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Full text of "Bulletin de la Socit nationale d'acclimatation de France"

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BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION 

DE FRANGE 



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BULLETIN 



DE LA 




FONDÉE LE lo FÉVRIER i85/i 



RECONNUE ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE 



Par Décret du 26 Février 1855 



ANNEE 1921 



SOIXANTE HUITIÈME ANNÉE 



PARIS 



AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

198; BOULEVARD 5ALM-GERMAIN (VIl') 



192: 



/\ • 



BULLETIN 



■[ DE LA 



hiMi Natifloaie d'AeelimatatioD 



DE FRANCE 



68» ANNÉE 



!M° 1. - JANVIER 1921 



SOMMAIRE 

Pages. 

Organisation pour 1921. — Coniilé d'honneur, Conseil, Commissions, Bureaux des Sections. 1 

Actes pe la Société 4 

A. Robektson-Pboschowsky. — Notes de la Cote d'Azur 5 

Extraits dt; la Correspondance : 

L'élevage de la Mante religieuse 8 

A propos du Poisson-Soleil et du Black-Bass 9 

Éducation de Séricigènes 9 

Chronique générale et faits divers 10 

Bibliographie : 
F. BuGNioN. — « Études sur les parties buccales de la Blatte et les muscles qui servent à les 

mouvoir » 14 

D"' BoMMiER. — <' Notre Sauvagine et sa chasse » 15 



Un numéro. 2 fr. 50 : — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50. 



AU SIÈGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION DE FRANCE 
198, BOQLEVARD SAINT-CIER.MAIN, PARIS (Vn«). 

^ Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
W 10 tickets, sont délivrées, au prix de 10 francs, aux membres de la Société, 
dans nos bureaux, - 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 



Vice-PréiidenU 



Président, M. Edmond Pkkbikk, Membre do l'Insiilui et de l'Académie do Médeciae, Professeur au 
Muséum d'Histoire naturelle, Pans. 

MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 15, rue Faidherbe, 
Saint-Mandé (Seine) ; 
Dr Chauvbau, Sénateur de la Côte-d'Or, 225, boulevard Saint-Germain, Paris ; 
MuRAT (le Priuce Joachim), Député, 28, rue de Monceau, Paris; 
Anthouard (le Baron A. d'), Ministre plénipotentiaire, 121 big, rue de la 
Pompe, Paris. 

Secrétaire général, M. Maurice F.oykk, 12, rue du Kour, Paris. 

•'• /• MM.J. Crepin, 55, rue de Verueuil, Paris (Séances) ; 
Sêerétai ) ^^- Dkbbbuii., 25, rue de Ghâleaudun, Paris (Intérieur); 

' j J. Delacoub, 28, rue de Madrid, Paris {Etyanyer) ; 

{ Abbé G. FoucHER, 24, rue Cassette, Paris {Conseil). 

TVésorier, M. le D' Skbillottk, 6, rue de l'Oraloire, Paris. 
Archivisle-Bihliothécairii : M. P. de Clermont. 

Membres du Conseil. 

MM. A. Chappbi.libb, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

le D' P. Marchal, Membre do l'Institut, Profes.seur à l'Institut {National Agronomique, 45, rue 

de Verrières, à Antony (Seine). 
le D' Lepbincb, 62, rue de la Tour, Pans. 
Maii.lbs, rue de l'Union, La Varenne-Saiiit-Hilaire (Seine). 

le Dr E. Trouessabt, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Cuvier, Paris 
Lecomtb, Membre de l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 14, rua de» Ecoles, Paris. 
P. Carié, 40, boulevard de Courcelles, Paris. 

L. Roule, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, Paris. 
P. Kbstner, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Ribera, Paris. 
R. Le Fort, 89. boulevard Maleslierbes^, Paris. 

Barriol, Cbet de la Comptabilité et des Finances de la C'' du P.-L.-M. 
H. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Dates des Séances générales et du Conseil 



POUR L'ANNEE 1921 



Séances Générales à 3 h., les lundis. . 

Vp Section, Colonisation, à 5 h., les Jeudis 
VIP Sectiojs, Aquariums, Terrariums, 

[es jeudis 

Sous-SKCTioN d'Ornithologie {Ligue pour 
la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 
troisièmes jeudis 



10 
24 
13 

27 ( 



20 



février 
7 


Mars 
1 


Avril 
11 


Mai 


Ntvegibre 


9 


7 


21 


21 


25 


30 


21 


10 


10 ,^ 


14 


12 


10 


24 H 


24 


28(») 


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21 


19 


17 



Dëeeolire 



5 
19 C' 



22 ( 



15 



(1) A 8 h. 3/4 du soir 

(2) A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générale. 



Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 


heures. 




JaiiTiiîf 
Séances du Conseil, à 4 h., les mercredis. 1 9 


février 


Mars 
16 


Avril 
20 


Mai 
25 


Novembre 
16 


Décembre 


16 


■ 14 



Les membres de la Société qui désirent assister au2 Séances générales recevront 
sur leur demande les ordres du jour mensuels des séances. 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises 
par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin. 

l.a reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 
des articles publiés dans le Bulletin est interdite 



Toute demande de changemant d'adresse doit être accompagnée de fr. ôO. 




SEANCE SOLENNELLE 



La Séance solennelle des Récompenses se tiendra le 
Dimanche 13 Février prochain, à 3 heures, dans le grand 
Amphithéâtre du iMuséum de Paris, sous la présidence de 

M. LE MlNlSTKE DES COLOMES. 

Allocution de M. Terrier, l'iésident. 
Conférence du Docteur Gomandon : 

LA LUTTE POUR LA VIE 

avec projections cinématographiques. 

Tous les Membres de la Société et leur famille sont 
invités à assister à cette séance. 



DÉJEUNER AMICAL 



Afin de permettre l'arrivée de Poissons et de Crus- 
tacés de Madagascar, le Déjeuner amical est reporté aux 
premiers jours d'avril. 

Un avis ultérieur en fixera la date. 



SOCIÉTÉ NATIONALE 

D'ACCLIMATATION 



Coiité d'iionneor. 



DE FRANGE 



ANISATION POUR l/ANNEE mi 

— Conseil. — Commissions. — Bureanx des sections 






COMITE D'HONNEUR 



MM. 



Le duc de BEDFORD, président de 
la Société zooluirique de Londres. 

BONNAT, membre de l'Institut. 

Le marquis de CHAMBRUN, dé 
puté. 

T DEVELLE, ancien- ministre. 

S. E. M'^'- DUBOIS, cardinal-arche- 
vêque de Paris. 

M"»' la marquise de GANAY. 

Raphaël GEORGES- LÉVY, séna- 
teur, membre de l'Institut. 

Le bâtonnier HENRI-ROBERT. 

Hon. Myron P. HERRICK, ancien 
ambassadeur des Etats-Unis à 
Paris. 



de 



MM. 

LEBRUN, sénateur, ancien mi- 
nistre. 

Le président LOUBET. 

Frédéric MASSON, mejubre 
l'.Vcademie française. 

Le prince MURAT. 

Le baron de NEUFLIZE. 

Le président POINCARb. 

Le comte Joseph POTOGKI. 

Hon. William SHARP, ancien am- 
bassadeur des Etats-Unis à Paris. 

Le marquis de "VOGUÉ, président 
de la Société des Agriculteurs 
de France. 



CONSEIL D'Administration pour ii)21 



BUREAU 



Président. 

M. Edmond PEIIRIER, membre de rinstilut et de l'Académie de 
Médecine, professeur un Muséum d'Histoire naturelle. 

Vice- Préside lits. 

MM. D. BOIS, professeur au Muséum d'Histoire naturelle. 
D-- CHAUVEAU, sénateur de la Côte-d'Or. 
MURAT (le prince .loachim), député. 
ANTHOiJARD (le baron A. d'), ministre plénipotentiaire. 

Secrétaire général. 
M. Maurice LOYER. 

BULL. soc. N.M. .\COL. FR. 1921. — 1 



2 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

Vice-Secrétaires. 

MM. l'abbé FOUCHER, Secrétaire du Conseil. 
.1. CREPIN, Secrétaire des Séances. 
Ch. DEBREUIL, Secrétaire pour l'Intérieur. 
J. DELACOUR, Secrétaire pour l'Étranger. 

Trésorier. 
M. le D- SEBILLOTTE. 

ArcJdviste-Bibliothécaire. 

M. P. de CLERMONT. 

M EMBRES DU CONSEIL 

MM. le D-- LEPRINCE. 

Ch. MAILLES. 

E. TROUESSART, professeur au Muséum d'Histoire naturelle. 

L. ROULE, professeur au Muséum d'Histoire naturelle. 

P. CARIÉ. 

P. KESTNER, président de la Société de Gliimie industrielle. 

R. LE FORT. 

A. CHAPPELLIER, chef de travaux de Zoologie à l'École 
pratique des Hautes-Études. 

P. MARCHAL, membre de l'Institut, professeur à l'Institut 
national agronomique. 

LECOMTE, membre de l'Institut, professeur au Muséum d'His- 
toire naturelle. 

A. BARRIOL, chef de la Comptabilité et des Finances de la 
C'^ du P.-L.-M. 

H. JEANSON, industriel. 

Vice-Président honoraire. 
M. le baron Jules de GUERNE. 

Archivistes-Bibliothécaires honoraires. 
MM. MOREL. 

CAUGURTE. 

Membres honoraires du Conseil. 

MM. le comte Raymond de DALMAS. 
MILHE-POUTINGON. 
P. A.-PICHOT. 
le D-- ACHALME. 

Secrétaire des Séances adjoint. 
M. Pierre GUEPIN. 

COMMISSION DES CHEPTELS 

MM. le Président et lé Secrétaire gé.\ér.\l. 



Membres pris dans le Conseil. 
MM Debreuil. 
Delacour. 
Trouess.\rï. 



Membres pris dans la Société. 

MM. Lasseaux. 
Voitellier. 
Mouquet. 



ORGANISATION DE LA SOCIETE 



COMMISSION DES RÉCOMPENSES 

MM. le 'Président et Je Secrétaibe général. 



MM 



Délégués du Conseil. 
. A. Chappellier, C. Mailles, C. Debreuil, de Guerne, Marchal. 

Délégués des sections. 

Première section. — Mammalogie MM. 

Deuxième section. — Ornilholofjie 
Sous-section (ÏOrnilliologie ... 
Troisième section. — Aquiculture 
Quatrième section. — Entomologie 
Cinquième section. — Botanique . 
Sixième section. — Lecomle . . . 
Septième section. — Aquariums et Tern 



J. Ckepin. 
J. Delacour. 
A. Chappellier. 
L. Roule. 
A.-L. Clément. 
D. Bois. 
Leco.mte. 



riums 



Pellegkix. 



COMMISSION DE COMPTABILITÉ 

MM. Barriol, p. Faucon, Leprince. 

COMMISSION 
DE LA BIBLIOTHÈQUE ET DES ARCHIVES 

MM. Carié, Foucher, Mailles. 

COMMISSION DE PUBLICATION 

MM. les Préside.n'ts de section , le Secrétaire général et les Vice 



SECRETAIRES. 



!'« Section. 



Mammalogie. 

MM. C Debrevil, délégué du Conseil . 
Tkouessart, président. 
MouQUET, vice-président. 
L. Petit, secrétaire. 

2« Section. 



BUREAUX DES SECTIONS 

3« Section. 



4' Section. — Entomologie. 

MM. P. Carié, délégué du Conseil. 
P. Marchal, président. 
L. Chopard, vice-présideni. 
Abbé Foucher, secrétaire. 

5' Section. — Botanique. 

MM. P. Kestneh, délégué du Conseil. 
Bois, président. 
GuiLLAUMiN, vice-président. 
Conrard, secrétaire. 



Ornithologie. 

MM. C. Mailles, délégué du Conseil. 
J. Delacour, président. 
VoiTELLiEu, vice-président. 
J. Berlioz et A. Decoux, secré- 
taires. 

Sous-Section. 

(LiGLE rHANÇAISE 

POUR LA Protection des Oiseaux). 

MM. C. Mmlles, délégué du Conseil. 
L. Ternier. président. 
N... et Hugues, vice-prési- 
dents. 
A. Chappellier, secrétaire. 
H. de Clermont, secrétaire des 

séances. 
N..., trésorier. 

7e Section. — Aquariums et Terrariums 

MM. de Guerne, délégué du Conseil. 

le Df Pellegrin, président. 
M^^ LE Dr M. Phisalix. . . ) 
M. Béguin-Billecocq . . . j 

MM. Bruyère ) 

l'Abbé Foucher . . . . ] 



Aquiculture. 

MM. R. Le Fort, délégué du Conseil. 
Roule, président. 
Leprince, vice-président. 
Anoel, secrétaii'e. 



MM. 



6'^ Section. — Colonisation. 

Lecomte, délégué du Conseil. 
A. Chevalier, pré.ndent. 
L. DiGUET, vice-président. 
Meunissier, secrétaire. 



vice-présidents, 
secrétaires. 



ACTES DE LA SOCIÉTÉ D'ACCLIMATATION 



DISTINCTIONS HONORIFIQUES 

M'"* la marquise de Ganay, membre du Comité d'honneur de 
noire Société, a obtenu la médaille de la Reconnaissance 
française en vermeil, avec la citation suivante : 

« Dès le début de la guerre, en qualité de présidente du 
Comité des dames de la Société de secours aux blessés, à 
Milly fSeine-et-Oise), a affecté sa propriété de Courances à 
la création d'un hôpital de 75 lits, et dépensé, pour cette 
œuvre de bienfaisance, 400.000 francs; en outre, a consacré 
tous ses soins personnels à l'administration et à la direction 
de cette importante entreprise. Â rendu aussi de grands ser- 
vices patriotiques comme fondatrice et présidente de l'œuvre 
du Bon Gîte. « B. M. 

M. le D' Jacques Pellegrin, assistant au Muséum, président 
de notre VIP section, « Aquariums et Terrariums », a reçu, le 
4 novembre, dans une prise d'armes aux Invalides, la croix de 
la Légion d'honneur. 



PAIEMENT OE LA COTISATION ET DE L'ABONNEMENT 
à la Revue d'Histoire naturelle appliquée. 

Afin de faciliter le recouvrement de la cotisation et de l'abon- 
nement à la Revue, nous adresserons, prochainement, à cha- 
cun des membres de la Société et aux abonnés de France et 
de l'Algérie, un mandat-carte, qui leur permettra, sans aucun 
frais pour eux, de verser le montant de la cotisation et de 
l'abonnement à notre compte de Chèques postaux, n" 6139. 

Nous prions nos collègues et abonnés de France et d'Algérie 
d'effectuer leur versement au moyen de ce mandat-carte, qui 
simplifie nos écritures et limite nos frais. 

Le service des Chèques-postaux n'existant pas encore dans 
la plupart de nos Colonies et à l'Étranger nous serons recon- 
naissants à nos collègues et abonnés des Colonies et à ceux 
71 habitant pas la France, de se libérer par l'envoi d'un chèque 
ordinaire, sans attendre un avis personnel, pour éviter tout 
retard dans l'envoi des publications. 



NOTES DE LA COTE D AZUR 



Nous rappelons à ceux de nos collègues qui n'ont pas encore 
souscrit d'abonnement à la Revue d'Histoire naturelle apjjliquée 
que cette importante et utile publication est le complément 
nécessaire du Bulletin. Cette Revue est divisée en deux parties : 
la première contient des articles originaux de Zoologie et de 
Botanique appliquées (l'Ornithologie exceptée) et la seconde 
est consacrée uniquement à l'Oiseau. 

Les prix d'abonnements, très réduits pour les membres de 
la Société, sont pour un an : 15 fr. pour chacune des parties; 
20 fr., pour les deux parties. 

Des numéros spécimens de lo, Revue d'histoire naturelle appli- 
quée seront envoyés, ce mois-ci, aux membres de la Société non 
encore abonnés. 

NOTES DE LA COTE D'AZUR 
Par A ROBERTSON-PROSCHOVTSKY. 

VALBIZZIA LOPHANTA Bemham. 

Feu notre collègue, le D' J. Pérez, deTénériffe(Iles Canaries), 
dans une note posthume parue dans le Bulletin de notre 
Société (1), mentionne, parmi les Légumineuses dont les graines 
ne germent pas facilement, l'Acacia [Albizzia] lophanta, ce qui 
ne correspond pas aux observations que j'ai pu faire .ici. Je 
cultive un grand nombre d'espèces d''Acacia et d'autres Légu- 
mineuses à graines dures dont beaucoup ne germent que 
difficilement. Les graines de ces Acacia tombant à terre par 
milliers ne lèvent en effet que très rarement quoique les con- 
ditions paraissent très favorables lorsque la surface du sol a 
été remuée et arrosée. Il en est de même pour les Eucalyptus, 
arbres également d'Australie, dont la germination spontanée 
est, ici, encore plus rare. Il y a pourtant une différence très 
prononcée : tandis que les graines d'Acacia, même fraîches, 
lèvent généralement avec difficulté et en tout cas capricieuse- 
ment, quand on les sème en terrines ou en pots, tout en main- 
tenant la terre toujours légèrement humide, les graines d'Eu- 
calyptus, qui ne lèvent presque jamais spontanément ici, même 

(1) V. 1920, p. 132. 



6 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

dans les conditions de terrain et d'humidité les plus favorables, 
germent presque toujours très bien et promptement quand on 
les sème en terrines ou en pots. Pourquoi? Pour répondre à 
cette question, il faudrait connaître exactement ce qui se passe 
dans leur pays d'origine, l'Australie, et, cela, je l'ignore. 

L'Albizzia lophanta Bentham dont je veux parler, arbre 
indigène dans l'Australie occidentale dont le climat, comme 
celui des autres régions de l'Australie extra-tropicale, est assez 
semblable à celui de la Côte d'Azur où les plantes d'Australie 
réussissent si bien, se comporte tout différemment des Acacia, 
Eucalyptus^ Melaleuca, Callistemon, et de tant d'autres plantes 
ligneuses d'Australie. Ses graines lèvent avec une extrême 
facilité et il n'y a pas de plante indigène à la GôteJd'Azur qui 
le surpasse sous ce rapport. C'est avec le Ligustrum lucidum 
Alton {L. japonicum Hort.) de la Chine, le Nicoliana glauca 
R. Graham de l'Argentine, les magnifiques Wigandia des Andes, 
le Podachsenium poniculatum Bentham {Ferdinanda eminens 
Lag.) du Mexique, VEupatorium atroruhens (Zem.) également 
du Mexique et les splendides Echium arbustifs des Canaries, 
l'espèce qui s'est le mieux naturalisée dans mon jardin (V 

Il y a de longues années, j'ai planté deux ou trois exem- 
plaires à'Albizzia lophanta type et de sa très belle variété 
speciosa Hort. qui,, se reproduisant toujours de semis, devrait 
plutôt être considérée comme une sous-espèce ou môme une 
espèce distincte. Depuis ce temps, sans que j'en aie planté 
d'autres, ces arbres se sont multipliés de telle façon que c'est 
par milliers qu'ils lèvent non seulement sur la terre remuée et 
arrosée, mais sur les chemins durs, sur les talus arides, sur 
•les tas de cailloux, même sur les pentes boisées naturellement 
où ils se maintiennent en concurrence avec la végétation 
spontanée. Il s'agit donc d'une espèce au plus haut degré 
adaptée aux conditions climatiques de la Côte d'Azur. Tandis 
qu'exceptionnellement seulement les graines des Acacia et 
presque jamais celles des Eucalyptus ne lèvent spontanément, 
celles de VAlbizzia lophanta germent en telle abondance qu'un 
véritable tapis s'est formé sous l'arbre-mère, notamment 
depuis que les suites financières de la guerre m'ont obligé de 

(1) Dans un article de la flpi;ue fforf/co/é», de 1916, p. 106, « Acclimatation et 
naturalisation des Plantes exotiques sur la Côte d'Azur », j'ai traité cette 
question plus en détail. 



NOTES DE LA CÔTE n'AZUK 7 

laisser mon jardin presque sans soins. Cette espèce a, sur 
plusieurs points, pris possession du terrain, formant des bos- 
quets à feuillage persistant, léger et très gracieux. 

Notre savant collègue Âug. Chevalier a, lors d'une de ses 
visites à mon jardin, reconnu de suite comme appartenant à 
une espèce exotique un assez gros tronc placé sur un chemin 
pour y être débité en bois à brûler. La croissance de cet arbre 
est en effet si rapide qu'un semis de trois à quatre ans peut 
atteindre une hauteur de 6 à 8 mètres et même plus. Le tronc 
très droit pourrait être utilisé pour faire des charpentes légères, 
des échalas, etc., mais il faut dire que le bois pourrit assez 
vite en terre. Vu l'abondance et la rapidité de la croissance, 
c'est comme bois de chauffage que je m'en sers surtout, bien 
qu'il soit assez léger et se consume vite. 

En tous cas, il s'agit d'un très bel arbre dont on peut, sans 
frais, orner des terrains nus en très peu de temps. On voit 
partout sur la Côte d'Azur des terrains à vendre pour construire 
des villas ; ils sont dépourvus de toute végétation autre que 
les mauvaises herbes; en grattant le soi et en y jetant quelques 
poignées de grnines d\Albizzia tophanfa on pourrait vite orner 
ces terrains nus de bosquets d'arbres à feuillage léger e*' 
gracieux, ce qui attirerait sans doute l'acheteur; du moins, en 
attendant, on tirerait quelque profil du bois. 

Pour finir, j'ajoute que VAlbizzia loplianta, surtout sa variété 
speciosa, est tellement joli qu'on cultive souvent cette plante 
en pot pour la vente sur les marchés de Paris et d'ailleurs. 



J'ai, dans une communication faite à notre Société, noté, à 
titre de curiosité, qu'une feuille du grand et magnifique Pal- 
mier, Arecastrum Romanzoffianum Beccari [Cocos Roman- 
zoffiana Chamisso), fut cassée en 1917, au mois de janvier, par 
le poids de la neige tombée en telle abondance (12 centimètres) 
que de mémoire d'homme on ne se rappelait rien de pareil. 
Cette feuille qui, depuis deux ans, pendait parallèlement au 
tronc (le pétiole était cassé et plié à angle très aigu), se main- 
tenait parfaitement verte bien qu'on eût dit que toute circula- 
tion de sève fût arrêtée. Elle s'est maintenue de la sorte en 
aussi bon état que les feuilles non cassées et c'est maintenant 
seulement qu'elle vient de se dessécher (août 1920), suivant 



8 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE Ij'aCCLIMATATION 

Tordre ordinaire et exactement à son tour, après que les 
feuilles situées plus bas se furent desséchées. 

Je pense qu'il y a intérêt à faire connaître cette observation qui 
prouve combien peu de circulation de sève est nécessaire pour 
maintenir en vie une partie plus ou moins grande d'une plante. 

Ceci vient d'être corroboré par une nouvelle observation : 
un arbre, Ournia cerasifera F. Mueller, d'Australie, fut mar- 
cotté par une toute petite branche à la partie la plus basse; un 
an après, pour une cause inconnue, le tronc, rongé peut-être 
par un insecte ou quelque autre animal, se cassait au-dessous 
de la petite branche-marcotte. Ce tronc, d'une longueur de 
5 à 6 mètres et garni de branches, gît à terre, complètement 
séparé des racines, mais continue à vivre depuis bientôt trois 
ans, en état peu prospère, il est vrai. Il ne reçoit pourtant de 
nourriture que par la minuscule branche-marcotte que j'ai 
laissée et qui s'est, du reste, très peu développée. 

Ce fait est d'autant plus remarquable que, dans ce cas, la 
circulation de la sève doit avoir lieu, au moins en partie, de 
façon très contrariée, caria petite marcotte doit évidemment en- 
voyer la sève descendante vers ses racines et non vers le tronc. 
Les Tropiques (Nice). 



EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE 



L'ÉLEVAGE DE LA MANTE RELIGIEUSE 

M. Rollinat écrit d'Argenton-sur-Creuse : 

J'ai, enfin, fait manger les petites Mantes nées chez moi. 
Elles ont dévoré de minuscules larves rousses et d'autres 
blanches et noires qu'on tnouve sur les pousses tendres du 
Rosier; elles ont, aussi, maintes fois, devant moi, grugé de 
nombreux Pucerons du Rosier. Fabre leur avait servi le bon 
mets, il aurait dû les voir manger. Mais la première mue a été 
terrible pour ces petites hèles; beaucoup n'ont pu se débar- 
rasser de leur vieille défroque et sont mortes. Celles qui par- 
vinrent à muer se battirent férocement. Chaque fois que les 
petites Mantes se rencontraient, elles se mettaient à faire de la 
boxe et souvent les deux adversaires y trouvaient la mort. Dès 
Vàge le plus tendre, les Mantes ont de mauvais instincts. Une 



EXTRAITS DE LA CORKESPONDANCE 9 

seule survivait fin juillet; elle avait un mois et était sur le 
point d'opérer sa seconde mue, qu'elle n'aurait pu accomplir 
du reste, car elle avait été blessée et une de ses pattes ravis- 
seuses ne s'ouvrait plus. Un orage avait détrait les Pucerons 
du Rosier; j'avais peine à en trouver ici. J'offris à ma bête du 
Puceron d'Osier et elle mourut deux jours après; elle les man- 
geait avec dégoût; elle succomba le 29 juillet. 

M. Labitte avait nourri, au Muséum, des xMantes jusqu'à la 
première mue. 



A PROPOS DU POISSON-SOLEIL ET DU BLACK-BASS 

M. J. Chappée nous écrit de Port-Brillet (^Mayenne) où il pos- 
sède un étang de 35 hectares atteignant jusqu'à 8 mètres de 
profondeur : « Depuis 40 ans vivent dans cet étang des Pois- 
sons-Soleil {Fupomotis qibbosus) et des Black-Bass {Microp- 
tesus salmoides). Les Poissons-Soleil, d'abord très nombreux, 
le sont de moins en moins et il se peut qu'ils disparaissent 
tout à fait ou à peu près, ce qu'ils ont déjà fait en d'autres 
points (Anjou), après une réussite de quelques années. 

Les Black-Bass vivent bien, grossissent; on en voit de beaux 
à la surface, dormant au soleil, mais ils sont fort difficiles à 
prendre en grosse taille et restent rares comme la Perche de 
rivière. Ces Poissons sont, comme notre Perche, de très bonne 
qualité, avec peu d'arêtes. 

Les Poissons-Soleil sont mangeables quand ils arrivent à la 
grande taille (25 ou 30 centimètres de longueur). 



ÉDUCATION DE SËRICIGÈNES 

Notre collègue, M. .1. Chappée, du Mans, nous adresse la 
note suivante : 

Au cours de la guerre, j'ai voulu faire venir du Japon des 
œufs de Yama-Maï, la Saturnie du Chêne. L'élevage de ce 
Papillon avait été pratiqué en grand, avec succès, avant 1870, 
à Laval, par le maréchal Vaillant; la guerre de 1870 a ruiné 
l'entreprise. Les difllcultés de transport depuis six ans m'ont 
fait recevoir morts les œufs, qui m'arrivèrent en mai, au 
moins 50 jours trop tard ; la température du printemps les 



10 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION 

avait fait éclore en route. Plusieurs années de suite, je n'ai pu 
élever qu'un seul ver jusqu'au cocon. En 1919, qui fut Tannée 
la plus brillante pour moi, j'ai eu 3 cocons et 3 Papillons, mais 
c'était trois mâles. Le Yama-Maï est d'un élevage aisé. Les 
premiers jours de sa vie, il est très vagabond et malaisé à 
garder, mais il se calme et ensuite il s'élève bien, au frais, en 
plein air, à la condition de recevoir deux ou trois fois par 
jour, une bonne douche d'eau fraîche qu'on peut lui donner 
avec une brosse imbibée d'eau. Cette chenille a, d'ailleurs, des 
couleurs magnifiques; elle est beaucoup plus sympathique 
que celle du Papillon àja Mûrier. J'ai pratiqué ce dernier essai, 
avec succès, au Mans, sur une petite échelle. Il y a 100 ans, 
un Manceau y a^^ait bien réussi cet élevage, mais il ne put le 
faire adopter par les paysans qui s'en tiennent aux animaux 
plus gros. 



CHRONIQUE GÉNÉRALE ET FAITS DIVERS 



Les Singes de Gibraltar. — Le Cormoran de Raoul de Najac. — L'uti- 
lisation de la peau de Requin. — Lutilité des » Bêtes puantes ». — 
La sélection des Oiseaux de basse-cour. — La destruction du gros 
gibier dans l'Afrique du Sud. — L'élevage du Ver à soie dans le dé- 
partement d\i Rhône. 

On sait qu'il existe une petite colonie de Singes sur le rocher 
de Gibraltar. Ces quadrumanes se sont un peu trop multipliés 
au gré des voisins de la forteresse dont ils dévalisent les jardins 
et où ils terrorisent les femmes et les enfants qui les rencontrent 
inopinément. Le gouverneur de Gibraltar a dû, sinon prescrire 
leur extermination, du moins diminuer leur nombre, et il 
enverra quelques couples de ces indésirables dans les Jardins 
zoologiques. 



Nous apprenons la mort du Chameau de la Bactriane qui fit 
.si longtemps l'ornement de l'île des Chevaliers, à l'entrée de la 
rivière de Pont-l'Abbé, la propriété où notre regretté collègue, 
M. de Najac, avait réuni une intéressante collection d'animaux. 
C'était le dernier survivant de sa ménagerie. Les Aigrettes, 
dont M. de Najac espérait obtenir la reproduction, les ayant 



CUROiNIQUE GENERALE ET FAITS DIVERS 



11 



installées dans un grand enclos couvert où ces Échassiers 
jouissaient de toute les illusions de la liberté, avaient été dis- 
persées à la mort du propriétaire, et le fameux Cormoran 
dressé, « Carême >>, qui avait tenu un rûle à une représentation 
du Cirque Molier, avait été lâché au bord de la mer pendant 
la guerre, vu la difficulté qu'il y avait à le ravitailler en pois- 
sons. Il est à craindre que ce pauvre Oiseau, si apprivoisé, 
n'ait été la victime du premier pêcheur ou du premier chien 




M. de ISajac et son Cormoran « Caresme » 
à l'Exposition d'Aviculture. 



qu'il a rencontré et au-devant duquel il sera allé sans méfiance. 
Son portrait, dans son rùle du Cirque Molier, est une des illus- 
trations du livre: Les Oiseaux de Sport. M. de Najac avait fait 
souvent pêcher son Cormoran devant le public dans la rivière 
du Jardin d'Acclimatation, et il l'exhiba en 1906 à l'Exposition 
de la Société d'Aviculture, oîi un bassin avait été aménagé 
pour lui permettre de développer son habileté de pêcheur. 
Lorsque le Président Fallières visita l'Exposition, M. de Najac 
donna au Président quelques explications sur l'emploi du 
Cormoran en Chine, et l'Oiseau, comme s'il avait compris qu'il 
était question de lui, s'approchant du groupe, salua le Prési- 
dent par une démonstration bruyante. M. Fallières, .très amusé 



12 BULLETIN DK LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

par rincident, lui rendit son salut à la grande joie de l'assis- 
tance. 



M. Townsend, le directeur de l'Aquarium de la Société zoolo- 
gique de New-York, adonné, dans le Bulletin de cette Société, 
d'intéressants détails sur l'utilisation de la peau de Requin 
que la « Compagnie des cuirs de l'Océan » est parvenue à pré- 
parer de façon à répondre à tous les besoins du commerce. 
Cette Compagnie fait maintenant passer dans ses cuves tannage 
jusqu'à cinq cents peaux par jour qui lui sont fournies par 
quatre stations de pêche spécialisées dans la capture de ces 
Poissons voraces. La peau des Requins présente, comme on 
sait, une surface chagrinée qui en limitait l'application à un 
petit nombre d'usages. Au moyen de préparations chimiques 
on fait tomber cet épiderme corné, et le cuir, qui se trouve 
ainsi dégagé, est une matière admirable qui se prête aux fabri- 
cations de luxe aussi bien qu'aux usages les plus utilitaires. 
En outre de leur peau, les Requins fournissent une huile très 
estimée que l'on tire de leur foie ; les déchets sont convertis en 
engrais pour la culture et la chair est parfaitement mangeable 
et se vend déjà en conserves sur quelques marchés. Les aile- 
rons de Requins sont un mets très recherché sur les tables chi- 
noises. On les importe des Carolines et du Pacifique où la 
pêche des Requins va devenir une industrie très rémunéra- 
trice. 



Par un jugement en date du ^ mars 1913, la Cour de cassa- 
tion a reconnu passible d'indemnités envers les riverains, le 
propriétaire qui ayant détruit les « bêtes puantes » sur son 
domaine, a favorisé la multiplication des Lapins sans rem- 
placer par son action personnelle le travail des animaux car- 
nassiers. Il y a longtemps que nous sommes fixés sur l'utilité 
des animaux dits « nuisibles », plume ou poil, qui rendent plus 
de services à l'agriculture que la plupart des gibiers protégés, 
toute proportion gardée d'ailleurs. 



Les savants de la station d'expériences agricoles de l'Uni- 
versité de Cornell (Ktals-Unis), viennent de passer six ans à 



CHRONIQUE GÉNÉRALE ET FAITS DIVERS. 13 

peser, photographier et numéroter des œufs de Poules, en vue 
d'arriver par la sélection des progénitures à améliorer la ponte 
qui tient une si grande place dans l'économie domestique des 
nations civilisées. Le but était louable assurément, mais, mal- 
gré le travail considérable que ces recherches ont entraîné, il 
ne semble pas que le minutieux mémoire publié par l'Inslitut 
Cornell ait jeté beaucoup de joursur la question. Ce qui résulte 
de plus clair des 150 tableaux statistiques, dressés par les avi- 
'culteurs scientifiques américains, est que les grosses vol§,illes 
produisent de gros oiseaux, les petites volailles des petits 
individus et le croisement des grosses et des petites races, des 
sujets de taille intermédiaire. Nous nous refusons à suivre plus 
loin les expérimentateurs dans les subtilités de leurs observa- 
tions. 



La destruction du gros gibier, dans la Rhodésie et le Zulu- 
land (Afrique du Sud), continue d'une façon impitoyable. Les 
journaux delà localité sont remplis des hauts faits des cinq 
cents tireurs qui rivalisent d'ardeur pour nettoyer le pays et 
qui exécutent des feux de salve sur les malheureux animaux 
condamnés, à quelque distance qu'ils se présentent. Aussi en 
blessent-ils plus qu'ils n'en tuent surplace et plus d'un chas- 
seur est atteint par des balles qui s'égarent sur les imprudents 
qui traversent le champ de manœuvre. Le major Prétorius a 
abattu pour sa part environ 80 Éléphants, et tel chef d'un petit 
groupe de quatre exterminateurs accuse un tableau de 67 
Zèbres, i Gnus, 3 Antilopes Koudou, 2 Phacochères et une 
masse de plus petit gibier. Un Rhinocéros a pu s'échapper avec 
deux balles dans le corps. Les colons ne font pas de quartier 
et ne réfléchissent pas que la Mouche Tsé-tsé continuera à se 
multiplier, quand même il n'y aura plus de gibier pour favo- 
riser sa dispersion. 



Depuis de longues années, l'élevage du Ver à soie était 
abandonné dans la région lyonnaise. Et cependant de 1848 à 
1853 la production des cocons dans cette région avait été, en 
moyenne, de 390.000 kilogrammes, soit au prix de 15 fr. = 
5.850.000 francs. Notre collègue, M. Marins Galfard, nous 
apprend qu'une femme, M""* Grange, qui exploite une ferme à 



14 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

Vourles, canton de Saint-Genis-Laval (Rhône), a résolu de 
restaurer cette ancienne industrie et a élevé, cette année, des 
Vers à soie avec les feuilles des Mûriers de sa ferme. Elle a fait 
éclore, à la fin d'avril dernier, 45 grammes d'œufs de Ver à 
soie et a récolté d02 kilos de cocons, qui ont été achetés par 
M. Bertrand, filateur de soie. Souhaitons, avec M. Galfard, 
que son exemple soit suivi dans le département du Rhône et 
partout où il reste encore des Mûriers. 



BIBLIOGRAPHIE 

Études sur les parties buccales de la Blatte et les mus- 
cles qui servent à les mouvoir, par M. le professeur 

BUGINION. 

M. Bugnion, professeur honoraire à l'Université de Lau- 
sanne, s'est spécialisé dans l'étude de l'anatomie des Insectes, 
il a scruté les parties les plus intimes de ces êtres, si souvent 
microscopiques, et gràceàsonpatientlabeur, àsa précision dans 
l'analyse, appuyée sur des dessins d'une remarquable netteté, 
il a pu nous donner, presque chaque année, un nouveau travail 
qui nous apprend que l'organisme de l'Hylesinus, du Xylocope, 
de la Fourmi rouge, des Ténébrions, du Termite, etc., n'a plus 
de secrets pour le savant. 

Aujourd'hui, M. Bugnion nous offre une « Étude sur les 
parties buccales de la Blatte et les muscles qui servent à les 
mouvoir ». Cette étude était d'autant plus nécessaire que, jus- 
qu'ici, la nomenclature de ces organes était restée assez con- 
fuse et imprécise, parce que, d'une part, la terminologie des 
parties buccales a été introduite à une époque oii les homo- 
logies de la maxille et du labium n'étaient pas encore bien éta- 
blies ; et, d'autre part, quand on passe d'un ordre d'Insectes à 
un autre, la signification des divers organes de la bouche est 
souvent difficile à discerner. 

M. Bugnion a donc choisi deux espèces de Blattes, Blatta 
americana el Blatta australasi-x dont les parties buccales offrent 
la disposition la plus typique; par un sectionnement au rasoir, 
il a mis en évidence : le labre, les mandibules et leurs muscles 
puissants; les inaxillcs dont les cinq pièces forment un tout 



BIBLIOGRAPUIE 15 

merveilleusemenl adapté à une triple fonction : sentir la nour- 
riture, la préparer, et devenir ensuite appareil de nettoyage ; 
le labium et ses lobes; la langue, le pharynx et cette région 
antérieure située immédiatement derrière la langue, délimitant 
l'orifice; c'est la première fois, croyons-nous, que le savant a 
pu déterminer et dessiner cette partie si délicate de l'Insecte, 
la cavité buccale, et enfin l'appareil salivaire qui se compose 
de deux glandes et deux ampoules ou réservoirs. 

M. Bugnion termine son travail par des déductions relatives 
à la théorie métamérique de la tête et analyse le mémoire de 
Verhoeff sur la constitution de la tête des Insectes. 

Cette étude très documentée a le mérite d'apporter des élé- 
ments nouveaux à la comparaison des divers Insectes entre 
eux et, comme le dit si bien l'auteur, le fait qui surprend c'est 
l'étonnante diversité, c'est la différenciation merveilleuse qui, 
au cours des âges, s'est réalisée dans les groupes les plus 
divers. ^. Foucuer. 



* * 



Notre Sauvagine et sa chasse, par M. le D'^ Bommier. 

Les Anglais et les Allemands ont depuis longtemps publié 
des traités d'Ornithologie à l'usage des chasseurs permettant 
à ces derniers d'identifier les diverses espèces d'Oiseaux d'eau 
qu'ils pouvaient rencontrer au cours de leurs chasses de mer 
et de maïais. Pendant longtemps, en France, les chasseurs 
n'eurent à leur disposition que des ouvrages purement scien- 
tifiques qui n'étaient pas à la portée de tous. En 1897, M.Louis 
Ternier a, le premier, publié sous le titre de la Sauvagine en 
France, un ouvrage d'Ornithologie destiné aux chasseurs et 
consacré à l'étude et aux moyens d'identification de tous les 
Oiseaux d'eau rencontrés en France d'une façon naturelle. Cet 
ouvrage est depuis longtemps épuisé. Depuis, M. Ternier a 
publié un autre ouvrage sur les Canards sauvages et leurs 
congénères qui constitue une étude très complète de l'histoire 
naturelle des Anatidés visitant la France et qui traite d'une 
façon très étendue des modes de chasse aux Canards sauvages 
et Oiseaux similaires. 

En 1914, un autre auteur, le D"" Brasil, professeur à la 
Faculté des Sciences de Caen, a fait paraître un ouvrage inti- 
tulé : Les Oiseaux d'eau, de rivière, de mer et de marais destiné 
à permettre aux chasseurs d'identifier très facilement toutes 



16 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

les espèces d'Oiseaux d'eau non seulement de France, mais 
des pays circonvoisins. 

Les livres de M. Ternier sont maintenant introuvables, nous 
sommes donc heureux d'annoncer qu'à côté de l'ouvrage du 
D"" Brasil les chasseurs vont avoir à leur disposition, pour 
l'identification des Oiseaux d'eau, un nouveau livre très 
luxueusement édité. 

Cet ouvrage est divisé en deux parties : 

La première traite de la chasse des Oiseaux de marais, de 
rivière et de mer. Une étude des terrains de chasse, de la 
migration, des armes du chasseur, de l'équipement, des embar- 
cations, de la chasse d'affût (hutteaux, gabion, hutte, appe- 
lants de grève et de marais) intéressera tous les chasseurs 
auxquels plaît ce sport si captivant. 

Dans une seconde partie réservée aux Oiseaux, l'auteur, 
après avoir consacré un chapitre à l'anatomie extérieure de 
rOiseau, un autre aux variations du plumage, établit une clas- 
sification nouvelle, simple, qui n'est, toutefois, pas conforme 
aux classifications scientifiques admises généralement, mais 
qui permet l'identification rapide et sûre d'une victime. Des 
tableaux synoptiques éclairent d'ailleurs d'un jour nouveau ce 
point capital et permettent de trouver aussi facilement le nom 
d'un Oiseau que dans un dictionnaire. 

Enfin; il existe pour chacun des Oiseaux d'eau susceptibles 
d'être rencontrés en France, en Belgique et en Angleterre, 
une r>otice individuelle donnant pour chacun d'eux les noms 
populaires, l'étymologie, la taille, Ihabitat, la description, la 
nourriture, la nidification, les migrations, les modes de 
cliasse, etc. 

Si nous ajoutons que chaque Oiseau possède sa photographie, 
que toutes ces photographies sont à une même échelle, nous 
aurons rendu à nos lecteurs le service de leur signaler un 
travail très complet et très original. 

Ce volume de 300 pages environ (22 X -8) sur papier couché 
de luxe avec 268 photogravures des plus beaux spécimens de 
chaque espèce, est en vente chez l'auteur, D"^ R. Bommier, 
château de Wardrecques (Pas-de-Calais). 

.Le sommaire complet, une page extraite du texte et des 
gravures spécimens sont envoyés contre simple demande à 
l'auteur. 

Le Gérant : A. Maretheux. 
Paris. — L. Marktueux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



Le Secrétaire général a l'honneur d'Informer MM. les Membres de la Société et les 

gersonnes qui désireraient l'entretenir, qu'il se tient à leur disposition, au siège de la 
ociété, 198, boulevard Saint-Germain, tous les Lundis, de 4 à 7 heures. 



EN DISTRIBUTION 



Graines orterles par M. GAGE, 
superir tendant du Jardin roj'al 
botanique de Darjeeling (Inde). 

Atiilbe rivulai-is. 
Betula Bhojpaltra. 
Bœhmeria platyphylla. 
Dichroa febrifuga. 
Eriohotrya Hookeriana. 
Fraxinus floribunda. 
Indigofera dosua var. tomentosa. 
Michelia excelsa. 
Pinus Puddxim. 
Rhododendron arboreum. 
Rosa macrophylla. 
Rhus semialata. 
Salix calyculala. 

— oreophila. 
Trachycarpus Afartianus. 



Graines offertes par M. BOIS 

Onopordon illyricum L. var. car- 
diinculits. 



Graines offertes par M. MOREL 

Agathsa cœlesiis. 
Angelica arcliangelica. 
Aralia sinensis. 
Biota aurea. 
Castnnopsis hysirix. 
Chionantlnis virginica. 
Ctematis erecta alba. 
Cratxgus Carrifj-ei. 
Cytiaus sempervirens 
Dimorpjwtheca aurantiaca. 
Eucalyptus amygdalina. 
Eu'Ulyplus ylobuhis. 
Gallonia candicans. 
Halesia corymbosuyn. 
Héliolfrope var. Lemoine. 
— — M"* Bruand. 



Heuchera sangmnea. 
Impatiens Suliani. 
Polygonum Baldschuanicum. 
Séquoia gigantea. 
Tamarix africana. 



Graines offerte* par le Gouver- 
nement général de l'Algérie 
et par le Jardia botanique de 
Sj'dney. 

Chloris gayana. 



Graines off'ertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdalus Davidiana 
(Hêcher sauvage des montagnes 
de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

S'adresser au Secrétariat. 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société. 

OFFRES 

Sujets 1919 : 1-2 Canards Barbarie, 90 fr. ; \--l Oies grises, 80 fr. 
M. de Boudard-Olonne, à Loriol (Vaucluse). 

Prix modérés : 50 beaux Camélias, à prendre sur place, près Orléans. 
M. A. Chappellier, 80. boulevard Saint-Germain, Paris. 

Lapins angoras blancs, prix suivant âge. 
M. C. Loyer, '26^, rue Saint-Sulpice, Paris. 

Araucaria excelsa, âgé de 25 ans, 7°', 50 de circonférence. 
M. E. Chalvon, 8, rue Germain-Pilon, Paris. 

A vendre : Lama femelle blanche âgée de 4 ans, née en Suisse. 

Adresser offres à l'Intendant de la Villa de Prangius, près Nyon (Canton de Vaud), Suisse. 

Élevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

Poules ; Wyandottes blanches, Wyandottes argentées, Leghorn blanches, Minosques, Bresses noires, 
FaveroUes, Canes Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Duclair, Oies Toulouse, Dindes noires. 

Reproducteurs de race pure, premier choix, élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, poussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Champagne, 
Angoras blancs, noirs, havane. Fauves Bourgogne, Géants noirs, Géants blancs, Vendée. Sujets jeunes 
et adultes. 

M. Passy, Domaine du Désert de Retz à Gharabourçy [téléphone: 15] (S.-et-O.). Gare Saint-Germain. 



DEMANDES 

Oryctes nasicornis (Rhinocéros), larves, nymphes et adultes. 
M. Jean Rostand, Cambo (Basses-Pyrénées). 

Maison de campagne, à louer, trois chambres non meublées à 4 ou 5 heures de Paris. Région boisée 
rivière ou étang proches, facilités de circulation pour l'éluda et la photographie des animaux. 
Écrire au Secrétariat. 



Le bul de la Société Nationale d'Acclimatation de France est de concourir* 
1° à rintroduction, à racclimatation et à la domestication des espèces d'animaux 
utiles et d'ornement; 2° au perfectionnement et à la multiplication des races 
nouvellement introduites ou domestiquées; 3° à l'introduction et à la propagation 
de végétaux utiles ou d'ornement. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, mt-mbres 
Donateurs, membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une 
cotisation annuelle de 25 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affran- 
chit de la cotisation annuelle par un versement de 250 francs. 

La Société décerne, chaque année, eu Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de 
Botanique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'ani- 
maux à ses membres. 

Elle pr.i)/ ^ outre ce Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, 
composée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des 
questions concernant l'élevage des animaux, la culture des plantes et particuliè- 
rement des faits d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : 

iri'^tallation, éducation des animaux, culture des plantes, usages. Introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement, la Revue est servie par abonnement, aux 

membres de la Société, au prix réduit de 15 fr. pour chaque partie ou de 20 fr. 

pour les deux. 



REVUE D'HISTOIRE NATUR ELLE APPLIQUÉE 

Première partie 

MAMMALOGIE — AQUICULTURE — ENTOMOLOGIE —BOTANIQUE 

COLONISATION — AQUARIUMS et TERRARIUMS. 



SOMMAIRE, VOL II, N» 1, JANVIER. 

D' E. Trouessart. — Lo climat du Nord de l'Afrique, d'après les géologues. 

D' J. Pellkgrin. — La nidification chez les Poissons do la famille des Cichlidés. 

E. BuGNioN. — La biologie de la Luciole. 

Aug. Chevalier. — Les acclimatations d'arbres utiles en France, et spécialement dans le Midi 
et dans la Normandie (suite). 

J. Gbepin. — Chroni'j lie caprine. 



Deuxième partie : L'OISEAU 







SOMMAIRE, VOL. 


II, N» 


1, JANVIER. 


MÉDAILLES. 








P 


Carié. — 


Le Merle cuisinier de l'Ile Maurice (iUusti 


e). 


c. 


CORDIEB. 


— Expériences sur l'élevage de 1 


ï Huppe. 




J. 


Delacour. 


— La collection d'Oiseaux de Caudebec-lès-Elbeuf. | 


N 


Maybb. - 


- La reproduction en captivité du 


Pape de 


Leclancher. 


Chronique ornithologique. 







Paris. — L. Marethrux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



BULLETIN 



r, E LA 



SoeifitH Nationale d'AcclimatatioD 



DE FRANCE 



68» AN N 6 B 



N" 2. - FEVRIER 1921 



SOMMAIRE 

Pages. 

Liste des nouveaux mrmbres 17 

Actes de la Société d'Acclimatation 18 

M. Labbe. — Les Fourmis et l'élevage des Faisandeaux en Algérie 20 

R.. RoLLiNAT. — L'arrivée et le dépari des Hirondelles en 1920 22 

A. Chevalier. — Une mission pour l'étude des arbres fruitiers en Chine et au Japon .... 22 

Extraits des Procès-verbaux des Séances de la Société : 

Séance générale du 22 novembre 1920 23 

VII' Section (Aquariums et Terrariums). — Séance du 25 novembre 1920 28 

Bibliographie : 
L. GoQuiDÉ. — Amélioration des plantes cultivées et du bétail par les méthodes modernes de 

la génétique » • 32 



Un numéro. 2 fr. 50 : — Pour les î^embres de la Société, 1 fr. 50. 



' ./«j~s»«V^>v'^- 



AU SIEGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION DE FRANGE 
198, BOULEVARD SAINT-CÎER.MAIN, PARIS {VU"). 



Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
lO tickets, sont délivrées, au prix de 10 francs, aux membres de la Société, 
lans nog bureaux. 



BUREAU ET CONSEIL DADMlNlSTRftTION POUR 1921 

Président, M. Edmond PBRBlKh, Membre de llnsulul el de l'Académie do Médecine, Professeur au 
Miiséutri d'Histoire naturelle, Paris. 

MM. D. Bois, Professeur »u Muséum d'Histoire naturelle, 55, rue Cuvier, 

Dr Chau'veau, Sénateur de la Côte-d'Or, Q25, boulevard Saint-Germain, Paris ; 
Viee-Pritidents < Murat (le Priuce Joacliim), Député, 28, rue de Monceau, Pans; 

ANTHOiiABD (le Baron A. d'), Ministre plénipotentiaire, 121 bis, rue de la 
Pompe, Paris. 
Secrêtair» général, M. Maurice I.otbr. 12, rue du Four, Paris. 

iMM.J. Crepin, 55, rue de Verueuil, Paris {Séauces) ; 
Ch. Dkbbbuu., 25, rue de Châteaudun, Paris {/ulérieur); 
J. Delacoub, 28, rue de Madrid, Paris lEtratigerj; 
Abbé G. FoucuER, 24, rue Cassette, Paris {Conseil). 
Triiorier, M. le D' Skbillottk, 6, rue de l'Oratoire, Paris. 
ArchivUte-Bihliothécaira : M. P. de Clebmont. 

Membres du Conseil. 

MM, A. Ghappbi.lier, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. . ^,- 

le D' P. Marchal, Membre de l'Institut, Professeur à I Institut Nalionsl Agronomique, 45, rue 

de Verrières, à Antony (Seine). 
le D' Lbpbince, 62, rue de la Tour, Paris. 
Maii.lbs, rue de l'Union, La Varenne-Saint-Hilaire (Seine). 

le Dr E. Troubssabt, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Cuvier, Pans 
Lkcomtr, Membre de l'Institut, Profes.seur au Muséum d'Histoire naturelle, 14, rue des Ecoles, Heris. 
P. Carié, 40, boulevard de Courcelles, Paris. 

L. RouLB, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, ST, rue Cuvier, Pans. 
P. Kbstnbr, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Ribera, Paris. 
R. Le Fort, 89, boulevard Maleslierbes, Paris. 

Barriol, Chet de la Comptabilité et des Finances de la C'» du P.-L.-M. 
H. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Ddiles des Séances générales et du Conseil 



POUR L'ANNEE 1921 



Séances Générales à 3 h., les liuidis. ■. 

Vl« Section, Colonisation, à 5 h., les, jeudis 
VIP Section, Aquariums, Terrariums, 

les jeudis 

Sous-SKCTiON d'Ornithologie [Ligue pour 
la P?'otecfion des Oiseaux), à 3 h., les 
troisièmes jeudis 



Janvier 


Février 

1 
21 
10 


Mars 

1 
21 
10 


Avril 

11 

25 
14 


Mai 


NoTeaiiire 

1 
21 
10 


^ 10 

( 24 

13 


9 
30 
12 


27 D 


24n 


240 


28(*) 


26C) 


24(*) 


20 


17 


n 


21 


19 


17 



fiieei^re 



5 

190 
8 

22 ( 



15 



fl) A 8 h. 3/4 du soir 

(2) A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générale. 



Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 heures. 



Séances du Conseil, à 4 h., les mercredis. 


Janvier 
19 


Février 
16 


Mars 


Avril 
20 


Mai 


Novembre 


Décembre 


16 


25 


16 


14 



Les membres de la Société qui désirent assister aux Séances générales recevront 
sur leur demande les ordres du Jour mensuels des séances. 



La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises 
par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin. 

T.a reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 
des articles publiés dans le Bulletin est interdite. 



Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de fr. ôO. 



LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES 

ADMfS PAR LE CONSEIL 

DANS LA SÉANCE DU 21 JANVIER 1921 (1) 

]y[mes 

Albareï (Marie-Claire-Jeanne), institutrice publique et professeur de 

piano, 6, rue Sainte-Ursule, à Dax (Landes), (M. T.), présentée 

par MM. Perrier, Lassalle et Debreuil. 
BuRGESs (Hon.-M.), Helston house, St John's road, Clifton, Bristol 

(Angleterre), (M. V.), présentée par MM. Perrier, Delacour et 

Debreuil. 
Ferreira-Cardoso (Elisa), au Grand-Hôtel, à Nice (A)pes-Maritimes), 

(M. T.), présentée par MM. J. Crepin, P. Grepin et Debreuil. 
ViLPELLE (M"« Suzanne), 11 bis, rue Faraday, à Paris (XV1I«), (M. T.), 

présentée par MM. Trouessart, Debreuil et Loyer. 
MM. 
Arthaud'Berthet (J.-J.), directeur de l'Institut agrononiLque de 

Campinas, État de Sao Paulo (Brésil), (M. V.), présenté par 

MM. Bruinpt, Debreuil et Caucurte. 
Casïeja (François-René de), 22, avenue de Friedland, à Paris (VIIl^), 

(M. T.), présenté par MM. Perrier, Pichot et Debreuil. 
Chopard (Lucien), docteur es sciences, secrétaire de la Société ento- 

mologique de France, 2, square Arago, à Paris (XlIP), (M. V.), 

présenté par .\1M. Perrier, Marchai et Debreuil. 
Clermont (Baoul de), 10, rue de l'Université, à Paris (Vll^), (M. T.), 

présenté par MM. Perrif^r, A. Ghappellier et Loyer. 
DiTTE (Jacques-Noël), avocat à la Cour d'Appel, 8, rue de Monbel, à 

Paris (XVIF), (M. T.), présenté par M'"'' Willard, MM. le D>- Polail- 

lon et Debreuil. 
Dublesel (Charles), marbrier, 17, rue des Deux-Communes, à Limeil- 

Brévannes (Seiiie-et-Oise), (M. T.'i, présenté par MM. Perrier, 

Bellelte et Debreuil. 
FooKs (Francis-E.), directeur des élevages du parc de Clères, à 

Clères (Seine-Inférieure), (M. T.j, présenté par MM. Perrier, Dela- 
cour et Debreuil. 
Froidefon (Félix), commerçant, 86, rue de Rivoli, à Paris (IV"), 

(M. ï), présenté par MM. le D"" Coyon, Fahre-Domergue et Dode. 
GuiLLON (Louis), 22, boulevard Richard-Lenoir, à Paris (XI°), (M. T.), 

présenté par MM. Perrier, Debreuil et Loyer. 



(1) M. T. signifie Membre titulaire. 
M. V. signifie Membre à vie. 

BCLL. soc. NAT. ACCL. FR. 1921. 



18 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D^ACCLIMATATION 

JoLY (D' Pierre), ingénieur chimiste, 121, rue Caulaincourt, à Paris 
(XVIIl«), (M. T.), présenté par MM. le D"" Coyon, Fabre-Domergue 

et Dode. 

AMBLiN (Henri-Auguste), gouverneur des Colonies, 2, rue Armand- 

Moisaot, à Paris (XV"), (M. T.), présenté par MM. Perrier, A. Che- 
alier et Debreuil. 

JT'JERBACH (Julio-César), industriel et éleveur, 34, rua Municipal, à 

Hio de Janeiro (Brésil), (M. T.), présenté par MM. de Lucena, 

J. Grepin et P. Crepin. 
Rougi': (Emmanuel-Léon-Marie-Joseph de), 150, avenue Victor-Hugo, 

à Paris (XVI"), (M. T.), présenté par MM. Perrier, Debreuil et 

Loyer. 
VisME (Armand-Louis de), 174, boulevard Haussmann, à Paris (VIII"), 

(M. V.), présenté par M'"^ de Visme de Wegmann, MM. Debreuil 

et Loyer. 
Zabobski (Marcel-Edmond), Société d'Études et de Constructions, 

quai de la Louys, à Bordeaux (Gironde), (M. T.), présenté par 

MM. Bois, Perrier et Debreuil. 
ZuBER (Paul-Alfred), ingénieur, 21 bis, boulevard Malesherbes, à 

Paris (VHP), (M. T.), présenté par MM. Perrier, J. Crepin et 

D«breuil, 



ACTES DE LA SOCIÉTÉ D* ACCLIMATATION 



L'Académie des sciences a décerné, dans sa dernière séance, 
une cinquième série de prix et subventions pour Tannée 1920. 
Les subventions suivantes ont été accordées à nos collègues : 

7.000 francs à M. Louis Joubin, professeur au Muséum, pour 
l'achèvement de la publication des résultats de Texpédition 
antarctique française ; 

6.000 francs à M. Alcide Railliet, professeur honoraire des 
Écoles nationales vétérinaires, pour ses recherches sur les 
parasites des animaux domestiques de l'Indochine ; 

2.000 francs à M. Jacques Pellegkin, assistant au Muséum, 
pour ses recherches concernant les Poissons des colonies 
françaises ; 

2.000 francs à M. R. Antuony, assistant au Muséum national 
d'histoire naturelle, pour la publication du catalogue raisonné 
et descriptif des collections d'osléologie du service d'anatomie 
comparée du Muséum ; 



ACTES DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 19 

8.000 francs à Tobservatoire de Zi-Ka-Wei, près de Shan- 
ghaï (Chine), dont notre collègue le R. P. Gouarois dirige le 
Musée, pour l'amélioration de l'installation d'enregistrement 
des signaux horaires émis par les centres lointains. 



M. le professeur Mahciial, membre de l'Institut, président 
de la Section d'Entomologie de notre Société a été promu 
oMicier de la Légion d'honneur. 

M. Decuambre, professeur à l'Ecole nationale vétérinaire 
d'Alfort, a été nommé chevalier de la Légion d honneur, ainsi 
que M. CuÉNOT, professeur à la Faculté des Sciences de l'Uni- 
versité de Nancy. 

M. labbé Foucuer, secrétaire du Conseil de notre Société, a 
reçu la médaille du roi Albert, pour reconnaître le dévoue- 
ment dont notre collègue a fait preuve dans les œuvres de 
guerre. 

M. le professeur Joubin vient d'être élu membre de l'Aca- 
démie des Sciences. 



Nécrologie. 

Nous avons le regret d'apprenire le décès de nos collègues : 
M. Rku^is, président du Conseil d'administration des magasins 
du Bon Marché, et M. A. Co'rdonmeh, créateur des cultures 
forcées de Vignes en serre dans la région de Bailleul. Cet 
important établissement avait été détruit pendant la guerre 
par les Allemands. 

Nous apprenons la mort de M. Philippe dk Clermont, père 
de nos collègues MM. Raoul et Philibert de Clermont, à qui 
nous adressons l'expression de nos condoléances. 

Le D"" Beccart, botaniste de grande valeur qui s'était parti- 
culièrement attaché à l'étude des Palmiers, vient de mourir 
à Florence. 



LES FOURMIS 

ET L'ÉLEVAGE DES FAISANDEAUX EN TUNISIE 

Par M. LABBE. 

Les Fourmis sont légion à Tunis. Bonne affaire pour le 
faisandier... Eh! pas toujours, car quand les Faisandeaux sont 
éclos, ils en trouvent un peu de tout côté et ils en profitent. 
Impossible de laisser le moindre objet comestible un instant 
dans le jardin sans que les Fourmis y grouillent presque tout 
de suite. Quand on veut tendre un piège pour prendre les 
Chats avec de la viande, en un instant cette viande est envahie 
par les Fourmis. Cela éloigne plutôt le Chat qui n'est pas aussi 
friand que ses « amis », les Faisandeaux, de Fourmis. 

Une année, ennuyé par les Moineaux qui mangeaient les 
Figues et les Raisins même à travers les sacs, j'avais imaginé 
de tirer quelques-unes de ces insupportables bestioles à Ja 
carabine et de les suspendre par une ficelle à une branche 
de Figuier afin de faire un exemple. Cela ne dura pas long- 
temps. Immédiatement prévenues par leurs éclaireurs, les 
Fourmis grimpaient à l'arbre, descendaient par la ficelle, 
coupaient l'articulation de la patte, afin de- pouvoir plus (aci- 
lement dépecer le cadavre après l'avoir fait tomber à terre. 

Dans ces conditions, les Faisandeaux qui ont du flair ne 
manquent pas de Fourmis sinon d'œufs, ceux-ci, par la 
grande sécheresse, étant descendus en terre ou cachés dans 
des maçonneries d'où il est fort difficile de les extraire. C'est 
évidemment un élément de succès dans l'élevage du Faisan. 

Mais quand le Faisandeau est mort, la Fourmi arrive tout 
de suite et se met à manger le Faisandeau à son tour. Si celui- 
ci est mort de maladie, on peut craindre que la Fourmi, repue 
de sa viande malsaine, tombant de son côté sous le bec d'un 
autre Faisandeau, devienne un agent de propagation. 

Mais il y a mieux. Cette année, au moment de l'éclosion de 
ma première couvée, il y avait un œuf d'une Faisane de Lady 
Amherst, accouplée avec un Coq versicolore et dont l'éclosion 
était laborieuse ; l'œuf était bêché, mais la fente ne s'agran- 
dissait pas. Les Fourmis ne se sont-elles pas avisées d'enlrer 
dans l'œuf pour aller y manger le Faisandeau ! J'étais très 



LES FOURMIS ET l'ÉLEVAGE DES FAISANDEAUX EN TUNISIE 51 

gêné ; que faire? Extraire le Faisandeau? C'était bien risqué. 
Extraire les Fourmis entrées dans l'œuf sans ouvrir celui-ci, 
c'était impossible ; j'essayai de le secouer un peu, de tuer 
chaque Fourmi qui sortait. Je mis de la poudre de pyrèthre 
dans le nid, cela n'empêcha pas les j^'ourmis de revenir. 
De guerre lasse, je sortis le Faisandeau, bien convaincu qu'il 
ne s'en tirerait pas. Aussi ai-je été très étonné, le lendemniii 
matin, de le voir courir, vif et alerte, devant la petite Poule 
négresse qui l'avait couvé. Il s'en est bien tiré. Il a quatre 
mois maintenant. C'est une femelle hybride splendide. C'est 
d'ailleurs pour cela qu'elle est encore en vie, car la santé de ces 
hybrides est bien autrement vigoureuse que celle des Faisan- 
deaux purs de n'importe quelle race. 

Voici un autre exemple de la voracité des Fourmis tuni- 
siennes : 

Je m'étais aperçu, certain jour, que des Guêpes avaient fait 
leur nid à l'intérieur d'une boîte d'élevage. Ce nid était accro- 
ché à la planche formant le plafond de la boîte. 

Bien, me dis-je, ce soir je renverserai d'un coup sec le toit 
qui est mobile, je le jetterai à terre de façon que le nid de 
Guêpes soit tourné du côté du jour et, demain soir, quand 
toutes les Guêpes seront de nouveau endormies sur le nid, j'y 
jetterai du pétrole. 

Je mis la première partie de mon projet à exécution, mais 
le lendemain, quand je revins pour jeter le pétrole, je ne 
trouvai plus une seule Guêpe vivante au nid. Celui-ci était 
envahi par des Fourmis minuscules qui dévoraient ce 
qui restait des larves et, tout autour, je trouvai des débris 
de Guêpes dépecées que les Fourmis emportaient. Nul doute, 
ces Fourmis avaient massacré toutes les Guêpes et les avaient 
taillées en pièce. Pourquoi l'avaient-elles fait après que le cou- 
vercle de la boîte avait été retourné? Pourquoi ne l'avaient- 
elles pas pu faire auparavant? Mystère. Pourquoi d'tiilleurs 
peuvent-elles dévorer le Faisandeau dans sa coquille et ces- 
sent-elles de l'attaquer dès qu'il en est sorti, même encore en 
moiteur et inoftensif, surtout la nuit sous la poule ? Mystère 
encore l 



L'ARRIVÉE ET LE DÉPART DES HIRONDELLES EN 1920 

Par R. ROLLINAT 

En 1920, des Hirondelles sont arrivées à Argenton le 7 avril. 
C'étaient quatre Hirondelles rustiques. Les jours suivants, 
elles vinrent assez nombreuses, mais pas cependant en très 
grand nombre, bientôt suivies des Hirondelles de fenêtre. Les 
Martinets arrivèrent, JLrès nombreux, le 23 avril ; ils partirent 
le 20 juillet, et jamais, depuis que je note leur arrivée et leur 
départ, je ne les ai vus s'en aller aussi tôt ; un retardataire fut 
aperçu jusqu'au 9 août. Le mois d'août ayant été plutôt frais, 
de nombreuses petites troupes d'Hirondelles partirent fin août 
et aux premiers jours de septembre ; le 26 septembre, il y eut 
un gros départ ; on n'en vit plus une seule après le 30. 

Du 3 au 12 octobre, il est passé au-dessus d'Argenton de très 
nombreuses bandes de Grues, allant vers le Sud-Ouest. 



UNE MISSION POUR L'ÉTUDE DES ARBRES FRUITIERS 
EN CHINE ET AU JAPON 
Par A. CHEVALIER. 

• 

Le Châtaignier qui constitue une des ressources agricoles et 
forestières des plus précieuses de notre pays et qui rend les 
plus grands services dans l'alimentation (par ses graines^, et 
dans la tannerie (par son écorce et son bois) est atteint depuis 
quelques années d'une maladie très grave, la maladie de 
l'encre, qui menace de faire disparaître complètement nos 
belles variétés indigènes. Déjà le mal est connu et a fait de 
très grands ravages dans les Pyrénées, dan.s les Cévennes, 
dans l'Ardèche, dans la Corse, en Bretagne, etc. 

Le seul remède trouvé jusqu'à ce jour consiste à grelTer nos 
Châtaigniers indigènes sur les Châtaigniers japonais réfrac- 
taires à la maladie, mais celte question n'est pas encore com- 
plètement mise au point. Il y avait le plus grand intérêt à 
envoyer une mission en Extrême-Orient étudier toutes les 
espèces et variétés de Châtaigniers qui croissent dans ces 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SEANCES DE LA SOCIÉTÉ 23 

contrées ainsi que les Castanopsis qui croissent sur les mon- 
tagnes d'Indochine et qui peuvent aussi probablement servir de 
porte-greflTe pour les Châtaigniers. 

M. R. Miéville, inspecteur d'agriculture en Indochine, qui a 
déjà obtenu de très intéressants résultats dans l'acclimatation 
des arbres fruitiers d'Europe et de Chine, notamment à Chapa 
(Tonkin) et à Xieng-Khouang (Laos) a été chargé d'aller étudier 
en Chine et au Japon les Châtaigniers spontanés afin de rap- 
porter en France des plants et des graines. 

Cette mission, patronnée par le Ministre des Colonies, par 
la Commission du Châtaignier au Ministère de l'Agriculture 
que préside M. L. Mangin, directeur du Muséum, enfin par 
diverses personnalités scientifiques et agricoles, est partie en 
septembre dernier. 

Nous apprenons que M. Miéville est arrivé au Tonkin et 
M. Maurice Long, gouverneur général de l'Indochine, vient de 
faire connaître qu'il favoriserait par tous les moyens sa 
mission dont il apprécie le haut intérêt scientifique. Afin de ne 
pas compromettre les acclimatations qu'il poursuit au Tran- 
ninh, M. Miéville se rendra d'abord au Laos et un mois plus 
tard il reprendra son voyage vers la Chine et le Japon. 

M. Miéville doit s'occuper également des arbres fruitiers 
autres que le Châtaignier et nous espérons qu'il rapportera des 
plants et des semences qui permettront d'acclimater en France 
et dans notre grande colonie d'Asie de nouvelles variétés 
intéressantes. 



EXTRAITS DES PROCÈS -VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 



SEANCE GENERALE DU 22 NOVEMBRE 1920 

Présidence de M. le baron de Guerne, 

Vice-Président honoraire de la Société. 

M. le Président souhaite la bienvenue au nom de la Société 
à M. Mauris, directeur général honoraire du P.-L.-M. et à 
M. Lamblin, gouverneur de TOubanghi-Chari, présents à la 
séance. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 



24 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCUMATATION 

GÉNÉhALlTÉS. 

M. le Président déclare ouverte la période de vote pour le 
renouvellement du bureau de la Société et d'une partie des 
membres du Conseil. Les membres présents à la séance peu- 
vent dès maintenant déposer sous pli leur bulletin dans 
l'urne placée sur le bureau. 

M. le D'' Bommier nous adresse son nouveau livre : Notre 
Sauvagine et sa chasse. 

M. Loubet, ingénieur-agronome, inspecteur à la Compa- 
gnie P. -L. -M., fait une conférence sur l'action agricole du 
P.-L.-M. sur son réseau. Cette communication qui paraîtra 
dans la première partie de la Revue fournit l'occasion à plu- 
sieurs de nos collègues de faire un certain nombre de questions 
et réflexions que nous plaçons pour plus de clarté dans ce 
procès-verbal sous les rubriques de nos différentes sections. 

Mammalogie. 

M. Pierre Crepin présente une peau de Guanaco et une 
peau de Viscache, envoyées du Chili par notre collègue 
M. Lauwers. Au dire de M. Piédallu, la peau de Viscache.est 
exceptionnellement belle. Elle vient, dit notre correspondant, 
de la Cordillière, à 35 kilomètres de Santiago. 

Ornithologie. 

M. le comte Delamarre de Monchaux signale qu'à la récente 
exposition d'aviculture de la Société centrale d'Aviculture, 
tenue au Jardin d'Acclimatation du 19 au 22 novembre 1920, 
une innovation a été apportée consistant dans la mise en 
vente aux enchères publiques, de tous les lots exposés, sur 
une mise à prix ne dépassant pas cent francs par animal 
exposé. 

M. Delamarre parle ensuite de l'utilisation des graines de 
Sorgho [Pan) pour la nourriture des Poules pondeuses, et dit 
que certaines livraisons reçues cet automne étaient charan- 
connées. Dans un échanlillon de Sorgho blanc provenant des 
Indes, il a trouvé un Charançon d'espèce exotique. Il peut y 
avoir là des introductions accidentelles de parasites indési- 
rables, qui sont à surveiller. 

M. Delacour nous fait l'énumération des trésors ornitholo- 



EXTRAITS DES PROCÈS-VRRBAUX DES SEANCES DE LA SOCIÉTÉ 25 

giques que possède notre collègue M""' Lécallier, à Caudebec- 
lez-Elbeuf. Cette conférence paraîtra in extenso dans la 2^ partie 
de la Revue, VOiseau. 

M""^ P. Girod nous apporte un œuf d'Ara, pondu chez. elle. 
C'est une rareté qui prouve que les Oiseaux de notre collègue 
sont parfaitement bien soignés. 

Un de nos collègues vient de perdre une Tourterelle [Turiur 
turtur) qu'il avait chez lui depuis 29 années. 

Entomologie. 

M. l'abbé Foucher remet pour notre Bibliothèque, au nom 
de M. le professeur Bugnion, une étude de ce dernier sur les 
parties buccales de la Blatte américaine et australienne. 

Comme suite à ses précédentes communications sur la 
Teigne des Pommes de terre {Phlhorimxa operculella Z.), M. le 
comte Delamarre fait connaître qu'un mâle de cette espèce a 
été capturé à Saint-Saëns (Loire-Inférieure) par M. Duclos, 
horticulteur. Ce mâle, déterminé par M. l'abbé de Johannis, 
qui en a signalé la capture à la Société entomologique de 
France, présentait une coloration plus claire que celle du type 
de l'espèce, et cette particularité lui était commune avec cinq 
autres espèces du même envoi et de la même localité. On est 
donc en droit de se demander, conclut M. Delamarre, si l'on 
ne se trouve pas en présence d'un Insecte provenant d'une 
Chenille ayant vécu dans le pays, et si, par conséquent, l'im- 
portation de cette Teigne ne remonte pas déjà à un certain 
temps. 

En ce qui concerne le Charançon du Chou (Centfiorrhynchvs 
sulcicollis Sch.), M. le comte Delamarre dit qu'ayant inspecté 
le 14 novembre plusieurs planches de Choux dont la plupart 
des pommes avaient été récollées, il a constaté que le plus 
grand nombre des pieds laissés en terre après cette récolte 
était infesté de ces parasites et que les excroissances caracté- 
ristiques contenaient presque toutes des larves vivantes prêtes 
à hiverner. Malgré les recouimandations qui leur sont faites, 
bien des jardiniers et des cultivateurs, soit ignorance, soit 
négligence, persistent à ne pas détruire ces tiges contaminées 
faciles à reconnaître, et il importe de rappeler l'utilité de cette 
destruction, puisqu'à la date indiquée, déjà tardive, un si 
grand nombre de larves n'étaient pas descendues en terre pour 
s'y transformer. 



26 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

M. Pierre Crepin signale la disparition rapide du Sapin 
dans la région de Brunoy (Seine-et-Oise). Chaque année c'est 
par centaines que les Sapins morts sont abattus. En une 
dizaine d'années, une allée de Sapins de 200 mètres environ a 
été à peu près complètement anéantie chez notre collègue. Cet 
été mourait l'un des quatre survivants. Cette diminution du 
Sapin est due à un Insecte qui perce de multiples trous les 
écorces de ces Conifères. Noire collègue apporte en séance des 
morceaux d'écorce du dernier Sapin abattu dans lesquels se 
trouvent encore les larves de l'Insecte destructeur. Notre 
collègue, M. Vayssière, veut bien se charger de les étudier 
malgré leur dessiccation déjà avancée. 

A propos de la conférence de M. Loubet, M. Vayssière 
déclare que la lutte en Oranie contre les Sauterelles n'a réussi 
que grâce à la rapidité avec laquelle la Compagnie du P.-L.-M. 
a transporté les engins de destruction sur les lieux infestés. 

Aquiculture. 

A l'occasion de la conférence de M. Loubet, M. le professeur 
Roule remercie la Compagnie du P.-L.-M. de l'aide efficace 
qu'elle a donnée à la pisciculture sur son réseau. 

Répondant à une question de M. le D"" Gauducheau, JVI. le 
professeur Roule confirme qu'à Strasbourg on fait l'élevage de 
la Carpe avec les eaux d'égout chargées de débris alimentaires ; 
mais notre collègue ajoute que ces eaux sont purifiées en pas- 
sant sur des lits bactériens. Elles ne le sont d'ailleurs qu'en 
partie, sans cela elles ne contiendraient plus de matières 
organiques et par conséquent n'auraient plus aucune faculté 
nutritive. La chair de la Carpe élevée de cette façon, 
ajoute M. le professeur Roule, garde une bonne qualité; au 
reste, les eaux qui l'alimentent n'ont conservé aucune odeur. 

M. Dode pense que la Carpe nourrie dans ces conditions 
n'absorbe pas directement les matières organiques en suspen- 
sion dans l'eau qui l'entoure. Ces débris sont absorbés par des 
micro-organismes vivants dans cette eau et qui se mangent 
les uns les autres jusqu'au jour où ils servent à leur tour de 
nourriture aux Carpes. 

Botanique. 

M. Pierre Crepin donne les résultats suivants, obtenus cette 
année chez lui à" Brunoy (Seine-et-Oise) avec les Haricots du 
Chili (Los Peralinos). 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SEANCES DE LA SOCIÉTÉ 27 

Sept Haricots plantés en mai produisirent 7 pieds qui attei- 
gnirent 2'"40 de haut et portèrent 122 gousses de 13 centi- 
mètres environ, contenant 7 grains, ce qui fait 834 Haricots 
pour 7. L'exposition était celle du sud-est, à 3 mètres d'un 
mur. La maturité eut lieu à la fin de septembre. 

A ce propos, M. le comte Delamarre signale que dans sa 
région (confins de la Sologne et du Blaisois), il n'a pu récolter 
cette année qu'un tiers de ces Haricots en sec. Le reste a 
donné d'excellents Haricots verts. 

M. Debreuil conclut en recommandant tout particulièrement 
ce Haricot chilien, qui, semé en bonne époque, donne abon- 
damment un excellent Haricot de conserve. Notre collègue, 
M. S. Izquierdo, de Santiago (Chilil, chef d'une importante 
maison de graines, ne connaissait pas ce Haricot sous le nom 
de los Peralinos; il lui en a été envoyé des échantillons, qu'il 
identifiera. 

À propos de la conférence de M. Loubel, M. le comte Dela- 
marre souligne l'intérêt que présente la question des porte- 
gretfes. C'est trop souvent parce qu'on ignore quel porte- 
grefTe convient au terrain envisagé que l'on n'obtient quelque- 
fois que des déboires en arboriculture fruitière. La Compa- 
gnie duP.-L.-.\L en favorisant cette étude, rend donc un signalé 
service à l'agriculture. 

Au sujet du Congrès de la Noix, organisé par le P.-L.-M., 
M. Chevalier dit que le Noyer est une victime de la guerre. 
Les Allemands ont fait, parmi les nôtres, des ravages énormes 
pour fabriquer des crosses de fusil. H est à souhaiter que 
l'administration du ministère de la Guerre ne continue pas à 
employer le Noyer à cet usage, car nous avons dans nos colo- 
nies, notamment en Indochine, des bois qui remplacent par- 
faitement le Noyer pour la fabrication des crosses. 

Il faut replanter des Noyers en France, et à ce propos, 
apparaît la question si intéressante de la recherche des meil- 
leures variétés. Les greffages sont très difficiles et la question 
du porte-greffe apparaît là dans toute son importance. 

Le secrétaire des séances adjoint, 
Pierre Crepin. 



28 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCMMATATION 

Yll'^ SKCTION. — AQUARIUMS ET TEFIRÂRIUMS 

SÉANCE DU 25 NOVEMBRE IdiO, 

Présidence de M. le D'' J. Pelleg-rio, président. 

Le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance qui est adopté. 

Il est ensuite donné connaissance de la correspondance qui 
montre combien notre nouvelle Section intéresse le monde des 
naturalistes et des amateurs et indique que sa création est 
venue fort à propos combler une lacune dans notre Société, où 
les études biologiques prennent chaque jour un plus grand 
développement. 

M. le D"" J. Bethencourt Ferreira, professeur de l'Université 
de Lisbonne, envoie une lettre avec un mémoire accompagné 
de planches et dessins d'un singulier Batracien de l'Afrique 
orientale portugaise, le Chiromantis umbellvzianus, animal 
remarquable par son mimétisme. Notre collègue est heureux de 
voir la création au sein de notre Société de la VII'' Section : 
Aquariums ei Terrariums, car voilà longtemps, dit-il, que les 
Reptiles et les Batraciens font l'objet de ses études. Il offre ses 
services à la Société d'Acclimatation et informe nos collègues 
qu'il est à même d'échanger des animaux d'Aquarium et de 
Terrarium avec les membres de la Section. 

M. Pellegrin communique ensuite un numéro récent du Bul- 
letin mensuel de la Société linnéene de la Seine maritime, con- 
tenant, entre autres articles, une causerie faite au Havre par 
M. Raoul Mail sur l'aquarium d'eau douce. Le conférencier, 
très au courant de la question au point de vue de la chimie 
biologique, envisage les deux conditions essentielles de l'exis- 
tence des êtres au double point de vue de la respiration et de 
la nutrition. Il analyse la nature et la composition des eaux 
différentes des aquariums qu'il divise en : 1° eau de source; 
2° eau de rivière ; 3° eau des lacs; 4° eau de pluie; 5° eau de 
mer et eau saumàtre; il fait ressortir les qualités et les défauts 
de chacune. 

Il étudie ensuite les principales plantes qu'il faut mettre 
dans les aquariums et s'étend sur leur fonction chlorophyl- 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 29 

lienne. Il termine on donnant les plus utiles conseils sur 
Tinstallation d'un aquarium. 

M. Vilou a envoyé à M. Rollinat des Tortues du Lot-et- 
Garonne. C'est la Cistude d'Europe [Cisludo orbicularis L.), nous 
di'. notre collègue, exactement la même que celle de l'Indre. 
Mais ces Tortues, qui vivent dans de l'eau claire, sont inieux 
colorées que celles de Brenne et leurs écailles semblent plus 
transparentes. 

Notre collègue M. G. de SoutholT nous écrit de Florence, à 
propos de la VII^ Section : 

« Je m'associe de tout cœur aux lignes de noire collègue, le 
D^ Pellegrin. La nouvelle Section Aquariums oX Terrariums 
comble une lacune dans l'activité de la Société d'iVcclimata- 
tion que le progrès des études de biologie zoologique rendait 
très sensible. Pourtant me sera-t-il permis de souhaiter que les 
Reptiles ne soient par trop négligés par nos collègues. Le 
D"" Pellegrin avoue que la répugnance qu'éprouvent beaucoup 
de personnes à leur égard, surtout envers les Serpents, tend à 
les disqualifier. Toutefois, cette répulsion est facilement 
vaincue par l'intérêt, et je dois assurer qu'alors les Serpents 
so^ttt les plus agréables de tous. 

« Bon nombre de Couleuvres, tant indigènes qu'exotiques, 
sont très belles et faciles à tenir en captivité alors que les 
Lézards sont délicats et demandent des soins constants et une 
nourriture parfois difficile à se procurer. Les Caméléons, entre 
autres, sont aussi difficiles à nourrir et à conserver que les plus 
délicats Tangaras parmi les Oiseaux et sont capables de rebuter 
plus d'un débutant. Du reste, bon nombre d'Iguanidés [Ana- 
lis, etc.) sont tout aussi intéressants, changent de couleur et 
sont plus robustes et faciles à nourrir. 

« J'ajouteraique tous les Serpents mangent desproies mortes, 
pourvu qu'ils soient tenus à la température voulue. J'en ai fait 
l'expérience. Du reste, au Jardin zoologique de Londres, les 
Reptiles sont nourris exclusivement de proies tuées au préa- 
lable, et cela depuis près de dix ans, avec un succès complet. 

« Ayant été un fervent ReptiH-amateur pendant des années, 
je plaide la cause de mes anciens favoris. Si je pouvais me 
rendre utile à ceux de nos collègues que cette question inté- 
resse, dites-le moi ; ce sera un plaisir pour moi que de téinoi- 



30 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

gner un peu de mon reconnaissant atlachemenl à la Société 
d'Acclimatation. » 

M. Pellegrin a reçu une lettre de M. -Rusy, l'informant de 
son départ pour l'Indochine. Il se met à la disposition des 
membres de la Société d'Acclimatation qui désireraient des 
Poissons d'ornements curieux de cette région. Voici son 
adresse : M. Busy, Sous-Intendant militaire, Poste restante, à 
Saigon Central, Cochinchine. 

M. Pellegrin a reçu également une lettre de M. Baudon, 
administrateur des colonies en Oubanghi-Chari-Tchad, qui 
a envoyé dernièrement de très intéressantes collections au 
Muséum. Il se propose, à son retour en P'rance, de rapporter 
vivants, si possible, quelques spécimens des curieuses espèces 
de Poissons du Centre africain. 

M. Pellegrin dépose ensuite sur le bureau une petite noie 
qu'il vient de faire paraître dans le Bulletin du Muséum d'His- 
toire naturelle et qui a trait à la collection de Poissons exoti- 
ques d'ornements que la ménagerie des Reptiles vient d'ac- 
quérir de notre collègue, M. Lefebvre, de Nogent-sur-Marne, 
grâce à une libéralité de M. Zaharofï. 

M. Pellegrin développe la question si intéressante et si peu 
connue de la nidification chez les Poissons de la famille des 
Cichlidés ; il nous fait pénétrer dans les secrets de ce monde 
curieux; la sollicitude de ces Poissons à l'égard de leur progé- 
niture est aussi charmante qu'émouvante. 

Puis M. Fabre-Domergue nous présenta ensuite un aqua- 
rium garni de Plantes et de Poissons, avec des dispositifs 
d'éclairage et de chauQ'age de son invention. C'est un charme 
pour les yeux, que de voir évoluer ce petit monde en minia- 
ture, installé au milieu de la salle de réunion, où, pour mieux 
admirer l'effet des ampoulés électriques dissimulées dans le 
coin de l'aquarium, toutes les autres lumières avaient été 
éteintes. 

M. Dode, qui avait bien voulu garnir de Poissons l'aquarium 
présenté par M. Fabre-Dumergue, nous entretient des deux 
espèces de Poissons qui ne cessèrent d'évoluer sous nos 
yeux ; l'un, le Labre macroptèrc {Cenlravchus macropterus 
Lacep.), et l'autre, le Doglich [Umbra pygvnea De Kay), tous 



BIBLIOGRAPniE 31 

deux de provenance des États-Unis. Ces deux espèces J'urcnt 
acclimatées par lui dans des étangs fermés qu'il possède dans 
le Bourbonnais, oii ils viennent de se multiplier très abondam- 
ment. 

Avant de lever la séance, M. le Président tient à signaler la 
présence de notre vice-président, M. Béguin-Billecocq, qui a 
bien voulu venir de Nemours pour assister à notre réunion ; il 
espère qu'il voudra bien revenir nous entretenir du fruit de 
ses observations sur le monde des aquariums et terrariums 
qu'il connaît si bien. 

Le secrétaire, 

H. Bruyère. 



BIBLIOGHAPHIE 



Amélioration des plantes cultivées et du bétail, par les 
méthodes modernes de la génétique, par L. Coquidé, ingénieur 
agronome. 1 vol-. in-lS de 600 pages avec figures, 11 fr. 
(Librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris). 

A la guerre gigantesque qui vient d'endeuiller le monde, 
doit faire suite une guerre économique, et en particulier une 
guerre agricole, dont l'intensité ne le cédera en rien à celle de 
la lutte militaire. De même que celle-ci a dépassé toutes celles 
que la terre ait jamais vues, de même la lutte agricole se pré- 
sente comme devant prendre une activité, une âpreté encore 
insoupçonnées. 

Le cultivateur de demain devra être initié à toutes les 
méthodes récentes et être au courant de toutes les innovations 
dans le domaine agronomique pour être prêt à les mettre en 
pratique, le moment venu. 

Il faut, avant tout, intensifier la production pour la rendre 
rémunératrice. 

Il y a deux façons d'augmenter la production végétale ou 
animale d'une exploitation ; 

La première consiste dans le perfectionnement des pratiques 
de la culture ou de l'élevage, la seconde dans celui des races 
dont on tire profit. 



32 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

Ce sont toutes ces questions d'amélioration des plantes culti- 
vées et du bétail qui constituent cette science toute récente de 
la génétique. 

Et c'est son côté pratique que M. Coquidé expose à l'usage 
des agriculteurs et des horticulteurs, en termes clairs, débar- 
rassés des formules trop abstraites. 



ORDRE DU JOUR DES SEANCES 

— Février 1921 — 

SÉANCE SOLENNELLE DES RÉCOMPENSES 

le dimanche 13 février, à 3 h., dans le Grand Amphithéâtre du Muséum, 

Conférence de M. le D"" Comandon : 

La lutte pour la Vie 

avec projections cinématographiques. 



SÉANCES GÉNÉRALES 

Lundi 7, à 3 heures. — M. A. Fauguère: Les ressources en huiles 
végétales de dos colonies. 

— M. Gustave F^ivière : [,a légende des fruitiers. 

Jeudi 10, à b heures. — M. A. Chevalier : La sélection appliquée 
aux cultures coloniales. 

— M. le professeur Joyeux : l'huile de Chénopode dans le traite- 
ment de certains vers intestinaux chez l'homme et les animaux. 

— M. A. Chevalier : Culture du Chénopode vermifuge aux Colo- 
nies. 

Jeudi 17, à 3 heures. — Sous-section d'Ornithologie (Ligue pourîa 
Protection des Oiseaux) : Le refuge de la forêt de Mormal. 

— A propos du livre du D"" Caïhelin, sur la Mi'jralion des 
Oiseaux. 

Lundi 21, à 3 heures. — M. L. Chopard : La Fourmi d'Argentine 
en Lrance. 

— Quelques légumes nouveaux : M. Jeanson : leur culture ; 
M. PiEDALLU : leur valeur alimentaire. 

Jeudi 24, à b heure?. — VII"= Section. Aquariums et Terrariums : 
M. J. de Gukrne: Le Cyprin doré au Japon ; élevage et commerce. 



Le Gérant : A. Maketiieix. 



Paris. — L. Maretheux, imprimeur, 1, rue GasseUe. 



Le Secrétaire général a l'honneur d'informer MM. les Membres de la Société et les 
personnes qui désireraient l'entretenir, quil se tient à leur disposition, au siège de la 
Société, 198, boulevard Saint-Germain, tous les Lundis, de 4 à 7 heures. 



EN DISTRIBUTION 



Graines ortertes par M. GAGE, 
superintendant du Jardin royal 
botanique de Darjeeling (Inde). 

Aitilbe rivularis. 
Betula BhojpaUra. 
Bœhmeria platyphylla. 
Dichroa febrifuga. 
Erioboirya Hookeriana. 
F^axinus floribunda. 
Indigofera dostia var. tomentosa. 
Michelia excelsa. 
Pinut Puddum. 
Bhododeyidron arboreum. 
Rosa macrophylla. 
Bhus semialata. 
Salix calyculata. 
— oreophila. 
Trachycarpus Martianus. 



Graines offertes par M. BOIS 

Onopordon illyricum L. var. car- 
dunculiis. 



Graines offertes par M. MORËL 

Ayatlisea cœlestis. 
Angelica arcliaiigelica. 
Aralia sinensis. 
Biota aurea. 
Castntiopsis hystrix. 
Chioninihii.s cirginica. 
Clematis erecta atba. 
Cratsegus Carri^rei. 
Cytisus sempervirens 
Dimorphotheca auranliaca. 
Eucalyptus amygdatina. 
Eualyptus globulus. 
Galtonia candicans. 
Halesia cory)nboxum. 
Héliotrope var. Lemoine. 
— — M"' Bruand. 



Heuchera sanguinea. 
Impatiens Sultani. 
Potygonum Baldschuanicum. 
Séquoia giyantea. 
Tamnrix africana. 



Graines offerte* par le Gouver- 
nement général de l'Algérie 
et par le Jardin botanique de 
Sj'dney. 

Chloris gayana. 



Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noj'au^Me Amygdalus Davidiana 
{ Pêcher sauvage des montagnes 
de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

S'adresser an Secrélariat. 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société. 

OFFRES 

Sujets 1919 : 1-2 Canards Barbarie, 90 fr.; 1-2 Oies grises, 80 fr. 
M. de Boudard-Olonne, à Loriol (Vaucluse). 

Prix u)odérés : 50 beaux Camélias, à prendre sur place, près Orléans. 
M. A. Chappellier, 80. boulevard Saint-Germain, Paris. 

Lapins angoras blancs, prix suivant âge. 
M. C. Loyer, 23, rue Saint-Sulpice, Paris. 

Araucaria excelsa, âgé de 25 ans, 7°>50 do circonférence. 
M. E. Chalvon, 8, rue Germain-Pilon. Paris. 

A vendre : Lama femelle blanche âgée de 4 ans, née en Suisse. 

Adresser offres à l'Intendant de la Villa de Prangins, près Nyon (Canton de Vaud), Suisse. 

Élevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

Poules : Wyandottes blanches, Wyandotles argentées, Leghorn blanches, Minosques, Presses noires 
Faverolles, Canes Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Duclair, Oies Toulouse, Dindes noires. 

Reproducteurs de race pure, premier choix, élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, poussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Champagne 
Angoras blancs, noirs, havane. Fauves Bourgogne, Géants noirs, Géants blancs, Vendée. Sujets jeunes 
et adultes. 

M. Passy, Domaine du Désert de Retz à Ghambourcy [téléphone: 15] (S.-et-O.). Gare Saint-Germain. 

Chèvre saillie, à vendre : 150 francs. S'adresser au Secrétariat. 

DEMANDES 

Oryctes nasicornis (Rhinocéros), larves, nymphes et adultes. 
M. Jean Rostand, Cambo (Basses-Pyrénées). 

Maison de campagne, à louer, trois chambres non meublées à 4 ou 5 heures de Paris. Région boisée 
rivière ou étang proches, facilités de circulation pour l'étude et la photographie des animaux. 
Écrire au Secrétariat. 



Le but de la Société Nationale d'Aoclimatatiou de France est de concourir . 
1» à l'introduction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux 
utiles et d'ornement; 2" au perfectionnement et à la multiplication des races 
nouvellement introduites ou domestiquées; 3° à l'introduction et à la propagation 
de végétaux utiles ou d'ornement. 

La Société se compose de membres Titulaires, m.embres à Vie, membres 
Donateurs, membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une 
cotisation annuelle de 25 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'atîran- 
chit de la cotisation annuelle par un versement de 250 francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de 
Botanique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'ani- 
maux à ses membres. 

Elle publie, outre ce Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, 
composée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des 
questions concernant l'élevage des animaux, la culture des plantes et particuliè- 
rement des faits d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : 

installation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement, la Revue est servie par abonnement, aux 

n-embres de la Société, au prix réduit de 15 fr. pour chaque partie ou de 20 fr. 

p». " les deux. 

REV JE D'HISTOIRE NATUR ELLE APPLIQUÉE 

Pkemière partie 

MA MMALOGIE — AQUICULTURE — ENTOMOLOGIE —BOTANIQUE 

COLONISATION — AQUARIUMS et TERRARIUMS. 



SOMMAIRE, VOL. II, N» 2, FEVRIER. 

A. Baudon. — La destruction du gros gibier en Afrique équatoriale française. 

Aug. Chevalier. — Les acclimatations d'arbres utiles en France, et spécialement dans le Midi 
de la France et dans ia Normandie (suite). 

R. MlÉviLLE. -- Les arbres fruitiers en Indochine. 

A. GuiLLAUMiN. — Les Plantes ornementales de Nouvelle Calédouie 

J. Crepix. — Les Chèvreries parisiennes [suilc). 



Deuxième partie : L'OISEAU 



SOMMAIRE, VOL. II, N° 2, FEVRIER. 

D'' MiLLET-HoRSiN. — Souvenirs d'un naturaliste en Afrique occidentale française {suite). 

J. Delacour. — Les Barbus. 

Prof. A. Ghigi. — La Perdrix de la Cyrénaï(iuc (illustré). 

A. Decoux. — A propos d'un livre nouveau. 

Chronique ornitholoqique. 



Paris. — L. Marethbux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



/ 



BULLETIN 



DE LA 



ImM NatiODale d'AeelimatatioD 



DE FRANCE 



68* ANN É B 



N* 3. - MARS 1921 



SOMMAIRE 

Pages 

Actes de la Société d'Acclimatation 33 

Liste supplémentaire des membres de la Société 34 

Extraits des Procès-verbaux des Séances de la Société : 

Séance générale du 6 décembre 1920 35 

Assemblée générale du 20 décembre 1920 43 

Séance générale du 20 décembre 1920 46 



Un numéro, 2 fr. 50 : — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50. 



D>v~- ■ 



AU SIÈGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION DE FRANCE 
198, BOaLEVARD|SAINT-G-KR.MAIN, PARIS [VU*). 



Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
10 tickets, sont délivrées, au prix de 10 francs, aux membres de la Société, 
dans noE bureaux. 



Président, M. 



BUREAU ET CONSEIL DADMINISTRATION POUR 1921 

Kdmond Pbhhibr, Membre do llnsulul el de lAcBdémio do Médecine, Professeur an 
Muséuin d'Histoire naturelle, Paris. 

MM. D. Bois, Professeur ïu Muséum d'Histoire naturelle, 55, rue Cuvier, 

Pfliris ' 
, Dr Chau'veau, Sénateur de la Côte-d'Or, 225, boulevard Saint-Germain, Paris ; 

Vice-Préêidents ( Murât (le Priuce Joachira), Député, 28, rue de Monceau, Paris; &. , 

Anthouabd (le Baron A. d'), Ministre plénipotentiaire, 121 èîs.Jrue de^la 
Pompe, Paris. 
Secrit»ire général, M. Maurice I.otbb, 12, rue du Four, Paris. 

iMM.J. Crbpin, 55, rue de Verueuil, Paris (Séancei) ; 
Ch Dkbrkuii., 25, rue de Ghâleaudun, Paris (Intérieur): 
3. Delacouk, 28, rue de Madrid, Paris (Etranyer\ ; 
Abbé G. FoucHER, 24, rue Cassette, Paris [Consed). 
Tréiorier, M. le D' Skbillottk, 6, rue de l'Oraloire, Paris. 
Arehivitte-Bihliothécair^ : M. P. nE Clermont. 

Membres du Conseil. 

MM. A. Ghappbi.lier, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

le D' P. Marchal, Membre de l'Institut, Professeur i l'Institut National Agronomique, 45, rue 

de Verrières, à Anton}' (Seine). 
le D' Lbpbincb, 62, rue de la Tour, Pans 
MAit.LKS, rue de l'Union, l^a Varenne-Saiiit-Hilaire (Seine). 

le Dr E. Tboubssabt, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Cuvier, Paris 
LucoMTK, Membre de l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 14, rue des Rcoles, Paris. 
P. Carié, 40, boulevard de Courcelles, Paris. 

L. RouLB, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 5"/, rue Cuvier, Paris. 
P. Kbstnbr, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Rihera, Paris. 
R. Lk Fort, 89, boulevard Malesherbes, Paris. 

Barriol, Chet de la Comptabilité et des Finances de la C'' du P.-L.-M. 
H. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Dates des Séances générales et du Conseil 

POUR L'ANNÉE 1921 



Séances Générales à 3 h., les lundis. . 

Vp Section, Colonisation, à 5 h., les, jeudis 
VÎP Section, Aquariums, Terrariums, 

les jeudis 

Sous-section d'Ornithologie {Ligue pour 
la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 
troisièmes jeudis 



Jamier 

10 
24 

13 


Fénier 

7 
21 
10 


Mars 

1 
21 
10 


Avril 

11 
23 
14 


Mai 

9 
30 
12 


NtTtmbre 


7 
21 
10 


27(«) 


24 n 


24 n 


28(«) 


26(') 


24(») 


20 


17 


17 


21 


19 


17 



tieenbrt 



5 

190 
8 

22C) 
15 



fl) A 8 h. 3/4 du soir 

(2] A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générale. 



Assemblée générale le 1 


undi ' 


19 décembre, à 3 heures. 




Séances du Conseil, à 4 h., les mercredis. 


Janvier 


Février 
16 


Mars 
16 


Arril 


Mai 


Novembre 


Décembre 
14 


19 


20 


25 


16 



Les membres de la Société qui désirent assister aux Séances générales recevront 
sur leur demande les ordres du jour mensuels des séances. 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises 
par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin. 

r.a reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 
des articles publiés dans le Bulletin est interdite. 



Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de fr. 50. 



ACTES DÉ LÀ SOCIÉTÉ D'ACCLIMATATION 



DEJEUNER AMICAL 

Notre Déjeuner amical qui avait été reculé pour permettre 
aux produits marins de nos colonies d'arriver en France, 
a été fixé au jeudi 14 avril prochain, à midi et demi, au Buffet 
de la gare de Lyon. 

Le Déjeuner a pour but, cette année, de montrer tout le 
parti que l'on peut tirer des pêches coloniales, non seulement 
pour les besoins locaux, mais encore comme appoint impor- 
tant dans l'alimenlation de la Métropole. 

Par suite, ce Déjeuner sera à peu près uniquement composé 
de produits marins (Poissons, Crustacés, Mollusques), prove- 
nant des Colonies françaises (Afrique occidentale française. 
Côte des Somalis, Madagascar, Indochine), encore presque 
inconnus en France et dont nos collègues pourront, les pre- 
miers, apprécier la tînesse de goût et la délicatesse de chair. 

Le Déjeuner, dont le prix est fixé à 25 francs, reste exclusi- 
vement réservé aux membres de la Société et à leur femme. 

Se faire inscrire avanl le 7 avril, dernier délai. 



Distinctions honorifiques. 

Notre président, M. Edmond Perrier, a été nommé comman- 
deur de l'ordre belge de Léopold. 

Notre collègue, M. le comte J. Clary, a été promu comman- 
deur dans l'ordre de la Légion d'honneur. 

Notre collègue, M. Raymond Le Fort, a été nommé chevalier 
de la Légion d'honneur, au titre militaire. 

M'"'' Jeanne Lebelle a été nommée chevalier du mérite 

agricole. 

* 
♦ ♦ 

Concours pour 1921. 

Un prix d'une valeur de 100 francs sera accordé au meilleur 
Mémoire présenté sur le sujet suivant : 

« La meilleure étude morphologique et histologique des 
poils des animaux dont la fourrure est utilisée dans le com- 
merce. » 

Ce concours est ouvert jusqu'au 30 novembre 1921. 

BULL soc. NAT. ACCL. FR. 1P21. — 3 



LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES 

PRÉSENTÉS 
A LA SÉAXCE ,DU CONSEIL, LE 16 FÉVRIER 19M (t). 



Mme 

C0XFE7R0N (Berthe dej, villa des Roses, à Langres (Haute-Marne), 
(M. T.), présentée par MM. Debreuil, de Guerne et Loyer. 

mu. 

Breteuil (le marquis François de), 14, rue Hamelin, à Paris (XVI"), 

(M. V.), présenté par M""» la marquise de Ganay, MM. le comte 

B;rnarJ de Ganay et Debreuil. 
CouPUT (Charles), docteur en médecine, à Saint-Vrain (Seine-et- 

OLse), (M. T.), présenté par MM. Charles et Gustave Rivière et 

Lecq. 
CouPDT (André), docteur en médecine, à Saint-Vrain (Seine-et- 

Oise), (M. T.), présenté par MM. Charles et Gustave Rivière et 

Lecq, 
Larmanou (Benjamin), à Bordes par Bezing (Hautes-Pyrénées), 

(M. T.), présenté par MM. Perrier, Debreuil et Loyer. 
Le Vassëur (Paul), 63, rue La Boëlie, Paris (VIII^), (M. T.), présenté 

par MVl. Perrier, Lamarque et Debreuil. 
Mangin, membre de l'Institut, directeur du Muséum, 57, rue Cuvier, 

Paris (V«), (M. T.), présenté par MM. Perrier, Bois et Lecomte. 
Massion (Paul), notaire honoraire, Rond-paint des Champs-Elysées, 

Paris (Vni*), (M. T.), présenté par MM. Perrier, Debreuil et Loyer. 
MoixET (Jules-Arsèûe), industriel à La Boissière-le-Déluge (Oise), 

(M. T.), présenté par MM. Pei'rier, Janet et Debreuil. 
PÉZARD (Paul-Louis-Albert), professeur de zoologie à l'École nor- 
male supérieure de Saint-Cloud, 77 bis, rue Michel-Ange, Paris 

(XVI'=), (M. T.), présenté par MM. Debreuil, Perrier et Chappellier. 
Pl\niol (Maurice), ferme de Fresnes, à Fresnes (Seine), (M. T.), 

présenté par MM. Debreuil, Ditte et Foucher. 
Trignart, inspecteur à la Compagnie du P.-L.-M., 58, rue Custine, 

Paris (XVHI''), (.M. T.), présenté par MM. E. Perrier, Barriol et 

Debreuil. 
WiKiERA (G.), 2*, rue EdouarJ-Delafontaine, à Beauvais (Oise) 

(M. T.), présenté par MM. Perrier, J. Crepin et Debreuil. 

(1) M. T. signifie Membre titulaire. 
M.V. signifie Membre à vie. 



^TRAITS DES PROCÈS - ÏERBADX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 

SÉANCE GÉNÉRALE DU 6 DÉCEMBRE 1920 
Présidence de SI. D. Bois, Vice-Pfésident de la Société. 

Le procès -verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Généralités. 

M. Armand Mercier nous adresse sa dernière étude sur les 
Maladies des Oiseaux de Basse-cour, des Pigeons, Faisans, etc. 
-Cette brochure, éditée par la bibliothèque de la Revue Chasse 
et Pêche de Bruxelles, est un manuel très pratique qui peut ren- 
dre d'importants services. 

M. le professeur Bugnion remet, pour la bibliothèque, s<&>n 
travail sur Les Organes lumineux du Ver luisant provençal 
'{Phausis Delaronzeei). 

M.A.ÏlMA|LOGIE. 

M. Rollinat nous écrit : 

« A la Société, il a été plusieurs fois parlé, ces temps der- 
niers, de LÉcureuiL Sait-on que ce petit Mammifère, plutôt 
arboricole, est un nageur remarquable? Voici une observation 
toute récente qui semble le prouver. Le 30 septembre 1920, un 
de mes parents, capitaine retraité et grand pêcheur de Carpes, 
de Truites et de Saumons, se livrait à son plaisir favori sur la 
rivière de Creuse, non loin de Scoury, petite localité située 
entre Argenton et Le Blanc (Indre) ; il était accompagné d'un 
domestique. Du bord opposé à celui qu'il occupait, une bêle 
sauta dans l'eau et se mit à nager rapidement dans sa direc- 
tion, traversant la rivière qui, en cet endroit, a beaucoup plus 
de oO mètres de largeur. L'animal l'aperçut et fit un crochet 
pour aborder un peu en amont, remontant le courant pourtant 
assez fort; au moment où il prenait terre, le domestique le 
coiffa d'une épnisette. C'était un Écureuil qu'on me montra le 
jour même ; au moment où il était entré dans la rivière, rien 
ne le poursuivait. » 

M. Loyer donne lecture d'une note de notre collègue M. A, 
Baudon, administrateur des Colonies, sur la Destruction du 



36 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

Gros Gibier en Afrique équaloriale française. M. Baudon fait 
remarquer que la réglementation de la chasse dans nos terri- 
toires de l'Afrique équatoriale n'a pas donné les résultats 
attendus. 

Bien loin de restreindre la destruction des Éléphants, le 
décret du l" août 1916 l'a, au contraire, favorisée. Ce décret a 
établi quatre permis de chasse : 1° Permis scientifique ; 2" per- 
mis sportif pour Européens, de deux sortes, l'un donnant le 
droit de tuer 6 Éléphants, l'autre 3 seulement ; 3° permis com- 
mercial ; 4° permis indigène. Des deux premiers, rien à dire, 
mais le troisième, le permis commercial (1.000 francs}, permet 
d'employer un nombre illimité d'indigènes munis de permis 
(50 francs). En fait, le nombre de fusils à tir rapide que peut 
posséder un Européen étant fixé à 10, c'est donc 10 personnes 
qui peuvent chasser en vertu d'un permis commercial, et c'est 
déjà beaucoup. A l'heure actuelle, le nombre des profession- 
nels de la chasse en Afrique équatoriale française est élevé et 
celui des indigènes à leur service est excessif. Si on veut réel- 
lement restreindre la destruction du gibier, et des Éléphants 
en particulier, il y a lieu de reviser le décret de 1916 et de le 
préciser : 1° en limitant le nombre des chasseurs indigènes 
auxquels donne droit un permis commercial ; 2° en interdisant 
la chasse des femelles et des jeunes ; 3° en créant des réserves 
réelles. 

Après lecture de cette note, M. Loyer insiste sur la nécessité 
de reprendre la campagne en faveur de la protection efficace 
de la grande faune africaine, et tout particulièrement de l'Élé- 
phant qui est plus menacé que tous les autres Mammifères 
équatoriaux à cause de l'ivoire. 11 montre que l'Administration, 
loin de protéger l'Éléphant, favorise sa destruction en accep- 
tant les défenses d'ivoire en paiement de l'impôt de capitation 
dû par les indigènes et en fixant à un prix élevé la réirocession, 
à titre commercial, des pointes et morceaux d'ivoire, soit 
20 francs le kilogramme en moyenne. 

Dans ces conditions non seulement l'indigène est poussé 
par le fisc à chasser l'Éléphant, mais il l'est encore par les hauts 
prix que l'Administration a fixés pour la vente de l'ivoire. Or 
l'indigène n'est pas porté par son naturel à intensifier son 
effort au travail et nous avons besoin, plus qu'avant la guerre, 
du produit de nos colonies; il faut donc, au lieu d'encour.iger 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 37 

sa paresse et son oisiveté, l'inciter à produire davantage 
plutôt qu'à détruire les derniers troupeaux d'Éléphants 
africains. Cependant c'est de France que s'est élevée la pre- 
mière protestation contre le massacre des Éléphants d'Afri- 
que et notre Société s'en est fait l'écho, à maintes reprises, 
depuis 1870 jusqu'à ce jour; c'est au Gabon, colonie française 
que fut domestiqué en 1898 le premier Éléphant africain. 
Pourquoi ne pas continuer l'œuvre ébauchée jadis? Les Belges 
ont si bien compris l'intérêt scientifique et pratique qu'il y 
avait à domestiquer l'Éléphant d'Afrique que, depuis 1899, ils 
ont fondé dans leur colonie du Congo, à Kisa-Vangu d'abord, 
puis en 1904 à Api , une slalion d'élevage et de domestication qui 
possède en ce moment 30 Éléphants dont des cornacs hindous 
terminent le dressage. 

C'est cet exemple que nous devrions suivre avant qu'il soit 
trop lard plutôt que de poursuivre la destruction des derniers 
Éléphants de notre domaine africain. 

Ornituologie. 

M. Delacour rapporte quelques intéressantes constatations 
faites récemment par lui dans sa propriété de Clères (Seine- 
Inférieure). 

« J'ai vu, dit notre collègue, deux choses étonnantes : mes 
Kamichis nager comme des Canards et un troupeau d'Oies 
domestiques d'une ferme voisine voler en cercle à 30 ou 40 mè- 
tres de hauteur pendant 10 minutes. » 

Botanique. 

M. Gustave Rivière met sous les yeux de nos collègues quel- 
ques jolis échantillons de la Bruyère commune [Calluna vul- 
garis) récoltés à Eugénie-les-Bains (Landes), dont la longueur 
des rameaux, presque entièrement garnis de fleurs roses, n'est 
pas inférieure à 0'"70 (septembre 1920). 

Ordinairement, nous le savons tous, cette Bruyère n'atteint 
guère que 3 ou 4 décimètres de longueur et ses extrémités 
fleuries sont généralement fort courtes dans nos bois des envi- 
rons de Paris. 

Colonisation. 

M. A. Chevalier, chef de la Mission d'inspection de l'Agricul- 
ture et des Forêts de l'Indochine, fait une conférence sur la 



38 BULLETIN DÉ LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGCLtMATÀTION 

culture dû Théier, d'à Cannellier de Chine et du Camphrier ea 
Indochine et leoir a'G^limatation en France. 
~ Sans être des pkntes cultivées des climats teaapôrés, dit 
notre collègue, ces trois espèces ne sont pas des plantes carac- 
téristiques des climats tropicaux. Elles supportent la gelée et 
peuvent croître en France et en Italie. 

• Le climat doux et humide de la Bretagne et de l'Anjou con- 
vient an Théier et l'on rencontre des Camphriers en Italie et en 
Provence, Si la culture du Théier n'est pas à recommander en 
Franee, cela tient plus à la cherté de la miain-d'œuvre qu'au 
climat. 

En Indochine la main-d'œuvre est bon marché, le climat 
humide et chaud, et celte culture pourrait être des plus rému- 
nératrices, si elle était faite d'une façon rationnelle et si les 
feuilles subissaient une bonne préparation . 

Le Théier croît à l'état spontané dans les forêts vierges de 
l'Annam où M. Chevalier en a déterminé six espèces diffé- 
rentes. Si la culture du Théier n'a pas suivi, dans ce pays, un 
développement semblable à celui de Java, de Ceylan, ou de 
l'Inde, c'est que le Théier est cultivé par les indigènes qui 
affaiblissent la plante en cueillant presque toutes les feuilles 
âgées. Avec ces feuilles ils font un thé amer et riche en théine 
qui convient au goût annamite, mais n'e^t pas apprécié par les 
Ëiioropéens. 

Mi. Capus, directeur de rindustrie et du Commerce en Indo- 
chine, dit à ce propos que, dans les dégustations auxquelles il 
a assisté, les Thés d'Indochine étaient toujours classés au der- 
nier rang. Il attribue aussi cette qualité inférieure à la pré- 
sence des feuilles âgées qui sont vendues aux fabricants par les 
indigènes. 

Qaelq,U'es maisons fj?ançaises d'Indochine fournissent un thé 
assez apprécié. Les plantations d'Indochine devraient être 
exploitées comme le sontceîiies de Java^ de Ceylan ou de l'Inde. 
M. Aug. Chevaliei" donne quelques renseignements sur la cul- 
iuxe à Geylan et à Java. Tous les trois ans l'arbre doit être 
laiUé, et tous les vingt ans on régénère le Théier en coupant 
toutes les branches à 10 centimètres du sol. La cueillette des 
feuilles ne doit commencer qu'à la troisième année. La cueil- 
lette se fait tous les dix jours et l'on ne prend que les bour- 
g^&ns ©t les jeunes fe^illês^ Daais une e^xpieitatioa bien menée, 
la pleine pécolle ae s'obtient qu'à la dixième ao.Hée. Les plan- 



EXTBAITS DES PROCÈS- VERBAUX DES SÉAiNGES DE LA SOCIÉTÉ cd 

talion? sont famées toutes les années avec des engrais chi- 
miques appropriés à la nature du sol. 

M. Chevalier fait passer plusieurs photographies de planta- 
tions, de culture, et de cueilleUe du thé à Ceylan. 

L'État français devrait créer en Indochine des slations pour 
l'étude du thé comme celles qui existent à Buitenzorg iJava), 
Peradenya (Ceylan) et Calcutta (Inde). 

Autour de ces staiions les planteurs se grouperaient et arri- 
veraient à vaincre la concurrence et à conquérir le marché de 
France et du Maroc, en fournissant du thé d'aussi bonne qua- 
Jité que celui de l'Annam, de Ceylan, de Java. 

D'autre part les marchands de thé de France devraient s'in- 
téresser à cette question. 

Notre collègue nous parle ensuite de la culture des Cannel- 
liers et des Camphriers. Ces deux plantes sont très polymorphes. 
En. visitant les jardins des tropiques on est frappé par les dJÉFé- 
rejices de parfum des différents Cannelliers. Les feuilles varient 
d'une espèce à l'autre. M. Chevalier fait circuler des feuilles de 
Gannellier dont les unes sont trinervées et les autres uninervées. 
La cannelle la plus appréciée en Europe provient de Cinnamo- 
î«Mmz6J//a/i2'cMm cultivée Ceylan. La cannelle royale d'Indochine 
provient du Cinnamomum LouveiH, arhre qui croît à l'état sau- 
vage dans les forêts de l'Annam. L'exploitation de la cannelle 
royale du Thanh-hva se fait au profit de la cour d'Annam et la 
cannelle se vend marquée au sceau de l'empereur, ce qui en 
augmente considérablement la valeur. 

M. Chevalier a proposé à l'Administration de protéger ces 
ariiresqui disparaissent de plus en plus des forêts d'Indochine, 
mais le Conseil impérial du Comat a jusqu'à, présent mis san 
veto à ce changement dans les usages. 

Pour M. Aug. Chevalier, qui a spécialement étudié, au cours 
de sesi voyages en Extrême-Orient et à l'Herbier du Muséum,, 
Les Camplnriers, il n'est pas douteux qu'outre le Cinnamomum 
Camphora Nées et Eb. le principal producteur de camphre à 
Formoae et au Japon, il exista d'autres espèces de Cinnamomum 
qui contiennent du camphre ou de l'huile de camphre dans 
leurs feuilles ou dans leur bois, licite notammeTitle C. Simondii 
H-Lecorate, du Tonkin ; le C. ffupehamiin.&&mble, de la Chine; 
\e;.C . glandîdifevum Meissn.,,de l'Himalaya; le C. parthertoxylen 
Meissn,, de la Malaisie.; les C. camphoroides Hayataet C. nomi- 
nale Hayata, de Formose. Le C.pedunculatum Nées, lui-même. 



40 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

plus répandu au Japon que le vrai Camphrier, a des feuilles 
qui ont une forte odeur de camphre, ce qui a pu donner lieu à 
des confusions. 

La propriété de donner du camphre n'est pas spécifique et 
dans le vrai Camphrier {C. Camphora), il y a des individus 
très riches en camphre et d'autres qu'on ne distingue pas mor- 
phologiquement qui n'en conliennent pas de traces. 

De là le désaccord qui a existé chez certains observateurs 
qui se sont occupés des Camphriers cultivés en Algérie. 
M. Chevalier a même ohservé des Camphriers qui ont une 
écorce dont le parfum rappelle la cannelle et des Cannelliers 
de Ceylan qui sentent le camphre. On sait que Camphriers et 
Cannelliers appartiennent au même genre botanique Cinna' 
monium. 

Athanase de Lukmanofï, dans un travail qui remonte 
à 1877 (1), avait déjà signalé la grande variété qui existe dans 
les Cannelliers et Camphriers, vivant à l'état spontané ou cul- 
tivés dans les serres et les jardins, et il avait montré notam- 
ment qu'il y avait aussi des Camphriers à odeur terébinthée, 
musquée ou citronnée (contenant du citral). 

M. Chevalier a étudié les formes actuellement cultivées dans 
les jardins en France et dans l'Afrique du Nord. 

Le vrai Camphrier peut prospérer en Afrique, sur la côte de 
Provence et sur le littoral de l'Océan. 

Au Jardin botanique de la Marine, à Brest, M. Chevalier a 
observé deux très beaux exemplaires de C. pedunculatum Nées 
inexactement étiquetés C. Camphora et qui fleurissent et fruc- 
tifient chaque année. Ils ont résisté à tous les hivers depuis 
1883 et ils étaient même peut-être déjà en pleine terre lors de 
l'hiver 1878-1879. 

Au Jardin botanique de Bordeaux on cultive un Camphrier 
qui paraît hybride de C. Camphora et C. glanduliferum ou 
C. Hupehanum qui a résisté à des froids de — 16° (1893). Dans 
ses feuilles distillées M. Beille a trouvé « un produit huileux 
qui abandonne au contact de l'air des cristaux de camphre 
conservant une forte odeur d'origine ». 

Au Jardin botanique de la villa Thuret, à Antibes, ou cultive 
outre le C. Camphora, le C. Hupehanum Gamble et le C. seri- 
ceum Nées, ce dernier ne paraissant pas contenir de trace de 

1. Nomenclature et iconographie des Cannelliers et Camphriers, Paris, 
F. Debons et C". 



E>\TRA1TS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 41 

camphre. M. PoirauU nous assure qu'ils végètent. parfaile- 
menl et ils sont aussi rustiques que le Caniphrier vrai. Ces deux 
espèces ornementales peuvent être cultivées dans toute la 
région méditerranéenne. 

Enfin, il semble que c'est par erreur qu'on a signalé le 
<'. inunclum Meissn, cultivé en quelques points d'Algérie. 
Cette espèce de Birmanie ne semble pas avoir été encore intro- 
duite et ce qu'on a désigné sous ce nom n'est autre chose qu'un 
C. Camphora sans camphre. 

Enfin, M. Chevalier signale le Cannellier de Chine (C. Cassia 
Nées) cultivé au Jardin Hanbury, à la Mortala (Italie). Il pense 
qu'il peut s'acclimater partout où on a réussi la culture du 
Camphrier. Pour terminer, M. Chevalier préconise la culture 
des Camphriers dans nos colonies afin de nous afTranchir du 
monopole japonais. 

Des essais de culture ont été tentés récemment en Algérie. 
Ils seront intéressants à suivre, mais c'est surtout au Tonkin et 
sur les hauts plateaux de l'Annam que ces essais doivent être 
entrepris et il faut les faire en grand comme véritables reboise- 
ments forestiers. 

Il ne s'agit pas seulement de cultiver les sortes à haut rende- 
ment en camphre qui sont encore mal connues et qu'il faudra 
probablement multiplier par la greffe, le marcottage ou les 
semences sélectionnées. Il préconise surtout la culture du, 
Camphrier comme essence forestière et, dans ce cas, il n'y a pas 
de sélection à faire. A 50 ou 60 ans ces arbres seront en âge 
d'être abattus et ils donneront dans tous les cas un bois de 
valeur. 

A propos de la conférence de M. Chevalier, M. Charles 
Rivière fait les réflexions suivantes : 

« Je partage les opinions exprimées par M. Chevalier, on les 
trouvera résumées dans tous mes écrits depuis trente ans. 
Tous les végétaux, surtout ceux transportés dans un autre 
milieu climatique, ne contiennent pas toujours les principes 
chimiques ou les qualités spéciales qui les font rechercher. 
Ainsi, il y a des cafés sans caféine, des thés sans théine, des 
coca sans cocaïne, et comme il y a des Ficus elaslica sans 
caoutchouc, ce que M. Chevalier et moi avons constaté depuis 
longtemps. 

L'aire de végétation du Théier peut être étendue, mais non 



42 BULLETIN DJE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

&€S qualités. Avec cette piaule les insuccès ont été complets. 
dans le Nord de l'Afrique où elle se montre sans résistance à 
la chaleur, à l'iosolalion et au froid, surtout à l'aridité atmo- 
sphérique. 

Un spécialiste, le D"" LLautaud, chargé de mission, entreprit 
la culture du Théier en 1857 dans le bas Allas de la Mitidja 
(Algérie) : résultat nul même comme végétation. 

Plus Lard, en iSTô et 1871, les essais furent repris dans les 
gorges de la Chiffa, près de Blidah. On crut à quelques succès, 
Boais en 1868, chargé de suivre cette tentative, je reconnus que 
la végétation n'é.tait pas celle du Théier, mais bien celle du 
Cameilia sasangua, sujet porte-greffe sur lequel le Théier avait 
été greffé : le greffon n'avait pas résisté. 

La plantation du Camphrier, toujours conseillée dans le Nord 
de lAfrique, est certainement une utopie économique : cette 
espèce ne convient nullement aux milieux atmosphériques 
secs, à extrême insolation et aux froids rigoureux des allitudes. 

Les expériences diverses que j'ai faites en 1897 ojit démontré 
que les Carapliriers d'Algérie ne contenaient que peu de 
camphre, souvent pas, quoique les sujets fussent âgés de vingt- 
cinq à quarante ans, ce qui a été conûrmé par les analyses 
d'Aimé Girard, de l'Institut, et de MM. G. Rivière et BaiUache 
au laborato-ire agronomique de Versailles. 

On a prétendu à tort que ces analyses ont porté sur le Cam- 
phora inuncta et non sur le C. officinalis. D'ailleurs, ainsi que 
le fait remarquer M. Chevalier, et c'était aussi l'avis de notre 
collègue Poisson^ les Camphriers présentent les plus grandes 
variations comme teneur en camphre. 

Une planlation de cet arbre serait onéreuse en Algérie : édu- 
cation lente, nécessité de greffage, soins particuliers pendant 
des années, récolte quelconque impossible avant vingt à vingt- 
cinq ans, toutes conditions absolument anti-économiques. 

Tel est aussi l'avis du célèbre professeur Ililgard, des États- 
Uais. 

Et, puisque très incidemment il est question du Quinquina 
dont racclimatation a été si réussie dans l'Inde et à Java, je 
citerai que l'on s'eit élirangement leurré sur les résultats 
obtenus en Algiérie de 1862 à 1867, &i l'on s'en rapporte au 
mémoire quasi ofliciel publié à cette époque par notre Société. 

En effet, quand je fus chargé, en 1866, de continuBr celt« 
expérimenta.tiQn, je C0ins.ta'ai que les Quinquina des gorgesde 



EXTRAITS ORS PROGÈS-VERJBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 43 

la CliifTa, deux douzaines environ, gelaient tous les ans et 
j'étais obligé de les renouveler par de jeunes plants élevés dans 
les. serres du Jardin du Luxembourg, à Paris, d'oi!i je les rap- 
portai bien précieusement. 

La conclusion de ces quelques indications, de celles de 
M. Chevalier et des miennes, c'est que certains végétaux subis- 
sent souvent, hors de leurs milieux naturels, de profondes 
modifications. 

Le D*" Heckel, notre regretté collègue, disait avec raison 
« que le moindre changement de vie dans les véyétaux apporte des 
perlnrbalions profondes dans la nature chimique et physique 
des produits, parfois même il en tarit la source complètement ». 

Faute d'envisager ces éventualités on s'expose à des déboires 
d'ordre économique, aussi notre Société ne doit pas accepter 
sans contrôle sérieux des opinions non suffisamment basées et 
de nature à nuire à l'œuvre des praticiens ». 

Le sécrétai) e des séances adjoint, 
Pierre Crepix, 



ASSEMBLEE GÉNÉRALE DU 20 DECEMBRE 1920 

Présidence de M. le bai'on de Gueriie, 

Vice-Président honoraire de la Société. 

Il est procédé à l'élection des membres du Bureau et de 
cinq membres du Conseil d'administration de la Société. 

MM. Maillps et Diguet sont chargés du dépouillement du 
scrutin qui donne le résultat suivant : 

No^mbre d'e votants . . . 187 

Bulletin nul 1 

Sont élus : 

Frésidenl. 

M. le professeur Edmond Perfier, membre 

de rin&titut et de l'Académie de médH> 

cine {sortant) 186 voix. 

Vice-présidents. 

M. D. Bois, professeur au Muséum (sortant). 187 voix. 

M. le D'" Chauveau, sénateur (so;'^aH<) . . . 186 — 

M. le prince Joachim MuRAT, député . . . . 186 — 
U. i'e baron A. d'ANTHOtiAtto, ministre plé- 

nipoilpntiaire .- 1;86 — 



44 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION 

Secrétaire général. 
M. Maurice Loyer (sortant) 187 voix. 

Vice-secrétaires. 

M. l'abbé Fouciier (Conseil) 187 voix. 

M. Joseph Crepin [Séances'] (sortant) .... 186 — 

M. Gh. Debreuil [Intérieur] (sortant) .... 187 — 

M. J. Delacour [Étranger] (sortant) .... 187 — 

Archiviste-bibliothécaire. 
M. Philibert de Clermont 187 voix. 

Membres du Conseil. 

M. Albert Chappellier, licencié es sciences 

(sortant) 186 voix. 

M. le professeur P. iMarchal, membre de 

l'Institut (sortant) 187 — ^ 

M. le professeur Lecomte, membre de l'In- 
stitut (sortant) 186 — 

M. A. Barriol, chef de la comptabilité et 

des finances de la C*<' P.-L.-M 186 — 

M. H. Jea.nson, industriel 186 — 

Lecture est donnée du rapport de la Commission de Compta- 
bilité sur la situation financière de la Société. 1/Assemblée 
remercie les membres de cette Commission, MM. Barriol, 
Faucon et Leprince, ainsi que M. Trignart, de leur travail 
de vérification et d'organisation. 

La situation financière est satisfaisante malgré les circon- 
stances actuelles défavorables, surtout à cause des frais consi- 
dérables d'impression qui continuent à s'élever; elle pourrait 
devenir meilleure encore si chaque sociétaire prenait la réso- 
lution de faire de la propagande active et de recruter de nou- 
veaux membres. 

La Revue d^Hisloire Naturelle appliquée a obtenu le plus 
légitime succès, tant en France qu'à l'étranger, et nous pou- 
vons fonder les plus sérieux espoirs sur cette nouvelle publi- 
cation de la Société. 

L'Assemblée approuve le projet de budget pour 1921 . 

M. Foucher lit le rapport de la Commission des Archives et 
de la Bibliothèque. 

L'Assemblée constate, avec satisfaction, les progrès accom- 
plis dans le classement et raménagement de la Bibliothèque et 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ -45 

félicite le bibliothécaire, M. P. de Clermont, pour son dévoue- 
ment et son activité. 

La séance solennelle des Récompenses aura lieu le dimanche 
13 février 1921. Le choix des lauréats qui a été fait par le 
Conseil sur les propositions de la Commission des Récom- 
penses est approuvé. 

Le Déjeuner amical annuel a été fixé au jeudi 14 avril 19'21. 
Afin de montrer, par des faits, qu'il existe des moyens de 
remédier à la cherté de la vie, l'Assemblée propose d'établir 
un menu composé uniquement de Poissons et de Crustacés. 
Les Poissons proviendraient principalement de la côte occi 
dentale d'Afrique et les Crustacés de Madagascar, oii noire 
collègue M. le professeur Gruvel a organisé des pêcheries. 
Celte proposition est adoptée. 

M. le Président annonce la nomination, comme membre du 
Comité d'Honneur de la Société, de M^'' Dubois, Cardinal 
Archevêque de Paris. 

Le sujet proposé pour le concours de 1920 n'ayant pas été 
Irailé selon les indications établies, les membres du jury 
n'ont pas cru pouvoir décerner le prix. 

Le sujet du concours pour 1921 est le suivant : 
« La meilleure étude morphologique et histologique des 
poils des animaux dont la fourrure est utilisée dans le com- 
merce. » 

Il est donné lecture des dates des séances générales et des 
réunions de différentes sections ; 

A la demande du président de la VI' section (Colonisation), 
cette section se réunira en 1921, chaque mois, à jour fixe, et 
les membres de la Société, qui en feront la demande, rece- 
vront régulièrement les ordres du jour des séances. 

Une nouvelle section a été créée, au cours de l'année 1920, 
sous le nom de VU" section, « Aquariums et Terrariums ». 
Plusieurs réunions très suivies ont déjà eu lieu ; l'Assemblée 
félicite les organisateurs de cette section, dont la création 
comble une lacune et dont les travaux fort inléressanis pro- 
mettent d'obtenir un grand succès. 

Le Secrétaire, 

G. FOUCHER. 



46 BTTLLETTN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCHMATATIôN 

SÉANCE GÉNÉRALE DU 20 DÉCEMBRE 1920 

Présidence de IW. le baron de Guertie, 

Vice-Président honoraire de la Société. ' 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. Pays-Mellier nous adresse ses compliments, de Poitiers, 
où il s'est retiré. Il nous fait écrire qu'atteint de rhumatismes, 
<|ui le font cruellement souffrir, il a été obligé d'abandonner 
ses élevages de la Pataudière, qui étaient le charme de sa vie. 

M. le Président remercie notre collègue, lui souhaite u»e 
meilleure santé et affirme que ses belles collections d'animaux 
resteront dans le souvenir de tous. 

11 est déposé un certain nombre d'ouvrages et de publica- 
tions périodiques envoyées pour la Bibliothèque. 

Entre autres, M. le Gouverneur général de l'Afrique Occi- 
dentale française fait don du tome I"'' d'un important travail de 
M. A. Chevalier, intitulé : Exploration botanique de V Afrique 
occidenlale frartçnise. 

Le R. P. Courtois, directeuT du Musée de Zi-Ka-Wei, adresse 
le tome VI, l" cahier, des Mémoires concernant V Histoire _ 
naturelle de l'Empire chinois, contenant: L'Herbier de Zi-Ka- 
Wei et Herborisation dans le A'iang-sou en 1920. Cet important 
in-i" est illustré de très belles photogravures. 

M. Marnier-Lapostalle fournit quelques explications sur une 
série de photographies représentant la collection de plantes 
qu'il cultive dans sa propriété de Nice. Ces photographies 
sont intéressantes en ce qu'elles montrent bien l'effet de déco- 
ration tropicale que l'on peut obtenir sur la Côte d'Azur avec, 
entre autres, des Palmiers et des Fougères. 

La parole est donnée à M. le professeur Gruvel pour la con- 
férence portée à l'ordre du jour : « Le Laboratoire des Pêches 
et Productions coloniales d'origine animale du Muséum 
national d'Histoire naturelle ». Ce laboratoire est le résultat 
de la transformation et de l'agrandissement du laboratoire 
créé, d'abord, par notre collègue M. Lebrun, ministre des 
Colonies, à l'Ecole des Hautes-Etudes. Les services ont été 
étendus à toutes les colonies françaises et outre les Pêches 
coloniales, ils s'occupent de l'étude et de l'exploitation de tous 



EXTRAITS DES P«OCÈS-VEMA!UX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ -H 

les produits coloniaux d'origioe animale : ékvage, apiculture, 
sériciculture, plumes, Oiseaux de parure, ivoire, etc. 

Afin de mieux faire connaître les immienses richesses de nOB 
colonies, tels que les produits de la mer, les plus ignoTés de 
tOTis, une chaire dénommée « Des Péchas et Productions 
coloniales d'origine animale » a été créée an Muséum et 
M. Gruvel en a été nommé professeur titulaire. 

Les gouvernements généraux de l'Afrique Occidentale fran- 
çaise, de l'Afrique Équatoriaie française et de l'Indochine sont- 
représentés chacun, au Laboratoire, par un préparateur spé- 
cialisé. Le Laboratoire reçoit, en outre, des travailleurs indé- 
pendants. 11 possède des collections, une bibliographie et une 
bibliothèque adaptées à son but ; il n'a pas de publication 
propre, mais il publiera, suivant les besoins, des volumes et 
usera largement des publications de Sociétés et tout particu- 
lièrement de la Revue de la Sociét-^ d'Acclimatation. 

L'enseignement de M. Gruvel s'adressera au grand public; 
il comportera une base scientifique, mais de façon à en mon- 
trer les applications pratiques. Contrairement aux Labora- 
toires de Zoologie pure, la nouvelle création s'intéressera aux 
espèces les plus communes et les plus répandues, celles dont 
l'exploitation peut présenter un intérêt industriel et commer- 
cial. 

Des résultats pratiques sont déjà obtenus en Afrique: Port- 
Etienne est en train de devenir un grand port de pèche ; Dakar 
se développe ; l'exploitation des lagunes de la Côte d'Ivoire est 
commencée ; deux puissantes sociétés franco-norvégiennes 
vont faire non seulement la pêche des Cétacés sur la côte du 
Gabon, mais fabriqueront le Poisson salé, séché, fumé, etc. A 
Madagascar sera organisée une industrie de conserves de Lan- 
goustes, Crabes, etc.; des fabriqués fourniront des engrais 
azotés; un centre de pêche industrielle sera créé à l>jibouti. 

En Indochine, un Laboratoire de la Mer et des Pêches a été 
rattaché à l'Institut scientifique de Saïgoa fondé par notre 
collègue, M. A. Chevalier; ce Laboratoire étudiera la possi- 
bilité d'introduire dans la colonie les méthodes de pêche et 
de préparations industrielles usitées ailleurs. 

A la Martinique, où abondent des Poissons de toutes sortes, 
mais où, chose inouïe, on ne consomme pour ainsi dire que 
du Poissdn conservé, des Sociétés seront constituées pour 
exploiter les prod^iits de la mer. 



48 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLFMATATION 

En résumé, l'idée pour laquelle M. Gruvel lutte depuis 
quinze ans a fait son chemin et il y a tout lieu d'espérer 
que, dans un avenir proche, seront créées dans toutes nos 
colonies des industries de la mer qui leur permettront de se 
suffire à elles-mêmes et de contribuer.au développement com- 
mercial, industriel et agricole de la métropole. 

M. le Président remercie vivement M. Gruvel ; il rappelle 
les travaux scientifiques de notre collègue, qui le placent au 
premier rang. 11 remarque que M. Gruvel a toujours indiqué 
dans son œuvre ses tendances vers les applications écono- 
miques de l'histoire naturelle. 

La Société d'Acclimatation est heureuse de constater l'in- 
térêt que le Gouvernement attache aux services rendus au 
pays par notre collègue qui, à quelques jours de distance, 
vient d'être nommé professeur au Muséum et promu officier 

de la Légion d'honneur. 

Le Secrétaire des séances, 

.]. Crepin. 



ORDRE DU JOUR DES SEANCES 

— Mars 1921 — 
SÉANCES GÉNÉRALES 

Lundi 7, à 3 heures. — M. A. Fauchère : L'élevage du Bœuf à 
Madagascar. 

— M. Vayssière : L'Oasis de Figuig. 

Lundi 21, à 3 heures. — M. A. Pezard : Modifications provoquées 
dans les caractères extérieurs chez les Oiseaux. {Projections.) 

Séances de sections. 

Jeudi 10, à 3 heures. — Sous-section d'ORisiTHOLOGiE (Lif^ue pourla 
Protection des Oiseaux). Par exception, la séance se tiendra au 
Muséum (Amphithéâtre d'anatninie). M. Burdet : Les Oiseaux dans 
la nature. {Projections cinématographiques.) 

Jeudi 10, à 5 heures. — IV'' section {Colonisation). M. Lenoir : 
Culture du Noyer. — M. Dode : Les Noyers exotiques. 

Jeudi 17, à 5 heures. — IV« section {Entomologie). M. L. Chopard : 
Les principaux Orthoptères nuisibles introduits en France. 

— M. Vayssière : L'acclimalalion des Insectes auxiliaires. 

Jeudi 24, à 8 h. 3/4 du soir. — VII<= seciion {Aquariums et Terra- 
riums). M. Béguin- Billecocq : Le Terrarium. 

Le Gérant i A. Marethecx. 



Paris. — L. Marbthkux, imprimeur, I, rue Cassette. 



Le Secrétaire général a l'honneur d'informer MM. les Membres de la Société et les 

Sersonnes qui désireraient l'entretenir, qu'il se tient à leur disposition, au slèse de la 
ociété, 198, boulevard Saint-Germain, tous les Lundis, de 4 à 7 heures 



Craines otfertes par M. GAGE, 
siiperintencianl du Jardin royal 
botanique de Darjeeling (Inde). 

Atlilbe rivularis. 

Betula Bhojpallra. 

Bœhmeria platyphylla. 

Dichi-oa fcbrifuga. 

Eriobotrya Hookeriana. 

Fraxinus floribunda. 

Indigofern dosua var. tomeutosa. 

Michclia excelsa. 

Pinus Ptiddum. 

fthododendron arboreum. 

Rota macropliylla. 

Bhus semialnta. 

Salix calyculata. 

— oieophila. 
Tiachycarpus Martiaaas. 



EN DISTRIBUTION 



Graines offertes par M. BOIS 

Oiiopordon illyricum L. var. car- 
diiticuliis. 



Graines ofiertes par M. MOREI^ 

Ayathsea cœlestis. 
Angelica archanqelica. 
Aralia s i ne n sis. 
Biota aitrea. 
(Mstnnopsis hysirix. 
Chionanthus virginica. 
Clematis erecta alba. 
Cratseî/us Carri^rei. 
Cytisus seynpervirens 
Dimorphotheca aurantiaca. 
Kucalyptus amygdalina. 
Eu'utypnts globiilus. 
Galtonin candicans. 
Halesia corymbosum. 
Héliotrope var. Lemoine. 
— — M»" Bruand. 



Heuchera sanguinea. 
Impatiens Sullani. 
Polygonum Baldschuanicum. 
Séquoia gigantea. 
Tamarix africana. 



Graines offerte* par le Gouver- 
nement général de l'Algérie 
et par le Jardin botanique de 
Sj-dney. 

Chloris yayana. 



Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdalus Davidiana 
{ Pêcher sauvage des montagnes 
de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

S'adresser au ^secrétariat. 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société. 

OFFRES 

Œufs à couver Leghorns blancs et Orpington noirs, races pures (fécondation 90 0/0). 1 fr. pièce. 

M. de Boudard-OIonne, à Loriol (Vaucluse). 

Prix modérés : 50 beaux Camélias, à prendre sur place, près Orléans. ' 

M. A. Ghappellier, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

Lapins angoras blancs, prix suivant âge. 
M. C. Loyer, ^6, rue Saint-Sulpice, Paris. 

Araucaria excelsa, âgé de 2."> ans, 7'"50 de circonférence. 
M. E. Chalvon, 8, rue Germain-Pilon, Paris. 

X vendre : Lama femelle blanche âgée de 4 ans, née on Suisse. 

-adresser offres à l'Intendant de la Villa de Prangins, près Nyon (Canton de Vaud), Suisse. 

Élevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

Poules : Wyandottes blanches, Wyandottes argentées, Leghorn blanches, Minosques, Bresses noires 
Faverolles, Canes Rouen foncées, Couraurs-lndiens, Pékin, Duclair, Oies Toulouse, Dindee noires. 

Reproducteurs de race pure, premier choix, élevés en grande liberté. 

<Tîufs à couver, poussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Champagne 
Angoras blancs, noirs, havane, Fauves Bourgogne, Géants noirs. Géants blancs, Vendée. Sujets jeunes 
et adultes. 

.M. Pîssy, Domaine du Désert de Retz à Chambouroy [téléphone: 15] (S.-et-O.). Gare Saint-Germain. 

DEMANDES 



Oryctes nasicornis (Rhinocéros), larves, nymphes et adultes. 
M. Jean Rostand, Cambo (Basses-Pyrénées). 

Maison de campagne, à louer, trois chambres non meublées à 4 ou 5 heures de Paris. Région oisé 
rivière ou étang proches, facilités de circulation pour l'étude et la photographie des animaux. 
Écrire au Secrétariat. 



Le but de la Société Nationale d'Aoclimatation de France est de concourir 
10 à l'introduction, à racclimatation et à la domestication des espèces d'animaux 
utiles et d'ornement; 2° au perfectionnement et à la multiplication des races 
nouvellement introduites ou domestiquées; 3° à l'introduction et à la propagation 
de végétaux utiles ou d'ornement. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres 
Donateurs, membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une 
cotisation annuelle de 25 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affran- 
chit de la cotisation annuelle par un versement de 250 francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de 
Botanique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'ani- 
maux à ses membres. 

Elle publie, outre ce Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, 
composée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des 
questions concernant l'élevage des animaux, la culture des plantes et particuliè- 
rement des faits d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : 

installation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, Introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement, la Revue est servie par abonnement, aux 

membres de la Société, au prix réduit de 15 fr. pour chaque partie ou de 20 fr. 

pour les deux. 



REVUE D'HISTOIRE NATUR ELLE APPLIQUÉE 

Pkemière partie 

MAMMALOGIE — AQUICULTURE — ENTOMOLOGIE —BOTANIQUE 

COLONISATION — AQUARIUMS et TERRARIUMS. 



SOMMAIRE, VOL. II, N» 3, MARS. 

P. -A. PicHOT. — La proleclion ilu Bison aux liltats-Unis. 

M. Loyer. — La destruction de l'Éléphant d'Afrique. 

Aug. Chevalier. — Les acclimatations d'arbres utiles en France, et spécialement dans le Midi 
de la France et dans la Normandie {suite). 

A. GuiLLAUMiN. — Les Plantes ornementales de la Nouvelle Calédonie (suite). 

J. Crepin. — Les Chèvreries parisiennes (suite). 



Deu.vième partie : L'OISEAU 



SOMMAIRE, VOL. II, N» 3, MARS. 

MARCEf. Lbgendbe. — Quelques familiarités de nos Oiseaux captifs. 

Mrs M. A. BuRGESs. — Remarques sur quelques-uns de nos Oiseaux. 

A. Mercier. — La Huppe wilgiiro (Upupaepops Linn.) en captivité. 

Comte E. de Rougé. — La reproduction du Rossignol en captivité. 

J. Berlioz. — Les Veuves, Oiseaux de volière. 

D' MiLLET-IIoRSiN. — Souvenirs d'un naturaliste en Afrique occidentale française (suit»). 

F. MÉREi,. — La Perruche ondulée et son élevage. 

JosBPB Alsuerge. — Hybrides de Tarins rouges {Cfiyysomitris cucullaia). 

Chronique ornitholof/igue. 



Pari». — L. Mareihbux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



BULLETIN 



DE LA 



MM Nationale d'AcclimatatioD 



DE FRANCE 



68» A NN É B 



!M' 4. - AVRIL 1921 



SOMMAIRE 

Pages. 

Actes de la Société d'Acclimatation 49 

A. Robertson-Proschowsky. — Notes delà Côte d'Azur 50 

Extraits des Procès-verbaux des Séances de la Société : 

Séance générale du 10 janvier 1921. . 54 

VI» Section (Colonisation). -- Séance du 13 janvier 1921 57 

VU» Section (Aquariums et Terrariums). — Séance du 23 décembre 1920 58 

Chronique générale et Faits divers 61 



Un numéro, 2 fr. 50 : — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50. 



AU SIÈGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION DE FRANCE 
198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS (vn«). 



Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
10 tickets, sont délivrées, au prix de 10 francs, aux membres de la Société, 
dans nos bureaux. 



Vice-Présidents 



Secrétav-es 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 

Président, M. Edmond Pbrbibb, Membre de llnsiitul el de l'Académie do Médeciae, Profesieur au 
Muséum d'Histoire naturelle, Pari». 

MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 55, rua Guvier, 
Paris ; 
D' ChaUveau, Sénateur de la Côte-d'Or, Q25, boulevard Saint- Germain, Paris; 
MuRAT (le Priuce Joacliim), Député, 28, rue de Monceau, Paris; 
Anthouabd (le Baron A. d), Ministre plénipotentiaire, 121 bis, rue de la 
Pompe, Paris. 

Secrétaire général, M. Maurice Lotbr, 12, rue du Four, Paris. 

MM.J. Crepin, 55, rue de Verueuil, Paris (Séances) ■ 

Ch. Drbrbuil, 25, rue de Châlesudun, Paris (Intérieur); 

J. Dblacoub, à Clères [Seine-Inférieure] (£'t»«»s;ffr) ; 

Abbé G. Foucher, 24, rue Cassette, Paris {Conseil). 
Trésorier, M. le D' Skbillottk, 6, rue de l'Oratoire, Paris. 
Archiviste Bihtiotfiéuairti ; M. P. DE Clermont. 

Membres du Conseil. 

MM. A. Chappellier, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

le D' P. Mabchal, Membre de l'Institut, Professeur à l'Institut National Agronomique, 46, ru» 

de Verrières, à Antony (Seine), 
le D' Lbprince, 69, rue de la Tour, Paris. 
Mailles, rue de l'Union, La Varenne-Saint-Hileire (Seine). 

le D' E. TB0UE.SSART, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Guvier, Paris. 
l.KCOMTB, Membre d© l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 14, rua des Ecoles, Paris. 
P. Carié, 40, boulevard de Courcelles, Paris. 

L. Roule, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Guvier, Paris. 
P. Kbstnbr, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Ribera, Paris. 
R. Lb Fort. 89. boulevard Malesherbes, Paris. 

Barriol, Chef de la Comptabilité et des Finances de la C'= du P.-L.-M. 
H. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Dates des Séances générales et du Conseil 

POUR L'ANNÉE 1921 



Séances Générale» à 3 h., les lundis. . 

Vp Section, Colonisation, k^'b..]es jeudis 

VIP Sectiois, Aquariums, Terrariums, 

le."? îe.udis 


Janvier 


Février 


ïir] 


Avril 


Mai 


Neviinbre 


H^eeobre 

5 

19(») 

8 

22(«) 
13 


10 
' 24 

13 

20 


7 
21 
10 

24n 

17 


7 
21 
10 

24 (i) 
17 


11 
25 
14 

28(*) 
21 


9 
30 
12 

26(*) 
19 


7 
21 
10 

24(») 
17 


Sous-section d'Ornithologie [Ligue pour 
la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 
troisièmes ieudis 




(1) A 8 h. 3/4 du soir 

^21 A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assomblée 


i généra 


le. 













^Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 heures. 



Séances du Conseil, à 4 h., les mercredis. 


Janvier 


Février 
16 


Mars 


Avril 


.Mai 


.Novembre 


Décembre 


19 


16 


20 


25 


16 


14 



Les membres de la Société qui désirent assister aux Séances générales recevront 
sur leur demande les ordres du jour mensuels des séances. 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises 
par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin. 

X,a reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 
des articles publiés dans le Bulletin est interdite. 



Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de fr. 50. 



ACTES DE LÀ SOCIÉTÉ D'ACCLIMATATION 



NÉCROLOGIE. 



C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris la 
mort de M. Pierre-Amédée Pichot, décédé à Paris le 11 février 
1921, dans sa quatre-vingtième année. Il était membre de la 
Société depuis 1875 et avait pris une grande part à nos travaux 
et à la rédaction de notre Bulletin dont il fut le collaborateur 
actif jusqu'à ses derniers jours. 

M. Pierre Amédée-Pichot, en témoignage de l'inlérét afTec- 
tueux qu'il portait à notre Société, lui a légué une somme de 
20.000 francs. 



Distinctions honorifiques et récompenses. 

S. A. le prince Murât, notre collègue, vient de recevoir le 
grand cordon de l'Ordre de Victoria. 

Notre collègue, M. Buxareo Oribe, le grand éleveur de 
l'Uruguay, vient d'être promu officier du Mérite agricole. 

L'Académie des Sciences a décerné un prix de 2.000 francs 
à M. MÉNEGAUX, pour ses travaux d'Ornithologie. 



Excursion chez M. R. de Noter. 

[Ecole d'Accliviatation, Aulnay-sous-Bois, 

le jeudi 7 juillet 1921). 

Réunion, gare du Nord, train départ : 1 h. 35; retour : 
4 h. 30. 

Visite des cultures de légumes et de fleurs peu connus, utiles 
ou d'ornement. 



BULL. soc. NAT. ACCL. FR. 1921. — 4 



NOTES DE LA COTE D'AZUR 

Par A. ROBERTSON-PROSCHO"WSKY. 

LA GRANDE GELÉE DES 16 ET 17 DÉCEMBRE 1920 

L — Excursions au Golfe-Juan et a Beaulieu. 

Je viens de faire deux petites excursions pour m'assurer 
personnellement des dégâts causés par la grande gelée des 
16 et 17 décembre 1920. 

Je suis allé d'abord au Golfe-Juan, à l'ouest de Nice, le centre 
célèbre des cultures horticoles et des jardins d'agrément en 
terrain micaschisteux. Malgré que cette localité soit plus 
abritée que Nice et que les gelées y soient plus rares, il n'y a 
pas, cette fois, entre elles, une différence aussi grande que 
d'habitude et les dégâts sont sensiblement les mêmes que 
ceux que j'ai pu constater jusqu'à présent à Nice. 

Mais on sait qu'à l'est de Nice, la conformation de la côte 
est très différente de ce qu'elle est à l'ouest de cette ville 
jusqu'au Golfe-Juan (où les collines s'approchent plus de la 
mer). Déjà au Montboron, partie extrême de l'est de Nice, 
formée de rochers calcaires très durs qui s'élèvent abrupts au 
bord de la mer, les plantes ont bien moins souffert que dans 
tous les autres quartiers de Nice. Mais aussitôt que l'on arrive 
au quartier est de Nice la différence est énorme. 

Les gelées y ont été toujours rares ou à peu près inconnues 
dans plusieurs localités, comme à Beaulieu (la petite Afrique), 
Eze, où par exemple certains Codiœum (Croton) résistent, et 
surtout â Menton-Garavan. Je n'ai vu presque aucun dégât 
dans les jardins, et des espèces qui, chez moi, ont été gelées 
jusqu'à terre et peut-être même entièrement semblent avoir 
à peine été touchées par-ci par-là et présentent seulement 
quelques feuilles un peu brûlées là où le soleil du matin les a 
frappées. J'ai même vu des Bananiers qui n'avaient pas souf- 
fert, alors qu'ici, dans mon jardin, les Bananiers [Musa para- 
disiaca L.) souffrent déjà à — 0,5°, et il faut donc croire que, 
tandis qu'il a gelé au Golfe-Juan à — 6° centigrades et à Nice 
— 8° centigrades, il est des localités entre Nice et la frontière 
italienne où la température est à peine descendue à 0° centi- 
grade ! Comme il n'y a pas eu pareille gelée sur là Côte d'Azur 



NOTES DE LA COTE d'aZUR 51 

depuis près d'un siècle, on peut juger des possibilités du 
jardinage dans ces localités particulièrement abritées. J'ai 
vu à Beaulieu un Bougainvillea spectabilis ^\l\d., espèce bien 
plus frileuse que B. glabra Choisy (qui pourtant a été gelée 
jusqu'à terre dans mon jardin), en pleine floraison, et toutes 
ces observations me font croire que peut-être l'indication que 
j'ai fournie (d'après M. Petit-Bergonz, dans un article publié 
dans notre Bulletin : une visite au jardin de M. Petit-Bergonz 
à Eze), que le Cocos nucifera L. a vécu dans un jardin à Eze à 
l'air libre pendant une dizaine d'années, soit juste et repose 
sur un fait, car, comme je l'ai dit dans ledit article, le Cocos 
nucifera est même cultivé industriellement dans l'extrême sud 
de la F'ioride où les gelées surviennent de temps en temps. Il 
serait à souhaiter que quelque amateur de plantes, hélas si 
rares, se procure quelques noix de Cocotier très fraîches 
et en plante directement en pleine terre (car il s'agit d'une 
espèce à peu près réfractaire à l'élevage en pot), au midi et au 
pied d'un rocher, mais dans de la bonne terre sablonneuse et 
fertile, en les laissant sans soin ni arrosage, comme ce fut le 
cas pour l'exemplaire du jardin d'Eze. 

Les cultures d'Agrumes si importantes, tant pour les fleurs 
utilisées en parfumerie (celles du Bigaradier et de l'Oranger 
doux) que pour les fruits, ont souffert plus ou moins et notam- 
ment les Citronniers partout à Nice et à l'ouest de Nice, tandis 
que ces mêmes cultures d'Agrumes n'ont aucunement souffert 
à l'est de Nice. ' 



II. — Les EFFETS DE LA GELÉE A NiCE. 

J'ai déjà envoyé quelques mots au sujet de la gelée tout 
à fait extraordinaire qui eut lieu pendant la nuit du 16 au 
17 décembre 1920, où le thermomètre descendit jusqu'à — 6° 
et — 8°, et dans les endroits les moins abrités jusqu'à — 10°. 
La température remontait peu à peu, mais, le 17, elle restait 
encore au-dessous de 0, le soir. 

Comme pendant la forte gelée des 31 décembre et l*"" janvier 
1905, que j'ai décrite dans notre Bulletin de 1904 et 1907, le 
temps et la terre étaient secs, sinon le désastre eût été com- 
plet. 11 est beaucoup trop tôt pour connaître exactement 
l'étendue du mal causé aux plantes des climats chauds, qui 



52: BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

forment presque entièrement la flore des jardins de la Côte 
d'Azur, mais on peut dire que bien peu de ces plantes sont 
restées indemnes. La plupart ont beaucoup souffert, ayant 
perdu non seulement leurs fleurs et feuilles, mais beaucoup 
de petites et même de grosses branches. Plusieurs ont été 
gelées jusqu'à la terre et il n'est pas du tout certain que 
toutes repousseront. Pourtant j'ai constaté ici, lors de la forte 
gelée de 1904-1905, que certaines plantes qui paraissaient 
complètement mortes ont repoussé, malgré qu'un examen 
poussé jusqu'à 10 centimètres au-dessous de la surface de 
la terre n'eût montré aucune partie vivante. 

Rien ne faisait prévoir cette gelée, car la température fut 
douce pendant la journée du 16 décembre, et il n'y eut pas 
de vent appréciable au moins aux environs. On eût dit que 
subitement l'air avait été remplacé par une atmosphère beau- 
coup plus froide. Le plus souvent, c'est près de la surface 
que la température descend le plus bas, mais j'ai l'impression 
que cette fois il n'en fut pas ainsi, ce qui pourrait s'expliquer 
par le fait que la terre avait conservé quelque chaleur, qui, 
s'en dégageant, maintenait la température un peu moins 
froide près de la surface que plus haut. 

La raison pour laquelle je pense qu'il a pu en être ainsi 
est que certaines plantes, n'ayant que quelques centimètres 
de hauteur, sont restées indemnes ou ont été moins atteintes 
que d'autres de même espèce, mais ayant une hauteur d'un 
mètre ou plus. Tandis que souvent, alors que la température 
fut bien moins basse, l'eau des bassins fut gelée, cette fois 
elle ne le fut pas, le froid quoique très intense n'ayant pas > 
assez longtemps duré; il s'était seulement formé de la glace 
dans un petit baquet posé par terre. La surface de la terre 
n'était gelée qu'à une très faible profondeur (5 millimètres 
à peu près) et même pas partout. La position à ciel ouvert ou 
sous des arbres, au contraire de ce qui est ordinairement le 
cas, n'a pas eu beaucoup d'influence. 

Le fait que la plante ait été exposée de suite aux rayons du 
soleil, ce qui est néfaste d'ordinaire, semble ne pas avoir joué 
un si grand rôle cette fois; des centaines de plantes, qui n'ont 
pas été exposées au soleil, ont souffert autant que les autres. 
L'explication en est sans doute que le froid fut si -intense et 
les plantes furent gelées si complètement qu'un dégel même 
graduel n'eût pu les sauver. 



NOTES DE LA COTE D AZUR 53 

Du teste bien des phénomènes constatés me laissent perplexe. 
Ainsi, à l'ouest d'un mur et où par conséquent le soleil, qui 
brilla après 10 ou 11 heures le 17 décembre, n'a pas frappé 
immédiatement les plantes gelées, une minuscule plante de 
8 à 10 centimètres, de Carica papaya L., n'avait pas souffert. 
Elle s'est maintenue en bon état et n'^ disparu qu'il y a quel- 
ques jours, mangée probablement par des Limaces ou des 
Cloportes, qui en sont extrêmement friands. Jamais aupara- 
vant je n'avais réussi à faire passer l'hiver à cette espèce, et 
la seule explication que je trouve à ce phénomène est qu'il 
s'est agi d'un individu exceptionnellement résistant au froid. 
Il ne peut pas s'agir d'une irradiation de chaleur particuliè- 
rement importante émise par le mur en question, car un pied 
d'A/oe ciliaris Baker, grimpant sur le même mur à côté de la 
petite plante de Carica papaya L., avait beaucoup souffert, 
bien que ce soit une espèce qui supporte ici les hivers, même 
un peu durs. Le Parietaria officinalis L., herbe sauvage très 
ordinaire, ici, qui entourait le Carica papaya^ avait également 
beaucoup souffert! 

Nombreuses sont les constatations imprévues que cette 
extraordinaire gelée a donné l'occasion de faire ; mais je me 
réserve de faire connaître plus tard, dans un article d'en- 
semble, les suites définitives quand j'aurais pu les connaître. 
Je ne puis toutefois m'empécher de signaler ici un fait surpre- 
nant. Lors d'une visite faite à mon jardin par l'Association 
des Naturalistes de Nice (rapport publié dans le Riviera scienti- 
fique, 1^ trimestre 1917), les botanistes furent étonnés de voir 
en pleine terre, à l'air libre et en état prospéré, le Pandanus 
furcatus Roxb. des Indes britanniques et de la Malaisie ; or, 
un des trois exemplair3S que je possède, et qui se trouve juste- 
ment près du mur sus-mentionné, n'a pas souffert du tout et 
les deux autres ne semblent pas très compromis. Pourtant des 
plantes sauvages comme le Solanum nigrum L., Scabiosa irtari- 
tima L., Centranthus ruberL. et quelques autres herbes sauva- 
,ges furent gelées jusqu'à la terre par-ci par-là, la première 
même partout. S'il y a une leçon qu'il faut tirer de ces faits et 
qui est d'une importance fondamentale pour l'acclimateur, 
c'est que la résistance individuelle peut être très différente 
dans une espèce, et que, par conséquent, avant de conclure à 
la rusticité d'une espèce, il faut avoir essayé un grand nombre 
d'exemplaires et ne jamais juger d'après un petit nombre. 



EXTRMTS DES PROCÈS • VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 



SÉANCE GÉNÉRALE DU 10 JANVIER 1921 

Présidence de M. le baron de Guerne, 

Vice-Président honoraire de la Société, 

puis de M. le professeur L. Roule, 
Président de la Section d'Aquiculture. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

DÉCÈS. 

M. le Président annonce la mort de M. A.-L. Clément, prési- 
dent de la Section d'Entomologie. Il rappelle les services émi- 
nents rendus par M. Clément à l'Entomologie appliquée. Notre 
collègue était chargé du cours d'Entomologie agricole au 
Luxembourg. 

M. le Président se fait l'interprète des membres de la Société 
pour adresser à la famille de M. Clément ses condoléances 
émues. 

GÉNÉRALITÉS. 

Notre collègue, M. Lasseaux, vient d'être nommé associé 
de la maison Vilmorin, Andrieux et C'^ La Société d'Accli- 
matation en est particulièrement heureuse et l'en félicite bien 
vivement. 

M. de Chapel nous adresse quelques réflexions sur l'instinct 
des Animaux. Notre collègue cite des exemples personnels et 
surtout des cas très suggestifs d'intelligence chez le Chien de 
chasse, comme celui, par exemple, du Chien que possède son 
fils. Lorsque le temps est favorable pour la chasse, il vient 
réveiller son maître dés l'aube en frappant de sa queue la 
porte de la chambre où il le sait endormi. La place nous man- 
que ici pour citer plus amplement les exemples intéressants 
de l'intelligence animale. Certainement la majorité d'entre 
nous est de l'avis de M. de Chapel. Dans certains actes accom- 
plis par des animaux (et cela apparaît en pleine lumière chez 
le Chien), il y a plus que de l'instinct, il y a une intelligence 
spéciale et une sorte de réflexion. 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SEANCES DE LA SOCIÉTÉ 55 

M. Pierre Crepin fait une conférence sur Jehan de Brie, le 
maître berger de Cliarles V, roi de France. Il essaye de rap- 
peler, à l'aide du manuel composé par cet auteur, quelles furent 
les méthodes d'élevages pratiquées en France au xiv* siècle, 
alors que la plus grande richesse agricole de notre pays 
résidait dans ses nombreux troupeaux de Moutons. La com- 
munication de notre collègue paraîtra dans la première partie 
de la Revue. 

Ornithologie. 

M. le comte Delamarre de Monchaux a encore vu, le 
12 décembre dernier, sur l'emplacement de l'ancien Jardin 
de Paris, aux Champs-Elysées, le Merle blanc à queue brune 
qui y habite depuis plusieurs années. 

A propos de la communication de M. Debreuil sur les 
Lézards apprivoisés de M. Rollinat (voir Aquiculture), M. Petit 
rappelle un bel exemple d'apprivoisement de l'Hirondelle de 
cheminée et de l'Hirondelle de mer par M. Plocq. Deux Hiron- 
delles, dressées par lui, pouvaient être complètement mises 
en liberté. Au premier appel, elles revenaient sur la main de 
M. Plocq et réintégraient leur cage. 

Aquiculture. 

M. Debreuil projette 25 photographies envoyées par M. Rol- 
linat, montrant les moyens employés par notre collègue d'Ar- 
genton-sur-Creuse pour apprivoiser les Lézards des murailles 
[Lacerta muralis) vivant en liberté. 

Ces photographies, d'une netteté remarquable, sont prises 
de 1 à 3 mètres et on se rend compte, en les voyant, de la 
patience qu'il faut avoir pour dresser à ce point des bêtes 
libres et pour les photographier. 

M. Rollinat nous fait assister à toutes les phases du dres- 
sage. Il commence par habituer les Lézards à sa présence, 
puis il leur jette un Insecte vivant (Blatte, Ver de farine, etc.) ; 
quand ils sont venus le chercher, un autre est présenté au bout 
des doigts. Petit à petit, les Lézards prennent confiance et 
bientôt ils s'enhardissent jusqu'à grimper au pantalon pour 
s'emparer de la friandise ofiferte» M. Rollinat nous montre des 
Lézards bondissant du haut d'un petit rocher sur une Blatte 
présentée à quelques centimètres, en Pair, au bout des doigts. 



56 BULLETIN DK LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

D'autres Lézards viennent prendre un Insecte sur la joue ou 
sur le nez du dresseur qui est devenu leiit* ami. 

Les enfants, dénicheurs de nids, ont aussila fâcheuse habi- 
tude de tuer sans pitié ce charmant Reptile, intelligent et 
inofTensif; il serait nécessaire de leur montrer combien ils 
éprouveraient plus de joie, s'ils lui donnaient confiance en 
le traitant en camarade. 

Dresser des animaux n'est pas seulement un amusenlent, 
c'est pour le Naturaliste la meilleure façon d'étudier, à loisir, 
les mœurs et les habitudes des bêtes qui nous entourent et 
que nous connaissons, encore, si peu. 

La note de M. Rollinat sera reproduite, avec figures, dans la 
Revue. 

M. Roule se fait l'interprète de tous pour féliciter M. Rolli- 
nat qui nous a charmé, une fois de plus, par sa communi- 
cation de naturaliste averti et consciencieux. Puisque M. Rol- 
linat, ajoute le Président, veut bien, ce printemps, recevoir à 
Argenton-sur-Creuse les membres de la Société, nous deman- 
dons qu'une excursion soit organisée afin qu'il soit permis à 
chacun de nous d'aller admirer les collections de notre collègue 
et de suivre, sur place, ses expériences. 

Entomologie. 

M. Vayssière rapporte les échantillons d'écorce de Sapin 
que M. P. Crepin avait apportés à la Société, il y a un mois, 
d'un bois situé en Seine-et-Oise. 

Des larves de Scolytides se ti-ouvaient dans de riotnbreuses 
galeries, mais en l'clbsehce d'adultes il a été préférable d'atten- 
dre la sortie de ceux-ci pour les déterrtiinet*. M. Vayssiète 
put ainsi, ces jours-ci, indiquer avec certitude l'aUteur des 
dégâts qui est le Polygraphus polygra/ilius, c'est-à-dire le seul 
représentartt des Hylésines qui s'accommode du Sapin mais 
qui s'attaque aussi au Pin. à l'Épicéa et même au Mélèze. 

Comme pour tous les Scolytides, il est difficile de luttier 
contre le Polygraphe. Barbey conseille la méthode des arbres- 
pièges pendant toute la période de végétation. Il faut avoir 
soin d'écorcer au printemps tous les sujets (ou parties de 
sujets) qui sont morls ou qui dépérissent. 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES bÈ LA SOCIÉTÉ 57 

BOTAINIQUE. 

M. Guillaumin présente, au nom de notre collègue le 
D'" Robertson-Proschowsky, un certain nombre de plantes 
qu'il cultive dans sa propriété « Les Tropiques >' à Nice. 

1° Des feuilles et des Heurs à" Oreopanax dactylifolium Hort. 
et U. Ëpresmenilianutu André ; 

Cette dernière, connue aussi sur la Côte d'Azur sous le nom 
d'O. stellatus Hort., n'est sans doute qu'une \'ariété de la pre- 
mière, bien que les feuilles soient cotnpiètemetlt divisées en fo- 
lioles au lieu d'être seulement palmatilobées. 

2" Des feuilles et des fleurs d'O. Echinops Dche et Plancli., 
autre espèce d'Araliacée qui ne figure pas d'ordinaire dans les 
jardins; 

3° Deux fragments d'inflorescence de Brahea dulcis Mart., 
âgés l'un de 6 mois, l'autre de 3 ans et 10 mois, montrant 
l'extrême lenteur de la floraison de ce Palmier; 

A" Des feuilles à.'' E ieodendron capense E. et Z., montrant les 
ravages que les froids récents ont causés dans le Midi. 

Le Secrétaire des séances adjoint, 
Pierre Crepin. 



VP SECTION. — COLONISATION 

SÉANCE DU 13 JANVIER 1921. 

Présidence de M. L. Dig-uet, vice-président. 

Le président donne tout d'abord des nouvelles de M. Aug. 
Chevalier qui ne peut venir ce soir ayant été victime d'un acci- 
dent; accident qui n'aura, heureusement, pas de suites graves. 

La réunion d'aujourd'hui est une séance de réorganisation. 

M. Rivière demande la parole pour exposer la question sui- 
vante : Avons-nous un programme d'études? C'est de l'absence 
de programmes de traA-ail que nous souffrons surtout en 
France au poitit de vue de la colonisation ; et c'est pour cela 
que nos colonies ne donnent aucun résultât appréciable. 

M. Cardot pense que ce n'est pas tout à fait exact pour 
l'Indochine où le chiffre des exportations a considérablement 
augmenté depuis la guerre. 



38 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

M. Capus est également partisan de rétablissement d'un pro- 
gramme d'études pour la section. Etudier, par exemple, au 
point de vue colonial, le développement d'une plante ou d'un 
animal sous tous ses aspects; et, en dehors des grandes ques- 
tions agronomiques, étudier à fond quelques questions. 

M. Rivière voudrait l'établissement d'un plan d'ensemble 
pour chaque colonie. 

M. Debreuil propose de confier le soin d'établir ce pro- 
gramme à quelques membres et, après un échange de vues, il 
est décidé que MM. Capus et Rivière iront s'entendre à ce sujet 
avec M. Àug. Chevalier. 

M. A. Meunissier fait une communication sur la sélection en 
général, et présente divers documents (photographies, aqua- 
relles, échantillons, grains et épis) se rapportant au sujet traité 
et provenant des collections de MM. Vilmorin-Andrieux et C'% 
à Verrières. 

M. Rivière ayant fait observer que cette communication 
n'avait qu'un rapport très éloigné avec les sujets devant être 
étudiés par la section de Colonisation, M. Capus dit l'impor- 
tance énorme que peut avoir, au point de vue colonial, l'appli- 
cation de ces idées nouvelles concernant la sélection et cite 
notamment les résultats considérables obtenus pour le Riz à 
Ruitenzorg et les travaux récents entrepris en Indochine sous 

la direction de M. Aug. Chevalier. 

Le Secrétaire, 

A. Meunissier. 



VIP SECTION. — AQUARIUMS, TERRA RIUMS 

Séance du 23 décembre 1920. 
Présidence de M. le D'' J. Pellegrîn, président. 

M. le Président annonce que M. Jacques Lefèvre, 88, avenue 
de Suffren, se met à la disposition des membres de la Société 
pour leur envoyer du Rrésil, où il séjournera longtemps, les 
divers spécimens d'Oiseaux, de Poissons, de Batraciens et 
d'Insectes qu'ils pourraient désirer. 

jyjme \q d"" Phisalix, dans une conférence remplie de curieuses 
anecdotes, nous parle des mœurs de l'Alyte ou Crapaud accou- 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 39 

cheur ; ce Batracien se trouve partout où la moindre flaque 
d'eau peut permettre le développement de ses têtards, il pénè- 
tre dans toutes les grandes villes, même à Paris, mais ne se 
montre que la nuit, ou par hasard dans le cours d'une journée 
fort pluvieuse ; le chant des mâles, connu de tous, guide faci- 
lement l'observateur. 

L'AIyle, souvent confondu avec le Crapaud commun, se 
difTérencie de celui-ci par les caractères suivants : un museau 
pointu, des doigts fins et déliés, une pupille verticale, la paro- 
tide peu développée, une peau qui émet une odeur d'ail très 
prononcée, et une taille de 4 à 6 centimètres au maximun ; les 
assistants se rendent bien compte de tous ces détails, grâce 
aux sujets envoyés à notre intention par notre collègue, M. Rol- 
linat, l'ami et le défenseur des Batraciens. 

L'Alyte produit deux sortes de venins : un venin dorsal 
élaboré par de grosses glandes correspondant aux paratoïdes 
dont l'action toxique s'exerce surtout sur le cœur des animaux 
auxquels il est inoculé et un venin muqueux, sécrété par des 
glandes répandues sur toute la surface du corps de l'animal. 
Cette seconde sécrétion est fort irritante pour les muqueuses 
de l'homme, un lavage des mains suffit cependant pour en 
détruire les efiTets nocifs ; inoculée aux animaux, elle tue en 
quelques minutes un Oiseau, une Souris, un Lapin, en détrui- 
sant les globules rouges du sang. 

Les mœurs d'un couple d'Alytes sont curieuses à observer ; 
l'Alyte femelle se contente de pondre ses œufs et ne s'occupe 
plus de sa progéniture ; le mâle seul prend soin de ces œufs, 
il les recueille précieusement, les féconde, et les entortille 
autour de ses pattes postérieures, vaquant à toutes ses occu- 
pations ordinaires sans paraître gêné par son fardeau; il 
n'aime pas l'eau, mais, lorsque son instinct l'avertit que les 
œufs peuvent souffrir de la sécheresse, il n'hésite pas à 
prendre à l'occasion un bain de siège, et reste près de l'eau 
où les têtards se réfugient à leur éclosion. L'Alyte est, du 
reste, le seul Batracien d'Europe qui prenne ainsi soin de 
la ponte et s'en charge personnellement jusqu'à la naissance 
des têtards. 

La communication de M™* Phisalix a montré tout l'intérêt 
d'un sujet trop ignoré jusqu'ici. On peut dire que l'Alyte est 
encore, malheureusement, un des auxiliaires méconnus et trop 
dédaignés de l'agriculture. 



60 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION 

M. Dode traite un sujet d'un tout autre genre: les plantes 
d'aquariuta et leur utilité pour la bonne santé des Poissons. 

Certaines plantes d'eau seraient particulièrement intéres- 
santes pour les aquariums, mais elles sont difficiles à accli- 
mater; il faut donc choisir celles qui, relativement petites, 
dégagent une grande quantité d'oxygène, par exemple les 
Algues. Les Poissons recherchent quelques feuilles de plantes 
qui leur fournissent des vitamines; c'est ainsi que l'on peut 
voir au bord des étangs les Carpes brOuter les Diatomées, 
d'autres Poissons mangent les Lentilles d'eau, mais en géné- 
ral les Poissons ne mangent les plantes qu'au moment oîi elles 
se décomposent. 

M. Dode divise les plantes d'aquarium en plusieurs grou- 
pes : 1° les plantes nageantes, qui se déplacent et circulent, 
telles les Lentilles d'eau, 1° les plantes flottantes, nuisibles 
aux Poissons, comme le Nénuphar, 3° les plantes submergées, 
comme les Renoncules qui fournissent l'oxygène aux Pois- 
sons pendant le jour et dégagent de l'acide carbonique la 
nuit ; elles sont de grande nécessité pour les œufs de certains 
Poissons, et surtout pour les alevins auxquels elles servent 
de retraite; ceux-ci y trouvent quelques Crustacés, nourriture 
fort délectable, et y attendent sans inquiétude le moment où 
ils seront assez agiles pour se défendre ; 4° les plantes érîier- 
gées, tels les Iris, qui ne fournisserit pas d'oxygène. 

Un aquarium bien conçu peut être chauffé par-dessous, 
la chaleur étant produite au milieu, les plantes enracinées 
sut les côtés. Nott-e collègue cohseille de remplir le fond de 
l'âquaHum de terre à ttiodeler, qui fixe bien les plantes, ou 
de sable de Fontainebleau, ett ahiarrant les plantes avec 
Une poignée d'argile ; il insiste particulièrement syr certains 
détails paraissant au premier abord de minime importance, 
mais dont dépend, eU réalité, le succès de cet agréable et 
curieux élevage. 

M. Fabre-Domergue fait justement observer que la terre 
des aquariums ne doit pas être trop riche en matières orga- 
niques, mais plutôt un composé de poussière de coke, de 
terre de jardin et de sable, plus propre à un enracinement 
rapide. 

M. le D' Joy présente un cas de virilisme très marqué 
chez le Xyphophore, que M. Lefèvre avait déjà observé dans 



CURONIQUE GÉNÉRALE ET FAITS DIVERS 61 

ses aquariums en 1018 ; à cette occasion, M. Fabre-Domergue 
remarque depuis quelques années dans cette espèce une pro- 
portion beaucoup plus considérable de mâles, alors qu'autre- 
fois les femelles dominaient, et demande à nos collègues de 
rechercher la cause de ce phénomène. 

Le Secrétaire, 

G. FOUCHER. 



CHRONIQUE GÉNÉRALE ET FAITS DIVERS 



Les Parcs nationaux Pn Algérie. — La protection du Renne sauvage 
en Norvège. — Les Mammifères du parc.de Cléres. — Les Mammi- 
fères domestiques au Maroc. 

Après l'Espagne qui, par décret royal du 10 août 1918, 
a créé deux parcs nationaux, l'un dans la montagne de 
Covadonga (frontière des Asturies et du Léon), l'autre dans la 
vallée de Ordesa (Hautes Pyrénées d'Aragon), voici l'Algérie 
qui, à son tour, s'émeut devant les menaces de disparition de 
sa flore et de sa faune autochtones. 

La Chambre d'Agriculture d'Oran a, tout d'abord, émis en 
avril 1919 un vœu en faveur de la création de parcs nationaux 
en Algérie. Ce vœu, soumis à la Commission spéciale des 
Délégations financières par le Directeur des Forêts, M. Boutilly, 
a reçu l'approbation de ladite Commission qui a voté, en prin- 
cipe, une somme de deux millions. Le rapport final qui sera 
présenté à la séance plénière des délégations sera certainement 
adopté et le Gouverneur général, tout acquis à cette entre- 
prise, a promis son appui pour mener ù bien cette œuvre 
scientifique qui présente, à tous points de vue, un intérêt 
considérable. 

Il ne s'agit de rien moins que de soustraire certains sites et 
diverses parties du domaine forestier algérien à l'exploitation, 
même modérée; les animaux sauvages qui y vivent y seront 
protégés et leur chasse y sera rigoureusement interdite. 

Si le projet reçoit sa complète réalisation, l'Algérie possé- 
dera une série de parcs nationaux telle, que notre Afrique du 
Nord n'aura rien à envier, de ce chef, aux nations les plus 
favorisées. En voici l'énumération telle que la donne M. Ch. 
de Galland [Terre d'Algérie, n° 10, octobre 1920) : la forêt de 



62 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

l'Akfadou en Kabylie (2.600 hect.) ; la forêt de Cèdres de 
Teniet-el-Haad (1.500 hect.) ; le bois de Chréa (300 hect.) à 
14 et l.oOO mètres d'altitude, au-dessus de Blidah; l'Haïser 
avec les sources de Toued Bogni (300 hect.) ; la forêt d'Aït ou 
Abane (300 hect.) ; le massif de Mouzaïa-Médéa (800 hect.); la 
forêt de Cliaïba (372 hect.); la forêt de Belezma et ses ruines 
romaines (3.500 hect.) ; et enfin les bois de la Mahouna, sur 
les communes de Guelma et de Millesimo (1.055 hect.). 

Et maintenant, nous pouvons nous demander si la France a 
donné tout son effort en créant sur notre territoire métropoli- 
tain, en 1914, le parc de la Bérarde sur la commune de 
Saint Christophe-en-Oisans? Ne nous est-il pas permis d'es- 
pérer qu'une grande nation comme la nôtre, si éprise d'art 
et de beauté, qui fut toujours à la lête du mouvement scienti- 
fique, ne laissera pas disparaître les joyaux qui la parent 
encore, flore et faune de nos montagnes et de nos plaines fran- 
çaises, et voudra bien nationaliser quelques parties de nos 
Pyrénées, de notre Bretagne, de nos Cévennes et de notre 
Provence afin d'y conserver, au milieu des sites pittoresques, 
de nombreuses espèces sauvages d'animaux et de plantes, 
menacées sans cela d'une prochaine disparition. 



Il est question de protéger enfin le Renne sauvage en Nor- 
vège par une législation adéquate tant cet animal est devenu 
rare dans les parties du pays où il était le plus abondant. Un 
seul grand propriétaire qui tire un bon revenu de la location 
de sa chasse, le D"" Heiberg, de Christiania, a pu, en faisant 
garder strictement ses forêts, maintenir sur son domaine 
l'existence du Renne, aussi a-t-il protesté contre le projet du 
ministère de l'Agriculture de prohiber la chasse du Renne sur 
toute l'étendue de la Norvège, disant avec raison que n'ayant 
plus alors intérêt à conserver sa chasse, tout serait détruit par 
le braconnage dans l'espace de 2 ans. Il est probable que l'on 
se contentera d'interdire la chasse du Renne seulement au 
nord de la ligne du chemin de fer de Christiania à Bergen. 
En 1873, feu le professeur Pries avait, à la suite d'une explo- 
ration du pays, constaté que le Renne était très abondant sur 
tous les hauts plateaux. Un braconnage intensif a aujourd'hui 
dévasté ces régions, mais quelques années de répit donné au 
gibier pourraient ramener l'abondance. 



CBRONIQUE GENERALE ET FAITS DIVERS 63 



A Clères, les Mammifères continuent à prospérer dans le 
parc. Un couple de Cerfs axis est venu s'ajouter aux anciens 
pensionnaires, dont nous avons déjà parlé. 

Des Kangourous de Bennelt, nés en écurie et habitués à la 
vie enfermée, n'ont pas pu se faire à la liberté et ont 
péri, bien que toutes les transitions possibles leur aient été 
ménagées entre la vie recluse et la vie à l'air libre. Les autres 
Kangourous de Bennett provenant du parc de Leonardslee, au 
contraire, sont tout à fait robustes, et un petit commence à 
sortir de la poche de sa mère. 

Une jeune Cervule de Reeves et une Antilope cervicapre, nées 
en hiver, n'ont pas vécu ; une autre Antilope, capturée à sa 
naissance, est nourrie au biberon. C'est une tâche très ma- 
laisée, car la petite bête, bien que très familière, y met beau- 
coup de mauvaise volonté. Il est difficile de prévoir si elle 
survivra. 

LesCapybaras se sont montrés impossibles à conserver. Ces 
gros Rongeurs, en hiver, abîmaient passablement les buissons; 
de plus, leurs promenades nocturnes les poussaient à franchir 
tous les obstacles, à profiter de tous les passages, et à pénétrer 
dans les jardins, où leurs méfaits étaient constatés presque 
chaque matin, alors qu'aucun autre animal du parc ne cherche 
jamais à y entrer. Aussi, après une chasse mouvementée et 
assez pénible (car ils chargent et essaient de mordre), les Capy- 
baras (ou Cabiais) ont-ils pris le chemin du Jardin zoologique 
de Londres. 

Enfin, M. Delacour a logé parmi ses Oiseaux, dans une cham- 
bre chauffée, un couple de ravissants Singes-Lions, tout ha- 
billés de soie jaune, et une paire de petits Écureuils du Mexi- 
que. Ces animaux sont très familiers et viennent prendre à la 
main, en sortant de leurs cages, les friandises qu'on leur pré- 
sente. 



Suivant un recensement opéré à la fin de 1920, le nombre 
des animaux domestiques du Maroc, soumis à l'impôt dit du 
« tertib », a augmenté dans de notables proportions : 

Les Chameaux sont passés de 60.000 à 98.000 têtes ; les Che- 
vaux, de 123.000 à 194.000; les Anes, de 226.000 à 415.000; 



64 BULLETIN DE LA SOClÉlTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

les Bœufs, de 675.000 à 1.494.000 ; les Porcs, de 16.000 à 
132.000; les Moutons, de 3.175.000 à 6.710.000; et les Chè- 
vres, de 1.062.000 à 2.079.000. 

En somme, les aninjaux domestiques, qui étaient au nombre 
de 5.337.000, sont maintenant 11.121.000 têtes, dont 239.000 
appartiennent à des Européens, et 10.882.000 aux indigènes. 

Cette augmentation considérable est due à un meilleur recen- 
sement et également au développement extraordinaire que 
prend l'élevage dans l'empire marocain. 



ORDRE DU JOUR DES SEANCES 

— Avril 1921 — 

SÉANCES GÉNÉRALES 

Lundi H, à 3 heures. — M. [Pierre Crepin : f^'acclimatation à 
Saint-Domingue au xvii^ siècle et les Boucaniers de l'île de la 
Tortue. 

• Lundi 25, à 3 heures. — M. A. Fauchère : L'histoire du caout- 
chouc. 

— M. le professeur Trouessart : Structure microscopique du poil. 

Séances de sections. 

Jeudi 14, à 3 heures. — VP section {Colonisation). M. A. Cheva- 
lier : Principales espèces et variétés de Caféiers à cultiver dans nos 
colonies d'Afrique et d'Asie. 

Jeudi 21, à 5 heures. — Sous-section d'ÛRNiTHOLOGiE (Ligue pourîa 
Protection des Oiseaux). M. le D"" Cathelin : Les petits Mammifères 
et le nid des Oiseaux. 

Vendredi 29, à 3 heures. — II« section {Ornithologie). M. A. 
Decoux : La reproduction du Martin de Chine. 

— M. J. Delacour : Présentation d'Oiseaux rares. 

Jeudi 28, à 5 heures. — VII« seciion {Aquariums et Terrariums). 
Visite des Aquariums de M. Lefebvre, à Nogent-sur-Marne. Kendez- 
vous à 5 heures, rue Gabit, n° 7, à Nof^ent-sur-Marne. (Métro pour 
station Vincennes, puis tramway nogentais pour station « Marché ». 



Le Gérant : A. Maretheux. 



Paris. — L. Marktueux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



Le Secrétaire général a l'honneur d'informer MM. les Membres de la Société et les 

gersonues qui désireraient lentretenir, qu'il se tient à leur disposition, au siège de la 
ooiété, 198, boulevard Saint-Germain, tous les Lundis, de 4 à 7 heures. 



Graines offertes par M. GAGE, 
superintendant du Jardin roj'al 
botanique do Darjeeling (Inde). 

Atiilbe rivularis. 
Betula Bhojpallra. 
Bœhmeria platyphylla. 
Dichroa febrifuga. 
Eriobotvya Hoolceriana. 
Fraximis floribunda. 
Indigofera dosua var. tomentosa. 
Michelin excelaa. 
Pinua Puddum. 
Rhododendron arboreuni. 
Rota macrophylla. 
Rhui semialata. 
Salix calyculata. 

• — oreophila. 
Trachycarpus Martianus. 



EN DISTRIBUTION 



Graines offertes par M. BOIS 

Onopordon illyricum L. var. car- 
duncuiiis. 



Graines offertes par M. MOREL 

Agathxa cœlestis. 
Angelica archangelica. 
Aralia sinensis. 
Biota aicrea. 
Caalanopsis hystrix. 
Chionan thus uirg inica. 
Clematis erecta atba. 
Cratxgus Carrifrei. 
Cytitus sempervirens 
Dimorphotheca aurantiaca. 
Eucalyptus amygdalina. 
Eucalyptus globulus. 
Galtonia candicans. 
Hatesia corymbonum. 
Héliotrope var. Lemoine. 
— — M"' Bruand. 



Heuchera sanguinea. 
Impatiens SuHani. 
Polygomtm Baldschuanicwn. 
Séquoia gigantea. 
Tamarix africana. 



Graines offertes par le Gouver- 
nement général de l'Algéri 
et par le Jardin botanique de 
S3-dney. 

Chlofis gayana. 



Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdalus Davidiana 
( Pêcher sauvage des mon tagnes 
de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

S'adresser au Secrélariet. 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société. 

OFFRES 

Œufs à couver Leghorns blancs et Orpington noirs, races pures (fécendation 90 0/0). 1 fr. pièce. 

M. de Boudard-Olonne, à Loriol (Vaucluse). 

Prix modérés : 50 beaux Camélias, à prendre sur place, près Orléans. 
M. A. Chappellier, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

Lapins angoras blancs, prix suivant âge. 
M. C. Loyer, 23, rue Saint-Sulpice, Paris. 

Araucaria excelsa, âgé de 25 ans, T^SO de circonférence. 
M. E. Chalvon, 8, rue Germain-Pilon^ Paris. 

A vendre : Lama femelle blanche âgée de 4 -ans, née en Suisse. 

Adresser offres à l'Intendant de la Villa de Prangius, près Nyon (Canton de Vaud), Suisse. 

Élevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

Poules : Wyandottes blanches, Wyandotles argentées, Legiiorn blanches, Minosques, Bresses noires, 
Faverolles, Canes Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Duclair, Oies Toulouse, Dindes noires. 

Reproducteurs do race pure, premier choix, élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, poussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Champagne, 
.\ngoras blancs, noirs, havane, Fauves Bourgogne, Géants noirs. Géants blancs, Vendée. Sujets jeunes 
et adultes. 

M. Passy, Domaine du Désert de Retz à Ghambourey [téléphone: 15] (S.-et-O,). Gare Saint-Germain. 

DEMANDES 



Orycies nasicornis (Rhinocéros), larves, nymphes et adultes. 
M. Jean Rostand, tambo (Basses-Pyrénées). 

Maison de campagne, à louer, trois chambres non meublées à 4 ou 5 heures de Paris. Région boisée, 
rivière ou étang proches, facilités de circulation pour l'étude et la piio,tographie des animaux. 
Écrire au Secrétariat. 



Le but de la Société Nationale d'Acclimatation de France est de concourir . 
1° à rintroduction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux 
utiles et d'ornement; 2° au perfectionnement et à la multiplication des races 
nouvellement introduites ou domestiquées; 3° à l'introduction et à la propagation 
de végétaux utiles ou d'ornement. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres 
Donateurs, membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une 
cotisation annuelle de 25 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affran- 
chit de la cotisation annuelle par un versement de 250 francs. 

La Société décerne, chaque année, eu Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de 
Botanique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'ani- 
maux à ses membres. 

Elle publie, outre ce Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, 
composée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des 
questions concernant l'élevage des animaux, la culture des plantes et particuliè- 
rement des faits d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle ; 

installation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement, la nevue est servie par abonnement, aux 

membres de la Société, au prix réduit de 15 fr. pour chaque partie ou de 20 fr. 

pour les deux. 

REVUE D'HISTOIRE NATUR ELLE APPLIQUÉE 

Pbemière partie 

MAMMALOGIE — AQUICULTURE — ENTOMOLOGIE —BOTANIQUE 

COLONISATION — AQUARIUMS et TERRARIUMS. 



SOMMAIRE, VOL. II, N» 4, AVRIL. 

G. CuRASsoN. — Un cas d'alcoolisme aigu chez la Girafe. 

X. Raspail. — Un nouvel exemple de la nocuilé de l'Écureuil. 

L. Chopard. — Une Fourmi exotique acclimatée dans le Midi de la France. 

J. Maraune. — Les mystères de la Fraxinelle. 

Aug. Ghrvalibr. — Les acclimatations d'arbres utiles en France, et spécialement dans le Midi 

de la France et dans la Normandie. 
A. GuiLLAUMiN. — Les Plantes ornementales de la Nouvelle-Calédonie {suite). 
J. Crepin. — Chronique caprine. 



Deuxième partie : L'OISEAU 



SOMMAIRE, VOL. II, N° 4, AVRIL. 

A. Decûu.x. — Le Sucrier à ventre jaune. 

J. Deiacour. — Le RoUier à longue queue {Illustré). 

J. L'Hermitte. — Le RoUier d'Europe. 

D'' Mille r-HoRsiN. — Souvenirs d'uu naturaliste en Afrique occidentale française (5Mt<«). 

Chronique ornilholor/ique. 



Paris. — L. Mareihkux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



BULLETIN 

KvV ,/> DE LA 



SoeiUdMinriihi d'AcelimatatiOD 



CjJ> ^ ^ ^^E FRANCE 












4^ 



IV 5. - IVIAI 1921 



SOMMAIRE 

Pages. 
Actes de la Société d'Acclimatation g5 

Gr. Rivière. — La légende des fruitiers gg 

A. Robertson-Proschq-wsky. — Notes de la Côte d'Azur 69 

Extraits des Procès-verhaux des Séances de la Société : 
Séance générale du 24 janvier 19-21 ^ 71 

Bibliographie : 
Histoire naturelle de l'Afrique du Sud. — Un naturaliste dans l'Himalaya. — La paix de la 
Forêt vierge, — Les plantes des marais du Nébraska T7 



Un numéro, 2 fr. 50 : — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50. 



AU SIEGE SOCIAL 

DE LÀ SOCIÉTÉ NATIONALE d'aGCLIMATATION DE FRANCE 
198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS (Vn«). 



Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
10 tickets, sont délivrées, au prix de 10 francs, aux membres de la Société, 
dans nos bureaux, 



Président, M. 



Vice-Prénicient.i 



Seerétai'-eê 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 

Edmond Pkbbikb, Membre do Tlnsiilul et de l'Académie do Médecine, Professeur au 
Mn!«^iiin d'Hisioire naturelle, Paris. 

MM. D. Bois, Professeur su Muséum d'Histoire naturelle, 55, me Cuvicr, 
Paris ; 
D'^ Chauveau, Sénateur de la Côte-d'Or, 225, boulevard Saint-Germain, Paris; 
MuBAT (le Prince Joachim), Député, 28, rue de Monceau, Paris; 
Anthoùabd (le Baron A. d), Minisire plénipotenliaire, 121 bis, rue de la 
Pompe, Paris. 

Secrétaire général, M. Maurice Loykr, 12, rue du Four, Paris. 

( MM.J. Crepin,-55, rue de Verneuil, Paris [Séauces) ; 

) Gh. DBBBKuir-, 25, rue de Ghâleaiulun, Paris (Intérieur); 

y J. Delacoub, à Clères [.Seine-Inférieure] (Etranger); 

Abbé Ct. Foucher, 24, rue Cassette, Paris [Conxeil). 
Trésorier, M. le U'^Skbii.i.ottk, 6, rue de l'Oratoire, Paris. 
Arehivisle-Bihliothéfair^ : M. P. de Clebmcnt. 

Membres du Conseil. 

MM.'A. Chappbi.lier, 80, boulevard Saint-Germain. Paris. 

le D' P. Marchai,, Membre de i'Inslilut, Professeur à l'Institut Nalional Agronomique, 45, rue 

fie Verrières, à Antony (Seine). 
le D' LEi'BiiNCB, 62, rue de la Tour, Paris. 
Maii.lbs, rue de l'Union. La Varenne-Sainl-Hilaire (Seine). 

le D'' E. Tboubssabt, Profes.senr au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Cuvier, Pans 
IjRComtr, Membre de l'Institut, Professeur au iMusc^nni d'Histoire naturelle, 14, rue des Kcolos, Paris. 
P. Gabié, 40, boulevard de Courcelles, Paris. 

L. Roule, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 51, rue Cuvier, Paris. 
P. Kestnrb, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Ribera, Taris. 
R. TjK Fobt, 89, boulevard Malesherbes, Paris. 

Barbiol, Chet de la Comptabilité et des Finances de la C'« du P.-L.-M. 
H. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Dates des Séances générales et du Conseil 

POUR L'ANNÉE 1921 



Séances Générale.s à 3 h., les lundis. . 

VI» Section, Colo7iisa(ion,klih.,\es jeudis 
VIP Section, Aquariums, Terrariums, 

les jeudis 

Sous-section d'Ornithologie {Ligue pour 
la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 
troisièmes jeudis 



Janvier 

10 

\ 24 

13 


février 

7 
21 
10 


Mars 

7 
21 
10 


Avril 

11 
25 
14 


Mai 

9 
30 
12 


((«vimbre 


7 
21 
10 


2/(«) 


24 n 


24(*) 


28(*) 


26(') 


24(») 


20 


17 


n 


21 


19 


17 



tiienkr* 



S 

19 n 

8 

22 ( 



15 



1) A 8 h. 3/4 du soir 

2) A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générale. 



Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 heures. 



Séances du Conseil, à 4 h., les mercredis. 



Janvier 



19 



Février 



16 



Mars 



16 



Avril 



20 



Jlai 



25 



Novemlre 



16 



Décembre 



14 



Les membres de là Société qui désirent assister aux Séances gpénérales recevront 
sur leur demande les ordres du jour mensuels des séances. 



La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises 
par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin. 

r.a reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 
des articles publiés dans le Bulletin est interdite. 

Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de fr. 50. 



ACTES DE LA SOCIÉTÉ D'ACCLIMATATION 



VISITE DES COLLECTIONS DE MAMMIFÈRES ET D OISEAUX 

De M. Jean Delacour, à Clères (Seine-Inférieure), 

le jeudi 20 mai 1921. 

Départ : 

Départ de Paris, Gare Saint-Lazare, à. . , 7 h. 30 

Arrivée à Rouen, à 9 h. 34 

Départ de Rouen, à 10 h. 05 

Arrivée à Clères, à 10 h. 42 

Retour : 

Départ de Clères, à 17 h. 42 

Arrivée à Rouen, à 18 h. 16 

Départ de Rouen, à 19 h. H 

Arrivée à Paris, à 22 h. 03 

Déjeuner chez M. Delacouk. — Dîner au Buffet de la gare de 
Rouen. — Prix approximatif de l'excursion : 50 francs. 

Réunion à la gare Saint-Lazare, au train de 7 h. 30. 

M. Delacour offrant à déjeuner, ceux de nos collègues qui 
désirent prendre part à cette visite devront s'inscrire au secré- 
tariat, avant le 20 mai, dernier délai. 



Notre collègue, M. A. Dode, 3, place du Maine, à Paris, dont 
les aquariums sont actuellement en pleine activité (nombreuses 
naissances, nids d'écume, etc.) se tient à la disposition des 
membres de la Société d'Acclimatation pour leur montrer ses 
élevages. 

Ne pas venir plus de 2 au 3 personnes à la fois et, pour 
avoir un bon éclairage, choisir les jours de soleil, entre 4 et 
5 heures. 

BULL. soc. NAT. ACCL. KK. 1921. — 5 



66 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 



Au Muséum d'Histoire naturelle 
Cours sur les Pêches et Productions coloniales d'origine animale. 

Notre collègue, M, A. Gruvel, professeur, a ouvert ce cours 
le jeudi 7 avril, à 17 heures, dans ramphithéâtre Cuvier 
(Entrée : 57, rue Cuvier), il le continuera les lundis et jeudis 
suivants, à la même heure. 

Il étudiera, cette année, l'Afrique occidentale et l'Afrique 
équatoriale françaises. 



Nécrologie. 

Nous avons le regret d'annoncer le décès de nos collègues 
M"e Cbauvassaigne et MM. llicois, ancien directeur des maga- 
sins du Bon Marché, Frédéric Girardin et Milhe-Poutingon. 

Nous adressons aux familles de nos collègues défunts 
l'expression de nos sincères condoléances. 



LA LÉGENDE DES FRUITIERS 
Par GUSTAVE RIVIÈRE. 

Jusqu'à ces derniers temps, il était admis aussi bien par les 
arboriculteurs de profession que par les amateurs de bons 
fruits que, pour conserver les Poires, les Pommes et les Rai- 
sins de table, avec toute leur beauté et leurs qualités, jusqu'au 
mois de mai qui suit leur récolte (i) il était indispensable que, 
dans les fruitiers (2) ils soient mis à l'abri, non seulement de 
la lumière et d'une température trop élevée, mais encore, et 
surtout, qu'ils soient maintenus dans une atmosphère exempte 
d'un excès d'humidité. 

M. Bailhache et moi, considérant que cette dernière condi- 
tion était absolument contraire à la réalité, nous avions orga- 

(1) La récolte des fruits d'hiver a généralement lieu à la fin d'octobre. 

(2) C'est le terme consacré par l'usage. On devrait dire : fruiterie. 



LA LEGENDE DES FRUITIEBS 67 

nisé Tannée dernière, dans le fruitier de M. Forment, arbori- 
culteur distingué à Montreuil-sous-Bois, une série d'expériences 
en vue d'éclairer cette intéressante question. 

Celles-ci furent commencées le 22 octobre 1919 et ne prirent 
fin que le 15 mars 1920, époque à laquelle les Pommes de Cal- 
ville blanche, qui étaient déposées dans le fruitier dont il 
s'agit, furent livrées au commerce (1). 

Voici les résultats que nous avons obtenus, relativement à la 
vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère du fruitier qui nous 
occupe « pour les températures maxima et minima » relevées 
sur la courbe inscrite par le thermomètre enregistreur. 

A. — Le 30 octobre 1919, la température maxima du fruitier 
s'étant élevée à -f- 10° et l'hygromètre ayant indiqué 94 p. 100 
de saturation (2), il en est résulté que, à ce moment, la quan- 
tité d'eau contenue dans l'atmosphère du fruitier « évaluée en 
poids » n'élait pas inférieure à 435 grammes par mètre cube, 
ce qui correspondait à plus de 9 litres d'eau dans les 70 mètres 
cubes d'air que contient le fruitier de M. Formont. 

B. — Le 8 janvier 1920, la température minima ayant été de 
-|- 2" seulement, et la courbe de l'hygromètre s'étant abaissée 
à 88°, il s'en est suivi que la quantité d'eau contenue dans 
l'atmosphère du fruitier n'a été, à cette époque, que de 
75 grammes par mètre cube. Soit la proportion la plus faible 
qui ait été constatée pendant les 144 jours consécutifs durant 
lesquels les Pommes de Calville blanches sont demeurées dans 
le fruitier qui fait l'objet de cette note. 

Ce qui permet de conclure, quoi qu'en aient dit les auteurs 
qui ont écrit sur la conservation des fruits dits de garde, que 
ceux-ci, dans nos fruitiers, sont plongés dans une atmosphère 

(1) Étant donnée la longue durée de ces expériences, nous avons pu 
écarter les causes d'erreurs qui se produisent fréquemment lorsqu'on 
opère sur des périodes trop limitées et avec des instruments peu précis. 
Dans la circonstance, nous avons fait usage d'un thermomètre et d'un 
hygromètre enregistreurs. Donc, pas de lectures irrégulières. 

(2) Nous nous permettrons de rappeler que le degré ou l'état hygro- 
métrique de l'air dépend, non pas de la quantité absolue de vapeur d'eau 
contenue dans un volume donné de cet air, mais de la distance à laquelle 
se trouve cet air de son point de saturation. Nous rappelons également 
que la proportion de vapeur d'eau contenue dans l'air varie avec la tem- 
pérature. 



68 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

de vapeur d'eau très voisine de la saturation. Il n'en saurait 
d'ailleurs être autrement, attendu que les fruits transpirent 
abondamment pendant leur maturation. 

Aussi, estimons-nous que celte humidité permanente doit être 
considérée comme un des principaux facteurs qui concourent à 
maintenir leur épiderme sans aucune ride et avec tout son éclat. 

Il faudra donc bien se garder, dorénavant, de suivre les con- 
seils de ceux qui croiront devoir recommander d'utiliser le 
chlorure de calcium ou tout autre produit avide d'eau, en vue 
de dessécher l'air de nos fruitiers. 

En ce qui concerne la température la plus convenable pour 
ralentir la maturation des fruits déposés dans nos fruitiers, les 
auteurs sont loin d'être d'accord; les uns, en eflfet, ont recom- 
mandé d'y maintenir une température u régulière » et <i perma- 
nente », comprise entre -f- 2° et -}- 4°; d'autres entre -|- 2° et 
-f- 5° ou encore entre -|- 4° et -f 3° ! entre -j- 6° et -|- 8° ; entre 
-|- 8° et -f- 10"; d'autres enfin ont conseillé une température 
voisine de 0" centigrade. Ce ne sont pas là, on en conviendra, 
des données bien précises pour conserver des fruits de haute 
qualité et souvent de grande valeur marchande jusqu'aux mois 
d'avril ou de mai. 

D'après les expériences que nous avions entreprises autre- 
fois chez M. J. Hamel, viticulteur à Maurecourt (Seine-et-Oise), 
et celles organisées, l'an dernier, chez M. Formont, il ressort 
que, dans les fruitiers des producteurs oîi l'on conserve du 
Chasselas doré ou des Pommes de Calville blanche, il n'est 
point possible d'y maintenir une température régulière et per- 
manente, parce que celle-ci est dans la dépendance de la tem- 
pérature extérieure. Elle varie quand celte dernière prend un 
mouvement ascendant ou descendant (1). 

Si, dans nos fruitiers, établis dans des conditons plutôt rudi- 
mentaires, nous pouvons éviter, artificiellement, des chutes 
thermométriques au-dessous de 0, nous ne pouvons jamais 
nous opposer à l'ascension de la colonne mercurielle (2). 

Dans les chambres frigorifiques seules, on peut prétendre à 
ce résultat. 



(1) Dans le fruitier de M. Hamel, la température a varié entre + 8» et 
-f- 12», et entre -f 2" et -|- 10" dans le fruitier de M. Formont, en l'espace 
de plusieurs mois. 
, (2) A moins d'avoir recours à la fusion d'un bloc de glace. 



NOTES DE LA COTE D'AZUR 
Par A. ROBERTSON-PROSCHOWSKY. 

La Canne à sucre et le Cotonnier, dont la culture industrielle 
est une des principales sources de richesse des États-Unis, 
sont limités aux parties sud-est du pays, où pourtant la tempé- 
rature descend trop bas pour que ces plantes puissent résister. 
Aussi sont-elles des cultures annuelles, le Cotonnier étant 
semé tous les ans et la Canne à sucre plantée annuellement par 
boutures qu'on fait passer l'hiver avant la plantation en les 
préservant du froid. Le Cotonnier se développant plus rapide- 
ment peut ainsi être récolté plus tôt que la Canne à sucre et se 
cultive bien plus au nord dans la région mentionnée, et pour- 
tant ici, sur la Côte d'Azur, c'est la Canne à sucre qui résiste, 
pendant l'hiver, mieux que le Cotonnier. 

Bien que la Côte d'Azur se trouve à une latitude de 10" à 15° 
plus au nord que la région des États-Unis, où se cultive la 
Canne à sucre, cette région de la France, si extraordinairement 
favorisée sous tous les rapports, comme climat et beauté du 
paysage, a des hivers plus doux. Ainsi, tandis que les deux 
plantes industrielles en question ne peuvent passer l'hiver aux 
États-Unis dans la région où elles sont cultivées, elles résistent 
ici, surtout la Canne à sucre, sur les points les plus abrités. 

Mais, ceci dit, je m'empresse d'ajouter, qu'il n'y a pas la 
moindre raison pour recommander ces cultures sur la Côte 
d'Azur, car tous les facteurs autres que celui du climat manque- 
raient peut-être ici. Ce n'est donc que comme curiosité d'ama- 
teur qu'on pourra les cultiver, et j'ai récolté quelques capsules 
de coton, d'une plante issue de graines reçues il y a quelque 
temps sous l'étiquette : Coton vivace, celle recommandée der- 
nièrement pour les pays chauds. 

J'ai déjà communiqué l'observation assez curieuse d'une 
feuille d'Arecastrum Romanzoffianum Beccari {Cocos R. Cha- 
misso), qui cassée en angle très aigu par le poids de la neige, 
lors de la chute de neige extraordinaire et très exceptionnelle 
de janvier 1917, s'était maintenue tout à fait verte comme les 
autres. Cette feuille vient enfin de se dessécher (1920), mais 
tout à fait à son tour et seulement après que d'autres feuilles 



70 BULLETIN DE LA SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION 

plus âgées se soient fanées, les feuilles de ce Palmier durant 
environ de 6 à 7 ans. A voir la feuille en question, on aurait 
pourtant dit que toute circulation de sève serait rendue impos- 
sible, tellement aigu fut l'angle de cassure du pétiole. 

Une des plus belles plantes à fleurs pour les pays chauds est 
sans contestation V Hibiscus rosa-sinensis h. et c'est aussi peut- 
être la plante ornementale la plus répandue dans ces pays, où 
la floraison magnifique est continuelle d'un bout de l'année à 
l'autre. Ici, sur la Côte d'Azur, la plante ne fleurit pas ordi- 
nairement en hiver, et quand c'est le cas, les fleurs sont en 
hiver bien moins développées qu'en été. J'ai eu en décembre 
un pied en fleurs, et cette même plante toujours chargée de 
fleurs, depuis le printemps, en produisait qui avaient jusqu'à 
17 centimètres de diamètre. Ce magnifique arbuste, qui a aussi 
un beau feuillage persistant, ne se trouve presque jamais dans 
les jardins de la Côte d'Azur, car on cherche ici seulement des 
plantes à floraison hivernale, vu que presque tous les jardins 
appartiennent à des personnes qui passent seulement l'hiver ici. 
Je possède dans mon jardin un grand nombre d'exemplaires 
de Vucca elephantipes Rugel v. giganlea Trelease, provenant 
tous de graines que j'ai prises autrefois au Mexique. Ce sont 
des plantes magnifiques, d'environ 6 à 8 mètres de hauteur et 
donnant de splendides floraisons, tous les ans à la fin de l'été. 
Malgré que j'aie pratiqué maintes fois la pollinisation croisée 
d'un exemplaire à un autre, aucun fruit ne s'est jamais formé, 
mais l'année passée, sans qu'aucune pollinisation artificielle ne 
fût pratiquée, il s'est formé un fruit très bien développé et qui 
est arrivé 15 mois plus tard. Ce fruit fut très comestible et de 
bon goût; mais à maturité, comme c'est le cas pour tant de 
fruits non sélectionnés, il était rempli de graines. J'ai, dans 
une note précédente, signalé ce fait aussi pour VAnona Cheri- 
molia Mill, qui mûrit ses fruits tous les ans dans mon jardin. Il 
me semble difficile d'expliquer qu'un fruit seulement se soit 
développé depuis 25 ans que le Yucca elephantijïes fleurit dans 
mon jardin, et il ne peut pas s'agir de croisement avec une 
autre espèce de Yucca, car aucune autre ne fleurit à la même 
époque. 

Je signalerai encore que j'ai eu cette année une bonne 
récolte de Passiflora edulis Sims, excellent fruit qui se cultive, 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 71 

depuis quelques années, beaucoup au Cap et même en Aus- 
tralie, pour être importé à Londres. Cette belle liane est tout à 
fait rustique ici, et fructifie déjà à l'âge de deux ans de semis. 

On sait qu'il est considéré généralement comme nécessaire 
de greffer l'Oranger doux sur le Bigaradier pour éviter la 
« gommose », qui détruit les racines de l'Oranger doux. Pour- 
tant, j'ai ici plusieurs Orangers doux, provenant de semis que 
j'ai faits, il y a une trentaine d'années. Ces Orangers sont tou- 
jours en bon état et produisent d'excellents fruits pareils 
à ceux qui ont fourni les graines. En effet, on sait que 
rOranger, arbre fruitier cultivé depuis un temps immémo- 
rial et très sélectionné, vient le plus souvent vrai par le semis. 



EXTRAITS DES PROCÈS -VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 



SÉANCE GÉNÉRALE DU 24 JANVIER 1921 
Présidence de HI. D. Bois, Vice-Président de la Société. 

M. le Président souhaite la bienvenue à MM. J. Esteva, 
J. Canet, Alcantarilla et Burdet, Tornithologiste connu, qui 
assistent à notre réunion. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté, 

GÉNÉRALITÉS. 

Nous avons reçu pour la Bibliothèque : 

Le compte rendu de la mission d'études piscicoles orga- 
nisée dans la région de Belfort et en Alsace-Lorraine par les 
Services agricoles de la Compagnie du P.-L.-M, ; 

Le Chien : Psychologie, olfaction, mécanisme de Codorat, par 
M. L. Huyghebaert ; 

Une étude sur les Anses malphighiennes des Lampirtjdes, par 
M. le professeur Bugnion. 



72 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION 

M. I. Maranne (de Périgueux) adresse une note sur certains 
points restés obscurs de l'histoire de la « Fraxinelle », Dic- 
tamnus albuis L., sa détermination scientifique, l'inflamma- 
bililé de ses panicules, la partie de la plante employée en 
pharmacie. 

M. le Président adresse, au nom de la Société, nos vœux de 
bon voyage à notre collègue M. P. Carié, chargé de missions 
scientifiques, qui va partir pour l'île Maurice, dont il étudie, 
depuis des années, la faune particulièrement riche. Notre 
collègue se tiendra à la disposition de ceux d'entre nous qui 
voudraient lui demander des renseignements touchant à l'his- 
toire naturelle des Mascareignes. 

M. Robertson-Proschowsky nous adresse de Nice un article 
dont les conclusions sont qu'il faudrait donner à l'école une 
instruction qui oriente l'esprit vers l'observation et l'étude 
de la Nature. 

« Quelle que soit, dit notre collègue, l'occupation qui four- 
nira plus tard à l'enfant son gagne-pain, c'est en doublant de 
bonne heure une importance prépondérante au développement 
de l'esprit d'observation et non pas aux études dans les livres 
qu'on travaille le mieux à développer les dons naturels et à 
constituer ainsi une valeur tant pour l'individu que pour la 
société. » Cela, ajoute M. Proschowsky, « m'a toujours paru 
une énormité que l'homme des villes soit élevé de telle façon 
que, souvent, il ne connaisse même pas de vue les plantes qui 
lui fournissent sa nourriture de tous les jours, ni celles dont 
sont tirées les fibres servant à fabriquer les tissus dont sont 
faits ses vêtements. » 

Nous ne pouvons qu'approuver ces idées, nous qui avons 
institué des concours d'observation dans les écoles primaires. 

Mammalogie. 

Notre collègue, M. le professeur Moussu, nous communique 
une note de M. G. Curasson sur un cas d'alcoolisme aigu, 
suivi de mort, chez une Girafe qui avait absorbé, par mégarde, 
5 litres d'alcool dans un tonneau de cognac défoncé qui se 
trouvait à environ 3 mètres d'elle. 

M. Fauchère fait une communication sur l'élevage du Bœuf 
à Madagascar. Notre collègue y précise exactement les possi- 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 73 

bilités de rendement du troupeau bovin de la grande île, il 
donne des indications qui font comprendre pourquoi ce rende- 
ment est si faible. Alors que la colonie en tire plus de la moitié 
de ses ressources, on ne fait pas grand'chose pour assurer la 
conservation de cette richesse. M. Fauchère termine sa confé- 
rence en rappelant le triste exemple de la ferme d'Iboka, sup- 
primée en application d'un ordre inconsidéré juste au moment 
où elle ne coûtait plus rien et commençait à rapporter. 

M. Paris, qui a vécu de longues années à Madagascar, par- 
tage entièrement l'opinion de M. Fauchère. Il donne ce détail 
curieux que les reproducteurs sont toujours les plus faibles 
parmi les mâles. Les plus beaux sont castrés, le Malgache 
tirant vanité de la belle allure de ses Bœufs au moment de 
la vente. 

Entomologie. 

Le professeur Joshimaro Tanaka, de l'Université de Pryushu 
(Japon), qui poursuit des éludes de génétique sur les Vers 
à soie, désirerait être mis en rapport avec des personnes 
s'occupant de sériciculture dans le Midi de la France. 

La Société a désigné le bureau de Conditionnement des Soies 
à Lyon comme pouvant donner des adresses de sériciculteurs. 



,i,p! 



Botanique. 

M. Ronest, directeur des fermes expérimentales de néo- 
culture à Carcassonne, a obtenu de nombreuses hybridations 
et mutations de Soja. Pour continuer ces études et constituer 
des lignées pures, il faudrait isoler de tout voisinage de plan- 
tations de Soja ces hybrides. M. Ronest demande à entrer en 
relations avec des amateurs à qui il confierait quelques graines 
de Soja. La culture devrait se faire en dessous de la région de 
Paris y compris tout le Midi de la France. Vingt-cinq adresses 
lui ont été envoyées. La Société avait donné à M. Ronest des 
grains de Maïs noir que nous avait procurés M"'' P. Girod. 
M. Ronest nous écrit que ce Maïs est très intéressant ; il donne 
une farine extrêmement belle et sucrée. 

Le Maïs à grain noir présenté par M. Debreuil paraît de 
couleur fixe, mais M. Ch. Rivière rappelle qu'il a montré à 
la Société des Maïs qui, longtemps à grain blanc, ont brus- 
quement porté quelques grains noirs et que ceux-ci semés 



74 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

successivement ont reproduit des épis presque entièrement 
noirs, puis la couleur primitive a fini par reparaître. Des 
échantillons accompagnent cette dissertation. 

Notre collègue montre ensuite un beau Maïs jaune pâle 
à long épis très cylindrique, à 12 rangs, dont chaque contient 
80 grains, soit environ 960 grains. 

Les conditions météoriques de l'année 1920, particuliè- 
rement de l'automne, ont été très favorables à la maturité 
du Maïs, même aux environs de Paris. Dans le Jura, à l'alti- 
tude de 650 mètres, la maturité a été avancée de plus de 
25 jours sur l'époque normale. C'est un fait exceptionnel qui 
ne peut être expliqué en partie que par une grande lumi- 
nosité due à une absence de pluies plutôt qu'à la chaleur. 
En effet, l'année précédente, bien qu'il y ait eu des tempé- 
ratures véritablement exagérées, puisque l'actinomètre boule 
noire a marqué plusieurs fois + 65°, chiffres égaux à ceux 
enregistrés à Alger dans les forts sirocos, la m.aturité a «été 
tardive. Mais, végétation, chaleur, insolation, humidité, ne 
sont pas tout et d'autres phénomènes physiques échappent 
encore à nos observations. 

M. Gustave Rivière fait une communication sur « la Légende 
des Fruitiers ». On a souvent sur la conservation des fruits des 
idées parfaitement erronées. Des expériences faites par notre 
collègue sur d'importants fruitiers ont permis de conclure que 
l'humidité est loin d'être nuisible à la conservation des fruits 
et que la température n'a pas besoin d'être régulière et perma- 
nente. 

Notre collègue rappelle que M. Debreuil conserve souvent, 
à Melun, des Calville, jusqu'en août, dans une petite loge 
creusée dans le tuf crayeux. 

Colonisation. 

M. Vayssière a la parole pour faire une conférence sur 
l'Oasis de Figuig (Maroc du Sud) qu'il a visité l'an dernier et 
la culture du Palmier dans cette région. Cette culture est 
enrayée, actuellement, par une maladie indéterminée crypto- 
gamique ou microbienne. Notre collègue rend justice à 
l'œuvre remarquable du commandant Pariel chargé de ce 
cercle militaire dont l'administration modèle a fait du protec- 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 75 

torat français une source de paix et de calme. A signaler une 
remarquable roseraie en pleine prospérité dans cet oasis. 

M. le baron de Guerne pose quelques questions au conféren- 
cier sur les moyens d'accès de la mer à l'oasis. On y arrive par 
Oran, par une route directe. Dans ces conditions poursuit 
M. de Guerne, il serait intéressant de penser à l'utilisation 
comme engrais pour Figuig des résidus des grandes pêcheries 
des côtes occidentales d'Afrique. Cela rendrait les végétaux 
plus vigoureux et les mettrait plus à même de lutter contre les 
parasites. 

A propos des engrais, M. Vayssière signale qu'il a conseillé 
à Figuig le sulfocarbonate de potasse, car la terre est beau- 
coup trop calcaire. M. Charles Rivière connaît bien Figuig où 
il est entré avec les premiers Français de la colonne Quicandon 
(et, au passage, il salue la mémoire du grand colonial qui fut 
aussi un colonisateur éclairé) ; aussi il ajoute quelques détails 
à la très intéressante conférence de M. Vayssière. Il souligne 
la position curieuse de Figuig dans une région désertique oîi 
sévit la neige et le gel ; oîi, l'hiver, il fait un froid glacial. 
Dans ce pays à climat défavorable se trouve le cirque de 
Figuig au milieu de montagnes couvertes de neiges. Or la 
végétation de Figuig est des plus favorisées ; cela tient aux 
eaux qui sont chaudes. 

M. Blaringhem s'associe, chaleureusement, aux hommages 
rendus par M. Vayssière au commandant Pariel. « L'Oasis de 
Figuig, dit-il, est un poste avancé de la colonisation française 
dans le Sahara ; des administrateurs dévoués, justes, propaga- 
teurs des idées et des méthodes européennes comme le com- 
mandant Pariel, des médecins réputés comme le D"" Foley, 
directeur de l'Institut Pasteur de Béni -Ounif, nous attirent la 
confiance et la collaboration des tribus arabes. Il faut les aider 
partons les moyens à notre disposition. 

« L'oasis du Figuig est un poste, un point de ravitaillement, 
mais les récoltes ne suffisent pas aux besoins. Il ne peut donc 
être question de lui enlever les Dattes, les Céréales produites 
en trop faible quantité. Avant que la culture des primeurs et 
des légumes n'ait réduit encore les champs restreints de 
Céréales et que les relations commerciales intensifiées n'aient 
fait disparaître les variétés locales traditionnelles, il faut se 



76 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

rendre compte de l'intérêt que présentent pour notre propre 
industrie certaines productions de l'oasis. 

« Ma visite en avril 1914 à Figuig fut provoquée par le désir 
de connaître les conditions de croissance ou de maturation 
des Blés particuliers à l'oasis. Les Blés du Figuig sont petits, 
à croissance rapide, donnent de très petits grains souvent 
miellés; ils sont identiques à certaines formes décrites par 
l'abbé Tessier, d'après des cultures expérimentales faites à 
Rambouillet entre 1765 et 1789; ils présentent les qualités 
boulangères de certains Blés peu productifs, mais rémunéra- 
teurs à cause des hauts prix de vente, des régions sèches du 
Kansas. La longue durée des hostilités ro'a fait perdre les deux 
cents lots pédigrés étudiés avec du matériel reçu en 1913 ; ce 
travail sera repris incessamment. 

« Il est possible, comme le suggèrent d'ailleurs les remar- 
ques de M. P. Vayssière, que les Dattiers du Figuig soient 
aussi des formes particulières anciennement sélectionnées pour 
l'oasis même. J'ai examiné les racines de Palmiers malades 
sans y trouver de déformations notables ; ma compétence en 
pareille matière est faible et je ne puis donner qu'une sug- 
gestion. La dégénérescence des plantations de Canne à sucre 
sous les attaques du Seerh a été enrayée par le semis et la 
recherche d'individus jeunes, moins sélectionnés en vue de la 
teneur en sucre. Avant que le mal ne s'étende, il faudrait 
semer et sélectionner à partir des Dattes bien mûres, récoltées 
dans le pays. Surtout il faut éviter les désastres que peut 
entraîner l'introduction hâtive de plantes étrangères au pays 
et des parasites qui les accompagnent habituellement. Les 
variétés locales, isolées jusqu'à présent, résisteront difficile- 
ment aux attaques répétées et aux perfectionnements agricoles 
de l'Européen ; mais il faut aider l'Arabe dans l'amélioration 
et l'utilisation de ses propres variétés locales. » 

L'apiculture, qui ue disposait que de moyens rudimentaires 
dans nos colonies de l'Afrique occidentale, semble en voie de 
progression. Malgré l'indolence naturelle des noirs, l'Adminis- 
tration de la Guinée française est parvenue à faire adopter par 
certains d'entre eux des modèles de ruches perfectionnées; des 
conseils ont été prodigués aux indigènes, et ces efforts n'ont 
pas été vains puisque l'exportation de la cire de Guinée, qui 
était de 28 tonnes en 1910, est passée à 213 tonnes et s'est 



BIBLIOGRAPHIE 77 

maintenue aux environs de 500 tonnes jusqu'en 1920. Les trois 
premiers trimestres de 1920 n'accusent qu'une exportation de 
75 tonnes, mais il est probable que cette diminution n'est que 
momentanée et que la production de la cire d'Abeilles de notre 
colonie de Guinée suivra la progression signalée précédem- 
ment. 

Le secrétaire des séances adjoint, 

Pierre Crepin. 



BIBLIOGRAPHIE 

Histoire naturelle de l'Afrique du Sud (1). — Par son 
ouvrage sur les Serpents du Cap, M. Fitzsimons, directeur du 
Muséum de Port-Elisabeth, a pris rang parmi les historiens les 
mieux renseignés de la faune africaine. Les quatre nouveaux 
volumes dont il vient de terminer la publication embrassent 
tous les Mammifères de l'Afrique du Sud qu'il a étudiés sur 
place, et malgré l'étendue du sujet M. Fitzsimons a pu con- 
denser, sans en diminuer l'intérêt, tout ce qu'il était utile de 
connaître sur celle faune excessivement variée. Les collection- 
neurs de trophées, qui ont exploité à fond le continent africain, 
se sont plu à en augmenter les richesses pour attacher leur nom 
à quelques formes nouvelles dont un examen plus approndi ne 
justifie pas la raison d'être. Ce qu'on peut dire à cet égard de 
certaines Antilopes est particulièrement applicable, comme 
M. Fitzsimons le démontre, à la nomenclature des Zèbres dont 
on a multiplié les espèces à plaisir. « On a, dit notre auteur, 
divisé les Zèbres de Burchell en une demi-douzaine d'espèces 
différentes caractérisées par les rayures dont leur robe est ornée, 
mais ces différences se rencontrent chez des animaux faisant 
partie de la même famille, et ne sont que des variations du 
même animal qui ont un caractère absolument individuel et ne 
tirent pas à conséquence. » Cette opinion a été partagée par 
bien des chasseurs de gros gibier, et notamment par le regretté 
F. C. Selous, l'autorité la plus qualifiée pour trancher la 
question, aussi bien pour les Zèbres que pour les Antilopes, 
qui selon l'âge, les sexes et les mues, peuvent présenter de 
notables différences. 

(1) The natural History of South Africa. Mammals. Longmans 
Green et G'», éditeurs, Londres, 1920. 



78 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLTMATATION 

Quelques chapitres du 4^ volume de M. Fitzsimons sont 
consacrés aux plus petits animaux : Musareignes, Écureuils, 
Rats, Lièvres, Porc-Épics et Hérissons. De nombreuses photo- 
graphies prises sur le vif ont servi à illustrer le texte. 

Un naturaliste dans l'Himalaya (1). — Le prix du papier et 
les frais d'impression ne sont pas dans ce moment de nature 
à favoriser la publication d'ouvrages nouveaux, cependant 
la maison Wilherby, de Londres, ajoute continuellement à 
son catalogue déjà si riche quelques volumes de nature à 
intéresser le savant; le chasseur et le naturaliste. Le dernier 
ouvrage paru chez cet éditeur : Un naturaliste dans V Himalaya, 
peut faire pendant au Journal d'un chasseur naturaliste dans 
rinde, mais ce n'est pas de la faune des grands animaux 
dont M. Hingston s'occupe, ce sont en général les Insectes 
sur lesquels s'est fixée son attention pendant un assez long 
séjour dans une vallée de l'Hazara. Les Fourmis, les Araignées, 
les Papillons et les Cigales, tout petit monde que ces êtres 
paraissent, n'en ont pas moins fourni à M. Hingston des 
observations d'un très grand intérêt; il ne tarit pas en admi- 
ration sur le travail des Araignées qui tissent leurs toiles 
avec autant de régularité et de précision que si elles se ser- 
vaient de règles, d'équerres et de compas pour se guider, 
et leur manière d'apprécier par le toucher les distances entre 
chacun des fils de leur tissage est merveilleuse; mais, vient-on 
à déranger l'ordre de leurs opérations, elles perdent le fil, c'est 
le cas de le dire, de leurs trames géométriques et ne peuvent 
réparer que gauchement un travail dont l'observateur indiscret 
a bouleversé la belle ordonnance. 

De même M. Hingston a mis le désordre dans les armées de 
Fourmis en marche en coupant leurs colonnes et en altérant 
la surface du sol qu'elles traversaient. Cela donne à penser que 
les actions de ces Insectes que l'on dirait avoir pour mobiles 
les raisonnements d'êtres conscients ne sont après tout que la 
résultante d'impressions instinctives dont il nous est difficile 
de saisir la concordance. 

Les pages tragiques ne manquent pas dans ce volume oii il 
est triste de constater avec M. Hingston que la vie des animaux 
est une suite de luttes, de batailles et de massacres, comme 

(1) Librairie Wilherby, 326, High Holborn, Londres, VV. G. 



BIBLIOGRAPHIE 79 

pour les races humaines ! On ne lira pas sans émotion la traî- 
trise du Ver luisant qui, s'installant sournoisement sur la 
coquille des Escargots dont il se nourrit, attend le moment 
favorable pour saisir dans ses mandibules acérées le cou du 
malheureux Molusque, dont l'agonie est aussi horrible à lire, 
qu'elle doit être pénible à regarder. 

La paix de la Forêt vierge. — Witherby est l'éditeur pour 
l'Europe de la magistrale monographie des Faisans du natu- 
raliste américain William Beebe. Ce bel ouvrage, une des plus 
somptueuses productions de la typographie moderne, n'est 
malheureusement pas à la portée de toutes les bourses (4. vol. 
à 360 francs l'un), mais tous ceux qui ont pu apprécier le 
charme de l'écrivain dans ce récit de son exploration des difTé- 
rents pays du globe habités par les Phasianidés retrouveront 
les mêmes séductions littéraires et poétiques dans la Paix de 
la Forêt vierge où M. Beebe donne de sa vie dans les sombres 
massifs de la Guyane les plus enchanteresses descriptions. 

Nous signalerons encore à la librairie Witherby les études 
des mœurs des Oiseaux prises sur le vif par les observateurs- 
photographes qui pendant de longues heures ont tenu sous leur 
objectif les nids et les habitats de certaines espèces comme 
l'Aigle Doré, la Buse, l'Orfraie, la Spatule, la Cigogne et quel- 
ques Hérons, le Fou de Bassan et les Hirondelles de mer. Par 
leurs illustrations, autant que par les observations des opéra- 
teurs, ces monographies sont de précieuses contributions à la 
science ornithologique et à son iconographie. 

Les plantes des marais du Nébraska. — Aux États-Unis 
on ne songe pas seulement à protéger le gibier par des lois 
réglementant l'usage de la chasse, mais on s'occupe encore à 
faciliter et à multiplier les moyens d'existence des Oiseaux 
de passage ou sédentaires sur le territoire. C'est pourquoi le 
ministère de l'Agriculture vient de publier une étude très 
approfondie des plantes dont le gibier aquatique se nourrit 
sur les étangs et les marais du Nébraska et dont il est inté- 
ressant de répandre la culture si l'on veut conserver la chasse 
de la Sauvagine de cette région. Le dessèchement de certains 
étangs et marais qui constituaient dans le Nébraska un centre 
de reproduction idéal pour tous les Oiseaux aquatiques a consi- 
dérablement troublé ces Oiseaux dans la jouissance de leur eldo- 



80 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

rado et, en outre, il était urgent de les protéger contre l'avidité 
insatiable des chasseurs qui avaient fait de la région des dunes, 
dite « des Sables », le quartier général de leurs entreprises cyné- 
gétiques, particulièrement néfastes au printemps en pleine pé- 
riode de reproduction. De nombreux clubs de chasseurs avaient 
construit sur le bord des étangs des rendez-vous de chasse où 
Ton venait faire séjour de tous les points du pays, et les déto- 
nations des armes à feu ébranlaient l'atmosphère tout le long 
du jour. L'interdiction de la chasse de printemps a mis fin à 
cet abus et, de l'avis de tous les habitants, la reproduction des 
Oiseaux gibier a depuis lors repris dans des proportions si 
satisfaisantes, que les Oiseaux sauvages se montrent aussi 
apprivoisés que des Oiseaux domestiques depuis qu'ils ont 
retrouvé la sécurité d'antan. La brochure du ministère de 
l'Agriculture est divisée en deux parties; dans la première, 
M. Oberholser étudie la faune ailée de la région des Sables 
après avoir fait une intéressante description de cette formation 
géologique; dans la seconde, M. Macatee examine minutieuse- 
ment les plantes qui composent le fond de la nourriture des 
Oiseaux aquatiques et son travail est un véritable cours de 
botanique appliquée. 

ORDRE DU JOUR DES SÉANCES 

— Mai 1921 — 

SÉANCES GÉNÉRALES 

Lundi 2, à 3 heures. — M. le D"" E. Téjéra : Les Aigrettes au Vene- 
zuela. 

Lundi 30, à 3 heures. — M. P.-A. Lapicque : A propos de TÉle- 

vage en Indochine. 

Séances des sections. 

Jeudi 12, à S heures. — VI» section (Colonisation). M. Pierre De- 
nier : Les Insectes nuisibles au Cotonnier dans les Colonies fran- 
çaises. 

— M. C. Rivière : Le Cotonnier dans le Nord et dans l'Ouest 
africain. 

Jeudi i9, à 3 heures. — Sous-section d'Ornithologie (Ligue pour la 
Protection des Oiseaux). La question du Coucou (Projections ciné- 
matographiques). 

Jeudi 26. — VII* section {Aquariums et Terrariums). Cette séance 
est remplacée par la visite chez M. DELAC0UR,"à Clères (Seine-Infé- 
rieure). 

Le Ge'7-ant : A. Maretheux. 
Paris. — L. Maretheux, imprimeur, 1, rue Oassette. 



Le Secrétaire général a l'honneur d'informer MM. les Membres de la Société et les 

Sersonnes qui désireraient l'entretenir, qu'il se tient à leur disposition, au siège de la 
ociété, 198, boulevard Saint-Germain, tous les Lundis, de 4 à 7 heures. 



EN DISTRIBUTION 



(iraiiies oilortes par M. GAGE, 
superintendant du Jardin royal 
botanique de Darjeeling (Inde). 

Attilbe 7-ivula7'is. 

Be.tula 'Bhojpaltra. 

Bœhmeria platyphylla. 

Diclvoa ffbrifuga. 

Eriohotrya Hookeriana. 

Fraxinus floribnnda. 

Indigofera dosua var. tomentosa. 

Michelia exeelsa. 

Pinus Piiddum. 

Rhododendron arboreum. 

Rosa macrophylla. 

lihus semialata. 

Salix calyculata. 

— oreophila. 
Trachycarpus Martianus. 



Graines offertes par M. BOIS 

Onopordon illyriciim L. var. car- 
dnncuius. 



Graines otfertes par M. MOREL 

Agathiea cœlesiis- 
Angelica archangelica. 
Aralia sinensis. 
Biola aurea. 
Castanopsis hy stria-. 
Chionanthus cirginica. 
Clematis erecta atha. 
Cratxgus Carrifvei. 
Cytisus sempervirens 
Dimorphotheca auranliaca. 
Eucalyptus amygdalina. 
Ewalyptus globulus. 
Galtonia candicans. 
Halesia coi'ymbosum. 
Héliotrope var. Lenioine. 
— — M"" Bruand. 



Heuchera saïujuinea. 
Impatiens SuiLnni. 
Polygon uni Sa Idschua n ic um . 
Séquoia gigantea. 
Tamnrix afi icana. 



Graines offertes par le Gouver- 
nement général de l'Algérie 
et par le Jardin botanique de 
Sj'dney. 

Chloris gayana. 



Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdalus DavidAana 
( l'êcher sauvage des montagnes 
de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

S'adresser au Secrélarist. 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société. 

OFFRES 

Œufs à couver Leghorns blancs et Orpington noirs, races pures (fécondation 90 0/0). i fr. pièce. 

M. de Boudard-Olonne, à Loriol (Vaucluse). 

Prix modérés : 50 beaux Camélias, à prendre sur place, près Orléans. 
M. A. Chappellier, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

Lapins angoras blancs, prix suivant âge. 
M. C. Loyer, 23, rue Saint-Sulpice, Paris. 

Araucaria exeelsa, âgé de 25 ans, 7°'50 de circonférence. 
M. E. Chalvon, 8, rue Germain-Pilon, Paris. 

A- vendre : Lama {emelle blanche âgée de 4 ans, née on Suisse. 

Adresser offres à l'Intendant de la Villa de Prangius, près Nyon (Canton de Vaud), Suisse. 

Élevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

Poules : Wyandottes blanches, Wyandottes argentées, Leghorn blanches, Minosques, tîresses noires, 
FaveroUes, Canes Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Duclair, Oies Toulouse, Dindes noires. 

Reproducteurs de race pure, premier choix, .élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, poussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Champagne, 
Angoras blancs, noirs, havane, Fauves Bourgogne, Géants noirs, Géants blancs, Vendée. Sujets jeunes 
et adultes. 

M. Passy. Domaine du Désert de Retz à Ghambourcy [téléphone: 15] (S.-et-O.). Gare Saint-Germain. 

DEMANDES 



Oryctes nasicornis (Rhinocéros), larves, nymphes et adultes. 
M. Jean Rostand, Cambo (Basses-Pyrénées). 

Maison de campagne, à louer, trois chambres non meublées à 4 ou 5 heures de Paris. Région boisée 
rivière ou étang proches, facilités de circulation pour l'étude et la photographie des animaux. 
Écrire au Secrétariat. 



SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE 



Le but de la Société Nationale d'Acclimatation de France est de concourir: 
1° à rintroduction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux 
utiles et d'ornement; 2" au perfectionnement et à la multiplication des races 
nouvellement introduites ou domestiquées; 3° à l'introduction et à la propagation 
de végétaux utiles ou d'ornement. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres 
Donateurs, membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une 
cotisation annuelle de 25 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affran- 
chit de la cotisation annuelle par un versement de 250 francs. 

La Société décerne, chaque année, eu Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de 
î3otanique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'ani- 
maux à ses membres. 

Elle publie, outre ce Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, 
composée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des 
questions concernant l'élevage des animaux, la culture des plantes et particuliè- 
rement des faits d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : 

installation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement, la Revue est servie par abonnement, aux 

membres de la Société, au prix réduit de 15 fr. pour chaque partie ou de 20 fr. 

pour les deux. 



Paris. — L. MarethkiJx, imprimeur, 1, ru© Ca«ïotlo. 



.BULLETIN 

yr 1^ DE LA. 







^PE FRANGE 



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(68^ an.n'ée) 



N» 6. — JUIN 1921 



SOMMAIRE 

Pages. 

Actes de la Société ' d'Acclimatation 81 

Note sur la situation zoologique de la Ménagerie du Muséum d'Histoire naturelle 82 

Extraits des procèa-verbaux dès Séances de la Société : 

Séance générale du 7 février 1921 83 

YI' Section (Colonisation), séance du 10 février 1921 86 

VU" Section (Aquariums et Terrariums), séance du 27 "janvier 1921 87 

Chronique générale et Faits divers " 92 

Un numéro, 2 fr. 50. — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50 



AU SIÈGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION DE FRANCE 

198, BOULEYARD SAINT-GERMAIN, PARIS (VIP) 



Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
10 tickets, sont délivrées, au prix de lo francs, aux membres de la Société, 
dans nos bureaux. 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 

Président, M. Edmond Pereiek, Membre de l'Institut et de l'Actulémie de Médecine, Professeur au 
Muséum d'Histoire naturelle, Paris. 

MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histpire naturelle. 55, rue Cuvier. Paris . 
^ D' Ohauveau, Sénateur de la Côte-d'Or, 225, boulevard Saint-Germain. Paris ; 

MuEAT (le prince Joachim), Député, 28, rue de Monceau, Paris : 
Anthouard (le baron A. d'). Ministre plénipotentiaire, 121 his, rue de la 
Pompe, Paris. 
Secrétaire général, M. Mamice Lotee, IS, rue du Four, Paris. 

MM. J.Crepin, 55, rue de Vemeuil, Paris (Séances) ; 
\ Ch. DEBEiEïïiL, 25, rue de Cliateaudun, Paris (Intérieur) ; 

1 J. Delacouh, à Clères (Seine-Inférietre) (Etranger) 



Vice-Présidents 



Secrétaires 



Abbé G. FoucHEE, 24, rue Cassette, Paris (Conseil). 
Trésorier, M. le D' Sebillotte, G, rue de l'Oratoire, Paris. 
Archiviste-Bibliothécaire, M. P. oh Ci-emijont. 

Membres du Conseil 

MM. A. Chappellieh, 80, boulevard Saint-Gei-main, Paris. 

le D' P. Marchai,, Membre de l'Institut, Professeur à l'Institut National Agronomique, 45, mo 

de Verrières, à Antony (Seine) 
le D' Lepeince, 62, rue de la Tour, Paris. 
Mailles, rue de l'Union, La Yarenne-Saint-Hilaire (Seine). 

le D' E. Troitessart, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 61,' rue Cuvier, Paris. 
Lecomte, Membre de l'Institut, Professeur aii Muséum d'Histoire naturelle, 14, rue des Ecoles, 

Paris. 
P. Carié, 40, boulevard de Courcelles, Paris. 

L. RoTJLE, Professeur au Muséum d'Histoire naturellel 57, rue Cuvier. Paris. 
P. Kestner, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Ribera, Paris. 
R. Le Fort, 89, boulevard Malesherbeis, Paris. 

Barriol, Chef de la Comptabilité et des Finances de la Compagnie du P.-L.-M. 
H. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Dotes des Séances généra/es et du Conseil 



POUR 


L'ANNÉE 192 


I 










c ■ 

SÉANCES GÉNÉRALES à 3 h., IsS lutldis. . . . 


Janvier 


Février 


Mars 


Avrii 


Mai 


Novembre 


Décembre 

5 
«9(") 


10 
2A 


7 
21 


■ 7 
21 


1 1 

25 


3.0 


7 


VI* Section, Colonisation, à 5 h., les jeudis 


i3 


10 


10 


I^ 


12 


10 


8 


VII" Section, Aquariums, Terrariums, les 






- 










jeudis 


270 


2iO 


2/,(') 


28 


26 0) 


21, C) 


.22 C) 


Sols-section d'Ornithologie (Lique pour 
















la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 
















troisièmes jeudis 


20 


17 


17 


21 


19 


17 


i5 


(1) A 8 h. 3/4 du soir. 














(2) A 5 heures du soir. 














(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblt 


■e générale. 













Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 heures. 



Séances du Conseil, à /i li., les mercredis 


Janvier 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


Novembre 


Décembre 


'9 


16 


iG 


20 


25 


lO 


ili 



Les membres de la Soôiété qui désirent assister aux Séances générales recevront, sur 
leur demande, les ordres du Jour mensuels des séances. 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions éniises 
par les auteurs des, articles insérés dans le Bulletin 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur 
des articles publiés dans le Bulletin est interdite 



Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de fr. 50. 



w w 



ACTES DE LA SOCIETE D'ACCLIMATATION 



Excursion a Argenton-sur-Creuse (Indre) 
Zes H, 12 et 13 juin 1921 

M. R. Rollinat ayant invité les membres de la Société d'Ac- 
clîmatatioti à venir visiter ses collections de Mammifères, 
Reptiles, Batraciens et Poissons de l'Indre et à assister aux ex- 
périences qu'il poursuit sur la biologie des Cistudes, Lézards, 
etc., une excursion aura lieu chez notre collègue, les 
samedi 11, dimanche 12 et lundi 13 juin prochain. 

DÉPART DE Paris pour Argenton, gare d'Orsay, le samedi ii, 
à 7 h. 3o. 

Déjeuner dans le train. Arrivée à Argenton à 12 h. 21. Visite 
des collections, du jardin, des couveuses pour œufs de Ser- 
pents, Lézards. (Peut-être verra-t-on des Tortues déposer leurs 
œufs dans des trous qu'elles creusent en terre.) 

Dimanche 12. — Excursion à Gargilesse, Chateaubrun, 
Crozant, etc. 

Lundi matin i3. — Causerie de M. Rollinat, avec projections 
démonstratives, sur ses expériences et sur ses chasses à l'aide 
de Grands Ducs vivants et de mannequins. 

Départ d'Argenton le lundi à i5 h. Ix-]. Dîner dans le train. 
Arrivée à Paris à 22 h. 7. 

L,e voyage (billet aller et retour en a*^ classe, hôtel, nourri- 
ture, excursion) coûtera, tout compris, environ i5o francs 
par personne. 

Rendez-vous le samedi 11 juin, au train de 7 h. 3o pour 
Argenton, gare d'Orsay. 

Se faire inscrire avant le dimanche 5 juin, dernier délai. 



BULL. SOC. NAT. ACCL. FR. 1921, — 6 



Sa BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

NOTE SUR LA SITUATION ZOOLOGIQUE 
DE LA MENAGERIE DU MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE 

La situation zoologique de la Ménagerie du Muséum, comme 
on l'espérait, s'est sensiblement améliorée. 

Grâce au grand intérêt que lui portent des membres de la 
Société Nationale d'Acclimatation et des amis particuliers, et, 
grâce aussi au concours dévoué de nos colonies qui ont ré- 
pondu avec empressement à l'appel de M. le Directeur du 
Muséum, on peut admirer nombre d'animaux qui, même 
avant la guerre, n'y étaient pas représentés depuis plusieurs 
années, 

La Galerie des Fauves, restaurée entièrement, voit de jour 
en jour sa collection se compléter et nous pouvons signaler 
l'arrivée récente des animaux suivants : 

Un Tigre et une Tigresse de Sibérie, un Guépard, un Lion 
de Rhodésie, offerts par sir B. Zaharoff à qui l'on doit la réfec- 
tion de la galerie ; un Lion et une Lionne d'Abyssinie qui vien- 
nent de nous être envoyés par le Ras Taffari Makonnen, prince 
régent et héritier du Trône d'Ethiopie, grâce à l'entremise du 
Ministre de France à Addis-Ababa ; une Tigresse et quatre Pan- 
thères qui ont été offertes par le Gouvernem^snt général de 
l 'Indo-Chine. 

Parmi les Mammifères des parcs, signalons : un Kangourou 
de Bennett, un Cabiai femelle, un couple de Céphalophes dor- 
salis, offerts par sir B. Zaharoff ; un couple de Gazelles à 
bézoard, don de M. le baron Edmond de Rothschild ; trois 
couples de Cerfs unicolores, euA^oyés par le Gouvernement gé- 
néral de l 'Indo-Chine ; un couple de Chèvres du Sénégal, un 
Chamois et 7 Cervules muntjacs, dont un couple a donné un 
produit mâle au mois de janvier dernier, offerts par M. Guy 
Babault ; trois Mouflons de Corse, dont un couple a également 
donné un produit mâle, envoyés par M. Lamiort ; un Bélier et 
deux Brebis d'Ouessant donnés par M. le comte Delamarre de 
Mondiaux. 

La Singerie, croulante, ne permettant pas d'abriter les ani- 
maux de valeur, force est de les loger dans d'autres parties de 
la Ménagerie. C'est ainsi qu'une femelle de Chimpanzé 
(Sophie), offerte. par M. Belly-Métaireaux, administrateur des 
colonies, mise momentanément dans la galerie des fauves, est 
actuellement dans la loge de la Girafe, morte au mois d'oc- 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERRAUX DES SÉANCES DE LA SOCIETE 83 

tobre dernier. Enfin un Cercopithèque de Burnett, offert par 
sir B. Zaharoff, profite d'une cage de la faisanderie où l'hiver, 
assez clément, lui a permis de vivre sans abri chauffé. 

La femelle du couple d'Oreas canna, offert, l'an dernier, 
par M. Guy Babault, vient de mettre bas prématurément, après 
une portée de 2o4 jours (au lieu de 370 environ), deux fœtus, 
ce qui est une double perte pour la collection, puisque norma- 
lement nous" aurions vu celle-ci s'accroître de deux de ces in- 
téressants animaux. 

Dans la collection d'Oiseaux, il faut signaler l'arrivée de : un 
Lophoplîore, un Crossoptilon Ho-Ki. un métis de Paon spici- 
fère et de Paon nigripenne et un Enieu envoyés par M. Jean 
Delacour ; une Oie de Ruppell, par M. Guy Babault ; un roupie 
d'Autruches, par le Service de l'élevage du Maroc ; un Héron 
garde-bœuf, par M. Baury, professeur de bactériologie à 
Dakar ; un Milan Korschun, une Crécerelle renard, un Eper- 
vier, un Autour à ailes rouges, envoyés de Kati par M. le doc- 
teur Millet-Horsin et un Aigle Bonelli, donné par M. Sangnier, 
secrétaire général du Saint-Hubert Club de France. 



EXTRAITS DES PR0CÈ5-VERBAIX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 



SÉANCE GÉNÉRALE DU 7 FÉVRIER 1921 

Présidence de M. Bois, vice-président de la Société 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. le Président souhaite la bienvenue à M. J.-W. Garner, 
professeur à l'Université de l'Illinois, venu en France en mis- 
sion, afin de faire connaître les idées et la pensée américaines, 
par des conférences à la Sorbonne et en province. M. Bois 
salue également M™^ Garner, qui accompagne son mari. 

Généralités 

Nous avons reçu, pour la bibliothèque, le Traité de la Déco- 
ration des Dehors, des Jardins et des Parcs, écrit en 1789 par 
le duc d'Harcourt, publié et présenté par le comte Ernest de 



84 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

Ganay. C'est un ouvrage fort agréable à lire et qui est édité par 
Emile-Paul frères, place Beauvau. 

Notre Libilothèque a reçu également l'ouvrage récent de 
notre collègue, le D'" Cathelin, sur les Migrations des Oiseaux. 

M. Charles Rivière fait une communication sur les causes 
de la disette qui sévit actuellement dans le Nord de l'Afrique, 
principalement en Algérie. Elle est due à la pauvreté -pluviale 
des années 1918-1919 et 1919-1920, puis aux séries inoppor- 
tunes de gelées et de sirocos qui ont réduit les récoltes à un 
chiffre insuffisant pour alimenter les populations. D'ailleurs, 
en temps ordinaire, le rendement des grains, ,du Blé surtout, 
reste toujours déficitaire par rapport au nombre d'individus 
et d'animaux à entretenir normalement. 

Si l'année 1919 a été considérée comme une forte année 
d'exportations de grains, cela n'a été dû qu'aux réserves 
forcées des récoltes précédentes. 

De même en viticulure, le chiffre extraordinaire de 55o mil- 
lions de francs de vins exportés ne s'explique que par l'infla- 
tion des prix et non par les quantités exportées, car les ven- 
danges ont été au-dessous de la moyenne. 

Quant au bétail, non seulement les envois ont fléchi, mais 
encore les effectifs bovins et ovins sont plutôt en décroissance 
inquiétante depuis plusieurs années. 

Toutes ces considérations reposent sur les statistiques offi- 
cielles, mais plus encore sur l'état malheureux des popula- 
tions, aussi M. Ch. Rivière conclut que la situation agricole 
et économique de l'Algérie reste préoccupante par ces troubles 
météoriques, trop souvent renouvelés, qui font que les produits 
de la terre ne correspondent plus aux besoins du moment. 

Après avoir présenté des échantillons de fourrures de Lapin, 
d'une très grande souplesse et d'un beau brillant tannées à 
l'alun, à l'acide et au chrome, M. Piédallu fait une démons- 
tration pratique d'écharnage sans autre outil qu'un couteau 
de poche. Il donne la com|position des différents bains de tan- 
nage et la manière de pratiquer facilement ce travail chez soi. 
On trouvera tous ces renseignements dans un article publié 
par notre collègue dans le numéro d'octobre 1920, de la 
Revue d'Histoire naturelle appliquée (1^ partie). (Dans cet 
article lire, page 39.5, carbonate de chrome au lieu d'oxyde de 
chrome.) 



eïtbaits des pkocès-verbaux des seances de la société 85 

Mammalogie 

M. le Secrétaire général donne lecture d'un rapport de notre 
collègue M. le professeur Brumpt sur les pyroplasmoses et les 
tripanosomiases bovines dans nos colonies. Ce rapport, qui 
sera publié dans la première partie de la Revue, a été présenté 
à la Commission des Colonies de la Chambre des Députés, le 
24 novembre 1920. 

M. Barrasse nous écrit que, dans l'Eure, le véritable Mus 
rattus est abondant alors que le Surmulot est inconnu. 

Ornithologie 

« L'International Association of Poultry Instructors and 
Inverstigators » dont les seuls membres français avaient été, 
au début, des membres de la Société d'Acclimatation, a orga- 
nisé un congrès international d'Aviculture (World 's Poultry 
Congress) qui doit se tenir à La Haye, du 6 au i3 sep- 
tembre 192 1. L'Association envoie le programme et le règle- 
m(ent de ce congrès. Parmi les nombreux adhérents français 
au congrès, figurent nos collègues dont les noms suivent : 
président Loubet, professeur C. Voitellier, membres du Co- 
mité ; professeur Dechambre ; professeur Moussu ; R. (^au- 
curte ; docteur Gauducheau ; sénateur Chauveau ; professeur 
Perrier ; H. de Rothschild ; Debreuil ; comte Delamarre de 
Mondiaux ; docteur Loisel. D'importants travaux, qui amè- 
neront d'utiles discussions, seront présentés ; des visites ins- 
tructives auront lieu. Nous espérons que nos collègues rappor- 
teront de leur voyage des idées fécondes qui contribueront au 
progrès de notre aviculture. 

Notre collègue, M. Darrasse, nous écrit que dans sa région 
(château d'Acon, par Tillières-sur-Avre (Eure), les Moineaux 
ont complètement disparu depuis le printemps de 191 8. Un 
de ses amis a fait la même constatation dans la petite ville de 
Nonancourt. 

Entomologie 

Nous avons reçu de notre collègue, M. Janet, de Tananarive, 
deux nids de Papillons. Ces nids sont très curieux. Ils affec- 
tent tous deux la forme d'une vaste poche pointue d'un côté 



86 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NA.TIOJNALE d'aCCLIMATATION 

et allant en s'élargissant d'une façon irrégulière. Elles mesu- 
rent environ 26 centimètres dans leur plus grande largeur et 
5 à 6 centimètres d'épaisseur. L'une est couleur café au lait, 
l'autre chocolat foncé (qu'on excuse ces comparaisons culi- 
naires qui donnent exactement la teinte de ces poches). A 
l'intérieur se trouvaient de nombreuses cellules feutrées dans 
lesquelles se formaient les chrysalides et que les insectes per- 
forent en sortant. Etant donné que les nids envoyés par M. Ja- 
net ont été recueillis après l'éclosion des Papillons, il a été im- 
possible à notre collègue, M. Vayssière, de déterminer exacte- 
ment l'espèce à laquelle appartiennent les Lépidoptères con- 
tenus jadis dans ces nids. Les seuls renseignements qu'il 
puisse fournir sont ceux-ci : on se trouve en présence 
d'Hypsoides spec. Il y a sûrement deux espèces ; la poche la 
plus brune paraît être celle d'une espèce voisine de VH. rha- 
dama ; l'autre n'est certainement ni VH. diego, ni VH. am- 
hriensis. 



Botanique 

M. Robertson Proschowsky adresse, de Nice, de nouveaux do- 
cuments sur les effets de la gelée sur les végétaux exotiques 
acclimatés sur la Côte d'Azur. Les feuilles du Cocciilus lauri- 
foliiis sont devenues argentées comme avaient fait celles de 
V Elœodendron présentées à l'une des dernières séances, mais 
on n'y constate pas d 'extra vasation autour de la côte et des 
nervures ; les feuilles du PitJiecoJohium pruinosum sont deve- 
nues transparentes et comme vitreuses. 

Notre collègue joint, à son envoi, une racine d'Olivier bizar- 
rement déformée par suite de sa croissance dans un sol très 
pierreux. 

Le Secrétaire des séances adjoint : 
Pierre Crepin. 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 87 

VI« SECTION : COLONISATION 

Séance du io février 1921 

Présidence de M. Auguste Che^aliel^ président 

L'ordre du jour comporte l'étude du Chenopode vermifuge. 

M. le professeur Joyeux fait une intéressante communication 
sur l'huile de Chenopode et son utilisation en parasitologie, 
notamment dans les ankylostomiases. Il donne une biblio- 
graphie du sujet d'où il résulte que la question n'est pas 
encore au point et que nous ne sommes pas complètement 
fixés sur la posologie de ce médicament et son mode d'emploi, 
surtout aux colonies. 

M. le professeur Perrot dit que l'incoordination des efforts 
tentés jusqu'à ce jour n'a pas manqué de préoccuper l'Office 
des matières premières pour la droguerie, dont il est direc- 
teur. 

Tout d'abord, il ne faut pas dire huile, mais essence, ou 
huile essentielle de Chenopode. Cette essence est extrêmement 
complexe, il faudrait en faire un produit pur contenant un 
pourcentage constant d'ascaridol, le diluer ensuite dans l'huile 
grasse pour qu'on puisse l'administrer par grammes et non 
par gouttes. 

Le Chenopode vermifuge (Chenopodinm ambrosioides L.) 
existe en divers endroits de France, et dans la plupart des ré- 
gions tropicales. Il faudrait entreprendre l'étude des diverses 
races au point de vue de la teneur en ascaridol et de l'absence 
de principes toxiques. Une station spéciale de sélection, dans 
laquelle on étudierait aussi l'action des engrais serait à créer 
dans nos colonies, soit en Afrique du Nord, soit en Guinée. 

L'étude de cette plante présente une grande importance à 
l'heure actuelle, d'autant plus que la Santonine fait, pour le 
moment, complètement défaut. 

M. Auguste Chevalier envisage la question au point de vue 
botanique. Deux espèces de Chenopodinm sont utilisées 
comme plantes alimentaires : le C. Quinoa Willd, étudié au- 
trefois par Louis de Vilmorin et le C. purpumscens Jacq. 
(C. amaranticolor Coste et Reynier), répandu dans ces der- 



88 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aGCLIMATATION 

nières années, grâce aux efforts de M. Bois (i), sous le nom 
d'Ansérine amarante. 

Le C. ambrosioides L. (C. anthelmmthîcuni L.) est une 
des plantes les plus ubiquistes et possède, par suite, une 
quantité de noms vernaculaires. Il y aurait lieu d'étudier spé- 
cialement la variété anthelminthiciim Gray, spéciale aux 
régions tempérées et la race connue sous le nom; de Sancta 
Maria, cultivée dans l'Amérqiue du Sud. D'autres Chénopo- 
diacées, notamment les Kochia, seraient à étudier quant à leur 
propriétés vermifuges. 

M. Meunissier signale une forme récente du Kochia, le 
Kochia scoparia Sclirad, var. Irichophyda, trouvée, en 1898, 
aux Etats-Unis, et répandue depuis dans nos jardins pour sa 
valeur ornementale. 

M. Diguet fait observer que le nom d'herba Sancta Maria est 
donné au Mexique à une plante toute différente : le Tagetes 
lucida, employé comme insecticide. 

Le Secrétaire : 
A. Meunissier. 



VIP SF.CTION : AQUARIUMS, TERRARIUMS 

Séance du 27 janvier 1921 

Présidence de M. le docteur J. Pellegrin, président 

M. le Président est heureux de saluer au nom de l'Assemblée, 
notre collègue, M. Charles Gavoty, doyen des membres de la 
Société d'Acclimatation. M. Gavoty, qui est présent à la 
séance, est membre depuis 1864 et il porte très allègrement ses 
78 ans. 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture d'une lettre du docteur 
J. Bethencourt-Ferreira de l'Université de Lisbonne, où notre 

(0 V. Bull. Soc. Nat. Accl. 1909, p. 56 et 1910, p. 12C. 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 89 

collègue propose d "échanger des Pleurodel^s Waltli Michaël, 
du Portugal, ainsi que la variété portugaise de Salamandra 
maciiitosa, dont il est facile de suivre les mœurs dans les ter- 
rariums bien aménagés. 

Le docteur Bethencourt-Ferreira se propose, au commence- 
ment de l'année prochaine, de nous envoyer quelques obser- 
vations personnelles sur ce sujet, ainsi que sur l'acclimatation 
de certaines espèces exotiques en Portugal. 

M. le docteur Pellegrin a reçu de M. R. Mail, du Havre, le 
bulletin mensuel de la Société Linnéenne de la Seine maritime, 
de décembre 1920, qui contient un article fort intéressant de 
M. Paul Delaon sur le « microaquarium », ou aquarium mi- 
nuscule de poche, qui constitue un modèle parfaitement ré- 
duit pour table de travail. Cet appareil permet d'étudier de très 
petits animaux, tels que : Infusoires, Diatomées, Vorticèles, 
petits Crustacés et même une ponte de Poissons de très petite 
taille. Ces petits récipients se prêtent fort bien à la photo- 
graphie, en dessus ou en dessous, des êtres qu'ils renferment, 
à la condition de posséder un mode d'éclairage suffisamment 
intense. 

M. Dode possède de ces microaquariums et ils lui rendent 
d'appréciables services. Il a obtenu dans ces microaquariums 
des reproductions parfaites de petites espèces de Poissons. De 
nombreuses pontes s'y sont heureusement développées et il 
lui était facile d'isoler les femelles après la ponte. 

M. Léon Diguet donne quelques renseignements sur l'aqua- 
rium du Havre fort négligé pendant la guerre et sur les quel- 
ques espèces qui restent actuellement dans les bacs. 

M. Fabre-Domergue fait ensuite une communication très do- 
cumentée sur la reproduction en aquariums des Poissons vivi- 
pares. 

Actuellement les Poissons vivipares que les amateurs ont 
l'occasion d'examiner en aquariums se réduisent à très peu 
d'espèces dont les plus connues sont le Xiphophorm Helteri, 
le Platypoecilus m,ociilatiis et le Girardiniis Giippyi ; avant la 
guerre, on recevait en Europe une cinquantaine d'espèces de 
ces curieux vivipares et des amateurs notoires les ont possédé 
presque toutes ; elles firent la joie des yeux et les délices des 
naturalistes. 



90 BULLETIN DE LA SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION 

La principale, pour ne pas dire la seule difficulté de la re- 
production des Poissons vivipares en aquariums consiste à pro- 
téger le plus rapidement et le plus complètement possible les 
jeunes nouveaux-nés contre la voracité de leur famille. 

Une des questions qu'on entend le plus fréquemment poser 
par l'amateur néophyte est celle-ci : Quelle est la durée de la 
portée chez telle ou telle espèce ? Chez les animaux à sang 
chaud, la durée de la gestation est constante. Chez les ani- 
maux à sang froid, il n'en est pas de même, l'activité vitale 
strictement subordonnée à la température dépend de celle-ci 
dans de larges limites, à tel point qu'elle peut se trouver abso- 
lument suspendue et la gestation n'échappant point à cette in- 
fluence voit sa durée augmenter en raison de l'abaissement de 
la température à laquelle sont soumis les reproducteurs. Dans 
les conditions où ceux-ci vivent normalement dans leur pays 
d'origine, c'est-à-dire entre 20° et 25°, cette durée est d'un 
mois environ si la nutrition, dont l'assimilation est également 
fonction de la température, se trouve largement assurée. 

Chez certaines espèces très sensibles au froid, comme le 
Gîrardinus Guppyi, par exemple, un refroidissement provoque 
l'avortement prématuré, et cette conséquence entraîne non 
seulement la perte de la couvée mais aussi la mort de la mère. 
En un mot, la condition sine qua non du succès dans l'éle- 
vage des Cyprynodontidés vivipares réside dans le maintien 
aussi constant que possible d'une température de 20° à 25°. 

La richesse et la variété dans l'alimentation jouent aussi un 
rôle important pour le développement normal des alevins : 
Vers de vase. Nais et Daphnies alternés avec de l'Huître très 
finement hachée et de l'ichthyne donnés deux fois par jour, 
de préférence le matin de très bonne heure et après midi. 

Le rôle de la lumière et de l'oxygénation du milieu est éga- 
lement fort important et il est facile de s'en rendre compte 
si l'on compare la régularité et l'abondance des portées d'été 
avec celles qui, malgré tout, se produisent parfois en hiver. 

M. Fabre-Domergue attire l'attention de nos collègues sur 
la mise-bas des Poissons vivipares ; quelquefois, après un 
simple changement d'eau, la mise-bas se produit le lendemain. 
Il y a là une série d'observations à faire et il serait très recon- 
naissant à nos collègues de lui communiquer le résultat de 
leurs remarques susceptibles d'éclairer cette question. 

En .règle générale, si l'on veut éviter la mortalité, il faut 



EXTRAITS DES PROCÈS- VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ QI 

autant que possible maintenir l'eau à une température de 20 
à 25°, avoir un éclairage suffisant et éviter les refroidissements 

brusques. 

Enfin avec une alimentation abondante et variée, on peut 
mener à bien l'élevage des jeunes alevins de vivipares ; leur 
croissance s'effectue assez rapidement et vers l'âge de six mois 
on peut déjà constater les différences sexuelles. Toutefois, l'ac- 
croissement complet du vivipare le plus précoce ne s'effectue 
guère avant une année entière, temps nécessaire à l'obtention 
des grands sujets, ornement préféré de l'aquarium et, à leur 
tour, individus d'élite pour la reproduction. 

Tel est le résumé de la communication de M. Fabre-Do- 
mergue que nos collègues pourront lire entièrement, d'autre 
part, insérée dans la Revue. 

M. Dode présente quelques observations sur la nourriture 
des jeunes alevins, principalement sur les proies vivantes à 
leur distribuer afin que la femelle soit moins tentée d'avaler 
sa progéniture. 

Au sujet de la difficulté qu'éprouvent certains de nos collè- 
gues à se procurer des plantes aquatiques pour garnir leurs 
aquariums, M. le docteur Joly dit qu'il va au bord de la Seine 
recueillir des Fontinelles qui sont là en abondance et que ses 
aquariums sont ainsi toujours garnis de plantes. Il habite du 
côté de Suresnes et, à cet endroit de la Seine, il en trouve tou- 
jours. 

M. Fabre-Domergue trouve là un inconvénient et même un 
danger pour la population de nos aquariums d'appartements, 
car ces Fontinelles sont remplies d'Aselles, de Planaires, etc., 
ces petits animaux se développent très facilement et finissent 
par infecter l'aquarium et compromettre la 'ponte qu'ils dévo- 
rent avec grande avidité. 

L'ordre du jour appelle la communication sur un cas de viri- 
lisme chez un Xiphophoriis HeUeri. 

M. le docteur Joly avait présenté à la séance précédente une 
femelle de Xiphophorus HeUeri qui, après plusieurs gestations, 
avait présenté des modifications de la nageoire caudale dont le 
lobe inférieur s'était allongé comme chez les mâles. Le docteur 
Joly, voyant ce Poisson péricliter, l'a sacrifié et l'a fixé dans 
l'alcool ; il le présente à la Section. Il serait très intéressant, 



93 BULLETIN DE LA SOCIETE NAT10XA.LE D ACCLIMATATION 

estime M. Joly, qu'on puisse faire quelques coupes histolo- 
giques de ce Poisson afin de suivre les modifications qui ont 
pu se produire dans l'appareil reproducteur. 

M. Pézard dit qu'il se met à la disposition de la Section 
pour faire la coupe histologique de ce Xipfiophonis afin de 
permettre de suivre la transformation qui a pu s'opérer chez 
cette femelle. Il voit là un cas de masculinisation comme 
M. Debreuil l'a observé récemment sur une Faisane qui s'est 
subitement transformée en mâle. 

M. Pézard a eu l'occasion de faire l'autopsie de cette Fai- 
sane et faire part à la réunion de ses curieuses observations sur 
l'iris, les ovaires et autres organes glandulaires. 

M. le Président demande à M. Pézard de vouloir bien, à une 
séance ultérieure, venir nous donner le résultat des observa- 
tions qu'il aura recueillies sur le Xiphophorus Helleri du doc- 
teur Joly. 

M. le Président ajoute que certaines femelles qui arrivent à 
une sénilité assez avancée présentent parfois des caractères de 
mâles. 

Il remercie M. le doceur Joly de sa communication, ainsi 
que d'avoir bien voulu sacrifier un des plus beaux Poissons 
de sa collection dans l'intérêt de la science. 

Avant de lever la séance, M. Debreuil fait passer sur l'écran 
quelques projections, obligeamment envoyées par notre col- 
lègue, M. Rollinat, d'Argenton. Nous vîmes défiler successi- 
vement : une poignée d'Orvets ; les recherches d'œufs de Cou- 
leuvres à collier sur le bord d'une route ; la cage où 
M. Rollinat élève ses Vipères et ses Couleuvres, inventée par 
lui ; la cage oii notre collègue fait éclore les œufs "de Tropido- 
notes ; la cage dans laquelle il conserve ses nombreux Reptiles, 
etc. 



Le Secrétaire : 

Henri Bruyère. 



CHRONIQUE GÉNÉRALE ET FAITS DIVERS 



Le Renne dans l'Alaska. — La protection de l'Antilope furcifére et du 
Tétras des Sauges aux Etats-Unis. — L'élevage de la Volaille et les 
Arbres fruitiers en Angleterre. — Le train des mauvaises herbes au 
Canada. — La connaissance aérienne des Forêts. 



Pendant l'été de 1890, le docteur Sheldon- Jackson, agent 
général de l'Instruction publique dans l'Alaska, ayant fait 
une tournée sur le cotre de la douane, dans la mer de Behring 
et l'Océan Arctique, pour inspecter les villages tout le long des 
côtes, fut frappé du contraste entre les Esquimaux de l'Alaska 
menant une vie misérable de chasseurs et de pêcheurs et les 
milliers d'Esquimaux sibériens qui, grâce aux Rennes, vi- 
vaient dans l'abondance, leurs troupeaux leur fournissant de 
la viande, du lait, des fourrures et des moyens de communica- 
tion rapides par le traînage. Le docteur Jackson, à son retour 
à Washington, attira sur cette situation l'attention du Haut 
commissaire de l'Education qui se montra favorable à son 
projet de transformer en peuple pasteur les chasseurs et pê- 
cheurs de l'Alaska, comme étant le meilleur moyen de civiliser 
et de faire l'éducation de ces sauvages indigènes. N'était-ce 
pas la phase naturelle par où avaient passé toutes les nations 
civilisées ? Un premier fond souscrit par des particuliers per- 
mit de mettre en train l'expérience et avec 2.1/46 dollars on fit 
l'acquisition de 16 Rennes, en 1891, et de 171 autres, en 1892. 

En 1893, le Congrès, comprenant toute l'importance de l'en- 
treprise, consacra 6.000 dollars à l'introduction du Renne 
dans l'Alaska et, depuis, a continué à subventionner l'entre- 
prise par des allocations de 5. 000 à 2.5. 000 dollars. La somme 
votée pour 1919-20 est de 7.600 dollars. 

Aujourd'hui le Renne est l'objet d'un élevage intensif de 
Pointe Barrow jusqu'aux îles Aléoutiennes et l'on peut estimer 
à 1^5.000 le nombre des Rennes dans l'Alaska, partagés en 
une centaine de troupeaux qui ont rapporté jusqu'à 97.615 dol- 
lars pour un seul exercice, dans une région qui pourra certai- 
nement en entretenir 4-ooo.ooo et la viande de Renne est déjà 
l'objet d'une importante exportation vers les villes de la côte 
du Pacifique aux Etats-LTnis. 



94 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ÎSATIOINALE d'aCCLIMATATION 



* 
* * 



La Société pour la Protection du Bison anaéricain a résolu, 
dans son Assemblée générale du 8 janvier 1920, d'étendre son 
action bienfaisante sur l'Antilope i'urcifère et le Tétras des 
Sauges, espèces également menacées de disparaître sous les 
coups des chasseurs américains. 

Il y a une cinquantaine d'années, le voyageur qui traversait 
en chemin de fer les grandes prairies des Etats-Unis voyait 
souvent des bandes de ces Antilopes, au nombre de plusieurs 
centaines d'individus, paissant tranquillement et que les voya- 
geurs du train saluaient d'une décharge de coups de revolver 
pour le simple plaisir de les tirer et plus d'une pauvre bête, 
ainsi blessée, a dû aller mourir au loin, sans profit pour per- 
sonne. A la suite d'enquêtes minutieuses faites par- ses agents 
et qui ont constaté l'inquiétante diminution des Antilopes de 
rOrégon et du Nevada, la Société pour la Protection du Bison 
s'est mise en campagne pour obtenir du Gouvernement fédéral 
la création d'une réserve sur la frontière limitrophe de 
rOrégon et du Nevada. 

Nous sommes heureux d'apprendre que c'est une chose faite 
aujourd'hui ; désormais les bandes d'Antilopes furcifères et 
les compagnies de Tétras vont pouvoir réparer leurs pertes 
au grand profit des régions voisines. 



♦ • 
* * 



M, Theobald, le distingué (( Agricultural Entomologist », 
du Ministère de l'Agriculture d'Angleterre, a préconisé l'éle- 
vage de la volaille comme moyen de combattre quelques-uns 
des Insectes parasites des vergers. En effet, M. Theobald a 
trouvé dans le jabot et le gésier d'un poulet White Leghorn, 
de cinq mois, vivant dans un verger d'arbres fruitiers, dix- 
neuf larves de Contarinia pyrîvora, 137 Aphidiens, 17 Four- 
mis rouges, 3 larves de Tortricides, i Coléoptère, ainsi que 
des graines de Céréales et d'autres plantes. D'autre part, dans 
le jabot et le gésier d'une poulette Red Sussex, il recueillit 
également iZi Tipulides, 10 DUophus febrilis, k larves 
di'Agrot\$, 5o Fourmis, 5 Coléoptères, 20 larves de Cheima- 
tohia brurnata. 

Continuant ces expériences, M. G. -H. Garrad (Journal of the 



CHRONIQUE GÉNÉRALE ET FAITS DIVERS qS 

Mitiistry of Agriculture, v. XXVII, n° l\, p. 35o, SbQ), démontre 
que l'élevage de la volaille et l'arboriculture fruitière peuvent 
être avantageusement réunies. Il conseille de choisir, pour 
faire la chasse aux Insectes, des races de Poules légères comme 
la White Leghorn plutôt que les races lourdes comme la 
Wyandotte et l'Orpington. 

L'auteur conseille, également, de secouer les arbres et ar- 
brisseaux du verger afin de faire tomber les larves, chrysalides 
ou insectes parfaits qui sont mangés aussitôt par les poulets 
laissés en liberté dans le verger tandis que les poules. sont 
tenues dans des enclos. Les poulets croissent d'autant plus 
rapidement qu'une nourriture animale est mise ainsi à leur 
disposition et les arbres et arbrisseaux (pommiers, noisetiers, 
groseillers, pruniers) se trouvent ainsi débarrassés d'une quan- 
tité considérable de parasites. 



* 
* * 



Au Canada, sur la ligne principale du Pacifique et sur les 
voies secondaires du Sud, dans les trois provinces de Manitoba, 
Saskatchewan et Alberta, a circulé un train dénommé « train 
spécial interprovincial des mauvaises herbes », parce qu'il 
sert à transporter des agents du Ministère fédéral de l'Agri- 
culture du Canada chargés de faire comprendre aux agricul- 
teurs de ces régions tout l'intérêt qu'ils ont à faire disparaître 
les mauvaises herbes des terrains qu'ils exploitent. Le train 
a été mis en circulation le 24 janvier et a roulé à traA^ers les 
trois provinces durant six semaines. Composé de deux wagons 
de conférence, munis d'une plate-forme et d'une table, d'un 
wagon-exposition,, d'un wagon-dortoir et d'un wagon-buffet, 
ce train, annoncé dans la presse et par des affiches, parcourut 
ainsi tout le territoire précité en montrant aux cultivateurs 
quelles sont les herbes nuisibles à l'agriculture dans toutes les 
phases de leur croissance, tandis que des conférenciers indi- 
quèrent les moyens propres à les combattre et à propager, au 
contraire, celles qui peuvent les remplacer avantageusement 



* * 



Après l'avion commercial, aurons-nous l'avion forestier ? 
Notre collègue, M. Luc, en a déjà préconisé l'usage dans nos 



96 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

colonies (v. Revue d'Histoire naturelle appUquée, 1920, p. 54), 
pour la recherche des peuplements d'arbres à feuillage carac- 
térisé. Passant de la théorie à la pratique, le gouvernement du 
Canada a fait une expérience intéressante de reconnaissance 
aérienne au-dessus des forêts qui s'étendent au Nord et à 
l'Ouest du lac Temiskaming, situé dans le Nord de la province 
d'Ontario. L'exploration aérienne de ce territoire, d'environ 
1.800 milles carrés situés autour du lac fut faite à une hau- 
teur de 3.5oo pieds par MM. R.-D. Craig et S. -H. Edgecombe 
pour la commission de conservation des forêts et MM. J.-M. 
Swaine et M. B. Dunn pour la division de l'Entomologie du 
Ministère de l'Agriculture. MM. Craig et Edgecombe ont dé- 
montré qu'il est possible de se sei'vir de l'avion pour situer 
sur la carte les essences forestières principales, les conifères, 
les essences dures, les forêts d'arbres mélangés, les endroits 
récemment brûlés, les tourbières et les clairières. Cette recon- 
naissance aérienne autour du lac Temiskaming a duré trois' 
semaines alors qu'il eut fallu au moins huit mois à deux 
hommes opérant sur le sol même. 

MM. Swaine et Dunn, chargés du service d'Entomologie, ont 
réussi à situer de la même façon une importante invasion de 
chenilles qui dévorent les bourgeons de l'Epinette (Ahies cana- 
densis) et du Sapin baumier (Abies balsam.ea). La région in- 
festée s'étendait sur une largeur de 26 à 5o milles et il fut 
facile de déterminer d'une hauteur de 3.5oo pieds, les centres 
envahis par les chenilles, car les arbres attaqués ont une cou- 
leur jaimâtre ou rougeâtre qui les fait distinguer de leurs con- 
génères indemnes. Les renseignements recueillis en quelques 
jours de vol ne l'auraient pu être qu'après six mois d'un tra- 
vail pénible par des hommes à terre. Voici une des consé- 
quences inattendues des progrès de l'aviation. 



L'Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 



CHATEAUROUX. — IMPRIMERIE LANGLOIS 



Le Secrétaire général a l'honneur d informer MM. les Membres de la Société et les 
personnes qui désireraient l'entretenir, qu'il se tient à leur disposition, au siège de la 
société, i,98, boulevard Saint-Germain, tous les Lundis, de 4- à 7 heures. 



EX JDllSTlilBlJTlOM 



(.raines offertes par M. GAGE, 
éuperiatendant du Jardin 
royal botanique de Darjeeling 
(Inde). 

Betula Bhojpaltra. 

Bwhmeiia ylatypliylla. 

Eriobotrya Eookeriana. 

Fraxinii!< floribunda. 

Indiyofeni donna var. tomentosa. 

ilirhelia excelsa. 

Piiius Puddum. 

Rhododendron arporeum. 

Salix oreopkila. 
. Trachycarpus Martianus. 



Graines offertes par M. BOIS 
Onopordou iUyricum L. var. 
cnidunculus. 

(i raines offertes par M. MORBL.' 
I lathcea cœlestis. 



Angelica archangelica. 
Aralia sinetuis. 
Biota aurea. 
Castanopsis hystrix. 
Chionanthus virginica. 
Cratœgus Carrierei. 
Cytisus sempervirens. 
Dimorphotheca aurantiaca. 
Eucalyptus amygdalina. 
Eucalyptus globulus-. 
Galtoniu eandicans. 
Halesia corymbosum. 
Héliotrope var. Lemoine. 

_ _ ]y£D„ Bruand. 

Heuchera sanguinea. 
Impatiens Sultani. 
Polygonum Baldschuanicum. 
Séquoia yigantea. 
Tamarix africana. 
Chaîna rops excelsa. 
Eseholtzia. 

Leucanth^mum (Etoile d'An- 
vers). 
Spirœa astilboides. 



Zinnia mexicana. 
Capucines. 



Graines offertes par le Gouver- 
nement gfénéral de l'Algférie 
et par le Jardin botanique de 
Sydney. 

Chloris gayana. 



Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdalun Davi- 
diana (Pêcher sauvage des 
montagnes de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 



Graines offertes par M. JEAN 

SON. 
Lagenaria olefera. 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société 



OFFRES 

Œufs à couver Leglioms blancs et Orpington noirs, races pures (fécondation 90 %). 1 franc pièce. 
M. de Boudard-Olonne, à Loriol (Vaucluee). 

Lapins angoras blancs, prix suivajit âge. 

M. C. Loyer, à Carrières-sous-Poissy (Seine-et-Oise). 

Araucaria excelsa, âgé de 25 ans, T^oO de circonférence. 
M. E. Clialvon, 8, rue Germain-Pilon, Paris. 
A vendre : Lama femelle blanche âgée de 4 ans> née en Suisse. 

Adresser offres à l'Intendant de la Villa de Prangins, près Nyoa (Canton de Vaud), Suisse. 
Elevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

Poules • Wyandottes blanches, Wyandtotes argentées, Léghorn blanches, Minosque, Bresses noires, 
Faverolles, Canei Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Duclair, Oies ToiUouse, Dindes noires. 

Reproducteurs de race pure, premier choix, élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, poussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Cham- 
pagne, Angoras blancs, noirs, havane, Fauves Borgogne, Géants noirs. Géants blancs, Vendée, bu^ets 
jeunes et adultes. 

M. Passy, Domaine du Désert de Retz à CTiambourcy [téléphone : 15] (S.-et-C). Gare Saint-Germain. 



DEMANDES 

Maison de campagne, à louer, trois chambres non meublées à 4 ou 5 heures^ de Paris. Région boisée, 
rivière ou étang proches, facilités de circulation pour l'étude et la photographie des animaux. 

Ecrire au Secrétariat. 

Anguilles pour empoissonner un étng. Indiquer prix et grosseur. M. Thomas, domaine de Theix par 
Saint- Genès-Champanelle (Puy-de-Dôme). 

Dix à douze couples Pigeons bizets, vigoureux et choisis. M. Marret, 5, boulevrad Montmartre, 
Paris. 



Le but de la Société Nationale d'Acclimatation de France est de concourir : lO à l'in- 
troduction, à racclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'orne- 
ment ; 2° au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites 
ou domestiquées ; 3° à l'introduction et à la propagation de végétaux utiles ou d'orne- 
ment. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est ceui qui paie un droit d'entrée de lo franco et une cotisation 
annuelle de 25 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de lo francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de aBo francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générîiles bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les ^études de Zoologie et de Bota- 
nique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses 
membres. 

Elle publie, outre oe BULLETIN, la REVUE D'HISTOIRE NATURELLE APPLIQUEE, com- 
posée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des questions 
concernant l'élevage des animaux, la culture des plantes et particulièrement des faits 
d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement, la Revue est servie par abonnement, aux membres 
de lai Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les 
deux. 

REVUE D'HISTOIR E NATU RELLE APPLIQUEE 

Première partie 

M AMM ALOGIE — AQUICULTURE - ENTOMOLOGIE - BOTANIQUE 
COLONISATION - AQUARIUMS ET TERRARIUMS 



SOMMAIRE, VOL. II, N- 6 JUIN 

M"' Feisalix. — Le Crapaud accoucheur. 

L. -Chopabd. — Une Fourmi exotique acclimatée dans le Midi de la France. 

E. De Wilde.man.n. — Quelques notes sur les Vanilliers africains. 

Aug. Onm-ALiEB. — Les Acclimatations d'arbres utiles en France et spécialement dans le 

Midi et dans la Normandie! (fin). 
A. GniLLAUMiN. — Les Plantes ornementales de la Nouvelle-Calédonie (fin). 



Deuxième partie : L'OISEAU 







SOMMAIRE, VOL. 


II, 


N« 


6 


JUIN 










F. 


DE Laegee. - 


- Le Roitelet à lunettes de l'Inde. 


















P. 


iDGf Ceafel 


— Le Flammant 


rose en. France 


. 
















A. 


Decotjx. — 


De l'apoplexie et 


de la diarrhée 


chez 


les Oiseaux de volière. 








MÉDAILLES. — 


Premier élevage 


en France de 


l'hybride 


du 


Moineau 


mandarin 


et 


du 


Bec 




d'Arg-ent. 






















Chronique omithologique. 





















CHATEAUROUX. — IMPRIMERIE LArSGLOIS 



BULLETIN 



DR lA 




DE FRANGE 



(68° année) 



N° 7. — JUILLET 1921 



SOMMAIRE 



Actes de la Société o'Accximatation 

POL Nevecx. — Pierre-Amédée Pichot 

SÉANCE SOLENNELLE DE DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES : 

a) Prooèa-verbal 

6) Discours de M. Ed. Perrier, président de la Société 

c) Rapport au nom de la Commission des Récompenses, par M, Loter 

La LUTTE POTTR LA ViE, oonfércnoe faite par le docteur Couandon 

Bibliographie : 
E. Pbrbieb. — La Terre avant l'Histoire ; les Origines de la Vie et de l'Homme. 



Pagee. 
97 
98 

104 
106 
110 
120 



126 



Un numéro, 2 fr. 50. — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50 



AU SIÈGE SOCIAL 
DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION DE FRANCE 

I 

198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS (VIP) 



Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
10 tickets, sont délivrées, au prix de lo francs, aux membres de la Société, 
dans nos bureaux. 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 

Président, M. Edmond Pebbier, Membre de riastitnt et de l'Académie de Médecine, Professenr an 
Muséum d'Histoire naturelle, Paris. 

/ MM. D. Bois, Professenr au Muséum d'Histoire naturelle. 55, me Cuvier, Paris . 

i P' Chatjveatj, Sénateur de la Côte-d'Or, 225, boulevard Saint-Germain. Paris ; 

Vice-Présidents / Mitrat (le prince Joachim), Député, 28, rue de Monceau, Paris ; 

/ Anthouard (le baron A. d'). Ministre plénipotentiaire, 121 bis. rne de 1* 

\ Pompe, Paris. 

Secrétaire général, M. Maurice Lotee, la, rue du Four, Paris. 
' / MM. J.Chepin, 55, rue de Vemeuil, Paris (Séances) ; 

Secrétaires ' ^^' Debkexiil, 25, rue de Châteaudun, Paris (Intérieur) ; 

i J. Delacottb, à Clères (Seine-Inférieure) (Etranger) ; 

\ Abbé 6. FoucHER, 24, rne Cassette, Paris (Conseil). 

Trésorier, M. le D' Sebiixotte, 6, me de l'Oratoire, Paris. 
Archiviste-Biblivthécaire, M. P. de Clermont. . ' 



MM. 



Membres du Conseil 

A. Chappellier, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

le D' P. Marchal, Membre de l'Institnt, Professeur à l'Institut National Agronomique, 45, me 

de Verrières, à Antony (Seine) 
le D' Lepeince, 62, rne de la Tour, Paris. 
Mailles, rue de l'Union, La Tarenne-Saint-Hilaire (Seine). 

le D' E. Tbottessart, Professenr au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Cnvier, Paris. 
Lecomte, Membre de l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 14, rue dee Ecole*, 

Paris. 
P. Carié, 40, boulevard de Courcélles, Paris. 

L. RoiTLE, Professeur au Muséum d'Histoire naturellei 57, rue Cnvier, Paris. 
P. Kestneh, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Ribera, Paris. 
R. Le Fort, 89, boulevard Malesherbes, Paris. 

Barriol, Chef de la Comptabilité et des Finances de la CompagTiie du P.-L.-M. 
H. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courceires, Paris. 



Dates des Séances généra/es et du Conseil 

POUR L'ANNÉE 1921 



Janvier 



SÉANCES GÉNÉRALES à 3 h., IcS lundi S. . . . i '? 

VI' Section, Colonisation, a 5 h., les jeudis 
VII* Section, Aquariums, Terrariums, les 

jeudis 

Sous-section d'Ornithologie (Ligue pour 
la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 
troisièmes jeudis 



i3 

27 C) 



20 



février 


Mars 


Avril 


Mai 


Novembre 


7 

31 • 
10 


'' 7 
21 

10 


1 1 

25 

i4 


3o 
12 


7 

21 
10 


26 


24 


28 


26 


24 


ï7 


17 


21 


19 


17 




22 O 



(1) A 8 h. 3/4 du soir. 

(2) A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générales 



Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 heures. 






SÉANCES DU Conseil, à 4 h., les mercredis 


Janvier 


Fe'vrier 


Mars 


Avril 


Mai 


Novembre 


Décembre 


'9 


16 


16 


20 


25 


16 


i4 



Les membres de la Société qui désirent assister aux Séances générales recevront, sur 
leur demande, les ordres du Jour mensuels des séances. 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises 
par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin- 
La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 
..,'■' , 'des articles publiés dans le Bulletin est interdite 



Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de H fr. 50. 



Bull. Soc. Accl. Fr 



Pl. I, 1921 




Pieiuie-Amédée Pichot 
1841-1921 



Photo Manuel 



ACTES DE LA SOC f ÉTÉ D" ACCLIMATAT ION 



Distinctions honqrifiques. 



Sur la proposition du Ministre des Affaires étrangères, notre 
collègue M. James Hyde, citoyen américain, a été promu com- 
mandeur de la Légion d'honneur, pour services rendus à la 
France. 



* 
* * 



La Société de Géographie a décerné le prix Armand Rous- 
seau (médaille de vermeil), à notre collègue, M. P. -A. Lapicque, 
pour ses voyages au Laos. 



NÉCROLOGIE. 

Nous avons appris la triste nouvelle de la mort de notre col- 
lègue M. BoppE, ministre de France à Pékin. Nous perdons 
en lui un ami sûr, un collègue dévoué et un précieux corres- 
pondant. 



CONCOURS POUR v.m 

Dans le Bulletin de mars dernier nous avons dit que notre 
Société ouvrait un concours sur le sujet suivant : 

(( La meilleure étude morphologique et histologique des poils 
des animaux dont la fourrure est utilisée dans le comm.erce. » 

En reportant au i5 janvier 1922 la date extrême de remise 
des manuscrits, le Conseil tient à préciser que les travaux 
envoyés devront fournir le moyen de déterminer le nom de 
l'animal d'où provient une fourrure commerciale quelconque, 
brute ou teinte, et quel que soit son mode de préparation et 

BULL. SOC. NAT. .\CCL. FR . 1921. — 7 



gS BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

de présentation commerciale. Le travail devra se terminer 
par un lexique alphabétique de tous les noms commerciaux 
des fourrures avec le nom scientifique des animaux qui les 
fournissent. 

Le travail exigeant l'usage de préparations microscopiques 
des poils, le jury chargé de décerner le prix se réserve le 
droit de se faire présenter les préparations qui auront servi 
à la rédaction des concurrents (i). 



PIERRE AMÉDÉE PTCHOÏ 

par POL NEVEUX. 

Notre éminent collègue. M. Pierre-Amédée Pichot est 
décédé le II février dernier après une longue maladie. La 
Société Nationale d'Acclimatation a pris le deuil, car elle perd 
un de ses amis les plus fervents, un des collaborateurs dont 
elle se montrait le plus fière, un des derniers survivants 
parmi les hommes d'élite qui la fondèrent autrefois. 

Pierre-Amédée Pichot était né à Paris en i84i. Fils du 
célèbre polygraphe arlésien, petit-fils du fidèle lieutenant de 
Napoléon, le général chalonnais Hurault de Sorbée, il avait 
débuté par étudier la médecine dans les services de Maison- 
neuve et de Denonvilliers, dans le laboratoire de Sappey dont 
il fut le préparateur. Mais bientôt il abandonna la Faculté 
pour devenir le collaborateur de son père dans la rédaction 
de cette Revue Britannique qui, pendant un siècle, mit la 
France en complète intimité avec la civilisation et le génie 
anglo-saxon et dont on peut dire qu'elle fut le premier 
artisan de l'union intellectuelle entre des peuples aujourd'hui 
alliés. Animé d'une curiosité juvénile, passionné de sports et 
d'aventures, Pierre-Amédée Pichot multiplia ses enquêtes et 
les poursuivit à travers le vaste monde. On le rencontra tour 
à tour en Angleterre et en Italie, en Egypte, dans le Levant et 
en Algérie, en Russie et en Amérique. Partout il enrichissait 



(i) Grâcj à îa g'nérosité de M. Corby, Président de la Chambre syndicale 
des fourreurs et pelletiers français, le prix, qui était précédemment fixé à 
100 francs, est porté à 200 francs. 



PIERHF-AMFDEE PIGHOT 



99 



son merveilleux savoir ; partout le charme de son esprit, la 
souveraine noblesse de son caractère lui faisaient fonder des 
affections solides et recruter du même coup pour sa patrie les 
sympathies les plus précieuses et les plus agissantes. Com- 
ment n'eut-on pas aimé la France alors qu'elle apparaissait 
sous les traits de ce gentilhomme paré de toutes les élégances 
et de toutes les vertus de la race ? Le séjour de Pichot dans 
une société étrangère nous gagnait plus de coeurs que les di- 
plomaties et les propagandes. 

Vers 1877, à la mort de son père, Pichot dut assumer seul 
la direction de la Revue Britannique. Adieu les longs voyages 
aux pays d'outre-mer et les chasses dans la forêt mystérieuse ! 
Ses brefs instants de loisir, le trop-plein de son activité, il les 
consacra désormais à l'Histoire naturelle. Il se fit l'animateur 
enthousiaste de notre Société. Aux cotés de son fraternel ami 
Geoffroy-Saint-Hilaire, il organisa le Jardin d'Acclimatation. 
Grâce à son initiative,, s'ouvrirent à Paris les premières expo- 
sitions canines. Et l'on sait dans quel apostolat il s'efforça 
d'éveiller chez les enfants de nos écoles villageoises, l'étude 
attentive et charmée, l'amour innocent djes bêtes et des 
plantes. 

Au surplus, rien ne le laissait indifférent. Tout était un 
aliment à sa faculté de travail, tout venait solliciter sa com- 
préhension latine. Jaloux de répandre ses idées et ses convic- 
tions, fêté par les milieux les plus divers et y servant toujours 
la France et son passé, Picrre-Amédée Pichot vécut l'existence 
harmonieuse, toute unie, toute pleine, d'un honnête homme 
du grand siècle, une existence aussi merveilleusement dessinée 
et ordonnancée que les clairs jardins d'autrefois. 

L'âge vint avec son cortège de tristesses. La Revue Britan- 
nique, le pieux héritage paternel qui était la fierté de Pichot, 
cessa sa publication. Un à un les compagnons de jeunesse dis- 
parurent. Et puis ce fut la guerre et ses patriotiques angoisses. 
Notre ami quitta de moins en moins le logis 011 étaient morts 
ses parents, le logis 011 le moindre changement de décor lui 
serait apparu comme un sacrilège, et où semblait persister et 
rêver le charme d'une époque déjà lointaine. Un jour même 
il cessa complètement d'aller visiter sa chère propriété de 
Sèvres, la douce maison blanche qui s'accoude sur la vallée, 
les grands arbres témoins de ses rêveries d'adolescent et à 
l'ombre desquels évoluaient tant de jolis animaux exotiques 



lOO BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

dont l'attendrissant souci ne le quitta qu'à son heure der- 
nière. La maladie lui interdisait de sortir. Avec une sérénité 
de croyant il accepta son destin sans une plainte. Jusqu'à la 
fin il travailla, rédigeant des articles pour notre Bulletin, pour 
l'Eleveur, pour le Chenil, accueillant et réconfortant ses hôtes 
avec ses propos habituels faits de belle humeur, de fantaisie 
multiple et de verve française. 

* 

* * 

Sans parler de la Revue Britannique qui demeurera pour 
les travailleurs de l'avenir une mine féconde en documents 
variés et décisifs, Pierre-Amédée Pichot laisse un nombre 
considérable de volumes et de brochures dont la réunion for- 
merait une bibliothèque. Tous les sujets, je le répète, l'ont 
successivement requis et il les a traités avec une égale autorité. 
Mais c'est surtout dans les annales de l'Histoire naturelle que 
son nom vivra. 

On retrouve les manifestations de sa double origine dans 
l'affection touchante et renseignée qu'il témoignait aux 
bêtes. Champenois, il a décrit leurs caractères et leurs mœurs 
en fils de La Fontaine avec une sensibilité exacte et mali- 
cieuse et la plus ironique naïveté. Provençal, il a épié les 
plus humbles détails, les plus menus événements de leur 
existence avec l'attention patiente et enthousiaste d'un Fabre. 
Et pour animer leurs portraits, il mettait en oeuvre cet humour 
délicieux qu'il avait acquis dans la familiarité des lettres an- 
glaises et qui semblait être devenu chez lui naturel et spon- 
tané, l'humour incisif de Thackeray, l'humour lyrique de 
Kipling. Les attitudes et les couleurs des Oiseaux et des 
Quadrupèdes, leur force ou leur souplesse lui inspiraient 
les transports des maîtres animaliers de tous les temps. Et 
parfois, pour se détendre, il se plaisait à caricaturer ses mo- 
dèles, à, les déguiser en humains tel un Grandville plus averti 
et plus discret. A édifier la simple histoire des animaux, à 
réunir leur folk-lore, il apportait un entrain, une joie d'en- 
fant. Dans ses études zoologiques, Pierre-Amédée Pichot a eu 
le rare privilège qui se perd depuis Toussenel de se montrer 
à la fois poète, philosophe et artiste tout en poursuivant son 
labeur méthodique d'observateur scrupuleux. Si l'on enlève 
au terme de vulgarisateur le sens péjoratif qu'il a pris de 



F>IEHRE-AMEDEE PICHOT lO' 

nos jours, si l'on entend désigner ainsi celui qui, dépouillant 
la science de tout pédantisme, s'efforce de la rendre accessible 
et séduisante, celui qui la propage dans une langue harmo- 
nieuse et limpide, on peut certifier que Pierre- Amédée Pichot 
s'est montré le modèle accompli des vulgarisateurs. 

* 

J'ai dit que ce parfait naturaliste était un chasseur intré- 
pide. Mais comme il professait pour les carnages de la vé- 
nerie moderne une horreur toute franciscaine, il s'était voué 
à la moins cruelle et à la plus spéculative des chasses, à celle 
qui exige de l'honmie le plus de soins élégants et raffinés : la 
Fauconnerie. Je ne crois pas qu'à notre époque ce bel art dé- 
laissé ait été poussé- plus loin que par Pierre-Amédée Pichot. 
Notre ami avait possédé naguère des équipages admirable- 
ment choisis et dressés. Dans ces plaines de France. dont il 
goûtait en peintre l'infini déroulement et la variété des ciels, 
il avait chassé le Héron et le Lièvre ; et il avait volé la Grouse 
dans les bruyères de l'Ecosse, au pays de Walter Scott. Mais 
son cœur, pitoyable à tout ce qui souffre et se débat sans com- 
prendre, préférait la théorie à la pratique, et délaissait volon- 
tiers l'expérience pour l'érudition. Tous les écrits en vers ou 
en prose que les siècles nous ont laissés sur la fauconnerie, 
Pichot les avait recueillis, compulsés, annotés. De son sport 
favori il s'était fait le bibliographe et le bibliophile le mieux 
informé. Sa plus grande joie était de découvrir quelque épi- 
sode inédit dans le manuscrit d'un roman arthurien, quelque 
variante suggestive dans un texte mal connu de Jean de 
Franchières ou de Claude Gauchet. Boulevard Haussmann, il 
avait rassemblé sur l'Autourserie une collection iconogra- 
phique sans rivale. Signés des spécialistes les plus connus, tels 
Dubourc ou Sonderland, les portraits des Oiseaux fameux 
par leurs exploits s'alignaient comme dans une galerie d'an- 
cêtres. Simplifiés, hiératiques, les Eperviers de l'antique 
Egypte voisinaient avec leurs rivaux japonais, stylisés dans 
des kakémonos superbes. Et l'on pouvait voir côte à côte des 
miniatures persanes représentant des vols au pays des Mille et 
une Nuits et de sveltes aquarelles où Jean-Baptiste Oudry 
avait dessiné les Faucons de Louis XV, pimpants et cruels 
comme des petits maîtres. On était toujours sûr d'enchanter 



lOa BULLETIN DE L\ SOCIÉTÉ NA^TIONALE D ACCLIMATATION 

notre ami quand on lui adressait comme souvenir de voyage 
une photographie de la fresque d'Avignon ou de la dalle fu- 
néraire de Châlons-sur-Marne, de l'Oiseleur de Strasbourg ou 
de l'Holbein de La Haye. L'imagination du fils du félibre 
romantique et byronien se plaisait à évoquer sans cesse les 
chasses au vol du Moyen-iVge où la présence des dames appor- 
tait tant d'émulation, de galanterie et de poésie courtoise. Il 
suivait par le rêve les cortèges diaprés galopant à travers la 
campagne, escortés de leurs meutes aboyantes ; il assistait 
au lancer de l'Oiseau, au combat qui se livrait en plein azur ; 
il voyait enfin le Gerfaut victorieux venir se reposer gracieu^ 
sèment sur le poing de la châtelaine... D'Esparron moderne, 
c'est sur la Fauconnerie que Pierre-Amédée Pichot a écrit son 
livre le plus complet, le plus définitif : Les Oiseaux de Sport. 

* 
* * 

' Le dernier peut-être en France à pratiquer et à célébrer un 
art qui jadis conférait la noblesse, Pierre-Amédée Pichot aura 
été également parmi nous l'un des nobles et suprêmes repré- 
sentants d'une société finissante et délicieuse. Il possédait la 
distinction, la haute tenue morale et intellectuelle de cette 
ancienne bourgeoisie française, fille des humanités, des bonnes 
études. Aux grâces virgiliennes et provençales il unissait tout 
ce que Paris peut ajouter d'élégance désinvolte, de charme 
primesautier, de simplicité maîtresse. On a dit de lui qu'il 
était un survivant parmi nous de ces brillants milieux du 
Second Empire où il avait marqué sa place. Des défauts, qu'à 
tort ou à raison on a reproché à cette époque : l'inconstance, 
la frivolité, la moquerie impitoyable, certes Pierre-Amédée. 
Pichot n'avait rien retenu. Par contre, il possédait de ce 
temps le charme profond et les jolies manières, le brio cha- 
toyant et la politesse souveraine. Il était demeuré le plus sé- 
duisant des causeurs et des épistoliers. Dans ce siècle de la 
carte postale il mettait sa coquetterie à polir de longues lettres 
où défilaient ses souvenirs, ses critiques bougonnes et indul 
gentes, ses regrets souriants. Au hasard de sa conversation les 
mots se poursuivaient, brillaient de toutes leurs facettes et 
il jonglait avec eux en virtuose incomparable. C'était pour 
l'auditoire un ravissement analogue à celui qu'engendre un 
air charmant de jadis. Même au milieu des plus légitimes ir- 



PIERRE-AMEDEE PICHOT I03 

ritations, jamais une méchanceté, jamais une médisance ne 
s'échappait de sa bouche. Par un phénomène singulier, la 
fréquentation des bêtes et son amour pour elles lui avaient 
laissé toute sa mansuétude à l'égard des hommes. 

Ce savant malicieux, ce mondain renseigné et pince-sans- 
rire avait gardé sous son masque de scepticisme et derrière 
son monocle une âme ingénue et très pure, une âme tradi- 
tionnelle française, toute généreuse et chevaleresque. Avec 
discrétion et pudeur, il s'efforçait de dissimuler les trésors de 
sa tendresse contenue. En réalité il possédait le cœur le plus 
fervent et le plus fidèle. Il a aimé passionnément ses amis et 
chacun d'eux avec des attentions exquises et des délicatesses 
particulières. Il a vécu pour ceux qui l'entouraient, pour la 
mémoire de ses morts, pour sa foi patriotique et chrétienne. 
Ceux qui eurent le bonheur de l'approcher ne l'oublieront 
pas. Certains d'obtenir de" lui le bon conseil, la parole qui 
réconforte ou qui absout, toujours ils interrogeront pieu- 
sement son souvenir. 

Pol Neveux. 




Ex-libris de P. A. Pichot 



I04 BULLETIN DE L\ SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION 

SÉA.NCE PUBLIQUE ANNUELLE 
DE DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES 



Procès-verbal. 

La séance solennelle de la Société nationale d'Acclimata- 
tion (la deuxième depuis la guerre) a eu lieu le i3 février 1921 
dans le grand amphithtàlre du Muséum, sous la présidence 
de M. Albert Sarraut, ministre des Colonies. 

Sur l'estrade, aux côtés de M. le Ministre et de M. E. Per- 
rier, président de la Société, avaient pris place : les vice- 
présidents de la Société : MM. le baron de Guerne, le profes- 
seur Bois, le baron d'Antlioûard et le prince J. Murât, dé- 
puté ; M. Mangin, directeur du Muséum ; M. Laurence, 
représentant du 'Ministre de l'Agriculture, et M. Moussin, re- 
présentant du Ministre de l'Instruction publique ; M. -M. Lover, 
secrétaire général de la Société ; M. A. Chappellier, secrétaire 
de la Ligue pour la Protection des Oiseaux ; M. le docteur 
Comandon et les membres du Bureau et du Conseil de la 
Société d' Acclimatation. 

Au milieu d'une nombreuse assistance, composée de nota- 
bilités scientifiques et mondaines, on remarquait au premier 
rang : M. le Président et M°^ Poincaré ; S. E. l'Ambassadeur 
de Belgique ; le commandant A. -S. Hickey, représentant de 
S. E. l'Ambassadeur des Etats-Unis ; M. le sénateur Lebrun, 
M. l'intendant Tassel, M™^ la marquise de Ganay, etc. 

La musique du io4* d'infanterie, à l'entrée du ATinistre, 
exécuta la Marseillaise, puis M. E. Perrier rappela, dans son 
discours, le persévérant effort de la Société qui, pendant toute 
la guerre, tint toutes ses séances et publia régulièrement son 
Bulletin ; il indiqua le puissant concours que l'on pouvait 
attendre de la réunion de la Société, du Muséum et du Jardin 
d'Acclimatation. 

M. Sarraut prononça un discours improvisé et très applaudi, 
dont nous ne pouvons reproduire les termes, mais dont nous 
pensons indiquer ci-dessous les idées générales : 



SÉANCE PUBLIQUE DE DISTKIBUTION DES RÉCOMPENSES Io5 

« Mon intention n'est pas de prononcer un discours et je 
m'excuse de n'en avoir pas préparé. Mais j'ai lu, en venant 
présider cette séance de distribution de vos récompenses, les 
quelques pages où se trouve résumée l'histoire de votre 
Société et dans lesquelles sont exposés ses travaux de vulgari- 
sation scientifique, depuis sa fondation en i85Z|, par Isidore 
Geoffroy-Saint-Hilaire, jusqu'aujourd'hui. 

J'étais confondu à la pensée que les services rendus à la 
France par la pléiade de savants que vous comptez parmi 
vous, n'avaient pas été. mieux récompensés ; qu'il ne se fut 
trouvé personne, parmi ceux qui ont dirigé le pays, pour faire 
appel à vos connaissances techniques et à votre dévouement 
pour le bien public, afin de réaliser les conquêtes pacifiques 
dont vous apportez chaque jour les prémisses à la nation. Et, 
de plus, à côté des résultats obtenus dans les domaines de la 
Zoologie et de la Botanique appliquées, je vois encore tous 
les problèmes dont vous aviez étudié les aspects divers et qui 
n'ont pu être résolus, faute de moyens mis à votre disposi- 
tion. 

Tour à tour, sans vous rebuter, vous vous êtes efforcés d'en- 
richir le pays par des acclimatations successives d'animaux et 
de plantes provenant de nos Colonies et, par réciprocité, vous 
vous attachiez ensuite à adopter, dans ces mêmes colonies, les 
plantes vivrièrés et industrielles ainsi que les animaux domes- 
tiques de la Mère-patrie. 

Lorsque j'envisage le chemin ainsi parcouru sans aide, sans 
que les pouvoirs publics se soient intéressés à votre œuvre 
scientifique et patriotique, je ne puis que regretter l'indiffé- 
rence dont vous avez été les victimes et dont il importe de 
réparer les erreurs. 

Nous devons, par tous les moyens, mettre en valeur le 
domaine colonial immense que nous possédons, non seule- 
ment à cause des services que sa mise en culture rationnelle 
doit rendre à la France, mais aussi pour donner le confort 
et le bien-être aux indigènes qui l'habitent. L'avenir de la 
France est lié à l'avenir! de ses colonies. Il n'est plus question 
de les exploiter dans un but personnel, mais dans une idée de 
collaboration. 

C'est à cette œuvre immense de réorganisation et de mise 
en valeur que j'entends associer votre Société ; je veux, en 
rachetant les erreurs commises à son préjudice, lui donner la 



lofi BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ iNATIONAI.E d'aCGUMATATION 

place à laquelle les services qu'elle a rendus au pays lui don- 
nent droit ; je suis sûr que je peux compter sur elle. » 

Le Ministre, aux accents de la Brabançonne, écoutée de- 
bout, remit à l'Ambassadeur de Belgique la grande médaille 
hors classe, à l'effigie d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, offerte 
à S. M. Albert P'" par la Société, pour remercier S. M. des 
mesures efficaces qu'Elle a prises en Afrique pour la protec- 
tion de l'Eléphant. 

Le Secrétaire général lut le rapport sur les récompenses 
décernées par la Société et M. Chappellier donna lecture du 
palmarès de la Ligue p-ançaise pour la Protection des Oiseaulço. 

La séance se termina par une très belle conférence ciné- 
matographique du D"" Comandon, intitulée : « La lutte pour 
la vie ». 

Au moyen de films remarquables, le conférencier montra la 
lutte, dans la circulation du sang, des bons microbes contre 
l'invasion des mauvais, et ces projections, nouvelles pour 
là plupart, firent une très vive impression sur le public, élé- 
gant et instruit, qui ne ménagea pas ses applaudissements au 
conférencier. 



DISCOURS 

Prononcé par M. Ed. PERRIER, 

PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ. 

Mesdames, Messieurs, 

Mon premier soin doit être de remercier M. le Ministre 
des Colonies du témoignage d'intérêt qu'il veut bien donner 
à notre Société nationale d'Acclimatation en lui faisant l'hon- 
neur de venir présider sa séance de Distribution des récom- 
penses. 

Aussi bien, la plus haute de ces récompenses, la grande 
médaille à l'effigie d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, va-t-elle, 
cette année, à un personnage auguste entre tous, à S. M. le 
roi des Belges, au courageux souverain qui, le premier, tira 



SÉANCE PUBLIQUE DE DISTRIBUTION DES RECOMPENSES IO7 

l'épée pour s'opposer à l'iiuasion de notre pays par des enne* 
mis hélas ! héréditaires, qui, semblables aux gaz dont ils ont 
inondé nos soldats, ne peuvent se résigner à être contenus 
dans des frontières et seront un danger pour la paix de 
l'Europe aussi longtemps que leurs voisins de l'Est et de 
l'Ouest ne seront pas étroitement unis et forts pour limiter 
leurs ambitions. Mais nous ne sommes pas ici pour régler le 
sort des nations et ce n'est pas du guerrier que nous avons 
voulu reconnaître les inappréciables services en offrant au 
roi des Belges notre grande médaille ; elle va au souverain 
prévoyant qui a entendu défendre ses possessions africaines 
contre les fusils indiscrets des chasseurs qui se rendent main- 
tenant en Afrique, espérant y tirer à l'aise ce qu'ils appellent 
la grosse bête. 

La grosse bête qui se fait aujourd'hui de plus en plus rare 
est cependant une cible plus facile à atteindre, tout en de- 
meurant à l'abri, que le menu gibier, mais en raison de son 
volume un Eléphant fait plus d'honneur à un chasseur qu'un 
Chevreuil. On va donc dans l'Afrique centrale chasser l'Elé- 
phant ; on le tuait jadis presqu 'uniquement pour sa chair, 
et pour l'ivoire de ses magnifiques défenses ; on le tue au- 
jourd'hui par simple vanité ; aussi le nombre en diminue-t-il 
rapidement. Pour les nègres africains l'Eléphant n'a jamais 
été qu'un gibier. Les Hindous, grâce à leur intelligence et à 
leur patience proverbiales, ont su, au contraire, se faire de 
l'Eléphant d'Asie un précieux auxiliaire. Il appartenait aux 
Européens de les imiter en ce qui concerne l'Eléphant 
d'Afrique et le commandant Laplume s'est, en effet, efforcé, 
avec un plein succès, de marcher sur leurs traces. Le roi des 
Belges a pris, de son côté, le paisible animal sous sa protec- 
tion, un animal auquel on reconnaît aujourd'hui des qua- 
lités d'intelligence, de force et de fidélité, en tout comparables 
à celles de l'Eléphant d'Asie, bien que les deux esi>èces soient 
nettement .différentes. On peut le dresser de la même façon, 
le plier aux mêmes travaux. II exécute ceux qu'on lui impose 
avec la même docilité et la même précision. Il passe d'un 
pied assuré dans les plus mauvais sentiers. Alors qu'il ne 
serait pas le géant de la création, dans des régions oii les 
routes et les chemins de fer sont encore à construire, où les 
rivières ne sont que très insuffisamment aménagées, où les 
transports sont par conséquent difficiles, le concours d'une 



Ï08 BULLETIN DE LA SOClÉ'l É NATIONALE d'aCCLIMATATION 

force intelligente telle que celle de l'Eléphant n'est pas à dé- 
daigner. 

C'est en raison des mesures prises par le roi Albert P'' pour 
conserver cette force, que la Société d'Acclimatation a décidé 
de lui témoigner sa profonde reconnaissance en le priant 
d'accepter sa plus haute récompense. 

Vous entendrez tout à l'heure louer nos lauréats par des 
voix autorisées et nos déjeimers annuels vous ont appris, de- 
puis longtemps, à apprécier les résultats de leurs explorations 
des pays lointains, notammient de nos colonies. S'il est vrai 
que la découverte d'un mets nouveau fait plus pour le bon- 
heur de l'humanité que la découverte d'une étoile, notre 
Société a bien mérité de la Patrie, sinon de l'humanité. Mais, 
à côté des joies gastronomiques, il y a aussi le plaisir des 
yeux pour qui plus d'un de nos hôtes nouveaux, Oiseau ou 
Poisson, est un charme et le règne animal comme le règne 
végétal sont des mines inépuisables prêtes à nous fournir 
tout ce que noijs pouvons désirer d'utile ou d'agréable. On 
vous rappellera tout à l'heure les résultats obtenus dans ces 
diverses directions ; mon rôle de président est surtout de vous 
indiquer les buts que nous poursuivons, les difficultés que 
nous pouvons rencontrer et que votre concours peut nous 
aider à vaincre, les espérances que nous pouvons concevoir 
et les chances que nous avons de les réaliser. De ce pro- 
gramme, je détacherai seulement quelques points. 

Tout d'abord nous avons essayé de perfectionner nos moyens 
d'action. L'un des plus précieux est notre Bulletin qui nous 
met en rapport les uns avec les autres, auquel nous avons 
ajouté une Reinic d'histoire, naturelle appliquée qui enre- 
gistre nos études, nos expériences et celles qui arrivent à 
notre connaissance, signale les progrès importants accom- 
plis par la science et par l'art de l'acclimatation. Nous l'avons 
divisé en deux parties dont l'une, généreusement dotée, est 
réservée à l'Oiseau. Je ne dis pas que telle qu'elle est cette 
Revue soit parfaite. Il faudrait que ses deux parties, la pre- 
mière surtout, fussent agrandies, qu'on put y introduire de 
larges études sur l'acclimatation, sur les animaux qu'il se- 
rait désirable d'introduire chez nous, sur la protection de la 
Nature et aussi en multiplier les planches. Mais pour tout 
cela, il faut de l'argent ; il faut nous procurer des membres 
nouveaux, organiser un service de propagande, obtenir des 



SÉAiNCE PUBLIQUE DE IJIji I BIHUTION DES RECOMPENSES IO9 

donations et des dotations. C'est à vous-mêmes, à vous tous 
que cette tâche incombe. 

Et voici venir maintenant la grosse question. Lorsqu 'Isidore 
Geoffroy-Saint-Hiiaire, en raison de l'exiguité du Jardin des 
Plantes, enserré entre la Halle aux Vins, la Seine et la rue 
de Buffon, créa la Société et le Jardin d'Acclimatation, il 
comptait que ces deux institutions marcheraient ensemble ; 
la première posant des questions d'ordre scientifique que le 
second, guidé par elle, devait s'employer à résoudre. Placé 
dans un vaste parc dépendant du Bois de Boulogne, prome- 
nade favorite des Parisiens, à proximité des quartiers les plus 
brillants de la capitale, peuplé des animaux les plus élégants, 
les plus beaux, les plus rares, décoré des fleurs les plus écla- 
tantes, ce serait bientôt le jardin à la mode, celui oii l'on se 
presserait les jours de repos et de vacances ; ce serait pour 
les enfants comme une image du paradis terrestre où ne 
manquerait pas même la musique et que permettraient d'en- 
tretenir dans une beauté constante les modestes droits d'entrée 
perçus sur d'innombrables visiteurs ou la vente des produits 
obtenus. Le calcul était juste ; l'expérience a montré à quoi 
pouvaient tenir quelques déconvenues faciles à éviter. Mais, 
au moment où tout allait être réparé, le bruit s'est répandu 
qu'une œuvre sacrilège était en projet. Des amateurs d'expo- 
sitions temporaires qui deviennent — on le sait que trop — 
aussi permanentes en personnel et en matériel, qu'inutiles, 
ont demandé au profit de l'une d'elles la suppression du 
Jardin à la fois instructif, utile et délicieux, rêvé par Isidore 
Geoffroy, sous prétexte qu'il traversait une crise que chacun 
sait éminemment temporaire. Le danger s'est ensuite trans- 
formié .: des embellisseurs coûteux auraient rêvé de faire 
passer par le Jardin une large voie triomphale où les autos, 
dont les gains de la guerre ont multiplié le nombre, pour- 
raient évoluer à l'aise. Nous espérons que ces bruits sont sans 
fondement, mais que, si les projets auxquels ils se réfèrent 
avaient réellement germé dans quelqu'un de ces esprits qui 
se font gloire d'asseoir leur réputation sur la ruine des créa- 
tions de leurs aînés, Paris tout entier se soulèverait contre 
eux. 

Je tirerai de là cette conclusion. Il y avait naguère encore 
en circulation des pièces de cinq francs portant en exergue 
cette devise qu'il serait aujom-d'hui plus utile que jamais de 



IIO BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DACCLIMATATION 

rappeler : l'Union fait la force. Une société qui a les origines 
et le passé de la nôtre est un centre de ralliement vers lequel 
devraient affluer tous les amis de la Nature, tous les amis de 
Paris, tous les amis de l'agriculture et des colonies. Faites 
autour de vous la plus active propagande : rétablissons les 
anciennes liaisons. Que tous ceux qui se proposent de multi- 
plier, de perfectionner les espèces animales ou végétales s'or- 
ganisent en fédérations, comme le font les sociétés savantes, 
mettent en commun leurs ressources et leurs moyens d'ac- 
tion de manière à assurer la réalisation de progrès dont la 
poursuite exige du temps et de la continuité dans les vues. 
La Société d'Acclimatation, œuvre d'un savant qui portait un 
nom éminent entre tous, est toute désignée pour réaliser cette 
réforme de nos mœurs scientifiques. 

L'Union fait la force, c'est aussi la devise d'une nation qui 
nous est particulièrement chère et avec qui nous sommes 
indissolublement unis. C'est sous ces auspices que je vous 
prie, Monsieur le Ministre, de vouloir bien remettre à l'émi- 
nent représentant de la Belgique à cette séance, la médaille 
destinée à son Souverain. 



RAPPORT 
AU NOM DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES 

Présenté par M. LOYER, 
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA SOCIÉTÉ. 

Mesdames, Messieurs, 

Avant d'exposer devant vous les titres de nos lauréats, per- 
mettez-moi d'adresser les remerciements de notre Société à 
tous ceux dont l'aide précieuse nous a permis, non seulement 
de reprendre les travaux abandonnés pendant les longues et 
cruelles années de guerre, mais encore d'entreprendre de fiou- 
velles expériences d'acclimatation dont l'heureuse issue ne 
peut manquer de contribuer au bien-être et à la renaissance 
économique de notre pays. 

Sans abandonner le goût elje désir de faire vivre autour de 
nous des êtres aux formes rares et ornementales, nos préoc- 



SÉANCE PUBLIQUE DE DIS TIUISU I ION DES RECOMPENSES I I I 

cupations vont surtout aujourd'hui vers l'acclimatation et la 
vulgarisation des espèces exotiques d'animaux et de plantes 
dont l'agriculture, le commerce et l'industrie de la France 
peuvent tirer parti, études et travaux concernant surtout 
l'exploitation rationnelle de nos richesses coloniales, nous 
efforçant, en échange, d'introduire dans nos possessions 
d'outre-mer, les ressources végétales et animales que nous 
possédons en France et dont l'acclimatation dans nos colonies 
améliorera les conditions de la vie quotidienne de nos colons 
et des indigènes qui vivent auprès d'eux. 



MÉDAILLE DE VERMEIL 
OFFERTE PAR LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE. 

En décernant cette médaille à M. Albert Pézard, professeur 
à l'Ecole normale de Saint-Cloud, nous récompensons les tra- 
vaux que ce savant a poursuivis, depuis 1910, à la station phy- 
siologique du Collège de France et qui ont abouti à des ré- 
sultats précis au sujet du déterminisme des caractères sexuels 
secondaires chez les Oiseaux. Il a démontré ainsi que les fe- 
melles possèdent en puissance certains caractères secondaires 
extérieurs des mâles, tels que les ergots et le plumage, ca- 
ractères qu'elles revêtent seulement lorsque l'ovariectomie ou 
la vieillesse les ont rendues inaptes à la fécondation ; il a 
prouvé enfin que la castration des mâles ne fait qu'influer 
profondément sur la crête, les barbillons, l'instinct sexuel 
et la voix des coqs sans influencer le développen'.ent du plu- 
mage mâle et des ergots. 

M. Pézard a, en outre, mis en lumière les relations étroites 
qui existent entre le foie des Oiseaux et les glandes reproduc- 
trices, expliquant ainsi la tendance à l'engraissement des cha- 
pons. Transportant ces investigations sur le terrain physiolo- 
gique, M. Pézard a montré que le non-développement des 
glandes génitales pouvait être dû à un régime alimentaire 
vicieux ou à des causes morbides. Ces travaux ont contribué 
à élucider quelques points importants de la biologie générale 
et auront des conséquences pr;i tiques d'un intérêt considé- 
rable pour l'aviculteur et l'élevecr. 



112 BULLETIN DE LA SOCIETi: >IAriO\AM£ U ACCLIMATATION 

GRANDES MÉDAILLES 
A l'effigie d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. 

Nous sommes heureux de reconnaître la haute portée scien- 
tifique et la grande valeur économique de l'œuvre accomplie 
par M. Gruvel, professeur à la chaire de Productions colo- 
niales d'origine animale du Muséum d'Histoire naturelle, en 
lui décernant notre Grande médaille (hors classe) à l'effigie 
d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. 

Grâce à son opiniâtre labeur, ce savant a doté notre pays 
de ressources piscicoles inépuisables. Non seulement il nous a 
montré quelles étaient les extraordinaires richesses de la "faune 
marine de nos colonies dont il a dressé l'inventaire au cours 
de ses explorations, mais encore il a su, avec une infatigable 
activité, organiser l'exploitation méthodique de nos pêcheries 
coloniales et a contribué par ses recherches scientifiques, ses 
conférences et ses écrits, à guider et à instruire ceux qui veu- 
lent, mettre à profit ces nouvelles et inappréciables ressources 
que nous offre l'indu-strie des pêches coloniales qu'il a 
créée. M. le professeur Gruvel a su, au cours d'un apostolat 
scientifique de plus de quinze années, réaliser l'union de la 
science et de l'industrie pour le plus grand bien de notre pays. 

* 
* * 

Notre Société lutte depuis de longues années pour sauve- 
garder la flore et la faune de la France et de ses colonies, et 
nous devons reconnaître que ses efforts ne sont pas toujours 
couronnés de succès. Sur presque toute la surface de la terre, 
les grands Mammifères sauvages sont, plus que les autres ani- 
maux, voués à une destruction rapide, si les avertissements 
des zoologistes ne sont point écoutés. Aussi devons-nous si- 
gnaler l'important service rendu à la Science par une Société 
américaine, la Société du Bison américain qui, en présence de 
la disparition imminente des derniers survivants de cette es- 
pèce qui couvrait jadis de ses troupes les vastes prairies de 
l'ouest des Etats-Unis, a entrepris et réalisé la reconstitution 
de dix groupes de ces grands Ruminants sur les territoires fé- 
déraux du Montana, du Parc National et de la Caroline du 
Nord. Grâce à ses soins, le Bison d'Amérique est désormais 



SÉANCE PLbLlQtE UE DIS IIUIJL 1 lO.N DES KÉCOM PENSES Il3 

assuré contre tous les risques d'extinction ; en présence de ré- 
sultats aussi satisfaisants, nous décernons à la Société du 
BisoiN AMÉRICAIN, notre Grande médaille (hors classe) à l'effigie 
d'Isidore Geoffroy -Saint-Hilaire. 



* 
* * 



C'est également en Amérique du Nord, dans ces territoires 
de l'Alaska d'où la manie destructrice des chasseurs avait fait 
disparaître toute la faune indigène, que l'introduction du 
Renne d'Asie, tentée avec succès par le Rev. Sheldon Jackson, 
a rendu d'inappréciables services aux habitants de ce pays, 
car ces animaux s'y sont multipliés avec une telle rapidité que 
maintenant ils peuvent non seulement remplacer le gibier in- 
digène disparu, mais encore servir à l'approvisionnement des 
marchés américains. 

L'œuvre du Rev. Sheldon Jackson n'a pu être honorée de 
son vivant par une récompense, c'est donc à sa mémoire que 
nous décernons notre Grande médaille (hors classe) à l'effigie 
d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. 

* 
* * 

Depuis la guerre, le nombre des éleveurs qui entretenaient, 
sur leurs propriétés, des collections vivantes de grands Mam- 
mifères exotiques a considérablement diminué. 

Parmi ceux qui ont conservé, malgré de multiples diffi- 
cultés, leurs élevages, nous devons citer M. Wingfield qui, 
dans sa propriété de Ampthill house, en Angleterre, possède 
encore une fort intéressante collection de Lamas, de Vigognes, 
de Chameaux, d'Antilopes et de Zèbres qu'il ne se contente 
pas de tenir en bonne santé, mais qu'il est arrivé à faire 
reproduire chez lui, qu'il a dressés et habitués à se laisser 
monter et atteler. 

Nous félicitons M. Wingfield de sa persévérance et de ses 
succès en lui octroyant notre Grande médaille (hors classe) à 
l'effigie d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. 



L'élevage français des Oiseaux exotiques, presque abandonné 
pendant la guerre, a trouvé en M"^ Valentine Lécallier, l'aide 
puissante qui lui permettra de reprendre avant peu. la place 



lll\ BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

qu'il occupait auparavant. En effet, les élevages d'Oiseaux exo- 
tiques vivants que M"" Lécallier a réunis à Caudebec-lèz- 
Elbeuf, dépassent en nombre et en intérêt tous ceux qui exis- 
tent, même à l'étranger. Gallinacés, Colonibidés, Psittacidés, 
Palmipèdes et Passereaux exotiques, choisis parmi les plus 
rares et les plus décoratifs, y vivent par centaines et les repro- 
ductions de nombreuses espèces délicates et peu connues y ont 
été obtenues. Pour la création de ce magnifique ensemble, 
pour les services qu'un établissement de ce genre est appelé 
à rendre à l'élevage français des Oiseaux exotiques,' nous 
offrons à M™" Lécallier notre Grande médaille (hors dusse) à 
l'effigie d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. 

* * 

Depuis l'année 191 2, la Compagnie des chemiins de fer de 
Paris a Lyon et a la Méditerranée poursuit avec méthode et 
avec un succès toujours croissant, une active campagne de 
propagande en faveur du développement et de l'amélioration 
des cultures des départements situés sur son réseau. Elle a 
organisé de nombreuses séries de conférences suivies d'abon- 
dantes distributions de graines, d'arbustes et d'arbres, et par 
la création de pépinières locales, elle a mis à la disposition des 
agriculteurs des milliers d'arbres fruitiers de choix. Par des 
publications de notices agricoles, par l'organisation de mis- 
sions d'études, parla participation aux expositions, l'octroi de 
subventions, la recherche de l'utilisation industrielle des ré- 
coltes fruitières, la Compagnie a complété son effort. Enfin, 
élargissant encore son champ d'action agricole, elle étudie 
les améliorations de la pisciculture en étang, la prophylaxie 
des maladies des plantes cultivées, l'organisation des champs 
d'expériences pour les engrais et la culture des plantes médi- 
cinales. 

En témoignage de l'intérêt aA^ec lequel nous suivons la bien- 
faisante action de la Compagnie du P. L. M. sur le développe- 
ment agricole des départements de son réseau, nous lui dé- 
cernons notre Grande médaille (hors classe) à l'effigie d'Isidore 
Geoffroy-Saint-Hilaire. 

* 

Parmi les jardins botaniques qui ont le plus contribué à la 
diffusion, par l'envoi de graines, des espèces végétales origi- 



SÉANCE PUIÎLIQUE DE DISTRIMUTION DES HÉCOMPENSES Il5 

naiies des pays où ils sont établis, figure le célèbre Jardin 
botanique de Darjeeling, aux Indes anglaises. Là, , sont cul- 
tivées, entre autres, les plantes qui vivent sur les contreforts 
de l'Himalaya, au climat rappelant celui de notre Provence, 
et leurs graines envoyées en France ont été l'objet de nom- 
breuses expériences d'acclimatation dont beaucoup ont été 
suivies de succès. 

En raison de l'aide signalée que nous a apporté le distingué 
directeur du Jardin botanique de Darjeeling, le major Gage, 
nous lui offrons notre Grande médaille (bors classe) à l'effigie 
d'Isidore Geoffrov-Saint-Hilaire. 



MÉDAILLES D'ARGENT (GRAND MODULE) 

Nous décernons une Médaille d'argent grand module à : 

M. le docteur Gauducheau pour ses études touchant l'ac- 
tion des levures sur la viande et le sang des animaux, démon- 
trant ainsi que la transformation de l'arôme des mets soumis 
à ces Champignons microscopiques rend possible la fabrica- 
tion scientifique de mets économiques, de goût irréprochable 
pour les hommes et de farines extrêmement nutritives pour 
les jeunes animaux. 

M"" Jeanne Lebelle pour ses élevages de Chèvres de Murcie 
et plus particulièrement pour son procédé de décornage des 
Chevreaux, du plus haut intérêt pour l'élevage caprin, et qui 
présente ce double avantage de pouvoir être appliqué sans 
souffrance pour le patient et sans difficulté pour l'opérateur. 

M. Guy Babault pour l'introduction, l'acclimatation en 
France des Cerfs de Eld, hippelaphes et muntjacs, des Anti- 
lopes oreas canna ainsi que pour ses expériences sur l'élevage 
des animaux à fourrures en captivité : Renards bleus, Mar- 
mottes et Zibelines de Sibérie, Oppossums d'Australie, Ge- 
netles. Civettes et Chacals argentés d'Afrique. 

M"'® Marguerite-Alice Burgess. pour ses intéressantes obser- 
vations sur la vie et les mœurs des Oiseaux exotiques d'orne- 
ment. Loris et Paradisiers, dont elle possède une remarquable 
collection. 



IlO BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE n'AGCLlMATATlOiN 

M. EzRA, vice-président de la Société zoologique de Londres, 
qui a su trouver, le premier, le moyen de faire vivre en capti- 
vité des Oiseaux-Mouches réputés jusqu'ici comme rebelles à 
tout séjour en volière ; c'est grâce à lui que ces admirables 
créatures ont pu enfin être observées vivantes en Europe. 

M. Gérard, pisciculteur à Sarrebourg (Lorraine), pour ses 
élevages de Salmonidés : Truite commune, Truite arc-en-ciel, 
Saumon de fontaine,' élevages qu'il avait dû abandonner, en 
1914, lorsqu'il fut arrêté et déporté par les Allemands, et qu'il 
a réussi à remettre en état depuis le retour de son pays à la 
France. 

M. Chopard, secrétaire de la Société entomologique de 
France, pour ses études sur les Insectes nuisibles de l'ordre des 
Orthoptères (Sauterelles. Blattes et Courtilières) et pour la 
part qu'il a prise à la lutte contre les Criquets marocains dans 
la plaine de Grau et contre la Fourmi d'Argentine sur la 
Gôte-d'Azur. 

M. Paillot, directeur de la Station entomologique de Saint- 
Genis-Laval (Rhône), pour ses travaux sur l'Eudemis et la Co- 
chylis, ses recherches sur l'utilisation des Champignons para- 
sites des Insectes, les maladies microbiennes de ces derniers 
et les procédés de traitements insecticides dont il est l'auteur. 

M. Francisque Morel, architecte-paysagiste, et pépiniériste 
à Lyon, pour ses introductions d'espèces botaniques rares et 
ses cultures de plantes décoratives et ornementales, ainsi que 
pour l'obtention de nombreuses et intéressantes hybridations. 

M. E. DE Lachesnais, pour les acclimatations d'-arbreset d'ar- 
bustes exotiques utiles ou ornementaux qu'il a obtenus dans 
sa propriété du Roucas-Blanc, près de Marseille, accomplis- 
sant dans cette région, moins favorisée par le climat que celle 
de la Côte-d'Azur, une œuvre qui mérite d'être retenue. 

M. Léon Hautefeuille, agronome à Hanoï, pour ses cul- 
tures de Jute, tentées pour la première fois au Tonkin, dans le 
bassin de la Rivière Noire, et pour ses observations sur la 
Ramie, la Crotalaire, l'Hibiscus, l'Agave textile et le Stick-lac 
en Indo-Chine. 



SEAXCE PUBLIQUE DE DISTRIBUTIOIN DES HÉCOMPENSES II7 

M. Paul Vieillard, ingénieur agronome à Saigon, pour ses 
études sur le Riz, principale richesse de notre colonie d'Ex- 
trême-Orient, et en particulier pour ses expériences sur les sé- 
lections des Riz, expériences qui se rattachent étroitement à 
l'acclimatation et ne peuvent qu'avoir une heureuse répercus- 
sion sur l'avenir agricole de l'Indo-Chine. 

M. Georges Le Testu, administrateur des Colonies à Tchi- 
bangua (Congo), ingénieur agronome de haute valeur, qui 
durant les séjours qu'il a faits aux Comores, au Dahomey et 
au Congo, a occupé ses loisirs à l'étude de la flore et à la ré- 
colte des plantes des régions qu'il administrait. 

Aussi perspicace observateur qu'actif cherclieur, il a eu la 
bonne fortune de recueillir un lot important de végétaux cons- 
tituant des genres et des espèces jivsqu'ici inconnus et a con- 
tribué ainsi à faire connaître le monde végétal de contrées 
jusqu'ici imparfaitement explorées. 

M"^ le docteur Marie Piiisalix, collaboratrice et continua- 
trice de l'œuvre de son regretté mari, pour ses beaux travaux 
sur la biologie des Reptiles et des Batraciens, sur le venin des 
Serpents, des Crapauds et des Salamandres, et plus particuliè- 
rement pour ses études sur l'élevage et l'acclimatation des es- 
pèces utiles ou d'ornement, montrant ainsi que de nombreuses 
formes exotiques ou indigènes sont de mœurs douces et pai- 
sibles, absolument inoffensives, qu'elles ne sont pas sans élé- 
gance et que parées, comme le sont certaines d'entre elles, des 
plus vives couleurs, elles ont leur place toute marquée dans 
les terrariums ou les aqua-terrariums. 

M. Fabre-Domergue, dont on connaît les intéressants tra- 
vaux sur le développement de la Sole et de la Sardine, sur la 
rogue artificielle, pour ses études sur la biologie et l'élevage 
des Poissons exotiques d'ornement ainsi que pour l'invention 
de dispositifs spéciaux pour l'entretien, le chauffage et l'éclai- 
rage des aquariums. 



n8 BULLii:m dl; la sociiiiiii nationale d'acclimatation 

MEDAILLES D'ARGENT 

Nous décernons la Médaille d'argent de la Société à : 

M. RiTcniE, conservateur du Musée royal d'Ecosse, pour son 
livre : L'Influence de V homme sur la faune de l'Ecosse, re- 
cherches sur l'évolution animale, dans lequel l'auteur étudie 
les modifications heureuses ou néfastes apportées par l'homme 
dans le fonctionnement normal des lois de la Nature et leur 
répercussion sur les espèces animales ainsi que sur l'homme 
lui-même. 

jyjnw! Algernon Bourke, 'pour lee succès qu'elle a obtenus en 
conservant depuis de longues années, en captivité, des Oiseaux 
extrêmement délicats, tels que les Souï-Mangas et les Guit- 
Guit. Ces résultats dépassent tous ceux obtenus jusqu'ici et in- 
diquent bien l'excellence des méthodes d'acclimatation em- 
ployées par M™* Bourke. 

M. Armand Mercier, ancien rédacteur au Journal belge 
« Chasse et Pêche », pour ses publications très documentées 
sur les questions d'Ornithologie, élevage et acclimatation des 
Oiseaux exotiques. 

M. Jean Puteaux, pour ses introductions, en France, de 
plantes utiles et pour son activité à propager, dans nos co- 
lonies, certaines plantes potagères. 

M. Henry, directeur de la Société française des Iles Mar- 
quises, pour le zèle avec lequel il s'occupe de la mise en valeur 
de cette 'partie de nos possessions d'outre-mer et pour ses 
études sur les plantes qui y croissent. 

M. Eugène Thouvenot, garde principal des forêts à Mada- 
gascar, qui a contribué tout particulièrement à faire connaître 
la végétation forestière de notre grande île africaine. 



MEDAILLES DE BRONZE (GRAND MODULE) 

Nous décernons la Médaille de bronze (grand module) de la 
Société à : 



SEAiNGE PUBLIQUE DE DISTRIBUTION DES RÉCOiMPENSES I 19 

M. Paul Vendran, pour les reproductions nombreuses qu'il 
a obtenues de la Colombe poignardée et du Tinamou tataupa. 

M. N. Mayer, pour la première et unique reproduction en 
Europe du Pape de Leclencher. 

M. Ollivry, pour ses nombreux succès dans les élevages de 
Passereaux, Perruches et Gallinacés exotiques. 

M. FooKs, pour le zèle et l'habileté dont il fait preuve dans 
la reconstitution à Clères (Seine-Inférieure), des élevages et 
des collections de M. Jean Delacour, détruites par les Alle- 
mands à Villers-Bretonneux. 

M. L-vdiette, pour ses élevages de Truite arc-en-ciel à Trou- 
ville, qui lui permettent, chaque année, de produire, par ses 
propres moyens, de 20.000 à aS.ooo jeunes Truites propres à 
la consommation. 



MÉDAILLES DE BRONZE • 

Nous décernons la Médaille de bronze de la Société à : 

M. l'abbé Leray, qui élève depuis fort longtemps à Scorbé- 
Clairvaux (Deux-Sèvres) avec succès, les plus belles espèces de 
Perruches australiennes. 

M. J. L'Hermite, pour ses observations sur la faune orni- 
thologique de la région provençale et sur les Oiseaux exotiques 
importés en France par le port de Marseille. 

M"*' veuve Luguet, surveillante en retraite des Hôpitaux de 
Paris, pour les services qu'elle rend à la Ménagerie du Muséum 
d'Histoire naturelle, en s 'occupant avec un grand désintéres- 
sement des Singes, des Lémuriens et des petits Carnassiers qui 
lui doivent, dans bien des cas, la vie et la santé. 



120 BULLEilN UE LA SOCIÉTÉ NATIOJJALE D ACCLIMATATION 

LA LUTTE POUR L/V VIE 

Conférence faite par le docteur Comandon 
le 13 février i921. 

Monsieur le Président, 
Monsieur le Ministre, 
Mesdames, Messieurs, 

En donnant comme titre à cette causerie les mots célèbres 
par lesquels Darwin a si bien synthétisé sa théorie de l'évolu- 
tion des êtres, ne croyez pas que j'aie la prétention de déve- 
lopper devant vous les fameuses conceptions qui ont tant agité 
le monde au siècle dernier; d'autres sont ici, dans cette mai- 
son de Buffon et de Lamarck, beaucoup plus désignés que moi 
pour le faire. 

Je voudrais simplement, grâce au cinémafographe, vous 
transporter dans yn monde dont on parle beaucoup, mais que 
les initiés seuls connaissent, dans le monde des cellules et des 
microbes. Je vous montrerai que ce monde est encore plus 
peuplé que le nôtre d'êtres qui vivent, donc qui luttent pour 
leur existence. Nous mêmes, notre organisme est souvent le 
champ (le bataille oii se déroulent ces combats de l'issue des- 
quels dépend notre santé et même notre vie. 

Notre corps est une admirable république composée de mil- 
liards de cellules. Ces petits êtres, d'un centième de milli- 
mètre de diamètre environ, vivent dans une harmonie parfaite. 
Leur Etat est gouverné par des cellules nerveuses dont les 
longs prolongements, les nerfs, reçoivent les nouvelles et 
transmettent les ordres. 

Un ensemble merveilleux de canaux porte à chaque cellule 
ses aliments, ou enlève ses déjections, par l'intermédiaire du 
sang. Dans ce système circulatoire, le sang est mis en mouve- 
ment par le cœur. 

Voici un cœur, isolé d'une Tortue ; il. continue à battre et 
à travailler, pompant le liquide (sérum artificiel) qui est dans 
un récipient, à droite, et le déversant dans le verre situé à 
gauche de l'écran. Un schéma animé par le cinématographe 
nous montre le fonctionnement de ce cœur. 



LA LUTTE POLU LA VIE 131 

Observez maintenant ces capillaires sanguins, vus à un gros- 
sissement de i5.ooo diamètres, dans le mésentère d'une Gre- 
nouille, vous voyez, par transparence, le sang circuler, entraî- 
nant les globules rouges ; de nombreux globules blancs s'ac- 
colent à la paroi du vaisseau, certains même, en s 'étirant, ar- 
rivent à la traverser ; ils rampent comme de petites limaces et 
se conduisent comme de véritables animaux unicellulaires, 
vivant en nous, et dont nous expliquerons le rôle important. 

Les globules rouges doivent leur coloration à un pigment : 
l'hémoglobine, qui a la propriété d'absorber l'oxygène, au 
contact de l'air, et de le céder ensuite aux cellules des divers 
organes et d'assurer ainsi leur respiration. 

Vous observerez maintenant sur l'écran un poumon de 
Grenouille très grossi ; il est tapissé d'un réseau serré de ca- 
pillaires dont le diamètre excède à peine celui d'un globule 
rouge. Ceux-ci passent donc un à un dans ce conduit et pré- 
sentent une surface maximum à l'air qui constamhient se re- 
nouvelle dans le poumon. 

Ces quelques vues vous donnent idée de l'harmonie qui 
règne dans le corps à l'état de santé ; chaque cellule remplit son 
rôle consciencieusement ; la police est bien faite, l'anarchie 
n'existe pas. Mais pourquoi donc cette paix ne serait-elle pas 
continuelle dans cette démocratie si bien organisée, où chaque 
individu, parfaitement spécialisé, travaille sans égoïsme pour 
la communauté, et reçoit d'elle tout ce qui lui est nécessaire ? 

C'est que, en dehors de cette confédération, d'autres cel- 
lules Advent d'une façon anarchique ; êtres de proie qui, ne 
pouvant se créer le milieu idéal, que représente notre corps, 
pour leur croissance et leur multiplication, attendent l'occa- 
sion d'y pénétrer, de l'envahir et de profiter de ses riches ré- 
serves d'aliments, de sa douce température et des autres con- 
ditions physiques et chimiques si bien appropriées à la vie. 
Ces barbares qui nous guettent sont les microbes pathogènes 
dont notre grand Pasteur a si bien montré l'existence et la 
façon d'agir. 

Tous les microbes ne sont pas pathogènes. Dans la quantité 
infinie des bactéries, levures, protozoaires, etc., qui nous en- 
tourent, un nombre relativement très petit est dangereux. La 
plupart ont même un rôle extrêmement utile et môme indis- 
pensable dans la nature ; ce sont eux qui détruisent tous les 
déchets organiques qui, sans eux, encombreraient la surface 



122 BULLETIN DE LA SOCIETE NATIONALE IJ ACCLIMATATION 

J 

de notre globe ; ils effectuent la putréfaction des animaux et 
des végétaux qui ainsi retournent à la terre et peuvent alors 
fournir la substance de nouvelles vies ; ce sont eux que 
l'homme (sans s'en douter) a éduqués et acclimatés ; ils font 
notre pain, nos excellents fromages, nos vins exquis, la bière 
mousseuse et bien d'autres mets savoureux ; ils séparent les 
fibres du chanvre ou du lin dont nous tisson,s nos vêtements, 
etc. 

La forme ne permet pas de différencier les microbes pa- 
thogènes des autres. Souvent, des espèces très dangereuses, 
vues au microscope, sont absolument semblables à des es- 
pèces anodines, voire même utiles. C'est par une longue étude 
de leurs propriétés qu'on arrive à les distinguer. 

Enfin certains microbes peuvent ne pas être dangereux pour 
un animal, mais, par contre, extrêmement pathogènes pour 
un autre ou pour l'homme. Voici, par exemple, des microbes 
fourmillant dans l'intestin de la Souris mais que celle-ci sup- 
porte sans aucun dommage. Vous voyez des bacilles sem- 
blables à ceux de la fièvre typhoïde, des Vibrions, des spi- 
rochètes, des levures ; ces infusoires aux longs cils vibratiles 
et qui dévorent les particules alimentaires sont des Balandi- 
diums," voici des Lamblies, des Trichomonas à l'aspect anté- 
diluvien avec leur large membrane ondulante. Ces infusoires 
si bien supportés par la Souris, peuvent occasionner chez 
l'homme de redoutables diarrhées, dont beaucoup de nos sol- 
dats ont souffert pendant la guerre. 

Mais dans l'intestin peuvent vivre des microbes très nocifs, 
comme les vibrions du choléra, que je montre maintenant. 
Vous remarquez leur forme incurvée ; voyez comme ils se 
meuvent avec agilité. Dans l'eau des fleuves et des sources, où 
ils arrivent avec les déjections des malades, ils se développent 
lentement : mais, dès qu'absorbés avec la boisson ils se trou- 
vent dans l'intestin, ils se multiplient avec une rapidité pro- 
digieuse ; ces cellules émettent une toxine, un venin qui, fil- 
trant à travers la paroi intestinale, provoque les symptômes ca- 
ractéristiques de cette terrible maladie. 

Certains microbes ne vivent pas, dans la nature, en dehors 
de l'homme ou des animaux (comme celui du choléra), ils se 
transmettent de l'homme à l'homme directement, ou bien en 
passant par un intermédiaire vivant qui nous les inocule. Ce 
sont des parasites du sang, et les intermédiaires de transmis- 



LA LUTTE POUR LV ME 123 

sion sont principalement les Insectes piqueurs : Puces, Pu- 
naises, Tiques, Moustiques. Vous n'ignorez pas que c'est dans 
les pays chauds que pullulent surtout ces désagréables compa- 
gnons €t le grand obstacle à la colonisation des pays tropi- 
caux est dû précisément à ces maladies transmises par des 
Insectes. M. le Ministre des Colonies, qui nous fait l'hoimeur 
de présider cette séance, ne me contredira pas, et vous savez 
tous ses efforts pour aider à la lutte contre ces fléaux, comme 
la peste ou le paludisme, dans les belles possessions d'outre- 
mer qui ont tant à se louer de son administration éclairée. 

De semblables maladies déciment aussi les animaux et peu- 
vent être un empêchement presque absolu à l'introduction de 
certaines races d'animaux domestiques dans de vastes régions ; 
elles intéressent donc spécialement la Société d'Acclimatation. 

Voici le Trypanosome de la maladie du sommeil ; voyez-le 
dans le sang, bousculant les globules, se démenant, virevo- 
letant ; il est transmis par une Mouche dont vous avez certai- 
nement entendu parler, la Tsétsé ou Glossine dont je pro- 
jette un exemplaire rapporté par notre collègue, le professeur 
Brumpt, de son expédition au centre de l'Afrique. Cette ma- 
ladie du sommeil tue des milliers d'hommes chaque année ; 
elle a dépeuplé des territoires aussi vastes que la France. 

D'autres Trypanosomes, transmis aussi par des Mouches pi- 
quantes, parasitent les Chevaux chez lesquels ils provoquent la 
surra ; certains, chez les Bovidés, occasionnent la nagana et 
vous savez que, par exemple au nord de la colonie du Cap, il 
est des régions où les bêtes à cornes ne peuvent être in- 
troduites sans être promptement décimées par l 'action des 
Tsétsés. 

Le microbe du paludisme a été découvert par le médecin- 
major Laveran, aujourd'hui professeur à l'Institut Pasteur. 
Vous voyez ici du sang de paludéen ; remarquez dans certains 
globules rouges, cette petite masse mobile contenant des 
grains d'un pigment noir, c'est l'Hématozoaire de Laveran. 
Chaque année il fait autant de victimes qu'une grande guerre. 
C'est un Moustique, l'Anophèle, qui transporte la malaria 
d'un individu malade à un individu sain. Pour combattre 
l'extension de cette maladie, il faut donc se protéger contre 
les piqûres des Moustiques ou mieux détruire ces dangereux 
Diptères. 

Afin de lutter efficacement contre ces Insectes, il est né- 



124 BULLETJÎN DE lA SOCIÉTÉ NAT10?<ALE D'ACCLlMATATlOiX 

cessaire d'en faire connaître les mœurs et la biologie ; dans ce 
but, j'ai créé la bande cinématographique que je vous pré- 
sente. Elle montre toute l'histoire naturelle du Moustique, 
depuis l'œuf jusqu'à l'Insecte ailé, en passant par la larve et 
la nymphe, dont nous voyons sur l'écran les transformations. 
Vous vous rendez compte maintenant de ce que sont les mi- 
crobes. Je voudrais vous montrer comment, lorsque l'un d'eux 
a pénétré dans l'organisme, ce dernier parvient à s'en débar- 
rasser. 

Dans le sang et les liquides de l'organisme, il existe des 
substances tendant à rendre inoffensifs ces corps étrangers ; 
ces substances sont produites par presque toutes les cellules 
mais surtout par les globules blancs du sang et les glandes 
d'oij ils proviennent. Ces substances, appelées anticorps, sont 
fournies d'autant plus facilement que l'organisme a été en- 
traîné à combattre le corps étranger ou le microbe. Cet entraî- 
nement est obtenu généralement par une maladie antérieure. 
Une première atteinte de fièvre typhoïde, d'oreillons, de va- 
riole donne une immunité de plus ou moins longue durée ; 
nous la procurons par la vaccination (variole, typhoïde, etc.). 
Mais les globules blancs du sang ne se contentent pas 
d'émettre les anticorps. 

Voyez ce film représentant le sang d'un petit Oiseau, le 
Calfat, qui est infecté par un parasite analogue à celui de la 
malaria. Voyez cette autre préparation de sang humain, où 
nous avons introduit quelques grains d'amidon. Nous allons 
assister à un phénomène que le regretté savant de l'Institut 
Pasteur, Metchnikoff, a découvert, et auquel il a donné le 
nom de phagocytose (de deux mots grecs qui signifient : 
manger et cellule). 

Les globules blancs ou leucocytes, ou phagocytes, se dépla- 
cent d'un mouvement propre ; nous les avons déjà comparés à 
de petites Limaces ; mais leur reptation est très lente ; c'est 
à peine si on peut la distinguer par l'examen direct au micros- 
cope. Le cinématographe nous permet d'accélérer la vitesse ; 
aussi, sur l'écran de projection, voyons-nous parfaitement les 
phagocytes ramper sur la lame de verre qui les supporte. Dans 
une préparation normale, ils semblent errer au hasard. Mais 
voyez, ici, ce microbe ; en droite ligne, le phagocyte glisse 
vers lui, bousculant sur son passage les globules rouges qui 
lui font obstacle. Il atteint son ennemi, il s'étale à sa sur- 



LA LUTTE POLU LA VIE 12» 

face, l'entoure et, peu à peu, il le digérera, le détruira. Le 
douzième de notre poids représente la quantité de sang que 
nous possédons ; environ 5 litres. Normalement, un millimètre 
cube de sang contient 7.000 globules blancs. Mais les leuco- 
cytes n'existent pas seulement dans le sang. Nous avons vu 
avec quelle énergie ces cellules se livrent passage à travers les 
obstacles ; elles sortent des vaisseaux, se faufilent entre les 
tissus, toujours à la recherche des substances étrangères à 
notre corps, surtout des microbes, mais aussi les déchets de 
la vie : cellules usées, organes en voie de régression, etc. Ce 
sont les soldats, les gendarmes et les agents de la salubrité de 
notre organisme. 

Une écharde de bois, chargée de quelques microbes, a pé- 
nétré sous la peau de votre doigt ; la douleur est infime ; vous 
négligez d'extraire ce corps étranger. Bientôt la peau rougit, 
le doigt enfle, la douleur de plus en plus vive vous enlève 
tout sommeil ; enfin, autour de la place piquée, la peau blan- 
chit, devient fluctuante ; vous avez un mal blanc, un panari, 
c'est-à-dire, un abcès du doigt. Il faut, sans tarder, le faire 
ouvrir par un chirurgien et, de l'incision, il sort un liquide 
blanc crémeux qui est du pus. Que s'est-il donc passé dans 
l'intimité des tissus ? 

Les microbes que contenait l'écharde, trouvant sous la 
peau un milieu particulièrement propice à leur dévelop- 
pement, se multiplient avec une rapidité prodigieuse ; ils émet- 
tent des toxines qui irritent les vaisseaux ; ceux-ci se dila- 
tent (rougeur, gonflement), les nerfs sont atteints (douleur), 
ces toxines dissolvent même les cellules des muscles, des os, 
etc. Mais les phagocytes accourent ; nombreux sont les tués 
dans cette lutte ; d'autres les remplacent, venant de toute part, 
traversant la paroi des vaisseaux ; ils forment en se serrant 
autour du foyer infectueux, un véritable barrage (coque de 
l'abcès), une ligne de tranchée où les combattants se renou- 
vellent constamment ; ils détruisent des milliers de microbes, 
mais ceux-ci en se multipliant fournissent de nouvelles lé- 
gions qui'redoublent leurs attaques. Les lignes de défense re- 
culent et l'abcès renferme ce pus crémeux, mélange de sérum, 
de cadavres de leucocytes, de microbes morts ou vivants. Si 
l'abcès est ouvert, le pus est éliminé en même temps que la 
majorité des microbes et aussi \e fragment d'écharde flottant 
dans ce liquide. Les phagocytes viennent alors facilement à 



12(5 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCGLIMATATION 

bout des ennemis moins nombreux ; la victoire leur reste ; les 
cellules des tissus se multiplient, l'abcès se ferme, ne laissant 
qu'une cicatrice plus ou moins apparente. 

Le film nous montre cette lutte qui se passe ici dans un 
petit aquarium constitué par deux lames de verre pressant 
une goutte de sang. Vous voyez aussi que, lorsque le milieu 
s'altère : les leucocytes ne réagissent plus au tactisme, la 
phagocytose n'a plus lieu. De même, quand l'organisme subit 
une cause déprimante due au froid, aux peines morales, aux 
fatigues, etc., le malade flanche, disent les médecins. La ligne 
de défense, autour du foyer infectieux, se disloque ; les mi- 
crobes envahissent l'organisme, provoquent des adénites, des 
phlegmons ou même la terrible septicémie dont souvent la 
mort est la conséquence. La victoire est alors au microbe, il 
a gagné la lutte pour sa vie I 

Voici des notions qui semblent très complexes et encore 
bien hypothétiques à la plupart des gens. Elles sont cepen- 
dant de la première importance ; étant à la base de notre hy- 
giène, je crois qu'elles sont particulièrement utiles à mieux 
connaître aux nombreux membres de votre belle Société qui 
s'intéressent à l'élevage et à l'acclimatation, la pathologie gé- 
nérale de l'animal étant, en somme, semblable à celle de 
l'homme. 

Vous avez vu aussi quel précieux instrument d'instruction 
est le cinématographe, projectant à l'échelle de nos sens les 
objets et les phénomènes microscopiques. Il les matérialise, 
pour ainsi dire, et les grave pour toujours dans la mémoire. 



BIBLIOGRAPHIE 



Dans un volume intitulé : La Terre avant l'Histoire; Les 
origines de la Vie et de l'Homme, publié à la Renaissance 
du Livre (78, boulevard Saint-Germain), notre président, 
M. Edmond Perrier, coordonnant les immenses ressources 
que possède actuellement la Science et s 'appuyant uniquement 
sur elles pour remonter jusqu'à l'origine et à la constitution 
de la matière, discutant les hypothèses qui ont été proposées 
sur l'éternité de la vie et ses voyages à travers les astres, 



BIBLIOGRAPHIE I 27 

montre leur inutilité, leur insuffisance, et établit qu'à un mo- 
ment donné la Terre réunissait toutes les conditions, aujour- 
d'hui disparues, nécessaires à son apparition spontanée. Sous 
l'action d'un Soleil plus riche en rayons chimiques qu'il ne 
l'est actuellement, la vie aurait apparu sur les rivages enso- 
leillés des mers et se serait répandue de là à la surface des 
océans, dans les eaux douces, sur la Terre ferme et, en dernier 
lieu, dans les abîmes océaniques où l'on avait cru, un moment, 
que se cachaient ses origines. Le même procédé, toujours ré- 
pété, de groupements en associations graduellement plus com- 
pliquées d'êtres plus simples nés les uns des autres, a suffi pour 
produire tous les êtres vivants, y compris l'Homme ; mais ces 
groupements se sont réalisés suivant des lois précises, liées 
aux conditions mêmes de la vie. Ces conditions sont fort 
simples et il y en a d'abord deux principales : la fixation 
au sol et le mouvement. Tous les organismes fixés, quel que 
soit le degré de complication des éléments qui les constituent 
(Infusoires, Eponges, Polypes, Ascidies, etc.), forment des as- 
sociations ramifiées dans lesquelles un raccourcissement des 
rameaux, en rapprochant les éléments associés, peut produire 
des organismes rayonnes (fleurs, méduses), capables dans le 
type animal de se détacher et de vivre d'une vie indépendante. 
n a suffi qu'une membrane rigide de cellulose se produisit 
autour de certains éléments, pour les vouer à l'immobilité et 
donner naissance au Règne végétal. 

Les formes non emprisonnées dans la cellulose étant seules 
capables de se mouvoir, les réactions du milieu dans lequel 
elles se groupaient les ont obligées, contrairement aux formes 
fixées, à se constituer en chaînes d'organismes ; les uns re- 
vêtus d'une substance résistante : la chitine qui a limité leur 
pouvoir de transformation, ont constitué l'embranchement 
des Arthropodes (Arachnides. Crustacés, Myriapodes, Insectes, 
etc.) ; les autres plus mobiles, se sont prêtés à de nombreuses 
transformations ; leurs chaînes primitives ont constitué l'om- 
branchement des Vers. Mais ici l'embryogénie a révélé des 
faits inattendus qui montrent comment de ces Vers sont issus 
les embranchements des Echinodermes, des Mollusques, des 
Tuniciers et des Vertébrés. Et. Geoffroy-Saint-Hilaire avait 
pressenti, ce qui a été depuis nettement formulé, que l'em- 
bryogénie d'un être vivant n'est que la répétition abrégée de sa 
généalogie ; or l'embryogénie des Echinodermes, des Mol- 



128 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 1N\T10\ALE d'aCGLIMATATION 

lusques et des Vertébrés (y compris les Tuniciers) a révélé 
chez eux des changements d'attitude survenus au cours de 
leur évolution en raison de diverses conditions biologiques. 
Grâce à ces changements, M. Perrier a pu mettre en leur lu- 
mière les raisons de leur organisation actuelle. C'est la pre- 
mière explication qui ait été donnée des grands types entre 
lesquels les animaux se trouvent distribués. 

Quant aux liens que présentent entre elles les grandes divi- 
sions du Règne végétal, ils dépendent du degré de rapidité 
avec lequel sont parcourues les phases de la reproduction à 
partir des Fougères. Ce degré de rapidité est variable, et l'im- 
portance de ce phénomène que M. Perrier désigne sous le 
nom de Tachy genèse est considérable puisqu'à lui seul il a 
donné naissance aux embranchements du Règne végétal. 
Dans le Règne animal il est dominé par l'activité de l'indi- 
vidu. Mais là aussi il est intervenu dans la formation du 
type vertébré duquel il a tiré l'embranchement des Tuni- 
ciers, comme il a tiré des formes fixées de ces derniers les 
formes libres des Pyrosomes et des Appendiculaires. D'autres 
formes secondaires ont été créées par la Tachygénèse. L'im- 
portance de ce phénomène et l'influence des changements 
d'attitude sur les formes organiques sont des points capitaux 
pour l'évolution des organismes, points que M. Perrier a mis 
en complète lumière. Enfin, reliant ainsi le passé au présent, 
l'ouvrage de M. Perrier expose ce qu'a été la vie, durant les 
diverses périodes géologiques et se termine par un chapitre 
qui montre comment la forme humaine s'est dégagée des 
formes animales qui l'ont précédée. La chaîne est ainsi com- 
plète depuis la naissance des atomes jusqu'à celle de l'Homme. 
Cette synthèse est certainement un des chapitres les plus im- 
pressionnants de l'histoire de la Vie. 



i: Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 



CUATEAUROUX. IMP. LANGLOIS 



«i;®»/®^'"^**'''®^ ^^"®'"^' ^ l'honneur d informer MM. les Membres de la Sori.it« ^t i.. 



EM niJ^TltlBUTIOJV 



Graines offertes par M. GAGE, 
superintendant dn • Jardin 
royal botanique de Darjeeliner 
(Inde). 

Betula Bhojpaltra. 

Bœhmerii platyphyîla. 

Eriohotrya Hookeriana. 

Fraxinus florihunda. 

Indigofera dosua var. tomentosa. 

Michelia excelsa. 

Pinus Puddum.. 

Rhododendron arboreum. 

Salix oreophila. 

Trachi/carpus Martiamis. 



Graines offertes par M. BOIS 

Onopordon illyrieum L. var. 
carduneulua. 



Graines offertes par M. MOREL. 
Açathœa cœlestis. 
Angelica archangelica. 
Aralia sinensis. 
Biota aurea. 



C astanopsis hysirix. 
Chionanthus virginica. 
Cratœgus Carrierei. 
Cytisus eempervirens. 
Dimorphotheca aurantiaca. 
Eucalyptus amygdalina. 
Eucalyptus globulus. 
Galtonia candicans. 
Kalesia corymbosum. 
Héliotrope var. Lemoine. 

— — M»* Bruand. 

HeucJiera sanguinea. 
Impatiens Sitltani. 
Polygonum Baldschuanicum. 
•Séquoia gigantea. 
Tamarix afiicana. 
Chamœrops excelsa. 
Escholtzia. 

Leucanthemum (Etoile d'An- 
vers). 
Spirœa astilboides. 
Pincenecticia paniculata. 
Acacia cultriformis . 
Mimosa sp. i 
Bignonia echinata. 
Capucines. 



Graines offertes par le Gouver- 
nement général de l'Algérie 
et par le Jardin botanique de 
Sydney. 

Chloris gayana. 

Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdalus Davi- 
diana (Pêcher sauvage des 
montagnes de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

Graines offertes par M. JEAN- 
SON. 

Lagenaria olefera. 
Zinnia mexicana. 



(traînes oflerses 
NIOL. 



par M. PTjA- 



JPolichos sinensis, fourrage pour 
régions sèches (Midi et S.-O.). 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société 

OFFRES 

Œufs à couver Leghoms blancs et Orpington noirs, races pures (fécondation 90 %). 1 franc pièce. 
M. de Boudard-Olonne, à Loriol (Vaucluse). 

Lapins angoras blancs, prix suivant âge. 

M. C. Loyer, à Carrières-sous-Poissy (Seine-et;-0i8e). 

Araucaria excelsa, âgé de 25 ans, V^SO d« circonférence. 
M. E. Chalvon, 8, rue Germain-Pilon, Paris. 

A vendre : Lama femelle blanche âgée de 4 ane> née eai Suisse. 

Adresser offres à l'Intendant de la Villa de Prangins, près Nyon (Canton de Vaud), Suisse. 

I Elevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

r. Poules : 'Wyandottes blanches, Wyandottes argentées, Léghorn blanches, Minosque, Presses noires, 
Faverolles, Cane Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Ducl.air, Oiea Toulouse, Dindes noires. 

Reproducteurs de race pure, premier choix, élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, poussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Bevyeren, Argentés Cham- 
pagne, Angoras blancs, noirs, havane. Fauves Borgogne, Géants noirs, Géants blancs, Vendée, sujets 
Sennes et adultes. 

M. Passy, Domaine dn Désert de Retz à Chambourcy [téléphone : 15] (S.-et-O.). Gare Saint-Germain. 

Deux mâles Amherst, adultes, parfaits, à échanger contre femelles même espèce ou vénérée. M. Duriea, 
i, boulevard Henri IV. 



DEMANDES 

Maison de campagne, à louer, trois chambres non meublées, à 4 ou 5 heures, de Paris. Région boisée, 
ivière ou étang proches, facilités de circulation pour l'étude et la photographie des animaux. 

Ecrire au Secrétariat. 

Anguilles pour empoissonner un étang. Indiquer prix et grosseur. M. Thomas, domaine de Theix, par 
Saint-Genès-Champanelle (Puy-de-Dôme). 

Dix à douze couples Pigeons, bizets, vigoureux ' et: choisis. M. Marret, 5, boulevard Montmartre, Paris. 



Le but de la Société Nationale d'Acclimatation de France est de concourir : i» à l'in- 
troduction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'orne- 
ment ; 2° au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites 
ou domestiquées ; 3° à l'introduction et à la propagation de végétaux utiles ou d'orne- 
ment. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres ii Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie] un droit d'entrée de lo francs et une cotisation 
annuelle de aS francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de lo francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de 260 francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Bota- 
nique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses 
membres. 

Elle publie, outre ce BULLETIN, la REVUE D'HISTOIRE NATURELLE APPLIQUÉE, com- 
posée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des questions 
concernant l'élevage des animaux, la culture des plantes et particulièrement des faits 
d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement, la Revue est servie par abonnement, aux membres 
da la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de 20 francs pour les 
deux. 

REVUE D'HISTOIRE NATU RELLE APPLIQUEE 

Première partie 

MAMMALOGIE - AQUICULTURE - ENTOMOLOGIE - BOT ANIQUE 
COLONISATION - AQUARIUMS ET TERRARIUMS 



SOMMAIRE, VOL. II, N" 7 JUILLET 

P. Cbepin. — Mahé de la Bourdonnais, colonisateur et acclimateur. 

E. Brtjmpt. — Comment améliorer notre Bétail colonial. 

L. TuHiNETTi. — L'acclimatation des Insectes auxiliafres. 

E. DE WiLDEMAN. — Quelques notes sur les A'anilliers africains. 

J. Ceepin. — Chronique caprine. 



Deuxième partie : L'OISEAU 



SOMMAIRE, VOL. II, N» 7 JUILLET 



M. Legendke. — La MésAnge à longue queue. 
F. DE Lacoee. — Quelques Callistts en captivité. 
J. DELAroTJR. — L'Etoumeau améthyste {iUu»tré). 
O. CoEDiEE. — L'Exposition d'Oiseaux da Berne. 
Chronique omithologique. 



CHA.TEA.UROUX. — IMPRIMERIE LANGLOIS 



BULLETIN 



DE LA 



Mm la 




DE FRANGE 



(68" Amsée) 



N° 8. — AOUT 1921 



SOMMAIRE 

Pages. 

Le Castor du Rhône 129 

Réglemenlalion de la chasse au Congo belge 131 

Le Fruticetum du Jardin des Plantes 133 

L. A. DoDE. — A propos des Bambous 134 

Extraits des procès-verbaux des Séances de la Société : 

Sèancs générale du 7 février 1921 '. 13G 

Séance générale du 21 février 1921 140 

Bibliographie : 

Aug. Chevalieb. — Exploration botanique de l'Afrique occidentale française 142 



Un numéro, 2 fr. 50. — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50 



AU SIÈGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION DE FRANCE 

198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS (YIP) 



Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
10 tickets, sont délivrées, au prix de lo francs, aux membres de la Société, 
dans nos bureaux. 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 

Président, M. Edmond Pereiee, Membre de l'Institut et de l'Académie de Médecine, Professeur a» 
Masénm d'Histoire naturelle, Paris. 

I MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 55, rue Cuvier. Paris • 

^ D' CHArvEAU, Sénateur de la Côte-d'Or, 325, boulevard Saint- Germain. Paris ; 

Vice-Présidents Mtjbat (le prince Joachim), Député, 28, rue de Monceau, Paris ; 

f Anthotiaed (le baron A. d'). Ministre plénipotentiaire, 121 bis, me de la 

' Pompe, Paris. 

Secrétaire général, M. Maurice Lotee, 12, rue du Four, Paris. 

/ MM. J.Ceepin, 55, me de Vemeuil, Paris (Séances) ; 
Secrétaires ^^' I^ebeseuil, 25, rue de Ohâteandun, Paris (Intérieur) ; 

l J. -Delacotje, à Clères (Seine-Inférieure) (Etranger) ; 

' Abbé G. FoTJCHEE, 24, rue Cassette, Paris (Conseil). 

Trésorier, M. le D' Sebillotte, 6, rue de l'Oratoire. Paris. 
Archiviste-Bibliothécaire, M. P. bb Cleemojjt. 

Membres du Conseil 
MM. A. Chappelliee, 80, boulevard Saint-Germain, Paria. 

le D' P. Maechal, Membre dé l'Institut, Professeur à l'Institnt National Agronomique, 45, me 

de Verrières, à Antony (Seine). 
le D' Lepeikce, 62, rue de la Tour, Paris. 
Mailles, rue de l'Union, La Varenne-Saint-Hilaire (Seine). 

le D' E. Teottessaet, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Cuvier, Paris. 
Lecomte, Membre de l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 14, me des Ecole*. 

Paris. 
P. Caeié, 40, boulevard de Courcelles, Paris. 

L. RoTJLE, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, Paris. 
P. Kestnee, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, me Ribera, Paris. 
R. Le Foet, 89, boulevard Malesherbes, Paris. 
Baeeiol, Chef de la Comptabilité et des Finances de la Compagnie du P.-L.-M., 40, rue des 

Martyrs, Paris. 
M. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Dotes des Séances généra/es et du Conseil 

POUR L'ANNÉE 



IQ21 



SÉANCES GÉNÉRALES à 3 h., les liindis.... 

VI" Section, Colonisation, a 5 h., les jeudis 
VII* Section, Aquariums, Terrariums, les 

jeudis 

Sous-section d'Ornithologie (Ligue pour 
la Protection des Oiseaux), à 3 h,, les 
troisièmes jeudis 



Janvier 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


l»ovembre 


'\ lO 


7 


7 


1 1 




7 


( 24 


21 


21 


25 


3o 


21 


i3 


10 


10 


i4 


12 


10 


27 0) 


.2/,(^) 


24 0) 


28 


26 0) 


24 


20 


'7 


17 


21 


19 


J7 



Décembre 



5 

igC') 

8 

22(') 



(1) A 8 h. 3/4 du soir. 

(2) A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générale. 



Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 heures. 



SÉANCES DU Conseil, à 4 h., les mercredis 


Janvier 


Février 


Mars 
16 


Avril 


Mai 


Njverabre 


Décembre 


'9 


16, 


20 


25 


16. 


i4 



Les membres de la Société qui désirent assister aux Séances générales recevront, sur 
leur demande, les ordres du jour mensuels des séances. 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises 
par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin- 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 
des articles publiés dans le Bulletin est interdite- 



Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de 1 frano,. 
montant des frais de réimpression des nouvelles bandes adresses. 



LE CASTOR DU RHONE 

Le Castor semblait avoir disparu des rives du Rhône en 
amont de la Camargue ; depuis de longues années on n'avait 
plus cité sa présence aux bords du fleuve dans la traversée 
du département de la Drôme. Nous sommes heureux de si- 
gnaler la réapparition de cet intéressant Rongeur dans cette 
région ainsi qu'il résulte du rapport adressé à l'Administra- 
tion, par M. Lambert, inspecteur principal des Eaux et Forêts 
dont nous reproduisons ci-dessous le texte intégral. 

Montélimar, le 17 mai 192 1. 

« Par une lettre en date du 28 avril dernier ^dressée à 
M. le Préfet, le maire de Loriol a signalé qu'un de ses admi- 
nistrés, éprouvant du fait des Castors de réels dommages, de- 
mandait l'autorisation de détruire ces animaux nuisibles au 
fusil ou au moyen de pièges. 

Des Faucons ravageraient, en outre, sa basse-cour. Contre 
ces Oiseaux de proie, tous les moyens de défense sont permis 
et aucune autorisation spéciale n'est nécessaire.. 

Il en va tout différemment pour les Castors. Dans le dé- 
partement de Vaucluse, ils sont l'objet de mesures de pro- 
tection et l'arrêté de réglementation de la chasse prescrit ex- 
pressément de n'y pas toucher sous aucun prétexte. Leurs 
dommages sont, en effet, sans portée réelle et ne prévalent 
pas contre l'intérêt scientifique qui s'attache à leur conser- 
vation. 

En igili, par un rapport du 4 juillet, nous avions proposé 
d'adopter pour le département de la Drôme une réglemen- 
tation identique à cause d'une colonie de Castors qui existait 
alors sur le territoire de Saulce, mais la question fut perdue 
de vue, et, du reste, les Castors paraissaient avoir disparu. 

Mais voici qu'ils se signalent à nouveau à notre curiosité, 
non seulement à Loriol, mais encore à Châteaimeuf-du-Rhône, 
• dans la propriété de La Mure. Leurs méfaits se bornent ici, 
ainsi que nous l'avons constaté, à quelques branches sec- 
tionnées sur les rives et n'ont aucune importance. A Loriol, 
chez le plaignant, M. Bernier (Ferdinand), demeurant au 
quartier des Tines, il en est à peu près de même, et s'il per- 

BULL. SOC. NAT. ACCL. FR. 1921. — 8 



l3o BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCHMATATLON 

sistait dans sa réclamation, mieux vaudrait lui allouer une 
indemnité de lo francs environ, que de lui accorder l'autori- 
sation de capturer les Castors. Mais il ne sera pas même né- 
cessaire de faire cette dépense, car le Castor déplace son 
champ d'action, et les bois de M. Bernier n'ont pas reçu de 
nouvelle visite pendant une assez longue période. » 

Signé : Lambert. 

N° 14-671. — Copie conforme transmise à l'Administration 
à titre d'information. A la suite d'une enquête faite en 1900, 
dans la 11" Conservation, le Castor semblait avoir disparu. Il 
réapparaît aujourd'hui et le fait intéressera sans doute l'Ad- 
ministration. 

Valence, le 18 mai 1921. 

é Le Conservateur des Eaux et Forêts : 

Signé : Chaudry. 

Comme suite à ce rapport, le préfet de la Drôme, sur les 
indications du Ministère de l'Agriculture, a pris les mesures 
nécessaires à la protection du Castor, ainsi qu'il résulte de la 
lettre suivante : 

Valence, le 22 juin 1921. 

Le Préfet du département de la Drôme 

à Monsieur le Ministre de l'Agriculture, 

J'ai l'honneur de vous informer, en réponse à votre dé- 
pêche du 7 courant, que je ne manquerai pas d'insérer dans 
mon arrêté réglementaire sur la chasse les dispositions qui 
me sont proposées par M. le Conservateur des eaux et forêts 
en vue de la protection du Castor. 

J'ajoute d'ailleurs qu'en raison de l'intérêt scientirique que 
présente la conservation de ces animaux, je n'avais pas cru, 
d'ores et déjà, devoir autoriser des ^aattues dont l'organisation 
était projetée pour leur destruction. 

Le Préfet : . 
Signé : J. Vatrin. 

Qu'il soit permis à la Société d'Acclimatation de féliciter 
M. le Préfet de la Drôme, MM. Chaudry et Lambert de l'appui 
qu'ils veulent bien donner à ceux qui, ici, ont toujours pro- 



RÉGLEMENTATION DE LA CHASSE AU CONGO BELGE l3l 

testé contre la chasse inconsidérée faite au Castor et ont fait 
tous leurs efforts pour assurer la protection efficace des der- 
niers représentants de ces ingénieux Rongeurs, menacés de 
disparition. 



RÉGLEMENTATION DE LA CHASSE AU CONGO BELGE 
Extrait de l'ordonnance da 6 décembre 1912 

La chasse aux animaux non déclarés nuisibles n'est permise, 
sur le territoire du Congo belge, qu'aux personnes munies 
d'une autorisation administrative ou d'un permis de chasse. 

Les non-indigènes doivent se munir d'un permis de chasse 
administratif ou d'un permis de chasse individuel. 

Les indigènes doivent posséder une autorisation individuelle 
ou une autorisation collective valable pour les indigènes d'une 
chefferie ou d'une sous-chefferie. 

Les autorisations de chasse et les permis individuels con- 
fèrent le droit de chasser tous les animaux sauvages adultes, 
à l'exception des femelles, pour autant qu'elles puissent être 
reconnues, et des animaux de l'un et de l'autre sexe qui figu- 
rent aux tableaux I, II et III que nous donnons plus loin. 

Les permis de chasse administratifs indiquent, dans chaque 
cas, les conditions imposées à leur délivrance, tels par exemple 
le nombre et le genre d'animaux que le titulaire est autorisé à 
tuer. Ils sont gratuits et ne sont délivrés que dans un dessein 
scientifique ou dans un intérêt supérieur d'administration. 

Les permis individuels sont taxés au taux de 5o francs et 
sont délivrés pour la période d'un an ; ils sont valables sur 
tout le territoire de la colonie et permettent l'usage de toutes 
armes dont le port est licite et qui ne sont pas des pièges ou 
engins de chasse prohibés. 

Un permis spécial pour la chasse à l'Eléphant peut être ac- 
cordé par le Gouverneur général moyennant une taxe annuelle 
de 2.000 francs. 

Indépendamment des animaux dont la chasse est permise, 
au moyen du permis de 5o francs, le porteur de ce permis a 
le droit d'abattre deux Eléphants mâles adultes. 



iSa BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

L'octroi d'un permis de chasse ne dispense pas de se munir 
d'un permis de port d'armes. Ceux-ci sont taxés aux condi- 
tions suivantes : 

Fusils et carabines à balles, revolvers 6 fr. par arme 

— — à plombs 5 — — — 

Carabines pour la chasse aux oiseaux k — — — 

Pistolets et carabines de salon 3 — — — 

Fusils à piston et à silex. i — — — 

La chasse peut se pratiquer librement sur les terres non cul- 
tivées et non clôturées du domaine de l'Etat. 

Des régions sont constituées en réserves où la chasse est 
prohibée totalement ou partiellement. 

Toute personne peut se servir de tous moyens de défense 
contre les animaux sauvages qui menacent sa vie ou ses biens, 
la vie ou les biens d'autrui ; dans ce cas, l'Eléphant capturé 
vivant et les défenses de l'Eléphant mis à mort appartiennent 
à l'Etat. 

Tableau I 

■Animaux qu'il est interdit de chasser aux indigènes munis 
d'une autorisation individuelle de chasse. 

Les Eléphants portant des L'Ane sauvage. 

pointes de moins de 2 kilos. L'Okapi. 

La Girafe. L'Ibex. 

Le Rhinocéros blanc. L'Autruche. 

L'Elan de Derby. Le Pique-bœuf. 

Le Gorille. Le Marabout, 

Le Chimpanzé. L'Aigrette. 

Le Zèbre des montagnes. L'Oiseau secrétaire. 



*o 



Tableau II 

Animaux qu'il est interdit de chasser aux indigènes des 
chefferies ou sous-chefferies autorisées à chasser en vertu 
d'une autorisation collective. 

L'Eléphant. L'Elan de Derby. 

La Girafe. Le Gorille. 

Le Rhinocéros blanc. Le Chimpanzé. 



LE FRUTICETUiM DU JARDIN DES PLANTES 



[33 



Le Zèbre des montagnes. 

L'Ane sauvage. 

L'Okapi. 

L'Ibex. 

L'Oiseau secrétaire. 



Le Hibou. 
L'Autruche. 
Le Pique-bœuf. 
Le Marabout. 
L'Aigrette. 



Tableau III 

Animaux qu'il est interdit de chasser aux personnes munies 
■d'un permis de chasse de 5o francs. 

Ceux mentionnés au tableau II, auxquels il faut ajouter : 

Le petit Hippopotame de Libéria. 
Le Gnou à queue blanche. 
L'Elan et le Vautour. 



Animaux déclarées nuisibles 



Lion. 

Léopard. 

Hyène. 

Chien chasseur. 

Grands Oiseaux de proie (sauf 

Vautours, Oiseau secrétaire 

et Hibou). 
Crocodile. 
Serpents venimeux. Pythons. 



Chien sauvage. 

Guépard. 

Chacal. 

Serval. 

Chat sauvage et autres petits 

Félins. 
Faux-Loup. 
Loutre. 
Perroquets et Perruches. 



LE FRUTICETUM DU JARDIN DES PLANTES 



Un Fniticetum, comprenant une importante collection d'en- 
viron 1.600 espèces d'arbustes rares ou ornementuax, a été 
créé, l'hiver dernier, en bordure de la rue de Buffon, dans 
le Muséum d'Histoire naturelle. 

Grâce à une généreuse subvention de M. Zaharoff, là 011 il 
n'existait qu'un fouillis inextricable d'arbres et d'arbustes où 
le public n'était pas admis à pénétrer, les visiteurs pourront, 
en se promenant, admirer les richesses de la flore exotique : 
Rhododendrons, Azalées, Magnolias, Rosiers, etc. 



l34 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

La partie instructive n'est pas négligée, car les plantes sont 
rangées dans un ordre scientifique et chacune d'elles porte son 
nom et l'indication de son lieu d'origine et, s'il s'agit d'une 
obtention horticole, le nom de l'obtenteur et la date d'ob- 
tention. 

Le Fruticetum est ouvert au public les mardi, jeudi et 
vendredi, de" i3 à 17 heures. 



A PROPOS DES BAMBOUS (i) 
par L.-A. DODE 

Que faut-il penser de la culture en grand des Bambous en 
France et notamment dans les régions dévastées ? 

C'est une question qui m'a été jDosée de part et d'autre. 

Il n'est pas douteux que certains Bambous peuvent donner 
des résultats, même dans l'Est de la France. En ce qui con- 
cerne les espèces, le Bulletin de la Société Dendrologique (2), 
et la publication de notre collègue M. Houzeau de Lehaie (Le 
Bambou) (3), ont donné les indications nécessaires. 

Mais la grosse difficulté serait de trouver en quantité du 
Bambou pour les plantations. 

D'une façon générale, on a considéré le Bambou comme une 
plante d'ornement, à isoler, se vendant cher, se multipliant 
peu. 

La plupart des touffes plantées dans les jardins et parcs bou- 
dent et dépérissent ; ce n'est qu'après bien du temps que cer- 
taines touffes prospèrent et s'étendent. 

J'attribue ce fait à la plantation trop profonde. 

Pour éviter tout excès en cet ordre d'idées, le plus simple 
est de ne pas planter les Bambous ; travailler la terre, puis 
placer la motte à la surface ; on peut réduire les plus fortes 
tiges, ou les tuteurer ou haubanner. 

(1) Extrait du Bulletin de la Soc. dendrologique de France, 1920. 

(2) Notamment, 1908, p. 78 et ss. ; 88 et ss., m et ss., illustrations, 
pp. 95 et 121 ; 233 et ss. avec plusieurs illustrations ; etc.... Voir tables 
de l'année 1908 du Bulletin de la Soc. Dendr. — Cette, année 1908 contient 
tout un ensemble sur le Bambou et sa culture en France, avec photo- 
graphies. 

(3) Le Bambou, J. Houzeau de Lehaie, Mons, Belgique. 



A PROPOS DES BAMBOUS l35 

La motte doit être couverte de paille ou de feuilles mortes ; 
on peut ramener de la terre tout autour pour faire un petit 
talus. 

Ainsi plantés, les Bambous poussent rapidement et s'éten- 
dent. Cultivés de la sorte, ils fournissent du plant en abon- 
dance (à lever toujours en motte, avec la terre). 

Avant de songer à répa'ndre les Bambous en France, il fau- 
drait s'occuper d'en établir de grandes pépinières pouvant les 
fournir en masse à des prix accessibles. Ceci peut se faire par- 
tout où le terrain présente quelque fraîcheur. 

Il serait bon d'avertir le public, toutefois, que les Bambous 
sont des végétaux ligneux, des arbrisseaux ou des arbres dont 
certains atteignent sous les tropiques jusqu'à quarante mètres 
de hauteur {Dendrocalamiis) . 

Il ne faut pas les assimiler à du Blé, ni à du Chanvre, ni à 
du Maïs ; il n'y a pas de récolte la première année ni les 
années suivantes. C'est de la sylviculture, dans une certaine 
mesure. 

Seulement les Bambous ne grandissent pas chaque année 
par la tête mais par le pied. 

Chaque année la touffe donne des brins qui sont plus longs 
que ceux de l'année précédente. 

Le plant devra, comme un plant d'arbre, s'installer ; et c'est 
ensuite seulement que, d'année en année, il donnera des brins 
de plus en plus longs, pouvant aller en France, dans le Midi, 
jusqu'à une vingtaine de mètres pour certaines espèces, et at- 
teindre encore une belle taille plus au nord. 

Cultivés convenablement, les Bambous seraient, en France, 
d'une grande utilité, mais il ne faut pas exiger de produits 
avant nombre d'années après la plantation. 

En Champagne, où les étés sont secs et chauds, les Bambous 
plantés en terrain frais dans les vallées, donneraient des ré- 
sultats. Dans les vallées où les trous d'obus ont défiguré les 
prairies, on pourrait les planter entre les trous, en ayant soin 
qu'ils soient suffisamment au-dessus de l'eau (régions de 
Berry-au-Bac, Marne, Tahure, etc.). Là où la Vigne mûrit 
bien, il y aura sûrement des résultats. 

Il y a lieu de regarder, en principe, les Arundinana, comme 
trop petits ; donc le Bambou le plus répandu, sous le nom de 
metake ou d'.4. japonica, ne peut fournir un véritable produit 
avec ses chaumes grêles. 



l36 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION 

Mais il y a plusieurs Phyllostachys très indiqués. Le Ph. pu- 
b&scens (le plus grand dans le Midi) a résisté aux derniers 
grands hivers en Bourbonnais, à 35o mètres d'altitude, mais 
d'autres sont plus rustiques. 

Avant tout, il faudrait créer des pépinières, ne plus consi- 
dérer les Bambous comme des plantes d'ornement coûteuses, 
mais comme des arbres d'utilité, les planter comme je l'ai in- 
diqué, les cultiver au besoin avec soin (voir Houzeau de Le- 
haie. Le Bambou et Soc Dendr., année 1908). 

Une fois installés, les Bambous sont peu exigeants ; la ré- 
colte des chaumes comporte certaines précautions qui sont 
connues (publications indiquées ci-dessus). 

Conclusion : Pour le moment, faire des plantations d'essai, 
en lieux espacés, avec ce qu'on pourrait avoir de touffes ; créer 
des pépinières ; faire connaître les procédés de plantation et de 
culture, qui sont très ignorés du public et même ignorés en 
général. 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBiUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 



SÉANCE GÉNÉRALE DU 7 FÉVRIER 1921 

Présidence de M. le baron de Giieriie, vice-président 
honoraire de la Société. 

M. le Président salue, au nom de la Société, M. J. Lew^is- 
Bonhote, l'ornithologiste éleveur anglais bien connu, qui va 
prendre la parole au cours de notre réunion. 

Le procès- verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Généralités 

M. le Président annonce l'ouverture du cours de Parasito- 
logie agricole divisé, cette année, en deux branches : l'étude 
des Champignons sera faite par M. Foëx et celle des Insectes 
par M. Vayssière. Notre collègue traitera de la destruction des 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉA^GES DE LA SOCIÉTÉ 187 

Insectes et Animaux nuisibles aux Arbres fruitiers. Ces cours 
auront lieu, comme à l'ordinaire, au Jardin du Luxembourg. 

Le collège de Zi-Ka-Wei, près de Shangaï, par l'entremise de 
notre collègue le R. P. Courtois, directeur du Musée, nous 
envoie un certain nombre de fascicules de ses Mémoires sur 
l'Histoire naturelle de l'Empire chinois. Ils traitent des Oi- 
seaux conservés au Musée de Zi-Ka-Wei. L'ouvrage est im- 
primé en français par les missionnaires et leurs élèves ; on y 
trouve de nombreuses planches en couleur fort bien faites. 

M. le Président rend hommage aux missionnaires français 
de ce collège qui rendent des services considérables à notre 
influence en Orient. L'observatoire de Zi-Ka-Wei a été d'une 
très grande utilité pour les marines alliées pendant la der- 



nière guerre. 



ORNITHOLOGIE 

M. Debreuil présente la dépouille de la Faisane dorée, à 
livrée du mâle, qu'il nous fit voir vivante l'an dernier. L'ani- 
mal, qui a l'exacte apparence du mâle, a été sacrifié et au- 
topsié par M. Pézard. Les ovaires avaient complètement dis- 
paru. 

Notre collègue belge « La Fédération des amis de l'Oiseau » 
a organisé les i8, 19 et 20 décembre dernier, dans les salons 
de la Société des Beaux-Arts, à Verviers, une grande exposition 
nationale ornithologique, au profit des aveugles de guerre. 
Cette manifestation, que Sa Majesté la reine Elisabeth hono- 
rait de son haut patronage, a été un véritable succès avec ses 
collections d'Insectes, ses herbiers et ses quatre cent quatre- 
vingts cages et volières contenant plus de cinq cent cinquante 
Oiseaux. Au point de vue financier, le résultat a été, de l'aveu 
des organisateurs, inespéré ; il a permis! de verser une magni- 
fique offrande aux héroïques soldats belges que la guerre a 
privés de la vue. 

M. J. Lewis-Bonhote fait une conférence sur les recherches 
qu'il a poursuivies sur les croisements du Coq Phénix du 
Japon avec la Poule Nègre-soie. 



l38 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

Entomologie 

M. Roubaud fait hommage à la Société de son mémoire sur 
(( Les Mouches tsétsés en Afrique occidentale française » ac- 
compagné de la carte générale des Mouches tsétsés et des ma- 
ladies à Trypanosomes en Afrique occidentale. Cette carte, 
publiée en collaboration avec le docteur Bouet, résume de 
longues années de recherches. Les auteurs sont heureux de les 
présenter à la Société qui s'est intéressée à leurs recherches 
sur ces questions de grande importance pour la colonisation. 
M. le Président souligne l'intérêt primordial de cette publi- 
cation dont il félicite très vivement les auteurs. 

Botanique 

M. Debreuil présente des épis de Maïs à grains bleu noir. 
Ce Maïs a été cultivé l'été dernier à Melun, oii il a mûri. 
Quelques grains lui avaient été remis par M™"^ P. Girod ; ils 
provenaient du Mexique et n'étaient pas connus en France, 
avait dit notre collègue. 

Ce Maïs pousse vigoureusement, il se ramifie à la base et 
paraît devoir être intéressant comme fourrage. 

M. Chevalier dit que ce Maïs à l'état pur, c'est-à-dire sans 
grains blancs, est rare. 

M. Charles Rivière rapporte qu'il obtint un jour un seul 
grain blanc dans un épi noir ; il le planta et ce grain ne donna 
naissance qu'à des grains blancs. 

M. L. Rouest, directeur des fermes expérimentales de néo- 
culture Lacygrazailles à Carcassonne (Aude), demande à la 
Société de lui procurer des variétés de Soja et de Blés prove- 
nant de la Mandchourie pour leur acclimatation et leur étude 
en France. 

M. Rouest cultive depuis plusieurs années des variétés de 
Soja d'Amérique qui se sont bien acclimatées dans la région 
de la Vigne et du Maïs. Il a créé avec ces variétés de nom- 
breuses hybridations qui s'adaptent encore mieux que leurs 
ascendants. Il a trouvé des mutations qui seront isolées et 
cultivées en lignées pures de façon à créer de nouvelles va- 
riétés. 

Des variétés très précoces ont été obtenues qui peuvent 
être cultivées comme le Haricot. Le but n'est pas de remplacer 



EXTRAITS DES PROCÈS- VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ iSg 

le Haricot, mais de fournir à l'agriculture une plante à la 
fois fourragère et industrielle. L'industrie du lait de Soja 
pourra être très utile dans l'alimentation des Veaux et des 
Porcelets, dit M. Rouest. On pourra aussi fabriquer, avec le 
Soja cultivé en France, de la caséine et de nombreux produits 
alimentaires de haute valeur azotée. 

M. Rouest rappelle que c'est la Société d'Acclimatation qui, 
la première, a propagé la culture du Soja. 

M. le Président ajoute que le tourteau de Soja est remar- 
quable pour l'alimentation des Carpes. De très intéressantes 
expériences ont été faites en Amérique et en Hongrie sur le 
Soja fourrager. En son temps, nos collègues MM. Prillieux et 
Bois ont publié, dans notre Bulletin, des études très complètes 
sur cet utile légume. 

M. Chevalier donne de très curieux détails sur les planta- 
tions de Soja faites au Congo. Elles ne réussirent que dans les 
terrains où l'on avait répandu de la terre provenant du pays 
d'origine des graines. Il y a, en effet, dans cette terre des bac- 
téries qui favorisent le développement du Soja. 

M. Charles Rivière présente un fruit de Lodoicea Seychel- 
lariim qui n'a pas de prolongation de cebum. M. Chevalier 
rappelle qu'il a vu des exemplaires cultivés de Lodoicea à 
Buitenzorg, à Peradenia et chez M. Fauvel (Etats fédérés ma- 
lais), n y a eu fécondation artificielle des sujets de Buiten- 
zorg par ceux de Peradenia. Lorsque M. Chevalier passa en 
Malaisie, les fruits avaient quatre ans (il en faut sept pour 
qu'ils soient mûrs). 

Ce fruit curieux est en général bilobé, mais il peut être 
trilobé, même quadrilobé. 

M. Guillaumin ajoute qu'il y a dix ou douze ans, au Mu- 
séum, on a obtenu un début de germination qui se trouve 
encore dans les collections. 

Colonisation 

M. Fauchère fait une conférence d'une portée pratique con- 
sidérable sur les ressources en huiles végétales de nos colonies. 
Cette conférence paraîtra, in extenso, dans la première partie 
de notre Revue. 

Le Secrétaire des séances adjoint : 
Pierre Crepin. 



l4o BULLETIN DE LA. SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCGLIMATATION 

SÉANCE GÉNÉRALE DU 21 FÉVRIER 1921 

Présidence de M. Bois, vice-président de la Société 

Le procès- verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Généralités 

Notre collègue M. Poisson, dont nous avons annoncé le 
départ pour Madagascar, est arrivé à Tuléar d'où il nous 
écrit qu'il pense toujours à nous adresser toutes les observa- 
tions qu'il va pouvoir être à même de faire. 

Nous avons reçu pour notre Bibliothèque : La Terre avant 
l'Histoire, de notre président M. Edmond Perrier, et L'Afrique 
Equatoriale française par notre collègue M. Bruel. 

Ornithologie 

Le Ministère de l'Agriculture nous communique le qua- 
trième rapport mensuel du Concours national de Ponte des 
Vaulx-de-Cernay pour la période du 28 décembre 1920 au 
20 janvier 1921. Le lot de Dresses noires de M"^ Guesle tient 
toujours la tête avec 287 œufs, les « Ancône » ont la seconde 
place avec 162 œufs. 

M. le Secrétaire général lit une note de M. Legendre sur 
le caractère de certains Oiseaux de France (Chevêches, Scops, 
Pies-épeiches, Tarins, Rouges-gorges, Fauvettes à gorge bleue, 
Mésanges, Engoulevent). L'article de notre collègue paraîtra 
dans l'Oiseau. 

M. le comte Delamarre fait connaître que la Fédération na- 
tionale des Sociétés d'Avicultui'e, qui avait, depuis 1906, en- 
couragé la sélection des races d'Oiseaux de Basse-cour par la 
distribution à ses adhérents de bagues fermées en aluminium, 
vient de compléter son œuvre en créant un Livre des Origines 
avicoles, qui fonctionne depuis le 18 janvier 1921 et auquel 
peuvent être inscrits, sous certaines conditions, les Oiseaux 
de race pure portant la bague fédérale. 



extraits des procès-verbaux des séances de la société 1 4 ï 

Entomologie 

M. Chopard fait une communication sur une Fourmi exo- 
tique acclimatée dans le midi de la France ; c'est la Fourmi 
d'Argentine (Iridomyrmex humilis Mayer), importée en France 
avec des plantes de serres, d'origine sud-américaine et qui 
est devenue un véritable fléau sur deux points de notre littoral 
méditerranéen ; dans le Var, à Tamaris, et dans les Alpes- 
Maritimes à Cannes. 

Aquiculture 

M. le professeur Roule donne lecture d'une lettre de notre 
collègue, M. Gensoul, sur l'acclimatation de certains Poissons : 
Il y a tuojours pullulation du Poisson-Chat dans ses étangs 
d'élevage. On le combat en faisant le nettoyage complet de 
l'étang avec labourage et hersage, chaulage même en em- 
ployant jusqu'à 25o kilos de chaux par hectare. 

Le Sandre (Fogosh) voisin de la Perche, mais qui atteint 
trois à quatre kilos, est originaire de l'Europe orientale (bas- 
sin du Danube et lacs de la Mazurie). Depuis plus de vingt 
ans on essaye de l'acclimater en France, dans les Vosges et en 
Lorraine. Jamais on n'avait eu de reproductions véritables. 
Or M. Gensoul a obtenu la reproduction de ce Poisson, mais 
les jeunes n'ont pas semblé grandir très vite à cause de l 'exi- 
guïté de l'étang d'élevage et du manque de nourriture. En 
Hollande la croissance du Sandre est telle qu'il atteint i5 cen- 
timètres à un an ; à trois ans la taille est de 4o centimètres, 
grâce à une bonne nourriture d'Eperlans. 

M. de Guerne rappelle que dans notre Bulletin, vers 1860, 
ont paru de nombreuses notes sur le Sandre, par M. Valentin. 

Botanique 

Notre collègue, le docteur Robertson-Proschowsky nous 
adresse des fragments de feuilles de Livistona olivœformis dont 
la gelée a modifié d'une façon très particulière la coloration ; 
la partie décolorée est toujours la même, ce qui paraît pro- 
venir d'une cause d'ordre physiologique, d'un parenchyme 
moins résistant à cet endroit qu'ailleurs. 

M. Maurice Jeanson fait une communication sur la culture 



I^a BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION 

de quelques légumes nouveaux. Il conclut au peu d'intérêt 
des plantes suivantes : Actinostem\Trïa panicwlatum, Lagenaria 
Oleifera, Phaseolus Mungo dont il présente des germes. Mais, 
au contraire, il convient de donner tous ses soins à la cul- 
ture d'une nouvelle variété de Soja hâtif à gros grains, obtenue 
par notre collègue. Après avoir présenté le « Hirni » (petit 
Arum marocain) et une Centaurée à racine charnue du même 
pays, M. Jeanson s'étend longuement sur l'Igname de Chap- 
pellier. Puis notre collègue termine en donnant des détails 
très précis, tant sur la culture et le rendement, que sur la 
préparation culinaire de la Courge de Siam (Cucurbita mela- 
nosperma) à laquelle il prédit un bel avenir. 

M. le comte Delamarre, qui cultive également la Courge de 
Siam, se joint à M. Jeanson pour en vanter les mérites ; il 
insiste sur cette question primordiale que la conservation de 
cette précieuse Cucurbitacée qui peut se garder plusieurs 
années, doit se faire dans un lieu aéré, sec et à l'abri de la 
gelée. 

M. Piédallu complète la conférence de M. Jeanson en étu- 
diant la valeur alimentaire des légumes présentés. Les com- 
munications de MM. Jeanson et Piédallu paraîtront dans la 
première partie de la Revue- 

Le Secrétaire des séances adjoint : 
Pierre Crepin. 



BIBLIOGRAPHIE 



Exploration botanique de l'Afrique occidentale française. — 

Tome I. Enumération des plantes récoltées, avec une carte 
botanique, agricole et forestière, par Aug. Chevalier. — 
Un volume in-8, XVI-798 pages. Paul Lechevalier, éditeur, 
13, rue de Tournon, Paris ; 1920. — Prix : Go francs. 

L'ouvrage qui vient de paraître était sous presse avant la 
guerre. La carte avait déjà été publiée dans le tome XXVI, 
n° 4, de la La Géographie (i5 octobre 191 2). Elle donne les 
limites des douze formations végétales principales, mettant 



BIBLIOGRAPHIE l43 

surtout en relief les cinq grandes zones (désert du Sahara, zone 
sahélienne, zone soudanaise, zone guinéenne, grande forêt 
vierge). L'aire de dispersion des douze espèces végétales spon- 
tanées les plus utiles à l'homme a été figurée. Elle indique éga- 
lement l'emplacement des grands pâturages naturels afin de 
montrer les régions où l'élevage est appelé à un réel avenir. 
De même la zone d'inondation du Niger, propre aux cultures 
irriguées après aménagement a été aussi représentée. 

Le but de ce travail est de faire connaître la végétation des 
régions explorées par l'auteur, par ses anciens collaborateurs, 
0. Caille, F. Fleury, V. Martret, ou encore par d'obligeants 
correspondants. Pour la Mauritanie notamment, qu'il n'a pu 
explorer lui menue, il a utilisé des documents recueillis par 
l'administrateur Arnaud, par le colonel Mouret, le capitaine 
Ronger, le lieutenant G. Schmitt, l'adjudant Marcel Charles, 
le docteur Ducellier, M. Chudeau, etc. 

Au cours des sept voyages qu'il a effectués en Afrique occi- 
cidentale, de 1898 à 191 2, l'auteur a recueilli en Afrique occi- 
dentale française seulement, environ 17.000 numéros d'her- 
bier. 

Le Tome I donne l'énumération des espèces récoltées et 
l'indication des localités et des stations où elles ont été trou- 
vées. Parfois y sont joints des renseignements sur le port, la 
couleur des fleurs, les propriétés et usages, enfin les noms in- 
digènes sont en outre mentionnés. Toutefois des renseigne- 
ments plus complets sur ces questions, ainsi que des descrip- 
tions des espèces nouvelles ou mal connues, trouveront leur 
place dan les tomes suivants. 

M. Chevalier s'est proposé, en effet, de faire connaître, pour 
toutes les espèces spontanées ou cultivées, des détails sur leur 
dispersion, leur station préférée, sur leurs caractères biolo- 
giques (périodes de végétation, de floraison, de fructification, 
etc.). Il y ajoutera les noms dans les divers dialectes des pays 
qu'il a parcourus ainsi que les aperçus sur les usages et les 
propriétés des principales espèces. 

Un dernier tome sera consacré à la Géographie botanique de 
l'Afrique occidentale française. 

Tel qu'il est, l'ouvrage conçu par M. Chevalier et réalisé 
grâce au concours moral et financier bienveillant de M. Merlin, 
gouverneur général de l'Afrique occidentale française, ne sau- 
rait prétendre constituer un ouvrage d'ensemble comme le 



ll\[x BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

Flora of tropical Afrîca, ouvrage lui-même très incomplet au- 
jourd'hui pour les premiers tomes. C'est que la végétation de 
l'Afrique tropicale est encore trop incomplètement étudiée. 
Malgré la grande quantité de matériaux amassés au cours de 
ses explorations, il n'a pas semblé à M. Chevalier qu'il était 
en possession de documents suffisants pour entreprendre une 
flore d'ensemble de l'Afrique occidentale française. Une telle 
tâche eût constitué, du reste, un travail considérable et, oc- 
cupé plus spécialement à des études d'ensemble concernant 
l'agriculture et les forêts de nos colonies, l'auteur n'aurait 
pas eu les loisirs de la mener à bien. 

M. Chevalier a donc dû se borner à étudier les matériaux 
qu'il avait recueillis et à reporter les observations qu'il avait 
faites au cours de ses voyages et consignées dans ses notes 
prises au jour le jour. 

Environ quatre forts volumes seront nécessaires pour pu- 
blier ces observations. 

Quant à la flore d'ensemble complète de l'A. 0. F., elle ne 
pourra être réalisée que par la génération qui suivra. Il ne 
faut pas oublier que la Flora of British India, dont la publica- 
tion seule a demandé 26 années, n'a pu être réalisée qu'après 
plus d'un siècle de recherches incessantes, poursuivies avec 
persévérance par tous les savants attachés au Botanical Siirvey 
of India (Jardin botanique de Calcutta), fondé dès 1756. L'un 
de ses anciens directeurs, le docteur Roxburgh, surnommé le 
père de la Flore des Indes, avait présenté en 181 5 un Censiis 
de ses récoltes et cet ouvrage fut un puissant stimulant pour 
pousser les botanistes et les explorateurs à continuer ces re- 
cherches. 

L'ouvrage de M. Chevalier doit avoir la même portée à 
l'égard des botanistes français qui voudront poursuivre l'explo- 
ration scientifique de notre immense et splendide Afrique occi- 
dentale française. 



L'Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 



CHATEAUROUX. IMP. LANGLOIS 



Le Secrétaire gênera a l'honneur d informer MM. les Membres de la Société et !pr 
personn.>s qui désireraient l'entretenir, qu il se tient à leur disposition au «ÎILhJi! 
société, 198, boulevard Saint-Germain, tous les Lundis, de 4 à 7 heures ^ 



EX »IIST»lBUTIOIV 



Graines offertes par M. GAGE, 
superintendant du Jardin 
royal botanique de Darjeeling 
(Inde t. 

Setula Bhojpaltra. 

Eriohotrya Hookeriana. 

Fraxinus floribunda. 

Indigofera dosua var. tomentosa. 

Pinus Puddum. 

Rhododendron arboreum. 

Salix oreophila. 

Trachycarpus Martianus. 



Graines offertes par M. BOIS 

Onopordon illyricum L. var. 
cardunaulug. 



Graines offertes par M. MOREL. 
Agathœa cœlestis. 
Angetica archangelica. 
Aralia sinensis. 
Biota aurea. 
Castanopsis hystrix. 
Chionanthus virginica. 



Cratœgus Carrierei. 
Cytisus sempervirens. 
DimorpJiotheea aurantiaca. 
Eucalyptus amygdalina. 
Eucalyptus globulus. 
Galtonia candicans. 
Halesia corymbosum. 
Héliotrope var. Lenioine. 

— — M°« Bruand. 

Heifchera sanguinea. 
Impatiens Sultani. 
Polygonuvi Baldschuanicum. 
Séquoia gigantea. 
Tamarix africana. 
Chamœrops excelsa. 
Escholtzia. 

Leucanthemum (Etoile d'An- 
vers). 
Spirœa astilboides. 
Pincenecticia paniculata. 
Acacia cultriformis. 
Mimosa sp. ? 
Bignonia echinata. 
Capucines. . 

Graines offertes par le Gouver- 
nement général de l'Algérie 



et par le Jardin botanique de 
Sydney. 

Chloris gayana. 

Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdalus Davi- 
diana (Pêcher sauvage des 
montagnes de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

Graines • offertes par M. JEAN- 
SON. 

Lagenaria olefera. 
Zinnia mexicana. 



Graines offertes par M. PLA- 
NIOL. 

Dolichos sinensis, fourrage pour 
régions sèches (Midi et S.-O.). 

Graines de Buklandia populnea. 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société 

OFFRES 

Araucaria excelsa, âgé de 25 ans, T^SO de circonférence. 
M. E. Chalvon, 8, me Germain-Pilon, Paris. 

A vendre : Lama femelle blanche âgée de 4 ans^ née en Suisse. 

Adresser offres à l'Intendant de la Villa de Prangins, près Nyon (Canton de Vaud), Suisse. 
Elevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

Poules : Wyandottes blanches, Wyandottes argentées, Léghorn blanches, Minosque, Bresses noires, 
Faverolles, Canet Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Ducl.air, Oies Toulouse, Dindes noires. 

Reproducteurs de race pure, premier choix, élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, ppussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Cham- 
pagne, Angoras blancs, noirs, havane, Fauves Borgogne, Géants noirs, Géants blancs, Vendée, sujets 
jeunes et adultes. 

M. Passy, Domaine du Désert de Retz à Chambourcy [téléphone : 15] (S.-et-O.). Gare Saint-Germain. 

Deux mâles Amherst, adultes, parfaits, à échanger contre femelles même espèce ou vénérée. M. Duriez, 
44, boulevard Henri IV. 

Lapins Papillons et Béliers biens, jeunes et adultes. M. de Boudard-Olonne, La Robine par Loriol 
(Vaucluse). 

DEMANDES 



Maison de campagne, à louer, trois chambres non meublées, à 4 on 5 heures de Paris. Région boisée, 
rivière ou étang proches, facilités de circulation pour l'étude et la photographie des animaux. 
Eerire au Secrétariat. 

Anguilles pour empoissonner un étang. Indiquer prix et grosseur. M. Thomas, domaine de Theix, par 
Saint-Genès-Champanelle (Puy-de-Dôme). 

Dix à douze couples Pigeons bizets, vigoureux et choisis. M. Marret, 5, boulevard Montmartre, Paris. 



Le but de la Société Nationale d'Acclimatation de France est de concourir : i" à l'in- 
troduction, à racclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'orne- 
ment ; 2° au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites 
ou domestiquées ; 3° à l'introduction et à la propagation de végétaux utiles ou d'orne- 
mçnt. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée dç lo francs el une cotisation 
annuelle de 26 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de 260 francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Bota- 
nique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses 
membres. 

Elle publie, outre ce BULLETIN, la REVUE D'HISTOIRE NATURELLE APPLIQUEE, com- 
posée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des questions 
concernant l'élevage des animaux, la culture des plantes et particulièrement des faits 
d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie par abonnement, aux 'membres 
de la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de 30 francs pour les 
deux. 



REVUE D'HISTOIR E NATU RELLE APPLIQUEE 

Première partie 

MAMM ALOGIF:! - AQUICULTURE - ENTOMOLOGIE - BOTANIQUE 
COLONISATION - AQUARIUMS ET TERRARIUMS 



SOMMAIRE, VOL. 21, N" 8 AOUT 

A. Meunissieh. — Notes sur la séleetjjoii et l'amélioration de3 races. 

P. Cbepin. — Mahé de la Bourdonnaie, colonisateur et acolimateur {suite et fin). 

P. FABRE-DoMEEcrE. — La reproduction, en aquarium des Poissons vivipares. 

A. PArcHÈRE. — Xes ressources en huiles végétales des colonies françaises. 

J. Ckhpin. — Kôle de la Chèvre au point de vue économique et social (suite et fin). 



Deuxième pariie : L'OISEAU 



SOMMAIRE, VOL. II, N" 8 AOUT 

J. Delacoue.' — Une Collection d'Oiseaux en Italie. 

F. DE Laccer. — Le Garrulaxe leucocéphale. 

D. Seth-Siiith. — L'Elevage en captivité de l'Hémipode de Tank {illustré). 

A. Fellat. — Une petite collection d'Oiseaux du Chili. 

Chronique oniitUologique. 



CH.^TEAUnOUX. — IMPRIMERIE LANGLOÏS 



BULLETIN 



DE LA. 






iitatii 



DE FRANGE 



(•68* aivinée) 



n^ ô. -^ SEPTEMBRE 1921 



SOMMAIRE 



Pages. 
Mort Bl obsèques d'EDMO>T) PERRIER, Président de 1« Sociélé nalionale d'Accli- 
matation de France ^ , i /|5 

Extraits des procès-verbaux des Séances de la Société : 

Vir Section. — Aquariums et Tcrrariums ^ séance du 2^ février 192 1 i58 

Séance générale du 7 mars 192 1^ ^ .... ......... 161 

Séance générale du 27 mars 192*.. ^ i65 

■ Bibliographie : 

Le chien. — Petit man«el sur les forêts. — L'élevage industriel des salmonidés. 171 



Un numéro, 2 £r. 50. — Pour les Membres de la Société, 1 Ir, 50 



AU SIÈGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D 'ACCLIMATATION DE FRANCE 

198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS <¥IP) 



Des cartes annuelles d'entrée au Jardin d'Acclimatation, accompagnées de 
ic tickets, sont délivrées, au prix de 10 francs, aux membres de la Société, 
dans nos bureaux. 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 



Président, M. Edmond Pebbibb, Membre de l'Institut et de l'Académie de Médecine, Professeor an 
Muséum d'Histoire naturelle, Paris. 

MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 55, rue CuTier. Paris i 
i D' iÎHATJVBATj, Sénateur de la Côte-d'Or, 225, boslevard Saint-Germain. Paris ; 

MuRAT (le prince Joachim), Député, 28, rue de Monceau, Paris ; 
t Anthouard (le baron A. d'). Ministre plénipotentiaire, 121 his, rue de Ij» 

Pompe, Paris. 
Secrétaire général, M. Maurice Loter, 12, me du Four, Paris. 

' MM. J.Crepin, 55, rue de Vemeuil, Paris (Séances) ; 

\ Ch. Debkeuil, 25, rue de Chàteaudun, Paris (Intérieur) ; 

j 3. Delacottr, & Clères (Seine-Inlérieure) (Etranger) ; 



Vice-Présidents 



Secrétaires 



Abbé G. FoTJCBŒR, 24, rue Cassette, Paris (Conseil). 
Trésorier, M. le D' Sebiixotte, 6, rue de l'Oratoire, Paris. 
Archiviste-Bibliothécaire, M. P. o» Clermont. ' 

Membres du Conseil 

MM. A. Chappellier, ^0, boulevard Saint-Germain, Paris. 

le D' P. Marchai,, Membre de l'Institut, Professeur à l'Institut National Agronomique, 45, ru© 

de Terrières, à Antony (Seine). 
le D' Lepbirce, €2, rue de la Tour, Paris. 
Mailles, rue de l'Union, La Varenne-Saint-Hilaire (Seine). 

le D' E. Tbottessart, Professeur an Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue CuTier, Paria. ■ 
Lecomte, Membre de l'Institut, Professeur an Muséum d'Histoire naturelle, 14, rue des Ecole«, 

Paris. 
P. Carié, 40, boulevard de Conrcelles, Paris. 

L. RoiTLE, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, Paris. 
P. Kestneb, Président de la Société ^de Chimie industrielle, 38, rue Ribera, Paris. 
R. Lb Fort, 89, boulevard Malesherbes, Paris. 
Barriol, Chef de la Comptabilité et des Finances de la Compagnie du P.-L.-M., 40, rae des 

Martyrs, Paris. 
M. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Conrcelles, Paris. 



Dotes des Séances généra/es et du Conseil 

POUR L'ANNÉE 1931 





Janvier 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


Novembre 


Dccemiire 


SÉANCES GÉNÉRALES à 3 h., IsS lujldis. . . . 


10 

2/4 


7 

31 


7 

31 


1 1 

25 


3o 


7 
21 


^In 


V[* Section, Colonisation, a 5 h., les jeudis | i3 


10 


10 


i4 


12 


10 


8 


VII" Section, Aquariums, Terrariums, les 
















jeudis 


27 


2/i(') 


MO 


28(«) 


36 C) 


34(') 


33 (V 


Sous-section d'Ornithologie (Ligue pour 
















la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 






• 










troisièmes jeudis 


20 


'7 


>7 


ai 


•9 


>7 


i5 


(1) A 8 h. 3/4 du soir. 












(2) A 5 heures du soir. 












(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générale^ 













Assemblée générale le lundi 19 décembre, : 


k 3 heures. 






• 
SÉANCES DU Conseil, à 4 h., les mercredis 


Janvier 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


Novembre 


Décembre 


'9 


16 


16 


20 


35 


16 


i4 



Les membres de la Société qui désirent assister aux Séances générales recevront, sur 
leur demande, les ordres du jour mensuels des séances. 



La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises 

par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin- 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur. 

des articles publiés dans le Bulletin est interdite 



Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de 1 franc, 
montant des frais de réimpression des nouvelles bandes-adresses. 



Bull. Soc. Acct. Fr. 



Pl II. 1 9 i I 




Edmokd PERHIEH, iS/,',-i<J2i 



iphol. Kug. Pirou) 



MORT ET OBSÈQUES 



DE 



M. EDMOND PERIIIER 

Président de la Société nationale d'Acclimatation de France 

Membre de l'Institut 

Membre de l'Académie de Médecine 

Commandeur de la Légion d'Honneur 



lll6 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aGGLIMATATION 



MORT DE M. EDMOND PERRIER 



Un grand deuil a frappé la Société d'Acclimatation ! 
Notre Président, M. Edmond Perrier, membre de 
l'Institut et de l'Académie de Médecine, Directeur 
honoraire du Muséum d'Histoire naturelle, comman- 
deur de la Légion d'honneur, est décédé après une 
courte maladie, le 3i juillet 192 1, à l'âge de 77 ans, 
dans cette maison qu'habita Buffon, au Muséum 
d'Histoire naturelle, oij il avait passé la plus grande 
partie de son existence, oij il fit toute sa carrière. 

La perte que fait notre Société est immense et ses 
conséquences se feront longtemps sentir parmi nous. 

Bien que les hautes fonctions qu'il occupait, les 
recherches scientifiques qu'il poursuivait, lui laissas- 
sent peu de loisirs, Edmond Perrier prit toujours une 
part active à nos travaux. Chaque jour il prodiguait 
à notre Société les marques de son affection, soit 
qu'il présidât les séances de notre conseil, où ses 
avis étaient toujours respectueusement écoutés et sui- 
vis, soit qu'il dirigeât, avec l'autorité que lui assurait 
sa haute compétence, les délibérations de nos séances 
générales où il dépensait, sans compter, les res- 
sources infinies de son esprit, de son érudition et de 
sa science. 

Mieux que tout autre, il savait exposer les vérités 
scientifiques en une langue harmonieuse et poétique 
où l'amour du beau et du vrai se confondaient avec la 
profonde admiration et le grand respect qu'il profes- 
sait pour tout ce qui vit dans la Nature. 

Ce grand savant, ce travailleur infatigable fut aussi 
un grand français. Son patriotisme égalait sa science. 

Médaillé de 1870, il se dévoua pendant la dernière 
guerre, n'hésitant pas, malgré son âge, à entre- 
prendre à l'étranger, chez les neutres, des tournées 
de conférences afin de disposer les esprits en faveur 
de notre pays. 



MORT DE M. EDMOND PERRIEU 



i47 



Son dévouement désintéressé à tout ce qui était 
le bien public lui faisait rechercher surtout, dans 
les travaux scientifiques, tout ce qui pouvait servir 
à améliorer le sort de ses concitoyens et sa grande 
bonté, qui était le reflet de la sérénité d'une âme 
droite et généreuse, lui faisait accueillir avec joie 
l'occasion de prodiguer, en faveur de ceux qui ve- 
naient lui demander l'aide puissante de son expé- 
rience et de sa science, les ressources infinies de son 
talent et de son énergie. 

Digne continuateur de l'œuvre d'Isidore Geoffroy- 
Saint-Hilaire et de Drouyn de Lhuys, son souvenir 
vivra éternellement dans notre mémoire et dans nos 
cœurs. 



B 



H 



OBSÈQUES DE M. EDMOND PERRIEK 



Les obsèques d'Edmond Perrier ont eu lieu le 3 août 1921. 
Le convoi funèbre partit de la maison mortuaire pour se 
rendre à l'église Saint-Médard : le char disparaissait sous les 
gerbes de fleurs et les couronnes. Parmi celles-ci on remar- 
quait celles de la Société d'Acclimatation, du Muséum d'His- 
toire naturelle, de la Société de Géographie, de la Société des 
Gens de lettre, etc. 

Le deuil était conduit par MM. Louis Perrier, maître des 
requêtes au Conseil d'Etat et le docteur André Perrier, fils du 
défunt ; MM. Oscar et Rémy Perrier, ses frères ; MM. Maurice 
Demonbynes, Pécresse-Perrier et Georges Piccoli, ses neveux, 
etc. 

Venaient ensuite le commandant Derendinger. de la maison 
militaire du président de la République, représentant le pré- 
sident ; la délégation de l'Académie des sciences, composée 
de MM- Lemoine, président ; Lacroix, secrétaire perpétuel ; 
Henneguy, Bouvier et Marchai ; une délégation d'officiers de 
la place de Paris ; les professeurs du Muséum ; les délégations 
de la Société d'Acclimatation, de la Société de Géographie, 
de l'Association corrézienne, etc. MM. André Honorât, séna- 
teur, ancien ministre de l'Instruction publique ; Gaston Des- 
champs, député, président de la commission de l'enseigne- 
ment de la Chambre ; les représentants du président du 
Conseil, du ministre de l'Instruction publique, du mi- 
nistre de l'Intérieur, du ministre des Finances, du sous-se- 
crétaire d'Etat à la présidence du Conseil, du sous-secrétaire 
d'Etat à l'Intérieur, etc. MM. Daniélou, député, haut-com- 
missaire du gouvernement ; Coville, directeur de l'enseigne- 
ment supérieur au ministère de l'Instruction publique ; le 
prince de Monaco, MM. Henri Cordier, Omont, le docteur 
Roux, le professeur Branly, le docteur A. Calmette, Jordan, 
Daniel Berthelot, Boussinesq, Vieille, Baillaud, Tisserand, 
Maquenne, membres de l'Institut ; le professeur Albert Robin, 
le médecin inspecteur général Sieur, MM. Mesureur, membres 
de l'Académie de médecine ; E. -Adrien Hébrard, directeur du 



OBSÈQUES DE M. EDMOND PERRIER 1^9 

Temps ; Albéric Cahuet, vice-président de la Société des 
Gens de Lettres ; Henry Poulet, Edouard Delpeuch, le colonel 
Monteil, le professeur Verneau, le professeur Roule, Georges 
Lecherbonnier, Lemercier, J. Girard, le docteur René Gaultier, 
Priestley, Achille Laurent, de Mouy, G. Grandidier, Henri 
Bernés, J. Coudert, G. Pascalis, le docteur Magnan, etc., etc. 

Sur un coussin, derrière le char, étaient posées les insignes 
des nombreux ordres français et étrangers conférés à M. Ed- 
mond Perrier. 

A l'entrée de l'église, le corps a été reçu par le chanoine 
Pinet, curé de Saint-Denis-du-Saint-Sacrement, ami personnel 
de la famille, qui, après la messe dite par l'abbé Lambert, 
l'un des vicaires de Saint-Médard, a donné l'absoute. 

Après la cérémonie religieuse, le cortège s'est reformé et 
s'est dirigé vers le cimetière Montparnasse. Là, après les der- 
nières prières, les discours ont été prononcés. 

M. Henneguy, au nom de l'Académie des Sciences fait tout 
d'abord l'éloge du savant disparu, rappelle quelles furent ses 
importantes et précieuses découvertes, et termine ainsi : 

« Disciple fervent de Lamarck, de Geoffroy-Saint-Hilaire, 
de Darwin, évolutionniste convaincu, Edmond Perrier, dans 
son livre, les Colonies animales et la formation des orga- 
nismes, paru en 1881, s'efforça d'établir qu'une propriété 
commune à tous les animaux inférieurs, la propriété de se 
reproduire par division ou par bourgeonnement, a été la pre- 
mière cause de toute l'évolution organique. Les êtres nés les 
uns des autres par ce procédé sont d'abord restés associés, et 
ce sont ces associations qui portent le nom de colonies. Celles- 
ci sont devenues ensuite des organismes ; leurs différentes 
parties, ou mérides, se sont de plus en plus spécialisées, leur 
solidarité est devenue de plus en plus étroite ; la colonie des 
mérides, qui semblait être une association d'organismes à 
peu près indépendants, est devenue à son tour, et graduel- 
lement, une unité individuelle, dont nous voyons l'image dans 
les animaux supérieurs. Cet ouvrage, écrit dans un style clair 
et élégant, eut un grand retentissement et fit connaître le nom 
d'Edmond Perrier au grand public. Ses autres ouvrages, tels 
que la Philosophie zoologiqiie avant Darwin, A travers le 
monde vivant, la Vie en action, en firent un de nos savants les 
plus populaires. 



lOO BULLETIN DE LA SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION 

« Notre confrère ne s'est pas borné à des travaux de pure 
recherche scientifique et de haute vulgarisation : il a voulu 
doter la science française d'un ouvrage qui lui faisait com- 
plètement défaut, d'un Traité de zoologie. Nul mieux que lui 
n'était préparé pour entreprendre un travail aussi ardu. Ses 
connaissances générales des plus étendues, la clarté qu'il ap- 
portait dans l'exposition lui facilitaient cette lourde tâche. 
Son Traité, dont près de S.ooo pages ont déjà paru, et qui 
était sur le point d'être terminé, n'est pas un simple travail 
d'érudition, richement documenté, et de compilation. Edmond 
Perrier en a fait une œuvre personnelle : l'organisation des 
animaux y est exposée d'après la conception qu'il avait es- 
quissée dans ses Colonies animales, et la classification y est 
basée sur des données nouvelles et originales. Il faut espérer 
que ce monument considérable ne restera pas inachevé, et 
que les disciples auront à cœur de terminer l'œuvre du 
maître. » 

M. Bouvier, membre de l'Académie des Sciences, a pris 
ensuite la parole, au nom du Muséum d'Histoire naturelle. 
Disciple et ami d'Edmond Perrier, M. Bouvier évoque cette 
existence toute faite de labeur, dans ce Muséum où le savant 
regretté vint d'abord en 1868, puis en 1876, et qu'il ne devait 
plus jamais quitter. Il s'exprime ainsi : 

« Edmond Perrier aima le Muséum de tout son cœur, et 
comment ne l 'eût-il pas aimé ? Il y entra une preinière fois, 
en 1868, à 25 ans, comme aide naturaliste ; il y revint comme 
professeur, en 1876, et, depuis lors, il n'a pas cessé d'être 
une des lumières de cet établissement, dont il devint le di- 
recteur en 1900, à la mort du regretté Milne-Edwards. C'est 
un demi-siècle qu'il a consacré au Muséum. Il était fier d'y 
avoir pris place, et il a tout fait pour s'en rendre digne ; par 
ses recherches et par les travaux de ses élèves, il en a main- 
tenu la haute renommée scientifique ; par ses qualités direc- 
toriales toutes personnelles, il en a sûrement fixé l'avenir. » 

M. Bouvier a dit dans tous les détails ce que fut au Muséum 
l'infatigable activité d'Edmond Perrier, par quelle extension 
des services existants, quelles créations de services nouveaux 
elle s'y manifesta, et comment, grâce à lui, souvent même à 



OBSÈQUES DE M. EDMOND PERRIER l5l 

son instigation, toujours avec son bienveillant concours, des 
travaux magistraux y ont pu être exécutés. 

« Comme son prédécesseur Milne-Edvs^ards, a-t-il continué, 
Edmond Perrier avait le sentiment très net que le Muséum 
est nécessaire au développement des sciences naturelles ; il 
le voulait, par suite, indépendant, mais il craignait pour cette 
indépendance et il ne négligea rien pour la lui assurer dans 
l'avenir. Ses qualités d'esprit, son humeur attachante, sa 
gaieté primesautière, son talent scientifique éclatant le fai- 
saient rechercher dans le monde et lui créaient des relations 
personnelles aussi nombreuses qu'influentes. Il mit tout en 
œuvre pour arriver à son but, et il eut la grande joie d'y par- 
venir : l'autonomie financière de l'établissement fut reconnue 
par les pouvoirs publics, et peu de temps après était fondée 
la Société, aujourd'hui florissante, des Amis du Muséum. Par 
cette double voie, le but était atteint et du' coup Edmond Per- 
rier illustrait à jamais sa direction. » 

M. Bouvier a rappelé ensuite que l'activité d'Edmond Per- 
rier ne trouvant pas à se satisfaire avec sa seule direction du 
Muséum, non plus qu'avec ses recherches scientifiques, il 
enseignait la zoologie dans les écoles normales de Saint-Cloud 
et de Sèvres et faisait partie de nombreuses commissions où 
il fournissait une somme de labeur considérable. Il a terminé 
en disant : 

« Voilà donc détruite pour jamais cette existence si pleine, 
que servit, jusqu'au dernier jour, une jeunesse étonnamment 
persistante. Ce laborieux entre tous a bien mérité le repos 
dans un autre monde, qu'il n'a jamais cessé d'entrevoir et 
auquel il a consacré en termes qui vont au cœur le dernier 
paragraphe de ses Colonies animales. Il se survivra ici-bas 
dans son œuvre, et il laissera le souvenir d'un vaillant qui 
a bien travaillé pour les progrès de la science et l'illustration 
de son pays. » 

M. Henri Cordier, au nom de la Société de Géographie, et 
M. A. Cahuet, au nom de la Société des Gens de Lettres, 
M. Emile-Adrien Hébrard, directeur du Temps, dont Edmond 
Perrier fut le collaborateur, rendirent également hommage au 
savant disparu. 



l52 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DACGLIMATATION 

En l'absence de nos vice-présidents retenus éloignés de 
Paris, MM. Caucurte, Debreuil, l'abbé Foucher, le docteur 
Leprince, Maurice Loyer et Trignart, membres du bureau et 
du conseil représentaient la Société d'Acclimatation. Ils étaient 
accompagnés de nombreux collègues, désireux de témoigner 
par leur présence, les regrets que leur causait la perte de not;e 
président. 



DISCOURS DE M. LOYER 

Secrétaire général 

AU NOM DE LA. Société d'Acclimatation 

Au nom de la Société nationale d'Acclimatation de France 
je viens apporter l'hommage de la profonde affliction que 
nous cause, à mes collègues et à moi-même, la perte que nous 
faisons en la personne du savant illustre, qui, durant plus de 
vingt années, fut le président vénéré de notre Société. 

Edmond Perrier venait de succéder à Alphonse Milne- 
Edwards dans la direction du Muséum d'Histoire naturelle 
lorsqu'il acceptait, en 1900, la charge de présider les tra- 
vaux de notre Société alors que, privée de direction, désem- 
parée, celle-ci semblait menacée d'une dissolution prochaine. 

C'est avec le même calme souriant, la même affabilité cour- 
toise que nous avons tous connus et aimés, qu'il accueillait 
alors, dans son cabinet directorial, ceux d'entre nous venus 
lui demander le secours de sa haute personnalité scientifique. 
De suite, il acceptait de placer la Société d' Acclimatation sous 
sa protection et sa direction, nous offrant son concours entier, 
et, désormais, jusqu'à sa mort, le précieux appui qu'il nous 
promit alors ne nous fît jamais défaut. 

La carrière de l'illustre savant, dont nous pleurons aujour- 
d'hui la perte, est remplie par des œuvres dont beaucoup dé- 
passent la portée des études de vulgarisation scientifique qui 
forment l'objet de nos travaux. Ce fut vers l'utilisation 
pratique, au profit de l'humanité, des découvertes de la Zoo- 
logie et de la Botanique pures qu'Edmond Perrier dirigea nos 
efforts. 

Le succès répondit à ses espérances. Sous son impulsion, 



OBSÈQUES DE M. EDMOND PERRIER l53 

une activité nouvelle anima nos séances, nos expériences fu- 
rent reprises avec une ardeur inaccoutumée et bientôt notre 
Président eut la satisfaction de voir les difficultés surmontées 
et le succès couronner ses efforts. 

Comprenant que l'acclimatation qui permet de faire vivre 
et prospérer sur notre sol les animaux et les plantes exotiques 
ne pouvait être le but exclusif de notre Société, il encouragea 
de tout son pouvoir nos études coloniales, et notre section de 
Colonisation groupa bientôt, sous sa présidence, l'élite des 
zoologistes et des botanistes qui étudient la faune et la flore 
de nos possessions lointaines pour le plus grand bien de la 
France et de ses colonies. 

La protection de cette faune et de cette flore coloniales et, 
d'une façon générale, de toutes les espèces en voie de dispa- 
rition, trouva en lui un défenseur ardent. Sous sa direction 
se développèrent ces campagnes en faveur de la sauvegarde 
de ces « Monuments historiques vivants », ainsi qu'Edmond 
Perrier appelait les grands Mammifères de l'Afrique ; c'est 
gYâce à lui que nous pouvons les considérer comme préservés 
d'une destruction immédiate. 

Dès les premières années de sa présidence, il souhaitait 
Funion, à nouveau, en un seul faisceau, de ces institutions, 
la Société d'Acclimatation et le Jardin zoologique du Bois de 
Boulogne créées et unies jadis, sous la haute direction du 
Muséum d'Histoire naturelle par Isidore Geoffroy-Saint-Hi- 
laire et qui vivaient séparées depuis plusieurs années. Le 
Muséum, centre d'études scientifiques, poserait des problèmes 
d'ordre scientifique que la Société d'Acclimatation introdui- 
rait dans la pratique avec le concours du Jardin zoologique 
comme champ d'expériences. 

Il eut la joie de voir, en ces derniers mois, la réalisation 
d'un de ses vœux les plus chers et de saluer, avant de mourir, 
le rapprochement, pour une collaboration pleine de promesses, 
du Muséum d'Histoire naturelle et de notre Société avec le 
Jardin zoologique d'Acclimatation. 

Grâce à Edmond Perrier, grâce à son énergie, à son dévoue- 
ment, la Société d'Acclimatation avait repris, dans le mouve- 
ment scientifique français, la place que, jadis, Isidore Geof- 
froy-Saint-Hilaire lui avait fait occuper. 

La mort, qui est venue le surprendre, à soixante-dix-sept 
ans, alors que, malgré son âge, malgré le labeur scientifique 



l54 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

considérable qu'il avait accompli, nous pouvions espérer, 
grâce à sa robuste constitution, le conserver encore longtemps 
à notre tête, nous a douloureusement frappés ! 

Notre Société conservera toujours pieusement la mémoire de 
celui qui fut pour elle un guide sûr, actif et dévoué. Tous, 
hommes de Science ou simples amis de la Nature, membres 
de la Société nationale d'Acclimatation de France, nous gar- 
derons précieusement le souvenir du savant illustre, dont 
l'œuvre tout entière fut un hymne passionné à la Nature, 
dont l'accueil aimable, la simplicité franche rassuraient et 
encourageaient les timides et les hésitants, dont la parole 
pleine de charme et d'esprit allait au cœur de chacun, qui 
savait mettre sa science au niveau de nos débats et qui jamais 
ne refusa ses conseils et son aide à des collègues qui, tous, 
étaient ses admirateurs et ses amis. 

Puissent les regrets que sa perte nous cause, venir atténuer 
la douleur de sa famille, de MJ^ Edmond Perrier, de MM. Louis 
et André Perrier, ses fils, auxquels nous adressons respectueu- 
sement l'hommage de nos condoléances émues. 



VIE ET CARRIÈRE D'EDMOND PERRIER 

La carrière d'Edmond Perrier fut extraordinairement bril- 
lante. 

Né, en i844, à Tulle (Corrèze), il fit ses études au collège de. 
cette ville et les termina au lycée Bonaparte, aujourd'hui lycée 
Condorcet. 

Reçu à la fois, en i864, à l'âge de 20 ans, à l'Ecole poly- 
technique et à l'Ecole normale supérieure, il opta pour cette 
dernière, attiré qu'il était par les Sciences naturelles, dans 
l'étude desquelles il n'allait pas tarder à s'illustrer. 

Licencié es sciences mathématiques et physiques, en 186G, 
agrégé de l'Université, l'année suivante, il était tout d'abord 
nommé professeur à Agen ; puis, en 1868, revenait à Paris, 
comme aide-naturaliste à la chaire de Zoologie (mollusques, 
annélides et zoophytes) du Muséum d'Histoire naturelle. 

Docteur es sciences, en 1869, il était maître de conférences à 
l'Ecole normale supérieure, en 1872 ; enfin il était nommé, en 
1876, professeur-administrateur au aMuséum d'Histoire natu- 
relle, qu'il ne devait plus quitter jusqu'à sa mort. 

C'est en 1892, qu'Edmond Perrier fut élu membre de l'Ins- 
titut, dans la section de zoologie de l'Académie des Sciences, 
en remplacement de Quatre fages de Bréau et l'Académie de 
Médecine le nommait à son tour associé libre, en 1898. 

En 1900, Edmond Perrier était appelé à prendre, à la direc- 
tion du Muséum d'Histoire naturelle, la place laissée vacante 
par la mort d'Alphonse Milne-Edwards et pendant vingt ans 
il resta à la tête de cet important établissement scientifique. 

Président de l'Académie des Sciences, en 1918, Edmond Per- 
rier était également membre associé ou correspondant de l'Aca- 
démie des Sciences de Stockholm, de Lisbonne et de Madrid, et 
docteur honoris causa de l'Université d'Oxford. 

La vie scientifique d'Edmond Perrier est riche d 'œuvres de 
science pure, de travaux de laboratiore, d'explorations et d'en- 
treprises savantes. 

De 1881 à i883, il fait partie des expéditions du Travailleur 
et du Talisman et explore les grands fonds de la Méditerranée 
et de l'Atlantique. Durant cette période, il s'attache à l'étude 
des Oursins, des Etoiles de mer et des Vers. 



i56 



BULLETIN DE LA SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION 



C'est alors qu'il publie son premier ouvrage : La philosopliie 
zoologique avant Darwin, dans lequel il montre comment 
l'étude des Invertébrés met en relief les ressemblances fonda- 
mentales qui existent entre les animaux et les plantes, com- 




Edmond PERRIER dans son cabinet de travail 

(Phot. Manuel) 



ment elle élargit l'ancienne conception et l'organisation ani- 
male basée sur la connaissance des vertèbres. 

Il fait ensuite paraître, en 1881, les Colonies animales et la 
formatioîi des organismes, où il établit, suivant les doctrines 



VIE ET CARRIÈRE d'eDMOND PERRIER 167 

de Lamarck, de Geoffroy-Saint-Hilaire et de Darwin, que la 
cause de toute évolution organique est la propriété que possè- 
dent tous les animaux inférieurs de se reproduire par divi- 
sion ou bourgeonnement. 

L'une de ses œuvres les plus considérables et qu'il n'a pu 
terminer entièrement est ce Traité de Zoologie, en douze vo- 
lumes, dont le Président de l'Académie des Sciences, en faisant 
l'éloge du savant disparu, disait « qu'on avait le droit de 
s'étonner qu'un seul homme eut pu mener à bien une pareille 
tâche ». 

Enfin, parmi les nombreux ouvrages qu'il a écrits pour faire 
connaître la théorie de l'évolution, citons celui qu'il fit paraître 
quelques mois avant sa mort : « La Terre avant l'Histoire ». 

Doué d'une activité extraordinaire dont il fit preuve jusqu'à 
son dernier jour, ignorant la fatigue, se dépensant sans comp- 
ter, Edmond Perrier laisse une oeuvre considérable qui a 
rendu son nom célèbre dans le monde entier. Comme Direc- 
teur du Muséum, il s'attacha à obtenir des Pouvoirs pu- 
blics les crédits nécessaires à la restauration des bâtiments, à 
l'amélioration des installations intérieures des galeries et des 
laboratoires de recherches ainsi qu'au développement de l'en- 
seignement de ce grand établissement scientifique. Il favorisa 
de tout son pouvoir les relations entre le Muséum et nos co- 
lonies et fit entreprendre toute une série d'expéditions pour 
l'étude de la faune et de la flore de nos possessions d'outre- 
mer, recueillant ainsi des collections uniques qui servirent à 
améliorer l'utilisation des ressources animales et végétales de 
nos colonies. 

Fondateur du laboratoire de biologie marine de Tatihou, 
près de Saint-Waast-la-Hougue (Manche), il s'intéressa égale- 
ment au développement de nos pêches maritimes coloniales 
qui sont appelées à rendre de si grands services au pays. 

Enfin, comme vulgarisateur des travaux scientifiques dans 
leur application à l'agriculture et à l'industrie, Edmond Per- 
rier laisse une série importante d'études dans lesquelles il 
traite, en les mettant à la portée du grand public, les ques- 
tions les plus délicates de la Zoologie et de la Botanique. 

Telle est, esquissée à grands traits, la vie de celui qui fut un 
des bons ouvriers de la pensée française, un grand travailleur 
qui honora la Science et son pays. 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 



VIP SECTION : AQUARIUMS ET TERRARIUMS 

Séance du 24 février 1921 
Présidence de M. le docteur Pellegrin, président. 

M. le Président donne lecture d'une lettre de notre collègue 
M. Baudon, administrateur des Colonies, concernant les Pois- 
sons de l'Afrique centrale : Pantodons, Cyprinodontidés, Silu- 
ridés, Mormyridés, etc., etc. 

Il souhaite ensuite la bienvenue à M'"* Baudains qui a bien 
voulu mettre à la disposition de M™* Phisalix de curieux 
petits Sauriens rapportés par elle, à l'état vivant, de l 'Arizona 
et du Mexique. Ces régions, à l'altitude où l'on y rencontre les 
Plirynosomes, sont très froides en hiver, remarquablement 
chaudes, par contre, au cœur de l'été. Pendant la belle saison, 
les Phrynosomes semblent rester très volontiers immobiles 
en plein soleil, guettant au passage les Insectes dont ils se 
nourrissent à peu près exclusivement. Ils s'enterrent pen- 
dant la mauvaise saison. Leur forme singulière, large et 
aplatie, les a fait comparer à un Batracien, d'où le nom de 
Crapaud cornu sous lequel on les désigne vulgairement dans 
le sud des Etats-Unis. Ils n'y sont pas rares et se rencontrent 
aussi au Mexique ; leur nom vernaculaire en ce pays, est 
Tapayaxin, auquel les Anglo-Saxons ont ajouté le qualificatif 
de crowned à cause des longues épines dirigées en arrière, et 
qui garnissent, comme une couronne, la nuque de ces sin- 
guliers Lézards. On les conserve facilement en captivité et 
et ils ne tardent pas à, venir prendre des Insectes au bout des 
doigts qui leur en présentent. 

M. le Président remercie M'*^ Baudains d'avoir bien voulu 
apporter à la réunion les Phrynosomes qui ont fourni à 
M™* Phisalix le sujet d'une très intéressante communication. 
Celle-ci paraîtra dans la première partie de la Revue et sera 
illustrée d'un dessin que M. Edouard Mérite, présent à la 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉA?!CES DE LA SOCIÉTÉ 169 

séance, veut bien se charger d'exécuter d'après l'animal vi- 
vant. 

M. de Guerne, délégué du Conseil de la Société auprès de 
la Section, relate les faits qu'il a pu observer au Japon con- 
cernant les Cyprins dorés, très en faveur dans toutes les 
classes de la société dans l'Empire du Soleil levant. 

Au Japon, où la population est extrêmement dense, on 
remarque fort peu d'animaux domestiques. Le Cyprin doré 
est, avec le Ver à soie, l'animal qu'on rencontre le plus sou- 
vent partout, même dans les milieux les plus modestes. 

Ce Poisson a été introduit de la Chine au Japon, à une 
époque reculée. Diverses variétés sont aujourd'hui répandues 
dans le pays, par exemple : les formes dites Poisson-œuf, 
Télescope, Queue en voile, ainsi nommées d'après l'un ou 
l'autre de leurs caractères les plus remarquables. 

Il faut savoir, dit M. de Guerne, que le mobilier japonais, 
extrêmement réduit, ne comporte ni. sièges, ni tables. Les 
récipients où sont conservés les Poissons, sont d'ordinaire 
simplement posés à terre sur les nattes ou chacun s'accroupit 
à la façon des tailleurs ; on en voit donc les hôtes presque 
toujours par-dfssus et cette particularité explique pourquoi 
sont recherchés notamment les « Queue en voiles » et les 
« Télescopes » dont les lobes de la queue pour les uns, la 
saillie des yeux pour les autres, apparaissent nettement et de 
façon symétrique, quand on observe les Cyprins de haut en 
bas, lorsqu'en d'autres termes on les regarde par-dessus. 

Quoi qu'il en .soit, on ne cesse pour ainsi dire pas de voir 
des Cyprins dorés en se promenant au Japon. Les petits bas- 
sins servant aux ablutions à l'entrée des temples en renfer- 
ment d'ordinaire et, il arrive fréquemment de rencontrer 
quelque .Taponais, homme, femme ou enfant, transportant 
des Poissons rouges sur la voie publique. On use même, à 
cet effet, d'un vase en verre très simple, sorte de ballon glo- 
buleux que l'on porte avec une cordelette passée sur une 
petite barre, laquelle prenant une position transverse à la 
base du goulot, sert à porter le récipient. Le plus souvent 
on brise celui-ci pour en extraire le Poisson et le mettre à 
l'aise dans une plus grande quantité d'eau. Des Cyprins 
dorés, ainsi placés dans de petits ballons, sont souvent 
offerts par les commerçants japonais aux clients ayant fait 



l60 BULLETIN DE LA. SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

dans la maison des achats d'une certaine importance. 
M. de Guerne a reçu lui-même à Kyoto, de cette manière, un 
petit Poisson rouge en carafe. Le procédé est depuis long- 
temps en usage ; on en trouva, en effet, la représentation dans 
des estampes anciennes. Une reproduction en est présentée à 
l'assemblée de même que celle d'une fort belle estampe en 
couleurs du célèbre artiste Utamaro montrant un gamin ja- 
ponais profitant du sommeil de sa mère pour renverser sur les 
nattes une coupe de bronze, d'où s'échappent trois ou quatre 
poissons facilement reconnaissables par des queues en voile. 

On trouve sur la plupart des marchés japonais et dans les 
bazars, des représentations grossières en porcelaine colorée 
et qui flottent. Toujours ces objets, de valeur infime, repré- 
sentent des Cyprins dorés, des Poissons à queue en voiles. 
M. de Guerne en montre un certain nombre, tous différents 
de taille et de coloration. 

Le conférencier dessine au tableau, de grandeur naturelle, 
un vase d'assez fortes dimensions (hauteur o m. 22, diamètre 
maximum o m. 28) et qu'il a trouvé voici une douzaine 
d'années dans les magasins de la manufacture de faïences 
de Gien (Loiret). Ce vase décoratif a été exécuté à Gien 
même par un artiste japonais qui l'a signé en caractères de 
son pays et daté, heureusement, en chiffres romains. De 
sorte qu'il est permis de croire qu'il était destiné à l'Exposi- 
tion universelle de 1878. Cette belle pièce céramique est en- 
tièrement ornée de Cyprins dorés à queue en voiles et présen- 
tant les plus brillantes couleurs, passant par une gamme 
très variée du rouge au bleu. Le Japonais qui l'a exécutée 
connaissait certainement très bien les Poissons représentés 
par lui. 

L'heure s'avançant, M. de Guerne croit devoir remettre 
à une séance ultérieure, ce qui concerne l'élevage et la vente 
des Cyprins dorés au Japon. Ils donnent lieu à des industries 
et à des commerces importants qui constituent une source 
de bénéfices sérieux. Les Allemands l'avaient fort bien com- 
pris avant la guerre ; ils monopolisaient à peu près tout le 
commerce des Poissons rouges en Europe et c'est encore une 
spécialité 011 la France, pour ne point parler des autres na- 
tions, peut leur faire une concurrence très active. 

Pour h Secrétaire empêché : 
L.-A. DoDE. 



EXTRAITS DES PROCES-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ l6l 



SEANCE GÉNÉRALE DU 7 MARS 1921 

Présidence de M. le baron de Giierne, 

vice-président honoraire de la Société. 

Le procès-verbal de la présente séance est lu et adopté. 

Généralités 

M. le Secrétaire donne lecture de la liste des nouveaux 
membres de la Société admis par le Conseil au cours de sa 
séance du 16 mars 1921 et dont les noms suivent : 

M"* 

La baronne Gourgaud, château de la Grange, à Yerres (Seine- 
et-Oise), M. T., présentée par M""* la marquise de Ganay, 
MM. Perrier et Debreuil. 

MM. 

Balarezo (Manuel), à Mexicali, B. C, Mexico (Mexique), 

M. V., présenté par MM. Perrier, Balme et Bois. 
BuRDET (Ad.), à Overveen (Hollande), M. T., présenté par 

MM. Chappellier, Debreuil et Loyer. 
Consortiums forestier et maritime des Grands réseaux 

FRANÇAIS, 5, rue Jules-Lefebvre, à Paris, 9^ M. T., présentés 

par MM. Debreuil, Trignart et Loyer. 
Goeyen (Jan de), à Arnhem (Hollande), M. T., présenté par 

MM. Perrier, Debreuil et Loyer. 
La Rochefoucauld (Olivier de), 4, avenue de La Motte-Pic- 

•quet, à Paris, f, M. T., présenté par MM. Perrier, comte 

Delamarre de Mondiaux et Debreuil. 
Ney D'EucmNOEN (duc Charles), 12, rue de Lota, 16", Paris, 

M. V., présenté par S. A. le prince Murât, Joachim et Paul 

Murât. 
NiGG (Lucien), industriel, au Val-Saint-Germain (Seine-et- 

Oise), M. T., présenté par MjM. Perrier, Gruvel et Debreuil. 
Van Tomme (Ernest), 4, rue de Mouscron, à Courtrai (Bel- 
gique), M. T., présenté par MM. Perrier, Debreuil et Loyer. 



l62 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ N\T10?iALE d'aCCLIMATATION 

M. le Président annonce l'ouverture du cours de notre col- 
lègue M. le professeur A. Gruvel, sur'les Pêches et Produc- 
tions coloniales d'Origine animale, dans l'Amphithéâtre Cu- 
vier au Muséum. Il étudiera, cette année, l'Afrique occiden- 
tale et l'Afrique équatoriale française. Ces cours auront ceci 
de très particulier qu'ils seront accompagnés et illustrés de 
projections cinématographiques. C'est la première fois que 
le cinématographe joue ce rôle dans un enseignement de ce 
genre. 

M. Guillaumin offre pour la Bibliothèque de la Société, au 
nom de notre collègue M. De Wildeman, une brochure de 
ce dernier : a Notes sur la Flore du Katanga ». 

Nous avons reçu également le rapport sur (( Le Mouvement 
actuel pour la réorganisation, des recherches scientifiques en 
France . buts poursuivis, moyens d'action, résultats obtenus », 
par M. Fauré-Frémiet. L'auteur, après avoir exposé les buts 
envisagés tendant au développement de la recherche scien- 
tifique et à ses applications techniques, bases essentielles des 
industries manufacturières, agricoles, minières et autres, 
étudie le fonctionnement des conférences académiques inter- 
alliées, de la fédération française des Sociétés de Sciences 
naturelles (qui compte la Société d'Acclimatation au nombre 
de ses membres), de la fédération nationale des Associations 
de Chimie, de la fédération des Sociétés de Physique et celle 
des Sociétés françaises des Sciences philosophiques, histo- 
riques, philologiques et juridiques, de la conférence des 
Académies scientifiques interalliées de Bruxelles avec son 
conseil international de recherches, du Comité national de 
recherches pour les Sciences biologiques et son pendant pour 
la Chimie, et enfin expose le rôle général de la confédération 
des Sociétés scientifiques françaises. 

Il termine en exposant les résultats obtenus dans les di- 
verses branches de la science dont l'un nous intéresse spécia- 
lement, c'est la publication d'une Faune de France qui pa- 
raîtra par fascicules comprenant chacun : i° une courte in- 
troduction générale sur l'anatomie et l'évolution, la classifi- 
cation et la répartition du groupe, les méthodes de récolte, 
d'étude et de conservation qui lui sont applicables ; 

2° Des clefs analytiques allant jusqu'à l'espèce ; 

3° Pour chaque espèce, une diagnose très mesurée, une 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SANCES DE LA SOCIÉTÉ l63 

synonymie et une bibliographie sommaire renvoyant aux 
bonnes descriptions détaillées et figures soignées déjà pu- 
bliées, un aperçu de la répartition en France et hors de 
France (sans aller jusqu'à l'énumération des stations, sauf 
pour les formes très rares) ; 

4° Des index des ouvrages cités et des espèces étudiées. 

A signaler que la Commission d'Histoire Naturelle, créa- 
trice de cette publication, poursuit ses travaux sous la pré- 
sidence de M. E. Perrier. Parmi les personnalités scienti- 
fiques collaborant à la Faune de France, nous relevons les 
noms de nos collègues MM. Pellegrin, Bouvier, Mangin, 
Roule, Vayssière, etc. 

Mammalogie 

M. R. Le Fort présente une cuisse de Lapin de garenne 
portant un kyste. Ce kyste, gros comme une forte noix est 
produit par un Csenure, forme larvaire du Tœnia serialis. Ce 
Ténia adulte vit dans l'intestin du Chien ; ses œufs tombent 
avec les déjections sur les herbes qui sont mangées par les 
Lapins, Lièvres, etc. Les larves se fixent dans le tissu con- 
jonctif et ne semblent pas troubler la santé des hôtes qui les 
hébergent, quand elles ne sont pas trop nombreuses. Raillet 
et Neumann ont bien étudié le Tœnia seiialis et le meilleur 
moyen pour éviter que les Lapins ne soient parasités est de 
détruire ce Ténia avec les moyens ordinaires chez le Chien. 
Les Lapins infectés peuvent être mangés sans danger de con- 
tamination pour l'homme à condition d'être soumis à la 
cuisson. Depuis la guerre, la proportion de Lapins contaminés 
a augmenté considérablement. M. Le Fort évalue à 5o % au 
minimum cette proportion pour la région secolaunienne. 

Ornithologie 

M. Berlioz présente, au nom de M. le professeur Trouessart, 
qui en fait don aux collections de notre Société, un certain 
nombre de dépouilles d'Oiseaux de volière, notamment un 
Merle de roche, deux Bulbuls et une Veuve à dos d'or. 

Le Ministère de l'Agriculture nous adresse le cinquième 
rapport mensuel du Concours national de Ponte des Vaulx-de- 
Cernay (période du 21 janvier au 17 février 192 1). Le lot de 
Bresses noires de M"^ Guesle est toujours en tête avec 288 œufs. 



l64 BULLETIN DE LA. SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION 

mais il semble que le lot d'Ancône à crête simple de 
M™* Dulon devienne plus que jamais redoutable. Ce lot, qui a 
pondu déjà 226 œufs, a obtenu 253 points, 32, alors que les 
Bresses ont 269 points, 18. Tous les autres parquets sont loin 
derrière dans le classement général. 

M. Pézard fait une conférence sur a les modifications expé- 
rimentales des caractères extérieurs chez les Oiseaux (avec 
projections lumineuses) )>. 

Ayant mis en évidence la dépendance étroite qui existe 
entre les caractères extérieurs des Oiseaux et les glandes re- 
productrices, M. Pézard présente un grand nombre de docu- 
ments photographiques relatifs à cette question : Coqs cas- 
trés, avant ou après puberté, castrats mâles ayant reçu, soit 
des transplantations de glandes mâles, soit des injections de 
suc testiculaire, Faisans dorés et Faisans argentés castrés 
avant puberté. Des documents présentés, il ressort nettement 
que les ergots et le plumage spécial du Coq ne sont pas dé- 
terminés par la glande mâle de même que le plumage si 
riche du Faisan. Par contre l'instinct combatif et l'ardeur 
sexuelle ne se développent qu'en présence du testicule. 

M. de Sainville suggère de ce fait, que l'on pourrait, par 
castration, supprimer l'instinct batailleur du Faisan doré 
mâle, sans toucher à sa riche parure. 

M. Pézard présente ensuite des clichés relatifs aux Poules 
ovariectomisées : après l'opération, ces animaux prennent le 
plumage et les ergots du Coq, sans acquérir, toutefois, l'ins- 
tinct batailleur. — En réalité, ni le magnifique plumage du 
mâle, ni son arme d'attaque ne sont des caractères masculins, 
malgré l'hypothèse darwinienne, mais de simples caractères 
neutres. — Ces allégations sont vérifiées d'une façon con- 
cluante : 

1° Par l'autopsie de la Faisane dorée masculinisée observée 
par M." Debreuil (ovaire absent) ; 

2° Par des cas de changements de sexualité observés par 
M. Pézard sur deux Poules de race Faverolles. 

Par contre, l'étude du Xyphophore masculinisé, présenté 
antérieurement par le docteur Joly, ne conduit pas aux mêmes 
conclusions : l'animal possédait encore un ovaire normale- 
ment constitué. 

IVr. Pézard signale ensuite, d'après T. -H. Morgan, que cer- 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ l65 

tains caractères raciaux paraissent déterminés par une struc- 
ture spéciale de la glande mâle : c'est le cas des Coqs Sebright 
(à queue de Poule) et de certains Coqs de race Campine (même 
caractère). Ces animaux possèdent, inclus dans le tissu in- 
terstitiel du testicule, des cellules spéciales dites cellules à 
lutéine, que l'on ne trouve habituellement que dans l'ovaire. 
— . A ce sujet, M. de Sainville fait connaître qu'il a observé 
le même caractère du plumage chez les Coqs combattants du 

Nord. 

Enfin, M. Pézard termine en montrant l'application pra- 
tique de toutes ces études expérimentales. La connaissance 
des conditions dans lesquelles disparaissent soit la glande sé- 
minale, soit la glande interstitielle permettrait de supprimer 
chez nos animaux domestiques, l'aptitude à la reproduction, 
sans modifier le format ou la qualité des tissus, comme le 
fait la castration totale. Tel est bien l'avis de M. Delamarre de 
Monchaux. Il signale que les bouchers se plaignent actuelle- 
ment de l'excès de tissu adipeux chez les Bœufs. Notre col- 
lègue fait en outre remarquer à M. Pézard, qu'à son avis, il 
existe chez les Poules, une relation entre la grandeur de la 
crête et l'aptitude à la ponte. Ces deux points, qui méritent 
une longue étude, feront l'objet de discussions ultérieures. 

La conférence de M. Pézard paraîtra dans la première partie 
de la Revue. 

Le Secrétaire des séanoes : 
Pierre Crepin- 



SEANCE GÉNÉRALE DU 27 MARS 1921 

Présidence de M. Le Fort, membre du Conseil, puis de 
M. le baron de Giierne, vice-président honoraire de la 
Société. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Généralités 

M. le Président proclame la liste des membres de la Société 
admis par le Conseil dans la séance du 20 avril 1921. Ce sont : 



l66 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATTON 



lie 



M 

Baudains (Marguerite), 8, rue d'Alger, à Paris, i", M. T.. 
présentée par M'"'' le docteur Phisalix, MM. Debreuil et 
Loyer. 

Berne (Anna), i4, avenue Mac-Mahon, à Paris, I6^ M. T., 
présentée par M"*'' Debreuil et Willard, et M. Debreuil. 

Nantois (la vicomtesse J. de), i8, rue Galilée, à Paris, i6% 
M. T., présentée par MM. Jean Delacour, Perrier et De- 
breuil. 

MM. 

Delair (l'abbé René), 5i, rue Saint-Didier, à Paris, I6^ M. T.. 
présenté par MM. Perrier, J. Crepin et Tabbé Foucher. 

Denier (Pierre), /jg, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, à Paris, 5\ 
M. T., présenté par MM. A. Chevalier, les professeurs Bou- 
vier et Brumpt. 

Ganay (le comte Jacques de), 9, avenue Georges-V, à Paris, 8^, 
M. T. , présenté par M™^ la marquise de Ganay, MM. Bernard 
de Ganay et Debreuil. 

Lapicque (P. -A.), 268, boulevard Raspail, à Paris, iW, M. T., 
présenté par MM. le baron de Guerne, A. Chevalier et 
G. Capus. 

Leblanc (Henri), 12, place Waldeck-Rousseau, aux Lilas 
(Seine), M. T., présenté par MM. le docteur Coyon, le doc- 
teur Joly et Debreuil. 

Lenoir (Henri), Inspecteur du Service agricole de la O^ du 
P. L. m., 20, boulevard Diderot, à Paris, I2^ M. T., pré- 
senté par MM. Perrier, Barriol et Loyer. 

Loubet (Alphonse), Inspecteur du Service agricole de la C® du 
P. L. M., 20, boulevard Diderot, à Paris, I2^ M. T., pré- 
senté par MM. Perrier, Barriol et Loyer. 

Raybaud (Prosper), Inspecteur principal adjoint de la C® du 
P. L. M., M. T., présenté par MM. Perrier, Barriol et Loyer. 

M. le Président salue au nom de la Société M. Lapicque 
présent à notre réunion. Notre collègue, qui a passé de très 
longues années en Chine et en Indo-Chine, fait actuellement 
l'élevage des Bovidés au Laos. 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 167 

Nous avons reçu de notre collègue M. Bailly-Maître, un 
ouvrage édité en 1909 et dont il est l'auteur : « Exposé des 
divers systèmes^ de coloration des Pigeons domestiques et des- 
cription des principales races de Pigeons de couleur ». 

Notre collègue M. Buxareo Oribe nous adresse, de Monte- 
video, ses deux ouvrages : Bovinotecnia et Ganado Lanar. 

M. A. Fauchère nous adresse sa brochure sur la culture de 
l'Arachide. Cette étude fait partie du second volume du 
(( Guide d'Agriculture tropicale » qui va paraître le mois 
prochain. 

Notre collègue insiste dans ce travail sur la possibilité de 
cultiver l'Arachide à l'aide des instruments aratoires, c'est- 
à-dire d'une manière moins primitive qu'on ne le fait au 
Sénégal. 

Nous espérons que la voix de notre collègue sera entendue 
et que notre agriculture coloniale finira par sortir du ma- 
rasme 011 la maintient l'indifférence de l'industrie, de la fi- 
nance et; du commerce français. 

M. Rollinat écrit d'Argenton-sur-Creuse : a La sécheresse 
« qui persiste devient inquiétante ; des fontaines ne donnent 
« plus ; la plupart des mares sont taries. Une sécheresse sem- 
« blable n'avait pas été constatée en hiver depuis 1870. 

(( Il m'est très difficile, le printemps venu, de trouver des 
« Escargots pour nourrir mes Tortues. De plus, nous avons 
« eu, cet hiver, jusqu'à — ^ 18° ; dans les trous des murs, les 
a fentes des rochers, les Escargots ont été gelés. Au fond il y 
« en a qui sont encore vivants, mais ceux qui étaient au bord 
(( sont morts et leurs coquilles faisant obstacle, ceux du fond 
(( ne pourront pas sortir et périront. » 

A Argenton, tous les Lauriers sauce (Laurus nobilis L.) sont 
gelés. Chez notre collègue, un gros Laurier, planté en i856, 
devra être coupé au ras du sol. M. Rollinat l'a vu geler 
quatre fois : pendant les hivers 1870-1871, 1879-1880, i8g3- 
iSgZj et 1920-1921. Pendant ces hivers, le thermomètre est 
descendu à — 18° et même plus bas en 1879-1880. 

M. le Secrétaire général donne lecture d'une note sur la si- 
tuation zoologique de la Ménagerie du Muséum. Cette situa- 
tion s'est sensiblement améliorée grâce aux dons nombreux 



l68 BULLETI>f DE LA SOCIETE NATIONALE d'aCCLIMATATION 

faits par nos colonies et quelques généreux particuliers, 
presque tous membres de notre Société. 

M. Pierre Crepin fait une conférence sur « l'Acclimatation 
à Saint-Domingue au XVIP siècle et les Boucaniers de l'île 
de la Tortue ». Notre collègue raconte comment les Espa- 
gnols peuplèrent Saint-Domingue d'immenses troupeaux de 
Bœufs, de Chevaux et de Porcs, puis en poursuivirent systé- 
matiquement la destruction pour en priver les boucaniers 
français venus s'établir dans leur île. La communication de 
M. Pierre Crepin paraîtra dans la première partie de la Revue 
d'Histoire Naturelle appliquée. 

Entomologie 

M. Gustave Rivière présente un nid de Chenilles du Liparis 
chi'jsorrhœa fixé sur une branche d'Orme. Cette Chenille 
présente cette particularité de n'attaquer les Chênes qu'à la 
partie supérieure. M. le comte Delamarre rappelle, à propos 
de cette présentation, la lutte entreprise en Amérique contre 
le Bombyx chrysorée {Porthesia chrysorrhœa) au moyen des 
Insectes parasites de cette espèce et notamment à l'aide de 
petits Calcidiens et de quelques Diptères. 

M. Loyer signale l'original procédé employé par les Cana- 
diens pour déterminer facilement les lieux parasités au milieu 
d'immenses forêts. Comme les arbres ne sont attaqués qu'à 
leur sommet, l'administration canadienne emploie l'avion qui 
survole la région et repère facilement les coins infestés. 

Botanique 

M!. Dode adresse à notre bibliothèque un article sur les 
Bambous (Extrait du Bulletin de la Société dendrologique de 
France), dont il est l'auteur. Notre collègue y étudie les causes 
des échecs à cette culture dans certaines régions, le mauvais 
résultat vient, dit-il, de ce que la plantation est faite trop 
profondément. Il ne faut pas planter le Bambou, mais placer 
la motte sur de la terre préalablement travaillée. M. Dode 
poursuit son étude par toute une suite de conseils pratiques 
relatifs à cette culture, et termine par cette conclusion : « Pour 
« le moment, faire des plantations d'essai, en lieux espacés, 



EXTRAITS DES PROCÈS- VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 1 6o 

(( avec ce qu'on pourait avoir de touffes ; créer des pépi- 
(( nières ; faire connaître les procédés de plantation et de cul- 
(( ture, qui sont très ignorés du public et même ignorés en 
(( général. » 

Notre collègue M. Beille, directeur du Jardin botanique de 
Bordeaux, nous communique une liste d'environ 200 graines 
récoltées par les services botaniques de cet établissement et 
qui seront mises à la disposition de ceux d'entre noâ collègues 
qui désireront en faire l'essai. Cette liste est déposée au se- 
crétariat de la Société où. elle peut être consultée. 

Nous avons reçu également toute une série de graines, en 
particulier des graines d'Eucalyptus mises à la disposition de 
nos collègues par M. Morel dont on connaît le beau jardin de 
Beyrouth. 

M. Charles Rivière offre pour lesScollections de la Société 
une reproduction en plâtre d'une Anona Cherimolia. 

M. Piédallu fait une conférence sur les Plantes acclimatées 
et indigènes à fibres. Plusieurs d'entre elles pourraient être 
d'un certain secours comme succédanées des textiles courants. 
Notre collègue passe en revue : l'Ortie, le Houblon dont la 
fibre brillante se blanchit parfaitement ; le Mûrier à papier; le 
Mûrier blanc dont 180.000 tonnes de brindilles sont perdues 
tous les ans dans la vallée du Rhône comme résidus de l'éle- 
vage du Ver à soie ; le Genêt à balais, le Genêt d'Espagne dont 
la filasse était utilisée par les Romains et les Carthaginois pour 
faire des toiles à voiles. Puis M. Piédallu étudie le Tilleul qui 
borde nos routes sur des centaines de kilomètres et les Mauves 
dont la filasse est assez résistante, l'écorce d'Osier, les cannes 
de Sorghos à balais du Midi qui sont inutilisées et enfin les 
cannes dei Maïs dont il est perdu 2.600.000 tonnes dans la ré- 
gion méridionale. Ces cannes du Maïs et de Sorgho donnent 
un papier intéressant. Il serait temps de chercher à récupérer 
ces richesses perdues. Notre collègue complète sa conférence 
en nous montrant une collection de filasses de ces plantes et 
des pâtes à papier qu'il a fabriquées lui-même avec des moyens 
de fortune ainsi que des tissus obtenus avec des fibres de 
Mûrier blanc. 

M. le comte Delamarre signale combien les fibres de Genêt 



170 BULLETIN DE LA SOCIETE NATIONALE d'aCCLIMATATION 

seraient précieuses dans les exploitations agricoles où la paille 
pour les moissonneuses-lieuses revient, à 700 francs la tonne. 
Le Maïs est, de toutes ces plantes à fibres, celle qui donnerait 
les résultats les plus appréciables, car son rendement en cel- 
lulose étant de 35 à 40 %, il pourrait fournir une pâte à papier 
fort estimée. 

Le Secrétaire des séances adjoint : 
Pierre Crepin. 



BIBLIOGRAPHIE 



Le Chien ! Combien d'ouvrages ont été écrits sur le Chien : 
littéraires, techniques, cynégétiques. D'aucuns ont écrit 
l'apologie du Chien, des traités de dressage, des traités de 
médecine vétérinaire,! etc., etc. 

Voici une œuvre nouvelle, originale, technique si l'on veut, 
littéraire aussi, voire mêmle scientifique. C'est d'abord une 
curieuse étude de psychologie canine, c'est l'exposé d'une 
théorie nouvelle sur l'intelligence, l'instinct, les facultés et les 
sens du chien, c'est le résultat des expériences très nouvelles, 
qui furent contrôlées par les savants professeurs de l'Institut 
de Psychologie animale de Louvain. 

Luxueusement édité par la société « Les Editions de l'Ele- 
veur » (5, rue de Stockholm, Paris, 8*), illustré de très nom- 
breuses reproductions absolument inédites. Le Chien, par 
Louis HuYGCBAERT, cst mis en vente à un prix abordable à 
toutes les bourses (6 fr. 20). 

Tous ceux qui s'intéressent à notre ami le Chien voudront 
lire ce curieux ouvrage. 

Petit manuel sur les Forêts, par J. Prades, garde général des 
Forêts, Hanoï, Imprimerie tonkinoise, 1920. 

Ce petit livre, destiné aux enfants des écoles, est un clair et 
instructif résumé de la Sylviculture française. L'auteur a eu 
pour but de répandre parmi la jeunesse la connaissance de la 
Forêt et de ses bienfaits, son action. Dans de courts chapitres, 
il décrit tour à tour l'utilité des forêts, leur action sur le climat 
et le régime des eaux, la distribution géographique des végé- 
taux qui les composent et leur détermination botanique, l'amé- 
nagement et l'exploitation d'une forêt, les causes et les dan- 
gers du déboisement ainsi que la reconstitution des forêts. 

C'est un excellent manuel qui devrait être lu par tous les 
jeunes français. 



172 



BIBLIOGRAPHIE 



L'élevage industriel des salmonidés (pisciculture pratique), 
par Eugène Juillerat, chef honoraire des Travaux de pis- 
ciculture de Paris. — Un volume in-8°, illustré, broché : 
10 francs. (Librairie Delagrave, i5, rue Soufflot, Paris.') 

Cet ouvrage, dû à l'ancien Chef des travaux de Pisciculture 
de la Ville de Paris, résume vingt années d'expériences faites 
dans les établissements de notre capitale. 

L'auteur, se plaçant au seul point de vue pratique, montre 
tout le parti qu'on peut tirer pour l'alimentation de l'élevage 
industriel des salmonidés ; Saumon de fontaine, Truite arc- 
en-ciel, Truite commune, etc. Les chapitres les plus intéres- 
sants traitent de la ponte et de la fécondation, de l'incubation 
des œufs, de l'alevinage, de la nourriture. 

Les pisciculteurs trouveront dans ce traité, d'une précision 
et d'une clarté remarquables, les conseils les plus précieux. 
Mais tous ceux, et leur nombre est considérable dans notre 
pays, qui possèdent des sources, ou dont les terres sont tra- 
versées par des cours d'eau, y apprendront avec satisfaction 
comment il est possible de se procurer facilement tout le 
poisson nécessaire à leur consommation et même d'en pro- 
duire assez pour une vente lucrative. 



L'Imprimear-Gérant : G. LAJVGLOIS. 



CHATEAUROUX. IMPRIMERIE LANGLOIS 



Le Secrétaire général a l'honneur d informer MM. les Membres de la Société et les 
personnes qui désireraient l'entretenir, qu il se tient à leur disposition, au siège de la 
société, 198, boulevard Saint-Germain, tous les Lundis, de 4 à 7 heures.- 



ESf mSTltlBUTIOiV 



Graines c^ffertes par M. GAGE, 
superintendant du Jardin 
royal botanique de Darjeeling 
(Inde). 

Betula Bhojpaltiu. 

Eriobotrya Uookeriana. 

Ifraxinus floributida. 

Indigofera do^ia var. tomentosa. 

Pinus Pudduin. 

Rhododendron arboreum. 

Salix oreophila. 

Trachycarptus Martianw. 



Graines offertes par M. BOIS 

Onopordon illyricum L. var. 
cardunculug. 



Graines offertes par M. MOBEL. 
Âgathœa cœlestis. 
Ançelica archangelica, . 
Aralia ginensU. 
Biota aureii. 
Castanopois hystrix. 
Chionanthus rirginica. 



Cratœgus CarrUrei. 
Cytisus semperviren». 
Diniorphotheea aurantiaca. 
Eucalyptus amygdalina. 
Eucalyptus globulug. 
Galtonia candicans. 
Balesia corymbosum. 
Héliotrope var. Lemoine. 

— — M"' Bruand. 

B.euchera sanguinea. 
Impatiens Sultani. 
PolygoHum Baldschuanicui». 
Séquoia gigantea. 
Tamarix africana. 
Chamœrops excelsa. 
Encholtzia. 

Leucanthemum (Etoile d'An- 
vers). 
Spirœa astilboide». 
Pincenecticia tnbereulata. 
Acacia cultriformis. 
Mimosa sp. ? 
Bignonia echinata. 
Capucines. 

Graines offertes par le Gonver- 
noment générai de l'Algérie 



et- par le Jardin botanique de 
Sydney. 

Chloris gayana. 

Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdnlus Davt- 
diana (Pêcher sauvage des 
montagnes de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

Graines offertes par M. JEAN 

SON. 
Layenaria défera. 
Zinnia mexicuna. 

Graines offertes par M. PLA- 

NIOL. 
Dolichos sinensis, fourrage pour 

régions sèches (Midi et S.-O.). 

Graines de Buklandia populnea. 



Offres et demandes réservées aux membres de la Société 

OFFRES 

Araucaria excelsa, âgé de 25 -ans, T'ôO de circonférence. 
M. E. Chalvon, 8, rue Germain-Pilon, Paris. 

Elevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : • 
Poules : Wyandottes blanches, Wyandottes argentées, Léghorn blanches, Minosque, Bresses noires, 
Faverolles, Cane» Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Duclair, Oies Toulouse, Dindes noires. 

Reproducteurs de race pure, premier choix, élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, poussins, adultes. Lapins : Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Cham- 
pagne, Angoras blancs, noirs, havane. Fauves Borgog^e, Géants noirs. Géants blancs, Vendée, sujets 
jeunes et adultes. 

M. Passy, Domaine du Désert de Retz, à Chambourcy [téléphone : 15] (S.-et-O.). Gare Saint-Germain. 

Deux mâles Amherst, adultes, parfaits, à échanger contre femelle même espèce et uoe vénérée. 
— A céder ou échanger beau Chien mâle briard (long poil), trois ans, très bon de garde.; M. Duriez, 
4-1, boulevard Henri IV, Paris. 

Lapins Papillons et Béliers bleus, jeunes et adultes. M. de Boudard-Olonne, La Robine par Loriol 
(Vaucluse). 



DEMANDES 



Dix h douze couples Pigeons bizets, vigoureux et choisis. M. Marret, 5, boulevard Montmartre, Paris. 



Le bul de la Société Nationale d'Acclimatation de France est de concourir : i» â l'in- 
Iroductipn, à racclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'orne- 
ment ; jo au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites 
ou domestiquées ; 3° à l'introduction et à la propagation de végétaux utiles ou d'orne- 
ment. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de lo francs et une cotisatioi» 
annuelle de 26 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de 260 francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Bota- 
nique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses 
membres. 

Elle publie, outre ce BULLETIN, la REVUE D'mSTOIRE NATURELLE APPLIQUÉE, com- 
posée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent ^es questions 
concernant l'élevage d^s animaux, la culture des plantes et particulièrement des faits 
d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., eto. 

Le Bulletin est adressé gratuilemcnl; la Revue est servie par abonnement, aux membres 
de la Société, ao prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de 20 francs pour les 
deux. 



REVUE D'HISTOIRE NATU RELLE APPLIQUEE 

Première partie 

M AMM ALOGIF: - AQUICULTURE - ENTOMOLOGIE - BOT ANIQUE 
COLONISATION - AQQARIUMS ET TERRARIUMS 





. 


SOMMAIRE, VOL. 11, N> 9 SEPTEMBRE 


M- 


' Phisat.ix. 


'— Le Lézard cornu de l'Arizona. 


A. 


P1KDA11.U. 


— Sur rttiligaticn de quelque* Plantes textiles. 


P. 


DENIEE. — 


Les Insectes nuisibles au Cotonnier dans les Colonies françaises. 


A. 


FArCHÈKE. 


^ lies ressources en huile végétale des Colonies françaises. 



DEtf^lÈME PARTIE .' L'OISEAU 





SOMMAIRE, 


VOL. 


II, 


N» 


1 

1 

9 SEPTEMBRE 


Médaille. ' 










î 

1 


Mrs M. BrltcEss. -^ L'életage du 


Lofi à 


calotte 


noite (illustré), \ 


Hox. Mrs A. 


BoTiKKE. — Le Gobe-Mouclie 


étoile. 






Dr ÈNKKJPÈ 


Tejêea. -^ Lee Aigrettes au 


A'énézdéla 


iillugtré). 


C'hroniqnt 


ornitJioîogique. 











CHATEAUROUX. — IMPRIMERIE LAWGLOI9 



BULLETIN 



DE l.\ 




DE FRANGE 



(68' aninée) 



N» 10. -^ OCTOBRE 1921 



SOMMAIRE 

Pages. 

Actes de la Société d'Acclimatation i i ^3 

Déjeuner amical annuel du jeudi i4 avril 192 1 i-jlt 

Le Nuoc-Mam i83 

Recettes 1 85 

Extraits des procès-verbaux des Séances de la Société : 

IV' Section : Entomologie. — Séance du 10 mars 1921 187 



Un numéro, 2 fr. 50. — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50 



AU SIÈGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION DE FRANCE 

198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS (YIP) 



Vice-Présidents 



Secrétaires 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 

Président, M. Edmond Tereier, Membre de l'Institut et de lA-cadémie de Médecine, Professeur an 
Muséum d'Histoire naturelle, Paris. 

MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle. 55. rue Cuvier, Paris . 
^ D' Chauveac, Sénateur de la Côte-d'Or, 225, boulevard Saint-Germain. Paris ; 

MuRAT (le prince Joachim), Député, 28, rue de Monceau, Paris ; 
/ Anthouard (le baron A. d'). Ministre plénipotentiaire, 121 bis, rue de la 

Pompe, Paris. 
Secrétaire général, M. M-nnrice Loieiî, 12, rue du Four, Paris. 

/ MM. .T.CiiEpjN, 55, rue de Verneuil, Paris (Séances) ; 
S Ch. Dehkeuil, 25, rue de Châteaudun, Paris (Intérieur) ; 

I J. Dei.acour, à Clères (Seine-Inférieure) (FAranger) ; 

Abbé G. Toucher, 24, rue Cassette, Paris (Conseil). 
Trésorier, M. -le D' Seiiii.i.otte, G, rue de l'Oratoire. Paris. 
Arclntiste-BibliothécaJrc, M. Philibert de Ci.eemont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII>-. 

Membres du Conseil 

MM. j\. CHAPPEr.LiER, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

• le D' P. Marchai., Membre de l'Institut, Professeur à l'Institut National Agronomique, 45, rn'? 

de Verrières, à Antony (Seine) 
le D' Leprince, 62, rue de la Tour, Paris. 
Maiii.er, rue de l'Union, La Varenne-Saint-Hilairp (Seine). 

le D' E. TRorn.ç.sART, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Cuvier, Paris. 
Lecomte, Membre de l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 14, rue des Ecoles. 

Paris. 
P. Carié, 40, boulevard de Gourcelles, Paris. 

L. Roule, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, Paris. 
P. Kestner, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Ribera, Paris. 
R. Le Fort, 89, boulevard Malesherbes, Paris. 
Barriol, Chef de la Comptabilité et des Finances de la Compagnie du P.-L.-M., 40, rue des 

Martyrs, Paris. 
M. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Dates des Séances générales et du Conseil 

POUR L'ANNÉE 1021 



Janvier 



SÉANCES GÉNÉRALES à 3 h., ICS lunclis.. 

VI' Section, Colonisation, a 5 h., les jeudis 
VU" SBCTiopf, Aquariums, Terrariums, les 

jeudis '. • 

Sous-section d'Ornithologie (Ligue pour 
la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 
troisièmes jeudis 



S lO 

't 24 



Février 



7 

21 
10 



'7C) 



2h(') 



'7 



Mars 


Avril 


Mai 


Novembre 


7 

2 I 


1 1 

25 


3o 


7 

21 


10 


.4 


I 2 


lO 


2iO) 


28 O 


26 C) 


24 O 


'7 


21 


'9 


'7 



Décembre 
5 
8 

22 V) 



(i) A 8 h. 3/4 du soir. 

(2) A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générale. 



Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 heures. 



j séances du Conseil, à 4 

1 .. 


1., les mercredis 


Janvier 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


N >vembre 


Décembre 


'9 


i6 


.6 


20 


25 

■ 


iG 


.4 



Les membres de la Sortiété qui désirent assister aux Séances générales recevront, sur 
leur demande, les ordres du Jour mensuels des séances. 

La Société ne prend sons sa responsabililé aucune des opinions émises 

.par les auteurs des articles insérés dans le Bnlletin. 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 

des articles publiés dans le Bulletin est interdite. 



Toute demande de ohanerement d^'adresse doit être aocompagnée de 1 frano, 
montant des frais de rèinapression des nouvelles bandes aaresses. 



ACTES DE LA SOCIÉTÉ D ACCLIMATATION 



Remerciements 

En pleine guerre, en 191 7, comprenant qu'aussitôt après 
la victoire il nous faudrait être prêts à développer notre effort, 
nous avions demandé le concours de nos collègues pour ins- 
taller notre nouveau siège social du boulevard Saint-Germain. 

La souscription ouverte a produit la somme totale de 
3o.35o francs avec laquelle nous avons pu organiser nos ser- 
vices. Le Conseil de la Société remercie vivement tous ceux qui 
nous ont apporté leur généreuse collaboration et décide que 
la souscription est close. 

Nous n'en recevrons pas moins, avec une profonde gratitude, 
les dons ou legs qui nous seront faits, car si grâce à des con- 
cours qui nous restent encore assurés nous pouvons continuer 
notre oeuvre d'utilité générale, il nous faut, pour étendre 
comme il convient notre programme, des ressources sans 
cesse accrues. 

Distinctions honorifiques 

Notre collègue, M. Couband, directeur de la Compagnie de 
Vichy, a été promu au grade d'officier de la Légion d'honneur. 

Notre collègue, M. l'abbé Foucher, a été promu au grade 
d'officier de l'Instruction publique, comme secrétaire du Con- 
seil de notre Société. 

Nécrologie 

Nous avons eu le regret d'apprendre le décès de M. Alfred 
Grandidier, membre de l'Institut, commandeur de la Légion 
d'honneur, décédé à l'âge de 85 ans, le i5 septembre 1921. 
11 était membre à vie de notre Société depuis 1878. 



BULL. SOC. NAT. ACCL. FR. 1921. 10 



DÉJEUNER AMICAL 

du Jeudi i^ avril iq2i 




Pêcheuses de crevettes de Madagascar 

BUFFET DE LA GARE DE LYON 



DEJEUNER AMICAL ANNUEL DU JEUDI 14 AVRIL 1921 



M E X tl 

POTAGE 

Consommé au Nuoc-Mam 
Cotriade de Poissons des Colonies 

HORS-DŒUVRE 

Marinade de Mulets de Djibouti 

Thon et Bonite de la Mer-Rouge 

Beurre de Baleine 

ENTRÉE 

Miroton de Dromadaire 

Mousseline de Poissons coloniaux 

Cassolettes de Brandade de Courbine 

Tiatrounga Annamite 

ROT 

Ccrnier de Mauritanie farci 

SALADE 

Mayonnaise de Crabes de l'Océan Indien 

DESSERTS 

Tartelettes de Confitures variées de la Martinique 

(Ananas, Goyave, Pomme de Cythère, Chadek, etc.) 

Ananas frais au Marasquin 

VINS 

Pouilly- Beaujolais 

Beaune 1912 
Tisane Buffet 

CAFÉ 

Mélange Tonkin et Martinique 
Sucre de Canne du Tonkin 

LIQUEURS 

Vieux Rhum naturel de la Martinique 
Cigarettes Indochinoises 

M. LETESSIER 
Chef des Cuisines du Buffet de Ja Gare de Lyon. 



DÉJEUNER AMICAL ANNUEL 
du Jeudi iU avril 1921 

Procès-verbal 

Aucun de nos précédents déjeuners n'avait réuni un aussi 
grand nombre d'adhésions. Il y eut cent dix-sept inscrip- 
tions et quatre-vingt-dix-sept convives. 

Au dernier moment, M. Sarraut, ministre des (Colonies, qui 
devait présider, fît savoir qu'il lui était impossible de venir. 

M. le sénateur Lebrun, M. le sénateur Cliau\eau, vice-prési- 
dent de la Société, M""' la marquise de Ganay, M. l'Intendant 
militaire Tassel, M. Milliaud, directeur aux Affaires étrangères, 
M. le docteur Sebiliotte, retenus par des engagements anté- 
rieurs, n'avaient pu être des nôtres. 

Notre président, M. E. Perrier, étant souffrant, ce fut notre 
vice-président, M. le baron d'Anthoûard qui le remplaça. 

Autour de lui, à la table d'honneur, prirent place 
MM. Mangin, directeur du Muséum ; Thibout, député ; Lalou, 
rapporteur général du budget de la ville de Paris ; le profes- 
seur Lecomte ; Mugniot, ingénieur en chef de l'exploitation 
du P.-L.-M. ; le professeur Gruvel ; A. Chevalier ; le comte 
Clary ; Legros, député ; Nibelle, député. 

M. le baron de Guerne, vice-président honoraire ; 
M. M. Loyer, secrétaire général ; M. Demartial. 

Etaient, en outre, présents : 

MM. R. Caucurte, J. Crepin, C. Debreuil, J. Delacour, R. Le 
Fort, membres du Conseil ; 

M"^' Aron, Barriol, Berne, Biollay, Brumpt, Brunot, R. Cau- 
curte, Chavane de Dalmassy, Chopard, C. Debreuil, Th. Dela- 
cour, Gruvel, Kresser, Lama'rque, Landowski, Lebelle, Loyer. 
Pascalis, Pauwels, docteur M. Phisalix, do Visme de Weg- 
mann ; M*^ Barriol, Baudains et Magnenoz ; 

MM. Aron, d'Auby, Azaria, Elie Berthet, Balitrand. Brunot, 
Bruyère, G. Capus, Cardot, A. Chagot, le commandant Cha- 
vane de Dalmassy, Chopard, Conseil, le docleur A. Couput, 
le docteur C. Couput, P. Crepin, le comte Delamarre de Mon- 
rhaux. Desplanques, Diguet, .1. Ditte, Dode, Dufrane, 



DÉJEUNER AMICAL ANNUEL DU JEUDI l4 AVRIL T92I 



// 



A. -il. Fontaine, ie docteur Gauducheau, Gritton, Guiilaumin, 
L. Iclies, le docteur Kresser, Lamarque, Landowsiii, P. -A. La- 
picque, Laumonnier-Féiaid, Legendre, le docteur Loisel, P. 
Mégnin, Muteau, Nigg, Pauwels, Planiol, le docteur Pellegrin, 
Pézard, le docteur Polailion, C. l^ivière, G. Rivière, Roumi- 
guier, A. Savigny, L. Scliloss, L. Ternier, Tollard, de Visnie de 
Wegmann, Voitellier, A. Walter, Worms de Roniilly. 

Le menu était composé, presque uniquement, de produits 
marins, pour montrer tout le parti que l'on peut tirer de nos 
pêches coloniales, oiganisées par notre collègue le professeur 
Gruvel 

Les Crustacés de Madagascar, Crevettes, Palémons, Crabes, 
etc., n'étant pas arrivés à temps, furent remplacés, au dernier 
moment, par un miroton de Dromadaire expédié de la côte 
des Somalis par M. Armand et servi, comme (( entrée » à la 
grande et joyeuse surprise des convives. 

Un peu avant la fin du repas, M. Debreuil, développant la 
notice qui accompagnait le menu, donna des explications sur 
les plats. 

Notre collègue attira particulièrement l'attention sur le 
alS'uoc-Mam » qui avait servi à faire le consommé et qui rele- 
vait, avec le Soyou, la saveur du Riz, dans le plat annamite. Le 
^'uoc-Mam, qui est une sauce très réputée en Extrême-Orient, 
principalement en Annam, e.st un produit obtenu par l'action 
de la clialeur et du sel sur le Poisson. Notre collègue, 
M. Nigg, qui avait offert le Nuoc-Mam, en fabrique trois 
sortes à Concarneau. On trouvera plus loin des renseigne- 
ments détaillés sur cette préparation : il faut espérer que 
cet aliment très assimilable, d'une grande teneur en azote 
et pouvant être acquis à très bon compte^ sera bientôt ap- 
précié, comme il convient, en France. Le Soyou, ou Nuoc- 
Tuong, sauce japonaise, ^jui figurait également sur la table, 
comme le Nuoc-Mam, en petits flacons à la disposition des 
convives, se prépare comme le précédent, mais avec le Haricot 
de Soja à la place de Poisson : il est la base de pre.sque 
toutes les sauces dites anglaises. N"otre collègue, M. A.-R. Fon- 
taine, se propose de mettre prochainement dans le com- 
merce lin autre condiment préparé à la façon du Nuoc-Mam, 
mais ayant le Riz pour base. 

T.n Coiriadc est une soupe de Poissons bretonne, très écono- 



178 BULLETI>' DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATIOJI 

niique et très saine, trop peu connue en France ; on en trou- 
vera, plus loin, la recette. 

Les Marinades de Mulet, de Thon el de Bonite ont prouvé 
que l'on peut faire d'excellentes conserves même en l'un 
des points les plus chauds du globe . 

Le Beurre de Baleine était non pas du beurre, mais de 
l'huile de Baleine liydrogénée. C'est une nouxelle et appré- 
ciable ressource pour la cuisine. 

La Mousseline de Poissons est un composé de Poissons, de 
Crustacés et de Mollusques hachés, broyés, piles et passés ; le 
tout lié au moyen d'une sauce qui en l'ait une bonne conserve 
très économique, surtout aux colonies. C'csl sur les indica- 
tions de M. Tollard que ce plat avait été préparé. 

C'est également à M. Tollard que nous devons la 
Tiatrounga. M. Tollard avait, en effet, mis à notre disposition 
un ménage annamite qui indiqua la façon de préparer ce plat 
de son pays. Tia-troun-ga peut se traduire vaguement par 
« Omelette garnie ». Nous donnons ci-dessous la recette du 
Tiatrounga qui a obtenu un succès très mérité. 

La Courbine (Sciœna aquila), grand Poisson très abondant 
sur les côtes de Mauritanie, avait déjà été apprécié l'an der- 
nier ; il remplace, en tous points, la Morue. 

Le Cernier (Polyprion ceniium). sorte d'énorme Perche de 
mer, pouvant atteindre deux mètres de longueur, est un su- 
perbe Poisson d'un goût très délicat ; on le pêche principa- 
lement sur la côte occidentale d'Afrique et il faut espérer 
que bientôt on le trouvera fréquemment sui- nos marchés. 

Quand les Crabes de ^ladagascar et de l'Océan Indien 
arriveront régulièrement, ils feront concurrence aux Crabes 
de nos côtes et ces excellents Crustacés de\iorulioiit acces- 
sibles aux bourses modestes. 

Le dessert avait, en grande partie, été tjffeil par AI. Con- 
seil qui avait fait \enir de son ])ays. la Martinique, tes (Con- 
fitures et le Rliuni. Ce vieux Rliuin, produit ualurcl du jus 
complet de la Canne à sucre el (|uc l'on ne Iiounc (|u 'ex- 
ceptionnellement en France, ol)rnil un grand et légitime 
succès auprès des nombreux amateurs. 

M. le Résident supérieur Cirnicr nous a\nil donné la 
sauce de Soyoïi, ou Y//oc-7'?/OMf/, pj-éparéc |)ar- la Socii'tf' des 
Distilleries de l'Tndochine ; il nous avait fait ])aivcnir. en 
meure temps, (hi Café (( l/v/h/rr/ » r'écollf' par' la Sociéti' 



r>r:.)ELNEH AMICAL ANNLMÎT. DU JEUIII l4 AVIUL If)2r I 79 

\i;ricc)lc de Choganli. au Tonkin, et du Sucre de canne pio- 
venant de la maison Boy-Landry, de Hanoï (i). Le (iale mé- 
langé avec im quail de Caïr de la ]\laiiiiii(|ue, ^h)n de 
M. Conseil, fui déclaré aussi fin (jue le Moka d' MV'kiuc. 

Enfin noire collègue, M. r,()id)and, pour paici ;iu\ in<()ii- 
vénients possibles d'un repas aussi spécialis('' (pie le nolie, 
aAail eu la dt'IicaU^ allenlion d'envoyer une lioîie de pds- 
lilles de Vichy pour chacun des convives. 

Le plus cordial enliain régna |)endanl loul le re|)as 1res 
l)ie.n prépaie el complété ]iaT- d'excellenis virîs. \ussi M. !)(■- 
breiiil put, aux applaudissement de tous, lélicilcf M. .lubicr, 
directeur-proiiriél.iire du BufT<'l. cl Al. belessiei'. >(in cliel" de 
cuisine. 

Au dessert. M. le baron d'AnlIioiiaid, [irésidenl, d.ins un 
discours frécpiemment aj)plaudi. montra cpie noire déjeuner 
n'était pas seulemeni une joyeuse l'éiunon d'anii'^, mais une 
manit'eslalion pou\aiil avoir une grande porh'e i'conomi((ue el 
cpie noi r-e elTorl d'inlérèl général, ('lail un elToil pal liolicfue 
devani èl ic sui\i el soutenu p;ir lous les bons Français. 



Discours de M- le baron A. d'Anthotiard 

Mesdames. Me'ssieurs. mes clieis Collègues, 

,fe vous dois d'abord des explications sur ma pr('senri' inal- 
tendue à celle place d'Iioiineiir . 

î\f. Peri'iei- est souffiani et c'est poui^iuoi il n'a pu venii-. 
M. Debreuil, en me prévenant de ce contre-temps, m'a 

C\) Lors de iiolrc (léjcmifr amical, au hiilTet de la ^are de Lyon, 
plusieurs de nos collègues, s'ctoiiiiaiit que la cassonade rpii nous était 
servie pour ('dulcorcr notn' excellent café, semblait n'avoir i|u'un faible 
pouvoir sucrant, je nie siiis [)ermis d'en emporter une petit(^ qiiantit(- afin 
rie connaîtrez exactement sa lencur <mi sucre. 

\'oici les n'siilhils que j"ai rii)l(.'niis : 

Saccharose ijn.o:! 0/0 • 

Cilucose ;!,()S 0/0 

Humidité 1,80 0/0 

Cendres o,/|0 0/0 

De cette analyse, il rc'sulle que cette cassonade, dont le goût el le par- 
liini son! si exquis, ptjssède, en somme, une proportion de saccharose nor- 
male ; si elle semble n"a\()ir ipi'un faible pouvoir l'dulcorant, ce n'est 
qu'une af)[)arence due simplenieid, à rinsullisance; de ca[)acité des petites 
cuillers dont nous a\iins t'ait usage. 



l8o BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATIOM 

demandé de le remplacer au pied levé. .lai accepté, mais, 
par avance, je sollicite toute votre indulgence. 

Je suis sûr d'être votre interprète à tous, en adressant, 
d'abord, nos vœux de prompt rétablissement à M. Perrier 
dont vous connaissez, mieux que moi, le dévoùment à notre 
Société. 

Quant à M. le Ministre des Colonies, je suis non moins 
certain d'interpréter vos sentiments en disant combien nous 
regrettons de ne pas le voir aujourd'hui parmi nous. 
M. Sarraut est un ami sincère et actif de notre Société. Il 
lui a donné, tout dernièrement, des preuves éclatantes de 
sa sympathie en présidant notre séance annuelle de distribution 
des récompenses et en appréciant nos efforts de la façon 
la plus chaleureuse. Nous lui en sommes profondément re- 
connaissants et nous trouvons dans ses paroles, comme dans 
ses actes, l'encouragement le plus efficace à persévérer dans 
nos travaux liés de si près à notre expansion coloniale. 

M. Sarraut, vous le savez, a déposé, il y a trois jours, sur 
le bureau de la Chambre, un projet que la presse a qualifié 
de plan magistral de politique coloniale. Nous saluons cet 
événement avec joie. Nous aimons à y voir l'indice d'un 
changement radical dans nos procédés de mise en valeur de 
nos richesses coloniales. La haute autorité acquise par 
M. Sarraut dans le gouvernement de notre Indochine fran- 
çaise, son expérience sans cesse fortifiée, son intelligence 
clairvoyante des nécessités actuelles, nous permet de penser 
qu'enfin l'heure a sonné d'une politique coloniale française 
basée sur des méthodes rationnelles et réalisée par des hommes 
de sens pratique. 

La Société d'Acclimatation, dans la sphère qu'elle s'est 
assignée, a le droit de revendiquer l'honneur de s'être ins- 
pirée de ces directives et par là d'avoir bien servi les inté- 
rêts de la France. 

Notre déjeuner n'csl-il pas une sorte de programme de 
politique coloniale mis en prati([ue de la façon la plus ori- 
ginale et la plus satisfaisante. Son menu, doni M. Debreuil 
vient de vous exposer avec tani d'humour la composition et 
la réalisation, vous enseigne que de nos colonies nous pou- 
vons tirer des ressources alimentaires très variées dont la 
préparation intéresse à la fois le capilal cl le liavail l'rançais, 
le travail colonial, ainsi ()ue lous les consoiiiuiateurs de la 



DÉJEUNER AMICAL ANNUEL DU JEUDI l4 AVRIL 1921 181 

Fiance métropolitaine et d'outre-raer. C'est une synthèse où 
la science et l'industrie nationales s'unissent à nos sentiments 
d'humanité. 

Mais, mes chers collègues, veuillez observer que la réali- 
sation de ce programme, je devrais dire de ce menu, si 
simple en apparence, a nécessité rintervention d'hommes 
d'initiative, d'énergie intelligente et tenace, faute desquels il 
fut resté dans le domaine de l'imagination. Et j'insiste sur 
ce point car il est capital : les œuvres ne valent que par les 
hommes qui les exécutent. Les produits de nos colonies qui 
sont sur ces tables n'ont pu venir que parce que des hommes 
comme M. le professeur Gruvel, dont récemment, on célé- 
brait, si justement, les grands mérites, et comme M. le Gou- 
verneur général Roume se sont rencontrés, se sont compris, 
ont uni leurs efforts inlassablement, pour mettre à la dis- 
position de l'industrie française les richesses naturelles que 
recèlent la baie du Lévrier et les parages de Port-Etienne. Leur 
étroite collaboration a créé un nouveau centre de pêche qui 
est une fortune pour la France et permet, en même temps, 
d'amélioier les cotidilioiis d'existence de nos sujets coloniaux. 
Ainsi i élé menée à bien, par la volonté de deux boinmes, de 
deux chefs, une jiarlie de cette tâche colonisatrice qui doit 
servir à la fois les intérêts de la Fiance et dés peuples dont 
nous avons assumé la direction, l'éducation, la civilisation 
en un mot. 

La terrible guerre que nous venons de supporter victorieu- 
sement a révélé au monde qui commençait à en douter, ou- 
bliant noire histoire, elle a rappelé aux Français dont la mé- 
moire est quelquefois en défaut, que le génie français n'avait 
rien perdu de son antique l'enommée. Duianl ces années 
d'efforts suihumains nous avons donné à Jios alMés qui nous 
en demandaient, non seulement des cliefs militaires, mais, 
également, des chefs d'industi-ie, et la source n'en est pas 
épuisée. 

.Te citais, tout à l'heure, le professeur GTuvel à la l'ois sa- 
\ant ei chef, mais je puis en nommer d'autres, ses disciples 
et ses émules, en même temps que j'ai l'agréable devoir de 
remerciei', ici, publiquement, quelques-unes des [)eisonnalités 
([ui Aeulent bien donner à notre Sociéli'' l'appui précieux de 
leur chaude synq)alhie et de leur collaboration dévouée. 

J'adresse ])aj'ticulièrement nos remerciements à Al. \rm,ind. 



iSa BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION 

collaborateur de M. Gruvel, qui, outre le Dromadaire, sur- 
prise pour tous les convives, a envoyé, de Djibouti, les con- 
sei'ves de Mulet, de Thon et de Bonite ; à la Compaguie In- 
dustrielle de la Grande Pêche, à qui nous devons, entre autres, 
les Courbines et les Cerniers ; à notre collègue M. Nigg, qui 
a i^réparé et offert le Nuoc-Mam. Ce produit fabriqué scienti- 
fiquement avec des poissons inutilisés est obtenu très écono- 
miquement ; aliment plus riche que la viande, il sera d'une 
grande importance, non seulement dans nos colonies où tant 
d'indigènes sont insuffisamment alimentés, mais encore dans 
la métropole ; à M. le Résident supérieur Garnier, directeur de 
l'Agence Economique de 1 "Indo-Chine, qui nous a donné la 
sauce de Soyou, le Café et le Sucre du Tonkin ; à W. Tollard 
qui nous a permis de goûter un excellent plat annamite ; à 
M. Conseil, professeur à la Martinique, qui nous a apporté 
d'exquises confitures et du vieux Rhum véritable ; à notre 
collègue M. Couband, directeur de la Compagnie de Vichy, 
qui nous a offert des pastilles aux sels de Vichy, remède pré- 
ventif à notie gourmandise. 

Je suis heureux de saluer les dévoués amis de la Société que 
je vois -assis les plus près de moi : MM. Mangin. directeur du 
Muséum : Tliiboul, député de Paris ; Lalou, rapporteur du 
budget de la ville de Paris ; Mugniot, ingénieur en chef de 
l'exploitation du P.-L.-M., dont la Compagnie a été un de nos 
grands lauréats ; nos collègues les députés Legros et Nibelle, 
le comte Clary ; aussi les membres de la Presse, MM. Elle 
Berthet. de VEcho de F^ariK ; Balitiand. du Petit. Pari si ei) ; 
P. Mégnin, de l'Eleveur, et Louis Ternier. 

Mes remerciements seraient incomplets si je n'adressais l'ex- 
pression de ma plus sincère gratitude aux Dames qui ont bien 
A'oulu honorer de leur présence ce repas et y ont apjjorlé la 
note de charme souriant cpii fait (fuelquefois défaut aux léu 
nions diiommes. 

Mes ciieis collègues, je crois n'avoir oublié |jersonne. Si ce- 
pendant j'avais péché par omission, n'en accusez que ma mé- 
moire, ne me taxez pas d'ingratitude. 

Je lè\e mon verre à la pro.spérit(' de nol^ic Société. 



DÉJEUNER AMICAL ANNUEL DU JEUDI I^ AVRIL igSI 1 83 

LE NUOC-MAM 
par LUCIEN NIGG. 

PailagcanI le sorl commun de tous les produits alimentaires 
qui procèdent d'une désintégration chimitiue, le Nuoc-.\lam, 
préparé par les mains négligentes des Annamites et suivant 
leurs procédés séculairement empiriques, côtoie souvent la 
putrél'aclion. C'est à l'odeur qui s'exhale des saumurerics 
indochinoises, exclusivement vouées à la préparation de cet 
aliment, qu'il doit la qualification désobligeante de « sauce de 
poisson pourri », dont le gratifient invariablement les Euro- 
péens obligés de subir les relents de ces établisseinents. 

Préparé cependant de façon rationnelle et aseptique, le Muoc- 
Mam résultant de la macération, à la température voidue, 
de poissons frais dans une solution concentrée de sel marin, 
constitue une solution salée de matières albuminoïdes extrê- 
mement riches en azote et parvenues à un degré de désinté- 
gration chimique tel (pie leui- assimilation par l'organisme 
se trouve immédiatement assurée. Et c'est grâce à cette pré- 
cieuse qualité nutritive cjue les Annamites corrigent pai- 
l'emploi quotidien de leur Nuoc-Mam, pour si imparfait (pi il 
soit, la pauvreté de leur régime alimentaire dont le riz forme, 
comme chacun sait, le jMiiicipa] et presqu'unique élément. 

Les populations indociiinoises en sont même arrivées à 
considérer ce facteui- de leur alimentation coinmc tellement 
essentiel que dès l'ariiAée eu Euiope, au début de la guerre, 
de leurs contingejits militaires, 1e gonveinemeut français se 
vit obligé de prendre les mesiuTs nécessaires [)()ur leur en 
fournir d'importantes quantités l'I (|u'il (hil demander- à 
M. Rozé. cbef du laboialoiie de chimie l)iologi(|U(' à l'Institut 
Pasteur de Saigon, d'étudier cette question. C'est aux conscien- 
cieux et savants tra\aux de ce der-nier-. ([iic nous devons les 
analyses du Nuoc-Mam. ses caiacléristitjues alimentaires, el 
enfin les principes essentiels sur lescpiels se fonde la technique 
de sa fabrication. 

Au moment même où se poursuivaient les éludes de 
M. Rozé, j'étais amené, en vue de perfectionner la fabrication 
d'une rogue artificielle dont je m'occupe depuis de longues 
années, à recheicher dans le mênu^ oïdie d'idées, mais dans 



ïSh BULLETIN DE LA. SOCIÉTÉ NATIONALE d'aGGLIMATATION 

un but absolument différent, la désintégration des déchets de 
poissons destinés à entrer dans la composition de mon pro- 
duit, lorsque je fus mis en relation par le regretté professeur 
Delage avec l'éminent chimiste de Saïgon et avec un autre de 
ses élèves, M. Krempf, dont l'attention avait été également 
attirée par certaines particularités du Nuoc-Mam. Suivant les 
observations de ce dernier, en effet, ce Nuoc-Mam, ajouté en 
minime partie à l'eau de mer contenant des animaux marins 
(coralliaires) conférait à ceux-ci une vitalité extraordinaire et en 
amenait même la reproduction. Je résolus donc d"apy)liquer à 
mon usine de Concarneau les indications théoriques et pra- 
tiques de fabrication du Nuoc-Mam que m'avait fournies 
M. Krempf, en me servant des déchets de Poissons au lieu des 
espèces très petites et très délicates dont se servent les Anna- 
mites, mais en soumettant ces produits à une température 
plus élevée et plus constante que celle à laquelle ils ont re- 
cours. 

Mes premiers essais me conduisirent a des résultats si en- 
courageants, que je résolus de poursuivre concurremment 
l'étude du Nuoc-Mam et de ses applications aussi bien que 
celle de ma rogue artificielle. Te tus donc peu à peu amené 
à étudier l'ulilisalion du produit au point de vue alimentaire, 
sa concentration sous la forme liquide et solide, les différentes 
façons enfin d'en tirer le meilleur parti possible dans l'art 
culinaire et peul-èlre même dans le domaine plus élevé, mais 
non moins fécond, de la thérapeutique. 

Sans entrer dans les détails que le cadre du pn'scnt liavail 
ne comporte pas, je ciois pouvoir affirmer que partout où 
abondent les Poissons d'eau douce ou d'eau de mer. leur 
transformation en Nuoc-Mam simple ou concentré permet la 
fabi'ication, pour un prix relativement infime, d'un pioduit 
alimentaire de grande valeur, susceptible d'améliorer de façon 
très appréciable non seulement la ration alimentaire de nos 
popidations coloniales, mais aussi celle des populations métro- 
]>olilaines. 

Si, en ef'fcl. (in se base sur les conclusions du ti-avail de 
M. P»o/.é que <( la ricliessc en azole lolal. ou mieux en azote 
organique, rend coin])le de la valeur- alimentaire du Nuoc-Mam 
et p,ir consé(pient de sa qualité », cl (pie (( la qu.intité d'azote 
aiuinoniacal es! in\eisemen1 pi-oport ionnelle à la (pialité du 
produit », l'on \oit (jue nous disposons d'un moyen très précis 



DKJEUNER AMICAL ANNUEL Dl JEUDI iZj AVRIL I92I l85 

et très sûr d'apprécier la valeur des essais effectués en vue de 
la fabrication industrielle de ce précieux aliment. C'est à ce 
titre que je terminerai mon bref exposé en donnant d'une 
part l'analyse d'un Nuoc-Mam annamite de première qualité 
effectuée par M. Rozé, d'autre part celle du produit similaire 
fabriqué par moi à Concarneau. 

Nuoc-Mam Annamite Nuoc-Mam de Concarneau 

(Rozé) (\. Rocqles) 

Azote total par lilie.. 20 gr. !\[\ 20 gr. li^i 

Azote organique 16 gr. 10 17 gr. 55 

Azote ammoniacal .... 4 gr. 34 2 gr. 89 

Chlorures 381 gr. 4o 28Z1 i;r. So 

Un coup dœil comparalil' sur le tableau ci-dessus montre 
que : si dans notre .Nuoc-Mam la teneur en azote organique 
n'est qu(> légèrement supérieure à celle du produit annamite, 
celle de l'azote ammoniacal y est presque moitié moindre. 
Cette simple canstatation légitime toutes les espérances en 
prouvant que moyennant l'application stricte d'une fabrica- 
tion aseptique nous sommes à même de donner à des produits 
inutilisés jusqu'ici une valeur nutritive extrêmement impor- 
tante, capable par conséquent d'apporter une contribution no- 
table à la solution du problème si compliqué et si délicat au- 
jourd'hui de notre alimentation nationale. 



RECETTES 



Cotriade bretonne 

Emincer finement 100 grammes de carottes, 100 grammes 
de navets et 100 grammes de blanc de poireaux ; mettre le 
tout dans une casserole avec 5o grammes de beurre ; couvrir 
et laisser cuire, très doucement, sur le côté du fourneau, en- 
viron une demi-heure. 

Mouiller de deux litres d'eau ; assaisonner : sel, poivre et 
une pincée de safran. 

Faire cuire dans cette préparation environ 5oo grammes de 



i8(î nur,F,ETiN DE r.\ société natiowi.f. n'.\r,nr,iMATATiON 

gros poissons, lels (jue (longre, Aiglefin. Lolle, de. Laisser 
cuire, enviion une denii-lieure. 

D'autre part, haciier un oignon moyen, le faire revenir au 
be'urie dans une casserole ; ajouter une cuiller à bouche de 
farine et laisser cuire doucement cinq minutes ; ajouter, alors, 
la cuisson de poisson ci-dessus, préalablement passée pour 
éviter les arêtes. 

Faire bouillir dix minutes, ajouter une poignée d'oseille 
finemenl hachée et prélablement passée au beurre. 

Garnir de tranches de pain frites à Thuile. 

(D'après la Revue culinaire.) 

Tintroiijujd annamite 

Découper en petits dés 200 grammes de porc frais, 
100 grammes de champignons et faire revenir ensemble au 
beurie avec une pincée d'échaloUe liacliée ; retirer sur le 
côté du feu, couvrir et laisser cuire un quart d'heure environ ; 
une l'ois cuite, ajouter à cette préparation 5o grammes de cre- 
vettes épluchées, une vingtaine de moules cuites et ébarbées 
et une pincée de basilic, de menthe et de sauge pulvérisés ; 
assaisonner à point et laisser un peu refroidir. 

D'autre part, casser dix œufs, les battre pour omelette et 
assaisonner sel et poivre. .ïeter toute la préparation de porc, 
de crevettes et de moules dans les œufs et confectionner avec 
le tout une omelette. 

Dresser cette omelette sur plat long et garnir tout le lour 
de l\i/ à l'annamite, c'est-?i-dire cuit à l'eau. Le tout 'sera 
lujrénienté de ISuoc-Mani. 

(Recette donnée par M. Letessier.) 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBADX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ 



IV« SKCTTON : ENTOMOLOGIE 

Séance du io mars 1921 

Présidence de M. !.. (lliopard, vice-président. 

La Section reprend ses séances, interrompues par la guerre. 

M. Vayssière dépose sur le bureau l'intéressante brocliure 
de JVl. A. Bourdin, « Etade-Enquête .sur ia Clieiniatobie, ses 
mœurs et sa destruclion ». La Section, au nom de la Société, 
remercie l'auteur de son don qui sera très utile à certains de 
nos collègues, en leur rappelant que, pour lutter contre un 
fléau des arbres fruitiers tel que la Phalène hiémale, il est 
nécessaire de mettre en œuvre tous les procédés de destruction 
reconnus efficaces et en particulier les bandes gluantes et les 
pulvérisations arsenicales. Il est adressé des félicitations à 
M. Bourdin pour son initiative et il serait à souhaitei- que 
son travail soit le premier d'une série intéressante. 

Profitant de la présence de M. Turinetti, préparateur à l'In- 
sectarium de Menton, le Président le prie d'exposer les mé- 
thodes employées pour l'acclimatation des Insectes auxiliaires 
en France et les résultats obtenus jusqu'à ce jour dans notre 
pays, sous la haute direction de notre collègue, M. P. Marchai. 

V l'occasion de sa communication, qui paraîtra dans la 
Revue d'Histoire naturelle appliquée, M. Turinetti distribue 
aux membres présents la brochure sur « VIcerya purcJiasi et 
son ennemi naturel, le Novius cardiiudis )>, publiée par les 
soins du Service des stations de recherches du Ministère de 
l'Agriculture. 

De nombreux documents sont montrés, en particulier des 
cartons entomologiques contenant les divers stades des In- 
sectes nuisibles (Icerya, Pou blanc de l'Oranger, Teigne de la 
Pomme de Terre, etc.) et des auxiliaires {Novius cardinalis, 
Cryptolemiis montrouzieri, etc.). Enfin d'intéressantes photo- 
graphies des installations d'élevage qui existent à l'Insecta- 
rium circulent dans la salle. 

M. P. Vayssière donne des indications complémentaires sur 
VIcerya purchasi et sur la Teigne de la Pomme de terre. Piien 



l88 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE n'ACCLIMATATIGN 

ne nous autorise jusqu'à nouvel oidre, d'après ce qu'on con- 
naît de la biologie de ces deux Insectes, à nous inquiéter du 
développement de ces deux parasites, « pratiquement » can- 
tonnés à l'heure actuelle dans la zone méditerranéenne. Les 
captures exceptionnelles de la Teigne dans l'Ouest de la 
France, ne doivent pas, pour le moment, émouvoir l'opinion 
publique. Quant aux pseudo-iceryas qu'on pense rencontrer 
dans la région parisienne, ce sont le plus souvent des Coche- 
nilles moins dangereuses, telles que les Palvinaria ou les Co- 
chenilles blanches. Enfin il est important de souligner l'exis- 
tence du Service des stations de recherches qui a pour but, 
entre autres fonctions, d'étudier les ennemis des plantes, de 
suivre leur développement dans notre pays et surtout d'en- 
rayer leur multiplication dans nos cultures. îl est vrai que 
beaucoup d'ennemis se développent surtout sur des arbres 
affaiblis, et il convient de soigner d'abord ceux-ci afin de leur 
permettre de résister. 

A ce sujet, M. de Scey-Montbéliard aborde la question de 
la maladie des Sapins de Franche-Comté, qui serait due à 
un Scolytide. Il apparaît que l'origine de la maladie des 
Sapins de Franche-Comté n'est pas encore bien déterminée. 

M. L. Chopard fait ensuite une communication sur les 
(( Principaux Orthoptères nuisibles, introduits en France ». La 
Revue d'Histoire naturelle publiera cette causerie qui fut ac- 
compagnée de la mise en circulai ion, dans la salle, de boîtes de 
collée lion (enfermant les diveis Insectes dont il a été question. 

Le Secrétaire : 
Abbé 0. FoucHER. 



ERUATUM 



Une confusion s'est produite dans les dates de certaines séances g-énérales. 

Paj?e 71. — Au lieu de : Séance générale du 2/1 janvier 1921, lire : Séance 
générale du 7 mars 1921. 

Page 8;!. — Au lieu de : Séance générale du 7 février 1921, lire :' Séance 
générale du 2^ janvier 1921. 

Page 161. — Au lieu de : Séance générale du 7 mars 1921, lire : Séance 
générale du 21 mars 1921. 

Page i65. — Au lieu de : Séance générale du 27 mars 1921, lire : Séance 
générale du 11 avril 1921. 

L'Imprimeur-Gérant : (i. LANGLOIS. 

CHATEAUROUX. — IMPRIMERIE LANGLOIS 



Le Secrétaire général a Phonneur d informer MM. les Membres de \a Socié'é et les 
, pe'^sonncs qui désireraient l'entretenir, qu il se tient à leur disposition, au siège de la 
Société, 198, boulevard Saint Germain, tous le Lundis, de 4 à 7 heures. 



I<:J\ l>IMTStlBl TI0]% 



t; laines offertes par M. GAGE, 
superintendnnt du .Tartliii 
royal liotanique de Darjeeliug 
(Tnde). 

Bœhmeria plati/philla. 

Betiiln Bhujpii lia. 

Eriohotri/n Hnol-erinnn. 

Frnxin'ix floribiinâa 

Indigofera dosiia var. tomentosa. 

Rhoilodendriin arboreum. 

Sa'ir orenphihi. 

Trachycaipus Êartiiiniis. 



Graines offertes par M. BOTS 
Onoporilnn iîlyricnm T,. var. 
carduncvius. 



Graines offertes par M. MOREL. 
Agathœa cœle^itis. 
Angelica nrrhnngeUca. 
Arnlia xhienAK. 
Tiioln nweii. 
Caytanopiti-1 liyntrix. 
Chinnnnthtis rirghiic^. 



Ciatœgus Carrierei. 
Ci/tisiix sempeiviiens. 
Diriinrphofhern aiirnntincn., 
'Eucalyptus amygdalina. 
/■Jurai i/ptiis glubuhis. 
Oaltonia ciniricami. 
Hnlexia corymlioniiin. 
ïleuchera sntiguini'a. 
1 mpatiena SiiHani. 
Polygonum Baldschuan)cu»i. 
Séquoia gigantea. 
Tiimatix afririina. 
Tamarix japonica. 
Chnmo'iops excelsa. 
E.'>choltzia. 

Leiiranthemiim (Etoile d'An- 
vers). 
Spirœa nsfiJhoides. 
Pincenecticio tvher^iûata. 
Acacia cultriformis. 
MÎDioxa sp. 1 
Bjgnonia echinata. 



Graines offertes par le Gonver 
nenient général de l'Algrrie 



et par le Jardin botanique de 
Sydney. 
Chloris gayana. 

Graines offertes par M. A. CHE- 
VALIER. 

Noyaux de Amygdniils 7)ai;«. 
diarui (Pécher sauvage des 
montagnes de l'Annam). 

Pépins de Pommiers et de Poi- 
riers sauvages de l'Annam. 

Salicornia hetacea. 

Graines offertes par M. JE.A.N 

SON. . 
Lngenaria olefera. 
y.inniii niexicana. 

Graines offertes par M. PLA- 

NIOL. 
BoHchos sinennii, fourrage pour 

régions sèches (Midi et S.-O.). 
Graines de Buklandia popiilnea. 
Graines d'Oseille patience. 



Offres et demandes réservées aux membres de la société 

, OFFRES 

♦ 

Seniences sélectionnées de Soja hâtif, récoltées en France, variétés Wilson, Virginia, HoUybrook, 
.~) francs le litre, franco. ' 

Oies de Toulouse, grandes races, sujets de l'année, issus de parents primés. 

,- ■ M. Cabanat, à Nougaroulet (Gers). 

Elevage contenant plusieurs milliers Volailles et Lapins, visible tous les jours : 

Poules : Wyandottes blanches, Wyandottes argentées, Léghorn blanches, Minosque, Bresses noires, 
Fuvcrolles, Cane"» Rouen foncées, Coureurs-Indiens, Pékin, Duclair, Oies Toulouse, Dindeg noires. 

lîeproducteurs de race pure, premier ,cboix, élevés en grande liberté. 

Œufs à couver, poussins, adultes. Lapins ; Chinchilla, Dibouski, Bleus Beweren, Argentés Cham- 
pagne, Aûgoras blancs, noirs, havane, Fauves Borgogne, Géants noirs. Géants blancs, Vendée, sujets 
jeunes et adultes. 
M. Passy, Domaine du Désert de Retz, à Chambourcy [téléphone : 15] (S.-et-O.). Gare Saint-Germain. 

Deux mâles Amberst, adultes, parfaits, à échanger contre femelle même espèce et une Vénérée. 
— À céder ou échanger beau Chien mâle briard (long poil), trois ans, très bon de garde.; M. Duriez, 
a, boulevard Henri IV, Paris. 

Lapins Papillons et Béliers bleus, jeunes et adultes. M. de Botidard-Olonne, La Robine, par Loriol 
(Vauclnse). 

Chiots de 1" classe, parents champions : Cairn et White (West Highland Terriers). M. A. -H. Scott, 
Furze Coeek, Bosham, Sussex, Angleterre. ' , ■ 



DEMANDES 



Dix à douze couples Pigeons bizets, vigoureux et choisis. M. Marret, 5, boulevard Montmartre, Pq,ria 



Le but de la Société Nationale* d'Acclimatation de France est de concourir • lO à l'in- 
Iroduclion, à racclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'orne- 
ment ; 2° au perlectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites 
ou domestiquées ; S» à l'mtroduclion et à la propagation de végétaux utiles ou d'orne- 
ment. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie uu droit d'eutn^'c de lo francs et une cotisaliou 
annuelle de a5 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de lo francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de 260 francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle lient des séances générales bimensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Bota- 
nique appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses 
membres. 

Elle publie, outre ce BULLETIN, la REVUE D'HISTOIRE NATURELLE APPLIQUÉE, com- 
posée de deux parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent des questions 
concernant l'élevage dos animaux, la culture des plantes et particulièrement des faits 
d'acclimatation. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle. : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement; la Revue est servie par abonnement, aux membres 
de la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de 30 francs pour les 
deux. 



REVUE D'HISTOIRE NATU RELLE APPLIQUEE 

Première partie 

MAMMALOGTE - AQUICULTURE — ENTOMOLOGIE - BOT \NIQUE 
CoLoNISATiOiN - AQUARIUMS ET TERrtARIUMS 



SOMMAIRE, VOL. JL N' 10 OCTOBRE 

Pierre Ceëpin. — L'Acclimatation à Saint-Domingue au XVII' siècle et les Boucaniers de 
l'île de la Tortue. 

Louis Roule. — Projet de repeuplement du Saumon dana nos rivières. 

Albert Chappelliee. ~- Quelques expériences avec le pendule employé pour trouver le sexe des 

des œufs et des animaux. 
Joseph CiiEPiN], — Le Congrès de la Chèvre, du 16 au 18 août 1921. 



Deuxième partie : L'OISEAU 



I 



SOMMAIRE, VOL. II, N« 10 OCTOBRE 




A. EzRA. — Un nouveau Souï-Manga en captivité (illu»tré). 




A. Decotjx. — La reproduction du Martin de Chine. 




.T. Deucour. — Mes Oiseaux de parc en 1921. 




Chronique ornithologique. 





CItATEAUROUX. — IMPRIMERIE LASGLOIS 



BULLETIN 



DE LA 




DE FRANGE 



(68' année) 



N« 11 — NOVEMBRE 1921 



SOMMAIRE 

Pages. 

Actes de la Société d'Accliir.atation 189 

Extraits des procès-verbaux des Séances de la Société : 

Séance générale du 3 5 avril 192 1 190 

II" Section : Ornithologie. — Séance du 35 avril 1921 194 

VI* Section : Colonisation. — Séance du 10 mars 1921. igB 

— — Séance du li avril 1921 200 

Vil» Section : Aquariums et Terrariums. — Visite aux collections de M. Lefèbvre. aoS 



Un numéro, 2 fr. 50. — Pour les Membres de la Société, 1 fr. 50 



AU SIËGE SOCIAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION DE FRANCE 

198, BOULEYARD SAINT-GERMAIN, PARIS (YIP) 



BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR 1921 



Vice-Prégidents 



Secrétaires 



f 



Président, M. Edmond Pebeier, Membre de l'Institut et de l'Académie de Médecine, Profesiear an 
Mnséum d'Histoire naturelle, Paris. 

MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 55, rue Cuvier. Paris ; 
D' Chattveatj, Sénateur de la Côte-d'Or, 225, boulevard Saint- Germain. Paris ; 
MiTEàT (le prince Joachim), Député, 28, me de Monceau, Paris ; 
f Anthouard (le baron A. d'). Ministre plénipotentiaire, 121 6««, rue de I» 

Pompe, Paris. 
Secrétaire général, M. Maurice Lotee, 12, rue du Four, Paris. 

, MM. J.Crepin, 55, rue de Vemeuil, Paris (Séances) ; 
\ Ch. Debreuil, 25, rue de Châteaudun, Paris (Intérieur) ; 

J. Delacotjb, à Clères (Seine-Inférieure) (Etranger) ; 
Abbé G. FoucHER, 24, rue Cassette, Paris (Conseil). 
Trésorier, M. le D' Sebillotte, 6, rue de l'Oratoire, Paris. 
Archiviste-Bibliothécaire, M. Philibert de Clermont, 29, rue Tergniaud, Paris, XIII'. 

Membres du Conseil 

MM. A. Chappellier, 80, boulevard Saint-Germain, Paris. 

le D' P. Marchal, Membre <îe l'Institut, Professeur à l'Institut National Agronomique, 45, rue 

de Yerrières,-à Antony (Seine), 
le D' Lepeince, 62, rue de la Tour, Paris. 
Mailles, rue de l'Union, La Taremie-Saint-Hilaire (Seine). 

le D' E. Trofessart, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 61, rue Cuvier, Paris. 
Lecomte, Membre de l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 14, me det Ecole*, 

Paris. 
P. Caeié, 40, boulevard de Courcelles, Paris. 

L. RotTLB, Professeur au Mnséum d'Histoire naturelle, .57, rue Cuvier, Paris. 
P. Eestnek, Président de la Société de Chimie industrielle, 38, rue Bibera, Paris. 
R. Le Fort, 89, boulevard Malesherbes, Paris. 
Barriol, Chef de la Comptabilité et des Finances de la Compagnie du P.-L.-M., 40, rue des 

Martyrs, Paris. 
•M. Jeanson, Industriel, 68, boulevard de Courcelles, Paris. 



Dotes des Séances généra /es et du Conseil 

POUR L'ANNÉE 192 1 



Janvier 



SÉ.ANCES GÉMÎRALES à 3 h., les liiiidis. . . . 

VI* Section, Colonisation, à 5 h., les jeudis 
VII' Section, Aquariums, Terrariums, les 

jeudis 

Sous-sECTiox d'Ornithologie (Ligue pour 
la Protection des Oiseaux), à 3 h., les 
troisièmes jeudis 



\ 10 
t 24 

1.3 



février 



21 

ro 



Mars 



7 

2 I 
10 



(') 



24 C-} î 2/, 0) 



Avril 



Mai 



23 



l'A 

28 C) 



3o 

12 



26 0) 



19 



flovembre 



7 
21 
10 



24 0) 



17 



(1) A 8 h. 3/4 du soir. 

(2) A 5 heures du soir. 

(3) Cette séance se tiendra après l'Assemblée générale. 



Décembre 



19 C) 
8 

22 (I) 
i5 



Assemblée générale le lundi 19 décembre, à 3 heures. 





les mercredis 


Janvier 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


Njvembre 


Oecembrt 


SÉANCES DU Conseil, à 4 li. 


'0 


if. 


.6 


20 


25 


16 


i4 



Les membres de la Société qui désirent assister aux Séances générales recevront, sur 
leur demande, les ordres du Jour mensuels des séances.' 



La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émise$ 
par les auteurs des articles insérés dans le Bulletin- 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, 
des articles publiés dans le Bulletin est interdite- 



Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de 1 franc, 
montant des frais de réimpression des nouvelles bandes adresses. 



I 



ACTES DE LA SOCIÉTÉ D'ACCLIMATATION 



Aux Membres de la Société 

L'Assemblée générale annuelle se tiendra, à trois heures, 
le lundi 19 décembre 1921, au siège social de la Société, 
198, Boulevard Saint-Germain à Paris. 

Élections 

Aux termes des articles 7,, 8, 9, 10, 11 des statuts, et des 
articles 5o et 78 du Règlement administratif, il doit être pro- 
cédé, chaque année, au renouvellement du Bureau et d'un tiers 
des membres du Conseil. 

En conséquence, les élections auront lieu au cours de l'As- 
semblée générale. 

Les membres de la Société qui ne pourront assister à celte 
réunion sont priés de bien vouloir envoyer au Secrétariat 
leur vote inscrit sur un bulletin cacheté, renfermé dans une 
enveloppe signée par eux, d'après le mode ordinaire du vote 
par correspondance, avant le 19 décembre 1921. 

Instruction pour le Yote par Correspondance 

1° Plier le bulletin de vote et le cacheter, ou le mettre dans 
une petite enveloppe fermée, sans aucun signe, ni indication 
quelconque, pouvant lui enlever son caractère secret ; 

2° Placer le bulletin cacheté ou la petite enveloppe qui le 
contient, dans une grande enveloppe ; 

3° La grande enveloppe doit porter, soit à l'intérieur, avant 
d'être fermée, soit au dehors, la signature et l'adresse du vo- 
tant, nécessaires pour établir l'origine du vote et sa validité ; 

4° Envoyer cette enveloppe affranchie à o fr. 25, au Secré- 
crétariat de la Société, avant le 19 décembre. 

NOTA. — Un bulletin de vote est encarté dans ce numéro. 
Sur ce bulletin sont indiqués les noms des candidats proposés 
par le Conseil ; ces noms peuvent être remplacés par ceux des 
candidats choisis par le votant. 

VOTER, c'est donner une preuve d'intérêt à l'œuvre 
poursuivie par la Société et contribuer à son succès. 

JQOl Il 

BULL. SOC. NAT. ACCL. FR. '=''"• 



EXTRAITS DBS PROCÈS-VBRBAIJX DES SEANCES D^ 14 SOCIÉTÉ 



SÉANCE GENERALE DU 25 AVRIL 1921 
Présidence de M. Bois, vice-président de la Société. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

GÉNÉRALITÉS 

Notre bibliothèque vient de recevoir le premier volume paru 
de la Faune de France, publiée par les soins de l'Office central 
de Faunistique dont il a été déjà parlé dans le courant de pré- 
cédentes séances générales. Le premier volume de cette série 
remarquable qui a pour but de fournir aux naturalistes, sous 
une forme aussi portative et aussi peu onéreuse que possible, 
le moyen d'identifier sûrement une espèce récoltée sur notre 
territoire, est consacré aux Échinodermes. L'auteur, M. R. 
Kœhler, professeur à la faculté des Sciences de Lyon, y étudie 
d'une façon claire et précise, en renvoyant chaque fois pour 
plus amples détails aux meilleurs ouvrages rédigés jusqu'à ce 
jour, les Stelleridés (Astéries), les Ophiuridés, les Echinidés 
(Oursins), les Holothuridés, et les Crinoïdés. Le volume, illus- 
tré de cent-cinquante-trois planches, est terminé par une liste 
des abréviations, un index bibliographique et un index sys- 
tématique. 

Nous avons reçu, également, pour notre Bibliothèque, un 
don important de l'Institut biologique de la Société l'urale de 
Buenos-Aires. Il consiste en un lot de trente brochures, très 
documentées, ornées de figures explicatives et traitant de ques- 
tions de parasitologie, d'entomologie, d'élevage etc.. 

A signaler, enfin, le Bulletin agricole du Congo belge, qui 
prend place dans la collection de périodiques étrangers de 
notre Société 

Notre collègue, M. le docteur Robertson-Proschowsky nous 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SEANCES DE LA SOCIÉTÉ IQI 

adresse une intéressante note sur les animaux sauvages qui 
vivent dans sa propriété de Nice. 

IVLVIVIMALOGIE 

M. le professeur Trouessart fait une conférence sur la 
« Structure microscopique des poils ». Après avoir signalé 
l'intérêt de la question au point de vue de la pelleterie, notre 
collègue aborde et développe la théorie du docteur Metchnikoff 
sur le blanchiment des poils, puis expose sa théorie person- 
nelle basée sur l'endosmose du liquide colorant dans le poil, 
alors que le docteur Metchnikoff affirme la présence des pores 
à la surface du poil. • 

Entomologie 

M. Ch. Rivière présente un Ver, long de 60 centimètres envi- 
ron, qu'il a trouvé dans le lac de Chalain (Jura) et dont il 
demande le nom. Ce Ver appartient à la famille des Gordiacés, 
c'est le Gordim aquaticus (Duj.) ; le mâle peut atteindre 
o m. 70 de longueur. Les Goi'dius aquaticus sont très répandus 
dans les régions montagneuses ; à l'âge adulte, ils vivent en 
liberté dans les ruisseaux, les fontaines et les flaques d'eau ; ils 
se réunissent par groupes de dix ou vingt, enchevêtrés dans 
un lacis inextricable, sorte de nœud gordien d'où Linné a 
tiré le nom du genre. A l'état larvaire, ces Vers sont parasites 
des Insectes aquatiques, puis des Poissons. Libres à l'état 
adulte, ils peuvent être, dit-on, accidentellement introduits 
dans le tube digestif de l'Homme. 

M. le comte Delamarre offre, au nom de M. Pierre Marié, 
chef du Service d'Entomologie agricole de la Société des Agri- 
culteurs de France, une étude sur « un grand ennemi des fo- 
rêts, le Liparis (Porthesia ch7"ysoirh\œa » dont les invasions 
préoccupent, à juste titre, le monde forestier et agricole. 
Après des généralités sur la biologie de l'Insecte, l 'auteur- 
traite des causes probables de l'invasion actuelle, due, en 
grande partie, au défaut d'échenillage pendant et depuis la 
guerre, et des résultats obtenus en Amérique par l'utilisation 
des Insectes parasites, que l'on s'occupe de propager égale- 
ment en France. Parmi ces Insectes figurent des Diptères : 
Parxochista Cheloniœ, Zigobothria nitidicola, de la famille des 



iga BULLETIN DE LA SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION 

Tachinaires ; Trichogramma pixtiosa, Monodontomereus 
œreiis, Pteromatiis egregius, etc., dont le cycle d'évolution 
coïncide avec la période où les œufs et les chenilles de 
Porthesia chryshoirsea sont vulnérables. 

M. le comte Delamarre présente ensuite une brochure du 
même auteur sur les invasions de Bostrichus depuis la guerre, 
et les moyens de lutte à employer pour les combattre. 

Colonisation 

M. Fauchère fait une conférence sur « l'Histoire du Caout- 
couc ». C'est une des plus belles pages de l'histoire de la colo- 
nisation anglaise ; malheureusement on ne peut en dire au- 
tant pour la colonisation française. Connu depuis le XVP siè- 
cle, le caoutchouc est exploité industriellement depuis 1S28. 
Mais c'est avec le développement de la circulation automobile 
que la culture du caoutchouc a pris de l'extension. Notre col- 
lègue expose les moyens d'aide employés par le gouvernement 
anglais. Pendant ce temps, poursuit le conférencier, nous ne 
faisions à peu près rien. En 1900 un colon d'Indo-Chine, 
M. Belin, planta pour la première fois l'Hevea. On se mit, 
petit à petit, à cette culture et en 1918, en Indo-Chine, 
21.322 hectares étaient plantés en caoutchouc. C'est peu si 
l'on compare avec l'Angleterre, mais c'est beaucoup si l'on 
considère que les plantations ont été créées sans le secours 
des capitalistes français, qui ont préféré prêter à des pays 
étrangers qui ne sont pas toujours restés nos amis. L'auteur 
termine en donnant des 'détails sur la situation pire que l'es- 
clavage de certaines populations de l'Oubanghi-Chari, obli- 
gées de payer l'impôt en caoutchouc qu'elles ne recueillent 
qu'au prix quelquefois de leur santé et de leur vie même. 

M. Capus fait compliment à M. Fauchère du courage avec 
lequel il vient d'exposer la situation de nos plantations de 
caoutchouc ; ce sont des choses qu'il faut dire. Comme M. Fau- 
chère, M. Capus considère que les produits de plantation sont 
bien préférables aux produits de cueillette. Notre collègue 
poursuit en rappelant quelques souvenirs personnels. M. Ca- 
pus, après M. Belin, d'Hanoï, a été un des promoteurs de la 
culture de VHevea en Indo-Chine. Il voulut créer une station 
d'essai comme à Buitenzorg (île de Java). La colonie 
fournit 7 à 8.000 francs ; des expériences furent faites. Deux 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIETE IqS 

années passèrent. La troisième année, le Conseil colonial de 
rindo-Chine fit remarquer que le public sachant maintenant 
que l'Hévea poussait, il était inutile de faire d'autres expé- 
riences. Comme il faut six ou sept ans pour connaître le ren- 
dement des arbres à caoutchouc, on se rend compte de l'intel- 
ligence de cette réflexion. Le champ d'expérience fut vendu 
I.200 piastres à un particulier. 

Cet exemple est frappant et attristant, mais il ne faut pas dé- 
sespérer : il faut attendre, puisque nous sommes des tard venus. 
L'avenir peut nous réserver enfin des exploitations prospères. 

Déjà à Saigon s'est montée une fabrique de pneus qui em- 
ploie ainsi sur place la matière première. Ces procédés sont 
employés couramment aux Indes