enGn connaître bien la route» l'avoir suivie 
mille fois, et, cette route étant bien frayée , ne pas la 
voir où elle est et la voir distinctement où elle n'est 
pas, et tout en ne dormant pas, tout en chantant, en 
causant, ^'égarer complètement dans le désert. 

Celte observation servira à résoudre une question 
de médecine légale qui peut à cbaque instant être 
portée devant un conseil de guerre. 

Voici celte question : un guide qui ne peut prétexter 
son ignorance et qui ne dormait point, a égaré de nuit 
la colonne qu'il devait conduire; peut-on sur ce seul 
faille déclarer coupable de trahison ? Non évidemment, 
car il pouvait être sous l'influence du ragle. 

La chose n'a rien d'improbable si ce guide est un 
paysan fatigué des travaux de la journée, requis le 
soir sans avoir eu le temps de souper, peu habitué au 
cheval et 1res effrayé des menaces qu'on lui a faites. 

L'erreur des 'militaires consiste à croire qu'il suffît 
que le guide ne dorme pas ; il faudrait s'assurer aussi 
qm'il n'est pas soumis au ragle , le questionner à ce 
sujet s'il inspire de la confiance, et, s'il ragle forte- 
ment, agir en conséquence. 

On saura qu'un homme ragle si on le voit étendre 
les bras en avant comme pour écarter un obstacle, 
écarquiller les yeux, chanceler sur sa selle, agir sur 
la bride sans motif apparent, ou, s'il esta pied, marcher 



( iS6 ) 

eemme un homme ivre et se délouraer pour éviter 
des objets imaginaires. 

C'est sur les étoiles que les Arabes se guident presque 
toujours» quand ils voyagent de nuit dans le désert; 
les étoiles ne trempent jamais ceux qui subissent le 
ragle» d'ailleurs toute la caravane a reconnu de suite 
Téloile choisie parle guide» et s'il venait à s'endormir, 
elle ne sortirait pas pour cela du bon chemin. 

Les Arabes qui prennent habituellement peu de 
sommeil et sont brisés à toutes les fatigues du désert, 
souffrexU moins que noua du ragle; mais ils en souffrent 
aussi. Leur manière de vivre si misérable est ce qui 
les y expose surtout; le Bédouin ne mange pas tous 
les jours. 

Le ragle se produit surtout entre minuit et six ou 
sept heures du matin» il disparaît habituellement pen- 
dant le jour; le ragle de jour est affreux» parce qu'il 
ne se montre jamais que si la fatigue est excessive. 

Le ragle se manifeste ordinairement par accès» dont 
la moindre durée est de quelques minutes. 

Le ragle continu constituerait Thallucination des 
délirants» comme le rêve continu constitue l'illusion 
des maniaques. 

L'accès commence subitement» sans qu'on puisse 
s'en défendre; il cesse tout d'un coup» presque tou- 
jours sans cause appréciable. Au début quelques dis- 
tractions» des lotions d'eau fraichey etc. , peuvent mettre 
fin à un accès de ragle. On obtient quelquefois ce ré- 
sckal en fixant son regard sur les étoiles; le café peut 
être employé avec avantage» mais la fatigue générale 
et l'irritaiioa nerveuse ea soBi accrues, et le seul 
véritable femède.i||ue je connaisse au ragle» c'eat le 



( 186 ) 

sommeil ; un sommeil de quelques minutes procure 
un soulagement considérable. 

Mais il arrive souvent que rirrilalion nerveuse rende 
le sommeil impossible ; cela m'est arrivé une fois en 
Egypte: il faut alors avoir recours aux bains. 

11 me serait difficile de dire si le ragle repose; il est 
positif que certains animaux ne connaissent que le 
demi-sommeil et que des fous peuvent passer plusieurs 
mois sans dormir. 

Le ragle précède le sommeil de Tbomme et en 
marque la fin : c'est pendant cet état de somnolence 
que des esprits crédules ou limorés aperçoivent des 
fantômes, entendent des voix mystérieuses. La faiblesse 
d'esprit ordinaire à ceux qui éprouvent ces hallucina- 
tions, fait quelquefois passer h l'état de maladie men- 
tale, des aberrations passagères ches d'autres. Dans 
un livre relatif à l'emploi du haschich {Cannabis indica), 
le docteur Moreau, de Tout*s, a expliqué ces phéno- 
mènes mieux que je ne saurais le faire. 

Le ragle se présente souvent aussi dans le cours du 
sommeil; un bruit soudain, un choc, la piqûre d'un 
insecte peuvent en provoquer l'apparition. C'est alors 
que la raison, réagissant contre les impressions du 
rêve , nous rappelle que nous dormons et que ce qui 
nous préoccupe ou nous apparaît, n'a point d'existence 
réelle; nous gardons au réveil le souvenir des rêves 
que le ragle est ainsi venu interrompre, nous perdons 
tout souvenir des autres ; c'est ainsi que le somnam- 
bule ignore les actes qu'il a accomplis dans le sommeil. 
Le ragle et le sommeil sont, du reste, assez souvent 
difficiles à distinguer l'un de l'autre ; il arrive un mo- 
ment où ils se confondent ; ce moment e^t celui où 



( 187 ) 

s'accomplit le passage de l'un à l'autre de ces états. 

Le ragle présente le plus grand rapport avec l'ivresse 
produite par les boissons alcooliques, avec celles ducs 
à l'usage de l'opium» du basckich, du cati, du safran, 
de l'ambre gris, de la belladone, de l'étber, etc., avec 
le délire de la fièvre et les hallucinations de quelques 
fous. C'est une espèce bien caractérisée d'un mdme 
genre. 

Le ragle, l'ivresse, l'hallucination diffèrent du rêve : 
1* En ce qu'ils se produisent en dehors du sommeil, 
sans que l'éréthisme normal des organes de la vie 
animale soit suspendu entièrement, et sans que la rai- 
son perde totalement sa puissance; 2^ en ce qu'ils 
procèdent toujours directement de la sensation confuse 
dequelque objet, en un mot d'un rudiment réel; tandis 
que le rêve prend sa source dans le simple souvenir. 
Il est vrai que ces souvenirs se présentent à l'esprit 
par suite d'un enchaînement d'idées, dont la première 
est née de quelque sensation qui a précédé le som- 
meil; mais il n'y a aucun rapport entre cette sensation 
et le rêve. 

La vision du ragle diffère de celle du mirage en ce 
que dans ce dernier phénomène, ce que Ton voit existe 
réellement; ainsi, si l'on croit voir de l'eau, c'est qu'il 
s'est produit réellement l'image d'une surface bleue 
miroitante et un peu agitée ; notre esprit se trompe . 
seulement en supposant que l'existence de l'eau est 
inséparable de la production d'une telle image. 

Au Caire, 10 janvier 1855. 

G** d'Escathag de Lavtubb. 



IX. mas BT AVBiL. 2. 10 



(188) 

NoU. 

Le phénomëDe si bien décrit par M. d'Escayrao dif- 
fère des autres espèces d'illusions ou d'hallucinations, 
par la cause comme par les effets ; on aurait égale- 
ment tortt et d'en contester la réalité et de le confondre 
avec d'autres affections mentales, analogues à certains 
égards, mais distinctes au fond. Celle-ci est le produit 
d'une grande fatigue, jointe à l'insomnie prolongée; 
l'un de ses caractères est de cesser complètement 
aussitôt qu'on a pris un peu de repos; à peu près 
comme cesse le mal de mer, aussitôt qu'on a touché 
la terre. 

J'ai moi-même éprouvé un commencement de raf^ 
dans les circonstances suivantes. J'allab d'Alexandrie 
^ Rosette, à pied^ à la suite d'une nombreuse caravane: 
c'est un voyage de quatorse à quinze lieues; on allait 
lentement; c'était environ cinquante jours après le 
désastre d'Aboukir. Je suivais le bord de la mer, mar* 
qbant péniblement sur des monceaux de débris de 
tout genre, jetés à la côte, carcasses de navires, gou- 
vernails, câbles, voilures, affûts, portions de ponts, de 
mâtures et de vergues, etc. , dont la rive était jonchée (1). 
Bientôt il faillît marcher sur des sables très fins, où 
les pieds enfonçaient profondément. La fatigue augmeu- 
tait par la nécessité de soulever, à chaque pas, un sable* 
pesanU Dès la première nuit, cette fatigue devint 
extrême; je n'avais plus la perception exacte des objets 
ni de la forme des lieux ; la surface du lac Aladyéh 

« 

(i) Çà et là dcf fiédouins bràlaient les bois pour en tirer le fer; 
le vaisseau U TimoUon gisait là tout entier. 



(• m > 

me |>arttl èire, moins um nappe d'eAii qu'une plaine 
très unie. Je combaUaîs le sonuneil à grand peine » 
marehanfl loiijours, sans prendre de repos. Dans cet 
élat de demi-veille, des images bizarres s'offraient à 
Bion esprit, et rillusion était telle que j'eoiraî dans 
le lac 1res avant sans m'en apercevoir, l'eau, d'aii'» 
.leurs, était très chaude; à la fin, la fraîcheur causée 
par l'évaporatioD de l'eau m'avertit de mon erreur et 
cette singulière sensation cessa tout a fait. 

(Joe autre fois, la même cause d'extraordinaire fa- 
t^ue etd'ÎDsomnie fit que je m'égarai et perdis la trace 
de la caravane. 

M. d'Escayrac fait dériver le mot ragi du mot arabe 
ragida; oo le connaît seulement à la quatriëiae forme; 

i^rgala signifie effectivement veloa: fuit transiuU 

desertum. Il est à remarquer que le mot raghala^ écrit 
par un gbain, à la première forme signifie : erravit^.,, 
nec posait fecitye suo loco,».. aberraifit a pascuis came^ 
lu$. etc. J-D. 



QUEXQUES DÉTAILS SUR LES PRÉTENDUS 

UOllMES A QUEUE. 



Depuis quelque 'temps» une question qui a déjà 
occupé l'attention publique à diverses époques, a été 
remise en discution : il s'agit de savoir si réellement 
il } a en Afrique des populations munies d'un appen- 
dice caudal et constituant un type de race. 

Ayant visité moi-même les peuples qui paraissent 
désignés par plusieurs des narrateurs africains dont 



( 140 ) 

les récits «ont en queslion, je crois qu'il est con?eiiable 
de faire connaître ce que j'ai vu. On y trouvera, je 
pense, l'origine de ces récits et l'explication des diffé- 
rences quHls présentent entre eux. 

M. Ducouret a donné dans La France médicale du 
1*' septembre dernier, le dessin d'un homme ayant 
un appendice caudal qu'il dit avoir vu à la Mecque ; 
le fait n'est pas impossible, on a vu plusieurs sujets, des 
Parisiens même, munis d'un appendice de ce genre et 
d'autres anomalies plus surprenantes. Mais pour ce qui 
serait d'une population tout entière de cette nature» 
j'ai lieu de croire que l'erreur est née d'une circon* 
stance bien simple en réalité. 

Voyons d'abord en quelques mots quels sont les 
récits qui pourraient faire croire à l'exislencc d'une 
race d'hommes ainsi constitués. 

Sur une vingtaine de nègres du Haoussa et des envi- 
rons qui ont donné les renseignements recueillis par 
M. de Gasteinau , trois seulement prétendent avoir vu 
des hommes à queue, un autre des enfants; encore» 
suivant les uns, cette queue aurait 30 à AO centimètres 
de longueur, suivant d'autres jusqu'à 70, et, suivant 
M. Ducouret, 8 à 10 centimètres. Trois de ces nègres 
ont vu les Niam-Niams sans queue; on leur a dit que 
d'autres en avaient, mais s'ils n'ont pas vu de queue 
naturelle, ils se sont assurés quUis n'ont d'autres véie" 
ments qu'une peau autour des reins (pages il, SA et 29 
de la brochure de M. de Gasteinau). Quatre autres 
nègres ont entendu parler seulement desNiam-Niams 
comme étant pourvus d'une queue. 

Un article du Bulletin de la Société de géographie, 
du numéro de janvier 1852, résume les renseigne» 



(IM) 

ments connus sur ce sujet : a M. Ducouret annonçait 
comme certaine l'existence des hommes à queue en 
Afrique, sans toutefois justifier son assertion. Depuis» 
H. Rochet d'Héricourt , voyageur en Abyssinie» décla- 
rait, non pas qu'il avait vu des individus en possession 
d'un prolongement caudalt mais qu'il en avait entendu 
parler. Bien avant eux» plusieurs anciens voyageurs 
avaient écrit dans le même sens; et, en 1677, un Hol- 
landais nommé Jean Struys, homme, il est vrai, fort 
crédule, et considéré comme peu véridique, assurait 
avoir i^u un individu ayant une queue longue de plus 
d'un pied, etc. » 

Dans certaines légendes chinoises et japonaises, il est 
fait mention d'hommes à queue ; suivant les unes, elle 
serait longue et velue, suivant d'autres, elle serait 
comme celle d'une tortue, c'est-ù-dire courte et non 
velue. Horneman cite aussi lesNiam-Niams, qu'il place 
entre l'Ahyssinie et le golfe de Bénin, et qu'on lui a 
désignés comme étant munis d'une queue. M. d'Ab- 
badie parle d'un prêtre d'Abyssinie qui lui certifia 
l'existence d'hommes ayant une queue longue d'une 
palme, et couverte de poil, qu'il comparait à celle d'une 
chèvre. Les hommes qui seraient pourvus de cette 
queue viendraient, selon lui, chaque année à la foire de 
Berberah. Leur pays serait à quioze journées au sud 
du Harar. Leurs femmes, ajoulait-il, sont belles et sans 
queue. M. d'Abbadie rapporte qu'étant en Tigré, à 
Gondar et en Gojjam , on plaçait ce pays du côté du 
sudy et qu'étant en Kambale et en Kafia, on le mettait 
au nord. D'après ces renseignements, ce pays serait 
situé à l'ouest de la ligne qu'il a parcourue, c'est-à-dire 
dans les montagnes qui séparent les bassins des deux 



» • ♦ ♦ 

H 442:) 

Nils. Aucun antre lieu né saurait mieux répondre à 
tous ce» renseignements, puisque la région de Test eèt 
•celle que MM. Rocheld'Héricourt, Arnaull et Vayssières 
"ont visitée, et où ils ont reçu des renseignements ana- 
logues. D'ailleurs ce pays répond aussi aux indications 
de M. Horneman, qui le place entre TAbyssinie et le 
' golfe de Bénin. Quant au pays indiqué par les nègres de 
"M. de Casieinnn, il paraîtrait plus rapproché du golfe 
de Bénin. Comme )*ai pénétré moi-même dans ces 
mystérieuses régions avec une expédition de Méhémet- 
Ali allant & la recherche de l'or, on sera bien aise de 
savoir ce qu'on y voit, de connaître enfin lesquels de 
tous les narrateurs indip.ènes ont raison r si les queues 
sont longues, courtes, moyennes, lisses ou velues; si 
enfin les femmes en sont munies ou non, etc. 

Étant dans le Fa-Zoglo, au delà du Sennar, j'ai 
aussi été étonné par les récits des indigènes. Les gens 
auxquels nous demandions des renseignements sur 
les peuples chez lesquels nous devions pénétrer les dé* 
signaient tantôt par l'épilhète A* hommes à queue ^ tantôt 
par celle A* hommes à peau. Je me promettais déjà 
monts et merveilles sur ce que j'allais voir. Les idiomes 
des nègres sont si pauvres qu^l est fort diOBcile de 
s'entendre clairement, et quand ils parlent une langue 
étrangère, ils n'en connaissi>nt guère que les mots qui 
ont un équivalent dans leur propre idiome. Cepen< 
dant je ne tardai pas à reconnnltre qu'il ne s'agissait 
que d'une chose fort simple. Voici ce qui s'offrit h nos 
yeux dans le pays des Goumouss, des Gouroum et des 
Homotché. Les bomàies vont complètement nus sauf 
une peau de Torme triangulaire qu'ils portent par 
derrière appliquée A la chute des reins et dont la 



( 4M ) 

pointe inférieure imîle une queue pendante. (On peut 
foir des scènes de ces peuples sur les planches 13, 
15, 22, elc, du Fojrage au Soudan oriental, en cours 
de publication depuis 1852, de même que sur d'autres 
planches du Pnraliè/e des édifices anciens et modernes 
que je publie en même temps.) Ainsi on voit que cette 
queue peut être courte ou longue, lisse ou velue, sui- 
vant qu'elle est plus ou moins bien tannée; que les 
femmes n'en portent pas dans celle contrée, mais 
qu'elles peuvent fort bien en porter dans un autre 
pays, attendu que cette peau semble principalement 
destinée à s'asseoir plus mollement. Sous ce rapport, 
les femmes pourraient l'admettre avec autant de raison 
que les hommes, si l'état de dégradation dans lequel 
elles vivent ne leur imposait des mœurs plus rudes. 
Quant à la pointe en forme de queue, elle a pour but 
d'offrir une prise facile quand ils ramènent la peau 
sous eux en s'asseyant. Cette queue, qui parait si sin- 
gulière aux autres peuples de l'Afrique, et qui motive 
leurs exiravagantes versions, est cependant plus ration* 
nelle que nos anciennes queues de morue et beaucoup 
d'autres parties de nos costumes européens. On observe 
des peaux de qègre dont l'extrémité se bifurque, mais 
elles sont moins nombreuses que les autres, parce 
qu'elles sont d'un usage moins commode. 

On voit que non-seulement ces pays correspondent 
bien à ceux qui sont indiqués par MH. Horneman , 
d'Abbadie, Rochet d*Hericourt, etc. , mais que cet usage 
doit avoir donné lieu au quiproquo plus ou moins 
volontaire de quelques narrateurs africains; car ils 
aiment à jeter du merveilleux dans les récils et dans 
les contes qui font leur principale récréation. Tous 



(lAA ) 

ces récils se contredisent entre eux sur bien des points, 
tandis qu'ils viennent plausiblement s'expliquer et se 
concilier par Tétat des choses que je viens de décrire. 

Quelques nègres, en voyant les doutes manifestés 
par leurs interlocuteurs, sont entrés dans des détails 
circonstanciés pour donner plus de précision à leurs 
récits. A mon sens, ce sont justement ces détails 
qui trahissent le narrateur. En effet, ces trous percés 
dans des bancs pour y faire passer la queue en s'as* 
seyant, ou bien creusés dans le sable chaque fois qu'ils 
veulent s'asseoir, supposeraient une bien grande rigi- 
dité à cet organe; ces hommes ne pourraient donc 
s'asseoir ni sur un rocher ni sur un terrain ferme, et» 
quand ils seraient ainsi plantés sur leurs bancs, ils se 
verraient grandement exposés à se causer de vives dou- 
leurs par le moindre mouvement irréfléchi. On sent 
que tout cela est peu admissible, car la nature, en 
créant des organes, les conforme aux besoins des indi- 
vidus, ou, si l'on aime mieux, la race ou la variété 
prend des usages en harmonie avec sa constitution 
physique. 

D'ailleurs, parmi les nègres interrogés par H. de 
Gasteinau, et qui ont vu les Niam-Ninms, il en est qui 
n'ont point observé de queues nalurellcs, mais qui les 
ont trouvés comme ceux que j'ai rencontrés, tms et 
ne portant qu*une peau autour des reins (pages 29, AO 
et h\ de la brochure citée); j'ai remarqué aussi que 
leurs femmes portaient un morceau de bois dans la 
lèvre. A l'égard de ce morceau de bois, j'ajouterai 
quelques détails. D'après ce que j'ai vu, le trou de la 
lèvre est destiné à recevoir un clou rond, de compo- 
sition métallique, qu'on introduit par l'intérieur de la 



( 1A5 ) 

bouche dans la lèvre inférieure et qui pend un peu 
plus bas que le menton; cet ornement n'est pas dis- 
gracieux, il favorise la vue des dents blanches; mais 
vu son incommodité pendant qu'elles dorment, qu'elles 
mangent ou qu'elles travaillent, elles le retirent pour 
le remplacer par un morceau de bois qui remplit 
l'oflBce de bouchon et qui n'a que l'épaisseur de la lèvre. 
Ce morceau de bois, n'étant soutenu que par la pres- 
sion de la lèvre, finit, avec l'âge de la personne , par 
agrandir beaucoup le trou et rendre l'usage du clou 
impossible. Alors ce trou nécessite un bouchon plus 
grand , qui rend la lèvre 1res saillante et son mouve- 
ment disgracieux. Je possède, à Gbarcey, dans le dé* 
parlement de Saône-et-Loire, une collection d'objets 
ethnographiques que j'ai rapportés de ces pays, et l'on 
y voit une queue des Niam-Niams, c'est-à-dire une des 
peaux de moutons à poils courts et non laineux que 
l'on trouve chez eux. On y reconnaît encore l'empreinte 
de la forme du bas des reins qu'elle a reçue par son long 
usage. Cette queue étant celle d'un élégant du pays, est 
surmontée de quelques franges ou lanières découpées. 
Un petit banc, qui fait partie de la même collection, me 
rappelle aussi le banc percé d'un trou pour la queue» 
suivant le récit d'un des nègres, car toute narration , 
même la plus excentrique^ semble avoir pour point 
de départ un fond de vérité. Ce banc est petit, sa sur- 
face elliptique n'a guère que 30 centimètres dans sa 
plus grande dimension, sa hauteur est encore moindre; 
les pieds, plus ou moins nombreux, et disposés avec 
une certaine recherche, sont taillés dans le même 
morceau de bois et souvent réunis entre eux par 
d'autres découpures en forme d'ornement. Les nègres 



( 14») 
de certaines tribus, qtn possèdent ordinairement cha- 
eon an banc de celle nature , introduisent dans ses 
découpures, non la queue, maïs le brns jusqu'au coude» 
pour le porter sans embarras quand ils Tont faire la 
causette sous le grand arbre on dans le voisinage. Ce 
banc nécessite un travail difficile , surtout chez ces 
peuples qui n'ont pas les outils nécessaires, et il forme 
un objet de luxe dont ils sont fiers. 
, Peu »près la publication de ce qui précède (dans 
^*lifus(rah'on du 7 octobre dernier), MM. Ducouret et 
Aoubeaud, directeur de /a France médicale, firent quel* 
ques objections dans un petit ouvrage précédé d'une 
préface, par M. Alexandre Dumas, et intitulé : Fbyagf 
-au pays des Niam^-Niams ou howmesàqueue, par Hadji- 
Abd-ei-4iaQiîd-Bey. (C'est le nom que prend M. Du- 
couret. ) 

M.Roubeaud trouve que la peau en question « simule 
«eset exactement une qoeue pendante entre les jam- 
bes; » mais que ce vêtement a peut même confirmer 
les récits de M. Dueouret, si le Niam-Niam, mêlé A 
des liomines sans queue , éprouve qerelqne bonté A^ 
son étrange conformation. » Je ferais remarquer qae 
si le nègre voulait dissimulei* un tel organe, ce serait 
un moyen peu judicieux, que de le reproduire par le 
vêtement même destiné à le cacher. D'ailleurs, j'ai 
souvent vu les nègres complètement nus pendant les 
lavages des sables aurifères à la sébile et pendant cer- 
tains autres travaux; j'ai même en occasion de les 
reproduire complètement nus dans quelques planchée 
du Fbyage an Soudan cilé plus haut. Knfin, les femmes 
ne portent aucun vêtement qui puisse laisser le 
moindre doute i cet égard. Cette circonstance explique 



( M7 .) 

kl fariété îles femmes sans qti««e cl# M. d'Ahbâdie. 

M. DucoQrei pense qde le tètemenk dont îl sagft 
«pporlieni» en effet, à diverses tribus de rintérieur de 
l'Afrique, mais que ia confusion dont )e parle ne serait 
(possible que « si les nègres étaient inabordables et si 
ies Niam*Niams n'avaient jamais été vus que rie loin. » 

Je suis tout à fait de cet avis. Aussi, pour mi»i qui 
ai vu plusieurs populations de ces nègres» il n*y a pan 
de confusion possible» Mais pour M. Duoouret, 4)ui 
publie on voyage soi-disant au pays Jes hômfiuê à 
queue; lequel voyage se résume en des détails sur (m 
homme de cette race qu'il dit avoir vu. à la Mecque, et 
des choses que lui ont raconté les Djellabs au sujet des 
Niam-Nîams; dans de telles conditions, dis-je , Tin- 
ceriilude et la confusion ne sont certainement pas 
impossibles. Suivant ce voyageur, des hommes & queue 
sont souvent amenés sur les bords de la mer Rouge oè 
ils seraient communs, cependant aucun autre voyageur 
n'a pu en apercevoir. Quant à Thabitude de manger 
de la viande crue qu'il cite comme un des caractères 
des Niam-Niams ou Gliiian, on sait que cet usage est 
commun en Abyssinie même chez des chrétiens. 

On a souvent aussi dépeint les nègres et particu- 
lièrement les Niam-Niams, comme anthropophages. 
Je dois dire qu'en pénétrant dans les régions reculées 
dont nous parlons, je m'attendais, sinon à voir manger 
de la chair humaine, au moins à entendre des récits 
et des détails sur le cannibalisme. Heureusement mon 
attente a été trompée; et, plus nous avancions dana 
la Nigrïlie, plus les hommes désignés comme ayant ce 
goût révoltant semblaient s'évanouir ou n'être qu'une 
fiction. J'ai l'espoir qu'il en sera toujours ainsi, jus- 



( ^àS ) 

qu'à ce que» la dernière conlrée étant connue, ces 
faits passent au domaine de la fable. Dans les der- 
nières pages du journal de J. Ricbardson» qui vient de 
succomber en Afrique» victime du climat, j'ai remar- 
qué qu'il a fait des observations semblables : il dit qu'à 
Gurai (près du lac Tcbad), il eut occasion d^entendre 
parler des Yam-Yams (Niam-Niams); il paraîtrait que 
l'hisloire de ces mangeurs d'hommes remonte aux plus 
anciennes- traditions; elle s'est peu à peu chargée 
d'embellissements, mais» suivant les gens du pays, il 
n'existe plus aujourd'hui rien de pareil ; ce serait une 

pure calomnie. 

TbAiiavx. 

A^. B. Après la lecture de cet article à la séance 
delà Société de géographie, du 16 février dernier» 
H. Jomard, membre de l'Inslitut» rappela que dans 
une séance de la Commission ministérielle chargée 
d'apprécier les travaux de M. Ducouret , n'ayant pu 
présenter aucune preuve à l'appui de ses assertions 
sur les Ghilan ou Niam-Nams» montra le dessin d'un 
homme de celle race qu'il disait avoir vu à la Mecque; 
malheureusement ainsi que le fit remarquer M. Geof- 
froy Saint-Hilaire » membre de la Commission» la 
queue, au lieu de former le prolongement naturel do 
la colonne vertébrale» se trouvait attachée à la troisième 
ou quatrième vertèbre, d Aujourd'hui» suivant le dessin 
qu'il publie en tète de son livre» cette queue ne semble 
pas trop mal atlachée. 



(149) 



NOTIGB 



SUB LB YOTAGB DB 11. GHABLB8 J. AHDBBSSOIf 
DANS LB SUD-OUBST DB L*AFB1QUB. 



PAR M. AL^RBD MACRT. 



Il y a quatre années environ, M. Andersson accom- 
pagna H. Galton dans un voyage d'exploration entre* 
pris au sud-ouest de TAfrique, dans la région qui 
s'étend au nord de la baie de Walviscb. Au retour de 
cette expédition, les deux voyageurs tentèrent d'attein* 
dre le fameux lac Ngami» qu'avaient récemment fait 
connaître les découvertes de quelques Anglais. Mais 
une sécheresse excessive et inaccoutumée les ayant 
empêchés de réaliser leur projet, M. Andersson prit 
la résolution d'accomplir seul ce voyage, tant il était 
convaincu de sa possibilité dans des circonstances plus 
favorables, et attachant une juste importance à établir 
des communications entre l'intérieur de l'Afrique et 
la côte occidentale. Sa tentative fut heureusement cou* 
ronnée de succès, et voici l'aperçu de son voyage tel 
qu'il résulte des communications de l'auteur. 

Notre voyageur se rendit d'abord à Cape-^Town, aCn 
de s'y munir de tout ce qui était nécessaire pour son 
expédition. Puis il regagna la baie de Walviscb, c'était 
au commencement de 1853. Cette baie est depuis 
longtemps connue des Européens et la carte hydro- 
graphique en a été, dit-on, dressée par le comman- 
dant Owen de la marine royale britannique» Cette baie 
fournit un ancrage sûr et commode, protégé des trois 



(' *» ) 

côtés par une plage sablonneuse ; elle n*esl ouverte 
qu'aux seuls vents du ûord et du nord-ouest qui, heu- 
reusement, soufflent rariçment« Les gros bâûn;ients 
s'abritent sous la prolection (lea) d'une petite pres- 
qu'île sablonneuse dont TeAtrémité est désignée par 
les marins sous le nom de Pointe-du^ Pélican, De pe- 
tites embarcations peuvent mouiller, même sans dan- 
ger, à moins d'un demi-mille de la côte. Celle-ci ne 
présente pas, il est vrai, d'aiguade, mais on irouve de 
l'eau à trois milles dans l'intérieur des terres, sur un 
beau fond de verdure. 

La baie de Walviscb et ses environs abondeoi ei> 
poissons de toute sorte. On a établi, il y a quelque 
temps, une péchetne à Sandmch-Harbaur, à enviroD 
20 milles au sud de cette baie. SandwicliHarbour 9 
sur elle l'avantage de présenter une aiguade sur la côte 
même. Mais cet avantage est racheté par le grand 
iDConvénient d'être complètement séparé de l'intàrieui: 
du pays par d'immenses collines de sable. A certaines 
époques de l'année, la baie de Walvisch est fréquentée 
par un grand nombre de baleines de la petite espèce, 
connue sous le nom de baleines A busse {kumpiaci)^ 
qui viennent lA pour mettre bas ; et l'on a déjà ezpé^ 
dié plusieurs chargements de l'huile que ces baleine» 
ont fournie. Mais ce qui fait et ce qui fera surtout l'im- 
portance de la baie de Walvisch, c'est la voie prompte 
et facile qu'elle ouvre pour pénétrer dans l'intérieur 
de l'Afrique» voie par laquelle M. Auderaaon et M. Gai- 
ton sont déjà parvenus à accomplir d'intéressantea 
explorations. 

Kfféreptei circonstances retinrent notre vo^rageur 
danâ la baie de Wahiaeh jusqu'au oommencemenl 



(461 ) 

d*ft?TÎl« Il repril d'abord Ii^ route que M. Gallon a fait 
çonualtre, et sur la description de laquelle nous m 
reviendrons pas pour ce motif» Ce fut seulement à 
Otcbombindé (Tounobio) que noire voyageur com* 
meoça à entrer dans une région située plus à l'est de 
oeUe qu'il avait précédeoraient parcourue. Pour plua^ 
de comip^dilé, il remplaça les deux voitures dans les- 
quelles il avait d'abord placé ses bagages» pardesbceufs 
de somo)e et de monture» nécessité que lui imposaient 
les difficultés du voyage» et qui est devenue pour lui 
la source de bien des privations, 

IL Andersson s*avançait tour à tour sur le rivage 
ou dans le lit de la rivière Otcbombindé. Le premier 
jour fat employé à suivre un sol sablonneux et dif^ 
ficilcy le second, il arriva vers le midi a un petit 
puits où» grâce au peu de temps qui s'était écoulé 
depuis la cessation des pluies, il trouva abondamment 
de l'eau pour ses animaux. Il remarqua à cette station 
les traces du passage de voitures» que depuis il a su 
être venues du sud» conduites par des Griquas et des 
Anglais, qui avaient réussi peu auparavant à traverser 
le désert de Kalahari en venant directement de Kuru- 
man» pendant cette même saison des pluies où notre 
voyageur se rendait au lac. Cette troupe avait pour 
objet de chasser l'éléphant et de se mettre en relation 
avec les naturels. Les uns eurent grapd'peine à trou- 
ver leur route jusqti'au lac et les autres atteignirent à 
cheval le pays des grands Namaquas. C'est un de ces der- 
niers qui a servi plus tard d^interprète à M. Andersson 
pour la langue bichuana. 

Notre iroyageur laissa l'Otchombindé à sa droitCi 
indîna un peu ver^ le nord» et» en moins d'une demi- 



( ^62 ) 

journée» arriva à un lieu dont le sol calcaire était creusé 
d'un certain nombre de puils ; leur élat de dégradation 
semblait annoncer qu'ils étaient abandonnés depuis 
bien des années. M. Andersson cependant réussit à y 
trouver de l'eau potable en quantité suffisante. Encore 
un long jour de marcbe et il arriva à Gbanzé» autre 
fontaine creusée dans le calcaire où viennent boire les 
rhinocéros, et où venaient jadis aussi s'abreuver les 
éléphants qui maintenant ne s'y montrent plus. Ghanzé 
est un lieu où n'avaient pénétré encore que peu d'Eu- 
ropéens, et où les Bichuanas et les Griquas venaient 
jadis quelquefois, mais que l'affreux-état du pays leur 
a fait déserter. En 1852, un voyageur anglais, Moyle, 
traversa le Ralahari et arriva à Ghanzé dans un but de 
chasse et de commerce. De là, il se fit conduire par 
des Buschmans dans le pays des grands Namaquas, d'où 
il opéra son retour. Il traversa une seconde fois le 
désert en 1853, mais moins heureux que la première 
fois, il perdit presque tout son bétail et ses chevaux, à 
quatre journées de TOlchombindé. Ses compagnons 
et ses gens se dispersèrent, plusieurs furent pillés par 
une troupj de Griquas. A son retour du lac Ngami, 
H. Andersson rencontra quelques membres de cette 
triste expédition auxquels il ne put malheureusement 
porter secours et, depuis, il n'en a plus entendu parler. 
Ici commencèrent les premières souffrances de 
notre voyageur. II quitta Ghanzé et resta deux jours 
et deux nuits sans eau, car il ne faut pas compter 
quelques gorgées d'une eau fétide avec laquelle il cher- 
cha vainement à étancher sa soif. Les animaux étaient 
épuisés quand, enfin, il tomba sur une fontaine. Deux 
heures après il atteignit Kobis, où il se trouva bien 



(158) 

amplement dédommagé de son manque d*eau. Là, 
l'eay était abondante et d*ane excellente qualité, elle 
entretenait de beaux pâturages.' C*é(att & Kobis que 
les Bichuonas faisaient paître leurs bestiaux avant que 
les Hottentots Rubabis ne les eussent attaqués et pil- 
lés. Les Damaras s'avancent qoelqncrois aussi, dit-on, 
jusque-là; aujourd'hui, on n'y rencontre que des 
Buschmans qui y sont- plus nombreux qu'en aucun 
autre lieu du pays, des Namaqtias et des Damaras. Sous 
le rapport des caractëi*es physiques, ces Buschmans 
sont bien supérieurs à ceux qui habitent plus au sud. 
Leurs traits sont moins Iai<]s, leur taille n'est pas aussi 
petite, leor.démarche et leut s formes annoncent moins 
rabâtardissement. 

Quoique ces Buschmans se soient toujours fort 
bien conduits à Tégard de M. Ândersson, celui-ci eut 
cependant plusieurs fois occasion de constater la vio*» 
lence et la férocité de leur caractère. Il vit, par exem* 
pie, leur chef tirer des flèches sur un autre chef bus- 
chman qui voulait défendre un objet qui appaiienait 
à notre voyageur. Bien dés fois, ces hommes mena- 
cèrent de poignarder ceux de son escorte sans la 
moindre provocation, uniquement parce que ces der- 
niers ne voulaient pas leur laisser prendre les meil- 
leurs morceaux de quelques pièces de gibier qu'ils 
avaient eu la chance de tuer. Et, cependant, ces Bus* 
chmans Grent toujours preuve de la plus grande bon- 
nètf^té, car, pendant son séjour prolongé à Robis, 
jamais M. Andersson n'eut ù se plaindre de la dispa- 
rition d'aucun objet. Il y a plus^ lors du départ de ce 
voyageur pour les lacs, les Buschmans vinrent en corps 
loi offrir une- 'belle sagaie, comme un témoignage de 

IX. MARS BT 4YR1L. 3. Il 



( m ) 

leur reconnaissance pour les bons traritements qu'ils 
en avaient reçus durant son séjour en cet endroit. 

M. Andersson a rencontré à Kol)is un nombre pro* 
digieux de bêtes sauvages» surtout des rbinocéros et 
^es éléphants, qui y accouraient la nuit, sans cloute 
à raison de l'absence totale de Teau dans les environs. 
C'est un de ces animaux qui avait été cause du séjour 
prolongé de notre voyageur. Un rhinocéros noir qu'il 
avait atteint mortellement, lui avait fait de terribles et 
nombreuses blessures qui le reliorefit longtemps cou- 
ché sans pouvoir faire le moindre mouvement II se 
décida enfin, un peu avant de partir, à envoyer en 
é( laireurs quelques gens de son escorte, porteurs de 
quelques petits présents, destinés au .chef du lacNgamî, 
auquel ils devaient annoncer sa prochai ne a rrivée. Quel- 
ques semaines après, celte ambassade revint à Robis 
lui apprendre qu'il leur avait été fait un accueil favo* 
rable;en conséquence, dès que notre voyageur fut 
en état de monter à bœuf, car telle est la monture du 
pays, il poursuivit son voyage. 

Le premier jour de marche s'opéra sur un sable 
assez peu meuble, tout couvert d'épais taillis d'une 
épine appelée hakis. Tout ce pays fourmille de rhino- 
céros et d'éléphants, dont M. Andersson retrouvait à 
tout instant les Iraces. Le jour suivant il arriva à une 
belle aiguade où il vil réunis un certain nombre de 
Bichuanas qui l'attendait pour le conduire à leur chef. 
Ils avaient l'ordre de lui rendre tous les services .qu'il 
pourrait exiger. Y avait-il là un simple motif de cour- 
toisie ou quelque vue intéressée? C'est ce qiie notre 
voyageur n'a pu découvrir. Chacun de ces Bichuanas 
était armé d'un bouclier en peau de beeuf et portait do 



( 1S8 ) 

tu de sagaies. Ces Iiomtnes étaient généraleineiit 
forts et bien foilnés, leur physiononûè rappelait celle 
des Cafres. Geite rencontre, malgré la manière })olie 
sous laquelle elle s*aononçitit, fut cependant, pour 
M. AnderssoQ, Toccasion d'une aventure assez désa-» 
gréable. 11 s'était établi avec son escorte près de 
l'aiguade, là, précisément où plusieurs Buschmans 
étaient campés, et s'apprêtait à prendre du repos, lors- 
qu'un jeune Anj^lais, qu'il avait à son service, vint en 
toute bâte lui dire que les Buscbmans lui apprenaient 
que Sébétoane, intbrmé de leur arrivée, avait envoyé 
un message au cbef du lac pour l'engager à massacrer 
la petite expédition dont ce \oyageur était le chef. Le 
garçon ajouta que les Buscbmaps représentaient les 
Bichuanas comme ceuiiqui étaient chargés d'exécuter 
ces ordres. M. Ândersson regarda cet avertissement 
comme un de ces contes absurdes et sans fondement 
qu'inventent souvent les naturels, et, sans en tenir 
compte, il se coucl)a avec la même sécurité que s'rl 
avait été en Europe. Tel ne parut pas cependant 
d'abord être le cas* Les Buschmans n'avaient point 
entendu, disaient-ils. se jouer du voyageur, la crainte 
les avait tenus éveillés toute la nuit, et déjà, lo matin, 
plusieurs avaient plié bagage avec l'intention de dé- 
cam|>er à la sourdine. Mais le jour suivant montra que 
la première impression de M. Andersson avait été 
juste. C'était une fabie fabriquée par les Buscbmana 
pour le retenir parmi eux et pouvoir profiter du pro- 
duit de sa chasse* 

En quittant cette aiguade, |1. Anderssun aband.onns^ 
la route tracée par les voilures des Griquas, roule qui 
paraissait faire un (rOi* long circuit. Ses guides lui 



( 156 ) 

firent prendre un chemin de traverse par une contrée 
très boisée. L'abondance des kakis étfiit telle que leurs 
vêtements» leurs voitures et même les sacs faits de 
peaux de bœufs très épaisses, pendues à leurs selles» 
était réduites littéralement en lambeaux» Depuis le 
puits qui avoisine la rivière d'Otchombindé jusqu'aux 
bords du lac, ce n'est qu'une masse continue de buis- 
sons épineux. Et cependant un pareil pays renferme 
d'excellents pâlurages» dont le nombre était encore 
jadis plus étendu, comme on en peut juger par la fré- 
quence des puils abandonnés. Là, les Damaras et les 
Bicbuanas font paître leurs troupeaux. Ces puits se 
montrent toujours dans le sol calcaire; ils ressemblent 
en tout point à ceux jdu pays des Danfaras, et M. An- 
dersson aurait été tenté d'en rapporter l'établisse- 
ment à ce peuple , si les Buscbmans ne lui avaient 
point appris que ces puit» avaient été creusés par les 
Bicbuanas. 

Après une longue journée de marche, noire voya« 
geur atteignit un endroit élevé d'où il put jouir d'une 
vue magnifique sur le lac Ngami. Malheureusement 
cette vue désenchanta un peu notre courageux explo- 
rateur. La partie ouest du lac était fort loin de répondre 
à son attente. Quant à la partie est» elle n'est pas sans 
mérite. Le lac Ngami, dit M. Audersson, est incontes- 
tablement une belle nappe d'eau, mai3 on a beaucoup 
exagéré ses dimensions. Gela tient d'abord à ce que 
personne n'avait encore tenté d'en faire le tour; 
ensuite ses bords sont, au nord et à l'est, bas et sablon- 
neux, et, par un temps nébuleux, on ne peut pas les 
distinguer. Il est probable que les premiers Européens 
qui ont visité le lac Ngami, ont pris sa longueur pour 



( 157 ) 

sa largeur. En effet Cooley nous dit que le voyageur 
contemple avec délice la belle rivière et le lac qui 
s'étend à perte de vue au nord et h Touest. 

La circonféreoce totale du lac est probablement de 
60 à 70 milles géographiques et sa largeur moyenne 
est de 7 milles» n'en dépassant jamais dans sa plus 
grande largeur. M. Andersson ua pu, il est vrai» 
faire le levé du pays, mais il a opéré le tour presque 
complet .du lac et a pu en déterminer ainsi la forme 
dans le plus grand détail. 

Le nom de Ngami est celui sous lequel le lac est le 
plus connu, mais il en porte plusieurs autres. A son 
extrémité nord-ouesl, ce lac reçoit le Tioughe, rivière 
élroilc mais profonde et d'une grande masse liquide 
à l'époque des hautes eaux. Suivant le D" Livingslonc, 
cette époque tombe dans les mois de juin» juillet et 
août, cependant elle recule quelquefois. La source du 
Tiougke est demeurée jusqu'à présent inconnue; mais 
il y a lieu de croire qu'elle est située à une grande dis- 
tance. Peut- être cette source se trouvc-l<elle sur le 
grand plateau d'où sortent le Quanza et d'autres cours 
d*eau oensidérables. La direction principale du TiougUe 
est nord-ouest, mais son cours est ai sinueux qu'après 
treiie jours de remonte pendant lesquels notre voya- 
geur marchait environ cinq heures par jour, à raison 
de 2 milles | l'heure, il ne s'était ^levé cependant que 
d'un degré en latitude au nord direct du lac. A la dis- 
tance la plus éloignée à laquelle il a'cst araocé, il a 
toujours 4rouvé la rivière navigable pour de petites 
embarcations, «til ne se rappelle que trois endroits 
où il ait rencontré le fond à une profondeur de moins 
de 5 pieds (mesure anglaise). En général» la profondeur 



<168) 

était considérable : il faut remarquer, toutefois, que 
c'était l'époque des plus hautes eaux. Cette rivière 
n'excède guère, dans sa plus grande largeur, AOyards; 
mais, d'après les informations prises par M. Andersson, 
lorsqu'on s'approche de sa source, elle s'élargit 
notablement et les deux rives sont souvent inondées à 
une grande distance. Le Tioughe prend parfois tout 
à fait l'aspect d'un vaste lac rempli de joncs et de 
roseaux, et semé d'Ilots, couverts de beaux arbres ou 
arbustes. 

La contrée au nord est habitée jusque fort loin par 
un peuple appelé Bayéyé et par quelques Buschmans, 
dispersés çà.et là et qui reconnaissent tous pour chef 
Letcholétébé. Au delà sont les Malsanyanas ; notre 
voyageur n'a pu découvrir s'ils constituent une nation 
à part ou sont mêlés avec les Bayéyés. Au nord du 
pays des Matsanyanas, on lui dit que se trouvait celui 
des Bavicko ou Wavicko, dont la capitale porte le nom 
de Libébé qui sert aussi à désigner le chef. Dans la 
relation du docteur Livingstone, tout le pays qui envi- 
ronne Libébé est donné comme une succession non 
interrompue de marais (&o^) et de marécages {swiunp); 
le sol est en quelque sorte miné par lea eaux à ce 
point qu'il n'est pas rare de voir des gens s'enfoncer à 
travers sa croûte et périr. Les informations prises par 
M. Andersson auprès des Griquas, qui étaient parve- 
nus à se rendre dans ce pays^ contredisent ces asser- 
tions : elles présentant au contraire le pays comme 
plat et tout couvert de buissons , entre lesquels s'élè- 
vent de distance en distance des arbres isolés. Suivant 
ces mêmes Griquas, le Tioughe, à Libébé» a l'aspeci 
d'un fleuve magnifique d'une grande laideur, ei est 



(169) 

0«mé de belles lies où les naturels établissent surtout 
leurs demeures. 

La ▼itie de Libébé parait être le centre du com- 
merce qoi se fait à Tintérieur. Les Mambaris s'y ren- 
dent régulièrement pour la traite des esclaves, de 
Tivoire, etc. Cette tribu réside probablement dans les 
foisinages du nouyel établissement portugais de Little 
Fish-Bay. Ce qui tend à le faire admettre ou, du moins, 
i (tonner à penser que le pays des Mambaris n'est pas 
éloigné de la mer, c'est que les Griqnas trouvèrent à 
Libébé deux nations blanches différentes, qui y vien- 
nent dans des intérêts de commerce. L'une, qui est 
* 

vraisemblablement la nation {>ortugaise, achète des 
esclaves; Tautrè, dans laquelle M. Andersson croit 
reconnaître les Anglais ou les Américains, se borne 
à prendre, en échange de ses produits manufacturiers, 
de rivoîre et d'autres articles du pays. Les Mambaris 
emportent, comme objets d'échange, des cotonnades 
bleues et ravées, des flanelles, des verroteries et des 
bestiaux. Les Bavicko achètent le bétail non pour l'éle- 
ver, mais seulement pour leur consommation alimen- 
taire, car s'ils gardaient ces bestiaux, ils craindraient 
d'être dépouillés par leurs voisins. On doit encore citer 
les 0%apangaris et les Ovapanyaroas comme visitant 
Libébé dans un intérêt de commerce. Ces deux tribus 
liabitent la contrée située au nord de l'Ovambo, eatre 
le 17® et le 18« degré de latitude australe. En' 1851, 
M. Andersson, qui faisait alors partie de l'expé- 
dition de H. Galtoo, avait trouvé ces tribus dans des 
relations de commerce avec Libébé. Les Bavicko sont 
de plus en relation commerciale avec les Sebctoane> 
les Leicholétébé et d'autres. 



( 160 ) 

CesBavicko sont représentés comme une population 
industrieuse et honnête, livrée à l'agriQullure. Leur 
manièce de s'habiller ressemble tellement à celle des 
Moviza, nation qui habite au nord du Zambèse et à 
Touest des établissements portugais de la côte de 
Mozambique» qu'un domestique <le notre voyageur» 
en entendant la description, s'imagina qu'il était ques« 
tion des Movixa, qui lui étaient bien connus. Les Bavicko 
possèdent quelques notions de métaijurgie; cependani 
ils ne paraissent pas posséder le fer dans leur pay3 
et le tirent en abondance de chez leurs voisins* 

Une roule ' conduit aujourd'hui du ,lac Ngami à 
Libébé et aux contrées environ'nantes;' toutefois le 
voyage par, terre n'en est pas moins dangereux et dif- 
ficile. Une fièvre ép^démique fait d'horribles ravages 
à Libébé à certaines époques de Tannée. M. Andersson 
cite notamment une troupie Ue Griquas qui» fi'étant 
rendue à Libébé» fut attaquée par cette maladie et dont 
la moitié seulement échappa à la mort. Heureuse* 
ment on connaît aujourd'hui assez bien la sabon de 
l'épidémie et l'on peut de la sorte l'éviter. Un autre 
obslaclo p<»urle voyageur est, la présence de la mouche 
appelée tsetse et dont les piqûres «sont mortelles* pour 
les chevaux, les chiens et le bétail. M. Andersson> cite 
les exemples suivants des ravages de cet insecte» dont 
rien dans l'aspect ne décèle à l'avance, la venu malfai- 
sante : les Griquas» dont il vient d'être question, voya- 
geaient avec troiâ voitui^s et avaient» par conséquent» 
un grand nombre de bœufs de trait qui périrent jus*- 
qu'au dernier avant leur retour au lac. II en fut de 
même pour quantité de chevaux qu'ils avaient ame- 
nés dans le but de chasser les éléphants. De plus 



( loi ) 

ces derniers animaux sont exposés^ de décembre en 
aYrily dans tout le pays situé au nord de la rivière 
Orange, à une maladie qui en emporte un grand 
nombre. M. Andersson cite encore une expédition 
anglaise qui avait touIu se rendre à Libébé et qui, sept 
ou huit jours après avoir quitté le lac, fut obligée de 
revenir ayant perdu par la morsure de la mouche, 
bœufs et chevaux. Il y eut des gens de la troupe dont 
la perle ne s*éleva pas à moins de 36 chevaux. Cepen- 
dant» il dfiit exister des routes qui sont à Tabri de 
ce terrible insecte, puisque ces mômes Griquas, dont 
les bètes de somme avaient été décimées, h leur retour, 
n'en avaient pas perdu au contraire une seule en 
allant; et eiTectivement , on sait que le tsetse ne se 
trouve pas dans les contrées ouvertes et ne fréquentent 
que les buissons et les roseaux. 

Les Griqoas mirent dix-neuf jours pour se rendre 
du lac à Libébé. Leur marche parait avoir été paral- 
lèle au cours du Tioughe , et distante de cette rivière 
d'une à deux journées à l'ouest. Ils rencontrèrent, 
chemin faisant, deux rivières: Tune est un petit bras 
du Tioughe qui coule dans la direction de l'ouest et 
va se perdre, dit-on, n peu de distance dans les sables; 
l'autre, au point où ils le rencontrèrent, ne présentait 
alors qn'un lit sec et sablonneux. Toutefois, si les rap- 
ports fournis tant parlesBuschmans que par des nègres 
intelligents, sont exacts , la découverte de ces deux 
fleuves n'est pas sans importance. Cette dernière rivière, 
en effet, est intermittente à son point de départ, d'après 
ce que les Buschmans ont rapporté aux Griquas, et 
le long de son cours elle est alimentée par des sources, 
circonstance, du reste, qui ne serait pas sans exemple 



( ««2) 
en Afrique ; enfin, bientôt elle prend le caractère d'un 
cours d'eau permanent et, â certaines époques, devient 
un véritable fleuve. Elle arrose de ses- ondes tran- 
quilles les cantons de diverses peuplades noires et ûnil 
par se jeler dans la mer. D'autres données confirment 
M. Andcrsson dans l'eiaciitude de ces informations, 
Inlei'i'ogfsa'iU connaissaient iinj^rand cours d'eau dans 
l<:ur voisinage, les Ovambos répondiient, lors de la 
visite que leur firent les voyageurs, que le Cunéiié se 
trouvait à quatre ou cinq journées de cliez eux et for- 
mait une brandie d'une rivière bien plus considérable, 
qu'ils avaient eu souvent l'occasion de traverser et qui 
venait du pays de Hatia ou Ovsliona, par lequel ils 
dési{;naicnt certainement le pays des Bîcbuanas. Et 
ce rapport fut confirmé d'autre part par le dire des 
GIkiii Dàmop ou Uâniaras des montaf^nes et par celui 
. d'autres Busclimans. Ainsi, il y a tout lieu d'admettre 
l'existence d'un ^rand cours d'eau, navigable peut- 
être jusque près de sa source et qui serait celui que 
les Ovambos nomment Mukuiu Mukovanja, vraisem- 
blableuieot celui que Cnoley désigne sous le nom de 
ÀchiUiuda et qu'il fait communiquer avec le Cunéiié. 
il est probable que te Tiougbe ot le Hukuiu Muko- 
viinja roulent parallèlement, mais dans des directions 
différentes, n deux ou trois journées de distance. Et 
comme les Griquas disent que celte rivière a plusieurs 
centaines de milles d'étendue, il y a tout lieu d'espé- 
rer qu'elle deviendra la voie la plus sAre pour pénétrer 
An PO rf<\à f^nns l'intérieur de l'Afrique, et pour établir 
I comoierciales avec la population qui 

:d du lac Ngaoni est basse. sablonDeuse 



( 168 ) 

et dépourvue de végétation ; on n'aperçoit pas même 
un arbre ou un buisson à un demi-mille et souvent 
plus de distance. M. Andersson suppose que la confi- 
guration du lac a subi, dans ces derniers siècles, des 
changements considérables. En effet, d'après ce qu'il 
lui a été rapporté, les Bayéyés allaient harponner 
naguère l'hippopotame en des lieux qui sont aujour- 
d'hui couverts de végétation. Au contraire, à d'autres 
époques, le lac paratt avoir présenté moins d'étendue, 
car on retrouve constamment dans le lac des troncs 
d'arbres submergés. Notre voyageur ne pense pas que 
cet envahissement des eaux soit dû c^ l'affaissement du 
sol de la rive; il suppose que la crue extraordinaire 
de quelque a£Buent du lac aura fait déborder celui-ci 
dont les eaux, à raison du peu de pente de son littoral, 
auront séjourné assez longtemps sur les terres pour 
y détruire la végétation. La rive méridionale, au con- 
traire, est fort élevée et une ceinture de joncs et de 
roseaux borde l'eau, au point de ne la laisser acces- 
sible qu'en un petit nombre de points. L'extrémité 
occidentale est aussi assez élevée, quoique le lac n'y 
soit pas profond; et c'est à celte circonstance qu'est due 
'la présence d'une espèce de poule d'eau. Vers son extré- 
mité orientale, au contraire, le lac prend beaucoup de 
fond et verse ses eaux dans la belle rivière de Dzouga. A 
une petite distance du point où il sort du lac, le Dzonga 
a déjà une largeur d'environ 200 yards et semble ne pas 
couler tant son cours est tranquille et imperceptible 
à i'œil. M. Andersson rapporte qu'on lui a assuré, ce 
qui lui semblerait un fait fort extraordinaire, qu'un 
des fleuves tributaires du Tioughe, en versant ses eaux 
dans le Dzouga , le force quelquefois à rétrograder 



( 1(54 ) 

dans le lac, cd sorte que ce lac serait non-aculement 
entretenu par le cours d'eau qui tombe à son extré- 
mité nord- ouest, niais encore par celui de son extré- 
mité est. M. Andersson ajoute que le docteur Livinf;- 
stone, dans la carte qu'il a donnée, désigne ce tributaire 
par le nom de Dza et l'indique comme étapt en corn- 
munication avec le Mababé, une des brancbes du 
Ghobé. Faudrait-il voir, dans ce systén)e de distribu- 
tion des eaux, l'explication du fait cité ici ? Qifoi qu'il 
en soit, le phénomène n'est nullement improbable et 
peut s'expliquer par l'extrême horizontalité du soi. 
Le lac Ngami semble, en effet, d'après les descriptions 
données, n'être qu'un vaste chott. 

Le Dzouga continue de couler à l'orient pendant 
une longueur d'environ un mois de marcbe, c'est-à- 
dire de 2ô0 à 800 milles en comptant ses sinuosités, 
et il finit par disparattrçdans un marais ou une plaine 
sablonneuse présentant, à l'époque de la saison sèche, 
une succession de mares séparées les unes des autres 
par des endroits secs. La végétation de ses rives est, 
dit-on, d'une grande richesse» celles-ci étant habituel- 
lement couvertes de magnifiques arbres à épais feuil- 
lage qui s'avancent jusque sur le bord. Ce pays est 
principalement habité par des Buschmans et des 
Bayéyés qui reconnaissent en majorité Letcholétébé 
pour leur chef. Le même chef exerce son autorité sur 
la petite tribu de Bichuanas établis aujourd'hui sur les 
bords du lac. Cette tribu a été, dit-on, soumise par 
Sébétoane (1), mais ils échappèrent à son autorité, 

(i) C'est S^bëtoane qui, en ]8a4, à la tète dane horde de Man- 
tatis^ menaça d'etivabit' la colome, mais fut repoussé par les Griqoas. 



( 166 ) 

soDsla conduite du père de leur chef actuel qui était 
un grand guerrier; et alors, arrivés sur les bords du lac 
Ngami, ils en dépouillèrent les habitants et les réduisi- 
rent à Télat d'esclavage ; de là le nom qu'ils donnèrent 
à ceux-ci» Ba ou Makoba, c'est-à-dire jc//y. Mais dans 
leur propre langue, ces peuples vaincus se donnent le 
nom de Bayéyc ou Wayeyé, ce qui veut dire hommes» 
Les Bicliuanas du lac qui s'appellent Baloanas, 
vivent eiclusivement de cbasse et tout le temps qu'ils 
ne donnent pas à cette occupation, ils le passent à dan- 
ser, manger et dormir. Letcliolétébé est, comme la 
plupart de ses compatriotes, d'un caractère traître et 
fallacieux, cupide à l'excès, et se faisant remarquer 
par sa grande adresse et sa circonspection, que M. An- 
dersson nous a signalées par quelques traits. Il se refusa 
obstinément à lui donner aucune information sur le 
pays, alléguant son ignorance et celle de ses hommes. 
Malheur à vous s'il convoite quelques-uns des objets 
que vous possédez; il n'a ni fin ni cesse que vous ne 
le lui ayiez donné. Ce ne fut pas sans peine que 
M. Andersson parvint à obtenir des guides et des ba- 
teaux pour aller visiter Libébé. Il remonta plusieurs 
jours le Tioughe, mais arrivé au village où il avait 

envoyé en avant son guide pour préparer les moyens 
de poursuivre sa route, la mauvaise volonté des habi- 
tants et l'absence prétextée du chef empêchèrent l'exé- 

Il opéra S.1 retraite au nord, se frayant par les annps une route chez 
les Pichoanas qui habitent le pays situé entie Kururoan et l.i pointe 
esc du Dzooga. De \h il se porta à Touest à la rencontre des Dâmaras 
qui lui opposèrent une vive résistance, et fut contraint de retourner 
vers le lac Nçami dont il pilla les riverains. C'est dans ce pays que 
Font trouvé MM. OswetI et Livin^stone. 



( 166 ) 

Qution de son projet. Ce village comprenait un peu 
plus d'une centaine de cabanes, environnées d'élé- 
gants palmiers et d'arbres fruitiers gigantesques. A 
ses pieds serpente gracieusement le Tiougbe semé d 'Iles 
recouvertes d'une belle végétation. 

Le pouvoir de Letcholétébé est très grand et, comme 
celui de tous ces cbets, fort absolu; car il a sur ses sujets 
le droit de vie et de morL Après s'être montré jadis 
fort hospitalier, il est aujourd'hui très peu généreux* 
M. Andersson n'a nullement eu à se louer de sa libé- 
ralité: lui et les siens étaient sans cesse en butte à ses 
demandes de présents. 

Les Bicbuanas des bords du lac Ngami sont ricbes 
en chèvres et en moutons, mais ne possèdent compa- 
rativement que peu de bétail à corne. Comme les 
autres tribus de leur race, ils attachent un grand prix 
à leurs boeufs, mais surtout à leurs vaches, dont ils ne 
veulent se défaire à aucun prix. Us donnent volontiers 
pour une vache une qbantilé considérable d'ivoire. 

Les fiayéyés, que M. Cooley regarde comme venus 
de la côte occidentale, semblent établis dans le pays 
depuis un temps très reculé. Ils sont grands et d'une 
complexion robuste : leur peau est couleur de suie et 
leur physionomio estfort laide. Les hommes ont adopté 
la manière de se vêtir du peuple qui les a soumis. Ce 
costume consiste simplement en une peau attachée 
autour des reins , large par-devant et formant sur 
chaque côte une sorte de gland. En outre, ils se cou^ 
vrent d'une autre peau quand le temps l'exige. Le 
costume des femmes consiste, comme chez les Ovahe-' 
reros (Damaras), en une sorte de chemise courte faite 
de peau. Les seuls armesdont fassent usage le.b Bayéyés,^ 



( 4«7) 
sont une espèce de javeline à deux ou trois barbe»; 
ils ont emprunté à leurs vainqueurs, tes Bichuanas, 
l'usage du bouclier de peau de bœuf qui a été cause» 
selon eux, de la .supériorité militaire de ceux-ci. 

Le pays qu'habitaient les Bayéyés avant leur sou-» 
mission devait être fort étendu, et il présente encore 
aujourd'hui une surface^ considérable , qui offre une 
plaine continue coupée par des rivières et de vastes 
marais. Les bords des rivières sont en générai très bas; 
mais partout où ils s*élèvent à quelques pieds »u- 
dessus du niveau des eaux, ils sont ombragés par une 
végétation forte et abondante. Les arbres sont d'une 
dimension gigantesque, et couverts ou enlacés de lianes 
et de plantes parasites. Le sol est fertile et fournit 
sans grand travail d'abondants produits. Un mois ou 
deux avant la saison des pluies, on fait choix du sol 
que Ton veut cuhiver, on l'essarte et on lui donne une 
légère préparation à la houe, le seul instrument d'agri- 
culture usité dans ce cas par les Bayéyés. Après les 
premières grandes pluies, on sèmelegrain. LesBayé}és 
en connaissent deux espèces: l'un que l'on nomme 
communément cafre et qui ressemble beaucoup au 
«bttra égyptien ; l'antre, très petit, assez semblable à 
du millet, lequel est plus nutritif et fournit, quand il 
est bien écrasé, une excellente farine. Le tabac, les 
calebasses, les melons d'eau, les citrouilles, les fèves, 
les petits pois et, en général, les divers gemmes de fruits, 
viennent aussi dans ce pays. Il faut surtout citer le 
Oisngora^ Motu^a^hatri des Bichuanas. C'est une sorte 
de fève dont la cosse se recueille sous terre. Je sup- 
pose que M. Andersson veut désigner ici la pistache 
de terre, AraehU kypogœa^ dont une variété est» en effet. 



( 168 ) 
africaine. Ce produit est, dit^il, bien connu sur la côte 
de Mozambique el sa culture a été portée par les noii*s 
jusqu'à nie Mauncc* Le fruit constitue un article d'ini* 
portation assez, considérable au cap de Bonne-Espé- 
rance. Les grands sycomores sauvages, le palmier, les 
baobabs, les dattiers, le moschoma, etc., constituent 
les essences d'arbres principales. Le moschoma se 
fait remarquer par son épais feuillage d'un vert foncé. 
On recueille quand il est tombé à terre, son fruit qui 
pousse au sommet d'un slipe extrêmement élevé. On 
le pile dans un mortier et l'on en fait une p&teque l'on 
munge délayée dans de l'eau. Cette pâte a quelque res-^ 
semblance avec du miel et porte une saveur douce et 
agréable, mais elle est pour l'étranger un aliment 
dont il doit user avec beaucoup de ménagement. L'arbre 
croit toujours sur les bords des rivières ou au n^oins 
dans leur voisinage immédiat; on. peut transporter 
aisément son bois au lac par la voie du Tiougbe. Les 
tiges du moschoma servent aux Bayéyés à faire des 
canots et son bois est employé à la confection des 
ustensiles. M. Andersson a trouvé le n\çschoma dans 
le pays d'Ovambo, entre le 17* et le 18* degré de 
latitude australe, et, d'après ses informations, on le 
rencontre également sur la côte orientale à l'ouest des 
établissements des Portugais. 

Les Bayéyés conservent le grain et les autres pro- 
duits du sol dans de larges paniers faits de feuilles de 
palmiers ou de substances fibreuses. Chez eux le soin 
de défricher le sol, de faire la moisson , de battre et 
de moudre le grain est exclusivement abandonné aux 
femmes. Les hommes mènent chez eux une vie oisive 
et ne déploient leur activité que dans la chasse eldans 



( 160 ) 

la pêche. Toutes leurs mièrcs sont peuplées d'hîppn^ 
polames qu'ils chassent à Tnide de harpons ou plutôt 
d'une grande sagaie de 10 à 12 pieds de long, garnie 
d'une forte pointe de fer et présentant une ingénieuse 
disposition pour empêcher que l'engin ne se brise dès 
que le fer a pénétré dans la chair de Tanimal. Cette 
disposition rappelle celle que les Groêniandais 
donnent à leurs harpons. Une pièce de bois, attachée 
à l'extrémité de la corde qui tient le harpon, sert de 
flottear ou de bouée ; l'autre extrémité de la corde est 
fixée à un pieu. La chasse de l'hippopotame n'est pas 
sans danger et elle rappelle un peu les périls de la 
chasse de la baleine. L'animal blessé renverse les 
canots, les met en pièces, souvent même par son 
simple choc, lorsque l'étroitesse du lit de la rivière le 
contraint h passer près des embarcations. Aussi les 
radeaux faits de roseaux et de joncs, sont-ils préférés 
dans celte chasse, comme étant d'une nature moins 
fragile et plus élastique. 

Le lac Ngami et ses a£Quents abondent en une foule 
de poissons délicieux que les Bayéyés prennent a l'aide 
de filets faits avec les fibres de la tige d'une sorte 
d'aloès. Cette plante croit en grande abondance dans 
tout le pays des grands Namaquas, le pays des Damaras et 
des Ovambos, ainsi que dans les contrées situées à l'est. 
Mais c'est au lac Ngami qu'elle réussit le mieux : ses 
fibres sont d'une extrême ténacité et paraissent être 
plus fortes et plus flexibles que celles du chanvre, dont 
la culture et la préparation ne sont pas, à beaucoup 
près, aussi faciles. 

Le tableau que M. Andersson nous trace du caractère 
de» Bayéyés n'est certainement pas très flatté» Ils sont 

tX. MARS ET AVRIL. A» 12 



( 170) 

très enclins au mensonge et & la filoulerie» traîtres et 
soupçonneux; enfin ils partagent avec toutes les autres 
populations noires la passion des liqueurs fortes et de 
la danse. Us se fabriquent une sorte de bière à Taide 
de laquelle ils s'enivrent, et dans leurs danses ils 
représentent d'une manière fort expressive la chasse 
des différents animaux sauvages. Les hommes sont des 
priseurs de tabac déterminés et les femmes fument le 
dacha^ 

Leurs habitations sont de larges huttes circulaires 
couvertes de joue et fort analogues à celles des Nama- 
quas. La polygamie est très répandue chez eux. Quant 
à leurs idées religieuses» on n'a guère pu en pénétrer 
le caractère : elles paraissent, du reste, très peu déve- 
loppées et jouer un faible rôle dans leur vie. 

Dépouillés de leurs bestiaux par les Bichuanas^ les 
Bayéyés.en sont réduits à élever quelques chèvres dans 
le but surtout d'avoir leur peau pour s'en couvrir 
comme vèt«;ment. Et les vêtements sont cbes eux tout 
à fait nécessaires» car le pays est très humide» ce qui 
engendre beaucoup d'affections rhumatismales. La 
petite vérole fait aussi ches eux de grands ravages* Le 
commerce des fiayéyés consiste surtout en plumas 
d'autruche» en cornes de rhinocéros et en ivoire que 
fournissent l'hippopotame et l'éléphant» Le. désert de 
Kalahari est souvent viûté par les Griquas; ils vont 
chasser ce dernier animal qui y émigré du Daougâ 
après la saison des pluies. Les Bicbuanas chassent aussi 
pour leur peau^ dans le même désert» It* tigre et le 
chacal. On y rencontre également la girafe» le couagga, 
espèce de zèbre» le gnou et le springbocL 

Ce désert de Kalahari s'étend du sud du lac Ngaaû 



(171) 

Jusqu'aux bords de la rivière Orange, et confine à Test 
bI à Touesl avec les pays des grands Namaquas et des 
Bîchuanas. C'est & tort que l'on a représenté le Kala- 
hari comme une vaste plaine de sable inhabitable» 
puisque deux populations s'y rencontrent, les Bichua- 
has et les Kalaharis qui ont vraisemblablement valu 
son nom au désert. Ces Ralaharis constituent une 
nation nègre pariant la même langue que les Bichua- 
nas; ils ne possèdent pas de bestiaux, mais élëvonl un 
grand nombre de cbèvres. Ils cultivent les fèves, les 
pois, les calebasses, les citrouilles et les melons d'eau} 
ces derniers fruits jouent le rôle principal dans leur 
nourriture , et quand la récolte vient à manquer, la 
tribu a A redouter les horreurs de la famine. L'eau 
est rare dans le pays des Ralaharis, cependant elle ne 
manque jamais cdmplétement, même pendant la saison 
sèche. Ces nègres, dans la crainte* qu'on ne tarisse 
leur sources, ont soin, dil-on, lorsqu'ils ont étanché 
leurs soif, de les cacher sous des pierres et chi gazon, 
et même d'anéantir par le feu, à la surface du soir 
toute (race de leur existence. 

Au nord du lac Ngami et du Deouga, le pays offre 
l'aspect d'une vaste plaine où croissent çà et là quel- 
ques arbres-. Cette solitude est presque totalement 
abandonnée aux bêtes fauves, car elle n'est habitéo 
que par quelques peuplades buschmanes et bayéyés. 
Dans la partie que coupe la rivière Mababé, les villages 
de ces deux races deviennent toutefois beaucoup ptu^ 
nombreux. En s'avançant davantage au nord, on trouve 
une contrée fort arrosée et coupée par des canaux.- La 
population qui y habité est tout è fait distincte des* 
Mebuanars par la couleur de la peati et par la' langue.' 



(172) 

Forcé par des circonslances imprévues de revenir 
en Europe» M. Andersson opéra son retour à Cape- 
Town par le pays des grands Namaquas. Celte contrée 
s'étend depuis le pays des Damaras au nord jusqu'à la 
rivière Orange au sud ; elle n'est, à proprement parler» 
que la vallée du Kousip ou FisU-river qui se jette dans 
la rivière Orange. Elle est fort aride et exposée aux 
feux dévorants du soleil ; elle n'est rafraîchie que par 
des pluies périodiques» mais les habitants se plaignent 
que ces pluies ne soient plus aussi abondantes que 
par le passé. Et cette diminution des pluies parait 
s'être également opérée dans le pays des Damaras où 
cependant les sources ne sont pas aussi rares. Le 
pays des grands Namaquas parait avoir été jadis sujet 
à des tremblements de terre et peut-être a des érup-> 
tions volcaniques, La côte » comme celle du pays des 
Damaras, est un vaste désert qui varie en largeur de 
80 à 100 milles. Toutefois » ce désert a son genre de 
richesse : on y trouve le cuivre» le fer et Tétain en assex 
grande abondance. 

Les grands Namaquas peuvent être divisés en deux 
grandes tribus» les Topnaars et les Oeslams, Sous cette 
dernière dénomination, on comprend tous les Hotten- 
tots à demi civilisés qui sont venus sétablir dans le 
pays. Leur nom pourrait bien n'être même qu'une 
corruption du hollandais Oer/and [Overland], Les 
Topnaars» c'est-à-dire les premiers» les grands» consti- 
tuent la population primitive du pays. S'il faut en croire 
les informations du voyageur» la vie est très longue dans 
le pays des grands Namaquas; les centenaires y sont 
fort communs. A la mort de chaque individu» on im- 
mole ou» pour mieux dire» on étouffe» car» dans ce cas 



(173 ) 

remploi d'un instrument Irancliant doit être éutc» 
des bestiaux en TbonTieur du défunt. Plus celui-ci est 
riche, plus le sacrifice est considérable. Toute celte 
population namaqua est de race buschmane, laquelle 
constitue le type véritable de ce que nous appelon» 
les Hollentots. 

M. Andersson a déterminé la position géographique 
des lieux qu'il a parcourus, il a fait des obsei*valions 
d'altitude» établi un itinéraire de son voyage. Nous 
publierons ces documents dans un prochain numéro 
du Bulletin^ en y joignant le tableau comparatif dos 
rao!s otchihéréro, bajréyé et chjilimanse qu'il a dressé, 

Alfred Mauqy^ 



(174) 



.4iMily0Mi et Rapporta» 



RAPPORT 

SVB LA CABTB PHYSIQUE BT IléTiOBOLOGIQUB OU 6L0BB 
TBBBBSTREjCOIIPRBNANT la DISTBIBUTlOlf cioOBAPHIQUB 
DE LA TBIfPéRATUBB. DBS OBAGES, DBS VBIIT8 BT DBS 

HBiGBs, par H. J.-Cb. Bouom» médecin en chef 
de l'hôpital militaire du Roule, dédiée à M. Alex. 
deHuMBOLDT; 1855, 3* édît., corrigée et considé- 
rablement augmentée. Paris, J.-B. Baillière. 



Le succès qu'ont obtenu les deux premières éditions 
de la carte de M. le docteur Boudin nous a valu une 
nouvelle publication de son travail; et par les nom- 
breuses modifications qu'il y a introduites, cette 8* édi- 
tion a tout le méritu et Tintérét d'une œuvre inédite. Mar- 
chant sur les traces de MM. Bergbaus, Kehh Johnslon, 
A. Petermann, ce savant môdecin a voulu représenter 
d'une manière graphique et dans ses rapports avec les 
différentes régions du globe , la distribution de la 
température, des orages, des vents, des pluies et des 
neiges. La liaison de ces conditions et de ces phéno* 
mènes physiques avec la disposition des continents et 
des mers, est un fait non-seulement important à con- 
naître comme vérification et application de la théorie 
par laquelle la scietice les explique, mais elle se rat- 
tache encore aux grands problèmes de l'ethnologie» 
de la géographie botanique et géologique, et, jusqu'à 
un certain point, & la recherche des origines et i l'étude 



( 174 ) 

des révolulioDS de la géographie politique. Voilà pour- 
quoi. Messieurs, j'ai dû vous signaler la publicatton de 
cette carte, dont l'auteur a droit à tous nos encourage* 
menls et à toute notre estime. H. Boudin est incon* 
testablement on des médecins les plus instruits de 
notre armée ; il se livre, depuis de longues années, A 
des recherches de statistique et de topographie médi- 
cales, qui l'ont admirablement préparé à la tâche dont 
il vient de s'acquitter par la construction de sa carte 
physique et météorologique. 

Tenant à réunir dans un même tableau l'ensemble 
des phénomènes dont il poursuit la marclie, M. Boudin 
a tracé sur une mappemonde les différentes courbes 
qui mesurent et limitent l'action des météores. Les 
températures moyennes de l'hiver et de Tété sont in* 
diquées dans les localités principales du globe ; et une 
ligne passant par les points les plus chaods de tous 
les méridiens, donne la direction de l'équateur ther< 
mal qu'une teinte particulière dislingue de Téquateur 
terrestre, qu'il coupe près de Singapour et dont il ne 
s'éloigne jamais de plus de 16 degrés, traversant 
l'isthme de Panama, et trouvant son autre point d'in- 
tersection avec là ligne équinoxiale dans l'océan 
Pacifique par environ 166 degrés de longitude occi- 
dentale. 

M. Boudin a indiqué sur sa carte, pour chaque mer, 
la direction des vents dominants, et teinté par des 
nuances diverses et différents modes de hachures la 
région des vents alizés , celle des systèmes de mous- 
sons, en sorte que le marin embrasse d'un coup sur 
cette carte les lois anéroométriques qui constituent 
l'nne des bases de la navigation. Une bande blanche. 



( 178 ) 

qui séparo la région des moussons de l'océan Paci* 
fique équatorial de celle des vents du nord-est, repré- 
sente la zone des calmes et des pluies non périodiques. 
Cette zone a pour limite inférieure, par 120 et 136 de- 
grés de longitude occidentale, l'équateur thermal lui* 
même* 

Des lignes, distinguées les unes des autres par la 
disposition du trait et du pointillé» donnent pour les 
deux hémisphères la limite des glaces flottantes* Les 
réglons sans pluie sont reconnnissables par le grisé à 
lignes verticales. L'auteur marque également sur sa 
carte la limite équatoriale des neiges ciu niveau de la 
mer dans l'hémisphère nord: c'est une courbe com- 
prise entre le A6* degré de latitude nord qu'elle atteint 
dans l'Atlantique, et le tropique du Cancer qu'elle 
dépasse légèrement au sud de la Chine, et au delà 
duquel, dans le Mexique» elle présente un véritable 
point de rebroussement» en sorte que le 105^ méridien 
occidental correspond à sa plus haute ordonnée néga- 
tive. M. Boudin indique, par la notation écrite, les ré* 
gions sans pluie, celles des pluies estivales et hibernales. 
Ainsi il est ^isé de saisir d'un seul coup d'oeil, au 
moyen de cette carte, la relation des climats et des 
phénomènes météorologiques avec les lignes iso- 
thermes que l'auteur a pris soin d'indiquer de 10 en 
10 degrés. Au cap (le Bonne-Espérance, nous ren- 
controns les pluies automnales; les pluies estivales, 
au contraire, caractérisent les Carolines et les États à 
l'ouest. Des légendes nous font connaître également 
en divers lieux la fréquence ou plutôt la rareté des 
coups de tonnerre» 

Autour de la carte ont été disposés un grand 



( 177 ) 

nombre de tableaux et de légendes fournissant des 
indications qui ont écbappé a la représentation gra« 
pbiquc ou, du moins, qui auraient trop surchargé la 
mappemonde dont l'inspection demeure ainsi facile 
et claire. Nous rencontrons dans cet ensemble d'indi- 
cations supplémenlaires : 1* la limite atteinte par 
divers navigateurs dans les hautes latitudes des deux 
hémisphères ; 2"* quelques températures extrêmes ré- 
gulièrement constatées; i"* la quantité annuelle de 
pluie pour les zones torride et tempérée ; A* l'altitude 
des principales localités de la Palestine ; 5* celle des 
principales chaînes de montagnes; 6** les limites 
atteintes en altitude et en profondeur; 7* la moyenne 
annuelle des jours d'orage ; 8* la quantité annuelle 
d*eau h diverses latitudes; 9° l'altitude moyenne des 
continents; lO"" la limite dis neiges perpétuelles; 
11» le décroissement de la température moyenne; 
J2<» les jours de neige dans l'année pour différents lieux 
de l'Europe; 13*^ l'altitude et la température moyennes 
des différentes localités de l'Algérie ; lA** la profondeur 
des mers; 15"* la superficie comparative des diverses 
régions du globe; 16* le niveau compara des mers; 
17" la densité de leurs eaux; 18" la pression de l'at- 
mosphère en différents lieux; enfin, plusieurs autres 
indications thermomélriques et météorologiques» 

Cette foule de renseignements ajoute un prix tout 
particulier à la carte du docteur Boudin , dressée, en 
général, d'après les documents les plus authentiques* 
Nous regrettons, cependant, de ne pas voir notés dans 
ces tableaux les points extrêmes où les dernières expé* 
ditions anglaises sont parvenues & atteindre dans la 
région arctique. Peut-èirc eût-il été bon d'indiquer. 



( 178 ) « 

par un aystème de cotes» la hauteur relative des divers 
plateaux au-deasus du niveau des mers, puisque cette 
altitude est dans un rapport étroit avec les neiges» les 
pluies et la température ? Il eût été facile, en prenant 
pour point de départ les observations de nos marins, 
de tracer l'équateur magnétique et les lignes sans 
déclinaison» de façon à faire saisir la relation des phé- 
nomènes de magnétisme» de chaleur et d'électricité. 
L'indication des vents variables est ce qui laisse le plus 
à désirer dans la carte de M. Boudin ; ils ne sont notés 
que sur quelques mers, mais sur les continents on en 
cherche vainement la désignation. Enfin» n'eût *il pas 
été utile de marquer les grands courants et surtout le 
gid/'êtream^ qui modifient si sensiblement la distribu- 
tion de la température à la surface des mers» et exer- 
cent précisément sur la marche des glaces» dont 
M. Boudin a eu soin de nous dessiner la limite» une 
influence notable? 

Aiais quoi qu'il en soit des additions dont la carte 
de M. Boudin peut encore s'enrichir» telle qu'elle est» 
elle demeure un guide excellent , d'un usage facile et 
rapide» d'une pratique journalière* 

Tous les phénomènes de la nature se tiennent» l'ac- 
tion de tous les agents physiques est liée par des lois 
connexes que nous ne parviendrons à saisir» au moins 
dans leur généralité » que par un travail analogue à 
celui que M. Boudin vient d'exécuter. La géographie 
ne peut désormais faire abstraction de ces phénomènes 
physiques» qui sont la condition d'existence du globe 
dont elle poursuit la description et rhistoire« Elle est 
obligée» précisément à raison de l'étendue de son objet» 
d'emprunter à une foule de sciences aeceasoires des 



( 17» ) 

données et d^ lumières» et voilà pourqaoî nom de- 
«ons signaler les travaux qui, comme cette carte, lui 
offrent sans peine et quand elle le veut, les résultats 
scientifiques dont elle ne peut plus désormais se passer. 

Alfred Haubt. 



RAPPORT 

SUR l'exploration DB la VALLàK DB l'aiIAIONB PAR LES 
LlEUTBIfARTS DB LA MARINS DBS ÉTATS-UNIS, HBRNDON 

BT GIBBON, BN 1851-1852. 1'* partie, 1 vol. în-8% 
avec 3 cartes, imprimé par ordre du gouvernement 
des États-Unis. 



L'immense vallée du Mississipi, dans l'Amérique du 
nord, est devenue, par l'industrieuse persévérance de 
la nation américaine, le centre d'un empire, qui, dans 
le cours d'un demi-siècle, a pris sa place an premier 
rang des grands États du monde. 

La vallée de l'Amazone, dans l'Amérique du sud, 
est plus vaste encore; elle s'étend en longitude de 
28 degrés (1), et en latitude de 22 degrés (2). Elle est 
destinée à servir de débouché commercial vers 
l'Europe, à plusieurs États considérables en éten-- 
due, la Bolivie, le Pérou, l'Equateur, la Nouvelle- 
Grenade et le Venezuela. — Le nombre et la grandeur 
des fleuves qui l'arrosent, annoncent qu'a?ant un 
siècle plus de trente villes du premier ordre s'élèveront 

(i) Du 76* au 49* déféré de lûii||^nid« ouest Je Greenwicb. 
(») 4 à9§ré9 de latitude aord H iS de^rw de latitude avd. 



( 180 ) 

sur leurs rives; — car l'histoire du genre humain dé- 
montre que partout où il s'est trouvé un port ou une 
grande rivière, il s'est formé de grandes villes. 

Les vallées de l'Amazone et de ses tributaires sont 
placées dans le voisinage de l'Equateur, et le sol est 
d'une Fertilité luxuriante; quand les défrichements 
l'auront assaini, il produira des récoltes de toute na- 
ture, et pourra nourrir une population de cent mil- 
lions d'âmes peut-être. 

Elles fourniront aux produits de l'Europe et des 
autres parties du globe un débouché nouveau, aussi 
grand qu'avantageux aux indigènes. 

Les plus riches mines d'argent sont aux sources du 
Huallaga et du Maranon ou Amazone, au Pérou, sans 
y comprendre les mines d'or du district de Cuzco et 
de Potosi, aux sources de TUyacari, du Madre-de-Dios 
ou Purus, du Béni et du Mamoré, et autres fleuves 
tributaires de l'Amazone, malheureusement peu con- 
nus. Il importe aujourd'hui plus que jamais de mettre 
ces produits à la portée de l'Europe, et de joindre 
les deux océans Pacifique et Atlantique par ces 
grands canaux naturels» navigables à la vapeur. Sans 
doute, le chemin de fer qui vient de s'ouvrir dans 
l'isthme de Panama, et permet de passer en trois 
heures d'une mer à l'autre, n'oblige plus le com* 
mercc à faire l'immense détour du cap Horn ; mais 
tant qu'un canal de navigation ne sera pas ouvert dans 
le même isthme, le transbordement des marchandises 
sera un inconvénient immense, et l'on pénétrera plus 
facilement par l'Amazone, dans les États encore jeunes 
dont la population augmente rapidement. 

Il en est d'ailleurs, comme le territoire de la Bolivie et 



(181 ) 

les contrées étendues à Test de la chaîne principale des 
Andes, qui ne peuvent communiquer économiquement 
a?ec les États-Unis et l'Europe que par la navigation 
fluviale de l'Amazone et de ses grands affluents du sud«. 

Cet immense territoire a de quoi former encore 
plusieurs empires; il s'agit d'ailleurs de donner la vie 
à des États encore fort arriérés. — Les contrées que 
le Brésil s'adjuge » entre les républiques d'origine 
espagnole et l'Atlantique, sont tellement considé- 
rables et tellement désertes, malgré leur heureuse 
situation, qu'on s'étonnait que les nations commer- 
çantes n'eussent point encore cherché à se rendre 
compte de cet avenir, et à y introduire le principe de 
la libre navigation. La plupart des voyageurs qui 
depuis un siècle ont traversé ces régions, ne les ont 
guère examinées qu'au point de vue de l'accroissement 
des sciences naturelles. 

Le siège naturel de l'empire du Brésil est sur l'Atlan- 
tique, entre l'embouchure de l'Amazone et la répu- 
blique de Monte- Video ; et ce beau domaine est déjà 
immense. Si le souverain de cet État, le plus puissant 
de l'Amérique du sud, avait colonisé l'intérieur de ses 
provinces et les rives du Saint-Francisco à l'est du 
50* degré de longitude occidentale (de Paris) , en y con- 
centrant ses efforts , l'humanité n'aurait qu'à s'ap- 
plaudir de cet élan donné à la civilisation. Mais à l'aide 
de postes avancés vers l'ouest, il a voulu s'emparer, et 
il se prétend en possession solide, des sources du 
Parana et du Paraguay qui coulent vers le sud, et de 
tous les affluents nord et sud de l'Amazone; tandis 
qu'on pouvait tout au plus lui abandonner les rivières 
des Tocantins et de l'Aragttay. Partant de son établis* 



(18Î ) 

«ement de Cuyaba, il a, par le Cort de Beira près l*em«* 
Jbeuchure du Guaporé ou Iteneidans la Mamoré, posé 
une limite à la république de Bolirie au 67^ degré de 
loDgil. Il a fait plus : il a |>énétré jusqu'au Ih* degré 
et aux limites des républiques du Pérou et de TÉqua- 
teur« Au nord de TAmazooe, il est allé )«aqu'au« 
limites de la Nouvelle^Grenade, du Venezuela et des 
trois Guyanes* anglaise» boUandaise et française, 
quoiqu'il n'y occupe réellement que quelques postes 
incapables de se faire respecter, à l'exception de son 
établissement très récent sur le fleuve Negro. Enfin, 
sa prétention est de fermer l'entrée de TAmaxone 4 
tous les navires étrangers, et de tenir sous sa domina^ 
lion inerte ces contrées que le créateur a destinées é 
devenir le patrimoine de l'bomme civilisé. Si cra pré- 
tentions sont admises, presque tout le centre de TAmé» 
rique méridionale est condamné, pour plus d'un nécle 
peut-être» à rester désert., la misérable babitatîon de 
nombreuses tribus sauvages, et là proie des bèteé 
féroces et de toutes les races de reptiles. 

Heureusement que la république Argentine et le 
Paraguay paraissent, en ouvrant leurs fleuves à la libre 
navigation, vouloir 5e joindra à la Bolivie, qui a refusé, 
en i862 » de livrer les rivières qui sortent de son sein 
& la navigation excluMve du Brésil, Le Péroo, qui t'était 
engagé par un traité réeeist envers le Brésil, a reconnu 
le piège qu'on lui avait tendu. U est impossible que 
les gouvernemenls de l'Equateur, de la Nouvelle- 
Grenade et du Vénéxuéla, ne se rangent pas du càté da 
principe de la liberté du commerce, et qœ les gou* 
veroeoQeots européens ne s adresse&t pas au gouvèr** 
nement du Brésil poui* assurer des déboucbés au 



(188) 

eommerce de ces États avec l'intérieur, et à la nayi- 
gatîoa de rAmazone elle-même. La jalousie qu'in- 
spîreot les entreprises des États-Unis ne doit arrêter 
aucune de ces puissances» puisqu'en définitive» les 
Américains du nord ne demandent rien d'exclusif 
pour eux, rien qui ne doive profiler au commerce 
général et à l'accroissement de la civilisation. 

Le Brésil résistera» sans doute» plus ou moins long- 
temps, A ce besoin universel. Car il prétend» en vertu 
des maximes de l'ancien droit des gens» qu'il suffisait 
de planter un drapeau sur une terre encore neuve 
pour en devenir souverain. 

Mais ces principes sont aujourd'hui surannés; on 
ne reconnaît plus de mers closes ; la possession des 
rivages de la mer ne s'étend pas, même à deux ou trois 
lieues des côtes» mais seulement à la portée du canon» 
— Hors de lé» la pèclie et la navigation sont libres. 

Sur terre» la possession doit être limitée aussi à ce 
qui est mis en culture et réellement occupé; c'est là 
le véritable fondement de la propriété privée : tankun 
prœseriptum » quantum possessum. Quoi qu'en aient dit 
récemment quelques voix isolées et bientôt démen<» 
tiea par les plus hautes autorités» la propriété privée 
n'est pas une concession des gouvernements. Les gou* 
vememenis» au contraire» sont institués pour garantir 
à l'homme la libre jouissance de son industrie et les 
fruits de son travail. 

Pourquoi ces principes de droit naturel» consaci^ 
par toute la législation. i*omaine» ne seraient-ils pas 
applicables aux propriétés publiques» et surtout aux 
choses qui ne sont pas susceptibles de propriété» 
eomme la mêr » l'air» les eaux courantes ? 



(184 ) 

Rien de plus légitime, de la part des gouvernements 
comme de la part des individus, que de revendiquer 
la propriété exclusive de tous les lieux où ils ont fondé 
des établissements, et dans lesquels ils ont établi une 
force publique capable de protéger les personnes el 
les propriétés. Partout où le Brésil a fondé et entre» 
tient de tels établissements, nul n'est moins dispensé 
que nous à lui en disputer la souveraineté. 

Mais apparemment, il ne suffira pas d'établir à l'em- 
bouchure d'une rivière, un fort qu'on laissera tomber 
en ruines, et où l'on n'entretiendra qu'une garnison 
de quelques hommes, incapable de se faire respecter» 
à une lieue de son enceinte, pour de là dominer sur 
des centaines de lieues. En ce cas, nous croyons que 
tous ceux qui viendront s'établir sur l'autre rive du 
fleuve , si cette rive est hors de la portée du canon du 
fort, ou dans les contrées adjacentes, et qui ne récla- 
meront pas sa protection, en seront el demeureront 
indépendants. 

Le Brésil commence à le sentir ; car il ne s'est pas 
contenté de fonder ces postes avancés comme des sen- 
tinelles perdues ; quand il a voulu réellement coloni* 
ser, comme au Barra du Rio-Negro, il a établi une 
ville, des autorités judiciaires et administratives, des 
troupes et un gouverneur. Là est donc une souveraineté 
réelle. Reste à savoir, bonafide^ jusqu'où s'étendent 
les établissements secondaires, et à quelle distance du 
fleuve et de ses affluents s'étend la protection : car là 
est la limite de la souveraineté. 

Tels sont, nous le croyons, les principes du droit des 
gens moderne. De plus, comme il importe de cultiver 
entre les nations de bonnes relations d'amitié et de 



(185) 

commerce, la liberté de la navigation est un principe 
général, qui doit être reconnu partout, môme dans 
l'intérieur des pays souverains. L'État qui l'accorde 
au commerce étranger ne peut établir que des droits 
de douane modérés, pour l'entretien de la navigation 
et les dépenses dos établissements; la clôture des 
fleuves navigables est une mesure antisociale, et qui 
à la longue ferait mettre la puissance qui la main- 
tiendrait au ban des nations civilisées. On pourrait^ 
à litre de représailles, fermer les ports européens, ceux 
desEtais-Unis et des puissances indépendantes, à tout 
natire portant le pavillon brésilien. 

Prenotis un exemple : la France a prétendu que ses 
possessions de la Guyane s'étendaient jusqu'à l'em- 
bouchure de l'Amazone, et non jusqu'au point de 
partage des eaux qui coulent de la base de ses étiblisse* 
meQts : aujourd'hui ces prétentions sont rejetées, 
parce qu'elle n'a pas formé d'établissements sur la 
côte jusqu'à l'embouchure de l'Amazone, ni sur les 
cours d'eau qui, de ce point de partage, vont du nord 
au sud porter leurs eaux au grand fleuve. 

La même objection est faite aux gouvernements 
hollandais et anglais, quoique déjà des communica- 
tions commerciales se soient établies sur l'Orénoque, 
et qu'il y ait eu des conflits avec le gouverncnient bré- 
silien sur les limites de son établissement. C'est une 
question de fait qu'il ne nous est pas donné en ce 
moment d'éclaircir. 

L'ouvrage que nous avons à examiner rapporte deux 
documents importants émanés d'un citoyen. éclairé de 
Buenos-Ayres, qui invite le gouvernement français 
à se préoccuper, de la question de l'Amazone. Ces 

]X« MARS ET AVRIL. 5. 13 



( 186 ) 

documents ne remontent pas au delà de 1850 : on j 
rappelle les vues que l'empereur Napoléon I*' avait 
conçues sur ce point, et dont il fut distrait parla 
guerre maritime et continentale; l'attention fut de 
nouveau rappelée au goiivernement royal de LouiS'* 
Philippe, qui fit faire une reconnaissance à l'embou- 
obure. M. Arago, sous le gouvernement provisoire 
de i8i8, s'en occupa. L'un de ces documenta est une 
lettre adressée, le 2 février 1850, au prince Napoléon, 
alors président de la république, dans laquelle se 
trouve rappelée l'exploration partielle faite, il y a 
quelques années, par un officier de la marine française 
(M. de Montravel), qui remonta l'AmaTone jusqu'au 
poste brésilien d'Obidos, où il fut arrêté par ordre du 
gouvernement impérial du Brésil, comme dépassant 
les linAles des eaux libres. 

Cette affaire ne parait pas avoir eu d'autre suite. 
Quoi qu'il en soit, si la France n'a pas la souveraineté 
des rives de l'Atlantique, depuis la Guyane jusqu'à 
l'embouchure de l'Amasone, et des eaux qui sortent 
de ses montagnes pour agrandir ce fleuve, c'eat qu'elle 
n'y a pas fait d'établissements : mais le Brésil n'en a 
pas non plus jusqu'à Almeirin. La question reste donc 
en litige, et une tierce puissance pourrait s'y établir, 
si les deux gouvernements n'y font rien; car la civi- 
lisation ne peut souffrir de la mauvaise volonté ou de 
l'impuissance des gouvernements, et l'on doit remercier 
quiconque, en prenant possession du sol, en le fer* 
tilisant, et en ouvrant de nouveaux débouchés au 
commerce, sert les intérêts de la race humaine et 
remplit ainsi les décrets de la Providence. 

il est urgent que de grands canaux soient ouverts 



(187) 

|>Br TAoïazone à la navigation à la vapeur, appellent 
dea populaiiona qui maoqueuC sur ses rivages et sw 
aea affluents ^ apportent aux malheureux hidîeas des 
aubsistancea, des vêtements et des lumières, et «n 
chassant les animaux féroces ou impurs qui les 
infestent. 

Quoiqu'il n'ait ^encore aucune position dans ces 
contrées, le gofnvernement des États-Unis na pas 
manqué de s'en occuper, et ion verra que quand la 
mission donnée aux officiers de la marina a été con- 
nu^ du gouvernement du Brésil» celui-ci s'est hàlé, 
sans oser cependant l'enti^aver, de proivoquer dos 
mesures pour fermer aux étrangers l'accès des eaux 
intérieures du grand fleuve. 

Quelles que soient les vues de l'U nion américaine daaa 
l'initiative qu'elle a prise dans la défense de la liberté 
de cette navigation, il faut reconnaître qu'elle travaille 
dans l'intérêt de toutes les puissances européennes qui 
ont une marine. 

A la place des efforts isolés qu'on a faits jusqu'à ca 
jour, il importe que les puissances se réunissant pour 
combattre l'es^mt exclusif et jaloux du Brésil. 

Déjà le gouvernement français a accordé des encour 
ragemenls à M. d'Orbigny, dans l'exploration que ce 
voyageur a faite, de 1830 à 1833, en Bolivie, il a sur* 
tout favorisé les grands travaux de M. Fr. de Gasteloau. 
et de l'infortuné d'Odery , ingénieur des mines, accomr 
plis de 18A3 à 1847. La Société de géographie a décerné 
une médaille extraordinaire à M. de Castelnau, lors de 
la publication des premières livraisons de son voyage» 
quoique lepublio ne connût pas encore toute reten- 
due de ses investigations » puisque son ouvrage n'est 



(188) 

pas encore terminé et qu'il se compose de soixante- 
quinze feuilles, soit géographiques soit géologiques. 

L'auteur de la relation que nous examinons n'a 
connu, dit-il, les résultats déjà oblenus par M^deCas* 
teinou et ses collaborateurs, qu'après son retour de 
son voyage d'exploration en 1853. En eflet, les pre<^ 
miers volumes de Texploratiom française n'ont paru 
que dans le courant de 1860, et l'expédilion améri- 
caine a reçu sa mission en août 1850, quoiqu'elle 
n'ait commencé son voyage qu'en mai 1851. 

Ses instructions, à la date du 16 février, qui lui par- 
vinrent aVolparaiso, lui prescrivaient d'étudier sur 
les lieux la totalité de cet immense bassin , avec les 
eaux navigables» non-seulement de l'Amazone, mais 
de ses tributaires. 

Il fallait non-seulement rapporter des notions pré- 
cises sur la condition de cette vallée par rapport à la 
navigation de ses fleuves, au nombre et à l'état indus- 
triel et social de ses habitants^ mais encore à son 
climat, aux productions actuelles de son sol, au déve- 
loppement possible de ses ressources commerciales, 
quant aux champs, aux forêts, aux rivières et aux 
mines. 

L'expédition devait se rendre dans la Cordillère, et 
explorer l'Amazone depuis sa source jusqu'à son em« 
bouchure. Elle fut pourvue de tous les instruments 
nécessaires, et d'un crédit de 6000 dollars (20000fr.). 

On lui désignait spécialement l'Ucayali ou l'Hual- 
laga, rivières du Pérou, comme l'objet de cette étude; 
mais on n'excluait pas les fleuves de la Bolivie , tels 
que le Mamoré, l'Itenès et le Reni, affluents du Madeira* 
On s'en rapportait à son jugement sur le choix de sa 



(189) 

route; on lui recommanclait d'évilerles hostilités avec 
la population » et de ne pas prendre une suite trop 
nombreuse, qui pût alarmer les gouvernements locaux; 
on l'invitait à se préoccuper surtout de la questiqn de 
la liberté de la navigation. 

L'officier distingué ctiargé de la mission, avant de 
commencer son exploration, prit à Valparaiso et à 
Santiago du Chili tous les renseignements qui furent 
à sa portée sur les travaux antérieurs, principalement 
sur les tributaires du Madeira. Il en a présenté un 
intéressant historique. 

Ensuite il s'occupa du haut Pérou, des richesses 
minérales en or du mont Carabaya, à l'est de Guzco» 
et des grands cours d'eau qui arrosent cette |)rovincet 
notamment de la rivière encore inconnue Madre-de- 
Dios, des deux branches de l'Urubamba, de l'Apurimac 
et du Pango. 

Ayant appris que les fleuves de la Bolivie ne se 
réunissaient à l'Amazone que dans la partie basse de 
son cours, vers le 50* degré de longitude de Greenwich» 
il jugea plus urgent de s'occuper d'abord des affluents 
les plus voisins de la mer PaciGque. 

Le lieutenant Herndon est parti de Lima le 21 mai 
185 1« avec des passe*ports et recommandations du 
gouvernement du Pérou, en compagnie de M. Gibbon 
et de quatre autres j^ersonnes: il longea les rives du 
Rimac, rivière de Lima, jusqu'au sommet de la Cor- 
dillère, où elle prend sa source, au pied des mines 
d'argent. — Il n'y a qu'une distance d'environ 60 milles . 
(100 kilomètres) de la mer Pacifique. Il y donne d'in- 
téressants détails sur les mines. Le 3 juin, l'expédition 
fit l'ascension du mont Puypuy, qu'on dit plus élevé 



( l»0 ) 

qne le Cbimboraed. Le Q, elle était à Tarma, petite 
nilc de 7 OOO habitants cB^îroD, ctansun amphithéâtre 
montagneux, entourée de riches pâturages; on fit ane 
excursion a l'est jusqu'au fort RauK>n» sur le Pérené, 
l'un des affluents de TUcayaH. Le lieutenant Herndofi 
tie suint pas le conseil de ceux qoi l'engageaient a 
descendre l'Amazone de ce côté, & Test de la Cordil- 
lère, quoiqu'on dtt le projet plus facile à réaliser, il 
ignorait, d'ailleurs, qoe M. de Castelnau eût exploré 
rUcayali; il revint à Tarma, où l'expédition se frac- 
tionna le 1*"^ juillet 1851 : Tune qui, sous la direction 
idu lieutenant Gibbon, se dirigea de cette place sur 
Cu2co, au sud-est, ainsi que nous l 'exposerons plus 
tard, pour explorer les rivières du haut Pérou, et ullé- 
^eurement eelles de la Bolivie ; Fautre, sous la ^rec-* 
tion de M. Herndon lui-même , dirigea sa foete au 
nord, du côté des sources du Huallaga. 

Lé 9 juillet, ce dernier arriva à la petite ville de 
Cerro-Pasco, sise au milieu des mifies d'argent, qui 
renferment de 6 à 16 000 âmes, selon que ces mines 
«ont exploitées avec plus ou moins d'activité. 

Un peu au midi est le beau lac de Ghinchaococha , 
de 20 milles de long sur environ tt de large, qui se 
décharge dans rUcafyali par la vallée d'Oroya. 

Les mines de cette contrée, découvertes en 1690, 
ont, suivant les Renseignements j^is par H. de Gastel- 
nao, notre compatriote, produit jusqu'en 18A& envi- 
ron A75 000 000 de dollars, c'est-à-dire en moyenne 
2170000 dollars (11 501000 fr.)- 

Le 16 juillet, l'expédition atteignit le village d'Ambo, 
Je 1 000 habitants, situé à la jonction des rivières 
Hnacârr cl Hoaffaga, G'est une belle vtill#6. Là s'élève 



(191 ) 

une des pfcis aticiennee villes eu Pérou» Huancuco, 
de é 000 âmes* Le Uuallaga a déjà AO yards (de 9(V èr 
S7 mètres) de large, mais dans la saison sèche il n*à 
que ô décimètres de profondeur et n'est pas navigable. 

La populatîoB désire virement l'euverture de cette 
navigation. 

A Tingo-Maria, c'est«à-dire à 8>3ft milles de Lima, 
ie Huallaga devient navigable poufd'es eanots; mais c# 
genre de communication fluviale n'acquiert d'impor- 
tance que bien loin plus bas, à Ghasuta , où la rivière 
atteint 6 pieds (i", 523) de profondeur, n'est plus en- 
travée par des rapides, et reste constamment ouverte 
à la navigation. 

L'Ucayali, autre affluent de l'Amasone it l'est, eal 
navigable plus au sud ; mais le pays est plus sauvage. 

Ghasuta est un village indien de 1 200 habitants; 
la population est douce et ennemie du sang; c'est le 
port du district de Tarapoto, dont la ville renferme 
environ 8 500 habitants, et relève de Moyobanba. Dans 
ces contrées la barbarie commence. Quoique le gou* 
vernement du Pérou ait aboli l'esclavage, on ne s'y 
fait pas scrupule de réduire en servitude les enfants 
des Indiens, qu'on enlève à leurs parents, sous prétexte 
de les instruire dans la religion catholique. On fit une 
excursion sur le Mayo, affluent du Huallaga , du côté 
du village de Jean-Guerra. L'auteur raconte (p. i65) 
que deux dames se Joignirent A la cavAlcade, cemposée 
de huit personnes , pour une partie de pèelvè formée 
par nn ecclésiastique : elles amusèrent kt soeiété dans 
son passage à travers les bois ; mais quelque accou- 
tumé que fût l'officier américain , par suite de ses 
voyages en différentes parties du monde, an sàns-gèlM 



( 192 ) 

et à la liberté, il fut un peu surpris de voir ces Auna^ 
zones» à leur arrivée, déposer tous leurs vèteoieaCs » 
à l'exception d'un mouchoir de soie attaché sur leurs 
hanches, et se baigner dans la rivière, à une distance 
de 36 mèlres, à la vue de tous les hommes. 

Le 3 septembre, l'expédition arriva à l'embouchure 
du Huallaga dans l'Amazone ou le Maranon. De Tingo, 
où commence l'usage des canots, jusqu'à Chasuta, il y 
a 825 milles de long; et de Chasuta, où la rivière, ayant 
au moins 1 mètre 1/2 de profondeur, est perpétuel- 
lement navigable, jusqu'à son confluent, 285 milles. 
A son embouchure la rivière passe subitement de 9 à 
&5 pieds de profondeur (A3"*, 707), et arrive à une lar- 
geur de 850 yards (A89<",800) ; TAmazone en a 600. 

Ce qu'on appelle l'Amazone porte au Pérou le nom 
de Maranon, jusqu'à la frontière brésilienne; celui de 
Solimoens, jusqu'à sa jonction avec le Rio-Negro, et 
celui d'Amazone jusqu'à l'Océan. Il convient de lui 
restituer son nom le plus général et le plus connu. 
Comme l'affluent du Maranon est plus étendu, à 
cause de ses détours, que l'Huallaga, quoique sa source 
au lac Lauricocha ne soit pas plus méridionale que 
celle du Huallaga, il est de toute évidence que celui-ci 
ne peut, surtout à raison de la rareté de ses eaux , 
entrer en comparaison avec le Maranon. A leur jonc* 
tion, comme on l'a vu, le Maranon est bien plus large 
et plus profond ; il vient de l'ouest. 

Désormais la marche de ce grand fleuve, dans sa 
largeur silencieuse, est sublime. Les arbres gigantes- 
ques qui s'élèvent sur ses rives et sur ses Iles en 
imposent et ont une grande solennité. Sans doute, il 
lui manque ce qui distingue le Mississipi, les cultures. 



( 103 ) 

les cités, les navires à vapeur; mais sa vue n'en est 
pas moins frappante pour l'imagination; et les navi* 
gateurs qui ont vécu sur les solitudes de la mer n'en 
éprouvent pas moins cette émotion ; pour eux c'est 
un fleuve sans limite. Les ressources qu'il offre aux 
échanges et au commerce sont incommensurables; 
son avenir éblouit; on est au milieu des régions les 
plus enchanteresses qui soient sur la terre. 

De ses montagnes on peut tirer l'argent, le fer, le 
cuivre» le charbon de terre, le mercure, le zinc et l'étain; 
du sable de ses affluents, on extraira l'or, les dia* 
mnnts et les pierres précieuses; de ses forêts» les re- 
mèdes des vertus les plus rares, des aromates exquis, 
des gommes, des résines de toute espèce ; du bois 
des teintes les plus brillantes. Son climat est un été 
perpétuel et ses moissons permanentes. Ici, M.Hern- 
don rappelle la description qu'en a faite M. de Cas- 
telnau, qui entre dans le détail des diverses productions, 
en sucre, café, tabacs, cacao^ lanv^nn, coton, indigo, 
bananes, et tant d'autres. La pèche nourrit maintenant 
ses rares habitants. 

Le 9 septembre, l'expédition arriva, après un trajet 
de 210 milles, à Nauta, village indien de 1 000 habi- 
tants, à l'embouchure de l'Ucayali; on remonta celte 
rivière jusqu'à Sarayaçu, ou coude le plus rapproché 
du Iluallaga; Sarayaçu est une petite ville de i 000 In« 
diens. La population est gouvernée par des moines 
franciscains. Son climat est délicieux et le sol très 
fertile. 

Le lieutenant Herndon avait le dessein de pousser 
la reconnaissance de l'Ucayali jusqu'à Chancharaayo, 
et d'examiner le cours du Pacbitea, ce qui eût com- 



( 194.) 

j^étô là descripiion du Pampa del Saerammto; tnaia 
>l ne trouva pas dlndiens pi>uv le diriger danb ce paya 
cbIBcile et dangereux ; il a recours à Touvrage de 
M. de Caslelnau pour décrire riicayali supérieur 
(voy. le t. IV de noire foyageur français). 
' L'oflBcier américain redescendit TUcayaii en ocCo* 
bffe, elrevinlàNauta en huit jours, après avoir remonté 
270 milles ; rUoayali, dans l'intervalle» avait grossi et 
charriait des arbres. H. Herndon reprit la descente 
de l'Amazone jusqu'à Tobatinga, limite du territoire 
péruvien, où il arriva le k décembre. Il y fut reçu par 
le commandant brésilien. Là est un fort d'ailleurs en 
ruines» n'ayant qu'une garnison de 20 soldais; le gou- 
f érnement dki Brésil a pensé que ce poste suffisait 
pour lui assurer la souveraineté de ces contrées» quoi* 
que le forl soit hors d'état de disputer le passage du 
fleuve, et que sa faible garnison soit sans efficacité sur 
lea immenses contrées qui s'étendent au nord et au 
sud de l'Amazone. 

M. de Castelnau (cb. lvi) di4 que ce fort prétendu 
n'a que deux pièces de canon en batterie au-dessus 
de la rivière. Les maisons en arrière servent de de- 
meure à la garnison» d'environ &0 soldats, comman- 
dés par u» capitaine» et à quelques familles indiennes 
sans vêtements ; il y a une cbapelle» mais sans prêtre. 
Leis Indiens étaient peu soumis. 

Tabatinga est en face de l'embouchure du fleuve 
Yavari» qui remonte jusqu'au 8* degré de latitude sud 
et forme la limite du Pérou; la population est com- 
posée d'Indiens et de quelques blancs brésiliens ; elle 
ae dépasse pas 200 êmes. M. de Castelnau y a paasé. Le 
€f&mtomoàar\i brésilien ne permit pas à rottcier amè« 



( iM ) 

ricain de càoûnuer la cl^scentedu fiéufê arpeé oft canot 
étranger, ei lai oOril le men en échan^, sous pré- 
texte qu'il était plus propre à la navigation infétfîeare» 
mais en réalité, afin d'exécuter l'absurde loi qui ne 
permet pas aux bâtiments étrangers de voriguef datis 
ces eaux. 

C'est cette prohibition que le gouvemeMienf Aes 
États-Unis a pour pi^emiet ob^t de faire krfer^ par 
Tadoption du principe de Kbre navigation. 

Il n'y a point de culture àTabatinga, par conié- 
quent point de possession réelle du pays. Eotre ce 
point et l'embouchure de l'Iça ou Patumayo, fleuve 
descendant de l'État de l'Equateur, de plus d'un demi- 
mille de large h son confluent, on ne trouve que deux 
postes brésiliens, l'un appelé San-Paulo, village de 
360 Indiens et de 30 blancs, commandés par un lieu* 
tenant, et le bameau de Matura , composé de quatre 
ou cinq huttes, dont une seule est habitée* 

Entre ce fleuve et l'embotiehure du fleuve Jutay,r 
venant du sud, sont trois autres postes brésiliens : 
1* San Antonio , village de quatre ou cinq maisons 
et de quelques huttes indiennes, o^ il y a un ageût 
brésilien ; 2" Tunantins, de 260 à 300 Indiens et de 
2b blancs, à l'embouchure d'une rivièi*e profonde de 
18, 2& et 30 pieds; et 3* la factorerie d'Invira, senrani 
de station à un shooner de trente tonneaux ; mais il y 
a un commandant magistrat, avec des aoldats. Le 
Jutay, qui se jette encelteodansFAmasone, eal,dil-on, 
navigable pendant bhO milles environ. 

A 60 milles de son embouchure, sur rAmasone, est 
Fonleboa, village de 250 Indiene et de 8 blancs. -^ 
36 milles au delà, est Tembouchure du Juroa^ Icrge 



( 196 ) 

d*un demi-miile, tandis que rAinaEooe a un niillo et 
un quart (2 kilom. 100 mëtr.). On dit que le Jurua est 
narigable pendant 780 milles jusque près du 12« de* 
gré de latitude méridionale» 

Le lieutenant Herndon se réfère ici encore à l'ou- 
vrage de H. de Casteinau. 

A 105 milles de Jurua est la première embouchure 
du Japura» qui se divise en plusieurs branches et court 
du nord-ouest au nord-est» parallèlement à l'Ama- 
zone. Depuis sa sortie de l'État de l'Equateur, jus- 
qu'au 62* degré de longitude, cette rivière n'est pas 
connue : les Indiens qui habitent ces parages sont 
sauvages et cruels, parce que le gouvernement brési- 
lien en a toléré la chasse, pour en faire des esclaves. 
A ce point d'embouchure, l'Amazone prend de A à 
5 milles de large. 

A l'embouchure du Teilé, autre fleuve qui vient du 
sud, est la ville ou bourg brésilien, nommé Ëgas, où 
résident un subdéléguédugouvernement central, chargé 
de la police du district, et un commandant militaire; 
ce bourg renferme environ 800 habitants et 8 ou 
10 maisons de commerce, qui font quelques affaires 
avec le Pérou et avec Para du Brésil, outre le commerce 
des produits de l'intérieur, qu'ils obtiennent des In- 
diens. Il est encore à 1 A50 milles de Para. 

Le 3 janvier 1852, l'expédition arriva à l'embou- 
chure de la rivière Purus, large de Z/h de mille, que 
M. Gibbon croit être la Madre-de-Dios , prenant sa 
source dans le Pérou méridional ; elle a 70 pieds de 
profondeur à 1 mille au-dessus, et 06 à sa jonction 
avec l'Amazone, qui, dans son cours, atteint jusqu'à 
1S8 pieds. 



{ i97 ) 

L'immense fleuve du Rio-Negro Yenant du nord- 
ouest» large de 2 milles à son embouchure,, et le plus 
grand de ses tributaires, vient encore raccroltre ; la 
profondeur du Rio*Negro est de 106 pieds. Le territoire 
qu'il traverse a été dernièrement érigé en province 
clite de TAmazone. Le gouvernement réside à Barra ; 
nais c'est une charge pour le gouvernement du Brésil. 
On croit qu'on établira une douane à Barra ; la province 
a 6000 milles carrés d'étendue, et 30000 habitants, 
seulement, tant Indiens que blancs : elle a deux ba- 
taillons, environ 1 300 hommes, do milice pour sa dé«-^ 
fense et pour assurer la tranquillité publique dans les 
villages; c'est là une véritable occupation. La ville de 
Barra, qui devrait avoir une population considérable 
à cause de son heureuse situation, n'a encore que 
S61A habitants de condition libre, et 2S& esclaves» 

Le Rio-Negro, opposé à la ville, est large d'un mille 
et demi; c'est un très beau fleuve, navigable jusqu'au 
Rio-Maraya, dans une distance de 26 jours de mar- 
che, ou environ AOO milles ; il y a déjà des communi- 
cations établies par canots entre le haut du pays 
et rOrénoque du Venezuela; par le Rio-Branco, on 
communique aussi avec la Guyane anglaise et la val- 
lée de l'Essequibo, à l'aide de portages, et les mar- 
chandises de prix arrivent quelquefois jusqu'à Barra» 
L'auteur donne les détails do ces deux voies. 

Le 18 février 1862, l'expédition leva l'ancre de 
Barra; elle dépassa l'embouchure du Madeira, large de 
2 milles, que descendit un peu plus tard l'autre par» 
tic de l'expédition dirigée par M. Gibbon. C'est du 
côté du sud le plus grand des tributaires de l'Ama* 
zone. Mais il y a des chutes nombreuses qui ne per- 



(498) 

iB^itenit pas de U remonter avec des bateaux à vapeur 
jusi}ue dans la Bolivie. 

L'auteur décrit eosuite socuoiairemepl les postes de 
l'Amaione, Sarpa, Silves» Villanova, et celui plus coi^- 
sidéraJble d'Obidos, de 500 habitanis. Celui-ci esjt au 
pailiea d'un district populeux d'envirop lA 000 àmes^ 
et pourvu d'une belle église et d'un collège; ce vil«- 
lage est situé près l'embouchure du Trouibet^s, af*- 
jluent du nord; ce fleuve n'est navigable pourJes gro§ 
.vaisseaux que pendant cinq ou six jours, et est ensuite 
i>bstrué perdes rochers et des rapides; il est d'ailleurs 
peu connu. 

L'expédition passa ensuite devant l'en^boucbure du 
Tapajos, large d'un mille et demi; ce fleuve vient dn 
sud» et parcourt 12 degrés de latitude ; là est la ville dç 
jSantaremt à A60 milles de l'embouchure du Bio-Negro; 
et dÇO milles de la mer. C'est la plus grande de la ppro- 
irincfi ^rès Para; sa population est de idOOâmes de 
epodition libre, et de 1 500 à 1 600 esclaves. La France y 
entretient un vice-consul. A partir de ce point le Tapar 
jos est navigable pour les vaisseaux du plus fort tonr 
IMge jusqu'à haituba, pendant-200 milles; ensuite il 
i^esite navigable pour les navires de 6 à 8 tonneau]^ 
LePreio, un de ses affluents, communique avec le 
yiilage de Diamantino» sis au milieu des montagnes dt 
Diamant; de ce point qui forme le partage des eau$ 
du aud» on se rend soit sur le fleuve Paraguay, soit à 
Caiaha» un des affluents du Paraguay, d'où l'on coin* 
munique aussi avec les sources du Xingu, qui se jeUte 
dans l'Amazone i Porto de Moz, après avoir psrcouru 
IS degrés de latitude. 
L'auteur nou« doiiiM le récit d'un voyage fait sur le 



(190) 

Tapajos par M. Mangifi de Lîacour, jeune ingénieiir 
français établi k Santarem, 

A mesure qu'il s'approche de ces centrées biea 
connues, l'auteur est plus sohre de détails. A Gurupfti 
rAmaEooe a iO miiles de laif;e. 

Gurupa n'a pourtant que 800 habitants» naaigré ont 
position m importante, et quoiqu'elle soit le siège 
d'un subdélégué. 

L'auteur y apprit quelques détails sur le Xingu, dont 
la na^gation est entravée par des rapides» dans un 
espace de quatre jours, et dont les bords sont infestés 
de sauvages. 

A S6 milles au-dessous de Gurupa, commence le 
grand estuaire de l'Amazone, qui y forme une baie 
immense de 160 milles de large : on pourrait l'appeler 
baie des mille lies. Celle de Marajo, la pl4i8 grande; 
contient environ 10 000 milles carrés, et divise l'Ama* 
Kone en deui grands canaux, dont le plus grand se 
dirige dn côté de Gayenne, et l'autre forme la rivière 
du Para. L'exploration d'une partie a été faite par un^ 
navire de guerre français, la 'BoulonnaUe, commandé 
par M. de Moatravel ; mais le gouvernement brésilien 
ne lui penmit pas de remonter an delà d'Obidos. 

L'expédition américaine aiTiva au port de Para le 
11 avrii 1662. Cette ville, fondée en 1616, à 80 milles 
de reœbonchurc du canal du Para, dans la mer, n'est 
pas fortifiée. Vu la salubrité de son climat et les avan- 
tages immenses de sa position ; elle devrait renfermer 
plusieurs centaines de mille habitants; elle n'a enr 
core que 300 âmes de condition libre, et &700 es^ 
claves. L*auteur en attribue la cause à la nonchalance 
des Brésiliens qui se renferment dans le dolce/ar mente. 



( 200 ) 

el à la dévastalion qui fut la suite de l'invasion des es- 
claves révoltés en 1835: il y péril de 10 h 12000 per- 
sonnes; la révolte se prolongea pendant plus d'une 
année ; l'auteur pense que les causes qui ont amené 
l'insurrection existent encore» etque lesTapuyospour* 
raient de nouveau se soulever contre leurs patrons. 

Le voyage» qui a duré près d'une année» a éveillé 
l'attention des nations sur l'importance de la libre na- 
vigation de l'Amazone et de ses aiQuents. Le gouver- 
nement du Brésil a fait avec la république du Pérou» 
le 23 octobre 1851» un traité pour assurer en appa- 
rence aux deux Élats la réciprocité d'un libre com- 
merce» au moyen de bateaux à vapeur» dans le dessein 
d'augmenter la population et de civiliser les tribus sau- 
vages ; mais dès le 30 avril 1852» un décret de l'empe- 
reur du Brésil a concédé pour trente ans à M. de 
Souza le monopole de cette navigation, sans en rien 
communiquer au représentant du gouvernement du 
Pérou» qui a protesté à cet égard» le 20 janvier 1853. 

En même temps» le Pérou publia le 5 avril un 
décret ouvrant le cours de l'Amazone » sur son 
territoire jusqu'à Naula » à la libre navigation des na- 
tions étrangères» aux mêmes conditions que celles 
faites au Brésil» en 1851» et disposa de sommes pour 
assurer lui-même la communication des divers éta« 
bJissemenls existant sur le Maranon» l'Huallaga et. 
rUcayali. 

La Bolivie a refusé aussi au Brésil le monopole 
qu'il sollicitait sur ses rivières communiquant avec 
l'Amazone. 

Enfin » le gouvernement du Paraguay vient de pro*^ 
clamer la libre navigation de ses fleuves. 



( 201 ) 

Il esl à croire (]ue les goiivernemonls de l'Equateur, 
de la Nouvelle-Grenade, de Venezuela, él lesGuyanes, 
ne Terronl pas de bon œil, cet obslncle apporté t\uX 
progrès dé ta navigation. Les Étals-Unis y sont sans 
doute les plus intéressés : mais rien n*empèclierait les 
puissances , qui ont* des possessions limitrophes , 
d'occuper les territoires dont le Brésil n'e^t pas encore 
en possession effective. Nous remarquons en particulier 
que le Brésil n'a aucun poste établi au delà d'Aluici- 
rein à l'embouchure de la rivière Purus, sous le 62* de- 
gré i(y de longitude occidentale; de Greenwicii» et 
qu'ainsi il existe environ 2 degrés de longitude et 5 de« 
grés de latitude de côtes inoccupées à Test jusqu'à 
Temboucbure de rOyapoc, limite actuelle de la Guyane 
française, que dans les anciennes cartes en appelait 
Guyane portugaise. 

Le voyage d'exploration que nous venons d'una!yser 
est accompagné de deux tableaux, l'un des hauteur» 
et distances approximatives depuis le Callao de Lima 
jusqu'à Para; l'autre est le journal très détaillé des 
observations météorologiques, depuis le 1*' juillet 1851 
jusqu'au 7 mai 1852. 

On regrette que peu de lieux aient été observés 
en latitude et en longitude. Peut-être cela n'était-il 
pas encore nécessaire dans ces lieux si peu ha- 
bités, alors qu'on suivait exclusivement le cours des 
eaux. 

En résumé, l'exploration dont nous venons de 
rendre compte est féconde en renseignements de 
toute nature. 

La gjéographie doit s'applaudir des progrès qu'elle 

IX. MARS BT AVRIL. 6. lA 



( 202 ) 

doU au gouvernement américain , relativement à 
des conlréea si peu connues, et à des fleuves si consi* 
dérables. 

16 mars 1865. Isaiibeet. 

Jfpendite. 

Depuis la lecture de ce rapport» le département de 
la Marine a reçu le rapport de M. Gibbon. 

n a été présenté au gouvernement américain, le 
25 janvier 186&; il a été publié suivant l'usage au 
nombre de 10,000 exemplaires, par ordre du congrès, 
en un volume in-8* à Washington, avec une série con- 
sidérable d'observations météorologiques, quatorze 
points observés en latitude ou en longitude, et une 
carte des principales hauteurs au-dessus du niveau de 
la mer. 

Une grande carte du voyage est jointe à cette pu- 
bKcalion. Il est fâcheux que le tracé des montagnes 
n*y soit pas; mars on peut, jusqu'à un certain point, 
le suppléer par la direction des cours d'eau. L'échelle 
est également trop petite; cependant elle est plus grande 
que celle de la carie de la Bolivie, publiée en 183$^, 
par M. d'Orbrgny : sans doute on n'a pu la faire pfus 
grande, à cause de Timmensité des pays qu'elle ren- 
ferme; mais cela est à regretter, parce qu'on n'y strit 
pas facilement la narration délalNée du voyage* im- 
portant auquel elle sert d'appui ; l'orthographe- des 
noms y est même souvent différente. 

Quoi qu'ik en soit, en la comparant à ce que nous 
avions déjà sur le Pérou et sur la Colombie, on voit 
combien l« géographie de ces contrées est améliorée ; 



( 308 ) 

maî# c'ttl surtout le cours de Ia Madeira e( d^ Bon 
^ffluent^ I4 Namoré» qui se trouvent rectifié»» 

Nous allons l'analyaer. 
. On a vu ce que M. le lieutenant Herndop a exploré ; 
Q*eal le cour» de rAmazone depuis Nauta jusqu'à son 
embouchure à Para; c'est la rivière Huallaga» depuis 
sa source [usqu'ài son embouchure dans l'Amasone» 
sur le territoire du hsut Pérou. C'est le cours de 
rUcayali, depuis son en^bouchare dans l'Auiazone à 
Nauta en remontant son cours jusqu'à Carayacu» dana 
le Pampa del Saoramento, la partie supérieure ayant 
été d'ailleurs visitée par M» de Castelnau jusqu'à Cuzco» 
dans le bas Pérou. Les rivières intermédiaires entre 
rUcayali et le Madeira sont encore inconnues, ainsi 
que la plupart des a£Quent$ de la rive gauche de l'Ama* 
lone, au. nord et à l^ouest. 

La mission donnée par M* Herndon au lieutenant 
J^ardner Gibbon» i Tarma» le juillet 1851, était d'ex- 
plorer les fleuves qui , de oe point au sud du Pérou 
ou de la Bolivie, dirigent leurs eaux vers l'Ainaione» 
et de fixer le point où ces eaux sont navigables: car la 
but des États-Unis est de savoir jcomment la naviga* 
tion à la vapeur pourrait être introduite dans ces 
contrées» 

M. GibboD n'était accompagné que d'un Américain 
et d'un Espagnol, non compris un métis et son jeune 
fils, conducteur des mules qui portaient le bagage. 

A Juajua, petite ville de 2 600 Ames, au n|iliou des 
montagnes, notre voyageur a' est laissé persuader que 
la longévité y atteignait jusqu'à cent vingt et cent trente 
ans, quoique les jeunes filles métis et espagnoles soient 
nubiles A dix ans, et enCantent quelquefois dès l'Agf 



(20& ) 

de huit ou neufans. Mais ce fait incroyable esl détruit 
par un passage ultérieur relatif au Pérou du sud, où 
il est dit que l'on ne trouve pas un seul octogénaire 
dans le pays, où les filles sont nubiles à douse ans. 
A Juajua , il en convient , il n'y a de recensement 
d'aucune espèce dans la population*, et aucun moyen 
de vérifier cette longévité prétendue. Il ne reste que 
des iradiûons, comme on en trouve en tous les pays, 
même en notre vieille Europe, quoiqu'un des psaumes 
de David, attribué môme à Moïse, fixe la durée ordi- 
naire de la vie de l'homme à soixante-dix ans, et 
regarde l'âge de quatre-vingts ans et au delà comme 
très exceptionnel. 

Les eaux de Juajua sont tributaires de l'Ucayali. Au 
centre de la vallée, il y a les traces d'une ancienne cité 
antérieure à l'établissement du cUristianisme. A Iluan* 
cayo, on trouve des traces d'une civilisation avancée 
dans la forme des constructions et dans la politesse, 
des habitants. La ville de Huaovelica, qui a 8000 âmes 
de population, est capitale d'un département de 
76 000 âmes, dont un tiers est créole et les deux autres 
Indiens aborigènes. Le pays est célèbre par ses 
mines de mercure exploitées depuis 1670. Pendant 
deux cents vingt ans jusqu'à 1790, elles ont produit 
1 OAO &69 quintaux ow A2.20& livres par an. Les com- 
munications avec la mer entraînent déjà dix jours 
pour les marchandise^ et six pour les malles. 

Nous passons assez rapidement sur ce voyage à 
travers le Pérou, parce que ce pays< est asseï^ connu 
et ouvert à toutes les investigations des voyageurs. 

L'auteur dit que l'esclavage africain e]uste dans cette 
partie du Pérou» quoique M. Herndon nous ait appris 



( 205 ) 

qu'il avait été aboli par le gouvernement; mais, du 
reste, les esclaves sont très peu nombreux, surtout 
dans les départements du sud. 

H. Gibbon arriva, le 2i août, à Guzco» ancienne ca- 
pitale des Incas, après avoir traversé le fameux pont 
suspendu entre deux montagnes sur l'Apurimac, un 
des affluents de l'Ucayali; ce pont a 20 yards, plus 
de 18 mètres de hauteur. 

Après un séjour de trois semaines dans celte cité, 
notre voyageur quitte les pays civilisés pour aller 
explorer les sources de la rivière Madre-de-Dios, dans 
Je pays des Indiens Chunchos, alors en hostilité avec 
le Pérou, Tel était, en effet, l'un des principaux objets 
de sa mission, mais arrivé à la jonction dos rivières 
Pinipini, Tono, Cosnipata et Rio-Gueros, qui forment 
le fleuve Madre-de-Dios (l'Amara-Mayu, ou le Serpent 
selon les Indiens), large eu cet endroit de 70 yards 
(01 met. environ), et innavignble encore, il fut con- 
vaincu qu*il était impossible d'aller plus avant de ce 
côté, parce que les Ghinchos, qui avaient massacré les 
missionnaires, étaient trop sauvages, et le pays trop 
désert et trop dépourvu de ressources. Du reste, il est 
demeuré convaincu que le Madre-de-Dios n'est autre 
que la partie supérieure du Pur us, l'un des plus grands 
affluents de l'Amazone, dont elle est séparée par une 
distance de 735 milles (1 183 kilom.). 

Il déplore que ce débouché ne soit pas ouvert aux 
productions du pays et du département de Cuzco, 
ainsi qu'aux riches mines de Garabaya. — Ge ne serait 
qu'un voyage de dix-huit jours pour les bateaux à 
vapeur, en supposant qu'il n'y ait pas de rapides ou 
de chutes^ ce dont il n'a pu s'assurer, tandis que par 



. ( 206 ) 

'te cap Horn, le commerce est obligé de dépetiseï* cent 
vingt jour5 ponr communiquer avec Cokoo. La gomme 
élastique [hidia Rubber), ou caoutchouc » lui a para 
l'article le plus important d'exportation. 

Le Pérou n*a encore que 2 000000 d'habitants, 
malgré la beauté de son climat» h Cause des guerres 
cinles dont il a été agile : l'esprit de la population est 
révolutionnaire, quoique bigot. It y a des restes des 
superstitions de la religion des Incas, et beaucoup de 
couvents. Les Français sont les plus populaires parmi 
les étrangers. 

L'auteur reprit sa route vers le sud le 28 octobre; 
il passa le long du beau lac de Titicaca, et ^ntra, le 
7 novembre, dans la ville de la Paz sur le territoire de 
la Bolivie : c^est la métropole commerciale de cette 
république, dont le territoire pénètre très profondé- 
ment dans l'intérieur de l'Amérique et n'a qu'un port 
sur le Pacifique. 

Lb ville est située sur utie petite rivière, affluent du 
Béni, laquelle n'est qu'en partie navigable. Le Béni 
lui-même est un des grands tributaires du Madeira. 
Le bassin de ces affluents est, selon Testimation de 
M. Gibbon, aussi grand que celui du Nil , plus large 
que celui du Danube ou du Gange. 

Cette capitale, de AS 000 âmes, a un théâtre, un 
musée, une bibliothèque, des rues bien pavées, de 
belles fontaines, un peuple hospitalier, et un certain 
nombre d'étrangers. Les femmes, que l'auteur trouve 
charmantes, venaient de recevoir et d'accueillir de 
nouveaux chapeaux français, tandis que l'armée aussi 
avait reçu de Paris de nouveaux uniformes. 

L'esclavage a été aboH dans ce pays par la cinquième 



( W7) 

Constitution de septembre 1851. l)n membre du 
congrès, très populaire et très éclairé, proposa de 
déclarer la liberté des cultes ; mais il se trouva seul 
de cette opinion : les érèques» les préti^s et TÉgiise de 
Bolifie, ainsi que lés deux petits journaux de la Pai, 
s'élevèrent contre lui. On agita la question de savoir 
si ce sénateur ptitriote âgé et éprouvé était un homme 
libre. Selon le cinquième article de la Constitution, la 
religion apostolique romaine est la religion de la Bo- 
livie ; son culte est exclusivement protégé *, cependant 
ht liberté de conscience est reconnue. Les Indiens 
û*ont aucune part au gouvernement. 

Les mines dn Potosi sont maintenant un apanage 
de la Bolivie. Sa capitale n*a que 16700 de popula- 
tion: son territoire est appelé le Cerro-di-Pasco. Elle 
est près de la source du Patumayo, l'un des plus grands 
affluents du Paraguay, qui n'est pas navigable pour 
les bateaux à vapeur dans la Bolivie, et ne le devient 
que dans la confédération Argentine. Potosi a un 
hôtel des monnaies, où Ton a frappé, en 18A9, pour 
1 000 000 dollars. 

Hais le produit des deux métaux a été, en 1806, 
dé 21 186 ieO dollars, et| en 18&8, il était encore & 
9789 660. 

Notre voyageur ne se rendit pas à Potosi, mais ft 
Cochambamba, dans la province de Bolivie i Test, 
qui renferme une population de 281 000 créoles • et 
de ftAOOO Indiens ; la capitale a 80 000 et plus de 
population. 

Ayant appris que le président de la république, 
Belzd, avec les trois ministres composant le gouverne* 
ment de la Bolivie i s'était rendu de Sucre, ca|lita1e 



( V») 

de cet Eut» à Cochabanab^ , M. Gibbon lui demandii 
une audience, pour 8ollioiter, au nom dea Ë(ats-Unist 
une route plus directe que celle du cap Horn. Le pré- 
sident lui répondit que la Bolivie était encorq^dans* 
l'enfance, et qu'il serait encbanté de s'allier avec les 
États-Unis parce queiesdeuxufitiQns sont américaines. 

Le lieutenant Gibbon n'étant pas un agent diplo- 
matique, ne pouvait que réclamer dos facilités ppur 
son exploration, et c'est ce qu'il obtint (22 déc. 1851). 

En ce moment le ministre du Brésil .avait conclu 
avec le Pérou le traité dont noM3 avons parlé» et il 
travaillait à obtenir de la Bolivie la^navigs^lioii e3^c|^n 
sive pour le Brésil des rivièrjes parqouxapt les vastes 
contrées de la Bolivie. — Plus loin l'auteur parle d'une 
note remise au président Belzu par un env^o^yé e^lraor- 
dinairc du Brésil» pour la copcession do la navigation 
exclusive du Madeira pt autres affluents de l'Acnazoïi^. 
Cette note fut combattue par deux personnages» qui 
représentèrent qu'il serait plus avantageux de traiter 
^vec une compagnie qui s'obligerait à introduire dans 
la république les arts mécaniques» les machines et 
instruments propres à f^ivofiser l'agriculture et l'ex- 
ploilatiçn de^. mii^es. Lg président était ^d'ailleurs 
favorable à l'ouvertui'^ de la navigation libr^ au l^om^ 
pierce des Étals-Unis. Le ministre brésilien répondit 
que déjà les États-JUni^ s'étaient fait céder un larg^ 
territoire par le gouvernement de Mexico» et que c'était 
un achen^inement pour eux de s'établir dans VAmé- 
rique méridionale* Au reste» ce ministre» n'ayant pas 
été reçu daps son caractère officiel» demanda ses passe- 
ports et se retira. Les opinions étaient divisées àCoçha^ 
bamba: quelques-uns disaient (^qH serait sage de 



( 200 ) 

déclarer les v\\\c& situées sur les braoches du Hadeira, 
porls francs pour le commerce du monde ; les autres 
voulaient qu'on ménageât le Brésil, afin de faire par- 
venir plus facilement les produits de l'exportation à 
l'Atlantique* Les marchands de Cocbabamba employè- 
rent leur influence pour encourager tout acte tendant 
i favoriser le droit de passage à travers le territoire du 
Brésil jusqu'à l'Océan. 

Du reste. M. Gibbon obtint du ministre ordinaire du 
Brésil, des passe-ports et des recommandations pour 
le gouverneur de Mata-Grosso. 

Notre voyageur passa dans la Bolivie l'hiver de 1361 
a 1852, et ne partit de dochabamba qu'au mois de 
mai, après avoir fait, le 28 avril, une courte excursion 
au lac Vara-Vara. 

La Bolivie n'a qu'une population de 1 000 500 âmes» 
dont plus de la moitié est indienne ; il n'y a que quatre 
journaux : son gouvernement est d'ailleurs régulier et 
en relation avec l'Europe. Il est fort accessible aux 
étrangers. 

Il y a des mariages nombreux à Cocbabamba, où 
le sexe» d'ailleurs plus beau que dans le reste du pays, 
est quintuple de la population masculine. Les filles 
sont nubiles à douze ans, et l'on ne connaît pas de 
vieillard plus qu'octogénaire; de 1326 à 1851, la popu- 
lation a augmenté d'un tiers. 

En sortant de celte ville, notre voyageur traversa la 
Mamoré appelée ^cet endroitRio-Grande, parce qu'elle 
a déjà 150 yards (137 mètres) de large; elle se dirige 
au sud et fait un très long détour. 

M. Gibbon quitta la rivière pour longer le Paracti 
non encore navigable. On était déjà dans le désert, 



(2W) 

parmi les Indiens Yaracares à demi civilitsés. Anrivé à 
Vinehuta» il y trouva ce qn'cn appelle le port, où 
commence la navigation en canots • et où il y a sht 
hatigards et un agent du gouvernement. 

La rivière grossie par des affluents prend ici le nom 
de Chaparé ; elle est large de 100 yards et profonde de 
12 pieds 1(8«^,O60). Désormais notre voyageur a quitté 
la terre, et descend en canot les rivières, dans la 
direction du sud au nord. Les terres de ces contrées 
sont fertiles. Le gouvernement les offre à tont prii aat 
citoyens et même aux étrangers; mais il y a peu d'émi* 
granis, et encore moins d' acheteurs. 

Le Chaporé fait ensuite sa jonction avec le Mamoréi 
^li, après avoir fait nn immense détour à Test, à par* 
tir de sa source près de Gochabamba, pour arroser 
Santa-Crax, capitale d^un département de la Bolivie, 
revient an nord-ouest ; là, ce fleuve a 80 pieds (9"*,lftl) 
de profondeur, et 400 yards (868*,600) de largeur. 
La ville de Trinidad qu'elle arrose, est peuplée de 
plus de 3 000 âmes; c'est le chef-lieu d'un départe* 
inent; elle n'a que 20 soldats de milice et 5 officiers 
de garnison ; elle est bAtie avec des rués A angles droits. 
La population du département n'est que de 800CN) In* 
diens Mojos, soumis, et d'un petit nombre de créoles) 
parmi eux, il est à peine 7 000 contribuables pour les 
dépenses du gouvernement. C'est un lieu d'eiil pour 
le^ repris de justice. 

Le voyage vers l'Amaxone devient, à ce point, trfes 
décile, parce que la population diminue, et que les 
rives du fleuve sont visitées par des sauvages redoutés ; 
surtout près des chutes ou rapides qui entravent la 
tiavigalion. Les canots longs et étroits des M^os ne 



(Ml) 

ftoDl pfos suffisant» I et présentant par oetle longueur 
même^ dans les chutes, le danger t'y être brisés if 
on les remplace par des barques plus Murtes; les 
Mojos ne foulaient pas d'ailleurs s'engager au deli des 
rapides. 

Le plus gràhd commerce de ce pays est en sel. La 
population est dé?orée par la petite térole : pendant 
lé court séjour de M. Gibbon ft TVinidad, il périt 
100 personnes de cette maladie. 

Le 19 août» le thermomètre donnait 80 degrés Pah* 
renheit à Taîr (26»,07 cenligr.) et dane l'eau 78 Ae^ 
grés (26*,56 centigr.). Sur cette partie du fleute» on 
compte jusqu'à 18 espèces de poissons. 

Notre voyageur arriva le 5 septembre , à Tembou* 
chure de l'Itenez, dans la Hamoré : c'est à l'est la li- 
mite de la Bolivie et du Brésil. L'Itenez varie de 
AOO à 600 yards (365 à 648 met.) de large; il tnrrerse 
un pays plat et bien boisé : la chaleur s'élevait jus- 
qu'à 80 degrés centigrades; ses bords sont visités par 
des tigres, et inondés de moustiques. M. Gibbon re^ 
monta Tltenez jusqu'au fort du prince de Beira» dé- 
fendu seulement par AO soldab noirs. Il dépend du 
gouvernement brésilien de Mato-Grosso, auparavant 
Villa-Betla, dont il est éloigné d'un mois de route. 
N'est-il pas prodigieux que le Brésil ait étendu sa do- 
mination si loin, et surtout quMI ait poussé encore plus 
à l'ouest des postes jusqu'aux limites du haut Pérou, à 
Tabatinga, à l'embouchure de l'YaVari? Ces contrées 
sont complètement désertes et encore inconnues; il 
est bien désirable qu'on remonte le cours entier de 
l'Yavari. 

A\jt fort de Beira, notre voyageur hésita s*il se reû- 



l 2« ) 

draît par ierre ^ Rio-Jaoeiro, malgré la distance, ou 
9*ii rejoindrait les sources du Paraguay pour rentrer 
dans l'Atlantique. Le motif de celte béaitalion était 
la crainte de ne pas trouver d'embarcations capables 
de franchir les nombreuses chutes du Mamoré et du 
Madcira» Mais un négociant de Para» qui avait remonté 
ces fleuves en faisant de nombreux portages, lui céda 
une de ses embarcations, et U put recruter assez de bras 
pour la manœuvrer dans les endroits périlleux. Il re* 
descend^ do^c l'Itenez et rentra dans le Mamoré le 
17 septembre. Les deux rives paraissent propres à la 
culture, mais sont habitées par des tribus sauvages. Les 
nègres de l'escorte trouvèrent une grande quantité de 
noisettes dont ils se nourrissent, ainsi que les Indiens ; 
ces nègres sont de pauvres pécheurs, tandis que les 
Indiens trouvent dans la pèche leur existence la plus 
assurée. 

A mesure qu'on descendait, le fleuve s'élargissait 
jusqu'à un demi-miUe (8Q0 met.) et s'approfondissait 
de 2& à A8 pieds. Mais, le 20 septembre, on arriva aux 
premières chutes* Le fleuve est encombré d'iles et de 
rochers : ils rendent la navigation à la vapeur impos* 
sible, et la contrée est absplument déserte. On eut de 
plus & se mettre en garde contre les sauvages, qui 
causèrent plusieurs alertes, et contre les tigres. 

A la cinquième chute se fait la jonction du Béni et 
du Mamoré, ce qui désormais constitue un seul Qeuvc 
du nom de Madeira. Là, sur la rive gauche se termine 
aussi le territoire de Bolivie. Au nord, à Touest comme 
à l'est, est l'empire interminable et fictif du Brésil; car 
on n'y trouve aucun établissement; c'est le désert le 
plus absolu; et nous ne doutons pas que quiconque s'y 



(21$) 

éloblirail n'en devint légitime propriétaire et souverain. 
Nous concevons que la Bolivie ou le Pérou n'en aient 
point fait l'occupation: ils ont déjà asses de déserts à 
peupler avant d'y songer. 

A l'embouchure des deux rivières, il y a une nappe 
d'eau de 600 yards environ (6ô8i°,A00); un peu pkis 
bas, le Madeira est large de 1 mille ou 1 600 mètres» . 

En I8A69 l'exploration du cours inférieur a «été Faite 
parJ.*Aug. Palacios, gouverneur du département bo- 
livien de Mojos» jusqu'au-dessous des chutes du Ma- 
deira; et la carte qu'il en a publiée est remarquable- 
ment correcte. Mais la partie supérieure du Béni est 
encore inconnue à l'Europe; on sait seulement que 
ce fleuve est obstrué par des chutes qui en. rendent la 
navigation impossible pour les bateaux h vapeur. 

Le Madeira coule désormais & travers la province 
brésilienne do PaUiti; mais cette province est inha- 
bitée. 

Cette rivière est déjà célèbre par ses nombreuses, 
chutes qui sont» en général, de 16 pieds environ. L'au-^ 
teur, dans une gravure expressive, indique les :procé- 
dés par lesquels les nègres et autres gens de l'embar- 
cation, soit du bautdes rochers, soit au milieudes flots, 
parvinrent à la conduire à travers un chenal très danjçe* 
reux. Pendant cette opération toujours difficile, à cause 
de l'ignorance où l'on est de la profondeur des eaux et 
du sol qu'elles creusent, on est toujours obligé de 
faire le guet contre les attaques des sauvages. Si la ci- 
vilisation avait amené des populations sur ces rivages, 
les périls diminueraient sensiblement. On parvieq- 
drait avec la poudre à canon à faire sauter les rochers 
cachés sous l'eau, et à tracer de nouveaux passages. 



(M4) 

. Eo atteBdanl» et coaime on eompte jusqu'à dii^aepl 
chutes dans un espace de 2A0 milles (S86kiloakètres),. 
qui coûta dottse jours de pénibles travaux à Tembar* 
cation, il serait préférable de tracer une route de terre 
qaip en épargnant les détours du fleuve» ne aérait que 
de 180 milles (290 kilomètres) , depuis San^AntoDio» 
tenue septentrional des chutes, et la partie navigable 
do Mamoré. 

Ces parages sont habités par des Indiens entière- 
ment nus et sauvages, mais faciles i contenir, nomméa 
les Carapunas» Les parties de l'est paraisseol les 
plus fertiles surtout en gommes élastiques, noisettes et 
cacao. 

A San-Antonio donc la navigation à vapeur aurait 
son terme. A l'ile Tamandua, entre le 8* et le 0* degré 
de latitude, M. Gibbon rencontra une centaine de 
Brésiliens venant de l'Ainasone poor récolter les sub« 
stances propres à faire de l'huile. On avait dépassé les 
pays sauvages, et l'on rentrait en communication avec 
h civilisation. Mais cet oflicîer fut atteint d'une forte 
fièvre. Le A octobre, en descendant toujours le fleuve; 
on éprouvait une chaleur de 88 degrés Fahrenheit 
(9t%ll centigr.) à l'air, et leau avait eUe-mème 
80*, 66 centigr. La largeur du Hadeira variait de 600 
à i 000 yards, el l'on n'atteignait pas sa profondeur 
à A5 mèti*es. 

Plus bas, les Indiens pécheurs étaient convenablcM 
ment vétus« 

A Rosania*de-Crato, on trouva un poste brésilien. 
Le pays à l'ouest est une immense prairie» qui poor« 
raît nourrir de vastes troupeaux. 

A Porto-de-Mataara, par le 6« degré de latitude, se 



(21&) 

koore un autre posle brésilieD oè il faut exhiber se& 
paese^ports. Les fruiu et les melons du pays sont d*ua« 
grande beauté; la chalear» dans cette amèra-aaisi>n« 
était eocora de QO d^réa Fahrenheit (3&*,50 cenligr,)» 
et la largeur du fleuve de plus d'un mille (1 kiloau 
000 mèi.). 

Enfin Teipédîtion arriva à la ville ou plutôt au 
villagie de Borba» le ih octobre 1S62. U n'y a là que 
300 habitants» et ce sont prinâpalemeat des nègres» 
On sait que l'esclavage n'est pas abob au Brésil. Lea 
créoles sont très indexants, e4 le comskerce insigni- 
fiant, La rivière est asaex proCande pour recevoir dea 
vaisaeaui. 

Au-dessous de Borba , on entre du liadeira dana 
TAmazotte ; à son embouchure» le fleuve issu de la Bo' 
bvîe e&t divisé en deux canaux» celui de l'oueat» profond 
de 7$pieda (21 inèA.) et large de 000 yards (868 met.); 
le canal de l'est a 3/i de mille (environ 1 200 met.). 

De San-Antonio» ou des dernières chutes du Madeira 
à celte embouchure» il y a 600 milles (SOOLilom.) de 
navigation libre. N'est-ce pas déjà une belle conquête 
à faire au profit de la civilisation? Le fleuve est prati- 
cable en toutes saisons pour un navire qui tire 6 pieds 
(1",82A). On peut se rendre des États-Unis aux chutes 
de San-Antonio en trente jours. Qu'est-ce qu'un voyage 
aussi court» si les profits du commerce en couvraient 
la dépense? La valeur de ce commerce» à l'égard du 
Pérou méridional et de la Bolivie» est déjà évaluée à 
10 000 000 de dollars ( 61 500 000 fr.) . 

On sait par les voyages de M. de Castelnau qu'à 
Test du Madeira sont encore deux grands affluents de 
l'Amaione non explorés, le Tapajos et le Xîngu. Notre 



(21») 

compatriote a lai-iuême parcouru les bords des deux 
aiQueDis du fleute des Tocantins, qui se jetle dans 
l'Amasone près de la ville brésilienne de Para» et 
publié des relations des contrées qu'ils tratersent, avec 
GoyaZi cbef-lieo d*ane province intérieure du Brésil. 

Il reste encore beaucoup à faire au sud de l'Amazone, 
puisque entre le Madeira et le Yacarî se trouvent 
d'immenses rivières non explorées, le Punis, le Tefle, 
le Jurua, le Jutay et ITavari, limite imaginaire des 
possessions du Brésil à l'ouest. 

Puisse la persévérance des voyageurs et des gouver* 
ncmenis combler ces lacunes de la géograpbie ! Puisse 
surtout le gouvernement impérial du Brésil accorder 
aux VŒUX des puissances et du commerce la libre 
navigation de tons ces fleuves! C'est peut-être le plus 
sûr moyen pour lui d'y conserver une souveraineté 
jusqu'à présent éphémère et purement nominale. 



(217) 



iV^uvelles et eoniiiiaiileatloii«« 



BXTBAfT DB DBUX LBTTBES DE If. LB COIfTB d'bSCATBAC 

k M* JOIIABD. . 

Le Caire, 5 février i855* 

Dans une note sur la canalisation do rislhme de 
Suez, publiée dans le numéro de décembre (185A)p 
M. Trémaux exprime la crainte que les travaux de 
canalisation ne soient rendus fort difficiles par la 
nature d'un sol consistant en dunes et sables mou- 
fants. Je m*enipresse de rassurer à cet égard la Société 
de géographie, et le voyageur distingué que je viens de 
nommer. Le sable qui forme la partie de l'isthme de 
Suez, que suivra le canal, est si ferme que les derniers 
voyageurs, MM. de Lesseps, Linant-Bey, MougeUBey, 
Aivas, y ont retrouvé partout les traces des divers cam- 
pements de M. Bourdaloue, en 1847, et de Linant- 
Bey en 1863. Sur la route du Caire à Suez, tracée 
sur le même sol, on n'observe aucun mouvement de 
sable, et les sables provenant des travaux effectués sur 
cette route et amassés sur ses deux côtés, ne s'éboulent 
point par l'efTet du vent. 

De Suez au bassin des lacs amers, il n'y a point de 
dunes; du bassin des lacs amers à la Méditerranée, 
il y en a quelques-unes ; mais le canal ne les traverse 
point et ne les longe pas; il passe à une grande dis« 
tance à l'ouest de ces dunes, qui, poussées par les vents 
du nord-ouest, gagnent dans le sud-est. L'ancien canal 
partait du Nil; s'il a été souvent envasé, cela tient à ce 

JX. HABS ET AVBIL. 7. 15 



(2i8) 

qu'il n'était envahi par les eaux que pendant une 
partie del'année» et s'il a été abaftdoMié, c'est en raison 
de motifs politiques qui n'existent point de nos jours. 
Aucun obstacle sérieux ne s'oppose donc au perce- 
ment de l'isthme de Suez; cette œuvre doit être patron- 
née par toutes les nations soucieuses de leur gloire et 
de leurs intérêts, et il y a tout lieu d'espérer que les 
travaux éa percement commenceront bientôt. 

Je m'occupe en ce moment à recueillir des vocabu- 
laires galla, nubien . fourien* etc. Je prendrai mille 
mots de chaque langue et des phrases ; je ferai de pli|s 
conjuguer et décliner par mes informateurs» afin de 
pouvoir présenter la grammaire. 

J'emploie un système de transcription imaginé par 
moi et que j'aurai l'honneur de vous soumettre ulté- 
rieurement: j'ai commencé par le galla: je possède 
ti^ois esclaves de cette nation, ce qui facilite mon travail. 

J'entreprendrai prochainement le nubien, puis le 
fourien ; pour cette langue je ferai chercher à el Axhar 
des étudiants du Darfour. Je vous serai infiniment 
obligé de m'écrire ce qui existe sur ceslangues,.** etc. 

C^* d'ëscayejlc db Lautueb. 



ÉTUDES ETHNOGRAPHIQUES DB If. VALEBIO. 

Un artiste des plus distingués, M. V. Valerio, qui s'est 
consacré depuis plusieurs années à des études ethno- 
graphiques, au point de vue des types de figure et des 
caractères physiques de race, est de retour d'un voyage 
qu'il avait entrepris sur le Danube. M. Valerio s'était 
déjà fait coimaltre par deux explorations de la Hon* 



( **o ) 

gfie. Frappé du graad nombre d'iurbUants de races 
diverses qi se trouvent réunis 'sur le sel de ce 
royaume, il forma le projet d'étudier, en artistes- 
ethnologue, ces populations ; et bravant les diflScoltés 
de toute espèce qui s'attachaient à l'exploration d'un 
pafys ftimant encore de la guerre cifile et placé sous 
le régime de Téiak de siège le plus rigoureux, il courut 
de cabane en cabsne, de camp en camp poor peindre 
les types les plus saillants qui s'oiFriraient A lui. C'est 
akfôi qu'il a rapporté en France une collection d'aqua- 
T«Hes et de dessins qui ont fait Tadmiralion de tous 
les connaisseurs. Ces magnifiques portefeuilles qui ont 
produit cfaex ceux qu'il a admis A les examiner, une 
véritable sensation, ont fourni é leur auteur le fond 
<l'une publication ethnograpliique gravée é Teau-forte^ 
mais qui, malgré son mérite, ne saurait donner l'idée 
de la perfection des originaux. 

Cette fois, M. Valérie, qui a appris A ne pas s'effrayer 
des épreuves et des dangers de tout genre, a poussé 
son exploration plus loin. Songeant que l'annéeturque 
avait réuni sur les bords du Danube les populations 
des contrées les plus éloignées, il entreprit d'aller étu- 
dier sur le théâtre de la guerre ce curieux assemblage 
de races massées par l'empire ottoman contre son 
* ennemi du Nord. Le gouvernement français voulut 
s'associer A l'exécution d'un projet que le mérite per- 
sonnel de son auteur garantissait devoir être mené 
A bonne fin» donna une mission spéciale A M. Valérie, 
et c'est sous les auspices de S. M. l'Empereur qu'il 
s'est rendu, l'été dernier, par Vienne , en Servie, en 
Valachie, dans la Dobrovischa. 
Les aquarelles et les dessins que M. Vulerio a rap* 



( 220 ) 

portés de son voyage, ne sont pas moins remarquables 
que ceux de son exploration en Hongrie. Admis â voir 
ces portefeuilles, j'y ai retrouvé toutes les qualités qui 
m'avaient séduit, comme bien d'autres, dans ses pré- 
cédentes études. Jamais, avant M. Vaierio, artbte ne 
s'était attaché à reproduire avec autant de vérité les 
moindres détails des traits, de la physionomie, du cos* 
tume d'une race ou d'une population. Il n'y a pas 
de description qui puisse valoir pour l'elhnologiste cette 
reproduction si fidëlo et si saisissante des types d'une 
nation ou d'une race. M. Vaierio a pris soin de choisir 
des individus des contrées les plus éloignées qu'il avait 
retrouvées surtout dans le corps des Bachi-Bosouks : 
des nègres venus de la haute Egypte et que l'esclaTage 
y avait conduits de l'intérieur de l'Afrique; des Kurdes, 
des Égyptiens, des Arabes, des Turcs, des Grecs, des 
Albanais. En face de ces irréguliers, M. Vaierio a des- 
siné ou peint des Serbes et dés Valaques des deux 
sexes. Il a retrouvé aussi , en Valachie , ces Zingaris 
ou Bohémiens dont il avait fait en Hongrie de si déli- 
cieuses aquarelles. Ce qui m'a frappé dans ces portraits, 
la plupart en pied et auxquels le costume national 
donne encore un cachet plus remarquable de vérité, 
ce sont les caractères bien tranchés des différentes 
races. Le Serbe a une physionomie à part, qui se rap-* 
proche d'un côté du type de quelques cantons slaves 
de l'ancien archiduché d'Autriche, et de l'autre du 
type polonais. En Valaclùe, surtout chex les femmes, 
la physionomie rappelle celle des Russes. Les Kurdes 
n'ont rien de commun dans les traits avec les Arabes 
et les Turcs ; la forme du nex est chez eux caractéris- 
tique. Enfin les Albanais ne se distinguent guère en 



(22i) 

réalité des Grecs» dool ils ne sont qu'une variété. Ce fait, 
en désaccord avec certaines théories qu'on avait pro- 
duites» ressort avec évidence des témoignages de vUuu 
L'absence de femmes rend mallieureusement pour 
les races que M. Valerio a rencontrées dans l'armée 
turque» ces études moins complètes que celles qu'il 
avait entreprises en Hongrie. Mais il faut reconnaître 
par contre qu'ilgvait à vaincre des difficultés nouvelles. 
Les préjugés d'un grand nombre d'individus apparte- 
nant à l'armée iirégulière ottomane s'opposaient & ce 
qu'Us se laissassent peindre ; la foi musulmane inter- 
disant les porirails. De plus une affreuse épidémie, 
le typbus» sévissait sur les bords du Danube quand 
M. Valerio les visita, et l'incurie et la malpropreté de 
ces populations ajoutaient à la contagion. Ces Bacbi- 
fioiouks, qui ne connaissent que leur chef, ignorent 
pour la plupart le turc et vivent dans un état de bar- 
barie cosmopolite, ont sans doute un vif intérêt pour 
le savant et l'artiste, mais sont un juste sujet d'effroi 
pour ceux qu'ils viennent proléger. La science doit 
donc une véritable reconnaissance à l'artiste distingué 
qui, an milieu de tant d'obstacles, a mis un rare talent 
au serrice de Telhuologie. Dans un travail, rédigé il y 
a plus de deux ans (1), j'avais appelé Ta ttention des amis 
de celle science sur l'utilité qu'il y aurait & recueillir 
les portrails fidèles des individus types des diverses 
races , pour chaque contrée et chaque population* 
H. Valerio avait de son côté conçu la même idée, mais 



(0 ^oyes Que%tion$ relatives à C ethnologie ancienne de la France^ 
dans V Annuaire de la Société impériale des antiquaires de France^ 
poor rannée i853, p. 194 el taiv. 



( 222 ) 

C6 qui Ml infiDimeot plus important, il Ta réaU$éa« 
Noos appelons de toutes nos forces le momottl où ce 
courageux Yoyageur pourra publier eonTeBablomenl 
le résultat de ses trois explorations. Le gonvornement 
français, en patronnant une pareiHe publicatioD que 
^ seul peut-être il a les moyens de faire réussir, paie^ 
rait un noble tribut à la science et à l'art. Noos appre* 
nons que plusieurs des dessins de M. Valerio figuro* 
font à Texposition uniferselle. J*tn?ite tooa les amis 
de l'ethnologie à aller les voir et à les étudier. 

Alfred Haim. 



CARTE DE LU CORÉE (1). 

La géographie de la Coré^» vicho royaume, soumis 
aux Gbinoîs corocne tributaire «sulemeoit, qt ffiMk- 
▼emè par desi pcmees héréditaires indépeoidants^ est 
encore imparfaitement connue i et ka cartes doa<» 
Béea sur ce paya scudI kûn d'être satisfoisantes^ C'eat 
pourquoi la Société a jugé à propos de paj^lier 
une carte ^ue fient de rapporter^ de la CUne^ IL, de 
Monlîgny, et qui est dépoisée à la BiUioUièque imgiié^ 
riale. La ditisÎMi des proTiooea» marquiée auç celio 
carte, diffère de celle cjpi'on troav^ meotionnée 
ailleurs i ta nomenclature y est plua ricbe et les détails 
y sent plus nombreux; mais malbeipreiifiomeat les 
juMuaiagnea n'y sont pas exprimées. Le vr^i nom de la 
capitale» ^amm^ pu ^ult dan^ la pirq^q^ de S^ieng- 
kei-to, manque dans les traités de géographie, et les 
noms des huit provinces sont un peu différents, no- 

(0 Voyes, (fati9 fe BuHetnt àê janvier- février, cette eerCeJe h 
Corée, qui a été réduite à la moitid* die Tor^hial. 



( 22S ) 

tamment celai de la province du sud-esl» Kieng-sang 
oa Kieng'Sang'to, appelée ailleurs Kén-chan, Il est 
vrai que les noms des provinces, tels que les donne la 
grande Encyclopédie Japonaise , comme on le verra 
tout à llieure, sont aussi bien différents. Enfin , il 
semble qu'on ait un peu eiagéré la longueur de ce pays 
en lui donnant deux cents Keues du nord au sud. 

La température de hr Corée est très différente au 
nord et au sud ; les montagnes se couvrent de neige ; 
on ignore leur hauteur absolue. L'agriculture y est 
Qorissante, ainsi que le commerce avec le Japon et avec 
la Chine. Le port de Nangasaki n'est pas très éloigné 
de la province du sud-est. 

On compte dans le pays plus de 160 villes ; mais 
la population parait avoir été exagérée dans les des- 
criptions. Les habitants ont adopté la religion, les 
mœurs, la langue et l'écriture de la Chine , mais ils 
ont un idiome à part. La Corée est fermée aux étran- 
gers; tout étranger qui aborde à la côte devient esclave 
par ce seul fait. 

Il a fallu se borner ici à donner une échelle approxi- 
mative a celte carte réduite, c'est-à-dire l'échelle de 
i à 1 968 000* (l)f en prenant pour base la carte qui est 
dans l'atlas de M. de Siebold. 

La partie nord de la Corée, produite à la même 
échelle que le reste, aurait fait sortir la carte des limites 
ordinaires du Bulletin: on a été obligé de la réduire au 
tiers de l'écheUe de la première partie : un trait indique 
la figne de jonction des deux parties ; le peu de noms 

(i] L'échelle de la carte insérée au Bulletin de janvier-février a 
été iadiqciée par erreur comme étaut de i : 981 5oo; cette proprortion 
est celle de récheDe de la carte originaTe et non celle delà réduction. 



( 224 ) 

inscrits sur celle du nord permettait cette réduction. 

Les mois nord et sud ont été placés comme dans 
roriginal, mais il ne faudrait pas regarder comme un 
méridien la ligne qui joindrait ces deux mots. 

Il nous a semblé qu'on ne pouvait mieux donner 
de rintérèt à la carte apportée par M. de Montigoy» 
qu'en empruntant quelques traits de la description de 
la Corée à la grande Encyclopédie japonaise; c'est pour- 
quoi nous avons eu recours à un jeune savant qui 
s'occupe du japonais (et qui est sur le point de publier 
un dictionnaire de cette langue)» M. Léon de Rosny» 
pour faire un extrait de cet ouvrage peu connu ; il a 
bien voulu faire cet extrait : c'est la note qu'on va lire; 
nous avons seulement été forcés de supprimer les 
caractères orientaux, qui auraient prouvé l'exactitude 
de la transcription des no^s en caractères européens» 

ik La Corée est appelée, par les Chinois, Tchao-sien , 
c'est-à-dire Cclégance du matin, et, par les Japonais, 
Tcho^sen. Les indigènes eux-mêmes dans leur langue 
natale appellent la Corée Tcho-seu» Quant au mot Corée, 
il semble assurément venir des mots kao-li (japonais 
Aomi, qui signifient la haute élégance, expression adop- 
tée en Chine et au Japon , pour désigner la Corée). 

» Dans l'ouvrage sinico-japonais intitulé : San kok- 
dzou-ran , c'est-à-dire Considérations sur les trois 
royaumes, se trouve une belle carte de la Corée, rédi- 
gée en chinois et japonais, et sur laquelle figurent 
même quelques groupes coréens, destinés à indiquer 
les quatre points cardinaux : elle a pour titre chinois, 
Tchao-sien pa-tao tchi sou, c'est-à-dire Carte des huit 
provinces de la Corée» Elle a élé publiée à Myako, la 



( 226 ) 

cinquième année de la période teu-mee (répondant 
i 1785) h Tautomne. 

* » Voici les noms des huit provinces, d'après la pro- 
nonciation transcrite en caractères japonais : 

1. Ter-ra-lai. 

2. Keg-cbak-tai» 

3. Tchîg-cbag-tai. 

h. Ken-ki*tai» province où se trouve située la capitale 
(King^sse). 

5. Ka-an-tai. 

6. Ba-fai-lai. 

7. Fami-kyan-tai* 

8. Bé-an-tai. 

1» La capitale de la Corée (King-su) située, d'après 
cette carte, dans la province Ren-ki-tai, a quatre 
portes principales qui portent chacune le nom de 
l'un des quatre points cardinaux , la porte du nord 
{paA-mou)t la porte de l'est {tô-moii). etc. 

» Une des principales lies dépendant géographique- 
ment de la Corée, est située à l'est et porte le nom de 
Yak-lien-to.EUe forme un royaume, appelé le Royaume 
des mille montagnes, Sen- (Chen-) san-kok (des mon- 
tagnes innombrables). Le mont le plus élevé est ap- 
pelé ho dake (pr. jap.}. 

» De la Corée à l'Ile de Tsouchima , qui est l'Ile 
japonaise la plus rapprochée de la presqu'île de la 
Corée, il faut compter A8 /*/ (lieues japonaises) de tra- 
versée. De l'iie de Tsoucbima à l'Ile d'Iki, il y a encore 
AS ri de dislance (par mer) ; enfin de cette dernière 
lie à Firando (Fi-ra-do) il y a 30 ri. 

» La Corée est séparée de la Chine par une large 
ririère appelée Oriyok-gava (ou mieux Oryok-gavaj. 



( 226 ) 

Au nord*oueftt d« la Corée commence la grande mo- 
raille de la Chine, au nord de laquelle est sitaée le 
pays des Orankai. 

)) L'histoire de la Corée commence par une suite 
de traditions mythologiques au milieu desquelles ap- 
paraît un homme surnaturel appelé Tan-kian, c'est- 
à-dire le prince de l'arbre iàn (santal) qui fut trouvé 
sous un arbre de santal par les indigènes primitifs de 
la Corée, qui en firent leur roi. 

» Au commencement de notre ère, la Corée était 
divisée en trois royaumes qui portaient les noms de 
Fak-sai, Suria? et Rorai, ce qui composait les san-kan 
ou trois'kan. Après plusieurs révolutions et après avoir 
été successivement sous le joug du Japon et de l'em- 
pire Chinois, la Corée est enfin devenue colonie tribu- 
taire de ce dernier pays, bien qu'ayant néanmoins an 
rei particulier, 

)) Une des plus corieuses histoires de la Corée, parmi 
celtes qui soBt parvenues îusqa*à nous» est )e Tsyo^ 
êen mono gatari» dont quelques fragments ont été 
pubKés dans le Nippon de M. von Sirebold. La grande 
encyclopédie japonaise, ff^a^kan^saf^sm-'dzou ye, ren- 
ferme également, A deux endroits différents, des 
articles sur la Corée. » 

i\ota. Dans ta carte apportée par M. de Monligny, 
Tune des provinces orientales porte le nom de Rang- 
gucn-to; c'est sans doute Riang-yuen-to qu'il aurait 
fallu écrire. 

Pour la rectification de l'échelle de la carte» voyez 
la note de l^ page 223. 



(M7) 



NOUVELLES DIVERSES. 



NOUTBLLB PUBLICATION DU LIBQTBNAIIT F. IfAUBT. 

M. le lieoteDant F. Mawy» de la marine nationak 
des Étals-Uois, vient de publier sous le titra de Th9 
Physical geography oftke Sea (Géographie physique de 
la mer), un ouvrage plein d'intérêt renfermant une 
exposition systématique des travaux importants qu'il 
poorwiii depiôs long^mpa sur la marcha et la disiri- 
botîon des vents et des courants. C'est en q^lque 
BCMie le texte de la belle earte qu'il a fait paraître, il y 
a quelques annéea» et, qui est. l'une des tentatives les 
plus keureoses qui aient encore élé faites pour tirer 
la météorologie mariâsie du ebaoa dana lequel ette a 
èlé juaqti^à pféseni plongée» 



aAVIOATlON DB U^IIABONB. 



Don Manuel fltirrft, gouverneur d'une des provinces 
du PénHi, baignée par te flemve de9 Amazones, vient 
d'accomplir en trente jeore le voyage de Nauta à New» 
York. Embarqué sur on steamer dans cette première 
viHe, qui est sifoée au pied des Andes péruviennes et 
que sa poshion ravissante rend un des lieux les plus 
délicieux de TAmérique, il est arrivé en quatorze jours 
à Para, après^ avoir passé six joura en relâche dorant 
cette navigation; en qutnze jours il était rendu aux 

ttats-Unis. 

Il semble donc qtre Nauta soit appelé à foner un 
rôle important dans le^ ^ogrèff qve te commerce ne 



( 228 ) 

tardera pasàfairedansTAincriquedu sud.Si.réponilant 
aux inlérèla de la civilisatioD, le Brésil accorde le libre 
droit de navigation sur rAmazone, le fleuve deviendra 
pour le continent méridional ce qu'est le Mississipi 
pour le continent septentrional» et son parcours jour- 
nalier achèvera de nous ouvrir le magnifique paya 
qui l'entoare. 



MOBT DE M. #• DiSAVGIERS. 

La Société de géographie a perdu, le 28 avril dernier, 
Tun de ses membres les plus distingués et dont le nom 
était fait pour l'honorer davantage. M. Jules Désau- 
giers» ancien conseiller d'État » ancien directeur des 
affaires commerciales au ministère des affaires étran- 
gères, officier de la Légion d'honneur» commandeur 
de Tordre du Lion néerlandais» est mort à Paris dans 
sa soixante-diz-neuvième année. 

M. J. Désaugiers était l'un des vétérans de la diplo- 
matie française. En 1793, n'étant point encore âgé 
de dix-sept ans» il partit à la suite du ministre pléni- 
potentiaire Grouvelle» pour Copenhague» où il ne 
tarda pas à être attaché» ainsi que son frère aloé» en 
qualité de secrétaire de légation. 11 garda cette posi- 
tion jusqu'en 1811» époque à laquelle il fut envoyé à 
la cour de Schwerin, en qualité de chargé d'affaires. 
Sous la restauration^ il occupa successivement les 
postes de consul général à Dantxick» Kœnigsberg et 
Amsterdam. Après l'établissement de la monarchie 
constitutionnelle de 1830» il fut appelé à la direction 
des affaires commerciales au ministère des affaires 
étrangères» poste qu'il occupa jusqu'en 18A1. 



( 22») 

Dans ces emplois importants, M. J. Désaugicrs, que 
la surveillance de nos intérêts commerciaux extérieurs 
appelait à s'occuper de géographie, ne perdit aucune 
occasion d^o suivre les efforts et d*en hâter les progrès. 
Il voulut même faire passer dans notre langue l'un des 
ouvrages qui ont jeté le plus de jour sur la géographie 
ancienne, en traduisant le livre de Heeren, intitulé : 
Idées S9ir les relations politiques et commerciales des an- 
ciens peuples (Paris, 4800, 1820, S vol. in-8*), traduc- 
tion qui est malheureusement demeurée incomplète. 

M. J. Désaugiers qui trouvait dans ses deux frères (1) 
des exemples d'un penchant heureux et décidé pour 
les lettres et qui le partageait, sut encore le fortifier 
dans le commerce d'hommes dbtingués ; ami de 
Niebohr, de Letronne, de Clarac, il puisa près d'eux 
le goût des lettres savantes» mais se borna à les 
cultiver modestement et sans bruit. Doué d'un sens 
littéraire fin et délicat qu'il devait à une forte éduca- 
tion classique» il avait un grand charme dans la conver- 
sation. Sa bienveillance 9 son enjouement ajoutaient 
encore à ce que son mérite avait de consciencieux et 
de solide. Il emporte dans la tombe les regrets de 
tous ceux qui ont été assez heureux pour le connaître 
et l'apprécier. 

La Société de géographie» qui le comptait depuis 
longtemps parmi ses membres, l'inscrira au nombre 
de ceux dont la mémoire lui est le plus chère, 

Alfred Mavbt. 

(i) M. Au0. Désaugieri, connu par des compositions dramatiques, 
et Désaugiers, le célèbre chansonnier et vaudevilliste. 



CMO) 

A^tM de la Soel6t«« 

EXTRAITS DES PROCÈS -TERB AUX DES SÉANCES. 



Séance du 2 mars 1866. 

M. le général Daumas , directeur des affatrea de 
l'Algérie, adi^sse k la Société sa carie du Sahara algé^ 
rien, sa Notice aur le chameau d'Afrique e4 pluaiettjm 
exemplaires de YAlmanach algérien ; il exprime le vœu 
que la Sociélé puisse trouver quelque intérêt à ces 
publications. M« le général Daumas ajocite qu'il serait 
heureux que la -Société vit dans cet envoi um preuve 
de son désir de concourir à ses travaux, et de son em- 
pressemeot à se mettre, dans toute circonstance, é sa 
disposition. 

H. J. Perthes y de Gotha , adresse à la Société la 
I'* livraison de l'atlas des -États prussiens, de Stieien, 
et la l'^* livraison de la carte géognostiqne do Thûriir- 
ger*WaId., de Credoer. II. Jomard annonce é cette 
occasion que les travaux -de rétablissement géogra^ 
phâque de M. Perthes, dirigés par VL Augustus Pelatf^ 
mann, doivent figurer honorablement â ia prochaine 
exposition uoiverselle. 

M* Jomard donne lecture d'«me kUre de M* le comle 
d'Ëscayrac de Lauture, membre de la Sociélé, datée 
du Caire le 25 janvier, renfermant des nouvelles de 
deux voyageurs partis pour le fleuve Blanc, M. Vayssière 
etM. Heuglin, consul d'Autriche à Khartoum, avec 
des observations sur une carte du pays situé au nord 
de l'Abyssinie, par MM. Vayssière et Malxac, et dont il 



( 281 ) 
a été fait hoaaraage à la Société dans sa précédente 
séance. La même lettre contient des observations sur 
les iiflQuents du Nil découverts par M. Bran » sur la 
nouveau projet de canal maritime à .travers l'isthme 
de Sues, et'sur l'état actuel du DÀrfoor d'après le doc* 
teur Ciiny» Ek^n M. le comte d'Escayrac annonce 
renvoi d'un travail dont il s'occupe pour le BiMetin; 
c'est une Étude sur l'influence que le canal des deux 
mers exercera sur le mouvement commercial du bassin 
de la mer Rouge et» en particulier» sor celui du Belad« 
el-Soudan. 

Le secrétaire donne lecture de la liste des ouvrages 
offerts à la Société. 

MM. Jomard et d'Avezac présentent» en outre, le 
premier, la relation d'un voyage au kc Ngami, par 
H. Andersson (voy* ci-dessùs» p. lAd)» et le second, 
la troisième édition de l'exposition du système des 
vents» par M. le capitaine de vaisseau Larttgue. 

La Commission centrale prononce l'admission de 
MM. Ernest DssjrARDiiis et Victor Guéaiif , présentés à 
la dernière séance par MM. Guigniaot et Jomard. 

Les mèoftes membres proposent» comme candidats; 
M. Henri de Brossard, atCacké à la direction des affaires 
de l'Aigérie, M. Nicolas Daily, ancien professeurr A 
l'atliénée royal de Bruxelles» et M. Hébert» notaire 
honoraire à Paris. 

La Goitimissîon centrale procède à la réélection des 
commissaires étk concours au Prix d'Orléans et eYle 
nomme MM. Jomard» Isambert et De la Roquette. 

La section de comptabilité soumet à la Commission 
centrale le budget de 1856; il est adopté après quel- 
ques observations sur les mesures à prendre pour la 



( 2S2 ) 

Tente des cartes extraites du Bulletin de la Société. 

La Comtnîssîon du Prix annuel fait connaître ver- 
balement les conclusions de son rapport sur ce con- 
cours. La grande médaille d'or sera décernée à M. le 
capitaine Mac*Ciure pour sa découverte du passage 
nord*ouest, et M. le capitaine Inglefield recevra une 
médaille d'argent pour ses découvertes dans les mêmes 
régions. 

M. Jomard esquisse de mémoire» sur le tableau 
noir» la carte météorologique de la France» telle que 
M. Leverrier» directeur de l'Observa toire» l'a produite 
la semaine dernière» devant l'Académie des sciences. 
Cette carte représentait l'état de l'atmosphère dans 
toute la France pour ie Jour même où il en Faisait 
l'exposé et partout à la même heure, c'est-é-dire à 
dix heures du matin» d'après les renseignements trans« 
mis au moyen du télégraphe électrique. A mesure 
que les réponses aux questions arrivaient à l'Obser- 
vatoire» on traçait sur la carte» contrée par contrée» 
la direction des vents ; on notait l'état nuageux ou 
clair du ciel» l'indication de la pluie ou de la neige» 
enfin toutes les circonstances atmosphériques» absolu- 
ment différentes aux extrémités opposées du territoire» 
à ce point que la différence entre la température du 
nord et celle du midi allait à 28 degrés centigrades. 

Le même membre commence la lecture d'un mé* 
moire de M. le comte d'Escayrac» sur l'hallucination 
du désert , appelée ragl par les Arabes» phénomène 
qui se produit chex les voyageurs à la suite de veilles 
prolongées. (Voy. ci-dessus» p. 121 •} 



( 233 ) 

Séance du 16 mars 1855.- 

M. le secrétaire de la Société royale de Londres' 
remercie la Société de l'envoi de son Bulletin, et liii* 
adresse le YoltJihe de ses transactions pour Tannée 185 A . 

H. le secrétaire de lâ Société royale d'Edimbourg 
adresse également la suite de ses transactions. 

M. Daussy dépose sur le bureau, de la part de 
M. Pentland , la carte des découvertes dans les mers 
Arctiques jusqu'en 185A, et qui est offerte à la Société 
par l'amirauté anglaise. 

M. Jomard fait remarquer, à l'occasion de celte 
présentation, qu'en offrant cette même carte à PAca- 
demie des sciences, M. Pentland a donné d'intéres- 
sants détails sur le fac-sitiiile d'une cWte d'Andréa' 
Bianco, de 1A36, tirée d'un atlas du même auteur, et' 
que publie M. le comte Miniscalchi dans un ouvrage 
spécial destiné à exposer les connaissances des Véni- 
tiens sur les contrées du nord de l'Europe. II rappelle 
qu'il avait consulté en 18A0, pendant son voyage à' 
Venise, ce curieux atlas, conservé à la Bibliothèque 
de Saint-Marc, et qu'il en a rapporté des extraits, qu'un' 
ami du comte Miniscalchi, le Podesta de Vérbiie, M. le 
comte Orti Maiiara, « bien voulu compléter. Il attend 
lui-même un exemplaire du fac-similé de la carte de 
Bianco, qu'il s'empressera c(e mettre sous les yeu:t de 
la Société. 

Le même membre fait hommage de la 3* livraison 
des Monuments de la géographie. 

M. Firmin Didot écrit à la Société pour lui offrir la 
l** partie du texte et des cartes des Petits géographes 
grecs. Il exprime le vœu que la Société juge digne 
IX. MAns ET Avnri.. 8. J6 



( 234 ) 

d'une attention particulière cet important travail dû 
à M. Charles MûUer. M. le président signale les textes 
et les annotations qui offrent le plus d'intérêt, et il 
ajoute que ce travail lui paraU i la hauteur de la science 
Bdpderne ^ous les rapports critique et philologique* 
IL Jsambert, qui a déjà fait un rapport préalable dans 
la séance du 10 février» sur la 1'* partie de l'ouvragot 
confirme l'opinion exprimée par M. le président* 

IL le secrétaire donne lecture de la liste des aplres 
ou^Frages déposés sur le bureau. 

La Société admet au nombre de ses membres 
MIL de Beossaho, Dally et Hàbsrt présentés dans la 
dernière séance. 

lH, Cbaàtah Effendi, ingénieur, élève de la mission 
égyptienne» est proposé comme candidat par HM. Jo- 
mard et Guigniaut. 

H» Isambert rend compte de la 1'* partie de l'ei* 
ploration de la vallée de l'Amazone par IL HejTBdon» 
lieutenant de la marine des ktats^Unis* (Voyez ce rap« 
poi*t au BuUetin^ p. 179.) 

M* Alfred Maury fait un rapport sur la carte phy< 
sique et météorologique du globe terrestre publiée 
par M. le docteur Boudin. (Voy. Bulletin^ p. 174.) 

M. Jomard donne de nouveaux détails sur l'expé- 
dition de la Pléiade dans l'intérieur de l'Afrique cen- 
trale; il fait connaître la mort tragique au Thibet du 
père Rrick , assassiné ainsi que son compagnan de 
voyage» par les gens d'une tribu fanatique; enfin il 
dépose sur le bureau plusieurs extraits de journaux 
américains renfermant des nouvelles géc^rapkiques. 

La séance est levée à dix heures. 



( nb ) 



u 



Séance du 30 mars 1855. 

M. le Ministre de rinstruction publique et des ciiltes, 
président de la Société, onnonce qu'il a écrit à MM. les 
Ministres de la marine et de ragriculture et du c6m- 
merée pour les engager à contribuer avec son dépar^- 
tement à augmenter le chiffre du prix proposé par la 
Société pour un voyage d'Algérie en Sénégambie, 
M. ie Ministre de l'agriculture et du commerce 's^est 
empressé de répondre à son appel et de seconder les 
intentions de la Société en consacrant & cet objet une 
somme de 2 000 francs ; il a pensé qu*une exploration 
qui avait pour but d'établir- des rapports entre nos 
possessions de TAIgérie, et de ta Sénégambie et les 
contrées de l'Afrique intérieure, devait produire des 
résultats utiles pour les intérêts qui ressortissent au 
dép(vrteà)ent du commerce. 

M. le président saisit cette occasion pour proposer h 
la Commission centrale, de concert avec la section 
de comptabilité, de contribuer pour une somme de 
600 francs au succès de l'entreprise dont la Société a 
conçu la pensée, et qui doit s'exécuter sous ses aus- 
pices avec l'âppûi et les encouragements du gouverne- 
ment. Cette proposition est adoptée à l'unanimité. 

MM. Ernest Desjardins et Henri deBrossard écrivent 
à la Société pour la remercier de les avoir admis au 
nombre de ses membres, et ils promettent de s'efforcer 
de concourir à ses utiles travaux. 

M. d« la Roquette communique une lettre de M. le 
docteur BaruBi, avec un numéro de la Gazette piémon- 
taise du 10 mars 1655, dans lequel ce zélé correspoa- 



{ 236 ) 

dant vietii de publier un compte rendu des trataûx de 
la Société pendaut Tannée 18ôA. 

M. Jomard communique une lettre de M. le comte 
d'Escayrac ; ce voyageur lui annonce de nouveaux tra* 
vaux: i<^ sur le canal maritime de Suez et eur la nature 
du terrain qu'il doit traverser; 2*^ sur les langues afri« 
cainesdont il se propose de recueillir des vocabulaires 
et des grammaires. Plusieurs membres» MM. Jomard 
et Alfred Maury entre autres, prennent la parole sur 
ce dernier travail et promettent de fournir des ren- 
seignements propres à aider M. le comte d'Escayrac 
dans ses recherches philologiques. 

M. le secrétaire donne lecture des ouvrages offerts 
à la Société. Au nombre de ces ouvrages se trouve le 
1*' cahier d'une nouvelle publication géographique 
de M* A. Petermann, dont MM. Jomard, V.-A. Malte- 
Brun et Vivien de Saint-Marlin font ressortir l'impor- 
tance sous le triple rapport de l'intérêt, de l'exécution 
et de la modicité du prix. 

M. Chaàtah Ëffendi, ingénieur égyptien» présenté à 
la dernière séance par MM. Jomard et Guigniaul» est 
admis dans la Société. 

M. Jomard, au nom d'une Commission spéciale, 
fait un rapport-verbal sur le concours au Prix d'Orléans 
pour l'importation la plus utile à ragriculture, à l'in- 
dustrie ou à l'humanité. D'après les conclusions de 
ce rapport, le prix est décerné à M. de Montigny, 
consul général de France à Shang-hai et Ning-po : 
1* pour l'importation et l'acclimation de plusieurs 
espèces utiles à l'agriculture, notamment de Tigname 
cle la Chine ou Dioscorea Batatas^ de VHolcus saccha- 
ratiis, du riz du nord de la Glûne et d'autres végétaux 



( 237 ) 

dont J^olre agriculture est sur le point de s'enrichir; 
2* pour l'introduclion et raccliinatalion des douze 
yaks de la Chioe^ déjà distribués dans plusieurs con- 
trées de la France de climat différent» et où ils ont 
parraLlemcnt réussi, et même où ils se sont déjà repro- 
duits et multipliés* 

H« de la Roquette continue, pour M. Jomard, la 
lecture du Mémoire de M. le comte d'Ëscayrac de 
Lauture sur le ragi ou Thallucination du désert, 

M. Alfred Uaury présente quelques observations sur 
le phénomène obserré par M. d'Ëscayrac, et exprime 
l'opinion que cette hallucination rentre dans la caté- 
gorie des hallucinations hypnogogiques ou du demi- 
sommeil qui ont été l'objet de divers travaux en Alle- 
magne, et sur lesquelles il a publié un mémoire spécial 
en i$47, dans les Annales médico- psychologiques du 
système nerveux. 

M., De la Roquette réclame contre Tomission de son 
nom dans le procès-verbal de la séance du 19 janvier, 
et il rappelle les observations qu'il a faites dans cette 
séance au sujet do rapport de M. G. d'Eichthal sur 
les Types des races humaines^ de AIM. Nott et Gliddon. 

L'heure avancée ne permet pas à M. Vivien de Saint- 
Martin de faire une communication sur 4'Afrique 
centrale; cette lecture est renvoyée à la prochaine 
séance* 



( 288 ) 



OUVRAGES OFFERTS 



DANS LES SÉAMGBS DES 2, 16 ET SO MARS 1855. 



EUROPE. 
Titres de$ ouvrages. Vonat^un, 

Ergaozangeo zu Stielers Hand-Atlas, Der Preussucbe Staat io lo co- 
lomten Karten. i'* livr« Gotha, i855. -^Geo^noadclie Rarte des 
Thurin^er Waldes, von Heinrich Credner. i** liv. Gotha, i855. -^ 
Versuch einer BilduD(|psçeschichte der geogoostischen Verhaltnisse 
des Thuringer Waldes, von H. Gredoer, i855. Br. in-8*. 

JustQs PsnTaES. 

B$sai sur la topographie du Latium. Thèse ponr le doctorat pré^ 
sentée à la faculté des lettres de Paris, i vol. in-4*9 avec cartes. 
Paris, 1854. — De tabulis alimentariis disputaiionem bistoncam 
Facukati litteraruin parisiensi proponebat Ernest Desjardins licen- 
ciatns. 1 vol. in-4''9 avec cartes et plans. Parisiis, i855. 

Ernest DESJAantiis. 

AFRIQUE. 

Carte du Sahara algérien, dressée par ordre de M. le maréchal de 
Saint-Arnaud, ministre de la guerre, et sous la direction de M. le 
général de division E. Daumas, directeur des affaires de rAIgérie, 

■ 

par G.-F. de la Roche. i853, 3* édit. 1 feuille. — Du chameau 
d'Afrique, par M. le général Daumas. Broch. io*8*^. — > Almanach 
de l'Algérie pour i855. Guide du colon, publié d'après les docu« 
ments fournis par le ministère de la guerre, i vol. in*ia. 

Le général Daumas. 

De AlgerisB incoHs edrumque situ, origine et moribus, Berolini. 
Broch. in-8°. M. Bcvrt. 

Junrney to Iake ^Ngami, and an Iiinerary of the principales routes 
leading to it from the West Coast; with the btitude, of some of 
the cliief stations. Br. in-ia. i854. Ch. AKDEnsoH. 



( 2S9 ) 

AMÉRIQUE. 

Mémorial prayin(v compensation forsertices, in colleciino; valuahle 
information and stalislics in relation to thc geo^^raphy, productive 
resonrces, trade, commerce, etc., of tlie independent oriental 
nations. Rr. in-8*. i855. A, Palmsu. 

RÉGIONS ARCTIQUES. 
DiscoTeries in the ArcCic Sea np to 1 854> published according to arc 
of ParliamenC at tlie hydrographie Office of the Admîralty. April 8, 
i859. Additions to i854. L'AMiRArré avglaisb. 

OUVRAGES GÉNÉRAUX, MÉLANGES. 

Geographi Graeci minores. E codicibus recognovit, prolp.goroeiiis, 
aDQOtatione, iodicibus instrazit, tabolis aeri incisis illastr^vit 
Carolus Maileras. Volumeo primum. i vol. in^S^. Parisiif, i855. 
— Tabul» in Geoçraphos Gnecos minores à Carolo Muliero ins- 
tructae. Pars prima, t vol. in-8*. Partsiis, i855« A.-F, Dioot. 

Les Monuments de la géographie, ou Recueil d'anciennes cartes 
européennes ei orientales, accompagnées du sphères terrestres et 
célestes, de mappemondes et tables cosmographiques, d'astrolabes 
et autres instruments d'observation, depuis les temps les plus 
reculés jusqu'à l'époque d'Ortelius et de Gérard Mercator. Grand 
in-f*. 3* livr. M. JoilAiin. 

Eiposition du système des vents, ou Traité du mouvement de l'air à 
la surface du globe et dans les régions élevées de l'atmosphère, 
a* édit. I vol. in-8*. Paris, id55. Le capit. de vaisseau Labtigde. 

Carte physique et météorologique da globe terrestre, comprenant la 
distribution géographique de la température, des orages, des vents, 
des pluies et des neiges, i feuille. S* édit., i855. Le D*" Rovniv. 

Miitheilnngen ans J. Perthes' geographischer Anstalt iiber wichtige 
nene Erfarschangen auf dem Gesammtgebiete der Geographia 
von IK A. Petermann. In-4** i'* li^-? i855. J. Pkrthbs. 

MÉMOIRES, RECUEILS ET JOURNAUX SCIENTIFIQUES. 

Philosophicals transactions of the Royal Society of London, for the 
yeir 1854- VoL i44' (•" ** ^' part.) — The Royal Society. 3o no- 
verober i854* — Address of the right honourable the Earl of 



( 240 ) 

Rosse, the Président, rjelivered at thc anniversary meelin^v of tlie 
Royal Society, on november 3o, iB54* ^f- in-S*^. — Proceedîni^s 
of the Royal Society. Vol. VI, n" loo, lOi, loj; vol. VH, n*« 7 
et 8. SoGiÉré n. de Londrbs. 

Transactions of tlie Royal Society of Edinbur(;h. Vol. XXf, parc. 1, 
for the session 1 853-1 854* i ^ol. in-4*- — Proceedings of the 
Royal Society of Edinburg. Session 1 853-1 854* Br. in^S*. 

Société b. D*Eoi«BcncD. 

Anuales du commerce extérieur. N** 795 k 800. Janvier i855. 

M1NI8T. DE L AGR. ET DO COMMBRCC. 

Journal of the Franklin Institute of the state of Pennsylvania , for 
the promotion of the roechanic arts, Edited by John F. Frazer. 
N" 347» 348 et 349) t854- — Proceedings ofthe American phi- 
loaopbical Society. Dr. in-8*. — Zeitschrift fiir allgemeine Erdkunde. 
Novembre et décembre i854« — Nouvelles annales des voya^res. 
Février. — • Journal asiatique. 5* série, t. IV. — Revue de TOrient, 
de TAlgérie et des colonies. Février et mars. — Journal de l'Insti- 
tut historique. Année 1854. et janvier x855. — Builetio de la 
Société xoolo^ique d acclimatation. Février.— Bulletin de la Société 
géologique de France. Novembre id54 à janvier i855. — - Annales 
de la propagation de la foi. Mars. *« Journal des missions é\an- 
gélîques. Février. — Journal d'éducation populaire. Février. — 
Bulletin de la Société industrielle d*Angers. Année i854- — 
L*Athenaïum français. N** 8, 9, 10 et 1 1 . Les Actbcrs et Éditeurs. 



ERRATA DU BULLETIN DE JANVIER ET FÉVRIER. 

Page 84s ligne 8, après p/tii ajoutez: seulement, 

— lig. 8-9, au lieu de qui tombait, lisez : tombant. 

— lig. 9, au lieu de la ripière^ lisez: une rivière. 
^ lig. la, après s appelle^ ajoutez: aui%i. 



a 



iAL 



KjdJ Tr 








Elyah Trih. 



Yaxa b a r a Tt j h . 



BULLETIN 



D£ LA 



SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE. 



MAI 185S. 



ASSElfBLÉE GÉNÉRALE DU 27 AVRIL 1855. 



DISCOURS 

SB 

M. LEFEBVRE-DURUFLÉ. 

tÉMATCOa. 

Heflsieurs, 

Appelé à l'honneur de présider celte Assemblée 
générale» j'en éprouverais une satisfaciion sans mé* 
lange, si je pouvais oublier que je ne dois cet avantage 
qu'à l'absence de son Bicellence M. le Ministre de 
i'inslruclion publique. Quel autre» en eOTel, pourrait 
se montrer» dans un pareil jour, à la tête de cette 
Société» avec plus de titres et plus d'éclat que l'émi- 
nent fonctionnaire qui a implanté, d'une manière si 
obligaloire et par conséquent si féconde» l'étude de la 
géographie dans tous les programmes universitaires? 
Quel autre pouvait être plus chaleureusement accueilli 
parles applaudissements de cette savante réupion que 
le Ministre qui, cette année même» vient .en aide à fa 
Société pour fonder le prix destiné au voyageur qui» 
le premier, ouvrira la itiute à notre pulilique utù 

11. MAI. 1. 17 



( 2A2 ) 

notre commerce, entre les frontières de l'Algérie et 
celles du Sénégal? Aussi, bien qu'absent de sa per- 
sonne, v,Qlre honprable Président n'^n.^er.a pas ixioins 
présent %. tons les esprits pur ses 'actes ei |>ar ses 
<BUTre§- 

Pour moi. Messie urs^cqiii n'M ni pouvoir pour doter 
notre Société , ni connaissances spéciales et appro- 
fondies po,ur l'illustrer, pour mai ^fii ne peus^ lui pOTrir 
qu*un vif mais stérile amour de la science, ce n'est 
qu'avec l'espoir de rencontrer une extrême indul- 
gence que j'ai pu m^ iré^gpfi*» d occuper pour quel- 
ques instants la premièi;g place, je ne dirai pas 
parmi mes é^};^^ m^if J^^^ ^% s^up^peurs et mes 
maîtres. 

Si l'on excepte l'époque de la découverte des Indes 
orientales et de l'Amérique ,. je ne sache pas d'ère 
plus brillante pour la géographie que les craquante 
^etraitoos. anotos que aoju^ v^ons d^iparcourir. Xlans 
«ucua ianips les mers 'n'ont ^té sîUooD^es par oa 
ApBiltte plus ooaaidérab^ .de «aisseaux, dirigés avec 
^une sc^nfte plus cectaiae. .mu& axecune 'pareille ra- 
ipidîlé.jD.ans laiicun iemp» îles gquverAemeots in*onl 
^Atoepris 4^ plus intàr^Meikls et de iplus, inponaoïs 
^tayages ^'exploration :et de circumnavigation. >La Jva^ 
ipeor .a rappradbé ,les idi^fcanoes isp r les Ooéans «comme 
•elle les a rapprochées sur la 'tecre* La noilcimepacée 
«UT Jle domaine où «lie avait jiisqoe4à régné 8aps;pai^ 
ii^e» a dû » pour conserver pu moins une pavlîe 4^ 
■MW ce«apÎBQ» demander aus >«enl8 de doubt^ l'agîlilj& 
<de ses ailes. 

fidtu avenu ïtemps ;aiiiaot d'éiooimes 4¥>iitagamL 
9&*ont fcfwvé i|vec fdbs de joonalBBoe «i d'uudttce^ ke 



« « 



( Ui ) 

dangers des voyages terrestres et n*ont pénétré plus 
résolument daos des pays réputés jusque-là înaccea- 
sibles. Aussi que de contrées ou découvertes ou mif ux 
coi^uesl 

Que saxai^on.il y a cioq^a^te ans» de .r^uatcaUe* 
de il'Afvîque centrale, d? la G^inq, de l'Asie Mineure» 
l|eJl'4^mérjique paéridjonale, des .iaimenses poissession^ 
4e5 J^ts-.lIoia d'Aopiériqi^, de l'Océm glapial aror 
itiqm?Xi^ue.d« découvertes o'a-ttQa pasdues depuÂS'CeUe 
*^poqK^ ail /Kwioevçe., & la guerre, aia Tévol«ttiaa# 
ifia^me»? XSar 41 i^ous les mouvements ^sociaux ne coiw 
trîbuent pas au bonheur de l'huuianité» souvent .en 
«mmpe^aiUoB JU .tojaiK^at au moins 9^ frolU dfi la 

J^veç :quel xèle intelligent p!a*t-p^,pjBis cbkerQl^é ,^ 
«eltre â pirgfit 4es ricJlii^^e^ mipéralça » animalef sf 
végétales que les études géojpapU^qv^es nçu^ lîévèlent.? 
JEt tqut récpmm^pt i^vec quel^^c^ns diligents. 9 V>on 
pas p^épi»ré uœ baspjitalité ^cloirée et ^fi^révoyau^ lA 
laf^la^oteindustrieHp au ,aliiwptaire qui peut se nour^- 
rir4fua8 notre sol« i J'aaimal utile, qui peut paotager 
pos Airavaux ou f^capdar nos champs? A ces ,traU£i, 
lUjea^i^r^i v.oti:e pepsée s'est dé)^ reportée >versiceUe 
Sp<AéXé 4'^cpUmatatioo, A^ur )Mnxelle de la vôtre» iqui» 
h^P que iloufil^^t eppore à son berceau» est dâ>à 
grfinde ait ipxtfij qui ;fei?a .pot^r 4» pratique de la 
iicîeaçe cç que v^us faites jpour sa «théuipie, Qu teJAe 
re99^Te ici la vive eipres^on de notre reçouuaissaïuce 
et tde )(t03 fraternelles syii^p^lhies I 

^e la'acçuserriei^you^ pas d'un Xug/^X ^oubli » Mear 
t^^tttf • si )^ qvdttsûs cet ordre d'idées, mw payer ub 
tt^m d'éloges fuaytici|iié au lauréat qu^. vous avez jugé 



( ihi ) 

digne du prix offert & la découverte . la plus utile à 
rindustrie, à Tagriculture, à riiumanité. 

Ici, Messieurs, il y a un double hommage à rendre, 
Tun à M. de Montiguy, consul de France en Cbine> au 
vainqueur que vous allez couronner; i*autre à la mé- 
moire du prince fondateur du prix lui-raôme. Une 
mort funeste et prématurée Ta précipité dans la 
tombe, le souffle terrible des révolutions a passé sur 
sa dynastie ; une • cliose, respectée de tous, survit à 
tant de catastrophes, c'est un bienfait envers la science 
et l'humanité 1 Grand enseignement. Messieurs, et pour 
les princes et pour les peuples I 

A cette esquisse bien incomplète de ce qui. a été 
fait en faveur de la géographie depuis le commence- 
ment de ce siècle, pjputons celle de ce qu*il reste & 
Faire, de ce qui se faiit en ce moment même; elle ne 
vous oiïrira pas moins d^intérèt. > 

En Europe, ta guerre d'prient amènera certaine- 
ment de considérables reçtiGcations dans la géogra* 
phie si imparfaite de la Tvirquie, En Asie, los brèches 
faites aux confios de l'empire Chinois ne tarderont 
pas ô nous en ouvrir le cœur. L'Asie 'Mineure va 
chaque jour révélant ses merveilles sous les fouilles 
savantes des archéologues qui retournent son sol» La 
soif de l'or poussera les aventureux mineurs jusqu'au 
centre de ce continent australien encore si ignoré. Des 
hommes animés d'un courage que leur inspire à la 
fois la science, la philanthropie et le plus noble amour 
de la gloire parlent des points les plus opposés et se 
donnent rendex^rvous au centre de cette Afriqiie, dont 
la terre brûlante et les populations barbaresdévorerit 
en u«i grand nombre ceux qui thercheni à'tes Cr^hnaltre. 



(.a*&^)i 

Ail (ur, eiÀ mfsvie que les convulsions f>'0^1itiques agi- 
tenlles immenses conlrôesde l'Amérique méridionale» 
de. hardis explorateurs se hasardent dans leurs vastes 
et magnifiques solitudes, et suivent le cours des fleuves 
immenses qui les arrosent et qui bientôt y porteront 
les bienfaits de la colonisation et du commerce. 

Hais ce n*cst pas tout d'explorer le glol>e, l'bomme 
veut en abréger le parcours. J/océaq Atlantique et 
l'océan Pacifique sont déjà unis par une ligne de fer» 
et bientôt un canal confondra leurs eaux. 

Après avoir repris l'ancienne et primitive route des 
Indes» l'Europe seni aujourd'bui la nécessité de pou- 
voir voguer sans interruption dos eaux de la Méditer- 
ranée sur celles de la mer Rouge. Celte pensée ne fait 
que de naître; mais elle est de celles qui, une fois pro- 
duites» marchent fatâfemeot à leur terme. En vain 
les intérêts individuels de quelques nations préten- 
draient s'y opposer» ils finiront par s'inclinei; devant 
la grande voix du genre humain. 

Enfin le temps n'est pas loin où la télégraphie en- 
lacera la totalité de notre globe dans le réseau de ses 
fils intelligents» et fera circuler la pensée humaine 
autour du monde avec la rapidité de Télectricilé même. 
Certes» Messieurs» voilà une admirable perspective 
ouverte à la géographie. Voilà de prochains et puis- 
sanb moyens, de connaître le globe entier, comme 
nous connaissons le pays qui nous a vus naître; mais» 
Messieurs» cet apogée de la science» ce résultat des 
nobles efforts et des^ vastes connaissances des esprits 
d'éUte» qui honorent notre ^spéce» n'est pas» à mon 
sens» tout ce que l'on peat souhaiter pour la science 
de nos prédilections. 



( 286 ) 

Il est un atiti*e fitTceès que je voudrai]» voir la géo^ 
graphie obtetiif eu France , succèi! imxleste en lui^ 
iàèttie,iUài8i!âniéàïe d\in9Be)s réifulthl8;'ji9^U!i parie)^ 

dn* sru<^eè's de U popàiaritér. 

Né nbuft le dissimulons pas; MeistSeurs, pbut* qu^un 
art ou ûbe scien\:e parviennetit à l^ur plus' haute 
expression chez un peupler; pour ^^dlls y portetittous 
les^ fruits qu4ls recèlisnt, il ne suffit pas Qu'ils soient^ 
Tol^jet des'trava\it eV du culte d^uh certain* Nombre 
d'esprits supérieurs, it Aut (|u'ih y deviennent pdpu- 
Itit'es. 

Dbns Tantiquitë» si la Chaldée aété silbin en astro- 
nomie, c'est que' chacun de ^es b'ergers était astronome. 
De nos jb\n^ si tk musiqne a compté de' si grands' 
n^làltres en A11em%t3ie et en ftaliiev e'ést queiâf musique 
y efst jfï'o^uIïirb^'tossi.rOafTett^^enf dii'é aVittont de la* 
nôèfcanirluè en ibigtl;terr#) etv^iÉtelV-Uhis; Ld^^o- 
graphie n'est pas nïoins'fatciilîèz^& cès deux dernières 
nations. Dans quelque nïtiikôn i|'ue ToA' entre, soit 
hàbilsitidn de Ik cl^Mse Ui^oyénAe, soit ihême simple 
chsiuiniére, il ti( bien ra^e. d'e ne pas^ tf*du^er une 
mâp^)?monde sulspendue aux' murailles, ou quelques" 
livres d^ géo'gfaphié occupant* une plabe spéciale à 
côté des livres religieux de la (^inillé. Ces livrés ne 
sonV pas de secs el! arides tVaités de géographie, sque- 
lettes dénudés, faits pour dé^oûtei* dé cétt^ $i!ience; 
cesbnt au conlràite des onvrages pleins d^' couleur 
et de vie, des ouvrages àlttayants db géorgraphie des- 
criptive et pittoresque, offrant l'es' tbblëaldi' Hss plus 
animés* des sit^s^ dé^ niœut'â, des' doiinnies et' dbs 
mcrbnmeihb de tisus les |>tfuplesi Oé nt^iA/breûî^y gra*- 
vures illustrent ces ouvrages qui s'att^^étitâl tèâiS hi 



(m) 

âges*» tfàv pivfiliem'' toutes les fonnes, cfopois eelle» 
de Talf^littbéti "à* frgtll'e» jusqu'aux tnïiples dinMAtionv 
des coitectioàs^à ttviftîàoifls noiùbreuse». 

Qu^, tfi^^l&^\ït dv l^sam^tl dëèchdtos à ôéUÂ^ d^ 
personnes, on oïiSteVv^^l'utidge ^tfe fait ctiaqne failhilèr 
de Ces lWt^9 pdi5ul^iAfS,'ii' é^ diflBei^ d^n'etvèlVc^^as 
prôrôûdémenl tôacHiS, viVeUi^eht Ml^nÂfl. SA gffét, 
B&ssîethrs; pbur p«n que Toft sf^ttche des yeux atteûtifs 
tfor ces^fattiiUès rèutiifes aufoMiV dfe !« caftfe Vrta^*a1e^ oU' 
groupées p^tnr énflcndrS lll*le(l:urt 'de 't^Vèli^lie Kvrèdè* 
géographie» on ne thrde pas * fètnïirqtie^r qirtl nlAn'cîfii*' 
quelqu'un dtins cette famine; Wst un ^6rë, un filk. 
un'ffèVêr, tin époux; un fiaAVîé; Ot <fét ati^t. sôVéi! 'sûV 
que les spéculations du comuierce, les chances péril- 
leuses des grandes pèches ou la défense du pavillon 
national le retiennent' pur .«^^tt^pe-mer loinlaiqe»rou 
bien encore que/ seul ipour torus, ii eât allé tenter la 
fortune sur qudltfOÉar ilMvé^éfMifgère. Des regards pen- 
sifs, des yeux tiâini^bsdft larmi^s !&obt attachas sur le 
point de la carfe oix Ton suppose 'que vôgùe ou tra- 
vaille cet objet de tantd'affoctions dans la mère paU>îe. 
La description que l'on écoute» la gravure que I'od^ 
contemple sont celles du pays ou du site qu'il habite. 

C'est cette douce et aimable géographie» Messieurs, 
que nous voudrions voir se propager en France. 

A la suite de la révolution de 1702» le coptinent 
européen était en quelque sorte devenu l'uniqu^e hori- 
zon de notre nation. Absorbés dans celte pensée,, nous 
avons été longtemps sans éprouver le besçin dp con- 
naître le reste du globe. Mais maintenant tout change, 
et ce besoin noOitetttPwdév^dppe chaque jour davan- 
tage. L'hooMne se renferme plus son activité dans les 



( 248) 

limites do son pays cm du continent dont il dépend, 
son essor n'a plus d'autres bornes que le monde» 
Combien n'avons-nous pas déjà de familles qui, comme 
les Anglais et les Américains* comptent quelqu'un, de 
leurs membres sur la terre étrangère! 

Et la guerre, la gueiTe qui, en ce moment même, 
occupe si bérofquemen liant de nos fils et de nos frères, 
quel élan- n'a-t-elle pas donné è la géographie des 
lieux qui lui servent de thé&tre 1 Quelle famille n'a pas 
sa carte d'Orient? Quelle mère, quelle épouse, quelle 
sceur n'arrêtent pas plusieurs fois chaque jour un œil 
inquiet et rêveur sur une carte de Crimée, peut-être 
en répétant tout bas avec notre iiiiiuitable fabuliste: 

« L^absenoe est le plus grand des maux! » 

oo bien encore disant avec lui : 

« Hélas I... il pleut; r 

• Mon frère a-t-il tout ce qu^il veut, 
B Bon soupe, l)on Igtte et le reste? » 

* Et dans nos camps, combien d'images géographiques 
de cette patrie pour laquelle on combat avec lant d'en- 
thousiasme et de constance I Combien de nos soldats 
pour lesquels une carte de France est une pièce insé- 
parable de leur équipement I Elle occupe dans lé 
havresac un coin de prédilection avec les lettres de la 
famille; en la regardant on croit un instant revoir son 
pays natal ; et peut-être se rappelant aussi la fable 
délicieuse que nous citions tout à l'heure, dit-on :' 

c Ne pleures point. 



( iW ) 

w Je reTiendrai dans peu conter de point en point 
■ Mes aventures à mon frère; 
B Je le désennulrai. Quiconque ne voit guère 
9 N*a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint 

• Vous sera d*un plaisir extrême. 
» Je dirai : J'étais là : telle cbose m'a vint: 
» Voos y croirei être voos-méme. » 

Toutes CCS circonstances» Messieurs, ne semblent* 
elles pas se réunir pour marquer le moment présent 
comme l'époque de l'inauguration en France de cette 
géographie intime don|t je viens de vous ti*acer le 
tableau? Ne penserez-vous pas qu'un ouvrage de géo* 
grapliie, modelé sur des ouvrages anglais du gonre 
que je viens de signaler, écrit avec coloris et avec 
cbanne, captivant les yeux par la fidèle image des 
choses, ne serait pas indigne du patronage et de la 
direction de votre savante Société? 

Mous voyons chaque jour prodiguer, sur des ouvrages 
de pure imagination , le luxe de la gravure et de la 
typographie que l'on fait descendre en leur faveur 
aux prix les plus modiques ; ne serait-il pas possible 
de déverser un peu de cette prodigalité sur un ouvrage 
qui, bien fait, dépassei*ait en intérêt et en attrait les 
plus séduisantes conceptions de l'imagination? Un 
tel livre créerait en France à côté de la géographie 
savante, dont cette Société occupe les sommets, ce 
que, pour me faire comprendre en un mot, j'appel- 
lerai la géographie du foyer domestique, la géographie 
du cœur. 



( ^9Bt) 
RAPPORT SIMI W PRUt MmmÉL, 

POUB LA DiC0UV£HTB LA FLUS IlfPQBTA^ITB KM CieClUPHIB. 

ConiDiidsaires« MlV. o'AVkzVc, VsAtilBËRt, JollâBb, MAUBf 

' et BÀtvrr, r»p{rtfrtear. 

messieurs , 

La Société de géographie décernia tous les ans une 
médaille d'honneur à l'auteur de la découverte la plus, 
importante. Pour que les documents qui constatent 
cette découverte soient bien connus» elle retarde de 
deux ans l'époque à laquelle elle donne cette médaille: 
ce sont donc le^ ti'avaux exécutés pendant Tannée 1852 
qpe nous devons couronner .aujourd'hui. 

Au reste» les découvertes que la Société désire^ en»- 
courager ne sont point de cfis apcident^. heureux qii'cin 
jour voit éclore; elles «ont le résultat de- longs et con- 
stants efforts, dans lesquels l&courâge et la force d'Âme 
luttent contre des difficultés souvent repaissantes et au 
milieu desquelles les homnaes intrépides, q/ul se con- 
sacrent à ces grands travaux»- trouvent quelquefois le 
trépas, ce dont nous avons eu malheureusement plus 
d'un exemple. 

Pendant l'année 1852, les exploitations les»plus im- 
portantes se poursuivaient spécialement sur deux points 
du globe», en Afriqpe et dans les régions ^polaii^s^au 
nord de TAmérique. 

Vous avez l'année dernière» Messieurs» porté vos suf- 
frages sur les hardis voyageurs qui explorent l'Afrique 
centrale; de nouveaux travaux» de nouvelles décou- 
vertes seront sans doute l'objet de vos récompenses 



( ^^) 

fotorefei» ttcfp tkexxrent si nous n*âv(m8 pw eatoiii^ ysa^ 
fois à déposer UHtd couronYie sti^ éïï totnbetiUk 

AujûB^d^hùi Totre ComifiiisBîoa' a' principaleineDti 
conaidéM lei tratanx* exécutés ait nordîde l'Aanéfiqoe. 
Uû gi%iDd problèoie, poursivivi dapuis d«B vièeleft^ a 
mfln reça uife solotion dé<h)ilive; la paasagir atmord* 
oueat, è'esr-èkdire la comintinioation d^ Tocéan'Atlan-' 
ttque avec l'océan PeTciG^iie parle nord de rAtnérique, 
a enfin été constaté : c^est ati capitaine Ifac-Ghiréiqn'il 
a été dionné le premier de revenir en* Ehivope pat« la 
baie db'Btfffin après avoir pénétré' danS' k mer PèteiT^e 
par le détroit de Behring'; votre Commission) a pen^é 
qu'un si bead i^ésultàt, obtenu par des efforts persévé- 
rimtë et tlù lâilieu des pkts grands daia);erft , nvéritait 
d'obtenir à son auteur la grande médaille. Voos' noua 
permettrez, llëssiéui%, diè i^àppéler ioi en peii de mots 
le% citcotfèla'ndes & iâ fois-^èiblte et lioiiQ^Meâ q«ii 
ont araené^ ce résuFtat. 

£a redVerelie do paftsa^e ad itford^ouest, aprèïi' Avoir 
été pl^iMrà'ât lbï!igt'em^s coixlttè àbahdbttnée» aiâit été 
remise en ht)tiif)eorapi'ès^()^è liés ^iDyagésdli' capitaine 
Parry è'uVetiVraiebon'nfttlre i^ùe là baie dé Baffitk n'était 
pas une* met: fermée, et ()dè le détroit de Lancdstre 
dbtinait accès dans dbs pât^gés souvent- remplis de 
glacés, il est vtai, mais (]u*6n pouvait cependàtlt e9pé-> 
rer voir* tirf jbùr* tféfeagéi^. t'ilè MteMlIfe surlaquelJe 
I%rry srvaitbiverfié', en 1BI9, paraissait ètt^e Ib limite 
rfe cet ûWhîpel, qlil s^élertd au tiord dé l'Amérique et 
dont les voyages' de Pàrry', dô Ros^ et'de Bact avaieiflt 
ràftcoàfïàltre une partie; înaià les difficultés croiïsaii^t 
à mesure qu'on pènétfàft pltrs àv^ntférs rouiest 

£if tm. sir JVftm Fr^ifRû; qtrtavail' ttéjï; ëù fStV 



('269-) 

et i829» espion^ fmrtéRreles côtes teptetotri^nalef 4e 
TAmérique» 'résolut de f&ire une nouTelle tentative 
pour arriver à ce grand résultat de la jonction des 
deux Océails ; il pensait qu*or> aurait ipeut*étre plus 
de chances de succès en eliercliant â pénétrer dans la 
mer Polaire» eo s'élevartt vers le nord par une 4^ ces 
ouvertures 'qdi ont été signalées sur les côtes qui bor- 
dent àii nord le détroit de Barrow, ou par l'un des 
détroits, qui séparent les lies Parry.' 

Malgré toutes les espérances que l'on pouvait fonder 
sur ùD 'chef aussi eipérimeulé et sur les soins que 
l'on avait pris, afin de pourvoir cette ezpédiition de 
tous les moyens qui pouvaient en assurer la réussite , 
trois années s'écoulèrent sans qu'on en reçût aucune 
nouvelle* 

L'incertitude sur le sort de cette expédition, la' 
cirainte qu'elle ne fût re^eiiue dans les glaces sans en 
pouvoir sortir, engagèrent le gouvernement anglais i 
envoyer à sa recherche* Depuis 1848, de nombreuses 
expéditions furent envoyées:pour chercher à constater 
ce qu'étaient devenus TErebus et la Terreur^ et pour 
porter, secours à leurs équipages si on pouvait les dé- 
couvrir. La France fut représentée, dans ces intéres^ 
santés recherches, par notre infortuné compatriote 
Bellol que vous avez entendu ici, en 1853, vous racon- 
ter d'un style aussi attachant qye modeste les résultats 
de sa campagne sur le navire le Prmce^Âlbert, frété par 
lady Franklin, et qui devait succomber englouti dans les 
glaces dans un second voyage; et par le lieutenant de 
vaisseau de Bray qui a su, comme Bellot, conquérir 
l'estime des braves marins anglab engagés dans cette 
noble entrepriset J^es Américains aussi envoyèrent 



( â5S ) 

d«ux bâtiments, sons le commandement du capitaine 
de Haven, à la recherche de sir John Franklin etv 
aujourd'hui même, une nouvelle tentative a encore 
Ueu de leur part, quoique malheureusement les der«> 
niëres nouvelles obtenues par le docteur Rae semblent 
prouver qu'on ne peut plus espérer retrouver vivant 
sir John ni aucun de 'ses compagnons^ • 

Toutes ces expédilions; outre la penséo humanitaire 
qui les guidait, devaient encore augmenter nos con- 
nabsances dans ces parages si peu connus* C'est une 
d'entre olles que le capitaine Mac^Clure fut chargé de 
diriger : il devait pénétrer dans les régions polaires par 
le détroit de Behring, visiter la terre de Banks, que 
Parry avait aperçue dans son hiverqage à l'Ile Melville, 
et venir, s'il était possible, gagner le détroit de Bar- 
row, afin de reconnaltne lacoBotoanicalion de l'océan 
Pacifique avec l'océaA Mtealtquç et de constater ce 
fameux passage 'si longtemps cherché au nord de 
l'Amérique. 

C'est au milieu des plos^ grands périls aC&ontés avec 
une constance et une intrépidité admirables que le 
capitaine Mac -dure est parvenu à accomplir ce péril- 
leux voyage. 

Parti d'Angleterre en 1850, Ylnuestigator^ qu*il conh- 
mandait, se trouvait, au mois d'ao6t, dans'la mer Gla- 
ciale arctique, vis-à-vis le cap Barrow : obligé , par la 
présence des glaces dans le nt^rd, à prolonger la cAte 
d'Amérique, il était, le 6 septembre, par le travers du 
cap Parry lorsqu'on aperçut, à une distance d'ei^viron 
60 milles dans le nord-est, one terre d-'unégrande 
•élévation: c'était l'extrémité sud d'une Ile qui 'reçut le 
nom'de Baring et dont ^ la terre de* BunkS' forme la 



(SM ) 

fi^, Y Inite^tigaîor péc^ra daos un détroit sitvé cmtfe 

l'Aie Baring et uae teore qui va sejoiodre au sud celiea 

qui ont été (désigoéea .par Dease .et SiîmpMQ» :et par 1^ 

.docteur iRae , aous Jea iQoms de WoUaston al de y^cr 

jhorîa. Ce déitoît .-dawii Ite cooduîre jua^ua d^» rl^ 

bassia situé au sud 4e l!tle llelviUe»par lequel îl.aÂriiîl 

IMifagaer le détroit de Barronrel la bai» de Bafiu» 

pafYSoujraoiaioai !» iOM tinverw le pasaaiie du ttord^ 

Quefllt. Maia F^oirée de ce bamo était entiévemettllia^ 

«tare^plèe par une bauquiae impénétrable. Après vinut 

tentatives «pour fake une (trouée fdop» cette ibanq^iiAe* 

leiit^liaes.dans lesqucdlea !le Aiatirei manqua biaa dea 

jEoàs d'élre licraié .par les aaasses énoom^ de glaeea» H 

fallut jreMAftBir & jcetle espéranee ettohercber un abn 

.{ipw passer iVibJMav* ^e f ut au laîtiau d'^m immanse 

^amp élQ gUœ «qua . Vimwt^ior fut awaiiré poiSr 

passer, ainai saosboiigar les longs mois d'hiier, el oe 

ne fut que le 17 juillet suivant qu*il se tcoMfa libre» 

•Quîoniieiigiiiieffei^e c'est que d-ètre ainsi drenfeataé 

dans uft .océan tde glaes où Ja tampéralivre desoand 

JMsq^^'é 30 et A^ .degrés aus^^asous fde sérol Cop^- 

dant, quoique le navire fût arrêté pendant oe long 

eapace de \tamjia, J'équif»^ Ae iMia f9& ei^ohKlné 

4aDS(GeMe tnale poaiUoo. Awatque l!lHver eOit suspaft4u 

toute ettursion, Je icapitaÂne MfeK*.*;Clnre se dirigea au 

jkoilnjeau «vers Te^Uréinité i^rd de rile Baring et, le 

21 octobre^ iJi plaojtait sa tunte sur le point même 

indiqué sur les cartes dePfirry^ous le nom de terre 

4e Banks. Au (Nfinteuaps suivant, idée que la tempéra^ 

Hure f>ermit de faire quelles nourses sur ia glaoo, 

c'asfc-à-dic» au commeacament td'avril^ des détaobo- 



(ttt) 

Me0U itirtot envoyés de ëkers oMés poui^«eooimidliie 
Ittîleiures Qovîroimaiilea, et chercher à relier les noa«> 
mUes déesMiferles imx découvertes «ntérteares. 

Laiisqilf lOnfin le Q«riee {ut dégagé des glaces, le 
capitaine Mac-Clure fit encore de nouvelles tentatives 
ipftur .pémUfffti* daiia ik haitgwae iqui le séparait du 
JimMftdei'AteMftiviAlia» Earûéid'yBeAoncer, U^alteprtt 
deiMMPir.^uc ses pas» deioontouraar Ti^ Bartng par 
h >«pd «efc Jtottesl, «t de gagtter la terre de Banks en 
«TamMçanlAtepsdeoerd le iaag deda cèie occidentale. 

Jl ,pi^iÎDt» ^a «Ssi, au imilieu 'des'dangevs 'les plus 
éminents, à arriver Bnftn à Aa paiAie septentrionale de 
i^tItoekig.Daf)^'qtteifpes eicovsioM'que ronfitda 
iikMléiiearidesflf i;sea^att eomittenceiiienl de>seplembre» 
on .ranccplca .de ibeUes)va)lées eticore vefdoyatites, de 
nombreuses traces d'animaux et» dbotfe remarquable» 
«une rangée • de ooiliike^ ccinposée d-afities de hois dans 
loosjles^lafls» ^ . ^ ;- . ' 

Arvèbë encoprf tt^ia >l!aît?par Jas^gléèeb ifiaes^Je capir 
jtûuft llac-<Gliioe trouva- Un: sefage poor;]n)iv%r dans 
4in kfiwe' auqn^fl il doaina^fie noib d% Mei^S , siiué par 
ZA^N. et'4Ad^ 0.» i iittÂilretft^ne^de 'lieues de l'Ile 
il«lvitte. »U 7 pass» ihmrdé ittl^S. Au mois d'avril 
^Tésohil .éo igi^oor. $& atolneau WénieruHaifbour o*, 
trente-trois ans auparavant, l'eapédilioti^ Panry avail 
iiîseraé-: U espépait^y trouver les bltonertai^ai avaient 
ièlé BOHÇf^s ^ar l'est ; mais ^a déception fut cruelle 
Ikmqne^iaivîré à «^ poÎDl,>ii4|i'y «trouva que la mention 
,dépoaéo*dans un Ga»rn,.qtteile4i^utenapt4MhM>difirtock 
7 'était venu ail p^intamfie de iWl. él ifaUut «donc^se 
coaienier de<oonfier à4ie même monipmeBi un rapport 
-oonUnnitft le véoit 4ea éravaux d^ V Inm$$iga$QF, ate 



( 266 ) 

que» si d'autres bàlinients tenaient visiter ce point» oa 
eût connaissance de ce qu'il avait fait et de la position 
dans laqu^le il se trouvait. C'est dans ce rapport 
du capitaine Mac-Clure que se trouve cette phrase 
mémorable. 

« Si Ton n'entendait plus parler de nous» c*est que 
» probablement nous aurions été entraînés dans lea 
» glaces du pôle- au nord ou à l'ouest de l'Ile llel?iUe. 
» Or, dans ces deux bypothéses» toute tentative pour 
» nous envoyer des jiecours ne ferait qu'accrohre le 
» mal» car tout vaisseau, entré dans lés glaces polaires 
» doit èlre inévitablement broyé. » 

Ainsi» par un dévouement sublime, le brave officier 
renonçait à l'espoir d'étoe secouru» pour éviter à ses 
compatriotes des dangers qu'il regardait comme 
insurmontables. , 

L'été de 1S62» si toutefois on peut donner ce nom 
à une saison aussi rigoureuse» n'apportaïaucun cban- 
gemcnt é la .position du .bâtiment. M; Hac-Cliire ne 
croit pas que les glaces dei la mer Polûi^ se soient 
briséj&s celte.année. Il fallut donc se résoudre à passer 
encore l'hiver de 18&2-6$ enfermé dons le même 
havre. Cet hiver.fut extrêmement rigoureux elle ther- 
momètre descendit» au mois de janvier* jusqu'à A2de- 
grés aurdesaous de téro. 

La diminution des vivres forçait enfin à penser aux 
moyens d'envoyer une partie.de l'équipage gagner sur 
la glace les point» où Ton pourrait espérer rejoindre soit 
jeabalmniers «qui. fréquentent le détroit de Lancftatre» 
soit les étahlisKments de la compagnie de la baie 
.d'Uudson* Le capitaine Mac^Clurene devait conserver 
ftf ec ,l«ii .qu'une ^ vîogtaîne * d ^hommes . pour 4eaAer 



(267) 

core» s'il était possible, de dégager le bâtiment. Tout 
était disposé pour le départ» qui était fixé au 15 a?ril 
1853» lorsque, le A, le capitaine Mac-dure et le lieu- 
tenant Creswelt se promenant sur la glace, aperçurent 
devant eux un point noir qui semblait courir vers 
eux.... C'était le lieutenant Pim, du Herald^ que le 
capitaine Kellet, qui avait trouvé la note déposée sur 
l'Ile Mel ville, envoyait à la recberchc de YInvettigator 
avec un détachement. Il est facile de s'imaginer quelle 
sensation éprouvèrent nos braves marins en se voyant 
tout à coup rejoints par des compatriotes au moment 
où ils n'avaient devant eux que l'expectative d'un 
voyage plein de dangers et de souffrances, et n'étant 
plus soutenus que par un espoir bien faible. Nous ne 
chercherons pas à rendre ici l'effet que dut produire 
cette heureuse rencontre; ne nous occupant unique- 
ment que de ce qui intéresse la science géographique, 
nous dirons seulement que le passage au nord-ouest 
était trouvé, et quoique un navire n'ait pas été trans* 
porté de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique ou 
réciproquement, il était bien constant que le seul 
obstacle à ce trajet ne consistait que dans l'accumu-^ 
lation des glaces qu'une circonstance fortuite peut 
dissiper. 

Après être venu se concerter avec le capitaine Kellet 
sur ce qu'il y avait à faire dans cette conjoncture, le 
capitaine Mac-CUire retourna à son bord dans la baie 
de Merci, d'où il expédia ses malades et ses infirmes, 
qui furent ramenés en Angleterre en octobr* 1853. 
Il aurait désiré passer encore un hiver dans le même 
point pour voir si, en 1851, les glaces ne se rompraient 
de manière à dégager son bâtiment, mais l'état de 

IX. MAI. 2. 18 



(4M) 
l'équipage ne le permit pas. En conséquence. le S juin 
1853, Ylnçûstigaior fat abandonné el l'équipage vint 
rejoindre les navires du capitaine Kellet^ U Résoln et 
VJntrépide, qui étaient fixés dans Winter*H»rbour, sur 
l'Ile Melville. Mais ces bâtiments i^ax-mémes durent être 
abandonnés en avril 16AA, et les équipages se trans- 
portèi*ent sur la glace à bord du NoHh^tar^ qui les 
ramena en Angleterre, où ils arrivèrent en octobre 18&A. 

Le capitaine Mao*Clure a employé, dans ce roémo« 
rable voyage, plus de quatre années, luttant avec une 
admirable intrépidité contre des dangers que la pru- 
dence humaine pouvait à peine conjurer ; il a passé 
quatre hivers dans ces régions inhospitalières; il a 
découvert des terres entièrement inconnues; il a résolu 
Mifin ce fameux problème de la jonction de l'océan 
Paciiique et de l'océan Atlantique. Votre Commission» 
Messieurs, a pensé que la Société de géographie devait 
décerner» à M. le capitaine Mac-Clure, sa grande mé« 
daille, qui a été instituée pour récompenser les décou- 
vertes les plus importantes. 

Si les beaux travaux du capitaine Mac •dure ont 
Gxé au plus haut degré l'aHention de votre Commis* 
sion, elle n'a pas oublié oeux qui ont été exécutés A 
la même époque, dans les régions arctiques, par le 
capitaine Inglefield , que nous noos rappelons avec 
bonheur avoir vu au milieu -de noosv Grftoe à lui, 
le Smyth's saund » a l'extrémité de la baie de BaiSn, 
qu'on avait regardé jusqu'à ce joui* comme un golfe 
fermé» a été reconnu comme un détroit qui donne 
accès dans la mer Polaire » le détroit de John a été 
exploré au loin vers l'ouest et parait rejoindre l'extré- 
mité nord du canal de Wellington; une autre ouverture, 



( 250 ) 

le Wbale sound, située sur la côte orientale de la baie 
de EaflÎD* a aossi élé examinée et parait beaucoup 
plus profonde qu'on ne le croyait; en sorte que le 
Groènlaiid» que l'on regardait comnie une masse com- 
pacte» pourrait bien aussi ne former qu'un groupe 
d'tlea. C'est un nouveau champ qui s'ouvre encore 
aux découvertes vers le pôle aretique, et si la naviga* 
tion dans les glaces était rendue moins dangereuse, 
on pourrait espérer approcher dans cette direction vers 
le pôle« objet de tant de recherches. 

Votre Commission» Messieurs, a pensé qu'une mé- 
daille d'argent devait être décernée au capitaine Ingle* 
field pour ses découvertes dans les mers arctiques. 

Sans doute beaucoup d'autres officiers se sont signn* 
léa dans ces. recherches par d'importants travaux; la 
géographie doit beaucoup de reconnaissance aui capi- 
taines Ross. Austini Penny, Kennedy» Kellet» Belcher, 
CoUinson» de Haven et au docteur Rae» qui ont suc- 
cessiveaient, et au milieu des plusgrands périls, exploré 
ces parages glacés et développé nos connaissances sur 
ces régions, mais ne pouvant porter les honneurs que 
sur un petit nombre» nous avons cru devoir choisir 
pour objet des récompenses de la Société, en pre-* 
miëre ligne, celui qui a résolu définitivement le grand 
problème de la communication des deux océans, et 
en seconde, celoi dont les découvertes importantes 
oDt ouvert un nouveau champ aux explorations futures. 



( 260 ) 
PRIX 

POUB l'importa TIOH BK- PBANCS DBS BSPI^CBS 
LES PLUS UTILRS A L'AaBIGVI^TtJBB , A l'iNVDSTBIB 

^OU A L'iIVIiAlflTiu 

ComiDMsion composée de MM. Isambëht, Dk t\ AuQUErre 

et JoaiinD, rappojrtenr. 



Messieurs» 

•Le rapport que vous alleB enleodre n'annonce pas 
de nouveaux jirogrès de la science géographique pro^- 
prement dile, mais la Société avait» depuis quinze 
années» une mission spéciale ù remplir: elle était 
chargée de décerner le pri;ii fondé .par un prince ami 
des sciences. Nous 3oium«â:donc obligés.,, pour justifier 
le. prix qu'on décerne aujourd'hui, d'entrer dans 
quelques développements, que rUou^rable auditoire 
voudra bien entendre, avec induigeoce.. Après tout, 
le but final de la géographie n'eât pas. la connaissance 
fltérile des noms^ de villes ou de royaumes; il n'est 
pas uniquement de mesurer' les distances des lieux 
ou leur altiiude, de .décrire les mers et le cours des 
fleuves-: la science aspire encore à un but élevé qu'on 
ne pourrait atteindre sans elle» celui de mettre en 
rapport» à l'aide de l'exlension des connaissances» 
toues les parues de la terre et toutes les populations; 
d'étudier les races diverses et les productions de toute 
espèce qui peuvent s'échanger 9iiA profit de Thunianilé 
tout entière ; tel est aussi le noble but que se proposent 
les voyages de découvertes, c'est-à-dire 4a géographie 
mise en action et ses leçons mises en pratique. 



(261) 

L'an passé» à pareille époque, nous disions, A pro- 
pos d'une importation tonte récente de la Chine, due 
au consul de France i j3chang*hal et Ning-po, M. de 
Montigny^ qu'il élait h regretter que cette importation 
ne pût être comprise dans le concours; « l'année pro- 
chaine, celte importation ne peut manquer d'être 
grandement distinguée parla Société de géographie, d 
Nous ajoutions: a La Société zoologique d'acclimatation 
doit infaillihlement accélérer les résultats qu'on désire 
et dont la France attend de précieuses ressources ali- 
mentaires. Toile était la destination, tel était le but de 
lii récompense que la Société de géographie a été 
chargée de décerner, et qu'elle sera heureuse d'ad- 
juger bientôt au voyageur éclairé qui aura procuré 
rini|M>rtation la plus utile à l'agriculture ou aux arts, x» 

Nous disions enfln, comme conolusion du rapport 
de Tannée dernière, qu'une mé<laille était décernée à 
H. de Montigny ponr l'importation de plusieurs plantes 
de la Chine, sads préjudice pour les nouveaux droits 
qu'il aura acquis au prix d'Orléanrs. 

Cette année , Messieurs, a été marquée par de tels 
progrès, par de si bedux succès, que lotro Commis- 
sion n'a éprouvé qo'un seul embarras, celui de choisir 
entre les signalés services qu'a rendus notre consul 
àSchang-hai elNing^po.et dont chacun lui donne des 
droits au prix proposé depuis quinze ans. 

El d'ahoiv], si t'dn tivail dit, il y a six années seule- 
ment, lorsqu'ui^e maladie funeste a envahi la pomme 
de terre, cet alimentpi*écieuxquinouri*issuil les popu- 
lations presqn^Â l'égal du froment et à propos duquel 
on disait : désotiktais il n'y a plus de famine à craindre 
en Euix>pe; ^ l'on avait dit alors, et même Wn der- 



( 262 ) 

nier, la Cbiue possède un végétal qui remplacera la 
pomme de terre ; le consul de France l'a rapporté avec 
lui; ce végétal convient parfaitement à notre climat; 
il brave l'intempérie des saisons; bientôt il sera eom* 
plétement acclimaté et Ton pourra le répandre par 
milliers d'individus; ce fait, Messieurs, et cette pré» 
diction auraient trouvé bien des incrédules; on 
n'aurait point osé espérer un si grand bienfait de la 
providence, après les craintes qu'a fait naître la réduc- 
tion du produit de la pomme de terre, l'une des causes 
sans doute de l'élévation du prix des grains, et par 
suite du rencbérissement de toutes les denrées. 

Eb bien. Messieurs, ce service nous est rendu, ce 
bienfait nous est acquis; V igname du nord de la Cbine, 
apporté par M. de Hontigny, a réussi dans toutes 
sortes de terrains ; ce n'est plus une simple importa- 
tion, c'est une acclimatation. C'est à notre Jardin des 
plantes (<iont le sol et l'exposition ne passent pas 
pour être bien favorables à la végétation des plantes 
exotiques) qu'ont été confiés les premiers ignames et 
ils y ont, dès la première année, produit d'abondants 
tubercules ; MM. les administrateurs du Muséum d'his- 
toire naturelle ont constaté la marche heureuse de 
cette acclimatation. M. Decaisne , le professeur spé- 
cial de culture, qui l'a suivie avec autant de succès que 
de sollicitude, a eu la salbfaction de voir l'igname 
croître et se développer avec la même facilité que la 
pomme de terre; la plante a produit des tubercules 
qui ont fourni un aliment parfaitement comparable à 
cette dernière ; elle a fourni des tronçons et des bulbes 
qui l'ont multipliée sans dégénérescence ni altéra- 
tion. Mais nous allons laisser parler lui*méme le 



( 208 ) 

savant professeur qui a consacré à cette intéressante 
.acclimatation une notice li^s développée, accom[>a« 
gnée de cinq à six figures. Seulement nous devons 
la resserrer beaucoup dans un extrait succinct. 
« Aucune plante préconisée depuis quelques années 
» pour remplacer la pomme de terre ne saurait entrer 
» en comparaison avec l'içname^patate (1). L'igname 
» est domestiquée depuis un temps immémorial : elle 
» est parfaitement rustique pour notre climat; sa 
» racine est volumineuse, riche en matière nutritive, 
déjà mangeable crue, d'une cuisson facile soit dans 
» l'eau soit sous la cendre... C'est un pain tout à fait 
» au même titre que la pomme de terre... Nous avons 
» la ferme confiance qne Tigname de la Chine viendra, 
1» comme en son temps la pomme do terre, accroître 
» bien des fortunes et surtout alléger bien dés misères... 
» Cette utile importation ne rencontrera pas lés répu- 
» gnances qui, pendant plus de deux siècles, ont mis 
» obstacle à l'adoption de la pomme de terre, » 

M. Decaisne ajoute que celle-ci est plus richement 
alimentaire et qu'elle est destinée peut-être n rendre.* 
sur quelques points de notre tei;ritoire, de plus grands 
services que la pomme de terre elle-même. EQective- 
ment, on peut manger ce végétal comme un fruit, sans 
le faire cuire, ce qu'on ne peut faire de la pomme de 
terre. En outre, la chimie y a 4écouvert un principe 
azoté, un gluten comme celui que le froment contient, 
ce qui fait penser à M. Fremy, professeur au Muséum, 



(i) Il ne faul pns rnnfondre cet igname, qui appartient au nord 
de la Chine, avec Tignûine deA ré^n9 tropimles, <)ai ne pourrait 
pas réiusir dans notre climat. 



( 284 ) 

que cette racine ppurroit servir ,à faire d« pfitn : 
Tébulliiion. suffit en elTet poiic la «rédiuirQ en une belle 
pâte analogue à celle de la. farine dajjjé. La^savieur 
de ces tubercules, cuits à la va|>eMri* ou-aou&la cefidre» 
dit M. Dccaisne, est celle dto. pommes, de iorre de la 
meilleure qualilé et la ouisaoûr ^ lieu deux fois plus 
vite. Un dernier attantage de Tig^aine est de se con- 
server .d*uue année a l'autre et loéme plus ionglemps» 
sans germer^ sans craindre la cbaleur ni le froid. On 
a laissé la plante en terre et elle a aubi un froid de 
-r- ià degrés sans s'alléier. Quant à la inulli|)liralion« 
elle n!e$l pas douteuse depuis que IL Paillet, pépinié* 
rîsle,(l), a fait surgir de terre plus. de cinquante mille 
pieds d'igname en une saison ; elle se reproduit 
également par tronçons de racines et par boutures de 
tiges* . 

Telle. est en abrégé la plante dont U. de.Montigny 
vivant d enricblcJa France (2)r en Cbina ello s^appelle 
seya, c'est la provideiace des classes popolaireSp au 
Jupon comme en Cbine, AussitAl qoe notre consul en 
eut connaissance» il en fit servir tous les juursisur sa 
table; il s'assura dç^ses qualités alimentaires et» 
dès l&AS» il len .envoya ici des^raoïpes (S). 

Uni mètre ca^réjpouvant nourrir ivi^gtpieds d'igname, 

! • . 1 » 

(i) A ParUy 4>f 'i>^ ^AuWérliffx Saiitt-Marueao. 

(a) Nous renvc^yons à IVcrit éo M. Decaitne pour la de^ription 

botanique et l^isforique de la plante, 

(3) La plante arriva en France en 1849; il la croyait perdue, 
lorsque visitant rexposition delà Société d'horticulture, en i854) ^^ 
aperçut un rhizome d'igname que M. Paillet y avait porté; c'est 
depuis ce moment que la uaturaliiatloo et la pro{kâgatton du priscieax 
védfélal ont été assurées. 



( 266 ) 

dit enfsore M. Decaisne, le pix>duit de 1 hectare pour- 
rait être calculé à 60 000 kilogrammes de tubercules, 
ce qui est le double de ce que la pomme de terre donne 
en moyenne sur le fif>èûie espace de terre. 

Au jardin du Muséum i*igname a été planté sur des 
plates-bandes à 50 centimètres d'intervalle par tron- 
çons plus ou moins épais et aussi par tubercules 
entiers. Le résultat de trois modes de culture est un 
produit moyen, de 303 grammes par tubercules, longs 
de 35 à 60 centimètres. Or, on aurait pu planter les 
tronçons à 20 cenlimèlres seulement de distance en 
tout ficn^ Le professeur conseille de laisser les tiges 
traîner sur le sol, è l'exemple des Chinois, au lieu de 
les ramer, afin qu'elles s'enracinent et se multiplient 
d'autant* 

En résumé, M. Decaisne n'hésite pas à regarder 
l'igname de Chine comme supérieure en qualité à la 
pomme déterre..., comme plus riche en principes 
nutritifs; la cuisson dans l'eau convertit les racines 
an une pâte qu'il compare à la plus belle farine de 
froment. 

Il n'est pas inutile, en terminant ce que nous avons 
è dire sur la naturalisation de l'igname de Chine , 
d'ajouter que la plante a également très bien réussi 
à Alg^r : les tubercules obtenus avaient le goût des 
meilleures qualités de pomme de terre. Peut-être 
est-il permis de rappeler que la Société de géographie, 
chargée, en 1851^ par notre consul, de distribuer les 
graines de la Cliine entre les établissements d'agri- 
ctilture de la France, a la première envoyé la graine 
de seya dans les départements, & Oran et Alger. 

L'introduction du sorgho à sucre de la Chine, ou 



( 206 ) 

sorgho noir {Holeui saccharntus) présente aussi un vif 
intérêt. Planté dans lo département du Var, ce végétai, 
riche en sucre» a parfailetnent réussi; il en est de 
même dos départements des Bonchesodu-Rliône , du 
Gard et du Tarn; 

A la ferme-école de Mandoul» le sorgho a fourni de 
l'alcool et du sucre en asses grande abondance, du 
rhum, etc.; les essais continuent en grand. La plante 
fournit aussi une matière colorante d'un très beau 
rouge. On en a semé h Lyon AO hectares pour la tein- 
ture.G'est encore la Société de géographie qui, en 1861, 
avait distribué cette graine, ainsi que celle du seya, entre 
vingt-deux Sociétés d'agriculture, pépinières, fermes- 
écoles et jardins d'acclimatation. Le sorgho noir a 
d'autres avantages précieux. Les feuilles donnent un 
bon fourrage, et la bagasse, c'est-à-dire la canne qui 
a passé au pressoir, sert de nourriture aux bestiaux, 
fait un bon combustible et un engrais abondant* Ainsi, 
pour nous servir des expressions du comte de Beaure- 
gard, président du Comice agricole 'de Toulon, ce Cette 
» plante précieuse abreuve et nourrit largement les 
» hommes, les animaux et la terre... C'est bien elle, 
» s'il l'eât connue, que notre bon Olivier de Serres 
» eût nommée la merveille des ménages. » 

Vous le voyez, Messieurs, la Société de géographie 
peut se féliciter d'avoir prêté son concours, il y a 
quatre ans, à notre généreux représentant en Chine, 
pour la distribution des graines sur toute l'échelle 
dimatèrique de la France ; pouvait*elle moins faire 
pour remplir et justifier l'honorable knission de bien 
public dont elle avait été chargée ? 
Si le temps le permettait, nous entrerions dans les 



(267) 

mêmes détails sur riinportaiion d'autres fégétaui que 
Ton doit à M. de Montiguy, ]e riz sec du uord de la 
Chine, ris qui se cultive partout» sur les montagaes 
comme dans les vallées; le mais géant (1); le liaricot 
de Corée, grain d'une saveur exquise, et l'alpiate, 
graine fine, que dévorent les animaux de basse^cour, 
également bonne pour les chevaux, les bœufs et les 
porcs. 

La France pourra donc s'affranchir du lourd tribut 
qu'elle paie à l'étranger pour se procurer du ris» 

Hais une des meilleures conquêtes pour notre agri- 
culture est celle du pois oléagineux ; il a réussi sur 
tous les terrains; il provient d'un climat analogue à 
celui de nos provinces du nord, c'est-à-dire des pro« 
vincesde Hônan, de Cliang-tong, de Cben-si; on peut 
en tirer 26 pour 100 d'une bonne huile qui est préfé- 
rable aux huiles de navette et de colsa. On engraisse 
le bétail avec les tourteaux. Avec la farine de ce pob, 
on fait une pâte ou sorte de fromage, aliment d'une 
grande ressource pour les classes pauvres; ce dernier 
produit se transporte par toute la Chine et au Japon. La 
culture du pois oléagineux a été essayée dans un grand 
nombre de départements ; la plante y a porté graine. 
En Allemagne, en Hollande, en Suède et en Italie, 
on a également récolté de la graine qui a mûri ; Tac- 
dimatation du pois de Chine est assurée. 

M. de Montigny, dit le baron de Monlgaudry, a rendu 
des services incalculables par l'introduction de toutes 
ces graines, et l'on peut ajouter que si la France avait 

(i) Le baron de Montgaudry pense qae i'alpiste et le maïs gëaut 
pcnveot muai être coltivét comme pâturage. 



( 268 ) 

plusieurs consuls aussi éclairés et aussi zélés que lui, 
la France pourrait bientôt doubler ses récoltes. 

Il est temps do parier de deux autres importations 
dues nu Consul de France en Chine; et qui appartiens 
nent au r^gne ammul : l'yak et le ^cr à soie du chêne. 
Nous avons mus pu voir au Jardin des plantes le trou- 
peau des douze ^aks, arrivés de Chine sains et saufs» 
^ la suite d'une bien longue navigation qui a manqué 
de finir par un naufrage. Depuis» ces animaux ont été 
répartis prc*squ(^ tous dans divers dépariemenls, où le 
climat, l'élévation du sol et sa nature présentaient 
de Tunalogic avec les lieux dont ils sont originaires. 
On a lieu de se féliciter du choix qui a été foit sous 
ce rapport; (rois individus' sont restés au Muséum; 
deux ont été envoyés par le ministre de l'instruction 
publique en Auvergne; deux sont à Burcelonnelte ; 
trois dans les montagnes du Doubs du côté de Pon- 
tarlier; enfin deux sont dans le Jura prés de Cham- 
pagnole. Tous ces animaux reçoivent les meilleurs 
soins, ils sont {feue/tus magnifiques, ils se sont multi- 
pliés. La naturalisation de Tyak en France est désor- 
mais certaine. 

G^esl au savant président de ta Société zoologique 
d'acclimatation, M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , 
qu'il appartient de parler avec autorité de l'introduc- 
tion de l*yak et dés avantages qu'on peut s'en pro- 
mettix}; il suit avec la phis grande sollicitude le pro- 
grès de cette importation. 11 suffit de dire que les yaks 
prospèrent paVlout; deux jeunes yaks ont doublé de 
taille: A la fin d'octobre dernier, dans' le Jura, est 
né un jeune yak, le premier né en Europe ; un autre 
est né à Paris même, il n'y a pas un mois. Nous ne 



( 269 ) 

pouvons mieux fairei ici» que de ciiçr {çs prppros. 
termes de M, Gco(rr.oy Saiol-HUaire. 

« Nous ne nous sommes pas occupés seulement 
» d'acclimaier et d'essayer de multiplier nos animaux^ 
» Nous les avons étudié^ & divers poÂuts dç yue* Y0U9 
» pouvez voir» .dans le rappprt de M. Duyernoy (qui 
» est inséré dans le Bulletin de Ja Société zoologique)» 
» les résultats deâ observations de M, .Ricb^rjd* du 
)> Cantal, sur la conformation de Tanîmal comme bête 
» de transport et de selle, si l'on veut même l'employer 
» à cet usage, comm^ on le fait dans le pays. Voos^ 
» avez pu voir dans le même rapport les résultats de 
» l'analyse du lait par M. Doyen. Le Init, que tout le 
» niondq avait déjn jugé excellent au goût, s'est trouvé» 
x> à l'analyse, l'un des meilleurs et des plus rlcbes que 
» Ton connaisse; il ne cède en rien, à celui de la 
» vacbe, dont il se rapproche beaucoup d'ailleurs. 
» Tandis que ces observations se faisaient ici, j'avais 
» envoyé des poils et lainages d'yaks à Mulhouse, dont 
x> la célèbre Société industrielle in'avuii offert son 
» concours. Les essais ont été faits pf^r MM. Scblum- 
D berger, et vous pouvez voir dans le dernier numéro 
» du Bulletin que ces messievrs ont trèai bien réussi à 
» filer celte laine» et que la Société industrielle de 
n Mulhouse promet une belle place dans l'industrie à 
» cette ma^ièrç, ^ la fois molle, résistaijite et brillante. 
» J'ajouterai, pour vous donner tout ce qu'il y a de 
x> plus nouve^Ui, que j'ai écrit, dans, le J^ra pour avoir 
» de la laine de notre jeune yak français^ C'est une 
» laine d'une finesse et d'un moelleux admirable. 
» Quand l'espçce sera nçtuUipliée^ les veaux m^les 



( 268 ) 

plusieurs consuls aussi éclairés et aussi zélés que lui, 
la France pourrait bientôt doubler ses técoltes. 

Il est temps do parler de deux autres importations 
dues au consul de France en Chine; et qui appartien- 
nent au r^gne animal : l'yak et le vor à soie du chêne. 
Nous avons mus pu voir nu Jardin des plantes le trou- 
peau des douze )aks, arrivés de Cbîné sains et saufs» 
à la suite d'une bien longue navigation qui a manqué 
de fmir par un naufrage. Depuis» ces animaux ont été 
répartis presque tous dans divers départements, où le 
climat, l'élévation du sol et sa nature présentaient 
de Tanalogic avec les lieux dont ils sont originaires. 
On a lieu de se féliciter du choix qui a été fait sous 
ce rapport; trois individus^ sont restés au Muséum; 
doux ont été envoyés par le ministre de Tinstruction 
publique en Auvergne; deux sont à Barcelonnelte ; 
trois dans les montagnes du Doubs du côté do Pon- 
tarlier; enfin deux sont dans le Jura prés de Chaui- 
pagnoie. Tous ces anîmaux reçoivent les meilleurs 
soins, ils sont (lei^enus niàgmjiques, ils se sont multi- 
pliés. La naturalisation de Tyak en France est désor- 
mais certaine. 

G^esl au savant président de la Société zoologique 
d'acclimatation, M. Isidore GeoiTroy Saint-Hilaire , 
qu'il appartient de parler avec autorité de Tintroduc- 
tion de Tyak et dés avantages qu*on peut s'en pro- 
metti'c; il suit avec la plus grande sollicitude le pro- 
grès de cette importation. Il suffit de dire que les yaks 
prospèrent partout; deux jeunes yaks otit doublé de 
taille: A la fin d'octobre dernier, dans' le Jura , est 
né un Jeune yak, le premier né en Europe; un autre 
est né à Paris même, il n'y a pas un moî^ 



y 



- ici. que de cUer les propres 

C^^.^' ^^"^'^lotl pas occupés seulement 
"rtcs oe -«^^./^^"«demuUiplier nos animaux 

.Vosles »'»*** ^^tè rapport de M. Du'erno, Cl«' 
,l.e. --. ^*f;i^^i delà Société «>oW.quej. 

•f ,Adao»^®^ ,u M Richard, d« 

. esl it»*e^ *** ,e^ observaiioos <le »• »"= 

. UntaU »»' ^«^ He selle, si l'on veut «éme l'employer 

; à cet usage. coC3«^ 1^, ,,,,Uats de 

. a.e. pu voir dans l «^ PP ^ ^.^^ ^„„ ,„„, U. 
, V-abse du - P;' ^ J,„, „„ g„M. s'est rouvc. 
. ,uondeav-t^j^» j;j^,,j,„„ ^,,,.pl„, rieUes que 
.,Vanalïse.lu« ,^ ^^ ^^^^ ^^ ,,^„ , ,^„ de U 

.l'on co*"***, »e rapproche beaucoup d aillcui». 
„acbe. dont »^ ^bsenalioos se faisaient ici. javai» 
, laodi» qoe ce ^ ^^ ^^.^^^^^ ^.^,^^, ^ Mulhouse, Uoi.1 

, envoyé des p ^^ industrielle m'avait offert sou 
. la célèbre bo<5^^^.^ ^^^ . ^^ j^.^ p^,. jjjj. s^hlum- 

» concours. ^^^^ ^ettoir dans le dernier numéro 
, berger, et ^<» ^^ messieurs ont très bien réusû à 
, du ^"'^''''*^^i„ç^ et que la Société ir.durtrulle de 
» filer celte **^^^ „„e belle place dans 1 industrie à 
, Mulhouse P ^^^ ^^j^^^ résistante el brillante. 

^ celle matière, * .-, , 

*» ^^\ pour vous donner tout ce qu il y a de 

' ^ \irnouve»u. que j'ai écrit dans le Jura pour avoir 

* P , laine de notre jeune )ak françaU. C'est une 
** I • d'une finesse et d'un moelleux admirable. 

* O and l'espèce sera multipUée, les ^eau» luàles 



( 272 ) 

cris une nouvelle race pour suppléer une race abâtar- 
die. C'est encore M. de Montîgny qni est venu pour- 
voir à ce besoin pressant, par une sorte de mission 
providentielle : bonneur à lui pour avoir compris toutes 
ces nécessités, et mis à profit avec tant d'intelligence 
et de dévouement sa position officielle I 

Les populations cbinoises se vêtissent avec une soie 
tirée des vers à soie du chêne; M. de Montigny a envoyé 
en France des cocons» encore vivants, de ces insectes; 
les premiers n'ont pas été suffisamment soignés; mais 
il a depuis fait venir de la graine des meilleures races* 
qu'on élève en Cbine. Les plus belles, selon ce juge 
éclairé, sont celles dont la graine provient du Hang- 
tschou, marcbé où abondent les soies les plus renom- 
mées. La Société d'acclimatation s'est occupée de 
distribuer cette graine, non-seulement en France, mais 
en Algérie et en divers pays de l'Europe : les résultais 
ne se feront pas attendre. 

Nous ne devons pas entrer dans d'autres détails sur 
les vers à soie de la Cbine , pays qui renferme plu- 
sieurs saturnies ou espèces sauvages, vivant sur le 
frêne, sur le cbène et sur d'autres arbres; les expé- 
riences commencées et suivies, avec autant de lumière 
que d'assiduité, par la Société d'acclimalalion, résou- 
dront bientôt la question posée plus baut, savoir le 
prompt remède à apporter à la dégénérescence de la 
race française. 

Les développements qui précèdent font assee pres- 
sentir la conclusion A laquelle est arrivée la Commis- 
sion centrale de la Société de géographie. Depuis 
quinze ans la Société avait offert un prix pour l'im- 
portation et Tacclimatation d'une espèce utile à l'agri- 



(278) 

cullure ou aux arts : ce prix a élé» pour ainsi dire» 
gagné plusieurs fi^is par le boosul de France à Sliang« 
ha! et Niog-pOf M. de Monligay} qu'ihie eeçoÎYe>enlia 
au)oard'hui, avec nos pIiMl vives et nés plus sincères 
félicitaliom. > . . - 

Vous le voyez, MesMeurs» la SmiéCé cfe géc^aphie 
n'a qu'à s'applaudir d'avoir acoepiéia mission dont 
le fondateur du prix l'avait lionorée^ puisqu'elle h 
décerne aujourd'hui à. de grands services rendus au 
pays. La Société peut encore se féliciter d'avoir, la 
prepaiëre, appelé l'attenUon publique sur cet iinpor«- 
tant sujet, en offranti le prix chaque année, avec pav« 
sévérance» et sans se décourager. C'est avec satisfae-* 
tion qu'en se formant, l'année dernière» la Soeiéti 
d^accUmatatioti a trouvé un- tel prix offert aux voya*- 
gears; aujourd'hui eUe se réjouira de le voir accordé 
à un homme dont . personne plus et mieux qu'elle ne 
peut apprécier le mérite et les services; et aussi nul 
juge plus édaké» pJkis eompéteot, ne pouvait nous 
servir de guide dans le choix du lauréat. 

JoiiàRDi 
Bapporteur» 



IX. Mil. 8. * 10 



(274) 
DE L'INFLUENCE 

WB LE €àNâL DBS DBVZ MEBS BXBRCBBà SUE LB COMIIBBCB 

BB «illiRJLL 
BT BUE CELUI DE LA MBB BOUGE EN PABTICULIEB. 



Aperrre terram gentibus. Oavrir la terre aux nations: 
telle est la devise du savant et de l'explorateur» eu 
marm et du soldat, do colonisateur et du commerçant; 
illustres ou obscurs, les uns et les autres la mettent 
en pratique et, cjiaque jour» les anciennes barrières 
qni fermaient le monde s'abaissent devant notre audace 
et notre persévérance. 

J'inscrivais, il y a quelques mois» en tète d'un de 
mes Kvres» le mot sublime d'Alexandre et jb le omd«> 
mentais en quelque pages, (fermement convaincu de 
ee grand principe» que la richesse et la civilisation dea 
peuples sont en raison directe des relations qu'ils en- 
tretiennent les uns avec les autres. 

Ainsi l'homme isolé est sauvage; l'habitant des 
petites cités est quelquefois barbare; celui des grands 
empires est civilisé. L'Europe n'est si grande que 
depuis que le reste du monde s'est révélé à ses 
recherches. 

L'Europe» héritière longtemps oublieuse des Ro- 
mains, se rappela un jour leur gloire et leur sagesse ; 
comme le phénix elle sortit de ses cendres et cette 
résurrection fut appelée la renaissance. 

Alors la pensée devenue libre fut vulgarisée par 
rimprimerie; alors les routes de l'Amérique et de 



( 276 ) 

rinde s'ouvrirent devant Christophe Colomb et devant 
ce grand capitaine auquel Camoêns faisait dire : 

Sou da forte Europa beUicosa 
Bosco as terras da India tâo famosa. 

La vieille humanité n'avait point encore vu de révo- 
lution pareille; depuis cependant qu'elle s'est ac- 
complie, TEurope précipitant sa marche, autrefois 
chancelante, s'avance vers le progrès avec une vitesse 
toujours accélérée et dont la loi ressemble & celle de 
la chute des corps. 

C'est ainsi que la vapeur et l'électricité no»s ont 
rendus maîtres de la distance et du temps, et que, 
grâce aux chemins de fer, la terre ferme semble rede* 
venir le chemin de la terre. 

On reconnaît cependant, dès qu'on y réfléchit, que 
le voyageur peut seul suivre habituellement ces voies 
coûteuses et que le grand commerce , astreint à plus 
d'économie, devra toujours promener sur l'Océan des 
milliers de navires et se contenter de la force gratuite 
que lui prêtent les venta. 

Percer l'isthme de Suez et l'isthme de Panama, c'est 
ouvrir au navigateur des routes moins longues et moins 
périlleuses ; c'est diminuer les frais que supporte le 
commerce , étendre ses relations en les facilitant , 
accroître le bien-être ou la richesse de tous, rappro* 
cher les peuples et rapprocher ainsi la grandeur des 
uns, la civilisation des autres. Telle est une des tâches 
réservées à la seconde moitié de notre siècle déjà si 
gCBnd, sièclie à la gloire duquel cette œuvre auffirail 
seule« 



( 276 ) 

Le canal américain et celui de Suez n'ont, toutefoisi 
pas une égale importance. Le canal de Suez unit 
rinde et l'Europe, il résume le commerce et la pro- 
spérité, la paix et le progrès de l'Europe, de l'Asie, de 
l'Afrique elle-même, de tout cet hémisphère en un 
mot, dont la superficie continentale est à celle de 
riiémisphère opposé comme 23 est à 11. 

C'est ii M. Ferdinand de Lesseps qu'était résetTé 
l'honneur d'attacher son nom à cette grande entre- 
prise, autorisée et patronnée par le Yice-roi d'Egypte 
Mohammed-Said . 

Heureux d'a?oir pu applaudir un des premiers en 
Egypte à ce triomphe nouveau de la civilisation, je me 
félicite encore de pouvoir consacrer quelques pages ft 
l'étude des questions que soulève l'ouverture du canal 
des deux mers. 

Si l'on compare les dislances minimum qui séparent 
les ports de l'Europe de ceux de l'Inde, d'une part, 
par le cap de Bonne-Espérance ^ de l'autre, par le 
canal des deux mers, on constate des différences énor- 
mes à l'avantage de celte dernière voie. Ces différences» 
toutefois, deviennent plus grandes encore, dès que l'on 
vient à se rappeler que la ligne droite est loin d'être 
en marine le plus court chemin d'un point à un autre, 
et que les navigateurs n'atteignent le but vers lequel 
ils se dirigent, qu'en suivant successivement un certain 
nombre de routes qui font, les unes avec les autres, 
des angles plus ou moins grands» 

Ainsi, loin de gagner directement le cap de Bonne- 
Espérance, les marins qui partent de l'Europe ou des 
ports atlantiques de l'Amérique du Nord pour se rendre 



( 277 ) 

dans rinde« doivent aller reconnaître les Canaries ou 
les Açores, se porter dans le lit des vents alises de 
riiémisphère nord, gagner la côle du Brésil et rccon- 
nailre le cap Frio, ou relâcher à Rio- Janeiro; c*est 
alors seulement qu'ils peuvent faire route sur le cap 
de Bonne-Espérance, mieux nommé, peut-être, le 
cap dés Tempêtes; ils franchissent enfin le banc des 
Aiguilles, gagnent Bourbon ou Maurice, et de là se 
rendent dans l'Inde, en suivant les routes que leur 
tracent les moussons. 

Les navires de la Méditerranée ont à lutter contre 
des conditions plus désavuntageuses encore : il leur 
faut souvent une quinzaine de jours pour franchir le 
détroit de Gibraltar, les vents d'ouest régnant habi* 
tuellement dans ce détroit, où l'on observe un cou- 
rant très rapide qui verse dans la Méditerranée les 
eaux de l'Océan. 

Il en résulte que les voyages de l'Inde prennent au 
moins cinq mois à cinq mois et demi: les traversées 
de retour sont un peu plus directes sans être sensible- 
ment plus courtes; la côle d'Afrique peut alors être 
suivie de plus près, grâce aux alizés de l'hémisphère 
sud; la relâche indiquée dans ce cas est Sainte* 
Hélène. 

J'ai suivi moi-même ces deux routes, il y a une 
dizaine d'années. Si nous examinons maintenant les 
conditions faites à la navigation dans les trois mers 
les plus voisines du canal de Suez, à savoir la Médi- 
terranée, la mer Rouge et le golfe d'Oman, nous 
trouvons : 

Que sur la Méditerranée les vents soufQent du nord 
pendant la plus grande partie de l'année ^ passent au 



( 278 ) 

Bod par Test vers le printemps et reyiennent au nord 
en passant par l'ouest et le nord-ouest. 

Qu'il en est à peu près de oième sur la mer Rouge» 
où le vent du nord, qui est le plus fréquent, élève les 
eaux dans la direction du Bab-el-Mandeb ; de telle 
sorte que lorsque le calme vient à se produire , on 
remarque un courant qui porte dans le nord ; ce sont 
évidemment les eaux élevées dans le sud qui tendent 
à reprendre leur niveau; les vents de la partie du sud 
succèdent habituellement au calme. 

Le golfe d'Oman a deux moussons, la mousson du 
nord-est qui règne avec peu de constance pendant 
l'hiver, et celle du sud-ouest qui règne pendant l'été 
et est souvent orageuse ; le passage d'une mousson à 
l'autre s'effectue là coouue partout par une série de 
calme et de coups de vent. 

Il me semble résulter de ce qui précède que les 
navigateurs auront avantage à se rendre dans l'Inde 
(par le canal) pendant rautomne et à en revenir vers 
le printemps. 

L'abréviation considérable de la distance qui sépare 
les ports européens des ports de l'Inde n'est pas le 
seul avantage que le commerce doive trouver à la fré- 
quentation du canal des deux mers : non-seulement, 
en effet, les navires atteindront plus rapidement le 
point extrême de leur navigation , mais encore ils 
rencontreront sur toute leur route des points de re- 
lâche et, ce qui est plus important, des marchés con<- 
sidérables. 

Le navigateur, après avoir suivi les routes faciles de 
la Méditerranée, vendra dans le canal de Suez ou à 
Djedda une partie de son chargement, achètera i 



(Î79) 

Massawa , ou à Sooaken, ou à Serbera , Inoire qu'il 
échangera dans l'Inde contre de l'opium, ou qui! 
transportera jusqu'en Gliine» pour y obtenir de la 
soie et du thé. 

Il complétera son chargement de retour en denrées 
coloniales de Manille, des lies de la Sonde, de Ceylan» 
en coton de l'Inde ou de l'Egypte, en café de l'Abys- 
sînie , ou de ITemen , en gomme du Soudan ou du 
Hedjaz, en blé de la basse Egypte ou en riz de Damiette, 
et ces opérations multiples, qui exigent aujourd'hui 
des années ou constituent presque autant de spécia- 
lités, s'accompliront rapidement et sans périt, avec 
peu de capitaux et de petits navires. 

En effet, en réduisant le temps nécessaire aux opé- 
rations du commerce, on en réduit les frais généraux, 
on rend un plus grand nombre de ces opérations pbs- 
sibles dans un temps donné, on les facilite aux petits 
négociants , de beaucoup tes plus nombreux. 

En offrant à la navigation une route plus fticile, 
plus sûre, on permet à cette navigation de s'iaccom- 
plîr avec des navires d'un faible tonnage, armés à boa 
compte ; en un mot, on ouvre au cabotage les routes 
de l'Inde, on démocratise le commerce et la naviga- 
tion. Dès lors, la Turquie, la Russie, l'Autriche, l'italie, 
l'Espagne méditerranéenne peuvent armer pour l'Indei 
ces puissances voient s'accroître dans une immense 
proportion leurmouvement maritime. Marseille prend 
un développement nouveau et les ports de KOcéan, 
Cadix, Lisbonne, le Havre, Rotterdam, Hambourg, 
multiplient leurs armements, ainsi que l'Angleterre, 
rapprochée soudain de sa puissante colonie, comme 
l'Espagne et la Hollande le seront de Manille et de 



( 280 ) 

Batavia; enfin raccroissement des relations. la con« 
currence d'une part» la diminution notable des frais 
de l'autre, tendront sans cesse à abaisser le taux des 
échanges, les produits de l'Asie abonderont sur nos 
marchés : les marchés de l'Asie regorgeront des nôtres, 
et le bien-être général sera nécessairement accru» 

Considérées au point de vue des avantages qu'elles 
doivent retirer de l'ouverture du canal des deux mers» 
les contrées diverses mises en relation par ce canal 
peuvent être divisées en six classes, dont trois à l'ouest 
et trois à l'est du canal. 

A savoir, en parlant du canal et à l'ouest: 

1* Les contrées littorales de la Méditerranée ; 

2* L'Europe atlantique ; 

3* L'Amérique septentrionale atlantique. 
En partant du canal à l'est : 

1* Les contrées baignées par la mer Rouge ; 

2* Celles baignées par la mer des Indes ; 

S* L'Asie orientale et l'Océanie. 
Il est évident que les ports baignés par la Méditer- 
ranée et la mer Rouge sont ceux qui ont le plus à 
gagner à l'ouverture du canal; 

Que l'Europe atlantique et l'Asie méridionale, c'est- 
à-dire Maskate, Bassora , toute l'Inde, l'Empire bir- 
man, ainsi que l'Afrique orientale, c'est-à-dire Zan- 
zibar, Mozambique, Madagascar, ont aussi un immense 
intérêt à voir s'ouvrir le canal de Suez. Enfin la partie 
de l'Amérique du nord qui regarde l'Atlantique et le 
golfe du Mexique, d'une part; la Cochinchine, la 
Chine, le Japon, les lies Luçpn et de la Sonde, l'Austra- 
lie, la Nouvelle-Zélande de l'autre, viennent en troi- 
sième ligne; il est clair toutefois qu'il y a encore un 



( 28t ) 

avantage notable à suivre le canal de Suez pour se 
rendre de New- York, par exemple » à Canton ou à 
Batavia. 

Tout le monde saisit l'importance du commerce de 
rinde, de la Chine ou de l'Océanic. Le commerce de 
la mer Rouge, moins considérable» mérite cependant 
d'attirer l'attention, mais il est moins connu parce 
qu'il existe à peine aujourd'hui et ne peut acquérir 
de développement que par l'ouverture du canal des 
deux mers» 

La mer Rouge , en effet, si rapprochée de nous à 
vol d'oiseau , en devient fort éloignée, dès qu'il s'agit 
de doubler le capé Le Bab-el-Mandeb est aussi loin de 
nous que Pondichéry : Souaken est aussi loin de nous 
que Batavia ; Suez, plus éloigné encore par cette voie» 
devient par le canal aussi rapproché de nous que 
Beyrout; enGn les deux routes mesurées du détroit 
deGibraltar à Souaken sont entre elles comme 1 est à 6. 

Très peu de navires européens fréquentent aujour* 
d'hui la mer Rouge ; on y voit apparaître, chaque 
année, quelques navires appartenant à des Parsis de 
Bombay et montés par des équipages indous (Laskars); 
maintenant le commerce intérieur de cette mer se 
fait par les barques arabes appelées daos, ou boutres, 
construites à Suez, à Djedda, à Kosseir, à Souaken, à 
Mokha , avec des bois qui viennent de l'Inde ou de 
Singapour. 

Ces bâtiments sont tous d'un très faible tonnage, ils 
ont beaucoup d'élancement et de tonture; une dunette 
pesante qui nuit à la manœuvre et augmente la calaison 
à l'arrière; ils gréent un seul mât qui porte une voile 
carrée ; cette voile et sa vergue sont, lorsqu'on s'ar- 



( 282 ) 

rMe» amenées au piad du màt : U faut une trentaine 
d'hommes pour la hisser de nouveau» el ceUe opéra* 
tion ne saurait s'accomplir en moins d'une demi- 
heure ; les virements de bord sont aussi diffidiles que 
dangereux. 

Les daos ne naviguent que de jour; ils appareillent 
sur les sept heures du matin, marchent jusque vers 
Les quatre heures* en vue de la cMe» mouillent alors 
un grapin ou s'échouent sur le sable. 

Lorsqu'il s'agit de traverser la mer Rouge, les Arabes 
ont soin de partir d'un point situé fort au vent de 
celui qu'ils veulent atteindre sur la côle opposée ; 
cette traversée* eiige une soixantaine d'heures; c'est 
toujours un moment de grand émoi pour les patrona 
de barque. Ces patrons, appelés nakhouda (d'un mot 
persMi) , ont la prétention de prendre hauteur avec 
des astrolabes d'une vénérable antiquité ; cette pré- 
tention ne m'a i^as paru complètement justifiée. J'ajou:- 
tarai qu'on voit rarement un compas à bord des Wao^; 
la boussole classique des Arabes ne ccmsiste, du Ceste^ 
qu'en une aiguille plus ou moins aimantée, traver- 
sant un bouchon qui nage dans un seau d'eau. 

On ne s'étonnera pas, après ce que je viens de dirOi 
si un cinquième des daos se perd chaque année. 

La navigation des daos n'est pas rapide, j'ai passé 
moi-même A5 jours sur deux de ces barques; à savoir 
15 jours pour me rendre de Souaken à Djedda (il y a 
00 lieues marines environ); et 30 jours pour me rendre 
de Djedda à Kosseir (il y a à peu près 130 lieues ma- 
rines); il est vrai que noua remontions au vent : pour 
descendre sous le veni on emploie la moitié de ce 
iemps^ quelquefois moins encore. 



( S8* ) 

Il y a loin de ces daos & nos navires ; aussi peol-oii 
dire à Tairance que l'introduction par le canal de Suex 
des navires européens dans la mer Rouge produira» 
môme dans le commercé intérieur de cette mer, an« 
révolution complète. 

Les ports de la mer Rouge livreraient au commerce, 
du café, de la gomme, de l'ivoire et quelques autres 
produits tels que séné, cire, plumes d'autruche, etc.» 
que je cite seulement pour mémoire. 

A Djedda, on chargerait de la gomme ; 

A Souaken, de la gomme et de Ivoire; 

A Mokba, du eafé; 

A Massawa, ainsi qu'à Tadjoira, Zeyla» Berbera, 
situés dans le golfe d'Aden, de )a gomme» de l'ivoîrë 
et du café. 

Si la gomme, Tivoire, le café de la mer Rouge n6 
sont pas aujourd'hui l'objet d'up grand commerce, ii 
ne faut Taltribuer qu'à la distance qui nous sépare de 
la mer Rouge par le cap de Bonnfr-Espérance ; les 
grandes puissances dont les navires doublent' le cap, 
c est-à-dire la Grande-Bretagne, la France» l'Espagne» 
la Hollande ont d'ailleurs des colonies qui ne leur 
permettent pas de ^'approvisionner de ce côlé, au 
moins en ce qui concerne le café, mais dès que le 
canal de Suez sera ouvert, la Grèce , la Turquie, U 
Russie, rAutrîche, l'Italie, qui n'ont point de colonies 
à ménager, trouveront un avantage notable à prendre 
dans la mer Rouge le café qu'elles consomment : de 
toutes les contrées productrices de café, l'Abyssinie 
sera en effet la plus rapprochée de l'Europe méditer- 
ranéenne, et particulièrement de ses deux péninsules 
orientales, la Grèce et l'Italie, et de» deui mers qui 



( 284 ) 

baignent la Russie et l'Autriche. Les petites Antilles 
sont à peu près aussi éloignées du détroit de Gibraltar 
que de l'Abyssinie; les grandes Antilles en sont plus 
distantes» ainsi que le Brésil; quant à Ceyian et aux 
lies de la Sonde, on ne peut plus s'y rendre que par 
la mer Rouge. 

La culture du sucre tend d'ailleurs» dans la plupart 
des colonies» à se substituer de plus en plus à celle du 
café, moins peut-être en raison du privilège accordé 
par quelques ktats aux sucres coloniaux qu'en raison 
de Taccroissement énorme de la consommation du 
sucre et des alcools, accroissement qui se traduit par 
le développement que reçoit en même temps l'indus* 
trie sucrière métropolitaine. 

L'Abyssinie» dont le port est Massawa (possession 
turque)» peut fournir, à des prix raisonnables et en 
abondance» un café de qualité supérieure. Ce café» 
peu répandu en Europe» y est vendu sous le nom de 
café mokha: le port de Mokha» en effet» n'est presque 
jamais visité par des navires européens» le café y est 
beaucoup plus cher qu'à Massawa : il est vrai qu'il 
est d'une qualité un peu plus fine; la Turquie» l'Egypte» 
Venise même en consomment un peu. 

Le capitaine de vaisseau Jehenne» connu par ses 
beaux travaux hydrographiques» a visité» il y a une 
douzaine d'années» les ports de la mer Rouge et du 
golfe d'Aden. M. Pervillé» botaniste distingué» attaché 
à cette expédition » a fait un rapport plein d'intérêt 
sur les cultures de l'Yemen et» en particulier» sur celle 
du café; ce rapport a été inséré dans les Annales 
maritimes. 

Quelques Européens fréquentent ou habitent déjà 



( 286 ) 

l'Abyssinie : îl y a Heu d'espérer que TouTerture du 
canal des deux mers en attirera un plus grand nombre 
de ce côté et que nous verrons se former là, sous la 
protection des puissances européennes et du consen- 
tement des autorités locales, sur un sol gratuit et avec 
une main-d'œuvre peu coûteuse, des plantations con- 
sidérables dont la culture sera bien eptendue. 

L'Abyssinie, habitée par des populations chrétiennes, 
accueillera sans ombrage les émigrants de l'Europe ; 
elle acquerra par leur contact le goût de nos pro« 
doits» dont le placement peut prendre^ de ce côté» 
une certaine importance, surtout en ce qui concerne 
les tissus, les armes et les munitions de guerre, la 
quincaillerie et les verroteries employées à la traite de 
l'intérieur; je crois que les eaux-de-vie de basse 
qualité trouveraient aussi un bon débit dans cette 
contrée. 

Les navires européens pourraient transporter, cha« 
que année, de Massawa à Jaffa, un grand nombre de 
pèlerins se rendant à Jérusalem. L'Abyssinien dévot 
affronte aujourd'hui les plus grandes fatigues et les 
plus grands périls pour visiter le tombeau de Jésus* 
Christ. Son amour-propre et son fanatisme ont beau- 
coup à souffrir sur les barques de la mer Rouge» 
montées par des musulmans» et pendant le voyage de 
Suez à Jérusalem» à travers des contrées musulmanes; 
c'est pourquoi ce pèlerinage» aujourd'hui peu actif» 
prendrait un essor considérable s'il était favorisé par 
]es marines européennes» et je crois même qu'une 
compagnie trouverait un grand avantage à mettre sur 
la mer Rouge quelques bateaux à vapeur qui desser- 
viraient, pendant une partie de l'année, le pèlerinage 



( 266 ) 

de Jérusalem pour les chrétiens, et, pendant le rest^ 
du temps» le pèlerinage de Médine et de la Mecque 
pour les musulmans* 

Les pèlerins musulmans pourraient être transport 
téfl de Gonstantinople 9 de Smyrne, de Beyrout, d^ 
Tanger, d'Alger, de Tunis et du Caire à Yembo et à 
Djedda. Le nombre des pèlerins de la Méditerranée 
est de SO à hO 000 au moins par année ; on peut caU 
culer^que les caravanes de Damas et du Caire eii 
conserveraient, à elles deux, 5 000, et que les barques 
de Suez et de Kosseir en transporteraient, à prix ré- 
duit, un nombre égal ; le reste prendrait passage siu* 
les navires européens et passerait par le canal des 
deux mers. 

Massawa consomme aujourd'hui peu de prodwCf 
européens ; quand à Souaken, il ne recevra jamais de 
l'Europe que quelques armes de traite, de la quio- 
oailleiie, des colonnades anglaises et de^ verroteries 
autrichiannes nécessaires aux échanges sur le fleuve 
Blanc. 

Médine dont le port est Yembo ; Djedda et surtout 
la Mecque sont de grandes villes où l'on voit plus d'ai^ 
sance et même plus de luxe que dans la plupart des 
villes musulmanes; les étrangers qui y a£Quent de 
•toutes les parties du monde à l'époque du pèlerinage, 
y donnent et y dépensent beaucoup d'argent; ces 
villes pourtant s'élèvent au sein d'une contrée aride 
et sont dépourvues de toute industrie; le pèlerinage 
leur en tenant lieu, elles doivent en conséquence tirer 
du dehors tout ce qu'elles consomment; le blé leur 
est envoyé d'Egypte par Suez et Kosseir ; une grande 
partie de ce blé passera par le canal : c'est par l'Egypte 



( 287 ) 
également que les articles de fabrication européenne 
on nusulmane leur parviennent; ils leur arriveraient 
désormais par le canal ; ces marchandises consistent 
en cotonnades, draps, soieries, vêtemenis confection- 
nés, fusils à pierre et àmôobe de fabrique autrichienne^ 
quincaillerie, poterie, huîle, beurre fondu, bougie, 
aucre d'Egypte, savons de Syrie, eau-de-vie de Chîo, 
ou d'Egypte. On fait dans les villes saintes une oonsom- 
matioii énarme de ce demi^ produit : je remarque^ 
en passant, que le peuple de Médine et celui de la 
Mecque sont fort irréligieux, bien que la religion les 
fasse vivre. 

Les villes du Hedjaz consomment aussi beaucoup de 
produits de l'Inde. 

J'ai cité Souaken comme pouvant fournir de la 
gomme et de l'ivoire ; ce port en expédie déjà une 
certaine quantité à Djedda, où ces marchandises re- 
çoivent leur destination ultérieure; la gomme et l'ivoire 
arrivent à Souaken de Kartoum et du Soudan égyptien. 
Je donnerai id quelques renseignements sur le Sou- 
dan en général :et le Soudan égyptien en particulier. 

Le nom de Soudan (Nigritie) est donné par les Arabes 
à une aone africaipe située au sud du 16' degré 1/2 
nord, s'éiendant du Sénégal à l'Abyssinie et se déve- 
loppattt à -mie distance un peu plus grande au sud 
qu'au ncErd de l'Equateur. 

Les limites nord et sud ^de oetle région sont déter- 
minées par les pluies estivales ; ces pluies tombent de 
mai en octobre, dans la partie du Soudan située au 
aotrd de J*Équateur; de novembre à mai dans l'autre 
hémisphère; ces pluies ne dépassent pas le 16* 1/2 de- 
gré de latitude boréale ; au nord de ce parallèle com- 



( 288 ) 

mencent à se montrer ces déserts arides» désert de 
Sahara» désert de Lybic qui confinent dans le voisi- 
nage de laMéditerranée avec les régences barbaresques 
soumises aux pluies hivernales et sont interrompus» 
à Test, par le cours fertilisant du Nil. 

Le Soudan est habité» entre le 16« 1/2 et le 10* de- 
gré nord par des noirs musulmans et» au sud du 
10*parallèle, par des noirs idolâtres, que les premiers 
réduisent souvent en esclavage. Des Arabes noirs par* 
courent les contrées septentrionales du Soudan; on les 
y retrouve partout» depuis Souaken jusqu'au Sénégal. 

On remarque en Arabie la même division de climats 
qu'en Afrique» de telle sorte que cette péninsule aride» 
stérile» ou couverte de maigres pâturages jusque sous 
le 16* 1/2. degré» reçoit des pluies abondantes et se 
couvre d'une riche végétation au sud de ce parallèle^ 
c'est-à-dire dans l'Yémen ou Arabie heureuse* 

Les pluies du Soudan alimentent des milliers de 
sources et donnent ainsi naissance à de grands fleuves» 
à de vastes lacs ou à des marécages qui» comme les 
fleuves» sont soumis à des crues annuelles. 

La terre humide» sous un ciel de feu» se couvre 
d'une végétation puissante» des peuples barbares et 
peu nombreux en cultivent à peine quelques parcelles; 
partout ailleurs s'élèvent d'immenses forêts» compo* 
sées en grande partie de gommiers et au sein des- 
quelles errent les éléphants. 

Le commerce du Soudan roule dès lors principale* 
ment sur la gomme et l'ivoire; on peut y ajouter» pour 
mémoire, le séné» les plumes d'autruche» les dents 
d'hippopotame» la cire» etc. 

Ces produits sont actuellement recherchés par le 



( 280 ) 

commerce au Sénégal et sur toute la côte occldenlale 
d'Afrique, à Zanzibar et sur quelques points de la côte 
orientale d'Afrique. 

Transportés par les Africains a Mogador et à Tripoli 
de Barbarie: par les Africains et quelques Européens 
à Aleiàndrie; ils sont acquis de seconde main par les 
Anglais, les Autricbiens» les Italiens. 

J'ai fait voir ailleurs que le prix de ces produits 
était très élevé au Sénégal» dans la Gambie, à Mozam- 
bique, à Zanzibar, ainsi que sur le littoral de la Médi- 
terranée et à Mogador où des frais de transport par 
caravane viennent ajouter un élément nouveau à leur 
prix vénal. 

J'ai montré, en même temps, que ces produits 
étaient au plus bas prix possible dans le Soudan 
égyptien. 

La partie orientale du Soudan, visitée par moi il y 
a quelques années, est devenue très accessible aux 
Européens. 

Cette région conquise^ en 1821, par une armée 
égyptienne que commandait Mohammed-Bey Défier-^ 
dar, comprend les provinces de Dongolah, Cordofan, 
Kartoum, Sennar, Fazogl et Taka; on pourrait y 
ajouter une province nouvelle qui serait le bassin du 
haut Nil. 

Le Soudan égyptien est gouverné par un férik pachst 
{général de brigade), envoyé du Caire avec le titre de 
hokmadar (gouverneur], qui réside à Kartoum, et des 
préfets ou moudhirs en nombre égal à celui des 
provinces. 

Souaken ne dépend plus de l'Egypte ; ce port a été 
cédé au sultan et fait j^ariie du pachalik de Djedda. 

IX. MAI. A. 20 



( 290) 

Antérieurement à 1850 , le cominepce du Soudlao^ 
était un monopole du gouvernement égyptien» mono- 
pole fondé sur ce principe que les dons gratuits de la 
pâture appartiennent au souverain; la gomme» le séné» 
qui n'exigent point de culture, étaient assimilés ainsi 
aux prodoits des mines et des carrières. 

Depuis 1860, ce commerce estlibre et Lps négocianis 
européens, qui depuis longtemps s'y livraient en con- 
trebande» ont pu étendre leurs opérations. 

La gomme est recherchée par eux dana le Cordo&a 
et le Sennar ; la gomme du Gordo&n est la plus bello 
que l'on connaisse ; elle se présente en morceaux de 
la grosseur du poing et d'une parfaite limpidité; la 
gomme du Hedjaz et celle du Sénégal sont d'une qua- 
lité inférieure. 

Le quintal de gomme coûtait » lors de mon séjour 
dans le Cordofan » de 27 à 32 piastres égyptiennes ; 
elle était mise dans des peaux cousues» ce qui revenait^ 
par quintal» à 3 piastres. 

Le Cordofan a exporté jusqu'à 36 000 quintaux de 
gomme dans une année; il pourrait en sortir cent 
foi&plus si la demande était cent fois plus forte; une 
partie infiniment minime de la gomme produite étant 
seule récoltée aujourd'hui. 

La plus grande partie de la gomme récoltée au; Caire 
eat dirigé^ par Alexandrie sur Trieste. 

Le Cordofan et le Sennar livrent de Tivoire au com^ 
merce; ce n'est toutefois qu'un peu plus au sud» 
vers le 10* parallèle» que les éléphants se montrent en 
grand nombre : ces animaux fréquentent le voisinage 
des cours d'eau ; ils vivent isolés ou par familles pen- 
dant la saison sèche ou hiver» et réunis en troupes 



nombreuses sous la direction d'un vieux mâle, appelé 
par les Arabes khabir (guide) pendant la saison des 
phxies, ou hivernage (kharif). 

Les peuples du haut Nil ne peuvent chasser Télé-' 
phanti que pendant Thiver ; le chassant, en eBe(, à 
f arme blanche, ils ne peuvent songer i l'attaquer que 
lorsquil se trouve isolé. 

Les négociants établis dans le Soudan recherchent 
aujourd'hui l'ivoire sur le fleuve Blanc; quelques-uns 
d'enIVe eux, poui^us de bonnes carabines, se livrent 
à la: chasse; la grande portée de leurs armes leup 
permet de chasser l'éléphant, même pendant l'hiver- 
nage, alors qu'il se réunit en troupeaux. 

Depuis les voyages entrepris par M. d'Arnaud et 
Sélim^Effendi bimbaohi, le fleuve Blanc est de plus 
en p{«s ftréquenté par les barques de Khartoum, et 
bien que les sources de ce fleuve n'aient pas encore 
été découvertes, l'étude de son hydrographie a fait de 
grands progrés ; on a déjé remonté le Nil par le 2* de 
latitude nord ; c'est là que succombait» il y a deux 
ans, le missionnaire Angelo Vinco, martyr à la fois de 
sa religion et de la science. 

(hi ne s'est pas borné, du reste, à étudier le fleuve 
luY-mènie, ses affluents ont été explorés en parlie et 
l'on en* a reconnu de nouveaux qui seront explorés à 
leur tour r l^ Snuhat et le Keilak (Bahar-egh-ghzal, 
Misselad) étaient connus^déjà depuis quelques années; 
trois autres affluents, le Gnok, le Miedjok, et une 
rivière innomée ont été signalés récemment sur la 
rive droite du fleuve un peu en amont du Saubat (peut- 
être doil-on les considérer comme les trois bras d'une 
iBème rivière) 9 enfin sur la rive gauche et en amont 



( 292 ) 

du Keilak, M. Vayssîëre a reconnu dernièrement un 
affluent considérable, appelé dans le pays Niébohr, 
qui vient du sud et entre dans le Nil par quatre bou- 
ches entre les 7* et 8* parallèles nord. 

Le Saubat» le Niébohr, le Keilak surtout qui reçoit 
sur sa rive droite le Rouan, ou Apabou, sont de grands 
cours d'eau ; le Gnok et le Miedjok sont navigables 
pour les barques des indigènes au moins jusqu'à une 
grande distance de leurs embouchures. Toutes ces 
rivières coulant dans un pays peu accidenté, couvrent 
à l'époque de leurs crues d'immenses espaces, tandis 
que pendant la saison sèche elles promènent lentement 
des eaux moins abondantes à travers les marécages 
qu'elles ont créés. 

Quelques routes commerciales mettent le bassin du 
Nil Blanc en rapport avec des contrées plus éloignées : 
telle est la route signalée par M. Vayssière, qui con- 
duit des bouches du Niébohr à Djonkor dans le paya 
de Korek, dont la population parait être musuU 
mane, et qui dépend , selon toute probabilité, du 
Darfour. 

Le bassin du Nil Blanc constitue le plus vaste marché 
d'ivoire ouvert au commerce dans toute l'Afrique; 
aucune région du Soudan idolâtre n'est aussi abor- 
dable aux Européens que celle-là ; partout ailleurs, 
le négociant doit s'approvisionner de seconde main 
ou se résoudre à braver d'immenses dangers et d*im- 
meûses fatigues pour faire la traite de l'ivoire dans 
l'intérieur; aussi cette traite si lucrative est-elle géné- 
ralemeut abandonnée aux indigènes. 

Les Européens jouissent à Khartoum d'une faveur 
et de privilèges qu'ils n'obtiennent point ailleurs; hs 



( aos ) 

peuplades riveraines du fleuve Blanc, ou sont déj& 
soumises à I*Éj;yplef ou ont déjà vu flotter son pavil- 
lon; nalarellement timides» elles respectent les Euro* 
péens comme les Égyptiens; exemptes de fanatisme, 
elles ne ressentent contre eux aucune haine, et si des 
collisions regrettables» dont Tune a coûté la vie à 
Vaudey, ont eu lieu, il n'en faut chercher la cause 
que dans les fautes commises par les négociants et le 
déplorable esprit de rivalité qui les anime; l'impru- 
dence des uns, la faiblesse des autres, le désordre et 
la confusion qui en résultent, finiront par les perdre 
si l'on ne trouve moyen d'y remédier. 

C'est en partie aux agents des puissances euro- 
péennes en Egypte, en partie au gouvernement de ce 
pays qu*il appartient de prendre, à cet égard, des 
mesures convenables. 

Je crois, quant à moi , que ce qu'on pourrait faire 
de plus sage serait de concéder le privilège exclusif 
sur le fleuve Blanc , à une compagnie dans laquelle 
seraient admis les négociants actuellement établis à 
Khartoum et de confier le soin de surveiller les opé- 
rations et les actes de cette compagnie à un délégué 
européen, autorisé à en exclure les négociants contre 
lesquels s'élèveraient de justes plaintes. 

Le vice-roi d'Egypte pourrait, de son côté, comme 
maître légitime du haut Nil et faisant acte de souve- 
rain, élever, à l'embouchure des principaux afiluents 
du fleuve Blanc, quelques postes fortifias dans chacun 
desquels il placerait une cinquantaine de soldats noirs, 
sous les ordres d'un capitaine j ces postes pourraient 
être reliés entre eux par un service de barques armées 
D guerre, montées chacune par une vingtaine d'hom- 



(29fl ) 

mes chargés de surveiller les riveraiDS dû flaove et de 
•protéger les barques de b compagnie. 
- Auprès et en dedans de Tenceinte extérieure rd^ 
chaque poste fortifié, la compagnie des échai^s avec 
les indigènes établirait un compitoir et des magasins s 
lun employé, à demeure iiie, chargé des éobanget 
avec les indigènes, recevrait et emmagasinerait l'ivoiore 
que lés barques de Khartoum viendraient chercher 
chaque année. 

La caravane du Darfour transporte, chaque année, 
à Siout de 1000 à 1500 quintaux d'ivoire; lorsque 
l'accès du port de Souaken sera facilité aniz navires 
européens par l'ouverture du canal des deux mers, 
cet ivoire passera très probablemenst par le Cordofan 
et Khartoum pour venir s'embarquer & Souâkan,; les 
frais de transport seront bien moindreSteA celle jroute 
sem» pour les pèlerins fouriens qui se rendent à la 
'Mecque, bien préférable à celle précédemment euivie. 

La caravane de 'Siout se trouve naturellement sup* 
primée par l'abolition de la traite des noirs dans Jes 
-États de Mohammed-Said ; cette caravane, en effet, 
amenait, chaque année, de 1 000 à 1 iOO esclaves 
dont elle trouvait à Siout un prix plus «élevé, que celui 
qu'elle eût pu en obtenir dans le Gordolsn. 

La caravane du Darfour suivait le désert jusqu'à 
Siout; elle eût pu aboutir^ sur le Nil, i Dongolah:, 
mais les marchands fouriens trouvaient à vendre aivec 
plus d'avantage, à Siout, leurs chameaux ^épuîaès (ils 
.n'avaient besoin pour le retour que d'un jQombre 
moindre de ces animaux); d'ailleors le sultan ^u Dar- 
four, craignant une invasion de l'Égy pie , a sain de 
•tenir fennde la route qui va de ses firantièresè Bon* 



( 295 ) 

golah; cette route, comme toutes celtee du désert, est 
déterminée par la skuatîon des pDhs s ks Égyptiens 
qui. ne connaissent point ces puits, et ne trouveraient 
peut-être jpas de guides sur lesquels ils pussent 
compter , n'oseraient point s'y hasarder. 

Le Darfour a moins k redouter une agression qui 
partirait du Cordofan. 

J'ai fait connaître ailleurs (voy . Le désert et le Soudan, 
Ut. V, cbap. m, routes suivies par le commerce) la 
route commerciale qui unit Gaubé., capitale du Dar- 
four, à Lobéidh, capitale du Cordofan; cette roule 
est parcourue en quinze jours par les caravanes : les 
transports s'y effectuent à raison de 76 à BO piastres 
égyptiennes par rabal, ou cbarge«de cbameau (.cinq 
quintaux) . 

Le traosportdes marchandises, de Lobéidh auCairci 
coûte IbO piaatRes par rahal et, avec les.adrràts^néoes- 
saires, exige au moins deux mois. 

A savoir: piastres VAR HAHAL. joum. 

De Lobéidh à Debbé 80 i5 i 18 

De Debbë à Dongolafa, par barque. ... 3 à 4 ^ 
De Dongolah à Wadi halfa, paroaravaoe, 

le transport sor ceue partie du Nil pré- 

•cnlaot quelque danger. So ia 

De Wadi faalfa à Âsouan, par barque. . . 6 à 6 8 
Location de ébameaux pour ëviter les 

cataractes 3 \ 

D*Âfouao au Caire, par barque. ..... lo on la i*5 à ao 



Piastres, total. . 146 À iSo 53 ~ à.6i | 

'Le Ifiansport des mêmes marchandises, de^Ldbéidh à 
Souèken, ne coûte, eu maximum, que 128 piastres par 
rabél et n^exige que Irerite à 'trente-cinq jours au plus. 



( 296 ) 

A SAVOIB: PU«TRI« pas niBAU JODIIS. 

De Lobéidb à Khartoam , 5o à 60 10 

De Khartoum k Berber, par barque. ... 4 ^ ^ 8 à 10 
De Berber à Souaken 60 13 

Tout. • 114 à ia8 3o à 32 

Il en résulte que le négociant qui, au lieu de trans- 
porter ses gommes au Caire, les transportera àSouaken, 
réalisera une économie notable et pourra» dans la 
dernière partie de la saison sèche, époque de la récolte 
de la gomme 9 faire deux campagnes de gomme au 
lieu d'une. 

De Kharloum au Caire, il y a deux routes; 

A SAVOIR, LA PREMlàBB : PIASTRES PAR RABAL. ^QVRS. 

De Khartoum à Debbë 5o à 60 la 

De Debbé au Caire. 66 à 70 38 7 à 43 - 

Cette route, par divers motifs, est peu suivie. 

U SECORDB: PIASTRES PAR RAHAL. JOURS. 

De Rliartoum à Berber 4 a 8 8 2i 10 

De Berber à Korosko, par caravane. . . . 160 à 180 i5 à ao 

De Korosko à Asouan, par barque. ... 3 à 4 3 
Location de chameau pour éviter les 

cataractes 3 i- 

D*Asouan au Caire, par barque loà 13 i5àao 

180 à ao; 4iià53i 

De Khartoum à Souaken, cependant, le transport 
d'un rabal ne coûte que GA à 68 piastres et le Toyage 
n'exige que 20 à 22 jours. 

Il me semble résulter de ce qui précède que dès 
que le canal des deux mers sera livré à la navigation, 
tout le commerce du Soudan égyptien devra passer 



( 2Ô7 ) 

par Souaken, et que la plus grande partie de ce com- 
merce, devra passer par le canal. 

Je. crois avoir démontré également que le canal des 
deux mers ouvrira au commerce européen des mar- 
chés importants dans la mer Rouge et nous rendra 
maîtres de tout le mouvement intérieur de cette mer. 

Ainsi l'Europe verra grandir son commerce et sa 
puissance, tandis que des contrées et des peuples» trop 
' longtemps oubliés, verront tomber la barrière fatale 
qui les séparait de nous. 

Nous n'avons envisagé et bien rapidement encore, 
que le plus petit accident d'une immense révolution , 
que serait-ce si nous en examinions toutes les consé- 
quences ? 

C'est quand le canal des deux mers s'ouvrira qu'on 
pourra en toute vérité dire à l'Europe : 

AU tbine shall be the sabject main 
And every shore ils cirdes tbine. 

Ou encore ai^c le poète portugais qut^ Cun des premiers , 
suivit les routes de rinde^ l'Océan tout entier obéira à 
l'Europe. 

Ser Ibe ba todo o oceano obediente. 

Et « les Européens bientôt maîtres du monde lui 
» dicteront des lois meilleures. » 

E por elles em fim de todo senbores 
Seraô dadas na terra leis melbores. 

G** d'Escatrag iHi Laotvrb. 

Le Caire, 38 février i855. 



( 298 ) 
NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR LB I^ÉNàRAL BtlÊBtO^ 

PAR M. DE LA ROQUETTE. 

UIB A Là fltAVGS ÇÉMiMAMM DU S7 ATlft Ittft. 



Messieurs , 

Trois ans se sont d^à écoulés depuis la mort du 
général Sémino, l'un de vos correspondants étrangers, 
de ce voyageur aventureux aussi distingué par ses 
talents que par son zélé et son activité, qui a exploré, 
pendant près d'un quart de siècle, la majeure partie 
des provinces de la Perse, tantôt en conduisant aux 
combats les troupes indigènes, tantôt seul ou accom- 
pagné d'ingénieurs chargés de le seconder dans des 
missions scientifiques ou d^itilité publique. Je viens 
aujourd'hui lui rendre devant vous un Joslfe, quoique 
tardif hommage. 

Barthélaœy JSémino, membre correspondant de la 
Sooiàté de géographie, géméral au service du .chah de 
Perse, naquit en l'an VII (1799), dans la même ville 
où Vanloo, Gassini et Masséna ont vu le jour, à Nice, 
à cette époque chef-lieu du département des Alpes 
maritimes , et faisant par conséquent partie de la 
France. Marie- Virginie "Besard, sa mère, était née i 
Saint-Tropez; et Ambroi&e Sémino, son père, occu- 
pait le poste d'agent consulaire de la république ligu- 
rienne à Nice (1). L'annéie qui suivit la mort de son 

(i) J*ai puisé ces faits dans des notes que le gênerai Sémino m'a 
fait transmettre plusieurs années avant sa mort. Cest donc par 
erreur que dans une notice que la Bevuê orientaU a publiée en i85a 



iixMrf, Va^ittd fiémino étioaiâ, m âcooiidef tioeên» 
Bemfi AagaMl, fharuiaoien en chef de l*ftra|ée dorci 
Murât» et lorsqu'il quitta le sennoe de Naples pour 
-passer en h même qualité à ^ratmée dltieiUe; Augard 
emmena avec lui son beau^fils qui n'avait pas enbore 
atteint sa quatorziàme année. Malgré on Age aussi -ped 
avancé, les besoins du service médical étaient alora 
tellement pressants que sur la réquisition des dhéft 
de ce service, le jeune Sémino, qui se trouvait é Udine» 
fut nommé, en 1818, officier xle santé de troisième 
classe. 11 exer^ ces fonctions pendant un an envisoB 
sous les ordres immédiats ^e son beau-père, lut en*' 
-suite attaché à Tambulance de la première division, 
qu'il ne tarda pas à quitter pour s'engager comme 
volontaire dansJe'8A« régiment d'infanterie lie ligne, 
avec leq.uel il combattit à la bataiBe livrée , le ^ fé*- 
vrier tSli, prèS'dû Hindio, Après cette affaire, Séminf» 
eut à remplir une mission délicate que liii confia le 
général Quesnel et dont il ^'acquitta avec courage et 
intelligence. Loreqoe les cantonnemenls eurent été 
abandonnés et pendant la vetraite sur Milan et Turin, 
SémÎDO fut attaché à 'ht i"^ division, auprès du com*- 
missaire des guerres Latoucbe. Licencié & la rentrée 
de l'armée en France avec le titre de sous-lieutenant, 
il se retira à ValeDOeUes, département des ^Basses- 
Alpes, lieu de résidence de sa mère. 

Avant la 'fin de cette même année 18J A, Sémino ae 
rendit i Gènes avec Tintenlion d'atteindre l'Ile d'Elbe 



(t. II, p. 474)9 c^ V^ ''^"^ avons ëté cependant k^nreux de consulter. 
M. le colonel Golombari « fah nâitre ëémtno am iles d'Hydres ^ 
^*il aiêttmiiae ton père était vtoa<«oiiaul ile'Fraaoe en 



( MO) . 

pour a*y «nvôlet dans ]« bataillon qu'on appelslit sacré, 
mais la police l'ayatil fait arrêter, il ne put pour* 
suivre son voyage. Parvenu à s'évader, il se disposait 
à aller rejoindre sa roère, quand il apprit que l'em- 
pereur Napoléon venait de pénétrer en France, Pre- 
nant sur le champ son parti, Sémino se procure un 
bateau pécheur et se fait mettre à terre à Saint-Ma:ii- 
mid» Arrêté de nouveau parce qu'il n'était porteur 
d'aucun papier, il fut conduit à Draguignan où le 
préfet, Defermon, lui fit un bon accueil et en lui déli* 
trant un passeport l'achemina sur Tarmée de la Loire. 
Sémino y resta peu de temps attaché au quartier 
général, et lorsque la seconde restauration fut accom- 
plie, il rentra dans ses foyers. 

N'ayant pas touIu prendre du service sous les Bour- 
bons, Sémino passa au milieu de sa famille les cinq 
années qui s'écoulèrent de 1815 à 1820, livré à des 
études sérieuses qu'il avait jusqu'alors forcément né- 
gligées, et dont il comprenait maintenant la néces- 
sité pour l'exécution de ses projets futurs. Au prin- 
temps de cette dernière année, il se rendit & Odessa 
où il se proposait de fonder une imprimerie lithogra- 
phique sous les auspices du baron Rainaud et de 
H. Sacato Verani, mais il ne fit pas un long séjour 
dans cette ville. Lors de l'insurrection des provinces 
danubiennes, son caractère aventureux le décida à 
abandonner la perspective de fortune que semblait 
lui' offrir l'entreprise honorable et lucrative pour la- 
quelle il avait quitté sa patrie, et à prêter l'oreille aux 
propositions qui lui furent faites par les princes 
Alexandre et Dimitri Ypsilanti. Il se rendit en consé- 
quence en Moldavie, assista à toutes les affaires qui 



( 301 ) 

enrcnt lieu dans ce pajs jusqu'au moment où la dé* 
faîte complète des Hétairisles par les troupes turques,- 
et la fuite des chefs insurgés mirent fin à une tentative 
mal conçue et encore . plus mal dirigée. Après le 
dernier et funeste combat de Scouteni» Sémino dut 
chercher aussi son salut dans la fuite ; il parvint avec 
un petit nombre de ses camarades à traverser le Pruth 
à la nage et à gagner le territoire russe. Retenu deux 
mois prisonnier» puis rendu à la liberté, il se dirigea 
sur Odessa. Mais ne voulant plus rentrer dans l'asso- 
ciation lithographique qui l'avait d'abord conduite 
dans cette ville» il s'embarqua en 1822 et fit, pour le 
compte de la maison anglaise Atwood et Marr, une 
exploration des côtes de TAbkhazie. Les résultats de 
cette exploration amenèrent rétablissement de deux 
comptoirs, l'un en Mingrélie, dont Sémino eut la 
direction provisoire, et le second à Tiflis. L'àpreté du 
climat de la contrée dans laquelle le sort Tavait placé 
força bientôt Sémino à la quitter, et il se rendit à TiQis 
dans l'espoir de se guérir d'obstructions du foie et 
de la rate qui lui causaient d'atroces souffrances. Ses 
maux n'ayant pu y être soulagés, il se détermina à 
essayer du climat plus salubre deTauris, ville de Perse, 
où, après un court séjour, il guérit complètement. II se 
trouvait dans cette ville lorsqu'on lui proposa d'entrer 
au service de la compagnie des Indes orientales, et 
que, par une ordonnance datée du fort William, 
28 mars 1823, il fut attaché, en qualité d'ingénieur 
hydrographe, au major, depuis général Monteith; 
Sémino resta & ce service jusqu'à la fin de 1826. La 
carte de Perse que le général Monteith a publiée à 



(. Me) 

Londres ea 1828 doit à SémÎQo le le?é irigonomé' 
trique de la frontière entre la Russie et la Perse, toule 
la partie eoire Tauris et. Teinbouchure du Kisil Usen^ 
dans la mer. Gaspienoe, ainsi que le lefé du pays siluè 
an nord du lac d'Ourmieh. 

La guerre s'étant engagée entre lajRussie et la Perso,. 
Sémiuo donna, en 1827, sa démission du service de 
la compagnie des Indes» pour passer à celui du gou^ 
venaement persan qui oQraît desf émotions plus vives 
à son caractère aventureux avec l'espoir d'un rapide 
avancameqt. 11 fit centre les Russes la campagne* de 
cette année sous les ordres du prince Abbas-Mirsav 
avec lequel il combattit aux batailles d'Yavanboulak 
et d'AJbbas- Abad. A. la concluaioa de la paix en 1828^ 
Sèmino fui nommé commissaire du gouverneosBiH 
persan „ pour surveiller et inspecter rémîgralion des 
Arméniens. q|Ue les Russes faisaient seiotir de Peraei 
et comme il comprenaiL et parlait même correctement 
le persan et le russe, il fut adjoint cette même année 
à la commission cbargée de la délimitation des froU'^ 
tières entre la Perse elle Russie. Cett0 missioa rem- 
plie à la satbfaetion des deux puissances, Sémino 
reçui. en 1829, des mains d'Abbas-Mirui, une mé- 
daille spécialement frappée en sou bonneur, et obtint 
en môme temps La décoration du Lioo et du Soleil de 
seconde classe, ainsi que celle de Saint* Wladimir de 
Russie; nommé en même temps aide-de-camp d'Abbas^ 
Hirza avec rang de colonel, il fut ensuite attaché à le 
mission de Kosrev-Mirxa , Tun des fik de ce prince^ 
qui dut se rendre à Saint'PétejBsbourg à Toccasion de 
l'assassinat de GrebaiédofF et de toute l'ambassade 



( so^) 

taate à Téhéran. A son retour en ISSO» Séinino,.qui 
afail veçtt avant de quitter la Russie Tordre de Sainte- 
Anne de troisième classe, remplit les fonctions de che£ 
(l'état-major dans l'armée persane réunie contre dea 
khans rebelles et commandée par Abbas-Hirxa* U 
Singea les siégea de toutes les places qu*oo fut obligé 
d'attaquer, et c'està lui que le prince en dutla reddition» 
tj'ezpéditian du sud de la Perse venait à peine d'&tre 
heureuenoieni terminée qu'Abbas-Mkza marcha aveo 
ses troupes conire les révoltés duKhoraiçan. Dans cette 
seconde campagne e^cutée pendant le^ années 1831 
et 18S2, Sémino remplit les mêmes fonctions que dans 
hk eampagne. pcécédente et fut, ea outre, nommé comr 
rafl^aot en socond de toute laftiDerie {/uab-toptchi^ 
iaobi)^ Les places de Soukatk^Meidan , d'Amir-AJbad 
et de C#ulcban 00 se vendirent qu'après* des sièges eo 
fègle difiigés par hii^ ett poiur aî&ei dise soua le^. jeu« 
d'Ahhaa^llirsaïc dox^t il captiva de phis en plua Testime 
et la eonfianee^ Néaimtoine, harcelé bientôt par les 
inti%aeif d^ qiui^ttes officiers étrangers vésidanfe à U 
enwi de Téhéran-, qu'appuyait l'inimitié peitsonnella 
dttKaimacaaMirsa^heulrCaasum* Sémino crutdevoio 
offijit: s» démiaiioiii q|ifti fut acceptée. 
. Miteimoé dèa lors' è rentrer premptement en 
Frawa^til » readii à Taiwis oA il fut forcé de s'arrèteg 
quelques jours pour y attendoele paiement ésa arriérés 
911 kii étaient dus» et qu'on se s* empressait patd^ac- 
q^teiu Hi se trouvait encore dans cette dernière m\ke 
lorsi{a'ii y leçut de Mohammed» fils aloé d'Abbas-* 
UÎMM^y ei devenu depuis chah de Pose,, une lettre 
conçue datt» les termes les plus. fialteuDs par laquelle 
ce prince le priait de différer encore, son dépoct. 



( 804 ) 

Cédant aux gracieuses instances d'un prince auquel 
la mort d'Abbas-Mirza ne tarda pas à ouvrir le 
chemin au trône , et persuadé qu'il ne tarderait 
pas à éloigner le ministre son implacable ennemi» 
Sémino se décida à rester. En 1835 , il reprit le 
poste qu'il avait occupé précédemment » et après 
s'être acquitté avec succès de plusieurs importantes 
missions, il fit avec le chah la campagne du Gourgban. 
Il avait l'espoir de s'emparer de Khiva et de Bokhara, 
mais des considérations politiques s'opposèrent à ce 
qu'il poursuivit le siège de ces places. L'année suivante 
il pénétra dans l'Afghanistan à la tète de l'armée per* 
sane, et en sept jours il força la forteresse de Gourian 
& se rendre. Déjà il pressait vivement la forte place 
d'Hérat, lorsque le ministre d'Angleterre» accouru au 
camp en toute hftte, s'interposa entre les puissances 
belligérantes, et obtint, par soif influence auprès des 
ministres de la Perse , la cessation des hostilités. Ce 
fut à cette époque que le chah donna à Sémino le 
commandement de sa garde et le décora du grand 
cordon du Lion et du Soleil. Il accompagna ensuite 
ce prince dans la visite qu'il fit des provinces. inté- 
rieures de son empire; puis il inspecta toutes les places 
situées sur les bords du golfe Persique ; il en fit forti- 
fier plusieurs et prit part aux négociations entamées 
entre les Persans et les Turcs. 

Tout lui souriait, et sa fortune semblait désormais 
assurée, lorsque la mort d% Mohammed-Chah vint 
changer complètement sa position à la cour de Téhé* 
ran. Il ne tarda pas, en effet, à s'apercevoir des pro* 
grès que ses adversaires avaient faits auprès du nou- 
veau souTerain. La déliàxitation des frontières entre 



( SOS ) 

la Turquie et la Perse, confiée à une commission com- 
posée d'officiers turcs, anglais» russes et persans, était 
dirigée en quelque sorte par lui* On lui relira cette 
direction et on l'éloigna même de toute participation 
aux affaires. Sa disgrâce dans cette circonstance lui 
fet d'autant plus sensible qu'elle l'empêchait de con- 
tinuer les travaux qu*il a?ait entrepris sur la géogra-> 
phie de la partie de l'Asie où il résidait depuis tant 
d'années. Il resta cependant encore quelque temps 
en Perse, mais plutôt pour mettre ordre à ses affaires 
particulières avant de s'en éloigner définitivement que 
dans Tespoir de rentrer en faveur. Il se trouvait encore, 
à la fin de 1850, à Téhéran où je pus lui annoncer 
que, d'après le désir qu'il m'avait fait témoigner, la 
Société de géographie, sur ma proposition et celle de 
M. Poulain de Bossay, l'avait nommé son correspond 
danL II nous envoya d'abord de curieux documents 
et promettait d'en transmettre bientôt de nouveaux, 
mais sa position devenait chaque jour de plus en plus 
difficile par suite des tracasseries qu'on ne cessait de 
lui susciter. Ses puissants ennemis, non contents de 
l'avoir fait dépouiller de la majeure partie de sa for- 
tune, acquise par vingt-trois ans d'honorables et utiles 
services rendus à un pays où il avait occupé les postes 
les plus élevés, usaient maintenant des moyens les 
plus odieux pour l'empêcher d'en franchir les fron- 
tières. Il y parvint cependant, se rendit immédiatement 
& Cônstantinople avec sa famille et se proposait d'aller 
bientôt se reposer de ses travaux et de ses fatigues, 
soit ien Italie, soit dans une des lies de TArchipel, lors- 
que, le lA avril 1852, après une courte maladie, la 
mort vint le' surprendre à Smyrne où des affairés 

IX. MAI. 5. 21 



d'intérèl Tav^ieat «ppelé. Outre éWef$ trafwi gr^ 
phiques» des relevés, des itinéraires, et tmeifiarle géné^ 
raie de la Perse tracée sur une greade éehelle et docit 
Doiis ne possédons malbeureiisenient ^e d«s frag* 
ments, documents qui seryiroal à enrichir TAtibs du 
voyage de feu Hommage de Heli, dont sa teiive puhlîe 
•a oe iQooient la relation, aous avons reçu du général 
Sémino des plans eoloriéa, ouvrsga d'ingéoûsurs fker** 
sans, dont une partie a été publiée dans votre BmUaiin 
avec la traduction des légendes perspnesquiies cou* 
vraient, que nous devons à la bienveillance du savant 
membre de l'Institiit , M. Garcio de jlassy. Sémino 
nous annonçait l'envioâ suooessif d'autres dsoumants 
géographiques» mais à sa mort des discussions s'étant 
élevées entre les persoQpes qui préteadaîent à sa 
succession , les prMSb^ss^s de notra correspondajst 
n'ont pu ètr^ fféali^es. IViUi^ous faisAÎt al devait jmsus 
faire espérer ^f>#ndant ua résultat bien dîAinwptj 
car la iéga^îoi) sarde eu Turquie, diNift j'avais cru 
devoir provoquer ofllcieuaement riûtervenlion paar 
rintierpuédiaire d^ U. le chevalier Cristoforo Negri et 
dfi notre savant fK>l%ue, Vattier de ftaurvitte^ que nous 
»jnH^ eu le malheur de perdre U y a 4 peiae up an, 
a montré daus cette eircoDstai^^e 1« iJuA extrême bieo^ 
feillapce et un zèle aMpsi actif que désintéressé. Du 
dénpiarcbes soot contippées dajM Tî^térét df la scieMOi 
et no^s x^e çroypos pas qu'il faille ^fliCOf e désespérer 
d'obtenir un jour le con^iplément das document! gèo» 
' graphiques qui uous opt été prQinis, I^ général Sé«- 
mino était doqé, suivant le témoignage du Qolona) 
Colombaii qui a ser?i avec lui en Peraet du caractère 
la phM loy^l, d'un grand aourgna^t d'une p^tienea 4 



(IW) 

twil 4(>reuf«. H «ii4«it pftwaonéoient Fétodé et de- 
ViMJt A M* Mi^Jb efforts el à«i persévérance lés connais^ 
sances militaires qu'U avait acquises. llaSsflee eoàsâls; 
souvent excellents» étaient rarement suivis par les 
Orientaux, par les ministres persans du moins, parce 
que son extrême simplicité ne leur en imposait pas 
suflBsamment, que ces derniers étaient jaloux d'ailleurs 
de TinQuettee esereée par an étranger sur le prince 
AbiiM^ifaa et aor son êh al»é la ehali Mohammed , 
et enfin, nous devonf le dÂre» parce qu'il ne possédait 
pas toujours le doQ de la persuasion^ et qp'U jQianquait 
souvent d'à-propos dans ses démarches. 

Sémino semble avoir eu le don des langues, puis- 
qu'il avait appris de lui-même le grec, le russe, l'ita- 
Ken et l'anglais, qu'il parlait presque aussi bien que 
le français, et qu'il possédait aussi le turc et le persan. 
La connaissance de ces divers idiomes, très appréciée 
en Perse, le mit A même de se rendre utile et néces- 
saire ien plusieurs circonstances importantes. Aussi 
ajoutons- nous quelque foi aux assertions de lettres 
écrites, en 1862^ de Saint-Pétersbourg, qui lui attri- 
buent la traduction du français en persan de V Histoire 
de Russie sous Pierre le Grand jde Voltaire, et du tracé 
de plusieurs cartes des campagnes de Pierre I*' et de 
son rival Charies XII, qui accompagnant cette traduc- 
tion, ainsi que de celles qui sont jointes à un Jbregé 
de Vhistoire d* Alexandre le Grande écrit en persan 
par ttafaometr-Ben-Hussein (1). 

(i) Cm 4eii^ onvKi^t, iitpriaiéi à TëWrw m i^So «n i65i; 
ogat <U^ à qe qa*U p«r«iW «fffrlf «n Aon par Gouf^hia-Rluii, prémiat 
djTCiemaa do la iéfation im P«rM à aaiat^Pétanboiirç, à la Biblioi 
thè^ua ûnp^riala da MMa «apicaUi qui 1^ a plaises provitoiramant 



(808) 

• Sémino avait épousé en 18A4 > suivant lé colonel 
€olombari, une Géorgienne» veuve du général polo- 
nais Borowski» dont il a laissé un fils. 



NOTE 

SUE LA POSITIOH DB TBK^BO&TOVB 
BftsVLTAHT DU 0BBIIIEB VOYAGE DU DOGTEUB EABTt| 

PAR M. bVvBZAC. 

(LVt à Là toaÈtà m oioQSAfm im IS avril 1SS6.) 



Lorsque fut annoncée l'arrivée du docteur Barth i 
cette Ten-Boktoue dont la position avait été si diverse-^ 
ment estimée par les géographes» la solution de toutef 
les incertitudes à cet égard paraissait devoir résulter 
des éléments nouveaux dont ce magnifique voyage 
allait enrichir la science ; et quand les journaux pa* 
blièrent une détermination dont les chiffres étaient 
iS"" 3' hS" de latitude nord» et A* 5' de longitude à l'ouest 
de Paris» persuadé que j'étais qu'une position ainsi 
fixée à la seconde près pour la latitude^ était néces- 
sairement le résultat d'observations astronomiques 
très précises» je reconnus humblement » moi qui 
m'étais autrefois beaucoup occupé à rechercher une 
position approximative de la fameuse ville africaine» 

dans la galerie det lÎTre» raraa. Ut doÎTent Itiré partie de la Be<itiofn 
des ouvrages écrits sur la Russie par des ' élrapgers. Le donateur 
les attrUiue à Mourra Seminou^ c*est-Mire Monsieur SeniinoUy 
ÎDEénieur géographe françaiSyrcsidanc à Tihëran. 



( SO») 

que j'étais demeuré» dans mon esUiue si laborieuàe- 
ment coocîuoy bien éloigné de la position Téritable 
obtenue par le courageux et habile voyageur. Cepen<- 
dant, des calculs itinéraires si multipliés^ et faits avec 
tant de soin» m'avaient indiqué si impérieusement le 
résultat auquel je m'étais arrêté, qu'il s*éleva dans 
mon esprit quelque doute sur l'exactitude typogra- 
phique des chiffres imprimés dans les journaux, et 
que je suspendis la eapitulation absolue de mes pré* 
cédentea convictions, jusqu'à plus ample informé ; et 
je donnai à un sélé confrère, qui n*épargne ni soin 
ni dépense pour tenir à jour de toutes les découvertes 
un atlas à la préparation duquel il consacre ses plus 
efaers loisirs, le conseil d'attendre des lumières plus 
certaines avant de faire corriger sur ses cuivres ma 
position deTen^Boktoue, qu'il avait bien voulu adopter. 
La constrocâon graphique des lignes itinéraires 
venant de l'ouest, s'appuyant sur des latitudes obser- 
vées jusqu'à Sami, et sur quelques longitudes égale- 
ment observées jusqu'à l'endroit où Hungo-Park tra- 
versa le Ba-Oolimà (1), m'avaient conduit, il y a 
quelque vingt ans et plus (2), par une série de points 
successivement échelonnés d'ouest en est, à asseoir 
la position de Gény vers 13* S2^ N., et 6* 62VO. de 
Paris, et à conclure Ten-Boktoue par environ 16* N. et 
5* SO' O. de Paris (S). Ces deux points sont liés^ pour 

(i) Eiamen «t rectiacatioD éw potitioos attronomti|aeisait déter- 
ninépt en Afntpe par Mongo-Park; dans le BMetin de la Société 
de yéo^TÊphie de féwnet Te34. 

(a) EaameQ des • Remarqiiet et recherches {{^ographiqnes sur le 
'Voyage de CailKé, » In à la Société asiatique le 3 octobre i83i. 

(3) Aperça des parties eiplorées du Iliger, et de celles qui restent 



moiy par dn matimum ée dMtaace de IM mAk» gè<K- 
gr«phique9 eb ligne droite», rfeuiteiit de' mon «p*« 
préciiGilH)0* raîeomaée de là i««ie effeotife de €afflHé^ 
OifDtrèiée far l'évaluatioè MOMijciim dés lîi ik dotaeé 
jouraéee de manche (1) comptéet par les indî^ÉHe: 
entre lee deox Wiles. 

La diflRépeiMe entre ma poshion de Ten-Bofcloae et 
dfelle qvi est annencie comme résultetit du veyege de, 
Banh r n'est pas meîodre de 160 milles i ti fatidmi 
donc, po«ir ramener ma construction aux condHienitf 
de la position nouf elle , indépendamment de la nuBe 
A Técart de tous les autres éléments de détet mênation: 
employés dons mes ealcols^ opter est re lesdeax tetmee; 
de cette rigenreose alternatif e : on considérer oemmé 
non «fenue la mesure qneyafaîande|itée àbon escient, 
de la distance de Géoj é Ten-ftefcleiie^ ce fni me, 
semble bien diAkilei ou leiseer entraîner par l&dè- 
phveetoeni de Ten^okioue tont le rés0sa des peiasiiMùSr 
liées à celle de €ény» ce ^i me parait fdiiS dés sisenN^ 
nable «neeee» Gependsntr ootume il n*y a rieÉ de si 
brutal qu'un fatt^ el qne c'est folie que éé né s'y peîni/ 
flaesMMtse qnend il est a?éM» j'ettendaîs de noueelUe 
lenûève» sur les délsiaMoatiens de BerÉi^ «fin de me 
dondër ànfei-mèoie, ntien des motifs de deulcr encere 



àrapl#rer; *idt te MNMf c/#6r SociM Je géafnflUé à'êdôt l^f^ 
pag. 80, 81. 

J^Mkttnm M B éU'iJ y ; dut hBêUmimJ^im ^mîM de ff^tmpkU 
de septembre et octobre 1849, p« 177* <«»- BanK^miBiSU iommU 
M 1S04 à Ml CabiMy àB^MV j^f £UcS7 MobkamMcUt'li^ivMf. 
^ lofpnMtioat noaeilUM m 1,790^ k SilU, pM* AfuafflMPMà; dapf 
•oa r%rMf«y «faap* XVI. 



:( S«l i) 

eu résttitàt MiloAté, eu nioîilft une solatiun quelcon* 
qt» de Taketnalive qu'il impliqtiail k l'égard do lîett 
qoî le rarlUcàe à la pemrtioû de GéiÉy. 

G'ett au miKev de ce» mcertiludes encore subslé»- 
âattleB'daiw mon etfitîu que j'ai eu i'ocoawon de jeter 
4e» yeux sur la petite caria de la route de Barth entré 
Sékoto e4 Ten^lokleite, ai neitement èestitiée paf wnté 
habile eesfrère le dceèaor PiMernuao», ai inaéirée dMft 
Je premier cahier de» Mittheilungen nouVeUeiuent pu'^ 
bliées par Justus Perlbes, de Gutba ; c'est précisément 
la route dont Mohbammed-el-Masany avait, en jan- 
vier 1827» donné ritinérabe à Ciapperlon, avec un 
tracé de sa façon (1). J ai pu relever» dans la notice 
dont la carte de M. Pétennann est accompagnée, cette 
remarque, très importante dans la question actuelle : 
« Autant qu'il est à notre connaissance, toutes les po- 
D sitions données par Barlb reposent simplement sur 
)) des calculs d'estime, et point sur des observations 
» astronomiques. x> 

Cette remarque me met fort à l'aise dans l'appré- 
ciation à faire, quant à présent, de la construction 
graphique de la route de Barth. Telle que nous la 
donne la carte de Pétermann, elle se résout en une 
distance totale d'environ 660 milles géographiques en 
ligne droite entre Sékolo et Ten-Bokloue, et cette me- 
sure est précisément celle qui résulte de ma position 
de Ten-Bokloue à l'égard de la position de S6koto 
admise sur les cartes mêmes de Pétcrmann. Je n'ai 

(i) Voir la pièce n* i, dans l'appendice du second Voyage de 
Clapperton. — Voir aussi, dans le Journal de la Société géographique 
de Londres^ les iiinéraires recueillis en i85i par le docteur Bartb, 
tome X2tl, p. 3i5 à ai8. 



(812) 

donc poiol à élever de doute sur la justesse d^ Te^tîme 
du docteur Bartk dans TéTaluation de ses distances, 
ni même de ses relèvements au compas de route; mais 
ne me sera-t-il pas permis de supposer qu*en faisant 
son point il n'aura pas tenu compte de la variation 
magnétique, puisqu'il suffit d'une correction de dé*- 
clinaison pour que sa ligne de route vienne s*encbâs* 
aer exactement dans l'espace que lui avait réservé ma 
construction ? 



(Sis ) 

TVovTelles et eommiinleatioiis. 



BXTBAIT b'oUB LBTTBB 
DB M. IB COMTB d'bSCATBAC DB LAVTUBB A M. JOMABD. . 

Le Gairei a5 avril 1 855* 

Monsieur, 

J*at eu l'honneur de vous adresser dernièrement 
on trayail relatif à la canalisation de l'isthme de Sues* 
J'aurai encore l'honneur de tous envoyer prochaine- 
ment et successivement quelques vocabulaires des 
langues nubiennes» bychariennes, fouri, wadayi, etc., 
et du dialecte des Ghadjar ou bohémiens du Caire, 
langue pYesque perdue, et qui ne me semble pas d'ori- 
gine sanscrite, ayant une forme très sémitique et pas 
de mots sanscrits* 

Les vocabulaires seront précédés d'une introduction 
expliquant les procédés employés à les recueillir et 
à transcrire les mots ; ainsi que l'exposé d'un système 
particulier de transcription applicable à toutes les 
langues. 

Chaque vocabulaire comprendra en moyenne 
1 000 mots dont 200 verbes, 80 adjectifs, 80 préposi- 
tions ou adverbes» etc. Chaque vocabulaire sera pré- 
cédé de rénumération des consonnes et voyelles 
employées par la langue reproduite. 

J'exprimerai la quantité, l'accent s'il y a lieu, la 
tonalité même par des signes convenables* 

Les vocabulaires seront suivis chacun de conjugale 
sons, déclinaisons, etc. Je rechercherai lea fondes 
verbales, etc. Je donnerai une petite syntaxe. 



(III) 

Enfio je ilonn^rai des dialogues» de* récits ou des 
chansons nationales. Chaque travail séparé emploiera, 
si le vocabulaire est en r!ouljle colonne, 30 pages; 
s'il est en colonne id'oo^lê'f M pégM Je placerai en 
refcavd ckesid^t^fmlf «os rap^Mbémaat»^ queiqsts 
observations» 

P. S, Pas de nouvelles géographiques ptfuf le mo- 
ibent, sft ee nr^estla ewié chf Fnthmé et éa eanrf d^es^e 
par M. Linafit, er qui sera UeiMdt pfèlcf. 



(Nouvelles cpinmaniqu^ea par M. Jomard d'après M. Pétermanp.) 



l>êf tk êiwril 18(6. ^ Le dù«tetit ¥^«#1 es» pffflv d« 
RMba * hi fin dsa iwvéï^fcfrtf dMs; k ^etlion 4» Zî*^ 
dev ; i^ wAi écril «k Kmo I# 14 «HMtoe^ De Wft eAo*, 
sans le savoir, le docteur Barth était parti de ilâMO, 
s« idirigMkit à l'e^^ pH«i#é«fenS^por t^fMAie cfcnaih, 
L# 1** déosHiWr 'iM#i . ^ se M^l rén^iMNréS' à. 
BiffM|i.-Oi) ptaïui {«i^r de 1« sèiairticw qw'èfroovt le 
ckodteOT V«ge^ eMfA«i«la#t la ffbàvrikr Ar la mort de 
son compagnon, iM^CffisUé' qui kw *ta«f éM ai»<ll«liiéo 
à^ pkwMUft re)iinsëii ftoiidî tfst * M «iBe» arlfamiMds 
au nord-esi de Rmmv at à 60 liiiUiB è l'ouest ée 
KmAui# Celte noveeUe, écnle Iw cvayMitar mu feeîUet 
de pféer» a ilè tut «te^etniii^ totoeiaèw pw oai expeèe 
au colonelr HkwÊmwÊif k TeipeK^ 



Pendant plus de deux ans, le docteur Barth n'afaît 

• 4 • « »'• • •••11 

jamais eu le moindre commerce avec des Européens» 
^ Il revient e» E<i A>fye pvr iMMiteiik et Tripoli. 
^ Le AodMr Voi^i parstste à eMfnftier ibil "^àgtei 

il ée poi«e àxÊÊ^ le Md pleitt de Mtué^ de forsf et 

28 avrâ 1865. — M. Pétermann a reçu une lettre' 
directe du docteur fiartb.'Ûn y lit que Tqiâbouctou 
est appelée .pat les habitants ta Reine du désert. ' Le 
docteur» £ partir de cette nlle^ a Suivi la rive droite 
du Kouara; il s^eat porté au sud» puis i SaUiatou par 
une ligne courbe» Son s'éjour à Tombouctou a été 
(i*uu.an; accompagné de soudis et d'angoisses; il a 
suivi le fleuve jusqu'au paralTète de Sakkatou ; sur le 
fleuve il a vu d'innombrables navires» servant au grand 
commerce des Touarik$ ; cç commerce se dirigé vers 
Touest, l'est ef le nordi rarement vers le sud et vers 
la Guinée. Les habitants apprirent du docteur Bartb, 
avec une' admiratioif sani bornesi quel était le com- 
mencement et la fin du grand fleuve. Il a été bien 
reçu j»a?teut^etea l'a seUkûé «veMaenl de rosier 4ans 
le pays, ou bien d'y revenir par cette voie. Le docteur 
appofté avêô Taï leâ barteâ qu'il à dressées. Il avait 
appris Theureuse islsue de l^ezpédilion dfe la^cbadda. 

C'est avec cbagnn et une sorte dindignation qu'il 
a ftppriJB qif^ôû àvaft fép&h'da lé bfùît dé sa mort. 



(31«) 

pbPVtkrion chinoise db la camfoemib. 

• • • » » j » ■ 

On Ç8tim9 i 50 000 le chiffre de^ GbmoU acta^lle- 
qaenl iixé$ en CaUfornie« lU occupent à San Francisco 
un quartier particulier et sont au nombre de 7 000. 
Tous les jours des navires en amènent par centaines. 
La plupart se livrent au commerce et ouvrent de 
petites boutiques. En général ils appartiennent à la 
classe la plus grossière et la plus misérable du Céleste 
Empire, et se distinguent par leur malpropreté, leurs 
vices, leur passion pour le jeu et leur insubordination. 
Non-seulement ils sont en hostilité habituelle avec 
les émigrés des autres races, mais ils sont fréquem- 
ment divisés entre eux, et ces divisions de partis ou 
d'intérêts donnent lieu à de funestes collisions. Ils se 
livrent de plus avec fureur à l'usage de l'opium et des 
liqueurs fortes, en sorte qu'en présence de tels germes 
de destruction et du peu de tendance qu'ils ont à se 
mêler avec les autres colons, on se demande s'ils fon- 
deront en Californie une populatjkOn durable. 



DfoABT DB V. A. OB Q0BIKBA1I POVB LA PBBSB. 

H. Arthur de Gobineau, premier secrétaire de l'am- 
ba.'sade extraordinaire que le gouvernement français 
vient d'envoyer en Perse, et qui s'est fait connaître 
par des travaux d'ethnologie fort importants, et notam- 
ment par un Essai sur VinégalUé des races humaines^ 
se propose de profiter de son séjour dans ce pays, 
pour poursuivre è^s recherches sur la distribution des 
langues et des races. Préparé par de fortes études 
commencées en Allemagne, il est à même de rendre 



( M7 ) 
de grands services à la science. La Perse est aujour* 
d'hui le pays le plus inléressant à étudier sous le rap- 
port des races, puisque c'est en quelque sorte le ber- 
ceau des nations indo-européennes» ou tout au moins 
le premier siège de leur développement. Les progrès 
que la connaissance du zend a faits, grâce aux travaux 
de MM. Grotefend, Lassen» E. Burnouf, Spiegel, Appert, 
les notions plus exactes dont on est auJ4)urd'bui en 
possession sur les origines de la religion perse et sur 
les populations aryas, sont autant d'éléments qui 
promettent aux efforts de M. de Gobineau d'heureux 
succès. 



(1M6) 

wmm ifô nu Piorosis Pii u sqciéti «e fiÉMUNU 

1855. 



'Prix ammd pour la découverte la plus importante 

en géographie, 

9 

La Société offr^ sa grande médaille d'or au voyageur 
qui aura fait» en géographie, pendant le cours de Tan- 
née 1863, la découverte jugée ta plus importante parmi 
celles dont la Société aura eu connaissance ; il rece- 
vra» en outre» le titre de correspondant perpétuel, s'il 
est étranger» ou celui de membre» s'il est Français» et il 
jouira de tous les avantages qui sont attachés à ces 
titres. 

A défaut de découvertes proprement dites, des mé- 
dailles d'argent ou de bronze seront décernées aux 
voyageurs qui auront adressé pendant le même temps 
à la Société les notions ou les communications les plus 
neuves et les plus utiles au progrès de la science. Ils 
seront portés de droit» s'ils sont étrangers» sur la liste 
des candidats pour les places de correspondant. 



n. 

Prix pour les découvertes en Afrique* 

Ce prix» fondé par la Société de géographie» et auquel 
le Uinistre de l'instruction publique s'est associé» ainsi 



que le Ministre du commerce, de l'agriculture et des 
travaux publics, consiste en une médaille de la valeur 
de 4500 franet, ausceptible d'aocroÎASAiBent par la 
^U3fCripUoo (jm demeure ouveTte au local de la Société. 
Il sera adjugé aM iK>y^gaMr ^l ^^ ^^^^ rendu de 
la colopi^ 4w Séjoégal m Àlg^ie ^ ou de l'Algéxie à 
la colonie du Âipégal, oa pa3saat p^r T«mJl)ouctou, 
et qui» w V^fn» temps, aura rappojrté des itinéraires» 
jejt r^cu^ilU .<^s o^SierYaliona ijneuves au^ Je^ caravanes 

41^ toav^raQot çj^nx^ partie du 3aJbia.ra» 



m à Vt, Prix /ondes par n. Antoine d^Abb4Dib (1).' 



Dt 



Une médaille de la Talear de 530 francs : 

Pour W Toyage sur le Nil Blanc ou sur ses riyes, 
en amppt di^ parallèle de 4* 10' de latitude nord. 

0» de?ra douïmrla r^lationL du voyage çt déternjiaçr, 
par des observation ^ÇilrQUcwiqvçi^t Tét^pdue de la 



loppement des snjeu de ]^rii, o** III à YI. 



( â2» ) 

.. IY„ Yy VI.: . j . ,. 

Trois médailles de la valeur de 100 francs chacune : 

' 1* t'our là mesure des débits comparatifs du fleuft 
Blaûc et du fleu?e Blea à Rhartoum. 
2* Pour la mesure des débits comparatifs du Saubat 
et du Keilak près de leurs embouchures. 

' S* Pour la mesure du débit du fleuve ordinairement 

suivi en amont du lac T^u» en le comparant au 

débit de l'affluent qui lui est i peu près parallèle 

du côté de Test. 

La condition pour chacun de ces trois derniers prix 

est de fournir tous les détails de l'opération, afin qu W 

puisse se rendre compte du degré de confiance qu'elle 

mérite. 



¥11. 

Nîi^eltements harométriques* 
Médailles d'or de la valeur de 100 francs chacune : 

Deux médailles d'encouragement 9ont offertes Uux 
auteurs des nivellements barométriquèa les plus éten- 
dus et les plus exacts faits sur les lignes de partage des 
eaux des grands bassins de la France. 
• Les mémoires et prdils» accompagnés deaeotéset 
des éléments de calculs» devront être déposés au ba- 
rreau de la Commission teuÊnltt au plus ttaidy le/8i dé^ 
cambre 18jM« •. t . ,.. . 

Les fonds de ces deux médailles oU étélaks par 
M» Perrotf meelbre de la Société* 



(821 ) 



IkeUm de la Seelété. 



EXTRAITS DES PROC ES -VERBAUX DES SÉANCES. 



Séance du 13 aigrit 1855. 

Le procès*verbaI de la dernière séance est lu et 
adopté. 

M. le professeur Anger» secrétaire de la Société 
orientale de Leipzig, remercie la Société de l'envoi de 
son Bulletin et lui adresse la suite des publications de 
la Société orientale. 

H. de Angelis, correspondant de la Société à Mon- 
tevideo, lui écrit pour lui offrir une Notice sur la navi- 
gation de TAmazone, qu'il vient de publier en réponse 
à un Mémoire de M. le lieutenant F. Maury, officier 
de la marine nationale des États-Unis. — Renvoi à 
M. Isambert pour un compte rendu. 

Le même correspondant rappelle à la Société l'envoi 
qu'il lui a fait précédemment d'un Mémoire sur le 
détroit de Magellan ; cet ouvrage n'est pas parvenu 
à la Société. 

M. le marquis Godefroy de Ménilglaise écrit à la 
Société pour lui faire hommage de sa chronique de 
Gaines et d*Ardres, qui s'arrête à l'an 1203 et jette 
une vive lumière sur les mœurs et les institulions du 
XII* siècle. — Renvoi à M. Poulain de Bossay pour 
un compte rendu. 

H. Vattemare adresse le à* volume du Documentary 
hislorf oj NewYork^ et il prie la Société de lui re- 
iz. MAI. 6. 22 



( 332 ) 

mettre en échange de ce don la suite de son Bulletin 
pour la Bibliothèque do TÉlai de New-York. 

M. Jomard communique une lettre de M. le com- 
mandant Faidberbe, gouverneur du Sénégal, annon- 
çant son second mémoire sur la langue sarakbolé» 
formant la suite de son premier Mémoire sur la langue 
sérère» communiqué à la Société dans une de ses 
précédentes séances, et inséré par extrait dans son 

Bulletin. 

A Toccasion de cet envoi . M. Jomard propose de 
convoquer, aussitôt après l'Assemblée générale, la 
section de publication» afin de faire un rapport sur 
rimpression des septième et huitième volumes des 
Mémoires. Les deux dictionnaires et grammaires 
sérère et sarakholé de M. Faidherbe. les voyages 
de Benjamin de Tudèle. le voyage portugais au 
Congo • d'après un manuscrit de la Bibliothèque 
impériale . enfin le texte de Marco -Polo, signalé par 
M. Paulin Paris» peuvent servir à compléter le septième 
volume et à former le huitième. Cette proposition est 
agréée. 

M. le secrétaire lit la liste des ouvrages offerts à la 
Société, 

M. de la Roquette offre, de la part de la Société 
météorologique de France , la collection de son 
Annuaire, et demande que la Société lui adresse en 
échange la A* série de son Bulletin. Cette proposition 
est adoptée. 

Sont présentés comme candidats pour faire partis 
de la Société : M. Khalil Bey. commissaire de S. A. 
le vice-roi d'Egypte près de l'exposition universelle» 
par MM. Jomard et Guigniaut, et M. Erhard Schieble» 



( S28 ) 

graveur-géographe, par MiM. de la Roquette et V.-A. 
MaUe*BruD. 

M. d'Aveaac présente quelques observations sur 
l'esquisse de la route du dootour Bartli entre Sokoto 
et Ten«Boktoue , qui reposant uniquement sur den 
calculs d'estime» ne peut être considérée, dans son 
tracé actuel, comme offrant une détermination défini- 
tive de la position de Ten-Bokioue, 

M. Vivien de Saint-Martin commence la lecture d'un 
exposé historique de l'exploration de l'Afrique centrale 
par HH. J. Richardson, Barth, Overweg et Vogel» et des 
résultats de cette exploration. 

M. Gamier lit la relation d'une excursion dans 
TArancanie, province méridionale du Chili, faite en 
octobre 185A, par M. Delaporte, directeur de l'école 
nationale d'agriculture, à Santiago. 



JsHmblée général du 27 auril 1865, 

sous hk PBÈSIDBNGB D£ M. LKFBBVBB-DURUFiii 

Sénateur. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

MM. les directeurs des DépAts de la guerre et de la 
marine adressent à la Société la suite des publications 
faites dans ces deux établissements. 

H. le président de la Société Ecologique d'acclima- 
tation remercie la Société de la récompense qu'elle 
vient d'accorder à M. de Montigny pour le zèle persé- 
vérant avec lequel il a doté la France de tant de nou* 



(m) 

velles richeases ; il offre en même temps à la Société 
un exemplaire de la gravure du beau dessin ^des Yaks 
fait par M"* Rosa Bonheur. 

M. le baron de Hammer-Purgstall adresse à la Société 
trois de ses nouveaux écrits^ extraits des IMmoires de 
l'Académie impériale de Vienne. Le premier est une 
Dissertation sur le chameau, et les deux autres «ont 
relatifs à la géographie arabe de l'Espagne. L'autei^r 
signale la différence qu'il a remarquée entre les articles 
al et a des Espagnols et des Portugais» et celte décou- 
verte lui^paraft devoir servir de leçon aux otientaUstes, 
qui ignorent la différence essentielle existant entre 
les lettres solaires et les lettres lunaires. 

M. Imbert des Mottelettes fait hommage a la Société 
d'un extrait de son grand atlas d'histoire «loderne» 
présentant l'Europe à des époques successives» ainsi 
que les limites de ses diffi&rents Étets, depuis la paix 
de Westphalie, base des traités, jusqu'à nos jours. 

M. l'abbé Dinomé offre à la Société un opuscule 
qu'il vient de publier sur les informations obtenues 

. ; depuis la fin du xviu* siècle, au sujet de l'Afrique 
septentrionale, comparées avec les découvertes faites 

' jusqu'à ce jour dans la même région, 
i M. le secrétaire communique la liste des ouvrages 
déposés sur le bureau. 

. Des échantillons d'igname de la Chine, du poil de 
l'yak et des cocons du ver à soie du qhéne, emportés 
par M. de Mootigny, ont été égalemjexxt déposés sur le 
bureau par les soins de la Société zoologîque d'accli- 
matation. 

VL le président proclame les noms des membres 
admis dans la Société depuis la dernière Assemblée 



i ■? 



I I 



( 826) 

géaérde, ot il préBenLe avec M* Jomord, comme can- 
didats» IL Tamiral Romam^-Deafossé» et M. le comte 
de Grossolles-Flamarens, sénateurs. 

M« Lefebvre-Daruflé^ qui préside FAssemblée en 
Tahaence de M. le ministre de Tinstruction publique, 
trace dans son discours un tableau des dernières dé- 
couvertes g逻grapfaiques, et fait entrevoir les progrès 
qui résulteront pour la géographie de la guerre 
d'Orientp des nouvelles communications avec la Chine, 
des travaux des archéologues dans l'Asie Mineure, de 
la recherche de Tor sur le continent australien, du 
dévouemisnt des voyageurs dans l'Afrique centrale, 
des tentatives des explorateurs des solitudes de TAmé- 
rique méridionale dans un but de commerce ' et de 
chilisetion, et enfin de la circulation de la pensée 
humaine autour do monde au moyen de la télégra«> 
phie électrique. H. le président termine son discours 
en exprimant le désir de voir la géographie se popu* 
lariser en France, et il recommande au patronage 
éclairé de la Société les ouvrages qui tendraient à 
rendre attrayante pour tous l'étude de cette science 
(p. 241). 

M. Jomard , au nom d'une Commission spéciale , 
fait un rapport sur le concours au Prix d'Orléans 
pour l'import&tion la plus utile à ragriculture, à Tin- 
dustrie ou à l'humanité. Ce prix est décerné à M. de 
Monligny, consul de France à Schang*bal et Ning-po, 
pour son lèle persévéï^ant k doter la France de l'yak, 
des vers' à soic^ du chêne, de l'igname-patate et de plu- 
sieurs autres plantes précieuses de la Chine (p. 260). 

M. Dauss5^, au liom d'une seconde Commission, fait 
un rapport sur lé concours au Prix annuel pour, la 



( 826 ) 

découverte la plus împortsnte en géographiei D'aflrès 
les cQnclMfiions de ae rapport» la Société décerûe sa 
grande médaille d'or à M. le capitaine Mac^Clure pour 
sa découverte du passage nord^ouest, et une grande 
médaille d'argent a M. le capitaine Inglefield pour ses 
découvertes dans les régions arctiques (p. 260). 

M. Jomard lit un Mémoire de M. le comte d'Escayrac 
de Lauture sur le canal de Suez» et sur Tinfluenoe que 
son ouverture doit exercer sur le commerce et la 
civilisation (p« 27k)* 

M* de la Roquotte lit une Notice nécrologique sur 
H. le général Sémino» ancien correspondant de la 
Société en Perse » auquel la géographie doit d'impor- 
tants trayaux sur cette contrée (p. 2Ô8). 

M. Jomard lit le Programme des prix proposés en 
1856 (1)» et il présente la 2* série des Instructions ré» 
digées par la Société pour les voyageurs» 

Le tem|is a'a pas permis da lire la ralatUm d'une 
excursion dans TAraucanie par M. Delaporte, 

L'AesemUéfl» conformément & ses statuts, procède 
4 l'élection des membres' du bureau de la Société et 
au renouvellement de la Commission centrale» Sont 
élufl : 

Pour le bureau : 

PrésidëHii . » . . H. LBFËaVAtt^Di!titvi:.È , Sénateur. 
, . , I M. le géftétfti Aiï^icit, sénateur. 
^ (M. Pauiih Tktktav. 

f M. le général AtJvnit. 
* ' ' ^ M. ViviBN tn Saint ^MABtiN. 

Secrétaire. .... M. CoatAiilBMt. 

(i) Voir ee PfeftaAiaa) |^. 3i8v 



($Î7) 
PoQt la CommiMion centrale î 

MM. A. d'Abbadie, Albert -Môntêinont, général 
Aupiek, général Auvray, d*Ave2ac, Alex. Bonneau, 
Constant Prévost, Cortainbert, Daussy, Alfred Demer- 
say, Gustave d'Bichthal, comte d'Escayrac, de Fro- 
berville, Gatuier, Guigniaut, Isambert, Jacobs, Jomard, 
Gabriel Lafond, de h Roquette, Lefebvre-Doruflé , 
Lourmand, V.-A. Malte-Brun, Mauroy, Alfred Maury, 
Morel-Fatio, Morin, Noël des Vergers, Poulain de 
Bossay, Renard, V'*de Santarem, Am. Sédîllot, Paulin 
Talâl)0t, Trémaux, Vivien de Saint-Martin et Meignen, 
notaire Irésorier. 

La séance est levée à onze heures. 



Séance du & mai 1855. 

Le procèa-vérbal d« la dernière séance est lu et 
adopté. 

Mé le ministre de l'inatraetion pubKqoé transmet 
une lettre do M. le ministre de la marine et des oolo» 
nies, relative au sujet de prix proposé par la Société 
pour un voyage d'exploration dans rinlérieur de 
l'Afrique. 

M. le général Aupiek, nommé vice-président, et 
.U. Cortamberi» nommé secrétaire de la Société à la 
dernière Assemblée générale» remercient la Commis- 
sion centrale de ce témoignage d'estime et promettent 
de ccHicomir à tes utiles travaux. 

M^'* Burton écrit à M. le président pour lui adresser 
de la part de son cousin , M. le lieu tenant Richard Burton» 
voyageur en Afrique, un Mémoire sur la route de 



(328) 
Zeyla q.IUror» <(u'il.s^ pftrGouk*ae;datis ses depniM'es 

M« Parles, mamUre de rû^slrj]tti«ite pùbliqae, fait 
hommoge.ii la Sociétàd'ua peiit livraayant pour titre: 
ÉniftfiératioH poétique (les dépariemwiis français. L'au" 
teur s'Q3timQ heurcuj^ d'Mre entré. d'avaoce en partie 
dan3 la penséje manifea(ée paf M. LeCebnre^Duruflé » 
daps son discours d'ouverUipe de l'Assemblée générale 
de (a Société du 27 avi:i], aur lutilité de propager le 
goûl des études géograpbicfues en France, 

M. Ale^. fioQoeau écrit à la Société pour lai offrir, 
de. la. pari des éditeurs, le premier tolume du grand 
Diciionnaire de géographie uoiYâraeile ancienne et 
moderne publié par M« Sescherelle» et en son nom» 
un muuiéro de la Reme coniemporame renfermant ses 
éludes sur la grande question de la canalisation de 
ristlime de Suez. 

M, le secrétaire communiquer la liste des oavrages 
d,épo^ sur le bureau* 

Mt Tamiral ftoiui»~PBSffosSis et Mé le comte os 
Gapssoia-RS-F&AiiAaJiRS, séoateura» présentés à la der«> 
niére séance» sont admis dans la Société. 

M, le baron de FourcaeiNt» aéaateur« et lf« Nou- 
garéde de Fay^t» sont proposés comme candidats par 
MM« Iieffb^e<4>uruflé et Jomard. . 

M. Isambert rend compte de l'ouvrage que M* de 
Angelis vient d'adresser a la Société sur la navigation 
de TAmazone» D'après les observaAioos qui lui sont 
faites par quelques membres» M. Isambert consent à 
modifier la ràdaclion de son rapport avant de 4'insérer 
au * Balletîa* 

M. Joniard donne les nouvelles de l'expédition de 



( 829 ) 

TAfiique oeotEale qui lui sont ^ainreftued par M. Péter- 
mann en date des 25 et SS avril; Le efocteur Yogel et 
le dodeur fiarib» l*un parii de Kano le 2i octobre, 
et l'autre deKouka à la fin denotembre, se dirigeant 
l'un à Test et l'autre à l'euest, se sont rencontrés à 
BuDiK le 1*' décembre. Le dbcteurBarth n'avait jamais 
eu de commerce avec les Européens depuis plus de 
deux ans. Il revient en Europe par Mourzouk. Le doc- 
tecur Vogel conlinoe son voyage dans le sud. Une 
lettre directe du docteur Barth à M. Pétermann donne 
de curieux détails sur le grand fleuve de Tombouctou. 
Ce voyageur a re^u un bon accueil dans le pays et il 
a été iofilé par les habitants à y revenir par cette voie. 
— * Renvoi de ces détails au Bulletin. 

Le même membre communique une lettre de M. le 
comte d'Escayrae au sujet des vocabulaires africains 
dont il s'occupe au Caire, savoir: les langues nu- 
biennes» bichariennes, du Darfour el du Waday, le 
dialecte des Gahdjar ou bohémiens du Caire» langue 
presope perdue et de la famille sémitique ; cbaque 
vocabulaire aura mille mois et comprendra une petite 
syntaxe. 

M. Mougel-Bey a terminé le rapport des ingénieurs 
du canal des deux mers. — Renvoi au Bulletin, 

Le même membre communique, d'après M. Péter* 
mann» des détails sur l'hydrographie de l'Afrique 
intérieure. -^ Renvoi an Bulletin. * 

Enfin il fait connaître le résultat des dernières opé- 
rations faites par M. de Vemeuil, géologue, pour déter- 
miner la hauteur absolue du plateau de Madrid. Celte 
capitale est à 668 mètres au-dessus du niveau de la 



( S80 ) 

mer. M. de Humboldl Tatàît déterminée A 66S mètres, 
et lôs ingénieurs espagnols à eùfiron 80 mètres de 
moins. 

Sianee du \% mai 4965. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et 
adopté» et il est donné communication du procès- 
verbal de la séance générale du 27 avril. 

M. le ministre de l'instruction publique écrit à la 
Société pour la remercier du titre de président hono- 
raire qu'elle vient de lui conférer ; il ajoute qu'il sera 
toujours heureux de s^associer à ses utiles travaux et 

* 

de seconder ses efforts. 

M. Paulin Talabot remercie également la Société 
pour sa nomination de vice-président; il s*empressera 
de concourir, en tout ce qui dépendra de lui , aux 
travaux qu'elle poursuit avec tant de persévérance pour 
la propagation c^es sciences géographiques. 

M. Trémaux adresse les mêmes remerciements pour 
sa nomination de membre de la Commission centrale. 

M. le docteur L. Coddcy écrit à la Société pour la 
prier de lui procurer de l'écorce du moucennah qui a 
la propriété de guérir du ténia , et dont il a été fait 
mention dans une lettre de M. le docteur Perron, 
insérée xians le Bulletin du mois de décembre ISSA. 

M. le consul général de France à la Havane trans- 
met à la Société une lettre de M. Esteban Pichardo, 
avec la 3* partie de la Géographie de Vile de Cuba 
publiée par ce savant. 

» 

H. le secrétaire lit ta liste des ouvrages offerts à la 
Société. 



( 881 .) 

IL JoiBftrd offre» de la part de reubeur» M* Alexandre 
Wilcocks, un Essai sur les maréee. M* Daussy est prié 
d'en rendre complet 

La Société admet au nombre de ses membres M. le 
baron de FouaniifT» sénateur, el !!• NovoiakoB db 
Fatbt. 

M. Pinondel de la Bertoche , ancien membre de la 
Société» est présenté de nouveau» comme candidat» 
par MM. de la Roquette et Noël des Vergers. 

La Commission centrale complète ses trois sections 
avec les nouveaux membres élus à l'Assemblée géné- 
rale du 27 avril* 

S0ction de correspondance : MM. le général Aupick » 
le général Auvray, Alex. Bonneau» d'Eichtbal» Morin» 
Renard et Vivien de Saint-Martin. 

Section de publication : MM. Lourmand et Trémaux. 

Section de comptabilité: MM. Lefebvre - Duruflé et 
Talabot. 

M. de la Roquette annonce que les médailles des- 
tinées à MM. Mac-dure» Inglefield et Gallon sont par- 
venues à la Société royale géographique de Londres» 
et qu'elles seront remises aux lauréats» en séance 
solennelle» par le président de cette Société. 

Le même membre annonce que le conseil de la 
Société royale géographique de Londres a décidé que 
la médaille d'or Victoria serait décernée» cette année» 
au docteur David Livingston pour ses explorations» et 
que le surplus des rémunérations royales, serait accordé 
au voyageur suédois Gb.-J. Andersen» pour ses explora- 
tions dans l'Afrique méridionale» particulièrement 
pour celles qui s'étendent de Tounabis au lac Ngami, 



( 3S2 ) 

pour sa descripiion du lac lui-même et pour avoir 
remonté la rivière Toghe. 

M. le secrétaire donue lecture du Mémoire de 
M. Richard Burlon'sur la route de Zayla à Harar 
dans l'Afrique orientale. Ce document est renvoyé au 
Bulletin^ après quelques observations ajoutées par 
M. Jomard sur le cnfé et les étoffes du pays des Gallas. 

D'après le désir exprimé par M. Lourmand» le pré- 
sident renvoie A sou examen le petit livre de M. Portes 
sur VEnuMértUîon poetiqut des départements français, 
' Le même membre émet le vœu que la Société pro^ 
ûte de l'exposition universelle qui attirera un grand 
nooijbre de savants étrangers ù Paris, pour proposer 
la formation d'un congrès scientifique dajQs le but de 
s'occuper de l'uniformité des poids et mesures. Cette 
proposition est ajournée. 



» • 



il 



1 » 






I ' 



( in ) 



OUVRAGES OFFERTS 



DAMS LES SiiNCES D' AVRIL ET MAI 1855. 



i I 



» I 



EUROPt:. 

Tïlrel des ouvraje$, JDouaUst^rs. 

ÉiiMl«i mir le Pélopdn^se, par £. Beulé^ ancian mflmbrs 4éi f cools 
^'Athènes, pftbljé«i lou» le» aitspicei du ministère de rio^racfioii 
publique, i vol. in-8^ Paris, 1 855. F. Didot. 

Cbronii|ue de Guines et d*Ardres, par Lambert, curé d^Àrdres, 918- 
I ao3. Textes latin et Français en iregarJ, revus sur'buit manustnits 
avec notes, cartes, glossaires et tables. 1 voK in*8*< Fatis^ lM5< 

Le fiM 9B Oppkfroy yUauiouusu. 

Ênuméraiion poétique des départemeuls fraudais. Br. ia-8*. Ra- 
gnères, 1854* M. Portes. 

Ueber die arabische Géographie vonSpanien. Brocb. in-S". — Uebcr 
die arabiscben "Wôrter im Spanischen. Br. in*8*. 

Baron de Hammbr-Purostall. 

AFRIQUE. 

Coup d'oeil rapide sur les informations obtenues depuis la fin du 
xviii* siècle an sujet de Tintérieur de l'Afrique septentrionale, com- 
paré avec les découvertes faites jusqu'à ce jour dans la même 
région; suivi de réflexions sommaires sur le cours du Rouara, 
vulgairement appelé Niger, et sur l'hydrographie de l'Afrique cen- 
trale au nord de l'Equateur. Br. in-8*. Orléansi i855. 

L'abbé DiHOiiK. 

Richesse minérale de l'Algérie^ accompagnée d'éclaircissements his- 
toriques et géographiques sur cette partie de l'Afrique septtn- 
trionale, par Henri Fournel, ingénieur en chef des mines, publié 
par ordre du gouvernement. Tome II, texte, 1*' fascicule. 1 vol. 
in-4*. Paris, i854- Le Miristàrk i>b la odebrb. 



( Mh ) 

AMÉRIQUE. 
TUret des ouvrayes. Donaimm. 

De la oavigatÎQA de TAmai^one. 2lép9Q96 à uq méfpQÎre de M. Maury, 
officier de la marine des États*UiiH. i vol. in«8*. Montevideu, 
1 854* P. DB Amoblis. 

The Documentary History of tbe State of New-Tork ; arran^ed ander 
direction of the hon. Christopber Morgan, secretary of State. By 
E.-B. O'Callaglian, M. D. Vol. IV. i vol. in-S». Albany, i85i. 

M. Al. Vattbmabb. 

Geografia de la Isla de Cuba, pablicase bajo lot auspîcios de la real 
Junta de FonMoio-. Tone III. i Y(d. fii*8*. Habana, id55. 

Don EaTBiAM PWBâRDO. 

Le pilote côtier des États-Unia de fi. et G.-W. Binot;* traduit de 
ranglaia, mil tn ordre et annoté d'aprii les travani bydrogrn* 
phiqoea les pliia récents, par Cb. Pigeard^ lieutenant de Yaitieau. 
I vol. in«8*. Parts, i854« Div6T ns la mabibe. 

OCÉANIE. 

Voyage an Pèle sud et dans rOcéanie sur les conrettea tjttrolabe 
et la Zéléty sons le commandement de M. le capitaine de Taiaaeau 
DnmonCrd'Urville. Zoologie, 3% 4* et 5*yol., i853 et i854; Bota- 
nique, a vol.; Antbropologie, i vol., 1 854 > Gëologie, minéralogie 
et physique du voyage, i vol,, i6S4* "^ Campagne de circumnavi- 
gation de la frégate VAriémise^ sous le commandement de M. La- 
plaee, capitaine de vaisseau, 6* vol., i854. — Voyage en Islande 
et aa Grotoland, sur la corvette /« Retherckt, Journal du voyage, 
par M. E. Mequet, enseigne de vaisseau, i voL in-8*. Paris, t85a. 
^ Considérations générales sur l'Océan Indien, par M. €b. Phi- 
lippe de Rerballet, capitaine de frégate, suivies de la traduction, 
par le même, des Instructions pour la navigation dans le détroit 
de Terres, et accompagnées de prescriptions nautiques pour 
échapper aux ouragans, a* édition. Paris, 1 853. — Considérations 
générales 3ur l'océan Atlantique, par M. Gh. Philippe de Kerhal(et, 
capitaine de frégate, suivies àt% prescripiions nautiques pour 
échapper aux ouragans, et d*un Mémoire sur les ouragans de 
l'océan Atlantique. 3* édition. Paris, i854« Dépôt de la habieie. 



( M6 ) 

CARTES ET ATLAS, 

Tiim$ dès ouvrages. Donatmin, 

L'Europe, depuis la paix de VVestphalie ja9qu'à nos jour», i648-i855f 
dédiée aoa jeunes diplomates. Extrait du (^and atlas chronolo- 
Ijiqva, ^tfogtaphique et géuaalooique d'histoire madame. 5 fawUas. 

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nont, Eiioioges et Nepoléonville. 3 feuilles. Uif&t db la oitbmb. 

M* 1469. NewwTork, ses monillages et ses altérages, d'après la carte 
laivée trigoQomécriqaemani sons la diraotion do P.-R. Hassier, 
surÎDtendant de la reeon naissance doe a6tei des États-Unis. 
I feuille. — M* i^yo. Carte particulière du golfe du Mexique, 
partie eomprita entra la baie de Tumpa et les Bouches du Missis- 
sipi dreuée d'après la carte d'Edmund Blnnt. 1 feuille. 

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1'* livraison. Lbs ÉoiTSuaa. 

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nomètres, suivies d*nn projet d'organisation du service des chro- 
nomètres appartenant è la marine; par M. Aristide Liensaou, 
ingénieur hydrographe de la marine, i vol. in-8^. Paris, r854-'— 
Annales hydrographiques, recueil d*avis, instructions, documents 
et mémoires relatifs à l'hydrographie et è la navigation, publié 
par le dépôt général de la marine. Année 1 853, 9' vol. i vol. in-8*. 

— Annuaire des marées des côtes de France pour l'année i855, 
publié au Dépôt de la marine, par M. Chasalon, ingénieur-hydro- 
graphe. 1 vol. Paris, i855. Dbpôt ob ls mabihb. 

An Essay on the Tides: theory of ihe two ft'orcesi 1 vol. in- 12. Pbi- 
ladelphia, i855. M. Alex. Wilcocbs. 

Das Ramel. Dissertation sur le chameau. 1 vol. in*4*. Vienne, i854* 

Baron de HAMiiBn PoBOsrsLt. 



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lettra* et art) de Booeo, pendant l'année i853-i85^. 1 vol. în-8*> 

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el 1854. — Zeittchrifi der Oent*chen inorgenlandi*chen Getell*' 
cbaft. Année* i8S3 el 1854; et n** i et a de i855 — NouTclle* 
annale* de* loyajiet. Uar* el avril. — Ballelin de )■ Société géo- 
logique de France (i5 janvier-S février). — Bulletin de la Société 
impériale loologiqne d'accUmatution. Min et airil. — Journal 
de* mUaion* érangétiquea. Mar*. — Jonmal d'éducation popu- 
laire. Mari. — Reiue de l'Orienl, del' Algérie et dea colonie*. Avril. 

— Revue contemporaine. 71' livraison. — Journal o( ihe Franklin 
Iniiitute. Février. — L'Aihenaum Françai*. N** i3, i4i l'i 'S 
et (9. Ls* ËniTBuaa. 



ZRIATA DU mUXT» DE HABS ET ATBIL. 



Page ai8, lig. 
Page aa5, lig. 



- lie- 

- lie- 



14, V. Valcrio, iûri .- Tb. Valério. 
I3,aprèi le mot pn'nei)»/, ajoute* ta<nion en 

et dai mon en chinoi*-japoaai>. 
■ 4, King-iu, liiei: Hing-ue. 
18, pak-moUf to-moti, liiei : pai-mon, Id'ini 
■4i pr- jap.i pour firenonciation japonaUe. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DE GÉOCÏRAPHIE. 






JUIN 1855. 



Méniolrai, etc. 



MÉMOIRB sua LA ROUTE DE ZCYLA A HARAR 

[AFRIQUE orientale). 
LBTTltK A M. LB SECHÉTAlRB CENTRAL DB LA SOCIBTI':. 



Aden, le a4 février i855. 

Monsieur, 

Je prends la liberté de ,vou3 adresser ci-joint 
Thumblc témoignage de mon respect pour une Société 
qui exerce son bienveillant patronage sur nous autres 
voyageurs. 

Je fus nommé, le 23 août, par la très lionorablc 
cour des directeurs de l'empire des Indes, chef d'une 
mission plutàt exploratrice que sçiealifiqMe. Un de nos 
géographes les plus distingués, l'amiral sir Charles 
Malcolm , qui nous a été malheureusement enlevé, 
avait depuis longtemps usé de son influence auprès 
de la Société royale géographique de Londres, pour 
se procurer quelques informations sur la région in- 
connue habitée par la nation Çomal (Somali). Le 
iz« JUIN. 1. 23 



( 388 ) 

premier projet connu pour arriver à ce but date de 
Tan 18Û9. Une seule difficuUé se présentait à son exé- 
cution, mais elle était considérable. C'était le mauvais 
renom que s'était acqui» cette nation. 

En 1862 ayant accompli sans encombre le pèleri- 
nage de la Mecque, après avoir visilé Médine. je pensais 
qu'avec la réputation de hadji, je pourrais réussir à 
traverser le pays des Çomals, peuple quasi-musulman. 
Je soumis en conséquence mon projet à lord Elphins- 
tone, gouverneur actuel de Bombay. C'est à ce nom 
si cher à l'Inde orientale que je dois l'heureuse réussite 

de mes efforts. 

Je m'embarquai à Bombay pour Aden, le !•' juillet 
1854, avec un de mes adjudants, le lieutenant Herne. 
Aden était un point favorable à nos desseins d'étudier 
la langue et les mœurs du peuple Çomal. Malheureu- 
sement ceux de mes compatriotes qui habitent cette 
colonie jugèrent défavorablement mes projets; je fus 
représenté comme un voyageur fanatique résolu à 
prodiguer sa vie et celle des autres pour ne recueiUir 
que quelques faibles informations philologiques et 
autres. Les journaux reproduisirent ce jugement, et 
le public étant le maître, je dus céder- à une opinion 
égarée ; autrement j'eusse couru risque de voir mes 
projets chéris brisés par ce petit orage populaire. Je 
fus consolé en partie par deux aimables Français, dont 
je tais ici les noms pour ne pas blesser leur modestie 
et qui m'assurèrent de leur hospitalité si jamais nous 
arrivions à Zanzibar. 

Changeant donc de plan, je détachai le lieutenant 
Speke, un autre de mes adjudants, avec ordre de visiter 
un pays de moins q^auvaise réputation, la région in- 



( 339 ) 

connue d'Ouady Nogal. Et pour prouver la valeur d'un 
hadji, je résolus de visiter Harar (Hurrur)^ cilé célèbre 
de l'Afrique orientale qui a réussi jusqu'ici à fer- 
mer ses portes aux voyageurs européens. MM. Krapf 
et Isenberg, M. Rochet(d'{léricourt), le capitaine Bar- 
ker, le lieutenant Ghristopber (sans nommer une foule 
moins connue), n'ont pu pénétrer dons ce Timbouctou 
de l'Orient. Par précaution je détachai le lieutenant 
Herne avec mission de s'établir à Berbera pour nous 
venir en aide en cas de malheur, et la suite prouva 
que j'avais sagement agi. Le despote de Harar me donna 
permission de pénétrer chez lui, en conséquence, dit- 
on, de la terreur populaire inspirée par mon i< frère x> 
de Berbera qu'on supposait posté pour arrêter les 
caravanes de l'intérieur. 

Le 29 octobre, je me rendis, travesti en vrai Asia-^ 
tique hétérogène, à Zayla, petit port de la région 
çomale déjà connu par la description de M. Rocheti 
et depuis par les malheurs de la belle frégate le 
Caïman. Je fus accueilli avec empressement par le 
gouverneur çomal, El Hadj Scharmarké. Il avait re- 
connu, avec sa finesse orientale, sous le costume de 
marchand pèlerini l'oOicier anglais, et se doutait de 
quelque projet politique. Sa bienveillance était même 
exagérée : je fus retenu pendant vingt-huit jours, 90U4 
le prétexte d'attendre des mulets que j'avais eu soin 
de payer quatre mois d'avance; mais en réalité parce 
qu'ayant répondu pour ip^ (èto au gouvernement 
d'Aden, le bon Scharmarké se trouvait daq^ une posi- 
tion assez critique. Les Çomals de la tribu Eesa ve<- 
naieni, en effet, d'égorger Maçared, un de ses fils ; les 
Gallas des environs de Harar étaient, disait-np, en 



( 3A0 ) 

révolte, les chemins étalent fermés et la petite vérole, 
affreuse épidémie <}ui tire son origine de cette région, 
sévissait sur la ville de Harar. Vous jugerez. Monsieur, 
si, lors de ma halte forcée à Zayla , je n'avais pas 
raison de ressentir les « cnide funeste smanie » propres 
à celui qui, ayant vanté sa supériorité aux autres, se 
voit menacé d^un douhlc malheur. 

Après mainte discussion, en hadji ohstiné, je rem- 
portai la victoire la plus complète. Le gouverneur 
de Znyla se vit forcé de me trouver des munitions de 
voyage, des mulets et quatre chameaux pour ma petite 
provision de tabac, de toiles, de coton, de riz et de 
dattes. Il envoya chercher parmi les Eesa un petit 
chef ayant mission de me servir A'abban. Dans ce pays 
Yalban, qui correspond au gkqfir du Sinai, èLYaik du 
Hedjaz, et au rabia de l'Arabie orientale, se constitue 
guide, courtier, protecteur et écorcheurdes voyageurs. 
Sans sa permission , on ne saurait traverser un mètre 
de terrain et, pour prix de ses services, il demande 
sa nourriture et celte de ses parents, amis et con- 
naissances, de plus des cadeaux de drap et de tabac, 
sans compter les nombreux articles qui éveillent sa 
cupidité. Dans les contrées éloignées de la côte, l'abban 
devient maître de la vie et des biens de son client. 
Enfin l'abban constitue une mode très africaine pour la 
perception des impôts. 

De Zayla à Harar, il y a deux routes. La plus directe, 
qui compte dix fortes étapes dans la direction du sud- 
ouest, traverse pendant liuit journées le pays des 
Eesa, et en deux jours les montagnes des Gallas de la 
tribu Nola. Le Hadj Scbarmacké ne jugea pas à propos 
de ine faire prendre une voie pleine de dangers. Car ces 



( 341 ) 

deux tribus ont liérité de leurs ancôlrcs raboniinnlilc 
' Iiabitude de la mulilalion ; lâches et traîtres, ils reçoi- 
vent l'étranger avec hospitalité» le traversent à Tim- 
proviste d'un coup de lance et celui qui tire le pre- 
mier sang s'empresse de saisir un signe positif de son 
exploit. Alors il se rend auprès de sa femme qui vante» 
en poussant des hurlements de joie, la prouesse du 
maître. Dès lors ce dernier porte comme en décora- 
tion , dans sa perruque toulFue et beurrée, le m bàl d 
ou plume d'autruche symbole de l'héroïsme africain. 
Le héros ne borne pas ses exploits aux hommes; il 
égorge encore les enfants et l'on m'a assuré qu'une 
femme perdrait la vie si Ton avait espoir de trouver 
dans ses flancs un embryon mâle. Les bonnes qualités 
des Eesa sont la générosité et Thabitude de la vérité : 
chez eux le parjure est assez rare. 

La seconde route qui côtoie lu mer dans la <lirectlon 
du sud est plus longue, mais elle est moins dange- 
reuse. C'est celle-là que le bon Scharmarké me fit 
suivre. 

Le 27 novembre 186&, à trois heures après midi, je 
quittai la ville de Zayla pour traverser les plaines 
situées entre les montagnes et la mer. Ma caravane 
comptait une vingtaine de personnes dont la plupart 
portaient des lances, des boucliers et de longues 
dagues. DeuxÇomals de la police d'Aden, qui avaient 
reçu ordre de m'accompagner, étaient armés comme 
moi-même de longues carabines; j'avais de plus deux 
pistolets à six coups (invention Golt), arme qui cause 
le plus grand effroi aux Bédouins. 

Nous traversâmes au petit pas une plaine desséchée 
dont le sol, imprégné de nilre, ne produit rien que 



( 842 ) 

des plantes salines propres à la nourriture des cha- 
meaux. On remarque des « fiumare » où après les 
pluies violentes de la a mousson » africaine , les eaux 
des montagnes forment des torrents dangereux. Le» 
dépressions de celte plaine portent, auprès de la mer, 
Irace d'une inondation récente. A quelque distance de la 
côte, on trouve une végétation suffisant à la nourriture 
des vastes troupeaux de moutons, de chèvres et de 
chameaux qui forment la richesse des Bédouins. Quand 
les pluies automnales ont fertilisé celte plaine, les 
nomades quittent leurs montagnes pour jouir du soleil 
et pour le pâluroge de leurs bestiaux. Mais en élé nul 
être humain ne saurait résister au simoun et aux ler- 
ribles ardeurs de celte région qui se change alors en 
un affreux désert. L'étendue de la plaine peut ôlre 
de 45 à 48 milles anglais (mes. géographique). J'eus 
soin de visiter les campements des Bédouins qui me 
reçurent avec empressement : des tribus hostiles dé- 
vastaient le pays, et dans ce cas un pèlerin armé jus- 
qu'aux dents, habile tireur et un peu magicien tel que 
je leur paraissais, était doublement formidable. Les 
huttes de Çomals, appelées gur'gi, ont une forme arron- 
die au sommet, leur hauteur est à peine celle d'un 
homme; elles sont composées de branches pliées en- 
demi-cercles supportant des nattes tissées par les fem- 
mes. Leur disposition circulaire rappelle le hanl des 
Cafres du Cap. Les petites divisions du centre pro- 
tègent les nouveau-nés ; on parque les vaches ou les 
chameaux au milieu ; les huttes sont disposées a 
Tentour et le tout est entouré d'une haute et large 
haie de buisson et d'épines sèches. Telle est la dis- 
position du rer ou village çomal. Il n'y a d'autre 



( SAS ) 

clôture qu*un monceau de branches d*acacias. Les 
liabitations sont sans luxe; une peau de vache sert de 
lit. Le lait, nourriture ordinaire de ces Bédouins, est 
caillé dans des outres de chèvre et des petits seaux; 
en hiver on trouve dans ces huttes un feu sans cheminée 
et pondant la nuit, le propriétaire , sa femme et sa 
famille partagent l'abri et la fumée avec les Faibles 
et frêles agneaux. 

Nous traversâmes cette plaine, voyageant à la mode 
du pays, c'est-à-dire en paresseux. Les Çoknals divi* 
sent leurs routes engedi ou marches de quatre à cinq 
heures. Une demi-gedi par jour est le maximum de 
leurs efforts. Chemin faisant le voyageur distribue ses 
effets et sa provision aux bonnes gens qui, en effrontés 
mendiants, assiègent sa hutte avec des grands cris de 
wah issi « donne-moi quelque chose ! (1). » Viennent 
des haltes fréquentes sous prétexte de danger, de mala» 
die, de faiblesse. Quand les provisions leur manquent, 
les Çomals sont capables d'accomplir deux gedis par 
jour, marchant assez lestement de quatre à huit heures 
du matin, et deux heures de la soirée. Enfin dans les 
endroits dangereux ils voijs mènent à grands pas 
depuis l'aurore jusqu'à, la nuit. J'ai vu en mainte 
occasion une caravane faire d'un trait 28 milles. Mais 
le voyageur ne doit pas s'attendre à voir souvent des 
exemples d'une pareille célérité. Ces sauvages sont 
mous, faibles et fainéants. Ainsi tout conspire à for* 
mer une chaîne d'obstacles qui ne se rompt que par 
le moyen d'un grand flegme. 

(i) Ainsi les Arabes déaignent satiriquement le pays des Çomals 
par le nom de Bilard tvak issi, — Pa/s de donne-moi quelque 
chose. 



( 3AA ) 

Le 3 décembre nous arrivâmes à la fronlière mé- 
ridionale des Eesa, et nous passâmes quelques jour- 
nées assez conforlables au pied de la montagne qui 
forme le premier gradin de l'Abyssinie alpine. Cette 
chaîne suit la mer depuis Tajouzzat jusqu'à Jerd 
Hafoun (Guardafiin) : sa formation géologique présente 
successivement du calcaire, du grès et des terrains 
cristallins dans les régions élevées. Ici nous trouvâmes 
un climat plus frais, et un pays fertilisé par les pluies 
hivernales. Le 7 décembre nous enfilâmes le lit aride 
d'un torrent, seul zigzng connu par ces nations pri- 
mitives, et nos chameaux, renforcés par une addition 
considérable, grimpèrent avec difficulté un sentier 
pénible parsemé de granités, de grès et degrits micacés 
disposés en gradins ou par grosses masses détachées. 
Les granités de celte montagne étaient tellement brutes 
que le quartz, le mica et le feldspath se trouvaient 
séparés l'un de l'autre. On remarquait des lignes de 
torrents et de cataractes qui se dessinaient sur les flancs 
arides et noirâtres des montagnes. Ce pays se change 
en désert avant la saison des pluies; fertilisé par la 
« mousson )> (juin-septembre), il nourrit à peine une 
faible population de vaches nomades. On y trouve des 
gazelles, des autruches, des couaggas et plusieurs autres 
espèces de bêtes fauves; le daim nain, appelé par les 
Abyssins^ £rm /^r^i7,etpar lesÇomals, Sagaro; enfin des 
petils lièvres et des gros rats. Les lions font Thorreur 
des timides habitants : pendant mon voyage je ne vis 
qu'un seul de ces animaux qui s'esquiva d'un coup de 
carabine porté au clair de la lune. Une espèce de per- 
drix ou plutôt de poule sauvage et connue sous le nom 
de kabk (aux amateurs de la poésie persane), se trouve 



( ihb ) 

sous tous les buissons. Ce qui in'étonnait c'était la 
timidité du gibier dans un pays où les armes & feu 
sont inconnues et dont les natifs alTaDciés détestent la 
volaille. 

Sur ces montagnes nous trouvâmes un terrain aride 
présentant une succession de petites collines couvertes 
d'acacias, de plaines desséchées où les cailloux ser^ 
vaient de gazon et de vallons portant les marques de 
fiumare violentes. La fraîcheur de l'air indiquait une 
altitude considérable et le pays s'élevait à l'occident. 
Ici habitent les Çomals Gudabursi^ petite tribu d'en<* 
viron 10000 boucliers qui, grâce à ses montagnes et 
à ses chevaux , se maintient pied ferme, contre les 
lOOOOOEesas. Ils sont d'ailleurs renommés pour leur 
caractère hospitalier et la vie des voyageurs est chez eux 
en sûreté. Je ne saurais toutefois répondre de ses biens : 
car les Gudabursi sont d'une avidité remarquable ; le 
mensonge, la fausseté et la mesquinerie dénotent leur 
ignoble origine. Ces sauvages sont des Çomals, dit-on, 
de famille bâtarde. 

Du 3 au 23 décembre, nous traversâmes ces mon- 
tagnes, marchant un jour sur cinq de halte. Le 9, je 
visitai une ancienne ville que les Bédouins appelaient 
Darbijrah Kolah ( le fort de Kolah ; ce nom est celui 
de sa reine); il est probablement d'origine galla. On 
y remarque des ruines de mosquées et de tombeaux 
musulmans. La seule tradition que j'aie pu recueillir 
à ce sujet, c'est que la ville a toujours été en guerre 
avec Aububah, sa voisine, et que les deux cités se sont 
mutuellement détruites. Les ruines sont composées 
de pierres, les unes non équarries, les autres taillées; 
l'argile y sert, comme c'est l'ordinaire dans ce pays. 



( H6 ) 

de mortier. Mais la race qut faisait là son domicile 
était bien supérieure aux nomades propriétaires ac- 
tuels du sol, qui regardent les restes des a^fiva/iii (les 
anciens ) avec un œil craintif et slupide. Les Oulémas 
de Harar n'ont pu éclaircir mon ignorance sur ce sujet 
qui n'est pas sans intérêt. Le 11 décembre, je visitai 
Aububab dont les ruines se réduisent à un petit dôme 
d'architecture grossière où glt un sckaykh musulman. 
Les Bédouins donnaient le nom d'Aububab à la ville» 
au vallon, au saint. Cependant le savant Scbajcb Tami, 
dont je fis la connaissance à Harar, m'assura que ce 
personnage était de la famille d'Abu Zerbay (Abou 
Zerbin) qui , en Tan 1&29, enseigna aux Arabes les 
luies africains du café et du caî. J'eus soin de faire 
mon pèlerinage près des resles d*un saint si amateur 
du confortable. Il repose auprès de la porte méridio- 
nale de Zayla. 

Le 1& décembre, étant campé sur les bords de la 
grande vallée Ilarawwah, où, disait- on, les éléphants 
broutent comme des brebis, je forçai à coups de poing 
le nommé Beuhh, mon abban gutlabursi, à seller sa 
rossinante. Je montai avec ma carabine et suivi de 
Mohammed-Mahmoud, mon fidèle Çomal, je parcou- 
rus la vallée de part et d'autre. C'est une dépression 
qui porte les eaux des montagnes au pays des Danakil 
non loin de Tajourrab. Dans cette forêt (remplie 
d'acacias et du Cactas que recherche l'élépliant) les 
mouchée, peste du pays çomal, et le soleil, nous fai- 
saient endurer des tourments que Tespérance seule 
de la réussite rendait supportables. Espérance, hélas 
chimérique ! — vaines visions de la porte d'ivoire ! 
Après cinq ou sit heures de course, ûous retournâmes 



(847) 

joyeui comme retournent toujours les ch&s^ieurs désap- 
pointés, en faisant manger des abomination^ (la phrase 
est orientale) à Beuhh, à ses confrères et générale- 
ment à sa tribu. 

Le 25 décembre, nous traversâmes le bnn Marar^ ou 
prairie de Marar, campagne herbeUsé qUi sépare le 
premier gradin du second. Sa longueur est plus con- 
sidérable, m*assura-t-on, que sa largeur et celle-ci n'est 
pas moins de 28 milles. La surikce de cette plaine 
ondulée était couverte d'une végétation desséchée; 
au milieu nous traversâmes une ûuady {fiamara) ou 
s*arrêtèrent les Çomals pour manger la gomme des 
acacias. Nous convoyâmes une petite caravane com- 
posée de quatre cbatneaux, douze vaches et une cin- 
quantaine d'ânes accoit) pagnes, comme toujours, dans 
ces pays peu galants, d'un nombre égal de femmé!i 
lourdement chargées. Elle allait aux montagnes dé^ 
Girhi pour troquer le beurre et les cuirs du pays bas 
contre le hurudon Holcus sorghum des cultivateurs (1). 
Cette plaine est un rendez-vous dé voleurs et de bk*i- 
gands ; les Gudaburêis, les Eesas, les Hnbr Avmls et 
les Berteris't^y disputent les dépouilles du malheureux 
voyageur. Nous partîmes à six heures du matin et 
nous arrivâmes sous les montagnes de Harar à huit 
du soir, sans qu'aucun de nous eût couru de danger. 

Le bon Schermarké m'avait muni d'une lettre adr^s^ 
sée au gérad Ade^n (le prince Adan, corruption çomale 
de Adam), chef de la tribu girhi. Malheureusement 
notre guide gudabursi était beau-frère du gérad : par 

(i) Ce grain est très commun dans le Scinde et l'Arabie : ici on 
r«ppelle toam, là lejowarî; hurui est le mot çomal. 



( 8A8 ) 

conséquenl, ils avaient eu des disputes de femme, de 
famille et de tribu. En pareilles circonstances, riiabi- 
tude du pays est peu commode pour l'étranger: les 
deux parties ne s'accordent qu'à lui refuser passage* 
Après maints doutes, discussions et délais» le gérad 
nous envoya son fils aine, Scherwa, et une de ses six 
princesses, la bonne viveuse Dahabo, sœur de Beuhb. 
Lç 26 décembre nous entrâmes dans les montagnes 
des girbi, où s'offrit soudain à nous une scène tout 
à fait nouvelle. 

Le pays est montagneux et la végétation alpine. Une 
espèce de pin que les Arabes nomment Sinaubar, les 
Çomals Dayyib, donne un sombre aspect aux flancs 
et aux sommets des rocbers dépouillés de terre par 
des pluies furieuses. La présence de cet arbre dénote 
une altitude de 6 000 pieds au-dessus du niveau de la 
mer, comme l'a constaté le lieutenant Herne sur les 
cimes du mont Gulap, non loin de Berbera. Nous 
contemplâmes avec joie, dans ces fertiles vallées, des 
ruisseaux d'eau pure, le plus charmant spectacle 
qu'offre l'Orient au voyageur altéré. Pour la prjemière 
fois depuis que j'avais, quitté l'Inde, je vis des traces 
d'agriculture. C'était le temps de la moisson, et les 
paysans (nous avons quitté les Bédouins) chaulaient 
gaiement pendant leur doux travail. Ils nous entou- 
rèrent, nous témoignant une curiosité encore plus vive 
que celle qu'avaient montrée les nomades, et je dus 
massacrer quelques malheureux vautours ou percno- 
ptères pour me délivrer des importuns. 

Nous demeurâmes six jours sous la protection du 
gérad Adan. La cause de ce nouveau délai a tout à 
fait le coloris local. Mes deux Çomals virent avec effroi 



( 349 ) 

mon inteDlion arrêtée d'entrer dans la funeste ville de 
Harar. On me conjura d'adresser une parole au sultan; 
on m'ennuya avec des contes de diables et de dragons; 
on ourdit même contre moi de petites conspirations. 
Tantôt les chameaux ne pouvaient marcher; tantôt 
on ne voulait pas aller chercher des ânes pour le 
transport de nos effets. Pauvres gens! ils ne pouvaient 
triompher de l'opiniâtreté d'un hadji. Le 2 jan- 
vier 1855, je me décidai à partir seul sur mon mulet» 
muni d'une lettre du gouvernement d'Aden, avec 
l'intention de me présenter au sultan. Alors les Çomales 
eurent honte de me laisser partir comme un gueux. 
Les deux policemen, le cœur brisé, m'accompagnèrent 
donc, et un troisième, qui cachait avec peine sa joie, 
resta auprès du gérad Adan pour garder mes effets et 
pour remettre au lieutenant Herne, au cas où je serais 
retenu prisonnier, une lettre d'avis. Je résolus de me 
présenter comme un émissaire anglais pour deux rai- 
sons : 1^ les Çomals respectent peu l'homme qui en 
temps de danger nie sa pairie ou sa tribu ; 2® à mesure 
que j'approchais d'Harar, la population me croyait 
davantage Turc, — nation ignoble, plus délestée dans 
ces régions que le Feringhi. — Le 3 janvier, j'entrai à 
Harar où je fus reçu passablement par le sultan, d'ail- 
leurs assez méchant homme. Sans entrer dans le détail 
de mille petits événements qui se succédèrent pen- 
dant mon séjour de dix journées, — Allah I qu'elles 
étaient longues I — je dirai seulement qu'on me con- 
gédia avec deux mulets et une lettre adressée au gou- 
vernement d'Aden (1). 

(i) Ci'joint est la lUle des stations. Je dois prévenir toutefois que 



( 350 ) 

L'ancienpe métropole de Tempire hadiyah est 
située à peu près ù 175 milles de Zayla, et à 219 milles 
de Barbera : la direction est respectivement 220 et 
257 degrés. Cette évaluation donne une latitude de 
9» 20* N. et «ne longitude de 42** 17' E. (de Greenwich): 
elle répond assez bien au il estimations de nos géo* 
graphes, 
Lat. . 9* 22' N. 1 Le lieut, Grtittenden (marine 
Long. 42* 85' £* | Indes). 

les seuls instruments que mon caractère de badji me permll d'avotry 
étaient une montre, une petite boussole et un tbermomètre. 

... .. Diitance ea 

Direction, ^^^ „ji,|,, 

I. De Zayla à Gudindaras. S,-E. . . i65* 19 

a. De Gudingaras à Kuranseli. . . . i45* 8 

3. De Kuranseli à Âdad aaS' aS 

4. De Adad à Damai io5* Il 

5. De Dama! à Ilarmo 190* 11 

6. De llarmp à Tujaf, ...,,,. 903^ 10 

7. De Tnjaf à Halimalab. . . • t • 19^' 7 

Ici il y t un sycomore cëlèbrt réputé moitié chemin. — 91 millj 

8. De Halimalah à Aububab ^^S* ai 

9. De Aububab à Roralay )65* b5 

|o. De Koralay à Harar .,..».• 360* 65 

Total. ! • . . aosr 
La direction de Harar qui me fut donnée par les natifii de Zayla, 

est S.-O, 333*1 

De Zayla à Harar le mukattib (cpufier) arrive à pied en 5 jours^ 
dit-on. Les caravanes les plus lestes prennent 1 1 jours, les plus lentes 
de I I à la. 

Thermomètre (Fahrenheit) à Zayla. . . 310* (eau bouillante). 

— — à Halimalah. 3o4* 

— — à Koralay. . 30 1* 
— à Harar. • . 300* 



( 861 ) 

Lai. . 9*25'N. 1 , • v r 

c« /v«f« } Le missionnaire Rrapf. 
Long, 42* 07' E. ) ^ 

Lat. • 0* 2A' N. I Le capitaine Harvis ( armée 

Long. 42«22'£. 1 (Indes. 

Mon ihermomètre indiquait une hauteur d'environ 
5 600 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer. 
Cette ville est sur la pente d'une colline, dont la décli- 
vité est de l'ouest à l'est. A l'orient on remarque des 
jardins de bananiers» de citronniers, de caféiers» de c&t 
et de vars {bastard saffran)^ il y a aussi des limoniers, 
du raisin sans fruit, des dattiers qui ne portent pas de 
dattes et de la canne à sucre. Le terrain de l'occident 
est disposé en terrasses pour l'irrigation des jardins; 
au nord il existe une petite colline qui constitue le 
a Père la Chaise » de cette ville sainte , et au sud les 
habitations sont b&ties dans une dépression consi- 
dérable. 

Le climat m'a paru délicieux, ni chaud ni froid. 
Trois fois en onze jours nous eûmes de la pluie; l'air 
était fraia et le soleil supportable. L'eau gelait dans 
les montagnes voisines ; dans la ville la température 
était plus modérée. Les habitants parlaient de six 
mois de a mousson d : on s'explique ainsi la fertilité 
prodigieuse du sol. 

Harar fut bâtie, il y a trois cent seize ans» par l'émir 
Nur, prince dévot qui occupe un grand vilain tombeau 
placé sous un petit dôme, Dans les jours de Moham- 
med-GragnCi cet Attila musulman qui menaçait de 
brûler et de ravager l'empire chrétien de l'Abyssinie, 
c'était un amas de misérables bourgades. L'émir fit 
construire une muraille avec des tourelles qui sub- 
siste encore. L'histoire moderne de celle ville n'a 



( 362 ) 

rien d'intéressant; elle se borne au jihad (croisades) 
contre les Gallas païens et aux querelles intestines d 'une 
grande famille de petits despotes. 

La ville ne contient rien de rcmaiT[uablo. Elle a 
cinq portes d'une grand eur vraiment orientale, à savoir: 

1. A l'esté Argob Bari. 

2. Au nord, Asum Bari. 

5. A l'ouest, Asmadein Bari. 
A. Au sud, Badro Bari. 

6. Au sud-est, Sukutal Bari (1). 

La jami^ ou mosquée-cathédrale, est un édifice peu 
artificiel qui ressemble à une grange européenne. Il a 
deux minarets d'architecture grossière et de forme 
remarquable. On m'a assuré que c'est un produit de 
l'art turc. La ville est d'un aspept sombre et morne; 
cette apparence est due à l'absence du mortier, la- 
quelle donne aux villes de l'Orient un reflet fatigant. 
Les maisons sont construites en granité et en calcaire 
disposés par masses grossières rangées sans ordre et 
unies par le moyen de couches de bois et d'argile. Les 
toits sont plats et peu d'habitations ont un second étage. 
On entre par une porte faite de grosses tiges de Holcus, 
dans une basse-cour au fond de laquelle se trouve la 
maison. Les femmes, ainsi que cela a toujours lieu 
dans les pays musulmans, sont séparées des hommes. 
Pour rues on ne trouve que des allées, des culs-de-sac 
et de rudes escaliers fort pénibles à escalader. La ville 
ne contient pas un seul jardin ; on y voit quelques 
arbres (le Ficus religiosa P) et bon nombre de cimetières. 



(i) Bari dans la langue de Harar signifie une porte. Cest le bar 
des Amharesy comme dans « anco-bar, « etc., etc. 



( 358 ) 

Harar renferme une population d'environ 10 000 
âmes, y compris 2 500 Cornais et sans compter une 
large population flotinnte de Gallas et de Bédouins. 
Les femmes sont extraordinairement nombreuses, fait 
qui est dû àTesciavage. Je ne juge pas très favorable- 
ment des mœurs et du personnel des habitants de cette 
ville. Ils sont tellement adonnés à la boisson que les 
Oulémas même ne sauraient résister aux charmes du 
te/ (rhydromel), el dujhrshu (bière connue en Orient 
sous le nom de bouzat) (Ij. L'émir a dû établir pour 
la correction des mœurs, un guet de nuit qui surveille 
les ruelles en appliquant une bastonnade préparative 
de la prison aux voleurs et aux amoureux. Les hommes 
ont, dit-on, mauvois cœur; je certifie qu'ils n'ont pas 
nu moins bonne mine : ils souffrent de l'ophtlialmie» 
des scrofules el d'autres maladies plus civilisées et 
plus terribles. La toilelte est très simple, une tobe 
(toga abyssinienne) et des sandales groàsiëres, quel- 
quefois une calotte blanche sur la tête rase et un 
futat ou drap autour des reins. Le port des armes 
étant défendu dans la ville, on sort avec un b&ton de 
cinq pieds de longi Les femmes sont assez gentilles : 
leur bouche est presque européenne et la ligne des 
traits est quasi-caucasienne. Elles s'habillent avec une 
chemise de colon teinte en bleu foncé avec deux triangles 
écartâtes sur la poitrine el le dos. Celte simple toilette 
est relevée extérieurement par une écharpe de coton 
fabriquée à Harar. Les femmes marchent pieds nus et 

(i) L'histoire de ce mot est assez extraordinaire; il est connu 
depuÎH l'hl^ypte juâqirà la Tartarie. Aussi a-t-ii donné un verbe aux 
Allemands: buzcn^ s'imbiber; et en anglais, to boozey signifie boire 
au biberon. 

IX. JUIN. 2. 2A 



( 3SJi ) 

quand elles sortent elles ne se voilent pas la figure. 
Leur tète est couverte de mousseline bleue ; et leurs 
cheveux sont attachés de façon à former deux gros 
pelotons sous les oreilles. Leur parure se compose 
de bracelets, cercles en corne de buffle fabriqués 
dans rinde, de colliers de corail, d'épingles dorées 
qu'on met dans les cheveux, d'un ruban de satin noir 
qu'on passe autour de la tête, et de bagues de fabrique 
a birminghamaise. » Ces dames ont la voix excessive- 
ment rauque, — contraste défavorable avec la nation 
çomale dont la moitié féminine possède un organe 
doux et flûte qu'on retrouve quelquefois parmi les né- 
gresses. Puellarum suta sunt pudenda more Gallarum et 
Somalarum; nos^a nupta sohïtur cuUei/o. — Précaution 
extraordinaire et très efficace , indigène de l'Afrique 
qui, comme on Ta dit, âct fifu x\ xœcvqv. Les femmes 
do Harar aiment éperdument le tabac , employé 
comme chique, eiinter pocu/a, elles rivalisent avec les 
hommes. Je n'ai eu aucune difficulté à entamer de 
longues conversations avec ces aimables citoyennes : 
n'ayant jamais vu de visage européen elles me trou- 
vèrent beau (circonstance exceptionnelle) et — ici les 
propositions se font avecl'aiuiable abandon de la mode 
putipharienne. 

Harar est riche en saints, on érudits et en fanati- 
ques. Les Shaychs, Abadil el Bekri, et Ao Rahmah 
y ayant laissé leur précieuse déj^ouille, ont rendu 
la ville fameuse dans l'hagiographie musulmane. 
Les Oulémas les plus célèbres sont le kabir Khalil et 
le kabir Yunis. ie Jréquentai la sagesse de Harar, dont 
l'érudition me parut bornée aux sciences purement 
religieuses. Les livres sont assii abondants. Je romar- 



( S«5 ) 

quai des kanious et des manuscrits élégamment et 
correctement écrits. Les babitunts de Harar se sont 
acquis une célébrité pour la reliure des livres et un 
Persan, dont je fis la connaissance à Harar, m'assura 
que même àSchiraz il n*ayait rien vu de semblable. Au 
reste, il n*y a point de collège, point de K^aA-/* (fonda- 
tion] , point d'encouragement pour les étudiants : aussi 
malgré lu célébrité de cette ville, on ne doit accorder 
aucune foi à ses vantes d'éducation. Les Bédouins du 
voisinage sont infestés par des widad (calottins) qui 
savent lire le Koran, sans pourtant le comprendre, 
écrire un peu et réciter une multitude de prières. 
Grâce à ces connaissances, ils espèrent pouvoir vivre 
gratis et en a dulce ofiuni, » — but universel de l'ec- 
clésiastique dans les pays chauds où Thomme est 
paresseux. 

Les habitants de Harar parlent une langue tout à 
fait différente de celle des Gallas, des Çomals et des 
Ambaies. J'ai composé de celte langue un essai de 
grammaire et un vocabulaire d'à peu près 1500 mots. 
Cet aperçu pourra peut-être satisfaire, en attendant 
mieux, les philologues. Comme c'est l'ordinaire dans 
ces pays, la langue me parait un dialecte sémitique 
greffé sur un idiome indigène. La consonne dominante 
est le khd, son rauque et guttural. Les hommes qui 
ont reçu quelque éducation parlent la langue arabe; 
on comprend aussi à Harar l'amharique, le galla, la 
langue des Çomals et celle des Danakils. 

Quatre tribus de Gallas s'étendent jusqu'aux portes 
de la ville : 

1. Les Nola, à l'est et au nord-est. 

2. Les Alo, à l'occident. 



( 356 ) 

'6, Les Babuli, au sud. 

A. Les Jârsà, à Test et au sud-esl. 

Il esl impossible de voir celte nation sans s'aperce- 
voir que c'est une race mêlée de sang sémitique et 
indigène, descendant des Çomals qui occupant la 
côte, ont reçu de l'Arabie» la grande pépinière de 
la race caucasienne, des subsides fréquents de sang 
pur. Les Gallas ne sont nullement fanatiques: les 
chrétiens, les musulmans et les paiens qui adorent le 
wnk (Dieu) vivent paisiblement sous le même toit. 

Les Gallas n'ont point à Harar la réputation que 
nous leur faisons. Ils pourraient aisément anéantir 
la ville f mais l'émir paye à titre de solde, et en 
réalité conime tribut, 600 à 700 tobes par année aux 
chefs des Bédouins. Le Galla a le droit de porter sa 
lance dans les rues; quand il passe par la cour du 
palais, il ne ti*otte pas avec le bras droit nu, ainsi que 
doivent faire les sujets de Son Altesse» et il boit son iej 
dans la maison des princes. En revanche il est volé 
par les citoyens qui payent très bon marché pour 
son café , son tabac , son wars et son beau coton. 
L'émir punirait avec rigueur celui qui oserait enseigner 
aux Bédouins l'artifice pernicieux des poids et des 
mesures. 

Le gouvernement se réduit à l'émir. Ge petit prince» 
qui s'intitule El Sultan ibre El Sultan ibn El Sultan ^ 
est, dit-on» d'origine galla» ce qui ne l'empêche pas 
de s'arroger le titre à* El Bekri (descendant du calife 
Aboubekr). C'est un jeune homme de vingt- (rois à 
vingt-quatre ans, frêle, petit, jaune, imberbe, à front 
plissé, aux yeux saillants» :iyant l'air méchant et l'aspect 
d'un petit rajah indien. Sa santé est faible, ce qui est 



( 357 

peut-être TelTet d'une polion que lui a administrée i*une 
de ses quatre rcinmes. Il a doux enfants de jeune âge. 
Orphelin et despote depuis trois ans , il redoute une 
cinquantaine de gros el forts cousins qui peuvent lui 
disputer le trône. Déjà il a emprisonné trois d'outre 
eux, et comme à Harar le détenu vit enchaîné dans 
un cachot noir, sans autre nourriture que la provision 
envoyée par la famille, la prison et la mort sont ici 
à peu près synonymes. L'émir affecte toute l'étiquette 
d*un grand monarque. Quand on lui est présenté, on 
est saisi par ses gardes du corps et traîné au pied du 
trône, où il faut embrasser sa longue main sèche et 
jaunâtre en dessus comme en dessous. On ne regarde 
pas en face S. A. sans courir risque de la discipline. 
S'il crache, un chambellan lui présente le pan de sa 
robe. Dans les rues, des valets chassent sur le passage 
du prince, à grands coups de fouet, les individus qui 
ne s'esquivent pas au cri de: Letî let! (sauve-toi!); et 
dans la mosquée, deux ou trois soldats, armés de fusils 
à mèche, veillent sur lui pendant qu'il fait sa ])rière. 
Son wazir, le gérad Mohammed et sa mère, la Gisti 
FAt'meh, malgré l'autorité du pouvoir maternel en 
Orient, n'osent lui donner le moindre conseil. La 
princesse a même, m'assure- t-on, reçu parfois des 
reproches accompagnés de menaces. 

La loi criminelle est rigoureusement administrée à 
Harar. L'héritier de celui qui périt victime d'un meur- 
tre, coupe, avec un grand couteau, la gorge du meur- 
trier. Le vol est puni par la mutilation de la main. 
Pour les petits crimes, la peine est la fustigation: deux 
bourreaux appliquent de grands coups de kurbnch 
sur la poitrine et les reins du criminel. Quand une 



( 368 ) 

femme est ainsi punie, on commence par verser de 
l'eau sur sa personne, espèce de baptême que la déli- 
catesse exige. Le cachot, l'amende et surtout la confis- 
cation totale sont le châtiment des offenses politiques. 
L'émir est célèbre pour la promptitude de ses déci- 
sions. Ordinairement il permet à ses sujets d'avoir 
recours à la sheriat (loi des oulémas). Le cadhy, Abd- 
el-Rahman, est un homme assez propre; mais en règle 
générale, in urhe et orbt\ les ministres de la religion ne 
sont pas très exemplaires pour l'administration de la 
justice. Thémîs est une exigeante, jalouse des petits 
soins prodigués à une concurrence quelconque. Ainsi, 
à Harar, si Ton court risque d'être volé par l'émir, on 
est encore sûr d'êlre écorché par le cadhy. 

L'unique monnaie de Harar est une petite pièce dont 
la face porte l'inscription : — Monnayage de Harar, 
— Aux revers on lit la date A. II. (1248). On appelle 
cette pièce une mahallak ( mot harari qui signifie 
argent) : 22 bananes valent une mahallak; 22 ma- 
hallaks, une ashrasi, valeur théorique de commerce, 
et 3 ashrasis, le rédl ou talari. L'émir punit sans 
pilié ceux qui possèdent ou qui font circuler d'autres 

espèces. 

Harar est une ville essentiellement commerciale. La 
perception des droits est simple. Toute marchandise 
paye pour octroi une tobe de seize coudes par âr»e ; 
l'âne par conséquence passe les portes de la ville sup- 
porté par quatre ou cinq portefaix. L'impôt des cul- 
tivateurs est 10 pour 100, tarif général du pays. On 
ne manque que d'argent: la marchandise est rare, 
et celui qui possède un capital de 1 000 francs passe 
pour milUonnaire. On ne paye pas les employés au 



( 359 ) 

comptant: ils reçoivent le don d'un jardin de caféiers, 
ou un féal (Marie-Thérèse) de grain, quantité suffisante 
pour la nourriture annuelle d'une seule personne. 
Trois caravanes portent à Berbera les riches produits 
du pays des Gallas : celles de janvier et de février sont 
peu nombreuses; celle de mars est composée de 2 000 
hommes et 3 000 chameaux. Une masse d'esclaves tirés 
de G urague, d*Efat, et des différentes tribus gallas est tro- 
quée avec les Arabes de Mascate contre des dattes et du 
riz. L'ivoire constitue un monopole royal: l'émir achète 
avec de faibles cadeaux les dépouilles de l'éléphant et 
les envoie à Berbera accompagnées d'un wakil. Je ne 
vous offre pas une description du café» qui est déjà re- 
nommé en Europe. On sait qu'ici, comme dans l' Yémen, 
pays où la nature a prodigué ce produit, les habitants 
se servent rarement du fruit. Le Yémeni emploie la 
kischr ou follicule, et le Harari prépare une boisson 
nauséabonde avec les feuilles broyées après avoir été 
rôties dans un pot de métal. Le pi^mier café, comme 
le tabac, croit à Jarjar, pays des Gallas, à sept jours à 
l'ouest de Harar. L'émir en défend une exportation 
trop considérable, craignant d'en diminuer la valeur; 
aussi retient-il les harâsch, ou cultivateurs, pour em- 
pêcher l'art de tomber en désuétude. On achète pour 
un réal à peu près soixante-dix livres de tabac. Le wars 
est employé par les Arabes de Sur et de Mascate, qui 
s'en servent comme cosmétique et pour la teinture 
des robes. Les tobes de Harar sont célèbres dans l'Afri- 
que orientale : tissées k la main, elles portent l'em- 
preinte de cet instrument divin, et dépassent de loin 
en beauté et en solidité les plus beaux produits de nos 
ateliers mécaniques. Aussi sont-elles chères: on paye 



*.» 



( 360 ) 

10 et même 15 rêaux pour un arlicle de première qua- 
lité. Le bétail est peu nombreux. On mange' ordinai- 
rement la viande de bœuf poudrée de piment et sans 
sel: les moutons et les chèvres sonl rares. L'émir a une 
douzaine de mauvais pelils chevaux, bons seulement 
pour grimper les plus exécrables chemins. Les ânes sont 
plus forts et plus \ aillants que ceux du pays çomal. Les 
mulets sont excellents: je marchai cinq jours et pres- 
que deux nuits monté sur le même animal qui n'arriva 
que peu fatigué à Berbera. On les vend depuis 2 jusqu'à 
AOréaux. Pour un réal on achète cent vingt petits pou- 
lets. En un mol les comestibles sont abondants et à bon 
marché. Ajoutez à ces produits la gomme, le beurre, 
les peaux de bétail, le grain et les esclaves, et vous 
aurez une liste complète de l'exportation de Harar. 
Elle serait considérable, si l'incertitude des chemins 
et le (langer de la vie n'augmentaient le louage des 
animaux et ne diminuaient le nombre des marchands 
voyageurs. 

Je manquerais, Monsieur, à mon devoir de narra- 
teur fidèle en laissant passer cette occasion d'avertir 
mes confrères les voyageurs que cette ville n'offre aucun 
objet de curiosité ou de jouissance. La destinée m'a 
tiré du danger sauf et sain. Vous qui ne recherchez 
pas le trépas, éviiez de visiter Harar pendant la vie de 
l'émir, Ahmed-bin-Abubekr. 

Je ne vous donne aucune description de mon retour 
i Berbera, où j'arrivai le 13 janvier. Ce port célèbre et 
emporium de l'Afrique orientale, vous est déjà connu. 
De Berbera, où mes adjudants, les lieutenants Herae et 
Stroyan m'attendaient non sans inquiétude, je m'em- 
barquai pour Aden. 



( 361 } 

Il faut, pour pénétrer dans le pays des Çomals, faire 
une forte dépense de toiles, tabac et munitions de bou- 
che : le tout pour être pillé par messieurs les sauvages. 
La libéralité du gouvernement des Indes me prodigue 
tout. Je suis à présent à dépenser 16 000 francs pour 
une |)rovision qui doit nous durer six mois. J'ai trois 
adjudants: nous avons une petite troupe de domes- 
tiques ormes, et nous sommes munis de tous les instru- 
ments d'observation dpnt on peut se servir dans un pays 
de sauvages soupçonneux et craintifs. Le mois d'avril 
nous verra, j'espère, encore une fois réunis et prépa- 
rés à entamer une seconde entreprise. Mon intention 
est d'aborder à Berbera, de visiter les montagnes de 
Gulap, situées à deux fortes journées dans la direction 
du sud, et d'y commencer une guerre acliarnée contre 
les éléphants, seule manière de s'acquérir une belle 
réputation, quand on refuse de mutiler son prochain. 
Avant la « mousson » nous nous dirigerons vers Oga- 
dayne pour observer ce fleuve célèbre, le webbe 
Shebayli {Hamis' River). Après quoi — Allah kerim! 
comme disent les vrais croyants, — Dieu est géné- 
reux ! 

Comme Moise sur le mont Pisgah, nous, voyageurs, 
contemplons de loin la terre sainte de la science. 
Daignez, Monsieur, nous accorder les instructions de 
la Société géographique de France; nous ne man- 
querons pas, selon nos moyens, de consulter ses 
moindres désirs. Jusqu'à la fin d'avril prochain, une 
lettre (adressée au Lieutenant Burton, Bombay Army 
Commanding Somali expédition ^ care of the Political 
Résident. Aden. Jrabia) me sera remise par mes amis. 

Je confie ces remarques à la politesse française qui 



( 862 ) 

pardonnera les erreurs d'omission et de granamaire 

dans la langue la plus exacte de l'Europe (1). 

Veuillez, etc. 

Ricb. F. BuRTON, 

Alias. 



NOTES 

SUR l'état présent du SElfNAR» SUR SON AVENIR ET SON 
INFLUENCE SUR l'aVENIR DE L*£gTPTE. (EXTRAIT.) 

La plupart des voyageurs qui se sont aventurés 
dans le centre de l'Afrique, sont morts pour donner 
de nouveaux pays à la géographie, de nouveaux dé- 
bouchés à l'industrie, de nouveaux aliments à l'avide 
commerce et de nouveaux convives à la civilisation. 
Très peu ont pu retrouver dans leur pays le repos et 
la récompense qui leur étaient dus. 

J'essaierai d'indiquer à ces courageux champions 
de la science une route qui diminuera leurs fatigues 
et les dangers, et sera pour le gouvernement qui vou- 
dra la leur faciliter, un moyen d'agrandissement et 
de prospérité. 

Je tâcherai de faire comprendre au gouvernement 
égyptien, qu'il pourra ainsi reconquérir à sa civilisation 
des peuples riches, autrefois ses tributaires et qui depuis 
plus de deux mille ans gisent pour ainsi dire sur leur 
sol, comme Prométhée sur son rocher, attendant un 

(i] I^ous ayons teoa à conserver à cette lettre son style d*an carac- 
tère original bien qu'incorrect^ ces incorrections sont fort excusables 
chez un étranger, nous nous sommes bornés à faire quelques cor- 
rections indispensables. (iklfred M&drt.) 



( 86S ) 

rayon de ce feu sacré, qui doit les régénérer en leur 
donnant une nouvelle vie. 

J^espère que le prince éclairé qui gouverne main- 
tenant l'Egypte» comme ceux qui s'intéressent aux 
progrès de Thumanité, voudront bien me tenir compte 
de ma bonne volonté» à défaut du talent que deman- 
derait un pareil sujet 

Pour avoir une idée de l'importance du rôle que 
] 'Ethiopie doit reprendre dans ses destinées et de l'avenir 
de l'Egypte» il suffisait de fouiller dans les quelques 
pages d'histoire qui nous restent sur ce pays. 

On verrait qu'il était riche en toute espèce de cultu- 
res, en minéraux précieux, en or, fer, cuivre, en plantes 
médicinales» etc., que les peuples les plus éloignés, 
aujourd'hui inconnus» apportaient de toutes parts dans 
ses marchés, soit par caravanes, soit par le moyen des 
fleuves, et que là ils trouvaient, en échange, les produits 
de l'Egypte» de la Syrie et des Indes. 

On verrait qu'une colonie d'Éthiopiens» suivant le 
Nil à travers ses cataractes» était venue fonder cette 
célèbre ville aux cent portes (Thèbes) qui. la première, 
avait donné un lit au fleuve et changé les marais pes- 
tilentiels de l'Egypte en champs couverts des plus 
riches moissons. 

On saurait aussi que tant que ces deux nations 
étaient restées unies par une communauté d'intérêt, 
de mœurs et de religion» l'Egypte avait gardé le pre- 
mier rang parmi les nations ; qu'elle n'avait été acces- 
sible à ses ennemis et n'était déchue qu'après que 
ces liens eurent été rompus; alors que Psammétique y 
eut exilé deux cent mille familles de la caste guerrière» 
léguant ainsi à son successeur un royaume veuf de ses 



( 364 ) 

alliés et de sos défenseurs. Cambyse trouva TËgypte 
ouverte et depuis elle a toujours eu des maîtres. 

Mais qu'est-il besoin de l'histoire ! J'admets que la 
prospérité passée d'un pays ne puisse ôlre prouvée, 
ou ne serve dans ma thèse qu'autant qu'elle offre d'élé- 
ments pour l'avenir. 

La fortune d'un pays dépend de la fertilité de son 
sol, de sa position géographique et de sa topographie. 
Or sous ce double rapport, l'Ethiopie égyptienne est 
un des pays les plus favorisés du monde. Il suffira de 
jeter les yeux sur la carte pour s'en convaincre. 

Depuisic 18« degré de lotitudenord, terme des pluies 
équatoriales, jusqu'à Sennar sous le 13«, le Nil reçoit 
le tribut des eaux de quatre affluents, qui serpentent 
à travers des plaines d'une luxuriante végétation, où 
paissent de nombreux troupeaux. Ces affluents n'at* 
tendent que des bras et un débouché facile pour don* 
ner à ce pays la vie et le bien-être que la circulation 
normale du sang donne aux êtres qu'il anime. 

Dans les vastes plaines qu'arrosent le Dender et le 
Rabad, entre le fleuve Bleu et l'Atbarah, on cultive 
sans frais le plus beau coton du monde; celui dont 
on a tiré la graine du Maho, si renommé avant qu'il 
eût dégénéré sous le climat de l'Egypte. On y cul-» 
tive aussi le sésame qui ne vaut que 6 francs Vattiebf 
ou le sac de 280 livres, c'est-à-dire huit fois moins 
qu'en Egypte, ainsi que le coton. Hémel-Pacha, le seul 
gouverneur général qui ait compris jusqu'à présent les 
ressources de ce pays, a fait des fabriques d'indigo» 
de sucre et de savon qui lui rendaient le 500 pour 100, 
dans des endroits occupés avant lui par des forêta 
sauvages. 



( 305 ) 

Dans les }ardiDs« que les étrangers ont faits autour 
de KUartoum, on trouve presque toute l'année des Heurs 
cl des fruits sur les grenadiers, les figuiers et les ci- 
tronniers. La vigne, qui produit deux fois Tan , et le 
bananier, n*ont pas de saison. L'arbre à crème donne 
également double récolte en juillet et en décembre. 

J'ai envoyé en Egypte des échantillons du vin que 
j'ai fait avec les treilles de mon jardin; il n'a pas été 
jugé inférieur aux vins les plus estimés de l'Espagne. 
Le voyageur arabe Selim-el-Assouenli raconte, au 
xiii* siècle, qu'il a parcouru la Nubie jusqu'à Aloa 
(Saba), à six heures sud de Kharloum, et cheminant 
toujours à l'ombre des forêts de palmiers, ou sous les 
treilles de vignes , qui ont été détruites par l'invasion 
arabe. Il ne faudrait que trois ans pour rendre le pays 
tel qu'il était alors. Ainsi le sol de l'Ethiopie est pour 
le moins aussi fertile que celui de l'Egypte. 

Par ses fleuves et ses rivières, il peut avoir comme 
rËgypte une irrigation artificielle; plus qu'elle, il a sa 
manne céleste, ses pluies annuelles, qui lui donnent 
gratuitement d'abondantes récoltes. 

Le fleuve Blanc n'a pus de rives proprement dites; 
il laisse en se retirant des terres, qui ont souvent une 
lieue de largeur, toutes préparées pour diverses sortes 
de cultures. Ces bords, déserts maintenant, appelle- 
raient de nombreuses poj)ulations de cultivateurs, si 
on les garantissait contre les excursions des Chelouks; 
il ne faudrait pour cela, pendant quelques mois de 
Tannée, qu'une croisière de deux bateaux armés qui 
seraient amplement payés parle droit qu'on établirait 
sur les bois de construction que l'arsenal et la ville 
de Kbartoum tireraient des hautes forêts de mimosa. 



( 865 ) 

qui ombragent les boixls de ce fleuve. Ces bois pour- 
raient devenir également une richesse pour l'Egypte, 
qui en est dépourvue et le paye au poids de Targent. 
On pourrait de même exploiter les immenses forêts 
dont le fleuve Bleu entratne chaque année, pendant 
ses crues, d'énormes troncs qui servent pour la gros- 
sière menuiserie du pays (1). Le noyer, l'acajou ne sont 
point comparables à la plupart de ces bois, soit pour 
leur durée, soit pour la beauté de leur vernis. Les 
cercueils des momies en sont des échantillons. 

La province du Rordofan produit chaque année 
de AOOOO à A6000 quintaux de gommes, valant au 
pays environ 800 000 à 1 000 000 de francs, qui se- 
raient doublés du moment où les transports seront 
plus faciles. Une caravane de 1000 quintaux ne peut 
arriver au Caire avant six mois et souvent avant un an, 
tandis qu'elle pourrait y arriver en quinze jours de 
Khartoum.On pourrait également introduire dans cette 
province la culture en grand des arachides, qui de- 
viendraient un article important d'exportation. 

Le Soudan égyptien est peuplé d'environ un et demi 
à deux millions d'hommes, de deux races bien dis- 
tinctes. Les habitants des villes et villages sont un mé- 
lange d'Éthiopiens, de Foundgis, de Berbères croisés 
avec des Arabes. Los autres sont nomades, apparte- 
nant à ces tribus successivement émigrées du Hedjàt dès 
les xin« et xiv« siècle. Ils errent dans les steppes de 
l'intérieur avec leurs bestiaux consistant en bœufs, 
chameaux, moutons, chèvres, etc. 

(i) U en était ainsi dans TaDcien empire égyptien; y oy. Description 
de rÉyyptey Thèbes; aniiq., vol. UI, pi. 4o, tig. 5, et rexplication 
de la planche. (Jomabd.) 



( 367 ) 

Les premiers cultivent la terre » mais seuleanent à 
l'époque des pluies annuelles qui commencent à la 
Gn de juin et finissent en septembre. Quand les pre- 
miers orages ont suffisamment humecté le sol» ils 
y jettent le grain, vont une ou deux fois sarcler leurs 
champs» et récoltent en octobre et novembre. Ils ne 
cultivent ainsi que le dixième de leur terre et quand 
la recolle a été assez abondante, elle suffit pour appro- 
visionner le pays pour cinq ans. 

Année commune» le grain (mais blanc)» dont ils se 
nourrissent presque exclusivement, ne vaut que 1 fr. 
à 1 fr. 50 c. Tardeb dans les pays qui le récoltent. Il 
pourrait se vendre en Egypte de 12 à 15 francs. 

Le prix ordinaire du bœuf est de 10 à 15 francs. A la 
modicité de ces prix, il est facile de se rendre compte 
de l'inertie des cultivateurs, de la pauvreté apparente 
du pays» comme de l'impulsion que donnerait un 
débouché facile à l'agriculture et à l'élève des bestiaux. 
Combien de steppesi dont on brûle l'herbe inutile pour 
détruire les reptiles qui s'y cachent, deviendraient de 
riches propriétés! 

Je me rappelle que Mohammed-Aly*Pacba écrivait 
une fois au gouverneur général Khourchid- Pacha» 
a Je ne conçois pas comment chaque fois que je te 
demande des tributs, lu m'objectes la pauvreté des 
sujets que je t'ai donnés a gouverner ; ils ont deux Nils 
tandis que je n'en ai qu'un; fais travailler ces paresseux 
comme je fais en bgypte et ils deviendront riches. » 

Khourchid-Pacha répondit à peu près ainsi: « Quand 
mes Sennariens cultiveraient dix fois plus qu'ils ne le 
font» ils n'auraient jamais que des grains et des bes- 
tiaux ^t point d'argent à vous donner. » Il aurait pu 



( 368 ) 

ajouter: Envoyes-nous quelqaes-uns de ces aclieleurs 
que les Francs expédient dans vos porls avec leurs bâti- 
ments, et nous vous donnerons dix fois plus que vous 
ne nous demandez. 

Le pacha d'Egypte demandait alors trente, quarante, 
cinquante mille vaches, et elles mouraient presque 
toutes de faim, de soif et des fatigues d'une longue 
traversée, qui n'était jamais moins de six mois. 

Tant qu'on n'aura pas levé cette sorte de blocus, dont 
les cataractes et le Sahara ont entouré l'Ethiopie, elle 
sera comme ces ports encombrés de richesses que les 
croisières ennemies ont rendues ruineuses.* 

Toute la question des richesses territoriales du Sou- 
dan est là, comme le démontrera plus bas le tableau 
approximatif des ressources actuelles du pays (1). 

Voyons les avantages et les richesses que peuvent 
donner à ce pays sa position géographique et ses fleuves. 
Nous rencontrons d'abord au nord deKhartoum, l'Atba- 
rah, qui nous conduira au Tigré et à Gondar, où nous 
trouverons le musc, des peaux tannées, de la cire, ainsi 
que le café qui s'y vend de 15 à 25 centimes la livre. 

Le fleuve Blou pourra nous rendre maîtres de ces 
marchés du centre de l' Abyssinie, tels que le Crodjam, où 
le Gallah, le nègre, et l'Ambàra se réunissent plusieurs 
fois l'an pour leurs échanges. Sur les hautes rives au 
delà de Fazoql, on pourrait établir des comptoirs, où les 
nègres des montagnes aurifères du Bertat, du Kamamil, 
et le Gallai trop éloigné des routes du Godjam, vien- 
dront apporter, les premiers, leur poudre d'or, et, les 
seconds, d'excellents chevaux, de la cire, de l'or et aussi 

(i) Ce tableau, lout de chiffres, a dû être omis dans le Bulietin, 



( 369 ) 

de l'ivoire, matière dont ils se servent pour faire des pi- 
qoeto, comme faisaient les riverains du Nil Blanc avant 
notre arrivée* 

Un officier de l'armée égyptienne, nommé Hamet« 
EOendi» était facilement parvenu, il y a quelques 
années, à établir des relations avec ces peuples dans 
le poste qu'on lui avait confié prés des minières sud 
deFazoql. Ce poste avait été fondé par Mohammed- Aly 
lors de son voyage, en 1839, à ces minières. En moins 
de deux ans, et avec un capital moindre de 2 000 francs, 
il avait gagné avec eux plus de 80000 francs. Déjà 
ses Gallas venaient par caravanes échanger les ar- 
ticles désignés ci-dessus, contre des verroteries et des 
toiles. Avec la loyauté et la bonne foi dans les rela- 
tions, ce marché serait devenu , en peu d'années, un 
emporium des plus considérables; mais cet Hamet- 
Effendi, qui avait eu soin d'éloigner les petits marchands 
de ce qu'il appelait son marché, se trouva un jour sans 
fonds en face d'une riche caravane de chevaux , 
d'ivoire, de poudre d'or et d'esclaves appartenant à 
des Gallas. 

Au lieu de partager avec les petits capitalistes, qu'il 
avait éloignés, ces richesses que ses moyens ne lui per- 
mettaient pas d'acquérir loyalement, il aima mieux 
s'en emparer de vive force, et les nègres et les Gallas 
ne revinrent plus. 

Ce qui doit surtout attirer l'attention et l'intérêt du 
gouvernement égyptien, c'est le commerce et la navi- 
gation du Qeuve Blanc; je ne répéterai pas ici ce que j'ai 
déjà dit dans la narration de mes voyages : il suffira 
de dire qu'on doit suivre ses trois principaux affluents, 
presque tous navigables jusqu'auprès de leurs sources. 
IX. JUIN. 3. 26 



( 370 ) 

£n arrivant par le Saubat au pied des moDlagnes 
d'ImadoD, sur les confins sud du royaume de Gaffai 
on pourrait faire rayonner un commerce d'ivoire» de 
poudre d'or» etc.» avec les nègres riverains» les Gallas 
et les peuplades sud-ouest des Adels. Les échanges 
d*ivoire, de fer, etc. » qui n'étaient» en 1846» que de 200 
quintaux» au plus» avec les riverains de la branche sud» 
ont été Tannée dernière, grâce aux relations que j'ai 
établies en 1850 et 1861, de SOOquintaux^ui ont donné 
au Sennàr un capital de AOO 000 francs, et à la douane 
du Caire près de 50 000 fr. 

Que sera-ce quand nous serons arrivés cbei les 
Rouendas sous la ligne» chez lesquels mes gens ont 
rencontré en 1851 des concurrents» en relation avec le 
Zanzibar ? 

Quand nous aurons remonté le Keîlak jusqu'au 
lac Fittrét qui nous empêchera de monopoliser poui^ 
rÉgypte le riche commerce d'importation et d'expor*» 
tation, que les royaumes de Bournou» Borgou» Ouaday 
etBaghermi font avec le Maroc et Tripoli par le grand 
Sahara, avec des dangers et des fatigues de tous genres ? 

Quand nous aurons visité ensuite cette rivière qui» 
du sud» vient apporter au Keilak sa plus grande masse 
d'eau. Le Sennàr aura retrouvé ses anciens tributaires 
et reconquis son ancien commefce et son influence. 

Il est hors de doute que les royaumes que je viens 
do nommer, sont trois et quatre fois plus riches que 
i'Éihiopie égyptienne 

C'est donc un commerce trois et quatre fois plus con* 
sidérable» plus lucratif qu'il s'agit de lui acquérir 

L'Ég\pte est-elle plus éloignée des sounces de ses 
fleuves» moins intéressée a se les acquérir que la France 



(571) 

et l'Angleterre, qui, depuis ces dernières années sur* 
tout, ont faU tant d'efforts, tant de sacrifices pour y 
établir leur commerce et leur influence civilisatrice?.... 

Il faut d'abord anéantir les terribles barrières que 
le désert et les cataractes ont jetées entre l'Egypte et la 
Nubie. Le projet qui consiste à faire sauter les cata- 
ractes à l'aide de la poudre serait le plus coûteux, le 
plus difficile cl celui qui offrirait moins de résultats. 

Les cataractes ne sont point, comme on pourrait se 
l'imaginer, une chute, des écueils ou des rapides de 
quelques heures, qu'un travail de mines pourrait faire 
disparaître; mais bien, surtout les deuxième et troi- 
sième, une continuité de rapides» d'écueils, de chutes, 
pendant sept à huit jours, entre des rochers contre 
lesquels le Nil se brise en écumant. 

La main de l'homme ne pourra jamais détruire ces 
plateaux de granité, qui commencent les premiers à 
Oundy Halfah et finissent à TAfir; les seconds, à 
Méraonéh (ancienne Napata), et finissent à la province 
de Berber. 

Tout ce qu'on tenterait pour amoindrir une chute 
ne ferait qu'augmenter la chute suivante, comme cela 
est arrivé à l'Ambel, la plus terrible des deuxièmes 
cataractes, où l'on a dû renoncer à ces travaux qu'avait 
ordonnés Mohammed-Aly. 

Ces cataractes ferment complètement la navigation 

do Nil, pendant les deux tiers de l'année. Ce n'est que 

pendant l'apogée de l'inondation, qu'on peut y exposer 

quelques bateaux. 

BauN-RoiXBT. 



( *^2 ) 

Analyse» et Rapporteé 



REPORT 

OF IN EXPEDITION SOWN THE ZUNl AKD COLOBADO BIYEBS» 
BY CAPT. L. SITGBAVES, COBPS TOPOGBAPIIICAL EKGI- 
NESBS. WASHINGTON» 1853. 

liXPÊDITION kV RIO GOLOBADO ET A LA BlVlJkBK ZUNI ; 
BAPPOBT DU CAPITAINE L. SITGBAVES, DU COUPS DES 
INGÉNIEUBS^TOPOGBAPBES; WASHINGTON» 1853. 

Compte rrnda par M. Morbl-Fatio. 



Avant (ranal)ser le rapport du capiiaine Sitgraves 
el de desceodre avec lui Ua deux cours d'eau doot la 
rcconnoissance était le but de rexpédition, nous de* 
vuns mettre sous les yeux du lecteur les instructions 
données au commandant par le département de la 
guerre. 

« Des autorités respectables représentent la rivière 
» Zuni comme un affluent du Colorado; cette rivière 
» a été explorée par le lieutenant Simpson jusqu'au 
» \illage (pueblo) de Zuni; vous vous rendres donc a 
» cet endroit» qui sera par le fait le point de départ 
» de vos travaux d'exploration. Du pueblo de Zuni, 
» vous descendrez la rivière de ce nom jusqu'à sa 
y> jonction avec le Colorado; vous déterminerez son 
)) co'urs et sa nature, en vue surtout des ressources 
)) qu'elle pourrait offrir à la navigation» et vous étudie- 
» rez le caractère ainsi que les productions des terres 



( 873 ) 

» qu'elle traverse. Le confluent duZuni et du Colorado 
» sera déterminé avec soin; puis vous suivrez le Golo- 
B rado jusqu'à l'endroit où le fleuve se jette dans le 
» golfe de Calirornîc, en ayant soin de faire les obser* 
» valions nécessaires pour en dessiner exactement lo 
» cours. » 

Le personnel de l'expédition fut organisé à Santa-Fé. 
Le capitaine Sitgraves avait sous ses ordres un lieute- 
nant du génie; un médecin naturaliste, un dessina- 
teur et un guide; cinq Américains et dix Mexicains, 
ces derniers muletiers et hommes de peine. Le 
1*' août 1852, sous la protection de quelques soldats, 
le capitaine Sitgraves et ses gens arrivaient à Santo- 
Domingo sur le Rio-Grande, et le l"" septembre au 
pueblo de Zuni,où grâce à de nouveaux retards causés 
par l'escorte qu'on dut attendre plusieurs jours, il 
fallut rester jusqu'au 2i; ce jour^lù on se mit définî- 
tivement en routé. Le séjour à Zuni fut d'ailleurs mis 
à profit ; le naturaliste commença des collections et 
l'on lit des observations répétées de longitude et de 
latitude pour obtenir un bon relèvement du point de 
départ. 

Le 2i septembre on fit seulement six milles en 
côtoyant le Zuni ; celle rivière, ou plutôt ce filet d'eau» 
baigne des champs de blé cultivés par les Indiens 
Zunis, tandis que leurs plantations s'élèvent sur les 
vallons ou dans les gorges fertiles des montagnes. Au- 
tour du pueblo, on voit de petits jardins potagers arro- 
sés et soignés par les femmes indiennes. Le 25, on 
suivit encore la rivière par un sentier bien battu et 
l'on campa auprès d'une belle source au pied de 
roches escarpées. Le 20, la vallée fut tout à coup in- 



(374) 

teriompue par des murailles abruptes de grès mêlé 
de basalte, mais plus loin elle se reforma en s'élar* 
gîssant de plusieurs milles et communiqua à droite et 
à gaucbc avec plusieurs autres vallées. Partout où la 
rocbe de grès présentait une surface plane, on reinar^ 
qua des dessins indiens ou hiéroglyphes gravés on 
peints. 

Le 27, les voyageurs rencontrèrent quelques Indiens 
Apaches qui allaient vendre des ^nes au pueblo et, 
suivant toujours le sentier dont on a parlé plus haut, 
ils arrivèrent sur les bords du Petit Colorado {Utile 
Colorado rii^er). Cette 'rivière, principe ou affluent du 
grand Colorado de Teirest, n*est là qu'un cours d'eau 
insignifiant, ditisé en plusieurs filets qui courent i 
travers une Vallée 'dépourvue d'arbres, au milieu 
d'herbes lépaisses. De chaque oAté les terres s'élèvent 
graduellement, etçâ^tlà pointent quelques roches 
de grès. Le 28, la vallée était devenue une large 
plaine*; et le sol se trouvant défoncé pai* les pluies, on 
quitta les bords de la rivière pour gagner les terres 
plus élevées. Dans un terrain mobile et sablonneux 
où les mulets enfonçaient à chaque pas, on trouva des 
cailloux d'agate et de jaspe, ainsi que des masses de 
matières pétrifiées, apparemment des troncs d'arbres; 
ces masses étaient Eébrées de bleu, de blanc, de jaune, 
mais surtout de rouge. Le 30 septembre, on suivit de 
nouveau la rivière qui coule dans une profonde échan* 
crurc; et le 1*^ octobre, vers la fin du jour, on aper* 
çot dans l'ouest les montagnes de San-Francisco et, 
dans le nord plusieurs pics volcaniques. 

Le 2 octobre, le capitaine Sitgraves campa sur les 
bordsd'un des affluents du petit Colorado, au ruisseau 



(375) 

ieChe^e\otï(Cheifefon*s/ork). II eut peine à trouver son 
chemin au milieu d'un dédale de ravins et, le 9, après 
s'être engagé dans une passe sans issue, il Fut obligé 
de revenir sur ses pas, de retraverser la rivière et se 
diriger vers le nord à travers un pays dépourvu de 
végétation. Le 6, même aspect désolé; les mulets 
commencèrent à donner des signes de fatigue ; le 7» 
on campa près de la rivière , non loin d'habitations 
de pierre, que le guide dit appartenir à des Indiens 
Moguis. 

Jusqu'au 8 octobre, le capitaine Sitgraves avait 
autant que possible S4iivi les bords du petit Goloradq, 
mai» ce jour-IA, il fallut abandonner ce projet, la 
rivière se précipitant de cascade en cascade sur des 
tables horizontales de gré», d'une hauteur verticale 
de 100 à 120 pieds (anglais), pour se lancer dans un 
couloir (canon} de cette hauteur qui porte ses eaux 
jusqu'au grand Colorado. Le capitaine Sitgraves ne 
jugea pas prudent de suivre, avec les bagages et ses 
b4tes fatiguées, le précipice qui forme la rive du 
petit Colorado, et, sur l'avis du guide, il se dirigea vers 
les montagnes pour tomber sur le Colorado au-dessous 
de l'embouchure du petit Colorado ; de là on pourrait 
remonter et explorer aussi loin que possible. Après 
avoir pris cette détermination et quitté la rivière, 
l'expédition suivit la base de rochers taillés en hautes 
tables horizontales et formés de nombreux détritus 
de lave. Au milieu de ces roches, quelr}ues points cul- 
minants portaient des ruines d'édifices de pierre, 
évidemment les restes d'une cité considérable ; de tous 
côtés le sol était couvert de fragments de poteries de 
fabrique mexicaine. Le capitaine Sitgraves attribue au 



( 876 ) 

manque d'eau la dépopulation de celle contrée aban- 
donnée. 

Le 9, on vît quelques arbres sur les montagnes, 
principalement des cèdres; et le guide, envoyé à la 
découverle, tomba sur un campement considérable 
d'Indiens Yampnis, établis auprès d'une source. 11 ne 
fut pas possible de communiquer avec eux ; ils s'en- 
fuirent à l'approche des voyageurs, laissant dans leurs 
cabanes une foule d'ustensiles de valeur pour des 
Indiens. Le capitaine Sitgraves regretle avec raison 
dans son rapport que le guide ait permis à ses hommes 
de s'approprier une partie de ces objets. Le 10, le 11 
et le 12, continuation du voyage ii travers les mon - 
tagnes» l'eau était rare, néanmoins la végétation éiait 
belle; au cèdre avait succédé le pin à pignons {Pinus 
edulis) : des antilopes par troupes paraissaient au loin 
dans la plaine. Le 12 au soir, après avoir atteint le 
sommet des montagnes, on commençait à descendre 
le versant méridional lorsque la découverte d'une 
source abondante décida le capitaine Silgraves à cam- 
per et à prendre un peu de repos dont tout le monde 
avait grand besoin. On resta deux jours â cet endroit. 

Le 13, le guide fit une excursion de découverte et 
surprit encore quelques Indiens; mais celle fois on 
respecta leurs propriétés et on leur laissa quelques 
présents en tabac, mouchoirs, couteaux, pour les en- 
gager à communiquer avec les voyageurs et donner 
ainsi quelques renseignements sur la contrée. Le 15, 
l'expédition planta ses tentes près du lit desséché d'un 
étang; quelques flaques d'eau existaient encore çà et 
\k cachées dans les hautes herbes, on y trouva une 
espèce de trèfle, différente du trèfle commun des Étals 



(877) 

de rUnion. Quelques arbres de l'essence du chônc 
étaient mêlés aux arbres verts. Ce jour-là le grand 
ehronomèlre se trouva arrêté dans la botte, et le chro- 
nomètre de poche du capitaine Sitgraves manquant de 
régularité, on ne put faire par la suite que des obser- 
vations approximatives. 

Le 18, un des hommes de l'expédition, un Mexicain, 
qui avait été blessé àla tête quelques jours auparavant, 
ne pouvant aller plus loin, il fallut prendre un peu 
de repos; repos dont les liètes épuhèes profitèrent 
comme les voyageurs. Le 21, on se ternit en route, et 
le capitaine Sitgraves remarque la beauté du paysage, 
qu'il compare à un vrai parc. Ce jdur-lâ, les voyageurs 
furent réjouis par le retour d'un de leuif^ compagnons 
égaré à la chasse depuis le 19. Cet Homme, qu'on avait 
cru perdu et qui depuis trois jours errait satis boire 
ni manger, avait par hasard retrouvé la trace de l'ex* 
pédition. Le 23, après avoir suivi de profonds ravins 
et quitté les hauteurs dans l'espoir de trouver de l'eau, 
on découvrit quelques mares dans le lit desséché d'un 
ruisseau; le 2A, on commença à traverser la plaine 
dans la direction de l'ouest ; le terrain était coupé de 
précipices et de ravins avec des masses de porphyre 
et de quartz. 

Le 24» le Mexicain blessé mourut et fut enterré au 
pied d'un sapin qu'on marqua d'une croix. La verdure 
était desséchée et le sol , semblable à de la cendre , 
n'offrait aucune apparence d'humidité. Le 26, douze 
mulets s'échappèrent, il fallut courir sur leurs traces 
et renvoyer en arrière un certain nombre d'hommes. 
Le 27, on surprit une bande de misérables Indiens; 
l'un d'eux consentit à conduire dans un endroit où il 



(878) 

y avait de Teau s en effet, deux maigres souroei eacbéai 
dans une gorge rocheute permirent aux voyageura 
d'humecter leurs gosiers desséchés et leur donnèrent 
la force d'alleindre un Yrai ruisseau d'eau courante 
situé 12 milles plus loin, et sur les bords duquel on 
trouva établis des Indiens Yampais. Là l'herbe était 
abondante, et les mulets perdus le 27 ayant été rame- 
nés heureusement, bdtes et gens purent se refaire de 
leurs fatigues. 

Ce ruisseau , que le capitaine Sitgraves nomma le 
Yampai, nall de trois petites sources, et, dans l'espace 
d'un demi*mille, il se perd à plusieurs reprises sous 
terre jusqu'à ce qu'il disparaisse tout à fait. 

Le 1" novembre, on eut & se défendre contre une 
douzaine d'Indiens voleurs de mulets; quelques volées 
de flèches nécessitèrent l'emploi des armes & feu, et, 
d'après les traces sanglantes trouvées sur les rochers, 
il paraîtrait qu'un Indien au moins aurait été blessé. 

Le 2, on quitta la vallée du Yampai, pour traverser 
une plaine tout à fait nue, sans eau, ni bois, ni herbe; 
par contre, il y avait abondance de cactus. Le 3, il 
fallut gravir une chaîne do hautes montagnes par des 
passages escarpés et difficiles, mais l'espoir qu'une 
fois arrivé au sommet on découvrirait le Colorado, 
donnait du cœur aux plus fatigués; mais, vaine attente, 
au lieu du fleuve si désiré, une autre plaine immense 
et désolée, et puis une seconde chaîne de montagnes. 
Ce jour-là, le guide, M. L., tomba dans une em- 
buscade d'Indiens et fut atteint de trois flèches; on 
voulut poursuivre ces visiteurs malencontreux, mais 
ils disparurent au milieu des rochers. 

La journée du A fut employée à traverser la plaine 



(87Ô) 

et la nuit fut, comme la précédante» sans eau ni her- 
bage ; le 6, enfin, du sommet de )a seconde montagne, 
on découvrit le Colorado, dont le cours marqué par 
de grands arbres se déroulait au milieu d'une large 
Tftllée. Les feux nombreux indiquaient une population 
indienne considérable, et à cette vue, les voyageurs 
poussèrent des hourras, comme pour saluer la fin de 
leurs misères et de leurs fatigues: d'après le thermo* 
mètre, on était à 3200 pieds (anglais) au-dessus du 
fleuve. 

Arrivé sur les bords du fleuve, le capitaine Sitgraves 
en mesura la iargeor qu'il trouva de 266 yarJs (24S**); 
sa plus grande profondeur ne dépassant pas 6 pieds. 
Le courant était rapide mais il ne put en évaluer la 
vélocité. Du reste, le sol était désolé { rien que des 
broussailles et des herbes sèches pour toute végéta- 
tion. En somme la contrée traversée, depuis les mon- 
tagnes de San-Francisco, était nue et dénuée d'intérèl; 
ce n'étaient que montagnes et plaines désertes; ces 
dernières élevées en moyenne de 5 000 pieds (anglais) 
au-dessus de la mer. Sur les montagnes seulement on 
aperçoit des arbres et parmi ceux-ci le cèdre est le 
plus important; quant aux plaines, elles n'offrent que 
peu de ressources au botaniste!»' Le 7^ on suivit an 
sentier bien tracé le long du fleuve et bientôt on fit 
la rencontre de nombreux Indiens de la tribu des 
Mohaves. 

Ces Indiens sont de taille athlétique, quoique vivant 
exclusivement de végétaux; ces l)ommes sont tous nus 
à l'exception d'une espèce de caleçon ; leurs cheveux 
sont taillés carrément sur le front, et sur les côtés et 
par derrière ils les laissent pousser et flotter de toute 



( 880 ) 

Jeur longueur; quelquefois ils les roulent et en font 
un paquet sur leur tète. Le. seul vêtement porté par 
les femmes consiste en une longue frange formée de 
brins d'écorce de saule» tournée autour de la (aille et 
tombant jusqu'aux genoux; les femmes» pas plus que 
les liommcs, ne portent de chaussures. Leurs armes 
sont l'arc et les flèches, la lance et le bâton; ils ont 
l'habitude de porter avec eux, quand il fait froid, un 
brandon. allumé» et le capitaine Sitgraves remarque 
que cet usage est mentionné dans l'expédition de 1640 
au Colorado» et fut l'origine du nom de Rio dcl Tizon. 
donné au fleuve par les premiers explorateurs. Le 
capitaine Sitgraves eut quelque difficulté à maintenir 
les indigènes A distance; M, Woodhouse» le médecin 
de l'expédition, reçut une flf*che dans la jambe» et le 
16, il fallut rn|)ousscr par la force une attaque géné^ 
raie d'Indiens Yumas; un soldat fut surpris et mas- 
sacré. Néanmoins l'expédition descendait toujours le 
fleuve. Pendant cette partie de la route» on perdit plu- 
sieurs mulets qui tombèrent de fatigue pour ne plus 
se relever; on fut nécessairement obligé d'abandonner 
tout ce qui n'était pas de nécessité absolue en provi- 
sions et rechanges. On dut même tuer les bètesles 
plus épuisées pour s'en nourrir faute de mieux» lors- 
qu'enfin» le 30 novembre» l'expédition à bout de forces» 
atteignit le confluent de la Gila» où se trouve un poste 
militaire occupé par les troupes des États de l'Union 
américaine. 

Là le but de l'expédition était rempli, le coûtas 
du Colorado jusqu'à la mer très peu distante étant 
d'ailleurs bien connu et récemment exploré; le capi* 
taine Sitgraves termine son rapport A son arrivée au 



(881) 

posle frontière» bien que les instructions de son gou- 
Ternemenl lui prësrrifissent de suivre le Colorado 
jusqu'à son embouchure dans le golfe de Californie; 
vraisemblablement l'état d'épuisement de sa troupe 
ne lui permit point d'aller plus loin. 

Le rapport du capitaine Sitgraves est accompagné 
de la table des distances parcourues ; de la table des 
positions géographiques (celle-ci donne pour le pueblo 
de Zuni : latitude S6* Oh' M" (la longitude manque); 
et pour le confluent de la Gila : latitude 38* A3' 31\ 
longitude ouest de Grcenwicb, IIA* 33' Oh*'); de la 
table des observations météorologiques faites deux et 
trois fois par jour. 

Le docteur Woodhouse, médecin et naturaliste de 
l'expédition, a donné un rapport sur l'histoire naturelle 
des contrées visitées» et une monographie complète 
des quadrupèdes, oiseaux, reptiles» poissons et végé- 
taux reconnus ; parmi les oiseaux et les reptiles quel- 
ques espèces sont nouvelles. Puis, un rapport médical 
dans lequel on suit avec intérêt le traitement suivi par 
le docteur lui-même pour une morsure du serpent à 
sonnettes {dvtalus Lecontei). 

Enfin cet ouvrage, déjà bien rempli, est complété 
par un grand nombre de dessins lithographies repré- 
sentant des sites et des paysages, des scènes indiennes, 
(les spécimen nombreux d'histoire naturelle et par une 
grande carte du voyage. 



( S82 ) 
NOTB 

SUB LA CARTB DU COITBft DV MABBB (t). 



La Société de géographie et publié, ,en 182i, une 
première série de Questions proposées aux Doyageurs\^\ 
il est une de ces questions qui n'a pas encore été ré- 
solue complètement et qui est relative au pays de Taka 
et au cours de la rivière du Harcb, rivière située A Test 
du Nil Bleu et au nord de l'Abyssinie ; ce cours a tou- 
jours été considéré comme problématique et il Test 
peut-êlre encore aujourd'hui. C'est pourquoi la Société 
avait appelé l'nltention sur l'ouvrage publié par le 
savant voyageur Burckhardt sur la Nubie ; il n'a pas 
suffisamment fait connaître les affluents de l'Athara, 
(que l'on identifie ordinairement avec l'Aslaboras), ni 
la nature ou Télévation du sol entre l'Atbara et la mer 
Rouge, dcjxuis le 15* degré de latitude nord jusqu'au 
19\ Aussi a-t-on accueilli avec intérêt une carte ré- 
cente » tracée par deux voyageurs, MM; Vayssière et 
Malzac, à qui l'on doit déjà une esquisse de cette partie 
du bassin du Bahr-el-Abyad, qu'a nouvellement explo- 
rée M. Brun*Rollet (S). D'après cette carie, la rivière 
de Mareb prendrait sa source à 75 milles géographi- 
ques nord-nord- ouest de Gondar (lat. 14^50', long, 
orientale Paris 3A^ AO') . Au lieu dit Kassala, elle entre- 

(f) Voir la carte insérée au Bulletin de juio. 

(a) Questions proposées aux voyag^eurs et à toutes les personnes 
qui s'intéressent aux progrès de la géographie, i'* série. 

(3) Voir le BulUtin de mars-avril i855, et le BuUetin de dé- 
cembre i854* 



(181) 

rait dans un grand marais de 26 lieues de long ; puis 
se ietterait, à 00 lieues plus loin, dans un autre marais 
tout voisin de la nier Rouge : c'est là que finirait son 
cours sans aboutir à la mer. 

Le grand marais dont on a parlé communique & une 
vallée dirigée nord et sud, appelée Wadi-Abbay, par 
où Ton croyait autrefois que s'écoulait la rivière de 
Mareb t le cours qu'assigne h cette rivière la carte de 
MM. Vayssière et Malsac, parait lever les doutes qu'on 
avait sur cette direction. 

Les tribus qui habitent entre les 16* et 19* degrés 
de latitude , et entre les 8S* et 86* degrés de longi- 
tude est de Paris, portent le nom commun de Bad/e 
ou Bidja; d'autres tribus plus méridionales, jadis chré- 
tiennes, sont habituellement en guerre avec les popa* 
lations de TAbyssinie. Elles vivent dans des cavernes 
comme les anciens Troglodytes. 

L'Atbara prend sa source sur la frontière d'Abys- 
sinie, va ensuite arroser les ruines de Goz-Redjeb ; 
puis il se jette dans le Bahr-el-Azraq, ou Nil Bleu, 
un peu au-dessus du 18* parallèle nord et de la ville 
de fierber. Jomabd. 



HOTB s va Li coaiB (!)• 

D'après une lettre assez récente de M. Ferréol, 
vicaire apostolique de la Corée, on comptait dans ce 
pays 12 A50 chrétiens. Selon une autre lettre de 
M. Daveluy, aussi missionnaire apostolique en Corée, 
le pays était agité par des troubles politiques : des 

(i) Voir Taiticle sur la Gor^e, Bui4eûn de inert-avrih^ 



(*à4î 

HUorrecûoc» oui éclAlè <iaiis U n»Âia it Tcsl; la 
cikoie cie ki d jnasiîe éiaîft annnnrrf cogc^k très pro- 
bable; le fevne ivi, serti de priana poor s'aoKaîr aar 
le trône» himiait naorper TaotorUè par les haols 
fenctiomiaircs; lea plos graocb abos 
radiDJneitratioii et Causaient croire â ai 



Oo sait qiie les mûnoaiiaîres français sont en Carêe 
depuis IS^; selon enx la population csft de 10 millions 
d'iiabitanls ; TÉ? an^e j a été porté lers 102. 

Il est également difficile d*aLorder dans cetle près* 
qu'Ile et d'y pénétrer; les rîiages seol environnés 
d'écoeîls lool aotoor; c'est uie mer féconde en nau- 
frages ; ao nord eA an désert large de là lienes» 
pooria de collore et de U>ole habitation, et» de pi 
gardé par de nombreux soldais. ( jÉmm^es de Im 



OHIPaRAISOi!! DES TOCàBCL^llES 
OTJIilEBERO, BATETÉ ET CHJILDUXSÉ; 



L» J. 



La langue bajéyé oflire la pins grande ressemblance 
at ec celle des Ovahérero et présente en général une 
grande affinité a? ec quelqoes*ons des dialectes de la 
côte orientale de l'Afrique; elle présente toutefois deux 
ou trois de ces sons d'une aspiration particulière, dits 
klicks: ce qui b rapproche des langues hotlentotes. 
L'oijiherero est la langue des Damans elle chjilimansé 
celle d'une tribu qui habite à l'ouest des élabfissemento 
portugais de la côte orientale. 



( 385 ) 



VOGABULAIBB GOIIPABi. 

(On a conservé Torihographe ano^laue dont M. Andersson »*est servi 

pour rendre les sons.) 



Anglais, 


Otjikerero, 


Bayeyé, 


Chjilimansé. 


A 

Ami, 


Okuoko 


Engoro 


Maoko 


Arrow, 


Otjiku 


Roo 


Movene 


— point, 


Omuzi (toujours 
bref) 


1 Movi 


Movi 


Assegai, 


Enga 


Roanga 


Mafumo 


Awl. 


Oijisiui, ondon- 


Ëtongo 


» 


B 


eoW 






Bag, 


Ondjalu 


Eshisi 


Sapo 


Bead, 


Ondjendje 


Sooli 


Ozanga 


— of bono, 


» 


Sen*gama 


Sambo, Dalira 


Bean, 


Ekunde 


Mcmba 


r^jemba 


Befrd, 


Orujethu 


Tndezo 


Indevo 


Belly, 


Eshuri 


Ora 


Mimba 


Béer, 


1» 


Oara 


Wadoa 


Bow, 


Outa 


Rota 


Outa 


— string, 


Omoko 


Razenga 


Ozenga 


Boy, 


Otnuthandu 


Morombana 


Morombala 


Breastf woman's 


Evere ting. 
On» avère pi. 


Mavere 


Mazuku 


Brolhei> eldeat 


Krumbi 


Mopanga, (?) 
Mosatnaya (?) 


Amzatsi 


— youiiger. 


Ouiangu 


» 


Moronibala 


Buffalo, 


Onjati 


Onjati 


Onjati 


Bush Tick, 


Ongupa 


Zenkopa 


■ 


Buy, to. 


Okaranda 


Roora 


Rogola 


C 

Calabash, 


Ondjapa 


Rad*gava 


Fonguc 


Cap, coverin^ for Ekori 


En'kava 


* Chapeo 



ihe head 

Gattle, Onjanda (sheep Dashangava wa- Ngombe 

et goats) nunie (?) 

Cbest, Ornkoro Zedzava Chifoa 

Child (infant), Omuvena (maie Nana Moana 

infant) 
ChopperorhatchetyEkuva Enkakara Badso 

IX. JUIN. 4. - 26 



( S86 ) 



Anglais. 


Otjiherero. 


Bayeyé, 


ChjUimansé. 


Cold, 


Ombepera 


Ompepo 


Ompepo 


Copper, 


Oijiserandu 


En'koa (?) 


» 


Corn, 


» 


Mavere(Caffre 


Mabera (Gaffre 






corn) 


corn) 


Gorn,8omewhat like 


• 


Mano*koa 


Mavere , Ma- 


Ganary seed in 






fonde 


shapé et sise 








Gorn-troagh, or hol- 


» 


Chitona 


Noii 


low pieoe of wood 








in which the corn 








is crushed orgro- 








und 








Corn-çrinder, cru- 


9 


Mosbi 


Monsi 


sher, or pestle, 








witb which thc 








corn is conTerled 








into fleur 








Cow. 


Omkoinpe 


Enkaaa 


Ngombe (catle 


D 


Ontbindw 




ia gênerai ) 


« Daicka, » 


» 


Rovanse 


Banje ^ 


DofT, 


in boa 


Omboa 


Omboa 


Drink, to 


Noa 


Kona 


Konoa 


Drinking cup. 


H 


Ëcbipi on^kara Mokonibo 


E 

Ear, 


Okutai 


Rôti 


'nsevè 


Earih-fmit, a speciei 


1 n 


Oiençoia 


Nemo 


of a bean , witV 


1 






podsundergrounc 


1 






Eat, to 


Koria, riaa 


Kolia 


Rodia 


Elbowy 


Ombarambaoja 


Rokokona 


» 


Eléphant, 


Ondjohu 


OngoTo 


Ondzoo 


Eye. 


Esho,;)/.Omes)i 


Amesho 


Maso 1 


F 

Fasten, to 


Pandeka, kota 


Shimmina 


Manga 


Fat, 


Omale 


A mazi 


Mafotn 


Fatber, 


Taie (19^, yoar 
fatber, ishe,his 


Tati 


P^ha, bambo 




fath«r) 






Fit-tree (wild), 


Omrakvfjumba 


Mokoja 


Makojo 


Finf^er, 


Ominue 


Minoe 


Monoe 


Fire, 


Omurio 


Monçiro 


Mbalo 1 


Foot, 


Ompatbt; ( From 


Sikuhd'o 


Niaro 


1 


Valk», to icach) 


■ 





(S«7) 



^n^Lms. 


Ot/iAcfw». 


k 


Bty^é, 


Chj'Uim^Hêé. 


Fowl, 


Ontera(froin 


iThe- Sieojeshi 


Hoko 




iha, to tremble] 


) 




Fruit TrM (wild) 




Moshoma 


Moshoma 


Fruit, with a Urge » 




On*oro 


* 

m 


obloDg frail 








• 


Fruit Trec (wiîd; 


), 




Se^koa 


n 




n 




Oi 


t f 


O 

! 

Giraffe, 


Ombashe 




Ombashe 


.Chip^mbere 


Girl, 


Omukathaoa 




Mokana 


Moiikana 


Gna, 


Otjimbaru 




Onzofbo 


Palabala 


Goat, 


Ookompo 




Opuh l?) 


■ Omboii 


Gold, 


» 




Darama .(7j 


Dala^ « 


G rasa, 


Esbothtt 




Modaodso 


MSo^oa 


Gnn. 


Ondjembo 
Otjimbari 




Tuboro 


Foti ( i.roaller 
G un, perhaps 
PUlol (?) 


H 


• 




« 




Haïr, 


1 

Onkise, ondifle 


Seshjshi 


Sisi 


Hartebeest, 


Ornkambe 




Onxoro (bastard 


• 






Hartebeest) 




He, 


e, eje, je, ma, 
u, ua, etc., 
cording to 


me, 
tbe 


» 


Ojo 




prcfix of 


the 




é 




nOQD 






• 


Head, 


Otjiora 




Mosoro 


Mot«vo 


Hear, to 


Thuva 




Roiva 


' Oansot 


HeaveR) 


Ejuru 




Lero 


Gore, Mode«g« 


Hide, 


Omukoba 




Engoo 


Palame 


Hippopotaraus, 


Ongantu 




OnvoYo 


OllTOO 


Hunger, 


Ondjara 




Enjara 


Oojala . 


Hnaband. 


» 




Arora 


Morome otaM 


I 


ovniy Ami 




Geme (?) 


Ene 


IroD, 


Otjtteada 




Ouri 


Otare 


— riog. 

• 


OnkolM 




Tugakano (?) 


» 


• 
Jackal. 


Ompantje 




Opokojo 


>Boro 


KniFe, 


Oruvio 




KaFfroe 


Chipangar 


Rnobstick. 


Ooknnia 




Rasban 


OpEtmbo 





( 


388 ) 




AngiaU, 


Otjiherero. 


Bayeyé, 


ChjUùnatué. 

• 


h 

Lead, 


Ohauga (?) 


Orùio 


Opula 


I-eg, 


Okarama 


Mon'o 


Bimbira 


Lip, 


Omona 


Suporo 


Molomo 


Listen, to. 


Poratena 


Koiva 


Oanwoa 


M . 
Man, 


Ouiurumeutu 


Mokorokoine 


Moronie 


Méat, 


Onjama 


Onjama 


Njama 


Milkf sweet 


Omaisi 


Mashtttta 


Kaka 


Milk, sour 


Omaire (from jera • 


Koava 




to glilter) 




• 


Mutkcr, 


Marna, Unjoko 


Ma 


Mai 


Moon,*'^-" 


Omnethe 


Okoeze 


Moezi 


Mouth. 


Otjenjû 


Moromo 


Malomo 


Nail, 


Ontuiigo 


Zengara 


• 


Neck, 


Enkoti 


ËZODgO 


K08 


Nose. 


Ëjuru 


Lero 


Pono 


O 


OnkoinpoiUuombe Oporo 


Ngoiiibe (ox ur 








cow) 

# 


Ostrîth. 
P 
« Pheasant, m 


Ombo 


Ënporo 


m 


Ongoari 


Oiigori 


» 


(FraiicolÎD) 








Pig, wild 


Ompinta 


Ongire 


Oigulve 


Pot, 


Onjungu 


Kaboroa 


Karango 


Powder, 


Osire 


Moshiri 


■ 


Pull, to. 

R 

Raîn, to 


H 


Sherapu 


H 


Hoku 


Yovoraetetia 


Kunan vola 


Hhioocerotf, 


Oiigava 


Otfhongodzo 


If 


RuaIi. 


it 


LitjalM(?)rusfa from 
whiebthey manu- 


S 




facture tbeir mais. 


Sait, 


Otnuoiigua 


Rotsoai 


Monjo 


Sand, 


Esheke 


MoTO 


Setja 


8ee, to 


Muna, tara 


Komoana 


Oana 


Slieep, 


Ootu 


Oco(ï) 


Magai 


^houlder, 


Otjituve 


Zeko'aba 


Mapeo 



( 380 ) 



Sitter, 
Sic, to 
SIeep, to 

SnufF, 

Spoon, 

Sund up^ to 

Star, 

.Steal, tn 

Stick, 

Sun. 



Teelb, 

Thou or you. 
Tbroar, 
To, 



Otjiherero, 

M 

Rara-peshi 
Rara 



Orutue 

Sêkama 

Onjose 

Vaka 

Okaii 



Mo^ganya 

Sekama 

Rorangara» Te- 

rangare 
Molombf' 

Raio 

Oema 

Siftnjata 

Koiva (?) 

Ratî 



Ejava(froiiijava to I^eb? 
eut or divide.) 

Omajo (sing. ejo) Ameno 



Tobacco, 

Toe, Omunue 

Tungae. Eraka 

V 

Understand, to. Thura 

W 

Walky to Rianga 

Water, Omeva 

— biick, » 

We, 
Wolf, 
Wotnan, 



Obe, ove 
Omurishu 

Ru, ko, k, pu, po, 
p, mn, iDO, m 

Omakaja 



Goe 
Moloo 



Motombe 

Zena 

Riirime 

Daivo 

Rakeke 

Ami 

Onja 

Sberako 

Omporo 

Mokaz 



Ombungo 

Omukatbendu 

— roarried. Oroukatbendn Va- Vaoga (?) 

kupna 
Y 

You. Ove Goe 



Chfilimansé. 

Bail 

Ram 

Rolar;^ 

Podia 

Olako 

Romera 

Roba 

Pzimbo 

Dzoa 



Mann 
Eoft 
Rolo 
Oko 

Fodia 
Miirae 
Rnrime 

Dafva, oansoa 

Rofamba 
MoTola 
« 
Ife 
Tika 
Mokaxe 
— oaroroa 

Roe 



110118 DB NOMBRR. 



1 Umue, 


Mokekp 


Omo« 


a Vevari, 


Vaviri 


Vaviri 


3 Vetatu, 


Vatato 


Vatato 


i Vane, 


Van# 


Vana 



( 300 ) 



5 


Veuno, 


Matanareanja 


Vasbana 


6 


Hanibôhumue, 


— Vara'ka 


Vatantato 


7 


Hambotebari, 


«- Varastipi 


Gbinomoe 


8 


fiambondatu, 


Vanjenisa 


Zere 


9 


Onlivlo, 


VaraM 


Femba 


lO 


Ommtùtk^Oj 


Yakoiftild 


Rame 


II 


OtniroDgo na 
muv petbi 


Vakomiki Vara'ka 


Komloa Oiiiô« 




Etê«| «tc.y etc. 


Etc., aie, etc. 


Etc., etc., été. 


ao 


Otnirongo vivari, 


MatatiareaDJa Afato- 
vaviri 


Makome Mattrî 


3o 


— ViUtu, 


Vara^ka Avato vatato 


— Maute 


4o 


^- Vine, 


N 


— Mana 


5o 


-- yittno, 


» 


— Maakaoa 


6o 


— Hambouemue, 


. • 


— Vataataio 




Etc., «te., etc. 




Etc., etc., etc. 


oo 


OmiroDgo Mironfj 


;o. » 


Maxana. 



Observations. 

En otjiherero TinGnitif se forme en mettant oku 
devant Timpératif, ex. : randa, achète, okuranda^ ache- 
ter. Les noms de nombre de un à cinq reçoiyept dea 
changements selon les mots qui les précèdent, ex.-} 
Omwidu umuepUn homme» mot à mot homme uAs ^^^ On 
djtw imuÇf une maisoi^, — maison une; — Rkori rimue^ 
un bonnet» — bonnet uni — Otfitfmma ^'imui, — vaii' 
seau (un); — OkaU kumne, «^ bàtôn (un); ^^ Otuvio 
rumue^ — couteau (un); — Oi^anau ve^ari^ hommes 
(deux) ; -^ Othondjuo intaià ou thetatu, mbisons (trois)! 
— Omakorijane, bonnets (quatre); — Oifitjuma vîtano, 
vaisseaux (cinq). 

En chjilimanse , les lettres R et L se confondent, 
11 y a en bayéyé, deux aspirations klkks^ Tune 
douce et l'autre forte. 



r 



( 8M ) 



Aetem de la Soelétéé 



BXTRAITS DES PROCbIS -VERBAUX DES SÉANCES. 



Séance du 1*' juin 1855, 

Le procèft-verbal de lA dernière séance est la et 
adopté. 

M. le baron de Fourment, sénateur, adresse ses 
retnerciemenls à la Société qui vient de Tadmettre au 
nombre de ses membres. 

M. le capitaine de vaisseau Mac-Glure, dans une 
lettre datée du 18 mai, exprime à cette compagnie sa 
vive reconnaissance du témoignage d'intérêt etd'estitné 
qu'elle vient de lui donner, en lui décernant sa grande 
médaille d*or, pour la découverte du passage nord- 
ouest. 11 la remercie également du diplôme qui lui 
confère le titre de correspondant étranger de la 
Société. 

M. Jomard donne communication de deux lettres 
de M. Brun-Rollet, en date de Turin ; dans la première 
M. Brun-Rollet informe la Société que M» Ibrahim, 
dont l'itinéraire a été tracé dans la carte insérée eu 
Bulletin de mars-avril, est un Syrien qu'il a établi en 
1851 dans la tribu des Ryksi « il paraîtrait; ditHil,queI« 
tracé aurait dévié trop au nord et que la rivière bù 
s'est arrêté Ibraliim ne serait qu'un des aboutissants 
du Keilak. Le nom de Telfiou, donné au Saubati vieàt 
du mot fiou qui veut dire eau en diaka. Les Cliirî'et 
les Bary l'appellent Afeou, les Berry et les GhtioUks 



( 892 ) 

autrement d Dans la seconde lettre, M. Brun an- 
nonce un mémoire intitulé : lîotes sur l'aTcnir du 
commerce du Sennâr, et il insiste sur la nécessité 
d*étendre les relations commerciales de l'Egypte dans 
rËthiopie supérieure» moyen d'accrotlre en même 
temps les connaissances géographiques. — Renvoi d'un 
extrait de ce mémoire au Bulletin. 

Le même membre annonce qu'on a découvert, aux 
environs de Limoges, entre autres antiquités, un pied 
romain dont la longueur est de 295 millimètres ; cette 
dimension diffère peu de la dimension du pied anti- 
que trouvé 9 il y a quelques années, en Normandie, 
dans la forêt de Maulevrier. C'est aussi un pied & char- 
nière, c'est-à-dire divisé en deux demi-pieds. 

M. Jomard expose ensuite les communications faites 
à la dernière séance de la Société royale géographique 
de Londres. 

H. Vogel écrit à la Société pour lui offrir de la part 
de Tauleur, M. Scbnitzler, un exemplaire de sa des- 
cription de la Crimée. 

M. Alfred Maury fait hommage de ses Recherches sur 
la religion et le culte des populations primitives de la 
Grèce, extraites d*un grand travail qu'il prépare sur 
V Histoire du Polythéisme gréco-latin^ depuis son origine 
jusqu'à son entière destruction. M. Maury entre dans 
quelques détails sur ce travail et sur ses rapports avec 
la géographie et l'ethnographie anciennes de la Grèce, 

H. de la Roquette offre un exemplaire de la Notice 
sur les'Egède, qu'il vient de publier dans la Biogra-- 
phie unii^erselle» 

H. le secrétaire lit la liste des ouvrages déposés sur 
le bureau. 



( S9S ) 

M. Lourmand rend compte de la brochure intitulé: 
Enumération poétique des départements Jranfais^ par 
M. J. Portes. Il conclut en ces termes : a L'auteur est 
louable d'avoir fait des efforts pour populariser l'étude 
d'une partie importante de la géographie; mais, si je 
ne me trompe, il faut s'ouvrir une autre voie pour 
arriver au but vers lequel nous appelons tou^ les 
hommes capables. » 

H. Morel-Falio donne lecture du MémoiredeM. Brun- 
Rollet sur les contrées du haut Nil. 

La Commission centrale décide qu'elle procédera, 
dans sa prochaine séance, à la nomination de trois 
membres adjoints. 



Séance du 15 juin 1856. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

M. de Montigny, de retour d'une mission temporaire 
en Afrique^ écrit à la Société pour la remercier de la 
distinction dont elle vient de Thonorer en lui décer- 
nant le prix d'Orléans pour ses importations de Chine 
et leur acclimatation en France et en Algérie. M. de 
Montigny s'engage & faire de nouveaux et énergiques 
efforts pour justifier la confiance de la Société. 

L'Institut historique et géographique des Indes 
orientales écrit à la Société pour lui adresser le troi- 
sième volume de ses Mémoires. 

M. J. Perthes, de Gotha, écrit également à la Société 
pour lui faire hommage de plusieurs nouveaux travaux 
géographiques publiés dans son établissement. 



{ 5M ) 

M. Jomard dépose sur le bureau la A* livraisbrl de 
ses Monumeotsde la géographie et U doone un aperçu 
des cartes dont elle se composée 

M. G. Lafond fait hommage de son Guide généi*al 
dès assurances maritimes et fluviales» Il fait à ce siqet 
une proposition que développe ensuite M. Jomard el 
qui consiste à adresser une circulaire à tous les agents 
et correspondants des assurances maritimes» aui^ 
consuls français et étrangers, aux chambt*es de cotn- 
merce et à tous ceux qui s'occupent ou peuvent s*oc«* 
cuper de géographie par leurs relations. 

M. Gortambert offre» de la part de M. J. Garnier» un 
numéro du Journal des connaissances utiles publié sous 
la (lireclion de cet économiste, et il en propose l'échange 
avec le Bulletin. Celte proposition est appuyée et ren- 
voyée à la section de comptabilité. 

M. le secrétaire lit la liste des autres ouvrages dépo- 
sés sur le bureau. 

La Commission centrale procède à l'élection de trois 
membres adjoints. MM. Ai Barbie du Bocage, Fabre 
et de Froidefonds des Farges, obtiennent la majorité 
des suffrages! 

Hé V.*A« Malte-Brun présente un compte rendu des 
travaux de la Société impériale géographique de Saiht^ 
Pétersbourg pendant les années 1853 et 1864. 

M. de la Roquette rappelle le Discours prononcé 
par M» Lefëbvre-Duruflé à la dernière Assemblée géné- 
rale» dans lequel l'honorable président de la Société 
faisait remarquer l'aridité des géographies élémentaires * 
mises entre les mains de la jeunesse française et, par 
opposition» l'attrait des traités semblables publiés en 
Angleterre et aux États<Unis» et il saisit cette occaeion 



( 196 ) 

pour proposer à la Commission centrale de fonder un 
prix on faveur dû m^illbur ouvrage e&écuté d'après le 
plan indiqué par M. Lefebvre-Duruflé. Les fonds de ce 
prix poutraietit ênre folts àoit ^ar la Société, soit par 
souscriptions ou par ces deux modes à la fois. Dans 
ce dernier cas, M. de la Roquette offre de souscrire 
pour une somme de 50 francs. Cette proposition est 
appuyée at renvoyée à la section de comptabilité qui 
l'examinera el fera son rapport à la prochaine séance. 
Mé Trémauxlit une Notice iur l'esciavage au Soudan 
ofiemal et sur Tinfluenee qu'il exerce sur les mœurs. 
Cette Notice est renvoyée au Bulletitti 



( SM ) 
OUVRAGES OFFERTS 

DANS LES s6aNCES PES l*' ET 15 JUIN 4855. 



EUROPE. 

Titres des ouvrages. Donateurs. 

Description de la Grimée snrtout aa poini de vue de ms ligneu de 

communieation. Monograpliie géographique et topograpliiqae, 

a%'ec une carte, i vol. io-S^. Paria, iB55. M. ScamTzuia. 

Recherche! sur la religion et le culte des populations prinitiTet de 

la Grèce, i vol, in*8*. Paris, i855. M. Alfred Maory. 

CARTES ET ATLAS. 

I^s monuments de la géographie, ou Recueil d'anciennes cartes 
européennes et orientales, publiés en fac-similé de la grandeur 
des originaui, etc. 4* livraison, in-f*. M. JoiiàaD. 

Ergansungen zuStielers atlas. Der Osterreichische Kaiserstaat. i** li- 
vraison de 8 feuilles. Gotha, i855. — Wand-atlas von E. von 
Sydow. N* y. Nord- America. N* VI. Sud- America. Gotha, i855.— 
Schulwand-Karte von F. von Stiilpnagel. Politische vebersicht von 
Deufschland. Gotba, i855. M. Justus PiaTBBs. 

Carte générale des venu dominants à la surface des mers, pendant 
les mois de janvier, février et mars, et pendant les mois de Juillet, 
aodt et septembre, a feuilles. Le cap. de vaisseau Labtioije. 

OUVRAGES GÉNÉRAUX, MÉLANGES. 

Compte rendu annuel adressé à S. E. Mgr. de Rroek, ministre des 
finances, par le directeur de Tobservatoire physique central de 
Russie. In-4*. Saint-Pétersbourg, i854. M. Ruptper. 

De l'introduction des Arméniens catholiques en Algérie. Br. in-8*. 
Paris, i855. M. A. Barbir no Rogaob. 

Guide général des assurances maritimes el fluviales, contenant des 
instructions indispensables aux capitaines, armateurs, chaii(|eurs. 



( 397 ) 

Tiii-es des ouvrages, Donaieun. 

coDSols, courtiers, assurés et assureurs de toutes les contrées ma- 
ritimes du globe ; les polices et des observa tioos sur les usages de 
Glia<)ue localité où il se fait des assurances maritimes, fluviales et 
de transport, t toU in-8*. Paris, i855. M. Lapobd dk LcaCT. 

L'Asphodèle, ses applications industrielles, alcool, papier, carton. 
Brocb. in-8*'. Paris, i855. M. Piiiordkl db LiaKATOCHS. 

Kotiee biographique sur les Egède. Br. in-8*. M. Di la Roqurtte. 

MÉMOIRES, RECUEILS ET JOURNAUX PÉRIODIQUES. 

Bijdragen tôt de TaaULand-en Volkenkunde van ISeerlandscli ludië. 
3* vol. *SGravenhage, i855. Ikst. boy. des Iross oniuiT. 

Mitlheilungf-n iibcrwichiige nenc Erforschangen auf dem Gesarorot- 
biete dcr Géographie. M*' II et 111. Gotha, i8&fi. Hé A. PjvrBBii a9K, 

Proceedings of ibe Royal Society. VoL VII. N*' il et 12. — Journal 
of the Franklin Institote. Mars. — Zèitschrift fiir Allgemeine Erd- 
kunde. Janvier et février i85S. — Nouvelles annales des voyages. 
Mai. — Revue de rOrieut. Mai. — Bulletin de la Société géolo- 
gique de France. Février. — Bulleiig de la Société loologiquc 
d*acclimalation. Mai, — Journal des mission» évangéliques. Mai. 
— Annales de la propagation de la foi. Mai. — L'Investigateur, 
journal d<f Tluslitut historique. Février et mars. — Journal d*édu- 
cation populaire. Avril-mai. — L'Atliensum français. N** si et a3. 

Les EniTKtjnii. 



( SM ) 



avBBBBsasxasEzaaixaE 



TABLE DES MATIERES 

COfkfSlIVlB 

DANS LE TOMB IX DB LA ft« SÉRIE. 

N- 49 à 54. 

( Janvier à Juin t855. ) 



MBHOISBS, ETC. 

Paf«. 

Bstrtk dl*ontt Ultro d« M H«rmann fi. Ludewig • M. Jamêifày 
meièbre dt riaatîtvt. , . $ 

De ThUtoice d«« aborigènet dn Mexique, pac M. Hermaim La«» 
dewig. • , 6 

lettre de M. le commandant du géoie Faidherbe i M. Jomard. 34 

De la grammaire sérère, par M. Faidherbe • . . 35 

Mémoire sur le ragle ou hallucination du dâiert; par M. le 
comte cTEscayrac de Lautare I2i 

Quelques détails sur les prÀendua iMmniea k queve^ fm 
M. Tréoaaax ».«.«• i3g 

I9otice sur le voyage d« M. Charles J. Andersion 4vm le sud- 
ouest de TAfrique, par M. Alfred Maury. 149 

AssEMBLCB OBRÂRALB DU 37 ATRiL i855. — Discours de M. Le- 
febvre-Duruflé , sénateur • a4t 

Rapport sur le prix annuel pour la dëcouveric la plus impor- 
tante en géographie, par M. Daussy, rapporteur a5o 

Prix, pour l'importation en France, des espèces les plus utiles k 
ragricuUure, à l'industrie ou à rhumanité, par M. Jomard, 
rapporteur a6o 

De Tinfluence que le canal des deux mers exercera sur le com- 
merce en général et sur celui de la mer Rouge en particulier, 
par M. le comte d'Escayrac de Lauture. . .* 374 

Notice biographique sur le général Sémino, par M. de la 
Roquette 398 

Note sur la position de Ten-Boktoue résultant du dernier 
voyage du docteur Bartb, par M. d*Aveaac 3ô8 

Mémoire sur la route de Zeyla à Uarar (Afrique orientale), 
par M. Rich. F. Bnrton 337 



( 800 ) 

Pafr«. 

Notes sur IVtat présent an Sennâr, sur son avenir H son in» 
flnence sur l'avenir de l'É^pte, par M. Brnn-Rollet. .... 369 

ANALYSES, BT RAPPORTS, ETC. 

Rapport sur un travail de M. H. Martin, 'intitulé: • Examen 
» d*un mémoire posthume de M* Letronne et de ces deux 
» questions : i** la circonférence du (rlobe terrestre avait-elte 
» été mesurée exactement avant les temps historiques ; 3* les 
» erreurs et les contradictions de la géographie mathéma- 
» tique des anciens s'expliquent-elles par la diversité des 

stades et des milles. » Par M. Sédillot 4^ 

Ohservtition additionnelle au rapport qui précède, par 

M. d'Avezac 5i 

Types des races humaines (Types of manKind), par MM. Nott 

et Gliddon. Compte rendu par M. Gustave d*Eichthal. . . 53 
Rapport sur Touvrage intitulé: Geographi grœci minores, avec 
commentaire et atlas de ag planches, par M. Charles Mûller. 
— Par M. hambert 65 

Kipédition de l'Afrique centrale, publiée par M. Auç. Peter- 

roann. Analyse par M. Jomard 6q 

Rapport sur la carte physique et météorologique du globe ter- 
restre comprenant la distributîoQ géographique de la tem- 
pérature, des orages^ des vents et des neiges, par M. J,-Ch. 
Rondin, médecin en chef de Phôpital militaire du Roule. 
Par M. Alfred Maury i^f 

Rapport sur Texploration dehi vallée de TAmazone parles lieu- 
tenants de la marine des Étals-Unis, Herndon et Gibbon, 
en 1 85 1-1 853; par M, Isambett* ....•....«•..• i^g 

Report of an Expédition down the Zuni and Colorado Rivers, 
by capt. L. Sitgraves, coq)s topographical engineers. Wash- 
ington, i853. 

Expédition au Rio Colorado el à Ja rivière Zuni; rapport du 
capitaine L. Sitgraves, du corps des ingénieurs topographes. 
Washington, f 853. Compte rendu par Morefc^alto 379 

Note sur la carte au cours d» Mareb, par M. Jomafd 383 

Note sur ta Corée 383 

Comparaison des vocabulaires Otjiherero» Bayeye et Chjili- 
manae; d'après M. Andersson 384 

NOUVEI^tES ET QOHMIJNICATIONS. 

Nouvelles concernant le docteur Rarth »••«... 86 

Expédition par un sicamboat dans l'intérieur de l'Afrique. . . 89 
Nouvelle carte de l'Espagne 91 



( 400 ) 

Déclinaison magnétique dans la mer Adriatique • . . 9a 

Communication de M. S. Bcrthelot sur une nouvelle datée de 

Sainte-Croix de Ténériffe, du 5 décembre i854 93 

Considérations sur la carte géographique du Nicaragua , par 

M Myionnet-Dupuy. >• 97 

Notice sur la carte de la France protestante, dressée par 

M. Cb. Read. Par M. AlFred Maury loa 

Extrait de deux lettres de M. le comte d'Escayrac a M. Jomard. 217 

Études ethnographiques de M. Th. Valerio,par M. Alfred Maury. a 1 8 

Carte de la Corée, par M. Jomard aaa 

Entrait d'une lettre de M. le comte d'Escayrac de Lauture 

à M. Jomard 3i3 

Nouvelles de l'Afrique centrale. — Rencontre du docteur Bartb 

et du docteur Vogel 3i4 

Population chinoise de la Californie '. . 3i6 

Départ de M. A. de Gobineau pour la Perse 3i6 

Programme des prix proposés par la Société de géographie 

en i855 3i8 

Nouvelles diverses. — Nouvelle publication du lient F. Maury. a 27 

Navigation de l'Amazone . 227 

Mort de M. J. Désaugiers aa8 

ACTES DE LA SOCIÉTÉ. 

Extraits des procès^verbaux des séances de la Commission 

centrale 106, a3o, 3ai, 391 

Ouvrages offerts à la Société 118, a38, 333, 396 

Errata a4o, 336 

Table générale des matières du tome IX. 898 

PLANCHES. 

Carte de In Corée d'après Toriginal dressé par André Kim en 1846 
et offert par M. de Montigny, réduite à la moitié par M. V.-A. 
Malte- Brun, i855. ' ' 

Esquisse de la partie du bassin du Bahr-el-Abiad comprise entre 
les il * et 5* degrés de latitude .nord, dressée en mars et avril 1 854f 
par MM. A* Vayssières et Malzac, réduite i la moitié de Toriginal 
par V.-A. Malte-Brun. 

Carte du cours du Mareb et d'une partie de la haute I^ubie^par 
MM. Vayssière et Malzac, communiquée par M. d'Escayrac de 
Lauture et réduite par M. V.-A. Malte-Brun, aux deux tiers de' 
Toriginal i855. 

riV DE LA TABLE DU IX* VOLUME. 



u-'- 




^hux tufant ta ntt'ntf orûfiiie que 
i tiu/i%v popuUUu'tutti*' I ".th^Situue 
\H4iHi une Itvififw *iê*'it*cr Au GtiVx 
i/MV'nrtni un nvrfi* it^ In ri'U\/i^M 

tfi* / '.flysxttii*' et Air Musubntuui 

Stméluu . En triHu* </«' tfuetuw 
r tiûhujt htthitenl Je* l'une»' ne*, ei 
)M/ celles auéta </..tr«/M^ ii /<•/•/ sur 
i ('4tfù.v feu* le n**m de SektaiffitU4t i, 
hitnhrti/a fi .Vtt^Munit il n'ii ii fki 
ptypultuuvi ttetfrv . 



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Kf •helL* mKlflmiiiV's. 



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tn/i. /finettitfi f .Inuntu- PiihtH* h'. 



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BULLETIN 

SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE. 



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COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 

POUR 1855-1856. 



président. M. L«FMB¥am-DuRU»Li, léualeur. 

_. „ , .^ S BiM. le général Aopick, séuateur. 
riee-Presidents,^ ^^^y.^ Talaiot. 

iMM. le général Auveat. 
yiwiMM DB SAorr-MAaTi». 
Seerétairt. M. CoRTAMimaT. 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA GOMMISSIOM CENTRALE 

POSA 1855. 

Président, M. Gmomuvt (ëe rilistitut). 

rke-Présidents. MM. «'AvBsAti et Jo«ard (d« l'ItoMitW). 
Secrétaire générai. ÎA, Alfred Mâubt. 
Secrétaire adjoint. M. Y.- A. Maltk-Bbuh. 

Section de Ooftètpondance. 

MM. A. d'AbiMdÎK, corr. de rinsUtut. MM. Lifond. 
géuéml Avpick. Moria. 

général Auway. Noël desTerg«n, cMT.de I'IdsI. 

Ale&. Booneaa. Poulain de Bouay. 

Gustave d'Eichthal. Renard. 

C^ d*Escayrac de Lauture. Tivicn de Saint-Martin. 

Section de Publication. 

MM. Albert-Montemont MM. Maa»oj. 

Cortambert Morel-Falio. 

Daiiuy, membre de l'InititiiL Prévost (Constant), m. de l'inat. 

de Froberville. ▼*• de SanUrem, corr. de Tlnsi. 

Jacobt. Sédiilol. 

Lourmand. Trémaui. 

Section de Comptabilité. 

MM. Demersay.^ MM. De la Roquetle. 

Garuier. Lefebvre-Duniflé. 

Inambert. Talabot. 

Archîpiste'^bibliothécaire. 
Trésorier de la Société. 

M. Meignen, notaire, rue Saint-Hoiioré^ 370. 



Membres adjoints. 

MM. A. Rarbié du Bocage. M. A. de Froidelbnda des Farges. 

Ferd Fabrt. 

M. Noirot, agent de la Société, nao Cbriatine, S. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE DE GEOGRAPHIE 

RÉDIGÉ PAR LA SECTION DE PUBLICATION 
ET MM. ALFRED MALRY, 

glCAiTAlBS GinÉRAL DE LA COMllISSIOH CENTRALE, 

V.^A« MALTE ^BRUM, 

•BCRÉTAIRE ADJOINT. 



QUATRIÈME SÉRIE. — TOME DIXIÈME, 

ANNÉE 1866. 

JUILLET _ DÉCEMBRE. 



t^ V 



PARIS, 




CHEZ ARTHUSBEKTRANIV 

LIBUMRE DE LA SOCIÉTÉ D i: GÉ0GI\AP1IIE» 

Rni ■AYJTlPEOlI.f.E, N" 7 1. 

1865. 



LISTE DES PRÉSIDENTS HONORAIRES DE L\ SOCIÉTÉ 

DEPDIS SOK ORIGINE, 



MM. 

De Laplacb. ' 
De Pastorit. 

De CHATBAVmiAirD. 
ChaBIIOL DR TOLVIC. 

Bbcqukt. 

AlBX. DB HnMBOLDT. 

Chabrol ob Crousol. 
Georges Covibr. 
Htdb db Nruvillb. 
Duc de Docdbauvitab. 
J.-B. ETRiis. 



MM. 

Le vice-amiral de Right. 
)«e contre-amiral Domovt 

D*URfItLB. 
Duc DBÇASBf . 
C de MUNTAUVBT. 

De Baramtb. 

Le gépéral Pbvt. 

GUIZOT. 

Db Saltaudt. 

ToPtHIBR. 

De Las Casbs. 



MM. 

VlLT.BMAIir. 
CuNlX-GRIDAIirB. 

L'amiral Rdtissiv. 
L*aBiiral dq.MAauu. 
La vice-aniiral Ualoav. 
Walcrbhabb. 
€«• Mpi.B. 

JOMARO. 

Le coDtre-amiral Matbibu. 
Le vice-amiral I a PukCB. 

Hip. FORTOUL. 



LISTE DBS CORRESPONDANTS ÉTRANGERS DANS L'ORDRE 

. Di.L«UR..9CliUN4T|0N, • 



MM< 

H. S. Tahhbr, & Philadelphie. 

W. WooDBRiDOB, à Boston. 

Le It-col. Edward Sabihb, k Londres. 

Le docteur RatiroAiruif , à Berlin. 

Le docteur Ricbardsoit, à Londres. 

Le professeur Kaph, 2 Copenhague. 

W. AiMSWORTw, à Londres. 

Le colonel Loho, à Louis ville. ,K)r^- 

Le capitaine Macohochib, à Sydney. 

Le conseiller de Mackdo, à Lisbonne. 

Le professeur Karl Rittbr, à Berlin. 

Le cap. John Washihgtov, à Londres. 

P. DB Ahgblis , à Buenos-Ayrcs. 

Le docteur Kbibgk, à Francfort. 

Adolphe Ermav, à Berlin. 

Le docteur Wappaus , à Goeltingue. 



MM. 

Ferdinand ob Luca, à Naples. 
Le docteur Baruppf, à Turin. 
Le lieut.-co). Fr. Cobllo, à Madrid. 
Le professeur Muhcr, à Christiania. 
Le gén. Albert db la Marisora, à Turin. 
Fûlgeuce pRBSHBL,'à Mossoul. 
Ch. ScBBPPBR, à Constantinople. 
L^ .professeur Paul Chaix, k Genève. 
J. S. Abert, colonel des ingéuieunto- 

po^sphes ^es États-Unis. 
Le professeur Ar.BX. Bacbb, surinten* 

dant du Coai/>Ai/ve/, aux Etats-Unis. 
Lbpsius (Richard), à Berlin. 
Db Martius, à Munich. 
KtxpBRT(Henri), à Wcimar. 
Pbtermaur (Augusttts), k Gotha. 



LISTE DES CORRESPONDANTS ÉTRANGERS QUI ONT OBTENU 

LA GRANDE MÉDi^LLK. 



MM. 

Le capit. sir J. FaAiiBLiff, à Londres. 
Le capitaine Graab, à Copenhague. 
Le c<ipi(aine sir Jouir Ross, à Londres. 



MM. 

Le capitaine G. Back. 

Le capit. James Clark Ross, à Loudres. 

Le capitaine R. Mac^Clurb, à Londres 



r«rii.— Imprimerie de L. MlRTIHlT, 
rac Migaon, f • 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE. 



JinLLET 1855. 



llémolres, etc. 



SOUVENIRS DE VOYAGE. 

UNE VISITE CHEZ LES ARAUCANIENS, 

FAA M. B. DELAVORTSf 

Ancien éliv* àa Ori|iMD, et dfrfCteitt d« l'École Mliomile d'egricallore* 

& SenUago da Chili. 

Première partie. 

Je YÎeBS TOUS entretenir d'une population sauvage» 
qui occupe une partie du territoire compris sous le 
nom de république chilienne, et dont les mœurs et le 
commerce soht peu connus même ici, ce qui n*a pas 
empêché les voyageurs des deux derniers siècles de 
racontep'des merveilles sur leur civilisation. Ce sont 
les jiraucans ou Araucaniens. Il y a un mois que 
j'étais encore au milieu d'eux ; je puis donc vous en 
parler & bon escient. 

Je me trouvais dans la province A*Jrauco 'dans une 
ferme (hacienda) du nom de Sanla-Fé, sur les Pron- 
tières du pays chilien, quand j'appris que ces Indiens 
devaient tenir incessamment une grande assemblée 
(Junta ou parlamento) à quinze lieues au sud, environ, 



(6) 

près du ruisseau \eRehaico, — C'était l'époque ordinaire 
des jiinlas^ lesquelles se liennenl généralement au prin- 
temps, au moment où sortant de la saison pluvieuse 
pendant laquelle les relations commerciales sont res- 
tées «'jspendues, les populations espagnole et indienne 
reprennent avec une nouvelle activité leurs échanges» 
et parcourent réciproquement leur territoire» dans ce 
but. Ces juntas, toujours présidées par un chef ou 
cacique^ réunissent un nombre plus ou moins consi- 
dérable de guerriers des différentes iribus amies qui 
vivent sous la même loi. Quand elles ont pour objet 
la rapine ou la guerre, elles sont secrètes, et les hom- 
mes y viennent en armes; quand au contraire elles 
ont un but paci6qoe, ce qui arrive le plus souvent 
aujourd'hui, elles sont officielles et publiques, et le 
gouvernement chilien en est averti au moyen de cour- 
riers qu'envoie le cacique, chef du par/amento, aux 
différentes autorités voisines et particulièrement à 
l'intendance de l^ province d^Jrauco dont le siège 
est à Los Jngeles, Dana ce cas» les hommes ne sont pas 
armés ou du moins ils ne le sont pas pour le combM* 
La solennité indienne à laquelle je me proposais 
d'assiater rentrait dans cette dernière catégorie { elle 
devait être présidée par le cacique Mûil (l)j dont U 
réputation est grande parmi les tribus qui occupent 
cette partie de l'Araucanie connue sous |e ooin d*Jle 
du Bergara, territoire resserré entre la rivière Biobio, 
celle du Bergara et la Cordillière. — Manil (:otpmai|de 
conaéquemment à des milliers de guerriers dont une 
partie avait été convoquée vers le milieu de novembre 
sur les borda du Renaico. 

(i) Prononces M^gnil. 



(') 

Accompagné d'un domesiique etd'une inule chargée 
d'un lit de voyage, que m'avait procurés mon aimable 
et excellent hAte» M. Anibal Pinto» fils du général de 
ce nom qui fui président de la République, je partis 
de 8anla-Fé vers l'après-midi» je traversai le Biobio 
dans un bac, puis une fois dans l'Ile du Bergara , 
malgré un vent violent qui soulevait avec lui des nuages 
de sable» j'arrivai rapidement à Negrete, point fron- 
tière occupé par S5 hommes de troupes. — Là, je me 
Joignis à un perte missionnaire résident à Nacimiento, 
qui se rendait également à la junia^ et qui convoqué 
comme toujours en semblable occasion, m'aiâit obli- 
geamment donné rendes-vous pour faire route de 
eoBserve, offre que j'avais acceptée avec empressement, 
sachant combien ces prêtres sont respectés des Indiens» 
et certain d'avoir en lui un bon guide et un protec«- 
tftor assuré en cas de besoin. — De Negrete, nous nous 
rendîmes A Malven, point le plus avancé qu'occupent 
les Boîfsionnaires de ce c6té de TAraucanie, et oA je 
trouvai un second prêtre dépendant de celui qui 
m'avait accompagné. Une misérable cabane de terre, 
telle est la demeure de cet apôtre dévoué de la foi 
cbrétàennet plus de confortable lot est interdit par 
les Indiena qui craignent avec raison qu'un toit 
en tuiles ne soit l'indice d'un établissement fixe» 
et d'qn empiétement sur leur territoire. G^est asses 
dir€ que le séjour de ce missionnaire, à Malven» 
est une pore concession du cacique dont la tribu 
occupe ce territoire et qui peut le congédier du jour 
«u lendemain. Les Indiens toutefois ont intérêt & le 
conserver, car ils se rendent en foule à sa eabane pour 
lui domander des remèdes consistant en herbes du 



(8) 
pays^ on en drogues de phannacie. Nous coudiAmes 
à Malven d*oii nous repartîmes le lendemain de bonne 
heure> avec un interprète et une troqpe de 20 ou 
26 Sspiignols, cultivateurs établis dans les environs, 
g?A^^. AU bon vouloir des Araucaniens, et nous tious 
avançâmes ao, milieu d'un paysprivéde chemins frayés, 
presque entièrement déboisé, accidenté, et sans autre 
végétation que celle des pâturages, qui y sont fort abon- 
dants^ Souvent derrière quelque repli du terrain, on 
a}>^riçpit un bosquet d'arbres, une case d'Indiens,. pais 
dans la.campagQei des bestiaux, en fort bon étal^ gardés 
paj^JeSi^^nfanta des indigènes; mais on n'y rencoaire 
aucun terrain labouré et cultivé, et quand on a dépassé 
les froiiitières espagnoles, on ne voit de blé nulle part* 
Nom» suivions une direction parallèle à la CordiUière» 
et arrivés à un certain point, nous aperçûmes à la 
fois et distinctement' les deux volcans les plus beaux 
de la chaîne du Chili, ceux à'Àntuco et SUlarica; ^oe 
dernier, prjQsque. éteint aujourd'hui, est éloigné du 
premier it'eqviron 60 ou 60 lieues, et on le découvre de 
fort loi|^jusqu*à sa base, à raison de son isolement 
coipplet. 11. présente à l'œil l'aspect d'un cône extrê- 
mement élevé formaak pic et constamment couvert 
de neige. Le volcan d'Antuco, dont la dernière et ter- 
rible éruption »^est produite il y a deux ans, ne laisse 
yoir de loin que soo sommet, car une frrande partie 
djQ sa base conique se trouve cachée par un premier 
chaînon de montagnes qui pour la plupart; sont sorties 
^le ses entrailles. 

Nous avions fait environ 8 lieues, quand deux Indiens 
à cheval arrivèrent sur nous au grand galop; c'étaient 
des coi^rriers de Hanil qui pouseaient une reconnais*- 



I 



(«) 

sance et qui nous engagèrent à nous bâter. Déjà plu- 
sieurs autres s'étaient joints à notre peûte troupe» se 
dirigeant également vers le lieu de la Junta. Quelques- 
uns d'entre eux portaient des banderoles blanches 
flottant à l'extrémité de longs bambous qui croissent 
dans le pays et qu'on appelle coligué (1). L'un des 
nôtres portait également un drapeau » mais celui-ci 
étant rouge et blanc, cela donna lieu de la part des 
envoyés du cacique à quelques observations, parce que 
le rouge dans la banderole étant pour eux un emblème 
de guerre 9 ils ne trouvaient pas convenable de mon- 
trer celte couleur dans une assemblée qui n'avait que 
des intentions paci&ques. Nous fîmes droit à leurs 
réclamations, mais je remarquai bientôt que s*ils 
repoussaient le rouge dans un drapeau comme en- 
blême de guerre, ils l'acceptaient volontiers dans les 
étoffes dont ils étaient couverts, et, en effet, une demi- 
heure après, nous aperçûmes de loin le lieu de la 
Junta, occupé déjà par une grande quantité d'Indiens, 
dont l'aspect était fort singulier, car dans cette réunion 
d'hommes à cheval , dominait le rouge et ensuite le 
blanc. Les caciques nous aperçurent sans doute, puis- 
que aussitôt, deux hommes se détuchèrent delà masse, 
par ordre supérieur, et arrivèrent rapidement sur 
nous en brandissant leur sabre. Nous nous arrê- 
tâmes pour écouter leur message qui nous fut transmis 
par notre .interprète. Ils venaient nous recevoir offi- 
ciellement, et après les saints d'usage, ils firent quel- 
qoes'demandes sur la composition de notre troupe, 
sur l'état des choses chex les Ouincas (2), c'est-à-dire 

(i] Prononcez cotîgoueL 
(a) Plvnofices Ouinneas» 



(10) 

cliCE les Espagnols. Il en résulta un colloqoe que je 
pourrais à peu près résumer en ces mots : 

— Y a-t-il du nouveau de l'autre côté du BiobioP 
Est-on tranquille chez ?ous ? 

— Parfaitement tranquille, rien de nouveau i tout 
est calme. 

— Et il n y a pas d'étrangers parmi vous? ce sont 
tous des amis, des voisins qui vous accompagnent? 

— Oui, sauf un eaballero. 

— Et qui est ce monsieur F d'oà vient-il ? pourquoi 
vieqt-il ? 

— Il est de Santiago. Il est venu voir la Jtmia et 
saluer Maâil ; c'est un ami. 

C'était de moi qu'il s'agissait. Les courriers s'étaient 
bien aperçus qu'il se trouvait au milieu de notre bande 
une figure nouvelle, un inconnu , un étranger. Mais 
on m'avait recommandé de ne pas dire que j'étais d'un 
pays situé de l'autre eôté de la mer, ce qui eàt été à 
leurs yeux une mauvaise recommandation; tandis 
qu'étant de Santiago, j'étais Chilien» et conséquem-^ 
ment je n'étais pas leur ennemi mortel. Les deux 
pères missionnaires avaient fait eux-ménaes ma ré« 
ponse, et je restai sous leur protection. Nous leuf 
demandâmes, à notre tour, des nouvelles de la JtmUi 
et de Maâil. Ils répondirent que beaucoup des leura 
étaient déjà réunis } que Mailil s'y trouvait ; qu'il noua 
atti?ndait et qu'ils allaient nous conduire. En effet» 
marchant à potre tiHe comme des guides^ ila noua 
menèrent rapidement jusqu'à une distanee d'environ 
100 mètres du centre de réunion* L'emplacement de 
\ajunta avait été choisi dans une sorte de petite vallée 
située entre les ondulations du terrain» au milita de 



(il) 

laquelle courait le Kenaico, el qui o'offfait pouf }^ét 
abri qu'un petit bosquet d'arbres» point Cf rftral dd la 
con?ocation , préparé pour recevoir leé feoiuie» in- 
diennes, et divisé dans ce but en divers çompartînoetihl 
recouverts de rameaux et de feuillages. U était environ 
midi; le soleil était ardent, et le vent qui soufflé fséné- 
ralement du sud avec violence dans oestégipfis» avait 
cessé. Après un moment d'attente» d^Oix nquveiiU|^ 
courriers, l'un vêtu de blanc et l'autre d^ roiige, vin- 
rent à nous, faisant le salut d'usage et nûgp répétant 
de nouveau les demandes que les deux autres «eus 
avaient précédemment adressées; Us npMS ^tgaëcent 
ensuite les instructions relatives au cétémt^niqj; auquel 
nous étions obligés vis-à-vis de la junta el é^ s^n.chef. 
Tout à coup les deux envoyés brandissai^t leur s^bre, 
avec des hurrabs bruyants, s'élancèrent au gr«nd g^lop 
en noua faisant signe de l<es suivre; ce que nous fîmes 
accompagnés d'un certain nombre d'In^ij^Pfkq^i pous- 
saient des cris affreux en tournant autour du bosquet. 
Un tourbillon de poussière nous envelpppQ b^pnfôt de 
toutes parts, notre troupe perd son ardrje .de.Ji^ataiJle; 
quelques chevaux effrayés font des écarts subits ou se 
cabrent; l'un perd sa cravache, l'autre ne trouve plus 
Ja place de ses^triers; au bout.de dix mi^nutes j'aper- 
çus enfin les deux pères inissionuaires qui s'étaient 
retirés de la cavalcade en s'approcbant du bosquet 
iles Indiennes, et je m'en^pressai d'en faire autant; 
exemple que suivirent beaucoup des nôtres, laissant 
les sauvages achever leur cérémonial et exécuter ainsi 
plus d'une demi-douzaine de tours, Ils nous laissèrent 
alors en repo3, et nous en profitâmes, les deu^ pères 
et moi» pour aller nous étendre sur nos ponchos et nos 



f 12) 

peaux de mouton, dans un des abris de feuillage qui 
nous avail élé réservé dans le lieu même où se trou- 
vaient réunis quelques représentants de la plus belle 
moitié du genre indien, faisant la cuisine et soignant 
leurs nourrissons. Mais en appelant le sommeil» nous 
avions compté sans la fumée de toutes les cuisines qui 
nous entouraient, les cris des enfants elles aboiements 
des chiens qui accompagnaient les hurrahs des In- 
diens. Nous étions d'ailleurs exposés à une poussière 
affreuse, et à une chaleur suffocante; pour comble de 
malheur, on nous avertit que les Indiens venaient 
nous rendre notre salut, et se préparaient à exécuter 
en notre honneur une cavalcade semblable & celle que 
je viens de décrire. Nous nous levâmes par convenance, 
et bientôt retentirent des cris assourdissants, et s'éle- 
vèrent des nuages de poussière qui enveloppèrent 
cavaliers et spectateurs ; c était une confusion in- 
croyable. Les costumes des sauvages étaient des plus 
variés ; on voyait de vieux chapeaux tromblons, des 
casquettes antiques, des schakos d'officiers, de simples 
mouchoirs de couleur attachés en corde autour de la 
tête; puis de vieux fracs bleus avec boutons jaunes, 
des blouses blanches» des jaquettes de toute couleur, 
quelques ponchos^ et surtout de grands morceaux de 
drap garance jetés sur l'épaule et flottant au vent» 
Quelques-uns avaient des pantalons; beaucoup por- 
taient de grandes guêtres; les souliers et les bottes 
étaient rares; d'autres étaient chaussés d'un^ peau de 
mouton préparée ayant la forme de ces antiques 
chausses que portaient nos chevaliers dans les tour- 
nois. Enfin le plus grand nombre avaient la jambe et 
le pied nus, avec ou sans éperons. Tout ce cortège 




(13) 

bariolé 9 d'un aspect vraiment sauvage» passait et re- 
passait devant nos yeux avec rapidité, et l'examea 
que je cherchais à en faire» ne pouvait avoir lieu 
qu'avec peine» aveuglé que j'étais par une poussière 
épaisse. Cetle seconde représentation dura environ 
une demi-heure» puis tout se calma» relativenaent au 
moins» et nous rentrâmes dans notre lente de feuillage. 
Je pus me. livrer alors plus tranquillement à mes 
observations. 

Beaucoup d'Indiens venaient visiter les deux pères 
missionnaires ; d'autres s'approchaient» co,mptant re- 
cevoir quelques cigarettes ou quelques rasades de vin ou 
d'eau -de-vie. La plupart d^s physionomies portaient 
ua cachet de sauvagerie parfaitement caractérisé. Une 
taille petite» un corps ran^assé» une chai^ fortement 
bruoie» des traits grossiers, les yeux petits» le nex 
large» ép^té» les pommettes saillantes» les. lèvres 
épaisses» le front très bas» la figure plajte et çirrondie. 
T^ls sont les Araucaniens. Quelque chose de bestial 
ressortait d,e cet ensemble. Presque tous oyaient ]es 
cheveux rasés en cercle sur tout le somipet ()e,la tête; 
le ^este de la chevekire, noire et épaisjse» jÇormait i^ae 
espèce de couronne flottante qui tombait sti^r leurs 
épaules. Les éperon;i qui garnissaient leurs, pieds nus 
éta^ept attachés par une courroie sur le cpurdprpied» 
Quelques-uns» les chefs sans doute» en avaient d'argent 
et ornementés; et ces Gers caciques qui estimaient la 
civilisation tout juste assez pour endosser ses vieux 
oripeaux donnaient à leur cérémonie le cachet d'une 
immense arlequinade. A cet égard l'Indien vulgaire 
m'intéressait infiniment davantage» c'était bien le sau- 
vage que je reconnaissais, en lui, le véritable saui^agc 



( 14 ) 
enveloppé }ôst(ii'aui' gonoiai d*ua valamako , étoffe 
brone reyi^ qu'il ftkbrique lui-même avec la laine de 
ses troiipeaux, ' ef qui Teûlace comme lé lange d'un 
enfafit aii maillot i les' épaules couvertes d'une manl« 
de drap de èôulëul^ écÏÀtàrile, les pieds nus oU chausaéA 
de peau de moUlon, là lète ceinte d'une corde ou d*un 
modcfadir»' là figure peinte de rouge et de bleu, et \ei 
cli^veni flottant iiù grand galop de son cheval. 
' 'L-e's couleurs -employées par les Arautaniens pout 
sfr'tèSn^lré 'différentes pëHieà du visage leur sont gêné- 
i'àl^ëél T<Hiriâe% par des espèces de terfes bolairéà 
plds 'ikk tiloins ocireuses, et qui leur donnent le rougé 
et tà bieu; Quelquefois» e'est une balafre qui part de 
Ifa 'bcfiicfae ou du neE pour se prolonger jusqu'au! 
tempes, d'autres foie, le front, ie tour des jeux, les 
ëoai^dits, tés pommettes offrent le mélange arbitraire 
des dèiiz naaticés qu'ils emploient. Le» utia sont sup«> 
portables, les abtres sont affreux. Beaucoup s'arrachent 
les sourcils^ de ' ménière à n'en laisser qu'une ligne 
très fine et régulière ; c'est pour eux un earactèire de 
distinction. De'inème ils s'épitent lé peu de barbe 
que la fiaCure leur a donné $ ee pendant quelques»ans 
portent une mbigre moustache , dont leâ poils sont 
gros, clair*tfémés et dressés sur la ebair ; c'est l'indiee 
d'un croisement de la race. J'eus occasion d'observer 
ce fait, pai^ticulièrement chez un jeune Indien du nom 
de Manuel^ fils d'un cacique belliqueux et iodomp** 
labié, et neveu d'un autre chef également fameux. Ce 
}eune homme, élevé dans un collège de Conception, 
a?ail reçu une certaine instruction et parlait facile-» 
ment le castillan ; mais après ce contact avec la civi^ 
Itaatieii, il était retourné au seia de sa terre natble. 



(15) 

reprenant Ioqs les asages de sa race. Il se dislinguait 
des aulres par un costume d'officier en pelîte te^nue, 
c'est-à-dire en poncho. Les gants seuls lui manquaîepli 
Son schako était neuf» et il avait bien soin de le reçoM** 
vrir de son cuir lorsqu'il courait à chetal dans J#s 
cavalcades officielles. Il avait même des bottes, obose 
rare« Bientôt ebtra une vieille Indienne qui .venait 
saluer les:miêsionnciires, et leur offrir une boi^oa 
renfermée dans une ' vieille . corne de beeuf» Ootiit 
semblant d'y porter les lèvres» et on la. lui rendité 
C'était de la cAieka de mais dont nous exposerons plus 
loin le mode de préparation. — J'en étais là de meii 
obeervatioos» quand deux nouveaux courriers se prén 
sentéreot poor nous avertir que liaail était disposé .à 
nous recevoir. Nousfûmesbieotôtpcéts etnoussuivlnaes 
nos guides* L'interprète reçut les instruotiooa reUtives 
à la marctie do cortège et nous les traqsmit. Uanil ot 
son état- major étaient placés sur deux lignes .paraU 
lèles distantes l'une de l'autre d'environ 6. ou 6 mètres^ 
et disposées en degii-lune. Tous étaient è cbeval .et 
faisaieQt front. Le ^hef occupait le centre de la pre- 
mière demi-lune. Arrivés à l'une des extrémités de 
celle-ci» mes voisins guidant notre troupe avec len- 
teur, saluaient chaque Indien l'un après l'autre en 
accompagnant leur signe de tète de ces paroles : « JUai^ 
Mai Pegni (Bon|oor» mon frère ou mon ami)» » ou sim- 
plement : « Maif Mai. s 

Quand les pères remeontraieût quelque oacique oa 
quelque Indien bien eonou d'eux, ils ralentissaient le 
pas pour lui adresser quelques mots dans leur langue 
dont ils avaient quelque connaiasanoe. Cela me donnait 
le temps d'o|»server les figures* Aprèa une trentaine on 



(16) 

quarantaine d^ Mai\ Mai Peni^ nous anivàmes auprès 
du chef. Il était de grande taille, déjà vieui, mais l'air 
encore fort et robuste, la physionomie inlelligenle et 
bien supérieure d'expression à celle des autres Indiens* 
Il portail un chapeau de feutre noir de forme éle? ée; 
garni d'une cocarde blanche de zinc* Il 'afait un frac 
de couleur et boutonné, un pantalon blanc, des bottes 
et de superbes éperons d'argent. Les deux prèires et 
lui étaient de vieilles connaissances; iHes reçut par« 
faitement ; ils se donnèrent une cordiale poignée de 
main. Je passai ensuite près de lui avec le salut ordi^ 
naire de rigueur, lorsque mes compagnons m'enga- 
gèrent à m'approcber pour lui donner égalementia 
main. Je suivis le conseil, mais pendant que le cacique, 
me tenant solidement ^ m'adressait quelques mots dans 
son idiome, mon cheval recula ^et ye faillis tomber. 
Bref, )e n'avais rien compris du. tout à ce qui m'avait 
été dit, et je sus ensuite qu'il m'avait îouhaité la bien- 
venue, manifestant le plaisir^qu'il éprouvait A me voir 
et à me recevoir. Nous reprîmes enstrïte notre refrain: 
Maïy Maïy en suivant k reste de- la première file^ puis 
nous recommençâmes de la même façon sur la seconde 
demi-lune, aussi nombreuse que la première, et nous 
revînmes dans notre campement, où j|e repris le fil 
de mes observations. 

Mes voisines étaient vêtues de ieurb plus riches 
atours consistant presque imiquemeiit en perles de 
toute couleur, et en dés à coudre de cuivre. Les plus 
coquettes avaient la tète recouverte d'un tissu de perles 
diversement colorées, se divisant derrière le chignon 
en deux parties, sous forme de bandes qui venaient 
en s'enroulant recouvrir complètement et jusqu^à 



rextrémilé les deux nattesde cheveux qu'elles tressent 

à dessein et dont les deux bouts élâîeat allachés cii^ 

t. 

semble par des guirlandes d'un pu c|e jeux rangs de 
dés en cuivre suspendus comuie de petites docbettes* 
Les poignets et les pieds au-de%|UB de h cheville» 
étaient garnis également de bracelets dit perles. Enfin, 
les ongles étaient peints en rouge et di^raojl'pArties 
de la figure bariolées do même miinièrj^JUe pbis sou- 
venty les pommettes des jott^s ti;ë4jpr^vo«LQ<i0S^cIiez 
elles, étaient seules recouver|esrd^upe ^bulennavu^ 
très intense. Cependant, je ^vi^ tio4. J€W)e:bidtfin<ie 
dont le front était moitié ble^£*i|ioiliië^roûg«^i)ld'iQifr 
des yeux bleu, les sourcils rougos,^ eia; c'^étâiS ia^pbgjs 
belle pièce à observer, La plupart de ce3jfeiDiBies 
avaient aussi des boucles d'ofeiUesjiTargeni ou de 
métal quelconque de la forme d'un crii^is^^ot^ét d'une 
dimension énorme. Leurs traits seyait 1^9 jn^rpes: que 
ceux des hommes» avec les caracl^jrçs plq^ prqfï^W^s 
encore: elles sont de petite taille» op(:le.i;Qrj^: U^ 
allongé, les jantes couçte^, ^t §opt epcgén^cal très 
laides. La pièce principale de leurs vètenientâf èit 
aussi bien que pour l'Indien pauvre, oette espèce de 
calamako dont j'ai parlé plus haut. Gomiiie ce vête- 
ment enveloppe les jambes jusqu'aux genoux, hommes 
et femmes n'ont pas les mouvements très libres, ce 
qui n'empêche pourtant pas les hommes de monter par- 
faitement à cheval. Quelques nourrissons, éiaient-avec 
leurs mères; ils se faisaient remarquer parleur laideur; 
leur maillot vaut la peine d'être décrit. Représentez- 
Tous une planche épaisse sur laquelle était étendu 
l'enfant par le dos; les pieds reposant sur un largo 
rebord, et attaché et consolidé sur cette planche, 

Z. JUILLST. 2« 2 



( 48) 
par dos cuirs, des étoffes de laine, etc. Le sommet du 
maillot est garni d'une attache au moyen de laquelle 
l'Indienne emporta le tout sur soo dos en consenrant 
les bras libres. Pour bercer son poupon, elle dresse à 
terre cette espèce de hotte â laquelle elle donne un 
mouvement de va-et-?ient. 

Bientôt une grande alerte agite toute cette population 
féminine et un moment après, je vois les femmes sortir 
à la file par notre tente^ tenant chacune un pot ou une 
écueile de bois ou de teiTe de différentes dimensions, 
garnie rie morcoaui de viande bouillie ou rôtie, et 
tellement assaisonnée de piment ou poivre rouge qu'il 
en avait pris la couleur. Elles portaient aux hommes le 
repas que ceux-ci attendaient avec riropatience d'un 
estomac à jeun. C'était un moment d'arrêt pour les 
travaux de la junta. La plqpart des- ça¥aliers avaient 
•mis pied i\ terre. Beaucoup étaient étendus çà et là; 
d'autres souiDaienl dans une espèce de trompe faite 
d'un colihuè garni de cuir et d'une corne de bœuf, ou 
bien dans une petite trompetie du genre de celles 
qu'achètent pour dix centimes les grand'mamans 
sur le boulevard dus Italiens. D'autres, passés maîtres 
en science équestre, faisaient danser de jolis chevaux, 
auxquels ils avaient appris è se porter en mesure d'un 
pied sur l'aulre. Les coursiers exécutaient avec beau- 
coup de régularité et de grâce ce pas gymnastique, 
en maintenant parfaitement levé le pied opposé h celui 
qui portait le poids de l'avant-train. 

Au moment où nous dissertiona sur les moyens de 
passer la nuit d'une manière supportable, pensant 
que toutes les cérémonies de lit journée étaient ter- 
minées, voici venir trob caciques mandés par Manil 



( 4ô ) 

et accompagnés de quelques Indiens. — Nous nou$ 
levons, formant demi-cercie autour d'eux, el celui du 
milieu prend la parole , psalmodiant toujours sur le 
même ton une espèce d'oraison, composée de versets 
réguliers séparés les uns des autres par de3 lemp^ 
d'arrêt: telle est l'élpquence indienne. Celui qui parlait 
tenait la tète baissée et avait l'air de réfléchir beaucoup; 
quelquefois son foisin le reprenait sur quelque mpjt 
altéré ou oublié. Cela dura environ ^xï quart d'heure, 
pendant lequel on leur versa quelques rasades de vin. 
Alors l'interprète nous fit du discours la traduction 
saifante, eipacte quant au fond : 

« ManU nous envoie pour te dire qu'il te remercie 
» toi et les' tiens d'avoir honoré la junta de votre pré*- 
iD sence; que rassemblée a été convoquée daps de$ 
9 intentions purement pacifiques; qu'elle doit s'occu- 
p per des questions relatives ^ux rapports que nous 
» entretenons 'avec les Espagnols. U désire savoir ^i 
p vous êtes sëtisfaib» si les cér^q^pnfe^ ne vous ont 
» pas trop fatigués, puis comment |ont lea choses de 
» l'autre côté du Biobio. et •si lè^ vent qui soufSe par 
}} là est à la paix. » 

Ainsi que cela a toujours lieu en semblable ppca« 
aton, le cacique qui avait parlé étiiît venu noua répéter 
1^9 prppres paroles de Manil. Le chef eût-il un dis- 
copr^ d'une heure à nous communiquer, celui qu'U 
envoie l'écoute une fois et vient le rapporter fidèle- 
ment. Ainsi leur mémoire est très grande, comipe il 
arrive chez les peuples qui n'ont ni instriiction, pi 
civilisation. Pour être certain que ses paroles nous 
seraient transmises sai)s altération • M^âil avait l'ait 
assister ^ son audience deux autre^ caciques qui 



(20) 

veillaient à ce que le message fût fidèlement rapporté* 
L'un des deux pères répondit aux caciques à peu 
près en ces termes : « Tu peux aller dire à Manil que 
y> nous le remercions beaucoup de ses attentions et 
x> de ses bons procédés; que nous sommes venus à la 
r> Jiinta avec beaucoup de plaisir; que s'il y avait à 
)) craindre pour lui des préparatifs de guerre chez les 
)) Espagnols» nous ne serions pas ici; enfin que nous 
» sommes tous satisfaits, sauf la chaleur et la poussière 
» que vous nous avez fait avaler dans vos cérémonies 
» équestres. Sauf cela, tout va bien. » Les trois caci- 
ques burent une nouvelle rasade et se retirèrent. 

Il était tempsde prendre un parti quanta la manière 
dont nous allions passer la nuit; il fut résolu que nous 
nous dirigerions vers la cabane d'un Espagnol située 
à une lieue de distance environ. Il nous fallait, par 
déférence, prévenir Manil de notre résolution, ce que 
nous fîmes par l'intermédiaire d'un cacique. Mais 
celui-ci nous répondit que le chef était occupé et qu'il 
fallait allendre. Les deux pères furent etifin mandés. 
J'étais resté seul; upe heure s'écoula, et las d'attendre 
je nie dirigeai vers le lieu où Manil tenait séance. Je 
l'aperçus debout monté sur uii banc et pérorant dans 
un cercle formé d'une foule d'Indieus à cheval pressés 
les uns contre les autres, et l'écoutant avec recueil- 
lement. Les deux pères étaient assis en face de lui. 
Ses paroles étaient accentuées; son style paraissait 
plein de verve. Il ne psalmodiait pas comme le cacique 
que j'avais entendu. Il s'exprimait le front haut et le 
geste animé. Décidément ce devait être un orateur; 
du moins , telle était sa réputation chez les siens. Il 
s'arrêta enfin; l'audience était levée; les deux pères 



( 21 ) 

me rejoignirent , et nous parllmes fuyant les incom* 
modilés d'un séjour où se trouvaient réunis plus de 
1000 sauvages, qui peut-être allaient pendant la nuit 
se livrer aux orgies qui accompagnent souvent leurs 
solennités. Jusque-là pourtant ils s'étaient raisonna- 
blement comportés, mais sans doute forcément, car 
Maiiil avait, dit-on, défendu d'apporter à la junta do 
grandes quantités de vin ou de liqueur pour que les 
choses se passassent décemment. 

Chemin Caisant» les pauvres missionnaires me racon* 
lèrent qu'ils avaient éprouvé d'asset sérieuses diffi« 
cultes h obtenir l'autorisation de passer la nuit hors du 
lieu de réunion générale à cause de la méfiance des 
Indiens. Ils avaient voulu, en outre, faire profiter la cir« 
constance à la mission reiigieuse qu'ils accomplissent ^ 
dans le pays ; et après bien des pourparlers , Manil 
les avaient autorisés à faire planter une croix le lende* 
main matin au centre même de la réunion. . 

Deuxième partie. 

Ainsi se termina la première journée, el dia de la 
junta^ la journée.de la réunion, celle pendant laquelle se 
rassemblent tous les hommes convoqués. Le lendemain 
seulement on devait traiter défipUivement des ques- 
tions d'intérêt général à l'ordre du jour, et la réunion 
est alors appelée el dia de la parla, la journée des 
discours. Voici cofiiment elle se passa : les Indiens è 
cheval formèreat un grand cercle à plusieurs rangs 
pressés les uns contre les autres, et au piilieu se placè- 
rent Manil, les caciques importants^ les Espagnols, etc. 
Plusieurs cheEs prirent part à la discussion générale 
qui roulait principalement sur les empiétements des 



(22) 

Espagnols. Les uns faisaient des motions pacifiques» 
d'autres étaient plus violents: Manil écoulait tout» 
répondait, s'apaisait ou s'animait suivant les rapports 
<]u'il recevait. La séance, qui avait lieu, au grand soleil 
en plein midi et Sans aucun abri» dura trois où qifatrë 
heures, au bout desquelles on se sépara. 

Mafiil fit connaître le résultat de la Junta, dans les 
paroles suivantes, résumsitit le sentittient de la ma- 
jorité : « Les Espagnols envahissetit de plus eu plus 
i^ nos possessions; outre ceul que nous receroûs de 
S bon gré» d'autres abusent de la simplicité et de Tétaf 
À d'ivresse des nôtres» se font délivrer d'immenses 
b étendues de territoire contre des valeurs insigni- 
i fiantes. Notre limite est le Biobio. Il faudra que 
1» tous aillent la reprendre, sinon immédiatement» au 
% moins après la récolte; qu'ils prennent leut^ dis- 
» positions en conséquence. Le père» quoique nous 
)> l'aimions beaucoup, fera bien de quitter aussi notre 
» territoire, car nous ne voulons pas qu'il lui arrive 
» malheur. » Manil faisait ensuite allusion à l'absence 
éomplète de représetitànts dd gouvérneinent chilien» 
que l'itltendant de la province iivait cru ne pas devoir 
j envoyer, contrairement è ce qui avait lieu les années 
précèdet)tes, et prenant ce fait tfomme une Aiar^oe de 
dispositions hostiles, il Ajoutait : « Les Espagnèts doivent 
b satoir que nous sommes prêts à tdut. S'ils ont è 
]» leur disposition des fusils, des sabrés et des canmis^ 
» ifous, nous avons nos lances, et cela suflBt pôiir lais* 
» ser des cadavres Sur le terrain. Qu'on se fappelie à 
•jè Loi Jngeteê que nous tioos levons ftvànt le sideil, 
il et engageÉ les Espagnols à ne pas rester trop lon^* 
* tempii au Ht. » 



( 23 ) 

Aiiifti, la juHia avait presque fini par un appel aux 
armes» ou du moins par on défi jeté de l'autre côté de 
la rivière. Cependant, Maôil regrettant bientôt des mo- 
tions si belliqueuses, ou plutôt, à mon avis» agissant 
en fin politique vis^à-vis de ses sujets comme vis-à-vis 
du gouvernement chilien, envoya deux jours après un 
message de paix à Tintendant de la province d'Arauco. 

Après avoir décrit la cérémonie à laquelle j'ai assisté, 
je vais faire connaître les ipcsurs des indigènes d'une 
manière plus complète, d'après ce que j'ai pu recueil* 
lir, soit par moi-même, soit de la bouche des mission- 
naires qui m'accompagnaient* 

Les Indiens de l'Araucanie se divisent généralement 
en tribus amies ou ennemies, dont le territoire a 
presque toujours des limites naturelles. Chaque tribu 
a pour chef un Indien reconnu supérieur par sa bra* 
voure, son intelligence, son éloquence. Celui-ci com* 
mande en maître ; il s'occupe des intérêts généraux 
de la tribu, il convoque, il achète, il vend, etc. Il est 
généralement choisi parmi les plus riches. Sa puis- 
sance pourtant n'est pas à l'abri des orages : si lee 
siens ne sont pas satisfaits de la manière dont il admi- 
nistre leurs affaires, ils Hc révoltent, l'assassinent quel- 
quefois et en nomment un autre à sa place. 

La richesse unique ou presque unique des Indiens 
consiste en bestiaux. Us en ont beaucoup et de très 
beaux. Il serait même difficile d'en trouver de plus gras 
que ceux des Pehuenches; mais ils ne cultivent pas la 
terre. If paraîtrait, toutefois, que Ton rencontre quel- 
ques champs de céréales dans l'intérieor du pays et 
surtout vers les bords de la rivière l'ImpériaL 11 est 
prdbaUe que cette initiative est due à l'influence du 



(24 ) 

sang européen, cor les Hollandais, c'est un fait A peu 
près avéré» ont cherché à coloniser le bassin de rim- 
périal, où ils ont sans doule donné naissance A une 
race croisée connue sous le nom de Boroas^ ce qui 
expliquerait comment on rencontre dans cette partie 
de i'Araucanie des types entièrement différents du type 
indien, des figures agréables, douces, d'une carnation 
blanche et ayant la chevelure blonde, ainsi que me 
l'assurait l'un des missionnaires. Du reste, les Espa« 
gnols, du temps de la conquête, avaient fondé vers 
l'embouchure de l'Impérial une ville qui fut détruite 
avec cinq ou six autres, à la suite d'une violente 
irruption des Indiens. 

Les tribus ou réunions de tribus connues générale- 
ment sous des dénominations distinctes, sont celles 
dont les limites sont le plus nettement tranchées; 
Ainsi, celtes qui occupent l'intérieur de la Gurdillière 
à la hauteur du volcan (ÏAntuco et plus au sud, sont 
connues sous le nom de Pehitenches. Leur principale 
communication avec la plaine a lieu par la vallée de 
la Laja dans laquelle il faut traverser, pendant l'espace 
d'une lieue environ, les scories du volcan; dont une 
grande partie encore en combustion aujourd'hui par 
suite de la décomposition des sulfures de fer, provient 
de la, dernière et immense éruption qui eut lieu il y 
a deux ans. Une jouitiée et demie de voyage dans la 
chaîne est nécessaire pour arriver jusque sur lelerri- 
toire de ces tribus. 

- Lçs FilUchês occupent la Cordillière vers la hauteur 
de Vilh'Réca. Leur passage principal se trouve du côté 
de ce volcan. Les Picunches occupent un autre point 
d^ cette même Cordillière. Ceux qui se trouvent entre 



r 



(25 ) 

la chaîne et la iner sont connus généralement sous le 
nom d'Indiens de la côte. Telles sont les tribus dési- 
gnées sous le nom d'Araucaniens, et ce qu'on appelle 
l'Araocanie est un pays qui s'étend depuis le Biobio 
au nord jusqu'au détroit de Magellan au sud, com* 
muniquanl avec la Paiagonie par suite de rabaisse- 
ment successif de la Cordillière. La. province de Val- 
divia s'y trouva enclavée et n'est libre que par la mer. 
Les Araucaniens entretiennent des relations constantes 
avec d'autres tribus sauvages habitant le territoire de 
la Plata et connues sous le nom de Puelcbes. Tous, 
Araucaniens, Puelches» Patagons, se comprennent; 
leur idiome est semblable, leurs mœurs sont à peu 
près les mêmes. 

Comme les TcberLesses en Gircassie, comme les 
Bédouins en Afrique, comme tous les peuples sauvages 
et belliqueux, les tribus araucaniennes dirigent des 
incursions chez leurs voisins; elles font ou donnent un 
malon, acte de pillage analogue à la razzia des Arabes. 
Ainsi quand une tribu est en guerre avec une autre, 
quand elle veut acquérir des biens parla force, quand 
elle veut venger un affront, tous ses cavaliers prennent 
les armes, se réunissent, vont surprendre l'ennemi, 
tuent les hommes, vieillards et enfants, et enlèvent les 
femmes et les bestiaux. Quand l'Indien d'une tribu a 
assassiné celui d'une tribu voisine, quand il a commis 
chez d'autres le crime d'adultère, quand il a enlevé 
une jeune fille, la peuplade lésée organise un malon. 
Cependant, l'affaire s'arrange souvent à l'amiable ; la 
tribu qui a offensé paie le prix de l'affront et tout 
est dit. 

Les Araucaniens font quelquefois des incursions 



{ M) 
sur le terriioire espagnol cl |>riiicipalemi>nt oor celui 
de fa Plata, «Dlièremeot outert et suns défense cootra 
les Puelches qui sont en inimitié avec le Répoblîque 
Argentine. Les iDcarsioni dans les pro*ii>ces chiliennes 
sont aujourd'bui très rares et le deviendront de plot 
en plus. Le gouvernement, outre le* postes-frontières 
qu'il a établis, Iraîle les Indien^ en amis, et le oona- 
merce chaque jour plus important que l'ui fait aree 
euii entrelient des relations amicales qui leur don- 
nent beaucoup de conÛaoce et les enrichiseent, La 
guerre se Irouvanl contraire i leurs intérêts, leur ca- 
ractère s'adoucit et ils prennent des maure plus paci- 
fiques. Se livratit surtout au commerce des bestiaux 
et n'en ayant jamais assez pour suffire aux demandes 
fies aciieleurs chiliens, les Puelclies, soit seuls, soit 
en cnmpagrf e <le quelques tribus araucaniennes, «ont 
ravager la Pampa cl ramènent cbes leurs loisins lea 
troupeaux qu'il parviennent k enlever. 

Ainsi, les Puelcbes servent d'intermédiaire entre la 
République Argentine et les Araucaniens, et ceux-ci 
alors commercent directement avec le Chili. — Der* 
nièreuient encore on atvu les Puelcbes en compagnie 
des Villiches, qu'ils avaient conviés, donner un mo/oA 
dans la Pampa, s'avancer jusque daju ta province de 
Buenos-Ayres, et en revenir avec un butin considé- 
rable, iitais non sans y avoir laissé beaucoup des leurs. 
Us voulurent à leur retour, attaquer un petit fort 
détaché, siiué de l'sutre càté de la Cordillière, et un 
grand nombre d'entre eux y furent massacrés, 

iix qui fat fait prisonnier, raconta que les 
'avaient obligé à tuer un des ùens, é boire 
it A manger un morceau de sa cbair r6lia 



par liii-méme» qu'ensuite ils TAvaienl laissé libre en 
lui disant: cr Va*t-en cbes toi et lu raconteras- Gom*- 
» ment nous traitons tes pareils. » C'est la version qui 
courait dans le pays. 

Les Indiens ont une préférence très marquée, une 
violente passion, dirai«je, pour les blanches leurs voi- 
sines, d'origine espagnole, et quand, dans leurs incur- 
sions sur le territoire chilien, ils s'attaquaient aui villes 
et villages de là prorince de 'Valdivia ou d'Araueo, ils 
regardaient lesfemmes qu'ils pouvaient enlever cooioie 
la partie la plus importante du butin. Une femme de 
la campagne me contait que dans un malon que don-* 
nèreut les Indiens dans la province de Concepcion» 
elle se trouva un moment enlevée par l'un des pil- 
lards, mais que celui-ci, l'ayant palpée et examinée, 
la relAcha et lui rendit la liberté, a Je n'élais pas sans 
» doute de son goût, me dit-elle, car je ne suis pas 
» très blanche. » Son teint était, en efFet, passable- 
ment brûlé par le soleil, sans compter le sang indien 
qu'elle devait avoir dana les veines. Quand l'occasion 
s'en présente, aujourd'hui encore, le rapt des femnoes 
a lieu dé temps en temps, liais c'est surtout la Répu« 
blique Argentine qui fourtiit ce tribut aux Araucaniens. 
Aussi, existe-t-il dans lepr pays des croisements qui 
transforment peu à peu les caractères physiques des 
indigènes. Quant aux femmes volées , ils ont grand 
soin de les cacher, et il est très difficile à un étranger 
de les découvrir. Valdivid, qui a été plus d'une fois 
ravagée par eux, quand ils luttaient contre les étran- 
gers, avait établi une forteresse où les femmes se ré- 
fugiaient dès qu'il était question de l'arrivée des Indiens. 

Les tribus, quand elles sont en guerre, comoiea* 



(28) 

cent par cacher leurs femmes et leurs troupeaux dans 
la montagne» puis chaque homme s*arme rie la lance 
et du laki, La lance est composée d'un bambou {coli* 
hue) de 6 ou 6 mètres de long, au bout duquel se trouve 
attaché un morceau de fer tranchant. Le bambou 
est recouvert tout <-ntier d*uQ cuir en lanière qui 
lui donne beaucoup de force. Le /n^/ est composé de 
plusieurs boules recouvertes de cuir» attachées chacune 
à l'extrémité d'une courroie, tressée ou simple, dont les 
bouts, d'un mètre environ de longueur, viennent tous 
se réunir à une autre courroie. Quand l'Indien est en 
vue de Tennemi, s'il se ^ent assez fort, il s'élance sur 
liii à fond de train, le corps baissé au niveau de l'en- 
colure de son cheval, se dérobant ainsi à ses coups, 
puis s'il arrive à le toucher avec son arme, il l'enfile 
et le démonte. Le laki est une arme qulls lancent 
avec fdrce d'une assez grande distance et capable, 
soit d'arrêter les mouvements d'un cheval ou d'un 
fantassin en s'^nchevètrant dans leurs membres, soit 
de produire des blessures gravés, des fractures surtout, 
au moyen des boules qui y sont attachées. C'est avec 
ce même laki que les Argentins chassent l'autruche 
de l'autre côté de la Gordillièi*e. Ils sont aussi très 
adroits dans le maniement de cette arme. 

Dans les combats de guérillas qui ont lieu entre les 
Indiens et les Espagnols, les premiers redoutent beau- 
coup plus l'inFantene que la cavalerie, ce qui leur 
donne un grand avantage. Dans les luttes qui eurent 
lieu pendant la guerre de l'Indépendance, et dans les 
secousses politiques qui se sont produites aux élections 
présidentielles, les partis se servaient souvent iïewx 
comme d'alliés. Ils se trouvaient dans les bandes de 




(29) 

Pinche/ra et de Benavidès^ débouchant par la GordîU 
lière, tantôt sur un point do la plaine» tantôt sur un 
autre» Dans les dernières élections» ils étaient unis au 
parti qui a succombé. 

En Araucanie» on ne rencontre pas en général de 
populations réunies sur un noème point pour consti- 
tuer des villages; les tribus sont disséminées sur leur 
territoire de façon qu'on pourrait supposer souvent 
en parcourant le pays» qu'il n'est pas habité. Une 
cabane d'nn côté» une cabane d'un autre» dans les 
parties basses des ondulations du terrain, et plus sou- 
vent à proximité d'un ruisseau ou d'un bouquet d'ar- 
bres» voilà ce que l'on aperçoit en parcourant l'inté- 
rieur du pays. 

Un étranger y pénètre-t-il pour relations commer- 
ciales ou pour tout autre motifs il s'arrête à une 
certaine dislance de la cabane de terre du cacique 
chez lequel il se dirige» et lance un fort éclat de voix: 
celui-ci se présente sur le seuil de sa porte, le visiteur 
le salue de Mai, Maî^ Pehi; le cacique répond sur le 
même ton el l'invite à mettre pied à terre« Alors on 
descend de cheval et la femme de l'Indien vous apporte 
une peau de mouton ou de tout autre animal sur la- 
quelle l'étranger s'étend à côté de son mari» pendant 
qu'elle va desseller sa monture et préparer à dîner : 
car l'Indien est essentiellement fainéant. Tous les tra- 
vaux domestiques et jusf|u'aux soins des chevaux sont 
confiés aux femmes. Quant à lui, il passe des journées 
entières étendu sur le sol» pendant que celles-ci soi- 
gnent les enfants» coupent le bois» font la cuisine» 
sellent et dessellent les chevaux» etc. 

I.a chair de cheval est un des aliments de prédiloc- 



( «0 ) 

iion (iesAraucaniensJlsia préfèrent à celle de la vache 
el du mouton* Les deux sexes se mettent fréquemment 
à l'eau, à tel point que c'est un des premiers soins de 
l'Indienne qui vient d'accoucher et qui y mène égale- 
ment son aouveau*né. La petite vérole fait souvent 
des ravages parmi les enfants* Aussitôt qu'elle vient 
à se déclarer, on les mène se baigner. On -conçoit 
qu'il en meure beaucoup avec ce régime hydropa- 
thique appliqué d^ailleurs comme remède dans beau*- 
ceup d'autres eirconstanees* Pour certaines maladies 
d'adultes et de vieillards, ces Indiens ont un singulier 
système de traitement. Le médecin, qui généraiemeort 
est une femme, convoque auprès du malade des amis 
ou parents, qui, soit avec la voix, soit avec quelques 
instruments assourdissants, entreprennent une caco- 
phonie bruyante qu4 dore fort longtemps. Le tnalade 
doit guérir après de ids remèdes , maïs s'H meurt, 
fût^l âgé de cent ans, c'est le résultat d*un sort qu'on 
kii a jeté. Il a été tué par le brouko, esprit invisible 
émanant de ses 'enHemîs, car la mort n'est pas chose 
naturelle. On- mande alors la devineresse qui vient 
désigner les «oupables, et leè' maHiem*eux Sont voués 
à la mort. 

Quoique la polygamie existe, ches les Araucaniens, 
ils n'ont généralement qu^me femme; Quelques caci- 
ques, quelques Indiens riches en possèdent plusieurs. 
Ainsi le fameux chef Coli'pi, qui passait pour te plus 
riche des caciques, en avait dix-huit, dit-on. Maail 
n'en a qu'une demi-douzaine. — La femme est une 
denrée qui se paie au poids de sa noblesse. Quand un 
Indien veut se marier, son premier soin est de calculer 
si sa fortune personnelle lui permet d'acheter une 



^ 



(84 ) 

femme de tel ou tel raog. Une fille de cacique vaudra 
plus que celle d'un simple Indien; celle d'un cher 
important plus que celle d'un chef inférieur. Bref, la 
décision prise, Taoïoureux, accompagné de quelques 
amis, se présente subitement ches la famille de celle 
qu'il veqt pour compagne et l'enlète violemment. 
Celle-ci a beau se débattre; la mère et les autres 
femmes de la maiaon ont beau courir avec un bâton 
ou un tison enflammé sur les auteurs de l'enlève- 
ment, elle est emmenée au galop dans un endroit 
reculé où le mari va passer avec elle les premiers 
jours de sa lune de miel. Quant aux hommes présents 
à l'eBièvemenl et appartenant à la famille de la jeune 
fiUe • ils ne s émeuvent 0ullemeot de ce rapt et ne 
cherchent pas à s'y opposer. Ce a'est qu'après quel- 
que temps d'une vie retirée que le nouveau couple 
revient au logis et que le mari s'occupe de payer sa 
dette consistant, suivant les cas, en chevaiux, vaches, 
taureaux, moutons^ étriers et éperons d'argent, mors» 
vin, farine, etc. Il est A reoiarquer que les adultères 
sont rares daps la contrée ; du reste, quand il est fla* 
grant, il ost immédiatement puni de mort. Des étran- 
gers vivant parmi les Araucaniens et ayant adopté tous 
leurs usagée, se sont ainsi mariés. L'un d'eux. Chilien, 
nous contait qu'il en était à sa troisiènie femme et que 
si cela continuait il serait bientôt ruiné, car après la 
mort de chacune des deux premières, et sous le pré- 
texte qu'il en avait été cause eq partie, la famille 
venait le piller, et lui enlever une partie de son bétail. 
L'hospitalité est une des vertus des Indiens; un 
étranger sera reçu cbee eux, nourri, logé, soigné pen- 
dant des mois, pendant une année, sans qu'ils songent 



( S2 ) 
jamais ni l'i le renvoyer, ni â lui demander la moindre 
rémuncrniion. Mais l'ivrognerie est générale; ils abu- 
sent des boissons alcooliques surtout depuis que le 
commerce les introduit chez eux en quantité de plus 
en plus considérable. Lorsqu'ils n'avaient aucun rap- 
port commercial avec leurs voisins, el aujourd'hui 
encore, surtout dans la partie éloignée des fcoDtièreSr 
le mais leur fournissait une boisson fermentée nom- 
mée ckicka de maïs. Après la récolte de ce grain, les 
femmes d'une famille, d'une tribu, se réunissent et 
assemblées en cercle, chacune prend une pincée da 
flirain, le mftcbe un certain temps, puis crache le tout 
dans un vase de terre. Quand U,J^.en a une quantité 
suffisante, on le laisse en fermentation et il en résulte 
une liqueur forte avec laquelle s'enivrent les homnaes, 
et qui fait leurs délices. 

Il ne serait pas prudent de courîç alors le pays vu 
l'état d'itresse dans lequel on les r«^cuulr;e souvent. 
Les Araucaniens sont extrêmement robustes, ^t vivent 
très longtemps. Il faut qu'ils possèdent un graijd ftge 
pour montrer des cheveux gris. Beaucoup ttot au deli 
de cent ans. 

Le commerce que font avec eux les provinces fron* 

tière» du Chili est aasec considérable aujourd'hui et 

il s'accrotlra certainement. Il s'est développé au fur 

et à mesure que les relations sont, devenues plus ami- 

ues. L'époque de ces guerres à mort 

Espagnols et. les Indiens est loia de 

Cliili les a captivés, et sans toutefois 

ce entière, ils considèrent leurs voî- 

amis que comme ennemis. Un grand 

uei-çants et surtout de courtiers. 



(35) 

parcourent même leur pays dans tous les sens» pour 
y porter les différentes marchandises qu'ils recher- 
chent, et les Indiens de leur côlé sortent de leur ter- 
ritoire pour venir négocier chez leurs amh de ce côté 
du Biobid. L'hiver, saison de pluie et de néigè» inter- 
rompt complètement ces relations commerciales. Mais 
vers la fin d'octobre ou au commeticement de novem- 
bre, les pluies cessent» la neige fond dans les pas- 
sages de la Gordillière, et Ton voit passer d^un côté 
des Chiliens avec des mules ou des chefàux chargés 
de marchandises, étoffes, ' perles, étriërs; farine-, pi- 
ment, etc., et de 'l'autre, des Indiens qui viennent 
remplir leurs outres de peau, prendre dù''''blé, de là' 
farine, etCi, ou même se promener aVèc leurs feiii'mes^ 
Les Indiens arrivent toujouirs lespt*emiêri ; ils envoient 
des courriers chez l'intendant pour^nnoncér comment 
ils ont passé l'hiver et pour savoir comment vont les 
Ouincas. Ils viennent avec leur méfiance ^^rofondé et 
juste sous beaucoup de rapports, savoir ai les Chiliens 
sont toujours des amis, s'il n'y ià éontre eux aucun 
préparatif hostile. Aussi §e demantle-t-on souvent vers 
la frontière si le courrier est arrivé afm de savoir si lé 
passage est ouvetl vers la chaîne. Cependant, comme 
la neige ne les incommode pas beaucoup, et que les 
courriers franchissent le passage lorsqu'il est encore 
très difficile, les commerçants ne partent guère que 
quinze jours au plus après leur arrivée. Ces courriers 
sont infatigables pour la marche ; dans les plus mau-^ 
vais passages, ils avancent d'une manière extraordi- 
naire el font ainsi des journées très longues, et qui 
seraient excessivement pénibles pour d'autres que 
pour eux. Ils sont, du reste, excellents cavaliers quoi- 

X. JUILLET. 3. S 



( W) 

que dans leurs étriers de bois triangulaires, ils oe pla«> 
ceni que l'orteil du pied. 

■ Ainsi, comme nos colporteurs qui» parcourant le 
pays dans tous les sens, vont porter aux populations 
de nos vilhiges les denrées qu'elles recherchent» de 
nênie les petils commerçants chiliens s'en vont a?^c 
leur charge parcourant ces populations saiiwagea e^ 
disséminées pour mettre h leur portée de^ danrées qui 
aujourd'hui, par l'influence de la pîvilipalipn qui les 
louche, sont devenues pour eux des besoins. La plu- 
part (te ces petits commerçants sont des habiliiés^ de 
petits commandités qui vont faire des achats ou écfaan* 
- ges pour le compte des fermiers et propriétaires, e| 
pvec lesquels ils partagent ensuite le profit résultant 
de la vente. D'autres commercent pour leur propre 
i:ompte« A l'époque des premières relations commer- 
ciales, on ne faisait qu'échanger. Aujourd'hui encore 
et surtout dans les tribus reculées, l'argent monnayé 
a peu de cours el ceux qui l'acceptetit ne prennent 
que des piasti^es fortes anciennes. Toute autre tkionnaie 
est rejetée et voici pourquoi : tout Targent -qui entre 
chez les Indiens sous forme de piastres fortes, est fondu 
pour en faire des éperons et des étriers de luxe; or, la 
monnaie étant trop petite, il en faudrait beaucoup 
pour produire le résultat des piastres» et d'ailleurs lç9 
comples qui s'ensuivraient seraient trop compliqué;» 
pour leur intelligence. Quant à l'or, ils ne le foqdent 
pas. Les piastres nouvelles sont frappées d'exclusion 
depuis l'installation d'Ub -président contre lequel ils 
ont combattu (Don Mèntiièl Mohlb) : ils les qualifient 
d'argent montisle et ne lea acceptent jamais. Ces sau- 
vages, comme vous le voyez, sont plus scrupuleux que 



M 



( 86 ) 

les peuples les plus civilisés; ituûs ou ne doit voir dan^ 
cette conduite que le simple résultat de leur sauvagerie 
m&me. 

J'étais à Aiituco quand passèrent plusieurs Pehuen" 
clie$} l'un d'eux s'arrêta dans la maison où je logeais; 
riidte était une de ses connaissances, un de ses amis, 
un de ceux .avec lesquels il entretenait des relations 
Commerciales* -T- Ap^ès les salutations préliuûnaire«, 
•k colloque suivant s'cAgagea. 

— «Je vieo6 cbercber du blé, en as- tu ? (car l'Indien 
» tutoie touj^iirs}. 

— » Akl tu aS( besoin de blél je crois que j'en ai 
s encore. Combien t'en fÏ9ut-il ? 

— » \lnBjaoega »<(^ peu près un becloliire). Pendant 
ce temps 4>n donnait un^. rfisade i\ l'Indien. 

•— 4( Oui, je veux bien te le donner^ mais qu'as- tu ^ 
» a^ doqn§f >D Fflour? 

— ^.Eb ^eoi (}Ouv te consoler je le donnerai un joU 
» veau d'un (|P U'è# gentil. Je l'ai cbez moi; quand tu 
^ vieistdj'a^ tu remmèneras* 

-r «Cej^ est bien vrtxiî tu l'as cbez toi? c'est bon. 
.^ Aipi^ tU:mQ<M)nsole«'c^s. Tiens-le prêt; dans quinze 
» jours je. pjif^serai çb^z toi et je le prendrai. Mais ne 
» Q»e iQ^ngiiea pas. TienS), yoia-tu, je te mets sur le 
> livre.) je t'inscris fprmellei^ent comme mon débiteur. 
n Mais tu as un mauvais compagnon avec toi; fais 
» attention, ne t'y ($e p^s. 

— »Obl ne p^!^ P^A.aji^si; il est bonnête» c'esf 
up Ami. » i^t Tindien.alla cbarger sa mule après qu'Qii 
loi put ver&é une seconde rj^sade. 

Ainsi* l'inscription sur un livre devient sacrée pour 
le sanv9g^, quand ^n nom et sa diette sont pouché^ 



( 30) 
■urie papier: foilù comment s'établissent les échanges. 
L'Indien vienl cliei l'Espagnol cberclier son vin, sa 
farine, son Lié, son pîoienl, el le Chilien, au boat 
d'un mois, de six mois, d'un an, s'en va chei l'Indien 
prendre en retour le bétail qui a été promis : e( tout 
cela se fait avec la plus grande loyauté. L'éliJment 
principal d'échange cbec les Indiens, est donc une 
pièce de bétail: une vache, un veau, un mouton; quelle 
que soit la valeur de la chose qui leur est oETerie, c'est 
toujours le même système. Pour une livre de perles 
qui coûtera quelques francs, une génisse, pour un 
inorceau de drap qui en coAtera 8 ou 10, une gé- 
nisse ; pour une arme à feu qui en vaudra hO ou 60, 
une génisse ; pour une selle qui en vaudra 100 ou 150, 
une génbse. Hais l'Indien se décide rarement à don- 
ner pour un objet quelconque, quelque valeur qu'il 
ait, plus d'une tète de bétail k la fois; de plus on 
fera difficilement avec lui, en un seul marché, un 
échange de plusieurs animnui A la fois, eût-on à lui 
offrir beaucoup d'objets différents. Il en résulte que 
pour réunir un certain nombre d'animaux, on est 
obligé à faire bien des démarches et & courir beau- 
coup le pays. Cependant avec les caciques, les échanges 
ont lieu avec plus de facilité. Le commerçant n'obtien- 
drait, par conséquent, aucune réussite s'il portait dans 
l'Araucanie des objets de fantaisie ou autres qui au- 
raient une valeur un peu élevée. Du reste, ce sont sur- 
' ' ' 'tes â cornes qui sont l'objet d'un grand 
; quant aux Chevaux, les Aniucaniens en 
lents, mais il s'en défont très difficilement. 
Dnent aussi des moulons à laine longue et 
omme celle des Provinces , et payée & 



(37) 

Goncepcion à raison de 45 à 50 francs les cent livres. 

Dans le colloque cité plus haut, mon hôte recom- 
mandait a rindien de se défier de son compagnon ; 
or celui-ci était un Chilien retiré en Araucanie et 
mant comme les indigènes. L'Araucanie renferme un 
certain nomhre de transfuges semblables, hommes 
qui en grande partie ont eu maille à partir avec la 
justice de leur pays, la plupart corrompus, de mau« 
vaise foi, et qui vont se mettre à l'abri de Tautre côté 
duBiobio.Ces hommes trompent souventles indigènes, 
et la présence de cette lie de la civilisation parmi eun 
est une chose fâcheuse : ces individus altèrent la con- 
fiance qui règne dans les relations commerciales, con- 
tribuent à rendre les Indiens plus méfiants qu'ils ne 
le sont naturellement, et les encouragent à se mettre 
en hostilité avec le gouvernement chilien. Beaucoup 
d'Araucaniens savent l'espagnol et tous ont une grande 
facilité à l'apprendre. 

Les Araucaniens n'ont pour ainsi dire aucune reli- 
gion, si ce n'est la croyance dans le bruko ou brujo^ 
espèce de mauvais esprit qui )ette des sorts. Jusqu'ici, 
tous les efforts de» missionnaires pour les convertir 
ont été à peu près infructueux, et l'un de ceux qui m'ao- 
compagnait à la junta se promettait bien de ne plus 
accepter 'aucune convocation, sachant combien son 
zèle était vain. On raconte à ce sujet qu'un Indien 
s'étant faitbaptiser et ayant embrassé la religion catho- 
lique, manifesta au moment de sa mort le désir d'être 
enseveli en terre sainte. Le'\:acique, en conséquence^ 
fit porter son corps chez le 'curé du village frontière 
le plus rapproché; quand il sut qu'il y avait des frais 
à payer pour l'enterrement de son sujet, il fut très 



(88) 

étonné et après avoir débaltu longtemps, il dit au curé: 
« Hé bien! reprends ton chrétien, inbi je remporte 
)> mon Indien ; » supposant ainsi (}ue la partie chré- 
tienne du corps pouvait sVn détacher comme un 
souffle; et il s'en retourna comme il éfaîl Venu. Cette 
petite histoire m'était racontée par'un ami au moment 
où il me conduisait chez le père missionnaire de Naci- 
mienlo; arrivés à destination, nous entrâmes dans la 
cour où jouaient déjeunes enfants* ses élèves: ceui-ci 
nous aperçurent et un instant après je les entendais 
chuchoter entre eux : « Vois-tu te diable qui vient 
a d'entrer, c'est le diable, c'est Ibicn lui. /> 

Je demandai à mon compagnon oii pouvait être le 
diable en question ; il m'exa^ninn, puis se mit à rire 
él me dît : « Vous comprenez que chez im peuple 
x> essentiellement cavalier comme fïous le sommes, la 
V population des campagnes devait matérialiser le 
D diahie équestrement ; seulemei^t pour le distinguer 
» du commun des mortels , ott ne lui a laissé qu'un 
» seul éperon. C'est ainsi qu'il arrhe sur terre quand 
» il daigne nous honorer de sa visite. » Je compris 
que c'était à uloi que s'était adressé ce méchant qao- 
libet des enfants; j'avais perdu ilu de mes éperons en 
tojage. 

On a souvent traité la question de'kavoir comment 
on pourrait refouler les Indiens é'é manière à annexer 
définitivement au Chili ce beau territoii^ de l'Arau- 
canie. On a déjà guerroyé plus d'une fois rfahs ce but; 
mais ces Araucaniens sont indompta'btes et résistent 
tous jusqu'à la mort, faisant de leur côté de grands 
ravages dans les campagnes. La nécessité de cette an- 
nexion efft d'aîHeurs d'une assez médiocre importance 




( »«) 

pour un pays aussi peu peuplé que le Chili. Du reste» 
l'envahissement a lieu assez rapidement et par des 
moyens pacifiques, et il suivra tout naturellement 
sans violence le développement de la population et de 
la prospérité de la République. Cette marche progres- 
sive et modérée a sans doute de grands avantages. 
Ainsi le gouvernement entretient sur les points fron- 
tières» des capitan de amigos (capitaine des atnis), c'est- 
à-dire des hommes qui, connaissant parfaitement le 
langage des Indiens, servent d'intermédiaires entre les 
tribus amies et le gouvernement. De plus, on choie 
les caciques les plus importants; on leur donne même 
une certaine redevance ; aussi, on obtient des résul- 
tats généraux véritablement très avantageux. A l'aide 
de ces relations amicales, les Chiliens pén(>trent dan^ 
l'Araucanie, s'abouchent avec les chefs et obtiennent 
de grandes étendues de terrain à des conditions excel- 
lentes. Pour consacrer le marché, les deux parties 

« 

intéressées se présentent chez l'intendant ou le com* 
mandant d'armes, qui reconnaît formellement le con- 
trat, et l'inscrit dans les archives. 

L'Araucanie, dit-on souvent, serait un des plus beat:^ 
fleurons de la République du Chili» mais la haute 
réputation que l'on fait à ce territoire ne viendrait- 
elle pas en gramie partie de ce qu'on le connaît peii^ 
et surtout de ce qu'on ne le possède pas encore ?Quant 
à moip )e crob qu'il est difficile de trouver un élément 
de richesse agricole plus fécond pour l'avenir que ces 
belles terres argilo-siliceuses ou silico-argileuses qui 
couvrent une partie de la superbe plaine de Santiago» 
qui me rappellent nos bonnes terres de Brie avec un 
ciel presque constamment pur» sans accidents atmos- 



'( AO ) 

pbériquc^. sous un soleil du 33* degré de laliUide, 
et avec un arrosage généralemenl facile. 

AujoHrd*hui, les Chiliens s'avancent sur la côte jus- 
qu'à Tucapelp mission située à trente lieues au sud 
d'Arauco, et consé'qùemment à cinquante lieues envi- 

TOim dey^xCnuiçapcionetdu Biobi6»iC'esl un pas énorme 
et cette marche en avant se fait plus ou moins sentir 
jusqu'au confluent delà rivière Bergara avecleBiobio. 
Mais au delà, c'est-à-dire dans l'Ile du Bergara, les 
Espagnols n'ont pas dépassé de beaucoup leur ancienne 

«Aiéiilu^.26?est*rque de ce côté, les tribus indiennes 

dafoif^usofaostiles» plus rebelles à l'envahissement; les 
iàhefiiV'èit iM^nîl. entre autres, s'opposent à la conces- 
siniè^bàior Vente du territoire avec une grande téna- 
cité. Mais ce n'est là qu'une minime partie de l'Arau- 

^baa^reilrle Chili doit se consoler en voyant que les 
iUiilâea des Indiens reculent avec tant de facilité sur 

-^gôpkjs^rande étendue de sa frontière., — Un jour 

^S9àk éauie cette grande province fera partie intégrante 

UéilaDrépubiiqoe chilienne et je suis disposé à croire 

que, dans quinze ou vingt années d'ici* l'Araucanie 

p'eâstera plus, en ce sen^ que ses habitants actuels 

auront été se confondre avec les tribus de la Cor* 

dillière, avec celles de )a Plata ou avec celles de la 

Patagqnie. 

H. Delapobtr. 

Santiago de Chili , a5 novembre 1 854. 



(41 ) 
iWetiveltai et eemutimleatloiM. 



OBSERVATIONS 
soR i*'ddvbagk ixartluLé: types of markind, par mu. kott 

ET GL1DDON» 
PAII U. A. d'aUAOIR. 



M. Agassîz adinet huit types humains primitifs, 
c'est-à-dire , si j*ai bien compris, il ne croit pas que 
la race humaine provienne d'un seul couple ainsi qu'il 
est admis d'ailleurs par la presque universalité des* 
êtres qui pensent. 

Le traité de M. Agassiz est associé à l'ouvrage de 
MM. Nott et Gliddon. Ij est superflu de suivre ces der- 
niers dans leurs discussions philologiques ou exégé- 
tiques sur la manière dont on a composé les livres 
saints. Il s'agit ici d'une opinion scientifique et la 
science doit se suffire à elle-même sans s'égarer sur la 
Bible dans des distinctions subtiles qui acquerront 
malaisément le caractère net et substantiel d'une 
preuve. 

On peut examiner l'origine du genre humain par 
trois méthodes. La première est celle qui est basée 
sur tous les arguments admis en histoire naturelle. Je 
suis peu versé dans celle-ci, mais ses procédés me 
paraissent se réduire, en définitive, à des faits d'appré- 
ciation et de sentiment. 11 faut de longues études et de 
patientes méditations pour former son esprit à cette 
sûreté de jugement qui définit les limites des genres 



(«) 

el.i^ftfi^td^i^a^ces, car Uur6 dàiîpitîonft «ont loin 
d'avuît^ Jf^ (isit^id't'S distinctions, ma Ihé ma tiquea. Pour 
S£ rt»|n«f . une opipion dans ces matières il ne suffit 
pas d',appréc<er tes faits i la Ugère, et, quand on n'a 
pas coDMicrâ ^(^ vie à les comparer, on est forcément 
âmeni^ àjsimre l'autorité de ceux qui ont eu cette pa- 
tience ei oa dévoaevKnt. Or, tous les grands natura- 
listes ont cru fi r.unitdde, l'espèce humaine : les Blu- 
inenbacii, les Cuvicr, les Flourens n'ont pas d'autre 
fui. -UH. Nott et Gliddon ne sont pas naturalistes. 
M, A^assiz enfin est seut de son bord et forme une 
minorité insignifiante si l'on compare son avis soit au 
nombre; soit au poids des opinions contraires. 

La deuxième métliode consiste dans les preuves 
indirectes fondées sur des faits constatés dans lés ranf^s ' 
inférieurs du règne animal : on l&cbe de généraliser 
ces faits pour en déduire des lois qu'on applique en- 
suite, par analogie, à l'csptce humaine. Hais il est 
toujours téméraire de conclure du quadrupède â 
l'houime : il reste à bien prouver que les lois, plus ou 
moins bien signalées, s'étendent jusque lâ. Cette dif- 
Gculté de légitimer une analogie m'a semblé ou éludée 
ou supposée tacitement franchie par ceux qui raison- 
nent de cette façon. Enfin, c'est ici surtout qu'on a 
besoin du flambeau d'une rare sagacité pour ne pas 
s'égarer, et une pareille foie ne peut être tentée que ' 
par ceux qui ont vieilli tlana l'élude de l'histoire 
naturelle. 

« !j,__.!_^j qyj précèdent me feraient déjA 

e la théorie de MH. Nott et Gliddon. 
er la question por une troisième 
ste à examiner les Iradîlioas et léS 



(48) 

croyances actuelles des nègre's' etlit^ifiêtti^, Mffèl'^A^ 
celles des peuplades qui liés àif<6idlhlénr^lë^liië^'(iM' 
siècles. Pour être pure de toutê^ kÀ<ir«iy«b^éttfeitig«r^ 
cette investigation doit être pduri^uHeV ^fiôt^l'èta^té^' 
côtes occidentales de PAfrique rtaiaf'îhÉié èés^'Céttttéë^. 
intérieures où Tétranger n*a' «neem b^{yét»féi^ffvisëft^ 
antipathies ni ses préjugés. Il n<Hi4'!Bé¥ér>pé(<lifift tAniA 
d'écayer de quelques aperçus l'une ou Paorrè d«è dfA^' 
nions rivales. "»' ' ' "'^ " ' ' .»^ '• ï»: »' 

Parmi les nègres éthiopiens, j'ai î^tèn6^é^dW1Miry«^ 
qui vivent prés du Tigray et sur les ritM'dQfVttkAzé/'- 
des Guinza qui habitent la région nord^ouesl d«'fo^ 
Péninsule que la rivière Abbay forme autour do Ho}^' 
jam, des Yambo de la branche orierilale du-fl^ute 
'Blanc, des Suro qui habitent la région, néndionato' 
de la presqu'île de Kaiïa, et esfin des Doggo dontiles; 
plaines s'étendent sur la rive gauclie du Paoo ou Uma. 
Toutes ces tribus sont appelées changalkn, e'veat*ài* 
dire nègres, par leurs voisins des hauts plateauzi. Ce» 
derniers croient tous» comme ces changalbu eux*mimês\ 
que tous les hommes soiiC nés d'on seul couple, que- 
l'homme blanc ou, pour s'exprimer comme eux, que» 
l'homme rouge est supérieur au nègre «I ce dtrmer, 
même quand il n'est pas chrétien, répète la tradiUoD- 
commune, é savoir: que le nègre est un homme voyge< 
que Dieu a noirci et abâtardi par one grande £Mtte 
commise par l'on de ses amcètres. 

On sait que tous les ethnologues admettent l'origine 
caucasienne des Aby^ins. Il n'y a aucun dissenti* 
ment à cet égard ou du moins il esl presque impos- 
sible de tracer Utie ligne de démarcation entre ces deux 
races, entre l'Abyssin d'un côté et l'Arabe ou le Copie 



( W) 

de l!autro« Le vulgaire peut bien confondre au pre- 
msar coup daaeii un Abyssin avec un nègre, mais un 
natisralîsiie^ ou même un peintre ne saurait tomber 
dàqs Dcette eixeAU*%.41 est plus difficile encore de dis- 
tingif^./ par* les. formes externes entre un Abyssin et 
un DùgffotiBu un Bacya* Ce dernier est bien appelé un 
is^lgvrpaffAé&'lBoisina du haut plateau tigray, maisles ha- 
bitants tigre des basses plaines démentent hautement 
ceifa^qaalifiiuiGoD du£arya qui a souvent le nez aqui- 
lîiiïibtëyap(^IfaG>aiofort ouvert quoique sa peau soit 
baâxiîukMemfenb n^ire. Je. dis habituellement^ Car tous 
leiJ)ciègrob fiiéoitéfl. disent qu'il y a chez eux des indi- 
9jdB9 rongfisâasus de la mtroe race changalla. Ce qui 
Hijjpa.wjgB Ahyssinie ajoute d'ailleurs du poids à celte 
3Hfl^iacftîoD..DansL la. langue de Gondar, par exemple» 
^^eiilÏLh^gue amarinâa, il y atrois jidjectifs pour 
^primée les diverses, nuances de la peau humaine. 
Lb:^ nml qay indique la couleur blanche des Arabes 
oaïahëiJles Ah]»sittrîune Quaoce plus claire que celle 
diilmîaav^cGeytkeilérnièce couleur est indiquée quant 
k i^hbmmB par le mot tlama^ -La nuance café au lait 
foncé s'appelle tayin^-^t ^«grur, .c'est-à-dire noir, est 
appliquée à des gens qui seraiei>t fprt offensés si on 
les appelait nègres. Toutes: ces - nuio^ces si diverses 
existent fréquemment chez les divers membres d'une 
même famille sans que les indigènes puissent donnei* 
à cette diversité, d'autre raison que le teint analogue 
de quelques-uns des ascendants dans l'une ou Tautre 
ligne. Malgré cette tendance à la complexion noire 
en Ethiopie où le teint tajrim prédomine, on y est si 
bien pénétré de l'infériorité du nègre que cette opinion 
eat passée dans les lois et qu'un Éthiopien, quelque 



(46) 

rouge qu'il soit, peut être juridiquemeDCt apfvtièi oti 
nègre même à la septième génération: isiue '4e cttàta 
race maudite, mais alliée toufour^ àla race élUdpiciim 
que nos ethnologues appellenf caucadiqcneQ B^ecequIH 
naît des enfants ' noirs dans ûneoîaBriller fooge^niè 
TAbyssinie, il est laisé 'âe conduire nh «v^fm^tdf; des 
nègres quand ils afBriù'ént que xter'iadividosrmigei 
naissent aussi chez eux. '**^>?r . ^ • i^,«. , 

Un satant abyssin me déflnilfwtahisi un chapgBttar: 
c'est un homme à peau noire, à orteil ridié pris àerék 
racine, à talon proéminent et dont les chereox laineux 
ne dépassent jamais la longueur du petit doigt (8 à 
9 centimètres environ). Hais cette distinction s'efface 
souvent par les nuances insensibles qui relient le nègre 
à l'Éthiopien caucasique, cl c'est cette difficulté même 
qui a forcé les Abyssins & recourir aux généalogies 
qu'ils précisent par huit mots spéciaux comme les 
termes mulâtre , quarteron et octavon qui sont em- 
ployés dans nos colonies. A ne consulter que les formes 
du langage» on dirait que les Africains poussent les 
distinctions plus loin que ne le font les plus fastidieux 
habitants des Antilles. Ces derniers, moins généreux 
que notre savant confrère, M. d'Eichthal, ne croient 
pas que la race noire soit appelée à remplir en ce 
monde un rôle aussi important que la race blanche. 
Les Abyssins et les Gallas pensent de même en se 
fondant sur l'évidence des faits et les compatriotes de 
M. Gliddon le sentent si bien qu'ils ont détaché les 
nègres du reste de la société par des lois et des règle- 
ments administratifs. En Amérique néanmoins comme 
en Ethiopie, l'immense majorité du peuple croit que 
le nègre est fils d'Adam comme nous, et il faudra 



( A«) 
f^^om^f Àti!<^P parvient à extirper jamais de l'esprit 
J^Mflil^Qi'ib^^o^râiQa qtii e3t appuyée sur le seos in- 
iiwi ilfe -^Icbi^mOP^ coinii;^e:sur ses traditions. Cette 
i^i^ifl^cê^i' «ftiifftrme à l'anaJogie des faits constaté^ 
jlM|u!}9iî ^tolf|)S^nee,:elbnologîq|ie^a besoin de Uîen 
^ 4fi^9i^ ^i*il»i is^nqyent avant de parvenir A 

liil^n piifilAAtia) plume j'avais Timention d'exposer 
49À)5I9§f {^tAl'$>bfte|)rés.^a Élbiopie el qui appuient 
4'/^P!iRi<i^.*%i^?i%^i^^gres soDt des enfants du même 
•jj^%gfMlp^in^i]9)aisrdes enfants dégénérés. Mais cesob- 
ff^^^tîjpips^StCjl^t di^ài longues ci il suffit quant à présenl. 
^p /^'élever leootre P^ae. 4opti>ine qui .peut devenir une 
ipn^^yaliqo dangerendc /$n qe qjiiVUe s'est trop bàtèe de 
4^Q^clufe d^iprës ,un pçtit x^pûj^ht^ de (iÂsçnrdaiices ou 
4!MV(J%if»* teMT frêle, écb»faiM4'.«çria. rep|ir€i?sé par 

Jic^4WAgfi^s .uUërioMr» de T^hcupt|og|e». science née 
A'Jiiier,, cqmiWvM.4*»B*«btUa|û^i9 de le f»ire observer. 

.111 -Il , i • li . . .• AïXioiflQ J>'AB«ADia, 



■ » X 



hIeJWÀHQÙÈS i KRO^ÔS DES OBSERVATldl^S PRÈCÈDENTtS, 

PAR M. ALFRED MAUBY. 



» ' •* ( ' 



'iNo^^ jQ<Mt£rèci0# M* Aj^toine d'A})biMiie^ a parii 
#'él09liet'd^ If doèlr^oe e(bnologiqneique s^otieoneiit 
Ufàé. N«U ^at Giiddon d^os l'ouvrage que le compta 
r^nfiude ML 6. d'Ëicbffaâ^ a Jait. connaître. aux lec- 
teurs du PulleUiip II la présiemie conuilB «ne innovation 
dai^ei^eûs», . $o contradiction ^ai^ec Oe qui avait été 
jusqu'alors admis par les naUiralistes. Noos croyons 
que le 6ava>nt Foyageur s'^st u;^ peu inépris* Absorba 



(47) 

tout entier dans ses travaux «ur l'Abyssinie» il ti'a pa^ 
eu le loisir de suivre le mouvetneiit de^ études- elhno- 
graphiques et il en est encore à Biâmefibacdi; Sans 
vouloir rien préjuger'' sur la qoeàlion' obséUt'e de 
l'origine de notre^ espèce et sans preâdre 'pfliHi dànk 
un débat qui compte de plus babiieè jeut^ùrs que 
moi, je dois cependant rétablir les faits. L'opinion 
de M. AgassÎE, dont l'autorité d*aiUeurà comme natu- 
raliste est ai grande» et bien égale à celte de quëlcjtte^ 
uns des noms qui ont été cités» n^est pe^ot prufc^ssée 
par une minorité insignifiante; elle a été soutenue p^U: 
Norton , l'un des plus grands ethnologues dé notre 
époque. Elle est adoptée par MM. Desmoulins; Bory de 
Saint-Vincent , Lallemand (de Montpellier) j Knox, 
Burdach, Garus, P.-A.F. Gérard, P. Bérard, Strauss^ 
Durckâieim, Rudolplii et une foule d'autres ethno- 
logues et naturalistes. Alexandre de Ilumboldt dans son 
Cosmos (1) reproduisant les idées de son illufitre frère 
Guillaume, déclare que l'unité de l'espèce humaine 
n'implique en aucune façon que tous les hommes soient 
descendus d'un mèmei couple» j^il tient cette dernière 
tradition pour purement mythique. Enfin George Cuvier 
lui-même^ dontM.d'Abbadie invoque le nom^aécrildans 
son Discours sur les réi^olutions du globe (6* éd. , p. 210) , à 
propos de là race nègre: «Quoique tous ses caractères 
nous montrent clairement qu'elle a échappé à la grande 
catastrophe spr un autre. point que les races cauca- 
sique etaltalquCidontelle était peut-être séparée depuis 
longtemps quand cette catastrophe arriva» etc., » noua 
montrapt par cette phraç^e, qu'il croyait à une différem e 
antédiluvienne et par conséquent radiôale entre les 

;i) Voy. CoimQ$^ t. I, p. 33 1 et ituiv., édU, tm/ginule:. 



(48) 

deux raced, et qu*il ne tenait pas la donnée hibli- 
que de Noé pour scientifique; ce que savent parfai- 
temeni d'ailleurs ceux qui ont connu ses opinions 
particulières. Je pourrais encore citer mon regrettable 
ami, l'illustre Eugène BumouF» qui avait tant étudié 
Tethnographie au point de vue de la philologie compa- 
rée et qui s'est prononcé bien souvent contre l'opinion 
d'une descendance commune à tous les hommes. 
Plusieurs philologues distingués qui se sont formés à 
son école et dont je produirais au besoin les noms» 
ont été conduits par leurs études aux mêmes résultats. 
J'avoue que )e ne comprends pas comment M. d'Ab- 
badie donne pour une preuve- scientifique la tradition» si 
toutefois c*en est une, des ohangallas fet> de leurs voi* 
ftins. Cette tradition aurail^ello quelque authenticité, 
ce qui n'est nullement étaliiil,£Î&tei^9 naturel dé la 
rattacher à l'opinion sémitique iiriopté6<>pat fe^^Arabes 
et qui est consignée dans la Bible*. Mu^eiirs des lan- 
gues de l'Abyssinie appartiennent en effet à la famille 
sémitique, ou portent tout au moins'dés traces de son 
influence. On conçoit donc aisément qua la croyance 
arabe ait pénétré chez les nègres de l^fciqoe orien- 
tale, absolument comme certaines croyances chré- 
tiennes apportées par les missionnaires, se mêlèrent 
de bonne heure en Amérique aux iSables des tribus 
indiennes. Mais ce qui prouve que la. tradition du 
couple primitif est purement sémitique et^'appartient 
pas aux autres races, c'est qu'on oe. la retrouve ni dans 
Homère, ni dans Hésiode, les deux poètes théologiens 
de la Gt^èce, et qu'elle était absolument inconnue aux 
Chinois et aux Égyptiens. Ces derniers admettaient 
que des dieux différents avaient créé les diverses races 




( A9) 

kumaines. Ainsi la déesse Pacht était aul^urj j^AirtOèè 
asiatiques jauneSp tandis que la fqrm^i||^%(^ tfbrtef» 
égyptienne était attribuée au-soIeU- (IJyjs .if *o indai^i 

Nous possédons actuellement de»: ny^nwra^ihtoîimq 
thentiques de TÉgypte et de TAsaycîf'idatirnkcflè^iU^ 
VI* jusqu'au ixx* siècle et plus ii:yiiiU6 BCriqi;i^ni2iiiiil 
bien» ces monuments nous offrenbifyràfâUÎDpnte kâsi 
mêmes types de race que nous retr90f.oQSî09g9brd*diiib 
dans les mêmes lieux. Les stati^^ ficHifcs] oiiucIfBafel 
vérité si saisissante que M. MaiîetterftiiifqxBftéis «o?. 
Louvre de ses fouilles du Se^p&um';Heta)îiiLBqfpa!ttfelfu> 
nent aux plus anciennes dynastiesL/pbnaâovîiocit^/vidius 
fournissent la na^qa^.Q^lws^OD eifcnunèm(»frffdbGfti|tf|l 
caractérisent le/elblbs^teel£A)USiHijQDeoiût'(^ iê«'ibàM(>i 
reliefs d^^ montM^Pl^et^pàtmi domèn^sddts^Plliuâ 
raons, nou9 offiré|ifedl4||à JfhioÈgitaDaiebifB ifflét 4^11^ 
ont encore ««josèrirUM d9j))>A6î3piflpiBHioûlnéfli^94(l^'^ 
formes n'ont pw.plujiiiadiâlDgètiMtr b'ta gia ii ftO cfti fRAïf^ 
les animaux doBt.osi vettmwfi^qflflroîkê^^ftf^bâkMy^ 
des v% VI* et vu* dynastie, louti^s >ldsifif$fflè&'^$è^è%è^^ 
qui habitent de nos jours rËgypte^^>LSbp(îkiiM^i?fàl^^i 
soutenait encore Linné et q^i 4dnièft«dl>^^^A(i*«r^ 
unique de création pour les plaflted et 4^'4M^ni(,^'^- 
est maintenant abandomiée par l^mfiit^Jit^ltifojli^At^'^ 
des natutaKstes, et en désaccord fofin%V'âtlecP''(t9^if '^ 
que certains contimnts^ par exeinplè-rAâ^rafflPli^^iy 
Cap, ont des faunes et déS flores â pati^' )J airxq aiq-icc 

La question de la diftfibutiofi de^«spèc@i9 étfîAfâfe^'^ 
parait liée trop-étcoitemént à ceHe de 4a distribution 



j. 



(i) Vojet de Rougé, Notice iur tes monuments du Louvre^ a" cclit., 
page 17. 

Z. JVILLBT. A. 4 



l M ) 

dos \anétéfl de l'e8|)ècc humaine pour que la raine 
de riiypolhèse d'une création unique dans Tune» n'ait 
point porté des atteintes graves à Ifi laème bypollièse 
dans l'autre. 

L< s ethnologues se troovelit' donc en présence de 
données nou^relles que ne connaissaient ni BluoEieh<« 
bach ni les anciens naturatistes; ei Ton s'expliffue alors 
comment une opinion, qui n'était d'abord eeUe que 
d'un petit nombre, a fini par gagner une foule de 
partisans* C'est, du reste, le sort des découvertes 
scientifiques. Toute idée nouvelle n'est d'abord 
adoptée que par la mtoori^U; c«la ne fait rien «pour-* 
tant à sa valeur | car. les questions scientifiques né 
se lésolveot pas par le »ufir.ege u^ivei^Ml; et teile opi-» 
nion individuelle éniafié^ d'ua- boinoie compétent et 
éclaiié pèse plus dans la bs^bmee, que L'acibéstça non 
motivée et purement imUali^Q iie .Biilli^^ns d'iiommes 
aune opinion reçue. '••:■. 

Le plus savant et le plus babilB défenseur -de là 
doctrine de l'unité nbsolu^^ qtt'U $^ fi:>uiejuiie dans aoe 
Histoire nalurelle de, l'J^miM4fi_U. J<-(4«' Prieliar4i h^ 
obligé, dans ses SècheneAes q^Hl f^bba fim, kutàf^tl» 
modifier u ne. partie 4^ çaq^^sa tb^ie préfientaît de 
plus absolu^ et de fa^fe^akm deQ coy^es|ionf.é.lfr 
doctrine oppoeée^ C'est lA la ^eurjo dee prc^^rèaqiie 
celle-ci avait faits^ - r .' — r 

Je sais bien, je lis r^è(ef:,gafa:4'tM|ritA .de. l'aspècef 
humaine entendite daps sei^s4gBp#p(^î^§|r^Lîe puis 
m'ezprimer ainpi» <^m'(iie»j<eft flneore .ff^nikie par 
des hommes distingués i^tétay^ i f^m; dea .arguai,eiits 
sérieux; aussi ai}e c(msigQii/(iesreiiuiri[),ues o^of^eur la 
combattre, mais »eule9)entf>oQr rétablir les faits un peu; 




( U ) 

dénaturé» danâ la lettre <le M. d'Abbadie. Et je n Vussè 
poini intiroduit c#'débat (^thtitiljogique dans le Bulletin^ 
si notre confrère n'eût tenu à protestet^ par sa lettre 
contre un rapport qui n'entraînait pourtant en aucune 
JPaçon son adbésion ni'sa responsaUlité. 

Alfred Mâury. 



■ )•■ 
I ■ il' ■ fi 



DES BESTES JSNGORB 3ÇBSISTAI9TS DE L'Al«}Ci£NNE POPULATION 

MEXICAINE. 



I .■ 



D'aprè5 les observations de M.' E.-G. Squiét<, i*Amé- 
Hf^W cetltftle présente dêS-débrii assez importants 
dis là ^àM^û Tia\mybûVi^\f6^ÎÀé. L'un, d'eux occupe 
mMriléiianf féiîMd dU kii fié Nicaragua el le (5etit 
iathïùé q^'i^é|Mi^gë<^lâc tlë \S met Pacifique. Lé 
cààmé6hlPi%imé%^tèflièf6^Ui\6ïi ue dépàsée pa^ 
une étendue ayant en longueur 50liimës diigltds sur Utlé 
lai^gfèor îmiiié tedltf^. Wléki ^"totliure par ufi grand 
MtA^^ Ûëf^af^ê^ ê)é\JkW^^^^l et déparée dd pla- 
t«ai^4e4^tiâho^\paM]n ««pâcé de|}lll^de 2000 milles, 
éUéëlAkéi^W MyidiMâV'ètèéâ ifbMtlutiOns-hàtidnales. 
Surfânt lii'ltlaâiti^bMpMtitld àti Mexique/ bes descen- 
dafeiti dëi NlAS^tM^^ilin^eidt ^^â'eiabll): 'dané ce eantoii, 
àfl*MifilHfk^li^#^ii');'ft^^& (i'àWrsû d'obsla- 

clei, repoussés qu'ils étaient de leui^^patrie primitive. 

Ë^&tMeÀ'(¥ëi^Mihfléà' 'ilte^^ âppréhd que deuf 
natiMi(^'kilpâ^Î8«W^^dë^i«eë IttSdHéttlhe qili habitaient 
à X^bûftttdb.'^iâl^' fti^'«ôlé^^^*Oftii^ca pfè^ de Tebuan- 
te^é^MUretii'M&fqerM^'^r^leâ'UtmJè^es, déjà leurs 
enfiemil'VyatiilfâVfi^i^Rfiftilf ddtiff tétte contrée, fai- 
^nt iàiutà elitteiit«<é(lÉltf H^Xit dé^à étItlltérïeôHirieut 



( S2) 
dans ces lieux une émigralîon de In même race iCDUO 
d'un auire point. Les Llemèqucs les soumirent, leur 
imposèrent unjougasscE lourd et en immolèrent à leurs 
dieux un grand nombre. Réduits au désespoir, ces 
maltieureuz vaincus consultèrent leurs prêtres qui 
leur conseillèrent d'émigrer et leur firent prendre 
In direction du sud. Après bien des aventures, ils 
finirent p&r pénétrer dans le Nicaragua où ils reçurent 
»n accueil favorable de la population du pays, qui 
leur céda un canton sur les bords du lac , canton que 
des alliances et des victoires leur permirent ensuite 
d'agrandir. 

Les historiens nous apprennent en même temps que 
des débris de celte peuplade restèrent en roule et 
s'établirent en divers points de ses baltes. Torque- 
mada et d'autres auteurs avaient avancé que des 
Indiens ayant celte origine, et connus sous le nom de 
Pipil, s'étaient établis entre Guatemala et Nicaragua. 
H. E.-G. Squier a récemment retrouvé le canton où 
paraissent s'être fixés ces Indiens et où ils sont demeu- 
rés depuis. Il s'étend le long de la cale depuis le Rio 
Lempa jusqu'au Rio do la Paz, et sépare les États de 
San-Salvador et de Guatemala: il est ainsi compris entre 
la mer et la grande cbnlne des Cordillères. Il embrasse 
une longueur d'environ 150 milles et une largeur de 60 
fi 80. Au nord et à l'ouest, ces Indiens avaient pour voi- 
sins les Lencas, qui étaient peut-être de la même famille 
que ceux qui élevèrent Copan et toutes les villes dont 
e voient aujourd'hui dans les vallées de Hon- 
; Guatemala, La richesse et la beauté de 
avait valu le nom de Cuscatlan, c'est-ù-dire 
ncheues. Les peuplades qui habitent encora 



( 53 ) 

aujourd'hui le pays ont conservé des restes des insti- 
tutions mexicaines et témoignent pour elles un grand 
attachemeni, comme on le reconnaît surtout chez 
les habitants de la costa del Balsamo. Cette côte a environ 
60 milles de long et 20 à 25 de large; elle est comprise 
entre La Libertad, le port de la ville de Sao-Salvador 
et la route d'Acajutta. Ce district est exclusivement 
habité par des Indiens qui ont conservé la plupart des 
usages antérieurs à la conquête du Mexique par les 
Européens. 11 n'est coupé que par d'étroits sentiers 
d'un accès pénible , accès rendu encore plus difficile 
par Thostilité des Indiens contre les Européens. 
Tout le commerce de' ces indiens consiste dans celui 
du baume que vont acheter ceux auxquels on doit 
des renseignelttenU s^ lé pays. M. Squier a vu plu- 
sieurs de ces natuiieltl''^tte leurs affaires avaient ame- 
nés à San-Salvaddf. Le vocabulaire de leur langue 
qu'il a dressé, l'a cont^aincu que leur idiome était le 
nabuatl. On y remarque seulement une altération 
dans la fiûale Célèbre tl ou lii d'où la lettre / a 
souvent disparu. Ainsi au lieu de dire a//, eau, ils 
prononcent a<; au lieu de itzli^ caillou, ils prononcent 
sîmplemeiit itz. 

Les villes des Indiens de la Côte du Baume occupent 
généralement lés plateaux de la petite chaîne de mon- 
tagnesqui coml'|ft(l^lèlement à la côte à une distance 
d'enviroa ^^tre lieues. Leurs maisons sont couvertes 
en paillee>oilï en feuilles de palmier; les églises seules 
le sont eu 'luiles. La tille la plus importante ne 
dépasse pas en population 2 000 habitants. Ln très 
petit nombre d'entre ces Indiens sait lire et écrire. 
Us sont peu avancés dans les arts mécaniques. Ils ont 



(54) 

quelques notions de musiqcie/ mais cet art n'est applî* 
que chez eux qu'au culte divin. lis professent la reli- 
gion catholique; ioulefoisn'en oniqu'une connaissance 
imparfaite, et en dénaturent le culte par une foule de 
pratiques paieoues qu'ils y ont météea. 

Ces peuples ne connaissent qu'on petit nombre de 
l^esoin^. Les femmes portent pour vètemeni une che^ 
mise de coton bleu qui leur vient de San-SaWador et 
laissç le haut du, corps qu. Elles disposent leur cheve- 
lure en deux tresses qu'elles décorent de rubans en- 
richis de perles, et quand elles sortent se «oiifenl aieo 
une sorte de tiare. Les hommes portant une espèce de 
pantalon d'une étpSe de colon fabriquée ches eux. 

Le mariage qui s'accomplit cbet ces Indiena d'après 
les formalités légales de ta république, est précédé de 
cérémonies pariiculièjre». Déa qu'iun jeune garçon a. 
attelpt Tftge de quatone ans et une fille celui dedoiue, 
les parents font les fiançaillea, sans s'embarrasser def 
inclinations des futurs époux. Alors le futur beau- 
père prend chet lui celle qui doit être sa bru et la 
traite comme sa propre fiUe. Dès que le jeune couple 
est supposé en état de se suffire ^ lui-mèmè, les pa- 
rent leur bâtissent près d'eux une demeure. Cef»eiwiaQt 
qjuand la maison et la fortune, des fiimilles le per- 
mettent, on voit souvent plusieurs générations conti- 
nuer à vivre en commun. 

Ce9 Indiens ont une graûde déCérenôe peuri l'4ge 
çt c'est aux anciens qu'apparlieâbéttt le reng'Ol'l'au- 
ii}Xiié. Tout en respectant les lois > 'de la république, 
il^ conservent leurs Meages traditionnels» 

Leur leqle agriculture eopsiste daifi la oukure de 
I9 qu%iitité d^ u^ais. p^c^^ssaire, à leur ocmaomeaaëcua 



(56 ) 

annuelle, Ik fendent tous les ans une quantité de 
baame qui petit être évaluée à âO 000 livres, et dé* 
pensent dans les festins et les fêtes bruyantes qu'ils 
célèbrent e» l'honneur des saints, tout le bénéfice 
qu'ils tirept de cet important cçaimQfCf)^ 

Ces Indiens n'opt qu'un petit nomt>re de villes au 
delà de» firontiëres de la Côte (in Bau^e dtins toute 
l'étendue ^e laquelle on parle le nabuf^tl. 

Le nom 4e PipUs^ sous lequel certains auteurs i^s 
ont dé^ign^, \e\ïj^ est inconnu. 

C'est entre les tei^iloires des Nahuatls çle San-Sal-- 

vador et les familles de la méuie souche qui habitent 

le Mexique» que sont venus s*établir au temps de la 

conquête ceux qui fondèrent le grand i^'oyaiin^e des 

Quiches et les puissantes tribus du Pçcqmans^ Ae^ 

Z^tW^U et d^ l^tneandofis. 

A. M. 



BXTBàlT DE DEUX CETTBES ADEESS^ES, L^UlfE A M. JOMARD, 
L* AUTRE A M. ALFRED MAUBT, SUR L^S LANGUES ET l'hIS- 
TOIRE DE DIVERSES REGIONS DE l'aFRIQUE ORIENTALE. 



Le Caire, ta juin |855. 

Je poursuis mes recherches sur l'Afrique fjX sur sef 

Î4îia0i^â imlgV^ l0 4»boléra^ui qt'si ei^ilevé l'autre jour 
un de mes inflormaieuirs, 

M. Lepsius ne iné parait pas heureux dans ce que 
j'appellerais ses spéculations sur les langues nubiennes 
et hycbariennes. ' 

Il est inexact que les Nubiens .ne cpmpteat qu<i 



(56) 

ju$(}u*à )20è Je n*ai encore que deux langues nubiennes 
sur irais, iuais la troisième diffère à peine des deux 
aulrcsi o^ on dit : 

A DoDgola. Dans le Dar«-Maliau. 

*60 j goutbskor bôûltàrà gourtbskSddàfièlli 

de tdsk i. e. 3 de tôskbr i. e. 3 

hO gouk¥msin bôrillàrS gourkàmsàddàfi èlli 

de kàmsu (1) i. e. à de kàms6 i. e. A 

50 gouHidjil bôûllàrà gouroudi^yàdàfi ë!li(2] 

de gbrdjôn (3) i. e. 6 de g6rdj6 ou gbrgyo i. e. 6. 
Elc.» etc., jusqu'à 100. Il est vrai que beaucoup de 
Nubiens, surtout ceux qui sont voisins de l'Egypte, se 
servent fréquemment des mots telatin arbâïn^ etc., 
cela tient à ce qu'ils n'ont guère de comptes & faire 
qu'avec les Arabes. 

Mille, par exemple, n'existe que sous la forme de 
dix cents, ou à Dongola, sous celle plus originale de 
cent cent le cinquième cinq fois réunis* 

Les gens de l'Afnou qui parlent la langue bàlébUi^ 
appelée à tort soudanèse par J. Ricbardson, ont une 
façon singulière dé* mélanger les noms de nombre 
arabes avec les leurs: ils disent vingt, gémà biyou; 
ving et un, âcftrin dé dàà; vingt-deux, âchrin dé bijrou; 
trente, gémà ou kou; trente et un, telatin dé dàà, etc. 

Je ne trouve la numération quinaire que cbec les 

Fellalahs. 

Linant-Bey, qui a voyagé et séjourné même assex 

(i) Qui o'esc pas le khaniso arabe, le<|uel veut dire 5. 

(a) Gr^, ou dxy ou dj^ ou 5^/, combinaison assez indécise et très 
frc(|uent«*. 

(3) On nosal comme en français dans mon, <oii, son^ mais suivi 
de l'articoUtion de i*/i« 



kr 



(57) 

longtemps dans le désert des Bycharas, m'a commu- 
niqué un vocabulaire de leur langue. Ce vocabulaire 
n'est pas très étendu et les noms do nombre lui font 
défaut ; toutefois il suffit parfaitement pour démontrer 
que la langue des Bycharas n'est point une langue 
indo-européenne. On pourra en juger par les vingt 
mois suivants que j'extrais de ce vocabulaire et qui 
sont précédés des articles o, pour le masculin , to, 
pour le féminin : » 

Dieu Oiam L'œil to liU 

La terre to daya Le nez o guenouf 

Le soleil to ni Le bras o arca 

L'éclair to talawoh La bouche o nef 

La pierre o haiva La langue o midab 

L'arbre o nandhè Le cheval o aiad 

L'homme o tac Le bouc o bouc 

Le frère o senne La chèvre to nay 

La tète o gourma Le chien o nias 

Le corps to nadan L'eau o yam* 

Cette langue n'a non plus aucun rapport avec les 
langues nubiennes, les langues berbères ou la langue 
libou. Sans doute, avec beaucoup d'efforts et d'adresse 
on peut arriver à rapprocher quelques mots d'une 
langue de quelques mots d'une autre, mais ces rappro- 
chements forcés ne prouvent que l'entêtement ridi* 
cule de ceux qui les poursuivent Parmi les vingt mots 
que je viens de citer, il en est un, o bouc, qui est par* 
faitement semblable au mot français qu'il traduit, 
est-ce à dire pour cela que ce mot ait été emprualé 
par les Bycharas à notre vocabulaire. Le nombre des 
articulations et des modulations possibles à la voix 
humaine étant restreint, les mèmea combinaisons 



CM). 
dohraol 4}udiquttfetA 9« pi^efiter ehet- des peuples 
diffèrafit9 ftvffc uae iignificalton pareille, c'^si là ux| 
p^obtÂi|iBqu£'appi»lîeai'»tt-oal0ul des probabUitès. 

Onveat xpiB les longnearde l'Amérîqoe etid^ l'Afri- 
que'ftoieBt-rdori^MosafMwdtei^'pafce que celles de 
l'i/anopofie Èonk' indbbitoUeioeiil .à peu près toutes, 
el en se lanaa à 'la poMsuke des rapproobenieota les 
p)cis.i«icompleta<.Yti}lairea monlré eommenl on pou- 
vait pt^tnerque les Français descendaienldesTroyeDS 
ou des Grecs, soitant que Tune ou l'autre de ces ori- 
gine paraîtrait préférable. Je démontrerais de même 
qu'ils ' ^desoeodenl det Arabes, sdoxs jnc^ionner le 
khalife Oiner et Saint-Oiuer, las chérifs, magistrats 
mecquois» et leurs homonymes» magistrats anglais. 
J'établirais, si je voulais me moquer du public, que 
les Européens sont d'origine sémitique et de race 
arabe : Bourges viendrait de bonrdj^ château; Marseille, 
de mer9oxk marSf port, et ei\ serait un iUminuUf élégant; 
Toulouse, de ieleti, sac pour le blé,. appellation bien 
naturelle dans un pays à bté ; enfin le nom de Rhin 
n'est autre que l'arabe rhin^ otage» rivière de l'ôt%ge« 
nom qui s'explicpe par la situation du Rhin servant 
de frontière à hi' France lat à TAUetnaigaa. 

Voilà évidsemment où. mèùa Tabasi des rapprocha? 
ments |>hiiok>gTquesi i 

Je conviens» do reste, qu'il y aifot4ilaPg|i«BS.bi4i9» 
mais j'ai tout Heu dectcÂrciqu^ ceslafiiguefidîipèi'^ntpeu, 
el ne sont en réalité que i}esdialec^flrO|ii^n(K)re qu'une 
mtaie bngue oon^plîquée par las ii^M^ <a^ les autres 
de quelques mots d'argot, le bi»( cle (|çitfi?. coa^lication 
étant de n'être pas pompn» det<aulres Bidj^s: lorsqu'on 
doit à haute voûi échanger sea idéaa en lewr pr^^pç^ 



C'est uiofi que tes gilaoos ^'Ebipagne Vi^s^^^ •ervçot 
de mois sanictitâ comme man^ê^' homme ^ pmaeriês',^ 
les hofnmesi etc., en emploient bOss^ )>eaupaup iJu'iU. 
se sont doDa4 la peine d^inteq^^, e^iÇÊO^Crésaràe^ 
Jésus-Christ* etc. : c'est l'histoire ds toos' les' avgots.. 

Si d'ailleurs les By charas ne parlent po΀^ ntie (gangue 
sanscrite^ cela ne prouve pnûnt qu'ils ne fbmotpafi 
fenus de rinde. Les pren(iiefs habifanDi de Vlod^i^^ 
parlaient ni le sai;»eril, fki le p?açritt ivijaoDmiafigMf^ 
qui s'en t approchât, et tous }es habîti^njVi . iMi>tu4^. 4^ 
l'Inde n'ont pas une même oingine, t 

Mes vocabulaires et méé petites grammaires soal e^ 
bonne voie, et je ne désesp^ère p^a d'arriver à doiia^ 
langues, si je passe encore ici un ou deux moia, poqt- 
être même pourrai-je» en ramaiiser seise. 

Je recherctierai avu|si 4a langue des bohémieni^ 
d'Egypte appelés Gbadjar, M. A. 4® Go\)ioeau en ^ 
pris qi;ielque C^ose pend«|lil son séjour ici, il m'a dit 
qu'elle n^ semblait point être une langue inda-euro.- 
péenne, ai) m^ins au pi^emier çpup d-œil, mais plutô| 
une langue sémitiqcifu 

#V^ çt^jà passé en çevue la plus grande partie de^ 
étudiants noirs d'El Azhar et quelques indiv^du^ ap- 
parten.i|nt à des rae^ idolâtres. J'ai recueîUt les voc^- 
biilairea plus om moins co^nplet» dçs langues |ieQai| 
dovgolawif fou|*ienn«, )L$iPiCi^çi ou du Bç^nou, bÂlébéli 
9M de r^fnou que Rtchard^n^ )e ie répète, appelle sou\ 
danèse^ bi^n qu'il n'y ail pas plus de Ui^ue soudaniepne 
qu'il n'y fl^ de langue européenne ou de langue asiatique; 
un terme génért(iue ne saurait désigner ^ne espèce 
donnée. J'ai jpris à tout U^s^rd les ^eux derniers voc^ibu- 
laites, parce qMc le travail de, fliçbf^d^oi^, Ijjic^ quf 



(60) 

considérable, me parait trop mal conçu pour être bon. 
Que penser de ces dialogues bornouiens et soudaniens 
comme il les appelle, où il est question de caries de 
visile imprimées, de voitures, de fourchettes, de pom« 
mes, de prunes et de choux-fleurs, toutes choses dont 
assurément on n'a jamais entendu parler à Kouka, ni 
à Rachenah, et qui ne peuvent avoir de noms dans les 
langues de l'Afrique iiitértropicale ; j'ai montré ces 
dialogues à des gens du Bornou et de TAfuou qui 
m'ont paru n'y rien comprendre. Je ne veux pas atta- 
quer la mémoire de Richardson, mort victime de son 
dévotfement à l^'^'^endë', je ne loi reproche que des 
erreurs d's^ppréciation. ' '" *" 

3'£irectl^lti ^ncbi^'^iéé'vobârbiilafrés du Ghoa et du 
Waratta,^yespèrè jjosséderiiîentôt oétii'des Bicharas, 
des'Tiboù^, des Tôna^é^s, desB^doùmahs, des Nouba, 
de^ Wadayens et dtiBaguermi. t*ous ces vocabulaires 
seront accbiîipagnés d'un travail grammatical, suffi* 
samment éclaii^é par des exetnpies bien choisis, et 
j'espère pouvoir former du tout un assez gros volume. 

J'obtiendrai probablement podr ce travail le con- 
cours de M. d'ArnsnàrâF^^ûV pdssédé trois vocabulaires 
du fleuve Blanc, de MM. Vays^ièée et dé Malzac qui en 
ont recueilli égalemeût quelques-uns, et dé Linant- 
Bey qui possède Un vocabulaire bychàry dd SÔO mots. 

Si j'ai quelque chose de très nouveau et de très inté- 
ressant en fait de langues afritdines, je m'empresserai 
de vous le communiquer. La langue tibou est celle que 
je désirerais le plus recueillir ; on m'a promis un 
Tibou, mais je l'attends encore. 

Mes longues conversations de chaque jour avec des 
Africains qui commencent à perdre de leur timidité, 



t^ 



(61 ) 

nie révèlent bien des choses que j'ignorais, el ;m'en 
font saisir bien d'autres que je ne comprenai^pas bien. 
Tout le monde ne profiterait pas. 'également ^je ces 
entretiens. Connaissant une partie du Soudan etfaini^ 
Itarisé par mes vo.jages^ avec le monade intertropic^l» 
comme avec la vie barbare et les idées musulmanes 
par mes études, je' marche avec me^ inforçpiateurA du 
connu à l'inconnu, et par une série de con^paraisons 
et de rapprochements» j'arrive à me peindre ^Qxacte-t 
ment ce que mes yeux n'ont pas vu. , 

Je n accepte d'ailleurs qu'avec une extrême réserve 
les renseignements qui me. sont donnés; JQ connais 
trop bien les noirs pour leur rien demander d'exuct 
ou de précis en fait de chronologie, de statistique ou 
d'itinéraires; aussi ne devez-vous point compter, à 
moins que le hasard ne me (ournisse quelque khabir 
de caravanes, sur une de ces collections pompeuses 
d'itinéraires détaillés qui tombent à la première con- 
frontation. J'en ai ramassé une quinzaine provenant 
d'informateurs et parfaitement différents les uns des 
autres pour de mêmes routes, non que les noms des 
mêmes lieux ne se retrouvent, mais l'un de mes infor- 
mateurs, par exemple, place Médogo à 55 jours de 
Hasna, tandis qu'un autre ne le met qu'à 5 jours de 
cette ville. La Nubie touche l'Abyssinie; eh bien, un de 
mes Nubiens m'assure quelorsque oràn (1) Nèmèr ou 
le mek Nemer fut réclamé du ras.Ali par Mohammed- 
Bey Defterdarp , le ras Ali écrivit à ce dernier qu'il 
ne pouvait le lui rendre que s'il était vaincu et voyait 

(i) Ce mot parait le même que le copie ouro^ roi, l'n finale n'in- 
diqae que le rapport de ce mot avec le root saivant» ^ 



qu'il eomUptc^ juilirfi^i«iWii*ki^i;jdbrAtil¥ eirne 
de deyant et le laQpt£flHi!iBbkb<kslfatte9l'afflnri4<»U«ë« 
tombe sur ^JiaèétflVhhrriiiiQlIlcteMiisft'féctfclAgtiioD 
Baguei»nittIttiB}Éftl.*Jb di çhdn^ frimnaldqlîeSI* ne 
gariUÉbi pàaor jul aelobioDal «anis eiasiâup si(r%lM 

J'aJ9ttAtll4iWl^ltUo«^i|*nï4«^ 
du règne animal de GuérîpnftStélrtdiiillUiprtill^^prîtl^ 
|irrieaîii:ij|pyte[Aî4»bMlllultalle»bréifti;v^^ •Wtes 

d'ailleurs quant à la po9ilMn9dbtt«fri)éA«|:jb Di^-iJ f«! 

Je €<50f{)ftftfiJlM0UOidril^ qbisaéaDnbie 

Ibrahim et est descendu ici chez Ismail-S^iirivil^ifiB 

lois, la tactique mUit«|fbiA«()l2^iMdiDaoi*i«iâ «mUb 

renseigne assez mal. «mid^Kil ^t 

J'ai déjIbtfirftBfli-dcDidi qUe^a iwlItfttMiiB ddAo- 
riqWftjîlIt^staMIlJlQil M itJliqtfkM dDfaiAi««4aa[sd»1fcr- 
four, du Waday, du Bàguèrmi, du Fitri, d^lkfttgd) 
dftLdggthMiaiiiAoâottftpoiarapidirîAy^ 
db Pîabmlflne ^éa9nB3CDQlnl)éi;u)fe «Ddfanpreiadidè 
vottsisomlmB^^nfir cnéoittiei^omUaritil ( li ; sojbdH 
. i)à^oiir\ mtifinlinâib.'fiéiimfidèfc At«ibMp<PeMHull 
db £oniftfaav(^JHiilD¥o9d^ alameifl 

sukan , ses succflftowttTaflitéttc^s aoa (ans x^iob aup 
2* Moussa, son frère; \t\i\ aoe «oiiid^-Io-bdA *S 
S* Edris, fils:dB'«liIiibai|(iA*b elû ,(fiaeiA) asal «f. 
A* Hachim, frère d'EctiÂK^b slA «baïaa-ddlfiS 'A 
5» Omer-Lélé, fi\hflnùBMiAph al A ,nuodii2 «d 
e« Bàkor, ^<^aài*'iid4nii>1n<d;iluoaauuï «d 

?<> Abd-er.BfilBkmfiJl4bi>«afièatiiatttiè4MM '^ 

5 à .TaiJiui .y 



1^- 



• (»5) 

8* Tèbérab, £lf d'Abd-arJtohman , qui s*empara du 
Gordofan aur le aaltan de ^eomkt ; 

9* Abd-er-Rahman II» fili^ da Tèhérab; 

iO* Mohammad-Fadal, Cb 4*Abd-er-Biiimai), jqui 
régoa quarante ana, le CordoCao fat pecda aeurwki 
règne, U Mait dèbndo par le1laqdoiifn41iallèm qui 
fet taéilabaUilledeB«raS; ' t 

11* Hosaeyn, fila de Mobamnidd^Fàdel, qui^cëupe 
le trâne depuis qoatone ftM. 

La mère de Haaaeyn s'appelle Kaltooma (Kàttouma- 
Terdjem). 

Ses frères de« mère et dé père sonN t*- Zënïceai ; 
2* Ab-Bakar ; 8* Faki-Nooreyn, il érfrtuî-mètne le Wèi- 
sième fils deJlalt&ttinad-Paâid. i*'^^ ^' -'^t ^ . 

Ses fils sont: 1* Ab<m«|^Bechéri?â^'Atel«r4totH&M; 
S* Ibrahim. ■ "-* 3^:^' * 

Son tinr aeloel sfappelle Adedi-Turbondfr^'' 

fVaday. — Sateh futr^ipAtre et le:, premier souverain 
du Waday. : .^ 

On prétend qoe bien loin, d'être Abbassid^ef; Saleh 
était an esoUnre du ftomoor. amené et fouia dans le 
Hed|asi il y futaUaîot'jd'nicèras aux^jambes et son 
maître, pour s'en débacrKsèer, I -émancipa; Saleh re- 
gagna le Soudan» évaDgétisa* les Toundjour# épousa la 
fille de leur roi et devint sultan du'Waday, il ne régna 
que deux ans; ses suceesseurs sont : ii 

2* Abd-el-Rerim, son fils; -' j 

S* Isia (£]ssa)» fils d'AbdUri-'KMrim ; 

i« Saleh-Dered» fils d'Issa; 

6* SabouD, fils de Saleh^Dered; 

6* Youssouf-Kharifeln, fils de.Saboun; 

7* Rakeb» fils de Youssouf-Kharifelo s 

X. JVILLXT, 6, 6 



dix-huit ans. .oji.a i» 

4* Djerab (gale ar.).j'' ■ î- ' .f . * ''u. .- ■ 

ko Ab<^Sèàfciii H; tiad^pariM ft^fitBfàiiraiiallulitfln- 

6» Ab-Kbo4ar (le père du vQ0l(«è éÉiriègtaril^ miU 

8* Djerab II, qui règne depuis six ans. 

frontières du Mèdègàjtteqlt^alDOShf^ao^e!!!^ ^pMbaiNM 

ser siteoéiiédnii.'ioia4 ~^^' ^i»' .,'. v-.-'» »"j :---.;'4 .> /• 
-.^"Ifclfcetl*' ' - ii-:.*;r<'> '1 ..-îî -.o'I el^ ':''*'-.!. . 1 ^ »î 

4<» Kbodar; * *•'■' -?' . • . 

6» Younes/ qnt ffigrie iQé«pitièjde||HiiltM>^ ;J o*< 
La capitale est bâtie au pied deairnoots: llèdbgô qui 
servent de refuge à là^o);>iiMKéM'1dte'léiI<j[ift-d«^^l^ ; 

lept ans. 11 sa^it d'années lunaires. t ii :.!i , -> 



ces montagnes séparent \pdtUMsiiàifi¥ïlr\»„^ihi 9oïit 
tràsqhbutai^jQilési^i sgnbdtfo&C^ls ^Mftii^iimtttertes 
de neige. .«(ir, j-u»!-'. . 

Bèrniin -Basse (i), hardi ehassedr« côinbehka Hta« ^tj 
lei«Mf«blBètas fittAcc^ mtïnnk ààxakil^i'jM^Ut'i^^A à 
son genre de vie d«»iU «iattéerl^eafhwiifsiM^ag^oii' 
des antilopes tués )^hiAikétkàjîitffÊH StfapâoJJuetfTbz 
bramèliea des taïuBriiis Vsal 'à la.tl^fa)ièi(f;4)ant4^|l^r 
BènkiiniJ^èaai'^iiininidoàfaHHDja ^êi^ànukriikf dja; 
viande» en baguernii),JqiÉàpliia)lafd:ftttîdlé^eA^ti^|Liis 
de Mitfsiié: Bènûm^Aèsséjchaasèies FalLM%iis4à p«ys 
et est proclamé roi par lesi 8Ϋnê^aeè aifcco«Miot41sodt: 
2'' Nig6-Koubètkà, «on frèrQ;( :. (• .c'.[ .1 

A* Bankourou-I>èndplgé(dq«djiigé»iè9pèotitiè'f#ia>» 

6<^ Sérè'Danlenou (danlefiOQt dokbo), fila fliif. pré- 
cédent; '^*'.'- * -ï i-.i'î .1/ MI' 'i i' r ,11 (ji • '1' -r 

Ul«lM]ritAfèMt>4eiB«rcdBi^Bé(Mé}9' *^< ^ ^'1/ nl. ^.• 

|)4[ipiii9«1bi«&.n9TAài^2^MA*A9a|ip6lé)aiisâ 
(i. e. Ghazwa ou Ghazi) , fils de BàroiD»44i«é(^«kf^jBft 
les Fellatabs de Dèrkàm, le cheikh Djoul|i"#stfttns«n- 
dait ces dentiers. Bàà-Màl6 régna deux a^i (i^r^es 
successeurs s<mt i 
8» BAr, 8Mrjflhv^^i9%èasde¥Éai è^i; 2 . 1» l ^c 

()) Bàfi v«at aire roL lulcao. 

(3) D*après mon Baguirmin, Bàn-Màté- a>'é|é'prodk«Mï ivçi/àl.y a 



li?ilAW-tflTKf^^'ii/iUjâflbrWitt^jàô'ir,cj ofii on JjDai 

:l&fyjH^(^i-s41»MHKfti}^nfUii'A;ii»)f^^ qui 

régna trente-deux ans; .inri,»«i::f,}[ ni; oDiir'.n iu-ai «j» 

16* D^t^^im&fAr^i d(Ab|l-9lrKâdti3(i..b:T<jjj(i n.i 

QWWHW WÇ(t'.^'lîi/ -j-f-Mmi)!) oJloo îîb ioi ub 9II1I ul 

â* AjMK4i&m^4kc)0daK(iSiQi)iijM^ 

Les> d(ÇX;olîs)^i4^g N0RYfmJ«i9j«4ftrl>irManii«tidu 

coi>£wm^Hi^ i«^Ms;!9W/PRtj 4té]â9iMMipaf UtP, Jd^dlttWi 
Baguermi dont le nom ne Ggure point ici. Je ferai remar- 

.iinorifi;» uo OBlIni» r«^"» "^lib *03V ibÎA (i> 



qu6rndii^.)ftabsa6n>t:'quêrjt&.parti6' Ui:itdn(^(iê^«t surtout 

bistorico-anecclolique (les;^d^l4if{^<''âi^ <éb^ikiri(ïohain« 

med, ne me parfttltifiM^éél&tèKViiië'l^^&t'^tfÀ^ri^ce. 

J*ai recueilli quéi^qb^rblî^l^iâlébl^isui^^l^istoire 

0i^UA*iMiUe«Vle^«i>,(iMUi'4»ivi|)âNifri4&««iAorc4sâ«ux 
informateurs s'acGX)rU«bl^ ^bltdfâWlMP)^ ^âm^trai 
diîfeQtdtil^^frldiiiiàéeS' ^là'Uilm'^iiit Ifiî«t^ii(^ ^ i\ Uix^Àen 
de mon prince du Baguermî. ,^ii'' /i^ »i.-oii:'Mj i.iv^'- 
En attendant tbîol^â^Alk» m^rbodUteiit t'J> ^'^ 
Le cheikh Ei-Katieiitt i((Ai«k liinihitonj^^étâWde 
iltoi»ii>^0aiH6nitj|doâliié'>t^iîn%>dé Sdinfiitriibti^ le^ez- 
zan, H6n était le pays de Miibfei^<^l[]fuiJa|]l|>blt^àU'1i 
une hmi\lBniAt^b,i^lè^ {Avéoidu: dfètàlL étjitl'ché^ du 
*Sa^ÉbJ'A^ctnt;0iÉflll4i'i^l«^V^e4^i^^^VÀI^Wtaiii^ 
il mourut à Mé<liftfe;^M4}émè'fttefot«d)éëe etl'É^ptie 
fm^ÀH Mr^t^ttt^ridèl^' q«i Ik. dMiâut^r^bs^' à £éyla 
'dia»4^<FakiîiÂliDÈ^4â U chélbh^^i^Idvns%ljVÀlay 
-%v4és98^«è«|}^ ^tiili« Ai»^ï^iH> 'è<t%^'AYi^G«A>3Kil^ê^àBa 
la fille du roi de cette dernière ville.* 4]é^ W^iêUiàs 
occupaient ;«ldrtfMui(l0ift)iiDiMiiMU):h9Ïllh^(Mi<t fit la 
guerre,^lëi^«iil3/^ènfciilbi4 foi9^it<ëb«fit^iiif[««Ml^ mas- 
sacre dans le Birni ou cA f¥kîkij il ^6tx^^èniA^6kAiious 
mai (l);Hàbw&dtiti^iâaiJdf|eie^èltttf; i^qWeh4^ài' qui 
fut tué par^teA JMgb^mit^^.i^^foWlIbfèfËi^'fHjf'abim), 
ulàiélafit^èèiBOiril^if ^tftt*!^^ Ëabittât^koiA:#'(;9i <ville 
ïtùtSÙéfiiif» ioil dani ea ilè^'^dHÎHei't' "àU^sitacdnt^âe 
iWwffàbk ,'îttl]e%ilW¥btt'tf dfi^^AbtBs^ft^ )^dréiHëV*im<tt«e 
^'^li^it^kit ^t^deiM ^âdWt lV^éilé^^9iVmèi)M)ié. 

(f) Mai Teut dire roi, saltao ou kanouri. 



Omar, son fifs.'îui'W^il^lt e^ibë'tfiafrè UO foftiiiis; 
)e maîtlirisim ç'efiendan'î icrlvft aà iBufttrn Chèrif Viu 
Wad'ay poui* le prîèï^dé^lë^dèîiVfef tfë teotî ti»6p puis- 
sant ininislré|'GliërirVe''alU''èr^ marclie let arriva sur 
la rive droite du t^avj ptèi Hé fc'ôï^^ri, taii(tb que le 
cheikh. Omar, prévenu A temps, cartipait but larive 
gauche dii ïnÀme fleuve et' à peti ptèB à la tnèmè faau- 
teur ; tbraià était resté dahâ son Bimi irefustiiKt de se 
joindre à Umar el ÂVsant se déclarer encore; Chérif, 
ayant passé le fleure (f ) en amont pendant la nuif, 
toml)a à Hmprovlste sur lès bagages d Oniar et coupa 
la retrait^ il son armée, qui iîit détruite. Oitiar parvint 
à traverser avec un petit' nombre db fidéleà Tannée de 
Cliérit, H se dirigea' sur Angorfiou oiï W n^eut que le 
4emps d*égorger Ibram et se réfugia dans le Fenati, 
tanois que Ch^rSF occiupàit toUtès'le^ villes du Bortfoti. 
Gfaérif plaça sur le trône du Bornou niaT Ali'^t retourna 
dans ses'È(àls"(2J. Oihar'îiéiferda]{)fils% ^epârahre, lobg- 
temps traqué |Sar les soldats d Ati, il finit par aVoir 
le dessus, fit périr le mal et se proclama lui-mènixé 
mai dû feorribu;so^ frèrè'DèrtnsIn^'dû Abd-ér-ftàhùian 
lui a disputé dernièrement ^e^'trôûe 'et' Ta ni6m^ 
occupé un mstant (oj. ' 

On m'a amené'urf'Titou , Vesi ùtt ll^'oithne de tMlfe 
moyenne, Créa noit* <!« péaù présfe'ntatit* le tU^ètAety^e 
que les genâ'ciu Boriioti,'"dù'8aj}ubrcbi,'tiét;'î "'" 

(3) L'eifiédition de Cjiërir a dû ayj^ir {ien^ d>prèf ,^ J|||^||4' 

(3) J*ai écrit iqute, cette hUtoir^ en. balë-beli sous la dictée du 
cheikh zl^d-Allah de Kaqo, qtii,eAt direct^u; d^ Sondaîiient i la 
rôosquéè oÊI îsdaf. Je publierai ce i^M àVec'mei voeèlbiilailei! '' 



^z nm^ n'»,Japjia^,j:p,c<^lr^, de, ç^ç^patriotes, il 
.aifJ!Ùt^Je,HedJ^i^,e^ ft^^s^déj^H^^irè, jj carie !^'ajraJj(B, 

Uogife jefj^ t)e«pja j^i^ f^^r^. 9P«,l.gu^ «|ctrto (jour a'«ia 
^rappeler 1^ njpr»» , „ a • 

Il ^pparti^fit à I9 tribu des jpèzjlpidà gui ,culdvp le$ 

foor^i^ jbea^^cpup. dis Djell^bs .qû Irap^ofUiU d^ 
esclaves du Soudan à Morzouk. . r* 

Il est né à Dirké (le I^quiyar des Arabes), qq^ des 
étapes de Dept^am et Glappefton, pré^ d'Acbfuiaiiia et 
dç.Bilniai par 1^ ^p* degré jH^ latitude nord env^roa* 

Dirké ^\ une oasis. asse» étendue;, on ^ cpnapte 
b^uçqup de ^attier^; il j s^ à Pirk^ deux éjtapgs» les 
ewiL,<Jftl>il api^t qlî.ai;gé^ de .pa^îon,,lps .eau| d^ 
y^^ sqptpalé^H., .^ ;i..i,/. j ,. .. 1:.' • 

Ju'ïwsi^ d'AJgi i5?!t.(Jj^P« j/BS rn^rn^ qwditi^ns. _ 

L'oasis d'Acl^r^a^i^ oe possfèc^e qu^ des.sourçff 

. fHUf^.9^ «nn^ftpd Oftp^e Myfi9f^vcè^ d'eM dpôcjj, 
la. .plus gcaude s'appelle Xibiro, , 

lion Tiboii n'a jamais pntendu parler de. Yen (Belpd- 
ç^Qmif^q^). oi .(i>M« YiM? 4S S*rgpu .autre,qpe W^^; 
i>i lifiUsdjÇ i5r9ir^ 4>J^? ^P ««i^ Rpe^Û, jjpe le^ 
Tibpus, pcmple.|^ejj,»Q^b^',euX.(J'aiyeu^Sj s'étei^denj 
fort peu dans l'est et que le désert ^e Libye .est ef| 
déBnitive beaucoup plus désert que le Sabar# j4ni 
Toitare^é. 

Mon Tibou est venu de son pays en Egypte par le 
I^emn ei les oasis d'Avidjilah-Siwab ^^n^ lesquelles 
il n'^, |a point de Tibpus à demeure, m^iq salement 



((IS)) 

provien)ftTphlit-ô\K«^#;ipa mélange d^o^^ng arab^,.ef de 
sangberiiène ou,teiilbreg. .{.,;, ,\M\\r- 

Les X^ftW s'ét(«H}Mt jusqu'à ^91^ du côté i^^ha- 
dei<))Ai^il»cleur ;4ifM:tient, mais i)^' .population er) est 
moiU^jlQWM'eg ;,(k«;) flTouaregs d'Afffam cultivât du 
dturah, du dok\\yj[sl^nnisetum tjrpfy^fleum),\,fiX deux 
^éces de fèves ;^^j|j||9^\endent ces p|*pd^it8 aux Trbous 
4ant le sol e|4(>ii;j(|tpvî(0lprégD^^^^ j^ei P&9F çpi^f^epir à 
lsi\culture des gf\ftiBfi-V ^^..wi «cv ,- , .(...r* ^^''^^ 

.<*,Les Tibous se diyté^nt en :.. j«w n ., .r^ .-; • 
.)Àtrété, voisin^ \deHiTibousli (TihMJi^; 
:iGèzbidâ, quttiira'ftears à Acban^^isi^^iPerki^.Siliy^a; 
SBelgoiida, ci^v^tdurs à parttrc4«jBîlin& ; \^ \ 
MGounda Sog^ïdéH^ eidtivatc'urs.^'DS9koKaneai^\i^^on 
{Édile parce qq^le^Ut soumise à l^mfbtence d^s pluies 
iatièrtcof^moles ^v9h^J^^à parmi eiia;iodfi».Atrélé,\<U$j>OQt 
vâfeiQS->A0Bi\A)rtbes-kirga lesqctf^lUrSOiit une %Ht}à des 
Bëhi'ltfoiisiiD^ — .nopinnr <->% .( 

.oLe chef acjncK\4<»»^ules ces Jtii^^^inia! (|)L\Ai>|]kar 
iftttdQ\àyikalti^taBU^ttâlam- HadjimftjOt le,gica^Acadi 
fliètuel ,dw0^::TiboîiS;\\\yi /lui^d , ■^/\ 

.AU existe cm^rl^SSbousti une.^ii^Jtriba d|ai)3^i>ous 
cftÛt ne reconn^^/Apoitot le mai Boitlilfr, c'est/xl^vlribu 
df 02 Sftfcarda, oi^ppelM) p»i1)iIm jAmbiîif Sf^ai^àM, ils 

^hddtMi3«Ar3 Mo^SjDQnAijaOfî bWgiiaAtgeiit^fiQtiolsolos 

TouaregAiniîil')/'! ?.')h ou^.nt;! r:l [ynn ui .fenoJ 'A oy. ' 

iic^i-'iÊi ft»n ii'i'p ^ un,', ,»*'^" 'l'Hii MOV r-ur» ci>i'*rlffj'(j 'm Î 'if.fij) ? . 



^ 



f^ofcPà^nrOfifi/tBdùnén^imiànqtfUMtapiede owts tibouê (1). 

^^/^<nG j^a^fer.' '^H^^^'^'nt- ^Wi^oùi^- i^vk:. 
Grènâ, sel. .?i9MtfftJ,uo snàir^: ■ 

Tchouousouy cheveux.' no Jajiii^fb oa «u. t'J. 5. 
Seï, .piedii'T) .•l..oaiTDà&i^riîr.\. 6. 

yèW^, maison. — /^yniiwioii»-i t8. 

5bBD^0ô>M(,i : rftiAf"Uf^«M-rïir,lA|llria5îAftigïtkRi(«/^..'80. 

Fur/, bœuf. MuniaàoàiSlzjÊaà^ I AO. 

î":tiijKiAf> wtli'ifclrtNw.onD iiauo(ilffi/fJ(aB^/j> oie.. .60. 

T^i^tfltei llf o fil ^ff f > t cef i|f)«V4fcri(^ 
ifûe48Ptliâgu§:!|it^M:^iii( attouiàcirei|»{lom> al^cda berber, 
avec le kensi, ni avec la langue des bycharas^. 
Veuillez agréer, etc. G^" d'Escatrag db Lavtubb. 

(i) Je irciQplp|0Kaj|ip«$)Wi>U.l^^t^i^0,tp«iiqrip^iA9 f^^q^P^\ J'avrai 
recours qaand jepablierai mes vocabulaires, parce qu'il me faudrait 
euCrerdans des explicatioDS ^e le cadre d'un« lettre oe comporte .pas. 



am)) 



.' i> 'î . » J M." l]i> i> i'lj!i '.'C iH i ., 



QUli^IONS BEL4T1VES kV^ DÉFORMATIONS ARTIFICI^LF.S 

. r. . p ) , .U';Ji-»o<if'.r fil ^ ni l ;• ^ .. ■ ' ' , 



'■:. . 



» ' '* ' * \» ' i l 'j >- » - 1 1 ■' "^ . . ' "1 1 .^ ci f ' î i ' *j f* V*» 



M. le docteur Gosse (de Genève), en offranl à la 
Société son .ouvrage sur. les aérormations .artificielles 
du crâne, a remis à la Société le programme des 
questions.suivanles qu il soumet aux voyageurs, aux 
ethnologues et aux médecms. ' 



I ■ ' • I 



1* Les matrones ou les tnàr» iBXprcef)t'^iBll|e3 for Ja 
|0td desicnfontstiDqma^-néa^wKe cyspè^e <ie pétrissage 
on de niaisage arao les dBaina» poiur loico^uiftifiiqaer 
ttiK» forme. par (fcttliàrej. ; .L 

• ^« Si ce pètiissii^ ao inaasfligfi a Ueu, As fueUe 
nianièrë se .praJiqaetUil? DaD4«q«iÊLhaos^ast^ildirtgé? 
A quel point ast^il porté? . . * . 

;8* Pùm inainceiiiir>la forniq dallète» ftiiîaiî^^btanue, 
a^^n «MU fie renotwtlfir^ L&miasbg^ 4anli h spémé 
nmn que la p»tnièrt Caisi» iOn Jii^n .«dtroa- re^ovursià 
clt9ag(n|t6fppipv^sî£s permaoeùts^ UlAqu» baik||iaux« 
biéguifi^>6Ôinpm»€a4.pfi3iiçfaetlps».Ugato|i^ ekc^etcu? 
A*" Si l'on répt^te le massageu.Je feîl^eo l#ii$ les 
/oora, piiMÎBuriifois^^o^a^a.îqur» elj^gtii'à.^ei.ige 
cottthiqe^t^^Dn «jetftt -pjiaiîi^aaf r 

nenls (sans oi| avec massage préalable)*,. (ftteU.aomi-îls? 
Indiquer (euns' fMHiiB, leur pooibitei*! iieor ffapafte» le|L|r 
nat^e, leifir f^plloti». ki^ra attopbe^ lebp pinpt d'ap- 
piyi, la forcé de pnisélofi. qa/ila peiitml^ e^/9Xttte:a^ la 
durée d^ lanr apptjrriâim pisoéàsit Jé^uMmfèv^âlifwoi, 
4» Lorsqu'on canèkeé'ciifiniliïddff ^aUÉtraMoiéra 



est«îl couché? Si Ton se sert d'un b«rp^4u quelc.opqii«» 
quetié en esi'^fà'fotWé» Ta àUposiûbti ,' ei quelle ei|i 
l'influence qu'il e^ercé'^t^ pKi^ <irdînair0in0nt »uf ia 
tète de l'enfant? 

7^ Le naaftMge ou les agents compressifs penaiinen^ 
sont-ils réservé^ aux garçon^,- de manière qu^ieùz sëqls 
aient une forme iie ièie parli^uTière, ou oien ces pra- 
tiques sont-'elleft communes .ieoiz garçons et a'u^ mle^? 

8" iS les deui sexes y sopt soomis. les cJèformâtiqr)^ 
sont*elles identiques» ou t)ien ont-eite$ ùq cachet 
•l>éoial ptBur obaq^ 9€WC8 i • .- * r. .i ; m l • I { 

9* Soqt^oe des piiviîqu«fli|[énéra]en9|3nt répafacbi^s 
ilBi|s io>p«yis^oD.bwo'|neiSfiaii^lè«.adi>pt)faeaiIiie dans 
certain^ cantons, dans certaioBa. Iioiuilîtài, idées; cecr 
liimfis sttleft'iOtt tilt|g«»^:d4Ds^ ci^Uiniu^ ^riliwsrg; ikps 
ceKtaio^^hisMsdé Jff pottiétA au-dany péirtaipiiM {afiaiitefi 
et quelles sont les localités et içes. classes 2' 

iO^il^aiiaiiiaenl^^Uei^ ppifoùdénveii4iieiDracioiééà dsins 
Ub mfpuDs 40«^ ifof^AswmsJi SpiH^tat adoptéttii: depWA 
un gMfttti imiiibteidlabpéesc^'sânaifattatîpii^ ni| ^fios 
s^iit*eIlsiL} iiMiuUès'' 1 Ai' 4lMi''Ta|riaiiMia, iqotkton^uea? 
Enfin rtttM»qo^M'^^-f^^*ttwrffiirw iimef d'jeqjtre.elt^d 

. ii^>^0Ébrq«iebl<HM(i i4}i{0jbf8(]|natl'>ia «eaia remikU^ 
des agenU compressifa» lap4(éé'4BpGki priMi^emeâai.à 
s#(teilv^«iH^'^(|*iq«eil49s cftit«di«^iAieitii-(H^ Iceu 
le: pUiiL^^ydiivfis^iiMoii?^ i . '' > <: 

1 1&^. i^eUeiQ4i l»^ftiteiii< mi)lé{W0Uftoimiob sailUii). 
q<|e banH9vatJ«iplo^uiot^eni latttMe où la Cac^ ohea 
tels 4id9iti9M9âM<Pt^<^4tténo^ d^lhi^i ou die rfi|uUe,.f^ 
cet frbtivpxéàueaMrpétiriliiidq wôatftrifql iikdiqiitfB,. ^i 
e'^t|K«siMl^^ pbQpêftQiiii; moi^QM 4M'i)îii)emîttns 



(70) 
m.laB(^taa>ylÂrgaur'«tha«t«uf'ilM«ibMé(i4»M»âo«s 
ntui i)é6)nBé»i ik lo i gc ar du faml et d« panmreUcs, 
l'écarlewlit X' ils tiamB:àwa.jKnt...l». dmcÊâoa des 
atefaoàl-a'pupéncuna «tiéf^ÔKureawi Ir'cûtènceiou 
Bsn'dMiaioutrfroDUiSb «t la fô-rfMMtiob relstiK (1« 
«oloMC estreilea [nalitS' de Ia,-t£te {dacées en ammt 
M«Bsnîin.«l'«aie perpeiKticnliva^ui^ passant par 
le cooduit aDditâf eilerne, serait Uetée lar '«■■plra 
«TfwnàaidcKa^tflmcn-MUWElurtt-diBideDls inci- 
wtesÏMpèneDDes^ ReoatîUiiii «ifOMÏbk^ dtsiqODksi 
^BéiàeBaitmtétittM'éafaeeii àe pn»&ti«tca'«besnl dsi 



--' iâT' d*fc<liD ;ra«wi'qaéLiyifl.: Ihrtiyie. la» prineiUa (pir* 
•bÔBise^ •laiest^ÉÉasi'ii i^tettè fu i mé u w l ï ficiel te »en^ 
la-tttelde ^un .eaiods ièt -Mtanllankol dîafMséeé 
)4rbBdveic<'BCooienbreetl«bn^^iMii|Kndatemeat 
de-liiidBip»tiifBC'URteàe-aiMr.««i[?.£i,i si 6*651.16 pè^ 
eu lÉ iiireB*! jj meoi j fn. «y !!»■ tête ittfonnée,«lMen»- 
l^ift]dn».'q> euu q^t'i^y ail-««eiisaDâliii8ne«<birédH 
1aita-inégtiHéT«)H>it ain-^u^oacw.^itistixifilLBrfS' 
- ' iié^;QBtf'CsfcJ«i)ut-^Daise.^a|nn0iU'tes>uafTObes 
■nleq fbertsft an ra Jta jtto ia'àea yi a lîqMP i.?' Bsfeoe made, 
raison de santé, routine aTeii(^< ■ici.i MOJ-y oi t fv 
ciriiA.A-tiDn tAiaféniéb'j«psi<pi*Ufies.iex«9çAéteDt 
-iiAe.ilafldeacfi:iM(iiil>lB'oéw^.J&':9aHtA tdedi i airfttM».? 
l)niini>ni.i)B d'uii sommeil plus (irofhhdllyVeinKBttt- 
luveni le lait de la nourrice? Sont-ils plus 
«HdfMkàaB^aDteilsiMitmdsrconr^iaâfbes. 
A^oM. mi^yibftm-eliim gfmhBtà iwkmkt- 

Mttag^dUouigmia^éeJKEOtJ >-■!• iuKi)-.ini ' 



(57) 

Bf^uës, à laiColtèy.àciiaxItoleiBae'iiû k[VUmiimi'}yiii:>^j'i 
^ 17'' R^maiquê^t'^i9Év^ibèzléef9eiiââitfiy)qtB&ii9[>iiéla« 
loppemenl de- U<ip>)Î9l6llî|;eoae;néQoiDètjrDetav8éiiiMi 
enrayé,' et sisfuai û&ia^^atti'fmi vkHbsttme «miint 
anpmalîe^y a'itf4ibmiIàgà)aèfpBl|eobilèUigatiQa^ci»U# 
éprou^er'un acrèllS ]:»•'-«:: .ju-imJxo JjJibuG jiwijdoo ol 

18*r Emiadibella€ijUj(fHilai/aB«9Hé^ritf6aa])duniDc^ 
iiiéBt poerlJa shhèépf ûauGoù iDOttflleeooDaidtiiafcleâiéa 
facultés, in tfiUdettièUef,- ieQeiai^ué>UoD/ Obanlesiéu^ 
à tète très déformée sur le devanli quJîIgMiWifcl ateuAitt 
liulet iffl jnftf çuDi,' »tqDt6lI phupoèijpfmiwDirinlefctesSoftas-. 
siniaiiM; 'riàI<Tilgi«ttBritftègyidibpgaÉsjAt>Maut (eeoteiila 
bitàrvQrîèv Ai— otèarmiae iotigihnBriirt, aati'4"rijleito»t 
tnèle (éa llaoTpftiaié 'Btidél bi iEèAaaitxD a ok ipkstèt Uaôybif 
chez euiEiB'NéaaièhfipcttfitHÎb({)aaoaDUfeflijdK| jagedieslt 
•ou. dclupBAnlyatîdev^î]lHii^élJpoAIll■alt[élre»^^ 
{ito'iétlToeéaEliiBiiiitttioMiDlvi fukhîlf) vue ^>édsib(éc(dè 
caraèlkilfc'tqu)oiJip<ii3ato4ilqrBiiaetMBt dqâëHn^otal-etfaP 
--^ (ftfln •iissT^'&ikotkaipjaqusedalrësj (Èti bdiaeUcè^) jy^o- 
infaïao tseUed 6'u JOipoU cfaf a j le^ ald^^ 
et à occipùbjdéyfiLdppé;î(i''/G e'uijuoi /j)(io<> fjb nociin 
'i'âdf^;}QarileD«E|tikri<piTfpDriîiqixi ino^dbncrcdJbtf^eftllnts 
parrfftrmîlleU tëf^B^dèfbrmées^iékipiJËlïmiesl èellendas 
9arçaiai6Kdèbffifle9<^ ^nlq \i m.i ... m/'» c.i.'-it.'imod 

.!(| 8lf-Jfio8 *!ooiTiijon /il oL jinl ol Jirwuo8 ?ifl(j «li 

^ea;jia8 àgifiMft§ vAuliewiMpâi^-âbitt «enogènteab plus 
li!i4"éiiïasidadD»iJeiioiiasofeef Qui cftaiMtrtleDbeaadfauBii 
l'intérieur des familtc9ôpaedj^p»>Bibafettdaafiiiéîicé8« 
il'impdâleM p<ibhiblefaiiDibs iofarasibëo^av jdfcs'adires- 



( {78 ) ) 

aecùbeheuses et d'fenr«^M^4Bfilei p»|tiqii0é^ofi^kiirè>.' 

le T^yageor ifeittf faNBn4lit>s%rin!»^^\|) V^^ ^v^ i^ril^^ 
caàtftaà ^dié^aéneinf k)6tit les ^^iNfè9r'6difi«ll -- ^nm^éff 
éb ^Éffum èrymi/kwid^pw i|ifllrl')ele nowt lridi«iirè ' ê H' ^Vli^ 
fiièMfl^ (m|fiife>vW< eA >tmtof« WMeh«nfet^t '4i#M 1m^ 
magasixistde/quiaoaillérre» od de ifci) eàl mko^t «l)^«o 
c6tti|liaBtid'iè^aiMe«f • eèuntrUtl BorîlelfArin<»]p^ de Muf ' 
dti< pmfitilièntr 1 Rdëhar / de > MMrftbodi% ; t)^eit^è«^p« 

etAsèô^^aov ilebnbea rtit'eoi»pttr àtf mo^ètî dé {lèltb 
éewasi'Lés ^oîoi«iil aiMi 'dïspdééesf etandeidbii» oitf «fi* 
d#iiiiM^ il ptut mnir à Volonté àineMiPèr^lea'&lirAieett 
C6im;aas ettOwncévÀ; f^^T^ mn^ taêmnné auvlafl^^^ 
féftvteà f&m^ da ermé détuMnfny etoifttsei Ah^iihAàf^ 

iilHi)Qet^àuypê}gp te tMne àida IBiUifliièifiié do 
muaMm.d'hiflQifQrttatfarreUerrfir'ARria. )' vu*. • l . •. 
Parité j|'|itittQtil8(&d - (î* •: -j'i'--) /li'.-'n^u.' j- 

ENTRAIT D UNB LBTT||iB . 

c ^ .! * '. i: ••' , M -«J r : ■ ' >. :' :;î })•> J:î\ -Sti ' 

p« M. l'abb^ ^^M^Bft.C»^ fôyvp^)^^j^ ii.^,,lfj^y.. 

Guatemala, a, mai i855. 

Ik y>fr*piils de.tt«i9^mo«i:qdai<)risimiÉ()AâléàMi»fi 
masikttp»<^ Mébâqoe jflty .wnai** fftéeMiii éapoîi} 
iMIgfiMiptl ansÀ ià-j» toçoidvnoMplfef/ttiledHliva» dKi 
gootnmeiMiii;* idM #teideatB^é€éai%«rs,^ liviki dtevgi^ 



1' 



((7fi')) 

arlicis dan» Je^ ri/i^/ifidfvr f ffkT' cftecaonài^ 

<]iiie M. le dofteiiP^eMiacf ^ 4^è!/aift ratr Qt&ktémdht > 

la déobuiiertè. diea ' isantibciîta; flir • {Sbren sXfioieàëi^i <^éM 

Grtgorib 4e Mescic^ Dans ^t'cecii'ii: yj^ tmteauv 
M. Soheltzer aratt; luîmes teUnMi<le trat^mi J¥*fiii»ihta9- 
ccA lettres ^jue j'àTai8!/rè/^ev:d9ii0Jft^£iH[îf»tbèq««id«M 

San-'Gir^^rio» «à niànMSixrU enteiic^e;iuwii<mbiie ^iat. 
Codex ehimaipopocu; qu'pu ipiièée<de M(e3H0o»y?^mi i.|j 
troupé les brduUlpQ» du premier fokitnè de^ i'éuf oage' 
d^Ordoâez» UiêU é^imiéla y^ée^. la tièmtt qot i^nferale^* 
le leste e^ entier de la-fMtrtYe tii^riielogicpje d» iiia*^' 
nuserit dé THvcvextéSy en* sujeà dnqtie); )e'pretDie^;îe/^ 
diç^nnè' qdelqoesdétBtiR Li suite -sràncfiiatt; Le'ViM^màr' 
SekelUeir èdbtitlf He niJEimamV eompltt' di]<idai*cfi)ià' 
doti Juan José die Aydneha* éfoi te Iu^|)rèta; iS^^âdeU^^' 
ment est dotibîé, en ce qui conceriiéld^p^tntère f^âT4lè; 
c'est-à-d)^> i^u'àû* exemplaire ne donne que la Irà- 
d^ction espagnole, tandis que raiitre a le texte quîché 
en regs(l*d. 

Suivant ce qui lâ'a été rapporté, M. ledoct. Scbeitzer 
s'est cdtit^té êièr ptét^d!tè' ^^^^^^^ eiltraittf daWla 
traduction espagnole; Quanta mof, j'ai ebpié en entier 
la gramiYtairé dés trois lànguêt tfvA le {Précèdent ainsi 
que le lexte quiche et la traduction espagnole. J'écris 
vi|e telfi'^i: U> ttiùoc^rapisb^) grèats-à- Dieb.^fiâtts eoflie 
quoique &lâ|^Me eHiemmyeiiae sopftJbiénidesrrappÀrts^i 
nft'Àdo«^irATiiitt%genîn!ebtîmabl« â'eh^or iaifnédiav. 
temwil 4m^ii^ HM' ik' Twiginal et de m^ mettw. 



promplemeot au ooarant des diGBcultés de ces trois 
langues : ceUé» quÏHA]lt^II» 1es'ilk^||iAs royales et 
métroiMiitaioes de Gaalémal*. le Uché, le l^akchiquel 

et le zutogue. 

J'ai recueilli qaelques-atalres documenta dans ces 
langues extrêmement précieux qui datent des pre- 
mières années^l^Itl^Miltell^ tH^M^iont i«mais été 

de ma deuxième épltre. ^,^, 




1«ri«A>4%(^bM4BHlAmM«o^l6»^.Mffto^^ 

g»(«)iMK»ii9iMJitt(r4^ofeftfttiV9i>iWV^w;^ 

choix. SoAuWAnilM VMBVybcilteA^ifrli^iMilrqif'K 

ltlM«epili«ii^fMl)i¥llimniuoi nos ab amiilov *tf al 

Agrées, elp. .wtottatk iroc eb iofaa'I »■ 

£ ^> «euiiiaU lustjob ub fW} Il Bit «mUo bisnol .*/ 

'*■ ■'.i<r»,\ -«KK^ »bnn«ialil ràiuJîiai «giifao atf ,â9iau.. 

. <m^ û\ ob t» <iiMis%V. ulki «%'iar«bitt\ «» aVWMrtMi «Vma-um 

.1) .Ta.tJii«i .i 



• •• e9.- bU ïi.' r'fc ..fi iaa't'^os r»3 ;n9L'"'q(nciq 

EXTRAITS DES PROCE8-VEBBA0X DBS SEANCES. , 

nD < nsb «laaofudob e9il(i*-a»iipl5ap îlliausn ia'l 
-aiq eab ia»l«b iup xuabèiq loamamé-iixa eaujoal 

adoDtè. .aiJlqà aoiéizuab am ob 

cerner et 1a^^(i^9li^r<Pë^M<imtf^G'e^'lJHiIltM«i 
'^'^ S? tfll^ W Bb<S#i«Ai«Wtér>M ««ffaMUOon 

)Miti°cl{(%(/h V^'l'^^ot^^'^*»' «blD«Myitf4«bl« 
aMir?%"^ g9W«)t)c'«^'W>«e«i&k^MM «l«h«(4niÛJi 

lftrt^i$l^i''l^Ma«?^oAl^ M'fMi*#<l«b«4iili«l7le<^ 

te iA* toiame d* ton Joumil'BA«MilMféH|t1iiïSMlllé 
de l'envoi de son Buthtiit. >9J« « saàig A 

II. Jomwrd offre. d« Il ptri da Oociear Herlras, de 
Mttokh , «n oan«9» lolknlé : Matérimaa pour atn^ à 
l'iiftùtr* itmt»fM» H kUérùtf dn Àgapi», et de la p«rt 



(82) 

du docteur Gosse, de Genève, un Essai sur les déforma^ 
tions artffiùiêUes du 4^tttneypTkiique encore existante en 
Europe et même en France* M.ledocteûr Gosse joint 
i son liiTOLUMJséMidtufacsUiokset; il prie la Société 
devVOuU&ribiefa les foiiKooorupaltve aux v0^ageurs par 
la vôÎBoimtannMut/ètouifVb'wiùti Bidleiini)» 
^.Mi'i&kvmevf'jdéfk6s^'ëmti\MikiBSBaiJk:êo\ix cartes géné- 
raIeB<dfa bdsshiixie la)ifl»Ki)iMcï etidedailner Baltique, 
extraiteftlcteisoh.alkafniédi^^'ei M£ V^-^t* Malle-Brun 
offvQ saiOâkttt':dlBii la^oBariaqètiques etnUi^paoçage nord* 
ouest, dressée d'après la dernièorpîteiiteido^ramîrautc 
lll1i|Cli«d(fite9^I';1^iiltainroo«i|XJë'(^ 
esjii^diifohs^i lfi2iati(|ue8oèBtDeprô^ 
lÂb Jbhnv'FVaoklinjufi ol- oo/u i\'^v>\uV\ ni) i^fn .i-,.» 

iksJàlâs»l0HeDdcaiiseeb<M<^niiSabad«EjBtnxtaqinlke 
4Sst^r<Déé'^l« lîg^ou|u riwMnAtido'£dm9aÉrœb^fK)d^de 
.Catwliofiliel>(^i]ÇofibQeau Alfi£quîl^lqaoîmn[|:^ Jt|M Ai;d«^ 
nniiqqpMrà dia')(nûAèiiiEiQ .aosi<Atim(ixniib[laclptoolmlae 
sJâiifCH] LàrSbciAb^ex«aûii0sdfaiif»rLd^iifj^/Dlinrif îfAéir^ 
'ebvd[èèkikl4a(i^ 9dQo^4â;9£nfei4if$ vAAfCtipA^t»^}^ 
JWftffftfe/iob; 0'ijifn9'iq fil jnsii icqqG Ioujjub ^èHu'ïuCj 
jinlUli;. JtxfDaod iBtiiÉr|InfldHaàif7cdoi*iii'«qiquMtfc<dliii|i 
;jioLife)IesilBite85 qiiioIeiHtJonttèlé slrekBées)ifo jeooowle 
id^BmsAiïVc.s^qKW'BQnhëaàïepiidii {àuHkà fioqf4fy«gBiir 
-tém^MisùvjldQiEtdsdii' n^l ^quîûi'JBùiXiaÈpàoyê .danèifiofi 
Mémmn&mand'hBhqcfsÈààapi)BijdéséxtAktiM CBotjqm- 
naltre les progrès de son travail sur les<!jHalAo(l68 
.afiUéftosiffVoyex'detlèlAiUeJfii^fitfttiviq jddii I At 

Mopra, djB Fayal, accompagûaïitcki afakë dâiaajstotish 
tique des Açores dont M. Ferdinand Denis prépare une 



• C8») 

traduction pour le Bulletin; enfin il donne quelque» 
renseignements.sur racclimalatîon dea cbav^aux dans 
l'Europe méridionale, f ,)oij«i^ jt* kv ie 

M. Alfred Maury commumf o^luMietlvo de M» Tabb^ 
Brasseur, de BoQrlK>ti]r(^)<coat6ns»t des( i^cAseigne* 
menls sur soh^ioyagte danfidVIiii&fî^ue ceairaie et sur 
ses recherches rdalîyeaiakixfanlicpitt^s le trainb ironies 
de cctt<î'contréki>[La 'ficwAniasioii i^nfcalel désirant 
utiliseTi']e%ôlb-dé AU riiUJbié)fira8aéiBr,riiiarilrf)la^etton 
de corr«SfMMQfdalnl»^àripiié|iai«fo()^iii}Ébiiix^ 
ce-savatit'lecdédiaflliqtkfsLi'''th ni p-vi^r.*!) 'yy^^c'Anh ,.*?'• 

'M. dé Ib Rdqaetlfe9'àu|iMimrdiî)Ia(S(e9tIdpdjf>ô^aftp$^ 
Miîtél'^ pithpasffi là >J%<âàn}inisB90ft>icpdt)i»JeRd(ôn^ 
l'échange du Bulletin avec le xïo\xfèéaùJ3unAi\4fif 
ebmrnàsùhkésixnt^ttà^ 'dans j^quél" feTMactmio \<A . ttfief 
allkiipi4jeld^<rëBdfré^eoin)p4èdesHtrnifaD8ddk^fioiïété. 
^Lbnqiènie)'iÉDeiiDb>e(mBiin»néfi ii^uerJlfrl «dcèbm^i^'ASi 
ég0kinieii|t *^iuânuni0cpoûviâaIAiaei)ebo^^ 
a f«îlef>àqlandeâ'ûîiii%riréfeiKoe, fèladliicHiedt àim^^pnA.A 
fdi^derl#nrfavnM^^ ifteidfeeoiiIinutTag^èiêaiihé J popula- 
t4sérl^èl$gt«f|ylo enflrdhde;«kafoQbe (}ue jA.ibtfebvre- 
Duruflé, auquel oppartient la première idéaide ce((e 
^uMibdtiqiiHs'^Mi.oba^éBSefpnê^dBr baariprbgiiBfMme 
sdvoceebaf^eeèadnke ^1hIoltse9Ëifr]|l^sBdlîdn. qui fera 
ecâoivfppoâ àdiônib dbs<p#bd:kaines s&apaes.'M] dbaaiùrd 
onineneb. ipfoè^'Joatsblop,\*gn'iibs)8asDoieiàeliinr6CMMh 
irrîptlôâ èeJâl,)ifaE^hiijBa^eikBopiiod'iLimes9inme de 
^'ôfr fièaiiEsadI rua \ir,tni\ iioa 9h gîngoiq koI xi. , 

M. l'abbé Piâil\!A;%upë9>diBi ckft^ksaipsIl^ieDSbHle, 
ëst^{>i^6nlfe^ia9aMMp3tunBard>:)eli^ UoBAignj 9|Iour 
faipé^' [nrtib dèîda Sbtfioâtàsi'qmo'jDc . /• f >[),:; . 



(M) 



Siame lU ^ iuiUM <S5A. 



U. le mtni.atr^^^i^^g^ef(g,;)Df}pq(:e i. la SocUté 
8B(l«(»«lp9ife!(a»<li8lrfl«iJwp;DBrcei aiix,ei)coiinige- 
l|i]»teil*»r.4«i*^»«W'i-f1i*!gS»|ll.4Wi.d»ll''>Jg4<il!, au 

(iiaia9*,4ftf!ifi«aw»,i,S9i(fflif»>t ï«(r..i« ,Boj(, ios'ii"* 
par, ,l&iSifci^W,i40ft#HMf»tiwidt! iiOQQ.ff^pca- M. le 
oùftKlf,e,H!]Ç^lJffll*'*'atW'i;i4ï« *fli«i.«^H4,oç*asioq de 
tol*HV;4 JaiiS«l«*i*,HP)j1«»lil»H.it*WW8n»g« f<>»ifa» 
«JiHltatibiiftl ^l^r {s^ApoM^MH^ M)rfW99jm'i4^f<Pn;CaHa 
d|lrJi«R|l|».jifhj«ir<lS>i.n^.Q«^,<l««M<»Wll>>,l»liW)<M 
sA««a<9iBU(A«inac«<ib«) y«iljiNM<ii9,T Ij lii'^'ii.nioK 

-liMi Tle|«»i)i»);.A'f«aj««Ç:.iiJi«» i)iiuitelra,dflSe,<(« 
telSioudâatjlJa il«>)«PAt|Tl>qu'Àlla f^j)aj(]>HjB4Blmf9fwn 

leur, qui lui ont servi à;fl^"i#U»if%iWW:j6«TM,*i'#nft 

edrti^rf^Sfliiiei.oMi A'&?8fr»m94e«ss,<#.!p..a»r(( à 

l*Sl»i*tftft'ihii*Sl'6iP»jl«>ÀiF.ilteql'\]S«(f„BIHM(W 
PS«»Blf WI!"iflS||»slp WçfWi jt WSOWh B5P*»tf> 

celte carte. Ce maol lojaseor i«<m,9m(!^'i/i.'i^Sm, 
détails sur l'état de ses vocabulaires ; onze sunl dé^à 

' ^ios complets, et les matériaux de six gram- 

Essais graiîîmaticaux out été par lui réunis, 
mission centrale, sur la proposition de la 
coniptaliililé , décide <]uc la carte et le 



(M ) 

Mémoire de M. d'Escayrac seront publiés dans un des 
prochains numéros doi fialttfin^^^ <.,^^^ ;^ 

M. Tabbé Guillbt, supérieur des lazaristes en Cbine, 
est admis comttfe'ttigfcBïè «S »■ S^^lfe^''*'^' ^' •' 

H. Lë{eIJii-'ë:iyufâh%'^if|fli^Që'îtf'^ra^Mfëii^ 
du pVIk ^i?e^;? d<Jlir'RViliû%tfè<^Vair^H^éy^]#<S^été 
à fondéf 'ekl<' Hvé\ttr''iïb''Iâi^ll«uf^i^â^il^^t ^â^âiie 'â 
popularisai^ là'^^étfgrât«i^4if'Fiffiâ<^ë;'^tA^a|^ 
air»H éliiU îmùièviiëU^f^kV^Mfide€ê^éb(lt^ Jii^tJttlïi 
qu'il pioi^Hçii^a^'âkiimm^ÈiéÉÊamf ^ê^ ne 

9*agit pèi^d^iii/]/ 6&Vi^^<>éléWéh4%itëf'n^i^^^ 
de g'étigrépbië j^é^étltt ^«j#HWië !Po^liië'Aft%fëbf«ïï^ 

DWérieS ^b^^k^âtidti^ i(èytitié<fltèii^éë»>^i^4e ëàr^ 

Hontémont et TrémM^U'Il^ j«l^l»éî«^Ma%^yI4ÉQi^a}^8 

ëi'lèi'è^'ift^6(^ây<éëi4iir)«iv^*k4tt'^(lâ^is^ 

ÔfHii>(fiI«at^h^l[iëlèèf'pôy^ i'T^a ^i^o iul inp .lu-jl 
^' 1i)ri^dfyB?rê2!yiJl'fifHCT^tif ¥i'ik lîieiPSfe<éfeèrgtrîdëï1a 
f&)!dtfftUn VPein^lpfé^r»^é''d^^ 

diVc^ïyil)?tf^6rtriôflft'' ^' iuf>:..c'(o/ Jfifi/ea fi.') .9J-;.:d mH^jd 
<;(0b JfKJf'. oxfio ; e'jiii:Iu(îb')(i/ <î08 ub JfJ'j'I uji â!ii;J^»îi 
-ffij:'ii| xi?, ol) zujjiiyJiiJii g-:»! Ji> ,rJ'}I(piH>:} ciniom uo r;h'f| 
<iiii)j'f lul '!Gq ôj'j Juo 7u/r)i)orririTirf;> ctiijer-.J un ^-riûjd' 
:i '»b iioiji<iO<j(nq rA 'ii^a ,ol*ii]iiO) nop'i'.nfïi »') •. ] 



(86) 
OUVRAGES OFFERTS 

DANS CES SiUOÊlS DBS 6 ET 20 JUILLET 1855. 






EUROPE. 

" TltVi^dei ùuiirtf^s, ' *^ J'> -m^ki'.; • — f, ' Donateurs. 

Dôctiitiêtits sûr l%UtoiréMtffVâniM : mëniMlresiinyitaireg relatifs À U 

étfcbëfsitfVi d'Espa^hë >8«ili Lo«i« XIV, l.iIX.i^ol. ia-8«. Paris, 

^'i85S. ''"••"• J'1->'?;k1-'w.,.''. . -M.,:. ]^;^|ctc os l'jhst. PoauQoic. 

Reiie-'HéridlJUck^fSif^kranke oder ^Maturfittunde ^ melche tins Thaï 

ur^Wttdbiiê CësféiTt, W.^-i— ^(r*«el -cki voyaf^eiu pour les malades 

et IcM Vouristes qui visitent la vaille et les bains de Gastein. a* édit. 

1 tor;'in^f<i.^'VI«iM^trt<8dal> «Mi)ie/StnuibiD^f>fHi]tieri»i. Bad* 
<}astein:'!É*i^ii;fW/i«i«3y{'Viimoe,.iêâriui-^4iofl^0ito um.a isf* 
Hbf^aslern tel ^t/$r<^PVi««k>itt^2i?iMlioicè4l i^^^^Dit Suin- 
grub€n su Pàri^^ ^<Ué\'èiLt¥i^(à»^de'(tftfî^Brjim^%k. ^^\Sû§'Wid 
Alpenbesuche in den Umgebungen IscheCs, — Visite aux lacs et aux 
iDontn/gnes''atfj éH\mc(As <}'lsehël.' Bi'cttli^ MtASsJiw^^flfiaMr Zics- 
tàndé im Mttiélàh^^^'tiiÈÇ^^nMb'mk^'nio^ea AffesBrock in-ia. 
Weimar, l'ésS. Éoiile Trimmbl, 

Coup d'œil cT^enseinibie 'sur les âiFferenUs »^i^it(o'/i8' arctiques en» 
treprises à la recherche cle su* Jolin'^râ'hxli^', et* kUr les décébtertes 
£;éo(>raphiqûes AuxqucUes elles' ont do'finiPliet/. Brocir. in*8*. 
Paris, i855. ' " ;' •'-*^-^^^''^P^lJl*'Vl£'AM»ii't.TE^Binjit. 

•• '"^ > ~ ' - '^ > .î-"'^ . «y» 1 '^b »'»jl II.*»!!!? lOj ' , ^ 

. ^r. .j ... 1.- CAB^B4^iBTl-»A'ElA8.iî» -n. Ij; . .^^. . . 

Carte murale pour renseignement de la cosmographie, ou sont' re* 
présentes les rapports qe la grandeur des planètes et du soleil. 

2 feuille^. M. GnosSBLiv. 
Carte des régions arctiques et du plissage nord-ouesl| d'après la der- 

nierc carte de 1 iiinirautc britannique, i reuillc. 

M. V.'A. MALiBfinun. 



^^ 



( 87 ), 

• 

Titres des ouvtages. Donateurs, 

Cartes générales da bassin de la mer Noire et de la mer Baltique. 

(Extraites d*un atlas inédit.) 3 feuilles. M. Garkieii. 

Map of Honduras and San-Salvador, CentralrÂmerii^a, showiog the 

line of llie proposed Honduras interoceanic railway. i feuille. 

1854. M. E.-G. Sqqikr. 

OUVRAGES GÉNÉRAUX, MÉLANGES. 

Defcription générale des phares et fanaaz, el^{^#t|^|^^i|ialcs remar- 
qaes exiitsikrMir le littoral mariÛM^Ul^ieMHS^nilJ'MMSI^^iiva 
navigatears.'va^idit'i.vof. in-ia.iRari^gii$Ji(), /a h fiA„^Coi^llin. 

Observations notéorologiq^es faites à Nijné-Taguilsk (monts Ourals). 
3 cah. in«^6*i^jfcnpébs aft!(3>«tA853V}o •^AitiaAPr^cf^tilMâQimMH'rFt 

'■■ - ' • ■•♦'» •»'■ 8" »ul fiflï fS 9'iIIb-/ |;| J^<»ll>i^f ilip ê.jîi,iii,,^^.,fMjlT. 

lIotibe'Mir lliitfciii«ii;}di*iuvif6vealènu deiH^la^mfti^t/le |i|a||fl«Ô9" ^^ 
<^ittéft>% «t *d«a tn^e^ii^lattlf efyrmm diK^srAnWf 9lt»(MPnpinM«^i^x- 

^ . la-itt^faee ièé:ocrtaBiap««M^»)|^l49««»H1M. ftîfch. ifl^ft^ j;q|r^^^^4. 

DoooMotsM'elMilarauil t|)éml^iil9HI»l4pMm^m ÇlBlittA»ÎS«l"WriB'- 
^'^^o:^r3^trB^i»bl4i«6mft4^im%]^aaf(i^iASl^i^ft^Av^^ 

Tableau chronologique des tremblements de terre ressentis à l'ile de 
Cuba de i85i à 18^ JpBU^fl^ â^ft^iSiâ/llecCriques et la quan- 

* W;bo,il^^t felptlf^^g^itf^gycic ^'|ta^jp^^^^ 

*'rff?1^4TO^^)!9r^^](f^^°^"^^ des chutes de grêles ^1*41/ dé.Cypa, 
des cas qui eurent lieu de 1784 à i854) et des températures mi- 
nima, de la glace et.4#.terAjDt^érb|||]pb#^9bservées dans cette île. 
4.broch. in-.8«. , , M. Poet. 

Bearag zur Natpr-und. Xiteràr-Geschicbtë der Agav^n. Materidus 
Dour Virvir a 1 histoire naturelle et littéraire dés Aiiaves. Br. inM . 

.,..., D' Maiitids. 

W ' '■ "y • V"-';."-"' '>Lï'''iif**ï H^' '-S^'^PP '■»». "H. .|)vi .^ V, 
Essai sur les déformations artihcielles du crâne, i vol. in-o^. avec 

7 planches. Pans, t855. ' Le docteur L.-A. GôuB. 



rfSillua 



MÉMOIRES, RECUEILS Çi; Jj^NAUX PÉRIODIQUES» 
Titret des OMvnwcf. ^ ^, , Donateurs, 

Bibliotkèqve mii yracHg de Geoèw^ et archWes clea sciences phy- 
swi«es •( natnrclla. Décembre i854) aTiil et mai i855. 

Jo«nial «TtlK royal geogâp&i^loc^ef^ Y^TXXIV. ^ Mëmaîres 
d« rAoedémîe tipetiale doneiëfint, aila et beUef-Uttreç de 
Gaen. i85$. — BttHetio de la Socmi^^IUm d'oBMli^of de Borna 
pendaoi rAt^ Àhl^SBi?^QA^m la Société 

oentrate d'bierîcabttre d« départa«a«ide la SeÎM-InCériawa. i34% 
«35* et i36* cab. — Buneiw de la Soctël^ impériale et ceoMie 
dlHiftîcoltiire d» d4pan«Hiit de la hmiiààLkiiiSiUVTliMf, 
3* eah. — > Biénetrea de la SodeteTmpdnale dea acianeaa «aliirallet 

colivre, dea adeBoea, arta ec bellea-letirea d« dépaMameec de 
-fMletf JBIIV]»Le»tel1«k4.-WaiMM {Élbllk^iîf b SMfMUtt^i- 

i653*- iS5 4- -— bulletin de Ja Société d'éanolation da^épartement 
de FAHier fscieooea^ aKt et Deltes^itres). Années ie57 ec iB54» 

^ABiiater'd<Hli«rc^»«9iMf'd^^ ièàHki^ffà.'^^SkM» 

des miaakiafc irtiiii|jfti^uÉi.iMlrtiM^1^>t^ l#b«Mi iM|MI^( 

ittilei. Mlri« juia «iniiilet. -— ' 1%e iDosBal oFihe ladian araiimelagp 
Rod eMtero Aaïa. JmHel «d5% à mars ^^S. — Steiiscbrîfft lar 111- 
gemeine Mk«nd«.«àfi-4t1MM<M&i-^kàîidVâilh^^ 
hisiiiate. Avril ettaai iiiSM-irt«^M|t^}ileiil»^|bdHI{l ë^kméluifl 
kistorkiiie. ATril^«ié ^ J liip i ili r < y fP f h rt tty mf^^^ifjmàeHi 
Mleiki dr la Société ham^ de pWi^S^]^^. i^\jrt¥^*fi: 
tt«iH» fra*çait, N** i4« ^^i ^7 c< ^S. Les ÊDiTitias. 



BULLETIN 



Dr LA 



SOCIÉTÉ OËGÉOCi^ÂiFHiË. 



^ »-, . .<%% »» i; .^*»v 9 •» •• i. 



AOUT BT SBPTinm f S&5» 



■*PMa*a 



LeCaire^ 10 iatlIeLipSS. 9 , « *. t 

domaméAFaturs et dénombrer les peuples qui j nais- 
et>^ pioè' fvMb^ Mv* ^-fifitoft /^ Mv pitf i ' jp # l'tWulîèi' edMn I 

leiiSmAM (|M>d^^Timi|mrM isati|iiSi«J^(rg^gr»fiies 

n«tré' ^ftl8»'«t î'tafitt^q^rîf rfg^^ t^soadrt le 

prôlI^Jne'aTricaiù : celle tlcn^eài m^nôCre'cofriirie la • 
double conquête de rindr^^rttrr Amérique fui celle 
de nos aieux. ' ' 

X. AOUT ET SBPTBMBRR. 1. 7 



(») 

L'Europe li dirigé «Aor^kSdiidaQi^Aelqd^s^ipJntep 
teura« mais javpialiare qotipétî n^icilkmB>uki dnnat<« 
tandis qaed^botœaidëaoïiiTuajtEEèlés.dadfti^raDi^pdM 
et n'oxît parJoiifiitr^^iaiir rBtduBijque?48S«reméi(pien 
ménts. de pas dà liaîeuvji LilSçvûàBMài^ jàefieadUUii nJcal 
pa&plpirîqsalubrilqiiKisaB •èhHifî^t.jîljfdEat mpott^ 
souvaot tria hoapitalier; il n'est difficile ni de le fîsiiov^ 
nide^e^oobnallrei' -- •: ' • •:, - \i i/l' t -"•* ».*'* ) <i 
. Sëobinakit il xiei bàdmit iras ccoire 'que toat lodi^ 
ndi^ aydnfcune teinte des sciences natoreiiea» pukse 
Cairèi^un. ^eypioraieor : le'Spudan n!adiuet que dés 
hoBUfftes faitSL à son. cliniial» préparés à un g€i|i!e de 
rie et à th :g«re d'ébsAeli toiii partifulievs, 'C'es^« 
dire des homÉies. ayant faabîtè sbos lea trôpiqôésf 
ayant vécu avec les Arabes, c(»bn0Î9sant à fdod Mur 
langue» leurs lois» leiar culte/ leol-s habitades et leur 
duplicité; ayant Yéeiir aussi avec:iesiioirs»xanfiaîssaDQt 
kfl cefllBarU' pac* lei^qBals uo.i^itsm^ Ipui ésprtt Totile; 
oi qu-qii |>ent leur deasander^oequ^ÔD peut eu alSen^ 
dte; il veUt des iiomaàies. bompps i k disciplhi& de^ 
canatps ou daÀiifiiimenIs de>C^^ri«» b^bitàésâ :lairu41 
galité dtt isoldat euoqimb .ai aoh> jxBtppisiderJft.snDifr^* 
seicbMl sË&dinejtybàiivdaxrfittSi^'ileaaencntiei^ 
peoiejr.iie c^is qtii'.kf^ epfwmbm^'^.im. Séiitéfcal »ôta^ 
Guinée, lé Godgov tl?*tinb fvài i^byssiaiag leiiSfimâo 
et Zaniibar de ralitre» toilji lés -écDlea'.bù:^p0iit >aé: 
toriuer un eiplocaéew deiiAàdtjDe^l-AlBésleoB'cf si fias 
du nombre* ..'''— '• ?^'i »-*^ -'-Ij '-' 

Le peu de succès d'un grand ^btiifl>Bà dlespèdilîoos^' 

. mal conçues et mal cDnîdjaîles«!dàtpuiAa(jeaj9ouneiitt^> 

ments d'en tenter de noutdlea et lés {^ogtepfa)Badarent 

chercber à résoudre par voie d'enquête les questions 



on crut cilcon' L'IeBquftte] ttop fBÔ^cv'fD^trutqu^tout 
«oyageBr éUtt à aièàn»ikireooeiiëeuBilO'i'Afnqaë;de8 
renMigiiemeiiils'4iquei.'b'tai arasait iivDScleBfACricains 

presque îneitricaUeeti» HieDoe^lmdule<âpr«^|é^att>« 

On confie à un magistrat le soin iden dirigera qm 
ediquèle judipiaive» à. on'offioMr le.admjdai.orindciire 
one recoBnaiaBance milUaire, ohaqiur (jenrëidBrBectetç- 
ehes a son ÎDilialiom ; pour s'inloimer.aieaiCrtétdé 
rAfeique» iifauàdéjè possèdarune noéîoaliplralH|iBe<jel 
aasea étendaeda l'Afriâ|UB atjAta AfrieaÎDÇi; U&atavair 
•alû ceUeian^ initîabdn nécesaaire.i l'elqlloralelm*^ 
:..U faut encore que ie géegeaphe.ainai préparé ren>» 
Qontre des iiiforiiQateor&} or iea gêna capaliles d» nova 
rent>aîg0er smi* le ^oaUsn oa se Tanoodtianl point pai^ 
M>ut; c esi à ïrij^oli^ à miartiiM»^ à Swucj ta 1^%éài 
ou au Gain, où ils i»ienneiit poar alostrliivc^ :qu0|^'0a 
pent rènçoalrei^ desgqiU'>duJ]lpflCoiflb*^'duJWadhiy»'dà 
Baguermiy da(]ieÉ:i^ou^:o«i^eili aa 'Sébégiii 'reoneîliir 
des veDseigDemeqta. utiles sôrdaiparlieiidcbideiikale da 
Sottdan, maiaoa obtiiptsuistoiltelaiwlôdîésSakwuriai 
(ms. inteies. leiisdigiiéneqts^ Qda0t[)à l'Aigèrite , elle 
n'est point fur l«;rdd(è dta»yèienib|(pliii diitatiio'du 
Soudan: qu AiHaiito«aBti^e fiàrtie d0:rAi£riiiue; eUe h* en 
sefpilpasda iç^i^Be^ è£ Adouboiâaéaaab's'éceikd point 
au delà du pays des Ghamba. La partie du Soudan 
sitnétfèusndLdie.llîidgék'îe n4>os b$t, d'ailleurs» asses 
bien conaue- ^ponr qtùi l«.)neiUeQré enquête ne puisse 
rien.ajotttëi; dotUe à 'ce que nous-enr savons. 

Oa ne s'âionnora paa^ q^ ce que je fions de dire. 



19^} 

si les travaux teniez fiA,jAlgérifl,j5Hro^Çlf§8H<lflP.8<\W 
donné de si mé^iocr^^ réapl^^^, ffioH^^n-^'fëB^Yemi 
l'erreur »ingulièrft,dp o«? FM/^ 9H^^J?/9yfanfl\%f «âfiOfiç 
d'un demi-siècle ep.{^^,j^çej;|^^?%m?ftfcle S^ff/fljf, 
le Kaneœ.le B^ip^^,|«ji;l^on^^o^aç^?,^çfl^qfflg?, 
en autant .d*> v^ll^.^tg^^i ,^i^ ^jij^,^;.%^,y<^4, 

L'Algérie pe peut ,,4y}jJ,«;«]iii^^/)|L^^9«i^rj^*^fl|o^<^tfWn» 
que pour qe ,qui jÇ^t^ç^rflîî \'Akfmf^rffi^m>A}f^ 
contrées qui ep . SflP^ Je^^ pM^^,|r,of{ftn^,,M.,jÇi)ïfttt^. a 
montré loi^f, je^pa^a/m'vp^^çf^iqt j|i^er^fl,pejip^la?^e 
d'informateurs. r m. il .l'.n .-i."' 

le RTQÇéd^ le.pJ,«»^fe9,^iftç^?f,gufl,j^,Cflnw'?Pflf,r.I ./• 
Cequ'iliaut, c«Mic^n^Ffi^|^ l^ ^ftjOftip^ppMi- 
juger de iaitti ^e^e>^qlf^,^fft^^^<^cf^K\}^ mW^f^ 
terroge el ne Iui.^n,.dfj:f(|p^fl,an,4ç|8 |[J^içe,q,u'il 
sait parfaitement. Quelques-t^ps «het^lieot loi^ 1 4'^oird 
à nous tromper, leur peu. d'intelligence ne Iç^r per- 
met pas d'y réussir ;.4'autres,^pref/t^q;, de questions, 
n'osent avouer leur v ignorance, ^t soppU^t avec;,un 
peu d'imagination, à ce- qu'ils ne savent pas : ce sont 
les plus dangereux, parce que l'erreur est plus difficile 
à découvrir. 

J'ai ramassé cette année une douukine de vocabu- 
laires : parmi mes informataura tpnt softas que pèle- 



{9i] 

»âs/ifii'Hdâ)l>^eU^pRiiy^i/Â'^afiie; trois ont cherohc 
«■"âftfJteMifefto^olfb c^àila^ëïitfè'èai^ltt clïosfe n'a pas 
8tfyë'Siirftfe'i'iéW^BI?a%teàhitP(é*a'»am>îl îes noms de 
riiftiAfé,'^lc«teffi¥''îé''=f^is''tôiiiïrbi'i? f&"<viqae leur 
iiftlttie<^fflëiif>ï^<^*^H*W%^V¥èï'^4iën'ae ce 4ue 
litttA^'fcoâé^iJAkink'tt f&^«Jrësfï'4y/(îi/ant au troi- 

qÙaVts'kl«à'fifo^'^ae3ol/t.i mïmSSié:'^i''?eneiiv: ne 
poriWt Vi^siîr'''tfi''4ifrfi^/ n^si'aeVetiue'-i^préci'able 
^-ipréè ''thiSiiWtfi JfecAiVe^éiiVWiVysf '«t'^iiilë'përte' de 
quelques heures. .«ii.yjjun.- . 

|)àriér ^âviit' fàa';'iiytWà^t'^\i'élq'iiU!/'ànii'^è's.''1e'èè«ii 

îatrcc 'a* 'Gèdi'ûà' '^ctfeYA^MM'Bt'iy "Bi)? iii;à' ; Vêu'A 
â'EI^ Aiba?^<^. ^"AÛdïèi'.' " ff'sfe Vantait' tfepfaW " X6Û^- 

5»tU»s ''btt ^àtl lUëi^'é' £'Pépi<é\i^y ifé^'aîiî/fikWâ'iil^éii -4 

^é^ •e^r'dria'illUspië â'Ët'A^J^ f)%^Vé»^b1(iit"M 
Achantm- Wl'géfas' idtf eAifâfl^?:^¥h «j'ciSi^ ' ti^flJttlint. 
i^l(|fiiÂ2UÀ^ ii^ ^««iitiial/AtHiâ^ l^lïtgaéè'ferlt <&' passer 
l«eii4dW litiirpDWifdnib^^ipârW-'^u'^l stivail; il fit 
^'<àt<m '^iè\'<tlàéiPAliiaSm[' t^ voyant qu'oiv allait 
4ï"ibo^itei>Me3lte>»4( ffitt-Wi^^ttQoVà' pliis m^stiûé 

«'£>Aii«i;é^ri^'^ébe^iâ^'ils>di^fe et tentait avec 
'iittPiUiQ^èkmi r^%iaP<^ablB>: je m'en' aperçus tout 
Vlé'^ùiiEe; iJàttii'Klàf Ws'rién'. Jlavkis en ce moment, chez 
fidoi,'*Uif^'i(!Sirebr"i:{ui' m VngagVa & demander & mon 
informateur quelques itinéraires. Cet homme, me 
dit-il, venant des bords du lac Tchad , pourra vous 
donner, de bons renseignements. Nous allons faire 



mieux, répom^jeiMèé^&hëhi hk &è^mméêViÛtsfy 
raire de ijétièf'èi^ékiii^i^ étftt' kâ#è«ÂiQtar«4iîi{ «btP- 
naÎ8-tu Syehsiéy?^ S&É^^^ 

~ Tu doi!f eoniiaHrc^WiJi^Petit^^uu. f^kii^v'^^'. 
c'est daf^¥6àe«À'&' dbttzb'iotifti^edi -ii-: Iftdlqiie^M 
les étapes;.-^ '^fl f>ffSSe'à^lÛè9a,'ll'MdA, $ Kéb«vi& 
Fertit, à Tripl))th..v4VèK]ft 'Htiïé>s Wajueoop d^ son 
impodeticé,' à^rèi/ t[troi^ le fis jeter 'ftlb (>orfé« > 
Je dois' déclàréi% dd resté, à^)a lëuange des fk»é% 
que je Us'iï ^ènéniëuieût té-ouvéi» lioâûètes el ^ 
bcnne-foi^ lè^g^té d^ l^^èpe esl* fait pdUir kok* 
imposei^Tônt t:e qu-iU fôMnt efeer tiôus les flpapp0 
d'^étofïâetneht èt'd^adthlhifi^bfik -téii^âtêadx 4 ntfmf* 
'^lls obi vus sur lé Nfl; )e-^eitti«i de ter qt^ cMm 
tîè fieifrê, lei troupes itigMies» q^ûiféeeritoiMtoot 
'(ràvëfs^léCai^^, iew fo&l'tôl» ^» tlliiiope «tot mm 
^péfiéùre 6 1é tTliHfufe dtt à^f'^A^Iê^/ qu^l^Tonfm 
OUI t'ég^pié etle»-6s^iMC|B ym^til ètrëvBopéeiettrés i 
lé fK^i4tf«; ^ (kmi^ûthùti'seinAri^nwfaiid%smé\\^ 
eliIfib^'âè%le«ff||dl(e:>AelM>cofi^«iiM. : ' 1 ii - t^ 

exiger de chaque Africain ^fuactt quKI: peardotiBeri 
il ne CtKrt p6iai1« prcUrsIlrd^qéeatioifa mr dec'&ifs 
qu'il doit ignorer, il lié ftiiili'poibcfitfigiier ioaMpri^ 
peu accoutumé à là i-dfl«lâi»ir, «t s'il keotvdoi^/îi'.ne 
faut point discuter a^edlài AMr4Hri'«ar;:'e€r.ser«tl|H»^r6 
son temps; il la cc»rrigeraît pio* Géiaip\i\mneBiÂÙ:.fk 
troublerait et ne dirait plus qo^^es WîihëB, a- 

En le questionnant a^ec '^oe extrême sobriété, oo 
obtient tout ce que sait chaque informateur; mais ce 
que savent la plupart d'entre eux est fort peu rie chose, 
et on le comprendra aisément: avant de quitter leur 



ff91^r<%^|pi^)iWHW M ^^A^tk9^^n%m^nt lear village 
Mi» ff\Ut^»^i^pi^^^^^iL.}^9^ifri^9i, &i|ble distance t 
ifafP%»WW^[d^0ihcteV9e?ifl/wJiwet Mji^gnemeDta sur 
.l{)(}'inœii^s[dt kûnM^qQipl^ faane 

.tt«r^i^fi(|iji ;-mai^i)pp^ ff H^P^f^ If s «tfifroger sur les 
4diHriett <iu!Hsr/n4)ntpp<Mlp3!t;:?i^^^ j9W-Jijèm^8 et qui' 
4teiit^u^r^({fcki0 4^y»pgt:Jtî9iies d^ jioar village : on 
eoarr^l-rîsqiiii ià^-f i^ofrontrer 'l^>«()LréU^n9^ anthropo- 
fti^f^B^H lee4ipiniiies.& qaaif6ui40i»^*ils,8ont partis 
de leur pa^frppur. lyç rendjpa^ à la Mecque, le but de 
-tevlr vo][{^e f était raceQQQçlimnieAt fl^'On detoir reli- 
ipr^i iKfn le^lér^pfiim^t'dp leurs çonnaiisancei 
^géogtapbif oMiiifei ^>i)P; |);0jot l|Dté^d*itinéraire»; fatl^ 
^ié'^pfhs'M l0ng<abe6^jopr.néea;da'naarche« ils se 90ot 
«eectip4fti^> t99u«^ èfWper, aaos. se préoccuper de 
mmiei^mirn.dMéev^^ïl^ilfVtwèteîeQt. Us n- ont fait 
énpml^ttbvU'^w^feiàtût ûnS'itMmrou flee distaocos 
qsSii'^n'Maîei^'llppmjfoe epwr JiM9e»nL-el| pour peu 

^)lae?ebktrèeootè;ri|i^que:teiiiper'il: Q^.lfur reste, 
d'un si long .voi«|[Oi>iq«i^'4e'yag1i9&t4^imsce0GeSt 
teftesânèerjtaioes?fU9iJkp!q:uetleSfl«^gj84g^ ne peut 
noB«ohaloQqrel.di»]sèriwii^ •:: ..cA r 
'^1 iiflflr^erijîe ?yie'Oê^ àiH z4»^ TT^akreuris s'applique 
âgal^emenl aMi^immtiei^dAjjft-^ibeÇL , , 
'''rJëil^^4^1as}ef«lalôfe $kipiffipa^iH:<erpràs^Toir recueilli 
ati^in^ideToeetktis disses d'homme^ un grand nombre 
d^ritiDérairea^' «jui.^ie^ in'pnt appris qu*à douter et que 
je me gardknn^ . bien de publier sachant ce qu'ils 
yaleftt, -I^Sri^di^tiops et les itinéraires des pèlerins 
noirs, des étudieâls .d*ENAzhar et des Djellabs ne 
valent presque rien, et il me parait imprudent d*en 
faire usage dans la construction des cartes. H. Jomard, 



}§[ »ft*9S«W> »iiflpïWl jèoTOli Ji^uar, anifëe , lki«îUf)fa; 
donné par un savfiAi^i9à(»^îil|iato%-'iiiiùb gùil Ja o£buo?i 

c^^ l^^pfi^rf ^<|]§yiwidMfr»toeî9ncnidntsliirïlfo 

4^mi ^f«Bj^§i;9fi5A|«iU'j6to*B^taiwiéfptbaibki<dtt< 
qpi)Su]^yg(pv^§/r^.-jiaoJriJirj'xn <i , nilni.j non* 4'i*3'- 

^M^Çb^^^ôHPW éi¥ielmikq«entiifcirai kb fiàflmodîi) 

La seconde coroprçi^^qI^j|^iiri«Mai4|fBlca3baflèi3léJè 
§9yf*Wi?fi*;M'î»ffli'***fc^«^ft« 9Vé wiAlOtliyaledcisacjkii 

cjM^5m^%^^*ftW*^Wèf^W|feM^*qtt^ i^?G^»ii 

déceptions, que j'4tgg^çBU^^^0lltli M»qMdtattnel> 
de; ce'5ç,^^riçijq^p[vÇ(i»W^ftSftWft^séi}dtfi|i ^tivti* ItœiUle 

parji J^os^jbfp^^,^, ini'-jcjnoo yï ^n î»i .yonisiloîa -^in.. ^ 
Un.de.mçf Africain?^ ^c ]çUftiJ4i^A^^ 

chef de chambrée dçs:étudiau^;^^Â^ii^$J^^A«bar,'in- 

terrogé un jour par moi., si^r les Soudanieiis qui se 

trouyaient au Caire» vint à uic citer un parent dit sultan 

de Baguermi. du nom de cheikh Ibrahim; il m'apprit 

que ce personnage ayant efleclué l'année dernière le 

pèlerinage» se trouvait encore pour quelque temps en 



AlicMbhd BM 'ipactaïaitflbtafflfb %^ d'un homme 
ifAfUiçesl.dbfêwaoa^ib ctot^oàt iW^i> concernait le 
Soudan et très désii^Ml^i^i^lJélrtti)^. • 
•uJ^'lii^iî|iAbddlnt| àaxrUMfiitn^lVJ^Bié^l^ possible 
lft^Ktyib(lial3biiiiii§bdm'tiJwi^iMlll>'\)âs attendre : 
i6Qi&«aitGatéeix>ù:Qlift/a)fiéiiftt«i^é|;â(iaxIparmi les noirs 
Qkpta fie tvio^HBiB fbruioies^lAm». ^^ trouva fort 
liéui4dRd0cp<ittyaitIpaisià8cli«qikfe^^»^d^ heures 
dans mon jardin , à m'entretenir«i£té''l5Ôtt''pays et à 
raduûlKrdèiina^ 9idbil(^«ale Uo^lâQiiWdê, ^siieé grandes 
débomev^p êd iané^iénMvAfMms^ ^^èi^&^uv les 
doctrines dei'i^rifliQi^cAîti^flsAlfÈÛi^I ^iiBl iUîf è^t 
«éIdlfficii0îalelpi«wiîM|»^pfe«5'i4f"^^ obaoot.-. ni 

é(]d»iéipoqr2ab ilOkq^qûoi^&èPéii6ér«^iî«cf?^^pKs 
part à plusieuiiaâtoifi]«|««s4%dt^'è& |>è^ WVi^M 

ampdamlaâWtféf^f iI(t^â»t»»i»qM»fdift'i ^^ 
dans le Dar-Sila; il parle, en outre^é sa langue ma* 
te9faett*fiidl^ra»tib«vie#lââgâeâ^B^oiî, du Waday, 
du;Dlirft>Wf(«M fltri^^^ië^ffîfra^Sarà. 

ITsant 'dvèc lûii'dè^^fgé^nspectlon et même d'une 
certaine méfiance , je ne le consultai pas d'abord sur 
la^^c^'dipbiett ^)b boifa^e'Açai'par lui demander quel- 
ques rénseigdeûbéttt'é sùfThisloire; il me récita d'un 
trutet en con^m^nçant par la fin, les listes royales 
(le diverses contrées du Soudan ; je fus tenté de croire 
a une mystification ; cependant la durée qu'il assignait 
aux monarchies, cadrait bien avec le nombre des gé- 
nérations et celui des princes ; ses indications s'accor* 



ffhirfaiw làfMs Fnflist dfccdb0iJ{ttè)'«Amiis ^AjéhrecMtik 
ll«8l/4nesjilai4iil|Miiteihie^l pkn naBw.'^hrtjc ony ti t — | 
plitft vtiiiiq<iBb]al)leBiât)^'éIe èérdM'pfflsi l'ecodaritui 
qu'elles jd«im«tit:>MT« f»iàiâ^A-]ii9 m'^m^temiià* 

nieatsàceqaej'écrms alors «t |«le ferBÎ 4tfo>leicenA 

.S*tisrnt'dasrrMBd%peiheBl» que l»«bt&h IbraUcA 
n'fMVfibtMnni ison^rhîsteint j'otéi aboidn* ta'gAo- 
Hn^biri :|*ilivdîitfilit>a>:qM j'en^' HjoktenneBi ii^aftk 
égasd'.mAparainentfltih-^^nlft'piiM gtftùds C0BfiBDa«>i 
part» qu'yu-nhim «t . ri'anotiid ttna Dânlnni -, : • Cla|>-) 
petttm «t hMiBjBfeaw» réctsMi.irpwir'toM c»qm caalrt 
à ont pu ittÂr'^we.mmyfokmA^ ^^x i»tm[rmi%e^-fiit, 
F«cbecAbobmdlïi-il«LBh(gilhAJfcbai*BM«n«l«igit.hir- 
toum à Soakeo, sont parfaitement coDfona:ie*3fecafpifr 
jWiEsiàL'pMH'}ffi«y«ineD«tes etiJi^Mnne]; ttittil- kst 
feM^aiimidja*cord&\iacbltn-DUkn]BElqttefiB»4atabiai^«[U<' 
tn*e<aiir ^(eipapieil «■jt-ilB.induMaixiiMffiteiiamlvtr 

lon& .sas nioâraiéfaD tfifot ]f»«îiliB<j!ii»^j«bar>tiijqKlii^«tl) 
po8HÏble de former des triangles; qu'il r0OM>OftH,9ÉI laurli 
Molq pttsâlftVsl^i^wpmNitwria.'tDiàevï tasisof tiS&s 
l'pJaciiiJîiipWc» ^îenfiqyf jO'.ii'ai aoèHN> 
nat^ide'Bbfeo&llft'iBH •i:qa'tbaili*idît-BBtar 
qu'il sait et refuse de -pàrlnn^deax ^feUnAi 
□xer^ogé suH Htiâa» ilWcn iKHailBfl7lK>|Ck{£- 
iadiqoto la ^Bslaniî àw-ilit queJ'pnm^ 
j paaee. mais di^laeé n'y noinpM^éM et 
BToir dtTfeblag*. QneationDé aur l« court 



liiîère 7pi(^ ^'prte j ë€i]6Mfl«oelt^ dttcBanlIal/aiQ ^di Aà 

Mit rira %k|dii0 éî^q\ifïh*igè'cvf rdili{^)élê«ft«bt^'l0ètfp 
rifière tè j^tta* dat/s ie4liU'qu'il*n!»>YaP'qu'tn|i|fOii']arai 

Je dirai de plus que les indications du dlmkb Vbr^ 
hâm me parait^âdàt'fepi'xitt* PBxplioatNrn^ëtle letpté- 
eiaede beacKoup defaita^îiit^'A' préseiir vaè éxfKMéa 
on mal eoiixprissiilsîalile«lTUB0'Jilaiiilr« trèb mé :SD? 
biefldéa^etrteas Mgtttlnripli'oiiactinBr3i!6:fl!Dfitj â aia# 
yeu^, de 'vitoltaliles^ rérvélatiosn «1 :)e n'ai pn^ eraist:<de[ 
■s'air serfiy^ (tool* (eaqujrtnr) la> oacte^aiaei^ déAuttéQ 
d- une des p«i4ie9ifles|dnsiincoaituesdaFAfrîqoe*'' ' 
'^ AdotPew<ittti^i<ieiqnliMri érols»ÂcatiimA>i');'ai don-*' 
slR)it^ celles oamit. '» 'r^^^ur: u)î' t Nior- ,,^ ..or^ , •.•(.•; 
)^ieiin?fi :paBn«iftis|>ué& iilaiij^arQéa féé JMifcfae^tfliei 
vblepr- oenslaitlte àfiaqimUB-UI coftt'ildHQ'jlQù^QmEpns 
levifirî'airdÎBtiiii^tfèiiÉir.doBtràirB tioîaaortda 'dcr}oiMr«>' 
nâea : : i^;eéUe>deir«Dmàileè éa'ijia.ilf» dMect }!''S* tsii& 
iie» ciràpBQes)docsi4e^dliaelt 91^ caUéi tfcei: TrisBOnna: 

* .là fntakttfèr&ilaoo^îmirBitef tpeiiAr jbttseï ^gaifi efr quel* 
qocfans mteiefsgpéjneiiiii àoWt wilàtBy. tondis ^Ma^Jai 
trmâàiiie^dmyr^Hpiée enlradacdl^pinUlts^aktetices 
mesàMfa^EiKJigiHÉ7dcotte.Mf/ ^ • 

i^a ^odratedas uoàMKiéa dana iMtéiart aat trèa forte» 
pafte^Ueies nèmirakes né 'craignent point la fatigue 
et saivent une même ligne droite d'un puits à un autre» 
c*esl4-dîre sur «ne distance de deux à trois jottméaa. 



dan est cdU^^'^f feliDCÉs: *p«^jj(t4 mU«^geii>3li«Ëdfli( 
9^ dm wiànq ifiaV^amtiDiiifehfenloùtûé*itiir. quelles 
X«]citauiiii^âd¥i^uteM>*KittksT3cbifq«é) stnmun ^«rl^ 
BQilsfnpfli} pin8tilndBslflîfpf«q)lhM^tèin^ipbrt4ipqifid M 
ligne droite. .nriiliinU iUi:>i!o ;<l -j.<)'jiiii:>i t^'..i li r..>f!|i 

loiLqCliaiiiiaxJWI^n^eniliaiifbsMJdepilii loti^MM^ 

iDfnwj'q«e>f« qre«aaf ■l«d2hgItod4'BâiJ)gll«él [Kit4r«Wi^i^ 

-ii^apràtûArKwne^ofi' cobi^t«««MV4l<tiKtâb«u|ji iW^i«i 
qaotanNi JMtraënï^'j t^i^c ^-icfi oh noitieoq ui l'j Jncb 
Eld'après leFakih-Ibrabiia, utf<4»l(iMN-raiK(btvit« 
UkiBpeaneUTii^t-diaitfAqrBbelçclaffpf&UittiieilouUe. 
esUit gkiide) deotta (fasiQobdsfaq vft'piidïnn^tfai'irAaM 
Aa^lLiii^ ^dWtuatePffiiQM JAlinfée*;) i hiU,'A L ami/ oh 

Tingt-deui jourDées^aVînfâ4ll^lM»qiM<lï Û^ixbMSa 

llâi;faitoWiiU>te4pl[K«ieNtei4H»â«t-i^ 
B)ie3SoliailV<vp>itH)t>fJ^atf)^ufâvdii«« 

planrutsqiâqAnîrMv^deTttriefirJ'ètté'- 
isoD des itinéraires BurWara; lasecoade, 



sud de la l^^teitb^imltafm^^^QmlflmtttaMi^ddsqiiiâlq^ 

trM^lîmf^oâ?c^or6gîbI^AxHDaèe^|îfiar9Ib ^m9S{9éài 

t^Vh^fp^v^r^lQ^éoftnip^lksAiMWBîfL pmmm rtbdve 
jt)K^b^iironiiii% d^8ûIyenvbna«(tkalndîâ|iiiès,miJii^^ 
\A tàvp<i99i^cdt]'f4^é<p9itf^ib ^atpnîsltfiu 

quels il faut compter le cheikh Ibrahim. .oJioib 9n;gir 
Enfin» et pour!(]ffi(ndD^d» qn|a)30& rstàoksb plire adm- 
h^mài^il onM|Qbit»^di^b4itft)(kiJVfhd) «ftiikDcp^el 

paraissent si contrsi^Ifilml^ g^(^] i«f0OMÎJiflibjM(aXeè 
ki4^ 4uMi^^ftto^ft»»J^è8 vAots(ïÎ9f^n)tdc6iq«{itfn- 
dant et la position de Wara sera d^lfiitoinèf Maoïnop 

«9D4i]«il}git»bà4)flii pcèabdoâtflj) esket atkaiig lîrles 
de Wara à K6bé ; c«8'>mzte| smoBoni aa^ft. ^dèj^afo 
tei^k|9iDaâfp 9apàgfsfàbrà %9^màati4ov(ibéàii'xtki ddux 
ïï»l%*(»l/l>b ftW(P«tt)t^lh8-dilte§ft^uèfnuo( xuob-î^ni/ 

ceU^i^lJri^lftrAPt^Mpto cjfi^stf^kiim\:H Batétt^.de 
ambrfd bbMSa4Â4BMéI-dM<:MP^b\V«Cft tm^iSoniBrige^u 
9ad-pAlî^pMlirf|[$)grfiQrjl^^]toiélia/énjtaU4^ niièqiMidireG- 
¥[pi)^«a9u i^lUisfradjHi à partirrdtiEcf9tad}ironii^i^^ 
à4^*oae9t«iQrtl-ouesi» ou a» Dordrooest ponf gagnerle 
Djebel- GhikIU ; ce coUde^ énorme e2{iU4ueJa.&ongueatt 
de ces ^routes» ou mieuit de* cette toute et fait com- 
prendre en même temps pourquoi les uns placent 



K6bé au sud-e^^^^ç >Var^,, iandii|jciq^ 1^ aiitrea pla- 
cent Wara au aud-oueal de K6bé. 

La route directe \Jte'VàsnâMh Kdbé ne passe point â 
\VMft#[tioaiajiaM&ifiudHéqtifdcr>oàtteu«ll«« iàMcpa^^ijU, 
d AJij ii xéBêmkjqt^eilS^àèà. ii'0stïipfaB lAt l'«a|'(fasK Màna^: 
maiScfilutèl/iEili iMio4tett joûo^ iiesi-iièrdMist: d« f^Vb^ 
vîttè^aitiailjqMë laececbnsattlIiéaaaelilladielitJeaheîkhi 
UiiabflBUi (Quelqueii^^aibninMi xiiùat < <)ue, \M«raj ait 
à. Uesifi.pareé qscsi'c^panp «uk{ e^iphii&tiia KtMè 
(rjeaftfà-<diûa4&paint9ets lequel ik.dflireBtaelqHaier. 
pdqri^i^e; ifLiriiipiièiiâ8)!qiie le'lien liipyei^ du Jever 
du idbill ; or le. Dpbftt-^dUKaaliâ^ c'«at^à^re la dire»*: 
tion de la Kaaba, est pour Ice.géns à^liisàaL pe» 
panèo il'eat^nofid'est, of eat-^i^dfrd ! h^^lireqtioftj^teieiâe 

, cJ*a}oulerai en paisanl* qu&lfipcpitîdn q«ie:je. donna. 
à War«u satisfait 'il toutes ks ao^^^dDiuiièasiidbuptb*' 
bl^a al.'s^occorde jave&li8aD<HBii<infr de Mèé^oia Mb^r*-* 
fjSÈu , léu fitiir d é Sila^ ileiBéàavietpjiL'és t «à OMÂr^lant - 
el'cocrigaaataiosi Boe£quled'nulica(ionh isstmite^pav' 
leà àutfasr^. que i'Ai.pti]ailrÎ9erjàitsacai:!i'ftq9tii8Bei^UiBj 
je prâsemoautiffiblip^ AectikejlRimtàp^yé, poise cec 
UftVftil #w kd'j^Q0ltwii5'asai|;fiâfe£àILa^dlk^ÈidliU^^ 
p^ Je iiaf0ilJEkttjppell4|ltd€bdMlmirAdrtb^Jfefl^^ 
c^ trjiinil»: pour, impacfàit ^qulii* ipuiisè Aite^iBe^séi»' 
pas jugé indigne de l'attention id«a.^o^aph0Sii4|piL) 
sçs,i3onciusiota0jpqiiicipalê»oKni|tjap|H^àcié0bj^ ode 
ciiUq«i9 saYantie». Goiifiinii^s par l'éiiauifinpri^aislits^c; 
qu'enfin il ne sera pas inutile aux progrès d'une science 
dont l'objet vèrilafele est d'^H^rirb^V^ 
de iQUfi les peppl«3 pi aiyt Irjmp^pJ^s^Jikwiii^ilW»^, 



. i J>î /ecpèsé daMkiy im ioavbilipiuiiutteMiaieoinaaMif/ 
sous le' ràp^'t du islipiaU é'Abi^Ae ppti)mi4cètrà difîi 
séa I j'm> ptrU>]ic!-la rtègioD.)daff;(j|im8 ifai^taàAeiiooi 
lît-du: défient J8t.<ke ae»jQfe8ttDûsidôoaski(l)^:cla.Sea(iàMy 
eaiD que jcicUviflaîft'eBcave«»aiE4i{gkaL'dieft;p(uîcB bstiU 
vajks^tît région ;dte* pluies ingeteattlSB^ Je 'Con^ert^ à 
r.A£cBq«ie «eaârale .oà.nom de âoudaa (^gtiliby^^pluc:^ 
qu'il luiiest appliqué de|)ai0 le-MaroG )iiaqu'àl!É^yptft{ 
par taules le» pcqpulatîdBayhihibtetiiUi entre fa à wB ot 
atveq lai qaelqiœs refatti«iia.i ••> i ' ' ^ > i- 

IL înpoKte 'peuixfu'il ytaitidefr nÉ|;pes iiioi«) de ixL^ 
Nigritie, ou que dans quelques États de cette Nigiiliè' 
(midrebcqiDire desi^pcjuplea plutôt lironsés qoe qoirs, 
leJSqudan^n'eiiirfeste. ^ea moins Ja patrie des nègnés. 
Ezpoaè jdapauiè jloiatBs.iiEffi)9ai:tfeB.'de hos-oommeiAUà' 
1 ^ircupliMu des i «iraagers*. ciluiiivs à'. 1- &apâgràlMèi . ide- 
ses ;6Dfaat8v ie >8oadaii ai!eçU des ealoûsvi^pus dt^ 
|'Asal»eiecpeut4^iseJOièfiBede^riqdeL II a rep4uUaé de 
sou seio^ ^lé: (laiisj.Je^'déseit queikfaes^uaes de ^esi 
pifojdtfttf irilf ttirt 'j^iHiTy ^rf^f ft^t ^^\^^i^e*^'^, repoasié' 
lesi^ilnaip eti pdHfiik^DOHaaMAa èipôhaitieflàdes esèlaveot . 
lentemen^viléré lê8qtrtiiti()ett.la'«9ttléur de loaiesle» 
poqpUUidqs'dlfD^éaabt^iuij :i- . i .• » ". 

oLe &opdaàiLû'«|qaJ|»s jQaiikt'abiD'p^iiple^ aè {bmit,* 
s^LjfldrepicQOuiiaiiii loq ettniai et sa. figure sw HM' 

(i) hfi» pasii 8upposi^t.|e deseri; le Soudan partout arro5fe,,pai>> 
^ loiA entivabie ira pom^d*i>a8ii'. Donner en conséquence au Darfour, 
^ cMiàéWîîÀk*<pk t 4 ^ ^i^ftw^-lte Dom a'ottit de Foaf;c'etf 
prendra pour uoe île eue part du cominenc. 



[m) 

cartes. Sewhizhie en eeriMiM paiols aux parliea 4^ 
TAménque ou de IJnde dont la bliàtide etl pareille à 
la sienne, il s'en éloigne par d'autres caraclères el 
lahkau A patl dma k vaaCe cadre de k nature , il 
mérite d'être regai^, étudié, décrit A part* 

Mais im doh an méaae teiBtps k regarder» I^étudiar» 
k décrire daoa aea efoaembk, car k Soudan n'est pas 
un groupe <|iieIoonque d'Étals plus ou moins sem* 
blables, mais une des régions naturelles les mieux 
déterminées du glal>e, et c'est encore pourquoi je lut 
laisse son nom. 

Le Soudan a pour Iknite dans le nord crik des 
pluies estivales, c'est-à-dire entiron k iOT 1/2 de 
latitude boréak : au nord de cette ligne s'étend le 
désert aride et nu. 

II. — Régime des eaux» 

Quatre ou cinq fois plus arrosé que rfinropCy le 
Soudan doit donner naissance A de grands cours d'eau 
ou A de fastes lacs. 

L'Afrique, serabUble A l'Anatralie par sa forme 
massive et peu articulée, lui ressemble encore par Tin- 
décision de ses reliefs et k Cours incertain de ses eaux, 
presque partout arrêtées avant d'atteindre l'Océan. 
Ses rivières alimentées par las pluies d'une seuk saboo 
ne coulent pour la plupart que p^idanl itiivemage ; 
elles se répandent alors aur de vastes espaces, ou se 
creusent un lit profond ; elles se diargent de cailloux, 
de sable ou de vase qu'elles entrainenl au loin ; la 
sécheresse bientôt les arrêta' et les borne ; les eaux, 
pendant l'étiage déposent les matières qu'elles entraî- 
naient. Ainsi, s'exhaussent et s'étendent les marécages; 



( 105 ) 

ainsi se ferment les bouches des affluents; ainsi 
s'obstruent cerlaines parties du cours dos rivières: 
ainsi d'anciens lacs» comme le lac Nu» se comblent 
pour faire place à de vastes marais ; les grands fleuves 
se déplacent alors, s'ouvrant des routes nouvelles à la 
saison suivante, ou se divisant en de nombreux canaux 
dont le parcours est modifii sans cesse ; le Nil Blanc, 
par exemple, au-dessous du 10* parallèle, est un fleuve 
sans lit, il traverse des marais où l'on ne distingue 
plus de limites et au travers desquels il s'ouvre de 
temps à autre un nouveau chenal. LeGnok, le Miédjok, 
qui se déversent au-dessus du Saubat, n'en sont peut- 
être que des canaux, ils n'existaient peut-être point 
quand M. d'Arnaud remonta le fleuve, el des observa- 
teurs prochains ne les retrouveront peut-être pas. 

Il ne faut donc point s'attendre à trouver dans 
l'Afrique centrale ces fleuves au cours constant, à la 
marche réglée, auxquels l'Europe nous habitue ; les 
fleuves africains perdent chaquejour d'anciens affluents 
et en gagnent de nouveaux, d'anciens lacs se comblent, 
des lacs nouveaux se forment, et si les géographes de 
l'antiquité nous eussent laissé une meilleure des* 
cription hydrographique du Soudan, cette description 
différerait trop de ce qui existe aujourd'hui pour qu'elle 
pût suppléer à nos recherches. 

Je ne parlerai ici ni de la Tchadda, ni du Kouara; 
je m'occuperai du lac Tchad et d'une partie des eaux 
qa'il reçoit, d'une faible partie de celles qui vont au 
Nil, de quelques lacs sans affluents comme le Fitri et 
de quelques bassins sans écoulement, ce qui complé- 
tera à peu prés l'étude hydrographique de la région 
comprise entre le Chari et le Nil. 

X, àOUT fiT SBPTXMBBB. 2. 8 



(106) 

m. — Le lac Tcluidé. 

Le lac Tcbidô visité par Denhani et ses compagnons 
Ta été, plus récemoient encore,' par Rîcbardson, 
Overweg, MM. Bartb et Vogel; sa position est bien dé- 
terminée et ses côtes ont été relevées sur line grande 
étendue : Test et le nord seulement présentent une 
lacune; je ne puis la combler par des observations 
qui mérilent pleine confiance; je suis toutefois à mènie 
de compléter approiimativemént, d'après des rensel- 
gnements puisés à bonne source , le tracé du grand 
lac africain. 

Les terres les plus voisines à j'est et au sud-est de 
l'arcbipel, visité dernièrement par M. Vogel, n'appar- 
tiennent pas encore au continent, mais à deux lies 
dont la plus orientale est très grande ; séparées l'une 
de Tautre par une sorte de canal, elles le sont du 
continent par un canal plus large, peu profond, guéable 
en plusieurs points et que les Arabes du pays con- 
naissent sous le nom de Babar-el-Karga, rivière ou 
canal de Karga, la ville de Rarga s'élevant sur sa rive 
orientale. 

C'est dans la grande lie duTcbàdd, appelée Farram, 
que parait être la capitale des fiidoumâ. Farram est 
le refpge ordinaire des gens de Tilde, et de Kargas^ih 
y sont poursuivis et défaits, la seconde île, p^us pejtite» 
devient leur citadelle, et les îles du milieu du lac 
leur offrent autant de réduits imprenables. 

Karga a été signalé par le major Denbam. 



U^ 



{im) 

• IV# — . Le C/uiri. 

•• • 

En outre du Yeou, sur lequel je n'ai rit^u à dire (1), 
le Uc Tchàdé reçoit leChariqui s*y jette par pluMeurs 
bouches; ces bouches ont probableu^ent subi de fré<- 
quents chan^eiuents : le développement remarquable 
que présente le delta du Ghari porte en même temps 
là croire que le Tchàdô se coifible assez rapidement; 
Tétude de, cette question serait d'un grand intérêt et 
faciliterait la solution de bien des problèmes d^hydjro* 
graphie africaine. 

Le Chari a pour aflluent sur sa rive gauche la rivière 
fi^ Lqggonéy qui reçoit elle-même sur j»a rive droite la 
rivière de Binder. Lu peu plus haut, le Chari reççit 
encore» sur sa rive gauche, le Batchikam (i. e. rivière 
ded feuilles; 9 mais ce Batchikam semble être plulot.un 
bras ou un ancien chei;ial qu'un affluent du Chari. 

La direction du cours du Chari en amont de ca 
point, lait supposer que ses sources doivent être cher- 
chées dans le sud-est; le bassin du Chari ne peut d ail- 
leurs se confondre avec celui du Bénué; quant à la 
distance à laquelle sont ces sources, il y a lieju de 
croire qu'elle est assez considérable» le Chari étant 
une des rivières les plus imporiankes de TAirique. 

Les Africains ont sur les ^ources du Chari (qui parait 

être le IN'il-el-Abid] une opinion qui» souvent dèiigurée 

el Souvent acceptée comme un, oracle» a entralné^les 

géographes dans de grandes erreurs : la voici telle 

qu'elle est. 

(i) Si ce n'est qae Yeoa est bien son nom, Komadougou ne vou- 
lant pas dire autre chose que rivière, et tous les gens du Roroou 
que j'ai vus |« connaissant sous le nom de Yeou. 



C'est d'un grand Idg i9|>|^l^lKi^iii6^^,lllîM$44<ux 

mois c^ç, jWfïf ÏM* vl A Ôl^sijr^ (^%;tej«icVh^^ 
le Chari, qui so dirige d'abord sur les monlfif^ciffidd 
Ko/tth^,^,a;01ftjpilf«8j^ clWwrqftillAJtlllîîlJlrftllOesl 
plus qu'à deux journées pour se porter à J/es^ielcâq*) 
suite au sud. Le lac qui donne naîistoâ^èHi/lQ&ri 

i|Ppt,ajUi;%enfl^4>m>)>{r>0^iiviîi^ffeuqiji yàitàtiA^^'i^M 
H)fQriiiat?uim'#r|)9éf^nlé totJldlirts^odR^^^lteicbibma 
un tfoi^i^flPfC^K^c^Mlil^MDl df^ ^wAiiBlI laD>dîiBgâii2nab 

pvUj^f^J Q0J p^(liop(f0Îl!h^tctrjofoerTtfàigaBdaaBrt(ArrBefparob 
^QW^4fb m jMlvMl^ii^i0^fiCh9/;}iuiE[ 4etiiBéiYi(iHfeiknat 
informateur avait appris ce nom-là : peuiiâUoU'avliît-I 

Au centre du lac Roèi^Dàbô est une gra^detllr>bè 
0Îf9l] n«ti|^:£QtinAn.4iafitBigli ooo: ifidEotem EiftsQiés » 
4flïff iiM:i^aî[J!occl»Mnoc|c|fiaFtrir pluStbds. i<i/)*l> .ni <. > 
fi(€'(||^-toSil^ii<i ^itrièilr'di]cstIduflactKeèâ4Dà|>éfqiifa 
l'on rencontre les hommes velus à itfrj^è' (f(Mae;^4(^ 
«hauBôaoK daîmrv/leB «fburmlsifqtiift ^WA^rtfiibdi 4ies 
|koiitsietaiperfoide.>xl^iiot«%b ino^strisP'diintiP^MiilM^ 
rettd ploaqu'imlpAbablè^eedl» BuiltfàlKii^iuSJib^'. '^(^"^ 

V. — Z^J étangs du Uaguermi^ te lac Debaba; 

Un ]^é)»Jaai9M4V<]e>i&tfgaiijébaim€fioè .nxieJdUiliiii 
d'étangs dont, les plus septentrionaux ont étésigfaflUii 
par Denbam et dont voici les noms : 

Maé-Dinco (mae. étang lilt. bois, v. aci. imp. Bag. 
Dinéo vivier Bag.), eii arabe, étang se ditï'iiuuli plor. 
rouhoud; . . ' », ^^ 



(ma 

i'iiflCMaë'CKodêkiU^i ofinoL iL'p oj>i ftj > w^ ij, \. ^ 
Bordi^bidiifGrteMKasanèiil ^inl 'JtllM¥ë« t^éUM^' ti^i^'f slslé 

doi)[poanni^tan)dB;^¥n30fuvBial^aiHul]>i«qijM) WitirUéil 
simt)aA»iidnitei^bil(aé«Didéa^f#it0t«^ m effet d4ttt» 

La ville de Mèsna est constrmlf iMiéstéorUbâi bOi^t» 

, c!AiDaild-ffi8à)dfe))là6ôa^UliBiâecl^ti80iliénii«^ ^ètif 
cour» d'eau .^iohtulq Mv^çp^eiiMttloioibllB'f^t Wt^ 
dîipè<j6tiFB^/d6 ;iliaiishe9 db '^iént id|e dVesC^diid-^f II 'On 

^oli Bf4«i9vift(iiRt3 Aafuipjmiffnde «évîmnide Masâa/<db 
r<Q i w » rt te^ lia» f fea^t eiiom l^ajsoUrcsbHibeffialtiiateDii 
être .4^aK«iii(^X:MllrfjH aIfcrf««bIi<(lAa^d;npHni(|éiMra 
Rendji» Deodeia et Birket-el-Ainy le Kendji forme un 

parait être assez profond ; on le nomme lac Kendji, ou 
ln^Dfebab», daraoïindiuaédbfridditti^laiabèf^ÏM^st 

reinoagel ipio? Jnob Jj mtulneCI ^r 
, VI. — Le lac FiirL le Bahar^elrGhzaL . . 

.-«a . jfnr .Ion .V ,8iod .Jlif ;§nBJ9 ,'^vNi\\ ) oofiKl-i»i>i/] 

iliei iàe^>Villia)aiH^Jpett(HDkdÎ9tab]qef&iic^ 
Debaba, est & peu près rond et peut avoir d^^^diMx 
journées à trois journées de tour; il ne reçoit aucune 



nié) 

rivière importante; qMelquea torjreats qui 8*y préci- 
pitent des monts Médogo, Djaé ou Mataé et les pluies 
qui tombent à sa surface suffisent à t^éparer ses pertes; 
sa partie centrai est ocdopée par une grande" Ile qui 
protège Tindèpendance des gens de Yawa, camttiè 
l'Ile Farram facilite les brigandages de ceux de'Karga. 
L'eau du lac est assez profonde i pendant la saison 
sèche, cependant on rencontre, â l'ouest-nord^uest et 
à peu de distance de Yawa» un gué qui conduit de 1« 
terre ferme dans Tlle. 

C'est ici le lieu de parler du Babaf-el-Gb^ftl, qu'on 
a trop longtemps pris pour un fleuve; le terme de 
bahar egh ghzal (mer ou rivière de la gaselle) ne s'ap- 
plique pas en arabe à autre chose qu'au mirage; le 
Babar-egh-Ghzal, qui forme une province du Wftday, 
est une vallée très large, très fertile, qui doit son noïa 
à ce que les phénomènes du tnirage y sont plus fré- 
quents et plus remarquables que partout ailleurs : à 
pelnie a-t-on franchi les collines qui forment la tiaiîte 
et Tencéinte du Bahar-egh-Ghzal, qu'on aperçoit la 
surface calme et bleue d'une vaste mer; cette mer 
s'éloigne bientôt et disparaît. J'ai remarqué déjà ^e 
le mirage ne se produisait point partout-égalemient 
dans des circonstances atmosphériques pareilles ; le 
mirage a son théâtre : fréquent -dans une contrée» il 
est rare dans une autre dont le rilimat est semblable, 
et sans doute il ne peut se produire que su:r itA sol 
* d*ûhe certaine nature. 

ÂTant dé passer au Batha , je signalerai deux petits 

cours aeau intermittente' et (fui se perdent dans le 

' sol^à'sà^oi^îeBàhar'eh-Tin^ko la Ilivière-de-la-Beue, 

à trot^Jodrnées atv suâ-oùesl du 17jet>el^Hédogë;-ei le 

Doei qui se perd à Dagal dans le Dai>Siia. 



(Hi) 

VII. .— Le Balha\ le Batéha, le Wadi-Barè. 

I 

. £0 arabe, le mot baiha s'applique au large lit 
dAptimiiet pierreux d'un cours d'eau mis à sec âa 
mowu» ,en partie. ;. 

Le\BaUie du Waday n'est pas autre chose : on s'esl 
fart ^0(;upé 4)6. savoir s il portait ses eaux ao Fîtri o» 
Aulac.TcUad directement» .00 par l'entremise, comme 
le fpulait M*Pre^nel^ du Salamat et du Ctuin; le Batha» 
cependant» ne coule ni à l'est» ni à l'ouest^ ni au nqrd» 
ni au sud» il ne coule point du tout» bien qu'il ait pit 
couler autrefois et puisse arriver plus tard à posséder 
un lit continu. 

Les bords du Batha sont occupés par les Massalit; 
«'est de ce nom que vient sans doute le Babar*Misselad 
deBroifoe»Browne nous le montre se dirigeant vers le 
. oordrouest s gette direction est exacte pour la partie 
dtt Batha sîMiée immédiatement à l'ouest et au sud- 
ouast de JKobé : eue traverse obliquement les monts 
MfHrrdi al le Wadi-Saieh qu'elle suit » court directe- 
ment «i&d^est et nord-tooest. Je m'étonne seulement 
4|ue Browae n'ait pas donné au Batha son véritable 
noAi fonrian» qui ost celui de Wadi-Baré; le Baré» en 
effeti n'est pas autre que le Batha oriental» bien qu'on 
ait voulu en faire une rivière à part 

Le Batha forme une chaîne d'étangs» de marécages 
tt^A flaques d eau» qui part de Seyta près du lac Fitri» 
qui en est séparé par des hauteurs» se dirige vers l'^st» 
jpuis vers te nord-est^ se ramifie pour former le Batéha 
ou piatit. Batha, qui se dirige vers le nord» se continue 
4wsl^ nord-eal josqu'au Djebel Ghalla» se dirige é 
partir de.^ pptat «vers l'est, et reçoit le nom de Wadi- 



{ «> ) 

7.1) n eoa noî'''»v lirv-b nniHicG nb boe ur. insluoa iop 
"■.i;,'i: .1 îj/'ol ?ijf'j ?rq ûuiGi ao'a neibel/I-uodA : leg 
qui aurait servi de limite au royaume do Gaogfii(A«Mi 

de Gaogn, qui me parait de jovni^'lMq tA»lkjé9f«tm9i 

$WAs%%iW*MÇP.^JHbl»«ÎWÇ4><»jKdfl!f*)ld«P§r«^4tH^ 
geait au norj)f:f5^;(^fft^n^j»pj,,4fffftâ^ IW-tod-ett 

fl?'è^♦sçfftJ«2^«!w^6feftftes8aîfeHtc^l.^l8i?pkîl.ffel<^ 



qui coulant au sud du Darfour défait verser ses eaux 

dans- ]i<f,\î^»K; ç^te^f;\\^^lV,l<^^g«<^it4«%^(^^•^ea-dffI f^ie- 

gat : Abou-Madian n'en savait pas plus long n'ayant 

]^«>^bya)f»'âè'Ic%i'^i«^-ét^fh'Hi^'ti)tflH^ itëé ^léèiiîé^ le 
itt»(bMS'"^'^ ob aoiUK/oi iir, ol'uml ob insr. iirfiiir. mp 

VWWflM^'tél !H»iF»'«¥."i •'•' ^i''"i'I '^ra iup ,.::;or,0 A> 

a(i4«el>i(i«WÂ âbnheié^fadtiiHlij l»fM<;i^fndi^6beS 
fc«iâMi»M({^is)liilliadtATâaud'^àJ^h>UiJ'alktaVicè''& 
lVidetft^ë4«cle«\i^^sotf<èttAd^(«iii^,aSkl11^i^Vè'6evà^ 

Depuis le mémorable voyage de M.' â'A'rnând',' 
Vialk*dnd0iaë«iiflluëM^ffri«D(^l 'âe^biïfàif^lus être 
nd^^ldéilléi^4eÀ l«Â^hayé^'â'^€Ja>rès coBCor- 
donlSMi)9t^iirriei{)tir^^|9ëhnmtbiM9Wira^^^ le cours 
|bi^ii;j|^^l4tie''i»9^(iè'âi$'iaè''1Vbl La Société de 
géogttiphïè ^'^\\é^li fà ^ëd dé temps deux caries, 
Tune de M.* Vayssidre qui, d'après des rapports recueil- 



( ii* ) 

lift fl«r les lieux, iodôqQe k: cours do fieflek jutfqo'2 
(in village ooinmé D)<mkov, t[pi estpeutHètraileDî/tAkil 
de ma carie (I^ofnkor est pevt^élre éubsî DjoAbhMr^ 
synonyme de Medjous, idoiàlre,. plnnel Ilgenaltharât 
Dfenakherah ) ; l'antre de ML Bnin-^RoUat .qojy.pln^ . 
aiidacîeM, faisait sortir le Kéllak du/Jac^Fitiii) : i n\ 

J'ai obtenu, quent àaaoî, «urrOnim^^t-fTiinei^.lek 
reûseignements soivafits de FenctîlfMle ibeq»iBl6'()ê 
suis pleinement convaincu. 

. Le nom d^OnimTet^Timan» mire d^ îm^eauxi qui 
«er( à désigner cette rifiàre, lui a ^térdoi^né pwce que 
la femme d'un chrf dea Salamnl, n^mmé Issa Wad 
(otitad) D)(iarouUé, accoucha sur ms bords de deitf 
yumeaux» qui forent nommés Haasao et Uoa^tiG^ C'est 
à une journée au sud-est des montagnes de Médqgo 
que i'Omm-Timan prend sa source ; elle est eéptaré^ 
<dti Ft^i par les monlagnea qne )e.fieos -de nénwier 
-et le Djebel-Djaé qui les continue à l'ooeU; elle se 
dirige de l'ouest é l'est ; ses bords sont béquefttés.par 
les Arabes OuAad^Raehid qui paissent des be8ii&; 
-rOmafr^iman travsree ensuite le tenritoireiées Arftben 
-StfkkEf»!^ k»âge ien terres dea:Dad)iis. passe an-^eseaMS 
duD^dei-tUâe et près de la ?Uk de Beukbaa.qiii est 
la oapitele du ÛaivRdna; de B<Hikb(iSf il se dioge* en 
longeant le territoire dea&exegat, le Dar*Fdâ^;Je 
Dar-Goula, le AamBanda, sur ^je1|ké, puis sur le 
Djebel^Raebàt. G^eM à peu de distance au euKi4ssl de 
cftite ntontagiie qt» se» epux doîv^it se joindre à ceU^s 
du l4il. 

L'Omm «etHTÎDDma n^esl pas. une rivière pearo^eo^te» 
eil« ne' oeule pais pendant la seî^ea sèebei etaoniiit 
lariloe bloq»^ uiie «tfafitoe dei flaque» ei d'^H^nea mm- 



( li» ) 

bla)>k ^e toat'paint à la chalae du fiatha^ C'est pooi^ 
quoi»^ lîea q[iie7l0'4évelo{q)efneKit de l'Oauft-^^TioiftQ 
8'oit'c<ff»$iâéral>k,'etbien que la direotion ouest et est 
ttets0itëi9mdre soit eiadeibenl le proloagement du 
Mil ^UoD» eoire lelao Nu et Tembouchure du Saubat^ 
on ne deit pas la considérer cccQDae le Tériteble NU; 
IftiKir^'qâi possède plu« d'eau et peutfttre navigué à 
Mne'cbsUffiiee jfdds (ffnuide de son embouchure» a aeu) 
droit à ce titre. 

' Le'Keliak ti'en reste pas moins une ^(rande rivière; 
sen <}0<iii5 ne saurait, en faisant abstraction de ses 
méandres, avoir moins de fiM milles de 60 au degrés 
puisqu'il embrasse plus de 9 degrés en longitude 
sous on pai^llèle- mo^en oampris entre le 10* et le 
41' degré. 

Il 7 a pius t le Keilak me semble posséder» à l'exclu- 
sîoB du Rir, .)e privilège de faire monter les ^ux. du 
Nil. 

Le Soudan' reçoit des pluiee abondentes» mais 1^ 
distribution de ces pluies est très varîiible, tréaioég^le; 
le mênlelieu souffre laïKât un déluge^ laot6t iin^.sécbe- 
resse 'd^èsastreose qui affame ses misérables babUante; 
or It) oheikh Môbammed a remarqué que lescrpts du 
Nil étaient toujours en raison da l'abondanoev des 
pluies tombées au Darfour. 

Les pluies qui éUvent le ni?eau du Nil mùf^n et du 
btfs Nit doivent être ceHesde Tbtoiispliice nord» puis- 
que le^Mil ODOimMce à ^^rettreà Kha^team vers le 
mois de mai. Sous le A« parallèle cependant» le Kir, 
d'après don Ignatius'Knobleeber, oom menée à croître 
au milieu du mets de fanvier; ses crues sent» a cette 
époque de l'année, éiMidemmentipt'oduites^arJ^plHÎes 



de Thémisphère austral, ce qui luonlre clairemeDt 

l'équateor. '«""'"*' "" 

immenses, on concevrait au elres ri'atleignissent Kliar- 
loum qu'en mai ; mais je croîs qu'elles ne l'atteignent 
fM ët^tfeH^» iW'^éfc-âëkt ^»i^i^»^' lto48ti(ëi^n«4es 

ib^éiitigéi 4knw^naïjft8r6u»sbt4«iji^.«^ «A»aM«i^^ 

du reét«é',"iljâuV^t''i!kfA 'VHéÛé '-4t&mtAé^éëa'>ïÀii4 

séi'-èffllièiitj' AVr^ H-lil éa!i''.'^lé^>e^i^(^fA:è^vli'èM¥ m 

s. F4hâiififtari<iV^s^s^|Hnit;iuB^^uebiè'«t dë'H^bitë? 
rot%<(i à-«i' 'A if cMf M?e^ 1 ë< Érïlèt'^uf lë> Sitttk»' bfj^étil? 

de l'eau en excès-^"â^¥^pfiÛâ«e><«t'M"|^^é')d«>J«W 
a6Y»iiWfIhlcî»fertS'flt»Wèf/-«''' '•'•-' I' .••'>.!J:'i'i *;! -n'-. Jns^ut 

lM«ébèd)e^l^ie)4«» do* i;iéliàl, <<(«m>Hi^6r4<#f«i>> k^lfi^èfttli 
dU' m m=^mviiifii^Sîaé<^ë'ii^^\itf[}gaM^i*'im 
éàiiniSét Rfr <(fo{V«iiV'^l«ri'^éàl»«I^<d«nH)té>'#('\3«%bÉl 

ém^êMl éWii 6if HiHuefti^biQfiai'^.^âiprà'BiAl^iliféWé' 

ilftt<4if^dU¥i^ 4tn ^ÀMeV^i^tf,'" ii ''^ 3"<^>^ ^'u->'' 
dl incfolqms na ,8^nq ui> sno^ sdl sup a:> b diJâ-luaq 

el 8cq lusnnob iui on .es^ceu sia/ib u ootv>:> 1 ijo eio<l 



DD SOVDiN. .,u3Jn..pVl 



JnonjjbJJc'I sa è'jKî) iip ^îojd ai aicm ;;i:fii n^'up niuoJ 

ment sur la latitude, il est a8Sj9%ft^H««|t$j^^%gi|9MR 
<}0pt, lKfce|i&^»«M^^ |ii§1>8f>jff4«fai-^4l¥t<^Mb^«na; 

JMirn^Mi^JPtti^ WArP^i^k.i^^ksmmSkd'^m 9IN OAi 
lA(r^9&>ïfr%P>Vn<^)Kj#Kâ»f Jii^!S'9BB9RA>-AH 4llPKukb 

(i<*#l8tfâ€P)jihK4««â«1^9LfiO«fyftmH »lf{)*ayiMf#X»lt 

fleuve Blanc et U r^^igi^^ism Rfii» fe^Vbbfiêtei'teli 
peut-être à ce que les gens du pays, en employant le 

bois on l'écorce à divers usages, ne lui donnent pas le 



temps de se développer» Le baoba|[)>pâralt'af4fir pour 
limite sepientrionale le IS* purftllèb; " 

On signale à Walmeinet,dao8leBa{|u»fiiittiin aribre 
qui parait y être seul de son espèce et 4ottt Llefir^pro»- 
portiooB sont encore plus cblossalea <]«m> ceM^du 

* 

baobab; cet arbre est une des curiosités »aïistellei< les 
plus célèbres du Soudan; j'ignore eom^iéteasôM Â 
quelle espèce il appartiem: pMt^ètre eslK3t0 ubligaiér 
des banians? > 

Le deleyb, qui sur le lleinrte^ Blanc -ne dépasse pos, 
dans le nord, le 11* parallèle, commence h se 'montrer 
au Darfour par celte même latitude; Stouq-ed-Délèyt/a 
ou le marché des deleyb, qui me parfilt être le premier 
point où ceux qui se dirigent \^t% te siid renoMUfent 
te palmier, est placé sur ma carte par K^-dO' ontlpètt. 

le n'ai pas eu l'occasion de voir cet arbre, mais 
d'après le peu que j'en sais, je suis tenté de le consi- 
dérer comme une espèce du genre Cocos^ ou peut-être 
même comme «ttie simple variété da cocotier ol*di- 
aairë {Cocos nuei/era, L«), si commun a Zaïisiber et 
sur toute la côte orientale d'Afrique. 

Le baobab, le dattier et le deieyb» jiyeu'vent servir 
otîlomeot à la détermination des régions ou des lones 
botaniques du Boiidan; i}s peuvtot fanrtiii*a«asi des 
indieatiem préeieuiMs sur la latitude approoikée tfe 
certains points : il est évident, par exemple; qu'on de 
pourrait placer soua le 18* parallèle uee solircc»qui 
serait ombragée par des deleyb. Je sais bien que faire 
de là géographie poaidvë avec de là géographie phy* 
sique est une tâche délicate et dont les résultats sont 
vagues; mais il faudra s'y résigner tant que les don- 
nées astronomiques nous manqueront; le tout est de 



IH9) 

«efoir iseairmr à fHrOpos et a¥«c (âreonspectioii ées 

indications vagues de la (^Ograpbie physique el d^ 

n'-to accjëpUir las oOBclusiofis que quand elles sont 

^nmlÀnDàsft par des itinéraires ou d'autres données* 

' Le&«fliiii^o^a»y le laletihria sount, Thedilit» le taœa*- 

«taîetv k.itarei; le sycomope soiil coainaons à tou4 le 

fiondaK èe^ftsntrional s ces arbres y ferment de vastes 

larèlsdont les^ d^îrières . seules sont habitées» et dont 

les profondeurs n'ont pas toujours été sondées: ces 

Cof!èti.niysiérîettses, èsile dfrs bêles fauves, rabougries 

rpaffce qu'eHes épuisent ^ sol depuis des siècles, sont 

h sout ^enre de déserl ^kb^) que connaisse le Sou«- 

dan; le Soodaii n'a point de déserts arides; mais, 

ooouaie TAinéf ique du sud et comme l'Inde , il a ses 

flaatlos» B«s càrraacos et ses juntes. 

IL — Distribution géograp/Uquud de quelques espèces 

animales. 

C'est près des grands lacs, des étangs ou des eaui 
courantes que se groupe la vie clans le Soudan. L'hip- 
popotame habite, avec le crocodile, le chenal profond 
vdes gvanoks Aeuves (1); il abonde dans le Gfaari, près 
«t a«i«4è66os deiiOggoné; cto loTetrouve dans l'Omm- 
'et«-l%BMB, dans le Tchàdfr, dans le f itri, dans le lac 
fiebàb» et dans lès étangs du Batba, comme dans le 
-Kouara et «lans les affluents du NiL 

Le» Africains en distinguent deux varièlés dont l'une 

^j) Pei^t-étre j creqfe-tril les Co3^9- qu'il h^ite^ peaC^tre soi^t^ 
elles Pouvrage de la nature; dans le premier cas le travail des hip- 
popotames expliquerait jusqu^à un certain point la conversion des 
cours' cTe ait eh chapelets d^étftHgs profonde, pht^omèné si'fré'quebt 
dam toute TAfrique. 



( ItO ) 

est de couleur claire» ra^tnrde cmle n i» fa tttèa fc C*eftt 
près de ces eaux que se dMMMie le rliin— éi'eii eè peulh 
ôlre aussi ce moooeéree dMsl ke àkuaimt « s w a ûnÊIM^ 
tiennent; d'après eus ,* ce aMweém wfftàà mh^gam^ 
c'est-à-dire le père oo le maHre-cle la e— s» perte eu- 
dessus du front une ceme Unsgee el droite^ teiiMt 
nuancée comme ralbàtreégjptiee» tMtÈkékmàmi cette 
corne est mobile sur une sorte de pédeacele charmi 
et érectile ; Tab-gam la laisse d^ordinasre retomber 
en avant» il la redresse pour combattre et en finqppe 
son ennemi de façon à le jeter oB' Tair et à le ftîre 
retomber sur une conie plus petite, ttUiée en arrière 
de la première» 

Tel^st le.rap|^ert des AA^icainak je ne ma porte pas 
garant. de sa v^^aeité, j'inclmeraie ci^endant à croire 
que rabrfliivn existe réellement. 

C'est dam les mêmes lieiix que se rencontrent 
encore Téléphant» dont )'ai décrit ailleurs les mœurs» 
la girafe, l'antilope» le buffle sauvage, plus terrible que 
le lion, le chameau et le bcsuf auquel les. Soodaniens 
imposent la selle et le bât. 

Ces graeds animaux , si redoutables ou si utiles k 
l'homme, m'amènent à parler d'un insecte aussi petit 
par ses dimensioBS que grand par les effets qu'entraîne 
sa i>rës6Dce : cet insecte, qui diffère probaUement de 
la mouche Isetsé des misMonnaires de l'Afirique aus- 
trale (1), eat nommé ham au Dsrfour et an Waday, 
bbdjotié dans k Baguermi, kigé au Bomoo, mbououba 
(pi. lodfi) en langue feilata; je n'en connais pas le 

(f ) Lft iMomlie tmfté niittifÈc \tt ÏMtmfê, landii qtte la moaclie S«m 
ne les «llsqee p«i. 



1ÉWÎ MrtëMH^M^tf^^^ 

U véê^têè^^ 4>«hl« 'toi 12«»< )lAtâl]«tè' , >éuiP d<tf ah^ if 

cMUtf il'^i^ të'StiifK Wéd aViditè/'U'înYér»» M^'ehtl/ 

dant la saison sèche rélépbant, dans leè'éirèSH'éB ^ir«' 
<fè«!l irë^{btt*éldMt,^e«'l^É^fr ÛCr1àc'^MMd'6;'diJ^ €hari. 
dëï^retÈdfMM^lWëti^ët^é^iMN^fc #^Mnéritjfie^'at>prës^ 
de Sairamban ou dans l€r<VMtië'; ^%à re^ttëdd^t tes^ 
dkU^éWrki'fl tteâSfèë 4é'«hefAI>ét'raf^e ï^ cavalier à 
r«*W»^*i^daw»ih8d%tte'sorliBd'e'lilefi*'*' ' ''♦ '*^' 

'4Pé]^iBif^)Àré'éetiefMànt'ic Bœuf^t )[ «n- résulte tjtié^' 
lës^Apat^éS'^e^pakftéiit tie diàmeaui^ qn;«' snr la lisière' 
septentrionale du Soudan et praTSsèhi'des'bœufs'pairlour 

•<U&^^ft<^(fè' «éa6vriil asset : lo^qtte, dâigH -de suite ' 

>. • 

le» graÂriés' traits, sr'élèfe afssefc facilement à <!« générale 

• • • • • . 

lisfeniénrriefMf'ert piud lieoreut par exempte e^tniieut^ 
tr9iivé«qfiè>lésf aj^etMfiètiè^^delHr.^d^ Bcriéd.tr-BfeHti; ^ 
dei&Ah^,«âe SbiîMttÉ^iié B«d«Mi»i,«d«kf 4 sM sy^ètUe/^ 
ai^Maé tM filiM%gJb«^ed'^dutod<ler fti4)ttfc id§ ^aM\àuVâ ^ 
épkrteai d*«M4èPSètidéfti:«âKi' Ue^d» iHirft^t%^ t^irtV^uii) ^ 
el Bil (Arab el Bil) ou pasteurs de cbameaux (Arabes 
à diQiâeaui&:) ^ j\ik ^rniid, J##^(B«(g9fJ»ii .«Hn^&iliftiflffab \ U^i 
pasteurs el Bil ne sont point tous Arabes frorf flh/r (}r/e^^^ 

X. AOVT ET SBPTBMBBB. 3. 9 



( 122 ) 

lesBaggara; mais cette di?i8Îoii«3iiiipld.et iogémeoMi 
permet au premier mot àe recdnnéttre aous quelle 
latitude vit une tribu. Si noui'aflprenOM, par eSMitt* 
pie» que les Benî-Djerr^r paiBsent des' «ibàm^iit» 
nous saurons entre quels parallèles il nous feut leà 
chercher. ' ' .'• ! 

J'ai cité» dans Le désert tt le vSbiob^v leH Aflggam 
du Cordofan comme u0e tribu i j'y ci^^^s'^U-ttéiApê 
comme bien d'autres. J'avais d'ailleurs Tesetaipt^ des 
Kubabich (bergers) du même pays, et de^Màari (die^ 
vriers) d'Egypte, qui» quant è «ua^» eont bien réelle- 
ment de simples tribus. C'est^» entendant plus t'écemt' 
ment citer les Salamat» les Oulad^^chid et jusqii'aua 
Arabes du Bornon oàéri^onal ddniitie ba|ggtrttt» que 
je pris de meilleures informalibns et aoquis qde wou*« 
velle preuve de l'esprit de gènéralitotidn qu*app0rleAt 
les Arabes dans les choses de la géographie. 



m* PAjITIJS. — BTBNOaaAPfllB. 

è 

ParÎK 18 aoAt i855. 

I, — Dwerses races de pasteurs. 

Le Soudan fat habité par des peipples noirs ou 
bronzés, dont j'examinerai ailleurs l'origine et les 
traditions ; il eft parcouru aussi par dea nemades , 
appartenant à trois races principale9 : les. Touaregs» 
les Tibous» les Arabes. 

Les Touaregs se rattachent aux Berbers» aux Gbe- 
Ipubbs, aux Kabiles de l'Algérie ou du Maroc» et aux 



( 1«8' ) 
Zetiaga du SéDégal(i)) comme Ta récemmeat fau foir 
M. FaicUierl>««. <Qa . <sml que lee Touaregs, uocieus 
Oftatlres 4eâ (HMiia.du Meiad-ei-JDiérid, en oui èié chassèâ 
par l^b Ax^^^^ iof A de i'îrrupUoû <1« cet» derniers ea 
Aihq^e. 

Les Tibous sont un peuple ooiri doul la langue ne 
^êsiimle auc^M.â^appo«t soil .avec lu langue berbère 
ftoit .nYfc^ lit Ungue arabe: il est prt^bable qu'a une 
ép4>que «'eciilé^, iea Tiboue babilaient et cullivaient 
le ft>ou<iaa: m^ iova^iou les aura contraints à chercber 
uu reluge dai^ l<j désert iibyque dont ils occupent 
quelque .o«isis« Aii^ . paiaiieeAt plus sUipides et plua 
iuisérablj9s^ muios guerxiers>ei, moins noflOibrfiUK que 
les Touaretg^^ j'ai lail connaître deroièreoieut les Boma 
de quelques-unes de leurs irduus: je. ne parlerai ici 
que des Gouuda et des Sogeida, culdvateurs dans k 
Kaueui» des Kmda et des Gorààn qui paissent.des 
cbameaux sur les irontièreft du Waday, du kanein et 
du Baguermi. 

La plupart des Touaregs et des Tibous vivent de 
la culture des oa^is et quelqbei-uns d'entre eux ense* 
uiencenl les clairières du boudan : la vie pastorale» en 
ellet» est iiioins le résultat d'une disposition naturelle 
de .certains peuples, que celui de l'aridité de la région 
qu'ils babiieut: quelque mépris que semblent pro- 
fesser les pasi6ilrs pour ceiix qui cultivent la terre, ils 
se bâtent de la c«l&ver eux^ncièmes dès qu'elle leur 
présente dee cbamps feriilea : ils paissent parce qu'ils 
n'ont point de terres arables et cessent d'être pas- 

(i) Probablement les Zenhaçàe que Léoo comprend au nombre 
des Kumides. 



m- 

( *24 ) 
leurs dès qu'ils en possèdent. Il en est à cet égard des 
Arabes comme des autres nomades : tandis que - les 
uns plus pauvres veillent sur les troupeaux et dorment 
sous la lente, d'autres plus riches vivent dans les oasis 
à lombre des dattiers qu'ils ont plantés et dans dos 
maisons qu'ils ont bâties. . . 

La vie pastorale ressemble au^ prolétariat : on y 
entre et l'on en sort. Une grande partie de l'Afrique 
et de la Syrie est cultivée par les fils des Bédouins, et 
Volney nous a montré en Syrie des cultivateurs, qui 
las de subir une tyrannie sans nom , abandonnaient 
les récoltes qu'on voulait leur ravir pour s'enfoncer 
dans le désert, y vivre sous la lente, y patlre des trou- 
peaux, y- souffrir une misère nouvelle, .mais y jouir 
d'une liberté inconnue. 

II, — Les Arabes y leur origine koreyçhite, leur incrédulité. 

J'ai parlé avec détails dans un autre ouvrage des 
Arabes du Kordofan : j'ai expliqué comment leurs 
ancêtres avaient gagné le Soudan , sous la conduite 

d'Abou*Zett : j'ai signalé leurs, tribus; j'ai décrit leur 
manière de vivre et leurs coutumes. 

J'attribuai alors à la migration d'Abou-Zettplus d'im- 
portance qu'elle n'en a : j'exposai bien que cette mi*- 
gration n'était pas la seule dont les Soudaniens eussetit 
conservé le souvenir, mais je crus. qu'elle avait été la 
plus nombreuse de toutes, et c'est en cela que je com- 
mis une erreur que de. nouvelles, recherches m'ont 
mis à même de réparer. . 

Je sais aujourd'hui que presque toutes les tribus 
arabes du Darfour, du Waday, du Baguermi, etc., 
sont d'origine koreychite. „ , 



( 125 ) 
. On sait rjiie ks Koreychîtes persëctitèretit les pre* 
iDÎers musulmans et que ceux-^ci se réfugièrent auprès 
dii roi'd'Abyssime: ils regagnèrent plus tard l'Arabie, 
mais le fait de leur émigration en Afrique montre 
qo*à cette époque les Arabes du Uedjaz savaient cher- 
cher un refuge de Tautre côté de leur golfe, et n'avaient 
pas besoin pour pénétrer dans le Soudan de passer 
par rislbme de Suez. 

LesRorey chites, toujours eiineidis du Prophète, le me- 
nacèrent bientôt de pi us près :- Mohammed fut contraint 
de se réfugier à Médine (alors Yatreb). Médine s'arma 
pour rislam : la Mecque se prépara moins à défendre 
ses idoles qu'à repousser an dieu qqi la gênait et un 
prophète qu'elle détestait. La tteequa/ifulh vaincue et 
ses idoles renversées : son chefyidusuMSiifiaési acheta 
la vie et la conservation d'une partie de sa grandeur 
au prix d'un simulacre de conversion: les Roreychites 
durent imiter leur chef ou quitter leur patrie: aban« 
donner la tradition ou les toits de leurs ancêtres. La 
tradition avait pour elle des siècles sans nombre et la 
vie nomade avait été longtemps celle de tous lesRorey* 
chiles; c'était encore celle de la plupart d'entre eux : 
peu attachés au sol, ne connaissant d'autre patrie que 
la tribu, beaucoup de Koreychîtes se décidèrent à 
émigrer, emportant avec eux l'esprit indépendant de 
la vieille Arabie, ne laissant derrière eux qu'une ville 
transformée en couvent, un temple profané, des idoles 
redevenues poussière. 

L'Arabie ne leur offrait point un refuge asses sûr : 
si les murs de la Mecque n'avaient pu les défendre» 
ceux de Tayef ne pouvaient les mettre à l'abri des 
poursuites du Prophète qui déjà coutrait la campagne 



(12«) 

de corps de cavalerie^ chargés de la mission 'ptttffique, 
dit Abou*eUFéda, de recueillir des conTersiona : ût 
qu'il fallait d'ailleurs aox émigl^s» ee n^élait point 
rhospitalîté précaire d'un autre peuple, matsdee terres 
vacantes» des pâturages sans mallre et dévastes espaces 
où leur vue pAt s'éfendre sans rencentrer dfaotres 
hommes. 

L'Afrique leur offrait tout eela» tsar-pfiysiqae- 
ment l'Afrique n'est qu'une grande Arabie rila pas^ 
aèrent donc la mer Rooge et pénétrèrent dans le 
Soudan. 

Étaient-ils bien nombreux? Je l'ignore» Fhialoîre 
écrite n'en fait pas mention : traitée par des néophytes 
du nouveau culte, elle s'est kornée à enregistrer des 
conversions, passant prudemment sous silence la pro^ 
testation acharnée de ceui dont rassentiment étant le 
plus nécessaire. Abou^el-Féda rapporte quelques pro- 
pos tenus par les Koreycbvtes contre le Prophète et 
son culte, maïs il ne dit pas ce que devint le grand 
nombre de ceux qui ne se converdrent point, où se 
réfu^rent ceux que Khaled eut à oombnttvo en 
entrant dans la vîHe. 

On sait que les Roreyehites constituèrent jadis une 
puissante nation; ils ne forment plus aujourd'hui dans 
le Hedjas qu'une petite tribu, dont Burckhardt évaluait 
les forces à 800 fusils. On peut udmettre du reste que 
le nombre des émigrés ne fut pas considérable , car, 
dans une grande partie du Soudan occidental, les 
Arabes paraissent s'être glissés par familles, dont le 
temps seul a pu faire des tribus considérables. J'ajou- 
terai que les migrations sont un accident si fréquent 
de la vie des peuples arabes^ que leurs historiens peu - 



(127) 

vent souTent n'y pas faire atlention et les passer sous 
silence* 

Quoi qu'il en soit, la grande voix de la tradition 
des Arabes soudaniens perce le silence de Thistoire 
écrite par leurs ennemis : presque tous les Arabes du 
Soudan se disent Roreychites et sont reconnus pour 
tels : leur langue ahérée un peo par le temps , accrue 
de quet<|ues mots empruntés aux vocabulaires des 
nègres, est cependant encore la langue du Hedjaz plus 
harmonieuse, phis concise, plus énergique, plus gram* 
maticale et plus arabe que les jargons parlés en Egypte 
on dans le Gbarii (1). 

Les Koreychites fugitifs apportaient dans le Soudan 
leur incrédulité , tandis que d'autres Arabes envahis* 
sant l'Afrique par le nord y faisaient pénétrer l'isla- 
misme dont leurs frères ne voulaient point. 

Nous avons tous lu le récit de cette marche triom- 
pbale, qui porta le peuple arabe de Médine au Caire 
et du Caire jusqu'en Espagne : nous nous représen- 
tons tous les Arabes d'Afrique comme des mission- 
naires armés ; Arabe et musulman sont pour nous des 
termes synonymes : le Soudan, cependant, renferme 
peut-être encore des Koreydiiles idolâtres; c'est depuis 
trois, depuis deux, depuis un siècle seulement, pour 
la plupart, que les autres ont subi l'islam plutôt qu'ils 
ne l'ont reçu : l'islam les poursuivait à travers toute 
l'Afrique, Ha avaient eu le temps d'oublier l'existence 



. (i) L*arabe parlé dans le Soudan peat être regardé comme coro- 
prenant cinq ou six dialectes plus voisins les uns des autres qu^ils 
tee le sout des dialectes déjà bien connus du Gharb, de TÈçrypiCy de 
fa Sfrie* 



(128) 

4e ce propl^èle ennemi de, leurfluaieux/ quand le ivom 
dq.,CQ.jprop|}^(Q leur jTut^a^pQÇçé ;7 jls ^g se bàlèrenl 
pa5.d'^mbr:9Afec..i9g dçctqf^: Igs nqirtar^ j^rs voisins, 
pUi$^.çrédMl^âi,^})'euj;i» en Jur^^t leiv^tpremiers. néo- 
pliyies; plMS, ^'iinq^jtribu l^oreycbiie se Yit,(imposer 
]'islao;\ par up princç^da Soi)4%n* ou y fuL^ppolée par 
un apôtre noir, et si, comme le disait Mohammed r tous 
les p^pJ[«s,rODti f^. ^e^.tPropbè|es i l'exception des 
nègres, I, ili| on^,(l^^ moins fourni quelques apôlres* 
Solim^-i§p)op^ ^^HP^ ^\ 4^? ^^ conversion duParfuur, 
n'est lui-;p4m^ qi^'pn.demirArabe»^ malgré, s^op nom 
de SqLojî gf^.e^ 'fl^iS^^. fqçu^enne, signifie Ip Bédouin: 
so|^^pèr^l^|^i;î[I^ouiqQHi;ki«r^ mèreiseule appartenait 
à ]^,Jt(iJ,)U5if^ Bc^r^eh, et c'est en Egypte qu'il con- 
nut l'i^ilfin^Â'ui^, do]p^ les B^derieb savaient probable- 
roemj^,ftç^ïîft,lp.nom- 

J|a^ p^n^ifé^ 4f4^ ^^ ^^^^ ^^ '^ Soudan, le peu de 
cas qi^cItyS gen^ dç la tente font on général des théo- 
ries religieuses; pegsi.du Soudan ne se bornen|; pas 
à une indifférence superbe, ils aiment à se moquer 
d'un culte qui les gène et. devant lequel il leur faut 
quelquefois courber la tète : j'ai dit qu'en général ils 
ne jeûnaient pas ; ceux du Darfuur et du Waday se 
vantent de jeûner, mais disent-ils : — a Nous jeûnons 
» pendont le jour, comme le veut le Coran » c'est-&- 
)) dire quand le soleil nous éclaire, mais dés qu'en 
D plein midi nous rentrons sous nos tentes ou sous 
)) nos buttesy nous y trouvons l'obscurité, la nuit se 
1» fait autour de nous, et Dieu ne s'y opposant plus, 
» nous mangeons et nous buvons à notre faim et 'à 
x> notre soif. » Il faut de la bonne volonté, pour leur 
accorder que la lumière ne pénètre pas dans leurs 



( 12» ) 

Cabanes, pareilles à celles des noirs, car bien qu'elles 
n'aient que rarement des fenètreSt elles sont percées 
â tous les vents et ne donnent pas toujours une 
orobfe suffisante à ceux qui les habitent : toutes 
les langues du Soudan possèdent même un mot 
pour désigner ces trouées que nous appellerions des 
jours. 

Leiir peu de foi éclate encore dans les noms qu'ils 
se donnent : pai'mi les Arabes du Sennàr et du Cor- 
dofan» on trouve beaucoup de noms consacrés par 
l'islamisme; ces noms deviennent très rares» parmi les 
Arabes du Darfour et du Waday qui portent encore 
ceux de leurs ancêtres, Asamy-ed-Djahaliyeh (les noms 
des temps d'ignorance); j'en citerai ^elques-uns 
comme exemple, et j'indiquerai le sens qui leur est 
attribué, parce que les dictionnaires ne méritent que 
peu de confiance, et sont très incomplets dès qu'il 
s'agit de l'arabe des Bédouins, plus vrai cependant 
et plus ancien que celui des livres* Les Bédouins du 
Soudan s'appellent: 

Addo', ce qui veut dire celui qui trait (l) ; 

Djîddo', l'ancêtre : on voit qu'il y a des Bédouins qui 
ont la prétention d'être des ancêtres; 

Barcham, la garde ou plutôt la croisière de l'épée 
(l'épée arabe est celle des anciens chevaliers); 

Marfôin, l'hyène; 

Cbambèr, puant, charogne ; 

€hok en nabak, épine de lotus. 

Un chef arabe s'appelle Bourma-Kassar, la bourma 



(i) On voit que la voyelle Knale refea, caractéiUtique do nominatif,, 
est èoDserTéè dans ces moK, 



B^ml eassée, parco cfu ao flÉoaiBm de aa Baiésanta^ st 
tnère a emaé ud vase deitcrrav '- ^ ..!<., 

Un autre a'appelah T6ai, sorte da vwaao ('midiat 
dansles dictîonfiaurea),f)aroe:qilaaa'iBArt^xeàsaliti^s 
ppemières doolautade. l'enfanieoifcaÉ. taiidb qft'eUa 
eveîUait' daa mieaâui :flw lei;bord d'ua* 4faâg# ^ 

Un autre se nomme Foron-Gby, ce qui VtiH'^tVf 
en fourien, l'appautrisseur, parce que lors de sa nais* 
sance une épÎEOotie sévissait sur lès troupeaux de son 
père, cbef des Oii»kad-Mo«|8sa« . . 

Enfin, et c'est un nom asaei mal «hom pour un 
mMsulmaa» lercbef d<i$ Ghai^^liné js'appellQ^ Halleuf» 
c'est-à-dire le sanglier; M^^nf^ prend mèmei dans 
beaucoup de pays arabes, dans le sens de poffc. 

Il est à remarquer» du reste» qae ces noms sigi^fi- 
catifs, ou sobriquets , se retrouTCflil souvent .ch^£ les 
iioirsmusulflo^s^.et smitexeUisixeoieat employés par 
les noirs idolâtres : Léon a fait la même observaiioQ à 
propos des gens du- Boi^nou» idolâtres de spn temps. 

On retroov« parmi les peuplades de l'Asie « de 
TÂmérique» ou de l'Océanie, comme ches le^ patfiar- 
cbes d'Israél, cea noms qiii (orme»! un des caractères 
les plus constants.de la viesautage ou nomade. C'est 
seulement lorsque les peuples déjà élabl^i commen- 
cent à posséder une. bistoire, que (|ue]ques-unsde ces 
sobriquets, tantôt illustrés par les fondateurs ou les 
béros de la république, laiitôi consacrés par des pro- 
pbètes, des apôtres ou des saints, sont imposa i ceux 
qui naissent» peur leur fournir un modèle ou un 
patron, et sans aucun égard à leur signification pri- 
miljlve très souvent oubliée. 

Dans tous les États du Soqdan, les Arabes sont 



(tSl) 

tenos'A l^eorts ito kramtteukefoâ «MÎas.aiiDbrfouff 
qu'au Waday et au Baifoormi^ eu ilft pamasent ôfaie 
fû't onèfiriniaBi Lès «Haiâagca itiixies SM «ont pas. firé^ 
4]ttelItsiîLaAvtiMfi/aDBtl•pfMlé^ GbonàdanaJeBornoo 
tomiiie fibUkâ atarOarfaisf.; la termt dû chouà n'appacv 
tient pas à Farabe at: oe déaigu aocuaa tiibu ea 

m, ^- Enfunéraêion des tribus^ 

Je passe à la division des Arabes soodaffritsi M 
tribus et en groupes : 

Parmi les nôn-Korerychites, îl nous faut distinguer, 
sur les frontières orientales du Darfour : 

Les Kubabicb ; 

Les Houmour à Dëâd ; 

Les Hamar à el Atouecha ; 

Les Ghaikiés et diverses tribus du Kordofsn et do 
Sennar; 

Du côté du Waday, ïes ToUndjoui*. ^ 

QuttDl aux Beni'Diérar» tW paraisse Mra d'origine 
koreycbite. . ' 

Les tiribus koreychites du Soudan se subdivisent, 
comme toutes les iribuê arabes, en (erkas ou petites 
communautés, et s'unissent les une^ aox autres par 
des alliances offensives et défensives, de façon à former 
des ligues dont la composition est souvent aârses bété- 
rogène, les alKances ne résultant pas toufours de la 
parenté. C'est ainsi que les tribus des Rrelda et des 
Gôrààn peuvent en faire partie intégrante bien qu'elles 
ne soient pas arabes. 

Les souverains dc^ Soudan, désireux de centraliser 
le gouvernement. des tribus entre les mains de quel- 



(182) 

ques aguids nommés par eux» les rcuttissèàl d*Bprès 
les tenîtoires qu'elles habitent en quelques groupes 
égalMient artificiels : c'est ainsi qu'agissent tous les 
gouvernememsi.qui oomptent , sous leur domination 
quelques-uns de ces nomades; nous- «rons adopté 
nous-mêmes des mesures semblables ,eOi Algérie. 
- Jepnofisttiifah.pour le momen|. donner un tableau 
eomplefcflkd'djgues et des groupes que,. forment les 
Ara|)fS(duiS0ufUn. Je dois me borner à dire en pas- 

' iSùiié \4 tttj/tïi lëtrériquè 'd^Aarâlhft, oti comprend : ' 

Les Ghawalmé ; Les Khduzam ; 

'' ^"'IJei'TtoWajduri*^* • '^ ' ^LesDjealeneîi; 

Les Nedjmieh; •"•' ' XesOuIad-Djorsô. 

Les Dàgana; 
Quel()ues~Asj&lhà dâ^penY auprès deKarga; toutes 
ces tribus paissent Hes bœufs. 

Sous le nom générique d'Hawazemé : 

Les Oulad-Ghabbouch ; Les Oulad-Djima ; 
Les Oulad-Ghanem ; Les OuIad*Néel ; 

Les Oulad-Ali ; Les Ôulad«Fa!t. 

Tous bouviers. — Ce sont peut-être les Ferkas 
même des Hawazemé. 

Sous le nom générique d'Oulad-Moussa : 

Les Degbagharé ; Les Oulad-Hammal; 

Les Mabrad ; Les Oulad-Djabbour ; 

Les Kolamat ; Les Oulad-Abdaô ; 

Les Màfour; Les Oulad-ab-Karay ; 

Les Oulad*Kiresou ; Les Selemieb. 
- Tous bouviers. 



(ISS) 

Sous le oom générique^de Salamat : • p 

Les Beni4Ialba; 'l'ii* Les Oulad^Wdii .. r 

Les Bederteh ; ^ ' Les Oalad^Chedarai $ 

Les Oulad-4iotissa; Les Bcni-AffaD* - r 
Les Ouhbd^Chombor t .1- . - j . : > 

Tous bouviers. ' .'..u 

< 

Les diverses tribus sont un peu é{>arpiHées« quel- 
ques-unes portent le même nom sans qu'il y ait entre 
elles des rapports de parenté : il est à remarquer 
toutefois que le Darfour seul possède des Rezegat et 
que les Djeateneb ne se montrent que dans le Waday 
et le Baguermi* 

Au<Bournou on rencontre : des Salamal,- il y en a 
dans presque tout le Soudan ; . /[. / - 1 

Des Misserieh; Des Ovil|i(^-!pjiu]^a|; 

DesÂsalha(Gbawalmé]; Des Oulad-Ali;^^ 

Des Affan ; Des Oulad-Hamid ; 

Des Nedjmieh ; Etc. 

Dans le Baguerroi, on trouve : 

Des Rhozâm; 

Des Chederat ; 

Des Weli , qui sont les plus nombreux ; 

4 

Des Oulad-Moussa; 

Des Oulad-ab-Raray ; 

Des Oulad-Himèt» qui paissent des cbameaux; 

Des Hîsserieb, qui paissent des chameaux; 

Des Oulad-Ghabboucb ; 

Des Oulad-Maâma; 

Des Affan » etc. 

Dans le Fitri, on trouve : 

' Mi 

, Des Djéateneh ; ; Des D^g^i)^,., . 



Le Médogo fi'n paft^ â-Arftb^s^ ::..>... i ; j . 
Parmi les Alrâbes du DariPôur et dtrWadfiy, je dtèraî» 

Aa nord : 

T 

Les Zeadieh ; Lès Kubabich i ^^ 

LesMahamid; lès Bjiledad i 

Les Beni-Djerrar ; Les Mat&Ii. 

Les ârégat s 
Tribus importantes. — Toutes ceft tribus paissent 
des bhameaux. ' * 

Au sud : 

Les Rezegat ; Les Ou1ad4tachid ; 

Les Beni-Helba; Les Misserieb. 

Les Salamat ; 
Tribus importantes. 

Les Oulad-Ghabboucb; Les Beoi-Omraû ; 
Les Taacha; Les Rinana; 

LesDèéga»quifolQtpar- Eic, etc. 
tie des Houmour; 
Toutes ces tribus paissent des boufs. 

IV* — La J'able des hommes à queue. 

Après avoir parlé des véritables habitants de l'Afrique 
éqnatoriale» il me reste à parler de ceux que Timpos- 
ture ou la crédulité lui attribuent encore. Je dois 
revenir sur la fable des hommes à queue, fable mal 
appréciée, parce qu'elle n'était pas bien connue, et 
dont je vais exposer les détails. Je suppose que cette 
fable est unique; peut-être, cependant, est-elle mul- 
tiple. 

J'ai indiqué le lac Roei-Dabo, origine prétendue du 
Nil, du Chari ei du Oeuve de Magadoxo, port qui n'a 



point de fleuve; c'est i»p<9uillel <lb(aiioe.4.I'<iU«»( |de 
c^Jdi;,'Civi'on r^wçotvQ \e» ji^omiues iqu^ oe; ia {laiiie 
du cours du Chari qui arrose leur pays s'appelle » en 
sara, BaÛQ (c'çst-àrdir^ rivière (ba) des fourmis blan* 
ches [Hù] [i})^ parce qMe les fourmis blauoheA ou ter- 
mites, oomme^çai^t leyrs travaux aux deux bords du 
fleuve, auraient su les rattacher de laçon à former uu 
pont ou plutôt une voûte continue^ que l'on devrait 
percer sur une épaisseur d'un ou deux pieds lorsqu'on 
voudrait puiser de l'eau. 

D'après touf opeii^pfofmateurs, les hommes à queue, 
MAlà-Gilà^^ (2) (i, e. porteurs de que^e» l^ag), sont 
petits, non point noirs comme nous le, voudrions, mais 
rougeàtreS) ainsi que cela convient mieux à l'esprit de 
ceux qui les ont inventés; peut-être même sont-ils 
blancs : la crainte de me blesser a pu engager mes 
informateurs à me dissimuler cette particularité. Quoi 
qu'il en soit, ils sont très velus; leurs cheveux longs 
et droits tombent sur leurs épaules; leurs bras , ne 
sont pas longs ; leurs pieds ne sont pas plats ; leur 
museau n'est pas proéminent; en un mot, les hommes 
à queue ressemblent aussi peu que possible au por- 
trait qu'iui pbyjjjobgiile ^p pourrait traoer« 

lies, plus grasses plaûaaieiies sont les mCMlleures; 
aussi les Africains n'ont-ils pas manqué de faire partir- 
la queuid de la région lombaire ; elle porte des poils 



(i) B^ ou bagairoûen signifie aussi rivière, et je sais porté à croire 
que la même langue est parlée par les Baguirmiens et les Kinli-Sara. 

(a) G est toujours dur dans les mots que je transcris. Je voulais 
écrire Bagermi, mais j*ai' pensé qu*il Talaic-miesx accepter iWilio« 
graphe dëjà' employée de ee nom* 



(f l«l > 

très loi)g&Y..&*4ÂpAfiK)uUi4q ^ill^iibl^iPftJiaî^ 4MfA:^ 

Je czHiis q«e null» .igrt jCD . ^tqgsuyiliXi Vf ,< |> flH i« » 
d'hoiijme#.à.<iueu4j;gUbFlÇf. .. ..., . . ,.^;i ^ ...„ 

conduit uoe expéditû^Oi^iMfk l^.TOÎ9JUDiigM^dï^y#.4«ib 
Hala-GiiagÀ« psifvipt^ .^ &;^»MWer-4e l'un d'i^j^. (mm, 
offrit au sttUaf^ .da fif^gg^ÇK^Ki.;. KJ^^w^^ ^r|C^ 
passa piu3iQt|ra anmècsA l|a#û% oii liMit Ji^^m^da t^\ 
le vi8t^i;,lq.sa)iAn5|ufiag|ijy9^.dirj^ AaÂQ 

uoe expédiUon^ inaia,la,4n9upa a^^d^i^^ 

peu nomlMreuae et a9afit.U*9iu(é.)ea.,l^i^-Ç|ilagé u^ 

rorts»dui3a4^oteaterde kis,|bwr ^.ir|4)vatt«^rçhfHBâa«- 
Lea Mala-Gilsiffi p^imiat def^çba^iQ^im iipiipi, <i^(r 
la taille. Bfi.4jttpa8||c paa^alla^j^as^^QB;; l»prQ^f4liH^^ 
a. i^ulojpaiM doutf» aiiJegi*MM4n«tlat)i4,,«^^ racf aoît^ 
maie abâtardie, les consoler de leur propre dijptft^at.. 
tioQ,.]Ho^QUà-l,nii<pas ^.;i»4Hptnw j^wk^w^^il^ i 
Jet »ai pa«.i»^sota 4*aî»ui#0i q^^lieMlCn^^* daSj^ 

Afrijonoa « ja.pliipavi d* wtre.aua ^ sopi: ,o»ïHwiayni 
el.il jiy>Ail4 ri^a de.btea.e9trMHr4iaaîra;(rpi|rfpa' 
foisonnait de 0|Oi»sti^.J(Mniq»>Uft'A^i$ipMpl4#.^a. 
d'ignorants» et cesixKWslrea avaiept é|à irutt par^toul 
le monde. i .■ . • i*.^' 

II y a peut-être aussi des Africains qui, sans croire 
aux hommes à queue , cherchent a y faire croire les 
autres: c'est ainsi que» parmi nous, Texistencedu grand 
serpent de mer se confirme de plus en plus par le 
témoignage d'un grand nombre de marins et souvent 
d'équipages tout entiers. Tandis que le génie de l'Eu- 
rope invente pour nous divertir les somnambules 



(1S7) 

Incides, ks babilAUli de la lime , les éscargols sym- 
palhîqiMS, et les tables parlantes, J'Afriqtic, motm 
s^rilttette, se ooaleiile de rinifiiiiie à queue, dti cha-* 
neaa oaûi et de quekpses niaiseries pareilles. 

U se peat qoe rhomme à queue n'ait }>as d'autre 
erigiae que ee besoin du wevfeiilem. qui possède les 
lètes fîdee; il est foirt possible aussi qtte lû 'eostome 
de quelques peuplades aCriciâa^ ait donné' naissance 
à ce conte, ainsi que l'a expliqué MiTftSr^eaux : c'est 
depuis longtemps l'opinion de H. d'Arnaud. II nie 
semble d'aillem^s qoe tes péupfed^s'qui portent 'des 
peaux el parfois des queues deriiSies attatltéeé^oi reins 
sont 1res nofitbfeûses dsffisniMriebr dPuS^iudan : la 
peau est le (ihîs simple de totts-les Vêtements, et ce 
vêtement met à TaBrr-^es piqûres tfës -gros^^es fetir-' 
mis» très eommunes dans bi région qtt'haèAeot' tes" 
idolâtres. 

Inlerr<^és à ee sujet ^flMS'^ricadns WotfftTdp^ndu- 
que les Il«la-Gil9gé t^ pwtaieflft d^wilM» fêtément 
qu'op langouti de paîtiè tressée, <t lii^ont aosenrè qtie 
la queue faisais partie de-lew corps, fc m'attendais à 
cette réponse» et je ne Tavais pas atk^adoe peur savoir 
ce que vaut le consentement unaotme des peuples» 
et en particulier le coneettteœeot nnanime des 
Africains* 



X. àOtJT BT SSPTSIlBia. A. 10 



( itt ) 



IT* PARTIB. ' — HISTOIBB^ 



• iî t. 






I, — Historiens^ coup d^œil généraU 

L'hÎBloire nous apprend peu de.ohoseï 8»r lëS'pctvplè* 
di rAliiqae intérieure s les avteupit artibes mtMriqaént 
souvent de bonne foi, toujours de critique, et lie'SK^n^ 
dan n'est pas ouvert depuis bien longtemps aui nau- 
auUnans, au moins dans sa partie* orinnUite. Ibn^ 
Batoutah place de ce côté les royaumes de Kanem et 
de Zaghawsb * le premier musulman, le second ido- 
làtre. Le Kanem est borné» de nos jours» à l'ouest par 
le Bomou dont il dépendait il 11*7 a pas fort longtemps^ 
à l'est par le Waday» auquel il paie aujourd'hui ti4btft; 
au sud par le lac Tcbàdd, au nord par le désert. Il 
n'adonc jamais pu s'étendre en latitude, et son fnipor-» 
tanne n'a jamais été aussi grande quIbn-BatoutMi le 
supposait. Quant au royaume de Zagbawah , Je ne 
pensa pas qu'il ait jamais tien eiisté de pareil. On he 
ounnait du nnm de Zaghawali qu'une tribn noire aiseîf 
nombreuse, mais très pauvre, qtfi paft des diameatkx 
au nord du Dar-Four et du Waday : aussi les grandes 
vieboires remportées par le roi de Renem sûr les 
gens du Zaghawah me semblent -elles devoir être 
réduites à la proportion plus juste de (|Uelques misé* 
rabies gbatwas. 

Léon, de son côté, nomme un certain royaume de 
Gaoga» que nous ne pouvons placer qu'entre leChary 
et 'te Nil ol qui aurait embrassé tout l'espace compris 
entre ces deus fleuves. Léon nomme aussi quel- 
ques r<)is'deGadga et ditque,de son temps, l'islamisme 



était professé dans cette partie de l'Afrique; cette 
assertion malheureusement parait bien peu fondée; 
laconveraionduDarFourpar Soliman-Sélôô, celle du 
Waday par Saleb , sont ioeontestabiement des faits 
postérieurs à Texisteoce de Léon. Il me parait égale- 
iine|«ljeQfilam <(ue Jbs pettpies du Fitri» du Uédogo» du 
Jiaguernii, ne professent pas rislamisme depuis long- 

- O'ftpnè» liéoa, Wb babiJUiMs du r4>]fauin« de Gaoga 
jsiyaient é p^u prèf à Tiéiat sauvage; ceet^à-dire que 
4e9 saMVfges iMMijtfjrelieja»eot jaiauxde leur indépenr 
4«mc^ • parlait néo^asaireinfint plusieurs iangt^s dif* 
férei^test (i<)pr'«ual aussi des idoles diverses « gens que 
nulle propriété n*attacbait au .sol, qui* ne connaissant 
paùwt Tart oûUtaire, ne pouvaient se combattre qu'à 
obançes ég«|lea, auraient formé un de cea vastea em?» 
f^^i Wi fi99t le rêve des graQ4s l^QXomef* raouvro 
pot^n^ dcis sièclets e\ le triomplie de la. QÎViUaatîon^ 
al aujou^d'bAiî que la religion de j:^s peuples ea( une« 
qu'iU commencent à se gouverner par des Joia« que 
la guerre dejvient chez eux un art et un calipul , trots 
royaumes f^e seraient élevés sur les ruifies de cel 
empire. 

.Si Léon noua eûjl décrit le lac Tcbéd6â le Cbari» le 
laç Filri» 1^ Batha» s'il nous e<lt parlé des Crabes du 
Soi^^n* àa Bpobab» du Delejfb^ nous pourrions le 
croire sur loui le reste ; mais il se tait su/' ce qyi ej^ il« 
pliis nsibla, ei dte lors aea asee^ti^as ont besoin de 

L'éruditioi» esH gpom^vu^^ ïfk crltiqueest .pliia rare;, 
ex ({fondant, aï ell^ n*^^|)aa é<;iairée .par ^me aage 
crMi9^^^'^^udiûop p^o«)^»9§e f l p)}- i^ua j^n^iroit pas. 



*: 



Bessûûr^é (tesTèsptk^ 'Mt^éi^ éHé f arifacAïAe pMrlêfv)^ 
tort et h travers; dès di^stè^ (fiS'dnreÉlendiJq imoiM<^ 

adiulrafiôn àt totra eeinif ^i HeUisenl que lerjtiltel^ 
livrés. Haî^'dâM laMff0n«iâiMttD<»''|)ralqplà/debl'^Uirô- 
que, if Wj a paa è^ ciitiqtiei p éBaiblefjroegépp tp lA p 
africaine. -•■""> i ( ••'• h ' \ •; j.t A lin^ii'r^ no 

(Jne erreur* cbtomafie, {Mr«exinr»ptei> est] de nrcedloir 

retrônverdans lé 8l!>ddaif'fbdtèa le^trltei^itieé^aineiïs 

autour^y cfnt ibtt!liiqtfééâV11^Ti«fMt|iaâ ei^évfer^uKlea 

villes du Soudan^ ib?efnft ld\iHii>leé|'^élfèé'«4oè "fctoioaqs 

du Shharâ se tietroaVetit: tje# e^ft «ii^rtropTareqpdor 

n*être pas tb'ujéiirsliabi^ea) toSûàdM/ptartdot anrasé, 

part6à^{bt1ile';pârtùùtlial>itaiVtlr,faf orisè le9 itrigraticms 

rie ses peuples et les âéf)^laèclneMs Ê^pi-ieû^ui d&laoffs 

princes. "lies j/eu^Iéfs ddf Sô'àduti' tt*«difi«tU ponUi de 

véri(âl>l^é*tïrfes ëf W'élèVent ^iht^ denxubàutpebts vils 

vivêhrsous dès l^hfe^'èè pëitle, €(h«>Iè^M(iitidrdient 

* 'r^ifivet*se;" leurs {flM grelnd^ tiTIârgea dtfnirdélvtiilBrîepa 

'iia jo^f.-teb'Àtts'eti lihé^emciihe'^ â'Ohfifqà^goerverifoe 

capitale mi'déuî périssent étid'bbtrbft ^pitaics'8*^^- 

' Vernï an'fôit).''6ffaqdef ànMë^'Ies'pMesi nn^nquenliSBr 

un point, sont abondantes tiiilettl^s ries? vilitagês 'alors 

'l&txïémeiit ^i 'yhnt Oîé^thetitë iW^ ^troMoài Le 

' èà^^ki deà t'ois éHHr'éfi^éljuëfhmént dëtio6t«aùî^tttais 

sur des points *difi^^iillii'i tfeë')^lU}è',"f!thbM%J4ioQ«iet 

de paille» durent peu et ne coûtent guère. Le Dar-Four 

et \f W^d^j'ont eu y j^eù pi^s iutà^ï dè'càïiîhrres ^e 

de rois. Il en est de même du Èornou', et Xôùgfi , 

■ 1 Tt » 

fond4Q.paF(.l^.Kiap,^flj.^ 1);^ pijj? .^iHflv^îe, rajppçjrjs i^vec 
RBii^hàb/'vîUo wor-l» elnQ^Aii^e,.<fix9il!ro^^S'm. Qmn- 
pagno n'en a avec la viUo^HaPpivifti, 4làsnir/t0t>etUlàflt, 



'foitefexaepU6aaâb:irb^(^yfilcic^nonç|#»,,4B f^file^ sp 

^iràdeiil ipai ^ op f^»^dsiiiQii^«^. ^'ac^QuUUQo^at f ^au- 
-€%kip\dB\)y'àïsggdsi^*\iOi'm^mi^ -^yai portent. Ip T?x(iiï>o 

en générai à la végétation arborescente du lieu (1). 
iiaiJB)ii*al[*B« 4^pipnwa*tt^ei? jifiî.^vff loMni^iJ^eJ^ yace 
*uhiaiito/>j;pgiwte^»,rwgmitJpfA(wcqin^^ 

iD'urpas* prjéci&dér<la «rlfe^^ m)ir(> wr la. l^rre.; &î ipèipe 

on>8ff raUlaitjauxiUié^riN?^ d/^^ fafrt&ip^ pl^l^i^lo^Utes» 

^OD'aei!aitTp€[rté.iireg^jlQb&^; ^a FftÇÇ; flok^.pofnmc.plus 

caiicienne:qâ^lc|rnô4v^;ri4)C9P|ûriâr^:l{3;Qqu* çoimiic le 

fœlusdp MaDPi sçftQd'/bommç ioip£(ri^aU Pf^^M Çr^a- 

^ tion «duquel I A nalUir,^ prél&^dait V^pncW-d'œuvre.^ 

; . . Et ^qrlwi t cQl(e r^cj3,,^Qlj^vi(e,Ua{^^^i)tç dq notre 

plail&tri quitte i{>eii|i^ de nos }oiirs.la vie ,^auv^ge, 

«ouRiB)enGe.db.^pcrtn^ A, (jtiltÂvoi; et a l^&iir^^^^aorç^ jus- 

flfu'aax'rudii^ejpl^.les» plus vulgaires, des arts et des 

laeienoesr» ei pérûr^it aujourd'hui s^qs lai^spr sur la 

tetre kl i^ace de soa passage, . . . j 

Queiqws pb44QeQpbe3^,cçpçpdai^t,veul^ptc(ue Thu- 
inBiûlé da|0 d!lHer> parçp.^que c'est d'jbie^ feuleoient 
que datent i)Q$^ini0ni:ia}eAts et 4*143t{pire.. 

. J^i) Çpt^ffkt noi 90J713. 4e Saussaie^ Ghesnaye, éte.j no4. villages 
porteni^ouVent des n^ms de saints : combien y a-t-il^e ^iiiuMartio 
en rrancer ' 

Lofn île ckèt \'ù y^h^éi qi\V^6sklAtÀifâti'}Âniinjni^i^ \t» Afri- 
caiéâ citfcfit^ ««ax ^ui^'nTen^péyMtfnt.^lIfll^ii WafA^ I^viié, Kimro 



r X. • 



(U2) . 

Est-ce donc par des itionuitaeinb qfoê Ilionim« a dû 
signaler d'abord su prèserifcedens le mondé- Pli^^rchi* 
tecture a-t-elle devancé toutes no6 eonnaissaifces?' 
a-t-on bftti des leftiples ataùt de forger des dietii ; des 
palais et des fbrteresses avant que ht terre fût partagéer 
et qu'on s'en disputât les lambeaui? Et si le langetge n'est 
pas plus un présent des dieux que Ta locomotive ou le 
fil (élégraphique; croira-t-on qu'il ail pu se former en' 
un jour (i), que l'écriture en ait suivi de prés l'inven. 
tion, et que les hommes, maîtres de récriture, aient 
tout d'abord songé à formuler l'histoife? 

Vixte fortes aate Agamemnona 
Molti, sed omnes iUacrymabiles 
Urgentur ignotique longa 
Noete, carent quia vate sacro. 

L'histoire du Soudan n'a pas encore été écrite; j'ap- 
porte à cet édifice des matériaux entièrement neufs et 
assez nombreux. Ce que j'ai entre les mains est néan- 
moins encore bien incomplet, et il m'est souvent dif- 
ficile*de suivre la marche des Faits à travers une foule 
de traditions confuses ou de fables. L'esquisse que je 
vais tracer, peu exacte peut-être dans ses détails, mérite 
cependant par quelques grands traits d'attirer l'atten- 
tion des gommes qui pensent. Dans ^e Soudan comme 
partout, on verra fonctionner ces lois qui président au 
développement des sociétés humaines; lois éternelles, 
imi9uaJi>Jes» que l'ignorance et la routine peuvent mé* 
connaître» mais que le philosophe voit surgir de l'étade 

(i) Nec dictls orare, priiu qaam lingua creau etC; 
Sed poilus longe linguae praecesfit origo 
Scrmonem. (Luoaàoi.) 



( 4â» ) 
des iaitiiy et sans la rachercha desquelles il dédaigne* 
rail rbistQÎre, devenae un «Impie catalogue d'événe- 
menu sans liaison. 

On Yerra que l'Ethiopie longtemps immobile marcke 
à son tour vers le ptogrès; 90e l'islam^ dont on pro«* 
clame trop la décadence et la ruine» non content 
d'alu^iter les Arab^, les Turcs, les Persans, s'étend 
pour contsinîr les peuples éthiopi/^ns qui lui vienoent 
enfouie, et qui» plus naifs, lui resteront encore fidèlea 
quand les autres le délaisseront* 

Au Baguermi comme au Waday ei comme au Dar* 
Four, nous ferrons des peuples arrachés depuis peu à 
la vie sauvage se grouper sous la conduite d'un héros 
comme Hercule , d*un grand chasseur comme Nem- 
rod ; ou, dociles à la voix d'un pieux apôtre de l'islam, 
en faire à la fois leur pontife et leur maître. Nous ver- 
rons les États nouveaux embrasser l'islamisme et le 
répandre ; nous les verrons s'agrandir par la guerre 
en même temps q^e par le prosélytisme» encourager 
le commerce, demander aux gens de l'Egypte ou du 
Gharb des leçons et des conseils, et tournant enfin les 
yeux vers le nord, attendre de l'Europe indififerentè 
leur perte ou leur salut. 

Je commencerai mon examen historique parrouèst, 
parce que les États de l'ouest sont les plus ancietee* 
ment' fondés : c'est par l'ouest que l'islam s'est intro« 
duit dans le Bonrnou» le Baguermi, une partie m^me 
du Wadày; les États orientaux ne l'ont reçu qm piud 
récemment de l'Egypte. 

Ce sont donc les États musulmans dont je tracerai 
ici l'histoire* Ils forment une longue chaîne dont une 



^RlcAïuit < tottolif ipraaqaa iiliotààn •AiiaMipie^ iatàh 
<|lie<l'(iuli» B'Apprechâl'dfe'tà) Hlko nfgetticNtre> la 
SÀOé^ldlua cMi. l'AbjaMitktffll l'iw^tnl «létenilhâi» 
■DDfi mvmilraape -quf gagnaudœqoftiidBraAirillélsadi 
OsliQeilei.zi)Ba,qui.£'ai^UidiTèkrDii^>I^14 «nsiA^fil^ 

Talwouc n'ett mlrsjoiBneaD c^tiipie Iç'fitwlaa tàiB- 

jl jiift.q4i«lqL}«9 aifidMiiil'Besldi)*TDSép4«DtM[ioatidi^i^ 
Le fi«^iwrini; heyWmÛvjt 'U ÙinV'Êàitvib KoÉffaâiMift 
lo<8tMiilD&Vi CojitMlooa>partis!tlafTahroiinaa!*i*i^ litre 

i%ye.>t«ififln)6U'.loU''rMnpîre j^ Stàhittiâi ^^O» bapve 
la piffiuii9«i«Ç^<'qt)e<)UtUiod3lails-jâ)hnriaîJipMB:d!ié* 

-■i.M 1.1,. '■ ^..,^-V ■- ■■'■■; 'ji' .-■Jo'o/i ,.■ .,:.. 

II. — Fellalas. ' '' ' 

,„./. !...-..'!!..■ ; - '. ■" ■:r;,.- .^.J.•.f■I.- i.. -lii. 1/ 
:- ' > |ije8iFdlata8,-n«oh obiqs do pcau^vC f^luft' iflMlli|;ém8 
a^enifs [ffbiiies^)En>antii6,'<pmi*sMem%tire '>vâr(ns d« 

BfiéuiBpMMtilB'Glia«ffi:ie'oti«r'clràD}4ub»'«(«i¥ta^v«l 
3wJeiik»f hcPittii; Ce peù|riew44i:^r«Ul, bëINqâeai et 
puissant, était partagé A c«tte épolltteen Mpfeu luiit 
irisai ^^pqbaUleikieM il>'ob6i8^iotit'f>a4 à tm iMfhic 

oMttniMraQt jus^iMr 'dHt» le' FoUlft, bldj , ■ t<l ' 'fodil^ètit 
«ntve I«S«toaqu'al''le>i8éilégàl un vtiâ(«^"eW|At?, dtltlt 



il csai«»ltreg|Mi ceàis dés^lbia»! ipwt-dll^iâi-t^^Ue 

«k^&eiv AI ^èGaatiàïiUéttwdHihi^flmii^ck^ts^Uè'â'a^ 

<ldre;ilo4i<rd^dg€bs^)(|uLffiait8rQnt;§oU«|o<|M 

Viîb sfolMè^ V nu^àfj^e oneanUaptièoDD att9si> bieiwiéilt 

jîockÉim'>fmncd^sairoirkiiëso«rèiÙ9tk>tdi6 ifâ4til/iAi^c4ii!^éfe 

mofua sa/ùs diffidèdlfe yàiK rcpppg^Ur^iCieudtelki^iion'yytiri 

a pu consulter ainsi,odbflibfeudr'(MK^ti4Sa^bëÀliS; 
celles du Koioko, du Filri, du Waday el du Dar* 
Four. . .. ^ jl 

Malheureusement, comme il n'a pas eu sous les yeux 
i09)M>'fi9A'SellftM(ir),e{nb2pinfl diMHMii^<«tclb^(pni%>le 

Offtq 4#>*9Î[9fA pito^fis^ 'e^rjsirsuiiffiéiiaîfeéisflni^istreii 
.f«ç|0;d9^iBfei»t» J>a<fatbIetadorédttèft(fe «tnMeÉ^aà?/^<I 
* . Vtoicî ^btt^.faJAleatrifi»' Mdei^' ]|>eufrWrd fiMsTnlârfl 
Q.diéooiuvrûr la-vécUé.. • • • ?' •• î.-rq »...•;. jps??.iii.î 
. , Un efirtaîa Xelfoub^ nMi& AeOrfoabvipaipi- d'^j^pt^ 
olnn/t.H Sou/d'^n* ]^â.|SQudaaJO^tq^iSit)|>aji((l'bfilriiaais à 
p«4U.i^qqiie,.it,^çM9a fiQ0 ItfMlWi^ei «Caméléon» (en 
C^Hl^lar, j?i9i9^i<Hi^K9lî()6 i)r.^x^0iit, iuii0r4>Qs(iéCitd nom- 
brei)^^jr99niHfit.éf^)»ilji^rrnhA6 pf mb rmUon fellata. 
L'origine miraculeuse allribuée h ce peuple explique 
tpi^tcd les faUea.quivOOt «auTjixauoiJ/iiÀmieté de ses 
aoi!tiers^ de{seskl«t«Q»,2de'9è^>flteIkiteteQrsl ' 



(146) 

Suivant quelques-uns» Yakoub serait revenu en 
Egypte et y serait mort; sôti tombeau serait situé près 
du vieux Caire, derrière le tombeau et la mosq^ée de 
l'imam Chafey. 

De toute façon, l'existence de Yakoub serait posté- 
rieure à celle de Mahomet. 

Les derniers sultans des Fellatas sont : Ali; 

Bello, son fils ; 

Ismayl-Fodé, appelé Danfodio par quelques auteurs. 
Réformateur et conquérant célèbre» il s'empara de 
plusieurs États voisins. Gomme Ta fait observer le 
savant M. Jomard, il est contemporain du chef waha- 
hite Ibn-Saoud, et sa réforme ressemble par quelques 
traits » celle d'Abd-el-Wahab. Les Fellatas toutefois 
ne sont point regardés comme hérétiques, mais plutôt 
comme zélateurs. 

Ismayl-Fodé avait étudié au Caire et accompli le 
pèlerinage. L'islamisiue était peu florissant chez les 
Fellatas avant son règne, bien qu'il y fût ancien. 

Mohammed-Bello»%t non pas Billali, qui fut visité 
par Denhain et témoigna beaucoup d'estime à ce voya- 
geur auquel ii fit présent d'une esquisse du S<^udan 
tracéo de sa propre main (1). 

Ali ou Aliyo, qui règne encore aujourd'hui. 

(i) Je croit fi[tt*it fondrait f4ac«r tioire UohamBied*Btllo ei Ali, 
Aliko, frère de Bello. 



r 



(«7) 

-IIl. -^ Bomaué • 

Le Bornou parait avoir élé converti par Riçaieh à 
une époque 1res reculée. L'islamisme s'y était intro- 
duit, dit-on, mais sans y faire de grands progrès bien 
avant Tarrivée d'ÉIyas ouÂI)d-eI-Aziz,natif del^emen, 
qui travailla beaucoup ù le répandre, et qui fut le pre- 
mier sultan du Bornou. Il établit sa capitale à Rasser- 
6ouni6, à une douzaine de jours à l'ouest de Kouga , 
sur la petite rivière de Hogomi. 

Abd-el-Aziz régna dix-sept ans à Kasser-Goumè ; 
il eut pour successeurs : 

Mai (1] Ahmed- el-Goumsemi, son fils; 

Ali, fils du précédent. 

Ici se présente une lacune qui, d'après le cheikh 
Ibrahim, correspondrait seulement à cinq ou six règnes. 
— Je chercherai plus tard à la combler. 

IbraiD-Kebir (i. e, Ibrahim raDciec). 

Ingèlèroma-Rebir, frère du précédent. 

Chetima, fiU da précédent. Il régna deux ans et demi. 

Mehem<^dé, fils du précédent. Il ré^oa également deoi ani et demi. 

IXila (Abd^Albb), fila du précédent. Il n^avatt pas de capitale ûxei 

il passa cependant d«ax ans à Digoa. La durée de .son règne 

est de <|uatre ans. 
Ibram, fils du précédent. Il battit les Fellatas ; il régna dix ans. 
Ingeleroma, fils du précédent. Sous son règne les Fellatas, sous la 

conduite de B«llo, s'empafrèrenit d« lit plus grandi partie du 

Bornou; il régna cinq ans. 
AU, frère du précédent. 

Ali-Goumscmi, fils d'Ingeleroma. Il régna un an. 
Hamadou (Qamed), fils du précédent. Il régna un an et deux 

mois ; il fut tué dans un combat par les Fellatas. 

(i) Mai signifie roi en langue kanonri. 



lullal il'iin malenlendu. 
Ibraoi, frère du pvéciidenl, lue par le cheikh Oninr oprèi Irais ani 
de rècne. Il avait appcA Ic'Av.iJ.iycM conire Omar. Clicrif 

. d'Omar, q^i^ç^a^^lail iiii^ué ïiujé plus en aval, el Iw ^fV'^ 

. , bmjir cebappa à Brnnd'i.eine, couUl i N'aornoli,' fit p^rir 

'' "■ '^tb'^ai et' ii'''MfJpii''Sàii^\U«iiàh WméV'Aii^ âUM 

' -'^be1^iMftr(Jcllita«irrW1^lJtA)rtV8^AiJin^ËM;iWulf 

^< ^'i* <1d^D^ pbUr.fiin^ àk*ipiaaég)féi ? .<]ij.l <ii|> -^c. ,'[^ !'-,'-. 

■ 0«)w|,.pUi(*.,Tl¥ihl,i|P)ii^ii fit»,flpJÇ»fiflmi.|Hj),i(,a"il,s«cc«4é 

d'ibram et avuir ctad^ AU, il t'empala de la royainé (ij, 
iju'unc réroluiioa lui enleva bienUi' au p'rdRi de' ii)i\ ftire. 

-iDW*i(iH'tAl(d-^-11afen5in>:'' .'''''■■■■i. ■■'!> ' ■"■ , -■ f 

' 'li^f ttuavB ttbyMidltoiriec'Ueniàtieii Aéu;, iinfii, wdoutûU 
^■■J' iJq#PW«l'» WWfB5;^Sîid<(|(i#;pf«t,,aCint^M;^y^i(«pfiJTa^ 

.. ,j| ,i.yecliu,àKoii|awa,rautoriiÎ3ouvfrfine,ei.apr^saToiri:canlp 
de lui le plui grand nombre de s« parlisans, fit. assadlîr «qd 
palais pendanl la nuit et le lit luer (l). ' — Cet événêmënï 

'" "' 'n« Unie' (peide i)iielr|uèr 'Mbh, 'fim 'll'leipu Ùsttilvvll^ au 

. ^ Il l'auto ^uUëlre .J^oiitef à c^Le liste le noiu de 
P^ueo-^rëmi, successeur de mai AlUGoumsemi; il 
,eB es^ écart^, à ce que je crois, parte qu'il est. mort 
jçnlr^ ^es maips de l'cnneuii;^ tl «vait établi sa cEmitale 

'■' " ■ ■ "|ti,'J<'^'*y ■^^1""^: .' . .,,1 ■ . , ,, ' ,,t . 

rahiwn roéme fait reisorlir le caraclere droit el lioiiufae 
ii'9Ti^conRàri«t''(I^'DeM3i)nibttrélj^J^'(btdtItae^it 
ini Cl emple. L'indignation arec laquelle cette nonTellr 
ic.aa QMta:pacia»f oigaiclInthisUibaiiiguUàrcniQn^ iifte 
I que lei Arabea ou loi Turci y«Mc*t defaiu.fWnil*. 



§ 

Il y a aussi un l8i»ayUKjelûr^,iiiie,i)e!netsaii|. g#,j)^- 
il ' [iUsè ^Ujfsr pbt/f 'Ië"r6iith(tedf dd Kas^r^^Gotymo. 



M 



'J'ai 'dkti'fté^rfëi'nW^mfeiA/^îiAs biie lettre Adressée 
a M. Jomard» quelques renseignements sur la vie du 
|4p^ gFaftdliopfïme tjç .i;Afnqfle inoderue, le cheikh 

HolMtfnmedrel'A»9ÎQ-eA-JK.9Qemi (ch^ .rj(9Ai9inl)|0u) ; il 
s'est glissé quelques évc^avsfiaûs ee pôtiti tra^a^;>r|'ai 
dttribuS/erï éftbt.'&Etl-A'miti qtttffq^y'faib teh6(é à 
son père, Hfohamméd-NiBé^inï/ prérnïér àbteur de la 
fortune de 3a maison. ... 

C'est, à ce que je crois, le p^jd/a .Mph.2^ifîm9d- 
Ninglimi qui mourut à la >Mdeque>.i- Sana^ étaiirAlle 
dli KhaHnii-KéH{'(l), Sf&lnmdu-KanèmY^MviaficUi Ma6. 
11 épousa lûUmôrtiè'dûe' ffeàinle àràBé,''StïatlVè"de H6n 
dans le re^zan. 



-1 .' ' I ><i 'I 



^ A la.sui,te d'une eipéidition lei;)|.éQ.p.ar l^SiF^^^sinais 

• 4 

contre le Kâneui, la oheikh MphW3ktned»?)ing9mi fut 
contraint ù chercher un refuge dans le Bornou, eou-^ 
verne alors par'niaiDâfa (Âfecl-Allalij. Lc(tttrii<iu eiait 
ravage a celte époque par les inèursioiis conTindelies 




pousser.^on ^successeur iLr^olï fùi [roi^luVeî/if^nA 
défit dans plusieurs combats, et résolut de leur arra- 
cher les provinces méridionà1ci"^^d^ù' fiWiihé^^ méére 



(160) 

expédition, il voulut cuosuUer MobaBmsd^iâgftBii» 
qui TÎTait daua la relraile et jouuMÏt d'uœ grande 
réputation de saioieté. 

Moliammed-Nîngamî, après s'être mis eo pnère», 
Gt voir au uial, daos le fond bnllaot d'uo grand b^&ta 
de cuivre, les têtes coupées de ses eprte:9iia .. pcéa«ge 
d'une éclatante victoire (1). Ibram d^ût, ^a effet.de 
nouveau les Fellalas, et alla trouver enct>re, qiiaraa^ 
jours après 1» première visite, le Ningami qui, dauf 
le même bassin de cuivre, lui montra les Fellalas les 
bras liés derrière le dos* ÎDaag« de leur în^iuissaDce 
et de leur soumission. 

Uai Ibram, plein de reconnaissance et d'admiralioa 
pour lesaiut, qui avait prophétisé sa victoire el l'avait 
secouru de ses prières, lui offrit de partager sa puis- 
saoce. tn ambitieux vulgaire ei^l accepté avec empres- 
scineut un booneur si dangereux i mais l'instinct poli- 
tique ue manque pas aux faiseurs de miracles: le 
Nîngami I ejeia les grandeurs el eut l'air de se sacrifier 
euacce plant le vizirat. Désireux d'ailleurs de se soiu- 
Iraire aux agitations de la cour et de continuer â vivre 
dans la retraite, il bftiil la ville de Ngornou (Ngouroou- 
Aogoruvu), dont il fit sa résidence et dont il eût pu 
au besoin faire une plHce forte. Par ses debocs de 
saioltLê et ia finesse de son esprit, ce minisire sut 
prendre un tel empire sur celui qui se cr«)ait soa 
maître, que nul n'osait plu$ s'adresser qu'à lui pour 

Vaprei les ihéologiens inusula)ant,deui cla«(M d'hoBiiBFi 
rer des prodigct ; lei uni lont ili'i a.iinti, aiitiya (liug. 
ini aidés pr Dieu ; let aiilrei sonl le* torciert, tjai inni 

iimum. Il «■ Ba»>dirw i|n'*m jngt 4rt uiind« pir !■ 
le U doctrins par In 



( 4W 
le^ftfaifesdeinËItftt, et que les serviteurs même d'Ibram 
lie laiisefeiit pénétrer .auprès de ce faible prince que 
ceux que son vizir avait autorisés à le voir. Le Ningami 
cvak associé son )eune fils liohammed-el-Amin, sur* 
Yioniiué le Kânemi, è tous lès actes de son adtninis- 
tiratiofli qm, du reste, était sage et prévoyante. Il l'avait 
ifritié A tous les secrets de sa politique, et parvint en 
BÉOiiranl à lui faire assurer par Ibram la continuation 
des privilèges et du pouvoir dont lui-même avait 
foui. 

Chose remarquable, le Ranemi, fils d'un homme 
éminent, ne laissa pas que d'être un grand homme. 
A peine étaît^l au pouvoir que la guerre, probable* 
ment fomentée par lui, éclata entre le Bornou et les 
Pellatas : mal Ibram mourut peu après et fut remplacé 
par mat Ali (dont la mère était Goudjoubawi); quant 
au Kaoemi» il pénéti^a à la tête d'une armée dans l'em- 
pire des Pellatas, battit leur armée que commandait 
Bouba«Ng4mà, s'empara de Hadad|a et fit prisonoter 
le sultan Moussa, tributaire et allié de l'ennemi. 

Die reteur à Ngornou, le Kanemi, grandi par la 
vjctmni, se vit le raàlire de TÉtal; mais il ne se dé* 
partit pas de celte prudence qui avait si l>ieQ servi son 
père; il quitta Ngornou, dont la position ne lui cbn- 
venait pas, el bâtit Kougawa (1) dans un lieu couvert 
auparavant de baobabs. Après la mort de mal Ali, 
Denama el ingeleroma, prétendants au Irône, se dis- 
putèrent la faveur du Kanemi. Denama fui placé sur 
le trône, il ne l'occupa que peu de jours; le Kanemi, 

(i) Kcn^a^ baobnir; Kpuffowa^ vitte des baobabs, lieu des baobabs, 
•a iaiif;«e kanouri. 



Dt-ép^é»W^ tèamtm4t 4k«pfl«f|i fmrJImiM 

tué pM :àRy téii«sài^-<^i%4i9i>^ .^)i44ili^it i i irt i ate 

«lui «yt.t<^^r&d^b«U«di»l'MI«ÉM4iiilik «fritCf^^ 
prince. Denama parât a?oîiilMi|iaélliiftiÉliMiiiftiflw 

AorèWnàaiifcaBni'JittâJderBaguthMiiBoii^^ 
dfi9 délire» tiiont toaqatUei^iitMii^teMNiilWYlfiÉl»^ 
situation : «c Mon ministre» disait-il, «^OMl luwidltral* 
^«y^fiaii^i» B00^ija^nxaof»3i)«iêp«ifer^ 
Nia>*iil! à4H)i^irideabi]bMila'^<}ttl tm^t^Xiffliféiîflat^ 
inrlkiiéîilng§oi>f;;Kifllaùxa^i»'i>) i Î'jI ii «e^^i ?ij'b <J.) «c ^ 
^ ^fiia^iffkdOfDialilBri ré^âdîlqqwl nèbip«ifrMai«ii)tllc^ 
aq ]iiaà<peiM)d(>èlif «auftysiln^'èDfirfeMtleix^t^ 
qan*»^ I^ patiî<!ni^lipDfn9te>kKra«n«^Diahâànl>a'«ii4^ 
gagineà aauleycsvaasfMliai») qdBadnti «s bè»akiléiiifB&l 
BwuriiinnigHidH » nttaloBsîiiifliiC0D(fon>aipsàè;ij|aé|nrifaAi 
c^pulJd HanuM. etjoetxi^lN^dla-^irBgalijirl^KMMmi 
^kiraii»evHqiitiirora()eM3iMi> ÊLii^tgntttiiiiaoïifiBiiieq 
ièmitiïàiliii b'àtt âA.'OqOjdbchfaax.tttJbanm^pffaobal dM 
Btaéknaai qu'il iK)iitmtqpaà* aft|itfiaBiafie ttuf«'ik>q«»trttti 

t ( ilr<éi^i«Tb9gaoo«4eiln!B nrintacdaqiév^ AodjdactMÛol 
d^Jbm&kÙB BiMftoit âMwadtM (ttch art tfie ftenMHiM affl 
Icoifvaftiii d4|>&cbaa«flciièt0HHa*iAeit9lqi anog Jiotfaft 
98âiatOfifi9k0i«iirflV9llinJbLfféolaveiflab dantf ^icaibp 
ennemi, chercha la tenisuroyab acitfiQmtifr qileotb 

deVaii ^lra^'ipl(ihispàcîciiaa(ieÉ)h<|ihiaLi]eIi$vt^ 
dansHQ0llei(fui&tHipiM^3ëtir8nUiiu9lftip^ipi?il<iprilipa^ 



t ♦.» 



(ta) 

ploi fort d« ractbo,(q»fellfM0.^ionqMB'dél»int9^ m 

l|lliif;^MiiRAIÉluni{l|«ftd«t'f^ 

pliments d'usage» ii lui représenta. )fiie.iegt0aBAi«f(Ml 

d«jftfcijtta^adlimekuiiéiéîi|ki.'B/]iMtiisuie^ii]|'^^ pa» 

ài'«Bdmit/ii(ipkisuiieoéçév.i]aql' {i;»»^ ^'yl piDfll«|p 

V4i)kf^i|aciMfifu;*oii)pQro9inipli0ïiardifsi^ 
itecNrac^iQehaitts^aAQu^l J^.bif!lMie'X;& discourt. telMp^» 
pailsi 'àcousiUit Janep'^iè uBCiipro||osituoa qm^smoMfàk 
itk fotiPDÎiiJi'«ccuuin,/.aoil' de passidr à: k*AimemUiB$ik 
dd-MMpeli'Cfute meutoioa Ki|paill<Âlctlpi^4*Bitf 
repoussé. Le combat s'engagea» les sîebirefr'.dà» Bolio^ 
kM>Oiatid«>«bii^ièffaait laoïï d'^Ue gfaneha^^irMenèrJnt 
If « l^pM0'jéltta|iîfcrsvifaiitoijHr6HiiiÉ^^ etiie^asàisai 
ttèreiit sans qiie é»KsMwai^jitt:)a<icaià>dqf fehrii»>iqfft^tll 
apniliïrilfi tsnaiBt mi dt m s laioaaifldeote^tftw ant Ja^inohidw 
cAûatpottffMiMnnr «faB^naferi'ii ai bcbioib «iruonu'i 

afaiailLqoknii|i^^leuKàiiBinijdGéaiqim*iItn|>rtiHè9ëapa^ 

X. AOUT BT SEPTEMBRE. 5. 11 



Dieu, et» san^tepler pluA lQn£teipp9,|ç9ortj,<lei|^rni^ 
ils baliireot en retraite. 

Le cheikh se hâte de proclamer lt>ram let piijièjtr» à 
son tour dans le Baguermii sous préte;ite de yeng^ 
Denama. Bourkoumanda lyi oppose BaMba, puis 
Fatcha-Éré qui le repousse ; lo Kanex^i a ç^COfe 4 
eombattre à Darda (à l'O* et eo face ()!A8p)i lUdéy 
tchourom&-HalDQélis il le bat et Je- poursuis jus^ 
qu'à Bugooaan ^ dont il s*eaipare. FatcharAbi^u « 
eependant, le ha% à Madjiri-BôlÀâgwA (sur le 3Ah<tr- 
Loggoné, à ro* du fleuve, «otre Kosseii et Loggojaé), 
s'empare de sa femme Amioa» et le eontraix^t à fvir ^ 
Ngornou. 

Le Kanemi perd sa popularité» on le chansomif » il 
tente de nouveau la fortune à Affadé; battu eocorcr i) 
s'allie avec les Fellatas, en obtient des secours et s'em* 
pare de Madjiroma. Les Baguermiens l'en cbpasem 
bientôt, le poursuivent jusqu'à Loggopé, s'emparent 
de son esclave Kadjalla-Tàô et défont encore son armée 
é Hi]|ltam (à 2 heures de Kosseri et 1 j« d'Affadé). Le 
cheikh» cependant, ne perd pas courage; il revient â 
la charge et bat à son tour les Baguermiens à Maé- 
Dinéo. Un esclave du Bàn, Abd*Allah*Gàbàdnà veut 
tuer le cheikh, qui s'en empare et le fait périr : l'armée 
du Kanemi se relire. 

Bourkoumanda veut venger son enclave» il livr« 
bataille au cheikh à Galfai (à !'£. de Ngala» sur le fiahar- 
Loggonéy 1 j. au N. de Rosseri); les Baguermiens sont 
VMinc(Voui«v Lo ILanemi «ffieeloeaa retraite 4ur Léderi 
(ati fl. O. de Ngala, à ^ heures du TchAdti) et y preikd 
position; l'armée baguermienne l*y poursuit , il la 
défoit complètement: vingt et un princes baguermiens 



^ 



( 166 ) 

ou alliés du Baguermi, partni lesquels le Ngar-Mourbâ, 
restent sur 4e terrain (1). 

Le cheikh confier alors ses Iroupes à son esclave 
Barka-G&nà, qui occupe Karga: le Djerma-Ngoumcié, 
fib d'une Merem ou prince&se du Baguerini, le repousse; 
le Kanerni envoie trois généraux au secours de Barka- 
Gana^ k$ quatre chefs sont battus encore à Saikô ( à 
1 j^ à rO. de Sairamban). Le cheikh marche à sou 
tour, atteint le Djerma-Ngoumdé à Sa!-Mà (i. e. suis- 
moi tiag), près de Babalia et le bat; mais Ngoumdé 
reçoit dea renforts^ et le Kancmi doit se retirer sur 
Wilki (près et à TO. de Galfai) ; il revieiU bientôt av( c 
les Feliatas, mais il est repoussé. 

Il dirigea peu après une ghazwa contre Yakôba. Le 
prince de Yakoba se soumit, et le cheikh eut avec lui 
une entrevue, dans le récit de laquelle la crédulité des 
Africains trouve encore à se montrer. 

— Tu m*as vu, dit le cheikh au prince, lu ne verras 
plus désormais personne. 

— Tu m*asfait la guerre, répondit le prince, tu ne 
la feras plus ft qui que c^ soit. 

Bientôt le prince était aveugle ; quant au cheikU, il 
tomba malade : on le ramena 4 Rouga daps une sorte 
de takht rahvvan, et il mourut dans sa capitale, après 
quarante jours de maladie. Suivant les uns, il succomba 
à un abcès à Toreille i suivant les autres, tout un cdt4 
de son corps était enflé (2}'. 



(t> Ont botiHIft tm hfr4»h sS own t99^: hc unjot IXéAllAin 
éuit «Ion à N(Kal«; It «ttribod l« victoire du éhéM) 4 TeKet^f^l 
d« àm% pièces de cenan qu'il lui avmt donnée», 

(a) Le rëch qui précètle oVsl pas parfahemetii d'accord diariicu* 

J m 

lièreinent en ce qui concerne Hamadou) avec la liste royale donnée 



V. — Tributaires (lu, BamfHh' rUi ^,\.u^, - 

L*islamisme introduit il y a plus d'un demi-siècle 
dans le Mandara/iî^y est^florissb^t que depuis une 
quai^antaine d'aa^é^^f..le piai Elyas.est le prince du 
Man^ara qui travailla le plua acti?ement au Inomphe 
de^iQ^lte reJuuan* Les successeurs du mai Ëlyas sont : 




>l >l 



4-''AW<,ui;^%Pfrqi«»^.W, t„| ^,,.,j ,j^,. ^„^^ ^ .,,..,,,,. 
.,;5f 9if9àf^ q^/^tjflop^if^ Jp trôjieil jâ^ rue- 

cupe probablement encore. - '• • . *^ . i ik- 

Rosseri est gouverné par un pnnce qui porte le 
titre de khalifa. , , , " - • .. h . .,/ ... 



' ' • L» J • » ' ' 



Le KBfégbfiils. (i« e*..royAli,».9ri8;ipairç duM^zAgçUi^qni 
auràit'élé^proclftpid iLy.aiA0iiiajoterhait «ns^pius^ ppur 
le premier prince du Kotoko ; ses «tiéceteettii^ sont : 

' V''ItJtéhii<i.(AbdfJM&eirtiJ^êoftififM.., ,^.^ , 

p|ii8^A«t;,jiÇ,i^e;;<herii« pJiis tard à cësoudre celle difficqlbp, mkîs 
ce nW pas en>rance Vuêje li tenterai.'' "^''^ -""« ^'^^'11^ 

(1) J'ai donn^ ^4^T d^niii-ÈUilUfnëm 
de juillet i855, lea listes royales dn Kotoko, du Bagaermi, du Médogo, 
du Fitri, du Wadayet àv'Bai9^9mr^tmam^$èmmi$.9m}^n isoom- 
plète.t, des faits importants écucot omis,- \m 4ané*dfiS r«f oc» fiéînt 
pas indiquée. Je les reproduit ki tfflte d'y «fttniduire des «ocraciiona 
et des additions nombreuses. 



i 



5* Maroul^ (i. e. ai\ faveur), fils d'Al-Kerim. 
4* Saieh» fiU dW^ICéVii»; ^ j v.,. ./ 

5* Mohamalé (Mohammed), fils de Saleh. 
6* Yotisouf, qui rè(;ne depuis oùiè! ans. 

'j\:r\h-''iiii'jl, m. [, ..... .'. , .; _. .... 

t »... -•»■.. , I 

"^ 'f empl ^e ii^o\àvie Iwaii'ed djàkénèh]. ' 

.fi^Qrni[n*Bèssé v/snu de l'Yemen , bat*dl chasseur» 
combat les lions et lès autres bèies' féroces, noorrh 
çfu;x.qi)î s*as30cîérit à éôh' gèùre 'tle* tië- de •]» mode 
desibœufs sauvages, de^ a[htilbnes/â'es'ii1ét)bàii(k tués 
MD< lui,..C^tl)ç,vi9ndç .SM^P^i^due aux branches des 
'taaaarios t€ii»t à knclaîriè^^Q ,^%a|^^. .pOf j^erujipi-Bèssé 
le nom de Mas-Dja {ma^' tamurm ^ i^, .viaadev en ba- 
gaermien), gui plus tard fut aHéiié"ei»<«eliii .^di^^asna 
ou Màssinà. tPchaÎBse les ^eTlard^ ffu p^H ét'è^t |>ro- 
çlamé roi par les siens; ses successeurs sont: 

3* Nigo-Koubèlki) son frère. ' , ^^ 

3* Sooyoul-Méïmoi], frère des pr^édents. **'* ^^^ -'•-* 

4' Ban Kp » l B W ^ j?i^»^^t%fl)(^^4j^l^^y»^f^spèce^ dg yissoh), fils du 
jj^écédetit. 

'•''V Wo:î)&a!éoa (à^Wtéfldtt, Jokhû)','filirdei pi^éïIenC' » 
L'islamisme est adojVté «lyépalf^dci'dànB.leSagu^mi 




' '- fl)'Df;^MPèli>MOa.Jl^ûi!niQftv>Bfettln»^<fti Cl»VP9» bag^^^o, 

*-«l?6ftitt#|éi'ail éniti^ariocranr idti»i^pi«,.|flUr^(f)|iji;^ jivi;!^ aurait été 

'^ ^riclMné-^i"il<7» «.4ettJl,«|IH jfi'^l^^^^^'^-*!'^) c^.qwi est très 

admissible; toatefbis en additionnant. ^,dofjé|s f)es différents règnes 



(IM) 

il chassa de Derkam les Djoufaà (1)» tribu Mkta qui 

obéissait à un roi nommé Taya (2). 'B&n Hàlé régna 
deux ans; ses successeurs sont : 

■ 

8* Soliman bafi Bigli (ban bigli, u e. le roi 0ro«). Bon fila n'occupa 
le trène que «U mois; il n'e«( pas compte parmi les soaire- 
rains da Ba^vuèrmi, parce que, tlégoàté de la puissance et 
désireux de mener la via conleinpiaiive, il abdiqMa) s^ fit 
ermite et se retira dans upe ile aituée an centctf du lac 

9r fièff, ils de Malé^^qiw raga» ûmn «fisi 

lo* Kèndàoà, lils de Mai6, qui réjgna également deux ani. 

f I* Waddjà^ autre fils de Mal6, qui ne régna que sept mois. 

1 2** Abd-eURa4er*KeUir (kebir, i. e. ar. le grand et Tan rien, pri$eus). 

i3* Àlàwi»! fils d'Abd-eWRader« Son esclave, FlltcK^*Kilo6, s'empara 
d'Ilétlitaur les Wadayens; le Kismkolak Amfai-DjOttgt>«rdé 
l'en ebefesa tt le peursurrit juaifu'à B^uwU ni il ae fit battre 
par Fàiebà-Kano. Alàinn régna Tii^tF^ciuq ans. 

i4* AbdÀltt (Abd*A|lab)9 Bis d'Alawin^ qui régna six ans; il portait 
le surnom de Wan-lèl-Djigé. 

i5* Hourkoumanda (i. e. Osman), 6là d*Abd -Allah. Sa mère se nom- 
mait Léla-Isabala; il r<^gna oeuf «ns^ il â^ la ||ii»rre au^ 
Wadayens, baHît leur armée et s'empara de la pvMonae de 
. MAhammed-Zaouni qui avait ocoii|^é U itôa» pendant six 

telle qu'elle est donnée ici, on ne trouvera que dent eettt Vinçttrois 
an.« : îT y à Iiétt' dé croire qéa quelque rég«Ace aura été omise. Ûètte 
liste est dê\k plus complète que celle que j'ai donnée précédemment. 
Il est possible Aussi que les vingt-buit ans qui séparept Beruim- 
Bèssé de ban Mal6 soient comptés non de Pavénement, mais de la 
mort dû premier; en accordant alors vingt ans de régnée Bernim. 
bèssé, on aurait un total de deux cent quarabte-trols ans. h n ai pas 
iyeseiitt; du reste; dfe faire nbaerver que beéilfeDup de c^ évAtHAtlons 
sont approximatives, et que quelques-unes doif eot être erronéei. 
Jl s'açif toujours ici d'MM^a lunaires. 

(t) Paraû les autres tribus des Fellaïaa^i'ai eniendu citer les llalé, 
les Dada^ lee GiUlémbi 

(a) Ce nom ne pouvait appartenir qu'à un mnfulmJio. 



(m) 

/ M^M> I9M Wadayena m Urdereol pa« à raprea«lr« courage; 
Bouràomntnda \tur livra bauiUfs auprèa deSadào, dans le 
Baçuermi, et les défit. Lhs Wailayeni n'avaient pas encore 
remplacé Môhammed-Zacuni, après la journée de Sadào ils 
ëHfent Usa; ttne terrible épidémie mit fin k la |>[uerre. 

iG* Hadfji Abd«el*Kader II, frère ifAbd-Atlah, qui régna trente an», 
abdicpia et vécut encore deaz aus. 

17* Dèl-Birm, frère d^Abd -el-Kader, qui réffoa trois ans. 

i^ ^Mt^nù'Tl, Hh de Ml-Birfrt, q^i Yégna ehiq «At. 

1^* Hadji Amin, frère d^Alàwin. Il occupa \t Ifftne ptciiUlit vin|^- 
deUx ans, s'empAvt àa Daf-^ilri, et -fie péHr k iigàr 4b* 
SMAn. 

30* Abd-er-Rahman-Ctoràn, fils d'Amin ; il régna vingt-quatre ans. 
Les Wadsyens étaient j»loui de venger Vinjore reçue par la 
captivité de £awuii(i); Saboon emMit les terres du' 6a- 
gnerrni et battit Abd»en-Rahman, qui njourut peu après. 
Maîirre dfi Bagoermt, 'SaboQn éleva au pouvoir: 

kt* Gar-Mo«ibabéra (prQt«étre Nga^...), qui né put se maintenir 
plat dé' quarante jours, «et dbut le nom n'est pas inscrit sur 
les liiites royales. 

là* Èoôrkoutnanda il, fils d'Abd-isn*Rabman/ è*éfam emparé^^du 
trône sur Gar-Moubabéra, Contint avec des tutfcès divers 
la guerre contre les Wadayens ; vainèti d'abt>rd et contraint 
h abandontier ses États, il fut relnplacé sticcetfkt^inent par : 

a3* Hadji Garinelmi, créature de Saboun, qui occupa le trône pen- 
dant sis mois* 

34* ^ par Uadji Bentttboro-Binga, qui s'y maintint pendant cinq 

ans. Ces deux princes ne sont pas portés sur l«s listes 

royales. 

Boorkoumanda H réuasit enfin à repivndre le pouvoir; la 

durée'totale de son règne fut de qnara|ite*troit ans. Il con- 

(1) Tel est le véritable motif des guerres de Saboun contre le 
Baguermi. Ce que raconte à cet égard Je cheikk Mô)iammrd-et- 
Tounsy, n'e»t pas d'accord avec les témoignages que j'ai pu recueil- 
lir^ j*ilv lien d« croire qa'il n'y a jamais eu de Tckigama. Qnant à 
l'inceste commis par le baù de Baguermi, il en esl question dans le 
travail de MobUiMiMl-Beiito.^ • 



venii, il y J environ *ii^l ani, et Mmonl i ao tribut le 
Bonsio; il tit la ^trU ciuafclHH>D«ai. 
iS* Abd-rl-Kailer 111, qui réena dcpaii jept ao*. 

..-.i. JL ■,,,,,.. L:^i..i;.|j-.. .jÎmi,,! ),..!.(. ;..''. . 

' Le Baguercni a soutenu douie guéL-res coutri: le 

Wad^y, ^ontîl esUributaire aeùUment appuis sabouo. 

• ■ ■■. ,. . ,; ■,.. --i-fitaArU .. .'], Jn'i i_ Vi .f.\\v,\\ 

Lie 'KÀDeiO i^Mt la t»i)Hbié' «À Uaiï. ^t>MlgdlMkW 

été chassé pM'lès-WaâAyéns'^Yésti'èf^iè'dU'Bcft^U. 

VIL — FitriyMedogo," 

I* Itgjrr BMIld (nglr, 1. a. roi),proal3Biê il j a quatre-vingt-dix- 

' ' lept M>t,fullepreuier roi <Iu'PlM;<acarpjllile'^lait d'abord 

' 3 pjfro,'(t fc iraniponii ploi inA k Ytwa, TÎIIe ancicDoe 

■ ■' t) d>o«TJérdbIe. SeS'sUMélinin tutlt: 

1* &b<JSt:klciu (t; «. ttt. le pire du cmnrai^, fib Ae ngiir Boôlàd. 
'3' Djad<tirt(i.e.at<.lE'bAfllfc). " 

■ 4' Dj*Ab'(i. e. «rJ la cale). ■ ■ ' -, 

' S' Ab-CbkkJii II, né par le« Di^ueroriens «oa* Mobammed-el- 
- ' B«^i ^ail^ Mollaiinned-el<\mIa, Hai^i Amiii}. 

"16* Ab-K(ia4ir'(l. t. af. le phrt du verl ou Aa tînmes]. 

r »îS; ■ 

' V minOi II, 1)01 tffioe depuis f^x ani. ' 

Afeou-Cbbacheh, a jsnt étendu un peD Itu'liroîtej'de ce 
it Êliat, pen ttrt regardé coaibe son prei 
AiCccneurt loiil': 



!i, qOi rè|^ depuis detn m»: ' 

I est gouverné par Abbô, fils d'Angareb. 



((•M)) 

-^lîi In-^/ >i(npli Si'ij'i ij'p .111 1 il « J 1 'il/ 

Saleb fut l'apotre et le premier souverain du Waday. 

On prétend gae, bien Ican d.être Ai»assi^le, paleu 

était un esclave du bornou, amené et vendu dans le 

Hedjas; il y fut alteint^d'^ilâères aux jambes» et son 

«?ltÇfegPftHr ,^'ftR f^*W^er*S?*nciB8ini8ïl^l re- 

Ja tWJftfîtf j8^iiÇfè<fMJ%9l««4ll»9 fdp .'Wîgffeîfi.:, W-,ne 

a* Abd-el-Kerim, son fils, qui régna cinq ans. 

3* Edris, qui mourut de Ja varjo^; et .... 

4* Mohammed* ^aoSàni, dontles deux règnes n'embrassèrent qu'une 

^Qnûe. Zjiou Wr.Cf^UjpriÂ^nniftr par le^ B^(;nef qmçivs f^^ après 

quelqi^.annéçs j^^isi e^ iib?r|^ pai* ^iai,i?>W. pjnf désireux 

,, ,., , de Caire. .qqblicf Jiji,ha?nf dA «ef.^ipe^. que 4^. revendiquer 

le trône, il *p /^Jt^.d^*^ l«.,;dé^fjp(,. Jti«s,, W*'vi|ayens ne 

'. . : flûfPpte^ J??*. W, 4«»VXir|viftq<îp fju T^o^hre d^ejliçujjf /foi^. 

5* Issa (Aïssa), fils d'Abd-el-Reria^/^i fV0f)a yi^ ap,e(,^pf «pis. 

6* Saleh-Dered (Mohammed-Saleh-D.çv:^ljj fi|f dllsaa^i Â^iwpi»^ un 
-:..; .,.J^fof»na»e»r, ilr^fiA ijfl|r;|qjc,?l[js;.^iv^pt,,iyvaa^f, ▼» 
et nn itos s^ulemenj^^ Il .fut, «Jbi^sf ^ An l^fppe, .GPf^faint à se 
réCuçier au l^t^q; le Jieu 4^ «a i^ojc^ est iucpnpf^i^ JQ./[;^is.que 
pour ce motif son nom ne figure pas sur les listes r5]^yaUs. 

7* Saboun, fils de Derc^^.gc^p^ .fipf^rri^.çl 6rf^n4|l^BM«(tpur; il 
régna quatorze ans suivant un informateur, dix-huit suivant 
un autre, et mourut \ D^^fi. 
.^ a* Yov»«Rnf-Çi>W.if«iW» ^.M §^l)9«^ Wgpa. »PJ?^.#>» fûivfint les 
r'f- . .rff'^^.î^^W A'^? WWi^ h\ ?M^efl U Xfiijflttit le ngàr Ab- 
Khodar et le contraignit à s'en&ijp |i jPjj^* Yousouffot blessé 
à mort pendant la nuit, sur la roule de Wara à Tara^par des 
brigands qui ne le connaissaient pas (1); il eut la force de 

(1) Le cheikh Mohammed, qui ^apporté cet événement avec des 
détails qui font honneur à son imagination, attribue à Saboun I» fin 
misérable de Kharifeïn. 



(4M) 

■e irila«r jaiqu'à Tara, où il mourut le leDdamain, aprii 
«voir remit 1» r(an du go»*«ra«tnent aut maiDi de iod 

Kl9. 

9* AM-el-Azii-Rikeb, qui rtgn» trois ou cinq aai. 
in* Dared, Iréni d'Abd-et-Aiic ; tl irfpM Iroh pni. ; 

1 1* Oiàwieb (Salel^, qni ré^na lroii«iu, ï se t^j/e eroia. 

■ a* Sabouii 11, (jui DU te inaiiitint q'ie peu ilf ten^i au poaioir. 

■ 3° ChériF, frère de S»b»uD I. Saboun II ayanl uiurpé le Irôa^, 

Chérir, ùérohi par Abd-el-Peiah aui recbercfae) de ton 
riincmi, Gïgaa te Der-Four; Il adresaa àlor« aa tbllKn RM-illi 
Mcdjid, dont il retnonut la sweMinMà, om dnD*bAi <(« 
Becuun.I^forter^paDdiiàHiavaM:»! eu inviiantJau^haii 
du Uitr-Four à rilaUir ChéiiF^ Pad.l, donr c'éiaii l'iniéril, 
diri|;e,i uite .irmée sur le Wadaj ; Ici Silien« Tureiil ballui 
à diveriei rppriaet; une femmt, qui combaiiAit arec uu 
couiaGe adoiimble dans leuri rang». Fut prise, et CUérif l'ut 
rétaMi Les tribu* royalet An Ab-Srnouti. Ab-Ctini^ et la 
iriba det Kodo; le loulL-vircat birniôt; Chérif k) battit 
une première Foit à Boubla, où iU laissèretit ^oo morli, et 
une seconde Foia à Ujoulkan, où 4uoo morli restèrent gur 

ChériF a Fait longtemps la guerre h ceux duTama sans arri- 
ver à les «gumetlre; mai* révénement capital de ton règne 
est la guerre du Hornou, entreprise par lui conlre le cfaeikii 
Omar, sur la demande du mHÏ Ibram. dtériF règne depuii 
dii-huit ans, il n pour vUir l'aguid El-Môhamid; il a troii 
BIsi 1° Ali, 3° Mahmoud, 3' ïousouF, ei une fille. 

D'après une de me^ nulis, sa mère appariieudrail aux 
Fellatas du Dar-Kour^ d'après un autre renseignement, elle 
•lerail issue de la tribu det MarFa. Je crois que retie dernière 
origine es) la vraif, peal'ëtre »i-je confondu dans mes uoles 
la mère de ChériF avec la méie de ses deui lils aînés; cela 
me parait d'autant plu* probable, que c'est son troiiième 
fils, Tousouf, qui n'a aujourd'hui qui^ sept ans, qui wl 
— irdé comme l'hérilier du trâoe. 

Taprès les ilernières nouvrltea que j'ai rei^ei du Sondau, 
rif serait déji mort, et Tousouf raurail remplacé aan* 
lODirar une grande opposition. 



(4«) 

IX* --* Pof^JkmF. 

Soliman-Sôloâ(S61ôâ, i. e, en langue four., Bédouin» 
Arabe)» fils d'un Toomoufki et dune fille arobe de la 
tribu deà Bëderieh du Kordofan» visita l'Egypte et ne 
regagna te Dar-Four qu'après avoir embrassé l'isla- 
misu^e; il prêcha cette religion dans le Djcbel-Marrah» 
et fi4Mr^ quelques conversions obtint celle du Melek 
DoiAkouiné» cbef des Touinourki » qu'il circonscrit 
avet^ un rasmr quf'i) avait apporté du Caire et qui dut 
servir pour plusieurs milliers d'individus. Soliman 
proclamé roi établit sa capitale à Bir-Nabak (puits des 
lotus); son règne» si l'on peut appeler ainsi l'exercice 
très puttrnel d'une autoriti fondée plutôt »\kv l'opinion 
que SUT la force » îni très long et très heuniuz. Ses 
successeurs sont : ' 

2* MousM, son frère» qui régna vingt et un ans. 

3* Edrisy fiU de Moussa, qui régna deux ans. 

4* Abou-eURaçem^ frère d'Edris, qui régna trois ans. 

5* Omar-Lélé, fils d'Abou-eURaçem , qui régna cinq ans; sa 
capitale était Rabkabieh. 

6* Rakonr (Âbou-Be)cer), fils d'Omar-LcIé, qui régna trente ans; il 
s*occupa activement de répandre ISsInmisme 

^* Abd-er-Rahman^Kebir, HIs d'Omar-Lélé, qui régna deux ans 
et demi. 

8* Tèhérabf fils de Bakour(i), suivant on informateur, et d'Abd- 
er-Rahmpii^ suivant un autre; il régna, suivant Tun, cinq ans, 
suivant Tautre, dix^huit a^sj il s'empara du Rordofan et y 
répandit Ti^Iamisme. 

9* Abd-er-Babman H, fîls ou frère deTèhérab; il régna vingt ans. 
Le khalifa Deldoum, esclave de la mère de Tèhérab, qui 
«voit cbassé du Rord4>fan Hacliim de Gimir, leva l'étendard 
de la révolte et marcha sur le Dar-Four. Abd-er*Rahman 

(i) Le cheikh Mohammed an a parlé comm^ fila de Bakour. 



:« 



fut d'abord obligé de fair; jnaii étaat reveou avec uiie 
ariiié^yflUilâeleitliàlifa]etl%»ila-daoilq«n»qnR/Marrab(i). 

A la suite de ce succès, Abd-er-Babman agrandit Tendelty 
et y fixa sa tnpkd«k ' * ' \ ( 

C'est Abd-er-Rahman II qui entra en relations avec le 
*' ^ ge'oi^rM <B6iiapsirte-, )«¥s 4>é Viéipêdïi^d[Eijpp$ÊUij[^i J 

> 10* 'MûhiittiMd^irâi&d^fil8d*Aibdre«^ahFna>9iWRtf>a>|H^!M ff^ 

,,..,: .«^ïHi^^Mfil'Abpi} c|i«jkj)jri4f , |>ère dcMscjlep, ç^ui s'cj^ai^t rcyohé. 

Lq arqtenilant ^bou^-Madiap parvînt àMui ^cbapper; 

Ahmed-Dionrab-ei-ril lui donna un Asile et proie(>ea sa 

' ' ' ' fuite, bét ibJti.Àtatfri^ déUht UtfnjjèH:^ pa1^Ia'él^<t^li^ 

' '^ 'MÂlïàifad<fd^F11^è»,')Mt^%yé44tl1{>|ieil»rite5^CfettiMi«^ 

<: --. ' ^ttp4toa«|Mâike'^fC(^àltJda»'til.é^p«f^AitJi^eI|^cW,^^ 

et c'est en réalité Abou-Madiau qui a le plus contribué à 

C'est âous le rè^^ne ue Mohamnieu-Fadet qu*une' armée 

égyptienne, commandée par lè dc^ietdsii-' MÔKaimlfed<*ëé^y 

'^' - ' àyiitk hméû^ei^ Fdaiieos ^ les ^«Wiibàj irlàktUj att^M^^^âe 

' '']kraV's>em|^a^'idu}]IiirikfaéJ; leJ90u>99ikf^r^0^P:^'*^i f!" 

lî-îi' Ml ^f^.V^fieflSwb^a.îl^i commandait au Djebel-Uaraza, ayaii 

, écrit à Fadel pour lui demander des secours: U promettait 

d arrêter et de détruire l'a rtuéé egypdcnhé dins 'lès ^hnl^s 

'*^^'^ ' cîtfKi'cifesidte s^'s morUà^et,'âéGîêà'àkniVtsi[\iiUtéi\eMimfe 

■is^jl • if evirit rfefr^B^^T - p^t trottvér 'd« ¥èM. RaéA cqpava iq^a |fcs 

.c.<. I ^enside-^ HiiraiB^ isn^i-aieiii. ^^4^^^ ^ P^^^ ^^ *^^^?* 

V J'ii. j 

il (j 

^' * Voia pas fèprenflfre lé^hôâfiWtw. -'■ 
^ ^A'''VéMy^l^4i^s ac<Fllde(v<qul oûtiùiçé le ttdifc !4Q|»bif.i4|i^t9rfe 
/^.i\ \v.\ kiMQ %( «èrf Mppl^. ^9)iqi^j^ ^^l^^i^f T.iflÇjs^)^ ffs 

c.rri ^ ..X^P^n^TP; il est lui-même le troisième lils de Fadel. Ses 
tils sont: i° Al/ou-el-^ecner (Adam);' a<* Abd-er^-BahfliàD ; 
3« Ibrahim. — Son vizir actuef l^a]S|iéfhé'Adèto^ây4té^ldi. 

l^ii(o)l6wrfè,>o«»Jilo|lWW»ft4-Eîi4el,. rt iipparo T^ldiwi^ ville 
«*oée 2i 811 journées aa sud du Fâcher. 



Mf^ tfQ^^ ,fpr jp|ara,^ors capitale du Kordofan; er^ce a 
eette faute stratégique , le Djebel-Haraza fut francni et 
l'armte iPourienne détruite'par le defterdar. ^âdèl, eflVTijfef 



{m \ 

'*» » ' «.'^ «Il • .•• 1.1. •• . . Ml •• * (i ,1, I, r. ,^ J 

,''•'..' I I I M •'. ,■.'•.■• • . • / 

I. — Etats indépBndanis.' / 

L'islarav/»4tt|>té par quelqu^^fi^ici^iait l^ar.9 fourni 
'tttt 6ieildé'de'iDVSî>e4'tiii type*ck^ géuvèMititaiiàt;.t'il/le6 a 
ÎDis éû ' irapjî^ài^t aV^c ' de» ^upl^i 'p4(lé «lVM>eé5>« dont 
lisent îiiîité en partie les institutions mTli'tâir^s; il leur 

Arip^r^icçt, çl(?i^^lQ^^iî^9.m* m. pa.H ft ^^f}9\ vi^e, il 
•«'«sèuré/ «imi^ kiui? ^ipr^poo^d^riaiifie fSt^r;, J^ur^r voisins 
*fdtyiâtre^ H' pmmî^i'la' fcnttiaâoni dtdi^pidqiifta vastes 

On croit çdmmunénVént que rAM(][i!ié cervti'àle mu* 

' ■•••.''I,' .i/«» I . *%'*' 

SllIllU^Pf; sie idlyise ,çn un nombre infini de royaumes; 

^e^v^yageurs povU^ à l'exi^éfiatipn^iOudQs traducteurs 

trop* olassi<fi9ts(«o9t tdietBteiib pnodigif à auii Africains 

1^ 'tît^e^îdé td?, qoia ieSéiidaii )7ailaM|i pempléide rois. 

I/examqn attên'tif ,èt sérfènx defs fâ(xts inôiis montre 

)f ^jTrigue. soys un autre point de >ùe ; noîis y'retrou- 

«vAtts presque. li'Ëpr.ope\^u mojf.ep &ge,, partie entre 

HI)eaaeD«ip'âè{frineiés<oa d«>duc.9f mai^dimiqée tou- 

Jôuris par tixî {iéli^ BioiQ(ybr«'<d-eteper8di^S''6ii'd9 rois. 

Le ti(re de suîtan est le seul que noua idknffcAis rendre 

i,_ •■» II.» * 

pac.le mot ro^ encore ne faulTil le Faire qu'é' lorsqu'il 

' ' ' , ' ^ '• Il 1*11' Il { 

désigne le chef d'un KillX iqd^pç|(^|i.x)t4 un ^prince qui 
n«>'P'aieidr4rîb<i« M aueuci Mlreii0[>s'4l>dé4igp(^ WlflprÎAce 
"frfbttlriif^; |]°W^IMî^«»4e^rAawe ipwr^mtApnnce. 
iWins'qu^ amï'^ VtfanSKli» f6itel^iâhé»h1érarchie 

^^^R«^^^Mr;^n^f.?^?V*vC^ lAW|ue, me 

«îmWewti AnMijitJ,çqn,, „ ., „,,, „ > . ,,^„ ^ 

Le titre de roi , impliquant l'exercice indépendant 
d'un' pouvoir suptèàie, he^-irauraW^^tre la traduction 



. - t 



( te») 

du mot arabe melek, qui vient de mulk, bieû; veot 
dire littéralement propriétaire, seigneur, i/m/iT^uf,- n'est 
appliqué en Afrique qu'à de petits vassaux, ou i deti 
agents directs <lu souverain, à des (gouverneurs de filles 
ou de proTloces. 

Il règne une telle oon&wtoneo' cette m&tiire, qu'u» 
gèc^rapbfl èmineot, «près «vtnr dit qua le mM mek 
•i^ifie roi, ajoute qu'on en a dém6 le mut otoMMua 
qui, selon lui, lifi^îlîe Pt^aumei 

L'anglais kiagdom. vient de l'anglais kùtg, ^nis il 
ne s'ensuit pas que l'arabe maqdoum, ou uùens 
encore magdoum , qui s'écrit par un qaf, vimoe 4* 
l'arabe mmk, qui l'éeril par un kaf' (i), Ma^doûm, 
d'ailtevrs, ne signifie pas royaune, mais l^en gou- 
verœor général , vioé-roi. J'ai parlé, un peu plus 
haut, du maqtloum Usallem, gouverneur du Koi*- 
dofan pour le sultan du Dap-Four, qui fut tué par lek 
Ëgjipliens à la bataille de Bara. Quant au mot nttk, 
qui n'est pas l'alirévialîoEt de itulek (ouuame je l'ai 
(lit moi'Uième par erreur dans un Autre travail), i) 
n'indiquc' jamais on roi, et doit se IrMlaîi'e lont sioi- 
plament par cbef, ou par maire.- 

Le Soudan ooeidental nous taootre les de^tx royau- 
mes de* Fellatas et du Bumoa j le Squdap cuiental ne 
ute égalcaaent qti» deux, le Waday «t 
i'asi autour de ces grandal^tatsqua pi««- 
seooodaires; presque aons-en dépendent 
Iribat; qiieh]ues-am s'y refusent, mais 
■l'en est pas'nitiilleura: lis aunt bloquas 
dominés, et ravagés ou du moiob mv- 

re auraoe dei leUrei emploji^et dans le mot tntk. 



ti67 ) 

Bacés Aani cesse de l'être, au lieu d'être soumis à ua 
4rii>ut, plus coûteux à leur orgueil qu'à leur pauvreté. 
Leur existence indépendante, n'étant point reconnue 
p^it f[]e^ traités, ne saurait être prise en considération: 
s'il fallait les regarder comme autant d'Étals inëé- 
piet)|)aptf».Ofn derrait partager la Turquie en presque 
«uiani de petits royaumes qu'elle a de provinces; 
presque toutes ces pjEH)vinces étant depuis des siècles 
dans un état perpétuel 'd'insurredion. 

L'i^bsence à peu près complèto d'un droit public 
reposant sur des traités livre tout à l'abus de la force, 
«t fait de la guerre l'état normal des sociétés barbares. 
Les grands États se font toutefois moins la guerre entre 
eux qu'ils ne la fornl nui petits i ils attaquent et ran* 
donnent, les vasiaux les uns des autres: chaque nou* 
voile lutie^ ftemble avoir pour objet « eomnle pour 
ibéêlre» une principauté conquiso dont les habîtafnU 
vsîocus appellent à leur secours les ennemis de leurs 
vainqueurs; ceux-ci viennent et ravagent le paya pie- 
'^u'àce que ceux qui Us y ont précédéa soient parvenus 
è l^s «D ehbsser; 11 arrive dès lors trèa somenf que 
la moitié orientale d'un de ces petits États pale tribut 
à un roi» et que sa moitié occidentale paie tribut à 
•im autre; quelquefois même l'État dépend de dooi 
maîtres ^ oiTra è cUaoun d'eux une rançon propor- 
tî^nnée i sa puissance ou à son aodaee« 

U réSiiiUa ividemment du fait q|ae je viens d'ex|)oeer 
une grande difficultés <lans le trMé des iimitca des 
grands royauBiest leKtinem, attribué auWaday, pour* 
jrait l'être au nmus en parité au Ikir^iou» dar si Méô 
paie tribut au sultan Gliérif, quelques villages plus 
occidentaux paient tribut à Omar. Enfin les tribu- 



laires ont eux-mêmes des iribulaires; les vassaux, des 
vavassaux : ainsi le Booàseîèst tribUlaire du Baguermi» 

qui lMi-ip*p,e/55l!,lfifV.V?^rf,;.f'i,)yflfaj&V Y.U7/ »J 
II est djffiçile.|Je.|^}e^^r|ffgiçJ,es^te|^^gj„,^j 

parce que les grands royaumes cherchent sudqjj^^y^ 

s'étendre dans le sud.p^rJ9 K^i'*9»finfiJ8hmé*i 
ils gagnent tpiijours d^ _^ côté, bien,; gjieJefJejjTes 

•br<ifkf««,->^uis8fln(iarBèteBr4uelqu«Eiii«.iatti<Ufiar leurs 

Pour résuiuér en 'Quelques mbtà 4a 'ithàation (i|î)U- 
tîquQ du Soudf^n^ j^e dir^^ue^ cte nos^ jours, ^tj^s ^el- 
lalas sont contenus^, .Jl^ ,fiqF9QU»,,Hii^,,die;^^ prioces 
dégénérM nchéiaiéiU •de*.pfrdtie ij «âe peiiiMi^kiftfc^De 
dynastie nouvelle; le Waday, f^.jp^^ftq^^^^^^i^gpj 
?erti et plus.bavbare encore, jg;raDditc^a^i|efiou]^: 4éjà 

Û,a,|99^j(pi9;à iM^.|l^j|bvit,bHI«^^ )ig. iP^milTOll» qui & 
joué un rôle amûi aiaaquaitt'àiUteiaiitreiépoqae; déjà 
sa puissance menace le Dar-Four, qui man^iïb éé céUe 
unité et de celte audace qui font ta force du Waday. 
Dans un travail de la nature de celui-ci, ofi'ne peut 
s'attendre à trouver la mÊv^c paltejié qn^d^jas Ifiilça* 
cription d'une contrée bien connue. Jtea fieQWgae- 
n)^nts4*iwg^ .diverse p.e|iv«jnt.parfQis se Qoq)rq^ij^ : 

enqHéto, JHe*r »at^ prises, à» I4 iW^fi ri»W ulf JWW 
ment de jlArPffl[i)!Çfs»^i9P< W »nrt'dP*^H«W>«»if«»lfc 
complétas gqp,i6.iç,^^w5a^.: jMvrn^tieii JMWA» djin 
événement, je nomme une j^^^gni.^.^^.P^t^ 
impossible de fixev! .la.^iUifi^tion; .lupU c^ Ifkçupes 
regrettables disparaîtront peu à peu, dés, (pio J'aurai 
retrouvé mes informateurs. 



( 4«> ) 

i 

Le Waday é^'^i'à&il^^ar bû^Vtt^iEus ôb peupbde^^ 
eU'qab^fè^^^âGth'''4^atré'H»é' ^Viallûéût/'^e tribus 

1^ Des Ab-Senouo ( pères des dents, parce t|u ils se \t% Hoir- 
'-' ^"-^ ViWeëfel^tfS AV)(rhf^iJl(^9lo^iMëVîJapi^^ soumise^ 

à cette tribu, qui a pour capitale Am-Kouchak; ^; .j. » 

, 4 ^^ Marfa, dont sont sortira lc& mères dp Rl^rifcïl1 et de 

CheriT; a Kcna Biiena, i ti()g(Tené-ie-Peiit et a Aoibofir- 

^'-''^ï»ï'touY»tyi>résS^fehcatfà'éftHfti!lJ^lek2.-. nu; !.i..' ^- : ■ 

téS-'aiitrWibîïtèeHwt '•:-''* ^^ -'* * *• "••'' ..!'...•• 

5* Ues Ab-ChariD (pères des moustaches), ainsi nomhiës parce 
<:/(• .^«|UiCftthaftlUi»tobUentJà:1^kéfliTiflàié^ • '«>! i'.».< 'm-.-[ 

Y?*/)? |Cfclv«véj,c^\c^té.4i^yr#di-9w5a; ^ . ; , . ..^^^^ 
, 8* Des Rilioau; 
^ Des Karua; 

■:ii^'De4Koiid&iiô. -• • ♦ • ■•-■.'/' !V.»,:-> 

Kiù'tkdbé {iacAé, iortè d'arbre ; iù Kordtrfjiif, ^rcf- 
ifeM^; situé^r'i i jèdrttéès'déWar^, «ât fa^ràpMfè ^4 
ttiëtle du Wèiday» 'Sdleb-Deréd ^sl, ]é tsHoh; fe ^emiër 
sciltèrh M'Wâa^t 4 i èâ éîf fait âa^^ësidèhié. '' ^'"'i' 

dittHeSrfcliks'ilîëUx^tt^ •'--■" "'■f '- ,-'•• -^^ -•''-"« 
'' ^ tei.'feVii ^. éi'Je j^ife proWûd); 'à i Ib^^méèl à l*Ér.:S';:Êi de' 

i»>iijr'*(Vfàrw;^ ' • •'" ''i ••■ ï' '^1 * '01'.. '.hy.'> ^.'*M,j} -^ ,<4 M 
2* AodÎDa, à a j. de fiir«>De0ui^t«i)a<^-B>)lti(b!^WaMrf(on < t 
X. AOVT BT SBPTBMBRB. 6. 12 



( 170 ) 

3* Btr-BâdMym (L e. le poitt du fènneces)^ i j. m S. de Kei4- 

BileLi; 
4* Bererit (ne pas confondre avec un «utre lien dn nom de 

BororiO, 3 j. à l'O. de Bir-Tawil et 9 j. à l'E. de Doulla; 
5* Am-Koocbak ou Anikouchak (i. e. pAte très chargi^ if^antce 

nom est appliqué à une ville pour indt<|tier la plrnitude de 

ta populaiion), a j. à TE. de Wara , S j. an S. de Bir*Talvil , 

I j. à rO. de Tama, i j. |> au S. du Ojfbel-Kourtoum; 
6* Tibalié, à 5 j. de Wara, à a j. de Rourmoudi, à a j. de 

Gamara; 
7* Tiniio, i 5 j. de Wara, 3 j. au S. de Tibabô; 
8* Tôfi-Kôfi, une 'des capitales d'AbdoeURerim, à 6 hpures à 

!*0. de RilifiAn, à i j. au S. d'Am-Bacb(<; 
9* Abou-Goudam,'la montagne d'Aboii>Coudam 'djebel Abon- 

Goudain\e«t à i j. - ou i | au S.-O. d*Am-Ba<!hê, à i j. de 

Rauurî-Adalil, et à i j. de Bir-Toyo ; 
lo* Touràn, i j. à TK. Je Wara; 
II* Am-Magbar (la mère de la pierre ronf^ff^ probablement du 

sulfure de mercure; ma^hara est habiiuellemenl pris dans 

le sens de caverne), à a j. -^ au N. d'Am*Rawarem; 
ia*Géba, i j. i à l'E. d'Am-Maghar; 
i3* Bir-Yojo, 4 j-.au S. d'Am-Magbar; 
i4* Goz (i. e. dune), de a j. -^ à 3 j. au N. de Dimro; 
t5* Gamara, résidence de Rbaiifeïn; 
i6* Rourmoudi, d'où part une route qui se dirige à travers le 

désert sur le Feïsan; 
17* Habile; 
i8' Boubla; 
T^* Djovlkân; 

ao* Marfa-llabilé, au S. de Réna-Bitéba; 

ai* Dowoungonlou , grande v^Ue auprès d'un lac trr-s fréquenté 
par les éléphants : Abd-el-Fokara, a^uid (i) ou chef des 
Aiabes du Debaba, y réside; 
aa* Cbibiiia, à 3 j. à TE. de Douroungoulou : Zcyad Ibn Rbeir- 
Allab, iiguid du Loubous, y réside; son père était alfranchi 
de Saboun ; 

(i) L'agnid est ce que nous appelons en Algérie on kbalifa. 



( 471 ) 

' ttâ* ft»aiidJ4Nirott) deii»Je» habitoBts 9'.ipf>elleat Kiottkftr cette ville 
est plus ancieone que Wara sans fétn: «oUot que Masna ; 

t^* Biikei-FaUatfa, f];raade vUic et palais, résidence ordioaîn- de 
Sabottii ; 

i5* Masmadjeb, résidence de Taguid Ëi-Masmadjchy att S. d'une 
^aiide tooalagae et au N. dn fiathi; 

tS* Hjehaba (0oiniiiier), résideuce de i'a^^nid bi-*Uadftïd ( chef 
des for(}eroné# directeur des ftH^jes) ; le fier du OjebeUMas- 
inadjch y ei>t mis en o&ovre ; 

37** ld*ed-Djubayè (i. •., en arabe, puits de l'impôt, bit et éeher; 
id s'cciit par un cf/i/', uo jé et un dal) : beaucoup de tribus 
arabes »!y i^éuDissâoi et y acrquilienl ladime; 

u8* Raràûa*Âsai (eu it^ut, iviel; le mol «SAi e«il« seul arabe): les 
Arabes appelleAi ce lieu Berent; peui-<«tre y a-C*il deux 
Bererit) ptat-élre ce licu-ei est -il Je B^^rorit d(>a(i'ai parlé 
plus haut; 

39* Hô(;gbné, qu'il ne faut pas confondre avec la cupltal^ du 
. Dar-Sila qui porte le ««ase jaow. 

30" Abkar«dl>jambôà (Amm, villaf^ pi. mbàmr) (1^ réNdeDce de 
L'açuid lUteir-Allah : la route deSiJa |iaase uapeu à l'O. de 
ce point i 

3r Andiia, 1 j. i au S. d'Ab-Kar; 

S2* A Irak, a j. au S. d'Ab-Kar; 

33* Am-Loubana (mère des ioubmn^ arbre «feot la iuimét eàV em- 
ployée ^r les femmes coonae a^rtQgeut)t c'caft U Jésfdtance 
du djerma (a) Angouroutou (wad.), préfet des bîppopoiames 
o« mieux iaepecieur des chasses royales et puerceptetu* des 
droits de chasse égaux à la moitié du produit; si a*y' a au 
'Waday que deux districts de chasse royale, LouBaiia etSeyta. 

(i) Ou en arabe, kara^ pi. Aar, d'où «6 ^ar, père des vinage»? 
J'ignore si ce mot est arabe, les dictionnaires ne sont d'auctin secours 
dès qu'il s'agit du langage des Bédouins: on n*y ti'ouve ni tW, m 
DjxAayè dans Ile sens que jèieur tfonne, A cc^ndam td 'êd Df^ayè 
est un nom bien arabe et sur la si gnîHcation duquel je o^ai pu être 
trumpé. 

(a) Djerma^ djourmay litt. écuye.r, se prend dans le sens d'aide de 
camp, confident. ' . . « • 



( 178 ) 

forme \e bq\ de ce disirictf si ç'éiaH, cpinnie i^ leproit» du 
marbre, le granit ne serait.pas loin; |a viiU d nidjer-B^ïdh a 
été bàlie par Izk-ed-Dlb, grand cadi cta Wauay^ sous lé rêçoe 
dcDeredf; '• ' ' •■ '■■" ^ • ' ^' 'M-uni^M | 

as*' Dagal, à 4 j. à l'D. d'AV)dilai(fwpaJ't6tiCélidilé(«èiJie«<vtèo^4 

37* Chàlà; 

38* Karângala ^sorte d arbre), habite par des gens du Bornou; 

4o* Hôttti<ijAfiVièn^ ftaéé4fiiiet^àtieéilip<diir4pliHiilk^} ' ••' > 
4 1'^ Màiièroèttéttkf Séièmiti jji «boMfenlitiB^nof pt a i i > 

43* MaiianeatAllin Cftl(irK,wad., terme de menace que je ne «aurais 

^*' .. ^ "ii'^.' ..I' ^ r> .;-|' •'!,*...;. ^ ■ * 1 

traduire); 
44 Malawa, 3j.alE. de Difde; 
45** Difdé (i. e. ar. crapaud, Defdâ}: 

au ?). de Difdé; 

dence du djerma mouloutou Âbd-el-Aziz ; 
48* Rèmcli (probablement les sables» le sol sablonneui), rési<)eDce 

4^ BMUIftkièëiÉ^r à ^' grfiitAM jditiDéèi 4u'14.4Cl(ilé EKdjrâtv ou 

5(** Am-Kawarem (ar. Kawartm^ siq^. Afirn^é^, fovlLe d*arbi;e dant 
le fruit jaune ressemble à de Tambre, karman\ a 3.j. an 
S.-E. de Beni-Husseib. * 

Quelques villes royales telles que Tara, Nimro, 
Wara, Ain-.Bafjljé^m^ p^r5\is9fçi^f.|oij\^rdjçj:çrJakis pri- 
vilèges et former auiaiU.|cUi jietiu.gQUVOroeiaQiit», ; 

Toutes les pMmifcefi dfu^'Waday'sotnf réunies en 



i«»».ii ,*> "îM' I II « ' •< ' ' ■ [. 



quatre groupes V &' kavôir t' 

Le groupti du Sbah.(8g:f u e«[r,oiûeDt, lest» syoo- 
nyme cherk); 



• • «. 



' Lé Iv'oiipê' m BâliM'(aK ï. ë/lé'cÂtè delâiner, le 
nord,, syn. cjieiffal^ |e cote gauçue); 

Le groupe de l'Yemin ou du Saîd (ar. û «• Yemin, 
JiejiQôtAiiiirDi4( (lâ(ftiKl».Tsy|i»;^Â6A) (1). 

Ces quatre groupes, toutefois/ sont' plulàt' géogra- 
phiques qu*adrùitiis(t*a(ifs.'Lès gouverneors de |>ro- 
viiices n^ dépendant guère que du sultan; les g^ouver- 
neurs généraux ou chefs de groupe JDui3Sçn<t d'une 
considér^uaMplds |gi»tadf 4maai4tr0 rar0}é$4*iîf)e lau- 
torité quÎ7fpo«i^itri'liB9"tf6ndre >tda!agclr6«iXw> It' en :.est 
autremenl au'Ihirfoerê', Cbihtifèf riëustë vîéftràrm biehiôt. 
et c^est sans âbute â'iia politique méfiante que'' le 
Waday doit sa grandeur. ; ., r 

' Les Ëlats'qui^ paient Irithit au à\ï\Un dé tVaday, 
sont: .. , . 

Le K^ip^a^^ jie Qc^uerpii,, Jl^, Fitri, le Méd6g6» le 
:SiJft».iJ^: Rôika (2);^ i«f>. Kè|j>kéiipai£ quelquflfiMft Hsbut 
au Waday, mais on doit }e connd^ét^er eotmn« dépen- 
dant îlïmalt du Bornou. ^ .: 

Le'Tama est en état presque coâtinuel de^rébcllion. 

Le Kànem , dont Texislence parait assez ancienne, 

(a) ^ p«uifti(0]Bief ,ftf;àé/no|#« c^.4ii^JQ0iraiichc«ne mot (Préfixe 
dar^ qui signifie liea, contrée, habitation (maison dans le GharbJ: on 
peut dire Dar-Fitri, Dar-Médogo, Dar-Sila, etc., de même que Dar- 
Four, Dar- Waday, Dar-Baguermi, etc., et Von peut dire auâci le 
Fitri, le Médogo, le Sila, le Four, le Waday, le Bagruermi, etc. 



& pour capitale Màé, TÎlle située à fi journées tu nerd 
du lacTcliàd<S, au milieu des sables. La situation assez 
septentrionale du Kànem n'est pas très favorable aux 
cultures, aussi ce pays est-il surtout parcouru par des 
Tibous et des Arabes, pasteurs de chameaux; les 
Tiboos : Gounda, Sogéida, et les Arabes GhawAsemé, 
s'y livrent pourtant un peu à la culture, ainsi que les 
Kâncmbnusoo Lanembous, qui sont lefi* «borigènes. 

Le Kànem a été le théâtre de presque toutes les 
luttes du Bornou et du Waday. 

Je crois que Karga d'un côté, et Mborgou de Taotre, 
constituent des petites principautés îndépendanlea du 
Kànem, mais tributaires du Waday. 

Le Baguermi est le plus impoi^ant des États secon- 
daires du Soudan, il existait comme rovaume indé- 
pendant avant qu'il fût question du Waday et du 
Dar-Four; il constitue la région la plus fertile, la mieux 
atrosée du Soudan (1); son peuple est aussi brave et 
plus industrieux que les peuples voisins. 

On cite, parmi les peuplades noires qui cultivent le 
Baguerioii, les Girfà,. les Aréxâ» les Mbémâna^ les Bèr- 
gélè, les Daba, les Lètoén, les Mhàrmà, les Liman. 

La capitale du Baguermi est Màsna ou bom Masna, 
c'est-à-dire la cité de Masna, qui s'élève à environ 
quatre heures de dislance au nord do Batchikam ou 
rivière ombragée; c'est une des plus anciennes et des 
plus belles villes du Soudan. Elle est bâtie sur les 
deux bords opposés d'un étang ou rahad,'de forme un 
peu allongée, nommé maé Mangd, L'un des côtés de 

' (i) Ba, en baouerroien, fli(^ifie cours d'eau; baguermi me parait 
un nom composé, mais j'ignore le sens de ses deux dernières syllabes. 



f *7fi ) 

la Tiiie p»a9èd« le marehé ei le palais du saluo, Tautre 
céié ranfenae le palaU du vizir aciueU libarama. qui 
esi ua affranchi du hà&i Tuoique baobab doot j'ai 
parlé plus haut, el une sorte de temple consacré A 
une idole de bois noo^mée merem Dida^ que les mu*- 
suLmans paraissent avoir épargnée. Il existe à Masfia 
beau(COup de mabona à deux et même trois étages. 
Je les ai entendu comparer aux bahilaiions de Djedda 
et de la Mecque , je les croia beaucoup moins belles 
et moins confortables; elles n'en sont pas moins une 
des menreillts de TAfriqua centrale. 

Pour se rendre du palais du sultan à celui dLe son 
vizir, on doit» pendant l'hivernage, contourner entière* 
ment le raliad ; pendant la saison sèche, cependant^ 
il existe entre les deux palais un pont noyé ou aorte 
de gué amélioré au moyen de fascines, on y passe en 
ayant de l'eau jusqu'à la cheville. 

Je ne possède pas la division adminblrative du 
Baguermi. 

IV. — FiiH, Mèdogo, Sila, Rôna^ Tama. 

Le Fitri est un très petit État doot les habitants 
paraissent former un seul peuple avec ceux du Médogo; 
les langues du Filri cl du Médogo ne diffèrent que par 
un petit nombre de mpls. 

En langue baguermiepne, le moijl/ri sigpiÇe dé- 
sert, région inhubîLée (en arabe khéla). On raconte que 
.qe nom fut donné à cette contrée par des Baguermiens 
fugitifs qui s'y établirent: les émigraiits africains con- 
servent presque toujours le nom de diserts à leurs 
petites colonies, . 



( «79 ) 

téurd'<^ti6r0Akilt4«:*laH deiocifli>Bi);.'eHeJBe}<^îiifair^ tA> 
qutf tr^ ^obf erntlneîitsi icu^' ndisirsétsf qéL>sbn&(Çéu» 

Yawa (en langue fitri, ya, mère, voc. «va cUui-a^'Â/m^ 
ititr î»èr«/^'9afe(; dq dkiûva)» anLpitfitlènduid^fci,//;aloiine 
de8-.viJkit«(ks ^IvanamieHiBBÉ ^)SoitffaiB^reikfoexi0teU 
k^^l^f^'^t^DlPliiisâav «èijQsIl^-qpcqoè 

rLéSPawIrts^ifeUKtlisbhésiiia £itci Jsimti^jÎRr/^Aef^ 
hOiltioro,-JMeli]|é et AauBi)iiL> r^cq o^ Jo'-. t n »i. .-^r-cr 

> Le MédogotibfnutdecibiipraràDoéaxJte 

dont ie •cbef'Iieii estpbmliabionlèmfKètei ,/ ^tt^oélIfe-Aè 

> |j« 'D}ebeè4MèdaDçbj')gàr{iBlieirie!laBdépBaiiUlai^ 
cfi-.jijâtîl: piâiiple^ieatîtrèsiélfiiiéit Ooi'é|}érçûit d!iuntt*às 
grmiâeiiiUstan OTvih q'jeal; tt^uteifeàs. juobis^c^ 
neige }>c*eit ptohableiiDaDtrleipaîot^culmÎBadtidï'iiaé 
cèafiT^ îcpeu'prèB oo^yiBii!^4itt»8edîrig68D|>vet»I!aii0st* 
û<ird«otiest^MSfip«ie<ie4>&snD '<du laetFôlfrÎT èt^ oélètdà 
l&c Keiséjî/ et porte :sijrcbes»««iiii9nblÊsiibiBf9)cWJ^ 
Mataé, Mo^;'FAhêB^ Gonb^r eb MaàarruQai -«trod f-r !>; <! 

rLôilhf^-Silâ iét :teifi»É-ik4i»i80Ot<.p^pi|&gif»ir^les 

v'Le Dar^Sihi'aeiiiblé faire odbpubsD UÂ^m^s^'^avlM 
de raggloméralioh wadayenne ; il est vrai qu'il s'est 
révolté souvent, lûaia'Gcb mot^vemecils atàient 'inoins 
pour but d'échapper a la:sujélioa que d'imposer au 



do SîJiV|ilpm7ibUas:d0<fi»boiiii> Ujc^toiHiAU'epii Ghérif, 
vaiban&pâp<Jesiirî>unéila4)ebibi''iiéatii^penl.)o9glçmpft 
encore dans leurs montagnes après qu*ii eut trtQinpbé 

d'eux dans la:plaiilë.l>eiO^Vt>-'Siidj<H»i^'à cfstte ^époque 
un rôle assez important; il fournit des secoure o«K un 
rofogé laïk'etoïeABk^drTCt^iEi.'qilijf illO^eM^ une 
armée étrangère, vit presque tout le 'VSM^y:>'wiB<er 

HiLefe Wadtiyfend^n^bn^pae .éneoDé^ pér(kinBé,«ta JFou* 
tiet»xoetté resuiorattonl) teaiEoiiriena^i^'iiiilQU^^^gi»*^ 
âef>rvr4-^^w^« Wadiaycjns4'i^SQjieHa»tli»leiNr}Yii^QMl€ii 
eti'liflrsqaîe»{pày8)é«rBiiger âé5 jEoOrânsj efcj^s .Wah 
da^emr.iMnliBiit liitsb oèneoûthetf , il «bt. v«t)ei;qj|hi|ne 
querelle ne s'élève pas e»lrei«ukfii ^qublle.'aftQg'O^ 
o«9ib i^auLaS)étuili9aDitB)'^aib^mr,Mpeia'4D0l^^ à 
El'Attnir,- y. èiaifftil^iitiyiial qkeif ues anûéi»» ivintimclB 
de la brutalité de leurs ennemis; ils ont laissé- te 
ebamp^Horeiàices dehii«t«/:tt Yoni juaiMebabt'étiMfier 
àt-OsMes^ bù ils;fiNèq4ëQleafr)la>ili06quéeid)ei Sstdpa^ 
Va]la^>(N3 >S^ ioân ,^&Ajiii*4B^Êù « anciewie ieathédrale^ 
)e*t'dnibeaiir-de Sahitt'iJeàn esliiau tollito de la mos* 
qaée), Boosqaèe tréS' saiBttvfMiiaqiie Hz'eqt sur k plus 
élevé ide sab minireti {ak mèttuié, ào la<niiDtaBt blanc) 
c}Mf<llé8ua4Giirîstîdaiid«8oendire lonqa'ii viendra sur 
la terre pour juger. Jeft/ visaata al hsê niai'ts» ^ 

ilJa sfîsjlqctâiàicroîrequi lattoiii de DatT-fideih n'a 
été donné au Waday que parce qu'on l'a confondu 
afieo^)e>9at>6ilaJ 0t(n]j)tt>eHaBnt à'rfcauae'de'soo apôtre 

:' 'Le J)ar-*Siia eBloafi<rpays deL^ ban tas. montagnes; les 
sommets lesploS'élevés^défai^aine'entCmrent un^aste 



( 178 ) 

cirque dans lequel on ne pénètre que par une scMile 
issue facile à garder et à défendre. C'est aa milieu de 
ce cirque que B*élève la ville de Hbjçgoné» capitale 
acluclle du Dar-Sila; sa capitale ancienne, Bandàla, 
est en deiiors de la passe, 

La vallées où coule la mière Doey» qui ae tercnine 
à Dagal , ne fait pas partie du Dar-Sila et parait ne 
ctépenrire que très peu du Waday : c'est le refuge d?s 
malfaiteurs du Siia, du Waday, du Dar-Four»du Fitri 
et du Médogo. 

Le Dar-Rôna est, comme le Dar^ila» un pftté île 
hautes montagnes ; sa capitale. Boukbas» est située 
À proximité de rOmm-et*Tinian. Le nom de boukhai 
est ciral)e : c'est le pluriel du mot boukksa, qui signifie 
calebasse. 

Le Tama a deux capitales. L'une, Kàrày» située au 
bas du Djebel-Tame, est habitée en temps de paist 
elle est, du reste, bien défendue par la naiure. L'autre, 
d'un abord inaccessible n l'ennemi, porte le nom arabe 
de fiergou*mà*Chàfou (i* e, le^ Bergou ou Wadayeof ne 
l'ont pas vue), parce que les Wadayens n'ont jamais 
pu s'en rapprocher beaucoup dans leurs gbaxvras. 
Bergou-mâChàfou sert, en tempa de guerre» (le cita- 
delle aux montagnards de Tama. 

V. — Dar-Four, 

Le Dar^Four, limité du côté de l'est par les conquêtes 
de rÉgypte, s'étend vers le sud jusqu'à l'Omm-et- 
Timan; la chaîne du Djebel-Marrah le borne ou le 
traverse du sud au nord. Un même soulèvement parait 
avoir formé la cbatoa diesmontS' Medob ^ue las cajra* 



( 479 ) 

Vânes qui bû rendent à Siout longent pendant plu- 
sieurs jours. 

Parmi les peuples soumis au sultan du Dor-Four, 
je citerai les Touniourki, les Mimi, les Hedobi, les 
Zagliawab, les Bégo; on rencontre aussi dans le Dar- 
four un grand nombre de villages peuplés par les 
Fellatas, les gens du Bornou» etc. La capitale actuelle 
ou résidence royale {Jdcher) du Dar-Four est Tèndelty 
(i. e. grand concours de peuple» en fo.unea)t dont le 
nom ancien était Kinèbo : c'est plutôt un énorme 
village qu'une ville; il en est autrement de Kôbé, dont 
les Toaisons ressemblent un peu à celles de Siout. 

La ville de Tèndelty ne fait partie d'aucune province 
ni d'aucun gouvernement générai; elle est gouvernée 
par une sorte de lieutenant de police qui porte le titre 
df3 w&rôn (1) douloun. Le lieutenant de police actuel 
est le wàrôn doulouà Bichara, dont le prédécesseur 
s'appelait Ahmed. 

Le Dar^Four est divisé en quatre gouYernements 
généraux, à la tète de chacun desquels esst placé un 
magdoom. 

Le gouvernement général du nord, dont le chef 
actuel est le magdoum Hassan, qui réside, j^ crois, é 
Kôbé, comprend sept provijoces dont les c^efs^lieux 
sont : 

I» Millit; 

ao Kôfot, à a j. de Millit; 

30 Robé^ à I j. de Kofot; 

4'^ Routoum, à 4 j- ^1^ ^* *^^ Rofot; les Djellaba y passent; 

(I) JVnrôn^ signiHe roi en laD(;ue fourienne. A Dongola on dit 
oron nemer^ le roi oemer; c est peut*étre le copte ourô, ter Vn s'est 
là que poar ratk'qiier U ivUttoa ée* deux mou. 



:> ■ J 



( m ) 

' 5o ÙjebeliWgâi, f^id^ce â^a metek'Slb^ï^'bûii^'â'â'ï. |"^ N. du 

Koutoum; " ' ' 

6« Arto, à 5 à 6 j. à TE. du Djel)eIEreV,at; ' " '^ 

7" Djedid-fs-Sél (i. e. le torrent nouveau). ''* 

Le gouvernement géqéi?Al iil« reat.qpi ojbêit .ài;0^>u- 

après le roi, comprend quinze provinces^* dutit; les 
chefe:iieux"soniï> '^' ' ir. -'...., ,-.....■!.. 



< I ,. j. ,<■ 1 <' 



3* Ar|{ont, à I j, à l'O. de Sani-Karao^ gouverné pavun melek ; 

Hamar; i v 1 . , , 

(^ 5fj K9dj[^3,.rë9J<fen(;.(} 4^ mel^k^Zead : çn v pbfic|ue l)e.iucoup de 

6- Souroudj ; ,, „ ;j/ ,_ ; ,^ , . .^ ,, . .^ . , 

7* Karnak-el-Faras (i. e. ville de Ja jument), où Abou^I^dian 

parvint à échapper à ses ennemis; -- . i .< 

8" Djebel-Hillé, très grand village dans la montagne j^ 
9* Doulo, trèi grand village ; 

!!• Deriel-ni<étlè*if.i'V!-i. • i- -. t . ..;- ,. , -, •- .^ 

i3* Am-Sàyàlà {sayala^ i. e. ar. ac(^ift sey/il)i^ à 1 j. à l'E. df Ke'rio, 

au S. d'Argout; , , 

li' Wadi-Béra« trê« K'-and villafre eiitce Mnrbouta et le Fâcher, 

à (rois^be^ef dp celte dcniière ville; 
i5* TçAiJi^ûmiiiii'é^ t^S'Ilirapd^ village à six heures au ^. du Wadi- 

DH^-^^^^I^^*'^^ Wada, f^Avté'* l^jo^rfiée au 
N.-E. de Djedid-Ra^-cl-Fî1. Wht Ws 'déiix» résrdetïces 
de l'abou-clieikh. Je ne crois pas! que ces vilfdges 
soient des cbefs-lieux de.gjrqyin/^'e^r • :' . . 

Le gouvernew«oi général. 4ui#u(d>aiii du MUd corn, 
prend quatorze provinces dwit hes chefe^lieux sont : 



I m ) 

i, v" /^abajtjieh (i, e, ar Jef baobaibs), *1**®J!? *^r^.** l^^""^ ^? résidence 
du mandoum ; , 

3* Rochocha; ... . i , 

4* Rîl, à I j. de Dara à KO.: Tëhërab en avait fait sa capitale; 

n'>£4ntiyMlcht^i»ài>^;ii«â* vâleipes^V^^par^wt^aiia luiP/^rn^în; 

8° Hacbaba (i. e. ar. gommiers), d'Ererat, gouverne par le falyb 

Nedjm-ed-Din ; 
Q* Koali-Bela (i. e. en fourien, bénéfice considëdiMë;, 'ft^Sf^rande 

' 'lo*' Àrri'(i.'e. en fôurlêii, cfcarée; îAip'.), irèïgràtidl^VHIè'RObver- 
née par le fakih Salem; . k -n» i 
1 1* Wadi-Sal«b (qu il ne fant pa9'confontfré"aVe4( lé AlfÀ^i-daleb 
'au BJebet-MinrraYi), gouvérne'pàr le' F^kib'*Âfh6t f^ Wadi- 
Saleb n*est qu*à i journée de Rôna ; cette vatTëe est fré- 
quentée par les Arabes Tâàcha et Misrieh; ' 
"' ja'''Crt)a**^ '" "^ "'" '■•*'' c -•>'!'■ i ■.. 4 ■ 

i3* Tôbôlla; •"• " ' ' 'il ' ' "' ''■ 

i4- Eridja. " '" ' ' "-' '• '' ' " '-^ '"' "'' '' ' "^i'' ' 

Le gouvernement général de l'ouest con[ipr^i^ ^ix- 
sept provinces, dont les chefs-lieu](rMiute^ i «ii^ri i 

I* BirBidi (les mille puits), à ) j. à TO. de Fachei'^arGdJkSBeâ; 

3» Kourou, à I i. de Choba; w -: . . 

4* Kablcabîeh, à a j. de Kourou par le désert : Kdrgi', résidence 

royale, se trouve à une beure au S. de Kaokâbieh ; 
«f"" ÀndîiVa'; érabde ville à 2 j. de ttabk'abtefa,'d91isr^ S,k ' 
6« Tiwa, à I j. d'Andina; ''' '* 

iiP 7^iiM4Mt-fAitt-S6|pflw> (M^^/''>-«yiii4g%|à^i.,^;^f^ri 

ofr Abdakké, à i j. de Sasa ; «... 

"So-'Kouiu:T.rMà2iiié;"" ■*'• ■''j'-''-""i'.; ■> 

i3* M«lkedji, i i j. ^de ^o^iriast; ,u • ,. p, .,, ^, 



(ISS) 

i4* Booeri, ■ i j. de Helksiljï ; 

■ 5° Bediné, è i j. de Bouerâ; 

l6* Djirbel-Gballa (i. e. ar. maïUagne du s^ùn), à i j. de Bediné; 

■ 7° W3di-H.irai, i j. à VOTda DjeM-Ghilla. 

Dj^UMarraK 

Le Djebel-Mairab, d'où soDt descendus Ibk maîtres 
du Uai'-Fuur, doil à celle ciiconslance, nun moins qu'à 
sa force coiume jiosilion miiiloirc. quelques privilèges; 
il paiult De dépemli-e que du sultun, qui y faii garder 
les prisunnieis d'Ltal. C'est à Tor&n, daas le Ujebel- 
Manali, que sont les sépulluics royales. 

La capitale ou place forte des monls Uarrah s'élève 
au milieu d'un lirque auquel on ne parfieiU que par 
une gorge étroite vX bien gardée; te nom de celle ville 
est Vjèlli-Bora (i. u. en fouricn, lue, entre), parce que 
le meurtrier fugitif s'y trouve à l'abiî de toute pour- 
suite. 11 n'est luutelois pas permis à tout le luunde 
d'y chcrcber un refuge : un Arabe qui voudrait s'y 
introduire serait massacre impitoyablement par les 
Toumouikis. 

Les Djebel-Alédob et Giuiir, le Uai-Fônbrà et quel- 
que autres pelib États, dépeudeot du Dai-Four auquel 
ils paient babituellemeot tribut. 

VL — Était idoiâtret. 

a ; i„o Èi~ts DOD muaulmans qui ont pu jusqu'à 

rer leur indépeoidance , je citerai le 
es Kirdi (1) ; Sara, dont la capitale est 

■ODt «ppeléi en aralit UnuiBiqBF, mtiffMu m 



(188) 

Mbafmoka, ville très forte située $tir la rive gaache du 
Cbari. 

Le Sànvd, ou le pays des Sârwà : les esclaves qui en 
proviennent sont très recherchés au Baguermi. Auprès 
de Sarwa on trouve les villages de Boua, de Gabri et 
de Relem. 

Les villages dé Miltou, Houl, Ndam, Tomak, Somrai, 
Sara-Falgi, Sara-Nar, Sara-Goulaî, Koumra, Tcbéré, 
The paraissent appartenir en partie au ban Falgi, en 
partie au ban Baragé, dont les Ltats sont plus au sud ; 
il esta croire aussi que quelques-uns d*entrc eux sont 
indépendants de ces deux princes. 

Je crois que les peuplades Sara ont avec les Baguer-» 
miens une origine commune ; leur langage, autant 
que j'en puis juger j)ar deux ou trois mots, me parait 
être le même. Le roi des Sara est appelé Bùn, mais 
peut-être sont-cc les Baguermiens, et non seâ sujets, 
• qui lui donnent ce litre. 

Le D)ebel-G6gmi est tributaire du Baguermi; ses 
habitants sont idolâtres, les jirinces seuls sont musul- 
mans. Le chef actuel se nomme ngar Fêla; son pré- 
décesseur ngar Abd-er-Rahman est prisonnier à Masôa. 

Le Djebel-Balil est gouverné par un chef qui porte 
aussi le nom de Fêla, très commun parmi ces idolâtres, 
et le titre de ngar, que nous retrouvons dans le Médogo 
et le Fitri. Peut-être les peuplades du Médogo et du 

abid el emAtn; au Bôrnou et auBafpiermi, kitdi; au Wdday, âjtnakher 
(sing. djonkhor)^ et au Darfuur, fer lit 

Le moi arabe f^afir^ pi. qoafar^ et autres, signifie infidèle (ellazina 
ijafirou)^ et s'applique à tous les non musulmans, qui se divisent en 
kitabis (chrétiens ei juifs), et medjous (djiaours ou guèbres, disciples 
de Brahma, Boudha, etc.). 



(tlO 

Filri (1) viennent-elles ilu sud, ainsi que celles du 
Baguermi; peut-èlre v ^-t-il çn^un mouvement de mi- 
gration des peuples de I ÂTrique centrale vers le nord (2), 
mouyAn^tft q^i ,W|?,d^p^açé^|^,f^l^i^s^fl^^^^ les 
Tibous dans le désert. C'est une question à examiner* 
Les Djebels: Géra (i. e. rond), dont la capitale est 
Abou-Telfan ; Som, Ole, Kouba , dont la capitale du 

Les Fôôoro, les gens de Kouba, de Ban^^j^lfif^ 

i .;i.>o -i 'I .'fi :; i/' K 5!^C;;tiar^pc«nniitP3»w isi^Wnif^ *'»• 

(ij Un« parue des {];en8 du Fitn sont orisinaires da Rornou. 
(3) Peut-être èst-cé Àné tnigVitiàh ràyo'Lanfe WénVc^n^^^U^ 
dift tMMi4 jirtfA^t (Ài^tdttt;Jéièit«^^é(iil^D^i^iM;pyéi¥M'<lâ Oiàai. 

J- I^W'^-i^ .1.1 . ■le ." » ''s/ ^' ^.'"'î ^ '""il ^}^ cffuO<l I** 

,; llôiil»! j.l .'/f I; . ' .' •• ^' •• T T t ,o\ M ^n p(j^ j'/q nu 

I, 1," J // ';!. ^ '^.1. ,:-••'• r. - î' 1' '' ;.- ^' no . t>7'»îi'0'»^ 
•Mî iH'.'j iiu A .i.'j.i'v/f i-t) 1.:'/' '^'/ .' U'i fîïl •)'?! r.;iyï 

I 

if.j r>\^^[ /î Cj/*'^ ifî filt;';! fJ '/.J/^ i(»ffi '!Cr| >t)»r!'j 
•ad^DRqs^ enlq U9q au laeifiiee ci!>JnfiU:»i edqbJù csl id 




phie d'une partie du Inc Tchadô et ie tracé do'CfrM' 
îfiWttedH^^^ 3b ,fuMo/! Oi» ^;lv^ "'l ,(>:. lu'l -za 

Les travaux dl"lli?'ff';<i^ù*VaA Tîk|lcW'«i!rppe^Vf 
de i^Nfelquei mÊ^vfiamuf^wrr.léni servi à fixer le cours 
du Nil Blanc» à en noter les affluents et ont donné la 
position de Lobéidh. La longitude trop, orientale, don- 

itSf,^ fKÇHxm^fm\mnMi^¥miX]i^ .A»>Aè\ p^s^ i^wesii. 

et DpuUa un peu plus h Touest encore; on espacerait 
un p^u plus les ëtsrpes^îe Kerwadjit au Djebel-Gballa, 
et l'on rapprocherait celles placées entre Chak et 
Kondjoro : on respecterait les distances de Wara à 
Kerwadjit et de Warn à Chak. 

La position de Kèna-tttMra n'est pas très bonne : 
Kèna-Biléha est h un jour de Kanala, à un jour de 
Id*el-Harr et à un jour d'Am-Baché, mais le reste.des 
itinéraires m'empêche de le bien placer. 

Am-Djawakbîn et Cadmoul me paraissent avoir été 
placés par moi sur la roule de Seyta à Warâ par 
erreur; s'il en était ainsi, la route serait plus directe 
et les étapes restantes seraient un peu plus espacées. 

X. AOVT BT SBPTBMBRB. 7. 1S 



( M« ) 

Le tracé général du Batbu me paiaU hop, mais les 
dilTéienles éla|)es de chaque roule ne sont probable- 
ment pas en ligne droite. 

Le tr^cé du Batéha ne me satisfait pas entièrement. 

Orthographe suivie. 



\»i 



\ 



tt<Jf: eu français d«fi6 terr.et daHSv/MS. . 
if il d eâfpagtiol diins le mot «JjMtfci. 
"^ ai bref. 
. ^ son nasal À, è, 6 = an« <>i, on Français. 

Lxirsqu'un mtaie nota sera écrit . différemment 
dans 'le mémoire et sur la <arte» l'onlioitciipli^ du 



I 






-•••fjil' '• * ' ' z. • 

1. t»//"!**/" » .1'' 



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lAti. il inU •■!, «"'I • "M" j "M \'\ ; ' i 



1 



(.«7 ) 

Analyées^ Bl apporte, eto. 



RAPPOUT 

SUB UN OUVnAOB INTITULA ! 

Reize ronftùm het eiland Ce/ebes, en naar eenige dei 
Molukschs RiluH(len. Gedûirn in rteti iafê IBSO» door 
Z. M. Schppen i»a» Ocr/og Argo en Bromo^<onder 
beifel van C. vah orii Haut, kapilein ter Zeç; c'eftU 
à-dire Voyage autour de Vile Celèbeê et à quelques^ 
unes des îles Mnluques , /ait en tannée 1850 par 
les na if ires de guerre, r^érgo et le Bromo, sous le 
commandement Hn capitaine C. van diir IIart. 
Accompagné de planches et tfe earles/^ — Publié 
par l'Institut royal de phUoiDgîiQf, de géagrbpbté èl 
d*etbnologie des Indes néerlandaises. — La Haye, 
186&. In-8^ — Par M. Alfred Maubt. 



Le but du voyage Sont M. le capitaine Van der Hart 
vient de publier la relation, était de fournir au goûter* 
nement néerlandais des renseignements nouveatix 
et authentiques, sur les peuplades habitant la côte 
orientale de Céièbes et diverses lies qui en sont voi- 
sines, sur leurs ressources, leurs dispositions et leur 
état politique. Ces populations, en effet» sont pour ia 
plupart sujettes, confédérées ou feudataires du gou- 
vernement des Indes néerlandaises ; mais depuis 1816» 
époque où celui-ci a été remis en possession de ses 
établissements» il n'avait entretenu avec elles que peu 
de relations. L'importance croissante que prennent de 
jour en jour pour la Hollande les colonies de Macasiac 



tribu» de l'IatobipeJ ^e^j^lAbefl.ay^eqt ^/^ ^p/aiv^ciçn- 
<i-tfsti pnuTi porter rew^Wfl^lè •0?t,iéifHi.!;^,^}^ç^se^^qçip 
li.;ki(faipilaiDi3 .V«nl^6f .H^tA^b^i-^^ Jrp|t^4|itt pn, ?i^^M 

èrlIlàdàsBKn flre^'^lfotNlrft.4'^9iire]^EW^>^f ^u?:^, ^o^r 
.fftlil€o|[l2^/^ dbnt)iktiV)ditk.eoini^and#fQ^a|, .c}e cqn,- 
serre avëb^lfe Aispeijr)^mm«;}Odmti>|in({é^.parAf^^^ ]ieM- 
ténMjt Staii7Mim(vbyBgfffidIét|iiqnflitî/onifl^p$J>^ 
•dttSM Malai{tséfiLrtjD*apT&a;alc»fv(fi9Uv9c(ÎAQ9j qui .jlejmr 
4état«pil idsoaéBf , , ecd deilz ^lélBcbérs di^K^jU ^IJeri ^ii[fc 
tiJeabsiMciaMnlsi à^Boiitcia mr Ja {Çfli^j 9i:ipA ta(6 fciç , i !j)e 
^ëMieapcbnS la hatfi^d^i WQmn%§r?«|i.<|j^ I^^Qdar^^pUJs 

r»ii|iieeJU|>Tabouiià6uv isiinie^tcdkB id^ fi^^aiils. rOV. de 

ipoiMT) àlblriijbprte<aella>i(i ài/tAmbame i^^i à, JsiiçfMi^; 

''aUiiéBoiMit/i|fi^o&)e(iin:driiialtpiii94i.iqqiji'p.jd|^I^^ 

ifaôlèbalmdff«iA)e,. Hift#$Aao|L Uç^pgajfi J?^r Pajqsyij f^ 
idb?ak/dKnao^.foy^ga,.>f$PAlfiAtir,,»wJts?,,)^^^^ 
lioaè pflfipi[n:>èo(aiirA ï i%P4^^W 4?( » v jj^^j] , c^^^^pl^ip^^s 
•qâii:V6l€h^0ÎMt^e^i»^,49S(]^s^Pftfî«^8ç^^^f^ jw: ^f» 

landab Hl#tfir;c#i«îfiéfcp .q!MlflttW-;P«A dÇ-^eur^.pjjilSB. 
OQMd^aî4<au8Û r«fÇ|wwJIW( Mp V^BfÛTcii, ^eç bpKf^ti 



(iSO ) 

Bùéanlfî^;''èliinHAef d^ loîft' ce qur|}eivtaftlreuiyohfc»f 
^gélir'aci botùbibreë'dë^'isuîëld rié^lcfndaià-ft eiKiimpdf 
btiI2èinVlcèlU( âè Macassar; vî^^th redoblsblc- deiiSfai> 
gtfpCAit^ elàfin'tf^eèfjer' kf-€«t*(e bydrogk'a|)liiqiiè de «ta 
'ôfiers éiScbhi liiipa^failèmeM«X|il(n'ée9^0il a^UHfead)oîai 
àii éàiVifatne^ Vàn^ dér> Hait t^n-Mijpki^â'Miit raa^imCè'' 
rïéVir; titi irH^ltrièui '^ Mac*aaaa;fi «d iéqiwft^ intéth 
'\)t^it pbdi^leàf f^ngm5¥i^èa«Uifeielibcrugiii4;L9fCDDtelte 
dé prèniiète dËsHef'^/^ ^ortiMl'>U8fti^tB)|Dfi»idié^i^ 
page, et lé'Tà{)eut^>i^»»Ji>,'.40iliir(fdrctefde iQft^besatti, 
et armé âe siX'j)il<oer«de>c»iran^^en)a4[«U'liQ(b/ . ^vi^^^ 
L'ekpédilidn ' stt(vi»t> 44èIèmQ|ft l^ilroérUimi ^ nfaii 
^vait été irfifeéPNds^deux'nayiTea tfoulnièi^Bob^Ié preà* 
qôlle méridionale^ d6 VIMerGélèb«9,«paMèineiiibr)aaK)le 
détroit dè'8aleyerq«r êépa«*a(l>ll«Uu ibèincibMbHiflsili 
'présqtt'lle dé ttacasdar^ei' M-riv^àimnl *«t. BeatiioD^^Mâ^els 
deui comnioiidaiUBtvefulii^Wt «iBhè'^ui^iuilnmiUerpas- 
Mrént-eti^té pBri9déHtAt'dfi luéiiOJndQTqui^aèpare 
là t^e 'défitHytoii <É-rtleqiMI(iâ8igié(i|;tfR|)l]^^a(iléeigpaehlt 
eticô^e ^at la tndttiefdéiyoïii'inarïon^'ei-qduîiU Wcmoqi 
-pHtcé^htre i^le d^ ihèm^%\0mQiAiioéienkiiiiéUfhéi, 
"i^ëk^èténi pfbrs dafiaiesi'cUIuJi^de'Vdi'éliipel tiapilnda, 
^tr thyriâtif jéter^rànere* nu^BuA dcrila^>(ilusf|trandcdAcrJâes 
jfefs';^ptti^ -cèY)<brMéi»<sm^ âr^>eU4i5>in«rracdMm9, féné* 
''^èretii daM 444iÉ(}À< dti'^Aewdbl^, aûmtnbènt) (ëiôde 

Vkivoiil Gë'UïW éîi'^^iJLi^'^fii^ ^ikfifi^yiuhitèdqjiiî, 



( IM ) 

Lawoul consiste on sagou et en riz , en trlpnng, en 
écaille de caret et en une écorce d*arbre appelée 9e^^ 
qui fournit une teinture d'un brun noir et peut être' 
réduite par le battage en un tissu assez mince pour 
servir de vêtement. Le prince de Lawoui profeasç.lç 
mahométîsme, religion à la<|uelle sa famille s*est con- 
vertie depuis &ept générations. Son exemple a été imité 
par plusieurs de ses sujets, et l'observance de la foi 
nouvelle est assez étroite. pour qi|e ces néophytes se sou- 
mettent même à la circoncision. Quant aux Alfourons 
de Hnlérieur ils ne suivent pns le Oioran. Ils ne pro- 
fessent guère que quelques superstitions grossières 
entre lesquelles la foi aux talismans et <i la vertu magi- 
que dei tètes coupées joue un grand rôle : TAlfourou 
se procure par unç horrible trahison, par un affreux 
gu^t-apens, ce gage merveilleux qu'il va offrir a sa 
fiancée et dont il festoie la conquête. 

ti. Van der Hart quitta la baie deWosmaer pour se 
diriger suirTabpunkou, établissement situé dans la baie 
de Tqmaiki. vulgairement appelée*l)aie de Tolo, après 
avoir passé. par le détroit de Labehki qui sépare file 
du même nom d'une côte montagneuse et accore, 
laissant ainsi à sa droite les Iles Salabanca. Toute 
cette partie de (a côte orientale de 1 lie Célèbes nous 
était très' imparfaitement donnée 'dans les cartes, avant 
que M.. Wdsmaer en eût dressé une carte spéciale, 
que H^ le capitaine Van der Hart a jointe à sa relation 
et qu'il a lui-mcnde corrigée en certains points. Nos 
voyageurs séjournèrent quelque ieuips à ï^bounkou 
et puiient recueillir sur le commerce, l'état politique 
elles mœui:s,des babiladts des observations d'un grand 
uftlérM* u^ à^W navires gagnèreni ensuite Tarcbipel 



( m ) 

de Bungaa^i ot s'arrêtèrent à rétablissement dn même, 
nom où ils trouvèreot gn accueil hospitalier de la 
part des prmcipaun cbefs. Qo ne CQnnalt pas biep le 
nom et le nombre des lies qui composent cet arcbipét. 
Les principales sopt ; Bapgaai,. Bunkolo, Lohobo, 
el Pelinç; ç)les sont les plus peuplées quoiqu'elles 
le soient encore fort peu. Cet archipel fait face, sur 
1^ côte, aux cantons ^e Balanle et de Mondouo qui 
dépendent des Etals du sultan de Ternate. Bangaai , 
la plus grande, est fort boisée. La relation nous donne 
en passant sur les pirates de Sorani ot sur leurs dépré- 
dations des détails assez curieux. Nos deux navires 

quittèrent Bangaai pour se rendre 3ur la côte de Ba- 

* ' , . .1 ' • 

lante. C'est là qu'ils rencontrèrent quelques pirates 
dont ils brûlèrent les/^ra/^o^. LeslIesdeSouIa furent le* 
but de leur visite subséquente. M. Van der Harl nous 
en trace une bonne, mais trop courte description. De' 
cet arcbipel à Auj))oîne il n'v avait qn\inc courte na- 
vigat^on. Amboine constitue, cpmme on s^jt, wwi dos 
colonies le;; plus importantes des Bollanda)^. Ccjtîe 
Ile est très petite . mai^ elle est. en revanche, (rune 
extrême fertilité. Son sol nVsl pas toutefois propre à 
la culture du riz et 1 on e^t obligé d'y appqrter cette 
céréale de Java. L'Ile fort pittoresque, à en jùcor par 
la description qu'esquisse notre voyage et par une 
planche qui l'accompagn^, est arrosée pu;* d'assez 
nombreux cours dVau. L'^Ha» la i!^itn, ta Balou-Gadjah 
ou rivière de l'hlôphant, ^ont les principaux. ,Lq '^oI 
est montagneux; le plus Iiaul pic, celui de Salhoutou, 
s^élèvQ a 1000 pieds enviVon au-dessu9 du niveau de 

' •' ♦ ' .• w, ,,.,»»,->.. l- .«. ^ , t.. '■•Vf,.''* " J « 

la mer. Ces montagnes sont presque toutes volcahi- 
que^ et dénoncent la fréquence des tremblemeiits (fe 



spuiw, fl^lcn id^ 1 CiE^»)^l , Mu <Vnn\ fi^f Itetti .eu .«; ré$Ma^é 

giV,^rAftifj^ (;^ÇH,dM.I9Qjîeq èg^, . et, qu'elle. lucnpliçe 
WP^>»| ,(|)Ue..^le^!|n5 i^^.aoploguesj j^^ve^l paltçc ;5pfln^ 

Mfl J^S?B4»iMÇ ^VP4W?.*>..popr expliquer cç^ rcwen^^ 
« Jadis, disent les anciennes traditions de, ^^{i^jl*j()u^^^ 



de lui, il cria aux habitants cféi'i9o^(Aii'^V^^^tëiïé 

«H^i^lé', » ddf Hk^^]Ét^bftlS6«t4iélir lle'ir<^Véf%n'éknf}éi 
làttdl^ iq«di»iM^èU 'f§blëltVluKd<)fl¥ië4^>|)^r^'l'^rf^>1â 

pfeu dU^és/'brtf fifaîl?'éej>eHdaririÈ)yr 'y W'^fecti^^Be^i àV^ 
l\^^(|uïéSrëefoàét)tQuVi^ltoi^tfiMii@7l!^^à4béù^<è^ë 

ô«' (^ lïrWslré'^vtdt'tîëQtome '(te fMif^'4/étt^^|)!Mti«h4 
d^T«Wadk'i^'lin potéi)iir£èfV»*dèbdR}è'^ë rà¥âà'|>é^'9 

au dire des habilants^i»i^'B6«r8ti?"lë'àyf*^Ië#"8f»îy 



( i©â- ) 

(ks hoiDines se bxiigner. en prés^ice 4^ i^iç^pMfe^fiiaji^ 
que k n^oiocire accident leur diiiv^,^ Iqp^«4^ ^i^'^l^ 
Ci^ulraire un Européen serait infuiliibl^^nif^tit ^l^vni*^, 

• 

pair ranimai. Sàni> doute qu^; ^ia cïn\\t lAsMp^lj^'^i 
Européens e;^ciic davaata^e son appétit^ QM.p^nlt^tl'^j 
est-ce qu'il respecte se^» adorateurs ^i^at^Qe.qujIiil^fenr. 

neot soin d^ le iiourrir ; Cjnr <ian^ celle pariÎQ.^Q^jltV^li 
ori<?alales les indigèiies se chavgeni .depf^#()w rl^« 
reptile d'alimeûb. QuQÎ qu'il ep soù:« cesî. ax^ÇAft^^i 
pullulent danararcliipeideBouriQu.eM'onen|*encpnti|f.. 
souvent qui onl> 18 h .20 piedâ ci« long» 

Oa retrouve & BouroU' d'^ulros, .çâ^uIuixv^s bi^arr^- 
qui rappellent cellesi qui. iooi ^t^ lobsrervé.qs cbçii ^q« 
population» ^^uvageiS jde divef&eEi p^rli^&^M monc^^ 
A pejne Tenfa^a «'st^il ni, la., mère va le. laver à ||i 
rivière et de retour à 6^ <lenieiHe, oUe reprend, comme 
si do; rie^. Tj'éuili ^qs occqpaUon» accoutuimées. 
L'bomine, ^u cMnUvt^rc. $eavci ^n lii et jpue,p]ai$afiK 
mien.^ le t^alade» i'^i^ai^t sou)blar)td*0tve a^çcoticl^^ ivûr 
même et, i^a,n|gQan( avçc gourn^andUe. le»..friaQ^i§ç^ 
que sa fen>me a dû lui préparep. Lje aouveau-^^ ip^ e^t 
poipt emm^ûlla^lô vi^^n^de^ lapge»; il est déposé daus 
le sable chaud et s'y roule comn^e un pQtit cpphon ç(e 
laxL J^^qu'if dquze iins, iSUe; et garçon vont ooo^éle-r 
menln^s.^ . . ^ 

Nqs naivir.es lais^èrentAmboine poui* se rei^dr^, pji^r 
le dc^troit fie Mfiuipa, à Xernate» un putrf des plus 
iippprljinist él^bji^QU)i^nfsUvlUi}i|afj[^dfins^c^s p^ra^es» 
Les équipages.). furpntr.açii9 i»jagniGquei|ie^>t, De.||i. 
iUnw)qnt.le c;ip 3», nprcj-rp.^eirijyinjre^ni. visitera côia 
scj|lft(^tri9af le dç Cé.lèbe^. Us;qbfMvAàrÇûtà ^eW!^i4*9* 
ils se rendirent par terre sur l'autre côte è l|enfi.do. 



( t9b ) 

opftMit y^i^r retour pm* MejitihassQ. Ce derniei' endroit 
At vis (tes pl'ii» ravlâSîirils de Tlle Célëbe» et un dey 
jâûS' heûttx de tout rnrcbipcl indien. Entoura de 
Uetrtefs montagnes lioiu plusieurs sont volcaniques, il 
prâsehteiuti magniliquc panroroinfi , animé por un« 
véfiéMioti lôujour» verte cl printanîère. Topdano est 
leeeMre de ce dialrici ou pluièt do oeite eupfédéralioo 
qui -cotâ'pt&il jadis Irenic^six cantons. C'est le siège 
pfliticipél des missions protesianles, missions dont les 
eSbri's ont été eouronnés de succès, car le nombre 
des chrétiens {ofvng seratn) y est assez considéruble. 
Noos voudrions poirvoir transcrire ici le récit de la visite 
de* nos voyageurs au lac de Tonilano lequel, à en juger 
par leur description, doit être singulièrement pittores-- 
que. Ce lac a environ, d'après l'évaluation de M. Yen der 
{{art, 2 à 8 milles do long sur 1 raille :'e large. Sa pro« 
fondeur est considérable, en beaucoup d*cndroils la 
sonde accusant vingt brasses. L'eau en est douce. L'ori- 
gine de ce lac parait être due, dit notre auteur, à quel- 
que ancienne éruption volcanique ou à quelque trem- 
blement de terre. Ce qui est remarquable c'est qu'il 
ne s'y décharge aucun cours d'eau qui puisse entre- 
tenir le niveau constata auquel se tiennent ses ondes. 
Au contraire on en voit sortir la rivière de Tondano 
qui va se jeter dans io uier a Menado et qui, aopara-* 
vant, forme, cnfrr deux roclïérs, une chute d'cbviron 
70 pieds. £IIe retombe daus un bassin' naturel dont 
elle rassort en dccnvaiu de bmgues sinuosités. Hèa 
pluies ubiitidâritès font parfois déborder le lac et 
grosetr la cataracte é(' l&i^ivière ; mais ces pluies ne 
8^l'](ittiitr^ as^et cotit^nuti^ poUr «thuentef un pvrfii 



( i^^) 

i^éservÀir et il faut nétîéssftirôiïiertl aUiWétlrél^ttttsiihtfH 

DeRema, dont louvragô ûdtinë lirie ^tïéfeci4pllbd] 
nos voyageui-s 'ie rendirent à 'Gotiûfllal6'/^îlifê'*yàf 
b tôte nord de ia baie àe 'l'otnitiî. IViapr^é )«lir$ 
ol)6i?rVatkyns . le lieu du nïtouillèrge du riàVirè'sé'trbd- 
varl par 0» 29^05 !al. N, et 12$* 1^ ay'^fonftU'J^B: 
de ' Greeiiwibh; De co point Ué rRyoi\bèi*ên('ien>''<K(^ 
féren 15 • autres Jtetfx de la* résîdeMë de Mén^iddj 
Us viBilèi^ent Pugôwar» Mbot<»iit'et' iMrigi; puis, 
après^ avèir quitté âi^i^ontalo, abcmièrenl- d MéMdt>- 
chef-ltéu^de la résitknce. ' Les : Ghinnis font dans 
celte {ilaco Km tonitn^t^e^'^éndu: 'Hsyappottenc tooé 
\i» ^nie/ des tt«8 Soto, de^ lèldffe^ d<ô'Bdle, de la Iti^tè, 
du nanking, dotiié^ dilsuore et d'trutt*e<}'arVittedi'lb 
É»y rettap6rtenl dé '•1^èl»oîlle Hénfiér, dn tript^ng - efdeî 
bidsclliironddle. ' ;: -« i . 

^"N^vo'yhgyuts opérèrent 'leur retoifr ir!Vfacas>nr eti 
iuîVanl pdnctuel'>en>erit létrrs rnslruciiohs; visitant par 
c^Aaéqliiëm'I'âlos' sttitè eu fond de la baie du même 
nom et Dongola. 

Nous avons déjà parlé d'une des ciirles qui sont 
jointes à la^ relation de M. Van der Hart; Dei»x aùtrèlB 
donnent, 'l'une l'hydrographie de la Wtère^iî 
àe }ôttë dans la baie dé Toio, Tauti^e, celle de la 
baie formée par Pile de Bangaai. Treize planches 
lilho^apbié^s accompagnent en ouJvc pe*te,. inli^rçsr 
amt&nHuUtiQn reujiplie.» niim qu'^n vient die le uitt^ de 
documents' nonveftuv'potir 4a);êo^apfai«<d¥ Fàr^U^i>) 
hW>ttïi.''Noàs^eitérôtt*' paHicttHbVe^neAt ttViV v6e' dé 
rfidaèMit'^es^birt'ûW^ (îès dessîiis "de 



( m ) 

les cataractes deBatong-Gantong:eidBT«xçdaf^o»'flk)tlti 
r^Bpe^lliBrpjPB ,A'Pro.p<)^ ides pUQche^.aii sont /ropr*- 
^^U,^,dçs AUQur^ustdans leur leouebabilueUe «i Isuv 
b^bi* ^ÇrÇptrfre,,qtf/e .M.. Yan.disr. Hstn si dann^iiÇ^ ^t 
là d^MQU làYfQ de^ détails fofX tpxéQiekMJi poi^r r^tlmo^ 
gi|a|)jMj9, .;iur jçelto p<|pulialion io<Jigi|iriQ' d6 GiJl^be<^< 
G43t,;dU.cet oQi^ier» unciraoe) forleoneoi bA/tie4<^f&l la 
peQu.çfil decoulear brun clair ;/9Hif^rô. «un mauvaia 
reqoin, ce o'^enestipaa i^oinaui) ..p^upU^^nn^reu^t^ 
inoolEeiisif» qinoîqii^euès stipQrdùiioiagUn'^ftlpaaâQnfl 
îo^eiUigence et^wanpii tilde ài^ey<nr U civilisaii^^t)* 
LeA^AlfouroiUfi ont^om^nliiQan^Hdeviipveiiiiv^ft dp <br«h 
v<i(\rei d'f^UacheiDcni et 'de^ j^econmiisaaneek. Va 3ont 
mionAgames^ ipais.cpnaer.Yeiit< T^diouse .QpuUimA di9 
U0 passapp^arÎQV.avaoi^ d'avoir 'tu^iunienn^ioifpa qw 
est la cause de Thoslililé babituelle dtii|fti{aqi|<4lletiiU 
irl?ent ^veo iqura vuUms. Tqut Iqi^v y^\^\nqf^ capable 
daps .CQ qu'on. appelle le, /aiV/^^^,.3aifi^ d&ps^go^ i^iJt 
d'écarce. d'arbre qu'ils ^e.nouei^t autAur^eapctipvK^^Q 



• /fl'«'« 



' (i) n 0ét imfpdrfani de ne pas confondre ces Alfôtiroiis,' appelés 
Tnèjoi' «a Q^lèbes^tiiTee les Papous propreoieftit- dlUs^ aaxqUdsi '«ij 
^ parfois i^ropremeut étendit ce nom. Lqi Papous^ fen eff^li ccmiti'» 
tiient^tine race noire fort inférieure .au|: AUburous ,^Qt^ Iç ^iippofj 
inteJleciqeL et qui peuple la Nouyell(*-6u|oée, la Nouvelle- Bretagne, 
I Australie; elle se retrouve aux îles Andaman etles nidigenes de la 
réh'e^ db Vanl-I^V^eW IW a^Jji^rJéiiàiëiit/tiU' A^f^ôiirou^,' ^lU^cJmVAÛél 
f)4s s.ins>^ottie«lb àéëldJIgèfAeà^lIsrbftiH d^é1^^^btok,ihAbî«iiMIRlMcy) 
Çél^^iM Mbliiqiiff ^. HHid|iPA<> «t^^iflcpea^miifftsrîlelnVayuàcd» 

p. 345. 



( 4* ) 
reninies portent soufent des étoffes (tue leur vendent 
les Bonguis. Mais Hrtns li*s txrcifsifins sbFetiûi^es les 
deux sexes ont un Yètement plus élégnnt. 
- Disons» en finissant ce rapport, que le toyage de 
M. Van der Hart est certaineinent un des plus impor- 
tants qu'ait effectués dans ces derniers temps la mannê 
néerlandaise et que sa publication fatt honneur à 
rinslitut royal des Indes néerlandaises. 



I" 



( 4&b ) 

ilouTelles et eommiinleAlIfnM* 



BBTOO» DV D* BiATH. 

Après cinq années d'un voyag;e plein de difficultés, 
de fatigues et de dangers, après d'importantes décou* 
fertes qui marqueront dans riiistoire des sciences 
géographiques, le docteur Bartli nous est rendu sain 
et sauf, et revient en Europe recevoir le prix de ses 
]onff;8 travaux. li a le premier fait connaître le paya 
d'Adaniûwa, et découvert les grandes rivières de Benué 
et ck Faro, origines de la Tcbadda; il a reconnu U 
cours du Kouara au-dessous de Tombouctou» et enfin 
il a fait une longue résidence dans cette célèbre ville. 

En 1828, le major Laing et René Gaillié avaient 
visité Tombouctou; mais le second seul a pu revenir 
en Europe ; il a débarqué à Marseille il y a vingt-sept 
ans, et est arrivé A Paris en novembre 1828. Le major 
Denham qui avait pénétré jusqu'au Mandara, au midi 
du fiornott et du lac Tchad, était revenu aussi sain et 
sauf ^ il a également passé à Paris où nous avons eu 
la satisfaction d'embrasser les deux hardis voyageurs* 

Le docteur Barth est, à son tour, attendu à Paris, 
se rendant à Hambourg, d'où l'on croit qu'il ira en 
Angleterre. La sympathie de tous les amis des sciences 
lui est d'avance acquise pour ses glorieux travaux et 
sa louable persévéranca. 

JoMAaa. 



{ 200 ) 

B^TOVA DU H* BAftTH P2V B*AO»ll. 

Une nouvelle donnée par la Gazette pièptontaise de 
Turin et qui a été répandue en Ailema^e par M. Au- 
guste Péterinann, notre correspondant étranger, nous 
apprenait que Tinlrépide docteur H. Bartb ne se trouvait 
plus qu'à douze journées de Tripoli, où il était irnpa* 
liemment allcndu. Cette nouvelle a été accueillie nvea 
d'autant pJus de joie que les dernières lettres de ce 
célèbre voyageur ^at^entsetulemp^fl' du 1*' décem* 
bre 1861» époque où il avait heureusement rencontré 
le docteur Yogel au Soudan. Il semble donc que les 
LosUlités qui ont éclalé récemment entre la popula- 
tion afabe oi ses^.dfOOHnaleurs lurcs ait retardé l'ar- 
rivée du docteur Barlh à Tripoli» puisque, d'après sa 
dernière lettre, il comptait opérer immédiatement 
son retour. . ' - : ' . ' 

Enfin une dépècbe, téléjjrapbique du 8 septj^mbre, 
adressée de Marseille, a fait connaître à M. Pétermann 
qu'après une absence de plus de cinq années» le doc^ 
teur Bartb avait remis le pied sur le sol européen et 
qu'il était débarqué en bonne santé à Marseille le 
8 septembre à onze heures du malin. 



NOVVRLLRS DU D* «/ i'oGRl. 



Une leitre écrire par le.4pptouF B. ^^th. de Mour* 
soukv en date idu 20 juillet 18S[&, nous cjonne des 
nouvelles du docteur Vogel. Ce voyageur avait pénétré 
jusqu*è Yakoba, la grande ville des Fellala, el en avait 



( 201 ) 

déterminé la position astronomique (1). Et de là il 
s'apprêtait à poursuivre sa roUte plus avant dans le sud» 
à travers le curieux pays d'Adamaoua» jusqu'à Tibeii 
et Baya (situés entre les 6* et 7* longit. N.); il comptait 
faire l'ascension du mont Alantika, ^ uis prendre la 
direction nord-est et pénétrer, s'il était possible^ dans 
rOuadal. Grâce à la libéralité du gouvernement an- 
glais» le docteur Barth a pu laisser à Kouka une somme 
à la di^osition du docteur VogeK 

Les coordonnées géographiques que le docteur 
Vo'gel a trouvées pour Yakoba diffèrent notablement 
de celles que Ton avait estimées et transportent celte 
vilié plus au N.-O. Ces chiffres sont en effet : 

10» ir 80" longit. N. 
O"" 28' O'' longit. orient, de Greenwich. 

L'arrivée de ce voyageur à Yakoba est un événement 
des plus importants pour les progrès de nos connais- 
sances géographiques sur l'Afrique. Aussi » désireux 
de mettre à profit ce premier succès, le docteur Vogel 
a-t-il différé Taccompiissement de son retour eu 
Europe. 



(i) On sait qae Lander, Ovenvrg et liarlh n'avaient pu pénétrer 
«tant cet(e ville. 



X. AOUT lîT aiPTEMBRR. S. 14 



(?0?) 

EXTRAITS DÉS PROCÈS -VÊRB A 17k DES SÉANCES. 



• « 






Le procès-verbal de la dernière séance c^t lu ç4 
adopté. « t il 

M, de Toureil, gérant de la légation çt <]u c,onstUat 
généiral de France pu Venezuela, ^dresse ses reai?r- 
ciem^nju à la Société pour l'avoir ad ^isjMji nombre^ 
df ^es xneaibres» et annonce .gujl Cer^ystous ;9e^ e(][oct^ 
pçur CQpcpPTir à ses utiles travap,, ., ^ j^^ ^ . 

j.ljjp. Prç^x, vice-consul de Frçtnce à Hajû, tir^nftmet à 
la Société une lettrç écrite de ](io-Jane|ro ^t.çpptepant 
de& détails sur les mœurs du Brésil, M. Prax sJputc. 
cii|'e^|i^ 8|^;.liyrf^nt à l'étude de la lancine ^^f a|)o^igj^ne8^ 
il <^ cons^at.^. qu'il fallait écrire /7^//< le.. iqoI I)aiti« Je^ 
quel se conappse de trois rfiçines : a, fleur; hi^ grf pd ^ 
//^pays. Ahiti signifie donc : fleur des grands pays. 

(M.. le comte d'Escayrac adresse la première partie 
du Mémoire explicatif qui doit accompagne,r sa ca|rte 
du §oi]dan. (Voir au Bulletin.) 

Mil. de Lesseps et V.-A. Malte-Brun font homniage 
à la Société d'une vue panoramique de l'isthme dq 
Suez donnant le tracé direct du canal des deux mers, 
d'après l'avan^-projet de MH. Linaot-Bey et Mougelj 
Bevp mgénieurs de S» A. MoUammed-Said^.viqe-tSoi 
dxgyptel 

M. Lourmand offre à la Société de la part de 



\ 



■^ 






( 20S ) 

\ M. Sitbenuann, conservateur des collections du Gon« 
'<îrvatoire des arts et métiers» un Mémoire sur les 

\ls et mesures métriques envoyés par la France 

"^uvernement des États-Unis; il est chargé de 

^ttre les remerciemenis de la Société à l'auteur. 

ries PiaiGOT » professeur au lycée impérial 

.j, est admis au nombre des membres de la 

wté sur la proposition de filM. d'Avezac et de la 

iioquette. 

M* de la Roquette fait diverses communications à 
la Commission cenirale. 

Il lit d'abord la traduction qu'il a faite des instruc- 
lions inédites données par un savant italien. M. Cris- 
toforo Megrl à Art. Bruû*RoIlet, voyageur zélé et intel- 
ligent dont la Société connaît déjà les utiles travaux» 
pour le diriger dans les nouvelles explorations qu'il 
80 propos d'entreprendre dans TAfrique centrale et 
pendiant lesquelles il a Tintcntion de remonter le Nil 
Blanc et lé Hisselatl. Ces instructions, que M. de la 
Roquette a communiquées également aui Nouvelles 
annales des 'voyages^ seront remises au rédacteur en" 
chef du Bulletin qui les publiera soit intégralement» 
soit par extrait dans le journal de la Société. H. de 
la Roquette annonce en même temps qu'il vient de 
recevoir la triste nouvelle que M. le docteur Martin » 
compatriote et collaborateur de M. Brun-RoIIet» qui 
devait résider à Rhartoum pour s'y livrer à des re- 
cberchos surla'botanique» la météorologie, etc., venait 
de se noyer dans le Nil près du Caire, le 6 juin. 

M. de la Roquette annonce aussi qu'un jeune Italien 
jouissant d'une grande fortune et fort instruit, M. le 
duc de Vallombrosa» est au moment d'entreprendre 



( m ) 

inei)||pa)^ 6%08 ulililé jiowr la sciefiice. ; ^^ . , . . 

Le .isêiQe membre donne leciure . d'ime letirc 
écrite^ \^ \7 uoai dernier, de.Niimnf-FâLclaii^ Ja; 
prçiyiQce du Kumaon (lode)^ p2^r H» .Adolphe Scbl^r 
gentiiveit» dont les travaux scient^Cqueç onl 4l^ souvent 
m^jQÛ<fnnés ^ans le Çull^in et auguel la opmpagnia 
dea Indies oi[i^tales;a confié une imp9r(fuc\le mû^ioDr 
Ce savant allemand fait connaître à M. le colonel 
Sykes, Tun des directeurs de Thonorable cpmpagoiet. 
l'itinéraire qu'il a suivi depuis son départ de Bombay» 
et lui rend compte des observations qu'il a faites et 
de celles qu'il se propose de faire de concert avec ses 
deux frères. Jung Bahadoor, cbef du Nepaul, ayant 
refusé de le laisser pénétrer dans cette contrée si in* 
téressante et si peu connue» M. Scblaginlweit s'est 
décidé à se rendre dans le Kumaon, province qui en 
est voisine et qui dépend de la compagnie ; c'est là 
qu'il se trouve en ce moment au milieu de l'Himalaya. 

Le même membre met encore sous les yeux de la 
Commission centrale les principaux passages d'une 
lettre que le père Cornette vient de lui écrire de 
Mexico, sous la date du 28 mai dernier. Ce savant et 
laborieux jésuite qui a déjà fait itn assez long séjour 
dans la Nouvelle-Grenade , pays sur lequel il a écrit 
des pages intéressantes dont M. de la Roquette s'esi 
empressé de publier des extraits» est établi en ce mo- 
ment à Mexico. Il se propose d'étudier sous leurs divers 
aspects le Mexique et sa capitale qu'il ne croit pas encore 
suffisamment connus en Europe, quoiqu'il lui soit 
diUrcile de porter aujourd'bui sur ce pays un jugement 
qui mérite confiance, puisqu'il ne l'babite que depuis 



( aw ) 

cinq tnohé II trtmsmeura plus tard à M. dé laRoqdéltè'' 
le résultat de ses obscrtatiobs et répotidra aoxidiSî!-' 
rentes questions que celui-ci lui a adressées, il annonce 
dès à présbnl fcnvôî d*un travail à peu* près terminé/* 
sur le bassin du fleuve Magdalena, comme compté- * 
ment de ses précédentes communications sur la Nou- 
velle-Grenade. Aussitôt que M« de la Roquette Taurà ~ 
reçu, il le mettra sous }es yeux de la Société, alnsi^ 
que ks nouvelles informations qui pourraient lui être' 
transmises* 



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( 20(3 ) 



OUVRAGES OFFKRTS 



«► 



DANS LA SEANCE DU l AOUT 1855» 



Titres des ouvratf es» " Donateurs. ' 

Atlas sp<fcial de la géographie physique, politique el historique de 
la Fraacei dressé conformément aux nouveaux programénes de 
la classe de rhétorique des lycées et de Técole impériale de Saini- 
Cyr. i'* partie. Géographie physique. 3' partie. Géographie poli- 
tique et historique, a vol. in- P. Paris, i855. 

MM. Dasin et Cad^t. 

Atlas dressé à l*appui de Texplication du système d'immatriculation 
locale. In-P. Paris, i855. M. J.-B. Hébrbt. 

Le Nil Blanc et le Soudan, études sur TAfrique centrale, mœurs et 
coutumes des sauvages. 1 vol. in-8*. Paris, i855. M. Boub-Hollet. 

Discurso que en contestacion al del Sr. D. Antonio Aguilar en el 
acto de su recepcion como Académiro numérario leyo el Ëfcmo. 
Sr. D. Antonio Remon Zarco del Valle, présidente de la Acade- 
niia. Broch. in-4** 

Etudes météorologiques mensuelles, par M. Aimé Drian. Broch. in-8*. 

— Note sur Tévaporation négative, par le même. — Observations 
météorologiques faites à neuf heures du malin à TObservatoire de 
Lyon, pendant les deux années comprises entre le 1*' décembre 
i85i et le 1*' décembre i853, sous la direction de M. i'Veneff. 
Broch. in-8*. — Tableaux de quelques observations météorolo- 
giques faites à Lyon. Broch. in- 8°. — Résumé des observations 
recueillies en i85a, i853 et i854 dans le bassin de la Saône, par 
les soins de la commission hydrométrique de Lyon. Broch. iu-8*. 

— Lettre sur l'emploi des asphodèles de TAlgéric, et sur la Scilh*, 
adressée par M. le docteur Alain Labouysse, à M. Foumct, pro- 
fesseur de géologie à la Faculté des sciences de Lyon. Broch. in-8''. 

Journal asiatique, 5* série, t. V. — Bulletin de la Société géologique 
de France. Février-avril. — Bulletin de la Société impériale d'ac- 
climatation. Juillet. — Journal d'éducation populaire. Juin-août. 



( 207 ) 

— Nouvelli s annales des voyages. Juillet. — L^Atlienaeum fran* 
çais* N* 3o. Les AcTBuns et Éoitboiis. 

Procès-verbal des optratMns etétul^c» |»^i; ûrdlvde M. le {général 
Morin, membre de Tlostitut, professeur-administratenr du Conser- 
vatoire des arts et molters^ po«r la v^rifioalioa cks mesure» 
envoyées ans États-Unis par la France, dresse par M. J. T. Silber- 
niann, conservateur des collections do Cooservatohre des arts et 
métiers. (Extrait da Balletin de la Société d*encoura{remeDt ponr 
Tindustrie ofitionale.) Brocfa. in-4% >vcc i planche. 

M. SlLBKRMAtlIf. 

Vue panoramique de Tistlime de Suez et tracé direct du canal dés 
deux mers d'après Tavant-projet de MM. Linant-Bey et MouceT- 
Bey, ingénieurs de S. A. Moliammed-Saïd , vice-roi d'Egypte. 
I feuille. MM. de Lesseps et V.-A. M\LTE-BtiVR. 



i/< 



. < 



ii-âc 



■ÏS^**"'"*^—^ 



. I<* 



BULtËTIN 
' SOCIÉTÉ ©E' ^dÉGORAPHIB; 



' 1 1 



^ OCTOBRE ET NOVEMBRE 1855. 



•^ ' i 



Paris^ i"omobre i855. 

VI* PABTIB. — ITIHiBAIRBS. ,, . i-.t ti «^ 

*Je^ctbnnë ici (jûâi^eS'^uû's des l'tinétàïrëi qui lii'bDt 
servira cônsiruire ï^ésquisse d'une partie dfu Soudan. 
J'ai c^ù iùûtil'edè^ donner en lûëndé temps Te!îdistatic^è, 
qui m^ônV'pertnis d^' fixer la position d*an gtand nom- 
bre de Viltagès , piiSsiéurs de ces distances 'ont d'ail- 
leurs été indiquées dans ce qui précède. Je 4hè sufs 
aussi abstenu de répéter les itinéraires que j'avais déjà 
eu l'occasion de publier. On remarquera quelques 
différences ent/rjî ^ Jps Indjca^ons d^^ .Cj^ itinéraires et 
celles données plus haut» ces différences toutefois sont 
imtiidiei^ëi'pffii fAi^ëHànW; U taYii|,i thaiià^%r^ l«>aVail 
d^ là^ttàtXîk-é^de^'ceRÂS^, %fiiibii* tôîré'fà |i*t^d«l1'e^lfe«r 
^t isè pab 'pihéféMét'àl^fi' iiSe^btitWié^kHk t^ imMPiAt 
obtenir/'* .P-'îl'**! «^^t» aHf/ shnsig cl .fidoinY i/upeiii 

X. OGTOBBB ET NOVEMBRE. J» 16 



( 210 ) 
I. — Loggoné à Masna. 

\%6 I jour. 

I(ôgràc)>e\ I j. 

Kàtcbgi* a heure». 

UkiAk 3 b. 

Masna. 6 h. 



Soit. ... 3 jours. 

IL — Masna à Mborgou. 

Abgar 3 heures. 

Walnemot a joufSw 

Saïrambai». . . . i a j. 

Retekmek lO j. 

Mborgou I j. 



Soit enviroD. ... i5 jours. 

III. — Ma S fia à Moïtâ. 
Par Ab^^ar ou AbrKar» G«Im, Dar-Lélé, fiMb^ et W6di6. 3 jours. 

IV. — Mbïlé à Màd, 



Angoura, grand village i j 

Saîrambao 3 j 

K«rga .....:.... 41 

^ 4i 



our. 



12 jours. 

V. — Masna à Màô. 
P^r W^Memet, Saïrambao, Viirga. i% jovra. 

VL — Masna à Yawa, 

dik 4 heures. 

Bâiào 4 h. 



A reporter,. . . 8 heures. 



( îll ) 

Report. . . 



Cô«é. . . . , 
DèDd^é. . . 
Birket-el-iïo. 
Tëkèti.. . . 
Tawa. . . . < 



8 heures. 
« j- 

» i- 

I j. î- 



Soil un peu plus de. . 6 jours. 



VII. — Yawa à ff^ara. 



Gamsa 

Seyta. . 

Difdé 

Karnoj. ...... 

Am-Djawakhin. . . 

CadmonK 

mdjrat 

Am-Loubana. . • . , 

Rémëli 

Am-C^wârem. . . . 
HeHet-BeDÎ-Huiseïd. 

Am-Ou^her 

Gerri 

Gëbà 

Djebel.Rouià (i). . 

I9rmr6 

Wara 



1 jom;. 
5 heurtl. 
jour. 



J- 
b^uresi* 

jour. 



J- 



a battras. 



Soit eoviroD. . . ï6 jours. 

VIIL — Yaiva à Wara. par la Batàa et kHéOéha. 

Roiml^ I !• {• 

Ouldjaya s ^ jour. 

Barwala. •••«»•. j»*.*'.*. ^ }< 

Kondjoro* i j. 

• . 

• ■ Arepovtêr. • . - 5 foiiat*- -• 

* • • • 

(i) Peut-être Kbousa, en arabe, eunuque complet. 



( 212 ) 

Report, 



Âm-Kliarroubé. 
Birket-Fatmeh. 
El-Hachaba. . . 



5 jours. 

I j. f 



Par Haamadji: 

Id-ed-Djubayéi 1- 

Rarnoy * J* 

^ Karnâ-Asal. ..,..,... i J- 

Rarfia-Oucher > J' 

On entre daiid^ le- BaAéha : 

Chalu •..'...• ....• • • •• ' • 
Farwâla .• ..• •.• •• •• 

Kaouri. .•..•.•••.•,•/••/•• 

Kânàlà. 

« ■ • • • > ■ 

Rafara. . • ., • 

RèAa-Bitéha a à 3 Lcurc». 

On sofrl du Batéha. 

Am-B»cbé.. . . . >}^^' 

Wara. ^ i-i' 



1 jour» 

7 

I 

2 

I 



* 



Soit environ. . • ai j. â 
IX.' — Kènti'Bltéha à DouUa. 

« 

Malanga-Àhi». /.'......... 3 jours. 

Fodjé • • V ' i . . 

Par Derb-el-Almé : 

Bardé ^ j- 

Doulta. . . .•. • .-. ....-..•.. » J* 



• • Soit. • .' 7 jottw* 

■ 

X. — Chak à Kerwadjit par le.Baiha. 

4 jours. 

« J- 

" J- 



Loggené-Sogbaïr. 

Ab-Rar 

Rataliek 



A reporter 



• • 



6 jours. 



(218) 

Report, . . 6 jours. 

Malanga. I J« ï* 

Fodjc. . . ï j- 

Choutek 7 j- 

Derbel-Almé. . > j« 

Bardé i i* 

Doullâ 7 j- 

Rerwadjit i j- 

Soit environ. . . '12 jouft. 

XI. — fVara à Fbggené di$ns U Sila. 

Ab-OaDdooroii i }Ofkr* 

Id-el-Hàrr • . . . . ^ . i y. 

Rena-Bitéha . . i j. 

Endillit, . . .' . : . : i j. 

Atrak i j. 

Am-Loabaoa «... ; i j. 

Ras-el-Fil • • . ; i j» 7. 

Bokhas-Soghaîr 1 j» 

Aodila I j* 

Hidjcr-Bèïdh 4 heurei. 

Hoggené. i jour. 

Soit près- de* . . 11 jours. 

XII. — fF'ara à Kourmoudi. 

Gamara - i jour. 

Marba-Habidé « «.* , i:j. 

Goz I j* 

Babad. ... « i j^ 

Kourmoudi i j« 

Soit. ... 5 jours. 

XIII. — Wàra a Kôhe par le Baiha. 

Tara a heures. 

Kilinan. . ." a jours. 

Wadi-Hainra. . . . . .' i j. 

A repofUr. . . 5 jours. 



t îiA ) 



TVadi-Ôasna. . 
Bir-Deçig. . . . 
Kerwadjit. . . . 

Kouré. ' 

Zilfa 

Melkëdji. . . . 

Bouéra 

Wra-Fili. . . 
Wadi-Masàîià. 
DjebeUt^hàlta. . 

Bedioë 

Djebel'Attev. . 

Rôfié 

FestouD 

Bir-Oucher. . . 

DaoUga 

Rabkabieh. . . 
Bir-Nabak.. . . 
Sani-Ràràô. . . 
Bif- Garda. . . . 



Beporti 



« • • 



ours. 



Soit -de. 



8 h«ur«s. 
jour. 

h 
6 beure*. 
jour. 

5 heures. 
3S à a3 joart. 



XIV. — Kôné à Hoggené» 

Koulkbul. I 

MafAna^ i 

Ab-Da09é i 

Bourtott I 

Gadmoal i 

Djebal-Awadj i 

Môdôioé 3 

Ahà . . . , I 

MoDonda. .•• 6 

Raïtou: 1 

Biiin. I 

Tesou I 

Betcbeketé. . . .v i 



jour. 

« 

a 

J- 
J- 

J- 
J- 

jour. 

J- 
J- 



A reporter. . 



i5 



j.f 



( 215 ) 

Liliman. . « . . l j. 

Ganachoar i j> 

Hoggené 1 ]• 

Soil. . . 18 j« ^. 
XV. — Kdbé à Hoggené. 

Bouré. 10 jourf. 

Hoggcoé 4 ]■ 

Soit. . . i4 jours. 

XVI. — Tèndelti au Dar^Rôna. 

Aboi%a ) jour». 

Menawachi i j. 

Korcho. 3 j. 

EMIadiftba 3 j. 

Rouli-B^ l y 

Arfa. 4 j. . 

WaJi-Saleh a j- i- 

La frontière <la Dar-Rôna i j. 

Soit de. . . ao à ai joun. 
XVII. — Kàbé au Souq-ed-Déleyba. 

Djebel-Rousà ou Rhouta ^ jour. 

Goz-Cerné J j. 

Tèndelti (el Fâcher) J j. 

Kèr^ô I j. 1. 

Ab-Tagieh i j. 

Am-Hedjlidj ^.j, 

Am-Djamou8 ^ j*, 

Tubaldieb. i j. 1. 

Dara 2 j. 

Rochoebli I j. 

Ain>Waragai ù j» 

Souq-Deleyba. . . .1 j.^.^ti 

Soit de. . . §4 À 1 5 jours. 



( 216 ) 
XVIII. — Kiryé à Lobeidh. 

Djedid-RM-el-Fil i jour. 

Ojemaan • I j« 

Ec-Tow6o1ia * 3 j. 

Ona^'^Btciiacâ ou Dar-Qamtiier. . . t ]• t* ' 

Abou-Harai ». « . 7 j« 

Lobeîdh. .,,.,. , . . .. I j* 

'^mt'lle. r . 14 i 1 5 jours. 



TU* PARTIE» — POBTailT BT HOBUBfl DBS BOUDARIBNS. 

I. — Idée de ce travail, progrès des Africains^ 

Ce travail commença en Egypte, acheté en France, 
ne présente, pas tout rordcë et toute la stdte désirables. 
J'ai voulu publier de suite des faiis intéressants, sauf 
à les grouper plus tajrd dans un ordre plus métho- 
dique: c'est donc ici plutôt le journal de mes études 
ou le répertoire de mes notes que k tableau de ce 
que j*ai appris; ce tableau d'ailleurs serait incomplet, 
car }e ne veux point répéter ce ^e j'ai dit ailleurs; 
je me borne . à revenir sur les erreurs et à combler 
autant que je le puis les lacunes de mes travaux pré- 
cédents. Le jour où je pourrai résumer dans un livre 
méthodique et complet le résultat de mes recherches» 
n'est point encore venu» 

Je poursuis donc mes éludes avec patience et je les 
poursuis avec joie» car il me semble qu'en aCcumu* 
lant un grand nombre de faits dont la mention parait 
souvent fastidieuse , je réunis les éléments des plus 
hauts problèmes qu'agile la philosophie; je m'approche 
de la connaissance de ces lois immuables qui prési* 



(217) 

déni à la vie des sociétés comme d'autres lois président 
à la vie de la oature. 

M'éloignant de l'Europe, foyer d'une civilisation 
industrielle sfins égale, de cette Europe dont l'intelli- 
gence brilla d'une si vive lumière dans les deux der- 
niers siècles» je gagne l'Afrique à demi musulmane, à 
demi barbare. J'y retrouve l'Europe du moyen âge, 
et c^lte EurQpe germaioje et gauloise» hérissée de 
forêts, encombrée de peuplades misérables et féroces. 
Naturalisé pour ainsi dire dans un présent qui res- 
semble à notre passé, je comprends mieux l'histoire, 
je la vois se répéter devant, mes jeox : ici j'assiste à la 
naissance d'un peuple, j^entends les premiers bégaie- 
menis d'une languecfui adîformeriâj^^oi^ûné nation 
qui commedoe à cultiver 4e &0I; tMitë les premiers 
essais d'une industrie grossière; fondé un gouverne* 
ment; érige des autels à desdieiixréâeinmeni inventés, 
et, mise en rapports. avec des peuples plus avancés, en 
reçoit quelques idées quidécid^nt^e son avenir. 

Je vois quelques États africaine suivire wé marche 
réellement progressive et je m'emprési^e de signaler 
ce fait. Mais ne croyez-vous pas» me demande-t^on, à 
l'infériorité des Africarns? Ne les croyez-vous pas éter- 
nellement confinés dans llgnorance et dans la bar- 
barie? Pensez-vous qu'ils puissent jamais s'élever à la 
hauteur où nous sommes parvenu»? Ma réponse est 
celle-ci : je crois à i'infÀriorilé des Africaine; je crois 
cependant qu'ils peuvent progresser, même sans le 
contact des autres peuples, plus lentement à la vérité 
et dans une moindre mesure. Je considère l'isolement 
dans lequel ils ont sriongtemps vécu comme la prin- 
cipale cause de leur extrême barbarie, et cet isolement 



( 218 .) 

leur était imposé par la nature même du sol qu'ils 
habitent. 

Le contact des Arabes a dé)à modifié leurs mœurs 
ot leurs idées. Le contact de l'Europe les élèvera 
plus haut, si TEurope, plus tard» leur tend la main 
pour les guider au lieu de les opprimer et de les 
détruire. 

Les Indous, les Égyptiens, les Grecs et les Romains 
ont su créer, à travers les siècles, une civilisation qu'ils 
nous ont léguée ; sans ces maîtres illustres, nous ne 
serions encore que des Celtes; ne méprisons donc 
pas tant l'es peuples qui n'ont point eu leur part de ce 
grand héritage! Certes les noirs n'ont point l'esprit 
des Grecs, et, livrés à eux*mèmes, n'égaleraient proba- 
blement jamais ce peuple d'élite, mais s'ils n'ont point 
le génie qui invente, ils ont peut-être à un assez haut 
degré la docilité qui imite, et s'ils ne peuvent s'éclai*- 
rer d'une lumière qui leur soît propre , ils peuvent 
réfléchir une partie de celle que l'Europe verse sur ie 
monde ! Malheureusement leur esprit est naturelle* 
ment futile et ils sont plus portés à singer nos sottises 
qu'à imiter ce qui fait notre grandeur. 

n. — De la population du Soudan» 

« 

Quel est le chiffre de la population des divers États 
du Soudan, ou, en d'autres termes, quelle est la den* 
siié de leur population? 

Celte intéressante question me préoccope depuis 
longtemps. Il ne m'a pas été donné de la résoudre \ 
mais il me sera peut-être possible de l'élucider un peu 
en discutant quelques-unes de ses principales données. 



{ 219 ) 

La polygamie on plutôt la promiscnité qui règne dans 
le Soudan est favorable à raccroîssement 1res rapide 
de la population. Les villages du Soudan paraissent 
être très vastes et très peuplés ; ceux qui servent de 
résidence h des princes ont souvent plusieurs lieues 
de tour et la multitude de leurs habitants les fait res- 
sembler à d'immenses fourmilières. 

Ces villages, toutefois, ne sont si vastes que parce 
que les habitations y sont clair-semées; la foule n'y est 
si nombreuse, si agitée, si bruyante que parce que le 
séjour des habitations est peu confortable, et que les 
noirs ont l'habitude de vivre autant que possible à l'air 
Bt au soleil. 

Le nombre des villages est d'ailleurs très restreint, 
il n'y a que de grands villages, parce qu'en cas d'at- 
taque, de grands villages seuls peuvent se défendre, et 
ces villages sont d'autant plus grands et d'autant plue 
peuplés, qu'ils doivent moins d« puissance défensive 
à la nature ou h l'art. Une petite troupe se maintient 
dans un« forteresse. Une troupe un peu plus nom- 
breuse suffit è défendre un de ces bourgs solidement 
bàtîs que l'on rencontre en Espagne s il faut presque 
une armée pour couvrir de misérables huttes entou- 
rées de haies ou de palissades. 

On peut donc presque dire que le chiffre de ces 
agglomérations humaines est en raison inverse des 
moyens défensifii qu'elles empruntent A la nature ou 
A l'art. 

D'un village A l'autre s'étendent d'ordinaire de vastes 
espaces incultes. Les frontières des États sont des 
marches, c'est-à-dire des bandes de terrain dont la 
largeur varie entre une et dix journées entièrement 



( 220 ) 

abandonnée^ aux bètes fauves « et couvertes de forêts 
insondées que Ton ne traverse pas sans crainte. 

C'est ainsi qu'un désert arbre.ux sépare le Dar-Four 
du Waday ; que d'autres solitudes séparent le >Yaday 
du Djebel-Tama, du Kauem et du Bag^erIIli• C'est 
ainsi que le D^ebel-Géra et le Djebel-Som sont séparés 
du Djebel-Olé et du Djebel^Koubà, par d'immenses 
plaines non point inl^i^bles, mais entièrement 
inbabitées. 

Quelles rja^ourcas «^Uippnt^lres ^es noirs et les 
Arabes tirent-rU^ du Soudan ; ios Ai^b^ spnt pasteurs 
et dès lors ne peuvent être .nombreux ; les noirs échap- 
pent à peine à ia vie sai^age, beaucoup d'entre eux 
chi^rcUei^t encore leur substance au sein des forêts, 
sfi i^ojirrissent d.cs fruits que leur offre la nature ou 
du gibier que leur flàcbç\ peut abattre ; ceux-lji encore 
ont besoin d'«space et ne peuvent être nombreux; 
Leurs frères, plus avancés «commencent & cultiver la. 
lerre^ Ils défriqbent les forêts en y mettant le feu et 
sèment sur les cendres aux premiers jours de la saison 
pluvieusQ, L'étendi^xlu sol qu'ils cultivent ainsi doit 
toutefois être h\^u resti einte, puisque nulle part^ dans 
le Sou49iP> ia propriété territoriale individueUe n'est 
encoro connue. Les Soudaniens, ainsi quelesGermaina 
de Tqcite^^ne possèdent d'autre sol que celui.de l'en- 
clo;sqi|i eavir.am^je leufs «ab^n^s». le cbamp qu'ils ont 
semé mMv^T appjartieol que jusqi^'à la récolte. Depuis 
celte récolle iusqu'aw semailles procbainçs» il n'a 
point de ma^tr<e : le droit .d y si;iner s'acquiert en y 
plantant sa lance et eix. i^epianl le mêpie, jour« 

Cet état de cboses n'amène que rarement des con- 
testations, car, dans le Soudan» ce n'est point comme 



( 221 J 

che£ nous, la terre qui manque à l*bomme, mais 
l*homme qui manque à la terre. 

La principale culture dans le Soudan oriental est 
celle du dokhn. H. Thibaud, qui a cultivé lui-même, 
dans le Kordofan, le dokhn pour la nourriture de ses 
domestiques, m'a assuré, au Caire, qu\)n hectare de 
doklin ne pouvait nourrir que dé "huit à dix hommes. 
C'est peu sans doute , thaqde 'tige de dokhn porte 
beaucoup de grains» mais les tiges sont fort espacées. 

D'un autre côté , cependant, quelques racines et 
quelques tubercules féculents contribuent puissam- 
ment à ratimentation des Soudantens. Je ne crois pas 
que le tiianibc sbit connu dètfs le Soudan orienta), 
mais on y rencontre lih tûberctile que fé' crois fort 
être celui du Convolvnlus bdtàtas; cette plante, ttittte*- 
fois, n'est Tobjet d-aucuàe culture. ' " • 

La gomihe, quelques fruits, celui du /joftf^, par 
exemple, quelques graines saàtàgesr la chair des 
bœufs, des moutons, des chaineaux;'db Tëlèph^nt, de 
Tantilope, dé l'hippopotataé et du crocodile même, 
ainsi que celle de qoelqties poissoms, ajonéent encore 
quelque chose & l'alimeùlation des Soiidaiiiens. 

L'abondance du gibief , la fécondité des troupeaux 
et du sol dépendent surtout de l'abondance dès pluies. 
Or, je l'ai dit ailleurs, il tombé dfibsrlë Soudan ù peu 
près autant d^eati que dans l'Indé, mate cdtte eau n'est 
pas égâlêtnenl repartie entré lés diiFérentir districiS: 
les uns sont sôdvent'indfidês, fandis que les autres 
souffrent de la sèchet'éSsîè ; t^te detAtère circon- 
stance entraîne toujours la'fëùiine , car le nègre im- 
prévoyant et d'âillèuVS' mi^drliblë , ti'a pas amfassé de 
provisions : des milliers d'hommes dès lors succom- 



( 222 ) 

bent à la. faim, ou périssent en disputant à d'autres 
une terre moins ingrate* 

Les guerres se poursuivent arec achameoiettt ; 
comme chez tous les barbares» le vainqueur ne garde 
pas de mesure; si le fanatisme s'en mêle, il extermina 
les vaincus» ainsi que le firent souvent les Juifs ; si la 
cupidité l'anime» il les réduit en esclavage et les tjçaoflK 
porte au loin» de toute façon il tend à faire de sa con- 
quête une solitude» un désert I Les épidémies enfin 
sont fréquentes : la variole exerce les plus grands 
ravages dans le Çoudan; la suette y régnait celte 
année; le choléra y a déjà fait au moins deux appari* 
tions depuis 1832* C'est pourquoi je ne pense pas que 
le Soudan soit extrêmement peuplé* Je ne proposerai 
pas un chiffre approximatif» c'est aux voyageurs seuls 
qu'il appartient de fouinir de telles évaluations» encore 
est-il bien difficile aux voyageurs d'apprécier l'impor- 
tance d'une population clair-sei^ée daiM d'immenses 
villages» mobile» insaisissable» souvent cachée dans 
les montagnes ou derrière des marécages; et j'avoue 
que je n'oserais émettre une opinion sur la popu- 
lation des villages du Soudaa que j'ai visités moi- 
même* 

III. — ConstUuiion des Soudaniêns^ Ifiur alimetUaiion* 

L'incurie des Africains ou leur peu d'industrie 
rend leur existence précaire et misérable : tantôt 
tourmentés par la faijai, tantôt atteints par les intem- 
péries de r^ir, ils s'affaibli;}sent ou contractent des. 
maladicis qni se prolongent en l'absence de soins 
éd^iiçés^. La race ne peut que se ressentir. de^ souf** 



( 22S ) 

frances de Tindhidu, elle tend à devenir chétive et 
scrofuleuse. 

Ces maux» das à la^ misère, doivent moins atteindre 
les riches que les pauvres et respecter habituellement 
ceux qui ont reçu de leurs pères un sang à la fois plus 
noble et moins appauvri. 

Je dois le dire, toutefois, bien que les peuples bar- 
bares soupçonnent à peine l'hygiène et la médecine» 
leurs maux n'aient pas les nôtres : les plus chétiEs 
d'entre les Africains paraîtraient robustes si on les 
comparait à cette multitude étiolée qui encombre nos 
manufactures ; chez nous le mal est invétéré, presque 
incurable ; les Africains» cependant» n'ont besoin que 
d'un peu de bien-élre pour acquérir la force et la 
santé* 

C'est que» comme tous les barbares » ils vivent au 
grand air» ignorent les fatigues d'un labeur insalubre 
et ne font point usage d'aliments ou de boissons, 
frelatées. 

L'alimentation des Soudaniens est au contraire sub- 
stantielle et saine » puisque la viande et le doklm en 
forment la base ; leur boisson est tantôt le lait» tantôt 
la bière de dokhn ; l'air et le mouvement hâtent la 
digestion de ces substances qui sont facilement assi- 
milées. Les Africains riches en absorbent des quantités 
incroyables» aussi sont-ils généralement robustes et 
de haute taille ; ceux qui font usage de la bière de 
dokhn deviennent très gras» mais leur embonpoint 
n'est pas de l'obésité : tout se développe à la fois chec 
eux, les bras » les jambes et le corps. La fatigue» les 
privations leur font perdre cet embonpoint en queU 
ques semaines» mais quelques jours d'abondance leur 



( 22A ) 

suffisent à le recouvrer, tant la nature de leur constîtu* 
lion et celle du climat favorisent. la plénitude de la 
vie. 

Les Africains se portent à l'amour avec aoue atxleur 
et une puissance! dont nous avons lieu d'être confon- 
dus. La polygamie, peu pratiquée des Turcs et qui em* 
barrasse même les Arabes , parait indispensable aux 
noirs: les princes sou^aniens entretiennent un nombre 
tel de conciibines que souvent ils sôqW loin de con» 
naître tous leurs enfants; ils ignorent cependant les 
débauches auxquelles conduit la satiété. Les peuples 
civilisés et blasés ont seuls des vices, Jes peuples pri* 
mitifs n'ont.que des défauts. 

Les Soudaniens possèdent de grands troupeaux de 
moutons, de chèvres et surtout de bœqfs. Ces der* 
niers animaux sont en si grande abondance sur le 
fleuve Blanc que les négocianis européens, qui font de 
ce côté la traite de l'ivoire, peuvent s*en procurer à 
raison de 10 piastres l'un en verroteries. Les indigènes 
cependant comme tous les pasteurs, se montrent éco- 
nomes de la viande de leurs troupeaux; si d'ailleurs 
ils viennent à tuer un bœuf, l'usage n'admet pas qu'ils 
en vendent la chair au détail, ils sont tenus de donner 
à leurs voisins ce qu'ils ne consomment pas ou de les 
appeler tous à un banquet. Cette coutume est quel* 
qucfois éludée sur les frontières occidentales de 
l'Abyssinie d'une manière assez ingénieuse et assez 
profitable : douze ou quinze pasteurs forment une 
association pour la viande; chacun d'eux «doit à son 
tour livrer un bœuf qui est mangé par tous les mem* 
bres de Tassociation; aGn d'éviter les parasites, les 
associés vont s'établir au sein de quelque clairière 



( 226 ) 

éloignée et y paasenl deux'OH Irois jours; pendant la 
nuit, ih se^ gardôi^t ete» bêles férbèes par de grands 
feux; pendant le jour, ils dansent, ils chantent, ils 
raconient des htstoireè; él pàr-dessus loirt, ils mangent 
du bcauP à peu frès' crus pressés d'accoaniplir leur 
tâche,. ils se disputent avec une noble émulation le 
8cepire> de l&i gloutonnerie. ^ 

Je diàcutàis un jétîi^'aveti un 'FVnirien sur les mé- 
rites de tfif tidnde crue' el dt la itiande Petite; ]e lui 
représentais 4|ue là 'Irlande cruèf était d'une digestion 
peu fadle et remplissait de tt^rè ïes intestins. <i Cela 
se peut, met dit-il, tmiis si je jette contre un arbre un 
morceau de viande cuite, l8^y ctylIe-Uîl?"Non; Si cW 
un morceau dèttàndé^ërUe, i) s'ycéllè cependant, eh 
bien, n^tre ^OTJ)^esÉ comme Tarbre^ la viatlde crue 
É'y attache; elle 9e fond dans' notre chaif, elle estbieii 
plus nourrissaTlteqùeFàulre*.')» 'Lé raisonnement de 
ce brave {lôoimé' me pa rat assez absurde: Je crois 
toutefois^, tnkki par des' ikiotifs différefuts' du sien, 
que k vkinde crue 4M à moitié cuife est h plus 
nourrissante. Le mxiutuii se tliatige rarement cru. 



I •• 1 ; ' I t 



I 

IV. — ^ Des stigmates* 



' I i 



Des sUgmatést un tatbuàgei particulier, ia-maniére 
de porter lea cheveur ou de tailler ia barbe, servent 
toujours à^distinguer les unes des autres les peuplades 
barbares;. les soldais rpmttifns> portaient la marque de 
leur Césarr Gon^antlfi^letiriÀipdSa la 6roir$ en Amé- 
rique les V^rgliiieQs se m!triquent, ièi Vrésiliens àe 
tailladent, d autres Ifidiens sb matat^heWt; jadis il en 
était de même des Gotbs qui se peignaient de cinabre, 

X. OGTOBRR BT NOVEMBRE. 2. 16 



( 226 ) 

et des Pietés qui ont dû leur nom k une pratique sem- 
blable (1). Si donc de mêmes usages devaient faire 
attribuer aux peuples qui les possèdent une même 
origine, l'Amérique aurait été peuplée pnr les Pietés 
et les Romains; l'Afrique elle-même leur devrait sçs 
l^abitants. Il est bon de montrer à quelles absurdités 
conduit ce système • pour empêcher l'esprit humain 
4'y descendre. 

J'ai indiqué ailleurs les signes auxquels se recon- 
naissent quelques peuplades afpicaines et quelques 
tribus arabes du Soudan. Denbaiu avait inséré, dans 
les plfinches de son excellent ouvrage, çi^s figures in- 
diquant le dessin d'après lequel se tailladent quelques- 
uns des peuples qu'il a vus. Le cheikh Mohammed a 
parlé des stigmates usités au Dar-Four et au Waday; 
]a connaissance de ces marqpes est d'une importance 
réelle pour le voyagçur et pour le géographe qui veut 
diriger une. enquête. II esl bon de savoir juger à la 
simple vue de son visage de la nationalité d'un poif* 
qu*on croise dans la rue ; on ne le fera pas appeler 
pour lui adresser des questions oiseuses et on ne le 
laissera pas passer si son témoignage peut être utile. 

Cependant la marque n'est pas toujours un signe 
cerjtaio de reconnaissance : il arrive quelquefois que 
des noirs portent une marque étrangère; c'est ainsi 
x^ue j'ai connu un Baguermien qui portait les taillada 
du Bornou, parce que sa mère était de ce pays et 
peut-être par suite d'une autre circonstance. 



{i) ,M... Ferroqn» nolttsa 

PrHcgît cssan^aef Pipto morientc llguraf. 

(Cl4Udibii. BeiL t^eU) 



( 227 ) 

La marque du Bornou consiste dans des laîllades 
dirigées depuis les tempes jusqu'au menton et dont le 
nombre me parait indéterminé. 

La marque du Baguermi consiste en une petite tail- 
lade sur le front au-dessus du nez^ et en deux taillades 
sur chaque tempe. 

Un genre de marques assez commun dans le Soudan 
est celui des dents limées en pointe ou arrachées. Une 
peupls^de du fleuve ^lanc s'arrache les incisives 
supérieures, une autre les incisiyes inférieures ; leur 
pronoDciatioi^ s'«n restent. Le langage de ces peuples 
oe peut ôtre articulé convenablement par ceux qui 
possèdent toutes leur$ depts : il constitue une sériç 4o 
sif&ements bizarres plutôt qu'une langpe (lumaine. 
Ces articqlations étranges ne sont pas des lettre^, ou 
peut les noter, mais qe sérail dégrader l'alphabet que 
4e leur y donp^r une place. 

J'ai cité dans ce travail les Ab-Sçp^çun, qvi\ sq difi- 
tîpgiient dçs yqtres Wadayepiii p^r leurs depts noires» 
cQ qui ne veut pas dire qu^ Içft Ab-SçpQun ijoie^t 
d'origine siamoise. 

Les Ab-Chfirib A9 dUtipguept p^r leurs moi^st^cbçs, 
(^'autres p$ir la mani^r^ d^ partes leqr^ chevçux; le? 
Crabes en font des tresses; Içs noirs idol^^re^» surtout 
du côté de l'AbYSsinie, en font de grandes toqfTes» des 
tours ou des çpurçnpe^ Les Abba-Pjifî^r çp font d^yi; 
^andes hopppes , dont Tune ^'élèvç sur 1q froat 0\ 
l'autre sur la pyiqQet 



( 228 ) 

V. — Les troupeaux, le lion. ■ 

Les noirs du Soudan central paissent de nombreux 
troupeaux de bœufs. J'ai recueilli auprès de quelques- 
uns de ces noirs des renseignements curieux sur les 
soins donnés aux troupeaux ; les mœurs des bœufs et 
celles des bètes féroces qui les attaquent. 

En outre des clairières ou ils paissent d'habitude, 
les bœufs sont conduits pendant une saison dans de 
vastes pâturages qui» dans quelques parties du Soudan 
central , constituent de Yéritables propriétés indivi- 
duelles» non que l'on reconnaisse un maître à la terre» 
mais parce que cette terre» stérile par elle-même» est 
fécondée par des irrigations dues au travail de 
l'homme. On n'a pas besoin de semer ces prairies 
artificielles» les bœufs n'y étant conduits qu'après la 
chute de la semence. 

Dans quelques contrées voisines du Choa» on délaie 
de temps à autre dans l'eau» dont on abreuve les bœufs» 
une terre saline qui est apportée de loin et que Ton 
paie fort cher; ce sel est probablement du natron : les 
troupeaux s'en trouvent fort bien» leur appétit s^accroit» 
leur embonpoint augmente» leur poil devient luisant. 

D'ordinaire» on retire» pendant ^a nuit» les bestiaux 
dans un simple parc formé de branchages épineux. 
Quelquefois cependant» dans les pays dont je viens de 
parler» on les enferme dans des iortes d'étables» cou- 
vertes de paille» dans lesquelles ils sont séparés les 
uns des autres par des pièces de bois. On en place 
entre les files à hauteur de poitrail» afin d'empêcher 
les bœtifs de.se battre. 



( 220 ) 

Les bœufs du Soudan, de iiauie taille» robustes, 
pourvus en général de cornes énormes, sont très ba- 
tailleurs; leurs luttes sont terribles. Deux taureaux, 
jaloux de la possession d'une génisse, se menacent 
par d'effroyables beuglements, trépignent, fouillent 
et éparpillent le sable , s'éloignent pour prendre du 
champ, se précipitent Tun sar l'autre la tète baissée, 
les cornes en avant (i) : les cornes se choquent et se 
croisent comme des épées, chacun des deux adversaires 
cherche à dégager les siennes et à écarter celles de 
son ennemi, ou se roidissant sur leurs jarrets, tous 
deux se poussent à la fois et cherchent à se renverser; 
A peine tombé, le vaincu est déchiré A coup» de cornes; 
quelquefois, cependant, le plus faible a recours & la 
fuite, il se dégage A l'aide d'une feinte habile, tourne 
les talons et galope; l'autre le poursuit alors, lui 
plonge ses cornes dans le bas^ventre et j*oule sur son 
cadaifre. 

Lorsqu'un troupeau nombreux se trouve agité de 
quelque velléité subite, se précipite vers un cours 
d'eau ou vers un pftturage, prend la fuite ou fond sur 
un ennemi, les petits veaux étouffés, heurtés, foulés 
par cette cohue , reçoivent plus d'un coup de corne. 

(i) Le Tasse, imitaot Virale, décrit ainsi U fvrenrdo uureau : 

Il taoro, OTft l'irriti 

Geloso amor con stimolt panfienti, 
Orribil mente ma^ge, e co' mu^iti 
Gli s|)irti in se risTeglia, e Tire ardeoti, 
E*i como agazza ai tronchi; e par ch'inviti 
dm vani coipi a la hattaçlta i venti: 
Sparge col pie Fareoa, e1 sno rWale 
pa lun^e sfida a gaeira aspira • mort aie. 



( «0 ) 

Presque tous les bœufs du Soudan portent des cica- 
trices qui n^ont point d'autre origine. 

Bans le Waralla, sur les frontières du Choa» on 
calcule qu'il faut dix-huit hommes pour renverser un 
bœuf; avec le làçc des gaucbos, il n'en faudrait qu'un. 
On égorge les boeufs avec un sabre. Les taureaux Boni 
chàhés par écrasement. 

Le lion du Soudan difl^re par quelques traits, 
comme le savent les naturalistes, de celui d^Algèrie; 
il est moins robuste et moins liardi que ce dernier. 
Il est certain que les habitants de l'Afrique centrale 
n'en ont pas peur. Quelquefois un lion rôde pendant 
la nuit autour de leurs parcs, les bœufs Tëventent et 
beuglent, les chiens aboient en reculant, les hohimes 
sortent de leurs demeures et cherchet^l le lion en 
poussant de grands cris; le liot^ s'enfuit, les hommes 
le poursuivent et, s*ils parviennent à l'atteindre, l^atta^- 
quent à l'arme blanche ; il arrive souvent que le lion» 
ti^s effrayé par cette poursuite, lâche ses excréments, 
qui ressemblent à teux xle Tbomme. 

Le lion, qui chasse seul ou par familles, est précédé 
le soir jpar les chacals, et les hyènes qui chassent en 
troupe et par battue, il lei écarte, et ces animaux afifa'* 
mes attendent qu'il se soit repu pour se jeter Sur les 
restes de son festin, ronger la peau et les os du gibier 
dont il a dévoré l\^s cfanirs} àUl^i leurs excréments 
sont-ils blanchâtres et Vemplis de poils. La hyène est 
quelquefois tellement pressée par la faim , qu'elle 
attaque et mange te chien, ce que le» autres carnas- 
siers ne font pas^ «u motus lorsqu'ils sont libres. 

Les carnivores, «n ëffêft, fie sre repaiMêttt point de 
la chair d'autres carnWores. La chaif du loup , celle 



i 



(281 ) 

du vautiHir» etc^ , répugneul à rhoinuie. Dea prophèiea. 
ont déclaré impui^ ces animaux, parce que leur nour- 
riture se rapprochait de la nôtre. L'aigle ne mange 
pas i'épervier, le lion ne mange pas le chacal, et je 
crois qu^i) doit éprouver de la répugnance pour la 
chair de l'honime qui se rcpalt de viande. 

Les restes du iion sont infects, parte que le lion 
déchire et lacère longtemps sa proie avec ses ongles 
avaut de la dévorer ; aussi les noirs n*y louchent-ils 
jamais; ils A'hèsitenl pas, à ce que je crois, à manger 
ceux de la panthère. Le lion chasse quelquefois de 
jour, il s^approche alors de son gibier en rampant, 
sans se laisser éventer, arrivé à une distance conve- 
nable, il s'élance sur elle en deux ou trois bonds, la 
saisit et Tégorge. Il se jette par derrière sur le mouton, 
le saisit entre ses grilTes, le secoue et le choque conlre 
les rochers ou les arbres et le dépèce. 

Il déploie plus de ruse dans l'attaque du bœuf; il 
bondit de façon à tomber d'arrière en avant sur l'une 
ou l'autre de ses épaules,, mais de préférence sur 
son épaule gauche, qu'il saisît avec ses dents. Il lui 
enfonce dans le garot les grilTes de sa patte droile, 
tandis que des griffes de la patte gauche il déchire 
les artères de son cou, arc-boulant en même temps au 
sol ses pattes de derrière, il pousse le bœuf et le renverse^ 

Le bœuf attaqué ainsi pousse des beuglements plain- 
tifs auxquels répondent tous les bœufs qui l'entendent: 
tous perdent la tète, cherchent à s'abriter les uns der- 
rièi^ les autres, se poussent, se pressent et se blessent; 
aussi le lion se rend-il plus redoutable par le désordre 
qu'il met dans les troupeaux cjue par le nombre de 
ses victimes, ..... 



( 232 ) 

Je ne crois. pas que ie lipii aiiue la chair humaiue» 
il lui arrive cependanl quelquefois, d'en goûter, la 
faiin, roccasioii Vj entraînent. On- m'a raconté à ce 
sujet le fait suivant. 

Une femme qui venait de ramasser du bois fit ren- 
contre, dans on taillis assez éloigné de soa village, 
d*oii lion qui passait au vent et ne l'avait pas flairée : 
la femme eut peur et laissa tomber son fardeau ; le 
lion fut étonnérd'abprd et montta quelque hésitation; 
voyant enfin qu'il avait affaire à faible . partie « il se 
rapprocha de la femme par des circuits « se jeta sur 
elle et la dévora. On n'eut connaissance de cet événe- 
ment qu'après deux jours, mais les détails du drame 
étaient écrits sur- le sable , par les traces épanouies 
et profondes du lion. ' 

Les SoudanicDs, très habiles dans ce qu'ils appel- 
lent la lecture du sable« ne savent pas seulement re* 
connaître la trace des divers animaux, ils savent encore 
distinguer le pas. du mâle de celui de la femelle. J'ai 
îcru longtemps qu'ils se basaient pour cela sar ce que 
le basM^ de la femrlle, plus développé que celui du 
mftle, ^oblige à écarter davantage les jambes de der- 
rière e je me trompais; ils ont remarqué que le pied 
dô U vache était plus ouvert que celui du taureau» 
ils prétendent qu'il en est de même de celui de la 
jument par rapport à celui du cheval et, qu'au con- 
traire, le pied du chameau est plus ouvei^t que celui 
de sa femelle. 

Des citadinsiélevés au sein de la civilisation la plus 
raifinée et coinplétemcnt ignorants de la nature, sont 
tentésde rejeter de pareils faits; le Nubien, cependant, 
auquel on a volé, pendant la nuit, un bœuf ou un 



( 288 ] 

moutoD, cherche au matin la trace de son voleur : il 
prend un morceau de cuir bien sec et le découpe à 
la mesure de cette trace ; tôt ou tard son œil lui mon- 
trera une trace pareille et son cuir servira à justifier 
ses soupçons ; si le f ol est important, il aura d'ailleurs 
fait garder la trace» et c'est avec sa trace ainsi conser- 
vée qu'il confrontera son voleur. On dit en dongolawi» 
tin àdjingé dssàrà, il a mesuré avec une peau de 
bœuf, ce qui revient à dire : il a pris ses dispositions 
pour retrouver son bien* 

Vi. — Industrie, commerce* 

L'industrie des Soudanîens est très peu avancée» ils 
savent extraire quelques métaux, forger le peu de fer 
employé dans la fabrication de leurs armes; tisser et 
teindre avec l'indigo quelques cotonnades. C'est le Ba- 
gaermi surtout qui fabrique ces bandes minces d'étoffe 
qu'on coud les unes à côté des autres pour en con- 
fectionner des vêlements; les idolâtres, du reste, ne 
poussent pas si loin la recherche du costume, ils se 
contentent en général de la peau de bète dont la tra- 
dition affuble Hercule, parce que, nous dit Diodore, 
Hercule vivait aux premiers jours du monde. Quel- 
ques-uns^ cependant portent des vêtements d'une 
singulière espèce : les Sydamiens, par exemple, s'af- 
fublent des fibres de la feuille d'un grand bananier, 
ou peut-être du latanier; ils les réunbsent par une 
extrémité à un ccrèle qu'ils se passent au cou et les 
laissent pendre librement jusque sur leurs jambes: 
ce vêtement est appelé par eux gotché; les mêmes 
Sydamiens se coiffent d'un bonnet conique fait de la 



(Sàà) 

peau poilue d'un animal que je ne connais pas», mais 
dont le cri est, m*a-t»on dit, wbrrou worrou^ 

Les noirs du fleuve Blanc portent quelquefois des 
calottes assez habilement travaillées. M. d^Ârnaud m*a 
montré un de ses dessins représentant un Bâri » dont 
la chevelure disparaissait sous un tissu de ces petites 
porcelaines appelées waiW par les Arabes. Sl. d*Âr- 
naud i^invita à lui donner sa coiflure en échange de 
quelques verroterie^» le noir accepta vdloûtierà : m&l- 
beureusement sa coiffure ne Taisait qu'un avéé sa tèle» 
les wadH étaient passés dans ses cbeveux, on ne pou- 
vait que les eùlevef aft a un» «l M. d'Arnaud désap- 
pointé dot renoncer à son acquisition. 

Le commerce est encore peu développé dans le 
Soudan , nos monnaies sont & peine connues, et nô 
sont point d*usage au Dar-Four» au Waday» au Ba- 
guermi, au Boruou. 

Au Bornou et chez les I^ella'tas on se sert» comme 
monnaie, de Wadè^ en kanouri, kohgéna; en balébèlt» 
kordi; il y a 20 0ÛÔ de ces petites coquilles au quin- 
tal; un bœuf en vaut de âOOÛ à bÛOO; uh esclave^ 
de iôÔOO à 20000; uû tob (1), ÂOO; trois i&tes de 
mais» 3{) ou un girsè, 

bans le Baguermi on se sert de ces bandes mincéâ 
d'étaJOTe dont j^ai parlé plushî^ut: on se servait suftôUt 
auparavant de petites plaques de fer ei^filées par [ba- 
quets ; ces plaques de métal rappellent involontaire- 
ment \às rudis de Numa Pompitius. 

Les tobs longs et larges de Dongolah sont employée 

(i) Ce tob bu pièce de toile est long de trois à quatre coudëei» 
OB l^âpplelié ^àhâ^h au Bornou, et pâti dans l'Afaon. 



( 2S5 ) 

comme monnaie au Waday et dà'nft h Dà^p6Ur; ett&n 
les hachacli, ou fers ()e bêche, jpâdsent dbttâ le Koinlo- 
fan comme je Tai dil ailleurs. 

L*ivoîre , 1res f echèrché âttJôûrdMvui pât" l'ed négo- 
ciants qui îréquenlent Kliartoum» ë&t VfèS ÊbmUllin 
âans )e ISoudan central» bieA.que lèâ nolrft Kie ][)Ui6St3nt 
tuer que peu d^éléphanlé, parce qtl^ÊÛ Tàbsètité t)è 
tout débouché, Tivoiré s^accùlïiulé depuis d«s Siëchft 
entre leurs lâain», le Dar-RÀâa, 1^ Ï))]6b«l-Méd^6, \t 
Djebei-tibgmi sont pèul-ètre lèâ liëUx du mbûde ûù 
il 7 a le plus divoire t il parait y être employé %xc!tt- 
sivement k rorheméhtation deâ Cabanes royaleft. 

Les négociants de KhartoUtâ auraient donô un itn- 
mensê avantage à remônteV )ô Kellak, et j^eSpére qu^l'd 
te Feront bientèl : se présentant Cù'mtûé ôbasâ'eurà, ill 
seront bien accueilUs dès peu^làdéà Iro^ souvent affa- 
mées qu^ils nourriront de la chai'f des éléphant! qu^ih 
tueront; on ftait que les Africains sont atdents à cette 
cUréé. 

La chasse de l'éléphant elt très productive dàAs lé 
Soudan central comme sur le Nil Blafiè, dans» éette 
dernière région , lil. de Malzac à tûé » ïû^a-t-oti dit, 
Taànée dernière, dix-sept éléphantéi lés quatre der« 
niers ont été abattus par onze balles ; oti Comprend 
qu^il s^agit èe balles cylindro-côni'quéâ & pôiûtè d*kôiet 
et d'un calibre assez tort. 

VII. — Récit d^un^ enfant waratta. 

tJn entant w&ratta, très intèlligeï^t ^t déjà ot) peu 
lettré» qui est depuis cinq ans danà U^a UiaWn« hi*à 
Tait le récit suivant dé sa captivité* lé le lMM»é parièt*. 



( 2S6 ) 

Notre village était bâti sur une hauteur environnée 
de toute. part de vastes plaines herbeuses où pais- 
saient nos troupeaux ; à une distance de deux heures 
à peu prés de notre village commençaient de grandes 
et obscures forêts qui se perdaient à Thorixon : c'était 
le repaire des bêtes féroces; il eût été dangereux d*y 
pénétrer de nuit; un jour que sur la lisière de cette 
forêt je gardais nos bœufs avec quelques autres en- 
fants, je me souvins d'une branche que j'avais redres* 
sée et émondée peu auparavant» dans le but de m'en 
faire plus tard nn^ baguette et J€ résolus d'aller la 
couper; mes camarades voulurent m'en dissuader. 
— Le lion te maiigera» me dirent-ils» no va pas dans la 
forêt* — Le lion» répondis-je, ne sfi promène pas en 
plein jour ; maintenant c'est aux vautours de manger 
et^aux lions de dormir; je n'ai rien à craindre» d'ail- 
leurs» je n'ai paa peur. Je les quittai alors» content de 
montrer plus de courage qu'eux et je pénétrai dans 
la forêt. J'y avais à peine fait quelques pas lorsque je 
vis un cheval sellé» chargé de deux petites outres. Je 
crus ce cheval abandonné et m'emparai de sa longe 
(laps le dessein de le conduire à noire village. Je vou- 
lus toutefois savoir ce que contenaient les outres ; j'en 
ouvris une, j'en tirai un morceau de galette de dokhn 
et un grand couteau, le couteau me fit peur et je le 
replaçai précipitamment. Je me sentis à ce moment 
saisir par-derrière» je me retournai tout troublé et je 
vis un homme grand et robuste qui» me te