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Full text of "Bulletin de la Société linnéenne de Normandie"

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BULLETIN 



DE LA 



SOCIT LINNNNE 

DE NORMANDIE 



FONDEE EN 1823 



. 



Et reconnue d'utilit publique par dcret du 22 avril 1863 

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5 e srie. 4 e volume 



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CAEN 

E. LANIER, Imprimeur 

Mue Guillaume-le-Conqurant, l fi- 3 

I 901 



Les opinions mises <l;ms les publications il' la Socit sont 

exclusivement propres leurs auteurs ; la Socit n'entend 

nullement en assumer la responsabilit ( art. 23 du rglement 

intrieur ). 



La Socit Linnenne de Normandie ayant t reconnue ta- 
blissement d'utilit publique, par dcret en dat du 22 avril 1863, 
a qualit pour accepter les dons et legs dont elle serait gratifie. 



COMPOSITION DU BUREAU DE IA SOCIT 



Pour I": c OOO. 



Prsident MM. Lignier. 

Vice -Prsident. . . Noury (D r ). 

Secrtaire Bigot 

Vice-Secrtaire. . . Matte. 

Trsorier honoraire S. Beaujour. 

Trsorier Chevrel. 

Bibliothcaire . . . Gatois (D r ). 

Vice-Bibliothcaire. Vaullegeard. 

Archiviste Huet (D r L.). 



Sont Membres de la Commission d'impression 
pour l'anne 1900 : 

MM. les Memrres du Bureau ; 

Moutier (D r ), Brasil, Marie, sortant en 
1902 ; 

Fayel(D>), Demelle, Lger (L. J.), sortant 
en 1901 ; 



>32 



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s. 



Liste gnrale des Membres de la Socit 



AU 15 JANVIER 1901 



MEMBRES HONORAIRES lj 

Date de la nomination. 
MM. Babbois (Ch.), professeur la Facult des Sciences 

de Lille (Nord) . . 1892 

Batheb, conservateur au British Musum, Londres . 1900 
Bobeux , ingnieur en chef des Ponts et Chausses, 

rue des coles, 42, Paris 1875 

Capellini, professeur de gologie l'Universit de 

Bologne (Italie) ' 1878 

5 Dewaluoe (Gustave), professeur de minralogie, 

gologie et palontologie l'Universit de Lige 

(Belgique) ; 1857 

Douvill , professeur de palontologie l'cole des 

Mines, boulevard Saint-Germain, 207, Paris . . 1883 
Guillouard , professeur la Facult de Droit de 

Caeu . 1890 

Hbert ( l'abb ) , ancien cur de Chauscy , 

Fcamp . 1889 

Le Jolis , prsident de la Socit des Sciences natu- 
relles de Cherbourg 1860 

10 Lennier , prsident de la Socit Gologique de 

Normandie, au Havre 1860 

(1) Les Socitaires dont le nom est prcd d'un * sont ceux qui 
ont demand recevoir le Bulletin par fascicules trimestriels ; les 
Membres correspondants dont le nom est prcd d'une m sont ceux 
qui ont demand recevoir les Mmoires, 



VI 

Date de lu nomination 
MM. Michalski, gologue en chef d Comit gologique 

imprial de Russie 1900 

Moeller ikk , professeur de palontologie l'Ins- 
titut des mines Saint-Ptersbourg (Russie) . . . 1878 
QEhlert D.-P.), directeur du* M use de Laval. . . 1897 
*SauvAge (D'), directeur d Muse d'Histoire naturelle, 

Boulogne-sur-Mer 1883 

15 Toutain, ancien maire de Caen, Juge au Tribunal de 

la Seine * 1898 

Vatin, ancien prfet du Calvados, Trsorier-payeur 
gnral d'IUe-et-Vilaine 1898 

"Villers (Georges de , secrtaire de la Socit Acad- 
mique de Baveux 1845 



MEMBRES RESIDANTS 

MM. Adei. (Auguste), prparateur de gologie la Facult 

des Sciences, rue des Carmes 188S 

Babette IV , professeur l'Ecole de Mdecine, place 

de la Rpublique, 23 1890 

Beaujoub Sophronyme), notaire honoraire, trsorier 

honoraire, rue des Chanoines, 10 1872 

Bhuet, rptiteur au Lyce 1900 

Bioot A.), professeur a la Facult des Sciences, 

secrtaire, rue de Gele, JS 1881 

BlandIN, rptiteur au Lyce 1897 

l'.iu riennb D' . rue de Gele, 76 L891 

Buvsn. (Louis . prparateur a la Facult des Sciences, 

rue Gmare, 4 1893 

Caillot, pharmacien des hpitaux 1899 

10 "Catois l' . licenci es sciences, professeur a l'Ecole 

de Mdecine, bibliothcaire, rue fccuyre, U . . 1879 
Chevrbl . docteur es sciences naturelles, chef des 

travaux de zoologie a la Facult des Sciences . 

professeur l'cole de Mdecine, trsorier, rue 

du Tour-de-Terre, 2 1892 



VII 

Date de la nomination 
MM. Demelle, pharmacien de l re clisse, boulevard du 

Thtre, 7 1880 

DroueTj propritaire, rue Jean-Romain, 23. 1891 
Dubosq (D p ), niailre de confrences la Facult des 

Sciences, 1894 

15 *Dufour de la Thuillerie, avenue de Courseulles, 11. 1895 

Duval (Acli.), propritaire, rue de Bretagne . . . 1898 

Fauvei. (Albert), avocat, rue Choron, 1 1859 

Fayel (D r ) , professeur l'cole de Mdecine, bou- 
levard du Thtre , 6 1859 

Follain, rptiteur au Lyce 1900 

20 FrmOnd (D r ), professeur l'Ecole de Mdecine, rue 

de Gele, 83 1898 

Gai.liek, vtrinaire, rue Leroy, 2 ...... 1899 

Gidon(D'), docteur es sciences naturelles, rue Saint- 
Pierre, 118 1895 

Gosselin (D r ), professeur l'cole de Mdecine, rue 

,des Carmes, 10 1878 

Hamon (D r ) pre, rue des Chanoines, 17. . . . . 1891 

25 Hcart, commis des douanes 1899 

Hettier. rue Guilbert, 27 . 1900 

*Joyeux-Laffuie (D r ). professeur de zoologie la 

Facult des Sciences, rue Saint-Jean, 135. . . . 1887 

M m * Joyeux-Laitlie, rue Saint-Jean, 135 1891 

MM. Lanier, imprimeur, rue Guillaume-le-Conqurant, 1 . 1892 

30 Ledard (Raoul), rue de Lisieux 1895 

"Lger (L. -Jules) , docteur es sciences naturelles, 
charg de confrences la Facult des Sciences, 

rue des Jacobins, 9 1887 

Lger (Paul D'), rue de Bernires, 10 1898 

*Lignier (Octave), professeur de botanique la 
Facult des Sciences, prsident pour 1900, 

rue Basse, 70 . 1887 

Marie, rptiteur au Lyce 1900 



VIII 

Date de la nomination 
35 MM. Mvtte, rptiteur au Lyce, rice-secrlaire . . . 1898 
Moltiek (D r j, professeur l'cole de Mdecine, rue 

Jea'n-Iomain, 6 1870 

Mol'tier (F.), licenci es sciences naturelles, rue Jean- 

Romain, 6 1899 

Mlllois, pharmacien, rue Saint-Pierre, 41. . . . 1882 
Noury (Dm, professeur ,i l'Ecole de Mdecine, rue de 

l'Arquette, vice-prsident pour i 900 1896 

40 Osmont (D r ) , professeur l'cole de Mdecine, 

rue Jean-Romain, 40 1896 

Ravenel (Jules), propritaire ^archiviste, rue des 

Carmlites, 18 1875 

Renmesnil (P. de), chef de division la Mairie, iue 

de l'glise-Saint-Julien, 12 1870 

Sauvage, prparateur la Facult des Sciences . . 1898 
Tison, prparateur de botanique la Facult des 

Sciences, place Saint-Sauveur, '-\ 1895 

45 Vaullegeard (Acta.) , licenci es sciences physiques 

et naturelles, vice-bibliothcaire, rue aux Juifs . 1891 



MEMBRES CORRESPONDANTS 



MM. Am-uay (abb), cur de Saint-Cyr, prs Montebourg 

Hanche 1895 

"""Appert ( Jules ) , membre de plusieurs Socits 

savantes, Fiers Orne! 1887 

'Balle ; Emile), place Saint-Thomas, 14, Vire 

(Calvados) 1891 

BanSARD des Bois, dput, maire de Billme Orne). 1888 

Barb (Charles, mdecin Alencon 1888 

Barr (Edmond . docteur-mdecin, rue de Saint- 
Ptersbourg, 15. Paris (VHP) 1877 

Beaumont (Flix-Elie de), ancien procureur de la 
Rpublique, Il bis, rue Jean Migault , Niorl 
Deux Svres] 1877 



IX 



Date de la nomination 
MM. Blier (Paul), professeur au Lyce de Coutances 

(Manche) 1880 

m Bonnechose ( de ) , rue Franche , 13, Bayeux 

(Calvados) 1891 

10 Boudier (Emile), pharmacien, rue de Grtry, 20, 

Montmorency (Seine-et-Oise) 1876 

Bougon, docteur-mdecin , 45 , rue du faubourg 

Montmartre, Paris (IX*) 1872 

Boutillier, gologue, Roncherolles, par Darntal 

(Seine-Infrieure) 1866 

* Bureau (Ed.), professeur au Musum, quai de 

Bthune, 24, Paris (IV) 1858 

Butel, pharmacien, conseiller gnral, Honneur 

(Calvados) 1892 

15 Canel, principal du collge de Ses. . . ... . 1899 

Canivet, conseiller gnral de l'Orne, maire de 

Chamhois, 11, houlevard Magenta, Paris (X') . . 1872 

Cakdine, pharmacien Courseulles 1875 

Chedeau, avou Mayenne 1894 

Chron, maire de Lisieux 1899 

20 Chevalier, membre de la Commission d'exploration du 

Soudan franais, au Musum d'histoirenaturelle, Paris 1894 
Collignon ;D r ), mdecin-major au 25 e d'infanterie, 

Cherbourg 1898 

"Contades (comte de), au chteau de Saint-Maurice, 

par La Fert-Mac (Orne) 1892 

m * Corrire, professeur au Lyce, rue Asselin, Cher- 
bourg (Manche) 1^,87 

Cousin, propritaire, Domfront. 1897 

25 Crances (J.-B.), principal du Collge Augustin-Thierry 

Blois (Loir-et-Cher) ISSU 

*Dangeard, professeur la Facult des Sciences de 

Poitiers (Vienne) -1883 

Del vigne, pharmacien de 1" classe, au Mans. . . 1894 
Demagny, ngociant, maire d'Isigny (Calvados) . . 1882 
Dollfus (Gustave), ancien prsident de la Socit 
gologique de France, rue de Chabrol, 45, Paris (X') 1873 



X 

h.i/f le la nomination 
30 MM. Duquesne, pharmacien Saint-Philbert, par Montfort- 

sur-Risle (Eure) 1873 

Du h et, professeur . la Facult libre de Mdecine de 

Lille (Nord) ' 1870 

m Dutot, greffier du Tribunal de Commerce Cher- 
bourg (Manche) 1883 

Fauvel , notaire Lessay (Manche) 1896 

m * Fauvbl [P.), docteur es sciences naturelles, professeur- 
adjoint l'Universit, 15, rue Gutenberg, Angers. 1894 
35 Fleuriot (D r ), conseiller gnral du Calvados, 

Lisieux (Calvados) 1873 

Fontaine, naturaliste, la Chapelle-Gauthier, par 

Broglie (Eure) 1881 

m Fortin (Raoul), rue du Pr, 24, Rouen (Seine- 
Infrieure) . 1874 

Foucher, rue de la Vga, 17 el 19, Paris ^\1P) . . 1871 
Frkbet (l'abb . professeur au Petit-Sminaire de la 

Fert-Mac (Orne) . . 1881 

40 *Gadeau de Ker ville, homme de sciences, rue 

Dupont, 7, Rouen Seine-Infrieure) .... 1888 
Gahry, receveur municipal Lisieux [Calvados). . 1864 
Gervais , secrtaire de l'Inspection acadmique 

Evreux (Eure) 1875 

"Mil i i;i\ Charles . propritaire, Mesnil-Thbault, par 

[signy-le-Bual (Manche] 1890 

Guerpel (de), au chteau *de Plainville, par Mzidon 

Calvados) 1894 

45 Guttin (l'abb) cur de Saiut-Didier-des-Bois, par 

La Haye-Malherbe (Eure) 1892 

Hauville Emile), iugnieur civil, 1" adjoint au maire 

de Cond-sur-Noireau Calvados) 1893 

Hommey, mdecin, conseiller gnral, Ses (Orne . 1838 
lbiMMi.i (Joseph . docteur-mdecin, Ses Orne . 1881 

Hosched, Giverny, par Vernon (Eure) 1896 

50 Hoi el, ingnieur des Arts el Manufactures, Cond- 
sur-Noireau, (Calvados) 1890 



XI 

Date de la nomination 
MM. Hue (l'abb), 104, nie de Cormeilles, Levallois- 

Perret (Seine) 1894 

Huet (D r ), rue Jacob, 21, Paris (VI*) 1879 

"Husnot, botaniste, Caban, par Atbis (Orne). . . 1864 

Jardin, pharmacien au Neubourg (Eure) 1898 

55 Jouan, capitaine de vaisseau en retraite, 18, rue 

Bondor, Cherbourg (Manche) 1874 

Jouyin, pharmacien, Coud- sur- Noireau (Calva- 
dos) 1875 

Lacaille, naturaliste, membre de plusieurs Socits 

savantes, Bolbec (Seine-Infrieure) 1869 

Langlais, professeur dpartemental d'Agriculture, 

Alenon (Orne) 1883 

Le Bey, Sainte-Gauburge (Orne) 1900 

60 Leboucher, pharmacien, 118, route duMans, Alenon 

(Orne) 1886 

Leclerc (D r ), rue du Chteau, 1, Saint-Lo . . . 1883 
"Lecoeur, pharmacien Vimoutiers (Orne) . . . . 1880 

M m * Lecoeur, Vimoutiers 1891 

MM. Lecointe, professeur l'Ecole normale d'Evreux. . 1892 
65 Le Covec, directeur des postes et tlgraphes, 

Bennes (llle-et-Vilaine) 1873 

Lemarchand (Augustin), ngociant, rue des Chartreux, 

Petit-Quevilly (Seine-Infrieure) 1888 

Lemarchand , mdecin principal de l'arme , en 

retraite, Amlie-les-Bains (Pyrnes-Orientales). 1866 
Leme, bibliothcaire de* la Socit d'horticulture 

Alenon . 1896 

Lepetit (Jules), pharmacien Carentan. ' . . . . iS!i;; 
70 Le Snchal (Baoul), docteur en droit, Le Merlerault 

( rne ) IS83 

m * Letacq (abb Arthur), aumnier des Petites Surs 
des Pauvres, route du Mans, 105 bis, Alenon 

(0rne ) 1877 

Leva vasseur, ancien pharmacien, Bures (Calvados). 1875 
Lodin, professeur l'Ecole des Mines, avenue du 
Trocadro, 4, Paris (XVP) I875 



XII 

Ihi/e de la iomination 
MM. "Loriol (de), gologue, Chalet des Bois, par Crassier 

Vaud (Suisse) 1869 

75 Loutkeuil, Prentchintska, 17, Moscou 1897 

Mac (Adrien), ngociant, rue de la Duche, 28, a 

Cherbourg (Manche) 1884 

Malinvaud (E.), secrtaire gnral de la Socit 

botanique de France 1864 

Marchand (Lon), professeur l'Ecole suprieure de 
pharmacie, docteur en mdecine et es sciences na- 

r elles, Thiais, par Choisy (Seine) 1868 

Martel, directeur de l'cole primaire suprieure et 
professionnelle, rue Saint-L, 22, Rouen (Seine- 
Infrieure) 1891 

80 'Mai mit, pharmacien, Valognes (Manche) . . . 1891 
Mnager (Raphal), industriel, Beaufai, par Aube 

(Orne) 1889 

'Michel, agent-voyer, Evreey (Calvados) .... 1887 
Moisy, avocat, boulevard de Pont-1'Evque, Lisieux. 1896 
Mouton, pharmacien, May-sur-Orne (Calvados) . . 1896 
85 Niel, botaniste, rue Her bire, 23, Rouen . . . 1894 

Pellerin (Albert), ancien magistrat, Cintheaux, 

par Rretteville-sur-Laize (Calvados) 1887 

Pelvet, docteur-mdecin, Vire 1883 

Perrier (Henri), propritaire, Champosoult (Orne). 1879 

Pierre (D r ), Briouze (Orne) 1892 

90 " 'Pillkt, professeur au Collge de Bayeux (Calvados). 1887 
Pontus, ngociant, rue Louis XVI, Cherbourg . . . 1889 

Porquet (D r ), Vire ' 1897 

Potier de Lavarde (Robert), au chteau de Lez- 
Eaux, par Saint-Pair (Manche) 1895 

RENAULT (Bernard), aide-naturaliste au Musum, pro- 
fesseur de Palontologie \gtale, rue de la Coll- 
giale, 1, Paris (V) 1885 

95 Renault, professeur de Sciences physiques el natu- 
relles au Collge de Fiers 1881 

Renbmesnil (G. de), professeur au Collge Stanislas, 
rue Notre-Dame-des-Champs, , a Paris. . . , 1882 



XIII 

Date de la nomination 

MM. Retout, professeur au Collge de Domfront .(Orne) . 1871 

Richer (l'abb), cur de la Rouge, par le Thell (Orne) 1881 

Sohier, pharmacien, Lisieux 1898 

100 Sohier, manufacturier Lisieux 1899 

Ttrel, inspecteur de l'enregistrement en retraite, 

Louviers ' 1896 

Thir (Ath.), ingnieur des mines, Capella nova do 

Betim, Minas Geraes (Brsil) 1877 

m Tranchand, professeur au Collge de Lisieux 

(Calvados) 1887 

Turgis (D r ), snateur, conseiller gnial, Falaise 

(Calvados) 1886 

Vaullegeard (D r ), Cond-sur-Noireau (Calvados). 1893 
Zurcher, ingnieur en chef des Ponts et Chausses, 

Digne (Basses-Alpes) 1893 



105 



Nota. Prire MM. les correspondants de rectifier, s'il y a 
lieu, la date de leur nomination et leur adresse. 



LISTE DES SOCIETES SAVANTES 

ET TABLISSEMENTS 

AVEC LESQUELS 

LA SOCIT FAIT DES CHANGES DE PUBLICATIONS 

France 

1. Aube. Troyes. Socit acadmique d'Agricul- 

ture, Sciences et Arts de l'Aube. 

2. Bouches-du-Rhone. Marseille. Muse Colonial. 

3. Calvados. Caen. Anne Mdicale de Caen. 

4. id. Caen. Acadmie des Sciences, Arts et 

Belles-Lettres. 

5. id. Caen. Socit d'Horticulture. 

6. Cte-d'Or. Dijon. Acadmie des Sciences , 

Belles-Lettres et Arts de Dijon. 

7. id. Semur. Socit des Sciences histo- 

riques et naturelles de Semur. 

8. Cheuse. Guret. Socit des Sciences naturelles 

et archologiques de la Creuse. 

9. Deux-Svres. Pamproux . Socit Botanique des 

Deux-Svres. 

10. Eure. vreux. Socit d'Agriculture , Sciences 

et Arts de l'Eure. 

11. Gard. Nmes. Socit d'tude des Sciences natu- 

relles de Nmes. 

12. Garonne (Haute-). Toulouse. Acadmie des 

Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres 
de Toulouse. 



XVI 

13. Garonne ( Haute- ). Toulouse. Socit des 

Sciences physiques et naturelles de 
Toulouse. 

14. id. Toulouse. Socit franaise de bota- 

nique. 

15. Gironde. Bordeaux. Socit Linnenne de Bor- 

deaux. 

16. id. Bordeaux. Socit des Sciences phy- 

siques et naturelles de Bordeaux. 

17. Hrault. Bziers. Socit d'tude des Sciences 

naturelles de Bziers. 

18. id. Montpellier. Acadmie des Sciences et 

des Lettres de Montpellier. 

19. Illeet-Vilaine. Rennes. Socit scientifique et 

mdicale de l'Ouest. 

20. Isre. Grenoble. Socit de Statistique, des 

Sciences naturelles et des Arts de l'Isre. 

21. Loire-Infrieure, Nantes. Socit des Sciences 

naturelles de l'Ouest de la France. 

22. Maine-et-Loire. Angers. Socit d'Agriculture, 

Sciences et Arts d'Angers. 

23. id. Angers. Socit d Etudes scientifiques 

d'Angers. 

24. id. Angers. Socit Industrielle d'Angers. 

25. Manche. Cherbourg. Socit nationale des 

Sciences naturelles et mathmatiques de 
Cherbourg. 

26. Marne. Reims. Socit d'tude des Sciences 

naturelles. 

27. id. Vtry-le-Franois. Socit des Sciences 

et Arts de Vitry-le-Franois . 



XVII 

28. Meurthe-et-Moselle. Nancy. Socit des 

Sciences de Nancy (Ancienne Socit 
des Sciences naturelles de Strasbourg). 

29. Meuse. Verdun. Socit Philomatique de Ver- 

dun. 

30. Nord. Lille. Socit Gologique du Nord. 

31. Orne. Alencon. Socit Historique et Archolo- 

gique de l'Orne. 

32. Pyrnes ( Hautes- ). Bagnres-de-Bigorre. So- 

cit Ramond. 

33. Pyrnes-Orientales. Perpignan. Socit Agri- 

cole , Scientifique et Littraire des 
Pyrnes-Orientales. 

34. Rhne. Lyon. Socit d'Agriculture , Histoire 

naturelle et Arts utiles de Lyon. 

35. id. Lyon. Acadmie des Sciences, Arts et 

Relies-Lettres de Lyon. 

36. id. Lyon. Comit des Annales de l'Uni- 

versit de Lyon (Bibliothque Univer- 
sitaire, quai Claude Bernard). 

37. id. Lyon. Socit Linnenne de Lyon. 

38. Sane-et-Loire. Mdcon. Acadmie de Mcon. 

39. id. Autan. Socit d'Histoire naturelle 

d'Autun. 

40. Sauthe. Le Mans. Socit d'Agriculture, Scien- 

ces et Arts de la Sarlbe. 

41. Seine. Paris. Socit Zoologique de France 

(7, rue des Grands-iUigustins). 

42. id. Paris. Socit Rotanique de France 

(84, rue de Grenelle). 

B 



44. 


id. 


45. 


id. 


46. 


id. 


47. 


id. 


48. 


id. 



XVIII 

43. Seine. Paris. Socit Gologique de France 
(7, rue des Grands -Augustins). 

Paris. Ecole Polytechnique. 

Paris. Ecole des Mines. 

Paris. Socit Philoinalique de Paris 
(7, rue des Grands-Augustins). 

Paris. La Feuille, des Jeunes Natura- 
listes (35, rue Pierre-Charron). 

Paris. Revue des Sciences naturelles 
de l'Ouest (14 , boulevard Saint -Ger- 
main). 

49. id. Paris. Musum d'histoire naturelle. 

50. id. Paris. Ministre de l'Instruction pu- 

blique. Revue des travaux scienti- 
fiques. 

51. id. Paris. Ministre de l'Instruction pu- 

blique. Rulletin des Bibliothques et 
des Archives. 

52. id. Paris. Bulletin Scientifique de France 

et de Belgique (14, rue Stanislas). 

53. Seine-Infrieure. Le Havre. Socit Golo- 

gique de Normandie. 

Rouen. Acadmie des Sciences, Belles- 
Lettres et Arts de Rouen. 

Rouen. Socit centrale d'Agriculture 
de la Seine-Infrieure. 

Rouen. Socit des Amis des Sciences 
naturelles de Rouen. 

Elbeuf. Socit d'tude des Sciences 
naturelles d'Elbeuf. 
58. Somme. Amiens. Socit Linnenne du Nord de 
la France. 



54. 


id. 


55. 


id. 


56. 


id. 


57. 


id. 



XIX 



59. Vienne (Haute-). Limoges. Revue scientifique 
du Limousin (dir. M. Le Gendre). 

00. Vosges, Saint-Di. Socit Philomatique Vos- 
gienne. 

61. Yonne. Auxerre. Socit des Sciences histo- 

riques et naturelles de l'Yonne. 

Tunisie 

62. Tunis. Institut de Carthage. 

Alsace-Lorraine 

63. Strasbourg. Botanische Zeitung (Dir. D r Solms 

Laubach). 

64. Metz. Acadmie de Metz. 

65. id. Socit d'Histoire naturelle de Metz (25, 

rue de l'vch). 

Allemagne 

66. Berlin. Berliner entomologische Zeilschrift. 

67. id. Neues Jahrbuch fur Gologie und Min- 

ralogie, Johachimsthalerstrasse, 11, Ber- 
lin W. 

68. id. K. Preussische Akademie der Wissen- 

schalten. 

69. id. D-eutsche Geologische Gesellschaft, Invali- 

denstrasse, 44. 

70. id. Muse de Zoologie. 

71. Brme. Naturwissenschaftlicher Verein zu Bremen. 



XX 

72. CASSEL.BotanischesCentralblatt(Dir.D r d'Uhhvorm). 

73. Francfort-sur-Mein. Senckenbergische Naturfor- 

schende Gesellschaft. 

74. Francfort-s-Oder. Naturwissenschaftlicher Verein 

fur den Regierungsbezirk Francfurt a. 
Oder. 

75. Fribourg-en-Brisgau (G D. de Bade). Naturfor- 

schende Gesellschaft. 

76. Friednau (bei Berlin). Justs botanische Jahresbe- 

richte, Saarstrasse (D r E. Koehne, dir.). 

77. Giessen. Oberhessische Gesellschaft fur Natur-und 

Heilkunde. 

78. Hambourg. Naturwissenschaftlicher Verein zu 

Hamburg. 

79. Iena. Ienaische Zeitschrift fur Naturwissenschaft. 

80. Kmgsberg. K. pbysikalisch -okonomische Ge- 

sellschaft zu Knigsberg. 

81. Leipzig. Zoologische Anzeiger (Dir. D r Garus). 

82. Munich. K. Bayerische Akademie der Wissen- 

schaften zu Mnchen. 

83. id. Bayerische botanische Gesellschaft. 

84 Munster. Westfalischer Provinzialverein frWis- 
senschaft und Kunst. 

85. Stuttgart. Verein fur vaterlandische Naturkunde 

in Wurtemberg. 

Australie 

86. Adlade. Royal Society of South Australia. 
<S7. Sidnet. Department of Mines. 

88. id. Linnean Society ofNew South Wales. 



XXI 

Autriche-Hongrie 

89. Brunn. Naturforschender Verein in Brnn. 

90. Budapest. K. Ungarische geologische Anstalt. 

91. Prague. K. Bhmische Gessellschaft der Wis- 

senschaften. 

92. Vienne. K. K. Akademie der Wissenschaften. 

93. id. K. K. Naturhistorisches Hofmuseum. 

94. id. K. K. Geologische Beichsanstalt. 

95. id. K. K. Zoologisch-botanische Gesellschaft 

in Wien, Wollzeile, 12. 

Belgique 

96. Bruxelles. Acadmie B. des Sciences, des Lettres 

et des Beaux- Arts de Belgique. 
Socit B. de Botanique de Belgique. 
Socit B. Malacologique de Belgique. 
Socit Entomologique de Belgique. 
Socit belge de" Microscopie. 
Socit belge de Gologie , Hydrologie et 

Palontologie. 
Dodonea. 

Socit Gologique de Belgique 
Socit B. des Sciences de Lige 

Brsil 

105. Para. Musum d'Histoire naturelle. Caixa do 

Gorreio 399. 

106. Bio-de-Janeiro. La Escola de Minas.de Ouro- 

Preto. Musum nacional do Bio-de- 
Janeiro, 



97. 


id. 


98. 


id. 


99. 


id. 


100. 


id. 


101. 


id. 


102. 


Gand. 


103. 


Lige 


104. 


id. 



XXII 

Canada 

107. Halifax. Nova Scotian Institute of Sciences. 

Chili 

108. Santiago. Socit Scientifique du Chili (Casilla 

12 D). 

Espagne 

109. Madrid. Sociedad espaola de Historia natural. 

110. id. Real Academia de Ciencias exactas fici- 

cas y naturales. 

Etats-Unis 

111. Buffalo. Society of natural Sciences. 

112. Boston (Mass.). Society of natural History. 

113. id. American Acaderny of Arts and Sciences. 

114. Cambhidgk ( Mass. ). Musum of comparative 

Zoology at Harward collge. 

115. Chapel-Hill (North Garolina). Elisha Mitchel 

scientific Society. 
110. New-Haven. Conneclicut Acaderny of Arts and 
Sciences. 

117. New-York, The New-York Acaderny of Sciences. 

118. Philadelphie. The Acaderny of natural Sciences 

of Philadolphia. 

119. id. The Wagner Free Intitule of Sciences. 

120. R.OCHBSTER, Rocbesfr Acaderny "I Sciences. 



XXIII 

121. St-Louis du Missouri. The Academy of Sciences 

of St-Louis. 

122. id. Missouri botanical Garden. 

123. San-Francisco. California Academy of Sciences. 

124. Topeka (Kansas). Kansas Academy of Sciences. 

125. Trenton*. The Trenton natural History Society. 
12(>. Washington. Smithsonian Institution. 

127. id. United States Geological Survey. 

128. id. Bureau of American Ethnology. 

129. id. National Musum of Natural history. 

130. id. Dpartement of Agriculture. 

Hollande 

131. Amsterdam. Acadmie des Sciences d'Amsterdam 

(Koninkligde Akademie van Weten- 
schappen). 

132. id. Nederlandsche entomologische Vereeni- 

ging. 

133. Nimgue. Nederlandsche Botanische Vereeniging. 

Iles-Britannique's 

134. Dublin. Royal geological Society of Ireland. 

135. Edimbourg. Royal physical Society of Edin- 

burgh. 

136. Glascow. Geological Society of Glascow. 

137. Liverpool. Biological Society. 

138. Londres. Linnean Society of London. 

139. id. Entomological Society of London. 

140. id. Geological Society of London (Burling- 

ton House, Piccadilly, London, W). 



XXIV 

141. Londres. Zoological Society of London(Librarian 

of), 3 Hanover Square, London W. 

142. id. Royal Society, Burlington House, Lon- 

don W. 

143. id. Geologist's Association, St-Martin's public 

Library,St-Martin's Lane, London W. G. 

144. Manchester. The Manchester litterary and philo- 

sophical Society. 

145. id. Manchester Geological Society. 

Indes Anglaises 

146. Calcutta. Geological Survey of India. 

147. id. Asiatic Society of Bengal. 

Italie 

148. Bologne. R. Academia dlie Scienze dell* Istituto 

di Bologna. 
140. Florence. Societa Entoinologica Italiana. 

150. id. Societa Botanica Italiana. 

151. id. Bibliotheca nazionale centrale di Firenze 

(Bolltino dlie publicazioni italiani). 

152. Gnes. Museo civico di Storia nalurale di Ge- 

nova. 

153. id. Malpighia (0. Penzig, l'Universit). 

154. Parme. Nuova Notarisia (de Toni, an Jardin bota 

nique de l'Universit). 

155. Rome. R. Instituto botanico di Roina. 

156. id. Societa roniana per gli Studi Zoologici. 

157. id. R. Comitato Gcologico dltalia. 

158. id. Reale Acadmie dei Lincei. 



XXV 

Japon 

159. Tokio. Universit. 

Luxembourg 

160. Luxembourg. Institut Grand-Ducal de Luxera 

bourg. 

161. id. Socit de Botanique du Grand-Duch de 

Luxembourg. 

Mexique 

162. Mexico. Sociedad cientifica Antonio Alzate. 

163. id. Observatorio meteorologico central. 

164. id. Instituto geologico. 

Portugal 

165. Combre. Socieda ia Brotenaria. 

166. Lisbonne. Commiso dos trabalhos geologicos 

de Portugal. 

167. Porto. Annaes de Sciencias naturaes (dir. M. Aug. 

Nobre). 

Russie 

168. Helsingfors. Socit des Sciences de Finlande 

(Finska Vetenskaps Societeten). 

169. id. Societas pro Fauna et Flora fennicae. 

170. Kiew. Socit des Naturalistes de Kiew. 

171. Moscou. Socit impriale des Naturalistes de 

Moscou. 

172. Odessa. Socit des Naturalistes de la Nouvelle- 

Russie. 






XXVI 

173. Saint - Ptersbourg. Acadmie impriale des 

Sciences. 

174. id. Comit gologique. 

175. id. Socit entomologique russe. 

Sude et Norwge 

176. Christiania. Universit. 

177. Lund. Universits Lundensis. 

178. id. Botaniska Notiser (D r Nordstedt). 

179. Stockolm. Kngliga Svenska Akademien. 

180. id. Entomologiska Freningen (94 , Drott- 

ninggatan). 

181. Upsal. Societas Scientiarum Upsalensis ( K. 

Wetenskaps Societet). 

182. id. Universit. 

Suisse 

183. Berne. Schweiz. Naturforschende Gesellschaft. 

184. id. Socit entomologique Suisse. 

185. Chambzv. (prs Genve). Herbier Boissier 

(M. Autran, conservateur). 
180. Genve. Socit de Physique et d'Histoire natu- 
relle. 

187. id. Jardin Botanique. 

188. Lausanne. Socit vaudoise des Sciences naturelles. 

189. Neufciiatei.. Socit des Sciences naturelles de 

Neufchtel. 

Uruguay 

190. Montevideo. Museo nacional (Die. Arechavaleta). 



PROCES-VERBAUX 



DES SANCES 



SANCE DU 15 JANVIER 1000 



Prsidence de M. le D r Moutier, puis de M. Lignier 

La sance est ouverte 8 heures 1/4. 

Sont prsents: MM. Bigot, Brasil, D r Catois, 
D r Gidon, Hcart, Lger, Lignier, Matte, D 1 ' Moutier, 
Moutier fils, D r Noury, Ravenel, Tison, Vaullegeard. 

Le procs-verbal de la sance de dcembre est lu 
et adopt. 

Communication est donne de la correspondance : 
M. le Ministre de l'Instruction publique annonce 
qu'une somme de 400 fr. a t par lui accorde la 
Socit Linnenne comme encouragement ses tra- 
vaux. 

MM. le D'' Guillet, Chdeville, LeCanu, abb Tous- 
saint, Lebuf, adressent leur dmission qui est 
accepte. 

Les ouvrages reus depuis la dernire sance sont 
passs en revue. 

Ils comprennent, offert par l'auteur : 

R. Fortin, Notes de Gologie Normande : V, 
Craie blanche de Louviers et Micraster cor marinum 
Park. 

Il est procd au renouvellement du bureau : 

Le prsident donne connaissance d'une lettre 
de M. de la Thuillerie qui prie de ne pas lui renou- 



XXX 

vler ses fonctions de Membre de la Commission 
d'impression. 

(Voir le rsultat des scrutins p. III). 

Et. prsent pour faire partie de la Socit comme 
membre rsidant : 

M. Hkttier, rue Guilbert, par MM. Bigot et 
Lignier. 

M. Tison communique des photographies concer- 
nant la production dglace par le Verbesinavirginica; 
ce phnomne avait dj t observ l'an dernier par 
M. Lignier qui en avait alors fait l'objet d'une 
communication la Socit. Ce phnomne serait 
produit par une forte turgescence des tissus de la 
plante en hiver, concidant avec une priode de 
gele. M. Tison se rserve d'ailleurs de revenir sur 
ce phnomne quand on aura prcis d'une faon 
plus scientifique les conditions dans lesquelles il se 
produit. 

A 9 h. 1/2 la sance est leve. 



SEANCE DU 5 FEVRIER 1900 



Prsidence de M. Lignier, prsident 

La sance est ouverte 8 heures. 

Sont prsents : MM. Bigot, Gallier, D r Gidon, 
Lignier, Matte, Moutier fils, D r Noury, Ravenel, 
Tison, Vaullegeard. 

Communication est donne de la correspondance 
qui comprend : t Une lettre de M. le Ministre de 
l'Instruction publique demandant de lui dsigner 
avant le 1 er mai les membres de la Socit Linnenne 
qui prendront part au Congrs des Socits savantes 
en 1900 ; 2 Une seconde lettre de M. le Ministre 
demandant de lui adresser avant le 10 mars les 
publications que la Socit dsire voir figurer 
l'Exposition de 1900 ; les publications parues de 1889 
1899 ont t adresses le 29 janvier M. le Ministre. 
3 Des demandes d'changes du Geological Sur- 
vey of Natal, de la Liverpool biological Society et 
du Field Cohimbian Musum of Chicago qui sont 
renvoyes la Commission d'impression. 

M. de la Thuillerie, lu vice-prsident dans la 
sance de janvier fait connatre qu'il ne peut accepter 
cette fonction ; la Socit regrette vivement la 
dcision de notre sympathique confrre ; il sera 
procd une nouvelle lection dans la sance de 
mars. 



XXXII 

Le Trsorier donneconnaissancedeson compte admi- 
nistratif ; une Commission compose de MM. Matte 
et Ravenel est charge de l'examiner. Le compte est 
approuv par la Socit au nom de qui le Prsident 
adresse des remerciements M. Chevrel. 

Sont prsents pour faire partie de la Socit : 

Comme membre correspondant : M. Raymond 
le Bey, Sainte-Gauburge (Orne), par MM. Le Sn- 
chal et Lignier. 

Comme membre rsidant : M. Marie, tudiant la 
Facult des sciences, par MM. Matte et Hcart. 

M. Hettier, propos dans la dernire sance est 
lu membre rsidant. 

M. Gallier prsente une mchoire de buf atteinte 
d' actinomyco.se. 

M. Gallier lit un curieux article de M. Bras 
relatif aux relations entre certaines maladies des 
plantes et des maladies animales. 

M. le D r Gidon signale : 1 Une station assez riche 
d' Androsemum officinale Thaon au pied du coteau 
qui longe le ruisseau entre Boubanville et Barbire, 
sous taillis ; 2 Calendula arvemis sur le bord du 
plateau qui domine la Mue entre Basly et Fontaine- 
Henry; la plante est assez commune depuis un 
certain nombre d'annes sur certains champs du 
territoire de Bny ; 3 Atropa belladona dans les 
carrires et les rocailles non loin de la vieille glise 
de Thaon ; 4 Cirsium acaule caulescens, forme 
rare, existant cette anne en divers points des champs 
caillouteux entre Colomby-sur-Thaon et Thaon. 



XXXIII 

M. Bigot appelle l'attention sur de curieux dbris 
de poissons trouvs dans le Permien de Russie et 
dcrits par M. Karpinsky. Ces dbris dsigns sous 
le nom de Helicoprion se rapprochent des Edestus 
dj signals dans le Carbonifre et le Permien des 
Etats-Unis. 

M. Bigot annonce qu'on a rcemment dcouvert 
Villers-sur-Mer des couches infrieures aux assises 
Peltorevas athleta. Parmi les fossiles recueillis 
par M. Julien Baspail, sous la descente des bains de 
Villers, M. Douvill a dtermin Rhynchonella spa- 
thica trs abondante, et Dictyothyris Trigeri, espce 
trs caractristique du Callovien ferrugineux de 
l'Orne et de la Sarthe. Cette dcouverte montre 
en outre que l'axe du pli de Bnerville est situ plus 
l'O. qu'on ne le pensait jusqu'ici. 

A 9 h. 1/2, la sance est leve. 



C 



SEANCE OU 5 MARS 1000 



Prsidence de M. Ligxier, prsident 

La sance est ouverte 8 heures. 

Sont prsents : MM. Adel, Bigot, Brasil, D r Catois, 
Ghevrel, D r Gidon, Hcart, Lger, Lignier, Moutier 
fils, Ravenel, Tison, Vaullegeard. 

Le procs-verbal de la sance de fvrier est lu et 
adopt. 

Communication est donne de la correspondance 
qui comprend: Une lettre de dmission de M. Almyre 
Marie, membre rsidant ; des lettres de remercie- 
ment de MM. Canel et Sohier, nomms membres 
correspondants ; Une circulaire du Comit d'organi- 
sation du 8 e Congrs gologique international deman- 
dant de lui dsigner un dlgu au Congre 
M. Brasil a dj t dsign ; une demande 
d'change du Dpartement d'Agriculture des tats- 
Unis, renvoye la Commission d'impression ; 
une lettre de M. Husnot annonant l'envoi d'un tra- 
vail sur le dessin en histoire naturelle. 

Les ouvrages reus depuis la dernire sance sont 
passs en revue. 

Le Secrtaire donne connaissance des dcisions 
prises par la Commission d'impression dans sa 
dernire sance relativement au Bulletin et aux 
Mmoires. La Commission a en o li l r * dcid de 



XXXV 

surseoir une demande d'change avec le Geological 
Suryey of Natal et de demander un spcimen des 
publications du Chicago field Golumbian Musum 
et de la Liverpool Biological Society qui ont sollicit 
l'change. 

M. le D 1 ' Noury est lu vice-prsident en remplace- 
ment de M. de la Thuillerie, non acceptant. 

Sont lus pour faire partie de la Commission 
provisoire du 3 e Congrs de Caumont : MM. Lignier, 
Bigot, Lger. 

MM. Matte et Hcart prsentent comme membre 
rsidant M. Marie, tudiant la Facult des sciences. 

M. PiAvmond le Bey Sainte-Gauburge (Orne) est 
prsent comme membre correspondant par MM. Le 
Snchal et Lignier. 

M. le D 1 ' G-idon donne lecture de deux passages des 
recherches et antiquits de Neustrie de M. de 
Bras l'un relatif des recherches faits par des Alle- 
mands en 1537 la montaigne d'or de Tracyy>, 
l'autre aux Vitouards aliments par des cours 
d'eau qui, naissant de fontaines, dans les environs de 
Bots et Bretleville-rOrgueilleuse, viennent se perdre 
dans les environs de Douvres. 

Au sujet de ce dernier passage, M. Bigot fait 
remarquer qu'il y a certainement confusion de deux 
choses, et que d'ailleurs les Vitoirs de Douvres 
sont bien connus. 

M. Delavigne signale une grenouille cinq pattes 
pche dans le courant de l't 1897, au confluent de 
la Sarthe et de l'Huisne. Cette Rana esculenta 



XXXVI 

avait au ct gauche une patte postrieure surnu- 
mraire, se dveloppant facilement d'avant en arrire. 

M. Bigot prsente un moulage du crne de Pitke- 
canthropus erectus rcemment entr dans les collec- 
tions palontologiques de la Facult. Ce type si int- 
ressant du pliocne de Java, forme un nouveau 
jalon entre l'homme et les grands anthropodes. 

A 9 h. -J/2, la sance est leve. 



SANCE DU- 2 AVRIL 1900 



Prsidence de M. Lignier, prsident 

La sance est ouverte 8 heures. 

Sont prsents : MM. Adel, Bigot, D r Gatois, Che- 
vrel, D r Fayel, Follain, D r Gidon, Hcart, Lger, 
Lignier, Matte, D r Moutier, Moutier fils, D r Noury, 
Tison, Vaullegeard. 

Le procs-verbal de la sance de mars est lu et 
adopt. 

Communication est donne de la correspondance 
qui comprend : 1 Une lettre de M. le Ministre de 
l'Instruction publique mettant la disposition de la 
Socit une carte d'entre l'Exposition Universelle; 
la Commission d'impression dsignera le titulaire de 
cette carte ; 2 La Liverpool biological Society 
annonce l'envoi de la srie de ses publications ; la 
Commission d'impression dcidera quels sont les 
volumes de ses publications expdier en change ; 
3 Elle statuera aussi sur une demande de la 
BerUner entomologische Zeitschrift qui dsire voir 
complter sa collection de notre bulletin. 

Les ouvrages reus depuis la dernire sance sont 
passs en revue. 

Le Secrtaire appelle l'attention sur le t. XVIII du 
Bulletin de la Socit gologique de Normandie 



XXXVIII 

contenant des travaux trs importants pour la 
gologie de la rgion (1). 

MM. Raymond le Bey et Marie, prsents dans la 
dernire sance sont admis le premier comme 
membre correspondant, le second comme membre 
rsidant. 

M. Bigot prsente une planche destine accompa- 
gner un travail sur des Gastropodes jurassiques dont 
il demande l'impression dans les Mmoires de la 
Socit. 

M. Tison fait une communication sur la chute des 
feuilles ; il prsente les planches qui doivent accom- 
pagner ce travail destin aux Mmoires de la Socit. 

M. le D 1 * Gidon prsente une orange double qui lui 
a t communique par M. le D r Fayel. 

Il fait en outre une nouvelle communication sur 
les fougres bifides. 

M. Chevrel signale une anomalie observe sur un 
Asterias rubens possdant 4 bras au lieu de 5 ; l'un 
d'eux tait bifurqu. 

M. Lignier donne communication de la lettre sui- 
vante de M. A. Chevalier. 

(1) R. Fortin, mit un Discoules inferus recueilli Tancarville ; 
F. Skrodzki, Rauracien el Squanien des environs de Lisieux ; 
Quaternaire el Tertiaire <J es environs de Bayeux ; Savalle et 
<;. Leknibr, sur des ossements de Dinosaurien dcouverts Octe- 
ville ; J. Homme? el C. Canel, notice gologique sur le canton 
de Ses (avec carte au 40000/- 



XXXIX 

Quoique arriv d'hier de Kayes et surmen par les 
visites et congratulations officielles, je tiens vous 
rassurer ainsi que nos amis de la Linnenne sur ma 
sant et sur la russite dfinitive de ma mission. 

Je devais prendre demain le paquebot pour rentrer 
en France lorsqu'une circonstance imprvue est 
venue m'arrter. 

. Vous savez que depuis un mois le Soudan est 

disloqu M. Chaudi maintenant gouverneur 

de l'Afrique occidentale vient de revenir de France 
avec une mission de scientifiques et un artiste 
devant prparer l'exposition du Sngal. 

A peine arriv j'ai t appel par M. Chaudi qui 
m'a dit qu'il n'avait pas amen de botaniste dans la 
mission parce que la Socit franais? coloniale 
(de la Chausse-d'Antin), devant Jes rsultats que 
j'avais obtenus dans la bouche du Niger, avait mis 
mon nom en avant et qu'il comptait sur moi pou; 
accomplir la tche botanique de la mission. 

J'ai cherch des chappatoires, tant press de 
rentrer. Enfin, devant les avantages qu'il m'offrait, 
j'ai consenti prolonger mon sjour ici de 4 5 
semaines que je consacrerai explorer les rgions de 
Cayor, de la Casamance et peut-tre de la Haute- 
Gambie (tout dpendra des moyens de transport plus 
ou moins rapides qu'on me donnera). 

Le Gouverneur, tout en me demandant de rap- 
porter des collections pour l'Exposition Sngalaise, 
iue laisse toute initiative pour poursuivre mes 
recherches et collections scientifiques sur la flore de 
l'Afrique occidentale 

J'ai d commencer aujourd'hui la srie trs 



XL - 

ennuyeuse des confrences officielles, le Gouverneur 
m'ayant demand de faire une confrence devant les 
membres du Comit de l'Exposition, les Conseillers 
gnraux prsents St-Louis et la Chambre de 
Commerce sur les rsultats pratiques de ma mission. 
Ces braves gens ont attach beaucoup d'importance 
mes observations sur la liane caoutchouc du 
Haut-Niger et de la Volta (Landolphia Heudelotii, 
D C) quoique l'importance des forts que j'ai trouves 
inexploites soit limite. 

J'ai hte de rentrer en France pour remettre 
beaucoup de choses au point. Dans les journaux on a 
fait trop de bruit autour des rsultats commerciaux 
de la mission que j'avais faite en publiant des 
fragments plus ou moins retouchs de mes rapports 
mensuels et en laguant tout ce qui tait dsavanta- 
geux la colonie. Dj deux concessionnaires vien- 
nent d'arriver dans la Volta pour y exploiter le 
caoutchouc que j'y ai signal. Ils arrivaient avec 
beaucoup d'illusions ne se doutant gure qu' leur 
arrive dans le pays ils n'auraient pas mme la 
main-d'uvre ncessaire recueillir le prcieux 
latex. 

Mon voyage de retour de Tombouctou s'est effec- 
tu dans d'assez bonnes conditions. L'entretien de 
mes collections m'a donn assez de travail ayant t 
oblig d'allumer chaque fois des feux autour des- 
quels j'talais mes collections de plantes pour les 
tenir l'abri des moisissures. Pendant les deux mois 
qu'a dur la monte du Niger (sur un chaland que 
m'avait prt le Gouverneur), de Tebi Koulikoro, 



XL1 

j'ai d naviguer constamment en dehors des rives 
du fleuve sur des prairies inondes, le courant du 
fleuve et les rapides tant trop imptueux aux hautes 
eaux. 

En faisant une excursion dans les montagnes de 
Koulikoro j'ai t atteint d'un commencement d'ad- 
nite qui m'a forc de faire la plus grande partie de la 
route du Niger Kayes en voiture Lefvre. Les 
convois montant la nuit, j'ai pris froid et j'ai attrap 
une bronchite qui m'a forc de passer plusieurs 
jours l'hpital de Kayes. Actuellement je suis 
compltement remis de l'une et de l'autre maladie et 
je suis encore avoir mon premier accs de fivre. 
J'attribue cela l'usage constant de quinine prven- 
tive. 

Les moyens de communicatioa tant ici plus 
rapides et plus commodes je pense vous expdier 
prochainement un colis de graines fraches (pour les 
serres chaudes du Jardin Botanique) et des fruits. Je 
vous prierai de faire semer les graines aussitt, 
celles-ci perdant habituellement leur pouvoir germi- 
natif trs vite. 

Saint-Louis, 30 novembre 1899. 

A 10 heures la sance est leve. 



SANCE DU 7 MAI 1900 



Prsidence de M. Lignier, prsident 

La sance est ouverte 8 heures. 

Sont prsents : MM. Adel, Bigot, Brasil, Ghevrel, 
D r Fayel, L.-J. Lger, Lignier, Marie. D r Moutier, 
Moutier fils, Ravenel, Vaullegeard. 

Le procs- verbal de la sance d'avril est lu et 
adopt. 

Le Prsident fait part du dcs de MM. E. Liais, 
Milne-Edwards , Bizet, Hauville. Les regrets de la 
Socit seront consigns au procs-verbal. 

Les ouvrages reus depuis la dernire sance sont 
passs en revue 

Le Secrtaire donne communication des dcisions 
de la Commission d'impression, relatives l'insertion 
dans le Bulletin d'un travail de M. Husnot, et dans 
les Mmoires des travaux de MM. Tison et Bigot. 
La carte d'exposant adresse la Socit par le Minis- 
tre a t attribue M. Lignier. On adresse c la 
Liverpool biological Society les sries III et IV du 
Bulletin et l'change sera continu. 

Le Secrtaire fait connatre qu'il s'est entretenu 
avec notre collgue M. Chevalier de la confrence 
qu'il doit venir faire Caen, sur son voyage dans 
l'Afrique quutoriale. 



XLIII 

Il est dcid qu'il n'y aura pas cette anne de 
runion gnrale. 

M. Bigot annonce que M. Bizet a lgu la Facult 
des sciences, sa collection gologique qu'il destine 
l'instruction des lves de la Facult ; M. Bigot 
donne communication du discours qu'il a prononc 
sur la tombe de M. Bizet. 

M. Paul Bizet, conducteur principal des Ponts- 
et-Chausses, tait n Lonlay-l'Abbaye (Orne), le 
27 avril 1830; il dbuta dans l'administration des 
Ponts-et-Chausse en 1855, Domfront, puis fut 
envoy Mortagne en 1860 et en 1874 Bellme o 
il est dcd le 16 avril 1900. 

Il appartenait depuis 1885 la Socit Linnenne, 
dont il fut un membre trs actif. C'est ce titre que 
l'on a fait figurer ici le discours prononc sur sa 
tombe, par le Secrtaire. 

Celui qu'accompagnent ici tous nos regrets, ne 
fut pas seulement un fonctionnaire actif et avis, un 
bon citoyen dvou aux intrts de sa ville d'adop- 
tion ; ce fut encore un savant estimable, dont la 
notorit dpassait les bornes de sa province. 

Elve de Guillier, appartenant comme lui ce 
corps des conducteurs des Ponts- et-Chausses, dont 
la capacit gale la modestie, Bizet sut, sans rien 
sacrifier de ses devoirs professionnels, tirer parti de 
ses fonctions pour apporter la gologie de la Nor- 
mandie d'importantes contributions, soit qu'attach 
au rseau dpartemental des chemins de fer de l'Ouest 
il tudit soigneusement les tranches des lignes en 



XLIV 

construction, soit qu'il parcourt les carrires, rele- 
vant les superpositions des couches, recueillant les 
nombreux fossiles qu'elles renferment. Le Perche 
Ornais s'est trouv, grce ses recherches, sillonn 
de coupes fort prcises et fort exactes, publies dans 
le Bulletin de la Socit Gologique de Normandie, et 
qui servirent de base un travail d'ensemble sur 
cette rgion. 

La valeur de ces publications fut apprcie comme 
elle le mritait et Bizet se trouvait naturellement 
dsign pour continuer, dans l'tablissement de la 
carte gologique de l'Orne, le travail interrompu par 
la mort de Guillier. Attach d'abord au service de la 
Carte gologique dtaille de la France comme 
auxiliaire, il ne tarda pas tre nomm collabora- 
teur-adjoint. C'est en cette qualit qu'il travailla la 
feuille Alenon et fut charg de l'exploration des 
terrains secondaires et tertiaires de la feuille La 
Flche qui l'occupait depuis plusieurs annes. 

Ne au cours d'une de ces excursions de la 
Socit Linnenne, qu'il considrait comme un hon- 
neur d'avoir guide Bellme en 1888, notre amiti 
s'tait encore accrue dans les tournes communes 
faites l'occasion de la Carte. C'est qu'il y avait 
avec Bizet beaucoup apprendre; son enthousiasme, 
la gaiet de son caractre, en faisaient un aimable 
camarade. La sret de son jugement donnait un 
vritable charme aux discussions dans lesquelles il 
mettait tout le feu de sa conviction. Il avait pour les 
erreurs de ses devanciers et de ses confrres l'indul- 
gence de ceux qui ont beaucoup travaill ; il savait 
combien dans nos travaux l'erreur est aise et que 



XLV 

des observations exactes, quelle que soit la valeur de 
l'observateur, sont souvent facilites par d'heureux 
hasards. Il savait aussi que, si intressante que lt 
la rgion qu'il tudiait, elle n'tait qu'un tout petit 
morceau du monde; il ne croyait pas, si tendu que 
ft son savoir, possder toute la science, et il tait 
assez modeste pour ne pas faire plier les opinions des 
autres devant des convictions personnelles. Ce 
mlange de franchise et d'urbanit, de tolrance et 
de conviction, faisaient de Bizet un caractre mi- 
nemment sympathique. 

La vie de Bizet fut un enseignement. Eloign des 
grands centres scientifiques, priv des ressources 
matrielles et morales dont ils disposent, il a su 
cependant labourer fort honorablement le sillon de la 
science. 

Non satisfait d'avoir dot la gologie des connais- 
sances les plus compltes qu'elle possde sur le 
Perche-Oranais, il a voulu que les documents de ses 
tudes puissent encore tre utiles aprs sa mort, et il 
a lgu la Facult des sciences de Caen les impor- 
tantes collections qu'il avait recueillies dans ses 
recherches . 

M. Moutier fils prsente des fleurs prolifres 
d' 'Anmone pavonina Lamk. 

Il signale en outre, l'existence du gui sur un til- 
leul dans la rue Haute, Caen. 

Enfin, il prsente un chantillon du conglomrat 
de base de l'oolithe ferrugineuse provenant d'un 
sondage prs du tumulus de Fontenay-le-Marmion, 



XLV1 

Cette zone Cloceras Blagdeni n'avait pas encore 
t reconnue jusqu' prsent sur le plateau de May. 

M. Yaullegeard a observ dans son jardin, Caen, 
un pied d'Anmone dont la fleur tait en contact avec 
la bracte ; la corolle comprenait 8 pices places 
la priphrie, une pice bien dveloppe et d'autres 
rudimentaires places au milieu de la fleur. Les 
tamines taient disposes en deux groupes ainsi 
que les carpelles. Il y avait une coalescence de deux 
fleurs. Le spcimen a t donn au laboratoire de 
botanique de la Facult. 

M. Vaullegeard communique les analyses sui- 
vantes: 

Marinesco. Sur le mcanisme de la sni- 
lit et de la mort des cellules nerveuses 

(1). Analyse par M. Vaullegeard. 

Metchnikof a expliqu l'atrophie snile par la vic- 
toire des macrophages du tissu conjonclif sur les 
lments nobles. 

Marinesco distingue : 1 la vieillesse et la mort des 
cellules nerveuses et 2 la pathologie de ces lments. 

Dans les cas de vieillesse et de mort des cellules 
nerveuses (d'aprs les coupes du systme nerveux 
des vieillards) il y a diminution du corps cellulaire. 
Marinesco a constat en mme temps, une rduction 
des lments gomtriques, colorables, de la cellule 

I C. a. Acad. Se. Paris, t. CXXX, n \~ ;23 avril L900), p. U3G- 
1139. 



XLVII 

nerveuse et leur transformation en granulations. 
Cette altration constitue la chromatoly.se snile. Le 
cytoplasma. se teinte en bleu et contient plus ou 
moins de substances pigmenlaires, le nombre des 
prolongements diminue. Il n'y a aucune intervention 
des macrophages. 

Dans les cas de pathologie au contraire, ainsi que 
l'auteur l'avait soutenu en 1896, les cellules ner- 
veuses sont dvores par les cellules de la nvroglie 
devenues macrophages et les leucocytes n'intervien- 
nent pas. 

Il y a antagonisme entre les cellules nobles du cer- 
veau et la nvroglie ; au dbut de la vie, la nvroglie 
est vaincue par la scrtion des cellules nobles. 

Matchinsky (1). Sur l'Atrophie des ovu- 
les. Analyse par A. Vaullegeard 

Metchnikof dans un travail rcent a montr la 
lutte continuelle entre les cellules d'un organisme ; 
dans le combat des cellules nobles de l'organisme 
contre les macrophages, les tissus sains se protgent 
par des scrtions toxiques; pour les macrophages ce 
n'est que lorsque ces scrtions diminuent que les 
phagocystes l'emportent. Il a constat que les poi- 
sons microbiens agissent sur les ovules et sur les 
cellules nerveuses beaucoup plus que sur les pha- 
gocytes. 

Matchinsky a constat que l'atrophie pathologique 
exprimentale des ovules ne diffre pas de l'atrophie 

(1) Matchinsky : De l'atrophie les ovules dans les araires des 
mammifres, \nn. de l 'Institut Pasteur, t. XIV, n 6 3,(25 mars 1900). 



XLVIII 

physiologique; elle est prcde de modifications des 
cellules de la granuleuse qui se mobilisent et se 
transforment en un rseau plasmodique ; c'est seule- 
ment aprs cette dgnrescence de la granuleuse 
que l'ovule se fragmente ou subit une modification 
graisseuse et est enfin dvor par les mononuclaires 
provenant du plasmodium de la granuleuse et pn- 
trant travers la zone pellucide. Ces phagocytes 
s'incorporent l'uf ou ses dbris et finalement 
deviennent : 1 des cellules fusiformes ; 2 du tissu 
conjonctif de sorte que le follicule se remplit de tissu 
conjonctif. 

Metchnikoff a montr que la toxine du ttanos 
s'amassait plus dans les testicules ou dans les ovaires 
des poulets que dans les autres organes. Matchinsky 
constate l'atrophie d'un grand nombre d'ovules 
dans les ovaires des animaux soumis ces exp- 
riences. Il observe le mme fait la suite des injec- 
tions de Blastomyces Custis ou la suite de l'extrac- 
tion de la rate. Mais le fait est plus caractris la 
suite des injections non mortelles de toxine diphth- 
rique et chez les animaux traits par l'arsenic (1). 

M. Vaullegeard lit une note sur le Distomum 
pristis (imprime dans la 2 e partie de ce volume). 

A 9 h. 1/2 la sance est leve. 



(1) Il me semble que ces faits permettent de donner l'explication 
de la castration parasitaire tudie d'une manire remarquable par 
M. Giard ; elle serait due une scrtion de toxine bien connue 
dans les formes larvaires des Cestodes des mammifres. 



SEANCE DU 17 JUIN 1000 



Prsidence de M. Lignier, prsident 

La sance est ouverte 8 heures. 

Sont prsents : MM. Bigot, Duval, Foliain, L.-J. 
Lger, Lignier, Marie, Matte, D r Moutier, Moutier 
fils, Tison. 

Le procs- verbal de la sance de mai est lu et 
adopt. 

Les ouvrages reus depuis la dernire sance sont 
passs en revue. 

M. Moutier fils prsente : 1 Deux fleurs de 
Matricaria camomilla accoles et fusionnes, les 
fleurs jaunes tant confluentes ; 2 Une fleur de 
Catlcya dans laquelle un spale, un ptale et le 
gymnostme sont soucis. 

M. Brasil fait connatre par l'intermdiaire de 
M. Foliain qu'il a recueilli sur les rochers du Quihot 
deux animaux non encore signals sur les ctes du 
Calvados : Alpheus megacheles et Cistella capsella. 

M. le D r Moutier a observ un saule porte-gui dans 
la cte de Saint-Pair-du-Mont, sur la route de Crve- 
cur la route Nationale. 

D 



L 

M. Lignier signale la prsence 'Opkrys muscifera 

Chicheboville ; il a observ sur un gent une 
orobranche de l'"30 de haut. 

M. L.-J. Lger fait une communication sur l'orien- 
tation de la feuille par rapport la tige (imprime 
dans la 2 e partie du bulletin). 

M. Lignier prsente un rameau de Thuya occiden- 
talis couvert de nodosits qui sontdes racines adven- 
tives demeures sous- corticales. 

M. Bigot fait une communication sur les terrasses 
quaternaires de la Valle de l'Orne, notamment sur 
celle qui est visible en ce moment dans les exploita- 
tions de grs entre l'Orne et la Bruyre de Feugue- 
rolles. Il prsente plusieurs instruments chellens en 
silex provenant de cette terrasse. 

M. Bigot appelle l'attention sur l'intrt qu'il y 
aurait tudier le ruisseau de Perrires, prs Jort 
(Oalvados). Ce ruisseau, n d'une source assez abon- 
danteau villagede la Fontaine, aprs avoir coul pen- 
dant environ 3 kilom., disparait compltement en 
une cinquantaine de mtres de parcours ; la valle 
actuelle du ruisseau est d'ai Heurs continue dans la 
direction de Jort par un vallon assch. Des exp- 
riences de coloration artificielle permettraient de 
retrouver l'mergence de la rivire absorbe; un 
captage du cours d'eau au-dessus du point o 
disparat permettrait probablement d'ew faire profiter 
le vallon assch. 

A 10 heures la sance est leve. 



SANCE DU 2 JUILLET 1900 



Prsidence de M. Lignier, prsident 

La sance est ouverte 8 heures. 

Sont prsents: MM. D 1 Gidon, L.-J. Lger, Lignier, 
1> Moutier, D r Noury, Ravenel, Tison. 

En l'absence du Secrtaire et du Vice-secrtaire, 
M. Tison remplit les fonctions de secrtaire et donne 
lecture du procs-verbal de la sance de juin qui est 
adopt. 

Les ouvrages reus depuis la dernire sance sont 
dposs sur le bureau. 

Le Prsident fait connatre que M. Mantin, membre 
correspondant, a t nomm chevalier de la Lgion 
d'honneur ; la Socit lui adresse ses flicitations. 

M." Lignier signale la prsence de deux touffes de- 
gui sur un Salix alba, au bord de la vieille rivire, 
au del du pont de Galix. 

M. Lger prsenle la Socit une varit horticole 
de Clmatite grandes fleurs violettes, dont la tige 
montre la particularit suivante : un nud s'insre 
une feuille normale, longuement ptiole, trifoliole, 
de forme rgulire, c'est--dire folioles ptiolules, 
arrondies la base, attnues au sommet ; l'une d'elles 
est profondment lobe. En opposition avec cette 



lu 



feuille, se trouve, au mme nud, une foliole unique, 
violette sur presque toute sa face suprieure, sauf 
dans la partie mdiane, qui est verte, veine de vio- 
let, et, sur la face infrieure, d'une coloration verte 
plus tendue, mais avec les bords du limbe largement 
colors en violet. 

Cette foliole n'a pas la forme de celles des feuilles 
vgtatives ordinaires ; elle est semblable aux spales 
s'attnuant progressivement la base en un court 
ptiole. 

La mme tige de Clmatite porte en un autre point 
deux feuil'es opposes simples, mais nullement 
comparables, par leur forme, au limbe color qui 
vient d'tre dcrit ; elles sont longuement ptioles, 
limbe ovale, arrondi la base, comme celui des 
folioles foliaires normales. 



A 9 beures, la sance est leve. 



SEANCE DU 12 NOVEMBRE 1000 



Prsidence de M. Lignier, prsident 

La sance est ouverte 8 heures. 

Sont prsents: MM. Bigot, Brasil, Follain, Lignier, 
Matte, D r Moutier, Moutier fils, D r Noury, D r Osmont, 
Ilavenel, de la Thuillerie, Tison, Vaullegeard. 

Le procs- verbal de la sance de juillet est lu et 
adopt. 

Le Prsident fait part du dcs de M. le D r Huet, 
professeur adjoint la Facult des sciences, archi- 
viste de la Socit. La Socit dcide de tmoigner 
au procs-verbal les regrets que lui cause la dispari- 
tion de notre excellent confrre. 

Le Prsident annonce la soutenance de thse de 
M. Tison, qui il adresse les flicitations de la 
Socit. Cette thse est comme celle de M. le D r Gidon 
imprime dans les Mmoires ; c'est donc plusieurs 
titres une thse Caennaise comme la prcdente, 
labore dans le laboratoire de botanique de la 
Facult de Caen, soutenue Gaen et publie par une 
Socit caennaise. 

La correspondance comprend : Une lettre de M. le 
Ministre de l'Instruction publique, adressant le 
programme du Congrs des Socits savantes, qui 
se tiendra Nancy en 1900; Une lettre de M. Aug. 
Chevalier, qui oblig de se consacrer entirement 



LIV - 

la prparation de sa thse, ne pourra faire cet hiver 
la confrence qu'il nous avait promise sur son voyage 
'Lins l'Afrique occidentale ; Une lettre de la 
Socit des sciences de Buflalo (Etats-Unis), faisant 
part de la mort de son prsident; Une lettre de la 
Socit de Secom^s des Amis des sciences, et diverses 
demandes d'changes renvoyes la Commission 
d'impression. 

Les nombreux ouvrages reus depuis la dernire 
sance sont passs en revue. 

M. Chevalier offre une brochure intitule : Coup 
d'oeil sur la vgtation de V Afrique occidentale 

M. Bigot offre une notice intitule : La Normandie, 
extraite du livret-guide publie l'occasion du 
8 e Congres gologique international. 

Le Secrtaire prsente les fascicules I et II du t. XX 
des Mmoires et le volume III, 5 srie du Bulletin, 
constituant les publications de la Socit pendant 
l'anne T0OO. 

M. A. Yaullegeard communique la Socit un tra- 
vail sur l'action des Cestodes et des Nmatodes. 
(Voir 2 partie du Bulletin). 

Dans la premire partie de son travail il expose 
des expriences personnelles montrant l'influence 
considrable des substances contenues dans les vers; 
il a russi extraira une toxine ferment, agissant sur 
les centres nerveux, et un alcalode action curar-ique 
agissant sur l'agilit de l'animal. Dans la 2 e partie il 
recherche parmi les troubles provoqus par les vers, 
ceux qui sont dus une action mcanique el ceux 
qui seul dus une action chimique. 



LV 

M. F. Moutier prsente des chantillons de Calli- 
mofpha liera, aberration hitescens recueillis dans le 
dpartement de la Manche. 

Cette aberration hitescens diffre du type en ce 
que, au lieu d'tre rouge carlate, les ailes infrieures 
et l'abdomen sont d'un jaune d'ocre. 

Dans sa Faune entmoloique franaise Berce 
signale cette varit comme assez commune sur les 
ctes de Bret agne et surtout aux environs de Rennes. 
M. Moutier a galement rencontr cette varit dans 
le Calvados o elle est rare, puisqu'il n'en a pris que 
3 exemplaires en l'espace de six ans. Cette aberration 
hitescens tait extrmement abondante dans le dpar- 
tement de la Manche, au mois d'aot de cette anne. 
Sur dix (10) exemplaires de Catlimorpha liera 
observs, huit (8) appartenaient la varit jaune, et 
deux (2) seulement au type rouge. C'est l une pro- 
portion non remarque jusqu' ce jour; il serait 
intressant de rechercher si, dans les localits 
explores, c'est--dire sur le littoral occidental de la 
Manche depuis Dilette jusqu'au niveau d'Avranches, 
il en est toujours ainsi. 

M. Brasil communique des observations relatives 
la frquence de certaines espces sur le littoral du 
Calvados pendant l't dernier {Voir .2 partie du 
Bulletin I. 

M. de la Thuillerie fait une communication com- 
plmentaire sa note sur- les Dancus carotta et 
D. cjumnii [<!. 



LVI 

M. Matte prsente des silex nolithiques recueillis 
dans le dpartement de l'Eure, principalement 
aux environs de Bernay. 

M. Bigot met sous les yeux de la Socit, des 
exemples d : 'Abrasion (Thoulet) provenant des dunes 
deBiville (Manche): silex nolithiques et blocaux de 
grs polis par le sable charri par le vent, filonnets 
de quartz traversant des schistes, mis en relief ou 
compltement dissqus par la mme action. 

A 10 heures la sance est leve. 



SEANCE DU 3 DECEMBRE 1900 



Prsidence de M. Lignier, prsident 

La sance est ouverte 8 heures. 
Sont prsents : MM. Bigot, Brasil, D'' Catois, 
D r Duboscq, Hcart, Lignier, Matt, D r Moutier, 
Moutier fils, D r Noury, Tison, Vaullegeard. 

Le procs-verbal de la sance de novembre est lu 
et adopt. 

Les ouvrages reus depuis la dernire sance sont 
passs en revue. 

Il est dcid que les sances commenceront 
dornavant 8 heures et demie. 

Sont prsents comme membres honoraires par la 
Commission d'impression : 

MM. F.A.BATHER,conservateurauBritishMuseum. 
Michalski, Gologue en chef du Comit 
imprial de Russie. 
Comme membres correspondants : 
MM. Julien Raspail Arcueil (Seine), par 
MM* Bigot et D r Noury. 
D r Robine La Haye-du-Puits (Manche), par 
MM. Bigot et Chevrel. 

M. Brasil communique un Catalogue des Mollus- 
ques de la Faune marine de la re 'g ion de Luc-sur- 
Mer (imprim dans la 2 e partie). 



LVIII 

M. F. Moutier communique un supplment la 
faune des Mollusques terrestres et fluviatiles des 
environs de Caen (imprim dans la 2 e partie). 

A 9 heures, la sance est leve. 



TRAVAUX ORIGINAUX 



3 



L. -Jules Lger. Sur l'oriental ion le 
la Feuille en anatomie vgtale * 



Il est une rgle constante, adopte jusqu' ce jour 
par les auteurs pour les descriptions anatomiques 
concernant la tige et la racine : l'observateur est 
suppos plac au centre de l'organe et diriger ses 
regards vers la phriphrie ; par suite, la partie ant- 
rieure d'une rgion est celle qui est le plus proche 
du centre de l'organe, tandis que sa partie post- 
rieure est celle qui en est le plus loigne. Par 
exemple, dans une tige de Phanrogame, il est 
admis, pour un faisceau normalement orient, que 
la portion antrieure correspond la rgion ligneuse 
et la portion postrieure, au liber. 

Dans les reprsentations graphiques, en section 
transversale, des diverses rgions de la tige et de la 
racine, le centre de l'organe est suppos plac vers 
le bord infrieur du dessin, et la priphrie vers le 
bord suprieur. 

Cette convention pour tablir l'orientation des 
tissus est d'une grande commodit : elle vite toute 

* Travail prsent la Socit le 17 juin 1900; manuscrit remis 
le mme jour; preuves corriges parvenues au Secrtariat le :>l 

janvier 1901 . 



4 



confusion dans la description et permet, par le seul 
examen d'un dessin, de reconnatre immdiatement 
l'ordre de rpartition des tissus entre eux et relative- 
ment l'organe tout entier. 

Pourquoi donc cette faon de procder, si minem- 
ment utile, est-elle si souvent abandonne lorsque 
Ton considre la feuille ? La majorit des botanistes, 
en effet, procde, pour la description de cet organe, 
d'une toute autre manire que pour la tige ou la 
racine. L'observateur ne se place plus au centre de 
l'organe-support, mais l'extrieur de celui-ci, en 
regardant vers son centre, en sorte que l'orientation 
des tissus de la feuille, dans les descriptions et les 
reprsentations graphiques, devient l'inverse de 
celle des tissus de la tige tudie Isolment. Les fais- 
ceaux foliaires, pour citer un exemple, sont compl- 
tement renverss, relativement ceux de la tige 
considrs suivant le mode habituel, et, cependant, 
ils se dtachent de ces derniers en s'cartant simple- 
ment, sans torsion, leur bois et leur liber restant 
respectivement dirigs vers le bois et le liber de la 
tige. Dans un dessin, la rgion ligneuse du faisceau 
foliaire est tourne vers le haut de la page, tandis que 
la rgion librienne en regarde le bas. 

Ce changement dans la considration des tissus est 
due ce que, dans l'tude anatomique, on considre 
dans la feuille une face suprieure et une face inf- 
rieure,^ que, par suite, dans une reprsentation 
graphique d'une section de feuille, on place la face 
suprieure, vers la partie suprieure du dessin, et 
l'autre face, vers la partie infrieure; l description 
anatomique se fait ensuite d'aprs cette disposition. 



Nous allons essayer de dmontrer que, si on 
accepte le mode de reprsentation indiqu plus haut 
pour la tige, cette dernire manire de faire est 
incorrecte et repose sur une confusion. 

La distinction d'une face suprieur? et d'une face 
infrieure est d'ordre physiologique. 

Le mamelon foliaire se dveloppe paralllement 
l'axe de la tige qui le supporte. Alors que la fonction 
chlorophyllienne n'est pas encore en jeu chez elle. 
ou est trs rduite, la jeune feuille est parallle la 
tige ; c'est ce que nous voyons dans le bourgeon ; 
une de ses faces est tourne vers le support, l'autre 
vers l'extrieur. Si nous considrons la feuille ce 
moment, nous n'y pouvons reconnatre de faces sup- 
rieure et infrieure, mais, au contraire, pour l'obser- 
.vateur cens au centre de la tige, il y a une face an- 
trieure et une face postrieure, ou encore, une face 
interne et une face externe. 

Ce n'eot que plus tard, lorsque la fonction chloro- 
phyllienne entre en jeu, que la feuille abandonne sa 
position premire et s'carte de la tige pour se pr- 
senter le plus normalement possible aux radiations 
lumineuses : elle quitte la position verticale pour se 
rapprocher, plus ou moins, de l'horizontalit. Cette 
dernire position qu'elle prend est ncessite par 
une fonction physiologique et n'est nullement d'ordre 
anatomique ; la distinction que l'on fait alors d'une 
face suprieure et d'une face infrieure ne peut 
intervenir dans une tude anatomique de l'organe. 

Il importe donc, dans l'tude anatomique d'une 
feuille, de, considrer celle-ci dans sa position anato- 
mique et non point dans sa position physiologique ', 



6 



et, dans le cas o elle est plus ou moins carte de la 
tige, de la supposer, par la pense, rapproche de 
cet organe et dirige paralllement lui, ainsi 
qu'elle l'tait, dans les premiers stades de son exis- 
tence. 

Nous reconnatrons alors la feuille une face 
antrieure ou interne, situe le plus prs de l'obser- 
vateur plac au centre de la lige et une &cepost- 
rieure ou crier ne . qui en sera le plus loigne. 
L'orientation des tissus libro ligneux de la feuille 
sera alors la mme que celle de ces tissus dans la 
tige, ce qui est l'expression de la vrit, puisque les 
uns ne sont que des branches simplement dtaches 
des autres. Le tissu palissadique, sur une section 
transversale, sera tourn vers l'observateur et le tissu 
lacuneux sera dans la rgion externe. 

Un autre argument vient encore plaider en faveur 
de la thse que nous dfendons : la distinction des 
faces suprieure et infrieure ne peut se faire que 
chez les feuilles vgtatives normalement dvelop- 
pes ; elle n'est plus possible chez les autres feuilles. 

Les bractes de tout ordre, les cailles foliaces 
sont, dans l'immense majorit des cas, dresses 
paralllement l'axe de leur support. Il en est 
presque toujours de mme des pices florales, et 
alors, on commet une vritable erreur, on amne 
dans les descriptions une confusion complte, lorsque 
l'un continue, pour ces diverses formes de feuilles, 
l'interprtation accepte pour les feuilles vgtatives 
et qu'on les suppose rabattues dans la position hori- 
zontal''. Il est absolument faux de dire que les sacs 
polliniques des Angiospermes sont situs sur la face 



7 

suprieure de l'anthre, ou que les ovules sont ins- 
rs sur la face suprieure du carpelle. Ces organes, 
anthre et carpelle, sont dresss dans la fleur et ont 
conserv, pour jouer leur rle physiologique, l'orien- 
tation anatomique qu'ils avaient l'origine, les sacs 
polliniques et les ovules sont insrs sur leur face 
antrieure. C'est pousser trop loin la gnralisation 
d'une conception imprcise que de les considrer, 
pour les dcrire, comme tant renverss horizontale- 
ment. 

Je pense donc qu'il est juste et rgulier de consi- 
drer, dans une description anatomique. toutes les 
feuilles comme places paralllement la tige support 
et de leur reconnatre une face antrieure et une 
face postrieure et comme, jusqu' prsent, l'obser- 
vateur est cens au centre de la tige, la face ant- 
rieure sera celle qui sera le plus proche de ce centre, 
la face postrieure sera l'autre. 

Cette opinion, d'ailleurs, n'est pas mienne, elle est 
celle de nombreux anatomistes. Si j'ai cru devoir 
prsenter ici les arguments qui, mon sens, militent 
en sa faveur, c'est parce qu'elle est dlaisse par des 
botanistes n'ayant peut tre pas suffisamment pes 
les raisons qui la soutiennent. 

Universit de Caei>. Laboratoire de Botanique de la 
Facult des Sciences, 1899. 






8 



F. Moutier. Supplment au Cata- 
logue les Molluscpies terrestres et 
flluviatiles des environs de Caen * 



Alphonse De l'Hpital publia, dans les bulletins de 
la Linnenne des annes 1858-59 et 1859-60, un 
Catalogue des Mollusques de notre rgion. Ayant eu 
l'occasion de rencontrer depuis quatre ou cinq ans 
quelques espces, nouvelles pour la contre, ou de 
recueillir des dtails se rapportant des espces 
dj cites, j'ai cru intressant de les faire connatre. 

Genre Clausilia Draparnaud 

Ce genre est actuellement reprsent dans le Cal- 
vados par 6 espces, dont 4 taient dj connues et 
cites par De l'Hpital, 

1. Clausilia Roolphi Leach. 

2. Clausilia nigricans Pultney. 

3. Clausilia parvula Studer. Pour ces trois 
premires espces je n'ai rien ajouter aux notes 
de De l'Hpital. 

* Travail communiqu la sance du 3 dcembre 1900 ; manus- 
crit remis le mme jour. Epreuves corriges parvenues au Seeiv 
tariat. le r fvrier 1901, 



- 9 - 

4. Clausilia laminata Montagu. Dupuy : Hist. 
nat. des Mollusques. PI XVI, fig. 6. 

De l'Hpital ne signale pour cette magnifique espce 
que 3 localits : Crvecur, Lisores et le Mesnil- 
Simon : j'y ajouterai Glos et surtout Saint-Martin- 
de-Bienfaite (arrondissement de Lisieux). Dans cette 
dernire station, laC/. lanrinataest abondante sur les 
vieilles souches et parmi la mousse le long d'un vieux 
chemin. Ple-mle avec cette espce se trouvent, 
vivant dans la mme localit, quelques exemplaires, 
peu nombreux d'ailleurs, de Clausilia Rolphii. 

5. Clausilia dubia Draparnaud. Locard : Co- 
quilles terrestres de France. Paris 1894, page 279. 

Je ne possde qu'un seul exemplaire de cette raris- 
sime espce. Les auteurs ne la signalaient jusqu'ici 
que dans les rgions montagneuses de la France. Cet 
chantillon a t trouv sur un tronc de platane 
dans le vallon de Biville, prs Caen. 

6. Clausilia eumigra Mabille. Locard ; loc. cit., 
p.' 292. 

De cette espce, d'ailleurs trs rare dans toute 
la France, je ne possde qu'un seul exemplaire trouv 
sur un tronc de sapin dans la mme localit que 
l'espce prcdente, c'est--dire Biville. La Cl. 
eumicra pourrait tre premire vue confondue avec 
un petit chantillon de la Cl. parvula dont, elle est 
cependant nettement et spcifiquement distincte. 

Genre Hlix Linn 

Hlix pisana Millier. Dupuy : loc. cit. PL XIV, 
fig. 4, a, b, c, e. Locard : loc. cit., p. 88, fig. 93 
(marque fig. 6 par erreur d'impression). 



- 10 - 

Dans les ouvrages, de Dupuy et de M. Locard, cette 
espce est signale comme exclusivement dveloppe 
dans la rgion mridionale de la France. Or, j'ai 
rencontr cette espce en deux localits normandes ; 
il y a donc l un t'ait nouveau signaler ; du moins, 
on n'avait pas encore, ma connaissance, signal 
la prsence de 177. Pisana sur nos rivages ; et 
M. Mac(l) dans son Catalogue des Mollusques ter- 
restres des environs de Cherbourg et de Valognes, 
n'en fait pas mention. 

Parmi des exemplaires des // variabilis Drapar- 
naud et maritima Drap, recueillis l'an dernier 
Sallenelles, j'ai trouv un exemplaire, un seul, de 
l'espce qui nous occupe en ce moment. Mais au 
mois d'aot de cette anne, c'est par centaines que 
j'ai pu recueillir les chantillons de 17/. Pisana 
dans les dunes de Coutainville, plage loigne de 
Coutances de 13 kilomtres environ. Les Hlix recou- 
vraient compltement les herbes et le tronc de quel- 
ques petits sapins qui poussaient l ; elles taient 
d'ailleurs concentres en un point assez peu tendu ; 
quelques centaines de mtres de cet endroit, elles 
semblaient compltement disparatre. Je puis d'ail- 
leurs garantir l'identit absolue des chantillons m- 
ridionaux et des chantillons normands, puisque je 
possde des Jl. Pisana provenant de Bordeaux. 

Hlix Loroglssicola J. Mabille. Locard: Inc. 
cit., p. 174. 

i M. J.-A. M mi.: Essaisd'un Catalogue des Mollusques marins, 
terrestres et fluviatiles vivant dans les environs de Cherbourg 
// de Valognes, -' vol. du Congrs scientifique -7 r session] tenu 
Cherbourg en 1860. 



H 



Cette espce est peu commune, je n'en possde 
que quelques exemplaires trouvs sous des cailloux 
dans les lieux secs, notamment dans des vieilles 
carrires, et aussi sur des troncs d'arbres. Mes chan- 
tillons proviennent de Carpiquet. May-sur-Orne (Cal- 
vados) et de Fresville (Manche). 

Genre Planorbis Guettard 

Planorbis albus Muller. Ditp/u/ : Hist. nat. des 
Mollusques. Paris, 1847-52. PI. XXI, fig. 4. 

Locard : Coquilles des eaux douces et saumtres 
de France. Paris, 1893. Page 59, fig. 51, 52. 

Cette espce est signale par De l'Hpital comme 
tant assez rare. ACond-sur-Seulles (arr. de Baveux), 
au barrage du moulin, on la rencontre relativement 
en abondance parmi des milliers de Valvata pisci- 
nalis Muller. 

Genre Physa Draparnaud 

Aux espces dj signales, c'est--dire : 

1. Physa fontinalis Linn. Dupuy : Hist. nat. 
des Moll (1847-1852). PI. XXII, fig. 1. 

2. Physa hypnorum Linn. Dupiu/ . loc. cit.. 
pi. XXII, fig. 2. 

Espces que Ton rencontre un peu partout, il con- 
vient d'ajouter: 

3. Physa acuta Draparnaud. Dupuy: lac. cit., 
pi. XXII, fig. 3, a, c. 

Dont De l'Hpital n'avait encore recueilli qu'une 
varit (et encore celle-ci trs probablement importe 



12 



et non indigne), dans un vase o l'on cultivait, au 
Jardin des Plantes, le Marsilea quadrifola. Je pos- 
sde de la Ph. acuta type environ une demi -douzaine 
d'exemplaires provenant tous du Marais des Terriers 
(commune de Yimont. an*, de Tfoarn). 

Genre Limnaea Bruguire 

1. LiMN.EA CONTORTA Bourguignat. Locard : 
loc. cilato, pp. 40, 41. 

Espce nouvelle pour la rgion; trs voisine de la 
L. palustris Millier, dont elle diffre toutefois trs 
nettement par sa coquille plus troite et aux stries 
moins saillantes, surtout pour ce qui est des longi- 
tudinales. La spire est plus allonge, plus lgante. 
Le dernier tour de contorta est aussi haut, mais 
moins large que celui de palustris, l'ouverture est 
plus troite et plus arrondie. 

Hab. Je n'ai jamais trouv que deux exem- 
plaires de cette trs rare espce. Ils taient au milieu 
de feuilles de peuplier humides, en dcomposition, 
au fond du trou form par l'arrachement d'une souche, 
quelques pas d'un des fosses du marais des Ter- 
riers. 

2. Limn.ka glbra Millier. Locard : loc. 'il. pp. 
43, 44, fg. 26. 

Dupuy : loc. cit., pi. XXII, fig, 9, a. 

Je signale cette espce uniquemenl pour dire ne 
l'avoir jamais rencontre qu' Lau partie (air. de 
Pont-1'Evqu), dans une mare herbeuse ainsi que 
dans quelques fosss qui s'y terminent. Elle y est 
d'ailleurs trs abondante. De l'Hpital semble d'ail- 



13 



leurs ne l'avoir galement jamais rencontre que 
dans le pays d'Auge. 

3. Limn.ev auriculari v Linn. Dupu;/ : loc. 
cil., pi. XXII, fig. 8. 

Locard : loc. cit., p. 23, fig. 7. 

Cette espce depuis l'poque laquelle de l'Hpital 
fit paratre son catalogue, c'est--dire depuis 1860, a 
t'ait son apparition dans les pices d'eau du jardin 
botanique de Gaen ; et si je tiens signaler ce fait, 
c'est que cette espce, actuellement trs rare dans 
tout le Calvados, est extrmement abondante au Jar- 
din des Plantes. Il y en a d'ailleurs deux varits. 

Var. A). C'est le type; ses exemplaires se trou- 
vent dans tous les bassins ; ils ont en moyenne : 

Hauteur 20 millim. 

Diamtre du dernier tour. 15 
Hauteur de l'ouverture. .17 

Var. B). Les reprsentants de cette varit sont 
localiss dans un bassin unique. Je les dois l'obli- 
geance de M. J. Lger, Matre de confrences !a 
Facult des Sciences. Ils sont remarquables par 
leurs dimensions considrables et la beaut des 
chantillons (notons toutefois que quelques-uns sont 
difformes). Voici les dimensions de deux d'entre eux 
test bien conform. 



1/111 m/n 



Hauteur 29 

Diamtre du dernier tour. 26 
Hauteur de l'ouverture. . 27 



29,5 

25 

29 



14 

Genre Ancylus Geoffroy- 
Ce genre est actuellement reprsent dans nos 
parages par 2 espces, par 3 mme, si l'on lve au 
rang d'espce, comme le font les traits de conchy- 
liologie modernes, la Var. capuliformis del' Ancylus 
fluviatilis. 

1. Ancylus fluviatilis Mller. Dupuy : loc. 
ri/a/a, pi. XXVI, fig. 1. 

C'est l'espce la plus rpandue. On ne trouve plus 
Y Ancylus fluviatilis dcrit dans les ouvrages les plus 
rcents, du moins dans ceux de M. Locard. Ce der- 
nier auteur donne la description d'un Ancylus sim- 
ple. / liuc'hoz, qui ne rappelle pas exactement la des- 
cription de VA. fluviatilis telle qu'elle est donne 
dans le Trait de malocologie de Dupuy. De plus, 
M. Locard dcrit un Ancylus capuliformis Jan qui 
ne ressemble pas en tous points la diagnose de 
MM. De l'Hpital et Dupuy. Pour dterminer uns 
chantillons, j'ai d'ailleurs suivi surtout ces der- 
niers. 

2. Ancylus capuliformis Jan. l><> l'Hpital: 
loc. cit. 

Cette espce m'a fourni un remarquable exemple 
de l'influence du milieu sur les conditions biologiques 
des individus. C'est ainsi que De l'Hpital rencontra 
cette rare espce en abondance, attache aux mor- 
ceaux de grs et de poudingue dans les excavations 
pleines d'eau des petites carrires de May-sur-Orne. 
Ceci se passait en L 856-58. En 1X59, cette espce 
semblait teinte l o quelques mois auparavant on* 



15 



la trouvait encore en nombre. C'est en 1894 seule- 
ment que j'ai revu cette espce ; j'en rcoltai une 
dizaine d'exemplaires sur les clats de grs tapissant 
le fond d'une carrire exploite May, fond d'ail- 
leurs rempli d'un peu d'eau. Depuis cette anne 1804, 
bien que je n'en sois plus compter mes excursions 
May, jamais je n'ai revu le moindre cbantillon 
de VAncylus capuliformis, ni l'endroit o je l'avais 
trouv, ni dans quelque autre carrire. 

Peut-tre l'avenir, amenant de nouveau des cir- 
constances favorables fera-t-il retrouver cette intres- 
sante espce. 

Je cite pour montrer leur identit avec les chiffres 
publis par De l'Hpital, les dimensions d'une de 
mes coquilles : 



Grand diamtre. . 


. . 10 millim 


Petit diamtre . . 


. .. 7 


Hauteur .... 


5 



3. Angylus lacustris Linn. Dupiiy : lac. 
cit., pi. XXVI, fig. 7. 

Cette espce semble tre sensiblement moins abon- 
dante qu'il y a 40 ans; je ne l'ai, pour ma part, jamais 
rencontre que dans les marais de Blainville, et 
encore, non l'tat vivant, mais attache des tuis 
de larves de phryganes. 

Genre Dreissensia Van Beneden 

Dreissensia occidentalis Bourguignat. Locard : 
Coq. eaux douces, p. 312. 

Cette espce n'a encore t trouve que dans le 



16 



canal de Caen la mer o mon pre (voir Bulletin 
de la Socit linnenne de Normandie, 5 e srie, vol. 2, 
p. LXXIX) la dcouvrit il y a deux ans. 

A celte poque, elle tait reprsente par de nom- 
breux exemplaires, les uns vivants, les autres 
morts, attachs la base immerge des tiges de 
Typha, dans la partie du canal comprise entre Be- 
nouville et la mer, sur un point d'ailleurs peu tendu 
de la rive droite. Actuellement on trouve bien encore 
quelques coquilles vides l'endroit prcis, mais ij 
m'a t impossible d'y retrouver cette anne les 
animaux vivants. 

L'espce introduite accidentellement dans le canal, 
sans doute par quelque navire venu de rgions in- 
testes par elle, semble donc bien tre en voie de 
disparition. 

En rsum, je signale ici huit espces nouvelles 
pour le dpartement : 

Clausilia dubia Draparnaud. 
eumicra Manille. 

Hlix Pisana Mller. 
Loroglossicola Mabille. 

Limnsea contorta Bourguignat. 

Physa acvta Draparnaud. 

Ancylus capulodes Moquin-Tandon. 

Dreissensia occidentalis Bourguignat. 

L'une de ces espces, il est vrai, V Ancylus capu- 
lodes, tait dj dcouverte par De l'Hpital, mais il 
en avait fait une simple varit. Je considre toute- 
fois que les chantillons examins prsentent des 
caractres suffisamment spcifiques pour permettre 
de dcrire un type et non plus une varit. 



17 

Quant la Dressensia occiderilalis, elle avait t 
dj prsente la Socit, je la rappelle simplement 
pour complter ce supplment. 

Certes, il m'et t facile de multiplier considra- 
blement le nombre des espces nouvelles pour le 
dpartement; je n'aurais eu pour cela qu' prendre 
les varits d'il y a quarante ans, et, en leur donnant 
les noms qu'elles portent actuellement dans les 
genres Pupa et Sphrium, par exemple, pour n'en 
citer que deux, les dcrire comme types. J'aurais 
ainsi copieusement allong ma liste, mais je crois 
qu'il vaut mieux laisser l'espce une acception trs 
large, que de l'mietter loisir en une infinit d'au- 
tres espces, dont la valeur tend devenir nulle. 

Admettre de nombreuses varits est plus conforme 
aux donnes de l'volution que de scinder tout ce 
qui s'enchaine visiblement ; et je crois que, si tous 
ceux qu'intressent les diagnoses procdaient ainsi, 
les dterminations n'en seraient que plus faciles, 
plus courtes, et aussi, j'en suis sr plus rigoureuses, 
c'est--dire plus conformes la ralit. 

En terminant, qu'il me soit permis d'adresser tous 
mes remerciements M. A. Locard pour l'extrme 
bienveillance avec laquelle il a revu les dtermina- 
tions de quelques espces douteuses tout d'abord. 



18 



L. Brasil. Faune marine le la i*g-ioii 
clo Liic-siii'-Mei*. Molliisciiics * 



Le prsent catalogue comprend rnumration des 
Mollusques recueillis dans cette partie du littoral 
normand, o se font le plus ordinairement les 
excursions, les pches et les dragages du Laboratoire 
de Zoologie que l'Universit de Gaen possde Luc- 
sur-Mer, c'est--dire dans l'espace limit, d'une part, 
par le rivage et une ligne parallle trace environ 
deux lieues au large, de l'autre, par les embouchures 
de l'Orne et de la Seulles. 

Cette surface, dont une bonne partie assche aux 
grandes mares d'quinoxes, peut tre divise, par 
la constitution du fond, en trois rgions distinctes 
respectivement superposes l'une l'autre. 

La zone moyenne, la plus importante par sa faune, 
est forme par un vaste plateau rocheux continu, 
s' tendant depuis Lion jusqu' Courseulles, o les 
eaux de la Seulles l'ont en partie, dtruit, en partie 
recouvert de leurs apports. Ce plateau reparait au- 
del de Courseulles, avec les roches de Ver, et se 
poursuit en prenant de plus en plus d'extension vers 
Arroinanclies et Port-en-Bessin. Sur notre cte. 

Travail prsent la sance 'lu ''< dcembre 1900 ; manuscrit 
remis le mme jour; preuves corriges parvenues au Secrtariat 
le s fvrier 1901 



19 

c'est lui qui forme les Roches de Lion, Luc, le 
Quihot et la Folie, les Essarts de Langrune, les Iles 
de Bernires, etc. 

Cette zone moyenne est spare du rivage par une 
bande sableuse qu'interrompent de place en place 
des bancs de galets roulants ou de roches basses. 
Vers Lion, les sables prennent une plus grande im- 
portance. A l'E. de ce village, ils forment la totalit 
de la grve ; l, par suite du plongement gnral des 
assises gologiques, toute trace de plateau rocheux 
disparait. 

La troisime zone, la plus profonde, o l'eau atteint 
une hauteur de quinze vingt mtres, est constitue 
par ce que nos pcheurs appellent trs justement 
de la plaquette , sables plus ou moins vaseux, 
plus ou moins grossiers, auxquels s'ajoute une forte 
proportion de galets plats provenant de la destruction 
des assises bradfordiennes locales. Des silex crtacs 
ou bajociens, des pierres d'ge plus ancien et d'ori- 
gines diverses s'y rencontrent aussi, mais en bien 
moins grande abondance. 

Dans la zone littorale et dans toute la portion du 
plateau rocheux dcouvrant aux grandes mares, 
les recherches se font facilement. La drague et le 
chalut ont servi pour explorer les eaux plus pro- 
fondes. On trouve partout les indications ncessaires 
pour la rcolte des Mollusques marins, je ne m'en 
occuperai point ici. Je me bornerai signaler un 
excellent moyen de se procurer les petites espces 
des eaux profondes qu'habite galement un gros 
Spatangue, Spantagus purpureus Millier. Ce moyen 
consiste dans l'examen du sable dont est toujours 



20 

gonfl le tube digestif de cet Oursin. J'ai pu, par 
ce procd, me procurer des espces trs rares, 
Acis, Eulima, Eulimella, Cyclostrema, ( 'ascum, etc. 

Dans ce catalogue, j'numre 155 espces de Mol- 
lusques. A part quelques rares exceptions, et dans 
ce cas les espces sont reprsentes dans les collec- 
tions locales du Laboratoire de Luc, je les ai toutes 
recueillies moi-mme. On pourra trouver bien minime 
le chiffre auquel j'arrive, surtout si on tient compte 
de l'aide que m'apportait la libre disposition de l'ou- 
tillage d'un Etablissement uniquement consacr aux 
recherches de Zoologie marine. Je ne crois pas 
cependant que ce chiffre puisse tre beaucoup aug- 
ment. L'embouchure de l'Orne, incompltement 
explore, donnera sans doute encore quelques espces 
arnicoles; au nombre des Nudibranches s'ajouteront 
certainement quelques units, sans que ces diverses 
additions amnent toutefois de bien grands change- 
ments dans le total gnral. Gela tient la pauvret 
relative, mais relle, de notre faune malacologique 
locale, pauvret en espces et pauvret en individus. 
A part, en effet, un trs petit nombre d'espces dont 
les reprsentants fourmillent sur la cte, les autres 
sont toutes rares, et la plus grande partie de celles 
que je cite ne me sont connues que par, un, deux ou 
un nombre fort restreint d'individus. 

Des 155 espces numres, toutes connues du 
littoral ocanique de la France et des ctes britan- 
niques, 133 ont t retrouves dans la Mditerra- 
ne (1) Les gisements pliocniques du Cotentin en 
ont fourni une trentaine. 

(1) Garus J.-V.), Prodromus Faunas Mditer ranese, 1889-1893. 



'21 

On trouvera pour chaque espce une rfrence 
bibliographique. Autant que possible, j'ai donn la 
prfrence aux illustrations photographiques, choi- 
sissant cependant parmi les diverses figures qui 
m'taient connues, celles qui me paraissaient repr- 
senter les chantillons les plus voisins des ntres. 

En terminant cet avant-propos, je tiens adresser 
M. le Professeur Joyeux-Laffuie mes sincres re- 
merciements. Si on veut bien trouver, en effet, 
quelque intrt cette modeste contribution la 
connaissance de notre faune locale, il faut surtout en 
savoir gr au bienveillant Directeur du Laboratoire 
de Luc. qui, en mettant ma libre disposition les 
ressources de cet tablissement, m'a donn la possi- 
bilit d'explorer les fonds dont la faune tait le moins 
connue. 

1. 
PLCYPODES 

I. TTRABRANCHES 

Fam. OSTREID^E 

Ostrea edulis Linn. 

1887. Ostrea edulis L. Bucquoy, Dautzenberg et Dollfus, 
Mail, ma?: Ross., t. II, p. 2, PI. I, flg. 1 et 

4: PI. V, fig. 1-4 (i). 

L'Hutre comestible existe sur notre cte en suffi- 
sante abondance pour constituer ce qu'on peut 



(1) L'Hutre du notre littoral ctffre Lgrement de ces gu 



res 



22 

appeler nue varit commerciale, l'Hutre de Cour- 
seulles. Sa pche, encore trs active il y a peu d'an- 
nes, a beaucoup diminu (l'importance depuis la 
diffusion de l'Hutre d'Arcachon, qui vient jusque 
dans nos parcs se substituer l'Hutre indigne. Le 
port de Courseulles arme cependant encore quelques 
bateaux qui se livrent pendant la priode de pche 
des dragages suivis sur les hutrires locales. 

L'Hutre de Courseulles peut atteindre une grande 
taille: des spcimens, mesurant jusqu' 180 milli- 
mtres de diamtre dans tous les sens, s'observent 
frquemment. C'est une coquille rgulire, rendue 
sensiblement orbiculairepar les expansions aliformes 
trs dveloppes qui, surtout dans la valve intrieure, 
existent de part et d'autre du crochet. 

L'Hutre comestible est reprsente dans la rgion 
par la forme type et sa varit lamellosa Brocchi 
= Ostrea lamellosa Brocchi = Ostrea hippopus 
Lamarck (Hutre pied de cheval). 

Fam. ANOMID. 
Anomia ephippium (Linn). 

1888. Anomia ephippium L. Bocquoy, Dautzenberg et 
Dollpus, Moll. mar. Uouss., t. II. p. 26, 
PL VII, lig. 1-7. 

Drague vivante fixe sur des Hutres. Les valves 
spares se trouvenl partout dans le sable des grves. 
Signale dans le Pliocne du Cotentin. 

par sa forme plus orbiculair el par la sinuosit trs accuse que 
prsente la commissure des valves sur le bord anal del coquille. 



23 -- 

Anomia patelliformis (Linn). 

1888. Anomia patelliformis L. Bucquoy, Dautzenberg et 

Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 41, 
PI. IX, fig. 10-11. 

Cette espce est abondante dans la rgion. On la 
trouve gnralement fixe sur les coquilles mortes 
que ramnent la drague. Des valves de Peclen maxi- 
mus, de ar.dium norvegicum., de Ostrea edulis 
sont ses supports habituels. La valve gauche est 
quelquefois richement orne de rayons foncs se 
dtachant sur un fond blanc sale. Le plus ordinaire- 
ment la coquille est d'une nuance uniforme assez 
claire. 

Fam. RADULID^E 

Radula (Limatula) subauriculata [Montagu). 

1803-69. Lima subauriculata Mont. Jeffreys, Brit. 
Conc/t., t. III, p. 82, t. V, PL XXV. fig. 3. 

J'ai trouv quelques valves isoles appartenant 
cette espce, dans du sable recueilli la drague 
dans les rgions de Luc et de Gourseulles. Je n'ai 
jamais vu d'individus vivants. 

Fam. PEGTINID^E 

Pecten maximus (Linn). 

1889. Pecten maximus L. Bucquoy, Dautzenberg et 

Dollfus, Moll. mur. Rouss., t. II, p. 64 ( 
propos Mi' P. jacobeeush.), IM. XIV. lig.1-2. 

Lp P. maximus, connu clans la rgion sous le nom 
de Gofiche, existe sur notre cte. Les dragueurs le 



24 



prennent quelquefois en nombre considrable, mais 
sa mobilit le rend d'une capture trop incertaine 
pour que les pcheurs en fassent l'objet d'une re- 
cherche spciale. Les valves isoles abondent sur 
nos grves et dans les matriaux ramens du fond 
par la drague. 

Pecten (^quipecten) opercularis {Linn). 

1889. Pecten opercularis L. Bccquoy, Dautzenberg et 
Dollfcs, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 72, PI. 
XVIII, fig. 1-3, 6-8. 

Nos pcheurs dsignent cette espce sous le nom 
de Palourde. On trouve communment la forme 
type et la varit aspera Bq. Dz. Dlf. La coloration 
est trs variable et peut se rapporter aux varits 
suivantes : 

Var. lineata da Costa, assez commune. 
Var. marmorata Loc, la plus abondante. 
Var. bicolor Loc, rare. 
Var. albida Loc, trs rare. 

Pecten (Chlamys) varius (Linn). 

1889. Pecten varius L. Bucquoy, DadtzenbeIig et Doi.lits. 
Mo//, mar. Rouss., t. H. p. 99. PI. XV, 

fig. 3-5. 

Ce Pecten n'est pas rare sur notre littoral, l.a 
drague le ramen souvent fix dans des valves de 
coquilles mortes. La plupart des spcimens appar- 
tiennent aux varits ferruginea Loc, a/ru Loc, 
fulva Clment, lutea Scacchi. 



25 

Fam. AVICULIDJ] 
Pinna pectinata Linn. 

1890. Pinna pectinata L. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, MoU. mar. Rouss., t. II, p. 118, 
PI. XXIII, fig. 1. 

Une valve drague au large de Courseulles. La 
bonne conservation de cette coquille permet de 
considrer comme trs probable la prsence dans 
notre rgion d'individus vivants. 

Fam. MYTILIDiE 

Mytilus edulis Linn. 

1890. Mytilus edulis L. Bucquoy, Dautzenberg et Dollfus, 
MoU. mar. Rouss., t. II, p. 136, PI. XXVI, 

fig. 1-4, 8-9. 

La Moule commune existe en nombre considrable 
sur nos rivages. Les rochers littoraux en sont tapisss 
et la drague en ramne souvent des eaux profondes. 

La forme typique est de beaucoup la plus fr- 
quente, mais on trouve galement plusieurs varits 
bien dfinies, dont certaines sont assez communes : 

Var. retusa Lamarck = Mytilus retusus Lm., dont 
le type, conserv dans les collections du Musum 
d'Histoire naturelle de Paris, provient d'Ouistreham. 

Var. abbreviata Lamarck = Mytilus abbreviatus 
Lm., c'est la forme que la drague ramne le plus 
souvent. 

Var. obesa Bucquoy, Dautzenberg, Dollfus. Cette 



2C 



varit se rencontre frquemment l'embouchure de 
l'Orne. 

Les Moules de nos ctes sont envoyes sur tous les 
marchs de la rgion. Elles sont loin d'y tre appr- 
cies l'gal de leurs congnres de Villerville ou 
d'Isigny. cause de la prsence presque constante 
dans leur intrieur du Pinnotheres pisum (Penn.). 

Mytilus editlis est connu dans le Pliocne de la 
Manche. 

Modiola barbata [Linn). 

1895. Modiola barbata L. Dautzenberg, Des. nom;, esp. 
Modiola etc. Fouille Jeunes Natur., 3 e sr., 
25 e anne, n os 295-296, PI. I. Qg. 5-6, 9-10. 

Cette espce n'est pas rare sur notre littoral. La 
drague la l'amne souvent. On la trouve aussi fr- 
quemment au pied des Laminaires. 

Modiola gallica Dautzenberg. 

1895. Modiola gallica I >aul . 1 >autzenberg, Desc. nouv. esp. 
Modiola etc. Feuilles Jeunrs Natur., 3 e sr., 
25 e anne, n S 295-296, p. 97, PI. I, flg. 1-2, 

7-8. 

Beaucoup plus rare que l'espce prcdente. Dra- 
gages de la lgion de Courseulles. 

Modiolaria marmorata [Forbes . 

L890. Modiolaria vnarmorata Forb Bdcquoy, Dadtzenberg 
et DollfuSj Mu//, mar. Rouss. I. II. p 163, 
PI. XXIX. fig. 15-20. 

Celte espce se loge souvent dans la tunique de 
certaines Ascidies. J'ai vu des spcimens de Ciona 



9.1 

intestinlis qui donnaient ainsi asile de vritables 
colonies de Modiolaria dont les plus petits individus 
ne dpassaient pas la grosseur d'un grain de chne- 
vis, les plus grands, celle d'un haricot. 
Dragages de Luc Gourseulles. Assez abondant. 

Fam. ARGID^E 

Arca (Fossularca) lactea Linn. 

1891. Arca lactea I,. Bucquoy, Dautzenberg et Dollfds, 
Mqll. mar. Rouss., t. II, p. 185, PI. XXXVII, 
fig. 1-5. 

On rencontre quelquefois des spcimens vivants de 
cette espce dans les fentes des rochers qui dcou- 
vrent sur notre littoral au moment des grandes 
mares. La drague peut galement en fournir. 

A 1 londan t dans le Pliocne de Gourbesville (Manche) 

Pectunculus glycimeris (Linn) 

1891. Pectunculus glycimeris L. Bucquoy, Dautzenberg 
et Dollfus, Moll. mar. louss., t. II, p. 195, 
PI. XXXIV, fi. 1-4. 

Les valves isoles sont assez abondantes, les spci- 
mens vivants trs rares. J'en ai vu quelques-uns 
dragus dans la rgion de Luc. 

Abondant dans le Pliocne de Gourbesville(Manche). 

Fam. NUGULIDiE 

Nucula nucleus {Liane). 

1891'. Nucula nucleus L. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollkus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 210, 
PI. XXXVII, lig. 22-24. 

Cette espce est abondamment reprsente sur 



28 

noire littoral par sa varit radata Forces et Hanley. 
On en drague partout de trs nombreux spcimens 
vivants. Le sable de la grve est riche en valves 
isoles. 

On rencontre N. nuclens dans le Pliocne de 
Gourbesville (Manche). 

Fam. LAS^ID^E 

Kellya (1) suborbicularis (Montagu). 

1863-09. Kellya suborbicularis Mont. Jeffreys, Brit. 
ConcA., t. II, p. 225, t. V, PI. XXXII, fig. 2. 

Cette espce se trouve communment dans les 
pierres dragues entre Luc et Courseulles. Elle y 
habite les trous creuss par les Gastrochnes. 

Lepton squamosum (Montagu). 

1892. Lepton squamosum Mont. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 244, 
PI. XXXIX, fig. 7-9. 

Trs rare. Quelques valves isoles dragues dans la 
rgion de Luc Courseulles. 



^o' 



Fam. GARDIID^E 

Cardium echinatum Linn. 

1892. Cardium echinatum L. Bucqdoy, D.u'TZENBEFtG et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 261, 
PI. XLII, fig. 1-2. 

Cette espce est abondamment reprsente par les 
(1) Ki-lh/'i el non Kellyia comme beaucoup d'auteuis crivent. 



29 

valves isoles que LouL dragage dans la rgion de 
Lion Ouistreham ramne en quantit. Les individus 
vivants sont rares. 

Cardium (Parvicardium) exiguum Gmelin. 

1892. Cardium exiguum Gmel. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Mail. mar. Rouss., t. II, p. 277, 
PL XLV, fig. 1-8. 

Le type et la varit hirta Bq. Dz. Dlf., existent 
sur notre littoral. Dragages de la rgion de Cour- 
seulles principalement. 

Cardium (Gerastoderma) edule Linn. 

1892. Cardin m edule L. Bucquoy, Dautzenberg et Dollfus , 
Moll. mar. Rouss., t. II, p. 284, PI. XLVI, 
fig. 1-5, 9-10. 

Trs rpandue sur nos plages sableuses, cette 
espce y est reprsente par le type et la varit 
belgica de Malzine. La coloration maculata Dautz. 
est galement reprsente. 

Cardium ednle est apport sur les marchs et 
vendu sous le nom de Coque. 

Existe dans le Pliocne du Cotentin. 

Cardium (Laevicardium) norvegicum Spengler. 

1892. Cardium norvegicum Spengl. Bucquoy, Dautzen- 
berg et Dollfus, Moll. mar. Rouss. t. II, 
p. 298, PI. XLVII1, fig. 1-3. 

Espce commune dans notre rgion. Tous les dra- 
gages entre Luc et Courseulles. Le type et la varit 
de coloration marmorata Bq. Dz. Dlf. 



30 - 

Fam. VENERID^E 

Venus (Timoclea) ovata Pennant. 

L893, Venus ovata Penn. Bdcqoot, Dautzenberg et 
Dollfds, Moll. mur. Rouss., t. JI, p. 377, 
PI. LIX, iig. 12-15. 

Tous les dragages entre Courseulles et Luc donnent 
des valves de cette espce qu'on se procure rarement 
vivante. J'ai recueilli cependant un individu dans ces 
conditions sur les rochers de Bernires. 

Dosinia exoleta (Linn). 

1893. Dosiititi exoleta L. Bocquoy, DAUTZENBBRGet Dollfus, 
Moll mur. Rouss. t. Il, p. 340, PI. L1V, 
iig. 1-2. 

Des spcimens typiques ou entirement hlancs 
sont quelquefois dragus entre Luc et Courseulles. 
Un individu a t recueilli vivant sur les rochers de 
Luc. Les valves. isoles abondent partout. 

Lucinopsis undata (Pennant). 

1893. Lucinopsis undata Penn. Bocquoy, Daotzenberg 
et Dollfus. Moll. unir. Rouss., t. II, p. 389, 
PI. LUI, Iig. 12-18. 

La coquille de cette espce abonde sur nos plages 
et dans tous les dragages, sans que j'aie pu dter- 
miner l'endroit o vit ce Mollusque. 

Tapes rhombodes (Pennant). 

L893. Tapes rhombodes Penn. Bocquoy, Dautzenberg 

et DoLLHis, Moll. m, ir. Rouss., t. II, p. 396, 
PI. I,\, fig. t-6. 

l'n seul chantillon de forme typique, avec la 



31 

coloration radiata Locard (Mail. mar. Rouss., lig. 6) 
dragu dans la rgion de Gourseulles. 

Tapes (Pullastra) pullastra (Montagu). 

1893. Tapes pullastra Mont. Bucquot, Dautzenbebg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 402, 
PL LXI, fig. 1-12 ;, PL LXII, fig. 7-11. 

L'espce du genre la plus rpandue sur notre 
littoral. La forme type se trouve partout, rarement. 
La forme saxatilis Fleuriau de Bellevue habite en 
abondance les fentes de tous les rochers. La forme 
geogrphicamarmorata(Modl. mar. Rouss., Vi. LXII, 
fig. 7- 11) a t drague Gourseulles. 

Tapes (Amygdala) decussatus (Linn). 

1893. Tapes decussatus L. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 430, 
PL LXV, fig. 1-5; PL LXVI, fig. 6. 

Assez rare dans notre rgion, cette espce y est 
gnralement reprsente par la forme type. Le 
Laboratoire de Luc possde dans ses collections un 
spcimen de la varit quadrangida Jeffreys. 

Fam. DONACIDJ; 
Donax vittatus (da Costa). 

1895. Donax vittatus da Costa. Bucquoy, Dautzenberg 
et Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 461, 
PL LXVIII, fig. 9-14. 

Existe en abondance sur les plages sableuses de 
Lion Ouistreham. C'est le Donax anatinum de 
Lamarck. 



- 32 - 

Apport sur les marchs de la rgion et vendu 
sous le nom de Filon, diminutif de Flie, nom local 
des Mactres. 

Fam. PSAMMOBIID^E 

Psammobia (Psammocola; depressa (Pennant). 

1895. Psammobia (h- pressa Penn. Bugquoy, Dautzenberg 
et Dollfds, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 485, 
PI. LXXI. fig. 1-4. 

La forme type et la varit livida Jeffreys habitent 
les rgions sableuses de notre littoral entre Lion et 
Ouistreham. 

Psammobia (Psammobella) tellinella Lu marc/;. 

1862-69. Psammobia tellinella Lm. Jeffreys, Brit.conch., 
t. II, p. 392 ; t. V, PI. XLII, fig. 1. 

Quelques spcimens de cette espce ont t dra- 
gus les uns devant Lion, les autres dans les parages 
de Gourseulles. 

Fam. SOLENIDJ; 

Solen marginatus Pennant. 

1895. solen marginlus Penn. Bdcquot, Dautzenrekg 
et Dollfus, Moll. mur. Rouss., t. Il, p. 495, 
PI. LXXII, fig. 1-2. 

Trs abondant sur les fonds sableux. Luc 
Ouistreham. 

Cette espce est galement connue sous le nom de 
S. vagina L. 



- 33 - 

Ensis ensis [Linn). 

1895. Ensis ensis L. Bucquoy, Dautzenberg et Dollfus, 
Mail. mar. Rouss., t. II, p. 501, PI. LXXII, 
fig. 1-3. 

Cette espce se trouve avec la prcdente Elle est 
galement trs commune. 

Cultellus pellucidus (Pennant). 

1865-69. Solen pellucidus Penn. Jeffreys, Brit. conch., 
t. III, p. 14; t. V, PI. XLVI, fig. 4. 

Abondant sur les fonds sableux, principalement 
dans la rgion Lion-Ouistreham. Parait plus rare 
dans la rgion de Gourseulles. 

Pliocne de la Manche. 

Solenocurtus candidus [Renier). 

1895. Solenocurtus candidus Renier. Bucquoy, Dautzen- 

berg et Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, 
p. 526, PI. LXXVII, fig. 6. 

Cette espce parait trs rare sur notre littoral. Je 
n'en connais qu'une valve droite, trs frache, munie 
encore du ligament, recueillie dernirement par la 
drague au large de Luc. Elle appartient la varit 
oblonga Jeffreys. 

Fam. MAGTRID^E 

Mactra corallina [Linn). 

1896. Mactra corallina L. Bucquoy, Dautzenberg et 

Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 547, 
PI. LXXI, fig. 1-5. 

Les savants auteurs des Mollusques marins du 
Roussillon ont dmontr que les Mactra < Cardium 

?> 



- 34 - 

corallina et stultorum de Linn reprsentait une 

mme espce, que le premier de ces noms doit 
s'appliquer la forme type, et le second une 
varit mditerranenne connue galement sous le 
nom de .1/. in /la la Bronn. Us ont enfin dsign sous 
le nom de varit atlanticd, la varit ocanique 
laquelle on rserve habituellement, et tort, celui de 
M. stultorum. 

Celte varit atlantica existe en abondance dans 
la rgion sableuse de Luc Ouistreham, elle y revt 
quelquefois la coloration cinerea Montagu. 

Mactra (Spisula) solida iLimiv). 

L862-69. Mactra solida L. Jeffreys, Brit. Conch., t. II, 

p. 415; t. V, PI. XLtIl,fig. 2. 

Cette espce se trouve en nombre considrable sur 
les plages sableuses de notre rgion. Avec la prc- 
dente elle est vendue sur nos marchs o on la 
dsigne sous le nom de Flie. 



"o l 



Mactra (Spisula) subtruncata (du Costa/. 
L896. Mactra subtruncata da Costa. Bocquoy, Dadtzen- 

BERG et DOIAFUS; Mo//, niitr. Rouss.\ t IL 
p. 559, PL LXXXll, g. 1-17. 

Espce abondante dans notre rgion o on ren- 
contre la forme type associe aux varits triangula 
Renier, inssqualis Jeffreys, tennis Jeffreys, striata 
Brown. 

M. subtruncata est signale dans le Pliocne du 

m 

Cotentin. 



35 



Lutraria lutraria {Linn). 

189(3. Lutraria lutraria L. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Mail. mur. Rouss:, t. Il, p. 5U6, 
PL LXKXIII, lig. 1-4. 

Egalement connue sous le nom de L. elliptia Lin., 
cette espce se trouve dans les dragages effectus 
l'embouchure de l'Orne. 

Lutraria (Psammophila) oblonga (Gmelzn). 

1896. Lutraria oblonga (mel. Bucquoy, Dautzenbekg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. Il, p. 57, 
PL LXXXIV, flg. 1-5. 

Cette espce se trouve avec la prcdente, elle est 
beaucoup plus commune. 

Fam. CORBULID^E 

Corbula gibba [Olivi). 

1896. Corbula gibba Olivi. Bucquoy, DautzexNberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 578, 
PL LXXXV, fig. 1-6. 

Cette petite espce est abondante dans tous les 
dragages. Je l'ai galement recueillie sur la grve 
Bernires et Luc. 

Trs abondante dans le Pliocne de Gourbesville 
(Manche). 

Fam. MYID^E 

Mya truncata Linn. 

18<>5-69. Mya truncata L. Juffkeys, Bril. Conch., L IL 
p. 66, t. V, PL L, lig. z. 

Rare sur notre cte. Quelques individus vivants 
ont t recueillis dans la rgion de Lion. 



36 

Sphenia Binghami [Turton). 

Existe en alcool dans les collections locales du 
laboratoire de Luc. 

Fam. GLYCIMERID^E 

Saxicava rugosa {Linn). 

1896. Saxicava rugosa L. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 597, 
PI. LXXXVI, fig. 12-19. 

Cette petite espce se trouve communment dans 
les rochers du littoral et les pierres dragues. La 
forme type et la varit gallicaria Lm. paraissent 
toutes deux reprsentes. 

On a signal la prsence de S. rugosa dans le 
Pliocne du Cotentin. 

Fam. GASTROGHiENIDJ] 

Gastrochaena dubia (Pennant). 

1890. Gastrochna dubia Pennt. Bucquoy, Dautzenberg 
et Dollfus, Moll. mar. Rouss.. t. II, p. 603, 
PI. LXXXV, fig. 30-40. 

Les pierres et les vieilles coquilles ramenes par la 
drague se montrent frquemment perfores par cette 
petite espce. 

Fam. PHOLADIDvE 
Pholas dactylus Linn. 

1896. Pholas dactylus L. Bucquoy, Dautzenberg et Dollfus, 
Moll. mar. Roussit. II, p. 609, PI. LXXXVII, 
fig. 1-5. 

Les valves isoles ne sont pas rares dans nos 



37 

parages, mais il se pourrait bien que l'espce n'ha- 
bitt point la rgion situe l'E. de l'embouchure de 
l'Orne et que toutes les coquilles qu'on ramasse sur 
nos plages, vinssent des environs de Gabourg o les 
Pholades existent en abondance. 

Barnea candida [Linn). 

1890. Barnea candida L. Bucquoy, Dautzenrerg et Dollfus, 
Moll. mar. Rouss.,\. II, p.(15, PI. LXXXVII1, 
fig. 1-7. 

Au sujet de cette espce et de la suivante, je ferai 
la mme observation que pour Pholas daclylus. 
Rejet mort sur nos plages. 

Zirfa crispata [Linn). 

1865-69. Pholas crispata h. Jeffreys, Brit. Conch., t. III, 
p. 112; t. V, PI. LUI, fig. 1. 

Rejet mort Lion. Cette espce existe au Home, 
prs Gabourg. 

Fam. TEREDINtDiE 

Teredo norvegica Spengler. 

1865-69. Teredo norvegicaSpengl. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. III, p. 168; t. V, PI. LIV, fig. 1. 

Collections du Laboratoire de Luc. 
Teredo navalis Linn. 

1865-69. Teredo navalis L. Jeffreys, Brit. Conch., t. III, 
p. 171 ; t. V, PI. LIV, fig. 2. 

Dans un morceau de bois chou sur la plage de 
Luc. 



38 



II. DIBRANCHES 

Fam. LUCINID^E 

Diplodonta rotundata {Mmtayu). 

La collection du Laboratoire de Luc conserve sous 
ce nom un chantillon en alcool. La dformation 
produite par la convexit du rcipient ne permet 
pas de s'assurer de l'exactitude de la dtermination. 

Fam. TELLINID^E 

Tellina Mrellai donacina [Linn). 

1898. Tellina donacina L. Bucqdot, Dotzenberg et 
Dollfcp, Mu//, mur. RoUSS., t. II, p. 648, 
PI. XCI, fig. 13-16. 

Cette espce m'est connue par des spcimens 
intermdiaires comme dimensions entre ceux qui 
dans les Mollusques marins du Roitssillon repr- 
sentent le type et la varit major. 

Dragages des rgions de Courseulles et de Lion. 

Tellina (Angulus fabula Gronovius. 

1862-60. Tellina fabula Gonov. Jeffreys, Un'/. Conch., 
t. II, p. 382; t. V. PI. XLI, fig. 2. 

Sur les grves o le sable domine Courseulles, 
Lion, Ouistrebam. 

Tellina (Arcopagia) crassa [Gmelin). 

1862-69. Tellina crassa Gmel. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. II, p. 37;!; t. V, PI. XL. ftg. i. 

Espce trs frquemment drague dans la rgion 



. 39 

de Luc Ouistreham. Les valves isoles abondent 
sur les grves. 

Tellina (Macoma) balthica Linn. 

1862-69, Tellina balthica L. Jeffreys, Brit. C<jnch.,i. II, 

p. 375; t. V, PI. XL, fig. 5. 

J'ai recueilli cette espce entre Bernires et Cour- 
seulles, Lion et Colleville. 

Tellina (Maeoma) tenuis da Costa. 
1898. Tellina tenuis da Costa. Bucquoy. Dautzenrerg et 

Dollfus, Moll. mar. Ruuss., t. II, PL XCV, 

fig. 1-4. 

Plus rare que l'espce prcdente. Mmes localits. 
T. tenais et T. balthica sont quelquefois pla- 
ces dans le genre Gastrana. 

Fam. SCROBICULARID^E 

Scrobicularia plana [da Costa). 

1898. Scrobicularia plana da Costa. Bucquoy, Dautzen- 
berg et Dollfus, Moll. mur. Rouss., t. II, 
p. 694, PL XCVI, fig. 1-5. 

Cette espce habite l'embouchure de l'Orne. Je 
ne l'ai pas recueillie vivante, mais la coquille est 
frquemment rejete trs frache sur nos grves. 

Connue galement sous le nom deS.piperataGme\. 

Syndesmya alba (Wood). if . 

1898. Syndesmya alba Wood. Bucquoy, Dautzenrerg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. II, p. 702, 
PL XCV1I, fig. 1-4. 

Cette espce est extrmement abondante dans 
toute la reion sableuse de Lion Ouistreham. 



- 40 
Cm la connat galement du Pliocne du Gotentin. 



'55*- 



Fam. PANDORIDJ; 

Pandora inquivalvis [Linn). 

1898. Pandora inquivalvis L. Bccquoy, Dautzenberg et 
DoLtFus, Moll. mar. Rouss., t. Il, p. 723, 
PL XCVIII, fig. 7-10. 

Les spcimens de P. inaequivalvis dragus dans 
notre rgion appartiennent tous la varit marga- 
ritacea Lamarck = rostrata Lamarck. Cette varit 
trs caractrise est regarde par certains auteurs 
comme constituant une vritable espce. 

Rare ; rgion de Luc Ouistreham. 

Fam. ANATINID^E 

Thracia papyracea (Poli). 

1898. Thracia papyracea Poli B'cquoy, Dautzenberg et 
Dollfi'S, Moll. mar. Roitss., t. II, p. 735, 
PL XCIX, fig. 5-8. 

Cette espce abonde dans la rgion Lion-Ouistre- 
ham. Les spcimens de notre littoral appartiennent 
la varit mllosiiscula lrown, plus solide et moins 
allonge transversalement que le type. 



41 

2. 
SCAPHOPODES 

Fam. DENTALID^E 

Dentalium (Antalis) vulgare [da Costa). 

1886. Dentalium vulgare da Costa. Bucquoy, Dautzen- 
berg et Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, 
p. 558, PI. LXVI, fig. 1-6. 

Ce Dentale est trs abondant sur notre cte 
une certaine profondeur. Des spcimens habits par 
un Gphyrien Phascolion strombi (Montagu) sont 
souvent dragus. 

3 - 

A M PHINEURES 

Fam. GHITONID^E 

Chiton cinereus Linn. 

1865-69. Chiton cinereus L. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. III, p. 218; t. V, PL LVI, fig. 2. 

Sur les pierres, mare basse. Luc, Langrune, 
Bernires. 

Chiton albus Linn. 

1865-69. Chiton albus L. Jeffreys, Brit. Conch., t. III, 
p. 220 ; t. V, PI. LVI, fig. 3. 

Sur les pierres mare basse. Luc. Rare. 



42 

Chiton ruber L'unir. 

L863-69. Chiton ruber (L.)Lowe. Jeffrbys, Brit. Conck., 

I. III. p. 224 : t. V, PI. LVI, ii^s. i. 

Trouv fix sur des pierres et des vieilles coquilles 
dragues eu face Luc. 

ChitOD marginatus Pennant. 

L886. chito,/ marginatus Penn. Bocqdot, Dautzenberg 
et Dollkcs. Mu//, mar. R9/s., t. I. p. 197, 
PI. LXI, fig. 13-16; PI. LXII, fig. 3. -. 

Trs commun mare basse, sur les pierres et les 
rochers. Luc, Langrune, Bernires. 

4. 

GASTROPODES 

I. OPISTHOBRANCHES 

Fam. DORIDID^E 

Doris (Archidoris) tuberculata Cuvier. 

isi. Doris tuberculata Cuv! Alder et Hancock, Brit. 
Nud. M<>//.. Fam. I, PI. III. 

La plus commune des Doris de notre cte. Au 
printemps, les bancs rocheux qui ileeouvrent mare 
basse en sont parfois couverts d'individus occups 
pondre. 

Fam. POLYCERIDJ] 
Acanthodoris pilosa [Miiller): 

L851. Doris pilosa Mull. Aldeb et Hancock, Brit. Nud. 

Mol/., Vaux. 1, PI. XV. 

Beaucoup moins commune que l'espce prc- 



43 

dente et toujours recueillie dans les dragages en eau 
relativement profonde. 

Acanthodoris (Lamellidoris) bilamellata (Linn). 

1854. Boris bilamellata L. Aldek et Hancock, Brit. Nud. 

Mail., Fam. I, PI. XI. 

Je n'ai pas moi-mme recueilli cette espce, mais 
elle existe dans les collections du Laboratoire de Luc, 
avec la mention Luc . De plus, Eug. Deslong- 
champs signale la prsence de trs nombreux 
individus de Doris bilamellata sur les rochers du 
Quihot, en 1867 (1). 

Triopa claviger (Mller), 

1848. Triopa claviger M. Axder et Hancock. Brit. 
Nud. MolL, Fam. I, PI. XX. 

Un seul chantillon pris par le chalut du Labora- 
toire de Luc. en septembre lf?00, au large de Lion. 

Fam. TRITONID^E 

Tritonia Hombergi Cuvier. 

1855. Tritonia Hombergi Cuv. Alder et Hancock, Brit. 

Nud. Mut/., Fam. I!, PI. H. 

Cette espce se trouve trs frquemment dans les 
dragages. Elle parait particulirement abondante 
dans la rgion de Courseulles. 

'1 E. Deslon champs, Remarques sur quelques Mollusques 
marins observs Luc, Bull. Sur. Linn.Norm.. 2" sr., 2 vol., 1867, 
p. 143. 



44 

Tritonia (Gandiella) plebeia Johnston. 

1847. Tritonia plbeia Johnst. Aldeb et Hancock. Brit. 
Nud. Moll., Fam. II, PI. III. 

Espce beaucoup plus rare que '/'. Hombergi. 
Drague en face Luc. 

Fam. DENDRONOTIDJ] 
Dendronotus arborescens [Mllr). 

1845. Dendronotus arborescens Mill. Aldeb et Hancock, 

Brit. Nud. Mail., Fam. III, PI. III. 

Rare sur notre cte. Quelques individus recueillis 
par la drague entre Courseulles et Luc. 

Fam. ^EOLIDID^E 

JEolis (Facelina) coronata Forbes. 

1846. Eolis coronata Fort). Aldf.r et Hancock, Brit. 

Nud. Mot.L, Fam. III. PI. XII. 

J'ai recueilli une fois au printemps cette jolie 
espce sur les roches de Bernires. 

jEolis (./Eolidia) papillosa [Linn). 

1854. Eolis papillosa L. Alder et Hancock, Brit. Sud . 
MolL, Fam. III, PI. IX. 

. Cet Eolidien est assez commun dans notre rgion. 
On le trouve la grve et dans les dragages. 

Fam. D O f T O I D J] 
Doto fragilis Forbes. 

1851. Doto fragilis Forb. Ali>eh et Hancock, Brit. Nud . 
MolL, Fam. III, PI. V. 

Cette espce parait rare. Eug. Deslongchamps l'a 



45 

rencontre sur les rochers du Quihol Luc. Je l'ai 
obtenue de dragages effectus dans la rgion de 
Gourseulles. 

Doto coronata {Gmelin). 

1846. Doto coronata Gmel. Alder et Hancock, Brit. Nud. 
Moll., Fam. 3, PI. VI. 

Deux chantillons trouvs sur des Antennulaires 
dragues dans la rgion de Gourseulles. 

Fam. TORNATINID^E 

Tornatina (Retusa) candidula (Locard). 

1867-69. Utriculus obtusus Mont. Yar. Jeffreys, Brit. 
Conch., t. IV, p. 424 ; t. V, PI. XCIV, 
flg. 4. 

1891. Cylichna candidula Loc. Locard, Coq. mar. ctes 
de Fr., Ann. Soc. Linn. Lyon, nouv. sr. 
t. XXVII, p. 28. 

Jeffreys a dcrit et figur sous le nom de Utriculus 
obtusus Mont.,i7//\ Lajonkaireana Bast., une coquille 
diffrant de U. obtusus Mont., par sa taille plus 
petite, sa forme plus troite et plus rgulirement 
cylindrique, sa spire plus leve. Locard n'admettant 
pas l'identification de cette varit Bal la Lajonkai- 
reana Bast. en a fait une nouvelle espce Cylichna 
candidula Loc. J'adopte cette manire de voir en 
plaant toutefois l'espce dans le genre Tornatina, 
section Retusa. 

Un seul spcimen trouv vide dans du sable 
provenant des rochers de Luc. M. Dautzenberg qui a 
bien voulu l'examiner, m'en a confirm la dter- 
mination. 



46 

Fam. PHILINIDJ; 

Philine aperta [Linn). 

188i. Philine aperta L. Rdcqdoy, Dautzbnberg et Dollfus, 
Moll. mar. Rouss., t. I, p. 540, PI. LXIH, 
g. 10-15. 

Tous les dragages, et plus particulirement ceux 
qui sont effectus sur les fonds sableux, fournissent 
en abondance cet intressant Tectibranche. Au 
moment des grandes mares on peut parfois en 
recueillir mer basse de trs nombreux spcimens 
vivants sur l'a grve, entie Lion et Ouistreham. 

Fam. APLYSIDiE 

Aplysia depilans Liane. 

186'J. Aplysia depilans L. Jekfkeys, Brit. Co/ich., t. V, 
P . 7. 

Les Aplysies paraissent trs rares sur notre littoral. 
La collection du Laboratoire de Luc en possde 
provenantde Langrune. J'en ai vu un trs bel individu 
vivant recueilli Bernires parmi les Laminaires, 
par M. le D 1 ' Gatois. 

II. PROSOBRANCHES 

Fam. PATELLIDiE 

Acmaea virginea [Mller). 

L886. Acmgsa virginea Mull. Bucquot, Dadtzbnberg et 
Dollfos, Mol t. mar. Rouss., L I, p. 47S. 
PI. LI, fig. ta-43. 

Bien que dans la rgion de Gourseulles la drague 
rapporte souvent cette espce, je n'en ai vu aucun 



47 

individu vivant. Se trouve frquemment aussi dans 
le tube digestif des gros Spatangues. 

Patella vulgata Linn. 

1865-69. Patelin vulgata L. Jeffreys, Brit. Conch., t. III, 
p. 236; t. V, PI. LVn,fig. 1-2. 

Les Patelles ne trouvent pas sur notre littoral les 
rochers levs qui leur conviennent, aussi se mon- 
trent-elles fort rares. On peut cependant en observer 
une petite colonie au lieu dit la Roche-Mignon 
entre Luc et Lion. 

Helcion pellucidum (Linn). 

1865-69. Helcion pelliicidm L. Jeffreys, Brit. Coneh., 
t. III, p. 242 ; t. V, PI. LV1II, fig. 1-2. 

Cette jolie espce se trouve frquemment sur la 
tige des Laminaires. Luc, Langrune, Bernires. 

Fam. FISSURELLID^S 

Fissurella (Glyphis) graeca {Linn). 

188C'. Pissurelia grca L. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus. Moll. mar Rouss., t. I, p. 440, 
PI. LUI, fig. 4-10. 

Rare dans les dragages Gourseulles. Encore plus 
rare sur les rochers qui dcouvrent mer basse. Luc 

Cette espce se trouve dans le Pliocne de Gour- 
besville (Manche). 

Emarginula rosea Bell. 

1865-69. Emarginula n>sen Bell. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. III, p. 261; t. V, PL LIX, iig. 3. 

Espce relativement abondante. On la trouve fixe 



48 

sur les pierres et les coquilles mortes que la drague 
ramne. Rgion de Luc Courseulles. 

Emarginula fissura [Linn.) 

1865-69. Emarginula fissura L. Jeffrys, Brit. Co?ich., 
t. III, p. 259 ; t. V, PI. LIX, flg. 2 

Cette espce parat bien plus rare sur notre littoral 
que la prcdente. Je n'en ai vu qu'un individu mort 
dragu dans la rgion de Gourseulles. 

Espce signale dans le Pliocne de Gourbesville 
(Manche). 

Fam TROGHID^E 

Calliostoma conulodes [Lamarc). 

1865-69. Trochus zizyphinus L. Jeffrys, Brit. Conch. 
t. III, p. 330; t. V, PL LXIIf, fig. 6. 

Il est maintenant bien tabli que le terme Troc h us 
zizyphinus Linn s'applique uniquement la forme 
lisse de la Mditerrane, tandis que la forme 
ocanique sculpture saillante doit tre dsigne 
sous le nom de Trochus conulodes Lamarck. 

C. conulodes est une espce assez commune dans 
notre rgion. Je ne l'ai jamais trouv vivant la 
grve. Dragages de Luc Gourseulles. 

Calliostoma i Ampullotrochus) granulatum [Born.) 

1885. Trochus granulatus Born. Bdcqdoy, Dautzenberg 
et Dollfds, Mdll. mur. Rouss., t. I, p. 359, 
PI. XLV1II, fig. 1-5. 

Quelques individus de cette belle espce ont t 
dragus vivants dans la rgion de Gourseulles. Je ne 
l'ai jamais obtenue d'un autre point de notre littoral. 



49 

C. granulation est connu dans le Pliocne de 
Gourbesville (Manche). 

Calliostoma (Jujubinus) Montagui ( W. Wood). 

1865-69. Trochus montacuti W. Wood. Jeffreys, Brit. 
Conck., t. III, p. 320; t. V, PI. LXIII, flg. 1. 

La drague ramne assez frquemment cette petite 
espce des fonds au large de LucCourseulles. 

Gibbula magus (Linn). 

1885. Trochus magush. Bugquoy, Dautzenberg etDoLLFUs, 
Moll. mar. Rouss., t. I, p 373, PI. XLIX, 

fig. 1,4,5,7,8. 

Le degr d'abondance de cette espce varie beau- 
coup avec les annes. Gnralement peu commune, 
sans cependant jamais tre bien rare, elle peut 
quelquefois comme en 1867, d'aprs Eug. Deslong- 
champs, ou comme en 1900, devenir d'une abondance 
extrme. Elle est alors rpandue tous les niveaux. 
La drague la ramne en nombre, les rochers du 
littoral en sont couverts. 

Le type et la varit obsolet Bq. Dz. Df. existent 
sur notre cte. 

Gibbula tumida (Montagu). 

1885. Trochus tumidus Mont. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 387, 
PL XL VII, flg. 14-18. 

Cette espce est rare dans notre rgion. Les chan- 
tillons que j'ai ont tous t dragus au large de Luc 
et de Gourseulles. 

4 



50 

Gibbula (Steromphalus) cineraria [Linn 

1865-69. Trochus cinerarius L. Jeffreys, Brit. Conch., 

t. III, p* 309 ; t. V, PI. LXII, Qg. 3. 

Espce commune sur les pierres et les algues de 
la zone littorale. 

Gibbula (Steromphalus) obliquata [Gmelin). 

1865-69. Trochus umbilicatus Mont. Jeffreys, Brit. 
onch., t. III, p. 311 ; t. V, PI. LXI, iig. 4. 

Plus rare que G. cineraria. Vit galement sur les 
pierres et les algues de la zone littorale. 

Fam. GYGLOSTREMATID^E 

Cyclostrema cutlerianum {Clark). 

1S65-09. Cyclostrema cutlerianum Clark. Jeffreys Brit. 
Conch., t. III, i. 287; t. V. PI. LXl.fig. 1. 

Trs rare. Quelques individus dans le tube digestif 
de Spalangues (S. purpureiw) dragus dans la r- 
gion de Gourseulles. 

Cyclostrema serpulodes [Montagu). 

1865-69. Cyclostrema serpulodes Mont. JeffreySj Brit. 
Conch., t. III, |>. 290; t. V, PL LXI, 6g. 3. 

Un peu moins rare que respect- prcdente. Dans 
le tube digestif de Spalangues (N. pttrpureus) dra- 
gus dans la rgion de Gourseulles. 



- 51 

Fam. PHASIANELLID^E 

Phasianella (Eudora) pullus [Linn). 

1884. Phasianella pullus L. Bucquoy, Dactzenferg et 
Dollfus, Mail. mar. Iiouss., t. I, p. 337, 
PL XXXIX, fig. 13-18. 

Cette espce parait rare dans notre rgion. J'en ai 
quelques individus recueillis les uns la grve, les 
autres par la drague, tous vides. Sans exception, ils 
appartiennent la varit pulehella Recluz. 

Fam. LITTORINIDiE 

Littoriua littorea [Linn). 

1865-69. Littorina littorea L. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. III, p. 368 ; t. V, PL LXV, fig. 4. 

C'est la forme type qu'on trouve, d'ailleurs peu 
abondamment, sur notre cte, sous les pierres, et 
parmi les Fucus de la zone littorale. A cause de sa 
raret relative, L. littorea n'est pas recherche ici 
d'une faon suivie par les pcheurs de profession, 
aussi en trouve-t-on frquemment des spcimens de 
trs grande taille. 

Roches littorales de Luc Bernires. 

Littorina (Neritoides) obtusata [Linn). 

1865-69. Littorina obtusata L. Jeffrey?, Brit. Conch., 
t. III, p. 357; t. V, PL LXV, lig. 1. 

Cette espce est trs variable sous le rapport de la 
coloration. Sur noire littoral les varits unicolores 
sont les plus frquentes. 



L. obtusata se trouve en abondance sur les algues 
de la zone littorale, un niveau plus bas cepen- 
dant que l'espce prcdente L. litiorea 

Roches littorales de Luc Bernires. 

Lacuna pallidula [da Costa). 

1865-69. Lacuna pallidula da Costa. Jekfreys, Brit. 
Conch., t. III, p. 351 ; t. V, PI. LXIV, fig. 5. 

J'ai pu me procurer un certain nombre de coquilles 
appartenant cette espce en triant du sable recueilli 
sur les rochers de Bernires. Aucune d'elles n'tait 
habite. 

Fam. SKENELD^E 

Skenea planorbis (0. Fabricius). 

1884. Skeneia planorbis 0. Fabr. Bccyuov, Dautzenberg 
et Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 312, 
PI. XXXVII, fig. 27-29. 

Le genre Skehea lant ddi au naturaliste David 
Skene, il est plus correct d'adopter l'orthographe 
de Fleming, son fondateur, que d'crire Skeneia 
avec Fischer, Locard, Bucquoy, Dautzenberg, Doll- 
fus, etc. 

S. planorbis se trouve assez communment dans 
les dragages. Luc Gourseulles. 

Fam. RISSOID^E 

Rissoa (Turbella) parva [da Costa,. 

1 88 i . Rissoa parva da Costa. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. rnar. Rouss., t. I. p. 872, 
PI. XXXII. kg. H-12. 

Espce excessivement abondante dans toute la 



- 53 

rgion rocheuse littorale de notre cte, sur les pierres 
et surtout sur les algues. 

Rissoa (Turbella) interrupta (Adams). 

1884. Rissoa parva da Costa, var. interrupta Adams. 
Bucquoy, Dautzenberg et Dollfus, Moll. mar. 
Rouss., t. I, p. 274, PL XXXII, fig. 13-15. 

Cette forme, souvent considre comme une sim- 
ple varit de l'espce R. parva, parat suffisamment 
caractrise pour constituer une espce distincte. 
Sur notre littoral, o elle est trs abondante, elle est 
trs constante de forme et de coloration. 

Les roches littorales de Luc Bernires. 

Rissoa (Turbella) inconspicua Aider. 

1807-69. Rissoa inconspicua Aid. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. IV, p. 26 ; t. V, PL LXVII, fig. 5. 

Cette espce trs facile reconnatre par son orne- 
mentation et la coloration de l'extrmit de la spire, 
se trouve assez communment dans le sable dragu 
au large de Luc Courseulles. Elle est plus rare 
dans le sable recueilli sur les rochers littoraux. Luc 
et Bernires. 

Rissoa (Manzonia) costata (Adams). 

1884. Rissoa costata Adams. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. 1, p. 300, 
PI. XXXVI, fig. 20-22. 

Trs abondante dans toute la rgion rocheuse 
littorale, cette espce parait manquer dans les eaux 
plus profondes qu'on ne peut explorer que par la 
drague. Luc Courseulles. 



54 

Rissoa (Massotia) lactea Mi chaud. 

1 88 5 . Rissoa lactea Mich. BucqdOt, Dactzenberg Pt 
Dollfds, Moll. mar. Rouss., t. T, p. 298, 
PI. 7-13. 

Cette espce est beaucoup plus rare que les prc- 
dentes. J'en ai recueilli une douzaine d'chantillons 
dans du sable provenant des rochers qui dcouvrent 
Luc, l'poque des grandes mares. Tous taient 
vides. 

Rissoa (Onoba striata (Adams). 

18t>7-69. Rissoa striata Adams. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. IV. p. 37 ; t. V, PI. LXVIII, fig. II. 

Je n'ai jamais observ cette espce vivante ; cepen- 
dant sa coquille est des plus abondante. On la trouve 
dans les sables recueillis tous les niveaux, dans le 
tube digestif des gros Oursins irrguliers {Spatangus 
purpureus), etc. 

Les individus incurvs ou difformes sont trs fr- 
quents. 

Cette espce est abondante dans le Pliocne de 
Gourbesville (Manche). 

Rissoa (Hyala) vitrea [Montagu] 

1867-69. Rissoa vitrea Niont. Jeffreys, Brit, Conch., 

t. IV. p. 10; t. V. PL LXVIII, Mi*. ',. 

Cette espce assez rgulirement rpandue esl rare 
partout. J'en ai recueilli quelques individus sur les 
rochers de Luc et de Dernires, et dans les dragages 
effectus dans la rgion de Luc Courseulles. 



55 

Rissoa (Cingula) semistriata [Montagu). 

1884. Rissoa semistriata Mont. Bucqooy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar, Rouss., t. I, p. 306, 
PI. XXXVII, flg. 1-2. 

Rare sur les rochers qui dcouvrent aux grandes 
mares entre Luc et Courseulles, cette espce est 
plus abondante dans les dragages. 

/?. semistriata se trouve dans le Pliocne de 
Gourbesville (Manche). 

Rissoa (Cingula) pulcherrima Jeffrey s. 

1884. Rissoa pulcherrima Jeffr. Bucquoy. Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 307, 
PI. XXXVII, flg. 4-5. 

Trs rare. Dragages. Deux chantillons dans les 
collections du Laboratoire de Luc-su r-Mer. 

Rissoa (Setia) fulgida (Adams). 

1884. Rissoa fulgida Adams. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 309, 
PI. XXXVII, flg. 9. 

Je rapporte cette espce quelques petites coquilles 
trouves vides dans du sable provenant des rochers 
de Bernires. 

Fam. HYDROBIID^E 

Hydrobia (Peringia) ulv (Pennant). 

1867-69. Hydrobia ulv Penn. Jeffreys, Brit' Conch., 
t. IV, p. 52; t. V, PI. LX1X. fig. i-3. 

Cette espce trs variable de tonne est trs abon- 
dante l'embouchure de l'Orne, o on la trouve 
quelquefois en vritables amas. 



56 

Fam. CJECIDJE, 

Caecum Brochina) glabrum [Montagu). 

1867-69. Ccirm glabrum Mont. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. IV. p. 77 ; t. V, PI. LXX, fig. 5-50. 

La drague m'a fourni quelques spcimens de cette 
espce. Les Spatangues en contiennent presque 
toujours dans leur tube digestif, 

Ptgion de Luc Courseulles, surtout dans cette 
dernire localit. 

Fam. SCALARLD^E 

Scalaria (Clathrus) communis Lamarch. 

1884. Scalaria communis Lm. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Mail. mar. Rouss., t. I, p. 240, 
PI. XXIII, fig. 14-17. 

Les Scalaires, dsignes dans la rgion sous le 
nom vulgaire de Rochelles, commencent se 
montrer sur les rochers qui ne dcouvrent qu'aux 
plus grandes mares. Les dragages ctiers en rap- 
portent presque toujours. Les spcimens vivement 
colors sont frquents. 

Luc Courseulles, spcimens vivants ; morts, 
partout. 

Fam. EULIMIDiE 

Eulima polita (Z-/////C) 

1867-69. Ettti m /lo/ita L. Jefpreys, Brit. Conch., t. IV, 
p. 201; t, V, PI. LXXVn, fig. 3. 

Cette jolie espce m'est connue par deux individus 
dragus tous deux vivants l'un dans la rgion de 



57 

Luc (collection du Laboratoire de Luc), l'autre dans 
la rgion de Gourseulles. 

J'ai recueilli cette espce dans le Pliocne de 
Gourbesville (Manche). 

Eulima (Vitreolina) incurva (Renieri). 

1SS3. Eulima incurva Renieri. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfos, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 190, 
PI. XX, flg. 19-21. 

J'ai recueilli cette petite espce dans du sable ex- 
trait du tube digestif de Spatangues (S. purpiiveus), 
dragus dans la rgion de Gourseulles. Je l'ai obtenue 
galement de dragages effectus dans les mmes 
parages. Rare. 

Fam. PYRAMIDELLID.E 
Eulimella acicula [Philippi). 

1883. Eulimella acicula Phil. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouas, t. I, p. 187, 
PI. XX, flg. 17-18. 

Cette espce est de forme assez variable. La 
coquille est plus ou moins svelte, les tours complte- 
ment plats ou lgrement convexes. 

Trs rare. Dans le sable des rochers de Bernires. 
Dans les dragages de la rgion de Courseulles. Dans 
le tube digestif des Spatangues (S. purpureus) pro- 
venant de cette dernire rgion. 

Aclis ascaris (Turton). 

1867-69. A dis ascaris Turt. Jeffreys, Brit. Conch.,%. IV, 
p. 102; t. V,Pl.LXXn, Sg. 2. 

Cette espce est extrmement rare. J'en ai un 



- 58 

chantillon complet recueilli dans le tube digestif 
d'un Spatangue dragu dans la rgion de Courseulles, 
et un chantillon mutil dragu au large de Luc. 

Aclis supranitida (S. Wood). 

L867r69. Aclis supranitida S. Wood. Jeffreys, Brit. 
Conch., t. IV. i>. 103; t. V. PI. I.XXII. fig.3. 

Moins rare que l'espce prcdente, j'en possde 
cinq six individus recueillis dans les mmes condi- 
tions que Aclis ascaris. 

Courseulles. Dragages et tube digestif de Spa- 
taneues. 



& 



Gioniscus unicus (Montagu). 

1867-09. Aclis unica Mont. Jeffreys, Brit. Conch.^i. IV, 
p. 100, t. V. PI. LXXII, fig. 1. 

Cette charmante espce m'est connue par deux 
spcimens extraits du tube digestif de Spatangues 
dragus dans la rgion de Courseulles, et par trois 
autres individus dragus vivants dans la mme 
rgion. 

Je dois M. Dautzenberg la dtermination de cette 
espce. 

Pherusa Gulsonae [Clark). 

lsfw-fi'J. Aclis gulson Clark. Jeffreys. Brit. Conch., 

t. IV. p. JOC): t. V, PI. LXXII. Bg. 5. 

Kspce extrmement rare. Je n'en connais qu'un 
spcimen extrait du tube digestif d ? un Spatangue 
pch dans la rgion d j Courseulles. 

Dtermination de M. Dautzenberg. 



- 59 

Odostomia plicata [Montag). 

1883. Odostomia plicata Mont. Bucquoy, Dautzenderg et 
Dollfus, Mail. mar. Rouss., t. .1, p. 163, 
PI. XIX, fig. 3-5. 

De toutes les Pyramidellid, c'est certainement 
0. plicata l'espce la plus abondante. On la trouve 
trs frquemment dans le sable provenant des 
rochers qui bordent la grve de Luc Bernires. Elle 
se rencontre plus rarement dans les dragages. 

Espce assez variable dans ses proportions. Cer- 
tains individus sont plus sveltes, d'autres plus 
ramasss que la forme type figure dans les Mollus- 
ques marins du Roussillon. 

Odostomia turrita Hanta/ . 

18S3. Odostomia turrita Hanl. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, .p. 162, 
PL XIX, fig. 1-2. 

Espce assez rare dont je n'ai vu que quelques 
coquilles vides plus ou moins dtriores. ' 
Le sable des rochers ctiers. Luc et Bernires. 

Odostomia unidentata [Montagu). 

1883. Odostomia unidentata Mont. Bucquoy, Dautzenbekg 
et Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 161, 
PI. XIX, fig. 13-14. 

Cette espce est trs commune dans les eaux pro- 
fondes que seule la drague peut explorer, condi- 
tion que le fond ne soit pas sableux. Elle ne se 
rencontre pas sur les rochers littoraux. 

Dragages de Luc Courseulles. 



60 

Odostomia rissodes lia nie;/. 

1883. Odostomia rissoidesHaril. Bocqdot, Dadtzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 164, 
PI. XIX, fig. 6-12. 

De cette espce variable, la forme la plus rpandue 
dans notre rgion correspond assez exactement la 
fig. 7 des Mollusques marins du Roussillon. 11 
existe une forme encore plus renfle que je rapporte 
la varit nitida Aider. 

Sur les rochers de Luc Bernires, la limite des 
plus basses mares. Tous les dragages entre Luc et 
Courseulles. 

Odostomia diaphana Jeffrey*. * 

1867-60. Odostomia diaphana Jeffr. Jeffreys, Brit. 
Conch., t. IV, p. lit ; t. V, PI. LXXIV, 
fig. 5. 

J'inscris sous ce nom une petite coquille drague 
Luc et dont la forme s'accorde bien avec la descrip- 
tion et la figure que donne Jeftreys. La spire assez 
allonge, compose de tours convexes, coupe de 
sutures profondes, prsente une forme cylindrique 
rappelant un peu celle de Rissoa vilrra (Montagu), 
dont toute la coquille prsente d'ailleurs un peu 
l'aspect. Aucune trace d'ornementation spirale n'est 
visible. 

Odostomia (Auriculina insculpta [Montagu). 

1867-69! Odostomia insculpta Mont. Jeffreys, Brit. 

Cne/,., t. IV, p, L39; t. V, PI. LXXIV, 
6g. 4. 

Espce rare sur notre cte. Je l'ai obtenue de 
quelques dragages effectus entre Luc et Courseulles. 



61 

Je l'ai galement trouve dans le sable extrait du 
tube digestif des Spatangues. 

Odostomia (Auriculina) obliqua Aider. 

1867-130. Odostomia obliqua Aid. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. IV, p. 142 ; t. V, PL LXXIV, fig. 6. 

Deux chantillons provenant de dragages et que 
je ne savais trop quelle espce attribuer, m'ont t 
aimablement dtermins par M. Dautzenberg. Leur 
surface, sans doute use, ne prsente pas les stries 
spirales de 0. obliqua, mais la forme est exactement 
celle d'individus bien typiques de cette espce. 

Odostomia (Noemiaj dolioliformis Jeffreys. 

1867-69. Odostomia dolioliformis Jeffr. Jeffreys, Brit. 
Conch., t. X. p. 144; t. V, PI. LXXIV, 

flg. 7. 

Cette jolie petite espce m'est connue par un cer- 
tain nombre d'chantillons trouvs dans du sable 
recueilli sur les rochers de Bernires. Leur forme 
s'accorde parfaitement avec la description que 
Jeffreys a donn de l'espce. 

Parthenina decussata [Montagu). 

1883. Odostomia decussata Mont. Bucquoy, Dautzenberg 
et Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 174, 
PL XIX, flg. 18-19. 

Le sable qu'on peut recueillir sur les rochers qui 
dcouvrent aux grandes basses mers, depuis Luc 
jusqu' Bernires, procure assez abondamment cette 
jolie espce, Les dragages la fournissent galement. 



62 

Enfin, on la rencontre aussi dans le tube digestif des 
Spa tangues. 

Parthenina spiralis (Montag). 

1883. Odostomia spiralis Mnnt. Bocquoy, Dautzenberg et 
Dolleus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 174 ( 
propos do 0. turbonillodes Brus.), PI. XX, 
fig. 1-2. 

Encore plus abondante que P. decussata, cette 
espce se trouve exactement dans les mmes condi- 
tions de milieu. 

Parthenina interstincta (Montagu). 

1883. Odostomia interstincta Mont. Bdcquot, Dautzen- 
berg et Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, 
p. 169, PI. XX, fig. 7. 

Beaucoup plus rare que les deux prcdentes es- 
pces. Dans le sable des rochers de Bernires. Dra- 
gages de la rgion de Luc. 

Parthenina indistincta [Montagu). 

1867-69. Odostomia indistincta Mont. Jrffrets, Brith. 
Conch., t. IV, p. L49; t. V, PI. LXXV, 

fig. 1. 

Cette espce parait d'un classement difficile. 

Locard la range dans le genre Turbonilla ct 
de T. ru fa. Garus la range galement dans le genre 
Turbonilla, mais pour cet auteur T. rufa es^ une 
Parthenina, de la section Pyrgostelis. D'un autre 
ct, P. interstincta, forme trs voisine de P. indis- 
tincta, est place par Locard et par Carus dans le 
genre Parthenina. Dautzenberg, dans les Mollusques 
marins du Roussllon, mentionne les troits rapports 



m 

qui rapprochent P. indistincta de P. interstincta, 

cette dernire espce tant classe dans le genre 
Parthenin'a, mais dans sa Faunide maacologique 
des environs de Saint- Malo (1), P. indistincta st 
catalogue comme Turbonilla. 

P. indistincta et P. interstincta appartiennent 
certainement au mme genre, et comme la seconde 
de ces deux espces me parat devoir tre range 
dans le genre Parthenina, la premire doit gale- 
ment y tre place. 

P. indistincta est rare sur notre cte. Luc, Ber- 
nires dans le sable des rochers. 

Turbonilla lactea (Linn). 

1867-69. Odostomia lactea L. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. IV, p. 164 ; t. V, PI. LXXXVI, fig. 3. 

Cette espce parait trs rare dans notre rgion. 
Les rochers de Bernires seuls, m'en ont fourni 
quelques individus. 

T. lactea a t signale dans le Pliocne de Gour- 
besville (Manche). 

Fam. NATIGID^E 

Natica (Naticina) Alderi Forbes. 

1883. Natica Alderi Forb. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. L'ouss., t. I, p. 143, 
PI. XVIII, fig. 13-14. 

Cette lgante espce se trouve communment 

(1) DAUT/.KNiiEiiO et Durotjchoux, Fm/ni/ie maacologique des 
environs de Saint-Malo, Feuille des Jeunes Naturalistes, 1900, 
n" 362. 



64 



une faible profondeur dans toute la rgion sableuse 
de Lion Ouistreham. Elle semble beaucoup pins 
rare sur les fonds de mme nature des parages de 
Gourseulles. Les Pagures transportent la coquille 
partout, et la drague la rapporte de tous les points 
de notre littoral, mais ce n'est qu'aux endroits 
ci-dessus cits qu'il est possible de trouver des indi- 
vidus vivants. 

Natica (Naticina) catena [da Costa). 

1883. Natica catena da Costa. Bucquoy, Dautzenbl:rg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 146, 
PL XVII, fig. 5-6. 

Cette espce se trouve vivante dans le sable, entre 
Lion et Ouistreham. On la rencontre en abondance 
au printemps, lorsqu'elle s'approche du littoral pour 
y dposer sa ponte. 

Fam. LAMELLARIDil 

Lamellaria perspicua [Linn). 

Je n'ai jamais trouv cette intressante espce. 
Elle n'existe ni dans les collections du Laboratoire de 
Luc, ni dans celles de la Facult des Sciences de 
Caen. Elle fait cependant partie de notre faune locale, 
puisque Eug. Deslongchamps (1) signale sa prsence 
en 1867, sur les rochers du Quihot la limite inf- 
rieure de la plage de Luc. 

l F.. Deslongchamps, Remarques sur quelques Mollusques 
marins observs Luc, Bull. Sur. Linn. Norm., _' sr. -' vol.. 18(1", 



65 

Se trouve fossile dans le Pliocne de Gourbesville 
(Manche). 

Velutina laevigata (Fermant). 

1867-69 Velutina lvigata Penn. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. IV, p. 240 ; t. V, PI. LXXIX, fig. 4. 

Espce excessivement rare dans la rgion. Un 
chantillon dragu vivant dans les parages de Cour- 
seulles, une coquille mutile trouve sur les rochers 
de Bernires. 

Fam. ADEORBID^E 

Adeorbis subcarinatus (Montagu). 

1886. Adeorbis subcarinatus Mont. Bucquoy, Dautzenberg 
el Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 424, 
PI. LI, fig. 4-6. 

Trs abondant partout, sauf sur les fonds de sable 
Egalement trs abondant dans le Pliocne de Gour- 
besville (Manche). 

Fam. GYPR^EID^E 

Trivia europaea (Montagu). 

1883. Cypra europa Mont. Bucquoy,' Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Roicss., t. I, p. 129, 
PI. XVI, fig. 20-24. 

Cette espce n'est pas rare sur notre cte. On 
commence la trouver sur nos rochers l'extrme 
limite des basses mers au moment des grandes 
mares. La drague la rapporte souvent. 



66 

Les spcimens que j'ai examins appartiennent 
la forme type et la varit tripunctata Requien, 

Dans le Pliocne de Gourbesville et du Bosc d'Au- 
bigny (Manche). 

Fam. CERITHILD^E 

Cerithiopsis tubercularis [Montagu). 

1884. Cerithiopsis tubercularis Mont. Bucquoy, Datzen- 

birg et Dollfl'S, Mail. ~mar. Ronss., t. I, 
p. 204. PL XXVII, fig. 1-2. 

Sans tre abondante, cette espce se trouve assez 
frquemment Bernires et Luc sur les rochers 
qui dcouvrent la limite infrieure de la grve. 

Trs abondant dans le Pliocne de Gourbesville 
(Manche). 

Triforis (Biforina perversus [Linn). 

1884. Triforis perversus L. Bugqcoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss.j t. I, p. 209, 
PI. XXVI, fig. 10-11. 

Quelques spcimens recueillis en mauvais tat 
dans le sable des grves Luc et Bernires et dans 
les dragages. Ils appartiennent la forme reprsente 
par les fig. 10 et 11 des Mollusques marins du Rous- 
si/Ion, c'est--dire la varit adversa Montagu 
=r= min or Monterosato. 

Connu dans le Pliocne de Gourbesville (Manche). 



67 

Fam. MURIGID^E 

Murex (Ocinebra) erinaceus [Linn). 

1882. Murex erinaceus L. Bucquoy, Dautzenberg et Doll- 
fus, Moll. mar. Rouss., t. I. p. 21, PI. II, 
fig. 2. 

Espce assez rare dans la rgion o elle est repr- 
sente par la varit tarentina Lamarck. Les rochers 
de Luc Bernires. 

Murex (Ocinebrina) aciculatus Lamarck. 

1882. Murex aciculatus Lin. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 24, 
PI. II, fig. 4. 

Cette espce ne m'est connue que par quelque? 
rares spcimens trouvs dans le sable des rochers 
de Bernires. 

Purpura (Polytropa) lapillus (Linn). 

1867-69. Purpura lapillus L. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. IV, p. 276 ; t. V, PI. LXXXII, fig. L 

Cette espce se trouve communment sur tous les 
rochers qui dcouvrent pendant la basse mer. On y 
rencontre non seulement le type, mais la plupart 
des varits connues : 

Var. imbricata Lm. = Purpura imbricata Lm. 
Var. major Jefr. = Purpura Ce l tic a Loc ? 
Var. minor Jefifr. 



08 

Les individus orns de zones dcurrentes vivement 
colores sont de beaucoup les moins frquents. La 
varit imbricata est le plus souvent de couleur 
brune ou rouge fonc, le type et la varit major 
sont au contraire presque toujours d'un blanc plus 
ou moins sale. 

Fam. NASSID^E 

Nassa (Hiniaj reticulata [Linn 

1882. Nassa reticulata L. Bucquoy, Dautzenberg et Doll- 
fus, Moll. mar. Rouss., I. I, p. 49, PI. X, 
fig. 8-9. 

Le degr d'abondance de cette espce" est trs va- 
riable. Trs rare certaines annes, elle devient quel- 
quefois subitement excessivement commune. C'est ce 
qui se passe en 1900, o tous les rochers littoraux 
de Luc Courseulles prsentent l'espce en quantit. 

Des varits voisines de N. nitida Jeffr. sont dra- 
gues de faibles profondeurs dans la rgion sableuse 
de Lion Ouistreham. 

Nassa (Tritonella> incrassata [Mller). 

1882. Nassa incrassata Mll. Bucquoy, Dautzenberg et 
Dqllfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 15, 
PI. XI, fig. 3-7. 

On peut recueillir cette espce sur les rochers de 
Luc Bernires. la limite infrieure de la grve, 
lors des grandes mares de printemps et d'automne. 
La drague la rapporte aussi quelquefois, mais c'est 
toujours une espce assez, rare. 



-- 69 

Nassa (Tritonella) pygma (Lamarck). 

1882. Nassa pygma Lm. Bucquoy, Dautzenbekg et Doll- 
fds, Moll. mar. Roms.., t. I, p. 47, PL XI, 
flg. 11-13. 

Quelques coquilles appartenant cette espce 
ont t dragues entre Luc et Lion. Elles taient 
habites par des Pagures. 

Fam. BUGCINIDvE 

Buccinum undatum Linn. 

186*7-69, Buccinum undatum L. Jeffreys, Brit. Conch., 
t. IV, p. 285 ; t. V, PI. LXXXII, fig. 20. 

J'ai examin de trs nombreux spcimens de 
B. undatum provenant de presque tous les points 
de la rgion, et j'ai pu constater combien cette 
espce varie dans sa forme et dans son ornemen- 
tation. Cependant, je n'ai eu sous les yeux aucun 
chantillon prsentant les caractres des varits 
extrmes auxquelles les auteurs ont attribu des 
noms distinctits, var. acuminata, var. fle.ruo.sa, var. 
zetlndic, etc., mais seulement des formes inter- 
mdiaires entre le type et ces varits. 

Les Buccins, quoique comestibles, ne sont pas 
l'objet d'une pche spciale sur notre littoral. La 
nature coriace de leur chair les empche d'ailleurs 
de constituer un mets agrable. On les dsigne vul- 
gairement sous le nom de Ran$. 

On peut recueillir en abondance la grve des 
petits chantillons de //. undatum, mais une cer- 



70 

taine habitude est ncessaire pour les dcouvrir. Ils 
se tiennent, en effet, presque compltement enfouis 
dans le sable, une trs faible portion de la rgion 
dorsale du dernier tour mergeant seule. Les dra- 
gages en eau profonde peuvent seuls procurer de 
grands chantillons. 

Fam. PLEUROTOMIDJ1 

Clathurella purpurea [Montgu). 

1883. Clathurella purpurea Mont. Bucqloy, Datzbnberg 
et Dollfos, Moll. mar. Rouss , t. I, p. 90, 
PI. XIV, fig. 6-7. 

Les reprsentants de cette espce qui habitent 
notre cte, diffrent lgrement de ceux qu'ont 
figurs les auteurs des Mollusques marins du Rous- 
sillon. Ils acquirent une plus grande taille, la forme 
est plus grle, la suture plus oblique, le canal plus 
iong, le test plus mince, l'ornementation plus fine. 
Leur teinte gnrale est claire avec une zone dcur- 
rente bien visible. Par leurs dimensions, ils appar- 
tiennent la var. major Monterosato. 

Trs rare. Trois spcimens seulement, dragus 
morts entre Luc et Courseulles. 

Clathurella linearis [Montagu). 

1883. Clathurella linearis Mont. Bucquoy, Dautzenberg 
et Dollfus, Moll. mar. Rouss., t. I, p. 96, 
PI. XIV, fig. 20-21. 

Les dragages effectus entre Lion et Courseulles 
rapportent trs souvent cette espce. Les individus 



71 

de notre rgion paraissent plus grles que ceux du 
Roussillon. 

C. linearis est signale dans le Pliocne de Gour- 
besville (Manche). 

Mangilia costata (Donovan). 

1867-69. Pleurotoma costata Donov. Jbffreys, Brit. 
Conclu, t. II, p. 379 ; t. V, PI. XG, flg. 3. 

Dans cette espce le rapport de la hauteur du der- 
nier tour la hauteur Lotale tant variable, la coquille 
peut prsenter des aspects trs diffrents. Certains 
spcimens sont trs lancs, d'autres plus courts, 
tous les intermdiaires existant. Par contre, la sculp- 
ture et la coloration paraissent trs constantes. 

M. costata se trouve en abondance de Lion Ber- 
niresdans la zone des Laminaires. 

Haedropleura septangularis [Montagu). 

1883. Hdropleura septangularis Mont. Bucquoy, Daut- 
zenberg et Dollfus, Moll. ynar . Rouss., t. I, 
p. 140, PI. XIV, flg. 26-27. 

Quelques coquilles appartenant cette espce ont 
t dragues dans la rgion de Luc. Elles taient 
habites par des Pagures. 

L'espce existe dans le Pliocne de Gourbesville 
(Manche). 



72 

CPHALOPODES 

I. DECAPODES 

Fam, SEPIOLID^E 

Sepiola atlantica cPOrbigny. 

1839. Sepiola atlantica d'Orb. de Frussac et d'rbigny, 
Hist. nat. gn. et part, des Cph. acctab. 
viv. et foss., p. 235, PI. IV des Spioles, 
lig. 1-12. 

J'ai examin un grand nombre de Spioles prises 
sur notre littoral. Toutes prsentaient le caractre 
propre S. atlantica, la multiplicit des ventouses 
l'extrmit des bras sessiles infrieurs et leur dispo- 
sition en plusieurs ranges. 

S. qtlantica est commune dans la rgion. On peut 
facilement la capturer mare basse dans les flaques 
d'eau. 

Fam. LOLIGINIDiE 

Loligo vulgaris Lamarck. 

1869. Loligo vulgaris Lin. Jefkreys, Bril. Conck., t. V, 
p. 37, PI. I, fig.l. 

Le Calmar vulgaire semble peu abondant dans nos 
parages. En dehors de l'individu conserv au Labo- 
ratoire de Luc, pris au chalut dans le voisinage de 
Lion, ceux que j'ai eu l'occasion d'examiner s'taient 



73 

laisss capturer en poursuivant leur proie, dans les 
filets employs pour la pche du Hareng. 
C'est le grand Encornet de nos pcheurs. 

Loligo mdia {Linn). 

1869 Loligo mdia L. Jeffkeys, Brit. Conch., t. V, p. 38, 
PI. II, fig. 3. 

Beaucoup moins rare que le prcdent, ce Calmar 
est frquemment pris au Chalut, pendant l't, sur 
les fonds sableux de Lion Ouistreham. On le 
dsigne vulgairement sous le nom de petit Encornet. 

' Fam. SEPIID^E 



Sepia offcinalis Linn. 

1869. Sepia offcinalis L. Jeffkeys, Brit. Conch., t. V, 
p. 40, PI. V. fig. 3. 

Les Seiches sont communes sur notre littoral. Le 
chalut, la senne, et en gnral tous les engins qui 
balaient le fond, en ramnent souvent et quelquefois 
en trs grandes quantits. 

II. OCTOPODES 

Fam. OGTOPIDJ] 

Octopus octopodia'-fL//^^'). 

1869. Octopus vulgaris Lra. Jeffkeys, Brit. Conch., t. V, 
p. 39, PI. VI, fig. 1. 

La prsence du Poulpe est normale ,dans nos pa- 
rages, mais le degr d'abondance de ce Mollusque y 






u*. ^*^ 



74 



est extrmement variable. Assez rares autrefois, les 
Poulpes ont pris subitement en effet un dveloppe- 
pement extraordinaire, au point de constituer depuis 
quelques annes un vritable flau. Leur voracit 
et la terreur qu'ils inspirent, font rapidement dimi- 
nuer, dans les rgions o ils se iixent, Poissons, 
Mollusques et Crustacs, et cela d'une faon malheu- 
reusement trs apprciable. 

Laboratoire de Zoologie de la Facult des Sciences 
de l'Universit de Caen. 



75 



L. Brasil. Observations sur la Faune 
de la rgion de Luc-sur-Mer (Cal- 
vados)*. 



1. 



Sur les variations dans le degr d'abon- 
dance de quelques espces. 

Les causes qui viennent parfois favoriser le dve- 
loppement d'une espce quelconque, en provoquant 
presque subitement une augmentation considrable 
dans le nombre des individus qui la reprsentent, 
nous chappent presque toujours, soit cause de 
leur multiplicit, soit parce que leur nature mme 
les drobe notre observation, ou les rend difficile- 
ment apprcjables nos sens. D'un autre ct, nous 
manquons gnralement d'observations sries. Si, 
dans des rgions bien dtermines, les naturalistes 
voulaient s'astreindre noter avec soin, chaque 
anne, le nom de toutes les espces dont le degr 
d'abondance aurait vari d'une faon considrable, 



* Travail prsent la sance du 3 fvrier 1900 ; manuscrit remis 
le mme jour; preuves corriges parvenues au Secrtariat le 15 
fvrier 1901. 



76 



soit dans un sens, soit dans l'autre, en notant en 
mme temps toutes les circonstances ayant pu avoir 
une influence sur le dveloppement de ces espces, 
la comparaison de ces listes aux tables que dressent 
partout les mtorologistes, permettrait peut-tre 
de dterminer au bout d'un certain nombre d'an-* 
nes, au moins pour les organismes terrestres, la 
part d'influence des diverses conditions atmosph- 
riques sur le dveloppement de ceux-ci. 

Le problme se complique de ce qu'aux causes 
physiques viennent s'en ajouter d'autres d'ordre 
biologique, rsultant de l'action rciproque des dif- 
frentes espces les unes sur les autres. Ces dernires 
causes de variation numrique paraissent plus diffi- 
ciles dterminer que les premires, puisque leur 
recherche ncessite l'tude simultane de tous les 
organismes capables de ragir les uns sur les autres, 
organismes souvent trs diffrents ainsi qu'on peut 
s'en rendre compte par l'exemple suivant : Pendant 
l't 1900, tous les Crustacs dcapodes sont rares 
Luc, sauf les Paguride, au contraire extrmement 
abondants. Cette abondance concide avec celle des 
Poulpes. Or, au printemps de la mme anne, les 
Gastropodes taient galement plus nombreux que 
d'ordinaire, Buccins, Nasses. Pourpres, etc., fourmil- 
laient sur les rochers littoraux. Victimes de la voracit 
des Poulpes, ces Mollusques ont rapidement diminu 
de nombre, laissant les grves couvertes de leur 
coquilles, et donnant ainsi aux Pagures une quantit 
d'abris plus considrableque d'habitude, et par suite, 
la possibilit d'chapper en plus grand nombre au 
danger qui rsulte du manque de retraite pour \\]\ 



77 

animal aussi vulnrable que le Pagure lorsqu'il e>t 
nu (1). 

Le mme exemple nous permet de constater 
une fois de plus ce fait, qu'il n'existe pas propre- 
ment parler de causes entranant par elles-mmes 
l'augmentation du nombre des reprsentants d'une 
espce, mais seulement des causes restreignant plus 
ou moins la destruction de ceux-ci. 

L'objet principal de la prsente note est l'indica- 
tion d'un certain nombre d'espces animales qui se 
sont fait remarquer par une abondance anormale au 
cours de l'anne 1900, dans la rgion de Luc-sur- 
Mer. 

Les Poissons sont gnralement en diminution 
accentue : Influence des Poulpes. Cependant les 
espces suivantes ont t remarquablement mieux 
reprsentes que dans les annes prcdentes : 

Labrax lupus Guvier. 

Cantharus griseus (Linn). 

(1) Voici un fait qui permet d'expliquer autrement l'abondance 
des Pagures sur les grves o les Poulpes sont nombreux. Sur les 
grves sableuses, les Poulpes se dissimulent en s'enfouissant com- 
pltement dans le sable, mais leur prsence esl souvent dcele par 
un amas considrable de Pagures vivants, amas pouvant tre 
compos de plusieurs centaines d'individus. A ce voisinage, peut- 
tre quelquefois dangereux, le Pagure trouve sans doute un bnfice, 
et cela, bien probablement dans l'abondante nourriture que lui 
procurent les proies incompltement dvores du Poulpe. Mainte- 
nant, ces amas sont-ils aussi considrables, parce que les Paguns 
sont plus nombreux, ou les Pagures paraissent-ils plus nombreux 
parce qu'ils sont runis en amas compacts-, c'est l un point difficile 
a claircir. 



- 78 

Lepadoq aster bimaculatus (Pennant). 

Hippocamptts revirpstris Cuvier. 

Pour cette dernire espce, l'accroissement num- 
rique n'est peut-tre qu'apparent. Il est possible 
qu'on soit simplement en prsence d'un phnomne 
d'migration Voici les faits. Pendant l't 1900, 
l'Hippocampe, cependant rput comme fort rare sur 
notre cte, a t captur diverses reprises dans la 
zone littorale par des pcheurs de crevettes, alors 
qu'on ne l'avait jamais trouv dans une station aussi 
voisine du rivage. Les rares individus conservs 
dans les collections locales, ont t, en effet, gnra- 
lement ramens du fond, enrouls sur les cordes des 
lignes jetes par les pcheurs au lieu dit le Raz , 
environ quatre kilomtres au large de Langrune. 
L, la nature du fond, roches escarpes couvertes 
d'une abondante vgtation, interdit l'emploi de la 
drague et du chalut, si bien que l'exploration est 
presque impossible et la faune trs mal connue. 
L'Hippocampe pourrait tre l fort commun, son 
apparente raret n'tant que le fait du manque de 
moyens de capture. La faune icthyologique de ce 
point est d'ailleurs trs spciale. C'est <r au Raz et 
uniquement au Raz que les pcheurs de la cote 
vont pcher la ligne le Bar et la Brme (1). Si 
lllippocampe, comme cela est fort possible, y est 

1 1 Os deux Poissons se runissent d'ailleurs au P.az pour des 
raisons trs diffrentes. Le premier y retrouve les eaux agites dans 
lesquelles il se plat et que la hauteur et la nature rocheuse 
ilu fond entretiennent constamment en ce point. L'escarpemenl des 
roelies et l'abondance de la vgtation donnent au second ses 
retraites prfres. 



79 

galement abondant, nous pourrions bien n'tre 
qu'en prsence d'un phnomne d'migration, ainsi 
que nous le disions plus haut, la station habituelle 
tant devenue inhabitable pour une raison quel- 
conque. (L'abondance des Poulpes provoquant direc- 
tement la fuite de l'Hippocampe, ou rendant son 
dpart invitable par suite de la disparition de la 
nourriture habituelle ou de l'occupation des lieux de 
retraite peut tre encore invoque). 

Parmi les Mollusques nous avons reconnu l'ex- 
trme abondance des espces suivantes ; 
Octopus octopodia (Linn). 
Sepia ofjicinalis Linn. 
Nassa reticulata (Linn), gnralement rare. 
Nucula nucleus (Linn), extrmement abondant 
dans les dragages ctiers. 

Les Crustacs dcapodes ont t gnralement 
rares, sauf cependant les Pagures dont on pouvait 
observer de vritables amoncellements sur les plages 
sableuses des environs de Lion. 

Enfin l'anne parat avoir t trs favorable aux 
Insectes, principalement certains Hymnoptres 
prdateurs, Philanthus, Bembex, Cerceris, dont les 
terriers criblaient les dunes, et gnralement tous les 
endroits sablonneux exposs au soleil. 

2 - 
Sur Alpheus megacheles (Hailstone). 

Du groupe des Alphes, en gnral si abondam- 
ment reprsent dans les mers chaudes, deux espces 



80 

paraissent tre seules habiter nos rgions, Alpheus 
rubet Milne-Edwards et Alpheus mgache les (Hails- 

tone). Encore ces espces y sont-elles peu rpandues, 
si on en juge par le petit nombre des localits o 
quelques rares individus ont pu tre capturs. 

Pour ce qui concerne la Normandie, la littrature 
ne mentionne la prsence de ces deux Alphes qu' 
Jersey et Herm, o Sinel et Khler ont vu la 
premire, Guise et Norman la seconde. A ces deux 
localits, mais pour l'une seulement des deux espces, 
A megacheles, nous ajouterons Luc-sur-Mer, un 
individu vivant ayant t captur par nous, sur les 
rochers qui dcouvrent aux grandes mares devant 
le Laboratoire de Zoologie. 

Commun dans la Mditerrane, aux Aores, dans 
le Golfe de Gascogne, A. megacheles existerait ga- 
lement sur les ctes amricaines o Gurin-Menne- 
ville l'aurait dcrit sous le nom de A. Candei (Cuba) 
et Lockington sous ceux de A. bar bar a et A. cla- 
mator (Basse-Californie) (1). En Angleterre, Hails- 
tone l'a signal Hastings, Sp. Bte Dodman. 
Trs anciennement connu, trs frquemment dcrit, 
A. megacheles possde de nombreux synonymes. 
Dans la liste suivante, on trouvera la plupart des 
noms que les descripteurs lui ont imposs en Europe. 

183.") Hyppolite rubra Westwood. 

megacheles Hailstone. 

Dienecia rubra Westwood. 



(1) Coutihe (H.), Les Alphidse', Ann. Se. Nat., Zool., 1899, 
vin- Sr., t. IX. 



- 81 

1837 Alpheus Edwardsi H. Milne-Edwards, non 

Audouin. 
1830-1844 Cryptophthalmus ruber Costa. 

1849 Alpheus Edwardsi Lucas, non Audouin. 
1851 Hope, non Audouin. 

lalimanus (A. Costa) Hope. 

1856 Miinei Gurin-Mneville. 
1863 platyrhynchus Heller. 
1868 mcgacheles Norman. 

L'individu recueilli Luc se tenait sous une pierre 
dans cette partie des rochers du Quihot qui ne 
dcouvre que lors des plus grandes mares. Mis 
dcouvert, il n'a manifest ni crainte, ni surprise, et 
s'est laiss prendre sans essayer de fuir ou de se 
dfendre. Transport Caen, il a vcu quelques 
jours dans une cuvette d'eau de mer en compagnie 
d'autres animaux marins capturs le mme jour que 
lui. Trs peu actif, il restait immobile la plupart 
du temps, se bornant faire clater ses surprenants 
claquements, chaque fois qu'un de ses compagnons 
de captivit venait son contact. 

3 - 
Sur Cistella capsula (Jeffreys). 

En dehors de Cistella cistellula (Searles Wood) 
signal en 1866 par Eugne Deslongchamps (1), qui 

(1) E. Deslosochamps, Note sur la prsence de l'Arf/iope cistel- 
lula sur la cte de Porl-en-Bessin, Bull. Soc Linn. Norm., 2 sr., 
I er vol., 1867, p. 360, l'I. X, 6g. 3-5. 

G 



- 82 

qui l'avait recueilli sur desPecten maximus dragus 
au large de Port-en-Bessin, aucun Brachiopode ne 
parat avoir t observ sur les ctes du Calvados. 

Dans des sables dragus environ deux lieues au 
large' de Courseulles, nous avons trouv quelques 
individus de C. cistelhda, mais beaucoup plus abon- 
damment C. capsula (Jeffreys). Cette dernire espce 
pour laquelle King a cru devoir crer le genre 
Gwynia a dj t signale dans la rgion normande 
Etretat et Guernesey, par Jeffreys lui-mme. 

4. 

Sur quelques Poissons nouveaux pour 
notre rgion. 

Siphonostoma typhlk (Linn). Espce trs 
commune Luc, frquemment capture dans les 
lilets crevettes. Malard la signale Saint- Vaast, 
Cadeau de Kerville G-ranville et Gbausey. 

Blennius ocellaris Linn. D'aprs Lennicr, 
cette Blenniese trouverait sous les pierres, au Havre, 
Ste-Adresse, la llve. Gadeau de Kerville n'ajoute 
aucune localit. Deux individus de Blennius ocel- 
laris dragus rcemment dans la rgion de Cour- 
seulles font partie des Collections de la Facult des 
Sciences de Caen. Ne parait pas habiter ici la zone 
littorale. 

Serranus cabrilla , Linn). Cette espce est 
signale dans les eaux de Cherbourg par Jouai) et 
Moreau. Un individu a t pris la ligne Luc, en 



83 



septembre 1890, par M. Lemanissier et gracieuse- 
ment offert pour ses Collections, au Laboratoire de 
Luc. 

Lepadogaster bimaculatus (Pennant L Ce 
Lepadogastre, qui n'avait pas encore t signal 
Luc, tait trs abondant sous les pierres des rochers 
littoraux pendant l't de 1900. 



Laboratoire de Zoologie de 1 1 Facult des Sciences 
de l'Universit de Caen. 



84 



A. Vaullegeard. Etude exprimen- 
tale et criticfiie sur l'action dc 
Helminthes : I. Cestodes et Xum- 
todes (*). 



HISTORIQUE 

Depuis l'antiquit, les mdecins et les malades ont 
constat la prsence de certains vers et ont regard 
ces tres comme la cause des maladies. 

Au dbut du XIX e sicle, il se produisit une opinion 
toute diffrente: Un grand nombre de mdecins, 
parmilesquelsilconvientde citer Bremser, pensaient 
que les helminthes sont le produit de la maladie et 
non sa cause; certains mdecins mme croyaient 
avec Rush que les vers sont utiles la sant ; tous 
professaient la doctrine de la gnration spontane 
des parasites 

Raspail( 1847) fit justice de toutes ces thories, il 
fut le prcurseur des ides modernes, car il comprit 
que la cause des maladies ne doit pas tre cherche 
l'intrieur des humeurs du malade, mais qu'elle pro- 

(*) Travail communiqu la Socit dans la sance du 12 no- 
vembre 1900; Manuscrit remis le mme jour; Epreuves corriges 
reues au Sccrtarial le 22 fvrier 1901. 



85 

vient du milieu extrieur. Il accusa les vers d'tre la 
cause d'un grand nombre de maladies. 

Bien que Raspail n'eut aucune situation officielle, 
le public, en dpit des cabales, adopta sa thorie. 

L'illustre Van Beneden(1849j combattit la doctrine 
de la gnration spontane ; il dmontra les migra- 
tions de plusieurs Cestodes ; mais il s'occupa peu de 
leur rle pathologique : les vers lui. paraissaient 
mme sans rapport avec la sant de leur hte, au 
point que les animaux en bon tat logent souvent plus 
de vers que les autres. 

Les mdecins se rallirent alors aux ides de Ras- 
pail. Ils accusrent les parasites d'tre les auteurs 
d'un grand nombre de maladies. 

Les physiologistes donnrent une explication des 
symptmes des maladies parasitaires : pour eux, les 
troubles constats sont des rflexes provoqus par 
l'irritation des vers. 

Les helminthologistes Miram, Cobbold, Bastian, 
Huber, PvAillet (1895), ayant constat sur eux cer- 
tains troubles concidant avec le maniement de cer- 
tains vers, pensrent que les parasites agissaient par 
leurs scrtions. Leugkart mit l'hypothse que 
l'agent actif est soluble dans l'alcool. Mourson et 
Schlagdenhauffen constatrent la toxicit du liquide 
provenant de l'crasement des cysticerques et A. Gau- 
tier (1896) russit tuer des cobayes et des lapins en 
leur injectant le liquide obtenu en comprimant les 
Ascaris. 

Bruno Galli Valerio (1899) explique l'action de 
tous les parasites par la scrtion de toxines, mais il 
ne les dfinit pas. 



86 



En prsence de toutes ces thories successives, il 
m'a paru intressant et pratique d'tudier les faits de 
plus prs, en vue d'analyser les causes et le mca- 
nisme des symptmes morbides des maladies parasi- 
taires. 

Je divise mon expos en deux parties. 

1 Etude exprimentale. 

2 Etude critique. 



PREMIERE PARTIE 

TUDE EXPRIMENTALE 



CHAPITRE 1 



Recherches sur le mcanisme de l'action 
des Cestodes. 

J'ai recherch les effets ds l'action mcanique 
et ceux ds l'action chimique afin de faire la part de 
chacune de ces actions. 

1 ACTION MGANIQUE 

L'observation montre que les larves de cestodes se 
dveloppant au sein des tissus, amnent des com- 
pressions et par suite un dsordre dans le fonction- 
nement des organes. 



87 

Pour les Cestodes adultes, au contraire, nous 
n'avons pas observ d'action mcanique suffisante 
pour expliquer les troubles fonctionnels. Au cours de 
mes recherches, j'ai constat que les Tnia du chien 
formaient parfois des amas qui obstruaient l'intestin. 
Je n'ai jamais observ aucune irritation de la 
muqueuse autour des points o se fixent les ttes des 
Cestodes, j'ai vu parfois une dpression intressant 
seulement la portion pithliale de l'organe. Mes 
observations ont port sur les intestins de poissons 
et sur ceux du chien. 

2 ACTION CHIMIQUE 

L'action chimique des Cestodes est beaucoup plus 
importante; elle est encore en grande partie ignore. 
Raillet l'a souponne. 

J'ai recherch les substances actives contenues 
dans les Cestodes et l'action physiologique de ces 
principes immdiats. 

Absence de ferments digestifs 

Frdric (1878) a montr que le Taenia serrata 
Goze ne contient aucun ferment digestif. Mes exp- 
riences sur le Bolhriocephalus punctatas Rud. 
confirment ce fait. 

Il rsulte de l'absence de ferment que les Cestodes 
ne pouvant digrer par eux-mmes absorbent seu- 
lement les matires prpares par leur hte. C'est 
l une perte considrable, car le dveloppement de 
vers est assez rapide. Ces faits expliquent l'apptit 
souvent exagr des porteurs de Taenia. 



88 

Prsence de substances toxiques 
1 Chez les Cvsticerques 

D'aprs les observations mdicales, la rupture des 
Eehinocoques au sein des tissus amne des dsordres 
importants ; Mourson et Schlagdenhauffen (d'a- 
prs R. Blanchard) ont reconnu que le liquide de la 
vsicule du Cystycercus pisiformis llud.i Teenia ser- 
rata larva) renferme de l'albumine et des leuco- 
manes et possde des proprits vnneuses trs 
accuses. 

Mes expriences m'ont montr que le liquide pro- 
venant de l'crasement, soit des Cysticercus pisi- 
formis Rud., soit des eehinocoques, tue les gre- 
nouilles auxquelles on l'injecte; les animaux meurent 
avec des manifestations de paralysie. 

J'ai constat que le liquide ainsi obtenu contient 
deux sorles de produits actifs : 1 une substance 
soluble dans l'alcool ; 2 une substance insoluble dans 
ce dissolvant. Nous renvoyons plus loin pour 
l'expos des proprits de ces deux substances, car il 
nous a t plus facile de les tudier plus complte- 
ment chez les cestodes adultes. 

2 Chez le Taenia Neumannei 

J'ai cras dans une petite quantit d'eau quelques 
serments murs du Tnia Neumannei Munie/, et j'ai 
inject le liquide ainsi obtenu dans le pritoine d'un 
cobaye. L'animal montra au dbut une certaine agi- 
tation, puis tomba dans une priode d'abattement, le 
corps secou de frissons. Au bout d'une heure, les 



89 - 

frissons cessrent, mais l'animal resta immobile et 
peu excitable ; il finit par se remettre de cette indis- 
position. 

3 Chez le Taenia serra ta 

Un Tasni serrt a Goze, adulte, bien lav, a t 
conserv par moi 15 heures dans une faible quantit 
de srum de Hayem, puis j'ai comprim le ver afin 
d'obtenir le liquide contenant les produits fournis 
par le ver. J'ai constat la toxicit de ce liquide par 
les expriences dont voici le compte-rendu. 

Expriences sur la grenouille 

L'injection de 1 cm. cube provoque une excitation 
immdiate qui dure deux minutes. La respiration 
devient saccade ; l'agilit diminue en mme temps 
que les rflexes se montrent de plus en plus difficiles 
produire. 

Dix minutes aprs l'injection, l'animal nous sur- 
prend par quelques mouvements en apparence 
spontans ; mais, en ralit, ces mouvements sont la 
rponse retarde des excitations antrieures pro- 
duites sur l'animal, car ils durent peu et l'animal 
redevient immobile et peu excitable. 

Une nouvelle dose de 1 cm. cube accentue les 
troubles, mais elle ne reproduit pas la priode d'ex- 
citation constate dans le dbut de ces expriences ; 
la respiration s'acclre. Les mouvements en appa- 
rence spontans se produisent une minute aprs les 
lgers mouvements rflexes provoqus par des 
piqres. Il semble que ces mouvements puisent 
rapidement l'animal, car ils durent peu. 



90 

La grenouille, mise dans l'eau, flotte dans une 
position un peu incline, et 40 minutes aprs la pre- 
mire injection, nous constatons une incoordination 
dans les mouvements: ranimai, en sautant, retombe 
sur le ct. 

La sensibilit semble diminuer surtout pour les 
membres postrieurs. La respiration se ralentit pen- 
dant les priodes de repos, mais elle s'acclre la 
suite des excitations. 

La grenouille, replace dans l'eau, semble revenir 
la san t, et au bout de trois heures, je retrouve mon 
batracien bien portant. 

L'bullition modifie peu les effets physiologiques 
de cette solution, car l'injection de 2 cm. cubes 
amne une priode d'excitation plus longue que 
dans l'exprience prcdente; au bout de 25 minutes, 
l'immobilit a succd l'excitation, mais les rflexes 
ne sont pas abolis. Au bout d'une heure, lagrenouilie 
semble remise, mais 18 heures aprs le dbut de 
l'exprience, je trouve l'animal mort. 

Exprience sur le chien 

J'ai inject un jeune chien le liquide provenant 
d'une macration de 70 gr. de Taenia le chien. Le 
jeune animal soumis cette exprience n'prouva 
pas de troubles marqus. Je constatai seulement 
quelques frissons et une dilatation de la pupille. Ces 
phnomnes morbides s'attnuent rapidement. 

Cette exprience est intressante, car dit 1 nous 
montre la rsistance du chien aux produits de ses 
propres parasites plus grande que celle de la gre- 
nouille. 



91 

Chez le Bothriocephalus punctatus 

Le Bothriocephalus punctatus Rud., trs abondant 
chez le turbot, m'a permis de poursuivre mes recher- 
ches. 

Aprs avoir bien lav les vers, je les crase dans 
l'eau distille et le liquide obtenu, dcant et filtr, a 
servi aux expriences suivantes : 

Expriences sur les grenouilles 

Une grenouille reoit 1 cm. cube en injection 
hypodermique ; elle ne tarde pas prsenter les 
troubles suivants : 

1 Lenteur des rflexes ; 

2 Difficult dans les mouvements provoqus par 
les excitation? ; 

Au bouf d'un instant, l'animal revient la sant. 

Une injection de 2 cm. cubes produit les mmes 
effets ; mais, en injectant une nouvelle dose de 2 cm. 
cubes, les phnomnes morbides se compliquent : 
1 par la suppression totale des mouvements spon- 
tans ; 2 par des arrts respiratoires ; 3 u par un 
affaiblissement des mouvements du cur. Les 
rflexes persistent longtemps, mais il faut une exci- 
tation violente pour les provoquer. La grenouille, 
mise dans l'eau, ne cherche pas nager, elle finit par 
mourir. 

Analyse des produits toxiques du Bothrio- 
cephalus punctatus 

Le liquide obtenu, comme il a t dit plus haut, 
est lgrement opalescent ; il prcipite par l'alcool. 



92 - 

J'ai tudi sparment : 

1 Le prcipit obtenu par l'alcool ; 

2 Les substances qui restent en solution aprs 

l'action de ce ractif; on l'isole par l'vaporation dans 

le vide. 

Etude du prcipit 

Le prcipit recueilli sur un filtre est desscb 
dans le vide et mis en suspension dans la glycrine, 
une faible portion se redissout dans ce ractif; la 
partie insoluble est forme d'albuminodes. 

Nous ne pouvons tudier directement les pro- 
prits physiologiques de la partie dissoute dans la 
glycrine cause des proprits toxiques, pour les 
grenouilles, de ce dissolvant Pour tourner la diffi- 
cult, nous traitons la glycrine par l'alcool, il se 
produit un prcipit ; nous le recueillons sur un 
filtre et nous le lavons l'alcool pour le dbarrasser 
de toute trace de glycrine. 

Le produit ainsi obtenu est en trop faible quantit 
pour me permettre de reconnatre tous ses carac- 
tres cbimiques. Ce que nous avons constat, joint 
aux proprits physiologiques, nous permet de 
ranger ce produit dans le groupe des toxines-fer- 
ments. 

Pour tudier les proprits physiologiques de ce 
corps, je le redissous dans l'eau et je l'utilise pour 
les expriences suivantes : 

Expriences sur les grenouilles 

Une grenouille reoit 1 cm. cube de la solution en 
injection hypodermique et nous constatons : 



93 



1 Une priode d'excitation intense ; 

2 Une priode d'activit ; 

3 Au bout de 20 minutes, la respiration devient 
saccade et intermittente; elle s'arrte momenta- 
nment'au bout de 3/4 d'heure ; 

4 En mme temps que la respiration se trouve 
atteinte, les mouvements spontans cessent et la gre- 
nouille se montre peu excitable. Nous constatons 
que les muscles ne sont pas atteints dans leur 
contractilit, car ils se contractent par l'lectricit. 
Le systme nerveux, au contraire, est atteint, car 
nous pouvons pincer l'animal sans provoquer aucun 
mouvement. L'animal, mis dans l'eau, nage dans une 
position lgrement incline ; si on met la grenouille 
sur le dos, elle ne peut se relever, il y a des phno- 
mnes d'incoordination dans les mouvements. 

Au bout d'une heure, l'animal semble revenir la 
sant, mais il se produit de temps en temps des arrts 
prolongs de la respiration et le batracien meurt au 
bout de trois heures. 

En portant la dose 2 cm. cubes, les phnomnes 
se prcipitent : la priode d'activit se rduit 
8 minutes. L'excitabilit diminue encore, les mouve- 
ments rflexes sont de moins en moins gnraliss, 
les troubles respiratoires apparaissent. Au bout de 
20 minutes la grenouille semble sur le point de 
mourir ; je mets nu les nerfs des membres post- 
rieurs et je les sectionne ; l'excitation du bout pri- 
phrique amne la contraction des muscles, tandis 
que l'excitation du bout central n'amne aucun 
rflexe. 



04 



A L'autopsie; les poumons se montrent gorgs de 



sang. 



Ces expriences me permettent de conclure que 
telle toxine- ferment agit sur les centrs-nerveux. 

Cette toxine n'est pas sensiblement modifie par 
l'bullition. 

Etude de la portion soluble dans l'alcool 

Le procd dcrit plus haut (p. 92), ne permet pas 
d'obtenir une grande quantit de toxine, et il a le 
dfaut d'tre" long, puisqu'il ncessite l'vaporalion 
dans le vide d'une certaine quantit d'alcool; aussi, 
aprs avoir constat par une exprience prliminaire 
l'existence d'une substance toxique pour les gre- 
nouilles, j'ai modifi la technique. 

Les BothHocephalus punctatus Rud. sont lavs, 
puis mis dans l'alcool 90" et triturs dans ce dissol- 
vant. La solution alcoolique ainsi obtenue est filtre, 
lu is vapore dans le vide. Le rsidu jauntre ainsi 
obtenu est redissout dans l'eau pour servir aux exp- 
riences suivantes : 

Expriences sur la grenouille 

Les injections sous-cutanes faites sous la peau du 
dos des grenouilles dterminent une priode d'exci- 
tabilit pendant laquelle ranimai saute en poussant 
un cri particulier ds qu'on l'excite. Cette priode a 
dur 7 minutes dans une de mes expriences. Au 
bout de ce temps, nous voyons. l'animal rpondant de 
moins en moins aux excitations, et au bout de 



95 



20 minutes, il demeure inerte, le cur seul continue 
battre. 

L'infection faite dans le rectum des grenouilles 
se montre beaucoup moins active: au dbut, le batra- 
cien s'agite, puis ses mouvements deviennent de plus 
en plus difficiles, et au bout de 10 minutes, le train 
postrieur est presque paralys, tandis que les mem- 
bres antrieurs ont conserv leur mobilit presque 
intacte. La respiration n'est pas atteinte dans son 
amplitude, mais elle est ralentie. La paralysie tend 
se gnraliser, elle ne devient pas totale. 

Cette exprience nous montre que l'absorption de 
la toxine soluble par l'intestin produit des effets ana- 
logues l'injection sous-cutane. 

Pour me rendre compte de l'action du poison, j'ai 
prpar une grenouille comme dans l'exprience de 
Claude Bernard, relative au curare. 

Je lie la grenouille en laissant en dehors de la liga- 
ture les nerfs des membres postrieurs. J'injecte 
alors la partie antrieure et peu de temps aprs je 
constate que la piqre des membres antrieurs pro- 
voque les mouvements rflexes des membres post- 
rieurs, alors que les membres antrieurs restent 
inertes. 

Dans une autre exprience prpare de la mme 
faon, j'ai pu, outre les constatations prcdentes, 
sectionner les nerfs d'un membre antrieur, et j'ai 
constat que l'excitation du bout priphrique n'ame- 
nait pas la contraction des muscles, tandis que l'ex- 
citation du bout central amenait des rflexes dans les 
membres non soumis l'action du poison. 



96 



Ces expriences montrent que ce poison agit sur la 
mobilit sans agir sur la sensibilit; les centres ner- 
veux ne sont pas atteints. Ce poison est donc une 
sorte de curare agissant sur les terminaisons mo- 
trices des nerts. 

Expriences sur un rat 

J'ai pu injecter 10 cm. cubes d'une solution toxique 

pour les grenouilles la dose de 2 gr. Les seuls effets 

constats ont t: 1 une excitation momentane due 

peut-tre la douleur produite par la piqre; 

2 quelques mouvements saccads de la mchoire, le 

poil hriss ; 4 l'excitation a fait place une lgre 

diminution de l'activit; la respiration n'est pas 

modifie ; enfin, le lendemain, le rat est parfaitement 

remis. 

Caractres chimiques 

La solution aqueuse est opalescente ; elle ne prci- 
pite pas par l'alcool ; l'iodure de potassium iod 
donne un prcipit brun ; le tanin en solution 
aqueuse donne un prcipit floconneux abondant. Le 
chlorure d'or donne un prcipit gristre. L'iodure 
double de potassium et de mercure donne un prci- 
pit; l'acide sulfurique ne donne rien; l'acide azo- 
tique ne donne rien froid, mais l'bullition fait 
apparatre un prcipit blanchtre ; l'acide picrique 
ne donne rien ; le papier de tournesol bleuit. 

Parmi ces proprits, la solubilit dans l'eau, dans 
l'alcool, les ractions de l'iodure de potassium iod, 
du tanin, du chlorure d'or, de l'iodure double, de 
mercure et de potassium, tendent faire classer ce 
corps parmi les alcalodes. 



97 - 

Ce corps toxique, soluble dans l'alcool, est donc 
une sorte d'alcalode analogue la curarine, mais il 
diffre chimiquement de cet alcalode, notamment 
par l'action des acides qui ne donnent pas de raction 
colore. 

CONCLUSIONS 

Mes expriences personnelles sur tous les cestodes 
tudis par moi (Ci/sticercus pisiformis Rud., Echi- 
nocoques, Tnia serrata Goze, Tnia canina L., 
Bothriocephalas punctatus R.ud.), nous ont montr 
que les produits solubles dans l'eau contenaient deux 
sortes de substances : une soluble dans l'alcool et 
l'autre prcipitant par ce ractif. Mes recherches sur 
le Bothriocephalus punctatus Rud. m'ont permis de 
reconnatre : 

1 Un alcalode soluble dans l'alcool fonction 
curarique; 

2 Une sorte de toxine-ferment prcipite par l'al- 
cool et dont l'action se fait sentir sur les centres ner- 
veux et dsorganise les relations entre les cellules 
nerveuses. 

L'action de ces substances est assez nergique pour 
produire des troubles. Nous verrons dans la partie 
critique quels sont les symptmes morbides explica- 
bles par ces agents chimiques. 



98 

CHAPITRE II 
Expriences sur les Nmatodes 

On sait que ['Ascaris mrgalocephala Gloquet 
= A. e quorum Gze contient des substances actives 
qui ont parfois incommod les naturalistes Miran, 
Gobbold, Bastian, Hubert, Raillet (1895). 

A. Gautier (1896) a pu tuer des cobayes et des 
lapins avec le liquide provenant de l'crasement des 
vers appartenant cette espce. 

J'ai port mes recherches sur ['Ascaris lumbri- 
cqdes L., varit suis, frquent dans l'intestin du 
porc. 

Rle mcanique 

J'ai observ souvent l'intestin du porc rempli de 
vers et je n'ai pu trouver de lsion notable. 

L'intestin est souvent obstru par des paquets de 
vers qui apportent forcment une difficult dans la 
marche du contenu intestinal. 

Le D r Gatois m'a signal un cas d'appendicite 
explicable par l'encombrement de l'appendice par le 
Trichocephalus Hominis Schrank. 

Rle chimique 

J'ai tritur un certain nombre d'Ascaris lumbri- 
codes L. provenant du porc ; je les ai soumis une 
forte compression et j'ai ainsi obtenu une certaine 
quantit de liquide jaune ambr, lgrement rou- 



il!) 



getre. C'est ce liquide qui m'a servi dans les exp- 
riences ci-dessous : 

Expriences sur le Cobaye 

Je prends un cobaye de taille moyenne ; je lui 
injecte 2 cm. cubes; il ne se produit pas de priode 
d'excitation. 5 minutes aprs le dbut de l'exprience, 
je constate que l'animal se tient immobile, et qu'il 
trane le train de derrire lorsqu'on le force mar- 
cher. Au bout de 10 minutes, le cobaye est pris d'un 
tremblement gnral, sa respiration devient rapide 
(55 mouvements respiratoires par minute). 

Un quart d'heure aprs le dbut de l'exprience, je 
constate que l'animal marche les doigts replis. 

La respiration s'acclre au bout de U) minutes, 
elle atteint 64. 

L'animal reste dans le mme tat ; en le pinant 
nous le faisons crier, mais il ne pousse aucun cri 
spontanment. La respiration, extrmement fr- 
quente (70), prsente quelques irrgularits. La tem- 
prature prise dans le rectum est de 39,2 (1) une 
heure aprs le dbut de l'exprience. La dmarche 
s'amliore un peu. 

24 heures aprs l'injection, je retrouve mon ani- 
mal l'air hbt, il marche encore difficilement et par 
moments il est pris de frissons, la respiration est 
tombe 45 battements par minute. 

Il meurt dans la nuit entre la 30 e et la 40 e heure 
aprs le dbut de l'exprience. 

A l'autopsie, je constate une congestion des pou- 
mons. 

(1) La temprature d'un cobaye on bonne sant est 39,4. 



100 

Expriences sur le Chien 

L'injection faite un jeune chien amne des trou- 
bles moins accuss. Je suis oblig de renouveler l'in- 
jection pour rendre les phnomnes saillants. 

Ds que la dose atteint 3 cm. cubes, l'animal parat 
fatigu ; lorsque nous sommes arrivs 8 cm. cubes, 
il ne tarde pas s'endormir d'un sommeil calme, sa 
respiration n'est pas modifie. 

Lorsque la dose atteint 10 cm. cubes (une heure 
aprs le dbut de l'exprience), la respiration ne 
compte que 20 mouvements par minute, mais ils 
atteignent une grande amplitude. La dmarche n'est 
pas encore modifie. Peu de temps aprs, je cons- 
tate que mon chien a l'air fatigu, triste et ahuri, 
puis il est pris de vomissements rpts, spars par 
de courtes priodes de sommeil ; sa dmarche est 
lente. 

24 heures aprs, tous ces phnomnes se sont dis- 
sips. 

Sparation de diverses substances toxiques 

Le liquide obtenu par la compression des Ascaris 
est additionn d'nn volume double d'alcool 90 ; je 
laisse le vase 24 heures pour permettre au prcipit 
de se former, je filtre et j'tudie sparment la partie 
soluble et le prcipit. 

Pour obtenir la partie soluble, j'vapore la liqueur 
hydro-alcoolique dans le vide et pour la purifier je la 
redissous dans l'alcool 90, je filtre et j'vapore de 
nouveau dans le vide. 



101 

Poison insoluble 

Le prcipit obtenu par l'alcool est dbarrass de 
ce ractif par l'vaporation dans le vide; on le redis- 
sout partiellement dans l'eau, il se montre peu actif sur 
les Rats et les Cobayes. Pour obtenir un liquide plus 
actif, nous le reprcipitons par l'alcool, et, cette fois, 
nous l'obtenons exemptd'albumine, puisque ce corps 
est rest dans la partie du premier prcipit qui ne 
s'est pas redissoute. Le deuxime prcipit tant pur, 
je le redissous totalement dans une petite quantit 
d'eau. C'est avec cette solution que je fais les exp- 
riences suivantes : 

Exprience sur le Cobaye 

Un jeune cobaye reoit en injection sous-cutane 
1 cm. cube; nous notons une excitation passagre, 
une acclration de la respiration, une incoordination 
dans les mouvements, des frissons, des convulsions 
de la face. 

En augmentant la dose, nous accentuons tous ces 
phnomnes et nous constatons en outre le refroi- 
dissement des membres et des irrgularits dans la 
respiration. 

L'animal se remet de cette indisposition. 

Cette exprience nous permet de conclure que ce 
poison est analogue celui que nous avons trouv 
chez les Cestodes. 

Exprience sur la Grenouille 

Une injection sur la grenouille verte amne peu 
peu une moins grande agilit et une lgre incoordi- 



102 

nation dans les mouvements, la sensibilit parat 
diminue. 

Une injection de 2 cm. cubes tue la grenouille 
rapidement. Au bout d'une heure, elle ne rpond que 
par de trs faibles mouvements aux plus fortes exci- 
tations. 

Poison soluble 

La matire soluble dans l'alcool, prpare comme 
il a t dit plus haut, est redissoute dans l'eau et sert 
aux expriences suivantes : 

Exprience sur le Cobaye 

L'injection sur le cobaye provoque au dbut une 
priode d'excitation, puis l'animal s'arrte, fait le 
gros dos, prouve des frissons : la respiration s'acc- 
lre ; les excrtions sont exagres, car notre cobaye 
urine quatre fois en une heure. Les mouvements sont 
violents lorsqu'on exciie l'animal et il y a des convul- 
sions. Puis il revient la sant. 

Expriences sur les Grenouilles 

L'injection de 1 cm. cube une grenouille produit 
rapidement l'immobilit, mais des excitations vio- 
lentes l'en font sortir. Gel tat s'aggrave aprs un 
mieux extrmement passager, mais considrable. 
L'animal tombe dans un tat comateux, d*o il ne 
sort que sous l'influence d'excitations violentes pour 
retomber aussitt dans l'immobilit. 

Au bout de 20 minutes, la grenouille revient la 
sant, elle cherche s'chapper et se met nager 
dans l'tang au bord duquel je fais cette exprience. 



103 

J'ai recommenc cette exprience en portant la 
dose 2 cm. cubes; au bout de 10 minutes, les 
rflexes se sont montrs trs faibles; au bout d'un 
quart d'heure, la grenouille semblait morte. Nous 
pratiquons une incision la peau du ventre, il se 
produit alors quelques mouvements respiratoires, 
mais aucune contraction des membres ; 25 minutes 
aprs, l'animal meurt. A l'autopsie, les poumons sont 
vides d'air. 

J'ai voulu voir si cette substance agissait comme 
celle signale plus haut chez les Cestodes. Pour cela, 
j'ai prpar une grenouille comme pour l'exprience 
sur le curare, et j'ai pu constater que l'injection dans 
la partie antrieure supprimait la motricit de cette 
partie sans agir sur la partie non inocule, de sorte 
que l'excitation des membres antrieurs provoque des 
mouvements rflexes des membres postrieurs. 

Il m'a en outre sembl que cette substance tait 
moins active que chez les Cestodes, car nous avons 
besoin d'une solution plus concentre pour obtenir 
les mmes effets. 

Extraits de Nmatodes 

Aprs avoir extrait mcaniquement le liquide des 
Ascaris lumbricodes L., je les puise par de l'eau 
sale 5 % La solution obtenue se coagule partielle- 
ment l'bullition ; elle prcipite par l'alcool. 

Nous recherchons ses proprits physiologiques. 

Expriences sur le Rat 

Une injection de 3 cm. cubes a amen la mort d'un 
rat en moins de 24 heures. Au dbut, le rongeur tait 



104 

peu malade, mais au bout d'une heure il faisait le gros 
dos et s'agitait peu. 10 heures aprs, il tait encore 
dans le mme tat. 

Expriences sur le Cobaye 

L'injection de 2 cm. cubes amne la mort du cobaye 
en 2 h. 10. 

Ds le dbut, l'animal reste immobile et stupide, sa 
respiration s'acclre et atteint un maximum de 68 
un quart d'heure aprs l'injection, puis elle diminue, 
l'animal est pris de diarrhe, puis il se refroidit et 
meurt. 

Je constate que l'animal avait jacul pendant son 
agonie. 

Expriences sur le Chien 

Une injection de 10 cm. cubes chez un jeune chien 
provoque une dilatation de la pupille. 

En portant la dose 20 cm. cubes, la dmarche 
devient lente, il va se coucher et prouve de temps 
en temps des convulsions, la temprature rectale est 
39,6. La respiration prsente quelques irrgularits 
dans sa dure et dans son amplitude. La diarrhe 
survient. Le chien se remet de son indisposition. 

Il rsulte de ces expriences que l'extrait par l'eau 
sale jouit des mmes proprits que le liquide 
obtenu par compression ; il en est de mme de la 
solution aqueuse obtenue en lavant le rsidu dans 
l'eau, mais le liquide obtenu est plus dilu. Il faut 
8 cm. cubes pour tuer un cobaye en 16 heures, aprs 
avoir prsent des troubles respiratoires. 



105 

Solution alcoolique 

Les vers pressurs, puiss successivement par 
l'eau sale et par l'eau, sont puiss par l'alcool. 

La solution alcoolique est vapore base temp- 
rature, 38, et le rsidu est redissous dans l'eau et je 
l'injecte un chien. 

Exprience sur le Chien 

L'injection amne un ralentissement dans la mar- 
che ; la temprature monte 39,4. Le chien ne 
semble pas souffrir, mais il trane le train de derrire; 
il urine abondamment deux fois en deux heures et se 
remet de son indisposition au bout de deux heures. 
Les jours suivants, il va bien. 

Solution thre 

La partie qui ne s'est pas dissoute dans l'alcool est 
puise par l'ther et la solution thre est vapore. 
L'injection du dpt, mis en suspension dans une 
petite quantit d'eau, se montre inactive. 

CONCLUSIONS 

Mes expriences ci-dessus mentionnes montrent 
donc que les Nmatodes contiennent comme les Ces- 
tories deux sortes de produits toxiques. 

1 Une substance soluble dans l'eau, insoluble dans 
l'alcool, agissant sur le systme nerveux ; 

2 Une substance soluble dans l'eau, soluble dans 
l'alcool, insoluble dans l'ther. Cette substance se 






mjfk 



106 

montre paralysante comme la substance curarique 
des Cestodes, mais c'est un curare moins actif. 

C'est cette substance qui, provoquant l'arrt com- 
plet des muscles chez les batraciens, produit la 
fatigue et la gne locomotrice constates chez les 
mammifres soumis mes expriences. 



DEUXIEME PARTIE 

TUDE CRITIQUE 



Dans cette partie de mon travail, j'ai cherch dis- 
tinguer, parmi les troubles reconnus et attribus aux 
vers, ceux qui sont dus aux agents chimiques et ceux 
qui sont dus l'action mcanique. 

Les Nmatodes et les Cestodes vivant tantt dans 
l'intestin et tantt en dehors, j'ai d diviser la partie 
critique en quatre chapitres. 



chaWtr i 

Troubles causs par les Cestodes 
parasites des tissus 

Les Cestodes vivant dans les organes autres que le 
tube digestif sont pour la plupart des formes larvaires 
destines se dvelopper dans l'intestin d'autres 
animaux. 



107 - 

FORMES LARVAIRES 

Les Cestodes l'tat larvaire se rencontrent dans 
les animaux les plus varis ; nous allons passer rapi- 
dement en revue les diverses classes du rgne 
animal. 

Parasites des Invertbrs 

Les Vers de terre logent des larves connues sous 
le nom de Pleurocercus Villot, d'aprs Haswell et 
Hill (1894) et la larve du Tnia (Dicranotnia) 
cuneata Linstow. 

Les Arthropodes terrestres ont des parasites varis. 

Les Glomeris logent des espces appartenant aux 
trois formes: Urocystis, Staphylocyslis etCystycercus 
d'aprs Villot (1880 et 1881). 

Les insectes hbergent la larve du Tnia ( Hyme- 
nolepis di/ninataRu.d., d'aprs Villot, et probable- 
ment plusieurs autres Hymenolepis. La larve du 
T. (Davainea) cesticeUus Molin vit dans les Lpidop- 
tres et dans les Coloptres, d'aprs Grussi et 
Ronelli (cits d'aprs Raillet). 

Le Tnia (Dipylidium) canina L. commence son 
dveloppement dans le Pulex irritans L. et P. serra- 
ticeps Gervais, d'aprs les observations de Grassi et 
dans le Trichodectes canis Retzius, d'aprs les exp- 
riences de Melnikow. 

Les Crustacs sont les "htes intermdiaires d'un 
grand nombre de Cestodes. 

Les Crustacs infrieurs logent les larves du sous- 
genre Dicranotnia, car le Tnia (Dicranotnia) co- 
ronula Duj. se dveloppe chez les Ostracodes, d'aprs 



108 

Mrazek (1891) et Rosseter (1891), sous la forme 
Cercocystis Villot. 

La plupart des Taenia du sous-genre Drepanido- 
tsenia nt pour larves des Cercocystis parasites des 
Crustacs : le T. (D.) gracilis Zeder, vit d'abord dans 
les Cypris, d'aprs R. Rlanchard et Mrazek (1891) ; 
le T. (D.) tenuirostris Rud., a t rencontr dans les 
Gammarus par Hamann (1891), et dans les Cyclops, 
par Mrazek (1891), et par Rosseter (1891). 

Mrazek (1891) et Richard (1893) nous ont fait 
connatre d'autres formes larvaires dont ils n'ont pu 
spcifier l'espce adulte. 

VEchinocotylf Rosseteri R. Bl. habite les Cypris, 
d'aprs R. Blanchard (1891). 

Giard et Bonnier (1887) ont rencontr dans 
les Crabes la larve du Tetrarhynchus ruficoUis Eisen- 
hard, je l'ai signal dans un grand nombre de Crus- 
tacs dcapodes. 

On ne connat qu'un petit nombre de Mollusques 
parasits par des Cestodes : ce sont les Arion ru fus 
et A. empyrcorwn, htes du Cysticercus ario- 
nis Von Siebold ; les Hlix, htes du Tnia (Davai- 
nea) tetragona Molin, d'aprs Piana ; les Limaces, 
htes du T. proglottina Dav.; la Scpia officinalis 
L. et VOclopus vulgaris Cuv., htes du Tetrarkyn- 
chus bisuicalus Linton ; les Solen et les Cardium, 
htes de YEchinobothrium typus Van Beneden. 

Les troubles causs chez les invertbrs par les 
larves de Cestodes sont trop peu connus pour que 
nous puissions en chercher le mcanisme. 



109 

Parasites des Poissons 

Les poissons logent dans leurs tissus un trs grand 
nombre de parasites et on en trouvera la liste dans 
Von Linstow (1878 et 1889). 

Parmi les genres de Cestodes, parasites des Pois- 
sons, je citerai les genres suivants : Tetrarhynchus, 
Trisnophorus, Taenia (des poissons), Bothriotaenia, 
Bolhriocephalus, Ligula. 

Un de ces parasites intresse l'homme, c'est le 
Bothriocephalus lotus L., on l'a signal dans les 
Lottes, Brochets, Perches, Ombre-Chevalier, Truites, 
Fera et Onchorhynchus Perryi. 

Il est certain que, sauf la Ligule, les larves de Ges- 
todes ne font pas mourir les Poissons, car on trouve 
trs souvent ces tres envahis d'un grand nombre de 
vers et ne paraissant pas moins vigoureux; ces larves 
causent cependant une certaine infriorit dans la 
lutte pour la vie, lorsque les organes viscraux et de 
la locomotion sont trop fortement envahis. Il peut 
arriver que les Poissons parasits soient plus souvent 
mangs par les Slaciens que les autres; ce prjudice 
caus l'hte est favorable au Cestode, puisqu'il aug- 
mente ses chances de parvenir dans l'intestin des 
tres o il peut se dvelopper. 

Parasites des Mammifres 

Les mdecins, les vtrinaires et les naturalistes 
ont not avec soin un grand nombre d'observations 
sur les troubles causs par les larves de Cestodes. Le 
sujet est trop classique pour que j'aie besoin de 



110 - 

dcrire toutes les maladies causes par les Cysticer^ 
ques, Cnures et Echinocoques. Je veux seulement 
tudier le mcanisme par lequel les troubles sont 
produits. 

Les larves de Cestodes provoquent des dsordres 
locaux, variables suivant l'organe, et des dsordres 
gnraux indpendants de la localisation du parasite. 

Effets locaux 

II est vident que les vers, en se dveloppant au 
milieu d'un organe, agissent mcaniquement sur cet 
organe et parfois sur les organes voisins qui se trou- 
vent comprims II y a donc lieu de tenir compte des 
facteurs suivants ; 

1 Volume et rapidit d'accroissement ; 

2 Organe attaqu. 

Influence du Volume 

Le volume de la larve, relativement l'animal et 
l'organe attaqu, est un facteur videmment impor- 
tant ; aussi, au dbut de l'infection, les troubles sont 
beaucoup plus lgers que dans la suite. (Ce n'est que 
dans des expriences que Baillet, Van Beneden et 
autres ont pu tuer des animaux ds les premiers 
temps de l'infection ; cet effet tait d au grand 
nombre de jeunes vers). 

C'est seulement lorsque la larve a acquis un cer- 
tain volume que les symptmes deviennent caract- 
ristiques. 

Plus le volume du parasite est considrable, plus 
les troubles sont importants ; ce facteur nous rend 



111 

compte des effets des Echinoques, plus accentus 
que ceux du Cysticerque. La vitesse d'accroissement 
est un facteur important dans la rsistance des 
organes, car c'est la compression que j'attribue les 
kystes. Or, nous savons que le kyste est une nofor- 
mation protectrice; il s'paissit en mme temps que 
le parasite s'accrot. 

Influence de V Organe 

Marche de f invasion. Les ufs de Cestode clo- 
sent dans l'intestin aprs ramollissement de leur 
coque protectrice sous l'influence du suc gastrique. 
L'embryon hexacanthe traverse les parois du tube 
digestif sans produire de troubles apprciables, il est 
ensuite entran par le courant circulatoire et va se 
loger dans les divers organes. 

Les dsordres provoqus varient avec l'organe ; 
nous sommes donc amens tudier successivement 
les parasites des divers organes. 

Parasites du Foie 

C'est naturellement dans le foie que les embryons 
de Gestodes font leur premier arrt. Aussi le foie est- 
il l'organe le plus frquemment atteint parles Cysti- 
cerques et par les Echinocoques (1). Un certain 
nombre de larves se trouvent dtruites, dans le foie. 

(.1) Tnia serrata Goze, chez le lapin. 
T. marginata Batsch, chez le porc. 

7'. echinococcus Von Siebold, chez les Ruminants, les Solipcles, 
l'Homme, etc. 



112 



Le dveloppement de la larve dans le foie amne 
une augmentation considrable dans le volume de cet 
organe et des modifications dans la structure de cette 
glande : Il se produit une prolifration du tissu 
conjonctif autour des parasites. L'explication de ces 
faits doit tre cherche dans l'action mcanique. 

Les transformations du tissu du foie jouent un cer- 
tain rle dans les manifestations de la maladie. 

Lorsque l'hydatide est trop grosse, elle produit des 
dplacements de l'organe et mme des lsions des 
organes voisins; elle peut dprimer le diaphragme et 
s'enfoncer dans le poumon. Les troubles respiratoires 
qui surviennent alors sont ds une action mca- 
nique. 

La larve, aprs s'tre dveloppe dans le foie, peut 
tomber dans le pritoine et s'y dvelopper ; l'effet 
local est alors relativement faible. 

J'ai constat plusieurs fois des pidmies meur- 
trires chez les jeunes lapins ; elles taient dues 
l'envahissement du foie par un grand nombre de 
cysticerques du Taenia serrata Gze. 

Parasites des Organes respiratoires 

Les larves emportes par le courant circulatoire 
peuvent, aprs avoir travers le foie, s'arrter dans 
le poumon. 

Les hydatides du poumon sont rares chez l'Homme, 
mais elles sont frquentes chez les Ruminants. Les 
vsicules du Taenia cchinococcus tant alors peu 
comprimes par le tissu lastiquedu poumon, acqui- 
rent un volume considrable ; la poitrine elle-mme 



113 

s'largit, il se forme souvent des adhrences entre le 
poumon et la plvre. Il peut se produire des compres- 
sions sur l'aorte ou sur les artres pulmonaires, il en 
rsulte des troubles circulatoires pouvant occasionner 
la mort. Tous ces troubles sont videmment ds 
l'action mcanique. 

L'irritation cause par le Tsenia echinococcus Von 
Siebold amne des transformations histologiques. 
Nous les avons constates sur un poumon de Mouton. 

Le tissu qui entoure immdiatement la vsicule du 
T. echinococcus est un tissu fibreux form de fibres 
lastiques et de quelques rares cellules embryon- 
naires. Un peu au-dessus, le tissu change progressi- 
vement d'aspect ; on trouve des fibres conjonctives 
serres et de jeunes cellules plurinucles ; plus ext- 
rieurement, on voit du tissu muqueux et enfin le 
parenchyme normal du poumon. 

Le dveloppement de ces kystes ressemble celui 
des tumeurs fibroplastiques. Le parenchyme excit 
revient l'tat primitif, puis, aprs avoir prolifr, se 
transforme en tissu fibreux et, comme la vsicule 
continue crotre, la zone gnratrice se trouve 
reporte de plus en plus l'intrieur du tissu pul- 
monaire de sorte que l'on a dans le kyste des tissus 
stratifis divers degrs de transformation. 

Les hydatides que l'on trouve dans la plvre doivent 
provenir de la paroi. 

Parasites des autres viscres 

Les Gysticerques peuvent se dvelopper dans pres- 
que tous les organes ; il en rsulte des troubles fonc- 
tionnels. 

8 



114 

Les organes gnitaux de la femme sont souvent 
parasits par YEchinocoquc. On l'a rencontr dans 
les parois de l'utrus, dans les ovaires, c'est une des 
causes de strilit. 

Parasites'des organes du mouvement 

Les os sont parfois le sige des Echinocoques. Dans 
ce cas, les vsicules ne sont pas enkystes, elles res- 
tent petites au milieu du tissu osseux; elles amnent 
parfois des fractures spontanes. 

Les muscles et le tissu conjonctif intermusculaire 
et sous- cutan peuvent abriter de nombreux para- 
sites (1). 

Lorsque lecysticerque du Taenia solium L., habite 
ces tissus, il ne cause que peu de troubles et peut 
passer inaperu mme la visite sanitaire des viandes 
de Porc. On le reconnat chez le Porc en ttant la 
langue, car il est dmontr depuis longtemps que 
chez cet animal les cysticerques de ce Tnia sont 
plus frquents dans la rgion linguale que dans les 
autres. 

(1) T.nia saginala Gze, chez les Bovids et Ovids. 

T. Solium L., chez le Porc et l'Homme. 

T: crassicollis Hud., chez les Rongeurs et les Insectivores. 

T. Krabbei Maniez, chez les Rennes. 

T. Gritnaldi Moniez, chez le Dauphin. 

T. (Cnurm.) serialis Gervais, chez les lapins. 

T. Echinococcus Von Siebold, chez l'Homme et un grand nombre 
de Mammifres. 

Tsenia cnurus Kuchenmeister, gars dans les muscles du 
Mouton. 

C ; /sticercus lo.ngicollis Bremser, dans la Taupe. 



115 



Le Taenia saginata Gze, produit encore moins de 
dgts. 

Les observations mdicales sont nombreuses sur 
les Echinocoqitcs, les troubles fonctionnels varient 
avec la rgion, car ils dpendent de l'action mca- 
nique. 

Lorsque les vers habitent le tissu musculaire du 
cur, ils amnent directement de la dyspne, des syn- 
copes, des battements de cur et, par suite de ces 
dsordres circulatoires, des troubles psychiques avec 
ou sans pilepsie, avec ou sans apoplexie. 

Parasites du systme nerveux 

Lorsque les vers habitent les centres nerveux, ils 
causent des troubles graves qui se traduisent par un 
mal de tte, de la somnolence, des vertiges, des atta- 
ques d'pilepsie et de paralysie. Pour expliquer ces 
dsordres, il ne semble pas ncessaire de faire inter- 
venir les produits de scrtion, car l'action mca- 
nique sulfit. 

On trouvera dans R. Blanchard (1889) le rsum 
des observations de Kuchenmeister (1868) et de 
Dresel (1887) sur les troubles provoqus chez 
l'homme par la prsence dans les centres nerveux du 
cysticerque du Taenia soliwn L. sous la forme Cysli- 
cercus ; acemosus Heller. 

Le Taenia echinococcus Von Siebold a une action 
analogue, il est plus rare que le T. solium L. 

Nous renvoyons l'excellent ouvrage de Neumann 
pour la description des troubles causs par le Taenia 
Cnurus Van Ben. chez les animaux domestiques. 



116 

Les organes des sens peuvent loger des larves de 
Tnia. 

L'il est assez souvent le sige des Cysticer- 
ques (1). Les troubles qui en sont la consquence 
sont dcrits dans l'ouvrage classique de R. Blan- 
chard ; leur explication est videmment due l'ac- 
tion mcanique. 

Effets gnraux 

En mme temps que les effets locaux, on voit par- 
fois des effets dans des organes loigns. 

Les mdecins ont remarqu des cas d'urticaires ds 
la rupture accidentelle ou chirurgicale desEchino- 
coques au sein des tissus. Debove (1887) en a donn 
une explication la fois par l'action du contenu des 
vsicules et par la raction individuelle des sujets. 
Des cas de mort par arrt du cur ou de la respira- 
tion ont t signals dans les mmes circonstances. 

VEchinocoque cause l'anmie pernicieuse chez 
l'Homme et chez les Ruminants, ainsi que beaucoup 
de vers parasites. Ce fait doit tre attribu, selon moi, 
l'action chimique; le poison-ferment diffuse tra- 
vers les membranes, agit sur le systme nervux, et 
par suite dsorganise toute coordination entre les 
tissus. 

FORMES ADULTES 

Les cestodes adultes n'habitent pas normalement 
les tissus ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on les 

(1) Taenia solium L., chez l'Homme. 

T. echinococcus Von Siebold, chez les Ruminants. 

T. cnurus Van I3en., '\yaivs chez le Veau et chez l'Antilojijie. 



117 

rencontre ainsi la suite d'une perforation de l'in- 
testin. 



CHAPITRE II 

Troubles causs par les Cestodes 
dans l'intestin 

CESTODES LARVAIRES 

Les Cestodes larvaires sont peu nombreux, leurs 
dgts sont trs faibles. 

CESTODES ADULTES 

Effets locaux 

Les Cestodes adultes habitent l'intestin ; ils adh- 
rent la muqueuse par des trompes ou par des ven- 
touses. Le strobile tout entier se meut au milieu du 
contenu intestinal, il s'allonge, se replie, se contracte, 
mais tous ces mouvements sont lents et ne peuvent 
amener d'irritation notable de la muqueuse. Une trop 
grande accumulation de vers peut obstruer l'intestin 
et amener quelques troubles dus une action mca- 
nique. 

Effets gnraux 

Les Cestodes adultes ne semblent pas dangereux 
pour les animaux vivant dans des conditions nor- 



118 

maies ; il n'en est pas de mme chez les animaux 
domestiques et chez l'Homme. Il est permis de se 
demander si nous sommes bien renseigns sur les 
animaux sauvages ? 

Van Beneden a constat que les Poissons les plus 
vigoureux sont les plus attaqus parles parasites. J'ai 
pu, par mes observations personnelles, confirmer le 
fait, mais il s'explique fort bien : les tres les plus 
vigoureux mangent plus que les autres et par cons- 
quent ont plus de chance de gagner des parasites. 

Les Oiseaux sauvages sont souvent remplis deCes- 
todes et paraissent en bonne sant. Cependant l'tude 
attentive montre des pidmies meurtrires : c'est 
ainsi que l'on voit nos Gallinacs maigrir, puis mou- 
rir sous l'influence du Taenia (Davaina) proglot- 
tina Dav. 

Les symptmes de l'affection sont la perte de 
l'apptit, la tristesse, la diarrhe, la dmarche raide, 
les accs pileptiformes. J'attribue la modification 
dans la marche faction de l'alcalode. Les accs 
pileptiformes me paraissent ds l'action du fer- 
ment-toxique. 

Chez les Mammifres, les observations sont nom- 
breuses. Tantt l'animal n'prouve aucun trouble, 
tantt il prsente des troubles intestinaux, tantt il 
ressent des attaques pileptiformes et des accidents 
nerveux. 

Le Chien est attaqu par de nombreuses espces de 
vers; souvent sa sant n'est pas altre ou elle pr- 
sente quelques troubles digestifs lgers; l'on peut les 
expliquer par une action mcanique. Parfois on voit 
les Chiens s'agiter, pousser des cris, prouver des 



119 



attaques pileptiformes et des convulsions. Ces mani- 
festations nerveuses sont dues aux scrtions du ver. 
Parfois les symptmes rappellent la rage. 

Les faits sont analogues chez les Moutons. On a 
signal des convulsions chez cet animal. 

Outre ces symptmes, Raillet a observ que les 
vers intestinaux provoquent souvent l'anmie perni- 
cieuse des animaux domestiques. 

Il n'est pas rare de trouver des Hommes porteurs de 
Tnia ou de Bothriocephales dont la sant n'est pas 
trouble. J'ai connu un de mes amis qui a gard son 
ver 5 ans ; il s'agissait d'un Tnia saginata Gze. Ce 
parasite ne le faisait nullementsouffrir, maisil estbon 
de constater dans ce cas la rgularit du tube diges- 
tif sans aucun trouble. Ce fait a, je crois, une grande 
importance, car, lorsque les produits de la digestion 
circulent normalement, ils entranent avec eux les 
produits de scrtion du ver, et le peu de ces subs- 
tances, introduites par absorption dans l'organisme, 
s'limine au fur et mesure, de sorte que l'organisme 
n'en contient jamais une dose dangereuse. 

Les crampes, la fatigue sont produites par l'alca- 
lode. 

Da vaine (1860), Gobbold (1879), R. Blanchabd 
(1889), Raillet (1895), ont dcrit les troubles causs 
par les Tnia chez l'Homme. Ils ont signal des 
embarras gastriques, de la diarrhe ou de la constipa- 
tion, des dmangeaisons de l'anus, une salivation 
abondante, des coliques. Je crois que tous ces trou- 
bles sont ds l'action directe du ver dans l'intestin. 
A ces troubles s'ajoutent des palpitations de cur, 
des syncopes, des convulsions, tudies spcialement 



- 120 

par Frol(1876) et par Lontieff (1885). Raspail 
a constat que ces troubles disparaissent lorsque le 
traitement vermifuge a chass une partie du ver. 
Cette observation s'oppose l'explication des mde- 
cins pour lesquels ces troubles sont d'ordre rflexe. 
Pour moi, les troubles cardiaques et nerveux sont 
ds des phnomnes d'intoxication cause par la 
toxine-ferment. 



CHAPITRE III 

Troubles provoqus par les Nmatodes 
parasites des tissus 

Les tissus contiennent des Nmatodes divers 
degrs de dveloppement; nous allons les passer en 
revue successivement. 

I. NMATODES LARVAIRES 

Les Nmatodes sous la forme larvaire sont fr- 
quents dans presque tous les embranchements du 
rgne animal. On connat en effet les Cucullanns 
legans Rud., chez les Cyclopes,la Fila ri n medinensis 
Velsh,chez les mmes Crustacs, la F. Immits Leidy, 
chez VHematopinus pilifer^la. F. reondita Crassi, 
chez les Puces et Ixodes, la F. Bancrofti Cobbold, 
dans les Moustiques, le Sproptera mnguinolenta 
Rud., chez les Blates, YOllulanus tricuspis Leuckart, 
chez les Souris, etc. 



121 

Les Vertbrs sont particulirement atteints. Je ne 
parlerai que des vers intressant l'homme et les ani- 
maux domestiques. 

La Trichina spiralis Owen, se dveloppe au milieu 
du tissu conjonctif d'un grand nombre de Mammi- 
fres, dont Raillet (1889) a donn une longue liste. 

Le ver adulte vit et pond dans l'intestin, les ufs 
closent aussitt et les embryons gagnent les tissus 
du mme hte o ils se dveloppent. L'accroissement 
lent du ver irrite le tissu conjonctif et entrane une 
modification profonde de ces lments. Les fibres 
connectives s'hypertrophient, les cellules font retour 
l'tat embryonnaire, puis elles se multiplient en 
formant une masse granuleuse qui carte les faisceaux 
musculaires primitifs. 

La modification des tissus, s'opposant l'activit 
des changes, amne la Trichine tomber dans un 
tat de vie latente. 

La noformation granuleuse s'indure, le kyste 
s'paissit et peut s'isoler ou se renforcer aux dpens 
du tissu conjonctif avoisinant. 

La formation du kyste est lente dans le tissu 
adipeux, qui est peu apte prolifrer. 

Le kyste se dtruit au bout d'un certain temps. Ce 
fait me parait explicable par le rle des Macro- 
phages (1), ces cellules se dtachent des parois ds 
que le vers ne secrte plus de substance paralysante, 
elles deviennent graisseuses et forment finalement 
une masse adipeuse qui se calcifi plus tard. 



(1) Voir ce sujet l'analyse que j'ai faite (Bull. Soc. Linn. de 
Norm., sance du 7 mai 1900, sur un travail de Matchinsky). 



122 - 

Les symptmes de la Trichine ont t tudies par 
Gobbold et Davaine (1860). Les dsordres intes- 
tinaux sont ds aux vers adultes vivant dans le tube 
digestif. Leuckakt croit que la perforation de l'in- 
testin par les embryons peut amener une pritonite. 
Les dsordres dans les mouvements sont les rsul- 
tats des modifications histologiques des muscles. Les 
Porcs meurent frquemment, les Rats survivent quel- 
que temps puis meurent dans le marasme, cons- 
quence de l'anmie pernicieuse. L'Homme peut 
rsister longtemps. 

La.Fi/aria irritans Rivolta,est connue seulement 
l'tat de larve, elle dtermine la formation des 
plaies PeVe'Bouley ou Dermite granuleuse du Cheval 
et de l'Ane. 

Les jeunes Sclerostomum equinumO. F. Muller, 
vivent dans les vaisseaux sanguins du Cheval. La 
prsence de ces vers dans les artres explique les 
anvrismes qui sont frquents chez le Cheval, car les 
larves, obstruant les artres, lvent la tension san- 
guine en arrire des points o elles forment 
barrage. 

C'est Bollinger (1870) qui a montr que les coli- 
ques des Chevaux proviennent des embolies ainsi 
provoques. 

H. - NMATODES ADULTES 

Les Nmatodes adultes, normalement parasites 
des tissus, appartiennent aux familles Strongilids, 
Filarids, Trichocephalida. 



123 

On en rencontre, soit au milieu des tissus, soit dans 
les cavits des organes excrteurs. 

Parasites des tissus conjonctif et musculaire 

Le Stepanuras dentatns Diesing, creuse des gale- 
ries dans le tissu adipeux des Porcs, il peut ainsi 
provoquer des panchements dans le pritoine ou 
pntrer dans le rein, les capsules surrnales ou le 
foie. 

Les troubles dpendent alors de l'organe. 

Le Spiroptrareliculaia Diesing, habite les fibres 
musculaires du cheval ; il dtermine des nodules 
sous-cutans ou l'hypertrophie des tendons. La for- 
mation de ces fibromes parasitaires amne parfois 
des boiteries. 

La Filaria equina Abildgaard,du Cheval, ne cause 
souvent aucun trouble, mais d'autres fois elle pro- 
voque la cachexie ou des tumeurs cutanes. 

La Filaria labiato-papiUosa Alessandrini habile 
la cavit pritonaledes Bovids et des Cervids ; elle 
ne semble pas altrer la sant. Cependant Gotti, 
d'aprs Raillet.(1895) a constat un cas de marasme 
conscutif une diarrhe persistante et conco- 
mittante avec la prsence de nombreux vers. 

La Filaria hmorrhagica Raillet, vit dans les tis- 
sus conjonctifs de l'Ane etdu Cheval; elle provoquedes 
accidents analogues ceux de Filaria medinensis 
Velsch chez l'homme. 

La Filaria medinensis Velsch, se manifeste parfois 
par une sensation de pesanteur et de plnitude, la 
peau devient douloureuse, il se forme un abcs. Ce 



124 

dernier s'ouvre l'extrieur ; il en sort d'abord du 
pus, puis le ver, que l'on doit extraire avec prcau- 
tion. Ces accidents sont ds l'action mcanique du 
ver. Lorsque ce dernier se brise, la partie encore 
incluse se rtracte ; il en rsulte une vive douleur, 
une suppuration abondante et la mort. Ces dsordres 
sont ds l'action chimique du vers. 

La Filaria labiais Pane (1884) a dtermin une 
pustule blanche sur la lvre. 

La Filaria lymphtica Teutler amne la tum- 
faction des ganglions lymphatiques. 

Le Gnatltostoma siamense Levinsen, observ 
chez une Siamoise, a dtermin des tumeurs sous- 
cutanes de la poitrine de cette femme. 

La maladie dbuta par un tat fbrile qui fut suivi 
de tumfaction douloureuse de la poitrine. Cette 
tumeur devint bleue puis disparut. C'est alors que 
l'on vit dans la peau des nodules arrondis de la taille 
d'un haricot ; plus tard ils s'attnurent, puis re- 
parurent ; de l'un d'eux s'chappa un vers. 

Nielly a vu chez un homme des papules analogues 
au crawcraw causs parle Rhabditis Nielly R Blan- 
chard. 

D'autres Rhabditisont t trouvs accidentellement 
chez le Chien, le Renard, le Cheval ; ils concident 
avec des dsordres cutans, mais leur prsence n'a 
pas t constate assez souvent pour que l'on puisse 
les regarder comme tant la cause des accidents 
constats. 



125 

Parasites des viscres 

Les Scleroslomum equirium Muller, et S.tetra- 
canthum Mehlis, dterminent la formation de tumeurs 
de la muqueuse intestinale du Cheval. 

UOlluiantis ttcuspis Leuckart vit dans l'esto- 
mac du Chat. Ses ufs, destins se dvelopper 
chez la Souris closent parfois dans le tube digestif 
du Chat et les larves se dveloppent alors dans les 
organes viscraux de ce carnassier. 

Le Spiroptera megastoma Rud. du Cheval nous 
montre le peu d'importance des rflexes dans les 
manifestations vermineuses. En effet, ces vers dter- 
minent des tumeurs creuses dans le tissu sous- 
muqueux et dans lesquels se loge le ver, et si les 
manifestations taient dues aux rflexes, les symp- 
tmes seraient trs accuss. Or, les vtrinaires n'ont 
not que des troubles' lgers. 

Le Spiroptera sanguinolenta Rud. cause des 
tumeurs dans des organes varis chez le chien, le 
Loup, le Renard et divers autres Carnassiers. On 
connat en effet des tumeurs du tube digestif, des 
tumeurs de l'aorte, des lymphatiques ou du poumon. 
Il en rsulte, soit des dsordres intestinaux, soit des 
anvrismes, soit des pleursies. Ces symptmes sont 
videmment cls une action mcanique .directe du 
ver. 

Les symptmes rabiformes constats parfois chez 
les Chiens attaqus par le Spiroptre sont ds une 
action chimique. 

UCEsophagosiorn columbiamim Curtice vit 
dans l'intestin ; ses larves se dveloppent dans la 



126 

muqueuse et donnent de petites tumeurs sous- 
muqueuses. Il en rsulte une anmie insidieuse qui 
conduit peu peu les Moutons au marasme. 

Le Stronyylus Osfpr/ayi Stiles se loge dans l'pi- 
thlium de la caillette du Buf. Sa prsence provoque 
la formation de nodules creux. Les troubles sont peu 
accuss; ce n'est que lorsque le ver est abondant 
qu'il dtermine une anmie pernicieuse. Ce dernier 
symptme semble pouvoir tre expliqu par l'action 
directe du Strongle, car il suce le sang des capillaires 
et amne des inflammations de la muqueuse. 

Le Gongylomen scutaium Muller provoque de 
mme la formation de nodules ou de galeries dans 
l'pithlium de l'sophage. 

Les Disparagns agissent de mme chez les 
Oiseaux. 

Le Simodosia paradoxa Cobbold se dveloppe 
dans les glandes gastriques du' Porc ; il provoque la 
formation de kystes. 

Le Synyamus trachealis Yon Siebold vit dans la 
trache et dans les grosses bronches des Oiseaux. Il 
est rpandu chez les Gallinacs; sa prsence dter- 
mine, surtout chez les jeunes, la maladie dsigne en 
Angleterre sous le nom de Gapes ; il peut pro- 
voquer la mort. Les dsordres respiratoires peuvent 
s'expliquer par l'action mcanique. 

Le Trichosoma orophyUum Creplin a t ren- 
contr dans la trache du Renard, du Chat, et dans le 
poumon d'une Martre. 

La FilariaOsleri Cobbold. vivant dans le poumon 
des Chiens, dtermine la production de tubercules 
renfermant chacun plusieurs individus et amne tan- 



127 

tt la bronchite vermineuse, tantt de lgers troubles 
respiratoires. 

Le Strongylus filaria Rud. vit dans les poumons 
des Ruminants; il est frquent chez les Moutons; il 
dtermine par lui-mme, par ses ufs et par ses 
embryons, des bronchites vermineuses. 

Le Strongylus ru fescens Leuckart du Mouton, 
de la Chvre et du Chevreuil, le S. micrurus 
Mehlis, des Bovids, le S. pulmonaris Ercolani, du 
Veau, le S. Arnfieldi Cobbold, du Cheval et de 
l'Ane, le S. pusillus Muller, du Chat, et le S. Com- 
mutatus Diesing, du Livre produisent les mmes 
troubles. 

Les symptmes de ces affections sont la 
dyspne, la toux, le jetage; la maladie est souvent 
mortelle. 

Les effets mcaniques des vers expliquent suffisam- 
ment les symptmes ; ils ont pour rsultat la des- 
truction du tissu pulmonaire et par suite l'expulsion 
des embryons et la dissmination de la maladie. 

VEustrongylus gigasDiesng habite le rein d'un 
grand nombre de Carnassiers (Chien, Loup, Martre, 
Putois, Loutre, Phoque, etc.), d'Herbivores (Buf, 
Cheval, etc.), et de l'Homme. Il habite le bassinet. 
Parfois l'effet est si faible que l'on ne reconnat la 
prsence du parasite qu' l'autopsie. Le plus souvent, 
le ver dtermine la destruction de la substance 
rnale; il en rsulte les symptmes suivants : urines 
sanguinolentes, bourbeuses, purulentes. En mme 
temps, la dmarche devient taide, vacillante, la voix 
rauque. Il se produit des troubles nerveux rabi formes 
et un changement de caractre; ces phnomnes, 



128 



constats chez le Chien, s'expliquent par une action 
chimique. 

Les observations cliniques de ce ver chez l'homme 
sont incompltes. Aubinais (1846) a observ des dou- 
leurs aigus et protondes dans la rgion du rein. Au 
bout de 3 ans, le malade maigrit et mourut. Le rein 
tait rduit de moiti. 

La Filaria restiformis Leidy a t observe par 
Leidy (1880) dans la vessie d'un Homme; RAiLLETl'a 
regarde comme un pseudo-parasite; ce ver avait 
provoqu une sorte de Blennorhagie. 

Parasites du systme neroeux 

Les Nmatodes sont rares dans les centres ner- 
veux, et ils sont parvenus dans ces organes acciden- 
tellement. D'aprs Raillet (189), Ip Filaria Iiwmor- 
rhagica Raillet, creuse parfois des trajets filiformes 
dans la moelle pinire de l'Ane. Cette lsion se tra- 
duit par une paralysie mortelle. 

Certains Nmatodes peuvent habiter l'il, leurs 
effets sont trs variables. Tantt ils ne provoquent 
que des troubles lgers (c'est parfois le cas des Filaires 
de l'il chez l'Homme, chez le Chien et chez le Mou- 
ton) ; tantt le ver sigeant sur la conjonctive, 
(c'est le cas de la Filaria lao Guyot)ne dtermine que 
des dmangeaisons et une irritation de l'il, puis 
tous ces symptmes s'vanouissent ; tantt les trou- 
bles des fonctions visuelles sont trs accuss (c'est le 
cas de la Filaria eqrin Abildgaard,sigeantdansles 
milieux transparents de l'il du Cheval, de la Filaria 



- 129 

labiato-papillosa Alessandrini, amenant l'inflamma- 
tion et l'opacit de la corne du Buf, de la Filaria 
oculi kominis Nordmann, amenant des cataractes 
chez l'Homme). 

Lorsque les vers vivent au voisinage de l'il, il en 
rsulte de violentes douleurs et l'irritation peut ame- 
ner la tumfaction de l'organe, c'est le cas de la 
Fi/aria lacrymaLs 6ur.lt, vivant dans les canaux 
excrteurs des glandes lacrymales des Bovids et pou- 
vant se glisser sur la surface de l'il ; elle provoque 
une conjonctivite vermineuse ; il en est de mme 
de la Filaria palpebralis Wilson, du Cheval. 

III. NMATODES ERRATIQUES 

On dsigne sous ce nom des vers gars hors de 
leur habitat ordinaire. 

Pendant leur vie intestinale, les Ascaris Lumbri- 
coides peuvent parfois pntrer dans les canaux du 
pancras ou du foie. Ils peuvent dterminer alors de 
graves lsions et amener la mort. Il y a d'abord ictre, 
puis formation de pus et inflammation pouvant se 
propager jusqu'au tissu hpatique. 

Kirkland a vu un abcs, ainsi form dans le foie, 
s'ouvrir par la peau et un Ascaris en sortir. LEBRETa 
vu un abcs analogue se faire jour par le poumon. 

L'Ascaris peut aussi s'garer dans le pritoine, soit 
en cartant les fibres de l'intestin, soit grce des 
abcs qui peuvent tre ds l'excitation mcanique 
des lvres de l'Ascaris. Il en rsulte parfois une pri- 
tonite. Cette dernire complication est relativement 

9 



130 

si rare, que Davaine croit que les Ascaris ne gagnent 
gnralement le pritoine qu'aprs la mort. 

L'A. equorum Gze, peut galement s'engager 
dans le canal choldoque d'aprs l'observation de 
Rool ou dans le canal pancratique d'aprs Gene- 
ral^ cit d'aprs Raillet, 1895), il peut aussi p- 
ntrer dans le pritoine. 

Zurn a fait connatre des Heterakis gallopavonis 
Gmelin, erratiques chez les Gallinacs ; on peut 
en trouver dans* les ufs d'aprs les observations 
d'ALDROVANDE et de Farrice d'Acquapendente 
rapportes dans Raillet (1895). 

L'expulsion anormale des Nmatodes par des abcs 
et par des trajets fistuleux est dangereuse : Minaglia 
a vu un Ascaris himbricodes L. pntrer dans les 
corps vertbraux; il dtermina une mningite mor- 
telle ; Lepelletier en a vu un autre pntrant dans 
le poumon. 

Lorsque les Ascaris lumbricodes L. sont expulss 
par la bouche, il peut arriver que le ver fasse fausse 
route : en s'introdnisant dans les voies respiratoires, 
il peut amener la mort par suffocation; en pntrant 
par la trompe dEustache dans l'oreille et ses annexes, 
il provoque de vives douleurs. 

IV. ADULTES, UFS ET LARVES 
AGISSANT A LA FOIS DANS LE MEME 
TISSU. 

Dans ce cas, les troubles les plus importants sont 
ds la prsence des ufs et des embryons. 



131 

La Filaria immitis Leidy, habite le cur et 
les gros vaissaux du Chien. Ercolani a montr que 
l'on rencontrait cette filaire dans le tissu conjonctif. 

On comprend fort bien que ce ver, habitant le sys- 
tme sanguin, provoque mcaniquement l'hyperthro- 
phiedu cur, l'endocardite, la thrombose, et secon- 
dairement par les troubles circulatoires, l'ictre, 
l'ascite, la toux, les boteries. 

A ces symptmes s'ajoute l'anmie, que je rapporte 
une action chimique. 

. La Filaria Bancrofti Cobbold, plus connue 
sous le nom de Filaire du sang de l'homme, rem- 
plit de ses embryons les vaissaux sanguins et lym- 
phatiques. 

Les ufs de filaires sont arrts dans les capillaires 
par suite de leurs dimensions, 38 X 14 ;j.; il en rsulte 
des arrts locaux dans la circulation et des variations 
de pression sanguine. 

Ces faits expliquent (1) les symptmes varis de la 
flariose : hydrocle chyleuse, Elephantiasis des 
Arabes, varices lymphatiques cutanes et abcs lym- 
phatiques, la chylurie ou l'hmatochylurie. 

La lthargie des ngres cause par les formes 
larves persistantes me semble provoque par une 
scrtion. 

(1) Cette thorie appartient Manson, elle est adopte par 
Raillet, R. Blanchard, et bien que trs sduisante, elle n'est pas 
admise par tous les mdecins. 



132 



CHAPITRE IV 
Nmatodes intestinaux 

Les Nmatodes sont nombreux dans l'intestin, il 
n'est gure d'espce de Vertbrs qui ne loge 
dans ses intestins plusieurs espces de ces vers. Le 
plus souvent les Nmatodes ne provoquent pas des 
dsordres graves; ce n'est que lorsqu'ils sont nom- 
breux qu'ils allrent la sant. 

Certaines espces se montrent fort dangereuses, 
elles appartiennent aux genres AnkyJostomum, Scle- 
rostomum, Strongj/lus, Spiroptera, Oxytifis, As- 
caris. 

U Ankylostomum duodenale Dubini, provoque 
chez l'Homme l'anmie des mineurs, la chlorose 
d'Egypte, la cachexie aqueuse des ngres des Antilles. 

Le mcanisme par lequel ces divers tats sont pro- 
duits est facile saisit', car on constate que l'armature 
buccale puissante fixe l'animal en perant la muqueuse 
et en dilacrant les capillaires. Le ver peut enfoncer 
toute sa partie antrieure dans la muqueuse ou mme 
tout son corps dans des cavits pleines de sang. 
(D'aprs Bilharz, Grassi et Niepce). 

Le ver se gorge de sang, et si les saignes sont 
nombreuses, il en rsulte uneanmie. Je ne crois pas 
ici ncessaire de faire intervenir les toxines (1). 

(1) Lussana a prtendu que l'Ankyloslome inocule des produits 
propres a dissoudre l'hmoglobine d'aprs FUillet, 1893 . 



133 

D'autres Ankylostomes vivent dans les animaux; ils 
y provoquent des troubles considrables. C'est ainsi 
que Y Ankylostomum trigonodephalum Rud. tue les 
Chiens et les Chats. 

^Le Sclerostomm tetraanthum Mehlis provoque 
par le mme mcanisme l'anmie des Chevaux. Le 
S. equinum Mulleragitde mme, mais en outre les 
larves pntrent dans les vaisseaux sanguins et ajou- 
tent leur action celle des vers intestinaux. 

Le S. micriirus provoque l'anmie du Buf. 

Les Spiroptera microstoma Schneider agissent 
mcaniquement, car on trouve leur extrmit cpha- 
lique engage dans les glandes de l'estomac de l'Ane, 
et il en rsulte une inflammation et un paississement 
de cette membrane. 

Le Spiroptera sangiinolenta Rud. vit la fois 
dans l'intestin et dans les tissus. Nous avons vu plus 
haut ses effets mcaniques sur les tissus. 

Le Strongylus ovihus Fabricius vit dans la 
caillette et dans le duodnum des Ruminants; il s'at- 
taque la muqueuse, la perfore pour sucer le sang. 
Ces lsions dterminent une anmie meurtrire. 
Cette affection provoque parfois des pidmies si- 
gnales en Allemagne et en Algrie. Dans ce pays, 
on connat la maladie sous le nom de Roch. 

Le Strongylus kistabiis Raillet, vivant dans les 
mmes conditions, dtermine les mmes dsordres. 
Ces deux espces sont souvent associes. 

Le Strongylus strigiosus Duj. agit de mme 
sur l'estomac du Lapin. 

Le Strongylus Ostertagi Stiles dtermine des 
nodules dans l'pithlium de. l'estomac des Bufs. 



134 

Ces nodules prsentent un orifice par lequel la tte 
fait saillie dans l'intestin. Le S. vicarius Stadelmann, 
produit les mmes lsions chez le Mouton. 

La Trichine spiralis Owen vit l'tatadulte clans 
l'intestin; c'est ce vers qu'il convientd'attribuer les 
troubles du dbut de la trichinose, consistant dans 
les troubles des fonctions digestives. 

Les deux parasites les plus frquents chez 
l'homme sont VAscaris lumbricodes L.et VOxyuris 
vermiciilaris. 

Les mdecins ont tour tour admis et repouss ces 
tres comme agents pathognes. Le public a toujours 
cru aux vers et a mme exagr leur importance. 

Il est certain que les symptmes qui fontlabasedu 
diagnostic ordinaire sont bien ds aux parasites, car 
ces troubles (dilatation de la pupille, irrgularit de 
la respiration, sommeil agit, irrgularits de la cir- 
culation, convulsions, paralysies) sont prcisment 
ceux que j'ai pu produire dans mes expriences sur 
le Chien, le Cobaye, la Grenouille. J'en conclus que 
ces dsordres sont ds l'action chimique. 

Les produits toxiques pourraient, mme en agissant 
sur la respiration, expliquer la croyance populaire 
que les enfants peuvent tre touffs par les vers. 

Il est reconnu que l'importance des troubles dpend 
du nombre (1) des vers, de l'ge etdu tempramment 
du sujet Ce fait confirme la thorie de l'action chi- 
mique. 

(1) On peut consulter a ce sujel 1rs zoologies mdicales, en parti- 
culier celle de R. Blanchard, on y trouvera les quantits de vers 
observs. 



135 

On sait que lorsque les Ascaris ou les Oxyures 
pntrent dans l'estomac, ils provoquent des vomis- 
sements : cet effet peut tre regard comme un ph- 
nomne rflexe. 

C'est l'excitation mcanique que l'on rapporte le 
prurit anal dont les porteurs d'Oxyures re plaignent 
frquemment. Lorsque les vers, leurs ufs ou leurs 
embryons pntrent dans la vulve, ils dterminenl 
un prurit dsagrable et peuvent amener une leucor- 
rhe. 

Les auteurs rapportent l'action mcanique l'exci- 
tation gnitale cause parles Oxyures vermiculaires. 
C'est videmment un des modes d'action, mais je 
crois que l'action chimique s'ajoute l'excitation 
mcanique. Pour le prouver, je rappelle que j'ai vu 
un cobaye jaculer avant de mourir dans une de mes 
expriences (p. 104). 

Chez leCheval, V Ascaris equorum Gze(=A.me- 
galocephala Cloquet) produit parfois chez les Equi- 
ds des troubles intestinaux (catarrhe intestinal, 
diarrhe, coliques vermineuses, etc.), et des troubles 
gnraux (vertige, pilepsie, ttanos, etc.). 

C'est le maniement des vers de cette espce qui a 
produit chez quelques naturalistes des accidents pas- 
sagers (mal de tte, gonflement des doigts, des pau- 
pires, et parfois de l'urticaire). 

V Ascaris mystax Rud. est frquent chez les 
Chats et les jeunes Chiens, il est rare chez l'Homme ; 
il agit comme VA. lumbricodes. En remontant dans 
l'estomac, il provoque mcaniquement par rflexe 
des vomissements. 

UHeterakis Gallopavonis Gmelin cause des 



136 

pizooties sur les Oiseaux de nos basses-cours 
(poules, dindons). 

L77. columbse Gmelin = H. maculosa Rud. 
amne rapidement la mort des Pigeons et des 
Faisans. 

VH. papillosa produit, d'aprs Raillet. une 
typhlite mortelle pour les poussins. 

heBhabondema intestinale &l accus de causer 
la dyssenterie grave de Cochinchine.Maisce parasite 
a t reconnu endmique dans cette rgion, o bon 
nombre d'Europens l'hbergent sans en souffrir. Ce 
parasite ne devient dangereux que lorsqu'une indis- 
position a dbilit l'homme, d'aprs Nordmann 
(1876). Cette thorie n'a t vrifie ni par Chauvin 
(1878), ni par Ghastang : ils ont trouv ce vers rare 
au dbut de la diarrhe. Ce vers aggrave cette 
maladie en produisant des lsions pithliales. obser- 
ves par Dounon et par Golgi et Monti. 

UAnguillula vivipara Probsmayer vit dans l'in- 
testin du Cheval sans provoquer aucun trouble. Il en 
est gnralement de mme des Trichocephalus. 

Rderer etWAGLER ont accus le Trichocephalus 
de causer la fivre typhode, Rokytansky a mis une 
opinion analogue; Delle Ciiiaje croit que ce ver 
contribue au cholra. Ces opinions n'ont plus qu'un 
intrt historique. 

Les cas de bnignit deNmatodes semblentds au 
peu de produits scrts. C'est ainsi que le Trichoce- 
phalus hominis, quand il est peu nombreux, ne 
cause aucun dsordre. Rudolphi a mme vu le cas 
d'une femme renfermant 1000 vers sans prsenter 



- 137 

rien d'anormal : tandis qu'une fillette de 4 ans, 
observe par Flix Pascal, en mourut aprs des 
phnomnes crbraux, une autre fillette de 6 ans 
soigne par Daniel Gibson, fut paralyse, mais 
gurit aprs l'vacuation d'un grand nombre de vers. 
Barth a vu une femme mourir avec les symptmes 
d'une mningite et a trouv l'encphale sain ; mais 
l'intestin renfermait de nombreux Trichocphales. 

Le D r Catois m'a communiqu une observation 
personnelle de Trichocphale ayant provoqu un 
appendicite par son action mcanique. 

CONCLUSIONS 

En tudiant les produits contenus dans diverses 
espces de Vers, nous avons isol deux produits toxi- 
ques, dont l'un agit sur les centres nerveux, tandis 
que l'autre agit sur les muscles. Nous tions donc en 
droit de souponner l'importance de ces facteurs dans 
les maladies vermineuses. L'tude critique nous a 
permis de rencontrer un grand nombre de symp- 
tmes analogues ceux que provoquent les injections 
des substances toxiques. En outre il y a lieu de 
remarquer que les dsordres nerveux varient peu 
avec le sige du ver chez un mme animal. 

Ce fait ne s'explique pas par la thorie des mde- 
cins partisans de l'explication par les rflexes, car 
alors l'excitation diffre avec l'organe attaqu et par 
consquent le rsultat par voie de rflexe devrait 
varier. La thorie de l'action- chimique, au contraire, 

explique fort bien que l'effet soit le mme, quel que 

soit le sige des vers. 



138 

A ct de l'action chimique, nous avons reconnu 
une action locale due une action mcanique. Cette 
action varie avec les organes et avec les espces. 

Notre thorie chimique, base sur des expriences, 
permet en outre de comprendre comment la bonne 
sant est possible malgr la prsence des vers. Ce 
rsultat doit se produire toutes les fois que l'excrtion 
limine une quantit gale l'absorption, car dans ce 
cas la dose contenue dans l'organisme n'est pas suffi- 
samment active. Les troubles correspondent l'accu- 
mulation de produits toxiques ; on comprend facile- 
ment que lorsqu'une cause morbide quelconque agit, 
elle peut dterminer l'apparition de symptmes ds 
des vers, qui existaient depuis longtemps sans se 
manifester. 



Liste des Ouvrages cits : 

Baiit (1884). L*anchilostome duodenale et l'anmie des 

mineurs (Union mdicale, t. XWYII, p. 
p. 525). 

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le rapport de leurs mtamorphoses (Bull. Acad. 
R.de Belgique, t. XVI, p. 269-282). 

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terie des Antilles (Archiv. de Md. Nav., t. 
XXIX, p. 154). 

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(Arch. Scienze Md., t. III, n 20). 

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Analyse d'un travail paru (id., t. \\\ . p. 
381-402. 

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R. Microsc Soc. (1894), p. 455). Analyse d'un 
travail paru dans Proc.Linn. Soc. N. S.Wales, 
t. VII, p. 365-376, 2 PI. 

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guinis hominis dans le Moustique (Archiv. de 
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merina (Arch. fur Naturgeschichte). 

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pernicieuses. (G. R. Soc. Biol., srie 7, t. V, 
p. 172). 

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meute cause par CAnkyiostome (l'Acclima- 
tation). 
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(Journal of the R. Mikrosc. society (1891), 
PV, p. 744-745). Analyse du travail paru dans 
S. B. K. Boluu Ges. Wiss. (Prog. 1891, p. 97- 
131, 2 PI.). 

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microbiennes des animaux domestiques (Paris). 

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Cochinchine (R. Acad. de Paris, t. LXXXIII, 
p. 316). 

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142 

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capable de se dvelopper dans /intestin des 
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n 8, p. 224-229). 

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laires bourgeonnement exogne (C. R. Acad. 
Se, Paris, t. XCI,, p. 838-840). 
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type Cysticerque de l'rion (C. R. Acad. Se, 
Paris, t. XGII, p. 418-420). 

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Gehirns (Btrage zur Anat. und Embryol. als 
Festgabe Jacob Henle, 4 avril 1882). 



143 - 



A. Vaullegeard. Description 1 Disto- 
mum pristis Deslongchamps *. 



En 1824, Deslongchamps (1) rencontra ce ver 
dans les intestins du merlan et de la petite morue. 

Dujardin, Diesing et Cobbold l'ont dcrit d'aprs 
Deslongchamps. 

Ce distome arm a t retrouv par Stossich .(2) 
dans l'intestin du Gadus euxinus. 

Dans son travail de 1899, Stossich (3) range ce ver 
dans le genre Anuitostoma, Stossich dont le type est 
le Disomum colostomum L'oos (4) du plican. 

Le Dis tomum pristis Deslongchamps est assez fr- 
quent dans les merlans (Merlangus vulgaris) de la 
cte du Calvados. 

* Travail prsent la Socit le 7 mai 1900 ; manuscrit remi 
le mme jour ; preuves corriges parvenues au Secrtariat le 10 
fvrier 1901. 

(1) Deslongchamps, Encyclopdie mthodique (article Distomes). 

(2) Stossich, / Distomi dei pesci marini e d'acqua dolce, in 
Boll. dlia Soc. Adriatica di Se. Naturali in Trieste, t. IX, 
(1886), p. 45, PI. VIII, fig. 33, et in Programmo den Ginnasio 
Comunale superiori di Trieste, dell' anno 188, p. 36. Saggiodi 
una fauna elmintologia di Trieste e provincie contermini in 
Progr. dell, Civica ScuolaReale publicato, alla fine dell' ann 1898, 
p. 54. 

(3) Stossich, La sezione degli Echinostomi, (Boll. dlia Soc. 
Adriatica di Se. Naturali in Trieste, t. XIX). 

(4) Loos, Faune paras, de l'Egypte (1896), p. 101. PI. VII, 
fig. 66-68. 



144 




Va.-. 









CD.. 



Il habite les appendices pyloriques et la portion de 
jj l'intestin voisine de ces organes. 
-BP Ce ver est allong, cylindrique, 
semi-transparent ; il se prte assez 
bien l'tude anatomique des prin- 
0& cipaux organes. 

** Nous l'avons reprsent sur le 
.1 dessin ci-contre. 

La longueur est assez variable : 
p elle peut atteindre 15 m / m . Le ver 
est mince, blanchtre, avec trois 
taches transparentes. 

Sa tte est constitue par la ven- 
touse orale. Celle-ci est hmisph- 
rique ; l'orifice buccal B est circu- 
G laire, large de 1 m /'". L'orifice post- 
rieur de la ventouse est petit et en 
continuit avec un bulbe pharyn- 
gien 13P. 

Le bulbe buccal est entour d'une 

...T 

double range de gros crochets. 
Ces crochets sont coniques, longs 
v de 80 \l et larges de 15 u. 

La ventouse ventrale VP est un 
peu plus grande que la ventouse 
"" T orale, trs faiblement pdicelle ; 
c'est pour cela que Diesing la dcrit 
sessile, bien que Deslongchamps 
n'ait pas indiqu ce caractre. 

Le cou, c'est--dire la partie com- 
prise entre les deux ventouses, est 
'.. ig couvert de petits aiguillons sur 



145 - 

toute sa surface, bien que Deslongchamps parle seu- 
lement d'aiguillons sur les bords. 

Les aiguillons dpassent un peu la ventouse ventrale 
sur certains individus; il est possible qu'ils soient 
assez facilement dtachs sur le corps, ce qui expli- 
querait leur extension variable avec les individus. 

Le corps est long, cylindrique, termin en pointe 
son extrmit postrieure o dbouche l'appareil 
excrteur. 

L'appareil digestif comprend: 1 la bouche B entou- 
re par la ventouse buccale, dont nous avons dj 
parl ; 2 un bulbe pharyngien BP, petit, faisant 
suite la ventouse buccale ; 3 un sophage 0, dont 
la portion postrieure est entoure d'un bulbe puis- 
sant BO, analogue celui du D. tennissime , dcrit 
par Sinton ; 4 un intestin bifurqu, dont les bran- 
ches I se poursuivent sans se diviser jusqu' l'extr- 
mit du corps. 

Ses annexes sont deux glandes salivaires places 
sur les cts de l'sophage. 

L'appareil gnital dbouche l'extrieur par un 
orifice unique OG, situ entre la ventouse ventrale 
et le niveau de division de l'intestin. Cet orifice 
conduit dans un cloaque gnital unique, garni de 
fins piquants, et contournant la ventouse ventrale 
du ct gauche. Les autres parties des canaux g- 
nitaux sont spares, et pour les dcrire nous de- 
vons parler 1 de l'appareil mle ; 2 de l'appareil 
femelle. 

L'appareil mle comprend deux glandes testicu- 
laires T, places dans la moiti postrieure du ver, 
l'une en avant de l'autre. Ces deux organes sont volu- 

JO 



146 

mineux, transparents ; ils forment deux taches 
claires, visibles l'il nu. 

Un canal dfrent CD part de chaque glande et se 
runit son congnre un peu en avant du testicule 
antrieur; il se termine par un petit canal large P, 
garni de petits crochets. 

L'appareil temelle comprend : 1 un germigne G 
plac entre le testicule antrieur et la ventouse ; 2 les 
vitellognes Y, forms de nombreuses glandes, runies 
entre elles par un canal de chaque ct du corps, de 
sorte que ces glandes forment deux grappes latrales 
s'tendant dans les 4 / s postrieurs de l'animal. 

L'oviducte U part du germigne G; c'est un canal 
relativement court, ne dcrivant qu'un petit nombre 
de sinuosits; dans sa partie terminale V il devient 
externe par rapport au canal dfrent auquel il se 
runit au fond du cloaque gnital. 

Les ufs sont elliptiques, lgrement colors en 
brun ; ils sont peu nombreux dans l'utrus. 

Nous ignorons encore les migrations de ce ver, 
car on ne connat pas chez les animaux marins de 
cercaire arme. 

Les particularits anatomiques rapprochent le 
D. pristis du D. temie-temtisshitc, mais je ne crois 
pas leur identit cause des diffrences notables de 
longueur. 



147 



Bigot. Notice explicative de la 
Feuille les Pieux . 



INTRODUCTION 

La feuille des Pieux comprend l'extrmit N. O.du 
Cotentin et une partie de l'archipel anglo-normand. 
Cette rgion est essentiellement forme par des ter- 
rains primaires et des roches ruptives. Le Silurien 
y est dispos en trois synclinaux ; les synclinaux de 
Jobourg et de Siouville correspondent peu prs 
l'ancien pays de la Hague, limit au S. E. par le cours 
de la Divette, au Sud par la Dilette. Le Dvonien 
constitue au Sud de la feuille un bassin discordant 
comme direction avec les synclinaux siluriens. 

Le pays, sillonn de nombreux cours d'eau coulant 
dans les valles trs encaisses, est trs accident, 
bien que son altitude ne dpasse pas 179 mtres. Il 
est souvent termin sur la mer par de hautes falaises 
(128 mtres au Nez de Jobourg). La plupart des 
cours d'eau ont une direction indpendante de la 
structure; ce n'est qu'exceptionnellement que cette 
direction est dtermine par la disposition des bandes 
dures et tendres, comme c'est le cas pour la Divette, 
coulant sur les schistes cambriens paralllement au 
Grs armoricain. Les cours d'eau, en voie d'volution 



148 - 

par suite d'un abaissement relativement rcent de 
leur niveau de base, conservent jusqu' leur embou- 
chure un rgime torrentiel, particulirement net 
pour les ruisseaux du versant Nord et de l'extrme 
pointe de la Hague. 

L'intrieur du pays rappelle le Bocage. Le Nord 
de la Hague, avec ses grandes landes d'ajoncs et de 
bruyres, ses ctes dcoupes, ses falaises abruptes, 
sa bordure d'cueils, a un cachet plutt armoricain. 

Ce caractre armoricain se retrouve Aurigny, 
sorte de talus inclin au Nord, termin au Sud par 
des falaises presque inabordables, et que prolonge 
l'Ouest la chane des rcifs de Burhou et des Cas- 
quets; il est plus accentu encore Serk, vritable 
plateau dont l'accs n'est possible qu'en deux ou 
trois points, et dont la mer a dj spar l'lot de 
Brecqhou, comme elle travaille en dtacher le Petit 
Serk. 

DESCRIPTION SOMMAIRE DES TERRAINS SDIMENTAIRES 

a Les alluvions modernes n'ont que peu 
d'importance, en raison du peu de largeur des val- 
les, parcourues par des cours d'eau demeurs pour 
la plupart l'tat de jeunesse. Des tourbires 
sous-marines avec troncs d'arbres couchs et 
souches en place existent dans certaines baies 
(Sainte-Anne, Nacqueville, Saint-Martin); Cher- 
bourg o elles ont t rencontres jusqu' (i mtres 
au-dessous du zro des cartes marines, elles con- 
tenaient des objets de la priode du bronze. Leur 
submersion est postrieure l'poque romaine car 



140 

on y a recueilli Nacqueville des meules romaines 
et une monnaie gauloise. 

A Des dunes existent dans les baies de la cte 
Ouest. Dans l'anse de Vauville les sables recouvrent 
jusqu' l'altitude de 80 mtres des collines de roches 
anciennes; dans cette anse la propagation de ces 
sables vers l'Est est manifeste Biville, mais plus au 
Sud le ruisseau du Pont des Sablons limite leur 
extension en les ramenant la mer. Une station no- 
lithique, videmment tablie sur un point non 
encore occup par les sables, existe Biville au point 
culminant de la dune. 

a' b Les limons sont jauntres, trs argileux, non 
calcarifres. Leur formation par ruissellement est 
difficilement compatible dans beaucoup de cas avec 
leur situation culminante (179 mtres Flotteman- 
ville, point le plus lev de la rgion); ils peuvent 
reprsenter le dernier terme de l'altration sur place 
de dpts crtacs ou tertiaires. 

a' a Une troite terrasse pleistocne pouvant 
atteindre 20 mtres de hauteur (sous Beaumont) 
borde presque partout la cte. Le dpt suprieur 
qui existe souvent seul est form d'une accumulation 
de gros blocs anguleux, dont les angles sont mous- 
ss seulement au voisinage des valles; ils provien- 
nent exclusivement des roches qui affleurent 
l'intrieur dans leur voisinage immdiat et sont 
noys dans une argile sableuse jauntre, prdo- 
minant parfois pour former un vritable limon. A la 
pointe du Jerd'heux (Omonville la Bogue) un de ces 
lits de limon a fourni un coup-de-poing chellen. 
Ce dpt suprieur correspond une recrudescence 



- 150 

des phnomnes d'rosion continentaux, un rajeu- 
nissement du cycle des cours d'eau, consquence 
d'un abaissement de leur niveau de base. Le 
dpt infrieur, souvent absent, est form par des 
graviers ou un cordon de gros galets parfaitement 
arrondis, provenant pour la plupart des roches 
littorales, mais comprenant aussi des silex crtacs. 
Ce dpt marin s'lve jusqu' 3 mtres au-dessus du 
niveau des hautes mers. Les terrasses littorales se 
retrouvent Aurigny et sur quelques cueils du 
littoral. 

c 7 Sur le granit de Flamanville s'est conserv, 
grce sa transformation en argile silex, un 
tmoin de Crtac. La prsence dans ces silex de 
baguettes et de fragments de test de gros Cida/is, 
l'existence de YAnanchytes ovata dans les silex de 
l'alluvion ancienne de Bricquebec, le voisinage du 
Campanien du Cotentin nous ont fait rapporter ce 
lambeau au Snonien. 

d 21 ' Les schistes et calcaires de Nhou se 
prsentent avec leur aspect normal dans le Sud de la 
feuille. 

Les calcaires sont plus ou moins dvelopps aux 
dpens des schistes, dons lesquels ils ne forment 
parfois que de minces couches ; de petits bancs de 
grs bruns (grauwackes) alternant avec les schistes 
renferment : ChonetessarcnliaSchloth. Wilsonia 
sub.-Wilsoni (d'Orb.), Spirifer Venus d'Orb. A 
Baubigny, au-dessus de ces schistes, est un gros 
banc Stromatoporides et Polypiers {Fa rosi les mil- 
lepunctata Bouillier, Acervularia Namnetensis 
Barrois), puis dans la grande carrire de Baubigny 



151 



des calcaires gris, mal lits, passant latralement 
des calcaires Crinodes, Polypiers, Stromatoporides 
qui contiennent abondamment : Goldius GrvUlei 
(Barr.), Calymene reperta hlert, Rhynchonella 
fallaciosa Bayle, WiUonia Henrici (Barr.), Pen- 
tamerus OEhlerti Barrois, Megalanteris inornata 
(d'Orb.), Cri/ptonella Juno (Barrois), Spirifer Tri- 
geri de Vern,, Sp. Davousti de Vern., espces rares 
dans le calcaire typique de Nhou. Ces calcaires 
faune spciale, d'origine subcoralligne, sont recou- 
verts par le calcaire de Nhou avec sa faune et ses 
caractres lithologiques normaux. 

Le niveau de Nhou borde l'Ouest le granit de 
Flamanville. Dans la partie la plus loigne du gra- 
nit (Mont Saint-Gilles), il est form de grs con- 
tenant la faune de Nhou, Chonetes sarcinulatd 
Schloth., Orthis vulvarius Schloth., Spirifer leniis 
d'Orb., Athyris undata (Defr.), Wilsonia sub-Wil- 
soni (d'Orb.) et de schistes Retepora avec lentilles 
de Polypiers (Favo.sites, Acervularid). Autour du 
granit cette srie est fortement modifie, trans- 
forme en schistes grenatifres et calcarifres, 
schistes chiastolithe, cornes vertes amphiboliques, 
cornes pyroxniques ; le grenat grossulaire forme 
parfois des couches de plusieurs mtres d'paisseur; 
des traces de fossiles l'tat pyriteux sont encore 
reconnaissables dans les schistes chiastolithe et les 
cornes. 

C'est dans ces roches mtamorphises que s'inter- 
calent des couches de minerai de fer oxydul et 
oligiste dont on connat l'affleurement sur 4 kilo- 
mtres paralllement la cte et qui ont t exploi- 



159 

tes Dilette. A Pierreville et Surtainville un 
filon de galne avec pyrite et fer carbonate traversant 
le calcaire a t l'objet d'une concession abandonne 
depuis 1830. 

Les calcaires dvoniens, spcialement ceux de 
Baubigny, fournissent presque toute la chaux que les 
agriculteurs de la rgion emploient comme amen- 
dement. 

d' b Les grs Orthis Monnieri occupent une 
assez grande surface dans le bassin mridional. Ils 
sont forms de grs et de schistes toujours grossiers, 
en petits bancs bruns, ou verdtres, avec fossiles 
peu abondants : Pterines, Orthis Monnieri Rouault, 
Plearodictyum problematicum Goldfuss. 

S* Le Gothlandien comprend au sommet des 
schistes ampliteux graptolithes avec nodules 
Orthocres et Gardioles, surmontant des grs gris ou 
noirtres. Il est trs dvelopp mais peu visible dans 
le synclinal de Rauville, particulirement au Vrtot. 
Il borde la cte au nord de Siouville et forme le sou- 
bassement des grandes dunes littorales. A Siouville, 
au voisinage du granit de Flamanville, les amplites 
sont lgrement modifies et les graptolithes trans- 
formes en statite. 

S 3 Dans l'Ordovicien suprieur se trouvent 
plusieurs niveaux que la discontinuit des affleu- 
rements et la raret des fossiles n'ont pas permis 
de sparer : 1 des schistes se plarant probablement 
sur le niveau des schistes Trinucleus de la feuille 
Cherbourg ; 2 des grs avec lits de schistes, qui 
contiennent Quettetot, le Vrtot, Hauville : Houki- 
Ignotus Bonissoili Morire, Cadomia typa de Tro- 



153 

melin, Orthis Budleighensis Davidson; 3 des 
schistes avec petits bancs de grs renfermant 
Jobourg (calgrain) : Trinucleus Grenieri Bergeron, 
Calymene Lennieri Bergeron ; 4 un horizon inf- 
rieur de grs. 

Au contact du granit, Siouville et au sud de 
Flamanville, les grs de l'Ordovicien suprieur sont 
transforms en leptynite avec quartz nourris et 
quelques lamelles de biotite ; cette biotite devient 
plus abondante et forme ciment dans les varits qui 
taient primitivement schisteuses. Dans l'anse d'E- 
calgrain, au contact du massif granitique de la Hague 
les grs prsentent des modifications analogues. 

Les niveaux grseux de cet horizon sont exploits 
pour les constructions et l'empierrement. 

S 2 L'Ordovicien moyen est surtout constitu 
par des schistes Calymnes qui forment un niveau 
trs constant et trs bien caractris. A leur base se 
dveloppe un horizon de grs durs, ferrugineux, de 
couleur sombre, avec Calymene Tfistani (Brongt), 
Homalonotus, Ascocrinus Barrandei de Trom. ; cet 
horizon devient calcaritre dans les rochers littoraux 
sous Vauville et Beaumont. Des couches ferru- 
gineuses dpendant de ce mme horizon existent 
Helleville (Le Riglon). 

Les schistes Calymnes ont t fortement in- 
fluencs par le granit de Flamanville; ils sont 
transforms en schistes micacs et tachets, avec 
chiastolithe quartz et sricite, renfermant encore 
(Val Mulet) des empreintes de Calymnes. 

Les schistes de l'Ordovicien moyen ont t exploits 
Helleville comme ardoises grossires. 



154 

S' Le grs armoricain, base de i'Ordovicien, 
forme comme partout dans le Cotentin un horizon 
trs bien caractris de quartzites en gros bancs, 
dont l'affleurement, morcel par des failles trans- 
versales, se suit cependant avec une grande con- 
tinuit. 

Il fournit la plus grande partie des matriaux 
d'empierrement utiliss dans la rgion. 

S b Le Cambrien se termine par des grs felds- 
pathiques de couleur claire, d'un grain trs 
uniforme, ne contenant que rarement des galets de 
quartz trs dissmins. Ces grs n'existent que dans 
le nord de la feuille, o ils forment une partie des 
landes de la Hague. Vers Herqueville, ils sont rem- 
placs par une alternance de grs feldspathiques, 
quartzophyllades et schistes qui ne se sparent pas 
du niveau infrieur (S a ). Entre Cherbourg et le 
Rozel, et dans le synclinal de Rauville, le facis des 
grs feldspathiques disparait; il est peut-tre rem- 
plac par le sommet des schistes infrieurs (S 1 )- 

A Sainte-Croix-Hague, ce grs est exploit pour 
moellon et pierre de taille, les sables qui rsultent 
de sa dcomposition sont utiliss pour la fabrication 
des mortiers. 

S a Des schistes verdtres en haut, rouges en bas, 
avec petits lits de grs, sparent au nord de la 
Hague les grs feldspathiques des arkoses de la base 
du Cambrien ; ils ne renferment pas de lits calcaires. 
Vers Herqueville etBeaumont ils sont remplacs par 
des quartzophyllades avec petits bancs de grs qui se 
lient ceux dcrits ci-dessus. Autour de Cherbourg, 
et jusqu'au Rozel, ainsi qu'au bord du synclinal de 



155 

Rauville, ces schistes sont trs dvelopps, avec 
rares bancsde grs, presque exclusivementverdtres, 
sauf au sommet o ils sont ferrugineux. Leur grand 
dveloppement dans ces points est probablement d 
une transformation du niveau des grs feldspa- 
thiques, auxquels ils correspondraient ainsi par leur 
sommet. Vers Cherbourg les schistes se transforment 
en schistes satins avec sricite, exploits pour 
ardoises et moellons aux environs de Cherbourg. 

Au voisinage du granit de Flamanville, les 
schistes sont d'abord jauntres, avec pseudo-mcles 
charbonneuses (Les Pieux, Benoistville) ; plus prs 
du contact, ils prennent l'apparence de micaschistes. 

S p Des arkoses forment la base du Cambrien. 
D'abord grossires, en gros bancs avec lits de 
poudingues, elle deviennent en haut plus fines, de 
couleur rouge, en bancs moins pais, spars par 
des schistes grossiers de couleur lie de vin qui 
prparent le niveau schisteux du S a . 

Cet horizon trs dvelopp surtout au sud du 
synclinal de la Hague se continue avec des caractres 
identiques l'angle E. d'Aurigny et dans la chane 
des Casquets. Les poudingues des bancs infrieurs 
renferment de nombreux galets de roches trs 
varies: granit, granulite, pegmatites, microgra- 
nulites, porphyres ptrosiliceux, brches ptrosili- 
ceuses, grs sriciteux, schistes mtamorphiques, 
jaspe, quartz, etc. A Tonneville et Hainneville, ces 
arkoses sont charges de sricite et rappellent la 
Blavirite (Staschistes noduleu.c) ; le quartz en 
filons noduleux devient abondant ; la roche a une 
tendance devenir schistode. La sricite et la 



I O 

schistosit se dveloppent dans la mme rgion o 
les schistes du S a deviennent eux-mmes ardoisiers 
et sriciteux. 

A Auderville, au contact du granit, les arkoses 
sont fortement cristallises ; l'aspect lastique des 
lments a totalement disparu ; la disposition strati- 
forme est masque, la roche rappelle les granulites. 

Les arkoses sont exploites Couville, Grville, 
etc., comme moellons et pierre de taille ; les sables 
qui rsultent de leur altration servent la fabrica- 
tion des mortiers. 

X Le Prcambrien se prsente sous divers aspects : 
Les schistes de Saint-L (X a ) ont rarement conserv 
leurs caractres primitifs. Au nord de la feuille, sur 
le rivage entre Nacqueville et Urville, les schistes 
sont verdtres. peu modifis, ou noirs, graphiteux, 
avec petits filons interstratifis de quartz blanc. 
Presque partout au nord de la feuille ces schistes 
sont fortement granitiss (Xa-f) transforms en cornes 
et en pseudo-gneiss, avec gros cristaux de feldspath 
ou lits feldspathiques spars par du mica. Au Sud 
du synclinal de la Hague, entre Briquebecq et Saint- 
Germain-le-Gaillard, le Prcambrien change de carac- 
tre ; les schistes verdtres avec petits lits degrs 
grossiers [tassent des brches d'abord schisteuses 
(X 1 ') puis compactes (X e ). Ces brches porphyriques, 
trs cristallines, tantt violaces (Caudard), tantt 
verdtres Bricquebosq), sont frquemment altres, 
et donnent lieu des arnes qui se distinguent 
difficilement de celles du (S p ). 

Les schistes granitiss fournissent des moellons et 
des matriaux d'empierrement. 



157 

TERRAINS CRISTALLOPHYLLIENS 

S s Des micaschistes en strates presque horizon taies 
forment la pins grande partie de Serk. 

1 Des gneiss glanduleux, gros cristaux d'or- 
those rougetre, avec lits irrguliers de mica noir, 
supportent prs de Creux Harbour les micaschistes 
de Serk. 

TERRAINS RUPTIFS 

v Des porphyrites micaces feldspaths arbo- 
riss forment dans les schistes cambriens du Rozel 
des filons d'apparence interstratifie ; de petits filons 
de ces porphyrites traversent les granits d'Auder- 
ville et les schistes ordoviciens sous Beaumont. 

X La kersantite forme de petits filons dans la 
rgion dvonienne. 

) Les diabases forment dans la Hague et dans les 
les anglo- normandes de nombreux filons. Dans la 
Hague, elles sont gnralement ophitiques, grain 
plus fin sur les bords, et deviennent schisteuses dans 
les filons minces, riches en amphibole et sphne : 
elles sont parfois porphyrodes, deux temps 
distincts. A Guernesey et Aurigny, elles passent 
auxgabbros. 

y Les filons de microgranulite sont trs abon- 
dants dans le granit de Flamanville et dans la rgion 
qui l'avoisine. Elles passent parfois de la micropegma- 
tite et, notamment dans la Hague, des porphyres 
ptrosiliceux, quelquefois texture tluidale avec 
sphrolithes feldspathiques et quartzeux. 

Y 1 La granulite presque sans mica, de couleur 



158 - 

rouge forme de nombreux filons minces dans le 
granit de Flamanville ; elle passe parfois la 
pegmatite. Getle roche ne prend un peu d'impor- 
tance que dans la Hague, o elle constitue un petit 
massif l'Est de l'anse Saint-Martin. 

Yi y 1 La plus grande partie du massif ruptif de la 
Hague est forme d'un granit trs pauvre en mica, 
quartz en plages peu tendues, passant la texture 
granulitique. Dans les filons minces, il prend un 
aspect ruban trs spcial (Omonville-la-Hague). 

Yi Le granit grands cristaux forme au Sud du 
synclinal de Siouville un intressant culot qui a 
dcoup sa place au milieu des bandes siluriennes et 
dvoniennes mtamorphises son contact. Dans la 
Hague, ce granit grands cristaux d'orthose rouge 
brun forme de petits massifs Beaumont, Herque- 
ville, Digulleville ; dans l'anse Saint-Martin, il est 
charg de nombreuses enclaves ; il parat dans la 
Hague antrieur toutes les roches ruptives de 
cette rgion, l'exception du granit amphibole. 

Le massif de Flamanville est l'objet d'une active 
exploitation et son granit fournit d'excellentes 
pierres d'appareil. 

Yi a Le granit amphibole est trs rpandu dans 
les les anglo-normandes ; il se retrouve Omonville 
et Herqueville. Il apparat comme la roche la plus 
ancienne de la rgion, antrieur au Gambrien dont 
les arkoses de base contiennent Aurignv des galets 
de la microgranulite qui traverse ce granit. Il est 
activement exploit Aurigny, au Nord de Guernesey, 
pour pavs et empierrement. 



- 159 



FILONS 



Q Les filons de quartz sont nombreux, mais 
gnralement trs minces. Les plus importants sont 
celui d'Herqueville et le filon de quartz blanc calc- 
donieux de Hainneville exploit pour empierrement. 

REMARQUES STRATIGRAPHIQUES 

Le synclinal de Siouville, largement tal l'Ouest, 
a une allure assez rgulire, bien qu'il soit morcel 
par des failles transversales et des tailles de tassement 
avec rejets horizontaux des bandes trononnes. Le 
synclinal de Jobourg, spar du prcdent par 
l'anticlinal transversal de Beaumont, est fortement 
comprim entre deux massifs ruptifs, contre les- 
quels les assises de sa lvre Nord sont fortement 
redresses, tandis que les assises de la lvre Sud 
sont disparues par tassement. Le synclinal de Rau- 
ville est partout incomplet sur sa lvre Ouest, et 
l'anticlinal prcambrien qui le spare du synclinal 
de Siouville n'existe plus dans la rgion Sud. 

Malgr la continuit primitive de ces synclinaux, 
vidente surtout pour ceux de la Hague et de Siou- 
ville, le Cambrien suprieur s'y prsente sous deux 
aspects ; arnac la fin du Cambrien dans le Nord 
de la Hague, il reste vaseux dans le Sud et dans le 
bassin de Rauville ; les grs feldspathiques y dispa- 
raissent ou sont en tout cas considrablement rduits. 

L'ensemble de la rgion silurienne se comporte 
comme une rgion de fractures ovi seraient dis- 



- 160 

poses en ventail. Cet ventail tal au N. 0. est 
ouvert prs de 90'; la direction des fractures, 
N. O.-S. E. suivant la bissectrice (leaumont, Teur- 
thville, Gouville), s'inflchit jusqu' la direction 
E. 0. pour les fractures mridionales. La rgion ap- 
parat ainsi comme ayant subi un mouvement de 
torsion autour d'un point situ au S. E. En outre, 
elle s'est trouve porte au N. 0. par un mouvement 
d'ensemble qui a amen les couches de la lvre 
Nord des synclinaux de Jobourg et de Siouville S3 
redresser et se renverser contre le noyau rsistant 
de prcambrien et de roches ruptives; dans ce 
mouvement d'ensemble, les compartiments compris 
entre fractures se sont dplacs ingalement et les 
diffrentes bandes ont t dcroches ; ces bandes 
subissent une srie de rejets, particulirement 
vidents dans les bandes de grs armoricain et d'ar- 
koses de la base du Gambrien. Enfin, au bord Sud 
des synclinaux de la Hague et de Siouville des failles 
parallles de tassement suppriment une partie des 
assises et font natre des contacts anormaux que 
leur situation au bord le moins relev des syn- 
clinaux ne permet pas d'attribuer des failles d'ti- 
rement. 

Les axes des synclinaux de la rgion dvonienne, 
occups par les schistes et calcaire de Nhou ont une 
direction tout fait diffrente de celle des axes de la 
rgion silurienne ; toutefois, la direction de ceux-ci 
se retrouve dans l'anticlinal transversal qui fait ap- 
paratre au Vrtot le Gothlaudien et qui, relevant 
les grs Orthis Monnieri, interrompt la continuit 
des deux synclinaux de Nhou et Baubigny La 



101 



retombe des flancs de cet axe amne un contact 
par faille avec la rgion silurienne du Nord. 

Le trac de ces failles explique dans une certaine 
mesure l'apparition du granit de Flamanville au 
flanc Sud du synclinal de Siouville, si l'on admet 
que les bords Nord et Sud du granit sont en relation' 
avec des fractures. 

CULTURES. NIVEAUX AQUIFRES 

Le pays est gnralement fertile, surtout dans 
l'intrieur. Seules, les crtes grseuses sont restes 
peu prs improductives, couvertes de landes ou de 
taillis, bien que dans beaucoup de points l'paisseur 
du limon doive permettre de les mettre en valeur. 
La rgion dvonienne et celles o prdominent les 
schistes et les roches ruptives sont essentiellement 
des pays de pturages, la culture du bl et du sar- 
rasin dcroissant de plus en plus. Les plantations de 
pommiers sont prospres et donnent dans la rgion 
de Bricquebec des crs estims. La proprit est 
partout trs morcele. 

Il n'y a pas proprement parler de niveaux aqui- 
fres. Cependant les massifs grseux, surtout les 
arkoses du Cambrien, notamment dans les landes de 
Beaumont et dans la rgion de Gouville, constituent 
une rserve aquifre donnant des eaux d'une excel- 
lente qualit, s'coulant par des sources nombreuses, 
mais d'un dbit gnralement faible. 

DOCUMENTS CONSULTS 

Travaux de MM. Bigot, Bonissent, Brongniart, 
de Gaumont, Dalimier, Daubre, Dele^se, Duhamel, 

il 



162 - 

Hill, Le Cornu, Lennier, Michel-Lvy, d'Omalius 
d'Halloy. 

Cartes gologiques : Carte gologique de la 
France, par MM. Dufrnoy et Elie de Beaumont 
(1842). Carte gologique du dpartement de la 
Manche, par MM. Vieillard, Potier et de Lapparent 
(1880). 



163 



Abb AL. Letacq. Recherches pour 
servir l'Histoire des Etudes 
gologiques dans le dpartement 
de l'Orne jusqu'en 18TO, extraites 
en partie d'un manuscrit de M. de 
la Sicotire. 



M. de la Sicotire mriterait non moins juste 
titre que M. Auguste Leprvost d'tre appel le Pau- 
sanias normand. Vritable encyclopdiste, il avait 
touch tout, l'conomie politique, comme l'agri- 
culture, aux monuments comme aux anciens textes,- 
aux lgendes, aux traditions, aux chansons popu- 
laires comme la bibliographie des personnages 
clbres. Il avait dissert sur mille questions varies 
avec la mme ardeur et une tonnante facilit (1) . 

L'Histoire et l'Archologie occupent sans doute le 
premier rang dans ses travaux, mais les Sciences 
naturelles peuvent aussi en rclamer une petite part : 
les rapports sur la destruction des Insectes nuisibles 
et la conservation des Oiseaux utiles l'agriculture, 
les notes sur l'Horticulture, le gui de chne et les 
vieux arbres dans le dpartement de l'Orne, de nom- 
breuses observations sur nos terrains dissmines 
i a et l dans plusieurs ouvrages tmoignent de ses 

(1) E. de Beaurepaire, Lon de la Sicolire, Bulletin monu- 
mental, 1895, p. HO. 



164 

connaissances varies sur la Faune, la Flore et la 
Gologie (1). 

La Gologie eut mme toujours ses prfrences et 
ds le dbut de sa carrire, il s'intressait vivement 
la vulgarisation de ces tudes, a qui tendent lever 
notre esprit, agrandir nos ides, et en prsence 
des rvolutions immenses qui ont boulevers la sur- 
face du globe, nous font sentir la supriorit et la 
dignit de l'Histoire de la nature (2) . Il fut l'un des 
organisateurs les plus actifs des runions de la 
Socit Gologique de France Alenon en 1837 ; 
notre Muse riche surtout en chantillons de Go. 
logie et de Minralogie le rclame pour son fonda- 
teur ; on lui doit la dcouverte des grs empreintes 
de Saint-Lonard-des-Bois et de Bagnoles, et il avait 
recueilli lui-mme une assez riche collection de 
roches et de fossiles. 

Mais si les travaux historiques s'ajoutant aux 
devoirs imposs par le Barreau et le Parlement ne 
laissaient plus depuis longtemps M. de la Sicotire 
les loisirs suffisants pour se livrer aux observations, 
incessantes pour tre fructueuses, que l'Histoire 
naturelle exige de ses adeptes, il voulut du moins 
encore apporter une nouvelle pierre nos tudes 
scientifiques : arm d'une patience d'archologue, il 
recueillit dans les livres et les ouvrages souvent les 

(1) Lon Duchesne de la Sicotire ; sa vie, ses uvres, par 
Robert Trioer. Bibliographie de ses crits, par M. -Louis 
Polai.n. Alenon, E. Renaut-de Broise, 1900, in-8*, 245 p. 

(2) L. DE LA SlCOTlUE, Discours d'adieu la Socit Gologique 
de France, runie Alenon du S au 10 septembre fSS7, Bulletin - 
de la Socit Gologique de France, t. VIII, 1836-37, pp. 368-371, 






465 

plus htrognes et les moins connus les observations 
anciennes, auxquelles avaient donn lieu la Zoologie, 
la Botanique et la Gologie ornaises, et en dressa le 
Catalogue raisonn. 

Les notes qu'il a laisses sur la Faune et la Flore 
prsentent beaucoup moins d'intrt que celles qui 
ont trait la Gologie ; elles ont du reste t recher- 
ches et publies dans divers travaux rcents sur 
l'Histoire naturelle de l'Orne ; les reproduire serait 
s'exposer des redites (1). Mais aucun spcialiste ne 
s'est occup de retracer d'une faon un peu dtaille 
les observations de nos anciens Gologues et de 
rendre justice leurs efforts. C'est le motif qui me 
dcide faire paratre le manuscrit de M. de la 
Sicotire, aprs l'avoir complt sur plusieurs points 
et ajout les annotations, qui sont de rigueur dans 
une notice historique. J'ai suivi, autant que le 
permet un pareil sujet, l'ordre chronologique adopt 
par l'auteur (2). 

(1) A.-L. Letagq, Notices sur quelques botanistes ornais et 
Essai sur la bibliographie botanique du dpartement de l'Orne, 
B. S. L. N., 4" srie, 2" vol., 1887-88, p. 228-291; Recherches sur- 
la bibliographie scientifique du dpartement de V Orne, prcdes 
d'une Introduction sur l'Histoire des Sciences dans celte rgion, 
Bull. Soc. liist. etarcta. de l'Orne, t. X, XI et XII ; Les Etudes 
scientifiques dans le dpartement de l'Orne, Rapport lu au 
Congrs de la Socit bibliographique tenu au Mans les 13 et 1A 
novembre IS9,j, sous la prsidence de M. Snart, membre de 
l'Institut, Annuaire Normand, 1894, p. 240-284; Aperu sur la 
flore de l'arrondissement d' Alenon (Phanrogames et Muscines), 
Bull. Soc. d'Horticulture de l'Orne, 1" semestre 1896. p. 54-75 ; La 
Zoologie clans le dpartement de l'Orne et ses rcents progrs, 
Annuaire Normand, 1900, p. 77-111. 

(2) Je ne saurais trop remercier M"" de la Sicotire qui a bien 
voulu m'autoriser prendre copie du manuscrit et le publier. 



160 

Cette publication, j'ose l'esprer, ne sera pas 
inutile aux sciences gologiques, mais je veux aussi 
qu'elle soit un hommage de reconnaissance la 
mmoire vnre de M. de la Sicotire, qui s'est 
toujours montr pour moi d'une si grande bienveil- 
lance et encouragea vivement ds le dbut mes 
recherches sur l'Histoire naturelle de notre pays. 

Je divise cet aperu historique en deux priodes : 
la premire o l'on ne trouve gure que des essais, 
des observations incompltes ; la seconde, qui 
commence l'poque o les dcouvertes de YVerner, 
de Desmarets et de Cuvier avaient donn une forme 
scientifique la Gologie. 

l re Priode (1746-1820) 

Les documents les plus anciens que nous possdions 
sur la Gologie ornaise sont dus Guettard, lve 
de Raumur, entr en 1743 l'Acadmie des Sciences. 
Botaniste et gologue, il fut amen par suite de sa 
liaison avec son illustre matre, qui passait ses 
vacances au chteau de la Bermondire, prs de 
Gouterne, explorer la flore et le sol de notre pays. 
Il le visita au moins deux reprises diffrentes, en 
1746 et en 1757, l'anne mme o mourut Raumur, 
n'ayant d'autre itinraire que les terrains les plus 
intressants tudier. Prs de Couterne et de 
Bagnoles il recueille des notes sur le granit ; un 
sjour assez prolong Alenon lui permet d'observer 
les granits de Hertr et du Pont-Perc (1), les fossiles 

(1) Mm. de l'Acad. des Se, l. C. 1751, p. 239, dit. in-12. 



167 



de la fontaine de Ouram (1), les importants gise- 
ments de kaolin Montpertuis, avec lequel il essaie 
plus tard de fabriquer de la porcelaine (2), les schistes 
de la Ferrire-Bchet (3), les sols calcaires de Mor- 
tagne,deBrullemail,du Merleraut et leurs nombreux 
fossiles(4). Les argiles silex de Laigle et les curieux 
phnomnes de la perte de nos rivires, le Guiel, 
l'Iton, la Rille, les ruisseaux du Fontenil et de Nor- 
mandel provoquent aussi son examen et deviennent 
l'objet d'importantes communications faites l'Aca- 
dmie des Sciences (5). J'en ai longuement parl dans 
un article prcdent (6) et depuis lors MM. Ren de 
Brbisson et Duval ont trait avec dveloppements un 
point spcial de la question (7); aussi je ne mentionne 
ici les travaux de Guettard, dont M. de la Sicotire 
n'a rien dit, que pour indiquer l'ordre chronologique 
des recherches faites sur nos terrains. 

(1) Ibid. 1755, p. 331. 

(2) Guettard. Mmoires sur diffrentes parties des Sciences 
et des Arts., t. 1, 5 mo Mm. (1768) ; Hist. de l'Acadmie des Sciences, 
t, CXLII des Mm. p. 76 ; Odolant-Desnos, Mm. hist. sur Alenon 
(1787)., t. II, p. 473. 

(3) Mm. de l'Acad. des Se, 1757, t, CXVI, p. 47, dit. in-12. 

(4) Ibid., 1755, p. 46. 

(5) Mm. Ac. des Sciences, 1758, t. GXLI1I, p. 71. 

(6) A.-L. Letacq, Notice sur les travaux scientifiques de 
Guettard aux environs d' Alenon et de Laigle (Orne). Bulletin 
de la Socii Linnenne de Normandie, 4 m srie, 5" vol. 1891. 
Tir. part. Gaen, Delesques, 1891, in-8, 21 pages. 

(7) L. Duval, La dcouverte du Kaolin aux environs d' Alenon, 
Revue Normande et Percheronne, 1" anne, juillet et aot 1892 ; 
Alenon. Herpin. R. de Brbisson, Le Kaolin des environs 
d'Alenon, Annuaire Normand 1895, p. 207-234. 




168 

Profitant sans doute de ces premires indications, 
Valmont de Bomare, ayant reu en 1762 la mission 
d'tudier au point de vue de l'agriculture le sol de la 
gnralit d'Alenon, parcourut notre pays et con- 
signa ses observations dans un rapport assez suc- 
cinct, qui n'a t, croyons-nous, imprim que dans 
ces derniers temps par M. Veuclin, de Bernay. Les 
terrains varis, qui environnent notre ville, semblent 
avoir particulirement excit son intrt, car ses 
recherches y furent longues et minutieuses. Il visita, 
guid peut-tre par Odolant-Desnos lui-mme, et 
dcrivit avec dtails la Butte Chaumont et le sol qui 
l'avoisine, les minerais de fer de la Ferrire-Bochard, 
la granits et le kaolin d'Alenon, les schistes amp- 
liteux de la Ferrire-Bchet (1). 

Ces schistes alors exploits dans une carrire, qui 
se voyait encore, il y a moins de vingt ans, dans l'en- 
clos du presbytre, furent analyss vers la mme 
poque par Monnet, pharmacien et chimiste Bouen, 
qui l'on doit galement quelques notes sur les 
mines de Fer de Normandie et les pyrites vitrio- 
liques de Valframbert (2). 

(1) Valmont i>e Bomare, Trait de Minralogie, Paris, 1776, 
2 vol. in-S; cfr. t. H, p. 92, 203, 271, 290, 292, 365, 397, 447; 
Dictionnaire raisonn universel d'Hisloire naturelle, Paris, 3* dit. 
1776, v. les art. : Crayon noir (Amplite) de la Ferrire-Bchet, 
Granit (Granit d'Alenon), Kaolin d'Alenon, (Schiste) de la 
Ferrire-Bchet; Odolant-Desnos, Mui. hist. sur Alemon, t. II, 
p. 471 et suiv. 

(2) Monnet (A. -G.), Mmoire sur la carrire de Chyle de 
l,i Ferrire-Bchet, Journal de Physique, t. X. sept. 177. p. 213- 
219; Mines de Fer de la Xonuandie, Mercure de France, Janvier 
1768, p. 173 Mm. hist. sur Alenon,t. II, \>. 175. 



169 



Odolant-Desnos, qui donne, dans ses Mmoires 
historiques sur Alenon (1181), un aperu des tra- 
vaux de Guettard et de Valmont de Bomare, parat 
tre le premier qui remarqua les caractres particu- 
liers de TArkose employe ds le VIII e sicle pour 
faire des meules moudre le grain et jusques dans 
ces derniers temps pour le pavage de nos rues et 
comme moellon dans les constructions ; il profita du 
passage Alenon du physicien Desmarets pour le 
conduire la carrire du Gu de Gesne, o on l'ex- 
ploitait en grand, et la lui faire dterminer. Ce trs 
habile naturaliste l'ayant examine avec le plus grand 
soin, reconnut que c'tait une espce d'albtre. 
Dtermination plus que contestable au sens actuel du 
mot albtre, puisque l'Arkose est un grs siliceux, 
mais qui montre bien que Desmarets ne confondait 
pas cette roche avec nos autres grs (1). 

Les quartz enfums dsigns sous le nom vulgaire 
de diamants c Alenon sont connus depuis temps 
immmorial. La premire mention que j'en trouve 
est dans l'Histoire de Normandie, par Gabriel Du- 
moulin, cur de Maneval. Vers Alenon; dit-il, on 
tire des Hertrez et autres pierres naturellement tail- 
les en pointe de diamants et qui souvent chez les 
lapidaires et orfvres, passent pour vrays aux yeux 
des dupes (2) . Si le bon cur eut connu nos pr- 

(1) Mm. hist. sur Alenon, t. II. p. 476; M. Letellier, l'Arkose 
d Alenon, Bulletin de la Socit Linnenne de Normandie, 1892, 
p. 245-268, et tir. part 23 p. avec carte. La carrire du Gu 
de Gesne, visite par Desmarets et aujourd'hui comble, se trouvait 
dans l'espace compris entre le Champ du Roi et la Sarthe. 

'2) Histoire gnrale de Normandie, Rouen, 1631, in-fol. p. 10. 



170 

tendus diamants, il n'aurait pas admis une aussi 
absurde supposition. Je ne trouve dans les crivains 
postrieurs aucun dtail qui permette d'apprcier 
mme approximativement l'importance du commerce, 
dont ils taient l'objet et qui dut toujours tre fort 
restreint, car on rencontre peu d'anciens bijoux en 
diamants d'Alenon. Les orfvres de cette ville, dit 
Odolant-Desnos, mettent proprement en oeuvre des 
cristallisations connues dans le public sous le nom de 
diamants d'Alenon ; ces crislallisations sont toutes 
d'une couleur plus ou moins enfume ; quand on 
veut, on leur donne le blanc en les mettant avec du 
suif dans un creuset feu modr. Comme elles se 
trouvent plus abondamment dans les carrires de 
Hertr et du Pont-Perc que dans les autres car- 
rires de granit, on les connat aussi sous le nom de 
diamants de Hertr (1) . 

Le Bryl jaune, que l'on rencontre dans les car- 
rires de granit du Pont-Perc et dans le voisinage 
des quartz enfums, y fut oberv vers 1817 par M. de 
la Foye, professeur de mathmatiques au Collge 
d'Alenon (2). M. Thierry, professeur de chimie la 
Facult des Sciences de Caen, en fit l'analyse et y 
trouva la glucine, qu'il employa dans ses cours. 

C'est le moment de parler de nos minerais de fer 
et des industries mtallurgiques si prospres autrefois 
chez nous. Le minerai de fer est trs rpandu dans 
l'Orne : on le voit Saint-Patrice-du-Dsert, au Ch- 

(1) Mm. hisl. sur Alenon, t. Il, p. 468. 

(2) Note sur le Beril-Aigue marine d'Alenon; lue la sance 
de la Socit Linnenne de Normandie du '< avril 1824. Mm. 
S. L., t. I", p. 215-218. 



171 

tellier, Saint-Clair-de-Halouze, la Ferrire-aux- 
Etangs, formant une couche du terrain silurien ; 
entre Briouze et Ecouch il correspond une espace 
annulaire s'tendant sur Rnes, Saint-Brice, Fave- 
rolles, Loug, Les Yveteaux, Saint-Ouen, Sevrai, 
Jou-du-Plain, o il appartient au lias ; prs d'Alen- 
on, La Ferrire-Bochard et Saint-Cneri, il cons- 
titue deux lambeaux de Cnomanien surmontant le 
cambrien et est connu sous le nom vulgaire de rons- 
sard; mais il n'est nulle part plus abondant que dans 
toute la nappe tertiaire qui couvre la partie des 
arrondissements de Mortagne et d'Argentan, situe 
l'Est d'une ligne trace de Rmalard Vimoutiers ; 
les gens du pays l'appellent grisou. 

L'exploitation de ces diffrents minerais remonte 
une haute antiquit. A l'poque gallo-romaine et 
durant tout le Moyen-Age on employait les forges 
bras dont il est facile de fixer les emplacements par 
les amas de scories, assez nombreux en particulier 
aux environs de Laigle. Je voyais encore, il y a 
quelques mois, lors d'une excursion faite avec mon 
excellent ami, M. Le Snchal, la trace d'une de ces 
forges Heugon dans un pr situ sur le bord du 
Guiel, qui a conserv jusqu' nos jours le nom 
significatif de Pr de la Forge. 

Les Forges bras furent abandonnes peu peu, 
probablement partir du commencement du XVI e 
sicle, car ds cette poque deux forges hydrauliques 
taient installes sur les bords de la Bille, aux 
environs de Laigle. (1) 

(1) G. Valgeois, Histoire des Antiquits de la ville de Laigle 



172 

En 1789 on comptait 16 hauts-fourneaux dans le 
dpartement de lOrne : Carrouges, la Roche-Mabile, 
Le Champ-de-la-Pierre, Saint-Denis-sur-Sarthon , 
Coss, Saint-Patrice-du-Dsert, Bagnoles, Champ- 
secret, Halouse, Varennes, Bouc, Rnes, St-Evroult, 
Aube, Le Moulin-Renaud (commune de la Madeleine- 
Bouvet), Longni, Bandonnai Prcdemment il y avait 
eu d'autres fourneaux Irai, LaSauvagre, La Made- 
leine-Bouvet, aux Loges, Saint-Martin-d'Ecublei, 
Touquettes et Tourouvre. Ce dernier dit de la fonte 
fut celui o Ton coula les fers employs la construc- 
tion du Pont des Arts Paris (1). 

Les 16 forges en activit en 1789 occupaient 2,150 
ouvriers gagnant fr. 90 1 fr. 10 par jour, et pro- 
duisaient 58,610 quintaux de fonte en gueuse, 16,300 
de fonte moule, 9,925 de fer en barre, 24,730 de fer 
de fonderie et 4,800 de diverses autres espces (2). 

Le minerai leur tait fourni par les localits sui- 
vantes: Bnes, LaFerrire-Bochard, Goult, St-Cneri- 
le-Gret, St-Brice, Les Yvetaux, Fort d'Andaine, 
St-Clair-de-Halouze, La Ferrire-aux-Etangs, Champ- 
Haut, Heugon, Villers-en-Ouche, St-Evroult, N.-D. 
du Bois, Moulicent, Longni, La Madeleine-Bouvet. 

En 1834, il y avait encore, dans l'Orne, 11 hauts- 

et de ses environs, Laigle, imp. Brdif, 1841 in-8, XXXII, 590 p. 
V, p. 486, Histoire et description des forges bras en gnral et 
particulirement de celles qui ont exist au voisinage de Cond-sur- 
Iton. 

(1) J. Odolant-Desnos, Dpari . de VOrne, (Collect. Loriol). Paris 
1834, in-8, p. 10I. 

(2) Louis Doval, Anciennes industries de VOrne, Annuaire 
normand, 1900, p. 37. 



173 

fourneaux : Carrouges, Champ-de-la-Pierre, St-Denis- 
sur-Sarthon,Varennes, Rnes, Bouc, Moulin-Renaud, 
Longny, Bouvet, Rainville, Aube et Randonnai. 

En 1867, Varennes, Bouc, Champ-de-la-Pierre, 
Bouvet n'existent plus, mais dans l'intervalle les 
forges d'Irai, de Rai, de Logeard (comm. de St-Martin- 
des-Loges), de Pontchardon se sont tablies ou 
reconstitues et elles s'approvisionnent toujours dans 
le pays. 

Aujourd'hui cette industrie est presque compl- 
tement tombe et nos quelques hauts-fourneaux ne 
tirent plus leur minerai de la rgion. 

Il est bon cependant d'ajouter que l'exploitation 
des anciennes minires de la Ferrire-aux-Etangs et 
de la Coulonche a t reprise depuis plusieurs an- 
nes. Elle se fera dsormais, grce la concession 
dfinitivement accorde la socit de Denain et 
d'Anzin (19 avril 1901) sur une trs vaste chelle et 
sera, esprons-le, pour l'industrie rgionale une re 
nouvelle de richesse et de prosprit. On trouve 
dans le gisement du carbonate de fer et de l'hmatite. 
Le minerai trs riche, au dire des ingnieurs, doit 
subir sur place un premier traitement pour le dba- 
rasser de la majeure partie de la gangue siliceuse ; 
quant au traitement dfinitif, il se fait Anzin (1). 

La plupart des amas de scories seraient galement 
susceptibles d'tre soumis une fusion nouvelle et 
plus complte. 

(1) Communication de M. l'abb Frbet au Confis de l'Associa- 
tion n.ormande tenu la Fert-Mac en 189?, Annuaire Normand 
pour I9()(), p. GO. Journal d'Alenon, n du 23 avril 1901. 



174 



On a cru longtemps l'existence du charbon de 
terre dans le dpartement de l'Orne. Ds avant la 
Rvolution, la demande de Jullien, -intendant de la 
gnralit d'Alenon, des recherches furent faites 
dans diverses localits, en particulier Fontaine- 
Riant et Svigny pour trouver le prcieux combus- 
tible, mais en vain (1). L'historien Odolant-Desnos 
prenait pour de la houille le schiste mcles de 
Saint-Rarthlemy et de Saint-Germain-du-Gorbis (2). 
Son petit-fils, qui s'occupait de minralogie et avait 
parcouru notre pays en tous sens crut longtemps la 
possibilit d'en trouver du ct de Tinchebray; s'au- 
torisant des observations de Fangneux, ingnieur des 
mines (3), il regardait comme desgrs houillers les af- 
fleurements de schistes noirs, qui se voient entre 
Tinchebray et l'tang de Rrousse (4). 

Toutes ces prtendues mines de houille n'ont 
malheureusement exist que dans l'imagination des 
chercheurs, et comme l'ont prouv depuis Rlavier(5) 

(1) Gnralit d'Alenon. Avis concernant la recherche des 
Mines de Charbon de terre. Aleneon, imp. veuve Malassis, l'an, 
1784, in-8% 4 p. 

(2) Mm. hist.sur Alenon, t. II, p. 416; L. Desnos, Note sur 
les eaux minrales de Saint-Barthlmy Saint-Germain-du- 
Corbis et sur divers chantillons de lignite dcouverts dans 
celte commune, Annuaire Normand, 18:>7, p. 262-265. 

(3) Mmoire sur plusieurs indices et recherches de houille 
dans les dpartements de la Manche, du Calvados et de l'Orne 
Journal des Mines, 1806. 

(4) J. Odolant-Desnos, L'Orne, p. 8. 

(5) Eludes gologiques sur le dpartement de l'Orne, Annuaire 
de l'Orne, 1874, p. 94. 



175 



et surtout M. Letellier dans une tude pleine d'in- 
trt (1), malgr les dsirs et les esprances de 
quelques personnes, on ne pourra jamais rencontrer 
de charbon de terre dans le dpartement de l'Orne. 

11 faut encore relguer parmi les lgendes les mines 
d'or des environs de la Trappe, les mines d'anti- 
moine de Ses, les varits d'agathes, qu'au mois de 
juin 1808 Pienaut crut avoir dcouvertes parmi des 
quartz aux environs d'Alenon, les volcans ! de Soli- 
gny. Delestang, sous- prfet de Mortagne jusqu'en 
1815, auteur de nombreux ouvrages sur la statistique 
de son arrondissement, avait cit comme des produits 
volcaniques les scories de forges si abondantes So- 
ligny, Lignerolles, Tou rouvre et environs (2). 

Nous arrivons la fondation des Ecoles (Centrales, 
sortes de Facults tablies diins les chets-lieux de 
dpartement, qui eurent une dure trop phmre 
(1798-1806) pour arriver des rsultats srieux au 
point de vue scientifique. A Alenon le cours 

(1) Note sur les recherches de Charbon de terre dans VOrne 
au XVIII* sicle, Bulletin de la Socit Linnenne de Normandie, 
2* srie, 9 vol. 1874-75 ; Peut-on trouver du Charbon de terre 
dans le dpartement de VOrne? Bulletin de la Socit historique 
et archologique de l'Orne, t. II (1883), p. 110-119. 

(2) Dei.estang, Cliorographie de V arrondissement de Mortagne, 
Argentan, Marie, an XI, in-8, p. 36 et 128; J. Odolant-Desnos, 
Statistique de l'Orne, p. 8 ; Dumoulin, la Gographie ou descrip- 
tion gnrale du royaume de France, Gnralit d'Alenon, Paris, 
1767, in-8, p. 15 ; Journal de l'Orne, 30 octobre 1808. Savary, 
dans son Dictionnaire du Commerce, 1748, in-fol., t. I", p. 107, 
cite encore parmi les substances minrales de notre pays le cinabre 
du Mesnil-Dot ; oi , il n'y a dans l'Orne ni commune de Mcsnil-Dot, 
ni cinabre (sulfure de mercure). 



176 



d'Histoire naturelle fut confi Renaut, dont l'en- 
seignement pdantesque et dnu d'intrt tait 
heureusement suppl par un zle admirable de 
collectionneur. De concert avec Berthelmy, alors 
ingnieur Alenon, il runit des chantillons de 
toutes les substances minrales de l'Orne et l'ins- 
tigation du Lyce des Sciences et des Arts d'Alenon 
rdigea, en 1800, un mmoire sur l'tat des carrires 
dans le dpartement (1). 

La description abrge du dpartement de l'Orne 
publie peu aprs par le Lyce d'Alenon est beaucoup 
trop succinte et ne renferme sur la Minralogie du 
dpartement que des notions vagues et insuffisantes. 
Mais les documents statistiques et les collections sur 
lesquelles elle avait t rdige furent utiliss par 
Louis Dubois pour la composition d'une grande 
statistique du dpartement de l'Orne. Elle n'a point 
t imprime, mais des fragments en parurent dans 
les Annuaires de l'Orne de 1808 1812. Quelques uns 
concernent la gologie du dpartement; ils renferment 
assurment beaucoup d'erreurs ; les observations 
n'ont t faites qu' la surface et en courant par des 
hommes dpourvus des connaissances suffisantes. La 
nomenclature n'est pas suffisamment technique, mais 
il faut avouer que la science gologique tait encore 

(1) L. I)i val. Les Bibliothques et les Muses du dpartement 
de l'Orne pendant la Rvolution, Bulletin de la Socit historique 
et archologique de l'Orne, t. III 1884, p. 114. Les collections 
formes par Renaul furent trs remarques du physicien Biot, lors 
du voyage qu'il fit dans l'Orne en 1803 pour constater le phnomne 
de la pluie de pierres de Laigle. Relation d'un voyage fait dans 
le dpartement de l'Unie, p. 12. 



177 

dans l'enfance ; ces essais ne sont donc pas 
ddaigner. (1) 

II e Priode (1820-1870) 

Jules Desnoyers et Joseph Odolant-Desnos sont les 
premiers qui aient entrepris l'tude mthodique de 
la Gologie ornaise. Ils visitrent notre rgion dans 
toutes les directions, en s'appliquant l'observation 
dtaille des faits : les limites des diffrents terrains 
et la recherche des substances minrales, dont l'agri- 
culture et l'industrie pourraient profiter, semblent 
avoir tout particulirement attir leur attention. Ils 
firent en commun plusieurs excursions aux environs 
de Domfront et dcouvrirent un des filons de dia- 
base, qui au sud et l'ouest de cette ville, traversent 
le granit et les phyllades. Nous avons observ, dit, 
J. Odolant-Desnos, de compagnie avec M. Jules Des- 
noyers, une espce de courant de 20 30 pieds de 
large venant de la commune de Saint-Cyr (dparte- 
ment de la Manche) et se dirigeant sur Mantilly, une 
des dernires communes du dpartement de lOrne, 
o ce courant se divise en deux branches, dont l'une 
se porte sur l'Epinay et l'autre vers Vanc et Am- 
brires (dpartement de la Mayenne). Ce courant, 
qui n'avait point encore t observ avant qu'il fixt 
notre attention, est rempli de diorites ou diabases 
globuleuses (grunstein) de toutes grosseurs, entasses 
ple-mle au milieu de terres rsultant de la dcom- 
position des couches extrieures de ces globules. Ces 

(1) Annuaire de l'Orne, 1811, topographie, p. 53-82. 

12 



178 

terres servent de marnes dans ce pays et y sont d'un 
grand secours cause de l'absence de pierres cal- 
caires dans tous les environs (1) . Ces filons de dia- 
bases ont t depuis lors observs par Blavier (2). 
J. Skrodsky (3) et surtout M. Letellier (4) qui en a 
relev et figur plus de 20 sur une largeur de 12 13 
kilomtres, mais aucun de ces auteurs n'a fait allu- 
sion la dcouverte d'Odolant-Desnos. 

Les premires recherches de Desnoyers dans 
l'Orne remontent l'anne 1822, poque laquelle il 
signala la tartuffite (bois odeur de truffe) Fresnai- 
le-Buffard, Ecouch et Gaspre (5). Il recueillit mme 
durant les annes suivantes, un assez grand nombre 
d'observations sur nos terrains pour annoncer en 
1836 l'Association normande runie Alenon, son 
projet de publier un travail d'ensemble sur la gologie 
du dpartement de l'Orne. (6) Ce projet ne fut pas 

(1) J. Odolant-Des.nos, Statistique de l'Orne, p. 7 ; Prcis de 
Minralogie moderne, Paris, 1828. in-8, 164 p. ; v. p. 94. Art. 
Grunstein : Diabase de Brongniart, Diorite d'Haiy. 

(2) Etudes gologiques sur le dpartement de l'Orne, p. 14. 

(3) Description gologique du canton de Domfronl, Bull. Soc. 
Gologique de Normandie, 1890, p. 75. 

(4) Terrains au sud des collines de Normandie compris dans 
la feuille d' Alenon de la carte gologique dtaille de la 
France, B. S. L. .\, 4, VI, 1892, p. 103 ; Feuille d' Alenon, par 
M. Bigot, avec la collaboration de MM. Bizet et Letelliei (1894). 

(5) Notice sur le fossile odeur de truffes. Mmoires de la 
Socit d'Histoire naturelle de Paris, 1822, tn-4*, 23 p. et 1 pi. 
Nouvelles observation sur le terrain qui contient, en Normandie 
(Orne) le bois fossile odeur de truffes. Annales des Sciences 
naturelles, t. I, p. 58. 

(6) Annuaire normand, 1836, p. 83. 



179 

excut, mais Desnoyers a fait paratre depuis lors 
toute une srie de mmoires sur nos formations 
oolithiques, nos terrains tertiaires, les argiles silex 
de la craie et les sables du Perche La position stra- 
tigraphique de ces derniers fut mme l'occasion 
d'une polmique avec Triger, le savant gologue de 
la Sarthe. (1) 

Ce fut Desnoyers qui le premier reconnut dans 
l'oolithe infrieure ou Bajocien des environs d'Alen- 
on deux systmes, l'un calcaire et l'autre siliceux et 
barytifre : il compara ce dernier aux arkoses de la 
Bourgogne, et depuis lors ce nom a t donn par 
tous les auteurs la roche sur laquelle est fonde la 
majeure partie de notre ville. 

Les observations de Desnoyers runies celles 
d'Odolant-Desnos furent mises profit par ce dernier 
pour l'article gologique plac en tte de sa descrip- 



(1) J. Desnoyers. Mmoires sur les terrains tertiaires du Nord- 
Oaest de la France autres que la formation des faluns de la 
Loire, Bulletin de la Socit gologique de France, t. II, p. 414-418; 
Observations sur quelques systmes de la formation oolithique 
du N.-O. de la France, Annales des Sciences naturelles, l r * srie, 
t. IV, p. 353 ; Nouvelles observations sur quelques terrains 
tertiaires du N.-O. de la France contemporains du bassin de 
Paris, Bulletin de la Socit gologique de France (Sance du 3 
dcembre 1855) ; Hponse aux observations de M. Triger sur les 
sables des environs de Nogenl-le-Rotrou, Ibid. 2 m srie, t. XIII, 
p. 177-186 ; Note sur les argiles silex de la craie, sur les sables 
du Perche, et d'autres dpts tertiaires, qui leur sont subor- 
donns, Ibid. 3 m srie, t. XIX, p. 205. 

Triger, Observations sur les sables des environs de Nogenl-le- 
Rotrou, Ibid. 2' srie, T. XIII, p. 118-124. 



180 

tion du dpartement de l'Orne (1). Ce n'est, comme 
ceux de M. de Caumont (2j publis peu aprs, qu'une 
simple esquisse, mais le nombre des faits prcis et 
des localits signales montre que ces auteurs 
avaient attentivement parcouru notre rgion. 

La nature du sol des environs de Laigle et de 
Mortagne, qui ds 1826 avait attir l'attention de 
Vaugeois (3), fut tudie par M. de la Sicotire dans 
une statistique postrieure de quelques annes aux 
recberches de De Caumont et d'Odolant-Desnos (4) 

C'est Emile Lepuillon, de Boblaye, alors capitaine 
d'Etat-major et qui, aprs avoir pris la part la plus 
distingue aux travaux de l'expdition de More, 
devait mourir quelques annes aprs membre de la 
Chambre des Dputs, que revient le principal hon- 
neur de l'impulsion donne aux tudes gologiques 
dans la contre d'Alenon. Il y avait t envoy vers 

(1) J. Odolant-Desnos, Statistique de l'Ortie (1831). p. ."i-12. 

(2) A. de Caumont, Coup d'il sur la constitution </oynoslique 
des cinq dpartements de la Normandie, Annuaire normand, 1836, 
p. 57-%; Orne, p. 83-87; Soles gologiques sur le dpartement 
de l'Orne, Congrs scientifique de France, 4 m ' session tenue Blois, 
1836, p. 19-21. Vers la mme poque le mme auteur prsenta la 
Socit Linnenne de Normandie, une carte gologique de l'arron- 
dissement d'Argentan, mais j'ignore si elle a t publie. On trouvera 
encore des notes sur la gologie de l'Orne dans un mmoire du 
mme auteur publi par l'Institut des Prorinces, t. 1. p. 280. 

(3) Essai sur la constitution gognostique de V arrondissement 
de Mortagne. Mmoires de la Socit Linnenne de Normandie, 3 m 
vol. 1825-20, p. 56-61. Ce ne seul que des extraits de ce travail qui 
n'a pas t publie in-extenso. 

(4) Notice sur l'arrondissement de Mortagne, Annuaire normand, 
1838. p. 253-281. 



181 

1835 pour tracer la grande carte du Dpt de la 
Guerre. Il en profita pour faire une foule d'obser- 
vations sur la nature du sol et des roches, la temp- 
rature des sources et mme les antiquits du pays. 
Une ^arte gologique des environs l'chelle de 
1/40000, sur laquelle il avait inscrit les points de 
contact des altitutes des diverses formations et qui 
doit se trouver au Ministre de la Guerre eut d tre 
publie. A la runion de l'Association normande, 
Alenon en septembre 1836, il donna d'intressants 
dtails sur la gologie des cantons d Alenon, Ses, 
Exmes, Moulins-la-Marche et le Merleraut, en ayant 
soin de signaler les caractres topographiques et 
les cultures particulires qui correspondent chaque 
formation. Ils ont t reproduits par extraits dans le 
procs-verbal de cette runion (1). 

Cet habile gologue en observant l'lvation suc- 
cessive des couches de l'oolithe moyenne depuis la 
mer jusqu' la ligne des buttes de Champ-Haut et de 
Brulleinail et leur abaissement progressif partir de 
cette ligne, fut le premier signaler l'existence de 
l'axe anticlinal du Merleraut, si bien tudi depuis 
par Eugne Deslongchamps, et M. Lecornu (2). 



(1) Annuaire normand, 1S37, p. 247-251. 

(2) Boblaye, communication faite la Socit Gologique de 
France, runion d'Alenon ; Bulletin, t. VIII, tir. part, p. 29; 
Blavier, Eludes gol. sur le dpartement de l'Orne, \ . 60 ; 
D'Archiac, Histoire des progrs de la Gologie, t. IV, 1" partie; 
E. Deslongchamps, Eludes sur les tages jurassiques infrieurs de 
la Normandie. Mm. de la S. L. N., 14 vol., p. 246; L. Lecornu, 
L'Axe du Merleraut, B. S. L. N., 1887-88, p. 291. 



182 

C'est l'instigation de Poblaye que la Socit Go- 
logique de France se dcida tenir Alenon sa ses- 
sion extraordinaire en 1837. Elle dura quatre jours 
sous la prsidence du D 1 ' Robertson. Parmi les per- 
sonnes qui prirent part ses travaux, nous pouvons 
citer Boblaye ; Blavier, qui devait plus tard faire la 
description gologique du dpartement de l'Orne; 
M. de la Sicotire ; Triger, l'auteur de la belle carte 
gologique de la Sarthe ; le vnrable Cauvin, du 
Mans, et sa digne compagne, que l'on appelait Phil- 
mon et Baucis de la Science ; Hardouin ; Michelin ; de 
Yerneuil et Buckland, l'illustre professeur d'Oxford, 
que sa vaillante compagne accompagnait aussi dans 
toutes ses excursions. 

Le premier jour, la Socit visita les oolithes de la 
plaine au sud d'Alenon, le contact du grs et du 
granit aux Aulnais, le kaolin de Chauvigny, les 
Schistes mcliferes etlasource ferrugineuse de Saint- 
Barthlemi, les carrires de granit du Pont-Perc 
et de la Boissire, les arkoses de Gond-sur-Sarthe. 

Le second jour elle parcourut les diffrents tages 
de l'oolithe de Saint-Paterne, le callovien de Malfre, 
les argiles glauconieuses du Buisson, les phyllades 
de Perseigne, les porphyres de Neufchtel, les cal- 
caires de Cbaumiton, les grs empreintes de Saint- 
Rmy-du-Plain et les calcaires compacts de Vezot. 
Cette exploration se passait sur le territoire de la 
Sarthe. 

La troisime journe fut consacre l'exploration 
des arkoses de Damigny, du beau kaolin de Mont- 
pertuis, des calcaires batboniens de Lonray, des allu- 
vions qui s'tendent au pied des collines d'Ecouves, 



183 

sur Saint-Nicolas et Colombiers, des schistes ( Caly- 
mnes) de Saint-Nicolas, du porphyre de Livaie et 
enfin du singulier prisme de grs sur lequel reposent 
les ruines de l'ancien chteau de la Roche-Mabile. 

La dernire course eut lieu dans la Sarthe, dans la 
direction de la route du Mans, puis de Fresnai. La 
grande oolithe Bthon et Oisseau les grs ma- 
gnifiques empreintes vgtales de Fy, les trilobites 
de Vaux, les calcaires dolomitiques de Fresnai 
fixrent surtout l'attention de la Socit. 

Les procs-verbaux de ces excursions et des discus- 
sions intressantes qui les suivirent, restrent long- 
temps le manuel de ceux qui voulurent tudier la 
gologie si riche et si curieuse des environs 
d'Alenon. 

A la sance de clture, l'illustre Buckland pro- 
clama en termes mouvants l'analogie singulire des 
terrains parcourus par la Socit Gologique de 
France aux environs d'Alenon avec ceux de quelques 
parties de sa chre Angleterre ; il rendit, aussi un 
solennel hommage l'importance des services rendus 
la science par M. Boblaye. Puis M. de la Sicotire 
pronona le discours d'adieu remerciant la Socit 
d'avoir choisi la ville d'Alenon comme lieu de ses 
runions, et exprimant le vu que ces excursions et 
ces sances toujours si bien suivies excitent dans la 
rgion le zle de la Gologie et de l'Histoire natu- 
relle. (1). 

(1) Le compte-rendu des sances extraordinaires de la Socit 
Gologique de France Alenon, en 1837, publi dans le Bulletin, 
t. VIII, fut rdig par Boblaye et Triger, V. Notice sur Boblaye, 



184 



Cette runion fut en effet fconde en rsultats ; elle 
stimula les tudes scientifiques et servit de point 
d'appui pour la formation du Muse d'Alenon. 

C'est en 1837, en effet, que dans une ptition adres- 
se au Conseil municipal et qui fut imprime, M. de 
la Sicotire sollicita avec insistance l'tablissement 
de ce Muse. Le Conseil municipal rpondit cette 
demande par l'allocation magnifique d'une somme 
de 50 fr. ! avec laquelle fut construite la premire 
armoire. 

Quelques dbris de l'ancien cabinet de l'Ecole cen- 
trale form par Renaut, des chantillons offerts par 
M. Sevestre constiturent un premier noyau. 

Mais en 1838, le Conseil gnral cdant une heu- 
reuse inspiration vota la somme ncessaire pour faire 
dans le dpartement des tudes gologiques, dont on 
attendait certains rsultats au point de vue agrono- 
mique et industriel. 

Ces tudes furent confies M. Blavier, ingnieur 
en chef des Mines, la rsidence du Mans, qui dj 
avait fait un travail de mme genre pour le dparte- 
ment de la Mayenne. 

Le rsultat en fut publi en 1842 (1). 

Ce travail n'a pas t galement apprci par tous 
ceux qu'il intresse. Peut-tre eut-il demand plus 
de dveloppements. Peut-tre aussi renferme-t-il 
quelques erreurs invitables dans une uvre aussi 

par le vicomte d'Arcjiiae dans la Biographie uni crise lie de Mi- 
chaud. (Suppl.). 
(1) Etudes gologiques xm- le dpartement de l'Orne (6 pi. et 

1 carte), Annuaire de l'Orne pour 18 42 : tir. ;i part. !ii p. 



185 



complexe et une poque o les observations taient 
plus difficiles qu'aujourd'hui. Il n'en a pas moins une 
grande importance comme plan gnral et on le con- 
sulte toujours avec fruit. 

Les chantillons que Blavier avait recueillis et clas- 
ss l'appui de son mmoire furent offerts au Muse 
d'Alenon^ dont ils forment une des sries les plus 
importantes (1). 

M. Bachelier, de Sainte-Scolasse, qui s'tait pris 
un peu tard, mais avec une ardeur toute juvnile 
d'une vritable passion pour la gologie, fit vers la 
mme poque une trs curieuse dcouverte. Il trouva 
Sainte-Scolasse mme dans une assise quartzeuse 
jauntre appartenant aux argiles d'Oxford plusieurs 
varits nouvelles de crustacs fossiles qui furent 
dcrites dans un savant mmoire de M. Eudes-Des- 
longcbamps (2). 

M: Bachelier se livra ensuite la confection de 
cartes gologiques communales fort intressantes 
raison des dtails qu'elles prsentent. Le Muse 
d'Alenon en possde quelques unes copies par 
M. Letellier. Les autres sont au Muse de Mamers. 

Pourquoi ces cartes du territoire de l'Orne avec 

(2) M. Letellier, Muse d'Histoire naturelle d'Alenon. An- 
nuaire Normand, 1895, p. 237-245. 

(1) Eudes-Deslongciia.mps, Crustacs fossiles de Sainte-Scolasse, 
trouvs par M. Bachelier, Mmoires de la Socit Linnenne de 
Normandie, VII" volume, 1842 ; Revue de l'Instruction publique 
et des Socits savantes de l'Acadmie de Caen, 1840-41, t. II. 
p. 374; Revue de l'Orne, 29 aot 1841. Bachelier, Note sur les 
terrains jurassiques des environs de Sainte-Scolasse, Bulletin 
de la Socit Gologique de France, 3 srie, t. VIII, 1850. 



186 

les chantillons prcieux qui les accompagnent ont-ils 
t offerts une petite ville du dpartement de la 
Sarthe ? 

L'histoire en serait triste raconter. M. Bachelier 
voulait donner toute sa collection au muse d'Alen- 
on. Froiss tort ou raison par l'accueil peu 
bienveillant qu'il avait trouv dans le Prtt et dans 
le Maire, c'est au Muse de Mamers alors presque 
vide qu'il la donna. Il lui lgua en mme temps son 
squelette qui devait tre plac dans une des salles. 

La ville toutefois ne le fit point dissquer pour 
s'emparer du squelette et cette inexcution des 
conditions du legs lui tait reproche par les repr- 
sentants du zl naturatiste, mais d'autres motifs 
pouvaient rendre le legs caduc et la ville n'a pu 
garder la collection qu'en payant une partie de la 
valeur (1). _ 

Vers le mme temps aussi M. Sevestre, avou 
Alenon, esprit curieux et sagace, publia quelques 
notes gologiques dans les journaux de cette ville (2). 
Il donna en 1840 des notes pour servir la statistique 
gologique du dpartement qui renfermaient le 
tableau par communes et mme par rages des 
roches formant le sol des deux cantons d'Alenon (3). 

(1) Bachelier (L* uis-Marin), n Mamers le 29 mars IIS. - ;, avait 
pendant sa jeunesse travaill l'horlogerie dans l'Est de la Frauce, 
en particulier Strasbourg. En 1815, il revint exercer sa profession 
Fresnay-sur-Sarthe, puis Mamers. Vers 1826, il alla habiter 
Sainte-Scolasse, o il ne s'occupa plus que de Gologie. En 1S.">2, il 
donna ses i-ollertions sa ville natale ; il y mourut le 17 fvrier 1861. 

(1) Gazette d'Alenon, Revue de l'Orne, Pilote du Calvados. 

(2) Notes pour servir lu statistique gologique du dparte- 
ment de l'Orne. Annuaire normand. 1841, p. 307-316, 



187 - 

M. Letellier, alors professeur l'Ecole normale, 
commenait se liyrer aux Sciences naturelles, et 
dans le petit cercle de chercheurs qui s'tait form 
Alenon, sous les auspices de de Brbisson, et qui 
compta Giilet, Lissajous, D 1 Prvost, Labillardire, 
Henri Beaudouin, il tait le seul reprsentant de la 
Gologie. Tout en tudiant la flore avec ses confrres, 
il recueillit de nombreuses observations sur nos 
terrains et en acquit bien vite une connaissance suf- 
fisante pour y servir de guide plusieurs gologues 
illustres, Elie de Beaumont, Delesse, de Verneuil, 
Triger, Villanova. Ce fut dans une de ces courses 
faites en 1850 avec Triger et de Verneuil, que celui-ci 
reconnut comme dvonien un petit lambeau de ter- 
rain trs fossilifre, situ au Hamel sur Saint-Nico- 
las-des-Bois,qui avait dj t remarqu par Boblaye 
et Blavier (1). 

Les grs de la Piquerie ou de Sainte-Opportune 
signals par Blavier comme pouvant se rattacher la 
partie infrieure de la formation crtace ont t 
l'objet d'un examen plus approfondi de la part de 
' l'minent professeur Morire. Ses premires obser- 
vations sur ce dpt remontent l'anne 1846 ; aprs 
une fructueuse herborisation dans les marais de 
Briouze, il eut l'occasion en revenant Fiers d'tu- 
dier sur place le grs de la Piquerie et de faire 
une ample provision de moellons lards de Trbra- 
tules. Ayant continu ses recherches pendant plu- 
sieurs annes et dcouvert de nombreuses espces 

(1) M. Letellier, tudes gologiques sur le massif silurien 
d'Ecouves, B. S. G. N., t. XVIII; tir. part, p. 30. 



-188 



de fossiles, Peignes, Blemnites, Trbratnles, Am- 
monites et mme des chantillons authentiques 
des genres Spiriferina, Cardinia, Staropalus, etc 

qui appartiennent au lias, il put constater que le 
grs de Sainte-Opportune et de plusieurs localits 
voisines, Briouze, Sainte-Honorine-la-Guillaume, est 
trs vritablement un grs liasique. Poussant plus 
loin ses investigations, il a reconnu que contrairement 
l'opinion des illustres auteurs de la carte gologique 
de France et du vicomte d'Archiac, le lias que Ton 
avait suppos s'arrter en de du rcif de Montabard 
pour ne reparatre qu'au midi, du dpartement de la 
Sarthe se retrouvait de l'autre ct de ce rcif sur 
divers points du dpartement de l'Orne tels que 
Bazoches, Habloville, Fresnay-le-Buffard, Ecouch 
et mme que tout le minerai de fer des cantons de 
Briouze et d'Ecouch, (Loug, Saint-Ouen, Les 
Yveteaux, 3aint-Brice, Rasnes, Faverolles, etc.) rang 
dans le tertiaire par Blavier, devait tre rapport 
la mme formation. (1) 

Les grs basiques de Sainte-Honorine-la-Guillaume 



(1) Eudes-Desl.onocha.hps, Note sur des chantillons de grs 
recueillis Sainte-Opportune par M. Morire. Procs-verbal des 
sances de l'Institut des provinces tenues Caen en Octobre 18it>, 
p. 7-13; Mmoires de la Sorit Linnenne de Normandie, 8 m vol. 
1849, p. XXXIII. 

Morire (J.). .Vo/e sur un dpt de grs situ dans la commune 
de Sainte-Opportune, Mm. S. L. N. 9"' vol. lS-'i:!: Note sur le 
grs de Ste-Opportune cl lu formation liasique dans le dpar- 
tement de l'Orne, Mm. de l'Acadmie dis Sciences, Belles-Lettres 
l Vrts de Caen. Tir. part, Caen, A. Hardel, 18t>3, in-8, 35 pages; 
Ass. fr. av. Se. 1877, p. 82 et suiv. 



189 

ont t plus tard pour Morire l'objet de trs beaux 
travaux de palontologie vgtale (1). 

A l'poque o Morire publiait son mmoire sur le 
grs de Sainte-Opportune, M. Michel relevait le profil 
des assises siluriennes de Domfront (2), Eugne Des- 
longchamps, qui la suite du D 1 ' Perrier (3) avait 
dj tudi le callovien des environs d'Argentan (4), 
publiait sa monographie des tages jurassiques inf- 
rieurs de la Normandie. Cette uvre magistrale, qui 
plaait son auteur parmi les premiers statigraphes 
de l'Ecole franaise, comprend la description du lias 
des environs d'Argentan et de Domfront, la coupe 
gologique de Ses aux Authieux par le Merleraut, 
l'extension des divers tages jurassiques dans l'Orne 
et met en pleine lumire l'axe anticlinal de Champ- 
Haut (5). 

Ce bel ouvrage tait bientt suivi de la description 
des tlosauriens fossiles des formations jurassiques 
de la Normandie, dont plusieurs espces sont signa- 

(1) A. Bigot, Progrs des Sciences Gologiques en Basse-Nor- 
mandie, de 1875 1895, B. S. L. N 4' srie, 10" vol. (1896), p. 112. 

(2) Coupe du terrain silurien aux environs de Domfront, 
B. S. G. F, IP srie, t. XVII, 1860, p. 698. 

(3) Note sur le Kellovay-rock et le Cornsbrali des environs 
d'Argentan, B S. L. N., 1" srie, t. I", 1855-50, p. 81. 

(4) Note sur le Callovien des environs d'Argentan : -1 Coupe 
cV Argentan la butte des bois d'Auge; T Coupe d'Argentan 
la butte de l'Egrefin ; 3" Coupe d'Argentan Exmes (avec pi. 
lithographie), Ibid. 1857-58, p. 216-228. 

(5) Etudes sur les tages jurassiques infrieurs de la Nor- 
mandie (avec coupes et cartes gologiques), Thse de Doctorat, 
1864, M. S. L. N., 14- vol., p. 1-296. - Gfr. A. Bigot, Notice sur 
Eugne Deslongchamps, B. S. L. N., 3 vol., 1890, p. 83. 



190 

les Bazoches-en-Houlme, aux carrires de Bissey 
prs d'Habloville, et Alrnenches (1). 

Les Congrs de l'Association normande tenus 
Falaise en 1864 et Fiers en 1868, donnrent M. de 
Gaumont l'occasion d'enrichir notre littrature scien- 
tifique de deux nouveaux mmoires, l'un sur les 
environs d'Argentan (2), l'autre sur la distribution 
des roches dans l'arrondissement de Domfront (3). 

Le D 1 ' Jousset, auquel rien de ce qui touchait son 
cher Bellme, ne fut tranger, publiait aussi vers le 
mme temps un aperu sur la constitution gologique 
de sa rgion, mais sans apporter la science aucun 
document indit (4). 

Parmi les problmes de la gologie ornaise qui ont 
le plus exerc la sagacit des savants, il faut citer en 

(1) Note sur le squelette et la restauration du Teleosaurus 
Cadomensis, B. S. L. N., 2 srie, 2 vol,, 1867, p. 381-373. Note 
sur les Reptiles fossiles, dont les dbris ont t recueillis dans 
les assises jurassiques de la Normandie, B. S. G. F., 3" srie, 
t. XX VII, 1870, p. 299-351. 

(2) Annuaire Normand, 1865, p. 182-185. Cette note tait une 
rponse M. de Digures qui soutenait, malgr l'inutilit les tenta- 
tives faites au sicle dernier, que l'un pouvait reprendre avec succs 
l'exploitation des prtendues min s de bouille de Svigny. [Ann. 
Nonn., lhid. p. 120, Hist. de Svigny, p. 27). M. de Caumont, 
aprs M. l'ingnieur Gaudin. donna ensuite quelques explications 
sur les formations Liasiques de l'Orne el du Calvados. 

(3) A. de Gai mont: Notes sur la distribution des roc/tes dans 
l'arrondissement de domfront extraites des Eludes gologiques 
sur le dpartement de l'Orne, par M. Blavier. Annuaire Nor- 
mand, 1869, p. 100-112. 

(4) Bellme sous l'eau avant la cration de l'homme, Nogcnt-le- 
liotrnii. iniji. et lilli. A. Gouverneur, 1868, in-8*, 30 p. 



191 

premire ligne les empreintes des Vaux-d'Obin et de 
Bagnoles connues sous le nom vulgaire de Pas de 
Bufs. 

Elles se trouvent la surface des grs armoricains 
ressemblant les unes des pas de bufs, les autres 
des pas de cbvre ou de mouton, d'autres des 
espces de virgules diriges dans tous les sens, 
d'autres enfin offrant des cercles rguliers, s'inscri- 
vant parfois l'un dans l'autre, et d'un diamtre pour 
la plupart de 20 centimtres, quelques-uns plus 
petits. 

Les empreintes des Vaux-d'Obin sont connues 
depuis temps immmorial et leur explication a beau- 
coup moins embarrass les gens du pays que les 
gologues. D'aprs la lgende populaire, les plus 
grandes seraient des traces de pas de bufs et les 
plus petites auraient t produites par le bton de 
V Homme la calotte rouge, qui conduisait le trou- 
peau. 

Quelques-uns de nos auteurs locaux ont aussi tent 
une explication et ce serait vraiment laisser dans 
l'ombre le ct humoristique de la question que de 
priver les lecteurs de leurs singulires hypothses. 
Philippe Le Bailly, ancien inspecteur de l'Acadmie 
de Douai, mort Exmes le 19 dcembre 1874, y 
voyait un cadran lunaire tabli par les cyclopes, 
Chrtien, de Jou-du-Plain, les considrait comme 
des signes tracs par les druides pour indiquer la 
marche du soleil dans le zodiaque. Mais ce qui parat 
encore plus trange c'est de voir M. l'abb Hom- 
mey faire siennes les ides de Chrtien dans sa toute 
rcente Histoire du diocse de Ses. Je le cite textuel- 



192 

lement : Nous n'avons pas encore, dit-il, le dernier 
mot de ces monuments grossiers auxquels on peut 
ajouter, au canton de Trun, le Vau-d'Obin, commune 
de Guprei. Celui-ci est un rocher plat, sur lequel on 
a grav des traces de pas de bufs, comme elles 
s'imprimeraient sur un sol mou. On y avait ajout la 
trace du bton du conducteur. On a cru que c'taient 
des points de repres formant les divisions d'un 
cadran solaire trac d'aprs la science astronomique 
des Druides ; mais il est difficile de sonder cette 
science lmentaire que possdait l'antiquit. (1) 

Laissons de ct toutes ces rveries et arrivons 
aux tudes srieuses. 

C'est partir de 1826 que la question des em- 
preintes des Vaux-d'Obin semble avoir attir l'atten- 
tion du monde savant. Elles furent ainsi que celle 
de Vignats (Cavados), visites cette poque par de 
Brbisson, de Bazoches et Antoine Passy ; ce dernier 
pensait que les cavits des grs siluriens connues 
sous le nom de pas de bufs, taient des empreintes 
non de pas, mais de corps organiss. Dcrites plus 
tard par Duval (2) qui avait assist aux runions de 
la Socit Gologique de France Alenon en 1837, 
et ensuite par Salt<\% (3) qui les considrait comme 
des traces d'Amlides, elles furent signales en 1854 

(1) Histoire dn diocse de Ses, Alenon, RenaXTt-de Broise, 1899, 
in-8, t. 1", p. 10. 

(2 Ao/e sur des empreintes graves dans un guarlzile ii <lm : />rey 
(Orne), nommes \'\> m; Bcbufs, I!. S. <;. F.. 1" srie, vol. 9, p. 199. 

3 Sur des empreintes existant sur les qnartzites des W.u.i- 
d'Aubin,prs Argentan. Iliid. i. XYII1, p. : i G s - ; i 7 1 . Cette note 
i st suivie d'observations de M. Barrande. 



- 193 

par Auguste Le Prvost l'attention de M. Eudes- 
Deslongchamps. L'minent palontologiste, dans un 
mmoire accompagn del plaque des grs des Vaux- 
d'Obin, inclinait attribuer ces singulires em- 
preintes la prsence d'animaux mous, tels que des 
Actinies ou des Ascidies ayant vcu sur le fond de 
sable, qui en se durcissant est devenu la rocbe ac- 
tuelle et qui auraient pour ainsi dire moul la forme 
de leurs corps, avant qu'ils ne se fussent entirement 
dissous. Toutefois aprs avoir examin et discut les 
diffrentes hypothses proposes, M. Eudes-Deslong- 
champs avoue ne pas avoir trouv la solution du 
problme. Explique qui voudra ou qui pourra 
trouver la cause de ces empreintes, dit-il, quant 
moi, j'y renonce (1). 

En 1862, l'abb Bidard, cur de Tournay-sur- 
Dives, dans une note adresse l'Acadmie des 
Sciences, les compare celles que laisseraient des 
pieds de ruminants. Ce n'est au fond que l'opinion 
populaire traduite en langage scientifique (2). 

M. le vicomte d'Archiac, en 1866, considre les 

(1) Notice sur des empreintes ou traces d'animaux existant 
la surface d'une roche de grs au lieu dit les Vaux-d'Aubin, prs 
Argentan, dpartement de VOrne, et coiinus dans le pays sous 
le nom de Pas de Bufs. Mm. S. L. N., 10 vol.- (1856), p. 19-44, 
avec uue pi. lithographie. Comptes-rendus de l'Acadmie des 
Sciences, vol. XL, p. 972, 1855. 

Deslongchamps (Eugne), Supplment la Notice sur des em- 
preintes ou traces d'animaux existant la surface d'une roche de 
grs au lieu dit les Vaux-d'Aubin, prs Argentan, dpartement 
de l'Orne. M. S. L. IN., 1857, 8 p. 

(2) Comptes-rendus, vul. LV, p. 218, 1862. 

13 



- 194 - 

empreintes desVaux-d'Obin comme ayant uneorigine 
vgtale, ce sont d'aprs lui de vritables Criiziaha, 
sortes d'Algues gigantesques ensevelies sur place, 
qui avaient une importance considrable dans la flore 
marine des temps primitifs (1). 

La question en tait l, quand la fin de l'anne 
1865, M. de la Sicotire dcouvrit tout auprs de 
Bagnoles, dans le parc de M. Goupil, sur de larges 
plates-formes de grs armoricains des empreintes 
prsentant une analogie vidente avec celles des 
Vaux-d'Obin, mais le gisement est plus riche et les 
empreintes beaucoup plus varies que tout ce qu'on 
connaissait jusqu'alors dans nos rgions. M. de la 
Sicotire rendit compte de sa bonne fortune dans une 
lettre M. Deslongchamps, o aprs avoir dcrit les 
empreintes, il fait l'historique de cette intressante 
question. Un Post-scriptum de quelques lignes parle 
d'empreintes annulaires observes Saint-Lonard- 
des-Bois (Sarthe), sur un rocher de grs armoricain, 
qui videmment sont dues aux mmes causes et sou- 
lvent les mmes problmes qu' Bagnoles (2). 



(3) Gologie et Palontologie, Paris, Savy, 186li, in-8% p. 313 ; 
Palontologie de la France, Paris, Impr. Impriale, 1867, in-8*, 
p. 28. 

(I) Lettre M.Eudes-Deslongchamps sur des empreintes nom- 
breuses visibles la surface d'un rocher de grs de Bagnoles 
(Orne) avec Post-scriptuh sur des empreintes annulaires visibles 
sur un rocher, situ cuire Sainl-Cneri-le-Grey urne cl Saint- 
Lonard-des-Bois (Sarlhe) et rponse de M. Eudes-Deslong champs 
celte lettre, B. S. L. N., iSlio-lV6, p. 83-89; Lettre M. Vimont 
sur tes empreintes i/cs grs de Bagnoles, Bull. Soc scientifique 
Rlammarion d'Argentan, t. VI 1888}, p. -260. 



- 195 

La Socit Linnenne de Normandie ayant tenu 
l'anne suivante sa runion publique Bagnoles, les 
Pas de\Bufs furent visits par les excursionnistes 
et le compte-rendu publi par M. Albert Fauvel donne 
une description trs dtaille des empreintes avec un 
dessin lithographie, mais aprs examen et discussion 
la cause" de ces singuliers^ phnomnes restait tou- 
jours nigmatique (1). 

Deux ans plus tard, la Socit Linnenne, qui a 
tant contribu la vulgarisation des sciences natu- 
relles dans notre pays, visitait de nouveau le dpar- 
tement de l'Orne ; guide par le savant et regrett 
M. Letellier (2), elle fit aux environs d'Alenon une 
excursion gologique des plus fructueuses. A la 
sance publique, M. de la Sicotire appela l'attention 
de ses confrres sur les empreintes des grs de 
Bagnoles et de Saint-Lonard-des-Bois ; des ides" 
furent changes, mais comme conclusion on dut 
dclarer que la nature des empreintes gardait encore 
le secret de son mystre (2). 

Le mystre parat aujourd'hui dvoil ; l'origine 



(i) Compte-rendu de VExcuision Linnenne Bagnoles-de- 
l'Orne, les 15 el 16 juin 1867. B. S. L. H, 2' srie, 2' vol. (1867), 
p. 523-534. 

(2) A.-L. Letacq, M.-J. Letellier, sa vie, ses travaux scienti- 
fiques. Lecture faite la sance publique de la Socit histo- 
rique et archologique de l'Orne, tenue Argentan, le 19 octobre 
1898. Bulletin, t XVII (1898), p. 453-473, tir. part, Alenon, E. 
Renaut-de Broise, 1898, iu-8% 23 p. 

(3) M. Letellier, Excursion de la Socit Linnenne de Nor- 
mandie Alenon, les samedi 3 et dimanche 4 juillet -1869. B. S. 
L. N,, 2' srie, t. IV, 1868-69, p. 27-290. 



196 

vgtale des empreintes soutenue par d'Archiac, 
reprise par Gaston de Tromelin (1) et par Morire 
la suite de Schimper et de Saporta (2) est maintenant 
rejete par la plupart des gologues, qui avec un 
savant sudois M. Nathorst les regardent comme des 
pistes d'animaux (3). Ainsi, l'aide d'expriences ing- 
nieuses, cet habile naturaliste a obtenu des empreintes 
absolument semblables celles du Cruziana Bagno- 
lensis Mor. en faisant cheminer sur la vase le Coro- 
phium longicorne, espce de la classe des crustacs 
commune sur nos ctes (4). 

Ici doit se terminer l'inventaire historique et biblio- 



(1) Prsentation des fossiles palozoques du dpartement 
d'Ille-et-Vilaine ; note additionnelle sur la faune de l'Ouest de 
la France. Ass. fr. ar. se, Congrs de Nantes, 1855 ; Observations 
sur les terrains palozoques de la Basse-Normandie, B. S. L. 
N., 2 e srie, 2" vol., 1877-78, p. 6. 

(2) Morire; Note sur le ores de Bagnoles (Orne). Ihid., id. 
p. 20-32, avec 1 pi. Cet article contient un rsum historique 
auquel j'ai fait plusieurs emprunts. 

L. Du val, Le Vau-d'Obin, Revue Normande, mai et juillet 1900, 
Alenon, Herpin. 

(3) A. m: La?parent, Trait de nologie, 1885,1" dit., p. 680. 

(4) A. Bigot, La Plage silurienne de Bagnoles, B. S. L, N., 
'r srie, (>' vol., 1892, p. 81 : Progrs des sciences gologiques en 
Bass-Nrmandie, etc. JL'ouvrage de H. Nathorst, iutitul : Om spar 
af riagra everlebrerade djurm. m . ch deraspaleonlologiska Bety- 
deZse(Kongl.Sv. Vet, Akad. Handl., t. XVI11, 1881, 11 Tafl.) a ten 
partie traduit en franais par F. Schulthers, et cette traduction 
publie dans le mme recueil est jointe au mmoire lui-mme dans 
le tir. a part, 103 p. et 11 pi. Le rsum historique qui n'a pas t 
traduit, accorde une mention spciale aus notes de Duval (1838 . de 
Deslongchamps (1856) et de IIorire(1878 , prcdemmenl cites. 



197 

graphique des notes publies sur la Gologie ornaise 
jusqu'en 1870. Nous entrons alors dans ce que j'ap- 
pellerais volontiers la troisime priode d'tudes, car 
les progrs de la science, les recherches rendues 
plus faciles par le percement des routes et des voies 
terres ont permis nos travailleurs, parmi lesquels 
MM. Letellier et Bizet (1) mritent une mention 
spciale, d'apporter plus de prcision dans la dter- 
mination des roches et des assises du sol, de compl- 
ter les observations anciennes, d'lucider bien des 
points obscurs. Une plume des plus autorises en a 
retrac le tableau fidle, en constatant, notre 
honneur, que des trois dpartements de la Basse- 
Normandie c'est certainement celui de l'Orne dont la 
Gologie a fait le plus de progrs depuis 1875 (2). 

Cependant, malgr le nombre et l'importance des 
dcouvertes faites dans ces dernires annes, l'analyse 
des travaux de nos devanciers ne parait pas dnue 
d'intrt. Ceux qui creusent les fondements de 
l'difice sont-ils moins mritants que ceux qui le 
couronnent ? Leur travail, pour tre plus obscur, 
doit-il tre ddaign ? Ne devons-nous pas plutt, en 
prsence des rsultats, auxquels ils sont arrivs 
malgr l'imperfection de leurs moyens d'tude, 
admirer leur patience et leur sagacit ? C'est donc 
faire uvre de reconnaissance et de justice que de 
rappeler des observations souvent vagues et insuf- 



(1) A.-L. Letacq, Notice sur Paul Bizel, conducteur des Ponts 
et Chausses Bellme et Gologue, Documents sur la province du 
Perche, 43" et 44 me fascicules, 1901, Mortagne, impr. Meaux. 

(2) A. Bigot, Progrs des Sciences gologiques, etc., p. 104. 



198 

Osantes, il est vrai, mais qui pourtant ont servi 
de point de dpart des recherches plus appro- 
fondies. 

L'exposition de la science serait incomplte et 
fausse, a dit J.-B. Dumas, si dans le tableau du pr- 
sent on ngligeait les droits et les travaux du 
pass (1). 



(1) Discours et Eloges acadmiques, P;nis, Gauthiers-Villars 
1885, t. I er , p. 11. 



TABLE DES MATIRES 



Pages 
Composition du bureau de la Socit pour Tan- 
ne 1900 III 

Liste gnrale des Membres de la Socit au 15 

janvier 1901 V 

Liste des Socits savantes et tablissements 
avec lesquels la Socit fait des changes de 
publications XV 

PROCS-VERBAUX DES SANCES 

Sance du 15 Janvier. Tison: Production 

de glace par le Verbesina virginiaca . . . XXIX 

Sance du 5 Fvrier. Gallier : Anctinomy- 
cose. D s GiDON : Stations nouvelles de plantes. 
Bigot : Helicoprion ; Callovien infrieur de 
Villers-sur-Mer XXXI 

Sance du 5 Mars. D r Gidon: Renseignements 
gologiques donns par M. de Bras. Dela- 
vigne : Rana esculenta cinq pattes. Bigot: 
Sur le Pithecanthropus XXXIV 

Sance du 2 Avril. Tison : Sur la chute des 
r euilles. D r Gidon : Orange double ; Fou- 
gres bifides. CheviEL : Anomalie chez 
Aslerias rubens. Lettre de A. Chevalier. XXXVII 



200 - 

Pages 
Sance du 7 Mai. Bigot : Notice sur P. Bizkt. 
F. MoUTIBB : Fleurs prolifres (/'Anmone 
pavomina ; Gui sur un tilleul ; Zone Cloce- 
ras Blagdeni Fontenay-le-Marmion . Vaul- 
legeard : Anomalie d' une fleur d'Anmone. 
Marinesco : Sur le Mcanisme de la sni-lit 
et de la mort des cellules nerveuses (analyse 
par M. Vaullegeard). Matchinsky : Sur 
l'atrophie des ovules (analyse par M. Vaulle- 
geard. Vaullegeard : Sur le Distomum 

pristis XLII 

Sance du 19 Juin. F. Moutier : Anomalies 
florales de Matricaria et Catleya. Brasil : 
Prsence rf'Alpheus megacheles et Cistella 
capsula Luc. D r Moutier : Gui sur un 
saule. Lignier : Ophyris muscifera Chi- 
cheboville ; Orohanche gante. L.-J. Lger : 
Orientation de la feuille par rapport la tige. 
Lignier : Racines adventives de Thuya. 
Bigot : Terrasses quaternaires de l'Orne ; 
Ruisseau de Pcrriercs XLYIII 

Sance du 2 Juillet. Lignier : Gui sur un 

saule . LGER : Anomalie sur une clmatite. LI 

Sance du 12 Novembre. Vaullegeard : Ac- 
tion des Cestodcs et Nmatodes. F. Mou- 
tier : Aberration lutescens du Calimorpha 
liera. Brasil : Frquence de certaines cs- 
pces sur le littoral du Calvados. de La 
Thuillerie : Daucus carolta et gummifer. 
Matte : Prsentation de silex nolithiques. 



~- 201 



Pages 



Bigot : Prsentation d'exemples (/Abrasion 
provenant des dunes de Biville LUI 

Sance du 3 Dcembre. Brasil : Catalogue 
des Mollusques de la Faune marine de Luc- 
sur-Mer. F. Moutier : Supplment la 
Faune des Mollusques terrestres et fluviatiles 
des environs de Caen LVI 



TBAVAUX OBIGINAUX 

L. -Jules Lger. Sur l'orientation de la feuille 

en anatomie vgtale 3 

F. Moutier. Supplment au Catalogue des 
Mollusques terrestres et fluviatiles des envi- 
rons de Caen 8 

L. Brasil. Faune marine de la rgion de 

Luc-sur-Mer . 18 

L. Brasil. Observations sur la Faune de la 

rgion de Luc-sur-Mer (Calvados) .... 75 

A. Vaullegeard. Etude exprimentale et 
critique sur l'action des Helminthes : I. Ces- 
todes et Nmatodes 84 

A. Vaullegeard. Description du Distomum 

pristis Deslongchamps 143 

A. Bigot. Notice explicative de la Feuille 

Les Pieux . 147 



202 



Pages 



Abb A.-L. Letacq. Recherches pour servir 
l'Histoire des Etudes gologiques dans le 
dpartement de l'Orne juscpi'en 1870, ex- 
traites en partie d'un manuscrit de M. de la 
Sicotire 163 

TARLE DES MATIRES . 199 



L Imprimeur- Grant, 

E. LANIER. 



Gak.n. Imprimerie K. LANIER, 1 ft i, rue Guiixaumb. H. 2243 




L.-Jules LEGER 



BULLETIN 



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r jr 



SOC] ETE LINNE ENNE 



DE NORMANDIE 

FONDE EN 1823 

tt reconnue d'utilit publique par dcret du 2 avril 1863 

5 e SRIE. 5 e VOLUME 

ACTIVE lOOij 




CAEN 

E. LANIER, Imprimeur 

ILE GUILLAUME-LE-CoNQURANT, 1 fr 3 



1902 



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