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Full text of "Bulletin de la Société zoologique de France"



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CSC. ■' 



BULF.EÏIN 



\)E LA 



SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE 

DE FRANCE 

POUR L'ANNÉE 1022 



AVIS 



Les membres de la Société sont instamment priés d'adresser, 
d'une façon impersonnelle, tons les envois d'aryent et les m,andals 



% 



à Monsieur lo Trésorier 

DE LA Société zoologique de France 

28, rue Serpente, Paris (Vl"). 



BULLETIN 



V 



DE LA 



SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE 



DE FRANCE 



RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE 



QUARINTE-SEPTIÈME VOLUME 




ANNÉE .1922 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANGE 
28, RUE Serpente '(HÔTEL des Sociétés savantes) 

1922 



EXTRAIT DU REGLEMENT 

DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIUUK DE FRANCE 



La Société zoologiqtie de France, londée le 8 juin 1876, reconnue 
d'utilité pnl)li(|ue le 16 (lécei)iliiv 181)6, cuinpixMKl des nienibi^es hono- 
raires, des nieinbres correspondants et des membres titulaires. 

Les membres titulaires nouveaux sont élus en séance publique sur la 
présentation de deux niendires anciens: ils doivent un droit fixe 
d'entrée de 10 francs et une cotisation annuelle de 20 francs, celle-ci 
exigible à partir du 1""" janvier et devant être transmise sans frai» 
au tr-ésorier. Toulefois la Société peut faire loucher à domicile aux 
frais du dr-biteur. Les membi'es déndssionnaires ne sont dégagés de la 
cotisation ijue pour les années qui suivent celle de leur démission 
(art. 4 de la loi sur les Associations). Tout membre qui n'a pas payé sa 
cotisation cesse de recevoir les publications de l'année courante et est, 
au bout de trois ans de non-|)aienienl , considéi'é comme démissionnaire. 
On peut s alfiancbii' de la cotisalion par le versement d'une somme de 
300 francs qui confère le titre Aq membre à vie. Les membres donateurs 
sont ceux (fui ont versé au moins .^00 francs: ils sont de droit mem- 
bres du Conseil. 

Les séances de la Société sont |)ubliques. La dernière du mois de 
février est d'ordinaire V Assemblée tjénérale annuelle, t\\\i est habituelle- 
ment accompagnée de séances de démonstration et d'une conférence. 

La bibliothèque est ouverte au siège social les lundis et vendredis 
de 2 heures à 4 h. 1/2 ; le prêt à domicile des volumes reliés est auto- 
risé pour les membres habitant Paris. 

Le Bullelin publie d(.' courtes notes, acceptées par la Commission de 
publication et ne comportant que des ligures dans le texte; il n'en 
est envoyé aux auteurs qu'une seule épreuve; ; à défaut de son retour 
dans un délai maximum de cinq jours, les corrections indispensables 
sont faites d'office. Depuis le l'^f janvier 1920, la Société ne donne plus 
de tirés à part gratuits; elle peut, dans la mesure de ses disponibili- 
tés, dispenser du rendjuurscmenl des frais declichage poui- les figures 
au trait. Les personnes étrangères à la Société peuvent faire présenter 
des communications par un membre. L(s Mémoires, pouvant comporter 
des planches hors texte, sont l'objet de souscriptions spéciales. 

Il est d'usage dans les publications de la Société d'appliquer les 
règles de la nomenclature adoptées par les Congrès internationaux de 
zoologie, de faire commencer tout nom d'être vivant (animal ou plante) 
par une majuscule, d écrire en italique les nou)s scientili(|ues latins et 
d'employer pour les indications bibliographiques les abréviations usi- 
tées dans le Zooloyical Record (It)Ua). Il est recommandé de ne déposer 
que des manuscrits définitifs et lisiblement écrits : les frais de correc- 
tion supplémentaii'es eiilraînés par les remaniements importants ou 
par l'état des manuscrits étant à la charge des auteurs (art. 66 du règle- 
ment). Les dessins doivent être remis en même temps que les manus- 
crits et exécutés de façon à pouvoir être immédiatement reproduits. 

Le Secrétaire général, gérant, 
A. UUBLilT. 



LISTE 



DES 



MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 

AU 1" FÉVRIER 1922 

Avec 1m date de leur admission 



Le nom des membres fondateurs est précédé de la lettre F, celui 
des membres donateurs est suivi des lettres M. D., celui des 
membres à vie, des lettres M. V. 

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL HONORAIRE 

1895. GiiiART (Prof. Jules), élu le 13 février 1917. 

BIBLIOTHÉCAIRE HONORAIRE 

1889. Secques (F.), élu le 23 février 1911. _ 

MEMBRES HONORAIRES 

1915. Bashford Dean, professeur de zoologie (Vertébrés), 
Cohimbia University, New- York (Etats-Unis). 

1918. BouLENGER (G. -A.), correspondant de l'Académie des 
sciences, Jardin botanique de l'Etat, à Bruxelles (Belgi- 
que). 

1921. Dubois (Alphonse), conservateur honoraire du Musée 
royal d'histoire naturelle de Bruxelles, villa « Rayon 
de soleil «, à Coxyde-Dunes (Belgique). 

1915. (liLso> (Gustave), directeur du Musée d'histoire naturelle 
de Belgique, professeur à l'Université de Louvain 
(Belgique). 

1901. Grassi, professeur d'anatoniie comparée à l'Université, 
92, via Agostino Depretis, à Rome (Italie). 

1920. Hallez (D'' Paul), professeur honoraire à l'Université, 
58, rue Jean-Bart. à Lille (Nord). 

1920. JuLiiN (Charles), membre correspondant de rAcadémic 
royale de Belgique, professeur à l'Université, L. L. D, 



vt 

(St Aii(lrcws), directeur do i' Institut d'anatomie. 
18, rue de Pitteurs, à Liège (Belgique). 

1915. Lankester (E. Ray), 44, Oakley street, Chelsca, Londres, 
S.-W., 3 (Angleterre). 

J901. Laveran (A.), meml)re de l'Institut, membre de l'Acadé- 
mie de médecine, 2o, rue du Montparnasse, à Paris (6"). 

1897. Nansrn (Fridtjof), professeur d'océanographie à l'Univer- 
sité de Christiania (Norvège). 

1915. Neumann (Georges), correspondant de l'Académie des 
sciences, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse, 
en retraite, à Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). 

1909. Perro'cito (D"" Edoardo), correspondant de l'Académie 
des sciences, do l'Académie de médecine et do la 
Société de biologie, professeur cà l'Université et à 
l'Ecole vétérinaire, 40, corso Valentino, à Turin (Italie). 

1920. Railliet (A.), membre de l'Académie de médecine, pro- 
fesseur honoraire à l'Ecole vétérinaire d'Alfort (Seine). 

1909. Sars (G. 0.), professeur à l'Université, à Christiania 
(Norvège). 

1913. Wesenberg-Llnd (Cari), directeur du Laboratoire biolo- 
gique, Slotsgade, llillorod (Danemark). 

1918. WiLSON (Edmuud B.i, jjrofcsseur de zoologie, Columbia 
University, New-York (Etats-Unis). 

1902. ZoGRAF (D'' Nicolas de), professeur à l'Université (Musée 
polytechnique), à Moscou (Russie). 

MEMBRES CORRESPONDANTS 

1(S90. HoRST (D' R.), conservateur au Musée d'histoire natu- 
relle, à Leyde (Hollande). 

1897. Slliter (C. Ph.), professeur à l'Université, à Amsterdam 
(Hollande). 

1891. Vejdovsky (Franz), professeur à rUnivcrsité de Bohême, 

à Prague (Bohême). 

MEMBRES DONATEURS DÉCÈDES (1) 

P Branicki (comte Constantin), décédé eu 1884. 

1892. Brian (Alfred), décédé en 1915. 

(1) Par une déliboration en date flu 25 janvier 1885, le Conseil a décidé de 
maintenir perpétiipllemcnt en li'tp du fîullelin la liste des membres donateurs 

déci''dé.s. 



VII 



1892. Blanchard (M'"'' R.), née Ghancel, clécédée en 1018 

F Blanchard, (prof. R.). décédé en 1919. 
1888. Cha^ckl (M"« Aline), décédée en 1889. 
1891. Chancel (M""^ Marins) décédée en 1919. 
1902. Darboux (G.), décédé en 1921. 
1888. Guerne (baron Frédéric de), décédé en 1888. 

F Hamon ville (baron d), décédé en 1899. 

F Hugo (comte Léopold), décédé en 1895. 

F Jousseaume (D"" F.), décédé en 1921. 
1904. Meillassoux (J.-B,), décédé en 1913. 
1886. ScHLUMBERGER (Cliarles), décédé en 1905. 
1876. Semallé (vicomte René de), décédé en 1894. 

F Vian (Jules), décédé en 1904. 



MEMBRES MORTS POUR LA PATRIE (1) 




1909. Garreta (Léon), sous-lieutenant au 225^ régiment d'infan- 
terie, tué dans la nuit du 23 au 24 août 1914, à Magi- 
mont, près Bouillon (Belgique). 

1914, Brément (Ernest), sergent au 51'^ d'infanterie, tué le 
21 octobre 1914, à Vienne-le-Ghàteau (Argonne). 

1914. Baume- Plu viNEL (marquis G. de la), automobiliste militaire, 
tué le 31 octobre 1911, à Hoog, près Ypres (Belgique). 

1906. Arenberg (prince Ernest d'), lieutenant au 232° d'infan- 

terie, mort le 20 mars 1915, des suites de trois bles- 
sures reçues le 21 octobre 1914, en Woëvre. 

1914. Stique (Georges), caporal au 315® d'infanterie, 5® compa- 
gnie, tué à Auberive-sur-Suippe, le 25 septembre 1915. 

1909. Benoist (René), lieutenant, disparu à Tahure, le 12 octo- 
bre 1915. 

1907. MoNTEzuMA (Gaston), capitaine aviateur-observateur, tué 

au cours d'un combat aérien au-dessus d'Aure (Cham- 
pagne), le 22 novembre 1915. 
1913. Regnard (Emile), canonnier, puis brigadier téléphoniste 
au 45® dartillerie, 2® groupe, tué à Maurepasle 18 sep- 
tembre 1916. 



(1) Par délibération du 9 mars 1915, le Conseil a décidé de maintenir perpétuel- 

leinont en t»"te (iu BiUlpt'ni les Miernlires morts pour la patrj<j, 



VIII 



MEMBRES TITULAIRES (1) 

1903. Adric (Paul), licencié ès-scieiices, château de Cornieil, 
à Fox-Amphoux (Var). 

1890. Albert 1*''" (S. A. S.), prince de Monaco (M. D.), associé 
étrang-er de l'Académie des sciences, 19, avenue du 
Président Wilsoii, à Paris (16*'). 

1889. Alltjaud (Charles), conservateur du Musée d'histoire natu- 
relle de rinstitut chérifien, avenue Mauley-Youssef, 
à Ra])at (Maroc). 

1920. AndersoiN (D'" Gh. W.), préparateur à la Faculté de méde- 

cine, 43, rue Richer, à Paris (9"). 

1921. André (Marc) (M. V.), place de l'Eglise, à Sucy-en-Brie 

(Seine-et-Oise). 
1900. Anfrie (Emile), naturaliste, 3, rue de Paris, à Lisieux 

(Calvados). 
1921. Angel (Fernand), préparateurau Muséum, 57, rue Cuvier, 

à Paris (5''). 
1905. Anthonv (D"^ Raoul), assistant au Muséum, 55, rue de 

Bufïbn, à Paris (5-). 

1919. Arambour*; (Camille), memhre de la Société géologique 

de France, 75, rue de Mostaganem, à Oran (Algérie). 

1920. Arné (Paul) licencié ès-sciences, 121, rue Judaïque, à 

Bordeaux (Gironde). 
1893. Arrkjom degli Oudi (comte), professeur à l'Université, à 

Padoue (Italie). 
1897. Artault (D"" Stéphen), 20, rue de l'Abbé-de-l'Epée, à 

Paris (S'').. 
1920. Association des anciennes élèves de l'école Edgar-Quinet, 

63, rue des Martyrs, à Paris (9*-*). 
1895. Albert (Marins), aide-naturaliste au Muséum d'histoire 

naturelle, palais de Longchamp, <àMarseille (Bouches- 

dii-Rhône). 
1920. AuBERTOT, préparateur de zoologie à la Faculté des scien- 
ces, à Strasbourg (Bas-Rhin). 
1913. AiDiGÉ, maître de conférences à la l'acuité des sciences 

de Caen, 28, rue de la Mer, à Luc ((^alvados). 

M) La Société s'est vue dans la nécessité de rayer de la liste des membres un 
certain nombre de personnes qui avaient négligé de payer leur cotisation {Arl.ii 

fin I pfj]j>mfint.). 



IX 

1911. AuRiOL (M'"" d') (M. V.), Hôtel Terminus (Gare Saint- 
Lazare), à Paris (8''). 

1921. Babault (Guy), associé du Muséum, 10, rue Camille 
Périer, à Cliatou (Seine-et-Oise). 

1920. Bagnall CBichard S.), (M. V ), director of eng'eneering 
Works, Rydal ÎMount, Blaydon on Tyne, Durham 
(Aiiiileterre). 

1920. Bartmélkmy, chef de travaux à Flnstitut zoologique de 

l'Université, 23, rue de Reims, à Strasbourg (Bas-Rhin). 
1879. Bavav (Arthur), pharmacien en chef de la marine, en 
retraite, correspondant du Muséum, 82, rueLauriston, 
à Paris (16"^). 

1921. Bayard (x\ndré), naturaliste cinématogTajjhiste, 20, ave- 

nue Aubert, à Vincennes (Seine). 

1903. Beauchamp {D" Paul Marais de) (M. V.), chargé de cours 
à la Faculté des sciences, directeur de l'Office central 
de faunistique, 6, rue Berbisey, à Dijon (Côte-d'Or). 

1899. Bedot (D'" Maurice), directeur du Musée d'histoire natu- 
relle, professeur à l'Université, à Genève (Suisse). 

1916. Bequaert (J.) (M. V.), de Gand, 172 W., 81st. street, 
New-York City N. Y. (Etats-Unis). 

1920. Berlaind (Lucien), assistant au Muséum, 30, boulevard 
St-Marcel, à Paris (o"'). 

1906. Berner (Paul), directeur de l'Ecole d'horlogerie, à La 
Chaux-de-Fonds (Suisse). 

1920. Bézagu (Capitaine Louis), 61, cours d'Aquitaine, à Bor- 
deaux (Gironde^ 

1S89. Bibliothèque de l'Université, à Grenoble (Isère). 

1892. BiBMOTHÈQUE de l'Université, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 

1892. Bibliothèque du Musée des Invertébrés, 19, via Bomana, 
à Florence (Italie). 

1920. BiHLiOTHÈQUK puidique, 20, Souk el Attarin, à Tunis. 

1884. BiGNOis (M"® Fanny), docteur ès-sciences, 61 , rue Claude- 
Bernard, cà Paris (5®). 

1920. Billard (iVrmand), professeur à la Faculté des sciences 
de Poitiers (Vienne). 

1909. BiLLiARD (G.) (M. V.), assistant de bactériolog'ie à la fon- 
dation ophthalmologique A. de Bothschild, 22, rue 
Manin, cà Paris (19'). 

1906. Blaizot (Ludovic). 150. avenue (hi Maine, à Paris (li''). 



1891. Blinc (Edouard) (M. V.)» explorateur, à la Société de 
géographie, 184, l)oulevard St-Geniiain, à Paris (6''). 
lî)09. Blanc (D"" Georges), à Flustitut Pasteur hellénique, à 
Athènes (Grèce). 

1919. Blanch.vrd-Chancel (Camille), 11, rue de la l\épubli({Uo 

à St-Germain en Laye (Seine-et-Oise). 

1883. Bolivar (Ignacio), professeur d'entomologie à l'Univer- 
sité, 17, paseo del Obelisco, à Madrid (Espagne). 

1882. Bonaparte (prince Boland) (M. D.), membre de l'Insti- 
tut, 10, avenue d'Iéna, à Paris (IG'). 

1903. Bonnet (Amédée) (M. D.), chargé de cours à la Faculté 

des sciences, bibliothécaire-archivistc-conservateur de 
la Société linnéenne, I. <]uai de la Guillotière, à Lyon 
(Bhone). 

1904. Borcéa (loan), docteur ès-sciences, professeur à l'Univer- 

sité, à Jassy (Houmanic). 
1906. Bordas (D' L.), professeur à la l'acuité des sciences, à 
Bennes (Ille-et-Vilaine). 

1920. HouNouRE, maitrc de conférences de ])iologie générale à 

la Faculté des sciences de Strasbourg (Bas-Bhin). 

1807. Boutan (D' Louis), professeur de zoologie à la Faculté 
des sciences de l'Université, à Bordeaux (Gironde). 

1890. Bouvier (E. L.), membre de Flnstitut, professeur au 
Muséuui d'histoire naturelle, 14, avenue Voltaire, à 
Maisoiis-Laffitte (Seine-et-Oise). 

1914. BouvRAiN (Georges)» licencié ès-sciences naturelles, pré- 
parateur à la Faculté des sciences, 33 bis, avenue 
Beille, à Paris (14"). 

1889. Bramcki (comte Xavier) (M. V.), 10. rue VViejska, à 'Var- 
sovie (Pologne). 

1920. Brian (Alessandro), o, corso Firenze, à Gènes (Italie). 

1894. Brolemann (Henri) (M. V.), boite n» 22, à Pau (Basses- 
Pyrénées). 

1896. Brlmpt (D"" Emile) (M. V.), docteur ès-sciences, membre 
de l'Académie de médecine, professeur à la Faculté de 
médecine, 15, rue de l'Ecole de médecine, à Paris (6*^). 

1905. Buen (Odôn de) (M. D.), sénateur, professeur à l'Univer- 

sité de INIadrid, directeur du Laboratoire de biologie 
marine des Baléares à Palma-de-Mallorca et de la sta- 
tion de Malaga, Lagasca 116, à Madrid (Espagne). 



XI 

1904. BuGNioN (D'' Edouard), professeur honoraire d'anatomie 
humaine et d'embryologie à FUniversité de Lausanne, 
la Luciole, Aix-en-Provence (Bouclies-du-Rhône). 
F Bureau (D'' Louis) (M. V.), directeur du Musée, profes- 
seur à l'Ecole de médecine, 15, rue Grasset, à Nantes 
(Loire-Inférieure). 

1920. BuRR (Adolphe), conservateur adjoint du Musée zoologi- 

c^ue de l'Université et de la ville, 29, boulevard de 
la Victoire, à Strasbourg- (Bas-Rhin). 

1921. Cabanis (Jean), élève à l'Ecole centrale, 5, rue Ballu, à 

Paris (9''). 
1902. Calvet (Louis), professeur à la Faculté des sciences de 
Glermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 

1902. Carié (Paul) (M. D.), correspondant du Muséum, 40, 

boulevard de Courcelles, à Paris (17''). 

1919. Castellanos (Prof. Israël), Villanueva, 3, Jésus del 
Monte, Habana (Cuba). 

1919. Cathelln (D'" P.), chirurgien en chef de l'hôpital d'urolo- 
gie, 21, avenue Pierre P'" de Serbie, à Paris (16®). 

1909. Gaullkry (Maurice), professeur de zoolog-ie, évolution 
des êtres organisés, à la Sorbonne, 6, rue Mizon, à 
Paris (15«). 

1903. Caziot (commandant E.), 24, quai Luncl, à Nice (Alpes- 

Maritimes). 
1914. Cépède (Casimir), docteur ès-sciences, préparateur à la 

Faculté des sciences, 30, avenue Reille, à Paris (14*'). 
1919. Chabanaud (Paul) (M. V.), Correspondant du Muséum, 12, 

rue de Condé^ à Paris (6''). 

1922. Champy (Ch.), professeur agrégé d'histologie à la Faculté 

de médecine, à Paris (6*^). 

1906. Chappellier (A.), docteur ès-sciences, ingénieur agro- 
nome, 80, boulevard St-Germain, à Paris (5«). 

190i. Chatton (Edouard), maître de conférences, à l'Institut 
de biologie générale, à l'Université de Strasbourg 
(Bas-Rhin). 

1919. Chevey (Pierre), licencié ès-sciences naturelles, prépara- 
teur à la Faculté des sciences, à Clermont-Ferrand 
(Puy-de-Dôme). 

1884. Chevreux (Edouard) (M. D.), route du Cap, à Bône, 
(Algérie) . 



xu 

1899. Chouaut (D'" A.), 3, rue CliauHard, à Aviguon (Vaiicluse). 
1907. Choi'aru (Lucien), docteur ès-sciences naturelles, 2, square 

Arago, à Paris (13''). 
1912. GiucA, médecin- vétérinaire, à l'Université, à Uel^rade 

(Serbie). 
1912. CoHMLLOT (D'" Charles), 39, rue Gazan, à Paris (li"). 
1887, Gos.MOViC[ (D"" Léon (].), professeur à T Université, 

11, strada Codrescu, à Jassy (Roumanie). 

1900. (louTiKRE (1)' II .), membre de l'Académie de médecine, 

professeur à la Faculté de pharmacie, 20, rue (h' Toui- 

non, à Paris (6'). 
1900. Dalmon (D' Henri), à Uourron-Marlotte (Seine-et-Marne). 
1921. Damas (Désiré), professeur de zoologie à la Facidté des 

sciences, institut zoologique, cjuai Edouard van Be.ne- 

den, h Liège (Helgi({uej. 
1904. Dambeza (M. V.), avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de 

cassation, o, rue de Villersexel, à Paris (7"). 
1920. Dartmouth colli:(;e library, llanover, New Hampshire 

(Etats-Unis). 
1884. Daltzenberg (Philippe iM. D.), 209, rue de l'Université, 

à Paris (7"). 
1898, Davkmkre (D"' Emile), licencié ès-sciences, 36, boulevard 

de La Tour-Maulxturg, à Paris (7«). 
1904. Debreuil (Charles), avocat à la Cour d'appel, 2o, rue de 

Châteaudun, à Paris (9"). 

1918. Dehorne (iM"'" Lucienne) (M. V.), docteur ès-sciences 

naturelles, préparateur de la Station biologique de 
Hoscotl", 344, rue Saint-Jacques, à Paris (o*"). 
1î>20. Delacol'r ^Jean) (M. D.i, «liAteau de Clercs (Seine- 
Inférieure). 

1919. Dklamarrk de Monchaix (Comte), (M. D.), membre cor- 

rcspond.Mit de l'Académie d'agriculture, conservateur 
au Musée d'histoire naturelle de lilois, président de 
la section d'aviculture de la Société des agriculteurs de 
France, chAteau de Troussay, par Cour-Cheverny, 
(Loir et-Cher), et 6, rue de Bellechasse, à Paris (7<:). 

1910. Delurmè (Georges), licencié ès-sciences, censeur des étu- 
des à l'Ecole commerciale, 39, avenue Trudaine, à 
Paris (9'"). . 

191(). Delphy (Jean), docteur ès-sciences, chef de travaux au 



XIII 

Laboratoire maritime do Tatiliou, par Saint-Vaast-la- 
Hougue (Manche). 

1870. Dkmaisois (Louis), archiviste, 12, boulevard Raspail, à 
Paris {7«). 

192L Denier (Pierre), 3λ, l)oulcv;ird de la Bépublique, à (Uia- 
ville (Seine-et-Oise). 

192L Denis (Robert) agrégé des sciences naturelles, prépara- 
teur au laboratoire de zoologie de la Faculté des scien- 
ces, à Montpellier (Hérault). 

192L Deschieins (D' Robert), 15, avenue Kléber, à Paris (16'). 

1911. Despax (R.), 30, avenue de Muret, à Toulouse (Haute- 

Garonne). 
1922. DiTLEvsEN (professeur Hjalmar), zoologisk Muséum, 2^*^" 

Afd., à Copenhague (Danemark). 
1921. DiwANY (Hassan-Fouad), docteur en médecine, docteur 

 ès-sciences, 59, avenue de Suffren, à Paris (1"). 
1892. DoLLFUS (Gustave) (M. V.), 45, rue de Chabrol, à 

Paris (10"). 
1913. DoLLFUS ^Marc-Adrien), 6, rond-point de Longehamp, à 

Paris (16''). 

1912. DoLLFUS (Robert), licencié ès-sciences naturelles, 45, rue 

de Chabrol, à Paris (lO"). 
1897. DoMET DE VoRGES (Albert), licencié ès-sciences naturelles, 

à Paray-le-Monial (Saone-et-Loire). 
1877. DouviLLÉ (H.), membre de l'Institut, professeur à l'Ecole 

des mines, 207, boulevard Saint-Germain, à Paris (7'"). 
1897. DuHOSCQ J)'' 0.), professeur de zoologie à la Faculté des 

sciences, 24, rue Marcel-de-Serres, à Montpellier 

(Hérault). 
1921. DuLAC (A.), secrétaire-adjoint de la Société d'histoire 

naturelle d'Autun, 53, rue de Dijon, au Creusot (Saône- 

et-Loire). 
1902. Dyé (D^- Léon) (M. V.), 123, avenue de Wagram, à 

Paris (17'^). 
1905. Fage (Louis) (M. V.), docteur ès-sciences, assistant de 

zoologie au Muséum d'histoire naturelle, 61, rue de 

Buiïbn, à Paris (5«). 
1907. Falguière (Willie), directeur de l'école Carnot, à Colom- 
bes (Seine). 



XIV 

1908. Falré-Frejiiet (Eiiunanuel), préparateur au Collège de 

France, 46, rue des Ecoles, à Paris (5"'). 
1884. Faurot (D' Lionel) (M. V.), 10, chemin de Eorette, à 

St-Genis-Laval (Ulione). 
1917, Fauvel (Pierre), professeur à la Faculté liljre, 12, rue 

du Pin, à Angers (Maine-et-Loire). 
1921. F'leutiaux, niendjre de la Société entoniologique de 

France, 6, avenue Suzanne, à Nogent-sur-JMarne 

(Seine). 
1895. FocKEU (D' Henri), professeur à la Faculté de médecine, 

13, place Philippe- Le] )on, à Lille (Nord). 
192L FouBERT (Lucien), 9, rue Péçlet, à Paris (15'^). 
1921. FouBERT (Pierre), externe des hôpitaux, 9, rue Péclet, à 

Paris (15'=). 
1897. Freyssinge (Louis), (M. V.) licencié ès-sciences, pharma- 
cien, 9, rue Parrot, à Paris (12"). 

1909. FusET-TuBiA (José), docteur ès-sciences naturelles, pro- 

fesseur de zoologie générale à l'Université, à Barcelone 
(Espagne). 

1881. Gadeau de Kerville (Henri) (M. D.), correspondant du 
ministère de l'Instruction puhliipie et du Muséum, 
7, rue du Passage-Dupont, é'i Rouen (Seine-Infériepre). 

1920. Gaillard (Claude), docteur ès-sciences, directeur du 
Musée d'histoire naturelle, 28, boulevard des Belges, 
à Lyon (Rhône). 

1917. Garin (D"" Charles), professeur agrégé à la F'aculté de 
médecine, 59, rue Pierre Corneille, à Lyon (Rhône). 

1880. Garman (Samuel), assistant of Ichthyology and Herpe- 
tology at the Muséum of Comi^arative Zoology, at 
Harvard Collège, (Jaml>ri(lge, Mass. (Etats-Unis). 

1895. Gaulle (Jules de), 41, rue de Vaugirard, à Paris (6"). 

1879. Gazag.naire (Joseph), 29, rue Félix-Faure, à Cannes (Al- 
pes-Maritimes). 

1907. Gedoelst (Louis), professeur à l'Ecole vétérinaire, rue 
Meyerbeer, à Bruxelles (Belgique). 

1899. Gegrgevitch (Jivoïn), professeur de zoologie et d'ana- 

tomie comparée à l'Université, 16, rue Dobratchina, à j 
Belgrade (Serbie). 1 

1905. Germain (Louis), docteur ès-sciences, assistant au Mu- " 
séum, 120, rue de Tolbiac, à Paris (13''). 



XV 

11)20. GiVENCHY (Paul de), 84, rue de Rennes, à Paris (6"). 

1906. Glandaz (Albert), greffier en chef au tribunal de com- 
merce, 43, boulevard Lannes, à Paris (16''). 

1920. Grasse, chef de travaux à l'Ecole d'agriculture, à Mont- 
pellier (Hérault). 

1902. Gréban (M. V.), notaire, rue de Paris, à Saiut-Germain- 
en-Laye (Seine-et-Oise). 

1891. Gruvel (A.), professeur au Muséum d'histoire naturelle, 
directeur des pêcheries de la côte occidentale d'Afri- 
que, 66, rue Claude-Bernard, à Paris (5"). 

1920. GuÉGAN (Paul), pharmacien-chimiste, chef de travaux de 

chimie à l'École de médecine et de pharmacie, 20, rue 
de Vaucelles, à Caen (Calvados). 

1900. GuériiN-Ganivet (J.), docteur ès-sciences, villa « Sanouva », 
avenue du Nid d'Aigle, à Royan (Charente-Inférieure). 

1880. GuERNK (baron Jules de) (M. D.), 6, rue de Tournon, à 
Paris (6*^). 

1895. GuiART (D'" Jules) (M. D.), docteur ès-sciences, correspon- 
dant de l'Académie de médecine, professeur à la 
Faculté de médecine, 58, boulevard de la Croix- 
Rousse, à Lyon (Rhône). 

1900. HaaiGiNville (baron d') (M. V.), au château de Manonville, 
par Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle). 

1921. Harant (Hervé), licencié ès-sciences, 7, rue des Ateliers, 

à Montpellier (Hérault). 
1913. Havre (chevalier G. van), Wyneghem, province d'Anvers 

(Belgique). 
1920. Henneguy (L.-F.), membre de l'Institut, professeur au 

Collège de France, 9, rue Thénard, à Paris (5**). 
1902. Henry, professeur à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine). 
1886. Hérouard (Edgard) (M. V.), professeur à l'Université, 

sous-directeur du laboratoire de Roscoff, 9, rue de 

l'Eperon, à Paris [6"). 
1900. Hérubel (Marcel), docteur ès-sciences, membre de l'Aca- 
démie de marine, préparateur à la Sorbonne, 112, rue 

Monge, à Paris (o^). 

1920. Hesse, maître de conférences à la Faculté des sciences de 

Rennes (Ille-et- Vilaine). 

1921. HiNDLE (professeur Edward), Biological departmcnt, à 

l'Ecole de médecine, au Caire (Egypte). 



XVI 



1920. HouLUERT, professoui' de zoologi-e ;i l'Université, 10, rue 

Bois-Rondel, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 
1896. HoussAYE (Emile), pharmacien de TAssistance pul>li(]ue, 

1, rue Boutebrie, à Paris (5«). 
1907. IcHEs (Lucien) (M. V.), <><) '^-'^S ''«e Tliiers, à Villeneuve-le- 

Roi (Seine-et-Oise). 
190r). Innès-Bey(D' Walter Francis), (>, square llalem- Pacha, 

Esbekieh, Le Caire (Egypte). 
1920. Jakubisiak, licencié ès-scieuces, 20 ])is, rue Censier, à 

Paris (5'). 
1895. Jammes (D'' L.), professeur à la l^'aculté des sciences, 

(3, place Saiiil-Sernin, à Toulouse (Haute-Garonne). 
1890. Janet (Charles) (M. D), docteur ès-scienccs, ingénieur 

des arts et manulactures, villa des Roses, Voisinlieu, 

par Allonne (Oise). 
I9LL .Ieannel(L)' René) (M. V.), professeur universitaire, scnis- 

directeur do l'Institut de spéoloiiie, à (Jluj (Roumanie). 
1917. JoLEAUD (L.), maître de conférences à la Faculté des 

sciences, 143, lioulevard St-MicheL A Paris (o*-"). 
1882. JouBiN (D"" Louis) (M. V.), menil)re de l'Institut, professeur 

au Muséum d'histoire naturelle, 21, rue de l'Odéon, 

à Paris (()''). 
1920. .loYEUx (1)'), professeur agrégé à la Faculté de médecine, 

(), rue Toidlicr, à Paris (5'^). 
1900. JiuMENTiÉ (U' Joseph), 141, avenue Victor-Hugo, à 

Paris (16''). 

1920. Keilin, docteur ès-sciences, assistant à l'Université, Quick 

lal)oratory, New ^hlseum, Cambridge (Angleterre). 

1888. Kerhervé (J.-B. de), (M. V.) licencié ès-sciences naturelles, 
à Lacres, par Samer (Pas-de-Calais). 

1894. K(f:HLER (U"" René), professeur à l'Université, 29, rue 
Guilloud, à Lyon (Rhône). 

1909. KoLLMANN (Max), agrégé, maître de conférences à l'Uni- 
versité, à Toulouse (Haute-Garonne). 

1921. KoMYAKOFF (M. "V), ferme du Lieu Grouard, Reaumont-en- 

Auge (Calvados). 
1920. Krempf (Armand) (M. V.), directeur de la section de la 
mer et des pêcheries au cap Saint-Jacques, directeur 
de l'Institut scientifique de l'Indo-Ghine, à Saigon 
(Indo-Chine). 



XVII 

1881. KûNSTLER (Jules), professeur ù l'Université, à Bordeaux 
(Gironde). 

1891. Laubk (D'" Alphonse), docteur es sciences, directeur de 

l'enseignement supérieur du Muséum, professeur à 
l'Ecole de médecine, directeur du laboratoire maritime 
duGroisic, 18, quai Fosse, cà Nantes (Loire-Inférieure). 

1903. Laboratouie de malacologie du Muséum d'histoire natu- 

relle, o5, rue de Bufion, à Paris (0"=). 

1892. Laboratoire de zoologie de l'Université, à Nancy (Meurthe- 

et-Moselle). 
1921. Laboratoire de zoologie de l'Université, à la Sorbonne, à 

Paris (5^). 
1917. Lameere (Auguste), correspoiidaut de TAcadémie des 

sciences, professeur de zoologie à l'Université, 74, rue 

Defacqz, à Bruxelles (Belgique). 

1904. Lamy (Edouard), assistant de malacologie au Muséum, 

36, rue Daubenton, cà Paris (S''). 
1904. Landrieu (D^" Marcel), directeur départemental des services 
d'hygiène et de l'Institut bactériologique de la Moselle, 
17, rue de la Vacquinière à Montigny-lès-Metz 
(Moselle). 

1920. Lantz (L.-A.), blanchisserie de ïliaon, à Villefranche- 

sur-Saône (Rhône). 
1883. Larcher (D'' Oscar), membre de la Société de biologie, 
97, rue de Passy, à Paris (16*^). 

1921. La Rochefoucauld (Olivier de), membre du Gonseil de la 

Fédération nationale des Sociétés d'aviculture de 
France et de la Société d'aviculture de France, secré- 
taire de la section d'aviculture de la Société des agri- 
culteurs de France, 4, avenue de la Mottc-Pi(|uet, à 
Paris (7''). 

1920. Larrousse ( D'), attaché au laboratoire de parasitologie de 
la Faculté de médecine, 3, place Saint-Michel, à 
Paris (o«). 

1920. Lavallée (Alphonse), licencié ès-sciences, 49, rue de 
Naples, à Paris (8«). 

1909. Lavaude.n (Louis)^ inspecteur-adjoint des eaux et forets, 
villa «■ Jouvence » 12, rue do Gronstadt, à Tunis. 

1914. La Vallx ((bonite R. de) (M. V.j, docteur ès-sciences 
naturelles, 2, avenue de Villars, à Paris (7'). 

II 



XVIII 

1920. Lavier (L)'), préparateur à la Faculté de méclccinc, 7, 
' rue Corneille, à Paris (6'"). 

190G. Lebailly (D'' Charles), 68, rue Saint-.Martin, à Caeu (Cal- 
vados). 

1921. Le Ch.\rles (Louis-Gal)riel), dessinateur d'histoire natu- 

relle, 40, rue de Turenne, à Paris (i**). 

1907. Le Danois (Edouard), naturaliste du service scientifique 

des pèches maritimes, au laborat(îire de Concarneau 

(Finistère). 
1910. Lepeschkine (Woldemar), vice-président de la section 

ichthyologique delà Société d'acclimatation, Piatnitz- 

kaya, o6, à Moscou (Russie). 
1920. LesiNE (P.), assistant au Muséum, 05, rue de Uutibn, à 

Paris (o"). 
1920. Lévy (Robert), agrégé, maitre de conférences à LFcole 

normale supérieure, 9(), boulevard du Montparnasse, 

à Paris (14'). 
1891. LidiMÈuEs (Joseph) M. V.), correspondant de l'Académie 

de médecine, ancien professeur, directeur de l'Institut 

de bactériologie, o82, Bartlioh)nie Mitre, à Ruenos- 

Aires (République Argentine). 

1908. Lioiivn.LH: (l)' Jac(pies), directeur de l'Institut scientifique 

cliérilien, à Rabat (Maroc). 
1916. Loi'i'É (D"" Etienne), directeur des musées Lafaille et 
Fleurieau, 56, rue Chaudrieu, à La Rochelle (Cha- 
rente-Inférieure). 

1886. Magne (Alexandre) (M. D.i, 37, rue Etienne-Marcel, à 

Pantin (Seine). 

1919. Magnin, agent de la Société, bibliothécaire de la Société 

entomologique de France, 7, rue Honoré Chevalier, à 

Paris (6'^). 
1897. Malaquin (D"" A.), professeur de zoologie générale et 

appliquée à la Faculté des sciences, 159, rue Rrùle- 

Maison, à Lille (Nord). 
1884. Man (D'' J.-G. de), à lerseke, Zélande (Hollande). 

1887. Marchal (Paul), membre de l'Institut, directeur de la 

Station entomologique de Paris, professeur de zoologie 
à rinstitut national agronomique, 45, rue de Verrières, 
à Antony (Seine). 

1920, Martinez (Gonzales), mend^re de l'Institut de médecine 



XIX 



1921. 
1911. 

1919. 

1920. 

1920. 
1920. 

1915. 

1919. 

1921. 
1913. 

1897. 

1912. 



1892. 
1921. 

1919. 

1892. 
1913. 
1920. 

1888. 
1891. 

1896. 



tropicale et (['hygiène, 65, rue Allen, à San Juan de 

Poi'to-Rico (Porto-Rico) et 2, rue Cîustave Zédé, à 

Paris (16''). 
■Mathias (P.), agrégé de l'Université, 27, rue de FAbbé 

Grég-oire, à Paris (6'). 
Mathis (Constant), médecin principal, directeur local de la 

santé du Cambodge, Phnom-Penh (Cambodge). 
Mawas (D'" .Jacques), chef de service à la fondation 

Rothschild, lil, boulevard St-Michel, à Paris (S''). 
Mazeran (Pierre), préparateur à la Faculté des sciences, 

137, rue Sully, à Lyon (Rhône). 
Menier (Jacques), 61, rue de Monceau, à Paris '8'). 
Mercier (L.), professeur de zoologie à la Faculté des 

sciences, à Caen (Calvados). 
Mesnil (Félix), membre de l'Institut, professeur à l'Insti- 
tut Pasteur, 21, rue Ernest-Renan, à Paris (15^). 
MiGOT (D"" André), licencié ès-sciences, préparateur à la 

Sorbonne, 12, rue du Pôle Nord, à Paris (18'^). 
MiLLOT, licencié ès-sciences, 14, cité Vaneau, à Paris (7''). 
MoNTi (M'"'' Rina), professeur de zoologie et d'auatomie 

comparée à l'Université, à Pavie (Italie). 
Moreau (D'' Louis), 11, place de la République, à Epernay 

(Marne). 
MoREiRA (Carlos), chef du laboratoire d'entomologie agri- 
cole du Muséum national, 26, rue Sta. Clara, Copaca- 

bana, à Rio-de-Janeiro (Rrésil). 
Moulé (Léon), 33, avenue Herbillon, à St-Mandé (Seine). 
MouLLET (A.), chirurgien-dentiste, 282, rue de Vaugi- 

rard, à Paris (IS*"). 
MouRGUE (Marcel), 36, rue Ferrari, à Marseille (Rou- 

chesclu-Rhône). 
Musée d'histoire naturelle^ à Genève (Suisse). 
Musée national de Montevideo (Uruguay). 
Muséum d'histoire naturelle, à Nîmes (Gard), 
Nadar (Paul), photographe, 51, rue d'Anjou, à Paris (8°). 
Nerville (Ferdinand de), ingénieur des télégraphes, 59, 

rue de Ponthieu, à Paris (8"). 
Neveu-Lemaire(D'^ Maurice), professeur agrégé des Facultés 
de médecine, chef de travaux de parasitologie à la 




}/0 

4xJ tIBR AS 



IX 



Faculté (Ir inédeciiio, 9, rue de la Montagne Saiiite- 

Geiieviève, à Paris (5''). 
1903. NiDKiLK (Maurice) (M. V.), député de la Seiae-Inférieure, 

9, rue des Arsius, à lîouen (Seine-Inférieure). 
187(). OiiERTniui (Charles), imprimeur, à Tiennes (llle-et- 

Vilaine). 
1913. ()BEHTHim(l)' Henri) iM. V.i,46, rucMolitor, à Paris (16«). 

1913. Uhekthur(D'' Joseph) (M. V.), 46, rue Molitor, à Paris (16«). 
1896. Oka (l)"^ Asajiro), au lahoratoirc de zoologie de la Koto 

Shihan Gakko (Ecole normale supérieure), à Tokio 
(Japon). 

1907. (Jsoiuo (Balthazar), à l'Ecole pol\ technifpu', à Lisbonne 
(Portugal). 

1920. OtiiOiMDKs (Constantin), étudiant en médecine, 16, rue do 
Birague, à i*aris (i'^). 

1905. Paris (Paul), docteur ès-sciences, préparateur à la 
Faculté des sciences, à Dijon (C<Me d'Or). 

J8S4. Pavlov (M""" Marie), l)olg()rouk<>vsky pereoulok, Univer- 
sité, à Moscou (Russie). 

1900. Pki.lkghi.n (D'^Jacques) (M. V.), docteur ès-sciences, assistant 
(l"herj)étologie au Muséum d'histoire naturelle, 1, rue 
Vau<pielin, à l^u'is (5'). 

1920. Pelossk (Marc), agrégé des sciences naturelles, chargé de 
cours de la Faculté des sciences, 43, rue de La Bourse, 
à Lyon ( Bhône). 
F PeniNetier (1)"" Georges), directeur (\u Musée d'histoire 
naturelle, professeur à l'Ecole de médecine, impasse 
de la Corderie, Mont-Saint-Aigiian-lès-Rouen (Seine- 
Inférieure). 

1914. Pérari) (Charles), vétérinaire sanitaire de la Seine, 106, 

rue <le Brancion, à Paris (lo*^). 
1905. Pehez (Charles), professeur à la Faculté des sciences, 

à la Sorbonne à Paris Ç6^). 
1920. Perrin (Albert), docteur en juédecine, à Etoges (Marne). 
1909. Perroncito (1)' Aldo), professeur à l'Université. Cagliari 

(Italie). 
F Peiit (Louis) aùié iM. D.i, naluralistc, 48-, boulevard de 

Strasbourg, à Paris (10'). 
1920. Pézard (Albert), professeur à l'Ecole normale de St-CIoud 

77 //is, rue Michel-Ange, à Paris (16*'). 



XXI 



1913. PmsALix (M""^^) (M. V.j, doctoiii- ès-scieuces, doctcLir en 

niédocmc, 62, boulevard Samfc-Germain, à Paris (5®). 
1893. Pic (Maurice) (M. V.), correspondant du Muséum, Les 
Guerreaux, par Saint-x\g-nan (Saône-et-Loire). 

1914. Picard (François) (M. V.), maître de conférences à la 

Faculté des sciences, 3 rue d'Uim, à Paris (5"). 

1912. PicQuÉ (D'" Robert), médecin principal de l'année, pro- 
fesseur à la Faculté de médecine de Bordeaux, 
39, cours Merlin, à Talence (Gironde). 

1879. PiERSON (Henri) (M. V.), 3, rue Monmartel, à Brunoy 
(Seine-et-Oise). 

1900. PiNoy (D'' Ernest), médecin chef du dispensaire prophy- 

lactique, chef du service de botanicpie à l'Institut scien- 
titique chérifien, à Ra])at (Maroc). 

1901. PizoN (Antoine), docteur ès-sciences naturelles, profes- 

seur au lycée Janson-de-Sailly, 92, rue de la Pompe, 
à Paris (lô'^). 

1902. PoLAiLLOx (D"" Henri), 10, avenue de Messine, à Paris (8^). 

1921. Prenant (A.), membre de l'Académie de médecine, pro- 
fesseur d'histolog-ie à la Faculté de médecine, 6, rue 
Touiller, à Paris (5'*). 

1921. Prenant (Marcel), agrégé préparateur à l'Ecole normale 
supérieure, 45, rue d'Ulm, à Paris (5''). 

1895. Pruvot (Georges), directeur du laboratoire Arago, à 
Banyuls-sur-mer (Pyrénées-Orientales), professeur 
d'anatomie comparée, à la Sorbonne, à Paris (S*"). 

1907. QuiDOR (Auguste 1, docteur ès-sciences, 82, rue Michel- 
Ange, à Paris (16"). 

1914. Rabaul» (Etienne) (M. D.), professeur à la Sorbonne, 
3, rue Vanquelin, à Paris (5*^). 

1893. Racovitza (Emile-G.) (M. V.), [)rofesseur universitaire, 
directeur de l'Institut de spéologie, boîte postale n° 158, 
à Cluj (Roumanie),, 

1906. Raspail (M""" Xavier) (M. D.), à Gouvieux (Oise). 

1886. Raspail (Xavier), correspondant du ministère de l'ins- 

truclion publique, à Gouvieux (Oise). 

1887. Richard (L)'' Jules), directeur du Musée océanographique, 

à Monaco. 
1877. RicHET (!)■■ Charles), meml)re de l'Institut, professeur à 
l'Fniversité, 15, rue de l'ITniversité, à Paris (7«), 



1897. Robert (xUlrieu) (M. V.), clief de travaux à la Sorboime, 

95, rue de Seine, à Paris (6"'). 
1893. RocHÉ (Georges), docteur ès-sciences, 4, rue Dante, à 

Paris (5°). 

1920. RocHOiN-DuvRiNEAUD (D'), ophtlialmologiste de l'hôpital 

Laënnec, 31, avenue Victor-Hugo, à Paris (16'^). 
1888. RoLLiNAT (Raymond) (M. D.), correspondant du Muséum, 
à Argenton (Indre). 

1921. RosK, agrégé de l'Université, professeur au prytanée mili- 

taire, à la Flèche (Sarthe). 
F Rothschild (baron Edmond de) (M. D.), 19, rue Laffitte, à 

Paris (9«). 
1895. Roule (D'' Louis), professeur d'herpétologie au Muséum 

d'histoire naturelle, 8, rue de Rulibn, à Paris (5"). 
1920. RoussKL, chef de bureau à la Cie. de l'Est, 29, rue 

des Régonias, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

1922. Roy (Jean), licencié ès-sciences naturelles, 7, rue Cazotte, 

à Dijon ((^ôte-d'Or). 
190G. RoYER (D' Maurice) (M. V.), 33, rue des Granges, Moret- 
sur-Loing (Seine-et-Marne). 

1919. S.\LM (Colonel docteur), inspecteur du service de santé 

civil de la résidence, à Kediri, Java (Indes néerlan- 
daises). 

1920. Salmon (Julien), docteur en médecine, docteur ès-sciences, 

professeur au lycée de St-Omer (Pas-de-Calais). 
1920. Sancmez y Sanciik/, (Manuel), docteur ès-sciences, labora- 

toi'io del D' Cajal, 13, paseo de Atocha, cà Madrid 

(Espagne). 
1902. Savouré (P.), licencié ès-sciences naturelles, chargé de 

travaux pratiques à la Faculté des sciences, 7 bis, 

impasse Sainte-Marie, à Rennes (lUe-et- Vilaine). 
1920. Schi:rdlin (Paul), (M. V.) conservateur adjoint du Musée 

zoologique de l'Université et de la ville, 3, rue Daniel 

llirtz, à Strasbourg (Bas-Rhin). 
1909. Schlegel (Christian), agrégé, professeur au lycée, 

4, cours de l'Abbaye, à Vendôme (Loir-et-Cher). 

1920. Schlesch (llans), cand. pharm., Seydesfjarder Apotek, 

Seydisfjord (Islande). 

1921. ScHURMAN, professeur de zoologie agricole à l'Institut 

d'asrronomie de Montevideo (Uruguav). 



SXIII 

1889. Secoues (François) (M. D.), pharmacien do 1''^ classe, 
14, rue Saint-Lonis-on-1'Ile, à' Paris (4"). 

lois. Secretario de agricûltura y fomento, direcciôn de estu- 
dios biolôgicos, Balderas, 94, à Mexico (Mexique). 

J902. Semichon (Louis) (M. V.), docteur ès-sciences, préparateur 
au Muséum, 4, rue Honoré-Chevalier, à Paris (6'^). 

1920. Senevet, de l'Institut Pasteur, 43, rue Edmond Adam, à 
Alger. 

1876. Shelley (captain (jeorge-Ernest) (M. V.), 7, Princes 
street, Gavendish square, à Londres, W. (Angleterre). 
F. SiMOiN (Eug.), correspondant de l'Académie des sciences, 
16, villa Saïd, à Paris (16^). 

1905. SiRVENT (Louis) (M. V.), assistant au Musée océanogra- 
phique, à Monaco. 

1899. Société scientifique et Station zoologique d'Arcachon, à 
Arcachon (Gironde). 

1911. SoLLAUD (E.), agrégé, préparateur du laboratoire de 
Wimereux (Pas-de-Calais), 95, Grande-Rue, à Besan- 
çon (Doubs). 

1920. Stehelin (Georges), 22, rue des Vignes, à Paris (16^^). 

1920. Stehelin (Jean), 22, rue des Vignes, à Paris (16"). 

1920. Stehelin (Pierre), 13, rue du Tilleul, à Mulhouse (Haut- 

Rhin). 
1921 Sterianos, étudiant en médecine, 54, rue Monge, à Paris 

1921. Strohl (Jean), professeur à l'Université, 50, Kopfsteig, à 

Zurich (Suisse). 

1889. Studer (D'" Th.), professeur <à l'Université, directeur du 
Musée, rue des Orphelins, à Berne (Suisse). 

1920. SuMCOUF, (baron J.) chef de travaux de zoologie au labo- 
ratoire colonial, 55, rue de Butfon, à Paris (5'). 

1911. Texier (Georges^ à Luçon (Vendée). 

1896. Thézée (D"" Henri), professeur à l'Ecole de médecine, 
70, rue de Paris, à Angers (Maine-et-Loire). 

1887. Topsent (Emile), correspondant du Muséum, professeur 
de zoologie et d'anatomie comparée à l'Université, 
Institut zoologique, à Stras])Ourg (Bas-Rhin). 

1878. TouRNEUx (D"" Frédéric), professeur à l'Université, 14, rue 
Sainte-Philomène, à Toulouse (Haute-Garonne). 

1887. Trapet, pharmacien-major de 1'"'* classe en retraite, à 



XXIV 



Ispoure, par Saint-Jean-Pied-de-Port (Basses-Pyré- 
nées). 

1895. Trouessaht (D'" Edouard), professeur au Muséum d'his- 
toire naturelle, 57, rue Cuvier, à Paris (5*^). 

1921. TuRCHiNi (Jean), docteur en médecine, licencié ès-scien- 
ces, préj)arateur à la Faculté de médecine, 78, rue des 
Saints-Pères, à Paris (7''). 

1917. Vandei. (All>ert) (M. V.), préparateiu' à la Sorbonne, 
7, boulevard Saint-Michel, à Paris, (5"). 

1903. Vaney (G.), maître de conférences à la Faculté des 
sciences, à Lyon (Rhùne). 

1921. Vayssière (Paul), directeur.de station entomologique, 

16, rue Claude-Bernard, à f*aris (5'"). 
1920. Verne (D*" Jean), docteur ès-sciences, préparateur à la 

Faculté de médecine, 82, rue Bonaparte, à Paris (6"). 
187G. Vian (Paul), notaire, 9, rue Boissy-d'Anglas, à Paris (8''). 
1894. Vir.NAL (Louis), 28, avenue Duquesne, à Paris (7*). 
1912. ViGNOis (Paul), docteur ès-sciences, 9, boulevard Latour- 

Maubourg, à Paris (7*). 
1903. Vlés (Frcd) (M. V.), docteur ès-sciences, chargé de 

cours à l'Université 35, boulevard do la Victoire, à 

Strasbourg (Bas-Khin). 

1922. VoiTKLLiER. professeur à llnstitut national agronomique, 

IG, rue Claude- Bernard, à Paris (o®). 
1897. Ward (Menry-Bakhvin), professeur à l'Université, à 

Urbana, Illinois (Etats-Unis). 
1880. Weber (D' Max), professeur à l'Université, à Eerbeck 

(Hollande). 
1890. Wn:RZEJSKV, professeur à l'Université, 6, Wielopole, à 

Cracovie (Pologne). 
1906. WiNTREBERT (D'^) (M. Y.), chcf dc travaux d'anatomie 

comparée à la Faculté des sciences, à Paris (S''). 
1919. Wytsmann (P.), naturaliste, aux Quatre-Bras, Tervueren 

(Belgique). 
1909. ZuLUETA (Antonio de), Museo de ciencias naturales, Hip- 

podromo, à Madrid (Espagne). 



XXV 



BUREAU ET CONSEIL POUR L'ANNÉE 1922 



Membres du bureau : 

Président E. Brumpt. 

,,.,., ^ P- Garik. 

1^ ice-presiaeiits < 

' ( L. Ferez. 

Secrétaire (jénéral. A . IIohert. 

c. ,,  ^ L. Dehorne. 

becretaires < . ,. 

{ A. VANDEL. 

Trésorier ....: L. Vignal. 

Archiviste-bibliothécaire G. Billiard. 



Membres du Conseil : 



/° Membres donateurs 

Alrert l*""" (S. A. S. le prince) 

de Monaco. 
Bonaparte (prince R.). 
Bonnet (A.). 
BuEN (Odôn de). 
Garié (P.). 
Ghevreux (Ed.). 
Dautzenberg (Ph.). 
Delacour (J.). 
Delamarre de Monchaux 

(comte). 
Gadeau de Ker ville (H.V 



Guerne (baron J. de). 

GuiART(Dr J.). 

Janet (Ch.). 
Magne (A.). 
Petit (L.). 
Rabaud (E.). 
Raspail (M™« X.). 

ROLLINAT (R.). 

Rothschild (baron E. de). 

Secques (F.). 

5" Ancien 'président 

E. TOPSENT. 



3*' Membres élus 



Pour 1920 



G. Alluaud. 
A. Ravay. 

L. JOUBIN. 

E. Trouessart. 



Pour 1922 



P. de Beauchamp. 
Pour 1921 <; E. Ghatton. 
J. Pellegrin. 

E. Hérouard. 
E. Fauré-Fremiet 
M. Neveu-Lrmaire 
L. Roule. 



XXVI 



MEMBRES DÉCÉDÉS PENDANT L'ANNÉE 1921 



1002. Darboux(G.). 

F DOLLFUS (A.j. 

1901. Ijima (Isao). 



F JOUSSEAUME (D' F.). 
18S7. rKUHIKR [E.) 



GoMMISSIOiS DE PUBLICATION POUR 1922. 

Le président, le trésorier, le secrétaire général ; 

MiM. BiLLiARD, Hkrouard, Neveu-Lkmairk, Pellegrln, Vaindel. 



Commission de la bibliothèque pour 1922. 

Le président, le trésorier, rarchivistc-bibliotliécaire, le secré- 
taire général ; 
MM. Pellegrin, Itérez, Petit, Secques. 



PRESIDENTS D'HONNEUR 

189i. A. Milne-Edwards, membre de llnstitut, directeur du 
Muséum d'histoire naturelle de Paris (f 1900). 

1895. A. Gaudry, meml)re de l'Institut, professeur au Muséum 

d'histoire naturelle de Paris (f 1908). 

1896. A. S.\batii:r, professeur à l'Université de Montpellier, fon- 

dateur de la station zoologiquc de Cette (7I9II). 

1897. ('.VAN Bambeke, professeur à l'Université deGan<l(7 1918). 

1898. L. Bureau, directeur du Musée d'histoire naturelle de 

Nantes. 

1899. V. Fatio, de Genève (f 1906). 

1900. P. Hallez, professeur à l'Université de Lille. 

1901. R. Blanchard, membre de l'Académie de médecine, pro- 
• fesseur à l'Université de Paris (f 1919). 

1902. E. Perroncito, professeur à l'Université de Turin. 

1903. Ch. Schlumberger, ingénieur en chef de la marine en 

retraite (f 1905). 
190i. E. YuNG, professeur à l'Université de Genève {-|- 1918). 

1905. G. Neumann, professeur à l'Université de Toulouse. 

1906. R. B. Sharpe, directeur de la section ornithologique au 

Musée d'histoire naturelle de Londres (f 1909). 

1907. L. Vaillant, professeur au xMuséum d'histoire naturelle 

de Paris (f 1914). 



XXVII 



1908. Odon DE BuEN, professeur à l'Université de Barcelone. 

1909. A. Railliet, professeur k l'Ecole d'Alfort. 

1910. N. DE ZoiiRAF, professeur à l'Université de Moscou. 

1911. E. Simon, corresj)ondaut de l'Académie des sciences. 

1912. E. PKRROiNCiTO, professeur à l'Université de Turin. 

1913. A. A. W. HuBRECHT, professeur à l'Université d'Utreciit 

(f 1915). 

1914. P. DAïiTZEiNRERG, de Paris. 

1915. P. Francotte, professeur à l'Université de Bruxelles 

(f 1916). 

1916. J. Georgevitch, professeur à l'Université de Belgrade. 

1917. A. Lameere, professeur à l'Université de Bruxelles. 

1918. H. Gadeau de Kerville, correspondant du Muséum, à 

Rouen. 

1919. J. DE Guerne, de Paris. 

1920. G. A. BouLENGER, du British Muséum, à Londres. 

1921. G. Jllin, professeur à l'Université de Liège. 



LISTE DES PRESIDENTS DEPUIS LA FONDATION 

DE LA SOCIÉTÉ 

1876. J. Vian (f 1904). 

1877. J. Vian (f 1904). 

1878. F. Jousseaume(+1921). 

1879. E. PERRlER(f 1921). 

1880. J. Vian (f 1904). 

1881. F. Lataste. 

1882. E. Simon. 

1883. J. KûNCKEL d'Herculais 
(f 1918). 

1884. M. Ghaper (f 1896). 

1885. P. MÉGNiN(f 1905). 

1886. P. Fischer (il893). 

1887. A. Gertes (f 1903). 

1888. J. JuLLiEN (f 1897). 

1889. G. GoTTEAU (t 1894). 

1890. J. DE Guerne. 

1891. A. Railliet. 

1892. Ph. Dautzenberg. 



1893 


E. Oustalet (f 1905) 


1894. 


L. Faurot. 


1895. 


L. Vaillant (f 1914) 


1896. 


E.-L. Bouvier. 


1897. 


R. MONIEZ. 


1898. 


H.Filhol (f 1902). 


1899. 


Gh. Janet. 


1900. 


Y. Delage (f 1920) 


1901. 


E. Trouessart. 


1902. 


A. Bavay. 


1903. 


J. Richard. 


1904. 


E. Hérouard 


1905. 


L. JOUBIN. 


1906. 


X. Raspail. 


1907. 


G. Pruvot. 


1908. 


P. Marchai. 


1909. 


G. Alluaud. 


1910. 


H. Goutière. 



XXVllI 



1911. 


R. 


Kœhler. 


1917. 


J. 


I^ELLEGRIN. 




1912. 


A. 


D0LLFUS(il921). 


1918. 


E. 


Ghkyreux. 




1913. 


L. 


Roule. 


1919. 


A: 


-L. Clément (y 


1920) 


1914. 


R. 


Blanchard (f 1919). 


1920. 


E. 


TOPSENT. 




1915. 


M 


Calillery. 


1921. 


E. 


Rabaud. 




1916. 


A. 


LiiCET (i 1916). 


1922. 


E. 


Dhumpt. 





PRIX MALOTAU DE GUERNE (Frédéric-Jules) 

(à décerner en 1922) 



Liste des lauréats 

1901. R<i\ 111011(1 Rollinat, à Ariientou (Indre). 

1904. D' Emile Rrumpt, préparateur à la Faculté de médecine 

de Paris. 
1907. D' J. Versluys, à Amsterdam (Hollande); exclu delà 
Société zoologique de France le 19 février 1918, 
pour avoir accepté une place de professeur à l'Uni- 
versité flamande de Gand, créée par les Allemands 
pendant loccupation de la Belgique parleurs armées. 
1910. DM*. Marais DE Beauchamp, préparateur à la Sorbonne. 
1913. l)"" René Jeannel, à Paris. 

1916. Edouard Ghatton, assistant à l'Institut Pasteur, à Paris. 
1919. François Picard, professeur cà l'Ecole nationale d'agri- 
culture de Montpellier. 

1919. Prix exceptionnel de 200 francs offert ])ar M"'" Ghislaine 
et Meg- de Guerne à la Société zoolog-ique de France, pour être 
attribué par celle-ci à un jeune zoologiste français, victime de la 
guerre : Lucien Berland, assistant au Muséum. 



En 1922, le prix sera décerné à un voyageur français. 



XXIX 



PRIX Fraxo»is SEGQUES 
(à décerner en 1922). 



Liste des lauréats 



1901. Louis Blaisk, lieutenant de vaisseau. 

1907. Louis Germain, licencié ès-sciences. 

1910. Alexandre Mathiaux, géomètre de 1''^ classe du service 

topograpliique à Madagascar.- 
1913. Paul SERRt, vice-consul de France à Bahia (Brésil). 
191(). 7 Ernest Haug, niissionnairs de la Société des missions 

évangéliques de Paris, décédé à Ngômo (Gabon), en 

septembre 1913. 
1919. G. Waterlot, directeur de riniprimerie nationale, à 

Madagascar. 



PRIX Louis PETIT, pour l'ornithologie 
(à décerner en 1923) 



Lauréats 



191 i. Xavier Raspail, à Gouvieux (Oise). 

1917. Charles van Kehipen, à Saint-Omer (Pas-de-Calais) 

(f 1917). 
1920. Jean Dëlacour, à Paris. 



PROCÈS-VERBAUX DES SEANCES 



Séance du 10 janvier iilSS. 



PRIîSlDENf.E DE MM. RABAUD ET BRUMPT. 



MM. Delphy et VaxNDEL s'excusent de leur absence. 

M. Stérianos remercie de son admission. 

« Après la lecture et l'adoption du j)rocès-verbal et au moment 
de transmettre la présidence à son successeur, M. Et. Rabaud 
prononce l'allocution suivante : 

« Mes chers collègues, 

Aussi Lien, et plus encore, que le président qui s'installe, le 
président sortant vous doit des remerciements. Il doit vous 
remercier de lui avoir rendu la tâche légère, assez légère pour 
qu'il en vienne à se demander s'il est réellement utile que l'un 
de nous prenne place sur ce fauteuil et se donne l'illusion de 
diriger nos débats, si peu — trop peu — mouvementés. 

Je ne devrais donc emporter, en abandonnant ce siège où 
votre amitié m'a conduit, que le très agréable souvenir de très 
agréables réunions. Car, vraiment, nos réunions ne manquent 
pas de charmes ; les colloques qui les précèdent, comme ceux 
c[ui les suivent, ont un particulier attrait, et la séance même, elle 
aussi, quelquefois. 

Pourtant, j'emporte malgré tout, une impression de peine. 
Dans le mécanisme de notre Société, je sens quelques rouages 
qui ne marchent pas aussi ])ien qu'il le faudrait. C'est une gêne, 
indéfinissable au premier abord, que le nouveau président 
n'éprouve pas tout de suite, mais qui ne tarde pas à peser sur 
lui, qui prend corps et se précise avec le temps. Comme d'au- 
tres, sans doute, je l'ai ressentie; et mieux que d'autres, peut- 
être, puisque les circonstances m'ont donné le rare privilège 
d'occuper ce fauteuil durant deux années consécutives. Cette 
gêne que j'ai ressentie, je me suis efforcé de la comprendre et 



2 SÉANCE DU 10 .lANVlEH 1922 

de l'analyser ; je voudrais vous soumettre brièvement, ce soir, 
le résultat de mon analyse, espérant que nous en tirerons béné- 
fice pour le développement de notre Société. 

Le mal dont nous soulfr.ons se nomme : traditionnalisme ! 
Obstinément, trop obstinément, nous regardons vers le passé ; 
du passé, nous avons pres({ue le féticbisme. Oh ! certes, je 
n'entends pas médire de la tradition ; elle renferme nos origines, 
les phases de notre développement ; nous ne pouvons ni ne 
voulons la renier, car elle est notre raison d'être actuelle, — 
puisque le passé conditionne toujours le présent. Mais il ne 
faudrait pas qu'elle devienne une force d'arrêt, qu'elle soit une 
entrave à notre développement"; il ne faudrait pas que nous 
nous attardions à reproduire indétiniment une phase transi- 
toire par essence, à regarder derrière nous, pour refaire indé- 
finiment les gestes d'autan. 

Or, observons-nous bien. .Nous nous attachons à des forma- 
lités sans intérêt. Gomme de vieilles gens fatiguées, nous nous 
plaisons à prendre des airs compassés, ennuyeux, protocolaires. 
Alors que nous devrions être sans apparat, sans étiquette, sans 
hiérarchie, — alors que nous devrions uniquement travailler en 
commun sur des faits et des idées, nous nous arrêtons sur de 
petites choses. Avec complaisance, nous relevons et passons en 
revue des «< distinctions honorifiques » ; nous nous congratulons 
à propos d'élections académiques, de promotions diverses, 
grandes ou menues ; nous nous faisons mille politesses : nous 
nous attachons à ces bruits de la rue qui devraient s'éteindre à 
la porte et laisser la place aux échos du laboratoire ou des 
champs. Encore si tous ces compliments n'étaient qu'une perte 
de temps ! mais ce sont souvent des paroles à dou])le détente, 
agréables et pénibles à la fois, car les aml)itions satisfaites cor- 
respondent à des ambitions déçues, et chacun de nos compli- 
ments, chacune de nos formules gracieuses soulignent les 
déconvenues et prennent aisément tournure de déplaisantes 
ironies. 

Et il y a pis ! Toutes ces paroles pour rien occupent leur 
place dans nos Bulletins; elles font masse avec une série d'indi- 
cations sans nul intérêt, et l'ensemble produit sur le lecteur le 
plus indulgent un déplorable effet... Mais c'est la tradition ! Et 
c'est aussi toute une mentalité. 



SÉAiNCK J»LI 10 JANVIER 1922 3 

C'est toute une mentalité dont l'influence s'étend et dont 
nous apercevons partout les eltets. Elle s'exerce notamment sur 
la composition de notre Conseil ; elle domine nos élections. 
Alors que le renouvellement du Conseil devrait amener tous les 
ans des membres nouveaux, atin que chacun de nous vienne, à 
son tour, prendre une part immédiate et active à l'administra- 
tion de la Société, ce renouvellement n'est qu'une réinvestiture. 
Ce sont toujours les mêmes qui se présentent à nos sutirages 
et qui prendraient pour une injure de n'être point réinvestis. 
Ajoutez à cela que la fonction de membre du Conseil est une 
charge qui s'achète, que certains d'entre nous, par un droit 
imprescriptible et en dehors de toute élection, demeurent en 
exercice leur vie durant, et vous vous demanderez si, jamais, 
un esprit nouveau risque d'animer nos délibérations. C'est cela 
même qui est extrêmement grave, car c'est la marche géné- 
rale de la Société qui est en jeu, c'est son activité scientifique, 
que traduisent ses publications. Or, celles-ci dépendent d'une 
Commission qui subit les mêmes influences, qui cède aux mêmes 
habitudes, — et vous devinez, je pense, les arguments qui 
prévalent dans son sein si, d'aventure, quelqu'un propose 
d'écarter un travail trop évidemment au-dessous du médiocre ! 

En demeurant ainsi servilement attachée aux errements tradi- 
tionnels, une Société comme la nôtre manque à son rôle et sa 
mission. La tradition? Eh! messieurs, laissons-la aux Acadé- 
mies, cl ces milieux clos et désuets, qui veulent être des salons, 
des salons où l'on se congratule et s'entredéchire ; où tous les 
mots méchants sont enveloppés de gestes bénisseurs et suran- 
nés ; où l'intrigue règne, sourde, cauteleuse, violente au besoin 
et s'exerce âprement, entre coteries, pour la possession de 
l'influence, des honneurs et des places ; où des traditions puis- 
santes s'opposent à tout changement et ferment minutieusement 
les fissures qui pourraient laisser filtrer l'air du dehors. Ne nous 
enlisons pas à la suite de ces institutions si respectables, dont 
la fonction consiste à ramener sans cesse le passé dans le pré- 
sent. Soyons, nous, une Société libre où la simplicité règne, 
avec la confiance et la franche camaraderie ; une Société libre, 
ouverte à tous, ouverte à tout, qui évolue avec son temps et le 
devance s'il se peut ; où l'on travaille liln-ement, sans apparat, 
ni apprêt; où l'on accueille et encourage quiconque travaille 



i SÉANCE DU 10 JANVIER 1922 

sans auti'o prôoecupatioii (jiie lapiii'e ctliljrc l'cchoi'che. Soyons 
un centre où viennent con^crger tons les efforts sincères, où 
chacun puisse et doive soumettre au voisin le résultat de son 
labeur, où la criticpie nuituelle, amicale et désintéressée, soit, 
à la fois, un stimulant et un correctif. 

Oue désirons-nous, sinon l'avancement des sciences? Et 
comment l'obtenir, sinon en tâchant de toujours mieux faire, en 
nous instruisant les uns les autres, en échangeant nos vues, en 
redressant nos erreurs par une colhil)oration de tous les instants 
et dénuée d'arriéres-pensées? 

Et si, procédant ainsi, les Sociétés savantes, la notre tout 
spécialement, prenaient conscience de leur rôle et do leur mis- 
sion véritables ; si, loin de piétiner timidement derrière des 
traditions vénérables et vermouhies, elles tiraient de leur situa- 
tion tout le parti qu'elle comporte, c'est à eUes qu'appartien- 
drait l'avenir. Elles seules peuvent s'associer largement à toutes 
les tentatives ; elles seules peuvent tout entendre sans rougir et 
montrer la hardiesse nécessaire à la science. certes ! tous leurs 
avantages ne vont pas sans (pielques inconvénients. Notre cen- 
sure a des limites, et peut-être devrons-nous malgré tout 
admettre, (piehpiefois, dans nos Ihillrlins des travaux à peine 
médiocres ; c'est la ran(,'on de notre liberté. Encore pouvons- 
nous dire que ces déchets, qu'il faut subir, ne seront pas plus 
nombreux chez nous qu'ils ne le sont en certains recueils plus 
ofliciels, où une censure plus draconienne prétend s'exercer. 

N'en soyons donc pas autrement énuis et allons franchement 
de l'avant, sans nous retourner vers le passé. Tout, d'ailleurs, 
nous y engage. La période mauvaise, où tout menaçait de man- 
quer, touche sans doute à sa iin, et voici venir, peut-être, des 
temps meilleurs. Et puis, les jeunes, en nombre, ne se joi- 
gnent-ils pas à nous? en cette seule année, notre contingent ne 
s'accroit-il pas de vingt mend^res et plus? (Comment ne pas 
espérer, puisque l'avenir vient à nous ! 

A ces nouveaux collègues, qui arrivent pleins de zèle, ukju- 
trons un milieu bien vivant, souriant, accueillant, accessible à 
toutes les idées. Disons-leur que les anciens attendent d'eux un 
renouveau constant ; demandons-leur d'apporter le résultat de 
leurs recherches et de ne pas attendre, pour le faire, qu'elles 
soient définitives et complètes. Qu'ils nous fassent assister au 



SÉANCE DU 10 JAiNVIlîR 1922 5 

développement de leur pensée. Nous les suivrons pas à pas, 
nous tâcherons de les comprendre ; nous serons des auditeurs 
attentifs et intéressés, heureux de nous instruire, heureux de 
voir la science en marche, heureux de nous sentir discutés, 
contredits, dépassés! Peut-être formulerons-nous ohjections ou 
critiques ; mais ce sera sous la forme de conseils bienveillants, 
donnés par des ahiés qui veulent être des soutiens et rester des 
camarades. 

Qu'ils sachent aussi, nos jeunes collègues, que dès Tinstant 
où ils viennent à nous, la Société devient leur chose. Us y ont, 
aussitôt, tous les droits — sauf celui de ne rien faire et de par- 
ler pour ne rien dire. Ici, ni l'ancienneté, ni les titres, ni les 
fonctions ne confèrent, aucun avantage : mais seulement l'acti- 
vité scientifique. Venez donc tous à nous, venez nombreux, 
envahissez, débordez ! nous nous effacerons sans peine, nous 
]3rendrons notre repos, ayant ainsi assuré le lendemain. 

Et surtout, qu'en francliissant le seuil, les jeunes ne prennent 
pas des airs graves et empruntés ; qu'ils conservent leurs allu- 
res souples et simples, qu'ils fassent constamment pénétrer avec 
eux une atmosphère de jeunesse, de gaieté, d'entrain, détente 
de l'esprit, condition nécessaire de bon et fructueux travail. La 
gaieté ni l'entrain n'ont jamais exclu le sérieux : il nous faut 
ici le sérieux, le sérieux sans l'ennui. 

A ces perspectives de jeunesse toujours renaissante, nous ne 
pouvons que nous réjouir. Et nous nous réjouirions sans réserve 
si, parmi nous, la mort n'avait fait quelques vides. De nos col- 
lègues disparus, il a été dit, en son temps, ce qu'il convenait de 
dire ; tous nous étaient chers et nous garderons leur souvenir, 
car ils nous laissent leur exemple. Entre tous, Adrien Dollfus, 
généreux et probe, le modèle du travailleur indépendant, nous 
a montré ce que peuvent rendre d'effet utile le désintéresse- 
ment et l'enthousiasme scientifiques... Désintéressement et 
enthousiasme ! tourner le dos au passé, fixer le regard sur 
l'avenir, viser au mieux sans autre souci : que ne ferions-nous 
pas, messieurs, si telles étaient, constamment, notre attitude, 
notre préoccupation, notre ligne de conduite? » 



6 SÉANCK DU 10 JANVIER 1922 

M. le professeur E. Brumpt, président pour 1922, prononce 
rallocution suivante : 

« Mes chers Collègues, 

Les fonctions de président que vous avez bien voulu me con- 
fier vont avoir pour moi le précieux avantage de m'obliger à 
venir plus souvent parmi vous. Aussi vous suis-je vivement 
reconnaissant de m'avoir pardonné mon manque d'assiduité, et 
d'avoir surtout tenu compte de l'intérêt que je porte à la zoolo- 
gie et à tous ceux qui l'étudient. 

Il y a 25 ans, à l'époque où (Iuiart et Kacovitza voulaient 
l)ien me présenter à vous, j "étais un mendjre fidèle de la Société 
où j'étais heureux de retrouver de sympathiques et savants col- 
lègues, dont la fréquentation était tout bénéfice pour moi. Puis 
peu à peu, les voyages lointains, la famille, la réorganisation 
d'un laboratoire d'enseignement et de recherches, m'ont cnqjê- 
ché de venir régulièrement cà vos réunions, ce que je regrette 
infiniment. 

l*uis(]ue notre président sortant, le professeur Habaud, a bien" 
voulu me permettre de prendre la parole, je vais en user pour 
vous demander quelques conseils. 

Je crois inutile de vous rappeler les immenses services ren- 
dus par les naturalistes aux sciences médicales, mais je crois 
bon de vous montrer coml)ien il est difficile de résoudre cer- 
tains problèmes de zo<dogie appliquée. La solution de ces der- 
niers dépend en grande partie de la définition du mot espèce, 
dont la conception varie beaucoup suivant les auteurs. 

Or pour prendre des mesures prophylactiques efficaces et 
aussi peu onéreuses que possible, pour vaincre les parasites 
avec le minimum d efforts, il est indispensable de posséder un 
inventaire complet des espèces vivant exclusivement chez 
rilomnje et de celles que ce dernier présente en commun avec 
divers animaux domestiques et sauvages. 

Pour faire cette étude systémati([ue indispensable, il nous 
faut une base pour apprécier les limites de res])èce et nous 
pourrons savoir al'ors h (juels hôtes nous devrons nous attaquer 
pour faire disparaître une maladie parasitaire donnée. 

Si notre conception de l'espèce parasitaire est uniciste, nous 
réuninms sous un même nom une quantité d'êtres différents et 



à 



SÉANCE DU 10 .lAINVIER 1922 7 

par suite nous nous verrons obligés d'entrer en lutte contre 
une quantité d'animaux, chez lesquels ils vivent, que nous con- 
sidérerons, à tort, comme des réservoirs de virus et dont la 
destruction est inutile. 

Inversement, si notre conception est pluraliste et si nous 
désignons sous des noms divers une seule espèce trouvée chez 
des hôtes diflerents, nous risquerons de laisser vivre en paix 
des animaux réservoirs de virus, dangereux pour l'Homme. 

Or les mesures prophylactiques à prendre contre les mala- 
dies parasitaires coûtent chaque année des sommes fabuleuses; 
vous voyez donc l'utilité qu'il y a à ne les employer qu'à bon 
escient. 

L'espèce, qu'il est déjà si délicat de définir chez les Méta- 
zoaires, est encore plus difficile à déterminer chez les Proto- 
zoaires parasites. 

Chez les Métazoaires, presque tous les auteurs sont d'accord 
pour attribuer une importance diagnostique considérable à la 
production d'une série de générations fécondes. 

Chez les Protozoaires parasites, souvent dépourvus de géné- 
ration sexuée et se reproduisant par simple scissiparité, par 
bourgeonnement ou par schizogonie, l'utilisation de ce critère 
est impossiljle et c'est la raison pour laquelle les unicistes et 
les pluralistes j)euvent souvent discuter à l'intini. Leurs discus- 
sions ne sont d'ailleurs pas stériles car les arguments produits 
de part et d'autre permettent de faire progresser la science. 

Les naturalistes morphologistes sont portés à être trop uni- 
cistes en parasitologie. S'ils rencontrent un Flagellé intestinal 
dans le tube digestif d'un Poisson ou d'un Batracien, ils l'iden- 
tifient volontiers avec un parasite rencontré dans le tube 
digestif des Mammifèi'es ou de l" Homme. Les différences de 
température et de chimisme intestinal ont pour eux peu d'im- 
portance. 

Les naturalistes physiologistes sont en général nettement 
pluralistes. Habitués à constater l'influence du milieu ambiant 
sur les parasites, et frappés de la grande spécificité de ceux-ci 
pour certains hôtes ou pour certains organes déterminés, ils ne 
peuvent concevoir un animal adulte vivant indifféremment chez 
des êtres aussi éloignés au point de vue zoologique que les 
Poissons ou les Mammifères. 

Cette dernière tendance est préférable dans les sciences 



8 SÉANCK DU 10 JANVIER 1922 

appli(|uées. En ciJet, quand l'expérimentation permet de déter- 
miner les divers hôtes d'un parasite, il est facile de faire tomber 
quelques espèces en synonymie et de prendre vis-à-vis de 
leurs hôtes toutes les mesures prophylactiques nécessaires. 

Pour mieux préciser ces faits et montrer les difficultés du 
problème, nous allons prendre comme type certains Hémato- 
zoaires et certains Flagellés parasites de l'Homme et des Mam- 
mifères. Ces Protozoaires, vivant dans des milieux à })eu près 
constants, l'intluence morphogène du milieu extérieur agit peu 
sur eux et nous voyons plutôt se produire des phénomènes de 
convergence morphologique. 

Cependant ces diverses Hémosporidios, ces Flagellés, ces 
Spirochètcs, dont les espèces sont si difficiles à déterminer, 
constituent des espèces vraies, dont nous ue connaissons actuel- 
lemenl que les diffère ne es physiologiques, mais dont nous trou- 
verons un jour les difl'érences morphologiques quand nos 
techniques seront plus perfectionnées. 

Prenons comme exemple concret les corps de Leishnian. (^es 
Protozoaires, qui occasionnent le bouton d'orient, la leishma- 
niose forestière américaine, le kala-azar infantile et le kala-azar 
indien, sont morphologiquement identiques. Cependant, l'étude 
de leurs divers caractères biologiques, leur habitat dans les 
tissus de l'organisme et leurs tropismes, leur distribution géo- 
graphique, leur évolution dans les cultures, leur rôle patho- 
gène pour l'Homme et les -finimaux, la pathogénie des troubles 
qu'ils occasionnent, les expériences dimmunité croisée natu- 
relle ou artificielle, enfin les réactions humorales des êtres 
infectés, nous montrent que ces organismes se conq^ortent 
comme des espèces différentes, bien que très voisines. 

La détermination des Trypanosomes présente les mêmes dif- 
ficultés, d'autant plus que par des artihces de laboratoire on 
est arrivé à modifier leur morplndogie et à accentuer certains 
caractères biologiques. Mais, comnn; ces modifications, qui nous 
montrent les faciles adaptations de ces êtres, ne se produisent 
vraisemblablement pas dans la nature, nous pouvons considérer 
comme valides de nombreuses espèces physiologiques. 

Pour montrer l'inij^ortance médicale des déterminations pré- 
cises, je peux citer l'exenq^le du Trypanosome du nagfina : 
T. Brt/cei, parasite des animaux domestiques et sauvages, que 
certains auteurs considèrent comme idcuti<]ue au Trypannsoma 



SÉANCE DU 10 JANVIER 1922 9 

rhodesiensey provoquant la maladie du sommeil de Uhodésie, 
et que d'autres considèrent comme diliorent. 

Si les unicistcs ont raison nous devrons essayer de détruire 
le gros gibier qui peuple la Uhodésie et stériliser le sang- des 
animaux domestiques. 

Si les pluralistes ont raison, les mesures seront tout à fait 
dififérentes; nous nous occuperons exclusivement de l'Homme 
et nous laisserons vivre en paix les animaux domestiques et les 
animaux sauvages qui peuplent les savanes de l'Afrique australe. 

La pluralité des parasites du paludisme, admise par la majo- 
rité des auteurs ayant étudié dans tous leurs détails l'évolution 
de ces germes, est encore aujourd'hui combattue par des adver- 
saires acharnés. 

En résumé, nous pouvons dire que la détermination des espè- 
ces de Protozoaires parasites est encore plus difficile que celle 
des Métazoaires, car tous ces êtres présentent des variations 
souvent considérables suivant leurs origines et suivant les êtres 
infectés. 

Comme je le disais tout à l'heure, beaucoup de recherches 
restent à faire pour arriver à donner une bonne défmition de 
l'espèce chez les Protozoaires et je souhaite que la Société zoo- 
logique apporte sa contri])ution à ce sujet, si important au dou- 
ble point de vue théorique et pratique. 

Mais je me laisse entraîner par l'intérêt que tout spécialiste 
prend à la science qu'il étudie et il est temps de quitter ce 
domaine purement scientifique pour descendre sur un terrain 
dont la stabilité présente une importance primordiale pour nous 
tous. 

Je voudrais en effet, pour terminer, vous demander d'étudier 
les moyens de rendre notre budget plus prospère. Notre Société 
ne pourra vivre, se développer et atteindre ses buts scientifi- 
ques que si ses finances s'améliorent. Pour cela nous devrons 
nous efforcer de recruter de nouveaux collègues et surtout étu- 
dier comment les laboratoires de zoologie de France pourraient 
contribuer à la prospérité matérielle de notre Société, prospé- 
rité si étroitement liée à son rayonnement intellectuel et aux 
progrès de la zoologie » . 

M. J. Roy, présenté à la dernière séance, est élu membre. 
M. Gh. Ghampy, professeur agrégé d'histologie à la Faculté de 



10 SÉANCE DU 10 JANVIER 1922 

médecine de Paris, est présenté par MM. Anthony et Delphy. 

M. le professeur Hjalmar Ditlevsen, Zoologisk Muséum, 
2den Afd., à Copenhague, est présenté par MM. Delphy et 
R. Dollfus. 

M. VoiTEiLiER, professeur à Flnstitut agronomi({ue de Paris, 
est j^résenté par MM. Delphy et 1^. Fou])ert. 

M. Petit annonce que la bihiiothèque de M. A. llouvier sera 
mise en vente à la fin de ce mois. 

M. Picard décrit ses observations sur un Trtraslicus, hyper- 
parasite de la Chenille du Chou et présentant une « erreur » de 
l'instinct. 



NOTES SUR LE COMPORTEMENT DE RI EU A MANTICIDA 
KIEFF. PROCTOTRYPIDE PARASITE DES OOTHÈQUES 

DE MANTES 



PAR 



ETIENNE RABAUD 



Le comportement de Riolia manticida KiciF, parasite de Man- 
tes, n'a fait encore l'objet d'aucune recherche biologique pré- 
cise, exception faite de la récente note de L. Chopard (1)' relative 
aux particularités de la ponte. On sait, en gros, que ce Procto- 
trypide se fixe sur la Mante adulte, devient aussitôt aptère et 
pond dansl'oothèque de Mantis relujinsa d'où Riel l'a vu naître. 

I 

l'hôte et la position su» l'hôte 

Ce parasite ne semble pas exclusivement attiré par Mantis 
religiosa ; je l'ai trouvé fixé sur l'unique exemplaire àEmpusa 
egena Charp., adulte que j aie jamais capturé. C'était, il est vrai, 

^1) L. Chopard. Observations sur la Manie religieuse et ses parasites (C /^ 
Acad. S ci., CL XX, VJ20). 



SÉANCE DU 10 JANVIER 1922 11 

un individu attardé, vivant encore au 15 août, époque à laquelle 
on ne rencontre, d'ordinaire, que des larves. On peut se 
demander, alors, si l'Empuse est un hôte habituel ou simple- 
ment occasionnel de Rielin manlicida. La première hypothèse 
impliquerait des éclosions échelonnées durant plusieurs mois, 
ou deux races physiologiques distinctes, l'une des Empuses, 
l'autre des Mantes. J'admettrais plus volontiers la seconde hypo- 
thèse, celle de, la rencontre fortuite d'une Empuse adulte vivant 
encore à l'époque où les Rif-lia commencent à éclore et où les 
Mantes adultes sont encore fort peu nombreuses. Généralement, 
les dernières Empuses ont disparu depuis plusieurs semaines 
au moment où les Mantes subissent leurs dernières mues. Mais, 
il faut bien le dire, aucun fait précis ne permet d'adopter une 
hypothèse plutôt que l'autre. 

Le Proctotrypide se fixe, le plus souvent, à l'aisselle d'une 
élytre ou d'une aile. La même Mante en porte parfois plu- 
sieurs ; j'en ai compté, dans un cas, jusqu'à six ; fréquemment 
il y en a deux. Tous ces individus se placent isolément sous les 
ailes et jamais on n'en trouve deux côte à côte. Ce n'est pas 
que ces parasites fassent un choix ou qu'ils se repoussent 
mutuellement ; le « choix » de la j^lace est imposé par l'hôte 
lui-même et l'on s'en rend compte en faisant l'expérience sui- 
vante : on place une Riclia sur l'abdomen ou sur un meml)re 
d'une Mante ; celle-ci s'agite, remue les pattes qui heurtent le 
parasite, le rejettent d'un côté ou de l'autre, déterminent sa 
mise en marche et sa direction. Tant que le parasite occupe 
une partie découverte de l'abdomen, il est ainsi heurté, « balayé », 
de-ci, de-là. Il s'arrête, d'ordinaire, dès que la Mante cesse de 
se mouvoir et surtout s'il rencontre un interstice quelconque, 
par exemple l'espace situé entre deux hanches. Mais dès que 
l'ag'itation reprend, Rielia est refoulée en dehors de son inters- 
tice et reprend sa marche à l'aventure. Elle peut, ainsi, errer 
longtemps ; elle ne s'arrête définitivement qu'au moment où, 
repoussée d'une position à l'autre, elle est finalement amenée 
à l'aisselle d'une élytre ou d'une aile, là où les pattes ne l'attei- 
g-nent plus. 

Le parasite effectue donc son déplacement sans la moindre 
« méthode », et à la voir changer sans cesse de direction on se 
rend bien compte que ces déplacements ne sont pas le fait 
d'un animal qui « cherche », ou qui obéit à l'attraction d'une 



12 SÉANCE DU 10 JANVIER 1922 

partie déterminée, mais d un animal directement « manœuvré » 
par les mouvements de son hôte. 

Une fois parvenu dans une partie suffisamment abritée, liiclia 
ne bouge plus ; sauf accident elle n'abandonne sa position qu'au 
moment où la Mante pondra son oothèque ; elle reviendra pren- 
dre la même position, ou Téqui va lente après la ponte et y 
demeurera, comme Ta bien vu (^hopaud, même après la mort 
de la Mante (1). 

II 

LE SEXE DES 5IANTES INFESTÉES 

Pniscpie liiella manlicida dépose ses œufs dans l'oothèque 
des Mantes à l'instant même où elles le pondent, il send)le logi- 
que de penser que le parasite se fixe constaniment sur un hôte 
du sexe femelle. Pareille spécificité s'expliquerait aisément par 
l'intervention d'une iinalité prévoyante ou la sélection d'un 
avantage. Ue fait, on trouve fré(|uemment le Proctotrypide sur 
les Mantes femelles ; mais il n'est pas exceptionnel de le ren- 
contrer sur les milles. Même, au cours de l'été de 1921, la seule 
Mante infestée <]ue j'aie rencontrée était un niAle ; il portait 
deux Riclitty l'une à droite, l'autre à gauche, sous les élytres : 
les deux sexes attirent donc également le parasite. 

La constatation n'a rien qui surprenne ; mais elle entraîne 
aussitôt à supposer que le parasite lixé sur un niAle l'abandon- 
nera au cours de l'accouplement et passera sur la femelle. De 
cette manière, tout s'arrangerait fort Inen. 

Pour vérifier cette hypothèse, une expérience très simple 
suftisait. Je l'ai faite sous deux formes, avec des mftles capturés 
porteurs de Rielia et avec des niAles sur lesquels j'avais trans- 
porté des Rielia enlevées à des femelles : dans les deux cas le 
résultat a été négatif, le parasite n'a pas quitté le mule. 

La seconde expérience présente un intérêt particulier. On 
pourrait, en effet, supposer que le séjour plus ou moins pro- 
longé sur une femelle rendrait Rielia plus sensible à l'in- 
fluence de ce sexe. Je transporte donc, à 10 heures du matin, 
2 Rielia, d'une Mante femelle sur un mâle et j'attends que ces 
deux parasites aient pris leur place définitive. A 13 heures, tous 

(1) Sur le coDiportement de Rielia au moment de la ponte, je ne puis que con- 
firmer la description de L. Ciiopamd. 



SÉANCE DU 10 JANVIER 1922 13 

deux sont fixés, l'un à Faisselle d'une élytre, l'autre à l'aisselle 
de l'aile du môme côté, dans la position habituelle, la tète 
regardant en arrière. A 13 li. 20, j'introduis dans la cage une 
femelle dépourvue de parasites ; l'accouplement a lieu aussitôt 
et dure juscpi'à 16 h. 30 ; à ce moment le mâle porte encore les 
deux niella, exactement à la même place. A 17 h. 43, je mets 
le même mâle avec une autre femelle non infestée ; l'accouple- 
ment s'effectue aussitôt, il durait encore à 22 li. 45 ; le lende- 
main matin, à 7 lieures, la femelle est en train de dévorer le 
mâle, toujours accouplé ; elle en a absorbé la tête, tout le tho- 
rax et touche les élytres : le parasite fixé sous l'une d'elles est 
déplacé, je l'aperçois, qui erre sur le corps du mâle ; l'autre 
parasite n'a pas bougé. La nuit s'est donc écoulée sans que les 
Rielia aient passé du mâle sur la femelle ; l'un des deux para- 
sites ne s'est finalement déplacé que sous l'influence d'une 
action mécanique. Peut-être se serait-il finalement installé sur 
la femelle ; mais alors le changement résulterait bien plutôt 
d'un accident que d'une attraction spécifique. 

L'hypotiicsc de cette attraction spécifique ne peut, en défini- 
tive être admise, puisque les Rielia se fixent indifférenmient 
sur l'un ou l'autre sexe et ne changent pas d'hôte, quand ils 
sont fixés sur un mâle, au moment de l'accouplement. 

Néanmoins, il ne fait point doute que les Mantes femelles 
sont plus souvent infestées que les mâles ; et puisqu'il ne s'agit 
pas d'attraction spécifique, on doit se demander quel est le 
déterminisme de cette préférence apparente. Serait-ce que les 
femelles sont plus nombreuses que les mâles et s'agirait-il 
simplement d'une question de chance ? Je ne le pense pas. Les 
deux sexes paraissent être en nombre sensiblement équivalent 
et, par suite, les chances de rencontre sont sensiblement éga- 
les. Mais il y a deux particularités dont il faut tenir grand 
compte. D'une part, le volume des femelles l'emporte de beau- 
coup sur celui des mâles ; d'autre part les mâles ont une niol)i- 
lité nettement plus grande que celle des femelles. Etant plus 
volumineuses, celles-ci exercent probablement leur infiuence 
attractive à plus grande distance; étant plus mobiles, ceux-là se 
laissent moins aisément accrocher. Ces deux conditions réunies 
augmentent, pour les femelles, les chances d'attirer et de rete- 
nir les parasites. 



14 SÉANCE UU 10 JANVIER 1922 

Gest un problème du même genre que P. de Beauchamp s'est 
récemment posé à propos d'un Turbellarié parasite d'un Iso- 
pode (1) et auquel notre collègue ne peut donner aucune solution. 
Le Ver se rencontre plus souvent sur des hôtes mâles que sur 
des femelles ; mais il se rencontre sur des femelles. Or, suivant 
toute évidence, le fait de s'accroclier indistinctement à l'un ou 
l'autre sexe exclut la ])ossibilité d'une affinité spéciale pour 
l'un ou pour l'autre ; aucun résultat précis ne pouvait donc 
être obtenu dans cette direction et l'on doit songer à des influen- 
ces d'un autre ordre. A celles que j'indique pour les Mantes 
s'en ajoutent certainement d'autres pour les Isopodes; il ne 
m'appartient pas d'en décider. 

m 

DÉSAVANT.\GES ET I.MI'EUFECTIONS 

f^e cas particulier des Riflia suggère quelques réflexions qui 
valent d'être mises en valeur. 

A regarder le comportement sans entrer dans les détails, on 
est tenté de souligner la concordance remarqualde qui existe 
entre l'hôte et son parasite, entre les diverses influences qui 
mènent les Biolia d'abord sur les Mantes, puis au contact même 
de l'oothèque que pond la femelle. Mais, à mesure que l'ana- 
lyse avance, on découvre une série d' « imperfections ». La 
première est précisément cette impossil)ilité où se trouve le 
parasite, non seulement d'aller tout juste sur l'hôte qui convient, 
mais sur'.out de changer d'individu au moment où se présente 
l'occasion favorable, c'est-à-dire pendant l'accouplement. Une 
fois sur une Mante, la Ridia y demeure fortement fixée, même 
une fois son hôte mort : et rien ne souligne mieux le caractère 
de l'intliience qui entraîne le parasite sur l'hôte. C'est une attrac- 
tion, dénature indéterminée, probablenient olfactive, qui main- 
tient la niella. Les conditions sont telles que, ainsi maintenue, 
elle est secondairement amenée vers l'extrémité de l'abdomen au 
moment où la Mante pond un oothèque et déterminée elle-même 
à pondre dans cette oothèque. Seulement, pareil résultat n'est 
oljfeuu que si l'hôte est une femelle et si cette femelle vit jus- 
qu'à la ponte. En toute autre occurrence, la Rielia disparaît. 

(1) V. Bull. Soc. Zool. France, .XLVI. 1921, p. 174. 



SÉANCE DU 10 JANVIER 1922 15 

Non seulement elle est incapable d'abandonner son bote, mais 
les moyens lui font défaut pour passer sur un autre. 

Et, en eliet, à peine fixé sur une Mante, le Proctotrypideperd 
ses ailes et, du même coup, se trouve privé d'un grand avan- 
tage. Que cet aptérisme secondaire constitue une véritable 
imperfection, on doit en convenir. La persistance des ailes 
gènerait-eile en quelque manière? Logée cà Faisselle des élytres, 
la Rielia pourrait aussi bien les conserver, sans qu'il en résulte 
le moindre inconvénient ; on aperçoit môme, sans qu'il y ait 
lieu d'insister, tout le ])énéficc que l'Insecte en retirerait. 

Au demeurant, une fois encore, nous nous trouvons en pré- 
sence d'un organisme qui fait soucbe de descendants, non pas 
grâce à une série de dispositions ou de fonctionnements avanta- 
geux, mais en dépit de dispositions ou de fonctionnements qui 
confinent de très près à la nocivité : nouvel exemple de la 
sélection du pire. 



L'ART DE PHOTOGRAPHIER LES OISEAUX EN LIBERTE 



PAR 



A. BURDET 

NoIl' [jiés.'ntée par M. Ghappei.liku 



Une des applications les plus récentes et les plus intéres- 
santes de la pbotographie est bien certainement celle qui con- 
siste à fixer sur la plaque sensible l'image des Oiseaux en 
pleine liberté, surpris dans les attitudes les plus diverses, près 
de leurs nids, couvant leurs œufs, nourrissant leurs petits, pre- 
nant un bain, chercbant leur nourriture, volant isolés ou en 
troupes nombreuses, etc. Les pbotographies obtenues dans ces 
dernières années par les amateurs de ce nouveau sport ajou- 
tent un cbarme très appréciable aux nomf)reuses publications 
récemment parues sur les Oiseaux. Os illustrations, toutes 
prises sur le vif, offrent au lecteur une image si fidèle, si nette, 
et si naturelle, que l'Oiseau semble vraiment vivant. Les anciens 
manuels d'ornitbologie ne pouvaient guère offrir comme illus- 
trations que des dessins d'Oiseaux empaillés empruntés aux 



16 SÉANCE DU 10 .lANVIEn 1922 

rayons des vitrines d'nn musée ; les sujets avaient prescjuc tous 
la même attitude, le même caractère, d'où résultait une grande 
monotonie, une fastidieuse uniformité, formant un pénible con- 
traste avec la vie réelle des Oiseaux, si variée et si pleine de 
charme. On ne peut donc que se réjouir de voir de nos jours 
tant de jeunes amateurs photograpties, animés de l'ardeur du 
vrai naturaliste, se mettre en cami)agne à la recherche des 
nids d'Oiseaux, non [)lus pour les dépouiller de leurs œufs, 
comme on ne l'a fait (pie trop longtemps, mais pour tAcher 
d'obtenir une image aussi nette et aussi lidéle que possible de 
l'Oiseau vivant, dans ses poses les plus imprévues et les plus 
attrayantes. 

Le bagage du photographe d'Oiseaux doit être simple et 
léger, de façon à pouvoir être facilement transporté, sur une 
bicyclette, par exemple. Un appareil photogTaphi(jue ordinaire 
(avec mise au point sur verre dépolii m'a toujcjurs donné d'ex- 
cellents résultats ; un téléobjectif n'est nullement indispensa- 
ble, pourvu qu'on soit muni d'une tente-altri f[ui permette à 
l'amateur d'opérer dans le voisinage immédiat du nid. 

La grande majorité de mes photographies ont été prises 
avec un appareil stéréoscopique à souftlet ; les objectifs aristo- 
stigmatiques sont de Hugo Meyer et (!"' à Gœrlitz, l\ G, 8. 
F. 120 mm. 1/appareil est placé, suivant la taille de l'Oiseau, 
à une distance variant de m. <>0 à 2 ou 3 mètres du nid. 

Pour pliotographier les Oiseaux <m j)eut, suivant les circons- 
tances et les lieux, choisir entre deux méthodes. Selon la pre- 
mière, celle que j'ai employée pendant 2)rès de dix ans, l'opé- 
rateur s'enferme seul dans la tente-abri placée à 8 ou 10 mètres 
du nidy dans un lieu judicieusement choisi d'après les circons- 
tances locales : lumière, vent, entourage, sont des faoteiu's 
importants dont il est bon de tenir compte. L'appareil seul est 
placé tout près du nid ; il est relié h la tente par un tube pneu- 
matique en caoutchouc permettant la manœuvre de l'obtura- 
teur à distance. A l'aide d'un camouflage approprié, feuilles, 
foin, mousse, etc., qu'on recueille sur place et qu'on fixe le 
plus solidement possible avec des ficelles, on peut îirriver à 
cacher l'appareil aux regards des passants éventuels, tout en 
lui donnant un aspect moins effrayant pour l'Oiseau. I3u reste, 
il est indispensable de préparer celui-ci plusieurs jours d'avance 
aux opérations qui vont avoir lieu, en plaçant, dans le voisi- 



SÉANCE DU 10 JA.NVIER 1922 17 

nage du nid, un paquet do ln';mclies, de feuilles ou de foin, 
rappelant autant que possible la forme de l'appareil ; on verra 
g-énéralement que l'Oiseau s'accoutume bien vite à la présence 
de cet objet étranger. Cette première méthode j)résente un 
inconvénient assez sérieu!^ ; dès qu'une première photographie 
a été prise, l'opérateur est oldigé de sortir de sa retraite pour 
aller changer la plaque ; si l'Oiseau est en train de couver, il 
est évident qu'il s'envolera à l'approche du photographe ; il 
mettra peut-être beaucoup de temps à revenir ; et si ce manège 
de changement de plaque devait se répéter souvent, l'Oiseau 
pourrait abandonner ses œufs pour de ])on, ce que tout ami 
des Oiseaux doit éviter à tout prix. J'ai employé différents trucs 
pour parer à ce grave inconvénient ; j'ai eu souvent l'aide d'un 
assistant qui, posté dans le voisinage, et averti par un signal 
convenu (coup de sifflet, etc.) venait comme par hasard tout 
près du nid ; l'Oiseau s'envole à une faible distance, l'opéra- 
teur sort de son abri, change la plaque et retourne se cacher 
dans la tente. En voyant l'assistant s'éloigner lentement, l'Oi- 
seau ne tarde pas à retourner à son nid, se croyant de nouveau 
tout seul. Il va sans dire que la tente elle-même doit être 
camouflée le pliis habilement possible, afin de ne pas trop atti- 
rer les regards. 

J'ai aussi fait construire un appareil stéréoscopique avec 
magasin de 12 plaques, permettant d'escamoter la plaque 
depuis la tente, à l'aide d'un second tube pneumatique. L'em- 
ploi de cet appareil otfre une autre difficulté. Si le clic de l'ob- 
turateur n'effraie que très peu l'Oiseau, on n'en peut pas dire 
autant du bruit que fait la plaque escamotée en tombant dans 
le magasin. Cependant je dois reconnaître que cet appareil 
m'a rendu de grands services dans des cas spéciaux, et m'a 
permis de prendre chaque fois .12 vues du même sujet à des 
intervalles assez rapprochés, fixant ainsi sur la plaque sensible 
diverses attitudes successives des plus intéressantes. C'est ainsi 
que j'ai photographié un couple de Cigognes nourrissant leurs 
petits. Le nid était établi sur le faite du toit d'une grange. A 
l'aide de deux longues échelles, je parvins à fixer solidement 
mon appareil à magasin sur le faîte même du toit, à environ 
6 mètres du nid. Les 2 tubes pneumatiques, longs de 15 mètres 
chacun environ, me permirent de prendre en peu de temps 
une douzaine de i^hotographies des mieux réussies ; j'étais posté 




18 SÉAiNCE DL 10 JANVIER 1922 

tout simplement au pied du mur du bàtimcut, et caclié par 
l'avant-toit surplombant ; un miroir placé à quel({ue distance 
me permettait de contrôler la présence et l'attitude des Oiseaux 
au nid. 

Dans un autre cas, j'o])tins éualemeid en très peu de temps 
(de 12 à l.'i minutes peut-être) douze photographies, toutes 
excellentes, d'un l']pervier en train de distribuer hi nourriture 
à ses petits. L'appareil était à 2 mètres du nid, ma hutte de 
branches à 4 ou o mètres au plus. Il y avait à peine o minutes 
que j'étais seul dans m<»n abri et que mes 4 assistants, qui 
m'avaient aidé à m'installer, s'étaient éloignés, lorsque j'enten- 
dis un grand Ijruit d'ailes et que je vis l'Kpervier debout sur 
le bord du nid ; il avait suivi du regard, à distance, toutes nos 
opérations, avec l)eauconp d'anxiété sans doute. Puis voyant 
disparaître mes 4 assistants au fond du ])ois, il s'était enhardi 
et il était revenu à ses petits. Au bruit que lit la première pla- 
que en tond)ant, rh]])ervier s'envola de nouveau sur un arbre 
voisin ; au bout d'une minute il revint au nid. L'escamotage de 
la deuxième phujue lui tit redresser ])rusquenn'nt les ailes; 
mais ne voyant rien de suspect, il resta au bord du nid et reprit 
son occupation : il était en train de dépecer une Bergeronnette 
et d'en distribuer les morceaux à ses petits, âgés de 8 jours. 
Lorsque tombèrent la Iroisième et la quatrième plaque, il bou- 
gea encore les ailes et regarda curieusement les deux yeux bril- 
lants et immobiles de mon appareil. Mais lorsque j'escamotai 
les six dernières plaques, l'I^pervier ne jug<'a j)lus même néces- 
saire de s'émouvoir : il continua bravement à nourrir ses petits ; 
cette tâche achevée, la mère s'installa avec beaucoup de ten- 
dresse et de précaution sur sa couvée et resta imnndoile pen- 
dant plus d'une heure, changeant de temps à autre sa position, 
comme pour me permettre de prendre successivement des vues 
de face, de prolil et de derrière. Jamais le temps ne m'a paru 
plus court que ces deux premières heures passées en tête à 
tète avec mon Epervier. J'eus la bonne fortune de pouvoir 
recommencer encore trois fois ces séances, à une semaine d'in- 
tervalle chaque fois, et de noter ainsi les progrès dans la crois- 
sance des petits. 

Une autre fois j'eus un succès analogue, en photographiant 
un couple de Hérons Blongios [Ardclta miniila), le mâle et la 
femelle couvant les œufs à tour de rôle. Je pourrais citer d'au- 



SKAiNCE DU 10 JANVIER 1922 19 

très cas encore ; mais les exemples ci-dessus sufiiseiil pour 
démontrer la grande utilité de mon appareil stéréoscopique à 
magasin. 

J'en viens à la deuxième méthode d'opérer, celle (|uc j oin- 
2)loie de préférence depuis quelques années. J'ai construit une 
tente-abri de dimensions réduites ; 4 bâtons pointus, de 1 m. 30 
ou 1 m. -40 environ, reliés à la partie supérieure par des trin- 
gles en fer de 4 ou 5 millimètres d'épaisseur, suj)portent une 
toile légère, plus ou moins imperméable, d'un ton neutre gris- 
verdâtre., La partie antérieure qui fait face au nid est percée 
d'un trou pour l'objectif, et d'un second pour observer ; on peut 
du reste en faire plusieurs, sur les autres côtés de la tente, afin 
de pouvoir guetter tout autour de soi. L'opérateur se place 
avec son appareil dans la tente (bien camouflée, comme je l'ai 
dit plus haut) et s'installe sur un petit pliant. 11 peut donc faire 
toutes les opérations de mise au point, de changement de pla- 
que, avec un appareil ordinaire, sans être obligé de sortir de 
sa tente, qu'il peut placer à volonté, à' environ 1 ou 2 mètres du 
nid, selon les besoins. Cette méthode qui offre de nombreux 
avantages, ne peut naturellement être employée que pour 
photographier les Oiseaux qui niellent à terre, et pour ceux 
dont le nid n'est pas à plus de 1 m. 50 de hauteur. 

Je rappelle qu'il est bon de placer la tente 1 ou 2 jours 
d'avance, dans le voisinage du nid, avant de commencer les 
opérations, afin d accoutumer t Oiseau à la présence cCun objet 
étranger. Pour cela il est utile d'avoir deux tentes, et de placer 
la deuxième près d'un autre nid, pendant qu'on est occupé à pho- 
tograpliier le premier ; de cette façon on perd moins de temps : 
la période des nids est si courte, qu'il est bon d'employer tous 
les moyens possibles pour éviter toute perte de temps. 

Je ne saurais trop recommander au débutant d'avoir pour 
les Oiseaux tous les égards possibles : il ne faut jamais sacri- 
fier une couvée au plaisir d'obtenir une photographie. !1 y a 
chez les Oiseaux, comme chez les humains, des tempéraments 
divers ; les uns sont relativement confiants, peu sauvages, et 
s'accoutument assez vite aux manœuvres du ph(jtographe dis- 
cret ; d'autres au contraire sont niétiants et nerveux ; ils ne 
peuvent supporter le moindre cluingement dans le voisinage 
de leur nid, et ils abandonneront plutôt leui's ceufs cpic d'af- 
fronter la présence d'un objectif photographique. Dans ce der- 



20 SÉANCE DU 10 JANMEll 11)22 

nier cas, l'opérateur ne doit pas s'obstiner ; il fera I)ien de se 
mettre tout de suite à la recherciic d'un autre nid. On peut 
poser comme rèi;le qu'il ne faut jamais attendre plus dune 
lieure le retour d'un Oiseau qui couve. Reniarquons en outre 
que plus rin(ul)ation des œufs est avancée, <'t plus la femelle 
est fidèle dans l'accomplissement de ses devoirs de couveuse ; 
c'est pour cela qu'il est l>on de ne jamais essayer de photogra- 
phier un Oiseau en train de couver, avant lo dixième <m le 
onzième jour. (>ela demande naturellement Ijeaucoup d'esprit 
d'observati<m ; il faut guetter la ponte avec la plus grande 
attention, connaît! e le nombre d'œufs que cha(]ue espèce dOi- 
seau pond habituellement pour une couvée. L'Oiseau ne com- 
mence à couver que le jour où il a pondu le dernier œuf, et il 
est facile de calculer à coup sur quel sera le jour de l'éclosiou. 
Pendant que l'Oiseau couve, il faut éviter toute visite inutile, 
ne pas toucher aux o.'ufs, ni ébranler le nid ; il faut au con- 
traire prendre toutes les mesures possibles de protection contn; 
les Chats et autres mara*udeurs à deux ou quatre pattes. J'ai 
souvent entoui'é L; tronc de l'arbre qui abritait un nid avec des 
fagots d'épines pour en éloigner les Cliats. On peut aussi euve- 
l(q)per le tronc d un tablier de tôle ou de fer bbinc de 60 à 
80 centimètres de haut. 

Pendant le nourrissage des petits, les opérations de photo- 
g'raphie sont reiativenient plus faciles : un Oiseau qui nourrit 
étant en général moins sauvage que celui qui couve ; mais il y 
a aussi des exceptions, 

l^our prendre une bonne photographie d'un Oiseau qui couve, 
ou qui nourrit, on est quebjuefois obligé d'écarter une branche 
ou des feuilles qui cachent partiellejnent le sujet ; ici encore il 
faut agir avec beaucoup de précautions et d'égards, de façon à 
pouvoir laisser le nid, une fois les opérations terminées, dans 
l'état même oîi on l'a trouvé. Pour cela, au lieu de couper, il 
faut attacher les branches ou les feuilles avec des fils de fer 
très fins, ou de la ficelle qui ne soit pas visible sur la photogra- 
phie. Evitez aussi de piétiner plus qu'il n'est nécessaire Fherbe 
ou la mousse qui croît dans les environs de l'arbre ; l'herbe 
foulée par les jîieds d'un visiteur indifférent a souvent trahi la 
présence d'un nid et attiré un rapace en quête d'une proie. Que 
de couvées ont été détruites par rimprévoyancc ou l'insou- 
ciance du naturaliste ! 



SÉANCE DU 10 J.ViNVIER I î)22 21 

Pour photoi;raplii('r les Diseaux aquati([ues qui consti'uisent 
des uids flottants ou tout près du niveau de Feau, coninie les 
Grèbes, les Sternes noires, les Spatules, les Hérons, les 
Butors, etc., il faut un attirail un peu plus compliqué. J'ai cons- 
truit dans ce but une liutte en roseaux sur un bateau à rames ; 
à l'arrière du bateau se trouve une planche percée d'un trou 
pour l'ojgectif, et d'une petite ouverture pour observer. J'ai 
inauguré ce bateau en le conduisant près d'un nid de Grèbe 
que j'avais découvert ; je le mis à l'ancre parmi les roseaux, à 
20 mètres du nid, et je le laissai là pendant deux ou trois jours 
pour accoutumer l'Oiseau. A la seconde visite, après m'être 
assuré que l'Oiseau continuait à couver ses œufs, je rapprochai 
ma hutte de quelques mètres ; au bout de trois ou (juatre visites, 
en rapprochant le bateau gTaduellement chaque fois, je Unis par 
réduire à 2 ou 3 mètres seulement la distance qui me séparait 
du nid, et je pus commencer les opérations. Je m'installai le 
matin de bonne heure dans ma hutte, et je renvoyai le pêcheur 
avec le bateau qui m'avait amené : il ne revint me chercher 
que dans l'après-midi, vers 4 heures. J'ai passé ainsi bien des 
journées délicieuses, riches en observations intéressantes sur 
la vie intime des Oiseaux, et les heures passées sur le lac de 
Naarden ne m'ont jamais paru trop long'ues. Ce bateau-hutte 
qui a tant contribué à enrichir ma collection de photographies 
d'Oiseaux en lil>erté, m'a procuré les plus beaux de mes souve- 
nirs ornitjiologiques. 



Séance du "24 janvier li)'22 

PHKSIDKNCK DE M. BRUMPT, ['RÉSIDENT 



MM. DuLAC et MoiiLLET renicicioiit de leur adinisision. 

L'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon 
annonce que ses Mémoires paraîtront désormais par fascicules 
mensuels; elle s'oll're à compléter, dans la mesure des disponi- 
l)ilités, la collection de ses Mémoires. 

MM. Champy, Ditlevsen et Voitellier, présentés à la dernière 
séance, sont élus mendjres. 

Mme. Phisalix dépose sur le ])ureau son ouvrage sur les ani- 
maux venimeux et les venins, et en résume à grands traits, les 
principales conclusions. 

M. Marcel Prenant dépose sur le bureau, un exemplaire de 
sa thèse relative au parenchyme des Plathelminthes, et apporte 
quekjues données complémentaires sur ce sujet. 

M. le j)résident adresse les félicitations de la Société à 
MM. Chappellier et M. Prenant, récemment re(;us docteurs ès- 
sciences naturelles. 

Ouvrages offerts : 

Lamy (l)r E.). — Note nécrologique sur le docteur V. .lousscaume (,/. Con- 
chijL, LXVl, 1921, p. 79-85). 

Phisalix (Mme). — Animaux venimeux et venins. La fonction venimeuse 
chez tous les animaux ; les appareils venimeux ; les venins et leurs proprié- 
lés; les fonctions et usages des venins; lenvenimation et son traitement 
(2 vol. gr. in-8», 1522 p., 521 Ç\^. de texte, 9 pi noires, 8 pi. couleur,, Paris, 
Masson, 1922). 

Prenant (Marcel). — Recherches sur le parenchyme des Plathelminthes. 
Essai d'histologie comparée {.-Irc^. morph. gcn. cjcpér., 1922, 175 p., 8 pi.). 



SÉANCE nu 24 JANVIER 1922 23 

SUR LES BRENTHIDES DE LA GUADELOUPE. 

DESCRIPTION D'UNE ESPÈCE NOUVELLE DU GENRE 

EPHEBOCERVS SCH. ET NOTES SYNONYIVIIQUES 

PAR 

PIERRE DENIER 

J'ai examiné au Muséum d'histoire naturelle de Paris uu cer- 
tain nombre de Brentliides recueillis par Léo Dufau à la Guade- 
loupe. Sur cinq espèces reconnues, trois figurent dans la liste 
des Coléoptères de la Guadeloupe, publiée en 1890 par 
MM. Fleutfaux et Salle; deux autres sont inédites, VEplieboce- 
rus Dufaui n. sp. et un Slereodevnms dont on ne connaît qu'un 
seul individu 9 • • 

Les diverses espèces de Brenthides signalées jusqu'à présent 
des Antilles appartiennent aux tribus suivantes : 

Taphroderim. Taphroderes sexmacidatus ^oh., de l'île Saint- 
Vincent. 

Trachelizini. Stereodermus exilis Suffr., Trachelizus linearis 
Suffr., T. simplex Suffr., T. temiis Suffr., et T. imcimanus Boh., 
de Cuba. 

Arrhenodini. Arrhenodes tiirhatus Gyll., de Saint-Domingue ; 
Estenorrhimis forcipitiger Gyll., de Cuba. 

Belopherini. Le genre Belopherus Sch., qui comporte 8 espè- 
ces, toutes spéciales aux îles de Cuba, Porto-Rico, Saint-Domin- 
gue, la Jamaïque ; Raphidorrlif/ncJms cylindricornis Fabr. = 
iutfdico//is Gyll. 

Bre.nthini. Brenthus turhatusX^oh.^ Br. voiciilu.s F .^ de Saint- 
Domingue, Cuba, etc.; Br. anchorago L. 

Nematocephallm. Acratiis monilis F., ^4. sitbfasciatus Boh., 
de la Guadeloupe. 

UlocerinjE. i'ioce?'f(s bicaudatus SuflV., de Cuba. 

TRACHELIZINI 

Stereoilernms sp. 

Un seul individu Ç , récolté par Léo Dufau aux environs de 
Trois-Rivières (in : coll. Mus. Paris). 

Ephebocerus Schœnherr. 

ScHOENH., Gen. Cure, V, 1840, \^. 501 ; Erichson, Consp. Col. 



24 SÉANCK DU 21 JANVIER 1922 

Poi'iian., in Wii:(;m. Arch. /. .Y., XIII, 1817, I, p. 120 ; Schùn- 
feldt, (Icu. Ins., Hrenth., 1908, p. 17 ; Col. Cat., 7, 1910, p. 10. 

llrphe/wcerNs Sclioeiih., /. c. ; Imhoff, Kiiif. KoL, 185G, 
p. 1G7; Lacordairk, Geii. Col., VU, 18GG, p. 146; D. Sharp, Biol. 
centr. Am., Col., IV, pars 6, 1895, p. 19, 

Brenthus suhgcnus Nonorhifins Schoenh., Cure. Disp. motli., 
1826. p. 71; ScuoKNH., G(mi. Cure, I, 1833, p. 3.")i) (/>V. naiius 
Boh.). 

Lacordairk a placé le genre E/j/iehocerus dans une tribu dis- 
tincte des Trachelizini (juil a désignée sous le nom d'IIcphe- 
bocérides. Cette dernière tribu renferme à Flieure actuelle 
A genres : Jotilhocenis Lac, Ilt/peraphanus Senna, Ephehoce- 
nis Sch. et Ancliisteiis Kolbe. 

J"ai examiné un grand nondjre à'Ephebocerm, obligeamment 
comnuniiqués par M. René Orkrthùr; tous les individus obser- 
vés provenaient du Brésil et appartenaient à l'espèce E. nnnus 
Boh., qu'il ne m'a pas été possible de distinguer de VE. boops 
du même auteur; j'ai pu faire la môme observation sur de nom- 
breux exemplaires provenant des chasses d'E. GouNELLEau Bré- 
sil. J'ai examiné d'autre part une certaine quantité de Trachc- 
/iziis provenant des mêmes régions, en particulier T. /lOta/iis 
Bob. Bien que n'ayant disséqué aucun des individus étudiés, il 
me semble qu'aucun des Ephehocerus examinés ne présente de 
caractères permettant de distinguer les cf des Ç (caractères de 
rostre et d'antennes en particulier) ; ils sendjlent être tous des cf. 
D'autre part les Trac/ic/izns observés étaient du même sexe, 
très probablement 9- Ï-'CS caractères morphologiques externes 
(abstraction faite des caractères fournis par la tête et ses appen- 
dices) sont, chez le Tr. notalus Boh. et \E. nanus Boh., à tel 
point similaires qu'il ne me parait pas possible de les rapporter 
à deux espèces aussi éloignées dans la classilication actuelle- 
ment admise. 

Je considère que le genre Epheboccrus doit être rangé dans 
la tribu des Trachelizini. 

Epheboccrus Dufaui n. sp. — Rufo-castaneiis, politiis; oculi 
mac/ni ; captil supra inter oculos et infra seriatim brmineo pilo- 
siduni ; femora et tibia sparsissimr pilo^iila; anlennae pitbe.s- 
centia lutea densiore radiatbn ornatae : tarsorum articidiim tcr- 
lium dense et alii articuli sparsius ut ullimum ser/mentum abdo- 
ininis pubescentia cinerea vestita. Eli/tra seriatim iaevissinie 



SÉANCE DU 21 JANVIER 1922 



25 



puncttdota. Aliis characteribus E. mcxicaui Sharp valde 
af/inis. 

Long, ahsque rostro : G, 5 luill. 

Allongé, d'un brun rougeàtre brillant, plus clair sur la par- 
tie antérieure du rostre, le disque du pronotuni et des élytres, 
la poitrine, le premier segment de l'abdomen et les membres. 

Yeux très gros, séparés en dessus par une carène bifurquée 
en arrière le long de leur marge interne ; ces prolongements 
marqués d'une série d'imjDressions peu profon- 
des, circulaires, portant chacune une soie 
brune ; la carène interoculaire élargie en avant 
des yeux en une gouttière peu profonde, lisse, 
ne dépassant pas en avant le niveau de l'inser- 
tion des antennes ; yeux non contigus en des- 
sous; rostre finement caréné en dessous jus- 
qu'en avant du mamelon antennaire ; une 
série d'impressions arrondies assez régulière- 
ment disposées en arrière et le long de cette 
carène, les deux impressions postérieures sou- 
vent confluentes ; deux rangées de 6 poils dres- 
sés, insérés au fond de chacune de ces fossettes, 
en partant de la base (fig. 1). 

Ponctuation du pronotmii très fine, cà peine 
visible. Fig. 1 

Ponctuation des élytres très fine, régulière, Ephebocerun Dufaiii 
alignée et constituant en dehors de la strie "• sp. Tête, vue de 

~ _ _ dessous. 

juxta-suturale 9 rangées de petits points, la 
7« rangée étant située au-dessus du sillon interne du bord de 
l'élytre ; ces points, presque inlperceptibles quand on regarde 
l'Insecte obliquement^ sont parfaitement visibles quand on 
observe l'élytre normalement à sa surface, car on aperçoit 
alors à travers la couclie chitineuse, très transparente, la par- 
tie profonde du test et les cavités correspondant à chacun de ces 
porcs qui seml)lent être les orifices de glandes cutanées ; une 
soie dressée au tiers antérieur de la Z" rangée; ])ord infléchi de 
l'élytre marqué de trois sillons; le plus iuterne, interronqju en 
avant du tiers antérieur de l'élytre, correspondant en arrière au 
niveau supérieur des expansions latérales horizontales de cha- 
que élytre ; sillon médian partant de l'épaule, creusé en une 
fossette à hauteur de la naissance du sillon interne ; sillon 




26 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1922 



externe natteignaiit pas en avant la base de l'élytre, formant 
en arrière, par sa réunion avec le sillon médian, la partie creu- 
sée du rebord apical élargi de l'élytre ; cet élargissement des 
élytres en arrière est limité extérieurement en dessus par le pro- 
longement du premier interstrie suturai, dévié vers l'exté- 
rieur et dans un plan horizontal, 
puis sul)itement redressé vers 
l'avant, où il constitue la crête 
iuterne du sillon médian latéral ; 
la déclivité apicale de chacun des 
élvtres au delà du mamelon 
arrondi qui prolonge le dis([ue 
en arrière est redressée en deux 
crêtes obtuses correspondant aux 
interlignes 1-2 et 2-3, ces crêtes 
étant interrompues au niveau du 
plan hoi'izontal des expansions 
décrites plus haut. La face infé- 
rieure de ces expansions est 
rugueuse et rebordée en dedans 
sur toute sa longueur par un 
Ephebocerus Du/aut n. sp - D(.'iH\u épaississement du feuillet infé- 
de la face ventrale. rjcur de l'élytre en un bourrelet 

saillant. 
Abdomen composé de quatre segments visibles de dessous 
(fig. 2); le premier très grand, avec une très faible dépression 
médiane et quatre pores sétigères ; 2^ et 3^ segments courts, 
transverses, sillonnés en travers, avec (juelques soies sur les 
côtés ; poils plus nombreux sur le dernier segment, qui est régu- 
lièrement circulaire en arrière. 

Pattes assez grêles; une soie dressée sur le trochanter; quel- 
ques soies (parfois al)sentes) à la, face interne du fémur et vers 
lextrémité du tibia ; dessous du tarse pubescent, plus densé- 
ment sur le 3*^ article qui est nettement bilobé. 

Types : La Guadeloupe (Léo Dufau), environs de ïrois- 
Rivières, suv Jnga, à 700 mètres d'altitude (in : coll. Mus. I\iris 
et Pierre Denier). 

Les 4 individus types sont vraisemblablement des cf. 




Fkj. 2 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1922 27 



BEI.OPllI^KIM 



Uhaphidorrhynchus Scliùenherr ; (Iemm. et Harold, Cat. Col., 
ÏX, 1872, p. 2711 ; Sknna, Hévision du genre, in : Ann. Soc. ent. 
Belg., XXXVIll, 189i, pp. 590-611; Schonfkldt, Gen. Ins.. 
Brenth., 1908, p 46; Col. Gâtai., pars 7, 1910,.p 29. 

R/ia/ihidorrhf/nc/il(s ci/liiulricornis Fal^r., Mant. Ins., 1787, 
p. 96 ; Ent. Syst., I, 2, 1792, p. 494 ; Syst. El. II, 1801, p 554 ; 
in : Boisduval, voy. Astrolabe, II, 1835, p. 318 (snb Brenthus) ; 
ScHOKNHERR, Curc. Disp. méth., 1826, p. 71 (sub Netnorhinus) ; 
Fleutiaux et Salle, Col. de la Guadeloupe, in : Ann. Soc. ent. 
France, 1889, p. 458 ; Senna, /. c, 1894 (avec un point de doute) ; 
ScHONFELDT, /. C, 1908, p. 76 (;]: sub : Lasiorrhynchus Lac.). 

= nitidicoilis GyW. in; Sch., Gen. Cure. I, 1833, p, 328 (sub: 
Arrhenodes) ; V, 1840, p. 505 [Raphirht/nchus) ; Lacord., Gen. 
Col., VII, 1866, p. 436 [Raphirhi/nchus Dejean, Cat., éd. 2, 
1833, p. 243) ; Fleltiaux et Salle, /. c. ; D. Sharp, Biol. centr. 
Amer., Col. IV, 1895, p. 62. 

= lucididus Dejean, Cat., éd. 2, 1833, p. 243 ; éd. 3, 1837, 
p. 265. 

'^ cijiindrico/lis 'èchonîeldt, Gen. Ins., 1908, p. 46. 

La description du Brenthus ci/lindricnrnis donnée par Farri- 
cius en 1787 puis en 1792 est la suivante : « Statura et magni- 
tudo praecedentium (1). Rostrum elongatum, cglindricum, 
obscure ferrugineuni. Antennae thorace duplo longiores, obscure 
ferrugineœ articulis ci/Iindricis. Thorax rotundatus, mgro 
aeneus, nitidissi/nus, nullo modo canal iculatus. Elytra 
obtusa, striata, ferrugiaea, lineolis numerosis, flavis, quae ad 
basin et apicem fere fa'iciam constituunt. Femora dentata ». 

(iCtte description couvient très bien à V Arrhenodes nitidicoi- 
lis de Gyllenhal; cet auteur indique d'ailleurs (Gen. Cure, 
vol. I, 1833), que cette espèce portait le nom de Nemor/iinus 
cytindvicornis dans la Curc. Disp. meth. parue en 1826. Ce n'est 
cependant qu'en observation qu'il parle du Brenthus ci/lindri- 

(1) Br. riaxiitus F. [Belopherun] ut Br. dixpar L {S.rrenndes). Il est intéres- 
sant de noter à ce propos que, beaucoup plus tard, Senna, dans sa révision du 
geni'e Rhnphidorrhi/nchua divise ce genre en deux groupes : dans le premier 
(groupe du R. sifjnifer Boli.) se trouvent les espèces ([ui rappellent parleur habi- 
tus \q?, Arrhenodes Sch. : dans l'autre (groupe du R. longimanus Lund) les espè- 
ces qui se rapprochent des Re/itplierus. 



28 SÉANCE DU 24 JANVIER 1922 

cornis de Fabricius et il ne conserve pas ce nom. Il est vrai que 
Fabricius avait signalé l'espèce comme provenant de la Nouvelle- 
Zélande. 

En raison des termes de la description primitive de Fabricius 
et malgré le doute qui peut sul^sister quant à l'origine des types 
examinés par Fabricius, je rétablis le nom de H. ci/lindricornU 
Fabr. • 

Cette espèce est facile à distinguer des autres espèces du 
genre Rhaphidorvhi/iichiis par la sculpture des élytres, striés- 
ponctués, avec les intervalles élevés et convexes : la 3^ fascie 
jaunfttre des élytres est parfois réduite à un point plus clair. 
Dans sa portion basilaire, le rostre est parallèle sur les côtés, 
sillonné en dessus, s'élargit et s'élève à l'insertion des antennes ; 
la portion antérieure du rostre est presque filiforme dans les 
deux sexes, grêle, parallèle, sillonnée, à bords latéraux un peu 
élevés, mais rarement dentés. 

I.e R. ci/liii(lricor}iis: Fabr. est assez commun eu (Colombie, 
Costa-Kica, Venezuela, et dans plusieurs îles des Antilles. A la 
Guadeloupe, il a été rencontré à Camp-Jacob en septembre. 



BnFNTllIM 

Brenthus Fabr., Mant. fus., I, 1787, p. î)o. 

Brenthus anchorago L., Syst. Nat., éd. X, 1758, p. 383; Oli- 
vier, Ent., y, 84, p. 437, pfi, fîg. 2 a-b (f , fig. 2 d-e 9 ; Gyll 
m : ScH., /. c. I, 1833. p. 3i3; Labr et Imb., (ien. Cure, I, 
n" 17 ; Flkutiaux et Salle, /. c, p. i59. 

(^ hastalis Pallas, Icon., 1781, p. 25 (Guadeloupe). 

longicollis De Geer, Ins., V, 1778, p. 273, pi. xv, fig. 28, 29. 

9 caiialicitlatiis i)\\\., Encycl. métb., V, 1791, p. 191. 

peregrinus Herbst, Kiifer, VU, 1802, pi. cviii, fig. i. 

Biologie : Beyer, ./. N. -York ent. Soc, Xil, 1897, p. 168. 

Très répandu dans l'Amérique du Sud et centrale, la Cali- 
fornie. Bencontré à la Guadeloupe à Camp-Jacob en juin (Delau- 
ney) ; Pointe-à- Pitre, sous une écorce ; Trois- Rivières, sur l'arbre 
à Soie [Sapiian aucuparium), sous l'écorce et dans les plaies de 
Simarouba (Vitrac, Dufau). 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1922 29 



NEMATOCEPHALINI 

AcRATus Lacord., Gen. Col., VII, 1866, p. 463; Schônfeldt, 
Gen. Ins., Brenth., 1908, p. 68. 

Ter amoceriis ^choenherv., Gen. Cure, V, 1840, p. o56. 

Nemocepha/its Chevrolat /. c. 

Acratiis subfasciatiis Boh. in : Schoenh., /. c, p. 569; Fleu- 
TiAUx et Salle, /. c, p. 459 ; Chevr., i. l. 

La coloration typique des élytres ligure : une première fas- 
cie, d'un noir brunâtre, occupant le quart antérieur des élytres, 
de la marge à la suture, recouvrant la base ; une seconde fas- 
cie de même couleur, située un peu en arrière du milieu des 
élytres forme une bande transverse continue, assez régulière, 
atteignant les marges ; quand on examine l'Insecte de dessus, 
la longueur de cette bande est égale à la moitié de sa largeur 
api3arente ; l'intervalle entre cette bande et l'antérieure est égal 
à la longueur de la fascie médiane ; la troisième fascie, plus 
irrégulière et moins foncée, est plus étroite, et atteint le som- 
met de l'impression postérieure des élytres. 

Chez quelques individus, ces fascies s'estompent jusqu'à ne 
laisser subsister qu'une plage enfumée sur chaque élytre ; une 
tache ovale aux contours estompés, en arrière du milieu de 
chaque élytre, entre le rebord externe de la première strie 
suturale et la troisième ligne de points ; une tache confuse en 
arrière de l'élytre, en avant de la déclivité apicale. 

(^ long. 15 à 26 mill. ; $ long. 19 à 21 mill. 

Cette espèce a été trouvée par Léo Dufau aux environs de 
Trois-Bivières sur Sapium aucuparium, Icica hcptaphfjlla et 
autres. 

NOUVELLES REMARQUES SUR LE PARENCHYME 
DES PLATHELIVIINTHES 

PAK 

MARCEL PRENANT 

Dans un travail rédigé en avril 1921, mais qui vient seule- 
ment de paraître, j'ai montré que le parenchyme des Plathel- 
minthes est constitué par un réseau mésenchymateux tout à 
fait comparal)le au mésenchyme embryonnaire des Vertébrés, 



30 SÉANCE DU 2A JA^V1ER 1!>22 

ou dérive criin tel réseau par spécialisation. .l'ai fait voir, notam- 
ment, que chez les ïrématodes adultes l'armature du j)aren- 
cliyme est constituée par des lames gaufrées où courent des 
fibrilles de colorabilité identi(iue à celle du coUagène ; ces 
lames sont auhistes, ou ne présentent que de loin en loin des 
noyaux presque nus. 

J'ai montré, en suivant le parenchyme des Trématodes adul- 
tes vers la périphérie du corps, que ce tissu anhiste ou presque 
anhiste provenait de la transformation d'une sorte de mésen- 
chyme endjryonnaire périphérique, et que lames et fibrilles 
étaient le produit d'une métamorphose du protoplasma cellu- 
laire. Mais je n'avais pas confirmé cette opinion par des recher- 
ches embryofiéni({ues. 

.J'ai eu l'occasion, récemment, d'observer des rédies et des 
cercaires trouvés dans le foie de la Patelle (1), et j'ai pu cons- 
tater que leur parenchyme suit bien un développement exacte- 
ment superposable au déi)ut à celui (pie j'ai décrit chez les Tri- 
clades, et qu'il passe bien par un stade entièrement comparable 
au mésenchyme embryonnaire des Vertébrés. Chez les rédies 
Agées, d'autre part, il a dépassé ce stade, et on arrive à un sys- 
tème de lames et de fibrilles, moins développé seulement que 
chez l'adulte, et oii subsistent des cellules Ces faits sont évi- 
demment des confirmations embryogéniques des vues que 
j'avais émises d'après l'étude de l'athilte. 

La structure du parenchyme des Trématodes n'est d'ailleurs 
peut-être pas aussi aberrante qu'il ma sem])Ié tout d'abord, 
.l'ai admis dans le travail cité plus haut cpie la direction de sa 
spécialisation était quelque peu différente de celle que suit le 
tissu conjonctif lAche chez les Vertébrés. C'est que la structure 
lamelleuse de ce dernier n'avait été signalée que dans un petit 
nombre de cas, que l'on pouvait l'egarch^r comme spéciaux. 
Mais dans un travail paru depuis le dépôt de mon mémoire 
Laguesse (1921) montre que tout le tissu conjonctif a une struc- 
ture lamelleuse et que les fibrilles conjonctives courent sur les 
lamelles, si bien que le réseau du parenchyme des Trématodes 
n'est plus une spécialisation aberrante du mésenchyme : c'est 
bien plutôt une exagération caricaturale de la structure du 



(1) D"aprèsM. Robert Dollfis, quia bien voulu l'examiner, cette cercaire est 
très probablemi'iil Cerrnria pateline M. Lcbour. 



SÉANCE DU 24 JAiNVlER 1922 31 

tissu conjonctif lâche. Toutes les modalités du réticuluiii paren- 
cliymateux des Platheluiiuthes peuvent dès lors être rappro- 
chées étroitement de celles du conjonctif chez les Vertébrés, 
soit à l'état embryonnaire, soit chez l'adulte. 

D'autres points ont aussi attiré mon attention dans la struc- 
ture histologique des cercaires et des rédies dont il est question 
ici. Tout d'abord les cellules mobiles dans le parenchyme des 
rédies, qui, en se divisant, produisent les cercaires, ont tous 
les caractères que j'ai décrits chez les Triclades aux cellules 
souches, et peuvent vraisemblablement être considérées comme 
des blastomères attardés. D'autre part, dans les cercaires assez 
âgées, il apparaît de grandes cellules à inclusions acidophiles en 
bâtonnets très semblables à des rhabdites (1). Par tous leurs 
caractères ces cellules rappellent les éléments à granulations 
érythrophiles que jai longuement décrits chez les Turbellariés; 
ils rappellent aussi les cellules érythrophiles à contenu non 
structuré que j'ai décrites chez les Trématodes adultes, et jus- 
tifient l'assimilation que j'ai faite de ces divers éléments. 
MaclareiN (cité par Freuericq, 1910) semble avoir déjà signalé, 
d'ailleurs, des éléments de ce genre (2). 

En somme ces nouvelles observations viennent entièrement à 
l'appui de la tiièse générale que j'ai soutenue dans mon travail 
précédent; elles me conduisent seulement à identifier plus 
rigoureusement le parenchyme des Plathelminthes et le 
mésenchyme des Vertébrés. 

Ouvrages cités : 

ZiEGLER. — Das Ecloderm der Plalhehninthen {Ver/i. deiitsch. Zool. Ges., 

XV. Silz., 190o). 
AIaci.aken. — Cité par Fkedertcq : Die Seki'etion von Schulz- und Nutzstoffen 

(WiNTERSTEiN : Handbiich der vergleichenden Pliysiologie, 1910). 
Laguesse. - La struclui-e lainelleuse et le développement du tissu conjonc- 

tit lâche chez les Mannnifèi'es en général et l'Homme en particulier 

(.1/r//. Biol., XXXI, 1()1>I). 
Prenant (M.). — Kecherehes sur le parenchyme des Plathel min (lies. Essai 

dhistologie comparée (Arch. Morphol. Gén. Eœp , fasc. 5, 1922). 

(1) 11 s'agit vraisemblablement de cellules kystogénes. 

(2) J'ai eu l'occasion, sur le même malériei, de taire quelques observations con- 
cernant la cuticule. Il est hors de doute (jue l'épiderme, d'abord cellulaire, dégé- 
nère sur place, comme Ta indiqué Ziegler (190o), contrairement aux vues de Bi.ocii- 
MANN et de ses élèves, .l'ai pu en suivre pas à pas la dégénérescence nucléaire. 
Mais la ddficulté de l'observation ne m'a pas permis de résoudre les questions 
que Ziegler avait laissées en suspens. 

LAVAL. IMPRIMERIE BARNEOUD. 



J 



I 



^^/r 






L 1 a R A R Yj 



Séance du i4 février i9''2i. 

J'RESIDEiNCE DE M. BRUMPT, PRESIDENT. \cAi/ "C^tT 



Mlle. DEHOR^E et M. Secques s'excusent de leur absence. 

L^ Conseil international do recherches (Unions géodésique et 
l)iologique, sections d'océanographie physique et l)ioloiiique) 
adresse la circulaire suivante : 

f< Monsieur, 

Au cours de la réunion internationale des sections d'océano- 
graphie physique et biologique, tenue à Paris, du 9 au 14 jan- 
vier 1922, <Hi a décidé d'éditer un répertoire de toutes les 
personnes qui, clans chaque pays, s'intéressent aux sciences de 
la nier. 

Il s'agit d'organiser entre elles une base de relations scien- 
tifiques, de faciliter leurs échanges de publications et de favori- 
ser ainsi leurs travaux. 

Afin d'établir le plus proniptement possible la liste des 
savants français intéressés, je vous prie de vouloir bien faire 
connaître la présente circulaire, notamment aux mathémati- 
ciens, physiciens, chimistes, biologistes, industriels, dont les 
travaux se rapportent de près ou de loin aux sciences de la 
mer. 

Chacune de ces personnes est priée de m'envoyer le plus tôt 
possible ses : nom, prénom, fonction, adresse, spécialité. Le 
répertoire devant être envoyé à l'imijrimerie le 1*"' mai, il est 
désirable que tous les documents me soient parvenus avant le 
V'' avril. 

Je vous serais reconnaissant de me faire connaître en outre 
les renseignements concernant les personnes que la présente 
circulaire n'atteindrait pas, mais qu'il serait désirable de voir 
figurer au répertoire. 

Veuillez agréer, etc. 

Le secrétaire de la section internationale, 
professeur L. Joibln 

Membre de l'Institut. 

Adresse : Professeur L. Jourin, Institut océanogiaphi(iue, 
195, rue Saint-Jacques, Paris (5'') ». 

3 



34 SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1922 

Tlie Amt'rican Journal of Tropical Mfdifi/ir, dont le pre- 
mier volume vient de paraître, adresse un Bulletin de souscrip- 
tion. 

Le Comité central d'organisation des Congrès coloniaux 
nationaux envoie un programme provisoire dil Congrès de la 
santé publique et de la prévoyance sociale, qui se réunira à 
Marseille du 11 au 17 septembre 1922, à l'occasion de l'Exposi- 
tion coloniale. 

M. le secrétaire annonce que le 55'' Congrès des Sociétés 
savantes s'ouvrira à Marseille, le mardi 18 avril, à 2 heures. 

M. le comte Dki.amakrk de Monchaux met à la disposition de 
la Société (juebjues cartes d'invitation pour le Vo'' Concours 
international d'aviculture. 

M. le président exprime les regrets de tous au sujet de la 
mort de M. Landrieu, membre de la Société depuis 1904, et 
auteur d'un remarquable trnvail sur Lamarck, paru dans nos 
Mémoires. 

M. le président adresse les félicitations de la Société à M. le 
comte Dklamarhe de Monchaux, élu membre correspondant de 
l'Académie d'agriculture. 

MM. Petit et Secquks sont élus membres de la Connnission de 
vérification des comptes du trésorier. 

M. Maxime Frauciel, C, passage de Gergovie, est présenté par 
MM. Blanc et Bobert. 

M. Maurice Parât, licencié ès-sciences, 6, rue d'Ulm, est 
présenté par MM. Turciiini et Verne. 



Ouvrages offerts : 

Caziot (C). Le Sanglier dans les iles hritanniques (/?»//. Soc Li/in. 
Lyon, .\1V, 1921, p. il-40). 

Dautzenbkrg (l*h.). Conlribution à la faune malacologique du Cameroun 
{liev. Zool. Africaine, Bruxelles, IX, 19:21, p. 87-192, \ pi.). 

— ncscriplion d une nouvelle espèce àOleacina [»i-ovonant du Chiri(iui 
(7. ConvIujL, LXV, 1920). 

— Uescripliou d'une espèce nouvelle de Trivia \lbid.). 

— Cas lératologl jues chez queliiues Gastéropodes (/hiif.). 

Wall (Trank) Opliidia laprobauica or Uie Suakes oT Ce^lon (Colombo, 
1921, .j81 p., 1 carie). 



SÉANCE DU li FtVRIKH 192"2 3o 



DESTINÉES DIVERSES DE LA FURCA DANS LE GROUPE 

DES CLADOCÈRES 



PArt 



R. de La VAULX 



Le telson, partie terminale de Fabdoineii des Crustacés, porte 
généralement deux prolongements plus ou moins étendus, 
consti uant la furca. Une disposition bifide de la queue, ren- 
dant peut-être plus efficace le rôle de gouvernail ou d'empen- 
nage joué par cet organe, se rencontre d'ailleurs fréquemment 
parmi les animaux destinés à se mouvoir rapidement dans un 
fluide.^ 

Chez les Cladocères calyptomères — groupe comprenant la 
plupart des Crustacés de cet ordre — la partie temiinale du 
corps ou postabdomen se tient repliée sous les valves de la 
carapace, et la furca, formée de deux grifïes acérées, se trouve 
reportée en avant et joue dans la vie de l'animal un rùle 
important qu'il est bon de signaler. 

On sait comment s'effectue l'alimentation de ces Crustacés. 
Le mouvement continu des pattes foliacées, tout en facilitant 
l'aération des Ijranchies, dirige un courant d'eau vers la gout- 
tière ventrale. Les particules charriées par ce courant, s'agglu- 
tinent en une sorte de boudin que les mâchoires tridentées 
poussent entre les mandibules broyeuses. L'animal ne peut 
choisir sa nourriture qu'en se déplaçant ; aussi, est-il possible, 
en le maintenant dans un verre de montre, de lui faire absor- 
ber les substances les plus hétéroclites : particules de rouille, 
alizarine, et même des toxiques comme des grains de vert 
d'iode. Pourtant, lorque l'apport des particules est abondant au 
point de gêner le mouvement des pattes, ou lorsque la masse 
alimentaire est de consistance trop coriace, on voit la lèvre 
supérieure se soulever, et la postabdomen, d'un brusque coup 
de fourche, rejeter hors de la carapace la nourriture inaccep- 
table (1). 

Du point où le postabdomen fait un coude, c'est-à-dire à 

(I) Des soies arquées, armant la première pairn de pattes, concourent égale- 
ment au nettoyage des abords de la bnurtic 



u 



SÉANCE DU 14 FÉVRIER 19:22 



rextrémitc physiologique du corps de Fauiuial, partent deux 
soies plumeuses qui, douces sans doute d'une fonction sensi- 
tive, tiennent, de plus, le rôle d'empennage caudal délaissé 
par la furca (fig., 2). Chez Si -/a, ces deux soies sont portées 
par deux petits prolongements do Fahdomen. Ceux-ci sont 
coalescents chez Diaphanosonia et se réduisent chez le curieux 
Holopedium à un seul caudicule portant les deux soies (fig., 3). 
Que va devenir cette disposition chez les Cladocères gymno- 




Fifi. I. — Evolution du postjkljtloraen dans l'ordre des Gladocisres. — Les flèches 
indii|uenl le sens dans l('<iuel onl pu s'etlecMur les tnodifications de i'exlrémilé 
caudale, mais non le rapport pliylogénétique des genres actuels représentés 
ici pour illustrer des stades évolutifs. 

1. Type primitif liypolliéti(|ue (iniilè des Bvaiichipndidae). — 2 Type de Cladocère 
caiyptomère (scliémalisé). — i. Fypc Holopedium. — 4. Type Podon, régres- 
sion du poslabdomen. — 5. Type Poli/phentu.i, disparilion de la furca, allonge- 
ment du caudicule sélij^ère. — G Type liytholrpphes ; caudicule extrêmement 
développé, soies caudales très n dudes. — 7. Type Leptodora, postabdomen 
redressé, grilfes développées, soies caudales (s), extrêmement réduites (en haut 
et à dr. de la fig.). 

mères. Crustacés pélagiques, se nourrissant de proies vivantes 
et dépourvus de valves? Le reploiement du postabdomen n'a 
plus de raison d'être, mais, par contre, un empennage caudal 
imf)ortant parait nécessaire à ces animaux prédateurs à nage 
rapide. La furca, maintenant inutile en tant qu'organe de net- 
toyage, va-t-elle s'atrophier ou reprendra-t-elle la position 
terminale qu'elle occupe typiquement dans le groupe des Crus- 
tacés ? 

Il est extrêmement curieux de constater que les deux alterna- 
tives se trouvent réalisées, respectivement, dans les deux tribus 
des Onychopodes et des Haplopodcs. Chez les Cladocères 
marins, Podon ^ Evadw^ la fiirca n'est plus indiquée que pai 
la terminaison bifide de l'abdomen, lequel se prolonge pai 
deux pointes de chaque côté de l'anus (fig., 4). Par contre, le 



SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1922 37 

eauflicule sétigère déjà rencontré chez Holopedium est bien 
représenté. Cet appendice se développe fortement chez les 
Onychopodes dul(,'aquicoles(Po////>/ie/><?/.y, %., 5) et atteint même 
dans le genre Bythotrephes une longueur considérable (fig., 6), 
double de celle du reste du corps. Dans ce dernier type, la 
grande extension du caudicule est compensée par une extrême 
réduction des soies caudales. 

Le genre Leptodora, qui constitue à lui seul la tribu des 
Haplopodes, offre, à première vue, un aspect le rapprochant 
passablement des autres Gymnomères, au point que Focke, son 
jjremier descripteur, lavait fait connaître, en 1844, sous le nom 
de Pulf/plieinus [P. Kindli). Le corps des Leptodora est également 
terminé j)ar un long prolongement formant balancier ; mais ici, 
il ne s'agit plus d'un organe de nouvelle formation. C'est l'ab- 
domen du Grustacé, terminé par une furca affectant encore la 
forme de griffes, et à l'extrémité duquel s'ouvre l'anus, qui s'est 
redressé et affecte la disposition rectiligne habituelle aux ani- 
maux de cette classe. A peu de distance de la naissance du 
dernier segment abdominal, on peut encore distinguer de 
minuscules soies plumeuses (fig., 7, s), homologues de celles 
qui se trouvent très développées chez presque tous les autres 
Gladocères. 

L'absence totale de documents paléontologiques rend néces- 
sairement fort hypothétique tout essai de reconstitution de la 
phylogénie des Gladocères. Pourtant, l'étude dé l'anatomie 
comparée permet de supposer que les Gymnomères dérivent 
d'ancêtres pourvus d'une carapace protectrice, dont la poche 
incubatrice des Polyphémides et des Leptodora ne serait qu'une 
simplification. Les considérations précédentes relatives aux 
avatars de la furca paraissent fournir de bons arguments en 
faveur de cette opinion. Les Gymnomères présentent, par ail- 
leurs, de nombreux caractères d'évolution avancée : simplifica- 
tions dans la structure des pattes (dépourvues d'exopodites 
chez Leptodora), réduction de l'appareil masticateur, concentra- 
tion de la chaîne nerveuse en une seule masse, grand dévelop- 
pement des organes des sens. Ces animaux très euryhalins se 
sont probablement adaptés aux eaux douces à une époque rela- 
tivement récente (1). 

(1} Voir à ce sujet les intéressantes indications données par J. de Guerne dans 
le Bull. Soc. Zool. France, XH, 1887, p. 357-364. 



î}8 SÉANCE DU 14 FÉVRIKR 1922 

Le développement du caudicule sétigère, corrélatif à la 
réduction du postabdomon, tel qu'on l'observe chez les Poly- 
phémides, peut être présenté comme une éclatante contirmation 
de la loi de Dullo concernant rirréversibilitc de l'évolution (1). 
Devenue inutile sous sa nouvelle forme adaptative, la furca 
ne reprend pas sa situation à l'extrémité caudale mais disparaît 
et son rôle est tenu par un organe de nouvelle formation. Mais 
chez Lcptodora, nous l'avons vu, c'est l'inverse qui se produit : 
les soies caudales s'atrophient et, l'abdomen se redressant, les 
.crifTes de la furca se trouvent replacées à l'arrière du corps. 

Il ne faut pas, semble-t-il, se hAter de tirer du cas présenté 
par Leptodora un argument contre le principe de l'irréversibi- 
lité de l'évolution. Prise dans un sens suffisamment précis — 
impossibilité pour un organisme de repasser par des étapes 
antérieurement parcourues sans conserver de trace de ses 
adaptations précédentes — la loi de Dullo paraît évidente ; 
l'examen de l'abdomen de Leptodora^ révélant la présence de 
soies caudales rudimentaires et la forme « en giilTes » de la 
furca, lui apporterait })lutôt une confirmation. Mais, si un orga- 
nisme conserve toujours l'empreinte plus ou moins apparente 
de son évolution antérieure, il n'en faut jias conclure qu'il lui 
est impossible d'acquérir à nouveau, sous l'influence des con- 
ditions du milieu, ou pour des causes internes corrélatives à la 
sénescence de la lignée, des dispositions déjà rencontrées chez 
ses ancêtres. Les sim2)lifications secondaires d'un organe peu- 
vent avoir pour effet d'accentuer sa ressemblance avec l'état 
l^rimitif nécessairement plus simple. Une incursion dans le 
domaine de la paléontologie permettrait de rapporter des faits 
de cet ordre, prouvant que la loi de Doi.lo ne doit pas être prise 
dans un sens trop absolu. 

(1) Loi formulée en 1893 par le paléontologiste L. Dollo, sous une forme très 
i;atégorique : « L'n organisme ne peut relourm r même parlieileinont à un éiat 
(léjn réali.sé dans la série de ses anrétros ». 



SÉANCK DU 14 FÉVRIER 1022 



30 






ASCARIS LUMBRICOIDES L. ET CORPS ETRANGERS 

DE L'INTESTIN f^ 



PAR 



V 



M. NEVEU-LEMAIRE 




L'Ascaride de V homme , Ascaris lumhricoïdes L. , est un parasite 
très remuant. Sans parler des migrations qu'il effectue, à l'état 
larvaire, dans l'organisme de son liôte, migrations qui ont lieu, 
comme l'ont montré Stewart, Ransom, Poster et d'autres 
auteurs, à travers le foie et les poumons, dans la trachée, 
l'œsophage et l'estomac, avant qu'il ne parvienne dans l'intes- 
tin, il lui arrive encore, à l'état adulte, de quitter l'intestin, 
son habitat normal et d'émigrer jusque dans les endroits les 
plus inattendus. 

Il n'est pas rare de voir l'Ascaride pénétrer dans l'appendice, 
dans le canal cholédoque et même dans le canal de Wirsung. 
Remontant dans le pharynx, il peut passer de là dans les fos- 
ses nasales, dans la bouche, ou s'engager dans les voies respi- 
ratoires, parvenant parfois jusque dans les bronclies ; il s'intro- 
duit aussi dans la trompe d'Eustache et sort alors par l'oreille ; 
enfui, dans certains cas, on a constaté sa présence dans le canal 
lacrymal, son extrémité antérieure faisant saillie à l'angle 
interne de l'œil. 

On voit, d'aj)rès ce qui précède, que l'Ascaride send^le s'en- 
gager volontiers dans les orifices ou les canaux qui se trouvent 
à sa portée, même si ces orifices ou ces canaux sont de diamètre 
inférieur au sien. Cette sorte d'instinct, consistant à pénétrer 
ainsi dans des orifices divers, se manifeste même à l'égard de 
corps étrangers introduits accidentellement dans le tube diges- 
tif, ainsi qu'en font foi les deux observations suivantes : 

Première observation. — Le février 1022, le professeur 
Marfan envoyait au laboratoire de parasitologie de la Faculté 
de médecine un Ascaris lumhricoïdes maie, long d'une dizaine 
de centimètres, évacué par une hllette de dix-huit mois (1). Cet 

(1) Cette pii'-ce porte !e ir 1033 de la eollection E. BnuMPT. 



4(1 



SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1922 




Ascaride, rejeté vivant, portait un pou en avant de la moitié du 
corps (fig., I) une ceinture bleue, qui n'était autre chose qu'une 
perle cylindrique en verre, mesurant i millimètres de diamè- 
tre, sans doute avalée fortuitement par l'enfant. Le Nématode, 
ayant rencontré cette perle dans l'intestin, s'était introduit dans 
l'orifice par son extrémité antérieure et cette intromission devait 

remonter déjà à un certain temps, 
car, au niveau de la perle, le dia- 
mètre de l'Ascaride était sensible- 
ment moindre que celui de la jîartie 
du Ver située en avant et en arrière 
de lanneau, si bien qu'au moment 
\ où il a été expulsé, l'Ascaride 
\ n'aurait pu se débarrasser du corps 
étranger qui l'entourait. 

Deiixwmf observation. — Le pro- 
fesseur linuMPT, en me confiant 
l'étude du spécimen précédent, m'en 
communiqua un autre (1), apparte- 
nant à la collection du la])oratoire 
de parasitologie et au sujet duquel 
quatreorifices que présentait un je n'ai d'ailleurs aucun renscignc- 
bc.uton de porcelaine, grandeur '^^^^ ^e cas est peut-être pluS ori- 

113.1 U ï Cl 16. ■'- *■ 

ginal encore ; il s'agit aussi d'un 
Ascaris lumhricoidos mâle, ayant un peu plus de 8 centi- 
mètres de long, mais légèrement rétracté par l'alcool, et qui 
s'est introduit successivement dans deux des quatre orifices, 
d'un millimètre de diamètre environ, que présentait un bouton 
de porcelaine, mesurant un centimètre de diamètre, avalé sans 
doute également par mégarde (fig., II). L'extrémité antérieure 
du Nématode dépasse de un centimètre et demi le second ori- 
fice du bouton. 

On peut rapprocher ces cas curieux de divers autres faits, 
qui montrent que les Ascarides affectionnent particulièrement 
les corps étrangers. Je raj)pellerai à cette occasion le cas signalé 
par R. Blanchard, en 189!), dans \e'i Arcluves de parasitologie. 
Quatre Ascarides adultes, étroitement noués les uns aux autres, 



Fig. I. — Ascaris lumOricoïdes d* 
s'élanl introduit dans une perle 
de verre, grandeur naturelle. 

Fio. il. — Ascaris lumhricoïdes çS 
s'élant engauc dans deu.\ des 



(1) CeUe piéee porle le n° 163;2 de la collection Iv Biumpt, 



séanch; du 14 février 1022 41 

formaient un peloton inextrical)le, qni avait d'ailleurs provoqué 
l'occlusion intestinale et étaient maintenus dans cette posture 
par les inflexions d'un long cheveu fortuitement avalé par un 
malade (1). Cette pièce originale a été reproduite dans tous les 
ouvrages classiques de parasitologio. 



NOUVELLE ESPÈCE AMÉRICAINE DU GENRE PHLEBOTOMUS, 
P. TEJERA^, ET TABLEAU PERIVIETTANT DE DÉTERMINER 
LES MALES DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CE GENRE 



PAK 



F. LARROUSSE 



I. — Descru^tion de Phlebotomus Tejeraœ, n. sp. 

Nous possédons les exemplaires de ce nouveau Phlébotome, 
1 c? et 2 9 , grâce à l'obligeance du docteur Tejera ; nous som- 
mes heureux de dédier cette espèce à Mme. Tejera. Dans notre 
thèse de doctorat en médecine (2), nous avons déjà donné les 
caractéristiques essentielles de cette esjjèce que nous pouvons 
établir de la façon suivante : 

cj*. 9 : Couleur. — Jaune foncé. 

Taille. — l mm. 6 à 1 mm. 9. 

Palpes. — Formule palpale, c'est-à-dire énumération des 
différents articles du palpe suivant leur grandeur croissante : 

1. 4, 2, 3, 5. 

AmeiMnes. — Présentant des épines géniculées et bigéminées 
du 3'- au 15'' segment ; ces épines difficilement visibles ne parais- 
sent pas atteindre l'articulation de l'article qui les porte et du 
suivant : 

111 > IV -f V m > i\ -f- V 4- VI 

IV + V + VI = XII + XIII + XIV + XV + XVI. 

Il) Cette pièce porte le n» 213 df^ la collection R. Blanchard. 

(2) VAnde systématique et médicale des P-hlébotomcs (Paris, 1921, Vigot frères). 



42 



SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1922 



Ailes (Fig. 1, A). — Longueur 1 mm. 3; plus grande largeur 
mm. 3:1. L'extrémité antérieure de la L'" longitudinale recou- 
vre la branche antérieure de la 2^ sur le tiers de sa longueur. 
La branche antérieure de la 2® longitudinale (a) sensible- 
ment égale à la distance entre les 2 fourches ['■!>) ; Tindice alaire 
g= 1. La fourche postérieure de la 2'' plus rapprochée de la 
base de l'aile que la fourche de la AP 





o , i 



Fir.. \. - P. Tejeraœ, n. sp. : A, aile: B, scgmorit lerminal 
fies crochets supérieurs du o'- 

Pattes posTÉftiKLRES. — Longueur 2 mm. 20. 

Armature gémtale du d* (hg- 1, B). — Le segment terminal 
des crochets supérieurs est allongé et porte \ fortes épines 
recourbées. La plus forte et la plus longue à l'extrémité api- 
cale ; la plus grêle un peu au-dessous du milieu du segment 
sur son côté intei-ne ; les 2 autres formant un groupe moyen 
situé à égale distance des 2 premières, l'antérieure dorsale, la 
postérieure dorso-cxterne ; ces 2 épines sont sensiblement de 
même longueur et d'un diamètre égal. 

Habitat. — Venezuela : Mené Grande, Etat Zulia (ïejera). 

Le Phlcbotomus Tejeraœ se rapproche du P. atroc/avatus 
Knab ; il s'en distingue facilement par les caractères alaires ; 
chez cette dernière espèce g = 2. 



SÉANCE DU 14 KKVRIKH l022 



43 



II- — Tableau permettant de déterminer les çf des différentes 

ESPÈCES DU GENRE PhlebotomilS (1). 

Les principaux caractères étant tirés de la conformation de 
l'aj^pareil génital externe, nous croyons utile de donner une 
figure schématique (tig. 2) de l'armature génitale des Phlébo- 
tomes mâles. 




3 
J / / \ 

^^ ) 

Fi- 

E 

FiG. 2. — \ l'a. armature génilale cT (schématique), d, cro'-het supérieur; 2, seg- 
ment terminiil : 3, segment proxinial : 4, crochet inférieur ; 5, lamelle sons- 
médiane ; 0, appendice intermédiaire ; 7, appendice frangé : 8, appendice digi- 
tiforme ; 9, pénis. 

3 épines au segment terminal des crochets 

supérieurs . himalayemis 

(Asie) 

4 épines au segment terminal des crochets 

supérieurs 1 

5 épines au segment terminal des crochets 
supérieurs 18 

6 épines au segment terminal des crochets 

supérieurs Mascitïii 

(Europe) 

1 . — Les 4 épines ne sont pas toutes à l'apex. 2 
— Les 4 épines sont h l'apex 14 

2. — Une des épines est atrophiée . . . Sergenti 

(Europe, Afrique, Asie) 

(l)Dans ce tableau nu figurent pas les variétés. Tout dernièrement, M. ToNNont 
fi décrit dans les Annales de la Soc. Enl. de Belgique, 1921, 2 nouvelles espèces, 
P.ariasiet P. neglectus, présentant tous les caractères de P. perniciosus; ils en 
dilïèrenl toutefois par la conformation de la gaine du pénis ; nous estimons 
fjue ccs-2 espèces doivent être considérées comme des variétés de P. pevm'ciosv.s. 



44 



3. — 



6. — 



8. — 



9. — 



10. 



M 



SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1922 

Les 4 épines sont normales .... 3 
Les appendices intermédiaires sont 

armés long i pal pis 

(Amer, du sud 
Les appendices intermédiaires sont 

inermes 4 

2 épines sont à l'apex i) 

1 seule épine à l'apex 7 

Bouquet de poils très forts à l'apex des 

crochets inférieurs Ingrami 

(Afrique) 
Poils normaux à l'apex des crochets 

inférieurs 6 

Branche ant. de \i\ 2'- long, plus courte 

que la dist. entre les 2 fourches . perturbans 

(Asie) 
Branche ant. de la 2" long, près de 4 
fois aussi longue que la dist. entre 

les 2 fourches malabaricus 

(Asie) 
Lpine terminale la plus courte. . . Mir/onei 

(Amer, du sud) 
Epine terminale la plus longue. . . 8 

Les 4 épines forment un double groupe. 9 

An moins 1 épine nettement isolée des 

autres 10 

Le o'' segment des palpes est le plus 

long intermeflius 

(Amer, du sud) 
Le 5^ segment des palpes n est pas le 

plus long roslraits 

(Amer du sud) 

3 épines forment un groupe apical. . 11 
3 épines ne forment pas un groupe 

apical 12 

Pinceau de poils au seg. bnsilaire des 

crochets sup Walkeri 

(Amer, du sud) 
Absence de pinceau de poils. . . . squamivenlris 

(Amer, du sud) 



* 



SÉA-NtE DU 14 FÉVRIER i\)'2'l 45 

12. — Elles forment un groupe basai. . . vernicanoii 

(Amer, du sud) 

— 2 épines sont isolées, les 2 autres for- 

ment un groupe moyen .... 13 

13. — "5 = 2 atroclavalus 

(Améi'ique) 

— -5 = 1 Tejeraœ 

(Amer, du sud) 
14.-^^1. . . . . * 15 

— ^->1. . . . . 17 

13, — Une soie (épine atrophiée) au segment 

terminal des crochets supérieurs . 16 

— Pas de soie au segment terminal des 

crochets supérieurs. . . • . . . fallax 

(Afrique) 

16. — Formule palpale : 1, 2, 4, 3, 5 . . . minutm 

(Europe, Afrique) 

— Formule palpale : I, 2, 3, 4, 5 ; 3 sen- 

siblement = à 4 Bedfordi 

(Afrique) 

17. — Teinte jaune pâle. Formule palpale : 

1, 2, 3, 4, o simillimiDi 

(Afrique) 

— Teinte gris brun. Formule palpale : 1, 

(2, 3), 4, o nicnic 

(Asie) 

18. — Segment terminal des crochets sup. 

très allongé à bords parallèles . . 19 

— Segment terminal des crochets sup. 

très allongé de forme irrégulière . 22 

19. — Crochets inf. inermes. Pas d'appendi- 

ces frangés 20 

— Crochets inf. armés. Appendices fran- 

gés 21 

20. — 2 épines apicales, les 3 autres vers le 

milieu du segment. ^ = 3. . . . Drumpii 

(Amer, du sud) 



4C) SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1922 

— 2 épines apicales, 2 sub-apicales, 1 au 

milieu du segment. J = 2 . . . vexalor 

(Amer, du nord) 
21. — 2 épines à rextrémité apicalc des cro- 
chets inf papalasi 

(Europe, Afrique, Asie) 

— 4 ou .') épines Diiboscqi 

(Afrique) 

22 — Q- voisin de 1,5 ....... . 23 

— -t: voisin de 3 . . 24 

23. — Formule palpale : 1, 2, 4, 5, 3 . . . arrjeiUipes (1) 

(Asie) 

— Formule peut varier, mais 5 est tou- 

jours l'article le plus grand . . . perniciosus 

(Europe, Afri(]ue) 

24. — l.ci t'" nervure recouvre la branche ant. 

de la 2^" sur le 1/3 de sa hjngueur . major 

(Asie) 

— La 1'^'^ nervure recouvre la branche ant. 

de la 2** sur le 1/4 de sa longueur . zeijlanicus 

(Asie) 
Espèces dont le çf n'est pas décrit : P. squamivenlns, 
P. aifjnalipe/uiis (Afrique) ; P. Sfanloni (Asie) ; P. cniciatus 
(Amérique du nord). 

le tétraèdre morphogénique et le role des 
colloïdes dans sa formation 

PAH 

E. HÉROUARD 
Professeur à la Sorbonne 

La cellule étant l'élément primordial de tout être vivant et 
toute édification morpli()logi(|uc venant de la transformation 
graduelle de cet élément, il avait paru qu'en suivant de proche 
en proche ces transformations, on devait arriver à mettre en 
lumière, qu'un élément situé en un point donné de l'édifice 

(1) Les caractères différentiels de P. argentipes, P. perniciosus, P. major oL 
P. seylanicus sont peu nets. 



\ 



SÉAJSCK DU 14 FÉVRIER 19^2 47 

morphologique avait pour y parvenir sa voie tracée d'avance 
dans les lignées cellulaires. Mais les études de mosaïque ont 
montré qu'un organe n'est pas toujours formé de cellules n'ap- 
partenant qu'à une seule lignée ou à des lignées liomcdogues. 
De même, dans la régénération, les cellules cjui servent à la for- 
mation des organes manquants peuvent provenir d'organes très 
difïérents. La prédestination des éléments cellulaires dans la 
segmentation de l'œuf est infirmée par ces constatations et le 
fait suivant, d'une portée plus générale, mène aux mêmes con- 
clusions. 

On sait que toute substance vivante animale s'organise tou- 
jours en symétrie bilatérale, et l'expérience montre c|ue cette 
symétrie prend naissance au moment de la fécondation de l'œuf. 
Or, on constate que la première division de l'œuf jDeut présen- 
ter un plan de segmentation en discordance absolue avec le 
plan de symétrie : la morphologie cellulaire ne peut donc être 
confondue avec la morphologie spécifique, ce sont deux choses 
distinctes. Ainsi le plan de symétrie bilatérale, qui esta la base 
de toute morphologie spécifique, est sous la dépendance non pas 
de l'organisation cellulaire, mais de ce qui existe dans l'espace 
occupé par la substance vivante globale ; car cpielle que soit 
l'idée théorique de la constitution de la matière à laquelle on 
se rallie, on ne peut concevoir un plan de symétrie bilatéral, 
qu'autant que la substance dont il dépend présente des élé- 
ments d'orientation inverses, répartis symétriquement de chaque 
côté de ce plan. Les cellules ne présentant pas une telle con- 
cordance, nous ne pouvons admettre que ce soient elles qui 
déterminent l'existence de ce plan. Il y a donc, dans tout édi- 
fice morphologique, quelque chose cjue nous ne pouvons définir 
dans l'état actuel de nos connaissances, mais dont la réalité 
nous est révélée par l'existence du plan de symétrie qu'elle tient 
sous sa dépendance, et dont nous pouvons affirmer l'existence ; 
sa nature reste indéterminée, mais on admet généralement 
que ce quoique chose est une substance et non une entéléchie 
au sens dAristote; plaçons-nous donc à ce point de vue. 

Comme la position du plan de symétrie joue un rôle capital 
dans rédihcation morpliologique, nous pouvons en déduire que la 
substance dont ce plan est tributaire doit être la substance spé- 
cifique propre, mais rien ne nous autorise à la localiser unique- 
ment dans les cellules. A considérer le problème de l'édificar 



48 SÉAiNCE 1)1 li FÉVUILU i\}'l2 

tion morphologique uniquciiicut sous Tangie cytologique, on en 
est arrivé à perdre de vue l'édifice lui-même. En dépit des 
opinions que Fou peut avoir, il est cependant un fait qui reste 
en dehors de toute contestation possible : c'est c|ue l'éditice 
morphologicjue ayant atteint son équilibre final, c'est-à-dire 
étant arrivé au bout du développement dont Yœuï était capa- 
ble dans le milieu où il se trouve, revêt une forme qui seule 
nous permet d'affirmer la spécificité des sul)stances vivantes. De 
ce fait, les considérations que l'on peut tirer de l'examen de 
l'édifice total ont une valeur qu'on ne peut niécoimaitre. Que la 
cellule soit un laboratoire dans lequel s'élabore la substance 
propre, cela ne parait pas dout(^ux, mais, que cette sujjstance 
propre une fois formée reste confinée dans la cellule ou mieux 
encore dans son noyau, c'est une hypotlièse qui est contredite 
par l'existence même du i)lan de symétrie. Ce qui dans l'édifice 
représente la suljstance propre liypotbéti(pie, ne peut être con- 
fondu avec les cellules, mais doit être réparti dans tout l'espace, 
cellulaire ou non, occupé par l'édifice total. 

Les cristallographes modernes (Bolduœw, .b»-;iiER) admettent 
que l'inversion dont dépend l'énantiomorpbisme des substan- 
ces vivantes, a les mêmes causes que celles qu'on invoque en 
cristallograpliie et que Ids particularités que présentent les 
substances organisées, relativement aux autres, tiennent à ce 
cju'elles n'ont jamais une stabilité mécanique suffisante, étant 
en perpétuel remaniement. 

En résumé, l'édifice spécifique tout en étant tributaire de la 
cellule n'en possède pas moins une personnalité qui mérite 
d'être considérée en elle-même. La cellule fournit les matériaux 
qui servent k l'édification, mais c'est par rapport au plan de 
symétrie que se règle leur distribution et, dans l'ensemble de 
l'édifice, ce plan se comportera comme un lieu de moindre 
résistance, par ce fait, ([uil marque une séparation entre les 
deux moitiés énantiomorphes. 

La blastula, qui est à la base de toute édification mori)liologi- 
que, possède toujours dans sa constitution une distribution 
bisymétrique qui a pris naissance dans l'œuf, au début du déve- 
loppement. Quelle que soit la nature de la substance ou de 
Tagent dont le plan de symétrie est tributaire, le fait qu'il 
sépare cette substance en deux moitiés inverses crée nécessai- 
rement, entre ces deux moitiés, un intervalle de contact continu, 



SÉAIVCE DU 14 FKVniKR 1922 49 

oi'ionté suivantce plan et qui peut être considéré conune uu plan 
<l«^ nioiudre résistance. On constate que c'est toujours suivant ce 
plan que se produira l'invagination gastrulaire. La paroi cellu- 
laire qui limite la hlastula forme une vésicule close dont le con- 
tenu est plus ou moins tluide, c'est là tout ce que nous eu 
savons; sa composition nous reste ignorée, mais on est en droit 
de penser (|ue sa composition est complexe, car toute la surface 
interne de la paroi cellulaire y déverse ses produits et peut- 
être cette jiromière sécrétion interne a-t-elle des propriétés hor- 
ni(jni(pies. 

Mais ce (pie l'on peut assurer, c'est que la prolifération des 
cellules de la paroi serait incapable de former une invagina- 
tion par ses propres moyens : il faut, pour que l'invagination se 
forme, (pi'unc; différence de pression se produise entre le con- 
tenu de la vésicule et le milieu ambiant. On invoque en géné- 
ral le noml)re des molécules qui sont contenus dans le blasto- 
cœle, pour expliquer la difterence de pression quiw:létermine 
l'invagination. Mais il est bien certain que ce contenu n'est pas 
une simple solution aqueuse de cristalloïdes, que des substan- 
ces colloïdes y existent et qu'il représente une substance plus 
ou moins pâteuse, pour laquelle les lois de Dutrochet et van 
T'HoFF ne jouent plus qu'imparfaitement. 11 va donc lieu de con- 
sidérer ce qui peut advenir dans une blastula dont le contenu 
serait fornuî de substances colloïdes, et on est autorisé, avec Loeb, 
à penser qu'il en est souvent ainsi, sinon toujours. En fait, cette 
considération ramène le problème à savoir : comment une 
sphère de substance pâteuse, dont la surface devient plus rigide 
que la sul)stance restante qu'elle contient, se comporte quand 
cette surface seule s'accroit. Si nos moyens expérimentaux ne 
nous permettent pas de réaliser une spbère douée de ces qua- 
lités, la substance vivante en est capable, car la prolifération 
cellulaire.en surface, dansFectoderme delà blastula, augmente 
l'étendue péripbérique de celle-ci, sans que le contenu du blas- 
tocœlc augmente. dans des proportions telles, que son volume 
corresponde fatalement à celui d'une spbère dont la surface 
serait précisément égale à celle atteinte par l'ectoderme. JMais 
à côté de cette expérience invoquée, pour me servir d'une 
expression (le Claude Berîsard, certaines expériences provoquées 
peuvent être aussi consicléré.es comme démonstratives. Il est à 
remarquer en etïet qu'au lieu de considérer une spbère dont 






oO SKAiNCE DL' iï FÉVRJKR I î)22 

retendue de la surface croît, tandis que le volume reste statioii- 
uaire, nous pouvons considérer une sphère, dans laquelle réten- 
due de la surface reste fixe, pendant que son volume interne 
diminue. Dans les deux cas la relativité reste la même et les 
résultats se confondront. Or, on connaît déjà d'assez nom- 
breuses expériences faites dans ces dernières conditions. Telles 
sont celles de Charles Lallemand, faites en 1903 sur des ballons 
de caoutchouc; celles de <1hesquière et Joly sur des glo])es de 
verre ramollis par la chaleur et dans lesquels on fait le vide, et 
celles de P. Dufoir. ('e dernier auteur, reprenant une expé- 
rience du physicien Plateau, immeri;e dans Falcool méthylique 
d'une densité égale à celle de la parafHne fondue, un globule 
deparafline de G à 10 millimètres de dijimèireet porte le tout à 
une température légèrement supérieure à ht tenqiérature de 
fusion de la jjaraftine. En maintenant la sphère en suspension 
et en la laissant se refroidir, on voit alors se réaliser la solidi- 
tication de la surface de ha sphère enveloppant un noyau non 
solidilié. On peut ainsi suivre, pendant le refroidissement, les 
déformations qui se produisent cà la surface et l'on constate, que 
l'ensemble de ces déformations transforme la sphèr<* en un 
tétraèdre. Mais les quatre faces du tétraèdre ne se forment pas 
simultanément; une première face apparaît d'abord, puis une 
seconde, et enfin les deux dernières, dont hi position est réglée 
par l'existence des deux précédentes. 

A la lumière de ces faits, si nous considérons la blastula, nous 
voyons ({ue les invaginations (ju'elle foi'me conciU'dent entière- 
ment avec celles qui preiment naissance sur la sphère de paraf- 
fine : une première invagination apparaît et donne l'invagina- 
tion gastrnlaire, puis une seconde [)eut prendre naissance à 
l'opposé de la précédente chez les Vertébrés et les Echinoder- 
nies par exemple et enfin les deux dernières, (pii correspondent 
aux deux moitiés symétriques du système nerveux central. Ce 
qu'il y a de particulier dans la blastula, c'est que les deux pre- 
mières faces du tétraèdre ne se forment pas eii des points indé- 
terminés de la sphère, le plan de symétrie préexistant marque 
le lieu jDrédestiné de leur formation. Ce plan se comporte là 
comme un plan de moindre résistance. Ces tétraèdres sphériques' 
où tous les angles sont arrondis, nont évidemment pas la pré- 
cision de contour d'un tétraèdre recti-linéaire, souvent cependant 
ceux formés par les sul)stances vivantes animales sont assez 



i 



SKANCK m 11 Ffh lUi.lt 10*22 



:^l 



apparents pour êtro reconnus au premier abord. C'est ainsi que 
le Plutéus des Echinodernics dont la couronne ciliaire accuse 
certaines arêtes, la larve de Millier des Turbellariés, le Pilidiuni 
des Némertes, laTrochophore des Annélides et des Mollusques, 
la Tornaria du Ralanoelossus montrent, avec une netteté sans 






FiG. J. — Le létvai^cLe morphogénique et les principales formes larvaires qui en 
dérivent : Pilidium,\àr\e de Miiller, trochophorc, embrj'on de Batracien. 

Il y a lieu de considérer dans le tétraèdre morphogénique : l'ie plan FCN qui 
correspond au plan de symétrie animal ; 2" deux dièdres : le premier avec 
l'arête G, dont une des faces FC correspond à la face ventrale et l'autre face 
GN, à la face dorsale de l'adulte ; le second, avec l'arête FM, représente le lobe 
préoral. Ge dièdre préoral donne naissance au système nerveux central dans 
toute la série animale et le dièdre dorso-ventral donne naissance au premier 
métamère et à tous les métamères futurs ; 3" les points F. G. N. correspondant 
respectivement aux régions frontale, caudale et nuquale de l'adulte ; 4" l'arête G, 
suivant laquelle se formeront le.=^ appendices. 

La cause principale de la déformation du tétraèdre tient à la présence d'une 
masse vitelline reléguée sur la face dorsale G.N chez les Arthropodes et sur la face 
ventrale GF, chez les Vertébrés. 



conteste, ce tétraèdre auquel on peut donner le nom de tétraè- 
dre morphogénique et que, chez les iVrthropodes et les Verté- 
brés inférieurs, il n'apparaît avec moins de netteté qu'à cause 
de l'abondance du vitellus. 

La ti^ace du plan de symétrie sur les éléments du tétraèdre 
détermine un triangle F. C. N. qui règle la position des inva- 
ginations compensatinces et que l'on peut appeler, pour cette 
raison, le triangle compensateur. Ses angles marquent respec- 
tivement les régions frontale, caudale et nuquale de l'adulte, 
quelque soit l'embranchement auquel il appartient; c'est unç 



o2 SKANCE DL 14 FÉVRIKR 1922 

unité de rapports et, dans rétude de la morphologie des sub- 
stances vivantes où tous les élrnients du système sont en perpé-. 
tuel remaniement, les unités de rapi)orts sont indispensables 
pour permettre de comparer les clioses entre elles. 

Il faut chercher ailleurs que dans la morphologie cellulaire, 
la cause régulatrice de l'énantomorphisme. Si on admet que 
cette cause est matérielle et dépend d'une substance spécifique 
propre, rien n'autorise à localiser celle-ci uni(|uement dans les 
cellules et encore moins dans les noyaux. On peut même assu- 
rer, que les substances répandues dans les régions non cellulai- 
res d'un édifice morphologi(jue, sont directement responsables 
de la forme que prend cet édifice, c'est-à-dire, de la seulo don- 
née tangible qui nous permette de parler de spécificité, quand- 
il s'agit de substances vivantes. Ce sont ces substances, en effet, 
qui déterminent, soit par suite da leur structure colloïdale, soit 
par le nombre de leurs molécules, les compensations de pres- 
sion auxquelles les membranes cellulaires obéissent passive- 
ment pour sculpter les reliefs caractéristiques qui constituent la 
forme. 

On ne peut admettre que la partie de l'édifice, qui intervient 
pour donner le caractère qui seul nous permet de parler de 
spécificité dans les substances vivantes, soit dépourvue de la 
cause de cette spécificité. 



RECHERCHES SUR VUROCYSTIS PROLIFER VILLOT. 
NOTE PRÉLIIVIINAIRE 

CH. JOYEUX 

A. ViLLOT a décrit, sous le nom dUrocf/stis prolifer' (i), une 
larve polycéphale de Cest^de trouvée chez Glomeris limhatus 
Lat. à la Grande Chartreuse et aux environs de Grenoble. 
L'étude de ce parasite et de quelques autres cystiques lui a 
permis d'établir une classification des larves de Ténias qu'il 
divise en deux groupes (2). Dans le i^remier, l'embryon hexa- 

(1) C. R. Ac. ScL, XGI, p. 938, 1880. 

[2) Ann. sci. nat. Zoologie, octobre 1883, p. 52. 



SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1922 53 

caiithe s'accroît simplement en donnant la vésicule caudale 
(cysticerquc, cénure, écbinocoque) ; dans le deuxième, cet 
enil)ryon, au lieu de devenir luî-môme vésicule caudale par 
simple hypertrophie, bourgeonne une partie nouvelle qui, sera 
la véritable vésicule caudale, donnant le cou et la tète du futur 
Ténia. Le bourgeonnement peut être endogène ou exogène ; 
VUrocystis est un type de bourgeonnement exogène, le cysti- 
que proprement dit se détache de la partie mère (l)lastogène) à 
maturité. Il quitte à ce moment la cavité générale du Myria- 
pode, son hôte, pour s'enfoncer dans le tissu adipeux. Les bour- 
geons peuvent se développer successivement et former ainsi 
une chaîne, les plus murs se trouvant naturellement à l'extré- 
mité. ViLLOT ne parait pas avoir suivi la formation du scolex ; il 
a vu une couronne de très petits crochets sans pouvoir les 
compter. Il pense que l'hôte déhnitif du Cestode est un Mam- 
mifère ou un Oiseau de la faune alpestre. 

Cette observation est exacte pour l'époque où elle fut faite ; 
mais les études ultérieures de Momez, Grassi et Rovelli, Schmidï, 
qui suivirent expérimentalement le développement de divers 
cystiques, ruinèrent la théorie de Villot sur le bourgeonne- 
ment du blastogène et sa classification n'a plus aujourd'hui 
qu'un intérêt historique. 

J'ai pu retrouver VUrocijstis proUfer et il me semble inté- 
ressant de compléter les observations de V'^illot. 

V.Q commencement de l'évolution du cystique est inconnu. 11 
est probable que l'œuf du Cestode, avalé par le Myriapode, 
éclot dans son tube digestif. L'embryon hexacanthe, mis en 
liberté, traverse la paroi intestinale et tombe dans la cavité 
générale. 11 est possible que cet embryon s'hypertrophie et 
envoie des prolongements qui s'individualisent ensuite Quoi- 
qu'il en soit, lo premier stade observé (fig. 1) est représenté 
par une masse de tissu lâche mésenchymateux, émettant des 
prolongements renflés à leur extrémité en forme de sphères, et 
composés, au contraire, de tissu cellulaire compact en pleine 
activité. Cette structure est d'ailleurs de règle chez les larves 
de Cestodes, dont bipartie primitive dégénère tandis que l'autre 
se développe. Plus tard, les pédicules portant les renflements 
terminaux s'allongent et ces derniers commencent à évoluer 
comme tous les cysticercoïdes. Chaque sphère s'hypertro- 
phie et il se creuse h son intérieur une lacune primitive (fig. 2), 



54 



SÉAiNCi; bU 14 FÉVRIEH 1922 



La partie distale de cette sphère n'est autre que le pôle anté- 
X'ieur d'un cysticercoïde, qui va former la tête du futur Ténia. 
Elle commence par s'allonger, se renfle elle-même plus ou 
moins, ce qui donne parfois à la larve un aspect en bissac, non 



SPf 




FiG. 1 à 6. 

■( Kii.. 1. — UévelojipomenI do VfJrnct/.itis pfoli/'cr Villol. Miissi' priiiiilivc 

avec si'S prolorif^cmonls lenllcs à leur estrémilé. 

Fie;. '2. — Diflérencialion d'un renfleiiicnl lerminiil. P'oniifilion de la lacune. 

Fifi. .3.-- Kvolutinn du piMe antérieur du renflement. Formation du roslre 

et des ventouses. 

FiG. 4. — Cystii|ue à niaturité, après invajj;i nation. 

Fit., d. — .Scolex prêt à évoluer, débarrassé de ses enveloppes. 

FiG. 6. — Crochet du roslre. 



constant d'ailleurs, la tVn'me générale du parasite déjiendaiit 
essentiellement des pressions que lui font subir les organes 
voisins. A ce moment apparaissent les ébauches du rostre et 
des ventouses (fis:. S). Il va une ])romièro invagination dti ros- 



«ÉAJNCE DU 14 bÉVRIKR 192^ 55 

tre clans son sac, puis une deuxième, plus considcral^le, de 
tout le scolcx, autrement dit de tout le pôle antés'ieur qui vient 
de se différencier, dans ce qui reste de la lacune primitive. On 
compare généralement ce phénomène à une gastrula par embo- 
lie (fig. 4). Pendant ce temps, la partie de la sphère qui ne se 
développait pas a dégénéré ; elle est réduite à une couche 
mince qui peut en imposer pour une membrane adventice, 
d'autant plus que l'orifice (blastopore d'une gastrula) se 
bouche souvent sans laisser de traces. Parfois, l'extrémité 
antérieure est très allongée. De plus, le cou du futur Ver peut 
se libérer et l'animal vivant s'agite à l'intérieur de la cavité 
(archenteron d'une gastrula). Il peut même être mis en liberté. 
Pendant cette évolution, le pédicule qui retenait la sphère à la 
masse méscnchymateuse primitive s'est rompu et le cystique 
est transporté en un point quelconque de l'organisme de son 
hôte. 

En chauffant légèrement la préparation, on peut assister à 
Tévagination des scolex, telle qu'elle doit se produire dans l'in- 
testin de l'hôte définitif (fig. 5). 

Ce cystique est intéressant par sa très petite taille, variant de 
80 à 110 [JL de longueur sur une cinquantaine de i>. de largeur. 
11 est plus petit que les Grégarines qui coexistent souvent avec 
lui. Les ventouses ovalaires ont environ 35 y. dans leur grand 
axe, mesurées sur l'animal vivant (elles sont plus petites sur 
nos figures par suite de la contraction due aux réactifs). Les 
crochets sont très difficiles à compter, comme l'avait déjà 
remarqué Vujot ; lorsque la couronne est complète, ils parais- 
sent osciller autour de 140. Ils ressemblent, à ceux à' Hymeno- 
lefjis, mesurant 5 tj. de longueur totale, seule dimension qui 
puisse être appréciée (fig. G). 

Les parasites sont toujours en nombre considérable ; le Glo- 
meris en est farci, et, à la dissection, ils s'échappent en grand 
nombre. C'est une infesta tion généralisée, on les trouve dans 
tout le corps du Myriapode. On peut observer des formes en 
évolution ; mais la majorité des cystiques sont mûrs. 

En somme, Villot a donné de ce parasite une description 
assez exacte, mais je ne puis croire que plusieurs cystiques 
s'ajoutent les uns au bout des autres ; c'est sans doute l'aspect 
allongé que présente parfois l'extrémité antérieure de la larve 
qui a induit cet auteur en erreur. On sait que sa théorie du 



56 SÉANCE DU M FÉVRIER 1922 

bourgeonnement du blastogène a été critiquée Aprement par 
Grassi et RovEi.Li (3) ; mais ces auteuris, n'ayant jamais observé 
de cysticercoïdes polycépliales, ne pouvaient comprendre les 
idées de Villot. 

J'ai retrouvé UrucijslLs proUfcr dans les circonstances sui- 
vantes. Villot l'a décrit chez Glomeris limbatus Lat. D'après 
les renseignements qu'a bien voulu me donner M. H. W. Bro- 
LEMAiNiN, G. limbatiis ou limlmla est un vieux nom de Latreille 
sur le sens duquel on n'est pas absolument fixé et qu'on a mis 
en synonymie, non sans beaucoup de vraisemblance, avec Glo- 
meris marginal<i Villiers. Mais il existe, dans la région de Gre- 
nol)le, (les individus mélanisant qni se rapprochent de la colo- 
ration de G. inaryinaia de telle, sorte que Villot a pu faire une 
erreur de détermination D'après les indications de M. Brole- 
MANN, j'ai identifié mes animaux comme Glomeris niarginata 
Villiers. Afin de pouvoir expérimenter sur des animaux neufs, 
j'ai pu les élever et même les faiie reproduire en terrarium, en 
les nourrissant de mousses et de feuilles sèches, souvent renou- 
velées. 

En 1920, j'ai récolté des animaux parasités : 

Dans la foret de Fontainebleau, aux environs de Samois-sur- 
Seine. Ils étaient parasités dans la proportion de l sur 12. 
Deux cents environ ont été examinés. Je tiens à remercier ici 
M. Caucurtk qui a bien voulu m'aider dans cette recherche ; 

Dans la foret de Saint-Cloud. Parasités dans la proportion de 
1 sur. (>. Cinquante environ ont été examinés ; 

Dans les bois de Maxey-sur-Vaise (village du département de 
la Meuse, arrondissement de (^ommercy). Parasités dans la pro- 
portion de 1 sur 4. Cinquante environ ont été examinés. 

En 1921, le parasitisme a été beaucoup moins intense. Quel- 
ques Glojncris de Saint-Cloud seulement étaient porteurs de 
cystiques ; 42 capturés à Maxey-sur-Vaise, aux mêmes endroits 
que l'année précédente étaient parasités dans la proportion de 1 
sur 14. A Savignies (environs de Beauvais, Oise), sur 11 1 dissé- 
qués, aucun n'était parasité. Je crois que cette diminution doit 
tenir à la sécheresse exceptionnelle de l'an dernier qui a du 
faire périr en grand nombre l'hôte définitif. 



(3) B. Gu.\ssi et G. Rovelli. Ricerche emb''iologicke sut Cestodi (Calania, in-4 
dp. 110 p. ot I pi. 1892 Cf. p. 57). 



SJ^ANCË DL 14 FÉVBIKR 1 9"i'2 57 

J'ai essayé de répéter avec ce cystique les expériences de 
traiisforniation vésiculairo du scolex réalisées par Dih k avec le 
kyste liydatiqiie. lai've du Taenia cc/nnocorcas. En plusieurs 
fois, j'ai inoculé dans la cavité générale de Glomeris et d'Iules, 
au moyen d'une pipette très Une, quelques scolex pris à un 
animal parasité. Généralement cette ojjération est bien suppor- 
tée et les animaux ne paraissent pas s'en ressentir. Les Glome- 
ris ont été disséqués au bout de 8, 11, 18, 30 jours. Dans tous 
les cas, j'ai retrouvé les cystiques absolument intacts, avec leur 
couronne de crochets en place, n'ayant aucune tendance à se 
transformer. On pourrait m'objecter qu'il s'agissait d'infesta- 
tions spontanées. Je ne le crois pas, car la cavité générale ne 
contenait que quelques têtes correspondant à l'inoculation, 
tandis que dans Finfestation spontanée les parasites sont tou- 
jours extrêmement nombreux. 

Rnlin resterait à savoir k quel Cestode adulte correspond 
cette curieuse forme larvaire. J'ai fait avaler ces parasites à des 
Oiseaux passériformes, à des Souris blanches, à des Hérissons, 
à des Taupes, à des Musaraignes de jardin {Crocidara russu/us 
Herm.) sans succès. Le Ver doit cependant vivre chez un ani- 
mal commun, et non limité à la faune alpestre comme le croyait 
ViLLOT. D'autre part, je ne connais pas de Ténia ayant des cro- 
chets de cette forme aussi petits ; peut-être s'agit-il d'une espèce 
décrite comme inerme, les crochets se détachant chez l'hôte 
définitif. Dujardin a signalé, chez Crocidara russulas, des anneaux 
de Cestodes dont il n'a pu trouver la tête, vivant d'une vie 
indépendante dans le tube digestif de leur hôte. Il les rapporte 
à tiijmenolppis pistillum Duj. (4). J'ai retrouvé ces mêmes 
anneaux chez une de mes Musaraignes, autopsiée huit jours 
après ingestion de Glomeris parasités. Elle avait été capturée 
dans un jardin oîi elle ne pouvait avoir aucun contact avec ces 
Myriapodes. Or Hymenolepis pistillam évolue aussi chez les 
Glomeris de telle sorte qu'on peut penser que j'ai infesté invo- 
lontairement l'Insectivore ; cependant je n'ai jamais trouvé le 
cysticcrcoïde d'//. pistillam en disséquant des Glomerin. D'au- 
tre part, aucune des Musaraignes capturées dans ce même jar- 
din ne m'avait montré ces formes. Peut-être, notre Cestode 
peut-il, comme Hymenolepis pislillain^ émettre des anneaux 

(4) Ann. Sci. Nat. Zoologie, XX, p. 342, 1843, 



^8 SJÎÎANCK Uli 11 tlhRlEH 1VI2-2 

qui vivent dans le tube digestif, tandis que le petit scolcx que 
nous venons d'étudier dégénère dans la niu(]ueuse intestinale. 
L'expérimentation avec la Musaraigne des bois [S'irex vu/garis 
[..) qui se trouve, par sa biologie, plus en contact avec des Gio- 
meris, donnerait peut-être des résultats pins démonstratifs ; 
jusqu'alors je n'ai pu réussir à me procurer cet animal vivant. 



LAVAL. IMPRIMERIE BARNEOUD. 



Séance du I i mars Iih2''J. / 

PRÉSIDENCK DE M. BHIIMPT, PRÉSIDENT. 

i\I. Roule s'excuse de son absence. ^rlC^'^AQ^' S^/ 

M. Roy remercie de son admission. 

M. le président souhaite la bienvenue à M. Carié revenu 
récemment de l'ile Maurice. 

La Société des Sciences de Gluj demande l'échange de son 
nouveau Bulletin avec les publications de la Société [rencoyé au 
Conseil). 

M. le président fait part de la mort de notre collègue, M. le 
professeur Wierzejsky, de l'Université de Cracovie, membre de 
la Société depuis 1890 et exprime les regrets de tous. 

M. le président adresse les félicitations de la Société à 
M. Roule, récemment nommé officier de la Légion d'honneur, 
à M. BiLLiARD décoré de la Médaille des épidémies, et à 
M. AnthOiNV, nommé professeur au Muséum. 

La Société délègue au Congrès des Sociétés savantes de Mar- 
seille nos deux collèg'ues MM. Aubert et Mourgue. 

MM. Frauciel et Parât, présentés à la dernière séance, sont 
élus membres. 

Sont présentés : 

M. le capitaine Alexandre Scott, 28, cours Albert I*"', à 
Paris (S-^), par MM. E. Blanc, Robert et Roule ; 

M. Jacques de Lépiney, G, rue Leverrier à Paris (<)''), par 
MM. Hérouard et Robert ; 

L'Institut zoologique de l'Université, à Poznan (Pologne), par 
MM. Jakubisiak et Vandel. 

M. Pérez met à la disposition de la Société la salle de tra- 
vaux prati(jues du laboratoire de zoologie de la Sorbonne, pour 
des démonstrations zoologiques ou histologiques ; 

M. (IvRiÉ fait part de ses observations sur h'S Tortues géantes 
des des Mascareisnes. 



60 SÉANCE DU 14 MABS 11>22 



Ouvrages offerts : 

Chappeli.iei! (Alhcrl). — ConlrilHitiun à réliulo dt,' lliyni-itlalion el de Tin- 
tersexualilé chez les Oiseaux {Bull. hiol. France-Belgique, Suppl., IV, 
192J, d63 p., 71 fig., 2 pi.)- 

CoNZATTi (Casiano). — Monografia del Arbol de Santa Maria del Tule 
(Mexico, .-37 p ,19^1). 

IIekkeka. — La {{iologia en Mexico liuriuite un siglo (Mexico, 10 p., 1921). 

Pellegrin (Jacques). — Les Poissons des eaux douces de l'Afrique du Nord 
française, Maroc, Algérie, Tunisie, Sahara (Paris, 210 p., 95 lig.). 

Vandel (.\.). — Reciun'ches expériincnlales sur les modes de reproduction 
des Planaires Triclades paludicoles {llull. hiol. France Belgique, LV, 1!)22, 
p. 343-318, U ûg.). 

• 



OBSERVATION SUR UNE PERCHE HERMAPHRODITE 
{PERÇA F LU VI AT lus LINN.). 

PAR 

P. CHEVEY. 

L'individu que j'ai observé a vécu on a(|uariuni, en compa- 
gnie de deux autres F*erclies, du mois de décembre 1920, au 
mois d'août 1921 . 

Tous trois ont été al)ondamment nourris de Loml>rics pendant 
l'hiver et le printemps. Au mois d'avril, j'ai pu déterminer le 
sexe mâle de deux d'entre eux, par la pression abdominale, 
qui provoque l'écoulement de quelques gouttes de sperme ; c'est 
le seul moyen, et encore faut-il que l'époque de l'année s'y 
prête, de déterminer extérieurement le sexe de la Perche, car 
aucun caractère sexuel secondaire ne distingue chez elle le 
mâle de la femelle. Quant au troisième animal, plus volumineux 
que les autres, c'était une femelle, comme l'a montré la j)onte 
ultérieure. 

Cette ponte a eu lieu le 3 mai, entre 8 et 9 heures du matin. 
Aussitôt quelle a été terminée, la femelle et le niAle fécondant 
se sont tenus tapis sous les pierres ou les plantes aquati(pies, 
sans prendre aucune nourriture pendant quelques jours. L'autre 
mâle continuait à se comporter et à manger normalement. 

Un mois après, en juin, la femelle est morte accidentelle- 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 



61 



ment, ce qui, comme on le verra plus loin, élimhwî toute cause 
de doute dans l'observation tjue je rapporte. 

11 restait donc deux nicàles en présence ; à partir du même 
nioment, celui des deux mâles qui n'avait joué aucun rôle jus- 
qu'ici, se met à poursuivre son com23agnon, qui s'y prête tout à 
fait à la façon d'une femelle sur le point de pondre, et augmente 
en même temps de volume dans la région abdominale, de façon 
à donner l'idée qu'il possède réellement un ovaire distendu par 
des ovules; en même temps, l'abdomen, comprimé, ne laisse 
plus échapper de sperme par Foriiice génital, alors qu'on peut 




FiG. 1. Ovuiiv de Perche heriiiaphrodife. — A, Lamelle do cloisonnement ; 
/), vessie: C, urèlhre; D, région en dégénérescence, à ovules rares. 



toujours obtenir ce résultat chez l'autre mâle. Aucune ponte 
ne survient néanmoins, et, à partir de juillet, les poursuites 
s'espacent de plus en plus jusqu'à ne se renouveler qu'à de 
rares intervalles. 

J'ai disséqué au début d'août l'individu dont le conq)orte- 
ment se montrait si anormal ; il mesurait 23 centimètres de 
longueur et possédait la morphologie génitale interne d'une 
femelle. Chez la Perche, en effet, le mâle possède deux testi- 
cules, tandis que la femelle n'a qu'un seul ovaire. Or il n'y 
avait chez lui qu'un seul organe génital, présentant l'aspect exté- 



62 



SÉAiNCE DU 14 MARS ll>22 



rieur d'un ovairo volumineux ; cet org-ane mesurait 5 centimè- 
tres de longueur et 2 cm. o de diamètre, au niveau de sa plus 
grande largeur. Fendu longitudinalement, il montrait la cons- 
titution lial)ituelle de l'ovaire de Perclie, une série de lamelles 
superposées, partant de la paroi et se dirigeant vers l'axe de 
l'organe, et de part et d'autre desquelles se développent les 
ovules. I/extrémité distale de l'organe, dure, comme d'une 
consistance cornée, présentait nettement cet aspect, très atténué 




FiG. 2. — ^1, ovule normal ; B. ovules dégénérés; a, cytoplasine vilreux, i-oloré 
en jaune par léosiiie ; b, noyau dissocié en granulations éparses. 

ou même complètement disparu dans la région proximale, dans 
lacpielle on no distinguait plus aucun ovule (fig. 1), 

Des coupes, prati(}uées en de nombreux points, montrent des 
ovules en grande partie dégénérés. Le cytoplasme, coloré en 
jaunâtre ou même en jaune franc par l'éosine, présente un 
aspect amorphe et vitreux. Le noyau est souvent dissocié en 
granulations éparses. Les ovules, au moins reconuaissables 
comme tels, se font de plus en [)lus rares vers la base de l'or- 
gane (fig. 2). 

Quant à savoir dOù venaient les spcniiatozoïdes émis j);ii' le 
même animal, c'est ce que je n'ai pu déterminer, malgré un 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 63 

grand nombre de coupes pratiquées tant dans l'organe lui- 
même, qu'aux environs ; en eliet, il aurait pu exister un testi- 
cule indépendant de l'ovaire, situé à côté de ce dernier, et 
réduit à l'état de vestige ; ce que, ni la dissection, ni des coupes 
pratiquées dans les mésentères voisins, ne m'ont montré. 

Il faudrait donc plutôt penser que l'organe génital avait 
d'abord fonctionné comme testicule, au moins dans une de ses 
parties, mais qu'à l'époque où je l'ai ouvert, toute trace mâle 
en avait disparu ; c'est l'hypothèse qui jjarait la plus probable. 

En tout cas un fait certain reste acquis, c'est que l'individu 
a d'abord fonctionné comme mâle (puisque c'est lui qui, comme 
je l'ai dit plus haut, a fécondé les œufs pendant la ponte, 
œufs qui se sont parfaitement développés), et qu'ensuite il a 
formé des ovules ; et si la ponte de ces ovules n'a pas eu lieu, 
soit qu'ils aient dégénéré pour une cause pathologique, soit en 
raison de l'époque déjà avancée de l'année, par rapport à l'épo- 
que normale de la ponte, néanmoins l'évolution dans le sens 
femelle a été assez prononcée pour influencer un mâle situé 
dans le voisinage, et commencer à le faire agir comme en pré- 
sence d'une femelle normale. * 

Ce qui me semble faire l'intérêt de cette observation, c'est 
qu'elle se rapporte à un individu vivant, suivi pendant plusieurs 
mois dans sa façon de se comporter; tandis que les quelques 
observations faites jusqu'ici sur des Perches hermaphrodites 
(Halbertsma, Skogman, m. Weber, Yarrel) ne signalent que des 
faits anatomiques découverts au hasard d'une dissection : soit 
qu'il existe un testicule d'un côté, et de l'autre un ovaire, soit 
que le même organe présente une partie mâle et une partie 
femelle ; ce qui est peut-être l'aspect que j'aurais trouvé en 
ouvrant l'animal un peu plus tôt ; on peut, du moins, le 
penser. 

Pour conclure, il semble qu'on soit là en présence d'un her- 
maphrodite protandrique, chez lequel la tendance mâle a plei- 
nement évolué, tandis que la tendance femelle, incontestable- 
ment représentée par l'organe génital unique, dans lequel on 
a d'ailleurs trouvé des ovules, Qa pas aljouti à une évolution 
complète. 



64 SÉANCE DU li MARS 1922 



INDEX HinLIOGRAPIIKjUE 



ITalberts.ma (I1.-.I.). — Noi'iiKial en .ibnônnaal li('nii,i|iliro(Iilisiiius hy «le 

Vissclicn [Vers/. Mededeel. Akad. Wet. Amslerdam, Wl, 1864, p. 165- 

178). 
Skogman (A.). — Mtiliii j;i inailia samassa alivenessa {Hehinf/fors Luonnon 

Ystiiva, 1910), 
Weber (M.). — Ueber lloriiiaplirodilisuiiis bei Kischon [Amsterdam Ned. 

Tijdsrhr. Dierkinide Ver., 188i [pt. 1, 21-i3, ibid. {i), I, 128-13iJ). 
Yarrel. — Proceed. Zool. Soc, 18i5. 



POISSONSDE L'OUBANGHI-CHARI RECUEILLIS par M. BAUDON 

DESCRIPTION D'UN GENRE, DE CINQ ESPÈCES 
ET D'UNE VARIÉTÉ 

lAH 

LE D' JACQUES PELLEGRIN 

M. A. IJAunoN, ;i(liiiiiiistr;ili'ui' «les colonies dans l'Onhaniihi- 
Chai'i, a déjà adressé plusieurs fois au Muséum d'histoire natu- 
relle de l*aris, d'intéressantes collections de Poissons qui ont été 
étudiées ici même à diverses reprises (1). \]n dernier envoi fort 
important et (jui vient compléter de manière très heureuse les 
précédents est arrivé à la tin de 1921 et fera Tohjet de la pré- 
sente note. 

Gomme antérieurement ces Poissons ont été recueillis dans 
deux ]>assin«; dill'érents, celui du (]hari et celui du Congo. 

Au premier se rapportent les récoltes faites dans TOuham 
affluent de gauche du (Ihari et dans le Grihintrui qui en cons- 
titue une des principales sources. Les localités de capture sont 

(1) U'^ J. Pellegrin, Poissons du Gribini,'ui recueilHs par M. Baurlon. Description 
de sept espèces nouvelles (Bull. Soc. Zool. France, XLIV, 1919, p. 201) : Poissons 
de rOiiharn et de l'Oubaii;;lii re.-iit'illis par M. IJamion. Dcicription de deux Cypri- 
nidcs nouveaux (op. rit . XLV. 19f0, p. 24r)) ; Poissons du Gribingni et de la 
M'I'rtkn recueillis p.ir M. Baud )n. Description d'un Cbaracinidc nouveau (op. cit., 
XUVr, 1921, p. 47). 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 65 

Sabo, petit village situé à liante ur du confluent de la Nana 
Barya et de l'Ouham, point à partir duquel cette dernière rivière 
prend le nom de Bahr-Sara, et Bossangoa, poste nouvellement 
créé, à 50 kilomètres dans Fest de la rivière Baba, affluent de 
rOubani. Les Poissons du Gribingui ont été pris à Fort- 
Granipel. 

Les espèces du bassin du Congo proviennent de Bangui sur 
rOubangbi, principal affluent de droite du Congo et de Bossem- 
bélé sur la M'Poko, petite rivière tri])utaire de l'Oubanghi qui 
s'y jette près de Bangui; enfin quelques Poissons ont été péchés 
par M. Baudon, beaucoup plus bas, dans le Congo même, à 
Brazzaville, lors de son voyage de retour en France. 

Comme a bien voulu me l'écrire M. Baudon : « les relations 
entre le bassin du Congo et celui du Tchad sont nombreuses 
entre les affluents de l'Oul^anghi et ceux du Gribingui et de 
rOuham. Le pays est peu accidenté et dans ces régions il existe 
des zones marécageuses à pente peu accentuée d'où partent des 
ruisseaux allant vers les deux bassins et lorsau'on se trouve 
dans ces parages on est souvent embarrassé, même avec le con- 
cours des indigènes, pour déterminer vers quelle rivière s'écou- 
lent les ruisseaux ». 

Ces faits intéressants et peu connus expliquent la richesse 
remarquable de la faune ichtyologique du Haut-Ghari contras- 
tant avec la pauvreté relative des formes peuplant le bas fleuve 
et le Tchad même. 

Malgré les rapports existant entre les Poissons des deux bas- 
sins, recueillis par M, Baudon, je crois néanmoins utile d'étu- 
dier ici séparément ceux qui proviennent du Haut-Chari et ceux 
du. Congo et de ses affluents. 

Le nombre des espèces dernièrement envoyées du bassin du 
Chari et entrées dans les collections du Muséum s'élève à 60. 
Une assez grande quantité figuraient déjà dans les envois anté- 
rieurs. Afin de ne pas allonger cette note, je ne les mention- 
nerai pas ici, me contentant de donner ci-dessous la liste avec la 
provenance des formes non encore signalées dans le bassin (1), 
et de quelques espèces décrites par moi et qui n'étaient guère 
connues jusqu'ici que par les types. 

On remarquera que deux formes sont nouvelles pour la science 

(1) Elles sont précédées du signe ' dans la liste fournie plus loin, 



66 SKANCE IXI 1 'j MAUS 1922 

un Characinidô, type d'im genre nouveau intermédiaire aux 
Distichodiis et aux Nannocharax, et un Cyprinodontid*'^ du genre 
Haplochihis dont on compte de nombreuses espèces dans les 
eaux douces africaines, sud-asiatiques et américaines. 

En résumé le total des espèces rencontrées dans le bassin du 
Chari-Tchad, (|ui en lOl-i était de 66 (1), en 1921 de 106, passe 
aujourd'bui à 116. 

l*our le bassin du Congo, les spécimens récemment recueillis 
par M. lUuDON et entrés dans les collections du Muséum, se 
rapportent à 70 espèces. Là encore, je iio citerai dans la liste 
donnée plus loin que les formes ne figurant pas dans les notes 
précédentes. Trois espèces et une variété sont nouvelles ; un 
Characinidé appartenant au curieux genre Phago, dont on ne 
connaissait jusqu'ici que trois espèces du Congo et du Niger, un 
(iypi'inidé venant s'ajouter aux deux espèces congolaises décrites 
de Lcptorifpri^, un Siiuridé se plaçant auprès du type unique 
du genre lîelorwglanis ; enfin une variété à grandes écailles du 
LatPs ou Perche du .\il. 

Cet exposé sommaire permet <le se rendre com])te de la valeur 
des matériaux récoltés par M. Haudon et de la contribution 
importante ap])ortée par lui, tant dans cet envoi (pie dans les 
précédents, à noc connaissances concernant la faune ichtyolo- 
gique de régions encore j)eu ('Xjdorées, situées en plein cieui* 
du continent africain. 

Poissons du bassin du Tchad 

MORMVRID.f: 

1 . Marcuseniits Gaillardi Pellegrin. — IJossangoa (Oubam), 
Fort-Crampel (Gribingui). 

2. Gnn/Iwnemii.'i brfvicauf/afii\ Pellegrin. — Fort-Crampel. 
*3. — ' pictiis Marcusen. — Bossangoa. 

CBARACIMD.'K 

*'i. Mici'ahstes S/onnsi Boulenger. — Hossangoa. 
5. Pefersius brevidnrsalis Pellegrin. — Fort-Crampel. 
'6. Paradistichodus elegans nov. gen. nov. sp. — Bossangoa. 

(I) C.r. D'' .1. PELLEfiniN. « Les Poissons du bassin du Tchad » I vol. (Larose édi- 
t.-m-, Paris, I9U). 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 67 



h 



*7. Nannocharax elongatus Boulenger. — BossaiiL;oa. 
(S. Cilharimts distichodoidf's Polloiil'ili. — Saho (Oubam). 

CYPRIN! !).« 

9. Laheo uliamensis Pellegrin. — Sabo. 

10. — chaï'iensis Pellegnii (I). — Bossangoa, Fort- 
Cranipel. 

11. Barbus FoureaiiiP eWo^vm. — Bossangoa, Fort-Crampel. 

12. — desert'i Pellegrin (2). — Bossangoa, Fort-Crampel. 

13. — gribinguensis Pellegrin. — Bossangoa. 

SILURID.E 

*14. Clarias angolensis Steindachner. — Bossangoa, Fort- 
Crampel. 

*15. Schilbe marmoratua Boiilenger. — Bossangoa. 

*16. Bagrus riocmac Forskal. — Bossangoa. 
17. Sgnodontis violaceus Pellegrin. — Bossangoa. 

*18. — filamentosns Boulenger. — Bossangoa, Fort- 

Crampel. 

CYPRINODONTID.E 

*19. Haplochilm Baudoni nov. sp. — Fort-Crampel. 

CICHLID.E 

*20. NanocJiromis dimidiatiiti Pellegrin. — Bossangoa. 
Poissons du bassin du Congo 

MORMYRin.E 

1. Mor?ngrops zanc/irostri'^- LeacAi. — Oubanghi. 

2. Marcnsenim jdagiostoma Boulenger. — Bangui (Ouban- 
ghi). 

3. Gnathoiiemiis hrevicaudatits Pellegrin. — Bangui. 

4. — stanleyanns Boulenger. — Bangui. 

H) Lahuo intermedius ^U^Uoh et Griscom {Bull. Am. Mus. Nat. Hisf., XXXVII, 
•1917, p. 694) do Stanleyvillo (Congo) me paraît assez difficile à séparer de celte 
espèce. 

(2) La coloration est très ditîérenle suivant les spécimens dans celle espèce : 
certains possèdent une bande latérale noire très nette, d'autres en sont plus ou 
moins comi)lètonipnl dépourvus. 



68 SÉANCE DU 14 MARS 1922 

5. Genyomi/rus Donni/i Boulenger. — Bangui. 

6. Mormi/riis avis Boulenger. — l^angui. 

cmi'Ein.K 

7. Pi'llonula acutirostris Boulenger. — Bangui. 

characimd.ï: 

8. Hiulroci/oii li)ieatus Bleeker. — Bangui. 

9. liri/comethiops microstomn (lunther. — Ikingui. 

10. Ales/ps mncrophthaltinis (nxwXhi'v. — lîangui. 

11. Petersiiif H 'oo.9;îrt?>?« Boulenger. — Bangui. 

12. hAtgnnthicht/n/s Eetveldi Boulenger. — Bangui. 
\\\. PIki(/(i fulica nov. s]). — Bangui. 

li. — liouleniferi Schilthuis. — Bangui. 

15. Disùchodns A/itonii Boulenger. — Bangui. 

H"). — atrorrntralis lioulenger. — Bangui. 

17. Nannocharnx brevis Boulenger. — Bangui. 

18. (^it/iari/tns macfolejns Boulenger. — Bangui. 

cyprinid.ï; 

1!). Laheo lincatus Boulenger. — Bangui. 

20. liarhas liolotsenia Boulenger. — Bossembélé (M'Poko). 

21. — plpiirnjtholis Boulenger. — Bangui. 

22. — Baudoni Blgr. var. ithaiifjucnsis Pellegrin. — 
Bangui. 

23. Lf'pf or i/pris clupeoides nox, sp. — Bangui. 

24. hariiitfs Kinf/'i/et/^ Boulenger. — Bangui. 

SHA'Rnu: 

25. C/arias Wa/keri Gnnihov. — Bossenil)él(^. 
2^). — nngolensis Steindachner. — Bangui. 

27. C/ianna/iahrs npus riiiutlier. — Bi'azzaville ((Plonge). 

28. Eutropiiis Dchafuri Boulenuer. — Bangui. 

29. Chri/sichthi/fi Wagcnaari Boulenger. — Bangui. 

30. Si/nodontis Smili \\o\\\oAv^ov. — Bani^ui. 

31. — pleurops Boulenger. — Bangui. 

32. UelonofjJnnh curvlrostrls nov. sp. — Bangui. 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 69 

cyprinodontid.ï; 

33. Haplochilus Chcyaiicri F^cllegriii. — Brazzaville. 

ANABANTID.t; 

34. Anabas congicus Boiilenger. — Bossembélé. 

35. : — ocellalus PellegTiii. — Bangui. 

CICHLID^ 

36. Hemichromis fasciatus Petcrs. — Bangui. 

37. — bimacidalus Gill. — Bangui. 

38. Pelmatoc/iromis lateralis Boulenger. — Bangui. 

39. Lamprologus Mocquardi Pellegrin. — Bangui. 

serrajnid.ï; 

40. Lates niloticus L. var. macroîepidota nov. var. — Ban- 



gui. 



mastacembelid.î: 
41. Ma^^tacemhclus congicus ^ovXen^er. — Bangui. 

Phago fulica nov. sp^ 

La hauteur du corps est contenue 6 fois ^2 dans la longueur 
sans la caudale, la longueur de la tète 3 fois V„. La tête est 
3 fois Ys aussi longue que large, le museau est un peu plus long 
que la partie postoculaire de la tête, faisant 2 fois environ le 
diamètre de l'aMl qui égale l'espace interorbitaire et est com- 
pris 3 fois ^/j dans la longueur de la tête. La bouche s'étend 
presque jusqu'au dessous du bord antérieur de l'œil. On compte 
une quinzaine de dents de chaque côté à la rangée externe de la 
mâchoire supérieure. Les écailles, carénées, portent une rangée 
de petites denticulations sur les côtés et le ventre, mais ne sont 
pas denticulées sur le dos. On en compte i-'i en ligne longitudinale, 
jj-' en ligne transversale, 2 entre la dorsale et la ligne latérale 
et 2 également entre celle-ci et la ventrale, 6 autour du pédi- 
cule caudal. La dorsale commence ;V peine en arrière de l'ori- 
gine de la ventrale, environ à égale distance du bout du nuiseau 
et de l'origine de la caudale ; elle comprend 3 rayons simples 



70 SÉANCE DU 14 MARS 1022 

et 8 luanclius ; ses plus longs rayons égalent la longueur du 
museau. L'adipeuse est petite. L'anale possède 3 rayons simples 
et 10 ])ranchus. La pectorale, pointue, fait les "l^^ de la longueur 
de la tète. La ventrale, un peu plus longue, n'atteint pas tout 
à fait l'anus. Le pédicule caudal est -l fois aussi long que haut. 
La caudale est fourciine, à lobes pointus. 

La coloration est brun jaunAtre. Il existe des traces d'une 
barre noire sur chaque lobe de la caudale. 

I). II! 8; A. III 10; P. Ili; V. 8; Sq. 2 '/.^ | i.') | 3'/,. 

No t\:?>~\. Coll. Mus. — lian(i;iii (Oiibani.'lii, hautes oatix) ; Haudon. 
Longueur : 50 + 10 = 60 millimctros. 

Ce curieux petit Poisson à museau rap])elant assez un bec 
d'Oiseau, de Foulque par exemple, vient se placer auprès de 
Pliarjo wtrrmeiliiis Houlenger (1) du Congo (Stanley Pool) chez 
lequellafornudedesécaillesest un peu différente (Sq. 1 '/j | 47 | 
3 Vj), l<^s lobes de la caudale sont arrondis. 

Il présente aussi certains rapports avec P. Boulenc/eri Schilt- 
huis(2) du Haut-Congo dont le museau est plus court, inférieur 
à la partie postoculaire delà tète. 



Paradistichodus nov. gen. 

Museau court, bouche petite, subinférieure avec de petites 
dents bicuspides, formant deux rangées. Maxillaire édenté, 
moyen. Sous-orbitaires larges, recouvrant la joue. Narines 
réunies de <ha<|ue cAté, séparées seulement par un repli valvu- 
laire ; niend)ran(> branchiostège attachée à l'isthme. Corps 
modérément allongé, cylindri(jiie ou à peine conqirimé sur les 
côtés. Ecailles moyennes, fortement ciliées. Ligne latérale droite, 
médiane ; processus écailleux développé, à la base de la ventrale. 
Dorsale à 17 à 19 rayons, au-dessus des ventrales. Adipeuse 
petite, non écailleuse, pourvue de rayons rudimentaires. Anale 
à II ou 12 rayons. Seulement quelques petites écailles à la base 
de la caudale. 



(1) Ann. Mus. Congo, ZooL. I, 1899, p. 77, pi. x\xiv, fig. 3. 
{i) Tijffsrhr. Nf<l.' Difrk. Vpv. (2) IH. 18*M, p. 90 



SÉAiNCE DU 11 MARS 1922 71 

Ce genre nouveau parait devoir s'intercaler entre les Disti- 
chodua (1) ci Nannoc/iarax (2). Comme l'a t'ait remarquer jus- 
tement BouLENGKK (3) ces (lemiers peuvent être considérés 
connue des Distichpdiis nains. N'empêche qu'entre les Dislic/io- 
dus proprement dits, Poisson en général de taille moyeune (4), 
à corps court, élevé, fortement comprimé sur les côtés, à dor- 
sale longue et les Nannucharax mesurant seulement qu(d(jues 
centiuiètres (o) à corps assez allongé, à peu près cylindrique, à 
bouche réduite, à dorsale court»', les différences sont considé- 
rables. Je crois donc utile de créer un genre de transition pour 
quelques formes de petite taille, à corps relativement allongé et 
cylindrique comme les Namiocharax, mais à noml)re assez 
élevé de rayons à la dorsale comme chez les Disticlwdus. Le 
genre Paradistic/iO(/i/s ne comprendra que deux espèces, celle 
décrite ci-dessous et une forme de Gasamance (Guinée portu- 
gaise) décrite par moi en 1904 sous le nom de Nannocharax 
dimidiatus ((3), à laquelle il me sendjle qu'il y a lieu de rappor- 
ter le DLstichodus Ansorgei Boulenger (7) de même prove- 
nance. 

Au surplus on distinguera entre eux les trois genres de la 
façon suivante : 

Corps court et élevé ou moyen, fortement comprimé sur les 
côtés ; hauteur 2 fois à 3 fois Y^ (8) dans la longueur. Dorsale 
moyenne ou longue, de 16 à 27 rayons. Adipeuse et caudale en 
grande partie recouvertes de petites écailles. Généralement 
2 séries de dents à chaque mâchoire .... DistichodNs. 

Corps assez allongé, cylindrique ou faiblement comprimé sur 
les côtés ; hauteur 3 fois ^t à '^ fois 7» d^^ns la longueur. Dor- 
sale moyenne, de 17 à 19 rayons. Adipeuse nue et caudale 
recouverte de petites écailles seulement à la base. Générale- 



(1) MûLLEH et TitosciiEL, HoT. Ichlhyol. 1, 18io, p. 12. 

(2) GuNTHEK. Ann. Mag. Nal. Hist. (3). XX, 1867, p. 112. 

(;•(! Bjllengeu, L^^s Poissons du bassin du Congo, 1901, p. lOlî. 

(4) Le Dinticlioilas nitolicwi L. mesure jusqu'il 700 naillimètres de longueur. 

^5) Le plus grand exemplaire connu du genre est le spécimen de ?f. elonyatus 
Blgr. signalé plus haut et qui mesure 8j millimètres. 

(6) J. I'ellegrin, Bull. Mus. Paris, 1904. p. 220. Le nombres des rayons à la 
dorsale est ill 14, dans le type (et non H. 1.")). 

(7) G. A. Boulengeu. Ann. Mag. ^at. /lis t. [H), VU, 19H, p. 373. 

(5) Exceptionnellement chez quelques grands individus de D. uiloticus L. 



72 SÉANCE DU 14 MARS 1922 

ment 2 séries de dents à chaque mâchoire (1). Paradistichodm. 
Corps moyen on allongé, cylindriqne ou faiblement com- 
primé sur les côtés ; liauteur 3 fois '/î «i "'' fois '/« <laus la lon- 
gueur Dorsale courte on moyenne, de 12 à 17 rayons (2). Adi- 
jieuse nue et caudale recouverte de |)etites écailles seulement à 
la base. 1 série de dents à chaque mAclioire. Nannocharax. 

Paradistichodus eïegans nov. sp. 

La liauteur (hi r<)rps égale iMiviron la longueur de la tète et 
est comprise 4 fois \/, à 4 fois ^j^ dans la longueur, sans la cau- 
dale. La tête est 1 foie '/, aussi longue (jue haute. Le museau à 
protil légèrement courbé, (bipassant la Ixjuche, ne fait que les 
Ys de l'œil, dont le diamètre, un peu supérieur à l'espace intcr- 
orbitaire, est contenu 2 fois -/s dans la longueur de la tète. Le 
maxillaire s'étend juscjue sous les narines. La bouche est petite ; 
les dents bicuspides, eu 1 rangées, sont au nombre d'une 
vingtaine de cha(]ue côté à la série externe. Les écailles à bord 
postérieur garni d'un rang de foi'tes denticulations sont au 
nond)re de 5o à o8 en liyne loni;itudinale, z-^- en ligne trans- 
versale, 5 entre la ligne latérale et l'origine de la ventrale. La 
ligue latérale à tu])es droits est médiane et complète. La dor- 
sale débute un peu en avant de l'origine de l'anale et comprend 
4 rayons simples et 14 brauchus ; elle est plus rapi)rochée de 
locciput ({ue du début de la caudale ; sa base égale ou est un 
peu inférieure à sa distance de l'adipeuse ; celle-ci est dépour- 
vue d'écaillés et porte même des traces de rayons. L'anale est 
formée de 3 rayons simples et 8 brauchus ; sa base ne fait que 
la ' g de celle de la dorsale. La pectorale mesure les ^3 de la 
tête ; la ventrale est un peu plus longue mais n'arrive pas à 
l'anus. Le i)édicule caudal est 1 fois '/, plus long que haut. 
La caudale est fourchue, à lobes pointus. 

La coloration générale est brun jaunAtre sur le dos, jaunAtrc 
sur le ventre, avec une ligne foncée médiane étendue depuis 
l'opercule jusqu'à la base de la caudale. Les côtés et le des- 
sous de la tête sont argentés. Les nageoires sont jaunâtres, la 
dorsale possédant en outre une large tache noire en haut de 
ses rayons antérieurs, 

(l)Glicz lo Distichodus .4 »t.vor//ei Bouleriijer indique seulement une série de 
dents à chaque mâchoire. 
(2) Seulement dans le Nannocharax ngnensis Pellegrin. 



SÉANCE DU li 3IAUS 1U22 73 

D. IV U ; A. III 8 ; P. 15 ; V. 10 ; Sj. G '/, | oo-58 | 7 '/,. 

N" 21-216-217. Coll. Mus. — Bossangoa (Ouham) : Baudon. 
Longueur : 55 + 12 = 67 et 52 + 11 = 63 mm. 

Cette jolie petite espèce otlVe de grands rapports de colora- 
tion avec l'espèce de Casainance décrite par moi sous le nom de 
Nannocharax dimidiatus et avec le Dislichodus Ansorgei Blgr. 
mais ses formes sont plus allongées, ses écailles moins nom- 
breuses en ligne transversale (A^. dimidiatus : Sq. 7 | 52 | 10 
D. Ansorgei : Sq. 7 7,-8 •/, | 55-62 | 7 '/^ '/,). 

Leptocypris clupeoides nov. sp. 

La hauteur du corps est contenue 4 fois Y* dans la longueur 
sans la caudale, la longueur de la tète 4 fois '/s- La tête est 

2 fois aussi longue que large ; le museau, arrondi, dépasse la 
bouche et égale presque le diamètre de l'œil qui est contenu 

3 fois 7 5 dans la longueur de la tête ; l'espace interorbitaire est 
compris 2 fois Yt dans cette longueur. La bouche s'étend pres- 
que sous le Yi antérieur de l'œil. Les branchiosjjines sont 
rudimentaires. Les écailles, cycloïdes, à stries peu nombreuses, 
rayonnantes, sont au nombre de 36 en ligne longitudinale, 
^-~ en ligne transversale, 2 entre la ligne latérale et la ven- 
trale, 14 autour du pédicule caudal. La dorsale, un peu plus 
rapprochée de l'occiput que de la caudale, comprend 2 rayons 
simples et 8 mous ; son bord supérieur est légèrement concave, 
ses plus longs rayons font les Yv de la longueur de la tête. 
L'anale est formée de 2 rayons simples et de 9 branchus La 
pectorale, pointue, un peu plus courte que la tête, se termine 
bien avant la ventrale ; celle-ci, qui débute sous l'origine de la 
dorsale, n'atteint jias l'anus. Le pédicule caudal est 1 fois -/j 
aussi long que haut. La caudale est fourchue. 

La coloration générale est brun jaunâtre ; les nageoires sont 

immaculées. 

D. Il 8 ; A. II 9 ; P. 16 ; V. 9 ; Sq. 6 V^ | 36 | 3 •/,. 

No 21.396. Coll. Mus. — Bangui (Oubanglii, hautes eaux) : Ijaudon. 
Longueur 47 -|- 9 = 56 mm. 

Les Leptocypris sont de petits Cyprinidés k apparence de 
dupes dont on connaît deux espèces du Haut-Congo le L. 
modestus Boulenger (i) et le L. brevirostris Boulenger (2). 

• 

(1) Ann. Mus. Congo. ZooL 1, 1900, p. 13.3, pi. xli\, fig. 3. 

(2) Ann. Mus. Congo. Zool. I, t. Il, 19;20, p. 24. fig. H, 




74 SÉAiNCE UU 14 MARS 1922 

L'espèce décrite ici se distingue des précédentes [)ar soi» corps 
relativement plus couft (hauteur 4 fois '/j au lieu île 5 à 6 fois 
dans la longueui'), ses écailles moins nombreuses en lignes lon- 
gitudinale et transversale (L. inoilestus : Sq. 5 '/a'^ ^h I ^^^ 
I o '/a; ^- In-eviroslrls : Sq. G ' j | 39-44 | 4 '/,). En outre dans 
cette dernière forme la honclie s'étend jusqu'au-dessous du 
centre de l'œil. 

Belonoglanis curvirostn's uov. sp. 

La hauteur du corps est contenue 9 fois '/* i» 1^ l<^>is '/s ♦Li'"* 
la longueur sans hi cainlah'. hi longueur de hi tète fois '/^ à 
7 fois'/o. La tète est déprimée, 1 fois '/a aussi longue que large, 
couverte au-dessus d'aspérités granuleuses avec une crête en 
forme d"Y sui* le museau. Il n'y a pas de fontanelle. Le proces- 
sus occi])ital est qua(hMlobé. Le museau nest pas très j)ointu, 
son Ijord est légèrement airon(H. sa longueur est nettement 
supérieure à la '/2 tle celle de la tète ; il dépasse de beaucoup 
la bouche (pii est édentée. Le diamètre de l'ceil est compris 
5 fois à 5 fois ' ï dans la longueur de hi tète, 1 fois '^/\ dans 
l'espace interorbitaire. Les barbillcjiis maxillaires possèdent 
une large niendjrane à leur base et font (Miviron les 'Y:i d^' ^^i 
bjngueur de la tète; les inanchbulaires externes sont un peu 
plus courts et les mamhbulaires internes ne mesurent guère 
plus de la '/jdes maxillaires. Les membranes brancbiostèges 
sont continentes an-d<'ssous à la partie médiane, formant un 
repli continu et non séparées par un certain espace. On compte 
26 boucliers depuis l'origine de la dorsale. 11 y a o ou G bou- 
cliers latéraux sur le corps, suivis de 22 boucliers de chaque 
côté de la surface inférieure (h- la queue, les derniers unis aux 
boucliers dorsaux sur le pédicule caudal. La dorsale est compo- 
sée d un rayon simple tlexible et de G rayons branchus, le plus 
long rayon égalant ou dépassant un peu la longueur de la tête ; 
l'adipeuse commence un peu plus près du début de la dorsale 
que de celui de la caudale. L'anale est formée d'un rayon sim- 
j)le et de 8 branchus ; son dernier rayon correspond à l'adi- 
peuse. La pectorale, à peine plus longue que la tète, n'arrive 
pas à la ventrale ; celle-ci égale la tète et atteint l'anus. Le 
pédicule caudal grêle et déprimé fait les -/s de la longueur 
totale, sans la caudale. La caudale est fourchue, à lobes pointus. 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 



75 



La coloration est hriiiiàtre. La dorsale, l'anale, les pectorales 
et les ventrales sont mouchetées ou piquetées de noir ; les deuK 
lobes de la caudale sont également largement marcpiés de noir. 

U. 16; A. 18; P. 18; V. I 5. 

No 21.428. Coll. .Mus. — Bangiii (lubaiiglii, liaiiles eaux) : B.\udon. 
Longueur : 92 -J- 13 = 105 mm. 

No :21.429. Coll. Mus. — Bangui (Oubanglii, eaux descendantes) : Baudon. 
Longueur 57 -f- 8 = 65 mm. 

Cette curieuse espèce se distingue très nettement du type du 
genre Belonofjlaiiu tennis Boulenger (1), aussi de FOubanghi, 
par son museau moins aigu, son corps plus élevé, sa dorsale à. 
6 rayons branchus au lieu de 7, ses membranes branchiostèges 
réunies en dessous et non séparées par un certain espace 
comme il est indicpié sur les figures données par Boulkngeh. 

tiaplochilus Baudoni nov. sp. 

La hauteur du corps est comprise 4 fois '/s dans la longueur 
sans la caudale, la longueur de la tète 3 fois ^A,. La tête est 
aplatie au-dessus, le museau est large, arrondi, un peu plus 
long que l'œil. La bouche est dirigée en haut, la mâchoire infé- 
rieure proéminente. Le diamètre de l'œil est contenu 3 fois '/^ 
dans la longueur de la tête, 1 fois 7^ dans l'espace interorbi- 
taire. On compte 25 écailles en ligne longitudinale, 18 autour 
du corps en avant des ventrales. La ligne latérale n'est pas 
visible. La dorsale, à 8 rayons, commence environ 2 fois plus 
près de l'origine de la caudale que de la fente branchiale, au- 
dessus du 3° tiers de l'anale, ses plus longs rayons qui dépas- 
sent l'origine de la caudale font les -/g de la tête. L'anale com- 
prend 16 rayons, les plus longs dépassant aussi l'origine de la 
caudale et mesurant environ la longueur de la tête. La pecto- 
rale, poiutue, égale cette dernière longueur et arrive vers le 
milieu de la ventrale ; la base de cette nageoire qui atteint 
lanale est plus rapprochée du bout du museau que de l'origine 
de la caudale. Le pédicule caudal est aussi haut que long. La 
caudale est pointue, et mesure 1 fois '/a la longueur de la tête. 

La coloration est brun jaunâtre avec des traces d'une bande 
médiane latérale plus claire et de petits points rouges sur cha- 

(1| Anii. Mus. Congo, Zuol. Il, l'.)02, p. MO. pi. \iv, lig, t, c;t Cal. Freshw 
Fish. AtV. 11, iOll, p. 380. 

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76 SÉANCE DU 14 MARS 11)2*2 

que écaille des parties supérieures du corps. Les nageoires 
impaires sont marquées de petits points foncés. 
1). 8 : A. 10 ; P. 14*; V. 5 ; Sq. !.. long-. 25. 

i\o 21.295. Coll. Mus. — Kort-Crampel (Gribingiii) : Bacdon. 
Longueur : -iO + 12 = o2 mm. 

Ce joli petit Poisson que je dédie bien volontiers à M. 13audon, 
se rapproche surtout de 17/. nif/ncans Boulenger (1), de 
l'Ouellé (llaut-Gongo), aussi à caudale longue et pointue, mais 
dans cette espèce les nageoires impaires sont nioins allongées, 
les écailles un jjcu plus nomln-cuses (L. lat. 28-21)), la colora- 
tion difl'érente. 

\S ilaplocliUiis llaiidoui j)rcs('ule égalciiuMit dos raj)jj()rts avec 
17/. C/u'valieri Pcllegrin (2) du Stanlcy-Pool (Congoj, mais là 
encore les écailles sont ])lus uomhieuses en ligne longitudinale 
(27-28 , Tanalc est plus courte (13-14 rayons). 

Latks NiLoTicus Liuué var. macrohpidota uov. var. 

On compte oO écailles en ligne longitudinale, '^^ eu ligue 
transversale, 28 autour du pédicule cauilal. La première dorsale 
comprend 7 épines, la deuxième 2 é])iues et lîl rayons uious. 

D. Vll-ll 13; A. 111 1>; i^ Hi ; V. 1 5; S(i. 1» | .iG | 17. " 

Noâl.iii. Coll. Mus. — liangui (Oubanglii. liaules t-aux) : Ijaldon. 
Longueur : 120 -(- H2 = d52 mui. 

BouLENGEu a déjà fait observer (3) que les Lates provenant du 
Nil dill'èreut de ceux du Congo par leurs écailles plus petites et 
plus nombreuses (Sq. î> Il | (■).")-80 j lî)-23) et par le noud)rc 
moins élevé des rayons mous à la seconde dorsale (11-12 au 
lieu de 12-14). Il donne comme formule des écailles pour les 
spécimens du Congo Sq. 9 ; 00 (il) | 18-20. L'exeuq)lairc décrit 
ici montre que ces chitl'res peuvent être encore un peu abaissés 
et semble justifier la création dune variété distincte, congo- 
laise, à grandes écailles. 

(1) Rev. Zool. Afr. 11, -1913, p. 160. 

(2) Bull. Mus. Paris, 1904, p. 222. 

(3) Les Poissons du bassin du Congo, 1901, p. 381. 



SEANCE DU 14 MARS I922 77 



LE REIN DES POISSONS LOPHOBRANCHES 
NOTE PRELIMINAIRE 

FAU 

J. VERNE 

Docteur (;i> tuédecirn', ddctetii' '''S sciem es, 
Cliol (le! laboratoirft t\e rei'lici-che.s d'Iiistidus'i'' à 1^ Fai'ulté do inodi-'cine de l'aris. 



HuoT a montré, (!<ins sos recherches sur les Poissons Lopho- 
branches, l'absence de giomérules de Malpighi dans le rein de 
ces animaux. Depuis son dernier travail de 1902, le fait cons- 
taté par HuoT a été rapporté dans un grand nomjjre de travaux 
qui se sont occupés de l'histologie du rein, mais aucun auteur 
n'a repris cette questicm qui n'avait été, en somme, qu'effleurée. 
Il est cependant aisé de comprendre l'intérêt que peut présen- 
ter l'étude d'un rein privé de glomérule pour Ja connaissance 
de l'histophysiologie de la sécrétion urinaire. ll^lle met en ques- 
tion le rôle de ce glomérule. Si l'on constate ral)sence de cet 
org-ane il faut penser qu'il est suppléé dans la fonction qu'on 
lui attrilme ou bien que cette fonction n'est pas celle que l'on 
croit. 

Dès 1912, M. PuKiNA.NT m'avait }>roposé ce sujet. Pour des rai- 
sons diverses, je n'avais pu achever l'exécution des recherches 
cju'il exigeait. J'en apporte aujourd'hui les résultats principaux, 
me réservant d'en publier postérieurement le détail et le com- 
plément, spécialement en ce qui concerne la partie cytologique 
et histophysiologique. 

Les Lophobranches que j'ai étudiés sont : Syngnatlms Dume- 
rilii, Syngnathus acus, Nf-rophis himbriciformis, Enielurus 
a/igi/ineiis, Hippocampus brevirostris ^ Hippocampiis giUtulat.us. 

Ces Poissons provenaient de la Manche, de la Méditerranée 
(Toulon, Nice, Alger) et de la mer Rouge. 

Le rein des Lophobranches est, chez l'adulte, un organe 
allongé, impair et asymétrique. Ainsi que Huot l'a fort bien 
observé, il n'est développé que du côté droit où il se trouve en 
rapport avec une veine cardinale unique. Du côté gauche de la 
colonne vertébrale, on trouve l'aorte au devant de laquelle s'est 
développé du tissu lymphoïde sans trace de canalicule urinaire. 
Il existe, de chaque côté de la veine cardinale unique, deux 



78 SÉANCK DL' 14 MARS 11)22 

uretères d'un diamètre important qui, caudalement, se jettent 
dans une vessie urinaire a[»rès être venus se disposer sur la 
li^ne médiane. 

Dun bout à l'autre de l'ori^ane rénal, j'ai pu vérifier l'ab- 
sence, chez l'adulte, de plomérule de Malpiiihi, au moyen de 
coupes en séries pratiquées dans ditl'érentes directions. 

Va\ ce qui concerne le dévelojipement du rein, les données de 
lluoT sont réduites à peu de ciiose. Il se contente de déclarer 
« ({uil n'a pu, chez des eml>ryons même avant Téclosion, voir 
trace du rein précurseur ». La dissymétrie du rein est pour lui 
très précoce. 11 u y a pas atrophie d'un rein, la veine cardinale 
gauche a disj)aru et le rein gauche cpii aurait dû se former 
autour d'elle, se développe à droite, avec le rein droit. Les 
deux uretères proviennent bien de deux canaux de WollI diil'é- 
rents et non d'un tube uni(jue qui se serait divisé. 

J'ai eu à nia (hsposition un matériel important d'embryons 
de Sf/nf/natus ncii.s ce (jui m'a permis (h' compléter les obser- 
vations de llior. 

Le rein précurseur ou proneidiros existe ])arraitement à l'état 
embryonnaire chez les Lopliolji-anclies, mais il faut s'adresser 
à des stades très jeunes (embryons de Si/nyiuilliiis arus de 3, 4 
et G millimètres, prélevés dans la poche incubatrice du nuUe). 
Le pronephros comprend un grand glomérule ou glomc, situé 
très en avant, recevant une branche de l'aorte et en rapport 
avec une chambre pronéphriticjue isolée de la cavité viscérale 
du corps, ainsi que du reste le signale Hrachet chez d'autres 
Téléostéens. A ce glomérule fait suite un tube qui, après avoir 
décrit une anse, prend une dii'ection caudale et constitue le 
canal de W'oltl" ou uretère primitif. Le rein pronéphriticjue des 
Lit[tliobranches est donc, à ce stade, un organe pair, symétri- 
([uement situé de chaque côté de la corde dorsah*, chaque canal 
de Woltf thuupiant sur son bord externe une veine cardinale. 
Plus caudalement, les veines cardinales sont réduites à un tronc 
veineux unique situé à droite et sur les deux côtés duquel vien- 
nent se disposer les canaux de Widlf. Il m'a paru (]ue cette 
coalescence des veines cardinales postérieures n'existait pas 
chez un end)ryou plus jeune et qu elle s'effectuait d'arrière en 
avant. Huot a observé une veine cardinale postérieure gauche 
chez de très jeunes embryons et l'a vue s'atrophier de bonne 
heure. Chez des embryons plus âgés (16, 20 et 25 millimètres) 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 79 

l'aspect se modifie rapidemenf du fait que le proiiepliros entre 
eu régression et que le mesonephros apparaît plus caudale- 
ment. Le pronephros et la partie antérieure des canaux de 
Wolff sont envahis par du tissu lymphoïde que l'on peut 
retrouver chez l'adulte, mais, dès maintenant, on chercherait 
en vain des traces de la structure du giomérule primitif. Les 
canaux de WollT ne vont persister qu'à partir de la région où 
ils sont disposés de chaque côté de la veine cardinale unique et 
qui s étend jusqu'à la vessie urinaire. Dans la portion moyenne 
de ces canaux de WolfT, les canalicules du mesonephros appa- 
raissent sous l'aspect de massifs de cellules sombres situés dor- 
salement par rapport à ces canaux. 

Les amas s'ordonnent en cordons puis en canalicules qui se 
disposent parallèlement aux canaux de Wolff dans lesquels ils 
s'ouvrent secondairement. Mais jamais, même chez l'adulte, 
leur extrémité libre ne devient un corpuscule de Malpighi. Elle 
se termine simplement en cul-de-sac. 

Le rein primitif pronéphridien et symétrique a fait place à un 
rein mésonéphridien pur, asymétrique, dont les canalicules se 
groupent autour d'un gros tronc veineux. Le nombre et les 
ramifications de ces canalicules augmenteront au cours du déve- 
loppement, mais le rein de l'adulte restera essentiellement le 
même. Pas plus d'ailleurs que dans le rein mésonéphridien 
d'autres Poissons, on n'observe les coudures caractéristiques 
du développement du tube contourné et de l'anse de Henle du 
métanephros. 

Structure bistologique du rein adulte 

Sur une coupe transversale du rein on se trouve eu présence, 
en plus des deux uretères de gros calibre, de canalicules de 
diamètres et d'aspects variés, coupés en travers en raison de 
leur disposition parallèle au canal de Wolff. Sur une coupe 
longitudinale, on voit que ces canalicules présentent de nom- 
breux diverticules et culs-de-sac. 

En étudiant les caractères cytologiques de ces canalicules, on 
peut les ramener à deux types. L'un comprend des cellules 
glandulaires rénales proprement dites, l'autre est formé d'élé- 
ments moins actifs. Le premier type correspond à la partie 
moyenne et aux culs-de-sac des canalicules. Le deuxième, à la 



80 SÉANCE DU 14 MAUS 11122 

portion où ces eaiialicules s"al)oue lient dans les uretères. La 
cellule rénale proprement dite présente les attributs (pi'on lui 
connait on général (dans le tube contourné des Mammifères 
par exemple) : bordure en brosse et bâtonnets d'Ilcidonbain 
basaux. La portion apicale montre des enclaves sidéropbiles. 

La partie intermédiaire du canalicule ne possède pas de bor- 
dure en brosse, ni de bâtonnets, mais elle ne parait ce})en(lant 
pas dépourvue do toute activité sécrétrice car il s'agit de cellu- 
les hautes et munies encore d'un appareil mitochondrial assez 
riche. La paroi du canal de WolU" est i'ormée d'une couche do 
cellules cnbicpies. 

Ces dili'éients canalicules entourent la vciine cai'dinale, dont 
la paroi est réduite à })eu près à un ondot hélium et c'est sur 
elles (jue se moulent parfois les plus internes. Us sont plojigés 
dans un tissu réticulé abonchunment vascularisé, dont les mail- 
les contiennent un tissu j)seudo-lyniphoï«le, qui a fait, chez les 
Poissons, l'objet d'un certain nond)re de travaux (Huot, Ciaccio, 
Drzkwina, l'uLiCARi) et Mawas). Le sang circule là dans de véri- 
tables sinus veineux. J'ai assisté, à la suite d'autres auteurs, à 
des phénomènes d'érythrolyse,<les plus nets et l'on ne peut se 
défendre de rapprocher ce tissu de celui de la rate des Mammi- 
fères. 

J'ai pratiqué des expériences sur l'élimination, par les canali- 
cules, de matières colorantes et, sur laction de produits diuré- 
tiques. Un les trouvera relatées dans un mémoire ultérieur ainsi 
que les modilicutions qu'elles amènent dans l/^pitlndium rc^nal 
des Lophobranches. 

(Ju'il me suftise de dire ici (pic les tubes rénaux des Lopho- 
branches et les éléments cellulaires qui les constituent n'appa- 
raissent point essentiellement ditlerents de ceux des autres Pois- 
sons (PoLiCAUD et Mawas) et des autres Vertébrés, sauf que 
n'existent ni le glomérulc, ni le collet cilié qui lui fait suite 
fréquemment chez les Vertébrés inférieurs. 

On ne trouve pas non plus la disposition particulière décou- 
verte par AuDHJft dans le rein de Lop/iins piscatorki^, également 
privé de glomérules de Malpighi. Otte disposition consiste en 
un peloton gloniérulaire formé par les culs-de-sac des tub'es 
sécréteurs, assez analogue en somme à celui des glandes sudo- 
ripares des xMammifères, mais plongeant dans la cavité d'une 
veine dont il dé])rinie la paroi. 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 <Sl 

Je n'ai j)as non ])liis observé chez les Lopliobranches l'infil- 
tration derépitliclinni des canalicules urinaires par des éléments 
lyuiplioïdes, ainsi qu'AuDiGÉ le décrit surtout dans les canalicu- 
les privés de glomérule à leur extrémité. 

En résumé, le rein, chez les Lophobranches, fonctionne sans 
m'iomérule de I\Ialpighi et ce dernier ne paraît pas d'aboixl sup- 
pléé, la sécrétion urinaire s'exerçant tout comme si le g-lomérule 
était présent. 

G est donc que le giomérule n'est pas un constituant indis- 
pensable du tube urinaire. A mon avis, il faut interpréter autre- 
ment sa présence. 

Les Lophobranches ne sont pas les seuls Poissons dont le 
rein ne comporte pas de giomérule. Le mésonephros des alevins 
de tous les Téléostéens en général est dans le môme cas; les 
giomérules n'y apparaissent qu'à la maturité sexuelle. Ainsi 
qu'AuDiGÉ l'a très bien mis en évidence, cette apparition des gio- 
mérules est liée à l'envahissement du rein par des branches 
artérielles provenant de l'aorte. Tant que le mésonephros ne 
comporte qu'un système porte veineux, il reste aglomérulaire. 

On doit chercher là Lexjilication de l'absence de giomérule 
chez les Lophobranches. Leur rein est un mésonephros pur, à 
circulation uniquement veineuse, qui conserve donc la vascu- 
larisation du rein de l'alevin ; ainsi que me l'ont montré des 
dissections que j'ai pratiquées, il ne reçoit jamais de branches 
de l'aorte. 

Le pronephros, dont j'ai montré l'existence dans les premiers 
stades a une vascularisation artérielle et présente un giomérule. 
Le pronephros disparaît et le mésonephros, en raison sans 
doute de sa situation asymétrique le long d'une veine cardinale 
unique, garde toute son existence des connexions purement 
veineuses. 

Le même cas se trouve réalisé chez Le padog aster (Guitel). 
Mais là le pronephros reste fonctionnel chez l'adulte et coexiste 
avec un mésonephros à connexions purement veineuses et privé 
de giomérules. 

Dans ces conditions il me parait démontré que la présence du 
giomérule est essentiellement liée à la vascularisation artérielle 
du rein. Mais le processus même de la sécrétion urinaire peut 
s'efï'ectuer sans giomérule. Doit-on pour cela lui refuser tout 
rôle dans cette sécrétion ? On pourrait par exemple le concevoir 



(S2 skan<:k \h 14 mars 11)22 

commo un régulateur de la ])ression artérielle, à l'intérieur 
du rein, ou, à la suite de Lamy et Mayer, le considérer, en rai- 
son de ses mouvements pulsatiles synclirones à ceux du cœur, 
comme servant à la propulsion de l'urine. 

Je pense que l'on peut, plus siuiplement, distiimucr les reins 
à circulation purement veineuse et ceux à circulation artérielle, 
des intermédiaires existant du reste entre ces deux catégories. 
Etant donnés les caractères particuliers de chacune de ces cir- 
culations : la circulation artéricdle plus rapide et en somme dis- 
continue, la circulation veineuse dans de largues sinus, très lente, 
il faut admettre que dans les deux cas la sécrétion de la partie 
li(]ui(le de l'urine est différente. 

11 n'est pas douteux que dans les reins artériels elle est, en 
grande parti<' du moins, le fait du glomérule et des travaux 
tout récents (Jean I'irkkt, li)21) le démontrent encore. 

Dans un l'ein purement veineux on peut concevoir qu'au 
niveau de canalicules baignant dans des sinus gorgés de sang, 
les échanges d'eau puissent fort bien s'opérer. I^amy et Mavkr 
admettent, dans leur hypothèse de la sécrétion urinaire, un 
premier temps où le sang- transsude, à travers les capillaires, 
une partie liquide vers les espaces intertnbidaircs. Ce premier 
temps se trouve ici réalisé d'emblée. 

Le ralentissement de la circulation a une autre conséquence 
sur laquelle j'ai insisté en comparant le tissu intertnbulaire au 
tissu splénique, c'est le développement du tissu lymphoïde et 
la présence de phénomènes d'érythrolyse. Ainsi sécrétion uri- 
naire et abondance du tissu lymphoïde sont déterminées par un 
même facteur ; mais je ne crois pas qu'elles soient autrement 
liées l'une à l'autre {à l'opposé d'AuDiGÉi. 

Cette constatation me permet de donner une explication 
mécaniste de la disparition du tissu lymphoïde dans les reins 
où la circulation artérielle se développe activement ; Audigk qui 
a constaté ce balancement entre le nombre des glomérules et 
la (juantité du tissu lymphoïde, en est réduit à une explication 
finaliste ; il déclare que, dans de tels reins, le tissu lymphoïde 
disparaît, parce qu'il serait devenu inutile, en raison du rôle 
très hypothétique que cet auteur Ini ])réte : suppléer à l'action 
évacuatrice du courant liquide dans la destruction des cellules 
rénales usées. 

De foute façon, cette réalité de la sécrétion urinaire en l'ab- 



SÉANCE DU 14 MARS ll'2ii 83 

sonce de glomérule nie j)araît un arguniont péroniptoire en 
faveur de la théorie de Bowman-IIeidenhain. Il ne ])ent être 
question dans un tel rein de réadsorption au niveau des cellu- 
les des canalicules. Ces éléments glandulaires fonctionnent 
uniquement, en ce c(ui concerne l'excrétion, de l'intérieur vers 
l'extérieur, ainsi quOnt contribué à le démontrer, pour le rein 
des Batraciens et des IMammifères. les recherches de Turchini 
sur lélimination du bleu de méthylène. 

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

AuDiGÉ. — Contribution à l'étude du rein des Téléostéens (Arcli. zool. exp. 

(5), IV, 1910). et : Thèse sel. nat., l^aris, 1909-10. 
Brachet. — Traité d'Embryologie des Vertébrés (Paris. t92l, Masson). 
GiAccio. ^ SuU'existenza di un tessuto mieloïde dilTerenziato negli animali 

inferiori {Anat. Ane, XXVI, 1905). 
Drzewina (Mme.). — Contrib. à l'étude du tissu lymphoïde chez les Ichtyopsi- 

dés (Thèse sci. nat.. Paris, 1905). 
P"'iRKKT. — Etude histophysiologique de la sécrétion uriuaire {Arch. intern. 

PhijsioL, XVIII, 19^21). 
GuiTKL. — tiecherches sur l'anatomie des reins de quelques Gobiesocidés 

{Arch. zool. exp., V, 1906). 
HuoT (A..). — Recherches sur les Poissons Lophobranches {Ann. Sci. naf. 

zooloqie, XIV, Paris, 1902). 
Lamy et Mayer. — Les théories de la sécrétion rénale (7. Phtjsiol. Path. 

ffén., VIIl. 1906). 
Policard et Mawas. — Le canalicule urinaire du rein des Téléostéens [Bibl. 

Annt., XV, 1906). 

— Le tissu lymphoïde du rein des Téléostéens ((,'. R. Ass. Anat., Lille, 
1907). 

Turchini, — (/élimination du bleu de méthylène par le rein (C R. Soc. 
BioL, 1919). 

— Contribution k l'étude de riiistophysiologie rénale (./. morph. fp'n. 
cxpër.. Paris, Doin, 1922). 



8i SKANCK DU 14 MARS 1922 

SUPPLEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES A IVION TRAVAIL 

SUR LES MODES DE REPRODUCTION 

DES PLANAIRES TRICLADES PALUDICOLES 

l'Ait 

A, VANDEL 

l.cs évriioinonts (le e(3sd('i'Miùr('s ;inii(''es ont lorlciuent ti'oul)lt' 
les moyens (rinforniation seiontiliqne, et ont amené un retard 
consiiléral)ie dans larrivée des périodujues allemands en 
Franee ; ils sont la eanse de deux lacunes hihliograpiiicjues 
daus mon élude sur les modes de rejiroduclion des Planaires 
triclades paludieoles (Vandel. IW22). Je n ai en eonnaissance des 
puldieations dont il va être (juestion (juc lors(]ue mon travail 
était déjà imjirinn*. dette petite note est destinée à l'éparer ces 
omissions ; ell(> n'es! ([u'nn ndilnuliiin à mon travail principal. 

l. — PlfiiKirid nlpimi n'éfait connue jnsqu ici (]u'en Furo])e 
(voir mon travail p. 3.'i7-.'î()I). Ar.mit (1919) signale cette espèce 
en plusieurs points du nord de l'Asie; Taire de distrilnition de 
cette Planaire couvre donc toute la réiiion paléarctique. Ar.ndt a 
trouvé Planaiia a//iinn en Sii)érie, dans la haute vallée du 
Jcnisseï, au noi-d du massif du Saian, dans la réiiion Atschinsk- 
Minousinsk-Krasnoiarsk. Klle est commune dans les sources et 
le haut des ruisseaux (jui, en été, ont une température de 6** 
à 12". Ar.ndt a également trouvé cet animal dans le bassin de 
l'Amour, dans un ruisseau du massif du (Irand (^hingan rpii 
sépare la Monyolie de la Mandchoui'ie. Ces observations mon- 
trent que cette espèce a une distribution très étendue vers lest 
que l'on ne soupçonnait j)as Jusqu'ici. 

Dans un autre travail (1920) que je n'ai pu nie procurer et 
que je ne connais que par une crturte référence [in Pax, 1921, 
p. 70. en note). Arndt signale que PI. alpina existe jusque sur 
la cote du PacifKjue et dans une île russe de la mer du Japon. 
Mais il se pourrait (jue l'auteui', trompé par l'aspect extérieur, 
ait confondu PL alfiina avec une autre espèce qui lui ressendjle 
comme PL vivida ou PL peUucida ( Ijima et Kaburaki, 1916). 

Je vois aussi, dans le premier travail de Arndt, «pic PL alpina 
a été trouvée en Corse, au col de Vizzavona, à I.IOO mètres 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 85 

d'altitude. Cette dernière observation est assez cnrieuse, car 
l'on sait que, d'une façon générale, la faune alpine fait défaut 
en Corse (1). Et l'on admet, en général, que la Corse s'est déta- 
chée de la côte provenyale au début du quaternaire, avant 
l'époque des grandes glaciations (2). Cette question demande- 
rait à être étudiée soigneusement ; elle confirmerait peut-être 
une idée émise par Steinma^n (1908, p. 685); celui-ci pense 
que, peut-être, PL alpina n'était nullement sténotherme avant 
le quaternaire et que son aire de distribution était fort éten- 
due ; elle ne serait devenue sténotherme que sous Tinfluence du 
climat glaciaire, et aurait alors ultérieurement émigré, soit vers 
le nord, soit vers les hautes régions montagneuses. 

2. — Planaria mertoni, trouvée parle D'' Merton dans un ruis- 
seau vif des îles Kei (sud-ouest de la Nouvelle-rTuinée), et étu- 
diée par P. Steinma^.n (1914), présente un mode de reproduc- 
tion asexué. Celui-ci est intéressant, car il semble se rapprocher 
de celui des PI. fissipara et pavaniensis (voir mon travail, p. 410). 
La scission serait ici précédée de phénomènes préparatoires 
(formation d'un sillon, modifications du tube digestif, etc.); il 
n'y aurait pas simple arrachement connue chez les autres Tri- 
clades. Il serait très intéressant d'étudier sur le vivant les pro- 
cessus de scission des Planaires du groujîe fissipam-pavameiisis- 
mertoni, et de les comparer à la division des' autres Paludicoles 
et des Rhabdocœles, qui est bien connue. 

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

1919. Arndt (l)'' Walther). — Ziii- Kenntnis der Vei'bi'eitung von l'ianaria 

alltina Dana (Zool. Ane. L, p. 100-105). 
d9:20 — Untersuchungen an Bachtricladen (Inaiig. Diss., Breslau). 
1916. Ijima (tsao) et ïokiii Kabuhaki. — Preliiiiinary Descriptions oC soine 

Japanese Triclads {Annof. Zool. Japon., IX, Pari. 11). 
1921. Pax (D"- Ferdinand). — Die Tierwelt Schlesiens (Jena). 

(1) Voir pour les Hyménoptères : Ferton Les UynK'noptères de la Corse 
(Apiaires, Poiiipilides et Vespides) (C. R. .1,m Franc, .ivanc. Sciences, Ajaecio, 
4901). 

Pour les Coléoptères : Vodoz, Observations sur la faune des Coléoptères de la 
Corse [fbid.). 

Pour la flore, voir Engler [in Kobelt. Studien zur Zoogeograptiie. II. Die 
Fauna der meridionalen Subregion, Wiesbaden). 

(2) L.i Corse a, d'ailleurs subi, comme les Alpes, plusieurs glaciations succes- 
sives (M. LucKRNA, Die Eiszeit in Korsilia uiid das Yerlialten der e.KOgenen 
Naturk-ralte seil dem Ende der Diluvialzeit. .\bhandl. georj. Ges. Wien.,\\, lOlO). 



86 



SÉANCE DU 14 MARS 1922 



1908. Steinmann (P.). — Die pol,v|ihai\vngealcn Planarienforincn und ilire 
UediMiliing l'iir die Deszendenzilicorie, Zoogoograpliic und biologie {Inter- 
nat, liecue nesamt. Ilydrobiol. ii. //>/(/ ro(/r., 1). 

19li. — Beschrcibung einer ntMien Sûsswasserti'iclade von der Kei-Inseln 
nehst einigen allgenieinen Hemeekiingen ùber Tricladen-Analomie 
{Ahhandl. Si-nckenberfi. Xatiirforsc/i. Gcs. Franld'iu't, WXV, 1 lloll). 

d922. \'a.\di:l (A.), — l\e<-lierclies oxpérimenlales sur les modes ilc repro- 
duclion des Planaires triclades paludicoles {Bull. hiol. France- lieUjùiue, 
LV). 




(Clich,^ Wnlpt'H) 



F. HENNEGUY 

Président iV honneur 
(le la Sociélé zoologique de Frana- en 19^)^2 



XXIX' Assemblée générale annuelle 
Séance du '28 mars Î9'29 

PHÉSIDKNCH UE MM. HENNEdllY, PIIÉSIDEXT d'hONNEUU, 
ET BRUMPT, PRÉSIDENT 



Sont présents : MM. André, Antmony, Berla.nd, Hilliard, Bou- 
VRALN, Hrumpt,Caullery,Champy, Chopard, Derreuil, Mlle. Dehorne, 
MM. M.-iV. DoLLEus, R. Dollfls, Dyé, Fage, Mme. et M. Fauré- 
Fremiet^ Mme., Mlle, et M. Henneouy, M. Hérouard, Mlle, et 
M. Héribel, mm. Jakibisiak. Jolealu, Lamy, Larrousse, Laval- 
LÉE, de la Yaulx, Lévy, Magnln, Mawas, Mme. et M. Millut, 
mm. Neveu-Lemaire, F'aris, Pellegrin, Pérez, Mme. et M. Petit, 
Mme. Phisalix, MM. Picard, M. Prenant, Rabaud, Robert, Secques, 
Semichon, Trouvelot, Turchim, Yandel, \ ayssière, Verne, Vignal 

et WlNTREBERT. 

MM. BuGNiON, Carié, Delamarre de Moinchaux, Julin, Magne, 
Neumanin, Parât, Perroncito, Pic et Raspail s'excusent de leur 
absence. 

Le secrétaire général communique des nouvelles de M. Lepesch- 
KiNE, de Moscou. 

M. Perroncito adresse le programme du 2" Congrès interna- 
tional de pathologie comparée qui s'ouvrira à Rome le 20 sep- 
tembre prochain. 

M. AuBERT remercie la Société de l'avoir délégué au Congrès 
des Sociétés savantes. 

M. DiTLEvsEN remercie de son admission. 

M. le président souhaite la bienvenue à M. Henneguy, membre 
de l'Institut, professeur au Collège de France. 

M. Henneguy, président d'honneur pour 1922, prononce l'allo- 
cution suivante : 

« 
« Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, 

En m'appelant à présider votre séance annuelle, moi nouveau 
venu parmi vous, vous m'avez fait un grand honneur dont 
j'apprécie tout le prix et dont je vous suis sincèrement recon- 



88 SÉANCE DU 28 MARS 1922 

naissant. Je sais bien cependant que ce n'est pas ma modeste 
personne, dont la vie s'est «écoulée dans Vaiirca mcdiocritas. 
chère à Horace, que vous avez voulu ainsi honorer, uiais les 
titres plus ou moins mérites qui accouq^aguent mon uom. Ou 
dit que Ihahit ne fait pas le uioiue. Ce proverbe u'est pas tou- 
jours exact. Pour moi, c'est Ihahit vert, dont je pourrais me 
pai'er si je le possédais dans ma garde-robe, c'est cet liabif, qui 
conserve encore (juelque prestige auprès du publie, (]ui me 
vaut de présider cette séance. Au nom de cet habit symboli(iue, 
je vous remercie cordialement. 

11 est d'usag-e (pie votre j)iésidcut vous entretienne d'une 
c(uestion d'(jrdre géuéral et de sa conq)étence. Je ne veux pas 
rouipre avec la tradition, mai^ vous me penuettrez d'être bref 
et je vous prie Ai^ m'excuser si je vous ])arle d'un sujet un peu 
spécial, en dehors de vos études habituelles, qui me parait 
cependant avoir une gi'aude importance en biologie : c'est 
ce (jue j'appellerai la fdiUifr de la chromaùne . 

Je me souviens <run jour d hiver, il y a j)lus de quarante 
ans, où j'avais rapporté de la campagne des jeunes tleurs du 
vulg-aire Tio^sUfujo farfnra. Rentré chez moi, je lixai sinqjle- 
ment ma récolte par l'alcool et dissociant les éléments des 
tissus, puis les colorant par le vert de méthyle, je vis appa- 
raître dans les cellules les ligures de karyokinèse que Stras- 
RiRGER et Flemming Venaient de décrire et que je n'avais encore 
vues que sur des images. Je fus naïvement et véritablement 
émerveillé ; je passai une partie de la nuit à faire des prépara- 
tions et à les dessiner. De ce jour datent mes premières recher- 
ches en cytologie. 

J'imagine que les premiers observateurs qui virent les images 
si nettes que présentent les j)arties colorables du noyau, pen- 
dant la division indirecte, éprouvèrent la même surprise et le 
même enthousiasme (]ue moi, et l'on comprend l'importance 
que, à partir de ce moment, on attribua à cette substance colo- 
rable cpi'on désigna sous le nom de chromatine et aux fila- 
ments ou bâtonnets (pi'elle ccnistitiie, les chromosomes. 

Lorsque Fol et 0. llEftTwio établirent que le phénomène intime 
de la fécondation consiste dans la fusion de deux noyaux, l'un, le 
pronucléus femelle, résultant de la transformation de la vésicule 
jj^erminative, lautre, le pronucléus mâle, formé par la tête du 



SÉANCE nu 28 MARS 1022 89 

spermatozoïde, les biologistes pensèrent avoir trouvé la solu- 
tion d'un prol)lènie ([ui de tout teuips a préoccupé Fesprit 
humain, à savoir la manière dont se fait la transmission des 
caractères spécifiques des j3arents aux descendants. Ils se tin- 
rent le raisonnement suivant : Fenfaiit hérite à la fois des carac- 
tères de son père et de sa mère ; ces caractères ne peuvent 
être contenus que dans Tœuf et le spermatozoïde. Or la tête du 
spermatozoïde, qui donne le pronucléus mâle, n'est qu'un 
noyau ; c'est donc dans ce noyau que résident les caractères 
paternels. Il en est de même pour les caractères maternels : ils 
ne peuvent être localisés que dans le pronucléus femelle qui a 
le même volume que le noyau mâle. Dans chacun de ces noyaux 
il y a le même nombre de chromosomes semblables : c'est 
donc dans ceux-ci, c'est-à-dire dans leur chromatine, que sont 
localisés les caractères héréditaires. Le père et la mère trans- 
mettent à l'enfant la même quantité de chromatine. 

Ce raisonnement est des plus logiques et parait irréfutable. 

C'est alors que Weismann formula sa célèbre théorie relative 
aux particules matérielles, support des caractères héréditaires. 
Cette théorie est trop connue pour qu'il soit nécessaire de la 
rappeler. On sait la distinction établie par Weismann entre la 
division équationnelle et la division réductionnelle. La pre- 
mière répartissant également entre deux cellules filles les 
moitiés longitudinales de chaque chromosome, constitué par une 
série linéaire de particules héréditaires dissemblables. La 
seconde répartissant entre les cellules des chromosomes dis- 
sem]>lables résultant de leur division transversale. 

La division réductionnelle aurait pour résultat d'empêcher 
la sommation indéfinie des caractères héréditaires qui se pro- 
duirait nécessairement par suite de la copulation de noyaux 
d'origine dilierente dans la réproduction sexuelle : ella permet- 
trait également la dissemblance des produits engendrés par 
les descendants. La division éc|uationnelle serait propre aux 
cellules somatiques : la division réductionnelle ne s'observerait 
que dans les cellules sexuelles. 

Depuis plus de trente ans, les weismanniens ont encombré 
les recueils zoologiques et botaniques d'innombrables mémoires' 
pour chercher à établir le bien fondé de la conception du maître 
de Wûrzbourg. Après avoir reconnu qu'il n'y a pas de division 
transversale des chromosomes et imaginé toutes les combinai- 



90 SÉANCE DU 28 MARS 1922 

sons j)(>ssil)les, ils sont urrivés a ailnietlre que les clu'oniosonies 
d'oriilinc paternelle et matornello, dans les cellules sexuelles, 
se conjuiiuent à un moment donné pour échanger entre eux des 
particules, de manière à niodilier Icnr constitution primitive. 
La conjugaison a])outit an même résultjit que la division 
réductionnelle. La théorie est sauvée du naufrage. 

Notons en passant (jue cette conjugaison, qui comme tout 
acte génital doit s'accomplir pudi<juement à l'jihri de regards 
indiscrets, n'aurait lieu (juà nu stade où le système chroma- 
ti<pie (lu noyau se présente sons l'nspect d'un peloton indéchil- 
l'ral)le. 

Un sait que la conjugaison des chromosomes est aujourd'hui, 
pour un grand nond)re de biologistes, un dogme sacro-saint, et 
que par elle ils prétendent ex]diquer les données si intéres- 
santes de Mendel r<'lativement aux ])hénomèn«>s d'iiéi-édité chez 
les hyhrides. Il suffit de supposeï' cpie, dans les indi\idus résul- 
tant d'un croisement, les chromosomes provenant des parents 
étant j)lus ou moins di>semhlables, les échanges de particules 
chromatiques entre ceux des cellules sexuelles se font d'une 
manière incomplète ou pas du tout, pour qu'il y ait disjonction 
des caractères paternels et maternels suivant les lois de Mknoel. 

(^e n'est pas tout. Plusieurs observateurs ont constaté dans 
les cellules testiculaii'es de certains animaux la présence d'un 
ou plusieurs chromosomes j)articuliers, dits hétérochromosomes, 
(pii passent tout entiers dans l'une des cellules lilles pendant la 
période de maturation, il eu résulte qu'il y aurait deux .sortes 
de spermatozoïdes, les uns pourvus de rhétérochromosome, les 
autres ne le renfermant pas. On trouve ce même hétérochro- 
mosome dans les œufs mûrs des mêmes espèces. Suivant que 
cet œuf est fécondé par mi spermatozoïde pourvu ou privé 
d'hétérochromosome, il donnera naissance à une femelle ou à 
un mille. L'hétérochromosome serait donc le déterminant du 
sexe. C'est un nouveau fleuron ajouté à la couronne de l'oinni- 
potente chromatine. 

Toute cette admirable et si séduisante théorie n est qu'un 
colosse aux pieds d'argile. 

• Dans ses remarquables ouvrages sur l'hérédité, notre savant 
collègue M. Uabaud a justement critiqué les théories weisman- 
niennes et je ne pourrais que répéter ce qu'il a dit si excel- 
lemment. Mais il est un fait capital qui, à mon avis, dispense 



SKAXCK l)L 28 MARS 1922 



91 



de toute discussion et suffît à ruiner toutes les théories qui font 
jouer un râle exclusif aux éléments figurés du noyau, soit pour 
la transmission des caractères héréditaires, soit pour la déter- 
mination du sexe, c'est que ces éléments sont constamment en 
voie de transformation dans leur constitution physique et leur 
composition chimique. 

Les défenseurs de la théorie weismannienne sont obligés 
d'admettre que les chromosomes sont des sortes d'individus 
toujours présents dans le noyau, ayant toujours la même cons- 
titution, quelle que soit la forme qu'ils revêtent, et se trans- 
mettent de génération en génération. 

C'est qu'ils n'ont considéré les chromosomes et ce qu'ils 
appellent la chromatine que dans les cellules sexuelles et prin- 
cipalement pendant leur division, là où les substances nucléai- 
res se présentent en général avec à peu près le même aspect, 
au moment où elles sont le plus riches en acides nucléiques 
et se disposent sous forme de bâtonnets plus ou moins régu- 
liers. Ils n'ont tenu aucun compte de l'état dans lequel se trou- 
vent ces substances avant ou après la mitose. 

Or les chromosomes sont des formations labiles qui n'appa- 
raissent dans le noyau que lorsque la cellule se prépare à se 
diviser. On peut alors les voir à l'état vivant et la fixation de la 
cellule ne moditie pas en général leur aspect. En dehors de la 
cytodiérèse, sauf de rares exceptions, il est inqjossible de 
constater leur existence à l'état vivant, et, dans le noyau fixé, 
on ne trouve que des corps très irréguliers disposés en réseau 
ou en grains séparés, n'ayant de commun avec les chromoso- 
mes de la mitose qu'une affinité plus ou moins marquée pour 
certaines matières colorantes. Morphologiquement les chromo- 
somes n'ont donc qu'une existence temporaire, comme celle 
d'un cristal qui se dissout dans un liquide, pour ne reparaître 
que dans certaines conditions déterminées. La continuité des 
chromosomes ne s'observe que pendant les divisions de matu- 
ration, parce que celles-ci se succèdent rapidement, sans que le 
noyau passe par une période de repos. Mais si nous considé- 
rons l'œuf pendant sa longue période d'accroissement, lorsque 
s'accunmlent dans son cytoplasma les éléments vitellins, nous 
constatons que, le plus généralement, les chromosomes ont 
disparu dans son noyau, ou que, lorsqu'ils sont encore visibles, 
ils ont changé conq^lètement d'aspect et de colora])ilité. De 




92 SÉANCK DU 28 MAUS 1922 

même pendant la formation de la tête du spermatozoïde aux 
dépens du noyau de la spcrmatide, les chromosomes disparais- 
sent totalement ; la substance nucléaire perd momentanément 
son affinité pour les colorants basicjues. Les chromosomes île 
reparaîtront que lors(pie la tète du spermatozoïde, ayant péné- 
tré dans l'd'uf, ileviendra le proimcléus niAle. 

Si, au lieu de n"envisa,i;er les chromosomes (juau point de 
vue morphologique, nous considérons la substance qui les con- 
stitue et (ju'on appelle la chromatine, nous voyons que celle-ci 
est encore plus labile que les chromosomes. Les chimistes nous 
ont appris que le noyau contient certaines substances, des 
nucléoprotéides, combinaisons d'all)uminoïdes avec des acides 
nucléiques plus ou moins riches en })hosphore. La teneur* en 
acides nucléi(pies se traduit dans le noyau par son affinité 
])lus ou moins grande pour les colorants basiques. Or nous 
constatons que la colorabilité du noyau, et par conséquent la 
constitution chiniicjue de sa ciiromatine, change continuelle- 
ment suivant l'ctat physiologicjue de la cellule. I^a teneur en 
acides nuch''i<pies des nucléoprotéides du noyau est en relation 
avec l'activité des échanges cellulaires. Lorsque la cellule se 
nourrit activement son noyau est pauvre en acides nucléiques ; 
ceu.\-ci sont au contraire abondants quand la cellule cessant 
de s'accroître s'apprête à se diviser. 

La chromatine des biologistes est donc une pure conception 
tiiéorique qui ne répond à aucune substance chimique; définie ; 
elle Cf)mprend toute une série de corps dont la molécule pos- 
sède une constitution des plus variables. Quand on parle de 
chromatine on emploie une expression aussi vague que celles 
d'acide, de base, d'alcool, etc. qui désignent des corps ayant 
une constitution et des propriétés très différentes. 

Certains weismanniens ont reconnu cette vérité ; aussi ont- 
ils admis que ce n'est pas la chromatine qui est le support des 
caractères héréditaires, mais bien une substance hypotinMique, 
la linine, qui constituerait la charpente des chromosomes et 
s'imprégnerait pour ainsi dire, ainsi qu'une éponge, de chroma- 
tines variées. C'est reculer pour mieux sauter, puis([ue les chro- 
mosomes ne sont pas des formations permanentes et que leur J 
linine elle-même disparaît à certains moments de la vie de la I 
cellule. 

Les physiciens nous enseignent que les pro2)riétés des corps, 



SÉANCE DU 28 MARS 1922 93 

densité, indice de réfraction, })oint de fusion, couleur, etc., 
sont intimement liées à leur constitution i^hysico-cliiniique ; si 
celle-ci vient à changer, leurs propriétés se modilient. Com- 
ment donc pourrions-nous concevoir que les caractères hérédi- 
taires, dont la constance, tout au moins pour une assez longue 
période de temps, est remarquahle, soient liés à des corps qui 
sont constamment en voie de trnnsformation ? Il faudrait 
admettre que ces caractères ont pour support uon pas les sub- 
stances nucléaires elles-mêmes, mais des particules invisibles, 
absoluuient indépendantes qui, de môme que certains parasites 
|)euvent se fixer indilieremment sur dos hôtes divers, s'atta- 
cheraient aux substances nucléaires pendant leurs multiples 
transformations. C'est une nouvelle hypothèse qui ne fait que 
compliquer la théorie et qui ne s'tippuie sur aucun fait d'obser- 
vation. 

Tout ce que je viens de dire, relativement à la théorie des 
particules représentatives dans le noyau, s'aj^plique également 
à la théorie soutenue par cpielques cytologistes qui localisent 
les caractères héréditaires, non plus dans le noyau, mais dans 
les mitochondries du cytoplasma de l'œuf et dans celles qui 
entrent dans la constitution du spermatozoïde. Les mitochon- 
dries sont, en eiiet, comme les chromosomes, des formations 
labiles et leur nature chimique est variable. 

Il est évident (jue les propriétés héréditaires de chaque espèce 
d'êtres vivants ne peut avoir pour siège que le protoplasma. 
Mais, dans ce protoplasma, le noyau et le cytoplasma consti- 
tuent un tout en équilibre, et il est impossible de les séparer 
l'un de l'autre au point de vue du fonctionnement de la cellule. 
Nos connaissances sur la constitution physico-chimique de ce 
protoplasma, sur les interactions qui ont lieu entre les com- 
plexes colloïdaux du cytoplasma et du noyau sont encore trop 
peu avancées pour nous permettre d'expliquer d'une manière 
satisfaisante les phénomènes d'hérédité. Je me garderai donc 
de formuler une nouvelle théorie pour renqîlacer celles que je 
viens d'essayer de dénujlir. Confessons notre ignorance, mais 
espérons qu'un jour viendra, jour peut-être encore bien éloi- 
gné, où le voile qui recouvre le mystère sera déchiré. 
Mesdames, Messieurs, mes chers collègues. 

Depuis le jour déjà lointain où je m'émerveillais en obser- 
vant pour la première fois les chrcimosomes et en colorant la 



94 SÉANCE DU 28 MARS 1922 

cliromatiue, mon entliousiasme a fait place, hélas ! à un scepti- 
cisme toujours croissaut. Depuis plus de vingt ans, je n'ai cessé 
dans mon enseignement de combattre les idées vveismanniennes ; 
mais j'ai la conviction de n'avoir fait partager ma manière de 
voir qu'à un très petit uoinhre de mes auditeurs. 11 est bien 
plus diflicile de purger un ciiamp de ses mauvaises herbes (pie 
d'y faire germer de bonnes semences. Je suis trop vieux 
pour voir s'effondrer le colosse aux pieds d'argile. Je constate 
cependant avec une vive satisfaction <|ue, depuis quehpies 
années, ses pieds se désagrègent petit à petit, et j'ai coutiance 
dans 1 avenir. 

Que restera- t-il dans une cinquantaine d'années, peut-être 
moins, de ces innond)rables travaux sur les chromosomes, les 
hétérochromosomes, etc. ? Un petit nombre de faits intéres- 
sants qu'on pourrait déjà expli(]uer facilement, mais qui n'ont 
rien à voir avec les déductions thé(»ri(]ues qu'on a cru devoir 
en tirer. Uassurez-vous. Je ne veux pas prolonger cet entretien 
en entrant dans des détails fastidieux qui seraient nécessaires 
pour tenter une explication de ces faits, tels que la constance des 
chromosomes pour une menu; espèce, la réduction chromati- 
<]ue, etc. J'ai conscience d'avoir déjà ti'op abusé de votre patiente 
attention et je m'en excuse de nouveau. \ ous pardonnerez à un 
vieux cytologiste désabusé de ne vous avoir fait part que de ses 
déceptions, et de n av(»ir pas su, s il a dissipé ([uelques-unes 
de vos illusions, faire briller à vos yeux quelque nouvelle 
vision pour les renqjlacer. » 

L'Institut zooh)gique de l'Université à Poznan (Pologne), 
iM. J. DK Lépinky et le capitaine A. Scott, présentés à la dernière 
séance sont élus mendjres. 

Sont présentés : 

M. Paul Althaus, chef de taxidermie à l'Institut chérifien, à 
Rabat (Maroc), par MM. Ihunipt et Petit; 

M. Paul Dksoil, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 
13, place Philippe-le-IJon, à Lille, par M.\L lîrumpt et Neveu- 
Lemaire ; 

M. l^Avi.ovsKV, professeur de zoologie à l'Académie de méde- 
cine militaire, Nijedorvdskaja, 10 a. log^ 2, à Pétrograd, par 
Mme. Phisalix, m\. Pellcgrin et Houle; 



SÉANCE DU 28 MARS 1922 93 

M. Skurat, professeur à la Faculté des sciences d'Alger, par 
MM. Brumpt et Robert. 

Mme. Phisalix donne des nouvelles du professeur Pavlovskt 
et expose ses titres scientifiques. 

Conformément à l'article 14 des statuts, M. L. Vignal, tréso- 
rier, rend compte de sa gestion pendant l'année 1921. 

M. Skcques, rapporteur de la Commission de vérification des 
comptes donne lecture du raj^port suivant : 

« Vous avez bien voulu nous charger, M. Petit et moi, de 
vérifier cette année, conformément aux statuts, les comptes de 
notre trésorier. 

La tâclie nous a été singulièrement facilitée par la clarté et la 
netteté des écritures. La situation du bilan dont le détail vous 
a été donné est encourageante, eu égard à celui des précé- 
dents et se solde par un excédent de recettes de 9.472 fr. 50. 
Comme vous le voyez, la situation est en voie d'amélioration. 
Toutes les pièces relatives à ces comptes nous ont été présen- 
tées et nous avons constaté la régularité des écritures. 

Cette amélioration, vous la devez à une étroite collaboration 
entre votre secrétaire général et votre trésorier, combinant 
leurs eflbrts pour ménager nos finances, les augmenter sans 
pour cela diminuer la valeur de nos publications qui vont deve- 
nir plus régulières. 

Nos deux collègues ont vu cette année leurs efforts secondés 
par de généreux donateurs dont nous croyons devoir rappeler 
les noms : 

M. Matbias à qui nous devons une somme de 1.000 francs 
pour l'impression de nos publications et M. Carié qui a versé 
à notre caisse une somme de 1.250 francs pour permettre l'im- 
pression de travaux importants. Cette somme n'est d'ailleurs 
pas la dixième partie des libéralités de M. Carié à notre égard, 
puisqu'il a fait intégralement les frais du volume supplémen- 
taire de Mémoires de 1920. 

La liste des donateurs eût pu être plus longue, sans une tiési- 
tation au dernier moment, mais nous avons l'espoir de voir 
bientôt disparaître ce malentendu. 

11 est d'usage, au début de chaque année (et c'est une tradi- 
tion respectable à conserver) de passer en revue les deuils et 



% SÊANCK DU 28 MARS ll>-22 

les joies (jui ont niar([né pour notre Société le cours de l'année 
écoulée. M. A». DoLLFUS n'est pas malheureusement le seul 
membre parmi les fondateurs dont nous ayons eu à déplorer la 
jierte. Un autre membre fondateur ci donateur aussi nous a été 
enlevé, dont le nom n"a pas été prononcé : M. Joussevumk. Si 
l'âye et la maladie le tenaient éloigné de nous, il n'oubliait 
jamais la Société qui connut souvent ses libéralités. En mourant, 
il lui a lég-ué des titres dont la valeur d'avant-guerre est estimée 
à 10.000 francs. Nous ne mentionnons (jue les donateurs, dans 
ce rapport financier, et nous leur adressons notre souvenir 
reconnaissant. 

Souhaitons que ces généreux exemples soient suivis et les 
frais de toute nature s'améliorant, peut-être i)ourrons-nous envi- 
sager la possii)ilité de dédommager dans une certaine mesure 
les collègues ([ui ont bien voulu accepter des tâches effacées et 
vraiment abscjrbanles, an détriuient bien souvent de leurs inté- 
rêts personnels. Nous pourrons aussi à ce moment-là songer à 
notre bibliothècjue (jui renferme de précieuses collections de 
périodi(pies. Notre bibliothécaire se dépense pour la mettre en 
valeur mais faute de crédits son dévouement n'est pas récom- 
j3ensé ». 

Le compte-rendu financier est approuvé à l'unanimité. 

l/Assemblér générale ratilic l'acceptation par le Conseil 
(hi legs, fait par M. .Iousseaume. de 20 titres de rente russe 1906. 

M. Ibi.i.iARn, archiviste bi])liolhécaire, présente l'état de la 
bibhothéque. 

.M. Hkumi'i, rapporteur de la Commission du prix de Guerne, 
donne lecture du rapport suivant : 

« Suivant le désir exprimé par le généreux donateur et tra- 
duit sous forme d'un règlement adopté par la Société, le prix 
doit être décerné en 1022 « à un voyageur français qui aura 
contribué à augmenter nos connaissances sur la zoologie, par- 
ticulièrement sur celle des colonies françaises. 

Il devra s'être tenu en rapport avec la Société au cours de 
ses voyages et avoir rapporté des collections zoologiques, des- 
tinées aux Musées ou établissements français ». 

U a paru à votre Conmiission que l'un de vos collègues, 
déjà mendjre de la Société depuis plus de 25 ans, répondait à 



SÉANCE DU 28 MARS 1922 97 

toutes les conditions précédentes et nous proposons M. Neveu- 
Lemaire pour recevoir cette récompense scientifique. 

Vous connaissez les importants voyages effectués par M. Neveu- 
Lemaire en Amérique du Sud, en Afrique occidentale, aux Antil- 
les, voyages qui se sont échelonnés depuis 1903 jusqu'en 1920. 

Membre de la mission scientifique G, de Créqui-Montfort et 
E. Sénécha-L de la Grange en Amérique du Sud, votre collègue 
était chargé des études zoologiques et linmologiques. 

Les résultats de ses recherches ont été publiés dans trois 
volumes intitulés : 

I. — Les lacs des Hauts-Plateaux de l'Amérique du Sud. 

IL — Notes physiologiques et médicales concernant les 
Hauts-Plateaux de l'Amérique du Sud. 

III. — Les Mammifères des Hauts-Plateaux de l'Amérique du 
Sud (en collaboration avec M. G. Grandidier). 

Les espèces ou variétés nouvelles décrites dans ces divers 
ouvrages sont : parmi les Copépodes : Bœckella occidentalis 
Marsh, B. poopoensis Marsh ; parmi les Cladocères : Daphma 
piilex (De Geer) var. titicacensis Birge ; parmi les Amphipodes : 
Hyalella Neveu-Lemairei Chcvreux, H. solida Chevreux, 
H. Mont for li Chevreux, H. robusta Chevreux ; parmi les Vers : 
Lignia simpHcissima Rud. var. titicacensis N.-L., Echinorliyn- 
chiis Orestix N.-L. ; parmi les Molhisques : Ancijlus Creqnii 
Bavay, Paliidestriîia poopoensis Bavay, Pyrgula iVe?'ff?/z Bavay ; 
parmi les Poissons : Orestias Agassizi C. etV. var. Crequii Pel- 
legrin, 0. Agassizi C. et V. var. inornata Pellegrin, 0. Agassizi 
C. et V. var. Senechali Pellegrin, 0. Agassizi C. et Y. var. 
typica Pellegrin, Orestias Neveui Pellegrin ; parmi les Mammi- 
fères : Tolypoides hicinctus n. g. n. sp. Grandidier et N.-L., 
Dasypus bolioiensis Grandidier et N.-L. 

La plupart des collections recueillies ont été remises au 
Muséum national d'histoire naturelle. 

Ce voyage a fait l'objet d'une Conférence à la Société zoolo- 
gique de France en 1905, à l'occasion de sa douzième Assem- 
blée générale: 

En Afrique occidentale française, au cours de deux voyages 
effectués, le premier en 1911 en Guinée, le second en 1914 au 
Sénégal et en Gambie, M. Neveu-Lemaire a recueilli d'abondants 
matériaux, dont l'étude n'est pas terminée. Il a publié de ces 
deux expéditions un récit de voyage, accompagné d'une notice 



08 SKANCK DU -28 M A lis 1922 

sur les Mammifères de l'Afrique occidentale (en collalioration 
avec M. G. (iRAMinniER). Une nouvelle espèce de Bubale, Bitha- 
lis Luzarchei a été décrite dans cet ouvrage. 

Enfin, dans une récente croisière aux Antilles, qui a fait l'objet 
d'une conférence à la Société zo()logi((ue de France, lors de 
notre dernière Assemblée générale, en 11)21, M. Nkvku-Lkmauu: 
a étudié les derniers représentants des Indiens Caraïbes, dont 
quelques survivants bal)itcnt encore la Dominique. 

Ces différents titres nous seml)lent justifier le cboix que la 
Commission à fait de M. Nkvëu-Lkmauik comme lauréat du prix 
de Ciuerne en 1922 ». 

Les conclusi(»iis de ce rapport sont acceptées à l'unanimité. 
M. Neveu-Lemairk est proclamé lauréat du prix de Guerne. 

M. Secques, rapporteur du })i'ix Seccjues, donne lecture du 
raj)port suivant : 

« Le prix 1^'r. Seccpies a été fondé en 1901, pour récompen- 
ser un fonctionnaire colonial civil ou militaire qui aura envoyé 
au Muséum d'histoire naturelle des collections zoolog-iqucs ou 
un institutcui" (|iii a ma publié dans nos recueils des ti'avaux sui' 
la faune franraise. 

Le premier lauréat a été le liiaitmiant de vaisseau Hlaisk (jui 
pi-ofitant de son séjour aux colonies a fait parvenir au Muséum 
d'iuqxjrtantes collections de malacologie et d'entomologie. 
Depuis cette époque })lusieurs lauréats ont vu reconnaître leurs 
libéralités, mais les envois ont toujours porté sur des Inverté- 
brés ou en général sur (b's animaux morts, matériaux peu 
encombrants, faciles à transporter. 

Il n'en est pas de même de certains envois ({ui ont été signalés 
à notre Société par M. le directeur du Muséum, en vue de l'attri- 
bution du prix. 

Le lieutenant Louis Cuuahd, dont la Commission a retenu le 
nom, commandant la subdivision d'Ausongo (Soudan français) 
est un des grands pourvoyeurs de la ménagerie du Jardin des 
plantes. Son premier envoi date de 1!>02 (je ne suis pas sûr 
qu'il n'y en ait pas de plus ancien) et depuis il n'a cessé de 
les répéter. Le total des Mammifères ou Oiseaux vivants qu'il a 
fait parvenir à la ménagerie dépasse 40. Dans la liste de ces 
envois on trouve : des Genettes, Gazelles, Guépards, Civettes 
et même des Lions et des Girafes. 



SÉANCE nu 28 MARS 1922 99 

Capturer des aniniaiix de cette taille dans un pays qui en est 
peut-être abondamment pourvu doit être chose aisée, je ne 
saurais toutefois l'affirmer, l.es acheminer sur Paris, après un 
voyage long- et péniljle à travers l'Afrique d'abord, sur mer et 
en chemin de fer ensuite, constitue une tâche et présente des 
difficultés dont seuls peuvent se rendre compte ceux qui se 
sont livrés à ce genre de chasse. Ces envois sont cependant 
parvenus à destination en parfait état et dans les meilleures con- 
ditions économiques pour le Muséum. Aussi le choix de la 
Commission s'est il porté sur le lieutenant Louis Girard à qui 
elle vous propose de décerner le prix Fr. Secques ». 

Les conclusions de ce rapport sont unanimement approuvées 
et M. Louis Girard est proclamé lauréat du prix Secques. 

M. Mawas, fait une communication sur la rate des Myxinoïdes. 

Le 29 mars, à 9 h. 1 /2 a lieu, au laboratoire de zoologie de 
la Sorbonne, mis à la disposition de la Société par M. Pérez, 
une séance de démonstration pratique. 

M. DE LA Vaulx montre les résultats de son nouveau procédé 
de coloration de la chitine sur des antennules de Daphnies 
gynandromorphes. 

« M. Jean Turchim présente des préparations de g-lande du noir 
de Sppiaofficinniis L. relatives à une communication du 4 mars 
1922 à la Société de biologie. x\près fixation des pièces au 
liquide de Bouin et coloration des coupes par l'hémalun, le 
jaune métanile et le muci-carmin (mucus en rouge) oul'éosine, 
l'hématoxyline au fer et le vert lumière (mucus en vert), 
l'auteur montre que les cellules à mélanine de la glande du 
noir sont de nature muqueuse. Pour cette raison elles acquièrent, 
contrairement à l'immense majorité des mélanoblastes connus, 
le curieux pouvoir d'excréter le pigment qu'elles forment. 
L'excrétion de la mélanine se fait à la faveur de celle du mucus, 
cette substance servant en quelque sorte de véhicule d'excrétion 
aux grains de pigment ». 

M. J. Verne présente des coupes de rein de Lophobranches. 

M. M. Prenant montre l'action de la benzidine sur les péroxy- 
dases. 

M. Wintrebert présente des préparations du stade gastru- 
laire de Scy/liiim canicida. 



100 SÉANCE DU 28 MARS 1922 

M. C. Pérez fait une démonstration sur la sporniatogénèse de 
UfimbdcUa. 
M. Mawas montre des coupes de rate de Myxinoïdes. 

Le mercredi 20 mars, à 8 lieurcs du soir, a lieu un dîner au 
bull'et de la j^are de Lyon. Y assistent : .\[. Hkliaud, Mme. et 
M. BiLLiARD. Mme. et M. Hhumi'T, .MM. Dehrei'il, Dyé, Fal'riîi-Fre- 
MiET, IIennkguy, IIérouard, Joleaud, Juyeux, Larrodsse, Mme. et 
M. Mawas. .Mme. et M. Mu.i.ot. MM. i\evei;-Lemaire, I^ellegrin, 
Léon Periueii, Petit. Mme. Pmisalix, MM. Pozersky, Kobert, Tur- 
ciiiM. Verne et Vignal. 

MM. Henneguy, Brumi't, Dedukuil et Petit prennent tour à 
tour la parole. Le secrétaire général présente les excuses de 
MM. HuGMON, Carié, (jiampy. Dai'tze.nberg. Delamarre de Mon- 
CHAux, Jri.iN, MAG>iE, Neiman.n, Parat. A. et E. Perro.ncito. Pic et 
Raspml. 11 remercie >LM. Hmumi'T et Petit d'avoir oU'ert du vin 
de (lliiimpagne. 

Le jeudi. W) mars, à îl liruics du soir, à l'ampliitliéAtre Des- 
cartes, à la Sorl)oiiue, après une allocution de M. Henneguy, 
président d'honneur, M. Joleaud, juaitre de conférences à la 
Sorhoiine, fait une conférence accompagnée de nond^reuses 
projections sur « les Reptiles fossiles ». M. Hrlmpt, présid<;nt, 
clôt la séance par (juelipics mots de remerciements. 



COLÉOPTÈRES HÉTÉROIVIÈRES EXOTIQUES NOUVEAUX 



PAR 



M P!C 



Leichrodes tonkineus n. sp. SithoDatu^, nitidm, leslacnifi, 
aniennis apicc, thorace in (li^rft postire sc\ilciloque piceis aiif 
hnninescenfifjus. 

Subovalaire, brillant, testacé, extrémité <les antennes, milieu 
basai du prothorax et écusson dun noir de poix ou brunâtre. 
Prothorax court, très rétréci en avant, à angles luanpiés ; 
élytres subovalaires, rétrécis et sinués à l'extrémité, à peine 
plus larges que le prothorax à la base, étroitement rebordés, 



SÉANCE DU 28 MARS 1 9*2-2 101 

à rangées de points fins peu distinctes ; pattes courtes, tibias 
postérieurs arqués. Long. 3 millimètres. Tonkin : Lac Tiio (coll. 
Pic). 

Voisin de L. ohscuricornis Frm., mais la coloration du des- 
sus du corps n'est pas uniforme et les tibias postérieurs sont 
nettement arqués. 

Leîchrodes diversenotatus n. sp. Rotondato-ovalus, nitidiis, 
ru fus, thorace postice et antennis apice wgru, eli/tris; teslaceis, 
diverse nigro notatis. 

Ovale-arrondi, brillant, roux avec l'extrémité des antennes et 
le milieu postérieur du protborax noirs, les élytres testacés 
ornés des dessins noirs suivants : bordure suturale et externe 
ondulées avec des parties élargies en l'orme de macules, une 
macule discale antérieure et trois macules discales postérieures 
disposées en triangle. Protborax court, fortement écbancré en 
avant ; élytres courts, pas plus larges que le prothorax à la 
base, étroitement rebordés, courtement rétrécis au sommet, à 
ponctuation distincte, en partie disposée en rangées ; pattes 
courtes. Long. 4 millimètres. Tonkin: Lac Tbo (coll. Pic). 

Voisin de L. luleonotatus Pic, mais protborax encore plus 
court et coloration très différente. 

Leîchrodes undulatus n. sp. Suhovafus, 7ii(idus, (esfaceus, 
anlennis apice thoraceque in disco late nigris, eltjtris, nigro un- 
dulato-faxciatis . 

Subovalaire, brillant, testacé avec l'extrémité des élytres et 
le milieu du prothorax largement noirs, élytres ornés des des- 
sins noirs suivants en partie ondulés : une bordure suturale à 
contours irréguliers, trois fascies transversales ondulées en par- 
tie jointes entre elles et à la suture, une macule discale basale. 
Prothorax court, modérément écbancré en avant ; élytres assez 
courts, pas plus larges que le protborax, peu rétrécis à l'extré- 
mité, étroitement rebordés, à ponctuation distincte, en partie 
disposée en rangées; pattes courtes. Long. 5 millimètres. Chine : 
Yunnan (coll. Pic). 

Voisin du précédent, moins ovalaire, prothorax moins court 
et dessins dilférents aux élytres. 

Curtopeltoides subconvexus n. sp. Suhova/Ais, parum con- 
vexus, nitidus^ rufescens, ca/nte postice et thorace in disco plus 
minusve piceis, e/f/tris piceis, lateraliter ad hasin et apicem 
nifo notatis. 



102 SÉANCE DU 28 JIARS \\)'22 

Sul)Ovalaire, peu convexe, brillant, i-onx avec la partie pos- 
térieure et le milieu du prothorax plus ou moins obscurcis, 
élytres ntirs de poix avec une l)ordure latérale, une macule 
basale et une autre apicale lonj^ue rousses. Antennes courtes, 
très épaisses dès le milieu ; tète et prothorax à ponctuation 
moyenne, un peu rapprochée, ce dernier peu rebordé, de la 
largeur des élytres ; élytres courts, larijement explanés, faible- 
ment striés-ponctués, les points étant assez grands, intervalles 
larges, finement ponctués. Kong. 4-5 millimètres. Tonkin : 
Lac Tho et Hoo Binh (coll. Pic). 

Voisin de C. nifonotatus Pic, élytres moins convexes et un 
peu plus explanés à la base, à rangées de points plus forts. 

Strongylium binhense n. sp. Sa/is e/o/i(/nf//s, nilidus, f/riseo 
jjuhescons, /i/f/ro-o/icacens, eli/tris suhstria/is, pro parte foveato 
piinctatis. 

Assez allongé, brillant, orné de poils gris en partie soulevés 
et longs, noir à reflets olivAtres. Antennes grêles ; tête courte, 
fortement ponctuée, yeux un peu rapprochés ; prothorax peu 
plus large que long, plus étroit ([ue les élytres, rebordé, sil- 
lonné au milieu, foi'tement et en |)artie densément ponctué; 
élytres assez longs, subparallèles, atténués à l'extrémité, ayant 
des traces de stries plus nettes postérieurement et des rangées 
de grosses fovéoles ou de points varial)les, s'eftacant en arrière, 
intervalles plans, à ponctuation fine et espacée ; tibias anté- 
rieurs un i)eu arqués, les autres droits. Long. Lo millimètres. 
Tonkin : Iloo Hinh (coll. Pic). 

Très distinct de S . ih'ihctanum Pic, dont il rapjxdle la colo- 
ration, par le prothorax plus large et sillonné, les élytres plus 
fortement et plus régidièrement ponctués. 

Mycetocharina subcruclata n. sp. Anf/?fs/al/i.s\ si/fjpm'ai/e/ns, 
m fus, iiif'inhris pdllidunihus, ('li//ri'< /rs/acfis, ?rif/ro sif/nalis. 

Etroit, subpai'allèle, modérément })ubescent, l'oux avec les 
mendjres plus clairs, les élyti'es testacés ornés des dessins noirs 
suivants: une fascie transversale médiane jointe à une bande 
suturale antérieure, une macule ante-apicale.Tète large et courte ; 
prothorax subcarré, densément ponctué, peu plus étroit que 
les élytres ; élytres longs, atténués postérieurement, strié-ponc- 
tués ; pattes courtes, cuisses plus )u moins robustes. Long. 10- 
II millimètres. Tonkin : Hoo Hiidi (coll. Pic}. 

Espèce très distincte par sa forme très étroite, jointe à sa 



SÉA.i\'CE DU 28 M. VHS 1922 103 

coloratibn, pouvant prcndie place près de Al. oï'if^ntalis Faust. 

Borboresthes faînanensis n. sp. Ob long o-ova tus, iiitidus^ 
panun piihescrns, niger, nienibris teslaceh. 

Oblong-ovalaire, brillant, peu puhescent, noir avec les 
membres testacés. Prothorax presque en demi-cercle, très den- 
sément ponctué ; élytrcs pas très longs, atténués postérieure- 
ment, fortement striés, intervalles convexes, ponctués. Long. 
7 millimètres. Formose : Fainan (coll. Pic). 

Très voisin de />. fuligln.osKs Vviw. mais plus foncé et moins 
pubescerit. 



SUR LA RECHERCHE DE GITES D'ANOPHELES 
DANS LES COTES-DU-NORD 



PAK 



L. DYE 



Cette note a pour but de' faire connaître les résultats obtenus 
dans le sous-district antipaludique des Gôtes-du-Nord au point 
de vue de la présence de gites à' Anop/ieles et dapj^orter ainsi 
une contribution à la carte anophélienne de notre pays, but 
essentiel de la Commission du paludisme, organisée durant la 
guerre par le Ministère de la guerre. 

Le sous-district des Côtes-du-Nord, dont nous avions été chargé, 
en plus de nos fonctions déjà très al)Sorbantes du Laboratoire 
militaij'e des Côtes-du-Nord, dépendait du district Ouest (IX**, X" 
et XF régions) dont le chef était M. Brumpt, adjoint tecbnique de 
la X^ région, à qui nous avons remis les fiches de sondage : les 
sondages ont été cii'ectués dans ce sous-district par i\L Gau- 
THiiiiR, adjoint du service antipaludicpie et par M. Felrgard du 
laboratoire militaire de Saint-Brieuc, récolteur de Mousti(|ues, 
sous notre contrôle. 

Nous donnerons seulement ici la liste des sondages positifs 
pour Anophèles (larves et nymphes) avec l'époque du sondage 
et l'indication sommaire de la localité ainsi que la détermina- 
tion de l'espèce chaque fois qu'elle a été efi'ectuée. 



104 SÉANCE DU 28 MARS Jl)22 

SoNDACiK 

8. — Juillet 1917. — l*aim})ol. Parc Sazai;<in, étanj;'. 

y. — Juillet 11)17. — l*aiui[»<>l. (Jioniiu de Kcr Azic, ruis- 
seau. 

10. — Juillet 1917. — Painipol. Louvij^uouc, vieux ciuietièrc, 
ruisseau. 

17. — Juillet 1017. — Cioaz lùoiuent Louizec, marc. 

18-19. — Juillet 1917. — IMouezec, vallée du Goaz Froment, 
mare (.4. ô/'furcafus et maculipcnnis). 

20. — Juillet 1917. — l'iouezec, vallée Pouel, source (^1. 
bifurcatus et niacnUpennis). 

21. — Juillet 1917. — Plouezec, vallée de Buiron, mare abreu- 
voir (^. hifiircalus et maculipcnnis). 

22. — Juillet 1917. — Laiulouj), vallée de Hréhcc, lavoir 
[A. bifurcatus ei maculipennis). 

23. — Juillet 1917. — Landouj), vallée de Bréliec, mare [A. 
bifurcatus). 

25. — Juillet !!)17. — Saiiit-Quay, ruisseau [A. bifurcatus ei 
maculipcnnis). 

2()-28. — Juillet 1917. — Saint-Ouay, Kertugal, 3 mares (/l. 
maculipcnnis). 

29-30. — Juillet 1917. — Saint-Quay, Ville- Mario, marais 
(.4. bifurcatus e\ maculipennis). 

31-32. — Juillet 1917. — Saint-tjuay, vallée Gacou. 2 mares 
[A. bifurcatus et maculipennis). 

34. — Juillet 1917. — Saint-Quay, près (lacon, source [A. 
bifurcatus). 

3o. — Juillet 1917. — Saint-Ouay, près Gacon, mare-lavoir 
{A. bifurcatus). 

30-38. — Juillet 1917. — Kérity, vallée de BeauiJort, 2 étangs 
(.4. bifurcatus et maculipcnnis). 

D'une lettre de M. Gauthikr, adjoint du service antipaludique, 
de septembre 1917, il résulte que des sondages positifs pour 
larves et nympbes à' Anophèles ont été (détenus dans les loca- 
lités suivantes pour lesquelles les .fiches de sondages ne nous 
g(mt point parvenues : | 

Plouha (juillet 1917); Etables; vallée de Ponto-Portrieux ; 
vallée de Palud-Plouha; vallée de l'Ic-Binic : vallée de Pordic- 
Binic; vallée du Guindy-Tréguier (août 1917); Ik)pital Palu- 



SÉANCK DU 28 MARS 1922 i05 

Guinganip ; Faubourg Rostang-Guinganip ; Lanuiou ; Hégard, 
Perros-Guirec-Trestraou (septembre 1917). 

Sondagh: 

101. — 26 août 1917. — La Touche en l'ianguenoual, mare. 

102. — 26 août 1917. — Sainte-Barbe, mare. 

104-106. — 26 août 1917. — Village de rHôpital, mares, 
(élevage : A. macuiipemns). 

107-108. — 26 août J917. — Planguenoual, mares (élevage : 
A. bifurcaius et maculipennis). 

109. — 2 septembre 1917. -^ Villa Hervé en Planguenoual, 
mare desséchée le 22 septembre. 

111. — 2 septembre 1917. — Porthudet en Planguenoual, 
mare, ancienne carrière. 

112-lli. — 2 et 30 septembre 1917. - Villa Jafïay, mares, 
anciennes carrières. 

115. — 6 septembre 1917. — Keranzern près Ploul^eyre, 
source lavoir. 

121. — 9 septembre 1917. — Villa Jaftay, mare (élevage : A. 
maculipennis). 

122. — 9 septembre 1917. — Garivan en Morieux, mare des- 
séchée fin septembre. 

123. — 9 septembre Î9î7. — Villa Hervé, mare desséchée 
fin septembre. 

124. — 9 septembre 1917. — Planguenoual, mare du Pres- 
bytère (A. maculipennis). 

127. — 10 septembre 1917. — Plérin en Saint-Brieuc, mare 
route du sémaphore. 

134. — 15 septembre 1917. — Planguenoual, au Presbytère, 
2 lavoirs. 

137. — 22 septembre 1917. — Yffmiac, route de Brest à 
Paris, mare. 

139. — 23 septembre 1917. — Saint-Réné, route d'Erquy, 
mares. 

140. — 23 septembre 1917. — Planguenoual, carrière (éle- 
vage A. maculipennis). 

141. — 22 septembre 1917, — Pont des Gués, mare (éle- 
vage A. hifurcatus). 

142. — 22 septembre 1917. — La llazaïe, mare. 



lOG SÉANCK DU '2S MAKS lî)22 

14;î-li7. — 23 se|)teiiilji'(' 1917. — La Croix Voie, o inares 
(élevage .4. mac ulipe nuis). 

I iS. — 30 septembre 1917. — Lavoir Saint-Laurent, fontaine 
et lavoir. 

149. — 30 septembre 1917. — l'ianyiienoual, mare dans 
ancienne eariière. 

150. — 2i octobre 1917. — Le Sépulcbre, mare [À. mticuli- 
j)(')\nis). 

l.'il. -— 24 octobre 1917. — La Combe, vallée du (îouet, bas- 
sin cimenté (,1. inavnlipfnnis). 

155. — 10 février 1918. — l'^onlaine Saint-Laurent, l'oute de 
Saint-Kéné à PlanyuenouaL 

156. — 12 février 191 S. — (Juintin, mare partiellement r<>cou- 
verte de glace (.1. hi/iircaliis). 

I57-15JS. — 12 février 1918. — Sainte-Anne (hi lloulin, 
lavoirs [A. bifurcalus). 

159. — 17 février 1918. — l*languenoual, ruisseau route de 
IManguenoual à Land)alle. 

l()0-l()l. — 17 et 19 février 1918. — Ville .laU'ray, 2 mares. 

De cette énuniération il ressort la présence à' Anophèles {hi fur- 
cal ta et maciilipcnnis) dans toute la partie nord des trois arron- 
dissements de Saint-Hrieuc. (luingamp et Lannion . soit 75 son- 
dages positifs sur 113. 

Au point de vue biologie jUf on peut noter la rencontre des 
larves et nympbes (V Anophelrs dans toutes les collections d'eau : 
mnrais (sondages 29 et 30), étangs (sondages 36 à 38), mais le 
plus souvent dans de petites mares dont (|uelques-unes étaient 
trouvées dessécbées lors d'un sec(nid sondage (sondages 109, 
122, 123'i. Signalons aussi la présence de grandes larves iVAno- 
phclrs dès février (sondages 155 à 161) et même dans une 
mare partiellement recouverte de glace (sondage loti). 

Nous nous proposions, durant la campagne dété de 1918, de 
faire porter nos recherches sur la partie sud de ces trois arron- 
dissements et notamment sur la lisière des confins du Morbihan 
et des Côtes-du-Nord, région très intéressante au point de vue 
du paludisme et dans la(|uellc ont été signalés des cas de palu- 
disme autochtone (M.\lluizi!;l), mais les nécessités du service du 
Laboratoire militaire de Saint-Brieuc, ne nous ont pas permis 
de mettre ce projet à exécution. 



Séance du H avril 19^2 

PRÉSIDENCE DE M. L. PETIT, MEMBRE DU CONSEIL. 

M. Urumpt, Mme. Phisalix et M. Vandel s'excusent de leur 
absence. 

'< The tJnivefsily <»!' Illinois library » demande r«'>change de 
ses publications avec celles de la Société [Renvoyé an Conseil). 

Le Comité du Congrès national des pêches maritimes, 
.28, rue Serpente, à Paris, demande à la Société de se faire 
représenter au l'' Congrès qui se tiendra à Marseille au mois 
d'octobre prochain. 

La question soulevée par une lettre de M. L. Fage datée du 
7 avril 1922 est renvoyée au Conseil. 

MM. Althaus, Desoil, Pawlowsky et Selrat, présentés à la 
dernière séance, sont élus membres. 

Sont présentés : 

M. Abelardo Bartolomé del Gerro, professeur d'histoire natu- 
relle à l'Université, à Valladolid, par MM. Bolivar et Vignal ; 

M. Pierre Isnard, avocat, 1, rue de l'Hôtel des postes, à Nice 
(Alpes-Maritimes) par MM. Caziot et Petit ; 

M. Théodore Monod, préparateur au Muséum, 75, rue du 
Cardinal-Lemoine, par MM. R. Dollfus et Robert ; 

M. Victor Vogelweid, préparateur de biologie générale, à 
l'Institut zoologique de l'Université, à Strasbourg (Bas-Rhin), 
par MM. Chatton et Topsent. 

M. le comte Delamarre de Monchaux fait nne communication 
sur une Rumina decollata anormale. 

M. H. DoLFL's demande à ses collègues de lui procurer 
vivants des Bidlinus contortAis Michand, animaux signalés en 
Corse et au Roussillon. 

Ouvrages offerts : 

Recueil officiel des standards de races françaises d'Oiseaux et d'ani- 
maux de basse-cour établis par les Clubs et Sociétés et homolof/iiés par le 
Conseil de la fédération nationale des Sociétés iVarirultiire de France 
(fascicule 1). 

8 



108 SliANCK 1)1 11 AVUIL 1922 

M\N (J.-G. de). — Lijstvan gediirende de Jaalste vijf jaron in de provin- 
cien Zui(i-Ilolland, Nord-Brabanl en Zccland waargenoinen lerricolc Nema- 
tod(!n (Vers/ag Verqad. Xederl. Diorkund. Vereen., 2-i sept. 1921, 
p. d66-17G). 

— Neue IVeilebcnde Ncmaloden aus i\vv'/.\\\àcv%Qe(Tijdschr. Ned. Dierk. 
Vereen. (2). XVIll, 1922, p. 12-i-l3i). 

Onsi.ow (11.). — Tlie inlioiilancc of wing-ooloiir in Lcpidoptcra. — VI. 
Diaphora mandica Cl. and var. l'iis/ica ilb. (^ (J. f/enetics XI, 1921, 
p. 277-292. pi. x.wii). 

— \'ll. Melanisin in Hemerupliila ahruptaria (var. fuscata Tull) [Ibid. 
XI, p. 293-298, pi. .x.wiii). 



SUR LA FAUNE FRANÇAISE DES APTERYGOTES 



PAR 



J. R. DENIS 

II. Colleiiiholes «lo l'île d ^Cu. — Ainaidd /riocitlala ii. sp. 
et Moniezina (ii. g.) lilluralis (Moniez). 

Grâce à une subvention de la (^aissc des recliorches scienti- 
liques, M. le professeur P. de Be.vuciiamp a pu me faire partici- 
per au voyage qu'il fit, l'an dernier, en aoùt-sej)t<Mnbro, à File 
d'Yeu. J'ai pu récolter là un ceitain nombre d'Apteryu-oles et 
je donne, dans ce qui suit, la liste des ColbMuboles déterminés 
par moi, la diagnose d'une espèce nouvelle et ((tiolques consi- 
dérations toucbant Fancienne : hoioma liltoralu Moniez. Pour 
al)réger, je ne reproduirai pas les noms des familles, sous- 
familles et tribus actuellement en usaue. Je m'en excuse et 
je renvoie ceux qui seraient curieux (b' les eonnaitrc au grand 
travail sur les Apterygotes de l^'inlande par Li.NiNamemi (1912), 
travail le plus commode à coiisultei- et (]ui adopte, somme 
tonte, une classilication peu dillérente de celle que suivent, 
d'après IJorner (1913), les auteurs plus récents. 

La majeure partie de la surface de l'île d'Yeu a tout à fait 
l'aspect d'une lande bretonne et les petits animaux, (pii s'abri- 
tent la journée sous les jsierres, ne semblent pas aimer ses tcr- 
lains secs et trop sableux. Je n'y signalerai que qu«d(pies Enlu- 
niohn/a. Les terres ricbes en bunuis sont plutôt rares car 
riiabitaul. marin, ne cultive guère et fait son IVii des jeunes 



SKANCE nu 11 AVRIL 1022 109 

nj']jiislos. l'oni'faiil il i'<'!sppcfa le l)ois de Pins <lo ]n Cilndollo, 
(311 \o irou\ai une l'aune à Colleiiiboles salisl'aisaiile avec une 
jolie variété claire de la Dictjrlomina minuta (0. Fabr.) qui 
ressemble assez à la var. flavosignata (ïullbg.) et VEntomoliri/u 
albocincla Tenipl. Dans les fossés à sec et les jardins les formes 
de rinimus sont relativement nombreuses : Sminthurinus 
niger (Lubb.), aiireus (Lubb.), zebrimis (Krausb.) ; Arnirlda 
granaria (Nie.) et le très curieux Proctostcphanus stuckeni C. U. 
Tout au ])ord de la mer, le saisie de la dune et celui de la 
plage ne montrent pas de Collemboles et ce n'est qu'aux 
pieds de quelques haies de Tamarix, qu'en chassant dans les 
Mousses, on peut trouver, parmi des Diplopodes et des Clo- 
portes, quelques l)analités : Isotoma viridis Bourl. [formes fon- 
cées) ; Entomobrya nivalis (L.) ; Orcliesella villosa Geolf. ; 
Cijphoderus albinos Nie; Onychinriis annatiis (Tullbg.) et 
Xcnylla ynaritima Tullbg. qui, en dépit de son nom, se trouve 
tout aussi bien dans les jardins et le bois de la citadelle que 
dans ces Mousses à peine mouillées, de temps à autre, par les 
end)runs. 

Dans sa région tout à fait supérieure, à peine léchée par les 
plus fortes lames de la plehie mer, la zone des marées nous 
montre quelques formes, évidemment venues des terres et qui 
viennent là, sans doute, en quête d'épaves boimes à manger. 
Tels sont les : Entomobrya nivalis (L.) et lanuginosa var. mari- 
tima (Reut ). Un peu plus bas, dans les flaques de rochers 
bordées de Pelvetia et des premiers Fucus platycarpus, on 
trouve encore des Collemboles franchement terrestres et noyés 
là, par accident : Ony chi urus armatiis {Tullhg.) ; Folsomia fime- 
taria (L.). C'est avec les Fucus platycarpus et vesiculosus qu'ap- 
paraissent les véritables Collemboles marins. Je n'ai rencontré 
VAnuridella marina Willem que sur la côte de l'île qui regarde 
le continent et, quant à VAniirida triocutata n. sp., comnmn 
sur cette côte est, je ne l'ai trouvé, sur l'autre côte, qu'en quel- 
ques points bien abrités (port de la Meule) ou dans les grottes. 
VAnurida maritima (Guer.) ne paraît exister que sur la côte 
rocheuse (un seul exemplaire à l'anse des Broches) où il est 
fort répandu. Sa station habituelle est, comme on sait, assez 
curieuse. Sur les flaques de rochers, souvent plus haut que les 
Verrucaria même, plusieurs individus s'assemblent en petites 
colonies qui ne sont certainement pas accidentelles. On a beau- 



Mo SÉANCE 1>U 11 AVRIL 11)22 

coup écrit à ce sujet fort bien traité dans Laboulbkne et sur 
lequel je n'ai rien de nouveau à dire. Tandis que les Anurida 
et Anaridella ne semblent pas descendre dans la zone des 
Fucus se/ratus, Ylsotoma littoralis Moniez s'y trouve en abon- 
dance et paraît se plaire là, bien mieux que plus haut. Son 
auteur a fort bien décrit les mœurs de cette espèce agile et je 
reii\()io, [)()ur complément d'informations, à son travail sur les 
Thysanoures des cotes ihi Houbtuiiais. l'inlin, plus Ijas encore 
— loul au moins sur la côte (|tii fait face au continent — pres- 
que au niveau des Laminaires, on voit sauter le très agile Acta- 
Ivh's nephini (liard (jui est ainsi le CoUembole ([ui va le plus 
avant dans la zone des marées. Je ne prétends pas qu il vive 
exclusivement dans la région inférieure des F. serraliis — 
Mo^u:z a bien montré qu'il existait j)his baut — mais, à l'île 
d'Yen, je ne l'ai trouvé <jue là. Sur la côte rocbeuse, où les 
conditions de vie s<jnt assez ditférentes de celles de l'autre côte, 
je |)ense ipie noti'e Acldh'trs ne î'omonte guère ])lus haut (|ue 
la l)ase <b's maigres rcsinilosiis. 



/'fjdtn'a at/tiotira (I..). Sur quebjues mares, dans l'intérieur de 
l'île 

lli/pogdstmra aniiata (\ic. ). .birdins et Champignons (bi bois 
de la citadelle. 

//. r'mtica[\\\\Wvji.). Jardins. 

\eni/lln niaritima (Tulli)g.). Jardins, Champignons, Mousses 
recevant, peut-être, les emi)runs. 

Anurida (jranaria (Nie). Forme (b> Ihunuis : fossés dessé- 
chés et jardins. 

Anurida Irioculala n. sp. C'est la forme iVA?iuri(/a la j)lus 
connnune à l'île d'Yen. On la trouve circulant sur les rochers 
recouverts de Fucw^ /j/rt/t/carpus et ne.sicu/o.^us et elle ne 
])arait pas descendre plus bas <|ue ces derniers. Je l'ai reu- 
conti'i'e tout b> long de la côte continentale, mais, sur l'océani- 
que, je ne la connais ((u'au port de la Meule, à l'anse des 
Sables et dans une jietite grotte à droit(> de la Meule. Rlle n'a 
[)as coutume (h' \<Miir former à la snrface (b's petites flac|ues 
d'eau, ces très curieux amas d'individus ([ue fait l'.l. m/iri/imu 
et ne seinl)le guère (juitter ses rochers garnis d'Algues. 



SÉAiNCE DU 11 AVRIL 1922 111 

Anurida maritina (Guer.). Un seul exemplaire sur la cote E. 
de l'île. Très abondant sur l'autre côte (cf. sup.). Ne se mélange 
pas avec \A. trlocidala n. sp. 

Anuridella mariliiiia Willem. Assez localisée sur la côte 
orientale, même station que \A. trioculala; confondue, à tort, 
par LiNNAMEMi avec Aiuirida granaria (Nie). 

Achorutes niuscomm Templ. Bois de Pins de la citadelle. 

Onychiurus armatus (Tullbg-.). Jardins, bois de Pins, Mousses 
recevant le embruns. Un exemplaire trouvé sur une flaque de 
rocher, soumis à l'examen rb^ M. le D"" E. IIandschiin, a été 
déterminé par lui comme arntatus. Il s'agit d'une ferme Jeune 
sur laquelle on peut observer la division longitudinale des 
bosses du postantennaire. 

Kalaphornra hurmeisteri (Lubb.) := Lipura luhercnlata 
Moniez. Jardins, fossés à sec. 

Proctostephamis stuckeni G. B. Gette espèce, décrite par 
Borner du sud de l'Italie et de la Sicile, paraît bien être une 
forme francbement méditerranéenne. Je l'ai, en eli'et, retrouvée 
aux environs de Montpellier. A l'île d'Yen, une seule station : 
jardin à Port-Joinville. 

Folsomia fimetaria (L.). Un exemplaire noyé dans une flaque 
de rocher bordée de Pelvetia. 

Isotoma viridis Bourlet. Les exenqjlaires se rapportent à la 
forme foncée de forma principalis. Jardins, fossés, J)ois de 
Pins, Mousses mouillées par les embruns. 

VertagopUK cinerca (Nie). Jardin : 1 exempl. 

Isolomums pa/ustris (Miill.). Sur un ruisselet d'eau douce : 

I exempl. 

Isotoma (Monlezinaj lUloralis Moniez. 

A l'île d'Yeu, c'est l'un des Trachéates les plus caractéristi- 
ques des zones à Fucus serratus et vesicu/osus où on le trouve 
en compagnie de petits Acariens et de YOEpophilus bonnairei. 

II parait d'ailleurs préférer les serratus aux vesicu/osus et je 
ne l'ai pas trouvé au-dessous de ceux-là. Plus agile que les 
Anurida, V Isotoma littoralis est bien plus répandue. Sans dout<! 
craint- elle la grande agitation des eaux de la côte rocheuse 
car je ne l'y ai trouvée qu'à l'anse des Sables. Sur l'autre côte, 
elle est commune partout. 

Actaletes neptuni Giard. Pointe à la (À)nche : 2 exemplaires 
capturés parmi de très nombreux que je n'ai pu saisir, tout au 



112 SÉANCK DU 11 AVRIL 1022 

bas de la zone à Fucus serrât us, sur les bords d une cuvette à 
Cystoseira; anses des Sables et des Soux, sans doute plus bas 
que les Fucus. 

To7nocerus vulgaris (Tuilbi;.). Jardins. 

EfUoniohrya lanug'niosa (,Mc.) et var. inaritima (Ueut.). 
Partout. 

E. nicolelli (Lubb.). Partout. 

E. nivaiis (L.). Paitout. Deux exemplaires aux pieds de la 
falaise, sur la cùtc rociieuse, sous des débris do planches 
rejotés par la mer. 

? £". disjuncta ÇSic). Un seul exemplaire, malheureusement 
perdu, trouvé sous une pierre du sol sableux. 

E. nlhoc'nicta Tenipl. exclusivement dans le bois de la cita- 
delle. Cette espèce m'a aussi été envoyée des environs d'Alen- 
çon (M. P». Pa.mi leii.). Je ne la connais pas en Cùte-d'Or. 

S ira donicsiica Nie. Jardin et maison. 

Leiiidoci/rtus lunuginosus ((Imel.) et curcicoUis lloiirl. Jar- 
dins et bois de Pins. 

Heleromurus major (Moniez). Jardins. 

Orchesella cillosa ((ieoil'.). Dans un l'ossc à sec el sous des 
Mousses recevant des embruns. 

(). cincta (L.). Jardins. 

Ci/pluxlerus albinos Nie. h'ossés, jardins en compagnie des 
l'^ourmis. 

Sminthurinus aurcus (Lubb.). Jardin : un seul exemplaire 
dune variété très somlu'e cpii me paraît tenir le milieu entre 
les variétés ornata Krausb. et maculata Krausb. 

.V. niiier (Lubb.). Jardin : nombreux exemplaires. 

Bourleticlla /jruinosa (TuUbg-.). Mousses recevant peut-être 
les embruns. 

B. (?) zebrina (Krausb.). Je ne veux pas préciser l'attribu- 
tion de cette espèce de Krausbauer au genre Bourleticlla, Puni- 
que exemplaire que j'en possède ne me permettant pas de 
trancher la question. Dans un jardin, 1 exempt. 

Dicyrtomina miiiula var. flavosignata (ïuUbg.) (?). Bois de 
la citadoUe. 



SÉANCE Ur I 1 AVltlL 11122 



llli 



Anurida trioculata n. sp. 



Sa forme est plus trapue et sa taille est plus faible que celles 
(VA/iirrida marilima (2 iniu. au maximum) le grain do la 
peau est très nettement plus grossier que dans cette dernière 
espèce. L'organe postantennaire est fait d'une quinzaine de 
tu])ercules, fort saillants, disposés en rosette ; il y a, de clui([u<^ 
côté, trois omniatidies ; mais tous les autres caractères sont 
ceux de V Anurida marilima. 

Cette espèce diffère de Y Anurida tullbergii Schott par le 
grain de la peau qui est fin dans cette dernière, par la forme 
générale de l'organe postantennaire et par le nom])re des 
omniatidies. 11 est possible que notre 
espèce ne soit q\i Anurida crassicor- 
nis Reuter, mais comme personne 
ne sait au juste ce qu'est 1'^. crus- 
sicornis, je me permets de le négli- 
ger. En ce qui concerne A . maritima 
(Guer.) on peut, en se fondant sur 
les observations de Laboulbène ( 1864) , 
m'objecter que cet auteur a décrit 
des variations dans la conformation 
du postantennal do son Anurida. 
Selon Laboulbène les jeunes Anurida 
7naritima auraient à cet organe 22 à 
24 bosses. Je ne puis y contredire, 
mais je me permets de remarquer 
que, parmi les formes jeunes, 
Fauteur signale des exemplaires mesurant jusqu'à 1 mil- 
limètre et de coloration jaune et que j'ai grand peine à ne 
pas songer que ces exemplaires jeunes resseml^lent bien 
étrangement à ce que Willem nomma : Anuridella marina. 
D'ailleurs je puis affirmer, qu'en ce qui concerne Anurida trio- 
culala n. sp., les formes jeunes sont déjà colorées en bleu 
bien avant d'avoir atteint une longueur de 3/4 de milliniètre. 
De plus, l'existence, dans une même colonie, de formes adultes 
et de toutes jeunes encore blanchâtres plaide en faveur de 
l'autonomie de notre espèce. La valeur systématique du carac- 
tère : nombre d'ommatidies est d'ailleurs suffisante pour justi- 




Fk;. 1 . — Anurida trioculata n. sp. 
Tache oculaire cX organe post- 
antennaire droits (Obj. 9. Ocul. 
4 comp. ). 



114 



SÉANCE DU 11 AVRIL 1922 



fier rétablissement de notre Anmida on bonne espèce nouvelle, 
inconnue jiisquà ce jour, pour des raisons l)ien faciles à coni- 
pren(h-e 11 s'agit, en effet, à\mv forme trop banale. 



(îeiire Moniezina n. \x. 

= Isa ton ta (p. p.) 
M. liHni'ftlis (Moniez) (fig /, e, ni, o). 

ISÎK) Isiitnnni HilordUs M(»iii('/, : .\(■Hri<•ll^ <•( iiisrclrs ni.iriiis 
(les côtes (lu llnulniiuais f/iVr. hin/ . Xard <lr la l'nnurj. 




FiG. i. — Moniezina litlnralis (Mot).), i, \A\\ laco int. ; e, plll lace exf. ; m iiiucro ; 
o, org. ant. Ml [i. e. o. Obj. iiiim. i/11>. Oc. 4 comp.) {m. Obj. 9. Oc l cotnp.). 

Diagnose complétée : Forme générale d'fsotonia à revêtement 
court et à peu près uniforme; coloration grisâtre clair; taille 
maxima : 2 millimètres. 

Toutes les soies simples; abdomen 111 nettement plus long 
(|uc IV (18 : to — 28 : 2o) ; abd. V r{ M nettcmcnl séparés; 



SÉANCE DU 11 AVRIL 1922 115 

antennes beaucoup plus longues que la diagonale de la tète : 
57 : 36 ; face courte et camuse. Ant. I : [I : III : IV = 6 : 16 : 
16 : 18 ; Ant. IV ne porte aucun organe sensoriel particulier, 
par contre Ant. 111 montre un organe antennaire fort curieux : 
en plus du groupe externe de deux bâtonnets sensoriels, pro- 
tégés par un repli cutané assez bas, on compte inférieurement : 
1° Neuf poils sensoriels lageniformes, pédiculisés, assez sembla- 
bles à ceux des Oncopodura Cari et Lebed. 2" Six petits poils 
mousses. Je crois à Talisence du postantennal que j'ai cherché 
vainement. Il y a 6 -}- 6 omma, à peu près égaux entre eux ; 
et, peut-être, un se])tième intermédiaire très difficile à voir. 
Taches oculaires noires. Sur les abdominaux : 11, 111 et IV, une 
paire de tins « bothriotriches » lisses. La griflé montre une 
région proximale large brusquement rétrécie en une distale ; 
deux grands « pseudonychia » très caractéristiques et qui font 
reconnaître l'animal à première inspection. Le prœtarsus porte 
un grand processus latéral interne, situé au côté interne de 
l'appendice empodial, lequel est à trois ailes et sans soie api- 
cale. Des conformations analogues du j)i'9E^tarse existent, à ce 
qu'il me semble, chez les quelques Proisotoma qu'il m'a été 
donné de voir, mais moins nettes. Quant à la disposition « en 
palette creuse », signalée par Moniez sur lappendice empodial, 
elle existe sans doute, mais ne frappe guère l'esprit de qui ne 
voit pas dans les Collemboles marins des formes nageuses. Le 
tube ventral n'offre rien de particulier, le tenaculum a de 
nombreuses soies au corpus et quatre dents à chaque ranms. 
La furca atteint le tube ventral. On a : Man. : Dens : Mucro 
= 2 : 3,o : 0,4 ; dentés assez épaisses, peu rétrécies et légère- 
ment recourbées vers l'arrière, annelées sur leur face posté- 
rieure à partir du mucro ; pas de soie mucronale ; un mucro à 
5 dents (et non pas 4 comme dit Moniez) dont une dorsale 
petite, deux ventrales distales dont la plus grande, la plus 
distale, est soutenue par la côte signalée par Moniez dans sa 
figure 18, deux proximales : interne bien marquée, externe un 
peu moins forte. Les nmcrons anormaux, pourvus de 6 dents 
ne sont pas rares : ce ne sont peut-être que des accidents de 
mue. 

Moniez a parfaitement raison de comparer sa forme avec 
VIsotoma sintxbergi Tullhg. qui, comme on sait, n'est pas autre 
chose (]ue notre Isotomuriis /jaixstris (Mtill.). Leurs ressem- 



I 



116 SÉANCK DU 11 AVRIL 1922 

l)lances sont évidontes. Pourtant je suis asssez porté à voir, 
dans notre espèce, un représentant d'une petite branche laté- 
rale détachée, soit de celle des Isotomurus, soit du tronc com- 
mun des Isotoimirns et des Isotoma. En effet, la présence de 
« bothriotriches » lisses, Tabsence de posta ntennal, la réduc- 
tion du nombre des ommatidies, tout cela plaide en faveur de 
\"u\ve dun petit rameau ayant évolué pour son compte. Parmi 
les Isoluminœ le seul genre Archisotoma Linnan. montre des 
« bothriotriches » lisses, mais il est bien évident que ce genre, 
dont l'unique représentant montre une fusion des Y et VI abdo- 
minaux, ne saurait faire partie du groupe Isotomn-Isolomiirus . 
Le genre Axelsonia Horuer 11)07 a lui aussi des « bothriotri- 
ches » lisses mais fait partie des Ento)nobrfjida\ 

Je crois devoir proposer, pour Imtuma litloralis Moniez, la 
création duu nouveau genre qu'en l'iionneur de M. le recteur 
MoNiEZ, on nommera Monîezina. Le nom correct de notre 
espèce serait alors Moniezina littoralis (Moniez). 

Stations : cotes du Boulonnais (Monu>:z), Le Groisic (in Moniez, 
M. TnouESSART legit), île d'Yen (le(ji). 

MonlpeUier, le 10 avril iO'J'J, 
Lahoraloire tir zooloijïc. Faculté des sciences. 



Séance du "25 avril i9'2^ 

PRÉSIDENCE DE M. RABAUD, ANCIEN PRÉSIDENT 

MM. Brumpt et Delamarre de Monchaux s'exciiscut de leur 
absence. 

M. le président exprime les regrets de tous au sujet de la 
mort du professeur 1^. Cosmovici, membre de la Société depuis 
1887. 

M. le président adresse les félicitations de la Société à 
M. Parât, récemment nommé préparateur d'histologie à la 
Faculté des sciences de Paris, 

Une proposition signée de 27 membres et adressée au pré- 
sident, est renvoyée au Conseil. 

MM. Bartolomé del Cerro, Isnard, Monod et Yogelweid, pré- 
sentés à la dernière séance sont élus memljres. 

« M. Secqces annonce qu'il vient d'installer à la l)ibliothèque 
de la Société de médecine et d'hygiène tropicale de Paris une 
source de documentations sur le plan exposé à plusieurs repri- 
ses tant à la Société zoologique que dans d'autres Sociétés. 

Tous les travaux parus dans la Revue de médecine et d'hy- 
(jiène tropicale de même que dans les pul)lications reçues par 
cette bibliothèque sont répertoriés sur fiches et classés : 1" pai 
nom d'auteur, 2'' par ordre méthodique. Les chercheurs pour- 
ront ainsi dresser sur place la bilîliographie d'un sujet de méde- 
cine tropicale et consulter dans le même local les travaux 
annoncés. Aussitôt achevé ce classement, cette documentation 
sera complétée par les fiches concernant les travaux de même 
nature p'arus dans d'autres publications avec l'indication des 
bibliothèques où ces périodiques peuvent être consultés ». 

Ouvrages offerts 

Guj Babault. — Chasses et recherches zoologiques en Afrique Orientale 
Anglaise, 1913 (Paris, 1917, 213 p.). 
Id.— Voyage dans l'Afrique Orientale Anglaise 1912-1913 (Paris, 1916-1920). 

— Scarabaùdff', par H. d'Orbigny (31 p., 3 pi.). 

— Méloïdes, par Pic (14 p., 1 p.). 

— llisteridœ, par Desbokdes (10 p.). 

— Orthoptères, par Chopard (61 p., 1 pi.). 



118 SÉANCE DU 23 AVRIL 1922 

— Cetoniini, par Iîourgouin {H \t.. 3 pi.). 

— l)ytisci(l;o et Gyrinidae, par Pkschet (22 p., 2 pi.). 

— Mollusques leiTestres et lliivialiles par (Ieumain (24() p.. l pi.). 

— .Maiiiinilcres [)ar Kollm.^n.n (% p., 5 pi.). 

In — Uecherches zoologiques dans les provinces centrales de l'Inde et dans 
les régions occidentales de l'Himalaya (Paris, 1922, 238 p., SO pi.. 4 cart.). 

11).— .Mission dans les provinces centrales de l'Inde ci dans larcgion occi- 
dentale de rilinialaya (1914). 

— Histerida'. par Deshohdes (13 p.. 2 cartes) 

— Oiseaux, par ('.. I?.\hai i.t (342 p.. (i pi., 1 carte). 



LISTE DES PUBLICATIONS REÇUES OU ÉCHANGÉES 
PAR LA SOCIÉTÉ DE 1914 A 1921 (1) 

HA» 

G. BILLIARD 

ArciiivisttJ-itibliolliccaiic. 

I. — Publications françaises 
l'AKIS 

— Anna/es de l'Institut national agi'onomique ; W, 2e série, 1921. 

— Annales des Epi pli y lies : VI U 1921. 

— Arc/lires de mrdpiiiip et de pharmacie navales : 1920. 

— Archives de parasitotuf/ie : 1919. 

— Association française pour r avancement des sciences. Comptes ren- 
dus dps sessions : 

— tiiitleliu de la Société nationale d.'acclimat<ilion de France : 1921. 

— H ut te tin et .]fé moires de la Société d Anlhrojiolofjie : 1920. 

— liulletin et Annales de la Société entomologique de France : 1921. 

— Bulletin de la Société philomati</ue : 1920. 

— Bulletin de la Société ;/éolo(jiqui; de France : 1920. 

— Bulletin de la Société centrale d'aquiculture et de pèche : 1921 . 

— Bihlioyraphie scientifique française : 1921. 

— Comptes rendus de l'Académie des sciences : 1921. 

— La f/éographie ; bulletin de la Société de fféographie : 1921. 

— Journal de conchyliologie : 1919. 

— Office scientifique et technique des pèches maritimes . .\otes et 
mémoires . 1 à 14; 1921. 

(1) Les Sociétés qui sont en relation d'échange avec la Société zoologique de 
France, sont priées de bien vouloir consiilérer l'insertion sur la présente liste, 
comme un accusé de réception. La date indiquée est celle de la dernière année 
reçue. Les publications sans date sont celle-; dontsaucun fascicule n'a été if«;u 
depuis 1914. 



SÉANCE DU 25 AVRIL 1922 119 



Recueil de médecine vétérinaire : 1921. 

Bévue scientifique : 

Revue de pathologie comparée : 1921. 



DEPARTEMENTS 

A ix-E.\- Provence. — Mémoires^ de V Académie des sciences, agriculture, 

arts et belles-lettres : 1919. 
Amiens. — Bulletin de la Société linnéenne du Nord de la France -. 1913. 

— Mémoires de la Société linnéenne du Nord de la France : 1904. 
Angers — Bulletin de la Société d'études scientifiques : 1920. 
AuTUN. - Bulletin de la Société d'histoire naturelle : 1914. 

AuxERRE. — Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles 

de r Yonne : 1920. 
Besançon. — Bulletin de la Société d'émulation du Douhs : 1920. 
Bordeaux. — Actes de la Société linnéenne : 1920. 

— Bulletin de la Société biologique d'Arcachon : 1921. 
Caen. — Bulletin de la Société linnéenne de Normandie : 1921. 

— Mémoires de la Société linnéenne de Normandie : 1913. 
Chalon-sur-Saône — Bulletin de la Société des sciences naturelles de 

Chalon-sur-Saône : 1904. 

Charleville. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle des Ardennes : 
1910. 

Cherbourg. — Mémoires de la Société nationale des sciences naturelles et 
mathématiques : 1912. 

Gleraiont-Ferrand. — Annales de la station limnologique de Besse : 1910. 

Dijon. — Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres : 1921. 

Gap. — Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes : 1909. 

Grenoble. — Bulletin de la Société de statistique des sciences naturelles 
et des arts industriels du département de l'Isère : 1919. 

La Rochelle. — Annales de la Société des sciences naturelles de la Cha- 
rente-Inférieure : 

Le Havre. — Recueil des publications de la Société havraise d'études 
diverses : 1921 (2c trimeslre). 

Lyon. — Annales de la Société linnéenne de Lyon : 1920. 

— Annales de l' Université : Nouvelle série : lase. 42 (1921;. 
Marseille. — Annales du Musée d'histoire naturelle : 1919. 

— Bulletin de la Société scientifique industrielle : 1920. 
Montpellier. — Bulletin mensuel de l'Académie des sciences de Montpel- 
lier : 1921. 

— Mémoires de l'Académie des sciences et lettres : 

Moulins. ~ Berue scientifique du Boxirhonnais et du centre de la France : 
Nancy. — Bibliographie anatomique : 

Nantes. — Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'ouest de la 
France : 1920. 

— Annales de la Société académique de Naiites et du département de la 
Loire-Inférieure : 

Nice. — Annales de la Société des lettres et arts des Alpes-Maritimes : 

191,^ el l»"' fasc. du cinquantenaire. 
.Nîmes. — Bulletin de la Société des sciences naturelles de Nîmes : 1918. 
Bennes. — Travnu.r scie/itifi(/ues de l' Université, 



120 



SKANCE DU 25 AVRIL 1022 



[{ouKN. — ActPs (lu Muséum cPhisloire naturelle de lioiieti : 1917. 
Toulouse. — Mémoires de l'A/'adémie des sciences. 

Vienne. — Bulletin de la Société des amis des scietices naturelles de 
l'Isère . 

Colonies et Protectorats 
AIJIKIUK 

Alger. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle de IWfrif/ue du Xnril : 
1921. 

COCIIINCIIINI" 

Saigon. — Bulletin de la Société des études fndo-Chinoises de Saïfjon : 
1919. 

MAROC 

Rabat. — Archives scientifiques du Protectorat français. Variétés scien- 
tifif/ui's recueillies par la Société des sciences naturelles du Marne ; 

1, n" i, r.»ii. 



II. — Publications étrangères 



ALLEMAGNE 



Berlln. — Ahhandlunç/en und Berichte des kônif/lichen ::oologischen und 
anthropologisch-ethiiof/raphischen Muséum su Dresden : 
— Sitcunf/sherichte der Gesellschaft S a tur forschender Freunde : 

— Sitcuiiijsherichte der koniglii-h preussischen Akademie der W'issen- 
schaften : 

Bonn. — Naturhistorisclie Vereine der preussischen Bheinlunde, W'estfa- 
lens und des Bef/-Becirks Osuahriick, compronaiil les : Sitrunf/she- 
richte der niederrheinischen d'esellschaft fiir A'ntur- und /feilku/ide 
in Bonn, et les : Verhandlungen des naturhistori.schen Vereins : 
Bre.men. — Ahhandlunf/en voni naturu-issenschaftlichen Vereiti : 
Dantzig. — Schriften der Naturforschenden desellschaft : 
Drssden. — Sitsunçfsberichte îind Abhandlungen der naturwissenschaft- 

lirhen Gesellschaft « Isis » : 
Frankflht-a.m-.Main. — Abhandlunçjen herausgegeben ron der Sencken- 
bergischen Naturforschenden Gesellschaft : 

— Bericht der Senckenbergischen Naturforschenden Gesellschaft in 
Frank fur t-am-Main : 

— Die periodischen Schriften der Senckenbergischen Bibliothek der 
Senckenbergischen Naturforschenden Gesellschaft : 

Tiiessfn. — Berinhtp der Oberhessisrhen Gesellschaft fiir .Vatur und lleil- 
kuîide : 



SÉANCK DU 23 AVRIL 1922 121 

Halle. — Bericht ûber die Sitzmigen der Naturforschendeu Gesellschaff : 

— Kaiserlic/i Leopoldmisch-Caroiinish-Deuische Akademie der Na/iir- 
forsche?' : 

— Zeitschrift fur Nalurwissenschaften. Originalhabhandlungen und 
Berichte : 

IIamburg. — AbhamUunfjen ans dem Gebiete der Naturioissensclwften 
herausgefjeben rom Naturwissenschaft lichen Vereius : 

— Mitteilungen aus dem Naturhistorischen Muséum : 

— Ver/iandlungen des naturwissenschaftliclien Vereins : 
Heidelberg. — Verhandlungen des natur/i istorisch-medecinisc/ie/i Vereins : 
Jena. — Jenaische Zeitschrift fur Naturwissenschaft : 

— Naturwissenschaftliche Wochenschrift : 
Leipzig. — Biologisches Centralblatt : 

— Zoologischer Anzeiger : 

— Zoologisches Centralblatt : 

Magdeburg. — Muséum fitr Natur- und Heimatkunde. Abhandlungen und 

Beinchte : 
Marburg. — Sitzungsberichte der Gesellschaft sur Beforderung der 

gesammten Naturunssenschaften : 
MûNCHEN. — Abhandlungen der matheni. physik. Classe der kunigl. 

bayerischen Akademie der Wissenschaflen : 

— Sitsungsberichte : 

Stuttgart. — Beitriige zu den Jahresheften des Vereins fiir vaterUin- 
dische Naturkunde in Wiirttemberg : 

— Jahreshefte des Vereins fur vaterUind'ische Naturk. in Wiirtt. : 
Nota. — Aucune publication allemande n'est parvenue dans notre biblio- 
thèque depuis juillet 1914. 

AUSTRALIE 

Adélaïde. — Transactions and Proceedings and Beports of the Royal 

Society of South Australia : 
Brisbane. — Annals of the Queensland Muséum : 19M. 

— Proceedings of the royal Society of Queensland : 
.Melbourne. — Proceedings of the Royal Society of Victoria : 1920. 

— The Victor ian Naturalist : 

Sydney. — Journal and Proceedings of the royal Society of Ne/r South 
Wales : 1919. 

— Records of the Australian Muséum. : 1921. 

— Proceedings of the f/mnean Society of Xeir South Wales : 1921. 

AUTRICHE 

\ViE.\. — Annalen der K.K. naturhistorischen llof muséum : 1919. 

— Verhandlungen der K.K. coologisch-botanischen Gesellschaft : 1920. 

REEGIQUE 

Bru.xelles. — Academif royale des sciences de Belgique. Annuaire : 1921. 

— Bulletin de la classe des sciences : 1921 . 

— Annales de la Société enfomologique de Belgique : 1919. 



122 SÉANCE DU 25 AVRIL 1922 

— Annales de la Société royale zoologiqm et 7nalacolof/ique de Belgi. 
que : 1920. 

— Mémoires du Musée royal d'histoire naturelle de Helyique : 1921. 

1>AKA. — Bolletin do Museu Paraense de historia naiural e et/inor/rafia 

{Miiseu (ioeldi^ : Mil, 1912. 
Rio deJ.weiro. - Arr/iivns do Museu nacimiitl : 19l(i. 

— Memorids do Inslulo (hiruldu Crus : 

flrdcit-Mei/ici). Ucristd scmdiHil de nirdi'ci/ifi <• rinuyio : 1921. 



CANADA 

Ottawa. — Department of Mines. Geological Survey liranrh : 1921 . 

— Ministère des mines, liapport sommaire : 1921. 
ToRO.NTO. — f'nirersiti/ of Turonlo (Geolotiiral séries) : 1!»2(). 
Trënton. — .lournnt (if Trenton histitry Society : 

CAl' ni'] BOiNNE-ESPKKANCE 

CapeTow.n. — Annals of the South African .Muséum : 1921. 

— fie/)ort on tlw South African Muséum : 

CEYLAN 

Colombo. — Journal of Ihc Ccylon hranch of Ihe royal Asialic Society : 

CHILI 

Santiago. - Actes de la Société scientifique du Chili : 

— Anales del Museo nacional de Chilc : 

Vai.pauaiso. — liolettn del .Museo de historia nutural de \ alparaiso : 

— Revista chilena de historia natural : 

COSTA-RICA 

San Josk. — Anales del Instiluto (isico-yeoyraidiico y del .Museo itacional 
de Costa-Jiica : 

DANEMARK 

C0PENH.\GiiK. — Bulletin de l'Académie royale des sciences et des lettres de 
Danemark : 1920. 

— Mémoires de l'Académie royale des sciences et des lettres de /ta ne- 
mark : 



SÉANCK DU 25 AVRIL 1922 



123 



— Conseil permanent international pour ^exploration de la mer. Bul- 
letin des résultats acquis : 

— The Danis/i Ingolf Expédition : 1920. 

— Det Kfil Danske Videnskabernes Selskah Bioloqiskc Meddeleher : 
1920. 

— Mindeskrift i Auledning of Hundredaaret for Japelus Steenstrups 
Fodsel : 1914. 

Odense. — Videnskahelige Meddelelser fra Dansk natur/iisforisk : 1921. 

ESPAGNE 

Barcelona. — fiutelefi de la Institucio catalana d'historia natural : 1920. 
- Junte de sciencies naturals de Barcelona : 1918. 

— Trehallsdel Museu de sciencies naturals de Barcelona : 1920. 
Madrid. — Anales de la Sociedad espaùola de historia natural : 

— Boletin de Pescas. Publicado con concurso del Instituto espaùol de 
Oceanografia : VI, 1921. 

— Boletin de la real Sociedad de historia natural : 1921. 

— Menwrias de la real Sociedad de historia, natural : 1921 et tome 
extraordinaire du cinquantenaire. 

— Memorias de la real Academia de Ciencias exactas, fisicas y natu- 
ral es : 

ÉTATS-UNIS 



Baltimore. — Proceedings of the National Academy of Sciences of the 
IJ . S. of America: 1921. 

— The Johns Hopkins Universitg Circular : 1920. 

— Menioirs from the biological Laboraiorij of the Johns Hopkins Uni- 

rersitg : 
Berkeley. — Publication of the Universitij of California; Zoologg : 1920. 
Boston. — Publications of the Massachusetts General Hospital : 

— Proceedings of the American Academy of arts and sciences : 1921. 

— Proceedings of the, Boston Society of natural history : 19J(), 

— Memoirs of the Boston Society of natural history : 

Bkooklyn. — The Muséum of the Brooklyn Institute of Arts and Sciences. 

Bulletin : 
BuFFALO. — Bulletin of the Buffalo Society of natural history : 
(Cambridge. — Bulletin of the Muséum of Comparative Zoology at Har- 

rard Collège : 1920. 

— Memoirs of the Muséum of Comparative Zoology at Harvard Col- 
lège : 1920. 

— Annual report of the curator of the Muséum of comparative zoology 
at Harvard Collège : 

Chicaiio. — Publications of the Fietd Columbian Muséum. Zoology : 

Denver. — Proceedings of the Colorado scientific Society : 

Granville. — Bulletin of the scientific laboratories of Denison Univer- 

sity : 1921. 
Halifax. — Proceedings and Transactions of the Nova Scotian fnstitute 

of Sciences : 
Indianopolis. — Proceedings of the Indiana Academy of Sciences : 

9 




'h 









'■'• 4?/ _ 



1*24 SÉANCK DU 23 AVRIL 1922 

Madison. — Hulletin of the Wisconsin geoloç/ic and natin-al /listori/ 
survei/ : 

— Transactions o/' Wisconsin Academij of sciences, ar/s and letters : 
MicHiGAN. — Acadenii/ of Sciences : 

.Mii.\vAi.'KEE. — Annaal report of the oublie Muséum of the (litu of Mil- 
iraukee : 1919. 

— Bulletin of the Wisconsin natural historij Society : 
MiNNEAPOLis. — (ieoiogical and natural histori/ Surcey of Minnesota. 

Zoolof/ical séries : 

— Bulletin of the Minnesota Academy of natural Science : 
MissoMA. — Bulletin of the University of Montana : 

New-Haviîn. - Transactio/is of the Connecticut Acadeniy of Arts and 

Sciences : 
Nrw-York. — Bullftin of the American Muséum of natural Ifistory : 4920. 

— Annual report of the American Muséum of natural History : 

— Annals of the New- York Academy of Sciences : 
OuEKLiN (Oliio). - The Wilson Bulletin : 
Piiii-ADELPHiA. — The American Xaturalist : 

— Journal of the Academy of natural Sciences of Philadelphia : 
- Proceedings of the Academy of natural Sciences : 

— Proceedi/if/s ofthe American philosophical Societi/ held at Vhiladid- 
pliia for promotiny useful knou'ledye : 1921. 

— Transactions of the Wagner free Ifistitute of Science : 

— r iiiversity of l'ennsylrania. Contributions from the Zoological 
Laboratory ; 1920. 

l'iTTSBUHGii. — Memoirs of the Carnegie Muséum : 

— Publications of the Carnegie Muséum : 1919. 

— Annals of the l'.arnegie Muséum : 1917. 

l'oRTLANu. — Proreedings of the l'orlland Society of natural History : 
KocHESTER. - Proceedings of the liochester Acadetnie of Sciences : 
Sacramk.vto. — l'nirersity of California Publications : 
.San Diego. — The West american Scie/itist of California : 
Saint-Louis. — Transactions of the Academy of Sciences : 
San-Fhancisco. — Memoirs of the California Academy of Sciences : 

— Bulletin of the California Academy of Sciences : 

— Proceedings of the California Academy of Sciences : 1920. 

— Stanford (Jnii-ersity Publications (University séries) : 
l'uFTs. — Tufts Collège Studies : 

Urbana. — Illinois Biological monographs : 1920. 

— Bulletin of the Illinois State laboratory of natural History : 1919. 
Wasiii.sgto.v — American mont ht y microscopical journal : 

— Annual Report of the Bureau of Animal Industry, heparlmeut of 
Agriculture : 

— Annual Report of the U . S . Ceological Survey : 1920. 

— Annual Report of the Smithsonian Institution : 1921. 

— Bulletin of the Bureau of Animal Industry : 

— Minerai Resources of the U. S. (Geological Survey) : 1920. 

— Bulletin of the U. S. Ceological Siirrey : 

— The Fisheries and Fishery Industries of the /'. S. ('ommission of 
Fis h and Fisheries : 

-— Bulletin of the U. S. National Muséum : 1921. 

— Proceedings of the f. S. .Vational Muséum : 1917. 

— Yearboo/,- of the U. S . départ ment of Agriculture ; 



SÉA.i\CE DU 25 AVHIL 1922 125 

— Department <>f the Interior : U . S Genlngical Survey : 

— Proceeduiqs of tha National Acadenu/ of Sciences of the IL S. A. • 
1921 . 

^^'ooDS HoLE(Mass.). — Biological lialletiii of the Marine Inoloijitdl laho- 
ratory : 1921. 

FINLANDi: 

Helsixgfors. — Acla Societatis Scienliarum fennicae : 1920. 

— Acta Societatis pro faiina et flora fennica : 1921. 

— Bidrag Tilt Ktïnnedom of Finlands natur och Folk : 1919. 

— Meddelanden of Societas pro fauna et flora fennica : 1921. 

— Ofrersigt of Finslca Vetenskaps-Societetens Fôrhandlinger : 1919. 



GRAiNDE-BRETAGNE 

DuBLi.N. — riie économie f'roceedings of the Rogal hnttlin Societii ; 1920. 

— The Irish iXatnralist : 

— The Scientific Proceedinqs of the Roi/al Dublin Societg : n" :U -. XVI. 
1922. 

— The Scientific Transactions of the Royal Dublin Society : 
Edinbltrgh. — The Annals of Scottish natural History : 1920. 

— Proceedings of the Royal physical Society : 

— Transactions of the Royal Society : 1921. 

— Proceedinqs of the Royal Society : XLI, 1921. 

— Report of the Royal Collège of Physicians Laboratory : 
Glasgow. — Tratitactiofis of the natural History Society of (Uascoir 

including the Proceedings of the Society : 
LivERPOOL. — Proceedings and Traiisaciions of the Liverpool biological 

Society : 1921. 
LoxDON. — Journal of fhe Linnean Society : 1921. 

— Journal of the Royal microscopical Society : 1921. 

— Novitates coologicœ : 1921 . 

—  Proceedings of the coological Society : 1921. 

— Transactions of the zoological Society : 

— Proceedings of the Linnean Society : 

— The Zoologist : 

Manchester. — Memoirs and Proceedings of the Manchester literary and 

philosophical Society : 
Plymouth. — Journal of the marine biological Association of thf United 

Kingdom : 1921 . 



HOLLAiNDE 

Amsterdam. — Académie des Sciences; Jaarboek : 1917. 

— Académie des Sciences ; Verslagen : 

— Natuurkundig Tidjdschrift voor Nederlandich hidie : 1921 

— Nederlundsch Tidjdschrift voor de iJierkunde Koninkiijk Zooloquli 
(îenootschap « Satura, artis magistra, » : XX, 1919. 



120 SÉANCE DU 2o AVUIL 1922 

— I'roci'('di/if/f> of Ihe section of Sciences : .\.\, I!)I8. 

— Versldf/ van de (ieirone Verf/aderinf/en der Wisen. NutHurkandii/e 
Afdeeiing : XWl. 1918. 

IIaarlem. — Archives Néerlandaises des Sciences ejcactes et naturelles : 

1921 . 
La Hâve. — Archives Néerlandaises de Physiologie de l'homme et des 
animaux \ publiées par la Société des Sciences exactes et naturelles 

de Ilaarlem : 1921 . 
Leydk.n — Notes front the Lei/den Muséum : remplacé par Zoologische 

Medhteelinf/bu : '1921. 

— '/'id/ds'hri/'t der Nederlaudsclic DierLundi^ic Vereeniiiinij : 1!>19. 

— SiOu;/a-/:.v/teditie. Jîésultats des e.vptoidtions /ootoijicjues, liutani- 
(/ues, Océanofjraphii/ues et Géoloffiques entreprises aux Indes Néer- 
landaises Orientales en 1899-1900. Publié par Max Weber : 1921. 



IIIW.UIK 



Blda-1'ksth. — Annules historico-naturales Musei /lado/iali^ flumjarici 
1921. 

IXDES 

Calcutta. — .fournal and l'roceedinijs of tlie Asialic Society of lienyal 

\VI, 1921. 
.Madiias. — Fishc/ies department : 1921. 



ITALIE 

Boi.oo.NA. — Metnorie délia R. Acrademia délie Science delT fstituto di 

/Jolof/na et Ilendiconti : 1916. 
0.\TAXiA. — liollettino délie sedute délia Accademia (iioenia di Science 

natnrali : 1920. 

— Atti delta Aciattemia (Iioenia di Se. nat. in ('.iiltinia : 1917. 
KiHK.N'ZK. — Monitore zooloyico Ualiano : 189.%. 

— lîedia ; iîiornale di h'ntomolof/ia : .Mil, 191.S. 

Ge.nova. — .\fti délia Soriefà Ligustica di Science nalnruti gengriifchi' : 
1919. 

— Annali del Museo civico di Storia naturale : 1920. 

MiLANO. — Atti délia Società ftaliana di Science tiaturali del Museo 

civico di Storia naturale : 
MoDENA. — .Atti délia Società del Naturalisti e Matematici di Modena : 

1920. 
Nai'oi.i. - liollettino délia Società di Naturalisti in .Vapoli : 1918. 

— liendiconlo dell' Accademia délie Science (isiche e matematiche : 
1920. 

 — .Miltheilungeii ans der coologischen Station eu Neapel : 191 '^. 

— Pubblicacioni délia Stacione coologica di Napoli : I, H, 191(1 à 1919 
(Cette publication reruplace les .Uiftheilungen). 

I'adova. — .1/// délia Società VenetoTrentinadi Science naturah : l'.iKi. 

— liollettino délia Società feneto-Trentinadi Science naturali : 



SÉAiNCIi DU '2o AVRIL 11)22 127 

PisA. — A ta délia Societa toscana di Science naturali : 

PoRTici. — Bollcttiiio del laboratorio di zoologie qenerale e af/i-aria délia 

R. Scuola superiore d'Agricolfura di Porfici : XIV, 1920. 
Porto-Maurizio — Bollettino délia Associasione Scientifica ligure : 
lloMA. — Atti délia Reale Aœademia dei Lincei : 1921. 

— Memorie délia Reale Accademia dei Lincei : 

— Bollettino délia Sorietà zoologica Italiana : 1919 

— Atti délia pontificia Accademia roniana dei nuovi Lincei : 1918. 

— Memorie délia pontificia Ace. romana dei nuovi Lincei : 1917. 
SiENA. — .1/// délia R. Accademia dei Fisiocritici : 1919. 
ToRiNO. — Atti délia R. Accademia délie Science : <920, 

— Bollettino dei Musei di coologia ed anatomia comparal<i : 
Venezia. — Atti del Reale Istitulo Veneto di science, tettere ed arti : 

LXXVII, 1918. 

JAPON 

l'oKYo. — Annotationes coologicœ Japonenses ; 1921 . 

— Journal of the Collège of Science of the impérial Universitg : 



LUXEMBOURG 

IjUxemboukg. — Fauna. Comptes rendus des séances de la Société des 
naturalistes Luxembourgeois : 

— Archives trimestrielles de V Institut grand-ducal : 

MEXIQUE 

.Mexico. — Boletiu de la Comision de Parasitologia agricola : 

MONACO 

Monaco. — Annales de l'Institut Océanograpliique : 

— Bulletin de l'Institut Océanographique : no 404 (1921). 

— Résultats des campagnes scientifiques accomplies sur ses yachts 
V Hirondelle et la Princesse- A lice, par Albert /er Prince de Monaco : 
1921 

NORVÈGE 

Bergen. — An Account of the Crustacea o/W'ortveg : 1921 . 

— Bergen' s Muséum Aarbook : 1920. 

— Bergen' s Muséum Aarsberetning for : 1921 . 
Christiania. — Archiv for Mathematik og Naturvidenskah : 

— Forhandlinger Videnskabs-Selskabet i Christiania : 

— Oversigt over Videnskabs-Selskabet noder : 

Ihrondhjem. — Skrifter det Kgl. uorske Videujikabers Sehkab. Mnfli-î- 
matisk-Safurvidenskabelig Klasse : 1919. 



i'28 SÉANCE ou 21) AVRIJ. 11)22 

— Skrifter det Kyl. Jorske Aai'sberefniîif/ : f919. 
Tromsô. — Trotiiso Muséums. Aarsberetninf/ : 1920. 

— Tromsô Muséums. Aarshefter : 4920. 



NOUVELLE-ZELANDE 

Wellington. — Transactions and Proceedings nf the \ew-Zealand Insd- 
lute : 1920. 

ruLOGNE 

Ckacovie. - Académie des Sciences de Cracovte ; Spraioocdanie Komisiji 
fizioqraficzej : 

— Catalogue of polnish srientific littérature ; Katalog literaturg nan- 
koweg polokiej : 

Vahsovie. — Annales coologiri Musri l'olonici llistoriae .\aturalis : I, 
1921. 

— S/iranoCildnia c posiedcen 'J'(jir<ir::gstu-(( Aankairego W'arsciius- 
kiego {Comptes rendus des séances de la Société scientifique de Var- 
sovie) : 

POIITUGAL 

LismiA. — Academia dos Sciencias de Lishoa; Actus dus AssemOleas 
geraes : 1920. 

— Acad. das Se. de Lishoa; fioletim da Segunda Classe : 1920. 

— — : Bot. Iiihliogralicn : 1920. 

— — ; (Jata/ogo gérai dos Publicacùes : 1920. 

— — ; Memorias : 

— .\n/rires de l' Institut dp Bactériologie (Camara Pesta/ia) : 

— Bulletin de la Société portugaise de Sciences naturelles : 

— ./ornai de Sciencias, matliemicas, phgsicas e natu?'aes : 191 S. 
l'oRTO. — .\nnaes srientifiras das Academia polgtechnica do Porto : 



REPUBLIQUE ARGENTINE 

BuENOS-AiREs. — Anales del Museo nacional de Buenos-Aires : 1920 

— Anales de la Sociedad Rural Argentina : 1921. 

— P/ii/sis. Rerista de la Sociedad Arr/entina de Sciencias naturales : 
1921 . 

— Revista Argentina de llistoria natural : 

— Rerista Zootechnira : 1921. 

La Plata. — Anales del .Museo de La Plata : 

— Ohras coinpletas y corr. cientifica de Florentino Ameghino. Edicion 
oficial ordenada por et (johierno de la prorincia de Buenos-Aires : 
l-li, 1921. 

— Revista del .Museo de La Plata : 1921. 



SÉANCE DU 25 AVRIL 1922 129 

ROUMANIE 

RucAUEST. — Ballelia de la Société des Sciences de Bucarest : XX[V, 19'iri. 

— Bulletin de la section scientifique de l' Académie roumaine : 1921 . 
Cluj. — Bulletin de la Société des Sciences de CJuJ : I, lasc I : 1921 . 
Jassy. — Annales scientifiques de l' Université : 1921. 

SUÈDE 

LuND. — Acta Universitatis Lundensis (Nouv. série) : 1920. 
Stockholm. — Arc/iiv for Zoologi : 1921. 

— Bihang till Kon. Svenska Vetenskaps Akademiens Handlinrjar : 

— Kungl. Svenska Vetenskaps Akad. Handl. : 1919. 

— Ofversigt ol Kongl. Vetenskaps Akad. : 

— Sve7'iges offentiiga Bihliothek : 1920. 

SUISSE 

Aahai'. — Mifteilungen der Barganischen Naturforsrhenden Gesell- 

scliaft. 
Basel. — Verhandlungen der Naturforschenden Gesellschaft in Bascl : 
Berne. ^— Mitteilungen der Naturforscliende7i Gesellschaft : 
Fribourg. — Berichte der Naturforschenden Gesellschaft : 

— Bulletiii de la Société Fribourgeoise des Sciences Naturelles : 
(iENÈvE. — Archives des Sciences physiques et naturelles. Compte rendu 

des travaux des séances annuelles : 

— Bulletin de la Société Zoologicjue de Genève : 1921. 

— Mémoires de la Société de Physique et d'Histoire naturelle : 1921 . 

— Recueil de Zoologie suisse et Aîinales du Musée d'Histoire Jiaturelle 
de Genève : 

Lausanne. — Bulletin de la Société Vaudoise d'Histoire natui'elle : 1921 . 
Neuchatel — Bulletin de la So'iété Neuchdteloise des Sciences naturelles. 

— Mémoires de la Société Neuchdteloise des Sciences naturelles : 
Zurich. — Naturforschende Gesellschaft : 

ÏCIIÉGOSLOVAQUIE 

Praze. — Casopis ceskoslovenské spolecnosti Entomologiské. Acta Sorieta- 
tis enlomol. cechoslovenianœ : 1921. 

URUGUAY 

MoNTF.vinEO. — Anales del Museo nacional ; 

YOUGOSLAVIE 

Zagreb (ex Agrain). — Societas scientiarum naturaiium croatica (Ilislo- 
rico-nalnralis) : 1921 (manque 1914 à 1920). 

I.AVAL. IMPRIMERIE BARNEOUD. 



\ 



i 









Séance du 9 mai lO'S'^. 

r'RÉSIDKNCK DE ^\ . BRUMPT, PRÉSIDENT. 



Mme. Phisalix s'excuse de son absence- 

MM. Desoil et Parât remercient de leur admission. 

M. le président exprime les regrets de la Société au sujet -de 
la mort du professeur Studer, de Berne. 

11 présente les félicitations de tous à M. de Beauchamp, nommé 
maître de conférences à l'Université de Strasbourg et à 
]\[. Magnin, nommé officier d'Académie. 

Mme. MiLLOT, 14, cité Vaneau, à Paris (7*^), est présentée par 
MM. Babaud et Verne. 

M. le D'' A. G. HoRiNYOLD, ancien Privat-docent de zoolo- 
gie aux Universités de Fribourg (Suisse) et Genève, professeur 
agrégé à l'Institut espagnol d'océanographie, à Madrid (Espa- 
gne), est présenté par MM. Pellegrin et Boule. 

M. Pérez a observé un Chien niàlc portant des tétines pen- 
dantes et flasques comme celles d'une femelle ayant eu de mul- 
tiples portées. 11 a observé aussi un Grimpereau (Ce;-/// m) grim- 
pant contre la grande cheminée de la Sorbonne comme après 
un arbre. 

M. Boule expose ses observations sur les Aloses, sur un nou- 
veau Poisson de Madère {Scomhrolahrax he ter oie pis) et sur le 
développement de Lnvarus iniperialis. 

Ouvrages offerts : 

UouLE (Louis). Desci'iplion de Scoinbrolabrax Iteterolepis, nos. gen., 
nov. sp., Poisson abjssal nouveau de l'île Madère [fiull . Oceanogr. 
Monaco, no 408,20 mars 1922). 

Houle (Louis). La migration reproductrice et la protandrie de TAlose 
X(imi&{Àlosa liiita L.) iAïui. sci. nat. (10), V., p. 01-70, pi. i. 




10 



132 SÉANCE l.U !) MAI 1922 

SUR DEUX CRUSTACÉS PARASITES DE LA 
GALATHEA SQUAM/FERA LEACH 

PAR 

Charles PÉREZ 

.Jai récolté, le 20 avril dernier, dans la baie de Villcfranche- 
sur-Mei" (Alpes-Maritimes), deux individus de Galathea squa- 
mifera Leach, porteurs de pai'asites (ju'il me parait intéressant 
de signaler. 

Lun csf une femelle à peu près adulte, et porte une Pleuro- 
rrij/ila yalailinv liesse, provoquant sur le cAté droit de la 
carapace thoraciijuc la déformation en bosse (jui décèle d'avance 
la présence de ce Bopyrien. Ce parasite, rencontré en diverses 
localités des côtes françaises ou anglaises de la Alancbe, a été 
également signalé à Naples ; sa présence à Villefninche n'a lien 
de surprenant. 

L'autre individu est un niAle adulte, et porte sons l'abdomen 
un Rhizocéphale du genre Lmneodificus. A l'état frais, ce para- 
site (pii était au moment de libérer bientôt ses Nauplius, avait 
une couleur d'un rouge vineux. Dans sa monographie des lihi- 
zocépliales du (l(jlfe de Xaples [Fauna imd Flora, t. XXIX, 
J906) G. Smith a fait connaître sous le nom de Lrr/uvodi.scu'i 
s/rigosfp l'espèce (jui parasite à Naples la Galathea slrigosa 
j'abricius, et sous le nom de L. galathcv celle (jui parasite à 
Naples la Galathea diapersa S. Bâte et sur les côtes de Norvège 
la G. inlermcdia Lilljeborg. J'ai également récolté autrefois 
cette espèce un peu au large des j^asses du bassin d'Arcacbon, 
où elle parait assez commune ; Kollmann l'a retrouvée aussi à 
Saint- Vaast. Mais le Rhizocéphale de la Galathea sfjiiamifera. ne 
semble pas avoir été jamais signalé. Je propose de le désigner 
sous le nom de Lernseodiscus squamiferse. Il y a lieu de signa- 
ler la présence de cet intéressant parasite dans la baie de Ville- 
franche, où il pourra être recherché sur les nondjreuses Gala- 
thées ramenées dans leurs fonds de chalut par les pécheurs de 
Crevettes. 

Les deux individus parasités qui font l'objet de la présente 
note ont été trouvés dans un lot d'une dizaine, abandonnés sur 



SÉANCE DU 9 MAI 1922 133 

le bord par un pêcheur ; mais il ne faudrait évidemment pas 
fonder sur ce seul chiffre une indication de fréquence. J'ai exa- 
miné sur le marché de Nice un grand nombre de Galathées 
sans en trouver une seule parasitée. 

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

KoLLMANiN (Max). Noies sur les Rhizocéphales {Arch. Zool.Exp., (5), IJOOQ; 

MN'oles et Uoviie) 
I'krez (Charles) .Su i- l'existence du Lernœodiscus galatheœ Smith dans le 
golfe de Gascogne {Procès- Verbaux Soc. Sci. Phys. Nat. Bordeaux, 
1907 — Congrès des Pêches Maritimes, Bordeaux, 1907). 



L'ARRIVÉE DES HIRONDELLES EN 1922 



PAR 



L. PETIT, aîné. 

Si les Hirondelles, nos messagères du printemps, qui vien- 
nent nous charmer par leur présence tout en nous rendant le 
service de détruire bon nombre d'Insectes, avaient été pré- 
vovantes cette année, elles auraient, comme l'an passé, retardé 
leur arrivée de quelques jours. Leur instinct a été en défaut 
cette fois. Nous avons eu en elfet un mois d'avril absolument 
déplorable et bon nombre d'entre elles sont mortes de froid et 
de faim, d'après plusieurs de mes aimables correspondants, 
connue M. le commandant Caziot, notre collègue de Nice. Cer- 
tains journaux n'ont-ils pas annoncé que le froid avait occasionné 
une véritable hécatombe d'Hirondelles dans la région de Cham- 
béry et que du 10 au 15 avril on en avait trouvé un grand nom- 
])re mortes dans les eaux du lac du Bourse t. 

M. Te)1ier, notre collègue de Luçon, signale l'arrivée de quel- 
ques-unes le 4 avril, par une forte bourrasque du sud, puis leur 
disparition et leur retour quelques jours après. 

M. Mavel, directeur d'école à Combronde (Puy-de-Dome) a 
observé une Hirondelle le 6 avril. Elle a disparu dès le lende- 
main. Un groupe de 7 à 8 a été remarqué le 8 avril. Du 8 au 
15 il en est encore apparu quelques-unes. Du 16 au 28, période 



134 SÉANCE DU 9 MAI 1922 

de froid et de pluie, les Hirondelles ne sont presque pas sor- 
ties. Après le 23 elles sont revenues aussi nombreuses que les 
années précédentes. 

M. liEAUSEK, de Lyon, m'annonce (|ii(' ([uelcjucs-unes sont 
arrivées le 8 avril, puis ont disparu })our revenir en noml)re 
le 15. iM. Marchal, à Decize, m'avise de leur jiassai^e le 14. Elles 
sont annoncées à la mémo date par M. iJALiFARoà Alençon, puis 
le même jour à .luvisy, lUanc-iMcsnil et Amiens. M. dk Kkium^uvé 
signale leur arrivée à Lacros (Pas-de-Calais) le 14 également, 
ainsi «pie la présence du Coucou, (puî j'ai entendu moi-même à 
Fontainebleau à la même date. 

M. Héricheu indique lan'ivée des Hirondelles à Yvetol le 
15 avril. 

Ouand aux Martinets, ils ont fait leur apparition à la même 
date que l'année dernière, c'est-à-dire le 23 avril. 

M. lÎAiiAiJD signale l'arrivée des Hirondelles dans la région 
de Montaubau le 10 avril. M. le comte Di^LAMARin: dk Monchaux 
remarque que dans le Blaisois elles sont arrivées la veille de la 
tempête. 



SUR UN ESSAI DE CLASSIFICATION RATIONNELLE 

DES ISOPODES 

l'.VK 

Th. MONOD 

Des recherches récentes nous ont amenés à tenter une syn- 
thèse générale de l'ordre des Isopodes s. lat. et à condenser 
dans un tableau de classification les affinités réciproques des 
types constitutifs. 

fia place tout à fait à part qu'il faut accorder auxGfiaf/iiidae 
a conduit H. .1. Hansen à créer pour eux un sous-ordre nouveau, 
les Gnathiidea. A mon avis, il faut faire plus et attribuer aux 
Gnat/iiif/ea une valeur systématique égale en importance à l'en- 
semble de tous les autres Isopodes. La réduction du 8*= seg- 
ment péréial (secondaire) (1) et l'adjonction par souduie du 

(I) C'est-à-dire qu'elle ne résulte pas d'un simple arrél de développement 
niai= bien d'une dégonérescenre. 



SKANCE DU 9 MAI 1922 135 

2*^ somite péréial au complexe céphalicjiie, sont des caractères qui 
autorisent cette manière de voir, comme aussi l'absence de marsu- 
pium proprement dit, l'étendue dudimorpliisme sexuel et l'étude 
du cycle évolutif. Pour la section renfermant le sous ordre uni- 
que Gnathiidea^ je propose la reprise du nom de L.vtreille 
(Fam. nat. 1825, page 289) : Decempedes. Reste l'immense 
ensemble des Quatuor decempedes . Parmi les formes qui s'oppo- 
sent à la section des Decempedes par la possession de 7 paires 
de pattes péréiales développées (excl. Hi/ssura, Cru regens et 
'Colanlhura), le plus souvent sans rapports physiologiques avec 
le cadre buccal et l'individualisation de 7 somites péréiaux, 
nous distinguerons trois ensembles, formant trois sous-sections. 
Le groupe dos Phreatoicidea doit occuper une place à part : 
leur aspect amphipodique et leur morphologie spéciale justi- 
fient suffisamment cette opinion. Le terme de Gammarif ormes 
pourrait leur être appliqué pour rappeler l'extrême analogie 
d'apparence existant entre les PAreâ/ozczc^ert! et les Gammaridea. 
Les lsoj)oda normalia (tous les Isopodes moins les Gnathiidea 
et les Phrealoicidea) comprennent aujourd'hui 3 sous-ordres : 
FlaheUifera (excl. Gnalhiidœ), Valvifera, Asellota, Oniscoidea 
et Epicaridea (1). Plusieurs de ces groupes sont irréductibles et 
représentent de véritables séries naturelles. Les Flabellifera au 
contraire, caractérisées par la seule existence d'un éventail 
caudal, ont longtemps renfermé des éléments très hétérogè- 
nes : la famille des Gnaf/iiidœ en a été séparée par H. J. Han- 
SEiN (1916). La même décision s'impose pour celle des Anthi/ri- 
cke ([ue HA^SEN avait cru devoir maintenir parmi les Flabellifera. 
Pour réduire ce sous-ordre aux limites d'un groupe naturel (qui 
deviendra par là plus aisément comparable avec les Valvifera) 
il nous paraît nécessaire, non seulement d'ériger la famille des 
Anlharidœ au rang de sous-ordre, mais de faire de ce sous-ordre 
une sous-section des Quatuordecempedes . En effet, le groupe 
des Anthuridœ se rapproche par plusieurs points des Gnafhii- 
dœ : morphologie des pièces buccales, atrophie occasionnelle 
du 8'' segment péréial qui perd son merome appondiculairechez 
Hyssiira, Ci^arcgens et Colanthura . A. Dohrn avait déjà 
remarqué et la nécessité de considérer les Anceidiv comme voi- 
sins des Anthuridœ, et celle d'opposer ces deux groupes au 

(1) Ordre suivi par G. 0. Sahs, 1897. 



\M .SÉANCK 1)L y MAI 1922 

reste des Isopodes (1). Baïe et Westwood placent les Anthuridiv 
dans leur groupe Aherrantia à côté des Tanaidiv et des Ancei- 
dœ. A l'intérieur des QuatuordecempcdcH, nous attrihueroiis 
donc une place à part aux Anllniridœ, méritée à la ft)is [)ar 
leurs al'linités avec les Gnallùidie et par l'ensemble des carac- 
tères qui les séparent des Flahellifera vrais (corps <ill(»ngé et 
subcylindrique (2), appareil l)uccal suceur, telson le plus sou- 
vent individualisé, trois premières paires de péréiopodes 
sub-chélatées). Le tableau suivant résume le présent travail : 

I»KRA(:AI{II)A, CnlmanlOOi. 

1. — MYSIDACEA. Hoas 1888. 

2. — CUMACEA, Krnyer 18i(): S) MI>Ol)A, Stobbing. 

3. — AMPHIPODA, Latreiile 18Ui. 

i. — TANAIDACEAJIansen \mh, ANISOPODA, Dana IH.Vi 
p. p.; (IJJiLIFERA, (î. (). Sars 1882; TANAIOIDEA. 
Hichardsou sec|. Tli. Gill VM)\. 
5. — EUISOPODA, Kossmann 1880; ISOPODA s str , 
Latreille 1817. 
A. - l)i:Cli.MPH]DKS, Latreille 182;), p. p. ; .LVO- 
A/.l/./l, (lerstaecker 1882-1888. 
a)GNATHIIDEA, II. .1. Ilansen 191(). 
li. _ (jUATU(Hil)i:(:i<MPP]l)ES, nov. nom. 

I. — ABERRANTIA, Baie and Westwood, p. p. LS()8. 
a) Anthuridea, iiov. nom. 

IL - NORMALIA. Bâte aiid Westwood 1808. 

a) ASELLOTA, Latreille 1806; ASELLOIDEA, 

Bichanlson se(j. Th. (liU 190L 
I.) VALVIFERA, <;. O. Sars 1882; 11)01. JilDEA, 

Dana 1852 ; IDOTIÏEOIDEA , Bichardson seq. 

Th. (liU. 190L 
c) FLAHELLIFERA, (.. U. Sars 1882; CYMOTHOI- 

DEA, Dana, I8;)2 (Lxcl. ANTIH lilD E A GNA- 

IIIIID.E). 



(1)A. DoHKN Zur Kenntiss dos Bauiis von Paranthura coslanu 'Zeilschr. 
wiss. ZooL, XX, 1869. p. 92), 

(2) Seule la considération de la pliysion jinie extiTieure a pu imlnire Leacii à 
placer un Giroianiiié vrai, Conilera cylindracea (Mont.) dans le genre Anihura. 



SÉANCE DU 9 MAI 11)22 137 

d) EPICARIDEA, Latreille l<S;îl ; HOPVROfDEA, 
Richardsou seq. Th. (iill. 1904. 

e) ONISCOIDBA, Dana, 1852. 

m. — Gammariformes, nov nom. 
a) PHREATOICIDEA, Stebbing- 1893. 

Sans vouloir discuter ici en détail les problèmes phylogénéti- 
ques soulevés par la classification des Isopodes, nous désirons 
cependant préciser quelques points relatifs à l'évolution du type 
caridoïde primitif, forme souche des Eumalacostraca (1). On 
admet aujourd'hui à la suite des travaux synthétiques de Boas 
(1893), Hansen (1893), Cai.man (1901), (|ue ce type adonné nais- 
sance à quatre pliylums, dont deux, Pcrocarida et Si/ncarida, 
n'ont divergé du tronc commun qu'à une époque relativement 
tardive. Dans le phylum des Peracarida, les ordres des Sym- 
poda et des Mi/sidacea ont conservé des caractères archaï- 
ques (2) (présence d'une carapace résultant de la fusion des 
somites céphaliques et de 3 ou 4 somites péréiaux, présence 
d'exopodites à tous les péréiopodes {Myddacea) ou à certains 
d'entre eux (Si/mpoda), etc.), et représentent, dans la nature 
actuelle, les formes les plus primitives. L'ordre des Amphipoda 
occupe aujourd'hui une place tout à fait isolée dans la série 
péracaridienne, consécutive d'une différentiation ancienne. Boas 
considère les Amphipoda comme voisins des Isopuda et comme 
dérivant comme eux d'un ancêtre apseudoïde (3). En effet, les 
Taiiaïdacea ont pour lui un certain nom])re de points de con- 
tact avec les Amphipoda (duplicité du tlagellum antennulaire, 
présence de pléopodes sans adaptation particulière à la respi- 

(I) Nous laissons entièrement de côté la question des affinités des Leptostraea. 

{■i) Ces deux ordres sont aujourd'liui très éloignés l'un de l'autre, à la suite 
d'adaptations à des f^enres de vie très différents : les Mijsidacea, sont essentiel- 
lement pélagiques et nageurs, alors que les Cumdcea [Sympodn) réalisent des 
adaptations parfaites, parfois remarquablement compliquées {Zi/goslphon) à la 
vie benliiiqup, limicole. Il est infiniment probable que la faculté de nager, pos- 
sédée par certaines formes {Cuiiiflla pi/r/rmea, Sars, o" ; Nanaastacus unguicula- 
/MS(Bate) Sars, d" ; Iphinoe Irlspinosa (Guodsir) Baie, o" 9) est, comme pour cer- 
tains Tanmdacca, primitive et non secondaire. 

Ci) Moi'phol. Jahvb.,-\\\, 188:5, p. Ko4 « Unter den Isopoden sind es dann 
offenbar die Tanaïdun, nauienllich Apseudes, welciie im Ganzen den Amphipo- 
den am nâcbslen verwandt sind, und so viel diirlte wohl mit einiger Sicherheit 
ausgesproehen vverden, dass die Isopoden und die Amphipoden von einer 
gemeinsamen Stammform abstammen, webhe dem Apseudes ziemlich nahe 
verwandt war ». 



138 SÉANCE DU 9 y\A\ 1922 

ration, identiques chez les deux sexes, cœur entièrcjncnt 
péréial, etc.). La valeur de ces caractères paraît douteuse, car 
l'on connaît des Isopodes, dont l'antennule porte 2 llai;ellunis 
[Bdtlu/nom^is, Epicaridea/^xw. part.), dont les pléopodessont, 
en plus de leur fonction branchiale, sétigères et locomoteurs, 
ne présentant pas de diniorj)hisine sexuel {G/mthilda'), dont 
enfin le cœur, sans être exclusivement thoracique, s'éten<l lar- 
gement à l'intérieur de ce tagma [Jaera). 

Par contre, on peut signaler entre le groupe Si/m/joda-Tanai- 
dacpa-lsopoda d'une part, et le groupe Amjthijioda d'autre 
part, des différences profouth's rej)osant sur des caractères 
aux(piels il est impossible de supposer une origine in(h'q)en- 
dante : pi'ésence d'une glande antennaire développée, telson 
ti'és généralement individualisé, embryon gastérotrope (secon- 
dairement), jeune possédant à léclosion tous les appendicesde 
ladullc, l)ran('hies représentant des épipodites ((^laus). Par 
certaines de ces mo(hilités, les Ampliipodn (1) se révèlent 
comme issus du rameau des Mj/si<la<ea antérieurement à la 
dill'érentiation de ces derniers (sous leur fonne actuelle). 

Un type pré-cumacé — et non un Cumacé quelconque de la 
nature actuidle (cf. FioAS, loe. cit., p. 561) — ad(mné naissance à 
l'ensemble des Isopoda s. lat. Les Tana'tdacea, qu'on a parfois 
voulu rapprocher des Amphipoda, ont conservé un certain nom- 
bre de caractères archaï(pies (j)ermanence d'une cavité bran- 
chiale corrélative de l'existence d'une carapace, présence d'un 
éj)ipodite respiratoire au maxillipède et occasionnellement d'exo- 
podites à certains péréiopodes). Leur carapace réduite, à la cons- 
titution de laquelle ne jiarticipent que les somites I et II du 
péréion, nous indique l'existence d'un processus d'individuali- 
sation (]ui aboutira, chez les Euisopuda à la suppression 
totale (chez l'adulte) (2) de toute duplicature céphalo-thora- 
cique. 

De la souche apseudoïde se sont détachés un certain nondirc 
de l'ameaux dont les rapports phylétiques sont parfois masqués 
par les etfets d'une convergence secondaire, due aune identité 



(1) Cf. pour les aflinilés des Amphipodes : Cai.jian (Crusiacca, in : Lankester, 
Trealise, p. :239 240). 

(2) En elTet, l'embryon de Jaera présenlu un ludimenl de carapace et il laut. 
semble-t-il, atlribuer la nii/me valeur morphologique à l'organe trilobé drs 
(Miiiiiyons d'Asellus. 



SÉANCE DU 9 MAI 1922 



139 



de coniportcmcnt éthologique. Le groupe des Phreatoicidea 
doit à une différentiation ancienne son aspect ampliipodicjue ; 
les Gnathiidea sont d'une interprétation particulièrement déli- 
cate, car ils présentent un étonnant mélange de caractères dont 

HoplocarjM Eucariia Syncarimteracarida 



Tupe caridOLcle prinuLt 



E'ptc^rtaea Vai-UL^era 



FUAl 







ûniôcoiclea 

A^ellûta 




TaRaidacea 



My6Laacea 



eracartcle p 



les uns paraissent primitifs alors que les autres représentent 
des acquisitions postérieures : la présence d'un stade larvaire 
parasite suivi de dégénérescence partielle, vientencore en com- 
plique)' l'étude; il est cependant certain que le groupe a 
divergé très tôt de la souche des Euisopoda. Avec les Anthuri- 
dea nous avons affaire à un sous-ordre dont les affinités réelles 
sont difficiles à découvrir sous les caractères adaptatifs secon- 



140 SÉANCE UU 9 MAI t*.>22 

claires : nous croyons cependant qu'ils doivent être considérés 
comme phylétiquement parlant voisins des Gnathiidea et comme 
possédant avec ces derniers un ancêtre commun x' . Les Asel- 
lota sont sans conteste un g roupe très primitif, mais il ne s'en- 
suit pas pour cela qu'il faille chercher chez eux l'origine de la 
lignée homogène (1) FlabcUifera-Valiùfera. 

La présence d'uropodes allongés (cf. Assellotd), d'un tlagel- 
lum autennairc iiiultiarticulé chez L/V/m océanien L. et la 
découverte d'une squama à l'antenne de la même espèce par 
Nansen (higolf Exp., fsopot/n, lîM(), j». 201) permettent de consi- 
déi'cr les Onùcidea comme un rameau ancien — très évolué 
jiujoui-d'hui — mais ayant conservé quelcpies signes manifestes 
de l'anticfuité de sa diM'érentiatictii. Il est inutile d'insister, pour 
l'instant, sur le sous-ordre des FlahfUifera, (fui renferment, ou 
ont l'enfermé les formes ancestrales de deux groupes très modi- 
fiés, les Epicrnidra et les Valvifera. Nous résumerons les qucl- 
(jues indications ([ui précèdent pai' les schémas ci-joints. 

Tracad du lahoniloire de M. A. (inicel 
[Muséum national d' histoire naturelle). 



SUR UNE NOUVELLE SÉRIE NATURELLE DE PIGMENTS 

ANIMAUX 



PAU 



Marcel PRENANT 

I^es inclusions à peroxydases ({uc j'étudie actuellement (i2) 
ont fréquemment des rapports frappants avec des inclusions 
pignientaires. 

Très souvent, tout d'ahord, les cellules à peroxydases et cer- 
taines cellules pignientaires ont même forme, même aspect, et 
sont localisées ou concentrées côte à côte dans les mêmes 
régions du corps. Dans les hranrhies, les palpes, le bord du 

(Il Depuis que les (InalhUdea et Anlhuridea on ont été distraits. 
(2) Voir : C. R Sor. Biot., o novembre 1921; Bull. Soc. Zool. France, 
tt novembre 19iM. 



SÉANCE DU 9 MAI 1922 141 

manteau, le pied des Lamellibranches, la benzidine et l'eau 
oxygénée révèlent de fines granulations dans la région superti- 
cielle des cellules épithéliales ; ces granulations ont exactement 
la même situation que les fines granulations pignientaires brun 
clair des mêmes cellules; un parallélisme du môme ordre 
s'observe dans le tissu conjonctif. 

Dans les téguments de certains Prosobranclies {Littorina, 
Cah/ptrxa)^ et de certaines Annélides [Serpula, Polydora, Syl- 
lis), dans les parapodes à' Hannothoe imbricata L., dans les 
articles terminaux des antennes et des cirres tentaculaires de 
divers Syllidiens, il en est à peu près de même, c'est-à-dire que 
des cellules conjonctives ou surtout épithéliales banales renfer- 
ment, les unes des granulations de peroxydases, les autres 
des grains de pigment brun, et sont mêlées les unes aux 
autres. 

Chez Enchytraeus vermicularis Holïm., où certaines régions 
du tégument présentent des accumulations de petites cellules à 
pigment brun, la benzidine colore surtout ces régions : les cel- 
lules à peroxydase sont mêlées aux cellules à pigment^ et il y 
a même des cellules mixtes, contenant à la fois des granulations 
pigmentaires et des granulations à peroxydase. Chez certains 
Syllidiens, alors que le dos présente des cellules conjonctives 
pigmentées, les flancs n'ont que des cellules à peroxydase : le 
passage d'une des régions à l'autre se fait progressivement, et, 
ici encore, on observe dans la zone de transition des cellules 
mixtes. Chez les Polijdova, pigment et peroxydase sont répartis 
dans le corps sur un même réticulum conjonctif; dans les bran- 
chies ils sont contenus lun et l'autre dans des cellules épithé- 
liales. Dans la région postérieure des Arénicoles, sur le som- 
met des papilles cutanées, il y a de nombreuses cellules riches 
en peroxydase : en allant vers les bords de la papille on trouve 
des cellules mixtes, puis des éléments tout à fait analogues 
pigmentés de jaune brun, avec quelques grains noirs ; dans la 
région antérieure les relations sont analogues, maistopographi- 
quement moins nettes. Des cellules mixtes s'observent, en outi'c, 
clans les téguments des Phascolosonics. 

On peut noter, d'autre part, des cas où les cellules à peroxy- 
dase ont l'aspect ramifié de chroniatophores typiques. On 
observe facilement, chez Eteone picta Qtf., à la base de chaque 
parapode^ un véritable chromatophore ramifié à peroxydase, 



Ii2 SÉANCK DU 9 MAI J 922 

(|ui est niclé à des chroiiiatophores à pigment brun tout à fait 
soniblables à hii. (îbcz Noreis dumerilii Aud. et Edvv., il 
existe des grou^Jes métaniériques de celhiles pourvues de longs 
prolongements et bourrées de ijeroxydase. Chez un petit Ser- 
pulacé, malheureusement indéterminé, j'ai observé des cellules 
à peroxydase, groupées en amas étoiles, semblables à des chro- 
matophores complexes. 

Dans le tube (Hgestif aussi le pigment est parfois associé à 
des peroxydases. Cl)ez les Triclades les cellules intestinales 
contiennent, les unes un pigment que j'ai étudié ailleurs (1), les 
antres des granulations à peroxydase, qui ont môme aspect que 
les grains de pigment et sont seulement un peu plus petites. 
Chez Acantlioc/ùtes les cellules à pigment jaune de l'intestin 
sont mêlées à des cellules à peroxydase qui leur sont sembla- 
bles. Dans le foie des Mollusques Gastéropodes et Lamellibran- 
ches, les cellub'sà ferment (cellules hépaliques de Cuéxot) sont 
boui'rées, le fait est bien connu, d'inclusions sj)liéi'i({ues, les unes 
incolores, les autres jaune-brun : or une parlie des premières 
sont colorées en bleu violacé par la benzidine etl'eau oxygénée. 
11 est remanjuable que, les dimensions des sphères jaunes 
variant beaucoup suivant les espèces, celles des corps à peroxy- 
dase varient parallèlejuent. Il est remar(piable aussi que le 
parallélisme des deux sortes d'inclusions subsiste même chez les 
Pleurobranc/ius, les Go/iiodoris et les (^é[»halopi)<les, animaux 
(jui, à part cela, ne inuiit donné nulle part la réaction de la 
benzidine. 

Tous ces faits, (jui pourraient être suivis dans b? (b'tail, et 
d'iiutres encore, (juc je dévelopjjcrai ailleurs, mar(juent une 
incontestable association de la peroxydase et de certains pig- 
ments bruns, avant tout parmi les Mollus(]ues et les Vers. Cette 
association ne peut s'expliquer que de deux façons : soit en 
admettant un parallélisme fréquent pf»ur des causes commu- 
nes, soit plutôt en admettant une lelation génétique entre les 
deux sortes de formations. Cette dernière hypothèse serait 
rigoureusement démontrée si des animaux formateurs de pig- 
ment on joouvait extraire un chromogène; et si l'on pouvait, en 
offrant ce chromogène aux cellules à peroxydase, leur faire 



(1) M. Prenant. — Recherches sur le parcncliyrne des l'IaUiolniintlies (<4;rA. 
Morphol. Gén. Iixpéi'., 1922/. 



SÉANCE DU 9 MAI 1922 143 

fabriquer du pigment. Les essais que j'ai faits en ce sens, sur 
des INIoules notamment, ont échoué : il est probal)le que le 
chromogène n'est présent, à la fois, qu'en trop petite quantité, 
la pigmentation naturelle étant un phénomène très lent. 

Mais l'étude systématique du ferment oxydant m'ayant mon- 
tré que celui-ci agit, non seulement sur la benzidine, mais sur 
une série de composés chimiques définis, présentant, comme 
elle, au moins deux fonctions aminés ou phénols directement 
lixées à un noyau aromatique en position ortlio ou para, j'ai 
cherché à fournir ces corps aux animaux vivants pour oliteuir 
d'eux la formation d'un pigment artificiel. J'ai donc placé, pen- 
dant deux à trois jours, des Moules dans des solutions étendues 
de paraphénylènediamine, de paramidophénol, de diamidophé- 
nol, d'hydroquinone, de pyrogallol dans l'eau de mer. Dans 
ces conditions ces corps sont en efiet absorbés et excrétés par 
oxydation dans les branchies, les palpes, le bord du manteau, 
et à un moindre degré dans le pied, c'est-à-dire dans les régions 
à ferment oxydant, et dans elles seules : il s'est fait dans ces 
régions des pigments artificiels, qui avec l'hydroquinone et le 
pyrogallol sont brun-rouge, violet très foncé avec la para- 
phénylènediamine, et de couleur intermédiaire avec le para- 
midophénol et le diamidophénol. L'examen microscopique, soit 
par compression sur le frais, soit par les procédés courants de 
[histologie, si le pigment formé est assez résistant aux dissol- 
vants (paraphénylènediamine et diamidophénol) confirme que 
le pigment artificiel est granuleux et occupe exactement la 
même place que le pigment naturel d'une part, les granulations 
à peroxydase de l'autre. 

Ces faits, en eux-mêmes, seraient déjà intéressants en mon- 
trant que le ferment oxydant peut agir même in vivo et pro- 
duire des pigments si on lui fournit des accepteurs. Ils prennent 
plus dintérêt encore, du fait que les ortho et paradiphénols 
peuvent être considérés comme des aboutissants fréquents du 
métabolisme des protéiques, sans doute par transformation de 
la tyrosine et de la phénylalanin^e. L'un deux, l'acide homo- 
gentisinique, dont l'existence paraît assez générale dans les 
organismes, a d'ailleurs déjà été regardé comme donnant nais- 
sance à certains pigments bruns ; on a même admis que la 
mélanisation de la tyrosine comportait un passage par son 
intermédiaire. Des essais analogues aux précédents, faits avec 



144 SKANCK Dl 9 MAI 1922 

de petites quantités (raeide homogentisiniquo. que j'ai <lù me 
procurer par synthèse, mont donué un pigment artilicielbiun, 
analogue au pigment naturel et présentant les mêmes caractè- 
res de solul)ilité dans divers réactifs. 

A vrai dire, les pigments considérés ici n'ont pas de caractères 
lihysi([ues très constants. Les uns sont insolubles dans les réac- 
tifs courants de l'histologie et dans les acides, soluhles ou non 
dans les alcalis : ce sont, en somme, des mélanines. D'autres, 
de couleur généralement plus claire, sont soluhles, au con- 
traire, thins l'alcool et les solvants des graisses : ils répondent 
en général à la délinition de l'ancienne catégorie des lipochro- 
mes. Mais on sait condnen ces catégories anciennes étaient arti- 
ficielles. Il y a d'ailleurs des cas où des rapports directs exis- 
tent entre ces deux types. Dans le foie de Moule la plus grande 
partie du pigment hruu est soluhle dans l'alcool ou (hms l'acé- 
tone, mais il reste toujours quelques graïuilations toutes sem- 
blal)les que ces réactifs ne peuvent décolorer. Chez les Arénico- 
les, Fauvkl (1) a montré que le pigment noir insolnl)le, 
niélani(fue, provient de la transformation d'un pigment jaune, 
scduhle dans 1 alcool, qu'il a appelé uranidine. .l'ai pu vérifiei' 
ces résultats et constater de plus la relation étroite (jui unit 
liiranidine à la peroxychase. 

La chimie des produits d'oxydation des diphénols les plus 
simples est encore à peu près totalement inconnue : à plus 
forte raison lorscpi'il s'agit de diphénols complexes. On ne peut 
donc tenter l'explication des transformations subies que dans 
ses très grandes lignes. L'oxydation spontanée des (hpiiénols 
donne, de façon transitoire, des quinones, qui su]>issent très 
vite des oxydations et des condensations beaucoup ])lus com- 
pliquées ; les premiers produits formés sont relativement solu- 
bles dans les divers réactifs, puis ils le deviennent de moins 
en moins. Si l'on ajoute que ces produits d'oxydation donnent, 
avec les albuminoïdes, des combinaisons insolu])les (2), on 



(1) Facvei.. — Sur le pigment dos Arénicoles (C. /?. Acad. Se, GXXIX , 
1899j. 

(2) A. et L. LuMiiiUE et Sevewetz. — Sur linsolubilisation «le la gélatine par 
les produits d'oxydation à l'air des corps à lonciion phénoligue [Bull. Soc. Chtm. 
Paris, 1901)). 

Sur l'insolubilisation de la gélatine par la quinone (Bull. Sjc. Chini. Paris, 
1907). 



SÉANCE DU 9- MAI 192^2 i4o 

comprend la variété des caractères physiques qu'ont les pis:- 
nieuts de cette nature. 

Il me semble en résumé qu'un certain nombre de pigments, 
variant du jaime-brun au brun-noir, comj)tés jusqu'ici dans les 
lipochromes, les uranidines et les mélanines, et répandus sur- 
tout chez les Mollusques et les Vers, peuvent être rassemblés 
on une famille naturelle définie par ses rapports avec un fer- 
ment oxydant les ortho et paradiphénols. Us sont vraisembla- 
blement constitués par des composés à structure quinonique et 
par les corps plus complexes qui en dérivent par oxydation, 
polymérisation et condensation, au besoin avec des matières 
jDrotéiques. 

{Laboratoire de zoologie de l Ecole normale supérieure). 



BRÈVES OBSERVATIONS SUR LA PRANIZA (FORME 
LARVAIRE DE GNATHIA) DANS LA BAIE DE DOUARNENEZ 



PAR 



R. AIMTHONV 

Aux mois d'août et de septembre 1919 et 1920, j'ai rencontré, 
à la côte, aux lieux dits Lestrevet, Pentrez et Cameros, situés 
sur le littoral est de la baie de Douarnenez, et échelonnés du 
sud au nord entre Douarnenez et Morgat, d'assez nombreuses 
formes larvaires (stade Praniza) de Gnathia, se rapjjortant très 
vraisemblablement à l'espèce Gnathia maxillaris Montagu qui 
est de beaucoup la plus répandue et dans laquelle entreront 
peut-être un certain nombre des autres espèces décrites lors- 
qu'elles auront été mieux étudiées ; cette réserve que je viens 
de faire me parait cependant nécessitée par la très grande dif- 
ficulté qui existe actuellement de déterminer spécifiquement les 
larves de Gnathia. 

La taille des exemplaires que j'ai recueillis variait entre 2 et 
7 millimètres ; leur abdomen ne présentait aucune indication 
de segmentation; leur aspect était en somme exactement celui 
des individus rencontrés par A. Hrian dans diverses localités 



\m SÉANCE DU'Î) MAI 1022 

de la côte italienne et qu'il a représentés dans les figures 1, 2, 
3, 4, o de la planche i de son mémoire (1). 

Ces petites Isopodes vivaient fixés par leurs pièces buccales 
sur les téguments externes des Poissons littoraux dont les noms 
suivent : Molclla mustela L., Cotlus biihalis Euplir,, Crenila- 
brus melops L., cette dernière espèce étant beaucoup plus rare 
ment parasitée que les deux précédentes et surtout que la pre- 
mière, .le n'ai jamais vu de Pranizes lixécs sur la muqueuse 
buccale ou sui' les branchies, comme A Hiuan la le plus sou- 
vent observé. 

La région la ])lus habitu(dle de fixation que j'ai notée sur le 
Col tus est la base de la deuxième nageoire dorsale et son voisi- 
nage immédiat; j'ai trouvé aussi des parasites à l'aiselle de la 
nageoire pectorale, quel(|uel"()is sur la tête et dans la région des 
arcs branchiostèges, plus rarement sur l'abdomen (chez la 
Molella par exemple). Souvent la .Ury/«"//rt présente, à la surface 
du corps, des plaies dont il ne j)arait pas certain, étant donnée 
leur taille assez grande, (ju'on puisse dire ([ue les Praïazes en 
sont la cause. Cependant on trouve ces dernières fréquemment 
lixées sur ces j)laies ou à leur très proche voisinage. 

Dans son travail déjà cité, A. Urian énumère les divers Pois- 
sons littoraux, de haute mer ou de profondeur sur lesquels lui- 
même OH d'autres auteurs ont rencontré jusqu'ici des G/tat/iia 
au stade Piainza. Je ne relève pas dans ses listes les noms des 
Poissons sur lesquels j'ai moi-même observé de ces parasites (2) ; 
ceci n'est d'ailleurs nullement étonnant, puisque les observations 
de A. HriaiN et la plupart de celles qu'il cite <mt été faites en Médi- 
terranée : si le CrenHabrusmelop'i L. par exemple peut se ren- 
contrer en .Méditerranée, le Cotlus biibalis Euphr. y est 
inconnu. 

J'ai remarqué que sur la Motelle les parasites présentaient 
une teinte variant du rouge-brun foncé au rose pâle, alors que 
sur le Cotte et le Crénilabre ils présentaient une teinte verdA- 
tre plus ou moins foncée ; au surplus cette coloration se limite 
à la partie la plus volumineuse du corps c'est-à-dire à l'abdo- 
men. 11 s<'mble que ce soit le pigment de la peau du Poisson ((ui 



(1) A. BiiiAN. Nota (li forme larvali (ii Anceidi (Gnalhia maxillnris .Sars) 
r.iccolle sui Posci [Itiv. mens, di Pesca e Idrobiologia, n"' 4, 5, 6, 7, 8, — 190!i). 

(2) Notons cependant que A. Biuan rappelle que la forme Anceus de Gnalltia 
a t'té vue sur le Cnitus Imhalis Kuplir. dans la nier du Nord. 



SÉANCE DU i> MAI 1922 147 

passe dans le tube digestif du Crustacé. D'ailleurs, le pigment 
se dissout dans l'alcool ; un séjour de quelques heures dans 
l'alcool à 70° donne à toutes les Pranizes une teinte d'un rose 
pâle indécis les faisant ressembler plus ou moins à celles qui 
vivent sur les Motelles. Ces observations concordent tout à fait 
avec celles faites par A. Brian. Nous sommes en présence ici 
d'un cas très simple de ce que l'on appelle l'homochromie 
nuti'iciale. 



NOTES SUR LES COPEPODES ASCIDICOLES 

\\.~ENTEROCOLABETENCOlJRriOkm, E. PTEROPHORA 

CH. ET BR. E. MAMMIFERA N. SP. 



PAR 



Edouard CHATTOIM et Hervé HARANT 
AVANT-PROPOS de E. Chatton 



L'étude, faite à Banyuls-sur-Mer en 1908, d'un Copépode 
parasite fréquent dans les Microcosmes, m'avait convaincu que, 
malgré d'excellents travaux, les Ascidicoles étaient fort mal 
connus. Je commençai à réunir dès ce moment les premiers 
matériaux d'une monographie de ces Crustacés. Cette tâche 
devait être de longue haleine. Mon ami Buément et moi nous 
associâmes pour la mener à bien. 

Notre but était beaucoup moins la découverte de parasites 
inédits, que l'analyse des adaptations aux conditions j^arasitai- 
res très diverses que trouvent les Copépodcs dans les Ascidies. 
La grande j)lasticité morphologique de ces Crustacés et la pos- 
siljilité de retrouver les souches libres des lignées de parasites, 
font de ces organismes un matériel de choix pour une sembla- 
ble étude. Mais la connaissance exacte des formes, de leur déve- 
loppement, et de leurs rapports avec leurs hôtes en est la con- 
dition première. 

11 




lis SKAiNCE DU i) MM i\)'2'2 

L'étude des hôtes est donc aussi indispensable que celle des 
parasites. Pris par d'autres travaux, je ne pouvais m'y consa- 
crer, ni même y participer d'une manière active. Hrk.mknt se la 
réserva. Lorsque la guerre survint, il avait déjà réuni sur les 
Ascidies des documents nombreux (ju'il travaillait à assembler 
pour en faire sa thèse de doctorat es sciences. Il a été Iné \c 
22 octobre 19Li. 

Profitant des loisirs que me procura en lî)15, une convales- 
cence de blessure, j'ai mis à jour et publié sous nos deux signa- 
tures trois notes tirées de documents conmunis. Ceux-ci ne sont 
pas épuisés et 1Jri;mknt signera toutes les pulilications pour 
lesquelles seront utilisés dos matériaux, à la mise en œuvre des- 
(|uels il a pris part. Mais il reste des collections dont l'étude est 
à faire de toutes pièces. Il reste aussi, pour atteindre le but visé, 
à poursuivre la recherche des (lopépodes dans les Ascidies, et 
létud*' de leurs rapi)ortsavec leurs liot(>s, et partant, l'étude des 
Ascidies elles-mêmes. 

M. le l)'" Jules Uichauu, dii'c<t<'ur du Musée océauogra- 
phicjue de Monaco, m'a fait la confiance de me céder tous les 
matériaux et (hjcuments laissés par Brémk.nt sur les Ascidies, 
parmi lesquels de nondireux dessins D'accordavec M. Riciiaiu», 
j'ai mis ces documents entre les mains d'un de nos meilleurs et 
plus consciencieux disciples, M. Hervé IIar.vm, qui assumera 
bi tAche de publier, au nom de Brkmk.nt, ceux qui sont sullisam- 
ment élaborés, tout eu poursuivant pour son propre compte 
l'étude des Ascidies. Hara.m et moi, continuerons ensendjle 
celle des Ascidicoles. 

Dans les publications concernant des objets recueillis par 
Brkme.nt, nous ferons à notre regretté collaborateur la place que 
l'on a coutume de réserver, dans les publications de collec- 
tions, aux naturalistes qui ont recueilli celles-ci. 

Genre EXTEROCOLA P. .1. van Beneden 1800. 

Chatto.n et Bré. MENT ont eu P.I09, révisé et élargi la diagnose 
du genre, désigné les espèces à en exclure et celles à y mainte- 
nir. Ces dernières sont : E. fulcjens P. J. van Beneden 18(30, 
E. sp. A. Délia Valle 1883, E. sp. H. T. Scott 1899, K. Beten- 
cowti Canu 1891, E. plerupliora Gh. et Br. 1909. Nous n'avons 



à 



SKAiNCE DU 9 MAI 1922 149 

pas retrouvé jusqu'ici de formes correspondant aux descriptions 
de Della Yalle et de T. Scott. 

Hréme.nt a recueilli à Tatiliou des Enter ocola à caractères 
iutcrniédiaires entre ceux d'/i. fuUjenx et d'jK. Belencourti, et 
que nous ne rapportons à cette dernière espèce qu'en raison de 
la grande taille des individus. Ces deux espèces ne nous parais- 
sent se distinguer que par des caractères d'ordre quantitatif, et 
l'étude d'une série très complète de formes montrera sans 
doute qu'il y a continuité de l'une à l'autre. 

Ghatton et Brément ont retrouvé fréquemment YEnterocola 
plerophora à la description duquel nous ajoutons ici quelques 
précisions. Ils ont en outre rencontré une forme nouvelle à 
caractères bien tranchés que nous décrivons sous le nom 
d'/î". manimifera. 

Enterocola Belencourti Ganu 1891. 

E. Betencourli Ciinu. 1891. p. 474-475. 

E. Belencourti Ganu 1892, p. 218, pi. xvui, lîg-. 13-14, pi. xx, 

Gette espèce n'avait été vue jusqu'ici que par Ganu qui l'a 
trouvée dans Polyclinuni (l) ficus Sav. de la côte du Boulon- 
nais et dans Aplidiuni zoslericola Giard des des Glénans. L'at- 
tribution par Gainu (1892), à cette espèce de la femelle antépé- 
nultième vue par Glaus en 1875, ne nous parait pas justifiée. 

Nous lui rapportons par contre trois femelles adultes trouvées 
par Bré.meni' à Tatihou dans le cormus d'un Glossophorum 
[sabulosutn?}. 

Coloration non notée. 

Dimensions : de 1 mm. 3 à 1 mm. 7 de long et de mm. i à 
mm. 6 de large. 

CoryOA" éruciforme, subcylindrique à trois régions distinctes. 
Proportions : G = 1 ; Pr = 3,5; PI. = 1 ; 

Céphalon tronconique vu de face, largement attaché au tho- 
rax et non séparé de lui par un cou rétréci. Sillon céphalo- 



(1) Nous faisons toutes réserves sur cetle détermination jusqu'à une prôcluiino 
révi.^ion. La présence de papilles branchiales invoquée pour caractériser ce genrci, 
nous paraît revêtir un caractère de généralité dans de nouibreu.sos formes de 
Polyclyiiidés et d'AplidiJés. C'est d'ailleurs l'avis d'ÂLDER et Hancock, tome 111, 




FiG. 1. — Enterocola Betencourti Canu.— \, femelle vue de profil; 2, la même vue 
de face; 3, antennule droite vue par sa face interne; 4, extrémité de l'antenne 
droite vue par sa face antérieure ; 5, première maxille droite, vue debout. 



SÉANCE DU 9 MAI 1922 151 

thoracique marqué seulement sur la face dorsale. Replis pleu- 
raux peu accentués. 

Péréion subcylindrique, rectiligne, vaguement 4-segmenté. 
Pas de sillons, mais seulement des constrictions intersegmen- 
taires. Pas de duplicatures dorsales paires, sauf sur le cinquième 
péréionite, où elles forment des oostégites. Une soie sur la 
marge de ceux-ci. 

Pléon tronconique, plus étroit que le péréion, vaguement 
i-segmenté. 

Oripxes sans caractères spécifiques. 

Aîilennufes biarticulées, tronconiques, à article proximal por- 
tant un peigne de spinules sur sa face interne près de l'articu- 
lation distale, à article distal plus court que le proximal, por- 
tant une soie terminale et deux soies sur sa face interne. 

Antennes très vaguement biarticulées, fortes, spatuliformes, 
abord interne renforcé. 5 soies tronconiques légèrement cro- 
chues sur le bord distal et une soie crochue sur le bord interne, 
vers le premier tiers distal. Champs de spinules sur la face anté- 
rieure. 

Maxilles I à exo unilobé, très élargi, portant 5 soies coniques 
uncinées, échinulées, sur son bord distal et 1 forte soie acicu- 
lée, échinulée sur son bord externe. Endo massif, prismatique, 
vaguement bifide, et portant une grosse apophyse basilaire 
interne incurvée et échinulée. 

Maxilles II sans caractères spécifiques. 

Péréiopodes égaux, semblables, équidistants, à basi large : 
Exo tronconique, moitié moins long que l'endo, porteur d'un 
crochet distal, sauf dans la troisième paire où il est remplacé 
par un stylet ; endo tronconique à deux soies distales subégales, 
et moitié moins longues que l'endo. 

Pièces fur cales cylindroïdes, arrondies aux extrémités, 
1 fois plus longues que larges, portant des champs de spi- 
nules. 

Enlerocola pternpkora Ch. et Br. 1909. 

E. pteroplwra Gh. et Br. 1909, p. 225-228, fig. l-o. Brément 
d'une part, Ghatton de l'autre, l'ont recueillie dans beaucoup 
de Synascidies diverses. G'estla forme la plus répandue etaussi 
la plus variable. Il ne sera question ici que de la forme type, 



lo2 



SKANCE DU \) MAI 1U22 



parasite (\\x hidewninn{=. Lcptoclinum) cnmmmip (\). Nous coii- 
sacrcrons plus tard une note spéciale à la distribution de cette 
espèce chez les Synascidies, et à sa variabilité. Les précisions 
que nous avons à donner concernent l'anteunule, l'antenne, les 
premières niaxilles et les j)éréiopodes. 

AiUennules uniarticulées, à (juatre petites soies terminales. 




J tadû- 



Fit.. 2. — Enlerocola iitevoftkoru Ch. cl Br. — \, untcnnulc liioilL' vue i)ar la 
face interne: 2, antenne droite, face antérieure du deuxième article; 3, pre- 
mière maxille g.iudie vue par la face externe; 4, deuxième péréiopodc gau- 
ciie, l'ace antérieure. 

Anlennos biarticulées. en lame une fois plus Ionique (juelarqc, 
1 article j)ro.\imal plus développé que le distal, celui-ci por- 
tant sur son l)ord distal <|uatre soies dont une plus grosse que 
les autres, et sur son bord externe un groupe de deux soies. 

Maxillrs I à exo en lame bilobée, le lobe interne à deux 

soies distales, le lobe externe à trois soies distales et une soie 

externe. Kndo massif, prismatiijue, incurve'', lisse, échancré 

"à son extréjuité, et j)ortant sur son bord interne uiif 1(^iiuim' 

soieéchinulée accompagnée d'une petite soie lisse. 

(1) Nous adopterons dorénavant pour lus Ascidies la nomenclature, qui nous 
paraît devoir devenir classique, après les remaniements de IImitsiaveh. t'JOT- 
d!)H, t')l2, 1913, 1914. 



i 



SÉANCE Di; MAI lî>22 153 

Péréiopodes égaux, équidistants, subsemhlables, à basi large, 
à exo tronconiquc égal à la moitié de rendo., portant un court 
crochet distal, sauf sur la troisième paire où ce crochet estrem- 
placé par un fort stylet. La figure o de Ch. et Br. (1909) repré- 
sente un péréiopode3 et non un péréiopode 1. 

Enterocola mammifera n. sp. 

Ti/pe de r espèce : trois femelles adultes non ovigères, dun 
connus à\Aplidinm aspentm Drasche, dragué sur le cap Béar 
(Banyuls-sar-Mer) le 15 octobre 1910; et dans un autre dra- 
gué au large d'Argelès le 3 octobre 1910. Mâle et jeunes incon- 
nus. 

Situation dans J'hôte : Ces parasites se trouvaient dans l'esto- 
mac dans la situation même que Brkment (1911) a décrite pour 
E. pterophora chez divers Leptoclinum, Didemnum ou Tridi- 
demnum. 

Dimensions : mm. sur 0,2-0,3. 

Coloration générale rose pâle. Ovaire violet foncé. 

Corps éruciforme, à trois régions distinctes. Proportions : 
C=. 1,5; Pr. =-6,5; PL --1. 

Céphalon déprimé dorso-ventralement, séparé du péréionpar 
un cou bien marqué latéralement, à peine indiqué sur la ligne 
médiane dorsale. Beplis pleuraux peu accentués. Mamelon 
apical peu mar(]ué. 

Péréion 5-segmenté, à segmentation marquée latéralement 
et dorsalemenfc par des replis symétriques des bords postérieurs 
des péréionites 2, 3, 4, 5, interrompus sur la ligne médiane. 
Les replis des péréionites 2, 3, 4 ne forment pas de duplicatu- 
res aliformes. Ceux du cin(juième segment, très développés, 
jouent le rôle d'oostégites (Chatton et Brément 1915). Ventrale- 
mentla segmentation est marquée par l'existence, au bord pos- 
térieur des péréionites 1-4, entre les appendices, de deux sail- 
lies symétriques ayant figure de mamelles avec leur mamelon. 
Ces saillies peuvent l'aire défaut au péréionite 4. 

Pléon court vaguement o-segmenté, déjeté ventralement 
par rapport à l'axe du corps, à segments décroissant de lon- 
gueur d'avant en arrière. 

Orifices sans caractères spécifiques. 

A /itennu les i-arûcuiécs tronconiqucs, dépourvues de soies. 



154 SÉANCE DU î) MAI 1922 

Antenne.'^ nettement biarticulces, aplaties, un peu plus lon- 
gues que larges, l'article 1 plus développé que Fart. 2, celui-là 
portant une soie sur son bord interne, celui-ci 5 soies sur son 
bord distal. 

Mandilmles ? de chaque coté du lobe frontal, tout contre 
celui-ci, deux gros processus écliinulés qui représentent peut- 
être des vestiges mandii)ulaires. 

Maxilles l l)iraniées. Exo en lame bilobée ; chacun des lobes 
à trois très fortes soies coniques spinuleuses. Kndo massif, for- 
tement chitinisé, prismatique, allongé, incurvé, bilobé, lisse, 
porteur d'une forte soie spinuleuse sur sa face antéro-interne, 
et d'une apophyse arrondie sur sa face postérieure. 

MaxilUfs II à article proximal large, renflé, jjortant sur son 
IxM'd interne, à la hase de l'article 2, une forte apophyse coni(pie, 
nncinée, échinulée. Article distal massif, fortement chitinisé, 
incurvé, hilidc, et portant sur sa face externe nn n-oclirt 
lisse. 

Péréiopoilcs égaux, étjuidistants, légèrement disseml)lahles, à 
])asi large: exo tronconi(jue égal à la moitié de l'endo, vague- 
ment hiarticulé, muni dans les paii-es I, 2 et 4, d'un jietit cro- 
chet, dans la paire 3, d'un fort éperon tout d'une venue avec 
l'article. Endo tronconicpie, vaguement hiarticulé, à deux gran- 
des soies terminales, égales ou subégales. 

Pirces furcalcs en mamelons tronconiques, courts, déjetés eu 
arrière, inermes. 



1\ELAT10XS DES ESI'ÈCKS ENTRE ELLES 

E. lietencourli et E. fiilgens. 

La vah^ur des caractères sur lesquels Canu a fondé la dia- 
gnose d'fi". Betencourti nous parait très discutable, même quand 
l'on considère ceux qui sont donnés comme les plus divei'gents. 
La « forme large et ramassée » le « rostre frontal court et 
large » à' E . fui gens ^owiiom de contraster aussi nettement sur 
les figures que dans le texte avec la « forme étroite et allon- 
gée » et avec le « rostre long et étroit » iV E. Bclencoiii-ti. Les 
péréiopodes et les pièces furcalcs des deux formes ne diil'èrent 
aussi que par des caractères de même ordre. Les appendices 
céphaliques sont identiques. Les deux espèces ont en comnuin 




FiG. 3. — Ënterocola ma m mi fera, n. sp. — 1, lenielle adulle vue de profil; 2,1a 
même, vue dorsale; 3, la mi'me, vue ventrale; 4, porlion de gauche delà l'-ice 
ventrale de la tète, montrant dans leurs rapports l'anlennule, l'antenne, le ves- 
tige mandibulairc Cl) et la première i^axille. 



156 SKANCE DU 9 MM li>22 

au moins un de leurs hôtes, le Volyclimtm ( = Apiidium) fkiis. 
Malgré toutes les raisons qui plaident pour l'identité des 
deux espèces nous n'avons pas voulu l'admettre avant d'avoir 
pu réétudier les exemplaires parasites de Polijcliniim /ictts. 

E. fiilgens-Betencoitrti, E. pterophora, GiE.mammifera. 

Ces trois espèces, les seules que nous connaissions ijersonnel- 
lemcntse distinguent nettement les unes des autres : 

E. fvlgpns-lietencoiiili par ral)sence de duplicatures dorsa- 
les, au moins indi(juées chez E. tnammifera; 

E. pterophora par ses dui)licatures aliformes l)ien dévelop- 
pées, par la disposition des soies de son antennule (i soies 
distales), et de son antenne (4 soies distales et 2 internes) ; 

E. rnammifera par ral)sence de soies antennuiaires, l'exis- 
tence d'un processus échinulé de chaque cftté du labre et en 
avant des premières maxilles (vestige mandihulaire ? ), par la 
division de l'exo (h' sa ])remière maxillc en deux h)ljes à 
trois soicsdistales, parla snl)égalité des deux soies des endo des 
péréiopodes, et par lexistence (h* mammclons entre ceux-ci. 

E. sj,. A. Délia Vallo et E. sp. 11. T. Scofl. 

La première se rapproche nettement des trois formes 
ci-dessus étudié<>s. I']lle ne rompt point l'homogénéité du genre 
qu'elles constituent. On peut même se demander si les diiré- 
rences qui la séparent à E. fidgens d'après la description de 
l'auteur, ne sont pas le fait de son coefticient personnel. 

La seconde parait à première vue beaucoup [)lus aberrante. 
Mais les descriptions de T. Scott sont en général si libres qu il 
ne faudra donner droit de cité à cette espèce que lors(]u'<jn 
l'aura retrouvée. 

HIHLiOdIîAPIIIK 

Hrkmknt {¥j ). — Sur la sil nation que poiil afTocter, clicz qiieli|iics Asciflics 

méi'osomes, le genre de Copépodes A'// /^rwo/a (Bull. Mus Paris, 1911. 

nO 2, p. 69). 
Chatio.n (I*^.) cl K. Bhkmknt. — • Sur m. nouveau Copépode aseidicole, h'/i(e- 

rocolfi plerojjhora ii. sp. cl sur le genre Enirrocola P. J. van Boneden 

(Bull. Soc. ZooL France, XXXIV, p. 223-229, 1909). 

On trouvera dans la note ci-dessus l'index bibliographique des travaux 
concernant les Enfcrocola . 

[Irvitihil.'i zoologiques de Strashourg cl de Montpei/ie?'). 



Séance du !23 mai i9^J!2. 

PRÉSIDENCE DE M. HÉROUARD, ANCIEN PRÉSIDENT. 

I 

M. Petit, victime d'un accident, s'excuse de son absence. 

M. le président adresse les félicitations de la Société à 
M. DuBOscQ, récemment nommé chevalier de la Légion d'hon- 
neur. 

M. le président fait part de la mort du professeur Laveran, 
membre honoraire depuis 1901, et exprime les profonds regrets 
de la Société. 

Mme. MiLLOT et M. Hornyold, présentés à la dernière séance, 
sont élus membres. 

M. Fauré-Fremiet expose ses recherches sur le cycle évolutif 
des Vorticellicles. 



NOTES SUR LES COPÉPODES ASCIDICOLES 

Xll. — VENTEROPSIS SPHINX AURIVILLIUS 

ET L'ENTEHOPSIS TEBES (AURIVILLIUS). 



l'AK 



Edouard CHATTON et Hervé HARANT. 
(iciire ENTEHOPSJS Aurivillius 1885. 

La diagnose de ce genre a été revisée par Chatton et Brément 
(Iî)09). Nous renvoyons à la note de ces auteurs pour la syno- 
nymie etla l)ibliographie (1). Ils n'admettent dans le genre que 
trois espèces : E. sphinx Aur. 188.'), E. pilosus Cann 1886, 
E. <^?<6z?^s Scliimkewitsch 1889 et \ R^owieni E.roscoffensis Ch. 
et Br. 1909. De ces quatre espèces deux seulement ont été retrou- 

(1) Chatton (!•].) et E. Biiément. — Enteropsis roscoffensix n. sp., Copépode 
parasite de Styelopsis (jrossularia V. .1. van Benedon [Bull. Soc. Zoo/. Finance, 
XXXIV, p. 106-:i03). 



158 SÉANCE m- 23 mai 1022 

vées jusqu'ici, E. sphinx Xvn-. et E. roscoff'ensisCh. et Br., toutes 
deux à Hanyuls-sur-Mer. L'étude que nous avons faite des nou- 
veaux exoinplaires iïE. rosco/fctisis a confirmé en tous pointsla 
description jn'eniière de cette espèce. Celle cYE. sphinx reprise 
sur un exemplaire unique, mais complet et parfaitement con- 
servé, nous a montré que l'espèce d'AuiiiviLLiLsest en réalité un 
complexe tle deux formes bien distinctes, VE. sjjhinx et une 
autre que nous nommerons E. tercs en lui appliquiint le nom 
d'espèce qu'AuRiviLLUis avait donné à son niAle, méconnu 
comme tel, et classé par lui dans un i^enre spécial fïalicjri/jts. 
Nous justifierons ces vues après avoir donné d'après notre étude 
la diagnose exacte et détaillée de la première espèce. 

Enlo'opsis sphinx Aur. 1885, emend. Ch. et Br. 

Enteropsis sjthinx Aur. pru parte, 1885, p. 239 (Mas) et p. 2il 
(Hane), pi. viii. (ii:. 12-17 (liane), non (ig. 19-28 (llona) 

Type do rrspi'cc : femelles adultes pai'asites de Cacsirn 
( 1=3 Moh/iila) ampulloidcs de l'expédition de la « Véga » 
(n"' 28, GG, 7G). Diagnose complétée et précisée d'après l'étude 
d'un exemplaire 9 parasite d'une Telhyiim {= Ci/nthia) papil- 
Insum (L.), prise au chalut le 7 avril 1910, au large de F*ort- 
Vendres. Mâle et embryons inconnus. 

Coloration rouge violacé. 

Dimensions : 3 mm. de loni; sur I mm. de lari^cui- maxima. 

Corps éruciforme, légèrement cambré, à concavité dorsale, 
à cuticule mince, non réticulée ni poilue. Trois régions peu dis- 
tinctes. Proportions : C= 1 ; Pr = 5,5; PI = 2. 

Céjihalon surbaissé, légèrement acumin*' en haut, à rostre 
ventral court et arrondi, à rej)lis pleuraux peu accentués, 
séparé du premier péréionite seulement |tar un sillon ventral. 

Péréion très confusément i-segmenté, le deuxième segment 
plus large, le ([uatrième plus étroit que tous les autres. 

Pléon non segmenté, non nettement séparé du péréion, avec 
un ressaut ventral vers son tiers postérieur. Kxtrémité fionco- 
nique. 

Bouche en fente transversale allongée, sous un labre saillant 
en hotte, sans languettes à la lèvre supérieure. 

Anus médian (dorsal ? ). , 

Fî/A'f^.s sans caractères spécifiques. 

Antenmiles courtes, coniques, 1-articulées, non écbinulées, 



SÉANCK DU 23 MAI 1922 159 

portant trois soies terminales, dont une très petite, trois soies 
sur la face ventrale, dont une très courte, et quelques soies grê- 
les sur le bord antérieur de sa base. 

Antennes nettement triarticulées. L'article 2 longuement 
tronconique, portant à la base de l'article distal, et du côté 
externe, une forte soie écbinulée. Article 3 (distal) court, échi- 
nulé, nuuii d'une forte soie terminale écbinulée. Cliamps de 
spinules et peignes sur le basi. 

Mandibules (?) (1) biramées. L'exo divisé en deux lobes aigus 
échinulés. L'endo massif, à cbitine épaisse, échinulée, portant 
doux fortes soies, dont l'une moitié moins longue que l'autre, 
sans soie basilaire. 

MaxUles II, sans caractères spécifiques. 

Péréiopodes, 4 paires égales, équidistantes, semblables, uni- 
ramées, 2-articulées, à basi massif, l'article distal trapézoïdevu 
de face, terminé par une dent peu saillante, lamelleuse, trian- 
gulaire. Peigne de spinules sur les deux articles. 

Pièces furcales ivonconiqueH munies d'une soie terminale. 

Discussion des espèces. 

E. roscoffensisCh. et Br. — Nous avons réétudié E. roscoff en- 
sis sur des exemplaires recueillis àBanyuls dans TethijuviSavi- 
gnyi Ph. ( = Cijnthia morns, Ct/nthia pantex 3iUciorum), et véri- 
fié en tous points l'exactitude de la diagnose établie par 
ChattOiN et BaÉMEiNT d'après les exemplaires de Dendrodoa 
( = Styelopsis) grossnlaria P.-J.van Ben. de Roscoff. Sa compa- 
raison avec E. sphinx repose donc sur des bases absolument 
sûres. Ces deux formes sont d'ailleurs les plus divergentes que 
2:)résente jusqu'ici le genre. 

Les caractères les plus variables et aussi les plus faciles à 
apprécier sont fournis par l'antenne, la mandibule, ot le 
labre. 

Chez E. roscoff ensis, antenne biavticuléc, non sétigère, termi- 
née en pointe aiguë ; mandibule portant une forte soie échinu- 
lée à la base de l'endo ; une frange de 6 languettes poilues sur 
la lèvre buccale supérieure (labre). 

(1) Ce n'est que tout à fait provisoirement, que nous attribuons, avec Ganc, 
(189:2), la valeur de mandibules à la troisième paire céphalique des Enteropsis 
adultes. Elle ne pourra êire établie définitivement que par l'étU'Je du déveloi)pe- 
ment des Enteropsis ou des Mijchophilus, qui n'a pas été fdi(e jusqu'ici. 



i(iO 



SKANCK DU 23 MAI 1022 



Chez E. sphinx, antenne triaiticulée portant une grosse soie 
poilue sur le bord disto-interne de l'article 2 et une soie sem- 
blable à rextréniité distale de rarticle 3 ; mandil)ule sans soie 
accessoire à la base de l'endo, labre sans languettes. 




FiG. 1. — EnteropsiS sphin.r Aurivillius, Ch. et il. emend. — 1 antennulu gau- 
che, face interne: 2, antenne gaucho, face externe ; 3, mandibule (ou maxille) 



gauche, (ace <>xlerne. 



/:. piiosus Canu. Aulenne i)iarticulée comme chez E. roscuf- 
/ensis, mais sétigère comme chez E. sphinx. (Cependant les 
deux grosses soies échinulées seraient égales et s'inséreraient 
toutes deux à l'extrémité de l'aiticle 2. Cette observation méri- 
terait confirmation, ^hmdibules du ty])e rosco/fensis, mais les 
deux lobes de l'exo sont représentés comme deux soies très 
inégales. La])re sans languettes. La coexistence, chez cette 



silANCE X)V 2;} MU 1922 l()l 

espèce, crime antenne sétigère et d'une mandibule à soie acces- 
soire démontre son autonomie. Parasite de Diazona vio/acœa 
Savigny. 

E duhuis Schimkewitch. Dessins et diagnose peu détaillés. 
Antennes du type pilosus (?) ; mandibules uniramées (?) biarti- 
culées, le deuxième article très allongé, terminé par deux 
soies très inégaies. Labre sans languettes (?). Espèce à réétu- 
dier. Parasite de Cci'.sirn retortiformis Verril ( =:: Molguln 
groemllandica Traust.). 

E. sphinx Aurivillius. Espèce décite d'après dix exemplaires 
recueillis dans des Cœsira ampulloides de l'expédition de la 
<( Vega ». La plupart, mesuraient environ 8 mm.; ils sont 
reconnus par l'auteur comme des femelles, tandis que les 
autres, ^mesurant seulement 2 mm., sont considérés par lui 
comme des mâles. Dans le même mémoire Aurivillius décrit sous 
le nom àHaligryps tercs cT et à' H. acideatus 9 deux parasites 
barpacticiformes, dont les pièces ])uccales ont, comme l'a remar- 
qué Ganu (1892), tous les caractères de celles des Enleropsù. 
Avec Canu nous considérons VHaligryps teres comme un maie 
adulte, (on voit d'ailleurs sur la figure ses vésicules séminales), 
et Y H. aculeatus comme un antépénultième cVE/iferopsis. Ainsi 
les £'/*^(?ro/w/5 présentent le dimorpbisme sexuel très accusé qui 
est de règle chez les Ascidicoles. 

Mais Canu ne s'est pas demandé ce que pouvait être alors le 
prétendu « inàle » éruciforme (VE. sphinx. Confrontons ses 
caractères avec ceux de la « femelle ». Il a une antenne triarti- 
culée qui parait être du type décrit ci-dessus, à deux soies iné- 
gales dont les insertions ne sont pas précisées. La mandibule est 
exactement celle de notre E. sphinx et comme chez ce der- 
nier le labre est sans languettes. Les autres caractères sont 
aussi ceux du parasite de Tethjiim papillosumh. La u femelle » 
aurait une antenne à cinq articles (!) dont le distal porte deux 
soies, l'une à insertion distale, l'autre à insertion latérale. Man- 
diJuile conforme à celle d'E. roscoff'ensis. 9 languettes au lalirc 
au lieu de G chez E. roscoffensis. 

La conclusion de cette confrontation est qu'AuRiviLLius a eu 
affaire chez Cipsira ampulloides à deux espèces distinctes à^En- 
teropsis femelles, dont Tune, correspondant au prétendu 
c mâle » est très probablement identique à notre E. sphinx, 
tandis que l'autre, proche d'E. roscoffensis par sa mandibule 



■■£■ -^■9-^ V\ 

Il B R AR V 



16-2 SÉANCE Dl) 23 MAI 1922 

et son labre frangé, s'en écarte nettement par son antenne séti- 
gère. Ajoutons que les deux mAles Halujnjps peuvent, d'après 
la structure de leurs mandiJ)ules, être rapportés aux femelles 
du deuxième type, qui étaient d'ailleurs les plus nombreuses 
dans les Molgules de la « Véga » (1). 

Tranchons maintenant la question de nomenclature. Quoi- 
que, dans le mémoire d'AuiuviLLius les femelles du deuxième 
type aient été décrites les premières, il nous semble logique de 
réserver à celles du premier type le nom à'E. sphinx, et d'ap- 
pliquer à celles du deuxième type le nom d'/s. teres qui a été 
donné à leurs nulles Ha/if/rz/ps. Nous admettons, au moins pro- 
visoirement, l'identité de notre parasite de Tethf/um pajnllo- 
sum L. avec l'iÊ". sphinx d'AuRiviLLUs ainsi amendé. L'exemple 
à'E.rnscoff'ensis et aussi celui à' Enterocola ptcrophora montrent 
que des parasites niorphologi({uement identiques peuvent se 
trouver dans des hôtes fort ditlerents et de régions fort éloi- 
gnées. 

Knft'i'opsis /r/r.s sera défini comme suit: 

Enfcrojisis tere.s Aur. 1885, Ch. et H. emend. 

Enteropsis sphinx Aur. pro parte 1885, p. 238 (femina), et 
p. 239 (hona), pi. vin, tig. 1î>-28 (hcma). 

llaligri/ps Icres Aur. 1885, p. 243-244, pi. ix, %. 1-10. 

Haligrt/ps aculeatus Aui'., 1885, p. 244-24(), ])1. i\, 
iig. 11-20. 

Type de t espèce : femelles adultes et ovigères, mâle adulte 
et antépénultième parasites de désira ainjntUoidcs van Bene- 
den de l'expédition de la « Véga » (n*"^ 28 et 29). 

Car«c/r/rA mentionnés dans les diagnoses d'AuRiviLLius à pré- 
ciser et à conqiléter. 

Distribution uecologique des Enteropsidés. 

Toutes les espèces à'Enteropjsis jusqu'ici connues sont des 
parasites des Ascidies simples ou coloniales : Cynthiadées, Cla- 
velinidées, Molgulidées dont elles ha])itent la cavité l)ran- 
chiale. 

(1) Cette allribulion des mâles I/aligri/ps aux feinelles ilu deuxième type n'est 
pas définitivement démontrée. Miiis ellu est très probablement justifiée. 



SÉANCE DU 23 MAI 1922 16:i 

Les Mycliojjliilus, dont Chatton et Brémemt 1909) (1) ont mon- 
tré les affinités avec les Ënteropsis, sont précisément parasites des 
Botryllidées, c'est-à-dire des Synascidies dont la parenté avec 
les (^ynthiadées paraît de moins en moins contestable. 

Iiist'ttitls ZrOologiques de Strasbourg ot de Monlpellif^r. 



SUR LA FAUNE D'EAU DOUCE DES PYRENEES 

ORIENTALES 



PAU 



A. VAIMDEL 

On sait que les régions septentrionales de l'Europe sont 
riches en eaux douces de toutes natures : lacs, étangs, tourbiè- 
res, ruisseaux, fleuves, etc. Ces eaux renferment une population 
souvent fort dense et variée qui a, depuis longtemps, attiré 
l'attention des zoologistes. Cette faune a fait l'objet d'un grand 
nombre de travaux, et peut être considérée comme étant bien 
connue dans son ensemble. 

Au contraire, la région méditerranéenne, caractérisée par un 
climat chaud et sec, est pauvre en eaux douces; la plupart des 
cours d'eau ne sont cjue des torrents tout à fait inconstants, et, 
au premier abord, les organismes que l'on y peut rencontrer, 
semblent offrir peu d'intérêt. Les naturalistes ont été bien plu- 
tôt attirés, soit par les formes terrestres extrêmement variées et 
curieuses qui peuplent ces régions, soit encore parles organis- 
mes marins. Aussi la faune d'eau douce de la région méditerra- 
néenne est-elle fort mal connue. Son étude révéleraitcependanf 
bien des faits intéressants, même pour la connaissance de la 
répartition et de la biologie des formes septentrionales. Je n'en 
veux citer cju'un exemple. La théorie des « reliquats glaciai- 
res » qui a tenu et qui tient encore une place si importante en 
limnobiologie sest souvent appuyée sur des données incomplè- 

(1) Chatton (Iv) et E. Brément. — Mychophilua curcatus n. sp.. parasite des 
Bolryllidés et les relations des genres Mi/chophilus Hesse et Enteropsis Aurivil- 
lius [Bull. Soc. Zool. France. XXXIV, p. 234-240). 

12 



164 SÉANCE DU 23 MAI 1022 

tes. Nombre d'Entomostracés, par exeinj)]e, ont été considérés 
comme « reliquats glaciaires », du seul fait qu'ils existent dans 
les contrées arctiques; cette affirmation est d'autant plus risquée 
qu'on ne sait, en général, pres(|ue rien sur la répartition géné- 
rale de ces animaux. Ainsi Polypheinus pediculun, l'un des 
représentants les plus répandus des Gladocères gymnomères, 
aurait une origine arctique, d'après Sven EkmaiN (1004, p. 137), 
Zacharias (1000, p. 4o6-4o7), Keilhack (lOOG, p. 012), Strohl 
(1008, p. 22-23), etc. I^'un des arguments invoqués en faveur 
de cette hypothèse est le fait que cette espèce a été trouvée 
souvent dans les régions arctiques. Mais, la répartition géné- 
rale de ce i)etit Crustacé est encore très insuffisamment con- 
nue. MoNiKZ (1880, p. 17), dans un travail assez j)eu connu, a 
signalé Poh/phniiK.s prdiculm dans le lac de Lentini, en Sicile, 
et il est probable cpi'on le retrouvera en d'autres points de la 
région méditerranéenne quand c<dle-ci aura été aussi soigneu- 
sement explorée que la Suisse, l'Allemagne ou la Scandinavie. 
Les conclusions de SvenEk.maiN et des auteurs précités sont donc, 
peut-être, un peu trop hâtives et prématurées. Et l'on pourrait 
citer quantité de faits de cet ordre. Macrothrix hirsiiticornis qui 
passe aussi pour un reli(]uat glaciaire, est très commun en 
Algérie et Tunisie (H. (Iurney, 1000), et paraît, d'ailleurs 
répandu sur prescpie tout le globe. 11 en est de même pour 
Chydorus piger, espèce soi-disant arctico-alpine, mais qu'on a 
retrouvée en Afrique Orientale (Delachaux, 1017), et dans d'autres 
régions tropicales. 

L'exploration de la faune d'eau douce de la région méditer- 
ranéenne me parait donc un des desiderata de l'heure actuelle. 
Je tâcherai, pour ma part, d'apporter quelque contribution à 
cette étude. Une rapide excursion entreprise, l'année dernière, 
dans la région de Montpellier m'a permis d'étudier la biologie 
et la systématique de quelques Planaires de la région méditer- 
ranéenne (Vandkl, 1021). J'ai pu, cette année, poursuivre mes 
recherches, en visitant quehjues points des Pyrénées-Orien- 
tales. 

Je compte donner, dans cette petite note, une indication géné- 
rale des observations que j'ai faites pendant mon séjour. Une 
étude détaillée des Planaires que j'ai recueillies fera l'objet 
d'un mémoire ultérieur. 

J'ai visité deux régions assez différentes : celle des Monts 



SÉANCE DU 23 MAI 1922 165 

Albères qui constituent la partie la plus orientale de la chaîne 
jjyrénéenne, et le Vallespir ou vallée du Tech. 

ALBERES 

J'ai choisi comme centre d'excursions, Banyuls-sur-Mer qui 
offre l'avantage d'être situé dans une région extrêmement inté- 
ressante, et de posséder un laboratoire de zoologie bien 
outillé (1). 

L'extrémité orientale des ADîèresqui plonge dans la Méditer- 
ranée, est extrêmement aride ; c'est une région complètement 
déboisée, couverte de vignes ou de maquis, entièrement schis- 
teuse, et dans laquelle il n'existe j3as de couches aquifères 
importantes (2). Les ruisseaux ne sont que des torrents dont le 
débit est extrêmement variable suivant les saisons. Beaucoup 
de ces torrents sont à sec une partie de l'année ; cependant un 
peu d'eau subsiste, généralement, vers le haut du ruisseau, ce 
qui permet l'établissement d'une faune permanente. Vers 
l'ouest, la région des Albêres change d'aspect ; la montagne 
devient moins aride, elle se couvre de bois; les ruisseaux sont 
plus nombreux et plus constants ; les caractères de la faune sont 
aussi différents. 

L'un des ruisseaux les plus intéressants de cette région est le 
torrent de Banyuls. Sa faune comprend trois éléments : 

1" Un élément caractéristique des ruisseaux inconstants et que 
l'on retrouve dans tous les petits fdets d'eau de la région : Ancy- 
lus fhwiatilis, larves d'Insectes (Ephémères, Simnlia, Helo- 
des, etc.), Sangsues, etc. 

2° Un élément méditerranéen. Planaria subtentaculain Dra- 
parnaud, est l'un des représentants les plus typiques de cette 
catégorie; cette Planaire, signalée seulement jusqu'ici à Mont- 
pellier et à Rapallo (cf. Vandel, 1921), existe probablement 

(1) .le liens k exprimer i i tous mes remerciements à M. le D'" A. Migot, pré- 
parateur du Irtboraloire Arago, pour les multiples services qu'il m'a rendus pen- 
dant mon séjour. 

(2) Les eaux stagnantes sont aussi extrêmement rares dans foule cette région ; 
la mare de Reig, la seule qui existe aux environs de Banyuls, est bien connue 
des bio'ogistes qui fréquentent le laboratoire Arago (cf. Ghatton, 1910). J'y ai 
trouvé une intéressante espèce d'Ostracode, nouvelle pour la France, Slenocypris 
chevreuxi Sars (détermination de M. Paris) ; le type de cette espèce provient 
d'Algérie. 



166 SÉANCE DU 23 MAI 1922 

dans toute la zone méditerranéenne (1). PL subtentacnlata est 
commune dans le ruisseau de Hanyuls, depuis le milieu de son 
cours jusque vers ses sources, ruisseau de Pouade, ruisseau du 
col de Banyuls, ruisseau des Abeilles, etc. Les individus que j'ai 
récoltés sont semblables à ceux que j'avais recueillis, Tannée 
dernière, à Montpellier; cependant, alors que les individus de 
Montpellier ne se multiplient pas par division au-dessous de 14°, 
j'ai trouvé, à Banyuls. une reproduction asexuée des plus acti- 
ves dans des ruisseaux dont la température n'était que de 11" 
à 12°. 

Un autre élément méditerranéen tout à fait typique est uu 
Batracien anoure, Discor/Zos^us picius Ottb, signalé à Banyuls 
l)arWiNTni:nERT (IIMKS, p. 54). Cette espèce que l'on rencontre 
sur tout le pourtour de la Méditerranée Occidentale, n'est connue 
en France, i\\\o dans les Pyrénées-Orientales, entre la frontière 
espagnole et Fine. 

Enfin, une autre forme (]ui serait à rechercher dans la région, 
présenterait une répartition analogue ; c'est un Mollusque, liid- 
finus conlorlws, découvert par Miciiaud (1829, p. 268), dans un 
ruisseau entre Collioure et Port-Vendres ; cette espèce a été 
signalée depuis, en Espagne, aux Baléares, au Portugal. <mi 
Algérie, en Sardaigne, en Sicile, en Corse ; par contre, elle n'a 
jamais été retrouvée en France, depuis AbruAUD ; je l'ai recher- 
chée, mais vainement, aux environs de Banyuls; j'ai seulement 
trouvé, assez comnmnément, P/n/sa ncuta Drap, qui lui ressem- 
ble beaucoup à première vue. 

3" Enfin, le ruisseau de Banyuls renferme un troisième élé- 
ment, bien inattendu au premier* abord. Vers le milieu du ruis- 
seau, un peu en aval de la métairie Paroutet, j'ai rencontré dans 
de petits lilets d'eau quisourdent au milieu des graviers et des 
galets, plusieurs espèces présentant les caractères d'organismes 
cavernicoles. C'est d'abord, une Planaire aveugle dont je n'ai 
pu encore faire une étude conqdète, n'ayantpaseu à ma disposi- 
tion d'individus parfaitement sexués; cette Planaire ressemble 
au premier abord à un Doidrocd'lnni^ mais elle se distingue 
de toutes les autres formes indigènes, par la présence, à la 
partie antérieure, d'une profonde crypte glandulaire et forte- 

d) M. DE BEAtCHAMP m'écril tout rc.eniiiient (|u il a reçu des /-•/. sublentaculntn 
d'Algérie. CeUe espèce est cerlaineinent répandue sur tout le pourtour de la 
Méditerranée. 



sÉANCu: DU 23 MAI 1022 1()7 

ment musculeiise, rappellant l'appareil de fixation de certaines 
Planaires du Baïkal (Archicolijlus, Sorocelis). Au même endroit, 
j'ai récolté quelques exemplaires de Niphargus (individus très 
jeunes, difficilement détermina])les, probablement N.Plateaui 
ou A'^. Virei, d'après M. Chevreux), ainsi qu'un Oligochète du 
g-enre Haplolaxis (forme que l'on rencontre d'ordinaire, dans 
les sources, le fond des lacs, etc). Cette petite faune est extrê- 
mement intéressante, car elle pose, une fois de plus, la question 
si complexe de l'origine des cavernicoles. J'ai admis (Vandkl 
1920), et je tiens encore la chose pour fort probable cpie, dans 
les régions calcaires, les org-anismes cavernicoles que l'on 
trouve dans les soui-ces ont été entraînés au dehors par le 
courant et ne vivent pas habituellement dans les eaux de sur- 
face. Mais, cette explication n'est pas valable pour le cas pré- 
sent, parce rpie ; 

1° Les organismes en question se rencontrent vers le milieu 
du ruisseau, fort loin des sources. 

2" Parce que les grottes font défaut dans les monts Albères, 
constitués presque entièrement par des formations schisteuses 
(ou plus exactement, la seule grotte de la région, la grotte de 
Pouade que j'ai visitée après bien d'autres (cf. Jeannel, 1910) 
n'hél)erge pas d'animaux aquatiques). 

Il faut donc admettre que les organismes précités n'ont pas 
été entraînés par le courant, mais qu'ils vivent normalement là 
où je les ai trouvés, ou du moins, dans les intiltrations qui 
subsistent sous le lit du ruisseau, alors même que celui-ci est 
complètement à sec en surface. Gomment ces animaux ont-ils 
acquis les caractères de cavernicoles ? C'est une question 
complexe dont je réserve la discussion pour mon mémoire 
détaillé. 

Les autres petits ruisseaux de la région sont généralement 
tout à fait inconstants ; ils renferment une faunule assez carac- 
téristique, capable de passer la saison sèche en s'enfoncant sous 
la mousse, dans les anfractuosités, etc. Ce sont des Ancyles 
[Ancfjhis /hwiatUis), extrêmement communs partout, des Sang- 
sues [Hei'pobdclla), une Aselle, Ascii us hanyulenais Hacovitza 
(1919), très voisine d'.l. nteridianm Rac, et enfin des Insectes 
et leurs larves (Coléoptères, Ephémères, Simulia, etc.). 

De plus, j'ai trouvé dans un petitruisseau qui coupe la route 
de Cerbère, à un lulomètre envijon de Banyuls, plusieurs indi- 



168 SÉANCE DU 2:î mai 1922 

vidus de l'ianaria villa, (^ctte Planaire paraît commune au 
niveau où Tcau sourd des graviers, au milieu des vignes. Elle 
vit k Banyuls, absolument dans les mêmes conditions qu'à 
Montpellier (Vandel, 1921). Cette espèce qui est, en général, 
rarissime dans l'Europe moyenne, paraît donc commune dans 
les régions plus méridionales. M. de Bkauchamp m'écrit qu'il a 
revu de nombreux exemplaires de PL rilta jîrbvenant d'Algé- 
rie. Cette espèce serait donc phitnt une forme méditerranéenne. 
Cette Planaii'e se trouve, dOrd inaire, dans les sources, mais, 
dans les régions plus froides, on la rencontre, parfois, dans les 
étangs et marais : forêt de (liteaux (dk Hkalch-amp), environs de 
Nancy (Mercier), Bohème (Sekera ??). Tous les individus récol- 
tés à iianyuls étaient de petite taille et asexués. 

Enfin (juclques sources situées, en général, aune altitude plus 
élevée, reufermoni une faune dill'érente : l^oli/crlis cnniuld 
(foi-nio normnlc), Bylliiiiellcs. Acariens, etc. 

VAU.ESl'IR 

La vallée du Tech ou Vallcspir est assez différente de la 
région précédente ; grdce aux sommets élevés qui la dominent 
et aux forêts encore assez nombreuses ([ui recouvrent ses 
tlancs, l'eau est abondante et coule en mille iilets qui irriguent 
le fond des vallées. I^enthint mon séjour, fort court d'ailleurs, 
j'ai récolté deux l^lanaires intéressantes : 

1" Plannria subtentacnlata^ dans un petit ruisseau sur la rive 
droite du Tech, entres Arles-snr-Tech et Amélie-les-Bains. La 
température de l'eau était, lors de mon passage (li avril) de 
10", o. Les individus de grande taille contiennent, dans la par- 
tie antérieure et dorsale du corps, des amas considérables de 
cellules souches {Slnmmzellcn) ; ces amas sont analogues.càceux 
(jue j'avais observés, l'année dernière, chez les individus de 
Montpellier (Vandel, 1921, p. 2i3), et peuvent être considérés 
comme une des caractéristi(iues de l'espèce. Ces éléments sont 
certainement des éléments sexuels qui, pour des causes encore 
mal connues, n'évoluent pas ou «lu moins ne donnent que difli- 
cilement naissance à des glandes génitales. En efl'et, j'ai 
observé chez un individu de grande taille, au milieu du massif 
de cellules souches, des ovaires dont chacun comprend une 
centaine d'éléments, et des ébauches de testicules. (>es glandes 



SÉANCE DU 23 MAI 1 92â 160 



S^' 



énitales proviennent certainement des cellules souches envi- 
ronnantes. Cet individu évoluait nettement vers la sexualité (il ne 
présentait, cependant, encore aucune trace d'organes copula- 
teurs). 11 est prol)alde qu'en cultivant avec persévérance de 
tels individus, on parviendrait à obtenir des animaux parfaite- 
ment sexués. On pourrait ainsi répondre aux multiples ques- 
tions qui se posent au sujet de Planaria subtentacidata. Repré- 
sente-t-elle une espèce autonome, ou n'est-elle qu'une race 
asexuée de Planaria gonocephala ? Quels sont les rapports 
entre ces deux espèces ? Quelles sont les causes qui arrêtent le 
développement des gonades chez PL subtentaculata ? etc. 

2° J'ai trouvé plusieurs exemplaires de Polycelis coruula var. 
Boreliii , dans un petit ruisseau, sur la rive gauche du Tech, à 
l'ouest de Prats de Mollo (température : 10°, 5, le 13 avril). 
Ces individus sont semblables à ceux que Borelli (1903) a récol- 
tés dans la région duCanigou et que j'ai étudiés dans une note 
précédente (VAiNOEL, 1921, p. 25o-256). Les variations de cette 
Planaire sont, d'ailleurs, intéressantes à plusieurs points de vue, 
mais je ne possède pas encore assez de matériaux pour en faire 
une étude d'ensemble. 

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170 SÉANCE 1)11 23 MAI 11)22 

1919. — Racovitza (E.-G.)- — Notes sur les Isopodes. 3. Asellus hani/ulen- 
sisn. sp. i. A. coxali^ DolU'iis. 5. .1. cuxalis iiet/erimhoffi n subsp. 
{Arch. Zool. Exper., LVIII, .V. et lî.,\\\). 

1908. — Sthohl (J.). - Die liiologie von Pobipliemus pedicit/us iind die 
Generalionszjklen derOadoceren (Zool. Ane, XXXII). 

1920. — Vandel (A.). — Sur la Faune des sources [Bull. Soc. Zool. 
France, XLV). 

1921 . — Va.ndel(A.). — Noies biolojïiques sur les Planaires des environs de 
.Montpellier i/Siill. Biol. France-Iielijique, LV). 

1908. — W'iNTHKnERT. — Siir la présence du Discoglossus pleins k Banyuls- 

snv-Mer {Bull.Sor. Zool. F/'«//r^, XXXIli, p. 54). 
1906. — Zacuaiuas (().). — Zur Biologie iind OKkologio von Poli/phemus 

pediculus (\Ànnè) {Zool. Ane XXX). 



ADDRNDUM 

J"ai rocollù pendant mon séjour dans les Pyi-énùesOriontalos i[uel(|ues liyiliach- 
nidesque .M. le D' G. Walter, de Bàle, a bien voulu déterminer, lîn voici la lisle: 

1, Ruisseau sur la rive gauctiedu Tech, à l'ouest de Pralsde Mollo, 

Protsia eximia (Piotz) 1 9. 
Tfii/as thori Walter, 1 nyinpiie. 

2. Rosnrsence de la j^roll" de l'ouade, près Hanyulssui-Mcr. 

Li'bertia porosa Tlior, I o'. 2 9. 
S. Source de l'ertnita^'c de Cunsolalion, pn'-s Collioure. 
Sperchon koeiuhei Walter, 1 ',' . 



I.AVAI-. IMPniMF.niE BARNEOUD. 





Séance du IS juin 19'2'2. . . ^^ 

PRÉSIDENCE DE M. BRUMPT, PRESIDENT. >, ""\W*^ 

M. le jjrésident souhaite la bienvenue à M. Dalcq, assistant 
à l'Université de Bruxelles et à M. le D^ J. Liouville, qui assis- 
tent à la séance. 

La Société a reçu de bonnes nouvelles de M. Petit, qui 
s'excuse de son absence. M. le président rappelle que sur l'au- 
torisation de M. le directeur du Muséum, M. Petit a fait récem- 
ment dans cet établissement une causerie très appréciée sur 
les moyens de récolte et de conservation des objets d'histoire 
naturelle dans les voyages lointains. Il serait à désirer que 
cette initiative soit suivie, car beaucoup de jeunes voyageurs 
sont insuffisamment documentés sur ce point. 

M. Pavlovsky remercie de son admission. 

L'Académie royale de Belgique adresse la médaille frappée 
à l'occasion de son cent-cinquantième anniversaire. M. le pré- 
sident lui adresse les remerciementi| et les félicitations de la 
Société. 

M. Pérez présente une Asterina gibhosa^ atteinte d'albinisme, 
qu'il a trouvée à Roscoff. 

Pour répondre au vœu d'un certain nombre de mem- 
bres de la Société, le Conseil a décidé d'insérer, dans un pro- 
chain numéro du Bulletin, une notice nécrologique sur 
M. Edmond Perrier. 

M. et Mme. Millot, sur le point de partir en mission à Mada- 
gascar, se mettent à la disposition de leurs collègues pour 
leur rapporter des matériaux d'études. 

Ouvrages offerts : 

BuGNiOiN (Dr E.). — The Moults of Etnpusa egena {Bull. Soc. Entom. 
Egypt, -1921, 44 p.,'16fig.). 

Id. — La larve de la Luciole {Luciola iusitanica Gharp.), (Ann., Sci. Nat. 
Zoolog., (10), 1922, 30 p., 20 fig.). 

Id. — La biologie de la Luciole {Luciola Iusitanica), {Rev. hist. Nat. 
apjdiq., l, 1921,7 p.) 

Id. — Luciola Nicollieri sp. n. de Ceyian {Spolia Zeylanica, XII, 1922, 
14 p., 3 fig., 1 pi.). " 

Id. — Etudes relatives à l'anatomie et à l'embi-yologie des Vers luisants 
ou Lampjrides {Bull. Biol. France.-Belgigue, LVI, 1922, 53 p., 36 11g.). 

13 



172 SÉANCE DU 13 JUIN 1922 

NOTE RELATIVE A VAMELES SPALLANZIANA. 
STRUCTURE DE L'OOTHÈQUE. ECLOSION DES JEUNES LARVES 

TAU 

E. BUGNION 

VAmeies spallanziana Rossi, 1792 (1) est une petite Mante 
de couleur grise, assez connnune d'août en octobre, dans les 
environs d'Aix en Provence. Le mâle, long de 22 à 23 mm., se 
distingue de la femelle par son corps plus svelte, ses antennes 
plus longues et surtout par ses quatre ailes bien développées. 
La femelle, longue de 18 mm., a le corps plus large, les 
antennes plus courtes et des ailes rudimentaires. La réduction 
des ailes la fait ressembler à une larve. 

Une espèce voisine, VA. decnlor Ciiarp., diffère de la précé- 
dente par son pronotum moins dilaté et relativement plus 
long (2). 

VAniclrs fait sa ponte en automne et c'est, comme pour la 
Mante leligieuse, au printemps suivant que se produit l'éclo- 
sion des jeunes larves. 

Fabre qui, au cours du chapitre consacré à la Mante (« Sou- 
venirs entomologiques », V. ]). 321) parle incidemment de 
VAmelcs decolor, décrit comme suit l'ootlièque de cette espèce : 

« La petite Mante grise {A. decolor), si différente de Taiilre par l'absence 
presque romplètc des ailes chez la femollc, édifie un nid f,M-os à peine comme 
un nojau de cerise et le revêt fort Ijien d'une écorce écumeuse. Pourquoi 
cette enveloppe soufflée? Parce que le nid de VAmeles doit, comme celui 
de la Mante religieuse, passer l'hiver, exposé sur un rameau, sur une pierre, 
à toutes les rigueurs de la mauvaise saison. » 

Ce texte est accompagné de deux figures reproduites dans 
l'ouvrage « Mœurs des Insectes », p. 80. Les nids que j'ai 
eu l'occasion d'observer proviennent d'un Ameles femelle 
{A. spallanziana) capturée à Aix, le 28 octobre 1921 sur le 
domaine de Belle-vue. Mon sujet (visiblement gonflé d'œufs) 
ayant été placé dans une cage de mousseline et richement 
alimenté avec des Mouches, j'obtins une première oothèquc 
le 22 novembre et une deuxième le 5 décembre. 

(1) Voy. Index liibliographique. 

(2) Le pronotum est d'après Flnot (1883), plus long que les fémurs antérieurs 
chez decolor, plus co\ivich.Qz spallanziana. 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 173 

Lcui'S dimensions étaient de 10 mm. sur o pour la première, 
de 8 mm. sur 5 pour la deuxième. Leur couleur était grise ; 
sur leur face libre se voyait une sorte de faîte vers lequel les 
cloisons des loges ovulaires paraissaient converger en s'incur- 
vant quelque peu (fîg. 3). Le nombre des loges (autant qu'on 
pouvait en juger sans faire des coupes) devait être approxima- 
tivement de 24 et de 14. L'écorce ccumeuse (signalée j)ar Fabre 
a propos des oothèques de VAmeles decolor) ne formait sur 
celles de \A. spallanziana (\\x\x\i revêtement très mince, sem- 
blable à un léger badigeon étendu par-dessus les loges, semé 
çà et là de petites bulles d'air. 

Collés sur un morceau de carton blanc, ces deux nids furent, 
en vue de l'éclosion, mis à part dans un tube large de 2 cm. 
suffisamment aéré et gardés durant l'hiver sur une tablette 
de fenêtre exposée en plein soleil. Hâtées sans doute par la 
température de la chambre, les premières éclosions furent 
observées le 17 avril 1922 (4 mois 1/2 environ après l'époque 
de la formation des oothèques). 

Je conq)tais ce jour-là une dizaine de jeunes larves 
dont les unes, nouvelles écloses, s'agitaient auprès des nids, 
tandis que d'autres (datant probablement de quelques jours) se 
tenaient blotties sous le carton sur lequel les deux nids étaient 
collés. 

Une 2^" éclosion comprenant seize sujets fut ol)servée du 
18 au 20 avril, une S*' et dernière comprenant huit sujets du 
21 au 22. Le noml)re total des nouveau-nés fut donc de 38 j)our 
les deux nids. 

Longs de 3 mm. (fig. 1), joliment bariolés de mou- 
chetures noires et vertes, les nouveau-nés à'Ameles sont tout à 
fait mignons et intéressants à observer. Doués d'un tempéra- 
ment très vif, ils aiment à se poursuivre, quitte à sauter 
brusquement de côté et d'autre, quand ils se voient serrés de 
près. Est-ce là un simple jeu? Y aurait-il chez ces petits êtres 
quelque intention de cannibalisme ? Je ne suis pour l'instant 
pas en mesure de me prononcer. 

Observé au repos, YA7neles nouvel éclos a une attitude par- 
ticulière qui mérite de retenir notre attention. Campé sur ses 
pattes postérieures et moyennes, il se tient d'ordinaire courbé 
en arc, avec sa grosse tête relevée, son abdomen (très court 
et ramassé) relevé lui aussi, taudis que le milieu du corps «st 



174 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



déprimé. Les antennes, composées de 23 articles, relativement 
assez longues, sont, dans leur moitié l)asale, annelées de noir 
et blanc (1). Les pattes ravisseuses, déjà armées de leurs épi- 



4 




Fie. i. — Ameles spallansiana, nouveau-né long de 3 mm., 
oclos le 16 avril VJ'22. — x 24. 

nés, sont, dans l'attitude du repos, repliées sous le prothorax, 
les moyennes et les postérieures fortement écartées des deux 
côtés, avec leurs genoux très relevés. 

La figure 1, dessinée à la chambre claire à un grossissement 

(1) Les aulennes de VAmeles ont, comme celles de riimpusc et de la Manie, 
un nonr)bre d'arliclc moindre chez le nouveau-né que chez l'adulle. M'aidant du 
procédé indiqué dans un précédent travail (1918, p. 129;, j'ai trouvé 74 articles 
aotennaires chez le a adulte (-4. spallansiana) et 60 chez la 9. 



1 



à 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



175 



de 24, montre assez bien la grosseur de la tête et la longueur 
des membres relativement au corps. La tête, comparable à un 
marteau, se distingue encore par sa dilatation dans la direc- 
tion transverse, par la proéminence du vertex et par les saillies 
anguleuses que font les yeux. L'écartement considérable qui 




/ 



/ 



*•■ 











J" 



^' 



FiG. 2. — Ameles spallansiana; la tête du nouveau-né. 
Sexe indéterminé. Antennes de 23 articles. 



X 40. 



sépare les pattes antérieures des deux moyennes s'explique 
par la longueur des hanches et surtout par le fait que les 
hanches antérieures ont été, dans le but de les mettre en 
évidence, portées en dehors le plus possible, tandis que les 
moyennes sont restées repliées sous le thorax. 



.176 SÉANCE DU 13 JUIN 1922 

La tigTire 2, dessinée à un grossissement de 40, est destinée 
surtout à montrer la forme tronquée de Fécusson frontal 
(caractéristique du genre Amelcs) et le relief en forme de lyre 
(de couleur jaune pâle) qui le surmonte. 

Pour ce qui est du mécanisme de l'éclosion, j'ai la satisfac- 
tion de pouvoir faire connaître à mes lecteurs un fait nou- 
veau. 

On sait que l'ootlièque de la Mante vulgaire renferme un 
système de fentes qui, prenant origine au niveau des loges 
ovulaires, dél)ouchent d'autre part à la surface, dans la « zone 



<s--î?;\~^^; .\t- 



/ / / ; 



FiG. 3. — Ameles spallansianu ; a, l'ootlièque vue d'en haut; b, la même sectionnée 

dans le sens de la longueur. — x 6. 

d'éclosion ». C'est de l'intérieur que, au moment de l'éclosion, on 
voit émerger les jeunes larves. 

L'ootlièque de l'Flmpuse [E. erjcna) possède (à défaut de 
fentes) une série de petits orifices qui, correspondant aux loges 
ovulaires, facilitent également la sortie des jeunes larves. 

Le nid de Y Ameles spallaiiziana (tig. 3, a) ne présente 
rien de semblable. Il y a bien à la surface de Toothèque quel- 
ques petites lissures, quelques trcnis minuscules (destinés peut- 
être à l'aération des embryons), mais les loges ovulaires 
paraissent au premier abord entièrement closes. 

Aussi n'est-ce pas sans surprise que, au cours de l'observa- 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 177 

tion rapportée ci-dessus (17 avril), alors qu'une dizaine de larves 
s'agitaient déjà autour des nids, je ne vis tout d'abord ni fentes 
de sortie, ni orifices d'aucune "sorte. 

L'explication de cette énigme ne se fit heureusement pas 
trop attendre. M' étant muni d'une loupe, j'avisai, accroché à 
l'extrémité de l'un des nids, un amas de petites pellicules rata- 
tinées. Ce fut un trait de lumière. Ayant justement étudié 
l'année dernière, chez Manlis religiosa, la structure de la gaine 
abandonnée par l'embryon, je reconnus sans peine dans cet 
amas de pellicules des exuvies dCAmeles. Ayant remarqué d'ail- 
leurs que les nouveau-nés des Mantides abandonnent leur 
dépouille au bord de l'orifice qui a servi à leur exode, j'exa- 
minai de plus près le bout du nid et découvris bientôt, en 
dessous de l'amas de pellicules, une petite fissure qui, selon 
toute apparence, se prolongeait à l'intérieur. 

Le problème était résolu. Le nid de VAmeles est construit de 
telle manière, qu'au lieu de s'ouvrir séparément à l'extérieur 
comme chez Empnsa et chez Mantis, les loges ovulaires débou- 
chent dans une cavité commune qui aboutit d'autre part à un 
orifice unique situé au bout antérieur. Encore emmaillotés au 
moment où ils pénètrent dans cette fente, les jeunes Ameles 
se libèrent de leur gaine au moment où ils atteignent l'orifice 
de sortie et abandonnent leur dépouille sur le bord de ce dernier. 

La fig. 3, h (coupe longitudinale empruntée au nid de 
10 mm.) fait voir la cavité commune d'une manière plus exacte 
et plus j)récise. J'ai dit ci-dessus que le toit de l'oothèque se 
relève quelque peu et forme une sorte de faîte dirigé dans le 
sens de la longueur (représenté fig. 3, «). C'est en dessous de 
ce faite que se trouve la cavité qui nous occupe. Les cloisons qui 
séparent les loges ovulaires les unes des autres se dirigent vers 
cette cavité en s'incurvant. On remarque au surplus que les 
cloisons se terminent un peu en dessous de la paroi de manière 
à laisser un passage entièrement libre. 

Le bout, proéminent en forme de rostre, au niveau duquel 
la cavité va s'ouvrir est celui qui, dans l'acte de ponte, a été 
édifié en dernier lieu. Il est clair, en effet, qu'au moment oîi la 
femelle pondeuse travaille à former les cloisons (l), elle peut, 
en passant d'une tranche d'ovules à l'autre, incliner lesdites 
cloisons dans le sens d'arrière en avant et en même temps les 
incurver, tandis qu'elle ne saurait les incliner en sens inverse. 



178 SÉANCE DU 13 JUIN 1922 

J'appelle coiiséqucmmcnt bout postérieur la partie de l'oo- 
thèque qui a été édifiée en premier et bout antérieur la par- 
tie qui a été construite en dernier lieu. Les jeunes larves 
devant traverser l'une après l'autre la cavité commune, on voit 
que les sujets éclos des œufs placés au bout postérieur (pondus 
les premiers) ont un trajet un peu plus long" à parcourir. 

Avantapi'eusc pour une petite oothèque, une telle disposition 
serait pour le nid de la Mante religieuse (renfermant de 200 à 
300 œufs) absolument impossible. 

L'avantage de la structure indiquée est apparemment que les 
embryons (d'autant plus précieux qu'ils sont en plus petit 
nombre), par le fait qu'ils se libèrent de leur gaine au cours de 
leur passage dans la cavité commune, se trouvent, pendant 
cette phase dangereuse, à l'abri des atteintes de leurs ennemis 
(Fourmis, etc.). 

Tandis que les embryons de la Mante (M. religiosa) se trou- 
vent pendant 20 minutes au moins exposés sans défense à la 
surface de l'ootbèque, encore emmaillotés dans leur gaine, occu- 
pés à un dégagement souvent pénil)le, le jeune Ameles est, 
au moment où il sort de sa cachette, déjà entièrement libre. 
Qu'une Fourmi s'en approche, la mignonne petite larve se 
dérobe par un saut brusque et échappe presque à coup sûr. 

La description qu'on vient de lire ne s'applique pas toutefois 
aux nids des Ameles en général. Il ressort par exemple d'une 
observation récemment publiée par F. Adair (1916, p. 83) que, 
chez Atneles .vgi/ptiaca Werner, les éclosions des nouveau-nés 
s'effectuent par plusieurs trous situés sur la bande médiane. 

Bien que la gaine abandonnée par l'embryon ait été dési- 
gnée ci-dessus sous le nom à'cxuvie, il importe de ne pas con- 
fondre ladite gaine avec la cuticule dont la larve se dépouille 
à chaque mue. 

Les cuticules qui se détachent au cours des mues offrent ce 
trait particulier qu'elles sont la rejîroduction exacte de la sur- 
face des téguments. On y voit non seulement les facettes cor- 
néennes, mais encore toutes les épines et tous les poils. On y 
trouve au surplus le moule des pièces buccales, le fac-similé 
des pattes, la répétition des téguments dans leur ensemble. 

L'envelopjDe de l'embryon est à certains égards très différente. 
Elle est bien, elle aussi, une formation cuticulaire destinée à 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



179 



se fissurer le long- du dos (1). Elle reproduit d'une façon assez 
exacte les limites des segments méso et métathoraciques, ainsi 
que les limites des anneaux de l'abdomen, mais Feusemble de 
la surface est en somme très modi- 
fié. C'est ainsi que l'on trouve : 

Au niveau du verte x : une 
calotte chitineuse de couleur jau- 
nâtre destinée à protéger la tête 
(spécialement chez Mantis), au 
cours de l'ascension de l'embryon ; 

Au niveau du front : une lame 
de forme oblongue destinée, sem- 
ble-t-il, à protéger les pièces buc- 
cales ; 

Ail niveau des yeux : une mem- 
brane anhiste sans traces de 
facettes ; 

Au niveau du prothorax : une 
membrane anhiste caj)able de 
s'étendre au moment où le pro- 
thorax se redresse et s'allonge ; 

Autour des pattes et des anten- 
nes : de longues gaines memljra- 
neuses sans trace d'articulations, 
sans trace de poils ni d'épines ; 

A la surface de r abdomen, ainsi 
que des segments méso et méta- 
thoraciques : des rugosités très \ \ 
régulières et très serrées : (2). 

Enfin à V extrémité des cerques : 
deux filaments (parfois très longs) pj^ ^ 




::^ 






lï. 



<N-£ 



0' 



1 




/ 



Ameles spallansiana; gaine 
dont le rôle parait être de rete- cuiiculaire abandonnée par le nou- 
1, • 1. 1 ' • 1' .1 < voau-né, traitée parla potasse caus- 

nir 1 exuvie attachée a 1 ootheque ^^^^^^^ ^^^^ J^ ,, IJorto-objet à 
au moment où le nouveau-né s'en l'aide de l'aiguille et du pinceau . — 
débarrasse. 

Il ressort de ce qui précède que l'enveloppe de l'embryon est 



(1) La fissure s'étend chez l'embryon de la Mante religieuse de la région occi- 
pitale jusqu'au bord postérieur du premier segment de l'abdomen. 

(2) Plus développées chez Mantis religiosa, ces rugosités jouent un rôle essen- 
tiel dans le mécanisme de l'éclosion ; elles favorisent en effet la progression de 
l'embryon dans la phase où les pattes sont encore emmaillotées. 



180 SÉANCE DU 13 JUIN 1922 

une formation cuticulaire spécialement développée en vue du j 
mécanisme de Féclosion. Ê 

Le meilleur procédé à employer pour étudier l'exuvie rata- " 
tinéc abandonnée par Tembryon est de la traiter parla potasse 
caustique chauffée jusqu'à ébullition. On lave ensuite dans un 
peu deau et cherche, en travaillant sous la loupe (X IG ouX 20) 
avec l'aiguille et le pinceau, à rétablir la forme primitive de 
l'enveloppe et plus spécialement à dévagiuer la gaines (très 
fortement plissées) des pattes et des antennes. 

Relativement assez simple, s'il s'agit d'embryons des genres 
Maniis et Empusa, cette préparation est, si l'on a affaire à 
YAmelcs, beaucoup plus délicate et diflicile. J'ai bien vu la calotte, 
la lame cbitineuse oblongue, les renflements situés à l'insertion 
des antennes ; j'ai réussi également à rétablir à peu près la 
forme primitive de l'enveloppe, mais ne suis, en dépit d'essais 
nuiltiples, pas parvenu jusqu'ici à déplisser d'une manière satis- 
faisante les gaines des pattes et des anteimes. Le dessin que 
(faute de udeux) je donne pour accompagner mon texte (lig. 4) 
ne montre qu'une seule gaine entièrement évaginée et encore 
ai-je dû la compléter d'après une préparation empruntée à la 
Mante vulgaire (1). 

INDEX lUbLIOGRAPlllQUE 

1792. Rossi. — Mantissa insecloruin. lOâ, 22() (Mantis spa/lonciana) . 
4841. CiiAHPE.NTiEH (T. ue). — ( irlhoplcra descripla et depicta (llora; 

enlom. 91). 
1842. HuRMEisTEK. — llandb. dci- Rntomologic II. o3i (Descr. du g. 

A mêles) . 
1849. KiTTAHV. — /iulL Sor. .\at. Moscou, XXII, 447 (Matitis War/neri). 
1853. FiscHEH. — Oi'llioplera ouropa'a. 
1860. Yehsin (A.K — Note sur (iiielcjnes (>i-ll)0[)lcres nouveaux (Ann. Soc. 

entom. France {Manfis hrevipeiniis). 
4871. Saussure (H. de). — Mélanges Orttioptérologiques, lllo fasc. Mantides 

(p. 100 et, 297), IVefasc. (p. 50; g. Ameles). 
188.3. Finot(A.). — Les Orltioptères de la France (p. 34, g. Ame/es). 
1883. Fabre (J. h.). — Souvenirs entornoiogiques. V. (p. 321, Amefes 

decolor). Md'urs des Insectes f p. 80. figure du nid). 
1912. Werner (Franz). — Une nouvelle Manlide égyptienne {Amelcs (vijiji)- 

tiaca) (Bull. Soc. entom. Egijiite. !'•'■ fasc. p 23). 
1916. Adair (F.). — Le déveloi»pernent de la Mante Ame/es œfjyptincn, 

Werner, {liull. Soc. entom. Ef/i/pte, séance du 14 juin). 
1918. MuGNiON (F.). — L'accroissement des antennes chez Rînpusa er/ena 

[Mém. Soc. Zool. France, XXVIL année 1917, p. 127). 



(1) Les figures illustrant cette note ont été génorouscmonl ollcrti^s par l'auleur. 



i 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



181 



DESCRIPTION D'UN CÉNURE TROUVÉ CHEZ LA SOURIS 
BLANCHE DE LABORATOIRE 



PAR 



Ch. JOYEUX, Ch. RICHET fils et E. SCHULMANN 

En examinant des Souris blanches servant à diverses expé- 
riences, notre attention a été attirée par l'une d'entre elles, 
présentant au voisinage de la nuque et de l'épaule gauche un 
kyste de la grosseur d'une noisette. Après incision de la peau, 
il a pu être facilement détaché à la sonde cannelée, sans 
sacrifier l'animal. Il siégeait dans la rég'ion sous-cutanée et ne 
tenait à la profondeur que par une sorte de pédicule mince. 




FiG. 1. — Portion du Génure garnie de scolex, vue par la face interne. 

fibreux. Il y avait une légère réaction cellulo-graisseuse autour 
de lui. Ce kyste fendu longitudinalement laisse échapper un 
liquide citrin, contenant quelques flocons muqueux qui ne 
montrent aucune structure au microscope. La paroi est relati- 
vement mince, transparente ; on aperçoit facilement à sa face 
interne des masses blanches, disposées en rangées assez régu- 
lièrement rayonnantes, n'occupant d'ailleurs qu'une partie de 
la surface totale du kyste (fig. 1). Elles sont de taille inégale 
et représentent chacune un scolex. 



182 



SÉANCE m 13 JUIN 1922 



En isolant une do ces masses et eu rexainiiiant au micros- 
cope, on constate cju'ellc est bourrée de corpuscules calcaires, 
régulièrement arrondis pour la plupart, dont le diamètre varie 
de 20 à 23 ;j.. Pour étudier la structure générale des scolex, le 
mieux est de pratiquer des coupes qui en intéressent plusieurs 
à la fois. La figure 2 est la microphotographie d'une coupe qui 
passe par six scolex [S). On voit que la cuticule présente des 
papilles (P) comme chez beaucoup d'autres cystiques; la tète 






.'^.. 



}h M.^.^: 



iS^ 



V 









è..v 



^ 



Fig.2 






:.. Vv. 



'?. 



FiG. 2. — Coupe d'une partie de la vésicule intéressant 6 scolex en des points 
différents. S : coupe des scolex; 1' : villosilés de la cavité d'invagination ; 
P : papilles de la cuticule. 

se trouve au fond d'une cavité d'invagination sinueuse et pré- 
sentant des villosités (F). 

D'autre part, un scolex isolé et évaginé artificiellement 



.■''>'Î^*'H 



(fig. 3) montre, après décalcification, 
rasi)ect typi(jue des têtes de Ténia. La lar- 
geur est de 600 ;j. environ, au niveau des 
ventouses. Ces dernières, arrondies, pos- 
sèdent environ 210 a de diamètre. Sur 
notre figure, elles sont devenues ovalaires 
par suite de l'aplatissement de la prépa- 
ration. Le diamètre de la couronne de 
crochets est de 200 [x. 

Ces crochets forment deux rangées de 
1 i à 16 crochets chacune, soit 28 à 32 en 

"^ . ,, tout. Isolés et vus à plat, ils ont la forme 
Un scolex isolé. ^ 

représentée dans la figure 4. Les mensura- 
tions sont difficiles à prendre, parce que la taille est loin d'être 




FiG. 3. 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



183 



constante d'im scolex à l'autre ; de plus, la courbure delà lame 
varie, ce qui allonge ou raccourcit les mesures prises. Ces cro- 
chets se rapprochant plus de la forme dite « aiguillon de rosier » 
des Dipijlidium que de celle à manche développé, type : T. 
solimn, nous croyons que les plus utiles 
mensurations sont celles qui ont été 
indiquées sur notre dessin, soit ac : 
longueur de l'extrémité de la lame à 
celle du manche (longueur totale) ; hc : 
longueur de l'extrémité du manche à 
celle de la garde, soit d'une racine à C, 
l'autre, d'après une nomenclature dif- p^^. ^ _ cpochets isolés : 
férente ; ad : longueur obtenue en joi- deux grands et un petit. 
gnant le milieu d de la ligne hc à l'extrémité de la lame a. 
Nous avons d'ailleurs établi une échelle qui permettra au lecteur 
de prendre d'autres mensurations s'il le désire. 

Dans ces conditions, on trouve, en exprimant les dimensions 
en tx, et en mesurant un grand nombre de crochets apparte- 
nant à plusieurs scolex : 




•SO 



"iioo"" 





firands crocliets 


Petits crochet 


s 




iDaxiiiiuin 


niiniimim 


moyenne 


niaxiimim 


minimum 


moyenne 


ac 


103 


85 


97 


75 


58 


63 


bc 


60 


45 


52 


40 


35 


38 


ad 


80 


70 


75 


55 


46 


50 



La garde est bilobée, comme chez T. serialis, la pulpe em- 
plit presque complètement le crochet, surtout pour ceux de la 
prendèrc rangée. 

En somme, notre parasite est un Génure typique, nous devons 
donc le faire rentrer dans ce groupe de formes larvaires, ran- 
gées comme on le sait dans le genre Multiceps Goze, 1782 
(syn. Cœnurus Rud. 1803). 

A notre connaissance, il n'a pas encore été signalé de Génure 
de ce type chez la Souris blanche. Il est évident d'autre part 



184 



sÉANCi; DU 13 JuiiN 1922 



qu'un animal de lal)oi'atoire ne peut hébergci' qu'occasionnelle- 
ment une larve de Gestode et que le véritahle hôte intermé- 
diaire de notre parasite doit être vraisemblablement un Ron- 



geur ou autre Mammifère sauvage. 



A. RAiLLiETot A. Henry (191o), faisant une revue des Génures, 
ont énumcré les formes connues. Depuis, d'autres espèces ont 
été décrites par M. G. Hall (I91G), A. Rah.liet et .Marli.laz 
(1919), A. Railliet et Mouqukt (1919). Voici, d'après ces auteurs 
la liste des formes actuellement décrites : 



Nom (In ConiirL' 



M ulticpps m u t ( iri'/ts 
(l.cske. 1780) . . . 

M.sp/'ia/i.'i ((iCi'vais 184.")) 

JJ. te mu ri s (('obbold, 
1801) 

M. poli/luherculusus (Mé- 
gnin", 187'.») . . . . 



Af.5/)a/flc/*(l)iesing.|8ti3) 

M. fjlompratus (Kail. cl 
llenrv) 

M . An C-ovpoii (l'agensl., 
1877) / 

M. tratfeluphi (Cobhol*), 
1861) 

M.braïuii (v. Linsl. lî)U2i 

M. gaigeri (Hall, lîtlC) . 

,)/. ramosus (Itail. el >far. 
1919) . ... 



.Nombre 

(le 
crochets 



m à -M 
•M 



couronne simple 
18 à 34 

30 il 4(i 

?il(^|>ourvM (le sro- 
Icx. 

30 

^8 i\ 32 

:26 à 30 



Longueur 

(les grands 

crorliels 

en a 



150 à 170 
i'^l) il 137 

123 



70 

croclicisnon men- 
surés. 



132 il 138 
H-4 à 120 

114 
KiO à 180 

110 à 132 



Longueur 
des 

peiKs 
crocliels 

en tx 



90 à 130 
85 à 112 

80 

50 



87 ;i 90 
rm à 98 

47 
113 à l.SO 

80 h 92 



R.\iLLiKT et lÏE.NKY ajoutcut à cette liste : Tw/iin /n/perhorca 
V. Linst. 1905, dont la forme larvaire n'est pas connue, mais 
dont l'adulte présente des crochets ressemblant à ceux du type 



SÉAiNCE DU 13 JUIN 1922 185 

Mulliceps, soit 30 à 32 crochets, ayant comme longueur : 
170 u. pour les grands, 120 <j. pour les petits. 

De tous ces Cénures, un seul pourrait correspondre au nôtre, 
c'est le Multiceps brauni, larve du Tœnia brauni Setti, 1897. 
En efiet, les crochets du Ténia adulte auraient d'après Fauteur 
italien une taille variant de 130 à 140 ;j, quelquefois de 9o à 
100 pi pour la première rangée; de 85 à 90 a, quelquefois de 
70 à 75 (JL pour la deuxième. Ces chiffres présentent de telles 
oscillations qu'on est tenté à priori de se demander si plusieurs 
espèces n'ont pas été confondues en une seule. Mais si la 
dimension des crochets de notre Cénure se trouve comprise 
dans les limites indiquées par Setti, les dessins donnés par 
lui et par v. Llnstow ne peuvent se superposer aux nôtres. Ils 
figurent un manche bien développé, tandis que dans notre 
espèce, il est au contraire réduit. De plus, v. Linstow ne figure 
pas de villosités dans la cavité d'invagination. Notre parasite 
ne correspond donc pas à celui de cet auteur, en admettant 
bien entendu que Tsenia brauni soit une bonne et seule 
espèce. 

L'habitat de l'hôte ne nous donne aucun renseignement i 
notre Souris a été achetée chez des fournisseurs de Paris dans 
les boutiques desquels passent des animaux de toutes sortes, 
Jant indigènes qu'exotiques. 11 n'y a donc pas d'indication à 
espérer de ce côté. 

On sait, d'autre part, que les Ténias de Carnivores ne sont 
pas encore parfaitement connus, ceux des Mustélidés notam- 
ment, auquels Thienkmann a consacré une monographie 
(1906). 

11 est possible que notre Cénure se rapporte àun de ces types. 
En attendant son identification avec une forme adulte^, nous 
proposons pour lui le nom de Multiceps radians n. sp. pour 
rappeler la disposition assez régulièrement rayonnée des sco- 
lex dans la vésicule (fîg. 1). 

BIBLIOGRAPHIE 

M.-C. Hall. A new and economicallj iinporlanl Tapeworm, Multiceps 
gaigeri, Iroin the Dog. {Journ. amer, veter. Med. Assoc, N. S., ill, 
pp. -21-4-223, 191(5). 

V. LiNSTOw. Eine neue Cgsficercus Fonn, Cgsticercus Tœnia Brauni, 
Selli [Centrlbl. Bakter. orig., .\X\lil. pp. 882-886, 1902). 



186 SÉANCE DU 13 JULN 1922 

A. Raillkt el A. Henrv. Sur un Cénure de Ja Gerbille à pieds velus [Dali. 
Soc. Path. pxot., VIII, pp. 173-177, IGlo). 

A. Hailuet et .M. Marullaz. Siu' un Cénure nouveau du Bonnet chinois 
(Macacus sinicus) {Bull. Soc. Path. eœot., XII, pp. 223-228, 1919). 

A. 1Uili,u:t cl A. Mouquet. Cénure du Coypou {Bull. Soc. centrale méd. 
vétér., LX.\II, pp. 20i-211. 1919). 

E. Setti. Nueve F.iminli dell' Ki-iti-ea [Atti Soc. ligustica Sci . na/.,VIlI 
(2), p. 15, 1897). 

.1. TniENEMAN'.N. Unlersuchungi^n M bcr Tn'iiia tenuicolliK lliid. mit lîenick- 
sichtigung der uhrigen Musteliidon-ïaînien {Arck. Jalurfjesc/t., LXXll, 
1906). 

{Faculté (le médecine de Paris, laboratoires de parasitologic 
et de i)atholofjir comparée). 



SUR LES COPÉPODES LIBRES DE LA COTE-D'OR 



l'A H 



Jean ROY 

Agrt'gé (le l'Université. 



De nombreux auteurs étrangers ont étudié les Copcpodcs 
libres durant ces dernières années. 

Les travau.x sur la ])iologie des lacs, des cavernes, amenèrent 
la découverte d'espèces nouvelles principalement en Suisse et 
en Allemagne (voir le court index qui suit l'article). 

Au cours de l'année scolaire novem])re 11)20 à noveml)rc 
1921 j'ai exploré systématiquement quelques collections d'eau 
des environs de Dijon, rivières (Ouche, Vouge), ruisseaux, 
étangs (Gitteaux), marécages (Saiut-Jean-de-Losne), petits bassins 
(jardin botanique de Dijon), mares souillées (Fontaines-les- 
Dijon, Curtil Saint-Seine), sources froides (Val Suzon, Roches 
de Plombières et de Talant). 

J'ai pu suivre mois par mois certaines stations avec leurs 
variations de faune. Pour tirer des conclusions fermes il fau- 
drait suivre les groupes d'espèces pendant plusicui-s années 
consécutives, et j'ai dû interrompre ce travail durant toute la 
période scolaire en cours. 

Je me pro2)ose simplement de donner la liste des espèces 
que j'ai trouvées en Gôte-d'Or en un an. 



SÉANCE DU 13 JUliN 1922 187 

Les résultats, quels qu'ils soient, peuvent aider à des travaux 
ultérieurs. 

Je tiens à remercier MM. uk Beauchamp, Paris, de Kerhervé, 
ainsi que ]MM. les naturalistes suisses Groeter, Thiébaut, Ghap- 
puis, ZscHOKKE, à qui je dois d'utiles renseignements bibliogra- 
phiques et d'excellents conseils. 

COPEPODA 

Sous-ordre des Gijmnoplea. 

Famille des : Centropagidie. 

Genre : Diaptomus Westwood. 

1. D. gracilis Sars. Très commun dans lé plancton des col- 
lections d'eau les plus variées, dès le mois de février : sabliè- 
res, marécages de Saint-Jean-de-Losne, Citteaux. 

2. 7). castor (Jurine). Aussi répandu que le précédent dans 
toute la plaine de la Saône ; sa présence est constante de mars 
à novembre mais rarement en compagnie de D. gracilis. 

3. B. viilgaris Schmeil. N'a été vu que dans une pêche pro- 
venant du lac des Settons. 

Sous-ordre des Podoplea. 

Famille des : Cgclopidœ. 

Genre : Cyclops 0. F. Millier. 

1. C. fusciis (Jurine). Assez commun dans les marais, les 
étangs et sablières de mars à juillet-août, époque à la({uelle 
les exemplaires sont moins nombreux dans leurs stations habi- 
tuelles. Légère tendance à la sténothermie d'eau froide. 

2. C. alhldus (Jurine). Commun dans les eaux même stagnan- 
tes en janvier-avril, il se confine aux eaux courantes et aux 
sources dès les premières chaleurs : juin en 1921. Sténother- 
mie froide nette. 

3. C. serrulatus Fischer = C. varius Lilljeborg". C'est l'espèce 
la plus commune et la plus ubiquiste ; présente en juillet- 
août une diminution dans le nomln^e des individus. 

4. C. macruroïdes Lilljeborg = C. serrulatus var. denticu- 
lata A. Grœter. Trouvé régulièrement à partir d'avril dans une 

14 



188 SÉANCK DU 13 .lUlN 1922 

bcilastièi'e près de Saint-Usage. Cette espèce était autrefois 
confondue avec la précédente. 

o. C. macriiriis Sars. Assez al)ondant durant tout Tété dans 
les sablières de Saint-Jean-de-Losne et quelque marais voisins. 
Forme d'eau chaude à stations très localisées. 

6. C. /mibrialus Fischer. Assez rare en été, se rencontre com- 
niunénient dans les sources au pi'inteinj)s ; il rauipe sur les 
végétaux aquatiques et nage peu. Stéuotheruie deau froide. 
Janvier-mai. 

7. C. fimhrialiis var. Pojipci Hehberg. F'rétjuente au con- 
traire les eaux plus chaudes mais demeure rare. Bassins du Jar- 
din botanicpu' ilc Dijon. Marée;) gc en vdIo (rnsst'elieiuent près 
de Longvic. 

8. (\ Lt'uckdi'li KWaw^. Très abond.nil durant la saison chaude, 
comme forme littorale et pélagitpie de la ])lupart des collec- 
tions d'eau. 

9. (l. slfcnuiis h'ischer. Ahomh' coniiiic l'orme à ten(hince 
pélagique jusqu'au mois de juin. J ai observé cette espèce sur- 
tout au printcMUps dans des mai'es souillées el th>s étangs. 
D'assez uondireux individus se rencontrent en hiver sous la 
glace dons ces stations. 

La forme pélagicjue des gi-audes collections d'eau (sablières) 
est transparente, plus petite et (h'pourvue des ])arasites (Aci- 
nétiens, Vorticellidesj <pii encond>rent h's individus hahitaiit 
les eaux souillées. 

10. C virifiix {}\\v'\\\g). Très comnuin surtout an printemps et 
en automne. II existe des formes géantes toujoni's très para- 
sitées. 

11. C. centaH< Fischer. Abondant partout de février à mai. 
il se cantonne ensuite dans les eaux plus IVoides et en particu- 
lier les sources et petites mares de foret. 

12. C. p/ia/era/us Koch. Observé une seule fois en juin dans 
les marais de Saint-Jean-de-Losne sur le chemin de la stati(jn 
aquicole (îrimaldi. 

13. C. />y^o?/,i.v/.7'« Lande. Abondant dans la mènu' station et 
à la même époque que le précédent. 

H. C. hicolor Sars. Très petit, n'a été vu que dans le même 
marais. Ces trois dernières espèces sont rares dans notre 
région. 

15. C. hiciispidalKs Claus. Assez rare (étang de Citteaux, 



1 



À 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 189 

marais de Saint-Usage). La furca est égale à 5 fois la longueur 
du dernier segment dans les exemplaires sexués. Malgré cette 
diflerence le receptacidum seminis est typique. 

16. C. bisetosus Reliberg. Très rare en Suisse, nettement sté- 
notlierme d'eau froide. J'en ai trouvé 3 $ avec sacs à œufs dans 
un fossé en voie d'assèchement près de Daix (mars 1921). Je 
ne l'ai point retrouvé depuis. 

C. bisetosus, C. macriiroïdes, C. fimbriatus var. Poppei et 
peut-être C. Dijbowskii n'ont, à ma connaissance, pas été signa- 
lés en France. 

Famille des : Harpacticidse. 
Genre : Cantlioccunplus Westwood. 

1. C. staphylinus (Juriue). Très comnmn parmi les débris 
végétaux tapissant le fond de collections d'eau variées (sour- 
ces, mares) abondant surtout dans la période froide : janvier- 
mai et octobre-janvier. 

2. C. microstapliijliniis Wolf. Très rare. Déjà observé dans 
le lac de Constance et les marais du Jungholz. Lauterborn 
et Wolf ont étudié dans cette espèce la formation de kystes 
d'été. Je l'ai trouvé dans les marais de Saint-Usage. J'ai pu obser- 
ver des 9 ayant de nombreux spermatophores accolés (jus- 
qu'à 4). Mars 1921. 

3. C. mimitus Glaus. Je l'ai observé trois fois (février et 
avril) dans un marais et dans une flaque d'eau provenant de 
l'Ouche, puis en mai dans les marais avoisinant Saint-Usage. 

4. C. gracilis Sars. Signalé par M. de Kerhervé près de Samer. 
J'en ai trouvé une grande abondance dans un seul marais voi- 
sin de la station à C. minutus (Saint- Usage près de Saint-Jean- 
de-Losne). 

5. C. crassus Sars. iVssez répandu dans les fontaines, sour- 
ces, marécages (Talant, Saint-Usage, Jardin botanique de 
Dijon). 

6. C. northumbricus Brady. Observé trois fois : flaques d'eau 
provenant du Suzon et de l'Ouclie en janvier-février 1921, puis 
dans une « losne » aux Maillys en mai. Les individus de cette 
dernière station surtout les (^ présentaient des variations assez 
constantes, que je décrirai ultérieurement. 

7. C. pygmœus Sars. Très rare. Toute l'année dans une 



190 SÉANCE DU 13 JUIN 1922 

source près de Talant. Il est en compagnie de C. craasiis mais 
il semble y avoir balancement entre ces deux espèces dans 
cette station. Quand C. pi/gmanis abonde on a quelques C. cras- 
sus et inversement. 

C. crassus et C. microsla])}iyliiius sont nouveaux pour la 
faune de la région, sinon delà France. 

J'ai pu constater (]ue les eaux courantes et les sources pré- 
sentaient un petit nom])re d'espèces [Ci/clops viridis, vcrnalis, 
serru/atiis, fimbriatiis, Canlhocatnplus staplit/limis) et que ce 
groupement restait constant toute l'année. Il en est de même 
pour les petites mares alimentées par des sources. 

Au contraire les fossés, bassins, marais, présentent de nom- 
l)reuses espèces qui disparaissent et réapparaissent à certaines 
périodes. 11 serait intéressant de préciser les formes de résis- 
tance : kystes, œufs de durée. 

La température de l'eau, la iiatuic du microplancton, la 
concurrence entre plusieurs espèces adaptées au même mode 
de vie [Diapt. castor et Diapt. r/racilis, Canth. crassus et pf/g- 
mœus à Talant) sont autant de facteurs qui exercent une action 
encore difficile à délimiter. 

Dijon, /•" mars i9'2'2; 
laboratoire de zoologie de la Faculté. 

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

Beauchamp (p. de). — Notes faunisliques : quelques formes rares ou intéres- 
santes de la région parisienne {Bull. Soc. Zool. France, XLIII, n»» S-7. 
1918). 

Chafi'uis (P. -A.). — Die Copepoden dcr unterirdischen Gewasser der Umge- 
bung Basel {Arc/i. Ilytlrob., XIV, 1920). 

(jR.i'TER (\.). — Die Copepoden der Umgebung Basel {Rev . Suisse Zool., 
11, 190:^j. 

Grœter (E.). — Die Copepoden dcr unterirdischen flewasser(.lr6'A. Ih/drob., 
VI, 1910). 

Haberbosch {V .). — Ueber Siisswasser-Harpacticidcn (.l/'f/i. Ili/droh.. XI, 
1916). 

Kerhervé (B. de). — !{arimcticid(r, genres Xitocra et Cantlioccunptus 
{Bull. Soc. Zool. France, XXXIX, no 2, 1914i. 

Laroche (R.). — ^ Die Copepoden dcr Uingebung von Bern. (In. Disserta- 
tion 1906). 

Lauterbor.n und Wolf. — Cjstenbildung bci Canth. staphylinus{Zool. An:., 
XXXIV, 1909). 

Schauss (R.). — Beitrag. f. Kenntnis d. freileb. Copepoden u. Cladoceren 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 191 

der Unig. von Bonn [Verh. naturhist. Vereins Preus. Wieinl. West/.. 
LXIV, 1907). 
Thiébaut (M.). — Catal. des Invertébrés de Suisse. Fasc. 8, Copépodes 
(Georg, Genève). 

— Enlomoslracés du canlon de Neufchàlel (A7i?i. biologie lacustre, II, 

4908;. 

— Contribution à l'étude du lac Sainl-BIaise (A nu. biologie lacustre, III, 
1908). 



REVISION DES REPTILES 
DÉCRITS DANS LE «JOURNAL DE VOYAGE » D'IWAN LEPECHIN 

PAR 

L.-A. LANTZ 

Dans le premier volume de son « Journal de voyage » à tra- 
vers diverses provinces de la Russie en 1768 et 1769, Iwan 
Lépéchin a décrit trois espèces de Lacertiliens, un Ophidien et 
un Batracien anoure, tous originaires de la steppe du Jaïk ou 
bas fleuve Oural. Quoique les descriptions en soient très som- 
maires, les espèces sont bien reconnaissables à l'aide des plan- 
ches qui accompagnent l'ouvrage. Mais ni dans l'original 
russe (1), ni dans la traduction allemande parue quelques 
années plus tard (2), l'auteur ne leur a donné de noms spécifi- 
ques. Ce fut J.-F. Gmelin qui les dénomma comme suit, en les 
incorporant dans sa IS'' édition du « Systema Naturœ » de Linné, 
parue en 1788. 

1. Lacerta uralensis 

Gmelin, loc. cit., p. 1073; Lépéchin, éd. russe, I, p. 514; 
éd. ail., I, p. 317; pl. xxn, lig. 1. 

Cette espèce a été identifiée avec juste raison à Phrynocepha- 
lus helioscojnis Pallas (1771). 

2. Lacerta guttata 

Gmelin, loc. cit., p. 1078; Lépéchin, éd. russe, 1, p. 514; éd. 
ail. I, p. 317 ; pl. xxii, fig. 2, 3. 

(1) Journal du voyage du Docteur et Associé de l'Académie des Sciences Iwan 
Lépéchin dans diverses provinces de l'Empire Russe ([, St-Pétersbourg, 1771) (en 
russe). 

(2) Tagebuch dcr Reise durch verschiedene Provinzen des russischen Reichez 
in den Jahren, 17G8 u. 1769 (I, Altenburg, 1774). 



192 SÉANCE DU 13 JUIN 1922 

L. gultata a été rangée par les auteurs dans la synonymie de 
Plirijnocephalus caudivolvuliis Pallas. Il n'est pas douteux que 
ces deux noms se rapportent au même animal ; mais Lacerta 
caudivolvula diitant de 1831 seulement (1), il devra donc être 
dénommé correctement P/irt/nocep/m/iis ynttatus (inielin 
(1788). 

3. Lacerta deskrti 

Gmelin, loc. cit., p. 1703 ; Lépéchin, éd. russe, p. iilo ; éd. 
ail. p. 318; pi. \xn, fig. -i, 5. 

Cette espèce a été placée tantôt parmi les synonymes à'Erp- 
mias velox, tantôt parmi ceux d'E. arguta. Vérification faite, 
c'est bien une jeune E. arguta ([ui a été décrite et figurée par 
Lépéchin. La livrée striée de Texemplaire en ({uestion désoriente 
au ])remier abord ; pourtant elle \w peut nullement être rap- 
portée à celle à'E. velox, vu labsence de la raie vertébrale 
blanche impaire, (]ui, chez les jeunes velox, est toujours très 
nette sur le cou et s'étend souvent jusqu'au milieu du tronc. 
D'ailleurs le fait de l'existence, chez de très jeunes E. argnta, 
de deux livrées fort différentes, l'une striée longitudinalcment, 
l'autre ocellée, a déjà été relevé par Elpatievski (2). Les exem- 
plaires striés examinés par cet auteur provenaient des steppes 
qui s'étendent au sud-ouest des monts Oural, les sujets ocellés 
par contre des bords du lac Aral ; sans se prononcer définiti- 
vement, Elpatievski supposait l'existence de deux formes géo- 
graphiques distinctes. 

Ayant examiné un nombre iVEremias arguta dépassant de 
beaucoup la centaine, et provenant de presque toutes les con- 
trées où cette espèce a été signalée jusqu'ici, j'ai pu établir 
qu'en effet l'espèce devait être départagée en deux formes. 
L'une, qui est répandue dans la moitié nord de la région aralo- 
caspienne et en Sibérie méridionale, est la forme typique 
décrite par Pallas (3) ; elle se retrouve aussi en Transcaucasie 
orientale. L'autre sous-espèce habite le sud de la Russie d'Eu- 

(1) Pallas, Zoograpliia Rosso-Asialica, III, St-Pélersbourg, 1831, p. 27, pi. v, 
fi^. 3. 

(2) Reptiles de l'Aral, (Seclion turkest. de la Soc. Inip. de Géographie, Tach- 
kenl, 1903, pp. 19 à 21, pi. ii) (en russe). 

(3) Reise durch vorsch. Pror. d. russ. Reichos, I, p. 718, (Sainl-Prtersbourg 
1773) (lieu d'origine typique : haut Irtysh). 



p 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



193 



l'ope jusqu'à l'Oural, et les steppes ciscaucasieimes ; c'est celle 
que Lkpéchin a décrite et qui devra donc se nommer Eremias 



Aspect général 
Membres 



E. arguta deserti 

.issez trapu 
relalivement loDsrs 



K . arguta arguta 



très trapu 
relalivement courts 



^mfirfanfér\S?a^J^^^^^^ 0,33- O.56--0,38 ( 9ex.)/c^ 0,31- 0,55-0,38 (27ex.) 
?ranus"ur^ ^"^ Hiuseaujç o.31- O,5./-0,36 (12ex.)W 0,29 -0,55 -0.30(28 ex ) 



Rapport de la longueur dui i,i__n ro 
membre postérieur à la^c* "'*' '^'.•Jo 
distance du bout du mu- 



•0,57 ( 9ex.)(o' 0,45-0,50 — 0,54 (27ex.) 



seau à l'anus (1). 
Queue 



9 0,44 — 0,50 --0,54 (12cx.))9 0,41 — 0,-^6 -0,54 (28 ex.) 



relativement longue, modé- 
rément renflée à sa base, 
s'amincissant assez graduel- 
lement. 



Rapport de la longueur de 
la " 

b 
l'anus (1 



relativement courte, très for- 
tement renflée à sa base, 
s'amincissant ensuite brus- 
quement. 



rc,LUe%hTsir;"du7oM.18-i.5.>-l,38(7ex.)/crM2-/,.^^ 

•«°m.s fn" museau A ^ 1,12- i,i9-l,28 (9 ex.) )9 0,85-i,Oi - 1.19(26ex. 



Inlerpréfrontale 
Dessin du jeune 



Dessin de l'adulte 



presque toujours présente 
(chez 93 0/0 des exemplaires 
examinés). 

très primitif, en raies blan- 
ches et bandes noires longi- 
tudinales n'offrant que les 
premiers indices d'une seg- 
mentation. 



olfrant encore une disposition 
nettement longitudinale, 
malgré le tronçonnement des 
raies et des bandes. 



plus fréquement absente 
(n'existe que chez env. 21 0/0 
des exemplaires). 

déjà très éloigné du type 
primitif, les raies étant com- 
plètement transformées en 
ocelles blancs bien arrondis, 
autour desquels les tronçons 
des bandes confluent en zé- 
brures noires transversales 
assez apparentes. 

encore sensiblement modi- 
fié par l'effacement plus ou 
moins complet des ocelles 
du jeune et l'importance 
considérable que prennent 
les zébrures transversales. 



i\] Les chiffres du milieu indiquent les moyennes. 



arguta deserti Gmelin. Le tableau ci-contre contient l'énumé- 
ration des caractères principaux servant à distinguer les deux 
formes. 



194 SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



COLUBKR CASPIUS 



Gmelin, Ioc. cit., p. 1112 ; I.épéchin, éd. russe, p. ol3 ; éd. ail. 
p. 317, pi. x\i. 

C'est la tonne caspio-caucasieniie de Zamenu gcmnnen.<ii.<i 
Laiir. DuMKRiL et Bibro.n l'énumèrent pai'iiii les synonymes de 
Aamcnis, irahalis Pàllas coninu? Colither cospws Iwan (1), ayant 
apparemment confondu le prénom d'Iwan Lépéchin avec son 
nom de famille. Or, cette erreur se retrouve jusqu'à nos jours 
dans tous les ouvrages qui ont traité de cette forme, dont la 
désignation correcte est Zame/iis r/cf/io/iensis caspius Gmelin. 

Le Batracien anoure décrit par I^kpkchin n"a pas été dénommé 
par (jMKLIn; et ceci avec raisdu, car c est évidcminont un Hiifo 
viridis Laurenti. 

De môme, le Serpent décrit dans le lome il de louvragc (2), 
et non mentionné par Gmelin, n'est anti-e rjue Coronella aus- 
triaca Laurenti. i 



SIGNIFICATION BIOLOGIQUE DE L'ARGENTURE 
DES POISSONS 



PAR 



Jacques MILLOT 

Depuis noml)re d'années, lieaucoup d'aiiteurs ont a])ordé 
l'étude physiologique de la pigmentation, mais la plupart 
d'entre eux, sans s'occuper de la nature chimique des pig- 
ments, et persuadés que ces corps fort alïondants et très visi- 
bles devaient jouer un rôle dans la protection de l'individu, 
ont émis à leur sujet diverses hypothèses finalistes, lui ce qui 
concerne plus particulièrement l'argenture des Poissons, deux 
explications ont été proposées : protection contre les rayons 
lumineux — protection contre les animaux prédateurs. 

Rappelons que l'argenture des Poissons est due au dépôt 
dans leurs écailles abdominales de cristaux de guanine conte- 

(1) Erpétologie générale, VIF, p. 689 (Paris, MU). 

(2) Ed. russe, 1772, p. 308; éd. ail., 1775, p. lUO, pi. viii. 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 195 

nus dans des cellules spéciales, les iridocytes. La présence de 
ces cellules dans les téguments, de même que leur plus 
grande abondance à la face ventrale, est un phénomène géné- 
ral et constant chez les Vertébrés inférieurs quel que soit leur 
genre de vie (vie aquatique, reptation, etc.). Une explication 
satisfaisante de l'argenture doit donc rendre compte de la pré- 
sence générale des cellules à guanine. 

C'est M. MuRisiER qui a présenté de la façon la plus intéres- 
sante l'hypothèse du rôle protecteur de la guanine contre la 
lumière, dans son important travail sur le pigment mélanique 
de la Truite (1). Cet auteur ayant élevé des Truites {Salmo 
lacustris) à une lumière vive, les unes sur fond blanc, les autres 
sur fond noir, a constaté que les premières présentent un très 
vif éclat argenté du ventre et des flancs, les autres étant de 
couleur sombre avec une argenture à peu près nulle. Il pro- 
pose d'interpréter le phénomène comme un mécanisme de 
défense par lequel la Truite soumise à l'action d'un fond éclai- 
rant, substituerait à un écran mélanique simplement absor- 
bant, un écran de guanine réfléchissant : « Elle s'assure du 
même coup par cette réaction admiral)lement orientée, l'homo- 
chromie protectrice et une défense plus efficace contre l'action 
des rayons lumineux. » 

Quant aux nombreux auteurs (2) qui adoptent la deuxième 
interprétation, ils voient dans l'argenture un moyen pour les 
Poissons qui habitent les eaux superficielles d'échapper aux 
espèces carnassières qui les poursuivent : grâce à l'éclat dont 
ils brillent, ils peuvent se confondre avec la surface de l'eau 
qui parait argentée vue de la profondeur. 

On peut tout de suite objecter à la première théorie que c'est 
évidemment la région dorsale des Poissons qui reçoit le plus 
de lumière, et donc celle qui a besoin d'être la i^ieux protégée. 
Or ce sont toujours les écailles ventrales les plus riches en 
guanine, les dorsales étant souvent môme dépourvues d'irido- 
cytes. 

En ce qui concerne la deuxième théorie, il suffit d'avoir pra- 



(1) MuBisiEn. Le pigment mr^taniquo rie la Traite [Rev. Suisse ZooL, 1920- 
1921). 

(2) PopoFF. BioL CenlrlbL, XXVI, 1906 ; Laloy. Rev. sci., 1907 ; Kapelkin. Biol. 
Centrlbl.. XXVIl, 1907; Frantz. Biol Centrlh/.. XXVII. 1007; Mcrisier. Bull. 
Soc. Vaudoise Sci. nul., L, IQliJ. 



\ 

196 SKANCE T)U 13 JUIN 1922 

tiqué lu pèche dite « à la cuiller », pouc savoir (ju'uu des 
meilleurs moyens (rattirer un Poisson carnassier, c'est de traî- 
ner dans l'eau un o])jet l)rillant : il le prend imnuHliatement 
pour une proie. Loin de protéger celui qui en est revêtu, 
l'argenture semble donc plutôt attirer sur lui l'attention de son 
ennemi. Signalons du reste que M. Rao (1) a récemment puldié 
une observation, d'après laquelle la protection par les irido- 
cytes pourrait s'exercer d'une autre fa(;on. 11 s'agit d'un têtard 
indien, Microhyla ornata, pourvu de glaiules nauséabondes 
qui lui donnent un tort mauvais goût, et possédant en outre sur 
le dos une large bande brillante de pigment puriquc. D'après 
M. Rao cette coloration jouerait un rôle prémonitoire et per- 
mettrait aux Oiseaux d'eau et aux (Couleuvres de reconnaître et 
d'éviter ce têtard ])armi ceux dont ils se nourrissent. 

Mais on peut l'aire aux théories ((ue nous discutons des 
objections plus itn])ortantes et qui (railleurs leur sont com- 
munes. 

La plupart des auteurs, (pii ont étudii' la coioi-ation des ani- 
maux, n'ont pas assez remarqué qïu' la pigmentation n'inté- 
resse pas seulement le revêtement externe, mais qu'habituel- 
lement la diflérenciation des cellules pigmentaires se faiO 
autour des organes profonds. (ï'est ainsi que, d'une manière 
très générale, les séreuses des Vertéi)rés intérieurs, et en par- 
ticulier le péritoine, sont très riches eu pigment mélanique ou 
puri([ue, (jue la vessie natatoire des Poissons se double d'un 
épais feuillet guan inique, que les vaisseaux et les nerfs sont 
presque toujours accompagnés dans leur trajet d'une véritable 
gaine de mélanophorcs. Je ne crois pas (pie l'on puisse expli- 
quer la présence de cette pigmentation profonde par l'action 
de la lumière ou par la nécessité d'une défense, et pourtant, au 
moins chez certains Poissons, le péritoine est aussi chargé en 
guaninc que la paroi ventrale et possède le même éclat. Pour 
prendre un exemjde un peu plus éloigné, la poche du noir chez 
les Cé])halopodcs présente une argenture remarcjuable, qu'on 
ne saurait véritablement expliquer par les raisons invoquées 
pour les Poissons. 

A notre sens, l'argenture n'a pas été assez considérée comme 
un cas particulier de la prédominance, absolument générale 

(1) Rao. Rec. Indiàn Mus,, 1917. 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 197 

chez les Vertélîi'és inférieurs, des iridocytes sur l'ensemble de 
la face ventrale du corps. Or, d'un point de vue finaliste, on ne 
voit pas bien pourquoi les Anoures, et mieux encore les Ophi- 
diens, ont sur toute leur face inférieure, si peu éclairée et si 
peu visilde, un épais revêtement d'iridocytes aussi impénétra- 
ble à la lumière que celui des Poissons. En effet, bien qu'à pre- 
mière vue l'aspect blanc mat d'un ventre de Rainette ne soit 
guère comparable à l'apparence métallique d'une Ablette, il 
faut bien savoir qu'il s'agit dans les deux cas de pigments tout 
à fait analogues (guanates cristallisés), et que, si chez les Pois- 
sons les iridocytes ont un éclat plus vif, c'est que leurs cris- 
taux sont plus grands et de forme plus allongée : or il est bien 
évident que ni la lumière, ni aucun facteur externe ne peuvent 
infkier sur un type de cristallisation ; ils ne déterminent que 
des variations quantitatives de la formation du pigment. La 
forme du cristal est du reste un caractère de groupe zoologi- 
que, parfois même d'espèce, comme c'est le cas chez les Repti- 
les, mais toujours sans rapport avec le genre de vie. 

Nous venons de ramener la signification de l'argenture des 
Poissons à celle plus générale du pigment purique. Mais peut- 
être peut-on aller un peu plus loin. Les nombreux faits, qui 
montrent des relations étroites entre les différents pigments, 
encouragent peut-être, et c'est à mon avis une voie féconde, à 
ne pas vouloir interpréter un pigment isolément. 

Une série d'observations montre l'identité des réactions des 
différents pigments à une môme influence. 

Chez tous les Vertébrés inférieurs, l'albinisme, que j'ai par- 
ticulièrement bien étudié chez l'Axolotl, est en réalité une 
incajDacité générale de l'organisme à former des pigments. Il 
n'existe pas de cas d'insuffisance pigmentaire où le pigment 
noir soit seul touché. 

Chez les animaux cavernicoles (Protées, différents têtards, etc.) 
et chez tous ceux que des conditions de vie, artificielles ou 
naturelles, privent du minimum de lumière indispensable à la 
formation du pigment, c'est encore une fonction générale qui 
est atteinte et une diminution égale des trois pigments que l'on 
observe . 

De même, chez la plupart des animaux en parure de noces, 
la formation des pigments s'exagère parallèlement. Le fait 
s'observe également chez les Batraciens et chez les Poissons. 



198 SÉANCE DU 13 JUIN lî)22 

Dans une note récente à la Société de biologie (l) j'ai montré 
que chez le têtard la formation du pigment purique n'était liée 
ni au régime alimentaire ni au fonctionnement rénal. J'ai 
retrouvé la même indépendance pour les autres pigments. 

Dans d'autres cas, la relation qui existe entre les divers pig- 
ments s'observe à l'intérieur d'un même animal ou d'un môme 
organe : 

Ainsi chez les têtards, comme je l'ai déjà signalé (2), presque 
toutes les fois que du pigment ])urique se ditférencic dans une 
cellule, du pigment jaune se dillércncie en même temps dans 
la cellule située immédiatement au-dessus. Ce rap})ort se con- 
tinue chez l'adulte pour la plupart des espèces. 

L'œil, qui est cliez les eml>ryons de Vertébrés inférieurs 
l'organe où se différencie les i)remiers grains de mélanine, est 
également celui où apparaissent les premiers cristaux de 
guanine. 

Enfin l'exenqjle le plus frappant nous est fourni par les 
Céphalopodes : la poche du noir représente sans doute le cen- 
tre formateur de mélanine le plus important de la série ani- 
male, or sa paroi est tapissée de couches remar([uablement 
épaisses et denses d'iridocytes, révélant une élaboration de 
guanine des plus actives. 

Tous ces faits me paraissent ])ropres à prouver l'existence 
d'un déterminisme commun à tous les pigments, en même 
temps que le rapport étroit entre les divers processus prési- 
dant à la formation de chacun d'entre eux. En réalité, c'est la 
capacité de former du pigment (jui apparaît comme primitive 
et fondamentale. Quant aux causes qui règlent l'apparition de 
tel ou de tel pigment particulier et qui sont en partie sous la 
dépendance des facteurs externes et du milieu, elles me 
])araissent plus accessoires. Ce qui le prouve bien, ce sont 
les profondes différences de coloration qui peuvent distinguer 
des animaux zoologiquement très voisins et menant une vie 
identique. 

Laboratoire d histologie de la Faculté de médecine. 



Il) C. n Soc. BioL, 10 juin 1922. 
(2) C. n. Soc. Uiol , 3 juin 11(22. 



SÉANCE DU 13 JUL\ 1922 199 

LA GLANDE DU TESTICULE DES BLENNIES' 
ET SA SIGNIFICATION 

PAR 

Ch. CHAMPY et Pierre GLEY. 

L'un (le nous a décrit (1) la glande curieuse qui, chez les 
diverses espèces de Blennies, occupe la plus grande j)artie du 
testicule. 

Nous ne reviendrons pas pour le moment sur la structure de 
cette glande qui mérite une étude cytologique détaillée. Les 
figures 1,2 et 3 donnent une idée suffisante de l'ensemble de 
sa structure ; les grandes cellules glandulaires sont placées 
entre les voies génitales intra-testiculaires et des capillaires 
particulièrement abondants. Le développement indique que 
c'est une différenciation de la partie des canaux séminipares 
la moins éloignée du canal déférent commun. 

Les figures 3 et 4 seront à cet égard plus explicites encore 
que toute description. 

La fonction de cet appareil que Ch. Ghampy n'a pu détermi- 
ner à première vue (2) nous occupera seulement ici. Etant 
données les idées régnantes, l'idée d'une glande endocrine 
avait tendance à s'imposer, et Courrier (3) s'est servi de la des- 
cription de Champy pour montrer l'existence de cellules endo- 
crines liées aux caractères sexuels secondaires chez les Pois- 
sons. 

11 nous a paru intéressant de rechercher d'abord l'évolution 
annuelle de cette glande. Nous l'avons fait chez Blennius pho- 
lis (L.) et Blennius gattorugine (Lacép.). 

La glande varie peu dans le courant de l'automne et de 
l'hiver. Au printemps, vers le moment de l'accouplement de 
l'espèce considérée, les voies génitales intra-glandulaires se 
dilatent et les cellules glandulaires diminuent de volume par 
excrétion du produit élaboré. Ce produit est constitué en 
majeure partie de substances lipoïdes comme le montrent les 

(1) Ch. Ghami'v, C. R. âss. Anatom., Paris, l'J2l. 

(2) Loco citato. 

(3) C. R. Ac.Sci., 1921. 



200 



SÉANCE DU 13 .IULN 1922 






y 



/ 











«5 












Fir,. 1. — Coupo longitudinale d'ensemble du testicule de Blennius gatlorugine 
en juillet; as, ampoules séminiiïTes (les spermatocylcs sont très i'oncos); cd, 
canal déférent ; gl, f,'liiniies. 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



201 



nu 







FiG. "2, — Segiiitiiil transversal du la glandi; (iiiùtiiu espèce qu(i (Ij^. 1). — us, 
ampoule séminifùre ; /iy, noyau vacuolaire des cclluios glandulaires ; v, vaisseau 
sanguin ; vs, voie spcrmhtique. (Les fins canaux i;lairs sont des vaisseaux san- 
guins vides de sang sur la préparation). 



202 



SÉA^CE DU 13 .IULN 1922 



colorations spécitiques. Après raccouplcmeut, le voliiinc des 
cellules glandulaires reconmience à croître peu à peu. 



Ml >s ^ W ■t 



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4^ 



•il 



FiG. ;{. — Cnu|H! Iran s versa le ilu lesiiculi- 'le j.i'iitie D/ennius pholis (3 cni. 1/2). 
crf, canal défércnl ; y. partie spermaloyonialc ; /. |iarti« en voie de ilifFéren- 



cialion glandulaire. 




a 




h 




c 



Fk;. 4. — Testicule de jeune lileunius /jfiolis (3 eni.). Tuiit^s i>ris dans diverses 
régions d'une eoupu transversale de la parlie goniale a la partie glandulaire 
a à c. On saisit bien la continuité entre les cellules glandulaires et les cdénienls 
de la capsule des cellules gooiales. 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



203 



Cette observation montre que la glande se vide au moment 
de l'accouplement. Elle ne nous apprend rien quant au rôle du 
produit sécrété. 

L'anatomie comparée nous a donné à ce sujet des renseigne- 
ments bien plus suggestifs, et ceci pourrait servir à montrer 
la valeur que l'étude anatomo-comparative peut avoir au point 
de vue physiologique. 

Nous avons examiné les testicules de tous les Blenniides et 
de tous les Acanthoptérygiens que nous avons pu nous procurer. 

La glande existe peu différente de la 
description donnée par Ghampy chez 
Blennius basiiicus (Valenc), Blennias 
pavo (Risso), Blennius tentacularu 
(Brunn), Bl. palmicornis (Guv. et Va- 
lenc), Bl. occellaris (\À\\.), Bl.sphijnx 
(Valenc). Elle ne paraît pas manquer 
en somme dans le genre P>lennius. 
Elle existe également chez 



Clinus 
argentatus (Risso), fîg. 5. (Nous n'avons 
pu nous procurer Anarrichas lupus 
(Lin.). Par contre, chez Gunncllus 
vulgaris (Cuvier) on ne trouve rien de 
semblaijle dans le testicule, fîg. (3, non 
plus que chez les autres Poissons acan- 
thoptérygiens déjà nombreux que nous 
avons examinés. 

Parfois [Eupomotis, fig. 7, Spina- 
chia), il existe une différence d'aspect 

entre le fond des tubes séminipares et Fig. 5. — Coupe transversale 
la partie proclie du canal déférent, mais 
jamais il n'existe de cellules glandu- 
laires bien différenciées avec les carac- 
tères très particuliers qu'on trouve chez 
les Blennies. 

Jusqu'ici pas de renseignements fonctionnels. Où apparut 
une suggestion importante, c'est lorsque l'étude cytologique 
d'œufs de Poissons nous amenant à utiliser les ovaires de Blen- 
niides dont nous avions nécessairement un abondant matériel, 
nous observâmes le fait suivant. 




du testicule (ie Clinus ar- 
gentatus ; d, ilét'ércînl ; 
V, vaisseau j^rincipal ; 
s, ampoule séminipare. Le 
reste est occupé par la 
glande. 



d5 



204 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



Phisiciii'S auteurs, uotaiiinicnt Scfiarf (1), Guitel (2) et 
Me Intosh (3) out décrit un appareil qui entoure la zone niicro- 

pylaire de certains Poissons. Cet 
appareil est notamment décrit chez 
les Blenniidcs : Blermius sphynx 
[Clinns argtmtatus par (Iuitel), 
KopscH (4) et son rôle a été bien élu- 
cidé ; il sert à lîxer les œufs de ces 
Poissons en grappes (Kopsch) qui 
s'attachent parfois aux algues mais 
surtout à la face inférieure des 
rochers (Giitkl, C/imis). JS'ous avons 
recherché si cet appareil intéressant 
à tous les points de vue avait une 





Fie. 6. — Testicule de fJunuellus 
vulg. ensemble. — ts, tubes 
séiiiinifi''res ; ex. voies excré- 
trices. Le tissu intermédiaire : 
tCy est purement conjonctif ; 
V, vaisseau principal. 



FiG. 7. — TesU'ule A'Eupomolis auri- 
liix |irjur comparaison. — v, vais- 
seau; ts, lubos séminifères : r.s', voies 
spermaticjues. Le lis?u qui entoure 
les voies spermaliques est purement 
conjonctif. 



certaine généralité et nous Yavoîm retrouvé précisément chez 
toutes les espèces de Dleuniides dont le mâle possède da?is son 
testicule une glande différenciée, fig. 8, 9 et 10, alors que les 



(1) Proc. Roy. Soc, XLI. 1887, p. 449. 

(•2) Observations sur les mœurs de trois Blcnniides. (Arch. Zool. exp., \, 
dS93). 

(:i) On thc iit'e historv of the Shonny \BL pholis L). [Zeilschr. wiss. Zool., 
LXXXII, 190.1). 

(4) Ueber die kimstliche Befruchtung des Eies von Gristiceps- argentalus {S.B. 
Ces. nalurf. Freunde, 190i, n° t). 



SÉANCE DU 13 JUIN 11)22 



203 



' ^^''■.■' 



il?; 



■'H.. 



m. 

m. 



'9» 



FiG. 8. — Ovocyte jeunu de Blennius tentacularis. Début de la, différenciation 

des filaïuents. 




FiG. 9. — OEuf de Blennius pholis près de la maturité (portion de la zone péri- 
raieropylaire). Grands filaments élaborés par les cellules folliculeuses. 



206 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



espèces chez qui manque la glande testiculaire ont un œuf 
semblable à celui des autres Acanthoptérygicns [Gimnellus^ 
par ex., fig. 11). 

L'idée s'imposait donc qu'il y a une relation feutre lajglande 




Fig. 10. — Zone de transition entre les deux pôles. Mùine préparation que la 

figure précédente. 




Fig. 11. — Ovocyte moyen de Gunnelliis vulgaris. l'as de filaments. 



testiculaire du mâle et les filaments de l'ovocyte de la femelle. 
Nous remarquâmes que les filaments de l'œuf ovarien étaient 
naturellement peu glutineux et adhéraient mal aux corps 
étrangers. Nous fîmes alors l'expérience d'y ajouter un peu de 
suc testiculaire filtré et les fUaments devinrent plus adhésifs, 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 207 

plus gliitineux et parurent se gonfler : cela bien que les ovo- 
cytes ne soient pas complètement mûrs. 

La glande testiculaire semble donc avoir pour rôle de sécré- 
ter un produit qui assure l'adhérence des œufs (collés ici à la 
face inférieure des objets) par une réaction sur les filaments 
de ceux-ci. Lorsqu'on lit la descripticn de l'accouplement des 
espèces observées (C/mz<.y, par GuiTEL, Z)/.;jAo/ù, par Me Intosh), 
on se rend très bien compte de la manière dont se produit le 
phénomène. 

LTne série d'expériences plus précises est actuellement en voie 
d'achèvement et nous n'y ferons pas ici une plus longue allu- 
sion. Joint à l'anatomie comparée le fait indiqué suffit à mon- 
trer qu'il y a une relation entre la glande testiculaire des Blen- 
niides et les filaments micropylaires de l'œuf. 

D'autres Poissons que les Blennies possèdent d'ailleurs un 
dispositif adhésif de l'a^uf. On a décrit des filaments micropy- 
laires ailleurs que chez les Blennies (Guitel) (1). L'œuf de 
la Lamproie [Pet^'oinyzon planeri) étudié par nous présente un 
dispositif mucoide polaire élaboré comme les filaments des 
Blennies par les cellules folliculeuses (nous le décrirons ail- 
leurs). Mais chez les Lamproies l'œuf paraît adhérer naturel- 
lement sans l'intervention du mâle, tandis qu'il est nécessaire 
que les deux sexes collaborent pour le phénomène indiqué chez 
les Blennies. 

Cette adaptation précise à un mode de ponte défini, s'accom- 
pagnant d'une modification structurale profonde des glandes 
génitales nous paraît extrêmement curieuse en elle-même. Plus 
curieux encore semble le fait de la participation des deux sexes 
et dans chacun d'eux des éléments de même souche que les 
gamètes à un phénomène accessoire de la fécondation. 

Il est très frappant de voir les éléments folliculeux des deux 
sexes difierenciés en rapport avec ce processus qui constitue 
un épiphénomène curieux de Famphimixie habituelle, une 



(1) Gobius minutus pond comme les Blennies à la face inférieure des objets 
(coquilles retournées). L'œuf possède des filaments qui semblent naturellement 
adhésifs (Guitel, Arch. Zool. exp., X, p. 449, et de Saint-Joseph, Bull. Soc. 
philom., 27 nov. 1880). Le mâle contribue t-il à l'adhérence par une sécrétion 
testiculaire? Nous n'avons pu encore nous procurer des mâles de cette espèce. 
Kurtus Gullivein (de Gasteinau) a des œufs à filaments qui s'agglutinent en 
masses. Le mâle fixe sa ponte agglutinée en besace sur un anneau de son 
supra-occipital, Max Weuer, 1910, et Guitei., Arch. Zool. experi., LU. 



208 SÉANCE DU 13 JUIN 1922 

sorte de paragamie d'ordre physico-chimique dont ce n'est peut- 
être pas ici le seul cas. 

Nous voici bien loin de l'idée de glande à sécrétion interne 
déterminant les caractères sexuels secondaires, et cet exemple 
montre encore combien il est dangereux de déduire la fonction 
de la structure. Rien d'ailleurs ne venait aflirmer ici que cette 
glande sécrétait dans le sang, et le fait qu'elle se vide de ses 
enclaves au moment ou les voies eft'érontes se dilatent, où le 
sperme pris dans son ensemble est excrété, vient même indi- 
quer le contraire (1). 

Travail du laboratoire de la cliniqîto gynécolocjiquc 
de la Facnlté de médecine. 



L'EVOLUTION DE L'APPAREIL PTERYGO-PALATIN 
CHEZ LES SALAMANDRID/E 

PAR 

P. WINTREBERT 

L'appareil ptérygo-palatin comprend trois éléments, un 
élément osseux, un élément cartilagineux, un élément fibreux. 
Je m'occuperai d'abord du premier. 

A. Os ptérygo-palatin. — La lamelle osseuse ptérygo-palatine 
constitue chez les larves d'Urodèles la partie postérieure de 
l'arcade dentée interne de la voûte palatine. Cette arcade est 
en effet composée de deux os : le vomer en avant, appliqué sur 
le plancher cartilagineux ethmo-nasal, au contact du parasphé- 
noïde médian ; le ptérygo-palatin, en arrière. Celui-ci prend 
naissance par néoformation dentaire (0. Hi:rtwig, 1874) dans la 
région antérieure du trahécule crânien derrière le vomer et 
s'étend ensuite en arrière et en doliors, par ossification mem- 
braneuse directe, jusqu'à la face ventrale du cartilage carré. 
On lui reconnaît trois territoires : un antérieur, la j)alette 
palatine dentée ; un moyen, la tige ptérygoïdienne ; un pos- 
térieur élargi, l'aile ptérygoïdienne. Mes études ont porté sur 
Salamandra maciilosa Laur., Amhli/stoyna tigrinum Green et 
A. opacwn Grav. 

(1) La plupart des zincs illustrant cette note ont été- offerts par les auteurs. 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 200 

I. — Pendant le cours de la vie laroaire l'aspect du ptéry- 
g-o-palatin ne change d'une manière notable que chez l'Axolotl, 
larve néoténique cYA. tigrinum qui, dans les pays tempérés ne 
se métamorphose que rarement. Les dents d'abord réparties 
sur toute la surface de la palette palatine se réduisent peu à 
peu {pp fig. IV) à une seule rangée longitudinale placée le long 
du bord externe ; la partie moyenne de l'os se rétrécit et 
prend l'aspect d'une tige étroite, épaisse et solide ; la partie 
postérieure s'étale au contraire et s'étend jusqu'à la région pos- 
térieure du carré. Elle s'évide sur son bord externe au niveau 
du passage des muscles masticateurs, tandis qu'elle s'épaissit 
et se recourbe en haut sur son bord interne autour du ptéry- 
goïde cartilagineux. 

II. — Au moment de la métamorphose, a) la tige moyenne 
s'amincit et se fragmente ; le ptérygo-palatin est ainsi, dans 
une phase très brève, formé de deux os : un palatin en avant, 
un ptérygoïde en arrière. Jamais, chez une larve normale 
à'Ambltjstomatigrinam, (Axolotl), avant la période métabolique, 
cette division n'a lieu ; elle s'effectue seulement chez des larves 
émaciées, malades ou en état de misère physiologique, comme 
après un jeûne prolongé. Les auteurs classiques ont décrit trois 
os à l'arcade palatine des larves (Frikdreich et Gegenbaur, 1849; 
0. Hertvvig, 1874; Wiedersheim, Parker, 1877). Leur descrip- 
tion est erronée ; elle concerne non le type normal, mais un 
type morbide, de régression pathologique. 

h) Dès le début de la métamorphose et en même temps que 
la tige moyenne du ptérygoïde, la plaquette palatine antérieure 
subit une raréfaction osseuse rapide ; ses dents tombent, elle 
est bientôt réduite à une petite aiguille osseuse qui se morcelé 
et disparaît. Aucune de ces deux parties, plaquette dentée et 
tige, ne se reconstituent dans la suite. Les Urodèles parfaits 
nont donc pas de palatin. On n'avait pas suivi jusqu'à présent 
les phases de la transformation du ptérygo-palatin. Les 
auteurs précédents, considéraut le palatin comme un os isolé, 
et n'ayant pas ensuite constaté sa disparition pendant la méta- 
morphose, se sont ingéniés, chez l'adulte parfait, à trouver à la 
voûte palatine la place du palatin et l'ont accolé au vomer, en 
désignant celui-ci sous le nom de voniéro-palatin. Ainsi, pour 
0. lÏKKïwiG et WiEUERSHEiM, Ic palatin de Salamandra maculosa 



210 SÉANCK DU 13 JUIN 1922 

adulte est constitué par la partie postérieure de la longue apo- 
physe dentée du vonier, mais il n'existe à mon avis aucune 
solution de continuité sur le trajet de cette apophyse. Cuvier 
cpii n'a étudié ni le développement ni la métamorphose des 
Salamandi'idœ ^(in?>e que les adultes n'ont pas de pahitin ; mais 
le vomer de Sa/amoîidra qu'il figure manque justement de la 
région postérieure de rapoi)hyse dentée que les auteurs alle- 
mands considèrent comme palatin (R. A. \A. xl, fig. 1 c). L'apo- 
physe en efTet se hrise facilement en son milieu, à l'endroit 
où le nerf 2)alatiu du facial passe sur sa face dorsale. 

c) L'aile pléryç/oïdicrme est la seule partie du ptérygo- 
palatin ijui persiste chez l'adulte parfait {pp, fig. III). Elle 
suhit au cours de la métauiorphose deux sortes de modifica- 
tions, un fransp(»it ])assif, un remaniement actif. Sa pointe 
antérieure, dahord dirigée, comme la tige ptérygoïdienne 
larvaire, en dedans et en avant vers la région ethmo-nasale, 
se déplace d'une manière passive en dehors et en arrière dès 
le déhut des transformations, par suite de la mobilisation du 
cartilage carré. L'attache directe des piliers de celui-ci à la 
capsule crânienne par continuité de substance cartilagineuse 
(autostylie) se ramollit ; il se forme, à l'insertion de ces 
piliers, de véritables articulations, grâce auxquelles l'extrémité 
distale du carré se transporte en arrière, entraînant avec elle 
la partie postérieure isolée du ptérygo-palatin, qui devient l'os 
ptérygoide. Mais celui-ci j)résente en outre des changements 
qui lui sont propres ; ils sont particulièrement nets chez Ambli/- 
stoma ligi'inum. Contrairement à ce qui se passe au niveau de 
la région palatine antérieure et sur le vomer, les modifications 
se produisent ici tardivement, après la régression complète de 
la partie palatine du ptérygo-palatin et après que le déplace- 
ment global (lu carlilage carré et du ptérygoide a fini de 
s'effectuer. Le premier indice d'une transformation particulière 
de l'os consiste dans l'inversion de la position respective qu'oc- 
cu})ent les extrémités antérieures des ptérygoïdes osseux et 
cartilagineux. Jusqu'alors l'extrémité de ce dernier était placée 
en dehors de la pointe osseuse (y^/, fig. IV) et ce rapport n'avait 
pas été affecté par le recul global du carré et des ptérygoïdes. 
Maintenant, au contraire, l'extrémité osseuse vient se placer 
en dehors de l'extrémité cartilagineuse (/;/), fig. III). Déplus, le 
bord externe du ptérygoide devient concave en dehors et les 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 



211 



deux branches antérieures et postérieure de l'os se rapprochent 
de telle sorte, chez A. tig/imrm, que l'angle obtus qu'elles 
formaient entre elles devient aigu. Le rapprochement des 



/ 




aie 



II 



«• ^F'^_^A~I^^hL 



os. 




P^- \omt 




III 



IV. 



FiG. I. Voûte palatine ti'Amblystoma opacum Grav. (cùté droit), adulte parfait. — 
II. Face latérale droite de la tête de Salaniandra macidosa. Laur., forme par- 
faite jeune (7 cent, de long.). — 111. Région ptérygo-maxillaire droite de la même 
Salamandra maculosa, vue par la face ventrale. — IV. Voûte palatine (côlé 
droili d'un Axolotl âgé et normal (long, de 24 cent.); a, muscles adducteurs de 
la mâchoire inférieure ; ao, caililage antorbital ; apo, anneau fibreux périor- 
bitaire; aie, aponévrose lempornle externe ; c, columelle ; ca, carUlage carré ; 
ch, clioane: d, muscle dépresseur de la mâchoire inférieure; h Vil, nerf hyo- 
mandibulaire du facial; m.v, maxillaire supérieur ; n, narine; os, orbito- 
sphénoïde ; p. pupille; p Vil, nerf palatin du facial; pi, paupière inférieure; 
pm, prémiixillaire ; pp ; ptérygoïde osseux; ps, parasphénoïde ; psu. paupière 
supérieure ; pt, ptérygoïde cartilagineux ; qme, ligament quadrato-maxillaire 
externe; qmi, ligament quadrato-maxillaire interne; rb, muscle rétracteur du 
bulbe oculaire ; v, vomer ; vl, valvule latérale du coin de la bouche. 



212 SÉANCE DU 13 JUIN 1022 

branches est moins prononcé chez Salamandra (fig. III) et chez 
.4. opacum (fig. I). Le recourhoment du bord interne autour du 
ptérys'oïde cartihigincux situé sur la lace dorsale de l'os s'ac- 
centue et la tige cartilagineuse s'imprime pour ainsi dire et se 
loge dans la plaquette osseuse amincie et malléable. La branche 
postérieure, qui est au contact du carré, se moule sur la face 
ventrale légèrement convexe de celui-ci et se recourbe plus 
tard en arrière sur sa face postérieure en se rapprochant du 
squameux ; elle se prolonge aussi en dehors jusqu'cà la surface 
articulaire du carré, en adhérant à l'os carré d'origine enchon- 
drale ; en dedans elle s'étend juscpiau contact du parasphé- 
noïde. Chez les Salamandres et les Amblys tomes âgés les os 
de revêtement qui entourent le carré s'adossent et se superpo- 
sent de telle façon que le suspenseur recouvre une fixité nou- 
velle (autostylie secondaire d'origine osseuse). 

B. Ptéryg-oïde cartilagineux. — Mais, comme nous l'avons 
dit, l'os ptcrygo-palatin uesl (juuuc partie de l'appareil pté- 
rygo-palatin ; celui-ci comprend en outre une tige ptérygoï- 
dienne cartilagineuse et des trousseaux ri})reux. Voyons donc 
maintenant l'évolution de la j)remière. Née tardivement de 
la partie interne du carré, la plus rapprochée du milieu 
de sa longueur, elle se dirige d'abord directement en avant 
sur la face dorsale et le long du bord interne de l'aile osseuse 
ptérygoidicnne. Arrivée au devant de celle-ci, elle se coude assez 
brusquement en dehors ainsi que l'a figuré Winslow chez 
Amblysioina punctatum (1892, pi. vu, fig. 3) et s'oriente chez 
tous les Urodèles vers la pointe du maxillaire. Elle ne l'atteint 
cependant pas chez la larve, mais au temps de la métamorphose 
et surtout à la tin de celle-ci, alors que l'os ptérygo-palatin 
remanié a déjcà su])i une réduction notable, la tige cartilagi- 
neuse présente une croissance très active. Chez Amblystoma 
opaciim (pt, tig. I) elle chemine le long de la face interne du 
maxillaire supérieur et se dirige vers le cartilage antorbital 
{ao, fig. I) auquel elle se joint par un ligament ; elle s'avance 
donc dans cette esj)èce plus loin que ne le décrit et le figure 
WiEDERSHKi.n (1877, pi. X, tig. 7), mais se développe cependant 
moins que le ptérygoïde cartilagineux de /?a/ior/on(\ViKDERSHKi.M) 
dont l'union avec le cartilage antorbital se fait par continuité 
même de substance cartihigineuse. Le ptérygoïde cartilagi- 



SÉANCE DU 13 JUIN 1922 . 213 

neux à'Amblystoma opacwn^ présente par conséquent sur soA 
trajet deux coudes : l'un, situe à l'endroit où il quitte le pté- 
ryg'o-palatin osseux pour se porter en dehors, l'autre quand il 
abandonne cette nouvelle direction pour se porter de nouveau 
en avant. A l'extrémité de ce deuxième coude, au niveau de la 
pointe du maxillaire, un petit ligament inséré sur le ptéry- 
goïde cartilagineux passe au devant de la loge temporale et va 
se confondre avec les faisceaux fibreux qui composent la paroi 
externe de celle-ci. 

Le ptérygoïde cartilagineux de Salamandra niaculosa {pt^ 
fig. II et III) suit le chemin de ce ligament. Il possède une lon- 
gueur suffisante pour joindre le maxillaire et venir très près du 
cartilage antéorbital, mais au lieu de suivre la direction consi- 
dérée jusqu'ici comme normale, il s'oriente vers le haut, croise 
le maxillaire et se tournant en dehors, atteint l'anneau fibreux 
périorbitaire auquel il adhère, puis, retournant en arrière, 
finit dans la paroi externe de la loge temporale au milieu des 
faisceaux fibreux de cette paroi. Le crochet qu'il décrit prend 
dans sa concavité le devarit de la loge temporale ; et de sa par- 
tie convexe partent quelques fibres ligamenteuses qui vont 
s'insérer au maxillaire, avec les fibres les plus dorsales du 
ligament quadratomaxillaire interne [qmi, fig. IH). 

Gliez Amhlysloina tigrinum^ le ptérygoïde cartilagineux est 
moins développé ; il se dirige vers la pointe du maxillaire supé- 
rieur, mais au plus haut degré de sa croissance dans la forme par- 
faite, il ne l'atteint jamais. Parfois chez l'Axolotl il s'arrête en 
cours de route, avant de se dévier en dehors, et forme alors un 
bouton terminal, enfoui dans la paroi interne de la loge tempo- 
rale, au milieu de faisceaux fibreux qui s'insèrent sur lui et le 
prennent comme relai dans leur parcours. Ainsi les nombreuses 
fibres ligamenteuses qui doublent le ptérygo-palatin osseux à 
sa face dorsale (fig. IV) et vont du carré au trabécule crânien, 
s'arrêtent à sa surface ; d'autres fibres qui font partie de la 
loge temporale émanent de lui et vont rejoindre le ligament 
quadrato -maxillaire externe [qmf, fig. IV) en se dirigeant en 
dehors et en suivant à peu près le trajet du croctiet cartilagi- 
neux de Salamandra maculosa. 

G. Elément fibreux. — Au moment de la métamorphose, tout 
l'appareil fibreux qui double l'élément osseux ptérygo-palatin 



214 SÉANCE Dr 13 JUIN 1922 

dans la région palatine disparaît avec l'ôlément osseux ; et les 
connexions tîbrouses du ptérygoïde cartilagineux ne se font 
plus que du côté externe, soit avec le maxillaire, soit avec les 
ligaments qui entourent la loge temporale. 

Déterminisme de la discordance de position chez la larve entre 
les deux ptéryg-oïdes osseux et cartilagineux. — Comment expli- 
quer, si les ptérygoïdos osseux et cartilagineux font partie du 
même appareil, leur différence d'orientation larvaire ? 

La dissection des plans fibreux de la région donne la clef 
du problème. Le ptérygoïde cartilagineux naît beaucoup plus 
tard ({ue le ptérygo-palatin osseux ; il se <lirige d'abord paral- 
lèlement au trabécule crânien, mais il trouve bientôt devant 
lui le fascia j)rét(Muporal, cloison libreuse développée avant lui 
et qui sépare la loge temporale de la loge orbitaire ; inclus dans 
un dédoublement de la paroi interne de la loge temporale, il 
tourne avec cette i)ar<)i derrière le fascia et suit en debors et 
en avant la face postérieure de celui-ci vers la pointe du 
maxillaire. Là, deux voies lui sont ouvertes : il peut soit longer 
le maxillaire [Amhlystoma opacmn), soit continuer sa crois- 
sance dans la paroi de la loge tempoi'ale et aboutir à sa face 
externe [Salamandrn maciilosa) en se recourbant en crochet. 

Les épaississements et renflements que l'on rencontre sur 
son trajet et celui qui parfois le termine chez Anihlystoma 
tiyrinuni semblent indi([uer des stationnements ou l'arrêt de 
l'extrémité en voie de croissance devant des obstacles fibreux 
difliciles à vaincre ou infranchissables et les adhérences 
fibreuses remarquées spécialement en ces endroits sont proba- 
blement la simple conséquence d'une irritation inflammatoire 
causée par la résistance des plans fibreux à se laisser franchir. 
On constate en etTet que les tiges cartilagineuses les plus lon- 
gues et les plus régulièrement calibrées sont libres dans leur 
gaine et que les attaches fibreuses se trouvent surtout situées 
aux changements de direction de la tige cartilagineuse, c'est-à- 
dire à l'endroit où elle s'écarte de l'os ptérygo-palatin et au 
niveau de la pointe du mt|xillaire. 

Ainsi donc le ptérygoïde cartilagineux des Urodèles, forcé 
par les circonstances à ne pas suivre le ptérygo-palatin osseux, 
ne tend pas do lui-même, ainsi qu'il est classique de le 
penser depuis Wikdkrshkim (1877), à rejoindre le cartilage 



SÉANCE DU 13 JULN 1922 215 

antorbital et à constituer une arcade conijîlète semblable à celle 
des Anoures ; il ne peut donc être considéré comme une sim- 
ple dégradation de celle ci. Né tardivement, il trouve devant 
lui le fascia prétemporal qui l'oblige à se dévier en dehors. 
Placé dans un dédoublement tibreux de la loge temporale, il 
en suit le trajet curviligne juscpi'à la pointe du maxillaire et 
parfois jusque sous la peau [Salamandra maciilosa). 

Evolution phylogénique. — L'appareil ptérygo-palatin lar- 
vaire des Urodèles, comparé à la disposition de l'arcade carti- 
lagineuse des Anoures, représente un état primitif. Il corres- 
pond nettement par sa position et son orientation au 
palato-ptérygoïde des Téléostomes. 11 diffère de celui-ci par le 
développement très précoce et la réduction à une seule pièce de 
l'élément osseux, la formation tardive et la déviation aberrante 
de l'élément cartilagineux. Les Urodèles ne sont pas un type 
issu de la souche des Stégocéphales comme le pensent la plu- 
part des auteurs (Zittel, Gaupp, Thévenin, Moodie, Watsoin, etc.). 
Leur crâne diffère de celui des Stégocéphales et des x\noures 
non seulement par l'absence des massifs osseux latéraux, mais 
surtout par le développement considérable de la table para- 
sphénoidienne médiane. La disparition du palatin dans la méta- 
morphose est liée à cette conformation spéciale de la tête et ne 
peut être considérée comme un phénomène isolé. 

L'évolution ontogénétique de l'appareil ptérygo-palatin indi- 
que que l'origine des Urodèles remonte directement aux Pois- 
sons. Les Amphibiens auraient donc une origine polyphylétique ; 
les Stégocéphales et les Anoures d'un côté, les Urodèles de 
l'autre,; proviendraient de [souches différentes. Les recherches 
récentes sur Lysorophus tricarinatiis ^ considéré comme un Uro- 
dèle (SoLLAS, 1920) du Carbonifère supérieur de l'Illinois, du 
Texas et de l'Olilahoma, appuient cette vue, que j'ai émise déjà 
en 1910 (1) en me fondant sur des documents purement 
embryologiques 

(1) L'origine (ks Urodèles [C . R. Soc. Biol. LXIX, p. 178). — Ces coirîidéra- 
tions seront développées dans un mémoire détaillé qui paraîtra prochainement 
(septembre) dans le Bulletin biologique de la France et de la Belgique. 



Séance du ^1 juin 19'2''2. 

PRÉSIDENCE DE M. miUMPT, PRÉSIDENT. 

Au début de la séance, iM. le président prononce l'allocu- 
tion suivante : 

<* Depuis notre dernière séance, nous avons eu le regret d'ap- 
prendre la mort de S. A. S. le prince Albert de Monaco. Cette 
perte est particulièrement ressentie par notre Société, dont le 
prince était membre donateur, et par tous nos collègues dont 
plusieurs ont été ses collaborateurs, soit sur mer, soit dans 
ses divers laboratoires. 

Le prince de Monaco, né à Paris le 13 novembre 1818, a 
consacré son activité et une partie de sa fortune à la l)iologie 
et à l'océauograpbie. Pour faciliter l'étude de cette dernière 
science, il a fondé deu.\ Instituts, l'un à Monaco, l'autre à 
Paris, et il a effectué en compagnie de nombreux hommes de 
science de fructueuses croisières à bord de ses différents yachts. 
Ces études scientilicjues lui valurent d'être nommé membre 
correspondant de l'Académie de médecine et membre de l'Ins- 
titut. 

La Société zoologique, heureuse d'avoir compté le prince de 
Monaco parmi ses membres, conservera tîdèlement son souve- 
nir et celui de la grande teuvre scientifique qu'il a accomplie ; 
elle adresse à sa famille l'expression de ses plus sympathiques 
condoléances. » 

La Société délègue M. Joubin pour la représenter aux obsèques. 

M. le comte Delamare de Monchaux s'excuse de son absence. 

M. le président souhaite la bienvenue à M. Bruneau de Labo- 
RiE, mis en rapport avec la Société par MM. Anthony et Liou- 
V1LLE. M. Bruneau de Laborie, sur le point de repartir en Afrique, 
se met à la disposition des membres de la Société pour leur 
rapporter des matériaux pour leurs études. Il donne ensuite 
quelques détails sur les mœurs des Rliinocéros. 

La Station hydrobiologique sur le lac Wigry, à Suw^alki (Polo- 
gne) demande l'échange de ses Comptes rendus avec les pul)li- 
cations de la Société [Renvoijée au Conseil). 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 2l7 

L'Association française pour l'avancement des sciences 
annonce que sa 46'^ session se tiendra à Montpellier, du 24 au 
29 juillet. La Société délègue pour la représenter MM. Duboscq 
et Rabaud. 

M. Georges Teissier, licencié es sciences, élève à l'Ecole nor- 
male supérieure, 45, rue d'Ulni, est présenté par MM. R. Lévy 
et Pérez. 

M. DE Beauchamp présente le troisième volume de la Faune 
de France : « Ortiioptères et Dermaptères », par Ghopard. 

M. Jean Turchiini dépose sur le bureau un exemplaire de son 
travail sur l'histopliysiologie rénale, récemment paru dans les 
Archives de morphologie générale et expérimentale. 

M. Ch. Pérez signale que, dans un lot de Porcellana longi- 
corjiis récoltées à Roscoff, il a rencontré un certain nombre 
d'individus intersexués, c'est-à-dire de mâles portant, outre 
leurs appendices copulateurs, un ou plusieurs pléopodes du 
type femelle. 

Ouvrages offerts : 

Chabanaud. — Contribulion à l'étiule de la faune herpétologique de 
l'Afrique occidentale. 2 notes {Bull. Coniit. Etudes llistor. Scientif. 
Afriq. Occid. Franc. ^ 1920). 

— Id. — Sur la présence d'un Batracien urodèle en Afrique intertropicale. 
(C. R. Acad. Sci, CLXXIl, 1921, pp. 139-140). 

Chopard. — « Orthoptères et Dermaptères ». (Faune de France, III, 212, 

p. 466, %.). 
Pic. — Coléoptères nouveaux de la famille des Hylophilides. {Bull. Mus. 

Paris, 1921. pp. 415-418). 

— Id. — Diagnoses d'Hétéromères (Col.) du Tonkin (Bull. Soc. entom. 
France, 1922, pp. 66-67). 

TuRCHiNi (Jean). — Contribution à l'étude de l'histopliysiologie rénale. Les 
processus cjlologiques de l'élimination des matières colorantes par les 
reins (Arch. morpli. gén. et exp., Paris, Doin, 1922, 112 pp , 1 pi. en 
couleur). 

SUR DIVERS NANOPHYES SCH. EXOTIQUES 
COL. [CURCULIONIDES] 

PAR 
M. PIC 

La façon de voir, tout à fait opposée, des naturalistes varié- 
tistes et de ceux qui ne le sont pas, conduit tout naturellement 
à des diversités d'appréciation pour un même objet; c'est là 



218 SÉANCE DU 27 JUIN 1922 

une source de litiges continuels dont le diliepend est difficile à 
trancher. En résumé, le variétiste réduit la synonymie au strict 
nécessaire, le non-variétiste, au contraire, la nudtiplie et la 
pousse au maximum par le groupement du plus grand nombre 
possible de noms. 

On peut discuter indéfiniment entre variétistes et antivarié- 
tistes intransigeants sans se convaincre réciproquement, mais 
heureusement les collègues naturalistes, moins extrémislcs, qui 
observent et travaillent de leur côté, peuvent établir une part 
raisonnable entre les deux méthodes opposées. Sans pousser le 
variétisme à l'extrême, il doit paraître juste de le reconnaître 
valable quelquefois, de le voir tout au moins dans certaines 
modifications nettes, et non instables, de lètre spécifique. Si l'on 
admet qu'un naturaliste a le droit de réunir plusieurs noms 
publiés par d'autres, en les mettant en synonymies d'un seul 
(le premier publié) jugé valai)le, en tout esprit de justice, il 
faut admettre que celui (]ui voit autrement et trouve, lui, des 
différences (illusoires? ou réelles!) ait le droit de défendre sa 
fayou différente de juger, sans l'accuser de provoquer une 
malencontreuse polémicjue. Au système ({ui réunit, peut s'oppo- 
ser celui de la division distinctive et ensuite les collègues indé- 
pendants jugeront on dernier ressort. 

Ce préambule nécessaire exposé, j'entre dans le vif du sujet : 
le rétaldissement de certains Nanophifes Sch. que je juge avoir 
été arbitrairement supprimés dernièrement [^Ann. Soc. Eiit. 
France, LXXXIX, 1920 1921], p. 180) par un collègue ento- 
mologiste. 

Il s'agit des A'^. Alluaud'i Pic, testaceicoxis Pic et rufoapica- 
/is Pic, réunis sous le nom de X. transfuga Fairm., seul admis. 
Tous ces noms sont groupés ensemble par l'auteur de la syno- 
nymie, grâce à une description vague permettant d'englober 
plusieurs différences. Si les divers Insectes sont semblables, 
pourquoi donc 1 auteur ajoute-t-il, après sa description? « Le 
rufoapicalis Pic a une petite macule rousse au sommet des 
élytres ». Si A', rufoapicalis Pic a une tache apicale, il ne se 
confond plus absolument avec N . Iransfuga Fairm, qui {ex. : 
description) n'en a pas. 

N'ayant pas vu le type de A". Iransfuga Fairm., je ne puis 
rien affirmer de précis pour combattre le fond même de la 
synonymie proposée, mais, en revoyant les types des autres 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 219 

Nanopliyes Scli., et en les examinant comparativement entre 
eux, je relève les différences (valables au moins au titre varié- 
tiste) résumées dans le synopsis suivant : • 

1. Prothorax moins court à dépression basale transversale, 
nette ; élytres relativement longs, brusquement, ou plus nette- 
ment rétrécis à l'extrémité ; côtés de la poitrine et du protho- 
rax plus ou moins densément pubescents de blanc 2. 

1'. Prothorax plus court, ne présentant pas, près de la base, 
de dépression transversale subsulciforme nette ; élytres relati- 
vement courts, progressivement et moins rétrécis à l'extré- 
mité ; côtés de la poitrine médiocrement revêtus de poils squa- 
muliformcs blancs, île Maurice Alluaudi Pic. 

2. Prothorax plus court, non étranglé en avant ; abdomen 
largement roux ainsi que le sommet des élytres ; pattes en 
majeure partie testacées, Madagascar.... rufoaj)icalis Pic. 

2'. Prothorax plus long, un peu étranglé en avant ; abdomen 
noir ainsi que le sommet des élytres ; pattes noires avec la 
base des cuisses testacée, Madagascar — testaceicoxis Pic (1). 

En résumé, les A'^. Alluaudi, testaceicoxis et rufoapicalis Pic ne 
doivent pas être, selon moi, définitivement reconnus comme 
synonymes purs et simples et j'espère, aj)rès la publication du 
tableau dichotomique ci-dessus, ne pas être seul à en juger 
ainsi. Les spécialistes futurs seront les derniers juges du dififé- 
rend actuel. Mais, en attendant qu'un esprit, vraiment impar- 
tial et juste, vienne me prouver que ma façon actuelle de voir 
n'est pas soutenable, je continue à maintenir séparément dans 
ma collection les noms de A^. testaceicoxis, rufoapicalis, Al- 
luaudi, pour distinguer des Insectes que je trouve séparables, 
sans me laisser influencer par l'étiquette d'une autre collec- 
tion où ces divers noms seront réunis loin des types absents. 

Puisque je parle de Nanophyes Schôn., je tiens à dire quel- 
ques mots sur un tyj:>e de Madagascar que le même spécialiste 
a vu et m'a retourné en l'accompagnant, en guise de détermi- 
nation, de la réflexion suivante : « Insecte de nulle valeur » ; il 
s'agit du N. sublimhatus Pic. 

Insecte de nulle valeur, pourquoi? Parce que l'Insecte sem- 
ble un peu immature! Bien que n'ayant aucune valeur, cet 



(1) La pubescencc élytrale de mes types malgaches est plus espacée, ou plus 
longue, que celle de mes deux co-types de l'ile Maurice, ou ^V. Alluaudi Pic. 

16 



220 SÉANCE DU 27 JUIN 1922 

Insecte n'est pas mis en synonyinie : c'est là une heureuse excep- 
tion que je suis heureux de signaler. 

N. sublimbatus Pic est très facile à distinguer, selon moi 
(même avec son état supposable d'immaturité), par sa forme 
étroite et allongée, ses cuisses à peine dentées et par la suture 
en partie plus densément, et plus longuement, pubescente que 
sur les intervalles voisins. 



POISSONS DU GRIBINGUI RECUEILLIS PAR lYI. BAUDON. 

DESCRIPTION D'UNIVIORiVIYRIDÉ 

ET D'UN CHARACINIDÉ NOUVEAUX 



PAR 



le Dr Jacques PELLEGRIN 

A quatre reprises j'ai déjà étudié ici-même (1) les importants 
matériaux ichtyologiques recueillis dans la région de l'Ouban- 
ghi-Chari par M. A. Baudon, administrateur des Colonies. 
Celui-ci, de retour en France, vient encore d'adresser au 
Muséum un petit lot de Poissons récoltés les uns dans le Gri- 
bingui (bassin du Giiari), les autres aux environs d'Impfondo, 
dans le bas-Oubanghi, affluent du Congo. 

Comme précédennnent, je ne mentionnerai ici que les espè- 
ces ne figurant pas dans mes notes antérieures. C'est ainsi que 
du Gribingui je ne signalerai qu'un Mormyridé du genre Gna- 
thonemus, type d'une espèce nouvelle dont on trouvera plus 
loin la description, deux Siluridés : YAllabenchelys brevior Bou- 
lenger, connu seulement jusqu'ici du sud du Cameroun, et un 
Synodontis nouveau, à grande nageoire dorsale, enfin un 
Cichlidé du Congo, le PelmatochromU congicus Boulenger. Le 
nombre des espèces actuellement rencontrées dans le bassin 
du Tchad passe par conséquent de 100 à 110. 

(1) D' J. Pellegrin. Poissons du Gribingui recueillis par M. Baudon. Descrip- 
tion de sept espèces nouvelles {Bull. Soc. Zool. France, XLIV, 1919, p. 201). — 
Poissons de l'Ouhana et de lOubanghi recueillis par M. Baudon. Description do 
deux Cyprinidés nouveaux (op. cit., XLV, 1920. p. 245). — Poissons du Gribingui 
et de la M'Poko recueillis par M. Baudon. Description d'un Characinidé nouveau 
{op. cit., XLVI, 1921, p. 47). — Poissons de l'Oubanglii-Ghari recueillis par 
M. Baudon. Description d'un genre, de cinq espèces et d'une variété (op. cit., 
XLVII, 1922, p. 64). 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 221 

Dans rOubanghi comme forme non encore envoyée par 
M. BAUDONJe me bornerai à indiquer un Siluridé appartenant 
à une espèce assez répandue dans le Congo et ses affluents, le 
Synodontis angelicus Scliilthuis. 

Gnathonemus gractUs nov. sp. 

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est com- 
prise 4 fois 1/4 dans la longueur, sans la caudale. La tête est 
un peu plus longue que haute, le profd supérieur est arrondi. 
Le museau fait le 1/4 de la longueur de la tête. Les dents sont 
coniques, au nombre de 3 en haut, de 4 en bas. Il existe au 
menton un appendice globuleux volumineux aussi long que le 
diamètre de l'œil qui est compris 6 fois dans la longueur de la 
tête, 2 fois 1/4 dans l'espace interorbitaire. On compte 72 écail- 
les en ligne longitudinale, -^ en ligne transversale sur le corps 

-TT- entre l'origine de la dorsale et celle de l'anale, 12 autour 
du pédicule caudal. La dorsale commence au-dessus du 
5*= rayon de l'anale et comprend 24 rayons ; sa longueur fait 
presque la 1/2 de sa distance à la fente branchiale. L'anale 
est formée de 30 rayons et est située un peu plus près de la 
base de la caudale que de l'origine de la ventrale. La pectorale 
légèrement arrondie, fait les 3/4 de la longueur de la tête, 
1 fois 2/3 celle de la ventrale, et arrive juste à la base de cette 
dernière. Le pédicule caudal est 2 fois 3/4 aussi long que haut, 
égalant la longueur de la pectorale. La caudale, à base écail- 
leuse, est fourchue et ses lobes sont obtusément jîointus. 

La coloration est uniformément brun-olivâtre avec des traces 
de petites lignes parallèles longitudinales, plus foncées, sur le 
dos. 

1). 24; A. 30; P. 10; V.6; Sq. 14 ] 72 | 17. 

N» 22-23. Coll. Mus. — Gribingui : A. Baudon. 
Longueur : 9.j -f- d? = 112 millimètres. . 

Cette espèce par les formules de ses écailles et de ses nageoi- 
res vient se placer auprès du Gnathonemus sejiegalensis Stein- 
daclmer (1), du Sénégal, du Togo et également du Gribingui, 
mais elle s'en distingue surtout par ses formes plus allongées 

(1) SB. Ak. Wien, LXI, i, 1870, p. 551, pi. iv, fig. 1. 



222 SÉANCE DU 27 JUIN 1î)22 

(hauteur 4 fois 1/4 au lieu do 3 lois à 3 fois 1/2 dans la lon- 
gueur). Elle présente aussi des aftinités avec G. s/an/cz/anus 
Boulenger (1) du Congo, de rOubanghi et de la (ianibie, mais 
dans cette dernière espèce les rayons sont plus nombreux à la 
dorsale et à l'anale (D. 28-32 ; A. 3o-i0). 

Synodontis wacrepipterus nov. sp. 

La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur, 
sans la caudale, la longueur de la tète 3 fois 2/3. La tète est 
un peu plus longue que large, rugueuse, granuleuse au-dessus. 
Le museau est arrondi et fait 1 fois 1/2 la longueur de la 
région postoculaire de la tète. L'œil supéro-latéral, est com- 
pris 3 fois 1/3 dans la longueur Ao la tète, 1 fois 1/3 dans 
l'espace interor])itaire. Les lèvres sont assez développées. Les 
dents prémaxillaircs forment une courte et large bande. Les 
dents mandibulaires au nond)re de IVô font environ le 1/4 du 
diamètre de l'd'il. Le barbillon maxillaire, borde à sa base par 
une très étroite menilirane est I fois 1/2 aussi long ([ue la tète 
et atteint le 2'' tiers de l'épine pectorale : le barbillon niandibu- 
laire externe, avec une seule rangée de ramifications longues et 
étroites, égale la longueur de la tète ; le barbillon mandil)U- 
laire interne, moitié moins long que l'externe, est garni d'une 
double rangée de ramifications tuberculeuses dans sa moitié 
antérieure, longues et étroites dans sa moitié postérieure. 
La fente operculaire ne s'étend pas plus bas que la base de 
la pectorale. Le bouclier occipito-nuchal rugueux, granu- 
leux et tectiforme possède en arrière des prolongements obtu- 
sément pointus. Le processus humerai granuleux, 1 fois 3/4 
plus long que haut est obtusément pointu en arrière et 
s'étend jusqu'au niveau du 2)rolongement occipito-nuchal. La 
peau n'est pas villouse sur les flancs. La dorsale comprend 
une épine longue, forte, à peine courbée, non denticulée en 
avant ou en arrière et mesurant un peu plus de la longueur de 
la tête, ainsi que 7 rayons branchus. L'adipeuse 2 fois 2/3 aussi 
longue que haute est séparée de la dorsale rayonnée par une 
distance égalant la moitié de sa base. L'anale est composée de 
4 rayons simples et de 8 branchus. L'épine de la pectorale est 

(1) Ann. Mag. Nal. Hist. (6), XX, 1897, p. 266. 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 223 

aussi longue que celle de la dorsale, moyennement dcnticulée 
sur son bord externe, très fortement sur son bord interne où on 
compte 16 dents ; elle arrive presque jusqu'à la ventrale. Le 
pédicule caudal est plus haut que long-. 

La coloration générale est brun noirâtre avec de petites mou- 
ciietures noires, espacées, sur le dessus du corps et sur l'adi- 
peuse. 

D. I 7; A. IV8; P. 19; V. 18. 

Nos 22-31. Coll. Mus. — Fort-Crampel (Gribiiigui) : .\. Baudon. 
Longueur d30 + 7 (caudale mutilée) = 137 mm. 

Ce Synodonte, par son aspect général, par le développement 
de sa nageoire dorsale, par sa coloration, rappelle le Synodon- 
tis eupterus Boulenger (1) du Nil blanc, mais dans cette espèce 
le barbillon maxillaire est bordé par une large membrane, 
l'adipeuse est plus rapprochée de la dorsale, le museau est 
plus court. 

La forme décrite ici présente aussi des affinités avec le 
S. Greshoffi Schilthuis (2) du Congo, chez lequel le barbillon 
maxillaire est plus long, le processus humerai pointu, les flancs 
sont villeux. 



LISTE DES MYRIAPODES DE L'ACADÉMIE MALGACHE, 

DE TANANARIVE 

(Ire noie) 



PAR 



H.-W. BROLEMANN, Pau 

Les matériaux, objets de cette liste, nous ont été confiés 
pour l'étude par M. le prof. C. Lamberton, secrétaire de l'Aca- 
démie Malgache, de Taiianarive, auquel nous adressons ici tous 
nos remerciements. 

Sauf indication contraire, toutes les espèces sont à considé- 
rer comme provenant des environs de Tananarive. 

(1) Ann. Mag. Nat. Hist. (1), VIII, 1901, p. 11. 

(2) Tidjschr. Nederl. Dierk. Vej\ (2), III, 1891, p. 87. 



224 SÉANCE DU 27 JUIN 1922 



I. — GHILOPODA 

1. — Scolopendra siibspinipes Leacb, 1814. 

2. — Scolopendra morsitans Lin., 1760. 

3. — Scolopendra morsifans, var. spinosella S. et Z., 1902. 

4 

Un individu, portant l'étiquotto de provenance de Ghubato- 
mainty, a de très petites épines au premier article des pattes 
anales ; c'est prolKil>lenient un individu de cette nature qui a 
servi de ty|)e à la description de Saussure et Zehntner. 

4. — Cormocephahis incongruens Kraepelin, 1903. 

Espèce qui se reconnaît des suivantes à l'existence d'une 
seule raugée de trois épines ventrales externes au premier 
article des pattes anales. 

5. — Cormocephalus nitidus Witlsi Pocock, 1891. 

Forme du groupe du C. dispar, dont le dernier tergitc est 
dépourvu de sillon dorso-médian. (Syn. : C. arantsoae S. et Z., 
sec. Kraepelin, 1903). 

6. — Cormocephalus dispar Porat, 1871. 

Nous ajjpliquons ce nom aux individus chez lesquels les 
griffes des pattes ambulatoires sont flanquées d'épines, et qui 
n'ont généralement guère plus de 8 articles glabres aux 
antennes. 

7. — Cormocephalus dispar fangaroka Sauss. et Zebnt., 1902. 

Nous utilisons ce nom pour une forme malgache qui paraît 
commune aux environs de Tananarive et dont les ongles des 
pattes sont inermes, à l'inverse des individus précédents, De-ci, 
de-là, on trouve ces épines chez les jeunes, où elles sendîlent 
d'autant plus fréquentes que l'animal est moins développé. 

Les autres caractères sont les mêmes que pour C. dispar. 
Les antennes sont longues, à articles plus longs que larges ; il 
n'existe ordinairement que 4 ou o articles pubescents, les 
autres sont glabres et brillants. Les tergites sont sillonnés à 
partir du 2*^ segment et rebordés à partir du 5^ environ ; le der- 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 225 

nier tergite a un fin sillon médian. Le dernier sternite est plus 
long que large à la base, à bords convergents. Les pleures du 
dernier segment pédigère sont complètement envahis par les 
pores et portent deux épines à l'extrémité de l'appendice et 
généralement une petite épine marginale en dehors. 

Le premier article des pattes anales est trois fois aussi long 
que large ; les épines sont robustes et les deux rangées ven- 
trales externes sont portées sur une côte longitudinale, qui 
résulte principalement de ce que la face ventrale de l'article 
est excavée, surtout à la base. Les deux épines ventrales-inter- 
nes sont situées dans la moitié proximale de l'article et les 
deux épines internes dans sa moitié distale. Deux épines à 
l'appendice apical. Gritfe terminale inerme. 

Coloration souvent olive, avec les extrémités tirant sur le 
brun-roux ; pattes olives. 

Par les dimensions du premier article de ses pattes anales 
cette forme se distingue du C. inermipes Pocock (de Ceylan), 
chez lequel cet article n'est que deux fois aussi long que large. 

8. — Cormocephalus Lambertoni, n. sp. 

A) Longueur 75 mm. ; largeur 5,50 à 6 mm. ; longueur de 
l'antenne 18 mm. 

B) Longueur 68 mm. ; largeur 4,50 à 5 mm. ; longueur de 
l'antenne, 14 mm. 

Deux sillons écourtés sur l'écusson céphalique. Antennes 
dépassant le milieu du 5° tergite ; 17 articles plus longs que 
larges, dont les 6 ou 8 premiers sont glabres et brillants. Ter- 
gites sillonnés à partir du 2^ et rebordés à partir du 3°. Der- 
nier tergite avec un sillon médian net. Dernier sternite plus 
long que large à la base (dans la proportion de 7 à 5) et à 
bords convergents ; la troncature apicale est échancrée, elle 
égale à peine deux cinquièmes de la largeur de la base. Griffes 
des pattes flanquées de très petites épines. Les pleures des pat- 
tes anales sont envahis par les pores, sauf une ligne qui fait 
suite au prolongement apical; celui-ci est médiocre, dépassant 
le sternite anal d'environ la moitié de la longueur de ce der- 
nier, conique, bi-épineux (fig. 1). 

Pattes anales épaisses. Proportions des articles : l^"" art. 
5 mm.; 2'' art. 3,25 mm. ; 3" art. 3 mm. ; 4" art. 1,80 mm. ; 
5« art. 1 mm. ; griffe 1,50 mm. Total: 15,55mm., soit 20,7 »/« de 



226 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 



la longueur du corps ; elles égalent les A 1/2 derniers tergites. 
Diamètre du premier article égal à la moitié de sa longueur ; 
2 + 1, ou 2 + 2, ou 2 + 3 épines ventrales-externes (et dans ce 
dernier cas, la première très petite) ; 2 (ou 3) épines ventrales- 
internes; 1 épine interne dans la moitié apicale de l'article ; 
2 (ou 3) épines dorsales-internes ; prolongement apical à peine 
saillant, bi-épineux. Articles suivants trapus. Grifle (fig. 1 A) 




FiG. 



FlG. 



1. — Cormocephalus Lambertnni, n. sp. — Dernier segment pédigère face 
ventrale vue un peu oLliquoiiient. — Kn A, extrémité d'une patte anale. 

2. — Cormocephalus mecistopus, n. sp. — Dernier segment pédigère, face 

ventrale vue un peu obliquement. 



une fois et demie la longueur de l'article précédent, à conca- 
vité régulièrement arquée et non crénelée. 

Cette forme semble se rattache^ au C. dispar par beaucoup 
de ses caractères, mais elle en diffère nettement par ses pattes 
anales épaisses et courtes et surtout par la longueur exception- 
nelle de la griffe de ces pattes, caractère qui pourrait faire ran- 
ger cette espèce dans le genre Cupipes, si la griffe n'avait pas 
son bord ventral arqué et lisse. C. crudelis S. et Z. a aussi des 
pattes anales trapues et le dernier sternite long ; mais, pas jdus 
les. auteurs que Kra.epelin ne parlant des dimensions de la 
griife, il y a lieu d'admettre qu'elle est normalement courte, 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 227 



9. — Cormocephaîus mecîstopus, n. sp. 

Longueur 83 mm. ; largeur du 1" tergite : 7 mm., du 6'^ : 
G mm., du 12'' : 7 mm. 

Ecusson céphalique un peu moins long- que large ; sillons 
postérieurs très fins, n'atteignant pas le milieu de l'écusson ; 
ponctuation fine et clairsemée, comme aussi sur les tergites. 
Antennes long-ues (19 mm.), formées de 17 articles, dont les 
six derniers couverts d'une puliescence dorée, les autres glabres 
et brillants. Lame dentée des coxosternites forcipulaires armée 
de 4 dents, dont l'externe est écartée ; la base des lames est 
très oblique. Pas de sillons transversaux en arrière des lames. 
Prolongement fémoral denté avant la pointe. 

Pas de sillons sur le premier tergite. Les sillons débutent sur 
le second tergite et, dès le i*", l'espace qui les sépare est 
déprimé et divisé par une sorte de carène très basse, aplatie 
antérieurement et subaiguë postérieurement. Tergites rebordés 
dès le S'' segment. Un sillon dorso-médian sur le dernier ter- 
gite (l'unique individu examiné n'en porte des traces qu'en 
avant et dans une fossette préapicale). Dernier sternite à surface 
un peu déprimée, plus long que large, dans la proportion de 
7 à 5,5 ; ses bords sont convergents et le bord apical est au bord 
antérieur dans le rapport de 1 à 2,2. Pleures (fig. 2) couverts de 
pores très fms qui n'atteignent pas le fond de la dépression 
coxo-pleurale, mais s'étendent jusqu'à la base du prolongement 
et au bord apical, où se trouve une petite épine. Prolongement 
allongé, dépassant le sternite d'une longueur égale, environ aux 
deux tiers de celle de ce dernier ; il est graduellement acuminé 
et porte deux éjDines à la pointe. 

Pattes ambulatoires sans épines tarsales, mais avec de très 
fines épines de chaque côté de la griffe. Pattes anales extrême- 
ment allongées ; ses articles ont les proportions suivantes : 
1" art. 8 mm. ; 2*^ art. 6,20 mm. ; 3° art. 5,50 mm. ; 4° art. 
4,50 mm. ; 5»^ art. 1,75 mm. ; griffe 0,80 mm. ; total : 26,75 mm., 
soit 32,2 °/o ^^ 1^ longueur du corps ; elles égalent les 
7 derniers tergites. Diamètre du l*"" article égal au quart de sa 
longueur. Ses épines sont fortes et distribuées comme chez 
gracilipes S. et Z., soit : 2 -f- 3 épines sur une carène ventrale- 
externe ; 2 épines ventrales-internes dans la moitié proximale 



228 SÉANCE DU 27 JUIN 1922 

de l'article ; 2 épines internes dans sa moitié apicale ; 2 épines 
dorsales-internes dans sa moitié proximale. Prolongement 
bi-épineux. 

Cette espèce, qu'on serait tenté de confondre avec C. gracili- 
pesS. et Z., s'en distingue cependant par des sillons céphali- 
ques courts, par l'absence de sillons sur le premier tergite, par 
la présence d'épines à la base de la grilFe des pattes et par des 
pattes anales plus longues (d'après les auteurs, cette longueur 
représenterait à peine 27 »/o de celle du corps chez graci- 
lipes). 

II. — ONISCOMORPHA-SGHIZOGERATA 
Genre SpH^ïRorinmiuM Brandt, 1833. 

La vulve des Splucrotherium n'est encore connue que super- 
ficiellement par les figures qu'ont publiées Saussurk et Zehntner 
[in Grandidier, « Myriapodes de Madagascar », 1902) des formes 
malgaches, et par celles données par Silvestri {Boll. Lahor. 
zool. gcn. agr. Port ici, IV, marzo 1910) des formes de l'Afri- 
que du Sud. Nous n'avons aucun détail nouveau à fournir sur 
Tanatomie de ces organes ; mais nous pouvons dès maintenant 
fixer la nomenclature des pièces externes qui les composent. 

l^'une d'elles (lîg. 16) est parallèle au rebord interne de la 
hanche, souvent développée en hauteur et plus ou moins étroite ; 
c'est la valve interne de la bourse {vi), ou « écaille interne » 
de S. et Z. Des deux autres pièces, l'une est située plus près de 
la base du membre, l'autre est plus voisine de son sommet; la 
première est la valve externe de la bourse {ve = « écaille 
externe »), l'autre est l'opercule (0 ■= « écaille inférieure »). 
Ces trois pièces laissent subsister entre elles un espace hyalin 
subtriangulaire, le cimier, sous lequel on aperçoit par transpa- 
rence des organes qui font partie de l'apodème et de ses 
dépendances. Il semble que, dans ces derniers, à l'inverse de 
ce que nous connaissions jus([u'ici, la fente de l'apodème et, à 
un degré moindre, l'apodème lui-même, soient pigmentés. En 
outre, à la gouttière apodématique fait suite un prolongement 
fortement coloré qui se présente en lame de couteau ; c'est 
peut-être l'équivalent d'un cul-dc-sac. La pigmentation de ces 
parties internes de la bourse semble spéciale aux Spha'rothé- 
riens; généralement ces parties sont hyalines, et c'est à peine 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 229 

si, chez certains Spirobolides, le diverticule est légèrement 
coloré. 

Il est remarquable que sur les 12 espèces de Sphasrotheriitm 
de Madagascar, aujourd'hui comiues sous le rapport des vulves, 
toutes ont un opercule à peine aussi grand que Fune des val- 
ves de la bourse et divisé plus ou moins profondément en deux 
lobes par une encoche, ou tout au moins par une sinuosité. 
Cette particularité ne se rencontre chez aucune des 19 espèces 
de l'Afrique du Sud dont Sh^vestri a dessiné les vulves ; chez 
celles-ci l'opercule est toujours plus développé que chez les 
malgaches, presqu'aussi volumineux que la bourse, et le som- 
met est complètement arrondi et toujours fortement déjeté 
vers l'intérieur. Il y a là une différence caractérisée. 

Un autre caractère distinctif peut probablement être fourni 
par les hanches des pattes ambulatoires. Les formes d'Afrique 
présentent au bord externe de cet article une protubérance 
plus ou moins développée et qui, lorsqu'elle est réduite [S. dor- 
sale), s'accompagne d'une pilosité particulière. Rien de sem- 
blable ne nous est connu chez les formes malgaches où la 
hanche est régulièrement trapézoïdale. 

Enfin ces dernières ont des pièces sternales qui pourraient 
fournir éventuellement d'autres caractères différentiels. La 
pièce sternale de la première paire est saillante, à silhouette 
en triangle scalène ou en bonnet phrygien (fig. 13 et 9). Celles 
de la deuxième paire ont leur bord plus ou moins arrondi. 
Quant à celles des paires suivantes, elles présentent une épine, 
parfois très robuste, au milieu de leur bord antérieur (fig. 17). 
Aucun auteur n'ayant parlé des pièces homologues des Sphsero- 
therimn africains, nous ne pouvons dire si elles sont différentes 
ou si ces détails ont passé inaperçus. 

Quoi qu'il en soit de ce dernier point, la structure des vulves 
et celle des hanches des pattes, jointes à la répartition géogra- 
phique de ces formes, nous permettent d'envisager l'existence 
de deux rameaux distincts, l'un continental, l'autre insulaire, 
que nous considérerons actuellement comme des sous-genres, 
quitte à les élever ultérieurement au rang de genre, s'il y a 
lieu. 

Le type du genre Sphœrotheriimt n'a. iamah été désigne par 
Brandt ; mais, dès 1896, Silvestri a choisi l'espèce décrite en 
première ligne par cet auteur sous le nom de 5. rotundatum, 



230 SKANCE DU 27 JUIN 1922 

qui est originaire du Cap de Boniie-I'^spérance. Par conséquent 
le groupe de l'Afrique du Sud constituera le sous-genre Sphœ- 
rotherium s. s. Pour le groupe de Madagascar nous proposons 
le nom de Globotherium, dont le type sera S. digitale Sauss. 
et Zehnt. Les caractères de ces sous-genres s'opposeront de la 
façon suivante : 

Opercule de la vulve environ égal à l'une des valves de la 
bourse, à sommet divisé par une encoche ou au moins par une 
sinuosité. Hanches des pattes and)ulatoires sans saillie au l)or(l 
externe. Bord apical des pièces sternales de la P'' paire avec 
une forte saillie à silhouette subtriangulaire ; celui des paires 
3" et suivantes avec une épine médiane. Habitat : Madagascar... 
Sous-genre Globotherium. — Type : N. digitale S. et Z. 

Opercule de la vulve presqu aussi volumineux que la bourse 
entière, à sommet excentrique complètement arrondi. Hanches 
des pattes ambulatoires avec une saillie au bord externe (Piè- 
ces sternales encore inconnues). Habitat : Afrique du Sud 

Sous-genre SpH.t;HOTHi-:Rii;M, s. s. — Type 5. rntunda- 

tum Brandt. 

Sous-genre Globotherium, nov. 

10. — Spluvrotheriwn Aclfon (White, 1859). 
Trois femelles de taille moyenne. 

11. — Sphfi-rotheriiim hippocaslamim Gca'vais, 1847, 

(iig. 3 à o). 

On trouvera une bonne description de cette espèce' et une 
figure des vulves dans le grand ouvrage de Saussure et Zehnt- 
îNER de 1902. 

Le mâle leur était inconnu. Nous donnons ci-dessous des 
figures des 22« et 23'" paires de membres, qui sont les pattes 
copulatrices. 

22*^ paire (fig. 3) constituée par un coxostcrnite ofl'rant des 
traces de division médiane et par un télopodite de trois articles. 
Premier article à silhouette rectangulaire, aussi long que * 
large, avec une seule crête oblique. Deuxième article tron- 
conique, prolongé sur la face postérieure par une saillie digi- 
tiforme, à pointe arrondie (doigt fixe), invisible par la face 
antérieure de l'organe. Troisième article (doigt mobile) plus 



séani:e bu 27 juin 1922 



231 



long' (jue le second, à rebord externe faiblement sinueux, à 
rebord interne interrompu environ au milieu par un sillon 
oblique, au delà (hupiel il est lamellaire et légèrement épa- 
noui ; sur sa face postérieure on observe 3 épines et des nodo- 
sités pigmentées situées au voisinage immédiat de la pointe et 
au bord externe. 

Prolongements du coxosternum de la 23" paire simples, gra- 
duellement acuminés. Premier article en trapèze beaucoup 
plus large que long (fig. 4). Deuxième article très court, pro- 




FiG. 3. 
Fig. 4. 
Fig. 5. 



Sphœrotherium hippocaslanum Gerv. — PaUe gauche de la 22" paiie, 

face postérieure. 
Sphœrotherium hippocastanum Gerv. — Patte yauche de la 23'' paire, 

face antérieure. 

Sphœrolhet'iu/n hippocastanum Gerv. — Extrémité du doigt mobile de 
la 23o paire, face postérieure. 



longé par un doigt lixe long et grêle, à pointe arrondie, por- 
tant au milieu de sa face externe (opposable) une légère sail- 
lie largement arrondie. L'organe est parsemé de très fines 
aspérités qui semblent correspondre à la base des soies. Le 
troisième article, ou doigt mobile, est très élancé et propor- 
tionnellement grêle, à bords presque parallèles, arrondi à 



232 SÉANCE DU 27 JUIN 1922 

l'extrémité. Sur sa face opposable au doigt fixe on remarque 
de légers renflements au delà desquels la surface est excavéc 
jusqu'au sommet dé l'article {iig. o). Dans l'excavation sont 
trois épines ; en outre le bord postérieur de l'excavation porte 
une série de nodosités noires, basses et arrondies, d'autant 
plus petites qu'elles sont ])his rapprochées du sommet de 
l'article. 

Nous ignorons si cette espèce stridule, mais nous considé- 
rons qu'il est bien difficile de parler d'organes musicaux en ce 
qui la concerne. D'une part la crête de la 22® paire est entou- 
rée de soies et n'existe manifestement ({n'en raison de l'em- 
preinte laissée sur l'article par la pression dos pattes de la 
paire qui précède. D'autre part les nodosités du 3"^ article sont 
situées au delà de la pointe du doigt fixe, qui ne peut entrer 
en contact avec elles. Quant aux épines et aux nodosités du 
doigt mobile de la 23" paire, elles se présentent conmie des 
adaptations à la fonction de préhension, car la « harpe » est 
bien peu développée. 

Stérilité anal très large, le ])ord apical de ses lobes est 
sinueux et doucement déclive et les saillies formées par ses 
angles internes sont très peu proéminentes. 

Les pièces sternales de la première paire ont une silhouette 
en bonnet phrygien, à sommet faihlement arqué et arrondi ; 
elles ressemblent à celles de .S', vefle.nim (fig. 15), la saillie 
étant proportioniiollcment plus grêle et plus longue. 

Un petit mâle mesurant 33 mm. de long et 17 nmi. de large 
entre les lobes du 2*^ segment, présente tous les caractères 
d'un grand mâle d'environ i'j mm. de long et 23 mm. de 
large. 



12. — Sjj/uL'rothf'rium dujitale Sauss, et Zchnt., 1902. 

(fig. G à 8). 

L'échantillon qui a servi à la description de l'espèce était 
probablement un petit mâle, n'ayant pas toute sa taille. Les 
individus de rAcadémic malgache atteignent les dimension;» 
suivantes : 

cT, vong. env. 37 mm. ; larg. du 2*^ segment 16, oO mm. ; 
du pygidium 16 mm. 



SÉAiNCE DU 27 JUIN 1922 



2a3 



9, long. env. 45 mm. ; larg. du 2"^ segment 24,50 mm. ; 
du pygidiuni 23 mm. 

La description des auteurs est d'ailleurs excellente et n'ap- 




FiG. 6. — Sphœrotheriu7n digitale S. et Z. — Patte droite de la 22» paire, face 

postérieure. 

FiG. 7. — Sphœrothe7'ium digitale S. et Z. — Patte gauche de la 23» paire, face 

antérieure. 

FiG. 8. — Sphœrotherium digitale S. et Z. — Base de la patte gauche de la 2« paire 

et vulves, face postérieure. 

FiG. 9. — Sphœrotherium platylabum S. et Z. — Base de la patte gauche de la 
1" paire, face postérieure ; s, protubérance sternale. 

pelle que quelques indications complémentaires. Les « carènes 
transversales » de la concavité du pygidiuni sont très dévelop- 
pées, épaisses et saillantes dans les côtés, confluentes au 



234 SÉANCE DU 27 JUIN 1922 

milieu ; la concavité du pygidium est ainsi nettement partagée 
en deux régions, une région dorsale^ qui est la cavité anale, et 
une région marginale dont la paroi est mince. Les « carinules 
prémarginales », très courtes, sont divisées par la dépression 
usuelle en deux nodules dont les crêtes sont subégales, alors 
que le tronçon postérieur de la carinule est généralement beau- 
coup plus long que le tronçon antérieur {liippocastanum, etc.). 
Il doit y avoir là un caractère utilisable dans une clef dicho- 
tomique des espèces. 

Dans les pattes de la 22° paire (fig, 6), le premier article est 
moins trapézoïdal que sur la figure IG de la planche v, son 
bord externe étant très convexe, à courbure irrégulière. L'arti- 
cle suivant est proportionnellement un peu plus long. 

Le doigt mobile de la patte de la 23" paire (fig. 7) est plus 
franchement évidé en gouge sur sa face interne que ne le 
représente la même ligure, et son bord postérieur est aminci, 
lamellaire et un pou convexe. 

Le sternite préanal est bas et relativement étroit, les prolon- 
gements internes sont graduellement atténués de[mis le niveau 
du premier article de la 23" paire jusqu'à la pointe, (jui est 
arrondie. 

Pièces sternales (h' lu piciuière paire en crochets à pointe 
aiguë tournée intérieurement, à crête ciliée ; celles de la 
deuxième paire arrondies; celles des paires suivantes avec une 
petite dent médiane. 

Les vulves {fig. 8) resseml)lent à celles de S. hippocastanum 
(pi. V, tig. 15), mais le lobe externe de lopercule est plus 
épais, plus arrondi, la fente du cimier est moins ohli(]ue, plu- 
tôt comme chez S. latum (fig. 14), mais avec des valves un peu 
plus asymétriques que chez ce dernier. 

13. — Sphœrotheriiim plati/labw)), Sauss. etZehnt., 1902. 

(fig. 9). 

Le seul individu examiné, un mâle qui sendjle bien déve- 
loppé, présente à faible distance du bord postérieur une gra- 
'nulation médiane isolée, lisse, cpii est peut-être accidentelle 
puisqu'il n'en est pas fait mention dans la description des 
auteurs. 
• Pièces sternales de la première paire formant des lobes 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 235 

arqués très saillants et complètement arrondis (%. 9). — Dent 
des sternites du tronc courte, triangulaire, aiguë. 

M. — Sphœrotherium Lambertoni, n. sp. 
(fig. 10 à 13). 

(f : Longueur du corps environ 30 mm. ; longueur du 
2° segment à mm. 50 ; largeur du 2'^ segment (entre le bord 
des lobes) 15 mm., du pygidium (entre les angles antérieurs) 
14 mm. ; hauteur environ 8 mm. 

Coloration brun fauve ; les tergites finement ourlés de noir ; 
les pleures et les pattes plus fauves. 

Tête brillante, à grosses ponctuations espacées. Premier 
écusson à bord antérieur franchement sinueux, à surface mate ; 
sa longueur est à sa largeur dans le rapport de 5 : : 16 ; quel- 
ques grosses ponctuations le long du bord antérieur ou dans 
son voisinage et une rangée de ponctuations espacées et moins 
grosses au bord postérieur. Ecussons suivants à surface com- 
plètement mate, mais sans sculpture perceptible et sans ponc- 
tuations. 

Deuxième écusson relativement court, à bourrelet marginal 
épaissi au niveau des yeux, lisse et brillant. La gouttière des 
lobes débute insensiblement au-dessous de l'épaississcment 
marginal ; sa déclivité interne est en pente douce et le rebord 
du « plateau » (centre surélevé du lobe latéral) est arrondi. Le 
fond de la gouttière est brillant et assez fortement ponctué. 
Lobes des segments du tronc à bord antérieur arqué à 'partir 
du 5° et de plus en plus fortement vers l'arrière, et très fine- 
ment marginés. Bord postérieur de ces lobes faiblement 
échancré, à peine sinueux aux segments 11 et 12. 

Pygidium médiocrement bombé, à déclivité régulièrement 
arquée. Son bord postérieur est lobé en son milieu, le lobe 
étant médiocrement saillant et largement arrondi ; de chaque 
côté du lobe médian le bord est tranchant jusqu'en un point, 
voisin de l'angle antérieur, où il est interrompu par une très 
petite dentelure mousse. Un très fin sillon marginal s'étend 
d'une dentelure à l'autre. Les « carènes transversales » de la 
face interne du pygidium sont médiocrement allongées (par 
conséquent largement interrompues), mais très saillantes et 
leur déclivité ventrale est creusée en gouttière. Les « carinules 

17 



236 



SÉANCE DU 27 JUIN 1022 



prémarginales » font défaut en tant qu'arêtes pigmentées, rem- 
placement du Ironçon antérieur est seulement un peu soulevé. 




FiG. 10. — Sphœrotherium Lambertoni, n. sp. — Patte gauche de la 2:2» paire, face 

antérieure. 

FiG. il. — Sphœrotherium Lambertoni, n. sp. — Patte gauche de la 23' paire, face 

antérieure. 
FiG. 12 — Sphœrotherium Lambertoni. n. sp. — Doigt mobile de la 23' paire, 

face postérieure. 

FiG. 13. — Sphœrotherium Lambertoni, n. sp. — Base de la patte gauche de la 

1" paire, face postérieure; s, protubérance slernale. 

Les pièces sternales de la première paire (fig. 13) ont une 
forme conique à sommet excentrique et simplement émoussé, 
rappelant une coquille à'Emarrjinula. Celles de la deuxième 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 237 

paire n'offrent qu'une faible saillie arrondie au niveau du stig- 
mate et sont beaucoup moins convexes. Celles des paires sui- 
vantes sont épineuses. 

Les hanches des deux premières paires sont trapézoïdales, 
sans saillie externe. 

Le premier article du télopodite de la 22'' paire (fig. 10) est 
sensiblement plus large que long, son rebord interne étant 
épanoui, lamellaire; le bord externe est convexe, à courbure 
régulière ; deux arêtes obliques sur sa face antérieure. L'appen- 
dice du deuxième article est relativement court, trapu ; cepen- 
dant sa pointe atteint presque au niveau de celle du doigt 
mobile ; sa face opposable a des aspérités très fines. Le troi- 
sième article est de forme irrégulière ; son rebord externe 
présente une forte saillie anguleuse, à pointe émoussée, ce qui 
lui donne un aspect trapézoïdal, abord apical largement et peu 
profondément échancré ; sa face postérieure est en grande par- 
tie couverte de verrues rondes, contiguës, sans chitinisation 
accusée et qui sont peu apparentes ; on y remarque en outre 
deux épines. 

Le premier article du télopodite de la 23'' paire (fig. 11) est 
très trapu, deux fois plus large que long. La pince terminale 
ressemble à celle de S. ano7nalum, mais le doigt fixe est moins 
arqué. On trouve dans la concavité du doigt mobile deux dents 
et cinq épines (fig. 12). 

Le sternite anal est du même type que chez 5. hippocastanum, 
les angles sont peu proéminents, mais le bord apical est moins 
déclive et l'organe est plus brusquement arrondi dans les 
côtés. 

La femelle est inconnue. — Le type est un mâle conservé 
dans les collections de l'Académie Malgache, à Tananarive. 

Cette espèce, qui appartient au grand groupe des Sphœi^o- 
therium «. non campanules » de Saussure et Zehntner, viendrait 
se placer dans la section 7 des formes à téguments lisses ou 
très finement ponctués, ayant le bord postérieur du pygidium 
prolongé au milieu ; dans cette section rentrent S. fralermim, 
S. Voltzkowianian et S. platylabum. Fraternum a des téguments 
luisants et des carinules prémarginales très longues, noires. Ce 
dernier caractère se retrouve chez Voltzkowlanum, dont les 
carènes transversales internes du pygidium sont dites linéaires 
et dont le troisième article de la 22'' paire du mâle est conique. 



288 



SÉANCE DU 27 JUI.N 1922 



Quant à plali/lahum, il est très caractérisé par Félarinissoiuent 
du doigt mobile de la 23'" paire et par le dcveloppcnicnt des 
pièces sternales de la première. 

15. — Sphssrotherium reflexum, n. sp. 

(%. 14 à 17). 

9 : Loni;ucur du corps environ 31 mm. ; longueur du 2" seg- 
ment 4 mm. ; largeur du 2'" segment (entre les l)ords des lobes) 




FiG. 14. — Sphœrolherium relJexutn, n. sp. — Profil de rcxtréiiiilé postérieure 

(lu corps ; d, duplicature du pygidiuni. 
FiG. 15. — Sphfrr'olherium reflexum, n. sp. — Base des paUcs dr la 1" paire. 

face postérieure; *, protubérance sternale. 
FiG. l(i. — Sphœrotherium reflexum, n. sp. — Vulve droite, l'ace postérieure ; 

0, opercule ; ve, valve externe ; vi, valve interne. 

FiG. 17. — Sphœrotherium reflexum, n. sp. — Base de la patli^ droite de la 

10« paire, face postérieure ; s, épine du sternitc. 

14,50 mm, ; du pygidium (entre les angles antérieurs; 14 mm. ; 
hauteur environ 10 mm. 

Coloration uniforme, d'un noir tirant plutôt sur le brun (jue 
sur l'olive. 



SÉANCE DU 27 JUIN 1922 239 

Corps très convexe, plus bombé que dans l'espèce précédente, 
surtout en arrière Tête ])rillante, à grosses ponctuations clair- 
semées, plus denses au bord antérieur. Premier écusson de 
mêmes- proportions que chez Lamhertoni^ à surface un peu 
inégale, mais assez brillante néanmoins; quelques grosses ponc- 
tuations le long des bords antérieur et postérieur. Ecussons 
suivants à téguments luisapts (et non mats), à sculpture peu 
caractérisée où l'on distingue des ponctuations extrêmement 
fines ; celles-ci sont plus accusées vers l'arrière et le bord 
postérieur du pygidium apparaît finement chagriné (cà la loupe). 

Gouttière prémarginale du deuxième segment bien marquée 
même au sommet du segment, notamment sur la ligne dorso- 
médiane où l'on distingue un faible élargissement de la gout- 
tière destiné à recevoir l'angle du bord postérieur du pygidium. 
La déclivité interne de la gouttière est plus abrupte que dans 
l'espèce précédente et l'arête du « plateau » moins atténuée. 
Le fond de la gouttière est marqué de grosses ponctuations. Le 
bourrelet marginal est très épais au niveau des yeux et bril- 
lant. Lobes des segments comme dans l'espèce précédente. 
Pygidium bombé au sommet, puis faiblement mais régulière- 
ment convexe jusqu'au bord, qui est un peu rentrant (fig. 14). 
La région médiane du bord est prolongée en angle à pointe 
arrondie. Latéralement le bord est étroitement duplicaturé ; la 
duplicature [d), cjui est rabattue horizontalement vers l'avant, 
débute assez brusquement de part et d'autre de l'angle médian, 
pour se perdre dans les angles latéraux du pygidium. On ne 
trouve pas ici de dentelure en arrière de ces angles, qui sont 
simplement arrondis ; mais il existe un fin sillon marginal com- 
plet. Carènes transversales de la face interne comme chez 
Lamhertoni] les carinules prémarginales ne sont pas apparentes. 

Les pièces sternales de la première paire (fig. 15) ont une 
silhouette en bonnet phrygien, à sommet un peu arqué et 
arrondi. Celles de la deuxième paire sont arrondies, sans sail- 
lies. Celles des paires suivantes sont fortement épineuses 
(fig. 17). — Les hanches des deux premières paires sont 
trapézoïdales. — Sternite anal en segment de cercle portant 
quelques arêtes incomplètes de chaque côté du milieu de la base. 

La vulve (fig. 16) est développée en hauteur, mais n'atteint 
pas le sommet de la hanche. La largeur est à la hauteur dans 
le rapport de 3 à 4=. L'opercule (0) est peu profondément 



240 SÉANCE DU 27 JUIN 1022 

échancré et son lobe interne est arrondi. Les valves de la 
bourse sont fortement asymétriques; la valve externe (ye) est 
beaucoup plus large que haute (environ comme 7 : : 5), tandis 
que la valve interne (vi) est très étroite et très haute (environ 
comme 3 : : 5), son sommet atteignant au niveau de celui de 
l'opercule. L'apodème parait prolongé par un long éperon 
grêle et arqué, qui est fortement ch.itinisé. 

Le mîUe est inconnu. — Le type, une femelle qui paraît 
adulte, fait partie des collections de l'Académie Malgache, à 
Tananarive. 

La vulve de cette forme ne ressemble à aucune de celles qui 
ont été figurées. Sa particularité réside dans la forme de Toper- 
culc, dont le lobe interne est plus développé que l'externe. 
Ces lobes sont subégaux chez S. nctcon, S. libidinosum, 
S. Alluaudi et ^). VollzJwwianum ; Fexterne est plus développé 
que l'interne chez N. Iiippocaslannm, S. digitale^ S. latum et 
S. pyqidinle, et plus aigu chez .S", priapus ; chez .S. Coqiiet'el- 
lianiim, les lobes sont plus longs et très franchement séjjarés, 
en outre le pygidium a des carinulcs prémarginales longues. 
Chez aucune des espèces suffisamment décrites le bord posté- 
rieur du pygidium n'est réfléchi. 



Séance du ii juillet J9'^'2. 

PRÉSIDENCE DE M. BRUMPT, PRÉSIDENT. 

M. Teissiek présenté à la dernière séance est élu membre. 

M. le président souhaite la bienvenue à M. Alluaud. Notre 
collègue expose le résultat des explorations qu'il a faites récem- 
ment dans la région du Sous. 

M. Pellegrin présente au nom de M. Rollinat une série de 
photographies d'accouplements de trois espèces de Lézards. 

M. Petit met généreusement à la disposition de la Société 
une somme de 1.000 francs. M. le président lui adresse les vifs 
remerciements de tous. 

Ouvrages offerts : 

Trouessart. — Distribution géographique des animaux (Paris, Doin, 1922, 
332 p., 14 fig.). 



NOTE SUR DES SALPES OBSERVÉES A GONCARNEAU 



PAR 



R. LEGENDRE 

Directeur du laboratoire de physiologie comparée 
à l'Ecole des hautes études 

Note présentée par M. L. Fage 



De temps à autre, apj)araissent brusquement et en abon- 
dance sur la côte des animaux qu'on y chercherait d'habitude 
en vain ou qui y sont normalement fort rares. Le plus souvent, 
ils disparaissent quelque temps après leur arrivée, mal 
adaptés, semble-t-il, aux conditions du milieu littoral de la 
région. 

C'est ainsi que, parmi les Mollusques, il existait, en 1905, 
dans les bassins du laboratoire de Concarneau un grand nom- 



242 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

bre d'Acera bnllata Midi, dont j'ai pu observer les mœurs (1); 
aucun individu de cette espèce ne s'y rencontrait l'année 
suivante. 

C'est ainsi également qu'en août 1906, dans les mômes bas- 
sins, pullulaient des Pelta coronala de (Juatrefages, que je n'ai 
plus aperçues depuis. 

Je voudrais aujourd'hui dire quelques mots de deux brusques 
apparitions de Salpes observées au même point de la côte. 

La première date du 13 août 1907. Ce jour-là, par beau 
temps ensoleillé, à la marée montante de laprès midi, la mer 
se couvrit dinnombraldes Salpa dcmocratica-mucronata Forsk. 
On pouvait en compter plusieurs dizaines par mètre carré, 
groupées en chaînes ou isolées. Le lendemain, elles étaient 
encore aussi abondantes ; de nombreux Oiseaux de mer survo- 
lèrent toute la journée la baie de la Forêt, venant à chaque 
instant à la surface de l'eau arracher les masses viscérales de 
ces Salpes. Les jours suivants, les chaînes se fragmentèrent, le 
nombre des individus diminua ; beaucoup avaient perdu leur 
nucléus, mais n'en continuaient pas moins de se contracter 
rythmiquement, puis tout disparut. 

Un très grand nomljre de Salpes furent entraînées par le ilot 
dans la rivière du Moros qui dél)Ouche au fond du port de Con- 
carneau ; elles y moururent rapidement, j^robablement à cause 
de la dessalure des eaux. Le troisième jour après leur arrivée, 
elles y étaient si abondantes que leur putréfaction dégageait une 
odeur fort désagréable. 

L'automne dernier, j'ai assisté à un arrivage presque aussi 
compact de Salpes d'une autre espèce : Salpa confœdcrata 
Forsk. (S. sculigera-confœderata Cuv., Forsk). 

Le 27 septembre 1921, à la marée montante de l'après-midi, 
apparurent j^rès de la côte des chaînes d'animaux de cette 
espèce, dont beaucoup comptaient de 20 à iO individus et plus, 
courbées en sjjirales biches. Le lendemain, elles étaient innom- 
brables et beaucoup échouèrent sur les grèves. Les jours sui- 
vants, elles se disloquèrent et bientôt disparurent. 

Si Salpa democralica-mucronata est certainement l'espèce la 
plus commune de toutes celles des Salpidœ^ Salpa confœde- 



(1) R. Leoendre. Notes biologiques sur Acera hul/ala MiiU. {Arrfi. Zool. exp. 
IV, 1905. N. et R. vi-\iv). 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 243 

rata est beaucouj) moins fréquente et n'a pas encore été 
signalée, que je saciie, sur les côtes atlantiques de France. 

D'après Cari Apsïeln (1), Salpa confœderata a été surtout 
rencontrée à l'est du 40° méridien ouest de Greenwich, dans 
les eaux chaudes du Gulf Stream, notamment près du Gap Vert. 
On l'a signalée au large de l'entrée de la Manche ; dans le 
courant sud-équatorial au nord de l'île d'Ascension ; en Médi- 
terranée, à Messine, Naples, Gênes^ Villefranche et une fois 
dans la partie orientale, à l'île Cerigo ; dans l'Océan Indien et 
au sud de Geylan ; près de l'île Saint-Paul ; dans la mer Orien- 
tale et la mer de Chine ; près de la côte occidentale de l'Amé- 
rique du Sud ; aux îles Samoa et Marquises. 

L'expédition du « Michael Sars » (2) l'a retrouvée dans l'Atlan- 
tique nord, aux Canaries, au sud du détroit de Gibraltar, au 
nord des Açores et dans les eaux du courant de la Floride. 

Rien d'étonnant donc que les courants chauds aient pu 
apporter un flot de Salpa confœderata sur la côte sud de la 
Bretagne. 

Les animaux que j'ai pu observer étaient de tailles très varia- 
bles. Certaines chaînes étaient composées d'individus de 
2,5 centimètres de long, d'autres d'individus de 7 cm. Ceux de 
7 cm. mesuraient 3 cm. de large; ceux de 5 cm. de long, 
3 de large; ceux de 2,5 cm. de long 1 de large. Chaque chaîne 
était composée d'animaux tous de même taille, placés sur 
deux rangs, en positions alternées, les faces ventrales vers 
l'intérieur. 

Un individu solitaire, beaucoup plus gros que les précédents 
renfermait dans sa cavité une chaîne de 156 petites Salpes 
mesurant chacune 4 millimètres de long. 

Le 28 septembre, dans l'aprês-midi, à mer montante, l'eau 
où flottaient les chaînes de Salpes, devant la côte, entre le port 
et la plage, avait une température de 19°. Dans cette eau, je 
comptai sur un individu de taille moyenne 12 contractions du 
corps par minute. Dans une chaîne, les contractions de tous 
les individus sont synchrones, bien qu'il n'y ait aucune com- 
munication nerveuse ou musculaire entre eux. Les individus 



(1) CarL Apstein. Die Thaliacca der Plankton-Expedition (II E. B. Verlheilung 
der Salpen. Kiel und Leipzig, 1894, p. 33). 

(2) John MuRKAY and Johan Hjokt. The Depths of the Océan (Londres, 1912 
p. 600). 



244 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

qu'on isole dune chaîne perdent rapidement ce synclironisme. 
La contraction débute par la bouche et aboutit k l'orifice cloa- 
cal ; le courant d'eau qui traverse ainsi l'animal sort avec 
assez de force pour provoquer la progression. Si l'on juge de 
la pression développée par l'élévation de l'eau qu'elle produit 
à la surface, quand l'orifice postérieur est au ras de l'eau, on 
peut l'estimer à environ 5 millimètres. 

Le cœur, visible à l'œil nu dans son péricarde, au-dessus du 
nucléus, présente une série de contractions d'avant en arrière 
séparées par des pauses assez courtes, puis, après un repos 
plus long, commence une série de contractions en sens inverse, 
suivies à leur tour d'un repos, puis d'un nouveau renversement 
du courant. J'ai [)u compter en îi minutes, sur un individu 
moyen, dans l'eau à 11)", 105 battements groupés ainsi : 7 dans 
le sens d'avant en arrière, 8 dans l'autre, puis 7, S, 8, 8, 8, 8, 
9,9,8,8,9. 

Un certain nombre de Salpes de grandes tailles présentaient 
dans leur cavité un ou plusieurs Amphipodes de la famille des 
Vibiliidfv, Vibilia viatrix Bovallius, d'un peu moins d'un centi- 
mètre de long. 

Vibilia viatrix a, d'après Arvid Heh.ming (1), pour distribu- 
tion géographique les océans Atlantique, Pacifique et Indien. 
La croisière du « Thor » (2) l'a rencontré en Méditerranée, du 
détroit de Messine aux îles Ioniennes et dans l'Atlantique à 
toutes les stations au-dessous du 40'' degré de latitude nord. 
D'autre part, le Muséum national en possède un exemplaire, 
otfert par Ghevreux, portant l'indication qu'il fut trouvé à Ville- 
franche dans Salpa maxinia. 

C'est donc la première fois (ju'on l'observe sur la côte atlan- 
tique de France. 

On n'a pas non plus signalé le commcnsalisme de Vibilia 
viatrix dans Salpa confœdcrata. Le fait n'a cependant rien 
d'extraordinaire, si l'on se souvient qu'un Amphipode d'une 
famille toute voisine, le Phronime ou Tonnelier de mer est bien 
connu pour vivre dans le manchon des colonies de Pyrosomes 
ou la cavité des Salpes et des Dolioles. 

(1) Arvid Behming. Die systcmalische Zusammcnsetzung iind geographische 
Verbreilunt; der Familio vibiliidœ {Zoologica, XXVI. Lief. 4/6, Hcfl 67 II, Fest- 
schrift Cari Chun, 1913). 

(2) K. Stephensen. Araphipoda-Hyperiidea (Report on Ihe Danish Ocoanogra- 
phical ILspeditions, by Johs. Schmidt. II, D, 2, n" 5, 1921). 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 ' 245 

Ayant extrait une dizaine de Vibilia de leurs hôtes en les 
prenant avec une pince plongée par la bouche dans la cavité 
des Salpes, et les ayant placées dans un cristallisoir voisin, 
puis ayant versé le contenu de ce dernier dans le vase où 
étaient les Salpes, j'ai vu les Vibilia se précipiter immédiate- 
ment sur la tunique externe, puis rentrer rapidement par la 
bouche dans la cavité branchiale, sans choisir spécialement 
l'individu qui, précédemment, les hébergeait. 

On peut en déduire que les Salpes sont pour eux des hôtes 
habituels qu'ils préfèrent à la vie libre en j^leine eau. 

Qu'il me soit permis, en terminant, de remercier chaleu- 
reusement mon ami Louis Fage qui a bien voulu déterminer les 
espèces sur lesquelles ont porté ces observations de 1921 et 
me communiquer la bibliographie relative à leur distribution 
géographique (1). 



NOTES SUR LES COPÉPODES ASCIDICOLES 

XIII. — ENTEROCOLIDES ECAUDATUS, N. G., IM. SP. 

ET L'ÉVOLUTION DES PÉRÉIOPODES 

PAR 

Edouard CHATTON et Hervé HARÂNT 

Les Entérocoliens ne comprennent jusqu'ici que le seul 
genre Enterocola P. J. van Ben. (1860), dans lequel nous ne 
reconnaissons (1922) que trois espèces indiscutables : E. fui- 
gens P. J. van Ben. 1860, E. pterophora Ch. et Br. 1909, 
E. mammifera Gh. et H. 1922. Quoique ces espèces soient par- 
faitement distinctes, elles ne diffèrent entre elles que par des 
caractères de faible importance, et le genre qu'elles forment 
est un des plus homogènes des Ascidicoles. Aussi croyons-nous 

(1) A l'époque de cette arrivée de Salpes, MM. Dollfus et Monod, naturalistes 
de l'Office scientifique et technique des pèches niaritimes, croisaient dans la baie 
de la Forêt, à bord du « Pétrel ». M. Théodore Monou ayant nommé Vibilia 
Jeangerardi et son véhicule 5ct^pa confœderata, ^a^n?, autres indications, dans 
une courte note relative à « l'influence de la température sur la composition 
qualitative du plankton « parue dans la Revue générale des sciences du 
45 février 1922, je lui ai écrit à ce sujet et il m'a informé par lettre qu'il s'agit 
non pas de V. Jeangerardi, mais bien de V. viatrix, rencontré par lui au large, 
le 20 septembre 1921, ii bord du « Pétrel ». 



246 SÉANCE DU U JUILLET 1022 

devoir n'oii pas rompre ruuiforiuitr en y introduisant luie 
espèce qui s'éloigne beaucoup plus des trois autres que celles-ci 
ne diffèrent entre elles. Nous créons pour elle le genre Ente- 
rocolides. Cette forme est intéressante par la transition au 
moins morphologique qu'elle réalise entre les deux groupe- 
ments des Entérocoliens et des Haplostomiens que Ganu avait 
opposés l'un à l'autre. Nous discuterons de ces relations après 
avoir donné la diagnose du genre et de l'espèce. 

(lenre ENTEliOCOLlDES u. gen. 

Espèce type du genre : 

ENTEROCOLIDES ECAUDATfS n. sp. 
Femelle (1). 

Nous ne donno-ns pas une diagnose détaillée du genre. On 
ne trouvera ici que ceux des caractères d'Enlerocolides qui 
s'opposent à leurs homologues dans la diagnose d'Enterocola 
donnée par Ghatton et Hrémknt (1909). 

Plf'on beaucoup plus court que le péréion, semi-ellipsoïdal, 
insegmenté. 

A71ÎIS nettement dorsal. 

Péréiopodes : 4 paires ventrales, fortes, biramées, à e.vo aussi 
développé que l'endo, celui-ci dépourvu de soies, celui-là por- 
teur de grilles latérales et terminales. 

Pièces furcalcs absentes. 

Enterocolides ecaudatus, n. sp. 

Tijpc de l'espèce : 8 femelles adultes et une douzaine de 
paires de sacs ovigères, trouvées dans un Distomidé blanc 
globuleux, de 2 cm. environ de diamètre dragué devant Port- 
Vcndres le 7 novembre 1910. MAle et jeunes inconnus. 

Femelle. 

Situation duns riiôte non observée. 

Dimensions : de 1 mm. 5 à 1 mm. 7 de long* (compte tenu de 
la courbure) et de mm. 3 à mm. 4 de large. Sacs ovigères 

(1) Mâle, embryons et jeunes inconnus. 



SÉANCli 1)U 11 JUILLET 1922 



247 



de 1 nini. à 1 mm. 2 de long" sur 0,25 de plus grand dia- 
mètre. 




FiG. 1. Enlerocolides ecm/dafus, n. g., n. sp. — 1, l'onielle adulte vue de prolil ; 
2, femelle aduKe vue de dos; 3, antennule et antenne droites, faces antérieu- 
res ; 4, i" péréiopode gauche, face antérieure; 5, 3° péréiopode droit, face 
antérieure. 



Coloratio7i générale rose paie. Ovaire violet foncé tranchant 
sur le fond Ijlanc crème de FAscidie. 

Corps à trois régions distinctes ; proportions : C = 1 ; 
Pr === o ; PI = 2. 



248 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

Céphaloii large, surbaissé, dépriaic venti'alcineiit, à rostre 
très peu marqué, sans replis pleuraux, séparé du premier 
péréionite par un sillon dorsal. 

Péréion à 4 segments visibles, séparés les uns des autres par 
de vagues constrictions, sans duplicatures dorsales sauf sur les 
marges postérieures et latérales du ¥ segment où elles for- 
ment des oostégites bien développés, sans mamelons entre les 
péréiopodes. 

Pléon court, siibhémisphérique, complètement insegmenté, 
sans trace de bifurcation, sans furca, complètement inermc. 

Ori fiers. Bouche sous im l;il)i'o en hotle jMtrtant sur sa 
marge postérieure deux processus écliinulés symétriques (1). 

Deux processus seml)lal)los mais plus petits dans l'infundi- 
buluni buccal. Anus en fente longitudinale, s'ouvrant sur la 
face dorsale du pléon à la limite de ses deuxième et troisième 
tiers. Pore de fécondatitvn a ampoule bilobée, cordiforme. 
Vulves à cadre chitiiieux irrégulier. 

AntcnniiU's vaguement biarticulées, suhcylindriques, brus- 
quement et obliquement tronquées à leur extrémité, celle-ci se 
prolongeant du côté externe par un processus effilé muni à son 
extrémité de deux soies conicjues inégales, et à sa base de deux 
autres petites soies coniques internes ; du coté interne par une 
longue soie avec une petite soie satellite. Peignes de spinules 
sur la base de l'antenne et sur celle du processus externe. 

Antennes nettement biarticulées, subcylindri({ues, à article 
distal beaucoup i)lus long que b; proximal, et portant sur son 
bord terminal o fortes soies plumeuses et sur sa face interne à 
la limite des jDremier et deuxième tiers une forte soie lisse. 

Mandilniles absentes (2). 

Maiii/es I biramées. Exo en lame bilobée. Le lobe externe a 
4 fortes soies poilues, dont 3 sur sa marge distale et 1 sur sa 
marge externe ; lobe interne à deux soies semblables aux pré- 
cédentes. Endo massif, fortement chitinisé, prismatique, légè- 
rement bifide, lisse, portant sur sa base, du côté interne, une 
très forte soie écliinulée. 

(1) Cf. Enterocola mammifera. 

(2) Nous avons (-onsiilcré comiu« telles chez Enterocola mammifera (1922), les 
deux processus spinuleux (juc nous retrouvons ici sur hi inaïKC postr-rieurc du 
labre. Mais le fait (lue de seniblabies processus, plus petits cc^pendant, existent 
aussi dans l'infundibulum buccal, prouve (ju'il ne saurait s'agir là de man- 
dibules. 



SÉANCK DU 11 JUILLET 1922 249 

Maxilles II sans caractères spécifiques. 

Péréiopodes subcquidistants, inégaux et dissemblables, bira- 
més à basi large portant des peignes de spinules. Exo aigu, à 
une griffe terminale, une griffe externe et un mamelon échi- 
nulé dans les deux premières paires, sans griffe externe dans 
les deux dernières. Endo tronqué, inerme, portant des peignes 
de spinules. 

Oostégites munis d'une soie au milieu de leur marge. 

Sacs ovigères rectiiignes, subcylindriques, très caducs, trou- 
vés détacbés de la femelle et enfermés deux à deux parallèlle- 
nient dans une gangue commune. 



Relations à'Enterocolides avec les Eiiterucola. 

*> Enterocolides ecaudatus s'affirme Entérocolien indubitable 
par sa morphologie générale, la structure de ses appendices 
céphaliques, surtout de l'antenne et des deux maxilles, l'exis- 
tence d'oostégites porteurs d'une soie marginale. 

C'est de VEnterocola mammifera qu'il se rapproche le plus, 
par la structure de son antenne, l'existence de processus échi- 
nulés sur la marge postérieure du labre, et surtout par la 
régression des pièces furcales déjà diminuées dans cette 
espèce. 

Les caractères qui le séparent des Enlerocola expriment un 
degré de plus que chez ces derniers dans la dégradation 
parasitaire : disparition de la segmentation abdominale, de la 
furca, des soies des endopoditcs des péréiopodes, apparition 
d'une griffe supplémentaire sur les exo des deux premières 
paires, tendance de l'anus à remonter sur la face dorsale. 

Il est intéressant de constater que chacun de ces caractères 
se retrouve dans des lignées diverses d'Ascidicoles, où ils sont 
associés à d'autres qui témoignent eux aussi d'une dégradation 
avancée : effacement progressif de la segmentation abdominale 
chez les Haplostomieiis et les Ophioséidiens ; disparition de la 
furca chez les plus dégradés des Haplostomiens [Haplostoma 
sacculus) ; ascension dorsale de l'anus chez les Mi/clwphilus 
qui sont des Enternpsis dégradés. La disparition des soies des 
appendices est générale chez les Crustacés parasites. On la 
constate dans les Ascidicoles au cours de l'ontogenèse, surtout 



250 SÉANCE DU 11 JUILLKT 1922 

chez les femelles et il est intéressant de la saisir clans la phylo- 
génèse, comme nous le faisons chez les Entérocoliens. 

Il se pose au sujet de cette disparition la fjiiestion suivante : 
Les griifes qui apparaissent sur les appendices dont les soies 
ont régressé sont-elles des vestiges de ces soies, raccourcies et 
renforcées, ou sont-elles au contraire néoformées ? La comjja- 
raison de VEnterocolides avec les Enterocola semble conduire 
à la seconde hypothèse. 

Les deux soies de l'endo disparaissent sans laisser de vesti- 
ges, et là où est la griffe surnuméraire des deux premières 
paires, il n'y a pas de soie chez les Enterocola adultes. Cepen- 
dant cette soie existe rudimentaire au prcmiei' stade parasite 
d'jE. fulgens (Ganu 1892). Ce dernier fait et d'autres analogues, 
empruntés à d'autres Ascidicolcs, permettraient de penser que 
les griffes ou crochets sont bien des soies transformées. 

Question d'importance, car si cette règle était bien établie 
son application à l'étude systématique et phylogénique des 
Crustacés j^arasites fournirait des résultats précieux. Montrons- 
le par l'exemple de ce (|ue l'on en tirerait dans le cas qui nous 
occujDc. Si la griffe est une soie régressée, on ne pourrait con- 
cevoir une fdiation directe de VEnterocolides à partir des Ente- 
rocola, car on ne concevrait pas — à moins d'accepter la thèse de 
la réversibilité de lévoiution — que la soie disparue chez 
ceux-ci ait pu réapparaître chez ceux-là. Et force nous serait 
alors d'admettre que les Entcrocolides dérivent à' Enterocola 
plus primitifs que ceux que nous connaissons actuellement, 
porteurs, comme le premier stade parasite d'/i". fnlgens, d'une 
soie externe sur les exopodites de leurs péréiopodes. 

Mcttra-t-on au jour de semblables Enterocola ? 

Enterocolides et les relations 
DES Entérocoliens avec les Haplostomiens. 

Ce ne sont pas seulement les rapports de filiation entre Enté- 
rocoliens qu'évoquent les appendices de ï Enterocolides ; ce sont 
aussi ceux des Haplostomiens avec les Entérocoliens. Dans les 
Haplostomiens, Canu (1886) comprend les Haplostoma et les 
Enteropsis. La parenté des Enteropsis avec les Haplostomes 
ne nous paraît pas évidente. Nous n'envisagerons ici que les 
Haplostomes. 



SÉAiNCE DU 11 JUILLET 1922 



251 



Par ses péréiopodes V Enterocolides est beaucoup j)lus un 
Haplostomien qu'un Enterocolien et en fait c'est parmi ceux-ci 
que nous l'avions, Brémeint et moi, classé jJi'ovisoirement dans 
notre collection. Or ce sont précisément les péréiopodes qui 
ont fourni à Canu l'élément majeur du contraste qu'il établit 
entre les deux groupements. Correction faite de l'inversion que 
cet auteur avait commise dans l'orientation de ces appendices 
chez Haplostoma brevicauda (1), les Haplostomiens s'ojjposent 
aux Enterocoliens par le plus grand développement de l'exo 
par rapport à l'endo, et l'absence de soies sur celui-ci, carac- 
tères réalisés et associés chez Enterocolides. Et il est remar- 
quable que l'évolution qui a conduit des Enterocola à V Entero- 
colides se soit continuée — orthogénétiquement, diraient ceux 
qui attribuent aux mots une vertu explicative — dans la série 
des Haplostomiens, de sorte que chez VHaplostojna sacculus,\e 
plus régressé des Haplostomiens pourvus de péréiopodes, 
l'endo est réduit à un mamelon surbaissé (2). Ainsi à ne con- 
sidérer que les ajîpendices, on serait tenté de voir dans la 
série Enterocola, Enterocolides, Haplostoma brevicauda^ H. sac- 
culus une véritable lignée évolutive. La considération des 
autres caractères ne s'opposerait d'ailleurs pas à cette con- 
ception. 

Mais elle ne s'en heurte pas moins à de graves objections. 
C'est une règle très générale que chez les Copépodes libres 
l'endopodite des péréiopodes est plus développé que l'exopo- 
dite. C'est l'inverse chez les parasites non fixés, reptateurs ou 
fouisseurs (Lamippidés, Ascidicolidés). Chez eux la rame 
interne régresse taudis que la rame externe se renforce et 
s'arme de griffes. On constate, en somme, que la natation 
développe davantage les appendices dans leurs parties voisines 
du plan de symétrie tandis que la reptation ou le fouissement 
provoquent l'atrophie de ces mêmes parties et le renforcement 
de celles qui s'écartent le plus de ce plan. 

Ceci résulte non seulement de la comparaison des Copépo- 
des parasites avec les Copépodes libres, mais aussi, plus immé- 
diatement et d'une manière plus saisissante, de la comparaison 
des femelles d'Ascidicoles avec leurs mâles libres. 



(1) Voir Chatton et Brément, 1910. 

(2) Voir les figures de péréiopodes d'HapIostomidés données par Chatton ej 
Brément (1910), p. 90, fig. v. 

18 



:o 



/: 









252 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

Les Eîiterocola, parasites intra-stomacaux qui ont élu domi- 
cile dans une cavité qu'ils atteignent sans fouir et dans laquelle 
ils demeurent tapis, ont conservé dans leurs appendices ces 
deux caractères de Gopépodes libres : grand développement 
de l'endopodite et présence de soies sur celui-ci. Les Haplo- 
stomes dont l'endopodite est le moins régressé (//. hrcvicauda) 
sont des parasites de la cavité générale (tube abdominal des 
Polyclinidés) dans laquelle ils ne peuvent pénétrer que par 
effraction et où ils peuvent se déplacer quelque peu. 

VHaplosioma sacciilits, à cndo vestigial, vit dans la tunique 
des Botryllidés où il se creuse des galeries à la manière d'une 
Taupe. Il se signale d'ailleurs, comme cet animal, par une 
déviation latérale très marquée des pattes, munies d'une seule 
griffe très puissante. 

Ainsi la similitude de structure des pattes que nous présen- 
tent VEnterocoiides et les Haplostomcs peut être tout aussi bien 
le résultat d'une évolution convergente, que d'une libation. Il 
sera tout à fait intéressant de retrouver V Entorocolides pour 
déterminer ses rapports exacts avec l'hôte. 

Nous pensons d'ailleurs (|ue dans l'appréciation de la 
parenté des Ascidicoles, il ne faut attacher qu'une importance 
secondaire à la morphologie de la femelle adulte, et prendre 
surtout en considération celle des formes libres, nauplius, 
stades cyclopoides et mâle. Le nauplius nous parait, d'après 
nos documents, devoir fournir des critères phylogéniques d'une 
très grande valeur. 

BIBLIOGRAPHIE 

1860. Beneden (P. J. van). — Sur un nouveau genre de Crustacé lernéen 
{Bull. Ac. Belgique, (2), IX, p. 151-160, pl.i). 

1886. Canu (E.). — Description de deux Gopépodes nouveaux parasites des 
Synascidies {Bull. Sci. France- Belgique, (2), XVII, p. 309-320). 

1892. Canu (E.). — Les Gopépodes du Boulonnais : morphologie, embryo- 
logie, taxonomie {Trav. Stat. zool. Wirneveux, VI, 354 p., 30 pi.). 

1909. Chatton (E.) et E. Brément. — Sur un nouveau Gopépode ascidicole, 
Enterocola pteroplwra n. sp. et sur le genre Enterocola P. J. van Ben. 
{Bull. Soc. zool. France, XXXIV, p. 223-229). 

1910. Ghatton (E.) et E. Brément. — Sur trois Ascidicoles du genre Aplos- 
toma Ganu : Aplostoma magellanica n. sp., A.hibernica (T. et A.Scott), 
A. sacculus n.sp. {Bull. Soc. zool. France, X.X.XV, p. 80-92). 

1922. Ghatton (E.) et H. IIarant. — Notes sur les Gopépodes ascidicoles XI, 
Enterocola betencourti Canu, E. pterophora Gh. et Br., E. mammifera 
n.sp. {Bull. Soc. zool. France, XLVII, pp. 147-156). 

Instituts zoologiques de Strasbourg et de Montpellier. 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 253 

LA SAIGNÉE RÉFLEXE DES COCCINELLES 



PAR 



Etienne RABAUD 

Aperçue pour la première fois par de Geer en 1781, l'émission 
de sang- par les Insectes a été l'objet de plusieurs études récen- 
tes. CuÉNOT a nommé le phénomène « saignée réflexe » et cette 
expression donne une indication précise sur le mécanisme (1). 
A. Gh. Hollande propose de lui substituer le terme à'autohémoï'- 
rhée (2) ; la substitution n est pas justifiée, car elle renferme 
une hypothèse qui ne répond nullement aux faits : l'interven- 
tion active de la volonté de l'animal. En toute occasion l'émis- 
sion de sang dépend d'une excitation extérieure ; c'est un réflexe 
et l'animal n'y prend aucune part « volontaire ». 

S'il a pu naître quelques doutes sur ce point, c'est que, sui- 
vant toute vraisemblance, les observateurs n'ont pas manipulé 
les Insectes qu'ils étudiaient avec une précaution suffisante. 
Pour se rendre compte du caractère réflexe de cette émission 
sanguine, il faut éviter de saisir l'animal avec les doigts en le 
comprimant sur une large surface. Il faut le toucher légère- 
ment, avec des pinces ou un stylet lin, de manière à explorer 
méthodiquement la surface du tégument. 

C'est ce que j'ai fait avec diverses espèces de Coccinelles : 
Epilachna argus, E. chrjjsomelina et Coccinella 7. punctata. 

Les deux premières sont particulièrement favorables à l'étude. 
On les maintient facilement sur le dos, beaucoup mieux que la 
troisième ; en outre, leurs pattes sont plus trapues et se prêtent 
mieux aux excitations. Le manuel opératoire est très simple. 
On prend deux stylets mousses, on glisse l'un d'eux sous la 
Coccinelle, que l'on retourne et met sur le dos d'un mouvement 
brusque. Ce mouvement suffit parfois pour immobiliser l'Insecte ; 
mais l'immobilisation dure peu et les pattes ne tardent pas à 
s'agiter. En appuyant alors légèrement sur le sternum on 
réduit aussitôt l'Insecte à l'immobilité, les pattes se replient et 
viennent au contact de la paroi ventrale. 

(1) L. Cdénot. La saignée réflexe {Arch. zool. exp. 1896). 

(2) A. Ch. Hollande. L'autohémorrhée ou le rejet de sang chez les Insectes 
(Toxicologie du sang) (^Arch. anat. micr. 1911). 



254 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

Cette excitation du sternum ne détermine nullement l'émis- 
sion de sang, et il importe de souligner ce résultat négatif. 
Hollande, en effet, pense que la saignée est partiellement pro- 
voquée par une augmentation de la pression sanguine, sous 
l'action des nmscles dorsaux- ventraux. Sans doute, en excitant 
le sternum, je n'exerce qu'une pression légère, certainement 
incapable de modifier de façon sensible cette pression interne ; 
mais même en accentuant la pression au point de refouler net- 
tement le sternum, on ne fait sourdre aucune goutte de sang 
au niveau des articulations lëmoro-tibiales. Pour obtenir une 
émission, il est nécessaire que l'excitation porte directement sur 
les pattes, et l'émission n'a lieu qu'au niveau de l'articulation 
de la patte excitée. Le réflexe est donc strictement localisé ; 
une seule excitation ne m'a jamais suffi pour provoquer la sai- 
gnée au niveau de l'articulation fémoro-tibiale de plusieurs 
pattes. 

Sur une patte, l'excitation de la cuisse et du tibia détermine 
l'expulsion d'une grosse goutte de li(]uide, sans que l'appen- 
dice se déplace; au contraire, l'excitation des tarses détermine, 
en même temps que la saignée, l'adduction du mend)re vers la 
ligne médiane et l'extension du tibia sur le fémur. 

Sur un animal bien vivant, un contact léger et un seul suffit. 
Mais le réflexe peut être provoqué plusieurs fois de suite sur 
le même appendice ; à chaque excitation la goutte grossit. On 
peut le provoquer successivement, et sans arrêt, sur les six 
appendices. 



J'ai vainement exploré le reste de la surface du corps, sans 
trouver d'autres points dont l'excitation provoque une émission 
sanguine. En appuyant le stylet au niveau de la lèvre inférieure, 
on fait sourdre une goutte de liquide par l'orifice buccal ; mais 
ce liquide est plus clair que celui qui sort par l'articulation 
fémoro-tibiale, il est souvent accompagné de bulles d'air : il 
provient, très certainement, d'un dégorgement réflexe. 

La localisation périphérique de la saignée est donc limitée 
aux appendices. Comment, alors, comprendre le mécanisme 
du réflexe ? Il faut évidemment écarter la contraction des mus- 
cles du corps et la surélévation de pression que cette contrac- 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 255 

tion provoquerait. Non seulement le réflexe ne résulte pas 
d'une compression, même forte, du thorax ou de l'abdomen, 
mais encore on peut le déterminer sur un animal non immobi- 
lisé et dont les pattes ne sont pas repliées. Sans doute, on pour- 
rait penser que l'excitation légère portée au niveau de l'appen- 
dice difluse dans le corps tout entier et intéresse finalement 
l'ensemble des muscles ; cette généralisation parait peu pro- 
bable et l'on n'aperçoit, d'ailleurs, aucun mouvement de 
l'abdomen ou du thorax. Le réflexe est incontestablement très 
localisé. 

Je ne prétends pas que cette conclusion vaille pour d'autres 
Insectes que les Coccinelles ; je ne conteste pas le mécanisme 
que GuÉiNOT décrit pour EpJiippiger brunneri, ni le rappro- 
chement que Hollande établit entre ce mécanisme et celui de 
l'évagination des glandes exsertiles de certaines larves, telles 
que celles de Melasoma populi. En ce qui concerne ces der- 
nières, pourtant, je n'admettrai pas sans réserves l'idée d'une 
surélévation de pression sanguine, du moins d'une surélévation 
généralisée. Des attouchements légers déterminent une évagi- 
nation localisée aux glandes de la région excitée : ne pourrait-il 
pas se faire qu'une contraction locale des téguments ait en 
même temps pour effet l'évagination des glandes et la suréléva- 
tion de pression et non successivement celle-ci déterminant 
celle-là. 

De même, dans le cas particulier des Coccinelles, l'émis- 
sion sanguine n'a évidemment lieu que sous une poussée mus- 
culaire ; mais la poussée est due aux muscles de l'appendice 
qui modifient la pression sanguine locale. Le fait que chaque 
appendice ne saigne qu'après excitation directe montre bien 
que cette pression locale ne se répercute pas d\me façon mar- 
quée sur l'ensemble. 

La question du mécanisme reste donc à préciser ; c'est un 
mécanisme local, probablement sous la dépendance des mus- 
cles fléchisseurs du tibia. Le mécanisme est, d'ailleurs, 
complexe. 



La question de la signification du phénomène l'est peut- 
être un peu moins. 



256 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

L'idée soutenue par les auteurs est celle d'un « moyen de 
défense ». Rien n'empêche, en effet, d'attribuer cette significa- 
tion à toute disposition, à tout mode de fonctionnement ; une 
simple affirmation suffit. Seulement, il faut aussi prouver. Or 
les faits ne donnent aucun appui à pareille affirmation, A sup- 
poser, en eifet, que le sang des Coccinelles soit Acre ou toxi- 
que pour divers animaux, ces qualités relatives joueraient le 
même rôle et produiraient le même effet si le sang demeurait 
constamment inclus dans le corps de l'Insecte. Le prédateur qui 
saisit une Coccinelle ne peut la saisir, en raison de sa forme et 
de la brièveté de ses pattes, que par-dessus ou par les 
côtés, l'Insecte est donc écrasé bien avant que l'émission 
réflexe, qui est ventrale, puisse intervenir. En fait, l'écrase- 
ment détermine une hémorragie purement traumatique, 
sans mécanisme spécial, qui suffit pour que le prédateur fasse 
« l'expérience » de la Coccinelle. La saignée réflexe ne saurait 
donc être ni une sauvegarde spécifique, ni une sauvegarde 
individuelle. 

Mais il y a plus. Même si cette saignée jouait un rôle défen- 
sif, elle ne le jouerait qu'au détriment de l'individu. Hollande 
avance que l'émission sanguine ne nuit pas aux Insectes, 
parce qu'elle n'est pas une hémorragie vraie, parce que le sang 
serait plus ou moins réabsorbé. La réabsorption est un fait indis- 
cutable ; seulement elle ne se produit que dans des conditions 
exceptionnelles, lorsqu'un expérimentateur, après avoir cons- 
taté le réflexe, abandonne l'animal à lui-même sans autre 
manipulation. 

Les choses se passent différemment dans la plupart des cas. 
Un agresseur malmène toujours sa victime, même s'il ne la 
tue pas ; le sang émis se répand sur les parties voisines ou 
sur le sol ; il est définitivement perdu. L'expérimentateur lui- 
même n'évite pas cette perte. Chez la Coccinelle, notam- 
ment, la goutte qui sourd au niveau de l'articulation fémoro- 
tibiale s'étale parfois sur le bord des élytres ; pour peu 
que l'Insecte s'agite la goutte tombe naturellement. Si le 
réflexe joue plusieurs fois, si l'émission est assez forte, elle 
entraine alors un afl'aibhssemcnt notable de l'Insecte, voire sa 
mort. J'ai pu le constater avec les individus qui ont servi à mes 
expériences. 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 257 

En définitive, nous nous trouvons en présence d'un réflexe 
à point de départ nettement localisé, comme le sont tous les 
réflexes ; c'est un réflexe sensitivo-moteur sans élément senso- 
riel. Nous en connaissons mal le mécanisme. Et quant à sa 
signification, nous n'en apercevons véritablement aucune : il ne 
semble avoir aucune utilité et nous apercevrions bien plutôt les 
fâcheuses conséquences que pourrait avoir sa trop fréquente 
répétition. 



NOTES HERPÈTOLOGIQUES 



PAR 



M.F. ANGEL 

1) Sur ta ponte d'un Serpent [Naia haie Linné). 

La ménagerie des Reptiles du Muséum recevait le 27 février 
1922, trois exemplaires de Naia Iiaie, donnés par M. Guy 
Babault, et provenant de Kairouan (Tunisie). Parmi ces trois 
individus, une femelle d'un mètre et demi de longueur pon- 
dait le 27 juin. Les œufs furent trouvés dans la cage contenant 
l'animal. La ponte ayant eu lieu la nuit, aucune observation 
spéciale ne put être faite sur l'animal lui-même, au cours de 
cette o^^ération. En ce qui concerne les œufs, les remarques 
suivantes furent relevées. 

Le nombre des œufs est de 21 ; leur poids total atteint 
547 grammes, ce qui donne, comme poids moyen, 26 grammes. 
Les plus grands mesurent sur leur grand axe : 57 millimètres ; 
les plus petits : 51 millimètres. Le diamètre varie de 26 à 30 
millimètres. 

Ces œufs sont du type le plus généralement connu chez 
les Ophidiens ; la coque est molle, légèrement flexible, cepen- 
dant résistante ; elle donne l'idée du parchemin. La forme est 
elliptique, allongée, de grosseur égale aux deux extrémités ; cer- 
tains, toutefois, sont d'un ovale plus court. La coloration est 
blanc jaunâtre, uniforme. La surface, lisse, montre à la loupe 
un granité calcaire, très fin. Ils sont accolés les uns aux autres, 
sur une surface peu étendue, par groupes de cinq ou six. 



258 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

La ponte du Naia haie (espèce africaine) parait l)eaucoup 
moins connue que celle de son congénère sud-asiatique Naia 
tripudians. 

D'après E. G. FiouLENGER (1), cette dernière espèce pondrait 
environ une douzaine d'œufs. Le Major Stanley S. Flower tuait, 
en janvier 1898, à Bangkok (Siani) une femelle de N. tripu- 
dians, contenant 19 œufs. Ces œufs mesuraient 63 millimètres 
sur leur plus grande longueur, et 34 sur leur petit diamè- 
tre (2). D'après les indications précises de ce dernier auteur, on 
peut admettre en comparant les chillVes ci-dessus que les œufs 
du A'^. haie sont un -çqm plus allongés que les œufs du N. tri- 
pudians et que leur nombre serait sensiljlement le même, oscil- 
lant, le plus souvent, autour d'une vingtaine. 

2) Sur un Orvet (Anguis frafjilis Linné) de grande taîlle. 

M. le Commandant Hèmery a capturé dans la forêt de Mont- 
morency, le 30 avril 1922, un exemplaire de cette espèce, 
remarquable par ses dimensions. Mallieureusement, une partie 
de la queue manque, eu sorte que l'on ne peut avoir une idée 
précise de la longueur totale de l'individu. La longueur du 
museau à. l'anus est de 217 millimètres (3). Le diamètre dans le 
milieu du corps mesure 14 millimètres. Si l'on considère que 
la longueur de la queue n'est jamais inférieure à la longueur 
du corps, et qu'elle peut atteindre jusqu'à une fois et demie 
cette longueur, on voit que l'exemplaire ci-dessus peut être 
considéré comme un des plus grands qui soient connus. 

3) Sur un Lézard {Lacer ta muralis Laur.) de Fontainebleau. 

M. le D^'J. PELLEGRiNa capturé dans la forêt de Fontainebleau 
(région du champ de tir), le 4 juin dernier, un exemplaire (S 
de Lacerta muralis montrant la narine légèrement en contact 
avec la jolaque rostrale. Ce caractère particulier est signalé 
comme très rare par M. Boulenger (4) qui ne l'a trouvé que 
sur quatre individus provenant de : Fontainebleau (1 ex.) ; du 
glacier Bies, près de Randa (Suisse) (1 ex.) ; de Crète (2 ex.). 

(1) RepUI. and Balrachians, 1914. 

(2) Proceed. Zool. Soc. Lonclon, 1899, p. 691. 

(3) BoiLENGEit donne 19o millimètres (maximum) (Cat. ol'Liz., II, p. 298). 

(4) Monogr. of Lacertidri" (1920, 1. p. 163). 



SÉANCE DU 11 JUILLKT 1922 259 

i) Sur un Serpent asiatique [Bungavus fasciaius Schncid.) 

de grande taille. 

Un exemplaire, sans localité de provenance précise, donné 
au Muséum par M. le Commandant IIémery, atteint une lon- 
gueur totale de 1.600 millimètres. 



SUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA VALEUR MORPHOLOGIQUE 
DU GONOPHORE DE DYNAMENA PUMILA L. 



PAR 



Georges TEISSIER 

L'étude la plus récente c|ue nous possédions sur les gono- 
phores de Dynamena pumila L. remonte à Weismann (1883). 
En 1907 GoETTE s'est cru autorisé par ses observations sur une 

1-- 

e.e.'-Lo.- 



j4_ 



c/' 




CJ». 



FiG. 1 et 2. — Deux stades du dcvoloppement du gonange femelle, x 50. 
FiG. 1. — Apparition sur le hiastostyle du nodule médusaire. 
FiG. 2. — Le gonophoro ovalaire commence à se pédiculiser. 
bl, blastostyle : es, cavité sous-ombrellaire ; e. e, ectoderme externe; e. i, 
ectoderme interne; ^«rf, endoderme ; gub, gubernaculum ; glh, gonothèque ; 
L o, lame ombrellaire; ii. m, nodule inédu=aire ; or, ovule ; p, plateau ter- 
minal du blastostyle : sp, spadice. 

autre espèce, Sertidaria argentea Eli. et Sol., à infirmer la 
plupart des résultats de Weismann. Kûhn (1910 et 1914), dans 
ses importants mémoires sur les Hydraires, a rectifié plusieurs 



260 SÉANCE Dli 11 JUILLET 1922 

des assertions de Guette, mais n'a pas étudié particulièrement 
les Sertularidés. J'ai repris, sur le conseil de M. Cli. Péuez, l'étude 
de Dynamena piimila et j'apporte aujourd'hui les principaux 
résultats que j'ai obtenus relativement au développement des 
gonanges de cette espèce. 

Le gonange prend naissance à la base d'un iiydranthe. Dès 
le début, l'endoderme du blastostyle contient de très nom- 
breux spermatocytes dans les gonanges mâles, un certain nom- 
bre d'ovules dans les gonanges femelles. Ces éléments pro- 
viennent de riiydrocaule. La gonothèque atteint sa taille et 
sa forme définitives sans que le blastostyle présente, à part la 
présence des éléments génitaux, do différenciation particulière. 
C'est à ce moment que le plateau qui le termine émet ces digi- 
tations ramifiées, courant sur la paroi interne de la gonothè- 
que, qui caractérisent Dijuamena pinnila (1), (fig. 1). Puis 
apparaît, à mi-hauteur du l»lastostyle, un renflement conte- 
nant des spermatocytes particulièrement nombreux ou quel- 
ques ovules partirnlièremcut volumineux. L'ectodernie, très 
mince partout ailleurs, s'épaissit considérablement sur cette 
région et se remplit de nématocystes. 

Au sommet de la protubérance ainsi formée, l'ectodernie 
prolifère et donne naissance en profondeur à une courte lame 
d'ectoderme interne qui se recourbe en un nodule médusaire 
absolument typique {ï\^. 2 et lig. 3). L'endoderme, de son côté, 
s'insinue tout autour du nodule médusaire, entre lectoderme 
externe et l'ectodernie interne et constitue l'ébauche d'une lame 
ombrellairc bien caractérisée. Tous ces faits sont bien visibles 
sur l'animal entier. 

Par ces derniers caractères, le gonophore de Di/namena 
pumila est un véritable cryptomédusoïde (Kuhn) dont la seule 



(1) Pour WErsMANN, ces « gubernacula » n'existeraient que dans le gonange 
femelle, où ils n'apparaissent qu'après la première ponte. Ils auraient un rôle dans 
la résorption du gonopliore qui vient de pondre. En réalité ces organes, d'ail- 
leurs très variables, existent dans les deux sexes, moins développés toutefois chez 
le mâle. On vient de voir aussi qu'ils apparaissent très tôt dans l'évolution du 
gonange. Il« contiennent, tout comme le blastostyle, des réserves qui évoluent 
de la même façon que dans ce dernier. Les gubernacula atteignent un volume 
particulièrement considérable un peu après le début du développement du gono- 
phore ; puis ils diminuent, tandis que le gonopliore grandit. On doit donc vrai- 
semblablement leur .ittribuer le rôle d'un organe de réserve et ceux que l'on 
peut, comme Weism.vnn, observer à la fin de l'évolution du premier gonophore, 
préparent probablement le deuxième déjii bien indiqué à ce moment. 



SÉANCK DU 11 JUILLET 1922 



261 



particularité est de naître dans une région peu dilïérenciée, 
constituée par une simple voussure des téguments. 

En même temps, une délaniination superficielle de toute 
l'ébauche du gonopliore donne naissance au manteau (fig. H). 
Le gonophore ainsi caractérisé s'arrondit de plus en plus, 
devient ovalaire (fig. 2) et enfin se pédiculise, tout en restant 
étroitement engainé dans le manteau qui lui constitue une 
enveloppe supplémentaire dont il est séparé par une mince 
couclie de mucus. Au cours de ces divers processus, s'accom- 
plissent, dans les diverses parties du gonanthe, des déplace- 



c.so 




Fig. 3. — Coupe transversale de l'ébauche du gonophore femelle à un stade un 
peu postérieur à celui représenté par la fig. 1. La lame onibreliaire est bien 
caractérisée; l'ectoderme interne commence à s'ét;iler sur les œufs, x 240. 
Mêmes notations que pour fig. J et t. 



ments relatifs qui amènent le gonophore adulte à s'attacher à 
la base du blastostyle, tandis que dans la partie médiane ainsi 
dégagée s'indique le deuxième gonophore. 

Les coupes permettent de suivre l'évolution des différents 
éléments médusaires (fig. 3). 

L'ectoderme externe qui limite le gonophore s'étire quelque 
peu et perd la plupart de ses nématocytes : on les retrouve dans 
le mucus qui le sépare du manteau et qu'il a sécrété. Dans le 
gonange femelle, ce mucus se développe énormément, se stra- 
tifié, et constitue ultérieurement l'acrocyste qui contient les 
œufs, puis les planulas. 

L'ectoderme interne (nodule médusaire) s'étale à la surface 
des éléments génitaux. Très vite disloqué dans le gonange 
mâle, il se réduit à quelques cellules que l'on retrouve sous la 
lame ombrellaire endodennique. Plus durable dans le gonange 



262 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 



femelle, il conserve parfois au soiuiuet du gonophorc une par- 
tie de sa cavité, tout en se prolongeant en une lame unique qui 
tapisse la face interne de la lame ombrellaire et qui s'insinue 
entre les œufs par de courts prolongements. Chez le mâle 
comme chez la femelle, Fcndoderme qui contenait primitive- 
ment les éléments génitaux se développe moins que le reste et 
semble se rétracter : il finit par former au centre du gonophore 




FiG. 4. — Gonophore femelle après la ponte, x 240. 

La lame onibrellairo csl de nouveau visible. 

Mêmes notations que fig. 1 et 2. 



un spadice séparé nettement des gamètes et du tissu, mainte- 
nant purement ectodermiquc, qui les contient par une lame de 
mésogiée relativement très développée : les gamètes passent 
ainsi de l'endoderme à l'ectodcrme sans qu'on puisse les \o\t 
à aucun moment traverser la lame mésosiéenne. 

La lame (mibrellaire s'étire ])eaucoup et les deux lames de 
mésogiée qui la limitent s'accolent si étroitement dans le 
gonophore gontlé par son contenu qu'on ne peut les distin- 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 263 

guer : la paroi du gonophore semble alors de nature exclusi- 
vement ectodermique. 

Il faut cependa«nt admettre la persistance de la lame ombrel- 
laire : on continue à en voir l'amorce à son point de jonction 
avec le spadice et, d'autre part, lors de la rétraction du gono- 
phore femelle qui vient de pondre, les deux lames de mésoglée 
s'écartent sur toute leur longueur, montrant encore entre elles 
quelques-uns des noyaux de la lame ombrellaire (fîg. 4). 

Des observations qui précèdent, il résulte que les gonopho- 
res de Bijnamena pumila sont, même à l'état adulte, rela- 
tivement peu régresses, à peine plus régresses par exemple 
que ceux de Gonotiujrea loveni Allm.. Leur développement 
s'éloigne absolument, malgré de grandes ressemblances super- 
ficielles, du schéma donné par Gif.tte pour Sertularia argentea. 
Enfin, si en en faisant des médusoïdes (cryptomédusoïdes) je me 
rapproche de l'interprétation de Weismanm, pour tout le reste 
je m'écarte très sensiblement des descriptions de cet auteur : 
en particulier, je considère comme peu exactes les deux seules 
figures qu'il ait données à ce sujet. 

Travaux cités : 

1883. Weismann (A.). — Die Enstehung dei- Sexualzellen bei den Hjdrome- 

dusen (lena). 
1907. Gœtte (A.). — Vergleichende ICntwicklungsgeschichte dei" Geschlechts- 

individuen der Hjdropolypen {Zeltschr. Wiss. ZooL, LXXXVII). 
1910. KûHN (A.). — Die Enlwiclclung der Geschlechtsindividuen der Hjdro- 

medusen {ZooL Jahrh. Anat., XXX). 
1914. Kûhn(A.). — Enlwicklangsgescliichte und Verwandtschaftsbeziehung 

der Iljdrozoen [Ergebn. und Fortschr. ZooL, IV). 

[Laboratoires de zoologie de la Faculté des sciences 
et de F Ecole Normale Supérieure). 



264 SÉAINCK DU 11 JUILLET 1922 

SUR UN DICMELASPIS DE MADAGASCAR, COMMENSAL 
DE SCVLLA SERRATA (FORSKAL) 

PAR 

Th. MONOD 

Nous avons rcccninient récolte sur les branchies, les parois 
de la clianil)ro branchiale et IV'jripodite du niaxillipède externe 
d'un certain nond)re de Sct//ia scrrata (T'orskal) d'abondantes 
colonies de Dkhelasj)is. L'étude (jue nous en avons faite nous 
permet de donner ici ([uebjues renseignements d'ordre choro- 
logiques et de préciser quehjnes points toucliant les caractères 
spécifiques de l'espèce observée. 

Quoiqu'il soit possible de rencontrer sur un même hôte plu- 
sieurs espèces de Dic/te/aspis [i) tous les échantillons recueillis 
appartiennent à une seule espèce, Dichelmpis cor Aurivillius 
189-4. La synonymie de cette forme a été considérablement 
éclaircie par les beaux travaux dÀNNANUALi:, i^ràce à un al)on- 
dant matériel et à l'examen de co-types des l). Maindrotii Gru- 
vel et B. Coutierei Gruvel (2). 

La grande majorité de nos spécimens appartient à la variété 
G de Gruvkl(1900, p. 2 p. 1 10) caractérisée par une complica- 
tion particulièrement avancée des plaques capitulaires : le seg- 
ment inférieur (physiologiquement tel !!) du scutum affecte la 
forme d'un triangle à peu piés rectangle dont l'angle droit 
serait prolongé en un court bec recourbé contournant les bran- 
ches furcales de la carina. D'autres exemplaires présentent les 
caractères des variétés B et A de Gruvel (^1902, p. 285 et sqq). 

Gomme cet auteur l'avait justement remarqué, les indi- 
vidus G sont particulièrement nîpartis à l'entrée de la davité 
branchiale et sur lépipodite du niaxillipède alors que les 

(1) Anxa.ndale (1909, p. lÛi) cite, cuariie parfois coexislants D. Iridens et 
D. warwickii (sur un Scyllarido) elD. angulata et D. sinuala (sur un même Bra- 
chyure). Rappelons ici qu'un seul cxemplaii'c île Palinuridé provenant de Tliou- 
sand Islands (nier de Java) avait fourni a Amiivillils sept espèces de Uicheliispis, 
réduites, il est vrai, à trois aujourd'hui. 

(2j Annandale (1909, p. dOG et p. 119) : Dichelaspis cor Aurivillius. D. Mnin- 
droni Gruvel 1900 (non 1902 !) =: D. Coutierei Gruvel 1900 (non 1902!). Var. 
A. Ann. zz var. G. Gruvel ; var. B. Ann. zr var. B. gruvel; var. G. Ann. =: var. 
A. Gruvel !j 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 



265 



individus B et A se rencontrent exclusivement sur les bran- 
chies. Deux hypothèses pour Gruvel (1908, p. 288-289) : ou 
bien il s'agit de stades d'un même développement ou bien les 
différences morphologiques résultent d'inégalités dans la nutri- 
tion. La première semble infirmée par ce fait — paraissant 
établi — que les individus G (atteignant la plus grande perfec- 
tion organique) occupent toujours les mêmes emplacements 
(périphérie de l'orifice, maxillipèdes) comme aussi les individus 
B, A (branchie). S'il faut donc invoquer l'influence d'une sur- 




FiG. 1. Dichelaspis cor. — a, maxillipède externe de Scylla serrata portant des 
colonies de Dichelaspis (les soies de l'opipodite, pour plus de clarté, n'ont pas 
été représentées) ; b, mandibule droite, face externe ; c, lormo C; d, forme B ; e, 
forme A; /", aspect du tégument du pénis dans ses deux tiers proximaux ; g, 
aspect du tégument du pénis dans son tiers distal. 

alimentation des types C, on peut se demander si l'eau qui cir- 
cule autour des colonies G est réellement plus propice au déve- 
loppement des Lepadidœ que celle qui l)aigne les branchies. 
Soit c l'eau qui arrose les individus G, a celle qui' atteint les 
types A et B. Si c est plus nourrissante que a cela peut résulter : 
1° d'une égalité dans la distribution au sein du liquide des par- 
ticules alimentaires mais d'une répartition différente dans la 
chambre branchiale due à une agitation plus grande de c ; 
2° d'une inégalité dans la teneur en matières assimilables. En 
ce cas il serait plus simple de supposer que si la colonie bran- 



266 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

chiale affecte la forme A Ji par absence de nourriture, l'appau- 
vrissement de l'eau tient à l'existence même des colonies C qui 
ont pu prélever au passage une fraction peut-être importante 
des proies pénétrant dans la cavité branchiale. Il faudrait, 
expérimentalement, infester les brancbies d'un Crabe en évitant 
la croissance de colonies sur l'orifice ou l'épipodite : on assis- 
terait alors ou à la croissance d'individus C — donc corrélatifs 
d'une abondante nutrition — , ou à celle d individus A B, 
auquel cas il sera nécessaire de chercher ailleurs que dans 
ralimentatiou lo facteur du polymorphisme spécifique. Un le 
trouverait peut-être dans la considération du fait général que 
plus un parasite est abrité, plus il pénètre dans l'intérieur de 
son hôte (par des cavités naturelles ou des perforations trauma- 
tiques), plus les éléments solides, protecteurs de sa struc- 
ture externe tendent à se réduire (cf. Lamellibranches para- 
sites, etc.). 

Le problème, dans le cas de nos Lepadidœ, sera simplifié par 
le fait que cette réduction en épaisseur du système tégumcn- 
taire ne pourra pas être attribuée ici — comme pour certfiins 
parasites — autant à l'immobilité qu'à la protection procurée 
par la vie parasite puisque nous avons affaire à des types sessiles 
à l'état adulte. La plus grande proximité avec le milieu externe, 
et partant un plus grand risque, donc une nécessité de défense 
plus accusée pourrait bien être en définitive la cause de cet 
intéressant polymorphisme. 

Le genre Dichelaspis est vraisend^lablement nouveau pour la 
faune malgache : quant à l'espèce, cela est certain, le D. cor 
Aurivillius (syn. in : Annandalk) n'ayant été signalé que de 
l'Est Africain (Port Natal, Obock, Djibouti), le golfe Persique, 
Karachee, le golfe de Bengale et les îles de la Sonde. Les hôtes 
infestés par /). cor sont soit des Hrachyures {Se i/l laser rata), soit 
des Paniluridfi' {Paiiulirus sp.) : les Sci/i/a des estuaires du 
Bengale (Gange, etc.) en sont très fréquemment porteurs et 
comme le fait remarquer Annandalk il est bien probable qu'il 
en est de même pour tous les Sci/lla de l'océan Indien : notre 
découverte lui donne entièrement raison. C'est la considération 
exclusive des caractères externes chez les Décapodes et des cau- 
ses d'ordre intellectuel (1) qui font que les Dichelaspis, formes 

(l) Cf. Annandale 1909, p. 102 : « Unfûrtunalely, in thèse days of inlonse spé- 
cialisation, the student of Ihc Uecapods Ircquentiy takes no interest in the 
Cirripedes ». 



ï 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 267 

menues et cachées, ont jusqu'ici beaucoup trop échappé aux 
recherches fauuistiques. Quant aux rapports qui unissent le 
Décapode au commensal, ce n'est pas ici le lieu de les discuter : 
la question a été tmitée par Annandalk (1909 p. 103-101). 

L'extrême variété de formes que l'on observe chez les Dichel- 
aspis dans l'intérieur d'une môme espèce n'a pas peu contri- 
bué à la complication synonymique : elle ne facilite pas non 
plus l'identification des échantillons et la découverte de carac- 
tères véritablement spécifiques ! En particulier la distinction de 
D. cor Aurivillius et de /). aiirjulata Aurivillius est certaine- 
ment plus délicate qu'on ne l'a cru. La variété A (de (truvkl = 

C. d'ANiNANDALE) rcsscmble étrangement à certains types de^ 

D. angulala dépourvus de tergum et à segment inférieur du 
scutum présent : quoi qu'on en puisse penser par la lecture delà 
clef dichotome établie par Annandale (1909, p. 98-99) l'horizon- 
talité des branches basales de la carina ne parait pas être un 
caractère spécifique de D. angulala puisque nous l'avons observé 
sur D. cor var. A. Si l'on a recours aux caractères des parties mol- 
les, même incertitude dans la recherche d'un critère discriminatif 
constant. Annandale a signalé l'impossibilité de compter la mor- 
phologie mandibulaire au nombre des caractères spécifiques : 
il croit pourtant en trouver un dans l'anatomie du pénis et dans 
celle des appendices anaux : le pénis de D. cor est sensé être 
jusqu'à l'apex couvert d'écaillés triangulaires subégales et de 
densité constante — quant à leur répartition — sur toute la 
surface de l'organe ; celui de l). angulala, au contraire, iden- 
tique dans ses deux premiers tiers ou ses trois premiers quarts 
à celui de /). cor^ serait muni, un peu avant l'apex^ d'écaillés 
espacées, pourvues de trois pointes (1). Or nous avons rencon- 
tré cette modalité chez nos /). cor de Madagascar et, bien 
mieux, sur les co-typeg du D. Maindroni Gruvel (2) ! 

Reste le caractère des appendices anaux : nos exemplaires ne 
paraissent pas présenter les interruptions dans la ciliation qui 
sont pour AniNandale des caractères de D. angulala. Mais 
peut-on sérieusement séparer sur un pareil point deux espèces 
dont on connaît par ailleurs la variabilité incroyable ! Là est 

(1) Un sofle coinniun porte deux cornes latérales égales et divergentes et une 
baguette médiane, étroite, plus lon.:.;ue que les cornes. 

(2) Nous avons aussi observé chez D. cor des pénis dépourvus d'écaillés, et 
munis de soies clairsemées. Il s'agit probablement là d'une structure appartenant, 
à des tvpes immatures. 

19 



268 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

la question. Pcrsonnellenioiit nous arrivons à cette conviction 
que I). cor et D. angulata représentent une seule et môme 
espèce (1). L'examen d'un al)ondant matériel permettra de 
préciser — peut-être de combattre — les idées émises ici. Nous 
exprimerons notre pensée actuelle par la synoynmie sui- 
vante : 

DicHELASPis i.ow Aurivillius 1894. 

1894. D. anijiilala AuriviUitis. 

1894. D. apcrta Aurivillius. 

1894. Y), cuni'ald Aui'ivillius. 

1894. />. hullata Aurivillius. 

1900. />. Maindrnni Cîruvel. 

1900. /). Coulierei Gruvel. 

1902. IK Maindroni Gruvel. 

1902. D. Coidierei (\vm'c\. 

1900. /). /ransversa Annandale. 

1900. D. Maindroni Annandale. 

1908. D. Coulierei Annandale. 

1909. l). cor Annandale. 
1909. D. angulala Annandale. 

Laboratoire de M. le jjro/esseur A. Gruvel^ avril /i/i'i?. 

INDEX blBl.lUGRAPHKjUE DES OUVRAGES CITÉS 

Anna.ndale (N.). — Two new barnacles dredgcd in 1905-() (Nalural Uistorj 

Noies IVom Uic H. I. M. S. Slii[) « Invcstigator » Ser. III. no 13): {in 

Ann. May. Xal . llist. (7) .WIIl, .luly 1900). 
.Vnnandale (N.). — (Presenlalion of Dichelaspis Maindroni Gruvel lound 

iipon Uic gills o\' Sci/lla serrata) (Journ. and Proc. Asiatic Soc. Bengal 

(New Séries) II, n» 8, '1906). 
Annandale (N.). — lUuslralions of tlie Zoology of the H. I. M. S. Ship 

« Investigator ». Crustacea Entomostraca. l't. 11, pi. iii-v, 1908. 
.\NNANn.\LE (N.). — An account of llie Indian Cirripedia. Pedunculata. l't. I. 

{Lepadidœ s. str.) {Mem. Ind. Mus. II. no 2). 
.VuHiviLLius. — Studien liber Cirripeden {A'ongl. Sv. Vet. Akad. llandl., 

XXVI, n» 7. 1894). 
Gruvel (A). Sur quelques nouvelles espèces appartenant au genre Dichelaspis 

Darwin {Bull. Mus. Paris, 1900, no 3, p. 109). 
Gruvel (.\.) — Itevision des Cirrhipédes appartenant à la collection du 

.Muséum (Pédoncules) iNouv. Arch. Mus. (4), IV, 1902). 
Ghuvel (.\.). — .Monographie des Cirrhipédes ou Thécostracés(190o). 

(1) Le l'ait qu'elles sont fréquemment réunies (Annandale 1909, p. 109) n'est pas 
pour intirmer ces vues ! 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 269 



NOTE ADDITIONNELLE 

Nous avons conservé ici le genre Dichelaspis Darwin. En réalité il con- 
viendrait d'adopter dorénavant le genre synonyme Octolasmis Gray, repris 
par PiLSBRY et plus récemment par G. -A. Nilsson-Cantell (1) et Hjalmar 
Broch (2). 



SUR LES RAPPORTS ENTRE LA FORMATION DU SQUELETTE 
ET LE IVIODE DE FIXATION CHEZ LES CŒLENTÉRÉS 



PAR 



A. MIGOT. 



Un grand nombre de Cœlentérés sont fixés à un support au 
moins pendant une partie de leur vie, soit à l'état larvaire, soit 
à l'état adulte. 

Leurs modes de fixation sont assez variés mais peuvent se 
ramener à quatre types classiques : 

1° Fixation par une ventouse. C'est le cas de l'Hydre d'eau 
douce, de la plupart des Hexactinidés. On considère en général 
que c'est aussi le cas des Lucernaridés et de la larve Scyphis- 
tome des Acraspèdes. 

2° Fixation par l'intermédiaire de stolons rampants entourés 
d'un tube de périsarque. Ce mode se trouve chez presque tous 
les Hydraires, chez certains Alcyonidés [Cormilaria], certains 
Zoanthidés [Zoanthu^). On peut considérer comme en étant une 
variété, la lame chitineuse de Hydractinia, de Clavularia, de 
Pahjthoa. 

3° Fixation par l'intermédiaire d'un Polypier dressé et soudé 
au support par sa hase. Les exemples en sont nombreux : 
Hydrocorallidés, certains Alcyonidés [Corallium)^ Gorgonidés, 
Hexacorallidés, certains Zoanthidés [Gerardia], Antipathidés. 

4° Fixation par une extrémité de l'animal ou du pédoncule 
de la colonie qui s'enfonce plus ou moins profondément dans 
le sable ou la vase du fond. C'est le cas des Pennatulidés, de 
quelques rares Hexactinidés : Actinies pivotantes de H.M(lne- 

(1) Glrripedien-Studien (Zool. Bidrag Fran Uppsala, VII, 1921). 

(2) Studies on Pacific Girripeds (Saertryk af Vidensk. Med. fra Dansk nalurli. 
Foren. LXXIII, 1922). 



270 SÉANCE DR 11 JUILLET 1922 

Edwards [Edicardsia, Halcampa, Peachia, llijantJms), des 
Gériantliidés. 

Si Ton examine les faits d'un peu près, on voit que bien des 
cas ne rentrent pas dans une de ces quatre catégories. 

Nous allons passer en revue quelques-uns de ces cas parti- 
culiers. 

I. — Larve Scyphistome des Acraspèdes. 

Cette larve était considérée par les auteurs classiques comme 
fixée au sol par une ventouse. E. Hérouard (1911) a montré 
qu'il n'en était rien et que l'animal était fixé par des tonofi- 
brilles résultant de la transformation des cellules ectodermi- 
ques du pied. A vrai dire ces éléments ne iixent pas l'animal 
directement au support mais à une lamelle chitineuse moulée 
au support et sécrétée par les cellules du pied. 

Cette disposition est absolument constante dans toutes nos 
préparations de Scypliistomes. 

II. — LlCERISARIDÉS. 

Nous avons décrit récemment (1922 a, b) une disposition 
très conq)arable chez Halicli/stus octoradiatns Clark, qui était 
considéré comme fixé par une ventouse constituée par l'extré- 
mité du pédoncule. Nous n'y reviendrons pas en détail mais 
rappellerons que, dans ce cas, certaines cellules ectodermi- 
ques seulement se transforment en un faisceau de tonofibrilles. 
Mais là encore, ces dernières relient l'animal à une lame chiti- 
neuse appliquée contre le support et qui peut être considérée 
comme un squelette rudimentaire. 

III. — IIexactinidés. 

Il semble bien que la majorité des animaux de ce sous-ordre 
soient en réalité fixés par une ventouse. Du reste il est bien 
connu que beaucoup d'Actinies peuvent se déplacer spontané- 
ment, ce fait cadrant assez mal avec une fixation par tonofi- 
brilles. 

\° Stichodactijiines. — Une j^remière exception doit être faite 
pour la tribu des Stichodactylines. 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 



271 



Krempf (1904) a montré chez plusieurs genres : Corynactis, 
Rhodactis, la présence : d'une part, d'une lame chitineuse 
appliquée sur le support, d'autre part, de faisceaux de fibrilles 
formées au sein des cellules ectodermiques du pied. On recon- 
naît encore bien là la disposition précédemment décrite 
(figure 1). 

Nous avons étudié deux espèces de Stichodactylines : un 
Rhodactis aimablement communiqué par M. Krempf, et Cory- 
nactis viridis Allmann. Nous avons observé de façon très nette 
la présence de tonofibrilles dans ces deux espèces, mais il est un 
point sur lequel nos observations ne concordent pas avec celles 




s.cjf 



FiG. 1. — Stichodactyline. 



Signification des lettres communes à toutes les figures : 

e. c, cellules ectodermiques ; e. n., cellules endodermiques ; m. g., mésoglée, 

s. q., squelette ; t. f., tonofibrilles. 



de M, Krempf. D'après lui, en effet, il n'y a formation d'une 
lame chitineuse et de tonofibrilles que là où l'Actinie est fixée 
sur une Algue calcaire et l'on ne trouve rien d'analogue là où 
l'animal est fixé sur la roche nue. 

Les nombreuses coupes que nous avons pratiquées dans les 
deux espèces citées nous ont montré la présence de tonofibrilles 
là où manifestement il n'y a pas d'Algue calcaire. Nous avons 
même pu pratiquer, chez des Corynactis fixés sur des Balanes, 
des coupes intéressant à la fois l'animal et le support après 
décalcification. L'al^sence d'Algue calcaire est ainsi mise en 
évidence. Dans ce cas on observe toujours une lamelle chiti- 
neuse appliquée au support et des faisceaux de tonofibrilles. 
M. Krempf propose avec raison de séparer des autres Sticlio- 



272 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1022 



dactylines les genres : Cor?/fiactis, Discosoma et Rhodactis pour 
les rattaclier aux Hcxacorallidés. Cette séparation est basée 
sur un ensemble de données morphologiques indiscutables. 

Nous voulons faire remarquer j^ourtant que la présence d'une 
ébauche de squelette, telle qu'elle existe chez les trois genres 
cités, ne pourrait être considérée à elle seule comme un caractère 
d'Hexacorallidé. D'abord, la lamelle et les tonofibrilles sont de 
nature purement chitineuse. Elles sont bien plus comparables 
aux (( desmocytes », décrits par Bourne (1899) chez les Hcxa- 
corallidés, qu'aux calicoblastes, et l'on sait que Bourne consi- 
dère les desmocytes comme des éléments destinés à fixer le 
squelette aux parties molles. 

D'autre part, il existe comme nous l'avons vu et le verrons 
plus loin, des éléments identiques chez un certain nombre 
d'autres Cœlentérés et même chez des Hexactinidés autres que 
les Stichodactylines. 

2*» Actinines. — Dans cette tril)U on ne trouve pas de tonofi- 

j^/^. ^ brilles aussi typiques. Pourtant, chez 

Sagartia spJiyvodeta Gosse, par exem- 

-yc' ..' w , ri <fSi, ■- pif. <^>n o])serve encore une lame chi- 

^^B0''y'''''Jij tincuse moulée au support et toute 

wÎJM ,. », ! iiérissée de lins tractus unissant cette 

•' * â lame aux cellules ectodermiques du 

pied, ils ont encore toutes les réactions 

de coloration des tonolibrilles. Ils sont 



e. <" 









ft(|:l 



FiG. 2. — Sagartia sphyrodeta. simplement moins développés, beau- 
coup plus fins et du reste beaucoup plus nombreux (figure 2). 
C'est là une première ébauche que l'on retrouve avec plus 
ou moins de netteté chez d'autres Acthiines, Actinia cquina 
(Linné) par exemple. 



IV 



Hydraires. 



Nous avons fait remarquer précédemment que les tonofi- 
brilles ne fixaient pas en réalité l'animal au support mais à 
une lame chitineuse qui peut être considérée comme une ébau- 
che de squelette. Chez les tlydraires c'est donc entre le cœno- 
sarque et le périsarque qu'il nous faudra les chercher. 

1° Obelia geniculata AUmann. Les coupes à travers les 
pédoncules dressés ne donnent rien, le cœnosarque étant même 



SÉANCE D,U 11 JUILLET 1922 27:] 

séparé coniplètement du périsarque du fait de la rétraction par 
les réactifs fixateurs. Par contre les stolons rampants vont nous 
montrer des faits intéressants. 

Ici le périsarque a la forme d'un demi-cylindre aplati contre 
le support. Le tu])e de cœnosarque s'est également rétracté et 
détaché du périderme, sauf pourtant sur toute la zone où ce 
dernier est fixé au support. Il y a donc là une liaison plus forte 
dont nous allons voir la raison. 

Les cellules ectodermiques ont à ce niveau une structure bien 
particulière : elles sont irrégulières, séparées par des lacunes. 
Certaines se subdivisent à leur extrémité distale en deux ou trois 
tractus qui viennent s'appliquer contre le périsarque, se confon- 
dant avec lui. Cette extrémité est très sombre, se colorant forte- 
ment par l'hématoxyline au fer. Il y a là manifestement une 
formation tonofibrillaire réalisant la liaison de l'ectoderme et 
du périsarque (figure 3). 



FiG. 3. — Obelia geniculata. 

2° Hi/dractinia echinata Flem. La structure de cet Hydraire 
est bien connue. Le périsarque appliqué contre le supjiort est 
constitué par deux ou trois lames cliitineuses irrégulières, réu- 
nies par des ponts de la même substance et formant ainsi un 
réseau de cavités anastomosées à l'intérieur desquelles se trou- 
vent les tubes de cœnosarque. 

Or, M. CoLLCUTT (1898) a déjà signalé, sans du reste en donner 
une description, des sortes de processus mésogléens traversant 
en certains points l'ectoderme et venant s'appliquer contre le 
squelette chitineux. 

Nos préparations nous ont montré que ces éléments existent 
principalement au niveau des petites épines formées par le 
squelette, les coiffant en quelque sorte et les reliant à la 
mésoglée. 

Le terme de processus mésogléen n'est pas heureux car leur 



2T4 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

aspect dilFère notablement de celui de la mcsoglée. Ils se ratta- 
chent au squelette par une zone claire que suit une partie ren- 
flée, fortement colorée par lliématoxyline et montrant encore 
chez certains des traces do structure cellulaire. Ensuite une 
partie amincie plus claire relie le renflement à la mésog-lée, 
se continuant avec elle sans ligne de démarcaiion (figure 4). 
Il est net que ces éléments ont leur origine dans une trans- 



"*'■":■■ ï''if :^'VT«- 



e^jC'- 




Ilydractinia echinata. 



formation des cellules ectodcrmiques. On retrouve du reste les 
petites enclaves de cellules ectodcrmiques modifiées que l'on 
observe toujours outre les toiiofil)rillos. 

V. — Anthozoaires. 

Ici nous avons dans la majorité des cas un squelette déve- 
loppé se présentant le plus souvent sous l'aspect d'un polypier 
ramifié. . 

En quels points devrons-nous rechercher les éléments homo- 
logues des tonofî])rillos précédemment étudiées ? Ce sera 
encore entre le squelette et les tissus qui l'environnent. 

On sait en effet d'après les travaux de Koce (1882) et de Heider 
(1881), que le squelette des Ilexacorallidés ou des (îorgonidés 
se forme d'abord entre le support et rectoderme en une mince 
lame calcaire ou chitineuse sécrétée par ce dernier. IHiis le sque- 
lette se développe, refoulant progressivement l'ectoderme et 
s'accroissant par l'apport dr. nouvelles couches squelettiques. 
Nous ne voulons pas discuter ici cette théorie de la formation 
du squelette des Anthozoaires, la question devant être reprise 
en détail dans un autre travail. Nous nous bornerons dans cette 
note à rechercher la présence d'éléments de nature tonofibril- 
laire. 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 275 

On sait que chez les Anthozoaires à polypier calcaire, Koch 
(1882), Heider (1881), Ogilvie (1896) ont décrit des calico- 
blastes, se présentant sous fornie d'éléments cellulaires fine- 
ment striés, ces stries étant considérées par les auteurs comme 
de minces fibres d'aragonite ou de calcite. Les trois auteurs cités 
ne sont du reste pas d'accord sur le mode de formation de ces 
éléments, mais l'exposé de cette discussion n'aurait pas d'inté- 
rêt ici. 

Plus récemment, Bourne (1899) est revenu sur cette question 
et distingue deux sortes d'éléments : les calicoblastes destinés à 
sécréter le squelette et les desmocytes qui ne sont autre chose 
que les éléments striés des auteurs précédents, mais que 
BouRNE considère comme uniquement destinés à relier le sque- 
lette aux parties molles. L'auteur a suivi très exactement la for- 
mation de ces éléments striés à partir de certaines cellules 
adjacentes au squelette. Les figures qu'il donne permettent de 
considérer ces desmocytes comme les homologues certains des 
tonofibrilles décrites plus haut^, tant au point de vue de leur 
mode de formation que de leur rôle. 

1"' Gorgonides. Nous avons décrit dans une note antérieure 
(1920) la formation du squelette chez EunicellaCavolimi Koch. 
Nous avons vu que les deux parties constitutives du squelette : 
coupoles chitineuses et substance intermédiaire, ont une origine 
différente. Alors que la substance intermédiaire est sécrétée par 
des groupes de cellules granuleuses, les couches chitineuses 
sont formées par des éléments striés très comparables aux des- 
mocytes de BouRiNE. Leur forme est ici assez particulière : au lieu 
de former un mince faisceau comme chez le Scyphistome par 
exemple, ils sont plus courts et plus élargis, formant par leur 
réunion une sorte de longue bande striée transversalement, 
faisant corps avec le squelette et contribuant à son accroisse- 
ment (figure 5). 

Nous reviendrons plus longuement dans un travail ultérieur 
sur l'origine et la formation du squelette des Gorgonides. Nos 
recherches récentes nous ont montré en particulier que les 
desmocytes des Gorgones sont bien formés par transformation 
de certaines cellules dont il conviendra de discuter l'origine. 

2" Pennatidides. Les Pennatulides que nous avons étudiées 
et en particulier Pleroïdes griseum Boh. et Pennatnla rubra 
Eli. nous ont montré la présence d'éléments tout à fait analo- 



276 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 



gues à ceux que nous avons décrits chez Eunicella. Pourtant 
ici. les tonotil)rillcs se rappiociient davantage du type Cory- 
nactis, ^n tractus allongés, que du type Eunicella. 

Cliez Pto'oïdes r/riseiim Boh., elles sont particulièrement 
intéressantes, montrant nettement les intermédiaires depuis la 
cellule normale. Nous laisserons encore de côté ici, à dessein, 
la question de l'origine de ces cellules. 

Si maintenant nous essayons de tirer une conclusion des 
faits que nous venons de signaler, nous voyons tout d'abord 
que les animaux étudiés, appartenant à des groupes très diffé- 
rents, présentent de façon constante un élément squelettiquc 
interposé entre la zone de fixation et le su23port. Il s'agit : soit 
d'une simple lame cliitineusc comme chez le Scyjdiistome, les 



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FiG. 5. 



Eunicella Cavolinii. 



Lucernaridés, les Hoxactinidés ; soit de tubes de périsarque 
comme chez les Hydraires, ces tubes pouvant être anastomosés 
chez Hydractinia ; soit enfin d'un véritable polypier dressé et 
ramitié chez les Anthozoaires. 

Ce squelette est sécrété au moins au début par les cellules 
formant la sole pédieuse. Nous avons voulu surtout mettre en 
lumière l'identité de structure des cellules adjacentes au sque- 
lette, qu'il s'agisse du squelette rudimentaire, simple lame chi- 
tineuse du Scyphistome et de la Luccrnaire, ou du polypier 
complexe de la Gorgone. Ces cellules perdent toujours leur 
aspect habituel, et certaines se transforment en tonofibrilles, 
la transformation étant plus ou moins complète suivant les 
espèces. 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 277 

Le type le plus parfait nous montre la transformation totale 
des cellules formativcs. C'est celui que nous avons étudié chez 
le Scypbistome, les Stichodactylines d'une part, les Gorgonides 
d'autre part. Nous avons vu que chez ces dernières les tonofi- 
brilles, de type spécial, ont le double rôle d'accroître le sque- 
lette et de le réunir aux parties molles. L'origine de la différence 
de ces deux types réside dans leur mode de formation. 

Chez les Hexacorallidés, les tonofibrilles sont analogues à 
celles des Gorgonides mais leur rôle est surtout fixateur. 

Chez les Lucernarides, la transformation des cellules est 
moins profonde. Leur protoplasme est complètement rempli 
de fibrilles mais elles conservent pourtant leur structure cel- 
lulaire. 

Chez les Hydraires nous avons tantôt le tyjDe Anthozoaire 
chez Hydractinia, tantôt une transformation moins complète 
des cellules comme chez Obelia. 

Enfin chez les Actinines, la transformation est moins pro- 
fonde encore : il y a simplement formation de fibrilles prolon- 
geant en quelque sorte les cellules ectodermiques et les reliant 
à la lame chitineuse. 

Les cellules qui ne prennent j)as part à la genèse des tono- 
fibrilles se modifient également. Elles perdent la disposition 
épithéliale, s'atrophient plus ou moins et se groupent en petits 
amas cellulaires dans les lacunes laissées par les tonofibrilles. 

Elles ont vraisemblablement un rôle de remplacement. 

En résumé chez la plupart des Cœlentérés fixés, à quelque 
groupe qu'ils appartiennent, même en l'absence d'un squelette 
bien caractérisé, il existe un squelette rudimentaire interposé 
entre l'animal et le support. Les cellules qui le sécrètent 
subissent une série de transformations aboutissant à la forma- 
tion de tonofibrilles reliant le squelette aux parties molles et 
contribuant dans certains cas à son accroissement. 

liNDEX DES AUTEURS CITÉS : 

1899. BouRNE (G. C). — Studios on Ihe Structure and Formation of the 
Calcareous Skeleton of the Anthozoa {Q. J. Micr. Sci., XLI, p. 499). 

1897. CoLLcuTT (M.). — On the Structure oîlUjdraciinia echinata (Ç. J. Micr. 
Sci., XL, p. 77). 

1881. Heider (A. von). — Die Gatiung Cladocor a {S. B. Akad. Wiss. Wieii, 
LXXXIV, p. 634). 



278 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

4911. HÉROi'ARD. — Sur le mode de fixation au sol des Scyphislomes par des 

lonofibrilles {Bull. Soc. Zool. France, XXXVl, p. 15). 
1882. Koc» (G. von). — Ucber die Eniwirlielung des Kalkslceleles von 

Astéroïdes ralycularis {ML Zool. Stat. Nenpel, 1882. p. 28-i). 
1904. IviiEMPK. — Sur ihélérofiénéité du groupe des Slichodactjlines 

(C. R. Ac. Sci., CXXXIX, p. 816). 
1920. MiGOT. — La formation du S(iuelello axial chez Eunicella Carolinii 

Koch. {C. n. Ac. Sri., CIAXI. p. 'MS:]). 
1922ff. MiGOT. —Sur le mode de fixation des Luccrnaires à leur support 

{C. R. Soc. Riot., LXXXVI, p. 827). 
1922A. Mkiot. — .\ [)ropos (le la fixation des Luccrnaires {C. R. Soc. Riol., 

LXXXVIL p. 151). 
1896. Ogilvie (.Miss M.). — .Microscopio and Systcmatic Study of Madrepo- 
rarian Types of Corais (PA//. Trniisnrf., CLXXXVII. p. 83). 



LISTE DES MYRIAPODES DE L'ACADÉMIE MALGACHE, 

DE TANANARIVE 

(Ire note) 

PAR 

H. W. BROLEMANN, Pau. 
(suile) 
III. — SrmOBOLOIDEA 

Nous avons eu à signaler autre part, pour les mâles de ce 
groupe, un d«5!veloppenicnt progressif des gonopodcs, compor- 
tant des états de plus on plus rapprochés delà forme défini- 
tive. Nous sommes amené anjourd'lmi à une constatation ana- 
logue en ce qui concerne les femelles. Le simple examen de la 
figure 26 d'une vulve immature de Trigoniiilm lumhrici- 
nus permet de se rendre compte qu'on n'en connaît pas d'ana- 
logue chez les autres Métagonozonies (Paraiulides ou Iulides). 
Chez les Parai ulus dont nous avons réceniment décrit des 
larves femelles, l'opercule a déjà un certain développement, 
mais les pièces de la l)Ourse, les seules comparables à la 
figure 26, ne sont qu'à l'état d'ébauches et ne sont reconnais- 
sablés qu'en raison de leur position par rapport à roperculc. 
Chez les Blaniulines la différence est plus frappante encore. 

Les conditions que nous rencontrons chez liimbricinus ne 



SÉANCE DU Jl JUILLET 1922 



279 



peuvent s'expliquer que par une croissance plus lento, plus 
graduelle, en un mot peu contractée, comme c'est le cas chez 
les mâles de Rhmocricus, et nous devons nous attendre à 
observer encore d'autres intermédiaires entre la structure figu- 
rée ici et celle de l'adulte correspondant. 

Les Spiroboloïdes sont donc relativement très peu évolués. 



16. — Mystalidcs hova (Saussure et Zehntncr, 1902), 

(%. 18 à 25). 

çj- : longueur 112 mm. ; diamètre 8,54 mm. ; 56 segments, 
dont 1 apode; 103 paires de pattes. — Adulte. 




FiG. 18. — Mystalides hova S. et Z., (iiiàle adulte). — Gonopode gaucho, face pos- 
térieure, et extrémité du rameau séminal plus grossie (A). 
FiG. 19. — Mystalides hova S. et Z.; (mâle adulte). — Moitié gauche des peltogono- 

podes, face postérieure. 

C? : longueur 110 mm. ; diamètre 9,30 mm. ; 55 segments, 
dont 1 apode ; 101 paires de pattes. — Immature. 

9 : longueur 122 mm. ; diamètre 10,50 mm. ; 56 segments, 
dont 1 apode ; 105 paires de pattes. — Adulte. 

9 : longueur 127 mm. ; diamètre 11,55 mm. ; 55 segments, 
dont 1 apode ; 103 paires de pattes. — Adulte. 

Une bonne description de cette espèce a été donnée par 
Saussure et Zehntner. Leur dessins, malheureusement petits, se 
présentent un peu différemment des nôtres. 



280 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 



Dans les peltogonopodes (fig. 19), la saillie anguleuse du 
deuxième article se trouve au niveau du bord apical du pre- 
mier lorsque l'organe est placé bien borizontalement ; si 
S. et Z. l'ont figuré sur la l'ace postérieure, c'est sans doute 
parce que l'organe se présentait par la pointe. I.e tracbéosclé- 
rite et la poclie trachéenne sont bien distincts dans cette 
espèce. 

Dans les gonopodes (fig. 18), la région qui sépare la base 
des membres n'a pas le caractère déliiii (pi'oii lui voit dans la 
ligure 4i. h de la planche xi ; c'est une région empAtée diuis 
laquelle nous ne voyons (|ue le bandeau étroit de la base 




Fig. 20. — Mijslalides liova S. ul Z., (rfiin'llL- adulli'). — liasu ilcs paUcs de la 
2"= paire et vulvp yauclic en i)lace, lace pctslL-rieure. 

(mallieurcusenient l)risé dans notre préparation) et qui relie 
seul les deux membres. La rainure est largement ouverte à la 
base et ses bords sont écartés. Le rameau séminal est moins 
trapu et les aspérités qui se trouvent dans sa concavité (et 
qu'AïTEMS a pris pour des soies) sont dues à l'existence de plis 
transversaux, dont les arêtes trancliantes se profilent dans la 
courbure comme autant d'épines (fig. 18 yl). La rainure s'ouvre 
à l'extrémité du rameau séminal sans autre accessoire qu'un 
très petit lobe arrondi. Le vestige d'articulation est très net. 11 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 



281 



n'existe à la base qu'une seule excavation qui peut être soit une 
ampoule séminale, soit une ampoule prostatique. 

Chez la femelle, les pattes de la deuxième paire (fig'. 20) 
sont simplement reliées entre elles (et non soudées). Les 




FiG 21. - Mystalides hova S. etZ., (femelle adulte). — Vulve droite, profil interne 

(faisant face en avant). 

Fk;. ti. — Mystalides hova S. et Z., (femelle adulte). — La même, vue par le 

sommet (c'est-à-dire par le cimier). 

FiG 23. - Mystalides hova S. et Z., (femelle adulte). — La même, vue par l'in- 
térieur (cavité générale du corps). 



282 SÉANCE DU 11 JUILLKT 1022 

hanches sont alloniices, à J)()r(ls parallèles, et de cliaque coté 
se dressent des épanouissements sternaux triangulaires, attei- 
gnant presque la moitié du cylindre coxal. 

Il n'existe pas de vestibule vulvaire ; la base des pattes de 
la deuxième paire est reliée directement à celle des pattes de 
la troisième par une mendjrane très courte. Par contre on 
trouve, au niveau de l'angle externe du triangle sternal, une 
invagination meml)raneuse (jui plonge sous la duplicature du 
deuxième segment. l^]lle n"a])rite que les trois quarts de la 
bourse, l'autre qnart est en saillie et applupié contre le triangle 
sternal correspondant. La vulve est placée verticalement, 
l'opercule au fond de l'invagination, la valve externe tournée 
face en arrière, (l'est un organe deux l'ois plus long que haut et 
fortement comprimé on amande (fig. 21-23V L'opercule est 
très petit, étroit, à sommet alténué en ogive et chitinisé seule- 
ment le long de ses ])ords latéraux ; le centre et la base sont 
mem])raneux. (ictte structure doit permettre aux montants chi- 
tineux de l'opercule de s'ouvrir connue les branches d'un com- 
pas, lorsque les valves de la l>ourse (auxquelles ils sont liés par 
des charnières) viennent à s'écarter pendant la copulation ou 
la ponte. 

Les valves de la ])om'se sont complètement indépendantes 
l'une de rautr(; ; elles sont arrondies, en segment de cercle 
irrégulier et très fortement chitinisées ; elles sont glabres, sauf 
en un point de leur bord apical, voisin de la troncature anté- 
rieure, où on remarque un gioupe (!<> <]uelques soies très 
courtes et fines. Elles sont presque symétriques. Leurs bords 
apicaux sont accolés au repos, de sorte qu'il faut les écarter 
pour voir le cimier (fig. 22). On remarque alors que chaque 
valve présente un lobe rabattu intérieurement, ces lobes se 
correspondant comme les dents d'un engrenage. Le cimier, 
qui se confond avec l'apodème, est très sinueux; à l'extrémité 
antérieure est une petite lame étroite plongeant o])liqucment 
entre la bourse et l'opercuh', et dont la base, ])rus(|uement 
élargie (m), entoure l'extrémité antérieure de la fente de 
l'apodème. Au niveau des IoIjos réfléchis des valves l'apodème 
est boursouflé et forme deux poches confluentes, arrondies 
antérieurement [n tig. 23), qui vont en s'atténuant graduelle- 
ment vers l'extrémité postérieure de la bourse. Enfin, en avant 
de ces poches, se détache de l'apodème un diverticule de forme 



SE 



ÉAiNCE DU 11 JUILLET 1922 



283 



irrégulière, grêle à la base et gTadiiellement renflé, qui est 
développé parallèle ment à l'axe de l'apodème contre la face 
interne duquel il est appliqué [e %. 21 et 23). Il n'existe 
aucune trace de gorgerin. 

Le mâle immature n'a qu'un segment apode, comme les 
adultes, mais nous ne sommes pas en mesure de dire s'il est 
à son dernier stade de croissance. Les pattes ne portent 
aucune trace de soles tarsales. 

Les peltogonopodes (fig. 24, 25) sont déjà bien développés. 
Le bord antérieur du sternite est un peu moins convexe laté- 




FiG. 24 et 2d. — Mystalides hova S. et Z., (mâle immature). — Ebauclies de pattes 
copulatrices, moitié gauche, face antérieure (24) et face postérieure (25). 
G, ébauche des gonopodes. 

Fig. 26. — TiHgoniulus tumbricinus (Gerst.). — Vulve droite d'une femelle imma- 
ture, profil externe (faisant face en arrière). 



ralement. L'angle interne du coxitc est taillé en angle droit, 
sans pointe saillante. Le lobe du dernier article est arrondi 
extérieurement. — Les gonopodes {G) sont beaucoup plus 
rudimentaires ; ce sont des lames vaguement trapézoïdales, 
dont la longueur égale environ une fois et demie la largeur, à 
bord externe arqué, à bords apicaux et internes échancrés. La 
base ressemble déjà à celle de l'organe adulte ; on y voit le 

20 



284 SÉAiNCE DU 11 JUILLET 1922 

départ do la rainure, qui est toutefois moins diiléreuciéc. Le:* 
parties a])icales sont à peine ébauchées et ne peuvent être 
homologuées. 

Dans le même groupe se rangent plusieurs espèces, toutes 
originaires de Madagascar, qui attirent (]uol<iues réflexions ; ce 
sont entre autres, par ordre de création, Spirostrcptus Cotvani 
Butler 1882, SpiroboluserytJirocophalus Pocock [H9',\, Spirobo/us 
(Trigoniulns) sakalaira S. et Z. 181)7, Triijoniulr(s san(/tiine- 
macitlatus Silvestri 1897 et Spiroholus ( Tri/joniu/us) hova 
S. et Z. 1902. 

I.a seule diltérence signalée par Pocock entre Cowani et 
eryfhrocephalus réside dans la coloration (1). Mais Saussure et 
Zehntni;r ont indiqué combien elle est variable pour hova. 
D'autre part, Hutler donne son espèce comme « (juite com- 
mon » ; il serait donc bien surprenant qu'elle ait échappé aux 
recherches ultérieures.. 

Erythrocephalus est de même provenance que Coumni 
(Betsiléo). L'espèce de Pocock a cependant été conservée conmie 
distincte en raison de certaines particularités relevées dans la 
descrijdioii et dans les figures qui l'accompagnent. — Les 
antennes sont dites longues ; il n'y a qu'une bien faible diffé- 
rence entre les antennes de la figure 2 (pi. xvi) de Pocock et 
nos individus, particulièrement notre immature. Cette figure est 
d'ailleurs manifestement inexacte. Elle représente le lobe du 
col comme aigu et même un peu saillant vers l'avant et dissi- 
mulant entièrement le l)ourrelet ventral du second segment ; 
chez toutes les espèces du groupe c'est l'inverse qui se ren- 
contre. Aussi, étant .donnée la disproportion entre les longueurs 
attribuées aux trois segments figurés, y a-t-il lieu de supposer 
que l'auteur de la figure n'a pas distingué le premier segment 
du second, ce qui explicjuerait l'anomalie signalée ; il suffit, 
pour s'en rendre compte, de comparer cette figure 2 avec la 
figure 18 de la pi. ni du mémoire de Silvestri de 1897. 

Nous n'osons pas attribuer plus de crédit à la figure 2. 6 de 
Pocock, qui représente les peltogonopodes. Elle semble avoir 
été prise en place, l'organe se présentant obliquement par la 
pointe. Ainsi s'expliquerait le peu de hauteur de l'organe par 

(1) C'est niéiiK} à tort (|u"a été aUribu<''f à Coioani unt] bande longitudinale dorsale 
rouge, car le lextc de Hitler ne parle que de prosonites rouges («. . . and a truns- 
lerse dorsal band on the fronl of ail thc olher segments brigbt red »). 



 SÉANCK DU 11 JUILLET 1922 285 

rapport à sa largeur. La forme en crochet aigu du lobe de l'ar- 
ticle apical n'est évidemment pas plus fidèlement reproduite. 

Enfin on ne saurait donner ])eaucoup d'importance à la fine 
sculpture des somites (p. 251, ligne 34), puisqu'au cours de la 
description l'auteur a dit : « Tlie upper surface in front of the 
sulcus and behind it smootli and polislied » (p. 251, 
ligne 13). 

Entre Coivani et hova, nous ne voyons aucune différence à 
retenir. 

Par conséquent nous sommes disposés à considérer eryth.ro- 
cephalus et hova comme des synonymes de Cowani. 

L'individu décrit par Silvestri sous le nom de sangiiine- 
maculatus appartient-il à une espèce distincte? Rien dans la 
diagnose ne le donne à supposer, et l'auteur ne fait de rappro- 
chement avec aucune autre espèce. Nous n'avons ainsi que les 
figures pour nous guider. Si la figure 18 (segments 1 et 2) 
peut être acceptée comme exacte, il n'en est plus de même de 
la figure 19 (peltogonopodes) dans laquelle la relation des 
articles 1 et 2 est incontestaijlement mal figurée, puisqu'ils 
paraissent fusionnés extérieurement. Quant à la figure 20, elle 
ne diffère de celle que nous donnons ici qu'en ce que le rameau 
séminal est un peu plus long et proportionnellement plus 
grêle, avec deux épines apicales internes dont nous n'avons 
pas vu l'équivalent, et en ce que le rameau secondaire est plus 
effilé et plus aigu. En raison de la grande ressemblance des 
deux formes, ces détails sont k vérifier avant de se prononcer 
sur la validité de celle de Silvestrt. 

Saussure et Zehxtiner ont mis sangnïne-maculatus en synony- 
mie avec leur sakalawa^ sans qu'on puisse se rendre un compte 
exact de la raison qui les y a amenés. Au dire des auteurs, 
sakalawa a une gouttière peu profonde et ruguleuse aux valves 
anales, ce qui ne s'accorde pas avec les « valvulis cornpressis » 
de l'espèce de Silvestri. A en juger d'après les textes, sakalawa 
serait différent de Coivani. 

Par conséquent, si nos déductions se confirment, l'espèce en 
question devra porter le nom suivant : 

Mystalides Cowani (Butler, 1882). 
Syn. : Spirostreptus Cowani Butler, 1882 ; 

? Spirobolus erythrocephalus Pocock, 1893 ; 



286 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

"ITrigoniulus saiiguiiic-maculatus Silvestri, 1897 ; 
Spirobolus (Triyoniulus) hova Saussure et Zelinlner, 
1902. 

17. — Ti'if/o/n/i/i(s lu)))l)ricinus (Gci'stjpkcr, 1873). 

9 : Longueur 34 mm. ; diamètre 2,75 mm. ; oO segniciits, 
dont 1 apode ; 93 paires de pattes. — Immature. 

9 : Longueur 28 mm.; diamètre 2, 18 mm.; 50 segments, 
dont 4 apodes; 87 paires de pattes. — Immature. 

La vulve de la plus grosse des deux femelles (fig. 26) est 
constituée par deu.x valves suhréniformes très asymétriques, 
étroitement appliquées l'une contre l'autre, et complétées par 
un petit opercule triangulaire. Entre les deux valves, dans la 
moitié antérieure de l'organe, on distingue l'ébauche d'un 
apodème rappelant celui (pie nous a montré la vulve de 
M. hova. Gomme chez ce dernier l'ébauche est en partie abritée 
dans une invagination latérale située au niveau de l'angle 
externe du coxosternite des 1*. 2, l'opercule tourné vers le fond 
de l'invagination. 

Bien que nous ne connaissions pas la vulve de l'adulte, nous 
pouvons apj)récier, par comparaison avec celle de M. hova, com- 
bien elle est développée. Et ce stade n'est probablement pas le 
dernier, puisque, d'après Porat, les femelles atteignent un 
maximum de 4,50 mm. de diamètre. Môme en admettant que 
nous ayons en mains une femelle hAtive, il s'en faut qu'elle 
soit à la veille d'atteindre sa taille définitive. 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 



287 



CVCLOBOTHRIUM CHARCOTI, n. Sp. 

TREIVIATODE ECTOPARASITE SUR Meinertia œstroides (H\SSO) 

PARASITES RECUEILLIS PENDANT LA CROISIÈRE OCÉANOGRAPHIQUE DU 
« POURQUOI-PAS ? » SOUS LE COMMANDEMENT DU D^ J.-B. CHARCOT, 
EN 1914. 

Ire note. 



PAR 



Robert-Ph. DOLLFUS. 



Les Tj^achuriis trachums L. (vulg". Garangue ou Chinchard) 
que nous avons capturés devant Gijon (0 vie do), dans le port 
de Musel, (13-14 juillet 1914) étaient porteurs do nombreuses 
espèces de parasites. 

Sur la tête d'un de ces Trachums était fixé un Cymothoa 
(Meinertia) œstroïdes (Risso) çj- (1), une femelle de la même 
espèce se trouvait dans la bouche et en sortit après la mort de 
son hôte. Du corps de cette 
femelle mise en alcool, se déta- 
cha un Trématode ectoparasite 
appartenant à une espèce qui, «^^ 
ma connaissance, n'a pas encore 
été signalée. En voici la descrip- 
tion (fîg. 1). 

Corps symétrique, aplati, pres- 
que foliacé, mesurant 3 mm. de 
long, et 2 mm. 5 dans sa plus 
grande largeur, comprenant plu- 
sieurs lobes : un lobe antérieur, 
médian, petit, presque aussi 
long que large, portant la bouche à son extrémité, se con- 
tinuant par une région moyenne bilobée, presque deux fois 
plus large que longue, insérée dorsalement sur un lobe posté- 
rieur ou cotylophore un peu plus large que long et portant 
ventralement huit appareils de fixation constitués par des 




FiG. 1. — Cyclobothrium Charcott 
Individu vu parla face ventrale. 



(1) Détermination Théodore Monod, 



288 



SÉANCE DU 11 JUILLKT 1922 



cupules (diamètre dcnviron mm. 44) orbiculaires, égales 
entre elles et fonctionnant comme ventouses. Ces disques 
adhésifs sont disposés l'un à coté de l'autre sur le pourtour du 
lobe cotylophore, contigus sauf à la partie antérieure de ce 
lobe, où le cercle est interrompu sur un espace (un peu supé- 
rieur au diamètre d'une des cupules) occupé par le rebord 
antéro-ventral du lol)e, faisant légèrement saillie sur la région 
moyenne du corps (1). 

Chaque appareil .idhésif (>st porté par un court pédicule 
(pouvant atteindre une longueur de nun. 5 et paraît sessile 
lorsque son pédicule est rétracté. (L'unique exemplaire que 




Fi(i. 2. — Cliarpenle de la 3" ventouse droite (vue ventrale); les rangées de 
dcnticulations chitinoides sont figurées pour les deux quadrants postérieurs. 

j'ai recueilli et ligure montrant le pédicule antérieur droit en 
extension, j'ai pu constater ce caractère auquel, nous le verrons 
plus loin, les systématiciens attribuent une certaine impor- 
tance). 

En regardant l'animal par tFansjiarence, par la face ventrale, 
on aperçoit dans chacun des organes de fixation une formation 



(1) Les ventouses de la première paire sont cachées par la région moyenne 
du corps lorscpie l'on regarde l'animal par sa l'ace dorsale et on pourrait croire 
qu'il s'agit d'un Hexacolyiide. Pour bien voir ces deux ventouses, il est nécessaire 
d'examiner l'animal avant de le traiter par les édaircissants. 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 



289 



cruciale a23partenant à la charpente clutinoïde (1) de ces 



organes. 



Cette charpente est la même pour chacun de ces huit organes 
et comprend huit pièces distinctes, mais, bien entendu, la 
charpente d'un organe de fixation droit (fig. 2) n'est pas super- 
posable à la charpente d'un organe de fixation gauche (fig. 3) : 
il y a symétrie des pièces composantes par rapport au plan 
sagittal. 

D'après ces caractères, on voit tout de suite qu'il s'agit d'un 





V 



ùi 



Fig. 3. — Charpente de la 3« yentouse gauche (vue ventrale). 

Polystomien de la famille des Octocotij/idœ et de la sous- 
famille des Diclidophorinœ. Le groupe des Diclidophormas a été 
créé par CERFONT.\mE (189.'), p. 142, diagnose) (2), lorsqu'il mor- 
cela le genre Diclidophora Goto (1894, p. 207, diagnose) (3) en 
trois genres : 

(1) J'emploie à dessein le nom de chitinoïde car il ne s'agit pas de chitine chez 
les Trématodes Monogénétiques ; cette substance disparait entièrement dans la 
potasse, même en solution faible, ainsi que l'ont reconnu plusieurs observateurs 
(cf. P. Gerfontaime, 1898, p. 307). 

(2) Le groupe des Diclidophorinœ Cerf, a été élevé à la dignité de sous-tamille 
par MoNTiCELLi (1903, p. 336). 

(3) Le genre Diclidophora a été créé par Diesim; (1850, p. 289. 417-418, 42;i ; 
1858, p. 31.J, 383-384) pour deux espèces : D. longicollis Uies. (nom. nov. pour 



290 SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 

A. Diclldoplinra s. sti'., clioz lequel les organes d'adhésion 
sont moyennement pédicules (Pour la diagnose et les espèces, 
voir Ceb^ontaine, 1895, p. 142-14'i ; 1.S9G, p. 549-;i;i()). 

H. Ci/cloholhriKm Cerfontaine (189.'), p. lU-Tio et 1896, 
p. o.'i0-a51, diagnose avec une seule espèce-: C. sessUis 
Goto 1894), chez lecpiel les organes d'adliésioii sont briève- 
ment pédicules, presque sessiles et « apparaissent comme 
huit cercles réguliers disposés lun contre l'autre autour du 

plateau fixateur ». • 

r. Urifrohnthrhiw Cerfontaine (189o, p. 1 îo-Fifi et 1890, 
p. ;)•) 1-552, diagnose avec une seule espèce : //. Ir/rodonis 
Goto 1894), chez lecpiel les organes de fixation sont nettement 
sessiles et situés sur deux rangées ; la charpente de la pre- 
mière paire présentant une orientation inverse de celle dos 
trois autres paires. 

Notre espèce a ses organes de fixation moins longuement 
pédicules qu'aucune de celles admises par Cerfontaine dans le 
genre Diclidophnrn (D. /ahraris Covï., D. swaris Goto, D. elon- 
gata Cjoto). . mais un peu plus longuement pédicules que 
l'unique espèce du genre Ci/cldliofhriiim. en outre elle possède 
un lobe nntéiicur médian, nettement séparé de la région 
moyenne du corps et (jni n'existe pas ailleurs dans la sous- 
famille. 

Pour ne pas créer un genre nouveau basé seulement sur des 
caractères d'aussi médiocre importance et l'organisation interne 
étant la même chez toutes les espèces de la sous-famille, je 
propose de placer le Diclidophoridien ci-dessus décrit dans le 
genre Ct/c/ohothrium Cerfontaine, sous le nom de C. Charcoti 
mihi (1), en compagnie de C. sesnlis Goto (189i, p. 212- 



Octostoma merlangi Kubn 1829) et D. /mlmala Leuckart 1830 (subgen. Octobo- 
thrium) qui. rpmaniue Cerfontaine (189n. p. 140 et 1806 p. 547). sont des Dac- 
ti/locotijle: on doit donc seulement rol'^nir la diagnose donnée par Goto. 

(1) Cette nouvelle espèce porlo à dix le nombre de celles faisant partie de 
la sous-famille, en effet, outre les six espèces ci-dessus mentionnées, elle 
comprend : 

n] Deux espèces : Choricocotyte Chrysophri van Beneden et Hesse et Chortco- 
cotyle Tasrhenberf/i Parona et Perugia, <\ue Pabona et Perigia avaient considérées 
comme des Dacft/locolyte mais que Cehkontaine (1898. p. 303) a réuni aux 
Diclidophorinœ, ce en quoi il a été suivi par Monticelli (1903, p. 336). 

b\ Le « Dartylornfi/le sf/uilfarum. Par. Per. » qui, d'après Cerfontaine (1898, 
p. 302-303) serait probablement un Diclidophora. 

c] Le Diclidophora «p. Linton (190n, p. 333, 380) parasite sur Orthopristis 
chrysopterus L. à Beauf^rl, Caroline du Nord. 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 291 

213, 256, 270, pi. x, %. 5-8, pi. xi, %. 1-7, pi. xii, %. 3-4; 
— dans la bouche et individus jeunes sur les l)ranchies de 
Chaerops japoriiciis, Guv. Val., à Mitsugahama, province lyo, 
Japon). 

On pourrait se demander si Ci/. Charcoti milii n'est pas un 
parasite de Trachurus trachuni^ L. fortuitement trouvé avec 
Cymothoa (Meinertia) œstroides (Risso) plutôt qu'un parasite de 
cet Isopode. 

Ijima (m Goto 1894, p. 210, note 1) qui fit l'étude du Diclido- 
phora smaris Ijima (m Goto 1894, p. 207-210, 256, 270, fig. 
texte 1 et passim) (1), recueilli par Max Braun dans la cavité 
buccale d'un Smaris vidgaris G. V, du Golfe de Naples sur le 
segment caudal d'un Cymothoa, estima qu'il fallait plutôt 
regarder ce Trématode comme appartenant au Smaris qu'au 
Cymothoa. 

On remarquera cependant que Diclidophora elongata Goto 
(1894, p. 210-212, 256, 270 et passim, pi. x, fig. 9-10, pi. xi, 
fig. 8, pi. XII, fig. 1-2) a été trouvé à Mogi (près Nagasaki) et 
Hakodate (Japon) non seulement dans la cavité buccale de 
Pagrus tumifrons Temm. et Schleg. mais aussi sur un Cymothoa 
parasite dans la cavité buccale de ce Pagre. 

En outre, Taschenberg (1879, p. 245) a recueilli sur un Cymo- 
thoa (Meinertia) œstroides Risso de la cavité buccale de Box 
boops L. à Naples, un Polystomien qu'il a désigné sous le nom 
d' « Octohothrium merlangi von Nordmann » c'est-à-dire Bac- 
iylocotyle merlangi (von Nord.) et Fr. Sav. Monticelli (1890, 
p. 420-i21), à propos da la rencontre de ce parasite à Wime- 
reux (Pas-de-Calais) sur les branchies de Gadits merlangus L., 
rapporte qu'il l'a observé très fréquemment, à Naples, sur 
C ymothoa œstroides (Risso). 

Ce n'est donc pas fortuitement que des Octocotylidœ se trou- 
vent sur des Cymothoa. Beaucoupd'autresil/o/io^e;?.ea, du reste, 
sont parasites de Crustacés ; C. Parona et A. Përugia (1889, 
p. 76-80, pi. X, fig. 1) ont décrit un Octocotylide trouvé à 



(1) C'est oe Dîcliilophnra qu'Isao Ijima (18S4, p. 637) avait désigné antérieu- 
rement sous le nom (YOclobothrium sp. trouvé à Naples, sans en donner de des- 
cription, disant seulement que les organes géiiit;iux présentaient la mêftie orga- 
nisation (jue chez Diplozoon paradoxum von Nordm., sauf que le canal réunissant 
l'oviducte et l'intestin y était plus court que chez Diplozoon. — Gh. Dieckhoff 
(ISÎ^l, p. 250) supposa que cet Octohothrium sp. était 0. merlangi Kuhn, mais 
S. Goto (1894, p. 207 note 2) indiqua qu'il s'agissait de Dicl. xmm^is Ijima. 



292 SÉANCE DU 11 JUILLET 1022 

Trieste par A. Valle sur les lamelles ovigères de liopt/nis 
squillarum Latr. et ont été d'avis qu'il s'agissait d'une espèce 
différente de rOctocotyle des Gadidés (1), ils le désignèrent 
sous le nom de « Mesocoti/le sguil/nrum Par. Per. ». Un pou 
plus tard C. Parona et A. Perugia (1891) /, p. 19, note et 1890 h, 
p. 241 note) estimèrent que l'espèce appartenait an genre Dac~ 
tijlocotijh van Beneden et liesse et devait porter le nom de 
« Dnci. s(iuiHanun Par. Per. », mais, pour Paul Cerfontaiise 
(1898, p. 302-303) c'est prohablement un Diclidophora. 

Quelques Tristomiens sont aussi parasites sur des Crus- 
tacés : 

Trifilomum biparasiticum Goto (1894, p. 2ol-253, 260 et 
passim, pi. XXV, fig. 4-8) a été trouvé à Misaki (Japon) sur un 
Copépode probablement du genre Parapefa/us, parasite sur les 
brancliics de T/ii/nnus albacora (? Sloane) Lowe ; 

Divers Vdonellidre ont été observées sur des Lernmdœ et des 
Caliqidiv. Alex. liuiAN (1912, p. 3-i) a signalé, sur les tubes 
ovifères et le post-abdomen d'un Alcbion carchariœ Krœyer, 
parasite sur Carcharias Milherti Val. (S. W. de Santa-Luizia, 
Cap Vert) une espèce (jui a été décrite sous le nom de Calinella 
crancola Monticelli (1910, p. 1-12, pi. i, fig. 1-22). 

Je rappellerai tinalement (|ue la majorité des Temnocepha- 
lidœ et les Actinodactylidœ Haswell sont parasites de Crustacés, 
principalement d'Astacides. 

NOTE COMPLÉMENTAIUE 

J'ai dit plus haut que la sous-famille des Diclidopliorino) 
comptait maintenant, (avec Ci/clobollirium Charcoti mihi) onze 
espèces; c'est une erreur, ce chiffre doit être porté à quinze : 
quatre autres espèces ayant été décrites par G. A. Mac 
Callum : 

Diclidophora mcrlaniji G. A. Me. C. (1917, p. 46-47, fig. 17, 
sur les branchies de Merliiccius bilinearis Mitchill, à Woods 
Hole, Mass.). 

Diclidophora prionoti G. A. Me C. (1917, p. 47-48. fig. 18, 
sur les branchies de Prionotus carolinus Linné, cà Woods Hole, 
Mass.). 

(1) Pour Monticelli (1890, p. 421 note 1) ce serait cependant VOclocotyle mer- 
langi Kutin (actuellement Dactylocotyle) . 



SÉANCE DU 11 JUILLKT 1922 293 

Biclidophora ci/noscioni G. A. Me. G. (1917, p. 48-49, 
fîg, 19-19 rt, sur les branchies de Cynoscion regalis Bl. Schn., 
à Woods Hole, Mass.). 

Diclidopkora neomxnis G. A. Me. C. (1917, p. 49-50, iig. 20, 
20 a-b, sur les branchies de Neomœnis anaiis. Cuv. Val., à Key 
West, Floride). 

G. A. Mac Gallum (1917, p. 46) supposa que le « Diclidophora » 
qu'il trouva à Woods Hole (Mass.) sur les branchies diUrophi/- 
cis c/mss Walbaum (et dont il décrivit alors des exemplaires 
trouvés chez Merluccius bilinearis Mitchill) était la môme 
espèce que celle nommée « Diclidophora merlangi Kuhn » qui 
aurait été décrite sous ce nom par Kuhn en 1829 dans un ouvrage 
qu'il ne pouvait pas consulter. 

L'Octocotylide connu sous le nom spécifique de « merlangi 
Kuhn » depuis von Nordmann (1832), n'est pas la même espèce 
que celle décrite et figurée par Mac Gallum, c'est même un 
Dactylocotyle, il est donc possible de conserver j)our l'espèce 
découverte par Mac Gallum le nom de Diclidophora merlangi 
Mac Gallum, en précisant que malgré son nom, cette espèce 
n'a pas été trouvée chez le Merlan. 

Il faut ajouter que Kuhn n'a nulle part publié d'espèce 
« merlangi ». La référence donnée pour « Octostoma merlangi 
Kuhn » par von Nordmann (1832, p. 78, 82), Dujardin (1845, 
p. 314), DîEsiNG (1850, p. 417), P. J. van Beneden (1856, p. 644; 
1858-1861, p. 49), ïaschenberg (1879, p. 245), Saint-Rémy 
(1891, p. 37), Gerfontaine (1896, p. 511, note 3) Thomas Scott 
(1895, p. 172; 1901, p. 146) etc.. etc.. est : soit « Mémoires 
du Muséu?n d'histoire naturelle^ t. XVIII, 1829 » soit « Mém. 
Mus. Hist. 7iat. 1830 ». 

Cette référence est fausse : ni dans les Mémoires du Muséum^ 
ni ailleurs, Kuhn n'a décrit ou nommé cette espèce (1). 

Les nombreux auteurs — j'en ai compté plus de vingt — qui 
ont, jusqu'à maintenant, reproduit cette référence, se sont con- 
tenté de se copier les uns les autres. 

On trouve pour la première fois cette espèce si commune 

(1) Leuckart (184:2, p. 30, noie ") avait déjà fait remarquer que, dans l'ouvrage 
maintes fois cité de Kuhn, il n'était pas question de l'Octocotylide du Merlan, 
aussi Leuckart avait-il adopté le nom A'Octnbothrium merlangi von Nordmann 
comme synonyme à'Oclobothrium plalygaster Leuck. 

Cette remarque de Leuckart avait été complètement négligée jusqu'à 
présent. 



294 SÉANCE DU 11 JUILLET 1022 

attribuée à Kuhn dans von Nordmann (1832, p. 78 : Octoholhrbnn? 
merhiniji (Octosioma mprlaïKji Kuhn), p. 80 : sur les branchies 
de Gadus merlangiis L. où Kuhn Ta décoivverte, p. 82 : dans 
les Mémoires du Muséum dlùstoire naturelle où Kubn, a décrit 
0. merlangi, etc.). 

Comme les exemplaires étudiés par von Nordmann (1832, 
p. 78-80, 82, 115, pi. VII, fig. 15) provenaient de la collection 
RuDOLi'iii, on peut peut-être supposer que « Octosto7na merlangi 
Kulm » est un nom manuscrit de Kuhn, ayant accompagné des 
exemplaires envoyés par Kuhn à Rudolphi, mais c'est là une 
pure supposition, aussi doit-on adopter pour cette espèce — 
actuellement placée dans le genre Daclt/locoliilc — le nom de 
« 7). merlangi von Nordmann 1832 » et non pas « I). merlangi 
Kuhii ». 

R.-Ph. Dollfus. 

{Muséum, national d^ histoire naturelle, laboratoire 
de M. A. Gruvel, juillet 1922). 

Principaux ouvrages consultés : 

1912. Hrian (Alexandre). — Copépodes parasites des Poissons et des Echi- 
nides provenant des campagnes scionlifiiiiies de S. \. S. le Prince 
.\lberl Jef de Monaco (188(1 1910) {lif'su/tats des rampaffnps scientifi- 
qups accomplies sur son yacht par Atljert Ar. l'asc. .X.K.WIii, .Monaco 
in 4°, .^S pages. 12 planches). 

1893. ('eriontai.vk (l'aul). — Le genre Dactylocol^'le {Bull. Acad. Belgique, 
(3) X.XX, n» 6, juin, pp. 913-9415, pi. i ii, fig. i-20). 

1895. r,ERF0XTAi\K (Paul). — Note sur les Diclidophorinœ (Cerf.) etdescrip. 
lion d'une nouvelle espèce : Dirlidophora lahracis (Cerl.) {Bull. Acad- 
B<df/i</ue (3) X\X n" 7, juillel. pp. 125-150. pi. m, fig. 1-1.^). 

1895. Cerfontaine (Paiih. — Contribulion à l'étude des Octocolylidés 
III. \.cs Dirlidop/iorifup cldescnpVion dune nouvelle espèce : Dirlidopliora 
lahracis (Cert.) {Arch. Biul., XIV, l895. (Jand. 15 avril 189(), pp. 535- 
:.52, 557-500, pi. x.w). 

I89(). Ckhi-ontaink (Paul). — Conli'ihulion à l'élude des Ortocot^'lidés. II. Le 
genre Dacljlocolvie {/d., pp. 510-535, 555-550, pi. .\.\iii-x.\iv). 

1898. Cerfo.ntaine (Paul). — Conlrilnition à l'étude des Octocotylidés. 
iV. Nouvelles observations sur le genre Daci ylocoljle et la description du 
Dac'i/locoti/le Luscœ {Id., XIV (2). l'if avril, pp. 301-328, 3 fig. texte, 
pi. xu, fig. l -13). 

1891. UiECKuoKF (dlir.). — Ueitrjige ziir Kenntnis dcr ektoparasitischen Tre- 
matoden {Arr/i . .Xafurr/. LVll .lalirg., 1., n» 3. Okt., pp. 245-270, 
pi. IX, fig. 1-19). 

1850. DiEsiNG (Karl, Moritz). — Sjstema Helminthum. Vol. I (xui-fl +079 
pages. 8° Vindobona'). 

1858. DiKsiNc. (Karl, Morit/). — Revision dcr .Myzhcltuinthen. Abtheilung ; 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1922 295 

Treinaloden. {S. B. Akad. Wien. Math .-iiaturwiss. Classe, XXXI, 

n» ]9, IS Juli, pp. 239-290). 
1894. Goto (Seilai'o). — Studies on ihe ectoparasitic Tremalodes ol" Japan 

(/. Collef/e Sci. Imp. Unw. Japan. Tokyo, VIII, (I), p 1-273, pi. i-xxvu. 
1896. Goto (Seilaro). — On some ectoparasitic Trematodes iVoin Itie 

Atlantic coasts of Ihe United States of North America (C. lî. 3^ Congrès 

internatiunal coologie, Leyde 1895. pp. 351-352). 
1884. Ijima (Isao . — Uebei" den Ziisammenhang des Eileiters mit dem Ver- 

daiuingscanal bei gewissen PolysLomeen {ZooLog. Anz. Vil, 1 Dez. 

no 182, pp. 635-639). 
1905. LiNTON (Edwin). — Parasites of Fishes oC Beaufort, North Carolina. 

[BuU. bureau Fisheries, XXIV, 1904. Washington. Oct. 19, 1905, 

pp. 321-428, pi. i-xxxiv). 
1890 /". MoNTiCELLi (Fr. Sav.). — Elenco degli Elminti sludiati a VVimereux 

nella primavera del 1889. {Bull. sci. France-Belgique, Paris, XXII, (4) I, 

21 juillet, pp. 417-444, pi. xxi, lig. 1-27). 
1903. MoNTicELLi (Fr. Sav.). — Per una niiova classificazione degli» Hetet'o- 

cotylea » {Monit. Zool. ital. Firenz(3, XIV n» 12, déc. pp! 334-336). 
1889 a. Parona (Corrado) et Alberto Pekugia. — Res Ligustica'. VIII. — ^ 

Di alcuni Trematodi ectoparassiti di Pesci niarini. Nota preventiva {Annali 

Museo civicq Genova. XXVll, (2) VII, 10 oct., pp. 740-747, fig. 1-5;. 

1889 b. Parona (Corrado) et Alberto Perugia — Mesocotgle Squillarum, 
n. subgen. ; n. sp. de Treniatode ecloparassita del Bopyrus squillarum. 
(Boll. Sci. Univ. Pavia. Settembre 1889, XI, no 3, pp. 76-80, pi. 
fig. 1-3). 

1890 b. Parona (Corrado; et Alberto Perugia. — Trematodi parassiti délie 
branchie di Pesci italiani [Atti Soc. ligust. sci. nat., I, pp. 59-70). 

1890 h. Parona (Corrado) et Alberto Perugia. — Intorno ad alcune Poly- 

stomese e considerazioni nella sistematica di questa famiglia. {Atti Soc. 

ligust. sci. nat. l, lasc. 3, pp. 225-242, pi. xiv, fig. 1-13). 
1891-1892. Saint-Hémy (Georges). — Synopsis des Trematodes monogénèses. 

{Rev. biol. Nord France. Lille, lll, n» 11, 1er août 1891, pp. 405-416, 

pi. X, fig. i-xL ; III, n» 12, l^r septembre 1891, pp. 449-451 ; IV, no 1, 

1er octobre 1891, pp. 1-21; IV, no 3, ler décembre 1891, pp. 90-107; 

IV, n» 4, lei- janvier 1892, pp. 136-145; IV, n^^ 5, 1er lévrier 1892, 

pp. 184-191 ; IV, no 6, 1er niars 1892, pp. 224-230 ; IV, no 7, 1er avril 1892, 

pp. 253-265. 
1892. Saint-Uémy (Georges). — Idem, tirage à part, 92 pages, 1 planche, 

Lille 8\ 
1898. Saint-Rémy (Georges). — Complément du Synopsis des Ti'ématodes 

monogénèses (Arch. Parasitol.. Paris, I, n" 4, octobre, pp. 521-571, 

fig. texte 1-6). 
1879. Taschenberg (Ernst, Otto, Wilhelm). — Zur Systemalik der Mono- 

genetischen Trematoden. {Zeitschr. gesam. Naturwiss. LU, Halle, 

pp. 232-265). 

1863. Van Beneden (Pierre-Joseph) et C. E. IIesse. — Recherches sur les 
Bdellodes (Hirudinées) et les Trematodes marins. {Mem. Acad. Belgique, 
XX.VIV. — Séance du 8 novembre 1862) pp. 1-142, pi. i-xm). 

1864. Van Beneden (Pierre-Joseph) et C. E. Hesse. — Appendice au 
mémoire sur les Bdellodes et les Trematodes (pp. 143-146, pi. xiv). 

1864. Vai*! Beneden (Pierre-Joseph) et C. E. Hesse. — Second appendice 
(pp. 147-149, pi. .\v) {Id. XXXIV. — séance du 2 avril 1864;. 



â96 SÉANCE Î)U 11 JUILLET 1922 

1865. Van Beneden (Pierre-Joseph) et C. E. Hesse. — Troisième appendice 

{Id., XXXV. — Séance du 6 aoiit 1SG4, pp. I-IO, pi. i). 
1865. Van Beneden (Pierre Josepii) et C. E. Hesse. — Quatrième appendice 

{Id. XXXV. — Séance du 8 octobre 1864, pp. 11-18, pi. ii). 



1829 KuHN (Jean). —Description d'un nouveau genre de l'ordre des Douves, 

et de deux espèces de Stront^les. {Mém. Mus. Paris, XVIil, fasc. 11, 

pp. 357-368, pi. xvu bis, (Ig. i-17). 
1842. l.EucKAKT (Fr. Sig.). — Zoologisclie Bruchstiicke. 111. Ilclminlholo- 

gische Beilnige (60 pages, 2 planches, Kreihurg in Hrisgau, 1842, in-40). 
1856. Van Benkden (P. J.). — Note sur l'Octobothrium du Merlan et -sur 

l'Axine de l'Orphie {null. Acad . Sri. Belgique, XXlll, 2"= partie, n» H-12, 

pp. 643-654, j)l.. iig. 1-21). 
18.'j8-1861. Van Benede.n (P. J.). — .Mémoire sur les Vers intestinaux. {Suppt. 

aux C. R. Acad. Sci., Paris, II, 376 pages, pi. i-xxvu, 4o). 
1917. M.\c G.\LLUM (G. .\.). — Some new forins of jiarasitic Worms, pp. 45-75, 

fig. 17-36, {Zoopat/io/ogica, 1, n" 2, New-York, july 1917). 
1901. Scott (Thomas). — Notes on some parasites of Fishcs (19 Ann. Hep. 

Fisherics Board Srotland, part. III. C.lasgow, pp. 120-153, pi. vu, 

fig. 1-35, id. vm, lig. 1-31). 



LAVAL. IMPRIMERIE BARNEOUD. 






Séance du tî octobre i9'22. 



I'RI']SIDE>CE Dl-: M. CH. PÉRKZ, VICE-PIIÉSIOEÎST. 

M. le président, eu prenant place pour la première fois au 
fauteuil, remercie de son élection. Il souhaite la bienvenue à 
M. Gadeau de Kerville, qui revient prendre séance après une 
longue maladie. , 

M. Petit s'excuse de son absence. 

M. MuxoT envoie de Madagascar un lion souvenir à ses collè- 
gues. 

M. le président adresse les félicitations de la Société à 
MM. Hesse, nommé professeur à l'Université de Dijon ; Kollmann, 
maître de conférences à l'Université de Rennes ; Roy, profes- 
seur au lycée de Saint-Etienne ; Scherdlin, conservateur au 
musée zoologique de l'Université et de la ville de Strasbourg- 
et chevalier du Mérite agricole ; Vandel, chargé des fonctions 
de maître de conférences à l'Université de Toulouse. 

M. JoLiBLN adresse le discours qu'il a prononcé aux obsèques 
de S. A. S. le prince Albert de Monaco, obsèques où il représen- 
tait l'institut et la Société zoologique. M. le président lui exprime 
les remerciements de tous 

M. Delacour sollicite l'adhésion de la Société au « Comité inter- 
national pour la protection des Oiseaux sauvages » {liPiivoi/r an 
(Conseil). 

M. Vandel, ({uittant Paris, se démet de ses fonctions de secré- 
taire. 

M. Serge ïlgwaisky, chef du laboratoire protozoologique de 
rinstitut de microbiologie et d'épidémiolog-ie à Saratov (Russie) 
est présenté par MM. Delphy et Robert. 

M. MouRGUK a découvert dans le Djebel Bon Kornein et en 
quelques autres points le Pulmoné Albula taiietana, connu seule- 
ment jusqu'ici dans une île du lac de Bizcrte. lia trouvé Ilran- 
chiostoma IcDiceolatuiii à la plage du Prado, près Marseille. Il 
signale que des Testudo elephaiitina ont été acclimatées à l'île 

21 



298 sÉA^€E DL 24 uliudiœ 1922 , / 

de jMoiidros, et parle d'une faune spéciale, créée par les déchets 
des filets de pêche : des Dorocidaris ijapillala et divers animaux 
des fonds coralligènes, ainsi amenés près des côtes, ont pu s'y 
maintenir en certains points. 

M. Amthony parle de la distrihution des Echinodermes sur les 
côtes de Bretagne. 

M. H. DoLLFLS signale qu'avec M. Th. MoNODil a tvou\éEchino- 
cardium pennalifiilum à (loiicarneau, alors que la « Faune de 
France » l'indique seulement aux iles angio-normandes. 

M. Pérkz fait une conununicationsur des A*o?Y'e//^/m lonrjicor- 
îii.s à pléopodes anoi'maux. notamment des niAles ayant des 
appendices copulateurs snp[)h'm('ntaii'es au 3® segment ahdo- 
minal. 

Ouvrages offerts : 

Ai.BKUT 1er (S. A. S.), prince "le .Njonacn. — Deuxième vovage au Spitzbery 

(null. Mils, /'avis, l'JOf». p. 7 l.J). 
11). — expériences de tlollatîo sur les roiiranis siipcrliciels do l'AtlanlIipie 

Nord {Confiri'n inlcniut. sci. f/i'(i(/ra/i/i., IHSit. I i |).). 
Id. — Kxpérienres d'enlôvemeril dim liélicoplore {(!. /'. .((•. sci , C\l>, 190.'>, 

p. 1311). 
Il), — Le dyuainoiiièlre à ressorts einboilés de Vllirondelle. Le sondeur k 

clef de Vllirniii{pllr(C. li. Sor. f/cof/rnp/i., I8S<J. u» A. 7 p ). 
Id. — Les mines orrantos sur rAllanliiiuc Nord {C . /t. Ac. sri. (JLXIX, 1919, 

p. 56i2, \ cai'lc). 
Id. —[-2<' iiolp) (//>/'/, CLXX. r.):21, p. 77.S, 1 tarie). 
Id. — Meleoroingieal reseairlies in tlie higli almospliere {Scotl. f/fof/rajj/i. , 

mag., 1907, p. 11:M22, I pi.). 
Id. — Marche des mines Motfanirs dans lAtlantiipie Nord el l'Occan (liacial 

pendant el ai)rès la ^.nierre {C. II. .\r. .sci., CL.WIL 1918, p. 1049). 
Id. — .Noies biograpliiipies sur S. .\. S. le prince Albert |ei' de .Monaco (29 p. 

s. 1. n. d.). 
Id. - .Notes de géoirrapliie biolo^Mqiie marine. Communication l'aile au 

7e Congrèsinlernalional de ;,'éoj,M-a|)iiie à Berlin en 1899 ( Vcr/i. Vif. Intcrn. 

Géogr. Kongr., Berlin, 1900, p. 3l2-32i>). 
Id. — Kecherclie des animaux marins. Progrès réalisés sur V Hiromlflle dans 

l'outillage spécial [C. R. Congrè.s infern. zoo/.. 1889, p. i3o-UJ^, pi. I). 
Id. — Sur la campagne de la f'rincesse-Alice (C. li. Ac. sci., CXL, 190.^, 

p. 1373). 
Id. — Sur la cinipiième campagne s ;ientifique de la Princesse-Aiice Il{lbid., 

CXXXVIll, 1904, p. 1398). 
Id. — Sur la huitième campagne de \à Princesse- A lice II {Ibid., CXLIV, 1907. 

p. 58). 
Id. — Sur la so[)lième campagne scientifique de la Princesse-Alice {Ibid., 

CXLII. 1900, p. 021). 
Id. — Sur le (îulf-slream. Recherches pour établir ses rapports avec la côte 

de France. Campagne de Vllirondelle, 1885 (Paris, Gautliier Villars, 1886, 

41 p., 2 caries). 



SliAiNCE DU 2Î (.CTOJUIE 1922 21)9 

II). — Sur les Iniiccmonls de liallons sondes cl de ballons pilules au-dessus 
des oeéaus (C. IL Ar. sri., CXLl, 1905, p. 492). 

Id. — Sur les résullnls partiels des deux premières ex|)éricnces pour déter- 
miner la direclion des coui'anls <le l'AllanUipie Nord {C. It. Ac. sci., 
lOjanv. 1887). 

Id. — Sur un ap|)areii nouveau pour la reelierche des organismes pi'dagiques 
à des profondeurs déterminées {C. II. Soc biol., 2',) juin lh'89. 3 p ;. 

Id. — Sur une expérience enl-reprise pour déterminer la direction des cou- 
rants de l'Atlantique Nord. Deuxième campagne de Y Hirondelle [C. It.tAc. 
sci., 20 déc. ISSO). 

Id. - The progress ol' marine biology {lioy. Inst. Great Britain, inay 27, 
I90i. :> p., 2 pi.). 

Id. — Zur Erlorseluing der Meere und ihrer Bewohner. Gesammelle Schirl"- 
ten des Fursten Albert I. von Monaco. Aus dem l'ranzôsisclien von 
Dr. Emil von Marenzeller (VV'ien, A. Hœlder, 1891, 207 p.). 

Bénakd (Charles). — Projet d'expédition océanographique double à travers 
le bassin polaire arctique (Imp. de Monaco, 1903,34 p.). 

BuGNiON lE.j. — La pariade de l'Empuse {Emj)usa egena Charp.). — {Rev. 
kist. nat.nppliq., lit, n» 3. mars 1922, 10 p., 1 pi.). 

Ch.wes (F. -A). —  Happort sur l'établissement projeté du service météorolo- 
gique international des Açores (Imp. de Monaco, 1900, 67 p., 4 pi., 2 car- 
tes). 

La Vaulx (R. de). — Les caractères sexuels et le problème de leur groupe- 
ment {Rev. gén. .'^ri, l,o juin 1922, 7 p.). 

Id. — Sur l'apparition d'intersexués dans une lignée de Daphnia magna 
(Crustacé cladocère), et sur le déterminisme probable du phénomène 
{C. R. Ac. sci., 26 juin 1922). 

MosTiCKKR. — Exposition universelle de 1889. Principauté de Monaco. Résul- 
tats des campagnes scientiliques du yacht l'Hirondelle {Génie civil, n" it, 
20juil. 1889, 31 p.). ' 

Pic (M.). — Description de Coléoptères Ilétéromères et Malacodermes nou- 
veaux recueillis dans l'Angola parla mission Hohan-Chabot (1919) {Bull. 
Mus. Paris, XXVII. p. 341-343). 

Id. — Nouveaux Coléoptères Malachides {Ibid., p. 419-422). 

Id. — Nouveaux Malacodermes du .Maroc (Insectes Coléoptères) {Bull Soc. 
sri. nat. Maroc, I, 31 déc. 1921, p. 146-147). 

Kichahd (Jules). — Sur un appareil destiné à démontrer que la quantité des 
gaz dissous dans les grandes profondeurs delà mer est indépendante delà 
pression {C. Jt. Ac sci., 14 dé'c. 1896). 

ScHRADER(F.) et Ch. SAUfciRWEiN. — Sur l'emploi du tachéographe Schrader 
potH- les travaux d'hydrographie (C R. Ac. sci., 16 nov. 1903 1. 

Student {Tlie). — 23 Ih january 1907 '.N. S., IV, n" II, p. '.01-432). 

TuHCHi.Ni (Dr Jean). — Etiute histologique de la poche du noir des Céphalo- 
podes dibranchiaux. Les processus cytologifiues de la sécrétion et de l'ex- 
crétion de lencre {Arrh. anat. micr., XVIII, p. 328-356^ pi. s.). 

Verne (J). — Contribution à l'étude des reins aglomérulaires. L'appareil 
rénal des Poissons Lophobranches (//.»/r/., .WIII, p. 357-403, pi. xi). 



^00 SÉANCE Di; 2i ucToBRi: 1*J'22 

SUR L'HÉRÉDITÉ DES ANOMALIES INTERSEXUELLES 
PROVOQUÉES EXPÉRIMENTALEMENT 

l'Ail 

R. de La VAULX 

« 

Dans une note préliniinaiie parue dans les C. R. Ac. Sci. du 
2<) juin 1922, j'ai i!uli(|ué comment j'étais parvenu à faire appa- 
vaître des ibrmes iutersexuellfs dans une liiiiu'e de Da/th/tia 
?na(/tia normalemenl inapte ;i la [)i'o<luc'lion de ces anomalies. 
J e désire appi^i'ler ici (]U(d(jues renseignements compb'Mnentaires, 
notamment au sujet delà transmission lnMcditaire de cette apti- 
tude ac<piise. 

Je rappelle brièvement les laits, en ])rérisant certains points : 
sept lemelles de 1). nuigna sont, dès hmr naissance, mises 
enseml)le dans un tuhe contenant, à peine, 1 centimètre cube 
d'eau, mais abondamment gai'ni <le Chiamijdonionas. Le conli- 
nement ainsi i-éalisé a pour résultat de mettre obstacle à r()Vo- 
génèse. On ne peut allriljuer ce fait à l'insuflisance de nourri- 
ture, car les Dapbnies prospèrent et se cliargent de réserves 
adipeuses. D'autre part l'aération est assurée par la présence des 
algues vertes, renouvelées de temps en temps. Il y a probable- 
ment lieu de mettre en cause l'action inhibitrice de produits 
d'excrétion. 

Après avoir été maintenues 4G jours dans ces conditions anor- 
males, deux de ces J);iplinies (DM" et DM') sont isolées et se 
mettent alors à pondre régulièrement. Lespi-eniiers descendants 
ne présentent rien d'anormal niciis, à partir de sa 10*' portée, 
DM' donne : 5 9 + 8 c? + ' intersexué; 2 oiufs avortés; 
39+3 inters. -f \ o'ufs avortés ; 1 9 + 1 c? -f "^ inters. ; 
2 c? + 1 9 ; '^"i embryon et 2 <eufs avortés ; 2 9 + 1 cT- L)^ 
son côté, DM* fournit, à partir de sa 13® portée : 2 9 -|- 1 inters. ; 
5 9 -|_ 1 çj< 4- 1 inters.; 5 9 ^ 1 cf. Enfin, une femelle (DM"), 
venant de la seconde portée de DM'\ donne dès la 7'^ ponte : 
lî) 9 -h 1 cf -h I inters. ; 17 9 [dont deux « carifrons » 
(tig. 1)J -h 1 inters. ; 10 9 + I inters. ; 10 9 + 2 inters. : 8 9 -f 

1 ^d'. ' 

J.es anomalies présentées j)aî' la descendance de DM* mon- 



SKANCK dl; 2i ocTouRK 1922 301 

(mit (jiir los oU'ols (lu ■'oiiliiiciuciit so foiil soiitir jusque dans la 
2'' génération et perniettcMiide prévoir que les iiitersexués pour- 
ront eng'endrcr, à leur tour, des individus portant des anomalies 
analogues, (^est, en eil'et, ce que j'ai pu constater. L'intersexué 
n» 2, né de DM', a donné : 3 9 + 1 cf puis 13 9 -h 1 inters. ; 
le n" i, venant de DM' a engendré d'abord 4 9 puis 10 9 + 
1 inters. Ces individus étaient évidemment élevés dans les con- 
ditions hal)ituelles. 

Il ne m'a pas été possible de poursuivre ces recherches, mais 
les faits exposés suffisent à établir que l'aptitude à produire des 
intersexués, acquise expérimentalement par />. magna, est héré- 
ditaire au même titre que celle que j'avais déjà étudiée chez 
/). alkinsoni ei dont l'origine m'était inconnue. 

Les 15 intersexués fournis par cette lignée de D. magna ont 
offert des formes et des dispositions tout à fait comparables à 
celles que j'ai décrites chez /). atkinsoni, mais il faut noter la 
rareté des anomalies du postabdomen, celui-ci étant pres({ue 
toujours du type femelle pur. Ola tient vraisemblablement à 
ce que, chez /). magna, le postabdomen de la femelle présente 
une concavité caractéristique qui accentue sa ressemblance 
avec celui du mâle. Il est curieux de constater que cette conca- 
vité, normale chez la 9 de D. magna, se rencontre parfois chez 
des D. atkinsoni intersexuées. Il fau(h'ait donc peut-être la con- 
sidérer comme un caractère primitivement sexuel, particulier 
au niàle, devenu secondairement spécifique. 

En dehors de formes intersexuelles, la lignée intoxiquée par 
le confinement m'a fourni quelques aberrations curieuses. J'ai 
rencontré à deux reprises une monstruosité déjà signalée par 
Kuttnek(I) chez D. pulex, et consistant dans l'atrophie de la 
région abdominale ou thoracique avec terminaison de l'intestin 
en cul-de-sac. Ces formes ne sont évidemment pas viables. 

Plus intéressante est l'anomalie suivante : dans la 8" portée 
de DM^. j'ai trouvé, outre 15 9 normales et un intersexué, deux 
femelles seml)lables présentant une profonde concavité frontale 
(fig. 1, en haut). L'œil inqjair était légèrement anormal et ne se 
prolongeait pas par l'habituel « organe frontal ». il faut noter 
que des formes absolument comparables ont déjà été signalées 
chez /). longhpina et chez D. piilt'r sous les noms respectifs 

(1) 1913. KuTTNEit{0 ).— Ueber Vererbung und Hfifîeneralion angelioreniT Mi«s- 
hildunsen b^i Cliiifncerpn (Arch. Enlinrkniprhn». 6491, 



302 



SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1022 



de cavifrom Sars et de Mtddfndorf/iana. Les D. magna « cavi- 
frons » se sont développées iiornialemcnt, qiioiqu un peii ])lus 
lentement que les femelles témoins issues de la même portée, 
mais elle n'ont pas transmis leurs caractéristiques à leur pro- 
géniture. Pourtant, dans la descendance de l'une d'elles, j'ai 
trouvé une autre anamolie curieuse (fig-. 1, en bas) : le front 
était surbaissé et l'œil impair, considéral)lement hypertrophié, 




Pu;. 1. — Daphnid /«r/r/«a aberrantes. 



était accob'^ à l'oùl composé, .b' rappelle enfin (]ue les embryons 
atrophiés et les (wufs avortésont été particulièrement nombreux 
dans les liguées issues des Dai)hnies élevées en confinement. 

Je crois que tous ces faits permettent déjà de tirer quelques 
conclusions. L'intersexuaiité ne parait pas être due, ainsi que 
le croient quebjues auteurs américains, à la présence d'un <( fac- 
teur « particulier, mais semble être une des conséquences d'une 
intoxication générale atteignant le « germen » et capable de se 
manifester par d'autres phéuoménes tératologiques. Il n'y a pas 
lieu, semble-t-il, de voir dans la transmission héréditaire des 
anomalies intersexuelles un cas d'hérédité de caractère acquis 
sensu stricto. Le fait est plutôt comparable à ceux que l'on 
observe, dans l'espèce humaine, dans les lignées dont les ascen- 
dants ont été soumis à désintoxications chroniques : alcoolisme, 



SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1922 SOIÎ 

saturnisme, etc. Dans les deux cas, il y a bien transmission de 
distpophies appartenant à des types assez limites, mais ces dif- 
férents types se répartissent irrégulièrement dans la lignée. 



SUR LES HETEROIVIERES AIV1ARYGIVIIN.€ rCOL.J. 

PAR 

M. PIC 

Plusieurs espèces àWmarygmus Daim., anciennes ou nou- 
velles, faisant partie de ma collection, à élytres foncés avec deux 
fascies élytrales sinuées jaunes ou roussàtres (et ayant parfois 
une macule supplémentaire antéapicale de même coloration) se 
distingueront à l'aide du synopsis suivant : 

1. Elytres sans macule antéapicale jaune ou rousse . . 3 
l'. Elytres avec une macule antéapicale jaune ou rousse . 2 

2. Protliorax entièrement noir ; élytres plus courts, à colora- 
tion foncière noire un peu violacée, à macule touchant leur som- 
met ; antennes très longues. Long. 9 millimètres. Bedagie. 

Amarygmus dîversipennîs n. sp. 

2'. Prothorax marqué de roux ; élytres plus allongés, à colora- 
tion foncière noire, à macule ne touchant pas leur sommet ; 
antennes moyennes. — La var. luteonoLotus Pic a les bandes 
jaunes (et non rousses) et les cuisses marquées de roux. Java 
et Sumatra Amarygmus fasciatus Geb. 

3. Fascie postérieure nettement oblique sur les côtés ; tibias 
antérieurs (^ à franges assez courtes 4 

3'. Fascie postérieure presque droite, quoique sinuée, non 
abaissée sur les côtés en arrière ; tibias antérieurs cf très lon- 
guement frangés. Long. 8-9 millimètres. Java ou Sumatra. 
Amarygmus longipîUs n. sp. 

4. Tibias antérieurs cf un peu sinués, ou presque droits et 
postérieurs droits ; cuisses foncées (sauf immatures). Annam, 
Birmanie, Formose Amarygmiis pUipes Geb. 

4'. Tibias antérieurs rf nettement courbés ainsi que les posté- 
rieurs; cuisses en partie rousses. Formose 

Amari/gmus fnrïnommis Pic, 



304 SÉANCK UL 2i OCTOBRE t*J22 

Qiiclquos ospôcesiiulofhiiioises, du groupe des Amar//f/minn\ 
dédites par moi, ou inédites, présentant une coloration générale 
foncée, sansfascies claires aux élytres, avec les cuisses inermes, 
se distinguent ainsi qu'il suit (1 ). 

1. Espèces noires 5 

1'. Espèces métalliques 2 

2. Espèces de moyenne ou petite taille, subovalaires ou allon- 
gées; élytres non, ou peu, striés, à rangées de points . . 3 

2'. Espèce de grande taille, un peu allongée ; élytres nette- 
ment striés-ponctués avec les intervalles plans et éparsément 
ponctués. Dessus vert métaHi(|ue avec bandes ou macules pour- 
prées. Long. 12-13 mm. Laos (Vitalis, in coll. Pic etViT.vLis). 
Amarygmus laosensîs n. sp. 

3. Subovalaire, d'où l'orme i)lus élargie au milieu. Dessus 
presque concolore i 

3'. ( Kalc-allongé, régulièrement atténué aux extrémités. Des- 
sus à coloration vai-iée, en partie pourprée. Tonkin 
Aninrj/(jmus adonis Pic. 

i. I']lylres avec traces de stries et des rangées de points pas 

très gros ; dessus olivAtre bronzé. Tonkin 

\rnarygmiis tonkinrKs Pic. 

i'. Elytres sans aucune trace de stries, à rangées de petits 
points, s'ellaçant en arrière, à fond violacé, intervalles peu ponc- 
tués; coloration du dessus verte, celle du dessous blone. Long. 

7 millimètres. Tonkin : lloa !{inli (c(dl. Pic) 

Amarygmus binhanus n. sp. 

o. Elvtnis fortement striés avec les intervalles nettement 
convexes ; cuisses foncées, non annelées 6 

5'. Elytres finement striés-ponctués. avec les intervalles pres- 
que plans; cuisses un peu annelées de jaune. Long. 0-11 milli- 
mètres. Laos (Yitalis, in coll. Pic et Vitalis) 

Dietysus subannulipes n. sj>. 

(). Elytres resserrés k la base ; 3*' article des antennes et sui- 
vants assez minces, non noduleux au sommet. Long. 12-L3 milli- 
mètres. Tonkin : Cbapa (coll. Pic et Vitalis) 

Dietysus atrîcolor n. sj). 

G'. Llvtres non resserrés à la base ; articles 3 à 6 des anten- 



[i] Ne sont pas comprises dsns le tableau les espèces du genre Anacycus Frrii. 
c'ei»t-à-iliri' : miniilux Pir et direrseptinctalun i'ie. 



sÉANci' ui] 2i (icruiîiîE 1922 303 

nos dilatés nodulciiseiiient à rcxti'éinito. Long. 12-1 i milliiiK'- 

tres. Laos (Vitalis, in coll. Pic et Vitalis) 

Dietysus Vitalisi ii. sp. 

Le Dictysits sultnintuUpt's niilii, parait voisin de latifron.s Grax. 
des Indes, avec une forme plus allons^ée et le prothorax moins 
arqué sur les côtés ; le I). airicolor inihi se rapproche de 
D./i/icornis Grav. avecune l'orme ditférente, les élytres étant plus 
rétrécis à la base et les antennes proltablement jjIus grêles ; 
quant an/). Vitalisi mihi, il est, par ses antennes, rapproché de 
nodicornis flrav. avec les articles 4 à (i nettement courbés et 
les tarses noirs. 

Eumolpocyrîogeton n. g en. 

Coi'pus brevis et latus ; antennis apice parum dilatntis ; pedi- 
hiis hrevibiis, tihiis valde curvatis^ femoribiis anticis spinosis. 

Ce nouveau genre, voisin de Cyriogpton Pascoe, s'en distingue, 
à première vue, par la forme courte et trapue du corps ainsi 
que par les pattes robustes, à tibias fortement arqués. 

Eumolpocyrîogeton convexum n. sp. 

Siibovatum, convexum, supra aUitaceum et olivaceo-subae- 
neum, capite antice, sculello, elytris lateraliter, infra cor pore 
7nembris(jue cyaneis ; thorace minute et sparse punctato ; elytris 
substriatis, médiocre lineato-pnnctalis, punctis violaceis, inter- 
vallis minute punctatis. Long. 10 millimètres. Tonkin : HoaBinh 
(coll. Pic). 

Cyriogeton semtalutaceum n. sp. 

Oblongo-ovatum, supra pro parte cdutaceïtm, purpureum aut 
auralum, capite antice, scutello, infra cor pore membri>ique viri- 
descentibus aut cjjaneis; thorace brce, alutaceo, minute et sparse 
punctato ; elytris latis et brevibw^, fere instriatis et minute 
li neato-punctatis , interrrdlis minu le su ba lu tacei s et minute pmnc- 
tatis. Long. 15-16 millimètres. Laos (Vitalis, in coll. Pic et 
Vitalis). 

Voisin de C. tonkineuui Pic, distinct, à première vue, par le 
prothorax presque mat et alutacé. 

Le Cyriogeton laosense mihi (du Laos, in coll. Pic) par sa 



306 SÉANCE DU 21 OCTOBRE 1922 

forme robuste ressemble au précédent, mais il est bronzé, très 
l)rillant en dessus, finement ol éparsément ponctué sur le pro- 
thorax, à peine sur les élytres qui otlVont des traces de très 
fines stries ponctuées. 



MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES DE LA HAUTE 
VALLÉE DE LA VÉSUBIE (ALPES-IVIARITIIVIES). 



rAR 



le Commandant E. CAZIOT 

Ayant constaté, lors d'un séjour à Saint-Martin Vésubie pen- 
dant le chaud été de 1022, rexistonce de Molluscpies terrestres 
que je n'ai pas signalés dans la « Faune des Mollus({ues terres- 
tres et fluviatiles (hi (h'partement des Alpes-Maiitimes », j'ai 
été con(kiit à en tii-er ses conséqueneesphysi(dogiques et à étu- 
dier la dispersion géograpliique de certains d'entre eux. 

IJouRiiUKiNAT, en 1860, a décrit sans les figurer, trois espèces 
d'IIelix que ses collaborateurs lui avaient envoyées des environs 
.le Saint-Martin sans mallieureuseineut indi({uer le point, même 
approximatif, où ils les avaient recueillies. Il s'ensuit ({ue, étant 
donnée surtout leur grande rareté, il est impossible de les retrou- 
ver et qu'on vient à douter de leur existence. Une d'elles ï Hclix 
Blaint, (pii a été recueillie en compagnie de ÏHclix niciensis 
l'ér. et de Vllrlix cespilum Drap., doit pouvoir être trouvée 
sur la rive droite de la Vésubie, à partir de Vcnanson, où l'on 
peut recueillir, en etlet, ces dernières espèces sur les roches 
calcaires de ce point. La rive gauche n'est composée que de 
roches silicatées où l'on ne trouve aucune co(juille; il faut des- 
cendre jusqu'au bas de la rampe qui conduit aux bains de Ber- 
themont, sur les dé2;)ôts glaciaires, pour trouver des espèces de 
la section des Fniticicola et autres Mollusques. D'après Bour- 
GUiGNAT, Vlielix li/aisi. n'appartient à aucun groupe 4e sa con- 
naissance. Elle rappelle par l'ensemble de son galbe YHelix 
hathozonn de Nevill (espèce que je ne connais pas et que je 
n'ai pas vue relatée dans le travail de Nevill sur les grottes de 
Menton). 



SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1922 307 

V Hélix Millieri, que l'auteur signale près du col de Fcncs- 
fre, à 2.500 mètres d'altitude, est une Carnpylœa. Elle ne fait pas 
partie de la faune française, le col de Fenestre se trouvant en 
Italie. Je l'ai vainement cherchée autour des lacs voisins du col. 
Toute cette région est d'ailleurs gneissique, je n'ai trouvé aucun 
JMoUusque, pas même des Limnées qui ne sauraient vivre dans 
ces lacs où ne croit aucune plante aquatique ; pourtant le Musée 
de Turin en possède un spécimen, avec une étiquette indiquant 
qu'il a été recueilli aux environs immédiats du cap Nègre 
(C. Pollonera). 

La S*' espèce indiquée et décrite par Bourguignat est XRclix 
.s'?^/;«?<.s^rmca qu'on dit vivre aux environs de Gap (Hautes-Alpes), 
à Florence (Toscane) et à Verlaka(Dalmatie). Elle a été trouvée 
depuis, le long de la chaîne des Alpes, en Dauphiné, Savoie 
et dans le Maine-et-Loire, etc. Mes variétés depressa et Gohiji de 
V Hélix nemoralis des Alpes -Maritimes doivent être rapportées 
à la suhaustriaca. Cette espèce, et les variétés sus nommées, 
vivent sur les roches calcaires à l'entrée de Venanson, près 
Saint-Martin Vésul)ie. Elles s'y trouvent~en compagnie de \ Hé- 
lix miifasciata Poiret, dont l'aire de dispersion est considéra- 
ble ; VHelix hortensis, plus rare que la nenioralis , VHelix 
aspersa Mûller commune partout elles Hélix dismasthia Nevill 
et mauriciensis Pollonera, qui sont des variétés de V Hélix cespi- 
tinn Draparnaud. 

Ces deux dernières espèces vivent en colonies, au pied des 
Graminées, tandis que la niciencis se trouve sur la surface des 
rochers ou dans leurs anfractuosités, principalement sur les bords 
du chemin muletier qui passe au col Saint Martin et qui conduit 
dans la vallée de Valdeblore où Fou peut encore recueillir ces 
 Hélix. 

Aux portes de Venanson vit Y Hélix pomatia L., dont je fais 
connaître ci-après la dispersion géographique (1). Si on ajoute 
à ces Mollusques le Pupa similis Bruguière avec ses variétés 
pachijfjastra West, et unifasciata Caz. on aura le sentiment de 
la faune des Mollusques terrestres et fhiviatiles de cette région 



(1) La dislribution géograpliique de VHeli.r uiciensis Fér. a été faite par 
BiÔRENGUiER ilans sa « Faune des Moll. du Var » et complétée par îmoi dans la 
Feuille des jeunes naturnlisles de 1903, n" 3(j7 et 390. 

La dispersion du Pupa similis Brug. a été établie par Margier et par moi (Voir 
Feuille j. naturalistes de 1910, «p. 447). 



308 SKANCE j>i; 2\ ocruiini; 1022 

et on pouiM'O la comparer avec crlle du haut Vai- cl du liaiil 
Verdon (I). 

J'ai vaiuenient elierché le P///in. maritima Locard et le Cori/na 
car la Loeard ainsi que la Lbnnea Lnugsdor/fi lîrut., mais j'ai 
fonstatc l'existence de la Limnea apricann lh\i;t. aux portes mêm(! 
de Saint-Mai'Hu et de la Linincd nivnUs Briit. que Hoi Hdi ic.nat 
dit ne pouvoir vivre que dans les lacs alpins et seulement dans 
ceux où se trouvent quelques plantes qui leur servent de nour- 
riture; cette Limnée, bien ty|)iquepar sa forme, ses dimensions, 
sa coloration viJ, en ai>ondance, dans'uii abreuvoir en pierre, 
à I kilomèti'e environ avant Tentrée de Saint-Martin. 

La j)auvi*eté en Mollusques a(juati(pies a pour raison l'allure 
torrentueuse des cours d eau tels que le Horeon et le torrentdela 
Madone des Fenêtres «jui se réunissent à Saint-Martin, consti- 
tuant ainsi le torrent de la Vésubic 

Les ruisseaux, les fossées d'arrosage nombreux, qui sont 
creusés dans la ^allée et sur les pentes, sont tantôt remplis 
d'eau s'écoulant avec vitesse ou bien sont complèten»eut à sec. 
Les Mollusques aquatiques ne sauraient y vivre. 



DISPERSION GÉOGRAPHIQUE DE L'HELIX POMATIA 



PAR 



le Commandant CAZIOT 

V/Iell.T po})iatia, bien connue sous le nom d' « Kscargot de 
Bourgogne », se trouve en abondance dans la plus grande partie 
de la France, principalement dans l'est et les régions septentrio- 
nales et centrales. Il n'est pas certain qu'elle y soit indigène et 
paraît y avoir été introduite, du moins en quelques points sinon 
partout, d'abord, par les Romains qui l'élevaient dans des parcs 
dits Coc/ilenria et, plus tard, par les moines qui les faisaient 
venir de l'Europe centrale et qui en consommaient en quantité, 
comme aliment maigre. Aujourd'bui cette espèce vit presque 



(1) La faune des Mollusques du haut Var(CAzioT) a éto publiée dans la Feuille 
dea j natural. en 1892, n^iQi, et la faum^ des Mollusques de la haute vallée de Ver- 
don (Margier) dans le morne Bulletin n" 399, en 1904. 



SKANCE UU 21 OCTOBUE 1922 3<)t) 

partout, mais elle ne ^c rapproche pas de la mer. Dans le 
midi elle n<^ dépasse pas la (iaronue. 

Si nous la suivons en partant du département des Alpes-Mari- 
times, nous la trouvons dans la vallée de la Roja à Saint-Dalmas 
de Tende et près de Breil ; dans la vallée de la Vésubie, près 
Saint-Martin (1600 m.), à Venanson, la Hollène, dans la vallée 
de la Tinée à Touet de Breuil ; et dans la vallée du Var à Puget- 
Théniers et Entrevaiix. 

Dans le département du Var, elle habite la région subalpestre, 
dans le nord du département, dès lors, ayant, comme dans les 
Alpes-Maritimes, émigré des Basses-Alpes, où elle s'élève jus- 
qu'à 2.000 mètres. 

Elle existe de temps immémorial dans ce département du Var 
où elle s'est parfaitement acclimatée sans se répandre plus au 
sud (BérEiNguier). 

Elle n'est pas signalée dans les Bouches-du-Rhùne (1). On la 
trouve un peu partout dans le département de la Lozère, même 
sur les micaschistes, excepté dans les basses vallées du tlardcni, 
trop chaudes et trop sèches ; de la Lozère elle a gagné la région 
montagneuse limitrophe du Gard (mont Lozère, Aigoual jus- 
qu'au Vignal (Margieh). Elle a été signalée dans l'Hérault à 
Saint-Guilhem-le-Désert par Moitessier. Cela n'est pas impossi- 
ble, surtout dans la chaîne de l'Espinouse et duSaumail, quoique 
les montagnes de cette région soient moins élevées que celles 
de la Lozère et du Gard. 

Par la vallée du Rhône elle est descendue jusque dans le 
Gard et Vaucluse où Mourgues l'a indiquée à Sainte-(Jécile et 
MAR<iiEK la vue dans la j)artie niontagneuse avoisinant la Drôme 
(canton de V^aison). 

Je ne crois pas que Ton aitcherclié à l'acclimater àNimesnià 
Marseille si ce n'est au temps des Romains, car le climat sec et 
chaud ne leur est pas favorable. 

Dans la Gironde un essai de ce genre a parfaitement réussi, 
l'espèce a même tellement prospéré dans les endroits où on 
l'avait semée (ju'elle est devenue un fléau pour la vigne ; en 
revanche la tentative de l'acclimater aux environs de Perpi- 
gnan a complètenu'nt échoué (Margier). 

(1) Nota : Le .\atioiial geof/raphical Mncjasine de Wasliington fiu mois de 
juillet 1922, qui indi(|ue des colonies (VHeiix jiomntin dans la Camargue a été 
induit en crniur. 



310 SÉANCE DU 2i OCTOBRE 1022 

Elle ne dépasse pas lu (laioime. 

J'imiore si elle existe dans le Tarn-et-Garonne, mais elle est 
coniniunc dansTAreyron, lo Tarn. 

Rare dans la (lliarente-lnirrienre. 

l*as siynnlée dans l'Aude. 

Commune dans l'Aveyron, la Hante- Loire, la Nièvre, l'Yonne, 
l'Oise, l'Eure, la Côte d'Or, l'Auvergne. 

Sur les terrains calcaires de INlaine-et-Loire (l^. Germain). 

Dans l'est elle est comnuine dans la Drômc, la Haute-Savoie 
la Tarcntaise, le Jura, où elle s'élève à 1 .700 mètres, la Gùtc 
d'Or. 

.loussEAU.ME la signale près de Paris à (!lhampigny, Issy, Ver- 
rière, etc. 

Dans la Marne, dans les environs de l{eims, on peut recueil- 
lir de très nond)reux spécimens oli'rant des cas très curieux de 
tératologie (1). 

Dans l'Orne, la Seine-Inlerieure, on la trouve à toutes les 
expositions mais, sans nul doute, loin de la mer. 

Dillérents auteurs : I" Ter(jlkm : « Essai sur le classenuMit des 
animaux xpii vivent sni' la plage et dans les environs de Dun- 
kerque »; 2" «Flore de l'airondissement de b'urnes et d'une 
partie de celui d'V[)res >' (Ypres, sans date); 3" Detellemaere, 
(' Mollus(jues et animaux articulés », ont signalé YHe/ix ponm- 
tia, (j[u'ils ont confondue sans doute avec VHe/ix a.spersa,àa.ns 
le Nord et le Pas-de-Calais, mais le docteur Boi ly de Lesdain, 
botaniste et concliyliologue distingué, (pii a parcouru toute 
cette région, ne l'a jamais rencontrée, pas plus dans le Pas-de- 
Calais (|ue dans la Somme. 

Elle n'existe donc pas en Hfdgique, du moins dans la région 
voisine du nord de la F'rance, mais on la trouve en abondance 
dans la partie méridionale du Luxembourg, principalement le 
long de la Moselle. Elle devient plus rare dansFOEsling. i\L Fer- 
RAND indi([ue, en ces points, de nombreux cas de monstruosités 
chez cette espèce. 

Dans tout le Jura, dis-je, elle est conunune mais elle ne l'est 
pas dans tout le pays des environs de Berne. Elle n'a apparu en 
Suisse que pendant la période xerotliermique et n'est devenue 



(1) Voir Itioiera, scientifique, Nicîe, n" 3 de 1916, pi. i, au sujet de ces mous- 
txuosités. 



SÉANCE DU 24 OGTOURK 1922 311 

extrèiiieiiient abondante que' j)cndant le quaternaire récent 
(Piaget). Dans les Alpes elle s'élève à i.<S()0 mètres; la variété 
parva s'élève à 2.00Ô mètres dans les Hautes- Alpes. 

hlhlix pomalia descend dans toute l'Italie septentrionale, y 
compris le Piémont, jusque dans rEmilie. mais ne dépasse pas 
l'Apennin toscan. Les environs de Nice sont ses limites méridio- 
nales. 

Elle vit dans la Bavière, le Wurtend)erg, la Bulgarie, Rou- 
mélie orientale, Monténégro, nord de l'Albanie, la Thessalie, le 
Pinde. 

La Gyrénaïque renferme beaucoup de Poniatia mais pas 
Y es])èce poma lia elle-même. 

En Palestine, Gilicie, Iles Ioniennes, Rhodes, Crète, Chypre, 
vivent des espèces du groupe Pomalia mais le Pomalia pomatia 
ne s'y trouve pas. 

Cette répétition du nom générique par le nom spécifique est 
très défectueuse. C'est une faute visée dans tous les Congrès de 
zoologie et de paléontologie. 

Le nom générique serait avantageusement remplacé par 
celui de Cryptomphalus Agassiz ou Charpentier (Catal. Moll. terr. 
et fluv. de la Suisse) ou bien par celui de Cœnatoria Held [Isis. 
p. 910). Ces deux vocables sont de 1837, mais je ne sais pas quel 
est le plus ancien. Le sous-genre Cryptomphalus est accom- 
pagné delà mention 1837, msc. (manuscrit) dans le « Nomen- 
clator zoologicus » d'AGASSiz, avec renvoi au catalogue de Char- 
pentier, 

Les auteurs étrangers, principalement les Allemands, ont 
imposé à cette section, les noms de Pomatia et Ilelicogena. Ces 
deux noms sont inadnussibles, car la section Helicogena se com- 
pose de groupes très disparates et ne saurait être restreinte aux 
groupes de Pomatia ou autres groupes affines et ne correspond 
que très imparfaitement au groupe des Hclix. tnuralis^ serpen- 
tina^ etc. 



H12 SÉANCE l)i; 24 OCTOBHE l'.>22 

VARIATIONS DANS LA FORME DU CORPS, LA POSITION ET LA 

FORME DES TESTICULES CHEZ DICROCŒLIUM 

LANCEOLATUM ( RU DO L PHI) 

OBSERVATIONS SUR LA POSITION SYSTÉMATIQUE DE QUELQUES 
DICROCŒUIN/E. NÉCESSITÉ D'UNE RÉVISION SYSTÉMATIQUE DES GENRES 
DE LA SOUS-FAMILLE DES DICROCŒUIN/E (LOOSS) ODHNER EMEND 

TAU 

Robert-Ph. DOLLFUS (I). 

Kn exuniiuHiil iiii assez grand nombre d'exemplaires de Dicro- 
co'liinu Idineolalutn lliid. du foie de Moufon, on remarque d'im- 
portantes dillerences individuelles portant primipalement sur 
la forme et la position des testicules et de l'ovaire, sur l'exten- 
sion des vitellogènes, sur la forme {générale du coi'ps. 

La position relative des testicules, chez les exemplaires lixés, 
dépentl évidemment, dans une certaine mesure, de la position 
qu"occu])aient ces organes au moment de la fixation et l'on sait 
que, sur le vivant, on voit les organes se déplacer et occuper 
des positions relatives dilFérentes selon les mouvements de l'ani- 
mal '^2). L'étendue de ces déplacements n'est toutefois pas suf- 
lisante pour expli(pier certains écarts de grande amplitude 
qui s'observent non seulement dans la position mais dans la 
forme des testicules (3i et de l'ovaire de nombreux individus. 

(1) Noie préscntne dans la soance du H juillel 1922. 

(2) Fn se basant sur IVxanien d'un trop petit nombre do spécimens poui- établir 
une diagnose, on risnue de ne pas tenir romph; drs variations, souvent Irrs éten- 
dues, ((ui (iéi)endont de làge des indi\idus, île i"état fie ri'plélion de lulérus, du 
la conlrailion ou de l'extension, etc... 11 peut arriver (|ue la diagnose ne s'appli- 
que pas à d'autres spécimens de la môme espèce ni môme du môme genre. Si, 
par exemple, une diagnose indique: «testicules sytnétriqnes » et que les spéci- 
mens à délerniiDcr ont les testieides pres(iue l'un derrière l'autre, l'identification 
devient très diflicile. 

Un bon exemple d'espéré monlraiit iim; i,'rande variabilité dans la position des 
organes internes est A llacanl hochas mus varias H. J. van Cleave (19:22. p. 1-8. fig. 
texte 1A-IG. 2, pi. i, fig. !-(>) de l'intestin de Jloccus chri/sops Hat. du Mississipi 
et lacs tributaires et de Sandusky (Oiiio). Dans la diagnose du genre comme dans 
la description de l'espèce, va.n Cleave a particulièrement insisté sur l'importance 
de celte vaiiatnlité de position relative des organes. 

(3) Plusieurs auteurs ont déjà lait remarquer que chez D. lanceolalum Rud.. 
les testicules présentaient des variations. 

Mehi.is ( 182.Ï, p. 28) dit que le testicule postérii;ur est le plus souvent plus grand, 
que le contour n'est pus généralement orbicuhiire ni toujours entier, mais inéga- 
lement iniîisé ou légèrement lobé. 



SÉANCK DU 'M OCTOBRE 1922 31H 

On trouve des exemplaires de />. laiiceolatuni Kud. ayjintlcs 
testicules situés : 

a) ohliqueiiKMil l'uii ])ai' rapport à Tauli'e, le droit <'ii avant 
du i^auclie, 

|j) ohliquenuMit l'un pai* rapport à l'autre, legauciie eu a^ant 
du droit, 

y) symétriquement ])ar rapport au plan sagittal, 

o) directement l'un derrière l'autre (en arrière de la ventouse 
ventrale"). 

Ces testicules peuvent être : 

a) globuleux ou jîlus ou moins ellipsoïdaux, à bords entiers, 

3') plus ou moins compacts, à bords en partie entiers, en par- 
tie lobés (1), 

y) plus ou moins compacts, à bords entièrement lobés, 

o) de forme très irrégulière, à bords profondément lobés et 
même laciniés ou ramifiés. 

Ces caractères peuvent être parfois assez accentués pour que, 
si on considérait isolément certains exemplaires, on soit tenté 
de les rapporter à d'autres genres que Dicrocœlimn, (par exem- 
ple Platynosomwn, Lyperosomum)^ ou môme de créer pour 
eux des genres nouveaux, ce que sendderait aussi justifier la 
forme générale du corps, l'extension des vitellogènes, la posi- 
tion et la forme de l'ovaire, etc. 

11 existe cependant de nombreuses formes de passage et le 
polymorphisme de D. lanceolaliun Rud. comporte des limites 
qu'il est bon de jjréciser, leur étude conduisant à des conclusions 
générales s'étendant à des Distomes d'autres groupes. 



Dans la descriplion donnée par Leuckaut (1863, p. G97), les testicules sont des 
sacs aplatis, à bords iirégulièreaient ocliancrés ou lobés, partois coinplèleinent 
arrondis, ce sont les bords latéraux qui montrent des échancrures alors que les 
bords antérieur et postérieur, entravés dans leur extension par les organes 
iidjacents, présentent une ligne plus directe. La lortue des testicules apparaît 
"t côMiiuc s'ils avaient été repousses de dilVérenls cotés vers la ligne médiane ». 
Leuckaut (I8.S6, p. 371) ajoute (]ue le bord antérieur du Insticuh; postérieur pré- 
sente, à droite, une expansion en l'orine de coin s'avançant conire le testicule 
iinlériciir «[ui montre une écliancrure correspondante. 

il) Il peut arriver qu'un des li;sticules ait les bords tout \v fait réguliers etl'aulro 
1rs bords plus ou moins lobés, S. Jacouï (I899-1'.IUU. pi. i, fig. (i) représente un 
individu dont le testicule antérieur, légèrement dé\ié vers la gauche, de l'orine 
ellipsoïdale, a un contour tout à lait régulier; le testicule postérieur de forme 
moinsrégulière, est pres(|ue médian ; l'ovaire; qui est spliérique est aussi médian. 
Chez l'autre exemplaire (iguré par Jacoiiv u'6^'<^., pi. i, lig- 7) les deux testicules ont 
leurs contours presque réguliers, leur position en diagonale est normale; l'ovaire 
est spliéricinr rt iiormalemcMl situé au-dessous du testicule gauche. 



/ 



-0 



'lie?» 



îii4 



SÉANCE DU 24 OCTÛBIVE 1922 



Jo n'ai pas oliservé toutes los comhinaisons des caractères 
apvo avec a'jB'y'^ ' peut-ètre irexistent-elles pas toutes et l)eau- 
coup d'individus ont des caractères intermédiaires qui nioii- 




FiG. 1. — Dicrocœlium lanceolalum Ru'l. \u par la face dorsaln. 
Fig. 1. — Longueur : 4.4 ; largeur, 1,88 ; diamètre inoycn de la ventouse orale : 
0,32 ; dianiôlre luoyen de racetabulum : 0,35; diatnèlro traneversai du pha- 
rynx : 0,10 ; œufs : environ 37 a-37 « osur:2^' a— -3tA a. 

trenl combien sont artificielles les dèliuiitations auxquelles on est 
trop souvent oldigé d'avoir recours en systématique. 

Le cas y.-'i' est considéré comme le cas général, le testicule 
antérieur est à droite, le postérieur à gauche, tous deux empitV 
tent sur la lig'uc médiane, les ijords antérieur et postérieur de 



SÉANCK 1»U 24 OCTOUHK 192*2 



3i;> 



chaque testicule sont à pou près réguliors, les bords latéraux 
présentent des iiieisures[)eu profondes, imlicjuaut doux ou trois 
lobes, ou bien sont partiellement sinués. 




FiG. 2. — Dicr. lanreolatum Rud. vu par la face dorsale. 
FifT. 2. — Lonfi:ueur : 5,85 ; largeur 1,8; diatiu'tro moyen de la ventouse orale : 
0,40; diamètre moyen de raci;tiibuiuin ; 0,300-0,575 ; diamètre transversal 
du pharynx, 0,14 ; œ.ifs : environ 37 a 5 x 24 ; \M u 5 x 27; 38 w. 5 x 28,5 ; 
30 tA 5 X 28. 



Dans le cas l^-fi', la disposition est inverse, c'est le testicule 
gauche qui est antérieur, l'ovaire se trouve alors à droite. 
L'exemplaire figuré par Railliet (1893, p. 357, fig. 286), par 
exemple, présente le (( situ.s invcrstis ». l/amphitypic est fré- 
quente chez Dicrocœliwn lanceolattnn Hud. Sur 15 individus. 



:n(> 



SÉANCE DU 24 OCTOURE i9±l 



Séverin Jacoby (181)9, p. 1); 11)00, p. 9) cnii trouvé dix ayant le 
testicule antérieur à droite de lutérus et l'ovaire à gauche ; les 
cinq autres avaient le testicule antérieur à gauche et l'ovaire à 
droite. Sur (KiC individus, J. Hollack (t902, p. 868) en a trouvé 
333 chez lesquels le testicule antérieur était à droite avec 
l'ovaire à gauche, et 333 présentaient la disposition inverse, aussi 




Fk;. 3. — Dicr. lanceolatum Rud. vu par la face ventrale. 
Fi;^. 3. — Longueur : 3,13 ; largeur 1,85 : dianièlro moyen de la ventouse orale : 
0.33 ; diamètre moyen de l'acetabulum : 0,3fi ; diamèlre transversal du pha- 
rynx, 0,10 ; œul>, environ : 36 u— 40 a X 22 u. 

.1. IIoLLACK (11102, p. 869) conclut qu'il n'y a pas de raison pour 
C(Uisidérer une disposition connue plus normal»' (jue l'autre. 

Les cas a--/ et |j-y' sont assez fréquents. L'exemplaire repré- 
senté, lig. I, correspond j'i la comljinaison [j-y' (si/us i/irersus)^ 
on reniar([iiera «mi outre <|ue l'ovaire est un peu plus en arrière 
du testicule postérieur (ju'il ne l'est en général ; il est grossière- 
meid lo])é ; les vitellogènes, surtout à gauche, s'étendent sur 
une hauteur relativement un peu plus faible qu'à l'ordinaire. 
Chez l'exemplaire de la tigure 2, l'extension des vitellogènes est 
celle que l'on ol)ser\e le plus souvent. 



SÉANCE DU 21 OCTORRK 1922 



317 



Les cas a-o'et ^-o' sont plus rares. L'exemplaire représenté 
fig-. 3 correspond à la combinai- 
son ^-o' [situs invendus). Les testi- 
cules y sont nettement ramifiés, 
de même que Fovaire, les vitello- 
gènes sont très ramassés, la forme 
générale du corps s'éloigne consi- 
dérablement de la forme lancéo- 
lée ordinaire, ce (jui est encore 
accentué par la contraction (jue 
présentait l'animal au moment 
de la fixation (1). 

Le cas v-a' est exceptionnel. 
Il a été constaté une fois par 
Neveu-Lemaire au cours d'une 
séance de travaux pratiques à la 
Sorbonne (foie d'un mouton des 
abattoirs de Paris). On trouve 
une reproduction du croquis ori- 
ginal de Neveu-Lemaire dans la 
3'^ édition de son « Traité de para- 
sitologie humaine » (1906, p. 234, 
fig. A). Les testicules sont peu 
écartés l'un de l'autre. Je n'ai pas 
moi-même observé de cas corres- 
pondant ày -a', y-[j', y-y', y-^', mais 
seulement des cas assez rappro- 
chés de y-^' et y-y'. Dans ces cas, 
l'espace intertesticulaire était tou- 
jours inférieur à la largeur d'un 
des testicules et le bord antérieur 
des testicules dépassait très peu ys^s-ï^^^^*' 

Fig. 4. — Dicr. lancealatwn Uud. 
vu par la face dorsale. 

Fig. 4. — Longueur 7,8 : largeur 
1,2r) : diamètre moyen de la ven- 
touse orale : 0,35; diamètre mo- 
yen de racetabuluin : 0,42.t ; dia- 
mètre transversal du pharynx : 
0,127 ; œul's, environ : 37 u .5 
X 28,7, 42 u. X 23, 42 a 5 x 27,.j 
42 j. 5 X 30. 




(1) Cet exemplaire m'a été communirjué 
par mon ami Langeron f|iii l'avait remar- 
qué parmi un grand nombre d'autres des- 
tinés aux séances de travaux pratiques du 
laboratoire de parasilologie (Faculté de 
médei-ine de Paris). — Les autres exem- 
plaires figurés proviennent de la collection 
de ce laboratoire. 



\ 



318 



SÉANCE DU 24 OCTOBRK 1922 



OU pas, en avant, le niveau du ]H)vd postérieur de la ventouse 
ventrale. 

Les cas o-a', o-p', o-y' sont moins rares, mais ordinairement 




Fie. 5. — Dicr. lanceolatum Rud. vu par la face vontrale. 

F'g. 5- — Longueur: 4, .=5; largeur 1,6: diamètre moyen de la ventouse orale : 
0.28 ; dinmétre moyen de l'acetahulurn : 0,39 ; dianiMre transversal du pha- 
rynx ; 0.1.3 ; œufs, environ : 37 a, 5 x 21 a 5, 37 u 5 x 22 a 5. 



un des deux testicules est légèreiueiit dt-vié n droite ou à gau- 
che, de même que l'ovaire. 

L'exemplaire de la (if;ure2l, de la planche de Mehlis (1825), 
correspond à o-[i', maisle testicule antérieur est un peu adroite. 



SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1922 310 

L'exemplaire de ma figure 4 a son testicule postérieur un peu 
cà gauche, comme l'ovaire ; ou peut néanmoins le considérer 
comme un cas o-a' ; on remarquera que les testicules sont mas- 
sifs et volumineux, que les vitellogènes sont peu étendus relati- 
vement à la grande longueur du corps. L'exemplaire de ma 
ligure 5 est à peu près un cas 8-y', toutefois, si le testicule anté- 
rieur est un peu dévié à droite, le testicule postérieur et l'ovaire 
sont bien médio-sagittaux. 

C'est seulement après avoir examiné un grand nombre d'in- 
dividus plus ou moins aberrants par rapport au type moyen que 
nous nous sommes rendu compte, pour chaque caractère, des 
limites de sa variation. 

Quelques auteurs en se basant sur l'existence, chez /). lancpo- 
latum Rud. (= D. lanceatum Stiles et Hassall), de certains carac- 
tères limites, ont cru pouvoir rapporter à cette espèce des for- 
mes, qui en réalité, ne lui appartiennent pas. 

Sous le nom de « Dicrocœlmm lanceolatum St. et Hass. var. 
sipnmetriciun )>, H.- A. Baylis (1918, p. 111-114, planche) a 
décrit un Dicrocœiide à testicules symétriques, couipacts, légè- 
rement lobés, surtout sur leur bord externe, à ovaire de forme 
variable et lobé, dont de nombreux exemplaires avaient été 
recueillis chez un Chat à Georgetown ((iuyane anglaise). Il 
s'agissait en réalité de l'espèce déjà connue sous le nom de Pla- 
tynosomum fastosinn Kossack (^1910, p. 11(3-117, fig. 2, dans le 
foie et la vésicule biliaire de Felis minuta Temm., jardin zoolo- 
gique de Kœnigsberg), ce que reconnut lui-même Baylis (lettre 
inédite). 

Les différences soigneusement relevées par Baylis entre son 
Distome du Chat et/), lanceolatum Rud. sont extrêmement fai- 
bles en dehors de la position des testicules : la poche du cirre 
est un peu plus petite, les dimensions moyennes des œufs 
(42,5-50 ;jL X 30-3) [x) sont un peu plus grandes. 

La position des testicules ne constituant pas un caractère dif- 
férentiel de grande valeur, Baylis estima qu'il pouvait tout au 
plus s'agir d'une variété de i). lanceolatum Rud., d'oi^i le nom 
de !' symmetricum ». \ 

Cependant si nous examinons la position des testicules chez 
la forme décrite par Baylis, nous remarquerons que leur bord 
antérieur atteint le niveau du milieu de la ventouse ventrale, ce 
qui n'a jamais lieu chez les exemplaires de D. lanceolatum Rud. 



320 SKANCE DU 24 OCTOBRE 1022 

à tosticiilos plus ou moins syniétri(jues <lo mes cas v-j3' et y-y'; 
ce caractère et celui de la moyenne des dimensions des œufs 
mesurés par Baylis sont en dehors des limites de la variation «le 
/). lana'olatuni Rud. Quelques diilerences existent entre les 
exemplaires étudiés par Baylis et ceux étudiés par Kossack, elles 
renseignent dans une certaine mesure sur les variations de la 
mor])hol<)gie de Platt/nosonium fastosumKo^^. : les exemplaires 
de KossACK se séparent de />. lanceolatum Rud. par d'autres 
caractères que ceux de Raylis. 

Dans la description de Kossack, les testicules sont en effet tous 
deux complètement en arrière de la ventouse ventrale (ils sont 
en outre plus grêles, plus profondément lobés, plus éloignés 
l'un de l'autre que chez les individus décrits par Rayms, l'ovaire 
est plus découpé et situé plus loin du testicule postérieur), les 
œufs mesurent (),03()7-(),()408 X 0,024o-0,0274. 

Kn ce (pii concerne les testicules, on pourrait vraisemblable- 
ment, parmi de nombreux individus de /). lanicolnhun Rud.. 
en trouver exceptionnellement un qui présenter.iit la même dis- 
position, cej)en(h»nt la symétrie des testicules étant, non i)as 
une limite extrême de variation, mais la règle chez PL fa^lo- 
mm Koss. on ne pourrait se baser sur ce caractère pour réunir 
les deux espèces. Kn ce ([iii concerne les mesures faites par 
KossACK pour b's (iMifs. cUesne sont pas toutes incompatibles 
avec celles des omiIs de />. hinccolaUim Rud., mais elles per- 
metteiil de ju'évnji- (jue si on construisait une courl)e de varia- 
tion des œufs de l^lnli/nosomitm fastosin/i Koss. et une coui'be 
de variation des œufs de />. la/nrolali/m Rud., ces deux courbes 
ne seraient pas superposables bien que se coupant en plusieurs 
points. 

Nous reconnaissons néanmoins, avec Baylis (lettre inédite) que 
cette délimitation entre les genres Plan/nommum et I)icroco>- 
lium, s. str. repose surdes bases bien fragiles en raison de l'em- 
piétement des caractères d'un genre sur l'autre. Pour distinguer 
les deux genres il faut connaître l'amplitude des variations oscil- 
lant autour du type moyen de chacun (1). 

Par rapporta « Dicrocœlium > . « Platynosomum >• nous semble 
avoir tout au plus la valeur d'un sous-genre. 



■1) Il n"nxiste pas non plus de dilTi-rences constantes dans la forme el la disposi- 
tion (Us vitellogi-nes, la cuticule, la forme générale du corps, l'étendue des circon- 
yiihilirm* nliTiiifs. ntc. . 



SÉANCE DU 2i o:TonRE 1922 32t 

La variabilité de la position des testicules et de la forme 
générale du corps est fréquente chez les Dirrocrp/inrp. 

Chez Dicrocœlium macaci il. Kobayashi (li)lo ; 1921, p. ÎÎ80, 
386-389, ilO, pi. xxiv, fig\ 5-8), du foie de Macacus speciosiis 
F. Cuv., du Japon, qui a les testicules de forme irrégulière, à 
bords plus ou moins entiers ou lobés, KonAYASin a remarqué que 
certains spécimens allongés, ayant leur plus grande largeur 
un peu en arrière du tiers antérieur du corps et un peu en 
arrière de la ventouse ventrale (comme en général chez Plafy- 
nosomitm), avaient les testicules placés tantôt le droit en avant 
du gauche, en diagonale, tnntôt contigus au même niveau et 
séparés seulement par la branche ascendante de l'utérus, et que 
d'autres spécimens, ayant leur plus grande largeur en arrière 
du milieu de la longueur du corps, avaient les deux testicules 
situés côte à côte (comme chez Plaiynosomiim, Ein^ytrema, 
Paradistomum). 

En outre D. macaci Kob. n'ayant pas la cuticule lisse, ni 
spinulée, mais garnie de fines protubérances coniques, Kobayashi 
estima qu'il semblerait raisonnable d'établir un nouveau genre 
pour cette espèce et, en raison de la variabilité de la forme 
du corps et de la position des testicules, Kobayashi dit être 
plutôt incliné à croire que les diagnoses des genres ci-dessus 
mentionnés doivent être révisés, même si certains d'entre eux 
devaient être au besoin supprimés. C'est seulement provisoire- 
ment que Kobayashi a laissé D. macaci Kob. dans le genre 
Dicrocœlium. 

Nous estimons que I). macaci Kob. est bienr un Bicrocœlimn 
et que, si l'on trouve ce genre trop étendu, on est seulement en 
droit de placer cette espèce dans le sous-genre Platynosomum 
pour rappeler la position qu'occupent le plus fréquemment les 
testicules. 

Nous sommes d'avis, comme l'était déjcàBRAUN (1902 à, p. 97), 
que l'acception du genre Dicrocœlium ne doit pas être de plus 
en plus restreinte et nous partageons l'opinion de Kobayashi de 
la nécessité de la revision d'une partie des genres de Dicrocœ- 
/in,r, cependant nous croyons qu'il est utile de conserver, à côté 
du genre Dicroca^liinn^ le genre Eury tréma Looss, qui est suf- 
fisamment caractérisé. 

Chez les Eurylrema typiques, les testicules sont toujours à la 
fois très éloignés l'un de l'autre et situés de part et d'autre 



322 SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1922 

du plan sagittal, leiii-burd aiitcrieui' l'estant en arrière du niveau 
du milieu de la ventouse ventrale ou Fatteignant sans le dépas- 
ser ; en outre les vitellogènes, situés de clia(|ue coté en arrière 
des testicules, sont formés dun assez grand nombre de très 
petits follicules globuleux groupés en arborescences (je me base 
sur les figures de la plauclie vu de Looss, 1907), ce qui n'a 
Jamais lieu cbez les Dicrocœliuïn s. str. et dans le sous-gcnrc 
Platynosomum. 

C'est un Earyfrema et non pas un Dicroca'/ittm (]ue nous trou- 
vons décrit et ligure sous le nom de « Dicrocœ/ium lanceattim 
St. et ilass. » (c'est-à-dire I). lanceolatitm Uud.) parti. A. Mac 
Gallum (1921, p. 1().")-1()(), lig'. 82, p. IGi, à Uong-Kong-, dans 
l'intestin d'un BuU'alo) ; nous n'bésitons pas à le rapporter à 
Kurytrema pancrealicum ,\ïi\\^u\\ cpii, pour nous, est la môme 
espèce que /:. cœlomalicum Giard et UiUet (1). 

(1) Il s'agit «l'urRi souli; cspticn, extiviiioinonl polymorphe, rlioz la(|uellu la con- 
triiition tiiudilip beaucoup le rapport dos iliamolres tie» ventousos et la ilistanco 
qui les sépare. 

Se basant sur l'examtn d'exeiiiplairos provenant d Indochine, Raii.liet etMAnoTEL 
(1898, p. 32) ont considéré le D. cœlomaticum Giard et Billet des canaux pan- 
créaliipie^ de lioslnurux L t}i nu/fclus iiu/inix L. (du Tonkin.de la (jieliinchino 
et du Cambodge), comme devuni éiro rallaciié à D. f>finrrenti<uui Janson «lu |)an- 
oréas des RostmirusL. du .lapon. Looss(1907, p. 1:24-134) ayant reçu G exemplaires 
provenant de fIon;^-Koni,', ilislingua parmi euv deux Cormes i|u'il considéra roaime 
appartenant à deux espèces dillérentes : pour li-s deux plus petits exemplaires il 
conserva le nom <ie I). civlnmnticum Giard et IJillel, mais il identifia les plus 
pjrands a D. panèrent icmn Janson par comparaison avec des spécimens (|ui lui 
avaient été l'nvoyés du Japon par Janson. De nombreux exemplaires de Douve pan- 
cêalique Ayt Bos tanrus L. du Japon ont été examinés pir Kodayasiii (l'.liM, p. 384- 
385. 410. pi. x.xiv. lig. â; K. panrrealicum Janson; (ig. 3; E. nrlni/iat icum pinrd 
el Billiet) qui trouva parmi eux des représentants des deux formes, mais les 
observations de Kohayasiii (vraisemblablement parce qu'elles ont porté sur de 1res 
nombreux individus) dillérenl sur plusieurs points de celles de Looss el la plui>arl 
des caractères considérés par Looss eomoie dillérentiels, ne le sont pas pour 
KoBAVASHi. Comme bon critérium, Kohavasiii indiijue la taille et l'emplacement 
des ventouses : chez « pancrealirum », la ventouse orale à 1,8-2 millimètres de 
diamètre et, chez « cœlornaticum » seulement 1,3 1,.^. Le rapport des diamètres 
dos deux ventouses serait 10 : 7 pour le premier el 8 : 7 pour le second; l'espace 
compris entre les ventouses serait de 2,2 pour le premier et seulement de 1.7 pour 
le second, en moyenne. Il ne nous semble pas possible d'admettre que ce soient 
là des caractères dillérentiels : ils peuvent tenir à l'étal de coniraition du corps 
et des ventouses; en outre, chez deux formes provenant des Ijullles de Hong- 
Kong, séparées par G. -A Mac Cali.i m (1921, p. 16.")-166. fig. 82. p. 164; p. 166- 
168, tig. 83, p. 167) la première sous le noin erroné de Dicrocœliutn lanceatum 
St. el Hass., la seconde sous le nom i\p.« Die. panrreatirum Itailliel », c'est préci- 
sément ciiez l'ex(implairc do la première forme, ayant les ventouses le plus rap- 
prochées, que la dilïérence des diamètres estappréciable (ventouse orale : 1,00 mil- 
limètre de diamètre, ventouse ventrale : 1,20 de diamètre). Nous considérons 
les ditl'érences extrêmes c mslatées entre les exemplaires des Douves pancréati- 
ques des Bovidés d'Extrême-Orient non pas comme autorisant à distinguer deux 
espèces, mais comme indiquant l'étendue des variations d'une seule. 



SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1922 323 

Nous nous sommes toutefois demandé, en raison de la d«itei'- 
mination donnée par Mac Gallum s'il n'existerait pas des exem- 
plaires de Tune ou l'autre espèce qui justifieraient leur confu- 
sion, c'est-à-dire si, soit chez Dicr. lanceolatmn Rud. soit chez 
Eurytremapancrcaticum Janson, on ne pourrait pas trouver des 
individus s'écartant suffisamment du type moyen pour présen- 
ter une morphologie intermédiaire entre les deux espèces. 

Nous avons conclu que ces deux espèces sont suffisamment 
éloignées l'une de l'autre, dans des genres assez différents, pour 
qu'aucune confusion ne soit possible. 

Parmi les espèces actuellement placées dans le genre Eury- 
trema, on peut établir des divisions. 

Un premier groupe comprendra les formes typiques, à ouver- 
ture génitale située en arrière de la bifurcation de l'intestin, à 
utérus passant à côté de la ventouse ventrale, à testicules tou- 
jours plus ou moins lobés, antérieurement plus ou moins rap- 
prochés du niveau du centre de la ventouse ventrale ou de son 
bord postérieur, à vitellogènes forméspar la réunion, de chaque 
côté, de six à douze grappes, séparées, de petits follicules. C'est 
le groupe d'/î". pancreaticum Janson. 

Un second groupe comprendra Euri/trema Saloi Kobayashi 
(1915; 1921, p. 383-386, ilO, pi. xxiv. fig. 4), (du pancréas de 
MacacKs ci/nomolgits Desm. du Japon) chez qui l'ouverture 
génitale est semblablement en arrière de la bifurcation intes- 
finale ; l'utérus passe à côté delà ventouse ventrale, les testicu- 
les sont relativement grands, à bords entiers ou avec l'indication 
de 3 à 5 lobes, et atteignent antérieurement le niveau du bord 
postérieur de la ventouse ventrale; les vitellogènes sont formés, 
de chaque côté, de trois à quatre groupes de petits follicules ; 
la forme générale du corps est ellipsoïdale, allongée, rétrécie 
aux extrémités. 

De tous les Eurijtrema, c'est E. Satoi Kob. qui, parla forme 
générale du corps et la position des organes se rapproche le 
plus du genre Dicrocœlium. On pourrait concevoir un spécimen 
dont les testicules se trouveraient légèrement plus près l'un de 
l'autre et dont les vitellogènes auraient une extension un peu 
plus grande : il serait intermédiaire k Dicrocœlium (s. -g. P/a- 
lynosomum) et Eurr/ tréma par l'emplacement de ses glandes 
génitales mais chez le Dicroca^lium s. str. et Platynosomum les 



324 SKANCE m; 2i octobhk 1022 

follicules vitellogènes sont toujours plus yrosquc clioz E. Sofot 
Kob. 

Un troisioniciiTOupo serait roprésonté par Euri/lrema Brumpti 
A. R., A. II., C. .1. (1912. p. S:ii-8;î(), lii;.) des conduits biliaires 
et pancréatiques d'un Chiuipanzé du (]ongo. Chez cette espèce 
le pore g-énital est en avant de la bifurcation de l'intestin, la 
poche du cirre, sans être courte, n'atteint pas, en ari-ière, le 
bord antéi'ieur de la ventouse ventrale ; l(>s testicules sont rela- 
tivement petits, syinctri([u<'S, j»lul(M irréguliers (jue lobés; les 
vitellogènes sont formés, de chaque côté, de 11 à 13 follicules 
seulement, cpii sont de forme irrégulière et dont l'ensemble 
occupe un territoire presque circulaire, en arrière des testicules 
vers le milieu de la longu.eurdu corps. Nous remarquerons que, 
à l'inverse de ce qui a lieu chez E. pancreaficum Janson et E. 
Sn/oi K(d>., lutérus 2)assc au-dessus de la ventouse ventrale et 
forme, avant d a])outir au ])ore génital, un nouveau groupe de 
circonvolutions, latcialement, du côté oppose à l'ovaire, en 
débordant la branche intestinale correspondante. 

Cette espèce est-elle bien un Eiiri/trema'] Il est probable qu'il 
ne sera pas possible de la laisser dans le genre Eiiri/trema s. 
str. en raison de ses vitellogènes formés d'un petit nombre 
d'assez gros follicules, de la position de son pore génital et du 
trajet antérieur de son utérus, ({ui passe au-dessus de la ventouse 
ventrale (au lieu de la contourner) et forme en avant d'elle un 
certain nombre de circonvolutions. 

Dansle genre Enrt/frf'ma,RU voisinage (VE. Britmp/iW. 11. J., 
Hailliet, Henry et Jovkux (1012, p. 83."i-83()) ont fait entrer Dii- 
totna roncinnum Braun (1001, p. 700-702. (ig.) de la vésicule 
biliaire de Viverra zihctlKi L. (jardin zoologi(]ue de Kœnigsberg), 
chez lequel on trouve aussi l'ouverture génitale en avant de la 
bifurcation de l'intestin, la pocjie du cirre n'atteignant pas, en 
arrière, le ])ord antérieur delà ventouse ventrale et formant en 
avant d'elle un certain nondire de circonvolutions (sans débor- 
der, toutefois, extérieurement les branches intestinales) avant 
d'arriver au pore génital. I.a forme et la disposition des vitello- 
gènes sont très particulières chez cette espèce : de chaque cAté, 
il y a, s'étendant sur une faible hauteur, six follicules vitello- 
gènes très allongés et groupés en éventail ; cette disposition 
ne se retrouve pas ailleurs, bien que Looss (1907 r, p. 610) rap- 
porteque chez les Et/rt//rpmaivès contractés les vitellogènes pren- 



sÉANCb; DU :24 uctubhk 1922 325 

lient un aspect qui la rappelle. Looss estime que D. concituiunt 
Braun est le représentant d'un genre particulier intermédiaire 
à Dicrocœlinm, Platijnosomum et Eur// tréma, niais Looss se base 
surtout sur la présence décailles cuticulaires chez l'espèce de 
Braun et attache à ce caractère une grande importance ; ce carac- 
tère nous parait, dans le cas présent, tout à fait secondaire car 
on connaît d'autres Dicrocœliinœ ])our\us d'écaillés cuticulaires ; 
Railliet, Henry et Joyeux (1912, p. 830) ont, du reste, retrouvé 
des épines cuticulaires chez les Eurijtrema des Bovidés. Selon 
nous, c'est en raison de ses vitellogènes et du dévelojjpement 
antérieur de son utérus que D. concinnum Braun (comme 
E. Briimpti R. H. J.) se sépare des vrais Earytrema. 

Doit-on en faire le type d'un genre nouveau au voisinage du 
genre Eurytrema ? Gela nous semble probable, car, malgré ses 
follicules vitellogènes volumineux et peu nombreux, l'espèce de 
Braun ne nous parait pas pouvoir être rattachée au genre Para- 
distoma, en raison de ses cjeca intestinaux grêles et <à trajet 
sinueux, qui sont de même type que les ca?ca à'' Eurytrema. 

NicoLL a placé dans le genre Eurytrema, sous le nom àE. 
crucifer Nicoll (1914, p. 3."J8-339, pi. xxin, fig. 3) un Dicro- 
cœlide de la vésicule biliaire de Delma fraseri Gray (Lézard 
pygopodide) dunorddu (jueensland. Ce Dicrocœlide a une forme 
ellipsoïde, large, des testicules très petits, compacts, symétri- 
ques, placés loin l'un de l'autre, au niveau du tiers postérieur 
de la ventouse ventrale, qui est grande. 

Les follicules vitellogènes sont relativement très compacts, 
peu nombreux (moins de 10 d'après la figure) et s'étendent sur 
une faible hauteur en arrière des testicules. Le pore génital 
est situé au niveau de la bifurcation œsophagienne. Selon nous, 
il ne s'agit pas d'un vrai Eurytrema\ chez les Eurytrema i^'çi- 
ques, comme nous l'avons dit, les vitellogènes sont formés de 
nombreux follicules petits, disposés en bouquets arborescents 
et non d'un petit nombre de follicules compacts, il nous seml)l(' 
donc plus rationnel de placer l'espèce de Nicoll daiis le genre 
Paradistoma, dont la rapprochent aussi ses larges ca'ca intesti- 
naux, que l'on ne retrouve pas chez les Eurytrema. 

KossACK (1910, }). 113-116) a proposé le genre P«m^//.y/o///////? 
pour de « petits Dicrocœlides à corps ovale, relativement muscu- 
ieux, dont la plus grande largeur est peu éloignée de l'extré- 
mité postérieure, à testicules symétriques aux côtés de la ven- 



;^26 SÉANCE DU 24 (^CTOBRI-: 1022 

touse vcMitralc, séparés l'un de l'autro par un espace égal à 
environ leur diamètre et par des circonvolutions de rutérus » 
avec, i30urtypc P. rahuscïthnn Kossaek {1910, j). 114-116, lig. 1) 
de foie de (h/mnodachjhis geckoUIes Spix (1), et, pour autre 
espèce peut être D. miftahile Molin. Kossack indiqua «pie cette 
dernière espèce a en commun avec P. rabiiavKlinn Kossack son 
corps musculeux, les hîsticnles éloignés l'un de l'autre et sépa- 
rés par des circonvolutions de l'utérus, alors <pie, \mm' la forme 
générale de son corps, elle correspond plus au geme l^lati/no- 
soniuni. P.rabiiscKinit) KossacU présente cet important caractère 
d'avoir des vitellogènes formés d'un petit nombre de gros fol- 
licules plus ou moins irréguliers et inégaux (onvii'on 10 de 
cha<|ue côté d'après la ligure) et groupés de clnupie coté sur 
un espace relativement faible. 

Comme espèce se rapprochant de /\ ralnisciihtm Kossack 
plus que des Euri/froma, nous trouvons celle décrite sous le 
nom d'/i. rrucifer Nicoll. Nous proposons donc de niodilier 
légèrement la diagnose établie d après une seule espèce par 
Kossack et nous adopterons le genre Paradisiotna avec la dia- 
:jrnose suivante : 

<( Dicrocwliinsc à corps plus ou moins large, à testicules de 
forme globuleuse irrégulière, éloignés l'un de l'autre de [>art 
et d'autre du plan sagittal, plus ou moins exactement symétri- 
ques pai' rapport à ce plan et au voisinage de la ventouse ven- 
trale,'séj>arés par des circonvolutions «le l'utérus ; vitellogènes 
formés d'un petit nombre d'assez gros follicules, s'éteinlant sur 
une hauteur relativ<'ment faibb', ne «bipassant ])as antéi'ieure- 
ment les testicules, «»t déluitaiit généralement en arrière de 
ceux-ci; ca-ca intestinaux plutcM larges, jamais trè'S grêles » (2). 

Kossack (1910, p. 110) suppf>se possible, avons-nous dit, que 
D. mulabile Molin (18o9, p. 8;î:J-834) de la vésicule biliaire de 



(t) Les exemplaires ôtudiôs par Kossack avaient été recueillis par von Sieiioi.ii, 
à Vienne, eu I8G8 « aus Leberoystcn von Gi/rnuodac/ylus gec/toides (Spix) ». 
S'agissait-il ilu vrai G. gercoides Spix, connu seulunicnlau Brésil? ou de l'espèce 
européenne 6'. A'o/.vr/fyi Sleindachner 1870 (jui tut lonf^çtfinps confomlue avec celle 
du Brésil et désignée pac les anciens auteurs sous le nom de G. geccoides Spix. 

(2) Le genre Brndenia (Jedœlsl (lyl3, p. 2o'.)| se place non loin du genre Para- 
distoma: il s'en sépare surtout par ses circa intestinaux très courts, un peu moins 
larges sans être grêles, .ses testicules conligus ^ur la ligne médiane, ses vitellogè- 
nes dont les follicules allongés ont, de chaque cftté. une disposition radiaire et les 
bords denticulés de la poilion «noyenne du corps, dont le renllement est caracté- 
ristique. 



SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1922 îî^l 

Lacerla muralis Laur. à Piuloue (Italie) appartienne au genre 
Paradistomnm. 

La position systématique de D, mutabile Molin a été très discu- 
tée. LiiHE (1901 y>., p. 172-173) a comparé D. mutabile Molin avec 
D. lanceolatum Rud. et D. sociale Liihe, considérant ce dernier 
comme voisin à la fois de /). mutabile Mol., des Dicrocœlinés et 
des Lecitliodendrinés, en particulier de Lecitliodemhnum crassi- 
colle Rud., toutes ces formes rentrant dans la famille des Pla- 
giofchida' Liihe. 

De plus LûHE (1901 n., p. 487) en même temps qu'il comprit 
les Dicrocu^liimv dans sa famille des Plagiorchidœ conclut à la 
parenté de D. mutabile Mol. avec Anchitrema (1), sans Léloi- 
gner des Dicrocœlides. 

Rjzzo (1902, p. 27-28, fig. 1) qui retrouva D. mutabile xMol. 
dans la vésicule biliaire à' Ascalobotes mauritanicus Linné et 
Lacerta agilis Linné à Catane, plaça cette espèce dans le 
genre Anchitrema. Looss (1907 c, p. 609) considéra D. mutabile 
Mol. comme pouvant être provisoirement compris dans le genre 
Plattjnosomum Looss, mais après avoir rappelé quelques carac- 
tères de l'espèce, Looss (1907 c, p. 610), conclut qu'il faudrait 
tôt ou tard créer pour elle un genre nouveau de Dicrocœlide. 
Odhner (1910, p. 80-81), reconnut conmie Luhe et Looss, qu'il 
s'agissait d'un Dicrocœliinœ^ sous-famille dans laquelle Anchi- 
trema ne pouvait en aucun cas entrer. 

Il n'est pas utile de créer un genre nouveau pour D. mutabile 
Mol., la diagnose que nous venons de proposer pour le genre 
Paradistoma convient à cette espèce. Nous ferons seulement 
remarquer que, chez D. mutabile Mol., les follicules vitellogè- 
nes peuvent atteindre une grosseur plus grande que chez les 
autres espèces du genre Paradistoma. Nous avons pu nous en 
rendre compte non pas d'après les quelques sommaires descrip- 



(1) Le genre Anchitrema Looss(1899 6, p. 637), si on ne considérait que la posi- 
tion des testicules, de l'ovaire et des vitellogènes, devrait être inclusdans la sous- 
famille des Dicrocœliinœ, mais il en est en réalité très éloigné, ainsi que l'a prouvé 
Looss (1899 ô, p. 636), montrant qu'il appartenait aux Lecilhodendriidœ. 

LiiHE (1900 aa, p. 565-566 et 1901 n, p. 487) s'est complètement trompé en lui 
supposant des affinités avec D. mutabile Mol. et Marjacetes triangularis (Dies.) 
Looss, ce qu'a fait remarquer Looss (1902 m, p. 818-819). 

L'attribution de D. mutabile Mol. au.x Plagiorchidœ a été également critiquée par 
Looss (190:2 m, p. 823, 839) et, au point de vue de la position systématique <V An- 
chitrema, l'opinion de Looss est entièrement partagée par Odhneu (1910, p. 76, 
80). Il n'y pas d'organe copulateur chez les Anchitrema. 



328 SÉAMCIi Ul "il UCTOBHK 1022 

lions et l'unique ligure (un peu iusuffisaute) (1) qui eu ont été 
jus(ju"à présent pul)liées, uiais pai' 1 examen d'assez n<)uil)i'eux 
exemplaires trou\ ('s j)ar nous dans la vésicule biliaire des Lacerla 
ynuralis Laur. Iiahitaut les rochers douiiiuiut la mer à Monaco, 
et dout nous pul)lierons procliaiuement nue étude (2). 

Braun (l'.K)l y, p. ot)^, Oi'O a indupié ([ue, parmi les Dicia- 
rœHuni voisins de 1). inutdhlic Molin, ou pouvait placer Die. 
c/eflectcns Kudolplii (hSlîl, j». G77) trouvé par XatIerek, au Bré- 
sil « in inlesti/n.s Sf//rl;ru. 1()3 » [= Trijothoriis hypoxanthus (^^) 
fuie. Diesiuii-, 1850, [>. 3171. 

JNous uous sonunes reporté à la desci'iption et à la figure don- 
nées par Braun (lîU)l r/, p. 5G:{ ; IÎMI2 /y, p. 101-102, Kil, pi. vi, 
lig. oD type) de Die. t/r/fcc/c/is \\\u\. et uous ne pouvons admet- 
tre le rapprochement proposé par Braun. Chez ces deux espèces, 
la loruie générale du corps n'est i)as la même, uiais ce n'est 
là qu'un caractère tout à fait secondaire ; ce qui nous parait 
iuiporlaut, c est «pu* chez />. (/f'/k'clrnsWiul. les follicules vitel- 
logènes sont très uouihreiix et beaucoup plus petits que chez 
P. ninliihile Moliii. Si l'on trouve que ce n'est pas assez préci- 
ser ([ue de placer l'espèce « deflectens » dans le genre DicrO' 
co'Hum, nous proposons le coiuprendre dans le sous-genre 
PldfynosoniKtn Looss, auquel il correspond très exactement. 

(liiez toutes les espèces dout il a été «juestiou jusqu ici, les 
testicules ne dépasseut pas, antérieurement, la ventouse ven- 



(1) Uizzo (190i, Gg. 1). 

(2) J'ai retrouvé chez Paradistoma iiiulabile Molin des variations morpiiologi- 
ques presque aussi consilorables (luechcz Dicronrlium laticeolalum Rud. 

Chez quelques exemplaires, le corps, au lieu dèlre court et lar^c, était plutôt 
allongé ou lancéolé; j'ai remarqué que le niveau où le corps présentait sa plus 
grande largeur n'était pas constant, que les testicules n'étaient pas toujours exac- 
tciiieri t syinétri([Ui;s, et(|ue, lors(|u ils étaient syiuétrii|ues, ils pouvaient être plus 
ou moins antérieurs : tantôt ils atteignaient le niveau du milieu de la ventouse 
ventrale, tantôt seulement le niveau d<; son bord postérieur, leur iorme était 
tantôt spliérique, tantôt un peu irréijulière. 

Les lullicules des vitellogénes étaient qiiclipitfois au nombie d'au moins um; 
dizaine de chaque côté, sétendant en avant jusqu'à la ventouse viintrale alors 
que généralement ils sont au nombre de trois àsix et ne dépassent pas antérieure- 
ment le niveau du bord postérieur des testicules. 

Les follicules di-s vitellogénes, (|uelle c|ue soit leur forme (elle est le plus sou- 
vent globuleuse ou ellipsoïdale) sont toujours relativement gros. 

Leur grosseur varie évidemment, dans une certaine mesure, avec leur état |)hy- 
siologique, mais ils sont plus gros qur ceu* des vitellogénes d'autres espèces, à 
la même périodi.' de fonctioniHimenl. 

(3) Je n'ai pu trouver dans les ouvrages d'ornithologie la mention d'un Troglo- 
dilidé du Brésil portant ce nom. S'agit-il d'un nom manuscrit du musée de 
Vienne: «le Pachysilcia hypoxantha l'elz. ou il'Hi/pocnemis hypoxatitka ScL 1 



SÉANCE DU 24 OCTOBRE 19:^2 329 

traie, mais il existe des Dicrocœlliruc à testicuhîs dépassant 
un peu le bord antérieur de cette ventouse et d'autres à testi- 
cules nettement préacétabulaires. Parmi les premiers je citerai 
celui décrit et liij;uré par Ci. -A. Mac (lii.njM sous le nom de 
Paraf/oniuias lrac/i(/sauri G. A. Me. C. (1021, p. 137, 173, 171 
et lii^-. 86, p. 172 (1) de la vésicule biliaire d'un Trachijsaurus 
ragosKs Gray (2) d'Australie. Chez ce Dicrocœliné, les vitelb»- 
gènes sont volumineux comme ils peuvent l'être cbez Pava- 
(listo»ia ma/abi/e MoWïi [iout en rappelant un peu |)arleur dis- 
position, ceux de D. concinnum Braun), les circonvolutions de 
l'utérus, en avant de la ventouse ventrale, sont analogues à 
celles que montre D. concinnum Braun ; par beaucoup de carac- 
tères, l'espèce de Mac Callum est intermédiaire à l'espèce de 
MoLiiN et à celle de Braun (toutefois son ovaire est médian 
mais nous ne prêtons pas une grande valeur à. la position de 
l'ovaire par rapport au plan sagittal), mais elle n'a pas comme 
cette dernière les caeca intestinaux minces et grêles, aussi nous 
estimons que l'espèce de Mac Callum doit entrer dans le genre 
Parcidistoma eniend., elle a d'ailleurs des caeca intestinaux 
volumineux, comme les autres espèces appartenant à ce 
genre. 

Pour deux espèces de Dicrocœllime à corps ovale, à testicules 
symétriques situés immédiatement en avant de l'acetabulum, 
l'ovaire restant en arrière de cet organe, à vitellogènes formés 
de follicules irréguliers, de grosseur moyenne [non disposés 
par petits groupes arborescents], Nicoll a créé le genre Platy- 
notrcma Nicoll (1914, p. 122 diagnose). Chez la première de ces 
deux espèces : Platynotrcma biliomm Nicoll (1914, p. 118-120, 
121, 122, 123, 125, 126, pi. vu, fig.8-10) (exemplaires mûrs dans 
la vésicule l)iliaire de Burhin.K.s grallarins Latli. et exemplaires 
immatures chez Uns moluccci Cuvier, du Queensland), les testi- 
cules sont rapprochés l'un de l'autre, sans être en contact, 
restant séparés par la branche ascendante de l'utérus, les vitel- 
logènes s'étendent entre les testicules et le niveau de l'ovaire, 
le cuticule porte des écailles. Chez la seconde : Plalynotrenia 
jecoris Nicoll (1914, p. 120-123, 126, pi. vu, fig. 11) (dans le 



(1) C'est vraisemblablement par suite d'un lapsus calami que le distingué 
lieliiiinlliologiste de la New-York Znological Society a indiqué cette espèce dans 
le genre Paragonimus, avec lequel elle n'a rien de commun. 

(2) Lézard de la famille des Scincidœ. 

23 



330 SÉANCK m 2i onoRHi-: 1<)22 

foie (lo Bt/r/iiniis yrallann'i l.atli., (Juooiislaud), les testicules 
sont un peu moins antérieurs, un pou plus éloignés l'un de 
l'autre ; l'utérus forme, en avant d'eux, quekpies circonvcdu- 
tions, les vitellogènes s'étendent en arrière sur une plus grande 
hauteur et dépassent de Ix'aucoup l'ovaire. 

Ces deux espèces ne sont pas isolées par rapport aux autres 
Dicrocœiiifuc, bien (pi'elles paraissent à première vue très 
difiérentes : ce sont morpholoL;i<]uement des IHcrocœ/ium (s. -g, 
Platf/noso)num) chez lesquels les testicules symétriques se 
seraient déplacés en avant jus(|u"à dépasser la ventouse ven- 
trale, sans qn<' \v reste de l'oriianisation généi'ale soit niodilié. 
Les follicules vitellogènes des Ploti/nolroua n'étant ni compacts 
et peu nombreux comme chez les Paradistoma^ ni très petits, 
globuleux cl par jx-tits gn-upes arl)()rescents eonmie chez les 
Eiirijhemu-, n<»ns estimons «pie Pltili/ttot renia doit être consi- 
déré, à c<Mé <le lUalf/nosomum^ comnn' un sous-genre de IHcro- 
cœliuin. 

Parmi les lùcrocd'liiiui' ti-ouvés dans la vésicule biliaire des 
Reptiles et qu'il est diflicile de laiss(;r dans lo genre Dicrocœ- 
/iu/n s. str., je citerai Dicrocœ/itim In/h/nui Gomcs de Faria 
(1910, p. 22-2(S. pi. Il, /// vésicule biliaire (VEuuecles murina 
L. (1) de l'état de Sao Paub., N. \V.). 

Cette espèce a le corps court, ramassé, ovoïde, les testicHdes 
lobés du côté externe, symétricpies, situés de part et d'autre 
de la ventouse ventrale sans la dépasser antérieurement, mais 
débordant, en arrière, le niveau de son bord postérieur (comme 
chez certains P/nh/nosonno/t, Paradistoma, Eiirf/lrema) ; l'ovaire 
est médian, immédiatement en airière de la ventouse ventrale et 
entre les deux testicules. La principale caractéristique de l'es- 
pèce est la grande extension de ses vitellogènes, beauccmp ]dus 
considérable que chez les autres espèces de la sous-i'amille 
par rapport à la longueur du corps : ils s'étendent, en avant, 
jusqu'au niveau de l'd'sophage et atteignent, en arrière, l'ex- 
trémité des caeca intestinaux, en dehors desquels ils forment, 
de chaque côté, une bande de très nombreux follicules. Ces fol- 
licules ne sont pas tiès petits cl disposés en arbuscules comme 
chez les Eurytrcma, mais, de grosseur moyenne, allongés trans- 
versalement comme chez certaines espèces de Dicrocœliinn et 

(1) Serpent de la lamille des BoidcB. 



SÉANCE Mil 'il OCTOBRE 11)22 331 

Paradistomo- Nous estimons que Dicrocœliuin infidiim Gonies 
de Faria, en raison de la grande extension et de la forme de 
ses vitellogènes (1), doit être pris pour type d un genre nou- 
veau entre le. sous-genre Platynosomum et le genre Para- 
(iistoma. 

Les Dicrocœliinœ dont les vitellogènes s'étendent antérieure- 
ment au delà de la ventouse ventrale ne sont pas très nombreux. 
Chez Xenopharynx solus Nicoll (1012, p. 851-854, fig. texte 
122 B) de la vésicule biliaire de Naja IripitHians ^lerv. (Seba_, 
dé riude), dont le corps est presque elliptique, les follicules 
des vitellogènes sont de grosseur moyenne, globuleux, assez 
nombreux, et remjjlissent conqilètement la région pharyngo- 
œsophagienne, ils s'étendent sur une moins grande largeur (et 
seulement en dehors du CcPca), à partir de la ventouse ven- 
trale et descendent, en arrière d'elle, plus loin que l'ovaire, 
au moins d'un côté. Les testicules, le droit légèrement en avant 
du gauche, se trouvent- un peu en arrière de la ventouse ven- 
trale, séparés par. un espace un peu plus large que leur dia- 
mètre, dans le second quart de la longueur du corps. L'ovaire 
est situé très loin en arrière des testicules, à peu près à mi-dis- 
tance de la ventouse ventrale et de l'extrémité postérieure du 
corps. Xenopharynx soins Nicoll est jusqu'à présent isolé 
parmi les Dicrocœliinœ, en raison des circonvolutions de son 
utérus qui, en arrière, dépassent peu l'ovaire (sans pénétrer 
dans le quart postérieur du corps), en raison de la grande 
distance séparant l'ovaire des testicules et de la glande coquil- 
lière et en raison de l'extension antérieure des vitellogènes. 
(jette disppsition des vitellogènes se retrouve, moins accentuée, 
dans le genre Mcsocœliurn, mais chez les Mesocœlium. les caeca 
intestinaux sont toujours beaucoup plus courts que chez Xeno- 
pharynx, l'ovaire est tout près des testicules, les circonvolu- 
tions de l'utérus descendent jusqu'à l'extrémité postérieure du 
corps. 



(1) D'après la description et 'la ligure données par G. de Kaiua, la vessie est 
extrêmement petite, ce qui éloignerait l'espèce de tous les autres Dicrocœiilnœ, 
mais cet organe étant souvent très dit'licile à voir, on peut se demander s'il e-t 
bien conforme à la description ([n'en a donnée G. uîe Fakia. Pour Nicoll (1912, 
p. 854), respèce de Faria doit être comprise dans le genre Platij)iosoinuni « à 
moins que l'observation douteuse de Faria concernant la vessie ne soit prouvée 
être correcte i>. Nicoll ne paraît pas altaclier aux caractères des vitellogènes 
l'importance qui, pour nous, justifierait la création d'un nouveau sous-genre. 



â32 SÉAiNCE \)V -l'i OCTOHRK 1 9*2*2 

Chez Mciocœlimn sociale Liihe (1901, p. 171-173, lig. o) (de 
l'iiitestiii grêle rie Hiifn mehniostictiis Schneid., de riiide). 
espèce à tesliculesde foi'iue irrégulière, à peu près syiiiétricpics, 
siUiés de j)ail et d'autre de la ventouse ventrale ; les vitello- 
gènes sont formés de nonilireux follicules globuleux de gros- 
seur moyenne qui. restant en dehors des branches intestinales, 
s'étendent en avant jusipi'au niveau du bord postérieur de la 
ventouse orale, oii ils forment, de cha(|ue côté, un champ trian- 
gidaire, el en arrière un peu j)kis ou moins loin (selon les indi- 
vidus et le côté du corps) de la terminaison des ca'ca intesti- 
naux ( 1 ) ; ceux-ci sont relativement courts, n'emj)iétant pas sur 
le dernier tiers de la longueur du coi'ps. Luhk (1901, p. 173) a 
conclu a une parenté étroite de />. socialr Luhe, avec 1). muta- 
bile Molin et les Dicroco'/ii/i.r tout en le lapprochant de Leci- 
ihndcndrium, en particulier de A. crassicullf Uud. ; Braun 
(1901 //, p. 700) a admis cpiil s'agissait d un Dicrorœliutn ; 
Udiineu (19I(), p. 7(), 9'm reconnut (|uc />. .sociale Luhe appar- 
tenait bien aux Dicrocwliiiia; et proposa le genre Mesocwliam 
Udhner (1910, p. 88, 94), ayant examiné des exemplaires trou- 
vés par lui (Odiinek, 1910, p. 88. note 2) chez Ihifo melanostic- 
lus Schneider de l'ile BilittJii et des exemplaires recueillis par 
l'iEBHici chez un Bn/o sj). du Paiaguay. 

Mesocœlium représenterait , en quchpie sorte, un genre de tran- 
sition entre les J)iaocœliinie et nraclit/Cd'liin//. Parmi les Dicro- 
cœliin.i- du tube digestif des Amphibiens et des Reptiles, dit 
Odh.neh (1910, p. 94), les g:enres MesocaHam Odhner et Hojilu- 
denua Cohn, par la spinulation de leur peau, la grandeur pré- 
pondérante de leur ventouse orale et l'extension antérieure de 
leurs vitellogènesont incontestablement des aflinités avec lira- 
rhi/crrliiini en (piebpie sorte jdus gi'andes «pie les autres i-epré- 
sentants d«' la sous-famille. 

(Ihez les Dicrocn-lii/uc, 1 extension antérieure des vitello- 
gènes n'est pas particulière à (pielques espèces ayant les testi- 
cules plus ou moins symétri(pies, cai- chez IJo/iloderma (2), les 



(1) Les vileilogùnos ont la même extension ciiez Mesocœliurn otrli K. André- 
(1915, p. 9:2-93, fig. l)de liiilestin grêle de Cinixys belliana Gray, Torlue terres- 
Ue du Busu (Ouganda), mais les follicules de la glande vilello^éne sonl beaufoup 
plus petits. 

(i) Le nom générii[iie Hopinderma ayant été employé avant Cohn pour un aulrr 
genre, F. Poche (1907, p. 1:25) a proposé de remplacer Hoploderma Colin par 
Piiitnpi-id Poelic. 



SÉANCE DU 24 OCTOBRK 1022 3!Î3 

testicules sont l'un derrière l'auti'e, nu uu^uie niveau que la 
ventouse ventrale, l'antérieur dépassant en avant le bord anté- 
rieur de celle-ci, le postérieur n'atteignant pas le bord posté- 
rieur. 

On ne connaît qu'une seule espèce cYHop/oderma : H. meso- 
cœhmn Cohn (1903, p. 35-37, fig. 1-2) (de l'intestin grêle de 
Draco volans L., Java oriental). Chez cette espèce, les Crneca 
intestinaux pénètrent très peu dans la moitié postérieure du 
corps, les vitellogènes sont constitués par des follicules nom- 
breux, serrés les uns contre les autres, qui s'étendent en avant 
jusqu'à la ventouse ventrale, en arrière presque aussi loin que 
les cflpca intestinaux et les entourent. 

Le corps à' fl. mesocœlium Gohn a une forme peu allongée, 
large (relativement au diamètre des testicules), ce c{ui montre 
bien que la position des testicules Tun en arrière de l'autre au 
voisinage du plan sagittal n'est pas un caractère lié a priori et 
nécessairement à celui de la forme étroite et allongée du corps. 
Cependant, chez toutes les espèces à corps étroit et allongé, 
les testicules sont situés plus ou moins loin ou près l'un derrière 
l'autre, en arrière de la ventouse ventrale, leur centre n'est pas 
toujours exactement dans le plan sagittal, il y a souvent dévia- 
tion de l'un vers la droite, de l'autre vers la gauche. Looss a 
proposé de grouper ces espèces à corps très allongé dans le 
genre Lyperosomum Looss (1899 b, p. 635) et en a cité quel- 
cj[ues-unes sans indiquer de type. Ce genre a été accepté par 
Braun (1902 />, p. 106). Le genre Lyperosomum comprend, 
dit Braun (1902 h, p. 97), « les espèces à corps allongé, de 
forme cylindrique ou aplatie, à testicules l'un derrière l'au- 
tre », toutefois pour les espèces dont les vitellogènes, au lieu 
d'être bilatéraux, existent seulement d'un côté et ne débutent 
pas en avant du niveau de la glande cocjuillière, le genre 
Athesmia a été créé par Looss (1899 h, p. 635) (1). Pour nous, 
Athesmia aurait plutôt la valeur d'un sous-genre. Le genre 
Lyperosomum est, en apparence, assez nettement délimité, 
cependant, si nous examinons les espèces (environ douze) qui 

lui ont été rapportées, nous constatons qu'il est loin d'être 

*^ 

(1) Les Athestnia ne sont pas exclusivement parasites d'Oiseaux : Athesmia 
Foxi J. Goldberger et Gti. Craue fl911. p. 4S-o5, 57, pi. vu, fig. 21-22. pi. vin. 
fîg. 23-25) a été trouvé dans le foie de Cehuf, capucinus L. à THygienic Labora- 
tiiiv di' Wasliin^loii. 



334 SÉANCE DU 2'< OCTOBRE 1022 

homogène. Si nous coiisidéi'oiis la foriiir générale du roi-ps, 
nous voyons qu'entre les espèces lilil'ornios et les espèces 
moyennement allongées il existe tous les intennédiaires, de 
même qu'entre ces dernières et les espèces à forme générale 
simplement ovale ou lancéolée comme Dicrocœlium lanceolatinn 
Rud. 

De môme entre les espèces à testicules (lobés ou non) éloi- 
gnés l'un de l'autre, à ovaire loin en arrière du testicule posté- 
rieur et les espèces à testicules contigus, soit obliquement, soit 
directement l'un derrière l'autre, à ovaire atteignant le testi- 
cule postérieur, il existe tous les passages. 

Nous ne croyons pas que le geure Lt/perosomion s. str. puisse 
être nettement délimité du genre Dicrocw/inm s. str. Par la 
forme générale du corps et la position des glandes génitales 
Dicrocœiium liospes Looss (1007, p. 178-170, lig. 1) (dans les 
canaux bUiaires de Bœufs importés du Soudan au Caire) corres- 
pond aussi bien au genre Lyporosonmm (pi'.'îu genre Dicrocœ^ 
iiinn et Ton peut se demander pourquoi Looss n'en a pas fait 
un Lt/perosonuitn ; peut-être est-ce en raison de l'IiAte, pour ne 
pas introduire dans le genre Lyperosomum, considéré comme 
particulier aux Oiseaux, une espèce trouvée chez un Mammi- 
fère (1) (2). 

Braun (1902 />, j). 100) a placé dans le geure Lyperosonmm 
des espèces à coi'ps moius allongé (3) et relativement uioins 
étroit, par exemple : Distoma dathralum Ueslongchamps (iiec. 
Olsson) {;:=■ />. refcrtinn Muehling], Distoma 0/ssoni Uailliet 
[= Disf. clathralmn Miihl. noc Uesl. = Difil. clalliratitm Olsson 
HCC Desl.], Dist. salehroaum Braun (\). 



(1) Nous avons observé des exemplaires de Dicr. la nceolalum Rud. dn:z les- 
quels la forme allongée flu corfis, la position dos glandes gcmlalos, (Maienl les 
mêmes (|ue chez Dicr. hospes Looss, mais ces deux espèces ne peuvent lUre con- 
l'oudues ; Die?'. Iiospex Looss a des vilcll t^ienCs dont les follicuii-s, irri'-guliers et 
assez gros, sont rassembles de cbaque côlé du corps sur une très faible <iauleur; 
de plus les circonvolutions ascendantes et descendantes de son utérus n'empiètent 
pas les um.s sur les autres, re>trtnt localisées de pari et d'autre du plan médio- 
sagiltal. 

(2) Skrjabine (1913, p. S.'iS. 369, 384, 388. pi. \iv. tig. 14), a laissé dans le 
genre Dicrocœlium : D. Skrjabini Solovjev (1911. p. 2-8, 10, 11, l:!, fig. 1-3 ; 1912, 
]). 8S, 93-94) bien que rallunucment du i-orps et la posilion des glandes génil;)Ies 
eussent pu permettre d'en faire un Lyperonomum auct. 

(3| Raii.liet (1900, p. 240) a même trouve une « variété courte » de D. longi- 
rau'ia Rud. t|ui est pourtant le type choisi par Biiain (1902 b, p. 106) pour le 
genre Lt/peroxoinuin Loo.<s. 

(4) 0. vo.N LiNSTow (1900. p. 1741 a même donné une diagno.-e du genre Lypero- 



SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1922 335 

La ligure et la description données par Mukhling (1808, 
p. 84-85, 117, pi. m, fig-, 17) de D. Olssoni Railliet nous mon- 
trent que le testicule antérieur empiète sur la ventouse ven- 
trale, le testicule postérieur sur l'antérieur et l'ovaire sur le 
testicule postérieur. Chez L. saîebrosum Braun ?1901, p. 946, 
1902 h, p. 113-114, 161, pi. vu, %. 70) (de Cypselus mellm 
Illig.) le testicule antérieur est au niveau de la ventouse ven- 
trale, le testicule postérieur lui est contigu et l'ovaire touche ce 
dernier (Ij. 

La position et la forme des vitellogènes sont très variables 
dans le genre Ltj])erosomum auct, ; chez L. rudectiim Braun 
1901, les follicules vitellogènes, plutôt petits, sont très nom- 
breux et s'étendent sur une très grande longueur à la fois en 
avant et en arrière de l'acetabulum, ils dépassent même, en 
avant, le niveau du pore génital. 

Chez L. O/i.yo/^/ (Railliet), par exemple, comme chez L. stri- 
gosum Looss, les acini des vitellogènes sont réunis en un 
très petit nombre d'assez gros follicules bien séparés qui s'éten- 
dent les uns derrière les autres, de chaque côté, sur une faible 
hauteur, en arrière de l'ovaire. 

Il y aurait donc à distinguer plusieurs groupes parmi les 
Lf/perosomum. auct. et si ce genre doit être maintenu comme 
indépendant et non comme sous-genre de Dicrocœ/inm, il fau- 
dra en restreindre l'application et en relirer quelques espèces 
telles que L. Olssoni Railliet et L. saîebrosum Braun. 

En passant en revue la morphologie des Dicrùcœliinœ, nous 
avons recherché s'il était possible de baser les divisions géné- 
riques sur des caractères assez nettement délimités pour qu'ils 
soient particuliers à chaque genre. La forme générale du corps, 
la forme et l'emplacement des testicules et de l'ovaire, sont 
parmi les caractères prépondérants utilisés pour séj)arer les 
genres principaux actuellement en usage. En envisageant sépa- 



somum où n'entraient pis en consi iéralion la longueur- et la l.irgeur du corps. 
Je rappelle nue le Li/perosomum sr/tinmatum von Lin^^low M906, p. 174, pi i. 
fig. 18). de l'iesophage d'un Ciconidê : Disura episcopus Bodd. à Palatupana (Gey- 
lan), à corps relativement peu allongé, n'appartient pas en réalité au genre 
Lt/perosomurn (malgré la position l'un en arrière de l'autre sur la ligne médio- 
sagittale en arriére de la ventouse ventrale des testicules et de l'ovaire) et en a 
*été exclu par Skrj.vbine (1913, p. Hl, 373; 1914, p. 283, 291). Chez cette espèce, 
la « poche du cirre » est dépourvue d'organe copulateur. 

(l) Cette disposition des testicules et de l'ovaire rappelle ce qui a lieu chez 
Hoploderma- 



WM'} sÉA:Ncii: dl 24 uctobiœ 11)22 

réinont clincuii (!(' cos caractèros, nous avons constaté que ses 
modalités à travers toutes la sous-faniille comportaient des 
limites extrêmes entre lescjuelles existaient tous les passages et 
qu'il était sujet à des variations très amples chez les individus 
d'une môme espèce. I/ornementation de la cuticule ne nous a 
pas non plus fourni un bon critérium : elle est presque toujours 
difficile à constater et en se basant sur la présence ou l'ab- 
sence d'écaillés, d'épines, de petits cônes cuticulaires, on sépa- 
rerait des espèces incontestablement très voisines. La plus ou 
nmins erande longueur du tronc vésical impair ne peut pas 
111)11 jdus servir à séparer les yonres : le niveau de la bifurca- 
lion vésicale varie considérablement chez une même espèce (l). 

Nous reconnaissons qu il existe quelques genres [lirodenta^ 
Xenop/iarf/nx, A/hfswia) possédant chacun des caractères sans 
é(|uival(Mit chez les autres genres, mais ce sont des caractères 
<le détail (pii ne peuvent permettre de séparer qu'un très petit 
nom])re d'espèces, ils ne peuvent être invoqués pour établir une 
classification naturelle de l'ensemble des espèces de la sous- 
famille. 

Nous croyons que, j)ar l'étude comparée : d'une part des vitel- 
logènes (en particulier du mode de gr(»upement et de la gran- 
deur des follicules (2), de l'emplacement du vitelloducte par 
rapport à l'ensemble de la glande), d'autre part de l'étendue et 

(1) Angi.as cl UK HiiiAif.ociiT (1902, p. 3i'8, lig. J«, lit, 20) ont fiRiir.! cote h côle 
trois exemplaires do Dicr. lanreolatuni Rud. dont la branche impaire do la vessie 
s't'tend anlLTieiirement jusqu'aux six, cinij et sbuleniont- deux dixièmes do la* 
longueur lolaio. L'extension dt^s vitellogènes dillèie aussi oliez c<!S trois exem- 
plaires: ('liez le premier ils s'étendent sur environ lo quart de la longueur .lu 
corps, il partir du niveau du hord antérieur de la ventouse ventrale, de.-cendant 
un peu au delà di; l'ovaire, chez le second ils occupent environ le tiers de la 
longueur du. corps, atteignant en .ivant le niveau du bord antérieur du testicule 
antérieur, et descendant bien au delà du testicule postérieur et de l'ovaire; chez 
le troisième ils s'étendent sur un peu plus du quart de la longueur du corps 
débutant à la moitié de la longueur du eorps, en arriére du niveau de l'ovaire 

Je rappelle que T. Odh.ner (1910, p. 8(1) n'a<lniet pas que la vessie soit en Y chez 
les Dicrocœliinœ, mais qu'elle est simple, cylindriforme ; si elle paraît en Y avec 
des branches plus ou moins longues, ce serait par suite de la réplétion. au voisi- 
nage de la vessie, de la partie terminale des deux gros canaux principaux ([ui y 
aboutissent. Odiiner se base sur la structure des parois des prétendues branches 
de lY, qui n'est pas celle de l'épithélium caractéristique de la paroi vésicale. Il 
s'en est assuré, en piirticulier, sur des coupes de Dicr. tanceolatum, Rud. 

(2) Il faudra comparer des formes au même état de fonctionnement physiolo- 
gique, la grosseur des follicules dos vitellogènes n'est évidemment pas la même 
au début de l'activité génitale, et en pleine activité génitale, mais leur mode de 
groupement ne ctinnge pas. De môme l'utérus gonflé d'œufs n'a pas les mi'mes 
rapports que l'utérus vide : ce qu'il faudra rechercher c'est, par cxeniple, s'il 
forme on non des circonvolutions en avant de la ventoH«e ventrale. 



SKANCE DU 24 OCTOBRK 192'^ 337 

d€S circonvolutions de l'utérus (en particulier du trajet anté- 
rieur de la brandie montante), il sera possible de reconnaître 
l'existence de caractères suffisamment constants pour grouper 
génériquement les espèces ayant des affinités naturelles. 

Nous ne voulons pas dire que les caractères tirés de l'examen 
des vitellogènes et de Futérus pourraient à eux seuls suffire 
pour différencier les genres; nous croyons au contraire qu'ils 
sont associés à d'autres caractères qu'il sera possible de mettre 
en évidence (1); mais nous pensons qu'ils pourront permettre 
d'établir dans la sous-famille un certain nombre de divisions 
principales, où ne se trouveront pas côte à côte des espèces à. 
])arenté éloignée, dont l'acception actuelle de plusieurs des 
genres a permis le rapprochement arbitraire. Nous orientons 
nos recherches dans cette direction et nous nous efforçons ' 
de réunir les matériaux nécessaires, car pour mener à fjonne 
fin une classification naturelle des Die rocœiiinœ, il est indispen- 
sal)le de pouvoir examiner une série d'individus de la même 
espèce ; il est impossible de se contenter de descriptions et 
figures ; l'étude directe d'exemplaires, sinon vivants, du moins 
bien fixés, est absolument nécessaire. C'est seulement par ce 
moyen cjue l'on pourra se rendre compte que certains carac- 
tères ont une valeur utilisalde et que d'autres doivent être lais- 
sés de côté pour la systématique. 

Par l'exemple de T)icrocœliu)n lanceolatiim Rud., nous avons 
montré que la lol^ation des testicules, à tous ses degrés, n'était 
pas un caractère autorisant la création d'une espèce nouvelle, 
ni même d'une variété, mais si, jusqu'à présent il n'a pas été 
créé parmi les Dicrocœliinœ de genres dont la distinction ne 
repose que sur la forme plus ou moins profondément lobée, 
laciniée ou entière des testicules, il n'en est pas de même dans 
la famille des Opisthovchiidœ. Toute la différence entre le genre 
Clonorchis Looss et le genre Opisthorchis Blanchard repose sur 
la forme des testicules, très profondément découpés chez le 
premier, massifs et plus ou moins profondément lofjés chez le 
second. Or si on examine un assez grand nombre d'individus de 
(lonorchis sinensis Cohh.., on en trouve parmi eux qui devraient 

(Il [>a i;To=;seur el le petit, nombre des i'oUicules vitelluj^ènes chez les Paradis- 
toma e.^1 associée à des Cii'ca intestinaux volumineux. Chez les Eurylrema nous 
trouvons k la fois de Irrs petits lollieuies vitellogènes et des CiPca intestinaux ^. 
minées ot Erêlrs. /^* 



k 



338 SÉANCE DU 24 OCTOBRE 1922 

être placés dans le genre 0/)is//to/'c/tis par la forme de leurs 
testicules et correspondent plutôt à 0/). fclineus Rivolta qu'à 
Cl. sinensis Cobbold, aussi est-il compréhensible que V. Ariola 
(1915, p. 86-87) ait pu se demander si ces deux espèces n'en 
formaient pas en réalité une seule. Nous ne voulons pas discu- 
ter ici cette question, nous dirons seulement qne, tous les pas- 
sages existant entre les formes des testicnles de ces deux espè- 
ces, il nous scml)le ({ne le genre Clunorchu, s'il n'est pas appelé 
à disparaître, n(* pourra sul)sislt'r (jue comme sous-genre dans 
le genre Opislhorchis. 

Los (limcnsions des oxi'm|iliiii'es li^'iirrs (Ions <'os oxernplnii'cs oui ('-U! 
mesiMN's iiiuiilés dans le l)iiiiiiio de <"..iii,ida entre laine et lamelle) sotiI 
en millimètres sauf pour les œufs). 

[Muséum iiafioun/ f/'/iisloirr nalurelle, lahoraloire 
de M. If professeur A. Gruvel, juillel lOi'^). 



ouvRAf.KS citf:s 



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hernihrenden Krankheiten(2^Vu(lage. 1, 3. Lief., 1. .Vbl., pp i .xxxi +835- 

1000, fig. 1-57. in-8o). 
1906. LtNSTOW (Oito Friedrich Bornhard von) — Helminthes from the collec- 
tion of the Colombo Muséum (Spolia Zeglanica, lit, part. XI, janv. 1906, 

pp. 163 188, |d. i-iu, fig. 1-55). 
189!» b. Looss (Arthur). — Weitere Beitrlige /ur Iventniss der Trematoden- 

launa /Egypteos iZoot. Jahrb. Sg.^l., Xll, 18^9, 28 Déz., pp. 521-784, 

pi. xxiv-xxxii, fig. 1-90). 
1902 m. i.ooss (Arthur). — Uebar neuè und bekannte Trematoden aus See- 

schildkroten {Zool. Jahrb., Sgsf.. XVI, 3-6 Heft, 24 Nov., pp. 411 89i, 

fig. texte AA, AB, B, pi. xxt-x.xxu, fig. 1-181). 
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of tropical Medicine, Liverpool [Ann. trop. .Med. and Parasitologg, I, 

n« I, febr. 1907, pp. 123l5i, pi. vu-ix, fig 1-8). 
1907 b. Looss (.\rthur). — Notizen zur Helminthologie .Egyptens VIL Ueber 

einige neue Trematoden der àgyptischen Pauna {Ce/ifrlf/l. Bakter. Abt. I. 

Orig , XLIIL Heft 5, Miirz, ppT478-490, fig. 1-7). 
1907 r. Looss (Arihur). — Ueber einige ziim Teil neue Distomen der Euro- 

pàischen Fauna {Centralbl. Bakter. 1, Ab!. XLIIL Heft 6, 21 Miirz 1907, 

pp. 604-613, fig. 1-4). 

« 

(1) Le nom de Janson n'est pas cito mais on sait que la listo des parasites 
envoyés de Komaba est duo à Janson alors professeur à l'Ecole de Komaba. Le nom 
de « Dixtoina pancreaticum » apparaît, pour la prcmif-rc fois, dans cette liste. 

(2) Cet ouvrage n'a pu ùtre consulté. 



340 si';.\N(.K hi 2i oCTORiu: 1922 

1900 aa. LL'Eiiii(Ma*0. — lJebei'eiiiij.'e Distonien ans Sclilangon iiml Kideoli- 
sen {Cenir/bl. liakter. Abt. I. WVIII, n" M, 5 nov , pp. 555-5G0) 

1901 n. I.i'EHc (M,\x) — llobei- Ilcniiiirirlen (Ein Hoili-ai? /iir Syslematik (1er 
(Jigenetisclieii ïremalodcn) (Zool. An:., \\\\ , n^ (UT, 8 .Iiili 1901, 
pp. 394403, fig. 1-2: n» 030, lO Aiig.. pp. 473-i88, fig. 1). 

1901 //. I.rEHE(Max). — Zwei neno IHstoinon ans imlisclicn .Knwvan (C en trlbl. 
liakter. Aht. I. X.W, n' 4,8 Ang . pp l(H5-177, (iï. 1-5) 

1921. Mac Calllm (Ci.-A.)- - Sliuiios in ilelniinlliology (Zoopatholof/ica. I, 
n» G, aug. 1921, pp. 137-284. lig. 09-151). 

1825. Mehlis (D.-Ednardns) — Ohservaliones analoniicas de Disloniale 

liepalico cl lanreolalo... ((loltinga' Toi. pi-i'f. -\- 42 |)ages + expl. lig., 

planche, fig. 1-24). 
1S!»8. .MrEHLiN(i(Panl). —Pic HelininlluMi-Fanna derWirhtdtieiT' Oslprenssons 

(.1/t//. .Votun/csch., L\1V. i I5d.. I llill, Mai IS9S, pp. 1-118, pi. i-iv, lig. 

1-28). 
190(1. Nkvei'-Lemaire (.Maurice). — i'récis de parasilologie hnniaine (3e édi- 

lion, Paris, 493 pages, îilH lig. texte). 
1912 Nu:i)i.L(\N'illiani). — On Iwo new Trcmalode parasites froin tlie indian 

(".obra {Pror. Zool. Soc. London, pari. IV, «léc. 1912, nos lvi-lvii, pp. 851- 

8.-i(;, texte lig. 122 A-B). 
1910. (Jon.NEH (Teodor). — Nordostafrikanisclie ïremalodcn, grosslenteils 

vom Weissen Ni! (Hesnils of the Swedish zoolog. Kxped. lo lîg.vpt and 

Ihe whiteNile 1901... IN" 23 A. Uppsala l!H0. pp. 1-170, fig. Icxie i-xiv, 

pi . I vil. 
I!t07. l'ocnE (Franz). — Kinige Beinerknnuen /iir .Nonienclatnr der Trenialo- 

den (Zool An:., \\.\l. n'> 4. 4jan\ . pp. 124120). 
1893. Kaili.iet (.Mcidc; — Traité de zoologie nii-dicale cl agricole (2"' ('-dition, 

.\v -f 1303 pages. 892 fig texte, Paris. in-8o). 
19(10. Railliet (Alcide). — Tréinatodes hépaliqnes des Oiseaux [C . /t. Sor. 

hioL, Paris, 11- s , LU. 10 mars 1!»00, p[.. 239 2 i2). 

1912. itvii.i.iET (Airidc/, A. IIe.nry el Cdi. Joyeux. — Surdeiix Tréinatodes de 
Primates iBull Soc. paf/i. eocotir/., V, n^ 10, Il déc. 1912. pp. 833-837 

1 fig.). 
1898. Kaili.iet (Aliide) el (i. Marotël. — La Douve pancréatique [)arasite des 
Md'ul's el des Ruines en Cocliin(diine [Arcli . pnrasitol., 1, n" 1, janv. 1808, 
pp. 30-38. 1 fig.). 

1913. Skkjabiv (K. I.) — Vogellremaloden ans riissisch Tnrkestan (Zoo/. 
Jnhrh. Sijst. \\\\ , 3 Helt, pp. 351-388. pi. xiii-\iv, fig. 1-10). 

1914. CKPHoiiH'b (K. II.). — Lj/z/crosof/uin filiforme nov. sp i/Kyi'HA.-n. 

HAVMHOII II nPAKTHMKCKOii BeTEPHHPHOH MEAUUIlbl VIL 

Bi.inycK'bîî. I()pbeBi>. 191;, pp. 274-292: pi i-ii, fig. 1-11). 
1911 Co.iORhenh (ii. "P.). — HoHLiii nw.yu po^a Dirrorœlium Dujardin 
(1815)... (Puoovn. 3oo.ioriiMCK. .la6oi)aTOPiM IhiMcpaT. BA])iiiaiîCK. 
yTHBepciiii. .3a, 1912, pp. 1-23, fig. texte 1-3) 

1912. Co.lOBbORl. (n. tt>.). nAP.\311TlI>IFXKIE MEpBII IITHUT» TVPKEC- 

T.\HA . {.\nimaire ?nusée cool. Acad. Imjt. se. St.-Pétersbourg. XVII, 
1912, pp. 80-115, fig. 1-15). 

1922. Vax Cleave (H. J.). — A new genus of Tréinatodes froin tlie Wliile 
Hass {Pror. U. S. Sal. Muséum, LXI, art. 9, n» 2i30. pp. 1-8, pi. i, fig. 
10 et fig. texte 1-2). 



SÉANCE DU 2i (KTOllRii 1922 3 il 



NOTE ADDITIONNELLE 

Lorsque nous avous présenté, dans la séance du 11 juillet 
1922, la note qui précède, nous ne connaissions pas l'existence 
d'un certain nomhre de publications du D'" Lauro Travassos con- 
cernant les Dicrocœliinœ. 

Nous venous de recevoir une partie d'entre elles (1), notam- 
ment une importante contribution à la systématique de cette 
sous-famille, embrassant presque toutes les espèces qu'elle 
renferme ; de nombreuses espèces nouvelles du Brésil, sont 
décrites et ligurées, trois genres nouveaux créés et tous les 
anciens genres maintenus. 

Travassos (1919, p. 10) sépare les Dkrocœiiime en deux grou- 
pes : l'un caractérisé par un intestin large, court, un corps large 
à musculature réduite et comprenant seulement des espèces 
parasites des Vertébrés à sang froid (avec les genres : Infiduni 
Trav., Hoploderma Cohn, Xenopharf/nx Nicoll, Me^ocœlliuii 
Odliner, Parailislonimn Ivossack) ; l'autre caractérisé 2)ar un 
intestin long et grêle, un corps aplati ou allongé, une muscu- 
lature régulièrement développée, et comprenant seulement des 
parasites des Vertébrés à sang chaud (avec les genres : Lypcro- 
tretiia Trav., Lyperosonmm Looss, Athesniia Looss, Oswaldoia 
Trav., Dicrocœlium Duj., Dictyonograp/us Trav., Platynolrema 
Nicoll, Eurytrema Looss, Brodcnia Gedoelst, Plalynosominn 
Looss). 

Nous nous réservons de discuter plus tard l'intéressante clas- 
sification proposée par Travassos, mais nous pouvons dire dès 
aujourd'hui que nous nous en séparons complètement sur })lu- 
sicurs points : ce que nous connaissons de la morphologie des 
espèces de la sous-famille nous oblige à concevoir différem- 
ment leur groupement générique. 

Il n'apparaît pas (|ue les ca'ca intestinaux soient toujours lar- 

(1) l'Jlf). — InfonnagrKîs solire a fauna lieliuinllioloyica .sul-llaiiiiiiuusu [Brazil 
Medico, XXX, n° 1, 1 jan. 19IG,. 

1!)16. — Trematodeos novos [Brazil Medico. XXX. n-So. l2agoslo 19lfi). 

1918. — Helmiiitlies parasites de animais ddincstiL-os (lîevista de Veleviiiai-ia 
e Zootechnia, VIII. n" 1, 1918). pp. 3-1y, ti-. 1-6). 

1919. — Contribuirâo para a sistematica dos Dicvocœliinœ Loo.ss, 1899 (Arvli. 
(la Use. Slip, de Agric. e Med. Vêler., Niclheroy, 111, n" 1, dez. 1919, pp. 7-i'4, 

pi. I-MV). 



342 SÉANCK DI 24 OCTOBRE 11)22 

ges et courts chez les espèces parasites des Reptiles et Batra- 
ciens, toujours grêles et longs chez les espèces parasites des 
Oiseaux et Manimil'cres. 

Les cœca de D. illiciens Braun et de D. (/r/ïecle?i.sBr(iun, par 
exemple, qui sont pourtant parasites d'Oiseaux, se sont pas 
particulièrement plus grêles et moins courts que les cacca de 
Xe/iophari/nxsohisK\co\\ du Cobra de iinde. Lesc;ecade />/6'///o- 
graptus dictfiouorjraptns Trav. (du pancréas de Taluii novem- 
cinclîis L., à Angra dos Bois) sont gros et larges, plus que les 
ca?ca de certaines espèces placées par Tr.vvassos dans le genre 
Paradislomum, par exemple P. pnrvisshnum Trav. (de Tejtis 
teguixm (Linné) Gray, Lézard de la fam. des Tridiv). Bien que, 
incontestablement, les ca>ca intestinaux des vrais Pnnidistnnia 
des Be])tiles dillerent de ceux des EurijUcrna des Mammil'èrcs, 
on ne 2)eut l'aire apjjcl aux caractères de ces organes pour sépa- 
rer d'une part t(»iites les espèces hébergées par les animaux à 
sang froid, d'autre j)art toutes les espèces hébergées par les 
animaux à sang chaud. La forme générale du corps n'est pas 
non plus un critérium. 

(23 octobre 1922). 



Séance (ht 1 i novembre id''2il. 



FRKStDENCE DE M. CARIE, VlCE-PRESIDEiM. 



M. le président annonce le décès de M. de Gaulle, membre 
de la Société depuis 1895, et exprime les vifs regrets de tous. 

M. Serge Alexandrovitch IIowaisky, présenté à la dernière 
séance, est élu membre. 

M. Lécatllon, professeur de zoologie à la Faculté des scien- 
ces, allée Saint-Micbel, à Toulouse (Haute-daronne), est pré- 
senté par MM. Henneguy et Rabaud. 

M. Jean Buisson, docteur en médecine, 15, avenue de la Bour- 
donnais, Paris (7"), est présenté par MM. Brumpt et Neveu- 
Lemaire. 

M. Th. MoiNOD, présente à la Société quelques Crustacés : un 
Anilocra physodes L. tératologique, possédant quatre paires 
d'uropodes (Monaco, octobre 1922) ; des échantillons (^ et 9 de 
MofJiocya epimerica A. Costa, parasites à' Atherina mocho {id. 
loc.) ; un Euparjnriis cuanensis, porteur de treize Peltogaster 
su/cal i(s Lillj. (îd. loc.) : un exemplaire à' ArctiiTella daninonien- 
sis Steb., genre et espèce nouveaux pour la faune de France 
(croisière de « l'Andrée III », 24 août 1920, station XIII). 

Ouvrages offerts : 

Deschiens. Atlas de parasitologie (59 pi. Edition de la série « Nos maî- 
tres », Deschiens, directeur). 

Revue pratique des tnaladies des pni/s chauds. Egypte médico-chirur* 
gicale (I, no 1, octobre 1922, 102 pages). 

Rose Akatsuka and Taku Komai. Pseudorrangonijx, a new genus ol' 
subterranean Amphipod l'rom Japan {Ann. Zool. Japnii, X, avril 1922, 
pp. 119-126). 

FlouLE (Louis). — Les Poissons migrateurs, leur vie et leur pêche. Un 
important problème d'histoire nàtm'elle, océanographique cl économique 
(Paris, Flammarion, 1922, 176 pages, in-i6). 

Taku Komai. — Studies on two aberrant Ctenophores, Cœloplana and 
Gastrodes (Kiolo,1922, 102 pages, 9 planches, in-4°). 




iii4 SÉANCE DU 14 NOVKMBRE X'^'l'l 

Taku Ko.mai. a case ol tonspiciioiis sexual diirerence in coloration in 
Sloinatopods with noies ofa malo coloration approrhing thaï ofthe feinale 
(Ann. Zuol. Japan, X, avril ]\i±2, p|i. lOi-107) 



NOTE SUR UNE ESPÈCE NOUVELLE DHYDROIDE 
DES CÔTES DE FRANCE (DVNAMENA DUBIA) 



l'A H 



ARMAND BILLARD 

PioIV'Sscih' a la Kai-ullé ili-s scicucus de l*oiticrs. 



l'arini les llydroïdos récoltés sui' ma deinandc par le D"" Col- 
LO.NGEAT, assistant de zoologie à mon laboratoire, j'ai tronvé nne 
lornw' intéressante, ({uc je considère comme nonvrdle r\ (jiie 
je proj)ose (ra})})eler Ih/namena dulna. 

Les colonies, qui j)roviennent de la l*allito et sont fixées sur 
une petite Algue verte, ne dépassent pas 1 cm. o; leur liydro- 
caule est divisé en articles séj)arés par des lignes ol)li(|ues et 
vue de l'ace Tarticulation se j)résente sous la forme de deux 
cônes se pénétrant par leur pointe (lig. I , .4 et B). Les bydrothè- 
ques sont strictement opposées et occupent la partie proximale 
de ciiaque article ; sur l'une des laces elles se touchent, tandis 
que sur l'autre elles sont légèrement écartées. Leur fond du 
coté adcauiinaire est pourvu d'un processus plus ou moins 
développé. 

Ce qui caractérise ces hydrotliè(jues c'est la forme de leur 
orifice qui est dirigé verticalement ft ligure un Itisc.iu ou un 
sifflet à bec court; ce large orifice est fermé \n\v une grande 
valve operculaire abcaulinnire et en outre par une petite lame 
adcauiinaire relevée, c(jntinuant la j)aroi correspondante de 
l'hydrotlièque, qui parait retroussée ; cette lame adcauiinaire 
est parfois difficile à mettre en évidence ; les deux lames s'af- 
frontent pour fermer l'orifice. 11 n'y a pas de dents latérales 
et il semble que le large orifice se soit formé par le développe- 
ment exagéré <le l'écliancrure abcaulinairedu genre Dynamena 
typique, tel que le définit liitocH (1), et par la réductioû à zéro 

(1) The Danish Ingolf Expedilion, Hydroida (V. ii, 1918, p. 114). 



SÉANCE DU li NOVEMBRE 1922 



3i5 



(le i écliaiici'Ui'o aJcauliiiiiii'o, avec persistance de la lame 
adcaiii inaire qui est alors rudinien taire et a pris un caractère 
spécial. Les hydranthes ne présentent pas de cul-de-sac abcau- 
linaire et c'est là une des raisons qui nie fait placer cette forme 




Fir.. 1. — Di/nuinrna dabia. n. s|j. 
.1. piti-tic illiyiiroraiile, gr. 80: li, liydrothèque tnontrani l'drilice vu (l« laci;, 

f^r. SO : <:, gonolhi!qiU', t^r. 40. 

dans le genre Dijnamena, dont elle possède aussi les liydio- 
tlièques opposées. On pourrait à la rigueur la considérer 
comme le chef de file d'un nouveau genre, mais depuis ces 
dernières années les g'enres ont été tellement multipliés dans 
la famille des Sertularides que j'hésite à créer un nouveau 
genre ; je préfère rattacher cette espèce au genre Dyaamena, 
au moins provisoirement, malgré la forme et la disposition un 

24 



34(> SÉANCE DU 14 NOVEJimUE 1ÎI22 

peu Jili'érentesde l'operculo; sous ce rapport notre espèce éta- 
blit le passage vers le genre Tlniiniid. mais les liydrauthcs des 
77(///rtr/rt possèdent un cul-do-sac abcauliiiaire. 

Les i:onothè(|ucs sont ovales (fig. l C), ti'oii(|U(''cs à leur 
extrémité distale, qui présente un col étroit à lintérieui' duquel 
se voient de petites saillies périsarcales ; de \A\m ces gono- 
tlîèqucs sont annelées, mais les annellations sont faiblement 
marquées. 

Cette esjîèce se ra[)proclie du Scrhilaria dc.sjyioif/esTovvcy (i), 
qui appartient au même groupe par les particularités de l'ori- 
tice et de l'opercule, mais la forme des bydrotbèqucs est un 
peu différente; ces deux espèces ont des gonotlièques qui se 
ressemblent. 

J'ai récolté moi-même des écliantillons de cette espèce à 
Biarritz (rocber de la Vierge), mais les deux colonies (]ue je 
possè(b> sont plus [x-lites i',\ miu.i et la ])artie distalc de cliatjue 
article est plus courte, les paii'es d'iiydrotlièques sont aloi-s 
plus rapprochées; l'orifice des liydrothè(|ues bien (|ue moins 
visible apparaît du même type. Les colonies ne portent pas de 
gonotliè(jues. Le nanisme et Je ra])piocliement des bydrothè- 
ques tiennent sans doute aux conditiojis ditlerentes d habitat. 

Enfin M. Doi.lfus a recueilli aussi des spécimens de cette 
espèce entre l'île de Groix et les (îlénans, par 24 mètres de 
fond ; les colonies ont pour bi plupart 1 cm. de hauteur, l'une 
pourtant atteignait 2 cm. 5; ces colonies montrent des rameaux 
stoloni(]ues. Le plus souvent les articles, séparés aussi par des 
lignes d'articulation oblicjues, ne portent qu'une paire d'hydro- 
thèques, mais parfois on en trouve deux paires; la partie distale 
de chaque article est allongée. L'une de ces colonies porte à la 
base une gonothè(|ue complètement vide à paroi mince et 
onduleuse, largement ouverte à son extrémité distale, sans col, 
ni saillies périsarcales, mais il send)lc que cette gonofhèque 
n'est pas complète. 

Les dimensions des échantillons dos différentes |)rovcnances 
sont comme on le voit très voisines, l'intervalle des hydro- 
thèques est plus faible dans les -colonies de Biarritz, comme je 



(t)The Hydroida of Ihe pacifie coasl of Noilh America, (finiv. California 
publicatiniia, Zoology, I, 1902, p 03 pi. viu, lig. 70-7i) ; et Nuttino (G. G. ) Ann-ri- 
can Hydroids, l'. 11. The Serlulaiiduj {Smithson. Instil. U. S. Nal. Mus. Spé- 
cial Bull. 1904, p. 56, pi. Jii, lig. 1-3). 



SÉA.'«C£ DL 14 NOVK.MBHE 1922 



/>H 



] ai fait reriiarquor et la partie soudée est plus irrande dans les 
formes de.bretagric. 



Dimensions 



Échantillons 



La Pallice 



Longueur de la parlie abcaulinaire des 
bjdrofhèques 

Longueur de la partie libre des hvdro- 
Ihèques 

Longueur de la partie soudée des bydro- 
thèques 

Largeur des brdrolhêques (à l'orifife) . 

lolervalle en Ire les paires d'bydrotbèques. 

Largeur de rbydrocaule 

Longueur des gonothèques 

Largeur des — (maximum). 



Biarntz i Bretagne 



un- 2.S0:* 


245-260 u 


2io- urju 


2^'J0-2I5«^ 

• 


265- 280 a 


245-265 a 


i()f)- iU)u 


H5-I30:;t 


143- im-x 


l65-3:i0u 


85- lOOot 


65- 80 a 


1 370-1485 a 




860- 960 ^ 





245-260 a 
200 230.:* 
300-343 .X 

115-1 30 :i 

100-1 15 X 

1:^20 £* 

725 jt 






En terminant j'indiquerai que la forme signalée par moi 
comme une variété de Sertularia distans Lamx. et provenant 
de l'expédition du « Travailleur - 1 , doit être rapportée au 
Dijnamerio. duhia, mais il s ag^it d'une variété de taille plus 2^rande 
3 cm. 5^ présentant quelques ramifications. Les articles por- 
tent le plus souvent deux paires d'hydrothèques, mais certains 
n'en ont qu'une seule paire. C'est par suite d'une méprise que 
j'ai figuré deux dents latérales à l'orifice, qui est semblable à 
celui de notre type, dans les hydrothèques les mieux conser- 
vées ; mais les lames operculaires sont absentes, une seule 
livdrotlièque possédait encore dans une colonie la grande lame 
abcaulinaire. Les gonothèques manquent aus-' ^' '"'** •'"^•han- 
tillon. 

Les dimensions se rapprochent de celles des échantillons 
de Bretas-ne mais les dépassent, sauf pour la longueur de la 
partie soudée. Voici d'ailleurs ces dimensions pour cette 
variété : 



(Il Ex[>é.iilionî -cienlifiqTieJ du « Travailleur * et dn * Talisman ». Hyjroi-Jeà 
(Paris, Massoa. !'"•■ i"-+ -• •''M, «îl' W 



:ii8 



SÉANCi: DU li NOVEMURK 1ÎI22 



Longueur de la parlie iihcaiirmairc des livdn)Uiè(|ues 
Loiiifiieiir de la parlie libre des lijdrotliéiiues. 
Longueur de la parlie soudée des liydrollièques . 
I^argeur des hjdrothèques (à l'oiiliee) .... 
Inlcrvaile enire les paires (riivdrotliciiues. 
Lai'ueur de riivdrocaiile 



260-3ri0 'a 
;M5-33U p 
105-140 !x 
410-775 a 
120-175 a 



COMPLÉMENT A LA DESCRIPTION 
DE CVCLOBOTHRIUM CHARCOTI MIHI 



l'A H 



Robert-Ph. DOLLFUS 

Un e.\eiii])lair(' du Tn'Mnatode cctopaïasitc (juc nous avons 
décrit sous le nom de Ci/cloholhr'utn) Cliarcoti (1) vient de nous 
être remis par notre ami Th. .Mosoi» (jui Ta recueilli à Monaco 
(21 octobre 1922) en examinant un couple de Mcinerlia œstroï- 
des Risso de la bouche de liox booiis L. 

Pour décrire C. Cliarcoti, nous n'avions à notre disposition 
cju'uu seul spécimen ; l'examen du spécimen trouvé par 
Th. MoNOU nous donne l'occasion de compléter notre descrip- 
tion première. 

Nous avions indiqué que le lobe antérieur de ce parasite 
était petit, ovalaire, à peu près aussi long (pie large (environ 
0,05 nmi.), il avait cette l'orme parce qu'il se trouvait à l'état de 
rétraction maximum; l'individu récolté par Monod montre en 
eil'ct (lig. 1) un lobe antérieur long et étroit (environ 2 mm. 
sur 0,5) ; mais on l'cmarcpuMa (iii'il n'est, pas à l'état d'exten- 
sion complète (lig. 2i aussi peut-on prévoir (jue, complètement 
étendu, ce lobe antérieur pourrait mesurer les 2/5 de la lon- 
gueur totale du corps. Ce lobe est com[)arable à, une sorte de 
trompe; il est pourvu d'une très forte musculature. 

L'opacité du parenchyme et des vitellogènes rend les organes 
internes (en particulier l'intestin, l'ovaire et le receptacultim 

(Il (Jyclobolhriuin Cliarcoti, n. sp. Tréiiiaiode ecloparasile sur Mehiertia 
œstroides (Risso). Parasites reeueillis pendanl la croisitTe océanographique du 
« Pourquoi-pas'?» sous le coniinandenienl du D' J.-B. Chabcot, en 1914 (1" note) 
[Bull. Snc. ZnnI Frnnrp. XLVII, séanc.' du 11 juillef I92f, pp. 2.S7-2%, fi-. 1-3). 



■\a 



SÉANCE DU li NOVEMBIŒ 1922 



3i9 



.'^emi/ils) (lifficileiuont visil)los, nous avons pu, néaunioins, nous 
rendre compte que leur disposition est l)ien conforme à celle 
ijui correspond à la sous-famille des Diclidophorinœ. 

La contraction re pai-ait pas atiecter la forme de la région 
moyenne bilobée, ni celle de la région postérieure (cotylophore) 
du corps, mais l'état de plus ou moins grande extension du 
lobe antérieur modifie sensiblement la position relative des 
organes qui y sont contenus ; c'est ainsi que, cbez l'exemplaire 



e 







FiG. 1. — Exemplaire à lobe antérieur en extension incomplète. 

à lobe antérieur entièrement rétracté (fig. 3), l'appareil copu- 
lateur portant six forts crochets arrive au même niveau que le 
pharynx et le cache presque entièrement lorsqu'on regarde 
l'animal par la face ventrale. 

Lorsque ce lobe est en extension, le pharynx se trouve à un 
niveau intermédiaire entre les deux ventouses orales en avant 
et l'appareil copulateur en arrière. Sur la figure 2, le pharynx 
est vu par son pôle antérieur et non pas latéralement, cela 
tient à ce c|ue l'extension n'étant pas complète, l'axe (ki pha- 
rynx a pris une position perpendiculaire au plan du corps. 

De chaque côté du pharynx, l'intestin forme un cul-de-sac en 
avant de la bifurcation œsopiiagienne. 

Dans la partie proximale du lobe antérieur comme dans la 



350 



SÉANCE DU 14 NOYOïmK 1022 



région moyenne du corps et dans le cotylopliore, les follicules 
vitellogènes, très serrées et fortement colorées, masquent com- 
plètement et entourent l'intestin et ses ramifications. 

Dans l'utérus de l'exemplaire trouvé par nous en juillet 1*.>14, 




FiG. 2. — Extrémité liistalu du lobe antùiieur de l'exemplaire de i:i figure 1. 

Iiitesl. intestin ; O. bifurcation œsopha;,'ierme ; /V/*. pénis ; Ph. phnnjn.r\ P. ph. 

préphaiynx ; Ul. utérus; Vil. vilellof,'éiies ; M. fibres musculaires. 



il n'y avait qu'un seul (l'uf, nous en avons compté une dizaine 
environ dans celui de l'exemplaire trouvé récemment par 
MoNOD. Les œufs sont fusiformes et mesurent environ 0,354 à 
0,375 de long sur 0,062 à 0,07G de large, les fdaments polaires 
sont très courts (tig. 4). 



SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1922 



3ol 



A ce que nous avons dit autérieui'einent do. la inoi-pliologuî 
externe, nous ajouterons que l'animal n'est pas tout à fait 
j^lan : sa face dorsale est convexe, sa face ventrale concave ; la 
surface du corps n'est pas. lisse mais fortement ridée transversa- 
lement ; les rides donnent un aspect denticulé à ses bords. 




FiG. 3. — Extrémilé distale du lobe antérieur, complètement rétracté. 

d'un autre exemplaire. 

Nous avions mentionné (1) la présence de denticulations chi- 
tinoïdes en rangées régulières dans les deux quadrants distaux 




Û.1 



0,1 



FiG. 4. — OEuf. 



de chaque appareil de fixation, il est important de dire que 
ces denticulations n'existent pas dans les deux quadrants 
proximaux. 

Chez l'espèce type du genre Ct/clohothrium : C. sessi/is 



(1) Op. cit., p. 28S, fig. 2, 



3o2 sÉA.Nci: 1)1 14 >uvemuue li»'2"2 

(Goto), les quatre quadrants sont pourvus de rangées de denti- 
culations ehitinoides, (]e caractère nous paraît éloigner notre 
espèce du genre Ci/clobolhriiiin V^qvî. ; elle s'en éloigne en outre 
par son lobe antérieur, sorte de trompe rétractile, nettement 
séparée de la région moyenne Inlobée du corps. 

H est prol)alde que Ion devra créer un genre nouveau (inter- 
médiaire i)ar certains caraclères à Cyclobollirimn et Diclulo- 
l)liora) pour l'espèce C/m>To/i, aussi n'est-ce que tout à fait pro- 
visoirement que nous la laissons dans le genre Cyclohothrium. 

{Muséum national (f histoire nature/le, Pans, lahoratoire 
de M. le professeur Gruvel). 



LE DÉPART DES HIRONDELLES EN 1922 



■Ail 



PETIT (Aine) 

L'année 1922 a été déplorable pour le séjour de nos Hiron- 
delles ; au printemps elles ont soutTert dès leur arrivée en 
France, puis, aussitôt la belle période du mois de mai passée, 
le mauvais temps n'a presque pas cessé jusqu'à leur départ ; 
c'est pourquoi, beaucoup dentre elles ont quitté leur station 
par petits groupes bien avant la date de leur départ habituel ; 
cependant, comme toujours, quelques Hirondelles des der- 
nières nichées, ont été vues encore jusqu'au 10 octobre ; cel- 
les-là, manquant de direction, meurent pour la plupart de froid 
et de faim. , 

INI. DE Kkrhervé, notre collègue de Lacres, me signale leur 
départ dans les premiers jours de septembre ; M. Mavel, insti- 
tuteur à Gombronde (Puy-de-Dùme) le 9 ; M. P. Rémy, prépa- 
rateur à la P'aculté des sciences de Nancy, me signale leur 
départ le 22 septembre ; M. le commandant Caziot, notre col- 
lègue de Nice, m'écrit qu'alternativement des groupes arrivent 
et disparaissent dès le soir, à la même époque. M. Queyron, 
médecin vétérinaire à la Réole, près Bordeaux, m'annonce plu- 
sieurs passages vers le commencement d'octobre. Dans les 



SÉANCE DU li NOVKMiuu; 1022 35:1 

environs de Paris, elles sont parties dès le 12 septeinln'e et les 
Martinets le 28 août, date régulière. 

Je remercie mes aimables corres])on(]ants qui me mettent au 
courant de cette ([uestioii. Nous constatons que les arrivées et 
les départs ne ressemblent nullement à ceux d'autrefois, qui 
étaient presque réguliei's ; puis, tous remarquent, comme moi, 
la diunnution très sensible du nombre des Hirondelles. Quelle 
raison doit-on en donner? Kst-ce leur capture dans le midi avec 
d'autres petits Oiseaux insectivores, comme j'ai eu l'occasion 
d'en faire mention? Est-ce la maladie ? je n'y crois pas. Ainsi, 
à Paris, autrefois, nous apercevions souvent des Hirondelles de 
cheminée {Hirunda rusiica); à présent elles sont fort rares et 
à ce propos, voici quelques lianes écrites dans le Petit Journal 
il y a cinquante ans : « Un chercheur a compté 1.137 nids 
« d'Hirondelle.s sous le toit de l'Etat major de Paris, place 
« Vendôme ; au ministère de la Justice, en face, il en a compté 
« "11. » 

Ce fait est exact et a été constaté par bien des personnes, y 
compris moi-même, encore cpielques années après ; il est indu- 
bitable que nos Hirondelles disparaissent progressivement. Si 
c'est par suite de capture, quand pourra-t-on l'enrayer? 

Nous savons qu'elles gagnent toute i'Afric]ue jusqu'au (]ap 
de Bonne-Espérance. Citons les observations d'un ornithologiste 
anglais. M. H. -F. \Yitherry qui s'est spécialement consacré à 
l'élude de la migration des Oiseaux : il écrit cjue dans les étés 
de 1920 et 1921 il passa aux pattes d'un certain nombre de 
jeunes Hiroadelles, capturées dans leur nid, de microscopi- 
c[ues bagues de caoutchouc portant une référence de nature à 
permettre leur identification ultérieure. Il invita, en môme 
temps, par la voie des journaux, toute personne qui capturerait 
l'un de ces animaux à le lui faire savoir. Or, sur la centaine 
d'Hirondelles niusi baguées, six ont été fortuitement recaptu- 
rées au printenq)s suivant en Afri(]ue australe ; l'une d'elles, 
qui avait été baguée à Windsor le 20 août lî)21, a été prise le 
(S janvier dernier à Bradnet (province du Cap) par un fermier. 
M. Egbert Graef. après qu'elle fut entrée accidentellement 
dans sa cuisine. 

Ces faits sont très concluants ; ils montrent que ces messa- 
gères des beaux jours, tout en voletant le long des côtes afi-i- 
caines. finissent par faii'e plusieurs milliers de kilomètres, et 



354 SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1922 

cela, d'après ce que j'ai constaté, le vent de travers et en biai- 
sant. Quoi qu'il en soit, rétuflo des migrations des Oiseaux, et 
en particulier des Hirondelles est très intéressante et doit être 
étudiée par des observa tcîurs sérieux, ce qui nous permettra 
2)his tard d'approfondir et de connaître la vie entière de nos 
cliarmants Oiseaux, si utiles à l'agriculture et que nous devons 
sauvegarder et protéger partons les moyens possibles. 



SUR LA VALEUR MORPHOLOGIQUE DES PRÉTENDUES CHLO- 
R EL LES DE SERTULARELLA POLYZONIAS L. ET DE CER 
TAINES CELLULES PIGMENTAIRES D'HYDRAIRES CALYPTO- 
BLASTIQUES 



PAH 



Georges TEISSIER 

L'examen pratiqué sur le vivant de toute une série d'Hy- 
draires Galypt(iblasti(pu's m'a montré des cas de pigmentation 
f|ni. me semble-t-il, n'ont pas été sig'nalés jusqu'ici, ou bien ont 
été mal interprétés. Je les envisagerai du seul point de vue 
morpbologique, laissant pour l'instant complètement de côté 
toute préoccupation histochimiqne. 

On connaît depuis longtem[)s chez les Calyptoblastjques des 
cellules caractéristiques, bien étudiées par Billard (1901), puis 
par KoLLMANN (1908). Ces éléments volumineux, amœboïdes, 
sont bourrés de grosses granulations très réfringentes (d'où 
leur nom de « cellules granuleuses» Bu.lard) quidans les nom- 
breuses espèces examinées par ces auteurs sont incolores. 
Dès 1893 cependant, Zoja avait signalé des cellules qui, pour 
Billard, sont évidemment des cellules granuleuses, et (jui sont 
colorées en vert; mais cette observation n'attira pas l'attention, 
de sorte qu'en 1913 Kurt Miillkr Calé et Eva IvRiiiiEu décou- 
vrirent à nouveau les cellules vertes de Sertularella pohjzo- 
nias observées par Zoja, dont ils ignoraient les travaux et les 
interprétèrent comme des Cldorellos; reprenant ainsi une inter- 
prétation que Zoja avait déjà considérée comme inacceptable. 



SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1922 351) 

Peu après Herbert C. Mulleii commit la même erreur, que Ton 
trouve reproduite dans un livre récent de Buchner (1921). 

Jai retrouvé dans diverses espèces les cellules vertes de 
ZojA, en outre J'ai observé ailleurs des cellules noires. 

Sertularia operculata L. ({ui est l'espèce la plus remarquable 
à ce point de vue, possède cote à côte des cellules granuleuses 
morphologiquement semblables, dont les unes sont incolores, 
identiques à celles d'un Galyptoplastique quelconque, et les 
autres brun-noir, les granulations étant uniformément teintées. 
Il existe d'ailleurs mais en petit nombre des cellules dont quel- 
ques granulations seulement sont colorées. Chez Sertularia 
gracilis les mêmes cellules très abondantes donnent aux colo- 
nies une coloration générale gris-brun. Un pigment vert s'ob- 
serve dans les cellules granuleuses ds Halecium beanii 
Johnst., Pliimularia secundaria Gmel., Sertularella gai/i Lamx., 
Sertularella polijzonias L. Ces éléments ne présentent d'autre 
particularité que la couleur de leurs granulations qui est d'un 
vert plus ou moins foncé. Les cellules granuleuses incolores 
existent aussi, dans ces espèces, mais elles sont peu nom- 
breuses. 

Tandis que les granulations qui supportent le pigment con- 
servent leurs caractères propres de solubilité, tels qu'on les 
observe dans les cellules incolores, le pigment, qu'il soit noir 
ou qu'il soit vert, est très résistant aux divers réactifs ; il se 
retrouve sur les coupes et semble de nature mélanique. De 
tels globules protéiques chargés d'un pigment mélanique ont 
été vus chez une dizaine de Sertulariidées et deux Plumula- 
riidées par Warren (1918) qui a consacré à cette question un 
mémoire très riche de faits. 

Cet auteur, qui semble ignorer complètement ses | rédéces- 
seurs, considère la pigmentation des Hydrairescomme patholo- 
gique et admet que, sous l'influence d'une insolation exces- 
sive, une cellule quelconque peut se charger d'un pigment 
noir dont il a décrit l'apparition. Sans vouloir nier ces phéno- 
mènes, il reste certain qu'il y a des cellules pigmentaires nor- 
males dont Warren, (jui ne paraît pas connaître l'existence des 
cellules granuleuses, a complètement méconnu la nature. Plu- 
sieurs des descriptions de cet auteur concordent d'ailleurs très 
bien avec mon interprétation (jui fait des cellules à pigment des 
cellules granuleuses particulières ; cette interprétation me 



356 SKANCE DU lî MOVKMDUE 1922 

paraît de uaturo à éclaircir plusieurs des faits que signale War- 
UE.N ; il n'est pas impossible que certaines de ses descriptions se 
rapportent au développement encore inconnu de ces cellules 
granuleuses. 

hji résumé, les cellules granuleuses, incolores dans beaucoup 
de cas, en particulier chez toutes les Canipanulariidées étudiées 
jusqu'ici, sont souvent chez les Plumulariidées et surtout chez 
les Sertularidées, colorées en vert ou en noir par un pigment de 
nature i)robablement mélanique. Il n'y a pas plus lieu de con- 
sidérer avec MuLLER C.ai.é. Khimikh et 11. Mùllf.r que les cellules 
vertes de Sertu/orei/a poli/zonias sont des Chlorelles (1), que de 
croire avec Warren que les cellules à mélanine résultent tou- 
jours de la dégénérescence des cellules j>anales. 



TRAVArX ciTi:s 



ISÎKV — ZnjA(IJ.). — l.a cellule colorale delloclodemia di akiini liJroidi 

(Rnll. Sripnf.,\\ Kxl. Arch. itni. liiol.. X\l). 
1904. - Billard (\.). — Conlribiilion h l'élude des Hydroïdes (^n/t. SrA. 

y al. Zoo/., (8), X.\). 
1908. — KoLLMAXN (M |. — Recherches sur les leucocytes el le lissii lym- 

phoïde des Inverlébrés (.l/j/». Sci . Nal. Zoo/., (9). VIII) 
19IH. — MiiLLEit Calk (Kin-l) und Kva KniioKR. — Symbionlisrhe Al^'cn bel 

Af/laopfipiiin hclleri y\ni\ Scrtti la rel la poli/conias. (Ml. Neapei. XXI). 
1914. — .MiiLLKii (Hébert C). — Noiiz liber Symbionten bel Hydroiden 

{Zoni. Jahrh. Si/.-^t . XXVll). 
1918. — Waiirk.n (K.). —(observations on cellnlar dcfjcneralions and the 

rornialion oT pigment in certain llydroids. {A un. .\atal dort. Mu.^eum, IV). 
1921. — HucuNEH h>.). — TieiMind IMlanzein intracellnlarer Symbiose (Berlin). 

{Laboratoire de Hoacoff). 



Il) .l'ai rcirouvf ctiez Aglaophenia pluma L. cl Aglaophenia tuhulifera Hinkx 
les Xiinliiellct signalée" par ces auteurs et qui sont bien dans ce cas des Algues 
symhiotes. J'.ii observé aussi diins ces doux t.'spôces des cellules vertes, dcjii vues 
par ZoJA, ([ui me paraissent assez dilîérentes des cellules granuleuses ordinaires. 
Je reviendrai ultùrieureuient sur ces faits. 



SÉANCE DU 14 MOVEMBHK 1922 357 



OBSERVATION DES IVIÉDUSOIDES LIBRES ET DES PLANULAS 
DE SERTULARIA OPERCULATA L. 

PAH 

Georges TEISSIER 

D'al)(>ii(laiites récoltes de Serltilaria opercu/ataVj. que j'ai pu 
faire à Roscoff loi-s des grandes marées d'août 1922, m'ont 
permis d'observer dans cette espèce l'existence d'un médusoïde 
libre et nageant activement. Ce fait, toutà fait exceptionnel chez 
lesSertulariidées, a cependant été soupçonné par Mme. S. Motz- 
KossowsKA, en raison de Tassez grande perfection du gonophore 
dont elle a donné une figure sommaire. 

Le g-onange ressemble jusque dans le détail à celui de Dijna- 
inena pumila L. que j'ai décrit antérieurement. A la base d'un 
blastostyle terminé par un plateau qui émet de minces guber- 
nacula s insère uii volumineux gonophore ovoïde, étroitement 
engainé dans un manteau très cohérent; il n'en est séparé que 
par une mince couche de mucus qui s'élargit notablement dans 
la région proche de l'orifice du gonange. La ressemblance des 
deux espèces est extrême, surtout chez le mâle, sauf toutefois 
dans cette même région distale du gonange où, chez Serhilaria 
(jpercidata, le gonophore possède un vélum. 

Le développement, dont j'ai observé les principaux stades 
dans le gonange femelle, s'effectue d'une manière tout à fait 
analogue au processus observé chez Dynamena pumila. La 
même description pourrait s'en donner presque mot pour mot. 
Il ne se différencie pas de ]>ourgeon niédusaire et la preniière 
indicati(»n du gonophore est un simple renfiement du ])lastc- 
style (lig. 1). Sous un épaississement de Fectoderme (1) il ?e 
produit un nodule niédusaire et une lame ondjrellaire pleine, 
exactement comme chez Dijnainena pumila (fig. 2). Le gono- 
phore est donc dans les deux cas un cryptomédusoïde, qui, chez 
Serlularia operculala atteint par la suite une perfection toute 
particulière. 

(1) Dans ce cas répaississeinent n'est pus corrélatif d'une accuninlatioii consi- 
(li'rablc lie nématocvsl(;s comme cela a lieu ciiez Dynamcna puinild. 



358 



SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1922 



La coupo d'un goiiophoro adulte, encore ronfomi dans 1(> 
gonange montre les faits suivants (tîg'. 3). 

Le massif génital est recouvert de la lame ]>rofonde de Tec- 
toderme externe (qui, dans le gono2)hore femelle, envoie des 
tractus entre les nond)reux oocytes) ; il entoure un spadice cylin- 




Fin. 1 à 4. 

Fin. 1 l'I '2. — Deux stades du déveluppenient du gonophorc niTile x 30. 

Fin. 1. — Un épaississemenl eclodermique indique le futur gonophore. 

FiG. 1*. — Le gonophore ovalaire commence à iliircremier son vélum. 

Fk;. i. — Coupe transversale de l'cbauclie d'un gonoplior(! femelle. On voit le 

nodule niédusaire déjk étalé et la lame ombrellaire pleine. 

Fin. 4. — Héjjiondu vélum dun gonophore mâle adulte x 240. On remarquera le 

mucus entre le manteau et le gonophore. 

ùl, blastostyle ; cso, cavité sous-oniliicllaire; ee, eclodermo externe; ei, ccto- 

derme interne; gub, gubernaculum ; In, lame ombrellaire; nm. nodule médusaire ; 

7n, manteau : n, ombrelle; or, oocyle; sp, spadice; ss, spermatozoïdes; v, vélum. 



dri(pie. Le tout constitue le manuhrium du g-onophore ; son 
ombrelle, (jui tant (pi'il est dans le gonange l'enveloppe fort 
étroitement, est très mince mais contient les trois couches nor- 
males. L'cctoderme externe banal s'épaissit aux deux extrémités 
du gonophore. La lame ombrellaire, extrêmement étirée dans 
sa partie moyenne, s'élargit très notablement an pourtour de 
rorifice de la cloche, sur l'emplacement qui correspond au canal 
marginal dans les méduses normales. 

La couche superlicielle de rectoderine interne constitue la 
sous-ombrelle et est fortement musculeuse. 



Sl'lANCE DU 14 .NOVE.MBRE 1922 



859 



Dans rensciiil)le, la cloche ne s'épaissit que vers son orifice 
où elle présente un vélum des mieux caractérises (fig. 4). 

A maturité le gonophore se détache et se meut activement 
(iîg. 5 et 6). Par sa forme conmie par sa taille il rappelle le 
gonange qui le contenait : il est cepeildant parfois un peu plus 
grand, Tomlirelle s'étant un peu écartée du manubrium. 11 ne 
présente pas d'autres diflerenciations que celles que nous avons 
vues dans la région du vélum et qu'un épaississement api cal de 
l'ectoderme externe. L'insertion très excentrique dumanul)rium 
donne au gonophore une symétrie bilatérale et est souvent mar- 





mrnm 

7 \^ 





FiG. 5 à 8. 

Fio. 5. — Médusoïde l'enielle libre, .ivant la ponte, x 30. 

FiG. 6. — Médusoïde femelle libre, nprès la ponte. X 30. 

FiG. 7. — Blastula en voie de gastrulation. x 90. 

FiG. 8. — Planula achevée. X 90. 



quée par une dépression, cicatrice du point d'attache au blas- 
tostyle . 

La libération se fait normalement pendant la nuit, mais j'ai 
pu la provoquer durant le jour en maintenant les colonies dans 
des bacs obscurs. L'ombrelle très transparente laisse bien voir 
le massif génital, d'un blanc pur chez le mâle, jaune-orangé 
chez la femelle. La nage, dont l'allure rappelle un peu celle 
des Daphnies, est brève. Au bout de deux ou trois minutes le 
massif génital commence à se désagréger. Les œufs, qui se 
détachent un par un, à chaque contraction du médusoïde, tom- 
bent au fond et s'arrondissent presqu'aussitôt. Une fois vidé le 
médusoïde a encore quelques pulsations puis s'arrête. Sa vie 
n'a pas dépassé dix minutes. 



360 SKANCK DU li NOVKMBIIE 1922 

Les u'Lils sont soiisiblenioiit plus petits et plus iioiiibreuv (jue 
clioz Jes autres Seitulariidées (plus de 50 œufs de loO à 180 |jl de 
diamètre contre à 8 a-uls de 300 ou iOO u chez ])i/uaniena 
liKinila. Cette; l'ail)le taille des d'iiFs donne ;iu di'veloppcinent un 
earactère assez priuiitil. 

La segmentation est totale et égale. Les trois premiers plans 
sont rcctangulaii'es ; mais, dès la quatrième division, la symé- 
trie radiaire se perd <t l'ensemble })rend une forme allongée 
(]ue conservent la morulaj)uis la blastula. Vax quatre heures on 
arrive^ au stade 12<S-2oi et la blastida a atteint sa taille maxima. 
Elle n'ac(iuiert des cils (pie (juehjues heures plus tanL alors que 
ses cellules sont incomparablenwMd plus nombreuses. P>lle se 
met alois à nager en tournant autour de songraïul axe. Sa forme 
assez variable est vaguement ellipsoïdale. 

Aucoursde la nage, une émigration unipolaire versl'intérieur 
se produit au pôle postérieur et constitue rendoderme (lig. 7). 
La larve diminue de faille au cours de ce processus et, à son 
achèvement, elle est un peu [)lus petite que n'était l'œuf. A ce 
moment (Lteuf est pondu depuis vingt-(juatre heures environ) 
la planula est achevée. En forme d'ovoïde assez court, elle con- 
tinue à nager comme la blastula en tournant autour de son 
axe (fig. 8). 

J'ai pu consci'vcr ces larves trois Jours durant, mais je n^en 
ai jamais observé la fixation, que l'on obtient très aisément et en 
quelques heures avec des espèces à œufs \(Au\n\nQU\[l)yn amena 
pamila). 

En résumé : le médusoïde de Sertuiaria operculala, physio- 
logiquement assez parfait, est morphologiquement tout à fait 
proche du cryptomédusoïde de Dt/mimeita /nimihi. (hi a bien 
observé des médusoïdes analogues chez les IKdraii-es d'autres 
familles: Pavhf/cinihjlc Wc/snianni (iJi.-W. Ilargitt (Jii.-\\ . 
IIarc.itt) ; Cor(////t)p/ioi'afin/iiila/aM()t7..-\\o9.n. (Mot/.-Kossowska) ; 
Plunnilaiia ohlhjua Saunders (Motz-Kossowska) ; mais jamais 
chez les Sertulariidées. 

Tous ces ty[)es sont devenus j)ar convergence extrênnMuent 
semblables. U semble impossible de déceler leur origine à l'état 
parfait et il faut se reporter à leur développement ; c'est ce que 
j'ai fait pour Ser/ularia operculala chez laquelle le développe- 
ment du nnulusoïde est exactement celui d'un gonophore d'une 
Sertularii<lée quelconque. 



SÉANCK DU 14 NOVtMBUE I U22 361 

Eli ce (jui concerne le développement de IVeuf, toute marque 
d'origine est au contra'ire efiacée et on ïien trouve d'analogues 
que dans les espèces à méduses parfaites. 

ÏUAVALIX CITÉS 



1907. MuTz-KossowsKA 'S ). — Sur les goiiopliorcs «le Plui/iu/nria obf.i'/u(i 
Saiinders el Sertu/aria opfrculdta L. [Arcli. Zool. Exp. (4|, Vil). 

1914. KûHN (A.) — Entwicklungsgeschichle iind Vcrwandlschallsbeziehiing 
lier lljdi'ozoeii {Ercjob. ùnrl. Fortsrhr. Zool., W). 

1922. Teissier (Georges). — Sur le développement el la valeur morphologi- 
que du gonophore de Dyaamena pumila L. {Bull. Soc. Zool. France, 
\LV1I). 

[Laboratoire de Roscoff), 



ÉTUDES DE GÉOGRAPHIE ZOOLOGIQUE SUR LA BERBÉRIE 

LES CARNIVORES 

I. — LES MÉLINÉS (BLAIREAUX ET MOUFETTES) 



l'AK 



L. JOLEAUD 

1. LeRatel (Blaireau africain). — En visitant les belles collec- 
tions de zoologie réunies par M. Alluaud à l'Institut scientifique 
chérifien, j'ai eu l'occasion d'examiner un intéressant Carnivore 
rapporté vivant du Sous (Sud marocain) par le capitaine Mal- 
val, commandant le cercle de Tiznit. Ce Mammifère, du groii])e 
des Mélinés est lui Ratel {Mellivorti ratel IcuconoUi Sclater), 
animal de l'Afrique occidentale et équatoriale déjà rencontré 
en Mauritanie (1) et au Rio de Oro (2), comme je le rappelais 
ici même, il y a quatre ans, à propos d'une étude de géo- 
graphie! zoologique sur un autre représentant de la faune 

(1) R. Chuoeai-, a travers la Mauritanie occidentale, (il, lOll, p. 119). — 
Remarques sur (|uelques Mammifères du Sahara et du Nord du Soudan (.l.v.v. 
Franc. Avanr. Sci., XLIV, Strasbourg. 1920. p 308) (Cf. AuratiRAs, Le Saliara 
occidental, 1919. p. 20). 

(2) (). Thomas. On a sinall collection ol' Mammals from tlic Rio de Oro, Western 
Saliara [Xovilates Zoologicœ, X, 1903, p. 300). 

25 



302 SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1922 

éthiojîienne dans lo Maroc atlaiiti(|ue méridional, riicureuil 
de l'Arganior [XentM (jelulus (Icssnor) (1). 

La découverte d'un IJlairoan en Berbérie est un l'ait nouveau, 
p;.ur la géograpliic zoologicjue de cette contrée. J'insisterai 
seulement ici sur (jnelcjnes particularités remar<pial)les des 
aires de dispersion des Mélinés actuels. 

Une curieuse lacune géograpliijjue sé{);ire rhal)itat des deux 
genres de Hlaireaux de rAncien Monde, Mêles et MeUivora : 
elle comprend le Maroc au nord du Sous, l'Algérie, la Tunisie, 
la Libye, la Cyrénaï(pie, l'Lgypte, l'Arabie et le Sahara, à l'ex- 
cejDtion du littoral océanique. Mrlrs a sa zone de répartition 
limitée, vers le sud-ouest, par le ri\age sej)tentri()nal de la 
Méditerranée : ce genre, qui a été signalé dans l'Espagne méri- 
dionale (Séville), nuMKjue aux Baléares, en Corse, en Sardai- 
gne, en Sicile, aux iles Ioniennes et à Chypre, mais se retrouve 
(Ml (irète et à Hhodes. Sa zone d'habitat englobe, eu Asie, vrai- 
send)lablemenf le Taiirns, la Palestine, la Mésoi)otamie, la 
Perse et sûrement la steppe Kiighiz, Varkand, le Tibet, le 
Népal, l'Assam, Sylhet, l'Arakan, la Chine (Yunnan occidental 
à Pékin), la Sibérie orientale (bassin du fleuve Amour), le 
Jai»oii. La limite septiMitrionale d'extension de MeUivora coïn- 
cide à peu [)rès avec l'avancée nord de la zone des buissons à 
Mimosées (zone sahélienne), le long du littoral de la Maurita- 
nie jusqu'à Nouakchott, où cet animal ne semble pas très rare, 
comme dans le Soudan égyptien, oii sa sous-espèce orientale 
remonte jus(]ue dans le Kordofan (Senaar). Cependant MeUivora 
pénètre en pleine zone saharienne, non seulement sur la cùte 
atlanti(iue au Hio de Oro, mais aussi à l'intérieur des terres, 
dans le Sahara occidental ; il est très probable, en etl'et, 
qu'AiGiÉRAS a en vue une espèce de MeUivora quand il parle 
d'un blaireau rencontré près des points d eau dans les régions 
qu'il a explorées entre Tabelbala, Igli, Adraret Taoudenni. Enfin 
la découverte du Uatel au Sous est à rapprocher de la présence 
d'îlots buissonneux d'Acacias goinmiferes dans cette zone dépri- 
mée de l'Extréme-Sud marocain : les mômes 'Mimosées se 
retrouvent d'ailleurs ici encore plus au nord, dans les régions de 
Moerador, Safî et Marrakech. 



(1) L. JoLEACD. Eludes de géographie zoologique sur la Berbérie. Les Rongeurs, 
I. Les Sciuridés \Bull. Soc. Zool. France, XLIII, 1918, p. 94). 



SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1922 8G3 

A l'ouest de la zone de disjonction de l'iiabitat actuel des 
Mélinés, la linute nord atteinte par Mellivora englobe, dans 
l'Asie moyenne, la Transcaspie et l'Hindoustan jusqu'au pied 
de l'Himalaya. C est donc seulement au centre de l'Asie, au 
Turkestan et dans l'Inde, que viennent se souder les aires de 
dispersion des deux genres eurasiatiquc et indoéthiopien de 
Blaireaux. Si en Afrique l'on a signalé la présence de Mellivora 
jusqu'au Gap de Bonne Espérance et si dans l'Hindoustan l'on 
a reconnu l'existence du Batel jusqu'au cap Comorin, ce genre 
ne parait cependant pas représenté dans le Bengale inférieur, 
au Malabar et à Geylan. A l'est de l'Inde, l'habitat d'un autre 
Méliné, Arctomjx, chevauche plus ou moins sur l'aire de disper- 
sion de son proche partit Mrles, notamment dans la Birmanie, 
la Chine et la Mongolie ; un second type de Blaireaux puants 
asiatiques, Mi/daits, reste localisé dans l'archipel Malais (Java, 
Sumatra, Bornéo, Philippines). Ce dernier, par sa formule 
dentaire, contine au représentant du groupe dans le Nouveau 
IMonde, le Carcajou [Taxir/ca], qiù est répandu de la baie d'Hud- 
son au Mexique. 

Mêles et Melli'ora sont tous deux connus à l'état fossile ; 
Mêles débute par des formes archaïques, assez différentes des 
types vivants, au Miocène supérieur (Pontien), à Samos et à 
Maragha en Perse, ainsi qu'en Chine ; Mellivora existe au même 
niveau stratigrai^liique (zone de Dliok Pathan) en Hindoustan 
(Siwalik, Pendjab); dans ce dernier gisement on trouve aussi 
un genre spécial, Mellivorodon, très voisin du Ratel. Ainsi, à 
la fin des temps miocènes, les deux groupes actuels des Blai- 
reaux, le groupe eurasiatiquc et le groupe indo-africain étaient 
déjà morphologiquement et géographiquement aussi distincts 
qu'aujourd'hui. L'absence de Mêles dans les gisements euro- 
péens à faune bien connue, Luberon, Pikermi (l) conduit à 
penser que ce genre a une origine orientale ; il en est sans 



(1) La localité de Pikeriui a fourni les resles d'un genre exclusivement fossile 
de Méliné, Promeles qui a été retrouvé à Samos et rappelle de très près la Martre 
[MuslPki]. Divp.-s ossements du Miocène moyen de laStyrie, de l'Allemagne du Sud, 
de la Suiï^se, de la France eenlrale et méridionale, décrits sous les noms de Tro- 
clnciis, Trochotheriurn, Trocharion, genres tous encore assez mal définis, oni été 
attribués aux Midinés et rapprochés, les deux premiers, de iMeles et de Ta.r,idea. 
le troisième (VArrlonyx et de Mijdaus. Les analogies fort complexes de tous ces 
Mammifères miocènes en font des types syiitljétiques, dont les caractères som- 
blent.aujourd'hui disjoints dans les différentes sous-familles de Mustelidés, l'ulo- 
riinés, Martinés, Lutrinés, Mélinés. 



304 sÉAîsci; i»i 14 «ovEMitKK 1922 

doute de même des Hatels si r('mai'(iiiid)lemont polymorphes au 
Pontien dans les régions himalaycuues. \Ji\ l'Asie; centrale et 
antérieure, les Blaireaux auraient émigré vers l'ouest au Pon- 
tien et au Pliocène, au nord et au sud des larges surfaces occu- 
pées alors par les lacs, les lagunes et la Méditerranée elle-même. 
Ainsi s'expli(|uerait leur a])sence delà Berbérie, sans doute plus 
ou moins isolée alors au milieu de la zone laguno-marine. Aj)rès 
s'être avancés jus(]u'en France et au Sénégal, les Blaireaux ont 
cheminé, les uns (Me/rs) vers le sud en Espagne, les autres 
[Melfivora) vers le nord, dans le Sahara occidental, à travers la 
.Mauritanie et le Bio de Oro, jus(fu'au Sous. Il ne scMuble pas 
que le peuplement de l'Amérique par les Blaii'caux se soit lait 
alors à la faveur des terres émergées des contrées atlantiques ; 
ce serait au contraire une migration de sens inverse de la précé- 
dente qui aurait conduit ces petits Carnivores de l'Asie centrale 
dans les directions du sud-ouest et du nord-est, vers la Malai- 
sie, d'une part, vers le Nouveau Monde, d'autre part. 

2. Le Zorille ou Moufette africaine. — In second ty])<' de 
Méliné africain, le Zorille, habite le confinent noir du Cap à 
l'Angola et à l'Ouganda {Zorilla s/ri/i/a ShaNv := Z. zorilla (Ime- 
lin) ; on ne le connaît pas plus au noid, dans toute la forêt 
équatoriale du Congo et de la (luinée, mais on le retrouve dans 
la zone des savanes, en Mauritanie, au Sénégal, au Soudan, 
dans le bassin supérieur du Nil et dans l'Afriijue orientale 
anglaise [Z. siriata sf/trr/a/cnsis Cray). De là sou aire de dis- 
persion s'étend en continuit»' vers le nord, à travers la Soma- 
lie, h; Soudan égyptien sud-oriental (Z. /{f,f/ra rvt/lhrrd Ander- 
son et W'inton) et le Kor<lofan occidental (Z, libi/ca frcna/a 
Sundevall), [><>ur alieiiidre 1 Algérie et 1 l'Egypte ; de cette (hîr- 
nière contrée, /. lihi/cn llenq)rieh <>( l!hreid)erg, aurait, j>ar 
l'isthme de Suez, gagiu' l'Anatolie, où ou l'a \n jus(ju(; [)rès de 
Constantin(q)le, sur la v\\^^ asiaticjue du Bosphore, et même 
l'Arménie, où on l'a signalé à Erzeroum. 

Le Zorille a été indiijué de tout le sud de l'Algérie (Sud ora- 
nais; Laghouat et Ain Oussera, dans le Sud algérois ; Biskra et 
djebel Balarat. dans le Sud constantinois) ainsi que dans le Sud 
tunisien (Su.ndev.vll, Lochk, Lataste) et en Tripolitaine (Klai'- 
Toiz) (1). L'on est en réalité fort nuil documenté sur les limites 

(I Zonl. Jalivh, Siistfni. \\\\\. HliKi. 



SÉANCE DU 14 iNOVKMBRK 1 92"2 3t)o 

exactes de son aire de dispcMNioii. aussi bien vers le nord-ouest 
(Maroe). (jue vers le sud-est, oîi il existei'ait en Ahyssînic, et 
vers le sud-ouest, dans le Sahara. (Test sans doute déjà la forme 
sénégalaise que R. Cuuoeau (1) indique comme très répandue 
dans la zone sahélienne, où elle est connue des Maures sous le 
nom de Jerbo et se trouve fréquemment dans les cases indi- 
gènes. 

A. PoMEL (2) a signalé des ossements de Zorille à la sablière 
chelléenne de Ternifme (Palikao), près de Mascara (Oranie) 
très en dehors, send)le-t-iL de Thaliitat actuel du genre. 

D'autres types fossiles que l'on a rapportés au genre Zorilla, 
mais qui paraissent assez éloignés des formes actuelles et dont 
l'étude devrait être reprise sur de nouveaux matériaux, ont été 
indiqués du Miocène moyen (Helvétien) de Sansan (Gers) et du 
Pliocène supérieur du Perrier (Puy-de-Dôme). Un genre appar- 
tenant sans doute au même groupe, Promephtis du Miocène 
supérieur de Pikermi (Grèce) rappelle aussi les Moufettes 
d'x\méric[ue [Mcplitis;, Spilogale, Conepatus). 

Les Zorilles sont de tous les Mélinés les types se rappro- 
chant le plus des Putois. A côté du genre type Zorilla se pla- 
cent GaieriscHs du Massai (Afrique orientale) et Helictis de 
l'Himalaya, la Birmanie, le Yunnan. Formose, Hainan, Bornéo, 
Java. Enfin certains auteurs classent, parmi les Zorilles, Pœci- 
logale de l'Afrique australe, et, parmi les Moufettes, Li/ncodon 
de Patagonie, deux genres cà physionomie bien spéciale, dont 
plusieurs zoologistes font des types intermédiaires entre les 
Gloutons et les Martres ou les Putois. 

Il sendile que le grand groupe des Moufettes {s. l.) soit, 
comme celui des Blaireaux, originaire de l'Asie, mais peut-être 
d'une région plus méridionale, et qu'il ait aussi émigré à la fois 
vers le nord-est pour gagner l'Amérique et vers le sud-ouest 
pour gagner l'Afrique ; dans ce dernier continent il se répandit 
très uniformément, vers le sud-est et vers le nord-ouest, sans 
doute parce qu'il était bien adapté aux conditions de la vie 
steppo-désertique ; par contre il ne pénétra pas dans la zone de 
la forêt vierge. 

(1) Asf:. Franc. Aranr. Sri., XLIV, Slrasboiirn-. V.)'2Q. p .^08. 

(2) Les Carnassiers {Carie géol. Algérie, Paléont., monoar., 1897, p. 39). 



Séance du '28 novembre /.9t^t^. 

PRÉSIDENCE DE M. BIIUMPT, PRÉSIDENT. 

MM. Carié, Gadeau de Kerville, Petit, Roule et Trouessart 
s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. 

MM. Buisson et Lécaillon, présentés à la dernière séance, 
sont élus membres. 

Sont présentés : 

M. Paul Fischer, licencié es sciences, iil, boulevard Saint- 
Michel, à Paris, par MM. Dantzenberg et Robert ; 

Le Musép: océanographique de Monaco, par MM. Richard et 
Robert. 

Le cinquante-sixième Congrès des Sociétés savantes de Paris 
et des départements aura lieu à Paris du mardi 3 avril au 
samedi 7 avril. Parmi les sujets que comporte la Section des 
sciences, sont à signaler ceux-ci : 

« Api)lications de la photograplue et de la cinématographie 
aux études biologi(jues. 

Recherciies et observations sur la détermination artificielle 
<les sexes et sur les causes naturelles qui paraissent la déter- 
miner. 

Flore et faune des estuaires ». 

Les manuscrits doivent être adressés avant le 15 jan- 
vier 1923 au 2« bureau de la direction de l'Enseignement 
supérieur. 

M. Semichon fait une communication sur le Macroscelules^ 
Insectivore dont les attitudes ont quelque analogie avec celles 
de la Gerboise (Rongeur). 

Ouvrages offerts : 

Bedot (M.). — I>cs Miist'cs. I-eiii' utilité et leurs rlcfaiils (Genève, Georg., 

wyn. 13 p.). 
I'ei-legrin (L)'' J). — Poissons recueillis par M. Chartes Alluaud dans la 



SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1022 367 

région du Sous (Maroc). (BuL Soc. Sci. Naf. Maroc, II, nos g el 6, 1922. 
pp. 103-106). 
Revista de la Facaltad de reterinaria. (Universidad national de la Plala, 
Aûo I, no I, iOl p., 2 pi.). 



SUR LES RÉACTIONS D'UN COPÉPODE MARIN 
IDYA FURCATA BAIRD 



PAR 



Maurice ROSE 

Agrcgn de l'Univorsité, professeur au Prytnnée militaire. 

fr/f/a furcata Baird, est un petit Gopépode marin de la 
famille des Harpacticidés, très commun à Roscoff. On le trouve 
en alîondance dans les aquariums trop peuplés, où des ani- 
maux morts pourrissent sur le fond. Les Jdija rampent sur les 
débris en putréfaction, les voiles bactériens qui les entourent, 
où sur les Algues voisines. Gomme C.vnu l'a signalé, en etfet, 
ces j)etits Crustacés résistent admirablement dans un milieu 
corrompu. 

Si Ton examine leur répartition dans les aquariums, on peut 
constater qu'ils se trouvent toujours dans la région la moins 
éclairée, la plus éloignée de la fenêtre. Si l'on agite Feau 
autour d'eux, ils se précipitent en nageant vers le coin le plus 
sombre. Il est alors facile de les aspirer avec un tube de verre, 
d'en recueillir un grand nombre à divers stades évolutifs, et 
d'en étudier les réactions. 

Plaçons-les dans un long tube de verre plein d'eau propre, 
et orientons ce tube normalement à une fenêtre bien éclairée, 
nous voyons les aniuiaux fuir vigoureusement la lumière et 
s'accumuler à l'extrémité la plus sombre. En quelques minu- 
tes, ils s'y sont tons rassemblés. Faisons tourner le tube 
de 180", dans un plan horizontal, de manière à renverser la 
direction de la lumière par rapport aux deux extrémités du 
tube ; immédiatement, les animaux font demi-tour, et la nage 
se renverse ainsi, chaque fois que l'on retourne le tube. 

On peut donc constater, avec une netteté parfaite, presque 
schématique, l'existence d'un phototropisme négatif intense, 



!ÎGS SKANCE 1)1 28 NovKMiuii; l!)2:^ 

Los Copôpodes iiniienl en liuiic di'oito dans le sens dos rasons 
ot sont nianit'estOMiont oi'iontôs. 

Si niaintoiiant, on dispose lo tube verticalement, les Idija 
doscendoni vers le fond par une nage vigoureuse. Ici encore, 
ou peut retourner le tube bout pour bout, et cbaque fois le sens 
du niouvenient se renverse. On se trouve encore en présence 
d'un tropisnie très net, d'un géotropisme positif intense. L'exa- 
men des animaux en expérience montre à l'évidence, qu'on n'a 
])as afl'aire à une chute passive ; mais que leur descente est due 
a des niouvomeuts très actifs, qu'ils sont tous orientés et de la 
nn^'Uie manière. 

On peut donc ainsi, ( In'z hfj/a fnrcata, et par des expériences 
tiès simpb's, facilement contrôlables, montrer l'existence de 
deux tropismes très n(>ts et très typicpies. T(ms deux, dans la 
nature, doivent concoui'ir au même résultat; faire enfoncer les 
aniuKiux jusqu'au sol, où gît la nourriture. On pourrait trouver 
là matière à discuter éloqueuunent sur les harmonies biologi- 
ques et les merveilles de l'adaptation j)ar des mécanismes 
d'une admirable simplicité. 

Mais les choses se compliquent étrangement lors([u'on serre 
les fiiits de plus près, qu'on suit les plïénomènes dans le temps 
et qu.'on essaye (h' les analyser. 

Idya fnrcnta possède des pièces buccales très serrées, forte- 
ment crochues permettant à l'animal une lîxation solide sur un 
support même très lisse, comme une paroi de verre par 
exemple. 

Si, au cours des expériences précédemment décrites, un ani- 
mal vient à se fixer, instantanément toute action tropique dis- 
parait : ni la lumière, ni la pesanteur n'agissent plus. Le 
Copépode garde sa position, quelle que soit, par rapport à lui, 
la direction des rayons lumineux ou de la verticale. Dès qu'il se 
détache, soit de lui-même, soit sous l'action d'un choc, les tropis- 
mes signalés reparaissent avec la même netteté que précé- 
demment. 

La fixation pure et simple, fait disparaître totalement, inhibe 
toute réaction tropique. 

Versons les animaux, dans une cuvette de verre, plate, 
pleine d'eau et oblique par rapport à une fenêtre bien éclai- 
rée, ils se précipitent tous dans le coin le plus sombre, par une 
nage très rapide et très rectiligne. Le tropisnie est manifeste. 



SÉANCE m; 28 .NovK^nuu-: 1022 360 

Mais attendons cjuclcjuos heures. Peu ;"i peu, les Copépodes 
rauipent sur le fond de la cuvette, s'aitVanchissent de l'action 
de la lumière. Ils envahissent toute la cuvette, même la 
région la plus éclairée et la répartition devient homogène. 
Il n'y a plus, en apparence, d'action phototropique. Frappons 
le l)ord du vase de quehpies légers coups, immédiateuient, les 
animaux se précipitent eu droite ligue dans le coin le plus 
sombre ; le trojiisme reparait aussi net et aussi puissant et l'on 
peut répéter l'expérience •lutant de fois qu'on le désire. 

J'ai pu constater des faits du même ordre, chez les Zoés de 
Mata stqyinado. Dans les grands j^assins terrestres de Roscolf, 
elles nag'ent en surface, sans subir la moindre orientation sous 
l'action de la lumière. Péchces, mises dans un l)Ocal, et jDlacées 
sur le bord de ces bassins, elles se montrent douées d'un pho- 
totropisme positif très int(Mise, non visil)le précédemment. On 
peut entrevoir l'explication de ces phénomènes, que des expé- 
riences projetées permettront sans doute d'interpréter. 

En ce qui concerne Idi/d fnrcala et son phototropisme, j'ai 
cherché à déterminer sa stabilité et ses moditications en fonction 
des variations chimiques du milieu. 

Bien que le phototrcqnsme négatif soit très puissant dans 
l'eau normale, il est très facilement uiodifiable. Sa staljilité est 
faible, si l'on peut dire. De faibles doses de permanganate de 
potasse, d'acide chromique, d'acétone, d'éther, bref de subs- 
tances très variées, arrivent à renverser le sens de la réaction. 
Les animaux deviennent positifs, au moins au début. L'acide 
picrique a le même cfl'et, mais son action est très fugace. De 
même, la dilution produit le même résultat, mais d'une manière 
permanente. On peut diluer jusqu'à la (h)se mortelle, les Copé- 
podes meurent positifs. 

Très souvent, lorsque la quantité de réactif ajoutée a été 
trop forte, on voit les animaux sortir du liquide, en grinq^ant 
le long du verre, collés par le côté. Cette réaction est assez 
générale, et se rencontre chez d'assez nomlireuses espèces. On 
la trouve par exemple chez Euln-pc acutifrons Dana. Dacli/lo- 
piisia indfjari<! G. . 0. Sars, Cori/cu'iis nnrjlïcus Lubl)ocl^ cpii 
fuient ainsi un milieu toxique ou putréfié. 

Le permanganate de potasse bien manié peut permettre de 
séparer les formes ovigères qui s'éjectent ainsi du milieu, des 
formes immatures. Ces dernières redeviennent négatives un 




\^^ 



370 SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 

temps très court, puis vont mourir positives, mais au fond du 
liquide. La sensibilité et les réactions des animaux cliangent 
donc avec l'âge et Tétat de leurs glandes sexuelles. 

La glycérine, môme à haute dose, ne seudilc avoir aucune 
action. Les ions H paraissent désensibiliser en fonction du 
temps d'une part, de leur concentration d'autre part. Des solu- 
tions dont le y>H est de 3 ou i sont rapidement mortelles. La 
désensibilisation est progressivement croissante pour des solu- 
tions dont ]q p\{ est de 7-G-5. 

Les ions 011, au c<mtrairo. sonsibiliscnt fortement et dune 
façon duraJ)le. 

Enfin, l'intensité lumineuse intervient d'une manière nette 
sur la répartition des animaux étudiés. 

Plaçons des Irh/a négatives et fraîches dans un long tube de 
verre, d'environ 80 cm. de long. Koulons plusieurs couches de 
papier noir sur les ï '6 de la longueur du tube et orientons-le 
dans le sens des rayons lumineux, la partie découverte tour- 
née vers la fenêtre. Les Copépodes fuient le bout éclairé et 
s'engoull'rent dans la région d'ombre où ils se répartissent en 
deux groupes permanents très inégaux et très nets. L'un d'eux 
beaucoup plus faible se trouve tout an fond du tid)e, dans la 
zone la phis éloignée de la lumière ; l'autre, très dense se 
place dans une région d'inlensili' lumineuse faible, mais très 
l(»in tlu premier groupe. 

Tous ces faits se l'approchent beaucoup de ceux (pie nous 
avons étudiés et signalés chez les Copépodes pélagi(|ues et qui 
sont publiés ailleurs. 



NOTES BIOLOGIQUES SUR LE DAUPHIN COMMUN 
{DELPHINUS DELPHIS L.) 

PAK 

R. LEGENDRE 

Directeur du laboratoire de pliysiologic coiuparée à l'Ecole des hautes étudef=. 

Noie présentée par Mme. I'his.^lix. 

Par ces notes recueillies pendant plusieurs séjours d'été au 
laboratoire maritime de Goncarneau, je me propose d'attirer 



\ 



à 



SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 37i 

rattcntion des naturalistes sur les possil)ilités actuelles d'obser- 
vation d'une espèce zoologique encore insuffisamment connue, 
bien plus que je ne prétends leur apporter des faits nouveaux 
concernant la biologie des Dauphins. 

Je me suis en effet contenté, chaque fois que l'occasion s'est 
présentée, d'autopsier un de ces animaux, de noter quelques par- 
ticularités qui me paraissaient intéressantes, sans faire l'effort 
de conq^léler ces observations et de les grouper en un travail 
d'ensemble. On ne trouvera donc ici que quelques faits épars 
et quelques réflexions qu'ils m'ont inspirées. 

* 

Peu d'animaux semblent aussi intéressants que le Dauphin 
et cependant bien peu sont aussi rarement observés. 

Si l'on exclut de la littérature scientifique les récits merveil- 
leux et les descriptions enthousiastes des anciens, d'AfiiSTOTE à 
Pline ; si l'on juge, comme l'a déjà fait i*aul Fischer, les « élu- 
cubrations » de (^,vcépéde à leur juste valeur, il reste peu de 
faits acquis sur la biologie de ces Cétacés. 

Après CuviER qui a nettement caractérisé l'espèce créée par 
Linné, les travaux se sont multipliés pendant le xix'' siècle, sans 
aboutir jusqu'ici à une monog-raphie déhnitive. 

La classification des Dauphins est encore insuffisante, malgré 
l'excellente étude de Paul Fischer (1) et les essais, basés uni- 
quement sur des pièces conservées dans divers muséums, de 
Gray, de Flovvkr et de Truk (2). 

Leur anatomie a été précisée, notamment par l'Ostéographie 
de VAN Beneden et Gervais (3) et la thèse de Bouvier (4), mais 
])eaucoup de points de détail sont encore à revoir et à préciser. 

Leur physiologie n'est connue que par des observations frag- 
mentaires, éparses dans des notes peu nombreuses. 

Chose curieuse, les Mysticètes (Baleines, Baleinoptères, Méga- 
ptères), bien que plus rares et d'observation plus difficile que 
les Cétodontes voisins de nos côtes, ont cependant beaucoup 

(i)P. Fischer. Cétacés du Sud-Ouest de la France {Actes Soc. Linn. Bordeaux, 
XXXV, 1881, p. 5-219). 

(2) F.-W. True. Contribution to the Natural llistory of Ihe Cetaceans. — A 
review of ttie faniily Delphinidœ {Bull. U. S. Mus.,w 36, 1889). 

(3) E. VAN Benede.v et P. Gervais. Ostéof,n"aphie des Cétacés vivants et fos- 
siles (in 4», Paris, 1880). 

(4) E.-L. Bouvier. Les Cétacés souffleurs (Thèse agrégation pharmacie, in-4°, 
Lille, 1889). 



372 SKANCK I)i: 28 M)VEHllil(E 1022 

plus attirô rattention dos naturalistes et fourni une ])lus rir-lie 
littérature. 

Depuis qu'il existe, le lalioratoire de Concarneau a contribué 
à l'observation des Dauphins. Déjà, en 1(S()8, van IUlneden y 
signalait dans le lard des tlanes et de la queue d'un individu 
niAle un grand nombre de scolex dun Cestode, Phi/lloho- 
flu'iu))! (1 ). 

11 y a une quarantaine d'années, sous l'impulsion de Pouchet, 
(pielqnes études y furent faites dont on trouve les traces dans 
une note de (^habry et BoiLAUit sur un foetus de Daui)liin (2) et 
dans une autre de IJoii.ARnet Dn,Ln;T sur lanatomie de l'estomac 
<hi même animal (3). 

En 1912. dans le but d'élucider un singulier paradoxe du 
])oids encéphalicjue des Mannnifères amphibies signalé par 
M. LAriCQiiE (1), j'ai pnblié ime première étude sur le système 
nerveux central (Ui Daui)hin (5). sans que cette note préliminaire 
m'eût paru épniser (h'hnitiveinent la question. J'y signalais la 
grosseur particnbère des fdjres nerveuses de cet animal et décri- 
vais la structure des cellules nerveuses des divers centres, qui 
ne présentent pas de j)arficulai'i(és. 

Depuis cette épocjue, le n«^nd)re des Dauphins apportés l'été, 
par des thonniers, an port de (Concarneau augmentant chaque 
année, j'ai pu en voir un certain nond^re et me livrer sur quel- 
(pies-unsaux observations suivantes : 

''2S jtdllel 1914. — Dauphin adulte rf. Drélèvement de la 
moelle épinière de la région lombaire. I-llle contient 07,32 "/^ 
d'eau et 23. ol " „ de matières grasses solubles dans l'éther. 

A*? juillet 191 1. — Tète d'un Dauphin tué au iiarpon le 2i 
du même mois. Distance de l'œil à la pointe du rostre : 34 cm. 
Poids de l'encéphale : 869 gr. Diamètres oculaires : 34x28 mm. 

(1) E. VAX Beneokn. Sur un scolex de ('estoïde trouva chez un Dauphin (C. H. 
Ac. Sci.. 23 novembre 1868, p. tOol-lOol). 

(2)CiiADRv et BncLAiio. Noie sur un fo.'Ius de Dauphin (J. Anal. Phi/siol ., XIX, 
188.3, p. .i72-.'i75). 

(.■î) Bori.Aitn et Pii.ukt. Note surTestoniac du Dauphin {/hid.,XX. 1884, p. 432-440). 

(4) L LAfiCQUE Sur le poids encéphalique des Mammifères amphibies. (Bull. 
Afus. Paria, XVIII, 11)12, p. 2-0). 

(o) R. Lege.vore. Notes sur le système nerveux d'un Dauphin {Ibid., XVIII, 
1912, p. f)-8; Arch. Annt. mirr . XIII, 1912. p. 377-100). 



SÉANCE DU 28 iNOVEMURE 19*22 373 

'relieur en eau et eu matières i:;riisses (extrait étiiéré) du système 
nerveux central : 

0/0 Moelle cervicale liulhe Cervelet Cerveau 

Eau G8,91 70,96 78,45 78,72 

Matières grasses ? 17,09 8,10 7,98 

''2'2 septembre /92I . — Dauphin adulte çf , tué au harpon le 21 . 
Longueur totale : 2 m. Distance de l'œil à la pointe du rostre : 
35 cm. Poids : 90 kg. Estomac vide ; dans la partie postérieure, 
quelques yeux de Poissons, liées de Céphalopodes et radulas. 
Poids de l'encéphale : 1.022 gr., dont 810 pour le cerveau, 
172 pour le cervelet et 40 pour le bulhe. Teneur du système 
nerveux central en eau et en matières grasses : 

0/0 Moelle cervicale niilbe Cervelet Cerveau 

Eau 68,01 78,14 78,06 75,39 

Matières grasses 21,81 13,98 9,81 10,28 

30 août ^99^2. — Dau2)hin adulte c?, harponné la veille au 
soir par un tlionnier, près de l'ile de Sein. Longueur totale : 
2 mètres. Poids : 95 kgs. Estomac rempli d'environ 2 kilogs de 
nourriture plus ou moins digérée, où l'on reconnaît desOclo/ms 
entiers ou en voie de digestion, une centaine de becs de Cépha- 
lopodes, une trentaine d'yeux et des arêtes de Poissons. Testi- 
cules Ijien développés. Poids de l'encéphale : 839 gr., dont 675 
pour le cerveau, 130 pour le cervelet et 34 pour le hulbc. Fibres 
nerveuses des racines examinées à l'état frais. 

// scplemhve W2'9. — Dauphin jeune çf, harponné le 9 au 
soir par un tlionnier au large. Testicules petits. Longueur 
totale : 1 m. 85. Poids : 77 kg. Estomac vide, ne contenant que 
([uelques radulas et quelques yeux de Poissons. Longueur de 
lintestin : 17 m. 50. Poids de l'encéphale 98S gr., dont 780 
pour le cerveau, 165 pour le cervelet et 43 pour le bull)e. 
Examen des racines nerveuses à l'état frais. 

W septemhrp I99'"J. — Dauphin jeune ç^. Harponné à 2 heu- 
res du matin par un thonnier en reniant au port. Longueur 
totnle : 1 m. 75. Plxamen des racines nerveuses à l'état frais. 



374 SÉANCE DU 28 iNOVK.MBRE 1922 

En outre les yeux des Irois derniers animaux ont été prélevés 
et remis à M. le l)"" Uochon-Dlvig.xaud. 



Ce ne sont là (]ue des observations fragmentaires, mais dont 
on peut tirer quelques rétlexions. 

Longueur. — Tous les aniniaux mesurés par moi approchent 
de deux mètres et les adultes atteignent cette dimension. Les 
nombreux individus que j'ai vus pendus au niAt d'artimon des 
])ateaux de pèche rentrés au port et que je n'ai pas mesurés, 
avaient à peu près la même longueur. La taille uioyenne du 
I)au[)liiii commun étant d'envii-on deux mètres, notamment 
d'après les mensurations de Fisr.iiKH etrecluées à Arcachon, on ne 
harponne donc Tété, près de la côte atlantique de la Bretagne, 
([ue des animaux ayant sensiblement atteint leur grandeur 
normale. 

Sexe. — Sur L"> indivichis pécliés à Arcachon, Fischer avait 
compté 3 niAles et 12 femelles; il en avait conclu que les niAles 
sont plus rares que les fenudles dans les bandes de Dauphins. 
Mais ces captures avaient eu lieu de fin décembre à avril, et 
surtout en février et mars. Les animaux observés par moi à Con- 
carneau, en juillet, août et septend)re, sont exclusivement des 
mAles. Cette discordance dans les observations mériterait d'être 
expliquée. 

Certains admettent (Fr. Civieh, Brandt) que les Dauphins 
s'accouplent vers le mois de mars et que les femelles mettent 
lias vers la fin de l'automne. 11 est vrai que Fischer a observé en 
mars une femelle pleine dont la parturition paraissait très pro- 
che et une autre nourrice. 

L'abondance des femelles en hiver tient-elle à une période de 
rut et leur absence ou leur rareté en été à une période de ges- 
tation ou de lactation ? 

Nourriture. — 11 semble qu'on est assez peu fixé sur la nour- 
riture des Daupliins. Eschricht les classe parmi les Cétacés ich- 
thvophages. Bouvier a trouvé dans l'estomac d'un Dauphin un 
nombre considérable de têtes, de nageoires et de vertèbres de 
Poissons. Fischer indique pour leur nourriture habituelle des 
petits Poissons : Sardines ou Carangues Dans l'estomac d'une 
femelle capturée le 2o février 1872, il trouva une quantité de 
Caranx frachurus de petites dimensions emplissant la pre- 



SÉANCE DU 28 NOVEMBRE l'J22 375 

mière poche et dans les autres dilatations stomacales seulement 
un liquide grisâtre dans lequel baignaient quelques cristallins 
de Poissons. 

EscHRiCHT ne signale pas le Daupliin parmi les Cétacés teutho- 
phages, c'est-à-dire mangeurs de Céplialopodes. Cependant, 
Richard dit avoir souvent observé des traces du bec et des ven- 
touses de Céphalopodes sur la peau des Dauphins. 

Le fait que j'ai trouvé dans l'estomac, à plusieurs reprises, des 
becs et une fois une niasse considérable formée à'Octopus entiers, 
de bras et de portions du manteau plus ou moins digérés et de 
très nombreux becs prouve quie le Dauphin peut se nourrir aussi 
bien de Céphalopodes que de Poissons. 

Le plus souvent, à l'autopsie, lapremière partie de l'estomac 
est vide, peut-être à cause des vomissements qui surviennent 
pendant l'agonie. La partie postérieure ne renferme générale- 
ment que très peu d'un liquide gris foncé ou brunâtre dans 
lequel on retrouve quelques becs de Céphalopodes, quelques 
radulas et quelques yeux de Poissons. Le reste a été vraisem- 
blablement digéré. 

L'intestin, toujours vide dans mes observations, forme un 
tube réguberde l'estomac à l'anus, sans valvules ni dilatations, 
Rapp estimait sa longueur à 6 fois et demie celle du corps, Fis- 
cher à 10 fois. Sur l'individu que j'ai mesuré, on trouve le rap- 
port 9,5 : 1. 

Poids encéphalique. — Je ne m'étendrai pas ici sur la ques- 
tion du poids encéphalique des Daupiiins, ayant longuement 
exposé ce problème dans mon précédent mémoire. 

On sait que le Daupliin — et les autres Cétacés sont dans le 
même cas — a une masse encéphalique considérable. On en 
jugera facilement en se rappelant qu'un Dauphin de 95 kilogs 
a approximativement 1.000 grammes d'encéphale alors qu'un 
homme d'un poids un peu plus faible mais comparable : 70 kgs., 
ne dépasse guère 1.400 grammes. 

On sait que le poids relatif d'encéphale, obtenu selon la 
formule de Cuvier, en divisant le poids d'encéphale e par le 
poids du corps /j, désavantage les gros animaux. 

On préfère aujourd'hui calculer le coefhcient céphalique k^ 

selon la formule de Dubois k = -^ , qui corrige les écarts dus 



;}76 sÉANCK bv 2S .\ovi:.miîiik 1î>22 

aux (liliérences de taille. Le calcul de ce cocflicieiit doiiue poul- 
ies lJauj)liins : 

n. t/('//j/iis : individu du 22 septeiulu'c 1921. . l,Go 

— individu du 30 août 1922. . . . I ,.% 

— individu du 11 septcndu'c li)22 1,81 

— 9 (xVnthony) (l) l,o7 

Le cocllicicnt c('phali(|U(' di- illonnue éliint 2,82, colui de 
ri^léphanl 1,25, ceux des Sinues anthropoïdes, 0,75, le Dau- 
[)liin se classe donc dans l'échelle animale au deuxième rauj;, 
immédiatement après l'Ilommtî. 

A (juoi p«'ut tenir cette place prééminente ? 

.le rapjKdle tout d'ahord (jue hî coetTicient céphali(pie de 
Ulbois ne j)eut pas et ne doit [)as être considéré, de l'avis même 
de DiBuis. comme une mesure (juelcon(|ue de rintellii;ence ou 
du psychisme. (Test une r(dation anatonncjue, dont les ra])ports 
avec l'ori^anisation ccréhrale ne sont même pas déHnis. 

Dans le cas du I)au])i)in, on m* j>eut sonjier à explicpier cet 
énorme coelïicie ni parle développement particulier d'unoriiane 
des sens, l/œil est de dimensions médiocres par rapport à la 
taille, comme ICschhicht la déjà remarcjué ; le nerf opti(ju<> est 
relativement petit et M. Kochox-Duvignaid m'écrit que la rétine, 
« par sa structure, n'implique pas une grande acuité visuelle ». 
1/animal ue possède i>as de lolies (dt'actit's et^son oreille est 
réduite à ses parties interne et moyenne, s'ouvrant à l'extérieur 
par un orifice très petit. 

Les i.lauphins ayant un aspect lorl gras, j ai voulu me rendre 
compte si le poids considérahle de leur encéphale ne pourrait 
pas être dû en partie à Tabondance des graisses dans leurs 
centres nerveux. Les résultats des dosages de nuitières soluhles 
dans l'éther (]ue j'ai <h)nnés plus haut ne sont pas en faveur 
d'une tfdle liypothèse. 

Il ne reste à envisager que hi grosseur des fdires nerveuses 
(|ue j'ai déjà signalée d'après des préparations fixées. Elle 
aurait d'ailleurs une signification pliysiologùjue précise, si la 
loi découverte par M. Lvpicque et moi (2) a une valeur générale 
et s'étend au Dauphin. 

(1) Pesée de M. H. ANiiinsv (e — 6<iT av. ; /) — 19 ktr i, i|u'il nous a aimable- 
ment communiquée. 

(2) L. Lvi'ir,ij|-K et K. LKiiKNDitK. Heialiun t'nli'L' ji' «liami'lre 'les fiipiT> m^i \ cusi's 



SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 377 

\ 

Voici quelques mensurations en ^u faites sur des fibres fraî- 
ches des racines antérieures de la moelle cervicale : 

Diamètre des fibres en y. : 19, 33, 30, 25, 19, 24, 22, 21, 23, 
31, IG, 19. 

Epaisseur de leur gaine de myéline : 2,5 ; 4 ; 3,7 ; 3,2 ; 3 ; 
3,4; 3,4; 3,5; 3,3; 4; 2,8; 3,6. 

Ces quelques nombres suffisent à donner une idée de la gros- 
seur des fibres et de l'épaisseur de leur gaine de myéline qui, 
toutes deux sont supérieures à ce qu'on observe généralement, 
et notamment chez l'Homme. 

Est-ce à cette particularité qu'est dû le si remarquable coeffi- 
cient céphalique du Dauphin ? 

* 
» » 

Je ne veux pas terminer ces courtes notes sans dire quelques 
mots des rapports des Dauphins avec les pêcheurs sur la côte 
sud de Bretagne. 

Les pêcheurs emploient fort peu le terme précis de Dauphin. 
Les Cétacés qu'ils rencontrent sont baptisés par eux assez 
indifféremment Marsouins ou plus souvent Bélugas, et à Con- 
carneau où n'arrivent guère que des Dauphins harponnés par 
des thonniers, je n'en ai jamais entendu appeler un seul par le 
terme exact. 

Les pêcheurs bretons accusent ces Cétacés de multiples 
méfaits. Notamment ils leurs reprochent de s'élancer sur les 
filets très fins employés pour la pêclie de la Sardine et de pas- 
ser fréquemment au travers, causant ainsi des dégâts coûteux. 
Ils disent que les bandes de Cétacés prenant leurs ébats font 
fuir les bancs de Poissons. Ils vont jusqu'à prétendre que les 
« Bélugas » se précipitent sur les filets pour y cueillir les Sar- 
dines qui viennent de s'y riiailler. 

Si ks déchirures des filets sont des faits patents, je ne sais 
trop ce qu'il convient de penser de ce que racontent les 
pêcheurs. A Douarnenez, où les plaintes ont toujours été les 
plus vives, il se pourrait que les coupables ne soient pas des 
Dauphins mais des Grampus et il est ])ien possible qu'une con- 
fusion se soit établie entre les mœurs de divers Cétacés. La tra- 
dition a peut-être étendu aux Dauphins les méfaits des Gram- 

et leur rapidité fonctionnelle {C. R. Ar. Sri. GLVIl, 8 décembre l!ii;!, [)\\. 1 103- 
1166). 

26 



378 SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 

pus, en se transmettant par voie orale, de port en port, le long 
du littoral? 

Dans l'espoir de mettre fin à ces doléances, on a proposé 
divers procédés de destruction des Cétacés côtiers : des hame- 
çons plus ou moins barbelés, des poisons, des explosifs, enro- 
bés dans une proie. Récemment encore, M. Corne présentait 
d^ns le même but à la Direction des recherches et des inven- 
tions un allumeur mettant le feu à une capsule de fulminate. 
Tous ceux de ces engins qui ont été essayés semblent bien 
n'avoir pas donné grands résultats, et, en tout cas, ont rapide- 
ment cessé d'être employés par les pêcheurs. 

On a aussi envoyé à Douarnenez un petit tor23illeur ; on a 
armé le gardc-pêclje « Pétrel », qui stationne souvent l'été à 
Goncarncau, d'un canon de 37 et de fusils Gras; on a même 
distribué des fusils aux pêcheurs. Je ne connais pas la statisti- 
que des Cétacés abattus par ces tirs, mais les tableaux de chasse 
doivent être peu abondants. 

Enfin, l'administration de la Marine accorde une prime (de 
5 francs, je crois) par tête de Cétacé rapportée à terre et pré- 
sentée aux bureaux de l'Administration d'un quartier. 

Il serait peut-être utile de se faire une opinion définitive sur 
la valeur de ces divers moyens de lutte et aussi sur les dégâts 
causés par les Dauphins, sur leur genre de nourriture et sur 
la nécessité de les détruire. 

Quoi qu'il en soit, le port de Concarneau est devenu depuis 
quelques années un centre remarquable pour l'observation des 
Dauphins. Si ses sardiniers ne vont pas assez loin en mer pour 
rencontrer des Dauphins, sauf d'une manière exceptionnelle, 
il n'est guère de thon ni ers qui ne rentrent au port sans une ou 
deux têtes pendues à l'arrière du bateau. Lorsqu'ils ont har- 
ponné les Dauphins loin en mer, longtemps avant leur retour, 
ils les ont dépecés j)our en consommer la chair qui ajoute ainsi 
un peu de variété au plat habituel de Poisson. Lorsqu'ils rencon- 
trent les Dauphins vers la fin de leur voyage de retour, ils his- 
sent fréquemment le corps à fjord et ramènent l'animal entier 
dont le naturaliste peut faire son jirofit. 

Cest ainsi que j'ai pu autopsier un certain nombre d'animaux, 
la plupart fraîchement tués. 

L'Administration de la marine de Concarneau, à qui je 
demandais cet été le nombre de primes qu'elle paie chaque 



SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 379 

année pour les têtes de Dauphins qu'on lui apporte, l'estime à 
une quarantaine. C'est là un chiffre très inférieur au nombre des 
animaux harponnés par les thonniers fréquentant le port, car 
bien souvent ces pêcheurs ne prennent pas la peine de débar- 
quer les têtes ou les bêtes et de les transporter jusqu'au bureau, 
la valeur de la prime étant minime pour eux en comparaison 
des formidables gains que la pèche leur procure actuellement. 



PRESENCE CHEZ LE BŒUF DE 
METASTRONOYLUS ELONGATUS (DUJARDIN 1845) 



PAR 



M. NEVEU-LEMAIRE 

Melastrongylus elongatus (1) appartient à la famille des 
Melaslronrjylidœ Leiper, 1908, qui comprend des Stronglcs à 
capsule buccale absente ou à peine ébauchée et parasites habi- 
tuels de l'appareil respiratoire, plus rarement de l'appareil 
circulatoire des Mammifères. 

Ce Nématode a été découvert en 1777 par Ebel, en Prusse, 
dans les bronches d'un Marcassin et a été retrouvé fréquem- 
ment depuis dans différents pays chez le Porc ; il siège géné- 
ralement dans les bronches de petit et de moyen calibre, par- 
fois dans les grosses bronches et même dans la trachée, 
provoquant surtout des lésions de bronchite, mais pouvant 
déterminer des foyers d'hépatisation pulmonaire. 

Bien que le Porc soit l'hôte normal de ce Strongle, on l'a 
signalé, rarement il est vrai, chez des hôtes différents et même 
dans l'espèce humaine. En 1843, le D'" Jortsits de Klausen- 
burg, en Transylvanie, l'observa en grand nombre dans le 
parenchyme pulmonaire d'un jeune garçon de six ans, mort de 
maladie inconnue. Un certain nombre des exemplaires recueil- 

(1) Synonymie : Gordius pulmonalis apri Ebel, 1777, pro parle; Ascaris apri 
Gmelin, 1789, pro parle; SU^ongylus apri Gmelin, 1791, pro parte; Strongylus 
suis Rudolphl, 1809, pro parte; Strongylus paradoxus Mehlis, 1831, pro parle; 
Strongylus elongatus Dujardin, 1843; Strongylus longevaginatus Diesing, 1851; 
Metastrongylus paradoxus Molin, 18G0; Metaslrongylus longevaginatus Molin, 
1861 ; Metastrongylus apri Railliet el Henry, 1907. 



380 SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 

lis ont été examinés par dos helinintlioloiiistos fois t|uo 
DiESiNG et Leuckart ; aussi ne peut-on émettre aucun doute 
relativement à l'exactitude de la détermination (1). En 1888, 
J. Ghatln (2) a rapporté rol)servation d'un habitant d'Oloron 
atteint de troubles gastro-intestinaux et dans les déjections 
duquel on trouva à deux reprises dilFérentes des exemplaires 
de ce Strongle. La localisation insolite du parasite dans le tube 
digestif permettrait de supposer qu'il s'agit ici d'un cas de 
parasitisme accidentel, le Nématode ayant été ingurgité direc- 
tement à l'état adulte. Cette conception est d'autant plus vrai- 
. semblable que le cas en question se rapporte à un individu 
qui, pendant une partie de l'année, faisait le commerce de la 
viande. 

M. elongatits peut non seulement s'égarer cliez 1" Homme, 
mais aussi chez le Mouton et Railmet rapporte que Kock dit 
l'avoir rencontré cliez cet animal. 

Or tout récemment M.. le professeur agrégé Tanon me remit 
au laboratoire de Parasitologic de la Faculté de médecine un 
tube contenant deux exemplaires femelles et les débris de trois 
ou quatre autres femelles d'un Nématode à déterminer, por- 
tant l'étiquette suivante : 

« Parâsitos recogidos en el pulnnui del liney. Septiembre 
2 de 1922. Mérida de Yucatân. Mexico. Hemite : Dr. Vicente 
liodriiiuez Ariona ». 

La première ichV <]ui me vint, à l'examen macrosco[)i(jue de 
ces iNématodes, fût qu'il s'agissait de jeunes exemplaires de 
Dicli/ocaulus vivi/Hn-us (lUoch. 1782) (3), Nématode apparte- 
nant à la même famille que M. clo/tr/a/fts, de dimensions un 
peu plus grandes et parasite des bronches du Hceuf, plus rare- 
ment de la Chèvre, du Uaim (Dama dama)^ du Cerf de nos pays 
(Cerriis clap/ats), où il a été recueilli par E. BRUMn et du Renne 
(Tara7idus rangifer). Les parasite? sont parfois en très grand 
nombre chez les jeunes Bovidés et siègent dans les j)etites bron- 



(1) DiEsiNc (G. M.). Si/stenia helminlhum, (Vindobonu', 1851, II. p. 317) et 
Revisioq der Nemaloden (.S'. B. Wiener Akad. Wiss. nialti.-nat. Classe, XLII, 
1860. p. l'2i). 

(2) Chatin (J. . Lo Strongle paradoxal chez riloinme [Bull. Acad. médecine, 
(3), XIX. 1888. p. 483). 

(3) Synonymie : Gnvdiux vivijtarus Bloch, 1782; Ascaris viluti Bru^uiè^e, 1791 ; 
Slrongylus vitulorum Rudolplti, 180'.» ; Strnngylus niicrurux Mchlis, 1831 ; /Jic- 
tyocaulus viviparus Raiiliet et Henry, 1907. 



SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 ^ 381 

elles, qui sont complètement obstruées ; aussi les lobules pul- 
monaires, qui en dépendent, subissent-ils la splénisation ; on 
constate à l'autopsie des lésions de trachéite, de bronchite, de 
péribronchite et parfois de pneumonie (1). 

Mais, en examinant à la loupe, puis au microscope, les exem- 
plaires reçus, je «reconnus aisément, <à la topographie des 
ovaires et des utérus, à la conformation particulière de l'ex- 
trémité postérieure de la femelle, ainsi qu'à la position de la 
vulve subterminale et située un peu en avant de l'anus, qu'il 
s'agissait de M. cloïKjatus et non de D. violparus., chez lequel 
la disposition des ovaires et des utérus est toute difl'érente, 
l'extrémité postérieure de la femelle a un tout autre aspect et 
où l'orifice vulvaire, très éloigné de l'orifice anal, est situé dans 
la région moyenne du corps. 

S'il n'y a pas eu de méprise au moment de l'étiquetage du 
tube contenant les Nématodes en question, on peut maintenant 
ajouter le Bœuf à la liste des liôtes accidentels de M . elonga- 
tus. Ce parasite a donc été trouvé pour la première fois, à ma 
connaissance, dans le poumon du Bœuf par le D' Vicente 
Rodriguez Arjona, à Mérida, dans la province de Yucatan, au 
Mexique ; sa répartition géographique est d'ailleurs assez vaste 
et son existence avait déjà été signalée, en dehors de l'Europe, 
au Japon et en Amérique. 

La liste des Melastrongylidœ parasites du Bœuf s'accroît donc 
d'une espèce ; on en compte actuellement trois qui vivent dans 
l'appareil respiratoire de ce Ruminant, ce sont : Dictyocaulus 
vivipariis (Bloch, 1782), Dictyocaulus filaria (Rudolphi, 1809) 
et Metastrongylus elongatus (Dujardin, 1845). 



UN CAS DE MYASE CUTICULE EN FRANCE MÉRIDIONALE 

PAR 

E. DALMIER 
Note présentée par M. Brumpt. 

Les cas de myases cutanées par larves à'Hypoderma n'ont 
(I) JoEST. Zeilschr. Infektioiis Krankheilen f/ausliere, IV, 1908. 



382 SÉANCE DU 28 NOVKMBRE 1922 

été signalés jusqu'à ce jour que dans l'Europe centrale et 
septentrionale. Les observations précises et complètes sont 
rares; caries larves se ressemblent beaucoup et leur détermi- 
nation n'est pas toujours possible, si on ne parvient pas à faire 
éclore l'Insecte parfait. Les faits de ce genre ont été observés 
surtout à la campagne. Los larves, parasites de l'Homme par 
exception, ont un développement lent, et, caractère commun, 
produisent une tumeur furonculouse. 

Celle-ci peut être la première et dernière manifestation mor- 
bide : cest la mi/ase furonculeuse. Lorsque la larve cbeniine 
sous la peau jiendant plusieurs semaines c'est la niyase ram- 
pante. La myase furonculeuse seule, retiendra notre attention, 
car le cas qui nous occupe présentait des tuuieurs qui furent 
les premières et dernières manifestations occasionnées par les 
larves. Généralenjent ce sont Hijpoderma diana ou Uijp. hovis 
ayant émigré dans notre corps sans donner lieu à aucun phé- 
nomène, qui provoquent cette myase. Un seul cas bien démon- 
tré apj^artiont cà Joseph, cas où on a pu établir la détermination 
sur l'Insecte parfait. 

En mars 1804 entrait à la clinique de Breslau, une jeune 
Silésienne de 20 ans qui présentait une tuméfaction des gran- 
des lèvres. A l'examen cette tumeur donnait la sensation de 
kystes et présentait 9 ouvertures produites par les stigmates 
terminaux de larves d'Hypodermes. 8 larves se transformèrent 
en pupes. Six moururent et en mai 186V, Joseph avait oi)tenu 
2 individus luAles à' Hi/poihnna diana. 

Tel est le seul cas euiopéen où on ait eu l'Insecte parfait. 

En avril 1875, Joski'h détermina comme llypodernia hovh 
\ larves ayant produit une tumeur à la nuque chez un pAtrc 
de Carniole. 

En 1883, \'(*;lkkl signale chez un gareon de 13 ans trois 
tumeurs placées sur le côté droit du cou, sous l'œil droit, et à 
la tempe. De ces tumeurs sortent des larves de 15 mm. sur 
2 mm de large déterminées par Lkuckart et Bdaler comme 
lli/poderma diana. 

En 1885, Joseph et Blanchahu signalent une tumeur causée 
sur le cou d'un Sicilien par une larve au 3^ stade àlli/p. 
(/iana. 

En 1861, SpKiXJ observe, sur un enfant, 3 tumeurs perforées 



SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 383 

sur le pariétal contenant chacune une larve iVlIi/podenna 
bovis d'après Lacordaire. 

En 1884, Megnin observe chez un Homme une tumeur causée 
par une larve d'OEstride. 

Tels sont les quelques cas de myase furonculeuse signalés 
jusqu'ici. Plus nombreux sont ceux où les larves après avoir 
cheminé plusieurs semaines et plusieurs mois sous la peau du 
sujet, produisaient une tumeur, qui leur donnait issue. Cette 
myase rampante a été signalée en 1901 par Topsent chez une 
enfant des environs de Ploermel. Elle est commune en Nor- 
vège (Hoegh), en Irlande, Ecosse (Spencer, Mac G.vlman, Smitts, 
Duncan) et semble être occasionnée soit par Hyp. bovis soit par 
H y p. lineata. 

Le cas rapporté par nous correspond à une larve d'Hypo- 
derma, mais l'adulte n'ayant pu être obtenu, notre détermina- 
tion est incomplète ; nous croyons cependant devoir le signaler, 
car seul le cas de Topsent est observé en France. 

En octobre 1920, dans un village de la haute vallée du Tech 
à 750 mètres d'altitude, une femme d'une quarantaine d'années 
voyait apparaître sur son épaule une tuméfaction ayant l'aspect 
d'un furoncle. Celui-ci présentait un point noir au milieu et 
d'après la malade, il existait une induration en profondeur 
aussi grosse qu'un œuf de poule. Pendant 3 à4 semaines, cette 
grosseur était accompagnée de démangeaisons, de légères dou- 
leurs, de frissons. Puis des douleurs très vives, se propageant 
vers l'abdomen et les cuisses, sous forme de crampes très fortes, 
furent ressenties à l'époque où une première larve fut extirpée 
avec une épingle. Deux mois et demi après, et seulement après 
o jours de démangeaisons, apparut un autre abcès, d'où la 
pression des doigts projeta un bourbillon qui avait des 
mouvements de torsion bien prononcés : c'était une deu- 
xième larve. En fort mauvais état quand on nous l'a remise, 
nous l'avons montée à la gélatine giycérinée après éclaircisse- 
ment au lacto-phénol. Alors que la première larve était placée 
sur le côté droit et sur le muscle cuculaire vers le milieu du 
côté vertébral de l'omoplate, la deuxième était à ce même 
niveau, mais sur le côté gauche et plus près de la gouttière 
dorsale. 

La sortie de la première larve fut accompagnée de quelques 
gouttes de liquide limpide, la deuxième entraîna un liquide 



384 



SÉANCE D€ 28 NOVEMBRE 1922 



séro-puruioul. Rapidement les désordres disparurent et les 
plaies ne nécessitèrent aucun soin. A l'heure actuelle il ne reste 
qu une cicatrice creuse ayant la forme d'une virgule de 1 x3 nmi. 

de dimension. La malade eut en 
févriei- 1021 des démangeaisons 
et des élancements comme si 
elle devait avoir de nouvelles 
tumeurs, mais elle n'a présenté 
depuis aucune autre manifesta- 
tion cutanée. 

Cette pei'sonni; n avait jamais 
été en contact avec le l)étail. 
VAU' allait parfois dans les bois 
de (lliAtaigners des environs 
ramasser des sacs de feuilles mor- 
tes, ou elle transportait chez elle 
de menus fagots de Cienéts pour 
son foyer. I^llc n"a jamais eu de 
plaie à l'épaule avant son acci- 
dent. 

Selon notre détermination, con- 
lirmée d'ailleurs par M. le pro- 
fesseur Brlmft et M. le D"" Lar- 
ROUSSE, que nous sommes heureux 
de remercier à cette occasion, 
cette larve appartient bien au 
genre Hypoderma. Les caractères 
morphologiques nous permettent 
d'éliminer à coup sûr une larve 
de Muscide et de retenir parmi 
les CEstridés, seule une larve 
à' Hypoderma. 

En effet, l'examen de cette 
larve acéphale (au 3*^ stade ), autant 

Fig. 1. — La deuxième larve i un que peut le permettre son mau- 
grossissement de 1/14. ^^j^ ^^^^^ ^^^^ ^^^^^^^^^ ^^ ^^^.p^ 

d'une longueur de 10 mm. plus étroite en avant (2 mm.) qu'en 
arrière (3 mm.). Il est formé de douze anneaux dont onze 
apparaissent bien séparés; deux anneaux peu séparés l'un de 
l'autre forment l'anneau céphalique. 




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SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 385 

Ils présontent des l^ourrolets latéraux et des formations vor- 
ru(jueiises circulaires à partir du 6'' anneau. L'anneau céphali- 
que montre une fossette buccale infuudibuliforme. Le dernier 
segment porte la cavité stigniatique. Etant donné l'état de la 
larve, il ne nous a, pas été possible de différencier la face dor- 
sale de la face ventrale, d'ailleurs la spinulation parait être 
uniforme, sauf sur les cinq premiers segments qui sont nus. 

Au point de vue évolution, nous devons admettre avec 
H. JosT et après les travaux de Gurtis, d'HiNRiCHSEN que notre 
malade a pu s'infecter par la voie digestive en portant à la bou- 
che ses mains souillées d'œufs à' Hypoderma. 

En effet, Jost a démontré que l'œuf de VHypoderma n'éclôt 
pas à la surface de son hôte, mais seulement une fois parvenu 
dans le tube digestif de celui-ci. La larve pénètre ensuite dans 
les tissus sous-muqueux de l'œsophage, y voyage de juillet à 
novembre, puis elle suit le médiastin, le diaphragme, le creux 
du rein, entre dans le canal vertébral par les ouvertures des 
vertèbres. De décembre à mars elle y séjourne. Elle repasse 
par les ouvertures des vertèbres et voyage à travers les tissus 
conjonctifs intermusculaires des nuiscles du dos pour se ras- 
sembler dans le tissu sous-cutané. Là, elle provoque par réac- 
tion de l'hôte la formation d'une capsule autour d'elle, mue 
2 fois et devient pupe. A l'intérieur de celle-ci se trouve la 
nymphe avec ses membres et ses ailes emmaillotés. Sous la 
poussée de la vésicule frontale de l'imago, un opercule se 
détache de la région antérieure du puparium et laisse une 
ouverture circulaire par laquelle la Mouche s'échappera. 

Tel est le cas de parasitisme par larve qu'il nous a paru inté- 
ressant de signaler. 11 est regrettable que la difficulté de déter- 
mination des larves ne nous ait pas permis de préciser l'e^spèce. 



BIBLIOGRAPHIE 



E. ISrl'mi't. — l*n''cis de parasilologie (1910) . 

DuBKEiiiL (W.). — Les Diptères ciilicoles diez l'Ilomine (Arr/i. mf'i/frinp 

pxp.. niHi's 1894). 
Joseph ((!.). — IJeber Myasis extenin dennatosa {Mono t. prdrl. bprinoto- 

logie, VI, p. 49, 1887). 
Jost (lleriiiann). — Beitfdgc ziir Kennlnis des KnlwieUliingsganges der 



386 SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1922 

Larve von Ifi/poderma bonis (Zeitschr. wiss. ZooL, LXXXVI. 1907, 

p. 644-715). 
Petrovskaia (Maria). — Sur les invascs produites chez l'Homme par les 

OFstridés (Thèse médecine, Paris, 1909). 
GuiAHT et Gri.mbekt. — Précis de diagnostic (1920t. 
Caullery. — Ihil. Iiist. Pasteur, V, 1907, p. 709. 
Vaney. — Contribution ù l'étude des larves et des métamorphoses de 

Diptères (Thèse doctorat es sciences, Ljon d902). 

(Travail du lahoraloïrc de matif're médicale 
de In Faculté de pharmario de ytontpellier). 



\ 



LAVAL. IMPRIMERIE BARNEOUD. 



Séance du i^2 décembre i9!2'2 



['RESIDENCE DE M. BHUMl'T, PRKSIDEJNT. 

M. L. Petit, s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. 

M. le président annonce le décès de M. Schurma.n, de Monte- 
video, membre de la Société depuis le 8 mars 1921 et exprime 
les vifs regrets de tous. 

M. Fischer et le Musée océanographique de Monaco, présen- 
tés à la dernière séance, sont élus membres. 

Est présenté M. le D'' Bouisset, préparateur à la Faculté de 
médecine, 4=5, boulevard de Strasbourg, à Toulouse, par 
MM. Despax et \ andel. 

Ouvrages offerts : 



Janet (Cliarles). — Le Volvox (2e mémoire) (Les Presses Universitaires 
de France, Paris, 1922, U p., 4 pL). 

Prace Toivarsi/sttoa Naukoiveyo Warssaicskiego (Publications de la 
Société des sciences de Varsovie) : 

Travaux de la Société des sciences de Varsooie Ille classe (nos j^ 2, 3, 9, 
11, 14, 17, 18, 19, 22, 25,27) ; 

Travaux da laboratoire de plujsioUxjie (I, n^s 3 à 12; ; 

Travaux du laboratoire de biolo(jie (1, nos 1, 2, 5); .-' 

Travaux de la Station hydrologique (I, no 1) ; ^< 

Comptes rendus de la Station hydrobiologique (1, no 1). 






OBSERVATIONS SUR LA IVIORPHOLOGIE 
DE PARAD/STOMA MUTAB/LE (MO LIN) 

(Dicrocœllde nouveau pour la faune française) 




PAff 



Robert-Ph. DOLLFUS 



MoLiN a donné le nom de Distorua miU.ablle Molin (1859, 
p. 833-831) à une espèce de Distome qu'il trouva dans la vési- 
cule l)iliaire de Lacer la muralis Laurent! à Padoue (Italie), Il 
en puldia une description sommaire pouvant se résumer ainsi : 

Corps déprime, ovoïde, pouvant changer de forme, inerme, cou conique, 
ventouse orale subterminale, égale à l'acétabulum qui est sessile, située 



3!K) SI?ANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 

C-orps Iransparenl, inerruc. aplali, rétréci anlérieurcinenl, mesurant 
1 mm. 5 à 2 mm, 5 de long el mm. (iO à 1 mm. dans sa plus grande largeur ; 
ventouse orale sublerminale, égale à la ventrale et mesurant mm. 35 à 
mm. 4.^ (le diamètre ; pliarvnx petit, globuleux ; u'sopliage très court, 
ca'ca intestinaux arrivant jusiiu'au l'inquiènic postérieur de la longueur du 
corps ; testicides ovales, symétriques, latéraux, comme accolés à la ven- 
touse ventrale, en directions obliiiues, convergeant en arrière ; ovaire s|)lié- 
ri(iue plus petit que les testicules et immédiatement en arrière d'eux, géné- 
ralement à droite de la ligne médiane; vilellogènes composés d'acini peu 
nombreux, plutôt gros, localises dans le tiers moyen ; ovitlucte remplissant 
et obscurcissant les deux tiers postérieurs du corps ; o'ufs mesurant 40 à 
50 a de long sur 25 u- de large, de forme pas parl'ailemenl régulière, mais 
légèrement aplatis d'un côté ; ouverture génitale sur la ligne médiane, entre 
le pharynx et la ventouse venlr;ilc. 

.1. lloLLACK (l'.M)2 a, p. 809) a exaniim-, au Miiséo zoolui^lcjuc 
fit' Kœniysbei'ii', dix exemplaires de />. inulahilr .M<diii ; elle a 
constaté le silus inrcrsus ou anipliitypie des i;l;indes génitales 
chez quatre individus, chez les six antres, l'ovaire était à droite 
(h; la liranche montante de l'utérus. il(jLL.\cK rapporte (jue les 
(jn;di-e premiers individus; qu'elle twamina avaient tous, par 
hasard, l'ovaire à .gauche, alors (]ue tous ceux examinés par 
LiiiiK avaient l'ovaire'à droite. 

Les auteurs ayant jH'rsdiiiicIlcnit'iit cx.iniiiit' />. niulalnla 
Molin et ayant fourni sur cette espèce des renseignements sont 
donc au nojinhre de cinc] : R. Moli.n, M. i.iiHE, P. Haiuia(1ali.o, 
A. Hizzo et J. 11oll\(:k (1); les seules provenances indicjuées 
jusqu'à présent sont l'Italie et la Sicile. 

(1) Beaucoup d'auln-s auteurs ont parlù de D. viuUibile .Mol. mais seulement 
pour en rappeler certains caractères ou disputer de ses affinités et de sa position 
systématique. 

M. Stossich (1895, p. iî24 description, p. :230 dans le sous-genre Dicrocœliuin 
Duj.) a rappelé les caractères d'après Molin et So.nsi.no. 

LiiHE (taOO, pp. 505-506) a mis en parallèle les caractères de D. mulabile Mo]., 
d'Anchiti-ema sanguineum Sons., et Megacetes triangularis Looss {=: Eumegacetes 
emetidalus Fîraun) ; bien (|u'ayanl relevé d'iinpoplantes dJIFércnces entre l'espèce 
de MouN et Anchitreina, Luhk la silua au voismage immédiat d'.lHc/t/7/e/na, prin- 
cipalement fn raison de Icinpldcement des testicules el de l'ovaire, qui est à très 
peu près le même que cliez Anchitreina. .l'ai déjà rappelé que LiiuE (1901 n, 
p. 487) tout en altirinant la parenté de D. mulabile Molin avec Ancliitrema 
sanguineum Sons., reconnut ses allinilés avec D. sociale Liihe, les Dicrova'linœ, 
les Lecilhodendriinfi' toutes ces rurines étant englobées dans sa famille des Pla- 
giorchidd' Liihe. — Looss (1902 m, pp. 818, 819) ayant rappelé quelques carac- 
Icres di' D. ntutahile .Mol. n'eut pas de peine à montrer que cette espèce n'avait 
rien à voir avec Anchilvema sanguineum Sons, ci Kumegaceles eniendatus Braun, 
el Looss (19o2 /«, pp. 823-839) critiqua justement la réunion, proposéepar Lûhe, de 
D.mutabile Mol. aux Plagiorckidœ. — Bn.\r.\ (1901/*, p. 702), reconnut en D. muta- 
bileMolun Dicrocœliunmlnous avons vu précédemment que Bu.ùn (1901 ^, pp. .163, 
94i), rapprocha /). mutabile Mol. de Dirrocodium de/Jeclens Rud. — Odh.vf.k (1902, 
pp. 41-42), critiquant la famille des /^/««'//«/rA/rfre Ltihe, indique quelles devaient être 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 391 

J'ai persomiellement retrouvé (juin 1917] />. inutabUe Mol. 
chez un certain nombre de Lacerta muralis Laur. des rochers 
dominant la mer à Monaco et au Cap dWil (Alpes-Mariti- 
mes) (1) ;. il y est commun et j'ai compté jusqu'à sept indivi- 
dus dans la vésicule biliaire d'un même Lézard. 

L'abondant matériel que j'ai récolté m'a précédemment per- 
mis de préciser les affinités naturelles et la position systéma- 
tique de ce Distome ; il me permet aujourd'hui de publier quel- 
ques observations sur sa morphologie, complétant et sur certains 
points rectifiant les descriptions antérieures. 

Morphologie externe. — Le nom spécifique mutahile rappelle 
que les modifications de la forme générale du corps sont parti- 
culièrement étendues chez cette espèce ; selon l'état de con- 
traction ou d'extension l'aspect peut beaucoup différer ; lorsque 
la région antérieure du corps, en avant de la ventouse ventrale, 
est étirée, l'animal présente la forme d'un tlacon à goulot long 
et étroit, à panse renflée. Même au repos, le contour du corps 
peut différer selon les individus ; ils ne sont pas toujours courts 
et ovoïdes avec l'extrémité postérieure plus renflée que l'anté- 
rieure (fig. 2), ils sont quelquefois presque cylindriformes ou 
claviformes ou en ellipsoïde allongée ou encore à peu près 
lancéolés, mais, le plus souvent, ils gardent un aspect trapu 
étant moitié aussi larges que longs. Le niveau de la plus grande 
largeur nest pas toujours le même : il est plus ou moins en 
avant ou en arrière dans le troisième quart de la longueur. 



les limites de la sous-famille des Dicro('(vUina',e\.'\\'^CQm'(iY\[.D. i>iula/)ileMol.,inn]s 
Odhner (1910, pp. 80-81) précisa qu AncJiitrema ne pouvait en aucun cas être 
admis dans cette sous-famille avec D.mtitabilp Mo\. — Looss (1907, pp. 609-610) pro- 
posa de comprendre provisoiremenl D.mutaljile Mol. àa.ns le g&nre Platpnosofnu m 
Looss, tout en prévenant que, cette espèce ne correspondant pas complètement à 
ce s^nre, il faudrait tût ou tard créer pour elle un genre nouveau. — Klein (1905, 
p. 78) recherchant les affinités de (laaeo a rappelé que,- parmi les Distomes 
ayant, comme Ganeo, l'ovaire en arrière des testicules, il y a /W. mutabile Mol. et 
D. sociale Lûhe qui, d'après LiiHE, s'apparentent aux Dicrocœlium, bien que la 
cuticule de cette dernière espèce soit épineuse; cependant, remarqua Klein, chez 
D. sociale Liihe la vessie est en tube simple et chez D. mutabile Mol. elle est 
en Y. 

M. KossACK (1910, p. 110) supposa possible que D. mutabile Mol. appartienne 
au ^enre Paradislomum Koss. etj'ai montré (Cf. Bull. Soc. Zool. France, XLVII. 
n» 8) que l'on devait adopter pour celte espèce le genre Paradistoma (Koss.), 
R.-Ph. Dollfus emend. 

(1) Je l'ai recherché vainement chez les Lacerta mui^alis Laur. de La Trem- 
blade (Charente Inférieure) (juin 1919) et do Noirmoutier (Vendée) (mai 1920) ; il 
semble donc, jusqu'à présent, que ce soit une espèce habitant seulement la 
région méditerrnnéeime. ^ 



392 SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 

Les ventouses modifient pou leur diamètre par contraction ; 
])ien (juVlles soient considérées comme égales, j'ai, dans la plu- 
part des cas, constaté qiie le diamètre de racétabuluiu dépassait 
un peu celui de la ventouse oi-ale. [.'ouverture de celle-ci est 
circulaire et termino-venlral(>. La ventouse ventrale n'est pas 
proéminente au repos. 

L'orifice de la vessie est exactement postéro-terminal. Li^ 
niveau de l'ouverture génitale varie peu : il se trouve soit au 
même niveau que le pharynx, soit au mémo niveau que l'^eso- 
pliage, mais toujours en avant de la bifurcation intestinale, 
tantôt exactement sur la ligne médiane, tantôt un peu à droite 
ou à gauche, plus fréquemment à droite si l'ovaire est à gau- 
che (fig. fi, 7), à f/atfche si Fovairc est à droite [ï\^. 2) mais 
(juelle (|ue soit la position de l'ovaire il peut aussi «tre médian 
(tig. 3, 4). Je n'ai pas observé, à la surface dorsale du corps, 
l'orifice du canal de Laurer. 

Morphologie hiterne. — Appareil digestif. La cavité de la 
ventouse orale se rétrécit postérieurem«mt en une sorte d'en- 
tonnoir dont la forme varie avec les mouvements de contrac- 
tion de la ventouse ; dans sa partie proximale elle peut simuler 
un étroit canal, mais celui-ci ne peut être assimilé à un pré- 
pharynx étant tout entier compris dans la ventouse. 

Au pôle postéro-dorsal de la ventouse est accolé le pharynx, 
sphérique ; dn^z les individus relativement petits (jne j'ai 
mesurés (1) son diamètre était d'environ 7o a, il dépassait rare- 
ment 80 [A ; chez un in<lividu long de 2 nmi., il était de 90 jjl. 
L'œsophage est toujours apparent, il est très étroit et grêle, 
sa longueur au repos est toujours inférieure au diamètre du 
pharynx, mais lorsque la région antérieure du corps est en 
extension, l'crsophage s'étire jusqu'à présenter approximative- 
ment la longueur du diamètre du pharynx. L'œsophage se 
divise en deux hranches dirigées d'abord horizontalement, très 
étroites à leur origine, elles augmentent rapidement de largeur 
et s'infléchissent brusquement, assez souvent presque à angle 
droit, pour descendre en passant de cha([ue côté de la ventouse 
ventrale jus({u'aux six septièmes, huit neuvièmes ou neuf 
dixièmes environ de la longueur du corps, en restant larges, 



(I) Toutos les ruesures indiquées sont prises sur des individus montés dans le 
baume de Canada après fixation au suhlimi* bouillant. 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRK 1922 



393 



comme chez tous les Paradistoma ; elles parcourent, à mi-dis- 
tance du bord externe du corps et dû plan sagittal un trajet 
dorsal par rapport aux glandes génitales et aux circonvolutions 
de l'utérus. 

La paroi des caeca intestinaux est extrêmement mince et for- 
mée d'un épithélium pavimenteux non stratifié (fig. 1), 

Appareil génital. — Les testicules sont tantôt sphériques ou 
un peu ellipsoïdaux, tantôt irréguliers, tout en restant globu- 
leux, je les ai toujours vus cà contours entiers, mais LiiHE dit qu'ils 
peuvent être faiblement lobés. Leur taille est très variable mais 
ils sont toujours moins grands que le diamètre de la ventouse 





f^.j'- \ S :i h R YJ3Dj 




FiG. 1. — Épithélium intestinal d'un ca3cum, vu de face. 



ventrale ; leur largeur oscille entre le tiers (fîg. 2) et le quart 
(fig. 6, 7) de la largeur du corps à leur niveau. L'espace inter- 
testiculaire est toujours moins large que le diamètre acétabu- 
laire. Dans le cas général, les testicules sont symétriques par 
rapport au plan sagittal, plus rapprochés des bords de Fanimal 
que de ce plan et partiellement en avant, partiellement en 
arrière du bord postérieur de la ventouse ven fraie, ils empiè- 
tent presque toujours sur les côtés de celle-ci ; on trouve cepen- 
dant des individus dont les testicules sont plus ou moins anté- 
rieurs : chez quelques-uns (fig. 7), ils sont tout entiers en avant 
du niveau du bord postérieur de la ventouse ventrale au lieu de 
la dépasser en arrière ; il n'a jamais été observé d'individus 
chez lesquels les deux testicules étaient tout entiers en arrière 
de ce niveau. 11 arrive que les testicules ne soient pas tout à 



394 



SÉANCE DU 12 DKCEMBRE 1922 












FiG. 2. — Individu vu par la face ventrale.— G. M. Glandes de Melilis; A', corps 
énigmatique. probablement formé par du tissu teslicuiaire. 



fait symétriques, dans ce cas c'est toujours le feslicule du côté 
oppofié à r ovaire qui est le plus antérieur (fiff. 3. 5, 8). 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 



395 











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Fifi. 3. — Individu vu par la face dorsale : l'ovaire est au mriue niveau que 
les testicules et à gauche (situs inversus), le testicule droit est un peu plus 
antérieur que le gauche. 



39(j 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 



L'ovaire est globuleux (lig. 2), plus rarement ellipsoïdal 
(fig. 7), moins volumineux que les testicules, parfois relative- 



OL 




Fio. 4 — Individu vu par la face dorsale. La poche du cirre esl très longue, 
les vitellogèncs s'ôtendunl plus loin on avant du côté droit que du cAtô gau- 
che. L'ovaire est à gauche {situs iiiversux). 

ment très petit, (fig. 7, 8) ; sa position est variable sans que ce 
soit une conséquence de l'état de contraction ou d'e.vtension du 



i 
I 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 



397 



corps ; il est quelquefois tout entier au niveau des testicules 
(fig. 3) quelquefois complètement en arrière d'un des testi- 





J^^?' J- 
^m^^ 

m^'^'^^: 






Fig. 5. — Individu vu par la face ventrale, les vitellogènes sont très asymétri- 
ques, de même que les testicules. Cet individu a été un peu déformé dans sa 
partie antérieure lors du (nonlaf,'e dans le baume de Canada; l'orifice génital 
sur le vivant était un peu k gauche du plan sagittal et non pas à droite. 



cules (fîg-. 8) à une certaine distance ou bien au contact de 
celui-ci; généralement il en est partie en avant, en partie en 
arrière du bord postérieur du testicule voisin (fig. 4, 5) : le 



398 



SÉANCE DU 12 DKCKMUHE 11)22 



droit ou le gauche selon que la lopom'apliio iiénitale est nor- 
male ou présente le situs inversus. 

Les glandes de Mehlis sont réunies en une masse compacte, 




t 

i 



■1»'% 




Fio 0. — ln(Jividu vu par la lace ventrale, le corps est presque lanréoii'. 
l'ovaire est à gauche (situs inrersus). 

globuleuse (fig. 2, 8) sur la ligne médio-sagittale, sa plus 
grande partie étant en arrière et à droite (ou à gauche) de 
l'ovaire. 

A partii- de l'atrium génital, l'utérus forme des circnnvolu- 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBKl'; lV)22 



399 



tions nombreuses et irrégulières (fig. 3) remplissant toute la 
partie du corps en arrière des testicules ; la branche montante 
donne quelques anses qui serpentent entre les testicules en 
débordant même un peu l'espace intertesticulaire, passent au 








ËM^:k^ 



i^zkvm' {3-- 




■;.^îi»,v-//':>^:; , 



FiG. 7. — Individu vu par la lace dorsale, les testicules sont tout entiers en avant 

du bord postérieur de l'acétabulum. 

dos de la ventouse ventrale et donnent le métraterme qui suit 
dorsalement la poche du cirre jusqu'à l'orifice génital. Les par- 
ties de l'utérus qui sont gonflées d'œufs à maturité se déta- 
chent en noir ou en brun foncé sur la masse brun clair, trans- 
parente, fies autfs moins âgés. 

Les (l'uts les plus petits que j'aie mesurés avaient 35-38 a de 
long sur 22 ^. de large, les plus grands 42 i/. X 25 a, beaucoup 
seulement 40 pi sur 23-25 [j.. 



4oô 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 



La poche du cirre est fiisifornie (fig. 2), saccifornie ou piri- 
forme, elle contient un pénis inei'ine et une vésicule séminale 
interne contournée ; elle peut être relativement longue (jus- 
qu'à 0,2o), elle déborde en arrière le bord antérieur de la 




FiG. 8. — Individu jeune vu par la l'ace dorsale, l'ovaire n'est pas encore fonc- 
tionnel, on voit niltement la forme simple de la vessie, les follicules vitello- 
gènes sont confluents et distendus dos deux côtés. Cet individu a subi posl 
mortetn une légère déformation : sur le vivant le pore génital était sensible- 
ment à gauche du plan sagittal et non à droite. 

ventouse ventrale, son axe n'est pas, en général, contenu dans 
le plan médio-sagittal, mais penché à droite ou à gauche. 

Les vitellogènes sont ventraux et un peu en dehors par 
rapport aux cœca intestinaux, et dorsaux par rapport aux tes- 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 40l 

ticules ; ils consistent, de chaque côté, en un petit nombre 
d'assez gros follicules globuleux ou pluriLobés, tantôt partiel- 
lement séparés les uns des autres, tantôt irrégulièrement 
réunis en masses confluentes plus ou moins volumineuses. Si les 
follicules globuleux élémentaires (diamètre au minimum 0,05, 
mais le plus souvent aux environs de 0,1) étaient tous séparés 
les uns des autres, ce que je n'ai jamais vu, on en compterait 
environ 10 à 12 de chaque côté, mais par suite de la soudure de 
plusieurs d'entre eux en masses lobées, on compte un moins grand 
nombre de ces masses ; chez l'individu de la figure 2 il y a seu- 
lement trois masses lobées du côté droit. Chez Tindividu de la 
figure 8, tous les follicules d'un même côté sont confluents et 
ne forment à droite comme à gauche qu'une seule masse noire 
se détachant sur l'ensemble du corps, le vitelloducte droit est 
distendu (Les produits de la sécrétion abondante des vitello- 
gènes ne s'éliminant pas encore chez cet individu dont l'ovaire 
n'était pas encore fonctionnel). 

La longueur sur laquelle les vitellogènes s'étendent est un 
peu variable : elle correspond au troisième quart ou aux troi- 
sième et quatrième cinquièmes, ou aux quatrième et cinquième 
septièmes, ou encore aux cinquième et sixième huitièmes de la 
longueur totale du corps; en avant, s'ils n'atteignent jamais le 
niveau du bord antérieur des testicules, ils atteignent assez sou- 
vent le niveau du milieu des testicules, ils restent générale- 
ment en dehors de ceux-ci (fig. 4) empiétant rarement sur l'un 
d'eux (fig. 8), quelquefois ils ne dépassent pas le niveau du 
bord postérieur des testicules (fig. 2). 

D'un côté à l'autre du corps, les? vitellogènes ne sont pas 
symétriques, la dissymétrie est ordinairement peu accentuée, 
quelquefois elle est très marquée comme chez l'individu de la 
figure 5 qui a les vitellogènes du côté gauche occupant une 
longueur qui n'est que les deux tiers de celle occupée par les 
vitellogènes du côté droit. 

Appareil excréteur. — J'ai seulement pu observer la vessie et 
les gros canaux collecteurs qui y aboutissent. La vessie est 
incontestablement simple^ tubuleuse^ claviforme ou cylindri- 
forme (plus grande largeur environ 0,11 ; longueur 0,50-0,55). 
Les deux gros canaux y débouchent séparément, un de chaque 
côté, à peu de distance de l'arrière fond. 

Jusqu'ici, tous les auteurs ayant parlé de la vessie dey^^\C/47 

. A 




b: 



L i s R A R y1 ; 






402 SÉANCK Dl 12 DÉl.EMliKE l'.>22 

1). mutabile Mol. ont admis (juClle était en Y, (LCihe, 1900 «a, 
p. 564; Looss, 11)02 ///, j). 818; Kleix, 1905, p. 78); on voit 
nettement sur les figures 2 et 8 (juMI n'en est rien, (le fait est 
d'autant plus intéressant à noter qu'ODHNER (1910, p. 8()) a 
admis comme certain que chez toutes les espèces de la sous- 
famille du Dicrocœlnmv la vessie devait être simple, pas en Y, 
et a indiqué que, lors([u"elle paraissait en Y, c'était en raison 
de la réplétion des gros canaux ;iu voisinage de leur aboutisse- 
ment dans la vessie. Mes observations condi'ment la prévision 
d'ODHNER, montrant que Paradistomamulalulr Molin, à l'inverse 
de ce qui avait été aftirmé, a une vessie du type caractéristi- 
que général chez le Dirrocœliui.i'. 

L'individu r(q)résenté ligure 2, montre, en avant dw testicule 
droit, sur le côté et au contact de racétal)ulum, une masse 
ellipsoïde allongée, à contour régulier, qui est anormale. 
N'ayant pas fait de coupes, je n'ai pu déterminer exactement 
la nature du tissu qui la constitue, mais t^DUNEit, à (|ui j'ai 
communiqué la préparation /// fulo de l'animal, estime qu'il 
s'agit ])r()bai)lement d'une inclusion du tissu testiculaire isolée 
dans le parenchyme. 

Mesures i\r 1 indixidu i-cprésenté lig. 2 (en millimètres). 

Longueur totale : 1,55. 

Largeur au niveau du centre de la ventouse ventrale : 0,044. 

Largeur maximum (à une distance de 1,025 de l'extrémité 
antérieure et à 0,28 (hi bord postérieui" de l.i ventouse ven- 
trale) : 0,735. 

Ventouse antérieure : 0.294 de long, sur 0,266 de large ; 
moyenne : 0,28. 

Ventouse ventrale : 0,301 de long, sur 0,287 de hirge ; 
moyenne : 0,29 i. 

tJËsophage : longueur : 0, ().')(). 

Pharynx : din mètre : 0,077. 

Distance entre l'extrémité des ca'cji et 1 extrémité postérieure 
du corps : 0,175. 

Testicule droit : 0,196 large sur 0,224 long. . moyenne : 0,210. 

Testicule gauche : 0,203 largesui- 0,231 long., moyenne : 0,217. 

Ovaire, diamètre : 0,098. 

Corps énigmati(]ue ellipsoïdal : grand axe : 0,(M i. 

Corps énigniatique ellipsoïdal : petit a.xe : 0,008. 

LEufs, en moyenne 40 [j. sur 25 y.. 



I 



SEAiNCE i>b 12 OELEMBBE 1922 403 



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28 



404 SÉAiNCE DU J 2- DÉCEMBRE i{)±l 

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Laboratoire de M. le professeur (iravel, 7wv.emhre 19^2*'}). 



NOTE PRÉLIIVIINAIRE SUR L ATROPHIE DE L'ŒIL CHEZ LE 
IVIALE D'UN HYIVIÉNOPTÈRE CHALCIDIEIN {MELITTOBIA 

ACASTA WALK.). 



r.vu 



F. PICARD 

Lv Meli/tolfia a/asta Walk.ost un Chalcidioii de la IriJxi des 
l'elras/ic/iini, dont la larve est ectoparasite des nymphes de 
divers Hyménoptères nidiliants ( AnIliopliores. Osmies, Ody- 
nères, etc ) et des pupes de Diptères (Tachinaires et Mouches 
domestiques). Chez cette espèce, le dimoiphisme sexuel est 
très accusé : la femelle est ailéi;, noire et muni»; d yeux com- 
posés, normalement dévelopj)és et pigmentés. Le mâle, <]ui est 
de teinte claire, a des ailes rudimcntaires et les yeux composés 
sont remplacés, chez lui, par de petits ])ointsocellirornies colo- 
rés en rouge. Le scape antennaire est très renflé. 

Les yeux latéraux du mâle, vus extérieurement, ikî montrent 
pas de facettes; mais leur forme, leur taille et leur couleur 
oil'rent la plus grande ressemhlance avec les ocelles. J'ai étudié 
la structure de ces yeux chez l'adulte, comparativement avec 
ceux de la femelle, et j'en ai suivi le développement chez la 
nymphe. 

Si l'on examine une nymphe inAlc au dél)ut de sa formation, 
alors cpielle est de teinte blanche et que les yeux et les ocelles 
ne sont pas encore colorés en rose extérieurement, ou trouve 
sous Ihypoderme, au point où devrait être l'œil composé, une 
petite lentille bien circonscrite, formée de 3 ou 4 couches de 
cellules toutes semblables, tles cellules contiennent un peu de 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 405 

pigment. Le procérébrou, r^ui emplit à ce niveau presque toute 
la cavité céphalicjue, vient s'appliquer directement contre la 
face interne de cette lentille qui n'est séparée de la masse des 
cellules ganglionnaires que par une fine membrane. Il n'y a 
pas trace, à ce stade, de lame ganglionnaire ni de chiasma 
externe. 

Quant à la partie optique du système nerveux, elle consiste en 
un double ganglion, constituant les masses médullaires interne 
et externe de structure homogène et sans chiasma ditl'érencié. 

Une nymphe femelle, au môme stade, présente déjà un œil 
composé formé d'ommatidies bien séparées et possédant toutes 
leurs parties constituantes : cornéules, cônes cristalliniens à 
quatre cellules, rétinules, cellules à pigment. La lame gan- 
glionnaire est déjà bien nette et l'on y observe des traînées 
pigmentaires. Les masses médullaires sont de même épaisseur 
que chez le mâle, mais plus allongées, surtout la masse externe 
déjà discoïde comme chez l'adulte. Les chiasmas sont mal dif- 
férenciés. 

Les yeux et le système nerveux optique de la femelle adulte 
sont tout à fait conformes au type classique. Le procérébron 
s'est condensé, n'occupe plus tout le haut de la cavité cépha- 
lique et s'est éloigné des yeux auxquels il est relié par une lame 
ganglionnaire, un chiasma externe et un ganglion optique bien 
développés. 

Il n'en est pas ainsi du mâle adulte. Chez lui, les cellules qui 
constituaient la lentille oculaire delà nymphe se sont allongées, 
orientées perpendiculairement à la surface de la cuticule et 
transformées en cellules de la rétinule et en cellules à pig- 
ment ; le tout constitue un amas compact comme dans un ocelle, 
au lieu de se séparer en ommatidies. 11 n'y a pas trace de cris- 
tallins, ni non plus de cornéules, et la cuticule qui recouvre 
cet œil atrophié est sendjlable à celle du reste de la tête. 

Quant au système nerveux, il est assez bien organisé. Le 
procérébron s'est condensé, comme chez la femelle, et éloigné 
de Tœil, en faisant place aux muscles mandibulaires, qui sont 
très développés. Les masses médullaires interne et externe sont 
assez volumineuses, sphériques, aussi larges que chez lafemelle, 
mais moins allongées. D'autre part on n'y remarque pas la 
différenciation des diverses couches qu'elles présentent chez 
l'autre sexe. Il n'y a pas de véritable chiasma interne ; les deux 



400 SÉANCE DU 12 UÉCKMlJUi: 1922 

masses qui sont presque coiitiguës, sont seulement réunies par 
quelques grosses fibres nerveuses. Quant au chiasma externe, 
vu la jDctitesse de l'œil et son éloignemcnt du cerveau, il est 
long et étroit. Il devienten somme un véritable nerf optique (1), 
d'ailleurs parfaitement constitué, contenant des traînées pig- 
mentaires do place en place, et venant s'épanouir à la face 
interne de l'œil, on un larye cône contenant des cellules ner- 
veuses et qui correspond à la lame ganglionnaire. 

Le reste du système nerveux cé])hali(]ue est semblable dans 
les deux sexes et nOlFro rien de bien spécial, dépendant les 
corps pédoncules ne forment (jn'un calice de chaque côté, le 
calice externe, d'ailleurs assez vohunineux. Les calices internes, 
à la vérité, ne sont pas absents, mais rojjrésentés par de très 
petits lobos rudimentaires situés en dessous des ganglions ocel- 
laires. Cette structure éloigne les Melittolna des autres Hymé- 
noptères, chez lesquels les deux paires de calices sont si déve- 
loppées. On l'a signalée cependant chez les Tenthrèdes. 

Les ocelles et leur innervation offrent aussi une particularité. 
On admet, chez les Insectes, que l'ocelle impair et médian est 
innervé par un nerf, également impair et médian, venant abou- 
tir à un ganglion spécial, éloigné des ganglions ocellaires laté- 
raux. Il n'en-estpas ainsi chez Melitiohia : dans les deux sexes, 
l'ocelle du milieu est nettement <loublo. Il est constitué par une 
double cornée au-dessous de bujuelle viennent converger deux 
masses distinctes et symétriques de cellules sensorielles, de 
chacune desquelles part un nerf spécial. Chacun de ces nerfs 
aboutit à droite et à gauche, dans le ganglion de l'ocelle pair 
du même côté. Il y a donc quatre nerfs ocellaires, dont deux 
pour l'ocelle médian, et deux ganglions ocellaires seulement. 
A vrai dire, chacun de ces ganglions est double ot se compose 
d'une partie externe ressortissant à rocello pair et d'une partie 
interne ressortissant à locelle médian. Ces deux masses, 
quoique accolées, sont séparées par une fine ligne que l'on peut 
suivre d'un bout à l'autre. 

Une disposition analogue a déjà été décrite dans le genre 
Bombifs, et on peut se demander si elle n'est pas plus générale 
qu'on ne l'admet. La description classique d'un organe impair 



(1) Ce terme, comme on le sait, désigne habituellement les fibres d'union entre 
la partie centrale du procércbron et la masse médullaire interne. 



SÉANCE DU 12 Dl'iCEMBRF 1922 407 

et médian qui ne serait pas primitivement double, satisfait, mal. 
l'esprit. 

En ce qui concerne l'œil composé, nous voyons que les prin- 
cipales caractéristiques de son atrophie chez le mâle sont les 
suivantes : la structure en est restée embryonnaire. L'absence 
de cornéules et de cônes cristalliniens est complète ; le pigment 
est peu abondant; l'organisation se rapproche de celle d'un 
ocelle, sauf l'absence de cornée. L'atrophie porte donc surtout 
sur les parties périphériques, toutes d'origine hypodermique. 
Quant à la partie nerveuse elle est bien constituée, mais rap- 
pelle cependant le stade nymphal de la femelle. 

Un tel œil est-il sensible à la lumière ? On peut supposer 
qu'il doit fonctionner comme un ocelle dont il se rapproche par 
l'absence de cristallins ; son nerf optique est même plus haute- 
ment différencié que celui des ocelles. La structure homogène 
des ganglions rappelle celle des ganglions ocellaires. Malheu- 
reusement, nous ne savons rien de bien précis sur le fonction- 
nement des ocelles. 

Si on compare cet œil avec celui du Myrmecophila acervo- 
rum étudié par Schimmer (l), on voit que dans le cas du Gryl- 
lide aptère, c'est aussi la partie périphérique et dioptrique 
(cônes cristalliniens) qui fait défaut. Les cellules de la rétinule, 
le système nerveux oculaire sont bien conservés. Mais il existe 
une différence importante : chez Myrmecophila, les cornées 
subsistent, entraînant une persistance de l'individualité des 
ommatidies qui sont en petit nombre et écartées les unes des 
autres. 

Chez les Crustacés dont l'œil est régressé, c'est encore l'ap- 
pareil réfringent périphérique qui disparaît le premier. Tels 
sont les Cambarus aveugles qui n'ont ni lentilles cornéennes, 
ni cônes, mais dont les cellules rétiniennes subsistent et dont 
les lobes et les nerfs optiques sont relativement bien déve- 
loppés. 

Ce processus de dégénérescence à partir de la périphérie 
semble donc être assez général chez les Arthropodes. Les 
observations de Packard, d'après lesquelles certains Gryllides 
des grottes, Ccntophilus macidotns et Hadenœcus snblervanneus^ 



(t) Schimmer (Fritz). — Beilrag zu einer Monographie der Gryllodeengatung 
MyrmPcnphiJn Latr. {Zpihchr. VFm. Zonl., XGIII, H^ft 3, 1909), 



108 SÉANCE DU 12 nKCF.MRRE 1022 

auraient des yeux bien développés, mais présenteraient une 
légère diminution de taille de leurs ganglions et nerfs opti(pies, 
ne méritent guère d'être retenues, étant donné le peu de pré- 
cision des renseignements fournis, et l'état de la techni([ue his- 
tologiquo à l'époque où elles ont été faites. 

(Juant aux Coléoptères totalement privés dyeux, on sait, 
depuis Lespès (1) qu'ils ne montrent pas trace de nerfs ni de 
ganglions opticpios {Aph;e/iops,Speonf'mHs, Langelandia, C/ar{- 
ger, etc.). Mais il serait intéressant d'étudier d'une faeon com- 
parative li!S espèces des genres où l'on rencontre tous les 
degrés dans l'atrophie de l'œil [Diirnlius, Duvalifes^ Trrr/itis-, 
Trechopsis, Phanci'opella^ llathijsciohi, etc.). 

On peut penser qu'il existe chez Mciittohia acasta màle une 
corrélation entre la réduction de l'œil et l'énorme développe- 
ment de l'antenne, en particulier de son scape. Ce serait une 
belle illustration de la loi du balancement des organes. Rien 
ne permet d'écarter formellement cette hypothèse. Mais dans 
beaucoup d'espèces, il existe une corrélation inverse : les mâles 
aveugles ou microphthalmes d'Af/aonini ont des antennes extrê- 
mement petites, tandis que leurs femelles macrophthalmes en 
portent de normales. Le Psélaphide Hi/lliimis fliversiconiis pos- 
sède des mAles à grands yeux et à scape antennaire gros et 
renflé, et des niAles microphthalmes munis d'un scape ijiince et 
cylindri((ue. 

D'ailleurs le mAle de Mn/illohia ne dilfère pas seulement de 
la femelle par ses yeux, mais par d'autres particularités, dont 
les plus im^jortantes sont l'atrophie des ailes et la décoloration. 
Or cette triade de caractères apparaît à la fois chez une foule 
d'Insectes. On peut dire que l'aptérisme s'accompagne fréquem- 
ment de cécité et de décoloration lorsqu'on le rencontre dans 
les groupes où les espèces sont normalement ailées, ou encore 
dans un sexe dont l'autre est ailé, ou mieux encore dans le 
même sexe quand certains imlividiis sont apt<"'res et les autres 
munis d'ailes. 

On pourrait accumuler les exemples à l'appui de cette thèse. 
J'en citerai au hasard quelques-uns : chez les Agaonini, qui 
vivent dans les caprifigues, les femelles sont ailées, pourvues 



(1) Lesi'ks (Cil.). — Ucchurclies anatotniques sur (jnelques Coléoptères aveugles 
{Ann.Sri. Xnt. Zoologie, (^], I.X, 1868. 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 iOO 

d'yeux très développés et de teinte foncée ; les mâles, ajjtères 
et de teinte claire, sont tantôt microphthalines [BhulophiKja, 
Sycophaga., etc.), tantôt complètement aveug'les [Allotriozoon, 
certains CeratO!<olen^ etc.). Il existe des mâles ailés chez Cros- 
sogaster Silvestrii, et leurs yeux sont alors aussi développés 
que chez les femelles. Des faits parallèles s'observent chez les 
Idaniini, qui vivent dans les mêmes conditions ; on rencontre 
dans le genre Pliilotrf/ppsù des mâles homéomorphes ailés et 
à gros yeux comme la femelle [P. longicornis) et des mâles 
hétéromorphes aptères et à yeux réduits [P. caricœ, îninuta, 
eryikrœa^ etc.). 

Chez les Fourmis du genre Poncra, on trouve dans la même 
espèce des mâles ailés, oculés et foncés, comme la femelle, et 
des mâles ergatomorphes, aptères, aveugles et de teinte claire, 
comme l'ouvrière. Inversement chez les Dorylus les femelles 
sont aptères et sans yeux, les mâles sont ailés et macroph- 
thalmes. 

Mais, parmi les Hyménoptères, ce sont les Proctotrypides 
qui fourniraient le plus d'exemples de cet ordre. Qu'il me 
suffise de citer : le genre Pseudodibrachyiun, dont les mâles 
sont ailés et à gros yeux, les femelles aptères et à yeux poncti- 
formes; le Prutocera depressa F., à mâle ailé, oculé, de teinte 
foncée, à femelle aptère, presque sans yeux, de couleur claire ; 
le Conostigmus niicromma Kielf. dont la femelle microjjhthalme 
a les ailes atrophiées, tandis que le mâle à grands yeux, porte 
des ailes plus longues que l'abdomen ; les Lagynodes à femelles 
aptères et microphthalmes, à mâles ailés et macrophthalmes. Il 
faut remarquer que lorsque les deux sexes ont les yeux nor- 
maux, comme dans le genre Aplianogmus, ils sont en même 
temps tous deux ailés. Dans le genre Galesits, les ailes et les 
yeux sont développés également chez les deux sexes ; cepen- 
dant les femelles de Galesits subapterus Thoms. et cœcutiens; 
Marsh, ont les ailes très atrophiées et les yeux à peine visibles. 
La tribu des Emboleminse comprend deux genres : l'un Pedi- 
nomma, a les yeux petits; il est aptère et déteinte pâle. L'autre 
Emholemus a de gros yeux; il est ailé et de couleur noire. 

Chez les Coléoptères, Fairmaire et L.vboulbène ont déjà attiré 
l'attention sur le parallélisme qui existe entre la disparition 
des ailes et celle des yeux chez les Trichoptérygides, par 
exemple Neuglenes apterus Guér., dont la teinte est d'un 



410 SÉANCK DU 12 UKCEMBKK 1922 

testacé pAle. I^a même chnse se remarque chez l)eauc()up de 
Staphyliiis : dans le genre Ph/aeocharis, P.minutissima Mannli. 
est oculé, ailé et l)i'unAtre, P. paradoxa Saiiss. est aveugle, 
aptère et testacé ; les Octaviits et les Leptoti/phlus sont tous 
aveugles, aptères et d'un jaune très pâle. Tous les Brac/u/nits 
sont ailés, oculés et brillamment colorés; un seul fait exception, 
le Bracliynillvs Varfindnrf/i Reitt., à la fois décoloré, sans 
ailes cl sans yeux. De même, SirHitla balsetensis Al), est le seul 
Ilydroporus àoni les yeux soient atrophiés ; c'est le seul égale- 
ment (]ui soit aptère et dépigmenté. 

jMais les cas les plus intéressants sont fournis par les Pséla- 
phides, et surtout par certaines espèces du genre Bi/thbius. 
Tel est le liijlhinus myrmido Reitt., étudié par Dodero (1), dont 
la femelle est microphtalme et aptère et qui possède deux 
formes niAles, l'une microplithalme et aptère comme la femelle, 
l'autre macrophtlialme et ailée. De même Peykuimhoff (2) nous 
a fait connaître le dimorphisme unisexuel de Bythinus algcricus 
dont le mAle microplithalme comme la femelle est comme elle 
aptère età téguments clairs, tandis que le mâle macrophtlialme 
est ailé et de teinte foncée. <!]hez Bijthiiim diversicoj'nis\\a.iï., il 
existe encore des uiAles ailés foncés et à gros yeux et des indi- 
vidus des deux sexes à yeux réduits, décolorés et aptères. 

Ces quelques exemples suffisent pour montrer qu'il y a là 
autre chose qu'une coïncidence, et l'on peut être amené à pen- 
ser que les facteurs qui provocpient la cécité sont souvent de 
même nature que ceux qui conduisent à l'avortement des dis- 
ques alaires et à la décoloration. Ces facteurs atteignent avant 
toutl'hypoderme qu'ils frappent comme d'une sorte de déchéance 
ainsi que les ébauches qui en dérivent. Nous devons remai-quer 
que les Insectes présentant l'ensemble de caractères dont j'ai 
parlé sont, pour la plupart, soit des cavernicoles, soit des 
microcavernicoles (en y comprenant les myrmécophiles et 
même certains corticoles), soit des endogés. Il faut y joindre 
quelques Insectes marins, tels que les .^pus marinus Strôm. 
et gracilicornifi Woll., V.Epopsis Hohini Lab.. Yllalocoryza 
Maindroni AUuaud, etc. Notons aussi que Meliltobia acasta 

(1) Dodero. Materiali per lo studio dei Coleotteri italiani (Ann. Mua. Civ. Gen. 
XLVIII, 1918). 

(2) Peverimuokf (P. de). Sur un cas de pœcilandrie discontinue observée ch^z 
un Bjfthinus {Bull. Soc. entom. France, 26 cet. 1910). — Les variations de l'œil 
et de l'antenni' chez Bi/lhinus diverxicorni.i Rafî. (fbid,, 12 mai 1915). 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 411 

rentre nettement dans la catégorie des microcavernicoles, ou 
des endogés, car il pond et se développe dans les profondes 
galeries des Anthophores et des Odynères, et s'enfonce dans le 
sol à la recherche des piipes de Diptères enterrées. 

Or les cavernes, les microcavernes, l'intérieur du sol, les 
cavités sous-marines, présentent en commun l'obscurité, il est 
vroi, mais aussi une température constante et plutôt basse, l'hu- 
midité et une atmosphère confinée (d'autant que beaucoup de 
cavernicoles sont, comme on sait, des animaux de fentes étroi- 
tes, presque des endogés). Il est légitime de penser que ce^ 
ensemble de circonstances influe sur le métabolisme de l'In- 
secte, tantôt chez les deux sexes, tantôt chez un seul, et contri- 
bue à cet affaiblissement des tissus de nature hypodermique. 

Dew iTZ a admis qu'une basse température et le manc[ue d'oxy- 
gène provoquaient l'aptérisme en diminuant les oxydations 
internes. (1). Cette explication est valable pour la dépigmen- 
tation. En tout cas, il est assez remarquable que chez les 
Géométrides, Lépidoptères dont les adultes se montrent géné- 
ralement pendant la saison chaude, les espèces ayant des 
femelles aptères (Chfiimatobia hrtimata et Hi/bernia dcfoliaria) 
apparaissent justement pendant l'hiver. J'ai montré, d'autre 
part, que, chez le Braconide Sycosoter Lavagnei, le maximum 
d'apparition des ailés coïncidait avec les mois les plus chauds, 
tandis que les individus aptères étaient en majorité en automne 
et à la fin de l'hiver. 

Ces considérations nous amènent à parler de la cécité dans 
son rapport avec le peuplement des cavernes. La dégénéres- 
cence de l'œil par non-usage est peu vraisemblable et attein- 
drait les cellules nerveuses de préférence à l'appareil réfrin- 
gent. Une théorie, très en faveur actuellement, veut que les 
cavernicoles fussent aveugles avant de pénétrer dans les grottes. 
On la base, entre autres exemples sur le cas des Crustacés, 
notamment des Niphargitsei celui des Bathysciinae. Mais en ce qui 
concerne les M/j/m/'^/^9, les arguments de Cuénot et Mercier (2) 

(1) Je compte discuter cette question plus en détail dans uu mémoire définilif. 
La cècit6 ohtenue par Loeb chez Fundii/us, entre autre choses par l'action du 
froid, vient à l'nppui de cette opinion. .le compte revenir aussi sur le cas des 
Crustncés aveugles épigés; l'atrophie de l'œil observée par Allen et Sexton, <'hez 
des Gainmarus Chevreuxi en captivité, pourrait bien être sous la dépendance 
d'une éducation en milieu confiné. 

(2) Cuénot et Mercier. Bull. Soc. Zool. France, XLVI, oct. 1921. — Vandel, 
Ihid.. XLV, 192(1. et XLVI, 1921. 



412 SÉANCK DU 12 DKCEMBHK 1022 

ne sont pas irréfutables et roux i\\io lonr oppose Van'ofi, sont 
assez convaincants. 

D'un autre côté, si l'on s'appuie toujours sur les Bathyscia 
pour soutenir la thèse de la cécité préalal)Io, on se garde de 
faire intervenir le cas des Trechus qui lui est nettement défavo- 
rable. Ces insectes, dont la systéuiati(pie est maintenant bien 
au point grâce aux travaux de Jea.nnel, sont cependant fort inté- 
ressants à considérer du point ch' vue <pii nous occupe, .le me 
contentei-aide citer ici deux exemples : le Trec/iKs fulvus (1) Dej. 
est un Insecte assez largement répandu et qui se divise en ])lu- 
sieurs races épigées. L'une d'elles (subsp.;;/V7«i^e;«"«.v Jeann.), 
(jui seule a des ailes, possède en môme tenq)S des yeux beau- 
coup plus saillants que les races aptères. 7'. fidviis a donné 
aussi quatre races distinctes qui vivent <lans les cavernes de 
quatre provinces d'Kspagne, celles de Malaga, de Cadix, de 
(luipuscoa et de Vieille-Castilb'. Ces cpiatre races se distinguent 
de leurs parents de la sui'face, entre antres choses, par une 
réduction des yeux, parfois très considérable. Il send)le natnrel 
de penser que chacnne de ces races s'est créée indépendam- 
ment aux dépens du fitlms épigé, par le fait de sa pénétration 
et de sa vie dans les grottes. In partisan de la cécité préalable 
est obligé de supposer (pie (jnatre lignées de T. fu/vus, dans 
quatre régions différentes, se seraient préparées d'avance à ( 
l'extérieur, par ratr(q)hie des yeux, <à leur future carrière de 
troglobies, et se seraient ensuite précipitées dans les cavernes, 
lorsque leur appareil visuel aurait ac(jnis le degré de régres- 
sion convenable, sans laisser au dehors un seul descendant. Il 
est inutile de demander vers laquelle de ces deux hypothèses 
penchent le bou sens et les probabilités. 

Mais il y a mieux : Trechus lionvotiloiri Pand., Insecte noir à 
yeux saillants plus longs <{ue les tempes, est un lucicole épigé 
que Jeannel (2) admet avoir suivi le retrait des glaciers dans 
le cours du (juaternaire. On ne le trouve aujourd'hui qu'entre 
1.500 et 2.000 mètres dans les Pyrénées occidentales. Durant 
son exode, il a laissé, dans les régions basses et moyennes, des 



(1)Jeannk(. (R ). Ktude sur le Trechus fulvus ncj. Sa phylogénie, son inténU 
biogéograpliique (Trahajos Muft. nnc. cienc. mil . Série zonhuficri niiin. \. Ma<iriil, 
30 mai 1920). 

(:2) .Ieannel (Ru Los Treclnis des l'yrcnce.s et de la chaîne (•antubri'|uc {Bull. 
Son. Hist.Xnl. Toulouse, XUX, 1921. 

\ 



SÉANCK DU 12 DÉCEMBRE 1922 41 3 

relie tes, qui n'ont trouvé que dans les grottes la température 
et riiuniidité leur convenant. Ce sont : Treclms navaricus Vuill., 
d'un testacé rougeàtre à yeux ponctiformes, de la grotte de 
Sare à 220 mètres, et T. Bordei Peyer., d'un brun plus ou moins 
pâle, à yeux petits, quoique plus gros que ceux de navaricus, 
dans la grotte d'Astuté à 870 mètres. T. navaricus, situé plus 
bas, est nécessairement un cavernicole plus ancien que T. Bor- 
dei ; nous voyons aussi que c'est le plus moditié pour les yeux 
et la couleur. L'opinion de Jeannel est très plausible, et si on 
la tient pour exacte, comme il semlde difficile de ne pas le 
faire, on est forcé d'admettre que^ chez les Trechus, la cécité et 
la décoloration apparaissent sous la lente influence de la vie 
dans les grottes et sont d'autant plus intenses que cette influence 
a été plus prolongée. 

On pourrait citer aussi les Trechopsis Lapiei et ihlis, l'un 
oculé et épigé, l'autre aveugle et cavernicole, coexistant dans 
la même région, et au dire de Peykrimhoff, très proches parents^ 
et le cas identique des Staphylins Apteraphgenops longiceps et 
Paraleplusa prises. De môme Tychus brijaxoides, Psélaphide 
oculé de surface, possède une race Poupillieri, aveugle et 
endogée qui remonte lors des grandes pluies pour venir se 
mêler à sa race épigée. 

Quant aux Bathijsciinsp, nous soupçonnons peu de choses de 
leur histoire. Leur anatomie nous porte à penser que leur cécité 
est beaucoup j)lus ancienne, comme celle des Ap/iœnops, des 
Anophthalmus et des Speotrechus. Ce sont de mauvais maté- 
riaux pour élucider le déterminisme de la dégénérescence de 
l'œil. 11 existe, d'ailleurs, quelques Bathf/sciinœ oculés ; on les 
trouve dans les genres Bathi/sciola, Phaneropella et Adelo- 
psella. Or toutes ces espèces sont épigées et muscicoles. Si la 
cécité n'a rien à voir avec la vie dans les grottes, pourquoi n'y 
rencontre-t-on pas aussi de ces Bathyscia pourvus d'yeux ? 

Au surplus, il est fort possible que la perte des yeux et les 
autres caractères des cavernicoles aient préexisté, dans certains 
groupes, à leur pénétration dans les grottes. Mais peu importe. 
Le milieu grotte ne constitue pas une entité spéciale et mysté- 
rieuse. Ses principales caractéristiques : obscurité, tempéra- 
ture constante et peu élevée, humidité, atmosphère peu renou- 
velée se retrouvent ailleurs, et c'est j>artout où elles agissent 
que l'on rencontre des animaux aveugles, aptères et décolorés. 



414 SÉANCE Di; 12 DÉCRxMRRE 1922 

11 ne parait guère plus intéressant de savoir si lel Halhyscia 
ou tel Aipharr/us étaient aveugles avant de pénétrer dans les 
cavernes, que de se demander s'ils ont peuplé le couloir de 
gauche de la grotte avant celui de droite. 

11 est incontestable d'ailleurs (jue de rares animaux existent, 
presque tous marins, qui sont aveugles, et ne vivent pas à 
l'obscurité. Mais ils constituent une infime minorité et on ne 
peut asseoir une théorie solide sur quohpies exceptions, surtout 
lorsqu'il s'agit d'êtres marins, dont la biologie, il faut l'avouer, 
nous est à peine connue. 

Le cas du microcavernicole Melittobia n'est nullement en 
faveur de la préadaptation, car c'est le mâle qui a des caractères 
de microtroglobie. Jamais il ne pénètre dans les micro- 
cavernes; la femelle seule s'y rend. Elle s'y rend, quoi(fue ocu- 
lée, noire et ailée, non parce (jue son mille est préadapté, ce 
qui n'est d'aucun avantage pour elle ni pour son espèce, mais 
parce qu'elle y est entraînée jjar des attractions constitutionnel- 
les. Elle y pond, le m;\le y naJt, s'y développe, s'y accouple et 
y meurt sans en être sorti. Ses caractères sont une conséquence 
des conditions ambiantes qu'il est tenu de subir passivement. 

Ce niAle de MeliNohia n'est, en tin de compte, ni préadapté, 
ni même adapté à rien. Sa seule fonction est de s'accoupler 
sous terre. Il h' ferait aussi bien en avant de gros veux, des 
ailes, et une teinte foncée, puiscjue la femelle, qui a tout cela, le 
fait. Chacun des deux sexes a seulement réagi d'une fac^^on diffé- 
rente aux facteurs cpii ont pesé sur leur développement. En 
conséquence, le niAle est constitué de telle sorte que toute 
exode lui est difficile ou ne l'attire pas. Mais il serait indifférent 
pour l'espèce qu'il en fût autrement. 



NOTE D'HISTOLOGIE COMPARÉE 

SUR LE CŒUR BRANCHIAL ET L'APPENDICE 

DU CŒUR BRANCHIAL DES CÉPHALOPODES 

PAR 

Jean TURCHINI 

Chaque cœur l)ranchial est situé à la hase d'une branchie 
sur le trajet du sang veineux qui s'y rend. Un appendice glan- 
dulaire est annexé au cœur branchial. Le cœur branchial et 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 415 

son appendice chez la Seiche [Sepia officinalù, L.), l'appen- 
dice seul chez le Poulpe {Octopus vti/f/aris Lam.) sont enfermés 
dans le cœlomet^ui, chez tous les Dihranchiaux, débouche dans 
les sacs urinaires. 

Etudié j)ar Grobben, Cuénot, Marckau, Guénot, Gonet et 
BRU.^TZ, le cœur branchial comprend : à la périphérie, une 
mince couche de fibres musculaires striées du type composé, 
c'est-à-dire avec membranes Z ; à l'intérieur, un épais tissu 
propre parcouru par quelques fibres musculaires de même 
nature que les précédentes, radiairemeiit disposées autour de la 
lumière vasculaire centrale. Les cellules du tissu propre, grandes 
et polygonales, sont baignées de sang veineux. Elles contiennent 
de nombreux grains. Celles du Poulpe, contrairement à celles 
de la Seiche, renferment en outre une volumineuse boule pig- 
mentée. Cette boule est formée de pigment, de phosphates, de 
sels ammoniacaux et de corps xanthiques. 

J'ai recherché les processus d'élaboration des boules pigmen- 
tées et essayé d'expliquer pourquoi les déchets azotés étaient 
accumulés dans le cœur branchial du Poulpe et plus générale- 
ment des Octopodes et non dans celui de la Seiclie et des Déca- 
podes. 

Dans les cellules du cœur branchial de la Seiche et du Poulpe, 
j'ai pu mettre en évidence par la méthode de Regaud des 
mitochondries et des grains à cocjue qui paraissent en provenir. 
Sur des coupes par congélation, la plupart des grains sont 
jaunâtres et semi-fluides. Sur des coupes colorées par la 
méthode de Prenant après fixation au liquide de Bouin ou de 
Zenker on peut distinguer : P* de nombreux grains fixant l'éo- 
sine et souvent entourés d'une coque hématoxyliiiophile ou 
même entièrement teintés par l'hématoxyline au fer, grains 
tjui semblent correspondre aux grains jaunâtres des coupes par 
congélation ; 2° des grains ou des plages colorés par le vert 
lumière, au centre desquels s'observent souvent un ou plusieurs 
granules plus réfringents. 

Chez le Poulpe on rencontre dans beaucoup de cellules la 
grosse boule pigmentée. Toute une série d'éléments relient les 
cellules sans boule, vraisemblablement jeunes, à celles, sans 
doute âgées, dont la boule est énorme. Ce sont : des cellules 
dont les grains sont répartis sans ordre dans le cytoplasme ; 
des cellules où l'on voit apparaître la boule pigmentée au milieu 



llG SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 

dune plage verte entourée de grains rouges; des cellules où les 
grains sont peu nombreux et où la boule est volumineuse. 

Ces constatations tendent à me faire supposer (jue la lîoule 
pigmentée naît aux dépens de la substance des grains qui con- 
fluent et se dissolvent en un point de la cellule. Elle se forme- 
rait à la manière d'un cristal de sel autour d'un tuteur au sein 
d'une solution sursaturée. EU'ectivement les boules sont com- 
posées d'une substance plus pui-e (jue celle des grains, comme le 
montre la réaction des bases })uri({ues de Courmont et André, qui 
est plus francbe au niveau des boules que partout ailleurs, et 
leur s(dubilité dans une S(dution de soude plus grande cpie celle 
des autres inclusions cellulaires. Les boules grossissent avec 
l'Age de l'animal, tout eoininr le cristal se nourrit et grossit avec 
le temps. 

J'ai vérifié mon hypothèse de la formation des boules par la 
méthode des injections physiologicjues de carmin ammoniacal. 
On sait depuis Konvai.kvsky et Cuénot que les cellules du cœur 
branchial lixent cette couleur dans leur cytoplasme sous forme 
de grains rouges, faciles à conserver })ar le sublimé. Or 
j'ai constaté en sacrifiant les animaux deux jours après l'in- 
jection (pie les grains colorés n'étaient autres que les granula- 
tions jaunâtres de l'examen direct ou les grains rouges à coque 
des préparations obtenues par la méthode de Prenant. Une 
coloration à riiématoxyline au fer permettait de voir une 
coque sidérophile autour d'eux seulement. Un mois après 
l'injection, les grains n'étaient plus colorés ; par contre les 
boules, plus grosses, avaient à leur périphérie la teinte rouge du 
carmin. (À^te constatation est une confirmation directe de la 
su])position que l'examen histologique m'avait suggérée. Chez 
la Seiche, les grains sont également colorés par le carmin, mais 
l'accunuilation ne se produit pas et la couleur a disparu au l)out 
du même temps. 

Pourquoi le cœur branchial des Octopodes accunmle-t-il, 
contrairement à celui des Décapodes, les déchets azotés? 
L'étude de l'appendice annexé à cet organe nous fournira la 
solution du problème. 

L'appendice du cœur branchial est un organe plus ou moins 
hémisphérique qui coiffe le cœur, auquel il est relié par un 
pédicule. L'anatomie de cet organe a été difficile à établir. 
Hancock, Grobbkn, Fausser, Cuénot, Marceau contribuèrent à la 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1922 417 

l'aii'c coiiiiaitre. L'appendice est creusé de cavités débouchant 
dans le cœlonie par un orifice commun, situé à l'opposé du pédi- 
cule. Par le pédicule pénètrent à l'intérieur de l'appendice des 
capillaires et des espaces en continuité avec ceux du cœur. 
Entre l'épithélium qui revêt les cavités et le réseau sanguin se 
trouve le tissu propre de l'aj^pendice. 

L'appendice du Poulpe est petit, ses cavités peu dévelop- 
pées, son tissu propre, abondant, est formé de petites cellules 
conjonctives. Son épithélium n'a aucun caractère sécréteur. C'est 
un épithélium simple de revêtement. L'appendice de la Seiche 
est gros, ses cavités sont vastes et anfractueuses, son tissu 
propre, réduit, est composé de grosses cellules rejetées à la 
périphérie de l'organe. Son épithélium est dans toute son éten- 
due constitué de cellules prismatiques à bordure en brosse très 
développée et à polarité sécrétoire marquée. Les prépara- 
tions obtenues par la méthode de Regaud montrent, de la base 
au sommet de la cellule, la succession habituelle des images 
chondriosomiques pendant l'élaboration glandulaire. 

L'appendice de la Seiche a donc un pouvoir d'excrétion 
externe que celui du Poulpe n'a pas, tandis que le cœur bran- 
chial du Poulpe, contrairement à celui de la Seiche, possède un 
pouvoir accumulateur. Chez les autres Céphalopodes, il existe 
également un rapport inverse entre le pouvoir excréteur de 
l'appendice et la présence de boules dans les parois du cœur 
branchial. L'Eledone {Eledone ?7«o.sT/m^aLam.) comme le Poulpe 
accumule dans le cœur branchial les déchets azotés et n'excrète 
pas par son appendice, dont les cavités sont tapissées d'un épithé- 
lium simple de revêtement. Le Calmar [Loligo ndgaris Lmw.) ai 
la Sépiole (Scpioia Rondeleli Leach) comme la Seiche n'ont 
pas de ])Oules urinaires dans les cellules du cœur branchial, 
mais l'épithélium de l'appendice a un pouvoir de sécrétion 
externe attesté par la présence d'une bordure en brosse et d'un 
chondriome polarisé. 

J'arrive donc à cette conception nouvelle que le cœur bran- 
chial des Octopodes devient un rein d'accumulation par suite 
de la perte du pouvoir excréteur de l'appendice, son exutoire 
naturel chez les Décapodes. Ainsi s'explique la non-accumula- 
tion dans le cœur branchial des DécajDodes et l'accumulation 
dans celui des Octopodes. 

En résumé, les grosses boules urinaires rencontrées dans les 



il8 SÉANCE DU 12 DÉCKMBRK 1922 

cellules du cu'ur bruiicliial des Octopodes se forment aux 
dépens de la sul)stancc de grains cellulaires. Les grains se tlui- 
ditient et leur substance se reconcentre plus pure à l'état de 
boules. Les cœurs branchiaux des Octopodes ont un pouvoir 
accumulateur (juc ceux des Décapodes n'ont pas. (]e pouvoir 
parait compenser la perte du pouvoir excréteur des appendices 
des cœurs branchiaux chez les Octopodes. 

Laboraloirc «niistoloyie de la Faculté de médecine de Paris 
et Lahoratoiro maritime de Liic-sttr-Mer. 



AITLLÎHS CITKS 



("■uÉxoT (L.). — L'exoi'élion chez les MolliiS(|iics (Arr/i. fjiol . 1809). 
CiJÉNOT. (ioNBT cl Hruxtz. — Hcclicpclu's iliimiquos SIM" les cœurs l>rancliiaux 

lies Cêplialopodes. Dciiioiislralioii du rùle excréleiir des cellules ((ui éli- 

luinent le carmin annnoniacnl des injc<"tions physiologiques (Arc/i. coot. 

exp.. ims iOO!»). 
Faussek (\'.). — Uchcr den sogennanicn « weissen Kiirpcr » sowie ùber die 

embrvonale Kntwicklung desselben, der Gerebralganglien und des Knor- 

pels hei Cephalopodcn (Mt'iii. Acail. [mp St-Péter^hourf/, 1893). 
(ÎROBBEN ((",.). — Morphologische L'nlersuchungen ùtier deu Marn und 

Geschlechtsapparal sowie die Leibeshiihie der Cephalopodcn [Avb. Zout. 

Inst. Wien.,. iSm-lSHi). 
Hancock (A.). — <1u ccrlain poinis in Ihc analoniy and pliysiulog.v ol Ibe 

Dibranchialc Cephalo[ioila \77tP ytitural Histonj Herieir, dSHl). 
KowALBvsKY (A.). — Ein Beilrag zur kenntnis der Kxkretionsorgane Œiot. 

Centrlbl., 1889). 
Marceai' (F.). — Recherches sur la struclure du c<rur chez les Mollusques 

suivies dune élude spéciale des cœurs branchiaux et de leurs appendices 

glandulaires chez les Céphalopodes (JrcA. anat. micr., 1904-1905). 



Séance du '26 décembre 1922 

PRÉSIDKNCH DE M. K. HÉROUARD, ANCIEN PRÉSIDENT 

MM. Brumpt,de BEAUCHAMPet Pérez s'excusent de leur absence. 

MM. LiouviLLE et E. Perronciïo adressent leurs vœux à leurs 
collègues. M. le président leur exprime les vifs remerciements 
de tous. 

« A propos de la communication récente de M. Legendre, 
M. DE Beauchamp signale qu'il a observé également à File 
d'Yen en 1921, à la lin d'août et durant tout le mois de sep- 
tembre, des Salpa confœderata Forskal échouant à la côte en 
abondance considérable ; chaînes et individus isolés de grande 
taille. Elles étaient accompagnées d une espèce plus petite, 
S. fusiformis Guvier, sous ses deux formes Des individus de 
l'une et de l'autre ont été placés dans les collections du labo- 
ratoire de zoologie de la Faculté des sciences de Dijon ». 

M. BouissET, présenté à la dernière séance, est élu membre. 

M. Rabaud fait une communication sur les Ceratina, Abeilles 
de la Ronce. 

MM. Carié et Delamarre de Monchaux sont élus délégués au 
Comité international pour la protection des Oiseaux sauvages. 

L'ordre du jour appelle le dépouillement du scrutin pour la 
réélection du bureau et du tiers sortant du Conseil. MM. Che- 
VEY, Magnin et Parât sont nommés scrutateurs. Sur 125 votants 
ont ol)tenu comme : 

PrésideîU : MM. P. Carié .... 119 voix 

(1 voix à M. Anthony, 3 à M. Pérez, 
2 à M. Rabaud). 

M. G. Pérez .... 116 voix 
(1 voix à M. Carié, 1 à M. Dela- 
marre de Monchaux, 3 à M. Duboscq, 
1 à M. Hérouard, 1 à M. Hérubel, 
Vice-présidents • ^ 1 à M. Rabaud, 1 à M. Vandel). 

M. L. BouTAN . . . 117 voix 
(1 voix à M. Anthony, 1 à M. Caul- 
LERY, 1 à M. Duboscq, 2 à M. Rabaui», 
1 rà M.Secques, t à M. Wintrebkrt). 



i20 



SÉAiNCE DU 20 UÉCEMBRK 1922 



Secrétaire général : 



Secrétaires 



Trésorier : 

A rch iriste-h ihliolhécaire 



Memhres du Conseil 



Pour remplacer 
M. A. Doll/us : 



M. A. HoHERT ... 23 voix 

(1 voix ù M. \eveu-I.emaire, 1 à 
M. Picard). 

Mlle. L. Deiiur.ne . . 122 voix 

(1 voix à M. Deu'iiy, 1 à M. Tur- 
(.mim). 

M. \\ Demer ... !U voix 
(1 à M. (Ihoi'ahi). l à M. 1{. DoLL- 
irs, 1 ù M. JouRifs, 1 à I\r de la 
Vai Lx, I à M. MiLLOT, 3 à M. M. Pre- 
nant, 3 à M. TuRCHiNi). 

.\l. L. VicNAi 12.') voix 

M. (1. HiLLiARi) . . . 123 voix 
(1 voix H M. Cai LLERY, 1 à M. .lou- 

Bli\). 

M. A. IIavav. ... 121 voix 
(1 voix à M. (liiAïTON, 1 à M. Gho- 

PARD, 1 à m. DlROSCQ, 1 àM.HENNE- 

(iUV). 

M. L. Dyé 117 voix 

(1 voix à M. DE Bealchamp, 1 à 

jM. HeRLAND, 1 à M. (^ÉPÈDE, 1 k 

M. (Ihaiton, 1 à M. Héribel, 1 à 
M. Marchal, 1 ù M. I'etit, 1 à 

x\I. A. PRE.NAMT). 

M. A. (1ri;vel ... 117 voix 
(3 voix à M. Anthony, 1 à M. de 
Bealcha.mp, 3 à M. Fage, 1 à 
M. Picard). 

M. .louBiN 110 voix 

(1 voix à .M. Face, 2 à M. A. Pre- 
nant, 1 ù M. HoBERT, 1 à M. Roule). 

M. JoLEAUl) .... 122 voix 
(1 voix à M. Anthony, 1 à M. Ber- 

LANI), 1 à M. R. DOLLFUS). 



Il y a de plus trois bulletins nuls pour défaut de signature 
sur l'enveloppe extérieure. 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 421 



Ouvrages offerts : 

Aron (M.). — Conditions de formation et d'action de l'harmozone testicu- 
laire chez les Urodèles (C. R. Sor. BioL, LXXXVIl, 1922, pp. 248-249). 

Aron. — Définition et classification des caractères sexuels des Urodèles 
{Ihid., pp. 246-247). 

Aron. — Le glycogène du foie embryonnaire. Déterminisme de sa forma- 
lion [Bull. Soc. chiynie biologique, IV, 1922, pp. 209-222). 

Ahon. — ^'évolution morphologique et fonctionnelle des îlots endocrines 
du pancréas embryonnaire (Arch. anal, histol. embryoL, II, 1922, 
pp. 69-113, pi. i-v). 

Aron. — L'origine du sang dans le foie embryonnaire chez les Mammifères. 
Sa signification au point de vue de la morphologie générale (Arch. 
morph . qén. et ejcp., 1922, 10, 123 p., 4 pL). 

Aron. — Observations histo-chimiques sur la sécrétion biliaire (C. R. Soc. 
5/o/., LXXXV, 1921,pp. 1I54-I156). 

Aron. — Phénomènes d'évolution pseudo-leucopoiétique et d'involulion 
dans le pancréas embryonnaire. Hypothèse sur leur signification physio- 
logique ilùuL, LXXXVI, 1922, pp. 876-878). 

Aron. — Recherches sur les facteurs d'accroissement des os longs par la 
méthode dgs greffes embryonnaires [Ibid., pp. 379-381). 

Aron. — Signification morphologique du tissu glandulaire endocrinien du 
testicule des Urodèles [C. R. Ac. Sci., CLXXIV, p. 332). 

Aron. — Sur le déterminisme des caractères sexuels secondaires chez les 
Urodèles (/ôirf., p. 709). 

Aron. — Sur le développement des caractères sexuels primaires chez les 
Urodèles. Hypothèse sur son déterminisme {Ibid., p. 1568). 

Aron. — Sur le développement des voies biliaires intrahépatiques et l'éta- 
blissement de la fonction biliaire du foie (C. R. Soc. biol.. LXXXV, 1921, 
p. HO). 

BiLLiARD (G,). — Allongement inusité des nageoires chez une Tanche vul- 
gaire {Bull. Soc. cool. France, XXXVII, 1912, pp. 276-278). 

BiLLiARD. — Catalogue résumé des espèces de Reptiles et de Batraciens qui 
vivent au.v environs de Paris dans un rayon de 300 kil. {Bull. Soc. natur. 
parisiens. 1910, n" 7. 16 p.). 

BiLLiARD. — Causerie sur les promenades d'histoire naturelle au bord de la 
mer, l'e partie \Ibid , 1911-1912, n"^ 8 et 9,,83 p., 4 pi ). 

BiLLiARD. — Curieux cas d'adaptation de Reptiles terrestres à la vie marine 
{fX" CoNf/rès internat, coolor/ie, Monaco, 1918, pp. 538-.541). 

BiLLiARD. — Extraits de la conférence sur les Zoophytes. Quelques mots sur 
les Vers et plus particulièrement sur Terebellà emmalina L. et Nereis 
Dumerillii. Aud. Edw. {Bull. Soc. natur. parisiens,, 1906, n° 3, 8 p., 

I pl.)- ' 

BiLLiARD. — Infestation par des Acariens des milieux servant à la culture 

des Bactéries {Bull. Soc. zool. France, \U\\. 1918, pp. 17.5-178). 
BiLLiARD. — Sur la locomotion chez les Patelles (/6?Vi., XXXIX, 1914, pp. 325- 

326). 
BiLLiARD. — Sur la régénération des membres chez les Reptiles (Ibid., 

pp. 327-329). 
Pellegrin (Dr J.). — Poissons recueillis par M. Ch. Alluaud dans la région du 

Sous (Maroc) {Bull. Soc. sci. natur. Maroc, II, 1922, pp. 103-106), 



422 SÉAîSCE DU 26 DÉCEMBRE 1022 

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DE LA FAUNE DES HARPACTl- 

CIDyE DES ENVIRONS DE PARIS ET PARTICULIÈREMENT DU 

LAC DAUMESNIL (VINCENNES). 

PAR 

Stanislas JAKUBISIAK 
Licencié es sciences 

Les Copépodes de France, et particulièrement ceux de la 
famille des llarpacticidœ sont assez mal connus. Aucun travail 
d'ensemble n'a jus(|u'à présent paru sur ce groupe si intéres- 
sant ; c'est pourquoi toute étude concernant la répartition géo- 
graphique de ces Crustacés présente un grand intérêt pour la 
future faune des llarpacticidn' de France. 

Dans cette étude, je me propose do donner simplement la 
liste des espèces que j'ai trouvées aux environs de Paris et 
particulièrement dans le lac Daumcsnil du bois de Vincennes 
durant les années 1921-1922. J'ai pu confirmer l'existence des 
espèces déjà signalées dans les travaux de Uichaud, Blancuaud, 
Labdk, Moniez, Canu et Kehmehvé et tout deinièrement par 
J. HoYct établir des stations nouvelles pour quelques-unes ; jai 
enfin eu la bonne fortune de signaler la présence d'une espèce 
très rare, Caiilho(amj)ti(s hidens. dette espèce, découverte par 
ScHMEiL, dans le lac de IMon (quelques exemplaires 9 seule- 
ment), n'a été signalée jusqu'à présent qu'en Angleterre par 
ScouRFiELD, c[ui l'a trouvée à Water Lily Pound à Kew Garden. 
Cette espèce est considérée par les auteurs comme synonyme 
de Atheijella decorata Daday, espèce tropicale assez répandue 
aux îles de Java, Ceylan, Sumatra, Nouvelle-Guinée, Hawaï et 
dans les eaux du Brésil et du Paraguay. 

Famille des : Iïarpacticid.ï;. 
Genre : Caiithocwnptufi Westwood. 

1. Canthocamplus staplujliniis Jurine. Très conmiun dans la 
zone littorale des collections d Vaux variées, surtout pendant la 
période froide (forêts de Montmorency, Vincennes, Choisy-le- 
Roy, etc.). 

2. C. 7nicroslaphylinus Wolf. Pas très rare au lac Daumesnil 
du bois de Vincennes. .lai observé comme M. J. Rov des femel- 
les portant des nombreux s^iermatopbores. 



SÉANCE m- 26 DÉCHMRRE 1922 423 

3. C. 77nnit/Ns Claua.Ti'èa l'iive. A Vincemies,à Clioisy-le-Roi, 
et à Chevreuse (1). 

4. C. norUiumhricm Brady. Cette espèce, signalée comme 
très rare par M. J. Iioy dans les environs de Dijon est par 
contre très fréquente dans la région parisienne et particulière- 
ment au lac Daumesnil, surtout pendant la période froide. 
Dans une seule pêche effectuée le 2 octobre 1922, j'ai trouvé 
une trentaine d'individus, aussi bien les 9 qiic les c?. 

5. C. crassus Sars. Très rare dans la région parisienne. 
Trouvé seulement un seul exemplaire au lac Daumesnil et un 
autre dans la forêt de Montmorency. 

6. C. pygmœus Sars. Très rare. J'ai pu l'observer seulement 
une fois dans une pièce d'eau d'un jardin particulier à Mont- 
martre. 

7. C. bidens Schmeil. Trouvé dans le lac Daumesnil au bois 
de Vincennes, le 2 octobre 1922. Zone littorale. Un seul 
exemplaire 9 • Après le lac de Pion et le Kew Garden (Angle- 
terre) c'est la troisième station en Europe de cette intéressante 
espèce. L'individu trouvé par moi est absolument identique à 
l'espèce décrite par Schmkil dans son « Deutschland's freile- 
bende Sûsswassercopepoden ». Il diffère de l'espèce décrite par 
Daday sous le nom à^Alheyella decorata^ trouvée dans les 
régions tropicales et identifiée par des auteurs à Canthocamp- 
tus bidens, principalement par la présence de trois articles à 
l'endopodite de la première patte. L'examen des ca^^actères d'or- 
dre secondaire de C. bidens proprement dit, décrit par Schmeil 
et Athei/ella de c or at a décv'it par Daday, nous autorise à con- 
sidérer cette dernière comme une variété tropicale assez répan- 
due dans les régions chaudes du globe. Le manque de maté- 
riel ne m'a pas permis d'établir une séparation bien définie 
entre ces deux variétés. 

Genre : Nilocra Boek. 

1. Nitocra hibernica Brady. Assez rare. J'ai obervé des 
individus accouplés au mois d'octobre (lac Daumesnil, canal de 
rOurcq à Pantin (1). 

(1) Ces deux stations m'ont été signalées par mon ami A. Vandei. à qui j'ex- 
prime ici mes sincères remerciements pour les excellents conseils qu'il m'avait 
toujours prodiffués. 



i2ï SÉANCE Dr 26 DÉrKMBRE 1922 

La famille dos Harpacticidn' est encore très mal connue en 
France alors qu'elle a fait rol)jet de nombreux travaux en 
Allemagne, en Suisse et dans les pays Scandinaves. Il serait 
urgent d'approfondir les études sur ce gioupo qui présente 
beaucoup d'intérêt non seulement au point de vu«' systéma- 
tique, mais encore biologique. 

PRIiNCIPAUX OUVRAGES CONSULTÉS : 

Biiehm(V,). — liber die Harpakticidcn Mitteleurop;is {Arc/t. Hi/iroh., \lll. 

1913). 
Urady. — Notes on Entonioslrara collcdcd by M. A. Ilalj in Ccylan (./. 

Linn. Soc. London ZouL, XIX, 1880). 
Daday (E. V.). — Die Siisswassennirroraiina l)entscli-Ost-.\rricas (Zoolo- 

gica, LIX, 1910). 
Daday (E. V.). — Unlersiioliiinfï uber die Copopodent'aiina von liinlorin- 

dion, Suinalra u. Java {/ool. .Inhrh.. WIV. 1907). 
IIauerkoscm (P.). — L'ber Siisswasser-llarpacticiden (Arch. Ihjdvoh. M. 

d91(;i. 
Kkuiieuvé (H. wr). — llarpar.ticidœ, genres Mlotva et Canfhorami>tHs 

(lUill. Suc. Zool France, \\\\\, n" i, 19U). 
HoY (.1.). — Stii- les Copépodos libres de la Côle-d.'()r {Bull. Soc. Zool. 

France, XLVII, n"^ 6 et 7, 1922). 
SciLMEiL (0.) — Deutsclilands Ireilebende Siisswasser-Copepoden (Zow/o- 

yica. 11, 1893). 
ScouitKiELD (I). .1.). — .Svnopsis of llii' known speries ol" british l'reshwater 

Enloniostracea (Journ. OuecLotl. mhr. C/i/h., \\). 



UN NOUVEAU SERPULIEN D'EAU SAUMATRE 
MERCIERELLA N. G. EN IG M AT ICA N. SP. 



PAR 



Pierre FAUVEL 



GENRE Mercierelii w i: 



Opercule vésiculeux à nombreuses épines chitineuses sim- 
ples. Pédoncule sans ailerons. Une collerette, une membrane 
thoracique. Des soies dentelées au 1*'' sétigère. Soies thora- 
ciques lisses. Uncini à grosse dent inférieure creusée en gouge. 
Soies abdominales géniculées. Tube calcaire, roml. 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBKK 1922 125 



Mercière lia enigmatica n. sp 

Diagnose : Opercule obconique, à base oblique légèrement 
concave et garnie d'épines chitineuses noirâtres, simples, légè- 
rement incurvées vers l'intérieur et disposées sur plusieurs cer- 
cles concentriques. Pédoncule épais, lisse, sans ailerons, de 
section sublriangulaire, creusé d'une gouttière dorsale. De 
chaque côté, 6 à 8 branchies courtes, non palmées, à tige 
épaisse portant 2 rangées de barbules serrées. Elles se termi- 
nent par un fdament nu de longueur varia])le. Collerette très 
grande, réfléchie, sans incisions latérales et à bord entier. 
Membrane thoracique très développée, terminée en écusson 
saillant. 7 sétigères thoraciques. Au 1*'' sétigère : 1° des soies 
arquées à bord convexe fortement dentelé, mais sans échancrure, 
à dents disposées sur 2 rangs; 2° de fines soies capillaires. 
. Soies thoraciques d"une seule sorte, droites ou faiblement 
arquées, lisses ou très finement hispides. Uncini thoraciques 
à 5-6 dents, disposées sur un seul rang, et une plus grosse 
creusée en gouge. Uncini abdominaux plus triangulaires, à 
dents plus nombreuses et sur 2 rangs aux derniers sétigères. 
Longues soies abdominales géniculées, dentelées. Pygidium 
bilobé. 

Tube calcaire blanchâtre, mince, rond, finement ridé, à large 
péristome réfléchi en pavillon de trompette. Les péristomes 
successifs forment j^lwsieurs collerettes saillantes. Le tube, 
d'abord sinueux et appliqué sut le substratum, se relève ensuite 
presque droit. 

Taille : 6 à 12 millimètres, sur 1 à 2 millimètres. 

Coloration ; Sur le vivant : panache branchial vert d'eau, 
axe des branchies zébré de bandes transversales brun noirâtre. 
Dans l'alcool : abdomen incolore, tores uncinigères thoraci- 
ques marron, branchies anuelées de marron avec parfois de 
grandes taches d'un blanc crétacé. Opercule et pédoncule mar- 
ron et un large cercle blanc à la base de l'opercule. 

Habitat : Sur les tiges de Phragmites, les bois immergés, les 
pierres et les coquilles, dans l'eau saumâtre. Associé à Congeria 
cochlfata, Corophiam volutator et Meinbranipora Lerouxii. 

Localité : Canal de Gaen à la mer entre Ouistreham et 
Hérouville. 



426 



SÉANCE DL 20 btCEMBHE 1922 



Cet intéressant Serpulien est actuellement fort abondant 
dans le canal de Caen à la mer où il a été recueilli l'été dernier 
par M. L. Meiicier, professeur de zoologie à la Faculté des 
sciences de Caen. M. Mercier m'a fort aimablement fourni les 




FiG. 1. — Mercierella enigmatica — a. tube x 3: b. animal entier, face ventrale. 
X 10; r, d, opercule de face et de profil, x l.'i ; e, épines de l'opercule. X 60 ; 
/", section de la tige de l'opercule; g, h. soie donlelije du l"'"' séligf^re, de face et de 
profil. X 600 ; t, soie capillaire du 1" séligère. x 400; k, soie thoracic[ue. x 400; 
/.soie abdominale goniculée. x 400 ; m, n, uncini fhoraciques, face et profil. 
X 000 ; 0, uncini abdominaux, x 600. 



renseignements suivants sur son habitat. A loO mètres en arrière 
des écluses de Ouistreham, dans le canal, cette espèce est rare 
et représentée seulement par des individus isolés. « A un kilo- 
mètre des écluses, elle devient abondante et forme de belles 
colonies sur la portion immergée des tiges de Phragmites, 
sur les vieux morceaux de bois, sur les charpentes qui 
maintiennent les berges. 11 y en a également sur les pierres, 
sur les coquilles de Congeria. En profondeur, elles se répartis- 
sent de m. 30 à 1 mètre, mais ne paraissent pas dépasser un 
mètre ». Elles présentent un maximum de fréquence vers le 



SÉAiNCE DU 26 DÉCEMBRK 192*2 427 

pont de Benouville, puis décroissent jusqu'au pont de Hérou- 
ville où elles disparaissent. Il n'en existe plus entre ce pont et 
le port de Caen. 

Au pont de Benouville, la salure de l'eau est de 2 gr. 447 de 
NaCl par litre, d'après Lk Sénkchal, de 1 gr.81, d'après Ghemn. 
La salure y est donc déjà très faible par rapport à la mer. 

Les tubes de Mercierdla, dressés, accolés, forment des colo- 
nies assez considérables. La vase déposée entre les tubes est 
creusée de loges occupées par un Arnphipode, le CoropJiium 
volutator Pallas (= C. lionelli Bâtes) et de nombreux Sphéromes. 
Ces colonies sont associées à la Congeria cochleata Kickz et à 
Membranipora Lerouxii Le Sénéchal. 

Les tubes jeunes so:it sinueux, translucides et appliqués sur 
le substratum, mais ils ne tardent pas à se redresser en s'acco- 
lant plus ou moins lâchement entre eux, formant une masse 
analogue à certains Polypiers, un peu à la façon des Salma- 
cines. La partie dressée du tube est ronde, légèrement ridée, 
sans traces de carène. Le péristome est largement évasé en 
pavillon de trompette à bords un peu réfléchis. Les péri:- tomes 
successifs subsistent, formant des collerettes saillantes irrégu- 
lièrement espacées et plus ou moins obliques. La couleur natu- 
relle du tube est blanchâtre, mais il est souvent recouvert 
d'une couche brun verdâtre de Diatomées et d'Algues micro- 
scopiques. 

L'animal mesure de 6 à 12 mm., dont 2 à 3 mm., pour le 
panache branchial. La taille moyenne est de 8 à 10 mm. 

Les branchies sont relativement courtes, épaisses et peu 
nombreuses, 6 à 8 de chaque côté. Leur axe est annelé de 
bandes marron foncé. Quelques axes sont parfois d'un blanc 
crétacé sur toute leur longueur. L'axe se termine par un fda- 
ment nu dont la longueur, très variable, atteint parfois le 
tiers. Les barbules sont nombreuses et serrées. Il n'existe 
aucune trace de membrane palmaire à la base des branchies. 

L'opercule, situé à gauche, est porté par un gros pédoncule 
lisse, sans ailerons, de section subtriangulaire et creusé d'une 
gouttière dorsale. Son arête ventrale est souvent ornée d'une 
large bande longitudinale d'un blanc crayeux. Ce pédoncule 
passe insensiblement à l'opercule en forme de cône renversé 
terminé par une large base oblique et légèrement concave ornée 
souvent d'un cercle blanc plus ou moins marqué. Cet opercule _.^«»,*^ 



AR 



428 SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 

est membraneux et ne parait renfermer aucune production cal- 
caire. La concavité du disque operculaire est garnie de nom- 
breuses épines chitineuses d'un brun foncé disposées sur plu- 
sieurs cercles concentriques. Ces épines sont simples, lisses, 
à pointe recourbée vers riutéi'ieur. Parfois, surtout ciiez les 
jeunes individus, il n'existe (|u'iin seul cercle de 15 à 20 
épines. 

LacoUerelte, trrs haute, très dével()p])ée, a le Jxird entier et 
ne présente pas d'incisions latérales. Klle est généralement 
réfléchie, en forme de col ral)attu. (Cependant lorsque l'animai 
est mort rétracté dans son tube, la collerette est redressée et 
appliquée à la base des branchies. La memlu'ane thoracique 
déborde largement sur les flancs et se termine en arrière en 
large écusson. Elle est plus ou moins teintée de marron et les 
tores.thoraciques se détaciient «lessus en plus clair. 

Le nombre des sétigères thoraciques est de 7. Au premier 
sétigère, il n'existe pas d'uncini mais seulenuMit un faisceau de 
soies capillaires fines et de soies plus fortes, anjuées, très net- 
tement dentelées sur leur bord convexe. En examinant ce bord 
convexe de face à un très fort grossissement <»n constate que 
ces dents sont disposées en rangées transversa^les de 3 k la 
base, puis de, 2 et ensuif<' sur un seul rang à lextrémité. Le 
bord dentelé ne présente ni encoche ni échancrure. Les soies 
thoracif|ues sont droites ou légèrement arquées, sans limbe 
marqué. Vue à rimmersion, leur suiface parait être finement 
hispide, comme chez certains Serpuliens exotiques. Ces soies 
sont toutes semblables, celles plus Unes qui semblent les accom- 
pagner ne sont que l'extrémité de soies de remplacement en 
train de sortir du sac sétigère. Les iincini thoraciques sont en 
forme de plaque à 5-6 grandes dents recourbées et disposées 
sur un seul rang et une dent inférieure plus grosse, creusée en 
gouge et s'élargissant en éventail dans le sens transversal. Les 
imcini abdominaux sont presque semblables, plus triangulaires, 
à dents un peu plus nond)reuses. Ceux de l'extrémité posté- 
rieure m'ont paru avoir 2 rangées de dents. Les soies abdo- 
minales sont très longues, géniculées et nettement dentelées. 
Le pygidium se termine en double bouton saillant. 

Cette singulière espèce ne rentre dans aucun genre connu. 
Je ne connais aucun opercule semblable chez les Serpuliens. 
Les Hi/droïdps ont bien un opercule évasé en entonnoir vésicu- 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE. 1922 429 

leiix garni d'épines chitineuses mais celles-ci sont disposées sur 
deux étages et non sur plusieurs couches concentriques. Puis, 
dans ce genre, les soies du l""" sétigère à 2 moignons, les soies 
a])dominales en cornet comprimé et les uncini sont très diffé- 
rents. L'opercule des Galcnlaria porte de nombreuses épines à 
sa surface, mais elles sont dentelées et cet opercule est recou- 
vert d'un pavage de plaques calcaires et muni de deux aile- 
rons, comme chez les Pomaloccros. Notre Serpulien a un tube 
de Vermilia, un opercule se rapprochant un peu de celui des 
Htjdroïdes, des uncini de Pomatoceros, des soies thoraciques 
de Galeolaria ! 

La seule espèce avec laquelle je puis lui trouver quelques 
analogies est le Ficopomatus macrodon, récemment décrit par 
SouTHERiN (1) du sud-ouest de la Présidence de Madras, où il 
forme des amas assez denses sur des pièces de bois « dans une 
eau de salinité probablement très variable ». 

Les soies thoraciques, les uncini et les soies abdominales 
géniculées ressemblent beaucoup à ceux de Mercière lia, mais 
les soies du premier sétigère présentent une encoche bien mar- 
quée avec des moignons à la base. L'opercule, ressemblant à 
une figue, ne porte pas trace d'épines. Le tube est caréné et n'a 
pas le péristome évasé. 

Il n'en est pas moins singulier que la seule espèce se rappro- 
chant un peu de la nôtre soit aussi une espèce d'eau saumâtre 
se fixant sur le bois ! D'où vient ce Serpulien et depuis combien 
de temps existe-t-il dans le canal de Gaen à la mer ? Telle est 
l'énigme qui se pose et à laquelle il n'est pas facile de donner 
une réponse satisfaisante. 

Le Sénéchal, quia étudié la faune du canal en 1888 (2) n'y a 
signalé aucun Serpulien. De 1893 à 1897, j'ai habité Gaen et 
Luc-sur-Mer où j'ai été chef de travaux au Laboratoire. J'ai fait 
de nondjreuses et fréquentes excursions sur toute la côte, 
depuis Villers jusqu'au cap La Hague, y recherchant spéciale- 
ment les Annélides. Or jamais, ni dans le canal, ni à la côte, 
je n'ai constaté la présence d'un Serpulien ressemblant le 
moins du monde à celui qui nous occupe. M. Brasil qui a 
étudié la faune de Luc et des environs depuis la même époque 

(1) SouTHEBN. Fa'ina ol' Ihe Cliilka Lake [Mém. Indian Mus., V, 1921). 

(2) Le Sénéchal. Note sur quelques animaux recueillis daas le canal de Gaen à 
la mer (Bull. Snc. Lin. Normandie, 1888, pp. 87-95). 



4î^0 SKANCE Dr 2() nftcF.MimK 11>22 

Jusqu'à ces dernières années, aurait sûrement remarqué la pré- 
sence d'un animal aussi abondant dans le canal. 11 ne m'en a 
jamais parlé. 11 est donc bien j)r<)bal)le que cette espèce est d'in- 
troduction récente. Elle estsans doute venue fixée sur la carène 
d'un navire et ses œufs trouvant des conditions favorables se 
sont abondamment développés. Mais, tant que l'on n'aura pas 
retrouvé cette espèce ailleurs, il sera imj)()ssible d'en connaître 
la provenance. Il est fort peu probable que cette provenance 
soit européenne, on ne s'explicjuerait iiuère dans ce cas com- 
ment une espèce si prolifique aurait pu échappera tous les natu- 
ralistes ! Une enquête sur les navires ayant fréquenté le port de 
Caen depuis la guerre fournirait peut être quelques indications 
intéressantes. 

11 serait intéressant aussi de rechercher si la Mcrnercllaeni(j- 
matica s'est introduite dans les estuaires des rivières de la côte 
du Calvados, dans la Touque, la Dive et les Veys. 

On connaît déjà un certain nombre de Sabelliens d'eau douce 
ou saumAtre ; Manaf/unha spcciosa Leydig, en Amérique; Cao~ 
bangia liilleti Giard, du Tonquin, Di/hoivscdla Baikalensis 
Nusbaum et /). (iod/acs/iii Xusbaum, du lac Baïkab llnp/ohran- 
chus ivsliinrinus Bourne, de la Tamise et Fabricia siellaris 
Blainville, d'Europe et d'Amérique [fuie Moore) mais, à part le 
Fil opomalus niacvodnn, déjà cité, je ne connais pas d'autre 
Serpulien d'eau douce ou très dessalée possédant un tube cal- 
caire. 

Je dédie avec plaisir à M. le professeur Mkhciercc genre nou- 
veau qu'il a eu la bonne fortune de recueillir le premier. 



LE MICROPLANKTON DE LA BAIE DU CROISIC 



PAR 



E. FAURÉ-FREMIET et 0. du PUIGAUDEAU 
INTRODUCTION 

Nous avons poursuivi pendant les mois d'août et de septem- 
bre 1920 et 1921 l'étude du microplankton dola baie du Croisic 
déjà commencée par l'un de nous en 1912 et 1913. 

Les pèrjies très fréquentes, presque journalières, étaient 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRK 1922 4;U 

faites avec M. le professeur HeniNeguy à bord de son cotre « Gytos », 
dans l'espace compris entre la pointe du Groisic, le Four, l'île 
Duniet et la pointe de Piriac. De nombreuses pêches ont été 
faites en outre dans le traict du Croisic, à marée haute ou dans 
le cheiiai au moment du courant de flot. 

Pour le microplankton, nous nous sommes servi soit d^in filet 
llensen pour la pêche verticale, soit, et beaucoup plus souvent, 
de filets de surface modèle Richard; ceux-ci étaient construits 
de manière à présenter une ouverture réduite et une grande 
surface filtrante, le cône antérieur était en molleton et la par- 
tie filtrante en calicot fin. Tout à fait impropres aux recherches 
quantitatives ou môme à la capture de petits organismes à mou- 
vements rapides, ces filets nous ont donné toute satisfaction pour 
l'étude qualitative des Dinoflagellés et des Infusoires du 
microplankton. 

Les pêches ont été examinées aussitôt ramenées à terre, ce 
qui a permis l'observation à l'état vivant de presque tous les 
microorganismes que nous avons étudiés; de nombreux échan- 
tillons ont été fixés à l'alcool et examinés ultérieurement après 
coloration selon la méthode préconisée par Mangin (potasse à 
4/100, azurine brillante et rosazurine G.). 

Il nous est tout particulièrement agréable de remercier ici 
M. le professeur A. Labbé pour l'hospitalité qu'il nous a si large- 
ment accordée au laboratoire de biologie marine que l'Ecole de 
médecine de Nantes a fondé au Groisic ; nous y avons trouvé 
toutes les facilités nécessaires au triage rapide et à l'observa- 
tion immédiate du plankton vivant. 

Les formes néritiques dominent dans ce microplankton, dont 
la composition est cependant très variable, car les vents de 
S. W., par exemple, apportent souvent des formes pélagiques. 
Nous n'aborderons pas l'étude de ces variations et nous nous 
contenterons de décrire ou de signaler les formes néritiques 
ou pélagiques que nous avons rencontrées. 

Nous consacrerons une série dénotes à l'étude purement sys- 
tématique des Dinotlagellés et des Infusoires jjlank toniques de 
la baie du Groisic. 

Les premières se rapporteront au genre Pcridinium, au 
genre Gonyaulax, aux Dinophysides, aux Ceratium et au groupe 
des Gi/mnodiniens. 



432 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 



Gcii. PERiDINIUM Elucubcig 

KoFOiD (1909), Steln (I883\ Hutschli (1885), Paulsen (1906), 
Fauré-Fremiet (1908), Hroch (1910), Jorgensen (1912) et Pavil- 
LARD (191C) ont établi la tainilation caractéristique du genre 
Peridinium. Elle se compose de : 4 phujuos apicales, 3 interca- 
laires antérieures, 7 antécpiatoriales, ") postéquatoriales et 
2 antapicales. 

Ouchjues auteurs ont cherché à étahlii' une classification à 
l'intérieur de ce genre, ou créant, soit des sous-genres ((cran), 
soit des groupes basés sur la tabulation (.h")RGEissE>'). Ces deux 
classifications, très commodes pour l'identilication des espèces, 
ne sont pas superposables. 

Pal'lsen, dans sa monographie «les Péridiniens (Nord. Plank- 
ton 1908) et Broch (1910) adoptent la subdivision en deux sous- 
genres Pro/operif/i/iit/ni lierg, et Etf/ieridi/iit/ffi Gran. 

Le sous-genre Protopevidinium (au(]uel Berg avait donné la 
valeur d'un genre) est caractérisé par le sillon transversal 





A B c 

Fn;. 1. 

décrivant une spirale montante de gauclie à droite, et par la 
présence de deux é2)ines antapicales, constituées par un pro- 
longement de la cuticule, et ne contenant pas de cytoplasme. 

Dans chacun de ces sous-genres, on trouve des formes dont 
la spécificité n'est pas prouvée ; (m est amené à grouper les for- 
mes les plus voisines présentant des aftinités très nettes et des 
caractères communs de tabulation. J«")rgensen( 1912) s'est seryl de 
ces caractères pour établir trois sous-genres qu'il subdivise en 
trois sections. Cette classitication, qui ne correspond pas à 
celle de (Iran, repose sur les vari.itions du contour de la plaque 
en losange. 

Dans le sous-genre Oithopendimum (fîg. 1 , A) cette plaque 
n'est en contact qu'avec la première plaque antéquatoriale à 
gauche et la septième à droite, tandis que dans le sous-genre 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 433 

Metapendiniiim (fig\ 1, B) elle a des lignes de suture commu- 
nes avec la deuxième placjue antéquatoriale. Un troisième 
sous-genre, Paraperidmium (fig. 1, G) comprend les espèces 
assez rares chez lesquelles le côté droit de la placpie en 
losange est identique au côté gauche des Melaprridinimn J)ien 
que moins net. Dans ces trois sous-genres Jôrgensen étahlit 
des sections basées sur les rapports suturaux de la plaque 
intercalaire médio-dorsale. Cette plaque peut être en contact 
avec une seule plaque antéquatoriale (section oceanica, fig. 2, 





A), avec deux de celles-ci (section taôuiata, fig. 2, B) ou trois 
(section conica, fig. 2, G). > 

Nous avons adopté la division en les deux sous-g"enres Proto- 
et Eu-, tout en signalant dans la description de chaque espèce 
à quel sous-genre de la classification de Jôrgensen cette espèce 
doit être rattachée. 

Le genre Peridinium comprend un très grand nombre d'es- 
pèces, pélagiques et néritiques, répandues dans toutes les mers. 
Certaines formes étant très voisines, possèdent de nombreuses 
synonymies qui rendent leur identification extrêmement difficile. 

Sub. Gen. Protoperidinium Bergh 

Peridinium ovatum Pouchet 

Fig. 3. 

Gorps régulièrement ovoïde aplati dans le sens du plan équa- 
torial. 

L'épithèque est surmontée par une courte corne apicale ; 
riiypothèque est pourvue de deux pointes cuticulaires courtes 
et aiguës. Le sillon transversal décrit une spirale descendante 
de droite à gauche avec un déplacement égal à une largeur du 
sillon. Les crêtes aliformes sont striées et peu développées. 
Le sillon longitudinal est large, profondément excavé ; il 
empiète sur l'épithèque et descend jusqu'à l'antapex ; ses 
bords sont pourvus de crêtes peu développées qui se prolongent 
sur les épines antapicales. La cuticule est finement réticulée 



434 



SÉAiNCE DU 2() DÉCEMBUK 1922 



cl ponctuée. Les lignes de suture sout larges et striées et for- 
ment sur i'iiyputlièque des bandes intercalaires remarquable - 
ment larges, sur la face dorsale principalement. La fabulation 
deTépithèque est celle du type Me laper idinium (Jôrgensen). 

La hauteur atteint 80 ;j. et la largeur 95 u. 

Espèce rare dans la baie du (^roisic. 

I^e Peridhritim leni'unlutuin décrit par Falré-Fhemu:! (1908, 
p. 218, pi. xv,tig. 6) est synonyme (Mangin 1912) du P. oratum 





FiG. 3. 



Pouchet, décrit par SciiÙTT (1895, pi. \vi, lig. 49) et par Paul- 
SEN (1908, p. 44, %. 54). 

Le P. ovatMm diffère nettement du niplopsalis lenticula de 
l>FR(jH par la jnésence de sept j)la«(ucs antéquatorialcs et (b* 
deux pointes cuticulaircs anfapicales, ainsi que par la forme de 
la pla(ju(' on losange. 

D'après Pallsen (1908), cette espèce est boréale et océanique. 

Le (ktalogue planktologique la signale dans la Manche, la 
mer d'Irlande, le nord de l'Atlantique, la mer Arctique, les 
détroits danois et la Baltique. 



SÈANC.K DU 26 DECEMBRE 1U22 



aô 



Peridinium brève F*aulscn 

L'aspect général de ce Péridiiiien est massif, l'épithèque sub- 
coiiique présente un profil latéral conveve et un proloiigemcut 
apicaltrès court. L'hypothèque, irrégulièrement subspliérique, 
porte deux petites pointes cuticulaires, fines et courtes. 

Le sillon transversal décrit une spirale descendante de droite 
à gauche, située dans le plan équatorial. Ses extrémités vien- 
nent rejoindre le sillon longitudinal avec un déplacement égal 





FiG. 4. 

à la largeur de la ceinture. Les crêtes aliformes sont peu déve- 
loppées et légèrement striées. 

Le sillon longitudinal, excavé, descend verticalement vers 
l'antapex qu'il atteint en s'élargissant. Ses bords sont munis de 
petilcs crêtes «iliforines (jui se jirulongent le long des petites 
pointes antapicales. 

La cuticule est régulièrement et fortement aréolée. Les lignes 
de suture sont nettes, étroites et ponctuées. La disposition des 
plaques ventrales de l'épithèque classe ce Péridinien dans le 
groupe Melaperidinium Jôrgensen. 

Son cytoplasme est incolore et dépourvu de chromatophores. 
Sa hauteur totale est de 51 y- et sa largeur de 45 [jl. Il est assez 
rare au Groisic. 

Le Perldiniiim brève n'a été étudié et décrit que par I*aui.se.n 
(1905 p. 4, iig, 8), qui a figuré deux formes du Peridin'nim 



436 



SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 192ii 



Steinii Jorgensen, f. pyrifunnis et 1'. brevis. Cette dernière 
présente des épines antapieules plus courtes et un aspect géné- 
ral moins allongé que celles de P. Steinii Jorgensen. En 1907 
(p. 13) et en 1908, (p. iC), fig. .')(>), Paulsen élève ces deux formes 
au rang d'espèces P. brève et P. pyrifonnc. Il indique pour la 
première une hauteur variant de 44 à 75 a sans les épines, et 
la caractérise comme une forme arcti(|ue et néritique (Islande, 
Feroë). Le Catalogue plankt< (logique la signale dans le Skager- 
Rack et le (kttégat. 

Pciidiniinn Steifiii (Protoperi(/iniu?n Berg) Jorgensen. 

Fiii'. 5. 



Corps régulièrement pyrifornie, légèrement comprimé dans 
le sens dorso-ventral ; pointe ai)icale très amincie en un col 

tron(|ué hruscjuement à son extrémité ; 
deux longues é})ines antapicales cuti- 
(•nlair«'s. 

I.e sillon transversal décrit une spi- 
rale descendante de droite à gauche, et 
ses deux extrémités rejoignent le sillon 
ventral avec une dill'érence de niveau 
égale à une demi -largeur de la cein- 
ture ; les crêtes aliformes, finement 
striées, sont hien développées. 

Le sillon longitudinal est droit et 
hoi'dé de deux crêtes qui se prolongent 
le long des épines ajitapicales. 

Cette forme appaitient au sous-genre 
p,(. 5 Prntoperir/iniuni Gran. 

Les plafjues sont disposées selon le 
type Mpfapcridininm Jorgensen. Les lignes de suture, peu visi- 
bles, sont iines et semblent dépourvues de toute ornementation. 
La hauteur totale varie de 50 à 96 ;jl, sa largeur, de 32 à 08 [j.. 
P. Steinii est .dépourvu de chromatophores. Le cytoplasme est 
légèrement rosé. 

C'est une espèce assez commune dans la baie du Croisic. 
En 1899, p. 38, Jorgensen a (h^crit cette espèce, l'a nommée 
et séparée du P. Michaëlis Ehrcnberg. Elle fut ensuite décrite 
sous le nom de P. Steinii Jorgensen, par OsteiNfeld (1900, 




SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 437 

p. 58);Gran(1902, pp. 185, 188) ; I'allsen (1907, pp. 13, 14 et 
1908, pp. 47, 18, fig. 58, a h) ; Kofoid (1909, p. 26) ; Broch (1910, 
p. 185, lig. 4) ; Pavillard (1916, p. 35). Il faut rattacher à cette 
espèce le P. Michaëlis figuré par Sïein (1883, pi. ix, fig. 9-14); 
ScHiiTT (1895, pi. XIV, fig. 46) ; Aurivillius (1898, p. 97) ; 
OsTEiNFELD, (1899, p. 60); Gleve (1900,1 4], p. 263). 

Berg en 1882 avait créé le genre Protoperidiniitm caractérisé 
par les prolongements cuticulaires formant des épines antapi- 
cales bien difïerentes des cornes atitapicales protoplasmiques 
du groupe se rapprochant du P. divergens EhrJjg. Il signale 
deux espèces Protoperidinium MicJiaëlis et Pr. pcllucidium. 

Pouchet (1883, p. 431, pi. xvni-xix, fig. W et 11) figure 
diverses variétés de P. pellucidum dont plusieurs se rapportent 
en réalité à P. Steinii. De même pour le P. pellucidum figuré 
par Bamsay Wright (1907, pi. \, tig. 17) ; Meunier (1910, p. 32, 
pi. I, fig. 19, 21, pi. I bis, fig. 24, 25) donne sous le nom de P. Stei- 
nii une série de figures qui ne semblent pas appartenir à cette 
espèce. Par la disposition des plaques de l'épithèque, la forme 
qu'elles représentent est du type Orthoperidinium Jôrgensen. 
L'aspect général est plus court et plus large que celui de P. Stei- 
nii. Les épines antapicales sont très courtes. 

Jôrgensen (1899) réserve le nom de Peridiniuin lenticulare 
var. Michaelis Ehrbg., au P. Michaëlis de Ehrenberg et au 
P. dioergens, var. de Bergh {P. divergens var. depressum de 
Pouchet). Il réunit toutes les figures de Steln, se rapportant au 
P. Michaëlis et le Protoperidiniwn Michaëlis de Bergh, sous le 
nom de P. Steinii. 

KoFOiD (1909, p. 26) critique les conclusions de Jôrgensen, 
toutes les ligures de Stein ne se rapportant pas à la même 
espèce. Il admet cpe le P. Steinii de Paulsen (1905, p. 4, fig. 3) 
n'est pas le véritable P. Steinii. En 1907 (p. 13) Paulsen avait 
fait pour les individus décrits en 1905 les formes hrevis et piri- 
formis, qu'il élève ensuite au rang d'espèces P. brève et P. 
piri forme (1908). 

Broch (1910, p. 185, fig. 4) décrit le P. Steinii '3 orgensen et 
confirme l'opinion de Kofoid quant à l'influence des mers ch;iu- 
des sur le développement des appendices. 

Jôrgensen (1912^ p. 7) classe P. Steinii dans le groupe nou- 
veau Me taper idinium caractérisé par la disposition des plaques 
ventrales de l'épithèque. 



4iJ8 SÉA>CE DU 20 DÉCEMBRE 11>*22 

Cette espèce j)réseDte une certaine vaiiabilité.PAULSENindique 
comme hauteur 45 à 52 tjL, sans les épines qui mesurent 9 à 
16 a. KoFHii» a trouvé 54 à 108 ^j. de haut, sur 40 à 50 de large. 
11 distingue deux sous-espèces : 

P. Steinii VK'dilerraneum à corps plus rond, pointe apicale 
et épines aniapicalcs j)lus allongées, et crêtes plus développées 
(mers chaudes, Méditerranée, San Diego) et P. Steinii Paulseni 
à corps moins arrondi, épithèque plus allongée, corne aj)icale et 
épines antapicales plus courtes (Kiel, Hiscaye, côte de Californie). 

La répartition géographique^ de P. Sieinii et de ses variétés 
est assez étendue. Il a été trouvé à Kiel, dans la M<''diterranée 
le Pacifique (Kofoid), cotes de Bretagne (Poichet), Adriaticpie 
(Bruch). Le Catalogue planklologique le signale dans la Manche, 
le canal de Bristol, le Skager Back. le Cattégat. la mer des 
Belts et la Balti<[ue. 

Pei'idiniinii nKicrosijiiiuni Mangin. 
Fig. (). 

Corps gh»i)ul(ui\, légèi-eincnt picilniine. Ce Péridinien res- 
semble beaucoup au P. Steinii dont il dillere cependant parla 
largeur plus grande, le col apical plus court, les épines anta- 
picales plus fortes et plus divergentes, la présence d'une troi- 
sième épine antapicale très courte et aiguë située à Textrémité 
du sillon ventral, sur la face interne de la grande épine gau- 
che, et enfin par la tabulation de l'épithèque suivant le type 
(Jrthoperidiniiim (J orgensen). 

Le sillon transversal décrit une spirale descendante de droite 
à gauche avec un dé])lacement des extrémités égal à une demi- 
largeur du sillon, b'S crêtes alilni'mes son! prii développées. 
Le sillon longitudinal est vertical, large, excavé, et bordé à 
gauche par une petite crête se prolongeant sur la ])etite épine 
supplémentaire. Les deux grandes épines sont munies de crêtes 
latérales. Leur base, très large, est creuse sur une faible lon- 
gueur, réalisant ainsi un aspect intermédiaire entre les types 
Protoperidiuiioa (Bergh) et Euperidininm (Cran). La cuticule 
est lisse. Les bandes intercalaires sont larges et striées trans- 
versalement. 

La hauteur al teint 80 ;ji ; la largcui' 02 ;j.. 

Espèce peu fréquente dans le planktnn du Croisic. 



SÉAiNCE DU :2l) Dl'XJiMBRh: 1922 430 

C(^tte espèce correspond très exactement à celle décrite et 
ligui'ée par Mamgin (1912, p. 29, tig. 18). 11 indicjue comme 
dimension : hauteur (sans les épines) 50 à 70 u. ; largeur : 35 à 
50 [jl; longueur des épines 20 à 22 |jl. 11 a observé un léger réti- 
culum sur la cuticule des individus jeunes. Les lignes de 
suture peuvent être étroites et lisses, ou bien larges et striées. 
Cette espèce, jamais abondante, a été trouvée avec le P. Steinii 
sur les côtes de l'Atlantique depuis l'île d'Yeu jusqu'à la baie 




FiG. 6. 

de Quiberon. Karsten (1907, p. 415, pl,^ l, fig. 12, a, h, c) 
signale, dans l'Océan Indien, le P. Steinii Jôrgensen var. elon- 
gata caractérisé par deux longues épines antapicales et une 
troisième petite et courte, située sur la face interne d'une des 
grandes épines, tantôt celle de droite, tantôt celle de gauche. 

Peridinium exccntriciim Paulsen 

Fig. 7. 

Ce Peridinuim présente une forme discoïde tout à fait carac- 
téristique avec une disposition excentrique de la pointe apicale 
située en avant, tandis que l'extrémité antapicale du sillon lon- 
gitudinal est repliée en arrière. Le grand axe du corps est donc 
très oblique par rapport à la ceinture qui linùte le disque. 
L'antapex porte deux pointes cuticulaires, 



440 



SKANCE DU 2() DÉCEMBRE 1922 



Le sillon transversal décrit une spirale montante do jiauelie 
à droite avec un déplacement des extrémités atteignant une 
demi-largeur de sillon. 11 est bordé de crêtes aliformes striées 
et bien développées. 

Le sillon longitudinal est large, excavé et dénué de crête. 

La cuticule est lisse ou liueinent ponctuée. Les lignes de 
suture sont lines. 

Le diamètre de La ceinture atteint 90 [a. 

Espèce très rare au Croisic. 

Cette espèce a été décrite par Paulskn (1907, p. 14, iig. 17 et 
190(S, p. 51, tig. 6i) (jui indique comme synonyme le P. dr.ci- 
piens de va> IJukemen (190.'), p. 1i3, fig. 12) (non Jor(;ensen) et 




FiG. 7. 

jiar l*AViLLA!iD (19l(>, p. lîO, Iig. 31), qui a j)récisé la disposition 
des plaques. 

La forme décrite sous le nom de P. Perrieri, par Fauré-Fre- 
MiET (1908, p. 228. Iig. 1 i, pi. xvi, Iig. IG) dans la baie de la 
llougue, appartient sans doute à la nnHne espèce. Il ne pré- 
sente pas de crêtes aliformes. Le bord gaucbe du sillon longi- 
tudinal est plus saillant (fue le bord droit. La disposition des 
plaques deré])ithèque est caractérisée par la présence de 6pla- 
(jues antéquatoriales au lien de 7, et par le très grand déveloj)- 
pement d'une pbiquo intercalaire dorsale asymétrique. La même 
disposition existe probablement dans la forme observée au 
Croisic. Il est plus petit que cette dernière {hauteur : à peine 
27 p.; largeur : 40 à 50 pi). 

Les individus décrits par Paulse.n mesurent 36 u de haut sur 
une largeur variant de 52 cà GO u. La cuticule est finement poin- 
tillée. Le bord eauche proéminent du sillon ventral porte une 
crête bien développée. Le siHon éf[uatorial est bordé de petites 
crêtes aliformes. 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 



441 



Les dimensions indiquées par van Breemen sont de 40 [x de 
haut et de 40 à 50 |jl de large. 

C'est une espèce néritique, toujours isolée, qui est signalée 
par Paulsen, van Breemen, et le Catalogue planktologique dans 
la mer d'Irlande, la mer du Nord, au Helder, le Cattegat et la 
Baltique occidentale. 



Sub. Gen. Euperidinium Gran. 

Peridinium depressurn Bailey. 

Fig. 8. 

Corps large subsphérique, avec un prolongement apical 
aminci, court : deux cornes antapicales creuses à base large, 
assez courtes. Sillon transversal très oblique bordé de crêtes 




Fig. 8. 



striées peu développées, décrivant une spirale descendante vers 
la droite avec un déplacement des extrémités atteignant une 



largeur du sillon. 



Sillon longitudinal profondément excavé, terminé par deux 
petites pointes aiguës à sa partie postérieure, s'étendant depuis 



442 • SÉAiNCE DL 20 DÉCEMBUli 1922 

lo pùlc aiil,ii)ic;il jiis(]UO un ptMi .ui-dcssus du sillon trans- 
versal. 

Cette forme appaitieut au type Orf/ioprridininm de Jorgen- 
SKN et au sous-irenre Eiiperii/iiiium de Gran. 

La cuticule est linenient réticulée ; les lignes de suture sont 
étroites et lisses. Le cytoplasme ne contient pas de chromato- 
phores et renlcrme des gouttelettes huileuses rouges. 

Les dimensions atteignent 112 à 120 a de haut, et 00 |j. de 
lari;e. 

Cette espèce est assez fré<]uente. 

Cette espèce a été nommée par Bailev (1855, p. 12, fig. 33- 
34), décrite ultérieurement jiai- Jorgensen (1899, p. 36); Clève 
(1899, ]). 37 et 1900 i4] p. 257); Gran : 1902, p. 186) ; Broch, 
(1906. p. L')2, tig. 1); Paulsen (1908, p. 53. fig. 67); Man(;in 
(1913). 

D'après Patlsen, l'espèce /*. (/rprcssinn coi-respond au 
/'. f/irf>rf/r/is var. ilepressuni d'AuRiviLLius (1898, p. 60) et 
d'OsTENFELD (1899, p. 60) ; au P. ilirn-yons var. renifnrmf de 
F.HRENREur. (1854, pi. XXV, fig. a et 185i, n° 2. p. 240) ; de 
Bergii (1881, fig. 45); Pouchet (1882, p. 40, pi. xx et xxi, 
fig. 2i-27); au Ccratium flivergon<i de Claparède et Lach-mann 
(1861, pi. xm, tig. 23); P. (/ivpir/cns\[{i\ f'/pt's de Pouchet(1883, 
p. 38, pi. XX et XXI, fig. 20 et 21), au P. tlivergem var. de 
ScHïiTT (1895, pi. xm. fig. 44, I, 2, 3 et 4) et de Vanhoffen 
fl897, pi. V, tig. 1), au P. nntarcticum de Schimper {in. Karsten, 
1905, p. 131, pi. XIX, fig. 1 à 4); au P. divergens antarcticum 
de Karsten(1906, p. l.iO). 

Mel'nier (1910, p. 23, pi. i. tig. 1 à 4 et pi. i his, fig. 1 à 8, 
pi. n, fig. 45 et 46) figure sous le nom de P. dirergens f.hrh. 
var. reni forme des formes que Paulsen (1912) identitie au 
P. dépression Bail. ; mais seules les figures 2, 3 et 4, pi. i *^/.s, 
semhlent appartenir à P. depressnm. 

Les dimensions de P. depressum sont légèrement varialiles : 
PoiCHET (1883) indique 160 ;jl et Paulsen (1908) 152 à 200 u de 
haut et 116 à 144 [jl de large ; d'autre part la cuticule des formes 
ohservées par Pouchet à Concarneau n'est pas réticulée. Signa- 
lons enfin que Paulse.n considère comme similaire l'espèce 
antarctique décrite par Scai.Mi'ER, sous le nom de P. nntarc- 
ticmn. 

P. depresanm est une espèce modérément eurytheiino et sté- 



SÉANCK lUJ 2(3 DKCLMBHE 1922 



US 



nolialine; sa l'épartitioii uéogTaphi<[Lie est très étendue: Spitz- 
berg' (Clèvë, Broch); Groenland (Paulskn); mer de BarentzdVlEU- 
iMER) ; eaux norvégiennes (Jôrgensen) ; Atlantique septentrional 
(Ostenfeld) ; Nouvelle Ecosse (Wright) ; côtes de Bretagne 
(Pouchet) ; eaux portugaises (Carisso) ; Méditerranée (Pavillard) ; 
mer du Nord, Manche. Baltique (Bull, et Catalogue plankto- 
logique). Ce serait surtout une espèce boréale et Atlanti(juo 
(Paulsen, 1908). 

Peridinium oblongum Aurivillius. 
Fig. 9. 

Corps irrégulièrement piriforme, légèrement comprimé dans 
le sens dorso-ventral; la corne apicale est longue et mince ; les 




Fiii. 9. 



deux cornes antapicales, protoplasmiques, sont légèrement 
divergentes, longues et aiguës. Le profil latéral est nettement 
convexe de part et d'autre du sillon transversal et passe à la 



444 SÉA.NCE Dl! 26 DÉCEMBRE 1022 

concavité vers la base de la pointe apicale et des cornes anta- 
picales. 

Le sillon transversal légèrement (»l)li({iie, décrit une spirale 
descendante de g-auclie à droite ; ses deux extrémités rejoignent 
le sillcju ventral avec un déplacement égal à une fois et demie 
sa largeur. Los crêtes aliforines sont peu dév(dopj)ées. 

Le sillon ventral est large, profondément excavé,et ses bords 
se terminent vers l'antapex par deux petites pointes aigués. La 
cuticule est largement réticulée, les lignes de suture sont fines 
et nettes. La disposition des })laipH>s de Fépithèijue est cell(> du 
type Oi'llwjX'r'ulimimi Jorgensen. L«' cytoplasme rose violacé, 
ne contient pas de chromatophores. 

La hauteur varie de 116 à 125 u ; la largeur est de 64 a. 

Espèce assez fréquente au (Iroisic. 

P. nblonijum a été décrit sous ce nom par Cleve (1900 [1], 
]». 20) d'après Aurivm.lius (181>8, p. 96) qui en avait fait la variété 
ohlonrjuin de P. <lii:e)'(iens\ par i\vuLSEN (1907, p. 16, fig. 20, 
et 1908, p. oo) et Mangin (1913, p. 222). D'après Paulsen, cette 
forme correspondrait au P. divcrgfin.'i de Bergh (1884, fig. 39, 
40) et au P. [dfprpssum subsp.) oroninruw forma oblotuja de 
1^roch(1906, p. l.io, lig. 4). 

Remarquons que l'espèce Pfi'idiniimi oceanicum Vanholl'on 
(18V>7) a été scindée en quatre formes caractéristiques : 

P. orenniaim var. lypica (Brocli, 19()li, fig. 3) grande forme 
pélagique (220 à 300 ijl de hauti fréquente dans les mers chau- 
des, P. ohlongum {P. diver(/ens var. oliloitfjtDu Aurivillius, 1898) 
forme plus petite et néritifjue d'une part, et d'autre part 
P. Murrnyi Kofoid (1907, p. 17(), pi. v, fig. 29) caractérisée 
par sa corne apicale très longue, et' ses cornes antapicales très 
divergentes, mesurant 2i0 'x de haut sur 13.") a de large; et 
P. oceanician var. anipinensis signalée par Broch en 1910 dans 
l'Adriatique. 

Meunier (1910, p. 20, pi. i bis, lig. 9-li) décrit et figure le 
P. saltans sp. n. qui ne diffère de P. obloiujum que par sa 
corne apicale très courte, et ses cornes antapicales plus longues 
et plus divergentes. Cette espèce pourrait n'être qu'une cin- 
quième variété de P. oceanicum. La forme que nous décrivons 
ici appartient très nettement à la forme oblongum d' Aurivillius 
par ses dimensions inférieures à celles des autres variétés. 
Paulse.n indique 118 à 136 jjl ; Broch, 130 à 170 u ; van Breemen, 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 



445 



JOO [JL ; Mangin, 118 ù 170 ^i, dimensions sensiblement égales 
à celles que nous avons observées. 

D'après Paulsen (1012, p. 281), P. ohlongnm est une espèce 
néritique, eurytherme et sténohaline. Dans le Bulletin plank- 
tologique (1912) les deux formes oceanicum et oblongurn sont 
confondues et signalées dans la Manche, la mer du Nord, les 
eaux norvég'iennes, le Skager Rack, le Cattégat, les Belts. Le 
Catalogue planktologique n° 70 signale également P. obUmgum 
dans la mer du Nord et les détroits baltiques. 

Peridînium divergens Ehrenberg. 
Fig. 10. 

€orps à profil latéral irrégulièrement pentagonal, légèrement 
déprimé dans le sens dorso-ventral ; épithèque à côtés conca- 
ves, terminée par une corne apicale subconique peu allongée ; 




Fig. 10. 



hypothèque à côtés concaves, terminée par deux cornes antapi- 
cales à base épaisse et à terminaison aciculée. 

Le sillon transversal est situé' dans le plan équatorial ; il 
décrit une spirale ascendante de gauche à droite et ses extré- 



'tU\ SÉANCE DU '2(\ DKCEMBRE 1922 

niitôs l'ojoiunoiit lo sillon loiif^iduliiuil iivcc im (Irpl.iciMUont 
(\L;al à une demi-largeur de ceinture. Les crêtes alifornies sont 
]>eu développées et finement striées. Le sillon longitudinal est 
large, i)rofondément excavé et s'incurve sur le bord gauche; 
il se termine vers l'antapex par deux petites pointes aiguës. 

La cuticule est réticulée et épineuse. Les lignes de suture sont 
larges, nettes et striées. La disposition des plaques ventrales de 
l'épithèque est celle du type Mclapcrifliniiim Jorgensen. 

I^e cytoplasme contient des chromatophores jaunes et des 
gouttes liuilcus«»s rouges. 

L;i longueur vnrie de 73 à 93 ;jl. Son diamètre transversal 
mesure 70 -jl. 

(iCtte forme a été nonmiée par Ehre.ndeik; (1840, p. 801 ; et 
1854 [21 p. 70) et décrite ultérieurement par Hergm (1882, p. 234, 
lig. il. i2): Stein (1SS3, |.l. x, tig. 1-7; pi. \i, lig. 1,2); 
HuTStMM (188"), pi. i.iu, lig. 1); Schutt (1895. pi. xin, lig. i3, 
19, 21, 22); Cleve (1900 [4J, p. 2.)8) ; P.vllsen (1907, p. 16, 
lig. 23); Melnieu (1910, p. 23, pi. i bis, lig. 1-8; p. 2o, pi. m, 
tig. io-46); Mangi.n (1912, p. 49, pi. vu, fig. 10 à lo). Paulsen 
(1907) considère comme appartenant nu P. flivergnia Ehrbg : 
le P. divertjf'ns var. IfiUiculare d'ERRENBRnr.H (1854 ^2], p. 240) ; 
le P. lenticulare Rlirl)g.,de Jorgensen (1899, p. 400) et de Ramsay 
Wright (1907", pi. i, tig. ()) ; le P. divciu/ens var. liert/fii de 
Lemmermann (1S99, p. 3t)9) ; le Ccratium (livergcns de Glaparède 
et Lachmann (1859, p. iOO et 1861, pi. xm, fig. 22, 24, 26) et 
de Kent (1881, pi. xxv, fig. 8-13). Pouchet (1882) ligure une 
série de formes appartenant à I*. dherr/ena et à ses variétés, 
mais aucune (felles ne ressemble à la forme observée au 
Croisic. 

Meinier (1910) fait une ct)nfusion entre P. r/eprrssi/m Bailey 
et P. divergeas Kbrbg., car ses figures se rapportent tantôt à 
l'une, tantôt à l'autre de ces deux espèces qu'il groupe sous le 
nom de P. divergens Ehrbg., var. reni forme. 

Paulsen (1907) reconnalî l'impossibilité de déterminer avec 
certitude les formes représentées par Ehrenberg et Stein dans la 
série de leurs figures ; il décrit et figure avec soin la forme la 
]dus commune dans la Baltique, qui se rapproche très sensible- 
ment par sa forme et ses dimensions (80 à 84 u) de celle que 
nous avons observée. 

Le P. divergens présente une assez errande variabilité quant 



sÉArscE DU :26 deckmbrk 1'J22 



447 



à sa taille et à rornemontation de la cuticule et des lignes de 
suture. 

D'après PallsëiN, le P. antarcticum est une espèce très voisine. 

Le P. divcrgens est néritiquo, eurytherine, sténohalin et très 
largement r«''pan(ln. Il ;i été signalé dans les eaux danoises et 
la Baltique occidentale (Paulsen); mers de Kara et de Barentz 
(Meumer); côtes de Bretagne (Pouchkt); Manche, mer du Nord, 
canal de Bristol, Skager-Rack, Cattégat (Catalogue planktolo- 
gique); Méditerranée (Pavillard). 



Pcndiaiiim crasnpes Kofoid. 



Fiij,'. 



11 



Corps trapu, pins large que haut, déprimé dans le sens dorso- 
ventral. L'épithèque, subcouique, présente une corue apicale, 
tronquée, assez courte, et un profil latéral concave passant à 
la convexité à une faible dislance de la ceinture. Le profil latéral 




FiG. 11. 

de l'hypothèque, d'abord convexe près de la ceinture, devient 
concave en formant les deux cornes autapicales coniques, 
courtes, larges à la base et terminées par deux petites pointes 
aciculées ; elles présentent un léger renflement sur la face 
interne et sont séparées par une profonde dépression. La section 
équatoriale est réniforme. 



4:48 SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 

Le sillon transversal décrit une spirale descendante de gauche 
à droite avec un déplacement égal à une largeur environ de ce 
sillon ; les crêtes alii'orines sont peu développées. 

Le sillon longitudinal, légèrement siguioïde, est excavé, court 
et dépourvu de crêtes. 

La cuticule est lisse ; les ligin^s de suture très Unes. La 
tabulation de TépitluMpu' est celle du type Meiaperidi/iitan 
Jôrgensen. 

Le cytoplasme est rosé; pas de cliromatophores. 

Hauteur : 84 u. Largeur : DO à 102 <x. 

Assez rare dans le pl.inkton du (Iroisic. 

P. crassipes a été décrit et ligure j)ar Kofoid en avril 1907 
(p. ;i01), pi. XXXI, iig. 40, 47) et par Pallsen (1907, p. 17, 
lig. 24; 1908, p. o8, Iig. 73) cpii considère comuie synonymes 
le P. divergens de Schutt (1895, pi. xn, fig-. 43 [l-2j ; 1890, 
p. 22, tig. 32) et auct. plur. vix Khrenueuo. 

Otte espèce présente une certaine varial)ilité ; la cuticule 
peut être aréolée (Kofoid), réticulée (Paulsen) ou couverte 
d'épines plus dévelop})ées chez les individus î^gés(MAXGiN, 1912, 
\). 50, pi. VIII, fig. 1). Les lignes de suture peuvent être plus 
ou moins larges. Kofoid et Paii.sen ont trouvé des crêtes alifor- 
mes sur les bonis du sillon longitudinal, et trois petites pointes 
à l'extrémité de chaque corne antapicale. 

Kofoid indique comme hauteur 80 à 90 y., et comme largeur 
67 à 80 'X. Paulsen a trouvé 80 à 98 a de hauteur. 

Broch (1910, p. 193, fig. 9 et 10) divise cette espèce en deux 
variétés : var. lijpitd <pii est celle décrite par Kofoid et qui, 
d'après liRocH, serait caractérisée par ses côtés concaves et ses 
grosses cornes^ antapicales, et var. autumnalis qui présente au 
contraire des côtés convexes et des cornes antapicales plus min- 
ces. Les figures de Broch ne mettent pas nettement ces carac- 
tères en évidence. Lune d'elles représente un jeune individu 
dont les lignes de suture sont fines et la cuticule presque lisse. 

P. crassipcs est une espèce océani(jue commune dans l'Atlan- 
tique tempéré et dans la baie de San Diego. Elle est signalée dans 
la l)aie de la Hougue (Mangin); l'Adriatique (Brocii); la Méditer- 
ranée (Pavillard) ; dans la mer du Noixl, la mer d'Irlande, le 
Skager Rack, le Cattégat, la Baltique (Catalogue planktolo- 
gique). 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 



M9 



Pcridininm conicum Gran. 
Fig. 12. 

Le corps est large et court, de forme massive ; l'épithèque 
est nettement conique et son profil légèrement concave ; Thy- 
pothèque, largement déprimée sur la face ventrale au niveau 
et dans le prolongement du sillon longitudinal, forme deux 
cornes coniques larges et courtes, terminées, l'une et l'autre, 
par une pointe aiguë. L'ensemble du corps est déprimé dans le 
sens dorso- Ventral. 

Le sillon transversal décrit une spirale descendante de gau- 
che à droite, sensiblement située dans le plan équatorial, et avec 
tin déplacement des deux extrémités égal seulement à une 




FiG. 12. 



demi-largeur de ce sillon. Les crêtes aliformes sont peu déve- 
loppées. 

Le sillon longitudinal s'incurve sur le côté gauche et atteint, 
en s'élargissant un peu, la dépression qui sépare les deux cor- 
nes antapicales. La corne antapicale gauche est un peu plus 
courte que la droite. 

Les plaques ventrales de l'épithèque présentent la disposi- 
tion caractéristique du type Orthoperidiniwn Jorgensen. 
P. conicum appartient au sous-genre Ëuperidlnium de Gran. 
Les lignes de suture sont très accentuées, mais dans tous les 



450 SÉANCE DU 2b DKCEMBHK H>22 

cxoiuplaircs exaiuiiics ellc^ se sont iiiuiiti'c'cs plus lai'.m's et uet- 
fciucnt striées entre toutes les pla<|ues de l'hypotliècpie. 

La cuticule est ponctuée et délicatement réticulée. 

Le cytoplasme est parfois rosé, mais plus souvent incolore ; 
il est toujours dépourvu do chromatophores. 

La hauteur atteint 90 ;jl. 

P. ronictitn est une espèce commune dans la baie du Croisic. 

GuAN en 1000 (p. \1\) et l'.M)2 (p. 47) a décrit cette espèce 
comme une variété coniciim du P. diverijens VAwh. Après 
UsTE.NFKLU (1900, p. 5) et Ukamuha (1907, pi. v, tig. 36), Pall- 
siiiN en 1908 (p. 58, lig. 74) a donné une étude complète de 
cette espèce ; bien (|ue les dimensions indiquées pai' 1*aulsen 
(72 à 76 [J.) soient légèrement intérieures à celles cpu' nous 
avons constatées, la description de cet auteur s'appb(pie exac- 
tement à la l'ornn^ du (Croisic. Il en est de mémo (b- l;i (b'scrip- 
tion donnée par Uroch (1910, p. 19."), Ijg-. 11). 

Pal'lsen considère comme se rapportant à cette espèce le 
P. divri'f/nns var. depre^siim ligure j)ar IU;uciii (1H81, tig. 43 et 
44); PoucHET (18«3, p. 41, jil. \x et xxi, lig. 31 et 33) le P. Icn- 
licularc var. Mic/uw/is Ebrenberg sig-nalé par Jorcensen (1899, 
p. 37), le P. divergens var. aculangulum Lemmermann (1899, 
p. 3(58 et 1905. p. 28). 

dette espèce dont les caractères g-énéraux sont bien définis, 
2)résente une certaine variabilité : Pallsen a décrit en P.)05 
(p. 4, tig. 4) ""une forme des des Féroé et de la mer du Nord 
dont la cuticule est épineuse, et Meunier (1910, p. 42, pi. i et 
m) a distingué, panni les tonnes présentes dans le planUton 
des mers de Kara et de liarentz. trois variétés (ju'il désigne 
sous les noms de hilohnta, emarginala et hasicnrva', la forme 
(bi Ci'oisic est inli'i iné(b.iir<' enti'o les Ar\\\ jircniièics. 

La distribution géograpIii(|ue de cette espèce, considérée par 
Paulsen comme eurytbernie et à peu près sténobaline, est très 
étendue ; elle a été signalée sur les deux côtes du Pacifique 
(Okamlua et SiHKoDiui; le golfe de Siam (Schmiut); la mer iiouge 
(OsTKNFELb et ScHMMir); la Méditerranée (Pavillard et Ibiocn) ; 
l'Atlanticpie, la Manche, la mer du Nord, les côtes de Norvège, 
les détroits danois et peut-être dans la Baltique (voir Paulsen 
1912); elle semble éviter les eaux d'origine arctique. 



SÉANCE nu '26 DECEMBRE 1 1)22 451 

Peridinium subiucrmls Paulsen. 
Fig, 13. 

Le corps de ce Péridinieii aliecte la forme d'un pentagone 
plus large que haut. L'épithèque, subconique, cà profil latéral 
convexe, ne porte pas de prolongement apical. L'hypotlièque 
esquisse à peine les deux cornes antapicales proloplasmiques 
qui caractérisent le sous-genre Eu peridinium Gran. Ces cornes 
sont terminées chacune par une petite pointe aiguë et très 
courte. 

Le sillon transversal, est situé dans le plan équatorial qui est 
circulaire. Les crêtes aliformes sont peu développées et striées. 

Le sillon longitudinal remonte légèrement sur l'épithèque et 




Fig. 13. 

descend jusqu'à Fantapex où il s'élargit considérablement. Il 
est dépourvu de crêtes. 

La cuticule est délicatement réticulée. Les lignes de suture 
sont larges et striées. Les plaques ventrales de l'épithèque sont 
disposées suivant le type Orthoperidinium Jôrg. 

La hauteur varie de 06 à 71 'x. La largeur est, de 8i <j. 
environ. 

Espèce assez rare et toujours isolée au Croisic. 

Le Peridinium subinermis a été décrit par Paulsen (lOOi, 
p. 24, fig. 10, 1007, p. 18, fig. 2G et 27) ; par Lemmkrmann (190o, 
p. 33); par INIeumer (1910, p. 40, pi. m, iv^. 43, \ï) et cité par 
JoR(iEi>'SEi\ (11M2, p. (3). Il faut considérer comme synonyme (h; 
cette espèce le P. conicum, var., figuré par van Breemën en 1905, 
p. 43, fig. 11. La forme décrite par Mangin (19t2, p. 28, fig. 15) 



4'>2 SÉANCE Dl 2() hl'.CKMBKK 11)22 

SOUS le iiuiii de P. peiilnijoiitim semble èti'C interiiiédiaire 
entre le P. suhinermis et Je l^. pcnlagonum de Gran, qui dif- 
fère du premier par le profil ])lutôt concave de répithèquc 
dont l'apex est pointu, et par le sillon ventral qui ne s'étend 
pas juscpi'à l'antapex (Pailsen IIMIS. p. .iy, fig. 76). 

D'après Paulsen, la cuticule de /*. subincrinis peut être lisse 
ou linenient réticulée. Sa iiauteur varie de 56 à 68 ijl. 

C'est une espèce océani(jue, hoi'éalc et arctique, qui a été 
signalée dans la mer du Nord, le Skager-IiacU, le Cattégat, la 
Halticpie, au Groenland, an Sj)ilzl)erg, sur les cotes de l'Is- 
lande (Paulsen et (latalogue plankfologique) et dans la nnu' de 
Harentz (Meii.mku). 

("..Ml. (inWM'I.AX Dirsing. 

KnKou) (1911) a résume riiisl(»ri((U(' du geni*e ijviii/dula.r créé 
jjar DiKsi.NG (1866) pour l'i'riiHnimn spiniferum Clap. et Lacli. 
Cetauteur, et ensuite Siein, caractérisaient ce genre ])ai' l'exten- 
sion du sillon ventral juscpi'à la pointe aj)icale. 

KoFou) montre cpie la gouttière ([ui prolonge le; sillon M'utial 
siu' répitliè(|ue et parfois jus(ju'au sommet apical n'est pas le 
sillon ventral lui-nu^ne, mais représente une modification d'une 
pla(juc, homologue de la phupu' en losange des Peridlnium, 
kupielle s'étend depuis le stjmmet apical jus({u'à la rencontre 
de la zone ventrale. Dans la plu|)art, mais non dans toutes les 
espèces de Goni/anlax, cette pla(pie a])icale ventrale est très 
étroite et (juand les lignes de suture sont marquées [)ar des 
épaississements de la cuticule {(r. ceralocoroïdes), cette ])la(|ue, 
en raison de ces épaississements, repose au fond d'une dépres- 
sion entre des hords surélevés. 

Suivant les espèces, le sillon ventral semble se prolonger 
plus ou moins haut sur l'épitbèque. !.a présence d'une dépres- 
sion s'étendant du sommet antapical au sonmiet apical n'est 
donc pas un caractère absolu du genre. La torsion du sillon 
transversal en spirale descendante de gauche à droite est cons- 
tante. 

D après Kufuii», 1<î caractère essentiel du genre (joni/aulac 
est la présence d'une seule plaque antapicale. 

Les plaques sont réparties de la manière suivante : 

8 à 6 apicales, à 3 intercalaires antérieures, 6 antéquato- 



SÉANCE nu 26 DÉCEMBRE 1922 



45B 



riales, 6 plaques de ceinture, G postéquatoriaJes, 1 intercalaire 
postérieure, 1 antapicale. 

KoFOiD divise ce genre en quatre groupes : spinifera^ poly- 
gramma, polyedra et sphfproidea^ dont trois seulement sont 
représentés dans le plankton du Croisic par quatre espèces : 
G. spiniferci et G. digitale^ G. polygramma et G. polyedra. 



Gonyaulax spinifera (ClajDarède et Lachnian) Diesing. 

Fig. H. 

Corps irrégulièrement piriforme ; épithèque subconi({ue pré- 
sentant une saillie à la hauteur des lignes de siiture entre les pla- 
c[ues antéquatoriales et apicales. Apex terminé par une corne 
large et courte à peine ébauchée. Hypothèque tronconique à 
profil latéral sinueux, munie de deux petites pointes cuticulaires 
Unes et courtes. 

Le sillon transversal très déplacé décrit plus d'un tour de 
spire ; l'extrémité gauche surplombe 
l'extrémité droite avec un écart égal à 
quatre fois environ la largeur du sillon. 
11 est muni de petites crêtes aliformes 
peu développées. Le sillon longitudinal 
très oblique et sigmoïde s'étend depuis 
l'extrémité gauche de la ceinture jus- 
qu'à l'antapex où il s'élargit "considé- 
rablement. La gouttière ne se prolonge 
pas juscju'au col apical, la plaque 1' de 
KoFOiD étant étroite mais non excavée. 
Ses bords sont dépourvus de crêtes ainsi 
que les épines. La cuticule est aréo- 

lée ; les lignes de suture sont nettes et striées. Le cytoplasme 
contient des chromatophores l)run-jaunâtre. Hauteur : 48 [i. ; 
largeur 30 ^.. 

KoFOiD (1911, p. 209, pi. x, lig. 8-10 ; pi. xvi, fig. 39 et texte 
figure A-D) indique les nombreuses synonymies de cette espèce 
qui présente une certaine variabilité quant à la taille, le dépla- 
cement et la longueur de la ceinture, les ornements de la cuti- 
cule, la largeur des bandes intercalaires, et le nombre des épi- 
nes qui peuvent parfois mancjuer totalement. Kofoid a trouvé 
une hauteur variant de 24 à 50 pi, largeur de 21 à 33 a. 




Fig. 14. 



Ao4 



SKANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 



Meunier, (iyiO,p. 54, pi. iii^ lit;, ô à 13) ligure sous le nom de 
G. po/i/yra//ima des spécimens qui appartiennent en réalité à 
G. spinifrra. 

KoFoiD prend G. spinifcra connue type du groupe qui com- 
prend G. digitnle, G. diegensis et G. tinacantha. 

C'est une espèce nériticjue, assez répandue dans les eaux 
tempérées et septentrionales. Elle a été signalée sur les côtes 
de Californie et d'Alaska (Kofoid); de Norvège (Glai». et Lach., 
JoRGEissEiN); le Nord Atlanti(juo, les détroits danois, la mer du 
Nord, le Sj)itzberg ((^lève, Brocii";; la mer de Barentz (Meunier), 
sous le nom de G. polijgrainnia^ la .Manche (rAURÉ-b'HEMiET) 
sous le nom de G. Mangini\ les côtes de Portugal (Carisso) ; la 
mer d'Aral, etde golfe de Siain. 

Les rapports géographi(]ut's concernant cette espèce sont sujets 
à caution, les auteurs nayant pas toujours sé])aré G. spinifera 
des autres espèces du groupe, en particulier d<' G. (tiqitole. 

Gonfjanlar d'H/ildlc Pouiind. 
l'iu. 15. 

Corps irrégulièrement piriforme ; répithècjue est conique et 
le sommet apical est très aigu : l'hypothèque, hémisphérique, 

porte deux petites pointes aiguës 
constituées par un prolongement de 
la cuticule. 

Le sillon transversal décrit un peu 
(plus d'un tour de spire ; les deux 
extrémités se chevauchent avec un 
déplacement atteignant environ trois 
fois la largeur du sillon ; il est bordé 
de crêtes aliformes peu développées. 
Le silloii longitudinal est légère- 
ment sigmoïde, comprimé latérale- 
ment entre les extrémités de la cein- 
ture, un peu ul»li(jii<.> pai- rapport à 
l'axe principal, et s'étend postérieu- 
rement jusqu'à l'antapex en s'élargissant peu k peu. Les épines 
antapicales sont pourvues d'une crête qui les réunit l'une à l'autre. 
La cuticule est couverte d'un relief réticulé limitant des alvéo- 
les irrés-ulières. Les bandes intercalaires sont striées et très 
distinctes. 




SÉAiNCE DU 26 DÉCEMBRE 102*2 



455 



La hauteur atteint 70 à 1)6 y. et la largeur, 18 à 66 u. 

G. digitale a été décrit par Pouchet (1883, p. 4-43, pi. xvui, 
XIX, fîg". 14) sous le nom de Protoperidiniinn digitale. La courte 
description qu'il en donne ne laisse aucun doute quant à 
ridentiiication de cette espèce (voir pour les synonymies Kofoid 
1911, p. 214, pi. IX, fig-. 1-5). Ce dernier auteur classe cette 
espèce dans le genre Gonyaidax à cause de la structure des sil- 
lons et de la plaque antapicale unique. G. digitale se distingue 
de G. spinifera par sa taille plus grande, par son sillon trans- 
versal moins déplacé, dont les extrémités se chevauchent moins, 
et par ses épines postérieures plus longues, munies de crêtes qui 
font généralement défaut chez G. spinifera. Pavillard (1916, 
p. 21) identifie le G. spinifera recensé dans ses publications 
antérieures au G. digitale (Pouchet), très abondant dans le 
golfe du Lion à l'exclusion du véritable spinifera. 

G. digitale est une espèce septentrionale et plutôt néritique. 
Sa répartition est très large : Concarneau (Pouchet), côtes 
d'Alaska et de Californie (Kofoid), îles Féroë, Islande, mer du 
Nord, Méditerranée, mer Caspienne. 



Gonyaidax poh/gramma Stein. 
Fig." 16. 

Corps irrégulièrement ovoïde ; épithèque subconique à profil 
latéral convexe; l'apex s'amincit légèrement en un col brusque- 
ment tronqué, l'hypothèque est arron- 
die. 

Le sillon transversal décrit une spi- 
rale descendante de gauche à droite, 
avec un déplacement atteignant à peine 
la largeur de ce sillon. Ses bords for- 
ment une saillie mais sont dépourvus de 
crêtes aliformes. 

Le sillon longitudinal, légèrement 
excavé, très étroit à son extrémité anté- 
rieure, empiète sur un tiers environ de 
l'épithèque et descend par un mouve- 
ment à peine sigmoïde jusqu'à l'anta- 
pex qu'il atteint en s'élargissant considérablement. Pas de crêtes 
aliformes. L'antapex porte dans le prolonsement du bord erauche 




Fie. 16. 



456 SKANCE DU 26 DÉCEMBRK 1022 

du sillon ventral, nue petite pointe cuticulairo lino ot aipiu'. 

La cuticule est grossièrement a reniée et porte des côtes loii- 
S'itudinales et parallèles très caractéristicpies qui rendent la 
tabulatiou assez difticilc à observer. \a\ plaque 1' de Kopoin est 
très étroite et continue la gouttière du sillon lontritudinal jus- 
qu'à l'apex. 

Le cytoplasme est bourré de clironiatophores l)run-jaun;Ure. 
Espèce assez frécpiente mais toujours isolée dans le planUton 
de la baie du Croisic ; la hauteur atteint (52 iji. 

G. poh/grnmma a été décrit et nonnné par Stkin (188IÎ, pi. i\ , 
lig'. 15) dans lAtlantique et le l*acili(pic'(Voir Kofoid, ItHl, 
p. 229, pi. X, fig. G et 7 ; pi. xvn, Hg. 47). 

Cette espèce présente une certaine varialùlité dans les pro- 
portions réciprocpies de réj)ithè(pie et de rhypothè(jue et dans 
les ornements de la cuticule. 11 peut y avoir deux épines anta- 
picales ou davantage l/épine gauche est prescjue toujours pré- 
sente (comme dans la forme observée au (^roisic) mais elle peut 
être plus ou nn)ins développée ou nn"^me manquer complète- 
ment. KoFoiD a trouvé des dimensions variant de 42 cà 7o y- fie 
haulrnr sur lîS à 48 a de largeur. P.\i;lskn (1012, p. 287) carac- 
térise cette espèce comme méridionale et même subtropicale. 
Elle serait amenée vers le nord par les courants chauds, mais 
s'arrête aux entrées de la mer du Nord où elle est inconnue. 
Elle a été signalée sur les côtes de Californie (Kofoid) ; dans 
l'Atlantique (Mirrw et Wiutti.ng); l'Océan Indien (Clkve, Kaiis- 
TE.\); l'Adriatique (Entz, Schkoder); la Méditerranée (Pavil- 
lard); la mer Rouge (Ostexfkld et Sciniu)!); le golfe de Siam 
(Schmidt); les eaux japonaises (Nishikawa, Ukamira); le Pacifique 
(Zacharias); les eaux écossaises (Manoln); le canal <le Bristol, la 
Manche, la mer du Nord et la nalti(|ue ((catalogue planktologi- 
(jpe n" 70). 

Paulsen (1912) considère' le G. poli/firamma décrit et ligure 
par Mel.mkr (1910, p. 54, pi. ni, fig. 5 à 13) comme étant en 
réalité le G. spinifera). 

Ganyaitlax polyedra Stein. 
Fig. 17. 

(^orps à proHl latéral régulièrement polygonal ; contour équa- 
torinl circulaire; épithèque tronconique jusqu'aux lig^nes de 



SÉANCE DU 26 dé<:i<;mbre 1922 457 

suture séparant les plaques antéquatoriales des plaques apica- 
les, lesquelles forment un cône surbaissé. Hypothèque régu- 
lièrement tronconique ; antapex formé d'une seule plaque per- 
pendiculaire au grand axe. Le silloh transversal décrit une 
spirale descendante de gauche à droite avec un déplacement 
de ses extrémités égal à une largeur et demie du sillon; les 
crêtes aliformes sont striées et bien développées. 

Lo sillon longitudinal s'étend depuis la plaque antapicale 
jusqu'à l'origine de la ceinture j il est assez large et légère- 
ment rejeté sur la droite vers son extrémité postérieure; une 
petite crête à prolongements acuminés borde cette extrémité à 
droite et à gauche. Ce sillon est continué sur l'épithèque par 




une gouttière étroite et sigmoïde allant jusqu'au pôle apical et 
constitué par la plaque 1' de Kofoid. 

La cuticule est aréoléo ; les bandes intercalaires sont larges 
et striées ; elles portent de petites éphies particulièrement net- 
tes autour de la plaque antapicale. 

Le cytoplasme est riche en chromatophores brun-rouge. La 
hauteur est de 86 u, le diamètre équatorial, de 58 |j.. 

Pour les synonymies do cette espèce, voir Kofoid (11)11, 
p. 238, i± xi'i, fig. 16-20; pi. xiv, fig. 28, 29, 31; pi. xvii, 
fig. 43). 

G. poU/edra présente une certaine variabilité quant au profil 
latéral plus ou moins anguleux, les ornements de la cuticule, le 
développement des crêtes aliformes, le déplacement de la cein- 
ture, et les dimensions. Kofoid indique 43 à 54 p. de haut et 37 à 



4o8 SÉANCE DLl 20 ItKr.F.MBMK ll>22 

53 [j. de large. Paulsen a trouvé une liauteur variant de 43 à 54 ul. 

KoKoiD considère cette espèce coninie nettement néritique, les 
individus trouvés au large ayant été sans doute enti-aînés par des 
courants océaniques. Totalement absente du planUton à certai- 
nes époques, elle peut y apparaître en grandes masses cà d'au- 
tres moments. Kofoid et Tuiuu:v (11)02) ont observé la présence 
fréciuente dans le plankton d'été, sur la côte de Californie,. de 
très grandes quantités de G. jioli/cfira comnuiniquant à la mer 
une teinte rougeàtre. Nous avons constaté le même phénomène 
à la lin du mois d'août, dans la l>aie dn (Iroisic, sous forme de 
larges tacties rougeAtres persistantes. Kofoid et Torrky signalent 
le fait (jue l'abondance de ce Péridinien ])eut être exti'émement 
niiisibb" anx Poissons et aux Invertébrés littoraux. 

Cette espèce est rare dans les eaux danoises. Elle a été trou- 
vée sur les côtes de Califoi'uie et d'Australie, dans le golfe de 
Guinée, le golfe du Lion, la mer .\driatique, le Nord Atlantique, 
la mer d'Irlande. la mer du Nord, le Skager Hack, le Cattégat, 
la mer des Helts et la Baltique. 



SUR L'EXISTENCE D'UNE GLANDE INTERSTITIELLE 
DANS LE TESTICULE DES BLENNIES 



PAR 



R. COURRIER 
Noie transmise pai- M. (jiatton 

A la réunion annuelle de l'Association des anatomistes qui 
se tint à Paris en 1921, AL Champy décrivit d'une façon très pré- 
cise la structure curieuse que présente le testicule des Blen- 
nies (1). Ces Poissons possèdent, au niveau de leur testicule, 
une formation particulière constituée de volumineuses cellules. 
Interposée entre les ampoules séminifères et le canal déférent, 
celte glande est traversée par les canaux excréteurs du sperme; 
les cellules qui la constituent forment elles-mêmes les parois 
de ces conduits. « Cet organe rappelle à première vue un foie », 
dit l'auteur, « on pourrait dire facilement, en raisonnant par 
analogie, que nous avons affaire à nne glande à sécrétion 

Mi C n. .\ss. Anntnm ., \(i' réunion, Paris. 1921. 



SÉANCE DU 2G DÉllEMBUE 1922 



459 



interne en relation avec les caractères sexuels ». Mais il rejette 
cette hypothèse. Pour lui, tandis que chez les Vertébrés supé- 
rieurs les cellules de Leydig établissent une relation entre le 
sang' et tous les éléments séminaux, les cellules cjui constituent 
cette glande dans le testicule des Blehnies, établissent la rela- 
tion entre le sang et les spermatozoïdes seuls. « La relation, 
dit-il, établie par l'intermédiaire de cellules glandulaires entre 
les éléments de la spermatogénèse et le sang est évidemment 
du même ordre cjue celle qu'établit chez d'autres Vertébrés le 
tissu interstitiel du testicule ». M. Ghampy fait donc un rappro- 
chement entre la glande testiculaire des Blennies et le tissu 
interstitiel des Vertébrés supérieurs. 

A la séance du 13 juin 1922, MM. Ghampy et P. Gley repren- 
nent devant la Société zoologique (1) l'étude du testicule des 
Blennies. Les auteurs considèrent que la glande en question 
est de nature exocrine ; ses cellules semblent avoir pour rôle de 
sécréter dans les voies du sperme, au moment de l'accou^^le- 
ment, un produit qui assure ladhérence aux objets extérieurs 
des oeufs pondus par la femelle. 

On peut lire la phrase suivante ([ans cette communication : 
« GouRRiER s'est servi de la description de Ghampy pour montrer 
l'existence de cellules endocrines liées aux caractères sexuels 
secondaires chez les Poissons » ; avec comme référence ])iblio- 
graphique : C. R. Ac. Sci., 1921. Il y a Là un malentendu. Jus- 
qu'à présent, je n'ai parlé du testicule des Blennies que dans 
une note présentée à la réunion biologique de Strasbourg 
le 10 novembre 1921 (2). « Il existe des Poissons qui sont 
dépourvus de tissu interstitiel, disais-je alors. On peut trouver 
parmi ces derniers des individus dont le testicule présente 
un aspect particulier. Gest le cas du Blennius qui possède, 
accolée au testicule, une glande de structure remarquable, 
bien décrite par Ghampy ». Jamais je ne me serais j)ermis, en 
me basant sur l'étude j)nrement morphologique que M. Ghampy 
avait donnée du testicule des Blennies, d'en conclure à l'exis- 
tence, d'une glande à sécrétion interne conditionnant les carac- 
tères sexuels secondaires de ces Poissons. Je ne faisais qu'attirer 
l'attention sur la glande découverte par M. Ghampy parce que 



(1) Bull. Snc. zool. France, séance du 13 juin 1922.' 

(2) Q. R. Soc. Biol., II, p. 939, 1921. 




460 SÉANCE DU 26 DÉCKMBRE 1922 

cet auteur cavait écrit lui-inèine : « Ou pourrait dire facilemeut 
que nous avons afl'aire à uiie j^lande à sécrétion interne en 
relation avec les caractères sexuels ». 

Je me suis procuré depuis ce moment dos testicules de Hlen- 
nies fixés par le lif[uidc niitochoudrial de Benoit. Les cellules 
de la glande testiculaire sont bourrées de granulations de 



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FiG. 1. — ToRlicule de Bleiuiiits pholis (Août). Tissu inlorstitiel. 
Les tubes séiiiinilères sont laissés en blanc. 



graisse osmiopUile ; elles limitent les voies du sperme, en 
constituent Tépithélium et forment entre les ampoules sémini- 
fères et le canal déférent un organe (jui rappelle l'épididynie. 
On voit uettement 1«; passage entre les tubes sémiuifères et la 
glande de Champy ; les cellules de la paroi du tube se cbargrnt 
peu à peu de graisse, grossissent et se transforment en cellules 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 46t 

glandulaires. J'ai constaté dans certains cas que la lumière des 
conduits du sperme était remplie de graisse osmiopliile ; il 
s'agissait sans doute d'une excrétion. Je partage donc l'avis de 
MM. Ghampy et Gley et considère que cette glande à vasculari- 
sation très spéciale est sans doute de nature exocrine. 

Mais je présente surtout cette communication pour démon- 
trer l'existence de cellules interstitielles dans le testicule de 
Blennius pholis. Ce Poisson, capturé à Roscoff au mois d'août, 
présente des testicules en spermatogenèse. Entre les ampoules 
séminifères se trouvent des éléments qui possèdent les carac- 
tères cytologiques des cellules glandulaires : le protoplasme 
renferme des chondriocontes, des mitochoiidries, des granula- 
tions fuchsinophiles. Ces cellules sont souvent en rapport avec 
des capillaires sanguins. Elles s'assemblent en îlots de grandeur 
variable ; ces amas sont en général plus gros à la limite entre 
le testicule et la glande de Champy. Il existe donc, dans le tes- 
ticule de Blennius pholis, au mois d'août, des cellules de 
nature glandulaire situées entre les ampoules spermatiques. Au 
point de vue morphologique, on peut affirmer que ce Poisson 
possède une glande interstitielle testiculaire analogue à celle 
décrite déjà chez les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles, les 
Anoures et chez certains Poissons que j'ai étudiés (1). 

J'insiste sur le fait que si la fixation à l'aide d'un liquide 
mitochondrial n'est pas satisfaisante ces cellules interstitielles 
peuvent passer entièrement inaperçues. C'est ce qui m'est 
arrivé alors que je ne possédais que du matériel traité par 
les fixateurs ordinaires. Je rej^roduis ci-contre un dessin qui 
prouve bien l'existence d'une glande interstitielle dans le testi- 
cule du Blennius. 

Cette constatation est d'ordre purement morphologique ; je 
me garderai d'en tirer une conclusion histophysiologique quel- 
conque. 

Qu'il me soit cependant permis de dire que la glande inters- 
titielle, dont la fonction a été bien mise en évidence chez les 
Mammifères par Bouin et Ancel, existe, sans doute, sous une 
forme ou sous une autre, dans le testicule de tous les Verte - 

(1) G. B. Soc. BioL, II, 1921, p. 939, elArch. Anat. Histol. EmbryoL, 1, lasc. 2, 
1922, 



ir)2 SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1022 

hrés (1) et ([n'oii ])(Hit toujours la mettre on éx idciico (juand la 
lixatioii est réalisée dans do bonuos oonditions. 

Itisfitnl (riiistolof/ie de la Faculté de médecine de Slrasbnarfj 
et Station làologique de Bosco ff. 



OBSERVATIONS SUR L'OVAIRE DU 
CARD/UM EDULE LAMARCK 

l'A H 

LOUIS SEMICHON 

L'ovairo du Cardiam edale i.auiai'ck présontc, chez les indivi- 
dus (|u'()U peut considérer counno adultes, des variations ronsi- 
dérahles, suivant la saison. Mais, en tout temps, il est constitué 
par un ensend)le de canaux ramilles, dont la paroi interne est 
limitée par des cellides épitliéliales, à cils vibratiles dans les 
parties qui ne contiennent pas d'o'ufs, tandis que leur surtace 
libre est unie lorsqu'elles sont situées au voisinage des ovocytes, 
(piel <pie soit l'état de développement de ces derniers. 

La masse ])rincipale de la ulande i:énitale femelle se trouve 
an \oisinage du lube «li^esliL C'esl de là que parteid ses rami- 
lications, assez irrégulières, <jui s'insinuent progressivement, de 
l'automne à l'été suivant, dans les intervalles des viscères et 
des muscles de la gibhosité. Les lamifications, les plus récem- 
ment formées, à la fin du printemps et au commencement de 
l'été, présentent le même aspect que celui du reste de l'ovaire 
en automne, c'est-à-dire <ju elles contiennent surtout des œufs 
de petite taille, qu<d(pu^s œufs volumineux très espacés, et, en 
l)eaucoup d'endroits, le revêtement déjùtliélium vibratile. 
D'ailleurs, bien que le nomI)re des œufs volumineux aille tou- 
jours en croissant, dans une même région de l'ovaire on cïi 
trouve toujours d'Ages très dill'éients. 

Les o'uis jeunes, à toute épocpie, sont gioni)és par plages, on, 
examinés à plat, ils sont étroitement appliqués les uns à côté 
des autres. Alors, la paroi du tui>e ovarien dont ils font partie 
intégrante est unie. Lorsqu'ils augmentent de volume, en géné- 
ral la paroi se bombe vers l'extérieur, par suite de l'augmen- 

(1) Il esiste cerUins groupes dont le testicule présente une évolution spéciale 
CUrodèles). 



SÉANCE DU 26 DECEMBRE 19*22 463 

tatioii de voluine des œufs dans le sens transversal tantlis (|ue 
ces derniers changent de forme et se renflent vers l'intérieur, 
tout en conservant une base aplatie, qui est d'abord d'un diamè- 
tre plus grand que leur hauteur. Pendant toute cette période, 
les œufs gardent un cytoplasme assez homogène prenant 
bien les colorants basiques et l'hémalun. Leur noyau, vésicu- 
leux et d'un grand volume par rapport à celui du corps cellu- 
laire, a un réseau chromatique net, se colorant toujours bien. 
Le nucléole est unique, jamais pariétal, très réfringent à l'état 
frais. Il se colore très énergiqucment par la safranine, quand 
on fait agir celle-ci après avoir différencié l'hématoxyline par 
l'alcool chlorhydrique et par l'aurantia, lorsqu'on enqjloie cette 
dernière en mélange dans les conditions que j'ai indiquées (1). La 
sensibilité est telle, que sur les ovaires fixés au formol picrique 
de Bouin, il suffit de un cinq millième d'aurantia pendant une 
demi-heure, pour la coloration élective persistante. 

Ces caractères des noyaux persistent à peu près jusqu'au 
stade où l'enveloppe muqueuse se constitue et où l'œuf se renfle 
en massue, faisant saillie au centre du follicule. 

Dans les ovocytes jeunes de la Bucarde le nucléole semble être 
recouvert d'une couche continue, et très mince, d'une matière 
bien différente de celle qui constitue sa masse propre, généra- 
lement tout à fait homogène à ce stade. Cette enveloppe reste 
colorée par l'hématoxyline au fer, quand la différenciation 
n'est pas poussée très loin. Elle se teint nettement par le bleu 
de méthyle, lorsqu'on emploie le mélange dont j'ai donné pré- 
cédemment (1) la composition. L'hémalun donne des résultats 
moins tranchés parce que souvent il teint aussi, dans une cer- 
taine mesure, l'intérieur du nucléole. Divers colorants basiques 
donnent à cette enveloppe une teinte aussi intense qu'au réseau 
chromatique. D'ailleurs des tractus, parfois disposés en étoile 
irrégulière, relient cette enveloppe au réseau, dont elle sem- 
ble ne former qu'un épanouissement. 

C'est dans les œufs plus volumineux et déjà entourés d'une 
enveloppe mu(|ueuse que se trouvent les nucléoles dits « dou- 
bles » formés de deux matières très différentes séparées l'une 
de l'autre par un contour net. La partie de ces nucléoles dou- 
bles qui prend nettement les colorants acides semble constituée 

(1) Bull. Soc. Zool. France, XLV, 1920, p. 74. 



464 SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 

par une substance moins douse. L'autre correspond à ce qu'on 
a appelé nucléole « nucléïnien » ou substance i)arachromati- 
que, et présente un contour très variable, suivant les œufs, 
même lorsqu'on compare ceux qui sont situés côte à côte dans 
une même région de l'ovaire. 

Dans les ovaires fixés par un mélange de suldimé, de biclu'O- 
niate et de formol (1), on peut suivre, parallèlement aux modi- 
li(!ations de la vésicule germinative, et en particulier de son 
nucléole, les cbangements <|ui se produisent dans le cytoplasme 
eu ce qui concerne surtout les granulations fines présentant 
les caractères (hi chondriome. (]es granulations, comme c'est 
la règle dans les cellules sexuelles, ne sont jamais associées en 
lilamcnts ou en chaînettes, ainsi (ju'il est ordinaire dans les 
cellules somati(|ues. halles se colorent avec persistance par la 
fuciisine acide anilinée, suivant la métliode d'Altniann et ses 
modifications. La nnSfbode de Hegaud (liématoxyline au fer 
après chromisation) les colore en noir intense. Ces granulations 
disparaissent dès que l'on fait agir une solution acide (acétique 
ou chlorhydricpie) mêuKf très faible. Cola permet de ne pas les 
confondre év«Mduellement avec des grains colora])les par les 
mêmes teintures mais qui ne sont pas solubles dans les mêmes 
conditions. 

J'ai constaté que les granulations analogues aux uiitoclion- 
dries ne se multi[t]ient jias d une fa(,on notal>le, tant <|ue les 
nucléoles réfringents restent à l'état homogène. 11 y a là une 
coïncidence frai)pante, indice d'un synchronisme entre une 
moditication nucléaire et le début de la grande activité forma- 
trice du cytoplasme de l'œuf, pondant la période d'accroisse- 
ment. La capsule nmqueuse n'est pas liomogène dans toute son 
épaisseur. Sa partie externe se colore en général beaucoup 
plus que la partie interne par les colorants du mucus : muci- 
carmin, hématoxylines, vésuvine phéniquée, bleu <le toluidine, 
bleu^jolychrome, safraninc. Ces trois derniers montrant la mét(i- 
chromasie liabituelle. Lorsque la portion externe de la capsule 
est assez éloignée de la surface de l'œuf, il arrive souvent qu il 
y a sur les préparations une solution de continuité entre elle 
et la partie profonde, coag-ulée par les fixateurs au contact de 
la meml>rane de l'œuf. 

(1) Sublimé 2 à 5 0/0, bichromate 2 à 3 0/0, formol 10 0/0. 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 46^ 

On voit déjà apparaître une ineml^rane muqueuse mince à la 
surface d'œufs pariétaux déjà volumineux mais non pédicules. 
C'est dans ces mêmes œufs que commencent à se multiplier les 
granulations mitochondriales et les gouttes de graisse. Mais 
ces deux formations sont encore peu abondantes, tant que l'œuf 
ne fait pas nettement saillie dans la cavité. 

Elles vont toujours en augmentant de nombre (chondriôme) 
et, en même temps, de grosseur (graisse) dans les œufs pédi- 
cules. En même temps le noyau de ces derniers est remarqua- 
ble par son suc nucléaire dense qui, coagulé par les fixateurs, 
se colore nettement par divers colorants acides, en même temps 
que la membrane nucléaire, très nette, se plisse de fayon très 
variable. 11 est remarquable que les parties différentes des 
nucléoles doubles, bien que limitées l'une de l'autre par un 
contour très distinct, restent le plus souvent en contact, l'une 
enveloppant l'autre comme s'il y avait attraction entre leurs 
surfaces, tandis que chez d'autres Mollusques les deux parties 
de nucléoles doubles se séparent ou ne restent en contact que 
sur une portion très limitée. 

Ce qu'il me semble important de remarquer c'est que le déve- 
loppement de l'œuf ovarien du Cardiimi, qui peut se faire pres- 
que à toute éjDoque de l'année, présente malgré les conditions 
saisonnières une marche toujours sendjlable, caractérisée par 
deux périodes bien tranchées. 

Dans la première, antérieure à la formation dudeutoplasmc, 
Tœuf qui est pariétal a un noyau à réseau ciiromatique net^ et 
un nucléole homogène, simple, très réfringent, coloré très élec- 
tivement soit par la safranine, soit par l'aurantia. Dans la 
seconde période, celle de formation du deutoplasme, en même 
temps qu'apparaissent ou se multiplient les grains du chon- 
driôme et les gouttelettes de graisse, le nucléole n'est plus homo- 
gène. Il est vacuolaire, ou bien formé de deux parties très diffé- 
rentes par leur réfringence, et par leur coloration. Le suc 
nucléaire est souvent épais et donne après fixation un précipité 
finement granuleux, colorable. La niembrane nucléaire est plus 
ou moins plissée. Pendant cette seconde période l'œuf, restant 
toujours fixé à la paroi par son pédicule, se renfle en massue 
de plus en plus saillante dans la cavité, et reste enveloppé de 
toutes parts par l'enveloppe muqueuse, interrompue seulement 
par le passage dii pédicule. 



466 



SÉANCE DU 2() DÉCEMBRE lî)22 



LE RENFLEMENT CAUDAL DU MACROSCELIDES ROZETl 

DUVERNOY 



l'A» 



LOUIS SEMICHON 

A la partie inl'éi'ieurc de la (jueuc dim petit, liiseetivoi'»' sau- 
Iciir, appartenant au genre Mnvrosci'Hi/cs, il existe une région 
rcnllée on la [)eau présente descai'actères très diU'éi'ents de eelie 
(pii couvre le reste de cette partie du corps. 

Cette région spéciale examinée à TomI nu sendde complète- 
ment dépourvue des poils allongés et l)rillants (pii revêtent la 




FiG 1. — Partie superficielle «l'une ut'Upe longiludinale parasa^illale du rcnlle- 
raent caudal de Marrosceli'/es /ioseti Duvorrioy. — .s-, j:;landes si'fbacées : t, 
glande tubuleuse ; c, canal llexui'ux «■olli?cLi'iii' des glandes sébacées. Les par- 
ties grisées oui la structure de l'épidernie. 

(piene. VjM réalité les poils existent mais Imniucouj) moins déve- 
loppés. I^a ])eau a l'aspect de petites écailles juxtaposées dont 
la couche cornée est très résistante. Mais elle présente en même 
temps ime grande élasticité, due à un coussinet situé au-dessous. 
Ce coussinet est formé par un épaississement du derme où 
l'on trouve d'abord un chorion mince puis de nond)reuses glan- 
des environnées de tissu conjcnictil' lâche. Ces ghunlcs appar- 
tiennent à deux types, celui des glandes sébacées et celui des 
g-landes sudoripares. Ces dernières sont moins abondantes et 



SÉANCE DU 26 Dl':CEMBUE 1922 



407 



situées presque tout entières à la partie profonde au voisinage 
des muscles qui longent la colonne vertébrale. 

Il s'agit donc d'un renflement de la peau de la queue dont 
la masse est constituée par un derme très riche en glandes, avec 
réduction des poils. Le renflement est long de deux centimètres. 

L'épaisseur de la peau dans sa partie renflée atteint et dépasse 




FiG. 2. — Partie distale d'une glamle sébacée composée, .•?. 
A côté d'elle, est le canal d'une glande tubuleuse, t. 



en certains endroits deux millimètres tandis qu'elle en mesure 

deux dixièmes à la partie dorsale. 

Les glandes sébacées du renflement caudal de Mncroscelides 

Rozeti sont remarquables par la dilatation de leur conduit 

-excréteur, qui forme une sorte de réservoir, tapissé par une 

couche cornée, analogue à celle de la surface de la peau, mais 

plus mince. Ce fait montre que ces grandes cavités c sont bien 

une dilatation du canal excréteur, et non j^as un vide artificiel 

produit par la chute d'un follicule glandulaire au cours de la 

préparation, 

32 



468 sÉA.Nci'; uu 20 dkckmuhk 1922 

Chez certains individus, ces cavités sont assez grandes pour 
être visibles à l'œil nu. Les glandes elles-mêmes sont souvent 
de forme allongée et débouchent plusieurs à la fois dans les 
cavités dont il vient d'être (juestion. Les animaux que j'ai exa- 
minés avaient été simplement conservés dans l'alcool. Néan- 
moins, la fixation n'était pas trop mauvaise, pour la forme et 
les proportions des éléments, l)ien que la précision des détails 
cytologiques et la colorabilité laissassent nécessairement à dési- 
rer. Ces réserves faites, les glandes en question sont constituées 
tout à fait comme les glandes sébacées ordinaires, dans leur 
partie acineuse. 

Les glandes tubuleuses /. dans Icurpartie distale, ne font que 
traverser la masse des follicules sébacés. Leurs canaux sécré- 
teurs se recourbent en dessous de ces derniers dans la couche 
inférieure du tissu conjonctif lAche. La lumière de ces glandes 
est plus large que dans les glandes sudoripares ordiuaires. 

Le centre en était occupé par un magma albumineux qui 
me semble provenir de g(juttes sarcodiques expulsées par les 
cçUules épithéliales après ou pendant la mort. 

.le n'ai pas vu de tube excréteur de glande tubuleuse qui débou- 
chât isolément à la surface de la peau tandis que j'en ai vu s'ou- 
vrant dans les cavités élargies, situées immédiatement sous le 
chorion, où se jettent les conduits des glandes sébacées. Ces 
conduits sont très larges et tapissés d'épithélium stratifié s'ex- 
foliant dans leur cavité. Ils rapj)ellent le conduit des glandes de 
Meibomius de la paupière, mais ils sont irréguliers dans leur 
diamètre et plus ou moins flexueux. Les larges cavités sous-cho- 
riales, où ils aboutissent, peuvent être considérées comme la 
dilatation de l'entonnoir des poils, dans les cas où l'on voit 
l'un de ces derniers s'insérer au fond de l'une d'elles. 

Les individus que j'ai eus à ma disposition étaient des m;\les. 
Je ne saurais donc dire s'il y a des diilerences, suivant le sexe, 
dans le renflement caudal du Macroscélide. Les glandes placées 
en cet endroit font naturellement songer aux glandes à musc, 
situées à la base de la queue du I )csman. Mais ce qui est curieux, 
c'est de voir les glandes du Macroscélide de Rozet localisées sur 
une partie qui pose à terre lorsque cet animal sauteur a ses 
pattes en flexion; et la façon dont l'extrémité des poils est usée 
de chaque côté du renflement caudal montre que des effets vio- 
lents de friction ont été exercés sur cette région de la queue. 



SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1922 469 

Les deux premiers individus que j'ai examinés ne sont pas des 
animaux de ménagerie. Ils avaient été rapportés par la mission 
Chantre. Les chocs et les efTorts plus ou moins violents, qui 
se produisent sur la j^remière partie de la queue qui pose 
à terre, et qui sert aussi, sans doute, souvent d'appui lorsque 
l'animal est au repos ont pu jouer un rôle dans la différenciation 
spéciale de cette région de la peau. L'épaisseur du coussinet 
glandulaire recouvert d'un épidémie résistant est, en tout cas, 
capable d'atténuer considérablement les chocs transmis à la 
colonne vertébrale, lorsque la queue frappe sur le sol. 



VARIÉTÉS, ESPÈCES ET GENRES NOUVEAUX, 
DÉCRITS DANS LE BULLETIN DE 1922 



POISSONS 

Pages 

Belonoglanis curvirosfrù Pellegrin 74 

Gnathonemus gracilis Pellegrin . 221 

Haplochilus Baudoni Pellegrin ' 75 

Lates niloticus L. \SiV. macrolepidota Pellegrin 76 

Leptocypris clupeoides Pellegrin 73 

Paradistichodus n. gen. Pellegrin 70 

Paradistichodus elegans Pellegrin. 72 

Phago fiilica Pellegrin 69 

Synodontis macrepipterus Pellegrin . - 222 



INSECTES 

Diptères 

Phlebolomus Tejerœ Larrousse 41 

Coléoptères 

Amarygmus diversipetims Pic. ... . 303 

— binhanus Pic 304 

— laosensis Pic 304 

— longipilis Pic 303 

Borboresihes fainanensis Pic .... 103 

Curtopeltoides subconvexus Pic. ...... .... 101 

Cyriogeton setnilutaceiim Pic 303 

Dietysus atricolor Pic. 304 

subannulipes Pic 304 

— Vitalisi Pic 305 

Epfiebocerus Du faut Denier 24 

Eurnolpocyriogeton n. gen. Pic 305 

— convejcum Pic , 305 

Leichrodes diversenotatus Pic 101 

— tonkineus Pic 100 

— undulatus Pic 101 

Mycetocharina subcruciata l?\c 102 

Strongylium binhense Pic 102 

Collemboles 

Anurida trioculata Denis 113 

3Ionierina u. gen. Denis 114 

MYRIAPODES 

Cormoce pliai as Latnbertoni iJroleinann 225 

— mecis topus hi'o\Qmdinn 227 



472 TABLE DES MATIÈRES 

Globotheî'hœi n. sg. IJrolcmann 230 

Sphœrotherium Lamhertoni Broleniann 235 

— refleccum Brolcmann 238 

COPKPODES 



Enteiocola mamnnf'era Challon el llaranl 133 

Enterocolides n. gon. Challon et llaranl 246 

— ecaudatus Challon et llaranl 246 



VERS 

Ci/clobof/iriuJti Charroi i il. Dollliis 290 

Mercierelld n. gen. InuivoI 424 

— enifftnatica Fauve) 425 

Mitllirpiix rar/ia/is .loyenx, Ilichel el Schiilniann 18o 

COXENTÉKÉ 

Uifiuimciiu dithid lîillaril 344 



TABLE DES MATIERES 

PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE D'AUTEURS 



Pages 

Angel (M. -F.). — Notes herpclologiques 257 

AxNTHONY (R.). — Brèves observations sur la Pranica (l'orme lar- 
vaire de Gnathia) dans la baie de Douarnenez i45 

BiLLARij (A.j. — Note sur une espèce nouvelle d'Hydroïde des côtes 
de France, Dynamena dubia .... 34'f 

BiLLiARD (G.). — liste des publications reçues ou échangées par la 

Société de -1914 à 1921 118 

Bholemann (H.-W.). — Liste des Myriapodes de l'Académie malgache 
de Tananarive (I^e note) 223 

Brolem^nn (H.-W.). — Id. (suite) 278 

BuGMON (E.). — Note relative à VAmeles spallanciana. Structure de 
l'oothèque, éclosion des jeunes larves 172 

BuRDET (E.). — L'art de photographier les Oiseaux en liberté ... 15 

Caziot (Commandant). — Dispersion géographique de V Hélix pomatia. 308 

Caziot (Commandant). — Mollusques terrestres et fluviatiles de la 

vallée de la V^ésubie (Alpes-Marilimes) 306 

Champy (Ch.) et Pierre Gley. — La glande du testicule des Blennies 

et sa signification 199 

Chatton (Edouard) et Hervé Harant. — Notes sur les Copépodes Asci- 
dicoles. — XL Enterocola Betencourti Canu, E. pterophora Ch. et 
Br., E. mammifera n. sp 147 

Chatton (Edouard) et Hervé Harant. — Notes sur les Copépodes Asci- 
dicoles. — XII. UEnteropsis sphinx Aurivillius et VEnferopsis 
teres (Aurivillius) l->7 

Chatton (Edouard) et Hervé Harant. — Notes sur les Copépodes Asci- 
dicoles. — XHI. Enterocolides ecnudatus n. g., n. sp., et l'évolution 
des péréiopodes 243 

Chevey (P.). — Observation sur une Perche hermaphrodite {Perça 
fhiviatilis Linn.) 60 

Courrier (R.). — Sur l'existence d'une glande interstitielle dans le 
testicule des Blennies "458 

Dalmier (E). — Un cas de myase cuticole en France méridionale . 381 

Denier (Pierre). — Sur les Brenthides de la Guadeloupe. Description 
d'une espèce nouvelle du genre Ephebocerus Sch. et notes synony- 
miques 23 

Denis (J -R.). — Sur la faune française des Aptérygoles .... 108 

DoLLFus (Robert Ph.). — Çyclobothrium Charcoti n. sp. Trématode 



4:74  TABLi: DES MATIÈRES 

Pages 
ectoitarasile sur Meinertia (l'sfroit/es (Uisso). Parasites recueillis 
pendant la croisirre océanograpliiqiic du « Pourquoi [)as • ? sous 
le comaiandemcntdu l)r J. 13. Charcot en 1914 :287 

DoLLhus (Robert Ph.). — Complément à la description de Ci/clobo- 
tlirimn Charrod mihi ;j.{S 

DoLi.rus (Kobert Pli.). — Observations sur la niorpliologio de l'aid- 
distoma mxitabile{^\o\'\n), Dicrocœlide nouveau pour la faune Iran- 
«.•aise ;iS7 

DoLi.FL's (lîobcrt pli.). — Variations dans la forme du coi-ps, la [losi- 
lion et la Ibrine dos testicules chez Dicrorw/iu/n Lanceolaltim 
(Mudolphi). Observations sur la |)Osilion systématique de quelques 
Dirrocœliuui'. Nécessité dune révision systématique des genres de 
la sous-l'amille des (Z^/tv-ocrf/Z/^r/' (Looss) Odlincr emend. . . 312 

DvÉ (L.). — .Sur la recherche de giles (V Anophèles dans les Côles- 
du-Nord |(»:{ 

{•AunÉ-rnEMiKT (K.) ct 0. DU PcioAL'DEAU. — Lo rni("roidanklon do la 
baie du C.roisic 430 

Kauvel (Pierre). — Un nouveau Serpulien d'eau sauini\tre Mercierella 
n. g. enigmatica n. sp . . • . . 42i 

IlÉnoL'ARD (E.). — Le tétraèdre morpliogénique et lo rôle des ("olloïdes 
dans sa formation 40 

Jakl'bisiak (.Stanislas). — Contribution à létude de la faune des \lar- 
liarticidœ des environs de Paris et particulièrement du lac Dau- 
mesnil (N'inccnnes) 4:2 

.Ioleal'd (L.). — Etudes de Géographie zoologique sur la Herbcrie. Les 
Carnivores.!. — Les Mélinés (Blaireaux et Moufettes) . . . 3(11 

.lovEix (Ch.). — ilocherches sur V Uvorystis prolifer N'illol. Note 

préliminaire o2 

.lovKu.x (Ch.), Ch. KicHET fils cl E. Seul LMA.w. — Description dun 
Cénure trouvé chez la Souris blanche de laboratoire ISI 

Lantz(L.-.V.). — Révision des Reptiles décrits rians le «< .loiirnal de 
voyage » d'Iwan Lépocliin l'JI 

Lahrousse (F.). — Nouvelle espèce américaine au genre P/ilebolo}nus, 
P. 7>jerfr,c[ tableau permettant de déterminer les mules des difle- 
renlos espèces de «e genre 41 

La Vaul.x (R. ke). — Destinées diverses delà furca dans le groupe des 
Cladocères 35 

La Vai'lx (R. de). — Sur l'hérédité des anomalies intersexuellcs pro- 
voquées expérimentalement 300 

Legexdre (R.). — Note sur des Salpes observées à Concarneau . 241 

Lbge.vdre (R.). — Notes biologiques sur le Dauphin commun (Del- 
j)/ii/ius delphisL.) 370 

.MiiiOT (A.). — Sur les rapports entre la formation du S(|ucletlc et le 
mode de fixation chez les Cœlentérés 260 

.MiLLOT (Jacques). — Signification biologique de l'argenture des Pois- 
sons 194 

MoNOD (Th.). — Sur un Dichelaspis do .Madagascar, commensal de 
Scylla serrata (Forskal) 204 

Md.soD (Th.). — Sur un essai de classification rationnelle dos Isopodes 134 

.\evec-Lemaihe (M.V — Asiaris Inmhr/co/i/cs L. et cor|)s étrangers 
de l'intestin 30 



TABLE DES MATIÈRES 475 

Pages 
Neveu Lemaire (M.). — Présence chez le Fiœuf :1e Metastrongijlas 

elongatus (Dujai-din, 1815) 37'J 

I'ellegrin (D"" Jacques). — Poissons de l'Oubanghi-Chari, recueillis 

par M. Baudon. Description d'un genre, de cinq espèces et d'une 

variété 64 

Pellegrin (U'" Jacques). — Poissons du Gribingui recueillis par 

-M. Baudon. Description d'un Mormyridé et d'un Characinidé nou- 
veaux 'i'iO 

Pérez (Charles). — Sur deux Crustacés parasites de la Galathea 

squamifera Leach 132 

Petit (L.). — L'arrivée des Hirondelles en 192:2 133 

Petit (L.). — Le départ des Hirondelles en 1922 332 

Pic (M.). — Coléoptères Héléromères exotiques nouveaux. . . . 100 
Pic (M,). — Sur divers Nanop/ti/es Sch. exotiques (Col. Ciu-culionides) 217 

Pic (M.). — Sur les Hétéroraères Jwiary^^mmfe (Col) 303 

Picard (François). — Note préliminaire sur l'ati'ophie de l'œil chez 

le mâle d'un Hjménoplère Chalcidien [Melittobia acasta. VValk). 404 
Prenant (Marcel). — Nouvelles remarques sur le parenchyme des 

Plathelminthes ... 29 

Prenant (Marcel). — Sur une nouvelle série naturelle de [)igmonls 

animaux 140 

Rabaud (Etienne). — La saignée réflexe des Coccinelles .... 253 
Rabaud (Etienne). — Notes sur le comportement de Rielia manficida 

Kieff. Pi'octolrjpide parasite des oothcques de Mantes .... JO 
Rose (Maurice). ~ Sur les réactions d'un Copépode marin, Idija 

furcata Baird ' 307 

Roy (Jean). — Sur les Copépodes libres de la Côte d'Or .... 180 
Semichon (L.). — Le renflement caudal du Macroscelides Rocrii Du- 

vernoy i(jG 

Semichon (L.). — Observations sur l'ovaire du Cardium edule 

Lamarck 4G2 

Teissier (Georges). — Observation des médusoides libres etdes planu- 

las de Sartularia opercidata L. . . . ....... 3o7 

Teissier (Georges). — Sur la valeur morphologique des prétendues 

Chlorelles de 5'ar/M/ar/a polyconias L. et de certaines cellules 

pigmentaires d'Hydraires Galyptoblasticiues 354 

Teissikr (Georges). — Sur le développement et la valeur mor|)holo- 

gique du gonophore de Dynamena pumila L. . .... 25!J 

Turciuni (Jean). — Note d'histologie comparée sur le cœur branchial 

et l'appendice du cœur branchial des Céphalopodes . . . . 414 

Y.\NDEL (A.). — Suppléments bibliographiques à mon travail sur les 

modes de reproduction des Planaires TricladeS Paludicoles 84 

Yandel (A.). — Sur la faune d'eau douce des Pyrénées Orientales . 1(33 
Verne (J.). — Le rein des Poissons Lophobrauches. Note préliminaire 77 
WiNTREBERT (P.). — L'évolutiou (Ic l'appareil ptérygo-palatin chez les 

Salamandridœ 208 



TABLE PAR ORDRE DE MATIÈRES 



.Vu /, paru le 31 mars Î92'J 

Pages 

Lisie (les membres ■. . . . ... v 

Hiireau et Conseil pour 1922 . .\xv 

Mcmltres décèdes pendant l'année 19:21 .\.xvi 

i*résidenls il honneur el présidents depuis la l'ondaliou de la Société. xxvi 

j'rix .Malolau de (liierne xxviii 

Prix Sccques xxix 

Prix Pelit pour l'ornilliologie xxix 

Séance du 10 janvier \ 

Séance du 24 janvier 22 

.Vo i*, paru le l'f avril 192'J 

Séance du li IV'vrier :^3 



Vos .7 pt ./, parus le /.7 Juin 19'JÎ 



o 



Séance du 14 mars (lO 

Séance du 2.S mars (.\X1X" .Xssembléc générale annuelle). ... S7 

Séance du 11 avril 107 

Séance du 25 avril 117 



X'o .7, paru le 15 juillet 1922 



Séance du \) mai 131 

Séance du 23 mai. 157 

.V»'* 6 et 7, parus le 15 octobre i922 

Séance du 13 juin 171 

Séance du 27 juin 2I(» 

Séance du 11 juillet 2il 

i\'os 8 et .9, parus le 31 janvier 1923 

Séance du 2i octobre 297 

Séance du 14 novembre 343 

Séance du 28 novembre . . 3(»(i 

No 10, paru le S mars 1923 

Séance du 12 décembre 387 

Séance du 26 décembre . 419 



LAVAL. — IMPRIMERIE BARNEOUD. 






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