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Full text of "Bulletin de la Société Botanique de France"

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Bulletin de la 

Société botanique de France 

Société botanique de France, Centre national de 
la recherche scientifique (France) 



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REFERENCE LIBRARY 

OF 

CRYPTOGAMIC BOTANY 



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SOCIÉTÉ BOTANIQUE 

DE FRANCE 



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COUU>MMIERS 
Imprimerie Paul Brodard* 



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BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE 

DE FRANCE 

FONDÉE LE 93 AVRIL 1854 

ET RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE 

PAR DiCRBT DU 17 AOUT 1815 

TOME CINQUANTE-CINQUIÈME 

(fhiatrlèMe série — Tome VIII) 

iao8 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

RCB Dl CRINBLLE, 84 



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LISTE DES MEMBRES 



DE LA 



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SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



AU K^ JANVIER 1908 



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COULOMMIBRS 
Imprimerie Paul BRODARD. 



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LISTE DES MEMBRES 



DE LA 



^ ^ 



SOCIETE BOTANiaUE DE FRANCE 



AU 1- JANVIER 1908 



Membres perpétuels déoédés' 

THIBESARD (Joseph). 
LA6RAN6E (D')- 
DUCHARTRE (Pierre). 
VILMORIN (Henry Lévêqce de). 
CINTRACT (Désirê-Aoguste). 
MICHEL (Adgdstb). 
VIDAL (Prosper-Gustave). 



■■le et la uainatiaa • 

1904. ALBERT (Abbl), instituteur en retraite, à la Fariède (Var). 
Membre honoraire, 

1891. ALIAS (Albert), inspecteur des contributions directes, à Ajaccio 
(Corse). 

1875. ALLARD (Gaston), propriétaire, à la Maulévrie, route des Ponts- 
de-Cé, à Angers. 

i. Sont Membres perpétuels ceux qui ont donné à la Société un capital 
dont la rente représente au moins la cotisation annuelle; le nom du 
donateur est maintenu à perpétuité sur la liste des membres de la Société. 
(Décision du Conseil^ approuvée par la Société dans la séance du 28 mai 
4880 : voyez tome XXVII, p. 172.) 

2. Lorsqu'un ancien membre démissionnaire a été admis sur sa 
demande à rentrer dans la Société, la date donnée est celle de la première 
admission. Au cas d'un changement d'adresse survenu au cours de Tim- 
pression, c'est la plus récente qui est indiquée. 



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IV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE, 

l^tte de It nomiiuUoD. 

1895. * ALTERNT * (André d'), inspecteur adjoint des Eaux et Forêts, 
à Boën (Loire). 

1854. AHBLARD (Louis), docteur en médecine, rue des Droits-de- 
THomme, 14 6is, à Agen (Lot-et-Garonne). Membre fondateur. 

1899. AMIOT (Philippe), rue Weber, 4, à Paris, XVI». 

1870. ANDRÉ (Edouard), architecte-paysagiste, rédacteur en chef de 
la Revue Horticole y avenue Camot, 17, à Paris, XVII®. 

1876. ARBAUMONT (Jules d'), président de TAcadémie de Dijon, rue 
Saumaise, 43, à Dijon (Côte-d'Or). 

1886. * ARBOST (Joseph), horticulteur, Parc-aux-Roses, chemin de 
Caucade, Nice (Alpes-Maritimes), 

1899. ARCANGELI (Jean), professeur et directeur du Jardin botanique 
à rUniversité royale de Pise (Italie). 

1885. ARECHAVALETA (José), professeur de botanique à TUniversité, 
directeur du Laboratoire municipal de chimie et de bactério- 
logie, calle Uruguay, 369, à Montevideo (Uruguay). 

1882. ASHER, libraire, Unter den Linden, 66, à Berlin, N. W. 

1896. AZNAVOUR (Georges), 22, Havouziou-Han, Stamboul, Constan- 
tinople (Turquie d'Europe). 

1894. BACH (abbé V.), curé de Sérignac (Lot). 

1901. BALLE (ÉMII.E), place Saint-Thomas, 14, à Vire (Calvados), 

1873. * BARBET (W^uam), à Valleyres-sous-Rances, canton de Vaud 
(Suisse). 

1856. BARNSBY (David), direct, honoraire de TÉcole de médecine, 
membre correspondant de l'Académie de médecine, rue 
Origet, 10, à Tours. 

1890. BARRATTE (Gustave), rue Daubenton, 9, à Paris, V«. 

1878. * BATTANDIER (Jules-Aimé), professeur à l'École de médecine 
et de pharmacie, rue Desfontaines, 9, à Alger-Mustapha. 

1891. * BAZILLE (Marc), banquier, Grande-Rue, 21, à Montpellier. 

1884. BAZOT (Louis-Marie), professeur de l'Université en retraite^ rue 
du Drapeau, 17, à Dijon. 

1878. BEHREND, libraire, Unter den Linden, 56, à Berlin, N. W. 

i. Les lettres égyptiennes précédées d'un astérisque désignent les 
membres à vie. 



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LISTB DES MEMBRES. T 

Oatt de la nominttfon. 

1896. BEILLE, professeur agrégé à la Faculté de médecine, rue Cons- 
tantin, 35, à Bordeaux. 

1890. BELEZE (M"« MÀRGUERrrE), rue de Paris, 62, à Montfort-rAmaury 

(Seine-et-Oise). 
1906. BERGON (Paul), rue de Rome, 14, à Paris, VIU*. 

1906. BERRO (Mariàno B.), calle Agraciada, 745, à Montevideo 

(Uruguay). 
1878. BERTRAND (Ch.-Eugène), correspondant de Tlnstitut, profes- 
seur de botanique à la Faculté des sciences de Lille, rue 
d*Alger, 6, à Amiens. 

1905. BESSIL (J.), professeur au lycée Montaigne, 17, rue Auguste- 
Comte, Paris, VP. 

1905. BILLIARD, secrétaire de l'Association des naturalistes parisiens, 
rue Charles-DÎYry, 10, à Paris, XIV. 

1873. BILLIëT (P.), percepteur, rue Bonnabaud, 6, à Clermont- 
Ferrand (Puy-de-Dôme). 

1885. * BLANC (Edouard), inspecteur des Forêts, boulevard des Invalides^ 
15, àParis,VII-. 

1896. BLANC (L.), conducteur des Ponts et Chaussées, allée des Arts^ 
11, villa Maurice, à Montpellier. 

1903. BLANDENIER (Aristb-Ernbst), professeur au collège de Ras-el- 

Tin, botte postale n"" 534, à Alexandrie (Egypte). 

1907. BÛËUF (F.), professeur de botanique à TËcole coloniale d'agri- 

culture, à Tunis (Tunisie). 

1884. BOIS (D.), assistant de la chaire de culture au Muséum, rue 
Faidherbe, 15, à Saint-Mandé (Seine). 

1894. BOISSIEU (Henri de), à Varambon, par Pont-d'Ain (Ain). 

1864. * BOLLE (Carl), docteur es sciences, Schœneberger Ufer, 37, à 
Berlin. 

1902. * BONAPARTE (prince Roland), avenue dléna, 10, à Paris, XVI\ 

1904. BONATI, pharmacien de première classe, à Lure (Haute-Saône)» 
1873. BONNET (Edmond), docteur en médecine, assistant au Muséum 

d'Histoire naturelle, rue Claude-Bernard, 11, à Paris, V*. 

1877. * BONNIER (Gaston), membre de Tlnstitut, professeur de bota- 
nique à la Faculté des sciences, rue de TEstraprade, 15, à 
Paris, V\ Anelem président de Im Société. 



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VI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. 

Date de la nomination. 

4894. BORNAIT-LEGUEULE, rue Faustin-Hélie, 7, à Passy-Paris, XVI*. 

1854. * BORNET (Edouard), docteur en médecine, membre de Tlnstitut, 
quai de la Toumelle, 27, à Paris, V*. Membre fondateur. 
Ancien président de la So^été. 

1895. BORZI (ÂNTONiNo), directeur du Jardin botanique, à Palerme 
(Sicile, Italie). 

1854. * BOUDIER (Emile), pharmacien honoraire, membre correspon- 
dant de TAcadémie de médecine, rue Grétry, 22, à Montmo- 
rency (Seine-et-Oise). Membre fondateur. Ancien président 
de la Société. 

1900. BOULY DE LESDAIN (Maurice), docteur en médecine, rue 
Emmery, 16, à Dunkerque (Nord). 

1875. BOUVET (Georges), directeur du Jardin des Plantes, conserva- 
teur de THerbier Lloyd, rue Lenepveu, 32, à Angers. 

1887. BOYER (G.), professeur à TËcole nationale d^Agriculture, rue 
Bosquet, 1 , à Montpellier. 

1906. BRANDZA, licencié es sciences, au Laboratoire de Botanique à 

la Sorbonne, rue Victor-Cousin, 1, à Paris, V'. 

1896. BRIOSI (Giovanni), professeur à TUniversité de Pavie (Italie). 

1898. BRIQUET (John), directeur du Conservatoire et du Jardin bota- 
niques, La Console, route de Lausanne, à Genève (Suisse). 

1896. BRIS (Artbus), directeur de Tusine de la Vieille-Montagne, à la 
Chénée-Angleur, station de Chênée, province de Liège (Bel- 
gique). 

1907. BROCKMANN-JEROSCH (Heindrich), docteur en philosophie, 

Schanzenberg, 7, à Zurich (Suisse). 

1895. BRUNOTTE (C), professeur à TÉcole supérieure de pharmacie, 
rue Grandville, 17, à Nancy. 

1893. BUCHET (Samuel), préparateur à la Faculté des sciences, rue 
Schœlcher, 4, à Paris, XIV«. 

1904. BUDY (Otto), libraire, Carlstrasse, 11, Berlin, N. W., 6. 

1854. BUREAU (Edouard), docteur en médecine, professeur honoraire 
au Muséum, quai de Béthune, 24, à Paris, IV^ Membre fonda- 
teur. Ancien président delà Société. 

1858. BURNAT (Emile), à Nant, près Vevey, canton de Vaud (Suisse). 

1904. BUSCHBECK (Ernest), libraire, Caristrasse, 11 , Berlin, N. W., 6. 



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LISTE DES MEHBRBS. VII 

Dtte de la nomination. 

1887. CADIX (Léow), propriétaire, à Bosséyal, par Vrigne-aux-Bols 
(Ardennes). 

1875. * CAHUS (Fernand), docteur en médecine, villa des Gobelins, 7, 
à Paris, Xniv 

1893. • CANDOLLE (Casuiir de), cour Saint-Pierre, 3, à Genève (Suisse). 

1899. CANTREL, pharmacien, rue G.-David, 23, à Lisieux (Calvados). 

1907. * CAPITAINE (Louis), licencié es sciences, rue de ChÀteaudun, 50, 

à Paris, IX». . 
1857. GARON (Edouard), à Rumaisnil, par Quevauvillers (Somme). 

1906. CARPENTIER (abbé), professeur de botanique à la Faculté libre 

des sciences, rue de Toul, 11, à Lille (Nord) 

1897. CARRIÈRE (Paol), conservateur des Eaux et Forêts, à Aix-en- 
Provence (Bouches-du-Rhône). 

1893. GASTELNAU (Jules), banquier, boulevard Ledru-RoUin, à Mont- 
pellier. 

1904. CAUSSIN, docteur en médecine, à Proyart (Somme). 

1907. GERNOVODEANU (MUe), attachée à llnsUtut Pasteur, rue 

Amyot, 8, à Paris, V". 

1859. * CHABERT (Alfred), médecin principal de première classe en 
retraite, rue Vieille-Monnaie, 5, à Chambéry (Savoie). 

1905. CHAMAGNE (G.), pharmacien. Établissements Byla jeune, rue de 

Montrouge, 89, àGentilly (Seine). 

1904. CHARPENTIER, docteur en médecine et es sciences, chef de 
laboratoire à Plnstitut Pasteur, rue Cambronne, 61, à Paris, 
XV. 

1890. CHARRAS (A.), pharmacien, à Saint-Cyr-de-Provence (Var). 

1904. GHASSAGNE (D»" Maurice), à Lezoux (Puy-de-Dôme). 

1905. CHATEAU (E.), instituteur à Bourg-le-Comte, par Marcigny 

(Saône-et-Loire). 

1890. CHATENIER (Constant) , directeur honoraire d'École supérieure, 
villa Genevraie, à Miribel, par Crépol (Drôme). 

1875. * CHATIN (Joann^s), membre de Tlnstitut, professeur à la Faculté 
des sciences, rue Victor-Cousin, à Paris, \*. 



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YiU SOCIÉTÉ BOTAMIOUE DE FRANCE. 

Dat« de U nomination. 

1898. *CHADVEATn) (Gustave), directeur adjoint à TÉcole pratique 
des Hautes-Ëtudes au Muséum, avenue d'Oriéans, 16, à 
Paris, XIV*. 

1906. CHERMEZON, rue de l'Ouest, 39, à Paris, XIV. 

1900. CHEVALIER (Auguste), docteur es sciences, rue de Buffon, 63^ 
à Paris, V. 

1863. CHEVALIER (chanoine E.), rue de TÉvôché, 12, à Annecy. 

1874. * CHEVALLIER (abbé Louis), professeur, à Précigné (Sarthe). 

1894. CHODAT (Robert), professeur à l'Université, rue Ami-Lullin, 9, 
à Genève (Suisse). 

1854. * CLOS (D.), correspondant de Tlnstitut, professeur honoraire de 
la Faculté des sciences, directeur honoraire du Jardin des 
Plantes, allée des Zéphyrs, 2, à Toulouse. Membre fondateur. 

1854. " COMAR (Ferdinand), rue des Fossés-Saint- Jacques, 20, à Paris, 
V*. Membre fondateur. 

1896. COMËRE (Joseph), pharmacien honoraire, quai de Tounis, 60, à 
Toulouse. 

1883. * COPINEAn(CHARLEs),jugeau tribunal civil, à DouUens (Somme). 

1906. CORBIÈRE (L.), professeur de sciences naturelles au Lycée, 
rue Asselin, 70, à Cherbourg (Manche). 

1866. COSSON (Paul), avenue Friedland, 5, à Paris, VIH-. 

1881. COSTANTIN (Julien), professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 
rue Cuvier, 61, à Paris, V". Ancien président de la Société. 

1885. COSTE (abbé Hippolyte), curé à Saint-Paul-des-Fonts, par Tour- 

nemire (Aveyron). Membre honoraire, 

1905. COUDERC, ingénieur, à Aubenas (Ardèche). 
1907. COUDERC (D' Paul), médecin migor en retraite, château de 
Granoux, par Saint-Lager-Bressac (Ardèche). 

1890. COUPEAU (Charles), pharmacien, place du Marché, 5, à Saint- 
Jean-d'Angély (Charente-Inférieure). 

1886. COURCHET, professeur à l'École supérieure de pharmacie, à 

rinstitut de Botanique de Montpellier. 

1858. * CRÉVÉLIER (J.-J.), juge de paix, rue de Ladime, 3, à Bordeaux. 
1885. * DAGUILLON (Auguste), professeur acUointde botanique à la Sor- 
bonne, rue Cardinal-Lemoine, 71, à Paris, V«. 



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LISTE DES MEMBRES. IX 

Date de la noininaUoo. 

1906. DâLLOZ (Jules), pharmacien de i'^ classe, boulevard Hauss- 
mann, 57, à Paris, IX*. 

1886. DANGEARD (Pibrrb-Auguste-Clémbnt), professeur à la Faculté 

des sciences, rue Jules-Ferry, 1, à Poitiers. 

1906. DARD (Henri), chef de service à la maison Vilmorin, rue de 
Turenne, 32, à Paris, III». 

1903. DAUPHINÉ (André), préparateur à la Faculté des sciences, rue 

Faraday, 11 ftis, Paris, XVII«. 

1875. * DAVEAU (Jules), conservateur au Jardin botanique de Montpel- 
lier. 

1875. DEBEAUX (Odon), pharmacien principal de Tarmée, en retraite, 

rue Auber, 23, à Toulouse. 
1896. DECROCK (E.), professeur-adjoint à la Faculté des sciences, rue 

Paradis, 282, 2« et., à Marseille. 
1883. * DEFLERS (Albert), boite postale n^" 613, au Caire (Egypte). 

1887. DEGAGNY (Charles), à Beauvois, par Villers-Saint-Christophe 

(Aisne). 
1899. DEGEN (Arpad von), docteur en médecine, botaniste, directeur 

de la station royale du contrôle des semences, Yarosligeti 

fasor, à Budapest, VI (Autriche-Hongrie). 
1868. DELACOUR (Théodore), Trésorier honoraire de la Société, rue 

de la Faisanderie, 94, à Paris, XVI». 

1906 DËRIBËRË-DESGARDES, étudiant, rue des Saints-Pères, 76, 
à Paris, VP. 

1875. DES MÉLOIZES (Albert), rue Jacques-Cœur, à Bourges (Cher). 

1888. DEVAUX (Henri), docteur es sciences, professeur adjoint à la 

Faculté des sciences, rue Millière, 44, à Bordeaux. 
1898. * DEZANNEAU (Alfrbd-Paul-René), docteur en médecine, rue 

Hoche, 13, à Angers. 
1893. DISMIER (Gabriel), avenue du Raincy, 9, à Saint-Maur (Seine). 

1876. DOASSANS (Emile), docteur en médecine, à Nay (Basses-Pyré- 

nées). 
190S. DODE (Louis- Albert), docteur en droit, place du Maine, 4^ 

Paris, XV«. 
1876. DOLLFUS (Adrien), rue Pierre-Charron, 36, à Paris, VIII'. 

1904. DOP (Paul), chargé de cours à la Faculté des sciences de Tou- 

louse. 



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X SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Date de la nomination. 

1905. DOUIN (I.), professeur au Lycée, rue de Varize, 34, Chartres 

(Eure-et-Loir). 

1887. DOUTEAU (Jules), pharmacien, à Chantonnay (Vendée). 

1887. DRUDE (Oscar), directeur du Jardin botanique de Dresde (Alle- 
magne). 

1908. DUBARD (Marcel), maître de conférences à la Sorbonne, rue 
Vauquelin, 11, Paris, V*. 

1855. DU COLOMBIER (Maurice), inspecteur des lignes télégraphiques, 
rue des Murlins, 55, à Orléans. 

1900. DUCOMET (Vital), docteur es sciences, professeur à l'École 
nationale d'Agriculture de Rennes. 

1877. * DDFFORT (L.), pharmacien, à Masseube (Gers). 

1893. DLFFOUR (Charles), instituteur, rue Jeanne-d'Arc, 16, à Agen. 

1906. DUGGAR, professeur à l'Université de Columbia (Missouri), 

États-Unis d'Amérique. 

1873. * DDHAMEL (Henry), à Gières, par Grenoble (Isère). 

1900. DUMANS, pharmacien, rue Thiers, 3, à Pont-Audemer(Eure). 

1883. DUMÉE (Paul), pharmacien, à Meaux (Seine-et-Marne). 

190-2, DURAFOUR, instituteur, rue Edgar-Quinet, 15, à Bourg-en- 
Bresse (Ain). 

1890. * DURAND (Ernest), rue La Boétie, 7, à Paris, VHP. 

1872. DURAND (Eugène), conservateur des Forêts en retraite, profes- 
seur honoraire à l'École d'agriculture, rue du Cheval-Blanc, 
6, à Montpellier. 

1904. DURAND (Georges), à Beautour, près la Roche-sur- Yon (Vendée). 

1902. DURAND (Théophile), directeur du Jardm botanique de l'État, à 
Bruxelles (Belgique). 

1893. DUSS (le R. P.), professeur au collège de la Basse-Terre (Gua- 
deloupe). Membre honoraire. 

1 857. ' DDVERGIER DE HADRAWNE (Emmanuel), à Herry (Cher). 

1906. EVRARD (F.), licencié es sciences, boulevard Montparnasse, 32, 
à Paris, XV. 

1896. FARLOW (G.), professeur à l'Université Harvard, Quincy streel, 
24, à Cambridge, Massachusetts (États-Unis d'Amérique). 



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LISTE DES MEMBRES. XI 

DbU de U BoalasUott. 

1906. FâURE (Maurice), professeur de botanique médicale, rue Saint- 

Maur, 212, à Paris. 

1902. FEDTSCHENKO (Boris de), botaniste en chef au Jardin bota- 

nique impérial de Saint-Pétersbourg (Russie). 

1907. FËLIX (Armand), surveillant général de TËcole nationale profes- 

sionnelle, à Yierzon (Cher). 
1895. * FINET (Achiixb), boulevard Malesherbes, 117, à Paris, VIIIV 

1877. * FLAHAULT (Charles), correspondant de Tlnstitut, professeur 
de botanique à la Faculté des sciences, directeur de Tlnstitut 
de Botanique de TUniversité, à Montpellier. 

1897. FLAHAULT (M»« Charles), à llnstitut de Botanique de Montpel- 
lier. 

1897. FLAHAULT (M"« Marie-Thérèse), rue de Roubaix, 144, à Mons-en- 

Barœul (Nord). 
1884. FLICHE (Paul), correspondant de Tlnstitut, professeur de l'École 

nationale des Eaux et Forêts, en retraite, rue Bailly, 17, à 

Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

1903. FRIEDEL (Jean), docteur es sciences, rue Michelet, 9, à Paris, 

1904. FRIREN (l'abbé), chanoine honoraire, rue de TÉvéché, 41, à 

Metz (Alsace-Lorraine). 

1906. FRON (G.), chef de travaux à Tlnstitut national agronomique, 

rue Madame, 29, à Paris, \l\ 

1871 . GADECEAU (Emile), villa Champ-Quartier, rue du Port-Guichard, 
à Nantes. 

1893. GAGNEPAIN, préparateur à l'Ëcole des Hautes-Études du 
Muséum, avenue d'Italie, 4, à Paris, XHP. 

1907- GAIN (Louis), licencié es sciences, rue Sarrette, 14, à Paris, XIV^ 

i887. * 6ALAVIELLE (Léopold), professeur agrégé de la Faculté de 
médecine, rue Maguelone, 23, à Montpellier. 

1871. * GANDOGER (Michel), à Amas, par Vmefranche (Rhône). 

1907. GARRAUD (François), chef de la comptabilité à la Société de la 

Vieille-Montagne, à Viviez (Aveyron). 

1872. * GARRODTE (abbé), rue Diderot, 20, à Agen. 

1904. GATIN, docteur es sciences, ingénieur agronome, rue La Bois- 
sière, 15, à Fontenay-aux-Roses (Seine). 



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XII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Date d« la nomination. 

1897. GAUCHER (Louis), professeur agrégé à TÉcoIe supérieure de 
Pharmacie, boulevard des Arceaux, 19, à Montpellier. 

1862 GAUTIER (Gaston), rue de la Poste, 6. à Narbonne (Aude). 

1894. GAVE (l'abbé), professeur au pensionnat d'Uvrier, près Saint- 

Léonard (Valais, Suisse). 

1881. GENTY (Paul), directeur du Jardin des plantes, avenue Gari- 
baldi, 15, à Dyon. 

1902. GÉRARD (Charles), capitaine au 5" régiment d'artillerie, rue de 
laCassotte, 12, à Besançon. 

1881. * GÉRARD (R.), professeur à la Faculté des sciences, directeur du 
Jardin botanique de la ville, rue Grillon, 70, à Lyon. 

1891. GERBER (Charles), docteur en médecine et es sciences, profes- 
seur à TËcole de médecine, boulevard de la Gorderie, 27, à 
Marseille. 

1899. * GËZE (J.-B.), ingénieur agronome, professeur d'agriculture, rue 
de la République, 21, à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). 

1886. GIBAULT (Georges), quai Bourbon, 58. à Paris, IV. 

1867. * 6ILL0T (Xavier), docteur en médecine, rue du Faubourg-Saint- 
Andoche, 8, à Autun (Saône-et-Loire). 

1872. GIRAUDIAS (Louis), receveur de TEnregistrement, rue de TArche- 

de-Noé, 2, à Orléans. 
1883. GODFRIN, directeur de TÉcole supérieure de pharmacie, à 

Nancy. 

1878. GOMONT (Maurice), rue de Grenelle, 34, à Paris, VIP. 

1877. GONSE (E.), pharmacien, boulevard de Beauvais, 66, à Amiens. 

1895. QONTIER (Auguste), docteur en médecine, à Pont-sur-Seioe 

(Aube). 

1905. GORIS (Albert), docteur es sciences, pharmacien de Thôpital 
Hérold, place du Danube, à Paris, XIX*. 

1872. GRAND'EURY, correspondant de l'Institut, rue d'Amance, 12, à 
Malzéville (Meurthe-et-Moselle). 

1885. * 6RANEL (Maurice), directeur du Jardin des plantes, professeur 

de botanique à la Faculté de médecine, à l'Institut de bota- 
nique de Montpellier. 

1886. GRAVIS (Auguste), professeur à TUniversité, directeur de l'Ins- 

titut botanique, rue Fusch, 22, à Liège (Belgique). 



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LISTE DES MEMBRES. X111 

Dtie 4e la MmlnatioB. 

1906. GRIFFON, professeur à TÉcole nauonale d^agriculture de Gri- 
gnon, directeur adjoint de la Station de pathologie végétale, 
rue d'Alésia, H bis, à Paris, XFV. 

1899. GUÉGUEN (F.), professeur agrégé à TÉcoIe supérieure de phar- 
macie, avenue de rObservaloire, 4, à Paris, VI'. 

1894. GUÉRIN (Paul), docteur es sciences, agrégé à l'École supé- 
rieure de pharmacie, avenue de l'Observatoire, 4, à Paris, VI«. 

1878. * 6UERM0NPREZ, docteur en médecine, rue d'Esquermes, 63, à 

Lille. 
1898. GUFFROY (Charles), ingénieur-agronome, rueLegendre, 108, à 

Balignolles-Paris, XVII*. 

1881. " GUI6NARD (Léon), membre de l'Institut, directeur de l'École 
supérieure de pharmacie de Paris, rue des Feuillantines, 1, à 
Paris, V". Anelen présMent ée îm, Sodélé. 

1870. GUILLAUD (Alexandre), professeur de botanique à la Faculté de 
médecine de Bordeaux, avenue Gambetta, 77, Saintes (Cha- 
rente-Inférieure). 

1907. GUILLAUMIN, licencié es sciences, rue des Chantiers, 7, à Paris. 

1834. GUILLON (Anatole), directeur honoraire des Contributions indi- 
rectes, rue d'Iéna, 43, à Angoulôme. Mbmbre fondateur. 

1876. " GUILLOTEAUX-BOIIRON (Joannès), vUla Saint-Joseph, à Petit- 
Juan, près de Cannes (Alpes-Maritimes). 

1904. GUIMARAES (José d'Ascensao), R. do Conde de Rodondo, 46-1, 
à Lisbonne (Portugal). 

1878. * GUINIER (Ernest), inspecteur des Eaux et Forêts en retraite, 
villa Sylvia, à Annecy. 

1904. GUINIER (Philibert), inspecteur adjoint des Eaux et Forêts, 
chargé de cours à l'École nationale des Eaux et Forêts, rue 
Sellier, 38 A w, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

1906. GYSPERGER DE ROULET (M"»*), 5, Nesseltor, Mulhouse 
(Alsace-Lorraine). 

1906. HAMET (Raymond), rue de la Clef, 48, à Paris, V. 

1893. HANNEZO (Jules), chalet Joliette, à Beynost (Ain). 

1873. HARIOT (Paul), préparateur au Muséum, rue de Butîon, 63, à 
Paris, V. 

HARMAND (abbé), à Docelles (Vosges). 



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XIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. 

Date de la norotnatton. 

1872. HEGKEL (Edouard), professeur à la Faculté des sciences et à 
TÉcole de médecine, directeur de llnstitut colonial, cours 
Lieutaud, 31, à Marseille. 

1891. HEIM fD' Frédéric), professeur agrégé d'histoire naturelle à la 
Faculté de médecine de Paris, chargé de cours au Conserva- 
toire des Arts et Métiers, rue Hamelin, 34, à Paris, XVI\ 

1884. HENRIQUES (J.-Aug.), professeur à TUniversité, directeur du 

Jardin botanique, à Goîmbre (Portugal). 

1885. HËRAIL (Jean-Josbph-Marc), docteur es sciences, professeur de 

matière médicale à TËcole de médecine et de pharmacie, rue 
d'El Biar, 14, à Alger-Mustapha. 

1888. HÉRIBAUD-JOSEPH (frère), rue Godefroy-de-BouUion, 14, à 
Clermont-Ferrand. Membre honoraire, 

1866. HERVIER {abbé Joseph), Grandc-Rue de la Bourse, 31, à 
Saint-Etienne. 

1904. HIBON (Georges), juge suppléant au tribunal de la Seine, rue 
Notre-Dame-de-Lorette, 36, Paris, IX«. 

1907. HICKEL (Robert), inspecteur des Eaux et Forêts, professeur à 

TÊcole nationale d'Agriculture de Grignon, rue Champ-La- 

garde, 11 bi$, à Versailles (Seiue-et-Oise). 
1894. HOLM (Théodore), botaniste, Brooliland, D. G. (Etats-Unis 

d*Amérique). 
1901. HOSCHEDÉ, à Giverny, par Vernon (Eure). 
1888. * HUA (Hbnri), sous-directeur à l'École des Hautes-Études du 

Muséum, boulevard Saint- Germain, 254, à Paris, VIP. 
1893. HUBER (J.), directeur du Musée Goeldi, 399, caixa do Gorreio, 

àParâ(Belem, Brésil). 
1881. * HUE (abbé Auguste-Marie), rue de Gormeille, 104, à Levallois- 

Perret (Seine). 
1869. * HUSNOT (Th.), maire de Cahan, par Athis (Orne). 
188i. * HT (abbé Félix-Chari.es), docteur es sciences, professeur à 

rUniversité libre, rue Lafontaine, 87, à Angers. 
1879. IVOLAS (J.), professeur de l'Université en retraite, rue de Bois- 

dénier, 98, à Tours. 
1891. JACZEWSKI (Arthur de), directeur du laboratoire central de 

pathologie végétale, au Jardin impérial de botanique de Saint- 
Pétersbourg. 



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LISTE DBS MBUniES. IV 

Dan* de la noaiiMUoii. 

1888. JâDIN (Fkrnand), professeur à TËcde supérieure de pharmacie 
de Montpellier. 

1906. JAUANDIËZ, quartier des Salettes, à Carqueiranne (Var). 

1880. JATTA (Antonio), à Ruvo di Puglia, province de Naples (Italie). 

1887. JEANPERT (Edouard), boulevard Saint-Marcel, 34, Paris, V-. 
Membre honorcnre. 

1896. JOFÉ (M»« Racbel), chez M. le D' HiUei Jofé, à Jafih (Turquie 
d'Asie). 

1907. JOUKOFF (M»« A.), laboratoire de botanique de la Sorbonne, 

rue Victor-Cousin, 1, à Paris, Vv 

1854. JULLIEN-CROSNIER, ancien conservateur du Jardin des plantes, 
ancien directeur-adjoint du Musée d'histoire naturelle, rue 
d'niiers, 54, à Orléans. Membre fondateur. 

4896. KERSERS (Louis de), rue du Doyen, 2, à Bourges. 

188i. * KERVILLE (Henri Gadeau de), rue Dupont, 7, à Rouen. 

1887. KUNGKSIECR (Paul), libraire, rue ComeUle, 3, à Paris, VI\ 

1906. KNOGHE (Hbrmann), rue de rUniverrité, 51, à Montpellier 
(Hérault). 

1899. KOLDERUP-ROSBNVINGË (J. Lauritz), au Musée botanique de 
Copenhague. 

1906. LABERGERIE, à Verrières (Vienne). 

1905. LAMOTHE (Camille), mstituteur, à Saint-Denis-les-Martel (Lot). 

1899. LANGERON (D' Maurice), rue Daubenton, 9, à Paris, V. 

1875. * LARCHER (Oscar), docteur en médecine, rue de Passy, 97, à. 
Pariis, XVP. 

1907. LASSE AUX, rue de Crosne, iO, à Montgeron (Seine-et-Oise). 

iS96. LASSIMONNE (S.-E.), à Robe, commune dTzeure (AlQer). 

iMS. LAUBY (Antoine), licencié es sciences, à Saint-Flour (Cantal). 

1905. LAURENT (J.), professeur à TÉcole de médecme, 30, rue de 
Bourgogne, Reims (Marne). 

1890. LECHEVALIER (M»« Jacques), libraire, rue Racine, 23, à Paris, 
VI«. 

190i. LECHEVALIER (Paul), rue Racine, 23, à Paris, \l\ 



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XVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Date de la nominatioa. 

1883. " LECLERC DU SABLON, professeur de botanique à la Faculté 

des sciences, à Toulouse. 

1884. * LECOHTE, professeur au Muséum d'histoire naturelle, rue des 

Écoles, 14, à Paris, V«. 

1889. LE GENDRE (Charles), directeur de la Bévue scientifique du 
Limousin, place du Cbamp-de-Foire, 15, à Limoges. 

1895. LEGRAND (Arthur), docteur en médecine, rue de Clignancourt, 
13, à Paris, XVIII^ 

1881. * LÉGUÉ (Léon), propriétaire, rue Beauvais-de-Saint-Paul, à Mon- 
doubleau (Loir-et-Cher). 

1907. LEMOINE (Mme Paul), licenciée es sciences, boulevard Saint- 
Germain, 96, à Paris, V«. 

1885. * LEMOINE (Ëmilb), licencié es sciences naturelles, rue duMontet, 

134, à Nancy. 

1874. * LE HONNIER (Georges), professeur à la Faculté des sciences, 
rue de Serre, 3, à Nancy. 

1893. LES AGE (Pierre), maître de conférences à la Faculté des 
sciences, à Rennes. 

1889. LÉVEILLÉ (M»' Hector), directeur du Monde des Plantes, rue 
de Flore, 78, au Mans. 

1905. LHOMME, directeur de la Sucrerie de Mayot, par la Fère (Aisne). 

1888. LIGNŒR (Octave), professeur de botanique à la Faculté des 
sciences, rue Ricbard-Lenoir, 4, à Caen. 

1893. LINDAU (Prof. D' G.), Botanisches Muséum, à Dahlem bel 
Berlin (Allemagne). 

1902. LLOYD (C.-G.), the Lloyd Library, West Court Street, 224, à 
Cincinnati (Ohio, États-Unis d'Amérique). 

1862. * LOHBARD-DUHAS (Armand), à Sommières (Gard). 

1905. LONGUET (Camille), professeur à l'Institution Sainte-Marie, 32, 

rue de Monceau, Paris, VIII*. 

1906. LORMAND (Charles), étudiant, place de la République, 21, à 

Mantes (Seine-et-Oise). 

1895. LUTZ (L.), Secrétaire général de la Société, professeur agrégé 
à TEcole supérieure de pharmacie, avenue de TObserva- 
toire, 4, à Paris, VI'. 



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LISTE DES MEMBRES. XVII 

DtM de la aomlnalion. 

18M . MAC MILLAN (Gonway), professeur à FUniversité, PiUsbury HaU, 

à Miimeapolis (Minnesota, Ëtats-Unis d'Amérique). 
i904. MAGNE (Georges), boulevard Saint-Germain, 207, à Paris, VII*. 

1875. MAGNIN (Antoine), professeur à la Faculté des sciences et à 
TÉcoIe de médecine, rue Proudhon, 8, à Besançon. 

1906. MAHEU (Jacques), docteur es sciences, préparateur à TÉcole 

supérieure de Pharmacie, avenue du Maine, 44, à Paris, XIY^". 

1907. MAIGE (A.), professeur de botanique à TËcole supérieure des 

sciences, à Alger (Algérie). 

1900. MAIRE (René), préparateur de botanique à la Faculté des sciences, 

cours Léopold, 40, à Nancy. 
1903. MALGA (Rev^'^' D. Andrés), Tenencia de Gailechs, par Parets del 

Vallès, Barcelone (Espagne). 
1861. MALINVAUD (Ernest), Anelen président de U saleté, rue 

Linné, 8, à Paris. Membre perpétuel. 

1891. MALO (Charles), rédacteur au Journal des Débats, à Senlis 

(Oise). 

1881. MANGIN (Louis- Alexandre), professeur de Gryptogamie au Mu- 
séum d'Histoire naturelle, rue delaSorbonne, 3, à Paris, V. 

Vrétaéemt de la Soeiélé. 

1905. MARANNE (Isidore), pharmacien de 1'* classe, à Allanche 
(Cantal). 

1881. * MARÇAIS (abbé), rue Meriane, 4, à Toulouse. 

1860. * MARCHAND (Léon), professeur honoraire de botanique crypto- 
gamique à TËcole supérieure de pharmacie de Paris, à Thiais, 
près Choisy-le-Roi (Seine). 

1905. MARNAGy docteur en médecine, place Saint-Michel, 42, à Mar- 
seille (Bouches-du-Rhône). 

1895. MARTY (Léonce), notaire honoraire, rue Trivalles, 133, à Car- 
cassonne. 

1890. MATRUCHOT (Louis), professeur adjoint de botanique à la Faculté 
des sciences, Ëcole Normale supérieure, me d'Ulm, 45, à 
Paris, V. 

1854. MAUGERET, inspecteur du télégraphe en retraite, rue du Cherche- 
Midi, 102, à Paris, VP. Membre fondateur. 

1856. * MAUGIN (Gustave), rue du Pont-des-Pierres, 22, à Douai (Nord) 
1875. *|MAW (George), à Benthall Kenley (Surrey, Angleterre). 

b 



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XVIIJ SOCIÉTÉ BOTAHIQUE DE FRANGE. 

Date de U nomination. 

1900. MAXWELL (J.), procurair de la R^ubliqae, rue Thîac, 37, 
ÀBortkaux. 

1B80. MÈGE (abbé Jacques), curé de Villeneuve, par Blaye (Gironde). 

1893. MELLERIO (âlph.), rue des Capucines, 18, à Paris, II*. 

1876. * HÉNIER (Ch.), directeur de l'École supérieure des sciences et 

lettres, rue Voltaire, là, à Nantes. 

1870. MER (Emile), attaché à la station de recherches de l'École fores- 
tière, rue Israèl-Silvestre, 19, à Nancy; et à Longemer, par 
Gérardmer (Vosges). 

1892. * HOLLIARD (Marin), maître de conférences à la Sorbonne, rue 
Vauquelin, 16, à Paris, V*. 

1 906. MOREL (Frawcisqde), rue du Souvenir, 43, à Lyon-Vaise (Rhône) . 

1881. MOROT (Louis), docteuf es sciences naturelles, assistant au 
Muséum d'histoire naturelle, directeur du Journal de Bota- 
nique^ rue du Regard, 9, à Paris, VI«. 

1859. * MOTELAT (Léonce), président honoraire de la Société Linnéenne 
de Bordeaux, cours de Gourgue, 8, à Bordeaux. 

1886. * MOTELAT (Paul), cours de Gourgue, 8, à Bordeaux. 

1907. MOUILLARD (Louis), ancien élève de TÉcole nationale d'Agri- 

culture de Grignon, instituteur, à Gauterets (Hautes-Pyrénées). 

1858. ' HOUILLEFARINE (Edmond), avoué honoraire, rue du Faubourg- 
Saint-Honoré, 129, à Paris, VIII*. 

1877. MUE (Henri), directeur des Contributions indirectes, boulevard 

Barbes, 67, à Carcassonne (Aude). 

1883. * NANTEUIL (baron Roger de), au château du Haul-Brizay, par 
riie-Bouchard (Indre-et-Loire). 

1902. NENTIEN (E.), ingénieur en chef des Mines, rue Gloriette, 32 bis, 
à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). 

1888. NEYRAUT (E.-Jean), employé au chemin de fer du Midi, rue 
Sainte-Catherine, 212, à Bordeaux. 

1904. NINCK, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Bar-Ie-Duc (Meuse). 

1895. NOBLET (Dom André), au Monastère des Bénédictins, à Cheve- 
togne, par Leignon, province de Namur (Belgique). 

1904. OFFNER (D^ J.), préparateur à la Faculté des sciences de Gre- 
noble (Isère). 



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LISTB UES MEMBRES. IIl 

Dit« d« la nomtaation. 

1906. OUVIER (abbë), à Bazocbes-en-Houlûie (Orae). 

1873. OLIVIER (Ernest), directeur de la Retme scientifique du Bour^ 
tonnais, aux Ramillons, près Moulins, et cours de la Préfec- 
ture, 10, à Moulins (Allier), 

1891. ORZËSZKO (Nirodbm), villa Polooia, avenue Léopold II, à Nice- 
Cimiez (Alpes-Maritimes). 

1858. * OZAHON (Charles), à Saint-Emiland, par Couches-les-Mioes 
(Saône-et-Loire). 

1838. * PARIS (général E.-G.), à Dinard (Dle-eirVilaine). 

1877. * PASCAUD (Edgar), rue Porte-Jaune, 5, à Bourges (Cher). 

1877. PATOUILLARD, docteur en pharmacie, avenue du Roule, 105, 
à Neullly (Seine). 

1907. PAUCHET (L.), licencié es sciences, au lal)oratoire de botanique 
de la Soriïonne, rue Victor-Cousin, 1, à Paris, V*. 

1907. PAVILLARD, chargé de cours à Tlnslitut botanique, à Mont- 
pellier (Hérault). 

1887. PÉCHOUTRE (Ferdinand), professeur au lycée Louis-le-Grand, 

rue Touiller, 6, à Paris, V«. 

1869. PELLAT (Ad.), avenue Alsace-Lorraine, 35, à Grenoble (Isère). 

1866. * PELTEREAU (Ernest), notaire honoraire, à Vendôme (Loir-et- 
Cher). 

1905. PELTRISOT (C. N.), chef des travaux de micrographie à l'École 

supérieure de pharmacie, avenue de l'Observatoire, 4, Paris, 
VP. 

1894. * PERROT (Éihle), professeur à l'École supérieure de pharmacie 
de Paris, rue Sadi-Carnot, 17, à Châtillon-sous-Bagneux 
(Seine). 

1903. PETIT (Louis), rue Charles-Guinot, 9, à Tours (Indre-et-Loire). 

1903. PEYTEL (Pierre), ingénieur-agronome, rue Saint- Philippe-du- 
Roule, 6, à Paris. 

1906. PINOY (D^, rue de Versailles, 30, à Ville d'Avray (Seine-et-Oise). 

1901. PITARD (J.), professeur à l'École de médecine et de pharmacie, 
rue Georget, 39, à Tours. 

1888. * PLANCHON (Louis), docteur en médecine, professeur à 

l'École supérieure de pharmacie, rue de Nazareth, 5, à Mont- 
pellier. 



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XI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FEANCE. 

Date de It nominaUon. 

1880. POIRAULT (Georges), directeur de la Villa Thuret, à Antibes, 
(Alpes-Maritimes). 

1906. POISSON (Henri)^ préparateur au Muséum d'histoire naturelle, 
rue de Buffon, 61, à Paris, ¥•. 

1870. * POISSON (Jules), assistant au Muséum, rue de la Clef, 32, à 

Paris, V*. 

1877. PORTES (Lud.), pharmacien en chef de Thôpital Saint-Louis, à 
Paris, X«. 

1871. * POSADA-ARANGO (Andrbs), docteur en médecine, professeur 
' de botanique à TUniversité de Médellin (États-Unis de Co- 
lombie). 

1895. *PRAIN, Directeur des Royal Gardons of Kew, near London 

(Angleterre). 

1854. PRILLIEUX (Edouard), membre de Tlnstitut, rue Cambacérës, 
14, à Paris, VIII*. Membre fondateur. Ancleii président de 
la Société. 

1897. PRUNET, professeur à la Faculté des sciences, directeur du 

Jardin des Plantes, à Toulouse. 
1894. RADAIS (Maxime), professeur à l'Ëcole supérieure de pharmacie, 

avenue de TObservatoire, 4, à Paris, VK 

1877. * RAHOND (Georges), assistant de géologie au Muséum, rue 
Louis-Philippe, 18, à Neuilly-sur-Seine (Seine). 

1905. RÉAUBOURG, docteur en pharmacie, rue de Ste-Adresse, 47, 
Le Havre (Seine-Inférieure). 

1879. RÊCHIN (abbé), professeur au collège de Mamers (Sarthe). 

1905. REYNIER (Alfred), cours de la Trinité, 24, à Aix-en-Provence 

(Bouches-du-Rhône). 

1896. * RET-PAILHADE (Constantin de), place Sainte- Aphrodise, 44, à 

Béziers (Hérault). 

1906. RIGHER (Paul), docteur es sciences, préparateur à la Faculté 

des sciences, rue du Luxembourg, 30, à Paris, VI«. 

1859. * ROCHEBRtJNE (Alphonse de), assistant au Muséum d'histoire 
naturelle, rue Guvier, 57, à Paris, V*. 

1 907. ROLAND-GOSSELIN (Robert), colline de la Paix, à Villefranche- 

sur-Mer (Alpes-Maritimes). 

1887. ROLLAND (Léon), rue Charles-LafQtte, 80, à Neuilly (Seine). 



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J 



LISTE DES MEMBRES. XXI 

IM« dt It BondBatién. V^ 

1895. ROMIEUX (Henri), lieutenant-colonel, ancien conseiller d'État, 
Florissant, 35, à Genève. 

1906. ROQUES (E), licencié es sciences, laboratoire de Botanique de 
la Faculté des Sciences, à Toulouse (Haute-Garonne). 

1901. ROUX (Nisius), chemin de la Sœur-Vialy, 5, à Lyon-Saint-Glair, 
tRhône). 

1870. ROUY (Georges), secrétaire général honoraire du Syndicat de la 
Presse parisienne, secrétaire général de la Caisse des victimes 
du devoir, rue Parmentier, 41, à Asnières (Seine). 

1861. ROYET (EuG.), docteur en médecine, rue Saint-Simon, 6, à 
Paris, Vn*. 

1888. RUSSELL (Wiluam), docteur es sciences naturelles, boulevard 
Saint-Marcel, 19, à Paris, XHIV 

1880. SACGARDO (P.-A.), professeur et directeur du Jardin bota- 
nique à rUniversité de Padoue (Italie). Membre hono- 
raire. 

1886. * SAHUT (Paul), avenue du Pont-Juvénal, 10, à Montpellier. 

1875. SAINT-LAGER, docteur en médecine, cours Gambetta, 8, à 
Lyon. 

1903. SAINT- YVES (le commandant A.), villa Jacques, boulevard de 
Montboron, à Nice. 

1903. SAINTOT (abbé Gonstantin-Émile), curé à Neuvelle-lès-Voisey, 
par Voisey (Haute-Marne). 

1875. * SALATHÉ, docteur en médecine, ancien préparateur à la Faculté 
de médecine de Strasbourg, rue Michel-Ange, 27, à Paris- 
Auteuil, XVI-. 

1900. SARGENT (Charles), professeur d'arboriculture, Arnold arbo- 
retum, Jamaica Plain, Massachusetts (Ëtats-Unis d'Amérique). 

1906. SARTORY (Auguste), préparateur à TÉcole supérieure de phar- 
macie, rue Saint-Placide, 44, à Paris, VI*. 

1905. SCHRÔTER, professeur au Polytechnikum, Zurich (Suisse). 

1903. SEGRET (abbé), curé de Maray, par Mennetou-sur-Cher (Loir- 

et-Cher). 

1904. SENNEN (Frère), Directeur des Frères des Écoles chrétiennes, 

à Figueras-Hostalet, prov. de Gerona (Espagne). Membre 
honoraire. 



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XXn SOCIÉTÉ 30TAJ<iaU£ DE FRANCE. 

Dat« de U nomination. 

1887. * SEINES (Jules db), rue de Ghanaleilles, 15, à Paris, VII% et à 
Segoussac, par Salindres (Gard). 

1906. Société des Sciences naturelles de la Haute-Marne, à Langes 

(Haute-Marne). 

1905. SPIRE (D'), médecin des troupes coloniales, rue de Maubeuge, 7, 
Paris, IX*. 

1895. SUDRE, professeur à TÉcole normale, rue André-Mieux, 12, 
Toulouse. 

1905. TENAILLON (Albert), licencié es sciences, à Roye (Somme). 

1905. TERRACCIANO (Achille), directeur de Tlnstitut botanique de 
Sassari (Sardaigne). 

1905. TESSIER (F.), inspecteur (Jes Eaujc et Forêts, avenue Sadi- 
Garnot, 79, à Valence (Drôme). 

1903. THÉZÉE (D'), professeur d'histoire naturelle à l'École de méde- 
cine et de pharmacie, rue de Paris, 70, à Angers. 

1897. THIL, inspecteur des Eaux et Forêts, rue de Fleurus, 27, 
à Paris, VI*. 

1864. THOREL (Clovis), docteur en médecine, place Victor-Hugo, 1 , à 
Paris, XVI*. 

1886. THOUVENIN (Maurice), professeur à TÉcoIe de médecine, villa 
Saint- Yves, à la Croix-d' Arènes, à Besançon. 

1900. TILLIER, professeur d'arboriculture de la ville de Paris, avenue 
Daumesnil, 1, à Saint- Mandé (Seine). 

1907. TOMINE (Alexandre Wassilewitch), botaniste en chef du Jardin 

botanique, à Tiflis (Caucase, Russie). 

1902. TONI (de), professeur et directeur du Jardin botanique à l'Uni- 
versité royale de Modène (Italie). Membre honoraire, 

1900. TOUZALIN (Charles de), capitame au 90* régiment de ligne, rue 
de l'Hospice, 16, à Châteauroux. 

1870, * TRABUT (Louis), docteur en médecine, professeur à l'Ëcole de 
médecine, rue Desfontaines, 7, à Alger-Mustapha. 

1890. TRELEASE (William), directeur du Jardin botanique de Mis- 
souri, Saint-Louis de Missouri (États-Unis d'Amérique). 

1899. URBAN (Ignace), sous-directeur du Jardin botanique, Grûne- 
waldstrasse 6/7, à Berlin, W., 30. 



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Date de la nomination, 

1883. * TALLOT (Éiule), iogénieur mil, ai^enue des Cbunps-Élysées, 
114, à Paris, VIII». 

1875. * VALLOT (J^eph), directeur de TObservatoire métécM'ologique 
du MoBt-Blanc» me Gotia, 37, à Nine (AIpefr-Mantimes). 

1865. VAN TIEGHEM (Pu.), membre de Tlnstitut, professeur au 
Muséum d'Histoire naturelle, rue Vauquelin, 22, à Paris, V*. 

Ancien président de Im Société. 

«905. VELENOVSKY (D'), professeur de botanique à PUniversilé 
bohémienne, Slùpi, II, 433, Prague (Bohême). 

1871. VENDRYÈS (Albert), rue de Vaugirard, 90, à Paris, VP. 
Membre honoraire, 

1907. VERGNES (L. de), ingénieur, rue Valentin Haûy, 8, à Paris. 

1906. YERGUIN, capitaine au 9» régimaol d'artillerie, boulevard Patte- 
d'Oie, 39, à Castres (Tarn). 

1855. ^ TIAUD-GRAND-MARAIS (Ambroise), professeur à TËcôle de 
médecine, place Saint-Pierre, 4, à Nantes. 

1886. VIDAL (Gabriel), inspecteur des Eaux et Forêts, à Mende. 

1895. VIDAL (Louis), chef de travaux à la Faculté des sciences de 
Grenoble. 

1904. VIGUIER (René), préparateur de botanique au Muséum, quai de 

Bercy, 8 bis, à Charenton-Magasins généraux (Seine). 

1878. VILMORIN (Maurice L. de), quai d^Orsay, 13, à Paris, VIP. 

1893. VILMORIN (Philippe-Lévêque de), quai de la Mégisserie, 4, et 

quai d'Orsay, 23, à Paris, VII'; à Verrières-le-Buisson 
(Seine-et-Oise). 

1884. * VUILLEMIN (Paul), professeur de botanique à la Faculté de 
médecine, rue d*Amance,16,àMalzéville (Meurthe-et-Moselle). 

1887. WEBER (M-»' A.), née Van Bosse, à Eerbeek (Hollande). 

1907. WEILLER (Marc), lieutenant au 21» régiment d'artillerie, rue de 
la Font-du-Croc, 11, à Angouléme (Charente). 

1886. WELTER (Hubert), libraire, rue Bernard-Palissy, 4, à Paris, VP. 

1894. WILCZEK (Ernest), professeur à l'Université, à Lausanne 

(Suisse). 

1905. WORONOFF, Conservateur au Jardin botanique de Tiflis, 

(Caucase, Russie). 



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XXIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE KRAnCB. 

Date de la DomlDatkm. 

1907. YDRAC (F. L.), docteur en pharmacie, à Bagnères-de-Bigorre 
(Hautes- Pyrénées). 

1881. ZEILLER (René), membre de Tlnstitut, inspecteur général des 
mines, rue du Vieux-Colombier, 8, à Paris, VP. Anciem 
présidABl de la Seelélé. 



MM. les Membres de la Société sont priés, dans leur intérêt, 
d'informer sans retard le Secrétariat de leurs changements 
d'adresse. Les numéros qui viendraient à s'égarer par suite de 
quelque omission de ce genre ne pourraient être remplacés 



MEMBRES DËCËDËS EN 1907 
Almànsi (£.). 

JOUSSBT (E.). 
KUNTZE (0.). 

Lachmann (P.). 
Maillard (A.). 

SCHOBNEFBLD (M'** M. de). 
TOURLET (E.). 



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LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 

RANGÉS PAR PATS 

ET EN FRANCE PAR DÉPARTEMENTS 



Ain. 
Boissieu (de). 
Durafour. 
Hannezo. 

Aisne, 
Degagny. 
Lbomme. 

Allier, 
Lassimonne. 
Olivier (Ernest). 

A IpeS'Mariiimes . 
Ârbost. 

Guilloteaux-BouroD. 
Orzeszko. 
Poirault. 

RolaDd-Gosselin. 
Saint- Yves. 

Ardéche, 
Couderc. 
Couderc(D'Paul). 

Ardennes, 
Cadix. 

Aube, 
Gontier. 

Aude. 
Gauthier (Gaston). 
Marty. 
Mue. 



Aveyron. 


Cher, 


Coste (abbé). 


Des Méloizes. 


Garraud. 


Duvergier de Hauranne 


Gèze. 


Félix. 


BoucheS'dU'Rhône. 


Kersers (de). 




Pascaud. 


Bonafons. 


Corse. 


Carrière. 
Decrock. 


Alias. 


Gerber. 


CôtC'd'Or. 


Heckel. 


Arbaumont (d'). 


Mamac. 


Bazot. 


Reynier. 


Genty. 


Calvados, 


Doubs. 


BaUé. 
Cantrel. 


Gérard (Charles). 

Magnin. 

Thouvenin. 


Lignier. 


Drame. 


Cantal. 


Chatenier. 


Lauby. 


Tessier. 


Maranne. 


Eure. 


Charente. 


Dumans. 


Guillon. 


Hoschedé. 


Weiller. 


Eure-et-Loir. 


Charente-Inférieure. 


Douin. 


Coupeau. 


Gard. 


GuiUaud. 


Lombard-Dumas (A.). 


Jousset. 


Seynes (J. de). 



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XXVI 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



Garonne { Haute-). 


Ille-et' Vilaine, 


Clos. 


Ducomet. 


Comère. 


Lesage. 


Debeaux. 


Paris (général) . 


Dop. 


Indre. 


Leclerc du Sablon. 


Touzalin (de). 


Marçais (abbé). 


Indre-et-Loire, 


Plrtni€t. 


Barnsby. 


Roques. 


Ivolas. 


Sudre. 


Nanteuil (de). 


Gers, 


Petit (Louis). 


Duffort. 


Pitard. 


Gironde, 


Isère. 


Beille. 


Duhamel. 


Grévélier. 


Ofifner. 


Devaux. 


Pellat. 


Maxwell. 


Vidal (Louis). 


Mège (abbé). 


Loir-et-Cher. 


Motelay (Léonce). 


Légué. 


Motelay (Paul). 


Peltereau. 


Neyraut. 


Segret (abbé). 


Hérault, 


Loire, 


Allas. 


Hervier (abbé). 


Bazille. 


Loire-Inférieure. 


Blanc (L.). 


Gadeceau. 


Boyer. 


Ménier. 


Castelnau. 


Viaud- Grand -Marais. 


Courchel. 


Loiret. 


Daveau . 




Durand (Eug.). 
Flahault. 


Du Colombier. 
Giraudias. 


Flahault (M"«). 


Jullien-Crosnier. 


Galavielle. 


Lot. 


Gaucher. 


Bach (abbé). 


Granel. 


Lamothe. 


Jadin. . 


Lot-et-Garonne, 


Knoche. 


Amblard. 


Pavillard. 


Dufl'our. 


Planchon (Louis). 


Garroute (abbé). 


Rey-Pailhade (de). 


Lozère. 


Sahut(P.). 


Vidal (Gabriel). 



Maine-et-Loire. 
Allard. 
Bouvet. 
Dexanneau. 
Hy (abbé). 
Thézée. 

Manche. 
Corbière. 

Marne. 
Lauréat (J.). 

Marne {Haute-). 
Saintot (abbé). 
Société des sciences na- 
turelles de la Hau- 
te-Marne. 
Meurthe-et-Moselle. 
Brunotte. 
Fliche. 
Godfrin. 
Guinier (Phil.). 
Lemoine. 
Le Monnier. 
Maire. 
Monal. 
Vuillemin. 

Meuse. 
Ninck. 

Nord. 
Bouly de Lesdain. 
Flahault (M"«). 
Guermonprez. 
Maugin. 

Oise. 
Malo. 

Orne, 
Husnot. 
Olivier tabbé). 

Puy-de-Dôme 
Billiet. 

Chassagne (D""). 
Héribaud (frère). 



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LISTE DES MEMBRES. 


Pyrénées {Bouses-), 


Tillier. 


Doassans. 


Viguier. 


Pyrénées (Hautes-), 


Seine-et-Marne. 


Mouillard. 


Dumée. 


Ydrac. 


Seine-et-Oise. 


Bhône, 


Beleze (M»'«). 


Gandoger. 


Billiard. 


Gérard (R.). 


Boudier. 


Morel(Fr.). 


Hickel. 


Roux (Msius). 


Lasseaux. 


SaiDt-Lager. 


Lormand. 


Sûéne-et-Loire. 


Pinoy. 


Château. 


Vilmorin (Philippe de) 


Gfflot. 


Seine-Inféineure. 


Nentien. 


Kerville (de). 


Ozanon. 


Beaubourg. 


Sarthe. 


Somme. 


Chevallier (abbé L.). 


Bertrand. 


LéveiUé. 


Caron (Edouard). 


Réchin (abbé). 


Caussm. 


Savoie. 


Copineau. 


Chabert. 


Gonse. 


Savoie (Haute-). 


7arn. 


Chevalier (abbé E.). 


Verguin. 


Guinier (Ernest). 


Var. 


Seine'. 


Albert. 


Bois. 


Charras. 


Chamagne. 


Jahandiez. 


Dismier. 


Vendée. 


Gatin. 


Douteau. 


Hue (abbé). 


Durand (Georges). 


Marchand. 




PatouUlard. 


Vienne. 


Perrot. 


Dangeard. 


Ramond. 


Labergerie. 


Rolland. 


Vietine (Haute-). 


Rouy. 


Le Gendre. 



Vosges. 
Harmand (abbé). 
Mer. 

Algérie. 
Battandier. 
Hérail. . 
Maige. 
Trabut. 

Guadeloupe. 
Duss (R. P.). 

Tunisie. 
Bœuf. 

Allemagne, 
Asher. 
Behrend. 
BoUe. 
Budy. 
Buschbeck. 
Drude. 
Lindau. 
Urban. 

Alsace- Lon^aine, 
Friren (abbé). 
Gyspcrgcr de Boulet (l"»). 

A utriche-Hongrie. 
Degen (von). 
Yelenovsky. 

Belgique, 
Bris. 

Durand (Th.). 
Gravis. 
Noblet (Dom). 

Danemark. 
Kolderup-Rosenvinge. 

Espagne. 
Malgà (Rev**°). 
Sennen (frère). 



l. Les membres résidant à Paris ne sont pas mentionnés sur cette liste. 



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XXVIII SOGIÊTâ BOTAlflQUE DE FRAIIGE. 


Grande-Bretagne. 


Jaczewski (de). 


Egypte. 


Haw. . 


Tomine. 


Blandeaier. 


Prain. 


Woronoff. 


Deflers. 


Italie. 


Suisse. 


États-Unis 


ArcaDgeli. 


Barbey. 


d'Amérique. 


Borzi. 


Briquet. 


Duggar. 


Briosi. 


Brockmann. 


Farlow. 


Jatta. 


Bumat. 


Holm. 


Saccardo. 


Candolle (G. de). 


Uoyd. 


Tcrracciano. 


Ghodat. 


Mac MiUan. 


Tonl (de). 


Gave (R. P.). 


Sargent. 


Pays-Bas. 


Romieux. 


Trelease. 


Weber(M»«). 


SchrOter. 


États de r Amérique 


Portugal. 


Wilczek. 


du Sud. 


Guimaraes. 


Turquie d'Europe. 


Arechavaleta. 


Henriques. 


Aznavour. 


Berro. 


Russie. 


Turquie d'Asie. 


Huber. 


Fedtschenko (de). 


Jofé (M"«). 


Posada-Arango. 



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'(JIS»r" 



-y^^m^ 



BULLETIN 



DE LA 



F r 



SOCIETE BOTANIQUE 



DE FRANCE 

FONDÉE LE 23 AVRIL 1851 

ET RECOxNNUE COMME ÉTABLISSEMENT D^UTILITÉ PUBLIQUE 

PAR DÉCHET DO 17 AOUT 1875 

TOME CINQUA.NTE-CINQUIÈME 

(Qaalrième série — Tome VIII) 



Séances de Janvier 1908. 



i 

■ ^«£«^1^ 



PARIS 

AU SIÈOE DE LA SOCIÉTÉ 

RUE DE GRENELLE, 84 



->?ï^B2«l§ei 



•iullHin de la Société botanique de France paraît par livraisons mensuelles. 
Le Bon à lirer de ce numéro a été donné le 13 mars 1908. 



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>»vwi -V 



i 



AVIS 



L'adresse de M. Fernand CAMUS ^ Secrétaire-rédacteur^ est Villa des GobelinSfj 
n*»?, Paris, Xm«. 



Tarif des tirages à part. ] 

. Ud tirage sous presse de 25 exemplaires est accordé graïuiiemeot à Messieurs les Autenfs qni ei 
loront la demande en remettant leur manuscrit. — Lea Auteurs tjui préfèrent des tirages à pan avei 
réimpositioD, béDétîcieront en componsaiioti d'une réducuon de 3 l'r CO sur les prix du tarif ci-dessous | 



NOMBRE DE FEUILLES 



Une feuille (IB paj:es), réimposition, papier, tirage, 
pliure, piqûre et couverture passo-partoui, de 
couleur. 

Trois quarts do f»?uilIo (12 pages) 

Demi-leuilîp (8 paj^es) 

Quari de feuille .4 pages) 



2« feuille eu sus de la première ...... 

Trois quarts d«.) feuille en .sus d uno feuille. 

Deini-feuille eu sus d'une feuille 

Quart do fouille — 



25 

EXEMPL. 



fr. c. 

10 ^20 
9 60 
6 • 
4 80 

9 « 
8 40 
4 80 
3 60 



50 


EXEMPL. 


fr. c. 


Il 40 


lu 80 


7 20 


6 » 


10 20 


9 60 


6 » 


4 80 



100 

EX£MPL. 



fr. c. 

13 20 
12 60 
9 60 
8 40 

Il 40 
10 80 
7 80 
7 20 



200 


EXEMPL. 


fr. c. 


18 B 


16 80 


14 40 


ÎO 80 


M 10 


13 80 


10 20 


9 (>u ! 



500 

EXEMPL- I 



fr. c. 

28 80 
26 40 

21 60 

10 80 

21 60 
19 20 
10 80 
14 40 



feuille ou fraction de feuille : 



Tirage supplémeniaire sans réimposiiion, conforme aux exemplaires gratuits, prix unif..rme par | 

25 excmp. 50 cxomp. " /à cxemp. 100 exe un ■ 

3 fr. 6'» ' 4 fr. 2(J ' 4 fr ÔO ' i fr. ^0 

JSuppli^ment de fr. 30 par 25 exemplaires en plu.s. 

La couiposiiion d'uu titre d'cntrco spécial duu tiers do pafre est de 1 fr. 20. 

La comp«)»iiion d'un prand litre d'une pa^^e e^;t de 3 fr. 60. tn plufs les frais de tirage et rie papier {*). 
La composition d'un faux-titre est de 2 fr. 40. fCn plus les fmnf de tiraqe et de papier,*), 
La composition d'une couverture iuiprim».*e. sans i»aL;e dannonces, est de 2 fr. 40 si le inro e>t 
la répétition de celui do la brochure, ei de 4 fr. 80 si le titre est fait seulement pour I i;s*r 

ture. En plus les frnii^ d** tir<iqe et de pnnier '). 
L'addition à la couverture passe-partout du titre de la communication composé en caro- otcs du 

texte est comptée 2 fr. 40. 
S'il y a des corrodions, elles sont comptées en sus fr. C>5 riieuro. 

Une gravure d'une paj^o, intercalée dans le texte, entraîne un supplément de tirage île 2 fr. 40. 
Uuo gravure d'une clomi-page, l fr. 80. 

Tout travail de remise on pages, cest-à-dire eutrainaut uno raolirication dans la disposition des 

16 p. 12 p. 8 p. _J_P- 

2 fr. 70' 1 fr. 80' fr. ^' 

■ ^ ^ ^ ^ f > ■ A^'^^^ ^^ ^^ 
tdbl t'ait. 



3 fr. 00 



pages du Bulletin, sera fait à ce Tarif 

•) LfS frais de tirage fit de papirr des titre'i et couvertures seront comptés suivfmt le tarifdtt ha 

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■■ 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE 

DE FRANCE 



SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

Présidence de M. L. MANGIN. 

M. le Président, en prenant place au fauteuil, s'exprime 
en ces termes : 

Messieurs, 

Je vous remercie du grand honneur que vous avez bien voulu me faire 
CD m'appelant à présider vos séances. £n vous adressant Texpression de 
ma profonde gratitude, je suis heureux de constater que la Société bota- 
Diqoe est vivante et prospère : vivante, par la publication d'un volume 
de près de 1 200 pages avec 71 planches hors texte et de nombreux 
dessins intercalés, prospère aussi, comme le démontre le compte rendu 
de M. Delacour, notre dévoué trésorier. 

Nous voyons avec peine M. Delacour, un doyen de la flore parisienne, 
résigner les fonctions qu'il a remplies avec tant de zèle et de dévouement. 
Permettez-moi, Messieurs, de lui exprimer en votre nom, avec nos regrets, 
notre bien vive reconnaissance. 

Je souhaite la bienvenue, dans ces fonctions délicates, à notre confrère 
M. Philippe de Vilmorin. 

Le mouvement du personnel de la Société est satisfaisant. Les vides 
causés par les décès et par les démissions sont largement comblés par de 
nouvelles inscriptions et nous pouvons envisager Tavenir avec confiance. 

En nous réjouissant de ces constatations, nous ne devons pas oublier 

les artisans de notre prospérité, qui, par leur labeur incessant, assurent la 

publication rapide et régulière de notre Bulletin. J'ai nommé M. Lutz, 

secrétaire général, la cheville ouvrière de la Société, à qui nous devons 

T. LV. (séances) i 



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2 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

les résultats dont nous sommes si justement fiers, et M. Fernand Camus, 
secrétaire-rédacteur, qui a Tingrate mission de colliger les manuscrits et 
trop souvent de se substituer aux auteurs négligents dans la correction de 
leurs épreuves. 

Vous vous joindrez certainement à moi pour adresser à nos confrères 
nos plus chaleureuses félicitations. 

J'ai constaté la prospérité de la Société. Vous m'en voudriez de ne pas 
signaler à Thorizon un nuage noir dont l'arrivée est une conséquence de 
votre activité : c'est l'encombrement du Bulletin et des Mémoires par les 
longues communications, encombrement qui menace la Société dans ses 
œuvres vives, dans ses finances. Nous ne saurions donc trop veiller à 
observer les limites imposées par le Règlement et nous ne devons pas nous 
offenser quand M. Lutz, toujours courtois, mais intraitable, nous invile à 
condenser nos manuscrits : c'est l'intérêt général qu'il défend. Vous me 
permettrez d'ajouter que c'est aussi l'intérêt même des présentations qui 
gagnent à être exposées d'une manière concise. 

Nous devons prévoir, si l'afflux des communications persiste, une modi- 
fication du Règlement. 

Quant à vos travaux, je n'ai rien a en dire sinon pour vous féliciter de 
la variété des matières traitées dans le Bulletin dont la tenue est très 
honorable parmi les publications similaires de l'étranger. 

Presque uniquement consacré autrefois à des contributions à la flore 
de France, le Bulletin fait maintenant une place très large aux recherches 
de laboratoire : anatomiques, physiologiques. La partie consacrée à 
rénumération des espèces se réduit de plus en plus maintenant que la 
flore française n'a plus beaucoup de secrets pour nous. Combien de tra- 
vaux sollicitent notre attention, cependant, parmi ceux qui ne peuvent 
s'eff*ectuer dans les laboratoires! Les relations des formes spécifiques avec 
le sol ou le climat, les variations individuelles des plantes d'une même 
lignée, les substitutions de flore : tout autant de questions qui ne peuvent 
se résoudre qu'en plein air et qui exigent de longues promenades. 

Permettez-moi de citer un exemple d'observations de ce genre. 

Vous savez tous que la belle localité classique de Fontainebleau, les 
mares de Bellecroix, a été ravagée par un incendie en 1905. Quel serait 
le sort des espèces rares cantonnées en ce point de forêt? Telle était la 
question que se posaient anxieusement les botanistes ardents. Les excur- 
sions cryptogamiques que j'ai dirigées dans cette région en 1906 et 
1907 ont établi que les mares de Bellecroix se repeuplent peu à peu. A 
une année d'intervalle, le plateau ravagé par l'incendie offrait un aspect 
curieux. En 1906, le sol intercalé entre les mares était couvert par le 
Marchanlia polymorpha à tous les états de développement; en 1907, 
celui-ci avait en grande partie disparu, remplacé par le Polyirichum 



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DONS FAITS A LA SOCIÉTÉ. 3 

juniperinuM qui donnait au plateau parsemé d'arbres décharnés, pendant 
la tempête de neige que nous y avons subie, un faux air de Scandinavie. 

Noter les espèces reparues, l'ordre de leur apparition, en un mot, faire 
connaître comment une flore se reconstitue : tout cela forme un sujet digne 
de tenter beaucoup d'entre nous. Je pourrais citer d'autres exemples pour 
vous convaincre que le séjour dans les laboratoires richement dotés n'est 
pas indispensable pour faire des observations biologiques intéressantes, 
originales et parfois fondamentales. 

Et maintenant. Messieurs, au travail. 

Celte allocution est vivement applaudie. 

M. Gagnepain, secrétaire, donne lecture du procès-verbal 
de la séance du 27 décembre 1907, dont la rédaction est 
adoptée. 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, 
M. le Président proclame membre de la Société 
M"* Daigremont, à Soisy-sous-Montmorency (Seine-et- 
Oise), présentée par MM. Boudier et Hariot. 

M. le Président annonce ensuite une nouvelle présenta- 
tion. 

DONS FAITS A LA SOCIÉTÉ 

Bernard (D' Ch.), Notes de pathologie végétale, II (Bull. Soc. agr. 
Indes néerland., n** il, Phjlopath., n<* 2). 

Ghabert, Rhinanthus Helenœ sp, nov. 

Cbâssignol, Le Gui, 

— Notes botaniques. 

Chodat, Nouvelles recherches sur les ferments oxydants (2 broch.). 

Déléano, Étude sur le rôle et la fonction des sels minéraux dans la 
rie de la plante. 

Du Colombier (M.), Catalogue des Diatomées des environs d'Orléans. 

Douin, Les Sphœrocarpus finançais. 

Hassler, Plantas Hasslerian^, 2« partie. 

Hunger, Proeve ombrent schaduw-cultuur met Deli-Tabak op Suma- 
tra's Oost'Kust. 

Maiden, A crilical revision of the genus Eucalyptus, part. IX, 1907. 

Martin (Aug.), Contribution à la flore bryologique de VOberland 
bernois. 



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4 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

Pouchet, Influence du pouvoir osmotique des sucres sur la déhiscence 
des anthères. 

Rouge (E.j, Le Lactarius sanguifluus et la lipase. 

Serjûceff (Marg.), Contribution à la morphologie et à la biologie des 
Aponogétonacées, 

Schinz, Beitràge zur Kenntniss der afrikanischer Flora, XX. 

— Beitràge zur Kenntniss der Schweizerflora, 

Smith (J.-J.), Die Orchideen von Java, Erster Nachtrage (Bull. dép. 
agr. Ind. néerland., n° 13). 

Stœcklin (E. de), Contribution à l'étude de la peroxydase. 

De Toni (G.-B.), Spigolature Aldrovandiane^ VII. 

Tanner Fullemann, Le Schœnenbodensee, 

Von Weltstein, Die Erblichkeit der Merkmale von Knospemmuta- 
tionen. 

— Die Biologie unserer Wiesenpflanze, 

— Ueber das Vorkommen ziveigeschlechtiger Inflorescenzen bei 
Ephedra. 

— Karl von Linné, 

— Die Samenbildung und Keimung von Aponogeton (Ouvirandra) 
Bernierianum Benth. et Hook, 

— Welche Bedeutung besitzt die Individualzûchtung fur die Schaf- 
fung neuer und werthvoller Formen? 

M. Lutz, Secrétaire général, lit la notice ci-dessous : 
Notice biographique sur J.-P. Lachmann; 

Par mm. L. VIDAL et J. OFFNER. 

L'Université de Grenoble a été douloureusement éprouvée par la perte 
de M. Jean-Paul Lachmann, qui y occupait depuis quiuze ans la chaire de 
botanique de la Faculté des Sciences et qu'une longue et cruelle maladie 
a emporté le 24 octobre 1907. Né à Brumath (Bas-Rhin) en 1851 , il fit ses 
premières études en Alsace, qu'il quitta après Tannexion, pour aller 
habiter avec les siens à Saint-Ëtienne ; il avait pris part en 1870 à la 
défense de Strasbourg. Il se destina d'abord à la pharmacie, mais attiré 
de bonne heure par la botanique, il laissa inachevées des études com- 
mencées à l'École de Pharmacie de Paris, pour venir à Lyon en 1879 
préparer sa licence es sciences naturelles. 

Il a occupé successivement les fonctions de suppléant du chef des tra- 
vaux de matière médicale à la Faculté de Médecine de Lyon et de prépa- 
rateur de géologie à la Faculté des Sciences (1879-82). Vite distingué par 



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L. VIDAL ET J. OFFNER. — NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR J.-P. LACHMANN. 5 

ses maîtres, il Ait deux ans après chargé d'un cours de botanique, et se 
trouva dans cette situation seul pendant quelque temps à enseigner la bota- 
nique à la Faculté des Sciences, lors de son installation dans les bâtiments 
du quai Claude-Bernard. Il était en même temps choisi comme aide- 
naturaliste au Parc de la Téte-d'Or, à la place de L. Cusin et prenait une 
part très active à la direction scientilique de cet important établissement, 
en même (emps qu'il travaillait à la création et à Tentretien du Jardin 
alpin qui lui est annexé. 

Les belles collection de Fougères exotiques cultivées dans les serres du 
Parc de la Téte-d*Or étaient devenues l'objet de ses études favorites. Il 
publia dans les Annales de la Société de Botanique de Lyon de 1884 
à 1889, sur l'anatomie des organes souterrains des Fougères, toute une 
série de remarquables travaux, qu'il réunit dans sa thèse de doctorat : 
Contribution à l'histoire naturelle de la racine des Fougères^ soutenue 
en Sorbonne en 1889. Ce travail, très consciencieux et plein de faits, lui 
valut la plus haute mention et les félicitations de la Faculté; la partie la 
plus originale était Tétude des squelettes libéro-ligneux de la tige obtenus 
par une minutieuse dissection. Les collections de la Faculté de Grenoble 
renferment un grand nombre de ces préparations, dont certaines sont de 
véritables chefs-d'œuvre de patience et d'habileté. Par ce procédé, d'ailleurs 
contrôlé par les coupes en séries, il élucida une foule de points relatifs à 
l'origine des racines des Fougères et à leur insertion. 

En 1893, M. Lachmann fut appelé à remplacer Ch. Musset dans la 
chaire de Botanique de la Faculté des Sciences de Grenoble. Dès son 
arrivée en Dauphiné il fut captivé par l 'étude de la flore alpine, vers laquelle 
de nombreux voyages dans les Alpes l'avaient déjà attiré. Il consacra 
d'abord toute son activité à créer avec la Société des Touristes du Dau' 
phiné le Jardin alpin de Roche-Béranger. Situé non loin du sommet de 
Ghamrousse, dans la chaîne de Belledonne, à l'altitude de 1 850 m., ce 
jardin a été un des premiers établissements de ce genre fondés dans la haute 
montagne; il fut en 1898 cédé à la Faculté des Sciences, et M. Lachmann 
n'a cessé de le diriger jusqu'à sa mort. Plus tard il réussissait à mener à 
bien un projet conçu depuis longtemps, celui de créer auLautaretmême, 
dans cette station des Alpes françaises célèbre entre toutes par sa flore, 
nn jardin qui fût à la fois, comme il l'a dit lui-même, un conservatoire 
de plantes alpines et un laboratoire d'études biologiques. A celte œuvre 
qui reçut les plus hauts encouragements et les appuis les plus précieux et 
dont d'autres sans doute tireront des résultats que M. Lachmann n'a pu 
qu'à peme ébaucher, il usa ses forces. A Ghamrousse conuneau Lautaret, 
les recherches qu'il a poursuivies sont malheureusement restées incom- 
plètes; il fit en particulier dans un champ d'expériences situé au Villard- 
d' Arènes à 1 675 m. d'altitude et dépendant de la station du Lautaret, 



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6 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

d'intéressants essais sur racclimatalion des céréales et des plantes pota- 
gères à leur limite supérieure. 

Il eut la satisfaction en 1904 de réunir au Lautaret les membres de 
V Association française pour l'avancement des Sciences, lors du Congrès 
de Grenoble, et de leur montrer ce qu'il avait su réaliser. Cette année 
même, en août 4908, le 3® Congrès des Jardins alpins devait se tenir au 
Lautaret, et M. Lachmann se réjouissait de faire le meilleur accueil à ceux 
qui nombreux se disposaient à répondre à son appel. 

Comme prévoyant sa mort prochaine, il publia, il n'y a que quelques 
mois, un important Mémoire sur le Ceralopteris thalictroides, auquel il 
travaillait depuis longtemps. Membre de la Société botanique de France 
depuis 1894, il lui a donné en 4906 un article Sur la valeur spécifique 
des Polyslichum Lonchitis et aculeatum. L'anatomie des Fougères restait 
toujours son étude de prédilection et fut le principal objet de son ensei- 
gnement à la Faculté des Sciences. 

Deux fois vice-président de la Société botanique de Lyon durant son 
séjour dans cette ville, il s'y intéressa aussi à la pratique horticole ; à 
Grenoble il présida longtemps la Société d'horticulture. 

La part qu'il a prise à la vie publique a été trop grande pour ne pas 
rappeler ici qu'il fut conseiller municipal de sa ville d'adoption, adjomt 
délégué à l'Instruction publique et aux Beaux-Arts et membre de la 
Commission administrative des hospices. 

Son caractère droit et affable ne lui fit que des amis. Ses élèves gar- 
deront de lui un souvenir ineffaçable. Lui-même était resté très attaché à 
ses premiers maîtres, pour qui il avait la plus haute estime. Il avait aussi 
gardé très vif dans son cœur l'amour de sa petite patrie, que nos désas- 
tres l'avaient obligé d'abandonner. 

Liste des principales publications de M. Lachmann. 

1° Microchimie végétale, par Poulsen, traduit de l'allemand. Édition 
française considérablement augmentée, en collaboration avec l'auteur. 
Paris, 1882. 

2^ Note sur la structure de la Fougère mâle. C. R, Acad. Se, 1884. 

3° Recherches sur le système libéro-ligneux des Fougères. Bull, Soc. bot. 
Lyon, 1884. 

4* Notice sur le jardin botanique de Buitenzorg dans l'île de Java. Ann. 
Soc. bot, Lyon, 1884. 

5® De l'accroissement terminal de la racine du Todea barbara Moore. 
Bull. Soc. bot. Lyon, 1884. 

6° Sur les stolons aphylles des Nephrolepis. C. R. Acad. Se, 1885. 

7° Recherches sur l'anatomie du Davallia. Bull Soc. bot. Lyon, 1886. 

8° Recherches sur la structure de la racine des Hyménophyllacées. Ibid^ 

9* Sur les racines gemmipares de VAnisogonium seramporense. Ibid. 

10® Note sur les folioles ascidiées d'un Staphylea pinnata, Ibid. 



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A. RËYiMER. — LE GROUPE LINNÉBN BUPLEURUM ODONTITES. 7 

11° Observations sur la bifurcation d'un tronc de Dioonedule. /6id., 1887. 

12<* Sur Torigine des racines latérales dans les Fougères. C. R, Acad, 
Se, 1887. 

13® Contributions à l'histoire naturelle de la racine des Fougères. In-8», 
189 p., 26 fig. et 5 pi. Arm. Soc. bot. Lyon, 1887. 

14" Flore descriptive du bassin moyen du Rhône et de la Loire par 
Cariot et le D^ Saint-Lager; chapitre des Cryptogames vasculaires dans 
la 8« édition- 

15*" Clef analytique pour la détermination des espèces françaises du 
genre Equisetum. Bull, Soc. bot, Lyon, 1890. 

16° Quelques remarques sur Secale céréale et Secale montanum, Ibid., 1891 . 

il^ Sur la présence de plantes calcicoles dans le massif cristallin de 
Beiledonne. Ibid., 1894. 

IS»» Le Jardin alpin de Chamrousse. Annuaire Soc. des Touristes du Dau- 
phinéy 1894. 

19^ Recherches préliminaires sur la climatologie des Alpes dans ses 
rapports avec la végétation (en collaboration avec L. Vu)al). Ann. Univ. 
Grenoble, 1896. 

20«» Les Jardins alpins. Extrait de : Grenoble et leDauphiné. Grenoble, 1904. 

2{^ Observations phénologiques au Jardin alpin de Chamrousse. Ann. 
UnvD. Grenoble, 1906. 

22*> Sur la valeur spécifique des caractères distinctifs des Polystichum 
lonchitis et aculeatum (en collaboration avec L. Vidal). Bull. Soc. bot. de 
France, 1906. 

23" Origine et développement des racines et des radicelles du Ceratop- 
ieris thalictroides. Ann. Univ. Grenoble, 1906. 

M. Lulz doDoe conDaissance de la commuaication sui- 
vante : 

Le Groupe iinnéen Bupleurum Odontites 

dans les Bouches-du-Rhône; 

PAR M. Alfred REYNÏER. 

I. — Le Bupleurum Odontites L. appartient-il à la flore de la 
France? La station des Martégaux est-elle la seule, des environs 
de Marseille, où croisse peut-être encore le Buplèvre distribué 
en 1855 par Honoré Roux? Telles sont les deux questions qu'a 
soulevées M. Alfred Chabert, dans l'intéressante Note, Une loca- 
lité française du Bupleurum Odontites jL., communiquée à notre 
Société le H janvier 1907. 

Chacun sait qu'à cause de la synonymie controversabie de 
h£syé et des trois mots flosculo centrali altiore par lesquels se 
termine la diagnose du Species Plantarumj 1753, leJ?. Odontites 



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8 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

est devenu un petit groupe. Le B. Fontanesii Guss., 1825, 
d'Orient, Grèce, Sicile, Tunisie, représente VOdonlites de Linné 
émendé; Bartling ayant établi, en 1824, sans aire géographique 
à limites bornées vers TOccident, l'espèce aristatum. 

Quelques Flores conservent à l'espèce B, Fontanesii le nom 
créé par Gussone; d'autres appellent cette espèce : B. Odon- 
tites L., sous-entendant emendatum. 

Dans le Florula Massiliensis advenu, 1857, Grenier indiqua 
aux Martégaux le « B. Odontites L. ». A cause du caractère 
principal relevé sur les échantillons de Roux, « fleurs longue- 
ment et inégalement pédicellées », M. Chabert confirme la 
détermination de Grenier et identifie avec B. Fontanesii les exsic- 
cata marseillais. Sans le moindre doute pour moi, ce Buplèvre 
fut recueilli adventice, la localité des Martégaux s'étant montrée, 
jadis, assez riche en plantes non spontanées : Moricandia 
arvensis DC, Silène dichotomaEhT\i,,S. hispidaDest., Trifolium 
setigerum Boiss., T. isthmocarpum Brot., Artemisia austriaca 
Jacq., Cale7idula bicolor Rdif., etc. 

Mon regretté maître Honoré Roux m'ayant un jour fait passer 
sous les yeux son « B, Odoniites L. », ainsi déterminé à Biaise*, 
me dit-il, par Grenier, j'eus, après la mort de Roux, l'occasion 
d'explorer les recoins du quartier des Martégaux, ce fut en vain. 
Plus récemment, au cours d'herborisations à Marseille-Mazargues 
et à laBourdonnière, deux localités notées aussi au Florula Mas- 
siliensis advena, aucun B. Fontanesii ne fixa mes regards. Je 
viens d'apprendre que de nouvelles investigations, en 1907, par 
des mandataires de M. Chabert, ont abouti au même insuccès 
pour les Martégaux. 

Les deux questions posées au début paraissent, de la sorte, 
vidées négativement. 

IL — Un demi-siècle après que Bartling eut établi le B, aris- 
tatunij ce Buplèvre fut proposé comme dédoublable et l'on eut à 
choisir entre : 1** B. aristaium Bartl., Beitr. zur Bot,, 1824; 2° le 

1. De 1834 à 1843, Grenier venait presque chaque année à Marseille, 
où il avait un oncle, et ne dédaignait point d'aller s'asseoir au fond de la 
modeste boutique d'herboristerie de la rue Méolan : là, Marius Blaize, 
qui débuta dans la botanique rurale bien avant Roux, communiquait à 
Grenier ses trouvailles. La découverte du B. Fontanesii à Mazargues et à 
La Bourdon nière revient à Blaize. 



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A. REYNIER. LE GROUPE LINPiÉEiN BUPLEURUM ODONTITES. 9 

même corrigé par Lange, Prodr. Flor. Hispan.y 1880. De là 
naquirent des divergences d*opinion, car Lange, démembrant 
Yaristatum pour donner une importance imméritée à la simple 
variété opacum de Cesati, n'a pas réuni tous les suffrages : par 
exemple, en France, rarissimes sont les catalogues régionaux 
qui mentionnent Vopacum. Dans les Bouches-du-Rhône existe 
çà et là la plante dont le nom exprime le caractère saillant : 
manque de translucidité. Mais, en vérifiant dans le fascicule 
d'Ombellifères de ma collection la section Glumacea Boiss., j*ai 
constaté que je possède, outre Vopacum^ des échantillons pro- 
vençaux non confondables avec ce dernier. Le B. opacum a les 
pièces de Tinvolucelle opaques et vertes; or, les échantillons 
dont je parle, provenant des Bouches-du-Rhône, montrent les 
pièces de Tinvolucelle translucides * et jaunâtres. Par l'étude que 
jen ai faite, il m'a été facile d'apercevoir de multiples transitions 
reliant la prétendue espèce opacum au B. aristatum Bartl. 
émendé par Lange. A des ombellulesd'un exemplaire en majeure 
partie opaque je vois plusieurs bractéoles bel et bien translu- 
cides. D'ailleurs, de semblables formes de passage sont connues. 
Motel, Flore Française, rapporte que Palon trouva à Avignon 
un B. aristatum (« involucelles, dit-il, presque diaphanes ») 
à « teinte un peu jaunâtre » ; ce n'était donc point Vopacum 
typique. Le Buplèvre de la Charente-Inférieure a été caractérisé 
par FoucAUD, Bull, de la Soc. RocheL, année 1885 : t folioles 
de l'involucelle à aspect membraneux et demi- transparent »; 
à moins qu opacum ne comporte nul sens onomastique fixe, 
FoucAUD dut colliger une forme intermédiaire entre le translu- 
cide B. aristatum et la plante indéniablement opaque de Lange. 
« On peut — concède M. John Briquet, Monographie des 
Buf lèvres des Alpes- Maritimes, \ 897 — ne pas admettre Vopacum, 
c'est là une question de systématique. » Au fait, le moins et le 
plus, si peu constants en dehors d'exemplaires triés, jouent le 
rôle principal dans les différences établies, par exagération, 
comme absolues entre Yaristatum eiV opacum. « Nos échantillons 
de la variété opacum ont servi à la rédaction générale de 

1. Je ne les qualifie pas de transparentes, ce terme étant appliqué (avec 
stricte exactitude?), par M. Chabert, aux folioles de rinvolucelle du 
6. Fontanesii des Martégaux. 



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10 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

l'espèce... », écrit M. Briquet. Sur cette déclaration explicite, 
en conférant les pages 116 et 118 de la Monographie^ on 
remarque quelques notables écarts chez les échantillons de 
M. Briquet : 

Opacum de la page 116 : « Ombelle à 2-5 rayons ; ombellule à 3-8 
fleurs ». 

Opacum de la page 118 : « Ombelle à 2-4 rayons; ombellule à 4-9 
fleurs. » 

Les autres particularités (largeur ou étroitesse des bractées et 
bractéoles, longueur relative de Tacumen, raccourcissement ou 
élongation de Tinvolucre) invoquées pour la distinction de 
Vopacum et de Varislatum se présentent le plus souvent en 
contradiction sur mes exemplaires; les limites sont insaisis- 
sables par suite du peu de stabilité de la morphologie externe 
dans Tinflorescence. Bref, sans parti pris, je suis amené à 
réduire Tespèce B. opacum Lnge au rang de variété, à peine 
acceptable, de Varislatum délimité par Bartung. 

MM. Saint-Lager*, Malinvaud ^ et abbé Coste' vont plus loin. 
Uopacum, pour eux, comme le requiert l'article 56 des Lois de 
la nomenclature botanique, « est à reléguer, en nombreuse 
compagnie, dans les respectables mais encombrantes reliques de 
la synonymie ». 

Quant au vocable B. divaricatum Lmk, 1778, doit-il remplacer 
celui de B. aristatum Bartl.? Oui, en vertu de la priorité: mais 
il faut qu'au préalable les orthodoxes pardonnent à De Lamarck 
d'avoir fait du B, semicompositum L. une variété de ce divari- 
catumy d'avoir inclus dans la conception d'une unique espèce 
deux Buplèvres à organisme foncièrement différent ; pareil vice 
originel rend mort-né, ce me semble, l'hérétique divaricatum, 

IIL — Conclusion. A mon sens, le groupe linnéen B, Odon- 
tiles est enregistrable, dans les Bouches-du-Rhône, de la manière 
suivante : 

1. Saint-Lager, Considérations sur la polymorphie de quelques espèces du 
genre Bupleurum, 1891. 

2. Malinvaud, Questions de Nomenclature : Bupleurum aristatum BartL 
vel B. opacum Lnge, in Bull. Soc. botan. de Fr., 1891; Petite question de 
Nomenclature, in Bull, de l'Herb. Boissier, 1898. 

3. CosTE, Flore illustrée de la France, 1902. 



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E. MALINVAUD. A PROPOS DU BUPLEURUM ARISTATUM. 11 

1** B. Odontites L. emead. Bartl. {B. Fontanesii Guss.) Acci- 
dentely au siècle dernier, sur trois points des environs de Mar- 
seille. 

2** B. aristatum Bartl. non Lnge {B. Odontites L., Spec. 
Plant, ex parte). Espèce indigène qui, en France, est représentée 
par des exemplaires peu luxuriants; la plante (variété elatius 
Bartl.) de la partie nord-ouest de la péninsule balkanique, des 
territoires au nord de TAdriatique et du Tyrol méridional se 
montre davantage fournie en rayons ombellaires (parfois jus- 
qu'à 10) et en fleurs (parfois jusqu'à 15); nous n'avons non plus 
la variété humile Bartl., de l'île Yeglia, remarquable par sa 
très petite taille et la ténuité de toutes ses parties. 

3* B. aristatum Bartl. var. opacum Nobis. « Varietas vix 
distincta a typo occidentali supradicto. » 

A propos de cette communication, M. Malinvaud demande 
la parole et s'exprime en ces termes : 

Je restreindrai mes observations à la question de nomen- 
clature. 

Le Bupleurum aristatum étant une plante répandue sur les 
causses jurassiques du Lot, dont j'étudie la flore depuis près 
d'un demi-siècle, les controverses relatives aux Bupleurum du 
groupe Odontites ont depuis longtemps attiré mon attention. 
M. le D' Saint-Lager avait traité ce sujet en 1891 dans le 
Mémoire cité ci-dessus, que je fls connaître sommairement à 
notre Société dans la même année, en adhérant complètement 
pour ma part aux conclusions de ce travail. Notre honoré con- 
frère y exposait avec une parfaite évidence que Bartllng 
(Beitr.y ann. 1824-1825), en opérantun premier démembrement 
du B. Odontites L., s'était seulement proposé de séparer de la 
forme orientale à laquelle il conservait ce nom la plante euro- 
péenne appelée par lui B. aristatum. Cette nouvelle espèce fut 
à son tour démembrée. J. Lange (in Prodr. fl, hisp., 1874) 
réserva le . nom créé par Bartling à une forme croissant en 
Istrie, etc., tandis qu'il faisait revivre le terme opacum dû à 
Cesati {Linnœa, 1837 *) pour la plante occidentale, qui a figuré 

1. Il est bon de remarquer, avec le D"" Saint-Lager (loc. cit,)^ que le 
botaniste italien considérait ledit Buplèvre comme une variété du type 



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12 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

pendant près de quatre-vingts ans sous le nom incontesté de 
B, aristatum Bartl. dans les Flores et Catalogues botaniques de 
notre pays*. Lange différenciait donc spécifiquement deux 
formes que Bartling avait confondues sous un seul nom. Or, 
d'après la règle formulée dans Tancien article 56 du Code des 
lois de la Nomenclature botanique', « lorsqu'on divise une 
espèce en deux ou plusieurs espèces, si Tune des formes a été 
plus anciennement distinguée, le nom lui est conservé ». Il 
n'est pas douteux que des plantes dont il s'agit, ainsi que l'a 
précédemment montré M. Saint-Lager, la plus occidentale a 
été plus anciennement observée que celle qu'on trouve en 
Istrie. Dès lors pourquoi la débaptiser en la privant du privi- 
lège que lui confère ce droit d'aînesse? 

La formule binaire Bupleurum aristatum a été jusqu'à ce 
jour d'une clarté suffisante et sans doute continuerait à l'être 
pour désigner sans équivoque la plante française de ce nom. 
L'addition « var. opacum » proposée par M. Reynier, offrirait 
encore un supplément de précision en conciliant dans une cer- 
taine mesure les divergences onomastiques des auteurs. 

M. Mangin prie M. Prillieux de prendre sa place au fau- 
teuil de la présidence et fait la communication suivante : 

général Odonlites et l'appelait B. Odontites p. opacum. M.. Saint-Lager 
ajoute plus loin, p. 22 : « Nous constatons avec plaisir que Cesati qui, le 
premier en 1837, avait appliqué à notre Buplèvre l'épithète opacum^ a 
repris celle à' aristatum dans le Compendio délia Flora itcUiana. Du reste la 
variété à courts involucelles (la plante d'Istrie) lui semble si peu notable 
qu'il ne la mentionne pas. 

1. Le Bupleurum aristatum Bartl. est décrit sous ce nom dans le Bota- 
nicon gallicum de Duby, parmi les Addenda, 2® partie, p. 1027 (ann. 1830); 
on le retrouve plus tard dans la l'« édition de la Flore du Centre de Bore au 
(ann. 1840), t. II, p. 185, etc. 

2. Cet article a été reproduit sous le n» 47 dans les « Règles internatio- 
nales pour la Nomenclature botanique >> votées par le Congrès de Vienne 
en 1905. 



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L. MANGIN. — FLOUE PLANCTONIQUE DE SAINT- VAAST-LA-HOUGUE. la 

Sur la flore planctonique 

de Saint-Vaast-ia-Hougue en 1907; 

PAR M. L. MANGIN. 

Les données relatives à la flore planctonique de l'Océan et de 
la Manche au voisinage des côtes de France font presque entière- 
ment défaut. Nous ne possédons sur ce sujet que quelques indi- 
cations fournies par Gleve^ à la suite des envois de plancton qui 
lui avaient été faits par M. Malard, sous-directeur du Laboratoire 
du Muséum à Tatihou, et les observations récemment publiées, 
par M. Bergon' sur la flore diatomique du bassin d'Arcachon. 

J'ai pensé qu'il était utile de combler cette lacune, en présence 
des documents si nombreux recueillis dans le Nord de l'Europe 
par Cleve, Gran, Ostenfeld, etc. Sur mes indications, M. Anthony, 
directeur-adjoint du Laboratoire de Tatihou à Saint-Vaast-la- 
Hougue, a fait procéder à des intervalles réguliers à des pèches 
de surface à environ un mille au large de Tatihou dans la direc- 
tion des îles Saint-Marcouf . 

Le produit des pèches en partie conservé dans l'alcool, en 
partie traité par des fixateurs variés (Brazil, Zenker, acide chro- 
mique) a été régulièrement adressé au laboratoire de Crypto- 
gamie du Muséum tous les 15 jours, depuis le 15 février 1907, 
sauf au mois de novembre dernier où la perte des filets pendant 
une mer très forte a suspendu les envois. 

C'est le résultat des observations fournies par l'examen de ces 
documents que je me propose de résumer ici. On verra, par la 
variété des formes et des faciès qui se sont succédé pendant 
presque une année, l'intérêt qui s'attache à ces observations et 
l'utilité qu'il y aurait à en multiplier le nombre en divers points 
des côtes de France. 



1. Cleve (P. T.), The Plankton of the Nord Sea^ the English Channel and 
the Skagerak in 1898), Kongl. svenska VetenskapsAkademiens Handlingar, 
Bandet 32, n* 8. Stockholm, 1900. 

2. P. Bergon, Études sur la flore diatomique du bassin d'Arcachon et des 
parages de l'Atlantique voisins de cette station^ Bull. Soc. scient. d'Arca- 
chon, 1903. 



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14 



SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 



Pêche du 15 février 1907. 

9 heures du matin. Pression 768. Température air 4°. Température 
mer 5®. Temps froid, brumeux, sans pluie. Vent du S.-O., forte brise; 
mer assez agitée. — La semaine a été froide, grands vents N.-O. et N. 
avec pluie. 



1 Actinoptychus undulatus Kays*. 

2 Asterionella Japonica Cleve. 
2 — kariana Grun. 

4 Baccillaria paradoxa QmeL 

5 Biddulphiamobiliensis {BaiL)Grun 

4 Chaetoceros Diadema Ehr. 

2 — curvisetum Cleve, 

3 — - densum Cleve, 

5 — teres Cleve, 

3 Coscinodiscus excentricus Ehr. 
1 — Oculus-Iridis Ehr, 



1 Ditylium Brightwellii West. 

1 Eucampia Zodiacus Ehr. 

2 Guinardia flaccida Castr. 

1 Lauderia annulata Cleve. 
4 Melosira Borreri Grev, 

2 Pleurosigma œstuarii W. Sm. • 
2 Skeletonema costatum Grev, 

2 Thalassiosira gravida Cleve, 

1 — Nordenskioldii Cleve 

2 Ttialassiothrix nitzschioides Grun. 



Pèche du 1" mars 1907. 

9 heures matin. Pression 758. Température air 6*». Température mer o**. 
Temps brumeux, beau, sans pluie. Vent E. faible; mer calme. 



1 Asterionella japonica Cleve, 

1 Bacillaria paradoxa Grun. 

1 Biddulphia mobiliensis Bail, 

i Cha'toceros densum Ehr. 

3 — Diadema Ehr. 

1 — didymum Ehr. 

3 — curvisetum Cleve. 

5 — teres Cleve. 

3 Coscinodiscus excentricus Ehr, 

1 — Oculus-Iridis Ehr. 



1 Ditylium Brightwellii West. 
1 Eucampia Zodiacus Ehr. 
3 Lauderia annulata Cleve. 
1 Melosira Borreri Grev. 
1 Pleurosigma aestuarii W. Sm. 

1 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 

2 Skeletonema costatum Grev, 
5 Thalassiosira gravida Cleve. 
5 — Nordenskioldii Cleve. 

1 Thalassiothirix nitzschioides^rrwn. 



Pêche du 15 mars 1907. 

9 heures du matin. Pression 768. Température air 8*. Température 
mer 7*'. Temps froid avec pluie. Vent S.-O., forte brise; mer agitée. — 
La mer était grosse depuis le 1" mars avec vent froid et pluie. Vent N. 
et N.-O. 

1^ Dans ces listes les chiffres qui précèdent les noms des diverses 
espèces indiquent la fréquence ou la rareté des individus, d*après 
l'échelle suivante dont on verra Tutilité dans le tableau résumant Ten- 
semble des pêches faites à St-Vaast en 1907 : 

1 très rare, 2 rare, 3 peu commun, 4 assez commun, 5 commun, 
6 très commun. 



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L. MAISGIN. FLORE PLANCTOÎHOUE DE SAINT-VAAST-LA-HOUGUE. 15 



1 Actinoptychus undnlatiis Ralfs, 

1 AsterioDella japoDica Cleve. 

2 — Kariana Grun. 

4 Biddalphia mobiliensHi Bail. 
i Bacillaria paradoxa Grun. 
2 Chœtoceros curvisetum Cleve. 
t — densum Ehr. 
2 — Diadema Ehr. 

1 — didymum Ehr, 
i — teres Clet^e, 

5 Coscinodiscus exceniricus Ehr. 

2 — Oculns-lridis Ehr. 



3 Ditylium Brightwellii West. 
1 Eucampia Zodiacus Ehr. 
1 Guinardia flaccida Castr. 
1 Melosira Borreri Grev. 
5 Lauderia annulata Cleve. 

1 Nitzschia seriata Cleve. 

2 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 
2 Skeletonema costatum Grev. 

5 Thalassiosira gravida Cleve. 

5 — Nordenskioldii Cleve. 

\ Thalassiolhrixnitzschioides Grun. 



Pèche du 29 mars 1907. 

9 heures du matin. Pression 768. Température de l'air 11°. Tempéra- 
ture de la mer 9*. Très beau temps. Vent N.-E. ; mer très calme. 



1 Biddalphia mobiliensts Bail. 

{ Cerataulina Bergonii B. Perag. 
i Ghastoceros densum Ehr. 
i — Diadema Ehr. 

2 — curviseium Ehr. 

1 Coscinodiscus Oculus-Iridis Ehr. 

3 — exceniricus JBAr. 



i Eucampia Zodiacus Ehr. 
6 Lauderia annulata Cleve. 
1 Melosira Borreri Grev. 
i Pleurosigma œstuarii U . Sm. 
5 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 
1 Pyrocystis Nocliluca Murray. 



Pèche du 3 avril 1907. 

9 heures du matin. Pression 750. Température air 10*. Température 
mer O». Temps froid. Vent E. forte brise; mer très agitée. — Le temps 
était pluvieux les deux semaines précédentes et le vendredi 12, tempête 
de vent E., mer très grosse. 



1 Actinoptychus undulatus Ralfs. 

3 Biddulphia mobiliensis Bail. 

4 Cerataulina Bergonii H. Perag. 

2 Chœtoceros densum Ehr. 

3 — Diadema Ehr. 

2 — curvisetum Cleve. 

2 — leres Cleve. 

2 Coscinodiscus exceniricus Ehr. 

2 Eucampia Zodiacus Ehr. 



i Guinardia llaccida Castr. 
2 Lauderia annulata Cleve. 
2 Leptocylindrus danicus Cleve. 
i Licmophora Lyngbyei Grun. 

1 Melosira Borreri Grev. 

5 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 

2 Thalassiosira gravida Cleve. 
4 Pyrocystis Noctiluca Murray. 



Pèche du 26 avril 1907. 

9 heures du matin. Pression. Température air 11°. Température mer 9°. 
Temps brumeux. Vent 0. faible; mer très belle. — Les deux semaines 
précédentes : temps beau avec mer belle. 



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16 



SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 



Le sédiment recueilli, peu abondant, était très pauvre en Diatomées, 
très riche en Crustacés. 



2 Coscinodiscus excentricus Ehr. 
2 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve, 



4 Pyrocystis Noctiluca Murray. 



Pôohe du 10 mai 1907. 

9 heures du matin. Pression 759. Température air 16«. Température 
mer 13*. Temps très beau, orageux. Vent faible, brise d'Est; mer calme. 
— Les deux semaines précédentes, pluie avec vent S. et 0. ; mer agitée. 



2 Ghœtoceros densum Ehr. 
2 Guinardia flaccida Castr, 
1 Melosira Borreri Grev, 



4 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 
6 Pyrocystis Noctiluca Murray. 



Pêche du 24 mai 1907. 

9 heures du matin. Pression 756. Température air 13*. Température 
mer 13*. Temps orageux avec pluie, vent E. faible ; mer belle. — Les deux 
semaines précédentes beau temps, puis pluie fine avec mer belle. 



1 Baccillaria paradoxa Gnin, 

3 Chœtoceros curviselum Cleve. 

2 Guiiiardia flaccida Cast7\ , 
1 Nitzschia Glosterium Ehr. 



6 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve, 
1 — semispina Hensen. 
3 - Stollerfothii H. Perag. 



Pêche du 10 juin 1907. 

9 heures du matin. Pression 765. Température air 16*. Température 
mer 14*. Mauvais temps avec pluie et orages. Vent S. et S.-O. ; mer agitée. 
— Les deux semaines précédentes, mauvais temps ; beaucoup de méduses. 



1 Chœtoceros densum Ehr. 

1 Coscinodiscus excentricus Ehr. 
i Eucampia Zodiacus Ehr. 

2 Guinardia llaccida Castr. 
1 Melosira Borreri Grev. 



1 Nitzschia seriata Cleve. 

6 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 

1 — semispina Hensen. 

4 — Stolterfolhii H, Perag. 



Pêche du 26 juin 1907. 

9 heures du matin. Pression 764. Température air 16*. Température 
mer 15*. Temps très mauvais avec pluie. Vent S.-O. très fort; mer très 
agitée. — Beaucoup de méduses. 



1 Biddulphia mobiliensis Bail. 

1 Cha^toceros curvisetum Cleve. 

2 — densum Ehr. 

i Guinardia flaccida Castr. 



6 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 

1 — semispina Hensen. 

2 — Stollerfothii H. Perag. 

1 Pyrocystis Noctiluca Murray. 



\ 



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L. MANGIN. — PLORE PLANCTONIQUE DE SAINT- VAAST-LA-HOOGUE. 17 

Pêche du 9 juiUet 1907. 

9 heures du matin. Pression 767. Température air 14». Température 
mer 14». Temps froid avec pluie. Vent S.-O. fort; mer agitée. — Les deux 
semaioes précédentes, même temps. 

Sédiment peu abondant. % 



3 Guinardia flaccida Casir, 

i Chfctoceros curvisetum Cleve, 

2 Melosira Borreri Grev, 



4 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve, 
3 Pyrocystis Noctiluca Murray, 



Pêche du 23 juiUet 1907. 

9 heures du matin. Pression 762. Température air 17°. Température 
mer 16^ — Des deux semaines précédentes, la première : très beau 
temps, mer belle, jolie brise deN.-E. ; la deuxième : temps brumeux avec 
pluie One, mer calme, petite brise du N. Le 22 juillet, fort orage avec pluie. 



1 Chœloceros gracile Schùtt. 
1 Guinardia flaccida Castr. 
i Xitzchia seriata Ckve, 



6 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 

1 — semispina Hensen. 

2 — Slollerfothii H. Pérag. 



Pêche du 5 août 1907. 

9 heures du matin. Pression 762. Température air 18^. Température 
mer 18°. Temps beau. Vent S.-O. ; mer belle. — MOme temps les deux 
semaines précédentes. 

Sédiment peu abondant et très pauvre en Diatomées. 

3 Guinardia flaccida Castr. 

3 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 

i — semispina Hensen 



2 Rhizolenia Stolterfothii H. Perag. 
2 Pyrocystis Noctiluca Murray. 



Pêche du 22 août 1907. 

9 heures du matin. Pression 752. Température air 20<*. Température 
mer 19o. Temps beau. Faible brise 0. et N. ; mer belle. — Les deux 
semaines précédentes, môme temps. 

3 (luinardia flaccida Castr, 
i Xilzschia Closterium Ehr. 
6 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve, 



1 Rhizosolenia semispina Hensen. 

2 — Stolterfothii H. Peraf/. 



Pêche du 6 septembre 1907. 

9 heures du malin. Pression 768. Température airl9«. Température 
mer 18*. Temps beau. Vents 0. et N.-O., belle brise; mer belle. — Le 

T. LV. (séances) 2 



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i8 



SÉANCE DU 10 lANVlER 1908. 



5 septembre, temps pluvieux, brumeux. — Temps beau et mer calme les 
deux semaines précédentes. 
Sédiment peu abondant. 



2 Guinardia llaccida Castr, 

4 Rhizosolenia Shrubsolei Cleve, 



2 Rhizosolenia Stolterfothii H.Perag, 



Pèclie du 3 octobre 1907. 

9 heures du matin. Pression 752. Température air 18*. Température 
mer 17°. Très beau temps orageux. Vent faible du S. au S.-O.; mer 
calme. — Les semaines précédentes, beau temps jusqu'au 28 septembre ; 
puis forte pluie, vent du S., mer agitée. 

1 Asterionella japonica Cleve. 
1 Bacillaria paradoxa Gi*un. 
3 Bacleriastrum varians Lauder. 
i Cerataulina Bergonii H. Perag. 
6 Chœtoceros curvisetum Cleve. 

3 — densum Ehr. 

4 — didymum Ehr. 

2 var. anglica. 

1 Ditylium Brightwellii West. 



2 Eucampia Zodiacus Ehr. 
1 Eucampia spec. 

3 Lauderia annulata Cleve. 

1 Leptocylindrus danicus Cleve. 
1 Nitzschia Closterium Ehr, 

Pleurosigma œstuarii W. Sm, 

Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 

— semispina Hensen. 

Thalassiosira gravida Cleve. 



Pêche du 21 octobre 1907. 

9 heures du matin. Pression 763. Température air 14°. Température 
mer 13°. Beau temps. Vent du S., faible brise; mer calme. — Les deux 
semaines précédentes, très mauvais temps avec pluie, vent d*abord du 
S. et S.-O., puis de TE. et de l'O., mer très grosse. 

Pêche faite à 2 m. de profondeur. 



1 Bacleriastrum varians Lauder. 
6 Chaptoceros curvisetum Cleve. 
4 — densum Ehr. 

4 — didymum Ehr. 

2 var. anglica. 

3 — sociale Lauder. 

3 Ditylium Brigtwellii West. 

2 Eucampia Zodiacus Ehr. 



2 Lauderia annulata Cleve. 

i Leptocylindrus danicus Cleve. 

2 Nitzschia seriata Cleve. 

i Rhizosolenia Shrubsolei Cleve. 

1 — Stolterfothii H. Perag. 

2 Thalassiosira gravida Cleve. 
i Geratium Fusus Duj. 

i Peridinium divergens Ehr. 



Pèclie du 12 décembre 1907. 

9 heures du matin. Pression 730. Température air 6°. Température 
mer 4«. Vent très fort S.-O., avec pluie; mer très agitée. Très mauvais 
temps les deux semaines précédentes, veut S. et S.-O. très fort, mer très 
agUée; grande pluie. 



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L. )iA?«Gi:«. FLORE PLANCTONIQUE DE SAINT-VAAST-LA-HOUGUE. i^ 



2 Asterionella japonica Cleve. 
4 Biddulphia mobiliensis Bail, 
2 Cerataulina Bergonii H, Perag, 
4 Ghaetoceros densum Ehr, 

2 — curvisetum Cleve. 

$ — sociale Lauder forma typica. 
4 — — forma major. 

3 Coscinodiscus Oculis Iridts Ehr. 
2 — excentricus Ehr. 



3 Ditylium Brightwellii West. 
1 Melosira Borreri Grev. 

1 Nitzschia Closterium Ehr, 
i — seriata CUve. 

2 Rhizosoienia Shrubsolei Cleve. 
2 — Stolterfothii H. Perag. 

i — semispina Rensen. 

1 Thalassiosira gravida Cleve. 

i Thalassiothrix nitzschioides Grun. 



Avant de commenter ces résultats, je voudrais les grouper en 
un tableau récapitulatif. 

Les différents Mémoires qui traitent du plancton depuis les 
beaux travaux de Cleve, présentent ces tableaux ; mais leur lec- 
ture est difficile et il faut un certain temps pour découvrir dans 
chaque colonne les espèces dominantes, celles qui donnent à 
chaque pêche son caractère spécial. Les espèces sont en effet 
désignées par les lettres rr, r, c, ce, très rares, rares, communes 
ou très communes, qui ne sont pas très différentes à l'œil et n'ac- 
cusent pas les différences qu'elles représentent. J'ai pensé qu'il 
conviendrait, pour rendre ces tableaux plus lisibles, de repré- 
senter chacune des espèces rencontrées dans une pêche par des 
signes conventionnels de même forme dont la grandeur varie- 
rait suivant le degré de fréquence ou de rareté et j'ai résumé le 
résultat des pêches dont la nomenclature précède au moyen de 
traits ou plutôt de rectangles ayant tous même base mais une 
hauteur d'autant plus grande que l'espèce est plus répandue ; j'ai 
adopté six séries de ces rectangles ou mieux six traits d'épaisseur 
variable conformément à l'échelle ci-dessous. 

^Êmm i. Très rare. 

IHB 2. Rare. 

WÊÊÊ 3. Peu commun. 

HB 4. Assez commun. 

5. Commun. 

6. Très commun. 

De cette manière, comme on peut s*en convaincre par l'examen 
du tableau résumant l'ensemble des pêches planctoniques de 
Saint- Vaast pendant l'année 1907, on distingue à première vue 
les espèces dominantes pour chaque pêche et le caractère homo- 



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20 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

gène ou hétérogène de chacune d'elles se dessine avec netteté. 
Les tableaux deviennent ainsi très lisibles. 

Pendant les mois de février et de mars, la flore planctonique 
est hétérogène et présente trois ou quatre espèces dominantes. 
Le 15 février, Coscinodiscus excentricus avec Chœtoceros teres et 
Biddulphia moùiiiensis dénote un mélange de formes néritiques 
tempérées et du Nord de TAtlantique. 

Le 1**' mars révèle une flore des côtes du Nord de TEurope 
avec Thalassiosira Nordenskioldii et Th, gravida associés à 
Chœtoceros teres dont les individus étaient abondamment 
pourvus de spores durables. 

Le 15 mars, Thalassiosira gravida et Thalassiosira Nordens- 
kioldii diminuent un peu, Chœtoceros teres est rare, mais Lau- 
deria annulata, Biddulphia mobiliensis, très abondants, accusent 
la prédominance des formes néritiques tempérées. 

Le 29 mars, la flore s'appauvrit. Lauderia annula ta est encore 
abondant, et nous voyons apparaître Rhizosolenia Shrubsolei qui, 
très abondant et accompagné de quelques espèces rares, donne 
une physionomie de flore néritique tempérée caractéristique. 

Le 13 avril, la flore conserve son caractère tempéré, et Rhizo- 
solenia Shrubsolei domine avec Cerataulina Bergonii, en même 
temps apparaît en abondance Ptjrocystis Noctiluca qui va 
devenir prédominant le 10 mai et constituer une flore très homo- 
gène; à partir du 14 mai et jusqu'au 6 septembre, Rhizosolenia 
Shrubsolei domine, désormais accompagné, en plus ou moins 
grande abondance, par Rhizosolenia Stolterfothii, plus rarement 
par Guinardia flaccida, Rhizosolenia semispina et parfois par 
Pyrocystis Noctiluca. 

Au mois d'octobre, le plancton change d'allures et se distingue 
par l'abondance et la variété des Chœtoceros parmi lesquels 
Chœtoceros curvisetum est dominant et constitue la caractéristique 
de ce plancton homogène. C'est un plancton du Nord de l'Eu- 
rope associé à des espèces néritiques tempérées, Lauderia annu- 
lata et Bacteriaàtrum varians *. 

Au mois de décembre, le plancton est toujours riche en Chae^ 
toceroSy mais le Ch, curvisetum a beaucoup diminué et c'est le 

1. Un accident, la perle des filets du laboratoire pendant une tenapête, 
m'a privé des pêches de novembre qui eussent été intéressantes. 



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L. MANGIN. FLORE PLANCTONIQUE DE SAINT-VAAST-LA-HOUGUE. 21 

Chxtoceros sociale, dont l'apparition avait été signalée à la fin 
d octobre, qui constitue l'espèce dominante. Les colonies de cette 
espèce sont très nombreuses et à tous les états de développe-* 
roeot. 

On voit, en somme, que la flore de Saint- Vaast s'est montrée 
particulièrement riche en Diatomées dont les types caractéris- 
tiques, au nombre de quatre, se sont succédé pendant des 
périodes d'inégale importance, Thalassiosira Nordenskioldii et 
Th, gravida en mars avec Chœtoceros (ei^es; Rhizosolenia Shrub- 
so/ei pendant tout l'été, puis, en octobre, Chœtoceros curvisetum 
et, en décembre, Chœtoceros sociale. 

J'ai représenté dans la planche I les aspects caractéristiques de 
ces diverses flores par des photographies de préparations micro- 
scopiques. 

Les Péridiniens sont pour ainsi dire absents de la flore de 
Saint- Vaast. A l'exception du Pyrocystis Noctiluca qui a présenté 
soQ maximum d'importance au mois de mai, les vrais Péridiniens 
manquaient dans les sédiments examinés ; j'ai seulement ren- 
contré çà et là, et par échantillons toujours très rares, Peridinium 
divergens et Ceratium Fusus. 

Il serait prématuré de tirer des conclusions de la succession 
des flores que je viens de signaler. Nous devons nous borner 
maintenant à enregistrer les résultats des analyses de pèches 
périodiques recueillies pendant un certain nombre d'années; 
quand le nombre des pèches deviendra assez considérable, il sera 
possible, en les coordonnant, de déduire des données impor- 
tantes sur la loi de répartition des espèces. Toutefois, les résul- 
tats fournis par Cleve en 1899 me permettront d'établir une 
courte comparaison avec les miens. Parmi les espèces men- 
tionnées par cet auteur à Saint- Vaast-la-Hougue, le Rhizosolenia 
s'était montré abondant pendant une période un peu plus courte 
qu'en 1907, du milieu de juin au milieu du mois d'août; nous 
l'avons constaté très abondant depuis le mois de mai jusqu'en 
septembre. 11 y a concordance pour la distribution du Chœtoceros 
curvisetum; par contre, les Thalassiosira Nordenskioldii ei gra- 
vida, espèces néritiques du Nord de l'Europe, ne sont pas signalées 
à Saint- Vaast, pas plus qu'à Plymouth, bien que l'abondance du 
Chœtoceros teres ait été mentionnée en janvier \ 899 ; le Rhizo- 



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22 SÉANCE DU iO JANVIER 1908. 

iolenia Stolterfothii est indiqué comme très commun depuis la 
fin d'octobre jusqu'en décembre et au contraire rare en été; c'est 
exactement la distribution inverse qui a eu lieu en 1907. Il est 
curieux de remarquer que le Rhizosolenia semispina, très cons- 
tant quoique très rare, n'est pas mentionné par Cleve à Saint- 
Waast. 

Bien que les pêches n'aient pas été aussi nombreuses que celles 
qui m'ont été adressées, on peut constater que, pour les espèces 
dominantes de l'été et de l'automne, il existe une assez grande 
concordance entre les résultats publiés par Clêve et ceux qui 
font l'objet de la présente Note. 

Dans un prochain travail je compléterai les données recueillies 
par l'examen détaillé d'un certain nombre d'espèces intéres- 
santes. 

M. Lutz donne lecture de la note ci-dessous : 

Sur l'appétence chimique 

de VHeliantbemum vulgare Gaertn.; 

PAR M. W. RUSSELL. 

La présence de VHelianthemum vulgare dans un sol permet- 
elle de révéler que ce sol est de nature calcaire? 

Les avis des botanistes sont très partagés à ce sujet : 

Ravin, dans sa Flore de rVonne \ range celte plante parmi les 
calcicoles. 

M. Roux * la considère comme caractéristique des sols calcaires ; 
M. LLOYD'en fait une calcicole qui habite les lieux secs, ordinai- 
rement du calcaire. 

Pour MM. X. GiLLOT et F. Château* VHelianthemum vulgare 
est une espèce calciphile qui recherche en général les terres assez 
riches en chaux. 

1. Ravin, Flore de VYonne, I, 83. 

2. Roux, Traité historique, critique et expérimental des rapports des 
plantes avec le sol, 1900. 

3. Lloyd, Flore de V Ouest de la France, i898. 

4. GiLLOT (X.), Influence de la composition minéralogique du sol sur la 
végétation (Bull. Soc. bot. Fr., 1894). — X. Gillot et E. Château, Uappé- 
tence chimique des plantes (Bull. Soc. bot. Fr., 1906). ^ 



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W. RUSSELL. — APPÉTERCE CHIMIQUE DE VhELUlNTHEMUM VULGâRE. 23 

Selon CoNTEJEAN * c'est une calcicole presque indifTérente. 

M. Flahallt * dit qu'elle est calcicole au nord des Cévennes et 
indifférente sur la nature du terrain dans le domaine méditerra- 
néen. 

Enfin M. Bonnet ' lui donne pour habitat, les pelouses, les 
coteaux, les bois et les bruyères. 

En face de ces contradictions, il m'a paru intéressant de recher- 
cher par l'analyse calcimétrique la teneur en calcaire d'un certain 
nombre de stations de cette plante choisies dans des localités où 
elle fait partie des dominantes. 

La terre analysée a toujours été prélevée au voisinage même 
des radicelles et, de préférence, dans les parties profondes du 
sol. 

Mes recherches ont été effectuées sur des échantillons de terre 
recueillis à Lardy (S.-et-O.), à Ecouen (S.-et-O.), à Champagne 
(S.-et 0.), à Montigny-Beaucbamp (S.-et-O.) et à Fontainebleau 
(S.-et-M.). 

Lardy. 

1. Sables avec nodules calcaires : 10 ûls, 32,8 ; 30 fils, 28. 

2. Sables avec granules calcaires : 10 ûls, 7,08; 30 ûls, 10, 68. 

3. Sables ferrugineux avec granules calcaires : 10 ûls, 1,00; 30 flis» 
1,20. 

Ecouen. 

1. Marnes calcaires : 10 ûls, 46,00; 30 Ûls, 54,8. 

2. Marnes calcaires et sables : 10 Ûls, 43,2; 30 Ûls, 40,6. 

Champagrne. 
Marnes calcaires : 10 ûls, 45,6 ; 30 fils, 56,8. 

Montigny-Beaucliamp. 

Sables siliceux très fins couverts d*une végétation nettement calcifuge 
(Calluna vulgaris, Omithopus perpusilluSy Teesdalea nudicaulis, 
Rumex Aceiosella, etc.). 

Les prises de terre effectuées en six points différents ont donné un 
indice calcimétrique compris entre 0,02 et 0,04. 

I- CoNTEJEAN, Géographie botanique. Influence du terrain sur la végétation^ 
1881. 

2. FL.veAULT, Introduction de la Flore de France de M.Coste, p. vi. 

3. Bonnet (Ed.), Petite Flore parisienne^ p. 48. 



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24 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

Fontalnebleaa. 

Sables fins riches en humus (terre de bruyère) : 10 fils, 0,40. 

h'Helianthemum vulgare est, on le voit, une plante à appé- 
tence chimique variable que Ton peut classer parmi les cal- 
cicoles simples de M. Roux S c'est-à-dire parmi les plantes qui, 
pouvant se contenter d'une faible quantité de calcaire, vivent 
sur les terrains calcaires parce qu'elles y rencontrent des 
conditions xérothermiques rarement réalisées dans les terres 
siliceuses. 

M. Malinvaud dit que V Helianthemum vulgare, commun 
sur les calcaires du Lot, est presque entièrement inconnu 
sur les terrains granitiques de la Haute- Vienne où person- 
nellement il ne Ta vu qu*une seule fois en compagnie du 
Dianthus Carthusianorum. Il ajoute que les Flores ne sont 
pas absolument d'accord sur la nature chimique du terrain 
que recherche cette espèce. 

M. Hua demande à M. Malinvaud sur quel terrain il a 
rencontré V Helianthemum vulgare dans la Haute-Vienne. 
M. Malinvaud répond qu'il ne saurait préciser. M. Hua fait 
remarquer que, sous le nom de roches granitiques, on com- 
prend, dans le langage courant, des roches assez diverses 
parmi lesquelles il en est dont les éléments de décomposi- 
tion peuvent fournir à certaines espèces le calcaire qui leur 
est indispensable. 

M. Fernand Camus appuie cette remarque de M. Hua. Il 
trouve que les ouvrages floristiques, parmi lesquels plusieurs 
cités par MM. Russell et Malinvaud, contiennent des indi- 
cations qui, pour la plupart, manquent de la rigueur qu'on 
est en droit d'exiger actuellement dans la question. S'en 
tenant à la Flore de F Ouest de Lloyd, dont nos deux con- 
frères citent la phrase : « Coteaux et pelouses, ordinaire- 
ment du calcaire », il cherche à mieux préciser cette indi- 
cation, h' Helianthemum est dit commun ou assez commun 

1. Roux, loc. cit., p. 216. 



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W. RUSSELL. — APPÉTENCE CHIMIQUE DE l'hELIAWTHEMUM VULGARE. 25^ 

dans la Charente-Inférieure, les Deux-Sèvres * ella « Plaine » 
de la Vendée, ce qui n'a rien d'étonnant pour des régions où 
dominent, parfois exclusivement, les calcaires particulière- 
ment jurassiques. Dans le Bocage vendéen et la Loire-Infé- 
rieure, où le calcaire ne se montre qu'en petits bassins, 
rares et très limités, Lloyd n'indique que trois localités : 
Tune est à la limite d'un bassin jurassique, les deux autres 
sur des bassins tertiaires. Dans la Bretagne proprement 
dite, soit sur un total de quatre départements, où, à part 
un très petit nombre de points, l'ensemble du pays repose 
entièrement sur des roches siliceuses et où la présence de 
terrains de composition variée superposés ne vient point 
apporter d'élément d'erreur, VH. vulgare manque totale- 
ment, sauf sur deux points du littoral des Côtes-du-Nord. 
Dans ces deux localités, le sable fortement coquillier expli- 
que la présence d'une petite colonie de calciphiles. 11 est 
assez abondant et assez riche en chaux pour que Teau qui Ta 
traversé encroûte des touffes de Mousses d'un enduit 
tophacé. On ne saurait invoquer ici l'influence xérothermi- 
que : dans l'une des localités, à Erquy, l'Helianthème a pour 
compagnon le Gentiana amarella, espèce essentiellement 
septentrionale, très rare en France. 

M. Hibon dit que dans le Nord de la France où 1'^. vul- 
gare est très rare, il ne l'a rencontré qu'une fois, et c'était 
sur un terrain calcaire. 

M. Mangin croit que, dans les cas où l'on rencontre 1'^. 
vulgare dans des localités très pauvres en calcaire, il y a 
un élément inconnu qui reste à dégager. 

M. Lutz lit la communication suivante : 

1. Lloyd aurait dû dire : « partie des Deux-Sèvres » car VH. vulgare est 
inconou dans le « Bocage » qui est granitique. 



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26 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

Énations hypophylles 

du Colocasia esculenta Schott. ; 

PAR M. F. GUÉGUEN. 

Parmi les déformations qui peuvent affecter le limbe foliaire, 
il en est une qui paraît n'avoir été signalée que peu fréquem- 
ment : c*est celle qui consiste en la production, sur Tune ou 
l'autre face de la feuille, de lobes surnuméraires dressés perpen- 
diculairement au plan des nervures. Clos* a autrefois observé, 
sur une feuille de Podophyllum pellatum, la production d'une 
€ lame lancéolée, verte, foliiforme et penninerviée ». Plus 
récemment, Perrot ' a décrit Taspect et la structure d'expansions 
du limbe dressées perpendiculairement à la face inférieure d'une 
feuille d'Aristolochia Sipho, et insérées entre les nervures secon- 
daires parallèlement à celles-ci. Enfin Migliorato' a représenté 
une feuille de Smilax rotundifolia dont la nervure médiane 
émet inférieurement une crête acuminée pourvue d'épines 
comme le reste de la nervure. 

Nous avons eu l'occasion d'observer plusieurs années de suite, 
dans le jardin de l'École de Pharmacie et dans un massif du 
Luxembourg, des productions de la nature des précédentes, 
développées en abondance sur le Colocasia esculenta. Certains 
des nombreux pieds cultivés côte à côte ne possédaient que des 
feuilles normales, mais d'autres individus, mêlés aux premiers, 
avaient au contraire toutes leurs feuilles pourvues d'appendices 
à la face inférieure. 

Ces formations, répandues le long des nervures, et le plus 
souvent de chaque côté de celles-ci, sont de forme et de dimen- 
sion très variables. Tantôt le limbe, tout contre la nervure, 
porte des plages de quelques millimètres de largeur, d'un vert 
brillant comme celui de la face supérieure; tantôt il existe de 

i. Clos (D.), Troisième fascicule cC observations tératologiques (Mém. de 
TAcad. des Se. de Toulouse, X, 6, 1867, p. 6). 

2. Perrot (Ém.), Sur une particularité de structure obsei'vée dans les feuilles 
d'un Aristolochia Sipho (Bull. Soc. bot. Fr., LXIX, 1902, p. 165). 

3. MiGLiORATO (Erminio), Contribuzionl alla teratologia végétale (Ann. di 
Bot. di Roma, II, 3, 1905, pp. 397-401). 



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F. GIÉGUEN. ÉNATIONS HYPOPHYLLES DU COLOCASIA ESCULENTA. 27 

véritables crêtes, insérées latéralement à la nervure, et plus ou 
moins ondulées (fîg. 1). La hauteur de ces émergences est ordi- 
nairement de trois ou quatre millimètres; mais parfois, et sur- 




Fig. 1 (Quart de grandeur). — Sommet d*un limbe de m. 35 de long, avec 
énations de taille variée. 

tout à rinsertion des nervures secondaires, les appendices 
atteignent trois centimètres et plus. Ils se replient alors en lame 




i b c 

Pig. 2 (Gr. nat.}. — Nervure latérale avec des énations de formes un peu dilTé- 
rentes, plus ou moins séparées de la nervure. 

contournée ou en conque plus ou moins régulière, dont les deux 
faces présentent entre elles les mêmes différences d'aspect que 
celles de la feuille qui les porte. Quelquefois il existe aussi de 
petites crêtes situées entre deux nervures, mais à peu de distance 



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28 SÉANCE DU 10 JANVIER i908. 

de Tune d'elles, ce qui rappelle les formations décrites par 
Perrot. On peut d'ailleurs observer sur une même feuille, et 
parfois le long d'une même nervure, toute la gamme de ces 
diverses modifications (fig. 2). 

Ces organes appendiculaires ne peuvent être confondus avec 
les ascidies dont on a décrit tant d'exemples, en particulier dans 
les feuilles du Chou qui en produisent si communément. Nous 
désignerons ces crêtes sous le terme d'énationSy créé par 
Masters, et s'appliquant à toute production adventive tératolo- 
gique développée à la surface d'un organe végétal. 

Il est intéressant de comparer la structure de ces formations 
avec celle delà feuille normale. Celle-ci comprend (fig. 3) deux 




Fig. 3 (Gr. 200). — Limbe normal, coupe transversale. 



épidermes dont les cellules sont plus ou moins bombées vers 
Textérieur, avec une cuticule mince pourvue de quelques 
papilles. Le parenchyme en palissade, formé de deux assises de 
cellules superposées, adosse ses éléments, par groupes assez 
réguliers de trois, contre l'une des cellules du parenchyme lacu- 
neux. La feuille renferme à la fois des raphides et des mâcles, 
les premiers occupant généralement le tissu en palissade, les 
secondes de préférence le parenchyme lacuneux. Les nervures 
principales renferment de nombreux faisceaux groupés en cer^ 
clés concentriques peu nets, les stèles périphériques étant pro- 
tégées extérieurement par un arc de coUenchyme (fig. 5, cl). 
Dans la partie de la nervure située un peu au-dessous d'une 
énation, la forme, la dimension et le groupement des stèles sont 
moins régulières que dans la feuille normale, le voisinage des 



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F. GGÉGUEN. 



ÉNATIONS HYPOPHYLLES DU COLOCASIA ESCULENTA. 29 



appendices exerçant une influence perturbatrice sur Tappareil 
conducteur. Les stèles centrales sont très inégalement réparties ; 
leur sommet renferme une assez large lacune, sur les parois de 
laquelle cheminent les quelques trachées qui forment le bois. A 
la face dorsale de la nervure, les faisceaux demeurent souvent 
indépendants du paquet collenchymateux qui les sépare de Tépi- 
derme. La dissociation et la désorientation du système conduc- 
teur se montrent de plus en plus complètes à mesure qu'on se 
rapproche des énations, qui sont insérées latéralement à la ner- 




Pig. 4 (Gr. 200). — A, épiderme supérieur d'une énation. B, épiderme supérieur 
d'une autre, avec un liypoderme h (parties A et «B de la figure 5). 

vure, de la même façon et au même titre que la lame foliaire. 
Lear orientation et leur structure sont à peu près les mêmes 
que celle» du limbe normal; on y trouve également des stomates 
sur les deux faces. 

L^épiderme dorsal de Ténation (fig. 4) est formé de cellules 
plus grandes (55x40 |x en moyenne au lieu de 25x30) que 
dans la feuille (fig. 3). Parfois (fig. 4, B), il se dédouble pour 
former un hypoderme à grands éléments incolores. Enfin, les 
groupes palissadiques sont ici moins réguliers quant à la forme 
et à la répartition de leurs éléments par rapport aux cellules du 



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39 



SÊAIUIE OU 10 JANVIER 1908. 



parenchyme lacuneux. Mais, à part ces légères dissemblances, 
tout se passe comme si deux limbes parallèles s*é$ixieni développés 
le long d'une même nervure. 

Quand aux lames surnuméraires, plus rares et moins déve* 
loppées, qui se forment (fîg. 2, b) sur le limbe à quelque 
distance des nervures et toujours en face d'une énation ner- 




Fig. 5 (Gr. 20). — Coupe schématique dans la région c de la figure 2. — (Les 
trachées sont représentées par des points noirs, le liber par des hachures 
obliques, le coUenchyme par du pointillé). — pm^ parenchyme isodiamétrique; 
/|, hypoderme; s, stomates. En n, le limbe est normal, en n' le voisinage des 
énations le rend bifacial. 

vienne, Torientation en est nécessairement différente, leur 
parenchyme étant en continuité avec celui de Ténation accolée à 
la nervure. Il en résulte que, dans la région comprise entre la 
nervure et Ténation isolée, le parenchyme foliaire est bifacial 
{fig.5). 

Le nombre des énations varie beaucoup suivant les feuilles 
considérées. Parfois toutes les nervures, tant la médiane que les 
latérales, en sont abondamment pourvues ; mais parfois aussi 



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F. GUÉGUEN. ÉNATIONS HYPOPHYLLES DO COLOCASIA ESCULENTA. 31 

on n'en trouve que sur une partie du limbe. Moins communé- 
ment observées sur les oreillettes arrondies de la base de la 
feuille, elles sont en général d'autant plus fréquentes et plus 
développées que Ton s'avance davantage vers le sommet de Tor- 
gane. 

Ces appendices s'observent sur des feuilles de toute dimen- 
sion. Ils apparaissent pour ainsi dire en même temps que les 
nervures, car il en existe même sur les plus petites feuilles des 
bourgeons, dont le limbe n'a guère plus d'un centimètre de lon- 
gueur. Ordinairement toutes les feuilles d'un même pied en 
sont pourvues, et portent des crêtes d'autant plus saillantes que 
les dimensions du limbe sont elles-mêmes plus considérables. 

Étiologie. — A quelle cause faut-il rapporter l'origine de ces 
formations? On ne saurait incriminer une lésion locale, piqûre 
d'insecte ou autre, puisque les feuilles sont déjà modifiées dans 
le bourgeon intact. L'action d'o» parasite extrafoliaire, animal 
ou végétal, ne peut davantage être invoquée : un examen minu- 
tieux, pratiqué à ce point de vue sur toutes les parties d'un plant 
porteur d'énations des plus développées, a donné des résultats 
négatifs. Quant à la nature du sol, le fait seul que les pieds 
pourvus d'anomalies foliaires croissent côte à côte et souvent 
même en contact avec d'autres plants parfaitement normaux 
suffit à démontrer qu'elle n'a aucune influence sur le phéno- 
mène. De même encore, l'action des rayons solaires, invoquée 
par Perrot avec un point de doute pour expliquer les anomalies 
de la feuille d'Aristoloche, ne saurait être retenue dans le cas 
qui nous occupe, les énations se retrouvant aussi bien dans le 
bourgeon et sous les feuilles à l'ombre que dans les grands 
limbes mieux insolés. 

Ayant pour la première fois observé ces formations en 1905, 
pendant un été et un automne assez humides, nos observations 
furent renouvelées les deux années suivantes, dans la pensée 
que la sécheresse empêcherait ou restreindrait peut-être la pro- 
duction du phénomène. Mais, contrairement à notre attente, les 
énations apparurent chaque été en aussi grande abondance. La 
question d'humidité plus ou moins grande n'y est donc pour 
rien. 

Abstraction faîte de la présence des organes appendiculaires. 



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32 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

deux différences existent entre les pieds porteurs d'anomalies 
et les individus normaux. Les premiers ont les bords de leur 
gouttière pétiolaire teintée de rose vif, tandis que cette région 
est verte dans les seconds. De plus, alors que la base des plants 
normaux est garnie de tubercules bien développés, d*une gros- 
seur variant de celle du petit doigt à celle du pouce, rien de 
pareil n'existe dans les exemplaires pourvus d'appendices hypo- 
phylles. Si Ton considère, en outre, que, sur vingt-trois plants 
groupés dans un même carré, les trois individus porteurs d'éna- 
tions étaient précisément les plus vigoureux, il faut bien admettre 
qu'il ne s'agit pas là d'un phénomène pathologique. L'appari- 
tion de ces singulières anomalies serait donc attribuable à une 
croissance particulièrement vigoureuse de certains individus. 
Hâtons-nous de dire que l'excédent de surface assimilatrice 
ainsi réalisé est tout à fait négligeable, et qu'il n'y a pas lieu de 
la considérer comme étant pour le végétal d'une très grande 
utilité. 

Conclusions. 

Certains plants de Colocasia esculenta portent des énalions 
foliaires consistant en crêtes flxées à la face inférieure du limbe, 
ordinairement au niveau des nervures. Ces crêtes, qui appa- 
raissent dès le bourgeon et atteignent leur maximum de taille 
vers le sommet des feuilles les plus développées, ont la struc- 
ture et l'orientation générales de limbes surnuméraires. Les 
plants qui les portent ont leurs gaines foliaires teintées de rose 
vif sur les bords, et sont dépourvus de tubercules à la base; ils 
sont ordinairement plus vigoureux que les pieds normaux. 

La production de ces anomalies paraît due à l'excès de 
vigueur de la plante. Leur peu d'étendue par rapport à celle de 
la feuille sous laquelle elles sont insérées ne permet pas de leur 
supposer une grande utilité pour le végétal qui les a produites. 

[Laboratoire de Botanique cryptogamique de V Ecole supérieure 
de Pharmacie de Paris). 

M. Maranne a envoyé un échantillon de Geum rivale avec 
prolifération centrale de la fleur, récolté près d'Allanche 
(Cantal). Cet échantillon est mis sous les yeux des meni- 



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H. DE BOISSIEU. — VIOLARIÉE NOUVELLE DE l'iNDO-CHINE. 33 

bres présents. M. Frîedel rappelle que M. Viguier a signalé 
un cas semblable chez la même plante. 

M. Gagnepain donne lecture de la Note ci-dessous de 
M. de Boissieu. 

Note sur une Violariée nouvelle 

de IMndo-ChIne française; 

PAR M. H. DE BOISSIEU. 

Les collections de Violariées indo-chinoises qui nous ont été 
obligeamment communiquées par le Muséum d'Histoire natu- 
relle de Paris en vue de la Flore de llndo- Chine française, ne 
nous ont fourni qu'un nombre très restreint d'espèces de cette 
famille cependant largement répandue dans l'Asie tropicale*. Les 
genres Viola^ lonidium, Alsodeia^ ne renfermaient aucune espèce 
nouvelle. Par contre, nous avons déterminé une seconde espèce 
d'un petit genre jusqu'ici monotypique et confiné dans l'île 
de Ceylan, le genre Scyphellandra Thw. 

Ce genre, dont beaucoup d'auteurs ont fait une division du 
genre Alsodeia, est placé assez loin de ce dernier par Ben- 
THAM et Hoorer dont nous partageons complètement l'avis. Il 
diffère nettement du genre Alsodeia par la nature du disque^ 
développé en cupule continue chez les Alsodeia, et au contraire 
réduit chez les Scyphellandra à cinq petites écailles séparées. En 
outre, dans les Scyphellandra, les étamines sont munies sur le 
dos d'une écaille minuscule en forme de petit grain d'orge qui 
fait généralement défaut dans les Alsodeia et manque en parti- 
culier aux Alsodeia de l'Indo-Chine française. 

Nous décrivons ci-dessous cette espèce nouvelle : 

ScYpliellandra Pierre! sp. nov. 

Fnitex ramis longis, erectis, pubescentibus. Folia subsessilia, inferiora 
fasciculata, superiora alterna, breviter petiolata, ovata vel ovato-oblonga, 
denticulata, glabra. Flores solitarii vel in fasciculis brevibus axillaribus. 
Pedicelli brèves, tenues. Sepala ovato-ovoidea. Petala oblonga, acutiora, 
sepala 2-plo superantia. Stamina squamula graniformi dorsali brevissima 

i. Note ajoutée pendant Vimpression, — Au moment où nous écrivions 
ces lignes, nous n'avions pas encore examiné les herbiers Thorel et Pierre. 

T. LV. (séances) 3 



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34 SÉANCE DU 10 JANVIER i908. 

prœdita staminé G-IO-plo breviore, anthera S-plo breviore, appendice eonr 
nectivum terminante anthera duplo longiore, petala staminibus {cum appen- 
dicibus) œqualia vel iis vise longiora. Stylus longus; stigma vix stipitatum ; 
capsula obioDga, valvis apiculatis. 

Jardin botanique de Saïgon [Talmy)\ delta du Mé-Kong (Harmand). 

Le Scyphellandra virgata Hook. et Thw. (in Flora of Ceylan de 
Triman et in Flor. Br. Ind.^ 1, 189, sub i4Zsodreta)diffère de notre espèce : 
parles étamines qui (y compris Tappendice) sont deux fois plus courtes que 
les pétales et non égales ou subégales à ceux-ci ; par les appendices termi- 
naux égaux aux anthères et non deux fois plus longs qu'elles ; par l'écaillé 
graniforme dorsale égale généralement à la moitié de l'anthère ou au moins 
à son tiers; enfin par le stigmate plus divisé et par la capsule plus courte. 

La Flore de Ceylan de Triman donne une excellente figure du 
Scyphellandra vù^gata. 

M. Gagnepain fait ensuite la communication suivante : 

Nouveautés asiatiques de l'herbier du Muséum 

(I. HydrocharitacéeSi II. IWénispermacéeSi 

III. Lardizabalées); 

PAR M. F. GAGNEPAIN. 

L — Une hydrocharitacée nouvelle. 

Dans la séance du 25 octobre dernier, p. 542, je décrivais, 
sous le nom d'Oligolobos^ un genre nouveau d'Hydrocharitacées, 
renfermant une espèce originaire du Tonkin, ÏO. Balansœ. 
Par suite d*un envoi récent, une seconde espèce, récoltée au 
Kouy-tchéou par le P. Cavalerie, étend Taire de ce genre et 
précise ses caractères, en montrant dans quel sens yarient 
certains d'entre eux et quels sont ceux qui demeurent fixes 
étant communs aux deux espèces. 

Oligolobos triflorus Gagaep. sp. n. ; 'tBoottia sinensis Lévl. et 
Vant, nom. nov., in Fedde Repertorvam nov, spec. (1908), p. 10; ?0«elt« 
sinensis Lvl.^ 

1. Au moment de mettre en pages, j'ai connaissance seulement de celte 
synonymie . La description insuffisante de Mgr Léveillé ne permet pas d'iden- 
tifier les deux plantes : elles ont le même n» de collecteur, La même date 
et ont été récoltées dans la même localilé ; c'est tout ce que je puis affirmer. 



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p. GAGMEPAIN. NOUVEAUTÉS ASIATIQUES DE l'hERBIER DU MUSÉUM. 35 

Herba acaulis, sabmersa, hermaphrodita. Radices ... Folia petiolata, 
lanceolata, apice obtiisa, b(isi rotundato-subcordata, textara tenui ; nervis 
7-9, subsequalibus, curvalo-arcuatis, ad basim apicemque conniventibus, 
trabeculis tenuibus; petiolus apice dilatatus, marginibus haud serratis. 
Scapi graciles, apice spatbam ferentes; spatha angustissime tubulosa 
exalata, unilateraliter fîssa, apice dentata, lœTis; nervis subinconspicuis, 
dentibus 3-4, longis^ sensim et tenuiter acumineUU» Flores herraaphroditi, 
3 in quaque spatha di^wsiti, supra médium exserti. Sepala 3, viridia, 
trinervia, triangulariobtusa, Petala sepalis majora, albida. Stamina 3, 
inœqualia, sepalis opposita; anthei*a triangulo-linearis, apice mucronulatay 
locuiis parallelis baud contiguis, lateraiiter dehiscentibus; Qlamentum 
antheram œquans, valdeangustius, basi dilatatum, margine haud ciliolaium. 
Styli 3, sligmata 6, usque ad tertiam partem inferiorem libéra, loriformia, 
iBargine papillosa. Ovarium sessile, cylindrico-trigonumf lœve, longe 
rostratum, pericarpio tenui; ovula numerosa, pendula, anatropa; pla- 
centaria 3, parietalia, cum angulis alterna. 

Lamina folorium usque 20 cm. longa, 65 mm. lata. Scapi 20 cm. et 
ultra longi ; spatha 25-35 mm. longa, 5-7 mm. lata, dentibus circa 10 mm. 
loogis. Flos totus 6 cm. longus; sepala il mm. longa, 3 mm. basi lata. 
Stamina 5-7 mm. longa. Styli (cum stigmatibus) 9-10 mm. longi. Ovarium 
immaturum 4 cm. longum. 

CflDiE : Kouy-tchéou : Pinfa, !•' mars 1902, fleurs blanches, n** 815 
[Cavalerie]. 

La diagnoee précédente qui est absotument parallèle à celle de 
VO. Balamœ rend les comparaisons très faciles. L*0. trxflorus dififère de 
XO. Balansœ : 1" par ses feuilles arrondies, presque cordées à la base; 
2* par la spathe très étroite, à dents longues et acuminées ; 3*" par les 
sépales triangulaires; 4*» par les étamines lînéaires-acuminées, à flle^ 
linéaire, plus étroit que Tanthère vers le milieu, dilaté à la base; S* par 
Tovaire cylîndrique-trigone. 

Les caractères fixes du genre Oligolobos sont donc : 1° la présence 
de plusieurs fleurs hermaphrodites dans chaque spathe ; 2*» le nombre 
des étamines (3), des styles (3), et des stigmates (6); 3** la proportion des 
stigmates 2 fois plus longs que la partie indivise du style ; 4** les dimen- 
sions de Tovaire et sa placentation. 

Par contre, le nombre des 'fleurs dans cliaque spathe se trouve réduit 
de moitié dan» le genre; les sépales, les étamines, la spathe et ses 
dents, les feuilles varient dans leurs formes : ce sont là, à proprement 
parler, des caractères spécifiques. 

II. Ménispermacées nouvelles. 

Antitaxis nodiflora Gagnep. (nom. nov.) ; Telotia nodiflora Pierre 
m Soc. Linn. Pari» (1888), p. 754. 
Le genre Telotia, décrit par Piimu sur cette espèce, se distinguait du 



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36 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

genre Antitaxis, d'après cet auteur, par les pétales non obovés, les 
anthères non uniloculaires, par les sépales et pétales non déçusses par 
paires. D'une part, les caractères du genre Antitaxis n'étaient pas aussi 
précisés qu'aujourd'hui, d'autre part des caractères différentiels que 
Pierre élevait au rang de caractères génériques étaient simplement 
d'excellents caractères spécifiques. 

Les diagnoses génériques suivantes montreront qu'il faut réunir les 
deux genres : 

Antitaxis Miers (d'après mes deux analyses). — Sépales extérieurs 
lancéolés, velus au moins au sommet, au nombre de 4 ou 3 sur deux 
rangs ; sépales intérieurs 2-3-4, deux fois au moins plus lonjçs et larges, 
glabres.-Pétales semblables aux sépales intérieurs, imbriqués par les bords 
ou non, au nombre de 2. Etamines 6-8, en nombre variable; filet très 
court, plus épais au sommet; anthère à 4 lobes arrondis plus ou moins 
saillants. Fruit (d'après Miers) subglobuleux, à style latéral ; noyau subré- 
niforme, ovale, à sillon ventral s'imprimant à peine sur l'embryon réni- 
forme globuleux; cotylédons grands, épais, courbés; radicule petite, 
terminale. 

Telotu Pierre (d'après l'analyse de Pierre vérifiée). — Sépales exté- 
rieurs 3, ovales-linéaires, velus sur toute leur surface extérieure; sépales 
intérieurs 2-3, imbriqués, deux fois à pçine plus longs et larges, glabres. 
Pétales 2-3, plus courts que les sépales intérieurs dans le bouton, non 
imbriqués. Etamines 3 ou 4; filet très court, plus épais au sommet, anthère 
à4 lobes arrondis, bien marqués. Fruit ovoïde-réniforme ; style apico-latéral ; 
cotylédons grands, semi-cylindriques, épais; radicule très courte, sub- 
terminale. 

En résumé, il n'y a que des différences de nombre dans les pièces du 
périanthe, et elles varient sur un même individu. Pierre ayant retrouvé, 
dans sa collection, des fruits de son Telotia, les avait rapprochés de ceux 
A^V Antitaxis ^dx ces mots : « Voir Antitaxis ». Sans doute il n'eut pas 
le temps de pousser plus loin le rapprochement et de réunir les deux 
genres qui au point de vue de l'aspect ne se distinguent pas davantage. 

Cocculus lenissimus Gagnep. nov. sp. 

Frutex sarmentosus. Rami juniores molliter pubescentes, cinereo-albidi, 
dein glaberrimi. Folia haudpeltata, ovata, basi rotunda vel truncata, apice 
acuta, mucronata, supra appresse pilosa, subtus pallidiora et ienissime 
pubescentia; nervi 5, medio nervis laterahbus l-2utrinque munito, supra 
subinconspicui, subtus eminentes, sdbidi; petiolus molliter pubescens. 
Inflorescentia supraxillaris, brevis, racemosa, pubescens, pedunculata; 
flores pauci sed ad apicem ramorum numerosi, pedicellis villosis. FI. ^ : 
Sepala 5, ovata quorum 2 angustiora (bracteolœ) ; interiora 3, duplo vel 
3-plo majora, obtusa concava, omnia dorso pubescentia. Petala 6, gtabra, 
obcordata, id est apice profunde emarginataj lobis rotundatis, basi attenuata 
in ima parte marginibus incurvis, subauricutata, filamentum staminis 
amplectentia. Stamina 6, petalis sequalia, iis opposita; filamentum gracile, 
quam anthera 3-plo longius; anthera 4-lobata, subquadrata, introrsa. 



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F. GAGNEPAIN. NOUVEAUTÉS ASIATIÛCES DE l'hERBIER DU MUSÉUM. 37 

Uransversaliter dehiscens. FI. $ : Sepala et petala floris masculi. Stami- 
nodiapetalisduplobreviora, subananthera. Carpella6, glaberrima, ovoidea; 
stigmata brevia, arc aa ta, intégra, longitudinaliterrimosa;ovulum unicura. 
Folia 6-9 cm. longa. 35-55 mm. lata, petiolo 15-20 mm. longo; inflores- 
centiœ pedunculus 5-12 mm. longus, pedicelli 3 mm. longi. 

CiiLNE. — Yunaan : bois de Ki-chan, près Ta-pin-tze, 16 mai 1889, 
n» 4359 [Delavay], 

Cette espèce est semblable au C. mollis Wall, et pourrait facilement 
être confondue avec lui au premier coup d'oeil. Cependant elle n*en a 
jamais : 1« les feuilles cordées; 2<» les pétales ovales acuminés avec 
deux dents flnes et aigués au sommet, en queue d'hirondelle. Elle a de 
plus : !• des rameaux plus fermes et moins volubiles ; 2« une pilosité 
générale plus dense et molle; 3* des muerons filiformes à Textré- 
mité des feuilles ; 4^ les pétales nettement cordiformes au sommet et à 
lobes arrondis. 

Ce dernier caractère est très constant et très important. C'est sur lui 
que MiKRs avait fondé les genres Cocculus, Nephroica et Halopeira, 
Sans pousser aussi loin les conséquences et sans vouloir scinder un 
groupe si naturel, il est cependant logique de s'appuyer sur cet excellent 
caractère pour distinguer lés espèces du genre Cocculus (lato sensu) et 
même pour les répartir en sections très nettes. 

Cydea sutchuenensis Gagnep. sp. nov. 

Fnitex sarmentosus, glaberrimus. Rami uUimi filiformes , tenuiter 
canaliculati. Folia œgre peltala acuminaiissima, basi rotutiddy margine 
nndulata, supra basim gradatim et longissime acuminata ; nervi 3-5, paulo 
divergentes, nervo.medio 2-3 nervis lateralibus utrinque munito; petiolus 
filiformis, basi tortilis, apice haud tumidulo. Inflorescentia axillaris; spica 
solitaria, gracilis, axi lineam multangulam eCTormans; bracteis minutis, 
squamiformibus, 2-3-iloris. FI. <f : Sepala 4 infra médium coalita, calycem 
3-lobum, glaberrimum, lobis obtusis efTormantia. Petala 4 triple breviora, 
a basi usque ad apicem coalita, corollam vix crenatam, subcampanulatam 
efformantia. Stamina 4, connata, discum peltatum efTormantia; antherœ 
sessilesad marginem disci insertœ, contiguss, dein confluentes. FI. $ : Pedi- 
eellus apice incrassatus, Sepala 2, deltoidea, obtusa, crassa, opposita. Petala 2» 
sepaiis opposita. 2-plo minora et augustiora, crassa, ovata. Garpellum 
solitarium, ovoideum, apice stigmatis coronatum ; stigmata 3, divergentia, 
sabconica; ovula 2, unum valde minus; carpellum maturum reniforme, 
stigmate subbasilari ; putamen reniforme, verrucosum, lateraliter utrinque 
foveatum. centro cava2, vacua habens; albumen hippocrepidiforme, intus 
2-canaliculatum ; embryo falciformis, radicula cotyledones œquans. 

Folia 7-12 cm. longa, 2-5 cm. lata, petiolo 3-6 cm. longo. Spica usque 
15 cm. longa; pedicellus florifer 3 mm., fructifer4-5 mm. longus. Carpella 
matora 5 mm. diametro. 

Cbinb. — Su-tcbuen : district de Tchen-kéou, à Kij-min-sé, ait. 



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38 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

1200 m., 27 juin 1892, n» 1067 [Farges]. — Kouy-tchéou : district de 
Tsin-gaî, à Kao-po, juillet 1903, n« 1172 [Cavalerie]. 

Cette espèce nouvelle de Cyclea se distinguera facilement, surtout 
par ses feuilles longuement acuminées au sonmiet depuis le tiers 
inférieur, arrondies à la base et à peine peltées. En effet elles s'insèrent 
sur le pétiole à 1-3 mm. de leur base. Toute la plante est absolument 
glabre. 

Cyclea tonkinensis Gagnep. sp. nov. 

Frutex sarmentosus, pilotm, Rami graciles, angulati, appresse pilosi. 
Folia petioiata, hmd peliata, cordato-acuminata auriculis rotundatis, apice 
mucronata. supra appresse pilosa dein glabrescentia, subtus semper et 
moUiter cinereo-pilosa; nervis 5, quorum 3 prominentiores ; petiolus mol- 
liter pilosus, apice non tumidus. In florescentia pilosa, axillaris, spica unica 
vel 2, sat densa, floribus conglomeratis, glomerulis apice confluentibus, 
inflorescentia (^ laxiuscula et longa. FI. d* : Sepala 4, basi usque ad apicem 
coalitaf calycem 4-lobatum, extus pilosum efformantia, lobis rotundatis, bre- 
vibus. Petala 4, coalita, glabra, corollam campaniilatam, vix crenatam 
efformantia. Stamina coalita ;discumpeltatum simulantia; anther8e4, ses- 
siles,ad marginem disciinsertaB, contiguœ,transversaliter déhiscentes, dein 
confluentes. FI. Ç : Sepala 2, ovata, basi saccata, apice reflexa, extus pUosa^ 
opposita, petalum amplectentia. Petala 2, * sepalis opposita, et 3-plo 
minora, crassiuscula, obcordata, Carpellum unicum, hirsulum, ovoideum 
apice constrictum, stigmatibus coronatum ; stigmata 3, quorum 2 ventralia 
sxpe emarginata vel bifida; ovula 2, unum valde minus, abortivum; bacca 
globoso-compressa, subglabra; putamine osseo, muricato, faciebus in 
medio convexis; radicula cotyledonibus major. 

Folia 3-6 cm. longa, 20-45 mm. lata. Inflorescentia 3,5-7 cm. longa : 
Bacca 4-5 mm. diametro. 

Iwdo-Chine. — Tonkin : environs de Ninh-bing, Mat-son et Dong-tlK), 
!!<»» ^727 et 5748, Kien-khé, n*>2387, 31 oet. 1883 ; Than-moï, janvier 1886, 
n» 1468 [Bon], 

Le C tonkinensis a l'aspect du C. raceniosa Oliver, in Hook. 
Icon.pl. tab. 1938. Mais, s'il lui ressemble par l'ensemble et la pilosité, 
il s'en distingue : 1* par les feuilles non peltées, simplement cordées; 
2*» par les fleurs mâles et femelles velues en dehors; 3** par les fl. mâles 
à sépales soudés jusqu'au sommet ainsi que les pétales ; ¥ par les 
stigmates souvent émarginés. 

Henispermum diversifolium Gagnep.. (nomen novum); Cocculus 
dxversifolxm Miq., Prolus. (1865), p. 198; Maximowicz, Diagn.^ 
Y (1883), p. 652, tab. 2, non DC, Sijst,, I, p. 523 (1818). 

D'après cette synonymie, on voit que la plante de Miquel porte 
indûment le nom de diversifolius, déjà employé pour une autre espèce 
tout à fait distincte, et l'on ne comprend pas bien comment cette erreur 
fut accréditée par Maximowicz en 1883, et par M. Diels en 1905. Dans 



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F. GAGNEPAir«. NOUVEAUTÉS ASIATIQUES DE l'hKRBIER DU MUSÉUM. 39 

ks addenda du deniier volume, V Index ketvensis mentionne bien cette 
plante de Miquel, mais concurremment avec la plante de De Candolle qui 
est toute différente. 

Or, cette plante n'est pas un Cocculus^ mais bien un Menispermum, En 
eiïet, tous les Cocculus ont un stigmate entier simplement sillonné légère- 
ment, tandis que les Menispermum se signalent par un « stigmate 
excentrique lacinié-radié » comme Miers Técrit fort justement, et c^est le 
cas de la plante de Miquel, si bien décrite et figurée par Maximowicz. 
D'autres caractères militent en faveur de cette mutation : !• la forme 
poIyfTonale des feuilles dans certains cas ; 2° la forme et la déhiscence 
des anthères et le nombre (8-9) des étamines; 3** la forme du fruit dans 
lequel Tinsenion et la cicatrice du style sont assez distantes, plus que 
dans les Cocculus. 

Le Menispermum diversifolium Gagnep. n'était connu que du Japon. 
Voici sa distribution en Chine : 

Chine occ. ': Mt Omei, n** 4718 [Wilson]. — Houpé : Yi-chang, 
u" 4105 [Henry], — Su-tchuen : district de Tchen-kéou t Tsin-ten » 
n» 108 [Farges], 

Var. nov. molle Gagnep.; Cocculus diversifolius var. cinereusl Diels, in 
Bot. Jahrb. (1905). XXXVI, BeibL, p. 45. 

Diffère du type : 1** par ses feuilles velues en dessous et en dessus 
dans le jeune âge; 2® par ses stigmates plus longuement fendus, à 2 lobes 
entiers ou émarginés, au lieu d'un stigmate à 5 lobes courts ; 3" par ses 
fruits souvent glauques, même dans les ovaires jeunes ; 4"* par ses pétales 
velus sur le dos. 

Chine. — Kouy-tchéou, route de Kouy-yang à Pin-fa, n** 1763 
[Cavalerie] ; environs de Kouy-yang, 27 juin 1898, n° 2372 et 
9 juin 1898, n*» 2303 [Bodinier], — Su-tchuen : district Tchen-kéou, 
n" 108 et 306 [Farges]. — Houpé : Yi-chang, n° 2509 ou 2590 et 2014 
[Henry], — Houpé occ. : juillet 1900 [ Wilson]. 

Pachygone nitida Pierre m^s, sp. nov. 

Frutexsarmentosus, procumbens.Rami juniores graciles, rufo-tomentosij 
dein atrati, glabrescentes. Folia subcoriacea, nitida, glaberrima, oblonga 
vel elliptica, basi rotunda, apice valde obtusa vel obtuse-acuta; nervi 3, 
medio distincio, nervis lateralibus 5-7 utrinque munito; petiolus tomentosus, 
gracilis, basi apiceque turoidulus. Inflorescentia axillaris, spicam laxam, 
tomentosaro efformans; flores per 2-5 in glomerulis sessilibus, basi remotis, 
apice approximatis dispositi. FI. (^ : Sepala exteriora 3, ovata, dorso dense 
rillosa; interiora 3, duplo majora et latiora, dorso villosa. Petala 5, ovata, 
glabra, concava, margine in tertia parte inferiore inflexo-auriculato, 
auriculis filamentum staminis amplectentibus, duplo quam sepala 
interiora minoribus. Stamina 6, petalis opposita; fllamentum filiforme, 
anthera majns; anthera subquadrata, intus 4-Iobata. FI. î^ : Carpella post 
anthesîn glabra, matura reniformia, compressa stylo subbasilari, intègre, 



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40 SÉANCE DU 10 JANVIER 1908. 

uncinato;putamen subspirale, grosse ra(liato-striatum,utrinquefoveatuin, 
fovea excentrica lunulata, albumine nuUo, embryone falciformi, crasso; 
radicula brevi; cotyledonibus transverse sectis semi-cylindricis. 

Planta 2-4 m. alla. Folia usque 9 cm. longa, 30-35 mm. lata, peliolo 
2 cm. longo. Spica3 4-15 cm. longœ. Carpella matura 10-12 mm. diametro. 

Indo-Chine. — Cochinchine : Baria, n° 3805, juillet 1866; Thu-duc, 
prov. de Saigon, avril 1865, n*» 3802; Choben, près Baria, août 1866, 
n* 3802 [Pierre]. — Cambodge : monts Pra, prov. de Samrong-tong, 
juin 1870, n«" 760 a, b, et 3801 [Pierre]; Preacan, prov. de Angcor, 
août 1879 [Harmand]; Angcor, n° 2104 [Thorel], — Laos : Bassac, 
n*> 2104 [Thorel]. 

Le Pachygone nitida se rapproche beaucoup du P. odorifera Miers. 
Pourtant il s'en distinguera facilement : !• par ses rameaux et pétioles 
tomenteux; 2° par ses feuilles plus longues et plus étroites d'un quart, et 
par les nervures latérales au nombre de 5-7 paires, au lieu de 3-4; 3* par 
les inflorescences presque toujours plus longues que les feuilles ; 4** par le 
rachis tomenteux-fauve ; 5'' les sépales velus en dehors; 6** par les 
glomérules de 2-3 fleurs femelles sessiles ou à pédicelles ne s'accroissant 
qu'après la fécondation. 

Le fruit du P. nitida est bien différent par ses dimensions de celui du 
P. ovata Miers qui, pour beaucoup de botanistes, est un synonyme du 
P. odorifera Miers. 

Il y a deux formes de cette espèce qui se distingueront assez facile- 
ment : celle de Cochinchine à feuilles un peu atténuées au sommet et 
celle du Cambodge et du Laos qui a les feuillles aussi arrondies au 
sommet qu'à la base. 

D'après Pierre, la première forme était cultivée comme Pachygone sp.f 
en 1865, au jardin botanique de Calcutta. 

Stephania herbacea Gagnep. sp. nov. 

Planta r e^iaxis, caule gracilij herbaceoy nano. Rhizoma. gracile y repenSj radi- 
cibus fibrosis. Folia 3-10, peltata, transversalitei* elliptica vel late deltoidea, 
basi truncata, segre emarginata, apice inconspicuo vel abrupte acuto- 
mucronato, supra viridia, subtus glauca, utrinque glaberrimay margine 
leviter angulato ; nervi 7, radiati, mox furcati, nervo medio nervis latera- 
ibus 2 utrinque ornato; petiolus gracilis, glaber, striatus, basi apiceque 
haud tumidus. Inflorescentia supraxillariSy glaberrima, solitaria, pedun- 
culala; pedunculus capillaris petiolo 2-3-plo minor, apice verticillaiim 
ramosuSy coi^ymbifer, corymbo minuto, ramis ramosis vel simplicibus (pedi- 
cellis), capillaribus. Flos<^ : Sepala exteriora 3. cuneato-rhorabea, abrupte 
apiculata; iuteriora 3, rhombea, omnia subaequalia, glaberrima. Petala 3, 
crassiuscula, concava, ovata vel apice truncato-emarginata, sepalis 
intimis 2-plo minora. Stamina connata, discum peitatum efforroantia; 
antherœ 4, sessiles, ad marginem disci insertœ, contigua?, transversaliter 
déhiscentes, dein confluentes. FI. $ : Sepala 3y late rhombea, glaberrima. 



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F. CAGNEPAIS. NOUVEAUTÉS ASIATIQUES DE l'hERBIER DU MUSÉUM. 41 

Pelala 3, cuneata, vel obcordata, emarginata, crassiuscula. Ovarium 
ovoideum, glaberrimum, apice constrictum, sligmatibas coronatum ; stig- 
mata 3, Ûliformia, brevia; OTulum unicum. 

Planta tota 15-40 cm. longa. Folia 6 cra. longa, 8 cm. lata, peliolo circa 
7 cm. longo. Inflorescentia tota 2-3 cm. longa, ramis 4-8 mm. longis; 
ilos explicatum 2-3 mm. diametro. 

Cbixe. — Su-tchueD; Héou-pin près Tchen-kéou, ait. 1400 m.; en 
chinois Ou houy tiao, 8 juillet 1892, n' 902 [Farges], — Houpé : 
Yi-cbang, u^ 6089 [Henry], — Kouy-tchéou : 1858 [Pemy]. 

Ce joli Stephania est très remarquable par sa tige rampante, son 
rhizome grêle qui paraît courir presque à la surface du sol et ses feuilles 
plus larges que longues, complètement glabres comme le reste de la 
plante. C'est avec le St. rotunda qu'il a le plus d'afHnités par la forme 
anguleuse des feuilles ; mais il n'en a pas la grosse racine arrondie, les 
longues tiges robustes, les ombelles denses, 3-5 sur un même pédoncule. 
D se différencie du St, hemandifolia surtout par ses fleurs non papil- 
leuses, ses ombelles non contractées en capitules, et les faibles propor- 
de sa tige. C'est une espèce bien distincte, au premier coup d'œil, des 
nombreuses formes de Stephania que possède l'Asie. 



(A suivre). 



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SÉANCE DU 24 JANVIER 1908. 

Présidence de M. L. MANGIN. 

M. F. Camus, vice-secrétaire, donne lecture du procès- 
verbal de la séance du 10 janvier, dont la rédaction est 
adoptée. 

M. Lutz, secrétaire général, communique une lettre de 
M. Labergerie dans laquelle « il répond aux observations pré- 
sentées en séance à la suite de sa communication sur le Sola- 
rium Commersoni Violet (séance du 22 nov. 1907, page 610 
et suiv.J et rectifie quelques chiffres erronés qui s'y étaient 
glissés à rimpression d *. M. Labergerie ajoute que « l'obser- 
vation de M. Lulz, exacte en ce qui concerne les Solanum 
Ohrondi et aS. Maglia dont il n'avait que peu d échantil- 
lons en état lors de ses recherches, ne Test pas pour les 
autres Solanum et, en particulier, pour le aS. Commersoni, 
Au surplus, Tâge des plantes modifie les pourcentages, mais 
sans toucher à la règle générale applicable à la plante con- 
sidérée. Cela résulte des moyennes prises sur des feuilles 
groupées l"" par dimensions variant de millimètre en milli- 
mètre, 2** par dimensions variant de 9 en 9 millimètres ou 
par tout autre mode de groupement de dimensions. 

« En ce qui concerne l'observation de M. Griffon, on peut 
rappeler que M. Delacroix avait, dans des essais répétés, 
constaté, comme différence caractéristique du S. Com^meV' 
sorti Violet, l'impossibilité de faire germer les conidies du 
Peronospora sur les organes aériens et souterrains, et une 
épaisseur sensiblement plus grande du péridermedes tuber- 
cules vis-à-vis des S. tuberosum ordinaires. » 

M. le Président annonce que, dans sa réunion du 
17 janvier, le Conseil de la Société, désireux de recon- 

1. Voir VErrata à la fin du volume de 1907, 



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F. CAGNEPÀIN. NOUVEAUTÉS ASIATIQUES DE l'hERBIER DU MUSÉUM. 43 

uallre le loDg dévouement de M. Delacour, l'a nommé 
Trésorier honoraire. Il est heureux de porter cette nou- 
Telle à la connaissance de la Société. Les membres présents 
à la séance sont unanimes à approuver cette décision 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, 
M. le Président proclame membre de la Société : 
M. Raoul Combes, au Laboratoire de Botanique de la 

Faculté des Sciences, présenté par MM. Brandza 

et Gatin. 

M. le Président annonce ensuite une nouvelle présenta- 
tion. 

La parole est à M. Malinvaud pour la lecture de la 
communication suivante de M. Gagnepain dont la première 
partie avait été présentée à la séance du 10 janvier : 

Nouveautés asiatiques de l'herbier du Muséum 
(L HydrocharitacéeSi IL MénispermacéeSi 
in. Lardizabalées); 

{Suite.) 
PAR M. F. GAGNEPAIN 

II. Ménispermacées nouvelles (Suite), 

Tinomlscium tonkinense Gagnep. sp. nov. 

Fmtex robustus, sannentoaus, cortice rimoso, suberoso. Rami juniores 
rufo-tomentosij dein subglabri, tenuiter striati. Folia petiolata, ovalo-acu- 
mlnata, basi tnincata vel cordata, apice acuminata, interdum margine ±: 
irregulariter crenata, omnia semper glabra; nervi 5, supra basim distincti, 
quorum infîmi 2, minime prominentes, nervo medio valde distincto, 
BerYis iateralibus 3-4 utrinque munito; petiolus basi et apice tumidus, 
glaberrimus. Inflorescentia e ligno vetere orta; spicis 40 et ultra ad nodos 
fasdeulatiSj in tertia parle inferiore nudis, tenuiter rufo-tomentosis; 
âoribus sat remotis, apice approximatis, pedicello brevi, filiformi, rufoto- 
mentoso, alaba$tro ovoideo, bracteis minutis, squamiformibus. FI. d* '• Sepala 
extimaS, ciliata, ovata, dorso pilosa; externa 6-8, alterna, lanceolata, vei 
ovata, imbricata, 4-5-plo majora, margine tenuiter papillosa, dorso gla- 
berrlma. Pelala 6, triplo minora, valde concava, subcucuUata, margine 
Duda. Stamina 6, libéra, petalis cincta, ea cequantia ; filamentum lateraliter 
compressum, subtrigonum, a basi apiceque sensim incrassatum; loculi 



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44 SÉANCE DU 24 JANVIER 1908. 

introrsi, ovales, rima longitudinali déhiscentes ; connecUvum supra loculos 
in apice acutum, inflexumy breviter productum. Flores $ ignoti.... Car- 
pella 2-3; malurum oblongum, stigma terminale, apice attenuato, valde 
compressum, dorso convexo, ventre late rimoso; albumen crassum; 
embryo terminalis, brevissimus, cotyledonibus valde ina^qualibus, 
complicatis, majore bilobo. 

Folia 12 cm. longa, 9 10 lata, petiolo 7-12 cm. longo. Spicœ floriferœ 7- 
12 cm.; fructiferœ usque 38 cm. longœ, pedicello 3-4 mm. longo, ala- 
bastro 4 mm. longo, 2-3 lato. Bacca 40mm. longa, 17-20 lata, 13-15 crassa; 
embryo 10 mm. longus, radicula 3 mm. longa. 

Indo-Chine. — Tonkin : Lat-son, in rupib. Quen Be Cau, 13 mai 1887 ; 
sarment, fl. albi masc, n* 3393; Kien-klié, in rupestr. Dông-bâu, scand. 
cal. flavescens, cor. alba, n° 2219; n» 4873 (en feuilles et fruits) [Bon]. 

Le Tinomiscium tonkinense diffère du T. javanicum Miers (loc. cit. 
III, 44) : 1* par ses feuilles glabres en dessous; 2** par son inflorescence 
non en grappe simple, mais en grappes groupées aux nœuds, nues au 
tiers inférieur; 3*" par les entrenœuds un tiers plus courts et les feuilles 
moitié ou un tiers plus étroites; 4° par les sépales 2 fois plus courts. 

Il diffère du T. elasticum Beccari (Malaisia, I, p. 141) : 1* par ses 
jeunes rameaux tomenteux-roux; par ses feuilles plus courtes et étroites 
d'un tiers ; 3<^ par ses boutons non globuleux, mais ovales, 2 fois plus 
étroits; 4^ par les étamines à pointe fine, courbée en dedans. 

Ajoutons que les cotylédons très inégaux, le plus grand bilobé auriculé 
à la base, n'ont jamais été décrits dans aucune espèce du genre. 

Tinospora capilllpes Gagnep. sp. nov. 

Frutex subherbaceus» gracilis. Rami teretes, striatiy pilis appressis veê- 
titi. Folia sagittato-acuminatay apice mucronatay auricuUs tnanguUH>btusis^ 
vel lateraliter truncatiSy utrinque glabra, sed nervis utrinque pilosulis; 
nervi 5, palmati ; nervo medio nervis 2 lateralibus utrinque ornato ; 
petiolus basi tortilis, appresse pilosus. Inflorescentia axillaris, pilosula; 
paniculœ 2, rnrius 3 y divergentes, pyramidales, pedunculo capillari elongato; 
bracteis tenuibus, pilosis, pedicellis remotis patentibus, capillaribusy quam 
sepala valde longioribus; flores albidi. Sepala exteriora 2-3, inœqualia, 
lanceolata, dorso pilosa; interiora 6, obovata, extus pilosa, prœcedentibus 
duplo longiora et latiora. Petala 6» cum sepalis alterna, truncata, basi 
attenuata, cuneata, sepalis interioribus duplo minora, margine indexa. 
Stamina 6, oppositipetala, petalis paene majora; anthera quadrata; fila- 
mentum apice abrupte dilatatum, antheram suba^quans. Flores $ et fr. 
ignoti. 

Folium totum 11 cm. longum, 5-6 cm. latum, auriculis 2 cm. longis^ 
petiolus 30-35 mm. longus. Inflorescentia usque 12-20 cm. longa, pedun- 
culo 7-10 cm longo; panicula 7-10 cm. longa, 5 cm. basi lata, pedicellis 
inflmis 25 mm. loogis. Flores explicati 5 mm. diamètre. 

Tonkin : Dong-dang, 22 février 1886, n« 1499 [Balansa]. 

Par Taspect, par la gracilité des rameaux et la forme des feuifles, cette 



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F. GAGNEPAIN. NOUVEAUTÉS ASIATIQUES DE l'hERBIER DU MUSÉUM. 4S 

espèce Douvelle se rapproche naturellement du T, sagittata décrit ci-des- 
sous. Cependant elle s'en distingue très nettement : 1° par les feuilles plus 
larges, moins longuement atténuées, velues sur les nervures et sur les 
deux faces, par les oreillettes jamais aiguës ; 2"^ par les inflorescences, 
réduites à 2-3 panicules larges, très longuement pédonculées et pédicellées. 
Dans le T. sagittata^ il y a à chaque aisselle jusqu'à 12 pédoncules qui 
se ramifient promptement et constituent, tant par leur ensemble que par 
le nombre des pédicelles, des houppes lâches et globuleuses. 

Bien que je n'aie point vu les fleurs femelles ni les fruits, je n'hésite 
pas à faire rentrer cette espèce dans le genre Tinospora pour deux 
raisons : 1* la fleur mâle est indiscutablement celle des Tinospora par le 
périanthe, les sépales et les pétales, par la forme, le nombre et l'indé- 
pendance des étamines; 2"* cette plante a beaucoup d'aflinités avec le 
T. sagittata qui est maintenant bien connu dans toutes ses parties et qui 
est un Tinospora bien caractérisé. 

Tinospora sagittata Gagnep. (nomen novum) ; Limacia sagittata 
Oliver, in Hooker's, Icon. pL, lab. 1749. 

Il existe dans l'herbier du Muséum la plante d'OuvER avec le nom de la 
main même du créateur de l'espèce. En outre. Farces, collecteur zélé du 
Muséum au Su-tchuen, avait envoyé à l'herbier de nombreux échantillons 
mâles et des individus femelles en fruits. La comparaison permet de con- 
clure à l'identité des uns et des autres spécimens et à leur concordance 
parfaite avec la description et la planche des Icônes. Mais en analysant les 
fruits, on s'aperçoit facilement que ce ne sont pas les fruits hippocrépi- 
formes d'un Limacia, mais bien les fruits droits, à style terminal, à face 
ventrale concave d'un Tinospora, Si on rapproche les fleurs de Tun et de 
l'autre sexe de l'espèce d'OuvER des fleurs des autres espèces^de ce genre, 
on reconnaît que, tant par les pièces du périanthe que par les organes 
sexuels de la fleur, c'est encore un Tinospora sans aucun doute. 
Pourtant cette espèce est très distincte à première vue par le port de 
toutes les espèces de ce genre : tiges subherbacées, très grêles et faibles ; 
feuilles lancéolées-linéaires, longuement acuminées au sonmiet, pro- 
longées à la base par deux oreillettes triangulaires, aiguës ou obtuses 
(plus rarement); inflorescences, non en épi axillaire, mais constituée par 
un fascicule de pédoncules filiformes, l-pluriflores au sommet, chacun de 
la nature d'un corymbe, naissant à l'aiselle des feuilles sur une pérule 
écailleuse. 

On lira ci-après le complément de la diagnose de Oliver ainsi* que la 
distribution géographique de l'espèce, d'après les matériaux de l'herbier 
du Muséum. 

Garpella matura pisi parvi magnitudine, 6-8 mm. diametro, subglobosa. 



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46 SÉANCE DU 24 JANVIER i908. 

stigma terminali; putamen osseum tenuiter verrucosum globoso-com- 
pressum, dorso convexum, ventre planum, foveaturn, fovea lineari, condylo 
hemisphaerico in albumine irapresso; albumen plano-convexum, ventre 
fovealum, fovea hemisphœrica ; embryo rectus, radicula terminali, brevi, 
cotyledonibus latis, divaricatis, membranaceis, concavis, ambitu obcor- 
datis, quam radicula 4-plo longis. 

Chine. — Houpé : Yi-changn«* 3431, numéro du type et 52:27 [Henry] 
avril 1900, n® 141 [ Wilson], — Su-tchuen : Ky-min-se près de Tchen- 
kéou, ait. 1200 m., racine tuberculeuse, nom chinois : t ty-kou-tan », 
tubercule très amer, rafraîchissant, usé à Textérieur dans les diverses 
inflammations, 23 avril 1892, n'» 1027 [Farges]. — Kouv-tchéou : 
Kouy-yang, monts du Collège, 12 avril 1994, no 2178, Gan-pin, 
27 mars 1898, n* 2141 [Bodinier]; vers Pin-fa, 4 mars 1904, dans le 
creux des rochers, n*» 1765 [Cavalerie], 

Tinospora Thorelii Gagnep. sp. qov. 

Frutex sarmentosus, glaberrimusj radices caulescentes, filiformes^ metrales 
emittens, Caulis verrucosus, verrucis 2-4-lobatis ; cortice lœvi. PoUa haud 
peltata, cordata, reniformia vel reniform-acutay utrinque glaberrima^ subtus 
pallida; nervi 5, radiantes, basi inter se foveolati; petiolus gracilis, basi 
tumidus. luflorescentia axillaris haud foliis coetanea; spicœ graciles» mas- 
culœ longiores; floribus glaberrimis^ 4 (rarius 2} unaquaque bractea, reflexa^ 
ovali, minuta. Fi. (f: Sepala exteriora 3, ovata, vix acuta, interiora obovata, 
apice rotundata, 2-3-pio majora et latiora. Petala 6, lineari-Ianceolata. 
Stamina 6, petalis opposita; anthera quadrata, lateraliter et longitudi- 
naliter debiscens; filamentum ea 2-plo majus, filiforme. Fl.Ç : Sepala ut in 
floribus cf. Pelala cuneata, apice rotundata. Slarainodia 6, petalis duplo 
minora. Carpella 3, ovoidea, apice constricta; stigma disciforme, 
3 4-lobatum, lobis subinconspicuis; ovulum 1; carp. matura elliptica, 
ventre compressa; putamen rugosum, ventre foveaturn, condylo globoso 
in albumine impresso; albumen bemisphœricum, ventre foveatum. 

Planta 3-10 m. alta. Folia 7-8 cm. longa, 9-10 cm. lata, peiiolo 4-8 cm. 
longo. Inflorescentiœ spica 3-10 cm. longa. Carpella matura 8 mm. longa, 
5-6 mm. lata etcrassa. 

Indo-Chine. — Cochinchine : n** 330 [Thorel], — Laos : La-khôn, 
Keinmarath, rivière Ubon, n** 350 [Thorel]. — Cambodge : Compong-soaî, 
n° 350 [Thorel], 

Plusieurs caractères distinguent nettement le Tinospora Thorelii de 
toutes les espèces asiatiques aujourd'hui connues : 1° la présence de 
racines aériennes longues de plusieurs mètres; 2° la forme des feuilles 
qui sont plus larges que longues, réniformes, peu ou pas atténuées au 
sommet; 3° les fleurs solitaires à Faisselle des bractées, très rarement au 
nombre de 2, jamais plus; 4** ses épis jamais contemporains des feuilles. 



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p. GAG5EPAIN. NOUVEAUTÉS ASIATIQUES DE l'hERBIEK DU MUSÉUM. 47 

IlL Deux Lardizabalées nouvelles. 

En élaborant celte famille pour la Flore <ï Indo-Chine, j'ai été 
amené à étudier les Lardizabalées d'Asie qui m'ont fourni les 
espèces nouvelles suivantes. 

Mes conclusions sont en opposition avec les affirmations 
récentes de M. Hemsley {Icônes de Hooker, tab. 2842-2849), et 
j ai dû les exposer tout au long dans un article trop étendu pour 
prendre place dans ce Recueil et que Ton trouvera dans le Bulle- 
tin du Muséum de Paris, séance de janvier 1908, avec une 
elassificaiion nouvelle des genres, des clefs spécifiques de deux 
d entre eux, des noms nouveaux proposés pour des espèces 
récentes, quelques espèces ramenées à l'état de synonymes et 
1 etnde circonstanciée des variations des Holbœllia latifolia et 
Akebia lobata. 

Stauntonla Cavalerieana Gagnep. sp. nov. 

Arbuscula scandens, ramis striatis. iDnorescentia et folia juniora e 
perala nascentia. Perula atro-brunnea, squamis imbricatis, centralibus 
ovatis, apice foHaceis. Folia composita, palmata, longe petiolata, petiolo 
tereli, slriatulo; foliolœ 7-9, petiolulatœ, petiolulis radiantibus, strialulis, 
lateralibus minoribus; laminis lanceolato-linearibus, longissime et tenuitei^ 
(umninatis, jtinioribus membranaceiSy nervis lateralibus circa 9, utrinque 
vdde arcuatis, confluentibuSy nervulis valde reticulatis, Inflorescentia pani- 
coUta e perulls ascendens, bracteis lineari-capillaribus, pedicellis fili- 
formibus, infimis longioribus, saltem simpUcibus. Sepala exteriora 3, lan- 
ceolato-acumiiiata, intus concava; interiora 5, minora, valde angustiora, 
ébHnearia, basi unguiculata. Petala nulla. Stamina 6, monadelpha, fila^ 
mentis quam atUheraB vix longioribtis, inter se coadunatis, cylindrum efTor- 
mantibus;antheree extrorsœ, latere adhaerentes, lanceolatœ, apice mucro- 
oalatœ. Stylodia 3, minutissima, subulata. Flores $ ignoti. 

SqaamsB perularum majores 45 mm. longae, 4 latœ. Foliorum petiolus 

9 cm. longus, pelioluli 2tS mm. et ultra, minores 10 mm. longi; laminœ 

10 cra. longœ, 25 mm. latœ. ïnllorescentia 12 cm. longa, pedicellis majo- 
ribus 15-18 mm. longis. Sepala extima 11 mm. longa, 3 mm. lata, intima 
8 nun. longa, 1 mm. lata. Axidrœcium 6-7 mm. longum, antherœ 4 mm. 
long», roucrone 0, 6 mm. longo. 

Chdîb. — Kouy-tchéou, montagnes à Test de Tin-fa, près des chutes 
d'eau, n'» 1266 [Cavalerie]. 

^do-Chine. — Laos : Phon-tane, n'* 291 [Spire]. 

Le 5. Cavaleiieana appartient au groupe à mucron staminal très court, 
beaucoup plus que Tanthère ; il se place donc à côté du S. obovala 
Hemsley, mais s'en distinguera très facilement : par ses jeunes feuilles 
deui fois plus étroites et beaucoup plus longues, très longuement et fine* 



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48 SÉANCE DU 24 JANVIER 1908. 

ment acuminées; parla longueur des écailles de la pérule; par le nombre 
des folioles qui est de 7, souvent de 9, à chaque feuille, au lieu de 3-5, 
et enfin par les sépales intérieurs non acuminés, mais linéaires, dilatés 
dans la moitié supérieure. 

Stauntonia Duclouxii Gagnep. sp. nov. 

Arbuscula scandens, ramis striatis. Inflorescentiae e penilis nascentes. 
Perula atro-brunnea, squamis imbricatis, centralibusovato-obtusis, apice 
haud foiiaceis. Folia (juniora haud floribus coetanea) adulta, composita, digi- 
tatim radiata, longe petiolata, petiolo tereti, pœne striatulo; foliolm 5-7, 
petiolulatœ, petiolulis radian tibus, vix canaliculatis, lateralibusminoribus; 
laminœ obovatasy apice uncinatœy valde firmœj supra in sicco viridi-lutescentes, 
subtus glaucescentes, nervis utrinque subinconspicuis, Inflorescentia panicu- 
lata e perulis nascens, bracteis mox caducis, pedicellis filiformibus, infimis 
saltem simplicibus. Sepala exleriora 3, lanceolato-acuminata, vel trian- 
gulari-acuminala, interiora 3, pœne minora, lineari-lanceolalay vel linearia 
in medio dilatata. Petala nulla. Stamina 6, monadeipha, filamentis antheras 
œquantibus, inter se coadunatis, cylindrum efformantibus; anthera 
exlrorsa, linearis vel oblonga, apice longe mucronata, mucrone lineari acumi- 
nato antheram aequante. Styiodia 3, minutissima, subulata. Flores $ ignoti. 

Squamœ perularum majores 20 mm. longae. Foliorum peliolus 9 cm. 
longus, petioluli 2-4 cm. longi; laminœ 4-10 cm. longœ, 2-4 cm. latœ. 
Inflorescentia 15 cm. longa, pedicellis majoribus 2 cm. longis. Sepala 
extima 2 cm. longa, intima 2-3 mm. lata. Andrœcium 10 mm. longum; 
antherœ mucro 3-4 mm. longus. 

Chine. — Yunnan : Tchen-fong-chan, fleurs jaunes, 15 avril 1901, 
no 2082 [Ducloux] 

Le St, Duclouxii est semblable au St. obovata Hemsley auquel il res- 
semble par la forme des folioles également glauques en dessous; mais il 
en diffère : 1"" par les fleurs deux fois plus grandes; 2^ par les étamines à 
mucron égalant Tanlhère ; 3** par les feuilles toujours terminées par un 
mucron court, triangulaire, épais. 

M. F. Camus résume le travail ci-dessous : 



Notes sur quelques Joncées; 

PAR M. T. HUSNOT. 

1. Juncus bufoniusL. 

Plante annuelle, répandue dans toute TEurope, très variable 
principalement dans la région méridionale. Je réunis ses nom* 
breuses formes dans les variétés suivantes : 



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^^' '^r 



T. HOSROT. — NOTES SUR QUELQUES JONCÉES. 49 

a. Fleurs solitaires. 

Var. a. tjpicn» i Juncus bufonius auct. ;Reich., /c, f. 875. 

Racines fibreuses. Tiges de 5-25 cm., ordinairement fasciculées, plus 
on moins étalées ou dressées, rameuses, grêles, portant 1-3 feuilles 
linéaires-sétacées, larges de 0,50-0,75 mm., non no%ieuse9\ gaines 
dépourvues d'oreillettes. Fleurs verdâtres ou rougeàtres, longues de 
5-8 mm., disposées unilatéralement sur les rameaux, solitaires et 
espacées, Pinférieure dépassée par une ou deux feuilles bractéales 
sétacées. Périanthe à divisions inégales^ les extérieures plus longues, 
lancéolées et longuement acuminées-subulées, verdàtres ou rougeàtres 
sur le dos, hyalines sur les côtés. Etamines 6, quelquefois 3, à filet 
égalant environ Tanthère. Ovaire ovale, trigone; style 3-3 fois plus court 
que Tovaire. Capsule un tiers ou moitié plus courte que le périanthe, 
ferrugineuse ou rougeâtre, oblongue, subtrigone, obtuse, mucronulée, 
triloculaire. Graines ferrugineuses, obovées, petites, lisses ou presque 
lisses. 

Var. p. major Pari. 

Tiges de 3-5 déc, dressées, plus grosses et plus raides. Fleurs soli- 
taires, sépales inégaux, plus longs que la capsule. Graines lisses. 

Var. y. foliotas; Juncus foliosus Desf., Ft. atL, t. 92. 

Tiges de 15-80 cm. Feuilles plus nombreuses et plus grandes, planes, 
larges de 2-2,5 mm., ce qui lui donne un port distinct. Inflorescence 
grande et très rameuse. Sépales inégaux, lancéolés, gris sur le dos, 
scarieux sur les côtés, la partie grise séparée ordinairement de la partie 
blanche par une ligne noirâtre, les externes assez longuement acuminés, 
les internes brièvement aigus. Etamines à filet 3-4 fois plus court que 
Tanthère. Capsule égalant les sépales intérieurs, plus courte que les 
extérieurs. Graines striées-ondulées longitudinalement. Ces difiérents 
caractères ont fait considérer cette plante comme espèce par quelques 
auteurs. 

b. Fleurs les unes solitaires, les autres géminées. 

Var. S. tuakhignvLU'^ Juncus ambiguus Gussone, FL sic. Prodr.y 
I, p. 435; Parlât., FL itaL, p. 355; /. ranarius Song. et Perrier, 
in Billot, Annot,, p. 192. 

Tiges dressées ou obliques. Fleurs en partie solitaires (principalement 
les inférieures) et les autres rapprochées par deux. Sépales inégaux, les 
extérieurs brièvement acuminés, les intérieurs plus courts que la 

T. LV. (séances) 4 



/h 



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50 SÉANCE DC 24 JANVIER 1^08. 

capsule, arrondis au sommet ou plus ou moins aigus. Capsule égalant 
les sépales extérieurs ou un peu plus courte. 

D'après les auteurs du Juncus ranarius, il se distingue du 
/. èw/bn/ws par les trois sépales extérieurs égalant la capsule ou la 
dépassant à peine qI les intérieurs un peu plus courts que la capsule 
mûre. Voilà les seuls caractères mis en italiques dans leur des- 
cription et ce sont précisément ces mêmes caractères que Gus- 
soNE attribue à son /. ambiguus : les trois folioles extérieures du 
calice égalent la capsule^ et Bertolom complète la description en 
ajoutant : les intérieures sont plus courtes que la capsule. On 
voit que c'est bien la même description et que les deux plantes 
sont identiques; le nom ambiguus^ datant de 1829, doit être pré- 
féré à celui de ranarius qui est de 1859 et, de plus, ce nom de 
ranarius a été créé par Nées, en 1840, pour une plante du Cap 
qui est, dit-on, le /. hufonius^. 

Blchexau {Mon, Junc, p. 180) donne le J, ambiguus Guss. 
comme synonyme du J, Tenageia Ehr. Il est impossible d'admettre 
cette identité puisque Gussone dit que son espèce a des fleurs 
agglomérées^ une capsule oblongue et aiguë, etc., et il prend soin 
d'indiquer les caractères différentiels des deux plantes. 

c. Fleurs toutes fasciculées, rarement quelques-unes solitaires. 

Var. £. hybridtts; Juncus hybridus Brot., FI. lusit.^ I, p. 513; 
/. mutabiUs Savi non Lamk; /. insulanus Yiv. ; /. fasciculatus 
Bertoloni; J. bicephalus Gren. non Viv. ; var. fasciculatus 
Koch, etc. 

Tiges dressées ou obliques. Fleurs fasciculées par 2-3, assez souvent 
2 fascicules sont rapprochés et forment un groupe de 4-6 fleurs ayant la 
forme d'un éventail. Sépales inégaux, les extérieurs acuminés, les 
intérieurs aigus. Capsule un peu plus courte que les sépales. On voit 
quelquefois 1 ou i2 bractées foliacées et dressées dépassant Tinflores- 
cence ; c'est ce qui a lieu pour les exemplaires de Beunard, dont Grenier 
a dit qu'ils raK)elaient un petit exemplaire de J. tenuis. 

Le nom de fasciculatus indiquant la disposition des fleurs et 
celui de mutabilis (le plus ancien de tous) désignant une plante 

1. M. Chabert vient de m'envoyer un exemplaire de l'herbier Sonoeon ; 
il ne diffère pas de la plante de Sicile. 



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T. HUSNOT. — NOTES SDR QUELQUES JONCÉES. 51 

variable conviendraient mieux, pour cette variété, que celui de 
hybridus. Le nom de mulabilis avait été donné, avant Savi, par 
Lauarck {EncycL, III, p. 270) à un groupe d'espèces comprenant 
probablement les J, pygmmtLS^ capitatus et supinus^ mais pas 
notre plante; on ne peut Tadopter. /. fasciculattis Schousb. est 
antérieur à /. fasdculatus Bertol. et désigne une espèce bien dif- 
férente décrite plus loin; on est forcé de le rejeter. 

/. hybridus Brot. est plus ancien que /. insulanus Viv., et c'est 
bien notre plante que Brotero a décrite sous ce nom. Les dia- 
gnoses de cet auteur sont très courtes mais elles sont suivies de 
descriptions détaillées. C'est à tort que Trimen prétend que, sous 
ce nom, Brotero a compris cette variété et le J. pygmœus» Brotero 
dit que sa plante ressemble au /. bufonius dont elle a les fleurs 
et la capsule mais un peu plus petites, ce qui ne peut s'appliquer 
mJ. pygmfBUS. 

Je dois à l'obligeance du professeur Magnin communication 
de l'exemplaire de Bernard sur lequel Grenier a fait son /. bice- 
phalus. Cette plante de l'herbier Bernard avait été nommée 
J. hicephalus Viv. par Duby. Grenier aura probablement accepté 
ce nom sans vérifier si elle se rapportait bien à la description de 
ViviAM : un capitule terminal et un latéral; calice cylindrique, à 
divisions conniventes^ égales^ linéaires-lancéolées, etc. Tout cela 
se rapporte bien au J. pygmœus et non à la plante de Bernard. 

Lâharpe avait, dès 1825, supposé que le /. bicephalus de Viviani 
n'était que le J. pygmœus; Mutel, en 1836,1e considérait comme 
une forme du J. pygmœus; la plante d'Ajaccio, récoltée par 
RE^iOEN et distribuée en 1848, sous le nom de J. bicephalus, par le 
Comptoir d'échanges de Strasbourg, était le J. pygmœus. Il est 
étonnant que Grenier n'ait pas eu connaissance de ces faits et qu'il 
n'ait pas vu que la plante de Bernard n'était que la var. fasdcu- 
latus. Le J. bicephalus est une espèce à supprimer. Les J. bice- 
phalus et fasdculatus de la flore française sont la même 
variété*. 

Var. ^, Sorrentinii; J. Sorrentinii Pari., FL il. y II, p. 356; 

1. Je joins à ces Notes une planche représentant les caractères des 
/. Sorrentinii Pari, et fasdculatus Schsb. et du Luzula lactea Mey., trois 
plantes décrites depuis longtemps, mais qui, je crois, n'ont pas encore 
été figurées. 



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52 SÉANCE DU 24 JANVIER 1908. 

Juncus bufonius var. condensatus Coutinho, Bol. Soc. Brot., 
VIII, p. 103. 

Tiges (PI. II, flg. 1) de 5-20 cm., dressées ou peu inclinées, croissant 
en touffes. Feuilles toutes radicales, linéaires, canaliculées, sans nœuds. 
Une ou deux bractées foliacées du capitule unique ou de l'inférieur 
dépensent longuement l'inflorescence et sont plus ou moins étalées, ce 
qui lui donne un port spécial, d'autant plus que, lorsqu'il y a plusieurs 
capitules, les supérieurs sont souvent dépassés aussi par leurs bractées 
(f. 1). Fleurs (flg. 2) fauves ou verdàtres, longues de 6-8 mm., réunies 
en 1-5 glomérules compactes, plus gros que ceux des variétés précé- 
dentes, composés chacun de 6-20 fleurs disposées en éventail dans les 
plus gros. Sépales inégaux (flg. 2), lancéolés-linéaires (fig. 34), les 
extérieurs (fig. 3) plus longs, longuement acuminés-cuspidés, à pointe 
souvent arquée. Etamines 6, anthère égalant le filet (flg. 5). Capsule 
n^atteignant que la moitié ou un peu plus de la longueur des sépales 
extérieurs, oblongue (flg. 6) ou oblongue-Iinéaire, brièvement mucronée. 
Graines fauves, lisses. 

J*ai décrit les échantillons récoltés en Sardaigne par Bever- 
CHON (Herb. Hervier), je crois que c'est bien Tespèce de Parla- 
tore. 

BucHENAU {Mon. Junc,^ p. 279) fait du /. Sorrentinii un syno- 
nyme du «/. pygmœus ; c*est inadmissible puisque Parlâtore dit 
que son espèce a les sépales inégaux, les extérieurs plus longs 
et longuement acuminés-cuspidés, etc., qu'elle est si distincte du 
/. pygmœus qu'il est inutile d'indiquer les différences mais qu'elle 
a des affinités avec la var. hybridus du J. bufonius^ dont elle se 
distingue par l'inflorescence, etc. — M. Arcangeli {FL itaL, 
p. 116) en fait une variété du /. pygmœus. Il m'écrit qu'il ne se 
rappelle pas pour quels motifs il a fait ce rapprochement. 

Une autre forme du /. Sorrentinii des environs de Bonifacio 
(Corse), récoltée aussi par Reverchon et distribuée sous le nom 
de /. insulanus (Herb. Hervier), a les fleurs semblables à celles 
de la précédente quant à la longueur et à la forme des sépales et 
de la capsule, mais les capitules sont plus nombreux et ne con- 
tiennent pas plus de fleurs que dans certaines formes de la var. 
hybridus. 

Hab, — Le type est répandu dans toute l'Europe et dans 
d'autres contrées. Les variétés sont des plantes méridionales 
croissant principalement sur le littoral, V hybridus s'avance jusque 



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T. HUSNOT. — NOTES SUR QUELQUES JONCÉES. 53 

daDsTEst et le Nord de la France, Y ambiguus jusqu'en Allemagne ; 
la var. major en Sardaîgne et en Italie; la var* foliosus en 
Portugal, Espagne, îles Baléares, Corse, Sardaigne, Algérie; la 
var. Sorrentinii en Corse, Sardaigne, Sicile, plusieurs localités 
des env. de Lisbonne {Daveau et Coutinho). 

2. Juncus fasciculatus Schousb., mMeyer,5t/n. Junc.y p. 28; 
Kunth, Enum,^ III, p. 330; Buch., Monogr.y p. 281. 

Racines fibreuses. Tige (PI. II, fig. 1) de S-20 cm., dressée, simple ou 
dnrisée à la partie inférieure. Feuilles (flg. 1) linéaires, canaliculées, 
noueuses; gaines (flg. 2) longiÂement auriculées. Inflorescence (flg. 1) 
plas longue que la bractée inférieure, composée de 3-5 glomérules 
espacés, les uns sessiles et les autres pédoncules; bractées florales 
courtes, hyalines, ovales, dentées ou laciniées. Fleurs légèrement 
rougeâtres, au nombre de S-15 dans chaque glomérule, divariquées- 
tquarreuses, cylindriques^ un peu rétrécies au sommet (fig. 3), longues 
de 8-9 nun. Périanthe (flg. 3) à divisions inégales^ linéaires, longuement 
acuminéesy distinctement trinerviées, hyalines sur les bords; les inté- 
rieures (fig. 4) plus longues que les extérieures (fig. 5) et plus longue- 
ment acuminées-subulées. Etamines 6, à filet 4-5 fois plus court que 
Tanthère (fig. 6). Ovaire (fig. 7) pyramidal-trigone, presque aussi long 
que le style; stigmates saillants, pourpres. Capsule (fig. 8) plus courte 
que le périanthe, linéaire -obovée^ pyramidale-trigone, longuement 
atténuée au sommet, uniloculaire. Graines (fig. 9) rouges, piriformes, 
légèrement striées. 

C'est du /. pygm^us que cette espèce se rapproche le plus, 
mais il est très facile de la distinguer par Finflorescence, la lon- 
gueur et la forme des fleurs, des sépales et de la capsule. Il 
n'est pas possible de la prendre pour une des formes du /. bufo- 
niu$ puisque ses feuilles sont noueuses avec des gaines longue- 
ment auriculées, que ce sont les sépales intérieurs qui sont les 
plus longs et que la capsule est linéairel — C'est un échantillon 
d'herbier que j'ai dessiné, les fleurs soAt peut-être moins diva- 
riquées sur la plante vivante. 

Bob. — Cette espèce a été découverte par Schousbok aux 
environs de Tanger (Maroc) vers 1792 et récoltée à la même 
localité par SALZMANNon 1824. A rechercher sur les côtes de l'Al- 
gérie et dans le Sud de l'Espagne. 

3. Juncus sphœrocarpus Nées; Koch, Syn., p. 635; Buch., 



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54 SÉANCE DU 24 JANVIER 1908. 

Monogr,, p. 178; Reich., /c, f. 924; Magnier, exs,, n. 3871; J, 
Tenageia Host, /c, III, t. 91 . 

Ressemble beaucoup au Juncus bufonius. Plante assez molle. Tiges 
de 5-25 cm. Racines, feuilles, gaines sans oreillettes et inflorescence 
comme dans le /. bufonius. Fleurs verdâtres, petites, longues d'environ 
3 mm., solitaires. Périaathe à divisions inégales, lancéolées, acuminées, 
vertes sur le milieu et très largement scarieuses sur les côtés ; les exté- 
rieures plus longues et plus longuement acuminées. Etamines 6, à ûlet 
égalant environ Tanthère. Capsule plus courte que le périanthe, fauve, 
subglobuleuse, à trois angles arrondis, brièvement mucronée. Graines 
ferrugineuses, ovoïdes. — Host a publié en 1805, sous le nom de 
J, Tenageia, une figure de cette plante que Cosson et Germain rapportent 
à tort au /. Tenageia, Schur, le considérant comme un hybride, Ta appelé 
/. bufonio Tenageia, 

Hab, — Je n'ai vu d'échantillons provenant de France que 
ceux récoltés par Reverchon à La Grave (Hautes- Alpes) en 1867 
(Herb. Hervier.) 

KocH a décrit une forme du /. Tenageia dont les sépales sont 
un tiers plus longs que la capsule, mais pas dans toutes les fleurs. 
C'est à elle que se rapporte la plante de Tlsère distribuée par 
l'abbé Sauze (Herb. Hervier) sous le nom de /. sphœrocarpus. C'est 
probablement aussi celte plante que Grenier {FI. de Fr.) et 
Duval-Jouve {Bull, Soc. bot. Fr,) ont prise pour le J, sphœro- 
cai^us qu'ils décrivent à gaines auriculées; elle s'en rapproche 
par ses sépales acuminés plus longs que la capsule, mais ses 
autres caractères sont ceux du /. Tenageia. 

Roux a décrit {Cat. de Provence, p. 573), sous le nom de J. aci- 
cularis, une plante rabougrie n'ayant que 3-7 cm. Ses touffes 
compactes, composées de fascicules de feuilles dressées, sélacées, 
au milieu desquelles ne s'élèvent (dans l'exemplaire qui m'a été 
communiqué par l'intermédiaire de M. Guérin) que deux chétives 
tiges portant Tune 9 fleurs et l'autre 4, lui donnent un port spé- 
cial. Gaines non auriculées. Fleurs verdâtres, longues de 3 mm. 
Périanthe à divisions inégales, acuminées. Etamines à anthère 
très petite, 3-4 fois plus courte que le filet. Capsule plus courte 
que le périanthe, subglobuleuse. Je rapporte cette plante au 
/. sphœrocarpus dont il a les fleurs et le fruit, ses feuilles sont 
plus grêles mais leurs gaines sont auriculées. — Trouvé 2 fois 



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H. LÉVELLLÉ. — NOUVELLES ROSACÉES ET RUBIACÉES CHINOISES. 55 

par Roux dans les graviers de TArc près d'Aix et à Saint-Pons de 
Roquefavour (B.-du-Rhône). 

4. Luzula lactea JAey.,Syn., p. 13; Wilk. et Lange, Prodr.fl. 
top., p. 188; Buch., Mon. y p. 98; Juncus lacteus Link. 

Lange a indiqué en Corse, il y a 50 ans, le Luzula lactea Mey. 
que je ne vois pas dans les Flores françaises. Il ressemble au 
L. nivea dont il est facile de le distinguer par les feuilles plus 
étroites et eanaliculéessubulées dans la partie supérieure, les 
gaiaes des anciennes feuilles non déchirées en filaments, les 
bractées florales lancéolées et deux fois aussi longues que larges 
(PI. Il, fîg. 1), les sépales égaux (Qg. 2). Je n'ai pas vu les fruits . 
— Le L. nivea a les bractées florales triangulaires et aussi larges 
que longues, les sépales extérieurs un tiers plus courts que les 
intérieurs, etc. 

Hab, — Reichenbach l'indique au col de Tende (Alpes-Mari- 
times), mais la figure qu'il donne (/c, f. 856) représente le 
L,pedemontana. Espagne occidentale et Portugal. A rechercher 
dans les Pyrénées occidentales. 

M. Lutz lit ou résume les trois communications suivantes. 
Nouvelles Rosacées et Rubiacées chinoises; 

PAR MB' H. LÉVEILLÉ. 

Roaa Rubus Lévl. et Vaut sp. nov. 

Ramis scandentfbus ; foiia rubiformia, subtus ad nervos hispida et 
cinerea; foiiola 5, crenata, caudata; flores médiocres, albi; petala apice 
emarginata; sepala integerrima, utrinque hispida, extns et ad marginem 
glandulosa; styli liberi et hispidi. 

Kouy-tchéou : roule de Pin-yang, 12 mai 1899, n» â603 (L, Mar tin). 

Plante très distincte par ses feuilles de Rubus. 

Var. Tunnanensis Lévl. var. nov. 

Petala apice rotonda; folia utrinque Wridia, argute dentata. 

Yun-nan : montagnes, au bord de la plaine de Lo-Pîn-Tcliéou, 6 avril 
1897 {£m, Bodinier). 

Rosa Gentiliana Lévl. et Vant sp. nov. 

Planta recta, flexuosa nec scandeQs; folia glabra, 3-7-foliolata ; foiiola 
vilde cuneata, denUbus argotis e basi ad apicem crescentibus mtrnîta, 



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Ii6 . SÉ4NCE DU 24 JANVIER 1908. 

abrupte et brevissime caudata; flores médiocres, semiduplices; sepala 
tomentosa, dorso tamen medio glabrescentia, integerrima, eglandulosa; 
styli giabri, in columnam coaliti. 

Kiang-80u [d'Argy). 

Plante du groupe arvensis, très remarquable par la forme en écusson 
de ses folioles. 

Rosa Chaffanjoni LévL et Yant sp. nov. 

Planta recta, flexuosa et inermis, exstipulata et ebracteata; folia gla- 
berrima, 3-b-foliolata; foliola obscure, remote et répande dentata; flores 
minimi, albi; sepala extus glabra, intus tomentosa, spinescenti-pinnata 
et brunnea, margine albido-tomentosa, eglandulosa; styli crassi, liberi, 
giabri. 

Kouy-lchéou : environs de Kouy-yang, mont du Collège, haies, près 
les villages, 2 juin 1898, n« 2292 (Chaffanjon), 

Espèce notable, reconnaissable à ses petites fleurs et à Tabseoce 
d'aiguillons, de stipules et de bractées. 

Rosa Bodinieri Lévl. et Yant sp. nov. 

Planta recta, ramis flexuosis; folia 3-5-foliolata; foliola glaberrima, 
lucida, sinuata vel apice irregulari ter dentata; flores parvi, albi, pedun- 
culis hispidis; sepala intus tomentosa, extus glabra, eglandulosa; petala 
emarginata; styli villosi et liberi. 

Kouy-tchéou : monts de Lou-tsong-koan, ce. dans la montagne, 
31 mai 1897; n'» 1604 {Emile Bodinier), 

Yoisin du R, Banksiœ, ce Rosa s*en distingue notamment par ses 
ombelles florifères composées. 

Rosa Esquirolii Lévl. et Yant sp. nov. 

Planta recta; folia glaberrima, 3-7-foliolata; foliola minima, argute et 
répande dentata ; flores parvi, albi; sepala intus tomentosula, extus gla- 
brescentia, eglandulosa; petala apice rotundata; styli liberi et valde 
tomentosi. 

Kouy-tchéou : murs de Tchen-lin, juin 1904; n* 117 {JuL Cavalerie). 

Rosa Argyi Lévl. hybr. nov. [R, lœvigata x R. microphylla). 

Rami recti, folia glaberrima, 3-foliolata; foliola vix acuminata, argute, 
appresse et répande denticulata, irapari majore; pedunculi spinosissimi ; 
sepala intus tomentosa, extus spinosa, ad basim spinis densissimis, setosis 
obsita, eglandulosa; flores maximi; petala emarginata ; styli liberi, giabri. 

Kiang-Sou : Tou-tcha-chan ; Tou-zuo-se; Song-kiang-fou (d'Argy). 
Pétales du R. lœvigata ; calice en hérisson du R. microphylla ; feuilles 
tenant des deux espèces. 

PotentiUa Bodinieri Lévl. sp. nov. 

Planta prostrata, tota pubescens et cinerea, subsericea; radice elon- 



Jê£^. 



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H. LÉVEILLÉ. NOUVELLES ROSACÉES ET RUBIACÉES CHINOISES. 57 

gâta; caules prostrati, haud rare radicantes; folia digitata; foliola 5, 
oblonga, obtusa, apice dentata, conduplicata , caulinaribus exceptis 
longe petioiata; inflorescentia in cymas plurifloras disposita; calyce 
calyculato, longe villoso ; petala alba, obtusa, apice rotunda, styli stamina 
aequantes; achainia rubro-lutea, ostreiformia. 

Yun-nan : environs de Yun-nan-sen, bords des champs, herbages, 
mars 1897 (Ducloux), 

Potentilla Martini Lévl. sp. nov. 

Puicherrima planta, tota argentea, e sectione P. Anserinse. 

Rhizoma crassum; caules erecti vel ascendentes et sericei; folia 
distantia, composita, imparlpennata, 11-21-foliolata, foliolis mini mis 
immixtis; foliola oblonga, plicata, obtusa, supra rubro-viridia, glabra, 
sabtus pulchre argentea, appresse dentata, gradatim e basi rachidis ad 
apicem crescentia; stipulœ eiongatœ et latissimœ (foliolis basilaribus 
multo majores), concolores, ad apicem tantum breviter et acute trifldse, 
in foliis superioribus reliquam folii partem fere sequantes; inflorescentia 
cymosa; flores numerosi, lutei; calyx et calyculus sericei, sepalis iO acu- 
minatis, sepalis calycis nervatis et longioribus ; petala lanceolata, acu- 
minata; staminum filamenta rubro-brunnea ; anthersB atro-purpurea», 
apiculatœ; styli rubro-brunnei, numerosi, staminibus breviores. 

Kouy-tchéou : environs de Gan-pin, dans les herbes de la montagne à 
Yu-pan, 29 juill. 1898; n« 2500 (Z. Martin), 

Cratœgus Bodinieri Lévl. sp. nov. 

Ârbor magna; rami lucidi, glabri, parce tlexuosi; folia simplicia, 
ovata, nunc obtusa, nunc subacuminata, dentata, supra hispida, subtus 
tomentosa et reticulata, longe petioiata ; flores odorati, umbellati vel corym- 
bosi 2-12, axillares; sepala glabra, ovata, obtusissima; petala alba; sta- 
mina inœqualia, alia stylis breviora, alla lougiora; styli 5 ad basin coadu- 
nati. 

Yun-nan : montagnes entre Ma-kay et Se-tsong-chou. Nom chinois : 
Chan-tchan-chou, 4 avril 4897 (Emile Bodinier). 

Cratœgus Argyi Lévl. et Vant sp. nov. 

Rami spinosi; folia glauca, valde cuneata, apice triloba, lobis haud 
raro subdivisis, excepto nervo medio subtus parce pilosiusculo, glabra, 
petioiata ; /Wicfiôus solUariiSf longe pedunculàtis, magnitudine pisi majoris : 
SstyUdeûexï. 

Espèce remarquable par ses fruits solitaires, très gros, atteignant 
presque la dimension d'une cerise. Ses feuilles servent, dit le collecteur, 
à sophistiquer le vrai thé. 

Kiang-sou : Chang-li-hong ; Ghang-sun; Vou-né (d'Argy). 

Cratœgus stephanostyla Lévl. et Vant sp. nov. 

Rami spinosi; spinis robustis; folia polymorpha, plus minusve inci^^a, 
alia ambitu triangularia, alia ovata, supra viridia, subtus glauca et parce 



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58 SÉANCE DU 24 JANVIER i908. 



I; peduoculi villosi; flores corymbosi, corymbis multis; petala sta- 
mîiHli«5 fien «qnHdia: slaaHAa^iabca; styti 3 ad basim corona pilosa alba 
cincii; unde nooien specieL 

Kiang-sou : Si-tcha-chun ; Si-souo-se; Zi-se, montagnes, 13 mai 
{d'Argy). 

Gratœgus Gavaleriei LévI. et Vant sp. nov. 

Frutex 2-3 m. altus; rami in specimiuibus nostris inermes; folia ovata 
et denticulata, interdum trilobata, supra viridia, subtus lutescentia, cras- 
sinervia, longe peliolata, nervis et petlolis pubescentibus; fructibus tanbel- 
latis, valde pedunculatis, fusiformibus, rubescentibus, stylis 3. 

Kouy-tchéou : Pin-fa, montagne : fruit aigrelet, mangeable après )a 
gelée blanche; 23 juill. 190â; n*» 93. 

PrunnsPersica Sieb. et Zucc. Var. longistyla. Lévl. et Vant var. nov. 
Differt à P. Persica stylo staminibus duplo longiore. 

Var. laaiocalyx Lévl. et Vant var. nov. 
Calyx conspicue albido-tomentosus. 

Kiang-sou : Song-kiang-fou (d'Argy). 

Prunus dcemonifuga Lévl. et Vant sp. nov. 

Differt a P. Persica : r stylo et staminibus glaberrimis; 3* petalis apice 
rotundato-obtusis. An species? an mera varietas? Flores albi vel rubri. 
Mars-avril. 

Kiang-sou : Tao-chou; Tao-tze-chou [d'Argy). Passe pour mettre en 
fuite les démons et esprits malfaisants. Les Chinois piquent des branches 
fieurie-s dans les rizières et dans les pépinières du riz autour de 
Chang-hai pour cet effet superstitieux [Note du collecteur), 

Galium Martini Lévl. et Vant sp. nov. 

Planta gracilis, brevis, hirsuta; caulis quadrangularis ; folia Â-tema, 
brevissime petiolata, ovata, mucronata, uninervia et valde hirsuta; flores 
minimi et perpauci, albi; fructus glabri; pedunculi elongati fructibus 
triplo longiores. 

Kouy-tchéou : environs de Gan-pin, commun sur les rochers panni 
les Mousses, 16 août 1897 {Léon Martin et Emile Bodinier), 

G. remotiflorum Lévl. et Vant sp. nov. 

Planta glabra et laevis; caulis debilis, elongatus, internodiis longissimis; 
folia â-terna, sessilia, oblonga et acuminata; flores in paniculas maci- 
lentas et multas distributi, albi?; petala acuminata ; fructus didymus et 
verrucosus. 

Montagnes du Kiang-sou [d^Argy). 

Galium Argyi Lévl. et Vant sp. nov. 

Planta glaberrima et asperrima; folia 4-terna, hngissime petiolata^ 



^:. 



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G. DISMIER. MOUSSE NOITVELLE POUR LA FLORE FRANÇAISE. 59 

Uitistime ovato-cordataj acumiData, 5-7-n6rvia; flores in paniculas diva- 
ricatas, oppositas et paucifloras dispositif duobus foliis bracteiformibus ad 
basim paniculanim muniti; petala acuminata; fmctus immaturi. 

Kiang-sou : Song-kîang-fou, Tchen-chéou. Nom chinois : Kien-lou- 
Isao. Racine médicale (d'Argy). 

Pœderia tomentosa Blume var. purpureo-cœrulea Lévl; et Vant 
var. nov. 

Flores inodori, atro-purpurei, margiae caeruleo-rubri. 

Kouy-tchéou : euvirous de Hoang-ko-chou. Liane grimpante 
Rochers, etc., 8 sept. 1898; n* 2501 (J. Séguin), 

Mussœnda Bodinleri Lévl et Vant sp. nov. 

Frutex sarmentosus; caulis striatus et pnberalus; rami hispidi; folia 
ovata, intégra, acuminata, petiolata, bracteata^ supra atroviridia, nervis 
et petiolis pubescentibus, subtus pallida; flores dense corymbosi, albi; 
calycis tubo brevi, dentibus selaceis; corollî» tormenlosœ tubo longo, 
angusto, limbo hreyissimo ; folium calycintim nuUum, 

Pied du Cay-mo-chan, 6 mai 1895; n** 1159 ^ dans les haies près 
des villages. Diffère de& antres Musssenda par Tabsence de grande 
bractée florale. [Note du colleeteur ëm. Bodinibr in herb. Hong-Kong.] 

Une Mousse nouvelle pour la flore française i 
Poblîa bulbifera Warnstorf j 

PAR M. G. DISMIER. 

Vers la fin de Tannée dernière j'ai fait part, à la Société bota- 
nique de France \ de la présence du Bruchia vogesiaca sur les 
bords d*un étang aux environs de Servance (Haute-Saône). En 
mélange avec cette rarissime Mousse je signalais également : 
Sporledera palustris, Atrichtim tenellum et Fossombronia Dumor- 
iieri. Parmi ces intéressantes Muscinées végétaient aussi quelques 
brins d'un Pohlia qui me sembla, par ses bulbilles bien visibles 
à la simple loupe, appartenir au P. annotina. Cependant la gra- 
cilité générale des tiges, la disposition des feuilles distantes et très 
étalées, par suite du volume des bulbilles, et surtout le sub- 
stratum sur lequel je recueillis cette Mousse, tourbe noire, avaient 

1, DiSMiER, Le Bruchia vogesiaca Schw, dans la Haute-Saône et Mu&cinées- 
nouvelles ou rares pour ce département (Bull, de la Soc. bot. de Fr.,. 
pp. 537-540, 1906). 



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60 SÉANCE DU 24 JANVIER 1908. 

attiré mon attention. A mon retour, j'examinai ce Pohlia au 
microscope; malheureusement les bulbilles, pour la plupart, 
s'étaient détachés ; ceux qui restaient, quoique incomplètement 
développés, me parurent se rapporter au Pohlia bulbifera. Dési- 
reux de confirmer cette découverte, je suis retourné vers la fin 
de septembre dernier à Servance où je fus assez heureux pour 
recueillir quelques touffes de ce Pohlia qui, étudié de nouveau, 
appartient sans aucun doute possible au P, bulbifera. 

Le Pohlia bulbifei^a se distingue, d'ailleurs, très facilement 
des espèces voisines, c'est-à-dire des Pohlia proliger a ^ annotina 
et Roihii, par la forme spéciale de ses bulbilles. Ceux-ci, groupés 
par 2-3 dans Taisselle des feuilles des tiges stériles, sont sphé- 
riques ou ellipsoïdaux et couronnés par 3-5 petites feuilles à 
sommet obtus, courbées à l'intérieur, cucullées et conniventes. 

Le Pohlia bulbifera est nouveau pour la flore bryologique 
française. En Europe, il est mentionné par M. Warnstorf*, 
l'auteur de l'espèce, dans plusieurs provinces de l'Allemagne : 
Marche de Brandebourg, Mecklembourg, Prusse occidentale, 
Poméranie et aux environs de Hambourg. En outre les trois 
échantillons suivants (m herb. Mus. de Paris) étiquetés Webera 
annotina appartiennent de même au Pohlia bulbifera : Suède : 
Hemoesand {Arnell in Musc. GalL, n° 874); Finlande : Hel- 
singsfors (5. 0. Lindberg); Groenland : Claushawn {S. Berg^ 
gren). 

1. Warnstorf (C), Krypt. dej^ Mark Brand., p. 431, 1904. 

2. M. DouiN (Muscinées d'Eure-et-Loir) indique à Manou (E.-et-L.) le 
Pohlia bulbifera. J*ai pu, sur Texemplaire que je dois à l'obligeance de 
notre confrère, m'assurer que cette plante n*est qu'une forme du P. anno- 
tina. 



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A. SAINT-YVES. — QUELQUES CARACTÈRES DU FESTUCA BORDERU. 6f 

Sur quelques caractères du Festuca Borderii 
RIcht., (PL Eut., I, 97 (1890), Festuca ovina 
Subsp. (vel Spec?) VI Borderii Hack., Mon. 
Fest. enr., p. 113); 

PAR M. A. SAINT-YVES. 



I 

Dans la préface de la Monographie des Festuca cT Europe le 
Prof. Ed. Hackel écrit : 

t .... d'autre part, des examens plus exacts feront reconnaître 
de nouveaux caractères qui rendront possible une différenciation 
plas nette et un agencement plus naturel des groupes. Le rang 
de ceux-ci sera par suite relevé. Considérer cet avenir avec 
regret, c'est ne pas comprendre les joies de la vie purement 
scientiQque... » (/. c, p. 48). 

Tel est, parfaitement prévu, le cas du Festuca Borderii qui 
doit être exclu de l'espèce collective ovina et élevé, tout au 
moins pour le moment, à la dignité d'espèce de premier ordre* 
D'ailleurs, la parenthèse (v. spec?), placée par M. Hackel dans 
sa terminologie, montre que le savant monographe avait pres- 
senti une modification possible aux affinités qu'il avait admises» 

Les matériaux utilisés dans la présente étude sont les sui- 
ranls : 4 parts de F. Borderii aimablement offertes par M. l'abbé 
CosTE et provenant de : 

!• Entre Sallent et Panticosa. Province de Huesca. Espagne. 
^ Pic de Algas, près les bains 

de Panticosa. — — 
3* Port de Marcadau et crêtes 

de Petemeille. Hautes-Pyrénées. 
4* Pic de Lapiarre. Vallée du 

Rioumajou. — 

5* Herbanum Bordère. Pic du Gabietou. Juillet 1899. Hautes-Pyrénées. 

6* Société Rochelaise. 1903. N*> 3 121. — 

•• Société Dauphinoise. 1882. N* 3 507. — 

8^ — 1889. N«3 507W». — 

9« Exsiccala Magnier. N^ 1 022. — 

Abstrac i n faite des deux caractères qui seront étudiés plus^ 



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62 



SÉAKCË DU 24 JANVIER 4908. 



loin et qui ne sont bien nettement perceptibles que sous le 
microscope, tous ces échantillons correspondent exactement i 
la diagnose du F, Borderii. D'ailleurs, ce Fesln4ru est facile à 
identilier, tant en raison de ses caractères morphologiques bien 
tranchés, que de ses caractères histotaxiques très nets et de 
son port spécial. C'est peut-être même pour ces motifs que cer- 
tains détails, d'une grande importance, mais non indispensables 
pour la détermination, ont été négligés jusqu'à ce jour. 

H. — Exclusion du F. Borderii de l'espèce collective ovina. 

La diagnose sommaire du F. Borderii est la suivante : 
« Vaffinœ foliorum innovationum fere ad on usque intégras, 
diu persistontos, laminai einortnns^ mox dejicientes, ad basin 




Fig. 1. 



Fig. 2. 



innovationum dense aggregatœ, emarcida? demum basi subfl- 
brosîc, Laniinœ obtusiusculœ v. acutiusculœ, 7-nerves, inttis 
elevatissime o-costatie, fasciculis sclereuchyynalicîs S validis 
(mediano marginalibusque) atque t tenuioribus, nervis latera- 
libus correspondentibus, instruct» (T. III, f. 10), siccando rom- 
presso cylindricaî, laleribus exsulcis » (Hack., /. c, p. 113.) 

De plus, le F. Borderii^ en tant que sous-espèce du F. ovina, 
doit présenter les autres caractères suivants : 

« Vaginœ foliorum innovationum modo varia longitudine 



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A. SAINTWES. — (ICELQUES CARACrÈRES DU FESTUCA BORDERII. 63 

fissa? modo iûlegrae {parle intégra absque su/co). Ooarium gta- 
berrimum. » (Hack., /. c. p. 82.). 

Or une étude attentive du F. Borderii montre que cette 
plante possède deux caractères en contradiction formelle avec 
ceux indiqués dans la diagnose générale du F, ovzna. 

i" FotiUB DE LA GAINE. — Daus tous les échantillons ci-dessus 
éoumérés les gaines sont entières presque jusqu'au sommet et 
fendues seulement au-dessus du quart supérieur; mais elles sont 




Fig. 3. 

munies sur leur partie entière d*un profond sillon jAsicé dans le 
prolongement de la fente (fîg. 2). Ce caractère présente une 
netteté et une constance absolues. Il est parfois un peu délicat 
à observer en raison de la grande fragilité de la portion vagi- 
nale formant le sillon, qui n'est constituée que par une seule 
rangée de cellules. Il est indispensable d'avoir recours à des 
coupes minces examinées sous le microscope. 

L'existence d'un sillon profond sur la partie entière de la 
gaine constitue, à notre avis, un caractère distinctif de premier 
ordre : en Europe, les F. ameihyslina L. et F. scaberrima 
Lange, qui sont des espèces monomorphes nettement tranchées, 
sont les seuls à le posséder. 

2* VEisTrruRE de l'ovaire. — Tous les échantillons de F, Bar- 
daii que nous avons examinés présentent des ovaires faible- 



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64 SÉANCE OU 24 JANVIER 1908. 

ment, mais nettement, hi&pidules au sommet (6g. 3). Le tri- 
chôme est rare, court (0,05 mm.-0,10 mm.), mais parfaite- 
ment visible au microscope, sous un grossissement de 60; il est 
absolument analogue, quoique parfois un peu moins long, à 
celui du F. amethyslina L. et du F. violacea Schleich. Cette 
plante rentre donc nettement dans la catégorie des Festuca qui 
possèdent : c Ovarium vertice ±: {intei^dum brevissime t). parois- 
sime) hispidulum » et pour lesquels la vestiture de Tovaire doit 
être examinée sous un fort grossissement, c Ovarium... pilis 
paucis (lente acriori tantum visibilîbus) vestitum » (Hack., 
loc. cit., p. 123). 

C'est encore li un caractère nettement contraire à celui 
indiqué pour le F. ovina. 

En résumé : 

A. Même décrit comme possédant un ovaire glabre et des 
gaines sans sillon profond, le F, Borderii, en raison de ses 
caractères très nettement tranchés, pouvait déjà être considéré, 
toutefois avec un peu d'hésitation, comme une espèce distincte 
de premier ordre. 

B. La mise en lumière de deux caractères distinctifs de 
grande valeur et en contradiction formelle avec la diagnose 
générale du F. ovina, lève toute hésitation. 

Le F. Borderii doit être exclu de Vespèce collective ovina en 
raison de la vestiture de ses ovaires et du sillon profond de ses 
gaines. 

III. ~ Élévation du F. Borderii au rang d espèce 
de premier ordre. 

Les considérations précédentes ont définitivement rompu le 
lien très tenu qui pouvait rattacher le F. Borderii au F. ovina. 
Cette plante devient par suite une espèce de premier ordre; car, 
aux caractères nettement tranchés qu'elle possédait déjà, 
viennent s'en ajouter deux autres de haute valeur spécifique. 

Examinons maintenant la place que doit occuper le F. Bor- 
derii dans la série des espèces. Incontestablement il rentre dans 
la Sect. I. Ovinœ § / Intravaginales; de plus le tableau suivant 
montre, en ce qui concerne les caractères de réelle importance, 
ses rapports avec les F. amethyslina L. et F. scaberrima Lange. 



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A. SA1!«T-YVES. — QUELQUES CARACTÈRES DU FESTUCA BORDERII. 65 



CARAcrtois 



F. amelhystina. 



F. Borderii. 



F. teaberrima. 



Yaginee inlegrœ a basi 

~ io parte intégra.... 

— laminas emortuas de- 
jicientes 

Ugalflp biauricalatœ 

Pasciculi sclerenchymativi.. 

Fascic. medianuscumnervo. 

Anthene paleam dimidiam.. 

Ovarium 



Ad médium. 

ImpUcatO'Sul- 
catM, 

Tarde. 
Minute. 
7. discret!. 
}^(m confluens, 
Superantes. 
Parcissime his- 
pidulum» 



Fere ad os us- 

qne. 
ImplicatO'Sul' 

catm. 

Mox. 
Obsolète. 
7. discreti. 
Confluens. 
Subœquantes. 
Parcissime his- 
pidulum. 



Ad médium. 

ImplicatO'Sul- 
caUe. 

Mox. 

Minutissime. 

7. discreti. 

Confluens, 

Superantes. 

Glabrum. 



Le F. Borderii paraît donc prendre nettement place entre les 
F. amelhystina et F, scaberrima et, comme le Prof. Ed. Hackel 
a fait de ces deux dernières plantes des espèces de premier 
ordre, il y a lieu d'agir de même avec la première. 

Toutefois Texamen du tableau ci-dessus pourrait facilement 
conduire à considérer les F. amelhystina j F. Borderii et F. sca- 
berrima comme dessubsp. d un spec. exarata (nom. nov.) carac- 
térisé par des gaines profondément sillonnées. Nous soumettons 
cette question à nos lecteurs, les matériaux et les connaissances 
spéciales nécessaires pour la trancher nous faisant actuellement 
défaut >. 

1. On considère souvent, avec raison, l^établissement d'une clef analy- 
tique comme un excellent critère de la valeur des espèces. 

Dans le cas présent, rien n'est plus facile à faire et la clef analytique 
dtt prof. Ed. Hackel serait modifiée ainsi qu'il suit : 

. ( Yaginœ innovationum basin versus incrassat», etc. 2. 

* ( Vaginae basi non incrassatœ 3*»*». 

SYaginœ in parte intégra profunde iraplicato-sul- 
catœ F. exarata, 
Vaginse in parte intégra absque sulco 4. 

Supprimer les accolades 14 et 15 et dans Taccolade 13, remplacer 14 
par 16. 
Dans Tespèce collective Exarata on aurait : 

. } Ovarium glabrum F, scaberrima, 

f Orarium vertice parcissime hispidulum 2. 

Vaginae a basi ad médium usque integrœ. Fasci- 
culus sclerenchymaticus medianus cum nervo 

2 / non confluens F. amethyslina. 

Vagina a basi fere ad os usque integrse. Fasciculus 
sclerenchymaticus medianus cum nervo con- 
fluens F. Borderii, 

T. LV. (séances) 5 



1 



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66 SÉANCE MJ 24 JAKYIBR 1908. 

IV. — Diagnose du F. Borderii Ricbt PL Europ., J, 97 (1890). 

Au cours de la présente étude nous avons noté les observa- 
tions suivantes concernant la diagnose donnée par le Prof. Ed. 
Hackel pour le F. Borderii 

« Humilu (iO-êO cm, alla). » L'échantillon n^ 5507^'* de la 
Société Dauphinoise et les échantillons de THerbarium BoR]>àRB sont Us 
seuls à atteindre seulement 15-20 cm. de hauteur; tous les autres 
possèdent des chaumes de 30 cm. et parfois de 40 cm. 

€ Laminas subjunceas {0^7-0,8 mm. diam.) » Nous n'avons rencontré 
que dans les échantillons de THerbarium Bordère des feuilles de 0,75 mm. 
ée diasBètFe; dans teos les autres le dhnnètre ynrie de 0,95 mm. à i ,30 
nmi. et sa valeur moyenne est de 1,10 nmi. 11 y a lieu de bien spécifier, 
afin d'éviter toute ambiguïté, que les diamètres ont été mesurés au 
moyen du micromètre oculaire et dans le sens longitudinal, c'est-à-dire 
suivant l'axe de symétrie de la feuille. Nous estimons donc que ces 
feuilles doivent être décrites comme : laminœ crassissivias (1,0 mm. vel 
ultra). 

« Laminœ glaucescentes, nec pruinosœ >. L'existence d'un enduit 
cireux est toujours difficile à constater sur des échantillons d'herbier, 
soit que la prnine disparaisse par le frottement, soit qu^elle se résorbe. 
(Hack., /. c, p. ^). Dans les spécimens ofterts par M. l'abbé Coste et 
récoltés depuis peu de temps (Août 1907), )es mnovatiotts, placées au 
centre des toufles et par conséquent protégées contre le frottement, 
sont nettement pruineuses, c'est-à-dire qu'elles présentent, surtout près 
des ligules, une poussière bleuâtre disparaissant au toucher ou à la 
chaleur. 

« Panicula brevis (^,5-4 cm, Ig), » Le plus souvent la longueur de 
la panicule est de o cm. et les glumelles ont 5-6 mm. Ig. 

La diagnose du F, Borderii doit donc être, à notre avis, 
la suivante : (Les phrases doublement soulignées sont celles qui 
ont été modifiées dans la diagnose du professeur Ed. Hackel. 

Spec. 6 bis P. Borderii. 

Ya^inm foliorum innovationum fere ad os usque infegrsf, in parte intégra 
profonde implicato-sulcatœ, suloo in continuatione ftvsur» partis supe- 
rioris sito, diu persistentes, laminas emorliuts mox déficientes^ ad basin 
innovationum dense aggregatae, emarcida? demum basi subfibrossp. Lnminm 
obtusiusculw V. acutiusculœ, 7-nerves, intus elevatissime o-costatap, fasciculis 
sderenchymaticis 3 validis (mediano marginalibusque) atque 4 tenuioribus, 
nervis lateralibus correspondentibus, instructœ, siccando compresso- 
cylindricœ, lateribus exsulcis. 



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A. SAINT-ÏVES. — OUELOUBS CARACTÈRES DU FESTUCA BORDERII. 67 

Colmi 20-35 cm. alti, firmi, superne teretiusculi, lœves, uninodes nodo 
inter fo la profunde immerso. basi ut ianovaliones vagin» et^ZT^ltl 
desutufs, dense aggregatfe, fuscis, dem«« suBfJo ". TS« m 
m,rassau appareant. Vagin» lœves, ligulœ foliorum innovationum obsolète 
culmeorum manifeste biauriculata, minutissime ciliolata>. LaminTcrls 
susimœ (1,0 mm. vel ultra-diam.), rigidœ, glabra», larves, glaucescentes 
Telpruino«B, foliorum culmeorum viva- verosimiliter laxe complicatf 

2 5-5 cm. Ig.), densa, lineari-oblonga, rachi IfBvi, ramis plurimis ^-S-soic. 
latis. inflmis 3-4-spiculatis, lœviusculis. Spicula» brevissime pediceXte" 
- mm. Ig.. oblongo-el.pticœ, 3-4 flores, floribus dense imbricatis obscÙTè 
mlaceo et viridi-Tariegatœ. Glum» stériles subœquales (3 ai mm? 
^nsim^utaUB H- mucronata ad 3/4 IV- pertinens" fertiles îate la^S: 
latff, 5-6 mm. Ig., a medio sensim acutatœ, infra médium usque carinaliB 

^'"2 mm^: ' '""" '"'''' «"^'" "''^'^ '■"'''-'''^' -S«: 

Palea lineari-oblonga, obsolète bidenticulata, ad caiinas brevissime rilin 
lata.ADtherœ (1,75-2 mm. Ig.) paleam dimidi^m sub^quarsTylSi!; 
pilis paucis (lente acriori tantum visibUibu.) rertice 4e.titum 

M. Em. Gadeceau a esToyé des échantillons vivants 
ilsoetes Hystrix et à' Ophioglossum Imitanicum prove- 
nant de Belle-He. Ces éelwatiHons scmtmis à la dispoeilion 
des membres présents. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



LÉVEILLÉ (Mr.). — Deax familles de plantes en Chine 

(Mémoires de la Société nationale des Sciences naturelles et mathé- 
matiques de Cherbourg, t. XXXV, p. 381-398), Cherbourg, 1906. 

Voici les espèces nouvelles proposées et décrites dans les deux 
familles traitées; celles non suivies de noms d'auteurs sont dues à la 
collaboration de MM. LéveiUé etVaniot. 

CoMMÉLiiiACÉES c Floscopa Cavaleriei^ Cyanotis Bodinieriy C. Cava- 
leriei, C. Labordei, Commelina Cavaleriei, Aneilema Boiinieri, 
A, Cavaleriei, A. coreanum. 

MÉLASTOMACâBS : Allomorpkia Covaleriei, Blastus Cara/met Léveillé, 
Bredia Cavaleriei, Sarcopyramis Bodinieri Lévl. 

Ern. Malinvaud. 

PITTIER (H.). -Primiti» Flora costaricensis; Polypetal» (pars), 
auctore John Donnell Smith, !248 pp. in folio. San José, 1907. 

Les fascicules 1 à 111 des Primitive Florœ costaricensis, formant le 
tome premier de cet ouvrage, avaient été édités avec la collaboration de 
H. Théophile Durand, de Bruxelles. Ce dernier ne pouvant continuer son 
concours, M. Phtier a entrepris seul la publication du second volume, 
dont il fait paraître aujourd'hui la première partie; on y trouve, classées 
par M. John Donnel SNrrB, de Baltimore, un certain nombre de familles 
non encore traitées. Cet auteur a reproduit notamment un grand nombre 
d'espèces nouvelles qu'il avait précédemment données dans le Botanical 
Gazette, 

Ce travail, dû à M. Donnel SMrrH, est suivi de fragments d'études 
monographiques commencées antérieurement et continuées sur de nou- 
veaux matériaux par divers collaborateurs, à savoir : Piperaceœ (2* con- 
tribution), auct. C. DE Candolle, renfermant de nombreuses espèces nou- 
velles; Acanthaceœ, auct. G. Li5dau, avec 14 espèces nouvelles; Euphor- 
biaceœ, auct. F. Pax, avec un aperçu général de la dispersion des Euphor- 
biacées au Costa Rica et la description de 4 nouveaux t^pes ; Araceœ^ 
auct. A. Engler, où sont données les descriptions de nouveaux An^Aunum 
extraites des Botanische Jahrbûcher, Bd XXV. 

Deux Index, l'un des noms latins spécifiques, l'autre des noms vul- 
gaires des plantes, terminent le fascicule. 

Ern. m. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 69 

SCHINZ (Hans). — Plantœ Henyharthian», ein Beitrag zur Kenntnis 
der Flora des unteren Sambesi (Plantes récoltées par Menyharth, 
Contribution à la connaissance de la flore du Zambèze inférieur). 
Extr. des « Denkschriflen der mathem.-natunvissenschaftl. Klasse der 
Kaiserl. Akademie der Wissenschaften in Wien >, Band LXXVIll, 
79 pages in-4. Vienne, 1905. 

Les plantes énumérées dans ce Mémoire ont été récoltées par le 
jésuite missionnaire Ladislas Menyharth, décédé au Zumbo en 1897, et 
proviennent principalement des environs de Boroma, qui était le lieu de 
résidence de la Mission, situé sur la rive droite du Zambèze. On trouve, 
dans rintroduction, d'amples renseignements sur les plantes utiles et sur 
le climat de ce pays. 

Voici les espèces nouvelles, décrites en allemand par M. Schinz : 

LoRANTHACÉBS. Loranthus Menyharthii^ L. quinquangulus ^ L. sam- 
besiacus, Viscum Menyharthii, Ces quatre espèces sont d'ENGLER et Schinz. 

Légumineuses. Acacia sambesiaca Schinz, Tephrosia mossambicensis 
Sch., Dalbergia sambesiaca Sch. 

IcAcnfACÉBS. Pyrenacantha Menyharthii Sch. 

Apocynacées. Rauwolfia sambesiaca. Sch. 

AcANTHAGÉBs. RuelUa oxysepala Clarke. 

Ern. m. 

WILDEMAN (E. de). — Énumération des plantes récoltées par 
Emile Laurent, avec la collaboration de H. Marcel Laurent pen- 
dant sa dernière mission au Congo. Fasc. IV ^ {Publications de 
lÉtat indépendant du Congo. Mission Emile Laurent, 1903-1904), 
Bruxelles, février 1907. 

Ce fascicule contient les pages ix-cxx et 355-450 de texte, avec les 
planches CVII-CXLIl. En voici le sommaire. 

!• pages ix-xxvi, une Notice biographique sur Emile Laurent (1861- 
1904). 

2* pages xxvn-cxx, carnet de route d*Émile Laurent. — Pendant son 
dernier voyage, du 24 septembre 1903 au 30 janvier 1904, Emile Laurent 
avait inscrit jour par jour les principales remarques que lui avaient sug- 
gérées ses observations quotidiennes. Ces notes, dont la plus grande partie 
est reproduite, forment une relation des plus intéressantes remplie 
d'aperçus instructifs sur la végétation du pays. De nombreuses photogra- 
vures d'une parfaite exécution accompagnent le texte. 

3* pages 355 à 450, suite de l'énumération des récoltes. Voici les 
espèces nouvelles (celles sans nom d'auteur sont de M. de Wildeman). 

i. Voy. dans le Bulletin de 1907, p. 486, l'analyse des fascicules II et ill. 



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70 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE PRAΫiCE. 

Champignons. Uredo Laurendi, (JEcidium congoanum, Phytlachora 
heterospora^ Xtjiaria Laurentii^ Melanconium hysterioides^ Fusanujii 
Phyllachorae, Ces six espèces sont de M. P. Hennings, de Berlin. 

Amartillidacées. Crinum congolense. 

MusACÉES. Musa Laurentii, 

IcAciNACÉES. Iodes Laurentii, 

Balsaminacées Impatiens Deelercqii, I. Kerckhaveana^ L mayorn- 
bensis, I. Sereti. 

Sterculiacébs. Greuna Laurentiiy Cola Laurentii^ C. longifolia, 
C, griseiflora. 

DiLLENiACÉES. Tetraceva Gilletii, 

Flacourtiacées, Sapotacées. Buchnerodendron Laurentii^ Homalium 
Laurentii^ H, ealaense, H. Gilletii^ Omphalocaiyum sankuruense^ 
0. Cabrœ^ 0. bomanehense, Chrysophyllum Lacourlianum. C. Lau- 
rentii^ C. longipedicellatum^ Sersalisia Laurentii^ Mimusops uban- 
giensis^ M. congolensis. 

Solanacées. Solanum Pynaertii, S. Leacrauwaeiii^ S, Sereti. 

4° Les planches CVU à CXLII, représentant les espèces nouvelles, 
continuent dignement la luxueuse illustration de Touvrage. 

Ern. m. 

HUB£R(J). — Ensaio d'uma Synopse das Especies do genero 
Heimi sob os pontos de vista systematico e geographicô {Boletim 
do Museu Gœldi, vol. IV, n° 4, mars 1906, p. 6^-651). Para, Brésil. 

Vingt et une espèces du genre Hevea sont décrites dans cette Mono- 
graphie. M. HuBER a créé les suivantes : Hevea cuneata et H. Duckei^ 
de la section Bisiphonia^ série Luteœ; H, randiana, série Intermediœ; 
les LI, viridis et Kunthiana, série Obtusiflorœ, 

EitN. M. 

Hémoires de la Société nationale des sciences naturelles et 
mathématiques de Cherbourg, publiés sons la direction de M. L. 
Corbière, secrétaire perpétuel de la Société, Tome XXXV (4« série, 
tome V), Cherbourg, 1905-1906. 

Cinq Mémoires, sur les six que renferme ce volume, intéressent les 
botanistes. 

Charreau (M. P.), p. 1-212 : lin coin du Congo, le cercle de Kundé 
(7 grandes cartes et nombreuses photogravures). — On y trouve d*abon- 
dants renseignements sur les plantes utiles de cette contrée. 

Léveillé (M»'' H.), p. 213-220 : Contribution à la caricologie orien- 
tale (Mémoire analysé dans le Bulletin de 1906, p. 328). 



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REVUE BlBLlOGRAPHiaUE. 71 

DouiN (Charles), p. 221-358 : Muscioées d'Eure-et-Loir (Voy. le 
compte rendu dans le Bulletin de 1906, p. 728). 

LévEiLLÉ (M»''), p. 381-398 : Deux familles de plantes en Chine 
(ComméUnacées et Mélastomacées). Voy. plus haut, p. 68. 

Gai>eceau (Emile), p. 399-414. Supplément à TEssai de Géographie 
botanique sur Belle-Ile-en-Mer. On trouvera l'analyse de ce dernier travail 
dans le Bulletin de 1907. 

Ern. m. 

Hene Denkschriften der allgemeinen schweizerischen Gesellschaft 

fur die gesammelten Naturwissenschaften (Nouveaux Mémoires de 

la Société helvétique des sciences naturelles), vol. XL et XLI. Georg 

et C»% Bâle, Genève et Lyon, 1906-1907. 

Yolum. XL, 1906. 

Ce volume, de 728 pages in-4, renferme un Mémoire considérable, 
entièrement écrit en altemand, de M. Karl Hermann Zahn sur les Ëper- 
vières de la Suisse {Die Bieracien der Schweiz) ; cette étude floris- 
tique occupe 150 pages, le vaste genre Hieracium si richement repré- 
senté dans la flore helvétique est divisé en 3 sous-genres et 24 sections 
[Rotte)^ dont voici Ténumération : 

1" sous-genre, Pilosella Tausch avec six sections : 1. Pilosellina 
Nœgeli et Peter, 2. Auriculina N. P., 3. Alpicalina N. P., 4. Pratensina 
Asch., 5^ Cymosina N. P., 6. Prœaltina N. P. 

2" sous-genre, Euhieraciuh Torrey et Gray, avec dix-sept sections : 7. 
Glauca Griseb, 8. Villosa Griseb, 9. Barbata Gremli, 10. Cerinlhoidea 
Koch, 11. Oreadea Fries, 12. Vulgata Frie&, 13. Lanata Arvet-Touvet 
14. Lanatella A.-T., 15. Heterodonia A.-T., 16. Alpma Fries, 17. 
Amplexicaulië Fries, 18. Intybacea Koch, 19. Prenanthoidea Fries, 20. 
Tridentata, Fries, 21. Umbellata Fries, 22. Sabauda Fries, 23. Italica 
Fries. 

3® sous-genre, Stenotbeca Fries, avec la section 24. TolpidiformiaFrœl, 

Les espèces décrites sont au nombre de 70 dans le premier sous-genre, 
134 dans le sous-genre Euhieracium et une seule, ff, staticefolium 
Vin. dans la dernière section, ensemble 205 espèces, lesquelles sont 
subdiidsées en sous-espèces, variétés, etc. 

Ce laborieux ouvrage n*est pas susceptible d'une analyse détaillée. Il 
constitue un document de grande valeur pour l'étude scientifique d'un 
des groupes les plus énigmatiques du règne végétal. 

V<^ XLI, 1907. 

On trouve dans ce volume une étude monographique très dévetoppée 

du genre Lepidium par M. A. Thbllung, de Zurich. En voici le sommaire : 

A. BoTANiQUB GÈNftRALB. — I. Nomencktufe et systématique du genre 



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72 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Lepidium (L). R. Br. — U. Le genre Lepidium et s^es sections dansTétat 
actuel de nos connaissances : a. La place de ce genre dans la classification 
systématique des Crucifères de Prantl. — 6. Morphologie et biologie. — 
c. Anatomie et physiologie — d. Examen des caractères spécifiques. — 
e. Établissement des sections. — f. Phylogénie et géographie botanique. 

B. Systématiqub. — L Diagnosedu genre Lepidium. — II. Clef des sec- 
tions. — lU. Distinction et description des espèces, a. Espèces euro- 
péennes, asiatiques et africaines. 6. Espèces américaines, c. Espèces 
d'Australie et de Polynésie, d. Nomina nuda, e. Espèces à exclure du 
genre Lepidium. — Bibliographie. — Index alphabétique. 

Cette indication du plan suivi par Fauteur montre tout le soin qu'il a 
apporté dans son travail. 122 espèces sont décrites en latin avec un 
détail très minutieux, plusieurs sont nouvelles et proposées par Fauteur. 

Ern. m. 

ROSE (J. N.). — Five new species of Mezican plants. (From 
the a Proceedings of the United States Muséum » : vol. XXIX, pp. 437- 
439). 

Ces cinq espèces nouvelles, nommées et décrites par M. Rose, sont : 
Polianthes elongata (réc. à Hacienda de Trinidad), Nolina Altamiroana 
(montagnes de la Guadeloupe, 1865, Bourgèau), Parnassia mexicana 
(Sierra Madré, réc. par Townsend en 1889), Euchera aculifolia (réc. à 
Trinidad par Pringle en 1904) et Dahlia Chisholmi (Hacienda de Trinidad, 
1904). . Ern. M. 

ZEILLER (R.). — Note sur quelques empreintes végétales des 
gîtes de charbon du Tunnan méridional. 27 pages in-8<> et une 
planche en phototypie. — (Extrait des Annales des Mines ^ livraison 
d'avril 1907). Paris, 1907. 

Au cours d'une récente exploration géologique du Yunnan méridional, 
M. CoRNiLLON a recueilli un assez grand nombre d'empreintes végétales 
qu'il a confiées à M. Zeiller, pour en faire Tétude et qui sont aujour- 
d'hui déposées à TÉcole supérieure des Mines. Ces empreintes, qui se 
trouvent dans des schistes tendres, sont, pour le plus grand nombre, 
formées de débris tellement menus qu'elles sont complètement indéter- 
minables; mais il en est de plus étendues, susceptibles, par suite, d'être 
étudiées, sans que, le plus souvent, on puisse faire autre chose que des 
déterminations génériques et de simples rapprochements avec des 
espèces connues. Malgré cela, M. Zeiller en a jugé l'étude intéressante 
à cause du mélange, avec prédominance des premières, de formes tria- 
siques et de types paléozoïques ; parce que, aussi, on y trouve, d'une 
façon indiscutable, une Fougère rare, connue jusqu'ici exclusivement 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 73 

par un travail de Schbnk, sur des échantillons rapportés d'une autre 
province chinoise, par Righthofbn. 

Après une introduction destinée à fournir les renseignements que je 
viens d'exposer, relativement à la provenance et à l'état de conservation 
des échantillons, M. Zeillbr passe à la description des formes détermi- 
nées. Elles comprennent, parmi les Fougères, un Pecopteris rappelant 
les Cladophlebis triasiques; un autre Pecopteris se rapprochant, autant 
qu'on peut en juger sur un très petit fragment, du P. angusta Heer du 
Trias suisse; une troisième espèce du genre rappelant, au contraire, le 
Callipteridium Jtegina Roem. (Sp.) de TAutunien supérieur; deux 
Netropieridium, genre essentiellement triasique, un Tœniopteris dont 
les affinités paraissent être avec des espèces permo-triasiques ou tria- 
siques; probablement une autre espèce du même genre, enfln l'espèce 
de ScHENK, dont j'ai parlé plus haut, Gigantopteris nicotianœfolia assez 
largement répandue, sans que d'ailleurs, à raison de leur état très frag- 
mentaire, ces échantillons permettent de se rendre mieux compte de la 
constitution de la fronde que cela n'avait été le cas pour ceux étudiés par 

SCRENK. 

En fait d'Équisélinées on trouve un beau fragment de verticille foliaire 
paraissant se rapporter à VAnnularia maxima que M. Zeiller considère 
d'ailleurs comme devant rentrer dans un genre nouveau; il y a, en 
outre, quelques fragments de tiges. 

Les Lycopodinées sont représentées par quelques fragments de 
Stigmaria. 

Reprenant l'élude des échantillons rapportés de Mi-Leu par M. Leclerc, 
ingénieur des mines, M. Zeiller a pu, en les refendant, obtenir quel- 
ques nouvelles empreintes, parmi lesquelles des pinnules de Nevropteri- 
dium, des fragments d'un Stigmaria semblable à celui qui vient d'être 
cité. Il a ainsi justifié, par la paléophytologie, les conclusions aux- 
quelles étaient arrivés les stratigraphes, quant à la contemporanéité de 
tous ces giçements. De quel âge sont-ils? étant donné le nombre de formes 
nettement triasiques, la persistance aujourd'hui reconnue de quelques 
tjpes paléozoïques, des Slxgmana notamment, dans le Trias, c'est à ce 
terrain, à ses couches moyennes et inférieures que M. Zeu^ler les rap- 
porte. Il lui semble probable, en outre, que les gisements d'anthracite de 
Hounan, explorés par de Richthofen, appartiennent au même horizon; 
il souhaite toutefois que des recherches plus approfondies permettent de 
se rendre mieux compte de la flore de ces très intéressants gisements. 

P. Fliche. 

Recherches sur la répartition des plantes ligneuses croissant 
spontanément en Suisse. — ^" livraison, Territoire du Canton 



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74 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRATICE. 

de Genève. — xvi-63 pages iii-4** et deux cartes, sans lieu, ni date 
d'impression. 

Une introduction, rédigée en allemand et en français, par M. le pro- 
fesseur C. ScHRôTER de Zurich, expose comment, en 1902, sur Tinitiative 
du Département fédéral de l'intérieur, il fut décidé d'organiser, avec le 
concours de tous les gouvernements cantonaux, une enquête sur la 
distribution des principales espèces forestières, comme monographies de 
botanique forestière, par régions, puis dans un grand travail d'ensemble 
relatif à chaque essence. 

M. ScHRÔTER expose ensuite ce qui a déjà été fait en Suisse dans cet 
ordre d'idées, en groupant les travaux de la façon suivante : Études 
systématiques (Conifères et arbres feuillus), Flores suisses. Flores can- 
tonales, Répartition des essences. Limite supérieure de la végétation 
ligneuse, Arbres remarquables par leur âge ou leurs dimensions. Mono- 
graphies de quelques régions de la Suisse, Distribution horizontale et 
verticale des plantes ligneuses dans les temps passés. 

A la suite de cette introduction, vient la première statistique canto- 
nale. Elle se réfère au canton de Genève, et a pour auteur M. A. Lend- 
NER, premier assistant à l'Institut botanique de Genève . Elle s'ouvre par 
un aperçu sur la constitution géologique du canton de Genève, et sur la 
composition des sols formés par les divers terrains qui s'y rencontrent ; 
l'auteur expose sommairement la distribution des bois sur chacun d'eux. 
Vient ensuite l'énumération des espèces ligneuses rencontrées dans le 
canton de Genève, avec l'indication très exacte de tous les endroits où 
on les trouve; sont compris dans cette énumération, non seulement les 
arbres, mais les arbrisseaux, tel le Genista sagittalis ; en ce qui con- 
cerne les arbres, à côté des espèces indigènes, il en a été admis quelques- 
uns qui ne sont qu'introduits dans la culture forestière, ainsi l'Épicéa et 
le Mélèze. 

Des considérations générales suivent cette énumération : les espèces 
se groupent en trois sections, les espèces indifférentes qui* se trouvent 
partout; puis deux séries caractérisées l'une parle Châtaignier, l'autre 
par l'Orme champêtre, affectant des stations différentes; les préférences 
paraissent dues surtout au plus ou moins de richesse du sol en eau. 
Les bois de Chêne étant les plus importants du canton, quelques-unes 
des espèces les plus remarquables de leur association sont citées. Le 
chaphre se termine par l'indication du mode de traitement des bois, qui 
est généralement le taillis simple, et par quelques réflexions sur les varia- 
tions qu'a subies la surface boisée. Un chapitre est consacré à quelques 
arbres notables, dont spécialement des Cèdres, de très grande beauté, à 
peu près contemporains de l'introduction de l'arbre en Europe. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 75 

Gomme conclusion, Tautear fait observer qu'à raison de la faible 
altitude du pays, les Alpes et le Jura si voisins n'exercent pas grande 
influence sur la végétation forestière, que celle-el ne renferme pas non 
plus quelques espèces se trouvant, à même altitude, de Tautre côté des 
Alpes ; il revient sur la distribution des espèces et indique, en terminant, 
un groupe non signalé antérieurement, celui des espèces qui habitent le 
bord des eaux. L'ouvrage finit par un tableau de distribution des espèces ; 
est accompagné de deux cartes donnant la distribution des grandes 
essences forestières. P. Fliche. 

CORRENS (C.).— Uber Vererbungsgesetae (Sur les lois de l'Héré- 
dité), in-8, 43 pages, 4 figures dans le texte. 

L'auteur met au point la question de l'hérédité et les diverses théories 
émises à ce sujet. La preuve de l'hérédité c'est que dans les mêmes con- 
ditions extérieures, des œufs d'origine différente (deirx races de poules 
par exemple), donnent des êtres différents. Les caractères des parents 
ne se transmettent pas intégralement chez les enfants, mais seulement le 
plan général d'organisation. Il y a toujours quelques modifications de 
détail. Ce plan « endosse un nouveau vêtement » {Simple variation de 
Darwin; Mutation de De Yries). 

Le développement soulève de multiples questions, la suivante en parti- 
culier : comment au moyen d'un simple œuf se constitue un organisme? 
Bans le cas où un organisme se reproduit essentiellement, ou bien a 
perdu un de ses membres et le récupère, comment se complète cet 
organisme? En un mot de quelle manière se constituent les caractères 
fondamentaux de Tétre ? 

L'auteur s'occupe à peu près uniquement des plantes et de la trans- 
mission des caractères fondamentaux d'une génération àl'autre. Il s'appuie 
sur les données que fournit l'expérience. Il rappelle notamment les 
recherches de Mekobl «ur les Pisum, Si les parents d'un hybride se dis- 
tinguent par un seul point, on a une paire de caractères à considérer 
[Merkmal Paar) ; s'ils se distinguent par deux points, on en a alors deux 
paires. 

Aux caractères distinctifs visibles à l'extérieur en correspondent d'autres 
invisibles, intimes, inhérents au plasma gemrinatif (Anlagenpaaren), 
MBfîDEL énonce trois principes ou règles : 1° Chez l'hybride, dans chaque 
Merkmal Paar^ le caractère de l'un des parents masque l'autre, totale- 
ment ou à peu près; on dit que ce caractère est dominant. C'est la règle 
de prévalence d*un des caractères (Prâvalenzregel) : par exemple deux 
plantes, l'une à fleurs rouges, l'autre à fleurs blanches, dcmnent un hybride 
à fleurs rouges, semblable à l'un des parents. 2*^ Les caractères corres- 
pondants des deux parents, réunis chez un hybride durant son dévelop- 



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76 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

pement végétatif, se séparent ensuite de telle sorte que chaque moitié des 
cellules germinatives présente les caractères d'un des parents. On a par 
exemple 80 pour 100 de plantes à fleurs rouges et 50 pour 100 à fleurs 
blanches (Spaltungsregel), 3* Règles de l'indépendance complète des 
caractères distinctifs des parents des hybrides : on arrive par fusion de 
ces caractères à obtenir des individus intermédiaires qui restent constants. 
Gela est vrai aussi bien pour les hybrides d'espèces éloignées que pour 
ceux de races proches, comme Vont remarqué depuis longtemps les 
éleveurs de bestiaux. 

M. Correns a étudié à ces différents points de vue les hybrides 
d' Urtica pilulifera (feuilles dentées) avec Lf, Dorfar/it (feuilles entières), 
de Mirabilis Jalapa à fleurs blanches et roses, diverses races de Maïs. 

P. Hariot. 

Expédition antarctique française (1903-1905) commandée par 
le D'' Jean Charcot. Algues par P. Hariot, in-4% 9 pages, Paris (sans 
date). 

Par suite de leur conservation dans le formol, la plus grande partie 
des Algues recueillies, au cours de la mission du Français, par M. le 
D' TuRQUET, n'a pu être utilisée. 11 n'a été possible de reconnaître que 
38 espèces ou formes dont cinq sont nouvelles. Ce sont^les : Lyngbya 
nigra f. antarctica Gomont; Phormidium Charcotianum Gomont; 
Gymnogongrus Turqueti Hariot, CaWjmenia antarctica Hariot; Litho- 
phyllum œquabile f. tvandelica Foslie. Les autres Algues qui ont pu 
être déterminées, sont : Vaucheria sp., Prasiola antarctica Kûtz., 
Enter omorpha bulbosa (Sûhr) Kûtz., Rhizoclonium sp., Cladophora 
sp., Ectocarpus geminatus H. et H., Desmarestia Harveyana Gepp, 
/>. ligulata (Lighft.). Lmrx, A denocy s tis Lessonii R, et H., Scytothalia 
Jacquinotii Montagne, Macrocystis pirifera Ag. (Patagonie), Porphyra 
laclniata Ag., Gigartina Radula J. Ag., Gymnogongrus norvégiens 
(Gunn.) Ag., Gracxlaria confervoides (L.) Greville, G. simplex Gepp, 
Plocamium coccineumLyu'^h,, Nitophyllum sp., Ptilonia magellanica 
(Mont.) J. Ag., Delisea pulchra Grev.) Mont., Polysiphonia sp., Cryp- 
tonemia^p,, Peyssonnellia Harveyana Crouan, Hildbrandtia Le Can^ 
nellieri Hariot, Corallina of'ficinalis L. 

De ces 30 espèces ou formes, dont il faut déduire celles qui n'ont pu 
être déterminées que générique ment, 13 avaient été signalées dans la 
région Magellanique et à la Terre de Feu. 

Les espèces qui paraissent dominer sont : Desmarestia Harveyana 
remplaçant le Z>. Rossii de la Terre de Feu; Desmarestia ligulata; Ade- 
nocystis Lessonii, Plocamium coccineum^ Gigartina Radula^ tous quatre 
magellaniques et Gracilaria simplex, très belle plante, de grandes 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 77 

dimensions, tout à fait caractéristique. Il faut signaler aussi le remar- 
quable Scythothalia Jacquinotii^ tout à fait antarctique, que Texpédition 
de ï Astrolabe et de la Zélée avait recueilli et que Montagne avait décrit. 

La plupart des espèces sont stériles, aussi la détermination générique 
nVt-elle pu dans certains cas être faite qu'avec doute (Callymenia, 
Gymnogongrus.) 

Nous signalerons, dans la collection que nous avons étudiée, Tabsence 
de plantes très répandues à la Terre de Feu : Uiva Lacluca, Ballia cal- 
litricha^ Acanthococcus antarcticus, Anhfeltia plicata^ Callophyllu 
variegata etc. P. H. 

MÛNDEN (Max). -- Der CSitonoWast {Le Chtonoblaste), in-8, 
168 pages, 11 ûguresdansle texte, 9 [flanches hors texte. Leipzig, 1907» 

L'auteur de cet ouvrage considère une cellule comme équivalant à 
une colonie de Schizomycètes. Les métaux et les minéraux se montre- 
raient également formés d'un grand nombre de bâtonnets et de filaments 
analogues à des Bactéries, s'accroissant conunedans le règne organique. 
Un cristal provient d'un germe initial qui s'accroît progressivement; 
s'il se dissocie, on revient à un germe plus petit. Les métaux et les miné- 
raux augmentent de volume par la croissance de la membrane de corps 
bactériens élémentaires (chtonoblastes) et l'adjonction de granules par 
intussusception. Au bout d'un certain temps, toutes les parties d'un 
métal ou d'un minéral sont modifiées et les chtonoblastes qui les consti- 
tuent forment des colonies (zooglées). 

Les Bactéries montrent des caractères analogues à ceux des minéraux 
et des métaux au point de vue de la reproduction. 

L'unité élémentaire des cellules des métaux et des minéraux équivaut 
à une Bactérie, à un bioblaste, à un cytoblaste, à un granule ; c'est un 
Chtonoblaste. 

Les treize chapitres qui composent l'ouvrage de M. Mûnden ont trait 
aux formes évolutives du chtonoblaste, à sa constitution, à ses mouve- 
ments propres, à sa reproduction, à la transformation des chtonoblastes 
minéraux en gouttelettes liquides, etc. P. H. 

Annales de l'Institut national agronomique, 2« série, t. VI, 
fasc. II, 1907. 

Ce fascicule contient entre autres les articles suivants : 
LiNDET et Ammann (L.) — Sur le pouvoir rotatoire des protéines extraites 

des farines de céréales^ p. 233. 

On est convenu d'appeler gliadine la protéine oy l'ensemble des pro- 
téines de l'amande de froment qui sont solubles dans l'alcool absolu. Le 



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78 SOCIÉTÉ BOTANIÛUE DE FRANCE. 

pouToir rotatoire de cette protéine est voisin de aD = — 92^. Les auteurs 
moatrent qu'en réalité il existe dans le Froment non pas une, mais deux 
gliadines qu'ils proposent d'appeler a (pouvoir rotatoire aD=—81''6) et 
P(aD = — 95«0) 

Le Seigle et FOrge renferment, à côté de la gliadine, une protéine nou- 
velle, pour laquelle est proposé le nom d'hordéine et de pouvoir rotatoire 
aD = — i37°à— 138». 

Les maXsines « et p déOnies par Donaad et Làbbé sont réellement difiié- 
rentes, ainsi que le montre leur pouvoir rotatoire, aD = — 29**6 pour la 
première, — 4O'»0 pour la seconde. 

Enfin les pouvoirs rotatoires des protéines des céréales varient avec la 
concentration en alcool des solutions dans lesquelles on les observe. 

Kayser (E.) et Marchand (H.). — Influence des sels métalliques notam- 
ment de ceux de manganèse^ sur les levures alcooliques^ p. 3o5. 

L'addition de sels de manganèse aux moûts sucrés agit d'une manière 
variable sur les diverses levures : certaines sont favorisées, d'autres 
gênées dans leur développement. En tout cas, cette addition se traduit 
par une augmentation de la sécrétion diastasique, pour laquelle il existe 
d'ailleurs on optimum. La nature du sel de manganèse joue également 
un rôle : les poids de levure obtenus sont plus élevés pour le nitrate, le 
succinate et le phosphate que pour l'acétate et le sulfate. Il est possible, 
en forçant graduellement la dose du sel, d'accoutumer la levure à des 
milieux surchargés en manganèse. Les levures ainsi modifiées donnent 
au cours de la fermentation plus d'alcool et d'acidité fixe et moins d'aci- 
dité volatile que les levures normales; la fermentation est plus complète, 
plus rapide et son départ a lieu plus tôt. Cette constatation peut donner 
lieu à d'intéressantes applications industrielles. L. Lutz. 

HAMET (Raymond). — Monographie du genre Kalanchoe, Bull. herb. 
Boissier, t. VU (1907), pp, 870-900 et t. VII (1908), pp. 17-48. 

L'auteur a décidément adopté en botanique le genre monographie qui 
est à la fois celui qui laisse le moins de doute dans les déterminations et 
constitue un ensemble plus complet, celui qui permet le mieux de faire 
une sage critique des espèces. Après le genre Drosera, publié dans ce 
Bulletin même, vient le tour des Kalanchoe, 

M. Hamet a puisé un peu partout des matériaux d'étude vivants ou 
secs; s'il s'est adressé à plusieurs particuliers, il n'a eu garde d'oublier 
les Jardins botaniques et surtout les grands herbiers; celui du Muséum 
de Paris lui a procuré, semble-t-il, la plus large part de matériaux. 

L'auteur réunit dans le genre Kalanchoe, les Bryophyllum et Â'it^ 
ckingia qui ne s'en distinguent pas suffisamment et donne la description 



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REVUE BlB&IOGRÀVHliQUE. 79^ 

détaiUée du groupe am&i constitué et la distrilHition géograpbiqisie gêné- 
raie. Il a cru devoir établir 13 groupes d'après un ensemble de caractères. 
Généralement les Hioaographes n'oublient point ces groupements naturels, 
etron est en droit de se demander si, basés sur un grand nombre de 
caractères, ils sont d'une intelligence fecile et rendent des services en 
rapf^t avec la peine qu'ils ont demandée à l'auteur. Toujours Qst-il q«e 
la clef des espèces qui suit ces 13 groupes ne leur correspond pas. £lle 
comprend 51 espèces; 180 insuffisamment connues et 2 hybrides seront 
ea outre comprises dans l'énumération descriptive. 

Cette énumération donne la bibïograpbie, la synonymie, une descrip*- 
tioD latine suffisante et une répartition géographique circonstanciée. 
On aura une idée du souci que M. Hambt a eu d'être complet quand on 
saura, par exemple, que le K. laciniata comprend une synonymie et 
bibliographie de 144 lignes de texte compact, et 90 lignes environ pour 
la distribution géographique. Il est vrai que toutes les espèces n'ont pas 
comme celle-ci 66 synonymes et une répartition aussi vaste. Toujours 
est-il que partout M. Hamet a été plus complet que concis, car ses abré- 
viations sont insuffisantes et il nous donne le luxe (peut-être inutile) de 
citer le titre des articles que Ton trouverait tout aussi bien en feuilletant 
les périodiques où ils figurent et où le lecteur est renvoyé. Un fait à noter 
dans les descriptions latines de M. Hamet est leur parallélisme complet 
comme si elles étaient toutes jetées dans le môme moule. C'est cette uni- 
formité et ce plan unique qui permet au lecteur de se rendre bien 
mieux compte des analogies et des diff'érences d'une espèce à l'autre. 
C'est peut-être d'un latin moins élégant, mais les botanistes y trouveront 
leur compte. 

M. Hamet a fait suivre la distribution géographique des espèce» 
d'observations personnelles assez fréquentes qui motivent les réunions 
qu'il a faites. Le K. brachycalyx Baker est pour le monographe un tri- 
chosantha^ le /T. Van JteghemiHsmeU un beharensisy le K. brevicaulis 
un pumila, le subpeltata Baker un miniata^ le multiflora Schinz un 
èrachyloba, le prasina N. E. Brown, un Baumiiy le gomphophylla 
Bak. un HHdebrandtii^ le Bonnieri Hamet, un linearifolia, le Bentii 
Wright un terelifolia. On le voit, il y a là deux sacrifices d'Abraham 
entièrement accomplis et il faut en féliciter l'auteur consciencieux, le 
sacrifice étant peut-être plus coûteux à son âge. 

4 espèces nouvelles subsistent signées Hamet; ce sont : K. Beau- 
verdi^ AT. Conslaniiniy K, NadysB^ K, Adelse. En outre, il y a 2 nomina 
nova proposés. 

Ainsi le nombre des nouveautés est minime en rapport des suppres- 
sions et ceci n'est point pour déplaire aux esprits judicieux qui pensent 
avec raison qu'il y a pfe» de mérite à couper des arbres inutiles dans la 



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80 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

forêt trop touffue de la nomenclature qu'à y planter quelques rejetonR 
peu viables. 

Lé travail se termine par deux paragraphes utiles; une liste des 
numéros des collecteurs, ce qui est très facile pour la détermination des 
grandes collections largement publiées, et une table synonymique avec 
numéros, correspondant à Ténumération du travail et qui sert en quelque 
sorte de table de matières. F. Gagnepain. 

VIAUD-GRAND-MARAÏS (D'). —Notice sur quelques Cham- 
pignons comestibles de Noirmoutier. Fontenay-le-Comte, 1907. 
Broch. 8% 8 pages. 

Ce petit travail est surtout destiné aux amateurs de Champignons . 
L'auteur y donne d'utiles conseils pratiques pour la reconnaissance des 
espèces comestibles et dangereuses de l'île. Le botaniste remarquera que 
la flore mycologique de Noirmoutier semble riche et variée, ce qu'on 
doit attribuer à la présence de deux bois où dominent l'Yeuse et le Pin 
maritime mélangés à des espèces à feuilles caduques. Une série d'Aga- 
rics, de Bolets, le Sparassis^ des Morilles sont cités au cours de ce tra- 
vail. F. Camus. 



NOUVELLES 

— Nous sommes heureux d'apprendre qu'à l'occasion du 1*'^ janvier, 
plusieurs de nos confrères ont reçu des distinctions honoriftques : le 
D' Arthur Legrand a été nommé Officier de l'Instruction publique, 
MM. Alfred Reynier et Ydrac, Officiers d'Académie, M. J. Laurent, Offi- 
ciers du Mérite agricole, M. Goris, Chevalier du même ordre. 

Les palmes académiques ont été accordées également à M. Paul Bro- 
DARD fils, l'imprimeur de la Société, à qui nous adressons nos félici- 
tations. 

— A vendre un herbier composé de 56 cartons renfermant de 7 500 à 
8 000 plantes de France, d'Europe et d'Afrique. S'adresser à M. Dofpour, 
16, rue Jeanne-d'Arc, à Agen. 



Le Secrétaire-rédacteur, gérant du Bulletin. 
F. Camus. 



Coulommiers. Imp. Paul BRODARD. 



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BULLETIN 




DE LA 



F F 



SOCIETE BOTANIQUE 

DE FRANCE 

FONDÉE LE 23 AVRII, 1854 

ET RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE 

PAR DECRET DU 17 AOUT 18T5 

TOME CINQUANTE-CINQUIÈME 

(Qaalrième série — Tome VIII) 



2 

Séances de Février 1908. 




PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

RUE DE GRENELLE, 84 



^' ^"f ^''^ ^^ ^^ Société botanique de France paraît par livraisons mcosueJles 
Le Bon à tirer de ce numéro a été donné le 7 avril iôos. 



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AVIS 

L'adresse de M. Ferna«d CAMUS, Secrétaire-rédacteur, est Villa des Gobelins, 
i^? 7, Paris, Xll^. 



Tarif des tirages à part. 

Va iJra^e sous presse do -25 exemplaires est accordé gratuitement à Messiears les Auteurs qai «m 
feront la domando en remeitaut leur manuscrit. — Les Auteurs qui préfèrent des tirages ù pan avec 
réimpoaitton, bénértcieront en compenaaiiou d'mie réduciion lie 3 l'r. 6l> sur les prix du tarif ci dessous 



NOMBRE DE FEUILLES 



Uno feuille (16 i)apes}, réimposilion, papier, tirage, 
pliure, pî'jûro et couvcrturo passe- partout, de 
couleur. , 

Trois quaris de f'Miillo (12 pages). 

Demifeuillo ,8 pages) 

Quart de feuille {^ pages) .,....,... 



?• feuille en sus dn la premi(^rft 

Trois (|uarfs de fcuillo en sus dutio feuille. 

Demifeuillo on sua d'uno feuille 

Quart do feuille — 



EXEMPL. 



fr. c. 

V GO 
6 » 
4 80 

9 >. 

8 40 
4 80 
3 ftO 



50 

EXEMl'L. 



fr. C. 

11 40 
10 80 
7 20 
6 » 

10 20 
9 60 
6 « 
4 80 



100 

EXE.MÏ'L. 



fr. c. 

lîï ?0 
i-i 60 
9 60 
8 40 

11 40 
10 80 
7 80 
7 '20 



200 

EXEMPL. 



fr. C. 
18 • 

IC 80 
14 40 
10 80 

14 40 
13 80 
10 WJ 
9 O'i 



500 

EXEMPL. 



fr. C. 

98 80 

•>C 40 

\t\ 60 

16 80 

•?1 CO 

h» "jo 

16 80 

14 40 



Tirage supplêmenlairo sans réimposition, conforme :inx exemplaires ^Tatuîts, prix uniforcie par 



feuille ou fraciiuu do feuille : 



55 oxemp. 



50 exenip- 



éU exemii. 
4 fr 5u 



lOu lîxenip. 
4 11 , s'^U 



3 fr. 6U 4 ir. 'id 

Supplément de fr. 30 par ^b exem[»la:re»> en plus. 

La composition d'un litro d'entrée spécial d'un tiers do parro est do 1 fr. 20. 

La composition d'un faraud litro d'une papoest do 3 fr. t'»0. En pins les frais de (irrifie et t^r i«i/>>> ^ 

La coniposiiion d'un faux-litro est do '^ fr. 40. fCn plus let frai 'i de tiraQe et de papier r,. 

La composition d'uno couverture imprimée, sans pa^e d'annonces, est de 2 fr. lu si le i ! i- est 
la répétition do cchii do la brochure, et de 4 fr. 80 si lo titre est fait seulement pour la couver- 
ture. En plus les frais de tir'iffc et de panier *]. 

L'addition à. la couvertnrn passe-pariout du tiiî*c do la commnnicalion composé en cara^tpros du 
to.xto est comptée 2 fr. 40. 

S'il y a des corrections, elles sont compt^'os en sus fr. 95 rhenrc. 

Uno gravure d'uno pa^e, intercalée dans le texte, entraîne un supplément de tirage de 2 fr. 40. 

Uno gravnn^ d'uno <l(*mi-pago. 1 fr. 80. 

Tout travail de remise en pages, c'est-à-dire entraînajil une modjflcatioo dans la disposiiion des 

16 p. 12 p. 8 p. _4jv. 

f 



pages du fiidh'tin, sera fait h ce Tarif 



5 ir.Mi -rir. 70' 1 fr. 80' fr. W 

•) Les frais de tirage et de papier des titres et couvertures âeront comptés suivant le tarif du haut de ce 
tablfiiH. 






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SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1908. 

Présidence de M. L. MANGIN. 

M. F. Caraus, vice-secrétaire, donne lecture du procès- 
verbal de la séance du 24 janvier 1908, dont la rédactioi> 
est adoptée. 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, 
M. le Président proclame membre de la Société : 
M. Lucien Daniel, professeur de botanique agricole à 

la Facullé des Sciences de Rennes, présenté par 

MM. Bonnier et Perrot. 

M. le Président annonce ensuite quatre nouvelles présen- 
tations. 

DONS FAITS A LA SOCIÉTÉ 

Almada Nigreiros (de), Les colonies portugaises ; études document 
laxTes\ produits d^ exportation. 

Azoulay (L.), Deux procédés faciles pour la détermination instanta- 
née de la couleur des spores des Champignons, 

Blaringhem, Mutation et traumatisme, 

Clarke^ Cyperacem of Costa Rica, 

Cocka)iie, Report on a botanical Survey of Kapiti-Island, 

Costantin et Bois, Contribution à Vétude du genre Pachypodium. 

Daniel (Lucien), La question phylloxérigue, — Le greffage et la 
crise viticole, 1" livraison. 

Dode (L. A.), Notes dendrologiques, — Sur les Platanes. 

Ivolas, Les jardins alpins, • 

Maiden (J. H.), Botanic gardens and government domains (Report 
for the year 1906). 

Mamac (D**), Contribution à la flore de Provence, Tauroentum. 

Sargent, Trees and Shrubs, 

Sprecher, Le Ginlcgo biloba. 

Bulletin de la Société dendrologique de France y n° 7 (15 février 
1908). 

T. LV. (séances) 6 



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82 SÉANCE DU 14 FÉVRIER i908. 

Mémoires de la Société d'Emulation du Doubs^ VIII, 1*' fasci- 
cule, 1906. 

Bulletin rie la Société d'étude des sciences naturelles de Nîmes, 
XXXIV, 1906. 

La Nuova Notarisia, série XIX, Gennaio 1908. 

Bulletin de V Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg. 

Acta Horti petropolitani, XXV, 2, XXVII, 1. 

Bulletin de la Société impériale des Naturalistes de Moscou^ 1906, 
3 et 4 

The journal ofthe Collège of Science^ Impérial University of Tokyo. 

Proceedings ofthe Indiana Academy of Science, 1906. 

M. Lecomte fait la communication suivante : 

Connaracées indo-chinoises 

de l'herbier du Muséum; 

PAR M. H. LECOMTE. 

La famille des Connaracées est représentée en Indo-Chine par 
les genres CnesttSy Agelœa, Rourea, Connarus et Ellipanthus. 

A cette liste on pourrait, il est vrai, ajouter le genre Tricho- 
lobus Blume *, si on en admet l'existence légitime. Pour notre 
part, étant donné qu'on trouve chez les Connaracées, et en par- 
ticulier chez des plantes rapportées sans aucun doute au genre 
Connarus, tous les passages entre la préfloraison valvaire et 
imbriquée du calice; attendu d'ailleurs que l'ovule des plantes 
rangées dans le genre Tricholobus et que nous avons eu l'occa- 
sion d'étudier est un ovule orthotrope comme celui des Con- 
narus et non anatrope comme l'indique Blume dans sa descrip- 
tion, nous ferons rentrer dans le genre Connarus les espèces 
attribuées au genre Tricholobus et nous nous trouvons en cela 
d'accord avec l'éminent botaniste Pierbe* qui avait cru devoir 
admettre ce fusionnement dans sa Flore forestière de la 
Cochinchine. 

Il est vrai que chez les plantes attribuées au genre Tricholobus 
le carpelle serait toujours unique, même au début, tandis que 

4. Blume, Muséum bot,, tome I, p. 236. 
2. Flore for. de la Coch., pi. 378. 



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H. LECOMTE. CONNARACÉES INDO-CHlNOISES DU MUSÉUM. 83 

chez les Connarus un seul sur 4 ou 5 deviendrait fertile ; mais 
sur les fleurs développées cette différence n'apparaît plus. 

Les genres représentés en Indo-Chine et réduits à cinq sont 
assez nettement caractérisés; les Cnestis parleurs fruits velus 
inférieurement et leurs feuilles muliifoliolées ; les Rourea par 
leur calice accrescent; les Connarus par leurs feuilles 3-H 
foliolées et leurs iO étamines monadelphes, en deux séries iné^ 
gales; les Agelaea par leurs feuilles trifoliolées et les cinq car- 
pelles qu'ils possèdent ; enfin les Ellipanthus par des feuilles com- 
posées unifoliolées et par un androcée réduit à cinq étamines 
fertiles alternant avec cinq staminodes. 

Au sujet de ce dernier genre, on nous permettra d'ajouter un 
caractère qui n'a pas été signalé et qui présente son impor- 
tance. En effet, dans les diverses espèces du genre Ellipanthus, 
le péricarpe se distingue toujours par la présence, à la face 
interne, d'un parenchyme rougeàtre et spongieux, mais surtout 
par l'existence, très visible à la loupe, de faisceaux scléreux 
perpendiculaires à la surface, séparés par des colonnes de paren- 
chyme mou, alors que, dans toutes les autres Gonnaracées, on 
trouve simplement des faisceaux libéro-ligneux, accompagnés 
d'une zone scléreuse, parallèles à la surface et provoquant la 
formation de petites côtes parallèles les unes aux autres. Ajou- 
tons que la fleur contient toujours un carpelle unique, que le 
fruit est porté par un pédicelle très net et enfin que l'arille est 
très réduit. 

Le genre Connarus, comprenant les espèces anciennement 
attribuées au genre Tricholobus, est assez bien représenté en 
Indo-Chine; mais il faut reconnaître que les différences entre 
les espèces sont tirées beaucoup plus de l'appareil végétatif que 
de lappareil de la reproduction, ce dernier présentant une assez 
grande constance. 

A côté de l'ancienne espèce Tr, cochinchinensis K, Bn, dont 
nous faisons C. cochinchinensis Pierre, nous avons créé une 
nouvelle espèce, se distinguant très nettement de la première par 
la proéminence, le nombre et la direction oblique des nervures 
secondaires. 

C, tonkinensis sp. nov. 

Arbor parva (5-6 m.), ramulis petiolisque glabris, foliolis (5-7) glaber 



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84 SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1008. 

rimis, petiolulo brevi (3 mm.) et lato; lamina subcoriacea, ovata vel 
oblonga, e basi rotundata, apice attenuata et obtuse acuminata (latérales 
11,5 X 5,5 cm., terminales 18 x 6,3 cm.) venis lateralibus (6-7 pares) 
snbtus valde prominentibus, curvatis, ascendentibus et prope marginero 
confluentibus. Flores albi in racemis axillaribus longis conferti, ramis 
brevibus et ascendentibus, ramis calycibusque griseo-villosis, pedicellis 
articulatis brevibusque ; calycîs laciniœ lanceolatœ, valvatse, extra villosa» 
et dorso carinatœ; petala utrinque villosa, calyce longiora; stamina 10 e 
basi connata, (llamentis versus apicem glabris, antheris ovatis, apice glan- 
dulosis; ovarium ovatum, pilosum, uniloculare, .stylum brevem gerens; 
ovulum unicum, ascendens micropylo superiore; capsula brevissime 
pedicellata, extra glabra, intns pubescens; semen ascendens arillo bilo- 
bato omatum. 

Cette espèce ne pourrait être rapprochée que du C. cochinchineuM 
Pierre, dont elle se distingue très nettement par la nervation ascendante 
et très accusée des feuilles, sans compter la grandeur et la forme. 

Elle a été récoltée par Bàlansa au Tonkin (n^ 3 4â5), dans la vallée de 
Lankok (vers 500 m. d'altitude) ; dans la même province par Tabbé Bon 
(2 318 et 2085) et enfin parle D'' Spire au Laos où elle forme une variété 
à fleurs roses (n^* 1 068 et 1 082). Le nom vemaculaire au Laos est d'après 
le D' Spire : Sa ka huôL 

M. Gagnepain a la parole pour la communication 
ci-dessous : 

Mabonia et Barclaya nouveaux d'Asie 

dans l'herbier du Muséum; 

PAR M. F. GAGNEPAIN. 

En étudiant les Berbéridées et les Nymphéacées de la Flore 
d'Indo-Ghine, j'ai rencontré quelques espèces nouvelles dont 
on trouvera ci-après les descriptions. 

L'étude de ces familles a donné lieu à quelques considérations 
sur le genre Mahonia, sur Tesprit de la classification de ses 
espèces, sur les affinités réelles du Mahonia Bealei. Elles figu- 
reront à la séance de février dans le Bulletin du Muséum de 
Paris. 

Nahonla annamlca Gagnep. sp. nov. 

Frutex elatus, o-S-metralis, cortice nitido. Folia imparipinnata, 2'3'juga^ 
rachi gracili, basi dilatato, spinis filiformiibus 2 utrinque omata (an sli« 
pulis adnatis?), 7 u^o infimo circa médium rachi inserto; foliolis ovatis, basi 



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F. GAGHEPAlIf. — NAHONIA ET BARGLAYA NOUVEAUX DU NUSÉON. SH 

truncatù, sessilibus, apice acuminatis, teztura membranacea, supra viridi- 
glaucescentibus, subtus pallescentibus, tota margine dentatis, dentibus 
brevibusj pungentibus, 7-8 utrinque armatis; nervis 3, anastomosantibus, 
rete laxum efTormantibus. Inflorescentia spiciformis, ramis 2-3 ad basin 
munita, densiflora; bracte» ovato-obtusœ, pedicellis dimidio breviores* 
Sepala exlima 3, ovato-cordata, sep. intermedia 3, conformia et pœne 
majora, sep. intima 3y lanceolalo-obtusafprsBcedentibus 2-plo longiora et ultra, 
Petala 6, lanceolata, obtuso-acuminata, nectariis 2, distinctis, prominentibttSf 
oblongis, glandulas simulaDtibus ad basin intus insertis. Stamina 6, petalis 
opposita; connectivo apice obscure tridenticulato, dente medio longiore 
connectivum mwTonatum efformante; fllamentum anthera 2-plo longius. 
Orarium fasiforme, medio inflatum, 5-oyulatum; stigma discoideum 
Bacca csnilea, globosa, abrupte rostrata. 

Folia 30 cm. longa, foliolis 6-10 cm. longis, 20-45 mm. latis, dentibus 
3-6 mm. longis. Inflorescentia 20 cm. longa, floribus 6 mm. longis; bacca 
6-7 mm. diametro, rostre 2 mm. longo. 

Indo-Chine. — Annam : plateau du Lang-bian, Haut-Donnal, 2500 m. 
ait. ; arbuste très élancé atteignant 5-6 m. de hauteur, janvier-février, 
n« 629 [Jacquet], 

C'est la seule Berbéridée et par conséquent le seul Mahonia actuelle- 
ment connu dans toute Flndo- Chine; mais il est possible que les espèces 
du Yunnan descendent vers le Sud par la chaîne annamitique et que 
Ton trouve un jour, dans notre colonie, quelques-unes des espèces de 
Berberis si nombreuses en Chine. 

Par sa grande taille, 5-6 m., le M, annamica se distingue de tous les 
Mahonia asiatiques. Il est remarquable par ses folioles membraneuses, 
fermes, mais non épaisses ni coriaces, sessiles dans la moitié supérieure 
do rachis, au nombre de 5-7. L'herbier du Muséum n'a pas d'inflores- 
cence entière ; ou bien elle se compose d'un seul axe spiciforme, avec 
des rameaux plus courts à sa base, et alors l'inflorescence serait très spé- 
ciale, ou bien il y aurait plusieurs de ces axes rameux et l'inflorescence 
serait encore distincte de celle des espèces asiatiques connues qui pré- 
sentent une gerbe d'épis sortant du bourgeon (pérule) terminal. 

Mahonia Bodinieril Gagnep. sp. nov. 

Arbuscula, cortice brunneo. Folia imparipinnata, 10-43-juga, rachi 
robusto, basi dilatato subamplexîcauli, jugo infimo basi appropinquato, 
foliolis breviter petiolulatiSf basi truncato-cuneatis, inflmis ambitu ovalibus 
▼el subrotundatiSf laciniato-pungentibus^ dentibus 2-4 utrinque, fol. mediis 
lanceolatis, dentatis, minoribus, foL supremis dentibus paucis, minutiSy valde 
remotis; limbus coriaceus, supra viridis, subtus lutescens vel aureus; 
nervis primariis 5, lateralibus 2 pœne prominentibus, cunctis confluen- 
tibus et laxum rete efformantibus, Inflorescentia terminalis; spicas nume- 
rosaî e perula enascentes, densiflorœ; perularum squamœ scarioso», 
brannesD, triangularî-acuminataî, subpungentes ; bracteœ triangulares, 
coriaceœ, pedicellis filiformibus dimidio breviores. Sepala extima 3, 
triangulo-obtusa, ûrma; sep. intermedia 3 et intima 3 œqualia, duplo 



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86 SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1908. 

longiora et latiora, mollia^ ovnta. Petala 6, basi attenuata, apice emarginata, 
sepalis vix minora; nectariis 3, confluentibus, indistinctis, Stamina 6, petalis 
opposita, connech'vo apice d-(ien^ict//a^o ; filamentu m anlhera arîgre longius. 
Ovarium conicum, bi-ovulatum (an semper?); stigma discoideum . 

Folia 38 cm. longa, foliolis 3-11 cm. longis, 4-3 cm. latis, dentibus 
10-5,2 mm. longis. Inflorescentia 12-25 cm. longa, floribus 4 mm. longis. 

Chine. — Kouy-lchéou, environs de Gan-pin, dans les bois et rocaiUes, 
et mont du Collège à Kouy-yang, 19 juillet 1898, n« 2 465 [Bodinier\. 

Parles folioles, cette espèce ressemble assez au Mahonia nepalensis var . 
pycnophylla Fedde in Engler Jahrb,, XXXI, p. 124; mais, outre que la 
nervation est différente de celle figurée par M. Fedde, les dents épineuses 
des folioles sont plus longues, le pétiolule est manifeste, bien que très 
court et les pétales ne portent point les 2 glandes qui sont si apparentes 
dans le type Mahonia nepalensis. 

Par Tensemble des caractères Ûoraux, le M. Bodinierii se rapproche 
du M. Fortunei; mais il en diffère par le connectif à 3 dents petites, par 
les folioles plus larges, à dents plus profondes et plus rares. 

Mahonia setosa Gagnep. sp. nov. 

Arbuscula parva, cortice griseo. Folia impari pinnata, 8-jaga, rachi 
gracili, basi dilatato, canaliculato, jugo infimo e basi valde remoto; foliolis 
linearibuSj vel lanceolatO'linearibuSf basi apiceque acutiSf textura membra- 
nacea, supra viridibus, subtus lutescentibus, in sicco aurais; dentibus 
circa 45-20 utnnque^ apicem spectantibus, setosis, tenuissimis, nervis pri- 
mariis 3, confluentibus, venis oblique reticulatis. Inflorescentia terminalis; 
spicae brèves, congestae, densiflorap, foliis valde minores, e perula enas- 
centes; perularum squamœ triangulares, acutœ, subpungentes; bracte» 
lanceolatœ, pedicellis gracilibus dimidio minores. Sepala extima 3y trian- 
gulari-acutay firma, inlus concava; sep. intermedia et intima majora, mollia, 
lanceolata, subœqualia. Petala 6, sepalis intimis paene minora, basi 
angusta, apice emarginata, nectariis indistinctis maculam simulantibus , 
Stamina 6, petalis opposita, connectivo apice triangulari-obtuso ; fllamentum 
antbera longius. Ovarium conicum, bi-ovulatum, ovulis anatropis, ascen- 
dentibus, funiculo erecto, apice articulato; stigma discoideum, subcapi- 
tatum. 

Folia 25 cm. longa, foliolis 7 cm. longis, 7-12 mm. latis, spinis setosis 
3-4 mm. longis. Inflorescentia 3-5 cm. longa, floribus 4-5 mm. longis. 

Chine. — Yunnan : fleurs jaunes, petit arbuste, parmi les pierres, au 
bord de la rivière, près Tien-pa-téou, oct. 1894, n* 6830 [Delavay], 

Cette espèce de Mahonia par ses feuilles linéaires à dents sétacées ne 
peut être comparée à aucune autre. Elle est très remarquable, parmi les 
espèces d'Asie, en outre, par ses inflorescences très courtes, ses pétales 
simplement maculés à la place des glandes absentes et par le connectif 
de Panthère, assez large et terminé par un triangle obtus. Je ne crois pas 
que le petit nombre des ovules soit constant dans tous les individus 
(2 au lieu de 5). 



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F. GÀGxNEPAlN. NÀHOniA ET BARGLAYA NOUVEAUX DU MUSÉUM. 87 

Hahonia Duclouxiana Gagnep. sp. nov. 

Arbuscula bimetralis, cortice fulvo. Folia imparipinnata, J-S-juga, rachi 
robasto, basi dilatato subamplexicauli, spinis 2, subulatis armato, jugo 
iofimo basi appropinquato ; /io/to/ts ovatis, basi truncatisvcl subcordatis, mar- 
gine siouato dentatis, dentibus brevibus^ subappresais circa 40-12 utrinque^ 
textura coriacea, supra tenuiter sed conspicue albido-reticuiatis, subtus pal- 
li^Uoribus, Mnervis, nervibu$ laxissime reticuiatis, Inûorescentia terminalis ; 
spicae numerosœ e perula nascentes, denslûorae ; perularum squaiiKB sca- 
riosae, triangulas, apice mucroQalœ, transverse zonatce; bracteœ triangulœ, 
obtusiusculae, mox scariosœ, pedicellis dimidio breviores. Sepala extima 3, 
Iriangulo-obtusa, sep. intermedii 3, duplo majora, acuminalo-obtma, sep, 
intimas, prxcedentibus majora, lanceolata, iotus valde concava. Petala 6, 
o?ato-oblonga, apice retusa vel subemarginata, sepalis intimis subœqualia, 
%tetariis 2 ovalibus, distinctis. Stamina 6, petalis opposita, connectivo quor 
drato, apice 3-denticulatOy infra médium verrucula ornato^ aotherae tertiam 
partem aequante; fîlamentum anthera 2-3-pIo longius. Ovarium conicnm, 
apice attenuatum; stigmate discoideo, ovulis 5, ascendentibus, anatropis* 
B'ieca ghbosa, abrupte rostrata, 

Folia 40 cm. loDga; folioUs 3-12 cm. longis, 20-45 mm. latis> deutibus 
2 mm. loogis. InUorescentia 15-20 cm. longa, floribus 7 mm. longis; bacca 
6 mm. diam., rostro 2 mm. longo. 

Chine. — Yunnan : près des routes à Lou-kiou-en, 10 fév. 1905, 
n' 3056; route de Yuanan-sen à Kiu-tsin-fou, non loin de Ma-long, 
20 mars 1904, n* 2 323 [Ducloux] ; fruits mûrs bleus, arbuste peu rameux 
de 2 m., bois des montagnes à Gnon-kay (Ho-kin), 24 mars 1885, 
n*iS&3[Delavay]. 

Cette espèce ne peut être confondue avec le M. trifurca que je ne con- 
nais que par le dessin de la feuille et la description, mais dont le Muséum 
ne possède aucun échantillon. Elle diflfère du M, euribracteata Fedde 
!• par ses folioles plus nombreuses, 7-8 paires, au lieu de 5-6; 2® par 
tes folioles cordées à la base, dentées sur toute la marge avec 5-9 dents 
épineuses, courtes de chaque côté; 3® par les bractées embrassantes^ 
triangulaires, 2 fois plus courtes que le pédicelle; ¥ par les sépales, 9 
au lieu de 6. Les baies munies d'un bec paraissent donner un excellent 
caractère distinctif rarement observé ailleurs. 

Barclaya Plerreana Torel mss., Gagnep. sp. nov. 

Herba aquatica, acauHs, submersa, stoloaibus brevibus tenuibusque, 
rhixomate ovoideo. Folia siibmei*sa, erecta, petiolala; lamina oblonga, 
•btosa vel subacuta, basi cordata, auriculis rotundatis, supra viridi-nitida, 
subtus luteo-rubescens; petiolus cylindricus, basi rubesceus, apice lutescens, 
laminam œquans. Flores solitarii,emersi,pedunculo petiolos subœquante. 
Sepala 5, oblongo-linearia, apice cucullata, versus apicem longe mucro- 
nata, nervo medto subalato. Gorollœ non exsertsB loM 5, purpurei, obtusi, 
insqaales, imbricati. Staminodia 10-20, basi dilatata, apice setacea, valât 
inflexa, biseriata. Stamina 20 ad corollam infra staminodiis inserta, bise- 
riata; filamentam filiforme, antheram œquans; anthera ovata, penduia.» 



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88 SÉANCE DU i4 FÉVRIER 1908. 

Ovarium cum corolla basi coalitum, apice valde concavum, 10-loculare ; 
ovulis in unoquo que loculo plurimis; stigmata 5, apice È-S-fida, arcte 
connivenlia, ad basin corollœ inserta. 

Herba iota 17 cm. alla. Foliorum petiolus 5-7 cm. longus, lamina 10 cm. 
longa, 20-25 mm. lata, auriculis 3-5 mm. longis. Pedunculus 5-6 cm. longus. 
Sepala 20 mm., cum mucrone 25 mm. longa. Corolla 15 mm. alta. 

Indo-Chinb. — Cochinchine : plante croissant au fond des ruisseaux 
des forêts, fleurit pendant la saison des pluies, n<» 1 381 \rhorel]. 

n existe actuellement 2 espèces de cet intéressant petit genre : le Bar- 
clay a longifolia Wall, qui se rencontre aux îles Andaman, en Birmanie 
et en Cochinchine et le B. Mottleyi Hooker, originaire de Bornéo. La 
3^ espèce est la présente qui conservera ici le nom que le D** Thorel lui 
a donné dans le répertoire général de son herbier. Elle a beaucoup 
d'analogie avec le B, longifolia Wall., mais elle s*en distingue : 1® par 
les feuilles moitié plus courtes et étroites, à 9 paires de nervures au lieu 
de 11-12; 2® par 4-5 pétales au lieu de 8-10; 3^ par 5 stigmates bifides, 
séparés par des sinus beaucoup plus profonds que leur bifidité. 

M. F. Pelourde fait la commuoication suivante : 



Recherches sur la position systématique des 
plantes fossiles dont les tiges ont été appelées 
Psaronius, Psaroniocaulon^ Caulopteris] 

PAR M. Fernand pelourde. 

On sait que ralliance des Marattiales, qui est représentée 
aujourd'hui par une seule famille et un petit nombre de genres 
et d'espèces, avait pris, aux temps primaires, une extension con- 
sidérable. A cette époque, les individus qui la constituaient pré- 
sentaient dans leurs racines, dans leurs tiges et dans leurs 
organes fructificateurs une structure analogue à celle que Ton 
observe maintenant dans les plantes du même groupe *. Mais on 
admettait jusqu'ici qu'ils possédaient une organisation foliaire 
spéciale. Une série de recherches comparatives que j'ai faites 
entre les Marattiacées vivantes et fossiles m'a permis de démon- 
trer le contraire : j'ai constaté en effet que, dans les unes 

1. Voir notamment à ce sujet : Grand*Eury (C), Flore carbonifère du 
département de la Loire et du centre de la France (Mém. sav. étrangers Ac. 
se., 1877). — RuDOLPH (Karl), Psaronien und Marattiaceen..» (Denksch. d. 
.kaiseriichen Akademie d. Wissensch., Bd. 78, Vienne, 1906.) 



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p. PELOURDE. — PSARONIUS, PSARONIOCAULON, CAULOPTERIS. 89 

comme dans les autres, Tappareil conducteur des frondes est 
construit exactement sur le même plan ^ 

Marattiacées vivantes. 

Karattia fraxinea. — J*étudierai d'abord un certain nombre de 
Marattiacées vivantes en commençant par le Maratiia fraxinea 
Sm., par exemple. Dans cette espèce, on remarque, à la base 
du rachis principal des feuilles, une série externe de faisceaux 
ordonnés, en coupe transversale, suivant une ellipse (PI. III, 
fig. 1). A l'intérieur de celle-ci, il existe un petit nombre 
d'autres faisceaux, figurant, du côté inférieur, un arc à courbure 
assez prononcée et, du côté supérieur, une bande presque rec- 
tiligne; l'ensemble ainsi constitué représente une deuxième 
ellipse à peu près concentrique à la première. A un niveau 
plus élevé, par suite de fusions entre ces divers cordons libéro- 
l^eux, la bande supérieure est réduite à un seul faisceau. Si 
l'on s'élève encore davantage, on constate que l'arc inférieur ne 
comprend plus également qu'un faisceau, qui est très allongé, 
et dont la forme est encore arquée (PI. III, fig. 2). Durant cette 
transformation, le faisceau supérieur se rapproche de plus en 
plus du contour de l'ellipse externe, et, vers le lieu d'insertion 
de la première paire de pennes, il se fusionne avec un des 
faisceaux de cette ellipse. On n'a plus alors qu'un seul faisceau 
interne allongé et à peu près rectiligne. Ce faisceau se fusionne 
ultérieurement avec deux autres, appartenant à la partie supé- 
rieure de l'ellipse externe et présentant une concavité du côté 
opposé à celui qui regarde le plan de symétrie; pour cela, les 
deux faisceaux en question se soudent entre eux suivant une 
partie de leur surface convexe et ils se soudent aussi à la 
portion médiane du faisceau interne. On obtient ainsi un faisceau 

1. Ce travail, dont j'ai déjà exposé brièvement les principaux résultats 
(C. R. Acad. Se, 25 novembre 1907), a été fait au laboratoire de Crypto- 
garnie du Muséum, sous la direction de mon maître, M. le professeur 
Mangin. à qui j'exprime ma vive reconnaissance. J'assure également de 
ma profonde gratitude M. Zeiller, membre de l'Institut, pour les docu- 
ments qu'il m'a communiqués et pour les conseils qu'il m'a donnés. 
J'adresse aussi mes remerciements à M. le professeur Legomte, qui a bien 
voulu me laisser étudier les échantillons de paléobotanique du Muséum, 
ainsi qu'à MM. les assistants Bonnet et Hariot. 



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90 SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1908. 

ayant une forme d'X. La ûg. III, PI. 4, montre le commence- 
ment de ces unions. 

Vers le niveau de la deuxième paire de pennes, le faisceau en 
X se fractionne suivant un plan perpendiculaire au plan de 
symétrie du rachis et qui passe par sa partie médiane. On a 
alors, comme précédemment, une ellipse externe et un faisceau 
interne très allongé. On arrive ainsi à l'extrémité du rachis 
principal, qui est prolongé par la penne terminale. Dans le ren- 
flement qui est situé à la base de cette penne, le faisceau interne 
s'incurve en son milieu, de façon à devenir concave du côté 
inférieur; puis il se divise en deux autres (PI. III, fig. 3), qui 
sont concaves du côté externe, et qui donnent à Tensemble du 
système fasciculaire la forme d'un arc ouvert en haut et dont 
les bords sont recourbés en dedans. Le nombre des faisceaux 
qui constituent cet arc diminue de plus en plus et, à un certain 
moment, on n'en a plus que trois principaux : un inférieur et 
deux supérieurs, lesquels arrivent à se souder bout à bout. On 
a ainsi en tout deux faisceaux, qui, au niveau de l'avant-der- 
nière pinnule, se coupent chacun en deux autres; puis, une 
moitié de chacun d'eux se dirige vers la pinnule, et ces deux 
moitiés se soudent par leurs extrémités, de façon à former un 
faisceau cylindrique, dont la trace est représentée par une cou* 
ronne, en coupe transversale. Ensuite ce faisceau se fend du 
côté supérieur et acquiert la forme d'un arc concave en haut et 
dont les bords sont recourbés vers l'intérieur. Quant aux deux 
autres moitiés, elles se comportent de la même façon dans 
l'extrémité du rachis principal et dans la pinnule qui le pro- 
longe; cette pinnule terminale et l'extrémité du rachis consti- 
tuent donc un ensemble équivalant à l'avant-dernière pinnule, 
au point de vue de l'appareil conducteur : c'est là un exemple 
de véritable dichotomie * (PI. III, fig. 5). 

Si l'on considère maintenant une penne appartenant à la pre- 
mière paire, on y remarque, à la base, trois faisceaux : un 
supérieur, un inférieur et un intermédiaire ; après un certain 
nombre de divisions, on observe un cercle externe de faisceaux, 

1. Ce n'est pas là ud cas isolé chez les Fougères. THOMifi a obsei^ré des 
faits du môme ordre dans la fronde de VAspidium dilatatum et dans celle 
du Marattia arguta {Die Blattstiele der Farne, p. 121 ; pi. V, fig. 12, et 
pi. VI, fig. 16). 



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F. PELOURDE. — PSARONIUS, PSARONIOCADLON, CAULOPTERIS. 91 

et un faisceau interne, comme dans le rachis principal. Le 
faisceau interne s*unit par chacune de ses extrémités à un des 
faisceaux du cercle externe; sa partie ligneuse se coupe en 
deux, et chaque moitié va se fusionner avec le bois d'un des 
deux faisceaux en question. Puis, il se fend complètement en 
deux parties, et Ton obtient, au lieu des trois faisceaux qui 
viennent de s'unir, deux faisceaux arqués, à concavité tournée 
du côté externe. L'ensemble présente alors une forme d'arc 
analogue à celui du rachis principal. A partir de l'avant-der- 
nière pinnulé, les choses se passent comme dans ce dernier. 

Dans la deuxième paire de pennes, le système fasciculaire 
subit des transformations analogues à celles qu'il subit dans la 
première paire. 

Ainsi, dans la feuille du Marattia fraxinea, il existe^ au point 
de vue de la distribution des faisceaux^ deux types principaux : 
le premier est caractérisé par un contour externe de faisceaux^ à 
tintérieur duquel^ se trouvent un ou plusieurs autres faisceaux 
qui, à partir d'un certain niveau, sont ordonnés suivant une 
bande transversale^ arquée ou rectiligne; le second est caracté- 
risé par un arc vasculaire ouvert du côté supérieur, à bords 
recourbés en dedans et qui devient continu dans les pinnules. 

Marattia Kaulfussii. — Dans le Marattia Kaulfussii J. Sm., 
on remarque, à la base du rachis principal des frondes, un cer- 
tain nombre de faisceaux ordonnés suivant un contour fermé, 
triai^laire ou elliptique, en tous cas aplati du côté supérieur, 
et à l'intérieur duquel se trouve un autre faisceau ayant la 
forme d'une bande aplatie (PI. III, fig. 6). Ce dernier faisceau 
ne tarde pas à se diviser en deux autres, convexes du côté du 
plan de symétrie et donnant à l'ensemble une forme générale 
d'arc (PL III, fig. 7), comme dans le M. fraxinea. Puis, les 
deux faisceaux internes se rapprochent l'un de l'autre et se 
soudent bout à bout, de façon à n'en plus former qu'un seul, 
lequel se coupe ensuite en trois autres, au niveau de la première 
paire de pennes (PI. III, fig. 8). Peu après, il ne reste plus de 
eeux-ci que le faisceau médian, lequel se coupe en deux autres, 
de façon à redonner encore à l'ensemble une forme d'arc. Cette 
forme se maintient jusqu'au sommet du rachis principal. A un 
certain moment. Tare ne se compose plus que de trois fais^ 



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92 SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1908. 

ceaux, un inférieur et deux supérieurs, et, au-dessus de la cin- 
quième paire de pennes, il est constitué par un seul faisceau 
continu. 

Toutes les ramifications du rachis principal possèdent un 
appareil conducteur disposé en arc et constitué, soit par un 
très petit nombre de faisceaux, soit par un seul faisceau, sui- 
vant la taille et le niveau des parties que Ton examine. 

Ainsi, Tétude de la fronde du Marattia Kaulfussii montre 
combien les deux types de structure que j'ai déjà signalés dans 
le A/, fraxinea peuvent se transformer facilement Tun dans 
lautre : une simple fragmentation du faisceau interne, ou une 
réunion des faisceaux ainsi obtenus suffisent pour opérer cette 
transformation. 

Angiopteris evecta. — Si Ton examine ensuite une penne 
d'Angiopteris evecta Hoffm., on remarque, à la base de son 
rachis, deux séries de faisceaux ordonnés à peu près comme 
à la base du pétiole, chez le M. fraxinea (PI. III, fig. 9). Ceux 
de la série interne sont rangés, du côté inférieur, sur deux 
lignes formant entre elles un angle obtus ouvert en haut, et, du 
côté supérieur, ils forment un arc dont la concavité regarde 
l'ouverture de l'angle précédent. Un des faisceaux de cet arc se 
rapproche de l'un de ceux de la série externe et se fusionne 
avec lui. On n'a plus alors, à l'intérieur de la série externe, 
qu'un arc à concavité tournée du côté supérieur, au lieu d'une 
ligne fermée (PI. III, fig. 10). Cet arc lui-même se transforme peu 
à peu en une bande à peu près rectiligne, perpendiculaire au 
plan de symétrie et composée de quelques larges faisceaux 
aplatis, dont l'un est beaucoup plus important que les autres 
(PI. III, fig. H). Ce dernier émet sur sa face supérieure un pro- 
longement qui arrive à fusionner avec un des faisceaux de la série 
externe. Le faisceau résultant de cette union a une forme d'X 
(PI. III, fig. 42). Puis, il se divise dans le sens du plan de symé- 
trie du rachis et se transforme en deux autres, concaves du 
côté externe. L'ensemble de tous les faisceaux présente alors 
la forme d'un arc ouvert en haut et dont les extrémités sont 
recourbées en dedans (PI. III, fig. 13). Puis, les deux faisceaux 
provenant de la division précédente se réunissent en un nouvel 
X, lequel se divise ensuite suivant un plan perpendiculaire au 



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F. PELOORDE. — PSARONIUS, PSARONIOCAULON, CAULOPTERIS. 93 

plan de symétrie. On obtient donc à nouveau une ligne externe 
de faisceaux fermée et, en dedans de celle-ci, une bande 
presque rectiligne. Puis, il se reforme un X, comme précédem- 
ment, et, par division de cet X, un arc semblable à celui que 
j'ai décrit tout à Theure. Vers le sommet du rachis, cet arc ne 
comprend plus que trois faisceaux : un inférieur et deux supé- 
rieurs. Les deux supérieurs se réunissent ensuite par une de 
leurs extrémités, et l'on n'a plus que deux faisceaux en tout. 
Le système libéro-ligneux ainsi constitué se répartit d'une 
façon à peu près égale entre Tavant-dernière pinnule et le reste 
du rachis. 

Les deux dernières pinnules, ainsi que toutes les autres 
folioles de la fronde, renferment deux faisceaux à leur base. 
Leur faisceau supérieur se coupe en deux autres, qui se soudent 
chacun à une des extrémités du faisceau inférieur, tantôt l'un 
après l'autre, tantôt simultanément. Ou bien, les deux fais- 
ceaux primitifs se réunissent par leurs extrémités avant que 
le supérieur ne se soit divisé. En tout cas, on obtient finale- 
ment, dans la nervure médiane de chaque foliole un faisceau 
unique, en forme d'arc ouvert en haut, et à extrémités recourbées 
en dedans (PL III, fîg. 14 et 15). Cet arc est semblable à ceux 
que l'on a déjà observés dans le rachis principal, sauf qu'il est 
continu au lieu d'être dissocié. 

Angiopteris d'UrviUeana. — On peut encore retrouver des 
phénomènes du même ordre dans une penne d' Angiopteris 
(TUrvilleana de Vriese. A la base de cette penne, on rencontre 
une ligne externe de faisceaux fermée, à peu près circulaire 
et, à son intérieur, deux larges faisceaux arqués, l'un supé- 
rieur, l'autre inférieur, figurant à eux deux un second cercle 
excentrique par rapport au premier (PL III, fîg. 16). 

Le supérieur se rapproche d'un des faisceaux du cercle 
externe et se soude à lui par une de ses extrémités (PI. IV, 
fig. n). Au bout d'un certain temps, il ne reste plus à l'intérieur 
du cercle externe que le faisceau supérieur primitif, qui est 
maintenant aplati au - lieu de présenter la forme de gouttière 
qu'il avait tout à l'heure (PI. IV, fig. 18). Puis, ce faisceau 
interne s'unit à deux autres appartenant à la partie supérieure 
du cercle externe^ de façon à donner un faisceau en X, comme 



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94 SÉANCE DU 14 FÉVRIER i908. 

chez les espèces précédentes. Cet X se partage, suivant le plan 
de symétrie du rachis, en deux faisceaux concaves du côté 
externe et donnant à Tensemble la forme d^arc habituelle. 
Quelque temps après, on obtient de nouveau un X semblable 
au premier et qui se redivise presqu*aussitôt comme précédem- 
ment. Dans le reste du rachis, ainsi que dans les diverses pin- 
nules, les choses se passent comme chez VAngiopteris evecta. 

L'étude d*un certain nombre d'autres espèces, provenant de 
Therbier du Muséum, m'a permis de constater que, dans tous 
les genres de Marattiacées vivantes, on retrouve toujours, dans 
l'appareil conducteur des feuilles^ les deux types d'organisation 
dont j'ai parlé plus haut. 

KauUussia. — C'est ainsi que, dans le Kaulfussia œsculifolia BI. 
par exemple, j'ai observé, dans un morceau de pétiole, une série 
externe de faisceaux ayant, en coupe transversale, la forme 
d'un triangle isocèle, dont la base est tournée du côté supérieur; 
à l'intérieur de ce triangle, j'ai remarqué deux faisceaux 
ordonnés suivant une bande transversale. 

J'ai examiné également la base d'une foliole et, dans sa ner- 
vure médiane, j'ai vu d'abord un certain nombre de faisceaux 
rangés suivant un contour elliptique à l'intérieur duquel se 
trouvent deux autres faisceaux. Ceux-ci se fusionnent bientôt 
avec quelques autres, appartenant à la série externe, de façon 
à donner un faisceau en X. Ce dernier se divise en deux parties 
suivant le plan de symétrie de la nervure (PI. IV, fig. 19), et on 
obtient ainsi, dans l'ensemble, la forme d'arc habituelle (PI. IV, 
fig. 20). Dans une nervure latérale, j'ai constaté la présence 
d'un seul faisceau arqué continu, à concavité assez peu pro- 
noncée et tournée du côté supérieur (PI. IV, fig. 21). 

DansBa. — Dans les Danœa alata Sm. et ellipiica Sm., ainsi 
que dans VAngiopteris uncinaia de Vriese et le Marattia sam- 
bucina Bl., j'ai encore observé dans des fragments de pétioles 
une série externe de faisceaux fermée, avec, à son intérieur, 
une bande transversale constituée généralement par un seul 
faisceau; ce dernier est large et aplati, ou bien il présente la 
forme d'une gouttière à concavité tournée du côté supérieur. 

Dans le Danœa ellipiica et dans le D. polyphylla, la nervure 



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F. PELOURDE. PSARONIUS, PSARONIOCAtLON, CAULOPTERIS. 9U 

médiane des folioles m'a montré, à une certaine distance de la 
base de celles-ci, un appareil conducteur presque continu, ayant 
la forme d'un angle aigu dont le sommet est tourné du côté 
inférieur, et dont les bords libres sont recourbés vers l'intérieur 
(PI. IV, fig. 22). Cet appareil, qui devient tout à fait continu à 
an certain niveau, est analogue à Tare que j'ai signalé précé- 
demment. Sa forme anguleuse est une simple modification de 
détail, en corrélation avec celle du pétiole. 

J'ajouterai enfin que j'ai encore constaté dans la nervure 
médiane des folioles du Marattia cicutœfolia Kaulf., la présence 
d'un faisceau unique, ayant la forme d'arc ordinaire. 

En résumé, d'après ce qui précède, on peut dire que la dispo- 
sition des faisceaux dans les feuilles des Marattiacées se ramène 




e^- 



? 



O. 



1 

Ô 



Rg. 1. — Coupe transversale sché- 
matique de Tappareil conducteur 
d'un rachis de If arat^tocée vivante, 
montrant la ligne externe de 
faisceaux fermée, et la bande 
interne (!««' type). 



Fig. 2. — Coupe transversale sché- 
matique d'un rachis de Marattiacée 
vivante, montrant les faisceaux 
ordonnés suivant un arc ouvert 
du côté supérieur, et à bords 
recourbés en dedans (2« type). 



aux deux types fondamentaux suivants : tantôt on observe^ sur 
tes coupes transversales, un contour externe de faisceaux fermé, 
renfermant à son intérieur (Vautres faisceaux, qui constituent une 
ligne arquée, concave en haut, ou une bande transversale à peu 
près rectitigne (fig. i) ; tantôt l'ensemble des faisceaux est ordonné 
mivant un arc ou un U, ouvert du côté supérieur, et dont les 
bords se recourbent en crochets vers l'intérieur (fig. 2). Cet arc, 
d'abord dissocié, devient continu, c'est-à-dire constitué par un 
faisceau unique, dans les dernières ramifications des frondes et, 
en particulier, dans les pinnules. 

On trouve tous les passages entre ces deux manières d'être, 
qui peuvent d'ailleurs se retrouver à plusieurs niveaux diffé- 



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96 SÉANCE DU i4 FÉVRIER 1908. 

rents dans uq même organe, comme dans les pennes de VAn- 
giopteris evecta^ par exemple. 

Ce plan d*orgd^isation est tout à fait caractéristique de la 
famille des Marattiacées ' ; bien qu*il n'ait pas une très grande 
importance physiologique, il présente un grand intérêt au point 
de vue de son application à Tétude des Marattiacées fossiles, 
chez lesquelles nous allons le retrouver exactement. 

{A suivre,) 

M. Lulz, secrétaire général, lit la Note suivante de 
M. Russell : 

Observations sur des Genêts à balais 

adaptés à un sol calcaire; 

PAR M. W. RUSSELL. 

Le Genêt à balais {Sarothamnus scoparius Koch) a, on le 
sait, une appétence très faible pour la chaux : aussi la présence 
de cet arbrisseau en dehors des terrains siliceux est-elle tout à 
fait exceptionnelle. C'est pour cette raison qu'ayant eu l'occa- 
sion de rencontrer une colonie de Genêts égarée sur un sol cal- 
caire, il m'a paru intéressant de rechercher par quelle sorte 
d'artifice ces Genêts arrivaient à se maintenir dans un milieu qui 
leur est d'ordinaire des plus funestes. 

Les plantes en question s'observent au sommet des coteaux de 
Lardy (Seine-et-Oise) sur une sorte de promontoire qui domine 
la route de Torfou; elles vivent dans des marnes sableuses con- 
tenant de nombreux graviers calcaires très friables et sont asso- 
ciées à des espèces calciphiles comme Ophrys aranifera Huds., 
Hippocrepis comosa L., Tussilago Far f ara L., Inula Conyza 
DC, etc. L'indice calcimétrique moyen de la terre finement 
tamisée est de 6,833, quantité considérable pour l'appétence 

i. Voir notamment, sur l'anatomie des Marattiacées : De Vries et 
Harting, Monographie des Marattiacées..,, Leyde et Dusseldorf, i853, 
fig. 16, pi. VIL — KiiHN, Untei'suchungen ûber die Anatomie der Marattiaceen 
und anderer Gefàsskryptogameny Flora, 1889. — Brebner, On ihe anatomy 
of Dansià and other Marattiaceœ, Annals of Botany, XVI, 1902, fig. 11, 12, 
14, 15, 17, pi. XXII. — Thom/E, Die Blattstiele der Famé..., Jahrb. f. wis- 
sensch. Bot., t. XVII, 1886, p. 118-119, et fig. 16, 17, 18, pi. VI; etc. 



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W. RUSSELL. — GENÊTS A BALAIS EN SOL CALCAIBE. 97 

chimique Hu Genêt à balais S néanmoins ces arbrisseaux sont 
pour la plupart prospères et vigoureux — certains dépassent 
i m. 50 de hauteur — et ils ne se distinguent souvent de ceux 
qui habitent les terrains siliceux d*alentour que par leur colora- 
tion un peu plus pâle. Les cas de chlorose bien caractérisée 
sont rares el, lorsqu'ils se manifestent sur une plante, ils 
n'affectent qu'un petit nombre de ses pousses. 

Fait qui semble paradoxal, ce ne sont pas toujours les pieds 
situés sur les îlots les plus riches en calcaire qui sont les plus 
chloroses. Fréquemment des marnes donnant à l'analyse 6,60 
deCO'Ca à la surface et 7,80 à 70 centimètres de profondeur 
portent des Genêts robustes et assez verts de teinte alors que, 
dans des sables fins titrant à peine 0,60, les échantillons pré- 
sentent un jaunissement marqué des extrémités de leurs 
rameaux. 

Ces anomalies s'expliquent aisément lorsqu'on examine avec 
soin le substratum : partout où les Genêts ne sont que peu ou 
pas chloroses, le sol est fortement coloré en rouge par les 
oxydes de fer. Partout où la chlorose est manifeste, les sels de 
fer font défaut ou bien ne sont qu'en très faible quantité. C'est 
donc à l'action neutralisante du fer, si bien mise en évidence 
par les recherches de Chauzet, A. Bernard, Paturel, etc. *, que 
le Genêt à balais peut, dans la localité étudiée, résister à 
l'influence nocive du calcaire. 

Cette résistance aux effets du calcaire ne cesse que lorsque la 
proportion de cet élément dans le sol atteint environ 15 p. 100; 
avec cette dose de calcaire, malgré la présence des sels de fer, 
les plantes sont souffreteuses et offrent de nombreuses taches 
chloro tiques. 

Une conséquence remarquable de l'affaiblissement de la vita- 
lité chez les Genêts chloroses, c'est leur peu de résistance à la 
gelée : les froids assez rigoureux de janvier dernier, qui n'ont 
occasionné aucun dommage chez les Genêts végétant dans des 
conditions normales, ont, au contraire, absolument grillé les 
pousses de ceux qui présentaient des symptômes de chlorose. 

1. D'après Gontejean, le Genêt à balais supporte au plus 2 à 3 centièmes 
de chaux {Géographie botanique p. 79). 

2. Voyez en particulier Roox, Traité historique^ critique et expérimental 
de$rapports des plantes avec le sol, 1900, p. 367. 

T. LV. (SÉANCES) 7 



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98 SÉAKCE DU 14 FÉVRIER 1908. 

En résumé, il paraît résulter de ces observations que le 
Genêt à balais, plante calcifuge, peut végéter, sans en être trop 
incommodé, dans les sols faiblement calcaires, à condition d'y 
rencontrer des sels de fer. 

A ce propos, M. Hibon a vu, aux environs de Saint- 
Quentin, croître le Sarothamnus sur des talus de chemin 
de fer formés de marne calcaire sur laquelle il avait été 
jeté du sable de ballast. Celui-ci ayant glissé dans les 
couches plus profondes, entraîné probablement par les 
eaux, le Genêt semble croître sur terrain calcaire. 

M. Gagnepain a vu pousser sur les laitiers des hauts 
fournaux quelques pieds malingres de Genêt. Or on avait 
obtenu la fusion du fer par la castine, en sorte qu'ils 
contenaient jusqu'à 27 p. 100 de calcaire. Peut-être la 
présence du fer dans ces silicates doubles de fer et de chaux 
neutralisait-elle Tinfluence pernicieuse de la chaux sur 
le Genêt à balais. 

M. Malinvaud dit qu'il a vu également pousser le Saro- 
thamnus dans des sols marneux arrosés par des eaux 
ferrugineuses. 

M. Rouy fait la communication suivante : 
Notices floristiques 

{Suite); 
PAR M. G. ROUY. 

Un peu de bibliographie. 

I 

!• Viola Dehnhardti Tenore. — Le Bulletin a publié (LIV, 
p. xvii-xxiii) un article sur ce Viola, orthographié parfois à tort 
V. Denharti ou Dehnhartiù Sans discuter les appréciations de 
l'auteur de l'article, je crois devoir apporter quelques données 
complémentaires basées surtout sur la bibliographie et les 
exsiccata. 



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G. ROUY. — NOTICES PLORISTIQUES. 99 

I. — Il n*existe pas de botaniste du nom de Dehnhardti. C'est 
à Friedrich Dehnhardt, auteur du Catalogtts planlarum horti 
Camaldulensis, Neapoli, 1829, qu*aété dédié le Viola Dehnhardti 
Ten. 

II. — Des Mouums, affirme notre confrère, a dit : < rien n'est 
moins authentique qu'une espèce de Tenore signée par Tenorb 
lui-même ». Cette ironique boutade de Cu. Des Mouuns, botaniste 
zélé mais insuffisamment qualifié, semble-t-il, pour discréditer 
OD botaniste émérite tel que Tenore, ne saurait tenir contre les 
faits, car tous les possesseurs de grands herbiers, ou les auteurs qui 
les ont consultés, ont pu parfaitement avoir en mains ou sous 
les yeux des exemplaires authentiques de Tenore, absolument 
exacts parce que parfaitement conformes à ses diagnoses. Peut- 
être, dans un âge avancé (Tenore, né en 1780, est mort en 1861), 
le botaniste italien a-t-il inexactement déterminé quelques 
plantes sèches; mais cela ne saurait servir de base à une affir- 
mation aussi péreraptoire que celle relevée ci-dessus. 

III. — Mais Texamen d'exemplaires d'herbier, toujours plus 
ou moins soumis à des déplacements de chemises ou d'étiquettes, 
parfois selon l'opinion des successeurs, ne vaut jamais contre 
une diagnose suffisante. Et, en l'espèce, il faut tenir grand 
compte de la bonne diagnose, donnée par Gussone dans son 
c Enumeràtio plantarum vascularium in insula Inarime sponte 
provenientium vel oeconomico tisu passim cullarum » ; voici cette 
diagnose correspondant bien à celle qui est donnée par Rouy et 
FoucAOD {Flore de France y III, p. 28) : 

« V. Dehnhardtii Ten. fl. nap. 5. p. 332. 

V. acaulis stolonifera pubescens, foliis cordatis ovatis orbi- 
culatisve grosse dentatis, sepalis obtusis, petalis late obovato- 
orbiculatisobtusisintegris, inferiore latiore cordato-emarginato, 
caleare acutiusculo subuncinato. 

le. Ten. /. c. t. CCXIX. f . 2. — V. hirta, vap. lactiflora. Reichb^ 
cent. 13, f. 449» 

Ad maceries umlNPtfias, ad sepes, et in sylvaticis. 

Januario, Aprili y. 

StoUmes hinc inde excurrentes; stipulœ laciniatae, laciniis sti- 
polae latitudinem superantibus ipubesceniia inpetiolis deflexa! : 
foba cordato-ovata, sinu clauso; in stolonibus ovata, aut reni- 



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iOO SÉANCE DU 14 FÉVRIER i908. 

formia, late cordata, id est sinu late patente : pedunculi late 
Hcanaliculati, bracteis ad ipsorum médium insertis, et una cum 
stipulis piloso-ciliatis : sepala oblonga, utrinque obtusa ac pube- 
rulo-ciliata, intégra, fusco-virentia : calcar acutiusculum, vix 
uncinatum, coroliaeconcolor, velpallidius : copsw/aovata, obtusa, 
subtrigona, pubescens : semina albida, nitidiuscula, levia, apice 
appendiculata. 

Variât petiolis foliisque pubescentibus ; floribus concoloribus, 
îaetecoeruleis, etcoerulo-liiacinis, vel albidis. Praeterea flores in 
praecedente {Viola odorata) violacei! et odori, petalis anguste 
obovato-oblongis, fere cuneatis : in hac, et in sequente, petala 
late obovata, basi non cuneata; flores fere inodori, ut in V, hirta 
in qua sunt intense coerulei, dum in V. Denhardtii a coeruleo ad 
albidum vergentibus ». 

IV. — BoissiER {FI. Orient,, I, p. 458) a rattaché comme 
variété* le V. Dehnhardti au V. odorata L. comme suit : 

« p. Dehnhardtii. Stipulœ plus minus hirlaB fimbriis elongatis 
«arum diametrum transversum sequantibus vel superantibus. 
V. Dehnhartii Ten., Nap. V., p. 332, t. 219, f. 2. Variât glabrius- 
<îula vel hirsuta ». Et cette notation s'explique car les feuilles du 
V. Dehnhardti sont nettement diO^érentes de celles du V, alba 
Bess. D'ailleurs, les exsiccatas de V. Dehnhardti sont répandus 
dans les grands herbiers, ayant été distribués par Huet du 
Pavu^lon, Todaro, Orphanidês et de Heldreich ; et d'autre part, la 
plante n'est pas rare en Italie, Parlatore {FI, ItaL, IX, p. 136) 
la citant dans la région des oliviers de la partie centrale et méri- 
dionale de l'Italie, depuis Florence jusqu'à la Sicile, et ajoutant : 
« E probabile che nasca in altri luoghi tanto della penisola 
quanto délie isole o che sia stata confusa con la Viola odorata 
o con la Viola hirta ». 

Quant aux déterminations plus ou moins changeantes ou 
erronées, aux appréciations plus ou moins exactes des uns ou 
des autres, il ne faut pas s'appuyer sur elles, mais voir par soi- 
même. En résumé, est Viola Dehnhardti Ten. toute plante, d'où 

i. Nous avons rattaché, nous (/. c), le V. Dehnhardti Ten. au V. od<h 

ratuy non comme variété mais comme sous-espèce, parce que nous avons 

' estimé que, tout en dépendant bien du type spécifique V. odorata, il était 

-^ussi quelque peu voisin du F. alba et nous Tavons classé juste avant ce 

dernier. 



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G. ROUY. — NOTICES FLORISTIQUES. lOf' 

qu'elle vienne, qui correspond aux diagnoses de Tenore, Gussone, 
BoissiER, Parlatore, Rouy et Foucaud, et qui présente notam- 
ment des feuilles ovales-cordif ormes , à sinus bien moins ouvert 
que dans le V. alba^ des stipules fortement fimbriées, à cils 
intermédiaires dont la longueur égale au moins la largeur de la 
stipule, des capsules brièvement pubescentes, des fleurs inodores,^ 
une souche émettant des tiges latérales ou stolons couchés, etc^ 

2'' Viola montana L. — Dans son article sur le Viola Dehn- 
hardtiy notre confrère {L c, p. XXIII) écrit : « Notre V. Jordani 
Hanry, race provençale admise jusqu'à aujourd'hui comme- 
dérivée du F. elaiiorFr. se rattache directement — qui Teûtcrut 

— au V. montana L. M. W. Becker, spécialiste allemand, vient 
d*eo acquérir la conviction profonde! » Encore là un point de 
bibliographie I En effet, chacun sait que le V. montana de Linné,^ 
indiqué par lui < in alpibus Lapponiae, Austriae, Baldo », com- 
prend deux plantes bien distinctes, déjà distinguées par Pries 
{Navitiwy éd. altéra, 1828). 

!• _ V. montana L., FI, Suec, éd. 2, p. 305; Wahlenbg., FL 
Lapp.y p. 214, FL Suec, p. 646; V, lancifolia Bess., Primit. fl. 
gai., 1, p. 173?, non Thore; V. Wahlenbergii Beurling sec. 
Nyman, Consp. fl. Europ.y p. 77; V. canina y. montana Pries,. 
Nov. éd. 2, p. 273; var. macrantha Pries, Mantissa^ 3, p. 122. 

— Exs. : Pries, Herb. norm.y 10, n* 36. — Norvège et Suède,, 
surtout boréales; Islande; Pinlande, Russie centrale et septen- 
trionale ; etc. 

2* — V. montana L., Spec^ éd. 2, p. 1325 {po8t.)\ Parlatore, 
PI. ItaL, 9, p. 154; V. elatior (Clusius Pann., p. 356) Pries, 
Nov,, éd. 2, p. 277, et auct. récent, fere omn. * — Exs. plur. — 
Aire bien connue. 

Et le V. Jordani Hanry, plante méditerranéenne, n'ayant rien 
d'affiné avec le V. montana (L. p-p.) Wahlenbg., plante septen- 
trionale, reste à classer après le V. elatior, et à cdté de lui! 

3« — Pulmonaria ovalis Bast. et Pulmonaria longifolia Bast. — 
n a été parlé l'an dernier de ces deux plantes dans le Bulletin 
(LIVy p. 285), à l'occasion de la première dont quelques parts 

i. En réalité, il convient d'attribuer le V. elatior à Link, qui Tavait 
publié en 1821, in Enum. pi. koriiBeivl ., p. 241. 



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102 SÉAI9CE DU 14 FÉVRIER 1908. 

ont été offertes à la Société provenant de Beaupréau, localité 
classique de ce Pulmonaria. 

Je me bornerai à rappeler, au point de vue de la bibliographie 
à consulter, que dans sa belle Monographie des Pulmonaires^ 
publiée en 1878*, A. Kerner a admis le P. ovalis de Bastard', 
comme hybride des P. a f finis Jord. et P. longifolia Bast., et 
que ce dernier, distinct du P. azurea Bess. par d'autres carac- 
tères que ceux indiqués au Bulletin {L c), ne doit nullement 
disparaître comme espèce; il est d'ailleurs admis à titre d'espèce 
dans les ouvrages récents et on le trouvera ainsi dans le tome X 
de notre Flore de France, qui paraîtra incessamment, et, dans 
lequel les Pulmonaria sont longuement étudiés. 

4"" Chaenorrhinum serpyllifolium Lange — Toujours dans notre 
Bulletin^ a paru une communication d'un de nos confrères qui 
a cru pouvoir affirmer la présence de cette espèce dans plusieurs 
de nos départements. Je ne discuterai pas le fait, possible d'ail- 
leurs quoique le C. serpyllifolium soit, en Espagne, spécial jus- 
qu'ici à la Viei]le-€astille occidentale et à la Galice, et j'étudierai 
H fond la question lorsque je traiterai les Linaria et les Chœnor- 
rhinum lors de l'élaboration du tome XI de la Flore de France. 
Mais aujourd'hui, je puis toujours ajouter quelques éléments i 
ce qu'a dit l'auteur de l'article, éléments qui n'ont pas été 
publiés par lui. 

I. — D'abord, le genre Chœnorrhinum Lange est à conserver 
comme je l'ai déjà écrit dès 1882 {Matériaux pour servir à la 
revision de la flore portugaise^ fasc. Il, p. 20), et il l'est actuel- 
lement dans les ouvrages généraux. Il se sépare, au même titre 
que le genre Anarrhinum Desf. {Simbulela Forskh.), du genre 
Linaria par : « Corolla labiata^ fauce pervia », alors que che* 
les Linaria et les Antirrhinum on trouve : « Corolla personata^ 
fauce clausa », caractères génériques différentiels très nets. 

II. — Voici le texte complet de la iisignose princeps du Linaria 
serpyllifolia Lange n. sf.{Pugillus^ p. 206) : Annua, multicaulis, 
Caules adscendentes v. erecti, 2-4-' longi, a basi ad apicem 
glanduloso-villosi v. infeme pubescentes; folîa minora quam in 

1. In-4<», 51 pages, 13 planches. Inspruck. 

2. Qu'il ne faut pas confondre arec la race P. ovalifolia (P. ovaHs bot. 
plur., non Bast) du P. tuberoêa Schntnk. 



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G. ROOT. — NOTICES FLORISTIQCËS. 103 

L origanifoliay obovata, pubescentia v. inferiora glabriuscula; 
calycis lacinise dense glanduloso-villosœ et insuper pilis albis 
longe ciliato-barbataB, capsula maturâ vix longiores ; coroUa par- 
Yula, sordide coeruleo«lilacina; semina duplo minoraquam in L. 
origanifolia, costis IsBvibus (nec iuberculato-undulatis) percussa. 
Reliqua prsecedentis (L. origanifolise). — Obs. Inter L. origa- 
nifoliam et L. rubrifoliam videtur exacte intermedia. Differt ab 
illa radice annua reliquisque characteribus supra indicatis, ab 
hac caulibus numerosis, inflorescentia minus laxa, calcare cras- 
siore obtuso et preecipue costis seminum lœvibus, nec muricatis 
(Cum hac specie conferenda specimina in Serra deArabida Lusi- 
taniae lecta a Welwitsch in herb. Mus. Paris.). 

III. — Dans ses c Scrophularineœ Europaeœ analytice 
elaboratœ » (1881), V. de Janka classe les L. serpyllifolia Lange, 
L, rubrifolia Rob. et Cast., exilis Coss. et Kral. dans le 
groupe à « Folia cauHna inferiora subrosulato-coiigesta » alors 
qu'il inscrit le L. origanifolia pcurmi les espèces à « Folia haud 
rosulata^ sed wqualiler disparsa » ; puis il sépare le L. serpyllv- 
folia des deux autres par « Pedicelli calyce sub S-plo longiores^ 
erecii; calear obtusum; semina subundulato-costata, 

IV. — En 1882, j'ai écrit ceci (Matériaux rev. fl. portug., 2, 
p. 23) : « La variété gracile mihi du Chœnorrhinum origanifo^ 
Hum se rapporte à la plante qui croit sur les murs et sur les 
rochers dans les départements méridionaux de la France 
(Cévennes, Drôme, Bouches-du-Rhône, etc.), et qui est bien 
facUe à distinguer des formes des Pyrénées, des Alpes ou 
d'Espagne, par ses tiges grêles, diffuses, allongées, très 
rameuses, très florifères, ses fleurs petites. » Notre confrère 
n'a point cité cette variété gracile^ mais c'est peut-être à elle 
que s'applique son Linaria origanifolia var. serpyllifolia'i — 
Quant à la durée du Chamorrhinum origanifolium, Loret avait 
très bien vu les choses : il est annuel, bisannuel ou vivace 
selon la station, le substratum ou l'altitude, au même titre, 
d'ailleurs, que nombre d'autres plantes, telles que AnthyUis 
Vulneraria, Solanum Morella^ etc., fait bien connu. 

V. — Il est intéressant de constater que très probablement 
aucun des botanistes français dont a parlé notre confrère, ni lui- 
même, n'ont vu des exemplaires du Chœnorrhinum serpyllifolium 



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^^* SÉANCE OU i4 FÉVRIER 1908. 

authentiques, c'est-à-dire recueillis par Lange et envoyés par 
lui; du moins aucun ne la déclaré. Par contre, j ai eu cette 
bonne fortune, ce qui ma permis de publier dans les Illustra- 
iiones plantarum Europœ rariorurriy avec planche photographique 
agrandie d un tiers, la diagnose du Chœnorrhinum serpyllifO' 
Hum, et me permettra en temps opportun, après comparaison 
des exemplaires litigieux, de dire ce qui conviendra dans la 
Flore de France. — Jusqu'à nouvel ordre, je crois donc qu'il 
sera prudent de ne pas distribuer dans des exsiccatas la plante 
de France, à laquelle il est fait allusion ci-dessus, sous le 
nom encore incertain pour elle de Linaria serpyllifolia Lange! 

(A suivre.) 

A propos du Viola Denhardtii, M. de Boissieu, sans se 
prononcer sur la légitimité comme espèce de cette plante, 
dit qu'il a souvent récolté, notamment dans Titalie méri- 
dionale et en Grèce, des échantillons de ce Viola toujours 
facile à distinguer au caractère des stipules bordées de cils 
plus longs que le diamètre de ces stipules. 

M. Rouy estime, en effet, le Viola Dehnhardti facile- 
ment reconnaissable, mais il n'y voit toujours qu'une sous- 
espèce méridionale du Viola odorata L. 

M. Lutz a la parole pour la communication ci-dessous : 

Sur raccumulation des nitrates dans les plantes 
parasites et saprophytes et sur Tlnsuffisance 
de la diphénylamine sulfurique comme 
réactif microchimique de ces substances; 

PAR M. L. LUTZ. 

Au cours de ses recherches sur la fixation et Tassimilation de 
l'azote par les plantes, M. Berthelot * a envisagé Taccumulation 
des azotates dans les tissus des végétaux et il a conclu à la pré- 
sence universelle de ces composés dans le règne végétal. Gepen- 

1. Berthelot (M.), Sur la présence universelle des azotates dans le règne 
végétal. Journal de Ph. et Ch., 1884, t. II, p. 89. 



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L. LCTZ. — SUR L ACCUMULATION DES NITRATES. 105 

dant, on peut remarquer, dans la liste des plantes étudiées par 
cesavant, Tabsence d'espèces parasites et saprophytes. J*ai songé 
à combler cette lacune. 

Mes recherches ont porté sur un nombre important de plantes 
qui, sauf deux, VArceuthobium Oxycedri et le Cynomorium 
coccineum\ ont été recueillies par moi-même, mondées avec le 
plus grand soin et privées par lavage et brossage de toutes les 
particules terreuses qui auraient pu y rester fixées. Ces plantes 
ont été séchées le plus rapidement possible, puis réduites en 
poudre demi-fine et desséchées complètement à Tétuve. Pour 
chacune d'elles, des prises d'essai de 10 grammes en poids sec 
ont été traitées par décoction, puis par lixivation au moyen de 
l'eau bouillante; la colature, filtrée et évaporée à siccité, a été 
reprise par l'alcool à 30"* bouillant, pour éliminer le mieux pos- 
sible les matières gommeuses, filtrée et évaporée de nouveau à 
siccité. Finalement, le résidu a été repris une dernière fois par 
l'eau bouillante et introduit bouillant dans un appareil de 
ScHLŒSiNG en activité. Voici les résultats obtenus, rapportés à 
1 000 grammes de poids sec : 

Parasites absolues. 

Azotate de sodium Azote p. 1 000 
p. 1000 en grammes, en grammes. 

Gui 0,456 0,075 

Cuscute (sur Ortie) (l**" lot, École de Phar- 
macie de Paris) 1,179 0,194 

Cuscute (sur Ortie) (2" lot. École de Phar- 
macie de Paris) 1,065 0,175 

Cuscute(sur0rtie)(3Mot,valléed'0ssoue). 0,239 0,039 

Cytinus Hypocistis (île de Port-Cros, Var). 0,456 0,075 

Cynomorium coccineum (dunes sableuses 
près d'Oran) 0,646 0,106 

Areeutkobium Oxycedri (environs de Mar- 
seille) 0,570 0,094 

Parasites relatives à chlorophylle. 

Trixago apula 1,864 0,307 

Melampyrum arvense (Savigny-sur-Orge, 
S.-etO.) 3,576 0,589 

1. Je remercie sincèrement MM. A. Reynier et Doumbrgue qui ont bien 
Toolu me procurer ces deux plantes. 



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106 SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1908. 

Azotate de sodium Azote p. 1 000 
p. 1 000 en grammes, en grammes. 

Melampyrumarvense {OrTy-l&'WiWe, Oise). 1,598 0,263 

Jlf. pratense (Orry-la- Ville) 2,930 0,482 

Rhinanthus Crista-galli (Chantilly) 1,180 0,194 

Euphrasia vulgaris (Faremoutiers, 

S.-etrM.) 2,245 0,369 

Pedicularis sylvatica (Marly) 4,718 0,777 

P. pyrenaica (vallée d'Ossoue) 0,951 0,156 

TAestum pra^erue (tiges) (Barcelonnette). 1,365 0,225 

— (racines) — 2,130 0,351 
T. divaricatum (tiges) — • 1.978 0,326 

— (racines) — 2,130 0,351 
Osyris alha (Hyères) — 0,057 0,0094 
0. lanceolata (Djebel Murdjadjo, près 

Oran) 0,456 0,075 

Ephedra fragilis (Oran) 1 ,900 0,3135 

£. alata (Dunes sableuses de Duveyrier, 

Oran) traces traces 



Parasites relatiTes sans chlorophylle. 

Monotropa Hypopitys (Hyères) 4,490 0,739 

Phelipœa cœrulea (alluvions du Rizzanèse, 

Corse) 2,968 0,489 

P, violacea (Dunes sableuses de Duvey- 

rier) 1,1415 0,188 

Orobanche Epithymum (1" lot) 1,483 0,244 

— (2* lot, Bouray- 

Lardy, S.-et-O.) 2,168 0,357 

0. cruenta (Cabourg, Calvados) 3,348 0,551 

0. Rapum ( l^*- lot, Bastia) 1 ,560 0,257 

— (2Mot, Chevreuse, S.-et-O.),. 1,826 0,301 

0. minor (Hyères) 1,560 0,257 

0. sp. (éboulis, vallée d'Ossoue) 1,293 0,213 

Limodorum abortivum (Bouray-Lardy, 

bois) 2,016 0,332 

Saproph3rte sans chlorophylle. 

Neottia Nidus-avis (forêt d'Halatte, Oise). 0,951 0. 156 

Champignons poussant à terre. 

Amanita Caesarea (Cbangîs, S.-et-M.). . . . 0,951 0,156 

Cantharellus aurantiacus (bois de Vin- 

cennes) 0,342 0.056 

Tricholoma grammopodium (Faremou- 
tiers, pré) 1,103 0,181 



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L. LUTZ. — SOR L ACCOMULATION DES NITRATES. 107 

Champignons poussant sur des arbres. 

AzoUte de sodium Azote p. 1 000 
p. 1 000 en grammes, eo grammes. 

Pholiota destruens (forêt de Sénart, 

S.-etrO.) 

Polyporus betulinus (forêt de Carnelle, 

S.-et-O.) 0,152 0,025 

P. rhœades (forêt de Gamelle) S.-et-O ... 0,1 14 0,018 

Si l'on essaie de dégager de ces résultats des conclusions 
générales, on est frappé tout d'abord de Taction exercée par la 
richesse variable du substratum sur l'accumulation des nitrates 
dans les plantes parasites et saprophytes. C'est ainsi que, dans 
les parasites absolues et les Champignons arboricoles, la propor- 
tion d*azotates accumulés est toujours beaucoup plus faible que 
dans les parasites relatives. Parmi ces dernières, il sufflt d'exa- 
miner les chiffres observés avec Melampyrum arvense récolté à 
Savigny-sur-Orge et la même plante provenant d'Orry-la-Ville, 
avec Osyris alba (Hyères) et 0. lanceolata (Oran), avec Pedicu- 
laris sylvalica (Marly) et P. pyrenaica (Ossoue), avec Ephedra 
fragilis (Murdjadjo) et E. alata (Duveyrier) pour se rendre 
compte de cette influence. 

En comparant les tableaux dans leur ensemble et en tenant 
compte des localités^ et aussi de l'appétence chimique plus ou 
moins grande des diverses espèces, on remarque que les teneurs 
en azotates des parasites relatives sans chlorophylle sont sensi- 
blement supérieures à celles des parasites à chlorophylle, ce qui 
est conforme à ce qu'on peut déduire de la théorie de l'assimila- 
tion chlorophyllienne. Exemples : Orobanche sp. et Pedicularis 
pyremiica de la vallée d'Ossoue, Phelipxa violacea et Ephedra alata 
des dunes de Duveyrier, Orobanche minoret Osyris alba d'Hyères. 

Quant aux saprophytes humicoles, les proportions d'azote 
qu'elles accumulent sont relativement considérables, surtout si 
Von tient compte de l'extrême pauvreté en nitrates du sol des 
forêts où la plupart ont été récoltées. 

Je ne terminerai pas cette Note sans faire allusion à un travail 
réceot de H. Marcel Mirande' sur le même sujet et dont les 

1. MiRANDE (M.], Les plantes phanérogames parasites et les nitrates^ G. R., 
i. CXLV, 1907, 2« sem., p. 507. 



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108 SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1908. 

résultais diffèrent essentiellement de ceux que je viens d'ex- 
poser. M. MiRANDE jugeant « inutile de rechercher Tazote 
nitrique dans la plante par l'analyse directe » se contente d'ana- 
lyser qualitativement le suc des plantes et de caractériser les 
nitrates microchimiquement par ladiphénylamine sulfurique. 

Je me suis demandé si les conclusions de M. Mirande n'étaient 
pas entachées d'erreurs dues à l'emploi de ce réactif assez 
délicat à manier. A cet effet, j'ai pris plusieurs des plantes para- 
sites que j'avais analysées {Orobanche Rapu7n, Ephedra fragilis, 
etc.), je les ai traitées par décoction pour obtenir des colatures 
assez concentrées. De ces colatures j'ai fait deux parties, dont 
l'une a été essayée telle qu'elle et l'autre après addition d'une 
proportion assez notable d'azotate de potasse. J'y ai ajouté de la 
diphénylamine sulfurique préparée au moment de l'emploi et 
d'activité éprouvée. Il ne s'est produit aucune coloration^ Or les 
mêmes solutions non seulement donnaient lieu à un dégagement 
de bioxyde d'azote dans l'appareil de Schlœsing, mais encore 
précipitaient abondamment par le chlorhydrate de cinchonamine 
en solution chlorhydrique sensibilisée. Un nouvel essai fut fait 
avec des plantes vertes (Iris, Evonymus japonicus. Troène). Ces 
plantes furent pilées et exprimées et le suc filtré additionné 
d'azotate de potasse. Même résultat négatif par l'action de la 
diphénylamine sulfurique. 

Voulant préciser les conditions de cet échec, je m'adressai à 
une plante très nitratifère, le Tabac. Je fis deux lots de suc 
obtenu par contusion et expression, d'une part des racines 
seules, d'autre part des tiges et des feuilles. En traitant par la 
diphénylamine, j'obtins avec le suc de racines une coloration 
bleue intense et rien avec le suc de tiges. J'ajoutai à ce dernier 
de la solution de nitrate de potasse, puis de la diphénylamine : 
nouvel échec. 

Il était permis de supposer que, le milieu chlorophyllien pos- 
sédant des propriétés réductrices, ces propriétés pouvaient inter- 
venir dans le phénomène. Je pris de nouveau du suc de racines 
bleuissant par la diphénylamine; j'y ajoutai une trace extrême- 
ment faible de formol : il n'y eut plus de coloration. Nouvelle 
expérience avec du suc de racines additionné d'une petite quan- 
tité de glucose : même résultat. Troisième expérience en mélan- 



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L. LUTZ. — SUK L ACCUMULATION DES NITRATES. i09 

géant parties égales de suc de tiges et de suc de racines : pas de 
coloration. 

L'addition de saccharose au suc de racines entraîne la même 
conséquence. Celle de fécule, lorsque le milieu est très nitrate n'a 
d*abord aucune action, mais peu à peu, la coloration bleue 
s'atténue, vire au vert sale et finalement disparaît pour faire 
place à un précipité verdàtre. Pour obtenir une coloration dans 
ces conditions, il faut que le milieu soitsurnitratë, dans des pro- 
portions qui ne se rencontrent que rarement dans la nature et, 
en outre, la diphénylamine doit être ajoutée en grand excès, 
Taffusion des premières gouttes élant suivie d'une décoloration 
instantanée. Mais ce sont là des conditions tout artificielles. 

Ceci montre de la manière la plus évidente que les corps 
réducteurs, même en minimes proportions, suffisent pour 
empêcher la réaction microchimique de la diphénylamine. 
Comme leur présence est très fréquente, sinon constante, dans 
les tissus chlorophylliens, il s'en suit que la diphénylamine sul- 
furique ne doit pas être employée comme réactif certain des 
nitrates dans les plantes. 

M. Rouy remarque les différences relativement très 
sensibles entre elles des chiffres communiqués pour 
certaines plantes parasites dépourvues de chlorophylle : 
Orobanche, Neotlia, Cynomorium, et prie M. Lut/ de 
donner quelques explications particulières à ce sujet. 

M. Lulz répond que la teneur en azote de ces plantes 
peut varier beaucoup suivant les sols plus ou moins riches 
en azotates. 

M. le Secrétaire général fait passer sous les yeux des 
membres présents plusieurs brochures de M. Marchand, 
directeur de l'Observatoire du Pic du Midi, fort intéres- 
santes au point de vue de la biologie et de la répartition 
de certaines espèces pyrénéennes. Il fait ressortir l'intérêt 
qu'il y aurait pour des botanistes à poursuivre ce genre 
de recherches dans une station placée dans des conditions 
exceptionnelles, recherches pour lesquelles M. Marchand 



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ilO SÉAMCË DU 14 FÉVRIER 1908. 

s'offre à guider ses confrères, ainsi qu'il l'annonce dans 
une lettre dont la lecture est donnée. 

M. le Président rappelle que désormais la Commission 
du Bulletin n'admettra plus aucune infraction au Règle- 
ment qui limite à 40 par an au maximum le nombre de 
pages qui peut être accordé gratuitement à chaque membre 
pour ses communications, celles-ci ne devant pas dépasser 
8 pages par séance . 



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SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

Présidence de M. L. MANGIN. 

M. le D' Gagnepain, secrétaire, donne lecture du procès- 
verbal de la séance du 14 février, dont la rédaction est 
adoptée. 

Par suite des présentations faites dans la dernière 
séance, M. le Président proclame membres de la Société : 
MM. Fernand Pelourde, docteur es sciences, au Labora- 
toire de Cryptogamie du Muséum, rue de Buffon, 
63, à Paris, présenté par MM. Mangin et F. Camus. 
Charbonnel, curé de la Chapelle-Laurent, par 
Massiac (Cantal), présenté par MM. le frère 
Héribaud et Lauby. 
GoDEFROY, docteur de TUniversité de Paris, biblio- 
thécaire de la Faculté des Sciences de Marseille, 
présenté par MM. Mangin et Lutz. 
Charrier, pharmacien de l '^ classe à la Châtaigneraie 
(Vendée), présenté par MM. Dismier et Douin. 

M. le Président annonce que M. Th. Delacour, ayant 
rempli les conditions prescrites par le Règlement, est pro- 
clamé membre perpétuel. 

M. Philibert Guinier est ensuite proclamé membre à 
vie. 

M. le D*^ Amblard, membre fondateur, remercie la Société 
des fonctions honorifiques de Vice-Président qu'elle lui a 
conférées. 

Le Conseil dans la séance qu*il a tenue le 17 janvier, a nommé les 
Commissions suivantes conformément au Règlement ^ 

i. D'après rariicle 25 du Règlement, le Président et le Secrétaire géné- 
ral font partie de droit de toutes les Commissions. 



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112 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

1° Commission de Comptabilité : MM. Bornet, Maugeret, Hibon. 

2° Commission des Archives : MM. Delacour, abbé Hue, Maugeret. 

3^ Commission du Bulletin : MM. Bornet, Buchet, Bureau, Delacour, 
Malinvaud, Molliard et MM. les Membres du Secrétariat. 

¥ Comité consultatif chargé de la détermination des plantes de 
France et d'Algérie soumises à V examen de la Société : MM. Bornet et 
Gomont (Algues); Boudier et Rolland (Champignons); Hue (Lichens); 
Fernand Camus (Mousses); Gagnepain, D' Gillot, Malinvaud (Plantes 
vasculaires) ; Baratte et Baltandier (Plantes d'Algérie). 

5° Commission de la Session extraordinaire : MM. Delacour, F. Camus, 
Malinvaud. 

6° Commission des élections : MM. le 1*' Vice-Président, le Trésorier, 
l'Archiviste. 

7* Commission du prix de Coincy : MM. F. Camus, Hue et les 
anciens Présidents. 

Recherches sur la position systématique des 
plantes fossiles dont les tiges ont été appelées 
Psaronius, Psaroniocauloiiy Caulopteris 

(Suite); 

PAR M. Fernand PELOURDE. 

Marattiacées fossiles. 

Comnie on sait, M. Grand' Eury a démontré que les Caulop- 
teris et les Psaronius représentent des modes de conservation 
différents des mêmes individus * : les Caulopteris sont des 
empreintes de la partie supérieure de ces derniers, et les Psaro- 
nius sont des troncs silicifiés des mêmes tiges, lesquelles ont 
porté comme frondes la plupart des Pecopteris cyathoïdes*; et il 
a également démontré que les Stipilopteris sont des fragments 
de pétioles ayant appartenu à ces frondes*. On peut donc se 
faire une idée de la structure qu*avaient les feuilles des plantes 
ainsi constituées d'après Texamen des cicatrices des Caulopteris 
et d'après certaines remarques anatomiques qui ont été faites 
sur les Psaronius^ les Stipilopteris et les vrais Pecopteris. 

1. Grand'Eury (C), toc, cit., p. 82. 

2. Ibid., p. 98. 

3. Ibid., p. 79-80. 



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F. PELOURDE. — PSARONIUS, PSARONIOCAULON, CAULOPTERIS. 143 

Psaronius. — Ainsi que l'ont démontré Stenzel et M. Zeiller, 
l'appareil conducteur de ces feuilles était constitué à son origine 
par un seul faisceau ayant la forme d'une gouttière, dont les 
bords libres, situés du côté supérieur, se repliaient en dedans. 
M. Zeiller, en effet, a observé à la surface du cylindre ligneux 
dune tige de Psaronius bibractensis B. R., la sortie d'un faisceau 
foliaire présentant la forme que je viens de décrire * . Il a retrouvé 
des traces semblables sur une coupe longitudinale tangentielle 
d'une tige de Psaronius infarctus Unger, var. hippocre- 
picus ^. 

En outre, Stenzel a observé sur une coupe transversale de 
Psaronius Haidingeri^ dans l'épaisseur de la gaine de racines, 
des sections de faisceaux ayant appartenu à d'anciens pétioles, 
et présentant encore la forme d'arcs à bords repliés en dedans, 
mais ayant, selon lui, subi une rotation de 180° due à la dessic- 
cation '. 

Caulopteris. — Si l'on considère maintenant les cicatrices des 
CaulopteriSf on constate que l'on peut ramener leur organisa- 
tion aux deux types fondamentaux suivants : 

Premier type, — Dans un certain nombre d'espèces, le 
système vasculaire de chaque cicatrice se compose d'un contour 
elliptique fermé et d'une bande interne généralement continue 
et plus rapprochée de la partie supérieure du contour externe 
que de sa partie inférieure (PI. IV, fig. 23). Ce mode de struc- 
ture, qui est très répandu, se rencontre notamment dans les 
Caulopteris peltigera Brgnt*, endorhiza Grand'Eury*, patria 



1. Zeiller, Flore fossile du bassin kouiller et permien d'Autun et d'Epinac, 
i^ partie, pi. XVIII. fig. 1, et p. 218. 

2. /6îd., p. i86, et pi. XV, fig. 2. 

3. GcsTAV Stenzel, Die Psaronien, Beobachtungen und Betrachtungen, 
Beitrâge zur Palaonlologie und Géologie CEsterreich-Ungarns und des 
Orients, Bd. XÏX, 4906, p. 98-99, et pi. IX, fig. 39. 

4. Brongnurt, Histoire des végétaux fossiles, I, p. 417, et pi. CXXXVIII. — 
Grand'Eury, lac, cit., p. 85, et pi. IX, fig. 2. — Zeiller, Flore fossile du 
terrain houiller de Commentry, i^^ partie, Bull. Soc. Industrie minérale, 
3« série, t. II, 2« livraison, 1888, p. 314-317, et pi. XXXV, fig. 1-3. 

5. Grand'Eury, loc, oit,, p. 87, et pi. IX, fig. 4. — Zeiller, loc, cit., 
p. 317-322; pi. XXXVI, fig. 4 ; pi. XXXVII, fig. 1, 2. 

T. LV. (SÉANCES) 8 



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114 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 4908. 

6rand*EuryS Baylei Zeiller', ainsi que dans la plupart des 
Ptychopteris *. 

Second type. — Ou bien il existe un seul faisceau, en forme 
d'U, ou d'arc ouvert en haut, et à bords recourbés en dedans, 
comme, par exemple, chez les Caulopterts Saportw Zeiller* et 
Fayoli Zeifler ' (PI. IV, flg. 24). 

n y avait donc dans Tappareil conducteur des feuilles des 
Caulopteris deux modalités principales, analogues à celles que 
j*ai déjà signalées chez les Marattiacées vivantes. Comme chez 
ces dernières, d'ailleurs, ces deux modalités se transformaient 
Tune dans l'autre, et ceci explique comment, en partant du 
faisceau foliaire initial en forme de gouttière, on arrive au 
faisceau fermé, avec un arc ligneux interne, que l'on trouve à la 
surface de la plupart des Caulopteris. Ce passage de l'une des 
formes à l'autre a été démontré d'une façon très nette par 
M. Zeiller, qui a obtenu des préparations extrêmement instruc- 
tives d'un certain nombre de faisceaux foliaires appartenant à 
UB Caulopterts endorhiza de Commentry, depuis leur origine 
jusqu'aux cicatrices auxquelles ils aboutissaient : il a ainsi pu 
constater sur place les transformations du système fasciculaire 
et la rapidité avec laquelle elles s'accomplissaient '. 

Typea intermédiaires, — D'ailleurs, à la surface même de 
certains Caulopteris^ on peut également observer toutes les 
transitions entre les deux types que je viens de signaler. C'est 
ainsi que, dans le Caulopteris varians Zeiller^, il existe sur un 
même individu certaines cicatrices à faisceau ouvert en haut; 
d'autres, où les bords libres du faisceau se sont détachés et sont 
encore distincts, à l'intérieur d'un contour presque fermé; 
d'autres enfin, oii le contour externe est complètement fermé, 

1. Grand*Eury, loc. ci^, p. 87; — et Zeiller, toc. eit,, p. 322-324, et 
pi. XXXI, fig. 7. 

2. Zeiller, ExpL carte géologique^ t. IV, pi. GLXX, flg. i. 

3. Zeiller, Flore fossile du terrain homller de Commentry (loe, et'*.)-, 
p. 337-356. 

4. Flore fossile de Commentry (loc. cit,\ p. 329-330, et pi. XXXV, fig. 6. 
S.lWd., p. 331-333. et pi. XXXVII, fig. 3-4. 

6. Flore fossile de Commentry (loc, cit.), p. 310-313, et pi. XXXVI, 

fig, |a'^ i^f^ la», 

7. Ibid., p. 326-328, et pi. XXXV, fig. 6. 



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F. PELODRDE. — PSAROWIUS, PSARONIOCàULOW, CAULOPTERIS. 145 

et comprend i son îàtérieor un faisceau d'autant plus éloigné 
de son sommet que la fermeture s*est effectuée plus près de 
lorigine du faisceau foliaire (PI. IV, fig. 25). Cette espèce est 
partieulièreitaent intéressante, à cause de cette variation dans 
ses cicatrices, variation que Ton retrouve également chez le 
Caulapteris punctata Lesquereux K 

Le Caulopleris protopteroides Grand'Eury* peut paiement 
présenter ces deux types de structure sur le même individu, 
comme en témoigne un échantillon de la collection du Muséum, 
ââûs lequel la partie ligneuse d'une des cicatrices est ouverte en 
haut. Dans cette espèce, le contour vasculaire externe se fermait 
doDc à une distance variable de la surface de la tige, en dedans 
de celle-ci, ou i la base du pétiole, ce qui fait que, quand il est 
fermé, le faisceau interne se trouve plus ou moins éloigné de sa 
partie supérieure '. 

Ainsi, l'étude des Caulopteris varians, punctata et protopte- 
roides démontre que les deux types extrêmes dont fai parlé plus 
haut se transformaient Vun dans l'autre chez les Marattiacées 
paléozctques comme chez les Marattiacées qui vivent actuellement. 
D ailleurs, comme chez ces dernières, cette transformation se 
reproduisait fréquemment dans une même feuille, ainsi que le 
montrent Tétude des Stipitopleris et celle des Pecopteris 
cyathoides. 

Stipitopteris. — Dans les StipitopieriSj ^i effet, on rencontre 
tantôt Tua, tantôt Tautre des deux types d'oi^anisation que Ton 
trouve dans les cicatrices des Caulopteris. Ainsi, chez certains 
d entre eux, il existe un faisceau unique, ouvert en haut, et à 
bords recourbés fortement en crochets vers Tintérieur, comme 
dans les St. Renaulti Zeiller* et reflexa Zeiller*. M. Grand'Eury 
a aussi figuré un exemple analogue {loc. cit.^ p. 80). 

Ou bien, chez d autres, on observe un contour vasculaire 
fermé et, à son intérieur, une bande interne, en forme de V 

i. GeoL of Penn'a, II, p. 869, et pi. XIII, fig. 4. 
S. GiUMD'fiURT, loe. ciLy p. 85, et pi. X, fîg. i. 

3. Zeilleb, Flore fossile de Commentry (loc. cit.), p. 324-326, et pi. XXXV, 
fig. 4. 

4. Zeilleb, Flore fossile d'Autun et d'Epinac, 1" partie (loc. cit.), 
p. 27S-279, et pi. XX, fig. 5. 

5. Ibid., p. 279-280, et pi. XX, fig. 7. 



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il6 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

renversé, plus rapprochée du côté supérieur que du côté infé- 
rieur, comme dans le Stipitopteris peltigeriformis Zeiller*. 

Ainsi, les différences de structure qui existaient entre les 
diverses cicatrices des Caulopteris, malgré les commodités qu'elles 
présentent pour la classification ^ n'ont pas une valeur systéma- 
tique absolucy puisqu'elles se retrouvaient à diverses hauteurs^ 
dans une même feuille, chez tous les individus; il en est de même 
pour celles qu^ Von rencontre dans les divers Stipitopteris, où elles 
peuvent également ne correspondre quà des différences de 
niveau d'un seul et même pétiole, 

Pecopteris. — Si maintenant Ton examine des vrais Pecop- 
teris à structure conservée, on remarque, comme Ta montré 
Bernard Renault, que leurs rachis d'ordre inférieur possédaient 
un faisceau unique lunule, ou en forme d'U, ouvert du côté 
supérieur et à bords recourbés en dedans. Cela est très net, par 
exemple, dans le Pecopteris des silex permiens de VAutunois 
décrit par B. Renault sous le iiom de Pec, pennœformis Brgnt, 
var. Alusensis^, dans les Pecopteris intermedia B. R.', subcre- 
nulata B. R. *, et surtout dans le P. Geriensis B. R. "^ (PI. IV, 
fig. 26). Cette dernière espèce est particulièrement intéressante, 
à cause de la grande ressemblance de son faisceau avec celui de 
la nervure médiane des pinnules de ÏAngiopteris evecta, que j'ai 
figuré (PI. III, fig. 15). 

On peut donc dire que, dans les rachis d'ordre inférieur des 
Pecopteris que je viens d'examiner^ V appareil conducteur était 
organisé de la même façon quil Vest encore maintenant à certains 
niveaux^ chez les Marattiacées vivantes. 

CONCLUSIONS 

1<» En résumé, j'ai démontré que, dans les frondes des Marattiacées 
paléozoïques, l'appareil conducteur, depuis rorigine du faisceau foliaire 

1. Flore fossile d'Autun et d'Epinac, 1" partie [lac. di.), p. 280-281, 
et pi. XX, flg. 9. 

2. B. Renault, Flore fossile du bassin houiller et permien d'Autun et 
d'Epinac, 2« partie, p. 7. 

3. B. Renault, Cours de botanique fossile, 3* année, p. i22-i24, et flg. 8, 
pi. XXII. 

4. Ibid., p. 432-134, etÛg. 10, pi. XXIII. 

5. [bid., p. 128, et pi. XXII, flg. 1. 



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F. PELOURDE. — PSARONIUS, PSARONIOCAULON, CAULOPTERIS. 117 

jusqu'aux extrémités des ramiôcations du rachis, subissait des transfor- 
mations semblables à celles qu'il subit chez les Marattiacées actuelles. 
Par suite, l'idée d'une structure spéciale du système libéro-ligneux des 
feuilles des Marattiacées fossiles ne peut plus être adoptée. 

2^ Les données anatomiques que j'ai exposées confirment les relations 
que M. Grand'Eury a établies d'après les rapports de position entre les 
Psaronius, les Caulopteris, les Stipitopteris et les vrais Pecopteris. 

30 J'ai montré que les diverses formes de l'appareil conducteur de la 
feuille des Marattiacées se transforment les unes dans les autres, et sou- 
vent très rapidement; il en résulte que les variations observées dans les 
cicatrices des Caulopieris et dans les traces foliaires des Stipitopteris 
tiennent seulement à des différences de niveau. Par suite, si ces varia- 
tions, en l'absence d'autres caractères, sont utiles pour les déterminations, 
on ne doit pas leur attribuer une valeur systématique absolue ; car, en 
particulier dans les Stipitopteris y elles peuvent dépendre uniquement de 
la hauteur à laquelle se sont faites les cassures des fragments de pétioles 
désignés sous ce nom. 

Explication des Planches. 

Planche III 

Fig. 1. — Coupe transversale schématique de l'appareil conducteur, 
dans le rachis principal de la fronde du Marattia fraxinea, prise à la base, 
et montrant les deux sénés de faisceaux. 

Fig. 2. — Coupe transversale schématique du même, prise à un niveau 
plus élevé, et montrant la série interne réduite à un petit faisceau supé- 
rieur et à un large faisceau inférieur. 

Fig. 4. — Coupe transversale du même, prise à un niveau encore plus 
élevé : la série interne est réduite au large faisceau inférieur de la fig. 2, 
et ce faisceau commence à émettre deux prolongements qui rejoindront 
ultérieurement les deux faisceaux voisins de la série externe; on aura 
ainsi un faisceau en X qui se sectionnera ensuite suivant une direction 
perpendiculaire à la ligne xy, 

Fig. 3. — Coupe transversale schématique du même, prise à un niveau 
plus élevé que dans les fig. 1, 2 et 4 : le faisceau interne, provenant de 
la division de TX, vient de se couper en deux, de façon à donner à 
rensemble de l'appareil conducteur une forme d'arc à bords recourbés 
en dedans. 

Fig. 5. — Coupe transversale du faisceau de la partie supérieure du 
rachis, dans une des deux premières pennes du Marattia fraxinea, un peu 
avant l'insertion de Tavant-dernière pinnule : la partie ligneuse com- 
mence à se diviser en deux, suivant la direction xy; r, portion destinée 
à se prolonger dans le rachis; p, portion se dirigeant dans Tavant dernière 
pinnule. 

Fig. 6. — Coupe transversale schématique de l'appareil conducteur du 
rachis principal de la feuille du Marattia Kaulfussii, prise à la base, e t 
montrant une série externe de faisceaux, et un faisceau interne. 



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118 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

Fig. 7. — Coupe transversale schématique du même, prise à un niveau 
plus élevé : le faisceau interne s'est coupé en deux. 

Fig. 8. — Coupe transversale schématique du môme, prise à un niveau 
encore plus élevé, et montrant trois faisceaux internes. 

Fig. 9. — Coupe transversale schématique de l'appareil conducteur du 
rachis d'une penne d'Angiopteris evecta, prise à la base, et montrant les 
deux séries de faisceaux. 

Fig. 10 et 11. — Coupes transversales schématiques du même, prises 
plus haut que la précédente : la série interne acquiert dans la flgure 10 une 
forme d'arc, et, dans la figure 11, celle d'une bande transversale, recti- 
ligne. 

Fig. 12. — Coupe transversale schématique du même, prise à un 
niveau encore plus élevé : le faisceau principal de la série interne s'est 
fusionné avec quelques-uns de ceux de la série externe, de façon à 
donner un faisceau en X. 

Fig. 13. — Coupe transversale schématique du même, prise à un niveau 
supérieur à celui de la figure 12 : le faisceau en X s'est divisé suivant le 
plan de symétrie du rachis, et l'ensemble de tous les faisceaux présente 
la forme d'arc déjà signalée. 

Fig. 14. — Coupe transversale de l'appareil conducteur du rachis d'une 
pinnule de la même espèce, prise un peu au-dessus du point d'insertion 
de cette pinnule : le faisceau supérieur est sur le point de se diviser en 
deux autres, s, et S2, suivant la direction x y (sa partie Hgneuse est déjà 
divisée); il est fusionné par une de ses extrémités au faisceau inférieur t, 
dont ab marque l'ancienne limite, et sa moitié Si va bientôt se réunir à 
l'autre extrémité du môme faisceau, comme l'indique la flèche. 

Fig. 15. — Coupe transversale du faisceau situé dans le rachis des pin- 
nules de VAngiopteris evecta^ après que les deux moitiés, s, et 52, du fais- 
ceau supérieur primitif se sont réunies au faisceau inférieur i. 

Fig. 16. — Coupe transversale schématique du rachis d'une penne 
à'AngiopUris d'UrviUeana^ prise à la base, et montrant les deux faisceaux 
arqués internes, ordonnés suivant un cercle. 

Planche IV. 

Fig. 17. — Coupe transversale schématique de l'appareil conducteur 
du rachis d'une penne à' Angiopteris d'Urvillaneay prise plus haut que celle 
qui est figurée PI. 3, fig. 16 : le faisceau supérieur du cercle interne, i, 
s'est soudé à une extrémité de l'un des faisceaux du cercle externe, e, 

Fig. 18. — Coupe transversale schématique du môme, prise à un 
niveau encore plus élevé : il n'existe plus qu'un seul faisceau à l'intérieur 
de la série externe. 

Fig. 19. — Coupe transversale de l'appareil conducteur de la nervure 
médiane d'une foliole de Kaulfussia sesculifolia : on y remarque un fais- 
ceau interne en train de se diviser. 

Fig. 20. — Coupe transversale du même, prise plus haut que la précé- 
dente : le faisceau interne est divisé, et l'ensemble de l'appareil conduc- 
teur présente la forme d'arc déjà signalée. 

Fig. 21 . — Coupe transversale du faisceau d'une nervure de deuxième 
ordre de Kaulfussia sesculifolia, 

Fig. 22. — Coupe transversale de l'appareil conducteur, dans la nervure 
principale d'une foliole de Dansea polyphylla. 



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ED. BUREAU. — NOTICE HISTORIQUE SUR F. -M. GLAZIOU. il9 

Pig. 23. — Caulopteris pelligera^ avec^ dans ses cicatrices, les traces du 
contour des pétioles et celles de l'appareil yasculaire ; s, côté supérieur, 
[d'après M. Zeiller). 

Fig. 24. — Caulopteris Saportœ, avec, dans ses cicatrices, un faisceau en 
arc, concave du côté supérieur, et à bords recourbés en crochets vers 
rintérieur (d*après M. Zeiller). 

Fig. 25. — Caulopteris varianSy avec ses deux sortes de cicatrices sur le 
même individu (d'après M. Zeiller). 

Fig. 26. — Coupe transversale d'un rachis d'ordre inférieur de Pecop- 
teris Geriensis : A limbe; r, rachis; s, bande de sclérerichyme; 6, liber; 
l, bois (d'après B. Renault). 

M. Gagnepaio lit, au nom de M. Ed. Bureau, la Notice 
ci-dessous. 

Notice historique sur F.-IN. Glaziou; 

PAR M. Ed. BUREA;U. 

Depuis un certain nombre d'années la botanique a été ft*appée à 
maintes reprises et, à chacune de ces pertes cruelles, l'un de nous se 
fait un devoir de rappeler, dans notre Bulletin, les services rendus à la 
science par le confrère que nous avions perdu. 

Glaziou mérite le même souvenir reconnaissant que ceux qui l'ont 
précédé dans la tombe. Si Ton recherche les titres de ses œuvres dans 
les recueils bibliographiques, on ne trouvera, il est vrai, à peu près 
aucune indication; car il n'a guère écrit, et cependant peu d'honnnes 
ont eu autant d'influence sur les progrès de la botanique méthodique ; 
car s^is lui la pubUcation de la plus gigantesque Flore qui ait jamais 
été entreprise n'eût pu être achevée. 

J*ai eu l'avantage de connaître Glaziou, j'ai pu apprécier ses grandes 
qualités et son zèle pour la science ; mais bien des détails de sa vie 
m'étaient inconnus, et je remercie bien vivement sa fille, M'"'' Simaad- 
Glaziou, et M. Gaonepain des documents qu'ils ont eu Tobligeance de 
me communiquer ^ 

François-Marie Glaziou, surnommé Auguste, naquit à Lannion 
(Cùte&-du-Nord) le 28 août 1828. Son père, excellent horticulteur, et un 
vieux géomètre furent à peu près ses seuls professeurs. Ce père avait 
assurément le caractère un peu vif et la main un peu légère ou, pour 
mieux dire, un peu lourde; car, à seize ans, François-Marie quitta la 

1. M. Urban, in Flora hrasiliensis, fasc. 130, pp. 27-28, a donné de Glaziou 
une biographie qui pèche par quelques détails; ces erreurs sont indé- 
pendantes de la volonté et des recherches dues à Téminent botaniste qui 
termina le grand ouvrage de BIartius. 



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120 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

maison paternelle, à la suite d'une magistrale correction que Fauteur de 
ses jours lui infligea pour une incartade de jeune homme. 

Glaziou avait à un haut degré Ténergie et la persistance bretonnes. 
Malgré son jeune âge, il commença ce qui terminait invariablement 
autrefois l'éducation de tous les jeunes ouvriers : son tour de France. Il 
travailla à Nantes, Angers, Bordeaux, etc.; il suivit les cours de 
Brongniart et Decaisne à Paris, et de Durieu de Maisonneuve à Bordeaux, 
où il travailla au Jardin botanique de la ville, ne négligeant aucune 
occasion de se perfectionner dans son métier d'horticulteur, et satisfai- 
sant le plus souvent possible son goût très vif pour la botanique. C'est 
en grande partie ce penchant qui le poussa à partir pour le Brésil, 
vers 1858, bien qu'il fût alors marié et père de famille. 

11 y arriva comme simple émigrant et avec des ressources presque 
insignifiantes; aussi ses débuts furent-ils très pémliles : il dut, pendant 
quelque temps, vivre à l'aventure, exerçant différents métiers (même 
celui de rémouleur), suivant les provinces brésiliennes qu'il traversait; 
mais sa grande intelligence le fit bientôt remarquer. Le supérieur d'un 
couvent compléta son instruction trop élémentaire, lui enseigna le por- 
tugais, le latin, etc., et ses progrès furent rapides. 

Le hasard lui ût faire, à Rio-de-Janeiro, la connai^isance du député 
FiALHO. L'heure était favorable : M. Fialho venait d'être chargé de 
de tracer et planter à nouveau le jardin public de la capitale. Il comprit 
vite la valeur de la rencontre qu'il venait de faire et en parla à l'empe- 
reur Don Pedro II, lui disant qu' « il cherchait des hommes pour les 
places et non des places pour des hommes ». 

En 1868, l'Empereur lui confia l'installation et la direction de ses parcs 
et jardins privés, et, en 1873, le ministre Joâo Alfredo Correade Oliveira 
le chargea d'exécuter l'immense jardin du Campo do Acclamaçao, œuvre 
remarquable qui exigea huit années de travail ininterrompu et fut 
inaugurée le 7 septembre 1880. Netto écrit quelque part que « cette 
inmiense place de TAcclamation, pair l'action énergique et éclairée du 
ministre Correa d'Oliveira et le talent de M. Glaziou est devenue le plus 
beau square connu. 

Pourtant il eut des divergences d'opinion au siyet du parc de la Quinta 
avec l'Empereur, qui le traitait amicalement. L'Empereur désirait une 
allée droite conduisant au château. Glaziou s'obstinait pour une allée 
smueuse, qui était seule dans le style du jardin, l'aUée rectiligne étant, 
disait-il, un non-sens horrible. < Je serai encore plus breton que vous- 
même, monsieur Glaziou », disait l'Empereur, avec cette finesse et cette 
aimable courtoisie qui lui étaient naturelles. Dans cette discussion qui 
s'éternisait entre ces deux honmies ce fut une fenune qui triompha : 
l'Impératrice. « L'Empereur, dit-elle un jour à Glaziou, est le seul 



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ED. BUREAU. — NOTICE HISTOKIQUE SUR F. -M. GLAZIOU. 121 

homme qui fasse toujours la volonté des autres: vous lui permettrez 
bien de faire une fois par hasard la sienne. — Majesté, dit Glaziou, 
ce sera fait », et la Quinta n'a qu'une seule allée droite. 

C'est pendant ces travaux qu'il fit connaissance de MM. de Beaurkpaire, 
Gamoxb de Montserrat, d'Escragnale, et des frères Tonnay. Il se lia 
surtout avec M. Feux Tonnay, ancien précepteur de l'Empereur. Voici ce 
qu'il disait dans une lettre adressée à sa femme le 14 avril 1881 : 

« M. Tonnay, notre bon vieil ami, s'en est allé à Saint-Jean-Baptiste (l'un 
des cimetières de la ville) lundi dernier. Je Tai accompagné, non pas pré- 
cisément avec regret; car il avait, comme tu sais, longuement vécu ; mais 
a?ec des larmes de reconnaissance pour toute rafTection qu'il nous avait 
portée durant un si grand nombre d'années. Dès qu'il me connut, il se 
fit spontanément mon Mentor et chercha constamment à mettre en évi- 
dence le mérite qu'il m'attribuait, et dont plus tard il se faisait honneur 
de s'être occupé en servant le pays. Il fut en effet mon meilleur maître. 
Ses leçons me façonnèrent aux usages d'un monde qui m'était inconnu 
avant lui; elles contribuèrent aussi à former mon jugement, et plus 
encore à me servir moins grossièrement de ma plume. » 

Glaziou était à. la fois simple et digne ; on cite de lui ce trait qui peut 
en donner la preuve : un ancien ministre de l'Empereur vint un jour 
réclamer le directeur des jardins et se trouva s'adresser à. lui-même. 
« C'est moi >, dit Glaziou. L'homme d'Etat toisa dédaigneusement ce 
jardinier qui, en tenue négligée, les mains dans la terre et le chapeau 
déformé, plantait lui-même un palmier, et il eut pour lui le mot de 
botocudoSy terme de mépris sanglant. Glaziou bondit sous l'injure et, de 
ses mains terreuses, empoignant le ministre par les épaules, il le poussa 
en dehors du jardin. Don Pedro connut l'histoire et s'en amusa intérieu- 
rement, mais sans en souffler mot. Ce n'est que longtemps après, 
lorsque le ministre revint aux afTaires, qu'en plaisantant il en parla à 
Glaziou. 

Glaziou était un herborisateur intrépide. Il lui arriva souvent de partir 
à trois heures du matin pour une herborisation aux environs de Rio-de- 
Janeiro, et il revenait fort tard, ployant sous le poids de ses récoltes. 
Un soir, sa femme, inquiète, Tatlendait jusqu'à neuf heures, et il était 
nuit depuis longtemps. Glaziou arrive enfin, mais harassé, déchiré, 
mouiUé, méconnaissable et de fort mauvaise humeur; car il y avait 
longtemps qu'il n'avait mangé. Il s'emporte contre les conducteurs de 
tramways, qui n'avaient pas voulu l'admettre et l'avaient obligé à faire 
ainsi trois heures de chemin à pied. Simplement M<b« Glaziou le prit par 
la main et le mena devant une grande glace, où lui-même se reconnut k 
peine. < Au fait, dit-il en souriant, ils avaient raison, les employés du 
tramway. » 
U était fort comme un chêne de son pays natal. Deux fois cependant 



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122 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

son ardeur pour les herborisations faillit lui être funeste. Un jour, il 
s'égara si complètement dans les montagnes qu'il se trouva perdu dans 
un cirque immense entouré de rochers abrupts. Pour en sortir, il ne 
trouva qu'un roc escarpé, étroit comme une muraille, bordé à droite et 
à. gauche de précipices affreux. Il fallait une singulière audace pour se 
hasarder sur cette crête. Glaziou jeta au loin sa boite, ses souliers, son 
bâton, pour être sûr de ses mouvements, et franchit cet horrible passage 
en courant, pour éviter le vertige. 

Une autre fois, vers 1890, après des herborisations répétées dans des 
plaines marécageuses, les fièvres paludéennes s'emparèrent de lui et 
répuisèrent au point qu'il n'était plus que l'ombre de lui-même. Heureu- 
sement sa Ûlle dévouée arriva et lui prodigua ses soins. Bien qu'il 
semblât un vieillard décrépit et qu'il fût en proie au délire, elle réussit à. 
rembarquer pour la France, où sa robuste constitution et Péloignement 
d'un climat débilitant lui permirent de se rétablir. 

Tout le temps que lui laissaient ses grands travaux était consacré par 
lui à recueillir des plantes vivantes pour les jardins publics de Rio et la 
plupart des grands jardins d'Europe. Il ramassait aussi de nombreux 
matériaux pour son herbier, qui dépassa bientôt en importance la plupart 
de ceux qui avaient été formés précédemment dans ce pays par Auguste 
DE Saint-Hilaire, de Marthjs, Riedel, Gàhdnbr, Pohl, Sellow, Weddell, 
HiERs, etc. 

Il explora en toute saison l'état de Rio-de-Janeiro, parcourut les bois 
et campos de Saô Paulo, et, grâce aux lignes ferrées connut la végétation 
de Minas Geraes. 

Les deux dernières années que Glaziou passa au BrésU (1894-9S) 
furent consacrées à l'exploration botanique de la province de Goyaz. 
L'itinéraire de cette exploration est tracée en ligne rouge sur l'une des 
cartes géographiques de la Commisiâo destudos da Nova capital do 
Unido, Les points les plus intéressants de cette belle contrée sont les 
campos, à cause de la végétation xérophile, et les hautes arêtes où se 
trouvent les plantes alpestres *. 

Glaziou ne se contentait pas d'herboriser lui-même; il subventionoait 
des collecteurs, qui exploraient les localités où U ne pouvait se rendre. 
L'un d'eux, mort en 1904 à Barbacena, recevait presque régulièremea t 
des sommes importantes. 1 500 espèces de ce collecteur se troirvexi t 
dans rherbier Glaziou. 

Ce n'était pas pour le plaisir d'amasser des collections considérables 
que notre zélé compatriote prenait tant de soins : c'était uniquement 
dans l'intérêt de la science et pour faire connaître autant que possible 

1. On trouvera in FL brasiL, I, pars II, p. 28 et dans ce Bull., Jtfem. 3, pax' 
exemple, des indications plus complètes sur les itinéraires de Glaziou. 



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BD. BUKEAU. NOTICE HISTOWQUK SDB P.-M. GLAZIOU. 123 

son pays d'adoption. Il 8*était attaché de tout ccBur à l'œuvre admirable 
de DE Martius : le Flora ôrasiliensis^ et, pour assurer rachèvemeot de 
cet ouvrage^ aucune démarche ne lui coûtait. Nous en avons la preuve 
dans la lettre suivante qu'il adressait à db Martius : 

• Rio, 23 sept. 1867. 

« Notre cause est gagnée, et cela ne pouvait être différemment... Les 
deux Chambres ont autorisé le gouvernement à traiter avec nous pour la 
continuation de la Flora brasiliensis et nous allouent provisoirement la 
somme de dix contos de reis (25 800 f.), pour sa continuation. Les 
influences qui ont fait triompher cette noble cause sont premièrement 
S. M. l'Empereur, pour le Sénat, et M. F.-J. Fialuo, à la Chambre des 
députés; Tune et l'autre doivent demeurer aussi dans votre souvenir. 

« Quant à moi, pour m'étre pendu à la corde de la cloche qui a sonné 
sur tous les tons, il ne faut pas y penser; je suis plus que comblé par vos 
généreuses intentions, pour lesquelles je serai durant mes jours votre 
heureux débiteur; je mourrai sous la charge, il faut le dire, mais attaché 
à votre char, comme Thumble rémora aux flancs du géant qui traverse 
le temps et l'espace . » 

Cette lettre, où Ton voit que le style de Glaziou avait pris un peu de 
l'emphase méridionale, est cependant celle d un homme modeste, et qui 
atténue le beau rôle qu'il a joué en réalité. Non seulement ces 
25800 francs furent contimiés, grâce à ses efforts, jusqu'à la chute de 
l'Empire, mais il sut, par des amis influents, les faire verser, sous le 
gouvernement républicain, jusqu'à l'achèvement de l'ouvrage (avril 1907). 
Or, en 1867, db Martius n'avait, pour la continuation du Flora, que des 
ressources infimes, et U écrivait alors à Glaziou des lettres où il déses- 
pérait absolument de l'œuvre gigantesque qu'il avait entreprise. 

Non seulement Glaziou en fournissait les matériaux, mais il suivait le 
travail d'étude qui se faisait en Europe, et, dès qu'une espèce était 
déterminée, il en fusait parvenir des échantillons au musée de Rio-de- 
Janeiro. 

Affaibli par les fatigues qu'A s'était imposées, il demanda sa retraite, 
qui lui fut accordée par un décret du 7 mai 1897. Ses amis de Rio ont 
tenu âi lui donner un témoignage de leur affection et de leur estime. Ils 
firent exécuter par un artiste brésilien de grande réputation un magni- 
fique portrait à l'huile, superbement encadré, avec la liste très longue des 
noms des souscripteurs. Ce portrait est la propriété de M'"* Siiiard- 
Glazjou. 

Retiré dans sa petite propriété du Bouscat, près de Bordeaux, il 
employa tout son temps à dresser le catalogue général de son herbier. 
C'était un travail considérable; car cet herbier comprenait plus de 
douze mille espèces, représentées par 22700 numéros; beaucoup, en 
eBeL, étaient bissés. Ce catalogue a été mené par lui à bonne fia. Il sera 



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124 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

fort Utile; car il renferme beaucoup de renseignements, qui complètent 
les étiquettes. La Société botanique de France en a commencé l'impres- 
sion dans ses Mémoires. Deux fascicules ont paru, en 1905 et 1906. Le 
premier est précédé d'une préface dans laquelle Fauteur donne, sur les 
itinéraires qu'il a suivis pour ses explorations, plus de détails que nous 
n'avons pu le faire ici. 

Glaziou avait terminé depuis peu de temps son travail, lorsqu'il fut 
enlevé après trois jours de maladie, le 30 mars 1906, à l'âge de 
soixante-dix-huit ans. Il repose dans le cimetière du Bouscat, près 
Bordeaux. Suivant les volontés qu'il avait maintes fois manifestées, un 
paquet double de ses chères plantes brésiliennes est son oreiller préféré 
pour son dernier sommeil. 

Il était docteur en philosophie et membre de nombreuses sociétés 
savantes. Le gouvernement français l'avait nommé, en 1890, Officier de 
la Légion d'honneur, et il avait reçu de divers pays de hauts témoignages 
d'estime : le Brésil l'avait nommé Officier de l'ordre de la Rose et 
Commandeur de l'ordre du Christ; la Russie, Officier de l'ordre de 
Saint-Stanislas et dignitaire de celui de Sainte-Anne; le Danemark, Che- 
valier de Tordre du Drapeau. 

Mais les honneurs n'avaient point modifié sa bonne et franche nature. 
Il a été regretté de tous ceux qui l'ont connu, et nous laisse l'exemple 
d'une vie entièrement dévouée à la science, et qui s'est écoulée dans un 
labeur ininterrompu. 

Glaziou avait souvent manifesté son intention de léguer son herbier au 
Muséum, mais je ne sache pas qu'il ait pris les mesures nécessaires. Sa 
fille. M"*' SiMARD, a tenu à remplir le désir de son père, et nous devons 
lui en être vivement reconnaissants. Plus cette précieuse collection sera 
consultée, et plus on appréciera l'immense travail que Glaziou a accompli 
pendant les trente-cinq années qu'il a passées au Brésil. 

OEUVRES DE GLAZIOU 

Plantœ Brœsiliœ centralis a Glaziou lectœ ; Liste des plantes du Brésil 
central recueillies en 1861-1895 par A. F. M. Glaziou, Bull. Soc. bot. Fr., 
Mém. 3 (1905) et 3 b (1906), en tout 200 p. (sera continuée rapidement). 

Un Catalogue des noms vulgaires des plantes du Brésil en concordance 
avec les noms scientifiques est resté inédit. Il appartient au Laboratoire 
de Phanérogamie du Muséum. 

Les botanistes qui ont étudié les collections Glaziou ont tenu à 
rappeler souvent son nom par leurs nouveautés. Le nombre des espèces 
à lui dédiées est considérable. Citons seulement les genres nouveaux : 

Glaziova Bureau, in Adansonia VIII (1868), p. 380, {Bignoniacée). 
Glaxiova Martius, in Flor. et Pom. (1871), p. 116, synonyme de Cocos. 



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ED. BUREAU. — NOTICE HISTORIQUE SUR F.-M. GLAZIOU. 125- 

GlaziostelmaFonrn., in PL bras, VI, pars IV (1885), p. 221 (Asclepiadée). 
Glaziopbyton Franch., in Journ, BoL, III (1889), p. 277 {Graminée). 
Bisglaziova Cogn., in Suit, au Prodr, VII (1891), p. ii2 {Mélastomacée). 
Glaziella Berk. Fungi brasil., in Ved. Medd. Nath. Kjobenhawn 
(1879-80), p. 751 {Champignon, Pyrénomycéte), 

A propos de la communication faite dans la précédente 
séance par M. Lutz, sur Tassimilation de l'azote par les 
plantes parasites, M. Mouillefarine dit qu'il a reçu, en 1891 , 
de son ami M. Copineau des échantillons fraîchement 
récoltés du Neottia Nidus-avis, plante dont il est question 
dans le travail de M. Lutz, lesquels, traités à Teau bouil- 
lante, avaient pris une coloration du plus beau vert éme- 
raude. 11 présente ces échantillons qu'il a conservés par 
curiosité dans son herbier et dont la coloration reste recon- 
naissable. M. Copineau avait trouvé l'idée de cette expérience 
dans un article de M. Prillieux paru dans le Bulletin le 
12 juin 1873. Cet article est fort intéressant : il est utile 
de le rapprocher de celui de M. Lutz et il est agréable de le 
commémorer devant son auteur en la 3^ année de sa. 
date. M. Mouillefarine demande si des expériences sem- 
blables ont été faites sur des plantes que leur aspect 
rapproche du Neottia comme le Monotropa Hypopitys et 
les Orobanchacées. 

M. Lutz répond que la très intéressante présentation 
de M. Mouillefarine soulève un des problèmes les plus 
complexes de la physiologie, à savoir l'assimilation pos- 
sible du carbone par les pigments autres que la chloro- 
phylle. Des faits à peu près positifs semblent déjà avoir été 
observés avec la carotine. Quant aux pigments bruns des 
Algues, des Neottia et des Orobanchacées, ils ont proba- 
blement des liens de parenté avec la chlorophylle, mais on 
en est encore à peu près réduit aux hypothèses relativement 
à leur action sur le carbone atmosphérique. 

M. Rouy a la parole pour la continuation de ses Notes^ 
floristiques. 



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126 SËANGE DU 28 FÉVRIER 1908. 

Notices floristiques 

(Suite); 
PAR M. G. ROUY. 

Un peu de bibliographie. 

U 

5* Pedicnlaris rhstica A. Kerner. 

I. — Dans mes « Notes sur quelques Pedicularis » (1899), j'ai 
écrit ceci : c Encore un nom à retrancher de la momenclature! 
— Linné cite, en effet, pour sa plante, dont il donne une courte 
diagnose s' appliquant aussi bien à la plante de nos Alpes qu'à 
celle des Alpes autrichiennes, le synonyme de Haller qui cor- 
respond à notre plante française, et celui de Kramer qui 
s'applique à la plante distinguée depuis par Eoch sous le nom 
de P. Jacquini (P. rostrata Jacq.) et qui est étrangère à notre 
flore, n en résulte que les auteurs français et suisses attribuent, 
avec apparence de raison, en s'appuyant sur le texte linnéen, 
le nom de P. rostrata à la plante des Alpes occidentales et des 
Pyrénées, et que, d'autre part, avec non moins de raison, les 
auteurs autrichiens et allemands considèrent comme le vrai 
P. rostrata^ de Linné, le P. Jacquini Koch. Frappé de cette 
anomalie, A. Kerner {Schedœ ad fl. exsicc. Austr.-Hung., II, 
p. H6) a créé le nom de P. rhmtica pour le P. rostrata Koch, 
non aL, en gardant le nom de P. rostrata L. pour la plante de 
Kramer et de Jacquin, avec la synonymie : P, Jacquini Koch. 
On voit qu'en laissant ce nom de P. rostrata dans la nomen- 
clature, la confusion n'a nulle chance de cesser; mais si, au con- 
traire, l'on rejette Tépilhète spécifique linnéenne, la question 
s'éclaircit aussitôt et Ton se trouve en présence de deux dénomi- 
nations distinctes très claires : 

cf. — P. rhœtica A. Kerner, Sched. ad fl. Austr.-Hung.^ II, 
p. 116 (1882) (P. rostrata L., p. p.), Vill., DC., Lois., Koch, 
Duby, Gren. et Godr., non Jacq., nec auct, Germ. et Austr,- 
Hunff, plur. 

« 2. — P. Jacquini Koch ap, Rœhl., Deutschl. /ï., IV, p. 363, 



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G. BOUT. NOTICES FLORISTIQUES. 127 

P. rosirata (L., p. p.) et auct. plur. Germ. et Auâtr.-Hung., 
non avct. Gall. et Helv.; P, rostrato-capiiata Crantz, Stirp. 
Austr,, éd. 2, p. 320. » 

Je rejette ce oom de Crantz pour la même raison qu'il y a 
lieu de repousser le qualificatif roslralo-spicata Crantz pour le 
P, incamata Jacq. En effet, le nom princeps du P. incarnaia 
Jacq. {FL Ausir.^ II (1774), p. 24) est P. rostrato-spicata Crantz 
(Siirp. Austr,^ éd. 2 (1769), p. 317); mais franchement, tout 
partisan que je puisse être de la loi d*antériorité du binôme, je 
crois devoir négliger ce nom bizarre, à allure d*hybride, d^autant 
plus que, plus loin (p. 319), Crantz l'appelle spicato-roslrata... 
II. — Mais, depuis quelque temps, un petit nombre de bota- 
nistes, s'appuyant sur le travail de Steininger (Beschreibung der 
europaischen Arien des genus Pedicularis, Cassel, 1887), 
adoptent, pour le P. rhœiica A. Kerner, le binôme : P. cwspitosa 
Sieb. 

Or, comment Steininger explique-t-il cette possibilité? — 
Voici ce qu'il énonce (/. c, p. 20) : 
H. — Pedicularis cmspilosa ». 

Sieber in Plant, rar, alp, (non flor. austriaca). Fasc. IV, 1812. 
Syn. Ped. rostrala Koch in Rôhl., Deutschl. FL, IV, p. 363 
non Linné, Krammer, Jacquin. 
Ped. rostrata var. Steven, Monogr. p. 37, n** 25. 
Ped. rostrata var. et. genuina Reichenb., le. germ. Vol. XX, 
p. 79, t. 124. 

Ped. Kerneri Dalla Torre, Anleitung zur Beobachtung und 
zum Besiimm. der Alpenpflanzen, p. 117 (4882), non Huter. 
Ped. rhœtica A. Kerner in Schedœ ad fl. exs. Austro-Hung. 
n., 1882. 

Et Steininger établit (p. 21) une : € forma pauciflora — Syn. 
P. rostrala var. cœspitosa Reichb., Fl. exe. »; et une c forma 
magna Bonjean in herb. et sched. » 

Sans entrer ici dans l*examen critique* de la plante de Sieber, 
au point de vue systématique, je ferai remarquer que : 

!• Steiniger reconnaît, d'après les exsiccata mêmes de Sieber, 
que le Pedicularis cœspitosa représente deux plantes différentes 
distribuées par ce collecteur et qu'il faut ne pas attribuer ce 
Dom à la plante publiée dans les Plantes d'Autriche, mais seu- 



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128 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

lement à celle des Plantes rares alpines; et que, d'autre part, le 
P. rostrata var. cœspitosa Reichb. * ne représente qu'une € forma 
pauciflora » du type. 

2°. — La plante de S^^ber, ayant été distribuée avec une éti- 
quette mentionnant nullement une diagnose même brève mais 
seulement un nomen nudum, si Ton tient compte des € Lois » 
de la momenclature de 1867 et des « Règles » de 1905, l'on doit 
impitoyablement rejeter ce nom de cœspitosa^ déjà sujet à 
ambiguïté d'après notre paragraphe ci-dessus. 

En résumé, P. rostrata des auteurs français doit être admis, 
comme je Tai déjà indiqué en 1899, sous le binôme P. rhœtica 
A. Kerner, et avec la synonymie suivante qu'ont établie juste- 
ment MM. ScHiNZ et Thellung dans leur Beitràge zur Kenntnis 
des Schweizerfloray 1907 : 

P. rhœtica A. Kerner. 

Pedicularis rostrata L., Spec. pL, éd. 1 (1753), 607 p. p. 

Pedicularis cœspitosa Sieher, Plant, rar. alp., fasc. VI (1812), 
n° 99 {nom. nud.). 

Pedicularis rostrata var. cœspitosa Rchb., FI. germ. exe. 
(1830-32), 361. 

Pedicularis cœspitosa Sieber bei Steininger in Bot. Central- 
ô/a«, XXIX (1887), 23. 

Pedicularis Keriieri Dalla Torre, Anleit. z. Beob. u. Best. d. 
Alpenpfl. (1882), 277, non Huter. 

6° Statice cordata L. — Le S. cordata L. a été considéré par 
quelques auteurs modernes comme étant la même plante que 
le S. pubescens DC, parce que, dans l'herbier de Linné, si 
souvent remanié, se trouvait un exemplaire unique de S. pubes- 
cens avec l'annotation « 5. cordata » de l'écriture de Linné. 

Or, cela ne saurait constituer une preuve contre le texte 
linnéen. Voici comment est caractérisé, dans le Species, par 
Linné, son S. cordata dont la pubescence n'est nullement spé- 
cifiée : S. scapo panicidatOy foliis spathulaiis retusis Sauv. 
monsp.y 15, avec les synonymes Limonium maritimum minus^ 
foliis cordatis Bauh. pin. 193, |?rodr. 199. Limonium minimum 
cordatum s. folio retuso Barr. ic. 805. 

1. « Var. P. cœspitosa Sieb. humilis, taxa, pauciflora ». Reichb., 
FI. excuTS.y p. 361. 



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G. ROUY. • — NOTICES FLORISTIQUES. 129 

On voit, d'abord, que le 5. cordata a été établi sur une 
plante de Montpellier, de Sauvage; or le S. pubescens DC. ne 
croît pas aux environs de Montpellier. La citation de Barrelier 
se rapporte : pour le texte {Icônes, n*" 691), à la plante de Baubin 
puisque le synonyme et Thabitat donnés par ce dernier sont 
reproduits par Barrelier même * ; pour la planche (n° 805) au 
S. echioides à feuilles réluses, ainsi que Ta vu justement Nyman 
(Conspectus Europ., p. 612), la planche 805 ne différant de la 
planche 806, qui, de Tavis de tous, représente un 5. echioides 
très rameux, que par les feuilles obtuses, non rétuses. Déjà, par 
leur texte, Barrelier et Linné sont d'accord pour reconnaître 
qu'ils ont bien en vue la plante de Bauhin. Or qu'en dit Bauhin 

4. A ce propos, je répondrai brièvement h une communication qui a 
été faite à la séance du 28 janvier 1907 par un de nos confrères. 

A la suite de brèves observations d^ordre historique que j'avais pré- 
sentées au sujet des Icônes de Barreuer (Cf. Bulletin^ LIV, p. 10-12), 
notre confrère est revenu, assez longuement, sur sa thèse. Je ne 
répondrai, dis-je, que par quelques renseignements sans plus insister sur 
un sujet de minime importance. 

En bibliographie, il est d'usage constant qu'un ouvrage non anonyme 
ne peut être considéré comme publié sous le nom de Téditeur, et quand 
celui-ci ne précise pas, n'affirme pas formellement, qu'une découverte 
vient de lui-même, il convient d'admettre que c'est, comme on l'a tou- 
jours admis jusqu'alors et avec raison, l'auteur qui a fait la découverte 
en question. Or, par aucune affirmation imprimée d'Antoine de Jussieu, 
notre confrère ne démontre que c'est ce dernier qui a trouvé les trois 
plantes provençales dont il parlait, et à quelle époque; il ne prouve pas 
non plus l'impossibilité de la présence de Barrelier à Marseille et au 
mont Ventoux. Il émet seulement des suppositions et des déductions, ne 
constituant pas ce qu'en science on appelle une preuve certaine. De plus, 
tout l'œuvre de Barrelier n'a pas péri au feu, et notre confrère doit 
savoir que déjà la bibliothèque môme des Jussieu contenait certains 
manuscrits ayant échappé à l'incendie, notamment le Munus botanicum 
sire rariorum planlarum schedia. 

Si Ton remarque, en outre, qu'Antoine de Jussieu cite très souvent 
Barrelier comme récolteur, c'est évidemment que tout n'avait pas été 
détruit et qu'il lui restait des éléments nombreux de texte ; de Jussieu 
d'ailleurs s'est borné à dire qu'aucun indice, aucune mention des localités 
où naissaient les plantes qui furent dessinées ne lui sont parvenus; mais 
cela n^établit nullement qu'il n'a pas eu (sans cela, il n'aurait pas pu 
éditer « Tceuvre posthume de Barrelier » en le citant constamment) les 
éléments manuscrits nécessaires; cela va de soi. 11 convient donc, tout 
en laissant bien volontiers à notre confrère sa manière de voir, de consi- 
dérer, dans les Icônes, les indications qui ne sont pas expressément citées 
par Antoine de Jussieu sous son nom, comme provenant de Barrelier 
même. 

T. LV. (séances) 9 



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i30 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

{Prodr.y p. 99)? Sa diagnose est, en l'état de la question, vrai- 
ment intéressante à consulter; voici : € I. — Limonium mari- 
timum minus foliolis cordatis : ad radicem crassam lignosam 
rufescentem parumq; flbrosam, folia plurima^ densa, camosa, 
lœvia, subrotunda, per terram' instar cespitis spargunhir, in 
quibusdam plantis obtusa nulloq; mucrone prœdiia : in aliis in 
summo sinum habentia et cordis formant referentia : inter qum 
cauliculi plureSy inœquales, irium, quatuor, etiam sex unciarum 
teretes nudiy prodeunt, in plurimos brèves et recurvos ramulos 
divisiy flosculis frequentibus parvis^ pallide rubentibus onusti. 
Hoc in littore maritirno, ut, circa Massiliam et Louornum, 
reperitur. » Bauhin dit donc sa plante à racine épaisse, ligneuse 
(déjà est ainsi éliminée la figure 805 des Icônes de Barrelier), 
à feuilles lisses, subarrondies, parfois obtuses (3 caractères qui 
ne peuvent convenir au Statice pubescens DC); par contre, du 
reste de sa diagnose on pourrait, semble-t-il, conclure qu'il 
avait en vue le Statice appelé depuis 5. virgata par Willdenow. 
Cette hypothèse, en Tabsence d'exemplaires authentiques de 
Sauvage ou de Bauhin*, paraît plausible d'après les indications 
€ folia carnosa, densa »; « ramulos brèves et recui^os », « Limo- 
nium pumilum », et l'habitat; et cela d'autant plus vraisembla- 
blement que Linné ne cite nulle part ailleurs dans ses ouvrages 
ce S. virgata Willd., plante commune sur tout le littoral médi- 
terranéen, même assez variable, et dont il devait avoir eu 
connaissance par ses correspondants. 

Si, en outre, on remarque que Linné, dans le Systema (éd. XII) 
a dit de son S. cordata : « an varietas S. Limonii », ce qui rend 
encore plus critique son espèce, on peut sans inconvénient 
rejeter ce nom ambigu, employé mal à propos par de nombreux 
auteurs, et le rejeter surtout appliqué au S. pubescens DC. 

1. L'herbier Bauhin, formé de 1576 à 1623, est au Jardin botanique de 
Bâle, et A.-P. de Gandolle l'a étudié en 1817; il a même noté, à ce 
moment, sur son exemplaire du Pinax, les noms modernes des espèces 
qu'il lui a été possible de reconnaître; d'autre part, G.-H. Hagenbach a 
publié, dans son Tentamen Florae Basilcensis, un travail sur l'herbier 
Bauhin. Il serait dès lors intéressant de vérifier à Bâle si le Limonium 
maritimum minus foliolis cordatis existe encore dans l'herbier de Bauhin et 
à quelle espèce il se rapporte exactement; puis de voir à Genève, dans la. 
bibliothèque de Gandolle, à quel type spécifique l'auteur du Prodrome a. 
rattaché le Limonium n" V de Bauhin (Pinax, p. 192). 



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G. ROUY. — NOTICES FLORISTIQUES. • 131 

7<» Sur quelques Orchidées. — L'intéressante communication 
de M. Verouin sur un Serapias et sur trois Orchis hybrides (Cf. 
Bulletiriy LIV, pp. 698-604) recueillis par lui en Provence, 
m'amène à examiner un peu la bibliographie en tenant compte 
des diagnoses et des figures bien nettes données par M. Ver- 

GUIN. 

L — En ce qui concerne le 5^a/7Îa5 je ne crois pas à de l'inédit; 
et j'appellerai l'attention de notre confrère sur le S. intermedia 
Forestier ap, Reichb. Icon,, XIII, p. 13, t. ccccxax, f. 4 
(1851), et sec. Jordan in F. Schultz, Archives FI. France et 
Allem.y p. 265, plante qui ne semble pas être hybride, assertion 
déjà émise par MM. Caldesi (in Nuov, Giom. bot., XII, p. 260) 
et par MM. J. Richter et Edm. Bonnet {ap. Morot, Joum. de 
Bot., XI, p. 251); mais surtout sur la plante que M. Murr a 
décrite en 1901 {Deutsch. Bot. Mon. ,yil, p. 115) et que M. Max 
ScHULZE a étudiée en 1902 (in Mittheil. Thûr., XVII, p. 66) 
sous le nom de S. hirsuta Lap. var. réfracta Murr, jusqu'ici 
constatée seulement dans le Tyrol méridional aux environs de 
Trente, quoiqu'à rechercher maintenant dans toute l'aire de 
l'espèce. Cette var. réfracta a été admise comme race par 
MM. AscHERSON et Graebner dans leur Synopsis (Lief. LUI, 
p. 178). 

II. — Des trois Orchis hybrides nouvellement créés par 
M. Verguin, l'un, l'xO. heracleus Verg.* restera certainement 
dans la nomenclature parce que l'hybridation des 0. laxiflorus 
Lamk, type (= 0. ensifolius Vill.!) et 0. pictus Lois, (race 
de rO. Morio L.) n'avait pas encore été, que je sache, constatée 
et que c'est à M. Verguin que revient l'honneur d'avoir le pre- 
mier signalé et décrit l'hybride formé. 

m. — Mais pour l'xO. Vvesii Verg., s'il est suffisamment 
distinct de 1' X 0. Gennarii Reichb. {O.papilionaceus L. X Morio 

i. Oo sait que les Romains, en transportant dans leur langue certains 
noms grecs, leur ont donné un genre grammatical parfois différent de 
celui que ces noms avaient dans leur langue originale. Ainsi, Orchis et 
Polygala sont féminins dans Pune bien que les radicaux grecs soient Ton 
masculin, Tautre neutre. Conformément au désir de l'auteur de Tarticle, 
le masculin a été ici adopté pour le mot Orchis. La commission du 
Bulletin fait toutes ses réserves sur cette modification contraire à la 
traditioa constamment suivie jusqu'ici dans le Bulletin et qui est celle 
de LiNKÉ {Note de la Rédaclian). 



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132 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

L. = 0. MoriO'papilionaceus Timh. y Mém, sur qq. hybrides de la 
fam. des Orchidées, p. 13, f. III, A (fl. de face) et B (fl. de profil), 
et aussi, moins pourtant, de TO. {Gennarii var.) pseudo-ruber 
Freyn in (Est. bot. Zeit., XVII, p. 52-55 (4877), Rouy, Illustr. 
plant. Europse rar.y XI, p. 90, t. CCLXIII (0. subpictusXruber 
Freyn, /. c), 0. papilionaceus'^ pictus Rouy, par le labelle ni 
brusquement contracté ni subpédiculé à la base, et de plus 
échancré-rétus au sommet, non arrondi ou subtronqué *, cet 
Orchis ne paraît guère pouvoir être séparé de YxO. {Gennarii 
var.) psetidO'pictus Freyn, /. c. (0. supe^^piclusXruber Freyn, 
l, c.)= 0. papilionaceus <Cpictus Rouy. 

Dans ce cas, l'ensemble des hybrides de ÏO. papilionaceus (et 
de sa var. ruber) avec VO. Morio et sa race 0. pictus se présen- 
terait donc comme suit : 

0. PAPILIONACEUS L.XO. MoRIO L. 

xO. Gennarii Reichb. 

a. Timbali Nob.; 0. Morio-papilionacea Timh. , Mém. sur qq. 
hybrides des Orchidées, p. 14, f. III, A et B; 0. papilionaceus > 
Morio Rouy. — Haute-Garonne, Alpes-Maritimes, Corse. 

p. Debeauxii^oh; 0. papilionaceax Morio Timb. etMarçais, 
Plantes crit., rares ou nouvelles, p. 11-12, pi. I;xO. Debeauxii 
Camus ap. Morot, Journ. de Bot., VI, p. 3S0-351 ; 0. papiliona- 
ceus <, Morio Rouy. — Haute-Garonne, Corse. 

y. pseudoruber Freyn m Oest. bot. Zeit., XVII, p. 52-55; 0. 
subpictaXrubra ej., /. c. ; . papilionaceus (p. ruber)^ pictus 
Rouy. — Autriche méridionale. 

8. pseudopictus Freyn, /. c; 0. super-pic ta Xrubr a ej., /. c; 
XO. Yvesii Verguin in Bull. Soc. bot. Fr., LIV, p. 600-602; 
0. papilionaceus (p. ruber) '^ pictus Rouy. — Autriche mér. ; 
Var. 

IV. — Quant kïxO. caccabarius Verg., Thybride élégant des 
0. papilionaceus L. et laxiflorus Lamk (typicus=0. ensifolius 
Vill.), il paraît constituer une variété de TxO. Nicodemi Cyr. 
ap. Ten. Prodr. fl, Nap., p. LUI, Fl. Nap., II, p. 291, t. XCX. 
En effet, dans un Mémoire paru en 1865 in OEsterr. bot. Zeitschr.y 

1. Cf., pour comparaison : Max Schulze Die Orckidaceen Deutschlands, 
tab. « Orchis papilionacea », f. 3 (Perigonbl. von 0. papilionacea, picta) ; 
Rouy Illustr., pag. et tab. cit. ; Verguin m. Bull. Soc. bot. Fr.^ LIV, pi. XIV. 



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J. HAHEU ET A. GILLET. — SUR LE THCIDIDM ABIETINUM. 133 

M. AscHERSON (p. 176-177) a démontré l'origine hybride de 
l'xO. Nicodemi par le croisement des 0. papiltonaceus et laxi- 
florus^; plus tard Cesati, Passerini et Gibelli {Comp, fl. Ital.y 
p. 189) ont adopté cette manière de voir, ainsi que M. Archan- 
GELi {Comp. fl, ItaL, p. 658); et MM. Ascherson et Graebner 
(Synopsis, Lief. LUI, p. 766) acceptent encore fin 1907 cette 
opinion, qui me parait fondée. Mais il est certain que, d*après 
ses caractères VxO. Nicodemi^ est un 0. papiltonaceus < laxi- 
florus, puisqu'il présente un labelle trilobé à lobes presque 
égaux entre eux et des divisions externes d= étalées, tout en 
ayant le labelle large et à veines caractéristiques de TO. papi^ 
lionaceus L. Par contre, Vx^O. Caccabarius Verg. semble bien 
être un 0. papilionaceus > laxiflorus, offrant un labelle large, 
subarrondi ou tronqué, non ou à peine lobé, et les divisions 
externes étalées-dressées. 

L'xO. Nicodemi, réunissant les formes hybrides connues 
actuellement des 0. papilionaceus L. et laxijflorus Lamk, se 
présente donc ainsi : 

XO. NicoDExMi Ten. 

a. Aschersonixioh, (cf. Ascherson, /. c); 0. papilionaceus <^ 
laxiflorus Rouy. 

p. caccabarius (Verguin, L c.) Nob. ; 0. papilionaceus '^ laxi- 
florus Rouy, 

{A suivre). 

M. Maheu fait la communication suivante : 

Le Thuidium abietinum Br. Eur. fertile 
de la région parisienne; 

PAR MM. Jacques MAHEU et Abe GILLET. 

Parmi les espèces constituant le genre Thuidium, un certain 
nombre présentent assez fréquemment des fructifications; 
d*autres en sont presque toujours dépourvues. 

1. Cf. aussi Focke, DiePflanzen Mischlinge, p. 377 (188!), et Barbey, Florœ 
Sardox compendium, p. 185 (1884). 

2. Qui ne saurait être réuni à l'O. Morio L., comme quelques auteurs 
Font pensé, puisqu'il n'a pas les divisions externes du périgone conni- 
Tentes, mais étalées. 



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134 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

Dans celte dernière catégorie, nous devons ranger le Thui- 
dium abietinum Br. Eur., espèce qui, d'après de Candolle, est 
très rare en fructification et n'aurait été trouvée en cet état 
qu'en Suède et en Silésie *. 

Dans sa Nouvelle Flore des Mousses, M. DouiN l'indique 
comme toujours stérile *. 

Malgré des recherches répétées, Schimper* dit n'avoir jamais 
rencontré fructifié le Thuidium abietinum dans la vallée du 
Rhin, ni dans les deux chaînes de montagnes voisines, quoique 
cette espèce soit toujours richement pourvue de fleurs femelles. 
Se promenant un jour aux environs de Christiania, il décou- 
vrit une large touffe de plantes mâles de cette mousse et, quel- 
ques pas plus loin, un exemplaire chargé de jeunes fructifica- 
tions. 

Depuis Christiana jusqu'à Dronthjem, les échantillons sont 
tous mâles, et ce n'est qu'entre Upsal et Stockholm, sur les 
bords du lac de Mâlarn, qu'il a retrouvé les deux sexes réunis, 
et en même temps les fruits de cette espèce. 

HusNOT* indique cette plante récoltée fertile au Mont-Cenis 
par BoNJEAN et par Sghleicher dans le Valais. 

BouLAY% dans son étude sur la distribution géographique 
des Mousses^ indique \^ Thuidium abietinum Br. Eur., comme 
n'ayant pas encore été récolté en France, muni de capsule, 
c Cependant, dit-il, cette espèce n'émet pas de stolons ni de 
c granulations, qui puissent favoriser sa propagation. Faut-il 
€ rattacher, ajoute-t-il, sa présence dans les localités sans 
c nombre où nous la rencontrons, à une période géologique 
€ antérieure plus favorable à son complet développement? Je 
€ ne le pense pas. Il est plus naturel d'admettre qu'elle provient 
« de la germination des spores emportées par le vent dans 
€ toutes les directions. Ce qui le prouve, c'est sa fréquence et 
c son abondance dans les ruines des châteaux abandonnés 



1. Chevallier (A.-F.), Lutetise Flora generalis. 1836, p. 80. 

2. DouiN, Nouvelle Flore des Mousses et des Hépatiques, p. 18. 

3. Schimper (W.-P.), Recherches anatomiques et morphologiques sur les 
Mousses, 1848, planche IX, pp. 55-56. 

4. HusNOT, Muscologia Gallica, 1884-1890, p. 310. 

5. Boulay (N.), Études sur la distribution géographique des Mousses en 
France, 1877, p. 7. 



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J. MAHEU ET A. GILLET. SDR LE THUIDIUM ABIETINDII. 531 

€ depuis moins d'un siècle ; c'est aussi la vigueur de sa végéta- 
< Uon qui éloigne Tidée d'espèce en souffrance, tendant à dispa-» 
c ra!tre. » 

Plus tard, Boulay *, revenant sur cette question dans la Flore 




Pig. i. — 1, Plante de grandeur naturelle ; 2, Sporogone grossi; 3, CoifTe grossie; 
Pe, pédicelle; Ur, urne; An, anneau; Dp, opescule; Go, Coiffe. 

des Muscinées de la France, dit n'avoir jamais trouvé cette 
plante à Tétat fertile. 

€ Cependant, dit-il, on peut voir dans l'herbier du D' Carion, 
« déposé au Musée de la Société Eduenne, à Âutun, un brin de 
€ Thuidiûm abietinum Br. Eur. muni d'une capsule avec cette 
€ note : Fruit trouvé au Mont Cenis par M. Bonjean, de Cham- 
€ béry. » 

i. Boulay (N.)y Muscinée$ de laPranee, !>'« partie, Mousses, 1884, p. 158. 



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136 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

LiMPRiGHT * rindique comme se développant dans les endroits 
sablonneux, sur les pentes ensoleillées, clairières des forêts, 
landes, rochers, murs calcaires, vieux toits. Depuis la partie 
basse du nord de l'Allemagne, jusqu'à la région alpine où elle 
devient très rare et monte très peu haut, il indique comme loca- 
lités les plus élevées la Styrie où cette espèce fut rencontrée à 
2 200 mètres et la Haute-Engadine (Suisse) à 2 600 mètres. 

D'après cet auteur, elle fructifie très rarement et toujours en 
petite quantité. 

C'est surtout en Suède et en Norwège, ainsi que dans quel- 
ques localités de l'Allemagne, que cette espèce fructifierait le 
mieux, d'après les recherches de Kindberg *. 

Dans les Iles Britanniques, le Thuidium abietinum Br. Eur., 
fut toujours rencontré stérile % et il est également indiqué 
comme tel, en général, par Warnstorf*. 

Enfin, G. Roth* assigne au Thuidium abietinum Br. Eur. 
l'extension géographique suivante : l'Amérique du Nord, la 
Sibérie, l'Iénisséi, la région arctique, le Spitzberg et le Groen- 
land; mais il ne mentionne pas les localités où cette espèce fut 
trouvée fertile. 

Les exemplaires que nous soumettons aujourd'hui à la Société, 
ont été récoltés, dans une herborisation faite en commun par les 
auteurs, à La Celle, en face Saint-Mammès, près de Fontaine- 
bleau, le long d'une tranchée de la nouvelle ligne de chemin de 
fer, ouverte dans le calcaire faisant face au midi. 

Ils montrent quatre sporogones parfaitement développés. Ces 
derniers nous ont permis de vérifier et de compléter la dia- 
gnose donnée par l'abbé Boulay, d'après un dessin du Bryo- 
logia Europœa, et que nous pouvons ainsi présenter : coiffe 
asymétrique, brun-clair, ayant la même longueur que la capsule 
et ne présentant que de très rares petits poils; les bords infé- 
rieurs en sont irréguliers. 

1. LiMPRiCHT, Die Laubmoose, 2« vol., p. 840, 1893. 

2. Kindberg (N.-C), European and N. American Br., 1 vol., p. 59, 1897. 

3. DixoN (H.-N), The student's Handbook of the Britisk Masses, 2« édition, 
p. 425, 1905. 

4. Warnstorf (C), Kryptogamenflora der Mark Brandenburg, 2« vol., 
p. 692, 1905. 

5. ROTH (G.), Die EuropaUchen Laubmaose, 2« vol. p. 377, 1905. 



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J. MAHEU ET A. GILLET. — SUR LE THUIDIUM ABIËTINUH. 137 

Le pédicelle est ferme et fia, lisse, glabre, droit, long de un 
centimètre et demi, tordu, à spires très lâches; il est rouge à 
la base, jaune sous la capsule. Il prend naissance latéralement 
sur la tige, à environ un centimètre du sommet. 

La capsule, longue de 1,2 mm., large de 0,5 mm., est très 
légèrement oblique, très grêle, droite, cylindrique, un peu atté- 
nuée à la base, resserrée fortement sous Torifice. Elle est lisse, 
brun-marron; sa surface externe est formée de cellules, d'abord 
petites et hexagonales, chlorophylliennes sous l'orifice, et qui 
progressivement deviennent allongées et cutinisées, en conser- 
vant des parois fines. 

L'opercule est conique, élevé, aigu, à extrémité un peu 
arrondie. Il présente le 1/3 de la hauteur de l'urne et est de 
couleur jaune-verdâtre. 

L'anneau caduc est représenté par deux rangées de petites 
cellules hexagonales à parois un peu épaisses et cutinisées. 
L'opercule est formé de cellules allongées formant des lignes 
disposées en spirales obliques et fines. Le sommet est constitué 
par des cellules plus larges. 

Les dents du péristome sont allongées, acuminées; les 
lanières internes sont largement ouvertes sur la carène; les 
cils, 2-3, sont imparfaits, plus ou moins cohérents; les spores, 
0,012 à 0,016 mm., vert-olive, fortement papilleuses. 

Il nous a semblé intéressant de signaler cette nouveauté de 
la flore française, et les quelques constatations anatomiques que 
nous avons pu faire, grâce à la découverte de ces échantillons. 

Ajoutons que depuis la récolte, qui date du 4 avril 1904, nous 
sommes retournés de nombreuses fois à l'endroit précis où 
furent récoltés les échantillons, sans pouvoir non-seulement 
retrouver de nouveaux sporogones, mais même des rameaux 
portant des fleurs femelles. 

Note ajoutée pendant T impression, — M. Fernand Camus nous 
a adressé une lettre renfermant des détails relatifs à la ques- 
tion. Nous croyons devoir les insérer ici : 

« Gomme complément à votre intéressante Note sur le Thui- 
dium abietinum^ je vous envoie les renseignements suivants. 
C'est en eCfet en Suède que le Thuidium abietinum paraît avoir 
été trouvé, jusqu'à ces derniers temps, le moins rarement à 



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138 SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908. 

Télat fertile. J*ai possédé dans mon herbier, actuellement 
fondu dans celui du Muséum, un échantillon fructifié provenant 
de cette contrée et recueilli par Thedenius et un autre prove- 
nant des environs de Moscou et recueilli par Zickendrath. le 
viens de consulter le Beitrâge zur Kenntniss des Moosflora 
Russland de cet auteur (1894), et j*y vois qu'il semble exister un 
c noyau » de Th. abietinum fertile dans la Russie centrale. 
Cette Mousse est, en effet, indiquée à l'état fertile dans trois 
localités du gouvernement de Moscou, dans lune c reichlich 
cfrct», dans une localité du gouvernement de Toula et dans une 
autre, encore c reichlich cfrct », du gouvernement de Perm. 

c Je ne connaissais d'indication du Th, abietinum fertile en 
France que celle de Bonjean au Mont-Cenis. Outre que l'exacti- 
tude des indications de Bonjean a été parfois contestée, on peut 
se demander si Bonjean a trouvé sa plante sur le versant fran- 
çais ou sur le versant italien de la montagne. J'ai eu la curiosité 
de fouiller dans un livre trop négligé de nos jours, bien qu'il 
contienne de précieuses indications, le Bryologia universa de 
Bridel. Voici ce que j'y ai lu à la page 574 du tome II (1827) : 
c €irca magnam Carthusiam Delphinatûs a Villarsio cum setis 

lectus Nuperius prope Châtillon, Moustier et Saint Jullieo 

ad lacum Bourget Sabaudise abonde theciger observatus est. » 

« Cela n'enlève rien à l'intérêt de votre découverte. Il est 
particulièrement curieux d'avoir trouvé cette plante fertile aux 
environs de Paris. » 

M. Aug. Chevalier présente la suite des Novitales Florœ 
africanœ dont une première partie a paru dans les Mémoires 
de la Société. Plusieurs collaborateurs en ont décrit les 
espèces nouvelles. En dehors de M. Chevalier, citons 
MM. Beille, Gagnepain, Hoffmann, Lindau. M. Chevalier 
a eu l'occasion de trouver une espèce nouvelle de Triuri- 
dacée ; il dit quelques mots sur cette petite famille qui a des 
affinités avec les Alismacées. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



FLICHE. — Note sur quelques empreintes végétales recueillies 
dans les tufs des environs de Pemes. In^^", 2 p. (Extr. de 
F. Roman, Le Néogène, continental dans la basse vallée du Tage, 
1" partie, Paléontologie, 1907. [Commission du Service Géologique 
du Portugal]). 

Les empreintes étudiées par M. Fuchb ont été recueillies par 
M. F. Roman dans des tufs cdcaires situés à différents niveaux sur les 
flancs de la vallée de la rivière d'Alviella, près du village de Pemes. 

ËUes comprennent tout d'abord quelques Mousses indéterminaUes, 
ainsi que divers débris de feuilles et de tiges de Graminées, de Cypé- 
racées et de Typhacées, et un fragment de feuille flabellée de Palmier 
q^artenant peut-être au Chamxrops humilis ; mais une partie d'entre 
eues sont mieux conservées et ont pu être déterminées avec certitude. 

C'est ainsi que l'auteur a pu reconnaître plusieurs débris de frondes 
de Fougères dont la nervation bien conservée a permis l'attribution très 
nette à VAdiantum reniforme L. Ensuite viennent un certain nombre de 
Dicotylédones : Hedera Hélix ^ Quercus coccifera^ Quercus Ilex sous la 
forme distinguée par Saporta comme Q. prascursor^ un Ërable repré- 
senté par des feuilles incomplètes qu'on eût pu être tenté de rapporter è 
YAcer platanaideê^ mais qu'un examen attentif a conduit M. Flichb è 
attribuer à VAcer Ixtutn; enfin une feuille d'attribution certaine, qui 
pourrait appartenir au Myrsine africana. 

L'auteur conclut que les tufs de Pemes sont pliocènes, et fait remar- 
quer la ressemblance de cette florule avec les flores de certains dépôts 
du Pliocène moyen, à raison notamment de la présence de VAdiarUum 
reniforme et de VAcer laelum\ mais il pense que ces deux espèces ont 
pu persister plus longtemps en Portugal qu'en France, et il s'abstient en 
conséquence, pour le moment du moins, de conclusions plus précises 
quant à l'âge de ces tufs. R. Zbiller. 

Revue bretonne de botanique pure et appliquée, dirigée par 
M. Lucien Daniel. Rennes. In-S^'avec figures dans le texte et planches. 

!'• année, n** 1, 2, â (avril, juillet, décembre 1906). 

Principaux articles : 

DoooMET (V.). — Recherchei swr les maladies du Pommier (avec 



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140 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE ÉRANCE. 

figures). — Il s'agit de la Tavelure et de la Fumagine qui semblent 
bien être deux maladies distinctes. 

GouRio (H.). — Note sur la flore d'Erquy (G.-du-N.). — Enumé- 
ration, avec localités, d'un certain nombre de plantes intéressantes de la 
région. 

Colin (Ch.). — Étude de quelques parties de la grappe d'un hybride 
de greffe de Vigne (avec figures). — L'auteur a fait l'étude anatomique 
du pédoncule et de l'ovaire. Il conclut que « dans la variation étudiée, il 
y a à la fois un mélange de caractères extérieurs et de caractères 
intérieurs du sujet et du greffon : il s'agit donc d'un véritable hybride 
de greffe ». 

HuMBERT (H). — Contributions à la flore de Bretagne. Localités 
nouvelles pour V /Ile-et-Vilaine. — Liste avec localités de Phanéro- 
games, comprenant un certain nombre de raretés pour la région, suivie 
d'une liste de Champignons. 

HouLBERT (G.). — Deux plantes rares des environs de Rennes 
(Muscari Lelievrei Bor. et Cerastium arvense L.) (avec figure du 
M, Lelievrei), 

Seyot (P.). — Étude morphologique des feuilles à bois et des 
feuilles à fruits du Cerisier. — Étude soigneuse de morphologie 
externe et interne de ces organes (avec figures). 

Daniel (Lucien). — Sur la formation des thylles à la suite de la 
décortication annulaire et du greffage, avec figures et planche. — 
D'une étude faite sur des Solanées et sur différentes variétés de Vigne, 
l'auteur conclut que € les différences de pression consécutives à la 
décortication ou à la greffe, qu'elles soient produites par le traumatisme 
même ou par l'effet du bourrelet modifiant la circulation des liquides, 
sont enregistrées par l'apparition des thylles dans le tissu ligneux, chez 
les plantes susceptibles de donner facilement naissance à ces formations. 
Dans ce cas, celle-ci ne peuvent être considérées comme une affection, 
une maladie spéciale^ mais comme une simple réaction spéciale physio- 
logique des tissus dans la plante soumise brusquement à un désé- 
quilibre de nutrition *. 

AuBRÉE (Edouard). — Le Myrica Gale. — D'après une croyance 
populaire, appuyée d'un certain nombre de noms vemaculaires locaux, 
cette plante aurait des propriétés abortives. 

Gadeceau (Emile). — La Géographie botanique de la Bretagne. — 
U est difficile avec le peu de place dont nous disposons de résumer ce 
très intéressant article d'un botaniste très qualifié sur la question. L'auteur 
s'efforce de fixer les limites d'un secteur armoricain qu'il croit pouvoir 
distraire du secteur armonco-ligérien de M. Flauault. (l donne une liste 
des plantes de la flore de l'Ouest spéciales à la Bretagne ou très rares 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 141 

dans les autres régions de la flore, les distinguant en espèces méridio- 
nales, occidentales, septentrionales, espèces à préférence climatiques 
nulles ou peu accentuées ; une seconde liste comprend un choix d'espèces 
plus ou moins répandues en Bretagne, plus rares ailleurs dans la flore de 
rOuest. Il examine ensuite les valeurs négatives, c'est-à-dire les espèces 
occidentales manquant en Bretagne ou y étant beaucoup moins répandues 
que dans le reste du domaine de la flore de TOuest. La présence, 
Tabsence, la fréquence ou la rareté de ces plantes est discutée. L'auteur 
conclut : € Si la clémence des hivers, due à Taction du Gulf Stream, 
permet à un certain nombre de plantes méridionales et même méditerra- 
néennes de remonter sur les eûtes bretonnes jusqu'à Saint-Brieuc, leurs 
colonies ne vont pas moins en s'éclaircissant à mesure qu'on s'élève 
vers le Nord. Ces plantes sont là sur leur extrême limite, où il est très 
intéressant de les suivre et de les voir peu à peu disparaître. Le prolon- 
gement de ces espèces qu'on pourrait qualifier d'étrangères et pour 
beaucoup de « lusitaniennes », ne saurait caractériser une région, mais 
leur disparition graduelle coïncidant avec l'apparition d'espèces hygro- 
phîles et septentrionales doit surtout être retenue et c'est au point où se 
produit cette sorte de crise naturelle qu'il faut placer, à mon sens, les 
limites de notre Secteur armoricain ». 

Laurent (Ch.). — Sur la variation de la quantité d'atropine et la 
recherche de cet alcaloïde dans les greffes de Belladone et de Tomate. 
— Dans les greffes de Tomate sur Belladone, l'atropine ne passe pas du 
sujet dans le greffon; dans les greffes de Belladone sur Tomate, il y a 
passage de Talcalolde dans le sujet et la proportion en est d'autant plus 
forte, qu'on examine une partie du sujet plus voisine du bourrelet. 

Potier de la Varde (R.). — Excursions bryologiques dans les 
Côtes-du-Nord. — L'auteur, qui habite Guingamp, connaît admira- 
blement les environs. Il trace un guide détaillé du br}'ologue à 
Guingamp même et dans deux localités des environs : le bois de la Roche 
et le bois de Coatliou. De nombreuses espèces sont citées, parmi 
lesquelles beaucoup d'intéressantes ou rares. 

Skyot (P.). — Sur les bourgeons du Cerisier (avec figures). — Il 
existe, chez le Cerisier, un dimorphisme gemmellaire comme il existe un 
dimorpbisme foliaire. L'auteur décrit les caractères extérieurs et anato- 
miques des éléments de ces deux sortes de bourgeons. 

Chenu (E.). — Notes sur la flore de la Mayenne, — Liste de plantes 
phanérogames et de localités nouvelles à ajouter à la flore de ce dépar- 
tement. 

Réveillon (G.). — Notes sur le Châtaignier en /Ile-et-Vilaine 
(avec une planche et une carte géographique). — L'auteur étudie 
successivement Timportance commerciale et industrielle du Châtaignier 



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i42 SOCIÉTÉ BOTAr<HÎI}£ 0£ FRAJSCE. 

et la distribution géographique de cet arbre en Ule-et-Vilaine ; il fait une 
série de remarques pratiques sur le fruit du Châtaignier et sur son bois 
en ce qui touche ses applications industrielles. Nous nous associoifô 
complètement à ses regrets touchant l'exploitation vraiment brutale qui 
a lieu actuellement de cet arbre précieux. 

HuMBERT (H.). — Sur la florule de Saint- Thurial (I.-et-V.). — 
Liste de plantes phanérogames parmi lesquelles deux nouveautés pour 
le département : Ranunculus nodiflorus et BuUiardia Vaillantii. 

Daniel (L.). — Sur les graines transportées par l'eau des égouts. 
— L'auteur, ayant fait répandre dans son jardin plusieurs mètres cubes 
de sable déposés par un égout, explique par ce fait le développement 
d'un certain nombre d'espèces : Fraisiers, Framboisiers, Pommiers, etc., 
provenant évidemment de débris alimeutaires jetés à l'égout. 11 y a là un 
sujet d'étude à creuser. 

Perret et Demarquet. — Les herborisations de la Société bretonne 
de botanique. — Liste des plantes recueillies au cours d'excursions au 
bassin calcaire de Saint-Jacques, à Pléchatel, à la forêt de Haute-Sève, 
à Saint-Malo. 

Daniel (Lucien). — Essais de tératologie expérimentale. Origine 
des monstruosités, — Dans ce long Mémoire (cfotinué dans les fascicules 
suivants), l'auteur cherche à expliquer scientifiquement les anomalies 
végétales, les modiflcations horticoles dues à une longue pratique 
empirique. Dans ses expériences, M. Daniel s'est servi des procédés de 
taille connus sous le nom de rabattement, ravalement, récépage, etc.. 
employés seuls ou combinés, soit avec d'autres opérations d'horticulture, 
greffe ou taille en sec ou en vert, soit avec les procédés variés de la 
culture intensive (fumier, terreau, engrais chimiques). Ce travail, très 
documenté et accompagné de très nombreuses figures originales, deman- 
derait pour être analysé en détail une place dont nous ne pouvons 
disposer. 

Delalande (J.). — Observations sur quelques plantes des environs 
de Brest. — Le Cresson de fontaine, autrefois commun autour de Brest, 
se raréfie. L'auteur attribue le fait à l'empiétement dans les ruisseaux à 
Cresson de Y Helosciadium nodiflorum. VHelichrysum fœtidum, plante 
du Cap, naturalisée sur la côte depuis près d'un siècle, semble en voie de 
diminution sinon de disparition. L'auteur cite encore un curieux Séneçon 
[Senecio scandens L.?) espèce volubile, aussi du Cap, qui, depuis 
vingt-trois ans qu'il l'observe, se maintient, sans d'ailleurs s'étendre, 
près du village de la Grande-Brière. VAzolla filiculoides, qui s'était 
montré près de Brest, semble avoir disparu. 

Picquenard (D'). — Note sur le Bilimbia corisopitensis. — Ce Lichen, 
découvert aux environs de Brest, est largement distribué dans la 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 143 

Basse-Cornouaille et le Vannetais. L'auteur donne une série de localités. 
Potier de la Varde (R.). — Contribution à la flore bryologigue du 
Morbihan, — U s'agit du plateau de Coélquidan, situé vers la partie 
nord-est du département, à la limite de Tllle-et- Vilaine. L'auteur donne 
une liste des espèces qu'il a trouvées dans cette localité et ajoute des 
détails sur deux d'entre elles, nouvelles pour le Morbihan et d'ailleurs 
rares dans une partie de la Bretagne, le Dicranum spurium Hedw. et le 
Sphagnum platyphyllum Sull. Il indique également comme nouveautés 
morbihanaises le Fissidens crassipes Wils. et VAnthoceros ffusnoti l'un 
et l'autre à la Trinité-Porhoët. 

Deuxième année, n**» 1, 2, 3, 4 (mars, juillet et décembre 1907). 
Principaux articles : 

Kouaro (G.). — Sur les Zoocécidies des Muscinées. — L'auteur 
donne un résumé historique de la question, une liste des Muscinées sur 
lesquelles on connaît des Zoocécidées et une bibliographie complète du 
sujet. 

HuMBERT (H.). — Une herborisation à Martigné- Fer chaud, — 
Compte rendu dans lequel est citée la grande rareté de la localité, le 
Tulipa Celsiana, 

AuBRivE (E.). — Quelques beaux arbres et quelques vieux arbres 
de Vllle-et' Vilaine, 

Gadeceau (Emile). — La Géographie botanique de la Bretagne, 
U, Limites naturelles du Secteur armoricain, — Dans cette Note, qui 
bit suite à celle analysée plus haut, M. Gadeceau essaye surtout de fixer 
la limite orientale du secteur, s'aidant des travaux et de communications 
inédites de plusieurs botanistes de la région, MM. Corbière, Lbtacq, 
Gentil. Partant de l'embouchure de la Vire, à la réunion de la Manche 
et du Calvados, la ligne limite se dirige avec de nombreuses sinuosités 
d'abord presque vers le S., jusque vers Sourdeval, puis directement 
au S.-E... suivant un peu au Nord la ligne des collines qui partage le 
bassin de TOrne de celui de la Mayenne. Près d'Alençori, la ligne, 
décrivant quelques sinuosités, prend une orientation générale N.-E.-S.-E. 
pour atteindre Nantes, en passant par Sillé-le-Guillaume, Sablé, 
Le Louroux-Béconnais, Caodé. Le secteur armoricain, ainsi délimité, 
comprend : en totalité, quatre des départements bretons (Morbihan, 
Finistère, Côtes-du-Nord et llle-et-Vilaine), la Manche, la Mayenne; en 
partie, la Loire-Inférieure (moins la portion située au S. de la Loire, 
la vallée même de ce fleuve et une portion de l'arrondissement d'Ancenis), 
une portion du Maine-et-Loire (majorité de l'arrondissement de Segré), 
de la Sarthe (bande occidentale), de l'Orne (portion notable de l'arron- 
dissement de Domfront, petite portion de celui d'Alençon), du Calvados 



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144 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

(majeure partie de Tarrondissement de Vire). Une carte permet de suivre 
exactement cette limite qui nous semble très rationnelle. 

HouLBERT (G.). — Sur la fructification de la Glycine de Chine 
(avec figures). — Grâce à la température élevée et à la sécheresse persis- 
tante de Tété de 1906, la Glycine a pu mener à bien sa fructification à 
Rennes et des graines ont parfaitement levé. 

Potier de la Varde (R.). — Excursions bryologiques dans les 
Côtes-du-Nord. — Cet article fait suite à celui analysé plus haut 
{page 141). Cette fois Fauteur nous conduit au Marais de Commore, très 
riche malgré son peu d'étendue, et à Saint-Efflam sur le littoral maritime. 
Pour Tune et pour Tautre de ces localités, Tauteur donne la liste de ses 
récoltes et fait des remarques sur les plus intéressantes. Citons plus 
particulièrement les espèces calcicoles qui se montrent à Saint-Efflam, 
grâce à la présence du sable calcarifère : Gymnostomum calcareum^ 
Barbula tortuosa^ Ditrichum flexicaule^ Encalypta streptocarpa, 

F. Camus. 



NOUVELLES 

— Nous sommes heureux d^apprendre que notre sympathique con- 
frère, M. Patouillard, vient d'obtenir la rosette d'Officier de l'Instruction 
publique. 

— Notre confrère H. Sudre, 12, rue André-Delieux, à Toulouse, va 
commencer prochainement la publication d'une Monographie des Rubus 
d'Europe, Bien que l'ouvrage soit entièrement rédigé, sa publication 
durera plusieurs années et se fera par fascicules dont le prix ne dépas- 
sera pas 10 francs pour les souscripteurs. Ces fascicules seront d'autant 
plus importants que les souscriptions seront plus nombreuses. La Mono- 
graphie paraîtra en français, mais toutes les descriptions et les clefs 
analytiques seront en latin. Le format adopté étant un in-4'' jésus, les 
planches mesurant 38 x28 cm. pourront représenter les espèces gran- 
deur nature. De nombreux tableaux analytiques permettront la détermi- 
nation des sections, sous-sections, séries, espèces, sous-espèces et micro- 
gènes. Les fascicules ne seront pas vendus séparément. Pour souscrire 
s'adresser à l'auteur, qui enverra sur demande une planche spécimen. 

— Vient de paraître : Flore de France^ par G. Rouy, tome X (de la 
fin des Composées aux Solanées), 1 vol. in-8* de 404 pages, prix 8 fr. 



Le Secrétaire-rédacteur^ gérant du Bulletin ^ 
F. Camus. 



Coulommiere. — Imp. Paul BRODARD. 



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i 



BULLETIN 




DE LA 



r A_ 



SOCIETE BOTANIQUE 

DE FRANCE 

FONDÉE LE 23 AVRIL 18&4 

ET RECOISNUE GOMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE 

PAR DÉCRET DU 17 AOUT I8Td 

TOME CINQUANTE-CINQUIEME 

(Qaatrièine série — Tome VIII) 
190S 



Séances de Mars 1908. 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

RUE DE GRENELLE, 84 



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Bulletin de la Société botanique de France paraît par livraisons mensuelles. 
Le BoD à tirer de ce numéro a été doaoé le 9 mai 190S. 

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AVIS 



L^adressede M. Fernand CAMUS, Secrétaire-rédacteur, est Villa des Gobeiic 
n« 7, Paris, Xlfl*. 



Tarif des tiragres à part. 

Va tirage sous presse de 25 exemplaires est accordé gratuitement à Messieurs les Auteurs qai { 
feroQl la demaocle eu remetiaDt leur manuscrit. ~ Les Autours qui préfèrent des tirages à pan av 
réim position, bénélicicront en compensation d'une réduction de 3 fr. 60 sur les prix du tarif ci-des» 



NOMBRE DE FEUILLES 



Une feuille 10 papes}, réimposiiion, papier, tirape, 
pliure, piqûre et couverture passe-partoul, de 
couleur 

Trois quarts de feuiUo (^12 pages) 

Demi-feuille 8 papes) 

Quart de reuiUfî 4 pages) 



5* feuille en sus de la première 

Trois quarts do feuille en sus dune feuille. 

Denii-feuille en sus d'une feuille 

Quart de feuille — 



55 


EXEMPL. 


fr. c. 


10 '20 


9 60 


6 » 


4 80 


9 • 


8 40 


4 60 


360 



50 


EXEMPL. 


fr. c. 


11 40 


Jl) 80 


7 20 


6 - 


10 20 


9 60 


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4 80 



100 


EXEMPL. 


fr. c. 


13 20 


12 60 


9 60 


8 40 


11 40 


10 8.) 


7 80 


7 20 



200 

EXEMPL. 



fr. c. 

18 » 
IG 80 
14 40 
10 80 

14 40 
13 80 
10 20 
9 00 



500 

EXEMPL 



fr. C. 

28 80 1 

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401 

pri.v uniforme pa 
10<3 excmp. 
4 fr. bO 



Tirage suppkVmeniairc sanâ ré imposition, conforme aux exemplaires gratuits 

r .1, i- ■ J /. Ml -^ exemp. 5U exemp. 7r> exemp. 

feuille ou fraction do feuille : » ï-. — <> 

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Supplément de fr. 30 par 25 exemplaîres eri plus. 

La composition d'un titre d'entrée spécial dun tiers do paf,'e est de 1 fr. 20. 

La composition d'un erand turc d'une page est de 3 fr. 60. En plus ies frais de iirmje et de papier {^'^ 

La composition d'un faux-titre est de 2 fr. 40. En plus les frais de tirage et de papier C). 

La composition d'uno couverture imprimée, sans paee d'annonces, est de 2 fr. 40 si le titre es 

la répétition de relui de la brochure, et de 4 fr. 80 si le titre est fait seulement pour la couv< 

lure. A'/j piu9 les fruis de tifiqe et de panier * >. 
L'addition à la couverture passe-partoui du litre de la communication composé en caractères du 

texio est comptée 2 fr. 40. 
S'il y a des corrections, elles sont comptées en sus fr. 95 l'heure. 

Une gravure d'une pa^o, intercalée dans le texte, entrai ne un supplément de tirage de 2 fr. 40. 
Une gravure «l'une demi-page. 1 fr. 80. 
Tout travail de remise en pages, c est-â-dire entrainaut une motiiffcatioD dans la disposition 

^^ II:- ^^ P- 8 p. 4 p. 

" ' " \ tr. ÔO' fr. 9< 



pages du Bulletin, sera l'ait à ce Tarif 



3 ir.m 



5 fr. 70* 



•) Lei frais de tirage et de papier des titres et couvertures seront comptés suivant U tarif du Haut ( 
tableau. 



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SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

Présidence de M. L. MANGIN. 

M. Gagnepain, secrétaire, donne lecture du procès-verbal 
de la séance du 28 février, dont la rédaction est adoptée. 

M. le Président annonce une nouvelle présentation. 

MM. Ydrac, Daniel, Charrier et Tabbé Cbarbonnel, 
récemment élus membres de la Société, ont envoyé des 
lettres de remerciement. 

M. le président annonce que M. le Ministre de Tlnstruc- 
lion publique a bien voulu continuer pour Tannée 1908 la 
subvention annuelle de 1 000 francs qu'il accorde à la 
Société. 

DONS FAITS A LA SOCIÉTÉ 

Bureau (Ed.), Sur les accroissements récents des collections bota- 
niques du Muséum. 

— Étude sur les Bambusées, Végétation et floraison de /"AnindlDaria 
Simoni Riv, 

— Deuxième étude sur les Bambusées. Le Phyllostachys aurea Itiv. 

— Étude sur les Narcissus du groupe des Corbularia. 

Cavillier (François), Note sur les caractères et les affinités du Vicia 
elegantissima ShuttL 

Fiiebe, IVoie sur quelques empreintes végétales recueillies dans les 
tufs des environs de Pemes, 

Gadeceau, Supplément à V Essai de géographie botanique de Belle- 
Ile-en-Mer, 

Gillot (X.), Les vieux arbres intéressants des environs d'Autun. Notes 
de tératologie végétale^ 1907. 

Hamet (R.), Note sur une nouvelle espèce de Kalanchoe. 

— Monographie du genre Kalancboe. 

Holm (Théo), Studies in the Gramineœ, VlII. Munroa squarrosa 
[Nutt.) Torr. 
Lloyd (G. G.), PhaUoids of Australasia. 

— The Niduiariaceae or « Bird's-Nest Fungi ». 

T. LV. (séances) 10 



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146 SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

Lloyd (C. G.) Mycological Notes n'^24 and 26 concerning the Phalloids, 

— N^ 25^ New Notes on the Geaslers. 

Mangin et Hariot, Sur la maladie du Rouge du Sapin pectine de la 
forêt de la Savine (Jura). 
Marnac (D'), Contribution à la flore de Provence, Pépiole ( Var). 

— Sainte-Croix {Cassis , Bouches-du-Bhône). 

Montemartini (L.), Sulla transmizione degli stimoli nelle foglie e in 
modo particolare nelle foglie délie Leguminose . 

Sargent (G. S.), Cratœgus in Southern Michigan. 

Vilmorin (Ph. de), Exposition universelle de Saint-Louis. Rapport 
des groupes 81, 84, 83 et 95. 

Annales du Musée colonial de Marseille, 1907. 

Bulletin de la Société d'Études scientifiques d'Angers, 1906 (1907). 

Bulletin de la Société d'Études scientifiques de l'Aude, XVIII, 1907. 

Bulletin de la Murithienne, fasc. XXXIV. 1905-1906 (1907). 

Archives de r Institut botanique de V Université de Liège. 

Recueil des travaux botaniques néerlandais, RI, 3-4. 

Bulletin du département de P Agriculture aux Indes néerlandaises, X. 

Acta horti petropolitani^ XXV, 2, XXVIl, 1. 

Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, 1906, 3 et 4. 

Revista de la Facultad de Lettras y Ciencias, vol. IV, 3, vol. V, 1 et 2. 

Memoirs of the Département of Agriculture in India, vol. II, n* 4. 
{The haustorium o/*01ea scaDdens, by Barles). 

Bulletin of the Lloyd Library of Botany, Pharmacy and McUeria 
medica. Reproduction séries n** 5. 

Annales àel Museo nacional de Montevideo, VI. jf/ora Urugiuxya^ 
t. m, entr. III, 1908. 

M. Lutz, secrétaire général, donne lecture du Rapport 
ci-dessous : 

Note sur la situation financière de la Société 
à la fin de Texerclce 1907. 

La Société avait en caisse à la fin de 1906 82.324 55 

Elle a reçu pendant Tannée 1907 17.748 66 

Ce qui portait son actif à 100,073 20 

Les dépenses de 1907 ont été de 19.500 85 

L'excédent des fonds * à la fin de 1907 se trouve donc de . 80.572 35 

1. Dans cette somme figurent les 25 200 francs du legs de Goincy dont 
rintérêt a une affectation spéciale, un prix annuel. 



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SITUATION FINANCIÈRE DE LA SOCIÉTÉ. 141 

Cet excédent est représenté par les valeurs ci-après : 

Rente nominative de 2.630 francs* ayant coûté 75.037 15 

— au porteur de 30 — 1.000 » 

Dépôt au Comptoir national d^Escompte 2.944 20 

Numéraire 1.591 » 



Total comme ci-dessus 80.572 35 

Les recettes et les dépenses se décomposent comme suit : 

Rbgettbs. 

1904. ... 90 » 

1905. ... 270 I» 
L Cotisations annuelles pour ^ 1906. . . . 910 » 

1907. . . . 6.600 . 

1908. . . . 220 » 8.090 

III. Cotisations à vie . • 900 » 

rv. Diplômes 15 » 

V. Vente de yolumes et abonnements 3.027 50 

VI. Excédent de pages 575 80 

VII. Subvention du Ministère de l'Instruction publique. . . 1.000 » 

IX. Rentes sur l'État 2.637 60 

X. Intérêts du dépôt au Comptoir d^Escompte 13 55 

XI. Recettes extraordinaires (legs Vidal) 1.489 30 

17.748 65 

DipmsBS. 

ri 904 758 85 

I. Impression du Bulletin pour . . < 1906 1.460 50 

( 1907 6.751 30 8.970 65 

( 1902 129 10 

1903 108 . 

n. Revue bibliographique et Table ^ 1904 105 10 

1905 396 80 

1906 387 15 1.126 25 

™ ^ ^ , (1906 840 80 

m. Frais de gravures | ^^^^ 440 30 1.281 10 

A reporter. 11.378 00 

1. La rente nominative a été portée de 2 585 à 2 030 fVancs par suite de 
remploi du legs Vidal en ackat de 45 francs de rente ayant coûté 1 415 fr. i0« 



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148 SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

Report. 11.378 00 

IV. Brochage du Bulletin 267 30 

V. Port du Bulletin 698 95 

VI. Impressions diverses 799 55 

VII. Loyer 1.800 40 

VIII. Chauffage et éclairage 400 20 

IX. Dépenses diverses 1.654 50 

X. Bibliothèque, Herbier et Mobilier 221 95 

XI. Dépenses extraordinaires 750 » 

XII. Honoraires du Secrétaire-rédacteur 1.200 » 

XIV. Gages du garçon de bureau 330 » 

19.500 85 

Ce Rapport est adopté à runanimité et des remercie- 
ments sont votés à M. Delacour. 

Notices floristiques 

(Suite); 
PAR M. G. ROUY. 

Un peu de bibliographie. 

III 

8*" Narcissus capax Rœm. et Schultes. — Dans une Note publiée 
ici {Bulletin, LUI, p. 343-350), M. E. Gadeceau a étudié le Nar- 
cissus des îles Glénans et est arrivé à conclure que c*est le 
Narcissus reflexus Brotero, d'après comparaison avec des plantes 
portugaises et d'après un Mémoire de M. J. Henriqubs. 

Dans cette Note, notre confrère a écrit : c M. Rouy a publié 
« en 1891, dans ce Bulletin, une observation sur le Narcisse des 
« Glénans auquel il impose le nom de Narcissus capax Rœm. 
« et Sch. 1829. A propos du N. reflexus de Brotero, il écrit : 
« C'est une plante particulière au Portugal î distincte du N. 
€ capax. 9 Étant arrivé par les études que je viens d'exposer à 
< un résultat tout opposé, je ne puis être d'accord avec lui sur 
€ le nom i adopter pour le Narcisse des Glénans. Ainsi que je 
« l'ai dit plus haut, je le rapporte au Narcissus reflexus portu- 
€ gais, publié en 1804 par Broteko, FL lusit., I, p. 550. » Et 
plus haut M. Gadeceau a dit : c Je ne crois pas utile de cod- 



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G. ROUY. — NOTICES FLOBISTIQUES. 149 

< duire les lecteurs de cette Note dans les broussailles d'une 
c nomenclature des plus touffues et contradictoires. La pre^ 
€ mière chose à faire, et d*urgence, est de débarrasser la syno- 

< nymie de ce nom de calathinus^ l'un des exemples les plus 

< frappants du degré de confusion auquel peut conduire une 
c mauvaise interprétation répétée de livres en livres sans cri- 
c tique sévère. » Je crois bien que M. Gadeceau, tout en ren* 
seignant utilement par la comparaison des exemplaires des 
Glénans avec ceux de Portugal, aurait trouvé un certain profit 
i approfondir plus amplement la bibliographie de la plante 
des Glénans, car il s'est donné quelque mal pour démontrer 
des choses publiées depuis longtemps. Aussi vais-je signaler ici 
quelques données bibliographiques nécessaires. 

1. — D'abord, que notre confrère le veuille ou non, ce n'est 
pas moi qui ai imposé à la plante des Glénans le nom de 
iV. capax : ce sont Rœmer et Schultes qui {Syst.^ YII, p. 950) 
eut créé ce nom de N. capax pour le Queltia capax de Sausbdry 
(in Trans. Horiic. Soc, y I, p. 353) consacré exclusivement à la 
plante des « Isles de Glénans ad Cap Finisterre » et, exclusive- 
ment y au Narcissus calaihinus Redouté, LiLy fol. 117, non Linné. 
Et Rœmer et Schultes font suivre leur diagnose d'une longue 
dissertation dans laquelle se trouve le passage à l'occasion du 
ff. calaihinus L., c Herbarium Linnaei dubia haec solvet » ; ceci 
en 1829, et je ne suis pas surpris que J.-B. Clarke n'ait point 
trouvé le N. calaihinus dans l'herbier de Linné. Je dois ajouter 
que, dans VIndex Kewensis de Hooker et Jackson (II, p. 293, 
1895), le N, capax est admis comme espèce, avec synonyme : 
ff. calaihinus Lois. FI. Gall.y éd. 2, vol. I, p. 237. Gallia. 

Voici, d'autre part, intégralement, ce que j'ai dit en 1891 
(Rouy, Annot, Plàhise EuropmaSy p. 15) : « Narcissus calathinus 
(auct. non L.). — Obs. Ce nom attribué par Linné à une plante c de 
« V Europe australe ei de r0rieni9yB.yec la synonymie, « A^. angus- 
« tifolius flavus magno caule Bauh. pin. 51 » et la mention 
« Simillimus A^. Tazettee sed peiala paulo majora ei acuiiora », 
« ne saurait s'appliquer à la plante des tles Glénans (!) qui est 
« le N. calaihinus de Redouté, Loiseleur, de Candolle, Dubt, 
« Grenier et Godron, mais non celui de Linné, de Willdenow et 
« de Lamarck. 



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150 SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

c La plante de France a été nommée, dès i812, Queltia capax 
€ par Sausbdrt, puis Narcissus capax par Rœmer et Schultes 
4L {Syst. VII, p. 950), Assaracus capax par Haworth [Monogr.y 
€ IV, n* 1), Ganymedes capax par W. Herbert {AmarylL, p. 308), 
€ Ajax capax par Rœher {Amaryll.,f. 201). — Comme on n'ac- 
€ cepte pas actuellement les genres Queltia, Assaracus, Gany- 
« medes et Ajax, la plante des tles Glénans doit prendre le nom 
€ de Narcissus capax. Rœm et Sch. (1829). 

€ Le A^. reflexus Brot. (1804) == Ganymedes reflexus Herb., 
« Assaracus reflexus Haw., Ajax lusitanicus et reflexus Rœm., 
€ est une plante particulière au Portugal! distincte du N. 
c capax. » 

Mais nous allons voir aussi que, bien avant 1906, le Nar- 
cissus reflexus avait été indiqué aux îles Glénans, et ce, en 
même temps que le A^. capax. 

Rédouté, déjà, assimile son A^. calathinus (la plante des Glé- 
nans) au A^. reflexus Brot., plante portugaise. 

Loiseleur (FL Gallica, éd. 2), signale aux iles Glénans deux 
Narcissus : 

Page 235 : « A^. calathinus L. Spec. 415, Red. Lil., III, t. m, 
N. foliis planis glaucescentibus, scapo 3-4-floro, corona cam- 
panulata subintegerrima petalis aequali. Flores pallidissime flavi ; 
aprili. In Armoricae insulis Glénans, ex D. Deschamps. :^. » 

Page 237 : « Narcissus reflexus Lois. Narc. 42, et Not. 165. 
N. foliis angusto-linearibusvirentibusplaniusculisdorso subcon- 
vexis binerviisque, scapo cylindrico Isevi 1-2-floro, corona cam- 
panulata margine 6-crenata petalis reflexis alterne latioribus 
subaequali. Stamina 3 longiora et 3 alterna breviora. — Flores 
albi, cernui; aprili. In Armories insulis Glénans invenit 
D. Bonnemaison. :^ . » 

Plus tard, Kunth {Enumeratio plant., V, p. 718), qui accepte 
le genre Ganymedes de Herbert, publie : 

€ 1. G. CAPAX Herb. Amar. 308. Periantho pallide flavo; tubo 
et corona 5/8-unc.; limbo sub-7/8-unc. ; stylo corona bre- 
viore. Herb. Narcissus calathinus Red. LU., t. 177 {excl. syn. 
Lifm. Willd. et Lam., ut in sequent.) Lois. Narciss. 624. Ej. 
Notit. 159. Ej. Gall. éd. 2. 1. 236... Queltia capax Salisb. in 
Hortic. Transact. 1. 353. Narcissus capax Schultes Syst. 7. 950. 



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G. ROUY. — NOTICES FLORISTIQUES. IM 

Assarcus capax Hatoorth. Monogr. 4, n" 1 {excl, fi.). Ajax 
capax Rcdni, Am, 201. In Armoraciae insulis Glenans. » 

€ 2, G. REFLEXUS Herb. Amar. 308. Periantho sulphureo-albo; 
tubo et coroaa 8ub-7/8-unc. ; limbo 1/4-unc.; stylo corona bre- 
yiore. Herb. Narcissus reflexus Brot. Lttô., I, 550 : Scapo tereti, 
paucifloro; foliiscarinatis; corolle laciniis lanceolatis, reflexius- 
culis, eorona eampanulata sexcrenulata vix longioribus. Broi. 
Lois. Not. 165. EJ. Narciss. 633. Ej. GalL éd. 2. 1. 237. SehuUes 
Syst.j 7. 952. Narcissus calathinus B. floribus pendulis albis, laci- 
niis reflexis Red, LU, t. 40 {ubi Brot. et Lois, laudantur) . A&sb.tcu8 
reflexus Haw. Monogr, 4, n"2. Ajax lusitanicus et reflexus Rœm. 
Am. 202. — Lusitania, Armoracia, in insulis Glenaus. ^. — 
Flores sulphnreo-albidi. Nimis afOnis N. odoro. Brot. » 

Ainsi on voit que, dès 1850, Kcnth réunissait, tout en con- 
seryant le N> capax Schultes, le A^. reflexus de Brotero et celui 
de LoiSELEUR, en indiquant cette plante aux tles Glénans, et que, 
dès 1891, je faisais remarquer, de façon précise, que le Narcisse 
de ces îles n'était pas le A^. calathinus de Linné ; ce sont, parait- 
il, là les deux points sur lesquels, en 1906, M. Gadeceau s*est 
longuement étendu comme questions nouvelles qu*il convenait 
d*approfondir. 

Mais je ferai un petit reproche à M. Gadeceau; celui de ne 
pas avoir parlé, dans sa Note, du travail si étudié de J.-L. Hénon, 
publié en 1863, avec une planche très exacte des plantes des 
îles Glénans, dans le Bulletin de F Académie des Sciences^ 
B eUes'Lettres et Arts de Lyon (séance du 9 juin), avec le titre 
de Promenades aux Glénans à la recherche du Narcissus reflexus^ 
car les passages suivants l'eussent certainement intéressé : 
« Pour divers botanistes, le Narcissus calathinus de Linné est 
une plante inconnue de nos jours. Quelques-uns pensent la 
retrouver dans l'espèce que M. Bonnemaison a signalée, il y a 
un demi-siècle, dans les îles Glénans, et que Loiseleur a dési- 
gnée sous le nom de Narcissus reflexus. Cette supposition me 
parait peu admissible, puisque le A^. calathinus de Linné est 
une plante orientale, à fleur jaune ^ odorante, à feuilles planes, 



I. Disons ici que Hooker et Jackson {Index Kewensis) rattachent le 
N. ealathmus L. au N. odorus L. 



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152 SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

tandis que le N, reflexus découvert par Bonnemaison se retrouve 
en Espagne et en Portugal, que les fleurs sont d'un blanc jau- 
nâtre, inodores, et que les feuilles, convexes d'un côté, présen- 
tent une double nervure saillante. » « Là où on cultive le blé, 
le A^. reflexus a disparu. On le retrouve (à l'île Saint-Nicolas) 
sur la lisière des champs et dans les terrains non défrichés. Il y 
est assez abondant pour qu'on puisse le considérer comme 
spontané. Le plus ordinairement, il est uniflore, fréquemment 
on le rencontre biflore et quelquefois triûore. La couleur des 
fleurs est d'un blanc plus ou moins teinté de jaune. Les seg- 
ments du périgone sont parfois notablement plus étroits, aigus. 
La couronne ou coupe varie un peu dans son évasement; ses 
rapports de longueur avec le tube et les segments sont assez 
constants. Dans les étamines, dont trois sont presque sessiles 
et incluses dans le tube tandis que les trois autres, munies de 
longs. filets, portent Tanthère aux 2/3 de la couronne, j'ai vu 
parfois les étamines les plus inférieures pourvues de filets assez 
longs, portant l'anthère jusqu'au tiers de la couronne; je n'ai 
observé cette disposition que dans les variétés à segments du 
périgone étroits. » « Explication de la planche. — 6. Var. Cou- 
ronne élargie, campanulée, à 6 lobes. N. calathinus Lois. Un 
échantillon authentique de cette variété, conservé dans l'herbier 
de M. de Candolle, lève tous les doutes; il porte pour étiquette : 
Narcissus calathinus Lois. Iles Glénans. Bonnemaison 1806. — 
7. Var. Hampe 3-flore, segments du périgone étroits, aigus. 
Couronne] urcéolée, un quart moins longue que les segments. » 

Quant au A^. iriandrus^ je rappellerai seulement que je l'ai 
décrit longuement dans les Illustrationes plantarum Europw 
rariorum (fasc. XV, p. 123) et que j'ai reproduit dans la planche 
CCCLXXV, 6 exemplaires de mon herbier, avec les var. a, 
genuinus Nob.; s. -var. Coornei Nob. =A^. Coomei DC. ap. 
Red.; ,S. concolor Baker =A^. homochroos Schulles, Hermione 
concoZor|Rœm., Ganymedes concolor Haw., Sweet; y. pallidulus 
Baker =IN. pallidulus Graëlls; puis que dans une « observa- 
tion 1 motivée, j'ai admis le N. cernuus comme sous-espèce du 
N. triandrusy déclaré que je ne pouvais accepter de réunir les 
A^. triandrus L et reflexus Brot., etc. 

En résumé, de ce qui précède et des données publiées par 



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G. ROUY. — NOTICES FLORISTIQUES. 153 

LOISELEUH, RCEMER et SCHULTES, KUNTH, HÉNON, MM. CrIÉ, 

Henriques, Rouy et Gadeceau, il résulte que : 

I. — Le Narcissus reflexus Brot. {sensu amplo) est une espèce 
globale qui doit être comprise avec les subdivisions suivantes 
comme sous-espèces et races, et les habitats suivants : 

Sous-espèce I. — N. Broteroi Rouy; N. reflexus Brot. 
(sensu stricto), — Corona angustata, infundibuliformi vel obco- 
nica, sexcrenata, perigonii segmentis sat angustis elliptico-lan- 
ceolatis, acutis aut acutiusculis, coronam subacquantibus; stylo 
elongato, e corona conspicue et interdum longe exserto. — Por- 
tugal. 

Race. — N. Loiseleurii Rouy; A^. reflexus Lois., FL Gall.y 
éd. 2, I, p. 237; Hénon, /. c, fig. 1, 2, 3, 4, 5. — Corona 
obconica subintegra aut undulata, non sexcrenata; perigonio 
typi; stylo interdum brevissimo corona breviore. — Iles Glé- 
nanSy Galice^ Portugal, 

Sous-espèce IL — N. capax Rœm. et Schultes (pro specie), 
Syst., VII, p. 950; N. calathinus Lois. FL GalL, éd. 2, I, 
p. 235; Hénon, /. c, f. 6, non L. — Corona a basi ampla, late 
campanulata, sexcrenata, perigonii segmentis ovalibus, obtusis 
aut obtusiusculis œquali vel sublongiore; stylo-incluso. — Iles 
Glénans*. 

Race. — S. pulcbellus Salisb., Prodr.^ p. 223; Rœm. et 
Schultes, Syst., VII, p. 955 {excl, var, p.); Ganymedes pulchellus 
Sweel, Brit. fl, gard., t. XCXIX; Hénon, /. c, f. 7. — Corona 
minore, urceolato-cupuliformi aut campanulata, sensim perigonii 
segmentis lanceolatis breviore, plerumque sexcrenata; stylo 
incluso. — Iles Glénans, Portugal. 

IL — Le N> reflexus Brot. (global), comprenant comme syno- 
nyme le N. reflexus Lois., a été indiqué par Kunth dès 1850 aux 
iles Glénans. 

IIL — Le A^. reflexus Brot. sensu stricto = N, Broteroi Rouy, 
n existe aux îles Glénans pas plus maintenant qu'en 1891. 

IV. — Le binôme Naixissus calathinus L. ne saurait plus en 
aucune façon être attribué à nos plantes des îles Glénans ou au 

\, Et probablement Portugal pour la plante signalée par M. Edw. Johnson 
(ap. Gadeceau, /. c., p. 345) qui aurait la couronne << très courbée, comme 
une coupe profonde ». 



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154 SfiAnCE DU 13 MARS 1908. 

Narcissuê reflexus de Portugal ; il a été écarté, avec démonstra- 
tion à Tappui, dès 1863 par Hénon, en 1881 par nous, eu 1906 
par M. Gadeceau. Et pourtant, ce binôme a été à nouveau 
adopté dans l'importante publication de MM. Asgherson et 
Gr^bner Synopsis der Mttteleurop. Flora (Lief. 42-43, p. 377, 
mai 1906), comme suit : N, calathinus L.? Redouté, t. CLXXVII, 
avec le synonyme de A^. capax, et A^. reflexus Brot. comme 
variété : p reflexus Asch. et Gr. A noter que cet ouvrage indique 
le A^. calathinus comme indigène en Portugal, et seulement 
importé (devenu agreste) dans les îles des Glénans et de Groix 
« In Portugal heimisch, auf den Bretagne-inseln Glenans und 
Groix wohl nur werwilderL » 

V. — Hénon a reconnu, dès 1863, aux îles Glénans non seule- 
ment le N. reflexus Lois. (A^. Loiseleurii Rouy), et bien entendu 
le A^. capax R. et Sch. [N> calathinus Lois, non L.), mais aussi 
le A^. pulchellus Salisb., race du A^. capax, 

VL — Le A^. triandrus L. est distinct spécifiquement du A^. 
reflexus Brot., d'après Willkomm et Lange, Baker, Hooker et 
Jackson et nous-mêmes, et aussi selon MM. Asoherson et 
Gilebneb (/. c, p. 376, 1906). 

VII. — Le A^. cemuug Salisb. est une sous-espèce (Nob.) du 
AT. triandrus L., à peu près au même titre que le N. capax R. 
et Sch. est une sous-espèce du A^. reflexus Brot. 

M. Lutz lit la communication suivante : 

Notes sur la flore espagnole. 
VII. Voyage botanique dans l'Andalousie de 1903; 

PAR M. Michel GANDOGER. 

Bien que je possède en herbier un ^rand nombre de plantes 
de toutes les parties de TAndalousie, je tenais à les récolter per- 
sonnellement et, en même temps, à explorer plus minutieuse- 
ment certaines localités classiques très riches des provinces de 
Cadix, de Malaga, de Grenade et de Jaën, comme je Tavais 
fait en 1896 et en 1902 pour les provinces orientales. Au retour, 
j'ai herborisé dans les sierras Morena et de Guadarrama, soit en 
tout 5 003 numéros et plus de 15 000 exemplaires récoltés avec 



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M. GANDOGER. HOTES SUR LA FLORE ESPAGNOLE. 155 

mes aides et distribués à quelques grands herbiers d'Europe et 
d'Amérique. 

Rien à dire des herborisations à Tarragone, Castellon de la 
Plana et Valence, où je m'arrêtai quelques jours; c'est la flore 
du littoral méditerranéen. A Alcazar de Saint-Juan (Manche) 
le rarissime Silybum hispanicum autour de la gare, champs de 
blé. 

a. Herborisation a Algésiras (prov. de Cadix). 

Très riche localité, pays superbe; à l'est le rocher de Gibraltar, au 
sud les montagnes du Maroc. Il faudrait tout citer; je me bornerai, 
comme pour la plupart des localités suivantes, à n'indiquer que les 
plantes utiles pour la géographie botanique ou bien les nouveautés. 



RanuDculus Broteri. 

— dimorphorhizus. 
Fumaria gaditana. 
Biscutella scutellata. 
Hedysamm coronarium. 
Ononis Cossoniana. 

— Bourgiei. 
Ulex megalorites. 
Cytisus Kunzeanus. 
(Enanlhe Kunzei Willk. 
Cardunceilus lÏDgitanus. 
BourgsBa hu milis. 



Solanum sufTruticosum. 
Myosotis Welwilschii. 
Scrofularia sambucifolia. 
Plantago serraria. 
Rhododendron bœticum. 
Rumex thyrsoides. 
Euphorbia medicagÎDea. 
Narcissus polyanthos. 
Scilla Clusii. 

Ornithogalum Reverchoni. 
Juncus FoQtanesii. 



6. Ascension du cerro de San Cristobal (Cadix) 1716 m. 
On s'y rend de Ronda par Grazalema au milieu d'admirables forêts 
de Chênes verts qui abritent une richissime végétation. 

Alyssum atlanticum. 
Iberis Bourgœi. 
Biscutella frutescens. 
Thlaspi Prolongi. 
Viola Demetria. 
Ârenaria querioides. 
Dianthus Boissieri. 
Anthyllis arundana. 
Ulex brachyacanthos. 
Saxifraga Reuteriana. 

— Boissieri Engler. 

— Hochstetteriana Ige. 
Reutera gracihs. 
Bunium Macuca» 
pQtoria hispanica. 
Centranthus macrosiphon. 
BelKs pappulosa. 



Yerbascum giganteum. 
Echium albicans. 
Thymus granatensis. 

— hirtus. 
Phiomis purpurea. 

— crinita. 
Liuaria nummularia. 

— verticillata. 
Abies Pinsapo. 
Quercus alpestris. 

— Mirbeckii. 
EndymioD campanulatus. 
Narcissus gaditanus Boiss. 

— minuiiflorus Willk {Station not^ 

velle), 
Holcus argenteus. 
Festuca granatensis. 



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156 SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

c. Herborisations a Ronda et dans la Serrania (Malaga), 

Fixé pendant plus d'un mois à Ronda, centre important pourvu de 
toutes les ressources, nous avons récolté 1 284 numéros de plantes tant 
aux environs de la ville que dans les sierras de Libar, de Yunquera, 
de Tolox, à Igualeja et à la Peûa Blanca (sierra Barmeja) où j'ai retrouvé 
le très rare Nolletia chrysocomoides Cass. dans sa seule localité connue 
en Europe. 

Autour de Ronda on récoltera abondamment : Crambe filiformis, 
Biscutella megacarpsea^ Reseda crispata^ R. àœtica, Géranium mal- 
viflorurriy Erodium australCy Ulex malacitanus^ Ferula bi^achyloba^ 
Carduus myriacanthuSy Anthémis granatensis^ Prolongea pectinata^ 
Salvia lanigera, Linaria tristis^ Orobanche Leonuri Rota (nouveau 
pour l'Espagne; sur le Phlomis purpurea), Euphorbia leucotricha^ 
Mercurialis Reverchoni^ Juncus foliosus. 

Au pied de la sierra Bermeja, versant occidental près Igualeja, je 
citerai surtout : Ranunculus Rroteri, Diplotaxis siifolia, Arenaria 
spathulata^ Silène tubiflora^ Malva àmbigua, Cytisus plumosus, Hip» 
pocrepis scabra, Lotus decumbens^ Sarothamnus virgatus, Saxifraga 
granatensis^ Carum incrassatum, Caucalis cœrulescens^ Carduus 
Reuterianus, Chamœpeuce hispanica^ Cirsium Flavispina^ Chrysan-- 
themum macrotuSy Helminthia aculeala^ Hypochœris platylepisy Cam- 
panula microphyllay Omphalodes linifolia^ Odontites hispanica^ Cala- 
mintha bœtica, Euphorbia Clementei, Salix ligustrina. 

Dans la sierra de Libar, sur le versant du mont Palo (1500 m.), limite 
des provinces de Cadix et de Malaga on fera Tune des plus fructueuses 
herborisations de toute, T Andalousie. Nous y récoltâmes 212 espèces; je 
cite au hasard : 



Ranunculus macrophyllus. 
Delphinium pentagynum. 
Biscutella frutescens Coss (station 

nouvelle), 
Rhamnus myrtifolius. 
Sarothamnus malacitanus. 
Ulex Welwitschii. 

— ianthocladus. 

— Willlcommii. 
Lathyrus tingitanus. 
Vicia bœtica. 



Vicia ervoides. 
Thapsia decussata. 
Scabiosa grandiflora. 
Leucanthemum setabense. 
Hyoseris bœtica. 
Cynoglossum arundanum. 
Aristolochia bœtica. 
Euphorbia Glementei. 
Brachypodium mucronatum. 
Cheilanthes hispanica. 



La classiflque sierra de Yunquera offre une végétation tellement riche 
et variée qu'il faudrait une demi-douzaine de pages pour tout cataloguer. 
C'est là que j'ai cueilli les endémiques : Ranunculus rupestris f. bœ- 
tica, Helianthemum micranthum^ Ulex BourgœanuSy Vicia erooides^ 



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M. GANDOGER. NOTES SUR LA FLORE ESPAGNOLE. 



157 



Lotus longesiliquosus^ Cystisus plumosiLSy Cephalaria bœticay RetUera 
procumbenSy Salvia Candelabrum, Muscari granatense, etc. 

Quant à la sierra de las Nieves (des Neiges), l'accès en est difficile et 
pénible; on y arrive par Tolox vers le point culminant, 1 959 m., qui 
garde la neige presque toute l'année dans les précipices du Nord. Magni- 
fiques forêts d' A aies Pinsapo^ les plus beaux Conifères que j'aie vus en 
Europe. C'est sous leur ombre que nous récoltâmes : 



Ranunculus blepharicarpos. 

PsBonia microcarpa. 

Sisymbrium laxiflorum. 

Alyssum granatense. 

Lepidium calycotrichum. 

Biscutelia montana. 

Viola Demetria. 

Silène longicaulis Pourr. N'était 
connue en Espagne que dans 
une seule localité de Cadix. 

Dianthus Boissieri. ^ 

Acer granatense. 

Erodium cheilaotbifolium. 

Ulex Bourgœanus. 

Anthyllis arundana. 

Ononis Reuteri. 

Onobrychis eriophora. 

Crat^egus granatensis. 

Prunus Ramburii. 

Saxifraga Hochstetteriana. 

Heterotœnia thalictrifolia. 

Bonium Macuca. 

Lonicera splendida. 

Viscum cruciatum. (Sur le Pinsapo.) 



Scabiosa tomentosa. 

Onopordum macroacantbum. 

Anthémis tuberculata. 

Pyrethrum arundanum. 

Taraxacum alpestre. 

Campanula mollis. 

Myosotis gracillima. 

Echium albicans. 

Yerbascum giganteum. 

— granatense. 

Cynoglossum arundanum. 

Phlomis crinita. 

Stachys circinata. 

Yeronica sibthorpioides Debeaux et 

Hervier. 
Linaria nummularia. 
Rumex papillaris. 
Daphne latifolia. 
Abies Pinsapo. 
Arum pyrenaicum. 
Endymion campanulatus. 
Orchis picta? 

Iris germanica? an species nova'f 
Poa flaccidula. 



d. Herborisations pans la province de Grenade. 

Avec mon personnel, j'arrivais à Grenade à la fin de mai 1903. 
C'était la seconde fois que je jne fixais dans celte ville dont j'ai toujours 
conservé le plus agréable souvenir. Nous avions de nombreuses excur- 
sions à exécuter : sierras de Alfacar, de Almijara, de Antequera, Contra- 
viesa, Tejeda, et surtout la gigantesque sierra Nevada avec son point 
culminant le cerro Mulahacen, 3481 m., par 37° de latitude. 

Parmi les i 403 numéros de plantes récoltés dans cette province je 
ne mentionnerai que peu de chose : 

!• Sur le mont Torcal (sierra d'Antequera) qui appartient aussi à* 
Malaga on trouve surtout : Sisymbrium ai^ndanum^ Lepidium Ram- 
burei Boiss. (qui n'avait pas été récolté depuis Rambur), Dianthus antica- 
rius^ Erinacea pungens f. albiflora que je n'ai jamais récolté que là. 
Saxifraga erioblastUy S. biternata^ Heterotœnia thalictrifolia f. 



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158 



SÉANCE DU 13 MARS 1908. 



major, Centranthus macrosiphon, Evax Funkii, Senecio minutus^ 
Barkhausia Hsenneleri, Campanula macrorhiza, Armeria allioides, 
Omithogalum bœticum, Poa flaccidula et surtout le rarissime Linaria 
anticaria localisé dans un rocher à rentrée du labyrinthe qui couronne 
le sommet delà montagne. Cette Linaire ne vient que là; toutes les 
autres localités espagnoles et tout ce qu'on a distribué sous ce nom 
appartient à L, lilacinay L. verticillata et espèces voisines. Qu'on ne 
l'oublie pas. 

2° Autour de la ville de Grenade abondent les Dianthus anticarius, 
Arabis verna {Hesperis dauriensis Amo dont j'ai prouvé l'identité ici 
dans le Bulletin, année 1903), Hypericum caprifolium, Polerium mau- 
ritanicum, Lagœcia cuminoides, Putoria hispanica^ Valerianella 
divaricata, Filago micropodioides, Lacluca Schimperi, Convolvulus 
argyrseusy Anarrhinum laxiflorum^ Linaria granatemis, L. macro- 
poda, L. nummuktriaj Antirrhinum glutinosum, A. rupestre (vieux 
murs du palais de TAlhambra : il ne croît que là), Trisetum Lœflin- 
gianum. 

3*" Dans la sierra de Alfacar, où je faillis être tué par la chute de mon 
cheval qui s'abattit contre un rocher, beaucoup de bonnes plantes : 

Adonis granalensis, Pasonia lobata, Sisymbrium laxiflorum, Biscu- 
tella laxa^ Helianthemum tomentosum, Polygala Boissieri, Affeno» 
carpus decorticans, Anthyllis Webbii f, albiflora, Astragalus chloro- 
cyaneus, Saxifraga arundana^ Lonicera arborea, Trichera subscapo$a^ 
Doronicum longicaule (station nouvelle), Antirrhinum glutinosum f. 
albiflora et f, roseiflora, Quercus alpestris, Festuca Durandoi, Car ex 
humilis (unique localité espagnole). 

4° La sierra de Almijara, chaîne côtière au sud de Grenade, est rare- 
ment visitée. Depuis 1879 où MM. Huter, Porta et Rico y herborisèrent, 
personne n*y a été, du moins à ma connaissance. Beaux bois de Pins ; 
sol calcaire, végétation courte et rare, très variée. 



Aethionema almijarense. 
Biscutella laxa. 
Erucastrum bœticum. 
Sisymbrium contortum. 
Brassica Biancoana. 
Diplo taxis Barre lieri. 
Gistus Clusii. 
Rhamnus velutinus. 
Gytisus FoDtanesii. 
Ulex Funkii. 
Genista umbellata. 
— retamoides. 
Poterium rupicolum. 
Saxifraga Kunzeana. 



Reutera gracilis. 
Galium pruinosum. 
Centaurea Alophium DC\ 
Bellis.pappulosa. 
Crépis lusitanica. 
Campanula microphylla. 
Lysimachia Ephemerum. 
Convoi vuius capitatus. 
Lavandula lanata. 
Thymus cephalotus. 
Phlomis purpurea f, albiilora. 
Teucrium granatense. 
Linaria almijarensis. 
Armeria Duriœi. 



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M. GANDOGER. ROTES SUR LA FLORE ESPAGNOLE. 159 



Saux fragilis {Nova pro Bxtica). 
Carex Duriœi. 

Brachypodium peDlastachynm. 
— Boissieri. 



Melica arrecta. 
Nardurus Salzmanni. 
Trisetum velutinum. 



inthyllis tejedensis f. almijarensis Gdgr mss. Multo mincis vil- 
losa quam in typo inferoeque virens; folia breviora, obtusa, corol!» 
alffi atropurpureœ ; flores calyce semper sat longiores. Tota planta laxa, 
potius adpresse cinerea quam villoso-lanata. — Hab. in glareosis supra 
Pinos; 13-1500 m. 

Arrhenatheram almijarense. Gdgr mss. Faciès A. bulbosi a 
quo diifert bulbillis multo minoribus, culmo tenui, humiliore ut et foliis 
cinereis, ligula breviore, glumis saltem duplo brevioribus, intense colo- 
ratis, nervo dorsall prominulo, panicula contracta, spiciformi. — Habit, in 
glareosis calcareis et ciMetis ad sierra de Almijara abunde, ait. 1 SOO m. 
Maio. 

5*" Comme la précédente, la sierra Gontraviesa est à peu près 
inexplorée. Située au sud de la sierra Nevada, elle est d'accès pénible et 
atteint 1 894 m. d'altitude au mont Pelado que j'ai gravi le 21 mai. 

A citer : Erysimum Bourgseanum, /ieteda Barre lieri^ R, Gayana^ 
Lavatera oblongi folia , très rare espèce absente de la plupart des 
herbiers et dont je n*ai vu que quatre arbustes, Ulex recurvatus (nou- 
veau pour rAndalousle), GenUta retamoidesy Trifolium {Villkommii^ 
Vicia lanciformisy Lythrum maculatum^ Herniaria fruticosa^ Duriœa 
hispanica^ Bupleurum gibraltaricnm^ Onopordum acaulon^ Centaurea 
monticola^ Cichorium pumilum^ Barkhausia heterocarpa, Thymus 
hirius, Teucrium fragile , Antirrhinum Barrelieri, Scrofularia scia- 
phila, Euphorbia rupicola, Echinaria pumila^ Trisetum velutinum^ 
festuca granatensis, 

6* Le cerro de Mulahacen (3 485 m. ), la plus haute montagne d'Espagne, 
exige cinq jours de Grenade pour son ascension. Sauf Webb, Boissier et 
WmxLER, je ne connais aucun botaniste qui Tait gravi. L'excursion est 
extrêmement pénible, souvent dangereuse, à partir de 3 000 mètres. 

A Orgiva (Alpujarras) je pris un guide expérimenté qui connaissait 
bien cette région tourmentée de la sierra Nevada. On va coucher à 
Capileira, dernier village; puis le lendemain, vers 2500 m., laissant à 
gauche le sentier assez facile qui conduit au Picacho de Veleta (3 471 m.), 
on essaye d'atteindre le Mulahacen dont la cime arrondie, couverte de 
neiges étemelles, se dresse au nord. La vue est à peu près toqjours 
voilée par un océan de brumes bleuâtres que l'on domine à 3 500 m. et 
qui s'étend en un rayon visuel de près de 300 km. Ce fut mon cas. 

Nous récoltâmes cependant 397 espèces dans la région. Autour 



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160 



SÉANCE DU 13 MARS 1908. 



d'Orgiva, où Tétranger est si bien accueilli, comme, du reste, dans 
toute la province de Grenade, je signalerai : Moricandia Ramburiiy Eru- 
castrum bœticum^ Coriaria myrlifolia^ Genista equisetiformis, Galium 
pruinosum^ Senecio linifolius, Cineraria Helodes, Digitalis obscura^ 
Odontites granatensis , Thymuz tenuifoliuSy Euphorbia crispala^ 
Bromus scaberrimus. 
Puis dans le massif même du Mulahacen : 



RanuDculus granatensis. 

— nevadensis. 

— acetosellifolius. 
Berberis hispanica. 
Fumaria macrosepala. 
Sarcocapnos speciosa. 
Alyssum psiiocarpum. 
Grambe flliformis. 
Arabis parvula. 
Erysimum nevadense. 
Lepidium petrophilum. 
Arenaria nevadensis. 

— imbricata. 

— pungens. 
Dianthus laricifolius. 
Silène nevadensis. 
Trifolium gemellum. 
Sarothamnus virgatus. 
Genista bœtica. 

— pseudo-pilosa. 
Adenocarpus decorticans. 
Gotoneaster granatensis. 
Prunus prostrala. 
Epilobium mutabile. 



Saxifraga glaucescens. 
Heterotœnia glaberrima {Nova pro 

Qran,), 
Butinia bunioides. 
Heracieum granatense. 
Galium rosellum. 
Garduus granatensis. 
Centaurea Boissieri. 
Hieracium casteilanum. 
Verbascum Hœnseleri. 

— granatense. 
Gynoglossum nebrodense. 
Myosotis minutiflora. 
Marrubium supinum. 

— sericeum- 
Digitalis nevadensis. 
Veronica apennina. 
Antirrhinum molle. 
Salix rufescens. 
Gagea nevadensis. 
Festuca indigesta. 

— granatensis. 
Equisetum pallidum. 
Aspidium nevadense. 



8*" Que dire maintenant de la fameuse sierra Tejeda citée à chaque 
page dans les ouvrages botaniques espagnols? Nous y récoltâmes, en 
deux jours, plus de 400 espèces dont voici quelques endémiques : 



Aethionema alniijarense. 
Erysimum myriophyllum. 
Iberis granatensis. 
Yella spinosa. 
Helianthemum viscidulum. 

— croceum. 
Arenaria querioides. 

— tejedensis. 
Erodium rupicola. 
Anthyllis tejedensis. 
Hippocrepis prostrata. 
Genista Webbii. 

— Boissieri. 



Ulex Funkii. 

Geum heterocarpum. 

Gentranthus nevadensis. 

Gentaurea Willkommii. 

Girsium (ilipendulum. {Novum pro 

Bxtica), 
Anthémis tuberculata. 
Andryala Aghardii. 
Gonvolvulus iiitidus. 
Teucrium corapactum. 
Linaria Amoi. 

— macropoda. 

— prœcox. 



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H. DE BOISSIEU. — SECONDE VIOLARIÉE NOUVELLE d'iPÏDO-CHINë. i6i 



Daphne oleoides. [Statio nova). 
Crocus granatensis. 
Orchis Durandii. 



Orchis sesquipedalis. 
Festuca Clementei. 



Helianthemum glaucum x viscidulum Gdgr mss. — Totum 
incano-tomentosum; folia crassa, nervosa, ovata, basi cordata; calyx 
longe pilosus; flores magni, albi. — In consorlio parentum ad basin 

Pefta del Sol, sierra Tejeda, locis calcareis rupestribus. 

[A suivre.) 

M. de Boissieu fait la communicatioQ suivante : 



Une seconde Violariée nouvelle d'Indo-Chine; 

PAR M. H. DE BOISSIEU. 

Lorsque nous avons publié tout récemment notre Note sur 
une nouvelle Violariée d'Indo-Chine, nous n*avions pas examiné 
les collections Pierre et Thorel. Cette dernière nous a fourni 
un Alsodeia intéressant et curieux, que nous n'hésitons pas à 
décrire, bien que les échantillons sur lesquels nous établissons 
notre espèce soient assez incomplets, à cause de Tépoque où ils 
ont été cueillis, et ne portent ni feuilles adultes ni fruits. Nous 
pouvons d'ailleurs suppléer à la plupart des renseignements 
qui nous manquent, grâce aux excellentes notes manuscrites du 
D' Thorel lui-même. 

A. Thoreliana sp. nov. 

(Sect. Prosthesia DC.) Frutex circa 1 m. 50 altus, ramis albidis lenticel- 
latis, apice pubescentibus. Folia (a nobis uon visa) caduca, tantum post 
flores evoluta, alterna, petiolata, ovato-oblonga, apice acuta, basi cunei- 
formia, dentale- serrata, subtus in nervis parura elevatis rufo-pilosa. F/ores 
in racemis elongatis, terminalibus, solitariis vel 2-3 approximatis dispositi, 
Racemorum basis squamis parvis approximatis, anguste linearibus, ses- 
silibus, elevatim et parallèle dispositis munita. Pedunculi et pedicelli fusco- 
viJlosi. Pedicelli brevissimi, wni/îori, ad axillam bracteœ linearis villosœ, 
pedicello longioris, nascentes, et basi bibracteolati. Flores parvi, albidi. 
Sepala ovalia, villosa. Petala oblongo-ovalia, acutiuscula, sepalis 2-2 1/2- 
plo longiora. praeter dorsi mediam partem pubescentem glabriuscula. 
Stamina filamentis brevibus ; filamenta in disci mediocriter expansi sed 
non interrupti divisionibus dorso subgibbis nascentia et basi quodammodo 
subarticulata ; antherœ filamentis œquilongœ vel longiores; appendices 
staminorum très, duo antherœ loculos superantes brèves subalati, tertius 
connectivum terminans magnus, ovoideo-oblongus, anthera 2-2 1/2-plo 
allior. Stamina cum appendicibus petalis 2-2 1/ 2 breviora. Ovarium 6-ovu- 

T. LV. (séances) U 



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16â SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

latum, sicut stylus pilis dissitis membranaceis munitum, ovoideo-conicum. 
Stylus cylindricus, inclusus; stigma integrum, vix dilatatum. 

Curieux par ses feuilles tardives naissant après la floraison. En outre, 
par son inflorescence terminale, bien distinct de toutes les espèces indien- 
nes et Javanaises du groupe, sauf A. cinerea King. de la Péninsule malaise 
qui a les pédicelles non uniflores, mais portant des cymules de 2 à 5 fleurs, 
Tovaire glabre, etc. et VA, glabra Burgersd, qui est complètement glabre, 
a les grappes pauciflores, etc. 

Thorkl, n** 3146, exploration du Mé-Kong, 1866-68, très abondant dans 
les forêts au-dessus de Saiabury. Fleurit en mars. 

M. Lulz donne lecture de la Note ci-dessous : 

Remarques sur une Algue parasite 

[Pbyllosipbon Arisari Kûhn) J 

PAR M. R. MAIRE. 

Dans toute la région méditerranéenne on rencontre fréquem- 
ment, en hiver et au printemps, des feuilles d'Arisarutn vnlgare 
présentant des taches jaune verdâtre puis jaunes. Ces taches 
sont plus ou moins arrondies et confluentes; elles ont le plus 
souvent de 0,5 à i cm. de diamètre, leurs bords ne sont pas 
nettement limités, mais se fondent insensiblement dans les par- 
ties saines ambiantes. Il n*existe, au niveau de ces taches, ni 
renflement ni dépression, et Texamen microscopique montre 
qu'elles proviennent de la décoloration des cellules de la feuille 
de VArisarum sous Tinfluence d'une Algue parasite dont les 
filaments circulent dans les espaces intercellulaires. Cette Algue 
est une Siphonée, le Phyllosiphon Arisari, qui a été fort bien 
étudiée par Kuhn, Just et Schmitz *. 

J'ai récolté bien souvent cette Algue sur VArisarum vulgare 
en Corse, eu Espagne, en Algérie et dans le midi de la France; 
puis, en avril 1906, je l'ai retrouvée sur une autre espèce du 
même genre, VArisarum simorrhinumy à Oran, pendant la ses- 
sion de la Société botanique de France. Le fait a été signalé 
par Flahault dans son compte rendu des herborisations de 
celte session. 

1. KùiiN (J.), IJeber eine neue parasitische Alge, Phyllosiphon Arisari. 
(Sitzber. d. naturforsch. Ges., Halle, 1878.) — Just (L.), Phyllosiphon 
Arisari. (Bot. Zeit., 1882.) — ScHMfrz (F.), Phyllosiphon Arisari, (Bot. 
Zeit., 1882.) 



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R. 3IAIRli:. SUK LE PUYLLOSIPHON ÂRISARI. 163 

Le PhyUosiphon n'était donc connu que sur deux espèces, très 
voisines d'ailleurs, du genre Arisarum, lorsqu'au printemps de 
1907, je remarquai sur des feuilles A' Arum maculalum, dans le 
bois du Fréhaut près Lunéville, des taches vert jaunâtre assez 
étendues. L'aspect de ces taches absolument semblables à celles 
des Arisarum me fit immédiatement songer au PhyUosiphon. 
L'examen microscopique des feuilles attaquées me permit d'y 
constater la présence de l'Algue, dont les filaments étaient 
encore entièrement à l'état végétatif. 

Je suivis le développement du parasite et, vers la fin de mai, 
je vis apparaître les aplanosphores à l'intérieur des filaments. 
Pois les feuilles de VArum commencèrent à pâlir et à se flétrir : 
à ce moment les taches primitivement jaune verdâtre puis 
jaunes étaient redevenues vertes, et faisaient contraste avec la 
teinte jaunâtre des autres parties de la feuille. 

Ces variations de la teinte des taches s'expliquent de la façon 
saivante. Au début, l'Algue empêche le développement abon- 
tet de cbloroplastes dans les cellules soumises à son influence, 
(loà la coloration vert jaunâtre; puis le parasite provoque la 
sécrétion de gouttelettes oléagineuses jaune orangé dans les cel- 
Inles de son hôte, d'où la coloration jaune. Enfin, lors de la 
dégénérescence de la feuille, les gouttelettes oléagineuses dis- 
paraissent, et la tache, remplie de filaments de PhyUosiphon 
bourrés d'aplanospores vertes, tranche en vert sur le fond déco- 
loré de la feuille mourante. Sur ces feuilles on trouve parfois 
déjà quelques aplanospores en germination. 

L'étude attentive du PhyUosiphon de VArum maculatum ne 
m'a pas permis de le distinguer de celui des Arisarum. L'aspect 
des lésions et les caractères des filaments sont absolument iden- 
tiques dans l'un et dans l'autre. Les aplanospores ont sen- 
siblement la même forme et les mêmes dimensions : celles- 
ci sont un peu plus variables que ne le disent les auteurs 
(2-6,5x1,3-5 [x). La structure est la même : on trouve par- 
tout un noyau, un chloroplaste et des gouttelettes d'huile. 
Certaines aplanospores de taille anormale peuvent contenir 
jusqu'à trois ou quatre cbloroplastes : elles atteignent alors 
jus^ju'à 8x5 [Ji. ' 

Le parasite de Y Arum maculatum est donc morphologique- 



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iô4 SÉANCE DU 13 MAKS 1908. 

ment identique à celui des Arisarum : c'est bien le Phyllosi- 
phon Arisari Kûhn. Mais constitue-t-il une race biologiquement 
distincte? M. Flahault m'a dit avoir essayé en vain d'infecter 
VArum maculatum avec le Phyllosiphon de VA7nsarum, au 
jardin botanique de Montpellier. Mais l'expérience a été faite 
sur des feuilles adultes seulement, et de l'avis même de M. Fla- 
HVULT, n'est pas absolument concluante. 

D'autre part, il est bien étonnant que le Phyllosiphon de 
de VArum maculatum n'ait jamais été observé par les centaines 
de botanistes qui examinent tous les ans son hôte. Je ne l'ai 
rencontré qu'en deux points restreints du bois du Fréhaut, en 
des endroits que je fréquente assidûment tous les ans. N'ai-je 
pas rapporté de la région méditerranéenne, dans les rainures 
de mes souliers un peu de terre contenant des spores de Phyl- 
losiphon de YArisaruml 

Je donne cette hypothèse un peu bizarre pour ce qu'elle vaut : 
elle tomberait d'elle-même le jour où une observation plus 
attentive ferait découvrir le Phyllosiphon sur VArum maculatum 
en d'autres localités moins suspectes. C'est pourquoi j'ai cru 
devoir signaler à la Société botanique de France la découverte 
du Phyllosiphon Arisari sur VArum maculatum. J'espère ainsi 
engager mes confrères à porter leur attention sur cette curieuse 
Algue parasite. 

M. Buchet fait en son nom et au nom de M. Gatin la 
communication suivante : 

Un cas de polyembryonie chez le Triglocbin 
palustre L. et une germination anormale de 
V Arisarum vulgare Targ.-Tozz; 

PAR MM. s. BUCHET et C.-L, GATIN. 

1** Un cas de polyembryonie chez le Triglochin palustre L. 

En étudiant la germination de graines de cette espèce, l'un de 
nous a eu l'occasion d'observer que l'une de celles-ci possédait 
deux embryons. 

Ces embryons étaient de taille très inégale (fîg. 1), et avaient 



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s. BUCHET ET C.-L. GATIN. GERMINATIONS ANORMALES. 165 

tous les deux commencé à germer. Le plus grand des deux 
atteignait une longueur de 4 mm. au moment où il fut extrait 
de la graine. Coupé longitudinalement, il offrait une structure 



Fig. 1. — Triglochin palustre L. — Deux embryons extraits de la môme graine. 
(Le petit trait à gauche indique la longueur réelle du plus gros des deux 
embryons.) 

qui ne présentait aucune particularité le distinguant de Tem- 
bryon d'une graine normale. On n'avait pas encore, à notre 
connaissance, signalé un semblable cas de polyembryonie chez 
le Triglochin palustre, 

2** Une plantule anormale liArisarum vulgare Targ.-Tozz. 

On sait que, normalement, les plantes appartenant au genre 
Arisarum germent suivant le mode dit remotif* ligule. Le coty- 
lédon remplit les fonctions de suçoir. 11 reste inclus dans la 
graine et digère Talbumen (fig. 2). Son pétiole s'allonge légè- 
rement en tendant à enterrer le collet de la jeune plante, qu'il 
entoure d'une gaine ligulée. Un peu plus tard, la première 
racine se développe en même temps que la première feuille 
portée sur un pétiole allongé. 

Au cours d'études que nous avons entreprises sur la germi- 
nation de plantes de la famille des Âroïdées, nous avons eu 
l'occasion d'observer une germination à' Arisarum vulgare Targ.- 
Tozz., qui offrait des caractères tout à fait particuliers. La plan- 
tule ne présentait ni cotylédon, ni pétiole cotylédonaire, ni 
gaine cotylédonaire. Elle se composait d'une feuille entourant 
la gemmule par sa base, l'ensemble des bases de toutes ces 
feuilles étant, comme toujours, légèrement renflé, et d'une 
racine. La graine s'était élevée sur la première feuille, dont la 
pointe y était incluse et était restée incolore, à cause de l'ab- 

l. Richard (L.-C), Analyse botanique des embryons endorhizes (Ann. du 
Mus., l. XVn, p. 455, 1811). 



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466 



SÉANCE DU 13 MARS 1908. 



sence de chlorophylle (fig. 2). On peut supposer que, ou bien 
le cotylédon a avorté, ou mieux qu'il fut arraché de bonne 
heure sans qu'il soit bien possible de déterminer à la suite de 
quelles circonstances. Un fait qui vient à l'appui de cette hypo- 




Fig. 2. — 1. Plantule normale d'Arisarum vulgare Targ.-Tozz. 2. Plantule 

anormale (grandeur nalurelle). 
G. graine. ~ p. pétiole du cotylédon. — /. bord de la gaine du cotylédon. — 

r. radicule. — f. première feuille. 

thèse est la présence au point où aurait dû s'attacher la gaine 
du cotylédon de tissus arrachés pouvant être interprétés comme 
les restes de cette gaine (fig. 3). D'autre part, la graine était 
complètement vide d'albumen et ne contenait pas autre chose 
que l'extrémité de la feuille, sans qu'il fût possible d'y retrouver 
une trace du cotylédon disparu. 



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s. BUCHET KT C.-L. GATIN. GERMINATIONS ANORMALES. 16î 

Quoi qu'il en soit, il est bien certain que la première feuille, 




y. 



2. 



Pig. 3. — La base de la radicule de la germination anormale, vue de deux côtés 
opposés et grossie. On aperçoit, au-dessus de la radicule R, la trace déchirée 
de la gaine cotylédonaire. 

qui était étroitement serrée dans le tégument de la graine, a 




Fig. 4. — Arisarum vulgare Targ.-Tozz. — I. Schéma d'une coupe transversale 

de la première feuille végétative. ~ II. La môme plus grossie. 
f. faisceaux libéro-ligneux. — r. cellules à raphides. — e. épiderme. 

joué, au moins pendant un certain temps, le rôle de suçoir 



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168 



SÉANCE DU 13 MARS 1908. 



Cette manière de voir semble d ailleurs corroborée parTétude 
anatomique que nous avons faite de la pointe de cette feuille, 
comparativement avec celle de la pointe de la première feuille 
d'une germination normale. 

Le nombre des assises de cellules formant le limbe de la 
feuille ayant séjourné dans la graine est plus grand que dans la 
feuille normale, qui est aussi beaucoup moins charnue. 




Fig. 5. — Arisarum vulgare Targ. et Tozz. — Schéma d'une coupe transversale 
de la première feuille végétative de la plantule anormale. 
A. et B. bords de la feuille. — f. faisceaux libéro-ligneux. 

Ce développement semble dû à la proximité de Talbumen, car 
la partie de la feuille anormale qui se trouvait repliée et» recou- 
verte par une autre portion du limbe n'avait pas subi celle 
augmentation d'épaisseur, ainsi qu'on peut s'en rendre compte 
par l'examen des figures ci-contre. La fonction du suçoir semble 
donc bien avoir été remplie ici par la première feuille qui se 
serait substituée au cotylédon. Ceci montre, d'une façon nette, 
qu'il ne faut pas confondre certaines analogies de fonctions avec 
une similitude morphologique. Dans le cas qui nous occupe, le 
cotylédon ayant disparu c)u ne s'élant pas développé, la pre- 
mière feuille a rempli les fonctions de suçoir sans être, bien 
entendu, le cotylédon. C'est en faisant un raisonnement tout à 
fait inverse que M. Hill * admet que les Pipéracées, chez les- 

1. Hill, The Morphology and Seedling structure of the geophilous species 
of Peperomia, together with some iviews on the origin of Monocotyledons. 
(Add. of Bot., Vol. XX, pp. 395-429.) 



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s. BUCHET ET C.-L. GATIN. — GERMINATIONS ANORMALES. 



169 



quelles il arrive, dans certaines espèces, que Tun des cotylédons 
reste dans la graine et joue le rôle de suçoir, pendant que 
Tautre se développe au dehors, peuvent être considérées comme 




Fig. 6. — Structure des bonis A et B de la feuille représentée fig. 5. 
— e, épiderme. — f. faisceaux libéro-ligneux. — r. cellule à raphides. 

un terme de passage aux Monocotylédones. Pour cet auteur le 
rôle fonctionnel du cotylédon suçoir des Peperomia suffit à le 
rendre morphologiquement équivalent au cotylédon des Mono- 
cotylédones, très fréquemment, mais non d'une façon constante, 
transformé lui-même en suçoir. 

M. Lutz donne lecture de la lettre ci-dessous qu'il a reçue 
de M. Thellung, de Zurich : 



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170 SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

Lettre de M. A. Thellung à M. le Secrétaire 
général sur le Veronica Dillenii Crantz à 
rechercher en France. 

L'espèce que je voudrais recommander à Tattention de mes 
collègues français, présente la synonymie suivante : 

V. DUlenii Crantz, Stirp, Austr., fasc. IV (1769), 352. 

V. sHcculenta Ail., FI. Pedem,, I (1785), 78, n. 283, et t. XXII, 
f. 4! 

V. campestris Schmalhausen! in Ber. d. Deutsch. bot. 
Gesellsch., X (1892), 291 ; Ascherson, in Oesterr. bot. Zeitschr., 
XLII1(1893), 123-6. 

V, verna p, longistyla Ces. Pass. Gib.! Comp. fl. ItaL, 352 
(1874); G. Frœlich, in Schriften d. Phys. M. Gesellsch. Kônigs- 
berg, XXVI (1885), 6 (« var. nov. d). 

V. ver7ia var. campestris Schmalhausen, FI. d, sûdweslL 
RussL (1889) ex ipso auct. /. c. (1892), 292. 

F. verna auct. europ. plur. ex p.^ Coste FI, descr, ilL France ^ 
III, 1 (1904), 37, ex ic! non L. {sens, strict,). 

Ainsi que le fait entrevoir la liste citée des synonymes, le 
F. Dillenii Crantz a le plus souvent été confondu avec le 
V. verna L. dont il est voisin, ou il a été pris pour une variété 
de cette dernière espèce; mais on se convaincra facilement qu'il 
s'agit là d'une bonne espèce bien distincte du V. verna L. par 
les caractères suivants : 

V. verna L. (sens, restrict.) : Plante ordinairement brièvement poilue, 
non ou faiblement glanduleuse supérieurement. Feuilles minces, mem- 
braneuses, d'un vert clair, ne noircissant pas par la dessiccation, à lobes 
étroits et ai?:us. Style atteignant tout au plus un tiers de la longueur 
de la cloison du fruit mûr^ dépassant peu Téchancrure. Loges de la 
capsule à 6-8 graines. 

V. Dillenii Crantz : Plante longuement velue-glanduleuse. Feuilles 
un peu charnues, d'un vert sombre, souvent rouges en dessous, noircis^ 
sant par la dessiccation, k lobes plus larges et plus obtus. Style attei^ 
gnant presque la moitié de la longueur de la cloison du fruit, dépassant 
longuement Téchancrure. Toute la plante plus robuste, à (leurs et è. 
fruits plus grands, les premières d'un bleu plus intense; inflorescences 
plus lâches; loges de la capsule à 9-13 graines. 



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LETTRE DE M. A. THELLUNG A M. LE SEGRÉTAIBE GÉNÉRAL. 171 

L'aire géographique du F. Dillenii comprend la partie inté- 
rieure de Faire du F. verna et n'atteint peut-être nulle part la 
limite de Taire de celui-ci ; le F. Dillenii est connu de la France 
méridionale, du Piémont, de l'Allemagne, de la Suède, de 
l'Autriche-Hongrie, de la Serbie, de la Russie moyenne et méri- 
dionale et du Caucase; en Suisse il n'a été constaté qu'à l'état 
adventice. 

Quant à la France, M. Ascherson a signalé le F. Dillenii déjà 
en i893 (/. c. 123) dans le Dépt. du Rhône : Rochers à Chapont 
{Martin in herb. Mus. Palat. Vindob.). Je suis en état d'ajouter 
une localité nouvelle : Dépt. du Gard : Bois de Châtaigniers du 
massif de l'Aigoual (Cévennes), au-dessus du Vigan, où j'ai 
recueilli la plante en 1905, en compagnie de mon estimé 
maître M. Flahault. L'espèce en question se trouve certaine- 
ment encore ailleurs en France, — le dessin du F. verna dans 
l'excellente Flore de M. Coste représente très nettement le 
V, Dillenii, — et je ne doute pas que des recherches ultérieures 
à faire tant dans les herbiers que dans la nature, ne mettent au 
jour une série de stations de cette espèce trop peu observée 
jasque dans les temps les plus récents. 

M. Rouy ne voit pas la possibilité d'admettre le Veronica 
Dillenii Crantz, même comme une variété du V. veima L., 
a fortiori comme espèce. En effet, Crantz a établi son F. 
Dillenii exclusivement d'après le F. humilis erecta mon- 
tana de Dillenius, et c'est ce même Veronica de Dillenius 
que cite exclusivement, dans le Species, Linné pour syno- 
nyme de son F. verna, dont il donne une fort brève dia- 
gnose pouvant s'appliquer aussi au F. Dillenii de Crantz ; 
il y a donc entre le F. veima de Linné et le F. Dillenii 
de Crantz, identité d'origine bibliographique. Quant aux 
caractères différentiels attribués par M. Thellung à la plante 
visée par lui, divers ne sont pas spécifiés par Crantz qui ne 
dît rien, notamment de l'épaisseur des folioles et de la 
longueur du style. En résumé, M. Rouy croit que le F. 
verna L. prête bien à quelques variations dont les prin- 
cipales peuvent être acceptées comme variétés ainsi qu'il 



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172 SÉANCE DU 13 MAKS 1908. 

suit : var. longistyla Ces. Pass. Gib. = V. succulenta AU. : 
style allongé, feuilles plus ou moins épaisses, ordinaire- 
ment glabres, les florales entières; var. polygonoides 
(Lamk pr. sp.) Nob. : style court, plante plus ou moins 
hérissée, feuilles toutes subentières; le type restant le F. 
verna a.. genuina= V , pinnatifida Lamk : plante plus ou 
moins hérissée, feuilles membraneuses, au moins les 
moyennes pinnatifides ; style court. 

M. Malinvaud fait remarquer que les auteurs, peu nom- 
breux, qui ont pris en considération le Veronica Dillenii 
Crantz se bornent à le mentionner parmi les synonymes du 
V. vema L. *, et M. Thellung paraît confirmer lui-même 
cette appréciation en déclarant que « le dessin du V, vema 
dans la Flore de M. Coste représente très nettement le 
V. Dillenii ». Les notes différentielles attribuées à ce dernier 
permettraient à peine de le distinguer comme variété ^ 

M. Lutz donne connaissance de la communication sui- 
vante : 

Sur quelques Rubus peu connus 

de la flore française; 

PAR M. H. SUDRE. 

Je me propose de passer en revue quelques espèces de Rubus 
qui ne sont que peu ou point connues en France ou qui ont été 
mal interprétées. Il ne sera question, dans ces Notes, que des 

1. Voy. J. Koch, Syn. flor. geim., II, p. 530 (1837); Benlhara, in Prodr., 
X, p. 483 (1846); Grenier Godr., FI. de Fr., II, p. 5% (1850). Dans VIndex 
Keioensis, Veronica Dillenii CraLïitz = vema, 

2. Linné altribuait à son Veronica triphyllos des feuilles plus courtes 
que le pédoncule floral « foliis digitato-partitis pedunculo brevioribus » 
(Spec.j édit. 2, p. 19) et au V, vema par opposition « foliis pedunculo 
longioribus ». Crantz conteste en ces termes, au sujet du Veronica triphylloSy 
Texactitude de la définition linnéenne : « Cum pedunculi sœpe inveniantur 
foliis breviores, falsam suam definitionem corrigat Linnacus qui cœterum 
in Veronicis raultoties erravit » (Grantt, Stirp, austriac.t fasc. IV, p. 352). 
Il avait sans doute échappé à Cr.vntz que le caractère dont il s agit est 
surtout prononcé sur les pédoncules fructifères (Ern. M.). 



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H. SUDRE. — RUBUS PEU CONNUS DE LA FLORE FRANÇAISE. -173 

Ronces qui, par la valeur de leurs caractères et l'étendue de leur 
aire de dispersion, méritent d'être envisagées comme de bonnes 
espèces et sont admises comme telles dans les travaux batolo- 
giques récents, en particulier par M. le D*" W. 0. Focke dans le 
Synopsis dermitteleuropaischen Flora, tome VI, deMM.AscHERSON 
et Graebner. Je ferai connaître leur distribution géographique et 
les principales localités de France où elles ont été rencontrées. 
Quand cela sera nécessaire, je donnerai quelques renseignements 
synonymiques et une idée sommaire de leurs affinités. 

Sect. SylvatîctP^'3. MûU. 

a. 6RATI Sud. 

R. clethrophilus Genev., Ess. won., p. 167 (1869); i/on., p. 229. 

Cette espèce a été placée par Tabbé N. Boulay (ap. R. et C, 
FI. Fr., VI, p. 87) dans la section des R. spectabiles P.-J. MuU., 
à côté du R, Borseanus Gen., et considérée comme une simple 
forme du R, hypdleucus L. et M. (non Vest). Or cette plante n'est 
nullement hétéracanthe et elle est dépourvue de glandes stipitées ; 
elle appartient incontestablement aux R. sylvatici P.-J. MuU. ; 
c'est du reste dans ce groupe que la plaçait Genevier. M. Focke 
{ap. Asch. et Graeb., *S'yn., VI, p. 459) l'identifie au R. Liberlia- 
nus Whe, qu'il subordonne au R. sulcatus Vest, de la section des 
R. suberecli P.-J. MûU. Il ne me paraît pas possible d'adopter 
cette manière de voir : le R. clethrophilus, par ses turions arqués- 
procombants, pubescents, ses sépales cendrés-verdàtres ou 
même tomenteux, ses carpelles velus, ne peut prendre place 
dans cette section. Du reste le R. Liberiianus Whe me paraît 
appartenir lui aussi aux R. sylvatici et se rattacher au R. rhoni' 
bifolius Wh. D'autre part, M. Focke (L c.,p. 478), se basant sur 
des spécimens de R. clethrophilus que j'ai récoltés dans le 
Midi de la France, établit une variété clethrophilus qu'il subor- 
donne à son R. Maassii. Cela montre que, dans le genre Rubus, 
l'interprétation de certaines formes est des plus laborieuses et 
doit être basée sur de nombreux spécimens. J'ai récolté le 
R. clethrophilus Genev. dans cinq ou six départements français 
et en ai reçu de nombreux échantillons de mes correspondants; 
je le considère comme une bonne espèce, nettement caractérisée 
et facUe à reconnaître. Il est abondant dans tout l'Ouest de la 



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174 SÉANCE DU 13 MAR8 1908. 

France; on lé rencontre aussi dans le Tarn, aux environs de 
Toulouse et dans les Pyrénées centrales. Il paraît assez fréquent 
en Angleterre, où il a reçu le nom de R. ramosus Briggs {Joum. 
Bot., 330-332 (1871); Rogers, Handb., p. 37). Il se place à côté 
du jR. vulgaris W. et N., dont il se distifigue aisément par son 
inflorescence subinerme. 

R. myricae Focke, in Alpers, Verz. Gefpfl. S(ad,,p. ÎT (1875) ; 
Syn.,p, 223 ; ap. Asch. et Graeb., Syn., VI, p. 527. 

M. FocKE considère cette plante comme une espèce de 1" ordre; 
elle est en effet très remarquable et bien distincte du jR. Spren- 
geliiWh, par ses turionsglabrescentset ses fleurs blanches. Elle 
paraissait jusqu'ici spéciale à l'Allemagne du Nord, mais je l'ai 
récoltée il y a déjà quelques années dans le Tarn, à Cambon-du- 
Temple. 

b. EÏÏTIRESCENTES Gen. 

R. rhombifolius Wh., in Boeningh., Prodr. FL Monast.,p, 151 
(1824); Focke, Syn.,p. 204; /?. vulgarise, rhombifolius Wh.etN. 

Ce Rubus croît en Allemagne, en Angleterre, en Autriche et 
en Portugal, mais n'a jamais été mentionné en France. A vrai 
dire, on l'y a bien récolté plusieurs fois, mais on n'a pas su le 
reconnaître. Il existe dans la Seine-Inférieure, forèi du Rouvray, 
où il a été cueilli par Letendre et distribué par l'abbé N. Boulay 
(Assoc, ruboL, n** 330) sous le nom de R, rothoniagensis^ . Boul. 
Dans la Flore de France de MM. Rouv et Camus, ce Rubus est 
considéré comme un hybride de la forme R. SprengeliiX Ques- 
tierifi. Boul. 11 fut récolté par l'abbé de Lacroix dans la Vienne, 
au Rond, allée de Dauzé, vers 1855, et, plus récemment, par le 
regretté Tourlet en Indre-et-Loire, à Athée. On le trouvera sans 
doute ailleurs dans notre pays. 

R. nemorensis Lef. et M., Vers,, n° 134 (1859). • 

Cette espèce, découverte dans la forêt de Retz par Lefèvre et 
cueillie par l'abbé Questier « entre Billemont et Bourgfontaine 
et route de FaveroUes », se place dans le voisinage du R, sylva- 
tiens W. N , mais est bien distincte de ce dernier. Elle n'est 
mentionnée dans aucune Flore française. Or il existe en Alle- 
magne et ailleurs des formes qui ne sont pas sans analogie avec 
cette espèce, en particulier le R. egregius Focke, que l'auteur 



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H. SLDRE. — RUBUS PEU CONNUS DE LA FLORE FRANÇAISE. 175 

en^nsage comme une espèce de 1" ordre {ap. Asch. et Graeb., /. 
c, p. 536) et qui croît dans le Tarn, dans la Sarthe et sans doute 
ailleurs chez nous. J'ai cueilli ce R. nemorensis L. et M. à Sau- 
veterre, dans le Tarn; je crois qu'il constitue une bonne espèce, 
facile à reconnaître, à laquelle le li. egregius Focke, de date 
plus récente (1871), doit être subordonné à titre de sous-espèce. 

C. DISGOLOROIDES Gen. 

R. argenleus W. etN.,/ÎM6.^erw.,p,45, t. XIX (1825); Focke, 
ap. Asch. et Gr., Syn,, VI, p. 480. 

Espèce jusqu'ici peu connue et n'ayant guère été signalée en 
France. Elle se rencontre en Allemagne (Westphalie, Silésie, 
Provinces rhénanes, etc.), en Belgique et en Hongrie. HoLUBvl'a 
distribuée sous le nom de R. Dechenii p. p, [non Wirtg.) et l'a 
récoltée à Trencin. La plante publiée en 1885 dans YHerbarium 
europœum de M. C. Baenitz sous le nom deR, arduennensis var. 
phtyphyllus Utsch n'est pas autre chose qu'un R. argenteus W. 
N. ; je crois qu'il en est de môme du n* 81 de YHerbar, rub, 
rhen, éd. 1 de Wirtgen portant le nom de R.vnigaris var. rAotn- 
bifolius, et qui est le R. rkombifolius P.-J. Mûll. in Pollichia 
(1859), p. 293, non Wh. Lefèvre avait récolté dans la forêt de 
Retz plusieurs formes qu'il rattachait au R. argenteus W. N. et 
qu'il avait adressées à Muller; ce dernier laissa ces plantes 
indéterminées et ne les mentionna pas dans son Versuch.\ elles 
n'appartenaient pas en effet directement à cette espèce. Toutefois 
ce type existe bien dans le Valois et l'abbé Questier l'y a cueilli 
sur plusieurs points, en particulier au Cuvret, à Ivors et au Car- 
refour des Clercs; il croît aussi à Roman, dans l'Eure [Jourdes), 
au Mans {Coilliot) et dans le Tarn, d'où je le possède de cinq 
localités. De plus, j'ai tout lieu de croire que le R. racemosus 
Genev., Ess, mon., p. 180 (1869) et ifon.,p. 214, est une simple 
variation de cette espèce; il en est de même du R. secophilus de 
cet auteur, Ess. , mon., p. 178 ; R. pubescens Gen., Mon. , p. 271 , ex 
pie, non W. et N. A côté du type se placent beaucoup de formes 
qui n'en sont apparemment que de simples variétés; c'est le cas 
du R. longieuspidaîus Boul. et Luc. [ex pte), Assoc. rub., n° 312 
(non Rubi gallici). Il existe de plus en France beaucoup d'autres 
Rubus voisins du jR. argenteus Wh.N., mais bien distincts et qui 



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176 SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

peuvent être considérés comme des sous-espèces de ce type : 
tels sont les R. incamalus P. -J. MùU., bien distinct du R. vil- 
licaulis Kœhl., crypladenes Sud. (R, erythrinus Rogers non 
Genev.), consobrinus Sud. et quelques autres. 

R. polyanthemus Lindbg-, Bot, not. 105 (1883) ; R, pulcherri- 
mus Neum. (1882) non Hocker; R, Neumanii Focke (1885); R, 
umbrosus Auct. angl. (p. p.). 

Espèce voisine du R, argenteus Wh. et N., mais à feuilles fine- 
ment serrulées. Croît en Suède, en Danemark, en Angleterre et 
dans TAllemagne du Nord. Elle n*a pas encore été rencontrée en 
France; toutefois M. Bouvet a cueilli en Anjou une forme qui 
peut en être rapprochée [/î. cuspidatifrons Sud. et Bouvet in 
Bouvet, Mat. étud. Rub, Anj., p. 21 (1907)J, et j*ai trouvé der- 
nièrement, dans un envoi de Bubus qui m'a été fait par la Société 
scientifique du Gers, une forme très remarquable, que j'ai dis- 
tinguée sous le nom de R, Duffortiiy et dont voici les principaux 
caractères. 

R. Duffortii Sud. — Turio pilosus; aculei débiles, brèves, subconici, 
reclinati; folia 5-nata, minute denticulata, subtus cinereo-tomentosa, 
pubesceulia; foliolum terminale breviter obovatum, basi rotundatura, 
cuspidatum, petiolulo proprio triplo longius; ramus florifer subinermis, 
pilosus; inllorescentia elongata, foliosa, dense pilosa, inermis, pedun- 
culis patulo-ascendentibus; sepala reflexa; petala ovata, pallide rosea; 
stamina alba, stylos carneos vix superantia; germina glabrescentia. Pollen 
imperfectum. — Difîert a R. polyanthemo Lindbg : aculeis tenuibus, 
debilibus; inllorescentia inermi, foliosa; staminibus brevioribus. Habitus 
R. incarnati P.-J. Mùll. var. conformis sed foliis minute denticulatis, 
aculeis parvis, inflorescentia inermi di versus est. — Hab. : Galliay Gers., 
Masseube [Duffort). 

R. alterniflorus M. et Lef. Vers, n<> 99 (1859), non Genev., 
J/on.,213. 

Encore une espèce que ne mentionnent même pas les Flores 
françaises. Elle n'est pas très éloignée du R. argenteus Wh. N., 
mais elle a Tinflorescence glanduleuse et les turions ordinaire- 
ment glaucescents; par certaines de ses variétés elle se rapproche 
des R. vestiti. En France, on la rencontre dans le Yalois, TAnjou, 
la Bretagne, le Poitou, le Languedoc et, sans doute, ailleurs; elle 
croît également en Westphalie et en Bavière. Le R. Clavaudiï 
N. Boul., que Tauteura classé à la suite du/?, adscitus Genev., 



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H. SUDRE. — RDBUS PEU CONNUS DE LA FLORE FRANÇAISE. 177 

parait n'être qu'une variété robuste, à fleurs rose vif, du R. alter^ 
niflorus M. et L. 

Je rapproche du R. altemiflorus M. et L. les espèces sui- 
vantes : 

I. ii.5epariDi/5Genev.,ifon., 181, plante très fertile, qui n'est certai- 
nement pas un R. ulmifoliusxadscitus, ainsi que l'a admis l'abbé Boclay, 
et qui est commune dans le Poitou. 

n. R. pbyllàutboides Sud., Bat. eur. (1906), n* 156, commun dans 
la région montagneuse du Tarn. 

m. R. Lesdainii Sud.; R, ulmifoHusxfoliosus Boul. et. Boul. de 
Lesdain, Rubi GalL, n"" 196, plante non iiybride, trouvée dans le Nord et 
dans le Puy-de-Dôme. 

IV. R. quadious Sabrs., plante de la clialne des Carpathes. 
V. R» valdeproximus Sud., espèce spéciale aux Pyrénées centrales 

VI. R, obvall&tu8 Boul. et GilL, que Tabbé Boulay considérait 
comme un R, albiflorus X vestitm acutidens^ mais qui n'a certainement 
pas cette origine. Çà et là en France : Normandie, Centre, Morvan, 
Languedoc» etc. 

VII. Enfln une plante de Bavière que M. Zinsmeister a signalée comme 
étant le R. rhombifolius Wh., mais qui est bien différente de cette espèce 
et que j'appelle R. sueviaous. 

R. imbricatus Hort., Ann, Nat. HisL Ser. II, 374 (1851). 

G*est la plante que Genevier appelait R. immitisl {non Bor!). 
Elle est commune en Vendée, dans la Loire-Inférieure ..et le 
Morbihan; elle existe aussi dans le Valois et paraît assez 
répandue en Angleterre. J*en possède plusieurs buissons que 
j'ai obtenus en semant des graines prélevées en Vendée, et qui 
ne différent en rien de la plante sauvage. J'estime que le 
R. cariensis Gen. de la Loire-Inférieure, que M. Focke considère 
comme une bonne espèce voisine du R. affinis W. N., n'est 
qu'une variété du R, imbricatus propre aux lieux ombragés. 
Cette espèce a un peu le port des R. triviales, mais n'appartient 
pas à cette section, dans laquelle Genevier la plaçait à tort. 

Sect. Discolores P.-J. Mûll. 

R. WinteriP.-J. Mûll., a/). Wirtg., Hb. pl.sel. FLrh.,n'' 1063; 
Focke, Syn, 196. 
Espèce très répandue, mais jusqu'ici méconnue, ainsi que le 

T. LV. (SÉANCES) 12 



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17$ SÉ1I4CE DC n MARS 1908. 

prouve la synonymie ci-dessous extraite du manuscrit de mes 
Hubi Europœ. 

L'abbé Boulay a décrit le R. Winteri dans la Flore de Rouy 
et Camus, mais n'a donné aucune localité française pour cette 
espèce, n'admettant pas Tidentité de la plante que j'avais signalée 
dans les Pyrénées avec celle des Provinces rhénanes. Pourtant 
la forme d'Aulus possédait bien tous les caractères de celle 
d'Allemagne puisque M. Focke m'écrivait, à peu près à la même 
époque : « Je crois que votre /?. Winteri est la même plante que 
le mien. » J'ai depuis pu étudier le R. Winteri P.-J. Mûller sur 
de nombreux exemplaires provenant des récoltes de Winter 
lui-même et faites à Saint-Johan et à Sarrebruck, je l'ai observé 
sur place dans plusieurs localités et l'ai reçu d'un p^rand nombre 
de points de l'Europe occidentale, ce qui m'a permis d'apprécier 
les variations dont cette espèce était susceptible. 

Le R. Winteri P.-J. Mûll. croît en Allemagne dans les Pro- 
vinces rhénanes et en Westphalie. M. Focke {aj). Asch. et Gr., 
Syn,, VI, p, 509) l'a réuni au /?. Godronii Lee. et Lamt., mais 
les deux plantes sont sensiblement différentes, ainsi du reste que 
l'avait reconnu l'abbé Boulay. Il a été récolté à Gloggnitz, en 
Autriche, par Richter, où il a reçu le nom de R. rorulentus 
Halacsy. Il est assez répandu en Angleterre, où il a été décrit 
sous le nom de R, argentatus var. robustus Rogers. Enfin, en 
France, il croît dans le Morvan, le Plateau central, le Lan- 
guedoc et dans les Pyrénées et a été distribué par V Association 
rubologique sous les noms de R. serratus Boul. et Let., 
R, Rivulii Boul. et Quincy, R. stiHatus Boul. et Tuezk. p, p., 
R. rhodobatus Boul. et Mot. var., R, cavaticaulis Boul. et Gill. 
p. p,, R, longicuspidatus Boul. var. discolor, etc. 

Voici sa synonymie : 

R. Winteri P.-J. Mûll., in Wirtg. /. c; Focke, Syn., p. 196 (1877); 
Sud., Rub. Pyr., p. 83; Contrib. FI. bat. Plat, cent., p. i5; N. Boul., 
fiub. discoL {Bull. Soc. Bot. Fr., t. LXV, p. 533) et ap., R. et C, FI. Fr. 
VI, p. 70; R. serratus Boul. et Letendre, Assoc. rub. exsicc, n*» 5 (1873) ; 
R. cavaticaulis Boul. et Gill., p. p., Assoc. rub., n* 488; R. carpini- 
folius Hal. et Br., FI. Niederôst., 325, non W. et N. ; R. rorulentus Haï. 
in Kern., Sched.Fl.Austr.-Hung., 111, p. 49 (1884); Oest. bromb., p. 230 
(1«91) ; R. Rivulii Boul. et Quincy, Assoc. rM6., n° 675 (1886) ; /f. argen- 



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H. 8UDRE. — RUBU8 PEU CQtlNOS DE LA FLORE FRANÇAISE. 179 

tahis Focke, Koeh's 5yn., p. 751 ex pte, non P.-J. MûU.; B. Godronii 
Focke, af>. Asch. et Gr., Syn,, VI, p. 510, ejt pte, non Lee. et Lamt.; 
R. argentatus var. robustus Rogers, Handb, Brit. Rub.j p. 39 (1900), 
non B. robustus P.-J. Mûll.; B. longicuspidatus var. discolor N. Boul., 
Hub. galL, n^ 59. 

Exsicc. — Wirtg., /. c, no 1063 ; F. SchulU et Wintcr,/:/*. norm., n* 88 
(1870); Assoc. rub., n«« 5 {B. serratus), 488 (B. cavaticaulis), 550 
(R. striatus), 675 (R. Bivuli)] Set. of Brit. Bub., n** 113; Bub, galL, 
n* 59: Sud., Bat. eur., n*> 16. 

R. propinquiiB P.-J. MûU., Vers., n" 40 (1839), non N. BouL, 
Ronc. vosg., n° 106 nec Gen., Mon. y p. 258 (sait. pr. max. pte). 

L'abbé Boulay voyait dans cette plante un R. ulmifoliusX 
thyrsoideus {Bull. Soc. bot. Fr., XLI, ;j. 571 et ap. R. et C. FI. 
Fr.y VI, p. 79); or cette espèce est très fertile et extrêmement 
abondante dans toute la France centrale; elle a été distribuée 
sous les noms de R. abbreviatus Boul. et Feuill., Assoc. rub. 
n* 420, R. occiduus (B, et Bv.) Assoc. rub. y n* 474, R. dumosus 
Lef., Assoc. rub. y n" 485, 542. Elle n'est pas rare en Angleterre 
et en Irlande, où elle a reçu le nom de R. argentatus Rogers, 
noH P.-J. Mûll.; elle croît dans la province de Posen, en Alle- 
magne^ où elle a été décrite sous le nom de R. cobnariensis 
Sfrihille {Zeit. Nat. Abt. Posen (1902), 119 [39 J). Il est probable 
que la plante appelée R. cuspidifer par Genevier [non M. et 
Lef.) appartient aussi au R. propinquus P.-J. Mûll. 

Le /?. propinquusy comme la plupart des espèces du même 
genre, est très polymorphe; par certaines de ses variétés il se 
rapproche beaucoup du R. ulmifolius Schott, et, par d'autres, î! 
rappelle un peu le R. Winteri P.-J. Mûll. Les R. immitis Bor. î 
{non Gen.) y 2)seudO'bifrons Sud. {R. argentatus Gen. non MûU.), 
dumosus Lef., N. Boul. ex pte et quelques autres peuvent être 
rattachés au type à titre de simples variétés; il en est de même 
du R. anatolicus Focke, qui croît en Bosnie et en Hercégovine, 
et qui a les anthères poilues. 

En envisageant le R. Godronii L. et Lmt. dans un sens très 
large, on peut lui subordonner à titre de sous-espèces les R. pro- 
pinquus et Winteri P.-J. MûU., ainsi que les R. amplistipulus 
Sud. des Pyrénées, ellipticifolius Sud. {R. portuensis Samp.) et 
Caldasianus Samp. du Portugal. 



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Rf,iïW'7:-. 



■^v'• > 



\ 



180 SÉANCE DU 13 MARS 1908. 

R. geniculatus Kalt., FI. v. Aachen Beck., p. 267 (1845). 

Je l'ai déjà signalé dans le Puy-de-Dôme (Bull. Soc. Bol. Fr., 
LI, jo. 16); il a été récolté au Rond (Vienne) par de Lacroix, au 
Rhin-du-Bois (Cher) par Déséglise; il est assez commun dans 
la forêt de Villers-Cotterets {R. cerasifolius L. et M.). 

(A suivre.) 

M. Lecomte fait la communication suivante : 
Deux Anacardiacées nouvelles du Congo français; 

PAR M. H. LECOMTE. 

Dans une corn muniçAtion antérieure (Bull. Soc. bot. Fr., 1906, 
p. 646), nous avons eu Toccasion de décrire un certain nombre 
de Trichoscypha du Congo français. A cette liste d' Anacar- 
diacées nous ajoutons aujourd'hui deux espèces nouvelles 
appartenant au genre Sorindeia et qui ont été aussi recueillies 
dans notre colonie. 

Le genre Sorindeia^ créé par A. Dupetit-Thouars * pour un 
petit arbuste de Madagascar, connu par les indigènes sous le 
nom de Voa-Sorindi^ est généralement placé au voisinage du 
genre Trichoscypha; mais Marchand* va plus loin en lui attribuant 
les caractères essentiels du Trichoscypha et en le faisant rentrer 
dans ce dernier genre. A notre avis, la forme du disque qui 
tapisse le calice cupuliforme Ten éloigne très nettement, et le 
fusionnement tenté par Marchand ne nous paraît pas du tout 
justifié. Ce sont d'ailleurs les caractères du disque qui ont 
probablement frappé A. Dopetit-Thouars et qui l'ont déterminé 
à créer un genre nouveau, car ce disque se montre très 
nettement cupuliforme et soudé au calice chez le S. madagas- 
cariensis Dup.-Th. 

Sorindeia Tholloni sp. nov. 

Arbor ramis tenuibus glabrisque, foliis alternis imparipinnatis; foliolis 
(7-9) glabris, coriaceis, suboppositis vel alternis, petioluio (3-5 mm.) tenui 
vel leviter incrassato instructis; lamina (.*», 5-10 x 2-3,2 cm.) foliorum 
lateralium elliplica, e basi allenuata, apice acuminata, acumine longo et 

1. Nov. Gen. Madag., 23. 

2. Revision du groupe des Anarcardiacées^ p. 48. 



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H. LECOMTE. — D£U1 ANAGARDIACÉES NOUVELLES DU CONGO. 181 

obluso (usque 15x2 mm.); lamina folii lerminalis œqualiter obovato- 
elliptica (10x4 cm.); nervis lateralibus (9-10 p.) patenlibus, utrinque 
prominentibus, laminae ora crassa. Paniculae axillares et terminales 
(usque 30-35 cm.), foliis longiores, glabrœ, tenues, ramis patenlibus, 
pedicellis (2 mm.) glabris et articulatis. Flores feminei elongati (alabastro 
3 mm. longo), c^yce cupulato, 5-dentato, dentibus triangularibus; 
petalis 5, oblongis, obtusis, valde crassis, valvatis (2,5 mm. longis), 
staminibus 5 episepalis, perigynis, ûlamentis (iliformibus, antheris 
ovatis pamsque ; disco calycem vestiente, ovario ellipsoideo glabre, stylum 
unicumapice trilobatum gerente ; ovule unico, anatropo, in pariete afflxo, 
micropylo superiore. Fructus abest. Ovarium nuUum in floribus masculis. 

Cette plante a été recueillie par Thollon au Congo en 1890-1891 et ne 
porte ni numéro ni indication exacte de localité. Elle présente deux sortes 
de fleurs, les unes assez petites qui sont des fleurs hermaphrodites, les 
autres, plus grandes, qui sont uniquement des fleurs mâles. La présence 
d'une bordure en ourlet sur les folioles, Tarticulation très nette de la 
fleur près de la naissance du calice, Texistence de poches glanduleuses 
dans le pédicelle floral sous la fleur, rapprochent beaucoup cette plante 
du S. madagascariensis Dup.-Th. dont elle s'éloigne très nettement 
d'ailleurs par la forme des folioles et par l'inflorescence. 

Faisons remarquer en passant que toutes les espèces authentiques du 
genre nous ont montré une nervure oblique et irrégulière qui réunit la 
pointe d'une nervure secondaire à Torigine de la précédente. Cette ner- 
vure a été parfaitement indiquée dans les deux planches de de Wildeman 
(PI. 66 et 72). 

» 

La deuxième espèce récoltée par Thollon ne nous est connue 
que par les feuilles et les fruits. Les fleurs n'ont pas été recueil- 
lies par le collecteur. 

Sorindeia batekeensis sp. nov. 

Arbor foliis magnis, imparipinnatis, foliolis (19-23) alternis, glabris 
prœsertim in costa inferiore, usque ad médium folii majoribus; petiolulo 
brevi (3-4 mm.), lamina elongata inœquilaterali (excepto foUolo terminali) 
oblonga vel ovali-oblonga , apice longe acuminata, acumine angusto 
obtusoque, e basi inaequaliter attenuata; costa, nervis lateralibus (18-20 p.), 
venis utrinque subtus maxime prominentibus, laminœ ora crassa, vena 
collectiva diagonali inter nervos latérales média. Panicula glabra, axil- 
laris, folia suba?quans. Fructus breviter pedunculatus, complanatus 
(2 cm. longus), stylum unicum excentricum trilobatumque gerens, peri- 
carpio tenui, sicco subnigro, semine solitario, versus apicem suspense, 
exalbuminoso, testa subfusca, cetyledonibus plano-convexis, radicula brevi 
et supera. Flores ignoti. 

Elle a été récoltée par Thollon sur les bords de TÂlima, au Congo 



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fr^'^-^^. T - -'^-: ^ 



182 



SÉANCE DU i3 MARS i908. 



français (n* 576) et, par le même, dans le pays de Diélé (Balékés). 
La forme oblongue très allongée de ses folioles distingue très nettement 
cette plante de toutes les autres espèces rencontrées dans TAfirique occi- 
dentale et décrites soit par Engler * soit par di Wnjmii an *. 

i. Englê», Bot. Jahrb., n9 36, p. 221. 

2. De WiLDEiiAN, Phre du Bas et du Moyen-Congo, Vol. I, Fasc. 3, p. 281, 
Pt. LXVI el LXXn. 



M* 



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SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

Présidence de M. L. MANGIN. 

M. Gagnepaio, secrétaire, donne lecture du procès-verbal 
de la séance du 13 mars, dont la rédaction est adoptée. 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance , 

M. le Président proclame membre de la Société : 

M. SoDÈGES (R.), docteur es sciences, pharmacien adjoint 

des asiles de la Seine, asile de la Maison-Blanche, par 

Neuilly-sur-Marne (S.-et-O.), présenté par MM. Gui- 

gnard et Perrot. 

M. le Président annonce ensuite une nouvelle présenta- 
tion. 

M. le Secrétaire général lit une communication de 
MM. Maire et Guinier. 

Remarques sur quelques Abies méditerranéens; 

PAR MM. p. GUINIER ET R. MAIRE 

Les auteurs qui ont eu à s'occuper des Sapins en général , 
et des Sapins méditerranéens en particulier, ont de bonne heure 
songé à utiliser les caractères des feuilles pour séparer les 
espèces. Gela se comprend facilement, puisqu'il s'agit d'arbres 
à feuilles persistantes, dont les organes de fructification sont 
souvent d'un accès peu aisé, en même temps que difficiles à 
récolter en bon état, à cause de leur rapide désagrégation. Mais 
les caractères extérieurs de la feuille se sont montrés le plus 
souvent si variables, si infidèles, si insuffisants, que Ton a dû 
chercher à leur en adjoindre d'autres. Aussi les anatomistes 
ont-ils d'assez bonne heure recherché si les caractères histolo- 



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184 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

giques de la feuille pouvaient rendre des services aux systénia- 
ticiens. 

C'est ainsi que Bertrand', étudiant en 1874 Tanatomie des 
feuilles des. Conifères, croit devoir diviser les Sapins en deux 
sections, d'après la position des canaux sécréteurs de la feuille. 
Dans Tune de ces sections, l^s canaux sécréteurs sont noyés dans 
le chlorenchyme; dans Tautre, ils sont contigus à Thypoderme 
de la face inférieure de la feuille. 

Meyer*, en 1883, confirme les différences de position des 
canaux sécréteurs observées par Bertrand. 

Mahlert*, en 1885, conteste le premier la stabilité de ce 
caractère. Il dit, en effet, avoir trouvé dans six spécimens d'Abies 
alba les canaux sécréteurs noyés dans le chlorenchyme, tandis 
que dans cinq autres ils touchaient Thypoderme. De plus, les 
six premiers spécimens présentaient des feuilles plus épaisses, 
à hypoderme peu développé et interrompu; les cinq autres 
avaient au contraire des feuilles plus minces, à hypoderme 
continu. 

Depuis lors, les caractères histologiques de la feuille ont été 
employés par Koehke*, qui s'appuie surtout sur les variations de 
rhypoderme sclérifié; puis par Fedtschenko *, qui fonde une 
espèce nouvelle, Abies Semenowii, du Tian-Chan, uniquement 
sur la structure des feuilles. Plus récemment, Trarut* fondait 
aussi son Abies marocana sur l'histologie de la feuille. 

Il semble donc que les caractères tirés de l'histologie de la 
feuille des Abies tendent à jouir d'une certaine faveur parmi les 
systématiciens. 

Fedtschekko en arrive même à dire : « Nous prenons pour 
base, en suivant C.-E. Bertrand et Koehne, les caractères anato- 
miques, clairs et faciles à reconnaître, fondés sur la structure 
des aiguilles. Tous les autres caractères, comme la forme et la 
couleur des cônes, auront une importance secondaire. Jusqu'à 

i. Bertrand, Anatomie des feuilles des Conifères (Ann. Se. Nat., 5» série, 
XX, 4874). 

2. Meyer, Die Harzgânge im Blatt der Abietineent KOnigsberg, 1883. 

3. Mahlert, in Botan. Cenlralbl., XXIV, 183. 

4. Koehne, Deutsche Dendrologie, 1894. 

5. Fbdtschenko, in Bull. Herb. Boissier, VII, p. 185 (1879). 
C. Trabut, in Bull. Soc. botanique de France, 1906. 



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p. GCIIVIER ET R. MAIRE. — SUR QUELQUES ABIES MÉDITERRANÉENS. 185 

ce qu*on n*ait pas proposé un système de classification des 
Sapins plus parfait, fondé sur l'ensemble de tous les caractères, 
la systématique du genre Abies continuera à présenter Tun des 
meilleurs exemples de l'application de la méthode anatomique. » 

Toutefois Hickel\ en 1907, déclare de nouveau que la position 
des canaux sécréteurs peut être variable dans la même espèce. 

L'étude que nous avons eu l'occasion de faire des Sapins 
méditerranéens — dont la plupart ont été vus sur place par Tun 
de nous au cours de ses voyages — nous a permis de constater 
uo certain nombre de faits inédits dont plusieurs ont quelque 
intérêt au point de vue de la valeur de la méthode anatomique 
dans le genre Abies. Ce sont ces faits que nous allons briève- 
ment exposer, pour en tirer ensuite les conclusions qu'ils 
comportent. 

I. — Le Sapin de TOlYmpe de BithYnie. 

L'Olympe de Bithynie (Kéchich-Dagh) présente sur son 
versant N., au-dessus do Brousse, des forêts de Sapins consi- 
dérables. Ces Sapins commencent à se montrer parmi les 
QuercuSy les Castanea et les Pinus nigra vers 1 100 mètres. Ils 
forment de 1 300 à 1 800 mètres de grandes forêts, soit seuls, 
soit en mélange avec Fagus sylvalica^ Pinus nigra, Prunus 
CerasuSy etc. Ils constituent la limite supérieure des arbres entre 
1 800 et 1 900 mètres. 

Le Sapin de l'Olympe de Bithynie a été rapporté par tous les 
auteurs qui en ont parlé à V Abies alba Mill. {A, pectinala DC); 
c'est sous ce nom que le citent, entre autres, Grisebach et 

BoiSSlER^. 

Or, l'un de nous a eu l'occasion, le 30 août 1904, d'étudier 
ce Sapin sur place et d'en récolter de nombreux cônes en bon 
état, dont quelques-uns ont été conservés dans les collections 
de l'Université de Nancy et de l'École Forestière. 

L'élude de l'arbre et de ses cônes nous a permis de l'identi- 
fier de la façon la plus certaine à V Abies Noi^dmanniana Spach, 
dont il présente tous les caractères, particulièrement les feuilles 

1. UiCKEL, Notes pour servir à la détermination pratique des Abiétinées 
fBoll. Soc. dendrol., II, 42). 

2. BoissiER, Flora Onentalis, VI, 701. 



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186 SÉAflCE DU 27 MARS 1908. 

à disposition distique moins accentuée, les cdnes oblongs-cylin- 
dracés et les bractées saillantes et obcordées. Comme VAbies 
Nordmanniana, le Sapin de TOlympeestune essence de lumière, 
dont les semis croissent parfaitement dans les lieux dénudés, 
alors que VA. alba réclame dans son jeune âge l'ombrage 
tatélaire d'arbres adultes, qu'ils soient de son espèce ou d'une 
autre. 

Nous n'avons vu sur l'Olympe que VAbies Nordmanniana, et 
il est étrange que Boissier, qui Ta vu sur place, l'ait pris pour 
VA. alba. 

IL — Le Sapin du mont Ida. 

Le mont Ida, en Troade, porte des forêts d'un Sapin qui a été 
étudié par Ascherson et Sintenis. 

Ces auteurs l'ont rapporté comme variété à VA. alba et lui 
ont donné le nom d'^ . alba var. equi trojani. 

L'examen des spécimens originaux de Simtenis conservés à 
l'Herbier Boissier nous a montré que ce Sapin présentait en 
effet des caractères spéciaux, mais nous pensons qu'il doit être 
rapporté comme variété, non à VAbies alba^ mais bien à VAbies 
Nordmanniana, Les cônes sont en effet semblables à ceux de 
ce dernier, dont ils ont la forme oblongue-cylindracée et les 
écailles larges. 

Les bractées diftèrent à peine de celles de VAbies Nordman- 
niana; toutefois, elles ne sont d'ordinaire pas obcordées, bien que 
parfois elles aient une tendance à l'être. Elles sont toujours brus- 
quement contractées en pointe courte et non pas atténuées en 
pointe longue comme dans VAbies alba^ et elles sont saillantes 
comme dans VAbies Nordmanniana. 

Les feuilles, autant qu'on peut en juger sur les spécimens peu 
abondants conservés dans l'Herbier Boissier, ont quelque 
ressemblance avec celles de VAbies cephalonica var. Apollinis 
par leur sommet atténué en pointe obtuse; mais cette pointe 
obtuse est un peu émarginée, ce qui rapproche VA. equi trojani 
à la fois de VA. alba et de VA. Nordmanniana. 

D'autre part, Kleeberg* a constaté que dans le bois de VAbies 

1. Kleeberg, Dk Markstrahlen der Coniferen (Botanische Zeitung, XLUl, 

1885). 



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p. GUINIER ET R. IIAIHE. — SUR QUELQUES ABIfiS MÉDITERRANÉENS. 187 

cUba le maximum de hauteur des rayons médullaires est de 
26 rangées de cellules, alors que ce maximum n*cst que de 20 
chez r^. Nordmanniana. Or, d*après le même auteur, le 
maximum de hauteur des rayons médullaires du bois de VA. 




Fig. 1. 

i'. A. Nardmanniana. — Arboreium AUard. 

2*. A. Nordmanniana. — Olympe de Bithynie (leg. R. Maire). 

3'. A. Nordmanniana var. equi trojanù — Ida de Troade (leg. Sintbnis). 

4'. A. alba, — Vosges (leg. P. Guinier). 

equi trojani est de 20 rangées de cellules. Ce fait vient encore 
confirmer notre manière de voir. Le Sapin du mont Ida doit 
donc prendre le nom à'Abies Nordmanniana var. equi trojani, 

m. — Une singulière forme de l'Abies cephalonica. 

L*un de nous a rencontré dans le Pinde thessalien, en parti- 
culier sur le mont Baba, entre Klinovo et Krania, un Sapin qui 
présentait les feuilles de VA. cilicica Ant. et Kotschy. On sait 
que cette espèce se reconnaît fort bien dans la pratique à ses 
aiguilles longues et étroites. 

Nous avons étudié les cônes de notre Sapin du Pinde et nous 
avons constaté qu'ils étaient identiques à ceux de VAbies 
cephalonica var. Apollinis. Ce dernier croissait, typique, sur la 
même montagne, où Ton trouvait aussi des formes intermé- 
diaires. 

L'étude anatomique des feuilles de notre Sapin n*a pas fait 
ressortir de différences sensibles ayec celles de VAbies cilicica. 



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*88 SÉANCE DU 27 MARS 4908. 

Trabut donne comme un caractère de ce dernier la position des 
canaux sécréteurs à une certaine distance du bord de la feuille, 
alors que ces canaux sont franchement latéraux dans VAbies 
cejyhalonica : ce caractère de VA. cilicica existe dans notre 
Sapin du Pinde. Mais il ne faudrait pas lui attacher une très 
grande importance, car il s'est montré variable sous Tinfluence 
de la culture : les Abies cilicica plantés à Bellefonlaine près 




Fig. 2. — Rameaux stériles 1/2 grandeui naturelle. 

1. Abies cilicica. — Taurus (leg. Kotschy). 

2. A. cephalonica var. ApoUinis forma pseudocilicica. — Pinde (leg. 
R. Maire). 

3. il. cephalonica var. ApoUinis. — Pinde (leg. R. Maire). 

Nancy ont les canaux sécréteurs absolument latéraux. Le 
nombre des files de stomates est dans notre Sapin du Pinde de 
6-1 par bandelette, pour 7 dans ÏAbies cilicica et 6-10 dans 
ÏA. cephalonica. L'hypoderme est également développé dans 
tous ces Sapins. 

Nous avons donc affaire à une forme fort curieuse de 
VAbies cephalonica, dont les organes végétatifs rappellent à s*y 
méprendre VA. cilicica, tandis que les organes reproducteurs 
sont restés ceux du|type, sans aucune tendance vers les carac- 



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p. GUINIER ET R. MAIRE. — SUR QUELQUES ABIES MÉDITERRANÉENS. 1S9 

tères tout spéciaux qu'ils présentent dans 1'^. cilicica. Aussi 







Fig. 3. — Écailles et bractées de cônes grandeur naturelle. 

1. Abies cilicica, — Arbore tum AUard à Angers. 

2. A. cephalonica var. Apollinii f. pseudodlicica. — Pinde (leg. R. Maire). 

3. A, cephalonica var. Apollinis, — Parnasse (leg. R. Maire). 

4. A. cephalonica var. Apollinis. — Taygète (leg. R. Maire). 

5. A. cephalonica. — Arboretum AUard. 



avons-nous nommé cette forme A, 
form. pseudocilicica. 



cephalonica var. Apollinis 



IV. — Quelques variations des caractères histologiques 
de la feuille des Abies. 

Au cours des comparaisons que nous avons dû faire pour 
Tétude des Sapins dont nous venons de parler, nous avons 
constaté quelques faits intéressants. 

En étudiant les rapports des canaux sécréteurs dans la feuille 
de VA. Nordmanniana var. equi trojani, nous avons trouvé 
que, sur un même individu, ces canaux sont contigus à Thypo- 
derme inférieur dans les feuilles des branches basses, et, au 
contraire, entourés de toute part par le chlorenchyme dans les 
feuilles des rameaux supérieurs portant les cônes. 

Nous avons retrouvé le même fait dans les A . Nordmanniana y 
A, cephalonica^ A. cephalonica var. Apollinis, et enfin dans 
YA.alba. 

Dans cette dernière espèce, Mahlert, comme nous Tavons dit 
plus haut, a trouvé 6 fois sur 11, les canaux sécréteurs noyés 
dans le chlorenchyme. Il ne dit pas dans quelle partie de 



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190 SÉANCli: DC 27 MARS 1908. 

Tarbre il a choisi ses feuilles; mais, comme il attribue aux 
6 spécimens ci-dessus, des feuilles relativement épaisses, peu 
aplaties, caractère des fiajilles voisines des cônes, il est bien 
probable que ces 6 spécimeiçs étaient des rameaux fructifères. 
h'Abies Pinsapo est décrit par tous les auteurs comme ayant 
des canaux sécréteurs noyés dans le chlorenchyme. Bertrand 
le sépare même pour cette raison d^ ses plus proches parents, 
pour le rapprocher d'Abies américains comme A. balsetmea^ etc. 
En étudiant des spécimens d'herbier provenant de la Sierra de 
la Nieve, pays d'origine de ce Sapin, nous avons en effet 
toujours trouvé les canaux sécréteurs noyés dans le paren- 
chyme. Mais, parmi les rameaux étudiés, les uns étaient incon- 
testablement porteurs de cônes; quant aux autres, il était diffi- 
cile de reconnaître s'ils provenaient de branches basses ou 
hautes. Aussi avons-nous étudié quelques individus d'Abies 
Pinsapo plantés à Nancy. L'étude d'un grand nombre d'aiguilles 
prises sur ces arbres dans diverses régions nous a montré, ici 
encore, la variabilité de la position des canaux sécréteurs par 
rapport à Thypoderme. Dans les branches basses, les branches 
hautes et la pousse terminale d'un jeune sujet, nous avons 
trouvé constamment les canaux sécréteurs au contact de l'hypo- 
derme, sauf dans une aiguille dorsale de trois ans où l'un 
d'entre eux était noyé dans le chlorenchyme. Sur un sujet plus 
âgé, mais n'ayant pas encore porté de cônes, les feuilles des 
branches basses présentaient aussi constamment les canaux 
sécréteurs au contact de l'hypoderme. Dans les feuilles d'une 
branche haute du même arbre, les canaux sécréteurs pré- 
sentaient au contraire une tendance manifeste à être noyés 
dans le chlorenchyme. Sur 16 aiguilles étudiées sur cette 
branche, 4 seulement avaient leurs 2 canaux sécréteurs contigus 
à l'hypoderme, tandis qu'une seule avait un de ses canaux 
contigu et l'autre éloigné. Il est à remarquer que ces 5 aiguilles 
aberrantes étaient toutes des aiguilles ventrales, plus allongées 
et plus plates que les aiguilles dorsales *. 

1. Bien entendu, ces constatations ont toujours été faites sur des coupes 
pratiquées dans la région médiane de la feuille. La position des canaux 
sécréteurs peut varier, en effet, suivant la région de la feuille envisagée : 
dans le renflement basilaire, les canaux sont toujours noyés dans le 
chlorenchyme. 



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p. GU1!«IER ET R. MAIRE. — SUA OUELQUES ABIES MÉDITERRANÉENS. i9i 

Oq constate donc une certaine corrélation entre la dorsiven* 
tralité plus ou moins accentuée des feuilles et la position des 
canaux sécréteurs. Toutefois cette corrélation ne paraît pas 
absolue : les branches hautes de jeunes arbres, dont les feuilles 
dressées avaient une dorsiventralité peu accentuée, nous ont 
cependant montré les canaux sécréteurs au contact de Thypo- 
derme. 

Au premier abord, on est tenté d'invoquer l'inégalité d'éclai- 
rement des deux faces de la feuille pour expliquer, par le 
moindre développement du chlorenchyme sur la face inférieure, 
la position des canaux sécréteurs au contact de Thypoderme, 
et le fart que les branches portant les cônes ont toujours des 
feuilles plus ou moins dressées, et exposées de toute part à une 
vive lumière, vient à l'appui de cette idée. Mais une observation 
attentive nous met en présence de cas difflcilement explicables 
par cette seule cause, tel celui des branches hautes de jeunes 
arbres cité plus haut. Il nous parait donc qu'il y a lieu d'admettre 
une influence de l'âge du sujet, s'ajoutant à celle de l'éclaire- 
ment. Des expériences en cours nous permettront peut-être, 
dans un an ou deux, de donner une solution à cette question. 

Quant à la position absolument latérale des canaux sécréteurs 
ou leur éloignement relatif des bords de la feuille, ce n'est pas, 
comme nous l'avons vu plus haut, un caractère à l'abri de tout 
soupçon. 

Mahlert a constaté les variations de l'hypoderme d^nsV Abies 
Ma] toutefois l'un des exemples qu'il cite est mauvais, le Sapin 
du mont Âthos n'étant pas une forme d'^. alba, mais bien 
VA. cephalonica var. Apollinis. D'autre part, il ne dit pas quelle 
partie de la feuille il a examinée. Or, Fedtschenko a trouvé que 
le développement de l'hypoderme variait dans une seule et 
même feuille suivant qu'on s'adressait à la base, au milieu ou au 
sommet. 

Nos comparaisons ont porté sur la région médiane et nous 
ont permis de constater des variations sensibles dans une seule 
et même espèce, voire dans un seul et même individu; c'était 
à prévoir, car le développement de l'hypoderme sclérifié est 
un caractère en rapport avec le degré de sécheresse du milieu. 
Le nombre des files de stomates dans chaque bandelette 



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192 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

fiurgentée de la face inférieure de la feuille est également un 
caractère variable et qui doit être utilisé avec prudence : dans 
VA, cephalonica, par exemple, on le voit varier de 6 à 10. 

V. — Conclusions. 

Nous tirerons de ces quelques remarques les conclusions 
suivantes : 

1° La structure des feuilles des Abies varie, dans sa morphologie 
interne aussi bien que dans sa morphologie externe, selon la 
région de l'arbre où se développent ces feuilles. Les types 
extrêmes sont représentés par les feuilles des rameaux portant 
les cônes et celles des branches basses stériles. 

Il faut donc toujours indiquer, lorsqu'on décrit une feuille 
à' Abies, dans quelle partie de Tarbre elle a été prise. 

2° Les caractères histologiques de la feuille ne doivent être 
employés, dans la classification des Abies^ qu'avec la plus 
grande circonspection. Il est prudent de ne pas fonder une 
espèce à' Abies sur des rameaux feuilles, surtout lorsqu'il s'agit 
de groupes où les espèces sont affines. 

3° UAbies Pinsapo, qui, par tous ses autres caractères, se 
rapproche des Sapins méditerranéens, ne s'en éloigne pas, 
comme le croyait Bertrand, par la position de ses canaux sécré- 
teurs foliaires*. 

4<» VAbies marocana Trabut différant surtout, d'après son 
auteur, de 1'^. Pinsapo par la position des canaux sécréteurs au 
contact de l'hypoderme, les caractères invoqués ne paraissent 
plus suffisants, en l'absence des cônes, pour le séparer spécifi- 
quement. de ce dernier. 

S"" Contrairement à l'opinion de Fedtschenro, nous considérons 
que, chez les Sapins, comme presque partout dans le règne 
végétal, les organes reproducteurs, soit les cônes, présentent 
plus de garantie de stabilité des caractères que les organes 
végétatifs. 

1. Cette constatation vient confirmer les vues de Trabut, qui s'est refusé 
à éloigner VA. Pinsapo des Sapins méditerranéens, sur le seul caractère 
de la position des canaux sécréteurs, et qui a si bien mis en lumière les 
affinités de ce Sapin avec les A. numidica et cilicica. Cf. Trabut, in Revue 
Gén. de Bot., t. I. 



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.%; -: 



REMARQUES DE M. HICKEL SUR LE GENRE AHIKS. dO 

6* L'identification des Sapins de TOlympe de Bilhynie et du 
mont Ida montre que Taire de VAbies Nordmanniana s'étend 
vers rOuest jusqu'à la mer Egée, et que Taire de VAbies alba ne 
chevauche pas THellespont comme on Tavait cru jusqu'ici. 

7** De la constatation précédente il résulte que, selon toute 
probabilité, la différenciation de VAbies Nordmanniana (qui n*est 
guère qu'une sous-espèce de VA. alba) est très récente. Les 
aires de ces deux Sapins sont en effet séparées par la Mer Noire, 
THellespont et la Mer Egée. Or, l'effondrement qui a donné 
naissance à ces mers est post-glaciaire, et c'est la séparation en 
deux tronçons, par cet effondrement, de Taire très étendue de 
l'ancêtre de nos deux Sapins, qui a amené la différenciation de 
deux sous-espèces : Tune occidentale, Abies alba (des Pyrénées 
aux Balkans), l'autre orientale. A, Nordmanniana (de la ïroade 
au Caucase). 

A propos de cette communication, M. Hickel fait les 
remarques suivantes : 

Au cours d'études entreprises depuis de longues années déjà 
sur le genre Abies, j'ai pu constater, comme MM. Guinier et 
Haire, que la plus grande circonspection s'imposait dans la clas- 
sification des espèces de ce genre à l'aide des caractères histolo- 
giques. En effet, des espèces, fort éloignées partons leurs autres 
caractères, présentent une disposition identique des canaux 
résinifères des feuilles, et on ne peut guère citer que VAbies 
firma S. et Z. qui, par la présence de sclérites dans ses feuilles, 
s'éloigne de toutes les autres espèces. 

D'autre part, on peut trouver, dans la morphologie externe 
des feuilles, d'excellents caractères distinctifs, en faisant pour 
ceux-ci la même réserve que font MM. Maire et Guinier pour les 
caractères histologiqucs, c'est-à-dire en ne comparant entre 
elles que des feuilles de rameaux latéraux stériles ou des feuilles 
des rameaux supérieurs fructifères. Sous cette réserve, la 
direction des feuilles sur le ramule, leur forme générale, la 
forme de la base et de Tapex, l'état des surfaces supérieures et 
inférieures, et surtout la présence ou Tabsence d'enduit cireux 
SOT les portions stomatifères, etc., fournissent d'excellents 
caractères, qui amènent, en particulier, à la conclusion que 

T. LV. (séances) 13 



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J94 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

ÏAbies Pinsapo Boiss. occupe réellement une place à part parmi 
les Sapin3 méditerranéens.. 

Les organes de fructification présentent souvent de bons 
caractères; mais ce fait, pour l'ensemble du genre au moins, 
est moins absolu que ne semblent le croire MM. Guinier et 
Maire. 

EnGn, on peut encore faire usage de caractères trop négligés 
jusqu'ici, et qui m'ont permis d'établir une clé pour la déter- 
mination pratique des espèces *, à l'aide des seuls organes de 
végétation, tels que : l'état de la surface des ramules (c'est ainsi 
que les Abies homolopis S. et Z. et u4. Wehbiana Lindl. présen- 
tent des coussinets saillants rappelant ceux du genre Picea^ 
ainsi que l'avaient déjà entrevu Siebold et Zuccarini), les bour- 
geons, les graines mêmes dans certains cas, etc. 

En résumé, pour les Abies comme pour nombre d'autres 
genres, il convient de ne pas s'attacher exclusivement à un seul 
ordre de caractères, mais bien de les mettre tous en œuvre, et, 
ce faisant, la détermination des espèces d'-4 Aies n'offre pas de 
difûculLés particulières . 

M. Lecomte présente le second fascicule paru de la Flore 
de l Indo-Chine^ qui représente le 1" fascicule du tome VI 
et comprend la famille des Zingibéracées, par M. Gagne- 
pain. M. le Président remercie M. Lecomte et le félicite lai 
et ses collaborateurs de la rapidité avec laquelle ils font 
paraître cet important ouvrage. 

M. Lutz résume un long travail de M. Douin sur la 
pédicelle de la capsule des Hépatiques. 

Le Pédicelle de la capsule des Hépatiques; 

PAR M. CH. DOUIN. 

En faisant une coupe transversale du pédicelle de la capsule de 
VAneura major Lindb. (PI. VIII, fig. 26), j'ai constaté avec sur- 
prise une structure curieuse montrant 4 cellules internes enve- 
loppées de 12 externes. J'ai répété l'expérience sur d'autres pédî- 

1. Voir Bull. Soc. Dendrol. France, années 1906-1907 et 1908. 



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CH. D0U1?C. — LE PÉOICELLE DE LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 195 

celles de la même plante et j'ai toujours vu la même disposi- 
tion cellulaire. J'ai examiné ensuite les pédicelles des Aneura 
pinguisy palmata, muUifida et latifrons^ et j*ai admiré partout 
le même aspect. Alors, j'ai voulu généraliser mes observations : 
cesl ainsi qu'est née Télude que je présente aujourd'hui. 

Le pédicelle hyalin et fort peu résistant de la capsule chez 
les Hépatiques n'a jamais été pris en sérieuse considération 
dans aucun travail sur ces curieuses Muscinées. Il y a à cela 
2 raisons : la première est que ce pédicelle est très fugace et 
disparaît au bout de quelques jours; même, lorsqu'il est con- 
servé dans les échantillons d'herbier, il est le plus souvent dans 
un état tel que toute étude sérieuse est impossible, comme on le 
verra plus loin; la seconde, c'est que beaucoup d'Hépatiques 
sont ou stériles, ou tout au moins dans un état non convenable 
pour l'étude, état que je préciserai un peu plus loin. 

Outre les caractères fort curieux de certains pédicelles, on 
en tire encore, dans quelques cas, une critique très sûre pour 
la classification. 

I. — HISTORIQUE. 

Voici tout d'abord quelques indications précises données par 
les auteurs* sur certains pédicelles. 

Le pédicelle, dans les Lejeunea, est un des rares pédicelles 
décrits par la plupart des Hépaticologues et figurés par quel- 
ques-uns; mais aucun ne parle du nombre des cellules en coupe 
transversale et de leur disposition. 

GoTTSCHE a décrit le pédicelle du Haplomilriuni Hookein qui, 
dit-il, est solide, tandis que d'autres (Pellia, p. ex.) sont creux. 
M. K. MiJLLER donne aussi ce caractère pour quelques genres 

1. GoTTSCHE, LiNDENBERG et Nees, Syn. Hep. (1844-46), p. 108. — Dumor- 
TiER, Uep. eur, (1874), p. 18, tab. I. — Hooker, British Jungermanniœ 
tl816), Tab. XLII, fig. 6 et 7, t. XLIII, fig. 2 et 8, Tab. LU, ilg. 9. — 
Gottsche, Untersuchen ûber Haplomitrium Hookeri Nees (1841-42), p. 90-95 
et Tab. X!V et XV. — R. Spruce, On Cephalozia (1882), p. 87. — Pearson, 
The Hepaticx of the BritUh hles (1902). — Sgiuffner, Hepalicse, in Engler 
et Prantl, Die natûrlichen P/lanzenfamilien, fig. 68. — Douin, Les Cepha- 
lozia du bois de Dangeau, in Bull, de la Soc. bol. de France (1905), p. 245. 
— C- Massalongo, Intomo al génère Dichiton Mont. (1907), p. 4. — 
K. McLLER, Die Lebermoose \n Rabenhorsfs Kryptogamen-Fiora (ouvrage 
tn cours de publication). — Boulav, Hépatiques (1904), p. liv. 



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196 SÉAWCE DU 27 MARS 4908. 

<lan9 ses généralités. Nous verrons plus loin ce qu*il faudra 
retenir de ce fait. 

Dans HooKER, beaucoup de pédicelles sont figurés avec leurs 
cellules superficielles; mais, chez presque tous, cette représen- 
tation manque de précision et n'a qu'une valeur schématique; 
^parfois même elle est inexacte comme dans le Fossombronia, 

R. Spruce a décrit le pédicelle de VHygrobiella laxifolia, mais 
son texte doit comporter une erreur typographique. 

M. Pearson, au début de sa Flore, a décrit les pédicelles de 
•quelques genres {Frullania, Lejeunea, Radnla, Pla)ioclnlay 
Pellia epiphylla); mais, n'ayant rien trouvé de particulier dans 
-cet organe, il en a abandonné l'étude chez les autres genres. 

Le professeur Schiffner a décrit les pédicelles de ses 
2 groupes de Jubuloïdées; mais, celui des Frullanieœ est loin 
d'avoir des caractères constants et très précis, comme c'est le 
-cas pour les Lejeuneœ. 

L'abbé Boulay donne une description générale du pédicelle 
sans aucune précision. 

Pour terminer cette revue des auteurs, je rappellerai que, 
dans un précédent travail, j'ai indiqué un moyen très simple 
-de distinguer les Cephalozia d'une part des Cephaloziella et 
Prionolobus d'autre part : le pédicelle des Cephalozia étant 
formé de 8 rangées de cellules superficielles, tandis qu'il n'y 
-^n a que 4 dans les 2 autres genres. 

Enfin, tout récemment, le docteur Massalongo a montré que 
le pédicelle, chez le Dichilon, est aussi formé de 4 files de 
cellules. 

En résumé, à part les Leyeunea et les 2 derniers exemples cités, 
4es cas intéressants de pédicelles n'ont pas été remarqués. 

IL — ÉTUDE DU PÉDICELLE. 

Le moment le plus favorable pour étudier cet organe, c'est 
quand la capsule, arrivée à maturité et sur le point de sortir du 
périanthe, y est encore incluse. Alors les cellules, gonflées de 
matériaux nutritifs et souvent aussi de grains de chlorophylle, 
présentent leur maximum de résistance. En cet état et vivant, 
il se prête le mieux aux coupes et aux diverses manipulations 
nécessaires pour son étude. Il importe aussi d'examiner ce 



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CH. DOCIN. LE PÉDICELLE DE LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 197 

pédicelle dans sa moitié supérieure où sa composition est la 
plus parfaite, la moitié inférieure étant parfois différente et 
moins épaisse, comme on le verra dans la suite. 

Dans les échantillons d'herbier, le pédicelle peut encore se 
travailler après avoir séjourné de vingt-quatre à quarante- 
huit heures dans Teau, ou mieux dans une solution de lacto- 
phénol cuprique, à condition toutefois qu'il ait été desséché 
dans les conditions indiquées plus haut. Mais, quand la capsule 
est longuement exserte, il est à peu près impossible de se faire 
une idée exacte du pédicelle, sauf toutefois dans les cas les 
plus simples. 

Le travail que je présente aujourd'hui est forcément incom- 
plet, n'ayant pu étudier que 60 et quelques espèces par suite de 
la difficulté de me procurer des matériaux à un état convenable 
pour leur étude. A ce propos, je ne puis oublier les botanistes 
qui m'ont envoyé des échantillons, MM. Arnell, Corbière, 
GuLMANiN, DisMiER, Macvicar, Massalongo, Meylan et MoN- 
guillon; à tous, je suis heureux d'adresser mes bien sincères 
remerciements. 

Si l'on examine un sporogone d'Hépatique isolé (PI. VII, fig. 19)>. 
ou mieux sa coupe longitudinale, on voit, de bas en haut (PI. VI, 
fig. 1) : 1** la racine r tantôt ± globuleuse et plus grosse que le 
pédicelle, tantôt, mais beaucoup plus rarement, plus petite et 
atténuée en pointe (PI. VII, fig. 20); en outre, cette racine est + 
enfoncée dans la tige ou le thalle ; 2** une sorte de collet co ou 
d'étranglement qui sépare la racine du pédicelle; le collet n'est 
bien net que si la racine est grosse et globuleuse ; S^ le pédi- 
celle /?, parfois complètement libre, parfois enfoncé partielle- 
ment dans la tige (fig. 45) ; et 4* la capsule ca qui surmonte 
le tout. 

Dans tout ce qui va suivre, il s'agira toujours, à moins 
d'avis contraire, de coupes transversales du pédicelle prises 
dans sa moitié supérieure, ce pédicelle étant dans les conditions- 
indiquées au début de ce chapitre. 

Une coupe transversale de la moitié inférieure contient 
souvent beaucoup moins de cellules (fig. 5, 6, 7 et 30) et une 
coupe transversale de la racine est presque toujours complè- 
tement différente (fig. 2) : les 2 premières représentent 2 cou pes' 



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198 SÉA7CCE DU 27 MARS 1908. 

do Pleuroclada islandica, prises l'une non loin de la capsule et 
l'autre vers la base du pédicelle; les 2 autres sont des coupes 
faites dans les mêmes conditions chez le Metzgeria furcata. 

On peut examiner le pédicelle à différents points de vue, 
selon que Ton considère sa surface externe^ le nombre de ses 
cellules en coupe transversale, sa forme, la différenciation des 
cellules qui le composent, ou encore les différences de compo- 
sition entre sa partie inférieure et sa partie supérieure. 

l** Surface extérieure. 

Vu extérieurement, le pédicelle montre un cas général 
8*appliquant à la plupart des genres, un cas très spécial et un 
troisième cas ne convenant qu'à quelques genres. 

Dans la plupart des genres, les cellules sont en files longi- 
tudinales et parallèles très nettes, et les cellules d'une rangée 
alternent presque toujours avec celles des rangées voisines 
(fig. 4, 10, 11, etc.). Dans les genres Lejeunea et Colura, 
elles sont aussi en files longitudinales, mais, de plus, disposées 
par assises superposées; autrement dit, les limites supérieure 
et inférieure des cellules disposées côte à côte sont dans un 
même plan ou à peu près (fig. 13). C'est ce caractère qui, après 
une légère dessiccation, rend le pédicelle noduleux ou articulé. 
Cette disposition peut ce produire de 2 façons, selon Tàge du 
pédicelle probablement : tantôt, la partie moyenne des cellules 
débarrassées de leurs éléments nutritifs s'aplatit pendant que 
les extrémités conservent leur épaisseur en raison de la résis- 
tance plus grande des parois transversales (fig. 16); tantôt, au 
contraire, les différentes assises superposées se séparent un 
peu à leur point de jonction (fig. 18). 

Le S** cas, qui me paraît rare, montre à la surface des 
cellules allongées, mais non toujours en files longitudinales 
nettes; autrement dit, l'extrémité de chaque cellule au lieu 
d'être en contact avec une seule cellule en touche 2 autres. On 
en voit des exemples très nets dans les genres Madotheca et Frul- 
lania (fig. 14 et 15). On y voit aussi çà et là quelques cellules 
exactement superposées, mais c'est l'exception. Au contraire, 
dans le Plagiochda asplenioides, on voit à la fois des cellules en 



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CH. DODIN. — LE PÉDICELLE DE LA CAPSULE DES HÉPATrQUES. 199 

files longitudinales nettes et des cellules irrégulièrement dispo- 
sées, celles-ci étant toujours beaucoup moins nombreuses. 

2* Coupe transversale. 

Le pédicelle le plus rudimentaire est celui où il est réduit au 
Collet : ce cas est réalisé dans les Sphœrocarpus terrestris et 
califomicus * où il est composé de 4 cellules servant de jonction 
entre la racine sphérique et remplie de chlorophylle et la capsule 
également sphérique (fig. 22). 

J'ai examiné de nombreux sporogones isolés de Sphœro- 
carpus; ceux-ci s'obtiennent facilement par une légère traction 
sur la capsule; mais, je n'ai jamais vu, chez les 2 plantes 
citées, de pédicelle allongé comme le représente Goebel*. 

Dans le Corsinia marchant ioldes^ le pédicelle est très court, 
mais fort net, formé de cellules nombreuses en coupe transver- 
sale et de plusieurs cellules superposées (fig. 21, p.). 

En laissant de côté ces pédicelles rudimenlaires, le cas le 
plus simple se montre chez les espèces du genre Cephaloziella 
et des genres voisins. Il se compose de 4 files de cellules paral- 
lèles et superposées (PI. VII, fig. 10, 11, 12), séparées au centre 
par un grand espace de forme quadrangulaire (III, fig. 23 
et 24). Chaque file de cellules supporte Tune des 4 valves de la 
capsule. Vu de côté, le pédicelle montre, soit 2 cellules com- 
plètes (fig. H), soit 3 cellules : Tune tout entière et les 2 autres 
en partie (fig. 10 et 12) : 

Ce cas peut être considéré comme le type primitif du pédicelle 
chez les Jungermanniées et duquel dérivent tous les autres. Le 
nombre 4 joue un grand rôle chez les Hépatiques : c'est ainsi 
que le col de Tarchégone est formé de 4 rangées de cellules; 
que rinvolucre ^ du Sphœrocarjms est formé de 8 rangées de 
cellules d'un bout à l'autre, tandis que l'involucre $ en montre 
16 à l'ouverture, etc. 

De ce pédicelle primitif en dérivent 2 autres encore très simples : 
les 4 cellules sont enveloppées, tantôt par 8 externes comme 
dans les Cephalozia (fig. 25), tantôt par 12 comme dans les Aneura 

1. DouiN, Les 2 Sphœrocarpus français, in Rev. bryol., 1907, p. 105 et 
fig. 1. 

2. K. MuLLER, loc. cit., p. 315, fig. II. 



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200 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

(fîg. 26). II y a même un cas qui me paraît exceptionnel : c'est 
lorsque les 4 cellules primitives sont entourées par 16 externes, 
comme on le voit dans la partie inférieure du pédicelle du 
Metzgeria furcata (fig. 7). Dans les 3 cas, une coupe transversale 
montre 2 couches concentriques de cellules. Dans les Aîieura, 
ces cellules sont à peu près uniformes, les extérieures seulement 
un peu plus grandes; au contraire dans les Cephalozia, les 4 cel- 
lules centrales sont vides et hyalines, tandis que les 8 externes 
sont le plus souvent remplies de matériaux nutritifs, tant que le 
pédicelle reste inclus dans le périanthe ou la coiffe, bien entendu. 
Parfois, c'est tout le contraire : ainsi, dans le Cephalozia connivens 
{tig. 25), les 4 cellules centrales gonflées d'éléments nourriciers 
ont des parois tellement minces qu'elles disparaissent à l'éclai- 
rage direct; mais on peut toujours les mettre en évidence avec 
un éclairage oblique convenable. Il est probable que les parois 
cellulaires, d'abord très nettes, se résorbent peu à peu pour 
permettre aux matériaux qu'elles renferment de passer aux 
cellules externes dans leur accroissement. Vu de côté, le pédi- 
celle des Cephalozia montre 4 ou 5 rangées de cellules, ordinai- 
rement 3 entières et 2 en partie (fig. 4 et 25). 

Les 16 cellules du pédicelle des Aneura se voient aussi chez les 
Lejeunea (fig. 27); mais, ici, leurdisposition par étages successifs 
et leur contenu uniforme en font un cas bien spécial (fig. 13 
et 18). 

Dans VAplozia crenulata, on a encore un cas bien particulier : 
on voit un pédicelle de Cephalozia entouré de 16 cellules externes 
(fig. 8), ces dernières étant plus ou moins çhorophylleuses et 
remplies de matériaux nutritifs. Ici, les cellules du pédicelle 
forment 3 couches concentriques. 

Un 5** cas très curieux se montre chez le Lepidozia setacea Mitt. 
(fig. 28) et probablement chez tous les autres Micro-Lepidozia. 
On voit au centre les 16 files de cellules des Aneura entourées 
par 8 très grandes cellules externes renfermant de la chloro- 
phylle. Je dois avouer ici que la régularité encore très nette 
pour les 8 cellules externes diminue chez les internes : en effet, 
celles-ci se trouvent çà et là dédoublées; et, par suite, le 
nombre 16 peut se trouver augmenté. 

Dans le Cabjpogeia Trichomanis, l'irrégularité s'accentue 



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eu. DOULN. — LE PÉDICELLE DE LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 201 

encore. Normalement, on a au centre les 16 cellules d'Aneura 
qu'entourent 16 autres cellules superficielles (fig. 31); mais sou- 
vent des cellules se divisent, et le nombre 16 se trouve dépassé 
tant dans les cellules internes que dans les externes. Quoi qu'il 
en soit, dans ces deux derniers cas, on observe toujours facile- 
ment 3 couches concentriques de cellules. 

Un pas de plus est franchi dans les vrais Lepidozia, dont le 
pédicelle présente la plus grande analogie avec celui des Micro^ 
Lepidozitty mais ici le nombre 4 et ses multiples disparaissent : 
il y a un plus grand nombre de petites cellules internes et un 
plus grand nombre de grandes cellules externes. Ainsi dans le 
Lepidozia reptans^ il y a plus de 16 cellules internes et hyalines 
qu'entourent 14 grandes cellules externes gonflées de matériaux 
nutritifs (fig. 29). 

Dans tous les cas ci-dessus, Lepidozia excepté, il n'est pas 
inutile de constater que les cellules du pédicelle sont disposées 
en croix; de plus, il peut arriver qu'une cellule se dédouble, 
mais c'est presque toujours un accident local et isolé, surtout 
dans les 5 premiers cas. La régularité est ici la règle, comme 
on peut s'en assurer en examinant les coupes successives d'un 
même pédicelle. 

Enfin, pour un très grand nombre de genres, une coupe 
transversale ne donne rien de spécial : on y voit bien des cellules, 
presque toujours plus nombreuses que dans les 5 premiers cas 
et disposées sans régularité apparente (PI. IX, fig. 35, 36, 37, etc.). 
Dans le Aladotheca plalyphyllay jea ai compté plus de 500. C'est 
le plus robuste de tous les pédicelles que j'ai examinés. Dans 
Pearson {loc. cit.), il est donné pour le diamètre de quelques 
pédicelles un nombre fixe de cellules; ces chiffres ne doivent 
pas être pris trop à la lettre, mais plutôt comme une moyenne. 

Il est probable que le pédicelle très simple des Cephaloziella 
est le point de départ de 2 séries de pédicelles considérés quant 
au nombre de cellules en coupe transversale. 

Théoriquement, ces 2 séries sont les 2 progressions arithmé- 
tiques suivantes : 

1° 4 : 4 + 8' : 4 + 8 + 16 : etc. (raison =4) 
2' 4 : 4 + 12 : 4 + 12 + 20 : etc. (raison = 8) 



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>Î02 SÉANCE DU 27 BIAJIS 1908. 

Voyez les figures 23, 25 et 30 pour la 1" série, 23 et 26 pour 
la 2/ 

Dans la l"*^ (PI. VI, fig. A), les nombres de cellules, dans les 
différentes couches concentriques, forment la progression géo- 
métrique suivante, pour chaque quart : 

2^ : 2* : 2* : 2» : etc. 

Et leur somme, toujours pour chaque quart, par 

2* — 1 : 2^ — 1 : 2' — 1 : etc. 

Dans la 2" série (fîg. B), les cellules de chaque quart donnent, 
pour les différentes couches concentriques, la progression 
arithmétique suivante : 

1 : 3 : 5 : etc. 

Et leur somme, toujours pour chaque quart, la progressioQ 
géométrique. 

1 : 2^ : 2» : etc. 

Les pédicelles du Lepidozia setacea et du Calypogeia Tricha- 
manis sont des types mixtes composés d'un type de la 2' série 
entouré par les 8 ou 16 cellules externes de la première 

(fig.C). 

M. Lulz donne lecture de la communication sui- 
vante : 

Solanum et Physalis de Chine; 

Px\R MK»- H. LÉVEILLÉ. 

Le genre Solanum était jusqu'ici représenté en Chine par 
16 espèces. Dans le présent travail nous y avons ajouté 2 espèces 
nouvelles. 

Quant au genre Physalis, qui comptait seulement 5 espèces 
dans le Céleste Empire, nous y avons inscrit deux nouveautés 
provenant du Kouy-Tchéou. 

Les espèces de ces deux genres sont assez polymorphes et les 
caractères distinctifs en sont assez variables. On sait qu'une des 



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H. LÉVEILLÉ. SOLANL'M ET PHYSALIS DE CHINE. 203 

sections des Solanum du Prodrome est constituée par des espèces 
tantôt munies d^aiguillons tantôt dépourvues de ceux-ci. Néan- 
moins la présence ou l'absence des aiguillons constitue un bon 
caractère. Le nombre des divisions du calice, les feuilles elles- 
mêmes, pourtant si variables, peuvent fournir une base suffi- 
samment solide pour établir une clef des espèces, à la condition 
de se borner aux grandes divisions tirées de leur forme. Le Sola- 
num verbascifolium est tout particulièrement caractéristique sous 
ce rapport, et ses feuilles qui rappellent celles du Verbascum 
Thapsus le font reconnaître au premier abord. La baie pourrait 
aussi, par sa villosité et sa taille, donner d'utiles indications, 
si les baies de toutes les espèces étaient suffisamment connues. 

Le genre Physalis est un peu moins polymorphe. La couleur 
des anthères, la couleur des feuilles, la villosité et la forme des 
feuilles y permettent l'établissement d'une clef destinée à recon- 
naître facilement les espèces. 

On nous reproche parfois de ne pas indiquer dans nos petites 
monographies chinoises les sections auxquelles appartiennent nos 
nouvelles espèces. Sans nier la valeur de l'objection, nous ferons 
remarquer que les sections, fort utiles dans une monographie 
générale, ne sont pas nécessaires ordinairement pour une Flore 
locale ou régionale où les espèces se distinguent facilement les 
unes des autres et où une clef suffisamment claire permet de les 
reconnaître. Les sections sont tout à fait artificielles et, dans nos 
étudesde la flore chinoise, il nous estsouvent arrivé de rencontrer 
des espèces équitantes, c'est-à-dire à cheval sur deux sections dif- 
férentes. 

Nous devons des remerciements très vifs à M. J. Poisson du 
Muséum de Paris et à M. D. Prain, directeur des Jardins royaux 
de Kiew, pour les renseignements qu'ils ont bien voulu nous 
fournir avec la plus grande célérité et une extrême bienveil- 
lance. 

Clf.f des Solanum. 

. { Plante pourvue d'aiguillons 2. 

( Plante sans aiguillons 11. 

Fleurs solitaires non portées sur un pédoncule 

2.^ commun 3. 

Fleurs en cymes ou en grappes 6. 



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204 SÉANCK DU 27 MARS 1908. 

/ Aiguillons denses (plusieurs sur 1 cm. de 

} lonfîueur) i. 

") Aiguillons espacés (1-2 suri cm. do longueur); 

( baie glabre 5. 

( Calice à fruits velus S. ferov. 

' ( Calice à fruits glabres S. Bodinieri. 

C Anthères jaunes S', incanum. 

5. < Anthères violettes de couleur crème au 

( sommet S. Cavaleriei, 

( Calice muni de vésicules jaunes 8. xanthocarpum . 

' ( Calice sans vésicules 7. 

\ Calice aruléolé 8. 

' '( Calice inerme 9. 

( (Galice à 5 divisions S. indicum. 

' ( Calice à 6-9 divisions S. esmlentum. 

( Lobes du calice terminés en longue pointe 

9. < subulée S. Wrightii. 

( Lobes du calice simplement acuminés 10. 

j^ ( Feuilles subcordées; limbe asymétrique S. torvum. 

' ( Feuilles deltoïdes en coin à la base 8. hainanense. 

Calice à 6-10 divisions 12. 

Calice à o divisions 14. 

Calice à 6-9 dents élargies S. esculentum. 

12. ] Calice à 10 dents filiformes subulées; feuilles 

( géminées inégales 13. 

l Plante herbacée à fleurs solitaires S. lysimachioides. 

13. < Plante frutescente à fleurs géminées portées 
( sur 2 pédoncules uniflores S. bi/lorum. 

, { Feuilles entières ou plus ou moins dentées. . 15. 

l Feuilles divisées 17. 

( Feuilles tomenteuses-laineuses S. verbascifolium. 

' / Feuilles non laineuses-tomenleuses 16. 

Feuilles subcoriaces, oblongues, lancéolées; 

16. ^ plante très glabre S. inUosporifolium . 

Feuilles flasques, décurrentes sur le pétiole. S. nigrum. 

Feuilles composées S. Lycopersicum. 

Feuilles simples 18. 

Feuilles les unes entières, les autres lobées 

18. l ou lyrées-panduri formes S. Dulcamara, 

Feuilles toutes profondément 5-7 lobées S. septemlobum. 



"■\ 



"■\ 



Énumération des espèces. 

Sect. Lycopersicum. 

Solanum Lycopersicum L., Sp, PL, p. 130. 

Naturalisé en Chine. Le P. Bodimer Ta recueilli à Hong-Kong en 1895 
dans les décombres, échappé des jardins. 



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H. LÉVKILLÉ. — SOLANUM ET PHYSALIS DE CHINE. 
Sect. MORELLÀ. 



205 



Solannm nigrum L. (5. Morella Desv.), Sp. PL y p. 186. 

Répandu dans toute la Chine. Nous le possédons de Hong-Kong {Bodi- 
nier), du Kouy-Tchéou : Gan Pin [Martin et Bodinier) et, sous sa var. 
atriplicifolium Desp., de Hong-Kong [Bodinier), de Tcheng- Ting-Fou 
(Chanet), et du Kiang-Sou [d*Argy], 

Sect. DULCAMARA. 

Solannm septemlobnm Bunge, Enum. PL Chin. Bor,, p. 48. 

Cette plante est signalée, dans V Index sinensis de MM. Forbes et 
Hbmsley, au Pé-Tché-Li près Pékin, au Tchin-King et au Kan-Sou ainsi 
qu'en Mandchourie et en Mongolie. Nous la possédons des localités sui- 
vantes : 

Kiang-Sou et Ngan-Hoei : Tchen-Kia-Fou ; Tchang-Kiou-Tchéou; 
Hien-Hien {d'Argy et de Beaurepaire). — Tchao-Tchao, 15 juin 1903, 
n*»* 47 et 572 [L. Chanet). — Pékin, sépulture de Cha-La-Eul, août 1888 
[Ém. Bodinier). 

Les collecteurs font remarquer que cette plante à jolies fleurs bleues, 
haute de 50 à 80 centimètres, est ligneuse à la base. Elle serait assez 
répandue dans les cultures, les décombres et les lieux incultes. 

Solannm Dnlcamara L., Sp. PL, p. 185. 

Celte espèce, répandue en Chine du Pé-Tché-Li au Hou-Pé, au Yun- 
Nan,au Kouang-Tong et à Forniose, aété recueillie à Chang-Hayenl891 
par Em. Bodinier, sous sa variété lyratum. 

Nous possédons la var. chineuse à tiges et feuilles hirsutes du Kouy- 
Tchéou : environs de Tsin-Gay, dans les haies, fruits rouges et ronds; 
décembre 1897, n* 2015 [A. Laborde et Em. Bodinier); Tchu-Tang; 
Pay-Kouang; Ouang-Mou; Tchen-Fou, vis-à-vis La Han, sept.,n** 236, 
var. albiflora [Jos. Esquirol). 

Sect. MiCRANTHES. 

Solannm verbascifolium L., Sp. PL, 184. 

Connue dans les provinces du Fo-Kien et du Kouang-Tong, ainsi qu'à 
Formose, cette belle espèce a été recueillie au Kouy-Tchéou : environs de 
Hoang-Ko-Chou sur de vieilles murailles; Ye-Yen Hoa, 20 juin 1898, 
n*» 2 433 (/. Séguin)\ Ouang-Mou, juin 1906, n^ 137 (Jos. Esquirol): 
Lo-Fou, nov. 1905 (JuL Cavalerie). C'est un arbuste à fleurs blanches, 
mais à feuilles de Verbascum Thapsus. 

Solannm pittosporifolinm Hemsl., Index sinensis sive Enum. ofall 
Plants,!, p. 171. 
Seu-Tchouen : mont Omei. 



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206 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

Sect. Lycianthes. 

Solanum biflorum Lour., FL Cochinch,, p. 129. 

Plante des lies Liou-Tchou et de Formose, recueillie au Hou-Pé, au 
Kouang-Tong et à Hong-Kong, qui a été trouvée abondante au Kouy-Tchéou, 
dans les lieux humides à Mou-You-Se en juillet, par Em. Bodinier, peu 
avant sa mort (n° 485). 

Solanum lysimachioides Wall., Ca^, 2 609. 

Connue du Seu-Tchouen et du Hou-Pé, cette espèce existe aussi au 
Kouy-Tchéou : environs de Gan-Pin, rampant sur les rochers au fond de 
la Grande Grotte qu'elle tapisse de ses fleurs Hlas, 24 octobre 1897, 
26 août 1898, n° 2503 [Léon Martin et Em, Bodinier). Nous l'avons 
également de Hong-Kong; talus sur le Robinson road, 13 août 1894, 
19 novembre 1895 [Em. Bodinier). Le collecteur a recueilli la plante en 
fruits. Il rindique comme rare. 

Cette espèce est très variable. On sera probablement amené à la réunir 
à la précédente. Peut-être conviendrait-il de la dénommer tmpaW/bKum, 
du caractère de ses feuilles géminées et inégales. Les deux noms actuels 
désigneraient alors les deux variétés principales de cette plante poly- 
morphe. 

Sect. EULEPTOSTEMONUM. 

Solanum ferox L., Sp. PL, p. 267. 

Feu BoDiMER a retrouvé cette espèce au Kouang-Tong : Tay-Mo-Chan 
(vis-à-vis Hong-Kong) sur des décombres près des villages, le 6 mai 1895 
et à Hong-Kong : Ty-Tam-Took, au bord des routes, le 3 avril 1895, 
n° 1098. Il la considérait comme peu commune. Elle a été signalée dans 
le Kouang-Tong, à Hong-Kong et au Hai-Nan. 

Solanum Bodinier! Lévl. et Vaut nov. sp. 

Planta robusla; rami dense aculeati glabri; aculei elongati, paleacei, 
recti, aculeolis intermixtis; folia petiolata, glabra, profonde lobata lobis 
obtusis, latis, parce aculeata; flores sat magni, sepala valde aculeata, 
pelala angusta, staminibus et stylo longiora; stamina linearia, lutea; stylo 
stamina superante, ad apicem emarginato; bacca maxima, rubro-auran- 
tiaca, glaberrima; semina plurima lutescentia, alata; ala lata et reticu- 
lata. 

Hong-Kong : plage sablonneuse à Tile Verte, 31 juillet 1895 [Em. Bodi- 
nier). 

Sect. TORVARIA. 

Solanum torvum Sw. Prodr., FI. fnd. Occ, p. 47. 

Plante du Kouang-Tong, de Hai-Nan et de Formose, recueillie sous le 



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H. LÉVEILLÉ. — SOLANUM ET PHVSALIS DE CHINE. 207 

nom de S. indicum à Hong-Kong, bords du ruisseau de Happy Valley près 
du Race Course. Grand arbuste, 14 juin et 4 août 1894, n** 684 (Em. Bodi- 
nier). 

SeCt. ASTEROTRICHOTUM. 

Solanum xanthocarpum Schrad. et Wendl., Sert. Hanov,, l, p. 8^ 
pl.l 
Seu-Tchouen. 

Solanum esculentnm Dun., in DG. Prodr,, XIII, 1, p. 355 {S. Melon- 
gêna L.). Espèce cultivée en Ghine. Nous Tavons du Kiang-Sou recueillie 
par d'AncY, qui nota le fruit blanc devenant jaune à maturité. Cette espèce 
est indifféremment inerme ou munie d'aiguillons. 

Solanum incannm L. {S, sanctum L.), Sp. PL, p. 188. Formose; 
Rouang-Tong; Hong-Kong. Recueilli dans cette dernière localité à Aber- 
deen au bord de la route et de la mer, le 23 mai 1894. Fleurs d'un bleu 
\ioIel{^m. Bodinier), 

Solanum Cavaleriei Lévl. et Vant nov. sp. 

Rami hirsutissimi, remote aculeati; aculei paleacei, inœquales, longi, 
recti, sulcati; folia eodem modo aculeata, sinuato-lobata, lobis acumi- 
natis, fere ajque lata ac longa, ad basim truncata vel subcordala, fere 
symetrica, breviter petiolata supra atroviridia subtus lutescentia; flores 
parvi, nutantes, pedunculis broviores; pedunculi hirsuti; sepala intus 
glabra ; petala extus hirta ; stamina linearia, antherœ violaceœ, apice lacteœ. 

Kouy-Tchéou : Ly-Po-Hien, 10 août 1899, n*» 27î22 (Jul. Cavalerie). 

Solanum indicum L., Sp. PL, p. 187. (5. chinense Dun.). Formose; 
Seu-Tchouen ; Kouang-Tong. Nous Tavons de Hong-Kong : descente du 
fleuve, 27 juillet, n* 505 (Ém. Bodinier), et du Kouy-Tchéou : Houa- 
Kiang, fruits rouges, 1" juin 1904, n° 1471 {JuL Cavalerie). 

Solanum hainanense Hance, in Journ. Bot., 1868, p. 331, Hal-Nan; 
Kouang-Tong. 

Cette espèce a les feuilles deltoïdes, généralement entières, parfois^ 
munies de 1-3 lobules de chaque côté. Hance la considérait comme voisine 
du 5. hastifolium Hochst. du Kordofan. 

Solanum Wrightii Benth. in FI. Hong-Kong, p. 243. Hong-Kong. 

Cette espèce, décrite pour la première fois par Bentham sur des échan- 
tillons de Hong-Kong, serait, d'après MM. Forbes et Hemsley, d'origine 
américaine et cultivée en Extrême-Orient depuis un assez long espace de 
temps. 



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1. 



M 



M 



208 SÉANCK DU 27 MARS 1908. 

Clef des Ph^salis. 

( Anthères bleuâtres; baie remplissant tout le 

calice fructifère; plante glabre Ph. angulata. 

Anthères jaunes; baie ne remplissant pas le 

calice fructifère 2. 

Tige très renllue aux nœuds Ph, Francheti. 

Tige peu ou pas renflée aux nœuds 3. 

Feuilles densément ciliées aux bords, velues 

seulement sur les nervures Ph, ciliata. 

Feuilles glabres ou velues, non densément 

ciliées 4. 

Fleurs blanches; calice fructifère très ample, 

rouge, à base d'un rouge vif Ph. Alkekengi, 

Fleurs jaunes ; calice fructifère petit 5. 

Feuilles entières ou dentées 6. 

Feuilles nettement lobées Ph. Esquirolii. 

Plante hirsute, blanchâtre Ph. minima. 

Plante verte, à peine pubescente Ph. Bodinicri. 

Énumération des espèces. 

Secl. Epeteiorhiza. 

Physalis minima L., Sp. PL, p. 183. 
Sur divers points de la Chine. 

Physalis Bodînieri Lévl. et Vaut nov. sp. 

Caulis vix 40 cm. altus, subito dichotomus, angulo recto divaricatus, 
rami simili modo divaricati (unde aliqui in terram proni), inconspicue 
pubescentes; folia parva (2-3 cm. x i-2 cm.), ovata, acuminata, in petiolum 
sat longum decurrentia, intégra vel passim denlata; flores lutei, campa- 
nulati, calycis lobi lanceolati, acuminati, corolla breviores; stamina et 
Stylus inclusa; antherœ sulfureœ et late oblongœ, filamento tenui; slylus 
gracilis, staminibus œquilongus; calyx fructifer vesiculosus, bacca muUo 
amplior; bacca lutescens pisi magnitudine; semina rotunda. aurantiaca, 
parva et alveolala. 

Kouy-Tchéou : champs de Siao-Lli, sept. 1904, n** 234 (Jos. Esqui- 
vai). 

Physalis Esquirolii Lévl. et Vant nov. sp. 

Planta tota hirla et glandulosa. Caulis 10-15 cm. altus, ramosus; folia 
(2 cm. x2 cm.) ambitu suborbicularia, inciso-dentata, petiolata; pedun- 
culi et calyces dense glandulosi; corolla parva, lutea, calyce vix longior; 
Stylus gracilis et elongatus; calyx fructifer vesiculosus, villosus et elon- 
gatus; bacca atro-rubra, magnitudine pisi, calyce multo minor; semina 
minima, brunnea, rotunda, rugoso-papillosa. 

Kouy-Tchcou : Kiao-Tsou, 13déc. 1904, n°329 {Jos. Esquirol). 



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F. GAGNEPAIN. — CAPPARIDÉES NOUVELLES D INDO-CHINE. 209 

Physalis angulata L., Sp. PL, p. 183. 

Hong-Kong; Formose; Kiang-Sou : Kien-Ten-Long {d'Argy). 

Physalis ciliata Sieb. et Zucc. FI. Jap. fam. nat,^ II, p. 22. 
^ Kiang-Sou. 

Physalis Francheti Mast. in Gardener's Ghronicle, 1894, vol. XVI, 
ser. 3, p. 434. 
Recueilli en Chine par Bisset et Maximowicz. 

Sec t. EURYSTORHIZA. 

Physalis AlkekengiL., Sp. PL, p. 183. 

Pé-Tclié-Li; Tchin-King; Chan-Tong; Kiang-Sou; Hou-Pé; Corée. 

Nous Tavons de Péltin, 1889 {Ern. Bodinier); Kiang-Sou : Kien-Ten- 
Long (d'Argij); Kouy-Tchéou; environs de Kouy-Yang, 18 mai 1898» 
n«2âl8(£'m. Bodinier), 

Var. parviîlora. Fleurs moitié plus petites que dans le type. 

Nous possédons en outre un autre Physalis à fleurs bleues provenant 
de Zi-Ka-Weioù Ta recueilli feu d*ARGY. Les feuilles sont larges, sinuées, 
anguleuses, profondément lobées-dentées, asymétriques, glabres età court 
pétiole. Les fleurs sont assez grandes. 

Le collecteur pensait que les graines étaient peut-être venues d'Europe 
au milieu d'autres graines. 

M. Gagnepain fait la communication ci-dessous: 
Capparidées nouvelles d'Indo-Chine; 

PAR M. F. GAGNEPAIN. 

Quelques Capparis nouveaux ont été reconnus tels, au cours 
d'une étude sur la famille des Capparidées destinée à la Flore 
générale de llndo-Chine. Les descriptions latines, suivies de 
quelques commentaires, en sont données ci-dessous. 

Au cours de ce travail, j'ai dû rechercher les principes d'une 
classification des Capparis d'Asie qui sont représentés dans 
l'herbier du Muséum. On la trouvera exposée dans le Journal 
de Botanique de M. Morot. 

Capparis bariensis Pierre mss., Gagnep. sp. n. 
Frutex humilis vel subarbor. Rami striatuli, glabri, virides, deia luteo- 
fulvi, nitidi. Spinse rectœ, ssepim nullœ. Folia obovata, basi obtusa^ apice 

T. LV. (séances) 14 



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210 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

emarginata vel acutiuscula, glaberrima, coriacea, persistentia, in mucronem 
triangularem, fragilem desinienta; nervo mediano supra minime rotundato^ 
subtus prominente, rimoso; nervis lateralibus 7-lOutrinque, supra subincons- 
picuiSf subtus prominentibus, trabecuiis ret« laxum infra efformantibus; 
petiolus validus. Inflorescentia a^illaris vel quando folia desunt paniculam 
terminalem efformans; pedicelli 2, graciles^ super positif glabri, exlralares, 
lineam longitudinalem efformantes; alabastri ovoidei. Sepala 4 ovato- 
linearia, acuta, in alabastro valvata. utrinque giabra, margine lanata. 
Petala lineari-obtusa, basi apiceque vix lanata, quorum 2 basi callosa. Sla- 
mina circa 16; anthera oblonga, basi iatior, apice obtusa. Ovarium ovoi- 
deum, tenuiter piloso-papillosum; stigma discoideum; placentaria 4, ovula 
numerosa, densa gerentia; gynopborum glabrum, filiforme. 

Frutex 5-4 m. alla. Spina» 2 mm. longœ. Folia 9-20 cm. longa, 5,5- 
7,5 lata, petiolo 10-15 mm. longo. Pedicelli 18-12 mm. longi. Petala adulta 
11-12 mm. longa. Anthera 2,2 mm. longa. Ovarium 1,5-2 mm. longum. 
gynophoro 2 cm. longo. 

Indo-Chine. — CoebiDchine : monts Dinh, près Baria, n** 38 [Pierre]; 
Caujiac,n'»285[7%oreZ]. 

Cette espèce est assez semblable au Capparis micracantha DG. Elle en 
diffère : 1"^ par les feuilles moins arrondies à la base, plus coriaces, non 
réticulées en dessus; â"" par la nervure médiane non sillonnée en dessus 
en son milieu, mais sillonnée à la face inférieure; S"" par ses fleurs 
au nombre de 2 seulement à chaque aisselle au lieu de 5-7 en moyenne ; 
4* surtout par Tovaire velu-papilleux sur toute sa surface. 

Cette plante a beaucoup d'analogie par la consistance de ses feuilles 
avec le C, callosa Bl. qui est mal connu des auteurs et qui n'a pas les 
ovaires velus. 

Capparis cambodiana Pierre mss., Gagnep. sp. nov. 

Frutex dumosus, 2-4-metralis. Rami tenuiter costati,pt7ts siellaiis luteis, 
dense vestiti. SpinaB minutœ, uncinatœ, acutœ. Folia obovata, basi acuto- 
obtusa^ apice rotunda vel emarginata, utrinque pilis stellatis^ demis, luteis, 
sat caducis vestita; nervi latérales 3-4 utrinque, tenues, paralleli, arcuati, 
subtus sat conspicui; petiolus tomentosus, pilis stellatis. Inflorescentia 
ramusculos terminans; pedicellis 3-5, axillaribus, approximatis filiformibus, 
tomentosis, corymbum foliosum simulantibus; alabastris ovoideis, tomen- 
tosis. Sepala altematim imbricata, dorso tomentoso-stellata, intus glabra. 
Petala basi attenuata quorum 2 lutea, 2 purpurea et basi callosa, cuncta 
dense tomentoso-stellata. Stamina 6-8; anthera oblonga. Ovarium ovoi- 
deum, brunneum, stellato-tomentosum; gynophorum pilosum, brève, dein 
accrescens; placentaria 4-5, 15-ovulata. Fructus globosus vel ovoideus, 
apice umbonatus, magnitudine nucis, grosse verrucosits, pilis minutis, stel- 
latis, vestilus, ad maturitatem erumpens : pediculo (gynophoro) valido; 
semina in pulpa albida immersa, anguloso-compressa; tegumento roseo, 
membranaceo. 

Spinffi 0, 5-2 mm. longœ. Folia 15-25 mm. longa, 9-15 mm. lata; petiolo 
2,4 mm. longo. Anthera 2 mm. longa. Ovarium 1 mm. longum, gyno- 
phoro 8-14 mm. longo. Fructus submaturus 3 cm. longus, 2, 5 diam. 



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F. GAGNEPAIN. — CAPPARIDÉES NOUVELLES D*INDO-CHINE. 211 

Indo-Chinb. — Cochinchine [Harmand in herb. Pierre]. — Cambodge : 
Pnom-penii, mars 1870, n® 501; Samrong-tong [Pierre]. — - Siam : 
Muong-pran, 1868 [Pierre], 

Dans son herbier, Piekre avait nommé cette espèce C flavicans 
Wall, puis Tavait corrigée C cambodianaj ayant eu des échantillons en 
fruit. Or le C. flavicans Wall., est une espèce très mal connue, car sa 
description princeps in Hook. et Th., FL Brit, Ind., I, p. 179 est diffé- 
rente de celle que l'on trouve dans Kurz, For. FL of Brit, Burma^ I, 
p. 63. Le C, cambodiana en est certainement distinct : 1** par les 
pétales en dedans non laineux (comme le dit Kurz); i"" par les fruits 
3-4 fois plus gros (à en croire Kurz), ± fois plus gros (au dire de Uookbr) ; 
à 40 graines et plus (nombreuses pour Hooker, 2 seulement dans flavi- 
cans comme Taffirme Kurz) ; 3° par les feuilles à 3-4 paires de nervures 
(au lieu de 1 paire au milieu d'après Hookbr). 

Aucune description du C. flavicans ne dit mot du fruit grossièrement 
vemiqueuxque Ton trouve dans le C. cambodiana. 

G. donnaiensis Pierre mss., Gagnep. sp. nov. 

Fnitex erectus. Rami lutei, vix angulati, tenuiter striati, glaberrimi. 
Spinx nullœ. Folia lanceolato-obtusa, basi subcordala^ apice acuta, mucro- 
aata, in sicco lutescentia, glaberrima, coriacea; mucro linearis^ coriacem 
supra canaliculatas, fragilis; nervus medianus, supra concavus, subtus 
prominens; nervi latérales 13-15 utrinque, supra impressi , pagina 
inferiore prominentes; nervuli supra pallescentes, rete densum efformantes; 
petiolus validus, basi cum ramo articulatus. Inflorescentia axillaris; 
pedicelii 4-6 superposiliy extralares, glabri; alabastri pyramidato-acutL 
Sepala ovalo-acuta, valvata, extus glabra, mai^ne intusque ad marginem 
lanata. Petala obovato-Iinearia, dorso intusque ad basim lanata, unum 
basi callosum. Stamina circa 60, quorum 15 ad basim petali callosi inserta; 
anthera oblonga. Ovarium glabrum, conico-truncatum, basi unilateraliter 
gibbosum] stigma sessile, discoideum; placentaria 4-5, ovula numerosis- 
sima tota longitudine gerentia; gynophonim glabrum, filiforme. 

Tota planta 2-6 m. alta. Folia 18-25 cm. longa, 6,5-10 cm. lata, 
mucrone 2-3 mm. longo; pétiole 15-17 mm. longo. Pedicelii 10-5 mm. 
longi; alabastro 7 mm. et ultra longo. Petala adulta 10-14 mm. longa. 

Indo-Chine. — Cochinchine, vers Tan-man, prov. de Bien-hoa, 
mars 1877, n» 4012 [Pierre]. 

Ce Capparis ressemble beaucoup au C. micracantha DC. Il s'en dis- 
tingue nettement : 1^ par les feuilles plus longues, plus coriaces, termi- 
nées par un mucron linéaire; 2*» par la nervure médiane sans sillon au 
milieu et en dessus; 3** par l'absence d'épines; 4*» par un des pétales 
calleux portant une quinzaine d'étamines insérées à sa base et même 
assez haut; 5*" par son ovaire gibbeux à la base. 

Ressemble beaucoup au C bariensis sp. nov. 



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Î12 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

Capparis echinocarpa Pierre mss., Gagnep. sp. nov. 

Fnilex spinosissimus. Rami frucliferi glabri, striatuli. Spinae validœ, 
basi crassa, lateraliter compressa. Polia ovato-acuminaiay subdelloidea, 
basi rotunda vel subtruncata, apice obtuso, glaberrima (quando adulta) 
firma vel coriacea^ supra nilida et glauca; nervi latérales utrinque 5-7^ 
arcuati, ad marginem invicem anastomosantes, supra vix dîstincti, cum 
nervulis densum rete efformantes, subtus inconspicui; petiolus gracilis. 
glaber. Inflorescentia... Flores,.. Pedicelli fructiferi, ad apicem ramulo- 
rum solitarii. Fructus globosuSy apice umbonattis, echinatus, echinuUs densis, 
elongatis, oblusiSf ± confluentibus omatus ; pediculo (gynophoro) bacca œqui- 
longo; semina circa 12, ovata, reniformia, tegumente crasso, subcomeo. 

Spinae 4-5 mm. longœ. Folia 3-5 cm. longa, 15-35 mm. lata; petiolo 
5-7 mm. longo. Fructus 15-20 mm. diametro; semina 8 mm. longa, 
6 lata. 

Indo-Chine. — Siam : fleuve Petchabouri, juin 1868, n** 4016 [Pierre], 
Par la forme des feuilles, cette espèce a quelque analogie avec le 
C, grandis. Aucune espèce connue ne présente ce fruit écbinulé si bizar- 
rement. Il est difficile d*afQrmer si cette espèce appartient à la section 
qui se distingue par des fleurs étagées au-dessus de Faisselle, ou à 
celle qui porte des fleurs solitaires ou groupées chacune à Taisselle 
d'une feuille ou d'une bractée. Cependant il y a un intervalle garni de 
quelques groupes d'écaillés entre la trace du pétiole et le rameau qui 
pourrait en occuper l'aisselle. Il semble donc qu'il y a là une indication 
que quelques pédicelles superposés sont avortés : s'il en est ainsi c'est 
à la première section qu'appartiendrait le C. echinnocarpa, 

C. laotica Gagnep. sp. nov. 
. Frutex 1-2-metralis, diffusus. Rami teretes, hirtij pilis ru/îs, densis, 
vestiti. Spinœ uncinata3, acuto-pungentes, apice nigrescentes. Folia 
disticha, atro-viridia, lanceolata, basi cordata, longe et lenuiter acuminalay 
subtus pallesccntia ad nervos pilis ru fis vestitay supra ad nervos latérales pilis 
stellatis caducis conspersa; nervi latérales utrinque 42 abrupte arcuati, ad 
marginem invicem anastomosantes, supra impressi, subtus prominentes; 
nervuli rete laxum efformantes; petiolus rufo-hirtellus. Inflorescentia 
umbellata, terminalis, pedunculo villoso; pedicellis circa i5 filiformibus, 
luteo- hirteUis; alabastris ovoideis. Sepala oblusa, dorso villosa, ciliata, 
alternatim imbricata. Petala oblonga, obtusa, attenuata, ungue villoso el 
ciliata, Stamina circa 30, fllamentis exsertis; anthera oblonga. Ovarium 
fusiformcy gracile, glaberrimum ; stigma sessile, discoideum ; placentaria 
4, 6-8'OVulata ; funiculo tenui. 

Folia 15-18 cm. longa, 5 cm. lata, petiolo 4-5 mm. longo. Inflorescentiœ 
pedunculus 15 mm. longus, pedicelli 15-20 mm. longi, alabastrum 6-7 mm. 
longum. ÂntheraB filamentum 2 cm. longum. 

Indo-Chine. — Laos : Bassac, dans les montagnes, n* 2582 [Thorer]. 

Parmi les Capparis porteurs d'ombelles, ayant 4 placentas à l'ovaire 
et un nombre limité d'ovules, aucune comparaison n'est possible avec le 
C. laotica. Ses feuilles courtement pétiolées, cordées à la base, longue- 



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F. GAGriEPAIN. — CAPPARIDÉES NOUVELLES d'iNDO-GHINE. 213 

ment et finemeot acumioées, velues rousses en dessous ne le rapprochent 
d*aucune espèce de TAsie orientale; elles rappelleraient plutôt par leurs 
dimensions les espèces voisines du C, micracantha qui ont des pédicelles 
superposés au-dessus de Faisselle des feuilles et appartiennent par con- 
séquent à une section très différente. 

C. mekongensis Gagnep. sp. nov. 

Arbor mediocris. Ramijuniores angulali, pilisluteis appressis tecti, deia 
glabrescentes, nigricantesque. Spinae nuUœ, Folia subcoriacea, ovata^ vel 
lanceolataf basi acuta vel subobtusa, apice obtusa, supra pubescentia, mox 
glat>errima et nitida^ subtus pubescentia pilis luteis; nervi latérales 7-8 
utrînque, arcuati, ad marginem confluentes; petiolus luteo-pubescens. 
Inflorescenlia terminaiis, corymbis compositaypaniculampyramidalam ef fin- 
gens-, pedicelli 4-8-glomerati ; alabastrum globosum. Sepala alternatim 
imbricata, quorum 2 exteriora extus luteo-pilosula, pilis densis, brevibus, 
flexuosis, intus glabra, 2 interiora^ dorsosecus lineammediam pilosida, Petala 
vix unguiculata, basi puberula, apice rotunda. Stamina 20-30; anthera 
oblonga 2'plo longior quam lata, Ovarium ovoideo-conicum ; placentaria 3 
vel rarius 4, 12-15-ovulata. 

Folia 7-8 cm. longa, 4-5 lata; petiolo 10-15 mm. longo. Inflorescencia 
10-20 cm. loDga, usque 7-8 cm. lata; pedicellis 1-2 cm. longis, alabastro 
4-5 mm. diam. Staminum Ûlamenta 15 mm. longa. 

Indo-Chine. — Laos : Vien-chang, La-khon, Non-kay, Xien-cong, 
Pak-lay, Luang-prabang, n*» 3257 {Thorel). 

Les affinités de ce Capparis sont avec le C. grandis L. Il en diffère 
principalement: 1° par ses rameaux grêles et élancés; ^ par ses feuilles, 
non losangiques courtes, mais ovales ou lancéolées ; 3^ par les corymbes, 
non solitaires, mais réunis, plus ou moins nombreux, en panicule plus ou 
moins allongée ; d^ par ses fleurs presque 2 fois plus petites ; 4^ pai* ses 
anthères oblongues et non ovales presque orbiculaires ; 5^ par ses pla- 
centas 3-4, à ovules nombreux 12-15 sur chacun, au lieu de 2 avec 8 ovule s 
chacun. 

C. Radula Gagnep. sp. nov. 

Fnitex sarmentosus. Rami virides, dein brunnei, glaberrimi^ verruculis 
multis ornatif asperi, Spinœ divaricatœ, uncinatœ, acutœ, basi decurrentes. 
Folia elliptica vel ovata, basi rotunda vel cordata, apice obtusa vel emar- 
ginata, glaberrima, persistentia, membranacea dein coriacea; nervi 
latérales utrinque 6, subtus vix distincti, supra inconspicui, pagina supe- 
riore nenrulis dense reticulata; petiolus supra papilloso-asper, Inflores- 
centia axillaris; pedicelli 2 superpositi^ extralares; alabastrum ovoideum 
acuto-obtusum. Sepala valvata, ovato-acuta, dorso et intus ad marginem 
velulina, alibi glabra. Petala ovato-obtusa, glaberrima^ quorum 2 ad basim 
callosa. Stamina 30; anthera oblonga, obtusa. Ovarium conico-obtusum, 
stigmate discoideo, glabrum; placentaria 4-5, tota longitudine ovula 
densa gerentia; gynophorum glabrum. Bacca ovoidea, magnitudine ovi; 
semina numerosa, reniformia, prominenter granulata, ^ubechinata. 



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214 SÉANCE DU 27 MAKS 1908. 

Spinœ 1-5 mm. loDgœ. Folia 5-6 cm. longa, 3-4 cm. lata; petiolo 
4-5 mm. longo. Inflorescentiœ pedicelli 8-6 mm. longi. Bacca 4-5 cm. 
longa, 3 cm. diametro; semina 8 mm. longa. 

Indo-Chine. — Laos : Attopeu, janv. 1877, n** 1 094; rive gauche du 
Mé-kong [Harmand]; Bassac [Thorel], Annam : Hué [Harmand], 

Parmi les Capparis à pédicelles étages aux aisselles, à 4 placentas 
multiovulés, le C. Radula n'est comparable à aucun autre. Trois 
caractères permettront de le reconnaître facilement : 1^ la glabréité 
absolue sauf sur les pétales un peu velus ; 2* ses feuilles elliptiques très 
obtuses; 3* les granulations saillantes qui couvrent les rameaux jeunes et 
ceux d'un an, ce qui les rend rudes au toucher; 4^ le fruit gros et les 
graines fortement verniqueuses à la surface. 

V 

Capparis Thorelii Gagnep. sp. nov. 

Frutex dumosus, spinosus, 1-2-metralis. Rami graciles, divaricati, mul- 
tanguli, pubescentes, pilis densis, brevissimis. Spin» refracto-uncinatae, 
numerosœ. Folia elliptica, coriacea^hasi obtusa, apice rotundato-emarginata ; 
secus nervum medianum subtus aegrepilosa; nervi latérales 4-6 ntrinque, 
arcuati, ad marginem confluantes, supra distincti, subtus inconspicui; 
petiolo vix pilosulo. Inflorescentia terminalis, corymbosa; pedicellis 2-5, 
infimis axillaribus, glabris; alabastro globoso. Sepala glabra, intima 
imbricata, margine tenuitcr membranaceo, haud ciliato. Petala albida, 
margine ciliolata, basi intus pilosa. Stamina circa 35 petalis minimis 
longiora; anthera ovato-obtusa. Ovarium ovoideo-conicum ; placentaria 2. 
biovulata; gynophorum gracile, glabnim. Bacca dura, globosa^ magni- 
tudide nucis, apice umbonata, pediculo valido; semina 4-2, ovoidea; 
tegumentum crassum ; radicula obtusa, crassa, cotyledonibus longior. 

Spina 2-4 mm. longa. Folia 15-25 mm. longa, 10-15 mm. lata; petiolo 
4-7 mm. longo. Inflorescentiœ pedicelli 12 mm. longi; alabastro 5 mm. 
diam. Semina 15 mm. longa, 10 lata. 

Indo-Chine. — Laos : Oudong, Gompong-luong, n*» 2037 {Thorel), — 
Cambodge : Samrong-tong, mars 1870, n'* 790 [Pierre], 
Var. nov. pranensis', Capp. pran€7uis Vierre mss. 

Folia valde coriacea, supra nitida, usque 6 cm. longa, 35 mm. lata. 
Spécimen fructiferum. 

SiAM : Muong-pran, août 1868, n° 4 018 [Pierre], 

Cette nouvelle espèce ressemble au C sepiaria, par l'aspect, la forme 
des feuilles, etc., mais elle s'en distinguera : 1° par les feuilles à nervures 
plus nombreuses; 2<> par les ombelles beaucoup moins fournies, à 2-5 pédi- 
celles (au lieu de 5-14). 3® par ses placentas 2 (au lieu de 4) portant 
chacun 2 ovules (au lieu de 6-8). 4® par son fruit 3-4 fois plus gros ; 8® par 
ses graines 2 fois plus longues. Ses affinités, quant à l'aspect, se trou- 
vent aussi avec le C, orbiculata; mais ses fleurs sont plus grandes, ses 
feuilles coriaces nonorbiculaires, ses fruits 2-3 fois plus gros, ses anthères 
2 fois plus grandes. 



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H. SUDRE. SUR ODELQUES RUBUS DE LA FLORE FRANÇAISE. 215 

C. tonkinensis Gagnep. sp. nov. 

Frutex difTusus. Rami brunnei, pubescentia brevi, papillosa, mox evanes- 
cente. Spinœ refraclo-uncinataî, graciles. Folia lanceolata, basi rotundo- 
cordata, longe et sensim acuminata, apice obtuso-mucronata, utrinque 
glabra, coriacea, supra nitida, nervis utrinque 5-6, subinconspicuis; petiolo 
bre?i. /n/lorescenfia racemoso-corymèosa ; corymbispedunculatis, axillaribus ; 
pedicellis 5, filiformibus, brevibus; alabastris globosis; floribus albidis. 
Sepala glabra, haud ciliatay altematim imbricata, Petala oblonga, apice 
rotandato-truncata, ad basim ciliata, lanata^ constricta. Stamina circa 20, 
petala wquantia, haud exserta; anthera elliptica. Ovarium glabrum, 
fusiformCf basi apiceque acuminatum ; gynophorum ovario brevius; placen- 
taria 2, singula 7-9-ovulata. Bacca sicca, globosa, apice umbonata ; pedi- 
culo 3'4'plo brevior; semina 2-3. 

Spinae 1-î mm. longa?. Folia 4-8 cm. longa,2-3 cra.lata; petiolo 3-5 mm. 
longo. Inflorescentia 5-10 cm. longa; pedicellis 5-iOmm. longis; alabastro 
34 mm. diam. Bacca 6-7 mm. diam. 

Ltoo-Chinb. — Tonkin : monts Lan-màt, Thinh-chou, n« 2 325, 2 721 
et 4 016 [Bon], 

Par ses ovaires fusiformes, par le gynophore court, par les étamines 
égales aux pétales, cette espèce est très particulière et ne peut être con- 
fondue avec nulle autre. 

M. le docteur Pinoy expose le résultat de ses recherches 
sur la reproduction des Myxomycètes. Le manuscrit de ce 
travail n'étant pas parvenu à la rédaction, l'impression en 
est remise à une date ultérieure. 

Sur quelques Rubus peu connus 

de la flore française 

(Suite •) ; 
PAR M. H. SUDRE. 

Sect. Appendiculati Genev. 
VESTITI Focke. 

R. macrostachys P.-J. Mûll., in Flora (1888), p. 150. 

M. FocKE (ap. Asch. et Gr., 5yn., VI,jo. 567) faitdu /2. macro- 
tachys Mûll. une espèce de V ordre, mais lui donne comme 
synonyme le B. pilelocaulon Mûll. qui n est nullement identique. 
Cette espèce a été découverte aux environs de Wissembourg 
(Alsace) par MiÎLLEH et dans la forêt de Yillers-Gotterets, enclave 

1. Voir, séance du 13 mars, p. 172. 



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2«6 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

du Cuvret, par Questier. Je crois que les R, scabridus Mûll., 
adenanthus B. et GilL, micradenes et sepincolus N. Boul. en sont 
de simples variétés. Les R. Chaboissœi Mûll., terribilis Lef., 
vestittformis Rogers, d'Angleterre, fimbriatus M. et Wirtg., 
Scklickumii Wirtg., Caflischii Focke et quelques autres peuvent 
être rapprochés du R. macrostachys. Le R, Caflischii^ que 
M. FocKE envisage comme une espèce de 1" ordre, a été trouvé 
dans la forêt de Chinon (Indre-et-Loire) par M. Tourlet. 

R. Colemannii Bloxam, in Kirby, 38 (1850). 

Est représenté en France par les R. Gremlii Focke, trouvé 
dans les Vosges par F. Gérard, inopacatus M. et Lef. de la forêt 
de Villers-Cotterets, flavescens M. et Lef. et eriostachys M. et 
Lef., qui croissent dans la France septentrionale, eisparsus Sud. 
des Pyrénées. 

R. gratiosus M. et Lef. Vers., n° 92 (1859). 

Espèce très remarquable, facile à reconnaître, qui croît non 
seulement dans l'Aisne mais encore en Belgique, province de 
Namur, où elle a été découverte par M. Gravet. 

RADULiE Focke. 

R. apicnlatus Wh., tw Bluff et Fing., Comp. FI. germ., I, p. 680 
(1825); W. et N., Rub. germ., p. 69, t. XXIV; Focke ap. Asch. 
et Gr., l. c, p. 580 (excl. var.). 

Était assez mal connu jusqu'ici. Il croît en Allemagne, en 
Hongrie {R. delicatulus Holuby var.), en Angleterre {R. anglo- 
saxonicus Gelert, 1888) et çà et là en France : Tarn, forêt de 
Grésigne et vallée du Viaur; Haute-Garonne, bois de Balma, 
d'Aufréri, de Quint; Ardèche (Revol); Maine-et-Loire (Bouvet); 
Seine-et-Oise, Montmorency (Bouly de Lesdain). La plante des 
environs de Toulouse paraît correspondre exactement au type 
de Weihe. 

R. micans Godr., ap, G.G., FI. Fr.,l,p. 546 (1848), non Billot, 
exsicc. nec Rogers., Handb., p. 48. 

Cette espèce est décrite dans la Flore de MM. Rouy et Camus 
(/. VI, p. 465) sous le nom de R. Schummelii Weihe, mais elle 
est bien différente de celle que Weihe a publiée dans Wimmer et 
Grabowski {FI. SiL, 1 v. 2, p. 56); ce n'est pas non plus le 



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H. SUDRE. SUR QUELQUES RUBUS DE LA FLORE FRANÇAKSE. 217 

R. anglosaxonicus Gelert, cité comme synonyme par Tabbé 
BouLAY, le /?. anglosaxonicus n'étant pas autre que le R. apicu^ 
latus Wh. Le R. micans God. est surtout reconnaissable à ses 
sépales étalés ou relevés sur le fruit; il y a dans le Tarn des 
formes qui n'en diffèrent pas sensiblement. En Tentendant dans 
un sens très large, on peut en rapprocher les R. subrotundus et 
pauciglandulosus Sud. de la France méridionale, le R. pulcher 
M. et Lef. du Valois, le R. subcanus Mùll. des Vosges, le 
R. albicomus Gremli et beaucoup d'autres qui ont pour carac- 
tères communs des feuilles discolores et des sépales relevés 
sur le fruit. 

R. granulatus M. et Lef., Vers., n*» 93 (1859). 

L'abbé N. Boulay voyait dans cette plante [ap, R. et C, FL 
Fr.y VI, p. 186) un /î. Spengeliixmacrophyllus, interprétation 
bien peu vraisemblable, puisque l'espèce a des turions glabres- 
cents, des fleurs blanches et des étamines longues. Elle croit 
non seulement dans la forêt de Retz mais encore dans les 
Ardennes près le Chesne, 2* écluse (Callay, det. Mûllerî), dans 
la Seine-Inférieure y à Aumale (Questier), dans le Tarn, les 
Hautes-Pyrénées, la Saône-et-Loire, au Creusot (Quincy), V Indre- 
et-Loire, forêt de Chinon (Tourlet), etc. Elle existe aussi en 
Belgique et en Angleterre {R. Radula var. Bloxamianus 
Golem., R. oUgocladus v. Bloxamianus Rogers). 

Les R. rhenanus P.-J. Mûll., melanodermis Focke, cicur 
floluby, virgultorum Ley, menlitus M. et Wirtg., rupicolus Sud. 
peuvent lui être rattachés à titre de simples variétés. Les 
R. obovatifrons Sud., Lintonii Focke, traunsteiniensis Kaufra., 
misniensis Hofm. sont des sous-espèces de ce même groupe. 

R. iûsericatus P.-J. Mûll., in Flora (1858). 

Le type de cette espèce est assez rare; il a été trouvé en 
Meurthe-et-Moselle, au bois de Mousson, par Salle, et dans le 
Rhône, aux Jumeaux près de Lyon, par Jordan. On en rencontre 
plus fréquemment une forme à feuilles finement denticulées 
(v. minuliserratus). Cette variété m'a été adressée de la Sarthe 
(Gentil), de VEure-et-Loir (Jourdes), de la Seine-Inférieure 
(M"' Bélèze), de V Indre-et-Loire (Tourlet) et d'ailleurs. 

Les R. rhombophyllus M. et L., truncifolius M. etL., Gravetit 



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218 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 

N. Boul., hyposericeus et adornatiformis Sud. peuvent être 
subordonnés au R. insericatus P.-J. Mull. 

R. thyrsiflorus Wh., ap. Bluf. et Fing., Comp. FI. Germ,, I, 
p. 684 (1825); W. etN., Rub. germ.^p. 83, t. XXXIV. 

Il existe dans le Tarn des formes qui correspondent assez 
exactement au type de Weihe. 

R. obscurus Kalt., FI. Aach. Beck., p. 281 (1845). 

Distinct du R. insericatus Mûll. par ses sépales relevés sur le 
fruit. Représenté en France par quelques formes peu éloignées 
du type et par les sous-espèces suivantes : R. opulentus M. et 
Lef., aggregatus Kalt., entomodontus P.-J. Miill., erraticus Sud. 
et obscurissimus Sud. 

RUDES Sud. 

R^ melanoxylonMûlI. et Wirtg., ap. Wirtg. Hb. Rub. rh.^ éd. 1, 
n« 181, éd. 2, n° 101 (1861); Focke, Syn,, p. 257. 

Croît dans le Valois (Questier), en Bretagne, en Anjou, en 
Auvergne et dans le Languedoc. Les R. insolatus P.-J. Mûll., 
ridigulus Schmid., amplus K. Fritsch, alpinus Sud. et quelques 
autres peuvent lui être subordonnés. 

HTSTRIGES Focke. 

R. fusco-ater Wh.,/.c.,681 (1825);W.etN.,i2tt6. jerm.,;?.72,. 
t. XXVL 

M. FoGKE fait maintenant de cette plante une sous-espèce du 
R. obscurus Kalt. Elle se distingue aisément de ce dernier par 
ses glandes beaucoup plus longues et ses folioles terminales 
suborbiculaires. Elle existe en Bretagne, en Normandie, en 
Anjou et dans le Maine. Les R. exasperatus L. et M., phyllo- 
phorus L. et M., uncinulatus Sud., erinaceus Schmid., horripilus 
Lef. et M. et fulcratus M. et Lef. n'en sont apparemment 
que de simples variétés. Les R. oigocladus M. et Lef., abscon- 
d ittis L. et M. et decorus P.-J. Mûll. peuvent en être rapprochés 
à titre de sous-espèces. 

R. obtnincatus P.-J. Mûll., in Flora (1858), n« 25, p. 152; 
Vers.y n*^91. 



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H. SUDRE. — SUR QUELQUES RUBUS DE LA FLORE FRANÇAISE. 219 

Je groupe autour de cette espèce d'Alsace les /î. Hysirices à 
fleurs roses et à feuilles discolores. Les R. erylhranthemus Sud., 
morvennicm Gillot, ventistus Favrat, mutabilis Gen., rubrans 
P.-J. MûU., horrens Sud., pilocar pus Gremli et quelques autres 
peuvent prendre place à côté de ce type. 

R. Hystrix Whe, /. c, p. 687 (1825); W. et N., Rub, germ., 
p, 92, /. XLI; Focke, 5yw., 374. 

Trouvé dans le Valois, à Chésy, par Questier; croît aussi 
dans les monts de Lacaune (Tarn). Les R, velatus Lef., 
metuendus Sud. et quelques autres n'en sont que de simples 
variétés. Les R, abietinus Sud., rufescens Lef. et M., rubicundus 
M. et W. appartiennent à ce groupe. 

R. hebecarpus P.J. MûU., BonpL (1861), p. 282 ; Sud. ap. Gdg., 
Nov, Consp., 153. 

Groupe collectif comprenant les R. Hystrices à fleurs blanches 
et à feuilles discolores. Le type croît dans les Vosges, à 
Granges, à Gérardmer, à Retournemer. L'abbé Boulay ne le 
mentionne pas dans son travail sur les Ronces de France; c'est 
pourtant une plante très fertile et bien caractérisée. Les 
R. aceratispinus Sud. d'Auvergne, vagabundus Samp. de Por- 
tugal, Lapeyrousianus Sud. des Pyrénées, bavaricus Focke 
d'Allemagne, doranus Sud. du Puy-de-Dôme, et quelques autres 
font partie de ce groupe. 

R. apricus Wimm., FI. Schles., 3' éd., p. 626 (1867). 

Il existe dans la Saône-et-Loire, au mont Beuvray et à Saint- 
Léger, d'où il a été distribué sous les noms de R. crebriselus 
Boul. et Cornet, Assoc, rub., n° 37 (1873), et de R. bibractensis 
Gillot, Assoc. ruh., n*" 579 (1883); dans la Seine- Inférieure, à 
Canteleu et à Maronne (Malbranche); dans le Nord, bois de la 
Bassée, et sans doute ailleurs. Le R. brevithyrsus Boul. et 
Malb. n'en est apparemment qu'une variété à larges folioles et 
à inflorescence courte et plus hérissée. Le R. apricus Wimm. 
n'est vraisemblablement qu'une sous-espèce du R. KoehleriWh. 



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220 



SEANCE DU 27 MARS 1908. 



Notes sur la flore espagnole. 
VIL Voyage botanique dans l'Andalousie de 1903 

(Suite*); 
PAR M. Michel GANDOGER. 

e. Herborisations dans la province de Jaen. 

Nos excellents confrères MM. Debbaux et Hervier, puis M. de Dbgen, 
ont fait connaître la flore de cette partie de TAndalousie orientale d'après 
les récoltes de M. Rbverchon qui a herborisé longtemps dans le massif 
de la Sagra lequel s'étend dans les provinces de Grenade, de Jaën, 
d'Almeria et même un peu dans celles d'Albacète et de Murcie. Après de 
tels maîtres et surtout appès Touvrage de M. J. Hbryier, il n'y a plus 
grand'chose à dire. 

Toutefois, ces botanistes n'ont pas parlé de certaines localités où per- 
sonne n'avait encore herborisé ; ce sera Tobjet des lignes suivantes : 

1^ La sierra de Jabalcuz, à la Pefia de Martos, donnera de bonnes 
plantes comme : Hirschfeldia heterophyllay Erodium primulaceum, 
Bippocrepis scabra, Santolina canescens^ Pallenis aurea, Linaria 
villosa^ Salvia oxyodon^ S, Blancoana, Nepeta Apuleii^ etc. 

2* A Quesada au sud de la sierra de Cazorla, très riche localité où j'ai 
cueilli 327 plantes, il faudrait presque tout citer. Au hasard : 



Sarcocapnos baetica. (NovaproJaèn), 
Fumaria macrosepala. 
Moricandia Hamburei. 
Iberis contracta. 

— Boissieri Gdgr, (J. Bourg œi Boiss. 

non Jord.). 
Gapparis sicula. 
Helianthemum squamatum. 
Silène velutina. 
Aithœa longiflora. 
Olex recurvatus. (Novus pro Jaën). 
Ononis arachnoidea. 
Medicago crassispina. 

— tuberculata. (Nova statio), 
Gytisus Fontanesii. 
Tamarix hispaaica. 
Ptychotis trachysperma. 
Hippomarathrum pterochlœnum . 
Scabiosa gracilis. 
Globularia spinosa. 

Gynara spinosissima. 

1. Voir, séance du 13 mars, p. lo4. 



Garlina gummifera. 
Onopordum nervosum. 
Ghamœpeuce hispanica. 
Garduncellus araneosus. 
Garduus granatensis. 
Ecbinops strigosus. 
Echium angustifolium. 

— pomponium! 
Anarrhinum laxiflorum. 
Linaria lilacina. 

— macropoda. 

— villosa. 
Armeriavestita. 

Orobanche castellana. (Nova pro 

Jaën). 
Mercurialis ambigua. 
Salix rufescens. 

— bœticola Dodge. 
Garoxylon tamaricinum. 
Salvia bicolor. {Nova pro Jaën), 

— arachnoidea. 



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M. GANDOGER. NOTKS SUR LA FLORE ESPAGNOLE. 



221 



3* Au rouest de Quesada se dresse le cerro Cavaûa, point culminant 
de la sierra del Pozo. M. Reverchon n'y a pas herborisé. Celte chaîne est 
située au sud de la sierra de Gazorla ; elles sont aussi riches en plantes 
Tune que Tautre. Outre beaucoup de nouveautés indiquées par MM. Her- 
TiBR, Debeaux et DE Degen, il faut citer encore pour le cerro Cavaila : 



Ranunculus Aleœ. 

— carpetanus. 

— escurialensis. 
Sarcocapnos bsetica. 
Biscutella stenophylla. 
Alyssum granatense. 
Crambe fîliformis. 
Erysimum Unifolium. 

— myriophyllum. {Nova statio). 
Iberis pectinata. 

— granatensis. 
Draba hispanica. 
Sisyrabrium arundanum. 

— laxiflorum. 
Thlaspi Prolongi. 

Viola cazorlensis Gdgr. (Statio nova), 
Arenaria imbricata. (NovaproJaèn). 
Silène legionensis. 

— lasiostyla. 
Erodium primulaceum. 
Rhamnus myrtifolia. 
Ononis montana. 
Astragalus aummularîoides. 
Genista cazorlana. 

— Boissleri. 

Geum heterocarpum. 
Potentilla petrophila. 
Coton easter granatensis. 



Herniaria frigida. {Nova pro Jaën). 

Saxifraga Hœnseleri. 

Durifiea hispanica. 

Helerotœnia alpestris Gdgr, {Slatio 

nova, 
Conopodium Bourgaei. 
Knautia subscaposa. {Nova pro 

Jaën), 
Scabiosa sicula. 
Globularia spinosa. 
Carduus Reuterianus. 
Centaurea Spachii. 
Kentrophyllum bœticum. 
Scorzonera pinifolia. 
Campanula longipes. 
Jasione foliosa. 

Primula baleaiica. (Nova pro Jaën), 
Anchusa calcarea. 
Teucrium Webbianum. 
Linaria lilacina. 
Armeria fllicauUs. 
Passerina coridifolia. 
Daphne latifolia. 
Arum pyrenaicum. 
Crocus granatensis. 
Corbularia pallidula. 
— hedrar)antha. 
Festuca nevadensis. 



Poa ligulata X bulbosa Gdgr mss. — A prima recedit ligulis duplo 
brevioribus, foliis longioribus, caespitibus Iaxis; a secunda panicula 
ramoso-effusa, flavescente, ligulis longioribus, etc. — Inter parentes, 
ail. 15-1 800 m. 

f. Herborisations a Despenaperros (sierra Morena). 
Pour la troisième fois je m'arrêtai dans ces gorges pittoresques où le 
botaniste trouve toujours du nouveau, ainsi qu'on va le voir : 



Rananculus adscendens. 
Brassica valentina. 
Dianthus crassipes. {Locus unkus). 
Silène cretica. 

BufTonia Willkommiana. {Locus 
unicus). 



Trifolium gemellum. 
Vicia calcarata. 
Anthyllis lotoides. 
Lotus pedunculatus. 
Genista polyanthos. {Locits hucusque 
solus certus). 



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222 



SÉANCK DU 27 MARS 1908. 



Peplis longedentaia. 

Sedum arenarium. 

Daucus brachylobus. 

Gonopodium marianum. [IjOcus dus- 

sicus). 
Guillonea scabra. {Nova pro Cas- 

tilla). 

— canescens. 
Bourgsea humilis. 
Pulicaria hispanica. 
Andryala arenaria. 

— laxiflora. 

Jasione mariana. {Locus classiciis). 

— echinala.- 
Verbascum CelsiîB. 
Linaria Perezii. 



Linaria multipunctata. 

Digitalis mariana. (Locus classicus) , 

Armeria longearistata. 

Rumex indurata. 

Colmeiroa buxifolia. — Frulex pul- 
chelluSy Taras, in herbariis, etiam 
ditioribus, plerumque absens. 

Salix oleifoli. 

Uropelalum Bourgaei. 

Agrostis castellana. 

Holcus setiglumis. 

Macrochloa arenaria. 

Poa attica. {Hucusque solum in prov. 
Cadix lecta). 

Trisetum Lœllingianum. 

Cheilanthes odora. 



g. Herborisations dans la province de Ségovie. 

De même qu'Avila, la ville de Ségovie est un centre excellent pour se 
reposer des fatigues inhérentes aux herborisations du climat très chaud 
de TAndalousie. On est à près de 1 000 m. d'altitude, au pied de la 
sierra de Guadarrama, dans un air pur et sain, avec bons hôtels. Autour 
de la ville on récoltera surtout : Sarcocapnos enneaphyUuy Buffonia 
tenuifolia, Rhamnus pumila^ Physocaulus nodosus^ Carduus ReuU- 
rianus, Santolina rosmarinifolia^ Thrincia nudicalyx, Centaurea 
segoviensis, Calamintha Langeiy Aniirrhinum hispanicum^ Nardurus 
tenuiculus, Schismus marginatuSy et surtout Linaria segoviensis qui 
abonde sur les vieux murs de la ville, mais qui n'est pas connu ailleurs. 

Le pic de Peûalara, dans la sierra de Guadarrama, est Tun des plus 
élevés du centre de l'Espagne (2 405 m.). Pour l'explorer on se rend de 
Ségovie à La Granja (ait. 1 266 m. : palais royaux et jardins splendides). 
Mais le pic lui-même trompe bien le botaniste; comme sur toutes les mon- 
tagnes granitiques, la végétation y est pauvre et peu variée. C'est surtout 
autour de La Granja qu'on fera les plus abondantes récoltes. Voici un 
aperçu de ce que nous y trouvâmes pendant les trois jours que nous y 
restâmes au commencement de juillet : 



Ranunculus carpetanus. 

— escurialensis. 

— Aleœ. 

Brassica montana. 
Sisymbrium Boryi. 
Nasturtium microphyllum. 
Biscutella pyrenaica. 
Cistus populifolius. 
Viola paiustris. 
Cerastium Riœl. 



Silène geniculata. 

Alsine recurva var, ; A. condensata 

Presl? 
Trifolium suflfocatum. 
Genista (lorida f. dansa. 
Sarolhammus Bourgaei. (Nova pro 

Hisp.), 

— virgatus. 

— purgans. 
Alchemilla Cornucopiœ. 



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M. GANDOGER. NOTES SUR LA FLORE ESPAGNOLE. 



22a 



Sedum pedicellatum. 
Saxifraga nervosa. 

— carpetana. 
GoDopodium Bourgsei. 

— subcarneum. 
Galium rivulare. 

— rosellum. 
CeDtanrea lingulata. 
Carduus carpetanus. 

Âronicum viscosum. {Novum pro 

Hisp.). 
Senecio Duriaei. 

— Tournefortii. 
Pyrethrum pulverulentum. 
Evax carpetana. 

LeoDtodon Bourgœanus. {Locus das- 
sicus). 

— carpetanus. 

Hieracium myriadenum. {Locus elas- 

sicus), 
Gampanula Herminii. 



Campanula matritensis. 
Jasione carpetana. 
Digtalis Thapsi. 
Yeronica apennina. 
Linaria triornithophora. 

— Tournefortii. 

— delphinioide. 
Ârmeria csespitosa. 
Rumex papillaris. 
Juniperus alpina. 
Gagea Soleirolii. 
Crocus carpetanus. 
Narcissus pallidulus. 
Luzula la<;tea. 
Holcus Reuteri. 
Molineria lendigera. 
Agrostis Langei. 
Lolium Montianum. 
Festuca elegans. 
Avena sulcata. 
AUosorus crispus. 



Carex Gandogbri Léveillé in litt. — Species nova a C. Camposii rece- 
dens, sec. cl. auct., spica non ligulata ideoque faciem C.distantis refert. 
— Copiose legi secus rivulos circa La Graiya, ait. 13-1400 m. 

Une autre herborisation que je recommande et qui est, celle-là, plus 
fructueuse que la précédente, est celle à la pittoresque venta San Rafaël 
et sur les pentes du pic de la Cierva (de la Biche). Le chemin de fer de 
Ségovie à Madrid traverse la localité, on descend à l'apéadéro (halte) 
et en une journée on a le temps de faire d'excellentes récoltes. La plu- 
part des plantes de La Granja et du Pefialara se trouvent ici, sauf les 
suivantes que je choisis de préférence : 



Ranunculus dichotomiflorus. 
Sisymbrium contortum. 
Brassica valentina. 
— laevigata. 
Lepidium Smithii. 
Qstus populifolius. 
Sagina Reuteri. 
Silène portensis. 
Dianthus laricifolius. 
Alchemilla microcarpa. 
Gorrigiola telephiifoUa. 
Herniaria scabrida. 
CEnanthe crocata. 
Galium decipiens. 
Centaurea deusta. 
Senecio foliosus. 



Hispidella Barnadesii. 
Andryala macrocephala. 
Arnoseris pusilla. 
Campanula matritensis f, pubes- 

cens. 
Echium tuberculatum. 
Myosotis lutea. 
Digitalis Thapsi.' 
Armeria segoviensis. 
Plantago recurvata. 
Polygonum Bistorta. 
Rumex intermedius. 
Quercus Tozza. 
Salix oleifolia. 
Asphodelus cerasiferus. 
Carex hirtiformis. 



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224 SÉANCE DU 27 MARS 1908. 



Âlopecurus castellanus. 
Ânthoxanthum aristatum. 
Periballia involucrata. 
Elymus GaputrMedusœ. 
Festuca rivularis. 



Macrochloa arenaria. 
Trisetum ovalum. 
Vulpia Broteri. 
Agrostis castellana. 



Soit 65:2 plantes cueillies dans cette province qui, jointes aux récoltes 
antérieures, forment un total de o 003 numéros pour la campagne de 1903. 
Ceci fait, je rentrai à Amas avec mon domestique français, après avoir 
congédié notre aide espagnol, mais que nous devions retrouver, en 
Espagne et en Portugal, dans notre voyage de 1904. Si la Société bota- 
nique de France en veut bien accueillir le récit, ce sera pour un prochain 
Bulletin. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Proceedings of the Indlana Academy of Science, 1906. 

GocLLTER Stanley. The Michillinda (Michigan) Sand Dunes and their 
Flora (Les dunes de sable de Michillinda et leur flore), p. 121-128, 
4 fig. dans le texte. 

La région de Michillinda s'étend sur la côte orientale du lac Michigan, 
à environ 25 milles au nord de Muskegon. Elle esj exceptionnellement 
favorable pour Tétude de la végétation des dunes. Les représentants les 
plus remarquables de cette flore sont : Cakile edentula ; Euphorôia 
polygonifolia; Salix fluviatiliSy glaucophylla et adenophylla; Cornus 
stolonifera et Baileyi; Populus deltoïdes. Parmi les Graminées dominent 
les Andropogon scoparius, Ammophila arenaria^ Calamovilfa longif- 
folià et Elymus canadensis. Les Artemisia canadensis et caudaia y 
couvrent de vastes espaces de terrains, accompagnés du Carduus PU- 
chéri, plante ornementale qui y est presque aussi commune. 

En certains points se rencontrent le Lathyrus maritimus^ le Vitis 
cordifolia, YAsclepias syriaca^ le Corispermum hyssopifolium et le 
lÀthospermum Gmelini. 

Le type charnu n'est pas aussi fréquent qu'on pourrait le supposer 
chez les plantes annuelles, mais les feuilles découpées, à limbe dis- 
posé de profil, enroulé et couvert de poils sont adaptées pour résister à 
Texcessive transpiration et à Tardeur du soleil. Les plantes herbacées se 
protègent de la violence du vent par leur rameaux couchés, rampants et 
très rigides. Quand des espèces vivaces ont réussi à prendre pied, elles 
arrivent à se maintenir grâce à leurs racines pivotantes. Elles luttent 
contre les effets mécaniques du sable par leur port couché, leurs feuilles 
profondément découpées, leur structure extrêmement dure et résistante. 

Frank D. Kern. ParasUic Plant Diseases reported for Indiana (Mala- 
dies des plantes causées par des parasites dans Tlndiana), p. 129-133. 

C'est une simple énumération des principales maladies des plantes cul- 
tivées dressée au Laboratoire de Botanique de Tlndiana Experiment 
Station. La liste est divisée en 6 parties : maladies des racines, des tiges, 
du bois, des écorces, des feuilles, des fruits, graines et tubercules. 

Frank D. Kern. Notes on the Occurrence of Sclerotinia fructigena 

T. LV. (SÉANCES) 15 



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226 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

(Note sur la présence du Sclerotinia fructigena)^ p. 134-136, 1 Ûg. dans le 
texte. 

Les Poches et les Prunes sont fréquemment attaquées par un petit 
Champignon, le Monilia fructigena^ qui n'est que la forme conidienne 
d'un Sclerotinia, ainsi que Schroeter Ta démontré en 1893. M. Norton 
est arrivé au même résultat par la culture, en 1902. 

La forme ascosporée a été découverte dans l'Indiana en 1906, sur des 
Prunes et des Pêches. Les fruits qui portaient les asques étaient âgés au 
moins d'une année et appartenaient à Tavant-demière récolte. 

En 1905, le Monilia, t Brown Rot », a causé la perte du quart de la 
récolte des Pêches dans les États du Sud. En 1906, on Ta observé k peu 
près sur toute l'étendue des États-Unis, dans vingt-six états ; les dégâts 
ont été évalués de 10 à 50 p. 100 de la récolte. Quant aux Pruniers, sur 
certains points, la perte est allée presque à 75 p. 100. 

Chas. C. Dbam, Additions the Indiana Flora (Additions à la Flore de 
llndiana), p. 137-138. 

Liste de 22 plantes phanérogames dont : 3 Graminées, 11 Gypéracées, 

1 Renonculacée, 1 Rosacée, 2 Violariées, 1 Rhanmée, 1 Campanulacée, 

2 Composées dont le Lactuca saligna. 

P. Hariot. 

COLOMBIER (M. du). — Catalogue des Diatomées des environs 
d'Orléans, in-8«, 24 p., 2 pi., Orléans, 1907. 

202 espèces et variétés sont énumérées dans ce Catalogue. Les formes 
tes plus remarquables sont les suivantes : Navicula cardinalis, digito- 
radiata v. striolata, punctata, ffasta, americana, hybrida, Braunii, 
mesolepta var. angusta, nodosa, sphierophora ; Stauroneis acuta, anceps 
V. kyalina et une variété nouvelle de VAmphora affinU à laquelle 
M. i>u Colombier n*a pas donné de nom spécial. 

Le Navicula Hasta n'était encore connu qu'à Fétat fossile dans les 
dépôts tertiaires de la Transylvanie ; le N. americana n'avait pas encore 
été rencontré en France. 

L'étang de Planquine paraît être la localité la plus intéressante du 
Loiret pour les Diatomées comme pour les Desmidiées. 

P. H. 

TRELEASE (W.). — Additions to the genos Yucca (Additions au 
genre Yucca), Report of the Missouri Botanical Garden, 27 no- 
vembre 1907, p. 22S-230, 1 carte dans le texte, 6 pi. hors texte. 

Depuis la publication de sa revision des Yucca en 1902, M. Trelbasb a 
eu l'occasion d'étudier un certain nombre d'espèces et de variétés nou- 
velles ou intéressantes appartenant à diverses sections. 



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REVDE BIBLIOGHAPHIQOS* 2S7 

Section Chsmoyucca — Vucca ffarrimanise Gilbertiana n. var. de 
rUtah oecîd^itâl; F. rostrata Hnearis n. var. du Mexique. 

SecUoii Heteroyucca. — F. giganiea Lemaire. L*étude d*un fruit reçu 
des Açores montre que cette plante appartient bien à un Sarcoyucca et 
n'est probablement qu'un synonyme du Y. elephantipes. 

Section Sarcoyttcea. — F. valida Brandegee confondu avec le Y. 
valida Trelease qui devient le F« decipiens Trelease ; F. pericul&ta 
Baker; F. Endlickiana n. sp. Cette dernière plante est originaire du 
Mexique où elle est connue sous le nom de « Pitilla ». EUe fournit une 
fibre de meilleure qualité que celle de VAj^ave Lecheguilla. Elle est tr^ 
distincte de tous les autres représentants de la section Sarcoyucca par 
ses fleurs très petites, de coloris foncé, ses fruits et ses graines à 
enveloppes minces. P. H. 

TRELEASE (W.). — Agave macroacantha and allied Euagaves 
(Agave macroacantha et Euagave voisins). {Report of the Missouri 
Botanical Garden, 27 novembre 1907, p. 256, pi. 18-34 hors texte). 

ZuccARou décrivit avec beaucoup de soin, en 1833, un certain nombre 
d'espèces d* A gave envoyées au jardin botanique de Munich par Kar- 
wiNSKi. Trois d'entre elles, à affinités très proches, sont les Agave macroa- 
cantha, pugioniformis et Karwinskii, Leurs feuilles sont dressées-étalées, 
rigides, à épine robuste noirâtre terminale, k aiguillons marginaux. Le 
bord des feuilles est herbacé et glabre, par opposition aux A . hetera- 
cantha et slriata. Les deux premières espèces sont acaules, à feuillage 
glauque ou glaucescent, la troisième est pourvue d'un tronc court et de 
feuilles vertes. Les A, pugioniformis et Karwinskii sont restés k peu 
près inconnus et ont été oubliés pendant près de cinquante années; 
TA. macroacantha est habituellement considéré comme le type d'une 
division de premier ordre du genre Agave. 

En 1834, Salms-Dick, qui possédait une remarquable collection de 
plantes grasses, signale les deux premières espèces mais ne parle pas de 
la troisième. A propos de V Agave macroacantha, il fait remarquer que 
Y A. flavescens n'en est probablement qu'une forme obtenue par le semis 
et peu distincte. 

A partu* de cette époque, il a été souvent question des Agave mexicains, 
et les trois espèces décrites par Zuccarini sont devenues l'objet d'une abon- 
dante synonymie que M. Teeleasb résume comme il suit : 

Agave macroacantha Zuccarini — A . Besseriana Van Houtte, A . flaves- 
cens Salms, A. pugioniformis Zucc, A. suhfalcata Jacobi, A. Hnearis 
Jacobi, A. paucifolia Baker, A. concinna Baker, A. sudburyensis 
Baker, A. macrantha Jacobi. Les A. Corderoyi gtauca, integrifolia^ 
pugioniformis doivent aussi probablement lui être rapportés. 



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228 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FBANGE. 

VA. macroacantha se reocontre au Mexique depuis Tehuacan jusque 
dans le sud du Tomellia Canon. On peut en distinguer deux variétés : 
integrifolia et latifolia; cette dernière, en raison des caractères qu'elle 
présente, a été regardée comme provenant d'un croisement avec VA , Ver- 
êchaffeltx. 

Agave Kanvinskii Zuccarini. — A. Kartvinskiana Herbert, A. Cor- 
deroyi De Smeet, A. Bakeri Ross??, A. laxa Salms. Cette plante est 
aussi indigène au Mexique, où elle est quelquefois plantée en haies. 

M. Trelease a ajouté comme espèce afllne V Agave rubescens Salms, 
connu également sous les noms de A. flaccida, punctata Salms, densis- 
pina Ceh^t sen^lata Steudel., ?? eru6e«cens EUemeet. Il se rapproche 
aussi de VA. iequilana et de VA. Cantala. 

Dix-sept planches hors texte accompagnent le mémoire de M. Trblbasb 
et représentent à différents états les trois espèces d'Agave qu'il a étudiées. 

P. Hariot. 

ZEILLER (R.). — Sur quelques Lepidostrohm de la région pjrrô- 
néenne. — Extrait des C. R. Ac. Se, séance du 9 décembre 1907. 
5 pages in-4« avec une figure dans le texte. 

M. A. Laurent, ingénieur à Saint-Girons, a envoyé récemment à 
l'École supérieure des Mines, pour y figurer dans les collections de 
paléontologie, un Lepidostrohm^ autrement dit un cône de Lepido- 
dendron, trouvé dans les gttes de phosphates noirs de TEstanque près 
Rimont (Ariège), qui appartiennent à la base du Dinantien. M. Zeiller Ta 
trouvé particulièrement digne d'intérêt, non seulement à cause de son 
bon état de conservation, mais parce que sa structure, intéressante en 
elle-même, a donné d'utiles indications sur la provenance d'autres 
échantillons appartenant au même type générique, qui n'avaient pas été 
trouvés en place. 

La structure des tissus paraît avoir disparu à peu près totalement, 
mais l'axe du cône, les bractées, les sporanges et même les spores, soit 
macrospores, soit microspores, montrent très bien leurs formes, leurs 
dimensions et leurs rapports respectifs, d'autant plus facilement qu'une 
cassure accidentelle les a bien mis en vue. M. Zeiller en donne la 
description ; il insiste tout particulièrement sur ce fait que les bractées 
étaient rangées en verticilles alternants et s'alignaient en files verticales 
bien accusées. Cette disposition s'écarte de ce qu'on observe habituelle- 
ment chez les Lepidosirobus du Houiiler; elle se retrouve cependant 
chez deux espèces, singulièrement affines, déjà décrites sous les noms 
de Z. Broivnii Brong. (sp.) et L, Dabadianus Schimper, avec lesquels 
le fossile de l'Estanque présente à tous égards de grandes analogies; il 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 229 

y a toutefois des différences assez notables pour que M. Zeiller en ait 
fait une espèce différente sous le nom de Z. Laurenti, 

Deux autres échantillons moins bien conservés, Tun provenant de la 
vallée de Larboust près Bagnères-de-Luchon, l'autre trouvé par M. Fabrb, 
conservateur des forêts à Nîmes, dans un nodule phosphaté à l'extrémité 
sud-orientale de la Montagne Noire, dans le Dinantien de Cabrières 
(Hérault), paraissent appartenir à la même espèce. 

Ces divers échantillons fournissent de grandes présomptions relative- 
ment à Torigine des L, Brownii et L. Dabadianus qui n'avaient pas été 
trouvés en place : ils paraissent devoir provenir du Dinantien inférieur 
des Pyrénées. < n n'est pas sans intérêt, dit M. Zbillbr, de faire remarquer 
qu'on connaît précisément dans le Dinantien, ou Culm, un certain 
nombre d'espèces de Lepidodendron^ telles notamment que le Lep. 
Volkmanni Stemberg, dont les feuilles, contrairement à ce qui a lieu 
chez les Lepidodendron houillers, sont rangées en files verticales bien 
nettes et auxquelles pourraient, par conséquent, correspondre les 
Lepidostrobus dont je viens de parler. » 

P. Fliche. 

ZEILLER (R.). — Les progrès de la Paléobotanique de TËre des 
Gymnospernes {Progressus rei botanicœ publié sous la direction 
du D' J.-P. LoTZY, vol. II, 1907, p. 171-226 avec 18 figures dans le 
texte). 

M. Zeiller, dans l'appellation de l'ère à laquelle est consacré son 
travail, a suivi la tradition laissée par Brongnurt, mais il fait observer 
que l'expression < Ëre des Gymnospermes > appelle quelques correctifs 
sérieux, depuis les travaux importants faits sur les Gordaltées et tout 
spécialement sur les Ptéridospermées. En réalité, en parlant ici des 
Gymnospermes on a surtout en vue les Gycadinées et les Conifères. Gette 
ère comprend la plus grande partie des temps secondaires, du Trias à la 
base de l'infracrétacé ; cependant, par la force des choses, Tétude de 
certains types a obligé l'auteur, d'une part à remonter un peu dans les 
temps paléozoïques, d'autre part à pénétrer dans l'ère des Angiospermes. 
L'ouvrage de M. Zb^leu est l'exposé des progrès réalisés, pour cette ère, 
par la paléobotanique depuis vingt à vingt-cinq ans, c'est-à-dire depuis 
la publication du Traité de Paléophytologie par Schimper et Schbnk, le 
dernier inventaire complet et devenu classique de cette branche de la 
science des végétaux. L'auteur commence par faire l'énumération des 
contributions les plus importantes aux flores successives, dans les 
différents pays où elles ont été étudiées; de ces travaux il s'efforce 
ensuite de tirer les résultats définitivement acquis, ou qui, dans tous les 
cas, reposent sur des études assez précises pour qu'on en puisse faire 



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S30 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. 

état, et cela en passant successivement en revue les différentes classes. 
C'est l'ordre qui va être suivi aussi dans ce compte rendu. 

Algues, — La liste relativement assez courte des Algues secondaires 
s^est enrichie de quelques formes nouvelles, les unes à structure con- 
servée, d'attribution certaine à des groupes vivants aujourd'hui, les 
autres les rappelant seulement, mais d'une façon remarquable, par leurs 
formes extérieures. 

A la première section, se rapportent notamment d'assez nombreuses 
Siphonées appartenant à divers niveaux de la série secondaire; des 
Diatomées qui reportent cette famille jusque dans le Lias ; des Corallinées 
les reculant jusque dans le Jurassique, peut-être même le Silurien. Au 
second groupe appartiennent un certain nombre de formes du Trias 
lorrain et du Weaîdien anglais. 

Characées, — Le seul fait nouveau intéressant est la mise à néant 
du soi-disant Chara cité par plusieurs auteurs, à la suite de Schimper, 
dans le Muscheikalk des environs de Moscou. 

Champignona. — Les seules observations intéressantes ont trait 
aux Bactériacées trouvées en diverses couches secondaires. 

Muscinées. — Quelques traces d'Hépatiques ont été décrites, mais 
aucune Mousse n'a été signalée. 

Equiaétinéea, — En dehors de quelques espèces nouvelles, appar- 
tenant à des genres déjà connus, un seul type vraiment nouveau a été 
signalé, par M. Zeiller, sous le nom û'Annulariopsis, dans la flore 
rhétienne du Tonkin. 

hycopodinéea. — Des observations faites en Lorraine sur des 
fossiles nouveaux ou sur des espèces rapportées antérieurement à des 
Fougères ont montré la persistance, dans le'Trias, de types identiques 
ou étroitement alliés aux Lycopodinées arborescentes des terrains 
primaires, notamment des Stigmaria, 

Le genre Pleuromeia, tombé en oubli, a été repris et bien étudié 
par MM. Potonié et de Solms-Laubach. C'est un type triasique curieux, 
dont on peut se demander s'il ne constitue pas la transition des grandes 
Lycopodinées primaires aux Isoetes actuels. Plusieurs espèces ont été 
rencontrées établissant la transition des Lycopodinées herbacées des 
terrains primaires (Selagineliites) aux espèces tertiaires et actuelles du 
même groupe. Les Naiadites du Rhétien d'Angleterre ont pu être défini- 
tivement rattachées aux Lycopodinées. 

Fougères. — Des échantillons fructifies, ou meilleurs soit par leur 
état de conservation, soit par l'étendue visible de la fronde, ont permis, 
pour de nombreuses espèces, soit des rapprochements plus certains avec 
des formes actuelles, soit des notions plus exactes sur la structure de 
types définitivement disparus. Malgré cela, plusieurs problèmes solli- 



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R£VUE BIBLIOGRAPHIQUE. 231 

citent encore Tattention des paléontologistes; on ne saurait même dire, 
pour certaines formes, si elles appartiennent réellement aux Fougères, 
ou si elles ne sont pas plutôt des Cycadées. M. Zbiller signale les points 
les plus importants à étudier. 

Hydroptéridées. — Quelques observations ont permis de reculer, 
d'une façon certaine, Tapparition de cette classe, sous forme de Marsilia, 
jusque dans le Cénomanien d'Europe et d'Amérique. 

Cycadinées. — C'est la classe qui a donné naissance aux décou- 
vertes les plus importantes, particulièrement en ce qui concerne Tordre 
des Bennettitées, grâce aux travaux hors pair de M. Wieland et à ceux 
de MM. DE Solms-Laubach, Lignier, Natuorst et Lester Ward. Des 
organes de fructification, soit mâles, soit femelles, ont permis de con- 
stater la présence, dans les terrains secondaires, de plusieurs types 
identiques, ou à tout le moins étroitement alliés aux Cycadées actuelles ; 
l'étude des frondes a permis de décrire quelques formes nouvelles ou de, 
rectiûer la distribution géographique de quelques-unes déjà déentes; 
mais ce sont les Bennettitées qui ont présenté les faits les plus importants 
et on peut ajouter les plus inattendus. M. Zeiller analyse notamment, 
avec figures à l'appui, les si remarquables découvertes de M. Wieiand à 
leur sujet, puis il signale les travaux de M. Nathorst sur les mêmes 
végétaux et sur une Cycadée énigmatique. 

Cordaïtées. — Longtemps considérés comme exclusivement pri- 
maires, ces végétaux paraissent avoir vécu dans le Trias, tout le 
Jurassique et avoir peut-être même persisté jusque dans le Crétacé 
moyen. 

Ginkgoacées. — Deux types génériques nouveaux constituent les 
seuls faits méritant d'être signalés pour cette classe. 

Coxdtères. — Les observations assez nombreuses relatives à cette 
dasse, particulièrement aux Abiétinées, ont eu pour résultat principal 
de préciser et de compléter les notions précédenunent acquises, notam- 
ment en ce qui concerne l'époque d'apparition, ou l'attribution exacte 
d'un certain nombre de formes ; elles ont amené cependant la découverte 
de quelques types génériques nouveaux. 

Angiospermes, — Les recherches de ces dernières années ont fait 
justice de tous les fossiles soi-disant angiospermiques ou proangiosper- 
miques qu'on avait cru rencontrer dans les couches secondaires anté- 
rieures au Crétacé inférieur. Cependant deux formes, l'une du Lias moyen 
de Normandie, décrite par M. Lignier sous le nom de Propalmophyllum^ 
l'autre du Bathonien de Stonesûeld décrite par M. Se ward sous le nom 
de PkyllUes, méritent de fixer l'attention, mais sous les plus expresses 
réserves quant à la réalité de leur attribution à des Angiospermes. 

H. Zeiller termine son ouvrage par des considérations sur la succes- 



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232 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

sien des dififérentes flores depuis celle à Glossopleris jusqu'au Crétacé 
supérieur; il fait observer qu'après la localisation de la première, le 
globe a reçu une population à peu près uniforme sur toute son étendue; 
la diversiûcation des flores se manifestant seulement vers la fin du 
Crétacé. Il fait observer que si, à mesure qu'on s'éloigne du début des 
temps secondaires, les formes de Cryptogames et de Gymnospermes, soit 
actuelles, soit très afQnes de celles-ci, augmentent en nombre, l'existence 
d'Angiospermes antérieurement à l'Infracrétacé reste fort douteuse, même 
en ce qui concerne les deux types signalés plus haut. 

P. Fliche. 

DOUIN. — Les Sphœrocarpus trançais {Hevue bryologique^ 34' an- 
née, n^ 6, 1907, p. 105-112, flg.). 

En étudiant le développement des spores des Sphœrocarpus, M. Douin 
a été amené à constater qu'il existe dans le départemant d'Eure-et-Loir 
deux espèces, le Sph, terresiris Sm. et le Sph. californiens Aust., ce 
dernier paraissant plus commun que l'autre. Il est probable que les 
deux espèces existent ailleurs en France et en Europe. On les distingue 
facilement par l'examen de leurs tétrades de spores non encore mûres. 
Voici le tableau donné par l'auteur des caractères différentiels de ces 
deux espèces, qu'une figure rend encore plus nets. 

Sph, califorincus, Sph. terrestris. 

Spores finalement d'un jaune Spores finalement d'un noir 
noirâtre, de 110 à 120 (ji de diam. obscur, de 85 à 90 ji de diam. envi- 
environ ; ron. 

Tétrades de 145 ^ 170 [i de dia- Tétrades de 90 à 120 {ji de dia- 
mètre ; mètre ; 

Alvéoles grandes (20 à 25 |ji de Alvéoles petites (10 à 15 [i de iar- 

. largeur), peu nombreuses (3 à 5 bien geur), beaucoup plus nombreuses (7 

nettes suivant un diamètre trans- à 10 bien circonscrites dans le sens 

versai, non compris celles des bords transversal de la tétrade) et bien 

à aspect différent), toujours visibles visibles par transparence seulement 

par transparence sous le micros- sur des capsules encore jeunes; 
cope; 

Crêtes bordant les alvéoles plus Crêtes très noires, beaucoup plus 

ou moins émarginées, à peine plus é{evées à leurs points de rencontre 

élevées à leurs points de rencontre; et montrant ainsi sur le contour 

d'un jaune pâle ou blanchâtre cou- un grand nombre d'épines noires et 

vertes de très fines papilles, mais aiguës. 

sans épines sur le contoiu*. F. Camus. 

Bulletin de la Société mycologique de France, Tome XXIII [1907] 
(lin volume in-8 de Lxxxvni-260 pages, avec 26 planches, 2 portraits 
et de nombreuses figures dans le texte). 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 233 

Ce volume renferme les articles originaux suivants : 

RiEL (Philibert). — Description d'une Amanite nouvelle de France 
(Âmanita Emilii) du groupe de TA. muscaria. 

Grande espèce à chapeau d'abord jaune crème puis fauve gris pur- 
purescent, pôle au bord, plus foncé au centre qui devient brun ftiligineux ; 
elle est très voisine de Y Amanita muscaria^ mais elle en diflère par sa 
grande taille, sa couleur très différente et Tabsence absolue de la teinte 
jaune orangé de la chair sous la cuticule; ses spores sont aussi plus 
arrondies et la saveur un peu différente. Elle a été recueillie au bois 
Michon, dans TAin, au mois de septembre, sous les Chênes, Bouleaux et 
Trembles. 

Bainier (G.). — Mycothèque de V Ecole de Pharmacie^ IX. Sur dix 
espèces nouvelles de Pénicillium et sur le genre Graphiopsis. 

A la suite de la description des dix espèces de Pénicillium ^ Tauteur 
donne la diagnose suivante du nouveau genre Graphiopsis : < Hyphis 
sursum relaxatls pallidioribus, ampullis claviformibus, spinibus conidi- 
feris ornatis, apice inflatis. Conidiis solitariis, e spinibus ampuUo ortis. 
Differt a Graphio ampullis spinibus conidiferis. » Ce genre est institué 
pour le Graphium fissum Preuss. F. Hoyersw., n° 113 et sa variété Dul- 
camarœ, Sacc. Cfr. Michelia^ I, p. 77, et FI. it., 1. 15. 

Bainier (G.). — Mycothèque de r École de Pharmacie^ X. Sur trois 
espèces de Sporendonema^ dont deux nouvelles. 

Les trois espèces dont il s'agit sont : Sporendonema casei Desm., 
S. Salicis n. sp. et S. Artemisiœ n. sp. 

Bainier (G.). — Mycothèque de V École de Pharmacie^ XI. Pœcilomyces 
genre nouveau de Mucédinées. 

Le genre Pœcilomyces est voisin de Pénicillium et d'Aspergillus; son 
caractère essentiel est d'avoir des stérigmates plus ou moins allongés, 
terminés, comme dans les deux genres précités, par des chapelets de 
conidies, mais disposés de manières très diverses, isolés ou réunis en 
groupes, au sommet du support principal ou sur de courtes ramifications 
latérales, quelquefois sur une sorte de cellule renflée en tête, etc. Le 
P, Varioti^ unique espèce du genre, a été rencontré sur des tiges mortes 
d'osier, au milieu de diverses Mucédinées. 

Sartory (A.). — Cryptococcus salmoneus n. sp., levure chromogène 
des sucs gastriques hyperacides. 

Levure chromogène retirée des sucs gastriques hyperacides, se pré- 
sentant sur milieu gélatine et gélose en colonies d'un beau rose foncé. 
Ce C salmoneus est globuleux, lisse et a 6-8 fi de diamètre ; il bour- 
geonne à la façon des levures et ne donne pas d'ascospores. Il n'est pas 
pathogène pour le lapin, le cobaye et le chien. 



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234 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. 

Sartory (A.). — Élude bibliographique et biologique de TOidium 
lactis. 

VOidium lactis est très fréquent, et son développement peut s'effectuer 
sur quantité de milieux ; toutefois certains aliments (lactoses) paraissent 
peu favorables et, dans ces conditions, déforment son mycélium. Il liquéfie 
lentement la gélatine et la gélose, très faiblement Talbumine coagulée. 
Il ne fait fermenter ni le saccharose, ni le glucose, ni le lactose, ni le 
lévulose. 

Patouillard (N.). — Le Ratia, nouveau genre de la série des Cau- 
loglossum. 

Groupe de Gastéromycètes très voisin de Cauloglossum ; il en diffère 
par sa columelle très réduite et ses spores fauves très pâles. Une seule 
espèce d'un beau rouge : Le Ratia similis de la Nouvelle-Calédonie. 

Mangin (L.) et Hariot (P.). — Sur la maladie du Rouge du Sapin 
pectine dam la forêt de la Savine {Jura). 

Les feuilles des Sapins pectines atteints du « Rouge > ont présenté aux 
auteurs les quatre parasites suivants : Rhizosphœra Abieiis^ Macro- 
phowa Abietis, Cytospora Pinastri et Menoidea Abietis. Le genre nou- 
veau Rhizosphœra est institué pour la pycnide d'une Sphéropsidée crois- 
sant sous Tépiderme des feuilles, traversant les stomates en emportant 
à son sommet un bouchon cireux ; cette pycnide globuleuse se termine 
à la base par des filaments fascicules qui bientôt se disjoignent et ram- 
pent entre les cellules du support. Le genre Menoidea, également nou- 
veau, appartient aux Tuberculariées-mucédinées de Saccardo et dérive 
vraisemblablement d'une Stictée ou d'une Phacidiée. Le Rhizosphœra 
Abietis étant le plus répandu parmi les Champignons observés est peut- 
être la cause principale de la maladie, toutefois les auteurs ne peuvent 
formuler que des inductions ; l'expérience seule permettra de résoudre 
la question. Des essais d'inoculation sont réalisés dans le jardin du 
Laboratoire de Cryptogamie du Muséum et les résultats seront commu- 
niqués ultérieurement. 

Patouillard (N.). — Champignons nopiveaux du Tonkin, 

Description de vingt espèces nouvelles recueillies au Tonkin par la 
Mission scientifique permanente en Indo-Chine, parmi lesquelles il con- 
vient de citer le nouveau genre Dendrosphsera établi pour un Ascomycète 
voisin des Onygena, le D. Eberhardti, 

Patouillard (N.). — Quelques Champignons de l* Afrique occidentale. 

Ënumération des espèces recueillies dans la Guinée française par 
M. BouÉ et au Soudan par M. Chudeau. 

Sartory (A.). — Récolte et emploi de VElaphomyces granulalus, 

A Wangenbourg, village d'Alsace, situé en pleine forêt, à 618 mètres 
d'altitude, VElaphomyces granulatus se trouve en telle abondance qu'il 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 235 

est récolté pour servir de nourriture aux porcs. Pendant les mois d'avril 
et septembre, plus de 300 animaux sont exclusivement nourris de cette 
plante fraîche. Ni le cheval, ni le lapin, ni le chien, ni le cobaye ne peu- 
vent manger VElaphomyces granulaius, 

Sartory (A.). — Étude iiologique de Cryptococcus (Saccharomyces) 
glutinis Fres. 

Bainier (G.). — Mycoihèque de VÉcole de Phaj*macie, XII. 

Descriptions et observations sur Aspergillus clavatus Des'mazières, 
Aspergillus giganteus Wehmer et Aspergillus gracilis nov. sp. 

Bainier (G.). — Mycothèque de VÉcole de Pharmacie ^ XIII. 

Pénicillium caseicolum n. sp., Pénicillium Paxilli n. sp. et Péni- 
cillium exiguum n. sp. 

Bainier (G.). — Mycothèque de VÉcole de Pharmacie^ XIV. 

Scopulariopsis (Pénicillium pro parte) genre nouveau de Mucédinées. 

Bainier (G.). Mycothèque de VÉcole de Pharmacie^ XV. 

Gueguenia, nouveau genre de Mu(jfédinées ; diiïère à'Amblyosporium 
par des rameaux non verticillés et par des conidies solitaires et septées. 

Bainier (G.). — Mycothèque de VÉcole de Pharmacie^ XVI. 

Cephalomyces nouveau genre de Dématiées-dydymosporées. Une seule 
espèce : C. nigricans observé sur des excréments de brebis en Sologne. 

Bainier (G.). — Mycothèque de VÉcole de Pharmacie, XVII. 

Gliocladium roseumnoY, sp. et Cephalosporium Acremonium (Corda). 

DuMÉE. — Note sur TAgaricus pudicus BulL (Lepiota pudica). 

LuTz (L.). — Nouveau procédé de conservation des Champignons 
avec leurs couleurs. 

L*auteur donne les deux formules suivantes permettant de^ former des 
collections de Champignons dans lesquelles ces plantes sont conservées 
avec leurs couleurs. Lorsque la matière colorante est insoluble ou peu 
solubledans Peau, on emploiera un liquide composé d'acétate mercurique 
pur 1 gr., acide acétique crislallisable o cm' et eau distillée 1 litre. 
Lorsqu'au contraire la couleur du Champignon à conserver est très 
soluble dans l'eau, on préparera une solution mère avec acétate mercu- 
rique pur 1 gr., acétate neutre de plomb pur iO gr., acide acétique 
eristalUsable 10 cm' et alcool à 90*^ 1 litre. On fera ensuite un mélange 
à parties égales de cette solution alcoolique avec la liqueur aqueuse 
ci-dessus. C'est dans ce dernier mélange que seront immergés les Cham- 
pignons à conserver. 

Bainier (G.). — Mycothèque de VÉcole de Pharmacie; notes XVIIl 
à XX. 

Scopulariopsis repens et communis n. sp. ; Gonatobotryum fuscum 
Sacc., Gonatobotrys simplex Corda, Arthrobotrys superba (Corda); 



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236 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. 

évolution du Papulospora aspergilliformis et étude de deux Ascodesmis 
nouveaux (A. reticulata et A. echinulata). 

Maublanc (a.). — Sur quelques Champignons inférieurs nouveaux 
ou peu connus. 

Physalospora populina n. sp. sur les rameaux morts du Peuplier de 
Caroline, Sphœrella Tabaci n. sp. sur les tiges de Nicotiana Tabacum^ 
Hysterostomella elœicola n. sp. sur les feuilles de VElœis guineensiSj 
Phoma Nicotianœ n. sp.,sur les tiges de Nicotiana Tabacum, Cytospo- 
rina Halimi sur les rameaux morts de YAtriplex Halimus et Cama- 
rosporium Persicœ n. sp. sur les rameaux morts du Pécher. 

Maublanc (A.). — Ceratopycnidium, genre nouveau de Sphéropsi- 



Genre établi pour une plante croissant sur les sécrétions d'un insecte 
sur les deux faces des feuilles du Mandarinier à Brazzaville ; cette plante, 
le Ceralopycnidium citricolum, forme des pycnides noires, superflcielles, 
en forme de cornue prolongée en yn bec plus ou moins recourbé, large 
et aplati, contenant des stérigmates portant des spores biceliulaires et 
hyalines. 

Mangin (L.). — Note sur la croissance et rorientation des réceptacles 
^{'Ungulina fomentaria. 

En onze mois au maximum, des réceptacles d'Amadouvier ont atteint 
une taille de 40 centimètres de longueur, sur 20 centimètres d^épaisseur. 

Hariot (P.). — Note sur un Oidium du Chêne, 

Les jeunes pousses des Chênes, dans les coupes de Tannée, ont été 
attaquées cet automne dernier par un Oidium^ qui s'est montré avec une 
remarquable abondance. L'absence de réceptacles ascophores ne permet 
pas l'identification certaine de l'espèce, mais un examen comparatif fait 
penser que, sans trop de témérité, on peut attribuer le parasite au Micro- 
sphœra Alni. 

Maublanc (A.). — Sur la maladie des Sapins produite par le Fusi- 
coccum abietinum. 

Pour l'auteur, la maladie dite du Rouge des Sapins est uniquement pro- 
duite par le Fusicoccum abietinum Prill. et Delacr., qui attaque presque 
toujours les branches situées dans les parties basses de l'arbre. La lésion 
produite par ce Champignon est très caractéristique : la portion atteinte 
est comprise entre deux bourrelets circulaires placés à chaque extrémité 
d'un étranglement sur lequel se trouve le parasite. Toute la partie située 
au delà de la zone tuée par le Fusicoccum est envahie après sa dessicca- 
tion par de nombreux saprophytes signalés et étudiés par divers auteurs; 
un des plus fréquents est le Rhizosphœra Abietis Mangin et Hariot que 
M. Maublanc considère comme étant le Coniothyrium Pini de Corda. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 237 

USacidium A bietis, Ondemaus serait une deuxième espèce de Rhizo- 
sphaera que Fauteur désigne sous le nom de R. Oudemansii. 

Arnould et GoRis. — Sur une réaction colorée chez les Russules et 
les Lactaires. Application à la diagnose de certaines espèces. 

Le réactif sulfoyanillique de Ronceray (eau 2 volumes, acide sullïirique 
i volumes, vanilline gr. 25) communique à la couche hyméniale des 
Champignons, une coloration rosée variable dans la nuance et dans 
l'intensité, mais toujours très évidente. Chez les Lactaires la coloration 
est double : les basides se teignent en rose carmin et les cystides, comme 
aussi les laticifères, en bleu. Chez les Russules, seules les espèces acres 
ou très acres donnent la coloration bleue des cystides. 

Sartory et Démanche. — Étude dCune levure (Cryptococcus Rogerii) 
isolée d*un pus de péritonite par perforation de V estomac» 

L'organisme qui fait l'objet de cette étude n'a pas fourni d'ascospores. 
Son optimum cultural est au voisinage de -h 30* et -h 35°. Le développe- 
ment de cette levure peut s'effectuer sur beaucoup de milieux; toutefois 
certains d'entre eux (carotte, bouillon pepto-glycériné, Raulin) sont plus 
favorables. Le Cryptococcus Rogerii sécrète de Tinvertine, produit la 
fermentation alcoolique et dédouble le glucose et le maltose. Il coagule 
le lait, précipite la caséine sans la peptonifler. Il est pathogène pour le 
lapin. 

GuBGEN (F.). — Recherches biologiques et anatomiques sur le Xylaria 
Hypoxylon. 

Chacun des éléments de l'appareil conidien du Xylaria Hypoxylon 
produit à son sonmiet, non pas une seule conidie, comme on l'avait admis 
jusqu'à présent, mais un très grand nombre de ces corpuscules, peut-être 
une centaine. La saison chaude parait suspendre la production des coni- 
dies, les dernières en date sont toujours les plus voisines du sommet de la 
davule. L'allongement du conidiophore et la production des conidies ne 
paraissent s'effectuer que sous l'influence des radiations lumineuses. 
Des Xylaires desséchées à l'air libre pendant près de six mois, puis 
replacées à l'humidité, sont susceptibles d'émettre de nouvelles clavules ^ 
des résultats analogues peuvent être obtenus lorsqu'on divise la Xylaire 
en plusieurs fragments : la plante se comporte alors comme un véritable 
sclérote. Le mycélium seul, à l'exclusion des appareils conidiens, est doué 
de phosphorescence. Une Xylaire doit être considérée comme un véri- 
table Coremium et non comme un strome dont le sommet serait couvert 
de basides : la légitimité de cette interprétation est confirmée par l'ob- 
tention de formes conidiennes simples. 

Bainier (G.). — Mycothèque de C École de Pharmacie^ XXI à XXIIL 
Quelques espèces de la tribu des Céphalidées ; Trichurus gorgonifer 



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238 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

n. sp.; les genres Hypomyces, Trichocladium et Acremoniella com- 
parés au genre nouTeau Chlamydomyces. 

N. Patouillard. 

MARNAC (D'). — Florule de Sainte-Croix, Cassis (B.-du-R.). 

Extrait de la Revue Horticole des Bouches-du- Rhône, IS pages in-8. 
Marseille, 1906. 

Après une visite, en 1905, au coteau de Pépiole près de Sanar>' (Var), 
Sainte-Croix non loin de Cassis (B.-du-R.) a fourni à Tauteur une 
seconde contribution pour Toeuvre importante d'une Flore de Provence 
demeurant, hélas! un projet transmissible à nos petits-neveux. Le doc- 
teur Marnac a consacré le printemps, Tété et l'automne 1905 à dresser 
Tinventaire de toutes les Phanérogames notées dans le susdit endroit, 
où, chaque semaine, dans une après-midi, il portait ses pas. 

< La méthode, explique notre confrère, qui consiste à explorer, en 
« toutes saisons, une étendue de terrain assez circonscrite pour être 
€ certain qu'aucune des plantes qui végètent à sa surface n'a pu échapper 
< aux investigations de Therborisateur, offre l'avantage d'étudier les 
€ plantes dans toutes les phases de leur évolution et de ne récolter que 
€ des échantillons bien complets ; elle permet surtout de fixer l'attention 
« sur des espèces en apparence communes, chez lesquelles un examen 
« plus approfondi fait découvrir des formes ou variétés qui sont souvent 
€ de précieuses trouvaiUes. La nature sème partout ses trésors, et c'est 
<( dans les endroits les plus arides, les moins attrayants et partant les 
c moins explorés, que l'on a le plus de possibilité de trouver du nou- 
€ veau. » 

S'inspirant de ces données, M. Marnac est parvenu à recueillir environ 
160 espèces ou variétés aux flancs de la colline cassidéenne élevée de 
155 mètres sur mer et portant une chapelle connue sous le vocable de 
Sainte-Croix. Certes les trois quarts des plantes croissant là ne sont 
point rarissimes en Provence; mais le dernier quart a été assez satisfai- 
sant pour engager l'auteur de la Floi^le à adopter encore, Tan prochain, 
sur le littoral, un recoin devant être soumis à cette étude systématique. 

Nos jeunes adeptes de botanique rurale feraient bien d'adopter ce sage 
programme, à coup sûr préférable à la tradition qu'il faut parcourir en 
un jour de grandes étendues kilométriques et contempler, à chaque 
sortie, un horizon nouveau ! Alfred Reynier. 

MARNAC (D'). — Florule de Taurœntum, plage des Lacques, 
Saint-Cjrr (Var). Extrait de la Revue Horticole des Bouches-du- 
Rhône. 50 p. in-8°. MarseiUe, 1908. 
« Taurœntum est une ancienne ville maritime depuis longtemps ense- 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 239 

€ velie dans le sable, au golfe des Lecques, près de Saint-Cyr, vis-à-vis 
c de La Ciotat. Ce lieu est intéressant par la présence du Viola arbo- 
I rescens L. dont les fleurs sortent, en automne^ des touffes d'Astragalus 
€ massiliensis où elles semblent se cacher pour se garantir de la dent 
< meurtrière des chèvres. » Telle est, à ma connaissance, la plus 
ancienne Notice (Robbrt, Plantes qui croissent naturellement aux 
environs de Toulon, 1838) par laquelle cette localité fut signalée aux 
botanistes. Jusqu'à la création du chemin de fer de la Côte d'Azur, peu 
dlierborisateurs visitèrent cette plage déserte; aujourd'hui le voisinage 
d'une gare permet d'y venir sans trop de temps perdu pour Taller- 
retour, Marseille et Toulon constituant deux centres à peu près équi* 
distants de Saint-Gyr. 

M. le docteur Marnac a choisi un périmètre circonscrit N., S. et E. 
aatoar de l'emplacement de l'antique Tauroentum, le flot salé formant la 
limite W. ; et, d'avril à octobre 1906, s'y rendant une fois par semaine, 
il a relevé les Phanérogames qui croissent sur les dunes, dans les ravins, 
les petits marécages, les parties boisées et cultivées. 

L'inventaire, ou Florule, qui nous est offert sort de l'aridité des listes 
établies après des courses consacrées à une mise précipitée en boite ou 
cartable. Non sans profit on lira les observations de M. Marnac faites en 
cours de détermination. Le résultat des récoltes, du printemps à 
l'automne, a été assez productif pour la statistique botaniq^ue générale 
delà Provence, laquelle se trouve enrichie tout au moins d'une curieuse 
yméié parvifolius de VAstragalus monspessulanus L. 

Si, chacune à son tour, les principales localités du littoral, entre le 
Rhône et la Roya, étaient l'objet d'une pareille exploration suivie, nous 
posséderions vite des documents aussi instructifs qu'utiles; à cet égard, 
l'auteur mérite des remerciements sincères pour continuer vaillamment 
à prêcher d'exemple. Alfred Reynier. 

SARGENT (C. S.) — Trees and Shrubs (nov. 1902-avril 1905), 4 par- 
ties, en tout 100 pi. et 217 p. Prix 100 fr. le vol. 

Espèces figurées * : Juglans mexicana, * Cratœgus durobrivensis^ * C. 
Laneyi, * C, Coleœ, C. maloides, C. luculenta^ C, fruticosa, C, palu- 
dosa, Eupatorium Lœsenerii, Senecio Robinsoniana, Styrax Rnmi- 
resti, * Faxonanthus (n. 9) Pringlei, * Ehrelia viscosa, Berberis Lie- 
boldii, ïlex sei'rata, Acer capillipes, A, Tschonoskii, Malus Halliana, 
Vibumum Wrightii^ * Lonicera saccata, " L. Kœhneana, * L, ferru- 
ginea, L. arizonica, L. Griffithii, Enkianthus subsessilis, Guatteria 
grandiflora, G. dolichopoda, * Cratœgus Reverchoni, * C. Patmeri, 

1. Les espèces nouvelles sont précédées d*un *. 



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240 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

* C. Dallasiana^ * C. faslosa^ C. Treleasii, * C. speciosa^ * C. Smithii, 

* C, micracantha, * Malus Sargenti^ * Eriolobus Tschonoskii^ Ribes 
fasciculatum, Cornus Purpusi, X * Cornus Arnoldiana^ C. ùrachypoda^ 
Viàurjium Sargentii, V. venosum, Lonicera MyrtUlus^ L, thibetica, 
L. iragophylla^ X Tecoma hy brida, * Picea morindoides, * Solanum 
Molinum, Euphorbia Luciismithii, Magnolia pyramidata, * Liriodefi" 
bron chinense, Cratœgus pausiaca, * C. insignis, * C, disjuncta, * C 
bellula^ * C. lanuginosa, * C, induta^ * C Kelloggii^ * C. Faxoni, Tilia 
mongolica, Euonymus Sieboldianus, Euonymus Bungeanus^ * E. 
patens^ E. radicanSy Acer argutum, A. diabolicum, * Vibumum, 
bracteatum, Lonicera Webbiana, L. interrupta^ Ligustrum ciliatum^ 
L, amurense^ * Cryptocarpha (n. g.) Nelsoni, Vaccinium Poasanum^ 

* Pinus terthrocarpa, Acer truncatum, A. Oliverianum^ A. sinense, 
*A. Wilsoniy A, erianthum, * A, flabellatum, A. caudatum, var. Uku- 
Hmdense, A, Davidi, A. urophyllum^ A. tetramerum, A. barbinerve^ 
A. Franche.ti (à propos de celte espèce, l'auteur a donné une clef des 
Erables de l'Asie orientale, avec énumération des espèces, synonjmie et 
patrie de chacune), Parthenocissus quinquefolia, P. dumetorum^ * P. 
texana, * Malus Zumi, * Oroxylum flavum, Phellodendron amurensCy 

* P. sachalinense^ P, japonicum^ * Arctostaphylos virgata, * A.vestita, 

* Dracœna americana, * Pinus Aliamirani^ * P. Pringlei. Ce volume 
renferme les descriptions de 2 genres nouveaux et de 47 espèces sans 
parler des variétés. Les autres espèces flgurées sont déjà connues, mais 
depuis peu entrées dans les pépinières. Gagnepain. 



Le Secrétaire-rédacteur, gérant du Bulletin. 
F. Camus. 



Coulommiers. Imp. Paul BRODARD. 



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'&<S5^f52^fi^ 



BULLETIN 



DE LA 



F F_ 



SOCIETE BOTANIQUE 



DE FRANCE 



FONDÉE LE 23 AVRIL 185^1 

ET RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE 

PAR DÉCRET DU 17 AOUT 18T5 

TOME CIlNQUANTE-CINQUIÈME 

(Qnatrlâme «érie — Tome VIII) 



Séance d'Avril 1908. 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

BUE DE GRENELLE, 84 



^l^lJb^ô^ 




Le Bulletin de la Société botanique de France paraît par livraisons mensuelles. 
L€ Bon à tirer de ce numéro a été donné ie 5 juin 1908. 



^^^y^ 



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AVIS 



L^adressede M. Fernand CAMUS, Secrétaire-rédacteur, est Villa des Gobeîins, 
n^ 7, Paris, XI1I\ 



Tarif des tirages à part. 

Un tirage sous presse do 25 exemplaires est 'accordé graïuiiement à Messieurs Jes Âatenrs qui en 
feront la demande en remettant leur manuscrit. — Les Auteurs qui préfèrent des tirages ù. part avec 
réimposition, bénéiicieroat en compensation d'une réduction de 3 fr. 60 sur les prix du tarif ci-dessous 



NOMBRE DE FEUILLES 



Une feuille {10 pages), réimposition, papier, tirage, 
pliure, piqûre et coavermro passe- par tout, de 
couleur 

Trots quarts de feuille (12 pages) 

Demi- fouille '8 papes) 

Quart de feuille v4 pages) 



2» feuille en sus de la première 

Trois quarts de feuille en sus d une feuille. 
Demi- feuille en sus d'une feuille. . . . . 
Quart de feuille — 



25 

EXEMPt. 



fr. c. 

10 20 
9 60 
6 • 
4 80 

9 . 

8 40 
4 80 
3 60 



50 


EXEMPL. 


fr. c. 


11 40 


10 80 


7 20 


6 * 


10 20 


9 60 


6 » 


4 80 



100 

EXEMPL. 



fr. c. 

13 20 
12 60 
9 60 
S 40 

Il 40 
10 80 
7 80 
7 20 



200 

EXE.MPL.. 



fr. C. 

18 » 
16 80 
14 40 
10 80 

14 40 
13 80 
10 20 
9 Ou 



500 

EXEMPL. 



fr. c. 

28 80 
26 4U 
21 60 
16 80 

21 60 
19 20 
16 80 
14 40 



Tirage supplémentaire sam réimposition, conformo aux exemplaires gratuits, prix uniiorme par 

15 exemp. 5U exemp. 75 exemp. 100 exemp. 

" 4 fr 50 4lr.80 



feuille ou fraction de feuille; , 

Supplément de fr. 30 par 25 exemplaire» en plus. 

La composition d'un titre dcntrée spécial d'un tiers de pare est de 1 fr. 20. 

La composition d'un grand litre d'une page est de 3 fr. 60. En plus les frais de tirage et de papier {*}. 

La composition d'un faux-tiire est de 2 fr. 40. En plus les frais de tirage et de papier i*). 

La composition d'une couveriare imprimée, sans [)ai.'e d'annonces, est dp 2 fr. 40 si le titre c>: 

la répétiuon de celui dé la brochure, et de i fr. 80 si Je titre est fait seulement pour la cûU\cr 

ture. En plus les frais df> (inu^e et de papier :'). 
L'addition à la couverture passe-partout du titre de la communication composé en caractères ùii 

texte est comptée 2 fr. lOr 
.S'il y a des corrections, elles sont comptées on sus fr. 05 l'heure. 

Une gravure dune page, intercalée dans le texte, entraîne un supplément de tirage de 2 fr. 40. 
Une gravure d'une demi-page. 1 fr. SO. 
Tout travail do remise en pages, cest-à-dire entraînant une modification dans la disposition des 

pages du Bulletin, sera fait à ce Tarif yj^^/ 2 t>.^70 * i fr.^'èO ' WTTl^' 

*) Les frais de tirage et de papier des titres et couvertures seront comptés suivant le tarif du haut de ce 
tahlpon. 



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SÉANCE DU 10 AVRIL 19^08. 

Prksidenge de M.-L. MANGIN. 

M. F. Camus, vice-secrétaire, donne lecture du procès- 
verbal de la séance du 27 mars 1908, dont la rédaction est 
adoptée. 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance , 
M. le Président proclame membre de la Société : 
M. Menu, docteur en pharmacie, à Lons-le-Saulnier (Jura), 
présenté par MM. Guinard et Guérin. 

DONS FAITS A LA SOCIÉTÉ 

Bonnier (G.), Le Monde végétal. 

Catta, Le premier foyer phylloxérique du département d^ Alger. 

Cayeux, Les tourbes immergées de la côte bretonne de la région d e 
PlougasnoU'Pnmel. 

Christensen, Revision of the american species of Dryopteris of the 
groupe ofD. oppositifolia. 

Duggar, The relation of certain marine Algœ to various sait solutions. 

Flore générale de I Indo-Chine^ publiée sous la direction de M. H. Le- 
comte, t. VI, fasc. 1. 

Harmand (Abbe'. Lirhens de France, Catalogue systématique et des- 
criptif, III. 

Hue (Abbé), 7 rois Lichens nouveaux. 

— , Lichens Tarbelliens. 

— , Anatomie de quelques espèces du genre Collema HilL 
Linbauer, Winner Festschrift. 

Roux (CI.) et (lolomb (A.), Catalogue des plantes nommées par 
Alexis Jordan. 
Slebbing, A Mote on the Lac Insect. 

— , On some Assam Soi (Shorea robusta) Insect Pests. 
Schusler (Jules), Zur Systematik von Gastalia und Nymphaea. 

Toni (G.-B. dei, fllustrazione del secondo volume delV herbario di 
Ulisse Aldrovandi. 

Der botanische Gnrten und dos botanische Muséum der Universitât 
Zurich in Jahrp 1907. 

T. LV. (séances) 16 



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242 SÉANCE DU 40 AVRIL 4908. 

New-York Agricultural Expérimental Station Bulletin^ 287-289, 
293-298, et lechnical Bulletin, n«» 3-5. 

Missouri botanical Garden, eighteenth Report, 4907. 

Bulletin of the Scientific laboratories of Denison University Tra- 
vaux, rv, V, VI. 

M. Lutz, secrétaire général présente un volumineux 
travail du général Paris intitulé Florale bryologique de la 
Guinée française. Ce travail est destiné aux Mémoires de 
la Société. 

M. F. Camus analyse le travail ci-dessous de M. Bonati : 
Sur quelques Pédiculaires chinoises nouvelles ; 

PAR M. G. BONATI. 

Dans le courant de Tannée dernière, je publiais ici même, 
les descriptions des espèces nouvelles du genre Pedicularis 
récoltées en 1903, par le R. Père Soulié, dans les environs de 
Tsékou. Depuis, M. le Professeur Lecomte a bien voulu, avec 
une bienveillance dont je lui suis infiniment reconnaissant, me 
confier les matériaux recueillis en 4904, par le même collecteur 
à Zambala et à Yargong. Cette dernière localité est particu- 
lièrement riche en formes nouvelles, et il est très intéressant 
de constater que certaines espèces de ce coin du Thibet 
méridional présentent de grandes affinités avec des espèces 
récoltées par Przewalski et Potanin dans la Mongolie ou dans 
le Thibet septentrional. Telles sont, par exemple, les espèces 
suivantes : P, Gamieri Bon. dérivé du P. craniolopha Maxim, de 
même, d'ailleurs, que le P. birostris Bur. et F. ; P. ramosissima 
Bon. intermédiaire entre le P. gracilis Wall, et le P. cristata 
Maxim.; P, Steiningeri M. dérivé du P. ingens Maxim.; 
P. microphyton Bur. et Ft. var. purpurea Bon., fort voisin du 
P. Przewalskii Max. ; à signaler aussi la présence dans cette 
région du P. lasiophrys Maxim, à côté de P. cinera^cens Ft, 
qui en est très voisin, et du P. tristis L. var. macrantha 
Maxim, ce dernier existant d'ailleurs au Hupeh (Wilson) et 
dans la région de Ta-Tsien-Lou. 



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G. B0NAT1. — SUR QUELQUES PÉDICULAIRES CHINOISES NOUVELLES. 243 

Je joins à cette étude la description sommaire d*une variété 
du Pedicularis Petitmengini Bon., récoltée au Shensi par le 

R. P. GiRALDI. 

Pedicularis latituba Bonati sp. nov. 

Cni-yel pluncaulis. Radix verticalis, elongata, annua; scapi erecti vel 
adscendentesy 4-5 cm. longi, simplices, cylindrici, plus minusve villosi. 
Folia radicalia multa, longe petiolata, petiolis alatis, i-2 cm longis, limbo 
lineari-lanceolato, glabro, pinnato; lobis 9-11-jugis, deltoideis, 2-4 mm. 
longis, profunde serratis. Folia caulina alterna vel interdum in scapis 
lateralibus opposita, longe petiolata (15-20 mm.), radicalibus similia, 
ampliora. Bracteœ omnes foliiformes. Flores axillares, in summa parte 
scaporum primorum fasciculati, in scapis lateralibus oppositi, longe 
pedunculati (2 cm). Calyx usque ad médium antice (issus, tubo membra- 
naceo, 8-10 mm. longo, nervis eminentibus, non reticulatis; dentibus 3, 
quorum superior cuneiformis, integer, parvulus (l-2mm), lateralibus 
3-5 mm. longis, pedicellatis, foliaceis, pinnatisectis, lobis pinnatifldis. 
GoroUa purpurea, tubo 3-4 cm. longo, 2 mm. lato, dense villoso, erecto. 
Galeabasi horizontalis(3-5 ram.),abj-upterectangulata, verticaliter 5-6 mm. 
longa, summo horizontalis, rotundata, abruple in rostrum falcatum 
nutans, lineare, 2-3 mm. longum, 0,5 mm. latum, summo bifldum, desi- 
nens labio inferiore galeam superante, 20 mm. lato, profunde trilobato, 
lobis subœqualibus, emarginatis, margine ciliatis. Stamina ad faucem 
inserta, filamentis villosis. Capsula? 

Hahit. — Yargong {Soulié), n» 3754, 1903. 

Plante appartenant au groupe des Siphonanthâp, voisine du Pedicu- 
laris siphonantha Don., mais bien caractérisée par son tube relativement 
très large, velu, par ses longs pédoncules, par son casque et son rostre 
semblables à ceux du P, Mussoti Ft et, enfin, par ses filets tous velus. 

Pedicularis Garnieri Bonati. 

Ânnua. Radix fusiformis, simplex, verticalis. Scapus 10-12 cm. altus, 
erectus, simplex, vel basi ramosus, villosus, foliosissimus. Folia radicalia 
evanida, 7-8 cm. longa, petiolata (petiolis 3 cm.) ovato-obtusa, glabra, 
limbo pinnato; lobis 15-20-jugis, lanceolato-acutis, profunde dentalis, 
inferioribus in petiolum decurrentibus ; folia caulina alterna, 4-5 cm. longa» 
(petiolis 1 cm.), semi-amplexicaulia, margine dense ciliata. Bracteœ omnes 
foliaceœ, calycem superantes, basi laùatœ. Flores axillares, inferiores 
distantes, superiores maxime approximati, omnes breviter pedunculati, 
pedunculis î) mm. longis, glabris. Calyx amplissimus, tubo membranaceo 
glabro, 1 cm. longus, antice paulo fissus, 40 nervis eminentibus prœditus, 
dentibus 3 inœqualibus, summo 2-4 mm. longo, lanceolato, pinnato acute 
5-7-lobato, lateralibus valde majoribus (40-12 mm.) pinnatisectis lobis 
7-9-pinnatindis, inferioribus usque ad 5 mm. longis. GoroUa lutea, tubo 
erecto, 3-5 cm. longo, îineato, villoso. Galea falcata, erecta, 7-40 mm. longa, 
ampla, cristata, abrupte in rostrum rectum vel incurvatum, filiforme, 
3-4 mm. longum, summo vix incisum, desinens; labio inferiore 45-20 mm. 
longo ac lato, margine ciliato usque ad tertiam longitudinis partem trilo- 



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244 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

bato; lobo medio lateralibas minore, haud emarginato. Stamina ad faacem 
inserta, ûlamentis omnibus villosis. Capsula et semina 

Habit. — Yargong [R. Soulié), n« 3763, juillet 1904. 

Plante élégante, voisine du P. craniolopha Maxim, et du P. birostris 
Franch. Elle difière du premier par ses tiges allongées, son calice 
à 3 lobes tous foliacés, son bec court, non sigmolde, mais rappelant 
celui du P. Mus$oH F., sa lèvre ciliée. Elle se distingue aisément du 
second par son bec à peine bifide, par ses bractées laineuses à la base et 
par ses filets velus. 

Pedicolaris microphjrton Bur. et Ft yairpurpurea Bonati. 

A specie typica differt : 

1* Floribus purpureis, galea nigrescente. 

2^ Galyce solum bi-vel tri-dentato. 

3* Labio inferiore ciliato. 

Species a P. Przewalskii Maxim, vix labio ciliato ac calyce 2'3-dentato 
distincta, quse a P. microphyton Ft vix distingui potest floribus luteis : ex 
duabus species una fortasse oriri débet. 

Habit. — Yargong (Soulié), n" 5289 et 3753 (1904). 

Pedlcularls heterophylla Bonati sp. nov. 

Radix prorepens. Scapi multi, simplices, graciles, patuli vel adscen- 
dentes, 5-20 cm. longi, gtabri vel vix basi villosi ; foliis glabris, oppositis, 
inferioribus caducis, longe petiolatis, usqueadlOcm. appropinquantibus, 
pinnatissectis ; iobis petiolulatis, profunde pi nnati parti tis ; lobulis acutis- 
simis; foliis mediis ac superioribus pinnatisectis, Iobis 15-20 petiolulatis, 
longinquis, pinnatipartitis, lobulis sive obtusis ac prope integris, sive 
incisis, dentibus obtusis vel vix acutis. Petiolus limbum squans, basi 
dilatatus ac ampiexicaulis, margine pilis longis fuscisque ciliatus. Flores 
axillares; pedunculis glabris, 2-4 cm. longis, erectis vel patulis; calyce 
villoso, tubo campanulato, 4 mm. longe, 10-nervato; nervis eminentibus, 
non reticulatis; Iobis 5, tubum superantibus, omnibus foliiformibus, basi 
longe stipitatis. Corolla glabra, tubo cylindrico, erecto, calycem duplo 
superante; galea tubum squante, rectangulata, in rostrum parvum vix 
arcuatum, partem transversam galeae aequans, P. filiculx simillimum, 
attenuata; labio inferiore 1 cm. longo, glabro, galeam vix superante, 
trilobato; Iobis rotundatis, subsequalibus, in medio prominentibus, trun- 
calis, margine glabris. Stamina infra médium tubi inserla, filamentis 
anticis basali hirsutis. Capsula et semina 

Habit. — Yargong, dans les forêts (R. P. Soulié), n« 3348, 1903. 

Appartient au groupe des Axillares de Maximowicz. Diffère du 
P. axillaris Ft dont il est voisin, par ses tiges diffuses, la forme de ses 
feuilles, par ses pédoncules charnus et glabres, par son bec plus court et 
moins grêle et par sa lèvre inférieure à marge non ciliée. Diffère 
du P. filicifolia Hemsl. par ses feuilles d'une autre forme, plus longue- 
ment pétiolées, à lobes plus nombreux et 'plus profondément divisés, 



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G. BONATI. — SUR QUELQUES PÉDICULAIRES CHINOISES NOUVELLES. 245 

par son calice à lobes tous foliiformes; se distingue d'ailleurs nettement 
de tous deux par la lèvre inférieure à lobes subégaux. 

Pediciilaris Petitmengini Bonati var. diasecta Bonati. (Syn. : 
P. Davidii var. flaccida Diels). 

A Pedieulari Petitmengini Bonati (BuUet. Herb. Boissier 1907, T. VII, 
n» 7) differt : 

i^ Foliis profunde dissectis, lobis paucioribus, angustioribus, etiam 
saperioribus, yalde distantibus. 

2^ Pedunculis gracilioribus, glabris, longioribus. 

Z^ Galycis omnino glabri dentibus lateralibus profunde trisectis. Sœpe 
invenitur dens quartus inchoatus. 

4® Capsula minus extrorsum versa, apice brevi ac recto. 

Habitai. — Shen-Si septentrional {R. P. Giraldi), 1898 et 1899, 
n- 1230, 5528, 5533, 5567, 5568, 6569 in herb. Mus. Florence. 

Pedicularis aquilina Bonati sp. nov. 

Rhizoma horizontalis. Scapi multi, decumbentes, 20-30 cm. longi, angu- 
losi, glabri vel, in sulcis, pilis albidis prœditi, simplices vel paulo ramosi, 
moUiter foliati. Folia radicalia caduca, caulina alterna, petiolata; petiolis 
glabris, 1 cm. longis; limbe ovato-elliptico, 1-3 cm. longo, pilis rugosis 
sparso, pinnatisecto ; lobis 6-8-jugis, lanceolato-acutis, pinnatifidis, lobulis 
acutis. Bracteœ foliaceœ, petiolulatœ, flores œquantes vel paulo superantes. 
Flores axillares, distantes, pedunculis 2 cm. longis, gracilibus, plus 
minusve flexuosis. Galyx glaber, usque ad médium ûssus, subspathaceus, 
tubo 5 mm. longo, membranaceo, perlucido, 10-nervato; nervis vix emi- 
nentibus, obscure reticulatis; dentibus 5 basi filiformibus, summo (label- 
lato, similibus, subœqualibus, 3-5 mm. longis. Gorolla purpurea, parva, 
tubo brevi, calyce incluso. Galea erecta, tubo longior, acutangulata, fauce 
hue et illuc dente acuto praedita, (inter dentés adest depressio rotunda), 
abrupte in rostnim filiforme, paulo incurvatum, horizontale, 5-6 mm. lon- 
gum, summo haud fissum, desinens; labio inferiore galeam œquante, 
7 mm. longo, 15 mm. lato, glabro, superficialiter trilobato; lobis lateralibus 
orbicularibus; medio multo minore, non eminente, 3 mm. longo, 2,5 mm. 
lato. Stamina infra médium tubi inserta; ûlamentis omnibus villosis. 
Capsula et semina 

Habit. — Yunnan (R. P. Ducloux) sans n" (herb. Mus. Paris.) 
Plante appartenant au groupe des Resupinatœ Maxim., dans lequel 
elle occupe une place spéciale, grâce à ses tiges grêles, ses longs pédi- 
celles, son tube court, son bec relativement très long et son casque à 
gorge dentée. A quelques analogies avec le P. axillaris Ft, dont elle 
s'éloigne par le tube de la corolle très court et surtout par son calice 
fendu à Tavant. 

Pedicularis DuclouxU Bonati sp. nov. 

Radix recta, filiformibus fibris munita. Gaulis unicus, simplici scapo, 
45 cm. altus, ûstulosus, angulosus, in sulcis gerens lineali-parallelos pilos, 



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246 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

alias glaber. Folia radicalia caduca, caulinaquadri-verlicillata verticillisdis- 
tantibus, longe petiolata, petiolis iO-25 mm., glabriset alatis, limbo glabro, 
membranaceo, ovato-acuto, 3-5 cm. longo, pinnatisecto, lobis 5-7-jugis 
sessilibus, oblongis, acutis, 10-15 mm. longis, pinnatiildis. Bracteae infe- 
riores foliiformes, superiores basi membranaceaB, dilatatae, semi-amplexi- 
caules, summo lineares, foliacœ, profunde incis». Flores 4 in verticiilis 
distantibus conjunctî, pedunculati, pedunculis 3-5 mm. longis, glabris, 
fîliformibus, erectis. Tubus calycis membranaceus perlucidus, paralleliter 
10-nervatus, non reticulatus, 5-8 mm. longus, 5-dentatus, dente summo 
lateralibus minore, lanceolalo, acutissimo ; illis tubnm œquantibus lineato- 
lanceolatis, summo vix dilatatis, obscure incisis. Corolla lulea, cum galea 
rubescente, tubo calycem œquante. Galea erecta, fauce lato, tubum 
œquans, in rostnim sigmoideum, nigrescens, filiforme, galeam ajquans, 
abrupte desinens;labio inferiore marginepilispaucis, longis articulatisque 
ciliato, 1 cm. longo, 2 cm. lato, profunde trilobato, lobo medio non emi- 
nente, duplo lateralibus breviore, haud cucullato. Stamina ad faucem 
inserta, filamentis 2 pilis paucis additis, aliis glabris. Capsula et semina.... 

Habit. — Yargong, dans les forêts (R. P. Soulié), n^ 5197, 1904. 
(Herb. Mus. Paris.) 

Plante de la section des Tenuirostres, à calice semblable à celui du 
jP. longipes Maxim. Elle a quelques relations avec le P. gyrorhyncha Ft, 
mais s'en distingue à première vue par ses sépales à peine dentés et son 
rostre sigmolde. 

Pedlcularls ramoslsslma Bonati sp. nov. 

Radix? Scapus altissimus, basi glaber, ad summum et in ramis villoso- 
hirsutus, ramosissimus, ramis 3-verticillatis, adscendentibus vel erectis, 
25-30 cm. longis, ramos oppositos gerentibus. Folia caulina caduca; 
ramealia 1-2 cm. longa, sessilia, pinnatisecta, lobis 3-4-jugis distantibus, 
latis, lineali-acutis, profunde incisis. Bracteœ foliaceae, basi dilatatœ 
sessiles. Flores 3- verticillati, verticiilis distantibus, inferiores cum pedun- 
culis glabris, 5-7 mm. longis, superiores fere sessiles. Galyx glaber, tubo 
membranaceo, 4-5 mm. longo, antice non fisso, nervis 10 evidentissimis, 
haud reticulatis, dentibus 5 sequalibus, 1 mm. longis, basi patulis, summo 
flabellatis. Tubus corollœ erectus, calycem non superans. Galea erecta, 
tubum œquans, cristata, in rostrum rectum, 4-5 mm longum desinens ; 
labio inferiore brevissimo, 4-5 mm. longo, margine molliter ciliato, super- 
ficialiter trilobato ; lobo medio lateralibus minore, paulo eminente, summo 
cucullato. Stamina ad basim inserta, filamentis glabris. Capsula ovata, 
calycem non superans, 5-7 mm. lata, in mucronem obliquum attenuata. 
Semina profunde reticulata, 2 mm. longa, 1mm. lata. 

JïabU. — Yargong {R. P. Soulié), n° 8283, août 1904 (Herb. Mus. 
Paris). 

Espèce appartenant à la section des Tenuirostres Prain, recueillie à 
une saison trop avancée, devant être étudiée à nouveau sur des exem- 
plaires en meilleur état de floraison. Elle est à classer à côté du P. gra^ 
cilis Wall, dont elle a le port. Elle en diffère nettement par son casque 



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G. BONÀTI. — SUR QUELQUES PÉDICULAIRES CHINOISES NOUVELLES. 247 

muni d'une crête, par ses lobes calicinaux flabellés au sommet, par sa 
lèvre ciliée, ses étamines insérées à la base du tube. Elle est également 
voisine du P. cristata Maxim, dont elle diffère par ses fleurs petites, à 
tube court, et, par ses sépales incisés. 

Pedicularls dichotoma Bonati. 

Radix? Scapus e basi ramosus, ramis dichotomis, 30-40 cm. altus, cylin- 
dricus, erectus vel flexuosus,viUosus, ramis inferioribus scapum aequanti- 
bus vel superantibus, angulosis, prsBsertim in summa parte. Folia 
inferiora opposita, 5-7 cm. Tonga, petiolata; petiolis latissime alatis, semi- 
amplexicaulibus, margine ciliatis, 25-30 mm. longis; limbo crasso, ovato- 
elongato, pinnatipartito ; lobis 9-15 sessilibus, fere linearibus, obtusis, 
integris vel crenatis, 1-2 cm. longis. Bracte» oppositœ, membranaceas, 
basi dilatâtes, semi-amplexicaules, sumnfo attenuatas ac pinnatiûdœ, 1-4 
cm. longse, margine ciliat®, flores œquantes vel superantes. Flores 
fere sessiles, bini oppositi, in racemum spiciformem, basi valde interrup- 
tum, conjuncti. Galyx membranaceus, latissimus, calyci P. pyramidatœ 
Royl. similis, eminenter 5-angulatus, tubo 10-15 mm. longo, usque ad 
tertiam longitudinis partem dentibus 5 integris, lanceolato-acutis, margine 
ciliatis, inciso ; dente medio lateralibus duplo minore. GoroUa purpurea, 
tubo erecto, in tubo calycisincluso. Galea tubo paulo minor, rectangulata, 
margine inferiore lateraliter cum dente obtusissimo, in rostrum rectum, 
horizontale, œquale, desinens; labio inferiore rostrum superante (12 mm) 
breviter pedicellato, inœqualiter trilobato ; lobis lateralibus 5-7 mm. longis, 
5 mm. latis, semiorbicularibus, medio totoeminente, lineari, 5 mm. longo, 
2 mm. lato, summo rotundo, omnibus longe margine ciliatis. Staminum 
Olamentis villosis. Capsula et semina.... 

Habit. — Yargong (fl. P. Soulié), n« 3764, 1904 (Herb. Mus. Paris). 

Espèce élégante appartenant au groupe des P. pyramidata Royle, 
P. pectinata Wall, etc., très caractérisée par ses feuilles rappelant 
celles du P. siriata Pall. 

Pedicularis Pheulplnl Bonati sp. nov. 

Radix annua. Scapus simplex, cylindricus, villosissimus, erectus, 10-20 
cm. altus; foliis inferioribus petiolatis, multis (10-20), verticillatis, limbo 
circa 2 cm. longo, pinnatilobatis, lobis 16-20, glabris, orbiculatis, integris; 
petiolis margine ciliatis, 1 cm. longis; fol. caulinaribus oppositis, petiolis 
lanatis; fol. superioribus sessilibus, basi subcordatis, lanceolato-acutis, 
pinnatisectis; lobis obtusis, integris, glabris vel vix villosis (limbo 1-2 cm., 
16-20 lobis 1-3 mm. longis). Inflorescentia spiciformis pauciflora; spica 
basi interrupta, summo decurvata. Bracteae palmatilobat», basi attenuatœ, 
superiores trifldœ, basi margineque omnes ciliatœ. Flores inferiores 
pedunculati (pedunc. 2 mm.), superiores sessiles. Calyx circa 1 cm. longus , 
5-lobatus; lobis ovato-acutis, quorum quatuor majores, vix lobati, lobulis 
obtusis, quintus lanceolatus, integer; limbo-membranaceo, lanato ; nervis 
nigris, eminentibus, reticulatis. Gorolla purpurea, glabra; tubo calycem 
fere duplo superante, erecto, cylindrico, circa 1 mm. lato, 15 mm. longo. 
Galea plana, cristata, tubo2-plo brevior; fauce bidentatautinP. oligantha . 



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248 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

Rostro 4-5 mm. longo, arcuato, integro; labio inreiiori tubum aequante, 
sessili, profuDde trilobato; lobis obtusis margine glabris, medio latérales 
distincte superante. Stamina supra médium tubi inserta, filamentis omni- 
bus glabris. Capsula lanceolata, acuta, vix duplo calycera superans. 
Semina? 

Habit. — Yargong, pelouses sèches des montagnes (R. Soulié), 
r 3351, août 1903. 

Espèce du groupe des Tenuirostres de Maximowicz voisine du 
P. Heydei Prain, dont elle se distingue nettement par les bractées pal- 
mées et non foliiformes et surtout par les lobes de la lèvre inférieure à 
contour arrondi et non polygonal. 

M. Malinvaud donne lecture de la communication sui- 
vante de M. Legendre : 

Au sujet de l'appétence chimique 

de VHeliantbemum vnlgare Gœrtn.; 

PAR M. CH. LE GENDIii:. 

La communication de M. W. Russeli. sur l'appétence chi- 
mique de VHelianthemum vulgare Gœrtn., a donné lieu, à la 
séance de la Société botanique de France du 10 janvier 1908, 
à une discussion qui ne nous paraît pas avoir complètement 
élucidé la question. 

C'est pourquoi nous venons apporter notre contribution en 
prenant pour champ d'observation le Limousin tout entier. 

Ij Hélianthe mum vulgare est moins rare dans les terrains 
granitiques que ne le pense notre confrère et ami, M. Ernest 
Maunvaud. 

Voici du reste Taire géographique de la plante dans notre 
région (Voir le tableau ci-contre). 

Examinons maintenant la nature du sol. 

Dans notre champ d'action nous avons intentionnellement 
dépassé les limites du granit, et notre carte renferme, surtout à 
l'Ouest et au Sud-Ouest, des territoires appartenant à tous les 
terrains. 

M. Malinvaud, dans une communication à la Société bota- 
nique de France (voir Bulletin de 1896, p. Ii9» n'a point pré- 



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LE GENDRE. — APPÉTENCE CHIMIQDE DE l'hELIANTHEMUM VL'LGARE. 249 



DiPARTBMINTS 


CANTONS 


LOCALITES 


AUTEURS 


Hte- Vienne. 


— 


Rive droite de la Gar- 
tempe. 


Malin vaud. 


— 


Limoges. 


Entre le Vigen et les 


Arrondeau, Lamy 






tours de Chalusset. Le 


Malinvaud, Pén- 






Pont-Rompu. 


naud^Lachenaud. 




Nexon. 


Forêt de Lavergne, com- 
mune de Saint-Priest- 
Ligoure. 


Lachenaud. 


— 


St-Germain. 


Environs de Magnac- 
Bourg. 
Dans un pré sec au-des- 


Malinvaud. 





St-Yrieix. 


Le Gendre. 






sous du château de 








Goussac-Bonneval. 




Creuse. 





Catalogue Pailloux. C. 


De Cessac. 





Aubusson. 


Environs d' Aubusson. 


Jorrand et Fré- 






ce. 


bault. 


" 


Chambon. 


Coteaux aux environs 
de Chambon (var. par- 


Pérard. 


Corrèze. 


Sornac. 


Millevaches (var. Umen- 
tosum Koch). 


Gonod d'Artemare 






et Lachenaud. 


— 


Bugeat. 


Pacages au-dessus de 
Tétang des Oussines 


— 












(H. SerpyUifolitim, var. 








oblongifolium R. et F.). 




"~~" 


Meymac. 


Meymac (var. tomento- 
stim). 


-*- 


"■~ 


Uzerche. 


Montegoud, commune 
de Condat. 


Le Gendre. 




Ayen. 


Ayen,Pampelonne,com- 
mune de Perpezac-le- 
Blanc. 


Rupin. 


— 


— 


Saint-Robert (var. tomen- 
tosum). 


De Lépinay. 




Brive. 


Chèvre-Cujol, Noailles, 
Pont-Coudert, Puy-La- 
borie. 


Rupin. 


— 


Larche. 


Saint-Cemin. 


LafTon. 


— 


— 


MorioUes, commune de 
Lissac. 


De Lépinay. 


— 


Meyssac. 


Turenne. 


Rupin. 


Beanlieu. 


Beaulieu. 





— 


Argentat. 
Sl-Privat. 


Argentat. 


Vachal. 


— 


Darazac, chemin d'Es- 


Laygue. 






pontour à Sourzac. 




Charente 


— 


Dans la partie calcaire 


Crévelier. 


(Confolentais). 




de Tarrondissement. 




— 


Chabanais. 


Chassenon, pelouse sè- 


Crévelier. Le Gen- 






che sur les ruines du 


dre. 






temple de Diane. 




Dordogne 


Nontron. 


Environs de Teijat. 


Soulat-Ribette. 


(Nontronnais). 








~ 


St-Pardoux. 


Saint-Pardoux. 


— ~ 



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250 



SÉAMGË DU 10 AVRIL 1908. 



cisé le point où se trouve la plante, sur la rive droite de la 
Gartempe. G est très probablement entre Peyrat et Ghâteau- 
ponsac, c'est-à-dire sur un lambeau du sol tertiaire enclavé 
dans des schistes cristallins. 




LIMOUSIN ^ *»* Tî*«»...v . \^J^ ■ r fr. 

Un«« J» dtpartumenU ♦♦♦♦«» ^"* '<*-,-»/ W * • O 

Limita dirrondiSMrrrntJ î 1 rt *■ *•••? .'••••"«**•** 

. , l L O T ~ /»• * 

L»<»«rt«d«Mntoni .^. • ;%—- ^iTf 

Fig. 1. — Carte montrant la distribution géographique de VHelianthemum 
vulgare dans le Limousin. 

T.es parties teintées de la carte indiquent les régions où il est commun ou trè« 
commun. Dans la portion non teintée, les stations connues de VHelianthemum 
sont marquées par de gros points. 

Dans la Greuse, en plein terrain de granits et de schistes 
cristallins, VHelianthemum vulgare est c, même ce. aux envi- 
rons d'Aubusson, nous disent nos confrères Jorrand et Frébault. 
La variété à fleurs moitié plus petite que dans le type, ren- 
contrée à Ghambon, habite un sol primaire carbonifère. 



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LE GENDRE. — APPÉTENCE CHIMIQUE DE l'hELIANTHEMUM VULGARE. 251 

Les environs du Vigen et de Condat (Haute- Vienne) reposent 
sur des assises de porphyres et de diorites, avec quelques traces 
de terrain tertiaire. La plante a aussi été trouvée par M. Lache- 
NAL'D, au Pont-Rompu, commune de Solignac, sur un mur nou- 
vellement construit, recouvert de terre et renfermant certaine- 
ment du calcaire provenant du mortier. 

A Lavergne, commune de Saint-Priest-Ligoure, le sol est 
constitué par du sable formé de diorites et de ligourites décom- 
posées. 

Magnac-Bourg est sur schistes cristallins mais à proximité 
de serpentines renfermant de la magnésie. 

A Coussac-Bonneval nous retrouvons |es diorites. 

Les cantons de Somac, de Bugeat et de Meymac sont sur 
roches éruptives, Condat (canton d'Uzerche) sur schistes cris- 
tallins. 

Quant à la partie sud de la Gorrèze, elle est constituée par le 
permien, le trias et nnfralias, sauf Ai^entat et Darazac qui 
sont sur porphyres. 

Dans le Nontronnais, les stations de VH, vulgare appartiennent 
au terrain secondaire. Elles reposent sur le calcaire dans le 
Confolentais, même à Ghassenon où des ruines romaines ont 
apporté au sol un fort appoint de chaux. 

Ainsi donc, nous trouvons dans nos limites VH. vulgare sur 
des sols de composition très différente. Ajoutons que sa distri- 
bution connue est trop irrégulière pour qu'il ne reste pas des 
stations à découvrir. 

Concluons : 

A notre avis, VH. mUgare a certainement des tendances cal- 
cicoles, mais il n'en sait pas moins s'habituer à des sols moins 
favorables à son développement et s'y maintenir. 

C'est donc avec raison que Contejean a dit que c'était une 
plante calcicole presque indifférente. 

M. Malinvaud reconnaît, avec M. Legendre, que, si VHe- 
lianthemum vulgare manifeste très souvent des tendances 
calciphiles, on le rencontre aussi parfois dans des habitats 
à sol siliceux de composition variée; la contradiction appa- 
rente qui ressort de ces faits est encore inexpliquée. A 



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252 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

propos du compte rendu très abrégé des observations qu'il 
avait présentées au sujet de cette plante dans la séance du 
10 janvier, M. Malinvaud signale un léger malentendu qui 
s'est glissé dans la rédaction du procès-verbal. 11 n'a pas dit 
« qu'il n'avait vu qu'une seule fois YHelianthemum vulgare 
sur les terrains granitiques de la Haute-Vienne' », mais 
qu'il n'en connaissait, à proximité du chef-lieu, qu'une 
seule station souvent visitée par lui. 11 n'ignorait pas d'ail- 
leurs la présence de cette plante dans d'autres localités du 
département où sa rareté contraste avec la fréquence rela- 
tive d'une espèce voisine du même genre, VHeltanthe' 
mum guttatum. On n'observe cette dernière que sur les 
terrains siliceux primitifs ou sablonneux. On pouvait la 
récolter, non loin de la précédente et dans la même herbo- 
risation près du Pont-Rompu. 

M. Fernand Camus dit que les expressions « roches pri- 
mitives, roches granitiques », couramment employées dans 
le langage botanique, manquent absolument de précision, 
certaines de ces roches étant susceptibles par leur décompo- 
sition de fournir aux plantes qui le recherchent ou qui l'exi- 
gent l'élément calcaire dont elles ont besoin, ou pouvant 
présenter des accidents ou des filons — souvent inaperçus 
en raison de leur peu d'étendue — de substances qui rem- 
plissent le même rôle vis-à-vis de ces plantes. En plein 
soulèvement granitique de la Vendée, M. F. Camus a con- 
staté une petite florule nettement calcicole {Melampyrum 
cristatum^ Passerina annua et autres espèces absolument 
inconnues ailleurs dans la région). L'existence de cette 
florule s'explique par la présence d'un affleurement très 
limité de diorite. Peut-être un examen plus précis des 
localités indiquées par MM. Legendre et Malinvaud rédui- 
rait-elle de beaucoup les exceptions apparentes. L'excep- 
tionnelle richesse minéralogique du Limousin rend très 
vraisemblable cette explication. 

i. Voyez plus haut p. 29. 



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p. FLICHE. — NOTK SUR LES PHILLTREA. 253 

M. Lutz donne lecture de la communication suivante : 
Note sur les PbiUyre&\ 

PAR M. P. FLICHE. 

Lorsque, en 1891, j*ai publié la quatrième édition de la Flore 
forestière de France par Mathieu, n'ayant pas eu occasion de 
faire une étude spéciale du genre Phillyrea et pensant, comme 
on ladmeltait généralement alors, que tous les sujets arbores- 
cents du genre, dans le domaine de ladite flore, appartenaient 
au Ph. latifoliaie Linné, j'ai laissé subsister le texte de Tauteur, 
sans lui faire subir d'autres modiGcations que des indications 
un peu plus précises au point de vue de la limite des Ph. angus* 
tifolia et Ph, média vers le Nord. Les trois espèces linnéennes 
étaient admises, mais elles seules, le Ph. stricta Bert. notamment 
était réuni au Ph, latifoliay sans même constituer une variété. 
Si un doute était émis par Mathieu sur la légitimité des trois 
espèces linnéennes indigènes en France, il ne portait pas sur 
Tensemble, mais seulement sur le Ph. angustifolia et le Ph. média 
qu'il était assez porté à considérer comme deux variétés d'une 
seule espèce. 

L'intéressant article publié par M. Clos dans le Bulletin de 
la Société botanique * a ramené mon attention sur ce genre. Je 
voudrais donner ici quelques détails relatifs i sa distribution 
géographique, à son bois ; puis examiner la question d'espèces 
pour les formes spontanées en France et dans TAfrique septen- 
trionale, enfin signaler deux formes qu'il m'a été donné de 
recueillir et qui difièrent de tout ce que j'ai vu décrit jusqu'à 
présent. Non pas que j'aie l'intention d'ajouter de nouveaux 
noms à la synonymie déjà si inutilement surchargée de ces 
végétaux, mais parce que il y aura là une preuve de plus de leur 
extrême polymorphisme, ^parce que surtout une de ces formes, 
très remarquable en elle-même, fournit un argument important 
dans la discussion de la valeur spécifique des Ph^ latifolia et 
Ph. média. 

En fait de collections sèches, j'ai eu à ma disposition, outre 

4. 4«série, VI, 1906, p. 357. 



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254 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

mon propre herbier, ceux de la Faculté des sciences de Nancy, 
de Mathieu aujourd'hui à FÉcole Nationale des Eaux et Forêts, 
du Muséum et de M. G. Gautier; les collections de bois de 
rÉcole forestière et du Muséum. A tous ceux qui ont mis à ma 
disposition ces documents, j'adresse mes plus vifs remer- 
ciements; je les adresse tout particulièrement à M. Gautier qui 
a bien voulu m'envoyer en communication les beaux et nom- 
breux échantillons de Phillyrea qu'il possède. 

Indépendamment de l'étude que j'ai pu faire sur des 
matériaux de collection, j'ai eu l'occasion d'étudier le genre 
Phillyrea en de très nombreuses localités de France, de Corse, 
d'Algérie, d'Italie et d'Istrie. 

Le genre Phillyrea est considéré dans les ouvrages généraux 
de systématique comme renfermant un très petit nombre 
d'espèces; mais il n'en présente pas moins un grand polymor- 
phisme que nous aurons à étudier. Au point de vue géogra- 
phique il est essentiellement méditerranéen : les formes dont 
nous aurons plus spécialement à nous occuper sont, le plus 
souvent, représentées par un très grand nombre d'individus 
dans toute la région de l'Olivier et, si elles en sortent, ce n^est 
que très faiblement; en ce qui concerne la France notamment, 
elles la dépassent à peine dans l'Est. Dans l'Ouest où cette espèce 
n'existe pas, non seulement les Phillyrea se rencontrent, mais 
ils s'élèvent assez haut en latitude pour qu'on les trouve en 
Vendée, mais ils n'occupent qu'un très petit nombre de stations 
parmi les plus chaudes de la région. Deux espèces habitent en 
dehors de la région méditerranéenne, mais dans des pays dont 
la flore a des liens avec celle de l'Olivier, Tune à l'Ouest, le 
Ph, Lowei D. C. à Madère et le Ph. Vilmoriniana Boiss., plus 
souvent connu aujourd'hui sous le nom de P. décora. 

Les Phillyrea sont très voisins des Olea\ ils le sont à ce point 
que, non seulement toutes les classifications les placent dans 
leur voisinage, mais que des botanistes de haute valeur, tels 
qu'ENDLiCHER et Braun ont fait du premier genre une simple 
section du second. Il est remarquable de constater que deux 
groupes, aussi voisins par l'ensemble de leurs caractères 
morphologiques, soient aussi diflérents par la structure de 
leur bois secondaire. C'est un exemple remarquable de l'impor- 



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p. FLIGHE. — NOTE SUR LES FHILLYREA. 255 

tance que peuvent prendre, en certains cas, au point de vue 
systématique, les caractères anatomiques. 

La différence, sous ce rapport, entre les Olea et les Phillyrea 
est telle qu'elle se traduit, sur une section transversale de la 
tige, par des caractères si accusés qu'on peut les constater 
même à l'œil nu ou à la loupe d'une façon si évidente qu'aucune 
erreur n'est possible; les bois des deux genres appartiennent à 
des types d'organisation très différents. 

Les caractères des bois des Phillyrea ont été déjà bien exposés 
par divers auteurs, notamment en France par A. Mathieu 
et Thil, en Allemagne par Nordlinger et G. F. Kohl. Si j'y 
reviens ici, ce n'est pas seulement pour montrer l'assistance 
que l'anatomie donne à la morphologie pour la diagnose du 
genre, c'est aussi parce que j'aurai à signaler un détail de 
structure qui a échappé à mes devanciers et dont la mécon- 
naissance a conduit parfois à une erreur; c'est encore à raison 
de la différence très appréciable, quoique légère, existant entre 
le bois du Ph, angustifolia et celui des autres formes qu'on a 
désignées par des noms spécifiques différents. 

Comme l'ont très bien indiqué les auteurs que je viens de 
citer, le bois des Phillyrea s'éloignant complètement de celui 
des 0/ea, se rapprochant beaucoup au contraire de ceux 
d'autres genres voisins, les Osmanthus^ Chionanthus, Nolelœa, 
est caractérisé par ses vaisseaux très fins qui, associés à du 
parenchyme ligneux, forment des groupes très nets qui se 
traduisent, sur la section transversale, par des lignes ondulées 
rameuses, mates, tranchant nettement sur le tissu prosenchy- 
mateux très dense qui les environne et forment, par leur 
ensemble, un dessin irrégulièrement réticulé qui n'est pas 
sans rappeler ce qu'on observe chez les Nerpruns. Cet ensemble 
de vaisseaux et de parenchyme forme, en outre, des lignes 
concentriques plus ou moins fines à la limite des accrois- 
sements annuels; les rayons sont très fins, très serrés. Le bois 
est de couleur blanche légèrement jaunâtre, ou peut-être 
mieux brunâtre; mais, avec l'âge, il se colore, au centre, en 
brun noirâtre plus ou moins foncé, présentant d'ailleurs des 
taches flambées plus foncées. Cette coloration se développe, 
même sur une tige qu'elle n'a pas encore envahie, sur le bord 



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256 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

des fentes qui rayonnent parfois à partir du centre ou qui 
peuvent se produire en un endroit quelconque de cette tige, aux 
abords des petits rameaux morts, qui se trouvent emprisonnés 
dans le bois de la tige. Dans ces divers cas, ces teintes foncées 
s'étendent jusqu'à une distance variée de leur point d^ départ, 
soit d'une façon uniforme, soit plus rarement en se dégradant. 
La densité de ces bois est très forte, elle dépasse toujours 0,900 
et peut atteindre à 4,113; ils sont très durs et très fragiles, 
ressemblant en cela à l'Olivier, mais à un degré plus fort 
encore, c'est ce qui rend leur emploi comme bois d'œuvre à 
peu près impossible, malgré les qualités qui les rendraient 
précieux pour certains emplois spéciaux. 

Tous les botanistes et les forestiers qui ont traité du bois des 
Phillyrea disent, ce qui est exact, que le comptage des couches 
annuelles y est très difficile et laisse toujours place à certain 
doute, quant à l'âge du sujet; mais ils attribuent cette incer- 
titude à ce que la limite de la couche annuelle serait difficile à 
voir, ce qui est une erreur. En réalité elle est bien marquée; 
ce qui rend le comptage très difficile c'est la présence de très 
nombreuses subdivisions de couches très fréquemment assez 
régulières, assez semblables à la couche annuelle elle-même, 
pour qu'il soit fort difficile et parfois à peu près impossible de 
décider si on est en présence d'une couche annuelle ou d'une 
de ces subdivisions de couche. En réalité, presque toujours les 
âges indiqués sont exagérés, les subdivisions de couche ne 
sont point spéciales aux Phillyrea; on les observe accidentel- 
lement chez un grand nombre d'arbres et d'une façon régulière 
chez plusieurs, ainsi les Aunes, les Cupressinées en général, 
ce qui ne veut pas dire que chaque année il s'en présente chez 
ces espèces. Chez les Phillyrea, ces subdivisions sont remar- 
quablement fréquentes et bien marquées. 

Les auteurs qui se sont occupés du bois des Phillyrea^ soit 
pour le décrire, soit pour en donner, en même temps, des 
coupes minces, comme cela a été le cas, en ce qui concerne 
celles-ci, pour Nordlinger et M. Thil, n'ont pas, en général, 
signalé de différences entre les bois des diverses formes médi- 
terranéennes, qu'ils en aient donné une description absolument 
générale, ou qu'ils se soient bornés à décrire, sans insister 



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p. FLIGHE. — NOTE SUR LES PHILLYREA. 257 

sur des caractères différentiels, Tespèce utilisée pour leur 
publication. 

Seul, à ma connaissance, G. F. KohlS dans sa thèse inau- 
gurale, a tenté une étude comparative de la tige (moelle, bois 
et écorce) des trois espèces linnéennes. Le matériel qu'il a eu 
à sa disposition semble avoir été peu abondant et provenant 
de sujets un peu jeunes, pas toujours spontanés. De plus, 
Tauteur qui parait avoir été surtout préoccupé de la description 
des préparations microscopiques qu'il avait sous les yeux, n*a 
pas très bien fait ressortir ce qui lui semblait réellement diffé- 
rentiel et surtout ne s*est guère occupé de ce qui, dans la 
structure anatomique, peut fournir des caractères macrosco- 
piques appréciables et, par suite, si importants non seulement 
pour le praticien qui veut s'appuyer sur des données scienti- 
fiques, mais quelquefois même pour des recherches d'ordre 
purement scientifique. 

Or, si on étudie une collection de bois bien préparés pour 
Tétude, on voit qu'à l'œil nu ou à la loupe on n'observe, sur 
la section transversale, aucune différence appréciable entre les 
échantillons étiquetés Ph. latifolia, Ph. media^ Ph, stricta. Je 
dois dire que, le plus souvent, c'est la première dénomination 
que l'on rencontre, à cause de la croyance, encore assez géné- 
ralement régnante, que, parmi les trois espèces linnéennes ou 
celles qu'on en détachait, le Ph. latifolia seul était susceptible 
de devenir un arbre et, par suite, de fournir des échantillons 
quelque peu volumineux. 

Si, au contraire, on étudie des sections transversales de 
Ph. angustifolia, sections plus rares d'ailleurs dans les collec- 
tions, à raison de la petite taille qui constitue, on le verra plus 
loin, un des caractères de l'espèce, on est frappé immédiatement 
de ce fait que les lignes de vaisseaux associés à du parenchyme 
ligneux qui traversent la couche annuelle sont, ici, plus grêles, 
plus irrégulières, s'anastomosent plus fréquemment que dans 
les autres formes, chez lesquelles elles sont, au contraire, plus 
épaisses, plus normales, aux lignes séparatives des couches 
annuelles ; la zone de vaisseaux et de parenchyme ligneux qui 

i. Vergkiehende Untenuchung ûber den Bau des Holzas der Oleaceeriy Lei- 
pzig, 1881. 

T. LV. (séances) 17 



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SAS s£aNCE du 10 AVRIL 1908. 

marque le commeiiceRieQi; de celles-ci est aussi moins réguliè- 
rement continue dans son épaisseur, et surtout celle-ci est 
moindre cliez le Phillyrea angustifolia. 

Les différences entre cette espèce et les formes du type à 
feuilles larges sont assez prononcées pour que j*aie pu conce- 
voir des doutes sur la légitimité de l'attribution au Ph. angus- 
tifolia de la section se trouvant, sous ce nom, dans la pre- 
mière édition des coupes de M. Thil, tandis que celle de la 
seconde édition lui appartient sans conteste. L'auteur, auquel 
je me suis adressé pour lui signaler le fait, a bien voulu 
me répondre que la détermination du Phillyrea qui avait 
servi à sa seconde édition était, en effet, certaine, tandis que, 
par suite de circonstances comme il s'en produit fatalement 
dans un ouvrage pour lequel l'auteur est obligé de faire appel 
à d'assez nombreux collaborateurs, la détermination de l'espèce, 
au moins pour certains exemplaires de la première édition, 
lui laissait quelques doutes. Il a bien voulu ajouter que, de son 
côté, il était arrivé également à distinguer les bois des deux 
types, l'un à feuilles étroites, l'autre à feuilles plus ou moins 
larges, et les caractères qu'il me signalait étaient précisément 
ceux qui m'avaient frappé; je suis heureux de montrer cette 
concordance dans les résultats auxquels nous sommes arrivés, 
chacun de notre côté, M. Thil s'étant acquis une autorité 
incontestable en semblable matière par le soin extrême qu'il a 
apporté dans ses recherches sur les bois des végétaux ligneux 
de France, d'Algérie, et même de quelques-uns de ceux de nos 
autres colonies. 

, On voit qu'il y a là un caractère important, puisqu'il se 
rattache à la structure de la tige, permettant de mettre à part 
le Ph, angustifolia. Voyons s'il n'en serait pas d'autres d'ordre 
morphologique, géographique ou biologique. 

Au point de vue morphologique, une constatation frappe de 
prime abord quand on consulte des herbiers de quelque impor- 
tance, c'est que les fascicules étiquetés Ph, angtislifolia ne 
renferment que des échantillons lui appartenant sans conteste, 
on ne constate pas non plus ce que j'appellerais volontiers des 
repentirs, de ces étiquettes sur lesquelles se traduit, soit 
volontairement, soit involontairement, par des ratures parfois 



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p. FLICHi. — NOTE SUR LES PHILLYREA. aM 

successives, Tembarras que la détermination a donné à ceux 
qui se sont occupés de l'échantillon en question. C'est qu*en 
efiet le Ph, angustifolia présente un ensemble de caractères qui 
le place bien à part, quelque opinion qu'on puisse avoir sur sa 
valeur spécifique que je discuterai plus loin. Ses feuilles lui 
méritent parfaitement son nom au point de vue de leur forme : 
elles sont, en effet, toujours étroitement lancéolées, elles sont 
très aiguës, un peu vulnérantes au sommet, enfin elles ont le 
bord entier; ce n*est que très exceptionnellement qu'on y voit 
quelques dents. Parmi les échantillons, assez nombreux, que 
j'ai pu étudier dans les herbiers, je n'en ai vu que trois présen- 
tant cette exception de façon appréciable, un de la forêt de 
Suzac (Charente-Inférieure) qui m'a été donné par M. Hariot> 
un de l'herbier du Muséum provenant de Seirdaigne et distribué 
par Reverghon sous le n"" 293, enfin un du Monte Pisano 
distribué par Savi sous le nom de Ph. média; mais la détermi- 
nation est évidemment fausse, car si les feuilles sont légère- 
ment plus larges que ce n'est le cas habituel, la différence est 
infiniment légère, et tous les autres caractères sont bien de 
X angustifolia \ il ne semble pas même qu'il y ait lieu d'invo- 
quer une possibilité d'hybridation avec les formes plus ou 
moins dentées. Celte présence de denticulations chez une 
espèce qui en est normalement dépourvue et dans un genre 
où on rencontre des espèces soit à bords entiers, soit à 
bords dentés, n'a rien d'extraordinaire; d'autres genres nous 
offrent des exemples de ce fait, ainsi les Saules, et, en ce qui 
concerne les Phillyrea^ je puis en citer un autre exemple 
fourni par le Ph, décora ou Vilmoriniana que j'ai cité plus 
haut. Cette espèce caucasienne diffère notablement de celles 
du bassin méditerranéen, elle est à bords du limbe très fran- 
chement entiers; cependant un échantillon de l'herbier du 
Muséum, récollé à Modjaklis Kalis (distribué, dans les plantes 
d'Adjann, sous le n** 127), présente une feuille sur laquelle on 
relève des traces très nettes de dents. 

Avec les caractères qui ont déjà été signalés, chez la feuille, 
j'en ai observé un autre qui ne l'a pas été à ma connaissance 
et qui me paraît avoir une réelle valeur : c'est celui qu'on peut 
tirer de la nervation. Celle-ci, comme il arrive fréquemment 



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260 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

dans les feuilles persistantes très coriaces, est parfois presque 
indistincte à la surface soit supérieure, soit inférieure de la 
feuille; mais, le plus souvent, elle est visible et on constate 
alors que celle du Phillyrea angtistifolia se distingue nettement 
de celle de toutes les formes à feuilles plus ou moins larges. 
Alors même que, chez le premier, le limbe est plus allongé que 
chez celles-ci, le nombre des nervures secondaires est moindre, 
5 quelquefois 6 au plus de chaque c6té, alors que, chez les 
secondes, il oscille entre 6 et 42, de plus, chez les P. angusti- 
folia^ les nervures secondaires sont bien plus régulières, se 
bifurquent en outre très rarement, tandis que, chez les secondes, 
ces nervures se présentent sous forme de lignes plus ou moins 
brisées, offrant assez fréquemment de grandes bifurcations, 
soit dès la base, soit à une distance plus ou moins grande de 
la nervure médiane. Enfin la nervation chez le Ph. angustifolia 
est très nettement camptodrome avec prédominance marquée 
des deux premières nervures et surtout de la seconde paire de 
celles-ci à partir de la base; tandis que, chez les autres formes, 
la nervation est non moins nettement brochiodrome, quelquefois 
presque craspédodrome. Un autre caractère morphologique 
constant distinguant le Ph. angustifolia des autres formes, c'est 
sa taille constamment réduite à 2-3 m. au plus, souvent au- 
dessous de 2. C'est un arbrisseau avec des rameaux très 
grêles et généralement assez allongés, n'étant pas par suite 
sans rappeler un peu le faciès du Troène commun. Cette 
différence entre lui et les autres formes méditerranéennes se 
prononce rapidement, même dans les jardins du Nord, c'est 
ainsi que, dans celui de l'École nationale forestière, un Ph. angus- 
tifolia planté il y a une dizaine d'années à côté d'un Ph. media^ 
bien caractérisés, l'un et l'autre récépés, mesure sur son maître 
brin une hauteur de 1 m. 34 et un diamètre à la base 
de m. 02, alors que son voisin est haut de 1 m. 90 et large 
de m. 03. 

Si, après avoir établi comment le Ph. angustifolia se distingue 
des deux autres espèces linnéennes, nous cherchons à voir 
comment et dans quelle mesure celles-ci se distinguent entre 
elles, nous constatons d'abord qu'il faut renoncer à les séparer 
par le caractère de la taille, comme on le fait encore assez gêné- 



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1. GOlLLAUMIIf. — BURSÉRACÉES DD GABON ET DU CONGO FRANÇAIS, t^i 

ralement aujourd'hui; les botanistes qui ont porté leur attention 
sur ce point ont constaté, en efiet, que les différences de taille 
très réelles qu'on observe entre pieds différents, appartenant 
d'ailleurs indistinctement aux deux espèces, tiennent simple- 
ment à des différences individuelles et surtout aux conditions 
de végétation, soit naturelles, soit artificielles (exploitation » 
abroutissement, etc.) dans lesquelles ils se sont trouvés placés* 
J'aurai même occasion, à la 6n de ce travail, de signaler un 
PhiUyrea qui, avec les caractères les plus accentués du latifolia^ 
est un des plus petits sujets qu'il m'ait été donné de rencontrer, 
et H. R. Maire qui vient d'observer fréquemment le genre en 
Grèce, où le Ph. média est, à tout le moins, la forme la plus 
répandue, sinon exclusive, l'a rencontré à l'état le plus franche- 
ment arborescent ^ {A suivre.) 

M. Guillaumin prend la parole pour la communication 
suivante : 

Revision des Burséracées 

du Gabon et du Congo français ; 

PAR M. A. GUILLAUMIN. 

En 1896, Louis Pierre a publié dans le Bulletin de la Société 
linnéenne de Paris la description des plantes du Gabon dont il 
était parvenu à réunir un herbier considérable qu'il a depuis 
I^ué au Muséum de Paris. 

C'est à ces matériaux que je me suis adressé tout d'abord 
pour observer les Burséracées de notre colonie du Gabon et du 
Congo; j'ai consulté également les collections du Muséum 
recueillies par Griffon du Bellay et, plus récemment, par le 
R. P. Klaine, missionnaire apostolique à Libreville. Ce dernier 
ainsi que M. Chalot, ancien directeur du jardin de Libreville, 
ont bien voulu me fournir des renseignements sur l'époque de 

1. On peut constater l'exactitude de ce que je viens de dire sur les deux 
pieds de Ph. latifolia et de P. média existant à Paris dans TÉcole botanique 
du Jardin des plantes; ils sont bien nommés et déjà d'assez forte taille 
Vun et Tautre mais celle du second l'emporte sensiblement sur celle du 
premier. 



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262 SÉANCE DO 10 AVRIL 1908. 

floraison et de maturité des fruits de ces arbres, ainsi que sur 
les usages de leurs produits (fruits, bois, résines). J*emprunte 
enfin aux intéressants documents sur les richesses forestières 
du Congo français recueillies par M. le commandant Cambier 
durant sa mission d'études du tracé du chemin de fer du Congo, 
un certain nombre de renseignements sur les noms et usages 
des Burséracées qu'il a rencontrées dans son voyage. 

Toutes les fois que les diagnoses ont été données d'une façon 
complète, je n'ai fait qu en mentionner l'auteur et l'indication 
bibliographique. Voici les clefs dichotomiques qui permettent 
de distinguer les genres : 

Fleurs pentamères. Embryons à cotylédons plissés mais 

entiers Aucoumea. 

Sépales sondés seulement à la base, 
embryons à cotylédons pennés, à 

-,, f • X ) grand nombre de divisions Pachylobus, 

f leurs inmercs. < sépales soudés sur la plus grande partie 
de leur longueur. Embryons à coty- 
lédons pennés, à 3 divisions Canarium. 

Aucoumea Pierre (Bulletin de la Société linéenne de Paris, p. 1281). 
1 espèce de TAfrique tropicale occidentale. 

A. Klaineana Pierre, loc, eit^ p. 1282. 

Grand arbre de futaie, à feuilles persistantes, fleurissant fin septembre; 
fruits déhiscents, à 5 valves, d'un vert noirâtre, rappelant assez la forme 
d'une figue allongée, mûrs de janvier à février. 

Quelquefois, mais très rarement^Ies deux ovules d'une loge de l'ovaire 
peuvent arriver à leur complet développement; les graines perdent vite 
leur pouvoir germinatif. 

Très commun au Gabon (Libreville, M^ Bouët) où il est connu sous le 
nom d'Ocoumé, Aucoumé ou Okoumé, dans le Mayumba et sur les 
bords de TOgooué où les Pahouins rappellent Augouma. 

Il sécrète une résine qui devient blanchâtre en séchant et rappelle 
par son odeur à la fois Tencens et la térébenthine : les noirs la moulent 
dans des écorces d^autres plantes pour en faire des torches qui brûlent 
avec une odeur assez agréable. 

Le tronc sert à faire des pirogues de toutes grandeurs. Des milliers de 
tonnes de bois venant de TOgcoué, du Fernan Vaz et du Mayumba ont 
été exportés en Europe dans ces dernières années pour être employées 
en ébénistene et en menuiserie. 

Ce bois est dur, serré, et de couleur assez variable : les naturels du 



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A. GUILLAUMIM. — BURSÉItÂCÉBS mi GABON ET ffU CONGO FRANÇAIS. 263 

Gaèon <§stingueiit rAuecmmé m&Ie €ft rAucoomé femelle, Ton à bois 
rose^rooge, Taotre à bois phis Manc; dans TOgooné, ils en distinguent 
une 3® sorte plus foneée et plus veinée. 

Je ne sais si ces dlfiTérences correspondent h des variétés, néanmoins 
panni les éebantJBens que j'ai pu observer, on en peut distîngner à 
feuilles coriaces tandis que les autres sont à feuilles membraneuses et 
un tiers plus grandes. 

(Griffwfi iu Beliay, P. Klaine^ P. Dupargitei^ Lecomte^ Chaloty 
Laurent^ O Cambier)„ 

Pachylows Don, General System of Gardening and Botany^ III, 
p. 89. 

10 espèces de TAfrique tropicale occidentale. 

P. eânlîB Don, loc. cit. 

Grand arbre d'une vingtaine de mètres de haut, dépourvu de feuilles 
de '}fàa à septembre et fleurissant fin décembre. 

Les bourgeons et les très jeunes feuilles sont poihis et d'un rose vif. 

Les fruits, mûrUsaat de janvier à février, sont rouge-violet et de la 
taille d'un œuf de poule : ils forment de grosses grappes ornemen- 
tales, suspendues an boot des branches sur tout le pourtour de Tarbre. 

Les indigènes anaent à le planter à proximité de lenrs cases comme 
arit»re fétiche et frakier : ils le connaissent sous le nom d'Otanga ou 
â*Atanga à Librev^ei,. de N'gonga mango au M^ Bouêt, d'Assa en pays 
Pahouin et de Sapkiu au Loango. 

La pulpe qui entonre la graîne est co«ie84S>le après avoir été bouillie 
ou grillée; quand elle a macéré dans le vinaigre, elle est même assez 
recherchée des Européens, malgré son goût de térébenthine. 

Cet arbre, qui sécrète une résine à odeur balsamique qu'on mélange 
parfois à Tenceni», fournit un bois blanc assez dur. On le trouve au 
Gabon, dans l'Oubanghi et an Likonala où il abonde; il a été aussi 
signalé dans l'Angola, an Niam Niam, en Gainée, au Cameroun, et è 
San Tbomé où il a peut-être été introduit. 

{Griffon du Bellay, Thomson, Mann y Welwitschy. Schwemfurik, 
P. Klainey MM. Chaloty Chevalier^ C Camkier), 

P. Bûttaeii Engler, BurseraceM Africanx^ ly in Botaniselie Jahrhfi- 
cher, XV (1892), p. 101. 

Grand aii>re forestier de 2S m. de haut, portant de juillet à août des 
petites fleurs blanches. 

Les fruits violets et comestibles, mûrissant en janvier sont plus [retits 
et phs alORgés que ceox du P, eéulis. 

n est connu par les Gabonais sous le nom d'Atanga sauvage, d*EzTgo 



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264 SÉANCE DU iO AVRIL 1908. 

OU d'Aziguo et par les Pahouins sous celui d'Acia; il donne un 
très beau bois jaunâtre et flexible dont les indigènes font des pagaies. 

La résine a une odeur térébenthinée et camphrée. 

On le rencontre conununément aux environs de Libreville et dans 
les forêts du M^ Bouêt, du M^ Baudin et de la Sibangue (BûUner^ 
P. Klaine, C* Cambier). 

P. Oslka Guillaumin n. sp. 

Arbre à feuilles de 29 cm. de long, à 1011 paires de folioles oblongues 
ou oblongues-lancéolées à la base (4-5 cm. X 2,5-3 cm.), lancéolées au 
milieu et au sommet (7-7,5 cm. x 2 cm.), portées par un pétiolule 
court (2,3 mm.), canaliculé en dessus. Interstices entre les paires de 
folioles (2-2,6 cm.). 

Limbe des folioles entier, membraneux, complètement glabre sur les 
deux faces, arrondi à la base, terminé par un long acumen mince (plus 
de 1 cm. dans les folioles supérieures). 

Inflorescences à Faisselle des feuilles, en grappes de corymbes, moitié 
plus courtes que les feuilles. Axe d'inflorescence glabre, cendré; ramifl- 
cations (3-10 cm.) glabres; fleurs portées par un pédicelle (5 mm.) 
couvert de poils stellés, bruns, très serrés. 

Fleurs de moitié plus courtes que le pédicelle et recouvertes de poils 
stellés; 3 sépales réunis seulement à la base, poilus des 2 côtés; 
3 pétales poilus en dehors (3-5 mm.) plus longs que les sépales; 
6 étamines aussi longues que les sépales, insérées en dehors d'un 
disque en forme d'anneau entourant la base de l'ovaire. 

Ovaire globuleux, 2-loculaire, surmonté d*un style terminé par un 
stigmate capité. 

Fruit inconnu. 

Arbor, foliis longis, 10-1 i-j agis, foliolis inûmis oblongis vel oblougo- 
lanceolatis, mediis superioribusque lanceolatis, petiolulo brevi, supra 
canaliculato, suffultis, integerrimis, membranaceis, utrinque glaberrimis, 
basi rotundatis, longe et tenui acumine acuminatis. 

Interstitiis inter juga 2-2,5 cm. longis. 

Inflorescentiis in corymborum racemis, foliis duplo-minoribus, glabris, 
cinereis; floribus pédicelle piloso 2-plo brevioribus sufTultis, pilis densis- 
simis, fuscis stellatisque obtectis. 

Sepalis 3, ima basi connatis, utrinque pilosis; petalis 3 extus pilosis, 
quam sepaia 1/3 longioribus, 6 staminibus quam sepala tam longio- 
ribus, extra-discum insertis. 

Ovario globoso, 2-loculari, in stylum stigmate capitato terminatum, 
attenuato. 

Fleurs en juin. 

Connu par les indigènes du Congo et de TOgooué sous le nom d'Osika 
(Jacques de Brazza). 



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■rw" >^. 



1. GUILLACmif. — BDRSfiRACéBS DU GABON ET DU CONGO FRANÇAIS. 265 

P. balsamifèra Oliver mss in Engler, Botanische Jahrbûcher, XI 
(1890), Beiblatt 26, p. 6, sub Santiriopsis balsamifèra. 

Petit arbre de 8-9 m., portant de juin à septembre de petites fleurs 
d'un jaune pâle. 

Fruits rappelant la forme d*une châtaigne, mûrs généralement vers le 
mois de décembre. 

San Thomé, Gabon (Moller, P. Klaine). 

P. obovata Pierre, loc. cit., p. 1281, sub Saniiriopm (?) obovata. 

Arbre de 15-20 m., à feuilles alternes à grandes folioles légèrement 
poQues sur les nervures, donnant en août des fleurs jaunes légèrement 
rougeàtres. 

Inflorescences en grappes composées, beaucoup plus courtes que les 
feuilles, brun noirâtre, glabres ou presque glabres. 

Fleurs (2,5-3 mm.) portées par un pédoncule plus court, presque 
complètement glabre; 3 sépales oblongs-lancéolés, réunis seulement à 
la base ; 2 pétales lancéolés, 2 fois plus longs que les sépales ; 6 étamines 
insérées en dehors du disque en forme d'anneau, aussi longues que 
Tovaire, à filets aussi longs que les anthères. 

Ovaire globuleux, à style court et stigmate massif. 

Fruit comestible, oblong, allongé transversalement, à style déjeté sur 
le côté. 

tt Tomm » en langue gabonaise. 

[P. Klaine). 

P. Ebo Pierre, loc. cit., p. 1281, sub Santiriopsis (?) Ebo. 
N'est connu que par la description du fruit qui est subdiscoïde. Bords 
de rOgooué. 
(Lecomte) , 

P. Klaineana Pierre, loc. cit., p. 1281 et 1282, sub. Santiriopsis (?) 
KUnneana, 
Petit arbre de 7-9 m., à fleurs jaune-rouge de août à octobre. 
Fruit droit, mûr en janvier. 
« Okouentyouwa » au Gabon. 
{P. Klaine). 

Canarium Linné, Mantissa Plantarum, p. 127. 
Plus de 130 espèces des régions tropicales de TOcéanie et de l'Asie orien- 
tale, 8 espèces de la région malgache, 5 seulement dans T AMque tropicale : 

C. Libertiannm Engler, Notizblatt des Kônig. Bot. Gardens and 
Muzeums lu Berlin (1899), p. 271. 
A Zanzibar. 



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266 SÉANCE DU iO AVRIL 1908. 

C. Schweinfnrtbii Eûgler, Monographiae Phanerogamarum, IV, 
p. 145. Arbre de 8 à 12 m., à tronc cylindrique et grisâtre, dépourvu 
de branches sur 4-5 m. de haut. 

Fleurs blanches assez grandes; fruits, en juin, d'un vert olivâlre, à 
noyau ovaîde à 6 carènes. 

« Panouara » chez les Saras (territoire du Chari) où il est cultivé ; 
« Beli » aux Stanley Falls. 

Chari, Côte d'Ivoire, Cameroun, Niam Niam, Uganda, îles de TOuesl du 
Victoria Nyanza, Majoimba, Haute et Basse Guinée {Schweinfurth^ 
Pogge, Devèvre^ Daioe^ Zenker, Chevalier). 

C. Thollonlcum Guillaumin n. sp. 

Grand arbre à tronc droit. 

Feuilles grandes (70 cm.) en bouquets à Textrémité des branches, 
împaripennées, à 12-13 paires de folioles, pétiole épais, couvert de poils 
fauves, crépus, assez longs. 

Folioles grandes, entières, ovales-lancéolées ou lancéolées (14-22 cm. 
x5-6 cm.), membraneuses rigides, portées par un pétiolule court 
(2,3 mm.) et poilu; limbe glabre en dessus (sauf le rachis), densément 
poilu en dessous, cordiforme à la base, terminé par un long acumen 
pointu (2-2,5 cm.). 

16-19 paires de nervures I saillantes en dessous, nervures II égale- 
ment saillantes, veinules visibles formant un carrelage très serré. 

Inflorescences (je n'ai vu que des fleurs Çd") en grappes de corymbes, 
naissant à l'aisselle des feuilles, ramifications I épaisses, poilues, 
noirâtres, à lenticelles brunes (sur le sec), portant des groupes comp«K;ts 
de 4-0 fleurs, enveloppées de bractées poilues. 

Fleurs grandes (7-10 mm.). Calice à 3 sépales soudés jusqu'à mi-hauteur, 
coriaces, épais, poilus en dedans et en dehors ; 3 pétales presque 1/2 plus 
longs que les sépales, glabres en dedans ; 6 étamines presque aussi longues 
que le calice, à filets grêles, soudés à la base sur une petite kmguenr. 

Ovaire k 3 lo^, poilu vers le haut (?) sormoDté d'un style assez long 
terminé par un stigmate trilobé. 

Je n'ai pas vu les fruits. 

Arbor; foliis magnis, ad apicem ramulonim congestis, imparipinnatis, 
12-13-jugis; pétiole crasao, fusco-hirsuto ; foliolis magois, iiitegris, ovato- 
lanceolatis vel lanceolatis, membranaceis rigidis, rachi excepto supra gla- 
bris, infra dense pilosis, basi cordiformibus, acumine longo acutoque acu- 
mîiMitis, petiolo brevi et piloso snffulti*. Nenrîis I i6-l^jirgis infrat-prorai- 
nentibus, nerviis II pariter prominentibus» venis dense reticulatis» cons- 
picnis. 

Inflorescenlia in corymbonim racemisY cmsms, pilosis, nigreseentibvts. 
Floribus quaternis vel quinis, bracteis pilosis bracteatis, magmft^ Galyce 



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A. GUILLÂUMIN. — BURSÉRACÉES DU GABON ET DU CONGO FRANÇAIS. 2^7 

3 sepalis i/2 connatis, crassis, coriaceis, utrinque pilosis; 3 petalis qûam 
sepala vix dimidio longioribus, extus pilosis; 6 staminibus calycem fere 
aequantibus, fiiamentis tenuis, ima basi coDnatis. 
Ovario 3-loculari, in stylum stigmate trilobo coronalum, attenuato. 

En fleurs au mois de mai. 

Oubanghi (Modzaka) (Thollon n*» 19). 

Les fleurs ressemblent beaucoup à celles du CanariumSchweinfurthii; 
mais Tespèce s'en distingue nettement par ses feuilles membraneuses 
rigides, à folioles plus nombreuses, couvertes de poils hirsutes et 
terminées par un acumen plus grêle. 

G. velutinum GuiUaumin n. sp. (Aucoumea (?) velutina Pierre 
nomen mss. in Herb. suo). 

Arbre de 10 m., k rameaux bruns, glabrescents en Yieillissant. 

Feuilles (30-35 cm.) à 7-11 (?) paires de folioles; pétiole cannelé, 
couvert de poils jaunâtres, aplati légèrement et ailé à la base. 

Folioles entières, membraneuses rigides, portées par un pétiolole 
court (1-2 nun.), oblongues-Iancéolées, la terminale elliptique; folioles 
supérieures (15-16 x S cm.) 2 i/i à 3 fois plus grandes que les 
folioles inférieures; limbe arrondi à la base, terminé par un acumen 
massif assez long (environ 1 cm.), presque glabre en dessus (sauf sur le 
rachis), poilu sur les nervures en dessous, à 14-16 paires de nervures 
proéminentes en dessous. 

Fleurs et fruit inconnus. 

Arbor, ramulis brunneis, glabrescentibus. 

Foliis satis parvis, 7-11 (?)-Jugis; petiolo canaliculato, basi compHanato 
exalatoque. ûavo-piloso. 

Foliolis integris, membranaceis rigidis, petiolulo brevi sufTultis, oblongo 
lanceolatis (terminali elliptico) quam inferiora 2 1/2-3-plo longioribus, 
basi rotundalis, acumine lato, satis longo acuminatis, supra (rachî 
excepto) fere glabris, nervis infra pilosis. 

Nervis I i4-16-jugis, infra prominentibus. 

Donne une résine blanchâtre. 

Gabon {P. Klaine n* 1 336.) 

Cette espèce diflière du Canarium Schtveinfurthii par ses feuilles 
moitié plus courtes, à foUoIes beaucoup moins épaisses et à pétiolules 
plus courts, et se distingue du Canarium Thollonicum par ses folioles 
plus courtes, à acumen moins long, et différemment poilues. 

Canarium sp. 

Arbre à rameaux épais, brun rouge, poilus quand ils sont jeunes, 
^abrescents ensuite. 

FeuiUes assez grandes (jusqu'à 60 cm.), en bouquets à Textrémité des 
nuneaux, à 10-13 paires de folioles. 



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268 SÉÀlfCE DU 10 AVRIL 1908. 

Pétiole cannelé, brun-rouge, aplati en dessus à la base et ailé, 
recouvert de poils raides et bruns. 

Juga inférieurs disjoints, k 6 cm. de la base du pétiole, juga suivants 
à 2,5-3,5 cm. les uns des autres. Folioles portées par un pétiolule gros 
et assez long (6-7 cm.), densément poilu, oblongues-lancéolées, arrondies 
à la base, terminées par un acumen obtus et court (4-5 mm.) se distin- 
guant mal du limbe à sa base; limbe entier, foncé en dessus, roussâtre 
en dessous (in sicco) parsemé de poils sur les nervures surtout en 
en dessous; folioles inférieures (5x^,5 cm.) à 14 ps^ires de nervures, 
folioles les plus grandes (15x5 cm.) à 23 paires de nervures brunes, 
saillantes, rapprochées, se détachant presque horizontalement du rachis 
et se réunissant très près du bord; veinules visibles. 

N*a encore ni fleuri ni fructifié {P. Klaine). 

Environs de Libreville, dans des terrains rocailleux (P. Klaine n* 2 
in collection de l'auteur). C'est vraisemblablement une espèce nouvelle 
mais les feuilles ne sont pas assez caractéristiques pour qu'on puisse 
rafBrmer. 

Les observations relatives à ces quelques Burséracées du 
Gabon et du Congo montrent qu'aucune de ces espèces n'atteint 
TAfrique tropicale orientale et que toutes sont des arbres, par- 
fois géants : ceux-ci contribuent à former la forêt tropicale, dans 
les différentes régions de laquelle il semble qu'on les trouve 
uniformément répartis, sauf peut-être pour VAucoumea qui n*a 
pas encore été signalé au-dessus du 2"" de latitude nord. 

Les Pachylobus et les Canarium ont été rencontrés en effet 
aussi bien dans la forêt de la côte d'Ivoire qu'au Cameroun, 
au Mayumba ot jusque sur les bords ouest du Victoria Nyanza, 
et c'est là un fait particulièrement intéressant pour le genre 
Canarium dont les espèces, très voisines les unes des autres, 
sont d'ordinaire très localisées. Un autre fait remarquable résulte 
de ce que les Burséracées du Gabon et du Congo ne présentent 
que des rapports bien lointains avec celles des autres régions 
du globe : on n'y rencontre point par exemple les Commiphora 
et les Bosîoellia qui, si nombreux dans l'Afrique centrale, est et 
nord-est, se trouvent également quoique en petit nombre, mais 
avec une grande uniformité, au Soudan et dans la région située 
à l'est et au sud-est du Tchad. 

D'un autre côté, le genre Canarium est le seul qui ait des 
représentants hors d'Afrique : à Madagascar, à la Réunion, dans 



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p. GAGNEPAIN. — GENRE NOUVEAU DE GAPPARIDÀCÊES ASIATIQUES. 269 

les régions indienne et indo-malaise et dans Textrèroe Nord de 
FAustralie. Il est remarquable qu*on ne trouve aucune affinité 
avec les Burséracées américaines si ce n*est avec les Dacryodes 
et les TraUinickia, bien que ces deux genres manquent totale- 
ment en Afrique. 

M. Gagnepain fait la communication suivante : 

Neothorelia^ genre nouveau 

de Capparidacées asiatiques; 

PAR M. F. GAGNEPAIN. 

HEOTHORELIA Gagnep. gen. dov. 

Frutex sarmentosus, folia trifoliolata^ exstipulata. Flores parvi in pani- 
culis pyramidatis, terminalibus vel subterminalibus dispositi. Sepda 6. 
Petala 6, valde minora. Androphorum panim elevatum (torus). Stamina 
circa 15, inœqualia, 3-8erialia, introrsa. Ovarium stipitatum, ptacenta- 
riisSy biovulatis; ovula anatropa, micropylo supero ; stylus fUiformis. Bacca 
trigona, breviter stipitata, seminibus 3, rarius 2. 

A SHxi differt : 1* foliis 3-foliolatis; 2P petalis 6; 3<* ovulis in unoquoque 
loculo 2, micropylo supero; 4^ bacca valde minore, trigona, seminibus 3, 
rarius 2. 

A CratSBva difîert : i<> caule sarmentoso ; 2* floribus minutis, in inflores- 
centia pyramidali dispositis; 3* sepalis 6, petalis 6; 4» placentariis 3, 
biovulatis; 5« stylo subulato, ûliformi; 6* bacca parvula. 

Neothorella laotica Gagnep. sp. nov. 

Frutex sarmentosus, caule viridi. Rami virescentes, glabri, dense 
lenticellati. Spinœ nuUœ. Folia petiolata, glaberrima, 3-foliolata; foliolis 
obianceolatis, abrupte cuspidatis, basi gradatim attenuatis, petiolulatis, dz 
ptmcticulato-albidis, foliolo medio longiore, lateralibus valde asymme- 
tricis ; nervi latérales arcuati, ad marginem confluentes ; petiolus cylin* 
dricus, gracilis, petioluli brèves. Inflorescentia terminalis vel axillaris, 
pyramidata, tenuiter villosa, e spicis multis composita; spicie graciles, 
simplices, bracteis et pedicellis minutis, floribus viridibus, villosis, ala- 
bastro ovoideo. Sepala extima 3, lanceolata, intima 3, simillima sed obtu- 
sioscula, cuncta utrinque villosa. Petala 3-plo minora, villosula, unguicu- 
lata, limbo transversaliter oblongo. Stamina 15, supra basim androphori 
inserta, 3-serialia, inaequalia, exteriora breviora; anthera bilocularis, 
elliptica, intus dehiscens; ûlamentum flliforme, basi villosum. Ovarium 
3-loculare, gynophoro piloso sufTultum; stylus subulatus, apice stigma- 
tibus 3, punctiformibus, coronatus; in unoquoque loculo ovula 2, ascen- 
dentia, anatropa, micropylo supero, raphe dorsali. Fructus baccatus, 
trigonus, pisi magnitudine, perianthio persistente comitatus; gynophoro 
haud accreto. 



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270 SÉANCE DU 10 JLVRIL 1908. 

Planta 4-5-metralis. Foliola B-13 cm. longa, 3-5 cm. iata, petioiulo 3 mm. 
longo; foliorum peliolus 4-10 cm. longus. Inflorescentia 15-30 cm. longa; 
spicis 10-20 cm. longis, pedicellis 1-3 mm. longis, alabastro 2 mm. longo. 
Stamina 2-5 mm. longa, stylam œqaantia. Gynandrum 2-3 mm. longum; 
gynopborum 0,5-5 mm. longum, stylus, 0,5-3 mm. longus. 

Laos : Luang-prabang, Muoog-maî, Pak-lay, La-khon n® 3 280[7%ore/]. 

Ce genre nouveau avait déjà été reconnu par le D*" Thorel, qui lui 
avait attribué un nom resté inédit. Ce nom, très semblable, à une lettre 
près, à un genre déjà connu, pourrait prêter à équivoque. Celui que je 
propose ici n'a pas cet inconvénient et rend hommage à la sagacité du 
botaniste expérimenté et de l'excellent collecteur qu'est le D' Thorbl. 

Malgré mes recherches bibliographiques, je n'ai pu Tidentifier avec 
aucun autre genre existant. Il reste aussi nouveau actuellement qu'il 
Tétait vers 1875, époque à laquelle travaillait M. le D' Thorel. 

Avant la fin de Tannée on trouvera dans le fascicule 2 du tome 1 de la 
Flore générale de Vlndo-Chine^ Tillustration du genre Neothorelia. 

Le Pédicelle de la capsule des Hépatiques 

(Suite) ♦ ; 

PAR M. Ch. DOUIN. 

3° Forme du pédicelle. 

Il a presque toujours une forpie arrondie; ce n'est que 
dans les types de la 2^ série qu'il revêt une forme ± quadran- 
gulaire (fig. 26, 27 et 31). Dans le type Aneura, chacune des 
4 cellules centrales primitives^ est recouverte par 3 cellules 
externes de même grandeur, ce qui rend forcément le pédicelle 
quadrangulaire (fig. 26). Au contraire, dans les Cephalozia^ 
chaque cellule interne n*est recouverte que par 2 externes : 
d'où un pédicelle arrondi (fig. 25). 

Il résulte de cette forme quadrangulaire qu'un pédicelle de 
Lejeunea ou d'Aneuray vu de côté, montrera, selon le cas, 5, 6 
et même 1 files de cellules (fig. 27), tandis qu'un pédicelle de 
Cephalozia n'en montrera que 4 ou 5 au plus (fig. 25). 

Deux cas intermédiaires se montrent chez le Lepidozia setacea 
et le Calypogeia Trichomants pour lesquels Taxe du pédicelle 
comprend 4 + 12 cellules. Dans le premier, ces 16 cellules sont 

1. Voir plus haut, pp. 194 et suiv. 



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CH. DOUIN. LE PÈDICëLLE DE LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. S71 

eûtoarées par 8 externes seulement, ce qni a pour résultat 
d'arrondir les angles {&g. 28); dans le second, le nombre des 
cellules étant de i6, la forme quadrangulaire est mieux con- 
servée (fig. 31). 

4° DlFFÉRENCIATTON CELLULAIRE. 

Une coupe transversale du pédicelle montre, tantôt des cellules 
uniformes ou à peu près (fig. 33 et 40), tantôt des cellules db 
différenciées. La différenciation peut porter sur la grandeur des 
cellules, sur leur contenu ou sur les deux caractères à la fois. 

Quand le pédicelle se trouve caché par une enveloppe charnue 
(coiffe ou périgyne) qui le soustrait à Faction de la lumière, ses 
cellules sont presque toujours uniformes et sans chlorophylle 
{Metzgeria furcata, Aneura, Calypogeia Trichomanis), ou n'en 
contiennent que fort peu {Chiloscyphus polyanthiis^ fig. 37). Dans 
le cas contraire, les cellules externes du pédicelle renferment 
presque toujours de la chlorophylle : Plagiochila asplenioides 
(fig. 35), Aplozia nana (fig. 41), Scapania irrigua^ Diplophyllum 
albicans, Pellia epiphylla (fig. 36), etc. 

Dans un très grand nombre de genres, les cellules externes se 
différencient des autres par leurs parois plus épaisses, souvent 
par leurs dimensions plus grandes et leur contenu. En effet, 
c'est presque toujours dans les cellules externes que se trouvent 
les éléments nutritifs et les grains de chlorophylle. 

Un cas plus frappant se voit dans le P^a^iocA//a, le Chiloscyphus 
polyanthus (fig. 37) et le Diplophyllum où les cellules externes sont 
allongées radialement et où les grains de chlorophylle sont nom- 
breux. Plus tard, quand le pédicelle a achevé son allongement, 
les grains verts se dispersent; et le pédicelle, d'abord très nette- 
ment vert, reprend l'aspect hyalin habituel. Quoi qu'il en soit, il 
n'en résulte pas moins là un progrès organique marqué, une 
sorte d'essai de vie spéciale par l'assimilation chlorophyllienne, 
ce qui permet au pédicelle de se conserver bien plus longtemps 
que chez les espèces qui en sont dépourvues. Ce pas serait fran- 
chi si de la base du sporogone naissaient des poils absorbants. 
Pour moi, le cas n'est pas impossible dans les sporogones bien 
conservés qui ont passé l'hiver ou l'été à l'état latent dans les 
débris de la plante-mère. Celle-ci étant morte, il pourrait fort 



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272 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

bien se développer des poils radicaux grâce aux pluies de prin- 
temps ou d*automne. Les expériences récentes de MM. Marghal ' 
semblent donner à cette idée une très grande probabilité. 

Le cas le plus frappant de différenciation existe dans les Lepi- 
doziay comme on Ta vu plus haut (fig. 28 et 29) : là, les cel- 
lules externes sont jusqu'à 5 et 6 fois plus grandes que les 
internes. 

Pour terminer, j'ajouterai que les cellules du pédicelle sont 
presque toujours séparées les unes des autres par de grands 
espaces intercellulaires. 

4^ Composition du pédicelle dans ses différentes parties. 

Le pédicelle n'a la même composition, de haut en bas, que 
dans les pédicelles simples et très réguliers (CepA^^/o^^te^/a, Cepha- 
lozia^ Lejeuneay Aneura^ Lepidozia setocea); dans la plupart des 
autres, cette composition varie toujours un peu, la partie infé- 
rieure ayant des cellules en nombre moindre que la partie 
supérieure. 

Je ne citerai que les 2 exemples suivants : 

Dans le Pleurocladaj les cellules externes, bien différenciées 
par leur contenu nutritif, sont au nombre de 14 ou i5; mais les 
internes sont complètement hyalines et presque aussi grandes 
que les superficielles. J'en ai compté une douzaine dans la moitié 
inférieure et jusqu'à 24 dans la moitié supérieure (fig. 5 et 6). 

Dans le Metzgeria furcata^ la différence est beaucoup plus 
grande encore puisqu'elle apparaît à la simple loupe : là encore, 
les cellules superficielles, au nombre de i6, restent constantes 
d'un bout à l'autre; les internes, au nombre de 4 seulement à la 
base (fig. 7), se divisent de façon à réaliser dans la partie supé- 
rieure du pédicelle le type de VAplozia crenulata (fig. 30). 

On pourrait ajouter un 5* numéro à ce chapitre, en montrant 
comment se font les divisions cellulaires dans les diff'érents 
types de pédicelle. Je n'ai fait cette recherche que pour les 
Cephalozia. Dans ce genre, les 4 cellules primitives se divisent 
d'abord tangentiellement, puis la cellule externe ainsi obtenue se 
divise radialement; et, très probablement, ces 2 divisions se 

1. El. et Em. Marghal, Aposporie et sexualité chez les Mousses (Bull, 
de TAcad. royale de Belgique, 1906 et 1907). 



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CH. DODIN. — LE PÉDICELLE DE LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 273 

succèdent très rapidement, car je n'ai constaté qu'une fois la 
première sur 9 pédicelies très jeunes examinés pour cet objet et 
seulement sur 2 des 4 cellules internes, les autres étant déjà 
divisées radialement. 

En résumé, les différents types de pédicelies peuvent se classer 
ainsi: 

A. TYpes très réguliers. 

Ils se distinguent par le nombre de leurs cellules (en coupe 
transversale) qui est toujours 4 ou un multiple de 4. 

1 . Type Cephaloziella : 4 files de cellules (fig. 23). Ce cas convient 
aussi au genres Dichiion et Prionolobus (fîg. 24). Je n'ai pas vu 
de pédicelle aussi simple chez les Hépatiques à thalle. 

2. Type Cephaloria : 4 cellules internes entourées par 8 externes 
(fig. 25j. Ce type comprend aussi les genres Odontoschisma 
(Gg. 38), Blepharosioma (fîg. 39), Eremonotus (PI. VI, fîg. D) et 
UygrobieUa (fîg. E). On peut le représenter schématiquement 
par la formule : 4 + 8. 

3. Type Lejeunea : 4 cellules internes entourées pari 2 externes 
(fig. 27), toutes ces cellules ayant leurs extrémités respectives 
dans un même plan transversal. C'est aussi le cas du genre 
Colura que beaucoup d'auteurs réunissent au genre Lejeunea. 

4. Type Âneura : semblable au précédent, sauf que les extré- 
mités des cellules ne sont pas dans un même plan transversal 
(fig. 26). Ce type et le précédent peuvent être notés ainsi : 

4+12. 

5. T^j^eÂplozia crenulata : 3 couches concentriques de cellules 
formées respectivement de 4, 8 et 16 cellules (fig. 8). Le Metzge- 
fia furcata (fig. 30) rentre aussi dans ce cas. Représentation 
schématique : 4 + 8 + 16. 

6. Type Micro-Lepidozia : 16 cellules internes disposées comme 
dans les Aneura avec 8 très grandes cellules externes (fig. 28). 

1. Type Cal]rpogeia (= Kanliay Cincinnulus) : également 
3 couches concentriques de cellules : 4 internes, 12 moyennes et 

T. LV. (SÉANCES) 18 



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^74 SÉAIHCE DU 10 AVRa 1908. 

16 externes (fig. 31). Ce type ne montre déjà plus une régularité 
aussi nette que dans les 6 précédents. 

B. Types irréguliers. 

Dans tous les cas ci-dessous, le nombre 4 et ses multiples 
disparaissent et les cellules presque toujours très nombreuse» 
sont disposées irrégulièrement. 

8. 7V;;e Lepidozia : un grand nombre de cellules internes 
entourées extérieurement par d'autres cellules beaucoup plus 
grandes et plus nombreuses que dans le type 6 (fig. 29). Ce type 
est très distinct. 

9. Ty2)e Diplophyllum : cellules externes allongées radialement 
et nettement plus grandes que les autres. Ce type que je consi- 
dère comme le plus parfait convient aussi aux Pellia (fig. 36), 
aux Plagiochila (fig.. 35) et aux Ckilo$cyphu$ (fig. 37). 11 se 
relie au suivant par de nombreux intermédiaires : Scapania^ 
Alicularia, etc. 

10. Type général : cellules uniformes ou à peu près, en nombre 
irrégulier et très variable selon que lespèce est d= robuste. On 
Tobserve dans les genres suivants : Lophozia (fig. 46, 47 et 48), 
Lophocoleay Blepharozia, Southbya (fig. 42), Aplozia (fig. 41), 
Frtdlania (fig. 34), Jamesoniella autumnalis (fig. 40), Gymnomi- 
trium (fig. 33), etc. 

11. Type Fossombronnia : cellules comme dans le cas précédent, 
mais non disposées superficiellement en files longitudidales 
nettes ; leur aspect rappelle db celui des cellules de la feuille 
des Brachythecium (fig. 15). Ce type, le plus irrégulier de tous, 
convient également au Madotheca (fig. 14). 

Si Ton examine les différents types de pédicelles ci-dessus, oa 
y voit un progrès organique continu. 

Le pédicelle très simple des Cephaloziella représente une forme 
ancestrale primitive conservée jusqu'à nos jours. Il conduit 
facilement à celui des Cephalozia et des Lejeunea. De là, on 
passe aux pédicelles A^Y Aplozia crenulata^ des Calypogeia et des 
Micro-Lepidozia. Chez les Lepidozia proprement dits, un pas de 
plus est franchi, car le nombre 4 et ses multiples disparaissent. 



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CH. DOUIN. — LE PÈOICELLE DE LA CAIfêULE DES HÉPATIQUES. 215 

£Dfin, dans le type DiplophyllMm, la chlorophylle commence à 
devenir assez abondante pour permettre au sporogone, le cas 
échéant, d'avoir une vie indépendante de Tappareil végétatif. 

Cependant, en aucun cas, je n*ai vu de pédicelle avec partie 
centrale différenciée comme cela se voit dans la tige de beaucoup 
de Mousses. 

Il n'est pas douteux que d'autres genres possèdent des pédi- 
celles différents ou rentrant dans les types décrits ci-dessus. Mon 
étude n'est qu'un modeste essai que les hépaticologues ne man- 
queront pas de compléter. 

III. LES CARACTÈRES DU PÉDICELLE DANS LA GLASSinCATIOlT. 

J'ai examiné les pédicelles des Cephaloziella Starckiiy trivicUis, 
gracilUma, Bryhnii, slriatula et elachista : ils ont tous 4 files de 
cellules. 

De même les Aneura major , pinnatifida^ mulH/ida^ laiifrons^ 
et pinguis ont un pédicelle formé de 4 + 12 cellules en coupe 
transversale. De même encore les Cephalozia bicuspidata^ conni- 
vens et lunulifolia ont un pédicelle de 4 + 8 cellules. C'est à la 
suite de telles constatations que je formule la règle suivante : 
Lorsque toutes les espèces d'un genre sont bien homogènes, 
c'est-à-dire quand un genre est bien naturel, les caractères du 
pédicelle sont identiques dans toutes les espèces ou à peu près. 

Je n'ai jamais vu 2 espèces d'un même genre avoir des pédi- 
celles différents ; par contre, on voit quelquefois plusieurs des 
genres actuels avoir même pédicelle; d'où la seconde règle : 
les caractèi^es tirés du pédicelle sont des caractères au moins gêné- 
riqueSy jaynais spécifiques. 

Le pédicelle est un organe bien peu important, au point de vue 
du but final de la plante, comme en témoigne le fait suivant. 
J'ai récolté, dans la forêt de Rambouillet, le 4 mai 1907, sur le 
talus sableux d'un ravin, Lepidozia reptans avec des capsules 
presque mûres et encore incluses dans le périanthe, afin d'en 
étudier le pédicelle. A la suite de 15 jours de sécheresse continue, 
le pédicelle encore très court s'était complètement desséché. J'ai 
cultivé la plante, je lui ai rendu la vie en lui donnant l'eau qui 
lui manquait, et le 27 mai la plante était en fort bon état. La 
capsule avait achevé de mûrir ses spores, mais le pédicelle ne 



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276 SÉANCE pu 40 AVKIL 1908. 

s^était pas ranimé. De cette façon, les spores mûres sont restées 
incluses dans le périanthe. 

Par son peu d'importance dans révolution des spores, le pédv- 
celle est le moins sujet à varier de toutes les parties du sporogone 
et est, par suite, très constant. Comme il appartient à la fructifi- 
cation, il acquiert par cela môme une importance exceptionnelle 
dans la classification. C'est un organe secondaire qui, pour moi, 
décèle de lointaines et réelles affinités. S'il ne peut toujours 
servir au point de vue pratique en raison de son peu de durée, 
il doit être pris en sérieuse considération dans une classification 
naturelle, bien que jusqu'ici il ait été à peu près négligé. Il est 
surtout d'une importance capitale dans les types que j'ai appelés 
réguliers. 

Grâce à lui, on aura un caractère précis qui permettra de 
voir si certaines espèces sont bien rangées dans le genre qui 
leur convient, si certains genres doivent être maintenus ou si 
d'autres ne pourraient pas être créés. En eflet, il ne faut pas 
oublier que si certains choix sont très heureux, il en est 
d'autres qui le sont beaucoup moins, car il arrive parfois que la 
différence entre 2 genres est moindre qu'entre 2 espèces d'un 
même genre. 

On trouvera peut-être que j'ai trop généralisé dans les règles 
formulées ci-dessus, et la discussion critique suivante, bien que 
basée presque exclusivement sur un seul organe, paraîtra sans 
doute quelque peu artificielle. Cependant, en raison des déve- 
loppements précédents, je pense qu'on voudra bien lui accorder 
une réelle importance. De toute façon, ce sera toujours, à 
propos des espèces et des genres signalés, un nouveau caractère 
mis en évidence. 

M. F. Camus a été chargé par notre confrère de Lyon, 
M. Nisîus Roux, d'offrir à la Bibliothèque de la Société une 
brochure de MM. Cl. Roux et Antoine Colomb intitulée : 
Catalogue des plantes nommées par Alexis Jordan. Cette 
brochure contient en outre une bibliographie complète des 
œuvres de Jordan et des travaux inspirés par ses idées et 
ses écrits. M. le Président remercie les donateurs au nooi 
de la Société. M. Lutzdit que, quelle que soit Topinion que 



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H. BOISSIEU. — OROBANCHE HEDERiE SUR FATSIA JAPONIGA. 277 

ToD ait sur l'espèce, la personnalité de Jordan reste une des 
plus frappantes dans l'histoire de la botanique. Il a été en 
quelque sorte, ajoute M. Mangin, et sans le vouloir, un des 
précurseurs de ceux qui ont institué des expériences sur la 
mutation et la théorie nouvelle de la formation des espèces. 
MM. Gagnepain et Camus ajoutent que la Société a reçu 
il y a quelques années un grand nombre de planches iné- 
dites exécutées sous la direction de Jordan. Les cuivres en 
sont très bien conservés et peuvent être consultés avec 
profit. 

M. de Boissieu fait la communication suivante : 
Orobancbe Hederœ sur Fatsia japonica; 

PAR M. H. DE BOISSIEU. 

J*ai Thonneur de signaler à la Société botanique de France 
une découverte faite par un jeune botaniste de mes* amis 
M. Michel des Liqneris, ingénieur-agronome. Il s'agit de celle 
de VOrobanche Hederœ Duby poussant sur TAraliacée japonaise 
si fréquemment cultivée dans nos serres et appartements, 
Fatsia japonica Dcne. et Planch. (Aralia japonica Thunb., 
Aralia Sieboldii Hort.). 

Trois pieds du parasite ont été trouvés sur un Fatsia cultivé 
i BressoUes, près Moulins (Allier). VOrobanche présente tous 
les caractères de VO. Hederœ Duby, des sépales soudés à la 
base, entiers, subuninerviés , une corolle glabre, non ciliée, 
avec la lèvre inférieure à trois lobes dont le moyen est sensi- 
blement plus grand, des étamines glabres ou à peine hérissées 
à la base, insérées vers le tiers inférieur du tube de la corolle, etc. 
Je n'ai pu me rendre compte de la couleur du stigmate, n'ayant 
vu rOrobanche que desséchée. 

Les étamines, dans l'exemplaire de Bressolles, sont peut-être 
insérées un peu plus bas que dans la plupart des échantillons 
à^Orobanche Hederœ, mais c'est une différence de bien minime 
importance. 

U'Orobanche Hederœ existe dans l'Allier, la Flore de Migout 
rindique à Montiuçon, à LigneroUes, etc. 



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Ii78 SÊAKCE DU 10 AVRIL 1908. 

Je rappellerai, en terminant cette Note, que VOrobanche Hederœ 
a déjà été observé, poussant sur un Fatsia japonica, au jardin 
botanique municipal de Lille par M. Ducamp, préparateur à la 
Faculté des sciences de cette ville, qui a présenté à ce sujet, une 
Note avec photographie explicative au Congrès de TAssociation 
pour Tayancement des sciences tenu à Cherbourg en 1 905 (p. 463) . 

M. Gagnepain a observé un fait qui rappelle le fait cité 
par M. Boissieu. Il a constaté sur le Pelargonium zonalCy 
VOrobanche minor parasite ordinaire du Trèfle. Ce serait 
donc une erreur de déterminer les Orobanches d'après leur 
hôte. 

M. Lutz donne lecture de la communication ci-dessous : 



Sur l'origine des Sphénophyllées; 

PAR 0. LIGNIER. 

Dans une Note parue en 1903* j'ai cherché à démontrer la 
valeur scientifique de quelques hypothèses que je demande la 
permission de rappeler brièvement ici en les précisant au besoin 
dans quelques cas. 

1** Le type le plus primitif de plantes vasculaires fut très vrai- 
semblablement caractérisé par la ramification dichotomique de 
tout son appareil caulinaîre (uniquement formé de cauloîdes) 
qui portait non de vraies feuilles, mais de petites expansions 
{phylloides) assimilables aux petites feuilles des Muscinées et 
des Lycopodinales. 

2* Chez ces plantes primitives, les sporanges étaient portés au 
sommet des cauloîdes et dans leur prolongement, et non sur des 
feuilles ni sur des phylloïdes; leur déhiscence était longitudinale 
et produisait deux valves. — Ces sporanges offraient la plus 
grande ressemblance avec ceux des Psilophyton. 

3"* Ce type de plantes primitives à ramifications dichotomes, 
auxquelles on pourrait peut-être assigner le nom de Propsilotées^ 

i. LiGNiBR (0.), Equisétales et Sphénophy Haies. Leur origine filicinéenne 
commune (Bull. Soc Linn. de Normandie, 5* sér., 7« vol., p. 93, Caen, 1903). 



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^ 



0. LIGNIER. — SUR L*(mi6lNE DBS SPHÉNOPHYLLÉES, 279 

aurait fourni, d*une part, toutes les Lycopodinales à la base 
desquelles se trouvent les Psîlotées* et, d'autre part, les pre- 
mières Fougères ou Archéoptéridées* désignées depuis par 
Arber sous le nom de Primo/ilicées*, nom que j*adopte bien 
volontiers parce qu'il offre des limites plus étendues que celui 
d'Archéoptéridées et bien qu'ARBER ne Fait peut-être pas entendu 
tout à fait dans la même acception que moi-même*. C'est pro- 
bablement aux plus anciennes parmi les Primofilicées qu'il faut 
rapporter les Dimeripteris de Schmalhausen'^. 

4* La caractérîsation des Primofilicées serait surtout résultée 
du fait que certaines portions ramifiées de la plante cauloïdée 
se seraient appendicularisées par rapport à certains cauloïdes 
plus importants devenus supports. Ces portions appendicula- 
risées, caractérisées, à l'origine surtout, par l'apparition de la 
dorsiventralité et d*une symétrie par rapport à un plan vertical, 
se seraient dans la suite peu à peu transformées en de vraies 
feuilles, alors que les cauloïdes qui les supportaient devenaient 
de vraies tiges. 

Cette origine de la feuille par spécialisation progressive d'une 
partie de la ramification explique facilement pourquoi, chez les 
Filicinées actuelles, cette feuille est encore en général très lobée 
et, surtout, est pourvue d*une croissance apicale qui peut durer 
plusieurs années, tandis que, chez les plantes supérieures, 
elle est de plus en plus spécialisée et réduite par rapport à la 

o** D'autre part, à la périphérie des feuilles primitives (peut- 
être même déjà avant leur caractérisation), là où les cauloïdes 

1. Bien qu'on puisse, dans une certaine mesure, attribuer à la présence 
habituelle de Tendophyte qui yit dans leurs tissus et à la réduction végé- 
tative consécutive, Taspect primitif des Psilotées, je pense qu'elles 
représentent bien en réalité le type actuel le plus primitif du grand 
groupe des Lycopodinales. 

2. Contrairement à Fopinion de Kidston, je crois que les Archéop té- 
ridées sont des Filicinées isosporées. 

3. Arber Newel, On the part history of the Fems (Ann. of Botany, 
Vol. XX, 1906). 

4. Dans ma pensée, les Primofilicées auraient donné naissance, ao& 
seulement aux Sphénophyllées et par suite aux Articulées, mais encore 
aux Filicinées et aux Ptéridospermées. 

5. ScHMALHAUSEN (J.), Ueber devonische Pflanzen ans dem Donetz-Becken 
(Mém. du Corn. géol. de Saint-Pétersbourg, vol. VIII, 1894. 



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280 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

terminaux devenaient plus grêles, plus fréquemnient divisés, 
plus serrés, la dorsiventralité aurait provoqué la formation 
entre eux de coalescences qui furent l'origine de petits limbes 
ou pinnules {Adiantites, ArchwopteriSj Sphenopterisy etc.), dans 
lesquels les cauloïdes constituants devinrent ce que nous appe- 
lons des nervures — la nervation dichotome serait donc primi- 
tive et rappellerait le mode de ramification ancestral des 
cauloïdes — . L'apparition de tels limbes aurait provoqué la 
disparition des phylloïdes devenus inutiles. 

6*^ Les sporanges qui, chez les Propsilotées, étaient portés au 
sommet des cauloïdes, se retrouvent dans la même situation ou 
presque dans la même chez les Fougères les plus anciennes. En 
effet, ils sont encore soit au sommet de petits pédoncules qui 
représentent des extrémités libres de cauloïdes (certains Archœo- 
pteriSy Slauropteris, peut-être Parkia, etc.), sont sessiles sur 
la marge de rachis, s'il y a eu réduction des pédoncules (d'autres 
Archœopteris y Rhacopteris, peut-être Bolrychium^ etc.), soit, 
lorsque les cauloïdes se sont soudés entre eux pour former une 
pinnule et transformés en nervures, très près de l'extrémité de 
ces nervures, sur la face inférieure du limbe {Dactylotheca^ 
RenauUia, peut-être certains Odontopteris^ etc.). 

T Ce serait des Primofilicées que seraient dérivées les Sphé- 
nophyllées (voir loc, cit,, pp. 106 et suiv., p. 183). Celles-ci se 
seraient caractérisées grâce à l'apparition de la symétrie verti- 
cillée, grâce à la réduction consécutive des feuilles plus ou 
moins lobées, dont les pinnules plus ou moins découpées et 
conservant leur nervation dichotome, seraient devenues entiè- 
rement radiales, grâce enfin au groupement en épis des feuilles 
fertiles, également plus ou moins lobées à lobes radiaux. 

Dans l'épi en question, chaque feuille ou lobe de feuille com- 
prit une partie terminale restée stérile (sauf chez le Spk. fertile) 
et une partie basilaire fertile. Sur cette dernière, les sporanges, 
en nombre variable, tantôt restèrent encore portés à l'extrémité 
d'un pédicelle grêle rappelant celui des Archœopteris^ tantôt 
devinrent plus ou moins sessiles, mais en continuant toujours à 
être bivalvaires à déhiscence longitudinale. 

A. — L'opinion précédente relative à l'origine fîlicinéenne 
des Sphénophyllées a été discutée et combattue par divers 



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0. LIGNIER. SDR L ORIGINE DES SPHÉNOPHYLLÉES. 281 

auteurs, en particulier par Scott* qui, après Bower et Thomas, 
contiDue à rapprocher les Sphenophyllum des Psilotales. 

Pour réminent paléobotaniste anglais, les sporophylles des 
Sphenophyllum trouveraient en effet leur équivalent dans les 
branches fertiles du Tmesipteris. Pour lui, chacune de ces 
branches fertiles, les sporanges qui la terminent et les deux 
phylloïdes qui accompagnent ces derniers représenteraient les 
diverses parties d'un oi^ane unique, d'une feuille pétiolée à 
limbe une seule fois dichotome et portant ses sporanges sur 
Textrémité distale de son pétiole. 

Il est, certes, impossible de méconnaître la ressemblance 
d'aspect qui lie cet appareil du Tmesipteris au sporophylle du 
Sphenophyllum majus. Mais une telle ressemblance est-elle 
réellement la conséquence d'une homologie? N'est-elle pas 
trompeuse? C'est ce qui mérite d'être examiné en premier lieu. 

Tout d'abord, je ne crois pas qu'on ait jamais signalé un 
phylloïde végétatif dichotome, ni chez les Psilotées ni même 
chez aucune Lycopodinale, et c'est déjà là une constatation qui 
doit nous mettre en garde contre l'interprétation admise par 
Scott pour l'appareil sporangifère du Tmesipteris, Il semble 
bien, en effet, que Tune des caractéristiques des phylloïdes des 
Lycopodinales soit d'avoir été toujours simples*. 

Mais, d'autre part, les conclusions auxquelles est arrivée Miss 
Sykbs dans un Mémoire récent', ne me paraissent non plus 
guère favorables à cette interprétation. Ayant en effet repris 
l'étude anatomique de l'appareil sporangifère du Tmesipteris et 
l'ayant complétée par Tobservation de diverses anomalies. Miss 
Sykes a été, avec beaucoup d'autres botanistes et après une 
sérieuse discussion des opinions contraires, amenée à recon- 
naître que la branche sporangifère est réellement de nature axiale 
et non foliaire. C'est là pour elle une conclusion nette et précise. 

1. Scott (D. H.), The présent position of Palœozoic Botany (Prog. Rei 
botanicffi, vol. I, 1907, p. 439). 

2. De telle sorte que si, lorsqu'un organe appendiculaire est réduit à 
Tétat de languette foliacée unifasciculée, il peut représenter soit un 
phylloïde. soit une feuille réduite ou un lobe de cette feuille, s*il se 
montre dichotome ou plurifasciculé, il ne peut représenter qu'une 
feuille ou un lobe de feuille. 

3. Sykes (Miss G.), The Anatomy and Morphology of Tmesipteris (Ann. of 
Bot., Vol. XXII, janvier 1908, p. 63). 



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282 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

Il est vrai que Miss Sykbs en atténue la portée en faisant 
remarquer, d'une part, que, chez les plantes inférieures, la diffé- 
rence entre les organes foliaires et les organes axiaux était 
moins accusée que chez les plantes actuelles et, d'autre part, 
que la branche fertile du Tmesipteris pourrait bien être formée 
par la coalescence d'un organe sporangifère, sui generisy avec 
la base d'une feuille. De telle sorte que finalement elle se trouve 
ramenée à admettre, avec Scott, que les deux phylloïdes du 
Tmesipteris sont peut-être comparables à deux lobes d'un limbe 
dichotome. 

On aurait de la peine à comprendre comment Miss Sykes a pu 
être conduite à émettre ces conclusions que ne laissaient guère 
prévoiries faits affirmés par elle-même, si l'on n'y était amené 
par la constatation du désir qu'elle avait d'expliquer sur de 
nouvelles bases des homologies auxquelles elle croyait et que 
contredisaient certains faits. Admettant a priori l'homologie du 
« sporophylle > du Tmesipteris avec celui du Sphenophyllum et 
constatant que le pédoncule était axial dans l'un et appendicu- 
laire dans l'autre, elle s'est, en réalité, uniquement préoccupée 
d'expliquer cette contradiction. 

Il ne résulte pas moins de son étude que la branche sporan- 
gifère des Psilotées est de nature axiale. Or c'est là un fait qui 
en dépit de l'explication donnée par Miss Sykes, me parait 
devoir faire rejeter toute homologation entre l'appareil sporan- 
gifère de cette famille et la feuille fertile des Sphénophyllées, ou 
du moins qui doit nous mettre fortement en garde contre une 
pareille homologation. 

D'autre part, le Sph, majus auquel, dans cette hypothèse, on 
compare les Tmesipteris, appartient à la catégorie de Sphéno- 
phyllées dans laquelle la partie fertile du « sporophylle » est la 
plus condensée. Si donc l'on admet ainsi que ce sporophylle 
offre réellement l'organisation la plus semblable à celle des 
ancêtres, c'est-à-dire la plus primitive, on est amené à admettre 
également que chez beaucoup d'autres Sphénophyllées, par 
exemple chez le Sph. Dawsoni, le Bowmaniles Rœmeri et sur- 
tout le CheirostrobuSj il y a eu extension de cet appareil. 

Or ce serait admettre là, je pense, une transformation con- 
traire aux habitudes les plus courantes du règne végétal. Quand, 



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0. LIGNIER. — SUR l'oRIGINB DES SPHÉNOPHYLLÉES. 283 

en effet, dans un phylum déterminé, il vient à se produire un 
groupement d'orç;anes primitivement isolés, il s^établit corrélatî- 
Tementet progressivement une spécialisation plus grande et une 
réduction progressive de chacune des pièces du groupement : 
cest le cône des Zamiées qui dérive de la rosette des Cycas, et 
non l'inverse; les chatons des Conifères résultent d*axes et de 
sporopbylles primitivement plus grands et moins spécialisés; 
rinflorescence des Àmentacés a été précédée par une ramification 
d'axes portant des feuilles moins réduites, des fleurs plus grandes 
et moins condensées, etc. On a donc beaucoup plus de chances 
de retrouver le type primitif d'un groupement en étudiant ceux 
de ses représentants dans lesquelles les pièces sont moins serrées, 
moins réduites et moins spécialisées. 

En ce qui concerne les Sphénophyllées, il faut donc, à mon 
avis, pour retrouver l'organisation la plus primitive, s'adresser 
de préférence aux espèces chei lesquelles les sporophylles sont 
moins bien groupés en épis, plus semblables aux feuilles végéta- 
tives et sur lesquels les lobes sporangifères sont eux-mêmes 
plus nombreux, moins réduits et moins particularisés, diffèrent 
par suite de ceux du Sph, majus. 

C'est en partant de cette compréhension des choses que pré- 
cédemment j'ai été amené à admettre l'origine filicinéenne des 
Sphénophyllées. De nouvelles recherches, dont je désire exposer 
ici les résultats, n'ont fait que me confirmer dans ma précédente 
opinion. 

B. — C'est toujours avec les Archéoptéridées que les Sphéno- 
phyllées me paraissent présenter les plus étroites affinités. 

a. Examinons d*abord les pinnules stériles. 

Dans les deux familles elles appartiennent au même type : 
elles sont cunéiformes (plus ou moins lobées) avec nervation 
dichotomique en éventail. 

Il est vrai que les feuilles qui portent les pinnules sont 
grandes et pennées chez les Archéoptéridées, tandis que, d'après 
l'explication que j'en ai précédemment donnée {loc. cit., p. 101), 
elles sont petites et flabellées chez les Sphénophyllées. Mais c'est 
là une difiérence à laquelle on aurait tort d'attacher une trop 
grande importance. Ne sait-on pas en effet combien variables 
peuvent être la taille et la foi^me des feuilles à Finlérieur même 



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284 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

d'une famille actuelle : chez les Gnétacées, les Araliacées, les 
Renonculacées, par exemple? Chez ces dernières on peut même 
constater la coexistence soit de feuilles normalement pennées 
et limbées pour certaines espèces, soit de feuilles petites, laci- 
niées et presque en éventail dans d'autres qui sont aquatiques? 
On peut donc concevoir a fortiori^ d'une famille à une autre, 
des variations considérables de même nature, surtout lorsque, 
comme chez les Sphénophyllées, la tige est elle-même passée de 
la symétrie spiralée à la symétrie verticillée et lorsque, dans la 
structure de son appareil vasculaire, elle porte l'indice d'un 
mode de vie très particulier quoique de nature encore mal 
déterminée*. 

Du reste, Ettinghsausen a déjà fait remarquer que le type de 
nervation et d'organisation interne du limbe offre plus d'impor- 
tance au point de vue systématique que la taille et la* forme des 
feuilles. Or, je viens de le rappeler, ce type, en ce qui concerne 
les pinnules stériles, est sensiblement le même pour les Sphéno- 
phyllées et pour les Archéoptéridées. 

6. Voyons maintenant les pinnules fertiles. 

Elles ne sont, dans ces deux familles, pas moins ressemblantes 
que les pinnules stériles; peut-être même leur ressemblance est- 
elle plus caractéristique encore. 

Des deux parts ces pinnules fertiles comprennent une région 
basilaire fertile et une région terminale stérile. 

Dans la région fertile lès sporanges sont également latéraux ', 
du moins si l'on considère celles des espèces de Sphenophyllum 
chez lesquelles les sporophylles sont encore pédoncules (ex. : 
Sph. cuneifolium Sternb. sp. =? Sph. Dawsoni Will. sp.; Sph. 
oblongifolium Germ. et Kaulf. sp. ; Bowmanites Rœmeri S.-L.). Us 
sont également insérés au sommet des pédoncules et dans leur 
prolongement (si parfois ils deviennent sessiles, c'est vraisem- 
blablement par réduction) et très probablement à déhiscence 

1. Je fais ici allusion à la structure si spéciale des vaisseaux ligneux 
des Sphenophyllum. 

2. Chez les Sphenophyllum cette disposition est en partie masquée par 
la coalescence des bases des sporophylles d*un même verticille en une 
sorte de plancher en entonnoir; mais elle n'en est pas moins mise en 
évidence par le parcours des cordons vasculaires. D'ailleurs pour certains 
de ces sporanges qui sont insérés extérieurement à la région de coales- 
cence, la situation marginale est bien reconnaissable, fig. 1, D. 



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0. LIGNIER. — SUR L ORIGINE DES 8PHÉN0PHYLLÉES. 285 

loDgitudinale bivalvaire. Toutefois, chez les Sphénophyllées, ils 
sont moins nombreux * et peut-être à pédoncule toujours simple*; 
ils sont en outre réfléchis lorsqu*ils sont pédoncules. 

Quant à la région terminale stérile, elle est d'ordinaire 
représentée, des deux parts, par un petit lobe unifasciculé 
soit lamelleux chez les Sphenophyllurriy soit filiforme chez les 
Archœopteris. 

U est cependant convenable de reconnaître que, chez les 
ArchœopteriSj ce lobe terminal peut être également, soit une fois 
dichotoroe {A. fissilis, fig. 1, C), soit même cunéiforme à ner- 
yation dichotomique {A. Archetypus Schm., fig. 1, A.), c'est-à- 
dire, en somme, être assez différent de celui des Sphenophyllum. 

Mais une telle différence est-elle de nature à éloigner nette- 
ment les deux genres? Je ne le pense pas ; bien au contraire, je 
crois que la forme spéciale du lobe terminal chez ces deux der- 
nières espèces A' Archœopteris apporte un allument nouveau en 
faveur du rapprochement des deux genres. En effet, ce lobe ter- 
minal dichotome ou en éventail rappelle merveilleusement la 
structure des pinnules stériles des Sphenophyllum, fig. 1, E, et il 
suffit de concevoir, chez ce dernier genre, l'existence de sporo- 
phylles moins spécialisés, dans lesquels le lobe terminal aurait 
encore en partie conservé la structure en éventail des pinnules 
stériles pour retrouver chez lui un type de sporophylles iden- 
tique à celui des deux Archœopteris en question. Du reste la 
terminaison bifide ne s'observe-t-elle pas chez le Sph. angustifo- 
Hum Germ. (fig. 1, F.) et chez le S. majuSy quoique avec des 
sporanges sessiles ? 

En résumé donc, les pinnules fertiles des deux familles appar- 
tiennent bien, elles aussi, à un même type d'organisation. 

1. La netteté de cette différence diminue considérablement si l'on 
Tient à considérer certains ArchœopteriSy comme 1*^4. fissilis Schm., chez 
lequel le nombre des sporanges peut pour une pinnule être réduit à 8 de 
chaque côté (loc, cit. y p. 27), et si Ton se rappelle que chez le Sph, cunei- 
folhim il peut être parfois de 4 et peut-être même de 5 (Zeiller, Étude $ur 
la constitution de l'appareil fructificateur des Sphenophyllum {in Mém. 
Soc. Géol. France, Paléont., IV, 1893). 

2. Certaines des descriptions qui ont été données des épis de Spheno^ 
phyllum laissent cependant supposer que, dans quelques cas, les pédicelles 
sporangifères pourraient y être ramifiés. Ils le sont certainement chez le 
Chdrostrobw, mais peut-être pour des raisons différentes. 



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286 



SÉANCE DU 40 AVRIL 1908. 



Quant aux différences déjà signalées et qui consistent, Tune, 
dans le fait que, chez les ArchœopteriSy les sporanges sont d'ordi- 
naire plus nombreux, quelquefois même à pédoncules ramifiés, 
l'autre, dans cet autre fait que les sporanges des Sphenophyllum 
sont réfléchis au sommet des pédoncules, elles sont évidemment 




Fig. 1. — A, Pinnales fertiles de VArchxopteris Archetypus Schm., Gr. 2/1, avec 
lobe terminal stérile en éventail et sporanges basilaires (d'après Schmalhausen). 
— B, Bractée feilile d'un épi de Sphenophyllum (d'après Williamson). — C, Pin- 
nule fertile de VA. flssilis Schm.,avec sporanges basilaires e t lobe terminal bifide 
(d'après Schmalhausen). — D, Sporange (\u Sphenophyllmm obiongif olium Germ. 
et Kaulf. sp. (d'après Zeiller); son pédicelle est inséré sur le bord de la bractée 
dont il semble n'être qu'un lobe spécialisé. — E, Pinnule stérile du Sph. 
cuneifolium Sternb. sp. (d'après Zeiller). — F, Deux bractées fertiles d'un épi 
du Sph. angustifoUum Germ. (d'après Grand'Ecry); ces bractées sont bifides 
au sommet. 

de faible conséquence. On pourrait presque dire qu'elles sont 
moins importantes que celles que Ton observe, à Tintérieur 
même de la famille des Sphénophyllées, entre les différentes 
espèces du genre Sphenophyllum. Elles sont, en outre, de la 



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0. LIGNIER. -^ SUR L0R1€1NB DBS SPHÉNOPHYLLÉES. 287 

nature de celles qui se produisent lorsque les sporophylles vien- 
iMDt à se réunir en des groupements de plus en plus spécialisés. 
Ne troaTe-t-OQ pas en effet des différences de même nature* 
pe«ti-4tre môme plus accusées, quand on compare les macrospo- 
rophylles de la rosette d*un Cyca$ à ceux d*un cône de 
Zamiée ? 

c. En outre des faits morphologiques précédents, peut-être 
n est-il pas indifférent de signaler, en faveur de Torigine filici- 
néenne des Sphénophyllées , Inexistence d*une ornementation 
par ponctuations aréolées sur les vaisseaux ligneux. G*est là, en 
effet, une particularité qui, presque générale chez les Sphéno- 
phyllutHy rappelle davantage ce qui existe chez les Ptérido- 
spermées que chez les Lycopodinales. 

Rappelons encore que, chez les Équisétées, la seule famille 
subsistante des Articulées auxquelles se rattachent les Sphéno- 
phyllées, les anthérozoïdes ont des caractères entièrement filici- 
néens et diffèrent au contraire de ceux des Lycopodinales. 

Peut-être y a-t-il lieu de signaler encore que, chez ces mêmes 
Équisétées, l*assise plissée de la racine et Tassise péricyclique 
ont une origine commune et que c'est une particularité anato- 
mique qui ne se retrouve que chez les Fougères? 

Ce sont là des faits anatomiques qui viennent s'ajouter à ceux 
que j'ai déjà signalés précédemment {loc. cit.) et qui, par 
leur diversité même, me paraissent les renforcer singulière- 
ment. 

En résumé, la feuille fertile des Sphenophyllum ne semble pas 
pouvoir être homologuée à l'appareil sporangifère des Tmesip- 
teris. 

Par contre, leurs pinnules stériles sont très comparables à 
celles des Archœopteris. 

De même, leurs pinnules fertiles reproduisent presque entiè- 
rement le type de celles des Primofilicées. Les différences qu'elles 
montrent avec ces dernières sont secondaires et probablement 
en grande partie, consécutives de leur groupement dans des 
épis. 

En conséquence, conformément à des conclusious précédentes 
(loc. cit.) les Sphénophyllées doivent être, vraisemblablement, 
rattachées au Primofilicées et non aux Lycopodinales. 



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288 SÉANCE DU 10 AVRIL 1908. 

Cette dernière conclusion est encore appuyée par quelques 
considérations complémentaires telles que : la nature de Torne- 
mentation des vaisseaux ligneux chez la presque totalité des 
Sphenophyllum, la forme des anthérozoïdes chez les Équisetées 
actuelles, la communauté d'origine de l'assise plissée et de 
rassise péricyclique dans les racines de cette dernière famille. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



PAUCHET (L.). — Influence du pouvoir osmotique des sucres 
sur la déhiscence des anthères. Paris, Pédrone, édit., 1907. 

BuRCK avait remarqué que la déhiscence des anthères en air humide 
est sous la dépendance des sucres contenus dans la fleur et se résume 
dans une action osmotique. 

M. Pauchet, examinant comparativement la déhiscence des anthères 
d'un certain nombre de plantes dans Tair sec et dans Tair humide, arrive 
à ces conclusions que Tair sec agit sur ranihère m^re rapidemrat et 
brusquement en provoquant toujours une déhiscence complète. Au con- 
traire, les sucres agissent lentement et progressivement et occasionnent 
le plus souvent une déhiscence incomplète. Leur rôle ne peut être con- 
sidéré comme exclusif : il est fonction de leur abondance et de leur 
concentration, ce qui explique sa variabilité suivant Tutilisation plus ou 
moins avancée des réserves par la plante. L. Lutz. 

ERRERA ( Léo) . ~ Cours de physiologie moléculaire (Leçons recueil- 
lies et rédigées par H. Schoutbden). — Bruxelles, Lamertin, édit., 1907. 

Le développement remarquable des sciences physico»>chimiques au 
cours de ces dernières années a mis en évidence un grand nombre de 
faits nouveaux susceptibles de modifier intégralement la conception 
ancienne de bien des phénomènes de la vie. La biologie d'autrefois, 
considérant les êtres vivants dans leur ensemble, a dû faire place à la 
biologie cellulaire, seule capable d'élucider les multiples problèmes 
résultant de la coordination ou du conflit des actions moléculaires d'ordre 
chimique ou physique. 

Chaque ceUule est, en effet, un minuscule laboratoire où viennent en 
contact, sous Tun ou l'autre des trois états de la matière, les corps 
appelés à réagir pour engendrer les molécules vivantes. Les forces mises 
en jeu se manifestent dès lors à de petites distances : ce sont les forces 
désignées en physique sous le nom global de forces moléculaires, de 
telle sorte que leur étude peut s'appeler physiologie moléculaire. 

Cette étude fit Tobjet d'un cours professé en 1903 aux candidats au 
doctorat en sciences botaniques de Bruxelles par le regretté savant 
Erbbka : nous devons savoir vivement gré à M"^ Errera et à M. Schou- 
T. LV. (séances) 19 



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290 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

TEDEN d*en avoir assuré la publication, car ce cours rendra aux physio- 
logistes les plus utiles services. 

Nous ne pouvons évidemment résumer cet ouvrage : sa nature même 
s'y oppose; nous nous bornerons à mentionner les principaux chapitres : 

Lès unités de mesure; propriétés physiques des tissus végétaux : pro- 
priétés des fluides (gaz et liquides : tension superflcielle, cohésion et 
élasticité, viscosité, propriétés des émulsions); propriétés des solides; 
pénétration mutuelle des solides et des fluides; diffusion et osmose; 
dissociation électrolytique ou ionisation; mouvement de Teau dans la 
plante et transpiration; théories relatives au siège du courant d'eau et 
aux forces amenant Pascension. 

Ce rapide exposé montre tout l'intérêt que Ton prendra à la lecture de 
ce livre qui constitue une remarquable mise au point de plusieurs des 
grands problèmes de la biologie végétale. L. Luxz. 

Annales de Tlnstitut colonial de Marseille, W ann., 2* s., S*" vol., 
1907. 

Contient les articles suivants : 

Dop (P.). — Recherches morphologiques et anatomiques sur une 
Ruhiacée nouvelle de Madagascar : Dirichletia Princei, nov. sp. 
(p. 1-9). 

Cette espèce est voisine du D, trichophlebia Baker, dont elle se dis- 
tingue principalement par ses fleurs polymorphes, le tube de la corolle 
cylindrique et les feuilles pétiolées. Au point de vue anatomique, le 
D. Princei est surtout caractérisé par la présence de cellules à résine 
dans la feuille et d'oxalate de chaux en raphides dans le même organe et 
en cristaux courts dans les autres parties du végétal. Les autres carac- 
tères sont les caractères normaux des Rubiacées. 

DuBARD (M.) et Dop (P.). — Sur quelques plantes nouvelles de 
Madagascar au point de vue morphologique et anatomique (p. 41-39). 

Ces plantes ont été envoyées par M. Perrier de la Bathie ; la plupart 
sont employées en médecine indigène malgache. Ce sont : 

Ravensara Perrieri Dub. et Dop, Protorhus Heckeli Dub. et Dop, 
Mundulea siriata Dub. et Dop, Chadsia Julliana Dub. et Dop, 
Ch. Perrieri Dub. et Dop. 

Toutes ont été décrites morphologiquement dans notre Bulletin 
(avril 1907). Outre cette description, les auteurs donnent pour chaque 
plante Tétude anatomique de ses diverses parties. 

CouRCHET (L.). — Sur le Protorhus Perrieri nov, sp. (p. 41-66). 

Diffère du P. Heckeli par ses fouilles plus courtes, à limbe mince, 
finement velu à la face inférieure et à nervures moins nombreuses et 
moins épaisses, ses inflorescences plus longues. Au point de vue anato- 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 291 

mique, il se distingue par les cellules de Tépiderme supérieur du limbe 
non cloisonnées, l'absence d'hypoderme, les stomates sans cellules 
annexes, entourés par un nombre variable de cellules épidermiques 
ordinaires. Ce travail se termine par une revue d'ensemble des carac- 
tères anatomiquesdes P, oblongifolia^ P. nitida, P. Tkouarsii^ P. lati- 
folia, P. pauciflora. 

CouRCHET (L.). — Le Kitsongo vrai de Madagascar^ Rourea (Byr- 
socarpus) orientalis H, Bn (p. 87-435). 

On paraît avoir confondu sous les noms de Kirondrou ou de Kitsongo 
deux plantes toxiques de Madagascar, en réalité bien distinctes. Dans un 
précédent travail, publié dans le même Recueil, M. Courcret a établi la 
place du Kirondro {Perriera madagascariensis) parmi les Simarouba- 
cées. Quant au Kitsongo, il semble fourni par deux plantes voisines 
dénommées K. mâle et K. femelle. Le vrai Kitsongo serait la plante 
femelle désignée par les Sakalaves sous le nom de Kitsongo vavy. 

Les échantillons reçus par Tauteur sont un peu différents morphologi- 
quement, mais leurs caractères anatomiques sont les mêmes et, tout au 
au plus, pourrait-on les considérer comme deux variétés distinctes de la 
même espèce, si même il ne s'agit simplement de variations morpholo- 
giques dues à Faction des feux de brousse. 

Ce travail contient, outre la critique de l'espèce, une description mor- 
phologique et anatomique très détaillée du Kitsongo. 

Heckel (Ed.). — Avant-propos relatif aux Kinos de la Guyane 
française (p. 137-145). 

Jacob de Gordemoy (H.). — Les Kinos des Myristicacées (p. 147- 
158). Ces kinos, qui s'écroulent par incisions de la couche cortico-libé- 
rienne de la tige d'un certain nombre de Myristicacées, se présentent à 
l'état frais sous forme d'un liquide rouge qui, par repos, laisse déposer 
des cristaux de tartrate de calcium, caractéristique, d'après Schaer, des 
kinos provenant de cette famille. 

La sécrétion se fait dans des cellules spéciales, situées d'une part dans 
le liber secondaire et -d'autre part dans la région périméduUaire. Ces 
deux séries de cellules sécrétrices sont mises en communication, à tra- 
vers les rayons médullaires secondaires, par de véritables conduits à kino 
résultant de la résorption des cloisons intercellulaires. 

RiBAUT. — Examen chimique du Kino de Bourgoni (p. 159-160). 

Planchon (L.). — Recherches sur les Erythrophlaeura et en particu- 
lier sur l'E. Couminga ff. Bn (p. 161-304, avec 3 pi. en coul.). 

Étude morphologique, anatomique et thérapeutique très détaillée de ce 
groupe de plantes toxiques auxquelles on doit entre autres l'écorce de 
Mançone, poison d'épreuve de l'Afrique tropicale, susceptible d'être uti^ 
Usé en thérapeutique comme succédané de la Digitale. 



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292 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. 

Laborde (D'.) -— Étude chimique de Vécorce d'ErytrophlaBum Cou- 
miDga (p. 30S-313). 

\JE, Couminga renferme un alcaloïde qui parait identique à Térythr^ 
phléine extraite de 1'^. guineense. 

Jumelle (H.). — Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du 
Nord-Ouest de Madagascar (p. 315-361, avec 9 pi.) 

Les espèces étudiées sont intéressantes à divers titres, car ce sont des 
bois de construction, des productrices de gommes et de résines ou de6 
textiles. Citons en particulier : 

Diospyros Perrieri sp. nov., fournissant TÉbène de la région de 
Majunga; Balbergia ikopensis nom. nov. (syn. : />. Perrieri Judil); 
/>. Perrieri Drake (/>. boineneis Jum.), sécrétant une gomme-résine 
complexe; Poupartia gummifera Sprague, TérélÂnthacée seulement 
nommée jusqu'alors par Sprague et doBt la description manuscrite est 
reproduite ici : elle fournit une gonune-résine comparable à celle des 
Rhus et Melanorrhœa ; Stereospermum euphorioides DC. ; Ophiocaulon 
firingalavense Dr. Cast., sécrétant une cire végétale; Genipa Rutenber- 
giana Bailli; A la fia Perrieri spt. nov.; Cryptostegia madagascariensis 
Bay. et Pachypodium Butenbergianum Vatke, de Técorce duquel les 
Sakalaves retirent une fllasse utilisable. 

Nous regretterons seulement que l'auteur n'ait pas cru devoir tenir 
compte des décisions du Congrès de Vienne en ne donnant pas de dia- 
gnoses latines pour ses espèces nouvelles, ce qui entraîne la caducité de 
leurs noms. 

Jumelle (H.) et Perrier de la Bathir (H.). — Notes sur la flore du 
Nord-Ouest de Madagascar (p. 363-405, avec 2 pL). 

Description de quelques espèces nouvelles ou imparfaitement connues. 
Citons les espèces nouvelles : 

Clathrus madagascariensis^ Khaya madagascariensis y Sideroxylon 
rubricostatum, Toxocarpus ankarensisy 1\ tomentosus nom. nov, 
{Pervillea tomentosa Dcne), Strychnos boinensis. 

Même remarque touchant Tabsence de diagnoses latines. 

L. LuTz. 

LAURENT (J.). — Une nouvelle hypothèse sur le déterminisme 
du sexe. — Exir. des A. B. de l'A. F. A. S., Congrès de Lyon, 1906. 

Dans une Note présentée à la Société de Biologie en décembre 1905, 
l'auteur avait émis l'hypothèse d'une relation entre la pression osmotique 
interne et le sexe des végétaux. L'examen d'un grand nombre de faits 
semble justifier cette hypothèse, l'augmentation de la pression osma- 
tique correspondant à la prédominance des organes femelles. Cette 
manière d'envisager l'orighœ des sexes soulève évidemment de nombreux 



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KEVtJE MBLIOtiRAPHlQUE. t9l 

problèmes : il est en eflet permis de se demander si les échanges 
gazeux présentent la même intensité chez les deux sexes, si la prolon- 
gation de la germination ou un étiolement partiel n'exercent pas une 
influence dérivée d'une atténuation de la pression osmotique, etc« 
M. Laurent se borne d'ailleurs à signaler ces questions qui ne sont que 
les corollaires de son ingénieuse interprétation des phénomènes observés 
par divers auteurs et par lui-même. L. L. 

Annuaire du Gonsenratoire et du Jardin Botaniques de Genève, rédigé 
par John Briquet ; lO"" année, voL in-8 de 27S pages, avec ^ vignettes 
dans le texte. Chez Georg et C*% Genève, 1906-1907. 

On trouve dans ce vcdume les Mémoires suivants : 

I. BiuQUET (J.). — P. 1 : Rapport sur l'activité au Conservatoire et 
au Jardin Botaniques de (îenève pendant Taraiée 1905. 

IL HocMREUTiNER (B. P. G.). — P. 15 : Malvioeae et Bombacaceœ not» 
vel minus cognit». — Espèces nouvelles : Pavonia costaricensis. Hibis- 
cus congestifiorus^ K&steletzhya Chevalieri^ Ceiàa Fiebrigii. Ces espèces 
sont de Hochreutiners. 

m. Uackel (Ed.) et Briquet (J.). — P. 25 : Revision des Graminées de 
l'herbier de âlb. de Hallbr fils. — Nombreux et intéressants comcneB- 
taires. 

IV. Briquet. — P. 99 : Décades plantarum novarum vel minus cogai- 
tarum. — Espèces nouvelles : Cistacées, Halimium Berlandieri ; Verbé- 
nacées, VerbenacordobensiSy V,carollata, V.arizonica, V. Gooddingii^ 
V, Malihewsiiy V. officinalis var. Gaudichaudii Briq. var. nov. ; Borra- 
ginacées, Lithospermum fruticosum L. var. intricatum var. nov. ; 
L^iées, Sideritis Riklii ; Rubiacées, Galium Brockmannii. 

V. Arvet-Touvbt (P.). — P. 108 : De quibusdam Hieraciis seu Bovis 
seu maie cognitis et oonfusis Italis vîdnarumque regionum. — Espèces 
Douv^les : H, Huetianum (sect. Aurella)^ B. markovanum (sect. 
Oretidea)y H. sogerifolium (sect. Prenanikoidea}^ H. lemitum et 
H. opacatum (sect. AuHralia)^ H. /Uifloccum (gr. Stupposa). 

VI. Hochreutiner. — P. 118: Rectifioation touchant les < Plantœ 
bogorienses exsiccatsB » (substitution de Schizomeria setrata Hochr. 
comb. nov. à Acronychia serrcUa Hochr. nom remplacé). 

VU. KoHLER (G.). — P. 120 : Une nouvelle localité suisse du Bairy- 
ekium virginianum Sw. — Cette plante rarissime a été rencontrée sur les 
pentes du Simei, vallée de la Tamina, Saint-GaU. 

VIII. Cansolle (G. de). — p. 122 : Meliaceœ no vas, — Espèces nou- 
velles dans les gelures Turraea^ Dysoxylum^ Guarea^ Aglaia^ Walsura^ 
Trickilia^ Carapa^ Cedrela. 

IX. Cavillur (Fr,). — P. 177 : Étude sur les Doronicum à fruits 



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294 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

homomorphes. — Ce Mémoire est l'objet d'une analyse particulière. 
X. Briquet. — P. 266 : Graines récoltées dans nos rocailles alpines en 
1905. Ern. Malinvaud. 

Kitteilungen aus dem Botanischen Muséum des Universit&t Zurich 
(Travaux du Muséum botanique de TUniversité de Zurich), XXXIV, 
Genève, 1907. 

Ce volume contient les tirés à part d'articles extraits des fascicules 2 à 9 
du Bulletin de THerbier Boissier, 2« série ; tome VII (1907). 

I. Beitrage zur Kenntnis der Schweizerflora. Ce premier travail est 
divisé en deux parties : le premier offre des explications données par 
M. Hans Schinz et A. Thellung, de Zurich, sur la nomenclature adoptée 
dans les deux éditions de la Flore de la Suisse (Flora des Schweiz) de 
ScHiNz et Keller. La seconde partie a pour titre : Zur Flora der Kantone 
S. Gallen und GlaruSy von H. Schfnz. 

II. Die in Europa bis jetz beobachteten Euphorbia-kKi^^ der Sektior 
Anisophyllum. Les observations portent sur les espèces suivantes : 
Euphorbia nuians Lag., E. humifusa Willd., E. serpens Humb et 
Kunth, £. Peplis L., £. polygonifolia L., E. Chamœsyce L., E. En- 
gelmanniy Boiss., E, maculata L. (et E. thymifolia L.), E. prostrcUa 
Ait. Ern. M. 

CHODAT (R.) et HASSLER (E.). — Plant» Hasslerianœ, soit 
Énumération des plantes récoltées en Paraguay, par le D' Emile 
Hassler et publiées par le professeur R. Chodat et le D' E. Hasslbr, 
1'* partie, in-8 (826 pages). Genève. 

C'est la réunion d'articles publiés dans le Bulletin de THerbier Boissier 
de 1903 à 1907. 

L'Introduction présente un intéressant tableau des divers aspects de la 
région paraguayenne. Les auteurs distinguent cinq faciès principaux : A. 
la forêt ou formation mixte, xérophyte et hydrophyte; B. les campos ou 
formation xérophyte; C. les marécages ou formation hydrophyte; D. les 
terrains salins ou formation halophyte; E. les friches ou formation rudé- 
rale. Nous ne pouvons entrer ici dans les détails de cet exposé. Plusieurs 
familles ont été traitées par des spécialistes, par exemple J. G. Baker 
(Liliacées, etc.), G. Bennbtt (Potamogétonacées), Briquet (Labiées, etc.), 
C. DE Candolle (Pipéracées, etc.), Christ (Filicinées), Cogniaux (Cucur- 
bitacées, Orchidacés, Melastomacées), E. Fries (Anonacées), Hackel 
(Graminées), LmDAu (Acanthacées), Urban (OmbelUfères), etc. Grâce à 
ces précieux concours s'ajoutant au travail considérable fourni par les 
auteurs et à l'importance des matériaux ainsi élaborés, la connaissance 
de la flore paraguayenne est maintenant aussi avancée que celle des 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 295 

régions les mieux explorées du Sud de rAmérique. Les espèces nouvelles 
sont nombreuses et décrites en latin. On est satisfait de trouver, comme 
r^umé, avant Ténumération relative à chaque famille, des considérations 
générales sur la biologie et la distribution des espèces. Un Index alpha- 
bétique des familles et des genres termine le volume. 

Ern. m. 

CHABERT (Alfr.). — Rhinanihus Helenœ sp. nov. {Nuovo Gior- 
nale botanico italianOy oct. 1907). 

Ce nouveau type a été rencontré dans la région montagneuse des envi- 
rons de Bellune (Vénétie). Il est voisin du Bh. Freynii Kern, et présente 
les caractères des Autumnales des régions montagneuses, c dont il est 
le représentant auprès du Bh, Freynii ou peut-être d*un autre type non 
encore décrit ». Ern. M. 

DOMIN (Karel). — Danmarks Kœleriœ {Botanisk Tidsskrift,l90b). 
La flore du Danemark possède trois espèces du genre Kœlerxa *; 
!• K. glauca DC, avec la variété intermedia (Ahlq. sub. specie) et la 
sous-variété pseudolobata Dom. ; 2° K. pyramidata var. danica Domin 
et une sousrvariété pilifera; 3" JC. gracilis Pers. Ern. M. 

DOMIN (Charles). — Plantas novœ bohemicae annis 1900-1904 
detectœ vel descriptœ (Bull. Acad. internat, de géographie bota- 
nique, 1905). 

L'auteur signale divers produits hybrides qui offrent toujours un 
intérêt général : Bosa galUcaX trachyphylla, B, gallicaxgraveolens, 
Potentilla canescensXargentea, P, canescens X recta, P, vernax 
Gaudini, P, vema X arenaria, P. opaca X vema, P. opaca X Gau- 
rfini, P, opaca X arenaria, P. Tormentilla X procumbens, P, Tormen- 
tilla X reptans, Cirsium eriophorum X palustre , C, canum X erio' 
phorum^ C lanceolatum Xarvense, Leontodon hastilisXCLutumnaliSy 
Primula elatiorXofficinalis, Orchis lalifolia X maculata , 0. lati- 
folia X sambucina, 0. incarnata X latifolia, Carex paradoxa X 
paniculata, C. ripariaXnutans, C, brizoidesXremota, Festucasul- 
cataX rubra, F. gigantea X arundinacea, Alopecurus pratensisX 
geniculatus. L'auteur décrit aussi plusieurs variétés nouvelles. 

Ern. m. 

BARBOSA RODRIGUEZ (J. J.). — Contributions du Jardin 
botanique de Rio de Janeiro par son directeur, IV. Rio de Janeiro, 
1906, in-4. 

Les espèces suivantes, créées par l'auteur sont figurées : Trickilia 



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^296 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

laminensis, Eugema Trahyra, Passiflora silvicola^ P, sarcosepala^ P. 
eearaensis, P. toxicara^ P. dumelosay P. laminensis^ Hahenaria Ber- 
roama, Jonopsis pusilla^ Stenorkynchus montevidensis, S- Areekavale- 
taniiy Pleur othailis lithophUa^ Scherlea quadrisulcaia^ Camaridium 
cyrtopodanthum , Cétmpylocentrum aramaiicum , Panera geraensis^ 
Cocos edutis, C, speciosa, Bactris coccinea^ Scheelea lauromûlleriana^ 
Bactris Ottostaffeana^ Gaya macrantha. Ern. Malinvaud. 

GRECESCU (D'' Dim.). — Plantele Tasculare ale-ceahlaului pana 
acum cuaoacttte expuse aubt raportul geografico-botajaic ai aiste- 
xnatic (extr. des Annales de t Académie de Roumanie), i Use. ia*4; 
Bwobarest, 1906-1907. 

Ce sont des listes de [Nantes plus ou moins remarquables de la Rou- 
manie, avec Tindication des localités et, çà et là, des observations cri- 
tiques ; de celles-ci, non plus que de Texposé de géographie botanique 
contenu dans l'introduction, nous regrettons de ne pouvoir profiter nous- 
même et faire part à nos lecteurs, l'ouvrage étant écrit tout entier en 
roumain. L'emploi exclusif dans un travail scientifique d'une langue aussi 
peu répandue restreint inévitablement le nombre de ceux qui peuvent en 
prendre connaissance. Ern. M. 

DANIEL (Lucien). — La question phylloxérique, le greffage et la 
crise viticole, avec Préface de M. Gaston Bonnier, Membre de r Ins- 
titut. Fasc, 1. — 1 vol. in-S^ de 184 pages, avec 81 dessins et 1 pL 
en couleur. Muloy éditeur. Pains, 1908. 

Chacun sait combien passionnantes sont les interminables discussions 
qui se sont élevées autour de la question phylloxérique, depuis l'appari- 
tion du trop fameux puceron. Avec un engouement extraordinaire, que 
seule peut excuser la crainte de la ruine, on se jeta sur la culture des 
cépages américains, et cela sans étude préalable basée sur des expériences 
scientifiques rigoureuses. Des questions multiples d'intérêt personnel 
sont venues apporter un tel trouble dans la recherche de la vérité que la 
solution du problème semble toujours aussi éloignée. Si l'on songe que 
le greffage est actuellement encore l'une des pratiques horticoles dont la 
répercussion sur les organes du végétal reste des moins connues et des 
plus disculées par les savants spécialistes, on conçoit que tout ouvrage 
consciencieux, émanant d'un esprithonnéte et compétent, doit être accueilli 
par le monde savant et par l'agriculteur éclairé avec une véritable recon- 
naissance. C'est ce qui se produira sans doute^ croyons-nous, avec ce 
remarquable livre de M. Daniel, le distingué professeur de la Faculté de 
Rennes dont les travaux antérieurs sont bien connus. 

Dans le bref mais substantiel exposé qui forme le début du livre, 



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KEVC£ MDLI0GRAPH1QUE. 297 

M. Damel relate quelques points de priorité parfois oubliés (découverte du 
phylloxéra par Sahut, recherches de Maxime Corhc et Balbiani, elc.), puis, 
a¥ec précist<m et clarté, à Faide âes méthodes qui lui sont chères, il fait 
eompreodre au lecteur les réactions aoatomîques et physiologiques de la 
plante, résistant aux attaques réitérées de ses milliers d^ennemis qui la 
criblent de blessures, en détruisant dans son organisme TéquiHbre fonc- 
tionnel. Ce sont de belles pages que liront avec intérêt ceux qui ne sont 
pas au courant de ce que Fauteur a précédemment appelé la c théorie des 
capacités fonctionnelles ». 

Mais si le parasite a une action directe sur son nouvel hôte, celui-ci 
(Vigne française ou greSée) n Vt-il pas déjà entraîné chez le puceron, par 
suite des différences de nutrition, des moMcations adaptationnelles telles 
rftt'on ne puisse leur attribuer la résistance au phylloxéra constatée chez 
certaines races européennes et qui s'élève déjà de quatre à six années, et 
alors la lutte contre ce dernier n'est-elle pas possible? Autant de ques- 
UoDS discutées avec autorité dans cette première partie. 

La deuxième, de beaucoup la plus hnportante, traite du grefifoge, de ses 
avantages et de ses inconvénients. Après avoir fait llûstorique critique 
des solutions proposées (culture de la Vigne américame, greffage de la 
vigne française sur Vignes américaines, et production d'hybrides franco- 
américains), Fauteur entre dans une longue et minutieuse dissertation 
scientifique très documentée sur les effets du greffage tels que les rela- 
tions des capacités fonctionnelles entre le sHJet et le greffon, Fétude des 
variations de nutrition générale produite par ce greffage, etc.^ et ces cha- 
pitres sont accompagnés de nombreuses figures explicatives. 

Mais si nul ne songe plus guère à nier que le greffage n'apporte un 
trouble profond dans les conditions d'existence de la plante, dans sa bio- 
logie intime, il est naturel de penser que le retentissement s'en fera sentir 
dans ses produits. C'est ce qui semble indiscutable à Fauteur qui trouve 
également dans les analyses chimiques de M. Laurent un appoint sérieux 
à ses démonstrations ; il est dès lors naturel que ses conclusions consti- 
tuent un brillant et savant plaidoyer en faveur de notre vieille Yignc fran- 
çaise et de son vin jadis si renommé. Tout en laissant à M. Daniel la 
responsabilité de sa manière de voir, on ne peut s'empêcher de constater 
que son argumentation n'est pas de celles que Fon rétorque avec de sim- 
ples phrases, et nous souhaitons que de semblables travaux, aussi sin- 
cères, permettent bientôt d'entrevoir la solution définitive tant désirée par 
notre viticulture. Em. Perrot. 

VILMORIN (Phîl. L. de). — Rapport des groupes 81, 84, 85 et 95 
à rSxpositiOQ umrerselle de Saint-Louis, 1904. — Paris, 1906, 
1 fasc. in-8<>, 160 pp. avec 1 carte. 



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298 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Ce Rapport très bien ordonné renferme de précieux renseignements 
en ce qui concerne TAgriculture, bien que, comme le fait remarquer 
M. Ph. de Yn^xoRiN, il ne faille pas trop se fier à ce que Ton voit dans 
ces Expositions universelles, les apports des différents pays n'étant pas 
toujours en effet en proportion avec la production de ces mêmes pays. 

L'auteur s*est efforcé de recueillir ses documents aux meilleures sources 
et ses relations personnelles lui ont facilité sa tâche délicate. Les céréales 
tenaient de beaucoup la première place parmi les produits agricoles des 
Ëtats-Unis : Blé, Avoine, Orge, Seigle, Sarrasin, Riz, Millet. L'Allemagne, 
TArgentine étaient admirablement représentées dans ce groupe ; de même 
le Brésil, la Bulgarie, le Canada. Nous ne saurions pour cette publication, 
analyser en détail le Rapport de M. Ph. de Vilmorin, car il s'agit ici de 
considérations économiques ; nous dirons seulement qu*on lira avec fruit 
et aussi avec grand intérêt, les notes sur Torigine des produits exposés : 
Tabac, Blé et autres céréales, Pomme déterre. Betterave à sucre. La cul- 
ture de cette dernière est particulièrement traitée avec soin, et, en somme, 
tout Touvrage ne se ressent en rien de Taridité désespérante que Ton 
constate dans la plupart des rapports similaires, c'est évidemment le 
meilleur compliment qu'on puisse faire à son auteur. 

Em. Perrot. 

MOLLIARD (Marin). — Action morphogénique de quelques sub- 
stances organiques sur les végétaux supérieurs. Étude d'ana- 
tomie expérimentale. (Revue générale de Botanique^ XIX, 1907 ; 
406 pages, 13 planches). 

La méthode consiste à faire des cultures en milieu aseptique, dans iin 
tube de verre fermé par un tampon d'ouate ; le substratum était la gélose 
arrosée de la liqueur de Knop additionnée des divers corps à expérimenter : 
sucres, asparagine. peptones, etc. Les expériences ont porté sur le Radis, 
l'Oignon, l'Ipomée et le Cresson. Ces expériences, très variées et con- 
duites avec une louable rigueur, aboutissent tout d'abord à une confirma- 
tion des recherches de J. Laurent sur Tassimilation des substances 
organiques par les racines, mais il s'en dégage en outre un certain 
nombre de faits plus nouveaux : 

1** Un certain antagonisme existe entre l'assimilation chlorophyllienne 
et l'absorption des sucres par les racines. Si, par exemple, on entrave la 
fonction chlorophyllienne en fermant plus ou moins complètement le 
tube de culture, l'absorption du sucre augmente. 

â'' Certaines substances, telles que l'asparagine, lapeptone, la mannite, 
impriment à la plante un ensemble de caractères précis et spéciaux. Le 
Radis en particulier réagit avec une netteté remarquable. Il serait curieux 
de déterminer Thérédité des caractères ainsi acquis. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 299 

3"* Dans ces cultures aseptiques» en Tabsence de tout organisme 
étranger, le Radis forme parfaitement des tubercules ; pour obtenir sa 
tubérisation il sufBt seulement de lui fournir une quantité de sucre cor- 
respondante à celle qu*il aurait pu élaborer s*il avait végété dans des 
conditions normales. L'Oignon également forme son bulbe dans un milieu 
aseptique, et cela même sans addition de sucre à la liqueur de Knop. 

4® La floraison exige pour se produire la présence d'un sucre et sous 
une concentration déterminée. Cbez Tlpomée la présence de solutions 
glucosées permet le développement de bourgeons floraux des premiers 
nœuds, bourgeons qui, dans les conditions normales, restent toujours à 
un état embryonnaire. 

5^ La formation des tissus palissadiques est très influencée par Tali- 
mentation sucrée; des substances organiques non assimilables, comme la 
mannite et la glycérine, ont la même action ; Tauteur pense qu'elles agis- 
sent par déshydratation des tissus, ainsi d'ailleurs que tous les facteurs 
qui influent sur les palissades. 

6*" Signalons encore des faits intéressants relatifs à l'amylogénèse, à des 
modifications du liber^ à un changement de localisation de l'oxalate de 
calcium, enfin à l'hypertrophie nucléaire sous Finfluence de Taspara^ 
gine. 

L. Vidal. 

Archives de l'Institut botanique de Liège, vol. lY, 1907. 

Ce volume contient les Mémoires suivants : 

LoNAY (H.). — Recherches anatomiques sur la feuille de l'Omitho- 
galum caudatum ; 76 pages, 5 pi. 

Étude minutieuse des diverses sortes de feuilles de cette grande et belle 
plante ornementale, savoir : les feuilles végétatives, les bractées, le coty- 
lédon, les premières feuilles, les préfeuilles et les bulbilles. L'auteur 
distingue trois régions : la gaine, le limbe et Tacumen, qu'il essaye d'ho- 
mologuer avec celles de la feuille des autres Monocotylédones, en parti- 
culier des Aroîdées et des Palmiers. Le développement par trois his- 
togènes, l'accroissement basipète, la différenciation et la course des 
faisceaux sont longuement traités. 

LoNAY (H.). — Analyse coordonnée des travaux relatifs à Vanatomie 
des téguments séminaux ; 146 pages. 

En dépit du titre, ce travail n'est point une analyse critique, c'est une 
description anatomique en style télégraphique des téguments séminaux 
dans 137 familles. La bibliographie est très complète mais consiste en la 
simple liste des Mémoires, en sorte qu'on ne peut démêler les faits nou- 
veaux ni bien souvent retrouver les sources auxquelles ont été empruntés 
les faits anciens. C'est néanmoins un important et utile répertoire. 



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300 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

LoNAY (H.). — Structure anatomique du péricarpe et du spermo- 
derme chez les Jtenonculacées, Recherches complémentaires ; 33 pages, 
i planches. 

Ce travail beaucoup plus approfondi que le précédent porte sur quel- 
ques Renonculacées rares omises dans un travail antérieur. Les phis 
intéressantes sont les Callianthemum^ Xanthorrhiza^ Coptis et Traut- 
vetteria: Signalons particulièrement le chapitre des applications à la 
solution des points controversés de la systématique et surtout les affinités 
du Callianthemum avec les Adonis. 

Gravis (A.) avec la collaboration de Constantinesco (M"" A.). — 
Contribution à Vanatomie des Arnarantacées ; 82 pages, 14 plan- 
ches. 

Il s'agit uniquement de la tige de VAmarantus caudatus^ étudiée au 
point de vue : !•» de la course des faisceaux ; 2* de Taccroissement dia- 
métral secondaire. 

Le parcours des faisceaux est caractérisé essentiellement par la forme 
repliée en zigzag de la trace foliaire, ainsi que par Tagencement des 
traces foliaires juxtaposées côte à côte et séparées les unes des autres 
par des groupes de faisceaux anastomotiques. Les faisceaux d'une trace 
foliaire ne se placent jamais entre les faisceaux d une autre trace foliaire 
et ils ne sinterposent même pas aux anastomotiques, de telle façon que 
la tige est constituée par 5 ou 8 secteurs bien distincts. 

Quant à Taccroissement en épaisseur les auteurs confirment pleine- 
ment ce qu'ont vu jadis Morot et Hérah. ; c'est bien à tort que les résul- 
tats acquis à la science par ces deux savants ont été remis en question 
dans ces dernières années. 

Gravis (A.). — A propos de la genèse des tissus de la feuille; 
8 pages. 

C'est une réclamation de priorité, motivée par le travail que vient de 
publier M. Léon Flot dans la Revue générale de Rotanique. M. Gravis 
tient à rappeler que, dès 1898, dans son Mémoire sur le Tradescantia^ il 
a distingué 3 histogènes superposées dans la feuille naissante, et qu'il 
avait été conduit à certaines vues théoriques par cette conception de trois 
tissus générateurs dans la feuille comme dans la tige. 

Gravis (A.). — L'enseignement de la botanique \ 23 pages. 

Étude pédagogique sur renseignement de cette science dans les diverses 
écoles de Belgique et sommaire détaillé du cours professé par M. Gravis à 
rUniversité de Liège. 

GoFFART (Jules). — Contribution à l'étude du rhizomorphe de TAr- 
millaria mellea. Rapport présenté à rAcadémie royale de Belgique sur ce 
travail qui a été inséré dans les Mémoires couronnés et des savants 
étrangers, LXII, 1903. L. Vidal. 



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RBVUE BIBUOGRAPHIQUE. 3^ 

VEDEL (L.). — Pétrographie et Paléo-Botanique da puits de 

Malagra, à Bességes (BulL Soc. d'étude des. se, nat, de Nîmes, 

XXXIV, p. 24^2, 1907). 

L*aateur a étudié en détail les échantillons recueillis au cours du fon- 
cage du puits Malagra des mines de Bességes, et il donne dans ce travail 
une coupe détaillée de ce puits, avec indication, pour chaque niveau, des 
espèces qu'il y a relevées. Bien que la plupart de ces espèces soient de 
celles qui ont une répartition verticale des plus étendues et qui ne peuvent 
en conséquence fournir sur Tâge des couches où on les rencontre des 
renseignem^ts bien précis, M. Vedel signale comme reconnues par lui à 
divers niveaux les flores de l'étage du Feljas, classé par M. GRAND'EoiiTà 
la base du sjsttoe houiHer du Gard, de Tétage supérieur de Bességes ou 
étage de S«ânt-Jean el Montbel, et de Tétage stérile ; mais il y aurait des 
renversements et des alternances répétées, les couches les plus élevées 
paraissant à Tauteur appartenir à, Tétage du Feljas, et les plus profondes 
à TéCage supérieur de Bességes. 

D'autre part, il signale luinnéme l'extrême analogie des flores qu'il a 
rapportées à ces deux derniers étages, et il tire de là cette conclusion, que 
l'étage du Feljas et l'étage supérieur de Bességes, considérés cependant 
par M. Grand'Eury comme bien distincts et séparés par un intervalle 
notable, seraient en réalité synchroniques. R. Zeiller. 

BERTRAND (P.). — Étude du stipe de VAdelophyton Jutieri 

(B. Renault). (Mém. Soc. des sciences de Lille, 1907. In-8°, 40 p,, 

4 pi. phototyp.). 

VAdelophyton Jutieri est représenté par un échantillon unique, un 
fragment de stipe siliciûé, qui aurait été trouvé sous un dolmen de la 
Haute- Alsace, d'après une indication donnée j)ar feu M. Jutier; l'âge géo- 
logique eu est donc inconnu. B. Renault, après l'avoir originairement 
signalé comme Lepidodendron Jutieri, d'après l'examen de la section 
transversale polie, était revenu plus tard sur cette attribution lorsqu'il 
avait pu faire de ce fossile une étude plus complète ; il l'avait alors classé 
conune Fougère, sous le nom générique nouveau d'Adelophyton. 

H. Paul Bertrand a consacré à ce type intéressant un travail très 
détaillé, dans lequel il montre que l'appareil libéroligneux se compose 
d'un anneau libérien discontinu et de sept masses ligneuses sortantes 
placées à sa face interne. A l'intérieur de cet anneau libéroligneux on 
observe un cordon ligneux réparateur unique à parcours hélicoïdal; c'est 
une masse de bois pleine, du type apolaire, de laquelle se détachent suc- 
cessivement toutes les masses ligneuses sortantes et qui demeure entiè- 
rement indépendante de l'appareil libérien. Le cycle est 8/21 dextre; on 
distingue dans l'anneau libérien huit groupes anastomotiques doubles, 



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302 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

sur lesquels sept correspondent aux sept masses ligneuses sortantes, et 
cinq masses réparatrices simples. 

Chacune des traces foliaires se compose d'une petite masse de liber à 
contour circulaire, à protophloème central, et d'une masse ligneuse 
divisée en cinq apolaires à trachéides scalariformes. 

L'anneau libéroligneux est entouré d'une gaine mécanique de tissu 
sclériflé, qui se prolonge autour des traces foliaires corticales, et qui 
passe vers la périphérie à un liège externe diffus; ensuite vient un tissu 
aérifère formé de parenchyme étoile, dénotant un milieu très humide, et 
entouré lui-même par un liège externe, dont il ne subsiste que quelques 
traces. 

La surface même de la tige n'est pas conservée; extérieurement le 
stipe est couvert de mamelons fusiformes, au sommet desquels une petite 
fossette indique le passage de la trace foliaire. 

La constitution du système ligneux, formé de masses apolaires, ne per- 
met pas à l'auteur d'hésiter sur l'attribution de ce stipe aux Fougères ; 
mais sa structure anatomique en fait un type tout à fait à part, aucune 
plante vivante n'offrant une pareille indépendance du bois et du liber. 

R. Zeiller. 

SARGENT (Ch. Sprogue), — Trees and Shrubs. Vol. II, part 1, in-4% 
pp. 85, pi. CICXXV. Houghlon, Mifflin et C% 4 Park Street Boston, *. 

Le premier volume, terminé en 1907, contient 100 planches (prix 
100 fr.), le second en contiendra le même nombre étant poursuivi sur le 
même plan. Les espèces sont décrites longuement en anglais, avec des 
renseignements sur les qualités ornementales des arbres ou arbustes. La 
liste des localités d'où l'espèce tire son origine est complétée par les noms 
et les n"" des collecteurs. 

Puis quelques lignes sont consacrées aux caractères différentiels sépa- 
rant l'espèce considérée des espèces les plus afQnes. 

Plusieurs collaborateurs ont signé le texte : Sargent, 14 pages, 7 plan- 
ches; Rehoer, 33 pages et 16 planches; Shaw, 2 pages et 2 planches. 

Dues à l'habile crayon de M. G. E. Paxton qui avait déjà travaillé au 
Silva of North America sous la direction de Riocreux, les planches pré- 
sentent de grandes qualités de relief et de vérité, bien qu'elles soient au 
simple trait. L'artiste a su leur donner du mouvement et de l'air tout en 
étant très sobre d'ombre qui cache toujours un peu des détails nécessaires 
au botaniste. Tel qu'il est cet ouvrage promet d'être une suite du magni- 
fique ouvrage du même auteur sur la Forêt de V Amérique du Nord 
(600 pi. in-4°). A en juger par ce fascicule, les illustrations représentent 

4. Voir pp. 239-240 l'analyse du Vol. L 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 303 

surtout des plantes tempérées de Thémisphère boréal, capables de s*accli- 
mater dans les parcs et jardins de rAmérique septentrionale et de l'Eu- 
rope. Aussi toutes les contrées apportent-elles leur tribut; États-Unis et 
Mexique, Japon et Chine. Cette dernière si merveilleuse par sa flore a été 
largement mise à contribution. 

Par les descriptions très suffisantes, par la vérité des planches, cet 
ouvrage ne s'adresse pas seulement aux horticulteurs, à tous les amis des 
arbres et arbustes, mais encore aux botanistes qui y rencontreront de 
nombreuses espèces nouvelles. Parmi ces dernières citons ^ : 

• Ulmus japonica (nom. nov.), * Cratœgus incœdua, * C. ludoviciensis^ 

* C. rubicunda^ * C. Neobushii^ * C. trianthophora, * C. molliculay 
signées Sargent; — * Berberis Bretschneideri^ X * Malus Dawsoniana, 
Acer pubinerve^ * Vibumum cinnamifoliurriy * V, tematum, * V, thei- 
ferum, * Loniceramucronata^ L, modesta^ L, mitis^ L. perulata, L. pros- 
tata signées Rehder. Les espèces anciennes figurées sont les suivantes : 
' Alvarodoa amorphoides, Liebm., * Berberis diaphana Max., * Acer 
sutchuense, Franch., * Rhododendron Kœmpferi Planch., * Vibumum 
propinquum Hemsl., * V. Hewyi Hemsl., * F. rhytidophyllum Hemsl., 

• V. falcatum Bl., * V. phlebolrichum Sieb. et Zucc, * Lonicera relusa 
Franch., * Pinus Greggii Engelm., Pxnus Lumholtzii Rob. et Fern. 

Gagnepain. 

HOLM (Théo). — Stndies in the Graminacées : Munroa squarrosa 
(Nutt.) Torr. — Botanical Gazette, t. 39, fév- 1905, pp. 123-136, 
with 12 fig. 

Les botanistes jugent souvent indignes de leurs études, les plantes les 
plus communes et il arrive que la morphologie et la classification de ces 
plantes laisse le plus à désirer. Parfois même des caractères parfaitement 
décrits sont oubliés par les phytographes contemporains faute d'obser- 
vation suffisante. 

Prenant exemple du genre Munroa Tauteur s'applique à en faire con- 
naître les particularités trop méconnues. C'est un genre dimorphe par 
excellence dans son inflorescence, en ce sens que les trois ou quatre épil- 

1. Les espèces figurées sont marquées d'un astérisque. 

A propos des Acer, M. Rehder a fait des synonymes qui intéressent ce 
Bulletin; VA, lasiocarpum Lév. et Vant in Bull. Soc, bot. Fr.y LUI, p. 591, 
n'est qu'une variété connue de l'A. caudatum ; VA. pellucido-bracteatum Lév. 
et Van. /. c. p. 592 n'est que l'A. Tschonoskii Max. Enfin Mgr Léveillé a 
p ublié encore, en collaboration avec M. Vaniot, /. c. p. 590, un A. Fauriei 
qui n'est que VA. Negundo, d'après le n« 6 084 du collecteur Faurie. Ceci 
montre que, lorsque Ton est insuffisamment documenté, il faut être très 
prudent en publiant des espèces nouvelles provenant de collections lar- 
gement répandues. 



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904 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

lets dissemblables naissent différemment au sommet du chaume, s'orien- 
tent de façon bizarre, et sont accompagnés de préfeuilles et de pousses 
qui font croire au premier aspect à une anomalie, aune prolifération. 

L'apparence buissonneuse de la plante est due à ce que le chaume ne 
se termine pas directement par une inflorescence, mais que le sommet à 
entre-nœuds très courts, porte des feuilles vertes pressées, qui donnent 
naissance à leur aisselle soit à des épillets, soit à des bourgeons végéta- 
tifs. Il serait trop long de suivre l'expositian claire et méthodique de Fau- 
teur, quand il trace schématiquement la disposition de ces bourgeons 
végétatifs et des épillets entremêlés dans un ordre régulier de feuilles nor- 
nwJes d'aspect et de préfeuilles (prophyllon) munies de deux arêtes raides 
et divergentes. 

Comme habitant des plaines arides, le Munroa squarrosa offre quel- 
ques caractères anatomiques importants dans ses racines, ses chaumes 
ses feuilles, ses glumes. Les tissus de soutien, les éléments sclérifiés 
s'y rencontrent en abondance et surtout dans les parties profondes des 
organes au détriment du cortex qui est très réduit. 

La position systématique du genre Munroa est parmi les Festucacées, 
mais selon Tavis de M. Holm, il est très difficile d'en saisir l'affinité réelle. 
Bien que placé souvent à côté des Monanthockloe^ il n'a pas avec lui d'af- 
finité réelle. Le Munroa fait l'effet d'une anomalie devenue normale par 
la reproduction et l'hérédité. Gagnepain. 



NOUVELLES 

— A la suite du Congrès des Sociétés savantes tenu en avril dernier 
à Paris, plusieurs de nos confrères ont été l'objet de distinctions honori- 
fiques. MiM. A. Lauby et J. Maheu ont été nommés Ofllciers de Tlns- 
truction publique, MM. l'abbé Hue et docteur Pinoy, Officiers d'Académie. 

— Le 3* Congrès des Jardins alpins qui devait avoir lieu en 1908 au 
col du Lautaret (Hautes-Alpes) est renvoyé à une date ultérieure. Cette 
décision a été prise en raison du décès de M. le professeur Lachmann, 
directeur des Jardins alpins du Lautaret et de Chamrousse, qu'une longue 
maladie avait empêché de s'occuper des préparatifs du Congrès et en 
raison aussi de Timpossibilité pour son successeur, M. Miramdb, de prendre 
à temps les mesures utiles à l'organisation et au succès de cette réunion 
scientifique. - 

Le Secrétaire-rédacteur gérant du Bulletin, 
F. Camcs. 



Coulommiers. Imp. Paul BRODARD. 



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BULLETIN 



DE LA 



F y 



SOCIETE BOTANIQUE 



DE FRANCE 

FONDÉE LE 23 AVRIL 185^1 

ET RECONNUE GOMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE 

PAfi DÉCRET DO 17 AOUT 1875 

TOME CINQUANTE-CINQUIÈME 

(Quatrième série — Tome YIII) 



Séances de Mai 1908. 




PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

RUE DE GRENELLE, 84 




Le Bulletin de la Société botanique de France paraît par livraisons mensuelles. 
Le Bon à lirer de ce numéro a été donné le 2 juillet 1908. 



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AVIS 



Uadresse de M. Fernand CAMUS, Secrétaire-rédacteur, est Villa des Gobelins 
n° 7, Paris, XI^^ 



Tarif des tirages à part. 

Un lirage sous presse de 25 exemplaires est accordé gratuiiement à Messieurs les Auteurs qui em 
feront la demande en remettant leur manuscrit. - Los Auteurs qui prélereot des tirages & pan avec 
réimposition, bénéficieront en compensation d'une réductiou de 3 fr. 60 sur les prix du tarif ci-dessous 



NOMBRE DE FEUILLES 



Une feuille (16 pages), réimposition, papier, tirage, 
pliure, piqûre et couTerture passe- partout, de 
couleur. 

Trois quarts de feuille (12 pages) 

Demi-feuille (8 pages) - 

Quart: de feuille (4 pages) 



y feuille en sus do la première 

Trois quans do feuille eu sus ilune feuille. 

Demi-feuille en sus d'une feuille 

Quart de feuille — 



25 

EXEMPL. 



fr. c. 

10 20 
9 60 
6 * 
4 80 

9 » 
8 10 

4 80 
3 60 



50 

EXEMPL. 



fr. C. 

11 40 
10 80 
1 -20 
6 » 

10 20 
9 60 
6 - 
4 80 



100 

KXKMPL. 



Tr. c. 

13 '■20 
V2 60 
9 GO 
8 40 

Il 40 
10 8*> 
7 80 
7 20 



200 

RXEMPL. 



fr, c. 

18 p 
16 80 
14 40 
10 80 

14 40 
13 80 
10 20 
9 60 



500 

E.tEMPL. 



fr. c. 

28 80 
26 40 
21 60 

IG 80 

21 60 
19 20 
16 80 
14 40 



Tirage supplémentaire sant réimpoiition, conformo aux exemplaires gratuits, prix unitorme par 

25 exemp. 50 oxemp. 75 oxemp. 100 cxcmp. 

feuille ou fraction de feuille : 3 ^•^. ^ ' TTrTltP* 4 fr 50 ' 4 fr. 80 

Snppli^ment de fr. 30 par 25 exemplaires en plus. 

La compositiou d'un titre d'entrée spécial d'un tiers do page est de 1 fr. 20. 

La composition d'un prand litre d'une pa-c est de 3 fr. GO. Er> ;./»» les frais de tira.j^ et de papier {*). 

La compositiou d'un faux-titre est do 2 fr. 40. A'n plus les frais de tirage et de pttpierr). 

La composition dune couverture imprimée, sans page d'annonces, est do 2 fr. 40 si le titre cm 
la répétition de celui de la brochure, er de 4 fr. 80 si le titre est fait seulement pour la couver- 
ture. En plus les frais de tiraf/e et de papier ['). 

L'addition à la couverture passe-partout du litre do la communication composé en caractères du 
texte est comptée 2 fr. 40. 

S'il y a tics corrections, elles sont comptées en sus fr. 95 l'heure. 

Une gravure d'une page, intercalée dans le texte, cutraîne un supplément de tirage de 2 fr. 10. 

Uue gravure d'une demi-page, 1 fr. 80. 

Tout travail do remise en pages, c e^-à-dire entraînant une modiflcation dans la disposition des 

., 16 p. 12 p. 8 p. 4 p. 

pages du Bulletin, sera fait à ce Tant âTïT^ô' 2 fr. 70'' 1 fr. èO' 017790 " 

*) Lex frais de tirage et de papier des titres et couvertures seront comptés suivant le tarif du haut de ce 



taùlenn. 



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SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

Présidence de M. L. MANGIN. 

M. F. Camus, vice-secrétaire, donne lecture du procès- 
yerbal de la séance du 28 février, dont la rédaction est 
adoptée. 

M. le Président annonce le décès de deux de nos con- 
frères MM. Magne et Guinier (Ernest) . Il rappelle en quel- 
ques mots la vie de ces deux confrères et exprime les 
regrets que leur perte inspire à la Société. 

M. Rouy offre à la Société le tome X de sa Flore de 
France^ allant de la fin des Composées aux Scrofulariacées 
(Plantaginées et Plombaginées comprises). Il donne des 
explications sur ce nouveau volume et annonce que les 
autres se succéderont régulièrement. M. le Président 
remercie M. Rouy au nom de la Société. 

M. Lutz présente, au nom de M. G. Bonnier, un ouvrage 
ayant pour titre le Monde végétal. Il expose le plan de cet 
ouvrage. M. le Président remercie au nom de la Société 
le donateur. 

M. le Secrétaire général donne lecture de la communi- 
cation suivante : 

Sur quelques variétés de Campanules; 

PAR M. Alfred CHABERT. 

Gaanpanula rhomboidalis L. — Ainsi que je les ai décrits pour 
aae de ses variétés {Bull. Herb. Boiss,, 1895, p. 146), ses 
organes végétatifs sont constitués par une racine charnue, dure, 
épaisse de 5 à 10 mm., allongée, tantôt napiforme, tantôt 
subcylindrique, simple ou divisée à son extrémité inférieure. 

T. LV. (séances) 20 



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306 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

Cette racine, dans les terres meubles et profondes, peut atteindre 
jusqu'à 40 centimètres de longueur. Elle se termine par un 
rhizome presque toujours divisé à sa base en tiges souter- 
raines nombreuses plus ou moins allongées, émettant çà et là 
des racines secondaires dont l'une ou Tautre successivement 
grossit,, devient charnue et remplace ainsi la racine primaire 
détruite. Ces tiges souterraines se terminent les unes par une 
rosette, d'autres par une courte tige stérile, d'autres enfin par 
une tige florifère. Quelquefois, mais très rarement, la racine 
paraît émettre directement les tiges florifères ; ce n'est là qu'une 
apparence : les tiges sont toujours souterraines pendant un 
certain trajet, parfois très court. Je décris plus bas une plante 
de Savoie dont la racine, au lieu de s'allonger, se renfle en 
tubercule. 

Plusieurs auteurs attribuent au calice du Campanula rhom- 
boidalis des divisions plus longues que le bouton avant Tanthèse. 
Cela est assez exact chez la forme hérissée, et tant que la corolle 
n'a pas pris encore un grand développement. Chez la forme 
glabre, qui est si répandue dans nos Alpes calcaires et grani- 
tiques de Savoie, cela n'est vrai que lorsque le bouton parait, 
et seulement dans les premiers temps de sa croissance. Dès qu'il 
atteint une longueur de 4 à 5 mm., la croissance du calice se 
ralentit; celle de la corolle, au contraire, se développe plus rapi- 
dement, et le bouton surpasse les divisions calicinales. Le même 
phénomène s'observe chez plusieurs autres espèces. On a dit 
qu'en croissant plus vite que la corolle et en dépassant le bouton, 
les divisions calicinales remplissent un rôle de protection. La 
chose me paraît douteuse; car, parmi les variétés du C. pusilla^ 
dont les conditions biologiques sont assez semblables, les unes, 
telles que le subramulosa Jord., etc., ont le bouton très Jeune 
dépassé par le calice, les autres, telles que les Malhoneti Jord., 
gracilis Jord., tenella Jord., etc., ofl^rent une évolution paral- 
lèle et simultanée des divisions calicinales et de la corolle. Au 
début, elles ont la même longueur, puis bientôt la corolle 
dépasse le calice. On peut constater les mêmes faits sur les 
variétés du C rotundifolia. 

Une variété savoyarde du C rhomboidalis^ prise par divers 
botanistes pour le C rolundifolia var. lancifolia Koch, est 



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A. CHABËRT. SUR QUELQCES VARIÉTÉS DK CAMPANULKS. 307 

remarquable par le développement rapide de ses divisions cali- 
cinales, tandis qu'il est lent dans la variété suivante. 

Var. tuberosa Chab. (PI. XII, flg. 1)*. — Racine épaissie en 
an tubercule arrondi, de 10 à IS mm. de diamètre, présentant à 
la partie inférieure un court prolongement central tantôt seul, 
tantôt accompagné d'un ou deux courts prolongements laté- 
raux. Le tubercule donne naissance par sa partie supérieure à 
un rhizome dressé, se divisant au niveau du sol en 4-7 tiges 
aériennes simples, anguleuses, dressées, glabres, rosulifères 
ou stériles et courtes ou florifères et hautes de 40 à 80 centi- 
mètres. Feuilles glabres, les inférieures ovales arrondies, les 
autres ovales comme dans le type, mais plus larges et dentées, 
à dents aiguës porrigées. Les fleurs dressées ou penchées, dis- 
posées en panicule lâche, ont le calice à divisions égales d'abord 
au bouton, puis plus courtes que lui avant l'anthèse et égalant 
à peine la moitié de la corolle épanouie, étalées d'abord puis 
réfléchies. 

FI. en août. Hab. dans les prairies subalpines du mont Revard 
au-dessus d'Aix-les-Bains et de la montagne de Saint-François 
qui lui fait suite au Nord, à l'altitude de 1 100-1 300 m. s. m. 
(Savoie). Très rare et croissant çà et là avec le C. rhomboidalis 
type qui est très commun. 

Var. calycina Chab. (PI. XIII, fîg. 3). — Racine et rhizome 
comme dans le type. Tige florifère glabre, anguleuse, simple, 
dressée, haute de 40-70 cent. Feuilles des rosettes..., les cau- 
linaires inférieures ovales pétiolées, les moyennes lancéolées 
sessiles, dentées à dents aiguës porrigées. Fleurs paniculées, 
dressées ou penchées. Bractées allongées. Divisions du calice 
longuement linéaires-sétacées, s'accroissant bien plus rapide- 
ment que la corolle et ayant acquis presque toute leur lon- 
gueur = deux cm.^, alors que la corolle en bouton n'a encore 
qu'un cm. Divisions du calice égalant les 2/3 de la corolle épa- 
nouie, d'abord étalées puis réfléchies. FI. juillet. Hab. mont 
NivoUet (Savoie) sur les pentes calcaires boisées au-dessus de 
Pragondran et auprès du Crau, à l'altitude de 1 000-1 200 m.s.m. 

J'ai dit que ces deux variétés ont les fleurs dressées ou pen- 
chées; le même fait se présente dans le type chez lequel la fleur 

1. Les figures ont été dessinées par M. Albert Pérona. 



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308 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

âupérieui^ de la panioule «t parfois aussi la fleur supérieure de 
ses rameaux sont dressées. La capsule s'indioe plus tard à 
mesure qu'elle parfait sa maturité. 

Cette variété calycina du Campanula rhomboidalis, que plu- 
sieurs botanistes ont déterminée C. rotundifolia var. leu%cifoUa 
et que j'ai prise d'abord pour un rhomboidalis X roiundifolie^ 
constitue une variété parallèle au C. Rapunculus var. bracieo^ 
WiUk., SuppL Pr, FL hisp., p. 130; Chab., in BuU, Herii- 
Boiss, 4895, p. 149 (C. (ktëteUma Pau, NoL bol,, I, p. 24) 
4'Ëspagne et de Corse. 

Var. Songeoni. — Le C Songeoni Cbab., loc. cit., p. 146, a 
été avec raison rapporté par M. Rody, FL Fr.y X, p. 147, au 
<7. rhomboidalis, dont il constitue la variété alpine, distincte par 
le rhizome plus court, les stolons plus grêles, la ttge plus basse 
= 10-15 cm., les feuilles des rosettes et de la tige plus nom- 
breuses, rapprochées et comme imbriquées, les fleurs ordinaire- 
ment solitaires, la floraison tardive, la station élevée. 

Lorsque je trouvai cette plante, le 6 septembre 1878, sur les 
éébris mouvants et les rochers herbeux du versant méridional 
de la Grande Chèble, au-dessus de Valloirés (Savoie), à l'alti- 
tude de 2 500-2 800 mètres, elle y était extrêmement abondante 
et couvrait un espace de deux à trois hectares, en société des 
C. pnsilla Haenke, Schetwhzeri Vill. et de leurs hybrides. On 
aurait dit que ces plantes y avaient été semées, tellement elles 
couvraient le sol à l'exclusion des autres plantes, excepté quel- 
ques pieds de Ranunculus glacialis et baldensis, Achillea nuntiy 
Doronicum scorpioides. Crépis pygmœa, Campanula cenisia, 
Festuca violacea, Avena disiichophylla qui surgissaient çà et là 
au milieu d'elles. J'y retournai dix-huit ans plus tard, le 
27 août 1893. Les C. Songeoni, pusilla et Scheuchzeri s'y 
voyaient encore, mais rares et très disséminés. Quant aux 
hybrides, il me fut impossible d'en retrouver un seul. Il s'était 
produit le même fait que j'ai signalé {in Bull. Herb. Boiss., 
1899, p. 122) en Savoie pour le Centaurea unifloraL., VInula 
Vaillantii Vill., etc., que j'ai constaté en Algérie pour le 
Centaurea algeriensisxCalcitrapa, commun en 1873 entre 
Médéa et Lodi et dont, en 1886, je ne pus rencontrer un seul 
individu. Le sol épuisé par l'abondance exagérée des Campanules 



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A. CHABERT. -^ SUR QUELQUES YARtÉTtS DE CAMPAT^ULES. 309» 

M contenatt plus les étéments nécessaires à leur subsistance. 
Les indiTidus derenant rares, les insectes Tétaient aussi et, par 
conséquent, les fécondations croisées facteurs de Thybridation. 

Les hybrides dont j'ai constaté la présence au milieu des 
fNireots sont : C. pusiUa'XThomboidaUs Songeoni, C. {msillax^ 
Scàeuchzeriy C. rhomboidalis SùfèffeonixSekeuckzeri^ et diverse» 
ftNrmes recedens (Naegeti) vers Tun ou l'autre des parents. 

Les deux premiers hybrides ne paraissent pas avoir été décrits 
ni nommés. N'attachant amune importance à des êtres aussi 
fugaces, je crois inutile de le faire. Quant au troisième, il se 
rapporte au rhomboidalis X S cheuchzeri décrit par M. Christ et 
nommé par lui XC Murithiana (Bull. soc. Murith., XXVIII, 
p. 65). M. Beauverd Fa retrouvé [dus tard au col de Lovenex 
et au Grammont (Suisse) et a fait ressortir que la plante, affublée 
antérieurement du nom de X C. Gisleri par Brugger comme 
étant cet hybride, ne Tétait pas en réalité (Beauverd, in Bull. 
Herb. Boiss., 1896, p. 546). 

C. pusilla var. tubulosa Chab., in Herb. Boiss., 1896, p. 147. 
— Rapporté à tort en synonyme au C. stenocodon Boiss. et 
ReuL, Diagn. pL or. y sér. 2, fig. III, p. 112, par M. Rouy, loc. 
cit., p. 16., qui, n ayant pas vu ma plante des Alpes de Savoie, 
n'a pu en juger par la diagnose seule. Le C. stenocodon, que je 
possède du Val Casterino di Tenda, Ligurie (Bicknell) et de 
la Condamine, B. Â. (Magnier), en est tout à fait différent par 
le port raidc, les feuilles des rosettes cordées et non ovales, la 
fleur du double plus grande, le calice à divisions appliquées 
et non dressées-étalées, la corolle régulièrement infundibuli- 
forme 3 fois plus longue que le calice, et non tubuleuse cylin- 
drique arrondie à la base, à lobes complètement renversés en 
dehors et dépassant i peine les divisions du calice. Cette variété 
tubulosCy qne j'ai récoltée jadis, sur les rochers humides et 
ombragés de la région subalpine, à l'Horlière-sur-Avrieux, 
appartient à la série du pusilta caractérisée par la corolle 
arrondie à la base. Quant au C. pusilla var. Delpontei Chab., 
loc. cit., p. 148, il n'appartient pas à la flore de France et n'a 
encore été observé que sur le versant italien de nos Alpes. 

C. macrorhiza var. rotundata Chab. in Bull. Soc. bot. Fr.> 
1889, p. 28 (PI. Xn, fig. 2, 1). — Cette variété diflère du type, 



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310 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

avec qui elle croît pêle-mêle dans les creux et les fentes de rochers 
du Djurjura, à Tamda Ouguelmin, par les feuilles caulinaires 
arrondies ou ovales, obtuses, entières ou sinuées. Elle se réunit 
«n lui par de nombreux intermédiaires, et si j en publie la 
figure, c'est pour montrer jusqu'à quel point peuvent varier les 
feuilles de ces Campanules. Pomel, Nouv. Mat. FL ail. y p. 257, 
a distingué comme espèce la plante de Kabylie sous le nom de 
C. jurjurensis, en la caractérisant par la capsule penchée et les 
divisions calicinales s'accroissant après Tanthèse. J'ai constaté 
autrefois {loc. cit. y p. 29) que ces caractères ne sont pas con- 
stants. 

Sur quelques Pédiculaires chinoises nouvelles 

(Suite et fin); 
PAR M. G, BONATI. 

Pedicularls nudlcaulls Bonati sp. nov. 

Radix? Scapus 5-8 cm. altus, debilis, flexuosus, io inferiore parte pilo- 
sissimus, in superiore fere glaber, usque ad quintam superiorem nudus, 
summo solum 1 vel 2 foliorum jugis additus, foliis radicaiibus longe 
petiolatis (2 cm.); limbo 5-10 mm., pinnatissecto, 2-5 lobis orbicularibus, 
profunde serratis, basi attenuatis, acutissimis; fol. caulinaribus oppositis, 
petiolis brevibus (2-4 mm.), alatis, limbo 5-40 mm., palmatisecto, lobis 
palmatis, petiolulatis, profunde incisis, lobulis acutissimis. Bracteae infe- 
riores foliiformes, superiores magis magisque simplices, stellalœ. Flores 
axillares, pedunculis 1-2 mm. longis; calyce campanulato, tubo membra- 
naceo, circa 3 mm. longo, nervis vix emmentibus, inaequaliter 5-dentato ; 
dentibus lanceolato-acutis, tubum œquantibns, integris vel rarlus biftdis; 
corollœ tubo calycem duplo superante, gracili, glabro; galea tubum 
œquante, valde curvata, in rostrum lineatum, iutegrura, circa 5 mm. lon- 
gum, planum vel vix obliquum attenuata; labio inferiore glabro, galeam 
asquante, profunde trilobato, lobis ovato-obtusis, subœqualibus; staminaad 
médium tubi inserta; filamentis glabris. Capsula ac semina.... 

Habit. — Tsekord, juillet 1903 {R. P. Soulié), n° 1 169, mélangé à 
P. likiangensis F. 

Du groupe des Tenuirostres Maximowicz, section Débiles de M. D. Prain. 
Il se distingue nettement du P. debilis Ft par son calice à dents entières, 
par sa lèvre inférieure non ciliée sur les bords, par ses tiges nues, par les 
lobes de ses feuilles à dents profondes, très aiguës et divergentes, et, 
aussi, par la forme, en étoile de ses bractées. Diffère du P. villosula Ft, 
dont il est très voisin, par les dents du calice toutes enlières, par les 
filets glabres, et par les bractées en étoile. 



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G. BONATl. — SUR QUELQUES PÉDIGULAIRES CHINOISES NOUVELLES. 311 

Pedicularis tristis L. v. msLcràntba Maxim. 

Maximowicz parte laconiquement de cette variété remarquable dans ses 
Diagnoses (xii, p. 844). Il dit simplement : var. macrantha, flore 
4045 mm. longo, galea 6-8 mm. lata; in typo flos 26-30 mm. longus. 
II n'est pas inutile d'ajouter que, dans la variété macraniha, le tube de 
la corolle est velu intérieurement, que les filets glabres sont insérés au 
milieu du tube et que la lèvre inférieure est nettement ciliée sur les 
bords, contrairement à ce qui a lieu dans le type selon M. Pràin {Mono- 
graphie y p. 83). 

Habit. — Ta-Tsim-Lou (Soulié) herb. Mus. Berlin, . Paris; Hupeh 
{Wilson) herb. Mus. Kew; Yargong (Soulié) herb. Mus. Paris. 

Pedicularis Steiningeri Bonati sp. nov. 

Radix ac scapusin parte inferiore deftciunt; scapus in parte superiore 
valde elongatus(75 cm.), flstulosus, angulosus, latissimus, glaber, simplex. 
Folia pauca, glabra, alterna, sessilia, semi-amplexicaulia, auriculata, 
5-7 cm. longa, iineato-lanceolata, summo obtusa, pinnatilobata, lobis 
parvis, plurimis, obtusis, serratis. Bracteœ calyce longiores, basi dilatatœ, 
membranaceae, margine ciliatae, summo foliaceœ, serralae. Flores sessiles, 
toDgissime spicati (40-50 cm.); spica basi interrupta, summo valde densa. 
Calyx antice non fissus, tubo membranaceo, glabre, 1 cm. longo; dentibus 
5 inœqualibus, lanceolato-acutis, 2 mm. longis, integris, margine ciliatis. 
Corolla 25-30 mm. longa, tubo erecto calycem vix superante. Galea tubum 
aequans, falciformis, in rostrum brève ac truncatum paulatim attenuata, 
margine pilis albidis birsata, alias glabra; labio inferiore galeam aequante, 
sessili, profunde trilobato, lobis œqualibus, ovato-oblongis, medio basi 
constricto, omnibus margine dentatis ac glabris. Stamina in medio tubi 
inserta; filamenta duo glabra, duo villosa, quorum unum semper altero 
valde pilosius. Capsula et semina.... 

Habit, — Yargong (Soulié), n*» 3741, août 1904. 

Plante appartenant au groupe des Tristes Maxim, et voisine, grâce à sa 
grande taille, du P. ingens Maxim. Elle diffère de cette espèce parce 
qu'elle est glabre, qu'elle a les dents du calice entières, le tube de la 
corolle court, dépassant à peine le calice. Elle rappelle aussi le P. ton- 
golensis Ft, dont elle se distingue facilement par sa grande taille, son 
calice glabre, ses feuilles embrassantes, son épi très allongé, son rostre 
plus court et par deux Qlets barbus; de plus, le casque a la marge 
inférieure unie, sans prolongement ovale. 

Pedicularis Rex Clarke var. purpurea Bonati var. nov. 

A specie typica difîert : 

1^ corolla purpurea, tubo galeaque externe villosis; 

2« foliis mollibus, puberulenlibus; 

3" bracteis superioribus valde longioribus, flores duplo superantibus. 



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3t2 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

4<' foliorum bractearumque petiolispaulatimbasidilatatis, vagiaantibus, 
margine ciliatis haud incisis; 

5" tubo corollœ breviore, vagina incluso ; 

6° Alamentis quorum duo solum glabri, alii sub antheris villosi. 

In planta typica : corolla lutea, tubo angusto vaginam œquante vel 
superante; bracteae brèves, petiolis subito dilatatis; vagina margine irre- 
gulariter incisa; ûlamenta cuncta glabra« 

Habit. — ? {R. P, Soulié) n° 2063. Existe également dans la collec- 
tion rapportée du Hupeh par M. Wilson (herb. Kew î) 

Pedicularis Yâi*0ongensls Bonati sp. nov. 

Radix? Scapi simplices vel vix ramosi, erecti vel ascendentes, glabri 
vel vix ad angulos ac supra ciliati, 30-40 cm. alti. Folia quaternata, 
inferioribus longe peliolatis (petiolis 3 cm. longis, limbo 2 cm.); cauli- 
naribus paucis, brève petiolatis, petiolis (3-5 cm.), basi dilatatis^ semi- 
amplexicaulibus, limbo glabro petiolis villosis, pinnatisectis, segmentis 
11-15 sessilibus, ovato-elongatis , acutis, pinnatifldis, 4-5 mm. longis» 
discretis, lobulis serratis mucronatis. Inflorescentia superelongata, verti- 
cillis basi valde discretis. Bracteae inferiores foliiformes, superiores calycem 
aequantes, acutae, margine ciliatae, membranacese. Flores breviter pedun- 
culati, pedunculis 5 mm. glabris. Galyx glaber, vesiculosus, 6-7 mm. iongus, 
antice haud fissus; limbo membranaceo perlucido, 10-nervato, nervis 
eminentibus, non retîculatis, dentibus quinque triangularibus, œqualibus^ 
integris vel vix incisis, margine ciliatis, 1 mm. longis. Corolla purpurea, 
glabra, tubo lato, calycem duplo superante ; galea erecta, tubum aequante, 
inferne acutangula; iabio inferiore galeam vix superante, margine glabro 
profunde tiilobato; lobo medio lateralibus longiore, basi paulo contracte 
sicut apud P. kansuensem Maxim. Stamina ad tertiam inferiorem tubi 
inserta, fîlamentis glabris. Capsula calyce duplo longior, margine exteriore 
valde decurvato, apice erecto circa 2 mm. longo. Semina? 

Habit. — Yargong {ti. P. Soulié), n» 3362, 1903. 

Yar. longibracteata Bon. 

A typo differt : bracteis calyce fere duplo longioribus superioribus 
flores juniores spicamque valde superantibus; tobis calycis lineari-lan- 
eeolaiis, duplo longioribus, lucidius incisis; foliis majoribus, lobis latîo- 
ribus ; calyce minus inflato, fere cylindrico. 

Habit. -- Yargong (R. P. Soulié), n*» 3359, 1903. 

Diffère du P. rupicola Ft et de sa variété zambalensis Bonati par 
son calice non fendu à Tavant ; du P. Roylei Maxim, par les dents du 
calice très courtes et à peine incisées; de tous les deux, par sa grande 
taille et son inflorescence allongée, ai verticilles espacés. A quelques 
analogies avec le P. kansuensis Maxim., mais, s'en distingue à première 
vue par ses bractées moyennes et supérieures entières et par sa capsule 
beaucoup plus grande. A classer entre le P. rupicola Ft et P, Roylei 
Maxim. 



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G. BONATI. — SUR QUELOCEa »ÉDIC13LA1RE& GBIIHOISES NOUVELLES. 3i^ 

Pedicuburk rnpicola Ft var. zambaàeDsia Bouati. 

A P. rupicola Ft difTert : scapis rectis haud flexuosis, foliis pinnatisectis, 
lobis inciso-serratis; inflorescentia elongata discreta, verticillis multis at 
loDgiDqniflskms, habitu vaeenoque F, Etoylei Maxim, valdie afflnis; ab Aac 
tameiL facile dintiagiiitnr : calyce antica ûsso, servis emineaUbua, den- 
tibus basî haud contractis, 3-4-plo tubo brevioribus. In P. Roy lei Maxim. 
sepala basi contracta tubum aeqnant. 

Habit. — Zambala, pâturages humides des hautes montagnes : 
(R. P. Soulîé) n<» 3*^49, août 1903. 

Pedicularts daiicIfoHa Bonati sp. nov. 

Radix turbinata. MuUicaulis, scapis adsceadentibus^ 5-25 cm. altis, 
cylindricis, villosis, simplicibus vei paulo basi ramosis. Folia radtcalia 
caduca, caulina 4 verticillata, breviter petiolata (3-5 mm.), limbo 10-20 mm. 
ovato-acuto, pinnatisecto, lobis 10-14, petiolulatis, valde distan tibus, pro- 
fonde pinnatiiidis vel biptnnaCifklis; lobis ultimis lineari-acutis, distau- 
tibus, glabris. Flores breviter pedimculatl, in verticillis distantibus; calyx 
glaber, tubomembranaceo, 4-5 mm. longus,antice non (issus, evidentissime 
10-nervatus, 5-dentatus; dentibus aequalibus, 2 mm. longis, basi cons- 
trictis, sumrao pinnatifldis. Tubus coroUa; calyce duplo longior, extra illum 
recurvatus. Gaka erecta tubum aaquans, summo intégra, rectangulatim; 
truDcata; labio inferiore galeam vix superante, papilloso, haud ciliato, 
trilobato, lobis subœqualibus, medio vix eminente. Stamina ad basim tubi 
inserla, caudiculis glabris, antheris distantibus. Capsula 1-1/2-plo calyce 
longior, in apicem rectum attenuata. Seminanigrescentia, 1-1,5 mm. longa, 
basi ac summo abrupte apiculata, superfici aliter et irregulariter reticu- 
lata. 

Habit. — Yargong {R. P. Soulié), n° 3759, 1904. 

Espèce appartenant à la seetion des VerticiUatx, Refracix, SeUihua^ 
nicœ, très bien caractérisée par la forme de ses feuilles qui sont 
semblables à celles du P. tenuisecta Ft. 

Pedicuris rhynchodonta Bureau et Franchet f. maxima Bon. 

M. Bureau et Franchet disent de leur plante < humilis folia parva, 
spica brevis densa », les dimensions moyennes données sont « caulis 
2-3 pollic, folia incluso petioio limbum œquante 3-4 cm. longa 5 mm. 
lala, flores 23 mm. » De plus, après avoir comparé la plante aux P. sude- 
tica Willd. et scopulorum A. Gray, ils ajoutent « il est aussi beaucoup 
plus petit et pltis grêle ». Les échantillons très robustes de cette espèce 
récoltés à Zambtda par le R. P. Soulîé ont 30 cm. de haut, les tiges ont 
6 mm. de diamètce, les feuilles atteignent 18 cm. de long sur 12 mm. de 
large, Tépi a 13 cm. Les fleurs ont 25 mm. comme dans la plante 
typique. 

A ajouter à la description de MM. Bureau et Franchet : bractées à base 
dilatée, palmatipartites à lobes foliacés et ciq)sule dépassant à peine le 



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314 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

calice subcylindrique, à bord dorsal ondulé, à pointe terminale oblique 
très courte. 

Comme conclusion, la flore chinoise s'est enrichie de 
12 espèces nouvelles du genre Pedicularis, Il convient d'ajouter 
à ce nombre les P. pteridifolia Bon. et P. sparsiflora Bon. du 
Hupeh {Wihon)^ dont les descriptions seront publiées dans le 
Bulletin de l'herbier de Kew. La première de ces espèces appar- 
tient au groupe des Tristes et est très intéressante, car, son 
port est celui du Ped. vagans HemsL; la seconde est voisine 
du P. Petitmengini Bon. Sur les 14 espèces nouvelles, 2 appar- 
tiennent au groupe des Siphonanthœ typicx^ 1 à celui des 
Polyphyllœ, 1 à celui des Axillares, 1 aux Resupinatm 5 aux 
Tenuirostres, 2 aux Tristes et 2 aux Verticillatœ proprement 
dites. Depuis les travaux de Maximowicz et de M. D. Prain, le 
nombre des espèces nouvelles décrites est devenu suffisamment 
important pour rendre nécessaire le remaniement de la classi- 
fication de certains groupes; et peut-être serait-il utile de 
compléter et de mettre à jour les derniers travaux d'ensemble 
publiés sur le genre. 

M. Gagnepain lit, au nom de M. Malinvaud, la Note ci- 
dessous. 

A propos du Linaria origanifolia L. et du genre 
Cbœnorrbinum Lge, en réponse à des obser- 
vations de M. Rouy; 

PAR M. Ernest MALINVAUD. 

I 

Linaria origanifolia L. et CHiENORRHiNUM serpyllifolïum Lge. 

Le 10 octobre dernier, à la suite d'une communication dans 
laquelle j'annonçais la découverte dans le Lot du linaria ori^ 
ganifolia var. serpyllifolia, M. Rouy* m'invitait à me rendre chez 
le possesseur actuel de l'herbier dont il s'est dessaisi, pour y 
contrôler, avec un échantillon authentique du L, serpyllifoUa 

1. Voyez le Bull. 1907, p. 504. 



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E. MÂLINVAUD. — LINÂRU ORIGANIFOLIA L. ET GENRE CH^NORRHINUM. 31^ 

Lge que renferme cette collection, la détermination de ma> 
plante du Lot. J^aurais assurément reçu le meilleur accueil de- 
notre honoré confrère le prince Roland Bonaparte, mais la 
démarche qui m'était conseillée ne me paraissait pas nécessaire. 

A la séance du 14 février dernier, dont le compte rendu vient 
d*être publié*, à propos de sa Notice intitulée Un peu de biblio- 
graphie^ M. RoBY, revenant sur la question qu'il avait précédem- 
ment soulevée, suggérait que la plante en litige, qu*il plaçait 
dans le genre Chsenorrhinum Lge, pouvait être identiflée avec la 
variété g'ract/e, créée par lui en 1882-, du Ch, origanifolium Lge. 
U caractérisait cette variété par < ses tiges grêles, diffuses, 
allongées, très rameuses, très florifères, ses fleurs petites ». 

La scrupuleuse exactitude des noms donnés aux plantes est 
sans doute la première condition à remplir dans les travaux 
floristiques, et je dois remercier M. Rouy de l'intérêt que sous 
ce rapport il témoigne à mes recherches. Il aurait pu toutefois 
vérifier, en examinant lui-même les échantillons que j'avais 
apportés à la séance, comme j'en ai l'habitude, à l'appui de ma 
communication, s'ils méritaient les soupçons dont ils étaient 
l'objet. J'emprunterai à M. Rouy lui-même le principal motif 
de ma conviction relative au juste emploi, en l'espèce, du terme 
serpyllifolium. Au commencement de son article (p. 99) notre 
confrère déclarait expressément que « l'examen d'exemplaires 
d'herbier... ne vaut jamais contre une diagnose suffisante ». Or 
celle que Lange a donnée de son Chaeiwrrhinum serpyllifolium 
est très précise et ne me laissait aucun doute sur l'application 
qui en était faite, confirmée d'ailleurs par les anciennes obser- 
vations des botanistes expérimentés qu'étaient le D' Bras et 
Henri Loret. 

Remarquons incidemment que Lange, en créant le Linaria 
serpyllifolia, se préoccupait surtout, sinon exclusivement, de 
l'importance qu'il accordait à la durée annuelle de la plante', lï 
en aurait sans doute fait au plus une variété sans ce critérium, 

i. Voy. plus haut, pp. 102 et suiv. 

2. RocY, Matériaux pour servir à la revision de la flore portugaise, pp. 20- 
et suiv. Paris, 1882. 

3. Telle était Timportance attachée par Lange à ce critérium qu'il divi- 
sait ses Chaenorrhinum en Annua et Perennia, plaçant son Ch. serpyllifolium 
dans la l'« section et V origanifolium dans la seconde, [Prodr. FL ^tsp., II,, 
pp. 577 et suiv.] H dit du Ch. serpyllifolium. « Ab hac [Ch. origanifolium] ^ 



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^16 SÉANCE DU 8 MAI i908. 

dont M. Bout déclare se désintéresser dès qu'il adhère à Topi- 
nion de Loret sur le peu de valeur au point de vue spécifique 
du caractère en question. Si Ton renonce à s'en servir, ainsi 
que des notes différentielles qui en dépendent, il ne reste plus, 
pour distinguer spécifiquement le Chœnorrhinum serpyllifolium^ 
que d'insignifiantes variations [foliis minutis ad basim caulis 
congestisj, comme on en observe souvent d'un individu à 
l'autre de n'importe quelle plante dans une même station. On 
arrive ainsi i la pulvérisation de Tespèce. 

La variété « gracile mihi du Ch. serpyllifolium » mentionnée 
par M. HoDY, autant qu'on peut en juger par une vague diagnose, 
paraît devoir être simplement réunie au Ch, serpyllifoUum. 

II 

Le Genre Chœnorrhinum Lange; un peu plus de bibliographie. 

Quant au genre Chœnoirhinum dont M. Rouy recommande le 
maintien, je puis, en m'appropriant les termes d'une observa- 
tion qui voilait une petite réprimande, < ajouter quelques élé- 
ments à ce qu'a dit l'auteur de l'article intitulé Un peu de biblio- 
graphie, éléments qui n'ont pas été publiés par lui * ». 11 n'a pas 
été dit et il convient de rappeler ici qu'Augustin-Pyrame de 
Gandolle, auquel on doit l'établissement et le nom de la section 
Chœnorrhinmn* dans le genre Linaria^ avait eu également le 
premier l'idée d'en faire un genre distinct. On lit en effet dans 
le t VI de sa Flore française, p. 410 ; 

« Les linaria origanifolia, rubrtfolia et minor de la Flore 
française, etc., forment un groupe parfaitement naturel, inter- 
médiaire entre les linaria et les anarhinum^, et que je désigne 

dislinguitur foHis minutis, plurimis ad basim caulis congestis, radice 
annua, coroUa, capsula seminibusque duplo minoribus ». Ces derniers 
caractères sont en rapport avec « radice annua ». 
4. Voy. plus haut, p. 102. 

2. Le vol. VI de la Flore française de de Candolle, où l'on trouve 
Tobservation citée [ci-dessus, a été publié en 1815. C'est donc à cette 
date qu'on doit reporter la création du vocable Chxnorhinum et non à 
Lange en 1870 qui a seulement écrit plus correctement Chœnorrhinum^ el 
c'est à tort que cette dernière orthographe est présentée dans Vindex 
kewensis, p. 497, comme une altération typographique de Chsnarrhinwn 
Rchb. Consp. (1828). 

3. Nous conservons dans ce passage l'orthographe de de Gandolle. 



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E. HALINVAUD. — LINARU ORIGANIFOLU L. ET OENftE CHiEfiORRaiNUM. 317 

SOUS le nom de chœnorhinum : ce groupe diiîère des linaires 
par sa gorge ouxerle et non close; mais il s^écarte tellement des 
anarhines par le port, <iue je n'ose, à l'exemple de Wildenow, 
le réunir à ce genre. Je laisse donc provisoirement les 
clMBDorhines comme section dans le genre linaire; maïs je ne 
doute point qu'un examen plus approfondi ne fournisse des 
caractères suffisans pour en faire un genre particulier. » 

Reconnaissons à chacun ce qui lui appartient, dépendant 
DE Candolle laissa les choses dans Tétat qu'il avait d'abord consi- 
déré comme provisoire, et ce fut Lange qui, tardivement, reprit 
ridée de créer le genre CkdBnorrhinnm^ 

L'illustre auteur du Prodromus, s'il était un spéculatif de 
génie, se montra aussi éminemment doué d'un esprit pratique 
et judicieux. Il s'était avisé, en dernière analyse, que le nouveau 
genre, d'un intérêt purement théorique, causerait, dans le 
langage scientifique consacré par l'usage, un trouble toujours 
fâcheux quand il n'est pas suffisamment justifié et qui serait 
aujourd'hui beaucoup plus grave à la suite d'une longue tradi- 
tion. Combien il serait désirable que la prudente réserve observée 
à cette époque dans les innovations de nomenclature fût de nos 
jours plus souvent pratiquée ! 

M. Rouy répond qu'il n'a rien à ajouter ni à retrancher 
à ce qu'il a dit en février dernier. Dans le tome XI de la 
Flore de France^ il exposera lensemble des races et 
variétés françaises du Chœnorrhinum origanifolhtm, 
espèce qu'il a pu étudier, à diverses reprises, dans les 
herbiers et aussi sur le terrain, tant en France qu'en Espa- 
gne, de 1878 à 1907, et qui lui est donc assez familière dans 
ses variations. 

M. Lutz donne lecture de la communication suivante : 

i. 11 est évident que le vocable Chœnorrkinum désigucant simplement une 
section de genre n'offre pas Timportance et par suite n'entraîne pas les 
inconvénients que peut avoir son emploi pour la création d'un nouveau 
genre. 



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^i8 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

Remarques floristiques et bibliographiques; 

PAR M. Alfred REYNIER. 

Le Bulletin (séances de février 1908) contient deux passages 
»me visant, auxquels je dois répliquer, car du choc des opinions 
naîtra à coup sûr quelque lumière à propos d'un sujet qui nous 
intéresse tous. 

I. — M. Georges Rouy tient pour rejetable la graphie Viola 
Dehnhardtii; or, on observera que, dans sa Flore de France, il 
ne cacographiait pas autrement. J'approuve quand même sa 
iiouvelle orthographe Dehnhardti donnant tort à Gussone, Paria- 
tore, BoissiER, etc., qui, coupables d'ignorance du nom exact de 
Friedrich Dehnhardt, s'étaient modelés sur Tenore, auteur déci- 
ment répréhensible. 

Notre confrère croit avoir bien déterminé, en l'appelant 
« Viola odorata L. subsp. Dehnhnardti (Ten.) Ry et Fcd* », 
— plante, appuye-t-il, « facilement > reconnaissable, — 
l'exsiccatum du Muséum national; et il ne met point en doute 
que cette sous-espèce ne croisse dans les Bouches-du-Rhône. 
Comment s'explique-t-il , alors, que ladite Violette ait été 
méconnue, soit par Honoré Roux {CataL des Plantes de Prov.), 
soit par tant de botanistes plus instruits herborisant le long du 
littoral méditerranéen? On ne peut croire à un cantonnement 
en Provence : l'aire d'extension française s'étend, c'est indubi- 
table, de la frontière italienne aux Pyrénées, puisque, en 1907, 
le V. Dehnhardti vient d'être signalé en Catalogne par le 
D' Cadevall (cf. Mémoires de V Académie royale des Sciences et 
Arts de Barcelone). 

Pour faire reconnaître « facilement > ce Viola, M. Rody 
indique un caractère empirique tranché : les fleurs seraient 
< inodores ». Une sous-espèce sans le moindre parfum rattachée 
au V, odorata est de nature à surprendre ! Je comprendrais 
mieux Nyman joignant l'espèce de Tenore au V. hirta L. dénué 
de toute odeur. La Violette de Marseille-Saint-Antoine, iden- 
tique à celle de Cassis, fleure bon à un degré appréciable; 

1. Foucaud m'a écrit un jour : « M. Rouy seul a vu la plante de Cassis 
au Muséum. » Le regretté défunt n'est donc pour rien dans l'identification 
•de la Violette d'Honoré Roux. 



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A. REYNIER. REMARQUES FLORISTIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES. 319 

d'ailleurs, Gussone et Parlatore ont écrit seulement < flores fere 
inodori > , < Bori poco odorosi » ; quoique le V. Dehnhardti se 
rapproche du F. hirta.W est donc, < d*où qu'il vienne >, odori- 
férant. Dans sa Flore^ notre confrère affirme ensuite que les 
pétales de la Violette de Cassis sont < entièrement bleus-vio- 
lacés ». Les jeunes adeptes pouvant s'opiniàtrer à la recherche 
d une corolle pourvue d'un tel caractère inexistant, n'y a-t-il 
pas lieu de rectifier par : portion unguiculaire blanche striée 
de violet? 

Voila deux détails de morphologie d'après lesquels la sous- 
espèce de M. RouY est, on en conviendra, plutôt difficilement 
reconnaissable ! 

Négligeant l'opinion d'Honoré Roux (pour lui, malgré sa 
cédule, la plante de Cassis était le V. pei^mix ta lord. )y réservant 
celle d'AcHiNTRE et Grenier, quiconque, avant de < voir par soi- 
même », voudra se rendre compte de la légitimité du classe- 
ment, par notre confrère, de l'exsiccatum du Muséum de Paris, 
devra s'enquérir de ce qu'ont jugé et jugent modernement 
divers classificateurs ayant étudié avec soin le V. Dehnhardti. 
Les « déterminations plus ou moins changeantes ou erronées », 
de môme que les « appréciations plus ou moins exactes des uns 
et des autres », acquièrent, en la circonstance, n'en déplaise à 
M. RouT, un grand poids en vue du but instructif de la Systéma- 
tique, qui n'est point l'art moutonnier d'attacher des étiquettes 
aux exsiccata déterminés d'après une clé dichotomique crue 
impeccable. Chacun lira donc, non sans profit, les lignes sui- 
vantes que m'a fait l'honneur de m'écrire, le 45 février 1908, 
un phytographe en pleine connaissance de cause et ne se payant 
pas de mots : 

< ... Je ne comprends que trop les difficultés que vous 
« éprouvez au sujet des Viola des groupes hirta et odorata. Les 
c botanistes les plus autorisés ont souvent bien mal compris ces 
« Violettes. Boissier, qui possédait, en 1867, des échantillons du 
< F. Dehnhardiii que lui avait envoyés Gussone, prend, dans 
€ son Flora Orientalis, ce Viola pour une variété du V. odorata 
€ totalement différent spécifiquement de l'espèce de Tenore. 
€ Parlatore, Flora Italiana, en 1890, n'a pas compris non 
€ plus les V. alba et V. Dehnhardtii dont le rapprochement 



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320 SÉATIGE: du % MAI if08. 

aurait dû le frapper. . . . CoDceroant le Viola DehnhofrlUi il existe 
un Mémoire de G. Strobl, qui, ayant herborisé en Sicile €t 
province de Naples, a étudié les herbiers de Gussosxe et de 
Tesore, Mémoire publié dans ÏŒster. bot. Zeitachr.^ 1877, 
pp. 221 à 229, intitulé : Eludes sur les Violettes italiennes. Ce 
trayail et ses conclusions ont passé inaperçus par les bota- 
nistes qui ont suiTi. L^auteur a prouvé que le V. DehnhardtH 
de Temore, qu'il a vu dans Therbier de ce drernier et surtoict 
dans celui de Gussone, comme dans les exsiccata siciliens 
publiés par Todaro de Palerme, était identique à des échantil- 
lons nombreux de V. alia de diverses provenances... 
M. BuRXAT, in Bull, de la Soc. botan. de France, sessiom 
d'Antibes, a établi, dès 1883, que le V. alba croit fréquem- 
ment dans les régions liguriennes et des Alpes maritimes ; le 
même Aoriste a établi que le V. Jaubertiana Mares, CataL 
Baléares, 1880, était un V. alba; et, la n>ême année, WiixEomi 
et Lange, Prodr. Flor. Hispan.y ont admis le V. alba comme 
une espèce croissant en] Catalogne. Mais Gremer et Godron, 
FL Fr., année 1847, n'ont pas vu ce même Viola dans 3a 
Fraiwe méridionale; Nyman, Consp. Flor. Ewrop,^ 1878, n'a 
pas admis l'Espagne dans l'aire du F. alba. Parlatore, FL 
l4aLy IX, 127, n'a pas admis non plus la présence de l'espèce 
4e Besser dans l'Italie méridionale... Lors d'un voyage 
projeté aux environs de Naples, j'irai étudier moi-même, 
dans les herbiers de Gussone et de Tenore, le V. Dehnhardtii 
et je pourrai vous en dire le résultat, j'espère... » 
Ainsi, le cas du V. Dehnhardti n'est point, depuis Tenore, 
Gussone, etc., tiré au clair définitif, malgré Tassurance de 
M. Rouy; et il me paraît résulter de la lettre de mon honoré 
correspondant que partout, dans l'Europe austro-occidentale, 
où l'existence du V. alba n'a pas encore été précisée, quoique 
«cette espèce s'y rencontre , les multiplicateurs signaleront 
de préférence le V. Dehnhardti, puisque les deux Violettes 
se prêtent à une confusion si commode pour les amateure 
de nouveautés! M. Cadevall est franc : le V. Dehnhardti de 
Catalogne est une « especie perteneciente al ciclo de Formas 
de la V. alba ». M. E. Burnat, FL des Alp. marit.^ avait depuis 
plus longtemps prévenu que « les. Violettes envoyées par 



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A. REYNIEK. — REMAROCES FLORïSTIftCES ET BIBLIOGRAPHIQUES. 321 

€ GcssoNE, provenant des environs de Naples, sous le nom de 
€ F. Dehnhardtii Ten. et conservées dans Therbier Boissier 
« (échantillons velus et glabres) appartiennent au V. alba ». 
M. Becker, spécialiste de Técole analytique, n'ayant cure des 
appréciations de Boissier, Rocy et Foccaud, Nyman, jne voit dans 
la plante de Tenore ni une variété, ni une sous-espèce du 
F. odorata ou du V. hirla\ à ses yeux, c'est une valable espèce 
(Separatabdruck ans der Œsterreichischen Zeitschrift, Jahi^. 
1906, Nr. 516); et à cette espèce il reconnaît des variétés, 
parmi lesquelles, pour TEspagne : var. Cadevallti Beck. 
(K. CcuievallnPhxxpro specie). 

Botaniste indépendant et éclectique, je consentirais tout de 
suite à reconnaître dans le Viola de Cassis le V. Dehnhardti^ 
si la plante examinée fraîche montrait d'une façon constante 
des « stipules fortement (imbriées , à cils intermédiaires 
€ dont la longueur égale au moins la largeur de la stipule 
€ [caractère absolu, souligné par M. Rouy, à la séance du 
€ 14 février dernier, pour sa sous-espèce] », tout en faisant 
remarquer que jamais n'importe quel pied du V. odorata clas- 
sique n'a offert cette particularité de longueur des cils. Des 
« cils égalant au moins la largeur de la stipule » ne peuvent 
être admis — j'en appelle à tous les Aoristes orthodoxes — 
dans la diagnose de l'espèce odorata^ sous peine d'avoir à y 
inclure le V. alba\ ce qui serait une hérésie méritant excom- 
munication. Bref, la plante italienne n'étant pas du tout « faci- 
lement reconnaissable », j'hésite à distribuer sous le nom de 
V. Dehnhardti la Violette de Marseille-Saint-Antoine, parce 
que j'ai souvent surpris, dans une même rosette foliaire, des 
stipules laides, ou étroites, ou intermédiaires, munies de cils de 
longueur irrégulière, tantôt plus courts, tantôt plus longs que 
la largeur de la stipule. Si l'on ajoute à cette polymorphie 
maints écarts, déconcertants, dans la forme des feuilles, le 
sinus des lobes, la pubescence de la capsule, l'émission de 
stolons s'enracinant ou non, portant des fleurs soit un an après 
leur développement, soit la première année, etc., il est à 
craindre qu'entre les classificateurs exigeants et ceux sachant 
se contenter de peu Taccord ne tarde beaucoup à se produire 
pour délimiter, au rang spécifique ou subspécifique, ou 

T. Lv. ' (séances) 21 



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i^'-i^KW 



\ 



322 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

variétal, les Violettes protéiques de Besseb et de Tenore! 
II. — Dans la séance du 28 février dernier, M. Georges Rouy 
opère un retour offensif, à propos de sa thèse du H janvier 1907, 
Un mot au sujet des Icônes de Barrelier; puis il conclut à 
€ ne plus insister sur un sujet de minime importance » et à me 
€ laisser bien volontiers ma manière de voir i». Je ne voudrais 
pas être, vis-à-vis d'un confrère non provoqué par moi, en reste 
de généreux pacifisme : donc il y a entre nous armistice et 
l'intéressante controverse cesse. Tout lecteur de ma Note Les 
Planches de Barrelier et le Commentaire d'Antoine De Jussieu 
(Bulletin, séance du 25 janvier 1907) sait — cela me suffit — 
qu'il convient de considérer, dans la publication des Icônes de 
Barrelier et du texte annexe, toutes les indications de localités 
provençales comme correspondantes à des récoltes faites par 
De JussiEumême. Mon assertion s'appuyait sur un raisonnement 
décisif : c Gomment admettre que De Jussieu s'adjugeât par 
€ nos ou nobis la priorité d'invention, dans les limites pro- 
€ vençales, d'une dizaine de plantes et qu'il ne concédât pas 
€ UNE FOIS pour 70 numéros : in Galloprovinciâ invenit Barre- 
€ lierust » G'était là, M. Rouy ne saurait en disconvenir, une 
déduction équivalente à < ce qu'en science on appelle une preuve 
certaine » ; par contre, la supposition d'herborisations de 
Barrelier à La Giotat, Marseille, Orgon et au mont Ventoux 
restait aussi gratuite qu'irrecevable en présence du fait histo- 
rique acquis : De Jussieu est venu en Provence entre 1700 
et 1714. 

A propos de cette communication, M. Rouy dit qu'il 
maintient simplement ses conclusions antérieures. 

M. Gagnepain fait la communication suivante : 
Deux Capparidées nouvelles d'Indo-ChIne; 

par m. F. GAGNEPAIN. 

Cratserva erythrocarpa Gagnep sp. nov. ? Capparis falcata Lou- 
reiro, FI, cochinck., I, p. 331. 

Arbor mediocris, caule crasso, cortice luteo. Rami torluosiy fulvi, glabri, 
dein cortice argenteo. Folia haud persistentia, glabra; petiolus teres, basi 



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F. GAGNEPAIN. — DEUX CAPPARIDÉES NOUVELLES D INDO-CHlNE. 323 

sobincrassatus ; foliota 3, petiolulata, ovalia, apice rotundata, basi acuta, 
supra nitida, infra haud glauca nec pruinoso-papillosa^ membranacea dein 
chartacea, sicca rubescentia, quorum lateralia vix minora^ sed conspicue 
asymmetrica; nervi latérales utriuque 5-6, secus marginem arcuati et invi- 
cem anastomosantes; petiolus brevis. Inflorescentia lateralis vel termi- 
nalis, corymbosa, floribus speciosis, pallide roseis vel flavis. Galycis discus 
camosus ; sepala 4, ovalia, basi vix attenuata, cum petalis alterna. Petala 
4, lamina elliptica, ungue 3-plo minore, cum sepalis versus marginem disci 
inserta. S(amtna /6-/5, inœqualia; fUamenta basi breviter coalita, petalis 
È-plo majora, ad apicem androphori brevis inserta; antberœ oblongœ. Ova- 
rium ovoideo-cylindricum; stigma infundibulare, sessile; placentaria 2, 
parietalia, ovulis numerosissimis, 4-6-seriatis ; gynophoro staminibus lon- 
giori. Fructus carnosus ad crassitudinem pruni^ globosus, Isevis, nitidus, 
ruber^ cortice membranaceo, fragili, irregulariter erumpente, pediculo 4-5 cm. 
longo, semina viridia, renifornia, compressa, embryone arcuato, radicuia 
conica, cotyledonibus involutis. 

Foliorum petiolus 8-10 cm. longus; foliola 5-8 cm. longa, 3-4 cm. lata; 
petiolulis 5-10 mm. longis. Inilorescentiœ pedicelli 5-6 cm. longi; petalis 
2 cm. longis. Fructus usque 3-5 diam; semina 7 mm. longa, 5 lata. 

Indo-Chine. — Cochinchine : Ghaudoc, juillet 1876, n°' 509 et 608 
[Harmand]; Bien-hoa, 1865, n° 4029 [Pierre], — Cambodge : entre 
Pnom-penh et Pnom-sroai, mars 1870, n° 794 [Pierre]. — Laos : 
Khong, Compong-luong, Oudong, n**2041 [Thorel], 

Cette espèce appartient à la section des Cratœva qui ne portent pas 
de papilles pâles communiquant au-dessous des feuilles une couleur 
glauque et un aspect pruineux ; au contraire, si on observe à la loupe 
l'épiderme inférieur, on le voit nu, spongieux avec des veines qui sem- 
blent se noyer dans le parenchyme : de ce fait, le C. erythrocarpa se dis- 
tinguera facilement du C. religiosa. Il est très différent du C. macro- 
carpa Kurz par ses feuilles non luisantes et pâles quand elles sont adultes, 
par ses fruits un tiers plus petits, rouges, non constellés d*une multitude 
de lenticelles blanchâtres et un peu rudes. Les rameaux tortueux, ridés 
sur le sec, argentés sur le vif et cendrés en herbier, sont très différents 
de ceux du C, macrocarpa, droits, d'un vert pâle et à écorce lisse même 
sur le sec. 

Le Capparis falcata Lour., qui est un Cratxoa, se rapproche de cette 
nouvelle espèce par le nombre des étamines, la couleur du fruit, mais en 
diffère par des fleurs en grappe lâche, le fruit oblong et la patrie (Canton). 

Niebuhria decandra Gagnep. sp. nov.? Nieb, mucronulata 0. 
Kze, Rei\ gen. (1891), I, p. 38 {Cratœva mucronulata 0. Kze, Z. c.) 
Mœrua mucronata Williams, in Bull. Herb. Boissier (1905), p. 44. 

Arbor 2-4-metralis. Rami glabri, graciles, in sicco fulvi.Foliatrifoliolata 
vel apice ramorum 1-2-foliolata, petiolis inœqualibus; foliola subsessilia, 
obovata. vel lanceolata, apice truncato-emarginata, mucronataf gradatim 
usque ad basim acutam attenuata, coriaccavel chartacea, glabra; nervi late- 



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324 SÉANCE DU S MAI 1908. 

raies utrinqne 5-7, tenues, infra supraque vix conspicui, densum rete 
cum nervulis efformantes. Inflorescentia terminalis, corymbosa, basi 
foliata; pedicelli solitarii, axillares, alabastro ovoideo-acuto. Sepala 4, 
ovato-acuta, utrinque glabra, margine tenuiter lanata, inter &€ adhsBrentia, 
mox libéra et réfracta, Petala 0. Stamina 9-42 apice androphori brevis 
inserta; ûiamenta libéra, versus basim incrassata^ robusta^ ai^ce circinato 
mflexa; aotheraB oblongae, apice mucronatœ. Ovarium ovoideo-teres, stigma 
discoideum sessile, concayum, ovario subaequilatum ; placenlaria 2, ovulis 
amphitropis, biserialibus. Fructus ellipsoideus, pericarpio crasso; semen 
unicum, vel semiiia3-4, reniformia, embryone complicato, radicula superm, 
cotyledonibus complicato-comigatis. 

Folionim petiolus 5-25 mm. longus; foliola 5-7 cm. longa, 2-3 cm. lata. 
Inflorescenticp pedicelli 30-15 mm. longi; alabastrum 7-8 mm. longum. 
Androphorum 3-4 mm. altum, gynopborum 20 mm. longum. Staminis 
filamentum 10-12 mm. longum. Fructus 20 mm. longus, 13 latus, embryo 
7x6 mm. 

Indo-Chine. — Cambodge : prov. de Pnom-penh, vers les monts Srùor, 
mars 1870, n° 791 [Pierre]. — Siam : Muong-pran, n^» 423o et 4436, 
juillet-août 1868 [Pierre], 

Cette espèce a eu des vicissitudes onomastiques assez intéressantes. 
PiBRRB Tavait nommée JSiebuhria mucronata^ mais sans la publier. Il 
avait un peu hésité à la classer dans ce genre à causes de ses sépales à 
peu près libres, remarquant d'ailleurs qu'elle différait d'un Cratxva par 
Tabsence de pétales, par les étamines peu fixes numériquement et par les 
graines solitaires ou 2-3 dans chaque fruit, et se distinguait des Nieàuh- 
ria par ses sépales libres et les étamines jamais nombreuses, mais variant 
de 9 à 12. Disons tout de suite que les sépales adhèrent dans le bouton. 

En 1891, 0. KuNTZE, ne connaissant pas, et pour cause, l'espèce de 
Pierre, décrivait dans son Revisio generum^ I, p. 38, une plante qu'il avait 
nommée Niebuhria mucronulata sans la publier, mais qu'il publiait alors 
comme Cratseva mucronulata, expliquant dans ses commentaires que 
l'espèce n'a pas de disque caché dans le tube calicinal, ni de sépales 
soudés, que ce serait donc un tort de mettre cette espèce dans le genre 
Niebuhna. La description que donne Kuntze de son Cratœva mucro^ 
nulata est très insuffisante; il attribue à son espèce 5 folioles, moins 
nombreuses au sommet des rameaux et un disque hémisphérique. Ces 
deux caractères n'existent pas dans la plante de Pierre qui pourtant se 
rapproche de celle de Kuntze par ses folioles émarginées, mucronulées 
au sommet et presque coriaces. 

Dans le Supplemenium primum de ï Index keivensis on cite le iV. 
mucronata 0. Kuntze (au lieu de N, mucronulata) et au lieu de pré- 
férer le genre Cratseva (0. Kuntze) on choisit celui de Niebuhria (0. 
Kuntze olim). Dans cette citation il y a donc une erreur matérielle et une 
içpréciation, contraires toutes deux à l'auteur de l'espèce et probablement 



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F. GAGNEPAIN. — DEUX CAP^ARIDÔKS NOUVELLES D*lNDO-CHINE. 32l5 

dues à la même cause. C'est que le Niebuhria mucronata Pierre Mss. aété 
envoyé comme double à Kew où Tun des auteurs du Supplément a pu en 
avoir connaissance. Dès lors fut préférée Tappellation mucronata Pierre 
à mucronulata Kuntze et la similitude de noms spécifiques amena, trop 
vite selon moi, Tidentification. La plante de Pierre devenait donc iden- 
tique à celle de Kuitoe, et cela n'est pas prouvé. De plus, au lieu de donner 
selon Kuntze comme patrie à l'espèce la Cochinchine, on la faisait 
prendre origine au Siam avec Pierre n° 4 235. 

£n 1904, M. F. N. Wiluahs publiait une liste des plantes du Siam, citait 
en 1905 pour l'espèce en question * la synonymie de V Index kewensis^ 
mais préférait le binôme Mœrua mucronata nom. nov., ayant surtout en 
vue la plante de Pierre qu'il connaissait à Kew -, et d'après les idées de 
Pax qui réunit le genre Niebuhria aux }fœrua. Évidemment la méprise 
continue puisque Ton identifie les 2 espèces et que Ton choisit comme 
qualificatif spécifique celui qui ne fut jamais publié. M. Williams ne don- 
nait d'ailleurs aucune description spécifique, en sorte que la plante de 
Pierre restait encore plus inconnue que celle de Kuntze. 

A mon avis, la CapparWée appelée Cratœva mucronulata par 
0. Kuntze, n'es| pas celle de Pierre pour les raisons données plus haut; 
elle peut être un Cratœva religiosa dans une de ses formes si nom- 
breuses, elle peut être encore autre chose . 

Quant à la plante de Pierre dont j'ai une connaissance très complète 
par les analyses, les notes et les échantillons eux-mêmes de son auteur» 
elle diffère des Mœrua : l^par les sépales non soudés en tube; 2° par 
Tabsence de disque découpé; 3'' par les étamines peu nombreuses; 
4* par lovaire beaucoup plus court que le gynophore dans la fleur épa- 
nouie; 5» par la baie non articulée. 

Elle ne diffère du Niebuhria que par les sépales à peu près libres à ïa 
base, et encore adhèrent-ils dans le bouton, et par les étamines 9-12, non 
pas nombreuses en nombre indéfini. On peut donc, comme Pierre Fa 
fût lui-même, l'incorporer dans ce genre à juste titre. 

Mais il devient nécessaire de distinguer nominativement Tespèce pré- 
sente du Niebuhria mucronulata 0. Kze olim, d'abandonner le symbole 
N. mucronata qui prête à confusion et n'a Jamais été décrit ni par Pierre 
ni par M. Williams lui-même. Je propose donc d'appeler N. decandra 
la plante de Pierre, si malheureusement restée inédite, pour supprimer 
toute équivoque et rappeler un caractère important, le petit nombre de 
ses étamines. 

M. Lutz donne lecture du travail ci-dessous : 

i. Bull herbier Boissier, 1905, p. 44. 

2. C'est ce que M. F. N. Wiluams m'a obligeamment affirmé lui-même. 



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326 SftANGE DU 8 MAI 1908. 

Les caractéristiques du Cycadinocarpus 

augustodunensis àe B. Renault; 

PAR M. C.-Eg. BERTRAND. 

Le Cycadinocarpus augustodunensis est une petite graine 
dont la coque mesure environ : AP.= 6,5 mm., GD. = 3,5. 
HM. =8,5. Elle est plate, à faces droite et gauche presque 
ovales, déprimées et chagrinées. Renault et Roche Font recueilli 
en assez grande abondance dans le Champ des Borgis près 
d'Autun. Bien que cette graine fasse Tobjet de la troisième 
planche des Graines fossiles silicifiées sous le nom de Cardio- 
carpus augustodunensis y Brongniakt ne semble pas l'avoir 
étudiée. Les préparations ont été faites à Autun après la mort 
de Brongniart. Toutes celles de la Collection Renault sont en 
effet datées de 1877 par Renault lui-même et aucune ne porte 
d'indication manuscrite de Brongniart. Renault a d'abord rap- 
porté cette petite graine au genre Cardiocarpus et il Tavait appelé 
C minimus. C'est ce nom spécifique qu'il a inscrit sur les éti- 
quettes de ses préparations, mais ce nom n'a pas été publié. 
Par contre, le nom de Cardiocarpus augustodunensis est acquis 
scientifiquement par la publication de la planche III et de l'ex- 
plication qui l'accompagne dans les Graines silicifiées. En 1895- 
1896, dans la Flore d' Autun et d'Épinac^ Renault est revenu 
sur cette graine. Ayant remarqué que des faisceaux issus de la 
chalaze restent dans la face interne de l'endotesta comme cela 
existe chez nos Cycadées, il l'a décrite pages 385-387 sous le 
nom de Cycadinocarpus augustodunensis» 

Renault a reconnu presque tous les caractères qui différen- 
cient cette graine. 

/. — Les caractéristiques. 

1 . Les faisceaux tégumentaires externes. — Les faisceaux caré- 
naux fa^ fpy naissent du cordon hilochalazien F„, au point où 
celui-ci pénètre dans la coque. Ils cheminent en s'élevant 
dans l'épaisseur de la coque et viennent déboucher k sa surface 
externe en bas des flancs A et F (fig. 1 et 2, PI. III). Chez les 
Cardiocarpus^ f^ et f^ naissent de F avant son entrée dans la 



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C.-KG. BERTnAND. — CYCADI?<OCARPUS AUGUSTODUNENSIS. 327 

coque; ils sont toujours extérieurs à la coque. Dans les genres 
rhabdocarpiens et taxosper miens, les faisceaux carénaux nais- 
sent de la chalaze. Les faisceaux carénaux du Cycadinocarpus 
auguslodunensis sont donc d*abord enfermés dans des canaux 
latéraux en bas de la graine (fig. 10, PI. III). Us y sont déjà 
étalés tangentiellement. Il est très probable qu'ils sont également 
étalés tangentiellement dans les sarcotesta d'après B.197.C.2. 
Je n*ai pas vu de lame coUumelIaire unissant le faisceau carénai 
à la crête voisine. 

2. Les faisceaux tégumentaires internes. — Renault a signalé 
des faisceaux naissant de la chalaze dans le plan AP et 
s'avançant dans la face interne de Tendo testa jusqu'à mi-hauteur 
du nucelle. C'est la préparation B. 197. cl. = 9450, qui lui a 
donné cette notion. Cette coupe méridienne antéro-postérieure 
n'est pourtant pas démonstrative à ce point de vue. On ne peut 
dire s'il y a ou non des trachées insinuées entre les cellules 
méridiennes de la coque ou simplement posées sur celles-ci. 
L'hésitation est encore plus grande sur B. 197. c. 3. (fig. 2, PI. III). 
Enfin on ne voit même plus de faisceaux sur sa préparation 
9457 qui coupe normalement le fond de la cavité séminale a 
environ 2 millimètres en avant de la chalaze. Le caractère de la 
vascularisation de la face interne du tégument signalé par 
Rexault n'est donc pas visible sur ses préparations. Il repose 
uniquement sur une indication donnée par la coupe de la graine 
12 dans la préparation B.21.C.9 de la collection Roche. Sur cette 
coupe gauche droite, extraaxiale, passant entre O^e et 0„,e, et 
inclinée d'environ 10° sur l'axe HM, on voit deux cordons vas- 
culaires symétriques l'un de l'autre par rapport au plan AP. Ils 
sont posés et étalés sur la face interne de la coque, ou légère- 
ment incrustés dans cette face. La coupe ne permet pas de dire 
jusquoù Us s'élèvent^. La vascularisation tégumentaire interne 
du Cycadinocarpus est donc à étudier sur de meilleurs maté- 
riaux avant d'être définitivement acceptée. 

3. Les canaux latéraux de la coque. — Les deux canaux laté- 
raux de la coque sont ascendants dans tout leur parcours. Ils 
naissent tout près de l'origine du canal préchalazien. Ils 

1. Il n*y a certainement plus de faisceaux dans la face interne de la 
oque un peu au-dessous de l'équateur de la graine. 



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328 SÉANCE DU 8 NAi 4908. 

s'élèvent dans le plan AP et viennent déboucher à la face 
externe de la coque en bas des Qancs A et P par un oriQce 
fuyant vers le haut. Ils ne fonctionnent pas comme canaux 
récurrents. Les orifices externes de ces canaux 0«e, 0^^, sont 
assez éloignés de Torifice 0«e. Le fond de la coque montre trois 
orifices espacés comme les Taxospermum. 

4. L'étranglement de la coque dans le plan GD. Les cavernes de 
ses faces. — Ces graines sont fortement déprimées dans le plan 
GD. Leurs faces externes G et D sont concaves surtout dans la 
région équatoriale. Leurs faces internes font fortement saillie 
dans la cavité de la coque donnant à cette cavité une forme en 
sablier comme s'il s^agissait d'isoler les embryons provenant de 
chaque corpuscule. Dans le milieu des faces externes G et D on 
trouve de grandes anfractuosités qui pénètrent en s'élargissant 
dans répaisseur de la coque. Par place, le fond de ces cavernes 
est tout proche de la face interne de la coque. Sur les sections 
transverses ces dépressions figurent souvent des trous isolés 
dans répaisseur de la coque. La coupe tangentielle B-197.C.H. 
= 9459 (fig. 14. PI. III) rencontre 7 de ces puits à différentes 
profondeurs. 

5. Les carènes. La pointe hilaire. Le profil antéro-postérieur de la 
coque. — Dans la région équatoriale la coque présente deux 
larges carènes, Tune antérieure et Tautre postérieure. Ces 
carènes sont étranglées à leur base, arrondies sur les côtés 
avec deux facettes externes formant un double biseau qui 
aboutit à une arête (fig. H. PI. III). La carène s'élargit en 
sélevant sur le dôme. En même temps sa hauteur diminue- 
Elle ne porte pas d'épaulettes. Vers le bas des flancs la crête 
présente Torifice supérieur d'un canal latéral. Entre cet orifice 
et la pointe hilaire la crête devient mousse (fig. iO, PL III); 
mais, au lieu d'être pleine, la base de la crête présente un canal. 
— La pointe hilaire, large, peu saillante, n'est pas isolée de la 
crête comme chez le Cardiocarpus bigibbosus sp. nov. (fig. 8, 9, 
10, PI. II). On constate simplement un rétrécissement brusque 
du fond de la coque près du plan GD. — Le profil méridien de la 
coque est un anneau napiforme plus épais au fond, avec canaux 
latéraux, sans sinus externes. Sa pointe micropylaire paraît 
insensible. La coque s'amincit au sommet du dôme, Dôme et 



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C.-EG. BERTRAND. — GYCADINÛCAHPUS AUGUSTODUNENSIS. 329 

fond sont confondus dans la courbure des flancs. Dans ce plan 
AP le tube micropylaire de la coque est largement ouvert, le bec 
micropylaire est à peine saillant, à bords dressés droits (fig. 3 
et 8, PI. III). B.197c.6. = 9455. 

6. Absence de crête soufr^alaaieime. — Absence de sinus 
inférieurs internes. Absence de sustelleurs. — Bien qu'elle soit 
fortement rétrécie dans le plan gdy la graine do Cycadino- 
earpus n'a pas de crête sous-cbalazienne élevant l'attache du 
nucelle au-dessus du fond de la cavité séminale. Par suite le 
fond de cette cavité est arrondi sans sinus inférieurs internes. 

La coupe B.197.C.3. = 9452 (%. 2, PI. III) montre très nette- 
ment qu'il n'y a pas de massifs sustelleurs recevant l'insertion 
de la couche des cellules méridiennes de la coque contraire- 
ment aux Cardiocarpus. 

7. Le profil gauche droite de la coque. — Le ^voGXgd de la coque 
est si différent de celui des autres graines digones que Renault 
lui-même en a é\é dérouté, tellement qu'il considérait comme 
trattë^erse la coupe gauche droite 9 457 (lîg. 7, PI. III). Cette 
coupe passe par le microphyle et un peu en avant du canal pré- 
cbalazien. Son inclinaison sur l'axe HM est d'environ 5°. La 
coque y forme un anneau très aplati à moitiés symétriques irré- 
gulières limitant une cavité extrèmememt réduite. 

La coque présente une forte carène à arête mousse dans sa 
partie inférieure, ses flancs déprimés sont creusés de fortes 
anfractuosités. Dans la région du dôme la coque est très 
épaissie, coupée carrément à sa partie supérieure. Le tube 
micropylaire est long, fermé, sauf à son embouchure dont les 
lèvres sont écartées et renversées en dehors. La cavité séminale 
est renflée dans le bas, effilée dans le haut. L'angle du dôme 
de cette cavité atteint 10"* seulement. Il n'y a pas de Bothrions. 

8. Le profil transverse de la coque. — Le profil transverse 
équatorial (fig. 4, PI. III) est un anneau épais à flancs gauche 
et droit déprimés. Le contour externe de l'anneau est concave 
sur les faces G et D et creusé de cavernes. Les flancs G et D 
font une forte saillie dans la cavité de la coque. Les extrémités 
des rayons CA, CP sont occupés par les carènes déjà signalées. 
La cavité de la coque est un hexagone à flancs ii et D concaves. 
Les sinus intérieurs sont aigus (fig. 4 opposée à fig. 5, PI. III). 



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330 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

Ces sinus restent aigus dans la région supra-équatoriale, ils sont 
au contraire arrondis au-dessous de Téquateur. 

9. La structure de la coque. — La coque présente une couche 
intérieure de cellules méridiennes, petites, élargies tangentiel- 
lement, un peu plus allongées dans le méridien. Il y a 5 à 
6 rangs de ces cellules. Vient ensuite une couche moyenne 
épaisse de 13 à 15 rangs, faite de cellules isodiamétriques 
totalement épaissies, sans cristal central. Extérieurement, sur 
toutes les parties en saillies, on trouve une nappe épaisse de 
5 à 6 rangs de cellules plus grandes alignées tangentiellement. 
Elles sont aussi totalement épaissies, sans cristal central. Elles 
sont surtout soulignées et différenciées par leur lamelle 
mitoyenne réticulée*. — Cette assise externe se réduit à une 
rangée au fond des anfractuosités. Dans ces mêmes points la 
couche moyenne peut se réduire à 2 rangs de cellules. — Dans 
la moitié ou les deux tiers supérieurs de la coque on trouve 
l'indication de lames de déhiscence. Ce sont les lamelles radiales 
situées sur les rayons CA, CP, qui vont de la couche interne à 
la couche externe de la coque. Elles comprennent 4 rangs de 
petites cellules rectangulaires placées radialement. La sépara- 
tion des valves est indiquée ici mais non effectuée comme dans 
les Diplotesta, Dans le voisinage du plan GD on constate une 
différenciation singulière dans l'épaisseur de la couche moyenne. 
Sur 4 à 5 rangées les cellules sont légèrement dissociées. Leur 
paroi gonflée est brunie, et chaque cellule laisse voir un cristal 
central. Dans le fond de la coque ces cellules brunes forment 
une couche continue (fig. 10, PI. III). Au-dessus de la région 
équatoriale ces cellules forment des sortes de trabécules plus ou 
moins isolés, tendus obliquement entre les deux lames de la 
couche moyenne. 

10. Le sarcotesta. — Les graines pourvues de leur sarcotesta 
sont rares, 1 sur 12 environ^. Le sarcotesta présente un épi- 
derme à grosses cellules élargies tangentiellement, plus épaisses 
au milieu, à parois minces. Il n'a pas été vu d'assise hypoder-* 
mique différenciée. Le tissu fondamental compris entre l'épi- 

i. Dans les matériaux préparés par Renault et Roche, la réiiculation 
des lames mitoyennes est soulignée par de la limonite bactériforme. 

2. La graine Hd de la collection Renault et la graine 2 de la collection 
Roche. 



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C.-EG. BERTRAND. — CYCADINOCARPUS AUGUSTODUNENSIS. 331 

derme et la couche lignifiée est probablement dilTérencié en deux 
zones distinctes par leur alignement. Les cellules externes sont 
dirigées radialement et plus étroites. Ce dispositif est surtout 
visible sur la section gauche droite parallèle à Taxe HM qui 
passe entre le faisceau carénai et Tépiderme tégumentaire 
externe. L'ensemble du sarcotesta a, à peu près, le tiers de 
répaisseur de la coque. Il est un peu plus épais sur les crètesa 
La zone d'attache du sarcotesta à la coque est formé par 1 à 
2 rangs de cellules isodiamétriques arrondies, à parois minces, 
à réseau fin spirale. Cette couche est homologue de la couche 
lignifié des Taxospei^mum. Ce tissu de raccord couvre toute la 
surface de la coque même dans les cavernes. — Le tissu des 
cavernes est très rarement conservé. Il ne parait pas glandu- 
laire mais formé de cellules petites, fusiformes, à parois minces, 
isolées. 

11. Les plaques tylaires. L*épiderme tégumentaire interne. 
— L'existence des plaques tylaires reste très incertaine. On ne 
voit pas de couche écrasée nette entre Tépiderme tégumentaire 
interne et la face interne de la coque. Il semble aussi que les 
crêtes saillantes G et D de la face interne de la coque réduisent 
beaucoup Futilité de ces compresseurs, mais là ou Tépiderme 
tégumentaire interne est décollé de la coque il y a parfois des 
trabécules ou des éléments arrachés qui semblent indiquer un 
tissu tylaire. — L'épiderme tégumentaire interne est composé 
de cellules plates, hexagones, assez grandes, à parois minces, 
souvent fusinifiées. D'après la graine 12 (collection Roche), ces 
éléments deviendraient très grands, larges et épais un peu au-des- 
sous de l'équateur, pour diminuer ensuite en s'approchant du 
fond de la graine. 

12. Le sac nucellaire, la chambre poUinique, le bec nucellu- 
laire. — Aucune des préparations existantes ne montre la 
réunion de l'épiderme tégumentaire interne avec l'épiderme du 
nucelle. L'étendue de l'insertion du nucelle sur le tégument 
•reste incertaine, elle m'a semblé plus restreinte que Renault ne 
l'admettait. Le sac nucellaire est linguiforme, sans poches infé- 
rieures contrairement aux Cardiocarpus, La section transverse 
médiane est une figure en sablier. Dans le haut du sac, le dôme 
nucellaire est légèrement refoulé en son milieu (fig. 8, PI. III). 



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332 SÉAIfCE DU 8 MAI 1908. 

Le cône nucellaire est très petit, lenticulaire, plissé en accor- 
déon. Le bec nucellaire est long, ramené dans la cavité séminale 
par la contraction des cellules épidermiques horizontales de ce 
bec. Le sac nucellaire est souvent réduit à son épiderme. Il y a 
partout une lame cornée simple et parfois double entre Tépi- 
derme nucellaire et le sac embryonnaire. — Les cellules épider- 
miques du nucelle sont beaucoup plus petites que celles de 
Fépiderme légumentaire interne. Il n'a pas été vu de faisceau 
dans les coupes du sac nucellaire. 

13. Le sac embryonnaire. L'endosperme, le bouton endosper- 
mique et les corpuscules. — Le sac embryonnaire est lenticu- 
laire, étranglé dans le plan GD, arrondi en bas, tronqué dans le 
haut. Sa paroi est épaisse. L'endosperme a dans son ensemble 
la même configuration que le sac embryonnaire. 11 est nette- 
ment tronqué dans le haut avec un fort bouton endospermique 
médian (fig. 8, PI. III, 945S). Les corpuscules ont accidentelle- 
ment une structure vacuolaire mais non multicellulaire. 
L'endosperme est ordinairement très altéré, réduit à une sorte 
de réseau muqueux ou totalement détruit. 

IL — Les documefîts. 

14. Collection B. Renault. — J*ai retrouvé dix préparations 
du Cycadinocarpus augustodunensis dans la collection Renault. 
Elles proviennent de dix graines différentes. Les neuf coupes 
figurées Planche III ont toutes été retrouvées. Les pièces types 
de cette espèce sont donc au complet. Il conviendra d'y joindre 
maintenant la préparation B.21.C.9.AR, de la collection Boche, 
qui montre seule le caractère de la vascularisation interne du tégur- 
ment, — La dixième préparation de Renault, B. 197. cil, ne 
porte ni étiquette, ni numéro, une seule de ses faces a été pré- 
parée. Elle n'a pas été amincie. Par contre il manque peut-être 
une préparation non figurée qui aurait porté le n° 9458. Il y a 
un vide à ce numéro, s'applique-t-il à une graine de Cycadino- 
carpust Les graines du Cycadinocarpus ont donc été exception- 

1. Les grains de pollen observés dans le mucus de la chambre polli- 
nique sont de la petite forme des grains cordaïtiens. L'un d'entre eux, 
placé à droite en bas de la figure 13, PI. III, a son bec largement ouvert 
et son intine étalée sans plis. 



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FINET. — ORCHIDÉBS NOCVKLLES OU PEU CONNUES. 333 

nellemeot nombreuses, mais à cause de leur petite taille 
chacune n'a pu fournir qu'une seule coupe. 

15. Collection A. Roche. — La collection Rocue contient 
quatre préparations du Cycadmocarpus augustodunensis. Elles 
y sont étiquetées Cardiocarpus eduense. Les coupes 6.21.C.8.AR, 
B.21 .cl 1 . AR sont prises Tune contre Vautre. Ce sont des coupes 
verticales qui rencontrent trois amas de graines tombées côte à 
côte dans le dépôt. La coupe 8 montre ainsi 9 graines échouées. 
La coupe 11 rencontre encore au moins deux autres graines 
distinctes de celles qui existent sur c.8. La coupe c.9. rencontre 
d'autre part deux graines n'''' 12 et 13, et la coupe 12 une 
14* graine. Les plus importantes sont les coupes des graines 12 
et 2 qui donnent quelques indications sur la vascularisation 
interne du tégument, sur le sarcotesta, et sur le tissu qui 
remplissait les cavernes de la coque. 

M. Gagnepain résume la communication ci-dessous : 
Orchidées nouvelles ou peu connues. Il; 

PAR M. E.-A. FINET. 

Nicrostylis liparidioides n. sp. 

Herba parva, subepiphytica. Caulis repens, radicosus, ad apicem erectus. 
Folia 4-7, oblonga, apice acuto-obtusa, basi attenuata. Inflorescentia ter- 
minalis, elongata, subrecta, ad quartam inferiorem partem nuda. Pedun- 
culus angulatus. Bracteœ lanceolatœ, apice acuminatse et setacea», ovarium 
pedicellatum œquantes. Flores minuti, pedicello filiformi, quam ovarium 
inflatum, obpiriforme duplo longiore. Sepala patentia, ovata, obtusa, 
1-nervia, lateralia paululum obliqua. Petala linearia, l-nervia, acula. 
Labellum sessile, ovatum, acutum, plaoum, integerrimum, marginibus 
minute erosis, S-nervium ; callus ad limbi basim ambitu cordatus, laminis 2, 
confluentibus, ad columna) latera auriculas effingentibus compositus, ad 
apicem appendicibus 2, triangulis, brevibus, di?aricatis auctus. Columna 
more generis, perbrevis, clinandrio cavo, stelidiis obtusis, parvis; ros- 
tellum triangulare, nanum, suberectum; anthera triangula, bi-locularis, 
conneclivo lato, ligulato; pollinia 4, per paria arcte contigua, piriformia, 
inleriora paulo breviora. Stigma transverse angustum. 

Planta cum scapo florifero usque ad 22 cm. alta. Caulis foliatus 4 cm. 
loDgus. Foiia 7 cm. longa, 1,8 cm. lata. Scapi pars nuda 3-3,5 cm. 
longa; pars florifera usque 13-14 cm. Bractea 0,6 longa. Pedicellus 0,45 cm. 
longus; ovarium 0,15 cm. longum. Flos explicatus 0,4 cm. diametro. 

Equateur et Pérou, 4872 [Grisar], 



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334 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

Obs. — Cette espèce se distingue du Microsiylis caulescens Lindiey, 
par les feuilles obtuses et presque pétiolées; par la hampe nue sur une 
petite longueur; par le pédicelle double de Tovaire; par le labelle entier, 
non auriculé, érodé sur les bords et muni d'une callosité à la base. Le 
port de la plante rappelle plutôt celui du genre Liparis; il en est de 
même de la callosité du labelle qui est exceptionnelle dans le genre 
Microsiylis. Cependant la colonne et Tanthère ne permettent pas de la 
rattacher au genre Liparis, 

PL X. — 1, sépale impair, xlO; — 2, un sépale pair, xlO; — 
3, pétale, xlO; — 4, labelle, xtO; — 5, callosité, vue de face, X; 

— 6, colonne, vue de face, avec la callosité du labelle sessile à sa base, x ; 

— 7, colonne, vue de face, anthère et poUinies enlevées, x; — 8, 
2 pollinies formant le contenu d*une loge, vues de côté, X; — 9, anthère, 
vue de face, x; 10, anthère, vue en dessous, x. 

Oberonia Gavaleriei n. sp. 

Herba parva, epiphytica, cauleperbrevi, vaginis foliorum persistentibus, 
membranaceis, pellucidis tecto. Folia 4-5, equilantia, lorata, angusta, 
apice acuminata. Inflorescentia terminalis, foliis dimidio brevior, ultra 
tertiam longitudinis partem florifera, scapo terele. Flores numerosi, den- 
sati, breviter pedicellati. Bractea ovario pedicellato longior, basi ovata, 
ultra médium cuspidata et obtusa, marginibus serrato-laciniatis. Sepalum 
impar anguste ovatum, obtusissimum ; sepala lateralia ovata, obliqua, 
acuta. Petala lorata, obtusa. Labellum sessile, disco subquadrato, 3-nervio, 
ad latera eroso-laciniatum, apice 6-lobatum; lobi 2 exteriores trianguli 
et acuti, lobi 4 interiores lorati, angusti, discum œquantes, Columna 
more generis, perbrevis, stelidiis minutis, uncinatis; rostellum latum, 
medio depressum et obsolète 2-dentatum. Anthera elliptica, apice trian- 
gule rostrata, imperfecte 2-locularis, connectivo indistincto; pollinia 4, 
per paria arcte contigua. Stigma late triangulum, cavum. 

Herba usque ad 11 cm. alta. Caulis 0,6-0,7 cm. altus. Folia 9 cm, longa, 
0,4 cm. lata. Inflorescentia 2,5-3 cm. longa. Bractea 0,2 cm. longa. Flos 
0,2 cm. diametro. 

Chine. — Kouy-tchéou : Tin-fan, sur les rochers, nov. 1904, n*» 1904 
[Cavalerie], 

Obs, — Cette espèce est, je crois, la seule possédant un labelle aussi 
divisé. Je n'ai pu voir si les quatre lobes médians du labelle sont aigus 
ou divisés, les fleurs ayant été attaquées par un parasite végétal, qui 
empêche de les développer sans les déchirer. 

PL X. — 11, bractée, xlO; — 12, sépale impair, xlO; — 13, 
s. pair, X 10; — • 14, pétale, X 10; — 15, labelle, xlO; — 16, colonne, 
coupe long, d'avant en arrière, X; — 17, colonne, vue de face, x; — 
18, anthère, vue en dessus, X; — 19, anthère, vue en dessous, x; — 
20, poUinie, vue de côté, x. 



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FINET. — ORCHIDÊRS NOUVELLES OU PEU CONNUES. 

Oberonia Regnieri n. sp. 



335 



Herba epiphytica, mediocris. Gaulis anceps. Folia desunt, nisi unum ad 
caulis apicem situm, equitans, loratum, oblusum, subulatum. Scapus ad 
tertiam inferiorem pàrtem nudus, anceps, spatha nulla vel minima, supra 
ilorifer, elongatus, angulatus. Flores minimi, non resupinaii, subverticil- 
lali, verlicillis remotis. Bractese ovarium pedicellatum œquantes, vel pau- 
lulum longiores, ovaUe, acuminatœ, erosœ. Pedicellus brevis, ab ovario vix 
dislinctus. Sepala suberecta, late ovata, obtusa, obsolète nervosa, late- 
ralia vix obliqua. Petala erecta, lanceolata, apice rectangulé iruncata, 
marginibus erosis, sepala œquantia. Labellum sessile, cymbi forme, 
ambitu Iriangulum, basi sagiltato-auriculatum, apice 2-lobulatum, inap- 
pendiculatum, S-nervium, marginibus denticulatis;lobi latérales (auriculœ) 
divergentes, brèves, oblongi; lobus médius apice alte emarginatus, 
lobulis triangulis, acutis. Golumna more generis, perbrevis; clinandrium 
concavum, sub-posticum, rostello erecto triangulo, stelidiis obsoletis. 
Anthera ovata, 2-locularis, acuto-obtusa, pollinia 4, per paria aggregata, 
compressa, cuneata. Stigma anticum, cavum, orbiculare. 

Folium 2-5 cm. longum, 0,4 cm. latum. Scapus ultra 20 cm. longus. 
Bractea* 0,25 cm. longœ. Sepala et petala 0,15 cm. longa. Labellum 0,27 cm. 
longum, 0,22 cm. latum. 

Cochinchine. — 15 nov. 1883 [Aug. Régnier]. 

Obs. — Celle espèce n'est représentée que par deux hampes com- 
plètes, dont une seule porte la base de la dernière feuille supérieure de la 
lige. Autant qu'on en peut juger, elle se rapproche de VO. iridifolia dont 
eUe diffère par la hampe à fleurs réunies par 34 en faux verticilles 
très écartés; par les bractées finement rongées et acuminées; par le 
labelle auriculé à la base, denticulé sur les bords. 




Fig. 1. — Oberonia Regnieri. 

Figure I. — 1, sépale impair, x 10; — 2, s. latéral, x 10; — 3, 
pétale X 10 ; — 4, labelle, colonne, ovaire et pédicelle, vus de côté, x 10 ; 
— 5, labelle étalé, x 10; — 6, labelle, coupe longitudinale, xlO; — 
7, colonne et anthère en place, vues de côté, X; — 8, colonne et stigmate, 
vus de face, X ; — 9, anthère, vue en dessous, x ; — 10, 4 pollinies, sou- 
dées 2 à2, X; — H, bractée, xlO. 



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336 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

Oberonia Beccarii n. sp. 

Herba parva, epiphytica, caulescens, cœspitosa. Gaules ancipites, undu- 
lati, undiquè foliati. Folia 7-9, equitantia, approximata, lorato-triangula, 
recta vel falcifonnia, acuta. Scapus foliis multo longior, striclus, subteres, 
striatus, fere usquead basim florifer. Flores numerosi, verticillati, minimi. 
Braoteœ triangulœ vel laDceolaUe, acuminatse, erosae, flores œquantes. 
Sepalum impar late ovatum, acutum, orbiculare, lateralia conformia 
et paulo obliqua, nervis inconspicuis. Petala oblonga, truncata, raargi- 
nibus intêgris, obsolète nervosa. Labellum oblongum, fere quadratum, 
inappendiculatum, basi iobis vel auriculis parvis, rétro obliquis, qua- 
drato-rotundatis auctum; lobus médius 2-lobulatus, lobulis triangulis 
et obtusis, sinu lato iuterposito. Golumna more generis, stelidiis obso- 
letis, rostello ereclo, triangulari. Antbera rotundata, perfecte 2-loculari8, 
conneclivo distincto, antice paululum producto. Pollinia 4, compresso- 
obpiriformia, per paria aggregata. 

Bornéo. — N° 2676 [Beccari]. 

Herba cum scapo usque ad iS cm. alta. Caulis 6-8 cm. longus. Folia 
i ,8-2,8 cm. longa, 0,4-0,5 cm. lata. Scapus 9-42 cm. longus. Bractea? 0,4 longae. 

Obs. — Cette espèce diffère de TO. caulescens Lindley par la bractée 
longuement acuminée et érodée, par les sépales largement ovés, par les 
pétales oblongs, tronqués au sommet et presque rectangulaires; par les 
oreillettes du labelle très petites et arrondies, par le lobe médian presque 
rectangulaire, à peine atténué au sonunet, à lobules courts et obtus 
séparés par un sinus très large. 

PI. X. — Bractée, x20; — 22, sépale impair, x20; — 23, s. laté- 
raux, X20; — 24, pétale, x20; — 25, labelle, X 20; — 26, colonne, 
coupe longitudinale d'avant en arrière, X; — 27, anthère, vue en des- 
sous, X; — 28, 2 pollinies formant le contenu d'une loge, x. 

Oberonia equitans Mutel in Mém. Soc. centr. Agricull. Nord (1835-36), 
p. 8. — Oberonia glandulosa Lindley, FoL Orch, Ober.^ p. 6; Drs^e 
del Castillo, FI. Polyn. fr,,.p, 207. — Oberonia brevifolia Brongniart 
{non Lindley), in Voy, Coquille, p. 199, t. XL B; Guillemin, Zeph, tahit, 
n*> 1404. 

Epidendrum equitans Forster, Prodr,, p. 60, n° 316 (1786). 

Cymbidium equitans Swartz {nec Thouars), in Nov. Acl. Soc. Se. Ups., 
VI, p. 72 (1799). 

Malaxis glandulosa Reich. f.,m Walp., Anw., VI, p. 215; Nadeaud, 
Enum, Tah., p. 36, n° 261 ; Seemann, FL VU., p. 302. 

Var. brevifolia A. Finet. — Oberonia brevifolia Lindley (nec Bron- 
gniart), Gen, et sp. Orch. (1830), p. 16; id.. Fol. Orch. Ober., p. 6. 

Cymbidium equitans Thouai*s (nec Swartz), Orch. îles Afriq.^ t. 
XCII. 

Malaxis equitans Reich. f., in Flora (1885), p. 379. 



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''krn^'i 



PINET. — ORCHIDÉES NOUVELLES 00 PEU CONNUES. 337 

Pleurothallis disticha A. Richard, Orch. Fr. et Bourb. (1828), p. 56, 
l. VIIl,f. 1. 

Var. Cbaperi A. Finet. 

Plante qui diflfère de VO. equitans type par les papilles très longues 
et en forme d'épines droites qui couvrent les sépales, le rachis, le pédi- 
celle et Tovaire et par les divisions du lobe médian du labelle qui sont 
dirigées vers l'intérieur et laciniées irrégulièrement. 

PI. X. — 29, sépale, x; 30, labelle étalé, x. 

Oreorchis coreana n. sp. 

Herba mediocris, terrestris. Rhizoma brevissimum, hypogœum. Gaules 
annotini brèves, cœspitosi, pseudo-bulbosi, piriformes, annulati, vagi- 
narum reliquiis fera occultât!. Folium unicum terminale, ellipticum, 
apice acutum, basi attenuatum et subpetiolatum, nervoso-plicatum, mem- 
branaceum. Scapus lateralis, ad pseudo-bulbi apicem enatus, strictus, 
arundinaceus, vaginis 3, dissitis, tubulosis arcte amplexus. Bractées 
réfracta;, anguste triangulœ, subsetosee. Pedicellus ovario brevior, gracilis. 
Flores racemosi, ad quintam superiorera scapi partem conferti. Sepala 
erecta, lorata, ad apicem paulo dilatata, obtuse-acuta, 3-nervia, lateralia 
paulo obliqua. Petala conformia, breviora, subfalcata, obtuse acuta, 
3-nervia. Labellum erectum, cuneatum, trilobum, 5-nervium. Lobi latérales 
lorali, obtusi, lobum médium aequantes, e limbi medio utrinque oriundi; 
lobus médius cuneatus, antice fere securiformis et paululum erosus; 
lamina transversa, medio longitudinaliter plicata, ad loborum 'basim 
antice prostrata. Columna recta, apice paulo dilatata, clinandrio margi- 
nato, stelidiis obsoletis. Antbera et poUinia desunt. Stigma transversum, 
rostello perbrevi, triangulo. 

Pseudo-bulbus 2,4 cm. longus, 1,2 cm. latus. Folium ultra 20-22 cm. 
longum, 2,2 cm. latum. Scapus ultra 34 cm. altys. Ovarium pedicellatum 
cum perigonii phyllis 2 cm. longum. Sepala 0,6 cm. longa, 0,12 cm. lata. 
Petala 0,5 cm. longa. Labellum 0,52 cm. longum, 0,4 cm. latum. 

Corée. — Ile Quelpaert : Hallaisan, juillet 1907, n<> 2055 [Faurie]; 
octobre 1907, n« 394 [Taquet], 

Obs, — J'ai rapporté cette plante au genre Oreorchis d'après la forme 
des sépales, pétales et labelle, qui sont relativement courts. De plus, le 
labelle rappelle celui des 0. païens et 0. micrantha, par ses lobes laté- 
raux rubanés. Elle se distingue de ces espèces par l'absence des deux lames 
longitudinales de la base, qui sont remplacées par une lame unique 
transversale, dirigée en avant, formant un pli longitudinal en son milieu. 
Les lobes latéraux se séparent du limbe vers le milieu du labelle, ce qui 
rapproche la plante du genre Cremastra, Le pollen et Tanthère man- 
quaient, et les fleurs toutes fécondées sont tout à fait réfractées ; mais 
ce caractère est commun aux genres Oreorchis et Cremastra. L'examen 
de fleurs complètes pourra seul Qxer exactement le genre de la plante. 

PI. X. — 40, sépale impair, x5; —41, sépale latéral, x5; -—42, 
T. Lv. (séances) 22 



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338 SÉANGK DU 8 MAI 1908. 

pétale, X 8; — 43, labelle étalé, X 5; — 44, coupe de la lame appendi- 
culaire du labelle, X; — 45, colonne, vue du côté, x. 

Liparis Chalande! n. sp. 

Sect. CoriifolisB. — Herba nana, terrestris vel subepiphytica. Gaalis 
brevis, m pseudo-bulbum ovatam incrassatus, basi vaginatus, apice bifo> 
liatus. Vaginœ 4, pseudo-bulbum amplectentes, molles, suberosœ, albes- 
centes, dein libéra?, triangulœ, acutaB et membraDaceae. Folia gemina, 
subterminalia, oblonga, acuto-obtusa, basi sensim attenuata, reticulato- 
nervosa. Scapus terminalis, ad tertiam superiorem partem florifer, infra 
6-9 bracteis sterilibus, remotis, erectis, longe triangulis et acuminatis 
ornatus. Flores numerosi, parvi, resupinati. Bracteae vaginis sterilibus 
consimiles, ovario pedicellato breviores; ovarium pedicellatum filiforme, 
apice vix incrassalum. Sepala erecta, 3-nervia, lateralia ovata, obtusa, 
breviora et latiora, impar ligulatum, acutum. Petala linearia, obtusa, 
apice subspathulata. Labellum a basi cuneatum, apice obscure 3-lobum, 
inappendicuiatum, 5-nervium; lobi latérales rotundati, breviores; lobus 
médius latissimus, truncatus, retusus. Coiumna longa, erecta, ad tertiam 
superiorem partem abrupte incurva et angustata, dein dilatata, stelidiis 
parvis, rotundatis, erosis. Stigma transversum. Anthera ovata, antice 
obtuse acuta, postice retusa, imperfecte bilocularis, connectivo indistinct©. 
PoUinia 4, cuneata, angusta, per paria arcte aggregata. 

Planta cum scapo florifero 14-16 cm. alta. Pseudo-bulbus 1,6-1,8 cm. 
longus, 0,5-0,7 cm. diametro. Folia 4-5 cm. longa, 0,5-0,6 lata. Scapus 
12-13 cm. longus. Bracteae 0,5-0,6 cm. longœ; ovarium pedicellatum 
0,6-0,65 longum. Sepalum impar et petala 0,5 cm. longa, sep. lateralia 
0,35-0,4 cm. longa. Labellum 0,3 cm. longum et latum. 

Nouveli^-Calédonie. — Bois de l'Ile des Pins, nov. 1873 [Chalande], 
Obs. — Espèce voisine du i. laxa Schlechter; le port est identique 
mais plus réduit. Elle en diffère par les pétales linéaires, subspathulés» 
par le labelle non auriculé à la base, absolument inappendiculé, vague- 
ment trilobé au sommet, à bords entiers; par la colonne dépourvue laté- 
ralement à la base de processus saillants et très brusquement courbée 
en avant et presque à angle droit au deuxième tiers supérieur. 

PI. X. — 31, sépale impair, x 4; — 32, s. latéral, x4; — 33, 
pétale, x4: — 34, labelle, x8; — 35, colonne, labelle et ovaire pédi- 
cellé, x4; — 36, colonne, vue de côté, X; — 37, colonne, coupe lon- 
gitudinale d'avant en arrière, x; 38, anthère, vue en dedans, X; — 39, 
2 pollinies formant le contenu d'une loge, x. 

Liparis Regnieri n. sp. 

Sect. Mollifoliœ. — Herba parva, terrestris vel subepiphytica. Caulis 
strictus, in pseudo-bulbum vix incrassatus, basi vaginatus, £^d apicem 
foliatus. Vaginœ 4, membranaceœ, caulem amplectentes, apice liberœ, 
triangulœ, acutse. Folia 4, membranacea, ad siccum pellucida, 7-nervia, 
sessilia, basi caulem amplectentia, lanceolata, acuta. Scapus terminalis, 
anceps, ultra médium florifer, foliis paulo longior. Flores médiocres. 



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FINET. — ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES. 



339 



remoti, resupinati, longe pedicellaii, ovario 6-alato, alis undulatis. 
BracteaB triangulares, acuminatœ, ovario pedicellato quadrupio breviores. 
Sepala patentia, lanceolata, angusta, actito-obtusa, mucronata, 5-neryia, 
laleralia brevioraetlatiora. Petala réfracta, auguste linearia, acuto-obtusa, 
1-nervia. Labellum sessile, recurvum, ligulalum, fere conduplicalum, 
S-nervium. apice abrupte cuspldalum, basi utrinque lamina obliqua, 
oblonga, extrorsa auctum. Columna cycnicollis, aplce dilatata, stelidiis 
quadratis, roslello triangulari. Anthera ovata, antice acuta, postice retttsa, 
subbilocularis, connectivo indistincte. Pollinia.... Stigma transversum, 
angustatum. 

Planta cum scapo ad 22 cm. alta. Caulis 7-9 cm. longus, 0,7 cm. dia- 
metro. Foliorum limbus liber 10-12 cm. longus, 3-3,5 cm. latus. Scapus 
13 cm. longus. Bractew 0,2 cm. longao. Ovarium pedirellatum 1-2 longum. 
Sepalum impar 0,3 cm., laleralia 0,7 cm. longa. Petala 0,8 cm. longa. 
Labellum 0,7 cm. longum. 

CocHiNCHiNE. — Long-tanh et Tay-ninh, juin 1883, n« 218 [Auguste, 
Régnier], 

Obs. — Celte espèce est bien caractérisée par la forme de son labelle 
et des appendices ou callosités qui le garnissent à la base ; de plus, il est 
enroulé en forme de demi-cylindre ouvert en dessus, ce qui est une dis* 
position assez rare dans le genre, où les pièces du périanthe sont ordi- 
nairement convexes. 




Fig. 2. — Liparis Regnieri, 

Figure II. — 1, sépale impair X 4 ; — 2, sépale pair, x4; — 3, 
pétale, x4; — 4, ovaire pédicellé, colonne et labelle, vus de côté, 
X4;— 5, labelle coupe longitudinale, xiO; — 6, coupe transver- 
sale du labelle, X; — 7, pointe du labelle, X; — 8, colonne, coupe 
longitudinale d'avant en arrière, x ; — 9, anthère, vue en dessus, x ; 
— 10, anthère, vue en dessous, x. 



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340 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

Liparis flssipetala n. sp. 

Sect. Coriifoliœ, — Herba perpusilla, subepiphyiica. Rhizoma repens, 
brève. Pseudo-bulbi ca?spitosi, fusiformes vel longe ovati, vaginis 
foliorum inferiorum 2 tecti. Folia 4, 3-nervia, duo basilaria cum vaginis 
pseudobulburo invoiventibus articulata, duo terminalia e pseudo-bulbi 
apice oriunda et articulata; omnia consimilia, limbo obovato, bas! atte- 
nuato, apice obtuso et mucronato. Scapus terminalis, foliis mnlto lon- 
gior, niiformis, pluriflorus, infra médium vaginis 3-4 bracteiformibus 
auctus, ultra médium florifer. Flores minuti, resupinati. Bracteœ lanceo- 
latffî, apice subulatœ, pedicello filiformi duplo breviores. Sepalum impar 
triangulum, acutum, 1-nervium. Sepala lateralia oblongo-ovata, ultra 
médium cobœrentia, 1-nervia. Petala linearia, sepalis lateralibus duplo 
longiora, apice bilobata, lobis linearibus, divaricatis. Labellum subungui- 
culatum, limbo oblongo, fere rectangulo, basi ad lati unguis latera 
triangule auriculato, apice rotundato, retuso cum cuspide brevi; callus 
transversus, incrassatus, sigmoideusad limbibasim, callo altero transverse 
unguem percurrente. Golumna recta, ad basim lateraliter et supra petala 
incrassata, ad apicem dilatata, stelidiis anticis, productis, obtuse trian- 
gulis, ala transversa, réfracta, latéral i utrinque adjuvante. Anthera 
ovata, antice acuta, imperfecte 2-locularis; pollinia 4, piriformia, com- 
pressa, per paria aggregata. Stigma transversum. 

Herba 2,5-3 cm. alta. Pseudo-bulbus 0,8 cm. longus, 0,1-0,2 latus. 
Foliorum limbus 1,6 cm. longus, 0,3 cm. latus. Scapus 5-7 cm. longus. 
Bracteœ 0,2 cm. longœ; o?arium pedicellatum 0,6-0,7 cm. longum. 

Chine. — Su-tchuen oriental : environ de Tchen-kéou, sur les arbres, 
Heurs jaunâtres, ail. 1 200 m., 25 sept. 1902, n^ i 553 [Farges]. 

Obs. — Cette espèce rappelle le L. delicatula Hook. le. PL, tab. 1889, 
surtout par son port. Les différences morphologiques sont faciles à saisir 
par la comparaison des dessins analytiques des deux espèces. 

PI. XI. — 1, sépale impair, xiO; — 2, sépales latéraux soudés, 
X 10 ; — 3. pétale, X 4 ; — labelle, X 10 ; — 5, callosités de la base du 
labelle, vues en dessus, X; — 6, callosités de la base du labelle, coupe 
longitudinale, X; — 7, colonne, vue de côté, x; — 8, colonne, coupe 
longitudinale d'avant en arrière, x; — 9, anthère, vue en dessous, X; 

— 10, anthère, vue en dedans, x; — 11, une pollinie, vue de côté, X; 

— 12, coupe transversale d'une pollinie, x. 

Liparis Fargesii n. sp. 

Sect. Coriifoliœ, — Herba pusilla, repens, epiphytica, rhizomate elon- 
gato, articulato. Ârticuli longi, subteretes, ad basim 4-5 vaginis tecti et 
tinicam radicem emittentes, primum prostrati, dein ascendentes, juniores 
e seniorum supenore latere oriundi. Folium unicum, ad articulorum 
apicem terminale, basi longe petiolatum, limbo elliptico, obtuso, 3-nervio. 
Scapus e folii axilla enatus, strictus, 2-llorus. Bractea lanceolata, acu- 
minata, ovario pedicellato quadruplo brevior. Flores parvi, sœpius resu- 
pinati, pedicello filiformi, angulato, ovario conico vix incrassato. Sepala 
patentia, ligulato-triangula, acuta, 1-nervia, lateralia paulo obliqua. Sepala 



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KLNET. — ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES. 341 

linearia, sensim acuminata, sepalis longiora. Labellum ambitu cuneatum, 
inlegrum, medio reflexurn, basi rotundato-auriculatum, apice truncatum 
et ad latera utrinque serrato-lacinialum, margine aniica intégra et breviter 
cuspidata; ad limbi basim calli duo, elliptici, fere inconspicui. Golumna 
incurva, ad médium angustata, stelidiis oblongis, fere obsoletis. Ântbera 
orbicularis, antice rostrata et truncata, imperfecte 2-)ocularis. Pollinia 4, 
per paria arcte aggregata. Stigma angustum, transversum. 

Rbizoma ultra iO cm. longum, il-12 articulatum. Folium 2,5 cm. 
longum, 0,5 cm. latum, petiolo 0,8-0,9 cm. longo. Scapus 3-3,5 cm. longus. 
Bractea 0,1-0,2 cm. longa. Ovarium pedicellatum 0,7 cm. longum. Sepala 
0,5 cm., petala 0,6 cm. longa. Labellum 0,5 cm. longum, 0,35 cm. latum. 

Chine. — Su-tchuen oriental : Tchen-kéou, ait. 1000 m., sur les 
arbres des rochers escarpés, £1. jaunes, 25 août 1900, n** 1 513 [Farges]. 

Ob$, — L*espèce la plus voisine de cette petite plante est le Z. luteola 
Lindley ; en dehors de son port beaucoup plus réduit, elle en diffère par 
la tige rampante tout à fait analogue comme organisation ,à celle du 
Pholidota ariiculata; comme dans cette espèce, il n'y a pas de rhizome 
proprement dit distinct du pseudo-bulbe; c'est la tige elle-même qui, 
sans modifications extérieures, se redresse à son extrémité et émet, u^ 
peu au-dessous de son sommet, le bourgeon de remplacement ; il n'y t 
pas de tige secondaire spécialisée; c'est la tige primaire elle-môme qui 
en tient lieu. Le L. Fargesii diffère du L. luteola par les sépales aigus, 
les pétales très longuement triangulaires, aigus, le labelle frangé sur les 
c^tés du lobe antérieur, 7-nervié, la colonne grêle à stélidies étroites, 
longues, quadrangulaires. 

PI. XI. — 13, sépale impair, x 4; — 14, s. latéral, x 4 ; — 15, pétale, 
X4; — 16, labelle étalé, x8; — 17, colonne, vue de côté, x; — 18, 
colonne, coupe longitudinale d'avant en arrière, X; — 19, anthère, vue 
en dessus, X; — 20, anthère, vue en dessous, X; — 21, 2 pollinies 
vues de côté, x; — 22, une pollinie, vue de face, x. 

Liparis inaperta n. sp. 

Sect. Coriifoliœ, — Herba pusilla, rhizomate repente, radicante, elongato, 
vaginis siccis, membranaceis tecto. Pseudo-bulbi seriatim approximati, 
piriformes, 4-5 vaginis acutis, nervosis, pellucidis occultati. Folium ad 
pseudo-buibi apicem solitarium, ellipticum, acutum, basi attenuatum vel 
petiolatum. Scapus e petioli axilla oriundus, anceps, folium sequans, 
infra médium nudus, ultra médium 5-7-florifer. Flores parvi, subsecundi, 
pedicellati, perianthio subclauso. Bracteœ lanceolatae, acuminato), pedi- 
cellum œquantes. Ovarium 6-costatum, obconicum, pedicello paulo bre- 
vius. Sepala erecta, longe triangula, 3-nervia, lateralia breviora et 
obliqua. Petala lorata, obtusa, falcata, sepalum impar sequantia. Labellum 
conduplicatum, cuneatum, apice rolundato-dilatatum, erosum, retusum 
cum cuspide, basi auriculis parvis, rotundatis, cavis auctum. Columna 
incurva, stelidiis hamatis, obtusis, postice ad apicem dentibus 2, obtusis 
ornata, basi lateraliter incrassata. Clinandrium marginibus dentatis, ros- 



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342 SfiANGË OU B MAI i908. 

tellû emarginato. Ânthera ovula, apice retusa, imperfecte 2-locularls. 
Pollinia 4, more geaeris. 

Planta 5 cm. alla. Pseudo-bulbi 0,5 cm. longi, 0,3-0,4 cm. diamètre. 
Folium petiolatum 3,-4,5 cm. longum, 0,4-0,7 cm. latum. Scapus 3,5-4 cm. 
longus, Bractea 0,3 cm. loBga; ovarium pedicellatum 0,7 cm. longum. 
Perianthium 0,3 cm. longum. 

Chinr. — Kouy-tchéou ; gorges de Yang-pa, aux environs de Kouy-yang, 
18 déc. 1898, n^ 2 536 [Chaffanjon et Bodinier], 

Obs. -^ Espèce rappelant le L. pliccUa Franchet et Savatier, du Japon, 
mais avec des dimensions trois fois plus petites. Dans les deux espèces, le 
port est absolument le môme, mais 3-4 fois plus petit dans le L, inaperla. 
Pe plus, la feuilte est beaucoup plus longuement atténuée, le pseudo- 
pétiole atteignant le tiers de la longueur du limbe. Dans le L, inaperta, le 
labelle s'épanouit largement à son sommet en deux lobes peu marqués et 
arrondis, rongés sur leurs bords ; la base beaucoup plus étroite forme en 
i^rrière deux petites oreillettes arrondies et en avant se creuse en deux 
fossettes séparées par une cloison saillante; il est parcouru par cinq ner- 
vures non ramiilées. La colonne, plus incurvée, présente des stélidies 
obtuses, en hameçon; de chaque côté du stigmate, en arrière, à peu 
près au même niveau, commencent deux lames saillantes finissant au 
bord du clinandre et se développant vers leur milieu en deux dents trian- 
gulaires obtuses; enfin les bords du cUuandre sont divisés de chaque 
c6té en i-i dents obtuses et courtes. 

PI. XI. — 23, sépale impair, x4; — 24, s. latéral, x4; ^ 25, 
pétale, X 4; — 26, labelle étalé, x8; — 27, coupe transversale du 
labelle au niveau des fossettes, x; — 28, labelle, tel qu'il se trouve dans 
la fleur„ x8; -- 29, colonne, vue de côté, X; — 30, coupe transver- 
sale de la colonne, vers son milieu, x; — 31, colonne, coupe longitudi* 
nale d'avant en arrière, X; — 32, colonne, vue de dos, x; — 33, 
colonne, vue de face, anthère enlevée, X; — 34, anthère, vue en 
dessus, X; — 3S, anthère, vue en dessous, x. 

Liparis gibbosa n. sp. — Malaxis gibhosa Blume, nomen in Herb. 
Mus. Par. 

Sect. Distichœ. — Uabitus omnino Liparidis distichse. Bractea? paulo bre- 
viores et magis approximat». Flores paulo minores, longe pedicellati, 
resupinati. Sepala longe ovata, acuta, 3-nervia, patentia, lateralia latiora 
et longiora. Petala lorata, apice spathulato-dilatata, obtusa et minute fur- 
furacea. Labellum sessile, suberectum, exauriculatum, integrum, late 
ovatum, obtusum cum cuspide, 5-nervium; calius pulvinatus, transversus, 
antice lunatus et ^-dentatus, ad basim columnae cohaerens. Golumna 
subrecta, cUnandrii marginibus truocatis, stelidiis antice triangulis; 
lamina (vel ala) longitudinalis utrinque columnœ latera percurrens, a cli- 
nandrio usque ad basim. Rostellum brève, triangulum ; stigma latum, sub> 



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PLICHE. NOTE SQR LES PHILLYRBA. 343 

qaadratum. Anthera ovata, postice refusa, antice rosiraia, acuta, vertice 
umboQata, imperfecte 2-locularis; pollinia.... 

Ovarium pedicellalum 0,7 cm. longum. Sepala et petala 0,4-0,5 cm. 
onga. Labellum 0,3 cm. longum, 0,4 cm. latum. 

Java. — [Blumé], 

Obs. — Cette espèce ne diffère absolument du L. disticha que par les 
caractères morphologiques de la fleur. Les sépales plus larges sont tri- 
nenriés; les pétales spathulés au sonmiet; le laèelle beaucoup plus large 
à la base qu'au sommet, c'est-à-dire le contraire du L. disticha; la callo- 
sité de la base est augmentée d'un lai*ge coussinet soudé à la fols au 
labelle et k la base de la colonne ; la cx>Ionne est dilatée au sommet et non 
à la base et porte deux aUes latérales et longitudinales; enfin Tanthère 
porte en arrière une pointe obtuse, se prolongeant en avant en une ligne 
saillante. 

PI. XI. — 36, sépale impair, x4; — 37, sépale pair, X 4; — 38, 
pétale, x4; — 39, labelle étalé, x8; — 40, colonne et labelle, vus de 
côté, x4; — 41, colonne, vue de côté, anthère enlevée, X; — 42, 
colonne, coupe longitudinale d'avant en arrière, X; — 43, anthère, vue 
en dessus, X; — 44, anthère, vue en dessous, X. 

Note sur les Pbillyrea 

(Suite et fin) ; 
PAR M. P. FLICHE. 

Mais si ce soi-disant caractère n'a aucune valeur, il n'en est 
pas tout à fait de même des autres, de ceux tirés du fruit et sur- 
tout de la feuille; il est certain que, si Ton choisit des échantil- 
lons bien typiques, comme on les a recherchés longtemps, de 
préférence, pour les conserver en herbier, le Ph, latifolia avec 
ses fruits non apiculés, ses feuilles brièvement pétiolées parfois 
presque sessiles, son limbe à base cordiforme, bien denté sur le 
périphérie diffère très nettement du P. média avec ses fruits 
apiculés, son pétiole assez allongé, son limbe à base cunéiforme, 
à pourtour faiblement et irrégulièrement denté; l'un et Tautre 
présentent d'ailleurs d'assez grandes variations dans la taille du 
limbe; mais si, au lieu de s'attacher à ces échantillons de forme 
bien arrêtée, on cherche à en examiner un très grand nombre, 
parmi ceux contenus dans les herbiers, ou mieux encore, si on 
étudie ces deux formes dans la nature, l'impression est bien dif- 
férente. 



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344 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

II est difficile de se rendre bien connpie de la valeur du fruit 
apiculé ou non apiculé puisque le plus grand nombre des échan- 
tillons d'herbier n*en présentent pas, puisque, même dans la 
nature, on est loin de rencontrer toujours des échantillons fruc- 
tifies, soit parce que la saison ne s*y prête pas, soit i cause de 
Tunisexualité au moins effective, signalée par M. Clos, soit 
enfin par suite du manque de fructification. Cependant, indépen- 
damment de ce que ce caractère est souvent très peu accentué, 
je Tai vu disparaître complètement sur des échantillons appar- 
tenant bien incontestablement à la forme média, ainsi dans 
Therbier G. Gautier un échantillon de Syrie recueilli par Gail- 
LARDOT, dans le même herbier, un de Bonifacio distribué par 
Reverchon, sous le nom de Ph, arctostaphyloides. Quant aux 
caractères fournis par la feuille, on observe toutes les varia- 
tions possibles. Ainsi des sujets à feuilles très peu dentées ou 
même entières, appartiennent, par conséquent, de ce chef, au 
Ph. média, présentant des pétioles très courts et des bases de 
limbe plus ou moins cordiformes du Ph. latifolia ; inversement 
des feuilles très fortement dentées, autant qu'on peut en 
observer chez le Ph. latifolia, présentant les bases de limbe 
cunéiformes et les pétioles allongés du Ph. média; souvent 
même il y a des variations assez notables sur le même individu ; 
on arrive ainsi à ces échantillons d'herbier d'attribution si 
douteuse à Tune ou à l'autre des deux formes que l'étiquette, 
comme je l'ai dit plus haut, porte la trace des hésitations du 
même botaniste ou des divergences d'appréciation des confrères 
auxquels il les a soumis, dont l'attribution par suite est quelque- 
fois bien arbitraire. J'ai eu l'occasion de faire récemment des 
observations curieuses à cet égard au parc royal de la Favorite, 
dans les environs de Palerme; une grande partie de ce parc, 
celle qui est la plus rapprochée de la ville, présente une végéta- 
tion ligneuse à peu près abandonnée à elle-même. Dans tout ce 
que j'en ai parcouru, les Phillyrea abondent; je n'ai pas ren- 
contré le Ph. angustifolia, msiis, en dehors de lui, on observe les 
plus grandes variations dans la longueur des pétioles, la taille, 
la forme et le contour des limbes, le tout formant un ensemble 
inextricable au point de vue de la détermination; le tout aussi 
sans différences appréciables au point de vue de la taille des 



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PLIGHE. — NOTE SUR LES PHILLYREA. 345 

sujets. Non seulement j'ai observé la plus grande variation 
dans la feuille d'un individu à l'autre; mais il m'est arrivé de 
trouver les deux formes bien accusées sur le même buisson. 

D'après tout ce que je viens d'exposer, il me semble certain 
que, si on peut, pour se bien rendre compte des faits, admettre 
les deux espèces linnéennes média et latifolia comme variétés, 
celles-ci, même très accusées dans leur types extrêmes, passent 
de l'une à l'autre et n'ont qu'une valeur taxinomique assez 
faible. Quant au Ph. stricta^ il m'est impossible, d'après la des- 
cription même de son auteur, de bien saisir en quoi il diffère 
du Ph. latifolitty auquel Mathieu l'avait réuni, sans en faire même 
une variété. Quelques autres espèces généralement plutôt horti- 
coles que botaniques ont encore été distinguées, Ph. ligustrifolia 
Ait., Ph. buxifolia Lin., Ph. arctostaphyloides Rev., etc.; mais 
basées sur des variations dans la forme ou la taille des feuilles, 
sur des dentelures plus prononcées, elles ont un caractère encore 
plus individuel et méritent encore moins d'être considérées 
comme espèces que les types linnéens. 

Au point de vue des conditions de végétation, en ce qui 
concerne la nature chimique du sol, les trois espèces linnéennes 
paraissent y être assez indiCTérentes, en ce sens qu'on les trouve 
toutes les trois, à la fois, sur des terrains calcaires ou non cal- 
caires, que ces derniers d'ailleurs soient sablonneux ou feldspa- 
thiques. Cependant d'après mes notes d'herborisations, il semble 
que le Ph. angustifolia recherche un peu plus que ses congénères 
les sols non calcaires. 

Au point de vue de la température, les trois formes en 
demandent une élevée en été avec des hivers qui ne soient pas 
trop froids; non seulement elles sortent un peu, à l'état spon- 
tané, de la région méditerranéenne, mais la culture peut les 
faire prospérer, sans abri, jusque dans le Nord-Est delà France; 
à Paris et dans ses environs entendus un peu largement, les 
trois formes ne souffrent pas d'hivers même assez rigoureux et 
défavorables à la végétation, comme celui de 1906-1907. J'ai pu 
constater le fait à Paris au Jardin des Plantes pour les formes 
média et latifolia et, pour la forme média, dans les environs 
de Sens à une altitude de 200 mètres; il m'a été confirmé pour 
les trois formes par M. Fron professeur à l'École forestière des 



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346 SÉANCB DO 8 MAI 4908. 

Barres près de Montargis, en ce qui concerne VArboreium de 
cet établissement. A Nancy, sous un climat très peu favorable, 
en général, aux Angiospermes à feuilles persistantes» à raison 
de sa rigueur et de sa sécheresse pendant des périodes parfois 
assez longues de gelées, avec vents du Nord-Est ou d'Est, les indi- 
vidus des formes à feuilles larges souffrent peu ou pas du tout, 
tandis ^ue le Ph. angustifolia est fortement atteint, si Thiver est 
un peu rude, ce qui a été le cas pour l'hiver de 1906 à 1907, 
durant lequel non seulement la température a présenté des 
minimum très forts, mais cela d'une façon très brusque et par- 
fois avec vent très fort. Toutes ces conditions se sont trouvées 
réunies en particulier à la fin de janvier où, le 19, il y avait un 
minimum de-i-2% 2 et le 22 un de — 6, enfin le 23 un de 
— n**, 4, soit un écart de 19% 6 à trois jours d'intervalle; 
l'action nocive d'un abaissement aussi subit de température 
étant sensiblement aggravé par un vent de Nord-Bsl très sec et 
très fort *. Dans le jardin de l'École forestière un Ph. média et 
un Ph, angustifolia placés à côté l'un de l'autre, sans aucun 
abri, ont eu le sort le plus différent. Le premier a été complète- 
ment indemne; non seulement il n'a perdu aucune feuille, 
aucun ramule, mais ni les uns ni les autres n'ont été même 
touchés par la gelée, alors que le Ph. angustifolia a perdu 
presque toutes ses feuilles et toutes les extrémités de se^ 
rameaux jusqu'à une longueur de 8 à 12 et même 22 centi- 
mètres^. A Tarboretum forestier de Champenoux, situé à 
15 kilomètres environ de Nancy, à une altitude un peu supé- 
rieure et avec une différence de température d'environ 2" de 
plus au-dessous de 0, le mal a été encore plus grand pour cette 
dernière espèce qui a gardé seulement sa souche vivante, alors 
que les formes i feuilles laides résistaient bien, le tout 
d'ailleurs étant représenté par des sujets plus jeunes qu'à 
l'École forestière. 

Cette inégale résistance au froid se traduit par les hmites en 
altitude et en latitude du Ph. angustifolia opposé à ses deux con- 

1. Renseigaements fournis par M. Millot, Directeur de rObservatoire 
météorologique de TUniversité de Nancy. Je suis heureux de le remercier 
de son obligeance. 

2. Les mêmes faits se sont reproduits quoique à uq degré moindre 
durant Thiver 1907-1908. 



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FLICHK. •— NOTE SUR LES PHILLYREA. 347 

génères. Toutes les formes vivent au bord de la mer et 
s'élèvent de là plus ou moins haut en montagne. 

En Algérie, sous le climat le plus favorable à ces espèces, 
j'ai rencontré le Ph, anffustifolia jusqu'aux environs de 
900 mètres dans TEdough et de 1 000 mètres sur la pente qu'on 
gravit en allant de Sebdou à El Gbor, tandis que, un peu plus 
loin sur le haut plateau, un peu avant d'arriver à la steppe, j'ai 
encore trouvé le Ph. média entre 1000 et HOO mètres : 
M. R. Maire Ta rencontré, en Grèce et en Asie Mineure, 
jusqu'à une altitude de 1200 mètres. En France, dans les 
Pyrénées-Orientales, le Ph, latifolia et le Ph. média s'élèvent 
jusque dans la zone du Châtaignier, alors que le Ph. angusti- 
folia reste confiné dans la région des Oliviers ^ 

En latitude, la limite boréale est seule intéressante parce 
qu'elle a été plus complètement étudiée et parce qu'elle n'est pas 
aussi inQuencée, en France au moins, pour des questions d'alti- 
tude, qu'en Algérie. Dans TEstde notre pays le Ph, angmti folia 
et le Ph. média remontent jusque dans la Drôme où ils se ren- 
contrent, l'un et Vautre, seulement aux expositions chaudes, 
mais le premier exige celles qui le sont le plus, et il est beaucoup 
plus rare que son congénère. Dans le Centre, les Phillyrea ne 
dépassent pas la Lozère', ils s'y rencontrent tous les trois, mais 
alors c'est, au contraire, le Pk. angusHfolia qui est le moins 
rare. Dans l'Ouest, sous l'influence du climat marin, le genre 
s^élève plus haut vers le Nord que dans TEst; mais, alors que le 
Ph. angustifolia est faiblement représenté dans la Charenle-Infé- 
rieure et ne dépasse pas l'île d'Aix ^ le Ph. média y est moins 
rare et remonte jusque dans la Vendée, à près d'un degré plus 
au Nord que son congénère. Hors de France, le Ph. angustifolia 
ne se trouve ni dans le Tyrol ni dans l'Istrie où on rencontre ses 
congénères. 

En longitude, le P. angustifolia se présente comme une 
espèce essentiellement occidentale se rencontrant en France, 
dans toute la Péninsule ibérique, en Italie y compris la Sicile 
sans que cependant, pour cette île, on paraisse l'avoir rencontré 

1. G. Gautier, Catalogue raisonné de la flore des Pyrénées Orientales. 

2. Lecoq et Lamotte, Catalogue raisonné des plantes du Plateau cen tral 
de France, 1847, p. 267. 

3. Lloyd, Flore de l'Ouest de la France, 321. 



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348 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

« 

au delà des Madonie'. Dans TAfrique du Nord, on le rencontre 
au Maroc et en Algérie, mais il manque à la Tunisie. Il manque 
en Istrie et sur toute la côte nord de TAdriatique; il fait égale- 
ment totalement défaut dans la Péninsule balkanique et en 
Orient. 

Les Ph. latifolia et Ph. media^ c'est-à-dire les formes d'une 
seule espèce à laquelle on pourrait réserver le nom de P. lati- 
folia, sont très répandus dans toute Taire occupée par la précé- 
dente espèce qu'ils dépassent vers l'Orient. D'après Boissier*, 
la première forme manquerait en Orient, et cette assertion est 
confirmée pour la Grèce par M. Haiacsy '. Dans tous les cas, c^tte 
forme s'avance sûrement du côté oriental jusqu'en Tunisie, 
d'une part et jusqu'en Albanie de l'autre, car un échantillon, 
conservé dans Therbier du Muséum, recueilli par Boue, dans ce 
dernier pays, lui appartient certainement. Il est bon de faire 
observer qu'il est peut-être difficile d'affirmer que, dans un pays 
beaucoup moins exploré que les contrées occidentales de la 
Méditerranée, une des deux formes n'existe pas, alors qu'elles 
sont si rapprochées et souvent de distinction si difficile. Dans 
tous les cas, un des caractères souvent invoqué, à tort d'ail- 
leurs, pour les séparer, la taille arborescente du Ph. latifolia se 
retrouve chez les Ph. média de Grèce; les observations de 
M. Maire relatées plus haut en font foi. 

L'histoire paléontologique des Phillyrea se réduit à fort peu 
de choses et ne saurait apporter aucune lumière sur la valeur 
des formes en tant que spécifique. Jusqu'à présent, le genre n'a 
été signalé que dans des tufs quaternaires; les Ph. média et 
angustifolia dans ceux de Montpellier; en outre, le premier, 
d'après une seule feuille, dans ceux de la Vis (département de 
l'Hérault) par l'abbé Boulay. 

En résumé, de tout ce que je viens d'exposer il me semble 
ressortir que, des trois espèces linnéennes, une se distingue 
nettement par sa taille simplement frutescente, ses rameaux 
grêles, ses feuilles étroites à extrémité spinescente, à bords 

1. D'après Bertoloni. Dans la flore de Parlatore, Caruel, non seule- 
ment a réuni toutes les formes en une seule, Ph. variabiliSy mais il ne 
donne pas de localités pour chacune d'elles. 

2. Flora OrientaliSy IV, p. 37. 

3. Conspectus Florw Grœcœy p. 287. 



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FUGHE. — NOTE SUR LES PHILLYREA. 349 

entiers, très rarement un peu épineuse, à nervation campto- 
drome, par la structure de son bois exposée plus haut, par une 
moindre résistance au froid, par son aire essentiellement occi- 
dentale, s*étendant un peu moins haut vers le Nord. Les deux 
autres espèces, au contraire, faciles à distinguer quand on est 
en présence de sujets et surtout d'échantillons d'herbier, bien 
choisis, appartenant aux formes extrêmes, se relient par une 
foule de formes intermédiaires, parfois sur le même pied : elles 
ont même taille, même bois, même nervation, même résistance 
au froid, elles sortent très sensiblement, l'une et l'autre, de 
l'aire du Ph, angustifolia^ et, si l'une d'elles, le Ph. latifolia^ 
manque réellement en Orient, ce qui serait à vérifier, ce- 
serait seulement dans la partie la plus orientale de la Péninsule 
des Balkans et en Asie Mineure. Il est bon de faire observer, 
en outre, que non seulement ces deux formes se relient Tune à 
l'autre par une foule d'intermédiaires, mais qu'elles sont pour 
ainsi dire indéfiniment variables, ce qui explique les espèces 
assez nombreuses créées à leur dépens, ce qui contribue à 
infirmer leur valeur spécifique à elles-mêmes. 

Pratiquement, il me semble donc qu'il y a lieu, dans la région 
méditerranéenne, de distinguer deux espèces seulement, le 
Ph. angtAStifoHa L. et le Ph, latifolia L., dont le Ph. média pour- 
rait être considéré comme une variété; encore ne méritent-ils 
d'être distingués, à ce titre, qu'à raison de ce fait que le type de 
l'espèce manquerait en Orient. En dehors de cette différence de 
distribution, à vérifier d'ailleurs, on ne voit, en effet, aucun 
motif de maintenir cette forme si variable, même comme 
simple variété. J'arrive, on le voit, à la même conclusion que 
M. G. Gautier dans son Catalogue raisonné de la floer des 
Pyrénées-Orientales . 

En terminant, je crois utile de signaler deux formes curieuses 
qu'il m'a été donné de rencontrer, l'une chez le Ph. latifolia, 
l'autre chez le Ph. angustifolia, ne les ayant vues décrites nulle 
part. 

La première est la plus intéressante de beaucoup; je l'ai 
rencontrée en Istrie aux environs de Pola, dans le bois de 
Monte grande, au Monte vernale; elle appartient au Ph, latifolia 
dans le sens le plus strict, à raison de ses feuilles à très court 



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350 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

pétiole^ p 'esque sessiles, à limbe denté très nettement, cordi* 
forme i hi base; mais elle ne mérite guère le qualicatif de 
Tespèce, entende dans son sens le plus habituel, car les limbes 
remarquablement petil^ mesurent au maximum 16 millimètres 
de longueur et 8 de largeur <^uand ils sont le plus allongés, 
15x11 quand ils deviennent prest^ue orbiculaires ; ces petites 
feuilles réduites se retrouvent fréquemeient dans la région; ce 
qui donne un intérêt particulier au sujei dont je parle en ce 
moment, c'est qu'il était complètement couché mr le sol, rap- 
pelant entièrement ce qu'on observe chez certains Rhamnus. 
Non seulement le Rh. pumila des grandes altitudes, mais fré- 
•quemment le Bh. Alaternus L. et exceptionnellement le/?A. inféC" 
toria^ comme j'ai eu occasion de le signaler au Mont Alaric, 
dans l'Aude. Cette disposition couchée est-elle, au cas particulier 
du Philhjrea de Monte grande, un fait d'ordre tératologique, ou 
bien est-elle due aux conditions du milieu, il est assex difficile 
de le dire; cependant la seconde hypothèse me semble la plus 
probable, car sur le petit sommet où j'ai rencontré ce sujet, 
d'autres espèces ligneuses, ainsi le Lentisque, présentent des 
formes analogues, quoique moins accusées. La plante était 
d'ailleurs réduite dans toutes ses parties et les rameaux en 
partie vulnérants à leur extrémité. Il m'a semblé intéressant de 
signaler cette forme, non seulement comme une preuve de plus 
de l'extrême variabilité du Ph, latifolia, entendu dans son sens 
le plus large; mais encore parce qu'elle montre un pied dont 
les feuilles dénotent l'espèce linnéenne dans son sens le plus 
strict, se présentant, non sous la forme arborescente qu'on 
imagine généralement, mais réduit à l'état d'un arbrisseau 
aussi humble que possible. Il me semble intéressant aussi de 
faire remarquer la similitude complète, quant aux feuilles, de 
ce sujet et de l'échantillon rapporté d'Albanie par BouÉ, dont 
il a été question plus haut. Ce sont, de part et d'autre, les 
mêmes feuilles très petites, presque sessiles, à bord très forte- 
ment denté, celle de l'échantillon de BouÉ mesurait aussi au 
maximum 15 millimètres de longueur et 11 de largeur. 

Quant à la forme du Ph. angusti/oHa, je Tai rencontrée eu 
Algérie, dans un bois, en montant de Sebdou à Teniet el 
Ghor ; elle est remarquable par la grande inégalité de taille de 



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PLICHE. — NOTE SUIt LSS PHILLYREA. 381 

ses feuilles ; les unes sont de dimensions normales mesurant de 
24 millimètres X 9 millimètres à 45 millimètres X 9, tandis que 
les plus grandes ont 87 millimètres de longueur et 18 millimètres 
de largeur. Ces dernières ont d*ailleurs les bords parfaitement 
entiers, une nervation très camptodrome; les rameaux sont en 
outre très grêles : il me semble donc qu'il s'agit d'un Ph, angus- 
tifohay sans même qu'il soit besoin d'invoquer l'hybridité en 
admettant l'intervention d'un Phillyrea à larges feuilles dans la 
formation de la graine qui a donné naissance au pied sur lequel 
Téchantillon a été récolté; on remarquera, d^ailleurs, que, sur les 
grandes feuilles, le rapport entre la largeur et la longueur reste 
normal, relativement à l'espèce. Il n'est pas très rare de ren-> 
contrer ce développement exagéré des feuilles chez d'autres 
v^étaux ligneux. Quant à la présence sur le même sujet de 
feuilles de développement très inégal, c'est une anomalie que 
j'ai observée aussi chez des arbres ou des arbustes, ainsi chez 
le Coudrier-Noisetier, sans que, d'ailleurs, il soit toujours facile 
d'en déterminer les causes. 

Note ajoutée pendant Vimpression — M. R. Maire a bien voulu, 
sur ma demande, lors d'un nouveau voyage en Grèce, porter 
spécialement son attention sur les Phillyrea ; il a rapporté de deux 
localités, notamment de Kalabarka, des échantillons ne portant 
pas de fruits, à raison de la saison, mais qui, par leurs feuilles 
presque sessiles, à limbe fortement cordiforme à la base, forte- 
ment denté rentrent dans le type latifolia le plus accusé, confir- 
mant ainsi mes prévisions relativement à la présence de cette 
forme en Orient, au moins dans la péninsule balkanique entière. 

M. Lutz, ayant fait avec notre confrère, M. Dumée, une 
herborisation à Nanteuil, Charly et Nogent-l' Artaud, pré- 
sente des échantillons de plantes rares de ces localités : 

Tulipa sylvestris L., récolté à Charly dans les vignes où 
il est abondant. 

Isopyrum thalictroides L., trouvé dans les bois avoisi- 
nant la ferme du Charnoy, près Nogent-F Artaud et au voi- 
sinage du ru qui le traverse. 

Anémone ranunculoides L., du même endroit. Dans ces 
mêmes bois on rencontre YEuphorbia Lathyris L. dans une 



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352 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

station éloignée des habitations et VOrchis laœiflora Lmk. 

A Meaux, dans les jardins de Tévéché, quelques plantes 
intéressantes sont naturalisées. Parmi celles-ci, on peut 
signaler Anémone ranunculoides L., Corydalis solida Sm. 
et Galanthus nivalis L. 

Ces plantes sont mises sous les yeux des membres 
présents dont plusieurs échangent à leur sujet quelques 
observations. 

M. Pelourde fait la communication suivante : 

Recherches comparatives 

sur la structure de la racine 

chez un certain nombre de Psaronius; 

PAR M. FERNAND PELOUHDE. 

La plupart des auteurs qui ont étudié les Psaronius se sont 
préoccupés presque uniquement du cylindre ligneux de la tige : 
quelques-uns seulement ont parlé des racines d*une façon 
assez détaillée \ Dans le présent travail, je me suis précisément 
proposé de comparer entre elles un certain nombre de racines 
de ces plantes, au point de vue de leur structure anatomique. 
Pour cela, j'ai étudié des coupes minces faites, les unes par 
M. Werlein, dans des échantillons du Muséum, les autres par 
Brongnurt et Roche, dans des échantillons légués par eux au 
même établissement. 

Psaronius giganteus. — Je considérerai d'abord le Psaronitis 
giganteus Corda', par exemple. Les racines que j'ai observées 
dans cette espèce étaient libres, c'est-à-dire sorties de l'écorce de 
la tige (freie Wurzeln de Stenzel), et, par conséquent, munies 
d'une zone parenchymateuse externe', comme dans l'échantillon 
figuré par Corda. 

Coupe transversale. — Cette zone, qui est assez épaisse (fig. 1), 

1. Voir notamment à ce sujet : Corda, Beitràgt zur Flora der VorweU. 
— Stenzel, Ueber die Staarsteine. — Zeiller, Flore fossile d*Autun et 
d'ÉpinaCy l'« partie. 

2. Corda, loc, oit, y p. 109, et pi. XLVI. 

3. Stenzel, Die Psaromen..., Beitrage z. Palâontologie und Géologie Oes- 
terreich- Ungarns und des Orients, Bd. XIX, 1906, p. 111. 



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F. PELOURDE. — STRUCTURE DE LA. RACINE DES PSARONIUS. 35S 

comprend de grandes cellules ordonnées assez régulièrement en 
séries rayonnantes, et dont la plupart sont isodiamétriques; 
tout à fait à Textérieur de la racine, on remarque une ou deux 
assises d'éléments beaucoup plus petits que les précédents. 

La gaine scléreuse qui vient ensuite (Bastscheide de Corda) 
est deux ou trois fois moins épaisse que Tanneau parenchy- 
roateux qui Tentoure et apparaît i Tœil nu comme une ligne 
circulaire noire de faible épaisseur. Ses cellules sont beaucoup 




Fig. 1. — Coupe transversale de l'écorce de la racine, chez le Ps. giganlens; *, 
gaine scléreuse; /, lacunes. — Les cellules remplies de hachures sont des 
cellules gommeuses. 

plus petites que celles du parenchyme externe, et leurs mem- 
branes sont assez épaissies. 

Puis, vient la région lacuneuse, qui est reliée à la gaine 
scléreuse par deux ou trois assises de parenchyme compact, 
dont les cellules sont bien plus grandes que celles de la gaine 
scléreuse ; dans ce parenchyme, on remarque çà et là quelques 
petites lacunes et quelques cellules gommeuses, lesquelles sont 
limitées par une assise d*autres cellules, de forme souvent 
arrondie. Quant à la zone lacuneuse proprement dite, elle est 
caractérisée par des lacunes très grandes * qui, comme Ta fait 
remarquer Corda*, sont limitées par une seule assise de cellules. 

i. Par suite de la taille et du grand nombre de ces lacunes, les racines 
du Ps. gigantcus peuvent atteindre une taille considérable. C'est ainsi que, 
dans les collections du Muséum, j'en ai observé une qui avait 3 cm. de 
diamètre, alors que son cylindre central mesurait seulement 3 ou 4 mm, 
en travers. 

2. Loc, cit. 

T. LV. (séances) 23 



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354 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

Gelles-ci, sur les coupes transversales, ont des formes très 
variables : tantôt elles sont plus ou moins allongées tangentiel- 
lement aux lacunes qu'elles bordent; leur section est alors 
sensiblement rectangulaire. Quelquefois, elles sont munies à 
leurs extrémités de prolongements qui sont aussi rectangulaires, 
en coupe transversale : dans ce cas, elles limitent plus de deux 
lacunes. D'autres fois, elles sont arrondies, ou bien encore tra- 
pézoïdales. De temps en temps, à la rencontre de plusieurs 
lacunes, on remarque une cellule gommeuse, entourée par une 
assise de cellules ordinaires. 

En dedans de la région lacuneuse, je n'ai pu observer que les 
faisceaux ligneux, le reste étant détruit, comme cela arrive sou- 
vent pour les tissus à parois minces, chez les végétaux silicifiés. 
Corda a figuré* autour du cylindre central du Psaronius gigan- 
teus une sorte de gaine dans laquelle il n'a reconnu aucune 
trace de structure. J'ai remarqué de place en place, à la limite 
de l'écorce et du cylindre central, des traînées jaunâtres isolées 
qui doivent correspondre à la gaine signalée par Corda. Ce 
sont, à mon avis, des restes de tissus décomposés, dont la colo- 
ration jaunâtre est due à la présence de contenus gommeux 
répandus dans la masse. 

Coupe longitudinale, — Sur une coupe longitudinale de la 
même espèce, j'ai constaté un certain nombre de particularités 
intéressantes, principalement au point de vue du système lacu- 
neux. D'abord, en dedans de la gaine scléreuse, on y remarque 
des cellules de parenchyme qui sont moins allongées que les 
fibres, mais plus larges; puis, progressivement, on arrive à une 
région où les cellules sont à peu près aussi, larges que hautes. 
Autour des lacunes, on ne trouve, comme sur les coupes en 
travers, qu'une assise d'éléments : ces derniers n'ont que quatre 
côtés, et leurs faces latérales sont plus ou moins convexes(fig. 2). 
En somme, en combinant les données fournies par les coupes 
transversales et celles fournies par les coupes longitudinales, 
on peut dire qu'ils ont à peu près la forme de parallélipipèdes 
rectangles, qui émettent quelquefois à leurs extrémités un ou 
deux prolongements semblables à eux-mêmes. Quant aux 
lacunes (fig. 2), elles sont beaucoup plus hautes que larges, au 

1. Loc. cit., pi. XLVI, fig. 3. 



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F. PKLOURDE. 



STRUCTURE DE LA RACINE DES PSARONIUS. 355 



moins douze ou quinze fois, et leur largeur est à peu près con- 
stante dans toute leur étendue; autrement dit, puisque leur 
section transversale est polygonale, elles ont la forme de prismes 
très allongés. 

J'ai aussi constaté sur la même coupe longitudinale que les 
cellules gommeusessont très allongées, et souvent terminées en 
pointe à une de leurs extrémités (fig. 3). Leurs parois latérales, 
auprès du parenchyme cortical, ne sont pas planes, mais for- 
ment des zigzags dus à la convexité des cellules limitantes. 

Enfin, au centre de la racine, j'ai constaté la présence d'un 
certain nombre de vaisseaux scalariformes très nets. Il est à 
remarquer que, sur les coupes longitudinales de végétaux fos- 




Fig. 2. — Extrémité d*uDe des lacunes Fig. 3. — Quelques cellules gommeuses 
de récorce, dans une racine de Ps, gi- prises dans une racine de Ps, gigan 
ganteus (coupe longitudinale). teus^ avec les cellules parenchyma- 

teuses qui les limitent (coupe longi- 
tudinale). 

siles, les vaisseaux sont toujours bien conservés, alors que tous 
les autres organes sont très difficiles à analyser. 

En somme, il importe de remarquer principalement, dans les 
racines du Ps. giganteus, d'une part la faible épaisseur de la gaine 
icléreuse et la petite taille que possèdent ses éléments sur les 
coupes transversales y et, d'autre part, la grande longueur des 
lacunes, qui est absolument extraordinaire. Ce sont là les deux 
caractères qui permettent de caractériser le mieux cette espèce. 

Psaronius sp. — Je vais étudier maintenant des coupes minces 
prises dans un échantillon d'Autun, portant le numéro 1920 
dans la collection léguée par Roche au Muséum, et étiqueté 
sous le nom de Psaronius infarctus; comme je le montrerai 
ultérieurement, cette détermination est erronée. 

Coupe transversale. — Les racines de cet échantillon mon- 
trent d'abord en coupe transversale une région parenchyma- 
teuse externe, car elles sont libres, comme celles que j'ai 
examinées chez le Psaronius giganteus. Cette région est moins 



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356 SÉANGK DU 8 aiAl 1908. 

épaisse que la gaioe scléreuse qui lui fait suite, contrairement à 
ce qui a lieu che2 \t3Psar0nius giganteus{(ig. 4). Les cellules qai 
la constituent sontd^abord plus allongées dans le sens tangentiel 
que dans le sens radial; puis, vers l'intérieur, elles s'élargissent 
dans le sens radial, et deviennent sensiblement isodiamétriques. 

Quant à la gaine scléreuse, elle est beaucoup plus épaisse que 
chei le Ps. giganteusy et ses éléments sont bien plus grands que 
chez cette dernière espèce; de plus, ils sont souvent allongés 
radialement. 

Je n'ai pu étudier le reste de l'écorce, qui était complètement 





I I i I lA ù^f^ 



Fig. 4. — Psaronitis sp. : Coupe trans- -Fig. 6. — Psaronius sp. : Coupe trans- 
versale de l'écorce de la racine; s, versale du cylindre central d'une 
gaine scléreuse. racine autre que celle représentée 

dans la figure 5. 

détruit : je ne puis donc pas dire s'il était lacuneux ou non. 

Quoi qu'il en soit, le cylindre central m'a montré (fig. 8) i 
son intérieur une étoile ligneuse formée par un certain nombre 
de faisceaux qui se rejoignent presque tous au centre*; cette 
étoile ressemble beaucoup à celle qui existe chez le Ps. gigan- 
teus. 

Entre les faisceaux ligneux, et à la limite de l'écorce et du 

1. Je tiens à faire remarquer en passant la différence profonde qui 
existe à ce sujet entre les Psaronius et les Protopteris ; en effet, ainsi que 
Ton peut s'en convaincre, par exemple, par Texamen de la flg. 10, pi. L, 
de Corda (loc. cit.), qui se rapporte à son Protopteris microrrhiza, le» Pro- 
topteris ont, dans leurs racines, un bois en forme de bande diamétrale 
bicentre, ce qui, comme on sait, caractérise les Eufilicinées (et en parti- 
culier les Cyathèacécs !) et les Hydroptérides . 



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F. PELOUnOE. 



STRUCTORE DE LA RACINE DES PSARONIUS. Hl 



cylindre central, j*ai observé des tlots de cellules polygonales, i 
parois brunes assez épaisses : et qui semblent être des fibres 
libériennes. Ces tlots se présentent sous des formes diverses, 
comme on en peut juger sur les figures 5 et 6. Sur la figure 6, 
on en voit certains qui rappellent des faisceaux ligneux centri- 
pètes (ex. s); d^autres rappellent au contraire des faisceaux 
centrifuges (ex. «,). En tout cas, cette alternance régulière de 




Pig. 5. -*• Psaronitu sp. : Coupe traosversale du cylindre central de la racine? 
s, «p éléments scléreux; p, éléments parenchyraateux. Entre les faisceau^ 
ligneux, on remarque les amas de fibres libériennes (?). Les parties couvertes 
de hachures sont des cellules ou des ti*atnées gommeuses. 

semblables éléments avec les faisceaux ligneux est un fait très 
particulier et très intéressant. 

Sur la coupe représentée figure 5, j'ai observé près du centre 
de la racine, et entre deux faisceaux ligneux, quelques cel- 
lules scléreuses (s), et aussi deux îlots constitués par quelques 
petites cellules à parois minces (p). J'ai enfin observé égale- 
ment sur la même coupe quelques autres cellules scléreuses, 
au nombre de cinq (s,), réunies en un petit massif adossé 
contre un des faisceaux ligneux. Tout le reste du cylindre central 
était disparu. Toutefois, je dois signaler, à la limite de Técorce, 
une bande jaunâtre discontinue d'une certaine épaisseur, qui 
contourne les amas de fibres libériennes (fig. 5 et 6). Cette 
bande est évidemment coqstituée, comme les taches jaunâtres 



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358 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

que j'ai mentionnées à la même place chez le Psaronius gigan- 
teus^ par des débris de tissus colorés par des contenus gom- 
meux. D'ailleurs, on voit çà et là des cellules gommeuses 
incluses dans la bande jaunâtre elle-même, ou bien situées tout 
auprès d'elle, du côté externe. Ces cellules ont une section poly- 
gonale souvent très nette, et leur forme générale semble res- 
pectée dans la plupart des cas ; mais leurs parois sont disparues : 
il ne reste plus que leur contenu. Il semble donc qu'il y ait eu 
beaucoup de ces éléments durant la vie de la plante, et que, aux 
environs du cylindre central, leurs contenus se soient répartis à 
peu près uniformément dans les produits de décomposition des 
tissus, lesquels se sont groupés auprès des pôles ligneux et des 
faisceaux scléreux qui constituaient des régions de plus grande 
résistance. 

La bande jaunâtre ainsi décrite correspond vraisemblable- 
ment à celles que Corda a signalées autour du cylindre central, 
notamment chez les Psaronius Helmintholithus Cotta*, medul- 
losus Unger^, ainsi que chez ses Ps. CoUai^j Guibieri^ et 
giganteus^. Quant aux cellules gommeuses, il leur arrive sou- 
vent de résister mieux à la décomposition que les tissus envi- 
ronnants. C'est ainsi que Corda a signalé, dans un certain 
nombre de cas, dans l'espace occupé jadis par Fécorce interne, 
des éléments qu'il a appelés < Rôhrenzellen », et qui sont pro- 
bablement les débris de cellules gommeuses. On en voit notam- 
ment dans les figures qu'il a données sur ses Psaronius 
Cottai^y dubius\ interiextus^y et sur le Ps. meduUosus Unger*. 
MouGEOT et Stenzel en ont également figuré, le premier dans 
son Ps, Putoni^^y et le deuxième, dans son Ps. Gôpperii^K Je 
pense qu'il faut encore attribuer la même signification aux 

1. Loc. ctï., pi. XXXII, fig. 3. 

2. Ibid., pi. XXXIX, fig. 3 et 4. 

3. Ibid., pi. XLI, fig. 2. 

4. /6/d., pi. XLII, fig. 4. 

5. J6td., pi. XLVI, fig. 3. 

6. /6id.,pl.XLI, fig. 2. 

7. Ibid., pi. XXX, fig. 9. 

8. Ibid., pi. XXXIII, fig. 2 et 6. 

9. ïbid.y pi. XXXIX, fig. 4. 

10. Essai d'une Flore du nouveau grès rouge des Vosges... ^ Ado. Soc. 
d'Emulation des Vosges, t. VII, 2« cahier, 1851, p. 15-16, et pi. I, fig. 2. 

11. Ueber die Staarsteine..., p. 872-873, et pi. 37, Ûg. 2. 



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F. PELOUROE. — STRUCTURE DE lA RACINE DES PSARONIUS. 359 

taches brunes que Corda a considérées, chez son P$. radnicensisy 
comme résultant de la fragmentation de la c gaine du cylindre 
central » (Scheide des Holzbundels) *. 

Coupe longitudinale. — Je vais compléter les données qui 
précèdent au moyen de la description de coupes longitudinales. 
Ces dernières m'ont montré d'abord (fig. 7), dans la région 
parenchymateuse externe de Técorce, des cellules à section géné- 
ralement pentagonale ou hexagonale, et plus hautes que larges. 
Après de lua gaine scléreuse, ces cellules s'allongent de plus 
en plus, et l'on arrive ainsi progressivement aux fibres propre- 
ment dites, très allongées et à parois épaisses. 

La même coupe ayant intéressé un des amas de fibres libé- 




I I h \i (^A 

Fig. 7. — Psaronius sp. : Coupe longi- Pig. 8. — Paaronius sp. : Coupe longi- 
tudinale de Técorce de la racine; ;>, tudinale d'un des araas de Gbres libé- 
parencbyme externe, en dedans du- rien nés de la racine, 
quel se trouve la zone fibreuse. 

Tiennes, j'ai constaté que cet amas était constitué par des élé- 
ments ayant la forme indiquée dans la figure 8. 

En un mot, les racines que je viens de décrire sont surtout inté- 
ressantes à cause des piliers scléreux de leur cylindre central. De 
tels éléments sont très rares dans cette partie de la racine, chez 
les Marattiacées, parmi lesquelles j'en ai observé seulement 
chez le Danœa elliplica Sm., où la moelle est entièrement scléri- 
fiée, à peu près comme dans la tige du Psilotum triquetrum Sw. 

Chez le Psaronius dont je viens de m'occuper, ces amas sclé- 
reux sont surtout remarquables par leur disposition régulière, 
et ils suffisent à montrer que l'on n'a pas affaire au Ps. infarctus 
(Jnger,dans la racine duquel on n'a jamais observé que la gaine 
scléreuse* et, d'après Unger, cinq faisceaux ligneux *. 

{A suivre,) 

1. Loo. ciï., pi. XXXI, fig. 3. 

2. Corda, toc. cit., p. 100, et pi. XXXIV, fig. 5. 

3. Unoer, in Endlichbr, Gen. plant., suppl. II, p. 4. 



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360 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

M. le Secrétaire général donne connaissance d'une circu- 
laire adressée à la Société touchant la 12* Section du 
Congrès colonial français de 1808 et d'une circulaire rela- 
tive à la Souscription Léo Errera. 

Le pédiceile de la capsule des Hépatiques 

(Suite) • ; 
PAR M. Gh. DOUIN. 

A. Place de quelques espèces. 

Il y a des espèces qui ont été ballottées par les auteurs dans 
divers genres, comme c'est le cas des suivantes : 

i . Cepbalozia fluitans Spr. — Le C. fluitans, créé par Spruce% 
a été rangé par Tabbé Boulay ' avec les Lophozia et subordonné 
au L. inflala : c Des plantes regardées comme appartenant 
bien au /. fluilans^ le n° 581 de Texsiccata Rabenshort et 
le n** 210 des Hep. Galliœ sont tout simplement, dit-il, des 
formes grêles et efQlées de /. inflata ». Et plus loin : < Les 
caractères qui seraient décisifs pour faire attribuer le Jung, 
fluitans au genre Cephalozia, tels que les fleurs femelles 
développées sur un rameau court d'origine ventrale, etc., se 
vérifient si rarement qu'il est peu rationnel de leur attribuer 
celte importance ». Tout ceci ne prouve qu'une chose : c'est que 
le vrai C fluitans est rare, et que certaines formes grêles qu'on 
lui a rapportées ïïb lui conviennent pas. Et, en particulier, les 
échantillons de Jack, dans les Hep, Galliœ (n* 210) n'appartien- 
nent pas à cette espèce, mais à la var. laxa du Lophozia inflata. 

Déjà le professeur Schiffner * a montré que dans l'échantillon 
de Nées, il y avait en réalité 2 plantes rie Jung, inflata var. 
laxa et le Ceph. fluitans, termes qui ne sont nullement syno- 
nymes. 

D'ailleurs ces 2 formes peuvent être souvent distinguées, 

1. Voir plus haut, p. 194 et 270. 

2. R. Spruce, loc. cit., p. 50. 

3. Boulay, loc. cit., p. 104. 

4. V. ScHiFFSER^ Kritische Demerkungen ùberdie eitropdischen Lebermoase, 
111« série, p. 29 et 37 (en renvoi). 



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CH. DOUIIH. — LE PÉDICELLB DE lA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 361 

même à l'état stérile : le vrai C. fluitans montre presque 
toujours des amphigastres sur ses tiges grêles; la var. laxa 
du /. inflata n'en a pas et est beaucoup plus robuste. 

Le pédiceWe des Lophozia rentre dans le type général et se 
compose d'un grand nombre de cellules peu ou point différen- 
ciées (flg. 46) : c'est exactement la constitution du pédicelle du 
Lophozia inflata type (fig. 48) et de sa var. laxa, comme j'ai pu 
le vérifier sur le n** 129 des Hep. eur. exs. (fig. 47). 

Quant au vrai Ceph. fluitans que j'ai récolté à Saint-Denis 
d'Authou, il montre dans son pédicelle la disposition du type 
Cephalozia avec ses 4 cellules internes entourées de 
8 externes (fig. 3), ce qui, à mon avis résout définitivement la 
question. 

2"* Cephalozia leucantha Spr. — Cette espèce a été rangée par 
Spruce * et le professeur Massalongo ' avec les Cephaloziella, en 
raison probablement des feuilles insérées presque transversale- 
ment et très petites. Une coupe transversale du pédicelle laisse 
voir les 4 cellules ventrales et les 8 externes du type Cepha- 
lozia (fig. 43), ce qui justifie l'opinion de presque tous les 
auteurs modernes. 

3"* Cephalozia Helleri Lindb. — Cette plante, nommée par Nées ^ 
Jung, Helleriana, devient un Lophozia avec Boulay *, un Sphe- 
noiobus avec M. Stephani', un Diplophyllum avec Dumortier*, 
un Prionolobus avec M. Schiffner', tandis que Lindberg® en 
avait fait un Cephalozia. 

Le caractère tiré du pédicelle va nous permettre, non pas de 
classer définitivement celte espèce, mais du moins de donner- 
un fort appoint pour la mettre dans le g. Cephalozia^ attendu 
que son pédicelle se compose bien de 4 cellules centrales 
entourées de 8 externes. Les espèces des g. Diplophyllum et 

1. Spbuce, loc. cit.y p. 60 et 68. 

2. C. Massalongo, Lespecie Ualinedel génère « Cephalozia » Dmrt-emend. 
(1907), p 3!. 

3. Nées, Eur, Leb., 1, p. 262. 

4. Boclav, loc. cU., p. 94. 

5. Stephani, Syn Hep., p. 166. 

6. Dumortier, loc. cit., p. 50. 

7. Schiffner, loc. cit., p. 98. 

8. LiNDBERG, m Soc. F. FI. fenn. (1887), p. ^. 



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362 SÉANCE DU 8 MAI i908. 

Lophozia ont des pédicelles formés d'un bien plus grand 
nombre de cellules; au contraire les PrionolobuSy autant que 
j'en puis juger par P. Turneriy ont un pédicelle très simple 
formé de 4 files de cellules comme dans le genre Cephaloziella. 

Par son périanthe cilié et sa petite taille, le /. Helleriana peut 
être mis dans le genre Cephalozia; par ses feuilles dz condupli- 
quées-bilobées, c'est un Diplophyllum ou un Sphenolobus comme 
le veulent Dumortier et M. Stephani, ou un Prionolobus suivant 
M. ScHiFFNER. £n réalité, c'est une forme de passage dont le 
pédicelle révèle la vraie parenté et qui doit être placée à l'extré- 
mité du genre Cephalozia^ à côté des Prionolobus et des Cepha- 
loziella. 

Les bryologues , pour établir leurs genres, aécordent la 
prédominance, tantôt à l'appareil reproducteur, tantôt à l'appa- 
reil végétatif; et cela, naturellement au petit bonheur. Ils choi- 
sissent les caractères qui leur semblent les plus commodes pour la 
distinction de leurs groupes, et personne ne peut les en blâmer. 

Si l'on accorde la prépondérance à l'appareil végétatif, le 
/. Helleriana sera un Diplophyllum ou mieux un Prionolobus ; 
dans le cas contraire, ce sera un Cephalozia; mais dans la 
1" hypothèse, le Prion. Turneri devrait être aussi rangé avec 
les Diplophyllum, 

4** Hygrobiella laxifolia Spr. — D'après Spruce*, le pédicelle 
de cette espèce aurait la constitution suivante : « Pedicellus 
peranthio plus duplo longior, c. 16-seriatis, se. cellulis periphe- 
ricis 12-seriatis, axialibus (majoribus) 4-seriatis, conflatus ». 

J'ai fait des coupes à travers le pédicelle de VHyg. laxifolia 
(leg. Macvicar) : il se compose de 4 files de cellules internes 
entourées de 8 externes (I fig. E), toutes de même grandeur, 
exactement comme dans les Cephalozia; aussi la désignation de 
Lindberg, Cephalozia laxifolia^ est-elle fort acceptable et même 
préférable. Si on maintient cette plante comme genre séparé, 
ce qui peut se justifier par la ramification latérale, les amphi- 
gastres presque semblables aux feuilles et les élatëres à très 
large fibre spiralée comme dans les yl^ieura, il faudra la placer à 
côté des Cephalozia avec lesquels elle présente une parenté 
indiscutable, 
i. R. Spruce, loc, cit., p. 74. 



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CH. DOUIN. — LE PÉDIGELLB DE LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 36^ 

5"* Eremonotiis myriocarpus Lindb. — Celte espèce a été 
rangée par Spruce dans le g. Hygrobiella dont elle diOère 
sartout par Tabsence d amphigasires. Elle a aussi le pédicelle 
des Cephalozia (I, flg. D), et il y a encore plus de raisons de la 
réunir à ce genre que la précédente espèce. 

6" Cephalozia beterostipa Spr. — Cette espèce n'a pas encore 
été trouvée c. fr., à ma connaissance du moins. Quand on 
pourra examiner son pédicelle, on verra si elle doit être laissée 
dans le g. Cephalozia ou subordonnée au Lophozia inflala *. 

B. Critique de quelques genres et sous^genres. 

l'^Dichiton. — Dans un article récent ^ je montrais les ana- 
logies, ou plutôt les affinités du genre Dichiton avec certaines 
espèces du genre Cephaloziellçt^ et je concluais que ce genre 
devrait être placé dans la tribu des Trigonanthœ, à côté des 
Cephaloziella, plutôt que dans celle des Epigoniantheœ, 

Déjà Spruce avait fait ce rapprochement en nommant Cepha- 
lozia integerrima le Dichiton calyculatum {Jide Massalongo, 
in liU,), J*ai vu Fespèce ainsi nommée : elle appartient incontes- 
tablement au g. Dichiton. 

Dans un Cephaloziella d'Algérie que je dois à Tamabilité de 
MM. Corbière et Trabut, j'ai constaté des formes curieuses 
appartenant à plusieurs espèces admises aujourd'hui. Ainsi, la 
plus grande partie des pieds ont les feuilles involucrales isolées 
de l'amphigastre correspondant avec 2 lobes aigus, entiers ou 
peu dentés comme dans le C. Baumgarlneri Schiffner : c'est 
d'ailleurs ainsi que je l'avais nommée tout d'abord, et c'est le 
nom que lui donne le professeur Schiffner. Dans d'autres, les 
feuilles involucrales, nettement soudées ensemble et à l'amphi- 
gastre voisin, ont des lobes arrondis comme dans le C Bryhnii 
KaaI. : c'est d'ailleurs ce que représente un dessin fait par mon 
ami Corbière et que j'ai vu dans son herbier. Enfin, les pieds 
les plus parfaits montrent un involucre dressé, monophylle, 
fortement appliqué contre le périanthe, avec des lobes moins 

1. Stepbani, lac. cit. y p. 145; Schiffner, loc, cit., p. 27 et 28. 

2. DouiN, Les 2 espèces du {/enre Dichiton (Bull, de la Soc. bot. de France 
[1906], p. 478). 

3. Massalongo (C), loc. cit., p. i et 2. 



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364 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

nets comme dans le vrai Cephalozia integerrima : d'ailleurs, les 
différences entre les C Bryhnii et integerrima ne sont pas très 
grandes ^ Un pas de plus, et nous aurions une sorte d'enveloppe 
tronquée, un faux périanthe, comme dans le genre Dichiton. 

Je croyais d abord qu'il en était ainsi et que le D. gallicnm 
n'était que la forme ultime de l'évolution du C. Bryhnii; mais, 
après une étude attentive des 2 plantes, j'ai reconnu qu'il 
n'en était rien, et que chacune avait droit à son autonomie 
propre. Quoi qu'il en soit, il n'en résulte pas moins qu'il existe 
dans certains Cephaloziella des formes de passage vers le genre 
Dichit07i. 

Revenons maintenant au pédicelle du Dichiton que j'ai pu 
examiner grâce à l'obligeance de mes collègues Massalongo et 
LoiTLESBERGER. 11 cst formé de 4 files de cellules, exactement 
comme dans les Cephaloziella : c'est une nouvelle preuve en 
faveur du rapprochement que j'ai préconisé. 

2"" Cephalozia et Cephaloziella. — Les auteurs modernes ont 
décomposé l'ancien genre Cephalozia en plusieurs autres; et, en 
particulier, en Cephalozia proprement dit et en Cephaloziella. 
Les pédicelles si distincts de ces 2 genres (fig. 23 et 25) montrent 
que cette distinction est tout à fait fondée. 

3° Odontoschisma. — J'ai retrouvé, dans la 1" semaine de 
mai 1907, Y Odontoschisma Sphagni Dum. avec fruit prêt à sortir 
du périanthe : cela m'a permis d'examiner le pédicelle (Gg. 38) 
qui est exactement celui des Cephalozia^ ce qui justifie le nom 
de C. Sphagni Spr. donné à cette espèce*, nom accepté par 

M. PEARSON^ 

D'ailleurs, il est d'autres raisons qui viennent à l'appui de 
cette dénomination : je ne dirai rien de la fructification et des 
rameaux naissant à la partie postérieure de la tige; je me con- 
tenterai de noter les feuilles à 2 lobes très nets sur les rameaux 
grêles et à la base des rameaux ordinaires; de plus, ces feuilles 
sont insérées très obliquement comme dans les Cephalozia non 
discutés. 

1. Syin..M. Macvicar, New and rare British Hepaticœ (Journal of Botauy 
[1907], p. 66). 

2. Spruce, loc. cit. y p. 60. 

8. Pearson (W.-H.), loc, cit., p. 171. 



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CH. DOUIN. — LE P£DIGKLL£ De LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 365 

Il est évident que ce genre n'est basé que sur la forme 
arrondie des feuilles; mais il n'est pas douteux que les formes 
anceslrales dont il descend avaient des feuilles à 2 lobes» comme 
le prouve le début de la plante dans son développement, début 
que l'on retrouve à la base des ramifications. 

Si Ton ne va pas jusqu'à mettre ïOdonioschisma parmi les 
Cephalozia, il doit être placé tout à côté dans une classification 
naturelle. 

4* Prionololnis. — Le P. dentatus étant toujours stérile quoique 
abondant dans les 4 ou 5 localités d*Eure-^t-Loir, je n*ai pu 
voir que le pédicelle du P. Tumeri (flg. 24), pédicelle identique 
a celui des Cepkaloziella : aussi, je crois que la réunion des 
espèces du genre Prionoloùus au genre Cepkaloziella serait pré- 
férable. C'est ce que semble indiquer M. Schiffner * : c vielleicht 
sind beide (genres) besser zu vereinigen » . 

5* Lepidozia. — Mitten et les auteurs modernes ont rangé le 
Jung, setacea dans le genre Lepidozia. A ne considérer que les 
caractères du périanthe et des anthéridies, il faut bien recon- 
naître que cette réunion est fort admissible; elle Test beaucoup 
moins si Ton tient un plus grand compte de la forme et de la 
disposition des feuilles. 

L'étude du pédicelle confirme pleinement cette dernière 
manière de voir, sans infirmer complètement la première. En 
effet, dans les L. setacea et reptans (fig. 28 et 29), on observe, 
sur une coupe transversale du pédicelle, de très grandes 
cellules externes avec un axe de cellules internes beaucoup 
plus petites. La seule différence est dans le nombre des 
cellules; mais comme généralement les caractères du pédicelle 
sont au moins génériques, il me semble que l'on pourrait 
élever à la dignité de genre distinct le s. -g. Micro- Lepidozia , 
distinction justifiée par les organes végétatifs. 

Les 8 grandes cellules externes du Lep, setacea rapprochent 
cette espèce des Cephalozia, En effet, à première vue, un 
examen superficiel — c'est le cas de le dire, — montre des 
pédicelles absolument identiques. 11 n'y a que des coupes 

1. ScHiFFXER, Hepaticse, loc, cit., p. 98. 



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366 SÉANCE DU 8 MAI 1908. 

transversales qui puissent montrer les différences profondes 
entre ces 2 pédicelles. 

6** Blepbarostoma. — Fait curieux, le Blepharostoma tricho- 
phyllum a un pédicelle absolument identique (flg. 39) à celui des 
Cephalozia et, par suite, assez différent de celui du /. setacea 
avec lequel on le réunissait jadis, et Spruce * a eu raison de placer 
ce genre dans son « Appendix de generibus nonnullis Cephaloziœ 
affinibus ». En outre, cette composition du pédicelle montre 
ainsi une parenté non douteuse avec un certain nombre de 
genres de la tribu des Trigonantheee, C'est une forme de 
passage vers les Ptilidioidese. Voilà une raison sérieuse qui 
justifie la place que lui a donnée M. Schiffner en tête de ce 
dernier groupe. 

V Plagiocbila et Pedinopbyllum. — Les pédicelles des Plagio- 
chila asplenioides Dum. et Pedinophyllum interruptum Lindb. 
sont à peu près identiques, formés de cellules uniformes, un 
peu moins nombreuses seulement dans la seconde espèce. Il y a 
la même différence dans les parois capsulaires : 4-5 couches 
dans le P. inteiiruptum^ au lieu de 6-7 dans le P. asplenioides. Ces 
différences sont de celles que Ton rencontre sur les pédicelles 
d'une même espèce selon que la plante est ± robuste. Il n'y a 
pas là de raison bien déterminante pour faire 2 genres séparés. 
Le seul caractère distinctif est Tinflorescence : c'est évidemment 
bien peu. 

(A suivre,) 

1. Spruce, loc, cit., p. 86. 



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SÉANCE DU 22 MAI 1908. 

Présidence de M. L. MANGIN. 

M. Gagnepain, secrétaire donne lecture du procès-verbal 
de la séance du 8 mai, dont la rédaction est adoptée. 

M. le Président annonce le décès de notre confrère, 
M. Emile Doassans, et exprime au sujet de cette perte les 
regrets de la Société. 

M. Jacques-Emile Doassans, docteur en médecine, ancien préparateur 
au Muséum d'Histoire naturelle, lauréat de la Faculté de Médecine, de 
la Faculté des Sciences et des Hôpitaux de Paris, était un de ces nom- 
breux naturalistes auxquels les nécessités de la vie n'ont pas permis de 
suivre complètement leur vocation. Il débuta par une thèse de botanique 
médicale sur le Thalictrum macrocarpum et se spécialisa de bonne 
heure dans Tétude des Champignons. 11 publia sur ce groupe de Crypto- 
games plusieurs travaux intéressants soit seul, soit en collaboration avec 
notre confrère N. Patouillard, dont une étude sur les Champignons du 
Béam et un exsiccata d'Hyménomycètes avec figures dessinées à la 
main. Alpiniste consommé, il employait les rares loisirs que lui laissait 
sa clientèle médicale aux Eaux-Bonnes à Texploration botanique de la 
chaîne pyrénéenne, et il est regrettable qu'il n'ait pas laissé d'écrit sur le 
sujet. 

Maxime Cornc lui a dédié sous le nom de Doassamia un genre d'Usti- 
laginées très net et universellement adopté. Au voisinage de ce genre 
s'en placent deux autres, Pseudodoassansia et Doassansiopsis^ qui rap- 
pellent également le nom de notre collègue. 

Il est mort le 23 avril dernier à peine âgé de cinquante-cinq ans. 

M. le Président annonce qu'à la suite de TExposition de 
Milan, notre confrère M. Philippe L. de Vilmorin, trésorier 
de la Société, a été nommé Chevalier de la Légion d'hon- 
neur. Il félicite le nouveau légionnaire et pense que tous 
les membres de la Société seront heureux d'apprendre 
l'honneur accordé à notre trésorier. Ces paroles sont una- 
nioiement approuvées. 



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368 SÉANGt: DU 22 MAI i908. 

M. A. Sartory offre à la Société un exemplaire d'un 
ouvrage dont il est l'auteur, intitulé : Etudes expérimen- 
tales de r influence de l* agitation sur les Champignons 
inférieurs. 11 fait un résumé des recherches exposées dans 
son ouvrage et présente une série de tubes de cultures de 
Champignons à l'appui de ses explications. 

M. Lutz présente de la part de M. Alf. Reynier, des 
échantillons du Sedum littoreum Guss., espèce rare 
recueillie par notre confrère près de Marseille, « dans les 
fentes des rochers voisins de la mer, au nord-ouest de la 
butte dite Mont-Rose, à Moulredon, où il est localisé et pas 
très abondant » et où il se présente dans des conditions telles 
que notre confrère ne doute aucunement de son indigénat. 
Ces échantillons sont distribués aux membres présents. 

A ce propos, M. Fernaud Camus rappelle que le Sedum 
littoreum est connu et se maintient depuis un siècle à la 
Chaume, près des Sables-d'Olonne (Vendée), où il fut décou- 
vert en 1809 par Bastard. Il est malheureusement à craindre 
que le développement industriel pris par ce faubourg des 
Sables-d'Olonne ne fasse disparaître sous des construc- 
tions nouvelles cette intéressante Crassulacée. 

Le pédicelle de la capsule des Hépatiques; 

(Suite et fin)'; 
PAR M. Cil. DOUïN. 

8° Pleuroclada. — Les espèces du genre Pleuroclad/i ont été 
réunies par Lindbehg^ au genre Cephalozia^. Le pédicelle du 
P. islandica est beaucoup plus compliqué, puisqu'il se compose 
d'au moins 3 couches de cellules et qu'il rentre dans les pédi- 
celles irréguliers (fig. S et 6). Aussi la séparation d'avec les 
Cephalozia est-elle des plus justifiées. Ce n'est pas même un 
genre apparenté aux Cephalozia^ comme le déclare Spruge*, 

1. Voir plus haut, pp. 194, 270 et 360 

2. LiNDBERG (S.-O.), Musciscand. in syst. novo nat. disp.y 4879, p. 3. 

3. Massalongo (G.), loc. cit. y p. 25. 

4. Spruce, loc. cit., p. 80. 



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CH. DOOIN. — LE PÉDIGËLLE DE LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 369 

Le genre Anthelin est exactement dans le même cas. 

9"* Aplozia crenulata Dum. — J*estime que cette espèce, avec 
ses nombreuses formes et variétés, mérite de former au moins 
un sous-genre distinct très facile à distinguer des autres par des 
caractères tirés aussi bien de l'appareil végétatif que de la fruc- 
tification. 

Ses feuilles à marge si nette, au moins dans les feuilles 
involucrales, Tisolent facilement de toutes les autres espèces à 
feuilles rondes. 

Le pédicelle (fig. 8) est tout à fait spécial : formé de 3 cou- 
ches concentriques de cellules (4 internes, 8 moyennes et 
16 externes), il est profondément enfoncé dans la tige et va en 
s atténuant à partir du milieu pour s*élargir en approchant de 
la racine à laquelle il passe insensiblement (fig. 45). J'ai con- 
staté ce caractère dans toutes les formes signalées ci-dessous. 
En outre, le périanthe n'est que fort rarement soudé aux 
feuilles involucrales, à moins que ce ne soit tout à fait à la 
base, ce qui est encore une raison plus sérieuse pour séparer 
l'espèce en question des Aplozia hyalina et obovata. D'ailleurs, 
ce caractère des feuilles involucrales soudées au périanthe se 
retrouve chez 1'^. nana et la plupart des autres Aplozia. 

Le périanthe de VA. crenulata est toujours formé de 2 à 
4 couches de cellules dans sa moitié inférieure ; il est souvent 
ou aplati ou surmonté de crêtes dentées, tous caractères que 
l'on ne retrouve pas chez les autres Aplozia. 

Le tableau ci-dessous résume les formes et variétés de 
A crenulata que j'ai récoltées : 

* Cellules de la marge des feuilles plus larges et beaucoup plus épaisses 
(fig. 45, m) que les autres; périanthe ayant souvent des crêtes den- 
tées ; plante des lieux dr secs. 
+ Plantes possédant des tiges fertiles dressées et des rameaux grêles 
stériles couchés. 
X Toutes les feuilles ayant une marge nette; périanthe aplati, 
rarement avec crêtes. 

Type. 

X Feuilles des rameaux grêles sans marge. 

= Plante assez robuste ; périanthe aplati et sans crêtes 
dentées. 

forma transitoriâ Schiffner (Hep. eur. exs.) 

T. LV. (SÉANCES) 24 



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3^ sÉAtvtï: BtJ n MAI 1906. 

=rr Plante grêle; pèliaâth« nrrmâi^ le plus soutent 

surmonté de crêtes dentées. 

var. graùillima HookcrrléM^. Oemtkdâmà H«bn. 

4- Plante petite, sans rameaux grélesi tiges dressées, serrées côte à 

côte; përianthe surmonté de crêtes dentées; pïante <f Irfes 

petite. 

AfiotàA OitUlaU limm. 
* Cellules marginales beaucoup plus grandes, mais pas plus épaiisses <pËe 
les autres; périanthe dépourvu de crêtes dentées; plante des lieux 
très humides. 

§ Plante prmêe, h feuillet espaeéèn; 9 m2¥n' 
mi/Scah'oTtô naissant de la base du péiiaiitbe; 
pas de rameaux grêles. 

var. lâXà Douin *. 

§Wante petite avec de nofnbrentes ramificàtiims 

prêies; «Ér ces ^rfttères, feûlies rappra- 

chées à marge souvent fort peu disiiacte. 

forma âTvemïOâ Douin^ 

La foTtne colùT*alla Neeis e«t t^elle <()Ue prend la plante lexpo^é^ 
«itt soleil et peut convenir à tt'iïnportè qufeUe variété. 

Ce groupe est formé de forme» non^br^e^ses qtve Ton pMt 
considérer comttïe des espèces en voie de formatton î de ià 
«att^ d^wite les divergentes «des auteurs à leur sujet. Voyee attssi 
les tf* 57, K8, 69, 60 et 61 des Hepatic^x eHr(%pem exsiccûtœ «et 
les expÎToations correspondantes du professeur ScmïTNEH. 

Au sujet des genres d'Hépatiques à feuilles rowdeis, j'aurais 
fcien voultt trouver une solution i la profonde divei^etooe q»i 
existe entre MM. ScînrFNER et Stephani; malheureusmieiÉt, 
les caractères tirés du pédicelle ne sont d'aucune utilité ; dans 
toutes fes espèces, on observe le type général n** 40. 

IV. CROISSANCE DU PÉDICELLE. 

Tous les hépaticologues ont constaté, au moins dans quel- 
ques espèces, combien le pédicelle s'allonge vivement au 
moment où il doit porter la capsule hors du périanthe, c'est-à- 
dire quand les spores sont mûres. C'est pourquoi la longueur 
,des -cellules du pédicelle n'a aucune importance dans la classi- 
fication, puisqu'elle dépend de Tétat de la fructification. 

Les figures 10 et 11 représentent 2 Cephaloziella : dans la 

\, Douin, Les ^uscinées d'Eure-et-Loir, p. 247. 



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CH. DOUIN. — LE PÉDICËLLB DE Ll CAPSULE DES HÉPATIQUES. 371 

première, les cellules sont allongées, parce que le pédicelle 
est sur le point d'achever son déyelopperaent normal ; dans la 
seconde, au contraire, les cellules sont restées courtes bien que 
la capsule soit ouverte. Il s'agit ici d'une fructification attardée 
d'automne qui a passé l'été à l'état de- vie ndentie. C'est la 
sécheresse qui a détruit la vitalité du pédicelle; on en a vu un 
antre exemple plus haut. Dans la même espèce, an printemps^ 
fes cellules sont allongées comme dans le premier cas. 

En se desséchant, on voit parfois les cellules du pédicelle se 
tordre, soit à gauche, ce qui est rare [Lophozia Limprichtii)^ 
soit beaucoup plus communément à droite {Cephaloziella 
[fig. 10], Dichiton, Aneura, Fo$sombronia), comme le pédicelle 
des Mousses. 

Inclus dans Je périanlhe, le pédicelle n'est jamais creux, S*û 
se développe brusquement comme dans les types 2, 4 et 7 par 
exemple, les cellules externes qui le composent subissent un 
double changement : elles s'allongent beaucoup et deviennent 
^1 même temps claires et hyalines. 

Au sujet de cet allongement, il peut se présenter différents 
cas : 

Lorsqu'il s'agit d'un pédicelle très simple de CephalozieU/iy à 
part l'allongement cellulaire, il ne subit aucun autre change- 
ment : seul, l'espace intercellulaire central s'agrandit. 

Si le pédicelle est composé (en coupe transversale) d'un très 
grand nombre de cellules, comme dans les g. Frullania et 
Madoiheca, il ne subit pas non plus de changement dans sa 
composition, mais il s'allonge fort peu : c'est tout au plus si^ 
dans les 2 genres cités, il peut porter la capsule hors dw 
périanthe. 

Entre ces 2 cas extrêmes se trouvent de nombreux intermé- 
diaires : 

Dans le type Cephalozia, les cellules externes seules s'allon- 
gent beaucoup; mais les internes, faute de nourriture proba- 
blement, ne pouvant suivre cet allongement sont =fc entraînées 
©t zt déchirées par les externes. Il en est de même chez les CcUy- 
pogeia (fig. 32) et les Pellia (fig. 9) où les cellules internes se 
trouvent détériorées et probablement résorbées pour servir à 
la nutrition des autres. C'est ainsi que le pédicelle d'abord plein 



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372 SÉAI«iCE DU 22 MAI 1908. 

devient creux par places au moins dans quelques genres. Quel- 
quefois, ce n'est qu'une illusion d'optique, comme le déclarait 
GoTTSCHE S attendu que, parfois, chez le Cephalozia fluitansy par 
exemple, les cellules centrales sont complètement hyalines et 
transparentes (flg. 3). * 

Quand la capsule du Pellia est encore peu élevée au-dessus 
de l'involucre, les 3 ou 4 couches externes du pédicelle contien- 
nent de la chlorophylle (flg. 36), les moyennes des corpuscules 
oléagineux, et les centrales sont entièrement hyalines et vides 

(%. 9). 

Complètement développé, ce pédicelle a des cellules hyalines 
partout. Et, chose curieuse, il se creuse et perd sa chloro- 
phylle peu à peu, de la base au sommet. En effet, avant la 
déhiscence de la capsule, la partie supérieure du pédicelle est 
pleine et verte, tandis que plus bas le pédicelle est creux et 
hyalin. 

Ce qui précède explique fort bien pourquoi les pédicelles 
exsertiles et complètement desséchés dans les herbiers ne sont 
plus susceptibles d'être étudiés; en effet, les cellules gonflées 
de sucs nutritifs se sont vidées et aplaties, soudant leurs parois 
opposées, pendant que les internes se sont ± déchirées. 

Quoi qu'il en soit, on peut dire, d'une façon générale, que 
plus le nombre des cellules du pédicelle est grand, moins il 
s'allonge. Toutefois, si le pédicelle devient creux, il peut 
devenir très long quoique formé d'un très grand nombre de 
cellules (ex. : Pellia). 

Le pédicelle se maintient quelque temps dressé, grâce à la 
turgescence de ses cellules externes ; mais sitôt que celles-ci 
ont épuisé leurs sucs nutritifs et surtout quand il devient creux, 
les parois perdent vite leur résistance : c'est alors que le pédi- 
celle devient flasque et s'infléchit. 

Y. REMARQUES DIVERSES SUR LE SPOROGONE 
ET LES ORGANES VOISINS. 

L'étude ci-dessus m'a obligé à faire un nombre considérable 
de coupes qui ont intéressé, non seulement le pédicelle, mais 
encore les organes enveloppants voisins; delà les constatations 

1. GOTTSCHE, loc, C«., p. 92. 



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1^ ' 



CH. DOUIN. — LE PÉDIGRLLE DE LA CAPSULE DES HÉPATIQUES. 373 

suivantes qui ne seront pas déplacées à la fin de cet article. 

Dans toutes les espèces, la coiffe, le périanthe et Tinvolucre 
sont presque toujours formés de plusieurs couches de cellules 
vers la base; il arrive même quelquefois que ces organes y 
sont partiellement soudés, même chez des espèces où ils sont 
censés être indépendants, Madotheca platyphylla par exemple. 
Très souvent aussi, on voit dans le périanthe des bandes longi- 
tudinales formées de plusieurs couches de cellules, tandis qu*à 
côté il n'y en a qu'une seule. 

1* Coiffe. — La coiffe est d'épaisseur fort variable dans sa 
moitié supérieure : tantôt d'une seule couche de cellules 
(Aplozia crenulatay Radula complanata^ Lepidozia setacea 
[flg. 28, b], Southbya stillicidiorum); tantôt certaines parties 
sont dédoublées comme dans le périanthe, et la coiffe est 
formée par places de plusieurs couches de cellules {Scapania 
irrigua); tantôt encore elle a 2 couches {Odontoschisma 
Sphagni^ Qg. 38, b) ; tantôt enfin elle est beaucoup plus épaisse, 
34 couches et davantage {Blepharozia^ Chiloscyphus, Aneura, 
Metzgeriay fig. 30, b). Dans le premier genre, elle est même 
soudée inférieurement au périanthe. On indique le Pleuroclada 
comme ayant un périanthe charnu : je n'ai vu que 2-4 couches 
à la base dans le P. islandica (leg. Culmann, vid. Schiffner), ce 
qui n'a rien de bien anormal. Le caractère cité n'est donc pas 
constant. Par suite, les espèces ou variétés basées sur l'épais- 
seur du périanthe ou de la coiffe n'ont qu'une importance fort 
secondaire. 

2* Capsule. — Je pensais tout d'abord qu'il y avait une 
certaine corrélation entre le nombre des couches de cellules du 
pédicelle et le nombre des couches de la paroi capsulaire. J'ai 
dû constater qu'il n'en est rien, comme le prouvent les 
exemples suivants : 

Dans les Blepharostoma trichophyllum^ Odontoschisma Spluigni^ 
Cephalozia^ Hygrobiella laxifolia et Eremonotus myriocarpus^ 
le pédicelle se compose de 2 couches comme la capsule. De 
même, dans le Lepidozia setacea^ on voit 3 couches au pédicelle 
ainsi qu'à la capsule. De même encore, les Plagiochila asple- 
nioides et interrupta ont à peu près autant de couches cellulaire^ 
ao pédicelle qu'à la capsule. 



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374 SÉANCE DU 22 MAI 1908. 

Dans le Pleuroclada islandica^ la capsule a 2 couches tandis 
que le pédicelle en a 3 ou 4. Il arrive même que la capsule 
n'est pas de même épaisseur partout : ainsi, celle du Scapania 
irrigua a 2 ou 3 couches suivant les places; le Lophocolea hetero- 
phylla a de même une capsule de 4-5 couches de cellules. 

Dans les genres Diplophyllumy Gymnomitrium^ Mado^heca, 
Anthdia, Lophoziay Alicularia^ Pellia^ la capsule n'a aussi 
que 2 couches de cellules tandis que le pédicelle en a 3, 4 et 
plus. Dans le Madotheca platyphyllay il y en a môme plus de 20- 

Le Jamesoniella autumualis a une capsule de 4 couches de 
cellules (fig. 49) et son pédicelle 7 ou 8. 

Par contre, les Cephaloziella ont 2 couches de cellules i la 
capsule et une seule au pédicelle. 

3*^ Racinb du sporogone. — Une particularité curieuse du 
sporogone, c'est que dans quelques espèces (Alicularia insecta 
^6g. 20), Aplozia crenulata (fig. 45), il se trouve très profon- 
dément enfoncé dans la tige, tandis que chez d'autres {Calypo^ 
geia irichomanisy Gongylanthtis ericeiorum) il Test à peine. 
Dans le premier cas, la tige s'épaissit beaucoup et serre 
fortement la partie inférieure du sporogone qui s'y trouve 
scellée; dans le second, le sporogone est simplement posé sur 
te fond du sac charnu sans y adhérer latéralement. De plus, 
la racine est très variable en grosseur : tantôt elle est plus 
étroite que le pédicelle dont elle forme la base atténuée 
{Alicularia^ Lophocolea heterophylla) \ tantôt elle est beaucoup 
plus grosse {Anthbceros, Fossombronia^ Scapania paludosa); 
tantôt elle est nettement séparée du pédicelle (fig. 19); tantôt, 
enfin, elle passe au pédicelle par une transition insensible 
(fig. 20 et 45). 

Chez les Sphœrocarpus, la racine est exactement sphérique 
(fig. 22) et formée de cellules remplies de chlorophylle, ce qui 
n'a jamais lieu dans les autres cas cités. 

Explication des planches 

Planche VI 

Grossissement : toutes les figures ont un grossissement de 100 diamètres, 
sauf la figure i qui est grossie 30 fois environ. 

Dans toutes les figures, les grains de chlorophylle sont représentés 
schématiquement par des points noirs it nombreux. 



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CH. DOUIN. — LE PtWCEm IXK U CAPSULE DES HÉPATIQUES. ai5 

1. Coupe longitudinale du périanthe du Cephalazin fluUans à» Saint-Denis 
d'Anthou : r, racine ; co, collet très net ; p, pédieelle ; ca^ capsule^ 

2. Cou|V9 traa^vQJT^lQ de la V9,cim r du sporogoAe de la même plainte. 

3. Coupe trausvers«ile du pédieelle de la même. 

4. Vue superdci^le d'une pitrtie de ce pédieelle. 

5. Coupe transversale du pédieelle du Pleuroclada albescem prise d2tx|9 
sa partie inférieure. 

eu Coupe truA^ver^ale du même prise plus haut. 

7. Coupe tWE^vergale du pédieelle du MeUg^ria fwcata, prise vew l* 
base. 

8. Coupe transversale de la fructification de VApUnia erenultfta : #, pédi- 
eelle (la couche moyenne a été ombrée par des hachures); (t, coiffe; c, 
périanthe. 

9. Coupe transversale d'un pédieelle développé du Pellia epiph^Ha prisa 
iFera la m^Ué. (Ce pédieelle a é^té «plati par suite de la pression dans la 
moelle de sureau.) 

A, B, G. Figures théoriques de pédicellea, 

D. Coupe transversale du pédieelle de VEremonotm myrioeorpus» 

E. Coupe transversale du pédiceUe de VHygrobieHa laxifolia. 

Planche VII 

Grossiasement : toutes le« figures, ont uu grossisaeiaeBt de 100 dùh- 
mètres, sauf les figures 10, 11 et 19 qui sont grossies 30 fois et les figures 
20 et 21 qui ne sont grossie» que 18 fois. 

10. Vue superficielle du pédieelle du Cephahaiella ^vaeUHma légèrement 
desséché. 

11. Vue saperûoielle du pédieelle du Cfphaiomlta ïkmniû 

12. Portion do pédieelle du CepMoùella trwialis, 

13. Pédieelle du Lejeunea serpyllifolia. ' 

14. Vue superficielle d'une portion du pédieelle du Madaihô€ti pUty- 
phylla, 

15. Vue semblable du Fossomlr&»iapuxUla. 

16. Partie latérale du pédieelle du Lejeuna ca/carea vu superficiellement 
et légèrement desséché. 

17. Surface du pédieelle du Lophozia excisa. 

18. Partie du pédieelle du Lejeuna serpyllifolia légèrement desséchée 

19. SporogoBO mûr de rAumra majêr. 

20. Coupe longitudinale de la fructiflcation de VAHoultma in^Mà^ (ap^ 
rogone jeune) ; r, racine ; p, pédieelle ; ca, capsule. 

21. Sporogone du Corsinia fnarchantioide$ avec spores complètement 
mûres et enfermé dans sa coiffe surmontée de longs poils semMablea aux 
paraphyses des Funarim et genres voisins : r, racine; p, pédieelle; 
eOy coifTe; ca, capsule. 

22. Base du sporogone du Sphœrocarpus californicus : r, racine ; p, pédi- 
eelle; t, involucre; t, thalle; ca, capsule. 

Planche VIII 

Grossissement : 100 diamètres pour toutes les figures qui repré- 
sentent des coupes transversales de différents pédicelles et des organes 
voisins : a, pédieelle ; 6, coiffe ; c, périanthe ; d, arehégone resté stérile 



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376 SÉANCE DU 22 MAI 1908. 

23. Ccphaloziella trivUilU. 

24. Prionolobus Tumeri. 

25. Cephalozia connivens. (Les 2 traits parallèles montrent que, observé 
de face, le pédicelle ne laisse voir que 4 rangées de cellules, 5 au plus.) 
Dans cette figure, les points noirs des 4 cellules représentent des maté^ 
riaux nutritifs. 

26. Aneura major, 

27. Lejeunea serpyUifolia. (Les 2 traits parallèles montrent que le pédi- 
celle, observé de face, laisse voir Jusqu'à 7 rangées de cellules.) 

28. Lepidozia sctacea. 

29. Lepidozia reptans. 

30. Metzgeria furcata. 

3i. Calypogeia Trickomanis (la couche moyenne a été ombrée par des 
hachures). 

32. Coupe transversale du pédicelle de la même plante quand il est 
développé. 

33. Gymnomitrium coraliioides, 

34. Frullania dilatata. 

Planche IX 

IV. Grossissement : iOO diamètres pour toutes les figures, sauf pour la 
fig. 45 qui n'est grossie que 30 fois. Toutes ces figures, sauf la même 
fig. 45, représentent des coupes transversales de pédicelles : a, pédicelle ; 
6, coiffe; c, périanthe. 

35. Plagiochila asplenioides (moitié de la coupe). 

36. Pellia epiphylla (portion de la coupe quand le pédicelle n'est pas 
encore très allongé et prise dans sa partie supérieure; comparez avec la 
fig. 9 où la chlorophylle a disparu et où les cellules internes sont plus 
ou moins détruites; le point noir représente le centre de la coupe). 

37. Chiloscyphus polyanthus. ' 

38. Odontoschisma Sphagni. 

39. Blepharostoma trichophyllum. 

40. Jamesoniella autumnalis, var. undulifolia Nées, 

41 . Aplozia nana. 

42. Southbya stillicidiorum, 

43. Cephalozia leucantha. 

44. Fossombronia cristata, 

45. Coupe longitudinale de Aplozia crenulata : r, racine ; co, collet 
indistinct; p, pédicelle; ca, capsule. 

46. Lophozia excisa. 

47. Lophozia inflata var. laxa, 

48. Lophozia inflata typique. 

49. Coupe de la capsule du Jamesoniella autumnalis. 



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F. PELOURDE. — STRUCTURE DE LA RACINE DES PSARONIUS. 377 

Recherches comparatives 

sur la structure de la racine 

chez un certain nombre de Paaroniua 

(Suite); 
PAR M. FERNAND PELOURDE. 

Psaronius brasiliensis. — J ai aussi étudié un certain nombre 
de racines du Psaronius brasiliensis Brgnt. \ Ces racines étaient 
encore incluses dans la tige (Innenwurzein de Stenzel) et, par 
conséquent, limitées extérieurement par leur gaine scléreuse '. 

12A 




Fig. 9. — P«. braêiliensis : Coupe transversale prise dans la partie interne de 
récorce de la racine; /, lacunes. Les deux cellules remplies de hachures sont 
des cellules gommeuses. 

Coupe transversale. — On sait que, dans cette espèce, le 
parenchyme cortical interne est considéré comme compact, ce 
qui a fait ranger le Psaronius brasiliensis dans la section des 
Helmintholiihi. Mais, sur une préparation du Muséum assez bien 
conservée (numéro 1446 bis), j'ai constaté avec certitude, dans 
une des racines principalement, la présence de lacunes (/, fig. 9) ; 
ces dernières étaient bien moins nettes sur les autres prépara* 
lions que j*ai examinées, Técorce interne y étant en grande 
partie détruite, ou bien masquée par de nombreuses concré- 

1. Voir, sur le P». brasiliensis : Martius, Gen. et sp. Palm,, I; Unger, De Pal- 
nus fossilibus, p. LXX, pi. géol. I, fig. 4; Brongniart, Notice sur le Psaro- 
nius brasiliensis (Bull. Soc. bot. France, XIX, p. 3-iO); Zëillbr, Flore 
fmile d'Autun, p. 246-254, et pi. XXI. 

2. Stenzel, Die Psaronien,.. (loc. cit.), p. 110. 



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378 



SÉANCE DU 22 MAI 1908. 



lions. Ceci explique comment ces lacunes sont passées iaaper* 
çues; d'ailleurs, elles sont assez petites et peuvent apparaître au 
premier abord comme des cellules. Tantôt elles sont à peu près 
aussi grandes que celles*ei ; tantôt (et c'est le cas le plus général) 
elles sont plus petites, et semblent de grands méats. Générale- 
ment elles n'ont que quatre côtés, sur les coupes transversales, 
et elles sont limitées par autant de cellules ; chacun de leurs 
côtés correspond à un de ceux de la cellule adjacente. Il y a là 
une grande différence avec ce qui se passe chez le Pmroniu» 




1 I h I^ ^A 




Pig. H. — Coup« transversale du cy» 
lindre central de la raoine, chez le 
Ps. àrasiliensis; en Ire les faisccAVZ 
ligneux, on remarque le liber. 



Fig. 10. —Quelques cellules gommeuses 
prises dans la racine du Ps. braai- 
liensiSj et groupées par deux ou par 
trois (coupe transversale) ; entre ces 
cellules, on voit des restes de tissu 
parenchymateuik détruit. 

giganteus, par exemple, où les divers côtés de chaque lacune 
sont limités par plusieurs cellules disposées suivant une seule 
épaisseur. 

J'ai aussi observé dans l'écorce interne certaines oellulet 
gommeuses groupées par deux ou même par trois (fig. 10); en 
outre, sur la section de l'une des racines, l'ensemble des cellules 
ou des groupes de cellules gommeuses constituait uiïe spirale 
dont une des extrémités était située auprès de la gaine scléreuse, 
et l'autre, auprès du cylindre central. 

Quant aux faisceaux ligneux, ainsi que Ta montré M. Zeiller \ 

i. Flore fossile (TAulun etd*Épinac, p. 253. 



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F. PELOURDE. — STRUCTURE DE LA. RACINE DES PSARONIUS. ai9 

ils laissent entre eux très pea d*espace. Dans leurs intervalles, 
j*ai remarqué (fig. 11), malgré les concrétions, un tissu libérien 
souvent très abondant, et constitué par de petites cellules poly- 
gonales à parois très minces. On trouve parfois de semblables 
éléments jusqu'au centre du cylindre central, dans les espaces 
restreints que laissent entre eux les faisceaux ligneux. Enfin, à 
la périphérie du cylindre central, les cellules ont également des 
parois minces, mais elles sont aplaties dans le sens tangentiel» 
tandis que, à son intérieur, elles sont généralement allongées 
radialement, ou isodiamétriques. 

Ainsi, le liber est dépourvu de ces faisceaux scléreux si remar- 
quaUes que j'ai signalés dans l'espèce précédente. Sa conser- 
vation est néanmoins très bonne, et, si Ton excepte le Psaronius 
Zeidleri Corda*, on peut dire que, d'une façon générale, dans 
les racines des Psaronius^ il est bien moins complet, quand il 
n est pas disparu. 

Corda a figuré, notamment dans sesPs. radntcensis^, eleganSy 
etdaiis le Ps. radiatus Unger*, des restes de tissus qui étaient 
évidemment aussi des tissus libériens; Ste:<z£l a figuré des 
éléments analogues dans son Ps. Gôpperti^; et M. Zeiller a vu, 
entre les faisceaux ligneux de certaines racines du Ps. espar- 
geoUensis B. R., des amas de petits éléments qu'il considère 
aussi comme des restes de liber*; il en a également vu quel- 
quefois de semblables dans le Ps. asterolithus Cotta'. Mais, 
dans aucun de ces cas, la conservation n'était aussi complète 
que dans l'échantillon que je viens de décrire. 

En somme, il importe de retenir de la description qui précède:^ 
le bon état de conservation du liber, mais surtout la présence 
ignorée jusqu ici de lacunes dans Vécorce. On sait que les Psaro- 
nius avaient été divisés autrefois par Stenzel, d'une façon assez 
artificielle d'ailleurs, en deux grandes sections, suivant que 
'écorce de leurs tiges et celle de leurs racines étaient lacuneuses 
(Asterolithi) ou non (Helminthoiithi). D'après ce qui précède, le 

1. Corda, loc. cU,, p. 104, et pi. XL, (ig. 2, 3. 

2. Ibid,, p. 97, et pi. XXXI, fig. 3. 

3. ftirf., p. 102, et pi. XXXVII, fig. 5. 

4. Ibid., p. 106, et pi. XLIII, flg. 6, 7. 

5. Ueber die Staarsteine {loc. cU.\ p. 873, et pi. 37, fig. 2, 4. 
^. Flore fossile cTAutun (loc. cit.), p. 241, et pi. XXV, fig. 2 A. 
^ /6id., p. 256. 



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380 SÉANCE DU 22 MAI 1908. 

Ps. brasiliensis ne peut plus appartenir à la deuxième catégorie, 
mais bien à la première. 

Coupe longitudinale. — En outre des coupes transversales, 
j'ai examiné une coupe longitudinale, dont les diverses parties 
étaient assez mal conservées, mais qui m'a néanmoins donné 
un certain nombre de renseignements intéressants. Comme dans 
les autres espèces, j ai vu, à l'intérieur de la couche fibreuse, 
des cellules moins hautes et plus larges que les fibres ; puis, je 
suis arrivé progressivement à des éléments très larges, parfois 
même un peu plus laides que hauts, et dont la section est qua- 
drangulaire : les parois transversales de ces éléments sont 
planes, et leurs parois latérales sont souvent convexes. En un 



jrrniâôj^ 




^rrr^ 



Fig. 12. — Coupe longitudinale d'une Pig. 13. — Coupe longitudinale d'une 
partie de Técorce de la racine, chez partie de l'écorce de la racine, chez 
le Ps. brasiliensis'y /, lacune; g^ cel- le P«. brasiliensis, montrant une cel- 

lules gommeuses. Iule gommeuse complète, suivie, à 

chaque extrémité, par une autre cel- 
lule gommeuse. 

mot, ils ressemblent beaucoup à ceux que j'ai décrits i la même 
place dans le Ps. giganteus. 

Je n'ai pas suivi les lacunes jusqu'à leurs extrémités, mais, 
d'après les fragments que j'en ai observés (fig. 12), je puis dire 
qu'elles devaient avoir une certaine longueur. 

Les cellules gommeuses rencontrées par la coupe longitu- 
dinale (fig. 13) avaient une section à peu près rectangulaire. 
Leurs faces latérales étaient convexes, et leurs faces transver- 
sales étaient rectilignes. Quant aux cellules qui lés limitaient, 
elles étaient plus allongées et moins larges que celles qui cons- 
tituaient le reste de l'écorce interne. 

En résumé, dans les racines du Ps. brasiliensis, on doit 
remarquer surtout : V la présence de lacunes, ignorée jusqu ici ^ 
ainsi que la forme et la taille de ces lacunes, qui permettent 
de les distinguer de celles du Ps. giganteus, par exemple; 
2° l'absence de fibres libériennes, rendue manifeste par la 
coupe de certaines racines bien conservées. 



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F. PELOURDE. — STRUCTURE DE LA. RAGNE DES PSARONIUS. 381 

Pour ces raisons, le Ps. brasiliensis se distingue nettement 
des deux autres espèces que j'ai étudiées avant lui. 

Psaronius asterolithus. — La racine du Ps. asterolithus Cotta' 
ma révélé, en coupe transversale, une structure analogue à 
celle qu'a décrite et figurée M. Zeiller*. A son extérieur, j*ai 
observé une ou deux assises de cellules i parois un peu épaissies 
et sclérifiées, et, en dehors de celles-ci, une bande circulaire 
noire qui doit provenir de la transformation d'une partie de la 
gaine scléreuse en houille. Je n'ai pas vu de zone parenchyma- 
leuse externe. 

Aux environs du cylindre central, j'ai vu, çà et là, plusieurs 




Fig. 14. — Coupe longitudinale d'une partie de Técorce de la racine, dans le 
Ps. asterolithus; /, lacunes. 

assises compactes de petites cellules aplaties; l'emplacement de 
ces dernières, quand elles sont détruites, est occupé par des 
traînées noires dues à la transformation des tissus en houille, 
comme celle que j'ai signalée à l'extérieur de la racine. 

Enfin, le cylindre central était limité par une assise de cellules 
dont certaines étaient assez bien conservées ; cette assise est 
analogue à celle que Corda a signalée, par exemple dans son 
Ps. iniertexlusy sous le nom de « Scheide des Holzbûndels »'; 
à son intérieur, je n'ai pu distinguer que les faisceaux ligneux. 

Coupe longitudinale- — En outre, j'ai observé certaines 
lacunes en coupe longitudinale (fig. 14). Ces dernières sont infi- 

1. Die Dendrolitheriy p. 29-30, et pi. IV. 

2. Flore fossile d^Autun [loc, cit.), p. 255-261, et pi. XXVI, fig. 1 A, 1 B, 
1 C, 2 A. 

3. Loc. cit., p. 99 et pi. XXXIII, fig. 2 et 6. 



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3B2 SÉinCE DU 22 MAI 1968. 

ûiment moins allongées que chez ies Ps. giganieut^ et aussi chez 
le Ps, brasiliensis. Elles sont seulement deux ou trois fois plus 
hautes que larges, et elles sont limitées par une seule épaisseur 
4e cellules. En un mot, leur forme est très spéciale^ et tUe permet 
aisément de distinguer le Ps. asterolithus des antres espèces que 
fat étudiées. 

Antres espèces. — J*ai encore examiné un certain nombre 
d'autres Psaronius, notamment les Ps. medullosus Unger, 
mdictus Unger, iibractensis B. R., etc.; tous avaient leurs 
racines très mal conservées et réduites presque exclusivement à 
la gaine scléreuse. Toutefois, certaines de celles du Ps. radiaius 
avaient conservé quelques rares traces de leur liber, et aussi 
quelques cellules parenchymateuses à la pointe des faisceaux 
ligneux. 

CONCLUSIOHS 

Les observations qui précèdent montrent qu'il existe, dans la 
racine des Psaronius, des caractères anatomiques qui ont une 
très grande valeur au point de vue de ia distinction des espèces. 
C'est ainsi que Ton peut caractériser le Ps. giganteus par la 
faible épaisseur de sa gaine scléreuse et la petite taille des élé- 
ments qui constituent cette région; — le Psaronius que Roche a 
appelé à tort infarctus, par ses amas de fibres libériennes ; — 
le Ps. broisHiensiSy par l'organisation de ses lacunes; — le 
Ps. astei'olithus, par ses lacunes courtes. On voit donc que l'étude 
des racines des Psaronius^ trop négligée jusqu'ici, peut fournir 
des renseignements très importants au point de vue systéua- 
tique ; la connaissance complète des racines, jointe à celle des 
tiges, permettrait d'établir la classification sur des données plus 
précises et plus rationnelles. 

M. Gatîn fait la communication suivante : 



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C.-L. GATIW. — nULNSFOIMATlON DC MAISNOSE EN GLUCOSE. 383 

Transformation diastasique du mannose en 
glucose au cours de ta germination du 
Bonssus Ûabèlliformis L.; 

PAR M. CL* GATIN, 

On S9iV qu€, lorsqu'une graine dont ta réserve est constituée 
par de la mannane effectue sa germination, cette mannane 
•liydrolys^ lentement sans qu'il soit possible de déceler, soit 
dunt la partie ramollie de la réserve, soit dans le ootylédon de 
k plante^ la présence de mannose libre. 

Um seule graine s'^st m<Mitrée jusqu'ici faire exception à 
t5fctte régie, c'est celle du Bêi^assus fhzbeilifnrmis L. — J'ai 
montré, en effet*, que lorsqu'on presse ensemble les cotylédons 
et l'albumen de jeunes Borassus en germination, on obtient un 
jus qui est riche en mannose : 3 ce. d'un semblable liquide ont 
donné gr. 07 de mannosehydrazone, représentant 6 gr. 04<» 
de mannose, sok 2,3 p. 100. 

J'ai veipris plus récemment' cette recherche et j'ai pu établir 
que le mannose que l'on peut mettre en évidence dans les graines 
de Borûssuê flabellifùrmh en germination se trouve localisé 
dans la ]^rtie ramollie de l'albumen, où il est accompagné de 
ghicose, alors qu'on ne trouve que ce dwaier sucre dans le 
cotylédon et la partie externe des plantules.. 
'J'-avais considéré ce dernier fait comme favorable à cette 
hypothèse que le mannose produit aux dépens de Talbuimen est 
transformé en glucose, au fur et i mesure de sa production, par 
une diastase appropriée. Cette manière de voir, que j'avais 
émise dans un travail antérieur ^ est basée sur la découverte, 

i. Herissey (H.), Uecherckes chimiques et physiologiques sur la digestion des 
mœnnanes et des galacftaneSy par la Sémin&sey chez ks végétaux (Revue gén<^- 
rale de Botanique, XV [1903], pp. 345. 369, 406, 444). 

2. Gatin (C.-L.), Contribution à V étude chimique de la germination du 
Borassus flabelliformis L, (Bull, de la Soc. bot. de France, LTI [1005], 
pp. 558-561). 

3. Gatin (C.-L.), "Souvelle contribution à V étude chimique de la germina- 
tion du Borassus flabelliformis L. (Revue générale de Botanique, XVIII [1905 j, 
pp. 481-483). 

4. Gatin (C.-L.), Recherches anatomiques et chimiques sur la germina- 
tion des Palmiers (Ann. des Se. nat. Botanique, IX" série, TII [1906], 
pp. 191-315). 



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384 SÉANCE DD 22 MAI 1908. 

faite par Lobby de Bbuyn * que le passage par isomérisation d'un 
sucre en C* à un autre est possible lorsqu'on place le sucre 
considéré en solution alcaline i chaud. 

On s'expliquerait ainsi qu'il soit impossible de déceler le 
mannose libre dans la germination des graines à albumen corné 
et encore que le glucose s'y trouve toujours en abondance 
comme par exemple dans l'albumen germé du Phœnix daety- 
lifera L. 

Ce glucose provient en partie, il est vrai, de la digestion des 
dextranes qui accompagnent les mannanes^ dans l'albumen de 
cette graine. Il faut alors admettre, ou que le mannose est 
utilisé instantanément par la plante et disparaît, tandis que le 
glucose est consommé beaucoup moins vite, ou qu'il est isomé- 
risé au fur et à mesure de sa formation. 

Un essai de vérification de cette hypothèse avait déjà été 
traité par moi' sans succès d'ailleurs, en faisant agir sur du 
mannose un mélange d'eau et d'albumen germé et broyé de 
Phœnix dactylifera L. L'addition d'eau était vraisemblablement 
une mauvaise condition pour la réussite de cette expérience, 
de même que la légère acidité du mélange. 

J'ai tenté de recommencer ces essais en me servant de l'albu- 
men ramolli des graines germées du Borasstis flabelliformis. 
Cet albumen ramolli peut être pressé et donne un jus qu'il est 
possible d'utiliser sans addition d'eau. 

Un lot de graines fraîches de Borassus reçues récemment du 
Mozambique^ ont été mises à germer en serre chaude ^ Après 
quelques semaines, onze de ces graines, dont les germes avaient 
atteint une longueur de 15 cm. environ, ont été ouvertes et la 
partie ramollie de l'albumen, extraite avec soin, a été placée 
dans une petite toile et pressée dans une petite presse à main. 
On a obtenu ainsi un peu plus de 8 ce. d'un jus légèrement 

1. Lobby de Bbuyn (Recueil des Travaux chimiques des Pays-Bas, 
vol. XIV, pp. 156-203 [1898] et XIX, p. 1 [1900]). 

2. Gatin (C.-L.), Recherches anatomiques et chimiqueSy etc. 

3. Gatin (C.-L.), Ibid, 

4. De M. A. J. G. da Rocha à Quelimane. 

5. C'est seulement à la bienveillante hospitalité que m'a donnée dans 
ses serres M. Moser, horticulteur à Versailles, que je doisd'avoir pu effec- 
tuer ces germinations. Je lui adresse ici mes plus vifs remerciements. 



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C.-L. GATIN. — TRANSFORMATION- DU MANNOSE EN GLUCOSE. 385 

acide avec lequel on a préparé, dans deux flacons semblables, 
les mélanges suivants qui ont été placés ensuite dans Tétuve 
à 37\ 

I 



(témoiD) 
Jus neutralisé exactement 
avec du bicarbonate de 

soude pur 4 oc. 

bouilli 
Antiseptique : toluène q. s. 



II 

(expérience) 
Jus neutr|ilisé exactement 
avec du bicarbonate de 

soude pur 4 ce. 

non bouilli 
Antiseptique : toluène q. s. 



Après 40 heures, l'expérience a été arrêtée. La réaction était 
restée neutre. 

On a amené, pour chacun des deux flacons, le volume à 6 ce. 

et effectué ensuite le dosage du pouvoir réducteur (sur 1 ce.) et 

celui du mannose à Tétat de mannosehydrazone (sur 5 ce). Voici 

quels ont été les résultats obtenus : 

I II 

Pouvoir réducteur total 0.096 0.096 

Mannosehydrazone pesée 0.073 0.052 

Mannose total calculé 0.059 0.042 

Point de fusion • de la mannosehydra- 
zone obtenue 219® 218o 

Le pouvoir réducteur étant resté constant, la quantité de 
mannose contenue dans la liqueur non bouillie a diminué d'en- 
viron un tiers. Le glucose, qui accompagne toujours le mannose 
dans les jus extraits de Talbumen ramolli, ayant le même pou- 
voir réducteur, il semble parfaitement légitime d'admettre que, 
dans cette expérience, le mannose primitivement contenu dans 
le jus d albumen s*est transformé en glucose. 

Remarquons que les dosages de mannose effectués sur de 
petites quantités de ce sucre en présence de glucose présentent 
un grand degré de précision. 

En effet j'ai préparé deux mélanges semblables contenant 

Mannose sec '. gr. 06 

Glucose «ec » . . gr. 03 

Eau 5 ce. 

Dans chacun de ces mélanges le dosage du mannose a éit 
effectué comme dans le cas de rexpérieùce d^somérisation. 

1. Déterminé au bloc Maquenne par la méthode de la fusion instan- 
tanée de G. Bertrand. 

T. LV. (SÉANCE*) 25 



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386 SÉANCE DO 22 MAI i90S. 

Voici les résultats obtenus : 

Mannosebydrazono calculée. Mannosehydrazone sèche obtenue. 

I II 

gr. 090 gr. 087 gr. 086 

Il résulte de tout ceci qu'il est maintenant possible d'admettre 
dans Talbumen de la graine du Borassus flabelliformis L. en 
germination, la présence d un ferment soluble qui transforme 
en glucose le mannose produit au cours de la digestion de 
l'albumen. Je propose de donner à ce ferment le nom de 
manno'isomérase. 

M. Chauveaud expose le travail ci-dessous : 

Sur le passage de la structure alterne 
à la structure concentrique avec liber externe; 

PAR M. G. CHAUVEAUD. 

En suivant le développement de l'appareil conducteur dans 
une Monocotylédone * nous avons vu que la disposition à bois 
concentrique fait suite à la disposition superposée, laquelle dérive 
comme nous savons* de la disposition alterne. 

Il nous restait à relier à cette disposition alterne la dispo- 
sition à liber concentrique si répandue parmi les Cryptogames 
vasculaires. 

C'est ce que nous allons faire en étudiant Tappareil conduc- 
teur du Psilotum triquetrum dans la portion aérienne de sa 
tige '. 

A la base de cette tige, les tubes criblés qui se différencient 
comme toujours, en premier lieu, sont disposés suivant un 
cercle assez régulier (L, fig. 1). Un peu plus tard un vaisseau 

1. Mode de formation du faisceau libéro- ligneux chez les Monocotylédones 
(Bull. Soc. bot. de France, 1V« Série, t. VII, p. 202). 

2. Persistance de la disposition alterne primitive dans les cotylédons de la 
Betterave (Bull. Soc. bot. de France, IV« Série, t. VI, p. 369). 

3. Cette plante a été l'objet de recherches nombreuses. Bertrand entre 
autres lui a consacré presque entièrement deux Mémoires contenant ujq 
nombre considérable de figures où les vaisseaux ont été représentés avec 
beaucoup d'exactitude. 



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G. CHAUVEAUD. — SUR LA STRUCTURE ALTERWE ET CONCENTRIQUE. 381 

(B, fig. 1) se difîérencie au centre de ce cercle. D'autres vais- 
seaux se différencient ensuite à partir du premier et Ton a un 




L-^-- 



Fig. 1. — Portion centrale de coupe transvei'sale menée à la base de la tige 
dressée (Psilotum triquetrum). État jeune. L, tube criblé; B, vaisseau. Dispo- 
sition à liber concentrique. 

faisceau ligneux unique (B, fig. 2) entouré par le liber (L, flg. 2), 
c'est-à-dire la disposition à liber concentrique. Cette disposi- 



L...r 




L.'- 



Fig. 2. — État plus âgé que fig. !. B, faisceau ligneux; L, tubes criblés. Dispo- 
sition à liber concentrique. 



tien persiste à ce niveau pendant toute la durée de la tige. 

Au voisinage du sommet d'un rameau aérien, les tubes criblés 

sont disposés suivant deux arcs par exemple (L, fig. 3), puis les 



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388 SÉANCE DU 22 MAI 1908. 

vaisseaux se différencient en deux points diamétralement opposés 
(B, fig. 3), et de nouveaux vaisseaux se différencient ensuite en 
dedans des précédents. On a alors deux faisceaux à différen- 



Fig. 3. — Portion centrale de coupe transversale menée au voisinage de l'extré- 
mité d'un rameau aérien (P. triquetrum). État jeune. L, faisceau libérien; 
B, faisceau ligneux représenté par un seul vaisseau. Disposition alterne. 

ciation centripète (B, fig. 4), alternes avec deux faisceaux libé- 
riens (L, fig. 4). G*est la disposition alterne typique. 

Si nous étudions la tige un peu au-dessous du point où elle 
présente sa première bifurcation, nous observons un plus grand 




Fig. 4. — État plus âgé que fig. 3. L, faiseeau libérien; B, faisceau ligneux 
centripète. Disposition alterne. 

nombre de tubes criblés disposés assez irrégulièrement (L, fig. 5). 
Les premiers vaisseaux (B, fig. B) se trouvent intercalés irréguliè- 
rement entre les tubes criblés; ensuite les nouveaux vaisseaux se 
différencient en dedans des premiers vaisseaux, et Ton a, en défi- 
nitive, un certain nombre de faisceaux ligneux centripètes 
(B, fig. 6), alternant avec autant de faisceaux libériens (L,fig. 6). 



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C. CHAUVEAUD. — SUR LA STRUCTURE ALTERNE ET CONCENTRIQUE. 389 

C est la structure alterne, que Ton représente d'ordinaire dans 
les traités classiques ^ 

Ainsi, i la base de la tige on a la disposition à liber concen- 
trique (fig. 1,2); au-dessous de sa première bifurcation on a la 
disposition alterne (flg. B, 6). Entre ces deux dispositions bien 
tranchées, on peut trouver toutes les transitions ; il suffit pour 




Fig. 5. — Portion centrale de coupe transversale menée au-dessous de la pre- 
mière bifurcation de la tige. État jeune (P. triquetrum)\ L, tube criblé; B, vais- 
seau. Disposition alterne. 

cela de faire des coupes en série depuis la base jusqu'à cette 
bifurcation. En s'élevant, on voit apparaître deux faisceaux 
ligneux, d'abord très rapprochés Tun de l'autre; puis ces deux 
faisceaux ligneux se montrent de plus en plus écartés et leur 
différenciation devient bien nettement centripète. Le nombre 

1. Cette disposition alterne a été représentée notamment par Pritzel 
[Die naturlichen PfianzenfamUien, I Teil, Abtheilung 4, p. 610). Voir aussi 
Gampbell (The Structure and Development of Masses and Ferns, p. 507] avec 
les indications bibliographiques. 



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390 



SÉANCE DU 22 MAI 1908. 




Fig. 6. — État plus âgé que fig. 5. L, faisceau libérien; B, faisceau ligneux. 
Disposition alterne. 




Fig. 7. — Portion centrale de coupe transversale menée à égale distance de la 
base et de la première bifurcation. État adulte (/\ iriquetrum), B, faisceau 
ligneux centripète. Les tubes criblés (L) sont encore concentriques. Disposi- 
tion intermédiaire entre la disposition à liber concentrique primitive et la 
disposition alterne. 



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EG. BERTRàND. — CARACTÉlUSTfQCJBS DU «Eî^RE CARDIOGARPUS. ^1 

des faisceaux ligneux centripètes (B, fig. 7) «*aocrolt pro- 
gressivement , mais le liber demeure encore concei^rique 
(L, fig. 7). Plus haut, quelques tul>es criblés se montrent en 
alternance; le nombre des tubes criblés alternes augmente 
quand on s'élève davantage; on arrive enfin à un niveau où la 
disposition alterne se trouve réalisée complètement. 

Les difTérentes structures des plantes vasculaires peuvent donc 
être reliées Tune à Tautre et leur enchaînement présente une 
continuité parfaite. 

M. Lutz donne lecture de la communication suivante de 
M. Bertrand : 

Les caractéristiques du genre Cardiocarpus 
d'après les graines siliciflées étudiées par 
Ad. Brongniart et B. Renault'; 

PAR M. C.-Eo. BERTRAND. 

1. — Lunité du tégument séminal. — Le tégument séminal 
des Cardiocarpus est unique comme celui des graines digones 
que nous avons déjà caractérisées. Ce tégument est sclérifié dans 
sa partie profonde et charnu dans sa portion superficielle. Ces 
deux parties, qui correspondent exactement à Tendotesta et au 
sarcotesta de Brokgniart et Renaclt, sont attachées Tune à 
lautre par une assise lignifiée dont les éléments ont des parois 
minces ornées de fines hélices ou de réticulations. Il n*y a pas 
de double lame épidermique entre le sarcotesta et Fendotesta. La 
zone superficielle de la coque n'est pas un épiderme, même chez 
le C. orbicularis. — Le mince tégument interne qui a été parfois 
signalé à Tintérieur de Tendotesta désigne tantôt Fépiderme 
tégumentaire interne accidentellement isolé de la coque, et 
d'autres fois une lame de mucus circumnucellaire plus ou moins 
concrétée habituellement chargée de filaments mycéliens. 

2. — La vascularisation du tégument. — Première idée de 

1. Llndicatioa détaillée des documents mis en œuvre sera publiée avec 
la spéciûcation de ces graines. Nous nous bornerons dans cet article à 
énoncer les caractéristiques génériques des Cardiocarpus^ 



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392 SÉANCE DU 22 MAI 1908. 

la structure du faisceau caréual. — Dans les Cardiocarpt^ le 
cordon hilo-chalazien F« émet les deux faisceaux carénaux /«, /),, 
avant d'entrer dans la coqxie. /*„ et /^ suivent les carènes en con- 
tournant le fond et les flancs de la coque. Ils s'i^vancent ainsi 
jusqu'au canal micropylaire. Après rémission des faisceaux 
carénaux, le cordon F^ gagne directement la chalaze. Celle-ci 
est large et mince, même dans le plan AP. Les faisceaux issus 
de la chalaze montent tous dans l'épaisseur du sac nucellaire. 
La chalaze n'envoie pas de cordons vasculaires dans la face 
interne du tégument. Comme conséquence de cette vascularisa- 
tion, les faisceaux carénaux sont toujours extérieurs à la coque. 
La coque n'a ni canaux latéraux ni canaux récurrents, le fond de 
la coque ne présente qu'un orifice externe O^e à l'extrémité de 
sa pointe hilaire. Ces caractères excluent du genre Cardia- 
carpus : V \e Cycadinocaiyus augustodunensis de B. Renault 
(PI. III); 2° les Cyclocarpus nummularis et tenuis de Brongniart 
(PI. IV et PI. V). — D'après les grandes espèces, C. drupaceus 
\. Br.,C. carinatus sp. nov.,le faisceau carénai, plus ou moins 
'".arté de la crête correspondante, y est rattaché par une lame 
olumellaîre rayonnante ^ Le faisceau large étalé tangentielle- 
ment tend à se plier en gouttière sur la lame columellaire d'où 
une section transverse en {). Le faisceau tend très manifeste- 
ment à se lober, le bois se localisant à la face interne des bran- 
ches gauche et droite de V[\. Je ne puis préciser le nombre des 
points polaires ni le sens de la difierenciation du bois primaire 
avec les seuls documents de Brongniart et Renault. On voit de 
chaque côté une lame ligneuse secondaire externe, et, extérieu- 
rement au faisceau, ou à la limite externe de son liber, une 
lame de tubes sécréteurs. Le faisceau est accompagné sur sa 
marge externe de cellules courtes lignifiées à ornementations 
spiralées g"' (PI. I). On trouve des cellules lignifiées plus grêles, 
isolées sur toute la face antérieure du faisceau. On en trouve- 
rait aussi dans le tissu qui rattache le faisceau à la gaine caspa- 
ryenne *. — Les graines qui présentent les faisceaux carénaux 
conservés sont extrêmement peu nombreuses, et pourtant on 

1. La lame columellaire est désignée par lapsus : %)l bois, sur la figure 
6, PI. I. 

2. Brongniart et Renault se rendaient nettement compte que ces élé- 
ments spirales latéraux et parfois même dorsaux ne sont pas du Bois. 



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E6. BERTRAI^D. — CARACTÉRISTIQUES DU GENRE CARDIOCARPUS. 393 

voit chez le C. carinatus sp. nov. que le faisceau tend à être 
> protégé par une gouttière sclérifiée qui part de chaque côté de 
la crête de la carène à l'attache de la lame columellaire. 

3. — La crête sous-chalazienne et ses sustelleors. — La cavité 
séminale est rendue nettement cordiforme par la présence d'une 
crête sous-chalazienne gauche droite qui élève nettement rat- 
tache du nucelle au-dessus du fond de la coque ; d'où aussi deux 
sinus inférieurs internes très nets. L'entonnoir supérieur de la 
crête est peu profond, avec un seul orifice O^i au lieu de trois 
comme dans les graines rhabdôcarpiennes. La coupe méri- 
dienne AP de la crête montre en haut de chacun de ses flancs 
une plaque sustellienne enchâssée dans l'épaisseur de la partie 
profonde de la coque. Le sustelleur est un amas de petites 
cellules rondes à parois minces, réticulées ou spiralées, sur 
lequel vient se terminer la lame des cellules méridiennes de la 
coque '. Les deux sustelleurs sont reliés entre eux par des pro- 
longements du même tissu qui traversent la crête l'un vers la 
face G, l'autre vers la face D. — Les sustelleurs sont propres 
jusqu'ici aux graines des Cardiocarptis. 

4. — Absence de bothrions. — Il n'a pas été vu de bothrions. 
Les plis inférieurs des faces gauches et droites du C. bigibbosus 
ifig. 8, 9, 10, PI. II), seraient-ils une indication de formations 
physiologiquement équivalentes? 

5. — Ensemble et profils de la coque. — Dans son ensemble, 
la coque dénudée est généralement lenticulaire et cordiforme. 
Élai^ie dans le plan AP, à équateur abaissé, aplatie dans le plan 
GD, amincie du côté micropylaire et par suite se couchant en 
stabilité sur l'une des faces G ou D. Le profil externe AP est 
bordé d'une crête qui s'atténue en arrivant au tube micropylaire. 
Dôme confondu dans la courbure supérieure des flancs, sans 
épaulettes. Bec micropylaire droit, à peine saillant, ouvert 
dans le plan AP. La crête de la coque s'interrgmpt ordinai- 
rement avant d'arriver à la pointe micropylaire. Celle-ci parait 
ainsi enchâssée dans une dépression externe du fond, C. dru- 
paceus. Ce caractère peut s'atténuer beaucoup; la pointe hilaire 
envahie par un prolongement des crêtes A et P parait alors 

i . Les sustelleurs sont très visibles de chaque côté de la crête sous- 
chalazieDoe du C, orbicularis (PI. VIII, flg. 4). 



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394 SÉANG£ OU %t MAI 1908. 

tout entière au-dessous du fond de la coque, C. orbicularit 
(fig. 1, PL VIII). — On dirait qu'il y a aussi une tendance géné- 
rale à marquer d*un sillon méridien le bas des faces G et D. 
Le C. tetralobus sp. nov. présente l'état le plus accentué de 
cette disposition. Elle n'est pas incompatible avec les plis ou 
pochettes du C bigibbosus^ qui serait comme enchâssés dans 
ces sillons. — Lie profil méridien AP de la coque est uu 
anneau cordiforme limité en dedivns par un contour cordi- 
forme net, en dehors par un contour cordiforme ou napiforme 
selon l'extension inférieure de la crête- — Le profil GD est 
un anneau napiforme élancé, plus épais dans sa partie infé- 
rieure, avec pointe hilaire prolongeant le fond. Les bords du 
tube micropylaire sont un peu épaissis et le tube est fermé. Il 
est donc très difficile de distinguer sur ces coupes les graines 
rhabdocarpiennes des graines cardiocarpiennes. — Le profil 
horizontal équatorial est un anneau lenticulaire avec crêtes 
externes antérieure et postérieure. En dehors de la crête ses 
épaisseurs maxima sont dans le plan GD, les épaisseurs minima 
sont près des plans G A et CP. 

6. — Structure de la coque. — La coque présente une assise 
intérieure de cellules dites méridiennes opposée à un ensemble 
de couches plus externes. Les cellules méridiennes montent 
jusqu'à la trompe micropylaire vers le haut. Dans le bas la 
lame des méridiennes s'attache sur les sustelleurs. L'ensemble 
extérieur apparaît comme se différenciant en trois zones dans 
les C drupaceus, C. orbicularis : 1* une zone profonde con- 
tiguë à l'assise des cellules méridiennes, totalement sclérifiée; 
2^ une zone moyenne dont les éléments isodiamétriques peuvent 
demeurer amincis dans les coques différenciées en vue d'une flot- 
taison prolongée comme dans le C orbicularis; 3"^ enfin la zone 
externe à éléments totalement sclérifiés qui tendent à prendre 
une orientation radiale et à s'allonger horizontalement dans ce 
sens. Par simplification ou réduction, il ne subsiste plus qu'une 
différence d'orientation et de taille, tous les éléments étant tota- 
lement épaissis dans les coques en apparence homogènes. Il y a 
tendance à avoir un cristal central dans la cavité des cellules 
moyennes et profondes, môme dans les cellules méridiennes. 
On ne voit pas chez les Cardiocarpus l'opposition entre une 



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EG. BERTRAND. — CARACTÉRISTIQUES DU GENRE CARDIOCARPUS. 395 

zone colorée et une zone profonde sclérifiée signalée chez les 
Rhabdocarpus. Quand la coque présente deux lames sclériGées 
séparées par une couche de tissu à parois minces, on voit que la 
couche profonde fournit seule le tube préchalazien qui entoure 
le cordon F^ entre ToriQce O^e et la chalaze, faisant ainsi pré- 
voir ce qui se passera dans les tubes préchalaziens des Codono- 
spemium, Polylophospermum, etc. — Il n'y a pas de lignes de 
dépiscence nettement différenciées dans la coque, mais seule- 
ment un alignement radial de quelques files cellulaires dans les 
plans CA et CP. 

1. — Les plaques tylaires et répiderme tégumentaire interne. 
— Les Cardiocarpus ont régulièrement deux plaques tylaires, 
parfois même très développées, réduisant beaucoup l'épaisseur 
du nucelle. — Les cellules épidermiques tégumentaires internes 
sont de taille moyenne ou assez grandes, plus grandes que celles 
du sac nucellaire à la même hauteur. C'est l'inverse de ce que 
montrent les graines rhabdocarpiennes. 

8. — Le reTétement charnu de la graine et la forme générale de 
celle-ci. — La présence d'un revêtement charnu, sarcotesta, 
est constante même dans les graines que Brongniabt appelait 
C. sclero testa,. Le sarcotesta couvre la coque d'une couche 
charnue d'épaisseur variable. Au niveau de l'équateur elle a 
deux maxima dans le plan GD, et deux maxima aussi dans le 
plan AP. Ces derniers déterminent une sorte de crête dans le 
profil AP de la graine complète. On la retrouve encore alors que 
la graine devenant très épaisse comme dans le C. orbicularis 
présente deux laides bandes déprimées A et P (ep. fig. 6, 
PI. VII). Ce sont là de très faibles nuances; elles doivent pour- 
tant être signalées dans la caractérisation des espèces. Le sar- 
cotesta épais sur le fond de la graine dissimule le faciès cordi- 
forme du fond de la coque. — Le sarcotesta est mince sur le 
dôme, coupé carrément avec pointement micropylaire très petit. 
Aucune indication de prolongement en museau. 

9. — Structure du sarcotesta. — La structure du sarcotesta 
est certainement variable d'après les trois exemples qui ont été 
vus ou entrevus. L'épiderme tégumentaire est à petites cellules, 
courtes, plates, non palissadiques comme celles des Rhabdo- 
cat^yus^ cellules hypodermiques peu différenciées, en cellules 



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396 SÉANCE DU 22 MAI 1908. 

courtes, ovif ormes sur les flancs A et P du C. drupaceus. Pas 
de paquets fibreux dans la couche externe du tissu fondamental 
différencié en deux zo nés. Les plages claires du C. drupaceus 
sont localisées dans la zone externe où les éléments tendent i 
s'élargir tangentiellement. Tendance à un alignement rayonné 
dans les éléments plus profonds. Le raccord du sarcotesta à la 
coque se fait par des cellules, à parois minces; lignifiées, spira- 
lées et réticulées, elles semblent passer aux éléments externes 
de la coque chez le C. drupaceus; chez le C orbicularis elles 
figurent une enveloppe aussi différenciée que celle des Rhabdo- 
carpus et des Taxospermum, Il n'a pas été vu de cristaux dans 
cette couche de raccord. 

10. — Le sac nucellaire et sa structure. — Le sac nucellaire 
est lenticulaire, à la fois lingjuiforme et cordiforme. Son inser- 
tion étroite est limitée à la largeur de la crête sous-chalazienne 
dans le plan AP. Elle est un peu moins longue que la crête dans 
le plan GD. Le sac nucellaire a deux poches inférieures très 
accusées. L'équateur de la lentille est très abaissé. En général, 
par contraction, la partie supérieure du dôme nucellaire est 
rétractée et comme tronquée ou déprimée en son milieu 
{fig. 1,P1. II). Cône nucellaire lenticuUaire petit, bec nucellaire 
étroit, rétracté en arrière, plus large dans le plan AP que dans 
le plan GD. — L*épiderme nucellaire a des cellules plates, un 
peu allongées dans le méridien, plus petites que celles de Tépi- 
derme tégumentaire interne. Il y a des faisceaux dans l'épaisseur 
du nucelle. Je ne puis spécifier le détail de leur structure. Les 
deux feuillets du tissu fondamental sont ordinairement écrasés. 

11. — Le sac embryonnaire. L'endosperme et les corpuscules. 
— Le sac embryonnaire a une paroi épaisse. Il est lenticulaire, 
déprimé au milieu de son bord inférieur, déprimé aussi et plus 
mince dans le haut sans enfoncements latéraux G et E. — 
L'endosperme a la même configuration que le sac embryon- 
naire. En haut et au milieu il porte un bouton médian saillant 
entre les deux corpuscules. La structure est celle du tissu endos- 
permique des Rhabdocarpus. — Il y a deux corpuscules dans 
le plan AP. 



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ED. GRIFFON. — ESSAIS SUR LE GREFFAGE DES PLANTES HERBACÉES. 397 

M. Griffon résume le travail ci-après et fait circuler 
parmi les membres présents des photographies relatives a 
ce travail. 

Nouveaux essais sur le greffage 

des plantes herbacées; 

PAR M. ED. GRIFFON. 

A la fin de 1906, j'ai eu Thonneur de communiquer à la 
Société botanique de France * le résultat de mes recherches sur 
le greffage des Solanées. Dans aucune des nombreuses greffes 
faites sur diverses espèces de Solanum je n'ai pu constater de 
variations devant trouver nécessairement leur explication dans 
une influence spécifique réciproque du sujet et du greffon ou, si 
Ton veut, dans ce que Darwin a longuement étudié sous le nom 
à' hybridation par greffe ou hybridation asexuelle. 

Comme je le disais il y a un an, on ne peut évidemment 
songer à élucider une question aussi complexe avec une série 
d'expériences faites dans une seule saison. C'est pourquoi j'ai 
entrepris au cours de 1907 de nouvelles recherches sur les 
Solanées et aussi sur les Légumineuses. Plus de 400 plantes 
greffées et non greffées ont été cultivées comparativement dans 
les mêmes conditions et suivies avec attention pendant tout le 
cours de leur développement. 

Mes recherches étaient de deux ordres. Les unes ont porté 
soit sur des greffes identiques à celles de l'an dernier, de façon à 
voir si j'obtiendrais des résultats de même nature, soit sur des 
greffes d'autres espèces ou d'autres variétés ; les autres, moins 
nombreuses, avaient trait à l'étude de la descendance des plants 
greffés. 

Ces dernières expériences ont été effectuées seulement avec 
la Tomate, car un asM7 grand nombre de fruits récoltés en 
1906 ont été sacrifiés pour l'examen anatomique ou mis dans 
l'alcool pour être conservés. 

J'ai dit l'an dernier que mask Tomstes récoltées sur pieds 

1. Ed. Griffon, Quelques essais sur le greffage des Solanées (Bull, de la Soc. 
bot. de France, 4« série, t. LIV, 1907, pp. 699-705, 1 pi.) 



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S9S SÉANCE DU 22 MAI 1908. 

greffés avec l*Aubergine et la Pomme de terre ne présentaient, 
en général, aucune différence importante avec les Tomates 
récoltées sur des pieds non greffés. Bien mieux, il est arrivé, à 
plusieurs reprises, que des Tomates greffées sur Pommes de 
terre se sont couvertes de côtes d'une façon plus marquée que 
d'habitude alors que l'inverse aurait dû avoir lieu, le fruit de la 
Pomme de terre étant sphérique et dépourvu de côtes. Mais sur 
certains pieds non greffés j'ai observé le même phénomène qui, 
les cultivateurs de Tomates le savent bien, se généralise cer- 
taines années. Il n'y a du reste qu'à visiter les jardins maraî- 
chers et les établissements d'exportation pour voir la quantité 
parfois considérable de Tomates irrégulières et très côtelées que 
peut produire une variété donnée dans des cultures où, comme 
on pense, il n'est pas question de greffe. 

Mais si, du premier coup, l'hybridation asexuelle ne semble 
pas se produire dans le fruit né à la suite du greffage, il se 
pourrait que l'embryon fût seul influencé et que les plantes 
qui en dérivent présentassent des caractères des variétés qui 
étaient associées dans la greffe, ou, s'il n'y a pas hybridation, 
des caractères nouveaux apparus à la suite du traumatisme. 
Sans croire à l'influence spéciflque réciproque du sujet sur le 
greffon, certains praticiens ont souvent prétendu, sans le 
prouver il est vrai, que des graines de plantes greffées sur elles- 
mêmes donnent moins de variations que celles provenant de 
plantes greffées sur d'autres espèces ou variétés. 

J'ai donc semé en 1907 les graines de Tomates récoltées sur 
des pieds greffés ou non greffés en 1906. J'ai obtenu dans l'un et 
l'autre cas environ 20 belles plantes et il m'a été impossible, 
ainsi qu'à plusieurs jardiniers compétents, de trouver entre les 
divers pieds des différences permettant de déceler leur origine. 

Par conséquent, dans mes essais sur Tomate, la greffe n'a 
fait apparaître aucun phénomène d'hybridation asexuelle, ni 
même de simple variation, pas plus sur les pieds greffés en 1906 
que sur leurs descendants en 1907. 

Je répète que cette série d'expériences me paraît très insuffi- 
sante pour tirer une conclusion générale. Mais cette année je 
sème des graines de plantes variées récoltées sur mes nom- 
breuses greffes de 1907. J'aurai donc prochainement de nou- 



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